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Nouvelle Série Tome I, N° 2 DECEMBRE 1954
REVUE
ALGOLOGIQUE
— FONDÉE EN 1922 —
Par P. ALLORGE et G- HAMEL
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
12, RUE DE BUFFON - PARIS V-
Poroijïonf quofre fois par an.
F IL-L i t'
Nouvelle Série. Tome I, Fasc. 2.
Décembre 1954
REVUE
ALGOLOGIQUE
DIRECTEURS .
P. BOURRELLY ef ROB. LAMI
SOMMAIRE
R. Lami. — Pierre Allorge (1891-1944) et l’Algologie. 51
J. Mabille. — Quelques Cyanophycées de la région de Saint-
Quentin . 56
M. Chadefaud. — Sur la morphologie de quelques Céramiacées. . 71
F. Irjénée-Marie. — Les petits genres dans la famille des Desmi-
diacées .
Notules Algologiques
P. Bourrelly. — Cyanoderma, algue des poils des Paresseux. 122
P. Bourrelly. — Pontosphaeria roscoffensis Chadefaud et Feld-
mann, à Saint-Malo . 123
Bibliographie . 124
Source : MNHN. Paris
Pierre ALLORGE (1891-1944)
et l’Algologie
Plusieurs notices nécrologiques ont déjà fait connaître la vie et
1 œuvre générale de Pierre Aelorge (1), mais il nous semble cepen¬
dant désirable d’évoquer une fois encore sa mémoire dans cette
Revue, dont il fut le principal fondateur, et de montrer son
influence dans la renaissance de l’Algologie en France après la
guerre de 1914-1919.
Rappelons brièvement que, né à Paris en 1891 et ayant eu le
malheur de perdre sa mère quelques mois après sa naissance,
il fut élevé par sa grand’mère et dès ses jeunes années, passées
à Chatou, manifesta un goût très marqué pour les choses de la
Nature, bêtes et plantes. Sa santé était déjà fort délicate et, dès sa
septième année, des crises rhumatismales se manifestèrent qui,
malgré des soins attentifs et des séjours dans le Midi, persistèrent
et durèrent sa vie durant. Ces séjours méridionaux eurent du
moins l’avantage de le mettre en contact avec une végétation parti¬
culière pour laquelle il conservera un intérêt passionné.
Elève au Lycée Condorcet, il y brilla dans les lettres, puis tout
en continuant l’étude des Sciences Naturelles, ayant passé sa
licence ès sciences et publié en 1913 son premier mémoire sur la
flore du Vexin, il entra à l’Ecole des Langues Orientales dont il
sortit diplômé pour la langue russe. Les connaissances linguis¬
tiques très étendues qu’il acquit lui furent de la plus grande utilité
dans sa carrière scientifique, lui permettant de prendre une con¬
naissance directe et complète de travaux étrangers importants
mais souvent méconnus en France.
Assistant, puis sous-directeur, au Laboratoire de Cryptogamie
du Muséum dirigé par Louis Mangin, auquel il devait succéder en
1933, il se consacre à la Cryptogamie. Spécialisé en Bryologie, il
ne néglige cependant pas la Botanique générale, particulièrement
la Phytogéographie dont sa thèse inaugurale sur « Les Associations
végétales du Vexin français », soutenue avec éclat en 1922, demeure
un modèle. Dans cet important mémoire, il introduisit, l’un des
premiers, les Cryptogames dans l’analyse des groupements végé¬
taux, non seulement les Muscinées, mais aussi les Algues d’eau
douce.
(1) Blaringhem L. — Pierre Allorge (1891-1944) et la Géographie botanique
raisonnée. Ann. Sc. Nat. Botanique , Sér. 11, T. V., 1944.
52
ROBERT LAMI
Ces Algues avaient fait en France, au cours du xix* siècle, l’objet
de travaux régionaux nombreux, mais assez dispersés, et la flore
algale de nombreuses régions y demeurait inconnue. Avec son ami
Marcel Denis, P. Allorge entreprit des séries de récoltes qui
devaient contribuer à combler ces lacunes et permettre ultérieu¬
rement l’établissement de monographies françaises de genres ou
de groupes. Après la mort de M. Denis, en 1918, il continua ces
récoltes, d’abord seul puis avec divers algologues fréquentant le
Laboratoire de Cryptogamie, M. Lefèvre, G. Deflandre, P. Bour-,
relly et E. Manguin.
Près de 1.000 flacons provenant des stations françaises les plus
variées furent ainsi réunis en une dizaine d’années qui, minutieu¬
sement étudiés, enrichirent la flore française de plus de 200 espèces
et d’une douzaine de genres. Ces récoltes permirent notamment
l’exécution des monographies du genre Trachelomonas par G. De¬
flandre et du genre Peridinium par M. Lefèvre, puis, plus récem¬
ment, contribuèrent à l’élaboration de l’important mémoire de
P. Bourrf.lly sur les Chrysophycées.
P. Allorge étudia lui-même nombre de ses récoltes et, seul ou
en collaboration avec M. Denis, y trouva matière à quelques
25 notes ou mémoires, souvent courts mais très pertinants. Son
plus important travail dans cet ordre est certainement celui sur
les « Hétérocontes, Euchlorophycées et Conjuguées de Galice » réa¬
lisé avec la collaboration de M rae Allorge, étude minutieuse des
récoltes faites au cours de nombreux voyages dans une région pour
laquelle il ressentait un attrait tout particulier.
En dehors de ses travaux personnels, l'influence de P. Allorge
sur l’Algologie française se manifesta tout autant, sinon plus,
dans d’importantes initiatives. En premier lieu, la création, avec
M. Lefèvre, de l’Algothèque du Laboratoire de Cryptogamie.
En Suisse, R. Chodat avait montré l’utilité des cultures pures
d’Algues d’eau douce non seulement pour en étudier la physiologie,
mais, en éliminant l’influence des variations du milieu naturel sur
la morphologie, pour permettre l’établissement d’une Systématique
plus sûre. C’est ce que P. Allorge voulut réaliser à son tour,
particulièrement pour les Conjuguées, groupe quelque peu négligé
en Suisse. Des séries de cultures de Desmidiées unialgales, sinon
bactériologiquement pures, furent établies qui constituèrent îe
début de cette Algothèque. Ultérieurement des cultures d’Algues
d’eau douce de diverses familles et quelques Cyanophycées marines
s’y ajoutèrent peu à peu. Cette création qui avait quelque peu
périclité durant la dernière guerre et après le décès de son créateur,
est de nouveau en pleine extension et rend de nombreux services
à des travailleurs de toutes disciplines.
PIERRE ALLORGE (1891-1944)
53
L’autre initiative de grande importance de P. Allorge fut, avec
G. Hamel, la création de la « Revue Algologique ».
Après la guerre de 1914-1918, le seul périodique mondial con¬
sacré à l’Algologie, le « Nuovo Notarisia » cessa de paraître après
le décès de son illustre fondateur et directeur, G. B. de Toni. Malgré
les difficultés économiques de l’époque, P. Allorge estima que le
moment était venu de faire paraître un périodique destiné à publier
tous travaux se rapportant à l’Algologie, tant français que mon¬
diaux, et de lui donner une présentation digne du patronage des
Maîtres de l’Algologie française, G. Thuret et E. Bornet, sous
lequel elle serait placée. G. Hamel, alors Chef des Travaux au Labo¬
ratoire maritime du Muséum, commençait à s’adonner à l’étude
des Algues marines; il fut pour Allorge un collaborateur de
caractère fort original, mais très précieux par sa vaste érudition,
son sens esthétique et sa compétence en typographie. Préfacé
par Louis Mangin, le premier numéro parut en mars 1924, après
une mise au point difficile. Outre des articles originaux, il compor¬
tait une importante partie bibliographique systématiquement clas¬
sée et donnant les diagnoses originales de toutes les espèces nou¬
velles qui paraissaient, partie à laquelle P. Allorge attachait une
importance particulière mais qui, à elle seule, demandait un travail
considérable aux deux directeurs et à divers collaborateurs.
Malheureusement, le nombre assez restreint des abonnements
entraîna des difficultés financières dues aux augmentations impré¬
visibles des frais d’éditions et P. Allorge eut à maintes reprises à
combler le déficit de sa propre bourse. Malgré le dévouement finan¬
cier de ses directeurs, la Revue subit de nombreuses vicissitudes
qui lui causèrent une parution assez irrégulière et aboutirent, lors
de la dernière guerre, à la suspension de sa publication.
Un des principaux buts recherchés, le développement en France
des études algologiques fut cependant atteint, en grande partie
par la publication d’une Flore des Algues marines de nos côtes
entreprise par G. Hamel et demeurée malheureusement inachevée
à la mort tragique de son auteur (1944). D’autres travaux systé¬
matiques importants pour la flore algale française y furent égale¬
ment publiés, notamment par l’abbé Pierre Frémy, ainsi que
plusieurs thèses, au premier rang desquelles on doit placer les
mémoires de J. Feldmann sur la flore de Banyuls, qui eux aussi
facilitèrent et facilitent encore l’étude algologique de nos régions.
Sous une forme plus modeste, il est tenté actuellement de faire
revivre cette Revue et rendre ainsi hommage à la mémoire de ses
fondateurs, tout autant, ainsi qu’ils l’avaient désiré, à favoriser
la publication et la réunion de travaux d’algologie.
On voit donc que si l’œuvre botanique de Pierre Allorge brille
Source : MNHN. Paris
54
ROBERT LAMI
avant tout en Géographie botanique et en Bryologie, sa partici¬
pation personnelle à l’étude des Desmidiées et ses initiatives heu¬
reuses et durables lui assurent une place de choix parmi les algo-
Iogues de notre temps.
Rob Lami.
LISTE DES TRAVAUX ALGOLOGIQUES
DE PIERRE ALLORGE
1919. — Sur la distribution des Desmidiées dans les tourbières du Jura
français (Bull. Soc. bol. fr., t. LXVI, session extraordinaire, p. 85-
93); (en collaboration avec Marcel Denis).
1920. — Remarques sur la distribution des Algues dans la Haute Mau¬
rienne (Bull. Soc. bot. fr., t. LXVII, session extraordinaire, p. 78-90);
(en collaboration avec Marcel Denis).
1921. — Contribution à la flore des Desmidiées de France (Bull. Soc.
bot. fr., t. LXVIII, p. 333-358).
1922. — Les associations végétales du Vexin français. (Rev. gén. bot.,
t. XXXII et XXXIII et Thèse Faculté des sciences de Paris, 342 p.,
33 figures, 16 planches photogr., 23 tableaux, 1 carte).
— Une pêche planctonique dans l’Erdre (Bull. Mayenne-Sciences ,
1922, p. 112-122).
1923. — Une excursion phyto-sociologique aux lacs de Biscarosse,
Landes. (Bull. Soc. bot. fr., t. LXX, p. 693-717, 3 figures, 4 planches
photogr.); (en collaboration avec Marcel Denis).
— Desmidiées du Bas Morvan. (Assoc. fr. avanct. sc., Congrès de Bor¬
deaux, p. 444-448).
-— Desmidiées du lac de Grand-Lieu. (Rev. algol., t. I, p. 462-470,
1 planche).
1925. — Contributions à la flore algologique de Haute Normandie.
I. Desmidiées rares ou intéressantes du Pays de Bray. (Bull. Soc.
Linn. norin., 7 e série, t. IX, p. 86-88).
— Sur quelques groupements aquatiques et hygrophiles des Alpes du
Briançonnais (Zeitschrift C. Schrôter, p. 108-126).
— Etudes sur la flore et la végétation de l’Ouest de la France. IL Re¬
marques sur quelques associations végétales du Massif de Multonne.
(Bull. Mayenne Sciences, 1924, p. 76-88 et 1925, p. 27-51).
— Algues des étangs de la Brenne. (C. R. Congrès Soc. sav., 1925,
p. 227-236)
— Chlorophycées des étangs de la forêt d’Orléans. (Bull. Soc. natural.
Vallée du Loing, 8 e année, p. 206-213).
PIERRE ALLORGE (1891-1944)
55
1926. — Contributions à la flore des Algues d’eau douce de la Haute
Normandie. II. Le plancton végétal de la Seine à Amfreville-sous-
les-Monts. (Bull. Soc. Linn. norm., 7 e série, t. IX, p. 62-64).
1926. — Algues du Briançonnais. (Bull. Soc. bot. fr., t. LXXIII, session
extraordinaire, p. 103-122, 15 figures).
—. Sur le benthos à Desmidiées des lacs et étangs siliceux de plaines
dans l’Ouest et le Centre de la France. (C. B. Ac. Sc. de Paris,
t. CLXXXIII, p. 982-984).
1927. — Recherches sur les Algues des eaux thermales de Dax. (Rapport
remis à la Société Fermière de Dax) ; (en collaboration avec Marcel
Denis).
1928. — Révision des travaux parus jusqu’en 1928 sur la flore crypto-
gamique africaine. II. Algues d’eau douce. (Ann. crypt. exot., t. I,
p. 220-232).
— Note préliminaire sur la flore des Algues d’eau douce de la Galice.
(Bot. R. Soc. esp. Hist. nat., t. XXVIII, p. 469-476).
1930. — La végétation des lacs landais. (C. R. somm. Soc. biôgéogr.,
7 e année, p. 44-46).
— Esquisse de la végétation de la Sologne. (Bull. Soc. bot. fr., session
extraordinaire en Sologne, t. LXXVII, p. 5-59) ; (en collaboration
avec R. Gaume).
— Hétérocontes ou Xanthophycées? (Rev. algol., t. V, p. 230).
— Algues de Sologne. (Bull. Soc. bot. fr., t. LXXVII, session extraor¬
dinaire en Sologne, p. 122-150, 132 figures); (en collaboration avec
M. Lefèvre) .
— Hétérocontes, Euchlorophycées et Conjuguées de Galice. (Rev. algol.,
t. V, p. 327-382, 16 planches); (en collaboration avec Valia Allorge).
— Le Pleodorina illinoisensi/s Kofoid dans le plancton de la Seine.
(Rev. algol., t. V, p. 436-438).
1938. — Quelques remarques sur la microflore algale du sol. Bull. Ass.
fr. sc. sol, t. IV, 7 pages).
1941 . — Algues d’eau douce du Pays basque. (Bull. Soc. bot. fr.,
t. LXXXVIII, p. 159-191, 112 figures, 1 planche); (en collaboration
avec Em. Manguin).
Quelques Cyanophycées de la région
de Saint-Quentin. II.
Les Cyanophycées qui font l’objet de cette étude ont été récoltées
après la rédaction de ma première note (J. Mabille 1953).
Quelques pêches au filet fin et l’observation de deux « fleurs d’eau »
m’ont fait aborder l’étude des formes planctoniques. Dans ce
domaine, j'ai bénéficié, au cours d’un stage à la Station d’Hydro-
biologie appliquée du Paraclet, de l’enseignement de M. A. Wurtz
à qui j’adresse l’expression de ma profonde reconnaissance.
Des récoltes nombreuses m’ont conduit à modifier sensiblement
une opinion selon laquelle l’apparition des spores de Cyanophycées
devait se produire à peu près aux mêmes époques sous des climats
semblables. En ce qui concerne les formes sub-aériennes, il faut
bien admettre en effet que le microclimat change notablement et
même parfois d’une façon considérable avec l’exposition de la
roche où la récolte est effectuée. Pour les espèces immergées,
réchauffement des eaux varie beaucoup en rapidité et en amplitude
avec la profondeur de la station. D’autre part il n’est pas du tout
certain que la température soit seule en cause dans la formation
de ces spores que Geitler désigne sous le nom de « Dauerzellen ».
Il est même fort probable que des facteurs comme la teneur des
eaux en sels nutritifs, les périodes de dessèchement, les produits
du métabolisme de l’algue elle-même ou des planteâ voisines,
ont un rôle dans la transformation des cellules végétatives en
cellules à membranes épaisses contenant des produits de réserve,
que l’on appelle spores et qui sont en somme comparables aux
kystes des flagellés.
Dans ma première note, je faisais remarquer que l’on observe
Oscillatoria tenuis au fond des mares, pendant les mois d’été et
que sous l’influence d’un faible éclairement, les trichomes pré¬
sentent parfois une teinte rose violacé. Je n’ai pas cru utile à ce
moment de mentionner une observation qui m’a permis de cons¬
tater que l’algue en question, récoltée dans les conditions indiquées
et placée à la vive lumière nécessaire à l’observation au microscope,
montre dans ses cellules des courants protoplasmiques intenses.
Cette constatation me semble avoir quelque intérêt étant donné
que Geiti.er (1932, p. 9, note 1) déclare en substance que, en
CYANOPHYCÉES DE LA RÉGION DE SAINT-QUENTIN
57
raison du peu de fluidité de leur protoplasme, les courants cyto¬
plasmiques ne s’observent pas, chez les Cyanophycées.
CHROOCOCCACEAE
Merismopedia Meyen
M. elegans A. Br. — Ribemont août 1953, en très petite quantité
dans le plancton d’une petite mare.
M. punctata Meyen. — Dans plusieurs récoltes benthiques mais
toujours erratique.
Microcystis Kützing
M. flos aquae (Wittr.) Kirchn. emend. Wesemb.-Lund et Tei-
linq. Cette algue était largement dominante dans une fleur d’eau
observée le 5 septembre 1953, à l’étang de Séry-Ies-Mézières. Tem¬
pérature de l’eau 19". Je ne sais à quelle époque le phénomène a
débuté: il s’est prolongé jusqu'au début du mois d octobre. Les
autres algues participant à cette fleur d’eau étaient par ordre de
fréquence décroissante : Woronichina Naëgeliana (Unter) Elenk,
Oscillatoria planctonica Wolosz. Microcystis aeruginosa Kütz
emend. Wesemb.-Lund et Teiling. Aphanizomcnon flos aquae var.
Klebahnii Elenk., Anabaena Viguieri Denis et Frémy.
M. aeruginosa Kütz emend. Wesemb.-Lund et Teiling. — Alors
que chez l’espèce précédente le mucus des colonies est souvent
diffluent et les colonies percées de trous aux contours arrondis,
comme le remarque Teiling (1941), ici le mucus est ferme et les
lacunes dans les colonies ont des contours anguleux.
Aphanothece Naegeli
A. saxicola Naeg. — Mare de Ribemont, octobre 1953, grattage
d'une pierre.
Woronichina Elenkin
W. Naegeliana (Unter.) Elenk. — Fleur d’eau. Il s agit de 1 algue
plus connue sous le nom de Coelosplwerium Unter. Une coloration
du mucus par le bleu de méthylène permet d’y distinguer des
tractus comparables à ceux des Gomphosphaeria; ceci justifie le
transfert, mais comme le remarque Geitler (1942) la séparation
des genres Woronichina et Gomphosphaeria reste cependant
difficile.
58
JEAN MABILLE
HORMOGONALES
OSCILLATORIACEAE
Schizothrix Kützing
S. lacustris Gom. — C’est une des algues dont les thalles in¬
crustés de calcaire donnent cet aspect blanchâtre, en automne,
aux branches d’ârbres qui se penchent à quelques centimètres
au-dessus de la surface de nombreuses petites mares.
Microcoleus Desmazières
M. lacustris Farlow. — Ribemont, sur la terre humide d’un
sentier près d’une mare, juillet-août 1953. Je ne crois pas que
cette algue ait été signalée dans une station subaérienne. D’autre
part, il s’agit, il me semble, d’une nouveauté pour la flore française.
La distribution géographique de M. lacustris, d’après Geitler
(1932) s’établit ainsi : Europe centrale, Amérique du Nord, Brésil,
Afrique.
M. paludosus Gom. — Berthenieourt, sur un vieux mur parmi
des muscinées. Décembre 1952.
M. sociatus W. et G. S. West. (Fig. 2-3). — Berthenieourt sur
la terre humide et parmi les muscinées.
AI. subtorulosus Gom. — Ribemont, Séry, parmi d’autres algues.
Lorsque les gaines sont diffluentes, les trichomes peuvent être
facilement attribués à Phormidium tinctorium Kiitz.
Phormidium Kützing
S. muralis Kütz. — ChâtiRon-sur-Oise, sur un mur parmi des
muscinées. Octobre 1952.
5. muscorum Gom. — Associée à la précédente et en de nom¬
breuses autres stations analogues.
5. thermalis Gom. — Séry-les-Mézières, sur la terre humide,
avec S. muscorum Gom. Frémy (1936) donne les indications sui¬
vantes concernant l’écologie de cette algue « Parois en pierre ou
en bois au voisinage des eaux thermales ou des machines à vapeur;
parfois dans les serres chaudes ».
La récolte en question prouverait donc que S. thermalis Gom.
se développe aussi aux températures ordinaires.
Sympi.oca Kützing
P. foveolarum Born. — Filaments isolés dans une récolte à
Gloeocapsa, sur un mur humide.
CYANOPHYCÉES DE LA RÉGION DE SAINT-QUENTIN
59
P. tenue Gom. — Séry-les-Mézières, sur la terre humide sablon¬
neuse.
Plectonema Thuret
P. nostocorum Gom. — Sur le mucus de Nostoc commune Vauch.
et de N. muscorum Kütz., dans les touffes de Scytonema Hoffman-
nii Born. et Fl.; cette algue est aussi rencontrée sous forme d’un
enduit muqueux d’un vert vif dans les interstices des blocs de
marne des carrières.
Lyngbya Agardh
L. Digueti Gom. — Hamegicourt, septembre 1952, grattage de
vieux bois immergé, associé à Dichothrix gypsophila B. et Fl. et
Rivularia dura Roth. Cette algue est rarement signalée; en France
elle n’a été récoltée qu’en Haute-Garonne par Frémy.
