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Nouvelle Série Tome II, N° 1-2
MARS 1956
REVUE
ALGOLOGIQUE
— FONDÉE EN 1922 —
Par P. ALLORGE et G. HAMEL
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
12, RUE DE BUFFON - PARIS V*
[’TnC'mj]
Parainant quatre fois par an.
P t ïi iv
REVUE
ALGOLOGIQUE
Nouvelle Série Tome II
PARIS
1956-1957
Source : MNHN, Paris
Nouvelle Série. Tome II, Fasc. 1-2.
Mars 195(5
REVUE
ALGOLOGIQUE
DIRECTEURS .
P. BOURRELLY et ROB. LAMI
SOMMAIRE
M. Chadefaud. -— Sur les physodes et les oléocorps des Dictyota-
cées. 3
H. Parriaud. — Observations sur un Fucus du bassin d’Arcachon. . 2(5
E. Balech. — Etude des Dinoflagellés du sable de RoscofF. 29
M. R. Droop. — Haunatococcus pluvialis and its allies. I : lhe Splia-
erellaceae . 53
J. Mabille. — Observations sur une fleur d’eau à Cyanophycées.. 72
T. Hortobagyt. — Une nouvelle Cyanophycée d’un étang poisson¬
neux : Marssoniella minor Hortob. n. sp. 30
M. Voigt. — Sur certaines irrégularités dans la structure des Dia¬
tomées . 85
M me P. Gayral. — Etude cytologique de Dicholomosiphon tubero-
sus (A. Br.) Ernst. 98
Fr. Irénée-Marie. — Les Euastrum du Lac St-Jean et du parc des
Laurentides de la Province de Québec . 112
K. Thomasson. — Algological notes. 1. Slaurastrum brachiopromi-
nens et ail. 122
Davy de Virviele. — Second international Seaweed Symposium
Trondheim 1955 . 129
Notules Algologiques
M me L. Walter, R. Lévy, R. Frécaut et R. Strauss. — Contribu¬
tion à l’étude de la zone littorale des Iles Baléares. Biologie
et chimie des Algues calcaires. Formes du relief côtier qui
leur sont liées . 131
Fr. Herbst. — L’utilisation de thionine et de chlorure de sulfuryle
en vue de l’étude des équivalents de noyau chez quelques
Cyanophycées . 132
Fr. Herbst. — Etude comparative des résultats obtenus d’une part
avec la réaction nucléaire, d’autre part avec la technique des
colorants basiques, après hydrolyse préalable, dans le cas de
quelques Cyanophycées . 133
M. Df.nizot. — Un essai de montage rapide des Algues. 135
Bibliographie . 13G
8IBL. ou)
iMUStUM/
WHISTy
Source : MNHN, Paris
Sur les physodes et les oléocorps
des Dictyotacées
Par M. CHADEFAUD.
I. — On sait que les cellules des Phéophycées, tant marines que
d’eau douce (1), contiennent toujours, dans leur cytoplasme, et en
général principalement autour de leur noyau, un système de cor¬
puscules, auxquels Crato a donné le nom de physodes. Dans de
précédentes publications, notamment ma thèse (2), j’ai rapporté
de nombreuses observations, d’après lesquelles ces physodes sem¬
blent constitués par des corps physogènes, non réfringents et
d’aspect « mitochondrial », diversement chargés d’un complexe
appelé fucosane, substance au contraire réfringente, vitalement
colorable, et très facilement, par le rouge neutre et le bleu de
crésyle, vis-à-vis desquels elle est ordinairement orthochromatique,
bien moins souvent métachromatique.
Les corps physogènes sont comparables, par leur aspect (et sans
que cela indique forcément leur vraie nature), à des leucoplastes.
Ils peuvent être totalement dépourvus de fucosane : alors le rouge
neutre ou le bleu de crésyle les laissent incolores. Quand ils sont
chargés de fucosane, celle-ci peut les imprégner uniformément,
dans toute leur étendue : ils sont alors entièrement colorables par
les colorants précités, et d’autant plus intensément que leur impré¬
gnation est plus considérable ; en fonction de celle-ci, ils deviennent
également plus ou moins réfringents. Mais d’autres fois, au lieu
de les imprégner uniformément, la fucosane s’y présente sous
forme de grains ou de globules séparés : on peut ainsi avoir,
notamment, un chapelet de grains de fucosane, réfringents et colo¬
rables, dans un corps physogène filamenteux, mat et dépourvu
d’affinité pour les colorants vacuolaires, ou encore un globule de
fucosane, généralement pyriforme ou fusiforme, pourvu d’une ou
deux queues filamenteuses, mates et non colorables, constituées par
les parties du corps physogène que la fucosane n’a pas imprégnées.
Quant à la fucosane, c’est un complexe, de nature encore impar¬
ti) Pour les physodes des Phéophycées d’eau douce, v. ma note sur le
g. Heribaudiella, in : Bull. Soc. bot. de France, 97, 1950.
(2) Revue algologique, 8, 1935.
4
M. CHADEFAUD
faitement connue. L’un des éléments de ce complexe est méta-
chromatique vis-à-vis du bleu de crésyle, et peu réfringent. L’autre,
au contraire orthochromatique et réfringent, prend avec la vanilline
chlorhydrique la coloration rouge caractéristique du phloroglucol.
En général, ce second constituant, dont les relations avec le pre¬
mier n’ont pas été élucidées, est dominant, ou même seul présent :
les physodes sont alors réfringents, orthochromatiques, et rougis
par la vanilline chlorhydrique, ce qui correspond à leur type nor¬
mal. Mais il arrive aussi que ce constituant manque, et que seul
le premier soit représenté : cela donne des physodes métachroma-
tiques, peii réfringents, que la vanilline chlorhydrique ne colore
pas. Il se trouve même parfois que le premier constituant imprègne
en totalité le corps physogène, dans lequel le second forme au
contraire des globules séparés : le physode est alors formé de glo¬
bules orthochromatiques et réfringents, inclus dans une matrice
métachromatique et mate. En outre, les physodes chargés de fuco-
sane sont assez souvent suffisamment aqueux pour se comporter à
la façon de petites vacuoles, dans lesquelles les colorants vitaux pro¬
voquent la coacervation de la fucosane (ortho- ou métachroma¬
tique), sous la forme de globules comparables à ceux que, dans les
vacuoles véritables, P.-A. Dangeard appelait des «endochromidies».
En plus de la fucosane, enfin, les physodes renferment assez
souvent un ou deux globules sphériques, que le rouge neutre et le
bleu de crésyle laissent incolores, et qui ont l’aspect de cavités
sphériques, creusées dans la substance physodienne. Ces inclusions
ou cavités s’observent, non seulement dans des physodes à fuco¬
sane, mais aussi dans des corps physogènes totalement dépourvus
de cette substance. On sait que des formations analogues peuvent
exister dans les leucoplastes des plantes supérieures, et aussi dans
les nucléoles.
Telle se présente, d’après mes observations, et dans le cas des
Phéop'hycées, la notion de physodes : on ne saurait la résumer,
comme l’a fait indûment le regretté F. F. Fritsch (3), en disant
que j’assimile ces corps à des mitochondries; je n’ose même pas
affirmer que les corps physogènes, d’aspect « mitochondrial »,
soient réellement de même nature que les chondriosomes ou les
leucoplastes.
II. — En plus de leur système de physodes, les cellules de
quelques Phéophycées renferment des globules réfringents, souvent
(3) Structure and reproduction ot the Algas, 2, Cambridge Univ. Press, 1945.
Source : MNHN, Paris
SUR LES PHYSODES ET LES OLÉOCORPS DES DICTYOTACÉES 5
volumineux, qu'on a qualifiés de «corps irisants», ou «corps iri-
descents », parce qu’on a attribué à leur action sur la lumière inci¬
dente les couleurs irisées que présentent (4), souvent, les espèces
qui les possèdent, ou encore d’« oléocorps », parce qu’on les a com¬
parés aux oléocorps, ou élaïoplastes, des Hépatiques. J’ai person¬
nellement figuré ou décrit de tels oléocorps chez les espèces sui¬
vantes : — en 1927 (5), sous le nom de « globules hyalins», chez
Scytosiphon lomentaria, et comme corpuscules comparables aux
pyrénoïdes, mais indépendants des phéoplastes, chez Dictyota di-
chotoma; — en 1935, dans ma thèse (6), chez Halidrys siliquosa et
Cystoseira ericoides, parmi les Fucales, Dictyota dichotoma, Taonia
atomaria et Dictyopteris polypodioides (= membranacea) , parmi
les Dictyotales, puis chez Laminaria Cloustonii (= hyperborea ),
Asperococcus bullosus, Sporochnus pedunculatus et Arthrocladia
villosa.
Antérieurement, ces oléocorps avaient été déjà observés par de
nombreux auteurs, et depuis longtemps. Ceux des Dictyota avaient
été décrits comme globules gras par A. Hansen (7), en 1895, et
comme responsables de l’iridescence du thalle par G. Berthold (8),
en 1882, E. Bruns (9), en 1894, F. Hunger (10), en 1903. D’une
façon plus générale, dans son Traité d’Algologie, P. Dangeard (11),
en 1933, avait pu écrire que la cellule des Phéophycées peut ren¬
fermer, outre les physodes, des globules donnant la réaction des
protides, assimilables aux globules irisants (ou iridescents) des
Algues rouges. Dans ma thèse, je montrais surtout qu’il s’agit de
globules intra-cytoplasmiques, et non pas intra-vacuolaires, comme
les corps irisants des Algues rouges, que ces globules ne peuvent
être rattachés, ni aux physodes, ni au vacuome, qu’ils ne sont pas
non plus des globules lipidiques, du moins au sens strict de ce
terme, et qu’ils présentent les caractères généraux suivants: a) une
grande altérabilité, qui se manifeste par l’apparition d’un double
contour, tandis que leur contenu devient granuleux; — b) une
grande labilité, telle qu’ils sont détruits, non seulement par l’alcool
ou les fixateurs brutaux, mais encore par la solution iodo-iodurée,
et par des fixateurs aussi doux que l’eau de mer formolée, qui con-
(4) La question de l’iridescence ne sera pas envisagée dans le présent article.
(5) Le Botaniste, 18, 1927.
(6) Loc. cit.
(7) Mitt. Zool. Stat. Neapel, 11, 1895.
(8) Jahr. wiss. Bot., 13, 1882.
(9) Flora, 79, 1894.
(10) Jahrb. wiss. Bot., 38, 1903.
(11) Traité d’Algologie, Paris (Lechevalier), 1933.
6
M. CHADEFAUD
serve généralement très bien les chondiosomes; — c) l’aptitude à
donner au moins l’une des réactions des protides, la réaction
xantho-protéique, pouvant indiquer la présence constante de pro¬
tides parmi les éléments de leur contenu; — d) une colorabilité par
les colorants vitaux des vacuoles (surtout le bleu de crésyle) et par
le bleu d’indophénol naissant (NADI, utilisé comme colorant des
lipides), très variable selon les espèces, comme si aux corps à
réaction protidique s’ajoutaient, dans leur substance, d’autres prin¬
cipes, variables selon les cas. Je notais aussi que la vanilline chlo¬
rhydrique, avant de les détruire, peut les colorer légèrement en bleu
vert. Et je concluais en disant que leur aspect, leur altérabilité et
leur labilité les rapprochent des « oléocorps » ou « élaïoplastes *
des Hépatiques, qu’à cette époque venaient d’étudier Dombray
(1926) (12), Popovici (1927) (13) et Gavaudan (1930) (14).
Dans le détail, je rapportais les observations suivantes : a )Hali-
drys siliquosa, cellules du tissu profond : deux ou trois oléocorps
globuleux, parmi les physodes, autour du noyau, d’ordinaire plus
gros que les physodes, avec double contour et contenu granuleux,
et faiblement colorables, en bleu verdâtre, par le bleu de crésyle;
b) Cysloseira ericoides, cellules superficielles : globules ana¬
logues, mais plus gros, également à contenu granuleux, contre le
pôle interne des cellules (contre le pôle externe il y a au contraire
un amas de physodes);
c) Dictyota dichotoma, cellules superficielles et cellules internes:
globules non ou très peu granuleux, très gros dans les cellules
internes, presque toujours réunis à la masse de physodes qui en¬
toure le noyau ; non colorables par le rouge neutre, le bleu de cré¬
syle ou le NADI, ils donnent la réaction xantho-protéique, et sont
légèrement colorés en bleu vert, avant de disparaître, sous l’action
de la vanilline chlorhydrique; leur contenu devient granuleux, puis
ils éclatent et disparaissent, quand on tue les cellules, notamment
sous l’action de l’alcool fort, de la solution iodo-iodurée, de la
vanilline chlorhydrique, de l’acide chlorhydrique, et même de l’eau
de mer formolée; l’eau distillée les fait aussi disparaître;
d) Taonia atomaria : globules le plus souvent situés dans la
zone périnucléaire, avec double contour et contenu fortement gra¬
nuleux, colorables (en violet, comme les lipides) par le NADI, mais
non par le rouge neutre ou le bleu de crésyle;
e) Dictyopteris polypodioides (= membranacea) : gros globules
osmiophiles ;
(12) Thèse de Doctorat, Nancy, 1926.
(13) C. R. Ac. Sc., 1927.
(14) Thèse de Doctorat, Paris, 1930.
SUR LES PHYSODES ET
LES OLÉOCORPS DES DICTYOTACÉES 7
f) Laminaria Cloustonii (= hyperborea) : globules à double
contour et à contenu granuleux, observés dans les cellules corticales
profondes de certains thalles, près du noyau, en décembre;
g) Asperococcus bullosus : corps réfringent irrégulier, assez fré¬
quent dans les grandes cellules profondes du thalle;
h) Scytosiphon lomentaria : dans chaque cellule superficielle du
thalle, gros globule réfringent, unique, ayant l’aspect d’un globule
gras, mais ne donnant pas les réactions des lipides (v. mon mémoire
de 1927, fig. 11) ;
i) Sporochnus pedunculatus : dans toutes les cellules (sauf les
sporocystes, par contre riches en lipides), et y compris celles des
poils, généralement près du noyau, plusieurs gros oléocorps globu¬
leux (parfois pas plus gros que les physodes; généralement beau¬
coup plus volumineux), presque toujours à double contour, avec
contenu homogène (s’il n’est pas altéré) ou granuleux (altération
très fréquente), dans lesquels des phénomènes de coacervation
peuvent provoquer la formation d’une très grande cavité, contenant
un second oléocorps semblable au premier, et emboîté dans celui-ci;
mêmes réactions que les oléocorps du Dictyota, mais en outre colo¬
ration vitale facile, en bleu azuré pâle, par le bleu de crésyle;
j) Arthrocladia villosa : dans les cellules des poils, amas de glo¬
bules (de nature à la vérité douteuse, car il s’agit peut-être de phy¬
sodes transformés) autour du noyau, où la vanilline chlorhydrique
les colore en vert.
On remarquera qu’il n’est pas absolument certain que les divers
oléocorps ainsi décrits soient tous de même nature, puisqu’on peut
se demander si certains d’entre eux ne sont pas en réalité des phy¬
sodes modifiés, ce que l’on pourrait appeler des « oléophysodes ».
III. — Les choses en étant là, et la guerre ayant passé, la question
fut reprise au Japon par Y. Ando, qui publia en 1951 un travail
important « on the so-called fucosan in marine Pheophyceae » (15),
et qui depuis continue des recherches sur ce sujet.
Ce travail a pris comme objet d’étude la Dictyotacée japonaise
Dictyopteris divaricata, dont la fronde, d’après ses dessins, a une
structure étonnamment semblable à celle de notre Dictyota dicho-
toma : une couche de grosses cellules internes, non assimilatrices,
entre deux couches de petites cellules superficielles assimilatrices,
avec çà et là des touffes de poils. Dans ces diverses cellules, il
retrouve les deux sortes de vésicules plus haut signalées chez le
(15) Botanical Magazine, Tokyo, 64, 1951.
8
M. CHADEFAUD
Dictyota, savoir : a) de petites vésicules, qui sont les physodés; —
b) des grosses vésicules, qui sont les corps iridescents ou oléocorps.
Ceux-ci sont particulièrement volumineux dans les grosses cellules
internes, tandis que les physodes sont particulièrement nombreux
dans les cellules superficielles assimilatrices.
Faisant agir divers réactifs, il constate que : a) la vanilline
chlorhydrique rougit les physodes, non les oléocorps; — b) l’acide
osmique brunit les uns et les autres; — c) le bleu de méthylène ne
colore, ni les uns, ni les autres; — d) l’eau distillée ne détruit, ni
ies uns, ni les autres; — e) l’alcool provoque la dispersion et la
destruction des physodes; — f) l’éther détruit (par dissolution),
d’abord les oléocorps (en cinq minutes), ensuite les physodes (en
30 minutes); g) le réactif de Liebermann, qui décèle les sesquiter-
pènes azulénogènes, colore les physodes, d’abord en vert, ensuite
en bleu violet intense, mais ne donne aux oléocorps qu’une couleur
verte.
D’autre part, par distillation dans la vapeur, il extrait du Dic-
tyopteris étudié une huile essentielle, que rougit la vanilline chlo¬
rhydrique, que noircit l’acide osmique, et que le réactif de Lieber¬
mann colore d’abord en vert, ensuite en bleu violet intense. Il
rapproche cette huile de certains composés terpéniques, que rougit
également la vanilline chlorhydrique : le kessylalcool de la valé¬
riane officinale (var. latifolia) et l’isocaucalol du Caucalis scabra,
et il attribue ce rougissement à un alcool sesquiterpénique, de for¬
mule CisHssO.
De tout cela il conclut que les physodes de ce Dictyopteris con¬
tiennent, non pas un tannoïde du groupe du phloroglucol, comme
on 1 admet ordinairement (ils seraient alors colorables par le bleu
de méthylène), mais une huile essentielle, ayant parmi ses consti¬
tuants cet alcool sesquiterpénique. Ces physodes n’étant abondants
que dans les cellules assimilatrices, il pense avec Kylin (16) qu’ils
doivent contenir les produits immédiats de la photosynthèse chloro¬
phyllienne : ceux-ci seraient donc, au moins pour partie, sesquiter-
péniques.
Mais par la suite (17), il est conduit à des conclusions plus
complètes et plus complexes. Il pense que la fucosane contient,
non pas des terpènes, mais « a kind of condensed-tannin derived
from phloroglucine », donc que c’est bien un tannoïde du groupe
du phloroglucol, comme l’avait indiqué Kylin (18). Et il admet
1 existence de trois sortes de physodes :
(16) Z. physiol. Chem., 83, 1913.
(17) in Ut.
(18) Loc. cit.
Source : MNHN, Paris
SUR LES PHYSODES ET LES OLÉOCORPS DES DICTYOTACÉES 9
a) physodes tannifères, colorables par le bleu de crésyle (et je
pense, rougis par la vanilline chlorhydrique, en raison de la pré¬
sence de dérivés du phloroglucol) ;
b) petits physodes à essence, non colorables par ce réactif, mais
néanmoins rougis par la vanilline chlorhydrique, parce qu’ils con¬
tiennent l’alcool sesquiterpénique indiqué plus haut;
c) gros physodes à essence, que ne colorent ni le bleu de crésyle,
ni la vanilline chlorhydrique.
Ces trois catégories sont osmiophiles. Les deux premières doivent
correspondre aux divers « physodes », reconnus dans la première
partie de cet article; la troisième est constituée par les « oléo-
corps », étudiés dans la seconde partie.
* *
IV. _ Ayant été informé par l’auteur lui-même, de ces remar¬
quables résultats, j’ai été naturellement amené à reprendre l’étude
des physodes et des oléocorps des Dictyotacées de nos côtes. Au
cours d’un récent séjour à Roscoff, j’ai ainsi examiné à nouveau
Dictyota dichotoma, Taonia atomaria et Dictyopteris membranacea,
avec les résultats suivants :
A. — dictyota dichotoma (fig. 1 à 4). — Après coloration vitale au
bleu de crésyle, on reconnaît aisément l’existence de physodes, tels
qu’ils ont été définis dans la première partie de ce travail, et
(Y oléocorps, conformes à ce qui en a été dit dans la seconde partie,
et cela aussi bien dans les cellules superficielles assimilatrices, à
appareil plastidial chlorophyllien (= phéoplastes) très développé
(iîg. 1 à 3) que dans les grandes cellules internes, où cet appareil
est au contraire très réduit (fig. 4), et même dans les cellules ini¬
tiales apicales, très riches en physodes, et pourvues en même
temps d’oléocorps nombreux.
Les physodes peuvent être étudiés vitalement surtout dans les
cellules superficielles, directement accessibles à l’observation. La
plupart sont groupés dans la région périnucléaire du cytoplasme,
selon la règle, mais d’autres dispersés, soit entre les vacuoles,
dans les travées cytoplasmiques intervacuolaires ou les tractus
intravacuolaires (fig. 1), soit entre les phéoplastes, dans la couche
cytoplasmique pariétale du corps cellulaire (fig. 2). Tous sont plas¬
tiques, et par suite tantôt ronds (fig. 2), tantôt diversement dé¬
formés par les courants de cyclose (fig. 1 et 3). On ne doit pas les
confondre avec les précipités cristallins (bouquets d’aiguilles vio¬
lettes ou pourprées, réunies en oursins) qui se forment dans les
vacuoles, sous l’action du colorant vital, et qui, selon G. Mange-
10
M. CHADEFAUD
not (19), indiquent dans celles-ci la présence d’iodures (fig. 2).
Fig. 1 et 2. — Dictyota dichotoma, cellules superficielles du thalle, colorées
vitalement au bleu de crésyle.
En 1, mise au point sur l’intérieur de deux cellules. Noyaux; phéoplastes
pariétaux (ponctués); vacuoles avec, dans l’une des cellules, des précipités
cristallins violets, formés sous l’action du colorant (en noir); physodes à
fucosane, intensément bleuis par le colorant (en noir) ; oléocorps assez nom¬
breux, globuleux et réfringents, autour des noyaux.
En 2, vue superficielle de deux autres cellules. Phéoplastes, précipités cris¬
tallins vacuolaires et physodes à fucosane; oléocorps peu nombreux.
Dans les cas les plus favorables, on reconnaît l’existence, dans
chaque cellule, des diverses variétés de physodes décrites dans la
première partie (fig. 3): a. — physodes entièrement imprégnées de
fucosane orthochromatique, et par suite entièrement réfringents, et
entièrement colorés, par le bleu de crésyle, en bleu franc intense
(p), avec parfois une inclusion sphérique (= cavité?) non colo-
rable (p,) ; b. — physodes formés d’un corps physogène filamenteux
(peu net) contenant un chapelet de grains de fucosane, seuls colorés
(19) Données morphol. sur la matière vivante. Paris (Guillon), 1930.
Source : MNHN, Paris
SUR LES PHYSODES ET LES OLÉOCORPS
DES DICTYOTACÉES 11
(en bleu franc) et seuls réfringents (p.) ; c.— physodes constitues
par un globule de fucosane, coloré en bleu franc et réfringent, et
une ou deux queues (d'aspect mitochondrial) qui représentent le
corps physogène (p.) ; d. — physodes à peine imprégnés d'un peu de
fucosane, de sorte qu’ils ne sont pas réfringents, et ne se colorent
que faiblement par le bleu de crésyle (p,) ; e. — physodes réduits au
corps physogène, mat et non colorable, sans fucosane (p.). Toute¬
fois, je n'ai jamais observé jusqu’ici, chez cette espèce, de physodes
métachromatiques, dans lesquels le constituant métachromatique
de la fucosane existerait seul, ou serait séparé du constituant ortho-
chromatique classique. De même, les physodes du Dictyota ne sont
jamais assez hydratés pour simuler de petites vacuoles.
Ces divers physodes sont accompagnés de chondriosomes fila¬
menteux (m, lig. 3). Ils sont bien distincts des oléocorps (o, ici.),
généralement plus volumineux.
Dans les grandes cellules internes, les physodes, riches en fuco¬
sane orthochromatique, forment une masse compacte autour du
noyau, au centre de la cellule. A cette masse sont fixés les oléo¬
corps, pour la plupart très volumineux (fig. 4).
Du point de vue cyto-chimique, outre sa colorabilité vitale, sans
métachromasie, par le bleu de crésyle (en bleu franc) et le rouge
neutre (en rouge rubis), la fucosane orthochromatique des phy¬
sodes donne un ensemble de réactions indiquant la présence de
iannoïdes dérivés du phloroglucol, non celle de lipides ni d’essences.
En effet :
a) elle est bien brunie par l’acide osmique (cellules immergées
quelques instants dans le liquide de Benoît), et colorée en bleu
violacé par le NADI (bleu d’indophénol naissant), comme si ellè
contenait des lipides ou des essences, mais elle n’est pas colorée
par le bleu BZL (en solution dans l’alcool à 50°), et ne prend
qu’une vague teinte jaunâtre sale sous l’action des réactifs de
Liebermann (anhydride acétique+ SO‘H 2 concentré), de Salkowsky
(chloroforme + SO'H 2 concentré) et de Sabetay (brome dissous
dans chloroforme + ac. acétique glacial), qui sont des réactifs des
essences sesquiterpéniques, de sorte qu’en fait on doit attribuer
son osmiophilie et sa coloration par le NADI à la présence de
corps autres que des lipides ou des essences;
b) elle est brunie par la solution iodo-iodurée, et intensément
rougie par la vanilline chlorhydrique (physodes p et p. entièrement
rougis, ainsi que les grains ou globules de lucosane des p 2 et ps,
tandis que les p*, et plus encore les p», sont détruits par le réactif),
réactions qui peuvent s’expliquer en admettant que les corps res¬
ponsables de l’osmiophilie et de la coloration au NADI, n’étant ni
12
M. CHADEFAUD
des lipides, ni des essences, sont des tannoïdes phloroglucoliques,
comme l’avait dit Kylin, et comme l’admet maintenant Ando (v.
plus haut) ;
c) ses colorations vitales orthochromatiques s’expliquent aussi
très bien par la présence de tannoïdes, que confirme en outre
l’action de réactifs classiques des tannins et composés analogues,
tels que l’acide chromique ou le sulfate de fer. Pourtant, on doit
noter ici une note discordante, au sujet de laquelle je ne puis me
prononcer : dans les cellules, la fucosane orthochromatique ne m’a
pas paru donner la réaction xanthoprotéique, comme devraient le
faire des tannoïdes, en raison de leurs fonctions phénoliques (et
comme le fait d’ailleurs la fucosane du Dictyopteris membranacea,
ainsi qu’on le verra plus loin).
La fucosane orthochromatique n’est d’ailleurs peut-être pas la
seule susbstance remarquable qui puisse s’accumuler dans les
physodes du Dictyota. Dans les cellules superficielles du thalle, en
effet, sous l’action de la vanilline chlorhydrique, certains d’entre
eux se transforment en vésicules, soit rouges à contenu rose, soit
vertes à contenu rose, soit enfin également vertes, mais à contenu
lui aussi vert. Le corps responsable de la coloration verte doit être
autre chose que la fucosane. Dans la mesure où il ne s’agit pas de
chlorophylle (venue des plastes altérés), ne peut-il s’agir d’un
corps comparable aux huiles essentielles? S’il en était ainsi, une
partie des physodes contiendraient de telles huiles, comme le pense
Ando dans le cas du Dictyopteris divaricata. Mais je ne puis
1 affirmer, et en tout cas, même si certains physodes contiennent
une essence, en plus ou au lieu de la fucosane, ils sont peu nom¬
breux et peu importants.
Contrairement aux physodes, les oléocorps, toujours sphériques,
sont très réfringents, sans pour cela être d’ordinaire vitalement
colorables par le rouge neutre ou le bleu de crésyle : leur réfrin¬
gence n est donc pas due à la présence de fucosane orthochroma¬
tique. Dans les cellules vivantes et en bon état, ils sont générale¬
ment tous localisés dans la région périnucléaire, et leur contenu
est homogène, sans granulations. C’est surtout ceux des grandes
cellules internes qui, en raison de leur grosseur (fig. 4), se prêtent
aux essais cytochimiques nécessaires pour avoir une idée des cons¬
tituants de ce contenu. Ces essais semblent révéler la présence
d'huiles essentielles, mais différentes de celle que Ando a extraite
du Dictyopteris divaricata. En effet (20) :
^tions des huiles essentielles, l’ouvrage consulté a été :
George L 1952’ T pratique àe Chimie végétale, t. IV, Tourcoing, Impr.
SUR LES PHYSODES ET LES OLÉOCORPS DES DICTYOTACÉES 13
a) du moins dans la région de Roscoff (car des variantes sont
possibles selon les localités), ces oléocorps ne sont pas rougis par
la vanilline chlorhydrique : l’acide chlorhydrique de ce réactif
les colore d’abord légèrement en vert bleu, ensuite les détruit; la
Fig. 3 et 4. — Didyola diehotoma (suite), coloration vitale au bleu de crésyle.
En 3, éléments figurés du cytoplasme des cellules superficielles : phéoplastes;
physodes à fucosane, complètement imprégnés par celle-ci, fortement bleuis
par le colorant, et figurés en noir (p) ; physodes à fucosane avec inclusion glo¬
buleuse non colorable (p,) ; physodes formés par un chapelet de grains de
fucosane (en noir) dans un corps physogène filamenteux non colorable (p 2 ) ;
physode formé par un gros grain de fucosane, avec queues non colorables
constituées par le corps physogène (p 3 ) ; physodes constitués par un corps phy¬
sogène à peine imprégné de fucosane, et par suite à peine colorables (p.,) ;
physodes réduits au corps physogène non colorable, mat, sans fucosane (p 5 ) ;
chondriosomes (m) ; oléocorps (o).
En 4, cellule interne du thalle, à phéoplastes très peu nombreux. Noyau (non
visible) entouré de physodes (en noir) et d’oléocorps globuleux, volumineux.
M. CHADEFAUD
14
vanilline n’agit pas de façon visible. Ils ne contiennent donc pas
l’alcool sesquiterpénique Cw H» O qui, selon Ando, caractérise
l’essence du D. divaricata, ni aucun composé terpénique analogue,
que la vanilline chlorhydrique rougirait;
b) ces corps donnent bien, en apparence, certaines des réactions
des sesquiterpènes ou alcools sesquiterpéniques azulénogènes : ils
sont transformés en masses concrètes et cavulées, intensément
colorées en bleu, puis en violet, par le réactif de Liebermann,
qu’a utilisé Ando (anhydride acétique + SO’H 2 concentré), et par
celui de Salkowsky (chloroforme + SO'H 2 concentré). Mais il n’y
a là qu’une apparence, car on obtient cette même transformation
en masses bleues, puis violettes, avec l’acide sulfurique concentré
employé seul, tandis que d’autres réactifs des composés sesquiter¬
péniques azulénogènes, tels que celui de Sabetay (brome dans
chloroforme + ac. acétique glacial), qui ne contiennent pas d’acide
sulfurique, demeurent sur eux sans effet;
c) malgré cela, on peut penser qu’ils renferment une huile essen¬
tielle, et préciser que celle-ci a chance de contenir des composés à
fonctions phénoliques, car :
— Le bleu BZL (en solution dans l’alcool à 50°) les colore très
nettement, comme il colore aussi (d’après mes essais personnels)
les essences de Cèdre, d’Origan, d’Anis, etc... Avec ce réactif, on voit
les oléocorps, d’abord bleuir, en absorbant le colorant, ensuite dis¬
paraître, en raison de leur labilité, sous l’action de l’alcool dans
lequel celui-ci est dissous (21). Par contre, on n’obtient pas de colo¬
ration avec un autre colorant des lipides et essences : le N ADI ;
— L’action de l’acide sulfurique concentré qui, soit seul, soit dans
les réactifs de Liebermann et de Salkowsky, transforme les oléo¬
corps en masses concrètes cavulées, bleues puis violettes, peut
s’interpréter en admettant qu’ils contiennent une huile essentielle.
Cet acide (d’après mes essais personnels) réagit en effet vivement,
avec dégagement de chaleur, avec les essences de beaucoup de
plantes, et le résultat de cette réaction, in vitro, est assez souvent
une masse colorée, plus ou moins solide. J’ai ainsi obtenu une
coloration brune (parfois acajou) avec les essences de Bergamotte,
d’Aspic, de Thym, d’Origan et de Verveine, une masse liquide
jaune, puis brun rouge (si l’essence est en excès) avec l’essence de
Carvi, une masse également liquide, mais intensément violette (si
l’essence est en excès) avec l’essence de Girofle, enfin une masse
(21) Cette labilité, qui a déjà été signalée et se manifeste avec des réactifs
très divers (voir seconde partie, et aussi plus loin), empêche d’admettre que
les oléocorps sont simplement des globules lipidiques, comme leur colorabilité
par le bleu BZL et leur osmiophilie pourraient le faire penser.
SUR LES PHYSODES ET LES OLÉOCORPS DES DICTYOTACÉES 15
pâteuse, presque solide, d’abord brune, ensuite intensément violette
(si l’essence est en excès) avec l’essence d’Anis. Ce dernier résultat
rappelle d’assez près celui que donne l’acide sulfurique avec les
oléocorps du Dictyota;
— Cette même action de l 'acide sulfurique concentré fait aussi
penser à la présence, dans ces oléocorps, de composés à fonctions
phénoliques. Cet acide donne en effet des réactions colorées remar¬
quables avec certains de ces composés : rouge avec la vanilline,
violette avec le thymol, etc...;
— L’action de l 'acide chlorhydrique peut aussi indiquer la pré¬
sence d’une essence. Soit seul, soit dans la vanilline chlorhydrique,
cet acide provoque une coloration bleu vert peu intense mais
nette, des oléocorps, qui en même temps sont altérés (double
contour, contenu granuleux et cavulé), puis même détruits. Or,
quand on verse, dans un tube à essais, et avec précaution, de
l’essence d’Anis (qui réagit avec S0 4 H s à peu près comme les oléo¬
corps) sur de l’acide chlorhydrique fumant, on voit se former un
anneau vert autour du contact des deux liquides, puis des traînées
vertes sur ce contact, à partir duquel une coloration rose se déve¬
loppe dans l’acide; ensuite, on voit dans celui-ci des globules
d’essence teintés en vert, dont la couleur vire finalement au brun.
Il existe donc des essences que l’acide chlorhydrique colore, à peu
près comme il fait pour les oléocorps. Par contre, je n’ai pas trouvé
de composés phénoliques présentant une semblable réaction;
— L’action de l’acide nitrique parle en faveur de la présence, à
la fois d’une essence et de composés phénoliques. Comme il a été
indiqué dans la seconde partie, les oléocorps du Dictyota donnent
en effet, avec N0 3 H, puis NH 3 , la réaction xantho-protéique. Or,
d’une part c’est là une réaction des phénols, et d’autre part on peut
aussi l’obtenir avec l’essence d’Anis : agitée avec de l’acide nitrique
fumant, cette essence s’en sépare avec une coloration jaune brun
(ensuite brun verdâtre), que l’ammoniaque fait virer au jaune
orangé (ensuite il y a émulsion, et la coloration disparaît). D’autres
essences d’ailleurs sont aussi colorées par l’action de l’acide
nitrique fumant : essence de Girofle (en brun rouge intense), de
Carvi (en jaune brun clair), d’Origan (en jaune, puis en brun),
etc...;
— Enfin, les oléocorps sont jaunis par l 'acide osmique, ce qui
peut aussi indiquer à la fois la présence d’une essence et de com¬
posés phénoliques, et brunis par la solution iodo-iodurée, ce qui est
une réaction de ces derniers.
En résumé, l’étude du Dictyota dichotoma, anatomiquement très
semblable au Dictyopteris divaricata des côtes japonaises, nous
16
M. CHADEFAUD
conduit à des résultats qui rappellent ceux obtenus par Ando avec
celui-ci, mais qui sont pourtant fort différents, car :
a) Cette étude ne révèle pas de façon nette, chez le Dictyota,
l’existence des trois sortes de « physodes » admises par Ando (phy-
sodes à fucosane, petits physodes à huile essentielle, gros physodes
à huile essentielle). Elle montre seulement des physodes ( st.
sensu), plus ou moins chargés de fucosane orthochromatique, pro¬
bablement tannoïde et phloroglucolique, et des oléocorps, qui seuls
paraissent contenir une huile essentielle. Pourtant, dans quelques-
uns des physodes des cellules superficielles, une substance diffé¬
rente de la fucosane (verdie par la vanilline chlorhydrique, et non
rougie), semble pouvoir se substituer à celle-ci : il y a peut-être
là une tendance à la transformation des physodes typiques, à fuco¬
sane, en ce que Ando appelle les « petits physodes à huile essen¬
tielle », distincts des oléocorps, lesquels sont, pour cet auteur, les
« gros physodes à huiles essentielles » ;
b) Cette étude montre aussi que l’huile essentielle du Dictyota,
contenue dans les oléocorps, ne donne qu’en apparence la réaction
de Liebermann, qu’elle réagit seulement avec l’aide sulfurique en
jeu dans celle-ci, et qu’elle ne paraît pas contenir l’alcool sesqui-
terpénique observé par Ando;
c) Par contre, elle montre que cette essence se comporte, vis-à-
vis des acides sulfurique, chlorhydrique et nitrique, à peu près
comme l’essence d’Anis, et qu’elle semble contenir, en plus de ter-
pènes très probables, des composés (terpéniques ou non) pourvus
de fonctions phénoliques (22).
B* taonia atomaria (fig. 5 à 7). — J’ai pu étudier cette espèce
grâce à l’amabilité de M. Julius Erst, qui l’a récoltée à mon inten¬
tion, en abondance et à l’état très frais, au cours de plongées sous-
marines, dans la baie de Morlaix, vers 8 à 10 m. de profondeur,
entre les rochers du Goueslès et du Béclem. Sa constitution cyto¬
logique, plus complexe que celle du Dictyota, se rapproche davan¬
tage de celle qu’admet Ando pour le D. divaricata, car elle com¬
porte, outre les plastes et les chondriosomes, trois sortes d’élé¬
ments : des physodes, comparables aux « physodes à fucosane »
de cet auteur; des olèophysodés, peut-être (?) analogues à ses
« petits physodes à huiles essentielles », et des oléocorps, certaine-
(22) Ces composés phénoliques doivent se trouver dans des conditions parti¬
culières, sinon les oléocorps seraient colorables par le bleu de crésyle et le
rouge neutre, ce qu’il semble d’ailleurs qu’ils soient parfois en effet, mais ce
que je n’ai pas personnellement observé.
L’essence d’Anis contient : terpènes, méthylchavicol, anisone, des traces
d’aldéhyde éthylique, et surtout de l’anéthol (80 à 90 %).
Source : MNHN, Paris
SUR LES PHYSODES ET LES OLÉOCORPS DES DICTYOTACÉES 17
lement au bleu de crésyle!
En 5, vue superficielle d’une cellule. Phéoplastes pariétaux (ponctués) ; phy-
sodes de plusieurs sortes, les uns d’un type spécial, toujours globuleux et
intensément colorables (cercles noirs), les autres typiques, globuleux, ou diver¬
sement étirés, et moins colorables (petits cercles ou fuseaux blancs), d autres
enfin réduits au corps physogène, non ou à peine colorable, dépourvu de réfrin¬
gence, et étiré par les courants de cyclose (sept de ces physodes rayonnent
autour du centre de la cellule); oléophysodes (cercles hachurés).
En 6, mise au point sur les régions internes d’une autre cellule : mêmes
types de physodes, pour la plupart groupés autour du noyau; pas d’oléophy-
sodes, mais gros oléocorps globuleux, à contenu grossièrement granuleux.
En 7, cellule avec oléocorps contenant un ou deux globules réfringents, par¬
fois verts.
