[jSlouvelle Sprie Tome I, N° 1
W1C
AVRIL 1954- “7-
*)
y REVUE
ALGOLOGIQUE
— FONDÉE EN 1922 —
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
12, RUE DE BUFFON - PARIS V’
Paraissant quatre fois par an.
REVUE
ALGOLOGIQUE
Nouvelle Série. Tome I
PARIS
Nouvelle Série. Tome I, Fasc. 1.
Avril 1954
REVUE
ALGOLOGIQUE
DIRECTEURS .
P. BOURRELLY ef ROB. LAMI
SOMMAIRE
J. Feldmann. — G. Hamel, in memoriam. 3
J. Mabille. — Homceothrix Bornetii (Sauvageau) nov. comb.
= Tapinothrix Borneti Sauv. 11
E. Manguin. — Diatomées marines provenant de l’Ile Heard. 14
M.-L. Priou et M. Serpette. — Sur les associations algales des anses
vaseuses du Sud de la Bretagne. 25
P. Bourrelly. — Les Sulfobactéries. 29
Notules algologiques
R. N. Singh. — A comparative study of the life cycle ot the généra
Ulothrix, Uronema, Hormidium and Schizomeris . 42
R. N. Singh. — A comparative study of the life cycle of two species
(S. farctum Bertold and S. amoenum Kütz) of the genus Stigeo-
clonium . 42
R. N. Singh. — Systematic and ecological study of the unicellular
Yolvocales of Northern India. 43
P. Bourrelly. — Cloniophora plumosa en Nouvelle-Calédonie. 43
R. Lami. — Une station normande de Laminaria ochroleuca de la
Pylaie . 44
R. Lami. — Phyllogigas grandifolius à la Terre Adélie. 45
Bibliographie . 46
REVUE ALGOLOGIQUE
N«"« Sér. T. I ; PI. 1
Gontran HAMEL
(1883-1944)
et
Pierre ALLORGE
(1891-1944)
Gontran Hamel (1883-1944)
In memoriam
Peu de jours avant la libération de Paris, le 16 août 1944,
G. Hamel, qui séjournait alors aux environs de Dreux (Eure-et-
Loir), désirant assister à cet événement si impatiemment attendu
de tous les Français, tentait malgré les conseils de prudence qui
lui étaient donnés, de regagner la capitale à bicyclette. Les routes,
encombrées de soldats allemands fuyant devant l’avance des armées
alliées, étaient peu sûres.
Que se passa-t-il? Aucun témoin n’a pu le dire, mais deux jours
plus tard, le corps d’HAMEL fut retrouvé sur le bord de la route,
près de Chérisy, la tête percée de deux balles.
La disparition prématurée de G. Hamel a été une grande perte
pour la Phycologie française.
Lui devant mon initiation à la Phycologie et ayant été le témoin
et parfois le collaborateur de ses recherches, pendant près de
vingt ans, j’ai pu apprécier toutes ses qualités, aussi est-ce avec
empressement que j’ai accepté de rappeler aux lecteurs de la
« Revue Algologique », l’essentiel de sa vie et de son œuvre.
Gontran, Georges, Henri Hamel naquit à Amiens (Somme) le
20 novembre 1883 où son père, Médecin-principal de l’Armée, était
Directeur du service de Santé. Sa mère, d’origine galloise, s’occupa
de son éducation et c’est à elle sans doute qu’il dût ses goûts de
naturaliste.
Reçu bachelier ès Lettres à Lille en 1902, il y commença ses
études de Droit avant de s’orienter vers les sciences naturelles et
c’est seulement en 1912 qu’il fut reçu licencié ès sciences-naturelles.
Après la guerre de 1914-1918, qu’il fit comme météorologiste,
il entra comme boursier de Doctorat (1919-1921) au laboratoire
du Muséum dirigé alors par L. Mangin.
Ayant songé d’abord à s’occuper de Lichens, il s’orienta vite
vers l’étude des Algues marines encouragé par le D r Leblond de
Boulogne-sur-Mer avec lequel il avait fait de nombreuses excursions.
4
J. FELDMANN
Il fut chargé par la Société d’Océanographie de France, d’une mis¬
sion pour l’exploration phycologique de l’Archipel des Glénans.
En 1921 et 1922, il prit part, comme naturaliste, à bord du
« Pourquoi Pas? » aux croisières du Commandant Charcot à l’Ilot
de Rockall, dont il fit connaître la flore, et dans la Manche, puis
au banc de Porcupine et aux Iles Faer-Oes.
Le Laboratoire maritime du Muséum à l’Ile de Tatihou, près
de Saint-Waast-la-Hougue, avait été utilisé pendant la guerre 1914-
1918 pour loger les internés civils et avait été restitué au Muséum
dans un état de délabrement qui le rendait inutilisable. Aussi le
P r Mangin, directeur du Muséum, décida-t-il, à la suggestion du
Commandant Charcot, de le transférer à Saint-Servan, dans des
locaux de l’Arsenal mis à sa disposition (1).
G. Hamel, nommé chef de travaux à ce nouveau laboratoire en
1924, assura le déménagement dés livres, des collections et du
matériel encore utilisable du laboratoire de Tatihou et l’installation
du nouveau laboratoire de Saint-Servan.
Il profita de ses séjours à Saint-Servan pour étudier en détail la
végétation marine de la région de Saint-Malo et de la Rance, tant
au point de vue écologique que floristique.
Il y dirigea en outre des excursions phycologiques qui groupèrent
de nombreux botanistes et amateurs, et au cours desquelles naqui¬
rent ou se confirmèrent plusieurs vocations de phycologue.
En 1926, chargé d’une Mission en Tunisie, il fut un des premiers
à explorer, au point de vue phycologique, les côtes méridionales
de la Régence jusqu’aux frontières de la Tripolitaine où il décou¬
vrit plusieurs espèces nouvelles remarquables de cette côte, dont
la flore est assez différente de celle de la Méditerranée occidentale.
Nommé assistant au Laboratoire de Cryptogamie de Muséum en
1927, il devait poursuivre dans ce poste toute sa carrière, en conti¬
nuant ses voyages pour la récolte des Algues.
C’est ainsi qu’il visita les côtes d’Espagne et du Portugal, en
particulier les environs de Vigo en 1927, et en 1928 le Sud du Por¬
tugal et de l’Espagne, du Cap Saint-Vincent jusqu’à Algésiras et
Malaga, et à Tanger.
Veuf depuis plusieurs années, il s’était remarié en 1928 et c’est
en compagnie de sa femme, M mo A. Hamel-Joukov, qu’après ses
voyages dans la Péninsule Ibérique, il s’embarqua en 1930 pour
les Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique) où ils récol¬
tèrent de nombreux échantillons d’Algues marines qui leur per¬
mirent de publier, à leur retour, un bel exsiccata de 150 espèces.
(1) Depuis ce laboratoire a été transféré de nouveau à Dinard en 1935. Il est
actuellement dirigé par le Professeur R. Heim.
Source : MNHN. Paris
GONTRAN HAMEL (1883-1944)
5
Jusqu’à la guerre de 1939, G. Hamel devait poursuivre ses
recherches phycologiques sur les côtes de France, aux environs de
Saint-Malo et dans la Rance, aux Iles Chausey, à l'Ile de Sein, à
Quiberon et sur la côte Basque, où il signala, pour la première fois,
la répartition des Ulvacées en ceintures bien caractérisées.
Il visita également la Grèce où, en compagnie de son ami
M. G. Moazzo, il étudia la flore marine de l’Ile de Skyros.
En 1938, il alla étudier les algues du Maroc et de l’Oranie.
L’expérience des algues marines qu’il avait acquise au cours de
ses nombreux voyages, jointe à l’étude des riches collections du
Laboratoire de Cryptogamie du Muséum, lui permit d’entreprendre
la publication d’une Flore des Algues marines de France qu’il ne
put malheureusement achever.
Il est à peu près impossible de retracer un portrait complet et
exact de G. Hamel, tant était originale, sa personnalité. Son allure
bohème, son laisser-aller vestimentaire, son mépris de toute con¬
vention sociale, ne permettaient guère, à ceux qui l’abordaient pour
la première fois, de deviner toutes les qualités de son cœur et de
son esprit. Mais, dès qu’on le connaissait, on était séduit par sa
bonté, son obligeance et sa modestie en même temps que par la
finesse de son intelligence et l’étendue de sa culture, d’ailleurs
beaucoup plus littéraire et artistique que scientifique.
Dépourvu de toute ambition et de tout sentiment d’envie, il fut
le premier à se réjouir lorsque des camarades de Laboratoire,
entrés parfois après lui dans la carrière, voyaient leur valeur et
leur activité couronnées par un succès mérité.
Ne supportant aucune restriction à sa liberté et n’acceptant de
se soumettre à aucune discipline, G. Hamel ne fut certainement
pas un fonctionnaire modèle, si l’on admet que l’une des princi¬
pales qualités d’un fonctionnaire est l’assiduité et le respect de
l’horaire fixé. Souvent il s’absentait, sans paraître au laboratoire
pendant des jours ou même des semaines et, malgré leur indul¬
gence, ses supérieurs eurent parfois à se plaindre de sa fantaisie.
L’étude des Algues ne constituait d’ailleurs qu’une partie de son
activité. Celle-ci, aussi variée que mal connue de ses camarades
de laboratoire, s’étendait de la Musique à la collection de vieilles
faïences et à la pratique du Naturisme. Il fut même candidat
« féministe » aux élections législatives, où il n’obtint d’ailleurs que
très peu de voix; il n’en fut nullement étonné et s’en consola très
facilement.
Malgré toutes ces activités disparates vers lesquelles l’entraînait
J. FELDMANN
son dilettantisme, G. Hamel réussit à accomplir une œuvre scienti¬
fique importante.
Au moment où il s’orienta vers l’étude des Algues marines celles-
ci étaient bien délaissées en France.
Depuis la mort de E. Bornet (1913), le seul phycologue français
était C. Sauvageau qui, professeur à la Faculté des Sciences de
Bordeaux, n’avait ni la possibilité, ni, semble-t-il, le désir de former
des disciples.
Au Laboratoire de Cryptogamie du Muséum, les riches collec¬
tions d’Algues et la bibliothèque léguée par Bornet demeuraient
inutilisées.
En créant en 1924, avec son collègue et ami P. Allorge, la
« Revue algologique », G. Hamel devait contribuer grandement à
l’essor de la Phycologie française. Grâce à cette revue, les botanistes
français disposèrent d’un périodique spécialisé pour publier leurs
travaux et la bibliographie abondante et détaillée que renfermaient
les premiers volumes les renseignaient sur les travaux variés
accomplis à l’étranger sur les Algues.
Un autre instrument de travail manquait encore : c’était une
Flore des Algues marines de France.
Grâce à sa situation géographique, la France est le pays d’Eu¬
rope le plus riche en Algues marines; la plupart des espèces nor¬
diques se rencontrent sur les côtes de la Manche tandis que, au
fond du Golfe de Gascogne, on trouve sur la Côte basque, de nom¬
breuses espèces du Maroc ou des Canaries qui y atteignent leur
limite septentrionale. Les côtes de la Méditerranée sont par contre
peuplées d’une flore d’affinité subtropicale, extrêmement riche et
tout à fait différente de celle de l’Océan.
Si quelques ouvrages anglais permettaient la détermination de
la plupart des espèces de la Manche, beaucoup d’autres espèces
françaises n’y figuraient pas. Pour la flore de la Méditerrannée, la
documentation était encore plus dispersée, et l’on ne possédait à
cette époque, pour cette mer, que des flores anciennes très incom¬
plètes et souvent difficilement utilisables.
Malgré l’immensité de la tâche, G. Hamel n’hésita pas à l’entre¬
prendre.
II aborda tout d’abord l’étude simultanée des Chlorophycées et
des Rhodophycées. C’est ainsi qu’après l’étude des Bangiales, il se
consacra à celle des Némalionales. S’étant particulièrement inté¬
ressé à ces minuscules Rhodophycées épiphytes que sont les Acro-
chaetium, il fut conduit à entreprendre la révision de ce genre et
du genre Rhodochorton jusqu’alors placé parmi les Céramiacées
GONTRAN HAMEL (1883-1944)
7
et qu’il fut le premier à rapprocher des Acrochaetium. Ce travail
devait constituer sa thèse de Doctorat qu’il soutint en 1927.
L’étude des Chlorophycées des côtes de France, publiée par fasci¬
cules dans la « Revue algologique », fut achevée en 1931. Elle ren¬
ferme des recherches systématiques originales sur divers groupes
d’Algues vertes, en particulier sur les Cladophora marins dont il a
pu étudier les échantillons types de plusieurs espèces mal connues.
En collaboration avec M me A. HAMEL r JouKOV, il décrivit l’hétéro¬
gamie du Rhizoclonium lubricum Setch. et Gard, et créa pour cette
espèce le genre Lola.
Après avoir servi, pendant près de vingt-cinq ans, de guide à tous
les phycologues français, « Les Chlorophycées des Côtes de France »
peuvent paraître maintenant un travail incomplet et de valeur iné¬
gale, mais si cet ouvrage a vieilli, c’est en grande partie, grâce à
l’impulsion qu’il a donné aux recherches sur les Chlorophycées
marines et aux multiples découvertes d’ordre floristique, systéma¬
tique et morphologique qui en ont résulté.
Après l’achèvement des Chlorophycées, G. Hamel, laissant un
peu de côté les Rhodophycées, aborda l’étude des Phéophycées et,
la publication de la Revue Algologique étant devenue trop irrégu¬
lière, il assura lui-même l’édition de son ouvrage en l’imprimant à
ses frais, feuille par feuille, de 1931 à 1939.
Achevé au début de la guerre, « Les Phéophycées de France »,
volumineux ouvrage de plus de 500 pages, illustré de planches et
de nombreuses figures souvent originales, constitue l’œuvre maî¬
tresse de G. Hamel et le grand spécialiste des Phéophycées C. Sau-
vageau, qui avait eu la satisfaction, avant de mourir, de lire la plus
grande partie du manuscrit, ne cachait pas son admiration pour
ce travail.
Les Phéophycées de France, représentent en effet beaucoup plus
qu’une simple flore. Outre une mise au point critique et complète
de nos connaissances sur les Phéophycées, leur morphologie, leur
reproduction et leur biologie, il renferme de nombreuses observa¬
tions originales et les genres nouvaux créés par G. Hamel, aux
dépens des genres anciens groupant des éléments hétérogènes, ont
été admis par presque tous les phycologues français et étrangers
qui se sont depuis occupés des Phéophycées.
Outre plusieurs espèces nouvelles, deux genres de Phéophycées
ont été dédiées à G. Hamel, l’un par Sauvageau en 1936 ( Gontra -
nia), l’autre par le botaniste danois F. Boergesen en 1942 ( Hame -
lella). Ils témoignent de l’estime des phycologues pour son œuvre.