L. Kiitzingiana Kirch. — Berthenicourt, février 1953. Plaques
vert sombre contenant aussi Tolypotlirix sp., Lyngbya Martensiana
Menegh. et Plectonema nostocorum Gom., sur des briques près de
l’Oise. Elle se distingue des autres Lyngbya en ce que les trichomes
sont légèrement rétrécis aux articulations mais uniquement vers
leurs extrémités. Cette espèce est nouvelle pour la flore française.
L. Lindavii Lemm. (Fig. 12). —■ Mares d’Hamegicourt et Séry-les-
Mézières. Avril 1953. Thalle épais, très étendu d’abord d’une
teinte orangée due probablement à des sels de fer puis vert sombre.
Filaments longs, tlexueux, spiralés aux extrémités. Lemmermann
a trouvé cette algue en eau ferrugineuse; les deux stations où je l’ai
rencontrée présentent bien ce même caractère écologique. En effet
la mare d’Hamegicourt a été creusée par l’éclatement d’obus en
1914-18, celle de Séry est en partie comblée par un dépôt de vieilles
ferrailles. On peut se demander s’il ne s’agirait pas d’une forme
écologique de L. spirulinoïdes Gom.?
Espèce non encore observée en France.
L. aeruginea-coerulea Gom. — Berthenicourt, sur des pierres
en eau courante.
L. epiphytica Hieron. — Etang de Séry, octobre 1953. Filaments
enroulés en spirales autour de diverses algues benthiques ( Calo -
thrix parietina Thur. etc.).
Oscillatoria Vaucher
O. irrigua Kütz. — Dans diverses petites mares.
O. limnetica Lemm. — Etang de Séry, décembre 1953. Planc-
tonique et possédant quelques rares pseudovacuoles (souvent une
seule par trichome). La diagnose originale ne fait pas état de la
présence de pseudovacuoles, mais il est probable que ce phénomène
60
JEAN MABILLE
constitue le plus souvent un caractère secondaire nullement
obligatoire.
O. planctonica Wolosz. — Etang de Séry, septembre 1953.
Plancton.
O. lacustris (Kleb.) Geitl. — Plancton. Mare de Ribemont,
août 1953. Température de l’eau 15°. Il s’agit de l’Oscillatoriacée
que Nygaard avait d’abord désigné : Trichodesmium lwanoffianum
d’après une récolte au lac Toba à Sumatra. Puis revenant sur
cette détermination, l’auteur attribuait cette plante à T. lacustre
Kleb. que Geitler appelle Oscillatoria réservant le nom de Tricho¬
desmium aux formes marines pélagiques. Il en résulte que nous
avons ici un O. lacustris dont les dimensions ne coïncident plus
avec celles de la description donnée par Klebahn; la largeur
des cellules est en effet de 9 n, au lieu de 5-7 p. pour l’espèce
originale.
Le plancton de cette mare était composé essentiellement de Cera-
tium hirundinella et quelques C. cornutum; les filaments isolés de
Oscillatoria lacustris étaient peu abondants, les cellules étaient
absolument dépourvues de pseudovacuoles et les cellules apicales
étaient parfois allongées et légèrement atténuées.
O. lacustris se rencontre aussi au printemps au milieu des
thalles importants d’autres Oscillatoria qui remontent à cette
époque du fond des mares en entraînant des plaques de vase ou
des feuilles mortes. Ses cellules sont alors riches en pseudovacuoles.
Pseudanabaena Lauterb.
P. catenata Lauterb. — Hamegicourt, décembre 1953. Subaérien
sur la vase déposée sur des pierres au bord de l’Oise après une
longue période de sécheresse.
Assez abondant et avec Phormidium subfuscum Kütz., P. Retzii
Gom. etc.
RIVULARIACEAE
Homoeothrix (Thuret) Kirchner
H. Borneti (Sauv.) Mabille. — Berthenico-urt, de juin à octobre
1953, sur des pierres d’un petit ruisseau provenant d’une source.
pH = 7, température de l’eau toujours voisine de 10° durant la
période envisagée. Cette plante récoltée par Sauvageau en Algérie
était le type du genre Tapinothrix caractérisé par des poils mu¬
queux sans cloisons transversales. De nombreuses observations
in vivo m’ont permis de constater qu’à un certain stade de son évo¬
lution, l’algue ne se distingue pas des Homoeothrix (Mabille,
1954).
CYANOPHYCÉES DE LA RÉGION DE SAINT-QUENTIN
61
H. Juliana (Menegh.) Kirch. — Sur de vieilles coquilles d’Unio
ou de Paludine.
Dichothrix Zanardini
D. gypsophila Born. et Fl. (Fig. 4). — Hamegicourt, septembre
1952. Benthos.
Rivularia Agardh
Ii. dura Roth. — Même récolte que ci-dessus. Les thalles ne
sont nullement incrustés de calcaire. Voir à ce sujet Frémy, 1930.
Gloeotrichia Agardh
G. riatans Rabenh. (Fig. 5-6). — Hamegicourt, septembre 1952.
Thalles très nombreux à cette époque parmi les touffes d ’Elodea.
Je n’ai pas observé la structure de l’épispore dessinée par Frémy
(les Myxophycées de l’Afrique équatoriale française, page 277,
fig. 246).
SCYTONEMATACEAE
Hassallia Berkeley
H. Boutellei (Bréb. et Desm.) Born. et Fl. — Sur des blocs de
marne humides.
Scytonema Agardh
S. crispum (Ag.) Born. — Mare de Ribemont, juillet 1953. Thalle
en buisson sur du vieux bois immergé.
S. Hofmannii Born. et Fl. — Très fréquent et surtout en au¬
tomne et même en décembre : sur la terre humide, sur des troncs
d’arbres, des murs humides.
NOSTOCACEAE
Nodularia Mertens
N. Harveyana Thur. var. sphaerocarpa (Born. et Flah.) Elenk.
(Fig. 7-8). — Berthenicourt, novembre 1952. Très abondant dans
tous les écoulements de sève que présentaient de nombreux peu¬
pliers à cette époque. J’ai d’ailleurs pu constater que cette plante
se développe également sur la terre humide avec des Microcoleus
et qu’on J’observe aussi en station aquatique.
Anabaena Bory
A. aequalis Borge (Fig. 10). — Hamegicourt, 2 avril 1953, sous
quelques centimètres d’eau, sur la terre argilo-siliceuse d’une
62
JEAN MABILLE
légère dépression au voisinage d’une mare. A cette époque de
l’année, la dépression en question était en voie d’assèchement.
Comme le montre la figure, les trichomes étaient parfois munis
d’une gaine ferme et épaisse, hyaline, conséquence sans doute
d’une adaptation à des conditions particulières d’existence. Les cel¬
lules sont larges de 5 u. et longues de 5-8 u.. Les hétérocystes cylin¬
driques, à extrémités arrondies, mesurent 6 4 u. X 9-14 [i, ce qui
dépasse sensiblement les dimensions de la diagnose (4,5-5,5 u.
X 6,5-10,5 fi). Les spores mesurent 7 jx X 30-42 jx; épispore lisse,
hyaline. Ces mensurations seraient toutes conformes à la descrip¬
tion de A. saaremaaënsis Skuja que Geitler juge identique à
A. aequalis. Lors de la première récolte j’ai constaté que les
spores étaient toutes éloignées des hétérocystes, mais par la suite
j’ai pu faire un autre prélèvement où toutes les spores étaient
voisines des hétorocystes. Il s’agissait pourtant indubitablement
de la même plante, mais si ma première observation avait été
faite avec ce dernier prélèvement, j’aurais appelé cette algue :
.4. oscillarioides Bory var. elongata (Kütz.) Born. et Flah. Il a déjà
été prouvé en cultures par Canabaeus que la position des spores
d ’Anabaena n’a pas un caractère absolument constant; comme
l’écrit Geitler, la systématique d’un groupe aussi polymorphe
que celui des Anabaena, ne peut être qu’un compromis.
A. catenula (Kiizt.) Born et Flah. var. affînis (Leinm.) Geitler
(Fig. 11). — Mare de Ribemont, août 1953. Plancton et benthos. La
détermination paraît un peu douteuse. La cellule apicale atténuée
n’est en effet pas mentionnée dans la diagnose originale. Les cel¬
lules possèdent parfois des vacuoles à gaz, elles sont larges, d’en¬
viron 8,3 (x. Les spores, tantôt voisines, tantôt éloignées des hété¬
rocystes étaient peu nombreuses dans les prélèvements que j’ai
effectués jusqu à la mi-octobre. Je ne suis pas certain d’avoir
observé ces spores parvenues à leur complète maturité; il semble
pourtant bien qu’elles soient cylindriques, à extrémités largement
arrondies.
A. fl os aqnae (Lyngb.) Bréb. — Ribemont, 1 er mai 1953. Fleur
d’eau dans une très petite mare ; environ 10 jx de diamètre.
A. torulosa (Carm.) Lagerh (Fig. 9). — Berthenicourt, septembre
1952, sur la terre humide, dans le mucus de Cylindrospermum
majus Kütz. Les trichomes possèdent parfois une gaine assez
ferme. Frémy a signalé chez A. oscillarioides Bory des cellules
apicales coniques-aiguës comme celles de A. torulosa. D’autre part
le rétrécissement médian des spores de cette dernière espèce ne
serait pas d après Canabaeus un caractère absolument constant.
C est pourquoi Geitler indique que les deux espèces sont proba¬
blement identiques. Ce n est pas l’opinion de F. Drouet qui voit
dans A. torulosa une espèce d’eau salée.
CYANOPHYCÉES DE LA RÉGION DE SAINT-QUENTIN
63
A. Viguieri Denis et Frémy. — Séry : Fleur d’eau.
Aphanizomenon Morren
A. fl os aquae Ralfs var. Klebahnii Elenk. (Fig. 13). — Séry, fleur
d’eau. Les dimensions de cette algue sont très voisines de celles
de A. gracile Lemm., mais chez cette dernière les hétérocystes et
les spores sont beaucoup plus petits.
Cette variété n’était connue que de Russie.
Cyi.indrospermum Kützing.
C. majus Kütz. (Fig. 1). — Berthenicourt sur la terre très hu-
mide, en automne.
C. muscicola Kütz. — Ribemont, parmi des muscinées sur le
bord d’une mare, en automne.
C. stagnale (Kütz.) Born. et Flah. — Ribemont, août 1953.
Thalles Bottants à la surface d'une mare, spécimen caractérisé par
la longueur importante des cellules et des spores.
*
**
Au total, il a donc été trouvé 85 espèces. La plupart sont cosmo¬
polites et largement répandues. Lin certain nombre pourtant sont
nouvelles pour la flore française, ce sont : Anabaena aequalis
Borge, Homoeothrix Borneti (Sauv.) Mabille, Lyngbya Kützingiana
Kirchn.. Lyngbya Lindavii Lemm., Microcoleus lacuslris Farlow,
Oscillatoria lacuslris (Kleb.) Geitler, Aphanizomenon flos aquae
Ralfs var. Klebahnii Elenk.
On remarquera l'absence totale de Stigonematacées : se déve¬
loppant surtout sur les roches et en eau acide ce groupe est certai¬
nement très pauvrement représenté dans la région étudiée. Par
contre, dans l'Aisne, les bruyères de Versigny seraient fort intéres¬
santes à prospecter à ce point de vue.
Absence presque complète de Chamoesiphonales : je n’ai pas
rencontré d’échantillons suffisamment développés pour être déter¬
minés avec certitude.
Il reste également à étudier les formes incrustantes qui se déve¬
loppent sur les pierres, le bois, etc... en eau courante et en
particulier dans les petites cascades de l’Oise.
Jean Mabille.
64
JEAN MABILLE
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Jean Mabille.
66
JEAN MABILLE
LEGENDE DES PLANCHES
Planche 3.
1. Cytindrospermum majus Kütz.
2-3. Filament et trichome de Microcoleus sociutus W. G. S. West.
4. Dichothrix gypsophila Born. et Flah.
5-6. Spore et filament de Gloeotrichia natans Rabenh.
7-8. Nodularia Harveyana Thur. var. sphaerocarpa (Born. et Flah) Elenk.
(La figure 2 est à l’échelle a,
les fig. 4 et 6 sont à l’échelle b,
la tig. 5 à l’échelle c, toutes les
autres à l’échelle d)
Planche 4.
9. Anabaena torulosa (Carm.) Lagerh.
10. A. aequalis Borge.
11. A. catenula (Kütz.) Born. et Flah. var. afiinis (Lemm.) Geitler.
12. Lyngbya Lindavii Lemm.
13. Aphanizomenon flos aquae Falfs. var. Klebahnii Elenk.
(la fig. 12 est à l’échelle e
toutes les autres à l’échelle d.)
REVUE ALGOLOGIQUE
Nelle s ér . J. |; PI. 3
Source : MNHN. Paris
Source : MNHN, Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
Nelie Sér. T I ; PI. 4
Source : MNHN, Paris
Soùrce : MNHN. Paris
Sur la morphologie de quelques
Céramiacées
I. — Introduction.
Il y aura bientôt une quinzaine d’années, ayant eu à analyser (1)
la remarquable thèse que M m G. Feldmann-Mazoyer (2) a consa¬
crée aux Céramiacées méditerranéennes, j’attirais l’attention sur
les difficultés qu’éprouvent les Algologues à décrire clairement
les Algues, par faute d’avoir défini un certain nombre de concepts
morphologiques qui, traduisant aussi directement que possible l’en¬
chaînement des faits observés, auraient reçu chacun un nom
défini.
Cette remarque a été pour moi le point de départ d’une assez
longue série de recherches, modestes certes, mais que je ne crois
pas inutiles, précisément pour aboutir à ces concepts. Ces re¬
cherches, j’en ai déjà présenté les résultats essentiels, d’abord dans
une note consacrée à la systématique d’ensemble des Cyanophy-
cées (3), ensuite, de façon plus détaillée, dans un exposé au
Colloque international sur l’Evolution et la Phylogénie des végé¬
taux, tenu à Paris, en mai 1952, sous les auspices du C. N. R. S. (4).
Le premier de ces articles, trop bref, était insuffisant pour donner
un aperçu complet de ma pensée. Le second, de par les circons¬
tances, était imprégné — d’aucuns diront entaché — d’évolution¬
nisme, ce qui a pu faire croire que les concepts proposés étaient
obligatoirement des concepts de phylogénie et d’évolution, alors
qu’en réalité il est possible de les présenter tout à fait indépen¬
damment de toute préoccupation philosophique, et tout simple¬
ment pour ce qu’ils sont en réalité : des instruments de travail,
créés au contact des faits, pour clarifier l’Algologie descriptive en
coordonnant de façon simple l’ensemble des faits connus.
On a pu croire aussi que les concepts proposés, étant applicables
à tous les embranchements d’Algues, impliquaient entre les dispo-
(1) Ann. des Sc. Nat. Botan.
(2) Recherches sur les Céramiacées de la Méditerranée occidentale. 1 vol. de
510 p., avec 4 pl. hors texte. Alger, 1940.
(3) Soixante-dixième Congrès de l’A.F.A.S., fasc. 4. Tunis, 1951.
(4) L’Année biologique, 28, 1952, p. 9 à 23.
72
M. CHADEFAUD
sitifs observés chez ceux-ci de véritables homologies, et de véri¬
tables homologies également avec les dispositifs morphologiques
des Archégoniates. Là aussi, c’était aller au delà de ma pensée,
la charger d’un contenu philosophique qu’en principe elle ne com¬
porte pas. Dans les divers embranchements, on trouve des dispo¬
sitifs analogues, réalisés ici avec de simples filaments unisériés,
ou même des siphons cénocytiques, là avec des filaments, cordons
ou rubans polystiques, ailleurs encore (plantes vasculaires) avec
des systèmes de tissus différenciés, et en outre avec des types cyto¬
logiques qui, selon les groupes, sont profondément dissemblables.
11 se trouve simplement qu’avec des matériaux très différents
s’organisent des morphologies comparables, simplement parce que
celles-ci correspondent à des tendances profondes communes à
tous les groupes, à des nécessités de leur physiologie. Il est com¬
mode de donner le même nom aux dispositifs analogues observés
dans des groupes différents : on obtient ainsi une terminologie
simple et claire, qui rend aisées et précises les descriptions. Il est
commode, et souvent fructueux, de chercher à interpréter les orga¬
nisations les plus complexes en prenant pour modèles celles ana¬
logues mais plus simples, qui se voient dans d’autres groupes :
que les unes servent utilement de modèles pour débrouiller les
autres n’implique pas forcément une identité. La propagation de
la chaleur à travers un mur, ou celle de l’électricité, obéissent à
la même loi, l’une a pu servir de modèle pour analyser l’autre, sans
que cela implique une identité entre électricité et chaleur!
Ces précautions étant prises, le but du présent article sera de
montrer comment l’un des concepts proposés, celui de cladome à
pleuridies, permet d’analyser la morphologie comparée de quelques
Céramiacées. J’ai choisi la notion de cladome, et non, par exemple,
celle de protothalle, parce que cette dernière, sous le nom d’hetero-
trichous habit, et grâce aux belles publications de F. E. Fritsch (5),
est devenue familière aux Algologues. J’ai pris pour objet les Céra¬
miacées à cause tout à la fois du caractère schématique de leur
organisation, et des nombreuses variantes que permet d’observer
celle de leurs cladomes. J’espère que les Algologues pourront ainsi
se familiariser avec le concept de cladomes et en apprécier l’effi¬
cacité. Au cours de mon exposé, je ferai mention de quelques-unes
des analogies qui existent entre les cladomes des Algues et les
pousses feuillées des plantes vasculaires, non pas pour suggérer
une réelle homologie entre les deux, mais parce que ces analogies
feront mieux saisir ce que sont les cladomes et leurs comporte¬
ments.
(5) Bot. Notiser, 1939, p. 125 à 133; — Ann. of Bot., VI, 1942, p. 397 à 412; —
The struct. and reprod. of the Algæ, t. II, Cambridge, 1945.
Source : MNHN, Paris
MORPHOLOGIE DE QUELQUES CÉRAMIACÉES
73
II.- ANTITHAMNIONELLA SARN1ENS1S LyLE : LA NOTION DE CLADOME.
D’une façon générale, quand il est complet et typique, l’appareil
végétatif des Floridées comprend :
1 D'abord, un protothulle basilaire, à structure « hétérotriche »
(heterotrichous habit), c’est-à-dire composé d'une nappe de fila¬
ments rampants ramifiés, portant des filaments dressés, également
ramifiés. Ce protothalle est le « protonéma » des auteurs classiques.
Les filaments qui le composent sont monosiphonés, et de plus
« télomiques », ce dernier terme n’impliquant rien de plus que le
développement par le jeu d’un point végétatif défini : en 1 occu¬
rence, une cellule initiale unique, à l’extrémité distale du filament;
2. Ensuite, un ou plusieurs systèmes de cladomes, systèmes
auxquels les auteurs donnent souvent le nom de « frondes »,
malheureusement imprécis. Chaque cladome se compose d un
axe (a) et de plearidies (*), celles-ci comme celui-là formés de
filaments monosiphonés télomiques, à initiale unique, terminale,
distale. L’aie est formé de filaments à allongement indéfini : un
seul si le cladome est uniaxial, plusieurs, disposés en faisceau, s’il
est pluriaxial. On peut le comparer (simple analogie) à la tige
d’une pousse feuillée. Les plearidies garnissent les flancs de l’axe,
qu’elles revêtent plus ou moins complètement. Elles sont formées
de filaments à allongement défini, généralement très pigmentés,
donc intensément assimilateurs. Elles garnissent l’axe comme les
feuilles d'une pousse feuillée garnissent la tige. Chacune peut com¬
prendre: — al une cellule coxale, qui en constitue la hanche, et la
rattache à l’axe; — b) un filament pleuridien primaire; — c) des
filaments pleuridiens secondaires, nés sur les flanc du primaire,
puis d’autres de troisième ordre, nés sur les secondaires, etc...; —
d) des rhizoïdes pleuridiens qui, nés sur la cellule coxale, ou sur
la base des filaments pleuridiens, ont tendance’à se développer sur
la surface de l’axe, et à lui constituer une sorte de cortex.
Chaque « fronde » comprend un cladome primaire, garni de cla¬
domes secondaires, qui en portent à leur tour de troisième ordre,
etc... Sur chaque cladome, ceux d’ordre suivant peuvent, soit rem¬
placer chacun une pleuridie : ils sont alors « pleuridiotopes », soit
naître chacun sur la base d’une pleuridie, généralement sur la
cellule coxale, et en position adaxiale : ils sont alors « axillaires ».
Les cladomes axillaires se développent dans l’aisselle de la pleuridie-
mère à peu près comme les bourgeons axillaires dans l’aisselle des
feuilles. Les organes reproducteurs ( sporocystes, ou organes
sexuels) se forment sur les pleuridies, soit de cladomes normaux,
soit de cladomes spécialisés, seuls fertiles.
Les Batrachospermum, ou les Dudresnaya, permettraient une
74
M. CHADEFAUD
illustration immédiate, et très facile, des données précédentes. Chez
d’autres Floridées, au contraire, on ne retrouverait que le proto-
tlialle basilaire, directement fertiles, sans cladomes : c’est le cas
notamment pour les Acrochætium, réputés « archaïques ». A
l’opposé, les Céramiacées, ainsi d’ailleurs que toutes les autres
Fig. 1. — Antithamnionella sarniensis Lyle (Roscoff) : portion de cladome
(a, segments unicellulaires de l’axe; jt, pleuridies; cjt, coxale d’une pleuridie;
rh, rhizoïde, né d’une telle coxale; g, cellule glandulaire; s, tétrasporocyste;
a’, segments de l’axe d’un cladome-fils).