Source : MNHN, Paris
18
M. CHADEFAUD
ment homologues à ses «gros physodes à huile essentielle». Tous
ces éléments peuvent être vus dans des cellules vivantes, sans l’aide
d’aucun réactif, et je n’ai rien observé jusqu’ici qui puisse faire
admettre que certains d’entre eux, par exemple les oléophysodes,
se forment par précipitation ou coacervation dans le suc des
vacuoles. Dans les frondes conservées depuis un certain temps au
laboratoire, et dont les cellules sont de ce chef altérées, on trouve
en outre des globules hyalins, contenant un agglomérat de masses
vertes ou brunes. Ces globules se rencontrent dans des cellules
appauvries en phéoplastes; ce sont des phéoplastes altérés, qui ont
généralement quitté leur situation pariétale et se sont vésiculisés,
avec ségrégation de leur complexe pigmentaire sous forme de
masses, d’abord vertes, ensuite brunes, agglomérées entre elles.
Une partie des phéoplastes abandonnent aussi leur position parié¬
tale dans les cellules qui vont se transformer en sporocystes, mais
alors sans subir d’altération : leur migration s’accompagne d’une
multiplication, et ils se disposent en deux masses, occupant les
pôles du cytoplasme périnucléaire.
Les physodes sont analogues à ceux du Dictyota, mais avec une
catégorie de plus. On observe en effet, la plupart massés autour du
noyau, d’autres dispersés le long des travées ou tractus inter- ou
intravacuolaires : a) des physodes mats, réduits au corps physo-
gène, sans fucosane, et quelquefois pourvus d’une inclusion (ou
cavité?) sphérique (v. fig. 6, en haut) ; — b) d’autres physodes
également non réfringents, mais pourtant imprégnés d’un peu de
fucosane, de sorte que le bleu de crésyle leur communique une
teinte bleue, très pâle; — c) des physodes typiques, plus fortement
imprégnés de fucosane, par suite plus réfringents et plus fortement
colorables par ce réactif; — d) enfin, des physodes d’un type spé¬
cial, qui diffèrent des précédents parce qu’ils sont toujours sphé¬
riques, jamais déformés par les courants de cyclose, et plus inten¬
sément colorés par le bleu de crésyle, avec une teinte parfois un
peu violacée. Je ne puis rien dire de certain quant aux relations
de cette dernière catégorie avec les précédentes. Je dirai seulement
qu’on peut se demander si elle ne conduit pas aux oléophysodes,
qui vont être étudiés plus loin. Quant à la fucosane orthochroma¬
tique de ces diverses catégories, elle semble être tannoïde et phlo-
roglucolique, selon la règle.
Les oléophysodes ressemblent aux physodes spéciaux, de la der¬
nière catégorie (d) par leur forme toujours sphérique, mais ils sont
généralement un peu plus gros, plus réfringents, avec un contour
sombre et épais, comme s’ils étaient pourvus d’une paroi. Leur
nombre est variable; il n’est pas certain que toutes les cellules en
SUR LES PHYSODES ET LES OLÉOCORPS DES DICTYOTACÉES 19
renferment; ils sont plus ou moins dispersés dans le cytoplasme
sous-pariétal, sous la face externe de la cellule, plutôt que groupés
autour du noyau. Sans coloration, leur contenu est gris sombre. Le
bleu de crésyle les colore vitalement, mais sans leur communiquer
davantage qu’une teinte bleuâtre, sale et peu intense. La vanilline
chlorhydrique les transforme en vésicules à paroi réfringente, sans
les rougir ni les verdir. Le réactif de Liebermann les jaunit inten¬
sément, ce qui peut indiquer que leur contenu est de la nature des
huiles essentielles. Ces données ne permettent pas des conclusions
nettes. Le terme d’« oléophysodes », que j’emploie ici, traduit qu’il
semble s’agir de petits globules à huile essentielle, ressemblant à
des physodes, sans que pour cela ils constituent nécessairement
une catégorie de ceux-ci, doué de propriétés spéciales. Peut-être (?)
cependant dérivent-ils des physodes de la catégorie d, avec lesquels
ils formeraient alors un ensemble correspondant aux « petits phy¬
sodes à huile essentielle » du D. divaricata. On a noté, dans les
cellules superficielles du Dictyota, les indices possibles d’une ten¬
dance de quelques-uns des physodes à fucosane à devenir de tels
petits physodes oléifères: chez le Taonia, en s’accentuant, cette ten¬
dance conduirait à la formation d'oléophysodes bien caractérisés.
Toutefois, contrairement aux petits physodes oléifères du D. diva¬
ricata, ceux-ci ne contiennent pas le composé sesquiterpénique
CuHmO, que rougirait la vanilline chlorhydrique.
Les oléocorps vrais sont, comme ceux du Dictyota, fixées à la
masse des physodes périnucléaires. Toujours sphériques, ils sont
en général bien plus gros, et que ceux-ci, et que les oléo-physodes,
avec lesquels on ne peut guère les confondre. Contrairement à ceux
du Dictyota, ils possèdent une paroi définie, et un contenu toujours
plus ou moins granuleux. Même dans des frondes fraîchement
récoltées, j’ai en effet toujours trouvé à ce contenu les caractères
d’une émulsion (fig. 6), avec parfois, dans celle-ci, une ou plusieurs
grosses gouttelettes sphériques et réfringentes (fig. 7), gouttelettes
parfois colorées en vert, sans doute par de la chlorophylle, emprun¬
tée aux phéoplastes en voie d’altération.
La substance de ces oléocorps rappelle celle des oléocorps du
Dictyota par une partie de ses réactions; la vanilline chlorhydrique
ne la rougit pas, elle est brunie par Yacide osmique, le bleu BZL la
colore aussi (avant que l’alcool dans lequel on dissout ce réactif ne
la détruise), et par contre elle n’est pas colorée vitalement par le
rouge neutre et le bleu de crésyle. Mais d’autres réactions montrent
au contraire, entre les oléocorps du Taonia et ceux du Dictyota, des
différences importantes. Ainsi, contrairement à ceux du Dictyota :
■— Les oléocorps du Taonia sont colorés par le N A DI.
20
M. CHADEFAUD
— Par contre, ils ne sont pas colorés par l 'acide sulfurique con¬
centré (employé seul, ou dans le mélange de Liebermann), ni par
Yacide chlorhydrique (fumant, il détruit les oléocorps; dilué, il les
respecte souvent, mais sans les colorer), ni non plus par Yacide
nitrique (il les détruit).
— Ils ne sont pas colorés par la solution iodo-iodurèe (qui n’agit
que sur les physodes, en leur donnant une teinte brun rouge).
L’osmiophilie, ainsi que les colorations par le bleu BZL et le
NADI, doivent faire penser à la présence d’une huile essentielle,
comme dans les oléocorps du Dictyota. L’absence de coloration
avec l’acide sulfurique, l’acide nitrique et l’iode semble indiquer
que, au contraire de ceux-ci, cette huile essentielle ne renferme pas
de composés à fonctions phénoliques.
En conclusion, l’étude du Taonia atomaria nous apprend ainsi
que certaines Dictyotacées peuvent avoir une cytologie plus com¬
plexe que celle du Dictyota, et plus proche de celle qu’admet Ando
pour Dictyopteris divaricata, et que d’autre part il en est des huiles
essentielles de ces Algues comme de celles des plantes supérieures:
d’une espèce à l’autre, elles peuvent avoir des compositions diffé¬
rentes, en fonction desquelles elles donnent des réactions diffé¬
rentes elles aussi.
C. — dictyopteris membranacea (fig. 8 et 9). — Je n’ai fait de cette
espèce qu’une étude assez sommaire, malgré son abondance dans
la région de Bcscolî, parce que la grande labilité de ses cellules
m’a fortement gêné. Là aussi, on retrouve des physodes à fuco-
sane orthochromatique, vitalement colorables, sans métachromasie,
par le rouge neutre et le bleu de crésyle, et pour la plupart groupés
autour du noyau, et des oléocorps sphériques, fixés à la masse des
physodes périnucléaires. Ces oléocorps sont très gros dans la région
marginale des frondes, et à distance des sommets; on les trouve
plus petits, et finalement peu distincts, quand on s’éloigne de cette
région.
La fucosane orthochromatique des physodes présente, comme
chez les espèces précédentes, les caractères d’un complexe tannoïde
et phloroglucolique, avec les réactions suivantes :
— Coloration vitale, sans métachromasie, par le rouge neutre et
le bleu de crésyle;
— Brunissement par l’acide csmique;
— Brunissement par l’iode (de la solution iodo-iodurée), et aussi
par le brome (du réactif de Sabetay, qui transforme les physodes
de cette espèce en petites vésicules brun orangé) ;
— Jaunissement par l’acide sulfurique concentré, et coloration
en brun orangé par la réaction xantho-protéique (cette réaction,
SUR LES PHYSODES ET LES OLÉOCORPS DES DICTYOTACÉES 21
toutefois, lui communique parfois une couleur bleu vert, que je ne
puis expliquer);
- Intense rougissement par la vanilline chlorhydrique.
Fig. 8 et 9. -— Dictyopteris membranacea.
En 8, cellules de la marge du thalle, colorées vitalement au rouge neutre,
avec physodes abondants (ronds, rouge rubis, figurés en noir) et gros oléocorps
globuleux.
En 9, cellules superficielles du thalle, non loin de la marge, traitées par une
solution d’acide osmique (liq. de Benoît), qui a fortement bruni les physodes
et les oléocorps. Mise au point sur les régions internes de la première cellule
(deux oléocorps; physodes nombreux, autour du noyau) et sur la surface de
la seconde (seulement quelques physodes, entre les phéoplastes).
Les oléocorps ont un contenu homogène, comme ceux du
Dictyota, mais ils sont encore plus labiles : quand les cellules
meurent, ils se contractent et se transforment en masses irrégu¬
lières, qui ne tardent pas à se désorganiser et a disparaître. Par
leurs réactions cyto-chimiques, ils rappellent ceux du Taonia, cer¬
taines d’entre elles indiquant probablement la présence d’huiles
essentielles, tandis que les autres semblent montrer que ces huiles
ne renferment pas de composés phénoliques.
Peuvent indiquer la présence d’huiles essentielles : une forte
osmiophilie (un séjour des cellules dans le liquide de Benoît les
noircit rapidement) et une coloration vert jaunâtre sous l’action de
l 'alcool (probablement due à ce qu’alors ils absorbent des pigments
chlorophylliens , extraits des phéoplastes par l’alcool). Par contre,
il n’est pas certain qu’ils soient colorés par le bleu BZL : comme
celui-ci est employé en solution alcoolique, ils prennent, grâce à
l’alcool, la coloration qui vient d’être indiquée, et cela ne permet
22
M. CHADEFAUD
pas de savoir avec certitude s’ils fixent ou non le colorant.
Semblent indiquer l’absence de composants phénoliques le fait
qu’ils sont détruits, sans coloration préalable, par l 'acide sulfu¬
rique, par Yacide chlorhydrique et la vanilline chlorhydrique, et
par Yacide nitrique, avec lequel ils ne donnent pas la réaction
xantho-protéique.
V. — Les données qui viennent d’être rapportées sont bien incom¬
plètes : elles n’ont porté que sur trois espèces, étudiées en une seule
localité, et à une seule époque de l’année (en juillet-août) ; elles
n’ont pas mis en œuvre toutes les techniques possibles; la grande
labilité de certaines des formations observées (surtout les oléo-
corps) fait que les résultats obtenus ne sont peut-être pas tous à
l’abri de toute critique. Néanmoins, il semble possible d’en dégager
quelques conclusions, ayant chance d’être valables :
a) Bien qu’elles paraissent constituer un groupe .'homogène, les
diverses Dictyotacées diffèrent considérablement les unes des
autres par leur complexité cytologique, et par les caractères chi¬
miques de certaines des substances élaborées par leurs cellules.
b) Un premier caractère de complexité cytologique tient à l'exis¬
tence, chez une partie au moins d’entre elles, des globules intra¬
cytoplasmiques que nous avons appelés des oléocorps, par com¬
paraison avec les formations plus ou moins analogues qui, dans les
cellules des Hépatiques, portent ce nom, mais sans que cela
implique l’idée d’une parenté entre Phéophycées et Hépatiques.
c) C’est aussi dans ces oléocorps que se constate un premier
caractère de diversité cyto-diimique. Leurs réactions semblent
indiquer qu’ils contiennent, non pas des lipides vrais, comme on
l’avait admis autrefois (ils ont une trop grande labilité), mais
plutôt des huiles essentielles, probablement en partie au moins
terpéniques (?). Mais celles-ci n’ont pas toujours le même compor¬
tement : elles sont généralement émulsionnées chez Taonia ato-
maria, non chez Dictyota dichotoma et Dictyopteris membranacea.
Elles ne donnent pas non plus toujours les mêmes réactions : elles
sont colorables au NADI chez le Taonia, non chez le Dictyota;
d’après les réactions colorées qu’on observe avec SO’H 2 , HCl et
N0 3 H, celles du Dictyota semblent contenir des constituants phé¬
noliques (?), qui ne se retrouvent pas chez le Taonia et le Dictyop¬
teris.
d) La constitution du système des physodes introduit d’autres
éléments de complexité cytologique, en même temps que de diver-
SUR LES PHYSODES ET LES OLÉOCORPS DES DICTYOTACÉES 23
sité, à la fois cytologique et cyto-chimique, entre les diverses
espèces (23).
D’une façon générale, et comme toutes les autres Phéop'hycées,
toutes les Dictyotacées renferment, dans leurs cellules, des phy-
sodes à fucosane orthochromatique, celle-ci paraissant constituée
par un complexe tamioïde et phloroglucolique.
Un premier élément de diversité tient à ce que la fucosane ortho-
chromatique n’a pas toujours exactement les mêmes réactions :
j’ai pu constater qu’elle donne la réaction xantho-protéique des
phénols chez le Dictyopteris, je n’y suis pas arrivé chez le Dic-
tyota; chez celui-ci, dans quelques-uns des physodes des cellules
superficielles, elle est remplacée, en partie ou en totalité, par une
substance que la vanilline chlorhydrique verdit, au lieu de la
rougir.
Une seconde cause de complexité, et de diversité entre les espèces,
vient de ce que les physodes nie sont pas toujours tous complète¬
ment imprégnés de fucosane. Chez le Dictyota et le Taonia, on
trouve en effet des physodes à charge fucosanique incomplète,
réduite ou nulle, dans lesquels le corps physogène ne contient pas
assez de fucosane pour em être imprégné en entier, ou fortement,
ou même n’en contient pas du tout. La présence ou l’absence de tels
physodes appauvris en fucosane paraît dépendre de l’espèce étu¬
diée, et aussi des cellules examinées (les cellules initiales apicales,
toujours très riches en fucosane, n’en contiennent pas), sans doute
aussi des circonstances.
Un troisième élément de complexité est celui que montre Taonia
atomaria, où l’on constate l’existence de physodes d’un type spécial,
et d ’oléophysodés, peut-être dérivés, de ceux-ci, et peut-être ana¬
logues aux « petits physodes à huile essentielle » trouvés par Ando
chez Dictyopteris divaricata.
e) Si l’on passait des Dictyotacées à d’autres familles, on verrait
la diversité cytologique et cyto-chimique s’accentuer encore. Ainsi,
comme on pourra le voir en remontant à ma thèse :
— Chez les Laminariacées, on trouve des amas de très gros phy¬
sodes (dits du type Yendo), qui sont tous réfringents, et colorables
au bleu de crésyle et au rouge neutre, mais dont pourtant certains
ne sont pas brunis par l’acide osmique; ces mêmes Algues possè¬
dent aussi des physodes à fucosane métachromatique, non tan-
noïde, que l’acide chlorhydrique (seul, ou dans la vanilline chlorhy¬
drique) verdit.
(23) La prise en considération de l’iridescence conduirait à la constatation
d’autres éléments encore de complexité cytologique (note suggérée par des
remarques de M. J. Feldmann).
Source MNHN, Paris
24
M. CHADEFAUD
— Chez certains Sphacelaria, les physodes de cellules âgées, bien
qu’orthochromatiques, sont aussi verdis par la vanilline chlorhy¬
drique, et non rougis.
— Chez Sporochnus pedunculatus, les oléocorps sont vitalement
colorables, sans métachromasie, par le bleu de crésyle, comme s’ils
contenaient une petite quantité d'une substance analogue à la fuco-
sane orthodirom.atique.
Pour l’ensemble de ces faits, qui auraient encore besoin d’être
grandement précisés, il semble que l’on puisse proposer l’ébauche
d'interprétation suivante. Dans les cellules des Phéophycées, l’une
des phases du métabolisme (encore à déterminer) aboutirait à la
formation de composés appartenant aux groupes des tannoïdes et
des essences. Malgré leur disparité chimique, ces divers corps
seraient biochimiquement apparentés: pour comprendre à peu près
comment, il suffit de se remémorer qu’avec deux molécules d’iso-
prène (CsHs), on peut édifier aussi bien des molécules terpéniques,
appartenant aux groupes des essences (par ex. la molécule du limo-
nène), que des molécules phénoliques, appartenant au groupe des
tannoïdes (par ex. la molécule du thymol, dans laquelle les
atomes C sont disposés comme dans celle du limonène). Ce sont ces
différents corps que stockent les physodes, d’une part, et d’autre
part le cytoplasme, sous forme d 'oléocorps.
Les physodes stockent les tannoïdes, qui forment la fucosane
orthochromatique, tandis que les oléocorps semblent formés sur¬
tout d'huiles essentielles. Mais en raison de la parenté biochimique
(et non pas purement chimique) entre ces deux groupes de corps,
on conçoit que cette règle puisse ne pas être absolue. Dans certains
physodes, on trouverait alors, avec les tannoïdes, ou à leur place,
certaines essences, et naturellement celles qui, par leurs réactions,
se rapprochent le plus de la fucosane orthochromatique : telle pour¬
rait être l’origine des oléophysodes du Taonia, et des petits phy¬
sodes à huile essentielle du Dictyopteris diuaricata, avec dans ceux-
ci des substances que la vanilline chlorhydrique rougit, tout comme
elle fait pour la fucosane. Inversement, en plus des composés ter-
péniques formant la partie fondamentale des essences, certains
oléocorps pourraient contenir des composés phénoliques : ainsi
s’expliqueraient les réactions colorées des oléocorps du Dictyota
dichotoma avec les acides forts (surtout SO‘H 2 et N0 3 H), qui sem¬
blent s’expliquer par la présence de tels composés, et la coloration
vitale de ceux du Sporochnus, qui peut indiquer celle de corps
voisins de la fucosane.
Interviendraient en outre: a) d’une part, la quantité de composés
phénoliques ou terpéniques présents dans les cellules. En particu-
SUR LES PHYSODES ET LES
OLÉOCORPS DES DICTYOTACÉES 25
lier, quand les composés phénoliques ne sont pas suffisamment
abondants, on conçoit qu’une partie des physodes n’aient plus
qu’une charge réduite ou nulle de fucosane orthochromatique;
b) d’autre part, dans les physodes, la possibilité d’une évolution chi¬
mique des corps stockés. Une telle évolution peut expliquer que
certains des physodes à fucosane des Laminaires, du type « Yendo»,
ne soient plus rougis par la vanilline chlorhydrique, et que ce
réactif verdisse les physodes des cellules âgées, au lieu de les rougir,
dans les cellules âgées de certains Sphacelaria.
11 n’y a en tout cela, pour le moment, rien de plus qu’une hypo¬
thèse de travail. On remarquera qu’elle s’applique, non seulement
aux Phéophycées, mais encore aux plantes supérieures, chez les¬
quelles produits terpéniques et substances phénoliques sont si sou¬
vent associés.
Observations sur un Fucus
du bassin d’Arcachon
Par M. H. PARRIAUD.
L’algologue Camille Sauvageau a soigneusement exploré la rive
sud du bassin d’Arcachon et, en 1908 puis en 1923, il publie ses
observations relatives aux Fucus.
Sur le bord du pré-salé cet auteur rencontre Fucus platycarpus
Lin. (F. spiralis Lin.) et Fucus lutarius Kütz.; il distingue égale¬
ment une 3 e espèce qui ressemble au F. lutarius et l’appelle provi¬
soirement F. lutarius var. arcassonensis Sauv., puis F. dichotomus
var. arcassonensis. Sauv.
Voici, d’après ses descriptions, les caractères qui le différencient
du Fucus lutarius : les frondes lavées et fraîches sont plus bril¬
lantes, à nervure souvent plus nette, à ramifications plus rappro¬
chées et plus divariquées, souvent 3 ou même 4 branches naissent
presque au même niveau, ce qui n’arrive pas chez le F. lutarius.
Leur torsion est plus large, moins régulière, moins spiralée, elles
se courbent plutôt en des sens variés. Les cryptes, très nettement
distinctes, émettent une touffe de poils plus longs que chez le
F. lutarius. Les aérocystes sont absents.
Cette plante forme des touffes denses dont la base est enfoncée
dans l’argile, parmi les racines du Spartina stricto Roth, cette base
réduite à la nervure porte de nombreuses repousses et parfois une
touffe de rhizoïdes subterminale. Sauvageau n’a jamais rencontré
cette espèce fructifiée.
Depuis plusieurs années nous explorons cette région et nous
avons retrouvé ce Fucus qui correspond parfaitement à la descrip¬
tion donnée plus haut. Nous l’avons observé en toutes saisons,
ce qui nous a permis de rencontrer quelques touffes fructifiées :
le 25 août, le 18 octobre 1951, le 18 septembre et le 7 octobre 1952,
le 12 avril 1953.
La fructification se produit principalement pendant l’été.
Ces réceptacles sont terminaux, simples ou bifurqués, toujours
peu nombreux : de 1 à 7 par touffe, ils sont de forme allongée,
terminés en pointe, de section circulaire, sans marge stérile. Ils
atteignent 16 à 22 mm. de long pour un diamètre de 2 à 4 mm.
FUCUS DU BASSIN D’ARCACHON
27
Les coupes nous ont montré qu’ils sont unisexués et 9, ce qui
est le cas des F. lularius de cet endroit, mais contrairement à
ceux-ci, les oogones viennent parfaitement à terme et libèrent
8 oosphères dont le diamètre moyen est de 60 à 70 al les oogones
font 130 X 150 ,
Il se distingue également du F. lutarius qui fructifie en fevrier-
mars par d’autres caractères : ses frondes sont plus jaunâtres,
très ramifiées, et de largeur irrégulière (1,5 à 4 mm.). Au mois de
février, il donne une ramification particulière, avec 3 ou 4 branches
insérées sensiblement au même niveau. Il est vivace, son dévelop¬
pement se poursuit pendant toute l’année, notamment 1 été, alors
que le F. lutarius, pendant la même saison, est réduit à un paquet
de nervures plus ou moins enfouies et couvertes de petites
repousses.
Tous les Fucus dont nous avons parlé vivent sensiblement au
même niveau, parmi les phanérogames, au bord du pré-salé.
Le Fucus lutarius est celui qui descend le plus bas, parmi les
Spartina stricto Roth., puis viennent Fucus platycarpus Lin., et F.
variété arcassonensis. Cette dernière atteint un niveau sensiblement
plus élevé. Dans cette zone se rencontrent également Asfer tripo-
lium L„ Triglochin maritimum L„ Salicornia herbacea L„ S. radi-
cans Sm„ Sueda maritima Dum„ Limonium vulgare Miller, Sper-
gularia marginata Kittel, Armeria maritima Willd. et Obione
portulacoides Moq. Comme algues : Bostrychia scorpioides Mon¬
tagne, Catenella repens Batters, Monostroma Wittrockii Born.,
diverses entéromorphes et cyanophycées.
Après avoir provisoirement appelé ce Fucus, F. lutarius var.
arcassonensis, Sauvageau pense que c’est peut-être la forme que
prend le F. dichotomus Sauv. quand il est parmi les F. lutarius,
et il l’appelle F. dichotomus var. arcassonensis Sauv. (1923, p. 53).
Cet auteur ne connaissait le Fucus dichotomus que dans une
station très différente et assez éloignée : la plage du Cap Ferret,
mais, depuis, cette espèce est probablement en voie d'extension,
car nous la rencontrons notamment parmi les associations citées
plus haut. Le Fucus dichotomus y demeure bien caractéristique;
il n’est pas modifié par cet habitat.
Le Fucus qui nous intéresse est donc bien différent des espèces
auxquelles on était tenté de le rapprocher. Il dérive peut-être de
l’une d’elles, mais en diffère suffisamment par son appareil végé¬
tatif et sa fructification pour être considéré comme appartenant à
une espèce distincte que nous proposons de nommer ; Fucus arcas¬
sonensis (Sauvag.) nov. comb.
28
H. PARRIAUD
BIBLIOGRAPHIE
Hamel (Gontran). — Phéopliycées de France, 432 p., 10 pl., Paris, 1931-
1939.
Sauvageau (Camille). — Sur deux Fucus récoltés à Arcachon. Bulletin
de la Station Biologique d’Arcachon, 1908, année XI, p. 65-224.
A propos de quelques Fucus du Bassin d’Arcachon. Bulletin de
la Station Biologique d’Arcachon, 1923, année XX, p. 19-137.
REVUE ALGOLOGIQUE
N lle Sér., T. 2; PI. 1
1. Fucus lutnrius var. urcassonensis Sauv. (Mestras, 17-2-1954, pied stérile.
2. /■’. lutarius var. urcnssoncnsis Sauv. (La Hume, 18-10-1951 ). Certains rameaux
du thalle sont terminés par des réceptacles simples ou bifurques.
Source : MNHN. Paris
Étude des Dinoflagellés du sable de Roscott
Par E. BALECH,
Necochea (Argentine).
Ce travail est le premier d’une série consacrée aux Dinoflagellés
et aux Tintinnidés des mers qui baignent les côtes de France.
J’ai travaillé deux mois à la Station Biologique de Roscoff
comme boursier du Gouvernement Français (juillet et août 1952).
A l’instigation de J. Dragesco et B. Swedmark, j’ai étudié les
Dinoflagellés du sable de la zone intercotidale, en appliquant la
méthode de dissection des plaques; cette méthode est ,lente mais
conduit à une excellente connaissance morphologique et taxino¬
mique du groupe.
Je tiens à témoigner ma reconnaissance au Professeur Tessier,
Directeur de la Station Biologique de Roscoff, au Professeur Drach,
Sous-Directeur, ainsi qu’à tout le personnel de la Station où j’ai
reçu le meilleur accueil.
Le sable étudié était prélevé à 200 ou 300 m. de la Station, dans
la zone découverte à marée basse.
Du point de vue des Dinoflagellés, ce milieu n’a été étudié jus¬
qu’à présent que par E. C. Herdman, qui a publié quelques travaux
sur les sables de Port Erin (Ile de Man). E. C. Herdman a décrit
une quantité d’espèces nouvelles du genre Amphidinium. Dans les
sables de Roscoff, j’ai vu plusieurs espèces du même genre, parmi
lesquelles A. semiliinatam (très abondant, avec de beaux tricho-
cystes qui n’ont pas été signalés! et d’autres sans doute nouvelles
et fort intéressantes. Avec elles, il y avait des Gymnodinium, Gyro-
dinium, Exuviella, quelques Oxyrrliis marina, Polykrikos leboarae,
etc., espèces qui méritent d’être étudiées avec soin et qui donne¬
ront, sans aucun doute, une quantité de faits nouveaux. Malheu¬
reusement, je n’ai pas eu le temps d’approfondir ces recherches, et
je me suis borné à examiner certaines espèces, que Herdman avait
décrites comme Amphidinium, et d’autres, voisines, mais qui ap¬
partiennent en réalité à d’autres genres. L’un, Thecadinium, a été
créé par Kofoid et Skogsberg qui ont cru qu’il s’agissait d un
Dinophysoïde. Les autres sont des genres nouveaux. En raison
du manque de temps, l’étude de ces formes est restée incomplète;
30
E. BALECH
je la fais cependant connaître parce qu’elle apporte une foule
de détails nouveaux et montre très clairement que l’espèce Thecadi-
nium kofoidi n’appartient pas aux Dinophysoidae et même pas à
l’ordre Dinophysoidae mais à une nouvelle famille de l’ordre Peri-
dinoidae. Dans la même famille, j’inclus quelques nouvelles es¬
pèces et un nouveau genre.
Th. ebriolum (Herman) Kofoid-Skogsberg est tout à fait diffé¬
rente; c’est une Dinophysidae d’un genre créé récemment, dont on
connaissait seulement une espèce trouvée en Chine. Amphidinium
eludens Herdman, conservé dans ce genre par les autres auteurs,
est très éloigné des vrais Amphidinium et devient le type d’un nou¬
veau genre.
L’importance des nouveautés découvertes semble justifier cette
publication qui doit attirer l’attention des protistologues vers cet
extraordinaire milieu : le sable. Les Dinoflagellés du sable méritent
en plus de l’étude systématique, une étude biologique. Celle-ci mon¬
trera sans doute un rythme lié à celui des marées comme l’a in¬
diqué Fauré-Frémiet dans une série d’excellentes contributions
sur les Ciliés du même milieu.
Adénoïdes nov. gen.
Thèque latéralement aplatie, à régions très mal délimitées et
sans membrane, cornes et épines. Cingülum peu creux, très en
avant, à cinq plaques. Epithèque formée par cinq plaques : 1’ et
4”. Hypothèque formée par 5” ’, 5 p et 1” ”. Sulcus très petit, à
quatre plaques. Le nom fait allusion au manque de sillons bien
formés. Tous ces caractères distinguent très bien ce genre. Géno¬
type : Adenoides eludens (Herdman).
Adenoides eludens (Herdman), n. comb.
Fig. 1-8.
Amphidinium eludens, Herdman, 1922 [5], p. 22, fig. 1; [6], 1923, p. 8.
Amphidinium eludens, Lebour, 1925 [9], p. 32, pl. III (5).
A. eludens. Schiller, 1933 ,[12], II (1), p. 288, fig. 279.
Petit Dinoflagellé brun, à coque assez fortement aplatie latérale¬
ment, surtout en arrière, presque carrée en vue latérale avec une
épithèque très petite et mal délimitée. Une dépression petite et
très courte marque le sulcus, bien qu’il soit très difficile pourtant
de savoir quelles sont les plaques sulcales et cingulaires. Je con¬
sidère comme épithécales la somme de petites plaques de la
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
31
région antérieure qui forment un ensemble élevé soutenu par les
plaques que j’appelle cingulaires. Les épithécales sont au nombre
de cinq, quatre entourant une plaque médiane; les deux dorsales
sont les plus petites, la ventrale droite est la plus grande. Cingulum
assez haut, incliné, peu creux, formé par 5 plaques allongées dans
le sens du cingulum ; les plus grandes sont celles des deux extré¬
mités, surtout la cinquième. Le sulcus, un peu dévié à droite, a une
longueur qui n’atteint pas le tiers de la longueur totale de l’orga¬
nisme; il est formé par 4 plaques, 2 antérieures et 2 postérieures
qui entourent la petite plaque annulaire du pore d’où émergent
ensemble deux flagelles.
L’hypothèque est formée par des plaques beaucoup plus grandes
que les autres. Des plaques hypothécales, les cinq postcingulaires
sont relativement petites sauf la 4” ’ dont le triangle inférieur
pénètre comme un coin entre la quatrième et la cinquième inter¬
calaire postérieure. Toutes les postcingulaires sont plus ou moins
pentagonales. La plus petite est 5”’ qui pourrait être considérée
aussi comme sulcale étant donné sa position et son contact avec
le pore.
II y a cinq intercalaires postérieures dont la plus large est la
cinquième. L’extrémité postérieure est formée par une plaque anta-
picale assez régulièrement convexe.
Protoplasme avec une quantité de chromoplastes bruns et deux
enclaves d’amidon en forme de grandes bagues appliqués contre
les parois droite et gauche, près de l’équateur de la cellule, mais
celle de droite est plus dorsale. Entre les deux il y a toujours une
grosse vacuole variable qui débouche dans le pore. Noyau grand,
du type dinoflagellé à gros grains de chromatine, situé au pôle pos¬
térieur et parfois un peu dorsal.
Flagelle transversal hélicoïdal à peine aplati ou cylindrique.
Flagelle longitudinal beaucoup plus long, mesurant à peu près une
fois et demi la longueur totale de la cellule. Quand le milieu devient
défavorable, le flagelle longitudinal se détache tandis que le
transversal se vacuolise et subit aussitôt une lyse totale, phénomène
que j’ai observé chez d’autres Dinoflagellés.
Dimensions : longueur 27-29 u.; épaisseur (diamètre dorso-
ventral) 22-25,5 ».
Discussion. — Cette espèce fut décrite par Herdman sous le
nom d’Amphidinium eludens. Dans ce cas l’erreur générique est
un peu étonnante, car on voit aisément qu’il y a une carapace assez
forte, bien que les plaques ne soient pas faciles à discerner.
La description et le dessin de Herdman sont assez imprécis mais
Source MNHN, Paris
32
E. BALECH
si on prend les dessins de Lebour, il semble bien qu’il s’agit de la
même espèce. Les exemplaires de Herdman (du Port Erin. de l’ile
de Man) étaient légèrement plus grands : 30-32 a au lieu de 27-29 ji;
pourtant en 1923 l’auteur fait une correction des mesures données
pour plusieurs organismes qui « vvere over estimated » ; dans cette
liste on trouve A. eludens, espèce pour laquelle elle donne simple¬
ment 30 [x. Quant à l’ubiquité du nouveau genre je ne me prononce
pas pour le moment. La petitesse de l’épithèque, le manque d’ai¬
lettes et le sulcus réduit sont des caractères qui le rapproche de
certains Oxytoxum dont il s’éloigne pourtant par sa tabulation.
Il reste à savoir si certains Oxytoxum, genre dont on n’a pas
étudié la tabulation, appartiennent réellement à ce genre.
Sinophysis ebriolum (Herdman) n. comb.
Fig. 9-22.
Phalacroma ebriola, Herdman, 1921 [7], p. 79, lig. 24.
Phalacroma ebriolum, Lebour, 1925 [9], p. 77, lig. 20, c.
Dinophysis ebriola, Herdman, 1924 [7], p. 82.
Thecadinium ebriolum, Kofoid et Skogsberg, 1928 [8], 32.
Thecadinium ebriolum, Schiller, 1933 [12], p. 51, flg. 50.
Dinophysoidae très hyalin, incolore, en forme de bourse un peu
quadrangulaire, irrégulière, très aplatie latéralement. Cingulum
haut et très rétréci en avant formant une espèce de col incliné vers
le dos avec un angle en général d’environ 130-132° (un exemplaire
120°). Epithèque petite, très réduite dans le sens dorsoventral mais
relativement élevée et irrégulière. Membrane antérieure du cingu¬
lum ou épithécale assez développée, plus dressée du côté ventral.
Les difficultés pour l'étude de la tabulation sont grandes, par suite
du peu de réfringence des plaques qui sont très minces et incolores.
Cette difficulté s’accroît naturellement pour l’étude des plaques
sulcales et épithécales, étant donné la taille de ces plaques (dia¬
mètre le plus grand de l’épithèque 5 ix) et leurs positions.
Les épithécales dorsales sont un peu en forme de croissant irré¬
gulier et elles semblent embrasser le pore; celui-ci est assez ventral
par rapport aux genres que j’ai étudiés dans l’ordre. Les épithé¬
cales ventrales sont placées très en avant de même que tout le
sulcus.
Comme dans les autres Dinophysoidae, il y a quatre cingulaires
mais elles sont dépourvues de pores ou poroïdes. L’hypothèque,
comme dans les autres genres de l’ordre, est formée par deux
plaques principales, assez semblables et qui forment presque toute
la région; elles sont reliées entre elles par une suture à petites dents
régulières. La plaque droite (hl) présente une échancrure assez
Source : MNHN. Paris
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
33
profonde tout le long de la moitié antérieure du bord ventral, où
s’articule h,. H, a un bord ventral beaucoup plus arrondi. Toutes
deux portent en avant une ailette très dressée qui forme la cin-
gulaire postérieure, plus ou moins perpendiculaire au cingulum et
à ce qu’il semble, sans stries; elle est en général un peu plus déve¬
loppée dans la région ventrale que dans la dorsale. H, et h, sont
assez semblables, allongées, à moitié antérieure plus effilée; h, un
peu plus petite, complète h,. H, plus saillante, aussi bien dans la
région ventrale que dans la région antérieure et formant une ailette
sans renforcements. En réalité, vers la région ventrale la partie la
plus saillante, au moins en partie, c’est le bord de H„ car H, est
plutôt perpendiculaire à celle-ci.
Toutes les plaques sulcales sont très en avant. La constitution du
sulcus est mal établie. Il y a une plaque assez longue et en forme
de T renversé, une autre presque demi-circulaire en relation très
intime avec elle, et une troisième un peu plus haute et à gauche,
un peu en forme de faux.
Dimensions : Longueur 32-35 y.. Epaisseur 25,5-29 g. Epaisseur
de Tépithèquc 5-6 y.. Hauteur de l’épithèque 3 y..
Discussion. — J’ai trouvé très peu d’exemplaires et l’étude est
restée inachevée car il manque la détermination des plaques plus
petites. M" ! Herdman a donné très peu de détails et elle dit que le
corps « seems to be covered by a very thin hyaline shell, which is
produced a slight list on the left border of the sulcus ». Après, dans
une note additionnelle de la même étude, elle dit 1 avoir retrouvée
à Woods Hole (U. S. A.), mais elle lui donne le nom de Dinophysis
ebriola, ce qui est, peut être, un « lapsus ». Comme longueur, elle
donne 40 y, environ. L’étude que j’ai faite, si imparfaite qu elle
soit, montre qu’il s’agit d’un véritable Dinophysoidae, mais aussi
qu’il ne peut être admis dans aucun des genres nommés, dont il
s’éloigne par la constitution des ailettes sulcales. Quant aux
Thecadinium, voyez plus loin ce que je dis à propos de ce genre. En
réalité il n’y a qu’un seul genre qui pouvait admettre cette espèce ;
Sinophysis, décrit en 1944 par Nie et Wang. Malheureusement, ni
mon étude ni celle des auteurs chinois ne sont assez complètes pour
être sûr de l’identité générique de Sinophysis microcephalus et Ph.
ebriola. Nie et Wang n’ont pu établir la constitution du sulcus. En
tout cas, les deux espèces sont liées par certains caractères : H, et
h, étroites et très longues, touchant toutes les deux le cingulum;
h, formant à elle seule la membrane sulcale gauche; R, absente;
membranes cingulaires très dressées, l’antérieure sans côtes; épais¬
seur de l’épithèque très réduite. Il semble y avoir pourtant quelques
34
E. BALECH
Source : MNHN. Paris
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
35
différences : dans l’espèce de Herdman, je n’ai pas vu l’ailette
sulcale droite de h, et je n’ai pu constater l’inversion de taille des
cingulaires droites par égard aux cingulaires gauches, ni observer
si le cingulum est légèrement descendant.
Polykrikos lebourae Herdman 1923 (nov. comb.).
Fig. 23-25.
Polykrikos sp.?, Herdman, 1921 [4], p. 4, fig. A.
Polykrikos Schwartzi, Herdman, 1922 [5], p. 30.
Polykrikos Lebourae, Herdman, 1923 [6], p. 5, fig. 6.
Polykrikos Lebourae, Lebour, 1925 [9], p. 68, PI. X (3).
Polykrikos Lebourae, Schiller, 1933 [12], I (2), p. 549, fig. 579.
Colonie ovoïde assez large, constituée par 8 zoïdes, signalés par
les 8 sillons transversaux (cingulum). Le plus petit des zoïdes est
l'antérieur et le plus large le quatrième. Les bords des sillons sont
inégaux, l’antérieur étant généralement plus tranchant que le pos¬
térieur. Les limites des zoïdes sont très imprécises, en général
visibles seulement chez les zoïdes moyens et dans la région ven¬
trale. Sulcus très peu marqué ou presque sur un des côtés'(marge
ventrale), qui se distingue de la marge dorsale par sa convexité.
