Nouvelle Série Tome 111, N° 3
h H4 ù
NOVEMBRE 1957
REVUE
ALGOLOG1QUE
— FONDÉE EN 1922 —
Par P. ALLORGE et G. HAMEL
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
12, RUE DE BUFFON - PARIS V.
Publié avec le concours du Centre National de la Recherche Scientifique
Paraissant quatre fois par an.
EDITIONS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
I. — PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
BULLETIN SIGNALÉTIQUE
Le Centre de Documentation du C.N.R.S. publie un « Bulletin signa¬
létique » dans lequel sont signalés par de courts extraits classés par
matières tous les travaux scientifiques, techniques et philosophiques,
publiés dans le monde entier.
Le Centre de Documentation du C.N.R.S. fournit également la repro¬
duction sur microfilm ou sur papier des articles signalés dans le « Bulletin
signalétique » ou des articles dont la référence bibliographique précise
lui est fournie.
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(y compris table générale des auteurs).
2* Partie (biologie, physiologie, zoologie, agriculture) :
France . 6.500 Fr.
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Tirages à part 2* Partie.
Section IX. — Biochimie, biophysique, sciences
pharmacologiques, toxicologie :
France .
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Section X. — Microbiologie, virus et bactério
pliages, immunologie :
France .
Etranger .
Section XI. — Biologie animale, génétique, biologie
végétale :
France .
Etranger .
Section XII. — Agriculture, aliments et industries
alimentaires :
France ..
Etranger
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Nouvelle Série. Tome III, Fasc. 3.
Novembre 1957.
REVUE
ALGOLOGIQUE
DIRECTEURS .
P. BOURRELLY et ROB. LAMI
SOMMAIRE
E. Manguin. — Premier inventaire des Diatomées de la Terre Adélie
Antarctique. Espèces nouvelles. 111
Françoise Ardré. — Florule hivernale de la Ria de Vigo. 135
F. Herbst. — Contribution à l’étude cytologique de quelques Cyano-
phycées . 147
Notules algologiques
P. Bourrelly. — Trois algues microscopiques marines des environs
de Dinard . 168
Bibliographie
170
Premier inventaire des Diatomées
de la Terre Adélie Antarctique
Espèces nouvelles
Par E. MANGUIN
Les 46 espèces de Diatomées nouvelles décrites dans ce premier
mémoire ont été observées dans les récoltes effectuées par M. le
Lieutenant de marine Tchernia, Sous-Directeur du Laboratoire
d’Océanographie au Muséum National, lors de la première Mission
Française en Terre Adélie.
M. le Prof. Roger Heim, Directeur du Muséum National, a bien
voulu nous confier l’étude de cet intéressant matériel inédit, ce dont
nous le remercions bien vivement.
A ce premier inventaire systématique des formes nouvelles, fera
prochainement suite un important travail portant sur la totalité
des formes trouvées par nous dans ce matériel. Ce travail com¬
prendra plusieurs parties, en particulier sur la répartition géogra¬
phique de ces organismes végétaux, tant dans les mers subantarc¬
tiques et antarctiques, que dans les mers froides de l’Hémisphère
Nord.
Les récoltes planctoniques que nous avons eues à notre disposi¬
tion ont été recueillies pendant la période de mer libre, du 2 février
au 24 mars 1950.
La faible quantité des matériaux phytoplanctoniques récoltés par
le collecteur résulte des moyens réduits pour effectuer des prises de
plancton dans ces mers inhospitalières, où le navigateur constam¬
ment exposé à la dérive de la banquise ne peut sans péril utiliser
les appareils de prélèvement à grande capacité, nécessitant le ralen¬
tissement de la marche du bateau.
Cette inévitable pauvreté quantitative des récoltes ne nous a pas
toujours permis l’étude intégrale de certaines formes planctoni¬
ques. En particulier pour quelques-unes de ces dernières, dont les
frustules sont réunis en colonies, il n’a pas été possible de fixer
d’une façon complète comme nous l’aurions voulu, tous les détails
du dispositif d’association des cellules. Cependant l’examen de ces
formes, autant dans leur structure fine que dans leur morphologie
particulière, a été suffisamment poussé pour nous permettre de les
considérer comme inédites pour la Science.
112
E. MANGUIN
LISTE SYSTÉMATIQUE
Genre Melosira C. A. Agardh.
Melosira Adeliae sp. nov. (PI. I, fig. 1; PI. VII, fig. 48 a, b).
Cellules associées en chaînes ou solitaires, subsphériques à lenti¬
culaires, aplaties aux pôles, diam. 22 à 32 p., haut, axe pervalvaire
14 à 22 p. Valves convexes, garnies à la fois de granulations et
d’aiguillons. Manteau valvaire notablement développé. Zone con¬
nective striée, stries disposées en un double système de lignes
croisées, 15 à 17 stries en 10 p..
Boues, Cap Margerie.
Melosira Douguetii sp. nov. (PI. I, fig. 2; PI. VII, fig. 50).
Cellules associées en chaînes, en forme de tonneau à bord large¬
ment arrondi, diam. 25 à 26 jx haut, axe pervalvaire 37.5 jx, unies par
de longues épines lamelliformes disposées à la périphérie. Valves
finement striées près du bord connectif, 15 à 17 stries en 10 u.
Boues, Cap Margerie.
Melosira subsetosa sp. nov. (PI. I, fig. 3).
Cellules associées en chaînes, subsphériques, diam. 9 jx, haut, axe
pervalvaire 8 p.. Valves fortement convexes, finement ponctuées et
garnies souvent de petits aiguillons marginaux.
Boues, Cap Margerie.
Melosira Tcherniai sp. nov. (PI. I, fig. 4; PI. VII, fig. 49).
Cellules associées en chaînes, discoïdes à subsphériques, diam. 33
à 37 jx, haut, axe pervalvaire 14 à 26 jx, réunies entre elles par de
nombreux appendices lamelliformes. Valves fortement convexes,
striées-ponctuées, stries et points 19 à 22 en 10 jx, ces derniers
disposés en quinconce. Zone connective également striée-ponctuée.
Manteau valvaire à membrane poroïde.
Boues, Cap Margerie.
Planche I.
1. Melosira Adeliae, X 590.
2. — Douguetii *mph.
3. — subsetosa, X 590.
4. — Tcherniai, X 590.
5. Podosira Adeliae, a X 260; b, c X 150.
6. — Liotardii, a, b *mph.
7. Hyalodiscus? spiniferus, a, b *mph.
8. Thalassiosira Adeliae, a, b, c X 590; d X 150.
(*) Les espèces suivies d’un astérisque et de mph. sont reproduites d’après
des microphotographies originales, leur échelle de grossissement est au
1/100 mm.
INVENTAIRE DES DIATOMÉES DE LA TERRE ADÉLIE
113
Source : MNHN, Pans-
114
E. MANGUIN
Genre Podosira C. G. Ehrenberg.
Podosira Adeliae sp. nov. (PI. I, fig. 5 a, b, c).
Cellules associées en longues chaînes droites sans cordon jointif
muqueux, coalescentes par la partie centrale des valves, en forme
de tambour ou lenticulaires au stade de la division, haut, axe per-
valvaire 22 à 51 ;x, diain. 50 à 92 ;x. Valves convexes, couvertes d’une
délicate aréolation et de pores, ces derniers plus nombreux sur la
zone marginale où ils sont placés en lignes concentriques. Aréoles
en fascicules de rayons parallèles, 13 à 16 aréoles en 10 (x près du
bord et 10 en 10 }x vers le centre. Respectivement 2 et 6 pores en 10 fx
dans la zone centrale et au bord de la valve.