Céramiales, souvent qualifiées de Floridées « supérieures », n’ont
pas de protothalle basilaire : la spore génératrice produit directe¬
ment le cladome primaire d’une fronde unique, et le stade protoné-
mique est supprimé.
MORPHOLOGIE DE QUELQUES CÉRAMIACÉES
75
La Céramiacée bien connue : Antithamnionella sarniensis (fig. 1)
montre, sous une forme particulièrement simple, ce qu’est une telle
fronde : cladonie primaire uni axial, à axe (a) formé de cellules
allongées, et à pleuridies (w) réduites à leur filament primaire,
avec cellule coxale souvent très nette, et parfois, né de cette cellule,
un rhizoïde ( rh ), mais non corticant; — pleuridies disposées en
cycles di-ou trimères : un cycle sur chaque cellule de l’axe, près
de son extrémité distale; — cladomes secondaires (à axe a’) rem¬
plaçant chacun l’une des pleuridies du cladome primaire; — tétra-
sporocystes sur la coxale des pleuridies.
III. - SPHONDYLOTHAMNION MULTIFIDUM NaEG. ! La DIPTÉRISATION DES
CLADOMES.
Les frondes du Sphondylothamnion multifidum sont formées
de cladomes également très typiques, uniaxiaux, avec sur chaque
cellule (segment) de l’axe un verticille de pleuridies, non pas di-
ou trimère, mais polymère, des pleuridies non pas réduites à leur
filament primaire, mais au contraire très ramifiées, dont la base
donne naissance à un beau système de rhizoïdes corticants. Je ren¬
voie à ce sujet aux figures classiques, sur lesquelles tous ces détails
s’observent parfaitement.
Cette espèce fournit en outre, sur l’évolution des cladomes, une
donnée de grande importance. Il en existe en effet en Méditerranée
(par exemple à Banyuls) une forme très remarquable, décrite dans
sa thèse par M me Feldmann-Mazoyer (6) : la forme disticha (fig. 2),
chez laquelle chaque segment de l’axe ne porte plus que quatre
pleuridies, dont deux « majeures », diamétralement opposées (1 et
2), et les deux autres « mineures », très peu développées, en croix
avec les précédentes (3 et 4). De plus, de part et d’autre de l’axe,
les pleuridies majeures sont toutes dans un même plan.
La fig. 2 (partie supérieure) montre comment les cladomes de
cette forme se développent. La cellule apicale (ap) de l’axe en¬
gendre, l’un après l’autre et au-dessous d’elle, les segments uni-
cellulaires constituant celui-ci : c’est la structure télomique. Sur
chaque segment nouvellement formé, près de son extrémité distale,
naît d’abord la pleuridie primaire (1); plus tard, diamétralement
opposée, naît la seconde pleuridie (2); deux pleuridies deviennent
« majeures », c’est-à-dire prennent un développement complet; plus
tard encore, en croix avec elles, naissent les troisième et quatrième
pleuridies (3 et 4), qui au contraire restent «mineures», c’est-à-dire
(6) Loc. cit., p. 386. La forme disticha est reliée à la forme typique par des
intermédiaires.
76
M. CHADEFAUD
rudimentaires. Sur les segments successifs, les pleuridies pri¬
maires (1) sont en ordre distique (hélice 1/2). Il en va naturelle¬
ment de même des pleuridies (2), (3) et (4). Autrement dit, les
pleuridies sont disposées selon quatre hélices (1, 2, 3 et 4), la diver¬
gence sur chaque hélice étant 1/2. C’est en raison de cette dispo-
Fig. 2. — Sphondylothamnion multifidum Naeg. f. disticha G. Feldm. (Banyuls) :
portions d’un cladome. (En haut, portion apicale : ap, cellule initiale apicale de
l’axe; 1, pleuridies primaires; 2, secondes pleuridies. En bas, portion adulte :
1 et 2, pleuridies majeures; 3 et U, pleuridies mineures.)
sition que toutes les pleuridies majeures (1 et 2) sont dans un
même plan.
L’évolution qui a conduit à une telle structure se conçoit sans
peine : réduction à quatre du nombre des pleuridies par segment;
ordre distique pour les pleuridies primaires et, par suite, aussi
pour les autres; hiérarchisation des pleuridies de chaque verticille,
dont les deux premières (majeures) se développent seules complè¬
tement, les deux autres demeurant très réduites, et même parfois
ne se développant pas.
Le terme vers lequel tend cette évolution est également clair :
réduction du cladome à un axe flanqué, comme de deux ailes, de
deux séries diamétralement opposées de pleuridies (1 et 2), toutes
dans un même plan. Ce qu’on peut traduire en parlant de « dipté-
risation », donnant un « cladome diptère ».
MORPHOLOGIE DE QUELQUES CÉRAMIACÉES
77
IV. - ANT1THAMNION PLUMULA THURET : La DIFFÉRENCIATION ET LA
TAGMATISATION DES CLADOMES.
Chez le classique Antithamnion plumula, une structure diptère
tout à fait comparable à celle de la forme disticha du Sphondylo-
thamnion est la règle (fîg. 3). Chaque segment unicellulaire (a)
de l’axe porte, diamétralement opposées, deux pleuridies ma¬
jeures (tc), puis, en croix avec celles-ci, deux pleuridies mi¬
neures (îî’), souvent réduites à leur filament primaire, lui-même
très court, et quelquefois tout à fait absentes. Les pleuridies ma¬
jeures sont toutes dans un même plan. Chaque cladome-fils (a’)
tient la place d’une de ces pleuridies, sur un segment dont les
pleuridies mineures peuvent être plus développées que sur les
autres. Mais cette espèce permet en outre de faire deux remarques
importantes : 1) pour porter les organes sexuels femelles, elle
possède des cladomes spécialisés ; 2) la disposition des cladomes-
fils sur chaque cladome-père est parfois si régulière qu’elle traduit
une tagmatisation de celui-ci.
a) Des cladomes spécialisés n’existent que sur les gamétophytes
78
M. CHADEFAUD
femelles (fig. 4, en haut, et fig. 5). Sur les tétrasporophytes, les
tétrasporocystes se forment sur les pleuridies de cladomes quel¬
conques (fig. 4, en bas), et il en va de même pour les spermato-
cystes sur les gamétophytes mâles. Sur les gamétophytes femelles,
au contraire, les cladomes ordinaires (axes a, fig. 5) portent des
cladomes secondaires spécialisés (axes a’; fig. 4, en haut, et fig. 5);
MORPHOLOGIE DE QUELQUES CÉRAMIACÉES
79
sur chacun de ceux-ci, la coxale d’une des pleuridies s) devient
la cellule-support (s) d’un filament carpogonial (fig. 4, en haut).
Ensuite, ces cladomes spécialisés servent de support nourricier aux
carposporophytes (gominoblastes) engendrés par les carpogones,
une fois ceux-ci fécondés (fig. 5).
De tels cladomes spécialisés, voués à des fonctions reproduc-
Fig. 5. — Antithamnion plumula (suite). — Cladome ordinaire d’un gaméto-
phyte femelle (a, segments axiaux), portant à la place d’une pleuridic majeure
un cladome spécialisé fertile (a’, segments axiaux), qui a son tour porte les
gonimoblastes ( gb ) composant un carposporophyte.
trices, sont aux cladomes ordinaires ce que, chez les Angiospermes,
les fleurs sont aux rameaux feuillés végétatifs. On pourrait donc
les qualifier d ’antho-cladome s. En examinant la fig. 5, on remar¬
quera que leur fonction reproductrice se traduit par une modifi¬
cation morphologique qu’on retrouve dans les fleurs, et qui a joué
dans l’évolution de celles-ci un rôle considérable, maintes fois sou¬
ligné : le raccourcissement de l’axe (axe a’), au profit des éléments
pleuridiens dont il est garni. Ainsi, même s’appliquant à des objets
différents (cladomes, au lieu de rameaux feuillés), on voit un même
facteur (la fonction sexuelle) produire des effets comparables.
b) La tagmatisation (7) était particulièrement nette sur l’échan-
(7) Du grec T iYjjLa: cohorte, régiment. Ce mot employé par les zoologistes,
pour qui un tagme est, chez les Arthropodes, un groupe défini de segments,
constituant une partie du corps : la tête, le thorax et l’abdomen sont les trois
tagmes du corps des Insectes.
80
M. CHADEFAUD
tillon dont la fig. 6 représente un fragment. Sur cette figure, on
voit un cladonie primaire, dont l’axe est subdivisé en tagmes penta¬
mères, c’est-à-dire en groupes définis de chacun cinq segments uni-
Fig. 6. — Antithamnion plumula (fin). — Cladome ordinaire, fortement tagma-
tisé (1 à 5, segments axiaux des tagmes; le segment 5 porte, à la place de sa
pleuridie primaire, un cladome-fils, également tagmisé).
cellulaires (numérotés de / à 5). Les quatre premiers de ces seg¬
ments ne portent que des pleuridies. Sur le cinquième, c’est-à-dire
le segment distal, la pleuridie majeure primaire est remplacée par
un cladome-fils.
MORPHOLOGIE DE QUELQUES CÉRAMIACÉES
81
En raison du nombre impair des segments de chaque tagme, et
de la disposition distique des pleuridies primaires (cf. Sph. multi-
fidum, f. disticha), les cladomes fils sont eux aussi en ordre dis¬
tique, et tous dans un même plan. S’ils étaient entièrement repré¬
sentés, on constaterait qu’ils sont eux aussi tagmatisés, de la même
façon que le cladome-père.
Tous les échantillons ne permettent pas d’observer une tagma-
tisation aussi nette. D’autre part, quand on l’observe, le nombre de
segments par tagme n’est pas forcément cinq. Ainsi, j’ai dessiné
des spécimens de la var. crispum à tagmes trimères, avec de ci de
là des tagmes tétramères intercalés. Quoi qu’il en soit, cette struc¬
ture pose un problème important, car on doit se demander par
quels mécanismes la production de cladomes-fils se trouve réglée
pour que l’intervalle entre ceux-ci comporte un nombre constant
(ou quasi constant) de segments axiaux. Sans qu’on sache pour¬
quoi, le développement de chaque cladonie est devenu plus ou
moins strictement rythmique, la formation de cladomes-fils inter¬
venant selon une fréquence plus ou moins rigoureusement définie.
On sait qu’une rythmicité comparable, aboutissant également à
une tagmatisation, s’observe sur certains rameaux feuillés (notam¬
ment chez certaines espèces du g. Pinus) (8), et dans les fleurs
prolifères (où l’axe produit d’abord des sépales, des pétales et des
étamines, puis à nouveau les mêmes organes).
Y. — Les callithamnion .- La structure apo-pleuridienne par
TAGMATISATION MONOMÈRE.
Dans le g. Callithamnion (fig. 7), on sait qu’on n’observe pas de
pleuridies. Cette structure est souvent considérée comme primitive,
et pourtant les organes reproducteurs femelles sont, par leur
disposition, d’un type au contraire plus évolué que chez les Anti-
thamnion. En réalité, les Callithamnion ont une structure tout à
fait comparable à celle de ces derniers, mais modifiée par une évo¬
lution poussée plus loin que la simple diptérisation et la simple
tagmatisation. En vertu de cette évolution :
1. Sur chaque segment unicellulaire des cladomes, ne se forme
plus que la pleuridie primaire. La seconde pleuridie majeure ne
prend jamais naissance. Les deux pleuridies mineures (iu’) ne
s’observent que sur les segments fertiles des gamétophytes
femelles; elles sont réduites à leur cellule coxale, et l’une
(8) V. par ex. Prat (H.), Livre jubilaire dédié au professeur L. Daniel,
Rennes, 1936.
82
M. CHADEFAUD
d’elles (rc’s) sert de cellule-support à un filament carpogonial,
cellule-support qui, tout comme chez les Antithamnion, a donc
valeur de coxale pleuridienne;
2. Sur tous les segments axiaux, la pleuridie primaire, ainsi
seule présente, est toujours transformée en cladome-fils.
Fig. 7. — Callithamnion sp. (Roscoff). — A gauche, portion de cladome; chaque
cellule de l’axe (en blanc) porte à la place de sa pleuridie majeure primaire,
un cladome-fils, dont les cellules axiales (couvertes de pointillés) portent à leur
tour, également à la place de leur pleuridie primaire, un cladome petit-fils (en
blanc). La seconde pleuridie majeure fait toujours défaut. Les pleuridies mi¬
neures Gt’), réduites à leur coxale, n’existent que sur les segments fertiles des
gamétophytes femelles. Hélicomérie avec divergence 1/4. A droite, segment fer¬
tile d’une gamétophyte femelle, avec ses deux pleuridies mineures (jt’), dont
l’une (jt’s) sert de cellule-support à un filament carpogonial.
MORPHOLOGIE DE QUELQUES CÉRAMIACÉES
83
Cela peut se traduire en disant qu’il y a, chez les Callithamnion,
tagmatisation monomère. Chaque segment représente à lui seul
un tagme, porteur d’un cladome-fils. Si on se reporte aux fig. 3 et 6,
on constate que, chez Antithamnion plumula, la pleuridie majeure
opposée à chaque cladome-fils ne prend qu’un faible développe¬
ment. Les choses vont plus loin encore chez les Callithamnion :
cette pleuridie fait totalement défaut, et les deux mineures ne sont
présentes (réduites à leur coxale) que si l’une d’elles doit porter
un filament carpogonial.
En définitive, par leur appareil végétatif comme par leurs or¬
ganes sexuels femelles, les Callithamnion apparaissent ainsi
comme plus évolués que les Antithamnion, dont ils diffèrent par
une tagmatisation monomère, laquelle a eu pour conséquence la
suppression des pleuridies, c’est-à-dire une structure apo-pleu-
ridienne.
Chez les plantes supérieures, quelque chose d’analogue à cette
structure s’observe chez certaines Fougères paléozoïques : les Stau-
ropteris (9). Ces Fougères sont apparentées aux Zijgoptéridées,
chez lesquelles chaque axe phyllophore porte des complexes fo¬
liaires (= phyllomies), composés chacun de deux feuilles, flan¬
quées de deux aphlébies. Elles en diffèrent par la substitution
constante de rameaux-fils aux feuilles, tout comme les Callitham¬
nion diffèrent des Antithamnion par la substitution constante de
cladomes-fils aux pleuridies. De même qu’on a considéré, à tort,
les Callithamnion comme plus primitifs que les Antithamnion,
on admet généralement, également à tort qu’elles sont d’un type
plus archaïque que les Zygoptéridées, alors qu’elles sont au con¬
traire géologiquement plus récentes. Ainsi, bien que portant sur
des objets différents, Céramiacées et Fougères anciennes permet¬
tent d’observer des évolutions parallèles, dont l’interprétation a
conduit à de semblables erreurs.
\I. WRANGELJA PENIC1LLATA C. AG. : HÉLICO- ET SCORPIOMÉRIE.
Si l’on se reporte à ce qui a été dit du Sphondylothamnion multi-
fidum, f. disticha, puis de VAntithamnion plumula (fig. 2 à 6), on
voit que, chez ces Algues, les pleuridies primaires des segments
successifs sont en ordre distique. Eu égard à la polarité des seg¬
ments, que traduit la disposition de ces pleuridies, on observe
donc un ordre hélicoïdal, avec divergence 1/2. Ce qu’on peut
traduire en disant qu’il y a hélicomérie distique.
9) V. Chadefaud (M.), Le Sporophyte des Plantes sup., in Revue scientif 87
1949, p. 89 à 112. ' ’ ’
84
M. CHADEFAUD
Chez le Callithamnion de la fig. 7, d’après la disposition des
cladomes-fils, il y a aussi helicomérie, mais cette fois tétrastique,
la divergence entre cladomes-fils successifs n’étant que de 1/4 de
tour.
Une autre Céramiacée bien connue : Wrangelia penicillata (fig. 8
et 9), déjà étudiée de ce point de vue, mais de façon incomplète,
par II. Kylin (10), va nous montrer un ordre différent : Yordre
Fig. 8. — Wrangelia penicillata C. Ag. (Banyuls). — Portion de cladome adulte
(axe couvert d’un pointillé; i, coxale de la pleuridie primaire; 2 et 4, coxales
des deux pleuridies de rang pair du cycle pleuridien quinconcial; de chaque
coxale est né un rhizoïde corticant, appliqué sur l’axe; sur la coxale 1, en
noir, jeune cladome-fils axillaire.)
scorpiomère, la scorpiomêrie, dans lequel les pleuridies primaires
des segments successifs sont insérées, non plus selon une hélice,
mais aux sommets d’une ligne en zig-zag (11).
Dans les cladonies de cette espèce (fig. 8), chaque segment uni-
cellulaire de l’axe porte, près de son extrémité distale, un cycle
de cinq pleuridies touffues, dont les cellules coxales, bien indivi¬
dualisées, émettent vers le bas des rhizoïdes corticants. Ainsi qu’on
(10) Dansk. Bot Ark., 5, 1928.
(11) Les termes d’hélico- et scorpiomerie ont été construits par comparaison
avec les qualificatifs d’hélicoïdes et de scorpioïdes, appliqués classiquement aux
cymes unipares. Sur une cyme hélicoïde, on observe une hélice de fleurs et une
hélice de bractées. Sur les cymes scorpioïdes, on trouve un zig-zag de bractées
et un zig-zag de fleurs.
MORPHOLOGIE DE QUELQUES CÉRAMIACÉES
85
peut le vérifier en analysant la fig. 9, qui représente de très jeunes
cladomes en voie de développement, ces cinq pleuridies sont dis¬
posées, selon leur ordre de naissance, en un système quinconcial :
la seconde à 2/5 de tour (vers la droite ou la gauche, selon le
Fig. 9. — Wrangelia penicillata (lin). — Deux jeunes cladomes-fils, vus de profil
(côté adaxial ad à gauche; côté abaxial ab à droite) pour montrer la disposi¬
tion scorpiomérique des pleuridies primaires ( 1 ), alternativement à gauche de
la ligne abaxiale médiane de l’axe (pleuridies 1 en blanc) et à droite de cette
ligne (pleuridies 1 couvertes d’un pointillé). On voit aussi, sur chaque segment,
l'ordre de naissance des pleuridies du système pleuridien quinconcial (1, 2,
3, etc.; pleuridies situées en avant du plan de figure en blanc; pleuridies situées
en arrière couverte d’un pointillé; a, initiale apicale de l’axe; cjcl, coxale pleu-
ridienne portant, en position axillaire, un cladome-flls). En bas et à droite :
diagramme de trois verticilles pleuridiens successifs, montrant leur structure
quinconciale et la scorpiomérie (ab, côté abaxial).
Source : MNHN, Paris
86
M. CHADEFAUD
segment étudié) de la pleuridie primaire; la troisième à 2/5 de
tour (dans le même sens) de la seconde, etc... De sorte que, si on
regarde le cycle latéralement (comme c’est le cas sur la fig. 8),
on ne voit, outre la pleuridie primaire, que les pleuridies de rang
pair (2 et 4), ou que celles de rang impair (3 et 5). La pleuridie
primaire (1) se signale en général d’emblée par son plus grand
développement. Sur sa coxale, on observe un cladome-fils « axil¬
laire » (figuré en noir) en voie de développement.
Ce cladome-fils a, par rapport au cladome-père, un côté adaxial
(interne) et un côté abaxial (externe). En l’étudiant avec soin
(fig. 9) on constate que :
1. — Sur son axe (et il en va de même sur celui de tous les cla¬
donies de la plante), les pleuridies primaires (1) des segments
unicellulaires successifs naissent toutes sur le côté abaxial, mais
de part et d’autre de la ligne abaxiale médiane, et alternativement
à droite et à gauche de cette ligne. Ces pleuridies sont donc bien
aux sommets d’une ligne en zig-zag, donc en ordre scorpiomère
(fig. 9 : diagramme en bas, à droite) ;
2. — Sur chaque segment de cet axe, les quatre pleuridies sui¬
vantes naissent en un ordre tel que leur ensemble constitue, avec la
pleuridie primaire, un système quinconcial: seconde pleuridie à 2/5
de tour (vers la droite ou la gauche, selon le segment étudié) de la
primaire; troisième également à 2/5 de tour (dans le même sens)
de la seconde, etc... (fig. 9, même diagramme). D’où il résulte que
si, sur un cladome adulte, on regarde l’un des cycles pleuridiens
latéralement, on ne voit, outre la pleuridie primaire (1), que celles
de rang pair (2 et 4; fig. 8), ou que celles de rang impair;
3. — Si, sur un segment, le système quinconcial ainsi constitué
est dexlre (chaque pleuridie à 2/5 de tour à droite de la précédente),
sur les segments précédents il est sénestre. Autrement dit, les
cycles pentapleuridiens successifs sont alternativement dextres et
sénestres (fig. 9 : diagramme).
Là encore, les dispositions ainsi observées ont leur équivalent,
avec des matériaux différents, dans la phyllotaxie des Angio¬
spermes. Si nous considérons, par exemple, les espèces oppositi-
foliées, nous savons que chez nombre d’entre elles, les deux feuilles
A et B de chaque nœud sont quelque peu dissemblables, tant par
la taille que parce qu’une seule d’entre elles axille un bourgeon
bien développé, ou une fleur. Chez les Caryophyllacées, les feuilles
A des nœuds successifs sont disposées selon une hélice, et de
même, naturellement, les feuilles B : il y a hélicomérie. Chez les
Acanthacées, au contraire, les feuilles A sont sur les sommets
d’une ligne en zig-zag, et de même les feuilles B : il y a scorpio-
rnérie. Même chez les espèces alternifoliées celle-ci peut aussi
MORPHOLOGIE DE QUELQUES CÉRAMIACÉES
87
s’observer. Ainsi, chez l’Hélianthe annuel (Tournesol), où les
feuilles de la base des tiges sont opposées, et celles du haut
alternes, on constate d’ordinaire que les feuilles alternes sont insé¬
rées selon deux hélices, qui continuent les hélices A et B de la
partie basilaire à feuilles opposées : ce sont les deux hélices fo¬
liaires sur lesquelles M. Plantefol (12) a, ces temps derniers,
longuement attiré l’attention. Mais j’ai trouvé un pied sur lequel
au contraire les feuilles alternes formaient deux zig-zags (inédit).