Deux gros noyaux près de la marge dorsale chez le troisième et le
cinquième zoïde, avec de la chromatine disposée en filaments assez
larges et doubles (tubulaire?). Chromoplastes discoïdes avec un
pyrénoïde au centre, laissant libre une couche périphérique assez
large, incolore et granuleuse. Avec le Lugol, on voit se détacher
clairement des granulations irrégulières immédiatement au-dessous
de la pellicule. 11 n’y a pas de cnidocystes. Près du pôle postérieur
on voit un grand corpuscule rouge un peu irrégulier qui pourrait
être un stigma. Les flagelles transversaux entourent presque tota¬
lement les individus. Dans tous les exemplaires j’ai toujours vu
Fig. 1-8. — Adenoides eludens. — 1, schéma des éléments cellulaires (n, noyau,
V, vacuoles; A, amidon; Ch, chromoplastes; ft, flagelle transversal; fl, fla¬
gelle longitudinal; quelques-uns seulement des chromatophores sont dessi¬
nés). — 2-4, Vue lat. gauche, vue lat. droite et v. ventrale montrant aussi la
position des corps d’amidon. — 5, Plaques hypothécales gauches. — 6, Hyp.
droites. — 7, Plaques épithécales, cingulaires et sulcales. — 8, Commencement
de désarticulation des plaques, vue lat. droite et un peu ventrale (X 1030).
Fig. 9-22. — Sinophysis ebriolum. — 9, Vue lat. gauche. — 10, Vue ventrale. —
11, Exemplaire en dissociation, vue lat. gauche. — 12, Hypothécales ventrales,
un peu schématiques. — 13, Les mêmes séparées. — 14, Cingulaires et épi¬
thécales. — 15, Les mêmes vue post. ■— 16, Epithécales. — 19-22, Sulcales
(X 1030 environ).
Fig. 23-25. — Polykrikos lebourae. — 23, Vue lat. droite (X 910). — 24,
Emergence des flag. long. — 25, Schéma montrant la naissance des flagelles
longitudinaux.
36
E. BALECH
seulement les 4 flagelles longitudinaux — des quatre derniers
zoïdes — qui émergent de sous une membrane mince et arrondie
comme une espèce de visière (fig. 38).
J’ai mesuré très peu d’exemplaires. Longueur entre 53 et 57 (/..
Discussion. — Les chromoplastes sont constants et il ne s’agit
pas de corps ingérés comme le pensait Lebour pour expliquer
l’absence de ces corps chez certains individus trouvés par Herdman.
Chatton a étudié cette espèce sans publier, que je sache, une étude
spéciale sur elle, mais il dit [3, p. 64] qu’il a pu s’assurer dq
l’absence de chromoplastes chez P. Lebourae.
Par le fait qu’elle présente un appareil de photosynthèse elle
se rapproche de Pheopolykrikos Beauchampi Chatton, mais il
semble très douteux que l’existence de cet appareil soit suffisant
pour créer un genre, même en tenant compte de l’absence ou du
peu de développement des cnidocystes; une espèce comme P. Le¬
bourae peut se présenter facilement sous une forme autotrophe et
une autre hétérotrophe.
Il y a un fait plus étonnant dans les exemplaires que j’ai étudiés:
l’existence de quatre flagelles longitudinaux seulement au lieu de
huit, signalés par les savantes anglaises. S’agit-il là d’une erreur
d’observation de ces auteurs (peu probable, étant donné que
Chatton ne fait pas mention d’un nombre anormal de flagelles)
d’une différence spécifique, ou d’un phénomène éphémère?
Dans un exemplaire assez aplati le contraste de phase m’a
montré ces flagelles longitudinaux larges et à structure granu¬
leuse convergents vers le noyau antérieur.
Cette espèce est très sensible à la lumière et, peut-être à t’oxy¬
gène. Elle est très abondante dans le sable récemment recueilli où
elle nage activement et bientôt forme une frange brunâtre dans le
bocal contenant l’échantillon.
THECADINIDAE, fam. nov.
Dinoflagellés de l’ordre des Peridinoidae ou Peridinales, avec un
cingulum bien formé, en général très creux, sans membranes bien
développées, très en avant; épithèque beaucoup plus petite que
l’hypothèque. Allure générale de dinophysoidae ou d’Amphidinium,
à aplatissement latéral ou dorsoventral. Sulcus assez long, en
général sans membranes sulcales saillantes. Epithèque composée
par un nombre assez élevé de plaques, à pore plus ou moins apical.
Hypothèque avec une antapicale, plus ou moins déplacée vers la
région ventrale, vers l’axe du sulcus.
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
37
Thecadinium Kofoid et Skogsberg.
Forme très aplatie. Cinq ou six cingulaires, quatre ou cinq post-
cingulaires, une antapicale, deux intercalaires postérieures.
Thecadinium dragescoi n. sp.
Fig. 26-33.
Dinoflagellé de taille moyenne, très aplati dans le sens latéral.
Contour général arrondi, un peu carré en arrière. Sans épines pro¬
prement dites; apparemment il y en a une du cqté gauche de l’extré¬
mité postérieure du sulcus mais c’est un angle de l’ailette. L’épi-
thèque forme un peu plus du quart de la longueur totale.
Epithèque. Très arrondie, assez régulière, avec un pore bien
visible au sommet, plus haut à droite à cause de la pente du
cingulum. Comme le reste de la carapace elle est formée par des
plaques très minces à sutures extrêmement fines, peu marquées
ce qui rend très difficile l’étude de sa tabulation. Par la suite*
celle-ci est mal établie; probablement elle a 7 ou 8 précingulaires,
une plaque du pore assez grande entourée de cinq plaques plus
grandes; si on considère celles-ci comme apicales on n’aurait pas
d’intercalaires. Toutes les plaques sont lisses sauf celle du pore.
Cingulum très creux et bien délimité, descendant, avec un déca¬
lage d’au moins deux fois sa hauteur; formé par six plaques, il
semble s’arrêter du côté droit bien avant le sulcus.
Hypothèque. 1” ’ allongée, un peu plus étroite vers l’extrémité
postérieure, avec le bord sulcal muni d’une ailette fort saillante
à l’extrémité postérieure qui forme une espèce d'épine; cette plaque
est à peu près invisible quand l’exemplaire repose sur sa face
droite. 2” ’ relativement petite et quadrangulaire étant la plus
basse des postcingulaires. 3” ’ plus ou moins trapézoïdale. 4” ’ assez
grande, quadrangulaire un peu plus élargie vers la région ventrale
où elle a une marge assez irrégulière; elle est visible seulement du
côté droit.
Deux intercalaires postérieures. La première, articulée avec
l’autre et en plus avec les 1” ’, 2” ’, 3” ’ et 1” ” ou antapicale, forme
une partie importante du côté gauche de l’hypothèque. La deu¬
xième est un peu plus en arrière et constitue la partie postérieure
de la marge dorsale; elle est peu visible du côté gauche mais par
contre forme avec 4” ’ tout le côté droit de l’hypothèque. L’anta-
picale (1””) qui ferme le sulcus en arrière, relativement petite, est
articulée avec les deux intercalaires et avec 1” ’, étant déplacée
vers la région ventrale. Dans la partie occupée par cette plaque
38
E. BALECH
l’hypothèque se fait concave.
Au moins dans certains individus les hypothécales ont une
sculpture formée de pores en forme de petites traits qui suivent
des rangées plus ou moins bien tracées.
Sulcus. Plus large en avant, il est situé du côté droit du corps.
Fait déjà signalé, le cingulum semble s’arrêter assez loin du sulcus.
Je crois pour cela, mais sans l’affirmer, que la plaque qui semble
être la cinquième postcingulaire et qui s’étend entre l’extrémité
droite du cingulum et le sillon longitudinal, malgré son apparence
est une plaque sulcale plutôt qu’hypothécale. Seule la comparaison
avec d’autres espèces où cette plaque serait à position mieux
définie pourra nous ôter ce doute. Avec cette plaque il y en a une
autre un peu en forme de faucille mais très peu courbée, avec ses
bords renforcés et les angles saillants. En face la transitionale,
courte et en gouttière. Entre les deux, une (ou 2?) plaque petite et
allongée. Tout le long de la marge de 1” ’ une plaque allongée,
étroite et courbée : la sulcale gauche, qui est la plus .longue des
sulcales, a un angle muni d’une épine très forte. Un peu à droite
une autre assez semblable mais nettement plus courte. Le sulcus
est fermé en arrière par une plaque relativement petite et pliée en
V, très irrégulière.
Le protoplasme est incolore, avec deux grosses pusules, anté¬
rieure et postérieure, et avec beaucoup de corpuscules réfringents
plus ou moins fluides, sans doute formés de lipides. Le noyau,
très volumineux, à chromatine en gros grains bien visibles, est
situé un peu en arrière du cingulum, et aussi un peu vers le dos.
Dimensions: Longueur 51-57,5 y.. Diamètre dorsoventral: 38-39 .a.
Discussion. — On connaissait deux espèces de ce genre : Th. Ko-
foidi et Th. ebriolum mais, comme je l’ai déjà dit, elles sont généri¬
quement bien différentes l’une de l’autre. Etant donné que T. Ko-
foidi est la première décrite et qu’une espèce proche de la deuxième
a été décrite avec un nouveau nom générique [10] j’ai gardé le
nom de Thecadinium pour Th. Kofoidi. Malheureusement on con¬
naît fort mal cette espèce dont la tabulation est tout à fait incon¬
nue. Mais pourtant, elle est bien différente de la nôtre par sa forme
Fig. 26-33. — Thecadinium dragescoi. — 26. Vue lat. gauche. — 27, Vue lat.
droite. — 28, Plaque 1” ’. — 29-30, Schéma des hypothécales gauches et
droites. — 31, Vue dorsale de l’épithèque. — 32, Vue vent, de la même. —
33, Sulcales (X 1000 environ).
Fig. 34-37. — Th. inclinatum. — 34, Vue gauche montrant quelques gros glo¬
bules de lipides. — 35, Vue droite. — 36, Région ventrale du cingulum. —
. 37, Sulcales et transitionale (X 1000).
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
39
Source : MNHN, Paris
40
E. BALECH
générale et surtout par la position de son sulcus, non déplacé
vers la droite ainsi que par son épithèque tout à fait aplatie.
J’ai plaisir à dédier cette espèce à M. J. Dragesco qui m’a
poussé à l’étude des Dinoflagellés du sable, et m’a donné les pre¬
miers exemplaires de l’espèce ainsi que les Coolia étudiés plus loin.
Thecadinium inclinât uni, n. sp.
Fig. 34-37.
Cette espèce est moins carrée que la précédente, de laquelle elle
diffère par la forte inclinaison de l’épithèque vers la région sulcale,
par la forme nettement triangulaire de celle-ci, par la forte asymé¬
trie des bords dorsal et ventral (le premier étant un peu concave),
par l’extrémité postérieure un peu plus aiguë et par le cingulum
dont les deux extrémités aboutissent à peu près au même niveau.
La tabulation est encore moins discernable que celle de l’espèce
précédente. Les plaques ont parfois une légère ponctuation très
éparpillée. Les caractères du protoplasme sont à peu près les
mêmes, avec ses deux pusules, antérieure et postérieure, et ses
corps lipidiques, en général très grands et d’un éclat jaunâtre.
Dans le sulcus j’ai pu isoler, en plus de la plaque de transition
(t), trois plaques plus ou moins triangulaires, sauf la plus grande,
gauche, tronquée en arrière. Ces trois plaques se recouvrent en
partie et se complètent par une plaque un peu en gouttière inclinée
vers le dos et un peu en arrière et par deux autres plaques petites.
Le sulcus est plus ou moins caché ou enfoncé entre les hypothé-
cales.
Dimensions: Longueur 54-64 jx. Epaisseur (dorsoventral) 40-48
Largeur 25-26 jx. Dans un exemplaire de 54,5 jx de longueur totale
la hauteur maxima de l’épithèque était de 23 jx.
Thecadinium hirsutum, n. sp.
Fig. 38-40.
Espèce assez grande, aplatie dans le sens dorsoventral, à sutures
bien visibles.
Epithèque. Très basse. La tabulation épithécale de cette espèce,
dont j’ai eu seulement deux exemplaires, est un peu incertaine,
bien que les sutures soient beaucoup plus visibles que dans les pré¬
cédentes. Epithèque en forme de cône très bas et très aplatie dorso-
ventralement, avec un pore bien formé au sommet, et constituée
par 13 ou 14 plaques, dont 6-7 précingulaires, 4 apicales et 3 inter¬
source : MNHN. Paris
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
41
calaires. Les intercalaires sont toutes situées dans la moitié gauche
où l’épithèque a une hauteur double dans la région ventrale à celle
de la moitié droite. Toutes les plaques sont sculptées avec des
points en relief bu, plutôt, de toutes petites épines.
Cingulum. Très creux, ascendant, assez étroit, formé, il semble,
par 5 plaques plus la plaque de transition.
Hypothèque. Large et presque carrée, à côtés plus ou moins
parallèles sur la moitié antérieure, puis arrondis et finalement brus¬
quement tronquée et concave dans la région postérieure. Sur tout
le contour on voit de petites épines auxquelles s’ajoute, dans la
moitié postérieure, une espèce de crête épineuse hyaline qui forme
un type d’ornementation assez rare chez les Dinoflagellés.
Vue de face on voit le sulcus au milieu, entouré par les deux
plaques 1” ’ et 5” ’ qui vont du cingulum jusqu’à l’extrémité posté-
térieure où elles sont séparées par la plaque antapicale, petite mais
bien visible et plus ou moins trapézoïdale. Dans la région dorsale
on voit les 2” ’, 3” ’ et 4 ” ’. La 3” ’, quadrangulaire, est plus basse
que les autres. Entre ces plaques et l’antapicale il y a les deux
grandes intercalaires dont la postérieure l’emporte en taille. Toutes
les plaques sont reliées par des sutures très larges et striées.
Sulcus. Assez superficiel, long et large, il a sa largeur maxima à
l’union de son tiers postérieur avec ses deux tiers antérieurs. Plaque
sulcale antérieure allongée, à six côtés, mais c’est une espèce de
pentagone étant donnée que les deux côtés droits forment un angle
très peu saillant; par contre elle a un vertex gauche bien pointu là
où s’unissent la première précingulaire, la première cingulaire et la
plaque de transition. Celle-ci, presque perpendiculaire au cingulum
forme une sorte de gouttière qui va se coller à la sulcale gauche.
Sulcale gauche longue, en forme de J avec son angle droit antérieur
saillant en épine. Sulcale droite semblable, mais plus courte et avec
son angle droit postérieur prolongé en une grosse épine. Sulcale
postérieure petite et très courbée.
Cellule. Le protoplasme est incolore mais plus ou moins farci
de gros corpuscules lipidiques très réfringents qui nuisent à l’étude
de la tabulation. Il y a deux pusules à parois à double contour qui
débouchent dans le sulcus séparément, semble-t-il. Le gros noyau
arqué, avec de très fins grains de chromatine est situé en arrière
et un peu à gauche. Flagelle antérieur entourant presque totale¬
ment le cingulum. On le voit apparaître à l’union de la plaque t
et de la sulcale gauche, point où débouche la pusule antérieure,
mais en réalité il se détache du point d’union de la t et de la pre¬
mière cingulaire. Le flagelle postérieur se détache du point d’union
42
E. BALECH
entre la sulcale gauche et l’antapicale ou un peu plus en haut. Un
des exemplaires avait deux flagelles longitudinaux.
Dimensions : Longueur totale 48-51 jx. Hauteur maxima de l’épi-
thèque 10 jx, largeur de l’épithèque 36 tx; de l’hypothèque 43 p..
Epaisseur 18-20 [x.
La forme générale, le fort aplatissement dorsoventral et les
épines permettent de distinguer très aisément cette espèce.
Thecadinium swedmarki, n. sp.
Fig. 41-42.
Espèce très semblable de la précédente dont elle a l’allure
générale et à peu près les dimensions. Elle s’en différencie par
son épithèque plus basse, par sa moindre longueur totale, par la
plaque 3” ’ pentagonale au lieu de quadrangulaire et très haute
s’approchant de l’antapex, ses épines réduites et plus ou moins
restreintes à la région antapicale; deux épines limitent l’antapex.
La première plaque intercalaire de l’épithèque est en contact avec
le sulcus et de ce fait, elle devient la première précingulaire. Dans
le sulcus, la S. a. est un peu plus irrégulière, plus mince et longue
que dans l’espèce précédente. La longueur est la même que celle de
Th. hirsutum mais la largeur de l’hypothèque est de seulement
38-39 ;x et celle de l’épithèque de 28-29 jx. Hauteur du cingulum 3-
3,5 [i.
Les sutures dans les deux exemplaires trouvés étaient simples.
Je dédie cette espèce au chercheur suédois B. Swedmark, très
bon connaisseur de la microfaune du sable de Roscoff, qui’ m’a
donné le matériel avec les deux espèces que je viens de décrire.
Roscoffia nov. gen.
Thecadinidae à cingulum très creux; épithèque petite, à formule
4’ et 5”. T extrêmement mince et allant de l’apex jusqu'au cin¬
gulum. Cingulum à trois plaques, 2c relativement petite. Hypo¬
thèque : 5” ’, 1” ”. Sulcus long à trois plaques. Génotype: Roscoffia
capitata n. sp.
- 38, Vue ventrale. — 39, Sulcale et t. — 40, Vue
Fig. 38-40. — Th. hirsutum.
dorsale (X 910).
Fig. 41-42. - Th. Swedmarki. - 41, Vue ventrale. - 42, Vue dorsale (X 910).
Sn«ulaire7-°rv° ~ Vue ventrale droite. - 45, Plaques
la dissociation Ha i” Ue -*iî° rSa C ‘ 47 > Vue a P ic£ de. — 48, Commencement de
cales 50 V..p »n 1 t P1 -1 qUe Ct du cingulum (vue ventrale). - 49, Epithé-
il Pi.nn, ’rlu antapicale montrant la position de la plaque postérieure. -
(X 910) POf “ eneUre ’ ~ 52,.Hypothécales, ventrales, suleales et antapieales
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
43
So urce : MNHN. Paris
44
E. BALECH
Roscoflia capitata, n. gen. n. sp.
Fig. 43-52.
Petite espèce de Dinoflagellé légèrement aplati latéralement, à
cingulum déplacé en avant, haut et très creux. Epithèque petite
formée par des plaques fortement sculptées, très différentes en
cela de celles de l’hypothèque. Sulcus long, assez large et bien
marqué.
Epithèque. Cinq plaques précingulaires. La 1” est la plus grande
et la plus allongée et forme à elle seule tout le côté gauche de cette
région; 2” beaucoup plus petite, quadrangulaire, son bord inférieur,
courbé, est le plus grand; le côté touchant 1” est plus haut que
celui touchant 3”, et, par conséquent le bord supérieur est incliné
à droite et en bas. La suture entre 2” et 3” est plus ou moins dans
le plan de symétrie de l’épithèque; 3” est la plus petite des plaques,
et a une disposition inverse à l’égard de 2”. La 4” est la deuxième
en grandeur. Son bord supérieur, concave irrégulier se caractérise
«par un angle postérosupérieur saillant; 5” triangulaire tronquée,
est relativement étroite et haute. Il y a 4 plaques apicales. La 1’ est
extrêmement mince, en forme de lance et ressemble à une simple
région suturale, mais j’ai réussi à l’isoler. Elle semble l’équivalent
de la petite plaque de la gouttière apicale des Peridinium. Les
autres trois plaques qu’on pourrait considérer comme les véritables
apicales, inclinées selon l’inclinaison générale de l’épithèque, arri¬
vées au pore se redressent brusquement en formant un rebord très
net, une espèce de couronne ouverte en avant et comme dentelée
en dehors. La plus petite est la plaque postérieure (3’). Toutes les
plaques de l’épithèque sont fortement sculptées, apparemment gra¬
nuleuses, mais en poussant l’analyse on voit qu’elles sont alvéolées,
dans certains exemplaires très clairement, avec un tout petit pore
au milieu de chaque alvéole. Les alvéoles du bord cingulaire sont
plus petits mais plus forts. Plaque du pore petite, avec un fort
rebord et pointue vers la région ventrale.
Cingulum. Circulaire un peu plus étroit à droite, formé par deux
grandes plaques latérales et une postérieure beaucoup plus courte.
Les deux latérales, C, et C 3 ont un alvéole plus ténu, petit et très
régulier. G, hyaline, apparemment sans sculptures. Il n’y a pas
de véritables ailettes cingulaires; pourtant le cingulum a un très
fort rebord antérieur.
Hypothèque. Beaucoup plus haute que l’épithèque mais encore
plus large et épaisse, elle est formée par cinq plaques allongées
dans le sens de l’axe du corps, et une antapicale ou postérieure.
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
45
1" • et 5” ’ très étroites et très semblables, irrégulières. Toutes les
deux ont un fort rebord sulcal qui soutient une ailette hyaline
assez large limitant le sulcus. La majeure partie de l’hypothèque
est formée par les deux larges plaques latérales, 2” ’ et 4” plus ou
moins quadrangulaires. Le dos est formé par une plaque plus
étroite, 3” ’ mais plus longue que les 2” ’ et 4” 1” ” ou antapicale
quadrangulaire est irrégulière avec un fort renfort concave vers la
région ventrale. Cette plaque a des alvéoles irréguliers, relative¬
ment grands mais pas très forts, spécialement vers le bord; en
plus, près du bord ventral elle a un petit pentagone avec de petits
alvéoles très serrés qui apparaissent nettement comme dessinés
à l’encre de Chine et qui rappellent un peu la sculpture de certains
Coscinodiscus (diatomées). Cette «tache» est absolument cons¬
tante. Les autres plaques de l’hypothèque ont une sculpture très
difficilement visible, dans la plupart des exemplaires en forme de
petits points éparpillés; dans certains cependant on arrive à per¬
cevoir des alvéoles presque effacés. Une particularité de 1 hypo¬
thèque est que son bord ventral droit est plus saillant que le
gauche.
Sulcus. S’étend du cingulum jusqu’un peu en avant du pôle pos¬
térieur. Droit, assez large mais non pas très profond. Il est limité
par les deux ailettes des 1” ’ et 5” ’ qui se disposent verticalement
sur ces plaques. Le sulcus est constitué seulement par trois plaques
très dissemblables. L’une, antérieure et majeure, très allongée,
s'avance vers le cingulum; près de son extrémité postérieure elle
a une échancrure à gauche qui soutient la plaque moyenne, petite,
à forts rebords et qui semble être la plaque du pore sulcal. L’axe
de cette plaque est dirigé de droite à gauche et de bas en haut. Elle
est aussi embrassée par la 1” ’ et par la sulcale postérieure. Cette
dernière est une plaque sculptée mais ténue et très tordue, difficile
à décrire à cause de l’aspect très changeant selon les positions.
Dimensions : Longueur 32-34 g. Longueur de l’épithèque 5 g.
Hauteur du cingulum 5 g. Epaisseur de l’épithèque 16 g; de l’hypo¬
thèque 25-26 g, du cingulum 13 g. Longueur des ailes sulcales 21-
22,5 g, largeur 3 g environ.
Observations : J’ai trouvé une certaine quantité de ce petit Dino-
flagellé dans le sable de Roscoff, où il a des caractères très cons¬
tants, même dans ses dimensions. Par sa petitesse et son manque
de couleur il passe facilement inaperçu. Il a pourtant, en général
du côté gauche et près de l’équateur de la cellule, un corps très
fort, brun rougeâtre, plus ou moins sphérique. Je ne l’ai pas vu en
mouvement et je ne connais pas ses flagelles. Le genre est bien
caractérisé par sa formule tabulaire.
Source : MNHN, Paris
46
E. BALECH
Discussions sur les Thecadinium. — Le genre Thecadinium
fut créé par Kofoid et Skogsberg dans leur monographie des
Dinophysoidae mais le nom et les caractères se trouvent un peu
éparpillés dans l’introduction. Il n’y a pas de doutes que les
auteurs américains n’ont pas étudié le genre et se basent tout
simplement sur l’étude de deux auteurs anglaises : M Ue Herdman
et M" e Lebour. La première décrit en 1922 [5], sous le nom
d’Amphidinium kofoidi et A. kofoidi var. petasatum deux
Dinoflagellés (fort probablement deux espèces indépendantes) à
aspect de Dinophysoidae. La soi-disant variété a un cingulum plus
creux, plus marqué et une pellicule plus épaisse et rugueuse. Dans
son travail de 1923 [6] elle présente la variété comme Phalacroma
kofoidi, avec l’explication « I agréé with Dr. M. V. Lebour that
this form, described in the last report as Amphidinium kofoidi var.
petasatum, is not an Amphidinium at ail, but should be included in
the genus Phalacroma. The body is enclosed in a bivalved shell,
and traces of a list are distinguishable along the border
of the sulcus. The general appearance and habit, however,
are similar to those of Amphidinium, and it seems probable that
this end the very similar laterally flattened species of Amphidi¬
nium, viz. A. kofoidi, and A. semilunatum, which occur on the shore
at Port Erin inay be taken as evidence of those phylogenetic con¬
nection between the Dinopliysidae and the Gymnodinoidae ».
En 1924 elle donne un autre dessin d’une variété incolore du
Ph. kofoidi [7]. Lebour jf9] dit de cette espèce : « Theca much
like the pellicle of an Amphidinium, but separable into two halves
with epitheca, girdle and hypotheca ». Ses figures, originales, mon¬
trent une espèce à.contour différent de celui de l’exemplaire de
Herdman, beaucoup plus arrondi et à épithèque plus haute. Elle
montre aussi la moitié gauche d’un individu et une thèque traitée
avec de 1 eau de Javel. Dans ce cas il est évident qu’au moins l’épi—
thèque et le cingulum ont plus de deux plaques chacun (dans la
moitié) et que l’exemplaire n’est pas complet. Le (ou les) individus
sous le numéro lf et lg sont beaucoup plus larges que les autres.
Sur ces descriptions, Kofoid et Skogsberg ont créé le genre
Thecadinium. Malheureusement je n’ai pas trouvé l’espèce de Herd-
man — dont le nom, d’ailleurs devrait être Th. petasatum au lieu de
Th. kofoidi, — mais le Th. dragescoi et surtout le Th. inclinatum
sablent bien appartenir au même genre, sans qu’on puisse être
affirmatif puisqu’on ne connaît pas la tabulation de T. kofoidi. Dans
cette supposition, — toujours préférable au fait de créer un autre
nom genenque, — j’ai dû changer la place du genre en le mettant
dans un autre ordre et dans une famille nouvelle.
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
47
Les exemplaires étudiés sont évidemment des Peridinoidae — ou
Peridiniales — par leur thèque constituée par des plaques qui ne
sont pas disposées en paires symétriques. Le manque de gros appen¬
dices typiques et des cornes les éloignent des Ceratocoryaceae, Cla-
dopyxiaceae et Ceratiaceae. La thèque bien formée avec un sillon
bien net (cingulum) les différencie des Glenodiniaceae et Podolam-
paceae. La tabulation, surtout la présence d’une seule antapicale
les sépare des Pyrophacaceae. La réduction de l’épithèque permet
de les différencier des Peridiniaceae, Heterodiniaceae, Protocera-
tiaceae, Gonyaulaceae, Goniodomaceae et Dinosphaeraceae. Les
Oxytoceae ont une épine antapicale très typique (1). Quant aux
espèces incluses dans la nouvelle famille le manque de précision
dans les connaissances sur la tabulation et les variations empêchent
de savoir si les quatre espèces décrites ci-dessus sous le nom
de Thecadinium sont du même genre. Je crois qu’on finira par
séparer les Th. hirsutum et Th. swedmarki des autres (2).
Le Roscoffia capitata est assez éloigné des Thecadinium. Son
aspect ressemble assez à celui de certaines espèces d ’Oxytoxum. Les
principales différences avec les Thecadinium sont le nombre réduit
d’épithécales et de cingulaires, le sulcus assez différent et l’aplatis¬
sement assez peu marqué.
Je dois signaler encore que la découverte de la tabulation que je
viens de décrire annule les faits que Herdman avait cru trouver
pour prouver la liaison entre les Gymnodinoidae et Dinophysidae.
Coolia monotis, Meunier 1919.
Fig. 53-66.
Coolia monolis, Meunier, 1919.
Coolia monotis, Lebour, 1925 [9], p. 138, fig. 43.
Ostreopsis monotis, Lindemann, 1928.
Ostreopsis monotis. Schiller, 1933 [12], p. 472, fig. 542.
(llenodinium monotis, Biecheler, 1952 [1], p. 44, fig. 21-22.
Ce petit Dinoflagellé a été trouvé à plusieurs reprises parmi les
algues fixées sur les parois des bacs de l’aquarium de Roscoff (sur¬
tout avec la Volvocale Chlorodendron subsalsum), et une fois aussi
dans un échantillon pris à basse marée entre les rochers en face
de la station Biologique.
(1) J’ai adopté les familles acceptées par Lindemann en gardant son orto-
graphe pour les comparaisons que je viens d’établir.
(2) Dans ce cas il faudrait les inclure dans Amphidiniopsis, genre créé par
Woloszynska pour une espèce assez semblable à Th. swedmarki, et mal placé
par Schiller dans la famille Gonyaulaceae. E. de Sousa e Silva (13, p. 29,
fig. 6,6 a) a trouvé un exemplaire d’une espèce très voisine de Th. hirsutum r
qu’elle nomme Amphidinium sp..
Source : MNHN , Paris
48
E. BALECH
Forme très aplatie antéro-postérieurement, un peu variable selon
les exemplaires, sans cornes, avec l’apex très déplacé dorsalement
et un peu à gauche; antapex vers la région ventrale. L’axe apical-
antapical forme avec le cingulum un angle de 140° environ. Cingu-
lum très marqué, un peu descendant, fortement creux et à rebords
à peine signalés. Sulcus large et relativement court.
Contour, en vue apicale, ellipsoïdal large, presque circulaire.
La carapace est à tabulation difficilement visible sur le vivant,
comme l’ont remarqué Meunier et Biecheler.
Epithèque asymétrique, à plaques droites plus grandes. For¬
mule : 7 précingulaires, trois apicales et la plaque du pore, en
tout 11 plaques.
1” alongée parallèlement au cingulum, trapézoïdale avec le bord
ventral plus haut que le dorsal, avec des pores irréguliers, relati¬
vement épars et presque seulement au long du bord précingulaire,
entourée de zones hyalines larges. 2” semblable un peu plus grande
et avec deux côtés dorsaux au lieu d’un : le dorsopostérieur pour 3”
et le dorsoantérieur (ou supérieur) pour 2a; pores irréguliers;
3” quadrangulaire très basse et large, avec le bord antérieur con¬
cave pour 2a; 4” trapézoïdale plus haute que 1”, mais plus large
que haute; 5” presque triangulaire curviligne tronquée, avec deux
bords convexes : le bord postérieur ou précingulaire et le bord
ventral — le plus développé, — pour 6”; deux bords concaves :
le dorsal pour 4” un peu irrégulier et l’antérieur, petit, pour 3’.
Les pores se disposent surtout tout le long du bord précingulaire
qui est muni, en outre, — comme les autres précingulaires — d’une
petite ailette. La 6” est la plaque la plus grande de l’épithèque;
elle a cinq côtés : l’un précingulaire et les autres adjacents à
7”, r, 3’ et 5” respectivement. Le plus long, presque droit, légè¬
rement dentelé est celui pour 1’. 7” aussi a cinq côtés, mais
petits. Son bord gauche inférieur, saillant, lié à la région sulcale,
a une dépression très caractéristique, hyaline; elle a en plus, et
de même que les autres plaques, des pores irréguliers: 1’, très
facile à reconnaître, est la plus grande des apicales et la deuxième
en grandeur de l’épithèque; de ses six côtés, le droit, situé dans
le plan moyen, droit et légèrement dentelé, est le plus long; son
angle dorsal, saillant et arrondi, est très caractéristique; bord
dorsal gauche très concave; 3’ petite, plus ou moins pentagonale
irrégulière ayant la couche périphérique hyaline très large et sur
le reste quelques pores forts; 2’ très étroite et courbée, — presque
en forme de *C couché ou de demi hexagone, — soutient par sa
concavité la plaque du pore. Celle-ci, petite, en forme de banane,
a des bords épais qui délimitent une dépression; par la suite l’épi¬
thèque a, dans certaines positions une forme de bonnet phrygien.
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
49
Fig. 53-66. — Coolia monotis. — 53, Vue antérieure. — 54, Vue postérieure. —
55, Vue lat. — 56, Vue antéroventrale, avec des détails de la cellule (un peu
schématique). — 57, Epithèque vue gauche. — 58, Plaques du pore et
2’ séparées. — 59, Emergence du flagelle longitudinal. -— 60, Cingulaires et
transitionale'. — 61, Vue de la région sulcale. — 62, Antapicales, transi-
tionale et sulcales séparées. — 63, Sulcale antérieure en positions diffé¬
rentes. — 64, Deux aspects de la sulcale moyenne. — 65, Sulcale posté¬
rieure. — 66, Différents aspects de la transitionale. (N : noyau; ch. chromo-
plastes; Ps. pustule.) (Toutes les figures sauf les détails des plaques,
X 1000 environ.)
Hypothèque. Constitué par cinq postcingulaires et deux antapi¬
cales. 1” ’ est la plus petite des postcingulaires et quand on regarde
l’individu par son antapex elle est en général très peu visible;
triangulaire allongée selon le cingulum avec un des bords appuyé
50
E. BALECH
sur le sulcus. La 2” ’ semble être triangulaire curviligne mais en
réalité vers le ventre le bord cingulaire se continue avec un autre
peu notable pour 1”’; 3”’, en forme de large trapèze est la plus
grande des hypothécales. 4” ’ semblable mais sensiblement plus
petite. 5” ’ trapézoïdale allongée et curviligne se distingue aisément
des autres par la large ailette de sa marge gauche ou interne,
fortement courbée et un peu tordue sur son axe, qui recouvre en
partie le sulcus; cette ailette est insérée sur un fort rebord.
Antapicales petites, avec des caractères qui les approchent des
sulcales. 1” ” en forme de raquette un peu courbée à droite. Son
corps proprement dit, assez réduit, a des pores tout le long des
bords majeurs; sa portion plus étroite ou « manche », postérieur
est un peu à droite. La partie plus large ou antérieure a un brusque
élargissement de son ailette. 2” ” irrégulièrement pentagonale avec
des pores de distribution irrégulière qui laissent libre une large
frange tout le long des bords. Son bord sulcal a une petite ailette.
Cingulum. Très creux, un peu descendant et flexueux, limité par
deux rebords, presque sans véritables ailettes. Il est formé par
six plaques du type ordinaire dans les cingulum, allongées et avec
une rangée de pores tout le long de ces bords.
Sulcus. L’étude de cette formation, très complexe, n’est pas
terminée; j’ai pu cependant déterminer sa constitution générale.
Le sulcus, profond, est presque fermé en avant et ventralement
par les ailettes des plaques marginales de l’hypothèque, spéciale¬
ment par celles de 1”, 5” ’ et 1” ”. En arrière il est limité par les
deux antapicales, dont 2” ” donne une petite ailette sulcale pos¬
térieure. Plaque de transition (t), allongée transversalement; sa
moitié gauche, au niveau du cingulum, est la continuation natu¬
relle de celui-ci, mais sa moitié droite, nettement séparée par un
étranglement, se courbe brusquement pour plonger dans le sulcus.
S. a. large, quadrangulaire, irrégulière, à angles saillants, tordue
sur son axe et par la suite d’aspect très variable selon la position
(triangulaire, quadrangulaire, etc.).; ses bords droits sont très
renforcés; elle est lisse, avec un seul pore dans son angle gauche.
Derrière elle une autre, assez grande, relativement large, surtout
du côté droit où elle a quelques pores. Plus en arrière la sulcale
postérieure, étroite, avec des pores sur la marge postérieure et
la droite et un crochet à gauche. Les quatre plaques que je viens
de mentionner sont les principales, mais en relation avec la t. il
y a deux autres petites dont l’une est quadrangulaire, avec deux
angles arrondis et les autres deux carrés.
Caractères biologiques. Coolia monotis a de nombreux chromo-
plastes, jaune brun, qui, comme le signale Biecheler, tendent à
DINOFLAGELLÉS DE ROSCOFF
51
rayonner du centre. On trouve aussi de nombreux petits corpus¬
cules réfringents (amidon). Le noyau très grand, est plus ou moins
dorsal et courbé en forme de boudin à chromatine disposée en
forme de grains fins. Les pusules sont assez variables mais en
général on en trouve deux de différentes grandeurs et situées dans
deux plans de sorte que parfois la plus petite, superposée à l’autre,
est difficilement visible. Elles semblent déboucher indépendamment
dans le sulcus. Biecheler dit, au contraire que toutes deux parais¬
sent déboucher dans un canal unique. Elle signale aussi que le
flagelle hélicoïdal n’est pas rubané. Pour ma part j’ai observé très
clairement que le flagelle longitudinal est en forme de ruban. On
aurait alors, une disposition des flagelles inverses à la disposition
typique des dinoflagellés. Le flagelle longitudinal montre une émer¬
gence dans l’articulation des deux antapicales mais il continue à
droite jusqu’à l’union de l’antapicale droite et la postcingulaire
du même côté d’où il sort du sulcus. Les mouvements entre les
deux points signalés sont très réduits et la vibration se fait seule¬
ment après le point du côté droit. La natation de Coolia est oscil¬
lante latéralement mais très souvent ils restent persque immobiles
entre les algues parmi lesquelles ils vivent. Conservés en chambre
humide ils s’arrondissent détachant leurs plaques pour s’enkyster.
Discussion. La tabulation générale a été très bien étudiée par
Meunier, comme le remarque Biecheler, bien qu’elle ne soit pas
facile à déceler. Après désarticulation avec ' l’hypochlorite, et en
prenant soin de détacher au préalable l’épithèque de l’hypothèque,
j’ai pu établir avec sûreté sa tabulation. Ni Meunier ni Biecheler
n’ont vu que la plaque du pore était indépendante de 2’. Quant à
la nomenclature des plaques elle peut être toujours sujet à discus¬
sion, puisque la classification par groupes (apicales, intermédiaires,
etc.) est assez artificielle; je crois qu’il y a cependant un caractère
qui signale bien les plaques apicales : leurs relations avec le pore
apical. Cela établi, nous trouvons un peu étonnantes les hésitations
de Biecheler car il n’y a pas de doutes sur le fait que la région
apicale est celle occupée par le pore indépendamment de sa posi¬
tion. Dans l’espèce que nous étudions on trouve alors trois apicales
et sept précingulaires en accord avec l’interprétation de Meunier.
Les plaques cingulaires et sulcales dont je viens de donner les
détails étaient tout à fait inconnues.
Quant à la position générique de l’espèce je maintiens le genre
de Meunier, car le genre Ostreopsis de Schmidt, très imparfaite¬
ment connu et créé pour une seule espèce, a une tabulation géné¬
rale bien différente. Quant à Glenodinium je pense que c’est un
genre très mal délimité où certains auteurs, comme Schiller,
52
E. BALECH
mettent une quantité d’espèces d’affinités plus que douteuses. On
a essayé de mettre un peu d’ordre dans ce chaos des Glenodinium
en faisant plusieurs sous-genres. En incluant Coolia monotis on
devrait créer un nouveau sous-genre. J’ajoute que chez Glenodi¬
nium on ne connaît pas un caractère aussi important pour la dis¬
tinction générique que celui de la tabulation du cingulum.
BIBLIOGRAPHIE
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pp. 380-482.
Haematococcus pluvialis and if S Allies.
I. The Sphaerellaceae.
By M. Ii. DROOP.
(Marine Station, Millport, Scotland).
The Sphaerellaceae (*) are a small and rather well circumscribed
assemblage of Volvocalean inhabitants of temporary fresh water
rock pools. Neither Stephanosphaera nor Haematococcus need
further introduction; both are very striking in appearance, the
former among the inost élégant of colonial algae, the latter famous
tor its « haematochrome » which causes the water in which it is
living to seem brick or blood red in colour.