Dans plusieurs pêches planctoniques le long de la côte,
lat. 66° 50’ S, long. 141° 25’ E.
Podosira Liotardii sp. nov. (PI. I, fig. 6 a, b).
Cellules libres, subsphériques à lenticulaires, à zone connective
simple, diam. 50 à 58 jx. Valves convexes sur le bord, concaves au
centre, partagées en secteurs aréolés de 8 à 11 jx de large sur le bord
de la valve. Aréoles en rangées parallèles disposées en un double
système de lignes croisées, 10 à 14 aréoles en 10 (x. Pas d’ombilic,
mais seulement un étroit espace central irrégulièrement délimité.
Boues, Cap Margerie.
Genre Hyalodiscus C. G. Ehrenberg.
Hyalodiscus? spiniferus sp. nov. (PI. I, fig. 7 a, b).
Valves convexes, diam. 40 à 45 jx. Zone marginale finement
aréolée, 18 à 19 'aréoles en 10 jx, rayons d’aréoles disposés en un
double système de lignes excentriques croisées, environ 23 rayons
en 10 jx. Marge valvaire fréquemment garnie de petits aiguillons.
Ombilic scrobiculé et ponctué. Cette forme n’a été observée qu’en
vue valvaire.
Boues, Cap Margerie.
Genre Thalassiosira P. T. Cleve.
Thalassiosira Adeliae sp. nov. (PI. I, fig. 8 a, b, c, d).
Cellules en forme de tambour, réunies en chaînes par un long
cordon muqueux central, haut, axe pervalvaire 28 à 30 u, diam. 39
à 41 jx. Valves garnies de petites aréoles disposées en rayons fasci-
culés, 13 aréoles en 10 jx. Zone marginale bordée d’une rangée de
pores bien apparents et équidistants, 2 à 3 en 10 jx. Spores de con-*
servation (fig. 8 a).
INVENTAIRE DES DIATOMÉES DE LA TERRE ADÉLIE
115
Pêches planctoniques entre lat. 57° 58’S, long. 139° 23 E et
lat. 53“ 41’S, long. 141" 59’E.
Thalassiosira Tcherniai sp. nov. (PI. II, fig. 9 a, b, c, d; PI. VII,
fig. 51 a, b, c).
Cellules en forme de tambour isodiamétrique, haut, axe perval-
vaire 10 à 16 si, associées en chaînes peu serrées à la partie supé¬
rieure d’un délicat filament connectif. Ces filaments se réunissent
dans leur partie inférieure et forment des colonies arbus-
culeuses de plusieurs chaînes de cellules. Valves plates ou à peine
déprimées au centre, à bord arrondi garnies de petits granules, 15
à 18 en 10 g près de la marge, en lignes d’inégale longueur. Pores
muqueux au centre de la valve. Marge garnie de petits aiguillons
serrés, beaucoup plus disséminés sur le reste du disque valvaire.
Présence d’un petit processus ou pore marginal. Zone connective
non structurée.
Dans de nombreuses pèches planctoniques, depuis lat. 66“ 50 S et
long. 141“ 25’ E jusqu’à lat. 55“ 14’ S et long. 141" 05 E.
Genre Coscinodiscus C. G. Ehrenberg.
Coscinodiscus Imbertii sp. nov. (PI. II, fig. 10 a, b, c).
Valves convexes, diam. 22 g, couvertes d’aréoles polygonales,
décroissant de taille vers la marge, 8 à 9 en 10 g. Aréoles en rangées
tangentielles ± régulières, courbées et à creux en regard de la
marge. Cette dernière assez large est marquée de lignes radiales
de petits granules, 20 à 22 lignes en 10 g. Bord valvaire garni de
petits aiguillons, 2 en 10 g. T .
Pêches planctoniques entre lat. 57" 58 S et long. 139
lat. 57“ 45’ S et long. 139" 30’ E.
Coscinodiscus quadrifarius sp. nov. (PI. II, fig- 1D-
Valves légèrement convexes couvertes de petites aréoles de taille
uniforme, sauf vers le bord où elles se réduisent quelque peu, 8 a
9 en 10 g. Rayons d’aréoles en fascicules, les rayons secondaires
parallèles au rayon central de chaque fascicule, 9 a 10 en 10 g près
du bord Espace central montrant quelques pores muqueux plus
petits que les aréoles avoisinantes. Bord de la valve avec une rangée
de petits apicules, 8 à 10 en 10 g, entre lesquels sont placées a
espace régulier quatre petites épines bien distinctes des apicule .
Diam. des valves 47 à 50 g. , , , , on •
Dans plusieurs pêches au long de la cote sur des fonds de 20 a
50 m„ par lat. 66“ 50’ S et long. 141" 25’ E.
116
E. MANGUIN
Genre Asteromphalus C. G. Ehrenberg.
Asteromphalus Leboimei sp. nov. (PI. II, fig. 12).
Valves légèrement convexes à contour subovale, diam. le plus
grand 20 <x. Aire centrale triangulaire très excentrique. Aire asymé¬
trique pentagonale avec un rayon étroit terminé par un petit nodule
situé près de la marge et assez visible. Rayons hyalins au nombre
de 3 en forme d’U largement ouverts sur l’aire centrale, terminés
par un très petit nodule marginal peu apparent. Pas de chambre
pervalvaire apparente. Lignes rayonnantes de l’aire centrale ro¬
bustes, en zigzag et épineuses aux angles. Segments aréolés bilatéra¬
lement semblables : les 2 de l’aire asymétrique triangulaires et plus
grands que les 2 autres à bord intérieur concave. Aréoles petites, 10
en 10 jx, en rangées tangentielles ± régulières. Une marge hyaline
étroite entoure la valve.
Dans plusieurs pêches planctoniques entre lat. 61° 28’S et long.
139° 50’ E — lat. 59° 11’ S et long. 138° 25’ E.
Genre Actinocyclus C. G. Ehrenberg.
Actinocyclus Adeliae sp. nov. (PI. II, fig. 13 a, b).
Cellules discoïdes. Valves convexes déprimées au centre, diam. 41
à 68 u., avec une marge de 2 à 4 p. de large. Surface du disque valvaire
couverte de rangées parallèles de granules, environ 13 à 16 rangées
avec 12 à 15 granules en 10 jx. Rangées non fasciculées, granules
disposés en un double système de lignes tangentielles croisées. Aire
centrale irrégulièrement garnie de granules. Zone moyenne des
valves montrant des points interstitiels entre les aréoles.
Dans deux pêches planctoniques à la côte, par lat. 66° 50’ S et
long. 141° 25’E.
Genre Dactyliosolen A. F. Castracane.
Dactyliosolen Voigtii sp. nov. (PI. II, fig. 14).
Observé une portion de chaîne cylindrique formée de deux cellules
à structure robuste, séparées par un espace hyalin. Diam. cellules
Planche II.
9. Thalassiosira Tcherniai, a X 260; b, c X 590; d X 1640.
10. Coscinodiscus Imbertii, a, b X 590; c X 1640.
11. — quadrifarius *mph.