La coexistence de ces deux dispositions chez la même espèce ne
doit d’ailleurs pas étonner, puisqu’on la retrouve chez les Per¬
venches à feuilles opposées.
Je n’examinerai pas d'autres Céramiacées. Je ne dirai donc pas
comment, chez les Ceramium, les pleuridies sont transformées en
un «•< cortex pleuridien », continu ou annelé, autour de l’axe de
chaque cladome, ni comment aussi la structure diptère conduit,
par coalescence des filaments pleuridiens, tous développés dans un
même plan, à la transformation des cladomes en un ruban, comme
cela s’observe chez certaines Délessériacées {Membranoptera), puis
celle des frondes (systèmes de cladomes) en organes foliacés,
rappelant des feuilles de Dicotylédones, comme on en trouve chez
d’autres espèces de la même famille ( Phycodrys, Delesseria). Ce
sont là des évolutions faciles à retracer.
Sans qu’il soit besoin d’en dire davantage, j’espère que ce qui
précède suffira à montrer qu’on peut, et donc qu’on doit, intro¬
duire une plus grande précision dans la description du thalle
des Algues, et que, si on le fait, il devient possible d’établir une
morphologie comparative, précise elle aussi, des Algues et des
Plantes supérieures, permettant de mieux comprendre l’organisa¬
tion et l’évolution de ces végétaux. Il ne s’agit pas de dire que
les Plantes supérieures dérivent des Algues, en s’appuyant sur des
ressemblances plus ou moins vagues, plus ou moins réelles, mais
seulement de rechercher comment, bien que travaillant sur des
matériaux différents, l’évolution dans ces deux groupes a réalisé
de remarquables parallélismes. A la condition d’être établis sur
des analyses rigoureuses, ceux-ci constituent l’un des trop rares
moyens dont nous pouvons disposer pour essayer de mieux com¬
prendre l’organisation des végétaux. Mais on ne doit pas oublier
que la morphologie est, avant tout, science de précision.
M. Chadefaud.
(12) La théorie des hélices foliaires multiples, Paris (Masson), 1948.
Les petits genres dans la famille
des Desmidiaceae.
(Suite de l'étude sur les Desmidiées de la région des Trois-Rivières)
Préliminaires
La présente étude complémentaire sur les petits genres de l’im¬
mense famille des Desmidiées de la région des Trois-Rivières,
Province de Québec (Canada), ne sera évidemment pas finale, car
on pourra encore bien longtemps trouver du nouveau dans la région
lacustre que notre Botaniste National, le regretté Frère Marie-
Victorin, a baptisé du nom si gracieux de Mauricie. Cependant
nous avons l’intime conviction que cette étude est un commen¬
cement sérieux, et qu’elle pourra servir de base à une étude ulté¬
rieure pratiquement finale de la Desmidiologie de notre région.
L’étude de ces petits genres est d’autant plus intéressante qu’elle
est plus variée et qu’elle nous met en présence de trouvailles plus
inattendues.
Jusqu’à présent, on avait relevé pour ces 16 genres, dans la
Mauricie, 38 entités seulement. Leur nombre s’élève aujourd’hui
à 88, alors que dans la région de Montréal, pour les mêmes genres,
on n’en compte encore que 65. Le tableau suivant résume l’état
actuel de nos recherches dans ce domaine.
Région de
Région des
Région des
Montréal
Trois-Rivières
Trois-Rivières
en 1938
en 1948
en 1954
Arthrodesmus
10
6
18
Cylindrocystis
3
2
5
Desmidium
8
4
9
Docidium
3
1
4
Conatozygon
4
3
6
Gymnozyga
3
1
3
Hyalotheca
7
2
5
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
89
Mesotaenium
Netrium
Onychonema
Penium
Sphaerozosma
Spinocosmarium
Spirotaenia
Spondylosium
Roya
3
4
4
1
4
4
0
6ÎT
0
0
3
1
3
2
1
2
5
2
38
3
8
3
4
4
2
2
9
3
~88
Ce tableau fait voir que l’augmentation est considérable et
double largement le nombre des espèces découvertes dans la région,
et dépasse très sensiblement celui des entités récoltées dans la
région de Montréal. Nous nous attaquerons bientôt à l’étude appro¬
fondie de la région située immédiatement au nord de la Mauricie,
comprenant le Parc National des Laurentides et l’immense plaine
du Lac-Saint-Jean. Qui sait si cette région ne recèle pas des
richesses encore inconnues. L’étude de ces petites plantes invi¬
sibles réserve souvent des surprises et des plaisirs incomparables
aux botanistes persévérants qui s’y livrent avec le courage et 1 assi¬
duité que nous avons essayé d'y apporter.
Dans le présent article, nous traiterons des 16 genres contenus
dans le tableau précédent. Nous indiquerons entre parenthèses les
numéros correspondant aux lacs où chaque entité a été trouvée;
quand ces lacs dépasseront la dizaine, nous en indiquerons simple¬
ment le nombre. Les numéros d’ordre qui les représentent ont été
publiés dans le Naturaliste Canadien, vol. LXXXI, n os 1-2, p. 7, et
dans Hydrobiologia, vol. V, n° 3-4.
Voici la liste des abréviations utilisées dans cet article :
L. : Longueur totale avec les épines s’il y a lieu;
1. : largeur totale avec les épines s’il y a lieu;
Is. : largeur de l’isthme;
Py. : nombre des pyrénoïdes s’il y a lieu ;
E. : épaisseur;
Ep. : longueur des épines s’il y a lieu;
(ss) : (sine spinae), sans les épines;
(es) : (cum spinae), avec les épines;
(r) : rare : 6 à 10 spécimens trouvés;
(rr) : très rare : pas plus de 5 spécimens trouvés;
(c) : commun, trouvé dans environ 10 pièces d’eau;
(cc) : très commun : dans plus de la moitié des pièces d eau de
la région;
F. D. : Flore Desmidiale de la région de Montréal;
90
F. IRÉNÉE MARIE
N. C. : Le Naturaliste Canadien , Université Laval de Québec,
boul. de l’Entente, Québec.
H. : Hydrobiologia, La Haye, Hollande.
Arthrodesmus Ehr. (1838).
Ce genre prend son autonomie entre 1836 et 1838. Nous avons
déjà dit dans F. D. p. 135-138, ce que nous pensons de sa création
et des mille difficultés qu’il présente pour l’algologue novice, dans
l’identification des diverses espèces qui le composent.
1. — A. Bulnheimii Racib. var. subincus W. West (rr). (Lacs
n os 37 et 74.)
F. D. : p. 341, f. 2, PI. LX.
L.: 50-54 y; (ss) : 22.5-26 p.; 1.: 44-54 y; (ss) : 24.5-28 a; Is.:
6.5-7.5 y.
Cette variété est très répandue en Europe et aux Etat-Unis. Au
Canada, elle a été signalée par W. R. Taylor pour Terreneuve
(1934); par nous-même pour la région de Montréal (1938); dans
le Naturaliste Canadien : Vol. LXXIX n° 1 (1952), et dans Hydro¬
biologia : Vol. IV, n° 1-2, p. 32.
2. — A. convergens Ehr. (cc). (Dans 22 lacs.)
F. D.: p. 339, ff. 10,11,12, PI. LX.
L.: 37-45 y; 1.: 48.5-85 y; (ss) : 39-60 y; Is.: 19-25 y.
Cette espèce est de beaucoup la plus commune du genre; elle
apparaît dans 76 volumes de notre bibliothèque algologique. On
la trouve dans les eaux stagnantes, limpides et pauvres en calcaire.
Au Canada, elle a été récoltée dès 1906 par J. A. Cushman pour la
Province de Terreneuve; en 1923, par G. H. Wailes pour la
Colombie Canadienne; en 1924, par C. Lowe pour le Canada Cen¬
tral; par G. H. Wailes en 1933 pour l’Alaska et le Youkon; en
1934 par W. R. Taylor à Terreneuve; par F. I.-M. à Saint-Hubert
en 1938; et au Lac Saint-Jean en 1943 et en 1949; par E. O. Hugues
dans les Provinces Maritimes en 1947-48; Par F. I.-M. dans la
région des Trois-Rivières en 1949; et dans celle de Québec en 1952.
3. — A. convergens Ehr. var. divergens var. nov. (rr). (Lac n° 74.)
L. (ss) : 28-29.3 y; I. (ss) : 20-21 y; (es) : 38.5-42 y; Is.: 6.4-7 y.
Variété qui se distingue du type par sa cellule plus enflée, par
sa marge dorsale plus arrondie, par ses sinus médians plus ouverts,
par ses épines divergentes, et non convergentes. Elle s’en rapproche
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
91
par son choroplaste qui n’a qu’un seul pyrénoïde dans chaque
hémisomate.
LÉGENDE
1_ Arlhrodesmus convergeas Ehr.v.divergens
2 1 A Incus CBrétOHass v praelongum G M 5m.
3._ A octocornis Ehr.v lenuis, var nov _
4 _ A quiriFerus WetW. v.minor, var nov
5 _ A s ubulatus Kütz. i/ Nordstedhi G.M.Sm.
6._ A. s ubulatus Kütz. v subaequalis WetW.
7_ A. triangularis Lagerh.
8 _ Cylindrocystis crassa De Bary
9 _Desmidium Swartzn vquadrangulatumIRal® Roy.
lO -Mesotaenium DeCrayi W.eiW.Fmojor F.nov.
M.-Sphaerozosma vertebratum Bréb v. lahus W.
î2.-Spinocosmarium quadridenslWooà 5 Pr. et Sc.
1 3_Spondylosium ellipticum WetW.
1 4, _S.pulchellum Arch v.bambusinoidesiWnil Lundeü
15. _Gono/oz/gon Brebissomi de Bary
50 -100 ^50 20°
Cette variété n’est pas sans ressemblance avec A. subulatus, mais
elle est beaucoup plus petite et ses épines divergent largement,
alors qu’elles sont parallèles chez cette dernière espèce. Les sinus
pourtant sont plus proches de la forme de ceux de A. subulatus
que de ceux de A. convergeas, étant plus largement ouverts au
fond, et finement arrondis (Fig. 1).
92
F. IRÈNÉE MARIE
Varietas sejuncla a typo spinis divergentibus et non convergen-
tibus. Accedit propius ad typum chloroplastis cum uno pyrenoïdo.
4. — A. convergeas Ehr. var. obesum W. et G. S. West (rr).
(Lac n° 16.)
Le Nat. Can.: Vol. LXXVI, n" 1-2, p. 38, f. 6, PI. IV.
L.: 46-53 jj.; 1.: 62.4-69.5 n; (ss) : 35.8-48.4 n; Is.: 10-12.5 y;
Ep.: 20.5-22.5 p
Depuis sa description par les West en 1895, cette variété n’avait
été retrouvée qu’une fois, dans nos régions, en 1949. Ceci est sa
deuxième mention.
5. — .4. glaucescens Wittr. (rr). (Lacs n“ 39, 53, 60).
Le Nat. Can.: Vol. LXXVI, n" 8-10. p. 243, f. 1, PI. I.
L.: 10.5-12 p 1.: 10.5-12 p Is.: 7-9.5 p Ep. : 3-5.5 p
Cette espèce que l’on doit à Wittrock, fut retrouvée par R. Gron-
BI.AD en Finlande en 1921. Cet auteur met en doute la valeur taxo¬
nomique de cette espèce. Voici ce qu’il en dit :
« It seems to be a very doubtful question whether this species
is a Desmid at ail or perhaps a Tetraedron. It is by no means
impossible, that there are two species, very like each other, as
maintained by L. O. Borge : One Arthrodesmus and one Tetrae¬
dron... (Acta Soc. pro Fauna et Flora Fennica : 49, n“ 7 (1921). »
Elle est si rare que l’on n’en connaît guère que 4 mentions dont
2 sont pour nos régions.
6. — A. Incus (Bréb.) Hass. (r). (Lacs n" 3, 7, 23, 58, 74).
Le Nat. Can.: Vol. LXXVI, n” 1-2, p. 39, f. 13, PI. III.
L.: 34-36.5 p. ; 1.: 72-75 p (ss) : 44.2-47.5 p ; Is.: 9.5-10 p
Cette espèce est si commune qu’elle a été signalée dans 53 vo¬
lumes de notre Bibliothèque. Elle a été récoltée dans toutes les
régions de notre Province.
7. A. Incus (Bréb.) Hass. var. extensus Anders. (cc) (Dans
19 lacs.)
F. D.: p. 341, f. 3, PI. LX.
L. : 24-26 p 1. : 40-41.5 a; (ss) : 15.5-16.3 p Is. : 5-6 p
Cette variété est moins commune que le type. Elle apparaît
cependant pour le moins dans 22 des écrits d’Algologues Amé¬
ricains de notre Bibliothèque et dans 12 canadiens. Nous l’avons
trouvée dans toutes les régions que nous avons explorées en notre
Province.
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
93
8 . — A. Incus (Bréb.) Hass. var. praelongus G. M. Smith (rr).
(Lac n° 15.)
G. M. Smith; Phytop. of the Inland Lakes of Wisc. p. 132, ff. 27-
29, PI. LXXXV.
L.: 15-25 n; 1.: 50-60 51 ; (ss) : 14.5-23 u.; Is.: 5-5.3 |x; Ep.: 17-23 a.
Ceci semble être la première mention de cette variété depuis sa
description en 1924. Voici comment G. M. Smith la définit : « Très
semblable à la variété extensus de l’espèce Incus, par son isthme
allongé; mais qui s’en sépare par ses côtés arrondis et non angu¬
leux, par ses épines plus longues que chez les autres variétés de
l’espèce. Cette plante pourrait être considérée comme une variété
biradiée de l’espèce S. cuspidatum de Brébisson. » (Fig. 2.)
9. — A. octocornis Ehr. (c). (Dans 11 lacs.)
F. D..: p. 338, ff. 4 et 5, PI. LX.
L. : 30-42 (ss) : 15-21 [x; 1. : 23-36 p.; Is. : 4.5-6.5 a.
Espèce très commune, mentionnée dans 47 des ouvrages de notre
Bibliothèque. Elle appartient à toutes les régions de la Province.
10. — A. octocornis Ehr. var. tenuis, var. nov. (rr). (Lac n° 59.)
L.: (ss) : 15.5-16 (x; (es) : 35.5-36 jx; 1. (es) : 19.3-19.5 p.; (ss) :
9-9.5 p.; Is. : L. : 4-4.2 p.; 1. : 3.1-3.3 [x. (Mesures prises sur 10 spé¬
cimens.)
Petite variété munie des 8 épines de l’espèce, mais plus allongée,
à isthme longuement rectangulaire, et à sinus médians très large¬
ment ouverts. Les épines sont excessivement étroites à leur base
de moins d’un demi (x, et presque invisibles à leur pointe à un gros¬
sissement de 600 diamètres. La marge est droite ou très légèrement
convexe entre les deux épines latérales, et légèrement concave entre
les deux épines du sommet. Le chloroplaste est médian, orné d’un
seul pyrénoïde central très apparent, dans chaque hémisomate
(Fig. 3).
Parva varietas cum 8 spinis speciei, sed productior, in isthmo
longe rectangulaire, et sinibus mediis latissime apertis. Spinae
arctissimae, in base, minores semimu et fere invisibiles at acumen
amplificatione 600 diametrorum. Margo recto et levis'sime convexa
inter duas latérales spinas, et leviter concava inter duas apicis
spinas. Chloroplastis medium est, ornatum uno pyrenoïdo centrali
visibilissimo, in quaque semicellula.
H. — A. quiriferus W. et G. S. West, var. minor var. nov. (rr).
(Lac n° 56.)
Monog. Brit. Desm. ; Vol. IV, p. 101, pour le type.
94
F. IRÉNÉE MARIE
Voici comment les West décrivent le type :
Cellule de' taille moyenne, un peu plus longue que large (sans
les épines), à constriction profonde, aux sinus très largement
ouverts et arrondis; l’hémisomate est observement sub-triangu-
laire; les côtés sont convexes, et le sommet largement rétus, les
angles armés d’une épine divergente, forte, droite et longue. La
vue apicale est elliptique, aux pôles armés d’une forte et longue
épine. Cette plante est ordinairement tordue à l’isthme,, de près
d’un quart de tour. Elle est encore inconnue dans nos régions.
La forme minor se distingue du type par sa petite taille (environ
1/4 plus petite), mais quant au reste, elle est conforme au type,
bien qu’elle ne soit pas toujours tordue à l’isthme (Fig. 4).
Forma minor separata a typo statura parva (circiter 7/4 minore)
sed quod ad reliquum attinet, est sicut typus, cùm non sit semper
tort a in isthmo.
12. — A. Ralfsii W. West (rr). (Lac n° 55.)
F. D.: p. 342, f. 13, PI. LX. Note critique.
L.: (ss), 16-23 jx; 1. (es) : 27-33 fx; (ss) : 18.2-20.5 <x; Is.: 8-9.5 p..
Espèce commune signalée maintes fois aux Etats-Unis, et chez
nous, par nous-même : pour la région de Montréal (1938) et pour
celle de Québec (1950); par R. Whelden pour le Canada Arc¬
tique (1947).
13. — A. subulatus Kutz. (r). (Lacs n 08 45, 53, 60, 63).
F. D.: p. 340, f. 6, PI. LX.
L.: 18.5-32 p.; 1.: 41-78 [x; Is.: 7-11.5 tx Ep.: 12-15 fx.
Cette espèce, décrite pour l’Allemagne en 1849, est retrouvée
en Amérique par F. Wolle (1884). Au Canada, elle est signalée
en 1925 par G. H. Wailes en Colombie Canadienne; par nous-
même au sud de Montréal (1938), et dans la région des Trois-
Rivières (1948).
14. — A. subulatus Kutz. var. Nordstedtii G. M. Smith (rr). (Lac
n° 35.)
G. M. Smith : Phyt. of the Inland Lakes of Wisc. p. 127.
L.: 35-40 fx; (ss) : 27-32 p.; L: 66-90 ix (ss) : 22.5-28 |x; Is.: 6-8 [x.
Çeci semble être la première mention de cette variété depuis sa
description en 1924. Voici comment G. M. Smith décrit cette variété
dans Desm. of Wisconsin : « Apices of semicells slightly tumid,
not strongly convex; spines always somewhat divergent. Vertical
view narrowly elliptic. Cells 35-38 |x long with spines, 27.5-30 u.
long without spines; breath with spines 68-85 [x; without spines :
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
95
22-27 Ji; breath of isthmus 6-8 ix; thickness 12 \l; spines : 22-
26 jx long. » (Fig. 5.)
15 . — A. subulatus Kutz. var. subaequalis W. et G. S. West (rr).
(Lac n° 53.)
Monog. Brit. Desm. Vol. IV, p. 110.
L.: 30-39 a; 1.: 50-66 jx; (ss) : 30-41 p.; Is.: 8-12.5 p.; Ep.: 15-20 {x.
Cette variété a été mentionnée déjà par A. B. Ackley et E. Ni-
CHOLS pour le Michigan (1930) ; et la même année par B. McInteer
pour le Kentuckey; ce sont les seuls auteurs croyons-nous qui
l’aient retrouvée avant nous, depuis sa description. Voici comment
on peut la décrire :
Cellule (ss) plus large que le type; dont l’hémisomate est plus
étroitement elliptique, et dont les grands arcs ventral et dorsal ont
la même courbure. Les épines sont aussi plus fines et plus courtes,
et se brisent plus facilement.
Cette variété est très rare. Nommée par les West pour l’Irlande
(1902), elle fut retrouvée l’année suivante en Ecosse, et ne réap¬
parut que vers 1930, dans la région du Michigan. Elle fut retrouvée
vers 1940 par B. McInteer dans le Kentuckey. Nous l’avons retrou¬
vée en 1953 dans le lac Lovel en Mauricie. Ce sont là à peu près les
seules mentions de cette variété pour le Canada (Fig. 6).
16. -— A. triangularis Lagerh. (rr). (Lac n°,61.)
G. M. Smith : Phyt. of the Inland Lakes of Wisc. p. 133, f. 1,
PI. CXXXVI.
L.: 15-24 <x; L: 52-66.5 |x; (ss) : 14-22.3 fx; Is.: 5-5.5 p.; Ep.:
17.6-23 jx.
Nous traduisons la diagnose de G. M. Smith :
« Petite cellule dont la longueur égale ou légèrement dépasse
la largeur (sans épines), à constriction profonde, aux sinus large¬
ment ouverts et rectangulaires au fond; isthme étroit et allongé.
L’hémisomate est obversement triangulaire, avec les côtés légère¬
ment convexes et les sommets distinctement convexes, et légè¬
rement rétus au milieu. Les angles des hémisomates sont sub-aigus
et terminés par une longue épine insensiblement atténuée; les
épines des deux hémisomates sont parallèles ou légèrement conver¬
gentes. La vue apicale est elliptique avec une longue épine à
chaque sommet. Le chloroplaste est axillaire, orné d’un seul pyré-
noïde. »
Cette espèce est commune dans le monde entier. Elle a été men¬
tionnée 32 fois dans nos ouvrages algologiques. Elle apparaît
fréquemment dans les travaux américains. Au Canada, elle a été
96
F. IRÉNÉE MARIE
relevée en Colombie Canadienne par G. H. Wailes en 1923, 1930
et 1931; à Terreneuve, par W. R. Taylor en 1934; au Labrador
par C. Cedercreutz en 1942-43; dans le Canada Arctique en 1947,
par R. M. Whelden; dans les Provinces Maritimes par E. O. Hu¬
gues en 1947-48; et enfin par nous-même dans la région des Trois-
Rivières en 1953, et au lac Saint-Jean (1943-49) (Fig. 7).