Après l’achèvement de son ouvrage sur les Phéophycées, G. Ha¬
mel avait repris l’étude des Rhodophycées de France, dont seules
les Bangiales, Némalionales et Gélidiales (ces dernières en colla¬
boration avec J. Feldmann) avaient fait l’objet de publications.
8
J. FELDMANN
Il travaillait à la rédaction des Cryptonémiales de France lorsque
la mort l’a frappé. De ce travail, seules des notes relatives aux
Corallinacées ont été retrouvées. Remis en ordre, ce manuscrit ina¬
chevé, a pu être complété par les soins de M me P. Lemoine qui y a
ajouté de multiples observations, fruits de sa longue expérience de
ce groupe trop négligé. Magnifiquement illustré de photographies
dues à R. Lami, la publication en 1953, de ce dernier ouvrage de
G. Hamel nous fait particulièrement regretter que la mort ne lui
ait pas permis d’achever l’œuvre qu’il avait entreprise et que, lui
seul, disposant au Laboratoire de Cryptogamie du Muséum, des
documents, herbiers et livres indispensables, pouvait mener à bien.
Pour faciliter les recherches sur les Algues marines, G. Hamel
entreprit en outre avec M me A. Hamel-Joukov, la publication d’un
Exsiccata : « Algues de France » dont trois fascicules de 50 espèces,
récoltées avec la collaboration de nombreux phycologues français,
ont été publiés.
Si le nom de Gontran Hamel ne reste pas attaché à de très
grandes découvertes dans le domaine de la Phycologie, son œuvre
patiente et désintéressée n’en est pas moins d’une grande valeur.
Il a, plus que beaucoup d’autres, rendu un très important service
à la Science, en mettant entre les mains des botanistes des moyens
de travail indispensables à leurs recherches.
Sa flore des Algues de France, est plus qu’une compilation ou
une œuvre de vulgarisation. Si ses recherches bibliographiques lui
ont permis de faire connaître beaucoup de travaux mal connus et
d’en présenter clairement les conclusions, il a pu très souvent,
par ses observations personnelles, apporter une contribution ori¬
ginale à la solution de problèmes controversés.
Tous les Phycologues français actuels peuvent, à des degrés
divers, se dire ses disciples car tous ont trouvé, dans l’œuvre de
G. Hamel, des enseignements précieux et de fertiles sujets de
réflexions.
Jean Feldmann.
LISTE DES PUBLICATIONS DE G. HAMEL
1. Sur quelques particularités de la Flore algologique de Saint-Malo.
C. R. Acad. Sc .. T. 175, p. 1091-1093, 1922.
2. Sur la limite de la végétation dans la Manche, d’après les dragages
effectués par le « Pourquoi Pas?». C. R. Acad. Sc., T. 176, p. 1568-
1570, 1923.
3. Sur l’apparition d’une Algue nouvelle sur les côtes de Bretagne
et de Normandie (Aniithamnionella sarniensis Lyle). Revue Algo¬
logique, T. I, n* 1, p. 50-52, 1924.
GONTRAN HAMEL (1883-1944)
9
4. Le Cours inférieur de la Rance. Bull, du Muséum, T. XXX, p. 414-416,
1924.
5. Une excursion à Saint-Suliac (Ille-et-Vilaine). Bull, du Muséum,
T. XXX, p. 533-535, 1924 (en collaboration avec G. Moazzo).
6. Quelques Cladophora des côtes françaises. I-IV. Revue Algologique,
T. I, n° 2, p. 168-174; n° 3, p. 293-297; n° 4, p. 458-461. 1924, Ibid.,
T. II, n° 1, p. 68-71, 1925.
7. Floridées de France. Bangiales I-II. Revue Algologique, T. I, n° 3,
p. 278-292; n° 4, p. 427-457, 1924.
8. Floridées de France. III-IV. Revue Algologique, T. II, n° 1, p. 39-67;
n° 3-4, p. 280-309, 1925.
9. Quelques Algues rares ou nouvelles pour la Flore méditerranéenne.
Bull, du Muséum, T. XXXII, p. 420, 1926.
10. Recherches sur les genres Acrochaetium Naeg. et Rhodochorton
Naeg. Thèse de Doctorat. Paris, 1927. Saint-Lô. Imprimerie Jacque¬
line.
11. Floridées de France, V. Revue Algologique, T. III, p. 99-158, 1928.
12. Sur les genres Acrochaetium Naeg. et Rhodochorton Naeg. Revue
Algologique, T. III, p. 159-210, 1928.
13. La répartition des Algues à Saint-Malo et dans la Rance. Travaux du
Laboratoire Maritime du Muséum national d'Histoire Naturelle à
Saint-Servan, III, p. 1-27, 1928.
14. Notes d’Algologie exotique. I. Sur quelques Porphyra des mers aus¬
trales. Annales de Cryptogamie exotique. T. I, fasc. 1, p. 51-57, 1928.
15. Révision des travaux parus jusqu’en 1928 sur la Flore cryptogamique
africaine. I. Algues marines. Annales de Cryptogamie exotique. T. I,
fasc. 1, p. 75-90, 1928.
16 Algas marinas de Espana y Portugal. I. Protoflorideae o Bangiales.
Bolet. Soc. Esp. Hist. Nat. T. XXVII, p. 167-170, 1928.
17. La répartition géographique des Fucacées et des Laminaires sur les
côtes occidentales de la péninsule ibérique. C. R. Acad. Sc., T. 187,
p. 1162-1163, 1928 (en collaboration avec J. Feldmann).
18. Quelques Cladophora des côtes françaises (suite). Revue Algologique,
T. IV, p. 43-76, 1929.
19. Les Algues de Vigo. Revue Algologique, T. IV, p. 81-95, 1 pl., 1929.
T. IV, p. 43-76, 1929.
20. Contribution à la flore algologique des Antilles. Annales de Crypto¬
gamie exotique, T. II, fasc. 1, p. 53-58, 1929.
21 Sur l’hétérogamie d’une Cladophoracée, Lola (nov. gen.) lubrica
Setch. et Gardn. C. /£. Acad. Sc., T. 189, p. 1094-1096, 1929 (en colla¬
boration avec M me Hamel-Joukov).
22. Liste préliminaire des Algues récoltées dans la région de Saint-
Servan. Bull, du Lab. marit. du Muséum national d’Hist. Naturelle
à Saint-Servan. Fasc. VI, p. 1-31, 1930 (en collaboration avec
R. Lami).
23. Chlorophycées des côtes françaises. Revue Algologique, T. V, fasc. 1,
p. 1-54, 1930.
24. Floridées de France, VI. Revue Algologique, T. V, fasc. 1, p. 61-109,
1930.
10
J. FELDMANN
25. Les Caulerpes méditerranéennes. Revue Algologique, T V fasc 2
p. 229, 1930.
26. Chlorophycées des côtes françaises. Siphonales. Revue Algologique
T. V, fasc. 3-4, p. 383-430, 1931.
27. L’alternance de générations chez les Algues. Revue Algologique,
T. V, fasc. 3-4, p. 435-436, 1931.
28. Sur le Cladoslephus dubius Bory. Travaux Cryptogamiques dédiés à
L. Mangin, p. 309-312, Paris, 1931.
29. Chlorophycées des côtes françaises (fin). Revue Algologique T VI
fasc. 1, p. 9-73, 1931.
30. Observations sur quelques Gélidiacées. Revue gén. de Bot., T. XLVI,
p. 528-550, 11 fig., 1934 (en collaboration avec J. Feldmann).
31. Floridées de France, VII, Gélidiales. Revue Algologique, T. IX, p. 85-
140, 5 pl., 1937 (en collaboration avec J. Feldmann).
32. Liste des Algues recueillies en septembre 1937 aux Iles Chausey.
in Ad. Davy de Virville. La Flore marine des Iles Chausey, p. 30-32.
Bulletin de Mayenne-Sciences, 1937-1938.
33. Sur la classification des Ectocarpales. Botaniska Notiser for àr 1939
p. 65-70, 1939.
34. Phéophycées de France, 1 vol., XLVII, 432 p., 60 fig., 10 pl Paris
1931-1939. ’
35. Les ceintures d’Ulvacées de la côte basque française. Rev. qén de
Bot., T. LU, p. 42-49, 1940.
36. Les Algues de la Nivelle maritime. Bull. Soc. Bol. de Fr T 88
p. 148-150, 1941.
37. Sur les Chlorophycées de la côte basque française et leur répartition
en ceintures. Blumea. Suppl. II, p. 41-51, 1942.
38. Corallinacées de France et d’Afrique du Nord par f G. Hamel et
M me P. Lemoine. Archives du Muséum nat. d’Hist. nat., Septième
série, T. I, 136 p., 24 pl., 1952.
Exsiccata
Algues de France. — Fasc. I (1 à 50), 1927. — Fasc. II (51 à 100)
1930. — Fasc. III (101 à 150), 1931.
Algues des Antilles Françaises. — Fasc. I (1 à 50), 1931. — Fasc. II
(51 à 100), 1931. — Fasc. III (101 à 150), 1931.
Homœothrix Bornetii (Sauvageau) nov. comb =
Tapinothrix Borneti (Sauv.)
Le genre Tapinothrix a été créé par Sauvageau en 1892 au cours
de la session extraordinaire de la Société Botanique de France en
Algérie. L’espèce T. Borneti est une algue Cyanophycée de la famille
des Rivulariacées, dépourvue d’hétérocystes. Ce genre est donc
voisin des Homœothrix et se différencie des Leptochaete et Amphi-
thrix en ce qu’on n’observe pas de formation chroococcoïdale à la
base des filaments. Mais alors que chez Homœothrix le poil à l’extré¬
mité apicale des filaments est articulé jusqu’au bout comme chez
les Calothrix, Dichothrix, etc. chez Tapinothrix il est, selon la
diagnose de Sauvageau, muqueux et non articulé. La récolte de
Sauvageau a été effectuée dans un petit ruisseau à courant très
rapide provenant de la source Aïn-Oumack à une dizaine de kilo¬
mètres au Sud-Ouest de Biskra. Température de l’eau 27°. Depuis,
cette plante n’avait pas été retrouvée que je sache. J’ai récolté cette
algue à Berthenicourt près de Saint-Quentin sur les pierres du lit
d’un petit ruisseau au courant peu rapide, alimenté par une source
à pH = 7. La température de l’eau prise les 30 juin, 9 août et 9 sep¬
tembre était respectivement de 10°, 11° et 10°5. J’ai pu, grâce à
l’obligeance de M. Bourrelly comparer cette récolte à celle de
l’échantillon original de Sauvageau conservé dans l’herbier du
Muséum. Il s’agit bien de la même plante. L’aspect est celui d’un
enduit noirâtre, velouté au toucher, formé de filaments dressés et
très serrés où l’on trouve également les Rhodophycées Batrachos-
permum sp. et Chantransia sp. ainsi qu’une Chaetophorale. L’épais¬
seur des filaments est assez variable selon, je suppose, le stade du
développement de la plante; elle atteint au maximum 4 a. De nom¬
breux prélèvements m’ont permis d’observer ce développement.
Le plus souvent les filaments se terminent par un poil muqueux
non articulé, mais j’ai pourtant pu faire le 9 août 1953 une récolte
dont un certain nombre de filaments possèdent un poil articulé jus¬
qu’au bout comme les autres Rivulariacées. Assez souvent l’aspect
est celui de la figure ci-contre, ce qui semble indiquer que le poil
articulé est sur le point de tomber. A remarquer que la cellule
basale présente une conformation comparable à celle qui a été
12
JEAN MABILLE
décrite chez Homœothrix balearica (Born. et Fl.) Lemm. par
M. Serpette.
Rien ne s’oppose donc à ce que cette algue entre dans le genre
Homœothrix où elle semble très voisine de
H. varions Geitler dont elle diffère par
l’épaisseur plus grande que les filaments
peuvent atteindre (4 p. au lieu de 3 jx). La
suggestion de ce transfert a d’ailleurs été
formulée par Geitler (1932 et 1942) et je
suppose que si cet auteur n’a pas effecti¬
vement réalisé la combinaison nouvelle,
c’est qu’il ne lui a pas été possible d’obser¬
ver du matériel frais.
Ce transfert n’est que provisoire car il
me semble souhaitable que les genres Lep-
tochaete-Amphithrix-Homœothrix soient
l’objet d’une révision systématique. En
effet les formations chroococcoïdales ca¬
ractéristiques des deux premiers genres
paraissent appartenir à des algues auto¬
nomes et Geitler écrivait déjà en 1932 au
sujet du genre Leptochaete : « Die Abbil-
dungen besitzen vielfach ein recht un-
wahrscheinliches Aussehen »... et à propos
du genre Amphithrix : « Es scheinen auch
hier Verwechslungen mit nicht zu den
eigentlichen Trichomen gehôrenden ande-
ren Blaualgen vorgekommen zu sein ».
Déjà R. Margalef (loc. cit.) a trouvé Lep¬
tochaete Borzi dépourvu de cette couche
hétéromorphe et il appelle cette algue Ho¬
mœothrix crustacea (Borzi) Marg.
Homœothrix Borneti (Sauv.) comb. nov.
récolté aux environs de Saint-Quentin
dans des conditions écologiques assez dif¬
férentes de celles de la récolte de Sauvageau, n’est peut-être pas très
rare : seules peut-être ses très faibles dimensions l’ont fait passer
inaperçu jusqu’à présent.
Jean Mabille.
Fig. 1.
1. Tapinothrix Borneti
Sauv. d’après la récolte
originale d’Algérie. — 2.
D’après la plante de Ber-
thenicourt (Aisne).
BIBLIOGRAPHIE
Forti A. (1907). — In Sylloge Algarum de Toni, vol. V.
Frémy P. (1927). — Les Rivulariacées de la Normandie in Notices
HOMŒOTHRIX BORNETI (SAUVAGEAU)
13
Mêm. et Docum. publiés par la Soc. d’Agric. d’Arch. et (THist. nat.
du départ, de la Manche, 39 e vol.
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Bd. XIV.
— (1942). — Schizophyta : Klasse Schizophyceae in Engler und
Prantl : Die natürlichen Pflanzenfamilien, Bd. 1 b.
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pendant la session de la Société botanique. Bull. Soc. Bot. Fr.,
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Fl.) Lemm. et fonction des hétérocystes chez les algues bleues.
Bull. Soc. Bot. Fr. 95, n os 7-9.
Diatomées marines provenant de l’Ile Heard
(Australian National
Antarctic Research Expédition)
Le matériel faisant l’objet de cette présente note nous a été confié
par M. le P r R. Heim, Directeur du Muséum de Paris. Il lui fut
adressé par M. E. H. M. Ealey, Biologiste, au nom de M. G. Law,
Directeur de l’Australian National Antarctic Research Expédition.