12. Asteromphalus Leboimei, X 590.
13. Actinocyclus Adeliae, a, b *mph.
14. Dactyliosolen Voigtii, X 590.
15. Rhizosolenia tenuijuncta, a, b X 590.
Source: MNHN, Paris
118
E. MANGE IN
12 ti. Zone connective marquée de nombreuses bandes intercalaires,
3 à 5 en 10 u, s’engrenant à leur extrémité en dessinant une ligne
spiralée courant au long de l’axe pervalvaire. L’intérieur des bandes
est traversé par une rangée de robustes granules, décroissant de
grosseur dans les extrémités obliques. Ces granules sont coupés par
un sillon transversal. La partie hyaline intermédiaire est bordée de
granules entiers plus petits que les précédents.
Pêches planctoniques entre lat. 57" 58’S et long. 139° 23 E
lat. 55" 14’ S et long. 141" 05’ E.
Genre Rhizosolenia C. G. Ehrenberg.
Rhizosolenia tenuijuncta sp. nov. (PI. II, lig. 15 a, b).
Cellules cylindriques à membrane faiblement silicifiée, réunies en
chaînes droites ou onduleuses de 2 à 3 individus, haut, axe perval¬
vaire 30 à 55 g, diam. 6.5 à 12 a. Valves légèrement obliques sur un
côté, déprimées et portant une entaille sur le bord du côté opposé.
L’entaille correspond au point de fixation du minuscule apicule de
la valve mitoyenne placé tout à fait sur le bord et difficilement
visible. Zone connective marquée de nombreuses bandes interca¬
laires annulaires, sans structure fine apparente, 6 à 9 bandes en 10 g.
Dans de nombreuses pêches, depuis lat. 66”20’ S et long. 144"30' E
jusqu’à lat. 55° 14’ S et long. 141“ 05’ E.
Genre Chaetoceros C. G. Ehrenberg.
Chaetoceros adelianum sp. nov. (PI. III. flg- 16 a, b, c, d, e, f).
Cellules fortement siliciflées, associées en chaînes rectilignes. En
vue connective large, les cellules se présentent avec un contour
rectangulaire à subquadratique, haut, axe pervalvaire 42 à 48 g.
Manteau valvaire non resserré sur le bord de la zone
connective. Valves ovales-elliptiques, long, axe apical 37 a
43 g, fortement exhaussées au centre, convexes sur le bord,
avec un petit mucron central peu apparent. Soies latérales robustes
très longues, à peu près perpendiculaires à l’axe de la chaîne, avec
une partie basale largement insérée sur la partie exhaussée
de la valve. La partie basale d’une soie est coalescente avec
celle de sa vis-à-vis de la valve mitoyenne. Les soies ainsi adhérentes
ne tardent pas à se séparer en s’écartant l’une de l’autre : celle de
la valve supérieure reste perpendiculaire au plan transapical, tandis
Planche III.
16. Chaetoceros adelianum, a X 175; b, c, d, e X 260; f X 590.
Source MNHN, Paris
INVENTAIRE DES DIATOMÉES DE LA TERRE ADÉLIE
119
Source ; MNHN, Paris
120
E. MANGUIN
que celle de la valve inférieure mitoyenne se coude brusquement à
angle droit en prenant une direction perpendiculaire au plan apical.
Dès leur émergence à l’extérieur de la chaîne les soies augmentent
de grosseur et atteignent rapidement leur épaisseur normale. Elles
conservent une direction à peu près perpendiculaire à l’axe de la
chaîne tout au long de la plus grande partie de leur trajet. En vue
valvaire l’alternance de courbure des soies apparaît plus nettement
qu’en vue connective, elle montre également un léger déplacement
latéral des soies autour de l’axe pervalvaire, indiquant ainsi une
légère torsion de la chaîne. En coupe transversale les soies latérales
sont fortement anguleuses, avec des arêtes armées de longues et
robustes épines assez appliquées sur la membrane. Foramen très
peu ouvert. Chromatophore non observé. Nous n’avons pas ren¬
contré de chaîne pourvue de soies terminales différentes des autres.
Dans plusieurs pêches planctoniques, depuis lat. 58° 46’ S et long.
138° 45’ E, jusqu’à la lat. 53° 41’ S et long. 141° 59’ E, enfin dans
une pêche par lat. 44° S et long. 147° E.
Chaetoceros Deflandrei sp. nov. (PI. IV, fig. 17).
Cellules peu silicifiées, associées en chaînes droites ou faiblement
courbées, ± tordues. En vue connective les cellules sont rectangu¬
laires, haut, axe pervalvaire 14 à 15 Valves elliptiques à surface
convexe, long, axe apical 9.5 à 10 <j.. Soies terminales et latérales
semblables, lisses, insérées assez en retrait du bord arrondi de la
valve. A partir de leur point d’insertion, les soies se courbent brus¬
quement et perpendiculairement à l’axe pervalvaire; dès qu elles
émergent hors de la chaîne les soies contiguës s’entrelacent, puis se
séparent, tout en restant au long de leur trajet perpendiculaires à
l’axe de la chaîne. En vue valvaire l’on observe un déplacement
constant des points d’insertion des soies autour de l’axe pervalvaire
des cellules, montrant ainsi le mouvement de torsion de la chaîne.
Sous leur plus grand angle d’ouverture, les foramen sont hexago¬
naux. Un seul chromatophore en plaque.
Chaetoceros Hendeyi sp. nov. (PI. IV, fig. 18 a, b, c, d).
Cellules en chaînes droites non tordues. En vue connective large
les cellules présentent un contour à peu près hexagonal, haut, axe
pervalvaire 11.5 à 16.5 y.. Manteau valvaire fréquemment
Planche IV.
17. Chaetoceros Deflandrei, X 260.
18.
19.
Hendeyi, a, b, c, d X 590.
natatum, a X 590; b X 150.
Source ; MNHN, Paris
INVENTAIRE DES DIATOMÉES DE LA TERRE ADÉLIE 121
Source : MNHN. Paris.
122
E. MANGUIN
prolongé entre les cellules, sans resserrement sur le bord
de la bande connective. Zone connective de hauteur égale au
1/3 de l’axe pervalvaire. Valves elliptiques fortement voûtées, pour¬
vues d’un petit aiguillon central, long, axe apical 14 à 18.5 tx. Soies
latérales courtes diminuant insensiblement de grosseur jusqu’à leur
extrémité. La partie basale des soies obliquement dirigée au dehors,
s’insère près du centre de la valve sur une sorte d’exhaussement de
la membrane. A partir de leur point de croisement les soies s’in¬
curvent peu avant de diverger, puis se dirigent obliquement à l’axe
de la chaîne sur le reste de leur trajet. Soies terminales courtes,
insérées près du bord de la valve, perpendiculaires à l’axe perval¬
vaire sur toute leur longueur, notablement resserrées au-dessus de
la partie basale, puis longuement claviformes. Coupe transversale
des soies circulaire, sans structure apparente. Foramen hexagonaux.
Chromatophore déformé.
Depuis la lat. 66° 50’ S et long. 141° 25’ E, jusqu’à la lat. 53° 41’ S
et long. 141 0 59’ E.
Chaetoceros natatum sp. nov- (PI. IV, fig. 19 a, b).