17. — A. triangularis Lagerh. var. inflatus W. et G. S. West (rr).
(Lacs n os 35, 45, 74.)
Le Nat. Can.: Vol. LXXIX, n° 1, p. 18, ff. 8 et 9, PI. I.
L. : 24-25 pu; 1. : 60-65 p.; (ss) : 20-21.5 fi; Is. : 6-7.5 |x.
Cette variété a été mentionnée environ une dizaine de fois aux
Etats-Unis. Chez nous, W. R. Taylor l’a trouvée à Terreneuve
(1935); nous l’avons trouvée dans la région de Québec en 1952, et
ceci semble être sa troisième mention pour le Canada (1954).
18. — A. triangularis Lagerh. var. subtriangularis (Borg.) W. et
G. S. West, (c). (Lacs n 08 41, 52, 53, 54, 57, 61, 71.)
F. D.: p. 343, f. 15, PI. XV.
L. (ss) : 30-45 pu; L: 65-73 p.; (ss) : 30-33 p.; Is.: 8-8.5 p..
Cette espèce n’est pas commune en Europe, et presque toutes les
citations qu’on en connaît appartiennent à l’Amérique du Nord.
Au Canada, elle a été mentionnée par W. R. Taylor pour Terre¬
neuve en 1935; par nous-même pour la région de Montréal (1938),
par E. O. Hugues pour les Provinces Maritimes (1947-48); et par
nous-même pour la région du lac Mistassini (1949).
Cylindrocystis Men. 1838.
Ce genre comportait à cette date deux entités seulement pour la
région; nos dernières recherches le portent à cinq : trois espèces
et deux variétés.
1. — C. americana W. et G. S. West (cc). (Dans 15 lacs.)
W. et W., « On some Desm. of the U. S. » : Journ. of the Linn.
Soc. (Bot) : Vol XXXIII, (1897-98). Le Nat. Can. Vol. LXXVI, n° 3,
p. 129, f. 17, PI. IL
L.: 50-53 p.; L: 19-24 p.; Is.: 18.5-23 ^
Grande espèce dont la longueur et la largeur sont dans le rapport
approximatif de 7 à 3; la cellule est cylindrique, marquée par une
constriction bien apparente au milieu; les sommets sont semi-
circulaires; la membrane est incolore; le chloroplaste de chaque
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
97
hémisomate est central, émettant des prolongements radiaux vers
la périphérie, et orné d’un seul pyrénoïde central. « This species »,
disent les West, « appears to be sufficiently distinct from C. diplo-
spora Lund., the cylindrical cells and semicircular apices being
quite characteristic. »
Cette espèce ressemble à Penium rufescens Cleve, par sa forme,
mais s’en distingue par ses dimensions, par sa membrane qui est
incolore, et par son pyrénoïde unique et central. Cette espèce,
commune dans la région, est pourtant plutôt rare dans la Province,
et elle n’y avait pas encore été mentionnée si ce n’est pour la
Mauricie (1949), pour la région de Québec (1952), et celle du lac
Saint-Jean (1943-49).
2. — C. americana W. et G. S. West var. minor Cushman (cc).
(Dans 14 lacs de la région.)
F. D. : p. 377, ff. 6 et 7, PI. IX; ff. 1 et 2, PI. LXVI.
A. Cushman : Desmids of Newfoundland : Bull. Tor. Bot. Club :
33 (1907).
L.: 30-35.5 p.; 1.: 16-17,5 p.; Is.: 16.5-17 jx.
Variété moins commune que le type dans nos régions. Elle a été
trouvée assez souvent au Canada par W. R. Taylor à Terreneuve
(1934) ; par nous-même autour de Montréal (1938) ; par J. A. Cus¬
hman à Terreneuve (1906), par nous-même au lac Saint-Jean
(1943); par E. O. Hugues dans les Provinces Maritimes (1947-48),
et de nouveau par nous-même au lac Saint-Jean et dans la région
des Trois-Rivières (1953).
3. — C. Brebissonii Menegh. (cc). (Lacs n os 22, 29, 50, 57, 63, 71,
74, 75.)
F. D.: p. 378, fig. 5, PI. LXVI.
L.: 51-66 p.; 1.: 16.3-20 <x.
Une des Desinidiées les plus communes : elle apparaît dans
70 volumes de notre Bibliothèque, pour tout l’univers. Au Canada,
elle a été mentionnée par W. R. Taylor pour Terreneuve en 1935;
par G. H. Wailes pour la Colombie Canadienne en 1923, 1931,
1932, 1933; par nous-même pour la région de Montréal (1938);
par J. Baxter pour les Provinces Maritimes (1903) ; par J. A. Cush¬
man pour Terreneuve en 1906; par C. Lowe pour le Nord-Ouest de
l’Ontario et le lac des Bois (1924), et pour le sud de Québec, aux
environs de Montréal (1925) ; au lac Saint-Jean par F. I.-M. (1943) ;
par C. Cedercreutz pour la Province du Labrador (1944) ; par
R. Whelden pour le Canada Arctique (1947); par E. O. Hugues,
pour les Provinces Maritimes (1947-48), par F. I.-M. pour la région
de Québec (1952) et celle du lac Saint-Jean (1943-49-53).
98
F. IRÉNÉE MARIE
4. — C. Brebissonii Men. var. minor W. et G. S. West (c). (Lacs
n os 10, 58, 60, 71, 75).
F. D.: p. 378, f. 9, PI. VIII et IX; ff. 3 et 4, PI. LXVI.
L.: 27-31 jx; 1.: 12.5-13 p.; la memebrane est lisse.
Cette variété, quoique beaucoup moins commune que le type,
a cependant été relevée dans 24 de nos ouvrages algologiques.
Elle a été signalée par 17 écrits américains. Au Canada, elle a été
trouvée par W. R. Taylor à Terreneuve (1934) ; par nous-même
au sud de Montréal (1938), au lac Mistassini (1949), dans la
région de Québec (1952), dans celle du lac Saint-Jean (1943-49-53),
en Colombie Canadienne par Nellie Carter (1935) ; par G. H. Wailes
dans la même Province en 1933; par C. E. Taft dans le lac Erié
(1945). Les West l’ont signalée pour toutes les Iles britanniques.
5. — C. crassa De Bary (rr). (Lacs n 08 37 et 57.)
Desmids of Oklahoma : C. E. Taft, p. 278 (1931).
L.: 25-48 jt; 1.: 18-28 i*.
Petite variété environ 1 fois 1/2 plus longue que large, oblongue-
cvlindrique, avec les extrémités vaguement arrondies. La vue api¬
cale est circulaire. Chloroplaste axillaire et étoilé en vue apicale,
un dans chaque hémisomate, orné chacun d’un long pyrénoïde
central.
Cette variété décrite par De Bary en 1858 a été signalée dans les
Iles Britanniques en 1904 et ensuite, dans la plupart des pays
d’Europe. Aux Etats-Unis, elle apparaît dans au moins 19 ouvrages
algologiques. Au Canada, elle a été trouvée par C. Lowe dans les
régions Arctiques du Canada (1923), dans la Colombie Canadienne
en 1923-30; par W. R. Taylor à Terreneuve (1934); par E. O.
Hugues dans les Provinces Maritimes (1947-48). Cette variété est
nouvelle pour Québec (Fig. 8).
Desmidium Agardh, 1824.
Notre première étude sur la Mauricie ne rappportait que 4 es¬
pèces de Desmidium; celle-ci la complète en présentant 5 espèces,
3 variétés et une forme, ce qui fait plus que doubler le nombre des
entités de ce genre. Dans notre première étude, nous n’avions
récolté que les entités les plus communes.
1. — D. Aptogonum Bréb. (cc). (Dans 29 lacs de la région).
F. D.: p. 362, ff. 10 et 11, PI. LXIII.
L.: 15-18.5 [x; 1.: 27-30.5 n; Is.: 22.2-24.5 y..
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
99
En Canada, cette espèce est l’une des plus communes du genre;
elle apparaît dans Terreneuve en 1935, découverte par W. R. Tay¬
lor; dans la région de Montréal, signalée par F. I.-M. en 1938;
au lac Saint-Jean par le même en 1943, puis dans la région de
Québec en 1952, et de nouveau au lac Saint-Jean (1949-52).
2. — D. Aptogonum Bréb. var acutius Ndt. (rr). (Lacs n 08 53
et 71).
F. D.: p. 363, fT. 12-14, PI. LXIII.
L.: 16-23 jt; L: 32-42.5 y; Is.: 25-33 jx.
Depuis sa description en 1878, cette variété a été retrouvée en
5 pays d’Europe, en Australie, en Polynésie, aux îles Sandwich
et aux Etats-Unis. Au Canada, elle a été mentionnée par W. R. Tay¬
lor pour Terreneuve (1935) ; par nous-même autour de Montréal
(1938), au lac Saint-Jean (1942, 52-53); par E. O. Hugues pour
les Provinces Maritimes (1948) et enfin dans la région des Trois-
Rivières (1954).
3. — D. Aptogonum Bréb. var. Ehrenbergii Kutz. (rr). (Lacs n os 41
et 70.)
F. D.: p. 363, ff. 1-3, PI. LXIV.
L.: 18-22 jx; L: 28-31.5 a; Is.: 21.5-29.5 jx.
Variété plutôt rare qui n’a été mentionnée qu’une dizaine de fois
depuis sa description (1849). Au Canada, elle a été trouvée dans
la région de Montréal (1938), dans celle du lac Mistassini (1949)
et dans celle des Trois-Rivières (1954).
4. — D. Baileyi (Ralfs) Ndt. (cc). (Dans 30 lacs de la région.)
F. D.: p. 363, ff. 15 et 16, PI. LXIII.
L.: 20-26 a; 1.: 20-27.5 p.; E.: 19. 8 jx.
Cette espèce a été trouvée un peu partout dans le monde. Au
Canada, elle a été signalée par W. R .Taylor à Terreneuve (1935) ;
par nous-même pour la région de Montréal (1938), des Trois-
Rivières (1949-53), du lac Mistassini (1949), de Québec (1952),
du lac Saint-Jean (1942-49-53); par J. Brunel vers 1932 pour
la région de Montréal; par E. O. Hugues pour les Provinces Mari¬
times (1947-48).
5. — D. coarctatum Ndt. (cc). (Dans 11 lacs de la région.)
H., Vol. IV, n° 1-2, p. 41, f. 1, PI. V.
L.: 32-36 jx; L: 41.5-47 a; Is.: 30-34 tx; E.: 28.5-31.5 jx; sommets :
15.6-19.5 u.
Cette espèce est plutôt rare dans le monde, n’ayant été signalée
100
F. IRÉNÉE MARIE
qu’environ 20 fois depuis sa description en 1887. Chez nous, elle
n’a encore été récoltée que 4 fois : par G. H. Wailes en Colombie
Canadienne (1925); par VY r . R. Taylor à Terreneuve (1935); par
nous-même au lac Saint-Jean (1943-49-53); et enfin pour la région
des Trois-Rivières (1953).
6. — D. Grevillii (Kutz.) de Bary (cc). (Dans 25 lacs de la région.)
F. D.: p. 360, fï. 4 et 6, PI. LXIV.
L.: 22-26 p.; 1.: 43-50 a; Is.: 34-38 a; E.: 28.5-36 ji.
Espèce très commune citée dans 42 volumes de notre Biblio¬
thèque, pour toutes les parties du monde. Au Canada, elle a été
trouvée par J. Brunel à Lanoraie et à Franham (1932) ; par
W. R. Taylor à Terreneuve (1935) ; par nous-même à Saint-Hubert
(1938) ; par E. O. Hugues dans les Provinces Maritimes (1947-48);
par nous-même au lac Mistassini (1949), autour de Québec (1952),
au lac Saint-Jean (1942-49-53), et dans la région des Trois-Rivières
(1949-53).
7. — D. Swartzii C. A. Agardh (cc). (Dans 34 lacs de la région.)
F. D.: p. 360, ff. 1-7, PI. LXIII; ff. 1 et 2, PL LXIX. Etude.
L.: 14-21 u.; L: 35-43 a; Is.: 27-36.5 p.
C’est l’espèce la plus commune du genre. Elle a été relevée dans
78 volumes de notre Bibliothèque. Au Canada, elle a été mentionnée
pour à peu près toutes les régions étudiées au point de vue algolo-
gique.
8. — D. Swartzii C. A. Agardh, var. amblijodon (Itzs.) Rabenh.
(rr). (Lacs n os 4, 13, 34.)
F. D.: p. 362, f. 8, PI. LXIII.
L.: 15.5-20.5 u; L: 32-42.5 p.; Is.: 25-32.5 a.
Quoique cette variété soit assez commune, nous ne l’avons
trouvée que dans 3 endroits de la Mauricie. Cependant, elle a été
signalée par nous-même à Saint-Hubert (1938); dans la région du
lac Mistassini (1949), ainsi que dans les environs de Québec (1952).
Ce sont les seules mentions que nous connaissions pour le Canada.
9. — D. Swartzii Agardh, var. qiiadrangiilatam (Ralfs) Roy. (rr).
(Lac n° 64.)
Ralfs : British Desmidiaceae (1948), p. 62, fig. a et b du Ta¬
bleau V.
L.: 24-25.3 tx; 1.: 57-61 y.; Incision apicale: 3-3.5
Cette variété diffère du type par la forme de son filament qua-
drangulaire, ce qui lui donne une plus grande largeur en vue laté-
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
101
raie. Les spécimens de la région sont tordus en général d’un quart
de tour par cellules, et il est bien rare qu’on trouve un filament
qui fasse plus de deux tours complets. Mais ce caractère est peu
constant et semble dépendre de la vitesse de croissance de la
colonie : les spécimens sont d’autant moins tordus qu’ils ont
grandi plus vite, du moins dans un aquarium. Cette variété est rare
et bien peu d’algologues l’ont récoltée. Au Canada, bien rares
sont les stations connues pour cette variété. Nous ne connaissons
que le lac Vert, dans la paroisse de Saint-Mathieu-du-Lac-Belle-
mare, beau grand lac sans décharge et entouré de grèves de sable
fin. Cette variété a été trouvée dans la plupart des pays d’Europe,
en Afrique, à Madagascar et dans l’Amérique du Sud (Fig. 9).
Docidium de Brébisson (1844).
Ce genre n’était primitivement représenté que par une seule
espqce, dans notre premier article sur les Desmidiaceae de la
Mauricie. Nous en présentons quatre, cette fois-ci, ce qui donne
une idée de ce que l’on peut espérer de recherches sérieuses entre¬
prises dans la région.
1. D. Baculum Bréb. (cc.) (Dans 17 lacs de la région.)
F. D.: p. 105, ff. 9 et 10, PI. XII.
L.: 210-342 n; 1.: 10-12.8 p.; B.: 6.3-9 y..
Cette espèce a été relevée dans 47 des ouvrages algologiques de
notre Bibliothèque. Elle est absolument cosmopolite, et a été
trouvée dans toutes les parties du monde. Seulement au Canada,
elle a été citée par J. M. Baxter pour les Provinces Maritimes
(1903), par J. A. Cushman pour Terreneuve (1906); par M. T.
McClement pour la Baie Géorgienne et les environs (1916) ; par
W. R. Taylor pour Terreneuve (1934); par nous-même pour la
région de Montréal (1938), de Québec (1952), du lac Saint-Jean
(1942-49-53) ; par E. O. Hugues pour les Provinces Maritimes
(1947-48), par F. I.-M. pour la région des Trois-Rivières (1954).
2. — D. undulatum Bailey (r). (Lacs n os 24, 29, 62, 63).
F. D.: p. 105, f. 7, PI. XII.
L.: 200-235 p.; 1.: 12-14.5 p.; Ondulations : 6-8; Is.: 12-14.5 [i.
Cette espèce est très commune dans toutes les parties du monde.
Au Canada, elle a été trouvée par W. R. Taylor à Terreneuve
(1934); par nous-même à Saint-Hubert (1938); au lac Saint-Jean
(1942-48-53) ; par E. O. Hugues dans les Provinces Maritimes
102
F. IRÉNÉE MARIE
(1948) ; et par F. I.-M. dans la région des Trois-Rivières (1947-53).
3. — D. undulatum Bail, forma perundulata (Bail.) W. et G. S.
West (rr). (Lacs n“ 24, 29, 62, 63).
F. D.: p. 106, f. 8, PI. XII.
L.: 210-255 n; 1.: 12.6-16 |i;10-12 ondulations; Is.: 9.5-14 g.
Cette forme décrite par les West en 1892 a été retrouvée par
nous-mcme en 1938 près de Montréal et au lac Saint-Jean en 1943-
49, puis dans la région des Trois-Rivières en 1953. Mais elle avait
été retrouvée entre temps par J. A. Cushman dans le New-Hamp-
shire (1905). Ce sont apparemment les seules mentions de cette
forme en Amérique du Nord.
4 . — D. undulatum Bréb. var. dilatatum (Cleve) W. et G. S. West,
(rr). (Dans le lac n" 31.)
H.: Vol. IV, n” 1-2, p. 26, ff. 13 et 14, PI. II.
L.: 180-195 te; 1.: 22-22.3 n; B.: 15.6-16 n; Is.: 14.4-15 n-
Cette variété est très rare, et depuis sa description en 1864, elle
n’a été signalée par les algologues qu’au plus une demi-douzaine de
fois. Au Canada, nous l’avons trouvée au lac Saint-Jean (1942-
48-53) et dans la région des Trois-Rivières (1953). Les autres
mentions que nous connaissons sont les suivantes : West : Algae
of Ireland (1892); I.-M. Le Nat. Can. Vol. LXIX, n" 10-11 (1942);
C. Cedercreutz : Die Algenilora und Algenvegetation auf Aland
(1934).
Gonatozygon De Bary, 1856.
Dans notre premier relevé des Desmidiées des Trois-Rivières
(1949), ce genre était représenté par une espèce et deux variétés.
Après nos recherches de 1953, nous avons le plaisir de voir ce
groupe exactement doublé avec quatre espèces et deux variétés.
Cependant la région ne nous a rien fourni de nouveau pour la
Science dans ce genre.
1 , — G. aculeatum Hast. (cc). (Dans les lacs n"‘ 3, 4, 37, 56, 58,
71, 72.)
F. D.: P. 381, f. 10, PI. LXVI.
L.: 130-175 g; 1.: 13-14.6 g; B.: 16-21.8 n; Ep.: 5-7.5 g.
Cette espèce semble surtout américaine, quoique elle ait été
trouvée par P. Bourrelly et E. Manguin à Madagascar (1949),
et par O. Borge durant la Rosevelt-Rondon Expédition (1924-25),
au Brésil par R. Gronelad (1924), dans les Indes Néerlandaises
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
103
par C. Bernard (1908), et au Transvaal par F. E. Fritsch et F.
Rich (1937). Les mentions américaines sont de beaucoup plus nom¬
breuses cependant : aux Etats-Unis, elle a été signalée 13 fois, et
au Canada 6 fois par G. M. Smith pour le sud de l’Ontario (1922) ;
par W. R. Taylor pour Terreneuve (1935); par nous-même pour
la région de Montréal (1938), du lac Saint-Jean (1943-49); et par
E. O. Hugues pour les Provinces Maritimes (1947-48).
2. — G. Brebissonii De Bary (cc). (Dans les lacs n os 43, 51, 53,
58, 61, 71).
F. D.: p. 381, f. 10, PI. LXVI.
L.: 110-280 {/.; 1.: 5.5-10 ,u.; B.: 5.5-8.5 [a; larg. min.: 3.6-4.7 |a.
Elle apparaît dans 31 de nos ouvrages d’algologie tant pour les
pays d’Europe que pour les Etats-Unis et le Canada. Chez nous,
elle a été mentionnée par C. Lowe pour le sud de Québec (1925);
par G. H. Wailes pour la Colombie Canadienne (1923-33) ; par
W. R. Taylor pour Terreneuve (1934) ; par nous-même pour la
région de Montréal (1938), pour le lac Saint-Jean (1943), pour
les Trois-Rivières (1949-53).
3. — G. Brebissonii De Bary, var. laeve (Hilse) W. et G. S. West
(rr). (Lac n° 18.)
Le Nat. Can.: Vol. LXXVI, n° 3-4, p. 130, f. 13, PI. IL
L.: 85-125 ja; 1.: 5-6.6 y.; B.: 4.3-5 (a.
Variété rare, décrite en 1867, comme une espèce distincte, et
ramenée par les West au rang de variété de G. laeve en 1901. Au
Canada, elle a été mentionnée pour la première fois par G. H.
Wailes en 1930, pour Munday Lake en Colombie Canadienne; par
le même pour le lac Tenquill de la même région (1933), et par
nous-même pour la région des Trois-Rivières (1949-53) (Fig. 15).
4. — G. Kinahani (Arch.) Rabenh. (cc). (Lacs n os 3, 4, 15, 37,
56, 58, 71, 72.)
F. D.: p. 380, f. 15, pl. LXVI.
L.: 205-330 p.; 1.: 12-15.5 p.; Py. 5-11.
Cette espèce commune en Europe et en Amérique a été trouvée
par A. J. Pieters dans le lac Erié (1901); par W. R. Taylor à
Terreneuve (1934); par nous-même à Saint-Hubert (1938); au
lac Saint-Jean (1943-49), dans la région des Trois-Rivières (1949-
53), au lac Mistassini (1949), dans la région de Québec (1952);
sans être aussi commune que l’espèce G. Brebissonii, elle appartient
à presque tous les pays de l’Europe.