Ce matériel comprenait deux récoltes de phytoplancton marin
recueilli dans les parages de l’Ile Heard, située à 600 km. au Sud
de l’archipel des Kerguelen. Elles portaient les indications sui¬
vantes : (1) n° 100, 30 avril 1949 et (2) n° 379, 11 novembre 1949.
La première de ces récoltes est assez pauvre en Diatomées, à
part Rhizosolenia crassa Karst., commun, les quelques autres
formes présentes y sont rares, alors qu’elles se retrouvent toutes
en plus ou moins grande abondance dans la récolte suivante n° 379.
Celle-ci, par contre, est d’une richesse si variée de formes, que la
composition systématique de son inventaire, résume une bonne
partie de la microflore des Diatomées du plancton des mers subant¬
arctiques.
Ainsi, la seule analyse de cette récolte n° 379, constitue en entier
la liste systématique qui suit.
CENTRICAE
ACTINOCYCLUS OLIVER1ANUS O. Mear., —A. valdiviae Karsten,
« Valdivia », p. 92, 9/3.
Diamètre valve 59 p..
7-8 alvéoles en 10 jjl.
LEGENDE DE LA PLANCHE II
I, Hyalodiscus radiatus (Ehr.) Grun. — 2, Rhizosolenia Chunii Karst. — 3, Cos-
cinodiscus tabularis Grun. — 4, Triceratium arcticum Brigh., var. kerguelensis
Castr. — 5, Hyalodiscus subtilis Bailey. — 6, Chaetoceros hawii nov. spe.,
(spores de conservation). — 7, Asteromphalus robustus Castr., fo. — 8, Coscino-
discus Rothii (Ehr.) Grun. — 9, Nitzschia pandnriformis Greg., var. australis
nov. var. — 10, Chaetoceros dicladia (Ehr.) Castr. (spores de conservation). —
II, Coscinodiscus lineatus Ehr. — 12, Rhizosolenia antarctica Karst. —
13, Rhizosolenia crassa Karst.
REVUE ALGOLOGIQUE
N«"- Sér. T. I; PI. 2
Microphotos L. Man gui
Diatomées marines de l’île Heard
DIATOMÉES MARINES PROVENANT DE L’ÎLE HEARD
15
Environ 17 stries marginales en 10 jx.
Zone centrale de structure assez variable. — A. C.
ASTEROMPHALUS ROBUSTUS Cast., = A. HOOKER1 Cl., Hus-
teldt, Kieselalgen, I, p. 496, fig. 278, fo.
Diam. cell. 91-96 jx.
8-9 aréoles en 10 jx. •
Zone centrale à peu près de la 1/2 largeur de la valve, même
nombre et même disposition des rayons sectoriels que chez
l’espèce. Ne diffère que par ses dimensions supérieures et par
le nombre d’aréoles des segments en 10 jx, nettement inférieur.
Cette forme paraît intermédiaire entre A. robustus et A. hepta-
clis (Bréb.) Ralfs. — C.
BIDDULPHIA WE1SSFLOGIA Janis., van Heurck, Synopsis,
100/1, 2, = B. striata Karst.
Long. cell. 66 $x, diam. 47 jx. — A. R.
CHAETOCEROS ATLANTICUS Cl., Hust., Kiesel., I, p. 641, fig. 363.
— — var. exigua Cl., loc. cit., p. 645, fig. 364c.
— — var. neapolitana (Shrôd) Hust., loc. cit., p. 645, fig. 366.
L’espèce est commune, les vars. sont rares.
— CONCAVICORNIS Mangin, C. R. Séances Acad. Sci. Nat. 164,
p. 704 et 770, fig. 5, 6, 7 (1917), = C. criophilus auct.
nonul. — R.
— D1CHAETA Ehr., Hust. Kiesel., I, p. 648, fig. 367. — R.
— D1CLADIA (Ehr.) Cast., Challenger, p. 82, 8/1, 19/7-8. — C.
— PERUVIANUS Brightw., Hust., Kiesel., I, p. 671, fig. 380-81.
— SCïllMPERIANUS Karst., « Valdivia », p. 117, 15/2, 2 b. —
T. R.
— LAW1I nov. sp.
Cellules en chaînes (plus ou moins dissociées dans le maté¬
riel de récolte, et de ce fait ne permettant pas de juger si ces
chaînes sont en spirale sur plusieurs tours). Ne paraissant pas,
par coloration du matériel, réunies en une commune enveloppe
gélatineuse.
Frustules à valves légèrement convexes; foramen étroits,
un peu étranglés dans leur milieu. Plan valvaire de 8 à 17 n
Source : MNHN. Paris
16
E. MANGUIN
de long dans le sens de l’axe apical, valves elliptiques, non
prolongées aux pôles. Manteau valvaire le plus souvent de
faible hauteur, sans ligne apparente de resserrement sur la
zone connective. Soies à partie basale courte, en retrait des
pôles valvaires, toutes tournées dès la base du même côté de
la chaîne, recourbées en arrière et perpendiculaires à l’axe de
la chaîne. Soies têrminales non différenciées. Chromatophores
en plaque pariétale. Spores de conserva¬
tion à valves convexes, lenticulaires à sub¬
sphériques, selon la longueur de l’axe
apical de la cellule maternelle, à valves
primaire et secondaire garnies d’aiguillons,
présentant vers les pôles deux courtes
soies atteignant les angles de la cellule
maternelle. A un stade plus avancé, avant
la libération de la spore, ces jeunes soies
apparaissent au dehors de la cellule ma¬
ternelle, entre les grandes soies adultes.
Cette nouvelle espèce présente à la fois
des caractères intermédiaires, en particu¬
lier par ses spores de conservation, avec
C. debilis Cl. et C. radians Schmitt, mais
elle se différencie nettement de cette der¬
nière espèce, et du groupe Sociale auquel celle-ci appartient, par
ses soies toutes recourbées sur le côté du plan apical, et ses
chaînes non incluses dans une gaine gélatineuse. Par ces deux
derniers caractères, elle appartient au groupe Curvisete, et se
rapproche de C. debilis, dont elle rappelle le mode de cour¬
bure des soies et la forme des cellules végétatives, mais elle
s’en distingue aisément par ses spores de conservation non
glabres ni bosselées. Abd.
Nous avons le plaisir de dédier cette espèce nouvelle à
M. P. Law, directeur de l’Antarctic Division.
CORETHRON CRIOPHILUM Cast., «Challenger», p. 85, 21/4.
Dans l’état actuel de nos connaissances sur la valeur systé¬
matique des espèces du genre Corethron que les auteurs ont
créées, je partage la conception de N. I. Hendey (1) sur ce sujet.
Cet auteur émet le principe d’un genre monospécifique, ne
comprenant que des formes évolutives, gravitant dans le temps
autour de l’espèce C. criophilum, qu’il considère comme étant
(1) Discovery Reports, Vol. XVI, 1936 : The Plankton Diatoms of the Sou¬
thern Seas, pp. 325 et suivantes.
DIATOMÉES MARINES PROVENANT DE L'ÎLE HEARD
17
le type spécifique et polyphasique. Cette conception a l’avan¬
tage d’apporter un peu de tacilité, tout au moins en ce qui
concerne les Corethron des mers australes, lorsqu’on aborde
l’étude, dans une aire donnée, d’une population polymorphe
de cet 'important élément du phytoplancton des mers froides.
Parallèlement à ces vues, l’on peut concevoir que la succes¬
sion dans le temps de ces formes soit sous la dépendance, au
cours du cycle saisonnier, des conditions du milieu marin.
En me basant sur la conception d’une espèce polyphasique
unique, j’ai observé les formes suivantes :
CORETHRON CRIOPHILUM fo. hystrix. Hendey, lo. cit., p. 328,
pl. VII, fig. 1, et pl. VIII, fig. 1.
Cette forme correspond à C. hystrix Hensen, et à C. ualdwia
Karst. La délimitation de cette phase est à peu près impossible
à fixer. Fréquemment, la même cellule présente à la fois les
caractères structuraux de chacune de ces espèces. T. R.
_ — fo. criophilum. Hendey, toc. cit., p. 325, pl. VII, fig. 2-
10 et pl. VIII, fig. 3-6.
C’est la forme la plus fréquente dans la récolte n" 379. Elle
correspond à l’espèce type, décrite pour la première fois des
mers australes par Castracane (foc. cit.). — A. C.
_ _ fo. inerme. Hendey, toc. cit., p. 329, pl. VIII, fig. 9.
Pour Hendey, cette fo. est probablement saisonnière et à aire
limitée. Elle correspond à C. inerme Karst. « Valdivia », p. 104,
pl. 13, fig. 11-17. — A. C. , , .
Enfin, j’ai également observé une forme rare, de structure
1res simplifiée, représentant probablement un stade juvénile
antérieur à la précédente. Elle est décrite et figurée comme
celle-ci par Karsten sous le nom de C. inerme. En me confor¬
mant à la règle adoptée ici, je nommerai cette dernière : fo.
praeinerme. — R.
COSCINOD1SCUS CENTRAL1S Ehr., Hustedt, Kiesel. I, p. 444.
fig. 243.
Diam. valve 176-188 k a.
3 à 4 aréoles en 10 jj. dans la partie moyenne de la valve.
5 à 6 aréoles vers le bord, en 10 g.
1 aiguillon en 10 jr sur le bord valvaire.
Environ 6 à 9 traits en 10 i» sur l’étroite marge valvaire. -
A. C.
— CENTRALIS var. pacifica Grand et Angst.
Diam. 164,5 u..
18
E. MANGUIN
Environ 5 aréoles en 10 jj. vers le centre de la valve.
Environ 7 aréoles en 10 jx sur le bord de la valve.
Environ 8 traits en 10 tx sur la marge valvaire. — A. C.
COSC1NODISCUS CONCINNUS W. Sm., Hust., Kiesel. I p 441
fig. 241.
Diam. 192-199 y..
6-7 aréoles en 10 tx.
8-9 aréoles en 10 jx vers le bord de la valve. — C.
— EXCENTR1CUS Ehr., Hust., Kiesel. I, p. 388, fig. 201.
Diam. 77 y..
5- 6 aréoles centrales en 10 jx.
6 vers le bord valvaire, en 10 tx.
Structure de la valve assez variable. — A. R.
— — var. fasciculata Hust., Kiesel. I, p. 390, fig. 202.
Diam. 120-148 y.. — A. C.
— LENTIGINOSUS Janisch., A. S. Atlas 58/11, Castracane
« Challenger », p, 160 5/4.
Diam. valve 82 jx.
6- 8 granules (pores) en 10 tx dans la partie moyenne de la
valve.
Stries ponctuées marginales, environ 13-14 en 10 g. Traits
(épines?) situés sur le bord valvaire, 4 en 10 g.
1 processus marginal bien visible. — Abd.
Cette espèce doit être assez variable, je n’ai trouvé aucun
exemplaire, parmi la nombreuse population figurant dans cette
récolte, ayant une structure conforme en tous points aux
figures des auteurs. Il est possible que nos exemplaires repré-
sentent une forme?
— UNEATVS Ehr., Hust., Kiesel. I, p. 393, lia. 204.
Diam. 119 n.
Aréoles : 4 en 10 jx. — A. R.
MARGAR1TACEUS Cast., «Challenger», p. 164, 18/3.
Diam. 37 jx.
7-8 aréoles en 10 jx.
10 lignes de petites aréoles en 10 tx sur le bord.
Areoles arrondies à subquadratiques, à chambre avec ou¬
verture. Petits apicules marginaux régulièrement espacés. —
T. R.
Contrairement aux auteurs, cette espèce n’est pas un syno¬
nyme de C. elegans Grev. (A. S. Atlas 59/7). Elle me paraît être
nettement différente de cette dernière espèce
DIATOMÉES MARINES PROVENANT DE L’ÎLE HEARD
19
— MARGINATUS Ehr., Hust., Kiesel., I, p. 416, fig. 223.
Diam. 65 jx. — T. R.
COSC 1 NODISCUS OCULVS 1RID1S Ehr., Hust., Kiesel., I, p. 454,
fig. 252.
Diam. valve 122-150 p.
3-4 aréoles en 10 ji autour de la rosette centrale.
3-5 aréoles en 10 y- près du bord valvaire.
6-7 stries marginales en 10 a.
2 processus marginaux asymétriques, petits mais distincts.
A. C.
_ ROTHl! (Ehr.) Grun., Hust., Kiesel., I, p. 400, fig. 211.
Diam. 82-124 g.
5-6 aréoles en 10 p vers le centre.
6 aréoles en 10 y. près du bord.
1-2 aiguillons marginaux en 10 y. — Abd -
_ TABULAR1S Grun., loc. cit., p. 427, fig. 230 a.
de la valve.
13 traits marginaux en 10 g.
2-2 1/2 aiguillons en 10 y, à l’intérieur des traits. A. R.
DACTYLIOSOLEN ANTARCT1CUS Cast.. loc. cit., p. 556, fig. 316.
— A. C.
EUCAMP1A BALAUSTIUM Cast., Castracane « Challenger », p. 97,
18/5, = E. ANTARCTICA (Cast.) Mangin, 2* Expédition
Antarctique Française, p. 58, pl. 1/1. Abd.
HYALODISCVS DVBIOSUS (Grun) Karst., Karsten « Valdivia »,
p. 75, 2/8-10.
Diam. valve 100 y.
Ombilic très petit, punctiforme.
Stries spiralées, décussées ponctuées, 12 -14 aréoles en
10 y. — T. R.
— RADIATUS (O’Meara) Grun., Peragallo, Diat. marines de
France, pl. 119, fig. 6; Hustedt, Kiesel., I, p. 295, fig. 135.
Diam. valve 94 y.
Diam. ombilic 47 y, parsemé de petits points (probablement
des pores gélatineux).
Environ 14-16 aréoles en 10 y, formant des lignes décussees,
disposées en fascicules.
20
E. MANGUIN
Stries marginales, environ 12-14 en 10 p. — R.
— SU BTI LIS Bailey., Perag. loc. cit., pl. 119, fig. 7; Hustedt.
loc. cit. p. 291, fig. 132.
Diam. valve 106 y..
Diam. ombilic 47 jx, finement strié, ponctué (pores gélati¬
neux).
Environ 20-24 aréoles en 10 jx dans le milieu des rayons. — R.
ISTHMIA ENERVIS Ehr., Hustedt, loc. cit., p. 866, fig. 516._A. R.
PODOSIRA sp. cf. P. maxima (Ktz.) Grun., Hustedt, Kiesel I
p. 285, fig. 126.
Diam. valve 101 y..
Diam. ombilic 4-5 ;[ x montrant quelques aréoles isolées des
faisceaux.
18-19 rayons d’aréoles en 10 fx.
13-15 aréoles punctiformes en 10 y.. — T. R.
Sur un seul exemplaire vu je ne puis confirmer si c’est bien
P. maxima.
PO ROSIRA sp. cf. P. glacialis (Grun.) Jorg., Hustedt, loc cil
p. 315, fig. 153.