The family owes its origin to Schmidle (1903), although as
early as 1852 Cohn had recognised close resemblances between
Haematococcus and Stephanosphaera. Wollenweber (1908) enu-
merated the following diagnostic characters for the Sphaerel¬
laceae : 1 ) numerous contractile vacuoles scattered throughout
the periphery of the protoplast, 2) a cell-wall situated away front
the protoplast and connected to it by numerous protoplasmic
strands, 3) a pvfenoid number of at least two, 4) an elongate and
arched stigma, 5) a poorly defined pariétal chromatophore con-
sisting of a thick felt of anastomising strands.
The family, in Schmilde and Wollenweber’s sense includes but
the two généra : Haematococcus, being unicellular with three
species, H. pluvialis Flotow <1844), H. buetschlii Blochmann
(1886), H. droebakensis, var. droebakensis and var. fastigata Wol¬
lenweber (1907, 1908), and Stephanosphaera, coenobial with a
single species, S. pluvialis Cohn (1852). Volvox and Chlorogonium
hâve tentativelv been placed in the Sphaerellaceae by sonie later
authors.
This communication is an account of sonie observations leading
to the conclusion that the genus Haematococcus, as at présent
constituted, is not natural ; that, in fact, H. droebakensis resembles
(#) ïn view of nomenclatural considérations to be discussed in a later papcr,
the more correct désignation of this fainily is possibly « Haematococcaceae ».
54
M. R. DROOP
Stephanosphaera more closely than H. pliwialis. Some wider taxo¬
nomie issues are discussed shortly at the end of the paper.
MA TE RI ALS
The observations were made on living material and, although
some familiarity with the species was acquired in the field, ex¬
tensive use was made of cultures for prolonged study, including
the following from the Culture Collection of Algae and Protozoa,
Cambridge :
Haenmiococcus pluvialis : 34/1 c (Britain), 34/1 f (Spitzbergen
Island), 34/lh (Tvârminne, Finland), and others.
Haematococcus droebakensis var. droebakensis : 34/2a — c
(Sweden), 34/2f (Britain) and others from ôregrund, Sweden.
Haematococcus droebakensis var. fastigata : 34/3 (Tvârminne,
Finland).
Stephanosphaera pliwialis : 78/1 (Tvârminne, Finland), and
others from Millport.
MORPHOLOGY OF VEGETATIVE CELLS
The protoplasmic strands in Stephanosphaera and //. droeba¬
kensis are thick and branched and portions of the chromatophore
extend into them; while in II. pliwialis they are extremely thin,
branched only at the extreme distal ends, and never contain any
portion of the chromatophore (Numerous authors; Figs. 1-11). The
différence is such that the single-celled « colonies » of Stephanos¬
phaera, often seen when zygotes germinate, though never mistaken
HAEMATOCOCCUS PLUVIALIS. I.
55
Haematococcus droebakensis
var. fastigata
C\J
ct> a
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CT*
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CM
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202
Haematococcus
droebakensis
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9
p.ra.
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CM
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CM
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11
a.m.
2.18
0.47
159
Stephanosphaera
pluvialis
M?
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«
2.07
0.30
■*d-
CO
Haematococcus-
pluvialis
CM
a
cd
KN
5.12
VO
*d-
VO
CM
à
cd
CM
c<^
VO
CM
Age of Culture
in days
Time of day
Least number of
pyrenoids peT
cell
Mean pyrenoid
number per cell
Standard
déviation
Number in sample
Source : MNHN, Paris
Table 1. — Pyrenoid number in soil-water cultures.
56
M. R. DROOP
for H. pluvialis, are distinguished from H. droebakensis only by
the absence of a papilla (Figs. 10, 11).
One of the spécifie différences between H. pluvialis and H. droe¬
bakensis is pyrenoid number, two in the latter, more than two in
the former. Stephanosphaera also has two pyrenoids. Detailed exa¬
mination, however, reveals that considérable variation is usual,
and that âge, state of the material and time of day influence the
number (Table 1), which is apparently a résultant of the rates of
cell-division and of pyrenoid formation.
In H. pluvialis the pyrenoids usually undergo fragmentation
before the onset of cell-division, resulting in a pyrenoid-free but
coarsely granular protoplasm during the divisions (Figs. 14-18).
Pyrenoids of the other two species do not usually fragment in
végétative division but become distributed randomly among the
daughter cells.
The normal number of divisions during végétative reproduction
is three in Stephanosphaera and two in Haematococcus. In H. plu¬
vialis the plane of the first division is longitudinal, but rotation
of the protoplast during the final stages of this division causes the
plane to become orientated transversely with respect to the parent
Figs. 5-8, Haematococcus droebakensis Var. fastigata.
Figs. 5-7, Végétative cells, X 3000. Fig. 8, papillae, not to scale.
Source . MNHN. Paris
HAEMATOCOCCUS PLUVIALIS. I.
57
cell-wall (Woli.enweber, 1908: Figs. 14-18). Rotation is some-
times suffîciently rapid for the movement to be visible. Stephanos-
phaera and H. droebakensis, on the other hand, are unusual among
Volvocales in having a transverse first division. My observations
of this division in Slephanosphaera confirm those of Hieronymus
(1884) in finding it to be truly transverse and not merely appa-
rently so, as stated (without supporting evidence) by Pascher
(1927). The plane of division can be orientated with respect to the
protoplast with any certainty in this species only in favourable
cases in which the protoplasmic arm s hâve failed to contract com-
pletely (Figs. 12-13) ; even then a latitude of interprétation remains,
owing to the assymetry in the placing of the flagellar insertion.
In H. droebakensis the orientation is more easily ascertained.
Figs. 3 and 4 of typical early stages of division, show that the divi-
ding plane could not hâve corne to lie transversely through rotation
of the protoplast owing to the latter’s length and the continued
anterior attachaient of the flagella.
Prior to division the Hagella of H. pluvialis become detached
from the protoplast as if encystment were about to begin. In con-
trast, in Slephanosphaera and H. droebakensis the flagella remain
attached to the protoplast during cell-division (Blochman, 1886;
Wollenweber, 1908; Figs. 3, 4, 12, 13, 19, 20). My observations
are in disagreement with those of Hieronymus (1886), who stated
that the parent flagella were shed after the first division in Stepha-
nosphaera.
The behaviour of the stigma during cell-division is also of inte¬
rest. According to Wollenweber (1907) only in exceptional cases
does the stigma of H. pluvialis fail to divide wûth the protoplast.
However, I hâve been quite unable to confirm this, having always
found the whole stigma to lie with one or other of the daughters.
It normally disappears in the early stages of the second division.
Both in H. droebakensis, as observed by Wollenweber and here
conlîrmed, and in Stephanosphaera the stigma moves up close to
the flagellar insertion before division. Together with the parental
flagella, it can be seen associated with an anterior daughter after
each division, whether first, second or third of végétative multi¬
plication or fourth or fifth of gametogenesis. New stigmata are
developed during the later divisions (Figs. 3, 4, 12, 13, 19, 20).
Similar différences are shown with respect to rétention of moti-
lity during cell-division. Where the parent flagella and stigma are
retained the dividing cell remains motile. Stages, such as those
illustrated by Wollenweber (1908) of late végétative division and
gametogenesis in H. droebakensis, are commonly encountered
Figs. 9-11. X 3000. Fig. 9, Haematococcus pluvialis, végétative cell, wild mate-
rial, Tvàrminne, Finland. Haematochrome : black. Figs. 10, 11, Stephano-
sphaera plunialis, single celled « colonies ».
Figs. 12-18, Early stages in cell division, X 1500. Figs. 12-13, Stephanosphaera
pluvialis. Figs. 14-18, Haematococcus pluvialis.
Source : MNHN, Paris
HAEMATOCOCCUS PLUVIALIS. I.
59
swimming actively. On the other hand, H. pluvialis loses the
power of movement soon after the flagella hâve become detached
from the protoplast at their base; indeed, the flagella in this
species are normally thrown ofî' completely before the end of the
first division. Instances of motility during the later stages of the
second division are due to puncturing of the parent membrane by
the daughter-cell flagella.
ENCYSTMENT AND HAEMATOCHROME FORMATION
H. pluvialis is well known for its ability to survive desiccation
with the aid of asexual cysts (endospores, aplanospores). Ase-
xually produced resting stages hâve also been reported in Stepha-
nosphaera by Cohn (1852) and in H. drnebakensis by Wollen-
weber (1908); but according to Hieronymus (1884) ail resting
stages in Stephanosphaera are zygotes.
Figs. 19-20. X 3000. Fig. 19, gametogenesis in Haematococcus droebakensis
(after an unpublished drawing by D r H. C. Starr). Fig. 20, late stage of
cell division in Stephanosphaera pluvialis.
Stephanosphaera is homothallic so that fusion among unlibe-
rated gametes. as noted by Hieronymus, is frequently obseived.
Zygotes from such fusions, though initially too small, corne latei
to resemble cysts of H. pluvialis both in size and character. The
fact of their being sometimes found within the parent envelope
suffîciently accounts for reports of asexually formed cysts.
No resting stages of any kind occur in clonal cultures of some
strains of H. droebakensis e. g. 34/3, which are heterothallic; but
60
M. R. DROOP
in other less completely hete.rothallic strains clonal cultures do
produce resting stages, which from their initial size, must either
be encysted gametes or zygotes. As in Stephanosphaera, subsé¬
quent enlargement of zygotes probably accounts for reports of
encystment of végétative cells. Certainly, resting spores are never
seen within the parent cell-wall in this species, nor has prolonged
observation of it or Stephanosphaera ever revealed végétative cells
actually in the process of encysting (in the manner famiiiar in
/. pluvialis). In view of this and the ready sexuality a r the two
spec.es, it is highly probable that ail resting spores en. untered
are sexual in origin.
As regards haematochrome formation : carotenoids accumulate
in resting cells of ail the members of the family, but accumulation
m végétative cells occurs only in H. pluvialis.
MORPHOLOGY AND OCCURRENCE OF GAMETES
Gametes of Stephanosphaera and H. droebakensis cannot be
cistmguished from one another by morphological characters.
hey are usually narrowly fusiform and distinctly pointed behind
(Hieronymus, 1884: Wollenweber, 1908: fig. 21-23, 29-31), but
there is some variability in degree of atténuation and, particu-
larly m cultures, some irregularity of form. Gametes of H nlu-
, Hl°J aTy in SiZe a " d Shape ' but ar e never attenuated or
pointed behind: they are usually pyriform or ovoid and truncat
behind, but may be spherical, ellipsoid or even dumbell-stfàpe
drawin^o‘b™ “T °‘ ^ °‘ her tw0 s P ecies - F “™"
drawmg of « Forma porphijrocephalus » are typical of gamete-
derived from cysts containing haematochrome
mot L cet°o n f e rn; re -' 0 , rt (BRA ™' 1851 ’ eXisU t0 lhe ' ha ‘
norrn „ plamahs gave rise to gametes, gametogenesis
iSSÎ H C T 8 .° n ** rminatlon »f cysts (Peebi.es, 1909- Elliott
24 hours n f e M ’ " “ he f,eId gametes ara observéd on y i n the
turcs ïh lng the ,Io0ding of pools previously dry In eu t
PEEB L ls e n9OT) m0 d readil ^ °btained by a method described by
peeblls (190,1) and successfully employed by Schulzf (1927) in
In contrast to H. pluvialis, gametes of H. droebakensis and Ste
fssT w are always dCTf -loped in motile cells (Hieronymus'
1884: Wollenweber, 1908).
HAEMATOCOCCUS PLUVIALIS. I.
61
Gametes of many Volvocales are facultative; that H. pluvialis
is not exceptional, in spite of reports to the contrary (Braun,
1851; Peebles, 1909), can be proved by the simple expédient of
separating gametes in the early stages of copulation under the
dissecting microscope and culturing them apart from each other.
Gametes of the other two species failed to grow when similarly
isolated, which suggests the possibility of their being physiologi-
cally distinct from those of H. pluvialis.
SEX DISTRIBUTION
Stephanosphaera is homothallic, H. droebakensis heterothallic,
although some clones of the latter are less strictly heterothallic
than others.
Table 2 shows the pattern of compatibility in five clones of
H. droebakensis, including one of Var. fastigala. Two clones of
Var. droebakensis appear completely heterothallic and of the one
« sex », the other two appearing less completely so and with a
strong bias towards the other «sex». This incomplète heterothallism
is manifcst as a small but signilîcant production of zygotes in clonal
cultures which increases with the âge of the clone, newly isolated
clones being usually nearly completely heterothallic. Sexuality in
this species would probably repay further investigation. The single
clone of Var. fastigata has remained completely heterothallic for
three years.
62
M. R. DROOP
H. pluvialis lias bcen stated to be homothallic (Hartmann, 1943,
reporting unpublished work of Lerche). Apart from having failed
to repeat Lerche’s experiment, ail evidence from material at my
disposai has poinled to a state of complété heterothallism. I hâve
never observed copulation between gametes within the clone in any
strain represented in the culture collection at Cambridge; but on
those occasions when copulations did occur they were always
among gametes of two clones being cultured together. To give one
HAEMATOCOCCUS
STRAIU
34/3
GV
34/2c
3 4/2a
34/2f
'fastigata'
34/3
0
±
i
0
0
GV
i
i
i
...
...
'droebakensis'
34/2c
i
+
1
+++
...
34/2a
0
+++
+++
0
0
34/2T
0
+++.
+++
0
0
Table 2. — Compatability in Haematococcus droebakensis strains. + + + , heavy
reaction; ±, very light reaction; O, no reaction. (Zygotes from the crosses
34/3 X GV and 34/3 X 34/2c give rise to cultures entirely of « droebakensis »
individuals, showing that « fasligata » is not responsible for the slight sexual
reaction obtained in these crosses.)
instance, a culture (No. 37, Millport Collection) was initiated by a
pair of copulating gametes of the Finnish race of H. pluvialis.
While gametes from this culture copulate among themselves, ga¬
metes from clones re-isolated from it hâve never done so. However,
when certain of the latter (e. g. Nos. 40 and 41, Millport Col¬
lection) are cultured together copulations occur among the ga¬
metes. Clones 40 and 41, therefore, represent the two mating types
brought together in the copulating pair originally isolated.
SUMMARY O F CHARACTERS
Excluding characters eommon to ail mem})ers of the family
enumerated on p. 53, H. droebakensis resembles H. pluvialis and
differs from Slephanosphaera in :
1) being unicellular,
2) having normally two stages of végétative division,
3) being more or less heterothallic.
HAEMATOCOCCUS PLUVIALIS. I.
63
Stephanosphaera and 77. pluvialis both lack the papilla, but hâve
no other common characters.
H. (lroebakensis and Stephanosphaera differ from 77. pluvialis
in :
1 ) the possession of thick and branched protoplasmic strands
which may contain portions of the chromatophore,
2) having mostly two pyrenoids,
3) the tendency of pyrenoids to be distributed whole among
daughter cells,
4) having a truly transverse first division,
5) their rétention of motility throughout the process of cell-di-
vision,
6) their rétention of the parental flagella and stigma by one of
the daughter cells of each division,
7) having no asexual resting spore,
8) not accumulating haematochrome in végétative cells,
9) having gametogenesis in motile cells,
10) having fusiform gametes tapering posteriorely, which are
possibly not facultative.
The number of characters shared by 77. droebakensis and Stepha¬
nosphaera is thus very much greater than that shared by 77. plu-
vialis and either 77. droebakensis or Stephanosphaera. This serves
to lend articulation to a strong impression formed by expérience
that 77. pluvialis stands distinctly apart from other members of the
family. As has been shown, the main distinction lies in the
structure of the cell, mode of cell division and gametogenesis and
encystment. The différences considered independently tend to
reinforde each other, which, indeed, suggests that they are in some
way interdependent; nevertheless, they provide a strong argument
for at least splitting the genus Haematococcus.
This it is proposed to do. 77. pluvialis has priority and should,
therefore, retain the generic name, while 77. droebakensis and the
closely related 77. buetschlii should be removed from Haemato¬
coccus and placed close to Stephanosphaera in a new' genus for
which the name Balticola is proposed. (*)
The family would then be classified as follows :
I. Unicellular; protoplasmic strands thin, not containing por¬
tions of the chromatophore; pyrenoids usually three or more; cysts
both sexual and asexual in origin; in cell-division, first division
longitudinal with subséquent rotation of the protoplast, flagella
not retained by the protoplast, pyrenoids fragment, and stigma
(*) I am indebted to the late Professor F. E. Fritsch for suggesting the name
Balticola whose species are best known from the vicinity of the Baltic Sea.
64
M. R. DROOP
remains équatorial; haematochrome in swarmers, cysts and ga¬
mètes; gametogenesis in asexual cysts; gametes ovoid or pyriform.
Genus Haematococcus.
H. pluvialis Flotow.
II. Unicellular or coenobial; protoplasmic strands thick, bran-
ched, containing part of the chromatophore; pyrenoids mostly
two; cysts solely sexual in origin; in cell-division, plane of first
division transverse, flagella and stigma retained by protoplast of
anterior daughter-cell, pyrenoids not fragmenting; haematochrome
accumulâtes only in zygotes; gametogenesis in motile cells;
gametes fusiform.
i) Coenobial, no papilla.
Genus Stephanosphaera.
S. pluvialis Cohn.
ii) Unicellular, with papilla.
Genus Balticola n. gen.
B. buetschlii (syn. Haematococcus
buetschlii Blochmann).
B. droebakensis (syn. H. droebakensis
Wollenweber).
Var. droebakensis.
Var. fastigata.
Genus Balticola n. gen.
Diagnosis : Monadae familiaris Sphaerellaceae Schmidle em.
Wollenweber, tegumento antice papillae ephippiformatae praedito;
pontibns protoplasmatibus crassis, ramosis, partes chromatophori
capientibus; pyrenoidibus fere duobus; cellulis sexualibus de
errante natis, lanceolatis, postice praecuneatis; cystis asexualibus
absentibus; haematochromae solum in cystis sexualibus. Per pro-
pagationem, cellulae errantes et pyrenoidibus visibilibus per totem
spatium, piano divisionis primi transverso, flagellis maternis ab
anteriore cellulae fdiale retentis, stigmate ad instructam flagel-
lorum manente.
The diagnosis for Balticola given above is based mainly on five
or six strains in culture at Cambridge. Ail but one are apparently
HAEMATOCOCCUS PLUVIALIS. I.
65
morphologically identicad and hâve been referred to droebakensis,
and bear the number 34/2. The odd one, 34/3, has been referred to
as droebakensis Var. fastigata, although it might with almost as
much justification hâve been called B. buetschlii.
Whether or not buetschlii and droebakensis Var. fastigata are
one and the same species cannot at présent be decided. Clone 34/3
has the characters of both, in that, first, the papilla, which in truth
Figs. 32-36. Haematococcus droebakensis in old cultures, X 1500. Figs. 32, 33,
fastigata. Figs. 34-36, Var. droebakensis.
lias the saddle shape diagnostic of droebakensis, sometimes
resembles the external tubes of Blochmann’s description of buets¬
chlii (Fig. 8), and second, the posterior wart, associated with Var.
fastigata but not buetschlii, is by no means always présent.
Reference to Figures 1-7, which are drawn to the same scale,
and to Table 3 will underline the différence between the two forms
of droebakensis as they appear in actively growing cultures in the
following medium :
Soil Extract
20
mg.
« Oxoid » Liver Infusion
500
mg.
kno 3
100
mg.
MgSO,
10
mg.
k 2 so 4
10
mg.
H : 0
1000
ml.
Source : MNHN, Paris
66
M. R. DROOP
In older cultures the cells take on the appearance shown in Fi¬
gures 32-36 and characteristics as set out in Table 4. The tumid
form is associated with the stationary phase of growth and ganie-
togenesis.
S train
Slze (jj)»
Length:Breadth
Protoplaamic
atrande
Posterior
>rotuberence
SUs “
'droebakensis '
(34/2)
26-36 x 10-17
■ 2.0 - 2.6
Ail
poaterlor
Mostly small,
round or square
'fastigata'
(34/3
30-40 x 20-30
1.2 - 1.6
Hoatly radial
Sometimea
présent
Mostly large,
triangular or
linear.
* Limita aet by one 'standard déviation’ elther aide of mean.
Table 3. — Différences between clones of « droebakensis » and « fasligata » in
actively multiplying cultures. (Compare also pyrenoid number in Table J.)
Straln
Slze (p)*
Length:Breadth
Protoplaamic
atranda
Posterior
protuberence
Stigma
'droebakensis'
(34/2)
33-40 - 9-21
1.7 - .3.6
Mostly poat-
erior. Feu
Absent
Square to
triangular.
'fastigata'
(34/3)
46-58 x 35-41
1.2 - 1.6
Ail radial
Mostly
absent
Triangular
to linear
• limita aet by one 'standard déviation' elther side of mean.
Table 4. — Différences between clones of « droebakensis » and « fastigata» :
swollen forms in mature soil-water cultures.
FURTHER DISCUSSION
Since the mode of cell-division has been successful in indicating
relationships within the Sphaerellaceae, it may be useful to discuss
how far it can be used as an indicator of wider relationships, as,
for instance, that of Volvox and Chlorogonium to this family.
Crow (1918) suggested that V. globator should be placed in the
Sphaerellaceae on account of some obvious morphological resem-
blances, his views being accepted by Fritsch (1935) and Pocock
(1953), though not by Pascher (1927). Since V. globator resembles
Balticola rather than Haematococcus, it is with Balticola that
further resemblances should be sought. Thus, according to Janet
(1912) the first division of the gonidium is longitudinal and, as the
gonidium flagella are shed prior to division, motility is technically
HAEMATOCOCCUS PLUVIALIS. I.
67
lost (though retained by the somatic cells of the coenobium). The
mode of cell-division in this species does not, therefore, augment
the morphological evidence in favour of a close relationship bet-
ween it and Balticola. On the other hand, the reverse argument is
not valid, owing to specialization in Volvox, which may hâve obs-
cured common characters.
Concerning the direction of the plane of the first division in Vol-
vocales, both Pascher (1927, p. 43) and Fritsch (1935, p. 93)
quote Reichenow (1909) to the effect that very often in elongate
cells an apparent transverse division results from a 90° rotation of
the protoplast either during or prior to the division. According to
Pascher the altered position of the stigma and contractile vacuoles
are suflicient indication of this. However, on the same page
Pascher reproduces Jacobsen’s (1910) illustration of Chlamydo-
monas rariabilis in which a true transverse has taken place with-
out apparently any rotation of the protoplast. Reichenow’s
remarks concerned certain species of Chlamydomonas in which an
apparent transverse division occurs, and are not necessarily appli¬
cable to other généra. As has been shown, a rotation of the proto¬
plast prior to division is patently impossible in Balticola, and in-
deed, Chlorogonium. Indeed, the cytological researches of Hart¬
mann (1918) on C. elongatum demonstrate a transverse orientation
of both cytoplasinic cleavage and the metaphase plate. Dangeard
(1901) found a transverse division without previous rotation of the
protoplast in Polytoma uvella (*) and advanced two hypothèses
to explain it : « 1°, dans toute cellule polarisée, les divisions, quelle
que soit leur direction apparente, sont toujours en réalité des divi¬
sions longitudinales séparant la cellule en deux moitiés symé¬
triques, ou bien les nouvelles cellules sont susceptibles de se pola¬
riser à nouveau, soit sous l’influene du noyau, soit par suite d’une
différenciation de leur cytoplasme, et alors il est inutile que la
division sépare des moitiés symétriques. » Dangeard favoured the
first hypothesis on the grounds that it involved only one assump-
ton, namely, the displacement of some cytoplasm in cases of obli¬
que or transverse division. This first hypothesis, adéquate for P.
uvella and probably Chlamydomonas variabilis, cannot, however,
be applied to Balticola, Stephanosphaera or Chlorogonium in which
not only is there a transverse cytoplasmic division but also a degree
of initial différentiation between anterior and posterior daughter
cells, in so far as the former retains the parental flagella and stig-
(*) Mosbacher’s (1925) cytological figures of supposed division in P. uvella
resemble représentations more of abnormalities familiar in cultures than of
cell-division in an autospore-forming alga possessing a firm cell-wall.
68
M. R. DROOP
ma. In other words, the polarity of the parent is temporarily retai-
ned as différentiation between the daughters in these généra and
(as in Dangeard’s second hypothesis) polarization of the daughter
cells takes place de novo.
Thus there are Volvocales in which division is longitudinal, the
majority, e. g. Volvox, most Chlamydomonas spp., Brachiomonas
spp. etc.; those in which rotation of the protoplast takes place ei-
ther before, after or during the first division, e. g. Haematococcus
pluvialis, C. longistigma (Dill, 1895), C. braunii (Goroschankin,
1890) ; Volvocales in which transverse division occurs without dif¬
férentiation between the daughters, e. g. P. uvella, C. variabilis;
and Volvocales in which division is transverse and polarity of the
parent cell is initially retained as différentiation between the
daughters, e. g. Balticola, Stephanospbaera and Chlorogonium
(Bohlin, 1895; Jacobsen, 1910; Hartmann, 1918).
The degree of importance which should be attached to such dif¬
férences in the mode of cell-division is, however, open to question.
If they are considered as of major taxonomie significance then it is
clearly necessary to remove Balticola and Stephanospbaera yet fur-
ther from Haematococcus and place them nearer to Chlorogonium,
and Haematococcus nearer to Chlamydomonas, a procedure which
ignores the morphological characters cominon to and diagnostic
of the family Sphaerellaceae.
The question of rétention of parental flagella and stigma by one
of the daughter protoplasts and that of continued motility also lead
to difficulties when wider relation ships are considered. Parent fla¬
gella and stigma are retained in Eudorina illinoisensis (Merton,
1908), which in other respects (including a longitudinal first divi¬
sion) has the Chlamydomonas, as opposed to Balticola, type of
organization. The value of continued motility as a guide to affinity
(cf. Pocock, 1953) is similarly greatly diminished when even a
small portion of the available data are taken into account. For ins¬
tance, motility is retained throughout the cell division stages in
Polyblepharidaceae, Balticola, Stephanosphaera, Brachiomonas
(Teodoresco, 1907), Chlorogonium, Eudorina illinoisensis, Poly-
toma and some species of Chlamydomonas (J. W. G. Lund, personal
communication), while in H. pluvialis, Volvox, Platymonas and the
majority of Chlamydomonas motility is lost.
If any conclusion can be drawn from the foregoing discussion
it is that those characters which, owing to their concerted pleading,
hâve served to distinguish between Balticola and Haematococcus,
hâve, like the morphological characters of the family, no great
HAEMATOCOCCUS PLUVIALIS, I.
69
significance considered singly and applied outside the immédiate
alliance. We must yet remain content to leave Volvox and Chloro-
gonium in an uncertain systematic position.
Hames of
speciee
■9
|
e
I
I
| Balticola spp.
| Haematococcus pluvialis |
| Volvox globator
2
3
>
pV. tertius
s
1
1
| Chlorogonium euchlorum
| Chl. tetragamum
|chl. elongatum
Brachiomonas submarina
Polytoma uvella
■H
H
1
3
O
s
g
{
!
0
5
3
s
1
Ist division transverse;
flagella NOT retained
by anterior daughter
*
*
-
-
-
Ist division transverse;
flagella retained by
anterior daughter
*
*
-
-
-
-
?
-
*
*
*
i
Motility retained
*
-
-
-
-
*
-
*
*
*
*
*
?
?
-
Protoplasmic Btranda
thi ck
>
*
-
*
Protoplasmic strands
thin
-
*
Many contractile
vacuoles
*
*
*
*
Chromatophore NOT
well defined
*
*
-
-
-
-
*
*
*
*
Protoplast occuoies a
small proportion of
cell volume
*
*
*
*
*
*
*
*
-
Pyrenoids 2 or more
*
*
*
*
*
*
*
Stigma elongate
*
*
#
*
-
-
*
-
*
1 My observation regarding Brachiomonas agréé with Teodoresco (1907) and *,ot
Ohodat (1913, p. 15).
Table 5. — Table of Characters. Possession of a particular character is denoted
by an asterisk. For authorities see text, otherwise Pascher (1927).
SUMMARY.
Morphology of végétative cells and gamètes, details of cell-divi-
sion cyst-and haematochrome-formation of members of the
Sphaerellaceae (Volvocales) suggest that Haematococcus droeba-
kensis (and by inference, H. buetschlii) are more nearly related
to the colonial genus Stephanosphaera than to the remaining Hae-
70
M. R. DROOP
matococcus sp„ H. pluvialis. A diagnosis is furnished of a new
genus, Balticola to include H. droebakensis and H. buetschlii. The
signifi'cance of a transverse lirst végétative division in Volvocalean
taxonomy is discussed with particular reference to Volvox, Chloro-
gonium and the Sphaerellaceae.
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matococcus. Ber. dtsch. bot. Ges., 26, 238.
Observations
sur une fleur d'eau à Cyanophycées
Par J. HABILLE.
L’étang de Saint-NicoIas-aux-Bois (Aisne) se trouve à la bordure
N. E. du massif de Saint-Gobain, environ à 1.500 m. au S. O. du
lieu-dit «la Bobette » situé sur la R. N. n° 44, dans sa portion
La Fère-Laon. S’étendant sur environ 8 ha., c’est un étang de forêt,
selon le sens attribué à cette expression en limnologie, c’est-à-dire
un étang alimenté par les eaux ruisselant sur le sol des forêts
avoisinantes. Ses eaux sont souvent d’une teinte jaunâtre et leur
pH est voisin de 6,2.
Le 19 août 1953 le plancton était déjà très chargé en Cyano¬
phycées. Le 28 août, par un temps très calme, la fleur d’eau d’un
vert jaunâtre était formée et s’étendait en bordure de l’étang sur
une longueur d’environ 500 m. et une largeur de 10 m.; température
de l’eau, 22°. Elle était constituée par la Chlorococcale Botryococcus
Braunii et les Cyanophycées suivantes : Woronichinia (= Coelo-
sphaerium) Naegeliana (Unter.) Elenk. dominant, Microcystis flos-
aquae (Wittr.) Kirchn. emend. Wesenb.-Lund, Teiling peu abon¬
dant, Anabaena spiroides Kleb. var. crassa Lemm. très peu abon¬
dant, A. planctonica Brunnth. assez abondant, A. Viguieri Denis et
Frémy très peu abondant, A. flos-aquae (Lyngb.) Bréb. très peu
abondant, Oscillatoria ( Trichodesmium) lacustris (Kleb.) Geitler.
Toutes les Cyanophycées contenaient dans leurs cellules des
vacuoles à gaz.
Woronichinia Naegeliana (Unter.) Elenkin. Fig. 1.
II s’agit de la plante qui est le plus souvent désignée sous le nom
de Coelosphaerium Naegelianum Unter. La création d’un genre
nouveau est basé sur les observations de Woronichin qui, par une
coloration au bleu de méthylène, a fait apparaître des tractus
muqueux comparables à ceux que l’on connaît dans les colonies
de Gomphosphaeria. Ce qui distingue les genres Woronichinia et
Gomphosphaeria c’est que dans le premier les tractus ont la forme
de petits tubes, chez le second, ce sont des pédicelles. Il est d’ail-
FLEUR D’EAU A CYANOPHYCÉES
73
leurs permis de se demander avec Geitler (1942) s’il n’existe pas
des formes de passage entre les deux genres. En effet, la coloration
des tractus est délicate à réaliser, la concentration du colorant a
une grande importance et il est nécessaire d’écraser fortement les
colonies entre lame et lamelle. Dans ces conditions, je ne suis
parvenu à distinguer que des pédicelles qui semblent se prolonger
en téguments entourant chaque cellule.
Voici la clé analytique proposée par Geitler (1942) pour cette
famille.
I. Mucus homogène.
1°) Cellules sphériques
a) cellules diposées en une seule couche . . Coelosphaerium
b) cellules disposées en 2 ou 3 couches. Coelomoron
2°) Cellules allongées
a) cellules non pyriformes. Lemmermanniella
b) cellules pyriformes. Marssoniella
II. Mucus non homogène.
1°) cellules fixées à des pédicelles muqueux. . Gomphosphaeria
2°) cellules fixées à de petits tubes muqueux. . . Woronichinia
Le système adopté par F. Drouet et W. Daily (1952) est tout
différent. Ces auteurs rassemblent tous les genres ci-dessus sous
le nom de Gomphosphaeria avec trois espèces : G. Wichurae (Hilse)
comb. nov. ayant des cellules d’un diamètre de 3 à 5 jj. qui contien¬
nent des vacuoles à gaz; les deux autres espèces : G. lacustris Chod.
et G. aponina Kiitz, ne présentent pas de vacuoles et leurs cellules
ont respectivement pour diamètre 2-3 jx et 4-10 jx. On peut déjà
remarquer que la présence ou l’absence de vacuoles à gaz n’est pas
un caractère constant chez certaines de ces Algues. Frémy (1937)
écrivait : « Il me semble pour le moins hasardeux de considérer
comme spécifiques des caractères purement physiologiques qui
résultent sans doute d’une assimilation plus ou moins intense;
en particulier si Coelosphaerium Kuetzingianum manque assez sou¬
vent de vacuoles gazeuses, il en a aussi parfois ».
D’autre part si l’on suit la clé analytique de F. Drouet et
W. Daily, on est conduit à la définition suivante du genre Gom¬
phosphaeria : cellules ovoïdes, cylindriques ou pyriformes se divi¬
sant selon des plans parallèles aux grands axes, plantes sphériques,
cellules disposées radialement à la périphérie. Cette définition ne
semble guère convenir à Coelosphaerium Kuetzingianum Naeg. dont
les cellules sont sphériques ou légèrement allongées avant la divi¬
sion, mais cette dernière se faisant alors selon des plans perpendi¬
culaires aux grands axes.
74
J. MABILLE
Il est à craindre que la systématique proposée par ces auteurs
ne soit un cadre trop étroit et trop rigide dans lequel ne puisse
s’exprimer les multiples nuances que l’on observe chez les plantes
en question. Mais il convient d’attendre la révision détaillée
annoncée par les auteurs.
Microcystis flos-aquae (Wittr.) Kirchn. emend. Wesemb.-Lund et
Teiling. Fig. 3.
Teiling (1941) fonde la systématique des Microcystis de fleurs
d’eau sur la nature des téguments. Pour M. flos-aquae, les tégu¬
ments sont difïluents à peine visibles, les colonies clathrées ont
des trous arrondis. Chez M. aeruginosa (fig. 2) au contraire, les
téguments sont fermes, réfringents et les colonies sont nettement
limitées; lorsqu’elles sont clathrées, les trous ont des contours
anguleux. Chez M. viridis les téguments des cellules gardent souvent
leur individualité, si bien que le contour de la colonie n’est pas
linéaire mais offre un aspect onduleux.
E. Teiling a eu l’amabilité de me donner quelques précisions
complémentaires dont il me semble intéressant d’extraire les points
suivants :
« 1°) Je considère que la structure des colonies, qui dépend de
« la consistance du mucus, est le premier principe biosystématique
« et que le diamètre des cellules est un caractère secondaire.
«2°) Dans le spectre écologique, ces trois espèces sont situées
« ainsi :
« Oligotrophie
* - flos-aquae
eutrophie
aeruginosa
viridis
« On trouve aeruginosa et flos-aquae dans les eaux eutrophes
« sans aucune différence de fréquence, mais on ne trouve jamais
« aeruginosa ou viridis dans les lacs oligotrophes qui sont carac-
« térisés par certains planctons d’eaux pauvres en substances
« nutritives. »
Il est un peu étonnant que l’auteur considère le diamètre des
cellules comme un caractère secondaire. En général, chez les Cya-
nophycées, ces mensurations sont considérées comme un critère
qui présente des garanties de constance. Nygaard (1949) est sans
doute de cet avis quand il attribue aux cellules des espèces types
aeruginosa et flos-aquae 3 à 4,5 ji de diamètre et aux variétés
major un diamètre de 5-7 p. Cet auteur souhaite également que des
cultures permettent de prouver que les caractères des espèces ainsi
FLEUR D'EAU A CYANOPHYCÉES
75
définies sont stables et transmissibles. Enfin il faut reconnaître,
avec Nygaard également, que les diagnoses des trois Microcystis
proposées par Teiling sont très commodes et constituent un pro¬
grès certain dans la systématique de ce genre.
Anabaena spirioides Kleb. var. crassa Lemm. Fig. 4 et 5.
Très peu abondant dans la récolte, les trichomes sont, le plus
souvent, dépourvus de spores. Cette algue a été souvent observée
dans le plancton des lacs d’Auvergne par A. Wurtz et en Sologne
par M. Lefèvre.
A. planctonica Brunnth. Fig. 6, 7 et 8.
(= A. Scheremetievii Elenk.)
Après avoir procédé à une série de mensurations E. Fjer-
dingstad estime que A. Scheremetievii Elenk. n est qu une variété
écologique de A. planctonica Brunnth.
Dans la récolte de Saint-Nicolas-aux-Bois, les trichomes sont
droits ou demi-circulaires, les spores sont subsphériques ou ellip¬
tiques. Dans la majorité des cas les dimensions sont les suivantes :
Cellules : 10-11 y. X 9-10 u.
Hétérocystes : 12 ^ X 11p..
Spores : 15-16 y. X 27-29 y..
On constate que toutes ces dimensions conviennent à la diagnose
des deux espèces citées sauf la longueur des spores qui ne peut être
attribuée qu’à A. planctonica Brunnth.
A. Viguieri Denis et Frémy. Fig. 9.
Assez rare dans la récolte.
A. flos-aquae (Lyngb.) Bréb.
Peu abondant. Les trichomes sont assemblés en petits pelotons
et très enchevêtrés.
Oscillatoria (= Trichodesmium) lacustris (Kleb.) Geitl. Fg. 10.
Il s’agit ici de l’algue désignée par Nygaard sous le nom de
Trichodesmium Iwanoffianum Nyg. d’après une récolte de planc¬
ton effectuée au lac Toba à Sumatra. Elle a également été observée
par P. Bourrelly et E. Manguin (1952) dans une récolte de la
Guadeloupe. Sa description, reproduite par Geitler (1932) indique
des cellules apicales non allongées. G. Nygaard a bien voulu me
. faire connaître que, d’après un nouvel examen du plancton du lac
Toba, Oscillatoria ( Trichodesmium) Iwanoffiana est identique à
Trichodesmium lacustre Kleb.
76
J. MABILLE
J’ignore pourtant s’il a été créé une var. nov. pour distinguer
la plante en question dont la largeur des cellules atteint 9 fx, du
type dont les cellules sont larges de 5-7 jx.
J’ai retrouvé également cette algue dans le plancton d’une petite
mare à Ribement (Aisne). Les trichomes isolés, avec ou sans va¬
cuoles à gaz, étaient épais de 9 g. et certains d’entre eux montraient
des cellules apicales nettement allongées et atténués. Cette dernière
particularité est tout à fait conforme à la description de O. lacus-
iris (Kleb.) Geitl.
Geitler estime qu’il est préférable de réserver aux formes ma¬
rines pélagiques le nom de Trichodesmium Ehrenb. A noter que
J. de Toni (Diagn. Alg. nov. I, 4, 1938) crée le nom Skujaella pour
lemplacer Tiichodesmium. P. Bourrelly me signale à ce sujet :
«Geitler (1942) remarque qu’il y avait déjà un Trichodesmium
« Chevallier (1826) qui est une Uredinale. Donc le nom d’EHREN-
« berg (1830) n est pas valable, il est pourtant proposé comme nom
« à conserver. Si on ne l’accepte pas, il existe pour la Cyanophycée
« en question les noms de Xanthothricum Wille (1893) et Helia-
« thricum Wille (1893). Il n’y a donc pas lieu d’accepter Skujaella.»