Source : MNHN, Paris
104
F. IRÉNF-E MARIE
5 . — G. Kinahani (Arch.) Rabenh. var. majus W. R. Taylor (rr).
(Lac n° 6.)
N. C.: Vol. LXXVI, n° 3-4 (1949), p. 130, f. 13, PL II.
L.: 170-185 a; 1. (au milieu) : 10.5-11 jx; B.: 11.5-11.8 jx; mem¬
brane lisse.
Deuxième mention pour la région des Trois-Rivières (1954).
6. — G. pilosum Wolle (c). (Lacs n os 25, 41, 46, 71, 74.)
F. D.: p. 382, ff. 8 et 9, pl. LXVIII; ou P. Wolle : Desmids of
the United States, p. 22.
L.: 170-250 y.; L: 15-23 |x; (ss) : 10-15.3 }x; Ep.: 2.5-5 [x.
Cette espèce est l’une des mieux connues en Amérique. Au Ca¬
nada, elle a été trouvée par G. H. Wailes en Colombie Canadienne
(1923); à Terreneuve par W. R. Taylor (1934); par nous-même
dans la région de Montréal (1938), au lac Saint-Jean (1943-49-53)
et dans la région des Trois-Rivières (1954).
Gymnozyga Ehr. (1841).
Ce genre que nous avons décrit sous le nom de Gymnozyga dans
la Flore Desmidiale en 1938 et sous ce même nom jusqu’en 1949,
dans les articles que nous avons publiés depuis, reste encore in¬
décis. Nous avons fait un relevé des articles publiés par divers algo-
logues, pour le monde entier. La majorité de ces algologues ont
employé le nom Gymnozyga, une minorité respectable a utilisé le
nom de Bambusina, et un certain nombre ont employé les deux,
et un plus grand nombre n’ont mentionné ni l’un ni l’autre.
L’auteur qui doit servir de base à l’Etude des Desmidiées,
J. Ralfs, n’a connu ni l’un ni l’autre de ces deux noms. Pour lui,
il n’y a que le genre Dydimoprium qui comprend les Gymnozyga
et une partie des Desmidium. Quant aux auteurs qui n’ont pris
parti ni pour l’une ni pour l’autre opinion, ce sont les plus
nombreux, nous ne les mentionnerons pas. Les Algologues suivants
ont employé le nom Bambusina Kutzing, exclusivement, dans leurs
écrits :
F. T. Kutzing (1845, 47, 49),
H. C. Wood (1872),
W. Joshua (1885),
A. R. Boldt (1885),
G. Lagerheim (1885),
F. L. Harvey (1889),
F. Wolle (1892),
J. M. Baxter (1903),
Beck-Mannagetta (1929),
C. R. Cedergren (1932-33),
C. Cedercreutz (1934-44),
E. Messikommer (1935-43-51),
W. R. Taylor (1935),
International Code of Nomen-
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
105
W. B. Turner (1892), clature (1952).
F. Borgesen (1901-1908),
Voici par ordre de date les articles dont nous disposons et qui
mentionnent le genre Gymnozyga exclusivement :
C. G. Ehrenberg (1841),
O. Nordstedt (1886-87),
F. E. Fritsch (1895-1937),
W. et G. S. West (1895, 1901-7),
L. O. Borge (1903, 06, 06, 23,
24-25, 30, 31, 36),
C. Lowe (1924-25),
J. Hylander (1928),
W. Migula (1928),
C. E. Nichols (1930),
G. Prescott (1931, 37, 41, 42,
48),
J. Brunel (1932),
Karel Rosa (1933),
Van Oye (1935-37, 38, 41 et 40-
41),
C. H. Bernard (1908-9),
H. Conn (1908),
J. Lutkemuller (1910),
R. Gronblad (1920, 21),
G. M. Smith (1922, 24, 33),
G. H. Wailes (1923),
H. T. Croasdale (1935),
J. Hymans (1940),
A. M. Scott (1942),
Minoru Hirano (1942),
N. Woodhead (1943?),
J. Sampaio (1944),
H. Sylva (1949-49),
G. Bergan (1951),
Les auteurs suivants ont employé les deux noms :
A. Cushman : Bambusina (1903 et 1908) ;
Gymnozyga (1905 et 1906).
F. Irénée-Marie : Gymnozyga (1938, 1945, 1954).
Bambusina (1948, 49, 51, 52, 53, 54).
Ce n’est pas par conviction que nous avons à un moment changé
notre nomenclature. Nous aurions voulu continuer à nommer ce
genre du nom qui a priorité, et qui a été changé sans raison suffi¬
sante croyons-nous, par le congrès botanique de Stockholm. Nous
nous sommes bientôt aperçu qu’un grand nombre d Algologues
n’avaient pas adopté la nomenclature de Stockholm. Nous avons
cru pouvoir faire de même, et revenir à la dénomination de
Gymnozyga.
Un certain nombre d’Algologues semblent n’avoir jamais connu
le genre Gymnozyga ni le genre Bambusina. Parmi ceux-là il faut
citer A. H. Hassall qui confond les Gymnozyga avec les Desmi-
dium; J. Ralfs qui mentionne seulement le genre Didymoprium
et qui donne comme exemple du genre, notre Desmidium Grevillii,
qu’il confond avec le genre Gymnozyga. Quant à Bailey, il semble
106
F. IRÉNÉE MARIE
bien qu’il n’a connu que Didymoprium Borreri J. Ralfs (Gymnozyga
moniliforinis) (1848).
1. — G. moniliformis Ehr. (cc). (Dans 42 lacs de la région.)
F. D.: p. 365, ff. 7 et 8, PI. LXIV.
L.: 22-35 y; 1.: 17-25.5 j*; B.: 12.5-17 y.
C’est une espèce absolument commune répandue dans toutes
les régions des Etats-Unis et du Canada. Chez nous, cette espèce
a été récoltée par G. H. Wailes dans la Colombie Canadienne
(1923) ; par C. Lowe dans le sud de Québec (1923) ; par W. R. Tay¬
lor à Terreneuve (1935) ; par nous-même près de Montréal (1938) ;
dans la région du lac Saint-Jean (1943, 49-53); des Trois-Rivières
(1949-53) ; dans celle du lac Mistassini (1949), et de Québec (1952).
De tous ces auteurs, nous sommes le seul à voir, un temps, employé
le vocable Bambusina.
2. — G. moniliformis Ehr. var. gracilescens Ndt. (c). (Dans 9 lacs
de la région.)
F. D.: p. 366, ff. 9 et 10, PI. LXIV.
L.: 24-28 y; 1.: 13-15 y; B.: 7.5-9.5 ja.
Comme fréquence, cette variété vient au second rang dans le
genre. Elle a été trouvée un peu partout en Europe; et au Canada,
elle apparaît dans la flore algologique de Terreneuve : W. R. Tay¬
lor (1935); de Montréal F. I.-M. (1938); du lac Saint-Jean (1943-
1949); et des Provinces Maritimes : E. O. Hugues (1948).
3. — G. moniliformis Ehr. forma maxima I.-M. (rr). (Dans les lacs
n 08 63 et 71).
F. D.: p. 366, ff. 11 et 12, PI. LXIV.
L.: 34.5-38.5 y; h: 25-25.8 y; B.: 20-22 y.
Forme très rare. Ceci est sa deuxième mention depuis sa descrip¬
tion en 1938. Elle a été trouvée dans la région du lac Saint-Jean
en 1949.
Hyalotheca Ehr. 1838.
Jusqu’à cette date, ce genre n’était représenté dans la région que
par 2 espèces. Nos recherches dernières nous ont permis d’y trouver
8 entités de ce genre, toutes déjà connues dans la région de Mon¬
tréal.
Source : MNHN, Paris
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
107
1. — H. dissiliens (Smith) Brébisson (cc). (Dans 41 lacs de la
région.)
F. D.: p. 355, II. 1-4, PI. LXI1.
h.: 12-24 ii; 1.: 24-28 g.
Cette espèce a été relevée dans 96 volumes de notre bibliothèque
algologique. Elle est absolument ubiquiste : peut-être la plus com¬
mune des Desmidiées llamenteuses. Elle possède 5 variétés et
5 formes. Très souvent, pour ne pas dire toujours, à l’époque de
la prolifération, en août, jusque vers le milieu de juillet, les fila¬
ments sont entourés d’une épaisse gaine mucilagineuse qui com¬
mence alors à se dissoudre, avant que les filaments se disjoignent.
On trouve au commencement de septembre de nombreuses cellules
libres, prenant la forme de petits tabourets dont l’identité nous
a longtemps intrigué. Un tait analogue se produit aussi, mais plus
rarement dans les autres espèces du genre et même dans le genre
Gymnozyga. Cette espèce a été trouvée dans le monde entier et
dans toutes les régions du Canada et de notre Province.
2. — H. dissiliens (Smith) Ehr. var. liions Wolle. (rr). (Lac n° 65.)
F. D.: p. 356, f. 7, PI. LXII.
L.: 12-18.5 g; 1.: 18-30.5 p.; B.: 13-24 g; Is.: 14.5-23.5 p.
Cette variété rare, décrite par Wolle en 1884, a été retrouvée
depuis, chez nous en 1934; par W. II. Taylor, à Terreneuve; en
1923, G. H. Wailes l’avait déjà trouvée en Colombie Canadienne.
Nous l’avons trouvée à Saint-Hubert en 1938, et dans la Mauricie
(1953-54).
3. — H. mucosa (Mert.) Ehr. (r). (Lacs n os 2, 29, 57, 61, 63).
F. D. : p. 355, fî. 9 et 10, PI. LXII.
L.: 15-21 jl; 1.: 16-21.5 p.
Cette espèce, sans être aussi commune que la précédente, est
connue également dans le monde entier. Nous l’avons relevée dans
61 volumes de notre Bibliothèque. Elle possède trois bonnes variétés
inconnues dans nos régions. Elle a été signalée au Canada par
C. Lowe pour les régions Arctiques du Canada (1913-16); par
G. H. Wailes pour la Colombie Canadienne (1923) ; par W. 1t. Tay¬
lor pour Terreneuve (1935); par nous-même pour la région de
Montréal (1938), des Trois-Rivières. (1949-53) ; du lac Mistassini
(1949); de Québec (1952-53), du lac Saint-Jean (1943-49-52); par
C. E. Taft pour le lac Erié (1945); par E. O. Hugues pour les
Provinces Maritimes (1947-48).
4. — H. neglecta Racib. (rr). (Lac n“ 71).
108
F. IRÉNÉE MARIE
F. D.: p. 357, f. 11, PI. LXII.
L.: 28-36 ^ 1.: 15-17.5 y.; B.: 10-10.5 y..
Cette espèce a été récoltée par W. R. Taylor à Terreneuve en
1935. C’était sa première mention au Canada. Nous l’avons trouvée
à Saint-Hubert près de Montréal (1938); et au lac Saint-Jean
(1949-53). Elle a été trouvée depuis par C. Cedercreutz dans le
Labrador (1944) et dans les Provinces Maritimes par E. O. Hugues
(1947-48).
5. — H. undulata Ndt. (rr). (Lacs n”’ 13, 51, 57).
F. D.: p. 357, (T. 19 et 21, PI. LXI; ff. 12 et 13, PI. LXII.
L.: 10-15 y.; 1.: 6-7 p.; Is.: 4.5-5
Cette espèce est aussi commune que l’espèce H. mucosa. En Ca¬
nada, elle a été récoltée par G. H. Wailes dans le lac Munday en
Colombie Canadienne (1931) et par nous-même à Saint-Hubert,
près de Montréal (1938), au lac Mistassini (1949) et au lac Saint-
Jean (1949). Cette espèce semble plus connue en Europe qu’en
Asie et dans l’Est du Canada.
Mesotaenium Nag. 1849.
Tout ce genre était encore inconnu dans la Mauricie jusqu’en
ces dernières années. D’ailleurs, il n’avait pas encore fait son
apparition dans la région de Montréal en 1938. Il faut attendre
jusqu’en 1943 pour le voir apparaître dans la région du lac Saint-
Jean, avec 4 espèces et une variété. Le genre apparaît ensuite dans
les environs du lac Mistassini, avec 3 espèces et une variété (1949).
Dans la région du lac Saint-Jean, on en récoltera 5 espèces et une
variété, alors que dans le reste du Canada, le genre se répartit
comme suit : Colombie Canadienne : G. H. Wailes (1923); Terre-
neuve : W. R. Taylor (1934); et les Provinces Maritimes : E. O.
Hugues (1947-48). Le genre est certainement assez commun, mais
il est difficile à séparer d’une foule d’organismes unicellulaires
plus ou moins globulaires ou cylindriques appartenant aux Gloe-
ocapsa, Chroococcus, Gloeothece, Chroothece etc. ou à des cellules
isoées d’un grand nombre de cellules filamenteuses dissociables
comme Anabaena, Cylindrospermum, et tant d’autres, sans tenir
compte des zygospores d’espèces monocellulaires.
1. — M. De Grayi Turn. (rr). (Lac n° 53).
Le Nat. Can.: Vol. LXXVI, n° 11-12, p. 286, Note.
L..-85-110 y.; 1.: 28.5-32 |x.
Source : MNHN, Paris
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
109
Cette espèce a été signalée à Terreneuve par A. Cushman en 1906
et par W. R. Taylor (1935), et par nous-même pour le lac Mistas-
sini (1949). Ce sont là à peu près les seules mentions de l’espèce
pour le Canada.
2. — M. De Grayi Turn. var. breue W. West (rr). (Lacs n" 29,
58, 64).
Le Nat. Can.: Vol. LXXVI, n” 11-12, p. 286, ff. 27 et 28, PI. III.
L.: 50-59 g; 1.: 20-22.5 g.
Cellule presque droite ou légèrement courbée (Arc de 5" environ).
Cette variété est très rare : elle n’a été signalée qu’environ 10 fois
depuis sa description, et en Europe elle n’a été trouvée que dans
les lacs des montagnes d’Irlande. Depuis, elle a été signalée par
L. O. Bohgf. pour la Suède (1906) ; par J. Sampaio pour le Portugal
(1944): par G. Bergen pour la Norvège (1951): par Karel Rosa
pour la Bohême (1941) et par van Oye pour la Belgique (1943).
En Amérique, elle apparaît dans les écrits de G. H. Wailes pour
la Colombie Canadienne (1915), dans le Nat. Can., Vol. LXX\ I,
n” 8-10, pour la région du lac Mistassini (1949).
3, — M. De Grnyi Turn. forma major W. et G. S. West (rr). (Lacs
n“ 28, 29, 58.)
Monog. Brit. Desrn. W. et G. S. West : Vol. I, p. 49, ff. 18 et 19,
PI. III.
L.: 100-125 g; 1.: 26.5-30.5 g.
Cette variété ne se distingue du type que par ses dimensions
plus grandes et sa cellule plus souvent courbée d’un arc d’environ
15°, quoique certaines cellules soient droites ou presque. Ceci
pourrait être une des premières mentions de cette torme au Canada,
depuis sa description par les West en 1904 (Fig. 101.
Netrium Nag. 1849. emend. Lutkem. : 1902.
Le genre est bien représenté dans la région par 5 espèces et une
variété, alors que dans la région de Montréal, le même genre
comporte 4 espèces, 2 var. et une forme.
1 . — N. Digitus (Ehr.) Itz. et Rothe (ce). (Dans 27 lacs de la
région.)
F. D.: p. 369, ff. 1, 2, 3, PI. LXV.
L.: 170-230 g; 1.: 45-63 g; B.: 21-22.5 g.
Peut-être la plus ubiquiste de toutes les Desmidiées : elle est
110
F. IRÉNÉE MARIE
inscrite dans 108 volumes de notre Bibliothèque, ce qui nous semble
un record! Elle est de toutes les régions du monde, et de toutes les
régions explorées du Canada et de la Mauricie.
2. — N. Digitus (Ehr.) Itz. et Rothe var. Naegelii (Bréb.) Krieger.
F. D.: p. 371, f. 11, PI. LXV (sub. nom. N. Naegelii Bréb.)
Dans la F. D., p. 371, nous avons insinué que cette plante pourrait
bien n’être qu'une forme de N. Digitus (1938). Avant nous.
W. Krieger avait cru devoir ramener cette espèce au rang de
variété Naegelii (1935), de l’espèce N. Digitus, ce que nous ignorions
à cette époque.
Cette variété est la plus commune de l’espèce N. Digitus. Nous
l'avons relevée dans 31 volumes de notre Bibliothèque; on ne com¬
mence guère avant 1940 (W. R. Taylor) à la mentionner comme
variété de Netrium Digitus. Nous citons ci-après les auteurs qui ont
retrouvé cette variété et qui l’ont citée soit comme espèce (e), soit
comme variété (v).
Sous le nom de Netrium Naegelii (Bréb.). W. et G. S. West.
(e) De Brébisson (1861), kley (1930),
W. Schmilde (1894), G. Cedergren (1932, 1934).
W. et G. S. West (1904), C. Cedercreutz (1933),
J. A. Cushman (1906), W. R. Taylor (1933),
R. Gronblad (1920 et 1942), G. M. Smith (1933),
F. E. Fritsch et Rich (1921), G. W. Prescott (1936),
G. Beck-Mannagetta (1928), F. Irénée-Marie (1938),
L. O. Borge (1930), F. Rich (1939),
C. E. Nichols et A. B. Ac- E. O. Hugues (1947 - 1948).
Sous le nom de Netrium Digitus var. Naegelii (Bréb.) Krieg.
(v) van Oye (1935), C. E. Taft (1948),
Karel Rosa (1939), P. Bourrelly et E. Manguin
G. W. Prescott (1941), (1949),
Minoru Hirano (1942), G. Bergan (1951),
A. M. Scott (1942), E. Messikommer (1951).
R. Gronblad (1945),
Cette liste montre clairement quelles sont les tendances actuelles
au sujet de cette variété que le plus grand nombre des Algologues
semblent vouloir maintenir comme espèce distincte.
3. — N. interruptum (Bréb.) Lutkem. (rr). (Lacs n°* 37 et 55.)
F. D.: p. 370. fî. 12, 14, 15, PI. LXV.
L. : 215-310 a; 1.: 37-56 p.
Source : MNHN, Paris
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
111
Cette espèce vient immédiatement après l’espèce N. Digitus,
comme fréquence dans nos régions. Elle a été trouvée à peu près
dans tous les pays d’Europe, et en 18 stations au moins aux Etats-
Unis. Au Canada, elle a été récoltée par J. M. G. Baxter dans les
Provinces Maritimes (1903) ; par J. H. YVailes dans la Colombie
Canadienne en 1923; par C. Lowe dans le sud de Québec et le long
de l’Outawais en 1925; par nous-même à Saint-Hubert en 1938,
au lac Saint-Jean en 1943-49; par C. Cedercreutz dans la province
du Labrador en 1944; par E. O. Hugues dans les Provinces Mari¬
times en 1948; par nous-même dans la région des Trois-Rivières
en 1949-53, et dans celle de Québec en 1952.
4 , — jv. oblongum (De Bary) Lutkem. (cc). (Dans 22 lacs de la
région.)
F. D.: p. 371, ff. 7, 8, 9, 10, 13, PI. LXV.
L.: 98-140 n; 1.: 32.5-44.5 jj..
Espèce très commune récoltée partout en Europe et aux Etats-
Unis. Au Canada, elle a été signalée par G. H. Wailes pour la
Colombie Canadienne (1925); par W. R. Taylor à Terreneuve
(1935); par nous-même pour les environs de Montréal en 1938;
pour ceux du lac Mistassini (1949), de Québec (1952), et du lac
Saint-Jean (1943-49).
5 , — N. oblongum (De Bary) Lutkem. var. cylindricum W. et
G. S. West (cc). (Dans les lacs n os 28, 29, 36, 56, 68.)
F. 1).: p. 372, ff. 16 et 17, PI. LXV.
L.: 64-81 p.; 1.: 17.5-22 y..
Variété qui apparaît dans 24 volumes de notre bibliothèque.
En Canada, elle a été relevée par G. H. Wailes pour la Colombie
Canadienne (1923), pour Terreneuve par W. R. Taylor en 1935;
par nous-même pour les environs de Montréal (1938), et pour le
lac Saint-Jean (1943-49); et par G. H. Wailes, de Tulamen et
Garibaldi Areas, Colombie Canadienne (1932).
6, — N. oblongum (De Bary) Lutkem. var. acuminatum var. nov.
(r). (Lac n° 69.)
F. D.: p. 371-372, ff. 10 et 13, PI. LXV.
L.: 130-138 a; L: 35-38 l t.
Forme figurée à la PI. LXV, n°" 10 et 13, mais non décrite dans
le texte. En 1938, nous avons placé cette forme parmi les Netrium,
sans autre désignation que celle de « forma ». Nous l’avons retrou¬
vée dans 6 stations, et avec une grande constance de forme qui
lui assure croyons-nous le rang de variété bien fixée. Voici comment
nous la décrirons ;
112
F. IRÉNÉE MARIE
Cellule de dimensions moyennes, aux sommets arrondis et aux
côtés légèrement creusés en approchant des sommets. Le chloro-
plaste est séparé en deux parties vers le milieu. Il ne semble y avoir
qu’un seul pyrénoïde axillaire, comme dans N. oblongum. Ses
plus proches voisins seraient N .oblongum et N. Digitus var. Naegelii.
Cellula dimensionibus mediis, apicibus rotundatis et lateribus
leuiter depressis ad apices. Chloroplastis separatum in duas partes
ad medium. Unum pgrenoïdum axillare esse videtur, ut in N.
oblongo. Vicini ejus propiores sint N. oblongum et N. digitus var.
Naegelii.