Diam. valve 54-65 u.
16-18 rayons d’aréoles sur le bord, et 14 vers le centre en
10 u., groupés en secteurs non excentriques, moins apparents
que chez P. glacialis; 11-12 aréoles en 10 g, moins serrées que
chez cette espèce. Entre les aréoles sur toute la surface du
disque valvaire, sont situées des ponctuations bien apparentes
(aiguillons ou pores gélatineux?), disposées concentriquement.
A proximité de la marge valvaire est situé un long aiguillon
isolé. — A. C.
Je pense que cette Diatomée n'est qu'une simple forme de
P. glacialis, mais n’ayant pu vérifier si les cellules sont asso¬
ciées entre elles par un épais cordon gélatineux, pour former
des colonies en chaînes, je ne puis lui donner une détermina-
tion définitive.
PYXIDICULA MINUTA Grun., Hustedt, loc. cit., p. 301, fia. 139.
Diam. valve 26 a.
4-5 aréoles en 10 jj., disposées en un système de deux lignes
croisées.
Diamètre valvaire et nombre d’aréoles en 10 u. un peu supé¬
rieurs aux chiffres donnés par Grunow, par ailleurs en tous
points conforme à la diagnose de l’auteur._T. R.
Source : MNHN. Paris
DIATOMÉES MARINES PROVENANT DE L’ÎLE HEARD
21
RHIZOSOLENIA ANTARCT1CA Karsten? « Valdivia », p. 95, XI/1.
Diam. valve 21,5 {/..
Larg. axe pervalvaire 49-50 y..
Cette espèce ne figure pas dans F. W. Mills (Index to Généra
and Species of the Diatomacae), et je n’ai trouvé cette espèce
mentionnée dans aucun des auteurs ayant étudié depuis Kars¬
ten le phytoplancton de l’Antarctique. Il est possible qu’elle
soit très proche de R. cylindricas Cl., peut-être même iden¬
tique? Chez nos exemplaires les aiguillons sont bien situés au
centre de la voûte valvaire, ils sont également recourbés et
leur loge est difficilement visible sur la membrane cellulaire.
Ces caractères correspondent parfaitement à l’espèce créée par
Karsten, mais je n’ai pu vérifier le système d’association des
cellules, que l’auteur décrit comme suspendues entre elles, à la
façon d’un chapelet de saucisses. Je n’ai observé dans le
matériel brut que des cellules isolées. — R.
RHIZOSOLENIA ALATA Brigh., Hustedt, Kiesel., I, p. 600, fig. 344.
— A. C.
— — fo. inermis (Cast.)Hust., loc. cit., p. 602, fig. 348. —
A. C.
— CHUNII Karst. «Valdivia», p. 99, XI/5.
Diam. valve 14-33,5 y..
Larg. axe pervalvaire 47-48 j i.
La forme générale des chaînes, ainsi que la structure des
cellules, correspondent en tous points à celles de l’espèce de
Karsten, seul diffère, pour beaucoup d’exemplaires observés
Long, axe perv.
dans la récolte, le rapport - : -= 1,4, alors qu’il
Diam. value
est de 3,5 pour le type spécifique. Cette différence dans les
proportions de la taille de certaines cellules ne motive pas une
distinction systématique, mais, à mon avis, un élargissement
de la diagnose originelle. — A. R.
— HEBETAT A (Bail.) Gran., fo. semispina (Hensen) Gran.
Hustedt, Kiesel., I, p. 592, fig. 338. — A. R.
— — fo. bidens Heiden et Kolbe. Deutsche Siidpolar Expé¬
dition, p. 519, 8/160; Karsten, « Valdivia », p. 98 IX/13;
Van Heurck, Voyage du S. Y. Belgica, p. 28, pl. 4,
fig. 64. — A. R.
— SIMPLEX Karst. « Valdivia », p. 95 X/l.
Long. cell. jusqu’à 243 ji.
Diam. valve 28,5 y.. — R.
22
E. MANGUIN
— STYLIFORMIS Brigh., Hustedt, Kiesel., I, p. 584, fig. 333. —.
A. R.
STEPHANOPYXIS TURRIS (Grev. et Arn.) Ralfs., Hustedt, loc. cil.,
p. 304, fig. 140; H. et M. Peragallo, Diatomées Marines
de France, p. 440, pl. 119, fig. 7.
Diam. cell. 24-40 jx.
14-16 robustes épines, disposées en une ligne concentrique.
Valve fortement convexe, à zone périphérique profonde.
Avec une aréolation très marquée et irrégulière.
4-4 1/2 aréoles en 10 fx. — A. C.
Sont également représentées des formes ayant jusqu’à 5-
7 aréoles en 10 jx. J’ai également observé que chez les grands
exemplaires la membrane du fond des aréoles est finement
ponctuée. Ce dernier caractère est particulier à S. Broschii
Grun, mais il est beaucoup plus apparent qu’ici. Je pense que
nous avons affaire à des formes de S. Turris, probablement
particulières aux régions antarctiques, qu’il serait intéressant
de revoir avec plus de précision.
T HA LA SS IO SI RA ANTARCTICA Combe., Karsten, « Valdivia »,
p. 73, 2/2, 2 a, 3; Mangin, 2 e Expédition Antarctique,
p. 76, fig. 55.
Diam. valve 24-44,5 fx.
Environ 9 petites aréoles punctiformes en 10 jx, disposées en
lignes rayonnantes, fréquemment bifurquées.
Environ 12 petits aiguillons marginaux en 10 jx, parfois dis¬
posés en 2 rangées irrégulières. — A. C.
Cette espèce est signalée par les auteurs comme assez va¬
riable dans sa structure, ainsi que dans le mode d’agrégation
coloniale de ses cellules. Il est possible que ce polymorphisme
résulte de la confusion entre 2 formes spécifiques distinctes,
mais très voisines. Cette question mérite une mise au point
ultérieure.
— DECIPIENS (Grun.) Joergensen., Hustedt, Kiesel., I, p. 322,
fig. 158; Van Heurck, Synopsis = COSCINODISCUS
DECIPIENS Grun., pl. XCI, fig. 10.
Diam. valve 20 jx.
6-8 grosses aréoles au centre, en 10 ix.
20 aréoles plus petites vers le bord, en 10 jx.
4 petits aiguillons submarginaux, en 10 y.. — A. R.
TRICERATIUM ARCTICUM Brigh., var. kerguelensis Cast., Castra-
cane, « Challenger», p. 107, pl. XIII, fig. 7; T. ANT ARCTI¬
CUM Janisch, A. S. A. 79/7. — A. R.
DIATOMÉES MARINES PROVENANT DE L’iLE HEARD 23
PENNATAE
COCCONEIS PINNATA Greg., var. plana Pereg., H. Peragallo,
2' Expédition Antarctique Française, p. 53, pl. 2, fig. 4. —
A. R.
ENTOPYLA AUSTRALIS Ehr., A. S. A., 230/1-16.
Cette grande et belle Diatomée est polymorphe, et E. Kergue-
lensis Karst. (Karsten, «Valdivia») n’est qu’une simple va¬
riation de cette espèce. Cette dernière espèce figure également
dans la récolte, elle y est également très rare.
FR A GILA RIOPSIS ANTARCTICA (Cast.) Hust., A. S. A., 299/9-
14. — Abd.
— RHOMBICA (O’Meara) Hust., F. Hustedt : Diatomeen aus
der Lebensgemeinschaft des Buckelwals, Arch. f. Hydrobio.,
1952, Bd. XLVI, p. 296, fig. 6-7. — T. R.
GRAMMATOPHORA ARCUATA Ehr., Hustedt II, p. 42, fig. 567. —
A. R.
NAVICULA RHOMBICA Greg., Peragallo, Diat. Marines de France,
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gemeinschaft des Buckelwals, Arch. f. Hydrobio., p. 293,
fig. 13-14. — A. C.
Long. 88-90 a, larg. 2,5 u.; 20 stries transapicales en 10 [x,
12 points carénaux en 10 u., avec un plus large espace entre les
deux points carénaux médians.
— PACIFIC A E. Cupp., E. Cupp., Marine Plankton Diatoms of
the West Coast of North America, Bull, of the Scripps
Institution of Oceanography, La Jolla, California, Vol. 5,
n° 1, p. 204, fig. 157.
Long. 83 y., larg. 6,5-7 p; environ 25 stries transapicales et
10 [jl, avec 8 ponctuations en 10 [x, 12-16 points carénaux en
— PANDURIFORMIS Greg., var. australis nov. var.
Long, valve 54-73 {x, larg. 19-21 [x.
Stries formées de robustes ponctuations, décussées, 8-12 en
10 [x, avec 8 ponctuations en 10 tx, 12-16 points carénaux en
10 [x. — A. R.
Diffère de l’espèce par la robustesse des stries transapicales,
Source : MNHN, Paris
24
E. MANGUIN
constituées par de grosses perles, en particulier dans la partie
médiane, parallèle au bord extérieur du sillon longitudinal.
— sp. cf. N. delicatissima Cl.
Long. 111 ja, larg. 3 jx, environ 18 stries transapicales et 11-
13 points carénaux en 10 jx. — A. C.
THALASSIONEMA NITZSCHIOIDES Grun., Hustedt, Kiesel. II,
p. 244, fig. 725.
Observé seulement des exemplaires de petites dimensions. —
A. C.
THALASSIOTHRIX LONGISSIMA Cl. et Grun., var. antarctica
Grun. Van Heurck, Synopsis, 37/8.
Il est probable que T. antarctica (Schimper) Karst. var. echi-
nata Karst. (Karsten « Valdivia », p. 396, 46/10 a-c) soit la
même chose que la présente variété de Grunow. — Abd.
TROPIDÜNEIS ANTARCTICA (Grun.) Cl. Cleve, Synopsis of Navi-
culoid Diatoms, I, p. 24; Karsten, «Valdivia», p. 128,
18/7.
Jusqu’à 240 u. de long., 18 stries transapicales en 10 jx, 20 ponc¬
tuations en 10 fx. — C.
E. Manguin.
Laboratoire de Cryptogamie
du Muséum National d’Histoire Naturelle
Paris, 1 er octobre 1953.
Sur les associations algales des anses vaseuses
du sud de la Bretagne
Les récoltes et les observations furent faites au printemps, dans
des estuaires marins du Finistère, les anses Saint-Jean et Saint-
Laurent, aux environs de Concarneau. Elles nous ont permis de
différencier plusieurs associations, souvent très caractéristiques, du
point de vue Chlorophycées et Cyanophycées.
Tout d’abord, il semble se dégager nettement une association
très typique des rochers ombreux caractérisée par la présence d’une
seule Rhodophycée : Rhodochorton Rothii Naeg.
I. Association sciaphile a rhodochorton
Cette « association zonée » s’étale en altitude sur 2 m. environ,
et comprend trois zones principales, distinctes d’aspect.
a) Au niveau le plus élevé, un revêtement feutré roussâtre ve¬
louté de : Rhodochorton Rothii Naeg., qu’accompagnent accessoire¬
ment : Microcoleus tenerrimus Gom., Symploca atlantica Gom.
b) Au-dessous un revêtement érugineux ou brun de Phormidium
Corium (Ag.) Gom., qu’accompagnent accessoirement : Ulothrix
pseudoflacca Wille, Phormidium autumnale (Ag.) Gom.
c ) Puis un revêtement vert de : Rhizoclonium riparium Harv.
Cette association ne se rencontre que dans les stations orientées
au Nord, et si l’atténuation de la lumière n’est pas suffisante, on
constate que Rhodochorton Rothii peut manquer.
Rhodochorton Rothii Naeg. remonte très haut dans les anfractuo¬
sités, sous les racines d’arbustes tels que les houx où il supporte un
suintement d’eau douce et une lumière très atténuée ainsi qu’une
certaine humidité de l’air.
Microcoleus tenerrimus Gom. est fréquemment associé au Rho¬
dochorton plus encore dans les revêtements élevés que dans les
gazons normaux situés à la limite du flux.
Symploca atlantica Gom. se développe indifféremment dans les
trois zones de l’association, principalement dans la zone supérieure.
Phormidium autumnale (Ag.) Gom. est associé fréquemment à
Ph. Corium (Ag.) Gom. aussi bien en eau douce qu’en milieu marin.
L’association tout entière est soumise à trois facteurs écolo¬
giques :
26
M.-L. PRIOU ET M. SERPETTE
1) l’eau douce qui provient, soit de suintements continus, soit
de l’eau de pluie;
2) le milieu marin par ses embruns qui atteignent parfois des
régions élevées;
3) les périodes prolongées de dessiccation.
II. Association a symploca, microcoleus, enteromorpha minima.
Ces algues s’associent pour former des croûtes vertes érugineuses,
à surface lisse, tapissant les rochers et les tiges des phanérogames
au niveau de Bostrychia scorpioides. L’association ainsi réalisée
contient un élément presque constant : Symploca atlantica Gom.,
mais souvent représenté par des filaments isolés.
Les éléments habituels sont : Microcoleus tenerrimus Gom., Mi¬
crocoleus chthonoplastes Thur. souvent abondants ainsi que Ente¬
romorpha minima Naeg. et Rhizoclonium riparium Harv. On trouve
fréquemment, mais en moindre abondance : Oscillatoria nigro-
viridis Thw., Oscillatoria brevis Riitz. var. neapolitana, Hydroco-
leum lyngbiaceum Kütz. et quand l’influence marine est suffisante :
Lyngbia semiplena Ag., Calothrix pulvinata Ag., et Rhizoclonium
riparium Harv.
On note dans ces estuaires la rareté relative de Lyngbya aestuarii
Lieg. Au lieu de l’association classique : L. aestuarii, M. chtono-
plastes, c’est l’association précédente à : Symploca, Microcoleus,
Enteromorpha qui colonise les étages exondés des estuaires étudiés
au niveau élevé de Bostrychia scorpioides.
On remarque que E. minima forme de petits tapis jaunâtres et
serrés près des suintements d’eau douce.
III. Association du bord du schorre
OU LE MILIEU MARIN EST DOMINANT.
Ce faciès, où les Chlorophycées forment des touffes chevelues, est
nettement dominant et peut s’étendre sur plusieurs mètres carrés
à la base des phanérogames halophytes en particulier des obiones.
On y rencontre entremêlés des filaments de : Rhizoclonium ripa¬
rium (Roth.) Harv., Percursaria percursa (Ag.) Rosenv., Capso-
siphon fulvescens (Ag.) Setch. et Gardn.
Ces derniers sont rares, tandis que domine Enteromorpha margi-
nata J. Ag. celle-ci peut remonter plus haut à condition que les
pierres sur lesquelles elle se trouve soient recouvertes d’une mince
couche de vase plus ou moins desséchée.
Toujours à la base des mêmes phanérogames : Symploca atlan¬
tica Gom., Microcoleus tenerrimus Gom., M. chtonoplastes Thur.,
forment des croûtes sur le sol vaseux.