Les fleurs d’eau constituent un problème d’hydrobiologie fort
curieux. En particulier, l’origine des vacuoles à gaz chez certaines
Cyanophycées ne semble pas être nettement élucidée. Canabeus,
cité par Geitler (1932), est parvenu à faire apparaître des vacuoles
à gaz chez des espèces qui habituellement n’en possèdent pas, en
les cultivant dans un courant d’hydrogène, et cet auteur estime
que dans la nature les vacuoles à gaz se produisent lorsque les
Algues se développent dans un milieu dépourvu d’oxygène : sapro-
pèle, par exemple.
LEGENDE DES FIGURES
1. Woronichinia (Coelosphaerium ) Naegeliana (Unter) Elenk.
2. Microcystis aeruyinosa Kütz. eraend. W.-L. Teiling.
3. M. flos-aquae (Wittr.) Kirchn. emend. W.-L. Teiling.
... ... Ces deux dernières schématiques, d’après Teiling.
4. Anabaena spiroides Kleb. var. crassa Lemm.
5. Spore.
6. 7, 8. .4. planctonira Brunnth.
9. A. Viguieri Denis et Frémy, d’après Frémy.
10. Oscillatoria ( Trichodesmium ) lacustris (Kleb.) Geitler.
Le n° 1 est à l’échelle D
le n° 9 à l’échelle C
le n° 10 à l’échelle B
tous les autres à l’échelle A (sauf n° 2 et 3 schématisées).
FLEUR D’EAU A CYANOPHYCÉES
77
Source ; MNHN, Pans
78
J. MABILLE
J’ai fait sur la Cyanophycée subaérienne Nostoc commune
Vauch. les observations et expériences suivantes qui confirment
en partie cette opinion.
Au fond d’une petite dépression humide, dont les pentes étaient
couvertes de jeunes thalles sphériques de Nostoc commune, j’ai
trouvé une couche épaisse de 4 à 5 cm, faite d’un amas de ces
plantes. Les trichomes des thalles enfouis dans cette masse avaient
de nombreuses vacuoles à gaz, alors que dans la couche superfi¬
cielle, ce phénomène ne s’observait jamais. Il semble d’autre part
que l’apparition de gros granules dans le protoplasme cellulaire
précède celle des vacuoles à gaz. Je me suis alors livré à quelques
expériences assez primitives et qui n’ont d’ailleurs été couronnées
de succès qu’avec des thalles jeunes, sphériques de 1 cm à 1 cm 5
de diamètre. Ces derniers ont été placé dans une boîte de Pétri sur
un tapis de muscinées humides. La culture est mise à l’obscurité
totale, à une température inférieure à 10° (c’était en décembre
1953). Dans ces conditions, le rôle des muscinées consiste à
absorber l’oxygène de cette atmosphère confinée. Cinq jours plus
tard, les cellules des Nostoc étaient envahies de nombreuses va¬
cuoles à gaz tandis que les téguments des thalles devenaient
partiellement diffluents. J’ai essayé sans succès de provoquer la
disparition des vacuoles par un séjour des plantes à l’air libre
et en pleine lumière. On remarque que les Plectonema nostocorum
Gom. qui vivent en abondance dans le mucus des Nostoc, ne sont
affectés d’aucune modification morphologique par cette expérience.
Ceci est à rapprocher du fait que les Phormidium muscicola
Hub.-Pestaloz., qui vivent notamment dans le mucus de Micro-
cystis flos aquae, ne possèdent pas de vacuoles à gaz, comme j’ai
pu l’observer d’après une récolte faite par A. Wurtz au barrage
d’Eguzon (Indre).
Il serait intéressant, semble-t-il, de réaliser des cultures de
Nostoc commune avec vacuoles à gaz, de façon à savoir si cette
plante peut encore se développer normalement ou bien si la pré¬
sence des vacuoles indique un état pathologique ayant la mort
des cellules pour conséquence finale.
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Une nouvelle Cyanophycée
d’un étang poissonneux
Marssoniella minor Hortob. n. sp.
Par Tibor HORTOBAGYI, Eger (Hongrie).
Au cours des examens phytocénologiques des étangs poisson¬
neux de la Hongrie, j’ai découvert, dans un prélèvement d’eau à une
profondeur de 20 cm. (Ieg. D r Elek Woynarovich) la Cyanophycée
appelée Marssoniella minor. La découverte a été faite le 23 juillet
1954, à 13 heures, dans le vivier n° 11 du lac « Fehértô », près de
Szeged. Le lac est riche en soude (carbonate de soude-hydrocarbo-
nate, Woynarovich, 1941).
Les cellules de la nouvelle plante sont guttiformes, longues de
1,3 à 1,8 {x, larges de 0,8 à 1 pu Elles se trouvent en colonies, en¬
robées de mucus, composées de cellules peu nombreuses : 26 au
maximum. Les colonies semblent homogènes. Le plasma est homo¬
gène, de couleur bleu clair. Les cellules sont disposées, dans la
colonie, d’une manière lâche, assez loin les unes des autres, et en
disposition radiale. Le diamètre de la colonie est de 8 à 15 ix. Les
cellules se divisent dans le sens de leur axe longitudinal (Fig. 1-5).
Dans leurs ouvrages de détermination sur les Cyanophycées,
Geitler (1930-1932) et Huber-Pestalozzi (1938) signalent dans le
genre Marssoniella, seulement l’unique espèce r Marssoniella ele-
gans Lemm. Gollerbah, Koszinszkaja, Poljanszkij dans leur ou¬
vrage (1953) font connaître cette espèce et la forme f. compacta
(Popova) Hollerb. Dans la littérature à ma disposition je n’ai pas
trouvé d’autres Marssoniellae.
La nouvelle espèce diffère du Marssoniella elegans par les
caractéristiques suivantes :
1. Sa forme n est pas celle d’une poire étirée, mais ressemble
à une petite goutte.
2. Elle est bien plus petite. Le Marssoniella elegans atteint 5-6 pi
X 1,3 à 2 jx, tandis que les dimensions de Marssoniella minor
sont de 1,3 à 1,8 X 0,8 à 1 pi.
Elle diffère de la forma f. compacta :
MARSSONIELLA MINOR NOV. SP.
81
1. Par ses cellules disposées d’une manière lâche dans les colo¬
nies, et
2. par ses dimensions sensiblement moindres. Les dimensions
de la f. compacta sont : 4 à 5,5 n X 2 ji.
Les Marssoniellae sont des Cyanophycées rarement signalées. Le
M. minor appartenait aussi aux algues rares dans l’étang.
En juillet, la phytocénose du lieu de récolte était composée des
algues suivantes :
Cyanophyta.
1. Microcystis elabens Kütz. — Dimensions des cellules : 3 à 4 u.
X 1,8 à 2
2. Merismopedia tenuissima Lemm.
3. Marssoniella minor Hortob. n. sp.
4. Aphanizomenon flos-aquae (L.) Ralfs.
Euglenophyta.
5. Euglena proxima Dang.
Chrysophyta.
Bacillariophyceae.
6. Melosira granulata var. angustissima Müller.
7. Cyclotella comta (E.) Kg.
8. Diatoma vulgare Bory.
Chlorophyta.
Chlorophyceae.
9. Characium Judai (G. M. Smith) Fott.
10. Oocystis solitaria var. elongata Printz.
11. Oocystis Borgei Snow.
12. Tetraëdron muticum (A. Br.) Hansg.
13. Tetraëdron trigonum (Nâg.) Hansg.
14. Scenedesmus arcuatus Lemm.
15. Scenedesmus ecornis var. major Chod.
16. Scenedesmus ecornis var. disciformis Chod.
17. Scenedesmus armatus var. typicus Chod.
18. Scenedesmus armatus var. boglâriensis f. bicaudatus Hortob.
La coenobium est à quatre cellules, dimension des cellules : 14 à
15 [x X 3,5 à 4,2 {X. Les longues épines des cellules extrêmes sont
situées dans le sens de l’une des diagonales et mesurent de 11 à
13 jx. A l’extrémité des cellules il se trouve aussi de petites épines.
Une nervure saillante longe chacune des cellules (Fig. 6).
19. Scenedesmus quadricauda Chod.
20. Crucigenia triangularis Chod.
21. Crucigenia tetrapedia (Kirchn.) VV. et W.
82
T. HORTOBAGYI
Fig. 1-5: Marssoniella minor Hortob. n. sp., 5000 X. — 6: Scenedesmus armatus
var. boglâriensis f. bicaudatus Hortob., 2000 X. — 7-8 : Kirchneriella Jâvorkae
Hortob., 3000 X.
MARSSONIELLA MINOR NOV. SP.
83
22. Actinastrum Hantzschii Lagerh.
23. Tetrastrum apiculatum (Lemm.) Schmidle.
24. Tetrastrum staurogeniaeforme (Schrôd.) Lemm.
25. Kirchneriella Jâvorkae Hortob. — Dimension des cellules :
9,5 à 9,8 (i X 8,7 à 9,5 jx. Epaisseur des cellules : 5,3 à 5,6 (x.
Vue de profil, la cellule est oviforme, un peu allongée. La
paroi de cellule est ornée des verrues hémisphériques (Fig. 7-
8 ).
26. Dictgosphaerium pulchellum var. minutum Défi.
27. Ankistrodesmus convolutus Corda.
28. Ankistrodesmus setigerus f. minor G. S. West.
29. Coelastrum cambricum var. intermedium (Rohlin) G. S.
West.
Con jugatophyceae.
30. Closterium acutum var. variabile (Lemm.) Krieger.
Les étangs poissonneux de la Hongrie sont des biotopes parti¬
culièrement intéressants, recélant de nombreuses nouveautés scien¬
tifiques. Dans cette seule récolte, nous avons trouvé plusieurs
plantes rares et dignes d’attention. Parmi les Cynophyceae, telles
sont, outre le nouveau Marssoniella, le Microcystis elabens; parmi
les Chlorophyceae le Characium Judai, la forme f. bicaudatus du
Scenedesmus armatus var. boglâriensis Hortob. — décrit dans le
seston du Balaton et trouvé à présent pour la seconde fois; ensuite
le Kirchneriella Jâvorkae, déjà signalé en 1954, trouvé dans les
étangs de la Pisciculture de Hortobâgy, et retrouvé à nouveau.
Les organismes de la phytocénose étudiée appartiennent aux
groupes suivants :
Cyanophyta . 4
Euglenophyta . 1
Chrysophyta, Bacillariophycées . 3
Chlorophyta, Chlorophycées. 21
Chlorophyta, Conjugatophycées . 1
Au total. 30
Quantitativement, les différents groupes participent à la phyto¬
cénose dans les proportions suivantes :
Cyanophyta . 21 %
Chrysophyta, Bacillariophycées . 5 %
Chlorophyta . 74 %
Au total. 100 %
Seul VEuglenophyton étant un ensemble extrêmement rare,
n’entre pas en ligne de compte au point de vue quantitatif.
84
M. VOIGT
Parmi les algues, ne jouent qu’un rôle peu important du point
de vue quantitatif, le Merismopedia tenuissima, le Scenedesmus
ecornis var. major , les Oocystises et le Dictosphaerium pulchellum
var. minutum.
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Sur certaines irrégularités dans la structure
des Diatomées
Par M. VOIGT
Dans une analyse des Diatomées du Parc de Kou Ka Za de Chang-
haï (M. Voigt, 1942), nous avons mentionné l’existence, dans Nei-
dium maximum (Cl.) Meister, d’un défaut de structure, qui se pré¬
sente régulièrement chez cette Diatomée et dont la position semblait
obéir à certaines lois bien déterminées.
Nous avons publié une étude sur cette question et avons appris,
par une communication de J. F. Burke du Staten Island Institute of
Arts and Sciences, que déjà en 1936, S. H. Meakin avait aussi noté
un défaut analogue de striation chez Navicula lyra Ehr. et qu’il
avait même, considéré l’observation de ce défaut comme un moyen
infaillible de différencier le vrai N. lyra de ses multiples variétés.
S. H. Meakin avait communiqué ce fait, dans une lettre, à feu
R. Hagelstein, curateur des Myxomycètes du Jardin Botanique de
New-York.
Tous les ouvrages classiques et modernes qui traitent des Dia¬
tomées, consacrent des chapitres aux anomalies de structure et
plusieurs articles ont paru sur ce sujet, dans le Bulletin de la
Société Française de Microscopie (H. Germain, 1935).
Il s’agit cependant dans ces cas, généralement de différences
totales de structure, plus ou moins fréquentes chez certaines espèces
et qui ont souvent été interprétées comme ayant une valeur spéci¬
fique ou décrites comme variétés d’espèces courantes, comme c’est
le cas. pour Navicula cuspidata v. Heribaudi Per.
Cependant il y a, à côté de ces variations en grand, des détails
plus difficiles à observer et à interpréter, mais qui ne manquent pas
d’intérêt à cause de la régularité de leur apparition et de leur em¬
placement.
Nous trouvons, également dans le Bulletin cité, un article qui
signale le cas d’une toute petite irrégularité dans la sculpture de
Cymbella lanceolata (Ehr.) v. H. (R. Maillard, 1935), que l’auteur
considère comme un cas isolé et presque banal, si ce n’était que
presque tous les individus de cette espèce le montrent, et en plus,
86
M. VOIGT
dans une position fixe, par rapport à la longueur, quelles que soient
la grandeur et la provenance des valves.
Cette régularité mathématique dans l’apparition d’une faute de
structure nous a paru suspecte et nous a conduit à examiner de plus
près d’autres espèces, avec le résultat que nous avons déjà signalé;
nous avons constaté que ce « défaut régulier », comme nous l’ap¬
pellerons, est très répandu, qu’un grand nombre d’espèces le portent,
avec une régularité constante et que l’étonnant est plutôt qu’il n’ait
pas été signalé par les micrographes qui ont passé des années à
dessiner, l’une à côté de l’autre, de multiples espèces d’un même
genre qui, presque toutes, le portent d’une façon plus ou moins
apparente !
Lorsque nous parcourons les feuilles d’un album de dessins de
Diatomées comme l’Atlas Schmidt ou les planches des beaux vo¬
lumes de W. Smith, H. Peragallo, Castra cane, V. Heurck et
d’autres, ce qui nous étonne d’abord, c’est la régularité mathéma¬
tique de la sculpture qui orne les valves. On dirait que ces sculp¬
tures sont le produit d’un atelier de précision, muni des plus fines
machines à graver, et non d’une Nature qui travaille sous l’influence
de multiples forces, sans règle ni compas.
Dans notre siècle de mécanisation à outrance, il est presque
naturel que nous tombions dans ce piège et le sujet des pages qui
suivent est un cas frappant dans lequel l’habitude de considérer
l’œuvre du Créateur comme le produit d’une cervelle humaine,
calculatrice, utilisant les simples règles de la géométrie, a conduit
bien des observateurs à s’octroyer le droit de corriger ce qu’ils ont
dû considérer comme une erreur commise par la nature dans la
disposition des détails de son architecture.
Ce faisant, ils ont oublié que ce sont souvent ces petits détails
qui déterminent la personnalité de l’individu et de l’espèce; comme,
d’une façon analogue, la toute petite déviation de l’axe du nez et des
yeux, fait en partie, la différence entre la figure schématique d’un
être humain quelconque et le portrait d’une Mona Lisa.
Malgré leur belle symétrie, les Diatomées, elles aussi, conservent
leur personnalité et beaucoup sont même capricieuses et nous mon¬
trent des anomalies surprenantes de structure. Mais l’obsession de
la sculpture géométrique a été trop puissante et, dans presque
■chaque cas, le dessinateur a corrigé la petite irrégularité et la Dia-
tomée apparaît dans la planche, intacte et sans défaut. La photo¬
graphie, par contre, travaille avec moins d’égard et, dans les cas,
assez rare, où une publication nous fournit aussi bien le dessin que
la photographie d’une Diatomée, nous trouvons la preuve de ce que
nous venons d’affirmer.
REVUE ALGOLOGIQUE
N'l« Sér., T. Il; PI 2
Source : MNHN. Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
N"« Ser.. T. Il; PI 3
PICL.OÙÏ
\D*(.IST J
Xnatur/
\*/
Source :MNHN : Paris
IRRÉGULARITÉS DANS LA STRUCTURE DES DIATOMÉES
87
LEGENDE DES PLANCHES
Dans chaque figure, les défauts se trouvent du côté droit du raphé. Pour
reconnaître leur emplacement exact, il suffit de multiplier la moitié de la
longueur de la valve par le facteur indiqué et de chercher à cette nouvelle
distance du centre du nodule central.
Planche I (2).
Fig. 1. Neidium maximum Meister, montrant les deux défauts. Le facteur est 0,5.
Fig. 2. Le détail d’un des défauts : stries déviées.
Fig. 3. Dans un Diploneis, le défaut est quelquefois remplacé par un léger
renforcement de la côte axiale. Facteur 0,55.
Fig. 4. Un Anomoeoneis avec deux défauts. Facteur 0,53.
Fig. 5. Après la destruction partielle de la valve de VAnomoeoneis, les défauts
restent comme des éperons attachés à la nervure axiale.
Fig. 6. Un exemplaire des Nadiculae lyratae, avec défauts dans la ligne poin-
tillée longeant le raphé. Facteur 0,56.
Fig. 7. — Une des Naviculae punctatae. Le défaut est une petite strie atrophiée.
Facteur 0,5.
Fig. 8-9. Deux Naviculae tropicales du groupe « muüca ». Les défauts se
trouvent tout à l’extrémité du raphé. Facteur 0,8.
Fig. 10, 11. Deux Naviculae punctatae. Facteur 0,55.
Fig. 12. Une des Naviculae lineolatae avec défauts très visibles. Facteur 0,55.
Planche II (3).
Fig. 13. Un Cymbella à axe redressé, avec défauts. Facteur 0,55.
Fig. 14. Détail d’un des défauts.
Fig. 15. Montrant la nature des défauts dans Pleurosigma.
Fig. 16. Le défaut typique dans Gyrosigma.
Fig. 17, 18. Deux cas de défauts dans Caloneis. Facteurs 0,56 et 0,61.
Fig. 19. Un Mastogloia avec deux défauts. Facteur 0,58.
Fig. 20. Un Mastoglioa avec défaut vis-à-vis d’une sinuosité concave du raphé.
Facteur 0,45.
88
M. VOIGT
Dans un petit ouvrage sur les Diatomées de la Malaisie
(R. Patrick, 1936), nous trouvons sur la Planche II, Fig. 1, une
photographie de Nauicula lineostriala Patrick, qui montre très clai¬
rement, sur le côté gauche, une irrégularité de la structure striée.
Dans la fig. 2, qui n’est que le dessin de la même Diatomée, cette
irrégularité a été supprimée. Il en est de même pour les Fig. 9 et 10.
Ce que nous avons appelé « Défaut Régulier » est, dans le cas de
Cymbella lanceolata, un petit raccourcissement de quelques stries,
occasionné par le manque d’un point à proximité de l’aire axiale et
causant ainsi un très léger élargissement de celle-ci. Comme dit
M. Maillard, ce phénomène échappe facilement à l’observation et
demande toujours, pour son étude, des moyens optiques assez
puissants. C’est pour cette raison que nous avons choisi, comme
exemple typique de défauts réguliers, le cas qui se présente norma¬
lement dans la structure d’une Diatomée de dimensions assez
grandes pour rendre son étude possible avec n’importe quel micro¬
scope moyen.
L’espèce Neidium maximum (Cl.) Meister, est défini comme suit :
« Valves longues, linéaires ou peu dilatées au centre, aux extrémités
plus ou moins rostrées ou cunéiformes. Longueur 112-230 p., lar¬
geur 23-35 [i, stries transversales obliques, ponctuées, environ 16
en 10 jx, avec plusieurs lignes longitudinales près de la marge. Aire
axiale large, chaque moitié légèrement dilatée au milieu; aire cen¬
trale arrondie, transversale. Raphé incliné, à fissures centrales
courbées en sens contraire et fissures terminales au milieu de
grands nodules terminaux hyalins. »
Si nous mesurons la demi-longueur d’un exemplaire de cette es¬
pèce, si nous multiplions le chiffre obtenu par le facteur 0,5 et
examinons la surface de la valve à cette nouvelle distance du centre
du nodule central, nous trouverons toujours un défaut de striation.
Ce défaut se présente sous diverses formes; le plus souvent c’est
un raccourcissement de quelques stries par le manque d’un ou deux
points, formant ainsi une brèche rectangulaire au bord de l’aire
axiale, d’autres fois, au lieu de stries raccourcies, nous les trouvons
simplement déviées, causant une brèche triangulaire. Mais quel
que soit l’aspect sous lequel se présente le défaut, sa position en
est fixe, d’un côté seulement du raphé et à une distance bien déter¬
minée du milieu de la valve, ainsi que le témoignent les chiffres
suivants relevés au hasard dans une préparation de Neidium maxi¬
mum provenant des Etangs de Chi Tse Shan, près du lac chinois
Tai Hu.
89
IRRÉGULARITÉS DANS LA STRUCTURE DES DIATOMÉES
V°*
Longueur
Distance des défauts
Facteur
1
192 ja
96 sa
0,5
2
133
66,5
0,5
3
125
61,5
0,493
4
171
86
0,504
5
164
82
0,5
6
125
61,5
0,492
7
112
55
0,492
8
143
70,5
0,494
9
125
62,5
0,5
10
127
63,5
0,5
Si l’on tient compte de la variation de la longueur des individus,
cette constance du facteur est tout à fait remarquable.
L’examen d’un grand nombre de préparations nous a permis de
constater que ce genre de défauts se retrouve, sous une forme ou
une autre, dans beaucoup de Diatomées. Tenant compte, cependant,
du fait que la nature du défaut ainsi que son emplacement sont va¬
riables et qu’il s’agit très souvent de petites variations d’une struc¬
ture qui est, en elle-même, à la marge du pouvoir de résolution de
nos instruments, il est évident que notre aperçu doit, pour le mo¬
ment être incomplet; nous estimons cependant, qu’il peut tout de
même offrir un point de départ pour des recherches plus étendues
et avec des moyens plus perfectionnés tels que le microscope élec¬
tronique.
Remarquons d’abord que nous ne parlerons, pour le moment,
que de défauts réguliers trouvés dans la structure de quelques Dia¬
tomées dites « pennates raphidées », défauts qu’il ne faut pas con¬
fondre, ni avec les anomalies tératologiques, ni avec les brèches
dues, par exemple, à un changement normal de direction de stries,
que l’on trouve couramment dans certaines Diatomées, mais alors
des deux côtés du raphé.
Nous passerons en revue quelques genres, en mentionnant
spécialement les espèces qui offrent un intérêt particulier pour nos
recherches.
Monoraphidées. Diatomées portant un vrai raphé sur une valve
et un pseudo-raphé sur l’autre.
Nous n’avons pas pu constater la présence d’un défaut régulier
sur la valve munie d’un pseudo-raphé mais la valve raphidée de
certains Achnanthes et Cocconeis est souvent marquée d’une seule
petite discontinuité de striation. Le facteur, dont nous avons noté la
constance frappante dans notre Neidium, est, dans le cas des Mono¬
raphidées, beaucoup plus variable.
«0
M. VOIGT
Biraphidées. Diatomées portant un vrai raphé sur chacune des
valves.
En général nous trouvons que les Biraphidées à axe apical rec¬
tiligne et ornées aussi de stries rectilignes, se croisant sous un
angle de 90°, comme la plupart des Frustulia, des Amphipleura et
des Navicula du groupe Orthostichae, ne portent pas de défauts
réguliers. Mais, si, pour une raison quelconque, cette symétrie rec¬
tiligne est modifiée, comme c’est le cas dans certaines formes de
Navicula cuspidata Ktz. (la variété Heribaudi M. Per.) ou de Navi¬
cula Perroteitii Grun. (qui forme une variété comparable) les
défauts font aussitôt leur apparition, avec un facteur voisin de 0,55.
Lorsque le raphé est enfermé entre deux côtes, comme c’est le
cas pour le genre Diploneis, la striation ne montre généralement
pas de défauts, même si les stries ne se croisent pas à angle droit;
mais on observe quelquefois, à la place habituelle du défaut de
striation, un petit renforcement uni-latéral de la côte axiale.
Dans les Diatomées à stries plus ou moins radiales, ou lorsque
les stries longitudinales sont irrégulières, comme c’est le cas chez
les Anomœoneis, les Stauroneis et les groupes mesoleiae, lyratae,
punctatae et lineolatae de Navicula, les défauts sont souvent beau¬
coup plus faciles à observer.
Si nous examinons la série des formes comparables à Navicula
mutica Ktz. caractérisées par la présence, dans l’aire centrale d’un
stigma plus ou moins développé, nous trouverons le défaut toujours
du même côté que le stigma et du côté convexe d’une courbure
éventuelle du raphé.
En plus, nous observons ici un facteur plus élevé, atteignant 0,65
et plus dans les espèces tropicales de grande taille comme Navicula
novæ guinæensis Temp. et Navicula Voigtii Meister. Dans ces deux
espèces, les défauts, quoique bien marqués, échappent facilement à
l’observation, étant relégués aux extrémités de la valve, avec un
facteur voisin de 0,8. Leur position par rapport au stigma et à la
courbure du raphé reste inchangée.
Dans les Naviculae punctatae, nous trouvons souvent des défauts
très prononcés, avec un facteur voisin de 0,55-0,6 et consistant en
quelques lacunes ou déplacements de points dans la striation trans¬
versale, particulièrement parmi les points longeant l’aire axiale ou
bien, en stries atrophiées intercalées. On peut en outre constater
que lorsque les fissures terminales du raphé se terminent en cro¬
chets dirigés dans le même sens, les défauts se trouvent toujours
du côté vers lequel ces crochets sont ouverts.
Dans le groupe des lyratae, le défaut se trouve dans les rangées
de points qui longent l’aire axiale. Quelques espèces appartenant à
IRRÉGULARITÉS DANS LA STRUCTURE DES DIATOMÉES
91
ce groupe, comme Nauicula barbitos A. S., portent cependant leur
raphé sur une élévation longitudinale ou carène. Plus cette élé¬
vation est marquée, moins le défaut sera apparent et dans les cas
extrêmes, comme dans Nauicula Durandii Kitt., il disparaît. Nous
trouvons ici la même règle que chez les Diploneis et Frustulia.
Il existe un très grand nombre d’espèces fossiles appartenant
aux Navicnlae lyratae, comme par exemple Nauicula oamaruensis
Grun. et il est intéressant de constater qu’elles présentent aussi des
défauts obéissant aux mêmes règles que les vivantes et avec sen¬
siblement le même facteur.
Le groupe des Naviculae lineolatae nous fournit généralement des
défauts sous forme d'une déviation ou biturcation d une strie ou
d’une strie atrophiée, située entre deux stries normales, mais dé¬
viées, avec un facteur voisin de 0,5.
Le cas des laevistriatae est intéressant; quelques espèces clas¬
sées par Cleve dans ce groupe, forment la transition aux genres
Caloneis ou Pinnularia. En examinant les formes typiques de Pin¬
nularia nous trouvons très souvent des déviations de la striation,
mais ces déviations sont placées symétriquement, des deux côtés
de l’axe apicale, et ne consistent pas en stries atrophiées ou rudi¬
mentaires, elles ne peuvent donc pas être considérées comme dé¬
fauts réguliers et nous arrivons donc à la conclusion que les Pin¬
nularia typiques ne portent pas de défauts réguliers.
Si, au contraire nous prenons un Caloneis typique, surtout un
exemplaire à aire axiale étroite, nous reconnaîtrons de suite des
défauts bien marqués, stries déviées ou atrophiées, avec un facteur
voisin de 0,55 et obéissant à toutes les règles déjà citées.
Nous pourrions donc nous servir, dans des cas douteux, de ce
fait pour différencier un Caloneis qui serait par erreur, classe
parmi les Pinnularia. De plus, nous observons que la presence
d’un défaut régulier est, de quelque façon liée à l’étendue de l’aire
axiale; plus cette aire est large, moins le défaut sera apparent.
Dans le genre Mastogloia, nous avons généralement une orne¬
mentation de la valve rappelant plus ou moins un des groupes du
genre, Nauicula, et combinée avec la présence d'un « diaphragme
percé de logettes » (Peragai.lo 1908); nous devons donc nous at¬
tendre à y retrouver les défauts obéissant aux règles déjà formulées.
Nous verrons d'abord que la formation des logettes ou chambres
n’est nullement influencée par la présence d’un défaut; celui-ci
semble être limité à la striation superficielle de la valve. Mais nous
trouvons une nouvelle loi, lorsque nous examinons la position du
défaut par rapport à la forme du raphé. Celui-ci est, dans les
Mastogloia, souvent plus ou moins ondulé; c'est même un détail
92
M. VOIGT
qui permet de distinguer une valve de Mastogloia trouvée sans
logettes, d’une espèce similaire de Navicula. Mais alors que, dans
les Navicula et les Caloneis, le défaut se trouve toujours du côté
convexe d’un raphé arqué, dans les Mastogloia, il se trouvera tou¬
jours du côté concave d’une ondulation de cet organe. Très souvent,
la valve de Mastogloia porte seulement un défaut, la striation de
l’autre extrémité de la valve étant normale, ce qui est aussi le cas
dans le genre Cymbella, où le défaut se trouve toujours sur le côté
convexe de l’aire axiale.
Nous avons vu que la présence des défauts est étroitement liée
à la symétrie de la structure valvaire; une symétrie rectiligne très
rigide comme celle de Frustulia rhomboïdes (Ehr) d. T. les exclut;
la modification partielle de cette rigidité, comme dans Navicula cus-
pidata v. Heribaudi les fait apparaître de suite mais la suppression
totale de la symétrie suivant un des axes, comme dans les Gompho-
nema, les élimine.
Par contre, lorsque l’axe apical, généralement arqué, se redresse,
comme c’est le cas dans certaines variétés de Cymbelle aspera (Ehr)
Her. (il s’agit de v. manschurica Skv. et v. elongata Skv.), le défaut
devient de plus en plus marqué et prend souvent des proportions
tératologiques tout en conservant sa position avec un facteur d’en¬
viron 0,55.
Le cas des Gyrosigma et des Pleurosigma est très intéressant;
nous avons là un axe apical sigmoïde avec une striation croisée ou
décussée; d’après les règles formulées pour la striation rectiligne,
les Gyrosigma ne devraient pas porter de défauts réguliers, mais la
courbure double de l’axe apical modifie la symétrie et nous avons
deux défauts, situés du même côté du raphé, c’est-à-dire, une fois
sur le côté convexe et une fois sur le côté concave. La position de
ces deux défauts n’est pas tout à fait symétrique par rapport au
nodule central et nous fournit deux facteurs différents mais cons¬
tants pour chaque demi-longueur de la valve; ces facteurs sont
généralement élevés, variant de 0,5 à 0,62.
Chez les Pleurosigma, le défaut est de même situé une fois sur le
côté convexe et une fois sur le côté concave du raphé, mais avec des
facteurs encore plus élevés, atteignant 0,64 à 0,78.
Dans ces deux genres, le défaut consiste en un dédoublement
d’une strie, parfois difficilement visible sauf sous un objectif à im¬
mersion, mais s’étendant souvent sur toute la demi-largeur de la
valve.
Alois que dans Cymbella, qui est d’origine asymétrique, le redres¬
sement de l’axe apical, qui ne corrige pas cette asymétrie fait res¬
sortir les défauts, dans Pleurosigma, le redressement de l’axe le
IRRÉGULARITÉS DANS LA STRUCTURE DES DIATOMÉES
93
fait disparaître, ce qui se voit dans Pleurosigma intermedium Sm.,
dont la symétrie est rigide.
Les défauts réguliers se trouvent aussi dans beaucoup d’espèces
appartenant aux genres Trachyneis, Scoliopleura, Cymatoneis, Mas-
toneis et autres et partout nous retrouvons des règles semblables
qui gouvernent leur apparition et leur emplacement, règles qui peu¬
vent se résumer comme suit :
1 ) Les défauts réguliers se trouvent seulement sur les Diatomées
raphidées, spécialement chez les bi-raphidées.
2) Ils ont leur origine sur le bord de l’aire axiale,‘d’un côté seule¬
ment de l’axe apical, et s’étendent de là, plus ou moins le long
des stries transversales.
3) La distance de chacun des défauts au centre du nodule central
est pour chaque espèce ou variété bien déterminée; elle est égale
à un pourcentage sensiblement constant de la demi-longueur cor¬
respondante de la valve.
4) Les défauts sont plus visibles dans les formes à aire étroite que
dans les formes à aire élargie et manquent chez les Diatomées
dont le raphé est enfermé dans une côte longitudinale renforcée.
5) Lorsque les deux branches du raphé sont arquées dans le même
sens, les défauts se trouvent sur le côté convexe de cet arc, mais
si les branches sont sinueuses, les défauts se trouvent dans une
partie concave de l’ondulation.
6) Lorsque l’axe apical est sigmoïde ou lorsque les fissures termi¬
nales du raphé sont tournées dans des sens opposés, la position
des défauts est indépendante de ces facteurs.
7) Lorsque les fissures terminales du raphé se terminent en cro¬
chets tournés dans le même sens, les défauts se trouvent toujours
du côté vers lequel s’ouvrent ces crochets.
8) Lorsque les fissures centrales se tournent dans le même sens
et que l’aire central porte un stigma, les défauts se trouvent du
côté du stigma et opposé au désaxement des fissures.
9) La nature des défauts est variable mais ils produisent toujours
une réduction de la surface striée.
Il est difficile d’expliquer d’une façon claire la formation de ces
défauts. Nous devons en premier lieu nous rappeler que, lorsque
nous parlons de stries, points, perles ou granulations, sur une valve
de Diatomée, c’est en réalité un cliché négatif, pour ainsi dire, que
nous discutons.
Du fait que la valve examinée se trouve généralement enfermée
dans un milieu à indice de réfraction plus élevé que celui de la
silice dont se compose la valve, ce qui nous apparaît comme une
94
M. VOIGT
perle, est en réalité un trou plus ou moins parfait dans la mem¬
brane. Il s’en suit que ce que nous avons, ci-dessus désigné comme
une brèche, est, en réalité une dent de silice plus solide que les
parties striées environnantes.
En détruisant partiellement les frustules porteurs de défauts par
cuisson dans une solution alcaline, nous trouverons, parmi les
résidus, un certain nombre d’exemplaires plus corrodés, ne con¬
servant qu’une nervure axiale, contenant le raphé, avec les éperons
de silice qui, dans la valve complète, constituaient les défauts
réguliers. Ces éperons, plus robustes que la surface striée, résistent
plus longtemps au solvant.
Les règles énumérées montrent qu’il existe une connexion
étroite entre la configuration du raphé et de ses nodules et la
formation des défauts.
Pour nous faire une idée de la manière dont s’opère cette
formation, nous devons considérer ce qui se passe lorsqu’une Dia-
tomée se multiplie par fission, et spécialement au moment de
séparation définitive des deux nouveaux noyaux dans les cellules
filles et de la formation des membranes qui les séparent et qui
constitueront, chacune, une valve des nouveaux frustules.
Si nous supposons que le dépôt de silice dans ces membranes
s’opère avec une intensité sensiblement constante, les amoncel¬
lements les plus importants de cette substance nous indiqueront
quels sont les points de départ ou centres primitifs de silicification.
Cette supposition est appuyée par les constatations de P. Bergon,
1907, qui a pu observer directement la formation du dessin de la
valve de Biddulphia mobiliensis Bail, en partant de centres situés
aux bases des cornes que porte cette Diatomée.
Dans le cas de la plupart des espèces qui nous intéressent pour
le moment, les points de départ sont les trois nodules du raphé, le
central et les deux terminaux.
Tout ce que nous savons des Diatomées semble indiquer que le
dessin que portent les valves a bien une valeur de classification de
premier ordre; il peut être, en quelque sorte, considéré comme la
projection, sur la surface de la valve, de caractères spécifiques du
contenu protoplasmique de la cellule, de son noyau et de ses
chromosomes.
Nous aurions donc, dans le processus de la formation du dessin
de la valve nouvelle, trois agents, de valeur spécifique, à considérer :
1 ) Une certaine périodicité de dépôt de silice, qui déterminera
la répétition et la séparation des stries, alvéoles ou points et qui
nous a été, d’ailleurs confirmée par l’examen de la matière cons¬
tituant les valves, au moyen du microscope électronique.
IRRÉGULARITÉS DANS LA STRUCTURE DES DIATOMÉES
95
2) La direction du flux, qui doit fixer l’orientation des éléments
et qui sera aussi influencée par la symétrie et les contours de
la valve.
3) La vitesse du dépôt partant des centres initiaux de silicifi¬
cation, qui déterminera l’emplacement des lieux où se rencontre¬
ront les divers flux, en fonction constante des dimensions de la
valve.
En acceptant cette thèse, nous devrons nous attendre à ce que
dans les formes symétriques, qui ne montrent pas de défauts
réguliers, la situation du changement de direction des éléments de
striation soit soumise à des règles semblables à celles qui gouvernent
l’emplacement des défauts. L’examen des feuilles 388-392 de l’Atlas
Schmidt, consacrées aux Pinnularia à stries fortement radiales et
convergentes, nous montre que c’est bien le cas ; les facteurs
calculés pour l’emplacement des zones de changement de direction
des stries étant sensiblement constants pour chacune des espèces
dessinées sur ces planches.
Pour Pinnularia Suchlandii Hust., les longueurs des valves sont
de 45 à 57 y et le facteur est de 0,63 à 0,65; pour Pinnularia
subflexuosa Hust., de 202 à 270 a de longueur, nous trouvons 0,66 à
0,67 et pour Pinnularia lacunarum, avec 116 à 132 y. de longneur,
0^57 à 0,59.
Dans la planche 392, deux exemplaires de Pinnularia gracihs
Hust. soit Fig. 2 et 3, donnent un facteur de 0,54 et celui des
Fig. 12 et 13, que l’auteur considère comme une variété de la même
espèce, est de 0,53 et 0,535. Le facteur des Fig. 8-10 montrant les
contours très variables de Pinnularia legumen Ehr. passe de 0,53
à 0,55, alors que celui de la variété cuneata des Fig. 6 et 7,
donne 0,57. Dans la Fig. 11 nous trouvons une forme intermédiaire
que Hustedt considère aussi comme P. cuneata, mais le facteur en
est seulement de 0,54, ce qui la rapprocherait plutôt de l’espèce
type des Fig. 8 à 10.
Il semble donc que le changement d’orientation des stries dans
les Pinnularia et l’apparition des défauts réguliers dans d’autres
genres de Diatomées soient soumis à des règles semblables gou¬
vernant la formation initiale du dessin de la valve.
Quelques diatomistes ont cherché à établir une classification de
ces plantes d’après l’examen de la masse protoplasmique (p. ex.
Mereschkowski), mais l’immense difficulté qui s oppose à ces
études nous a fait revenir, pour notre travail courant, à ordonner
nos collections d’après le cliché, .moins parfait, peut-être, mais
presque indestructible, laissé sur la valve par les fonctions vitales
de la cellule qu’elles renferment.
96
M. VOIGT
Poursuivant notre analogie, nous pouvons comparer la forma¬
tion du dessin de la valve, en partant des nodules, au dépôt du
givre sur une vitre depuis plusieurs centres de départ de cristalli¬
sation (sans vouloir, en cela prétendre que la silice de la Diatomée
présente un caractère cristallin).
Dans le cas de la vitre, comme dans celui de la Diatomée, il y
aura, aux endroits où se rencontrent les sphères d’influence des
centres primitifs de dépôt, un conflit dont résultera une désorga¬
nisation de la structure jusque là régulière, une espèce de suture.