Onychonema Wallich, 1860.
Flore Desmidiale, p. 344.
Ce genre a été peu connu jusqu’en 1860. C’est à cette époque
que Wallich montra sa nature de cellules en chaîne, chacune des
cellules se dédoublant comme chez les Desmidiées, pour la repro¬
duction. Il ne semble pas avoir été connu de J. Ralfs, et celui-ci
ne le ligure sous aucun nom dans son British Desmidieae. Il ne
dit rien non plus dans son ouvrage qui fasse pressentir qu’il ait
connu ce genre même sous un autre nom. On ne peut dire la même
chose de P. Wolle. Dans son « Desmids of the United-States »,
p. 29 (ed. 1892), il décrit à la page 29, l’espèce O. filiforme sous
le nom de Sphaerozosma filiforme, et Onychonema serratum, sous
le nom de Sphaerozosma serratum; et à la page 31, il mentionne
Onychonema Nordstedtiana sous le nom de Sphaerozosma Nords-
tedtiana. Ce qui montre combien les genres Sphaerozosma et
Onychonema sont encore confus au milieu du xix e siècle.
Cependant, avec Wallich, la lumière se fait peu à peu; et à
partir de 1860, les deux genres se séparent nettement. En 1892,
W. B. Turner explique très clairement ce qui différencie le genre
Onychonema du genre Sphaerozosma (Algae Aquae Dulcis Indiae
Orientalis, p. 138). Dans la Mauricie, le genre Onychonema est
représenté par une espèce et deux variétés.
1. — O. filiforme (Ehr.) Roy et Biss. (rr). (Lac n° 6.)
F. D.: p. 345, ff. 1, 2, 3, PI. LXI.
L.: 12-18 ji; (sp) : 8.5-12.5 n; 1.: 9.1-14.5 y.; Is.: 3.5-4.5 p..
Cette espèce est de beaucoup la plus commune du genre. Elle
apparaît dans 37 de nos ouvrages algologiques. Pour le Canada,
elle a été citée par G. H. Wailes pour la Colombie Canadienne en
1923 ; par C. Lowe pour le sud de Québec en 1925; par nous-même
pour la région de Montréal (1938), pour celle du lac Saint-Jean
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
113
(1943-49-53), et pour le lac Mistassini (1949); par Elwyn O.
Hugues pour les Provinces Maritimes (1948), et par nous-même
pour la région des Trois-Rivières (1953-54).
2. — O. laeve Ndt. var. latum W. et G. S. Wet. (rr). (Lac n° 3.)
F. D.: p. 346, ff. 7 et 8, Pl. LXI.
L.: 20-26.5 jx; (sp) : 16-20.7 y.; L: 23-26 p; (ss) : 16.5-26 tx; Is.:
3-5.5 u.
Cette variété a été trouvée aux endroits suivants : En Nouvelle-
Angleterre par W. et G: S. West et décrite par eux en 1895; dans
la Colombie Canadienne par G. H. W ailes (1925) ; par G. M. Smith
dans le Wisconsin (1924) et dans les Palissade Lakes (1924) ; par
nous-même dans la région de Montréal en 1938 et dans celle des
Trois-Rivières en 1954.
3. — O. laeve Ndt. var. micracanthum Ndt. (rr). (Lacs n os 6 et 50.)
F. D.: p. 345, ff. 5, 6, Pl. LXI.
L.: 15-16.5 y.; L: 20-25.5 p.; (ss) : 16.5-20.5 p.; Is.: 3.5-4 t*.
Une variété des plus rares du genre. Elle a été trouvée aux
mêmes endroits que la variété latum. Au Canada elle a été signalée
par G. H. Wailes pour la Colombie Canadienne (1923) ; par nous-
même autour de Montréal (1938), au lac Saint-Jean (1943-49),
et dans la Mauricie (1954).
Penium Rrébisson, 1844.
Le genre Penium qui était représenté jusqu’à présent dans la
Mauricie, par 3 entités, en comporte maintenant 4, autant que
dans la région de Montréal.
1. — P. crassum (West) Irénée-Marie (rr). (Lacs n 0 " 27, 28, 65.)
Le Nat. Can.: Vol. LXXVIII, n° 12, f. 2, Pl. I.
L.: 75-90 ;jl; L: 24.5-28.5 fx; Is.: 19.3-20 [x; B.: 19.3-20.5 [x.
Depuis sa description pour la région de Québec en 1952, cette
espèce a été retrouvée dans la région du lac Saint-Jean (1949),
et des Trois-Rivières, 1953-54. Ce sont les’ seules mentions pour le
Canada et probablement pour l’Amérique du Nord.
2. — P. margaritaceum (Ehr.) Bréb. (cc). (Lacs n°* 13, 24, 30,
33, 37, 43, 50, 56, 58, 66, 69, 71, 74).
F. D.: p. 87, f. 14, Pl. VIII.
L.: 110-165 [x; L: 20-25 [x; B.: 13-17.5 ^
Source: MNHN. Paris
114
F. IRÉNÉE MARIE
Cette espèce est de beaucoup la plus connue du genre. Nous
l’avons relevée dans 73 volumes de notre bibliothèque algologique,
pour toutes les parties du monde. Au Canada, elle a été signalée
par C. Lowe pour les régions Arctiques Canadiennes (1923), pour
le centre du Canada (1924) et le sud de Québec (1925); par
G. H. Wailes pour la Colombie Canadienne (1923) ; par J. M. Bax¬
ter pour les Provinces Maritimes (1907); par J. Brunel pour le
sud de Québec (1932) ; par nous-même pour la région de Montréal
(1938), de Québec (1952) et du lac Saint-Jean (1942, 49, 53).
3. — P. polymorphum Perty (cc). (Dans les lacs n 0 " 6, 28, 29,
33, 37, 65, 66.)
F. D.: p. 88, f. 14, PI. IX.
L.: 45-65 |x; 1.: 21.5-27.5 |x; B.: 16-22 ix.
Cette'espèce semble moins commune que la précédente, cepen¬
dant nous l’avons relevée dans 37 de nos volumes algologiques.
Au Canada, elle a été signalée par W. R. Taylor à Terreneuve
(1935); par F. I.-M. pour la région de Montréal (1938), pour la
région des Trois-Rivières (1947-53), de Québec (1952), du lac
St-Jean (1942-53); par C. Cedergren pour le Labrador (1942-43).
Cette petite plante est facilement confondue avec certains Cylin-
drocystis ou avec des cellules détachées de certaines algues fila¬
menteuses.
4. — P. spirostriolatum Barker. (cc). (Dans 22 lacs de la région.)
F. D.: p. 88, ff. 10, 11, 12, PI. IX.
L.: 150-320 u.; 1.: 28.5-32.5 |x; B.: 16.8-17 |x.
Nous avons retrouvé cette espèce dans 55 volumes de notre
Bibliothèque, pour toutes les parties du monde. Au Canada, elle
a été récoltée par W.R. Taylor à Terreneuve (1935) ; par C. Lowe
dans le Canada Arctique (1923); par G. H. Wailes en Colombie
Canadienne (1923); par F. I.-M. autour de Montréal (1938), des
Trois-Rivières (1947-53); de Québec (1952), et du lac Saint-Jean
(1942-49-52); par N. Carter en Colombie Canadienne (1935), par
G. H. Wailes au Youkon et en Alaska (1933) ; par C. Cedercreutz
dans le Labrador (1942-43); par R. Whelden dans l’Arctique Ca¬
nadien (1947).
Sphaerozosma Corda, 1835.
Il faut admettre que le genre Sphaerozosma est connu depuis
plus d’un siècle avant le genre Spinocosmarium, ou le genre
Spinoclosterium (Bailey) Hirano (si l’on veut bien lui donner
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
115
droit de cité parmi les Desmidiées). Et cependant, ce genre ne
possède encore qu’une dizaine d’espèces, une vingtaine de variétés
et une dizaine de formes, dont une demi-douzaine d’entités sont
connues dans nos régions, alors que les genres Ichthyocercus, ou
Cosmocladium y sont encore inconnus.
1. — S. excavatum Ralfs, (rr). (Lacs n os 13 et 56.)
F. D.: p. 349, ff. 11 et 12, PI. LX1.
L.: 8-14 ix; I.: 7.5-15 tx; Is.: 4.5-6.5 tx.
Cette espèce est l’une des plus communes du genre. Elle a été
relevée dans 53 volumes de notre Bibliothèque, pour toutes les
fiarties du monde. Au Canada, elle a été signalée par G. Lowe pour
les régions Arctiques (1913-16) ; par G. H. Wailes pour la Colombie
Canadienne (1923-30-31-32-33); par G. M. Smith pour le centre
et le nord de l’Ontario (1922); par nous-même pour la région de
Montréal (1938), du lac Saint-Jean (1943, 49); par J. A. Cushman
pour Terreneuve (1906) ; par E. O. Hugues pour les Provinces
Maritimes (1947-48).
2. — S. excavatum Ralfs, var. subquadratum W. et G. S. West
(rr). (Lacs n os 36 et 46.)
F. D.: p. 349, ff. 9 et 10, PI. LXI.
L.: 8-10 tx; L: 9-10 ix; Is.: 3.5-5 jx.
Depuis sa découverte par les West (1923), cette variété a été
retrouvée par J. Hylander dans le Connecticut (1928); par
G. H. Wailes en Colombie Canadienne (1931), par C. Cedercreutz
en Finlande (1934), par C. E. Taft dans le Michigan (1939); par
nous-même dans la région de Montréal (1938), dans celle des
Trois-Rivières (1949-53); par E. O. Hugues dans les Provinces
Maritimes (1947-48). Cette variété est donc peu commune, puisque
ses citations pour le monde entier se résument à moins d’une
dizaine.
3. — S. granulatum Roy et Biss. (c). (Lacs n os 4, 13, 34, 46, 53,
57, 65, 69.)
F. D.: p. 349, ff. 13, 15, PI. LXI.
L.: 9-10 tx; L: 8-10 tx; Is.: 4-4.5 tx.
Cette espèce est la plus commune du genre : elle a été trouvée
dans le monde entier; dans presque toutes les provincs du Canada :
dans le nord de l’Ontario par G. M. Smith (1922) ; dans la Colombie
Canadienne par G. H. Wailes (1923); dans la région de Montréal,
par F. I.-M. (1938); dans la région des Trois-Rivières (1949-53),
dans celle du lac Saint-Jean (1942-49-53); dans la province du
116
F. IRÉNÉE MARIE
Labrador par C. Cedercreutz (1944); dans le sud de l’Ontario,
par C. E. Taft (1945); dans le nord Canadien, par R. Whelden
(1947), et dans les Provinces Maritimes, par E. O. Hugues (1947-
48).
4. — S. vertebratum Bréb. var. latius W. et G. S. West. (rr).
(Lacs n os 52, 68.)
Monog. of the British Desmidiaceae Vol. V, p. 211, fig. 11,
PI. CLIX.
L.: 15-16.5 p.; 1.: 25-28 <*; Is.: 5.5-7.5 [l.
Cellule beaucoup plus large que le type, atteignant facilement
une fois et deux tiers la longueur, ce qui fait que les sinus sont
plus profonds, atteignant facilement 5 a de profondeur; le sommet
de chaque hémisomate est aussi plus convexe. Cette variété décrite
par les West pour l’Angleterre (1897), ne semble pas avoir été
retrouvée avant 1948, par N. Woodhead and R. D. Tweed dans les
Iles Britaniques; et cette mention est la première pour l’Amérique
du Nord (Fig. 11).
Spinocosmarium (Wood) Presc. et Scott.
Ce genre nouveau, décrit en 1949, montre que la famille des
Desmidiaceae n’a pas perdu sa fertilité, et qu’elle peut encore
engendrer de nouveaux membres intéressants. Et bien qu’il n’ait
que deux espèces, il possède déjà trois variétés, la var. mississip-
piense, la var. louisianen.se et la var. floridense, et une forme
forficulata. Nous lui ajouterons la forme aspinosum que nous
rattacherons directement au type.
1. — S. quadridens (Wood) Presc. et Scott, (rr). (Lacs n°* 4,
41, 53.)
F. D.: p. 339, ff. 10, 11, 12, PI. IX (sub nom Arthrodesmus
quadridens Wood).
L. : 32-36 p.; 1. (ss) : 32.5-36.4 n; (es) : 45-54 p.; Is. : 8-11 p ; E. :
16-18.5 a.
Cette espèce connue depuis longtemps sous le nom de Arthro¬
desmus quadridens a été décrite par Wood qui l’avait découverte
dans le lac Saco dans le New-Hampshire vers 1872. Cependant,
cet auteur ne mentionne pas, et ne semble pas avoir trouvé la
forme dont les épines latérales sont bifurquées, et il ne figure
qu’une forme qui, comme il le fait remarquer lui-même : « approxi-
mates Arthrodesmus divergens from which it differs in the arrange-
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
117
ment of its granules... and in the large and robust spines.» Sous l’un
ou l’autre de ces deux noms, cette espèce apparaît dans la Nouvelle-
Angleterre sous la signature de H. Wood en 1872, puis dans
« Desmids of the United States » de F. Wolle (1884) ; W. Raldolt
Taylor la retrouve à Terreneuve en 1935; nous la retrouvons dans
la région de Montréal en 1938, et les citations de multiplient, dans
le genre Arthrodesmus, toujours, jusqu’en 1949, alors que G. Pres-
cott et A. M. Scott la séparent en un genre nouveau : Spinocos-
marium. Sous ce nom, elle continue à remplir la littérature desmi-
diologique. Nous la signalons pour le lac Saint-Jean en 1943, 49, 53,
et pour la région des Trois-Rivières en 1949-53.
2. — S. quadridens (Wood) Presc. et Scott, forma aspinosum,
F. nov. (Lac n° 13.)
L.: 34-36 a; 1.: 30-36 p.; Is.: 8.5-11.5 p.
Forme qui se distingue du type par l’absence totale d’épines,
quoiqu’elle garde l’ornementation à peu près complète des faces
de la cellule (Fig. 12).
Forma separata a typo absencia tota spinarum, sed conservât
ornamentum fere totum facium cellulae.
Spirotaenia De Bréb. 1848, emend. Irénée-M. (1938).
Dans la Flore Desmidiale de la Région de Montréal, nous décri¬
vons 4 espèces; dans la région des Trois-Rivières, le genre appa¬
raît pour la première fois, et ne présente que deux espèces,
connues depuis 25 ans dans la région de Montréal.
1. — S. condensata Bréb. (rr). (Lac n° 69.)
F. D.: p. 374, ff. 18-20, PL LXV.
L.: 115-140 p.; L: 17-19 p.; Chloroplast en spirale de 7-10 tours.
Espèce décrite par de Brébisson en 1848, et commune dans les
Iles Britanniques. On peut en dire autant pour toutes les parties
de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Ainsi, au Canada, elle a été
trouvée à Terreneuve par W. R. Taylor (1934), dans la Colombie
Canadienne par G. H. W ailes (1923-31-32), dans la région de
Montréal par nous-même en 1938; dans les Provinces Maritimes
par J. Baxter (1903), dans la région du lac Saint-Jean par F. I.-M.
(1943-49-53); par E. O. Hugues dans les Provinces Maritimes
(1947-48); par F. I.-M. au lac Mistassini (1949); dans la région
de Québec (1952), et dans celle des Trois-Rivières (1953).
118
F. IRÉNÉE MARIE
2. — S. Trabecula A. Brown (rr). (Dans le lac n° 27.)
F. D.: p. 375, f. 21, PI. LXV.
L.: 150-215 fi; 1.: 20-28.5 a; B.: 10-11.5 y..
Cette espèce n’a été retrouvée que 4 ou 5 fois depuis sa descrip¬
tion en 1856, en Allemagne, en Angleterre, et chez nous, près de
Montréal (1938), par W. Migula en Allemagne (1928), par nous-
même dans la région des Trois-Rivières (1953).
Rova W. et G. S. West (1896), emend. Hodgetts, 1920.
Le Nat. Can.: Vol. LXXVI, n° 3-4, p. 130-131.
Ce genre est un des derniers nés de l’immense famille des Desmi-
diaceae. Il n’a fait son apparition en Amérique que vers 1908,
trouvé par H. W. Conn dans l’état du Connecticut, avec la seule
espèce R. obtusa (Bréb.) West. Lutkemuller le mentionne en
1910 dans les Desmidiaceae de Bohême; les West le citent à
l’Addenda de leur Monographie en 1904, avec une étude spéciale en
1923. Le genre revient ensuite dans le Naturaliste Canadien
Vol. LXXVI, n° 3-4, pour présenter une espèce et une forme.
G. M. Smith décrit le genre et une espèce en son volumineux
ouvrage « Fresh-Water Algae of the United States », p. 564. Puis
les citations se font plus courantes avec le temps et actuellement
le genre comporte 4 espèces, 2 variétés et 4 formes.
1. — R. anglica W. West (rr). (Lac n° 15.)
Le Nat. Can. Vol. LXXIX, n° 1, p. 32, f. 13, PI. I.
L.: 143-180 y.; 1.: 4.5-5.6 a; B.: 4-6.5 jj..
Dans leur Monographie, les West décrivent cette espèce et la
figurent à leur PI. CLXVI, pour une localité d'Angleterre. Elle a été
trouvée également par G. Nichols et A. B. Ackley dans le Michi¬
gan (1930). Nous l’avons trouvée dans la région de Québec (1952),
dans celle du lac Saint-Jean (1949) et dans nos régions en 1954.
Ce sont les seules mentions que nous connaissions pour cette
espèce.
2. — R. Cambrica, W. et G. S. West, (rr). (Lacs n os 29 et 67.)
Le Nat. Can.: Vol. LXXVI, n° 3-4, p. 131 (1949).
L.: 167-178 p.; 1.: 6-6.5 }x; B.: 4.5 [x; Py.: 12-14 y..
Cette espèce a été trouvée en Angleterre (1903). La première
mention que nous en connaissions depuis est celle du Nat Can.:
Vol. LXXVI, n° 3-4, p. 131 (1949). Cette Revue la cite également
dans son Vol. LXXIX, n° 1, p. 33. Ce sont les seules mentions
pour l’Amérique du Nord.
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
119
3. — R. Cambrica W. et G. S. West, forma limnetica W. et G. S.
West (rr). (Lac n° 31.)
Le Nat. Can. Vol. LXXVI, n° 3-4, p. 131, f. 15, PI. II.
L.: 110-116 [x; 1.: 5.2-7 j x au milieu; 4.5-5.5 aux extrémités.
Cette forme décrite par les West en 1912 pour l’Ecosse ne semble
avoir été retrouvée qu’en Norvège par Van Oye (1941) et en Bel¬
gique à la même époque; par F. I.-M. dans la région des Trois-
Rivières (1949-53) et dans celle de Québec (1952). Nous n’en con¬
naissons pas une seule station aux Etats-Unis.
Spondylosium de Bréb. 1844.
Ce genre est bien représenté dans la région des Trois-Rivières,
par une dizaine d’entités, alors qu’on n’en trouve que 4 dans la
région de Montréal.
1. — S. ellipticum W. et G. S. West (rr). (Lac n° 8.)
Monog. Brit Desm.: Vol. V, p. 222, f. 15, PI. CLXI (1902).
L.: 19-25 [i.; 1.: 20-22.5 p.; Is.: 6.5-7 [/..
Cellule de moyenne dimension, aussi longue que large, à cons-
triction profonde, à sinus largement ouverts, et aigus au fond ;
l’hémisomate est elliptique et ses sommets sont largement con¬
vexes; la vue apicale en est une belle ellipse aux petits arcs large¬
ment arrondis; et la vue de côté est presque sphérique. Les
cellules sont réunies en filaments tordus d’environ un tour par
12 cellules. Cette espèce découverte en Irlande n’est guère connue
ailleurs. Il se peut qu’elle ait été confondue avec Spondylosium
planum qui lui ressemble beaucoup, et qu’une examen superficiel
ne distingue pas facilement de cette espèce. Nous ne connaissions
aucune mention de cette espèce en Amérique. Apparemment ceci
serait la première pour le continent (Fig. 13).
2. — S. moniliforme Lund. (r). (Lacs n os 31, 37, 51, 53, 60.)
F. D.: p. 351, f. 6, PI. LXVIII.
L.: 24,8-28.5 p.; 1.: 18.4-22 p.; Is.: 8-9.5 [*.
C’est une des espèces du genre parmi les plus rares. Au Canada,
elle a été citée par nous-même pour la région de Montréal (1938),
pour celle du lac Saint-Jean (1943-48-52), pour celle des Trois-
Rivières (1949-53), de Québec (1952). Nous sommes surpris de
voir qu’elle n’ait pas mérité d’autres mentions que les nôtres.
3. — S. planum (Wolle) W. et G. S. West (cc). (Dans 17 lacs de
la région.)
120
F. IRÉNÉE MARIE
F. D.: p. 353, ff. 17 et 18, PI. LXI.
L.: 11.5-18 jx; 1.: 12-15 [*; Is. : 6-8.5 t*.
Cette espèce est la plus commune du genre. Elle a été citée 35 fois
par divers auteurs. Au Canada, elle a été mentionnée par C. Lowe
pour les régions Arctiques du Canada (1913-16) ; par G. M. Smith
pour le centre de l’Ontario (1923); par C. Lowe pour le sud de
Québec (1925); par W. R. Taylor pour la Province de Terreneuve
(1935) ; par nous-même pour la région de Montréal (1938), pour la
région du lac Saint-Jean (1943-49-52), pour celle des Trois-Rivières
(1954); par Roy Whelden pour le Nord-Est Canadien (1947); par
E. O. Hugues pour les Provinces Maritimes (1947-48).
4. -— S . pulchellum Arch. (ce). (Lacs n os 9, 13, 37, 38, 46, 57, 58,
60, 61.)