Source : MNHN, Paris
ASSOCIATIONS ALGALES DU SUD DE LA BRETAGNE
27
IV. Association sur caillou de la slikke.
La tête des cailloux émergeant du glacis vaseux se trouve cou¬
verte de : Enteromorpha marginata J. Ag., E. torta (Mert.) Reinb.,
cette dernière algue est parfois abondante sur la vase, tandis que
plus bas au niveau des Fucus ceranoides Linn., sur les pierres, ou
même fixé à ces Fucus, E. proliféra J. Ag. se développe.
Lyngbya aestuarii Lieb. prolifère à un niveau proche de F. cera-
noides tandis que sur les bords du lit mineur les Enteromorpha
compressa (L.) Grev., au niveau des F. spiralis Linn., abondent.
V. Association a rivularia et vlothrik.
Sous les rebords terreux des talus qui limitent le schorre dans le
fond des estuaires, on trouve avec une constance remarquable Rivu¬
laria nitida Ag. et Vlothrix pseudoflacca Wille.
Avec R. nitida se trouvent généralement Microcoleus chtono-
plastes Thur., Microcoleus tenerrimus Gom. et Rhizoclonium ripa-
rium (Roth.) Harv. .
Par exception, on observe dans le même genre de station, Rwularia
atra Roth, à la place de R. nitida. Ce fait confirme les indications
de Sjashdt (Litoral and supralitoral studies on the Scanian shores.
Lands uniu. Araskrift. NF and 2, Bd 24, 1928) qui a trouvé R. atra
et R. nitida mélangés sur des rochers de la zone littorale, mais
R. nitida semble être une plante typiquement supralittorale et
R. atra une plante littorale, capable de vivre exceptionnellement à
l’étage supralittoral comme R. nitida. Les herbiers du Muséum ren¬
ferment des échantillons de R. atra provenant de stations de ce
genre et caractérisés par une consistance moins coriace que les
échantillons typiques.
VI. Association des ruisseaux d’eau douce au fond des estuaires.
Avant de pénétrer dans l’estuaire, le ruisseau permanent com¬
porte un courant rapide aux rives consolidées par des pieux. On
trouve sur ces pieux des plaques érugineuses et brunes de Phor-
midium autumnale (Ag.) Gom., tandis qu’en amont des Floridées
sont abondantes : Lemanea sp., Ratrachospermum sp. et qu’en aval
les Enteromorpha inlestinalis Link. très longs peuplent les pier¬
railles du lit, avec sur la tête des pierres légèrement émergeantes :
Monostroma oxycoccum Kütz.
On constate que parfois Nostoc Linckia (Roth.) Born. remplace
Ph. autumnale, peut-être ce phénomène est-il explicable par la
baisse du débit des ruisseaux en année sèche; il semble que N. Line-
28
M.-L. PRIOU ET M. SERPETTE
kia soit moins sensible à l’action directe de la salinité que Ph. au-
tumnale.
VII. Associations nettement marines
DES FLAQUES SUPRALITTORALES.
Les cuvettes considérées se trouvent au-dessus du niveau de Pel-
vetia canaliculata.
Lynybya confervoides Ag. couvre le fond de ses gazons, souvent
mélangé avec L. lutea Gom., tandis que L. semiplena et L. lutea
forment de petits coussins. Il faut remarquer l’absence totale de
Chlorophycées, ce qui constitue un fait très caractéristique, tandis
que dans les mêmes conditions, sur la côte ouverte, ces cuvettes
sont peuplées d’Enteromorpha.
Il convient de mentionner quelques Cyanophycées intéressantes
récoltées dans ces anses vaseuses : Gloeocapsa crepidinum Thur.
qui existe dans certaines récoltes sous une forme différente de la
forme classique, à téguments colorés et à divers stades allant jus¬
qu’au « States solutus ». Oscitlatorîa nigroviridis Thw. et Oscilta-
toria coraüinae Gom. ne sont peut-être que deux formes d’une
même espèce. Toutefois si certains caractères différentiels semblent
sans valeur (teinte du trichome) il reste vrai que l’on peut distin¬
guer deux catégories dans ce groupement; l’une correspondant à ;
O. nigroviridis a des trichomes courts et droits et l’autre, corres¬
pondant à : O. coraüinae a des trichomes longs et llexueux.
Microcystis minuta Kyl. var. aeruginosa se rencontre épiphyte de
Rh. riparium. Lindstadt considère cette algue comme supralitto-
rale.
Xenococcus violaceus Anand., décrit originellement sur la côte
d Angleterre, semble abondant en Bretagne comme épiphyte de
diverses algues, notamment des Enteromorplies.
En ce qui concerne la répartition des Chlorophycées, nous avons
retrouve, dans l’ensemble, la zonation des Enteromorplies que nous
avions signale dans la Rance maritime; de haut en bas se succèdent ■
E. minima Naeg., E. marginata J. Ag., E. compressa (L.) Grév.
Il convient aussi de signaler l’abondance de Rh. riparium qui
peut se rencontrer dans les eaux presque douces et dans les milieux
a salinité elevée, ainsi que l’étendue de sa répartition altitudinale.
Priou et M. Serpette.
Laboratoire maritime de Concarneau
et Laboratoire de Cryptogamie
du Muséum National d’Histoire naturelle.
Les sulfobactéries
I. — Définition du groupe des Sulfobactéries.
On appelle Sulfobactéries, sulfuraires ou Thiobactéries un im¬
portant ensemble d’organismes dépourvus de véritable noyau et
vivant dans les eaux chargées en hydrogène sulfuré. Ces organismes
sont capables d’utiliser par photosynthèse ou chimiosynthèse l’oxy¬
dation de l’HaS comme source principale d’énergie. Les sulfobac¬
téries que nous allons étudier sont colorées en rouge, en vert ou
sont incolores, dans ce dernier cas elles emmagasinent dans leur
cytoplasme du soufre à l’état colloïdal. Cette définition laisse de
côté toute une série de bactéries incolores participant au cycle du
soufre mais ne mettant pas ce corps en réserve intracellulaire.
Voici une brève énumération de ces bactéries non étudiées dans
cette mise au point (1) :
1) le Vibrio (Sporovibrio ou Desulfovibrio) desulfuricans de Bei-
jerinck (1895), espèce anaérobie qui réduit les sulfates et les sul¬
fites des eaux douces ou salées suivant la réaction :
Ca SO* + 8 H + C0 2 -» Ca CO* + 3 H.O + H 2 S
l’hydrogène est fourni par les matières organiques. Prévôt (1948,
1951) montre que de nombreux Clostridium anaérobies peuvent
réduire les sulfites minéraux en sulfures et en H=S. Quelques espèces
sont sulfato-réductrices en présence de fer et de donneurs orga¬
niques d’hydrogène (lactate, malate, alcools primaires, etc.) ;
2) le Thiobacillus thioparus Beijerinck (1904), isolé par Nathan-
son (1912), en présence de COî, d’azote (sels ammoniacaux ou
nitrates) et d’oxygène, oxyde les composés soufrés : sulfates, thio¬
sulfates, tétrathionates, H=S et libère le soufre qui se dépose dans
le milieu :
(*) Les sulfobactéries étant fréquemment rencontrées par les Algologues, nous
avons pensé qu’une mise au point résumant les travaux de cytologie, physio¬
logie et systématique ne manquerait pas d’intéresser les lecteurs de la Revue
Algologique.
(1) Un grand nombre de bactéries de la putréfaction décompose les matières
organiques en libérant de l’hydrogène sulfuré.
30
P. BOURRELLY
5 Na. S.O. + H,O + 4 O. -* 5 Na. SO. + H. SO, + 4 S
3) le Thiobacillus thioxydans Waksmann et JofFe (1922) oxyde
le soufre et les thiosulfates en présence de CO., d’oxygène et d’azote
(sels ammoniacaux ou nitrates) suivant les formules : S + 1,5 O.
+ H.O -» H.SO. et Na,S,O, + 2 O, + H.O -> Na,SO. + H.SO,
La seule source de carbone utilisée est le gaz carbonique; il n’y a
jamais de dépôt de soufre;
4) le Thiobacillus denitrifians Lîeijerinck (1904), anaérobie obli¬
gatoire, utilise les nitrates pour oxyder les composés soufrés :
6 KNO, + 5 S + 2 CaCO. - 3 K.SO, + 2 CaSO. + 2 CO, + 3 N.
Une espèce voisine étudiée par Lieske (1912) oxyde les thiosul¬
fates suivant le même processus :
5 Na,S.O. + 8 KNO.+2 NaHCO. -» 6Na,SO, + 4 K.SO.+4N,+2CO,+H.O
5) Les travaux de Trautwein (1921, 1924) et de Locket font
connaître des Thiobacillus ( novellus et Trautweinii ) qui oxydent
les thiosulfates et non le soufre suivant les réactions : Na,S,0, +
H,O + 2 O, -> Na.SO. + H.SO. et 2 Na,S,O, + H.O + O -> Na,S,O,
+ 2 NaOH
6) Happold et Key (1937) isolent un Bacillus thiocyanoxydans
qui oxyde le sulfocyanure d’ammonium (thiocyanate) et peut se
développer avec le thiocyanate et le nitrate d’ammonium comme
seules sources de carbone et d’azote : NH.CNS + 2 O, + 2 H,O
(NH,), SO. + CO,.
Ces bactéries éliminées, il nous reste quatre groupes de Sulfu-
raires vraies que nous allons définir brièvement :
A) les Leucothiobactéries qui groupent des formes filamenteuses
ou unicellulaires incolores, mettant en réserve du soufre intra¬
cellulaire;
B) les Rhodothiobactéries , unicellulaires solitaires ou coloniales,
colorées en rouge et renfermant du soufre intracellulaire;
C) les Athiorhodobactéries, unicellulaires solitaires ou coloniales,
colorées en rouge et ne renfermant pas de soufre intracellulaire;
D) les Chlorothiobactéries, unicellulaires, coloniales ou symbio¬
tiques colorées en vert et ne renfermant habituellement pas de
soufre intracellulaire.
Comme on le verra plus loin dans la partie systématique, l’en¬
semble des Sulfobactéries est fort hétérogène, sans lien phylogé-
Source . MNHN. Paris
LES SULFOBACTÉRIES
31
nique reliant les divers groupes ou même les divers genres; un seul
point commun : l’utilisation de l’hydrogène sulfuré dans le méta¬
bolisme cellulaire. Il est plus logique de comparer les Sulfobacté-
ries aux plantes xérophiles ou halophiles qui sous l’action d’un
milieu très spécial prennent un air de famille, qu’à un ordre systé¬
matique bien défini par ses caractères et sa phylogénie.
Historique. — D’après Thienemann, Aristote signale la présence
de plages blanchâtres dans un fleuve (leucothiobactéries) et en 208
av. J.-C., Pline observe une coloration rouge dans un lac (rhodo-
thiobactéries, euglènes ou oscillaires?). O. F. Müller (1786) décrit
sous le nom de Volvox punctatum, une Leucothiobactérie qui est
sans doute un Thiovulum. Vaucher (1803) observe dans les eaux
d’Aix une Oscillatoria alba (signalée par de Saussure) qui est Beg-
giatoa alba. Ehrenberg (1838) décrit et figure des Rhodothiobacté-
ries appartenant aux genres Chromatium et Thiospirillum. Cohn,
Butschli, Warming, Zopf, étudient les sulfuraires et essaient de
les classer, mais il faut attendre les beaux travaux de Winogradsky
(1887, 1888, 1889) pour avoir une idée exacte de la physiologie de
ces microorganismes et de leur taxinomie. Ces travaux restent la
base de nos connaissances et ont permis le développement des nom¬
breuses recherches modernes sur ce groupe. A côté de toutes ces
études anciennes sur les sulfobactéries considérées comme orga¬
nismes microscopiques autonomes, il nous faut citer brièvement les-
noms de naturalistes qui observèrent il y a fort longtemps les
barégines, masses organiques riches en bactéries, qui se rencontrent
dans les eaux des sources sulfureuses. Meighan en 1742 signale
dans les eaux de Barèges une production filamenteuse que retrouve
de Bordeu (1746). Lemonier (1747), Anglada (1827), Longchamp
(1833) observent ces substances glaireuses dans diverses sources.
Turpin (1836) et Seguier (1836) examinent la Barégine au micro¬
scope et y trouvent des Cyanophycées et des sulfuraires incolores.
Cramer en 1870 remarque que les granulations des Beggiatoacées
sont solubles dans le sulfure de carbone et l’éther et sont donc bien
formées de soufre.
Les Athiorhodacées n’ont attiré l’attention des chercheurs que
beaucoup plus tard et il faut attendre Esmarch (1887) et surtout
Molisch (1907) pour les séparer des sulfobactéries pourpres.
Les Chlorothiobactéries sont signalées dès 1880 par Van Tieghem.
Les noms d’ENGELMANN (1882), Dangeard (1890), Szafer (1910),
Nadson (1912), Buder (1913), Pascher (1914), Lauterborn (1915>
jalonnent le chemin de la connaissance de ces bactéries vertes.
Source : MNHN, Paris
32
P. BOURRELLY
II. — Morphologie et cytologie des Sulfobactéries.
1» LES LEUCOTHIOBACTERIES
Les sulfuraires incolores présentent morphologiquement trois
types différents d’organisation :
a) formes filamenteuses libres ou fixées, non ramifiées, le plus
souvent mobiles mais sans fouet. Ce sont les Beggiatoa et formes
voisines où d’ordinaire les unités cellulaires sont séparées par une
cloison. Il existe une forme siphonée mal connue : Thiosiphon. Les
Beggiatoa se déplacent en rampant ou en glissant tandis que la
partie apicale du filament décrit un mouvement pendulaire de rota¬
tion hélicoïdale. Dans le même groupe, Thiospirillopsis qui res¬
semble à une spiruline incolore se déplace en tournant comme un
tire-bouchon. Ce mode de locomotion reste aussi mystérieux que
celui des Oscillaires auquel il ressemble beaucoup.
b) formes unicellulaires libres, mobiles. Nous trouvons là des
types divers d’organisation : cellules se mouvant par un flagelle
polaire ( Macromonas) ou par des cils péritridhes ( Thiovulum ).
Enfin les Achromatium et les Thiophysa se déplacent comme les
Cyanophycées sans appareil flagellaire. Virieux (1913) suppose avec
beaucoup de vraisemblance que les cils péritriches observés par
West et Griffith (1909-1915) chez Hillhousia mirabilis (= Achro¬
matium oxaliferum) sont des artefacts produits par la gaine mu¬
queuse à structure rayonnante. Les Thiospira à bouquet de deux cils
polaires et le Taphrospira présentant un sillon longitudinal rappe¬
lant la crête des spirochètes s’individualisent nettement dans cet
ensemble pourtant bien hétérogène.
c) formes immobiles coloniales à cellules noyées dans une masse
gélatineuse : Thiogloea.