Cellules solitaires très largement rectangulaires, ± discoïdes en
vue connective de face, haut, axe pervalvaire 3 à 4 jx. Manteau
valvaire à peine resserré sur le bord de la bande connective très
étroite. Valves elliptiques à surface convexe un peu protubérante
au centre, long, axe apical 10 à 13 jx. Soies remarquablement lon¬
gues et relativement robustes, avec une partie basale notablement
élargie au point de son insertion sur la marge valvaire. Dès leur
émergence les deux soies de la valve s’écartent de l’axe pervalvaire
et se dirigent obliquement au dehors en une courbe d’une grande
portée. Les deux soies latérales de la cellule ont le creux de leur
courbure en regard, elles deviennent ± parallèles à convergentes
vers leur extrémité. En coupe transversale les soies sont anguleuses,
garnies d’épines serrées appliquées sur les arêtes de la membrane.
Chromatophore non observé.
Dans une pêche planctonique par lat. 63° 30’ S et long. 143° 09’ E.
Genre Fragilaria Lyngbye.
Fragilaria pseudoatomus sp. nov. (PI. V, fig. 20).
Cellules très petites, rectangulaires en vue connective, réunies en
bandes peu cohérentes, mais le plus souvent isolées. Valves sub¬
rhomboïdes à lancéolées, arrondies obtuses aux extrémités, long.
12.5 «x, larg. 3 à 3.5 jx. Stries transapicales réduites à l’état de points
marginaux, environ 12 en 10 jx, ± régulièrement distants. Pseudo-
raphé en un large espace lancéolé.
Boues, Cap Margerie.
INVENTAIRE DES DIATOMÉES DE LA TERRE ADÉLIE
123
Genre Synedra C. G. Ehrenberg.
Synedra Adeliae sp. nov. (PI. V, fig. 21).
Valves lancéolées, longuement atténuées vers les extrémités, à
pôles subcapités, long. 73 u., larg. partie médiane 4 tx. Stries transapi¬
cales très réduites, irrégulièrement espacées, environ 15 en 10 jx.
Pseudoraphé largement et longuement lancéolé jusqu'aux extré¬
mités.
Boues, Cap Margerie.
Synedra fragilis sp. nov. (PI. V, fig. 22).
Cellules faiblement silicifiées réunies en colonies astéroïdes fixées
sur les grosses Diatomées benthiques. Valves rhomboïdes-lancéolées,
à pôles arrondis subaigus, long. 31 à 53 jx, larg. 3 à 4 -x. Stries
transapicales perpendiculaires à la ligne médiane. Pseudoraphé
linéaire à lancéolé.
Boues, Cap Margerie.
Genre Cocconeis C. G. Ehrenberg.
Cocconeis Adeliae sp. nov. (PI. V, fig. 23 a, b).
Valves à contour elliptique, long. 27 jx, larg. 18 u. Valvç sans
raphé avec un pseudoraphé largement lancéolé, ouvert aux extré¬
mités et dans la partie médiane, bordé par 1 à 2 rangées longitudi¬
nales irrégulières de petits granules allongés, marge également
garnie d une rangée de granules, sauf sur une certaine longueur des
bords médians. Valve à raphé avec une aire axiale linéaire très
étroite; raphé filiforme, à pores centraux apparents et nodules
terminaux entourés d’un petit espace hyalin; aire centrale à peine
élargie sur un côté, largement évasée jusqu’au bord de la marge
sur l’autre côté. Stries transapicales ponctuées, radiales, fortement
courbées vers les pôles, environ 20 stries en 10 ix.
Boues, Cap Margerie.
Cocconeis infirmata sp. nov. (PI. V, fig. 24 a, b, c).
Valves à contour elliptique, long. 16 à 17 jx, larg. 11 à 12 jx. Valve
sans raphé à pseudoraphé linéaire, très étroit; stries transapicales
ponctuées, radiales, courbées vers les pôles, environ 11 en 10 [x,
points uniformes ou augmentant de grosseur vers l’extérieur; sur
les bords de la valve les stries sont terminées par un granule bien
distinct. Valve à raphé avec une aire axiale linéaire très étroite,
bordée de 2 à 3 rangées longitudinales de petits granules, environ
13 granules en 10 {x; marge séparée de l’aire axiale par un large
espace hyalin garnie d’une rangée de granules un peu plus gros que
Source : MNHN, Paris
124
E. MANGE IN
ceux de l’aire axiale- Aire centrale nulle. Raphé filiforme, assez en
retrait des pôles.
Boues, Cap Margerie.
Genre Achnanthes Bory.
Achnanthes Sapinii-Jaloustrei sp. nov. (PI. V, fig. 25 a, b, c, d, e).
Valves lancéolées à elliptiques-lancéolées, arrondies-obtuses aux
pôles, ou faiblement atténuées et largement arrondies aux extré¬
mités, long. 9 à 20 jx; larg. 3.5 à 5.5 jx. Valve sans raphé avec un
pseudoraphé ± largement lancéolé, aire centrale à peu près nulle
figurée seulement par le raccourcissement des deux stries médianes.
Stries transapicales radiales, environ 13 à 14 en 10 jx. Valve opposée
avec un raphé filiforme; aire axiale lancéolée, occupant la plus
grande partie de la surface valvaire; stries transapicales radiales
très courtes, marginales, 12 en 10 [x.
Boues, Cap Margerie.
Achnanthes Vicentii sp. nov. (PI. V, fig. 26 a, b, c, d, e).
Valves lancéolées à elliptiques-lancéolées à pôles arrondis-obtus,
ou ± atténués à subrostrés aux extrémités, long. 9 à 21 jx, larg. 4 à
5 p.. Valve sans raphé à pseudoraphé occupant presque la totalité
de la surface valvaire, bordée de très courtes stries marginales
radiales, 12 à 13 stries en 10 y.. Valve opposée à raphé filiforme;
aire axiale étroite, linéaire à lancéolée; aire centrale très réduite
figurée par le raccourcissement ± accentué des deux stries mé¬
dianes d’inégale longueur. Stries transapicales radiales en même
nombre que chez la valve sans raphé.
Boues, Cap Margerie.
Planche V.
20. Fragilaria pseudoatomus, X 790.
21. Synedra Adeliae, X 790.
22. — fragilis, X 790.
23. Cocconeis Adeliae, a, b X 790.
24. — infirmata, a, b, c X 790.
25. Achnanthes Sapinii-Jaloustrei, a, b, c, d, e X 1640.
26. — Vicentii, a, b, c, d, e X 1640.
27. Diploneis Adeliae *mph.
28. Frustulia antarctica, X 1640.
29. Navicula Cendronii, a X 790; b X 1640.
30. — cryophila, X 1640.
31. Navicula cryophila var. stauroptera, X 1640.
32. — frigida, X 1640.
33. — insuta, X 1640.
34. — Leboimei, X 1640.
3b. — Marnierii, a X 1640; b X 790.
36. — pseudocarinifera *mph.
INVENTAIRE DES DIATOMÉES DE LA TERRE ADÉLIE
125
Source : MNHN, Paris
^ ^ïïinnjT,
iï/)n
126
E. MANGUIN
Genre Diploneis C- G. Ehrenberg.
Diploneis Adeliae sp. nov. (PI. V, fig. 27).
Vah-es linéaires à bords parallèles, largement arrondies aux
pôles, long. 32 g, Iarg. 9 g. Nodule central étroit apicalement allongé
Cornes très étroites, peu distinctes, parallèles. Canal longitudinal
linéaire, un peu élargi vers le milieu, se rétrécissant insensiblement
vers les extrémités, environ le 1/3 de la largeur valvaire, sans
rangée de pores. Cotes transapicales radiales jusqu’aux extrémités
lo en lu y.. *
Boues, Cap Margerie.