Dans les deux cas, tant que tout se passe suivant une symétrie
parfaite, le dessin qui en résulte sera aussi symétrique et ne mon¬
trera pas de points saillants que nous pourrions qualifier de dé¬
fauts. Mais, comme nous l’avons signalé au début, la nature n’aime
pas la symétrie trop rigide, nous devrons nous attendre, souvent, à
ce que les masses protoplasmiques et leur action directrice dans les
nouvelles cellules soient plus ou moins désaxées. Suivant le degré
de désaxement, le cliché empreint sur la nouvelle valve sera plus
ou moins asymétrique; nous aurons des nodules excentriques,
déviant les fissures ou un raphé arqué ou sinueux, et les zones de
contact des flux, qui disparaissaient dans l’arrangement tout à fait
symétrique, ressortiront dans le dessin comme défauts réguliers.
Dans le cas d’une désorganisation accidentelle intérieure, nous
pourrons avoir une forme tératologique du dessin, et dans ce cas
nous trouverons généralement qu’une valve, celle de la cellule
mère, porte le dessin normal, et, sur l’autre, une structure désor¬
donnée, mais presque, toujours groupée, d’une façon plus ou moins
apparente, autour des nodules ou des zones de formation des dé¬
fauts réguliers dans les valves saines. La planche 129 de l’Atlas
Schmidt montre plusieurs de ces cas.
Nous reconnaissons que notre théorie sur la formation des dé¬
fauts est loin de nous satisfaire; elle ne résout pas le mystère qui
entoure l’emplacement des défauts sur les deux valves d’un même
frustule; elle n’explique pas pourquoi, dans beaucoup de Pinnula-
ria } portant un raphé et des nodules fortement développés, nous
ne trouvons pas de vrais défauts réguliers. Pour avoir une réponse,
il faudra non seulement examiner un grand nombre de prépara¬
tions de matériel fixé, mais aussi intensifier l’étude des plus fines
structure de la silice des Diatomées au moyen des méthodes mo¬
dernes.
Malgré ces lacunes, il semble que nos observations prouvent que
les défauts réguliers ont souvent une valeur spécifique dont on
pourra éventuellement se servir aussi, pour aider à la classification
de ces algues microscopiques.
IRRÉGULARITÉS DANS LA STRUCTURE DES DIATOMÉES
97
BIBLIOGRAPHIE
Bergon (F.), 1907. — Biologie des Diatomées. Les processus de division,
de rajeunissement de la cellule et de sporulation chez le Biddulphia
mobiliensis. Bull. Soc. Bot., t. L1V.
Germain (H.), 1935. — Anomalies de structure chez quelques espèces
de Diatomées d’eau douce. Bull. Soc. fran. Microscopie, vol. IV.
1935.
Hustedt (F.), — Atlas der Diatomaceenkunde (A. Schmidt), à partir de
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Maillard (R.), 1935. — Note sur Cymbella lanceolata Ehr. Bull. Soc.
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Patrick (R.), 1936. — A taxonomie and distributional study of some
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Sc. of Philadelphia.
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ment : A. Schmidt, Fr. Friche, O. Muller, H. Heiden et Fr. Hustedt.
Van Heurck (H.), 1896. — A Treatise on the Diatomaceae (trad. angl.).
Voigt (M.), 1942. — Les Diatomées du Parc de Kou Ka Za. — Notes de
Botanique Chinoise N° 3, Musée Heude.
— 1943. — Sur certaines irrégularités dans la structure des Dia¬
tomées. — Notes de Botanique Chinoise N° 4, Musée Heude.
Etude cytologique
de Dichotomosiphon tuberosus (A. Br.) Ernst
Par M™ P. GAYRAL.
Dans une précédente note (1), j’ai signalé la découverte au Maroc
de Dichotomosiphon tuberosus. Dès lors les affinités évidentes de
cette Algue siphonée avec les Vaucheria me donnèrent l’idée,
puisque ce dernier genre avait été transféré pour diverses raisons
(la plupart d’ordre cytologique) parmi les Xanthophycées, de
reprendre la cytologie de Dichotomosiphon afin, pensais-je, de
confirmer les divergences apparues depuis que Vaucheria est
classée parmi les Xanthophycées tandis que Dichotomosiphon reste
incontestablement, dans l’état actuel de nos connaissances, une
Chlorophycée.
Les observations que j’ai faites pendant plusieurs mois sur un
matériel abondant et en bon état dès sa récolte et même après un
séjour au laboratoire actuellement long de cinq mois, m’ont donné
un certain nombre de résultats dont je me propose de rendre
compte dans le présent article. Sur divers points ces observations
ne font que compléter ou confirmer des observations antérieures,
sur d’autres, en particulier la présence de corpuscules visibles sur
le vivant, colorables vitalement que nous appelerons provisoi¬
rement « corps physoïdes », elles apportent des faits nouveaux à
mon avis importants car ils conduisent, ainsi qu’il sera souligné
plus loin et contrairement à l’idée qui présidait primitivement à ce
travail, à rendre plus complexe la question des rapports entre les
deux genres Dichotomosiphon et Vaucheria.
DESCRIPTION GÉNÉRALE DE L’ALGUE
Rappelons avant d’entrer dans le détail de sa constitution,
l’aspect général de Dichotomosiphon tuberosus. Il se présente sous
forme de filaments à structure coenocytique, d’un vert franc, à
ramifications généralement d’une dichotomie régulière, avec de
(1) Cf. Revue Algologique (N lu Sér., t. I, fasc. 3, p. 170).
Source MNHN. Paris
ÉTUDE CYTOLOGIQUE DE DICHOTOMOSIPHON
99
place en place des étranglements brun-foncé. Ces filaments verts
deviennent plus fins et incolores vers la base et ont été décrits,
sous le nom de rhizoïdes.
L’observation microscopique montre aisément une membrane
généralement incolore qui devient brun-foncé au niveau des étran¬
glements, un cytoplasme dans lequel se trouvent des chloroplastes
fusiformes généralement disposés parallèlement à l’axe du filament
et parmi lesquels sont disposés des grains ovoïdes incolores que
l’emploi de l’eau iodée révèle être des grains d’amidon. Dans les
rhizoïdes, les chloroplastes sont absents ou en tout cas beaucoup
plus rares et se présentent alors en agglomérats sphériques ou en
grains isolés plus pâles, discoïdes qui manifestent en somme, par
rapport aux chloroplastes des filaments verts, un état de dégé-
nérence. Par contre les grains incolores sont plus abondants dans
ces régions; certains d’entre eux sont de la taille des grains
d’amidon définitifs que l’on rencontre dans les parties vertes, les
autres plus petits et aussi colorables par l’eau iodée correspondent
à des grains en voie d’accroissement.
Des mouvements de cyclose de plus en plus nets s’amorcent et
s’amplifient au cours des observations sous le microscope : les chlo¬
roplastes dans l’ensemble immobiles sont entourés de filets cyto¬
plasmiques longitudinaux qui s’écoulent autour d’eux et en dessous
d’eux dans des sens variables d’un filet à l’autre, entraînant dans
cette translation les grains d’amidon d’une part, d’autre part tout
un ensemble de petits corpuscules chondriosomiformes constitué
surtout par des grains incolores d’une dimension de l’ordre de
1/2 n.
Reprenons dans le détail les observations des différentes parties.
1 . — MEMBRANE.
Epaisse de 2 à 3 a, la membrane ne se colore pas par les
colorants habituels de la cellulose. Conformément aux obser¬
vations de Mirande et de Puymaly elle est essentiellement j)ecUaü£.j /jm* .
car elle se colore intensément par le rouge de ruthéniurn ^_glle / & s*ye.
renferme en outre de la callose surtout suivant une pellicule interne '
colorable par le bleu Coton et cette substance paraît plus abondante
au niveau des étranglements.
Au cours des traitements utilisés à d’autres fins comme nous le j 1
verrons ultérieurement, des aspects assez caractéristiques sont ^
apparus au sein de la membrane : c’est ainsi que sur des filaments
traités par la méthode de Lison pour la recherche des composés
phénoliques par l’azoréaction, des amas colorés en rouge sont
apparus sous forme de taches disséminées à la surface de la mem¬
brane; vues en coupe optique, ces taches présentent l’aspect de la
Source : MNHN, Paris
ÉTUDE CYTOLOGIQUE DE DICHOTOMOSIPHON
101
fig. 3, c’est-à-dire celui de masses enkystées dans l’épaisseur de la
membrane et vraisemblablement destinées à être expulsées à l’exté¬
rieur puisque dans certains cas des amas externes se trouvaient
simultanément avec de telles masses enkystées (fig. 3-9). Cette
hypothèse est bien confirmée semble-t-il, par le fait que dans les
préparations Feulgen, sur des filaments vidés de leur contenu, sont
apparues des plages avec l’aspect représenté par la fig. 4 : elles
résultent de la proximité de plusieurs cavités parfois visibles iso¬
lément et qu’il semble normal d’interpréter comme des pores.
2. — LES PLASTES.
Chloroplastes : les chloroplastes sont typiquement fusiformes,
très pointus à leurs extrémités, d’un vert très franc, allongés
suivant la direction des filaments; ils atteignent couramment 10 u
de long sur 1 à 3 ^ de large. Us sont dépourvus de pyrénoïdes et ne
montrent aucune trace de coloration par l’eau iodée dans les parties
terminales vertes et vigoureuses des filaments. Par contre, confor¬
mément aux observations de M. Chadefaud, dans les régions
basilaires c’est-à-dire dans les rhizoïdes, les chloroplastes devenus
plus ou moins globuleux et pâles présentent de petites plages colo-
rables en bleu par l'eau iodée, ce sont des centres d’amylogénèse.
Dans les akinètes terminaux que j’ai observés sur le matériel vivant
au laboratoire dans l’eau d’origine, depuis plusieurs mois, les
chloroplastes encore fusiformes présentent eux aussi des centres
d’amylogénèse et il semble bien que les grains d’amidon extrême¬
ment abondants dans ces organes de multiplication asexuée doivent
Planche I
1. Portion de thalle de Dichotomosiphon (X 400).
2. Portion de filament coloré au rouge neutre. En noir, les granulations colorées
vitalement (X 2.000).
3. Divers aspects de la membrane en coupe optique, au niveau d’enkystements.
4. Pores de la membrane vus de face sur des filaments traités par la réaction
de Feulgen.
5. a) Plastes provenant de régions terminales présentant des centres d’amy¬
logénèse.
b) Plastes plus ou moins altérés et porteurs de grains d’amidon, provenant
de régions basilaires.
c) Plaste très altéré. Un peu de chlorophylle subsiste autour d’un grain
d’amidon; le stroma du plaste est bien visible.
d) Grains d’amidon liés à des vésicules incolores interprétées comme les
stromas des plastes.
e) Formes d’altération de chloroplastes dans les régions incolores des fila¬
ments; la chlorophylle en voie de disparition laisse voir le stroma plas¬
tique incolore.
6. Fragment de filament au voisinage d’une constriction dans une région basi¬
laire. ps. v = pseudovacuoles.
102
M me P. GAYRAL
leur origine, pour une partie du moins, à une élaboration qui a lieu
au sein des chloroplastes. Par éclatement des akinètes, il m’a été
possible en effet de voir des chloroplastes en voie de régression
présentant un aspect intermédiaire entre chloroplastes normaux et
grains d’amidon. Ils comprenaient un grain d’amidon ayant déjà
la dimension des plus petits de ceux que l’on rencontre dans les
filaments, autour duquel se trouvait une vésicule en partie colorée
par la chlorophylle, en partie incolore; cette plage discoïde peut
être interprétée à mon sens, comme le stroma du chloroplaste en
train de perdre sa chlorophylle (fig. 5, c). Il m’a été possible en effet
de voir d’autres fois, dans les filaments eux-mêmes, des grains
d’amidon entraînés par la cyclose, traînant à l’arrière une vésicule
parfaitement incolore et honïogène mais à contour bien visible, de
telles formations pourraient alors correspondre à un aspect final
de l’évolution ci-dessus évoquée, le grain d’amidon étant encore
adhérent au stroma du chloroplaste qui l’a engendré (fig. 5, d).
3. — AMIDON.
Il est aisé de reconnaître sans coloration les grains d’amidon
dont la taille maximum atteint 7 à 9 ji de longueur sur 5 à 6 jj. de
largeur, disséminés parmi les chloroplastes; certains de petite
taille, de l’ordre de 2-3 u. sont aussi bien visibles et sont alors très
actifs dans la cyclose où on les voit glisser au-dessous des chloro¬
plastes. Les uns et les autres se colorent très nettement en bleu par
l’eau iodée.
A mon avis la formation de l’amidon incomberait essentiellement
chez Dichotomosiphon aux chloroplastes. Plusieurs faits plaident
en faveur de cette manière de voir :
a) les intermédiaires entre chloroplastes et grains d’amidon
auxquels il vient d’être fait allusion au paragraphe précédent;
b) l’abondance d’amidon dans les portions décolorées où les
chloroplastes sont à peu près absents;
c) la quasi-exclusivité de chloroplastes présentant des centres
d’amylogénèse dans des filaments maintenus en culture depuis
longtemps ou bien dans des akinètes terminaux, alors que ces
mêmes organes apparaissent extrêmement riches en grains d’a¬
midon dont on peut donc penser qu’ils sont le résultat de l’amylo-
génèse des plastes;
d) enfin dans les filaments tout à fait normaux, la présence
exclusive , ou du moins extrêmement dominante des grains déjà
relativement gros, c’est-à-dire nettement plus gros que les abon¬
dantes granulations du cytoplasme visibles in vivo parmi lesquelles
pourraient normalement se trouver des leucoplastes en voie d’évo-
Source : MNHN. Parts
103
ÉTUDE CYTOLOGIQUE DE DICHOTOMOSIPHON
lution en amyloplastes, mais que pourtant rien ne distingue les
uns des autres.
Si ces observations ne suffisent pas à affirmer une formation
exclusive de l’amidon aux dépens des chloroplastes et par consé¬
quent à ramener Dichotomosiphon à une Siphonale homoplastidiée,
du moins mettent-t-elles l’accent sur la part importance de l’amylo-
génèse prise par eux.
4. — AUTRES INCLUSIONS CYTOPLASMIQUES.
La question des « corps physoïdes ». Le cytoplasme bien visible
par ses mouvements de cyclose en certains endroits, surtout là où
la densité des chloroplastes qui se trouvent dans la couche super¬
ficielle sous-jacente à la membrane devient plus faible, est remar¬
quablement riche en inclusions hyalines, à aspect d’éléments du
chondriome, sous forme de granules sphériques pour la plupart
d’une dimension inférieure ou au plus égale à 1/2 Ces grains qui
se voient dans les filaments cytoplasmiques en mouvement, sont
bien aussi souvent immobiles dans les espaces entre chloroplastes,
ou même se trouvent au-dessus d’eux. In vivo et sans coloration
vitale, ils présentent souvent des mouvements de trépidation; ils
doivent alors être tombés dans des régions plus ou moins fluides du
cytoplasme ou même dans les abondantes vacuoles que délimitent
entre eux les minces filets cytoplasmiques.
Ces corps pourraient être identifiés à des éléments du chondriome
ou à des leucoplastes s’ils n’avaient pas pour la grande majorité
d’entre eux (à l’exclusion de ceux qui constituent le chondriome
proprement dit) la propriété de se colorer par des colorants vitaux
en particulier le rouge neutre et le bleu de crésyl (fig. 2). Cette
constatation faite dès le début de mon étude m’a paru des plus
surprenantes : elle conduit à considérer comme « corps physoïdes »
ces granulations alors que de tels corps n’ont jamais été rencontrés
jusqu’ici chez des Chlorophycées tandis qu’ils l’ont été chez
certaines Vauchéries et chez d’autres Xanthophycées.
L’importance de ces faits m’ont amenée à étudier très minutieu¬
sement la question et à multiplier les observations tant sur le
vivant qu’avec l’aide des colorations déjà employées par ailleurs
pour les « corps physoïdes ». Voici les résultats de cette étude ;
A) Coloration vitale.
Sur un fragment d’Algue où s’aperçoit une multitude de granu¬
lations à aspect de chondriome, l’arrivée d'une goutte de rouge
neutre ou de bleu de crésyl colore très rapidement de petits grains
d’une taille identique à ceux préexistants mais qui grossissent
assez vite. Beaucoup d’entre eux montrent des mouvements brow-
104
M m ' P. GAYRAL
niens et peuvent alors faire penser à des précipités dans les va¬
cuoles. Toutefois un certain nombre de remarques et d’observations
me font écarter cette possibilité : une proportion importante
d’entre eux ne sont pas animés de ces mouvements et se trouvent
dans les espaces compris entre les chloroplastes; là où les chloro-
plastes sont plus rares, ils peuvent être aperçus dans les filets
cytoplasmiques et participer à la cyclose. A la suite d’observations
très nombreuses, j’ai pu me rendre compte que la quantité de
grains colorés vitalement et doués de trépidations est d’autant plus
élevée que le filament est davantage en état de souffrance, et par
exemple leur nombre augmente quand l’observation a déterminé
des pressions de la lamelle sur le filament ou lorsqu’il s’agit de
fragments en mauvais état dans lesquels les plastes sont ag¬
glomérés, ou encore de fragments depuis longtemps en culture et
dans lesquels, ainsi qu’il a été dit, l’amylogénèse est intense. Dans
tous ces cas, il est normal de penser qu’il s’agit de grains cytoplas¬
miques qui ont pu tomber dans les espaces intercytoplasmiques
extrêmement développés puisque le cytoplasme ne forme que des
fdets extrêmement minces.
Certains des grains observables avant toute coloration ont été vus
dans des cas moins fréquents, mais toutefois sans grande rareté,
doués de trépidation ce qui pourrait indiquer une certaine agitation
naturelle de ces inclusions dans une couche cytoplasmique parti¬
culièrement fluide ou bien confirmer la remarque énoncée ci-dessus
concernant leur chute possible dans les espaces intercytoplas¬
miques.
Il m’a été possible, dans des cas il est vrai exceptionnels, de
repérer certains de ces grains avant que le colorant vital ait atteint
le filament, j’ai pu voir ensuite ces grains colorés, non pas progres¬
sivement car le passage de l’état incolore à l’état coloré se fait très
rapidement, mais cependant avec une couleur rose intermédiaire
qui s’accentue ensuite pour arriver au rouge-foncé, lorsqu’on
emploie le rouge neutre.
Il faut noter aussi que pour une portion du filament se trouvant
dans le champ du microscope (oc. 12, obj. X 100), dans une prépa¬
ration où a été introduit le colorant vital, tous les grains ne se
colorent pas simultanément; progressivement il en apparaît de plus
en plus et il est assez remarquable de constater aussi qu’en fin de
coloration ils se trouvent en densité sensiblement égale sur toute
la longueur des filaments colorés ce qui vraisemblablement ne se
constaterait pas pour des granulations apparues dans un système
de vacuoles.
La coloration vitale de ces grains est réversible : disparue d’un
Source : MNHN. Paris
ÉTUDE CYTOLOGIQUE DE DICHOTOMOSIPHON
105
filament préalablement coloré par une immersion nouvelle de ce
fragment dans le liquide où il avait été maintenu jusque là, elle
peut être observée à nouveau lorsque l’Algue est remise entre lame
et lamelle en présence du colorant.
11 faut bien enfin signaler la tendance accentuée qu’ont ces grains
non seulement comme il a déjà été souligné, à gonfler, mais aussi
à s’amalgamer entre eux dans les espaces compris entre les chloro-
plastes, lorsque l’observation est prolongée au delà de 20 minutes
ou 1/2 heure. Cette remarque permet, je pense, d’expliquer l’appa¬
rition d’amas ou de vésicules lors des traitements non vitaux dont
il va être question maintenant.
B) Action de divers réactifs des corps physoïdes.
Les divers traitements par des fixateurs, des colorants ou des
substances chimiques déterminent deux types d’aspects : ou bien
des grains colorés isolés pouvant former des amas dans lesquels
ils sont encore individuellement distincts, ou bien des taches
colorées qui peuvent être interprétées comme la confluence de
plusieurs grains dont la substance est colorée par le réactif.
— Le vert de méthyle, le vert Janus, sur du matériel vivant,
colorent en vert des grains isolés ou des amas de grains voisins de
la membrane.
— L’acide osmique en solution à 2 % renforce les contours des
granulations auxquelles il donne une légère teinte brune.
— Le nitrate d’argent après 12 heures donne des grains brun-
noir isolés et des plages brun-noir digitées qui paraissent bien dues
à la confluence de plusieurs grains (fig. 7).
—- La safranine sur matériel vivant non fixé colore en rouge des
granulations isolées et des amas.
— L’acide chlorhydrique colore les granulations en bleu-vert.
— Le carmin acétique les colore en rouge foncé.
— Des filaments fixés au Regaud ou au formol, ou avec d’autres
fixateurs (Helly), présentent des granulations colorées par la
safranine, Thématoxyline, l’hémalun, et qui sont aussi colorées en
rouge après traitemênt par la réaction de Feulgen.
Ces réactions qui sont celles des « corps physoïdes » pour des
Algues où ces formations existent indubitablement comme les
Phéophycées, les Xanthophycées, m’ont conduite à chercher si on
obtiendrait chez Dichotomosiphon des réactions des tannoïdes.
— Vanilline chlorhydrique : l’emploi de la vanilline chlorhydrique
aboutit à une réaction positive, c’est-à-dire à une coloration rouge
lorsque l’action est poursuivie un temps assez long. Au début et
même pendant plusieurs heures parfois, l’Algue présente seulement
7 . Aspect d’une portion de filament coloré par le nitrate d’argent.
8. Coloration par la vanilline chlorhydrique.
9. Coloration par la diphénylamine.
10. Coloration par l’hématoxyline de Regaud. — Ch = éléments du chondriome.
(En noir les grains et les plages colorés par ces diverses méthodes).
11. Deux aspects du noyau (X 1800).
Source : MNHN. Paris
ÉTUDE CYTOLOGIQUE DE DICHOTOMOSIPHON
107
un grand nombre de grains bleu-vert qui paraissent collés aux
chloroplastes ou qui occupent les espaces entre chloroplastes. La
réaction peut sembler négative, mais la préparation maintenue plus
longtemps jusqu’à 6 à 12 heures, montre au bout de ce temps
des taches rouge vit dont on peut penser qu’elles résultent du
gonflement, puis de la coalescence de la substance de plusieurs
grains qui présente alors la réaction positive des tannoïdes. Corré¬
lativement la plupart des granulations visibles antérieurement ont
disparu, il en subsiste encore un petit nombre et plus du tout au
bout de 24 heures (flg. 8).
A la suite de ces observations, il était vraisemblable d admettre
que les grains à allure mitochondriale, capables de se colorer vita-
lement et présentant des réactions des tannoïdes puissent être
identifiés aux corps physoïdes rencontrés chez certaines Algues.
Une dernière réaction caractéristique des phénols devait con¬
firmer cette opinion. A des filaments fixés au formol ou à l’acide
propionique, au Flemming faible, j’ai appliqué la méthode de
LlsON (cf. Lison, p. 140) qui consiste en la formation d’une
matière colorée par action du phénol, avec un sel de diazonium,
celui-ci peut être préparé de diverses manières, j’ai utilisé la mé¬
thode consistant à diazoter la naphtylamine. La fig. 9 rend compte
du résultat positif de la réaction : de grains bleuâtres ou violacés
accompagnés de plages colorées (explicables par une coalescence
des grains) sont apparus dans la préparation.
En outre des formations membranaires auxquelles il a déjà été
fait allusion, ont été observées, (fig. 9) et montraient des amas
colorés à la surface externe de la membrane, là où se trouvait une
masse enkystée.
Il est impossible de ne pas rapprocher ces figures de celles qu'on
trouve dans Chadefaud ((2), pl. 20, 21), montrant des physodes
dans la membrane et excrétés à l’extérieur.
En conclusion, il me paraît indubitable que des formations
semblables à des corps physoïdes existent dans le cytoplasme de
Dichotomosiphon luberosus. Ces corps tannoïdes ont une charge
qui peut être excrétée à l’extérieur de la membrane sur laquelle
se trouvent des corps isolés ou groupés.
C) Les pseudo-vacuoles.
Un autre genre d’inclusions est fréquent dans les filaments de
Dichotomosiphon : ce sont des disques souvent réunis à plusieurs,
de diamètre assez variable, de 5-10 u en moyenne, très peu
réfringents, à contour assez imprécis et pourtant bien visible,
complètement homogènes. Ils sont observables en particulier au
108
M m ® P. GAYRAL
voisinage des étranglements au niveau desquels la densité des
chloroplastes diminue et également dans les régions voisines des
rhizoïdes (fig. 6). Leur aspect évoque des vacuoles et pourtant ils
ne doivent pas être de nature vacuolaire pour les raisons suivantes :
Après sectionnement des filaments ils sortent avec le reste du
contenu des siphons et se retrouvent dans la préparation sans subir
de modifications; diverses colorations (hématoxyline de Regaud,
hémalun, Réaction de Feulgen, après action de fixateurs variés)
les colorent d’une manière absolument uniforme c’est-à-dire en
conservant absolument leur homogénéité; des vacuoles ne résis¬
teraient évidemment pas à ces traitements. Par contre ils ne se
colofent pas par les colorants vitaux.
Ces disques me paraissent tout à fait semblables aux éléments
auxquels Chadefaud a donné le nom de pseudo-vacuoles, marquant
bien ainsi que malgré leur apparence de prime abord vacuolaire,
il s’agit d’éléments différents des vacuoles.
Les observations ci-dessus mentionnées sur la dégradation des
chloroplastes chez Dichotomosiphon me les font assimiler à ces
vésicules qui parfois accompagnent les grains d’amidon lorsque
ceux-ci ont leur origine dans des chloroplastes. Autrement dit ces
pseudo-vacuoles auraient leur origine dans le substrat des chloro¬
plastes qui, élaboràteurs ou non d’amidon, perdent à un moment
donné leur chlorophylle après être passés par des stades d’alté¬
ration intermédiaires au cours desquels ils deviennent vésiculeux
et peuvent même s’amalgamer à plusieurs. Cela n’empêche pas le
substrat mitochondrial d’être plus ou moins fluide, puisque dans
certains cas, il peut renfermer des inclusions douées de mouvements
browniens. C’est ainsi qu’il m’est arrivé de voir dans certaines
pseudo-vacuoles des corps physoïdes avant et après coloration par
le rouge neutre et animés de trépidations; on peut supposer qu’ils
se trouvaient alors tombés dans ce substrat fluide 'comme il leur
arrive de tomber dans les vacuoles proprement dites.
Une autre observation confirme cette manière de voir en ce qui
concerne les pseudo-vacuoles et leur origine plastidiale d’une part,
1 amidon et son origine dans les chloroplastes d’autre part : dans
les filaments en état normal, c’est-à-dire ceux étudiés dès leur
récolte ou peu après, les pseudo-vacuoles étaient fréquentes tant
dans les rhizoïdes que près des constrictions, ou même dans les
parties vertes; dans les filaments conservés maintenant depuis
longtemps au laboratoire et dans lesquels l’amylogénèse est extrê¬
mement intense, tous les chloroplastes étant en voie de transfor¬
mation en amidon, les pseudo-vacuoles sont devenues très rares;
le fait s’explique si l’on admet que normalement la destinée des
Source : MNHN. Paris
ÉTUDE CYTOLOGIQUE DE DICHOTOMOSIPHON
109
chloroplastes est de perdre pour la grande majorité d’entre eux leur
chlorophylle sans produire d’amidon, tandis que dans les conditions
de culture au laboratoire la totalité d’entre eux se transforme en
grains d’amidon dont certains montrent parfois le reliquat du subs¬
tratum plastique.
Au total mes observations sur les pseudo-vacuoles de Dichotomo-
siphon et les conclusions que j’en tire quant à leur origine sont
en complet accord avec la conception à laquelle avait été conduit
Chadefaud en 1935 qui écrivait : « les corps pseudo-vacuolaires
seraient .en réalité, comme leur réfringence semble d’abord l’in¬
diquer, de nature leucoplastique et dérivés des chloroplastes ».
5. _ NOYAU.
Les noyaux sont invisibles sur le vivant chez Dichotomosiphon.
Ils ont été aussi très difficiles à mettre en évidence sur des filaments
fixés et colorés in vitro; ils doivent en effet se trouver sous la
couche des plastes dans les parties bien chlorophylliennes et soit
que les chloroplastes se colorent eux-mêmes plus ou moins, soit
qu’ils empêchent le colorant de pénétrer jusqu aux éléments sous-
jacents, aucune coloration nucléaire ne m’a donné de résultats
positifs dans les portions de filaments où plastes et grains d’amidon
sont abondants.
Par contre dans les régions à peu près dépourvues de plastes
j’ai parfois observé des noyaux. Il est difficile de se rendre compte
de leur répartition réelle, car, tantôt par les traitements les siphons
se sont vidés de leur contenu sur une grande longueur et par con¬
séquent ne montrent pas de noyaux, tantôt le contenu forme des
amas où se trouvent alors groupés plusieurs noyaux. Il n’est pas
exclu qu’en fait leur répartition ne soit pas uniforme sur toute la
longueur des siphons mais l’impossibilité d’obtenir des coupes en
série lisibles avec un tel matériel me paraît pour l’instant rendre
cette question bien difficile à élucider.
Au total, seules les préparations colorées par l’hémalun de
Mayer après fixation au Helly et des préparations colorées à la
safranine après fixation au Flemming m’ont permis d’observer des
noyaux; les autres fixateurs, Carnoy, Nawaschine, Flemming, acide
propionique ayant donné de bien moins bons résultats avec ce
colorant. La réaction de Feulgen tentée avec des temps variables
d’hydrolyse et de coloration après l’emploi de divers fixateurs, n’a
permis aucune observation des noyaux, soit que le contenu des
siphons ait été expulsé dans les régions basilaires, soit que la pré¬
sence des plastes les ait complètement masqués dans les régions
•distales.
10
M"* P. GAYRAL
En définitive, le noyau observé seulement au repos dans les con¬
ditions ci-dessus indiquées est une sphère de 8-12 ja de diamètre. Le
nucléole très visible est entouré d’une auréole importante dans ces
préparations; le reste du noyau, parfois plus ou moins vacuolisé
est constitué par des granulations chromatiques denses, difficiles à
séparer (fig. 11).
Conclusion.
Malgré les similitudes des genres Vaucheria et Dichotomosiphon
en ce qui concerne leur reproduction, il paraissait admis qu’ils
puissent différer suffisamment dans leur structure pour être
classés, l’un dans les Xanthophycées, l’autre dans les Chlorophy-
cées; c’est du moins l’opinion qui se dégageait implicitement depuis
que Vaucheria était rangé dans les Xanthophycées. Pourtant Cha-
defaud, en 1947, qualifiait Dichotomosiphon de « Caulerpale vau-
chérioïde », marquant à cette date la double affinité de cette Algue
avec des ordres différents de Chlorophycées. L’existence de corps
physoïdes et, secondairement de pseudo-vacuoles tels que je viens
de les mettre en évidence chez Dichotomosiphon, accentue singu¬
lièrement le caractère vauchérioïde de ce genre, mais en même
temps, oblige logiquement à en faire une Chlorophycée xantho-
phycoïde. Chez les Algues où l’on ne connaît pas de cas semblables
alors qu’ils sont fréquents chez les Phanérogames par exemple,
avec les Dicotylédones monocotyloïdes, cela peut créer un malaise;
c’est pourtant l’attitude qu’il me paraît légitime d’adopter, au moins
provisoirement. Toutefois l’étude des Algues à structure siphonée
reprise dans le même sens que celle de Dichotomosiphon me semble
mériter d’être entreprise, je l’aurais déjà effectuée en partie en
même temps que celle de Dichotomosiphon en ce qui concerne les
Caulerpacées si j’avais pu avoir sur place des représentants de
cette famille; une telle étude pour chaque genre me paraît indis¬
pensable pour le travail de synthèse duquel on peut espérer une
systématique et des conceptions phylogéniques satisfaisantes au
sein de cet intéressant ensemble des Algues coenocytiques qui,
peut-être, mérite tout entier d’être mis à part des autres Algues.
ÉTUDE CYTOLOGIQUE DE DICHOTOMOSIPHON
111
BIBLIOGRAPHIE
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(C. R. Ac. Sc., 225, pp. 765-766.)
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(Bull. Soc. Bot. France, 98 (7-9), pp. 210-211.)
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mosiphon tuberosus Ernst. (Bull. Soc. Bot. France, 94, pp. 88-90.)
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pp. 115-148.
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la membrane et le morcellement du thalle chez les Siphonales.
(Ann. Sc. Nat. Bot., IX, 18, pp. 147-264.)
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mosiphon tuberosus (A. Br.) Ernst. (Bull. Soc. Bot. Genève, 11, 9,.
pp. 120-124.)
Les Euastrum du lac Saint-Jean
et du Parc des Laurentides
de la Province de Québec
Par Fr. Irénée MARIE, I.C. Dr. Sc.
Dans le présent article, nous employons les abréviations sui¬
vantes :
F.D. : Flore Desmidiale de la région dé Montréal;
pl. : planche;
la. : incision apicale;
Lp. : largeur du lobe polaire;
Ep. : épaisseur.
Nous donnons les dimensions des plantes nouvelles pour le
Québec. Les pièces d’eau sont indiquées par les numéros d’ordre
qui servent à les désigner dans la première partie de cet article
qui paraîtra dans le Naturaliste Canadien, revue de l’Université
Laval de Québec. Cet article mentionne 41 espèces, 24 variétés et
11 formes, présentant un total de 76 entités, alors que dans notre
Flore Desmidiale n’apparaissent pour ce genre que 50 entités pour
la région de Montréal.
Nous figurons tous les Euastrum non encore publiés dans nos
travaux antérieurs, qu’ils soient nouveaux pour nos régions ou
nouveaux pour la Science; et nous en donnons une diagnose com¬
plète.
EUASTRUM Ehrenberg, 1834.
1. — aboense Elfv. F.D. ; p. 127, fig. 7, pl. 14.
Lacs n° 8 48 et 49.
2. — abruptum Ndt. Les Euastrum par Krieger, p. 605.
Lac n° 27 (Fig. 1).
3. — abruptum Ndt. forma minus W. et G. S. West, F.D. : p. 130,
fig. 15, pi. 18; fig. 3, pl. 19.
Dans 17 lacs de la région.
4. — affine Ralfs. F.D. : p. 121, fig. 4, pl. 15; fig. 9, pl. 16.
Dans 23 lacs de la région.
EUASTRUM DE LA PROVINCE DE QUÉBEC
113
5 — ampullaceum Hassall. F.D. : p. 123, fig. 1, pl. 16.
Lacs n os 19, 20 et 22.
6 . — ampullaceum Hass. forma lata forma nova.
Lacs n os 19 et 32.
Forme plus élargie que le type, aux lobes polaires plus courts, à
membrane plus grossièrement granuleuse. Long. : 93-95.5 y.; larg. :
55-57 y.; larg. lobe polaire : 25.5-26 ix; Isthme : 20 tj. ; Incision apic.:
9.5-9.7 y. (Fig. 2).
Forma dilatatior quam tgpus , lobis polaribus curtioribus , membrana crassius gra -
nulosa . Long . : 95 - 95.5 n; lat . lobo polari 25 . 5-26 n; Islhm . 20 n. Incisio apicali 9 . 5 -
9.7 n.
7. — ansatum Ralfs. F.D. : p. 126, fig. 10, pl- 16.
Lacs n os 3, 8 , 25, 45, 47, 48, 50.
8 . — attenuatum Wolle. F.D. : p. 135, fig. 3, pl. 16.
Lac n° 38.
9. — bidentatum Naegeli- F.D. : p. 132, fig. 4, 7, 8 , pl. 17; fig. Il,
pl. 16; fig. 4, pl. 20.
Lacs n os 2, 6 , 19, 20.
10. — binale (Turp.) Ehr. F.D. : p. 138, fig. 4, pl. 19.
Dans 16 lacs de la région.
11. — binale (Turp ) Ehr. forma minor W. West. F.D. : p. 139,
fig. 6 et 7, pl. 19.
Lacs n 08 25 et 26.
12. — binale (Turp.) Ehr. var. elobatum Lund. Monog. Brit. Desm.
Vol. II, p. 54, fig. 55, pl. 38-
Lac n° 44.
Cellule hexagonale, hémisomate pyramidal, les sommets
semblables à ceux du type. Long. : 29-29.5 y.; larg. : 16-
17 «jl; Is. : 6.5-7 y.; L.p. : 13-13.5 y.; Ep. : 10.5 y. (Fig. 3).
13- — binale (Turp.) Ehr. forma Gutwinski Schm. F.D. : 139,
fig. 9 et 10, pl. 19.
Lac n° 12.
14. — binale (Turp.) Ehr. forma hians W. West. F.D. : p. 139,
fig. 1 et 2 , pl- 18.
Lacs n°“ 2, 3, 13, 14, 25, 30, 32, 49.
15. — Boldtii Schm. Krieger, p. 563, fig. 5-7, pl. 77.
Lacs n os 41 et 48.
Euastrum du groupe des petits rectangulaires, très proche voisin
de E. pulchellum, dont il se rapproche par ses trois éperons laté¬
raux à la base, de chaque côté; par ses sommets rectangulaires très
peu fendus et par les muerons bien apparents de part et d’autre
de l’isthme — un dans chaque hémisomate. La vue latérale est
aussi plus arrondie chez Euastrum Boldtii que chez E. pulchellum.
Source . MNHN, Paris
114
FR. IRÉNÉE MARIE, I. C.
Cette espèce est très rare. Elle a été citée par plusieurs auteurs
qui semblent craindre de la décrire, et Krieger est un des premiers
à en donner une bonne description.
Long. : 32-35 (»; larg. : 22.3-23.5 g; Isth. : 6.5-7 n; L.p. : 21-22 u.
Nos spécimens semblent légèrement plus grands que ceux de
Krieger. L'ornementation est typique (Fig. 4).
16. — Ciastonii Racib. F.D.: p. 130, flg. 12, pl. 18; fig. 1 et 2, pl. 20.
Lacs n" 2, 26, 27, 31, 32, 48.
17. — Ciastonii Racib- forma hians Irénée-M. Hydrob. Vol. IV,
n os 1 et 2, p. 164, flg. 10, pl. 18.
Lacs n" 26 et 27 (Fig. 11).
18 . — compactam Wolle. Hydrob. Vol. IV, n os 1 et 2, p. 164, fig. 9
et 10, pl. 19.
Lacs n 0 * 18 et 29.
19- — crassicolle Lund. F.D. : p. 138, fig. 9, pl. 14.
Lacs n os 26 et 28.
20. — crassum (Bréb.) Kutz. F.D. : p. 119, fig. 1, pl. 13.
Dans 18 lacs de la région.
21 . — crassum (Bréb.) Kutz. var. scrobiculatum Lund. F.D. :
p. 119, fig. 2, pl. 13.
Lac n° 19.
22. — crassum (Bréb.) Kutz. var. Taturnii, forma Allorgei La¬
porte : Le Nat. Can. Vol. 74, n os 3-4, p. 111, fig. 5, pl. I.
Lacs n 08 19 et 29 (Fig. 12).
23. — denticulatum (Kirchn.) Gay. Le Nat- Can. Vol. 78, n 08 7-8,
p. 200, fig. 5, pl. 4.
Lacs n os 11 et 25.
24. — denticulatum (Kirchn.) Gay var. Nordstedtianum Irénée-
M. Le Nat. Can. Vol. 74, n 08 3-4, p. 111.
Lac n° 32-
25. — Didelta (Turp.) Ralfs. F.D. : p. 123, fig. 5, 6, pl. 16.
Dans 27 lacs de la région.
26. — Didelta (Turp.) Ralfs, var. scrobiculata Ndt. var. nov.