La multiplication des formes filamenteuses se fait par dissocia¬
tion du filament en fragments souvent mobiles et absolument iden¬
tiques aux hormogonies des Cyanophycées. Les formes libres, mo¬
biles, sont le siège de division transversale simple. Virieux (1913)
a pu observer la formation de zoospores non flagellées chez Achro¬
matium, mais cette observation unique demande confirmation.
Skuja (1948) décrit lui aussi des zoospores uniflagellées chez cette
même espèce mais il n’a pas assisté à la zoosporulation.
La cytologie des sulfobactéries incolores, surtout celle des grandes
formes de Beggiatoa et d 'Achromatium, a fait l’objet de nombreux
travaux parmi lesquels on trouve deux tendances. Certains cher¬
cheurs ont reconnu un corps central chromatique, sidérophile, chez
les Beggiatoacées filamenteuses Beggiatoa, Thiothrix (Butschli,
1890, 1893; Mitrophanow, 1893; Gardner, 1906), corps central
LES SULFOBACTÉRIES
33
comparable à celui des algues bleues. Par contre Fischer (1897),
Massart (1902), Hinze (1901, 1902), Guillermond (1926), Petit
(1926, 1927), Fourment (1926) ne retrouvent pas ce corps central
mais un noyau diffus constitué par des grains de chromatine sidé-
rophile dispersés dans tout le cytoplasme. En 1933, Petter utilise
la réaction nucléale de Feulgen et obtient une coloration diffuse de
toute la cellule chez Beggiatoa tandis que Turowska la même
année observe chez Thiothrix une structure variable : un ou deux
globules colorables au Feulgen ou un amas en corps central ou en
filament axial. Delaporte (1939) (1) chez Beggiatoa, Thiothrix,
Thiosiphon, aussi bien par la méthode de Feulgen que par l’héma-
toxyline, met en évidence chez les cellules jeunes un filament axial
chromatique qui sera fragmenté par les inclusions diverses en
nombreux granules chez les cellules âgées.
Les formes mobiles proches des Achromatium ont donné lieu,
elles aussi, aux mêmes interprétations divergentes. Tandis que
Butschli (1890), Mitrophanow, Schewiakoff (1893), Nadson et
Perfiliev (1923) distinguent un corps central, Massart (1902),
West et Griffith, Virieux, travaillant sur le même matériel
(Achromatium oxaliferum) ne voient que des granules chroma¬
tiques dispersés dans le cytoplasme. Hinze (1903, 1913) retrouve
la même structure chez Thiophysa et Thiovulum. Delaporte (1939)
chez les Achromatiées comme chez les sulfobactéries filamenteuses
observe une masse axiale chromatique chez les formes jeunes,
masse centrale qui se dissocie en réseau ou en granules dans les
cellules âgées bourrées d’inclusions. A côté de cet appareil nucléaire
d’interprétation difficile on reconnaît beaucoup plus aisément des
corpuscules métachromatiques, des gouttelettes de soufre colloïdal,
des lipides (phospholipides chez Beggiatoa, Delaporte, 1939), des
inclusions minérales (oxalate ou carbonate de Ca chez Achroma-
tium, carbonate de Ca chez Macromonas) . Chez Thiovulum et Thio¬
physa (Thiosphaerella ), à ces inclusions s’ajoutent des réserves
assez mal connues mais de nature amyloïde (Hinze, 1903).
Lembke et Luck (1950) chez Beggiatoa et Chromatium observent
entre niçois croisés la double réfraction des globules de soufre, mais
l’étude aux rayons X montre qu’il ne s’agit pas d’un état cristallisé.
Le soufre est sous la forme colloïdale avec peut-être de fins cris-
tallites orientés à la périphérie des globules. Bringmann (1953) suit
ia disparition des globules de soufre au microscope électronique
dans les filaments de Thiothrix et montre que la substance nucléaire
(1) Nous tenons à remercier très vivement M Ile B. Delaporte qui a eu la
grande amabilité de nous procurer la bibliographie cytologique sur les Sulfo¬
bactéries.
34
P. BOURRELLY
est riche en métaphosphates. Johnson et Baker (1947) prouvent
par des images électroniques que les Beggiatoa sont dépourvues de
tout flagelle.
2» LES RHODOTHIOBACTER1ES
Les sulfobactéries colorées en rouge et présentant des globules
intracellulaires de soufre montrent une gamme morphologique peu
variée. Les formes filamenteuses cloisonnées y sont inconnues et
les cellules sont dans beaucoup de cas de forme sphérique ou ellip¬
soïdale. Seuls les Rhabdochromatium et les Thiodictyon sont nette¬
ment fusiformes, tandis que les Thiospirillum comme leur nom l’in¬
dique sont spiralés. Si les unités cellulaires offrent une grande
monotonie morphologique, par contre les groupements coloniaux
sont beaucoup plus variés. Colonies compactes, colonies creuses,
colonies réticulées, colonies cubiques du type sarcine, colonies tabu¬
laires se rencontrent parmi les Rhodothiobactéries. Les Amoebo-
bacter à cellules sphériques ou bacilliformes groupées en amas qui
se déplacent lentement sont particulièrement curieux; cellules et
colonies se contractent et peuvent changer de forme. Winogradsky
(1888) suppose que des tractus cytoplasmiques réunissent les élé¬
ments de la colonie, mais cette hypothèse n’a reçu aucune confir¬
mation et le phénomène reste fort mystérieux.
Les cellules des formes coloniales se divisent suivant les trois
directions de l’espace ( Thiocystis, Thiosarcina) ou suivant deux
seulement (colonie tabulaire des Thiopedia) , soit enfin suivant une
seule : Thiothece, Amoebobacter, etc. Les jeunes colonies de Lam-
procystis se multiplient tout d’abord par division dans trois plans
puis d’après le mode tabulaire; la colonie, sphère pleine, deviendra
creuse, perforée, déchiquetée.
Certaines Rhodothiobactéries coloniales produisent des formes
mobiles flagellées pourvues d’ordinaire d’un fouet unique : Thio¬
cystis, Lamprocystis, Thiopedia, etc. Ces cellules nageuses rappel¬
lent Chromatium et les genres voisins où l’état végétatif normal est
flagellé mobile. Nous trouvons ici une certaine "diversité structu¬
rale : cellules réniformes ou ellipsoïdales des Chromatium à fouet
unique subapical, Chromatiopsis à flagelle à insertion polaire, Thio-
spinllum à cellule tordue en spirale et bouquet de cils apicaux,
Rhabdochromatium fusiforme à ciliation acrotriche. On peut sup¬
poser d’ailleurs avec beaucoup de vraisemblance que le fouet unique
des Chromatium est formé par la réunion de nombreux éléments
acrotnches. Dans ce groupe, Rhodocapsa et Rhodothece se singula¬
risent par leur vaste capsule muqueuse.
Mangenot (1034) a décrit sous le nom de « rhodelles » des bacté¬
ries pourpres vivant et se multipliant dans l’ectoplasme d'un cilié
LES SULFOBACTÉRIES
35
Spirostomum . L’absence de globule de soufre intracellulaire ne
permet pas d’affirmer que ces bactéries sont des Rhodothiobactéries.
11 est impossible de savoir s’il s’agit de formes dégradées par la vie
symbiotique ou d’Athiorhodobactéries.
' Nous laisserons de côté les phénomènes sexuels décrits par Po-
THOFF (1924) chez Chromatium Okenii ; il s’agit sans aucun doute
de figures de division et surtout de formes tératologiques obtenues
en culture.
La cytologie des Rhodothiobactéries a donné lieu aux mêmes
interprétations que celle des Leucothiobactéries. Butschli, Zf.tt-
now, Mitrophanow découvrent un corps central identique à celui
des Cyanophycées chez Chromatium, Rhabdochromatium, Lampro-
cystis, Thiocystis, Thiodietyon. Par contre Massart, Petit, Elias
(1932) observent une structure bactérienne, sans corps central
chromatique, mais à granules sidérophiles dispersées dans tout le
cytoplasme chez Chromatium, Thiocystis, l.amprocystis, Thiospi-
riltum, Thiothece, Amoebobacter, Thioporphyra. Quant à Dangeard
(1909), il découvre chez Chromatium un filament chromatique
reliant le grain basal du fouet au corps central. Petschenko (1914,
1930) retrouve ce grain basal et un fin filament. Il montre de plus
que le fouet peut se dissocier en un grand nombre de fibrilles
axiales. Delaporte (1939) observe que les granules pigmentaires
sont dispersés dans la couche périphérique chez Chromatium. La
partie centrale, riche en globules de soufre, en gouttelettes grasses,
en corpuscules métachromatiques (Petit), présente une substance
chromatique, Feulgen positif, localisée en une masse homogène. Ce
pseudo-corps central peut se fragmenter en granules dispersés. Les
petites espèces comme Lamprocystis, Thiocystis et même Rhabdo¬
chromatium ont un corps central sidérophile bien net et toujours
présent. Le soufre est à l’état colloïdal en globule présentant un
cortex à cristallites orientés comme le montrent les études en lu¬
mière polarisée et aux rayons X (Lembke et Lucie, 1950). A coté
de ces réserves soufrées on trouve un glucide sans doute voisin du
glycogène (Butschli, 1890; Mangenot, 1934). Molisch (1906)
observe chez Rhodocapsa et Rhodothece des pseudovacuoles ana¬
logues à celles des cyanophycées planctoniques ; il appelle ces
organites de flottaison des « airosomes ».
3° LES ATHIORHODOBACTERIES
Ce groupe de bactéries à pigment rouge qui ne se sépare des Thio-
rhodobactéries que par l’absence de soufre intracellulaire, a été
très étudié tant pour sa photosynthèse que pour ses pigments mais
morphologie et cytologie restent encore mal connues. Dès 1897,
Esmarch obtient une espèce en culture peut-être pure. Ewart
36
P. BOURRELLY
(1897) remarque que leur pigmentation n’a pas toujours la belle
teinte rose fleur de pêcher ou rouge vineux des Thiorhodobactéries
mais prend souvent une couleur jaunâtre ou brunâtre.
Molisch (1907) donne une belle étude monographique de ce
groupe, étude reprise et complétée par Van Niel (1944). Ce cher¬
cheur obtenant des cultures pures de deux genres différents met en
évidence un pléomorphisme extraordinaire qui lui permet de ré¬
duire les sept genres de Molisch à deux seulement: Rhodospirillum
et Rhodopseudomonas. Ces deux genres correspondent à deux types
morphologiques différents. Rhodospirillum a des cellules tordues en
spirale, parfois simplement recourbées en demi-cercle ou en S. Un
fouet polaire peut être observé chez les cellules mobiles. Il n’y a
jamais production de gaine gélatineuse ou de formes coloniales.
Le polymorphisme porte seulement sur la forme, la longueur des
cellules et la couleur rouge ou brune.
Rhodopseudomonas a des cellules de forme très variable allant
de la sphère au vibrion en forme de virgule. Les cellules sont libres,
mobiles grâce à une fouet polaire, ou au contraire, immobiles em¬
prisonnées dans des gaines muqueuses de forme variée et donnant
ainsi des groupements coloniaux rappelant parfois les nostocs. Les
travaux de Van Niel, fondés sur des cultures pures permettent
d’avoir une idée précise sur la morphologie des Athiorhodobactéries
dont l’œuvre de Molisch donnait une vue incomplète. La cytologie
de ces bactéries pourpres non sulfuraires est par contre fort peu
connue. Nous nç connaissons que deux travaux cytologiques mo¬
dernes sur ces organismes. Yuasa (1936) reconnaît chez Rhodospi¬
rillum des grains de volutine, des microsomes et une structure spi¬
ralée rappelant celle décrite par Swellengrebel chez les spirilles.
La coloration de Feulgen est homogène et diffuse. A la naissance
des deux fouets polaires il observe un blépharoplaste très net.
Pardee, Schachmann et Stanier (1952) étudient Rhodospirillum
rubrum à l’aide du microscope électronique et de l’ultracentrifu¬
gation. Ils montrent que les pigments, en combinaison avec des
protéines, sont portés par des particules sphériques de 400 à 600 Â
de diamètre. Ces particules, de taille énorme à l’échelle moléculaire
n’ont pas la structure compliquée des chloroplastes aussi propo¬
sent-ils de les nommer « chromatophores », chaque cellule contien¬
drait environ 5.000 « chromatophores ».
En 1949, Duchow et Douglas ont fait connaître un Rhodomi-
crobium Vannielii n. g. et n. sp. Cet organisme présente les mêmes
pigments que les Athiorhodobactéries mais se sépare de celles-ci
par sa physiologie et surtout par son mode de division. Les cellules
ellipsoïdales bourgeonnent des cellules-filles qui restent unies à la
cellule-mère par un fin pédoncule. La colonie prend un aspect
LES SULFOBACTÉRIES
37
ramifié très particulier. Murray et Douglas (1950) ont étudié en
détail ce mode singulier de reproduction et ont observé le dédou¬
blement du « corps central » dans la cellule-mère et le passage de
cette masse nucléaire dans le bourgeon en cours de développement.
Enfin un autre organisme mal connu, le Pelochromâtium roseum
Lauterborn considéré par Utermohl (1923) comme le type des
« Phaeobactéries » est peut-être une Athiorhodobactérie. Pélochro-
matium est tout à fait comparable aux bactéries vertes symbio¬
tiques des genres Chlorochromatium et Cylindrogloea. Il s’agit d’un
organisme composé d’une grosse bactérie incolore et mobile portant
à sa surface un revêtement de petites cellules immobiles d’une cou¬
leur rouge brunâtre. Physiologie, nature des pigments, cytologie
sont malheureusement inconnues.
4» LES CHLOROTHIOBACTERIES
La couleur verte de ces bactéries les sépare facilement des sulfu-
raires rouges ou incolores mais permet une confusion aisée avec les
petites formes de Chlorophycées ( Coccomyxa du sous-genre Cho-
riocystis, Nannochloris, Stichococcus, etc.) ou de Cyanophycées
{Cyanodictyon, Cyanotheca, de Pascher, 1914). Certaines algues
bleues telles que Chroostipes ou Cyanarcus encore mal connues et
peu étudiées sont peut-être des Chlorothiobactéries.
Dangeard (1890) a montré que les bactériacées vertes de Van
Tieghem (1880) ne sont vraisemblablement que de petits Sticho¬
coccus. Il semble donc que la plus ancienne observation de bacté¬
ries vertes authentiques soit celle de Engelmann (1882) où il décrit
un Bacterium chlorinum coloré par une chlorophylle. Winogradsky
en 1888 remarque parmi les Rhodothiobactéries des bactéries
vertes. Bulliard (1909) cultive une bactérie verte qu’il est malheu¬
reusement impossible de déterminer avec précision. Nadson (1906,
1912) donne la première étude moderne sur les Chlorobactéries.