Genre Frustulia C. Agardh.
Frusfulia antarctica sp. nov. (PI. V, fig. 28).
Valves elliptiques à linéaires-elliptiques, a pôles largement
arrondis, long. 32.5 g. Iarg. 13 g. Côte siliceuse linéaire légèrement
élargie autour du nodule central, atténuée et prolongée au-dessus
des nodules terminaux, llaphé courant à l'intérieur d'un sillon
continu. Nodule central étroit allongé apicalement; nodules termi¬
naux sans fente polaire apparente. Stries transapicales radiales
ssez courbées près des pôles, entières vers les bords de la valve se
réduisant en tirets de plus en plus petits, jusqu'à devenir punctÜ
, ‘™!| '',c eS f <! - C °‘ e Siliceuse - interrompues autour d'une aire
centrale circulaire, environ 18 stries en 10 y..
Boues, Cap Margerie.
Genre Nauicula Bory.
Navicula Cendronii sp. nov. (PI. V, fig. 29 a , b).
Valves lancéolées étirées et subrostrées aux extrémités à noies
arrondis-obtus long. 45 g. Iarg. 6.5. Raphé droit, filiforme vers
les extrémités de la valve, à branches un peu incurvées sur les pores
centraux. Aire axiale lancéolée, très resserrée vers les extrémités
faiblement dilatée autour du nodule central. La partie terminale de
1 aire axiale s élargit brusquement en une aire polaire o cupant
presque jusqtfaux bords les extrémités subrostrées de la valve A
teneur de 1 aire polaire figure un nodule terminal dont la conti
u te avec la terminaison du raphé reste difficilement discernable
nodules terminaux. 10 '' p,us serrees vers 'es
Boues, Cap Margerie.
INVENTAIRE DES DIATOMÉES DE LA TERRE ADELIE
127
Navicula cryophila sp. nov. (PI. V, fig. 30).
Valves lancéolées arrondies-aiguës aux extrémités, long 16 jx,
largeur 2.5 (x. Raphé droit à branches plus marquées vers les pores
centraux, filiformes vers les nodules terminaux. Aire axiale lan¬
céolée, aire centrale nulle. Stries transapicales toutes perpendicu¬
laires à l’axe apical, environ 16 à 18 en 10 $x, les stries médianes
moins apparentes que les suivantes.
Boues, Cap Margerie.
Navicula cryophila sp. nov., var. stauroptera var. nov. (PI. V,
fig. 31).
Valves linéaires-elliptiques, arrondies obtuses aux extrémités,
long. 13 jx, larg. 3 à 3.5 jx. Aire centrale transversalement élargie.
Stries transapicales radiales, les 2 médianes très raccourcies, éga¬
lement moins apparentes que les suivantes, environ 16 en 19 {x.
Boues, Cap Margerie.
Navicula frigida sp. nov. (PI. V, fig. 32).
Valves lancéolées arrondies-obtuses aux extrémités, long. 15 jx,
larg. 3.5 ;x. Raphé droit filiforme, à pores centraux punctiformes.
Aire axiale largement lancéolée; aire centrale élargie en bande
rectangulaire atteignant les bords valvaires. Stries transapicales
radiales, assez courtes, 11 à 15 en 10 jx, un peu plus serrées vers les
extrémités.
Boues, Cap Margerie.
Navicula insuta sp. nov. (PI. V, fig. 33)-
Valves elliptiques-lancéolées, arrondies subaiguës aux extrémités,
long. 10.5 y., larg. 2.5 à 3 ;x. Raphé droit, filiforme vers les extré¬
mités, plus marqué vers le nodule central. Aire axiale elliptique
occupant la plus grande étendue de la surface valvaire. Stries trans¬
apicales radiales très réduites, marginales, environ 12 en 10 ix.
Boues, Cap Margerie.
Navicula Leboimei sp. nov. (PI. V, fig. 34).
Valves lancéolées arrondies-aiguës aux extrémités, long. 16 jx,
larg. 2-5 jx. Raphé droit, filiforme vers les nodules terminaux, forte¬
ment marqué vers le nodule central. Aire axiale très étroite, lan¬
céolée; aire centrale rectangulaire. Stries transapicales radiales,
perpendiculaires aux extrémités, 15 en 10 ;j., les deux stries médianes
très courtes.
Boues, Cap Margerie.
Navicula Marnierii sp. nov. (PI. V, fig. 35 a, b).
Valves elliptiques, long. 15 à 19 jx, larg. 6.5 u. Raphé droit ou légè-
SoDrce : MNHN, Pans
128
E. MANGUIN
rement arqué sur les pores centraux assez distants, notablement
prolongé vers les extrémités par une fente polaire infléchie sur le
côté opposé des pores, atteignant presque le bord de la valve.
Branches du raphé courant à l’intérieur d’un sillon comparable à
la corne des Diploneis, largement élargi près du nodule central et
insensiblement rétréci vers les nodules terminaux. Aire latérale lyri-
forme, hyaline, non fermée aux extrémités. Aire axiale extérieure
largement lancéolée, également ouverte autour des nodules termi¬
naux, délicatement ponctuée, de plus du 1/3 de la largeur de la
valve. Côtes transapicales courtes et submarginales, n’atteignant
pas les bords de l’aire axiale, diminuant de taille près des pôles 7 à
9 en 10 y..
Boues, Cap Margerie.
Navicula pseudocarinifera sp. nov. (PI. V, fig. 36).
Valves rhomboïdes-lancéolées, arrondies obtuses aux extrémités,
surélevées dans la partie centrale en une sorte de carène s’élargis¬
sant progressivement des extrémités vers le milieu, long. 128 à 138 jx,
larg. 32 à 33 jx. Raphé rectiligne plus marqué près des pores cen¬
traux. Aire axiale linéaire très étroite; aire centrale petite, circu¬
laire. Stries transapicales punctiformes, radiales, perpendiculaires
vers les extrémités, 12 à 13 en 10 y., moins serrées autour du nodule
central.
Boues, Cap Margerie.
Genre Pseudoamphiprorci P. T. Cleve.
Pseudoamphiprora Manginii sp- nov. (PI. VI, fig. 37 a et b).
Cellule allongée, rectangulaire en vue connective, un peu resserrée
vers les pôles, à bords parallèles. Valves à surface fortement con¬
vexe, longuement rhomboïdes-lancéolées, à bords convexes dans la
partie médiane, arrondies-aiguës aux extrémités, long. 202 «x, larg.
24 jx. Surface de la valve partagée, de chaque côté de l’aire axiale
(sillon central) linéaire et très étroite, en trois bandes atteignant
les extrémités de la valve. Ces bandes sont séparées entre elles par
Planche VI.
37. Pseudoamphiprora Manginii, a, b X 260.
38. Tropidoneis Adeliae, a X 590; b, c X 350.
39. — fusiformis, a X 790; b, c X 590.
40 - — Hustedtii, a, b X 590.
41. Amphora Barrei, X 790.
42. Pseudonitzschia antarctica , a X 260; b, c X 590.
— Heimii, a X 260; b, c X 590.