Cette variété provient de l’élévation de la forme de Nordstedt
figurée dans la F.D-, planche 8, fig. 8, au rang de variété. Elle
existe en dehors de la tourbière de Saint-Hubert et nous l’avons
retrouvée dans les lacs n 08 32 et 48. Elle se distingue du type par
sa membrane grossièrement granuleuse. Elle a été mentionnée par
L. O. Borge (1906 et 1936); par G. Cedergren (1932-34); par
R. Beck-Mannagetta (1931), par Ed. Messikommer en 1935. Le
rang de variété lui convient plutôt que celui de forme (Fig. 13).
EUASTRUM DE LA PROVINCE DE QUÉBEC
115
27 . _ Didelta (Turp.) Ralfs, var. ansatiforme Schmidle. F.D. :
p. 124, fig. 4, pl. 16.
Lac n° 50.
28. — (livaricatum Lundell. F.D. : p. 131, fig. 5 et 6, pl. 17.
Dans 10 lacs de la région.
29. — dubium Nàgeli. F.D. : p. 128, fig. 13 et 14, pl. 18-
Lacs n os 2, 3, 6, 9, 10, 12.
30. — elegans (Bréb.) Kutz. F.D. : p. 128, fig. 6, 7, pl. 18; fig. 5,
pl- 20.
Dans 32 lacs de la région.
31. — elegans (Bréb.) Kutz., var. bidentatum Nàgeli. F.D. : p. 129,
fig. 10, pl. 18; fig. 5, pl. 20.
Dans les lacs n os 20 et 43.
32 . — Var. Novae Semliae Wille- The Fresh-water algae of Sou¬
thern U-S, 1945 (Prescott et Scott), p. 238, fig. 10, pl. 2.
Nouveau pour la province de Québec (Fig. n os 5 et 6).
33. — Var. quebecense var. nov.
Cette variété se distingue surtout par la forme générale plus
triangulaire de son hémisomate et par l’absence de mucron de part
et d’autre de l’entrée des sinus médians.
Long. : 40.2-45.1 y.; larg. : 26-6-28 y.; Isth. ; 6.4-6.5 y.; larg. totale
du lobe polaire : 20.8-21 y.. Profondeur de l’incis. apicale : 6.4-6.5 y.
(Fig. 7).
34. — everettense Wolle. F.D. : p. 126, fig- 11, pl. 8;
Lacs n 08 27 et 32.
35. — evolutum W. et G. S. West. F.D.: p. 133, fig. 18, pl. 66.
Lacs n 08 32 et 48.
36. — evolutum W. et W. var. Glaziovii W. et G. S. West, F.D. :
p. 134, fig. 1, pl. 19.
Lacs n 08 2 et 32.
37. evolutum W. et W., var- integrius W. et W. F.D. : p. 134,
fig. 8, pl. 19.
Lacs n°‘ 2, 3, 19, 25, 32, 48, 50.
38. — evolutum W. et W. forma minor W. et W. Nat. Can. Vol. 74,
n°* 3 et 4, p. 115, fig. 7, pl- I.
Lac n° 2.
39. — fissum W. West, var. americanum Cushman. Hydr. vol. IV,
n os 1 et 2, p. 167, fig. 15, pl. 18.
Lacs n° 8 2, 18, 19, 27, 30, 32, 38.
40. — gemmatum Bréb. F.D- : p. 135, fig. 3, pl. 17.
Lacs n 08 2, 6, 10, 20, 32, 38, 48.
41. — humerosum Ralfs, F.D.: p. 120, fig. 4, 5, pl. 13; fig. 8, pl. 16.
Lacs n 08 1, 2, 3, 8, 48.
116
FR. IRÉNÉE MARIE, I. C.
42. — humerosum Ralfs var. évolution Krieger Die Desmidiaceen
Europas, p. 525, fig- 1, pi. 70.
Variété dont les lobules des sommets sont considérablement
élargis. Cette variété possède en plus une scrobicule au milieu de
chaque hémisomate, entre deux protubérances centrales. La base
comporte un lobule bifide très élargi et orné de deux protubérances
très apparentes. Les sinus médians sont très étroits, fermés exté¬
rieurement, ouverts et arrondis au fond. La membrane est grossiè¬
rement ponctuée sur toute sa surface.
Long : 119-122 p.; larg. : 76-78 p; Is. : 22.5-24 p.; Larg. 1. pol. :
35.4-37 a; Inc. apicale : 8 tx.
Cette variété a été trouvée dans les lacs n os 8 et 30 (Fig. 8).
43- — inerme (Ralfs) Lund. Hydrob. Vol. IV, n os 1-2, p. 168, fig. 5,
pi. 18.
Lacs n os 19 et 20.
44. — infernum nov. sp. ainsi nommée de l’une des portes du parc
des Laurentides que sa sauvage grandeur a fait nommer « Porte
de l’Enfer ». Cette espèce n’est pas sans analogie avec E. oblon-
gum, mais elle s’en distingue nettement par plusieurs caractères:
surtout par l’absence du lobe inférieur, et par l’absence des pro¬
tubérances faciales. Un éperon arrondi ferme l’entrée des sinus
médians. Le lobe apical est profondément divisé, la membrane
est finement ponctuée. Elle a été récoltée dans le lac n° 30.
Long : 165-170 p.; larg. : 96-97 *x; Is. : 25.5-26.5 jx; lobe pol. : 64-
65 jx-
E. infernum nov. sp. sic appellata una ex partis « Parc des Laurentides » cognomine
« Porte de l'enfer ». Heac species non est sine analogia cum E. oblongum, sed differt
clare in pluribus prospectibus : praesertim absentia lobi inferioris, absentia tumorum
ad faciem pertinentium. Rotundatus apex aditum sinuum mediorum obturit. Lobus
apicalis profundissime est divisus; membrana est délicate punctata (Fig. 9).
45. informe Borge Hydr. Vol. 4, n"’ 1-2, p. 168, fig. 5, pl. 18.
Lacs n os 38 et 47.
46. — insigne Hass. Le Nat. Can. Vol. 74, n°" 3 et 4, p. 116, fig. 11,
pi. 1.
Lacs n"* 2, 14, 19, 29, 32.
47- — insigne Hass. var. lobulatum Presc. et Sc. Le Nat. Can.
Vol. 74, n“ 3 et 4, p. 117, fig. 10, pl. 1.
Lacs n" 14, 32, 48, 49.
48. — insigne Hass. var. lobulatum Presc. et Sc. forma Taylorii
Presc. et Scott. Le Nat. Can. Vol. 74, n"' 3 et 4, p 117
fig- 1, pl. 2.
Lacs n"‘ 18, 29, 30.
49. — insulare (Wittr.) Roy. F.D. : p. 140, fig. 12, pl. 8; fig. 3 et 4
pl. 18; fig. 5, pl. 19.
EUASTRUM DE LA PROVINCE DE QUÉBEC
117
Dans 12 lacs de la région.
50. — intermedium Cleve. Le Nat- Can. Vol. 74, n°* 3 et 4, p. 117,
fig. 12, pl. 1.
Lacs n° 8 2, 12, 18, 20, 32.
51. — intermedium Cleve var. longicolle Borge. F.D. : p. 124,
fig. 17, pl. 66.
Long- : 65-66.5 jx; larg. : 41.5-43.5 jx; larg. lobe pol. : 17 |x;
Isthme : 10 [x.
Lac n° 31.
52. — intermedium Cleve var. validum W. et G. S. West. F.D. :
p. 125, fig. 13, pl. 8.
Lacs n°“ 19, 30, 32.
53. — lapponicum Schm. F-D. : p. 131, fig. 2, pl. 19.
Lacs n 08 25 et 31.
54. — obesum Joshua forma Irénée-M. F.D. : p. 125, fig. 9, pl. 8.
Cette forme rare que nous avons trouvée à l’état erratique autour
de Montréal devient très commune dans la région du Parc des
Laurentides. Nous l’y avons trouvée dans 21 lacs de la région.
Long. : 50-110 «x; larg. : 30-38 *x; lobe pol. : 17-27 |x; Inc. Apic. 4 (x-
Ces dimensions sont celles à peu de chose près des spécimens
récoltés autour de Montréal. Peut-être conviendrait-il d’élever cette
forme au rang de bonne variété?
55. — obesum Joshua var. subangulare W. et G. S. West. Hydrob.
Vol. IV, n os 1-2, p. 170, fig. 7, pl. 18-
Lacs n 08 3, 6 et 13.
56. — obesum Joshua var. crassum Presc. et Scott. Hydr., Vol. IV,
n 08 1-2, p. 171, fig. 8, pl. 18.
Lacs n os 7, 15, 25.
57. — oblongum (Grev-) Ralfs, F.D. : p. 120, fig. 1, 2, 3, pl. 14.
Dans 19 lacs de la région.
58. — oblongum (Grev.) Ralfs, forma elliptica Irénée-M. Le Nat.
Can. Vol. 74, n os 3 et 4, p. 120, fig. 5, pl. 2.
Lacs n 08 7, 13, 18 , 21, 22.
59. — oculatum Borge, var. tonsum W. et G. S- West, forma mu-
cronatum Irénée-M. F.D. : p. 133, fig. 6, 7, pl. 20.
Lacs n 08 7, 13, 18, 21, 22.
— pectinatum Bréb. var. brachylobum Wittr. F.D- : p. 134
fig. 3, pl. 15.
Lacs n 08 20, 32, 38.
— pectinatum Bréb. forma elongata f. nov.
Forme se distinguant du type par son lobe polaire plus exert et
cunéiforme; par ses protubérances dans chaque angle des lobes.
118
FR. IRÉNÉE MARIE, I. C.
Long.: 60-60.5 p.; larg- : 38.6-39 |i; long, du lobe polaire : 13 n;
Isth. : 9.7 n (Fig. 10).
Forma lejuncta a tqpo loto polarl ererttore et cunéiforme, tumorUm, in quoquc
angulo loborum illorum.
62. _ pictum Borge, var. subrectangulare W. et G. S. West. Hydr.
Vol. IV, n’ 1-2, p. 172, fig. 14, pi. 18-
Lacs n 08 10, 25, 42.
63 . _ pingue Elfv. N. C. : Vol. 78, n" 7 et 8, p. 204, fig. 6, pl. IV.
Lac n° 19.
64. — pinnatum Ralfs, F.D- : p. 120, fig. 3, pl. 13.
Lacs n 08 2, 18, 19, 20, 31, 32, 48.
65. — pulchellum Bréb. Le Nat. Can. Vol. 74, n”' 3-4, p. 121, fig. 4,
pl. 11.
Lacs n os 14 et 35.
66. — sibiricum Boldt. Hydrob. Vol. IV, n°” 1-2, p- 175, fig. 11,
pl. 19.
Lac n° 2. — Cette petite espèce était encore inconnue au
Canada. Il n’en était connu que la variété suivante.
67. — sibiricum Boldt var. exsectum Gronb. Hydrob. Vol. IV,
n° 8 1-2, p. 173, fig. 13, pl. 18-
Lac n° 19.
68. — sinuosum Lenorm. F.D.: p. 122, fig. 5-6, pl. 14; fig. 5, pl. 15.
Lacs n 08 38 et 44.
69. — sinuosum Lenorm. var. reductum W. et G. S. West. F.D. :
p. 122, fig. 8, pl. 14; fig. 1, 2 et 6, pl. 15.
Lacs n 08 2, 15, 18, 32, 38, 48.
70. — subhexalobum W. et G- S. West, F.D. : p. 126, fig. 7, pl. 16.
Lac n° 30.
71. — sublobatum Bréb. Hydrob. Vol. IV, n°" 1-2, p. 174, fig. 11.
pl. 18.
Lac n° 30.
72. — trigibberum W. et G. S. West. Le Nat- Can. Vol. 74, n 08 3-4.
p. 121, fig. 3, pl. 2.
Lac n° 25.
73. — Turnerii W. West. Le Nat. Can. Vol. 74, n 08 3-4, p. 122.
fig- 6, pl. 2.
Lacs n° 8 9, 27, 44.
74. — urnafôrme Wolle. F.D. : p. 137, fig. 2, pl. 16.
Lac n° 48.
75. — validum W. et G. S. West. F.D- : p. 137, fig. 5, pl. 18.
Lacs n 08 2, 12, 19, 26, 30, 32.
76. — ventçicQsum Lund. Hydrob. Vol. IV, n° 1-2, p. 175 fig 1
pl. 19,
EUASTRUM DE LA PROVINCE DE QUÉBEC
119
Lac n° 18.
77. _ verrucosum Ehr. F.D. : p. 136, fig. 8 et 9, pl. 18.
Lacs n°* 3, 6, 8, 10, 28, 32, 38, 41, 44, 45, 58.
78. _ verrucosum Ehr. var. alatum Wolle. F.D. : p. 136, fig. 1,
pl. 17.
Lacs n 08 3, 6, 10, 21, 35, 36, 37, 50.
79. __ verrucosum Ehr. var. alatum Wolle, forma minus Kossinsk.
F.D. : p. 137, fig. 2, pl. 17.
Lac n os 10 et 37.
80. — verrucosum Ehr. var. coarctatum Delp. Le Nat. Can. Vol. 74,
n 08 3 et 4, p. 124, fig. 8, pl. II.
Lac n° 44.
81 _ verrucosum Ehr. var. Dalbisii Laporte, forma minus Presc.
et Scott- Amer. Midi. Nat. Vol. 34, n° 1, p. 247, fig. 4, pl. 6.
Lac n° 48.
82. — verrucosum Ehr. var. reductum Ndt. Le Nat. Can. Vol. 174,
n oa 3 et 4, p. 123, fig. 9, pl. II.
Lac n° 3.
83. — Wollei Lagerh. Hydrob. Vol. 4, n 08 1-2, p- 177, fig. 12, pl. 19.
Lac n° 26.
84. _ Wollei Lagerh. var. pearlingtonense Presc. et Scott. Hydr.
Vol. 4, n 08 1 et 2, p. 178, fig. 6, pl. 18.
Lac n° 29.
85. — verrucosum Ehr. var. rhomboideum Lund. Laporte : Rech.
sur la biolog. et la systém. des Desm., p. 87, fig. 0.
Variété qui se distingue du type par sa forme rappelant de loin
celle d’un losange, d’où son nom. Plusieurs auteurs ont traité de
cette variété et l’ont représentée assez différemment. Nous la con¬
sidérons d’après L. O. Borge, comme G. H. Wailes l’a figurée dans
Freshwater Algae and Protozoa from Alaska (Art. Hist. and Sc.
Assos. Vanc. City Muséum, March 1933)-
Voici comment nous la décrirons conformément à L. O. Borge et
à G. H. Wailes :
Cellule de forme rhomboïdale dans son ensemble, les deux axes
à peu près dans le rapport de 8 à 9. Les sinus médians sont large¬
ment ouverts extérieurement, linéaires au milieu et largement
élargis au fond. Le lobe de la base est orné des trois rosaces de
l’espèce typique et disposées en triangle; les angles de la base sont
ornés de quatre épines plus distinctes que les autres, qui sont de
simples dents. Le lobule latéral est très petit, armé également de
quatre petites épines. Le lobe apical, au sommet rétus, a ses angles
armés de trois ou quatre épines. La membrane est grossièrement
granuleuse. La vue apicale diffère peu du type : les angles des
120
FR. IRÉNÉE MARIE, I. C.
extrémités sont moins prolongés et les protubérances centrales
moins accentuées (Fig. 14).
86 . — verrucosum Ehr. var. Willei. (Dédiée au D r Abbé Willie
Laverdière distingué savant Naturaliste de l’Université
Laval de Québec)
Variété aberrante de l’espèce verrucosum à hémisomate triangu¬
laire dans son ensemble, à lobe polaire rectangulaire et rétus au
sommet; le lobule latéral typique de l’espèce a sa place normale et
bien apparente; la base est terminée par un éperon granuleux. La
vue apicale est typique, avec une seule protubérance centrale, sans
indication des deux protubérances latérales plus petites qui sem¬
blent faire défaut. Les deux extrémités se terminent en éperon
granuleux comme dans la vue latérale (Fig. 15).
Long. : 128-130 y.; larg. : 100-104 jx; Isthme : 32-34 p.; Larg. lobe
pol. : 41.5-42.5 jx.
Varietas aberrans a specie « verrucosum », cum semicellula triangulari in concentu,
eum lobo polari rectangulari et retusi ad apicem; lobus lateralis typicus speciei est in
suo normali loco et maxime perspicuus; basis in acumen granulosum desinit. Ab apice
visa, typica cum singulo centrali tumore, sine indicatione utriusque lateralis tumoris
minoris qui videtur abesse. U troque extremitas desinit in granulosum rostratum sicut
in laterali conspectu. Long. : 128-130 n; lat. : 100-104 h; lsthm. 32-34 u, lat. lob. pol. :
41.5-42.5 n.
PLANCHE I
1. Euastrum abruptum Ndt. — 2. E. ampullaceum Hass. forma lata f. nov. —
3. E. binale (Turp.) Ehr. var. elobatum Lund. — 4. E. Boldtii Schm. — 5 et
6. E. elegans (Bréb.) Kutz. var. Novae Semliae Wille. — 7. E. elegans (Bréb.)
Kutz. var. quebecense var. nov. — 8. E. humerosum Ralfs, var. evolutum
Kneg. — 9. E. infernum nov. sp. — 10. E. pectinatum Bréb. forma elongata f.
nov. — 11. E. Ciastoni Racib. forma hians Irénée-M. — 12. E. crassum (Bréb )
Kutz. var. Taturnü, f. Allorgei Lap. — 13. E. Didelta (Turp.) Ralfs var. scrobi-
culata var. nov. — 14. E. verrucosum Ehr. var. rhomboideum Lund. — 15. E.
verrucosum Ehr. var. Willei var. nov.
EUASTRUM DE LA PROVINCE DE QUÉBEC
121
TI■**/■*
Algological notes.
1. Staurastrum brachioprominens et ail.
By Kuno THOMASSON.
When Meyen 1828, described Staurastrum paradoxum this name
implied an excellent characterization of the entire genus. There is
no doupt that among the Desmidiaceae the genus Staurastrum is
one of the most troublesome. The great number of described spe¬
cies, varieties, and forms makes it very difficult to overlook them
ail. The critical monographie treatment of the genus, or of certain
morphologically well delimited groups within it constitutes a not
very tempting but necessary task.
The drawings which as a rule accompany the descriptions are
of the greatest importance for our knowledge of the multitude of
forms. Much dépends here upon the exactitude of the drawing. To
depict by the means of photographical methods the fine details
which are of importance from the taxanomical point of view has,
unfortunately, proved impossible. Also the amplitude of variation
in différent species is of great importance. Different interprétations
occur of the délimitation of the species which often make an orien¬
tation among the Staurastra very difficult.
Fig. 1-11. — 1. Staurastrum brachioprominens after Bôrgesen 1890; 2. St. bra¬
chioprominens var. archerianum after Bohlin 1901; 3. Ici. after Krieger 1930;
4. Id. after Cedercreutz et Grônblad 1936; 5. St. bullardii var. alandicum
after Teiling 1942; 6. St. bullardii after Smith 1924; 7. St. bullardii var. alan¬
dicum after Nygaard 1949; 8. St. caledonense after Huber-Pëstalozzi 1929;
9. St. iversenii after Nygaard 1949; 10. St. brachioprominens forma after
Holsinger 1955; 11. St. chaetoceras forma after Skuja 1948.
Source : MNHN, Paris
124
KUNO THOMASSON
of forms around Staurastrum brachioprominens from among which
some taxa will be treated below.
Staurastrum brachioprominens was described by Bôrgesen in
1890. Among its characters are noted two rows of granules at the
base of every semicell as is also clearly seen in Bôrgesen 1890, pl. 5,
fig. 52. These characteristic features are missing in ail later repré¬
sentations of St. brachioprominens. As these granules are often
observed only with difficulty on account of the contents of the cells
A troublesome group among many others is the biradiate group
it is possible that they hâve been overlooked. Raciborski, 1892, is
the only author who notes that specimens of St. brachioprominens
among his material exhibit only one row of granules at the base of
every semicell.
Staurastrum brachioprominens var. archerianum has been des¬
cribed from the Azores by Bohlin, 1901, fig. 10. Its semicells are
decidedly quadrangular in latéral view. The type has been observed
later by Kieger, 1930, pl. 5, fig. 9 (unfortunately no latéral view),
and by Cedercreutz. The possibility exists that we hâve here to
do with an independent species.
Another species which might possibly belong to the same group is
Staurastrum caledonense Huber-Pestalozzi, 1929, figs. 7-1 o"
1 he species which is now known under the name Staurastrum
uplandicum Teiling was placed in 1936 by Cedercreutz and
Grônblad with some doubt to Staurastrum brachioprominens var.
archerianum, Cedercreutz and Grônblad, 1936, figs. 12 & 32. The
authors point also to the obvious similarity with St. bullardii G. M.
Smith, 1924, pl. 74, fig. 21. Teiling followed this up, and described
the alga as St. bullardii var. alandicum Teiling, 1942, figs. 6 & 7. An
excellent drawing of this species is given by Nygaard, 1949, fig. 50;
its apex is also depicted in Skuja, 1948, pl. 19, figs. 10 & 11. Con-
tinued investigations led Teiling in 1946 to the conclusion that we
haye here to do with a good species — St. alandicum (Cedercreutz &
Grônblad) Teiling, but this name unfortunately proving preoccu-
pied since 1936 Teiling changed it in 1955 into Staurastrum uplan¬
dicum.
When studying the plankton from the Amazonas basin I noticed
a particularly beautiful Staurastrum which I placed under St. alan¬
dicum sensu Teiling 1946 as forma gracile. Further studies hâve
led me to the opinion that it is probably the question about a good
species to which I should refer also Staurastrum brachioprominens
Borg. forma in Holsinger, 1955, figs. 5 A & B, from Ceylon. This
STAURASTRUM BRACHIOPROMINENS
125
is considerably smaller but exhibits the same characteristic appea-
rance. (Compare also St. tectum Borge and St. quadrinotatum
Grônblad, 1945, figs. 258 & 269-291, and St. lepidum Borge.) Pro-
visionally the two mentioned tropical Staurastra can be united
unter the naine Staurastrum guentherii, called up after the well
known Lettish explorer and biologist Konrad Guenther (born in
Riga, 1874) who has devoted himself to exploration in the tropics,
and who has visited a. o. both Ceylon and Brazil.
A closely related species is St. iversenii Nygaard, 1949, fig. 49,
which properly stands between St. uplandicum and St. guentherii.
Its ornamentation on the frontal side of the semicells points to
guentherii, while the armament of the apex resembles uplandicum.
There are some forms of Staurastrum chaetoceras (Schrôd.)
G. M. Smith which resembles the taxa mentioned here. G. M. Smith,
1924 has pointed out that St. chaetoceras is separated from the
other biradiate species of this type by the lack of verrucae at the
apex of the semicells, there are only few subapical granules. Borge,
1900, characterized the apex of his spécimens as biundulate. A
interresting form of St. chaetoceras was described by Skuja, 1948,
pl. 19, fig. 7 & 8, its stout subapical spines points at some of the
forms mentioned above.
126
KUNO THOMASSON
The following table contains the measurements of the Stau-
rastra mentioned here :
Staurastrum
Long,
sine proc.
Long,
cum proc.
Lat.
sine proc.
Lat.
cum proc.
Crass.
Isthnnu
brachioprominens
Bôrgesen 1890.
30
72
11
brachioprominens Bôrg. :
Raciborski 1892.
28
44
9
brachioprominens Bôrg.
var. archerianum Bohlin
1901.
25-31
_
_
40-50
9
6-7
brachioprominens Bôrg.
var. archerianum Bohlin :
Cedercreutz et Grôn-
blad 1936.
30-32
80-92
90-96
13
10
bullardii G. M. Smith var.
alandicum Teiling 1942.
27-32
72-76
78-88
12-16
10
bullardii G. M. Smith var.
alandicum Teiling :
Skuja 1948.
28-32
70-86
15-18
80-110
12-17
7-10
iversenii Nygaard 1949.
20-21,5
38-47
-
70-76
9
5,5-6
alandicum (Cedercreutz et
Grônblad) Teiling f. gra¬
cile Thoinasson 1955.
32,5-35
112,5-152
112,5-132,5
16
7,5
brachioprominens Bôrg.
forma Holsinger 1955.
12-16
30-50
10-12
50-60
_
4
caledonense Huber-Pesta-
lozzi 1929.
18-20
39-44,2
15,6-16,9
31,2-36
5-6
bullardii G. M. Smith 1924.
23-30
70-88
20-24
81-100
8-10
From the above it ought to be évident that the systematic inter¬
prétation of the taxa which are referred to the group of St. bra-
chioprominens is rather awkward. The following taxa hâve been
treated :
1. Staurastrum brachioprominens Bôrg. : Bôrgesen, 1890, pl. 5,
fig. 52.
STAURASTRUM BRACHIOPROMINENS
127
2. Staurastrum brachioprominens Bôrg. : Raciborski, 1892.
3. Staurastrum brachioprominens var. archerianum Bohlin :
Bohlin, 1901, fig. 10.
4. Staurastrum brachioprominens var. archerianum Bohlin :
Krieger, 1930, pl. 5, fig. 9.
5. Staurastrum brachioprominens var. archerianum Bohlin :
Cedercreutz & Grônblad, 1936, fig. 12 & 32.
6. Staurastrum bullardii var. alandicum Teiling : Teiling, 1942,
fig. 6 & 7.
7. Staurastrum bullardii var. alandicum Teiling : Skuja, 1948,
pl. 19, fig. 10 & 11.
8. Staurastrum bullardii var. alandicum Teiling : Nygaard, 1949,
fig. 50.
9. Staurastrum alandicum (Cedercreutz & Grônblad) Teiling :
Teiling, 1946.
10. Staurastrum uplandicum Teiling : Teiling, 1955.
11. Staurastrum alandicum (Cedercreutz & Grônblad) Teiling :
Thomasson, 1955, fig. 3 : 3.
12. Staurastrum brachioprominens Bôrg. forma : Holsinger, 1955,
fig. 5 A & B.
13. Staurastrum iversenii Nyg. : Nygaard, 1949, fig. 49.
14. Staurastrum caledonense Huber-Pestalozzi : Huber-Pesta-
lozzi, 1929, fig. 7-10.
Of these 1 & 2 belong to St. brachioprominens occuring in Aus-
tralia and Brazil. 3 & 4 are for the time being United under
St. brachioprominens var. archerianum which occurs upon the
Azores. There is good reason to consider 5-10 as an independent
species, St. uplandicum, which occurs in Finland, Sweden and
Denmark. No. 14 of the list, St. iversenii, from Denmark leads to
the following species viz. the two tropical 11 & 12, which can be
united in one species St. guentherii, also this from Brazil, and
likewise from Ceylon. No. 14 is an independent species, St. cale¬
donense, which occurs in Africa.
Institute of Plant Ecology, Uppsala, Sweden.
BIBLIOGRAPHY
Bohlin K., 1901. — Etude sur la flore algologique d’eau douce des Açores.
Bih. svensk. Velensk Akad. Handl., Bd 27, Afd. 3, N° 4.
Bôrgesen F., 1890. — Desmidieae; in Symbolae ad floram Brasiliae
Centralis cognoscendam. Vidensk. Medd. dansk naturh. Foren. Kbh.
Cedercreutz C. et Grônblad R., 1936. — Bemerkungen über einige Des-
midiaceen von Aland. Comment, biol. Helsingf. 7 : 2.
128
KUNO THOMASSON
Holsinger E. C. T., 1955. — The plankton of three Ceylon lakes. Ilydro-
biologia, Vol. 7.
Huber-Pestalozzi G., 1929. — Das Plankton natürlicher und künstlicher
Seebecken Südafrikas. Verh. inl. Ver. Limnol., Bd 4.
Krieger W., 1930. — Algenassoziationen von den Azoren und aus Ka-
merun. Hedwigia, Bd 70.
Nygaard G., 1949. — Hydrobiological studies on some Danish ponds and
lakes 2. Biol. Skr. 7:1.
Raciborski M., 1892. — Desraidya zebrane prezez Dr. E. Ciastonia w
podrôzy naiokoloziemi. Bozpr. Wgdz. mat.-przyr. Polsk. Akad. Um.,
Tom. 22.
Skuja H., 1948. — Taxonomie des Phytoplanktons einiger Seen in
Uppland. Symb. bot. upsaliens., 9 : 3.
Teiling E., 1942. — Schwedische Planktonalgen 4. Bot. Notiser, 1942.
— 1946. — Zur Phytoplanktonflora Schwedens. Bot. Notiser, 1946.
— 1955. — Peridinium gatunense Nyg. i Sverige. Svensk bot. Tidskr.,
Bd 49.
Thomasson K., 1955. — Studies on South American Fresh-Water Plank¬
ton 3. Acta Hort. golhoburg., 19 : 6.
Second international Seaweed Symposium
Trondheim 1955
Par Ad. DAVY de VIRVILLE.
On se rappelle qu’au mois de juillet 1952, les Algologues anglais
avaient décidé d’organiser un Symposium international ayant plus
spécialement pour objet l’étude des Algues marines au point de
vue de leurs applications et qu’il avait alors été décidé que la
prochaine réunion aurait lieu trois ans plus tard en Norvège.
Le Second International Seaweed Symposium vient en effet de
tenir ses assises à Trondheim les 14, 15 et 16 juillet 1955 sous les
auspices du Norvegian Institute of Seawed Research, fondé
en 1949 et maintenant installé à Trondheim à proximité du magni¬
fique Tekniske Hogskole, où se déroulèrent les séances. Il avait
été très bien organisé par nos collègues norvégiens : et, en parti¬
culier par le Professeur Braarud, Secrétaire général du Sympo¬
sium, dont l’inépuisable obligeance a conquis la sympathie et la
reconnaissance de tous les participants.
Cent vingt Algologues de divers pays prirent part à ses travaux.
Parmi eux, nous eûmes le plaisir de retrouver un certain nombre
de ceux que nous avions rencontrés à Edimbourg : en particulier
Miss Newton, Kylin, de Valera, le P r Woodward, le D r Waern,
etc.
La France malheureusement était sans doute, de tous les grands
pays, celui qui comptait le plus petit nombre de représentants :
trois industriels : MM. Dano, Becker et Van der Land; et seule¬
ment un Universitaire : M. Ad. Davy de Virville.
Une cinquantaine de communications relatives en principe à
l’utilisation des Algues marines, mais qui, fort heureusement du
reste portèrent en réalité sur des questions plus ou moins con¬
nexes, y furent présentées; si bien qu’il fallut les grouper en deux
sections fonctionnant simultanément : l’une s’occupant de la
physiologie et de la chimie des Algues et l’autre, de leur structure
et de leur répartition.
Les sujets les plus variés ont été abordés. Parmi ceux qui ont
plus spécialement retenu notre attention, citons, par exemple : la
production de vitamines et d’antibiotiques par les Algues marines,
les variations de la composition chimique du Laminaria digitata
130
AD. DAVY DE VIRVILLE
sur les côtes de Norvège, la cytologie des Laminaires, les anneaux
de croissance des Alaria, la répartition infralittorale des Algues
marines, etc. Nous-mêmes avons montré nos essais de cartographie
de la flore de la zone intercotidale et souligné l’utilité qu’elle
pourrait présenter en faisant connaître l’emplacement des stations
d’Algues utilisées industriellement.
Ajoutons qu’il a été décidé, à la demande du D r Flood, Directeur
de l’Institut for Industrial Research à Dublin, que le prochain
Symposium aurait lieu, dans quatre ans, en Irlande, donc en 1959,
et aussi qu’en principe le suivant se tiendrait en Espagne.
Ajoutons également que ce Symposium fut suivi d’une très belle
série d’excursions qui permirent aux participants de se faire une
bonne idée des plus beaux paysages de la Norvège et de prendre
connaissance avec sa flore d’endémiques terrestres: Cornus suecica,
Rubus Chamœmorus, etc.: et aussi d’étudier sa riche flore d’Algues
marines, mais en deux points seulement : sur la petite île de Mun-
kolmen située à un mille en mer environ dans le fjord de Trond-
heim où l’on trouve les mêmes ceintures d’Algues que sur nos côtes
françaises; et, quelques jours plus tard, sur les vastes plateaux
rocheux de Bud où la succession est différente avec des Cyano-
phycées, puis des Porphyra umbicalis, en dessous Fucus inflatus,
puis une ceinture de Chlorophycées formée surtout de Cladophora
rupestris, Spongomorpha lanosa et d’Acrosiphonia, plus bas d ’Hi-
manthalia lorea courts et jaune clair, plus bas encore d ’Alaria
esculenta, enfin de Laminaria Cloustoni. L’exploration détaillée de
cette station eût été certainement très intéressante.
A la suite de ces deux Symposium d’Edimbourg et de Trondheim
qui ont certainement laissé à tous ceux qui y participèrent un
inoubliable souvenir, qu’il nous soit permis d’exprimer un double
vœu.
D’abord que l’objet de ces réunions ne soit pas strictement limité
à l’étude de l’usage industriel des Algues marines: sujet sans
doute intéressant mais qui nous paraît tout de même un peu trop
borné pour provoquer un rassemblement international des Algo-
logues marins. Nous désirons vivement que le programme du pro¬
chain Congrès de Dublin soit plus vaste et porte sur tout ce qui
concerne VAlgologie marine.
Ensuite qu’à cette occasion les organisateurs s'efforcent mieux
encore de permettre aux Algologues étrangers de connaître la flore
d Algues marines du Pays visité au cours de plusieurs journées
d excursions, consacrées à l’exploration du littoral dans des stations
aussi differentes que possible au point de vue écologique.
NOTULES ALGOLOGIQUES
Cette rubrique réunit de courtes notes sans illustrations ni références biblio¬
graphiques. Elle permettra aux auteurs de publier des observations nouvelles
ne se prêtant pas à un long développement, notamment celles concernant l’éco¬
logie ou la biogéographie des Algues, ou de prendre date avant la parution d’un
travail plus complet.
Contribution à l’étude de la zone littorale des Iles Baléares.
Biologie et Chimie des Algues calcaires.
Formes du relief côtier qui leur sont liées.
Au cours de l’été 1955, un voyage aux Iles Baléares nous a permis
d’étudier la zone littorale, tant du point de vue morphologique que
biologique. A Majorque, nous nous sommes limités à une portion
réduite de la côte, tandis que des observations plus générales ont
pu être faites à Ibiza.
La forme la plus intéressante, caractéristique des rivages médi¬
terranéens est représentée par le trottoir construit par l’algue
Tenarea tortuosa. Cette corniche, surplombée directement par l’en¬
corbellement littoral, est la seule formation de la zone intertidale;
elle constitue un milieu original où prolifèrent des algues.
Nos investigations ne se sont pas limitées à cette zone; il nous a
paru opportun d’y joindre l’étude de formes littorales résultant de
l’érosion marine, principalement les mares, qui sont un autre
milieu. Des Mélobésiées y trouvent le substrat indispensable à leur
existence; elles se développent parfois sur les cloisons sépara¬
trices. Des relations étroites unissent ces mares aux autres formes,
lapiés et encorbellement littoral, dont il était intéressant de signaler
les traits originaux.
Ces recherches morphologiques et biologiques sont complétées
par une étude chimique et cristallographique; des analyses actuelle¬
ment en cours, effectuées notamment à l’aide des Rayons X, four¬
niront des précisions sur la constitution chimique des Algues
calcaires.
Cette étude paraîtra dans un prochain numéro de la Revue Algo-
logique.
M m « L. WALTER-LÉVY, R. FRÉCAUT et R. STRAUSS.
132
NOTULES ALGOLOGIQUES
L’utilisation de thionine et de chlorure de sulfuryle
en vue de l’étude des équivalents de noyau
chez quelques Cyanophycées.
Dans différentes publications (voir résumé dans Mikroskopie 7,
1952), Delamater a décrit les propriétés des structures nucléaires
des bactéries. L’auteur a utilisé comme fixateur les vapeurs d’acide
osmique. Après une courte hydrolyse suivie d’un rinçage à l’eau, il
a appliqué les colorants suivants : une solution de 0,25 % de thio¬
nine (10 ccm) + chlorure de sulfuryle (10 gouttes), ou bien une
solution de 0,25 % d’Azur A (10 ccm) + chlorure de sulfuryle
(10 gouttes). L’adjonction du chlorure de sulfuryle aux deux colo¬
rants précités donne des complexes qui ont des propriétés compa¬
rables au réactif de Schiff. Toutefois ces complexes ne se déco¬
lorent pas. La durée de la coloration est de deux heures. Après
coloration, les préparations sont plongées dans de l’eau distillée et
ensuite séchées à l’aide d’un papier-filtre. La déshydratation se fait
dans l’alcool absolu ou l’acétone pendant 12 heures à une tempé¬
rature de — 50° (glace carbonique). Pour terminer on fait agir
sur les préparations de l’alcool absolu à la température ambiante.
Après deux passages dans du Xylol les préparations sont montées.
Nous avons utilisé pour l’étude d 'Aphanocapsa sp. et de Tolypo-
thrix byssoidea de la thionine avec du chlorure de sulfuryle. La
fixation a été réalisée soit avec de l’alcool soit avec de l’alcool acé¬
tique (3 heures). Durée de l’hydrolyse environ 10 minutes, durée
de la coloration au moins deux heures. Comme nous avions uni¬
quement l’intention de nous faire une opinion de la valeur de cette
technique, au point de vue de l’effet de coloration, nous n’avons
pas soumis notre matériel aux différents stades de déshydratation.
Pour l’observation microscopique le matériel a été simplement
inclus dans de l’eau distillée.
Les équivalents de noyau feulgen-positifs ont été faiblement colo¬
rés dans le cas d’Aphanocapsa et fortement colorés dans le cas de
Tolypothrix byssoidea.
D’autres études dans ce domaine sont actuellement en cours.
Fr. Hkrbst.
NOTULES ALGOLOGIQUES
133
Etude comparative des résultats obtenus
d’une part avec la réaction nucléaire,
d’autre part avec la technique des colorants basiques,
après hydrolyse préalable,
dans le cas de quelques Cyanophycées.
Les équivalents de noyau mis en évidence chez Oscillatoria ani-
malis, Oscillatoria sp., Lyngbia Martensiana et Phormidium unci-
natum, à l’aide de la réaction de Feulgen, se présentent sous les
formes suivantes : Structure réticulaire chez Oscillatoria animalis
et Oscillatoria sp., structures plus ou moins arrondies, ou quelque¬
fois réticulaires, chez Lyngbia Martensiana et Phormidium unci-
natum.
En vue d’un examen plus serré de ces différentes formes nous
avons fait appel à la méthode à l’acide chlorhydrique-Giemsa.
Dans le cas des bactéries cette méthode procure un meilleur aperçu
des structures nucléaires qui apparaissent, en effet, sous une forme
plus compacte et plus nette (Delaporte, 1950).
Le même effet a été obtenu en appliquant cette méthode aux
Cyanophycées. Toutefois il n’a pas été possible de pénétrer plus
avant dans la structure intime des équivalents de noyau; sous ce
rapport par conséquent cette méthode n’offre pas plus d’avantage
que la réaction de Feulgen. En remplaçant la solution de Giemsa
par du bleu de méthylène, de la thionine et du bleu de toluidène,
on obtient les mêmes résultats.
Technique opératoire.
1) Feulgen. Fixation dans de l’alcool, de l’alcool acétique (4:1)
pendant 15 heures. Hydrolyse à la température de 60° avec nHCl
pendant 15-30 minutes. Réactif de Schiff pendant 5-15 heures, puis
vert lumière pour contraster la préparation. Montage des prépa¬
rations dans du baume de Canada ou dans du Francolor aminolac.
Parallèlement montage et examen dans un goutte d’eau.
2) HCl-Giemsa. Même fixation et Hydrolyse que ci-dessus. Va¬
riante : Durée de l’hydrolyse 5 minutes au lieu de 15-30 minutes.
Coloration dans une solution de Giemsa pendant 15 heures (à
10 gouttes de solution mère on ajoute 10 ccm H : 0). Montage dans
du baume de Canada et parallèlement dans une goutte d’eau.