Signalons Buder (1913) qui montre que la chlorophylle des bacté¬
ries vertes diffère de celle des Rhodothiobactéries et de celle des
Algues. Bicknell soutient en 1950 une thèse encore inédite sur les
Chlorobactéries et Larsen (1952) en décrivant une nouvelle espèce
de Chlorobium donne une synthèse sur la physiologie de ces sul-
furaires.
Les Chlorothiobactéries à cellules sphériques ou en bâtonnets se
présentent sous deux types morphologiques : 1° formes libres, im¬
mobiles, solitaires ou coloniales; 2° forme symbiotiques vivant
fixées sur des bactéries incolores ou des amibes.
Les formes libres solitaires appartiennent au genre Chlorobium.
Van Niel (1931) obtient cette bactérie en culture pure. Elle montre
un grand pléomorphisme et donne des stades coloniaux à gelée
38
P. BOURRELLY
abondante rappelant les genres Sorochloris (colonies en amas com¬
pacts), Tetrachloris (cellules groupées par 4), Chloronostoc (cellules
en chapelet formant un thalle muqueux). Ces résultats sont contro¬
versés par Bicknell (1950, 1952) qui cultive Chlorobium limicola
en culture pure à partir d’une cellule isolée au micromanipulateur:
elle obtient des formes ellipsoïdales régulières, soit isolées, soit
réunies en agrégats, mais le polymorphisme reste très discret.
Les formes coloniales sont en amas amorphes, irrégulièrement
perforées comme Clathrochloris ou Schmidlea, en thalle aplati
formé par des alignements plus ou moins parallèles (Pediochloris ).
Le genre Pelodictyon se caractérise par ses cellules groupées en
réseau rappelant Hydrodictyon ou la Rhodothiobactérie Thio-
dictyon.
Les formes symbiotiques qui sont peut-être simplement épiphytes
ou phorétiques sont des petits bâtonnets verts adhérant à la surface
de bactérie flagellée incolore (Chlorochromatium) , de flagellé ou
d’amibe ( Chlorobacterium ) ou de bactérie filamenteuse incolore
(Cylindrogloea).
Nous ne savons que peu de chose sur la cytologie des Chlorobac-
téries. Pour Perfiliev (1914, 1914 A) Pelodictyon et Chlorochroma¬
tium ont une structure identique avec deux globules métachroma-
tiques (ou de volutine) ; le corps central est absent ainsi que le
soufre intracellulaire. Chez une espèce fort mal connue, Clathro¬
chloris sulphurica, Szafer décrit un globule de soufre au centre
de chaque cellule. Skuja (1948) observant une espèce nouvelle de
ce genre ne retrouve pas ce globule mais voit une vacuole gazeuse
centrale.
III. — Les pigments des sulfobactéries.
1° RHODOTHIOBACTERIES ET ATHIORHODOBACTERIES
Dès 1873, Lankester examine les Rhodothiobactéries à l’aide des
méthodes spectrographiques et trouve trois bandes caractéristiques
d absorption. Il donne le nom de « bactériopurpurine » à la matière
colorante de ces sulfobactéries. Engelmann (1883, 1888) montre que
le maximum d absorption de ce pigment complexe est dans l’infra¬
rouge vers 800 mg. Ewart (1897)scinde la bactériopurpurine en deux
pigments, un rouge et un vert. Nadson et Arcichovskij complètent
ces travaux et Molisch (1907) travaillant sur les Athiorhodobacté-
ries retrouve un pigment vert qu’il nomme « bactériochlorine » et
un rouge, caroténoïde, qu’il appelle « bactériopurpurine ». Il sépare
même ce dernier, à l’aide de solvants appropriés, en deux corps
différents, bactériopurpurine et et p. Les études spectrales de ces
pigments montrent que Athiorhodobactéries et Thiorhodobactéries
possèdent des pigments verts et rouges fort voisins. Nadson et Mo¬
lisch, remarquant la fluorescence rouge des solutions de bactério-
LES SULFOBACTÉRIES
39
chlorine, avaient pensé à la rapprocher de la chlorophylle mais la
présence d'un système de bandes d'absorption très particuher leur
firent abandonner cette idée pourtant juste. Dangeabd (1911, 1927.
1928) étudie les spectres d'absorption de la bactenochlorine de
Chromatium et montre que les Rhodothiobactéries, eclairees par un
spectre s'accumulent en deux bandes dans l'infra-rouge vers 800-
840 nm, ces bandes correspondent au spectre de la bacteriochlorine.
Gaffron (1935) grâce à la méthode chromatographique distingue
trois pigments : vert, jaune et rouge. ,
Les travaux de Wass.nk et ses élèves (1939) démontrent que la
bande active d’absorption du pigment vert se situe dans 1 infra¬
rouge et que sa place varie avec les especes etudiees. Schneider
(1934) reprend les travaux de Buder (1919) : il reconnaît dans le
pigment vert un composé pyrrolique à noyau porphynque et à un
atome de magnésium. C’est donc un corps voisin des chlorophylles
et il lui donne le nom de « bactériochlorophylle » ; il séparé une
bactériochlorophylle a très abondante d’une forme b (sans doute
produit de décomposition) et donne une formule globale de ces
corps Les Thiorhodobactéries ne semblent renfermer qu une seule
bactériochlorophylle tandis que le composé vert des Athiorhodo-
bactéries est peut-être plus complexe (Van Niel, 1944). Fischer
et ses élèves étudient tous les composés dérivés de la bactenochlo-
rophylle et en 1937, avec Lambrecht, ils présentent une formu o
développée montrant qu'on peut rapprocher bactériochlorophylle
et chlorophylle a. La bactériochlorophylle se distingue déjà chlo¬
rophylle a par l’oxydation d'un groupement vinyl — CH — CH, en
un groupe acétyl — CO — CH, et par l’hydrogénation d'une doub e
liaison d'un des noyaux pyrroliques. G, H,. O, N. Mg est la fo ™“ le
globale de la bactériochlorophylle (Stoll et Wiedemann, 1938,
1952). Duysen utilisant un Chromatium suppose qu'il existe trois
formes de bactériochlorophylle ayant des zones d’absorption dans
l’infra-rouge à 800, 850 et 890
Les pigments rouges des sulfobactéries sont des lipochromes
comme le montre Winogradsky (1888) car ils virent au bleu avec
l’acide sulfurique. De nombreux chercheurs ont scindé ce pigment
en plusieurs corps jaunes ou rouges et leur ont donné des noms
différents. Van Niel (1944) fait une excellente mise au point de la
question et grâce à lui nous pouvons reconnaître trois groupes de
pigments dans le colorant rouge des sulfobactéries :
\) la bactérioérythrine d’ARCiCHOVSKU qui est sans doute iden¬
tique à la bactériopurpurine a de Molisch, la spirilloxanthine de
Van Niel ou la rhodoviolascine de Karrer et Solmssen (193o-36),
2) la bactériopurpurine /? de Molisch ou rhodopine, rhodovi-
brine de Karrer;
40
P. BOURRELLY
3) la flavorhodine de Karrer (1938). Ces divers pigments se dis¬
tinguent par des points de fusion différents et des bandes d’absorp¬
tion caractéristiques. French (1940) confirme les travaux et les
hypothèses de Ljubimenko (1921) et de Levy, Tessier et Wurmser,
il dissocie par les ultrasons les cellules d’une Athiorhodobactérie et
montre que les pigments sont fixés sur une protéine 'hydrosoluble
qu’il nomme «phytosynthine». Le spectre d’absorption du complexe
photosynthine et pigments est identique à celui que donnent les
cellules in vivo et montre un maximum d’absorption vers 790 m^ et
590 m(x, puis une bande s’étalant entre 840 et 875 m^ suivant les
espèces.
2° CHLOROTHIOBACTER1ES
Buder (1913) en décrivant son Chloroniam mirabile (qui est le
Chlorochromatium Lauterborn, 1906) étudie le spectre de cet
organisme et insiste sur les différences qui le séparent de celui de
la bactériochlorine des bactéries pourpres. Cette « bactérioviri-
djne », que Monteverde et Perfiliev (1914) extraient par l’alcool
absolu présente une fluorescence rouge et semble intermédiaire
entre la bactenochlorophylle et la chlorophylle a. Ces chercheurs
la scindent en un pigment vert, soluble surtout dans l’alcool et un
autre jaune retenu par l’éther de pétrole. Ces résultats sont vérifiés
par Katz et Wass.nk (1939). Bicknell (1950) confirme et complète
la mise au point de Metzner (1922) créateur du nom bactériovi-
ridine. Les cellules vivantes en suspension ont deux bandes d’ab¬
sorption vers 740 mu et 810 mji (Katz et Wassink, 1939). L’extrait
aue° < le ,q T e h Pre i! e a t t la P ‘ US ' arge Vers 670 m| »’ Remarquons
que les Thioriiodobactenes vivantes ont une série de bandes éche-
800 n m S Tl rC 8 ? 5 et 796 mp " leS Athiorhodol >actéries vers 890,
^ et Ies .e X tra,ts alcooliques de ces deux groupes de bactéries
1937 193^ r mUm , abs °, rption à 774 (Wass.nk et son école,
son ™ ' TT le soull S ne Bicknell la bactérioviridine atteint
entrTceZZ- Ü ° n P ° Ur Une longueur d ' ond e intermédiaire
celle qui caractérisé les Cyanophycées (680 mis) et celle des
bactéries pourpres (875,895 mu). e *
IA ) Culture des Sulfobactéries, leur physiologie :
CHIMIOSYNTHÈSE ET PHOTOSYNTHÈSE.
1° LES LEUCOTHIOBACTER1ES
La physiologie si particulière des sulfobactéries a été étudiée
grâce aux cultures de ces organismes. Dès 1888 le problème était
résolu pour les bactéries sulfuraires incolores par les travaux de
Winogradsky. La présence de soufre intracellulaire dans les fila¬
ments des Beggiatoa était mise en évidence en 1870 par Cramer et
venfiee par Cohn (1875). Les anciens observateurs, ayant remarqué
LES SULFOBACTÉRIES
41
que ces sulfuraires vivaient toujours dans les eaux riches en hydro¬
gène sulfuré, pensaient que les Leucothiobactéries réduisaient les
sulfates et mettaient ainsi H=S en liberté. Cette idée, défendue par
Planchud (1877) fut reprise par Etard et Olivier (1882) et donna
lieu à une controverse célèbre entre Winogradsky et Olivier.
Winogradsky (1887) démontre à l’aide de cultures impures que
les Beggiatoa ne réduisent pas les sulfates mais au contraire
oxydent l’hydrogène sulfuré suivant la formule : H* S 4- O -> Hj O
+ S. La technique employée par ce savant est fort simple : on
place à l’obscurité un vase profond rempli d’eau additionnée de
sulfate de calcium et d’un fragment de Butomus enrobé de vase
d’étang. On assiste d’abord à la production d’hydrogène sulfuré
puis au développement des Beggiatoa. L’utilisation de microculture
est particulièrement commode et a permis à Winogradsky d’élu¬
cider le mystère de la physiologie des sulfobactéries incolores : un
fragment de filament de sulfuraire est mis entre lame et lamelle,
la lamelle étant maintenue soulevée par des morceaux de lamelle
de façon à former un microaquarium où l’on peut, grâce à du
papier filtre, renouveler facilement le liquide. A l’aide de ce très
simple dispositif, Winogradsky démontre : 1° que les Beggiatoa
perdent leurs globules de soufre dans une eau dépourvue d’H» S;
2° que ces globules réapparaissent si l’eau fournie est riche en IL S;
3° que l’eau sulfatée a la même action que l’eau privée d’HjS; 4° que
l'oxygène est nécessaire; 5° que le soufre mis en réserve est oxydé
en acide sulfurique qui sera neutralisé par les carbonates. Keil
(1912) réussit à cultiver Beggiatoa et Thiothrix en culture pure
dans un milieu purement minéral avec KC1, Mg SO<, K: H PO«,
Ca N0 3 , Ca C0 3 , (NH<) 2 SO„ sous cloche en atmosphère d’hydro¬
gène sulfuré avec apport de gaz carbonique et d’air. Les conclusions
de Keil confirment pleinement celles de Winogradsky et on peut
les résumer ainsi (Winogradsky, 1949) : « 1° les sulfobactéries
incolores oxydent l’hydrogène sulfuré en emmagasinant le soufre
sous forme de globules de consistance semi-liquide; ce soufre ne
cristallise qu’à la mort des cellules, 2° oxydation de ce soufre en
acide sulfurique neutralisé par les carbonates du milieu (S + 3 O
+ H.O -* SO< H=) ; 3° incapacité de vivre sans gaz ILS qui est leur
source de soufre; 4° végétation abondante dans un milieu aquatique
ne contenant que des traces de matières organiques de qualité
impropre à la subsistance d’organismes bactériens incapables de
phototrophie; 5° l’oxydation du soufre est l’équivalent énergétique
de l’acte respiratoire. Ce processus est la seule source d’énergie
dont disposent les sulfobactéries.» (A suivre).
P. Bourrelly.
Laboratoire de Cryptogamie
du Muséum National d’Histoire Naturelle.
NOTULES ALGOLOGIQUES
Cette rubrique réunit de courtes notes sans illustrations ni références biblio¬
graphiques. Elle permettra aux auteurs de publier des observations nouvelles
ne se prêtant pas à un long développement, notamment celles concernant l’éco¬
logie ou la biogéographie des Algues, ou de prendre date avant la parution d’un
travail plus complet.
A comparative study of the life cycle of the généra Ulothrix,
Uronema, Hormidium and Schizomeris.
A comparative study of the life cycle of the following members
of the Ulotrichales has been made. The algae investigated are,
Ulothrix oscillarina, Uronema terrestre, Hormidium nitens and
Schizomeris Leibleinii. The chromosome number in ail cases is fiue
and they possess a haploid life cycle.
R. N. Singh.
{Department of Botany, Benares Hindu University, india.
A comparative study of the life cycle of two species
(S. farctum Bertod and S. amoenum Kütz.)
of the genus Stigeoclonium.
The présent paper deals with an autecological and cytological
study of the life cycles of two species of the genus Stigeoclonium,
S. farctum Berthold and S. amoenum Kütz. The former is a typical
heterotrichous form while in the latter the prostrate System is
represented by a tangle of branched rhizoids. In both, three types
of swarmers, The quadriflagellate macrozoospores, the quadri - or
bi - flagellate microzoospores, and the biflagellate gametes are
formed. Sexual reproduction in both the species is isogamous, but
the life cycle is different. In S. farctum, the life cycle is haploid
while in S. amoenum it is isomorphic. The haploid number of
chromosomes in both the species is fwe and the diploid number in
S. amoenum is ten.
R. N. Singh.
{Department of Botany, Benares Hindu University, india.
NOTULES ALGOLOGIQUES
43
A systematic and ecological study
of the unicellular volvocales of northem India.