44. A itzschia adeliana, a X 790; b X 590.
INVENTAIRE DES DIATOMÉES DE LA TERRE ADÉLIE
129
Source : MNHN. Pans
130
E. MANGUIiV
une ligne longitudinale. Raphé caréné?, filiforme, difficilement,
visible. Nodules terminaux très réduits, situés à l’intérieur de’
l’espace terminal de la bande marginale hyaline; nodule central
petit, elliptique. La bande centrale striée bordant l’aire axiale est
surélevée, elle est séparée par une ligne longitudinale de la bande
voisine. Cette dernière également striée est séparée de la bande mar¬
ginale hyaline par une ligne longitudinale. Stauros transversal
allant en s’élargissant jusqu’aux bords extérieurs de la bande laté¬
rale striée. Stries transapicales délicates, 14 à 17 en 10 g, perpendi¬
culaires au sillon central.
Cette forme paraît intermédiaire entre les Pseudoamphiprora et
le genre Scoresbya créé par I. Hendey.
Boues, Cap Margerie.
Genre Tropidoneis P. T. Cleve.
Tropidoneis adeliae sp. nov. (PI. VI, fig. 38 a, b, c).
Cellule faiblement siliciflée, haut. 77 à 96 g, à structure fine
très délicate. Projection alaire assez variable seion l’angle de rota¬
tion de la cellule sur son axe apical; à peu près de profil les ailes
apparaissent projetées en dehors du nodule central et nettement
recourbées sur les nodules terminaux. Face valvaire largement
rhomboïde-lancéolée, aiguë aux extrémités, à bords médians forte¬
ment convexes, larg. 25 g. Carène excentrique. Ligne de jonction
nulle. Raphé indiscernable. Nodules : central et terminaux très
petits, punctiformes- Stries invisibles.
Dans les pêches planctoniques prélevées depuis la lat. 61" 28’ S et
long. 139" 50’ E jusqu’à la lat. 53" 41’ S et long. 141" 59’E.
Tropidoneis fusiformis sp. nov. (PI. VI, fig. 39 a, b, C.J.
Cellule faiblement siliciflée, sublinéaire à linéaire-lancéolée en
face connective, un peu resserrée sur les nodules centraux, insensi¬
blement atténuée et arrondie subaiguë aux extrémités, haut. 48 à
78 g. Projection alaire unilatérale, à profil très réduit un peu ren¬
trant au niveau du nodule central et légèrement redressé vers les
nodules terminaux. Nodules : central et terminaux punctiformes à
peine visibles. Face valvaire lancéolée, aiguë aux extrémités, larg. 6
a 7 g. Carène centrale droite. Raphé indiscernable. Stries trans¬
versales délicates, 26 a 28 en 10 g dans la partie médiane.
Dans les pêches planctoniques prélevées depuis la lat. 66" 50’ S
et long. 141" 25’ E jusqu’à la lat. 57" 58’ S et long. 139" 50’ E.
Tropidoneis Hustedtii sp. nov. (PI. VI, fig. 40 a, b).
Cellule, faiblement siliciflée, rectangulaire en face connective,
assez resserrée au niveau des nodules centraux, largement arrondie
INVENTAIRE DES DIATOMÉES DE LA TERRE ADÉLIE
131
aux extrémités, haut. 55 à 70 a, larg. 14.5 y.. Projection alaire non
profilée. Face valvaire lancéolée, aiguë aux extrémités. Carène uni¬
latérale nettement débordante sur un côté des extrémités et forte¬
ment concave vers le nodule central. Raphé indiscernable. Nodules
central et terminaux à peine distincts, le central entouré de 1 à
3 stries plus épaisses que les suivantes. Stries transapicales paral¬
lèles, 16 à 18 en 10 y..
Dans les pêches planctoniques prélevées depuis la lat. 61° 28’ S
et long. 139° 50’ E jusqu’à lat. 59° 11’ S et long. 138° 25’ E.
Genre Amphorci Cleve.
Amphora Barrei sp- nov. (PL VI, fig. 41).
Valves à côté dorsal fortement convexe, droites sur le côté ventral
et longuement et étroitement prolongées-rostrées aux extrémités, à
pôles capités, long. 40 y, larg. médiane 5 y., aux extrémités de 1 à
1.5 jx. Raphé rectiligne très ténu à peu près appliqué sur la marge
ventrale. Nodule central à peine visible; nodules terminaux puncti¬
formes. Stries transapicales invisibles figurées seulement sur la bor¬
dure ventrale par une ligne longitudinale délicate bordant l’étroite
aire axiale unilatérale. Aire centrale très réduite, semi-circulaire.
Boues, Cap Margerie.
Genre Pseudonitzschia H- Peragallo.
Pseudonitzschia antarctica sp. nov. (PI. VI, fig. 42 a, b, c).
Cellules associées en longues chaînes rigides. Valves linéaires
étroites, aiguës et sigmoïdes vers les extrémités, long. 100 y, larg. 3
à 4 }x. Carène excentrique; points carénaux petits ± régulièrement
espacés environ 14 en 10 ix- Stries transapicales invisibles.
Diffère de Nitzschia ( Pseudonitzschia ) delicatissima Cl. par ses
extrémités nettement sigmoïdes et par ses dimensions plus grandes.
Présent dans tous les prélèvements planctoniques.
Pseudonitzschia Heimii sp. nov. (PI. VI, fig. 43 a, b, c).
Cellules associées en longues chaînes rigides. Valves linéaires-
lancéolées à pôles largement arrondis-obtus, long- 104 à 117 tt, larg.
5.5 à 6.5 ,<x. Carène excentrique; points carénaux petits peu distincts,
les deux médians parfois plus distants, de 11 à 15 en 10 jx. Stries
transapicales de 21 à 23 en 10 fx, non ponctuées.
Diffère de Nitzschia ( Pseudonitzschia) pacifica Cupp par ses
valves moins aiguës aux extrémités, à pôles largement arrondis-
obtus et surtout ses stries entières et non ponctuées.
Présent dans tous les prélèvements planctoniques.
132
E. MANGUIN
Genre Nitzschia (Hassal) Grunow.
Nitzschia adeliana sp. nov. (PI. VI, fig. 44 a, b).
Valves linéaires resserrées dans la partie médiane, arrondies
obliquement aux extrémités, long. 36 à 47 jx, larg. 4 à 4.5 Carène
droite dans la partie médiane et peu excentrique, en particulier
vers les extrémités; points carénaux modérément mais régulière¬
ment allongés, assez irrégulièrement espacés, 11 à 12 en 10 jx, les
deux médians plus distants que les suivants et séparés des stries
par une ligne d’ombre arquée. Stries transapicales délicates, de 30 à
34 en 10 jx.
Boues, Cap Margerie.
Nitzschia aciculariformis sp. nov- (PI. VII, fig. 45).
Cellule à axe apical droit. Valves renflées dans la partie médiane
et longuement atténuées-rostrées aux extrémités, à pôles arrondis-
obtus, long. 49 u, larg. à la partie médiane 4 u, aux extrémités 1.5 jx.
Carène excentrique; points carénaux bien apparents à peu près
régulièrement séparés, environ 15 en 10 jx. Stries transapicales invi¬
sibles.
Boues, Cap Margerie-
Nitzschia prolongata sp. nov. (PI. VII, fig. 46).
Valves très étroites droites, lancéolées dans la partie médiane,
longuement et étroitement rostrées vers les extrémités, légèrement
élargies près des pôles arrondis-obtus, long. 48 jx, larg. à la partie
médiane 1.5 à 2 p, aux extrémités 0-7 jx. Carène excentrique; points
carénaux modérément allongés, régulièrement espacés, les deux
médians nettement plus distants que les suivants, environ 17 à 20
en 10 a. Stries transapicales invisibles.