Le Nat. Can.: Vol. LXXVI, n os 1-2, p. 41, f. 9, PI. IV.
L.: 12-12.5 il-, 1.: 10.5-11 n; B.: 5-5.2 y.; Is.: 3.5-3.8 jt.
Cette belle petite espèce est l’une des plus communes du genre.
Elle appartient à presque tous les pays du monde. Au Canada,
elle a été trouvée en Colombie Canadienne par G. H. Wailes (1923),
au lac Saint-Jean par nous-même en 1943-49; dans la région des
Trois-Rivières en 1948-53; dans la région de Québec (1951).
5. — S. pulchellum Arc. var. bambusinoides (Wittr.) Lund.
Acta Societatis pro Fauna et Flora Fennica : Vol. XLIX, n° 7,
fî. 7-8, PI. VI. Etude.
L.: 11-12 p.; 1.: 8-8.3 p.; Is.: 6.3-6.5 j*; B.: 6.4-6.5 ^
Variété qui se sépare du type surtout par ses sommets plus
allongés, plus dégagés; par ses bases plus aplaties et légèrement
creusées au milieu.
Cette variété est nouvelle pour l’Amérique du Nord. Elle a été
trouvée déjà par R. Gronblad dans le Keru en Finlande (1920-21)
et par L. O. Borge en Suède en 1936; par Ed. Messikommer dans
les cantons Glarus en 1951, et par les West qui en font une cri¬
tique intéressante dans leur article : « Some recently published
Desmids: Journ. of. Bot.: 33, pp. 65-70 (1895). Ce sont les seules
mentions de cette variété que nous ayons dans nos ouvrages
desmidiologiques. Mais tous concordent quant à la description et
aux dessins, avec nos spécimens de la Mauricie (Fig. 14).
6. — 5. pulchrum (Bailey) Arch. (c). (Lacs n os 9, 13, 37, 38, 46, 57,
58, 60, 61.)
F. D. : p. 352, f. 20, PI. LXI.
L.: 40-52 p.; 1.: 70-80 p.; Is.: 18-21.5 i*.
Source : MNHN, Paris
PETITS GENRES DANS LA FAMILLE DES DESMIDIACEAE
121
Cette espèce a été mentionnée 31 fois dans nos ouvrages algolo-
giques. Elle contient 6 variétés et une forme dont aucune n’apparaît
dans nos régions. Elle a été trouvée au Canada par G. M. Smith
dans le sud-ouest de l’Ontario (1923) ; dans la Colombie canadienne
par G. H. Wailes (1930); par W. R. Taylor dans notre Province
de Terreneuve (1935); par nous-même à Saint-Hubert (1938); au
lac Saint-Jean (1943-49-53), dans la région des Trois-Rivières
(1949-53); par E. O. Hugues dans les Provinces maritimes (1948-
48).
7. — S. pulchrum Bail. var. effringum I.-M. (rr). (Lacs n°* 58-61.)
H.: Vol. IV, n° 1-2, p. 39, f.: 13, PI. IV.
L. : 35-41 [x; 1.: 68-84 p.; Is.: 17-23 jx; Ep.: 18-20 u.; Coussins :
14.5-19 u.
Première mention de cette variété depuis sa description en 1949.
8. — S. secedens (De Bary) Arch. (rr). (Lacs n°* 5 et 57.)
F. D.: p. 352, f. 16, PI. LXI.
L.: 8.5-12.3 p.; 1.: 8-10.2 p; Is.: 3.8-6.3 p.; E.: 5.2-6.3 p..
Cette espèce décrite par De Bary en 1858 dans le genre Sphaero-
zosma, a été replacée dans le genre Spondylosium par Archer en
1861. Elle a été retrouvée par 11 auteurs en Europe. En Amérique,
elle a été signalée par B. Mc. Inteer, par G. M. Smith en 1933 et
par 8 autres aux Etats-Unis; au Canada, nous l’avons trouvée
dans la région de Montréal (1938), de Québec (1952) et des Trois-
Rivières (1954).
9. — S. tetragonum W. West. (rr). (Lac n° 70.)
Le Nat. Can.: Vol. LXXVI, n° 1-2, p. 42, f. 10, PI. IV.
L.: 7.5-8.5 ;x; 1.: 6.5-9 p; Is.; 7.3-8.3 p; E.: 4.5 fx.
Cette petite espèce, décrite par Gay, et nommée par lui Sphaero-
zosma pulchellum , fut transférée dans le genre Spondylosium par
W. West en 1892. Il oublia, comme c’était sa coutume, de garder
la signature de Gay avant la sienne, dans ce genre de transfert.
Elle fut signalée par R. Gronblad en 1920 pour la Finlande, et
en 1945, pour le Brésil; par L. O. Borge pour la Suède en 1936;
par Beck-Managetta pour les Algues de Kartens (1931). Elle avait
été signalée par les West pour l’Amérique du Nord, dès 1895,
ainsi que pour la Colombie (A. du S.) en 1908. Nous l’avons trouvée
dans la région des Trois-Rivières (1949-53-54) et au lac Saint-Jean
(1949-53).
F. Irénée-Marie, I. C. Dr. Sc.
Ce travail a été entrepris avec l’aide de l’Office de Recherches Scientifiques
du Ministère du Travail et de l’Industrie de la Province de Québec ,
NOTULES ALGOLOGIQUES
Cette rubrique réunit de courtes notes sans illustrations ni références biblio¬
graphiques. Elle permettra aux auteurs de publier des observations nouvelles
ne se prêtant pas à un long développement, notamment celles concernant l’éco¬
logie ou la biogéographie des Algues, ou de prendre date avant la parution d’un
travail plus complet.
Cyanoderma, algue des poils de Paresseux.
Le Vivarium du Muséum s’est enrichi d’un Paresseux (Bradypus
tridactylis) vivant provenant de la Guyane française. Aussitôt
alerté par MM. Dorst et Guibé, que je remercie ici vivement, j’ai
pu examiner les poils de cet animal. Ces poils, surtout ceux des
épaules, étaient très nettement recouverts d’algues de couleur verte
et rouge bien visibles à la simple loupe. Une série d’observations
ont montré qu’il s’agissait des deux espèces décrites par M n,e We-
ber-Van Bosse en 1887 dans son travail classique « Etude sur les
algues parasites des Paresseux ». L’algue verte Trichophilus Welc-
keri était en tout point conforme à la description originale de
l’auteur.
Je me suis attaché particulièrement à l’étude de Cyanoderma
bradypodis dont la place systématique reste fort discutée.
Ce genre a été décrit, par M me Weber-Van Bosse, comme appar¬
tenant aux Cvanophycées, mais la plupart des auteurs, se référant
aux remarques de Hieronymus, considèrent cette algue comme une
Rhodophycée-Bangiale. Mes observations confirment cette manière
de voir. Les cellules, sphériques ou ellipsoïdales de 8 à 15 a de
diamètre sont disposées en thalle irrégulier avec des projections
filamenteuses courtes (de 2 à 3 cellules), ramifiées, unisériées. La
membrane est épaisse formant une gaine gélatineuse homogène.
Chaque cellule peut se transformer en sporange contenant un
grand nombre de monospores sphériques de 2-3 [j. de diamètre.
Ces monospores, pourvues d’une membrane bien visible, sont libé¬
rées par gélification de la paroi du sporange.
Une coloration au carmin acétique met en évidence un noyau
dans les cellules et les monospores. Les plastes, d’un rose violacé,
sont difficiles à voir; chaque cellule renferme 2 à 4 plastes parié¬
taux, discoïdes à bords lobés ou rubannés. Une imprégnation au
nitrate d’argent à 7 % permet de voir assez nettement le contour
de ces plastes. Les monospores ne présentent qu’un seul plaste.
NOTULES ALGOLOGIQUES
123
Ces observations faites sur le vivant montrent bien que Cyano-
derma est une Bangioïdée que l’on peut placer au voisinage de
Phragmonema dans la famille des Phragmonématacées (Skuja,
1939) ou dans celle des Porphyridiacées si l’on accepte la classifi¬
cation de Fritsch (1945).
P. Bourrelly.
Pontosphaeria roscoff ensis Chadefaud et Feldmann
à Saint-Malo.
Lors d’un court séjour au Laboratoire Maritime du Muséum à
Dinard nous avons étudié la microflore des cuvettes supralittorales
du Fort-National à Saint-Malo. Les algues obtenues par filtration
sur papier où centrifugation étaient assez abondantes mais deux
espèces seulement étaient présentes : Pontosphaeria roscoffensis et
Oxyrrhis marina. La Coccolithacée dominait nettement et donnait
au filtrat une teinte jaune très nette.
Nous avons pu revoir et confirmer tous les caractères cytolo¬
giques indiqués par Chadefaud et Feldmann pour le matériel ori¬
ginal de Roscoff. Les fouets sont égaux mais hétérodynames, les
deux plastes pariétaux présentent sur leur face interne des pyré-
noïdes bien visibles sur le vivant; un gros globule de chrysose est
placé en position anlapicale axiale; les coccolithes sont en écuelle
non perforés et répartis inégalement sur toute la surface de la
cellule sans indication de plage orale nue ou différenciée. Toutes
les cellules étaient mobiles et se déplaçaient avec rapidité.
Remarquons que cette espèce, abondante dans les bacs de l’aqua¬
rium de Roscoff n’avait jamais été observée en station naturelle.
Source : MNHN, Paris
BIBLIOGRAPHIE
Les conditions actuelles de l’imprimerie ne permettant plus d’envisager la
parution d’une Bibliographie Algologique méthodique comme dans la première
série de cette revue, il ne sera publié que des indications bibliographiques con¬
cernant les ouvrages importants ou les mémoires d’intérêt général. Les lecteurs
de langue française peuvent trouver un complément d’information dans la
« Bibliographie » paraissant en annexe au « Bulletin de la Société botanique de
France» et dans le «Bulletin analytique» publié par le Centre National de la
Recherche Scientifique.
Grasse P. P. — Traité de Zoologie, T. I : Phylogénie. Pro¬
tozoaires : généralités. Flagellés (1 er fascicule) (Paris, 1952).
Ce volume intéressera particulièrement les algologues car les deux
tiers de ce premier tome sont consacrés aux flagellés chlorophylliens :
c’est en fait un Traité de Protistologie qui est présenté aux lecteurs.
L’ouvrage débute par une phylogénèse du règne animal par L. Cuenot,
puis vient un double chapitre de généralités sur les Protozoaires et
les Rhizoflagellés par P. P. Grasse. Nous entrons ensuite dans le cœur
du sujet avec les Volvocales (J. Pavillard), Xanthomonadines (G. De-
flandre), Chloromonadines, Eugléniens, Cryptomonadines (A. Hol¬
lande), Dinoflagellés (E. Chatton), Ebriédiens, Silicoflagellidés, Cocco-
lithophorides (G. Deflandre), Chrysomonadines (A. Hollande), enfin
l’ouvrage se termine par la classe des Zooflagellés étudiée par
P. P. Grasse et A. Hollande.
Comme on le voit, chaque classe a été traitée par un spécialiste qua¬
lifié mais un plan unique se retrouve dans chaque chapitre et donne
ainsi une grande unité à l’ensemble. Chaque grande coupure systéma¬
tique débute par une courte diagnose qui délimite avec précision le
groupe analysé : la cytologie, la caryologie, la sexualité, la biologie,
la nutrition, la physiologie, les tendances évolutives sont passées en
revue avant d’aborder le détail de la taxinomie. Toutes les familles
sont décrites et presque tous les genres indiqués. Dé très nombreuses
figures : 830 pour un millier de pages, une abondante bibliographie, un
index alphabétique, complètent ce beau traité et en font un instrument
de travail commode et agréable.
La classification suivie pour les Phytoflagellés étonnera quelque peu
les algologues : les Protozoaires sont divisés en sous-embranchements :
Rhizoflagellata, Actinopoda, Sporozoa, Cnidosporidia, Ciliata. Les Rhi-
zoflagellates renferment deux « super-classes » : Flagellata et Rhizopoda.
Parmi les Flagellata nous retrouvons les classes habituelles : Phytomo-
nadines, Xanthomonadines, Eugléniens, etc. Ce système qui sépare arbi¬
trairement, par exemple, les Volvocales des autres Chlorophycées et de
même toutes les formes monadoïdes chlorophylliennes des grands phy-
BIBLIOGRAPHIE
125
lums algaux ne satisfera peut-être pas tous les' botanistes. Mais il
faut cependant remercier les zoologistes de nous avoir donné, en
annexant induement pensons-nous les flagellés photosynthétiques, un
traité moderne, solidement documenté, très complet, fort bien présenté,
d’une valeur telle qu’il laisse très loin derrière lui les livres classiques
de protistologie étrangers. Ce beau volume, par sa clarté, sa logique
rigoureuse, sa forte documentation, fait honneur à l’esprit scientifique
français et rendra de grands services à tous les chercheurs intéressés
par le monde microscopique. — P. By.
Tiffany L. H. et Britton M. E. — The Algae of Illinois (The
University of Chicago Press, 1952, 1 vol. rel., 10 dollars).
Ce livre de 400 pages est une flore des algues d’eau douce de la région
de l’Illinois arrosée par le lac Michigan, le Mississipi et ses affluents.
Il est le complément du « Catalog of Illinois Algae » de M. E. Britton
(1944). Après une courte introduction où sont indiqués les caractères
taxinomiques des grands phylums d’algues, les auteurs passent en revue
toutes les espèces connues dans cette vaste région.
Pour chaque classe des clefs dichotomiques détaillées conduisent
aux genres et pour chaque genre, un tableau permet de déterminer
l’espèce. Une description de chaque unité systématique complète ces
clefs. 1.200 figures groupées en 108 planches illustrent le texte d’une
façon heureuse chaque espèce étant représentée. Pour les Œdogoniales
et les Zygnématacées, nombre de ces figures sont originales, les autres
reproduites d’après divers auteurs modernes.
Toutes les algues d’eau douce sont étudiées, depuis les Cyanophycées
jusqu’aux Chlorophycées (Charales exclues), en passant par les Flagellés
à pigments chlorophylliens.
Cet ouvrage sera fort utile, même aux algologues d’Europe, car
les principales espèces des eaux douces des régions tempérées y figurent.
C’est là un beau livre, bien présenté et un excellent modèle de flore
régionale susceptible de favoriser l’étude si souvent négligée des algues
d’eau douce. — P. By.
ScHussNiGi B. — Handbuch der Protophytenkunde, Bd. I ( Ma¬
nuel de Protophytologie, vol. I, G. Fischer, Iena, 1953, 1 vol. rel.,
56 marks).
En 1938 sous le titre de « Morphologie comparée des plantes infé¬
rieures», l’auteur du présent ouvrage avait fait paraître un premier
volume, malheureusement introuvable et qui n’avait d’ailleurs pas
atteint tout le public scientifique qu’il aurait dû toucher. Ce manuel
en est une deuxième édition entièrement remaniée, complétée, soigneu¬
sement mise à jour.
En 636 pages, illustrées de près de 200 figures dont de nombreuses
microphotographies, sont passées en revue la cytologie, la morphologie,
la biochimie, la physiologie, la biologie des végétaux inférieurs des
126
BIBLIOGRAPHIE
Bactéries aux Champignons en passant par les Cyanophycées, les Fla¬
gellés et les Algues.
Le premier volume est consacré à la cellule. Trois chapitres étu¬
dient : 1° le cytoplasme, propriétés chimiques et physiques, composition,
substances de croissance, hormones et antibiotiques, histologie, virus,
bactériophages; 2° l’archiblaste : cellules des bactéries, des spirochètes
et des cyanophycées; 3° le noyau : état quiescent, mitose, méiose.
Cette oeuvre fort originale, d’un algologue expérimenté, est en fait un
traité de cytologie comparée des végétaux inférieurs, type d’ouvrage
qui n’existait pas encore. Il est appelé à rendre de grands services à
tous les botanistes et surtout aux algologues q.u’il fait pénétrer dans un
domaine aussi vaste que varié. Une abondante bibliographie, groupée
à la fin de chaque chapitre, un double index alphabétique (par ma¬
tière et par espèces) permettent une utilisation commode de ce beau
livre. — P. By.
Delay C. — Nombres chromosomiques chez les Cryptogames
(1938 à 1953) (Rev. cyt. biol. végét., 14, 1953).
L’auteur a dépouillé toute la bibliographie récente sur la caryologie
des cryptogames et l’a résumée en une courte note. Les algologues y
trouveront le complément indispensable des tables de Tischler ( Tabul.
biol. period., 1926, 1930, 1938) sous forme de tableaux indiquant,
suivant la classification de Fritsch, les nombres chromosomiques des
gamétophytes et des sporophytes (ainsi que la taille relative des chromo¬
somes) pour 87 espèces d’algues. Un index alphabétique facilite les
recherches. — P. By.
Annales de la station centrale d’hydrobiologie appliquée
(fascicule hors-série, 1953).
Signalons à nos lecteurs ce fascicule qui en plus des travaux originaux
sur les bactéries des filtres (Wautier), sur les Planaires (de Beauchamp)
et les Hydracariens (Angelier) donne en 174 pages une série d’analyses
bibliographiques sur les travaux français d’hydrobiologie d’eau douce
s’étendant de 1940 à 1950. La littérature se rapportant aux Algues et
aux Flagellés a été analysée par Wurtz, Olivier et Bourrelly. — P. By.
Irénée Marie (Fr.) 1932. — Contribution à la connaissance des
Desmidiées de la région du lac Saint-Jean ( Hydrobiologia, 4).
Ce mémoire de 200 pages illustré de 19 planches originales groupant
plus de 250 figures est le complément indispensable de l’ouvrage clas¬
sique du Fr. Irénée Marie « La Flore Desmidiale de la région de
Montréal ». L’auteur y signale 700 espèces et variétés de Desmidiées
dont 80 sont nouvelles pour l’Amérique du Nord et 58 pour la Science.
Les nouveautés appartiennent aux genres : Arthrodesmus, Closterium,
Cosmarium, Euastrum, Micrasterias, Penium, Pleurotaenium, Spondy-
losiuin, Slauraslrum, Xanthidium.
BIBLIOGRAPHIE
127
Remarquons en passant la découverte de Phymatodocis Nordstedtiana
Wolle, espèce nord américaine rarissime.
Toutes ces Desmidiées sont décrites avec précision et de nombreuses
remarques de systématique critique accompagnent les diagnoses. Ce
travail rendra de grands services aux Desmidiologues des régions tem¬
pérées du monde entier. 11 nous reste à souhaiter vivement que l’Auteur
rassemble tous ses travaux sur les Desmidiées en une Flore desmidiale
du Canada, ouvrage de grande envergure mais combien utile. — P. By.
Teiling E. 1952. — Evolutionary studies on the shape of the
cell und of the chloroplast in Desmids (Bot. Not. Lund).
La structure des chloroplastes des Desmidiales est bien connue sur¬
tout .depuis la belle série des travaux de N. Carter, mais ici l’auteur
nous apporte enfin une vue synthétique comparable aux travaux ana¬
logues de M. Chadefaud sur les Chlamydomonadacées ou les Euglènes.
L’auteur reconnaît divers types de chromatophores dérivant phylogé-
niquement les uns des autres. Le type primitif du chloroplaste est donné
par les Penium (et Cosmarium Clevei) à plaste massif, stelloïde à pyré-
noïde axial. De ce chloroplaste stelloïde nous passons au type furcoïde
des Slaurastrum, puis nous assistons à une pariétalisation du plaste et à
sa fragmentation. En suivant ce processus chez différentes espèces, l’au¬
teur fait justement remarquer que ces plastes pariétaux dérivent aussi
bien des formes du type stelloïde que furcoïde. Il peut ainsi séparer
é’Hyalotheca un nouveau genre qui s’en distingue par la structure diffé¬
rente du plaste.
Souhaitons que la lecture de ce beau mémoire incite les desmidio¬
logues à observer la structure des chloroplastes avec le même soin
qu’ils apportent à décrire les ornementations de la membrane de ces
algues admirables. — IP'. By.
Margalef R. 1952. — Materiales par a la hidrobiologia de la isla
de Mallorca ( Publ. Inst. biol. api. 15, Barcelona).
Ce mémoire est le troisième consacré par l’auteur à l’étude des biocé¬
noses peuplant les eaux douces ou saumâtres des Baléares. Ibiza et
Minorque ont fait l’objet dans la même revue de deux opuscules en
1951 et 1952 (vol. 8 et 11). Les divers biotopes de ces îles sont étudiés
avec soin suivant les méthodes classiques de la phytosociologie, et les
Algues, les Bryophytes, les Phanérogames aquatiques, les animaux (des
infusoires aux batraciens) sont groupés en un petit nombre d’associations
nettement définies.
Les trois îles ont des végétations algales fort voisines où dominent
les Diatomées et les Cyanophycées (environ 35 et 30 %) tandis que les
Chlorophycées ne représentent que le cinquième de la population et les
Desmidiées, beaucoup plus rares, n’atteignent que 5 % environ.
Majorque groupe plus de 500 espèces, Minorque 400 et Ibiza 250
environ. La flore algale est alcalinophile ou halophile, assez banale.
Source : MNHN : Paris
128
BIBLIOGRAPHIE
Aucune espèce de régions chaudes n’y est à signaler mais quelques
intéressantes nouveautés appartenant aux genres Anabaena, Spimlina,
Mougeotia Zygnema et Spirogyra sont décrites et figurées.
Par son ampleur, sa précision, son intelligente conception de la pliyto-
sociologiie algale, ces mémoires constituent une contribution particuliè¬
rement importante à la connaissance de la flore dulcaquicole des régions
méditerranéennes. — P. By.
Le Gérant : R. Lami. — Imp. Monnoyer, Le Mans.