The présent communication deals with the systematic and ecolo¬
gical account of the unicellular Volvocales of Northern India. A
number of ecological factors in relation to the distribution of these
algae hâve been studied and it is concluded that an alkaline pH, high
concentration of nitrates, phosphates and température of the water
are the causal factors. These algae, therefore, prefer to grow in
temporary ponds and puddles especially in the beginning or at the
end of the rainy season when the water is muddy and the salts get
concentrated. In slightly bigger pièces of water they become abun-
dant at the end of the summer season when the volume of the
water lias been considerably reduced. The unicellular Volvocales
therefore are seasonal in their distribution and hâve clearly three
maxima in the year, in India. In ail twenty-five généra with a
number of species hâve been described. Some of them are new
records from this country Carter’s new genus Bipedinomonas has
also been collected.
R. N. Singh.
(Department of Botany, Benares Hindu University, india.
Cloniophora plumosa en Nouvelle-Calédonie.
Lors d’une mission dans les Iles du Pacifique, le P r R. Heim a
récolté en mars 1950 quelques algues filamenteuses croissant dans
une cascade à eau rapide, à proximité de la côte orientale de la
Nouvelle-Calédonie, dans le territoire de Hienghène.
L’examen de cette récolte nous a montré, à côté d’une florule à
Diatomées (où les Synedra planctoniques et épiphytes sont abon¬
dants), quelques Oocystis rupestris Kirchn., Calothrix Braunii
Born. et Flah., une forme sporulante voisine ou identique à Calo¬
thrix javanica de VVild. et de nombreux Homœothrix varions Geitl.
accompagnant une belle végétation de Cloniophora plumosa (Kiitz.)
Bourr.
Nous avons donné (Bourrelly et Manguin, Algues d’eau douce
de la Guadeloupe et dépendances, Paris, 1952) une petite mise au
point sur cette Chaetophorale intermédiaire entre les genres Drapar-
naldia et Stigeoclonium. •*
Nous avons retrouvé sur ces échantillons fort bien conservés par
le formol, le plaste annulaire pariétal à nombreux pyrénoïdes
signalé par Tiffany (Wille’s collection of Puerte Rican freshwater
44
NOTULES ALGOLOGIQUES
algae, Brittonia, 1936, 2) pour les troncs axiaux, tandis que les
rameaux ont un plaste en cylindre pariétal incomplet comme chez
les Stigeoclonium.
Nous avons revu aussi les rhizoïdes bien développés entourant la
base du rameau principal. Certains de ces rhizoïdes portent des
plastes plus ou moins réduits tandis que d’autres sont aplastidiés.
Le genre Cloniophora semble localisé dans les eaux courantes
des régions chaudes, tropicales ou subtropicales. Il est connu de la
Guyane, de la Guadeloupe, de Porto-Rico, des îles Sandwich, de
Java, de Sumatra et d’Australie.
P. Bourrelly.
Une station normande de Laminaria ochroleuca de la Pylaie.
En 1934, E. Chemin a signalé qu’il avait cru reconnaître à la
pointe de Barfleur, parmi les laminaires immergées, quelques-unes
dont la teinte jaunâtre lui laissait à supposer qu’il s’agissait de
Laminaria ochroleuca de la Pylaie dont il venait d’observer une
nouvelle station dans l’Ile d’Aurigny. Cependant un sérieux doute
subsistait; aucun échantillon n’ayant pu être récolté, et il arrive
que des Saccorhiza bulbosa, non encore complètement développés,
présentent, dans certaines stations, une teinte pâle bien voisine de
celle de L. ochroleuca.
Lors de deux séjours dans le Nord du Cotentin, en 1951 et 1952,
nous nous sommes efforcés d’y rechercher cette algue, principale¬
ment aux deux pointes de cette péninsule. A la Pointe de la Hague,
tant dans les abondantes épaves de Laminaires rejetées à Goury,
qu’en place, à très basse mer, sur les platiers voisin du Greniquet où
les Laminaria flexicaulis Le Jolis présentent un développement exu¬
bérant, il nous a été impossible de rencontrer un seul exemplaire
de L. ochroleuca. Par contre, dans l’anse Ouest de la Pointe de
Barfleur, nous avons rencontré, en 1951, un débris de stipe qui
semblait provenir de L. ochroleuca et, en 1952, au même endroit,
nous avons récolté une superbe touffe de cette laminaire, en épave
mais parfaitement fraîche. Il est donc maintenant certain que cette
rare laminaire existe au Nord-Est du Cotentin. Cette localité cons¬
titue sa station la plus orientale connue.
L’absence probable de cette espèce à la Hague, tout comme son
absence certaine dans la baie de Saint-Malo, aux Iles Chausey, aux
Mmquiers, a Jersey et à Guernesey, nous paraît devoir s’expliquer
par le fait que cette espèce exige des eaux « océaniques », c’est-à-
dire pures et dépourvues ou pauvres en éléments terrigènes. Dans
le golfe normand-breton, peu profond, de violents courants de
NOTULES ALGOLOGIQUES
45
marée brassent dans la masse des eaux ces éléments apportés par
les rivières et les ruisseaux côtiers. Ces eaux, entraînées par le cou¬
rant du Passage de la Déroute, baignent le littoral de la Hague.
Par contre, le courant central de la Manche, constitué d’eau océa¬
nique pure, s’incurve pour pénétrer dans la Baie de Seine et vient
lécher le rivage vers la Pointe de Barfleur y créant un milieu favo¬
rable au développement de Laminaria ochroleuca. Il est à remar¬
quer qu’une telle action des éléments terrigènes de l’eau s’exerce,
mais à un degré bien moins marqué sur Laminaria Cloustonii
Edmonst. qui pénètre moins dans les rias et les estuaires bretons
que L. flexicaulis Le Jolis et ce dernier moins encore que L. saccha-
rina Lamour. Il est d’ailleurs probable que l’action s’exerce plutôt
sur les gamétophytes filamenteux et microscopiques de ces algues
que sur leurs sporophytes volumineux et massifs.
Rob. Lami.
Phyllogigas granditolius à la Terre Adélie.
Gigantesque laminariacée dont les lames peuvent atteindre
8 mètres de long, Phyllogigas grandifolius (Gepp) Skottsberg avait
été décrite par A. et E. S. Gepp sous les noms de Lessonia grandi-
folia et de Lessonia simulons d’après des spécimens récoltés dans
l’Antarctique par les expéditions de la « Discovery » et de la « Sco-
tia » ; ultérieurement C. Skottsberg a réuni ces deux espèces et
créé pour elles le genre Phyllogigas.
Les stations déjà connues de cette espèce antarctique forment
deux groupes : l’un, Sud-américain, comprend la Géorgie du Sud,
les Orkneys du Sud et de la Terre de Graham, l’autre, Sud-austra¬
lien, comprend le Cap Andare et l’Ile Couleman, à l’entrée de la
mer de Ross. C’est à ce dernier groupe que doit s’ajouter une nou¬
velle station, celle de la Terre Adélie, d’après un bel échantillon
rapporté en 1952 par le D T Sapin-Jaloustre, médecin et biologiste
de l’Expédition Française en Terre Adélie. De taille moyenne pour
cette espèce, le spécimen présente une lame de 2 m. 50 de long
sur 0 m. 65 de large surmontant un stipe de 1 mètre de long.
Rob. Lami.
Source : MNHN, Paris
BIBLIOGRAPHIE
Les conditions actuelles de l’imprimerie ne permettant plus d’envisager la
parution d’une Bibliographie Algologique méthodique comme dans la première
série de cette revue, il ne sera publié que des indications bibliographiques con¬
cernant les ouvrages importants ou les mémoires d’intérêt général. Les lecteurs
de langue française peuvent trouver un complément d’information dans la
« Bibliographie » paraissant en annexe au « Bulletin de la Société botanique de
France» et dans le «Bulletin analytique» publié par le Centre National de la
Recherche Scientifique.
Lemoine M me P. et Hamel G. t. — Corallinacées de France et
d’Afrique du Nord. Arc.h. Mus. Nat. Hist. Natur., Sér. VII, T. I,
P. 15-136, pl. I, XXIII, Paris, 1952.
Cet important mémoire a pour base le dernier manuscrit rédigé par
G. Hamel pour la Flore des Algues marines de France. Retrouvé après
sa mort, il fut remanié et largement complété par M me P. Lemoine. Pour
toutes les Corallinacées françaises et nord-africaines reconnues à ce jour,
soit 64 espèces, figurent, outre d’excellentes diagnoses, les indications
de synonymie et d’iconographie ainsi que la distribution géographique.
Des tableaux basés sur l’aspect extérieur, et d’autres sur la structure
anatomique, facilitent la détermination précise des espèces en tenant
compte des travaux systématiques les plus récents. Enfin un grand
nombre de dessins anatomiques, en majeure partie originaux, et la repré¬
sentation photographique et macrophotographique de la presque totalité
des espèces illustrent luxueusement cet ouvrage fondamental pour l’étude
des Algues calcaires européennes. — R. L.
Fogg G. E. — The Metabolism of Algae. Methuefn’s monographs
on biological subjects. London, 1953.
Après des données générales sur les Algues et leur physiologie, les
chapitres de ce remarquable ouvrage traitent de l’assimilation phototro¬
phique et chimiotrophique du carbone, de l’assimilation autotrophique
en rapport avec le métabolisme de l’azote, des produits du métabolisme
et des rapports entre la croissance et le métabolisme. Ce petit volume,
qui se termine par une ample bibliographie, constitue un indispensable
complément aux traités d’Algologie actuels et il ouvrira d’heureux
aperçus aux écologistes et aux systématiciens. — R. L.
Bourrellv P. et Manguin E. — Algues d’eau douce de la Guade¬
loupe et dépendances. Un vol. in-8°, 282 p., XXXI, pl., Paris, 1952.
Depuis la parution, en 1870-77, du travail de Mazé et Schramm, aucun
BIBLIOGRAPHIE
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nouvel apport n’avait été fait à nos connaissances sur la flore des algues
d’eau douce de la Guadeloupe; d’ailleurs l’intérêt de ces auteurs s’était
porté principalement sur les algues marines de cette île, négligeant
quelque peu les espèces dulcaquicoles. La mission du regretté P T Pierre
Allorge, en 1936, s’était efforcé de faire de multiples prélèvements dans
des stations de types très différents, non seulement en Guadeloupe,
mais aussi dans quelques-unes de ses dépendances. C’est le résultat de
l’étude minutieuse de ces récoltes, par deux éminents spécialistes, qui
forme la matière de ce volume.
Après avoir indiqué les divers types écologiques des stations et de
leurs florulcs particulières, les Auteurs publient, dans une importante
partie systématique, la liste des espèces observées avec, pour le plus
grand nombre, des indications géobotaniques et écologiques. Sur plus
de 800 espèces, variétés ou formes signalées, 19 % sont nouvelles. Ce
pourcentage élevé de nouveautés suffit à lui seul à montrer l’importance
systématique de ce travail et doit inciter à poursuivre de telles
recherches dans ces îles, car les récoltes étudiées n’ont été faites que
pendant quelques mois de la saison froide et il est vraisemblable que
poursuivies durant les mois chauds, le nombre des espèces eut été lar¬
gement accru. Cet ouvrage sera indispensable à tous les algologues qui
s’intéressent à la systématique et à l’écologie des algues d’eau douce
des régions tropicales. — R. L.
Lefèvre M., Jakob H. et Nisbet M. — Auto et hétéroanta-
gonisme chez les Algues d’eau douce in vitro et dans les collections
d’eaux naturelles. Ann. St. centr. hydobiol. appl., T. IV, p. 5-198,
27 pl., Paris, 1952.
Les auteurs de cet important travail mettent en évidence, à l’aide de
cultures d’algues d’eau douce, la production par ces organismes de
sécrétions antibiotiques solubles dans l’eau. Ces substances obtenues
par filtration, ont une action variable suivant les algues : elles inhibent
la croissance de certaines espèces et excitent au contraire la pousse
d’autres espèces. Ces antibiotiques agissent aussi sur la culture qui les
produit et sont cause d’un autoantagonisme qui entrave et arrête la végé¬
tation d’une culture algale bien avant que tous les sels nutritifs soient
utilisés.
Dans les collections d’eaux naturelles les auteurs retrouvent les mêmes
phénomènes que ceux découverts en culture in vitro : ceci leur permet
de donner une explication, simple et rationnelle des « fleurs d’eau » et
des périodicités algales. De très belles planches de photomicrographies,
fort démonstratives, illustrent cet important apport à la physiologie des
algues et des peuplements algaux. — P. By.
Conrad W. t et Van Meel L. — Matériaux pour une monographie
de « Trachelomonas », « Strombomonas » et « Euglena », genres
d’Euglénacées. Mém. Inst. roy. sc. nat. Belgique, n° 124, 176 p.
19 pl.
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BIBLIOGRAPHIE
Conrad, le regretté protistologue belge avait mis en chantier une mono¬
graphie des Trachelomonas, Strombomonas et Euglena d’Europe. Sa
mort brutale ne lui a pas permis d’achever l’œuvre commencée et il faut
remercier Van Meel d’avoir mis au point, classé, complété et publié
ces notes précieuses. Des clefs dichotomiques permettent d’arriver à
la notion d’espèce et pour chaque espèce, les auteurs nous donnent
•figures, diagnoses, remarques cyto-morphologiques, répartition géogra¬
phique. Les algologues et protistologues de langue française seront parti¬
culièrement heureux d’avoir une monographique claire et précise
complétant les travaux de Deflandre et remplaçant, pour ces trois impor¬
tants genres d’Eugléniens, la Süsswasserflora bien vieillie. — P. By.
Biecheler B. t. — Recherches sur les Péridiniens. Bull. biol.
France et Belgique, Suppl., 36, 149 p„ 75 fig., 1952.
Berthe Biecheler, assistante de Chatton, est morte en 1939 laissant
inachevé un mémoire sur les Péridiniens, mémoire devant constituer
sa thèse de Doctorat. Ces notes classées et présentées par A. Lwoff,
apportent une contribution importante à la cytologie des Péridiniens
d’eau saumâtre. Après une étude cytomorphologique d’un grand nombre
d’espèces dont beaucoup sont nouvelles (signalons en passant le nov.
gen. Crypthecodinium, type d’une nouvelle famille), l’auteur, dans un
chapitre de cytologie comparée s’attache particulièrement à la cinétide
et aux trichocystes. Elle insiste entre autre sur le fait que l’appareil
cinétique est « une entité morphologique qui peut s’affranchir totalement
de la tutelle du noyau ». L’étude des trichocystes de types très divers
est particulièrement instructive et nous n’en regrettons que plus vive¬
ment que la mort ait empêché B. Biecheler de traiter les chapitres
sur la division et les parasites des Péridiniens qui devaient compléter
soro beau mémoire. — P. By.
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