Boues, Cap Margerie.
Nitzschia stellata sp. nov. (PI. VII, fig. 47 a, b, c, d, e).
Cellules réunies en colonies étoilées, fréquemment ramifiées en
chaînes latérales ± droites ou en zigzags. Valves linéaires-Iancéo-
lées à bords — parallèles dans la- partie médiane, insensiblement
Planche VII.
45. Nitzschia aciculatiformis, X 790.
46. — prolongata, X 790.
*1- „ T . » x 350: b X 590; c X 790; d X 260; e* *mph.
48. Melosira Adeliae, a, b X 590.
49. — Tcherniai *mph.
50. — Douguetii *mph.
51. Thalassiosira Tcherniai, a, b, c X 590.
INVENTAIRE DES DIATOMÉES DE LA TERRE ADÉLIE
133
Source : MNHNj Paris '
134
E. MANGUIN
atténuées-lancéolées vers les extrémités, à pôles arrondis-obtus,
long. 89 à 134 a, larg. 6.5 à 10.5 jx. Carène excentrique terminée près
des pôles par un point noduliforme (pore muqueux?) distinct et
assez éloigné des points carénaux terminaux; points carénaux mo¬
dérément allongés, à peu près équidistants entre eux, de 4 à 8 en
10 jx, les 2 médians notablement espacés. Stries transapicales, en¬
viron 34 et plus en 10 y..
Boues, Cap Margerie et pêches planctoniques depuis la lat.
66° 50’ S et long. 141° 15’ E jusqu’à lat. 61° 28’ S et long. 139° 50’ E.
(.Laboratoire de Cryptogamie
du Muséum National d’Histoire Naturelle )
Floruie hivernale de la Ria de Vigo
Par Françoise ARDRé.
Lors des marées de février 1957, j’ai accompagné M. le profes¬
seur E. Fischer-Piette à Vigo en Galice (Espagne), pour y accom¬
plir un travail limité : une petite monographie écologique de la vé¬
gétation marine de la Ria de Vigo, dans une région déjà étudiée par
G. Hamel en septembre 1927.
Les résultats obtenus par MM. Fischer-Piette, F. Cabaùas-
Ruescas et par moi-même, seront publiés ultérieurement comme
« Contribution à une monographie de la Ria de Vigo ».
Je ne ferai que donner ici la liste des algues recueillies dans cette
région. Elles ont été récoltées, soit par M. Fischer-Piette qui a eu
l’obligeance de m’en rapporter des localités où je n’ai pu me rendre,
soit par moi-même. Je joindrai la liste des Lichens observés dans
cette région par M. Fischer-Piette, qui m’a aimablement commu¬
niqué ses notes à leur sujet.
Je remercie vivement M. le professeur E. Fischer-Piette, M. le
professeur Chadefaud et M. R. Lami, pour l’aide bienveillante qu’ils
m’ont apportée dans ce travail.
La Ria, orientée approximativement NE-SO, est composée de
roches métamorphiques; quelques plages, plus développées au fond
de la Ria et ensablant la base des rochers, s’intercalent entre les
pointes rocheuses, mais elles sont de faible étendue et ne peuvent
être un obstacle à l’extension des algues. A l’entrée de la Ria, les
îles Cies, orientées N-S, la protègent quelque peu contre les vagues
et les houles du large, mais pas assez cependant pour que son rivage
ne soit pas en maints endroits, battu.
Les localités où ont été récoltées les algues sont :
a. — sur la côte Nord du fond de la Ria vers la mer ouverte :
Punta del Caballo
Punta San Adrian
Punta Arroas
Meira
Punta Congorsa
Punta Corbeiro dos Castros.
136
FRANÇOISE ARDRÉ
b. — sur la côte Sud de la Ria :
Punta de Rande
Punta de Molino
Samil
San Miguel de Oya.
Ces localités sont indiquées par une croix sur la carte (fig. 1 ) ;
celles qu’a visitées G. Hamel, en 1927, sont marquées par un point.
LISTE DES ESPÈCES OBSERVÉES
LICHENS
Xanthoria parietina L. — Punta del Caballo, Punta de Rande,
Punta Congorsa, Punta Corbeiro dos Castros. Assez abondant
Caloplaca marina Wedd. — Punta del Caballo, Punta de Rande,
Punta Congorsa, Punta Corbeiro dos Castros. Assez abondant.
FLORULE HIVERNALE DE LA RI A DE VIGO
137
Caloplaca aurantia Hellb. — Rares petites' taches à Punta del
Caballo.
Caloplaca citrina Th. Fr. — Abondant à Punta del Caballo; semi-
abondant à Punta de Rande.
Verrucaria maura Wahl. — Punta de Rande. Punta Corbeiro dos
Castros, Punta Congorsa, Samil. Abondant.
Lichina confiais Ag. — Punta del Caballo, Punta de Rande, Punta
Congorsa, Punta Corbeiro dos Castros. Souvent les taches sont
évidées au centre quand elles atteignent un diamètre de 30 cm.
Lichina pygmea Ag. — Samil, Punta Congorsa. Abondant.
ALGUES
Cyanophycées.
Dermocarpa prasina (Reinsh.) Born. et Thur. — Forme de nom¬
breuses taches^sur un échantillon de Calliblepharis ciliata récolté
à Punta de Molino.
Chlorophycées.
Ulothrix subflaccida Will. — Meira. Je n’ai observé cette espece
qu’épiphyte, soit sur Fucus spiralis, soit sur Peloetia canaliculata.
Ulva lactuca L. — Punta de Molino, Samil, Meira. Bien développé
surtout sur les rochers horizontaux.
Enteromorpha Linza (L.) J. Ag. — Meira. Epiphyte sur Fucus
vesiculosus.
Enteromorpha intestinalis (L.) Link. — Punta de Molino, Meira,
Samil; rare.
Enteromorpha ramulosa (Smith.) Hook. — J’ai rencontré cette
espèce à Samil et à Meira, au même niveau que Porphyra linearis.
Elle formait de belles touffes vertes, localisées souvent dans de
petites cuvettes étroites.
Codium dichotomum (Huds.) S. F. Gray (syn. C. tomentosum
Stack.). — San Miguel de Oya; rare.
Codium elongatum C. Ag. — Punta Corbeiro dos Castros et Samil;
assez abondant.
Phéophycées.
Sphacelaria furcigera Kütz. — Tous les échantillons que j’ai
observés étaient épiphytes, soit sur d’anciennes lanières cVHiman-
thalia elongata à Punta de Molino, soit sur Fucus vesiculosus
var. evesiculosus et Gymnogongrus norvegicus à Meira. Les pro-
pagules étaient rares.
Halopteris scoparia (L.) Sauv. — Cette espèce était assez fréquente
dans les cuvettes à Samil, et sur les rochers sableux à San Miguel
de Oya.
Source : MNHN. Paris
138
FRANÇOISE ARDRÉ
Cladostephus spongiosus (Huds.) C. Ag. — Je n’ai rencontré qu’une
seule fois cette espèce à Meira sur un rocher ensablé.
Taonia atomaria fWood.) J. Ag. — Cette espèce était assez fré¬
quente à Samil au niveau de basse mer.
Dictyopteris membranacea (Stack.) Batt. — San Miguel de Oya,
Samil; au-dessous du niveau à Himanthalia elongata.