3) HCl-bleu de méthylène; HCl-thionine; HCl-bleu de toluidène.
Même technique que sous 2). Concentration des colorants 1: 1000.
Fr. Herbst.
Source : MNHN. Paris
134
NOTULES ALGOLOGIQUES
Un essai de montage rapide des Algues.
Après un certain nombre d’essais de montages rapides (montage
dans l’eau avec lutage au lut de Rondeau du Noyer, montage à la
glycérine, etc.) et devant l’échec à longue ou brève échéance de
bien des montages aqueux (notamment la gélatine glycérinée), nous
avons employé le Celodal, condensation de l’urée formaldéhyde,
qui possède les avantages de la glycérine (concentration lente et
aisée) et semble posséder la durée des montages au baume, sans
avoir de ces derniers la souplesse d’emploi, notamment leurs mul¬
tiples possibilités de colorations.
Montage d’une préparation au Celodal.
Le résultat dépend beaucoup de la fixation. Les sels de cuivre
sont recommandables pour les Chlorophycées.
La technique d’imprégnation par le Celodal est identique à celle
utilisée pour la glycérine. On peut mettre une goutte de produit
plus ou moins dilué (ex. : 1/1) sur le bord de la lamelle. Laisser
concentrer (à l’étuve à 37° si l’on veut aller vite et si l’échantillon
le supporte). Le Celodal accepte les échantillons sortant de l’alcool.
Ceci fait, il faut « durcir » (catalyser la polymérisation du pro¬
duit). Le mieux est de mettre la lame dans une boite de Pétri sur
des baguettes de verre, avec au fond un peu d’acide chlorhydrique
concentré ou d’acide acétique pur. Laisser au moins une heure.
Attention : la lame doit rester horizontale tant que le produit n’est
pas durci. Cette remarque est importante si l’on veut confectionner
une cloche pour des lames nombreuses, ou si l’on veut transporter
des préparations non durcies (voyage...).
Au sortir de la boîte, gratter l’excès de Celodal, à ce moment
facile à enlever. Essuyer doucement. La préparation est rendue
ainsi propre. La laisser finir de durcir et de se sécher elle-même.
Le Celodal conserve très mal les colorations. Il contient cons¬
tamment des produits acides et du formol. Le carmin acétique,
outre qu’il assure le durcissement du produit, semble stable.
Les membranes sont en général, mal visibles. Le contenu cellu¬
laire est au contraire net, surtout s’il est bien coloré (Rhodophycées,
Phéophycées). Les plastes peuvent être intacts si la plante n’a pas
trop souffert avant son montage.
Il restera à voir la durée de telles préparations, qui doit être
correcte, si l’on en juge d’après les pièces macroscopiques con¬
servées dans ce produit. La simplicité du montage et la propreté
des préparations obtenues nous paraissent deux points intéressants.
NOTULES ALGOLOGIQUES
135
D’autre part, des éléments à structure interne complexe (cysto-
carpes) peuvent parfois être ainsi plus aisément résolus.
Inclusion rapide.
1) Mettre la pièce à couper dans un verre de montre avec du
Celodal plus ou moins étendu d’eau selon la fragilité de l’échan¬
tillon. Laisser sécher. Durcir par les vapeurs d’acide.
2) Démouler, ce qui est facile dans un verre de montre. Régula¬
riser si nécessaire les bords du bloc. Couper (à la main ou au micro¬
tome, dans la moelle de sureau ou le liège si nécessaire).
3) Monter les fragments dans le baume ou mieux le Celodal que
l’on durcira selon la méthode indiquée ci-dessus.
Ceci est intéressant pour toutes les coupes d’anatomie difficiles
par la laxité des tissus (Némalionales, Halimeda, pièces décalci¬
fiées). Les avantages et inconvénients sont les mêmes que pour les
montages banaux.
M. Denizot.
BIBLIOGRAPHIE
Les conditions actuelles de l’imprimerie ne permettant plus d’envisager la
parution d’une Bibliographie Algologique méthodique comme dans la première
série de cette revue, il ne sera publié que des indications bibliographiques con¬
cernant les ouvrages importants ou les mémoires d’intérêt général. Les lecteurs
de langue française peuvent trouver un complément d’information dans la
« Bibliographie » paraissant en annexe au « Bulletin de la Société botanique de
France » et dans le « Bulletin analytique » publié par le Centre National de la
Recherche Scientifique.
Sourie René. — Contribution à l’étude écologique des côtes
rocheuses du Sénégal. 1 vol., in-4°, 342 p., 45 fig. et 23 pl. I.F.A.N.,
Dakar, 1954.
Il était d’autant plus intéressant, d’étudier la Flore marine des Côtes
rocheuses du Sénégal, que nous connaissions mal jusqu’ici la répartition
des Algues autour de la Presqu’île du Cap vert. Or cette localité est
remarquable non seulement par ce que c’est le point du littoral africain
le plus avancé en mer dans la direction de l’Amérique, mais aussi, par
ce que l’on pouvait se demander si on n’y retrouverait pas encore trace
des zones de végétation de nos côtes atlantiques. En réalité, et ce n’est
pas un des moindres résultats apportés par l’auteur, nous sommes
maintenant certains que les zones de Fucus et de Laminaires ne dé¬
passent pas le Sud marocain.
Par ailleurs, la systématique des Algues de cette région est encore
fort mal connue. Cependant l’Auteur a pu identifier, avec l’aide du Pro¬
fesseur Feldmann, une centaine d’espèces. Après avoir étudié, dans une
première partie, la géographie, la géologie, la climatologie de cette
région, ainsi que les facteurs pouvant agir sur la réparition des Algues
marines : durée de l’émersion, radiation, violence des vagues, R. Sourie
a, dans une seconde partie, décrit leurs principales formations dans les
divers types de stations.
Il a pu ainsi reconnaître un certain nombre de groupements de com¬
position floristique variable suivant qu’ils sont ou non exposés à la
radiation solaire directe.
En plein soleil et sur les rochers supérieurs, ils sont caractérisés par
Lillorina ponctota et sur les rochers inférieurs, par Caulacanthus us~
tulalus et Ralfsia expansa; à mi-marée, et aux points très battus au
niveau moyen des basses mers par Pterocladia capillacea sur la surface
verticale du rocher, et aux points moyennement battus par Laurencia
sp. sur les surfaces inclinées; enfin, au bas de l’eau, par des Litho-
thamniées ou par de grandes Phéophycées : Sargasses, Cystosires,
Ecklonia, ou par Dictyopteris delicatula (ou sur les roches sablo-va-
seuses, par Cenlroceras clavulatum) ; enfin, au niveau des plus basses
BIBLIOGRAPHIE
137
mers, par Codium sect. elongatum. L’Auteur signale aussi quelques her¬
biers à Cymodocées : et, au fond des bassins, un groupement à Cera-
mium gracillinum ou à grandes Phéophycées.
Dans le second cas, c’est-à-dire à l’abri de la radiation solaire directe,
il a rencontré d’abord des groupements à Gelidium foliosum, puis plus
bas, à Gymnogongrus nigricans et à Cladophora repens ; et, au niveau
inférieur, à Plocomium et Dictyota et, dans les bassins à Nitophyllum
ou à Bryopsis.
Il a également rencontré, sur ce littoral africain, des cuvettes à Mélo-
bésiées; ou, lorsque la concentration saline s’élève, à Ulves et Entero-
morphes.
Ce beau travail, illustré de grandes photographies qui donnent une
excellente idée de l’aspect de ces groupements, restera certainement
classique. — Ad. Davy de Virville.
Caram, M“ B. — Sur l’alternance de générations chez Chordaria
flagelliformis (Bot. Tidsskr., 52 : 18-36, 1955.)
Etude très intéressante d’un cycle de Phéophycée. Après le bref
rappel des auteurs ayant travaillé sur la même question, on peut trouver,
dans le chapitre des méthodes de culture employées, l’exposé des échecs
et succès éprouvés par l’auteur. Ce qui ne manquera pas d’intéresser
ceux qui veulent s’adonner à ce travail difficile et souvent décevant.
Le cycle mis en évidence par l’auteur est très résumé : Chordaria
adulte, porte des sporanges uniloculaires; les zoospores de ces sporanges
donnent des plantules microscopiques, dont la nature gamétophytique,
très probable, n’a pas été prouvée. Ces plantules portent des sporanges
pluriloculaires, dont les zoïdes sont de deux sortes et offrent deux types
de germinations : les uns, donnent le même type de plantule, et ce indé¬
finiment; les autres, de taille plus grande, produisent le premier type
de plante mentionnée, laquelle doit donc représenter la phase diploïde.
Mais aucune copulation n’a pu être observée.
Cette note est accompagnée de neuf dessins et photographies. — M. Dz.
Pobéguin, M"* Th. — Contribution à l’étude des carbonates de
calcium. (Ann. des Sc. Nat. Bot., 11 e série, 1954.)
Cet exposé des connaissances actuelles sur les carbonates de calcium
est destiné à permettre aux spécialistes des différentes branches de
travailler en relations les uns avec les autres. Ce corps chimique se ren¬
contre à peu près partout. Tous les algologues connaissent son rôle émi¬
nent dans les milieux aquatiques. Ils pourront donc trouver là une
étude des propriétés physico-chimiques du carbonate de calcium, et
des renseignements sur la répartition biologique de ce corps (chez les
végétaux et animaux), sur sa provenance, sa précipitation et sa circula¬
tion dans les êtres vivants. Plus précisément, ils trouveront, à propos
des Algues calcaires, une étude intéressante et de belles microphotos.
138
BIBLIOGRAPHIE
Il est certain qu’une meilleure connaissance de la genèse et des trans¬
formations des dépôts calcaires chez les algues éclairerait de nombreux
phénomènes physiologiques, causes d’autres phénomènes d’ordre éco¬
logique. Cette étude est à peine ébauchée; elle est sans doute très déli¬
cate. Elle réclame beaucoup de comparaisons prises dans des domaines
très différents : ce fut, justement, le but recherché par l’auteur. — M. Dz.
Fischer-Piette E. — Répartition, le long des côtes septentrio¬
nales de l’Espagne, des principales espèces peuplant les rochers
intercotidaux. (Ann. Inst. Océanogr., N. S., XXXI (2), 1955.)
Ce mémoire relate les observations faites en 1949 sur la faune et la
flore des côtes septentrionales de l’Espagne. C’est la suite des travaux
du même auteur de 1928, 1932, 1936 sur les côtes de la Manche.
Quatre points ont été étudiés :
1°) la répartition des espèces,
2°) l’« Inversion biogéographique » de Sauvageau, ou alternance lati-
tudinale de flores à affinités armoricaines et marocaines;
3°) l’existence du même phénomène dans la faune;
4°) les changements biogéographiques dans le temps.
Après un aperçu géographique accompagné de renseignements sur les
stations visitées, suffisamment précis pour permettre de suivre ultérieu¬
rement l’évolution des populations, l’auteur étudie dans un ordre systé¬
matique les principales algues de la région, au point de vue écologie et
répartition. Il compare l’écologie de diverses Fucacées et Laminaria-
cées. Signalons particulièrement ses confrontations de répartition de
Bifurcaria et Himanthalia et de Saccorhiza et Bifurcaria. Il présente de
plus, l’ordre de réapparition dans l’espace des espèces nordiques et
souligne les différences qu’il constate avec les listes de Sauvageau et de
Miranda. Il confronte les conditions biologiques des côtes espagnoles
et celles de la Manche. Enfin il étudie Lichens et animaux.
En résumé :
— Il classe les espèces d’après leur distribution. Il trouve des es¬
pèces constantes, peu variables; d’autres, comme Cystoseira, forment
ici les bordures alors qu’en Manche elles se rencontrent surtout en
cuvettes; il retrouve un bios analogue pour les régions rentrantes à eaux
impures avec cependant une exception pour le cap Finisterre.
— Il constate et précise l’anomalie biogéographique observée par
Sauvageau et note des faits analogues dans le règne animal. Il signale
les affinités méditerranéennes de la flore et de la faune, ainsi que la
progression complexe des éléments méridionaux vers le nord.
— Il étudie, et c’est la partie la plus intéressante de ce travail, com¬
ment se comporte l’anomalie biogéographique dans le temps, les moda¬
lités et l’ordre de réapparition des espèces et estime qu’il n’y a pas équi¬
valence des différents niveaux intercotidaux au point de vue des sec¬
teurs biogéographiques.
L’auteur essaie d’ébaucher l’explication de ces phénomènes, mais les
BIBLIOGRAPHIE
139
renseignements climatiques étant peu abondants, aucun facteur dominant
ne se révèle.
La théorie de R. Lami sur l’influence de la nébulosité lui paraît devoir
expliquer les variations du bios au cours des années — M. Dz.
Cleve-Euler A. — Die Diatomeen von Schweden und Finland.
(Kgl. Sv. Vet. Handl. Bd. 2 (1) ; 3 (3) ; 4 (1,5) ; 5 (4) ; 1951-1955.)
Voici terminé en quatre années le magnifique ouvrage de M“* Astrid
Cleve-Euler sur les Diatomées de Suède et de Finlande. Cet ensemble
de 5 volumes grand format avec 964 pages de texte et 229 planches
hors-texte est un véritable monument de la systématique des Diatomées.
On y trouve descriptions, synonymie, figures, stations de récolte rensei¬
gnements écologiques, notes de systématique critique, sur toutes les dia¬
tomées marines, dulcaquicoles et fossiles connues actuellement de Suede
et de Finlande. C’est-à-dire qu’en fait ce livre est une monographie de
toutes les espèces nordiques ou subalpines; il est donc appelé à rendre
les plus grands services à tous ceux, algologucs, océanographes, géologues,
qui s'intéressent aux Diatomées. Le traité de Cleve-Euler est conçu
comme un ouvrage de détermination; des clefs de dichotomiques fort
précises conduisent pas à pas aux familles, aux genres aux espèces et
aux variétés et formes. Les planches, reportées à la fin de chaque vo¬
lume illustrent le texte. Une petite innovation intéressante rend de réels
services : le grossissement des figures est indiqué simplement par, un
petit trait placé sous chaque dessin et représentant 10 g. Vue d en¬
semble des colonies, détails des plastes et de structure des valves sont
représentés avec grand soin. Pour certaines espèces des microphoto¬
graphies complètent les figures au trait. Ces planches sur beau papier,
du fait qu’elles sont hors-texte, permettent une consultation rapide et
des comparaisons faciles.
Nous avons, donc là un travail magistral qui n,e fait pas double emploi
avec le Rabenhorst. Ce dernier ouvrage, bien connu des spécialistes,
est une flore mondiale, mais il est inachevé et n’inidique que les formes
vivantes. Le livre de Cleve-Euler reste donc un instrument de travail
indispensable pour les algologues européens et des régions tempérees
ou froides.
La classification suivie par l’auteur est quelque peu différente dans
les noms des familles de celle d’HuSTEDT, elle remet heureusement en
vigueur les coupures de Schutt et d’ÜSTRUP. Certains genres tels :
Thalassiosira ou Stauroneis deviennent des sous-genres. Comme il est
souvent difficile de hiérarchiser avec précision les petites entités systé¬
matiques telles que sous-espèces, variétés ou formes l’auteur dans les
cas douteux les désignent simplement par des lettres grecques comme
faisait Lagerstedt. Nous nous permettrons une légère critique de détail :
les listes alphabétiques des diatomées étudiées sont disposées à la fin
de chacun des 5 tomes et non à la fin générale du volume; ceci com¬
plique un peu les recherches pour les non-spécialistes. Mais cette
140
BIBLIOGRAPHIE
remarque n’amoindrit aucunement l’admiration sincère que nous avons
pour cet ouvrage dont l’importance égale celle des traités célèbres de
Van Heurck ou de Peragallo : la flore de Cleve-Euler deviendra donc
aussi un des livres de chevet des diatomistes et de tous les algologues.
P. By.
Huber-Pestalozzi. — Das Phytoplankton des Süsswassers, Sys-
tematik und Biologie, Teil 4 {Die Binnengewàsser, Bd. 16 (4), 1955.)
Depuis 1938, Hubert-Pestalozzi poursuit sans relâche la publication
de son gros ouvrage consacré à la systématique et à la biologie du phy-
toplancton des eaux douces. Quatre volumes étaient déjà publiés où Bac¬
téries, Cyanophycées, Chrysophycees, Xanthophycées, Flagellés inco¬
lores, Diatomées, Cryptophycées, Chloromonadines, Péridiniens avaient
été tour à tour analysés. Voici le 5 e volume de la série, consacré aux Eu-
glénophycées. Cette fois, l’auteur a élargi son cadre, il ne s’agit pas des
Eugléniens purement planctoniques mais d’une révision complète de
tous les Eugléniens d’eau douce, Chlorophyliens et incolores. Ce travail
n’est pas une simple monographie d’un grand groupe, mais une véritable
somme de nos connaissances sur ces flagellés.
En plus d’une diagnose très précise de chaque espèce, diagnose ac¬
compagné d’une illustration abondante et soignée; — 1265 figures grou¬
pant plus de 3000 dessins de détails — l’auteur nous donne tous les
renseignements qu’il a pu trouver dans l’immense masse bibliogra¬
phique dépouillée par lui, sur la biologie, la répartition géographique,
l’écologie, la cytologie de l’espèce. Les clefs dichotomiques de déter¬
minations sont nombreuses et d’un emploi relativement facile car les
genres renferment un nombre élevé d’espèces : plus de cent pour Eu¬
glena, 130 pour Phacus, plus de deux cents pour Trachelomonas.
Pour ce dernier genre, l’auteur suit Deflandre et répartit simple¬
ment les espèces en sections et sous/sections.
Le manuscrit de ce volume était déjà sous presse lorsque Miss Gojdics
à fait paraître sa monographie du genre Euglena.
De ce fait la synonymie se complique car Huber-Pestaloz.zi n’a pu
tenir compte des espèces et combinaisons nouvelles créées par Misa
Gojdics. Un addendum facilite cependant les recherches du lecteur.
L’auteur décrit quelques espèces nouvelles, il nous donne aussi la
primeur d’un certain nombre d’Euglènes nouvelles découvertes par
Schiller.
Du point de vue taxinomique cet ouvrage, qui vise simplement a être
un instrument de travail remplaçant la SUsswasserflora, suit tout bonne¬
ment la classification de Pascher et Lemmermann et conserve la nette
séparation entre Eugléniens Chlorophylliens et Eugléniens incolores.
Pouriant après les beaux travaux de Pringsheim et Hovasse, il nous
semble impossible de placer dans des familles différentes Euglena,
Astasia, Cyclidiopsis et Khaivkinea. De même nous n’admettrons que
BIBLIOGRAPHIE
141
difficilement la conservation du genre Jenniivgsia que rien ne sépare de
Peranema.
Ces critiques ne diminuent en rien notre admiration pour l’œuvre
monumentale d’HuBER-PESTALi.ozi. Son « Phytoplancton » est un livre
précieux, indispensable à tous les botanistes s’intéressant à la flore
aquatique et il remplacera sur la table de travail de l’Algologue, la Siiss-
wasserflora comme celle-ci a succédé au vieux « Rabenhorst ».
Signalons en terminant que le plan de l’ouvrage nous satisfait plus
que celui des volumes précédents : le report à la fin du livre des
114 planches (sur beau papier!) facilite le travail de recherche lors des
déterminations. Comme à l’ordinaire, un sommaire au début du volume,
des index d’auteurs et d’espèces à la fin, font de ce livre un manuel
facile à consulter.
Il nous reste à souhaiter que très rapidement paraisse le volume sur
les Chlorophycées, car nous pensons que de tels livres, qui rendent
accessible à tous les botanistes la systématique des algues, sont capables
d’éveiller des vocations et d’amener dans le vaste champ encore inex¬
ploré de l’algologie d’eau douce des chercheurs jeunes et entihousiastes.
P. By.
Legal J. — Richesse en microplancton estival des eaux méditer¬
ranéennes de Port-Vendres à Oran. (Vie et Milieu, 1954, suppl. 3,
p. 13-95.)
Ce mémoire relate les résultats des campagnes du bateau océano¬
graphique « Pr. Lacaze-Duthiers » lors d’une croisière en Méditerranée
entre Banyuls, Oran et Alger en passant vers les Baléares. L’auteur
étudie la répartition géographique et la distribution en profondeur des
diatomées et flagellés marins recueillis par sédimentation. M me Legal
s’attache particulièrement aux Diatomées, Dinophycées et Coccolitho-
phorides. Les Dinophycées sont surtout abondantes dans les couches
de surface à haute luminosité tandis que les Diatomées et les Coccolitho-
phoracées préfèrent les profondeurs de 25 à 50 ni. à luminosité moyenne.
Ces deux derniers groupes atteignent de ce fait une grande abondance
en juin vers la surface et en juillet dans des zones plus profondes. La
période estivale est caractérisée par une décroissance de la production
plancloniqqe mais elle montre une très grande variété d’organismes.
L’auteur insiste sur l’importance du courant atlantique, sur ses va¬
riations saisonnières et sur ses répercussions sur la composition du
plancton. La teneur en nitrates et en phosphates diminue du Sud au
Nord et le nannoplancton varie de la même manière et indique une plus
grande stabilité dans les régions du Nord de la Méditerranée. Des notes
de systématique et de floristique complètent cette importante contri¬
bution écologique. — P. By.
Villeret S. — Contribution à la biologie des Algues des tour¬
bières à Sphaignes. Thèse Sci. nat. Paris, 1953 et Bull. Soc. Sci.
142
BIBLIOGRAPHIE
Bretagne, t. XXIX, fasc. h. sér., 1954 (paru 1955). 248 p., fig., tab.,
bibl., 4 pi.
Dans ce mémoire, l’auteur étudie la répartition des Algues des tour¬
bières à Sphaignes en fonction des conditions physico-chimiques des
eaux.
La première partie est consacrée à l’étude des eaux liées aux
Sphaignes; des analyses effectuées régulièrement pendant des années
ont permis de suivre leur évolution naturelle. Des renseignements précis
sont apportés sur les variations de nombreux facteurs : pénétration et
absorption des radiations lumineuses, température, évolution du C0 2 et
du 0 2 , du pH, du taux des matières organiques et minérales, etc...
L’auteur définit la trophie de ces eaux et insiste sur le développement
des conditions polyhumiques essentiellement caractérisées par la dimi¬
nution, puis la disparition de la lumière et de O..,, la surcharge en Co 2 et
en complexes ferro-humiques.
La deuxième partie est consacrée d’abord à l’étude systématique de
la végétation algale. Plus de 500 espèces ou variétés ont été rencontrées
dont quelques nouveautés pour la science. Puis l’auteur essaie de définir
les groupements d’Algues en fonction des quotients de similitude,
suivant la méthode proposée par Sôrensen pour l’étude des végétaux
supérieurs. Il peut ainsi mettre en évidence l’influence de certains
facteurs et souligne le caractère sélectif du développement au hasard
des conditions polyhumiques. Celle-ci, tout en appauvrissant la micro-
tlore, déterminent une fragmentation « en mosaïque » des populations
algales. Les espèces les plus tolérantes vis-à-vis des conditions des
milieux sont les plus répandues et par suite les moins caractéristiques.
Après avoir proposé une classification biologique des Algues des tour¬
bières à Sphaignes, l’auteur termine en soulignant la nécessité de re¬
cherches de laboratoire sur les problèmes d’écologie physiologique qui
se sont révélés au cours de cette étude. — S. V.
Pringsheim E. G. — Kleine Mitteilungen über Flagellaten und
Algen, I. Algenartige Chrysophyceen in Reinkultur. ( Arch. Mikro-
biol., 21, 401-410, 1955.)
L’auteur obtient en culture deux nouveaux genres de Chrysophycées
filamenteuses. Stichochrysis, espèce d’eau douce donne des filaments
simples, unisériés se multipliant sans zoosporulation. Pleurochrysis est
une forme d’eau saumâtre à filaments irrégulièrement ramifiés, à thalle
pleurococcoïde, produisant des zoospores loriquées à 2 flagelles égaux.
Ce dernier genre est particulièrement intéressant', c’est le seul exemple
connu de Chrysophycée filamenteuse à zoospores isocontes et loriquées.
A notre connaissance, dans aucun groupe d’algues filamenteuses, thal-
loïdes ou coccoïdes, n’ont été observées des zoospores pourvues de
logette. — P. By.
BIBLIOGRAPHIE
143
Hirano M. — Flora desmidiarum japonicarum. ( Contrib. biol.
labor. Kyoto univers., I, 56 p., 9 pl., 1955.)
Après une courte introduction en langue anglaise, l’auteur donne en
latin une flore des Desmidiées japonaises. Chaque famille est caractérisée
puis une clef dichotomique conduit aux genres et aux espèces. Pour
chaque espèce, les stations japonaises sont précédées de la diagnose, de
la synonymie, des références bibliographiques et iconographiques; enfin
la distribution mondiale est brièvement indiquée. Des figures originales
groupées en planches éclairent le texte. Le premier fascicule de cet
important travail comprend les Mésoténiacées et le début des Desmidiées»
P. By.
Parke M., Manton I. et Clarke B. — Studies on marine Flagel¬
lâtes, II, three new species o-f « Chrysochromulina ». ( Journ. mar.
biol. ass. U.K., 1955, 34, p. 579-609.)
Le genre Chrysochromulina n’était connu que par une espèce d’eau
douce des Etats-Unis, les auteurs ont pu cultiver 3 espèces marines; ils
les ont étudiées avec beaucoup de précision et les splendides planches
de microphotographies électroniques qui accompagnent leur travail
mettent clairement en évidence la structure très particulière de ces
organismes. Ces monades chrysophycéennes sont caractérisées par la
présence de deux fouets égaux, lisses, acronématés et par un appendice
flagelliforme médian. Ce troisième fouet, connu déjà chez Prymnesium,
est un organite de fixation à base bulbeuse et apex claviforme. Les au¬
teurs le nomme haptonema. Il ne présente pas la structure habituelle des
flagelles. Le corps de la monade est revêtu d’écailles non minérales
présentant une fine striation rayonnante et parfois une courte épine cen¬
trale. Les plastes sont pourvus de pyréno'ides nus et dans la phase ami-
boïde, ils prennent un aspect lobé ou étoilé très particulier. La cytologie
de ces Chrysochromulina marins rappelle celle d’autres chrysophycées;
les auteurs retrouvent, corps physoïdes, leucosine, corps mucifères.
P. By.
Teiling E. — Actinotaenium genus desmidiacearum resuscita-
tum. (Bot. Not., Lund, 1954, 376-426.)
L’auteur se fondant sur les beaux travaux qu’il a consacré à la struc¬
ture des chloroplastes des Desmidiées et à leur signification phylogéné¬
tique nous donne une classification rationnelle de ce grand groupe
d’algues. Il sépare des Cosmarium le genre Actinotaenium, ce dernier
groupe les anciens Cosmarium cylindriques à isthme peu marqué et
chloroplaste stelloïde. Les Cosmarium ont une symétrie biradiée et des
plastes furcoïdes tandis qu’ Actinotaenium a une symétrie axiale omni-
radiée. L’auteur termine son travail par une monographie complète,
avec figures et synonymie, des 32 espèces d’ Actinotaenium. Pour l’auteur
les Desmidiées ne sont pas seulement des objets microscopiques à forme
144
BIBLIOGRAPHIE
agréable et à ornementation délicate que l’on classe comme des timbres-
postes, mais des êtres vivants dont l’étude cytologique permet une systé¬
matique naturelle, phylogénique. Il nous faut donc souhaiter bon courage
au D r Teiling et espérer qu’il pourra, en suivant la même voie, mener
à bien une révision générale de la systématique des Desmidiées. — P. By.
Petersen J. B. et Hansen J. B. — Electron microscope obser¬
vation on « Codonosiga botrytis » (Ehrbg.) Clark. (Bot. Tidsskr., 51,
281-291.)
B. Petersen en 1929, avait montré grâce aux techniques classiques
de coloration après mordançage la structure du fouet et de la collerette des
Choanoflagellés. Aujourd’hui, le même auteur démontre à l’aide du
microscope électronique que la méthode de Loeffler s’était révélée
excellente. La collerette de Codonosiga présente de fins tentacules de
0,25 u., peut-être terminés par un fin mastigonème (les auteurs pensent
qu’il s’agit d’un artefact, mais ce micromastigonème se retrouve chez
les mastigonèmes de Physomonas (Houwink, Zeitsch. Wiss. Mikr. mikr.
Tech. 60 (6.7), 402-404, 1951).
Le fouet se prolonge par une fine et longue pointe. Il est fibrilleux et
entouré dans sa partie basale et médiane par un manchon dont les
mastigonèmes sont peu nets. Enfin le microscope électronique précise
la structure du style et du disque de fixation. — P. By.
Schiller J. — Uber winterliche pflanzliche Bewohner des
Wassers, Eises und des daraufliegenden Schneebreies. (ôsterr. bot
zeitsclxr., 101 (3), 236-284, 1954.)
— Uber Cyanophyceen aus kleinen künstlichen Wasserbecken
und aus dem Ruster Kanal des Neusiedler Sees. ( Sitzungsber.
ôsterr. Ak. Wiss. Mathm. Naturw., 1, 163 (3), 109-139, 1954.)
L auteur dans ces deux notes continue l’étude des organismes curieux
qui vivent dans le Neusiedler See, lac de type steppique à eau sodique. Il
avait déjà signale dans ce lac deux nouveaux genres de Craspédomo-
nadines coloniales (Arch. Hydrobiol., 48 (2), 248-259, 1953) et un nov.
gen. de Chrysophycées (Schweiz. Zeitschr. Hydrol., 14 (2), 456-461,
1952). Dans ces deux nouvelles notes, il étudie tout d’abord la végétation
algale des eaux froides d’hiver et découvre de nombreuses espèces
nouvelles de Chrysophycées ( Chromulina, Chrysosphaerella), de Chloro-
phycées ( Lagerbeimia , Chlamydonionas, Scourfieldia, Sphaerellopsis
Chlorogonium), des Dinophycées à endocyanelles ( Massartia et Gynmo-
dinium).
La deuxième note, consacrée aux Cyanophycées, se rapporte à des
récoltes du même lac où l’auteur signale de nouvelles espèces de
Gloeocapsa, Uerismopedia et Borzia. Dans les petits bassins de Vienne
il trouve 3 nov. sp. de Microcystis, 2 Aphanolhece ainsi que le nouveau
genre Alternantia, type d’une nouvelle famille de Chrooeoccaeées.
P. By.
Source : MNHN, Paris
BIBLIOGRAPHIE
145
Geitler L. — Lebensweise, Fortpflanzung und Wachstums-
vorgânge bei « Cyanophanon mirabile », n. gen., n. sp., einem merk-
würdigen Blaualgen-âhnlichen Organismus. ( ôsterr. bot. Zeitschr.,
102 (2-3), 235-272, 1955.)
L’auteur découvre un petit organisme épiphyte sur les filaments de-
Tnlypothrix distorta croissant sur un rocher mouillé des Alpes Autri¬
chiennes à 1.300 m. d’altitude. Ce minuscule organisme, de couleur
olivâtre (rose lorsqu’il est desséché) est unicellulairc, en forme de
filament de longueur variable fixé par sa base élargie. Il se multiplie
par division transversale et forme ainsi une chaîne d’éléments bacilli-
formes. Ces « spores » sont libérées et se fixent par leur flanc, suivant
leur longueur et germent suivant un axe perpendiculaire à leur axe de
fixation. La cytologie de Cyanophanon est comparable à celle des Cyano-
phycées avec un chromato- et un centroplasma, un appareil chromidial,
un épiplaste et un ectoplaste. La hase des cellules adultes porte une
gaine qui rappelle la pseudo-vagina de Chamaesiphon. D’autres carac¬
tères font songer à Stichosiphon. L’auteur propose pour cet organisme
extraordinaire, la création de l’ordre nouveau des Cyanophanales; cet
ordre peut se placer au voisinage de celui des Dermocarpales. — P. By.
Deflandre G. et Fert C. -- Observations sur les Coccolitho-
phorides actuels et fossiles en microscopie ordinaire et électronique.
(Ann. paléont., 40, 117-176, 15 pl., 1954.)
Depuis 1952 les deux auteurs de ce mémoire étudient la structure des
c.oecolithes en microscopie électronique et ont publié sur ce sujet une
série de notes; le présent ouvrage est une mise au point synthétique de
l’ensemble de leurs travaux sur la question, mise au point complétée par
une partie iconographique admirablement imprimée. Chez les Helio-
lithae, les coccolithes sont de 2 types : à aire centrale lamelleuse et à
aire centrale perforée. La microscopie électronique révèle dans le
premier type une nette structure composite encore insoupçonnée et
parfois observable au microscope optique après corrosion ménagée lente.
Les plaquettes quadrangulaires des Calciosolenidae sont aussi de deux
sortes : structure scalaire à languettes en barreaux d’échelle et structure
avec bandelettes alternantes à partir de l’axe médian de la plaquette.
Chez les rhabdolithes, la nature fibrillaire de la calcite est montrée par
le microscope électronique tandis que la lumière polarisée met en évi¬
dence une structure hélicoïdale plus ou moins compliquée.
Ce travail fondamental se termine par une partie systématique avec
description de formes nouvelles ou critiques, actuelles ou fossiles, dont
un certain nombre de genres et de manipules nouveaux. Enfin Deflandre
esquisse une histoire géologique des Coccolithophorides. — P. By.
146
BIBLIOGRAPHIE
Van Meel L.— Exploration hydrobiologique du lac Tanganyika,
1946-1947. ( Insl. Roy. Sc. nat. Belgique, vol. IV, fasc. 1, A.B., 1954.)
Déjà dans un mémoire précédent l’auteur avait décrit le milieu végé¬
tal du Tanganyika, le climat, l’hydrographie, les facteurs édaphiques, les
phanérogames aquatiques. Dans ce nouveau volume de plus de 600 pages
il étudie en détail le phytoplancton du grand lac africain. Cet énorme
lac de 650 km. de longueur avec des profondeurs dépassant 1.400 m.
est d’un type limnologique très particulier, pseudoeutrophe ou mieux
méromictique car il possède une très grande masse d’eau allant de la
côte de 250 m. jusqu’au fond, masse qui est stable et ne participe pas
à la circulation thermique des couches superficielles. Le plancton des
régions pélagiques est un plancton à Diatomées où dominent Oocystis ,
Nitzschia, Anabaena et Anabaenopsis. Les Chlorophycées représentent
31 %, les Diatomées 43 %, les Cyanophycées 23 %. L’auteur suit l’évo¬
lution planctonique des organismes algaux aussi bien dans l’es'pacc que
dans le temps et en corrélation avec les changements physiques et
chimiques du milieu. Il nous donne, d’après les divers auteurs, une
étude systématique complète de toutes les algues de 19 des grands lacs
du Centre africain, lin atlas de 76 planches complète et illustre cette
partie.
Cette étude qui permet des comparaisons du plus haut intérêt est
précédée d’une mise au point sur la limnologie physique et chimique
de ces lacs. On peut, d’après l’auteur diviser les grands lacs africains
en lacs à Chlorophycées et en lacs à Diatomées (où l’alcalinité de l’eau
est plus marquée). Le Tanganyika appartient à ce deuxième groupe. Avec
ce gros volume nous avons sous la main une mise au point très complète
de nos connaissances actuelles sur la flore algale des lacs du centre
africain. Il nous faut remercier Van Meel de ce travail ingrat de compi¬
lation qui éclaire, par les comparaisons qu’il suggère, l’intérêt de ses
recherches personnelles sur le phytoplancton du Tanganyika. L’auteur
se défend d’avoir voulu faire une monographie des grands lacs africains
car son travail pense-t-il n’est ni parfait ni complet. Tel qu’il est, il
suffit à nous montrer l’importance de la tâche accomplie et nous donne
une parfaite synthèse des études phytoplanctoniques et limnologiques
de cette région. — P. By.
Quennerstedt N. — Diatoméerna i Langans Sjôvegetation. (Dia-
toms in the Lake végétation of the Langan drainage area, Jamtland.
Sweden). (Act. phytogeogr. Suecica, 36, 1955.)
Cet important mémoire en langue suédoise comporte un excellent
sommaire en anglais; de plus les figures, photographies et diagrammes
qui illustrent et Complètent ce travail portent aussi des légendes
bilingues. Il est donc possible d’apprécier la valeur de cet ouvrage.
L’auteur étudie les nombreux lacs du Jamtland occidental en s’inté¬
ressant particulièrement aux Diatomées mais sans négliger néanmoins
Source : MNHN. Paris
BIBLIOGRAPHIE
147
les autres algues. Une quinzaine de lacs sont passés en revue; pour
chacun d’eux des renseignements limnologiques nombreux permettent
de préciser le milieu écologique; pH, conductivité, température, trans¬
parence, gaz dissous, composition chimique de l’eau, géologie, végé¬
tation riveraine, climat, faune etc., sont ainsi passés tour à tour en revue.
Ces lacs sont des lacs acides, à Isoeles ou à Lobelia, à eau humique,
riches en Diatomées, Desmidiées et Cyanophycées. Les genres de Dia¬
tomées dominant sont Frustulia, Peronia, Tabellaria. Pour chaque lac
une analyse pollinique des sédiments est comparée à celle des Diatomées
fossiles de la vase. Ainsi l’auteur peut retracer l’histoire géologique de
ces collections d’eau. Des diagrammes très clairs présentent ces résultats.
L’influence de l’homme et celle des variations du niveau de l’eau sur
la flore diatomique sont soulignées avec un soin tout particulier. Photo¬
graphies, graphiques, diagrammes, microphotographies, tableaux, éclai¬
rent heureusement le texte de ce beau mémoire. — P. By.
Cosandey F. - Etude hydrobiologique du lac de Bret (Revue
Suisse d’Hydrologie, 17, 1, 1955.)
Le lac de Bret qui alimente la ville de Lausanne en eau potable et
industrielle est un lac subeutrophe qui a fait l’objet d’une aération
artificielle. L’oxygène dissous étant fort rare en profondeur, les sels
ferreux traversaient les filtres et venaient se déposer sous forme
ferrique dans les conduites qu’ils colmataient. L’aération artificielle à
l’endroit des prises d’eau a pu remédier à cet état de choses. Dans son
mémoire l’auteur donne une étude écologique, limnologique, systéma¬
tique fort complète du phytoplancton de ce lac. Il suit les variations
physiques et chimiques du milieu aquatique et corrélativement la pério¬
dicité et la répartition verticale des principales algues planctoniques.
Il étudie de même les algues des affluents du lac et peut ainsi caractériser
d'une façon très précise le plancton autochtone. De nombreux gra¬
phiques et tableaux illustrent et complètent cette importante mono¬
graphie. — P. By.
Jurilj A. — New diatoms Surirellaceae of Ochrida Lake in
Yugoslavia and their phylogenetic signifiance. ( Jugoslav . Ak. Znan.
Umjet. Zagreb, 1949.)
— Flora and végétation of Diatoms from Ochrida Lake in
Yugoslavia. (Id., 1954.)
Le lac Ochrid est un lac oligotrophe dont la population diatomique
est aussi riche que variée. Il renferme un nombre important de dia¬
tomées reliques qui n’étaient connues que sous forme de fossiles. De
plus et surtout l’auteur y découvre toutes les transitions entre les
Surirella droites, isopolaires, les formes spiralées et les Canipylodiscus.
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BIBLIOGRAPHIE
On assiste dans une série de genres nouveaux à une torsion progressive
des valves accompagnée d’une divergence de plus en plus grande des
axes des pseudo-raphés. Ainsi se comble le hiatus séparant Surirella de
Cainpylodiscus par les genres suivants : Spirodiscus, Scoliodiscus,
Klinodiscus. En plus de ces nouveautés particuliérement intéressentes,
75 espèces nouvelles (ou variétés) sont décrites et figurées parmi une
florule de 355 diatomées. — P. By.
Le Gérant : R. Lami. — Imp. Monnoyer, Le Mans.