Saccorhiza polyschides (Light.) Batt. (syn. S. bulbosa La Pylaiè)._
Cette algue était très abondante jusqu’au détroit de Rande, au-
delà elle n a pas été observée. Elle était particulièrement bien
développée à Punta de Molino, Samil, et Punta Corbeiro dos
Castros où sa taille atteignait 1 m. Tous les échantillons
observés, qu’ils soient jeunes ou plus âgés, possédaient des lames
découpées en lanières très nombreuses et très étroites.
Laminaria ochroleuca La Pylaie. — Abondant jusqu’au détroit de
Rande qu'il ne semblait pas dépasser. Il ne remontait jamais plus
haut, comme niveau, que S. polyschides. Le thalle avait 40 cm. de
long en moyenne mais pouvait atteindre 1 m.
Laminaria hyperborea (Gun.) Foslie. — Quelques épaves en mau¬
vais état à Samil.
Laminaria saccharina Lamour. — Cette espèce était localisée dans
des rentrants abrités a Punta San Adrian et Punta Arroas; la
taille variait de 15 cm. à 40 cm., elle croissait au même niveau que
S. polyschides.
fucus spiralis L. (F. platycarpus Thur.). — Cette espèce était pré¬
sente dans toute la Ria; cependant elle disparaissait des rochers
très battus à Punta Congorsa et Punta Corbeiro dos Castros. Ces
Fucus formaient rarement un revêtement continu, bien plus sou¬
vent des touffes plus ou moins espacées. Leur taille, en général,
était médiocre (5 à 6 cm.), elle atteignait 12 cm. de moyenne. Ils
étaient tous fructiflés et mûrs; les réceptacles étaient subsphé¬
riques. jamais plats, avec rebord foliacé bien marqué. La fronde
ne présentait pas de boursouflures (1).
Fucus vesiculosus L. var. euesiculosus Cotton. — Cette variété for¬
mait une belle ceinture dans toutes les localités observées. Il
existait souvent une lacune entre le niveau inférieur des F. spi¬
ralis et le niveau supérieur des F. vesiculosus var. euesiculosus.
Sa taille était toujours plus grande que celle de F. spiralis (15 cm.
en moyenne, elle atteignait 30 cm. à Punta de Rande). Ils étaient
tous fructiflés dans une proportion de 80 % environ. Tous possé¬
daient des réceptacles aplatis dont l’épaisseur était à peine supé-
(1) H y a ici une différence avec la station de Viana do Castclo, que fais
étudié en mars 1957, ou tous les thalles étaient au contraire très souvent bour-
FLORULE HIVERNALE DE LA RIA DE VIGO
139
rieure à celle du reste du thalle. A San Miguel de Oya et à Samil,
ce Fucus avait une morphologie très particulière : très fréquem¬
ment ses réceptacles n'étaient délimités par aucun rétrécissement
du thalle; ils étaient souvent bifides et même parfois trifides, et
pouvaient atteindre une longueur de 55 mm. (fig. 2); ils étaient
Fig. 2. — Fucus vesicutosus L. var. evesiculosus Cotton.
d’autant plus aplatis que l’algue croissait à un niveau plus bas.
Je n’ai pas observé le Fucus vesiculosus L. typique, pourvu de
vésicules.
Fucus serratus L. — Cette algue n’a été trouvée qu’à Meira où elle
ne couvrait qu’une étendue restreinte, une bande d’environ 20 m.
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FRANÇOISE ARDRÉ
de long, sur 0,20 m. de large, localisée au-dessous de la zone à
F. vesiculosus var. evesiculosus, et au même niveau que Gracilaria
confervoides. Sa taille ne dépassait pas 10 cm.; la dentation du
thalle était bien marquée, les fructifications étaient nombreuses;
plusieurs échantillons possédaient des réceptacles très curieux :
presque sphériques, pédicellés, ils formaient une sorte de bou¬
quet, ils étaient dentés à leur sommet (fig. 3). Ceux que j’ai
récoltés étaient pourvus d’oogones (2).
Ascophyllum nodosum (L.) Le Jolis, var. lusitanica Lami. — Cette
algue semblait localisée au fond de la Ria; elle a été observée à
Punta del Caballo et dans un rentrant abrité de la Punta San
Adrian. Sa morphologie correspondait exactement à la description
qu’a donné M. R. Lami des Ascophyllum qu’il a trouvé à Viana
do Castelo en 1931 (où je les ai retrouvé en mars 1957), et dont
il a fait la variété lusitanica.
G. Hamel avait rencontré cette variété sur la rive espagnole du
Minho, mais pas en Galice (rappelons que G. Hamel n’avait pas
étudié le fond de la Ria de Vigo).
(2) M. Fischer-Piette qui est retourné à Meira en juillet 1957, a observé cette
zone de Fucus serratus, mais sur une étendue plus vaste. Il sera intéressant de
voir si son extension se poursuit. Elle confirmerait l’hypothèse d’un peuplement
nouvellement installé.
FLORULE HIVERNALE DE LA RIA DE VIGO
141
Peluetia canaliculata (L.) Dec. et Thur. — Cette algue était très
commune dans toute la Ria mais ne formait pas de tapis continu;
elle était surtout abondante dans les anses abritées. Le thalle ne
dépassait pas en moyenne la longueur de 5 cm. A Punta de
Molino, peu étaient fructifiés; partout ailleurs les réceptacles
étaient nombreux.
A Punta de Rande et à Meira, quelques échantillons portaient
des réceptacles intercalaires : f. interposita Lami. G. Hamel avait
déjà trouvé cette forme en 1927.
Himanthalia elongata (L.) S. F. Gray (syn. H. lorea Lyngb.). — Cette
espèce était commune dans la Ria jusqu’au détroit de Rande, au-
delà, elle n’a pas été observée. A Punta de Molino et à Samil, les
anciennes lanières étaient encore présentes en place, elles étaient
larges (13 mm.) et aplaties, l’angle des ramifications très ouvert.
Elles portaient souvent Sphacelaria furcigera. Les nouvelles re¬
pousses de lanières atteignaient 30 à 40 cm. Partout on rencon¬
trait de jeunes plantules de tous stades :
— à Punta Corbeiro dos Castros, elles formaient de très nom¬
breuses pustules hémisphériques;
— dans les autres localités, les lanières déjà formées pouvaient
atteindre 20 cm.; les toutes jeunes lanières de 5 cm. avaient une
divergence marquée des rameaux.
Halydris siliquosa (L.) Lyngb. — Plusieurs épaves fructifiées et en
parfait état de fraîcheur, ont été récoltées à Punta Arroas, San
Miguel de Oya et Samil.
Bifurcaria rotunda (Huds.) Papen. (syn. B. tuberculata Stackh.).—
Bien représenté dans les anses abritées de la Ria jusqu’au détroit
de Rande qu’il ne semblait pas dépasser. Il se localisait souvent
dans des cuvettes et alors remontait plus haut que Himanthalia
elongata.
Cystoseira baccata (Gmel.) Silva (syn. C. fibrosa C. Ag.). -— Cette
espèce était rare. Elle a été trouvée en place à Punta San Adrian,
fixée sur des cailloux avec Laminaria saccharina, et à Punta de
Rande, dans une cuvette avec Himanthalia elongata et Bifurcaria
rotunda. Les thalles atteignaient rarement 30 cm.; le plus souvent
ils ne dépassaient pas 10 cm.
Cystoseira tamariscifolia (Huds.) Papen. (syn. C. ericoides C. Ag.).—
Beaucoup plus fréquente que la précédente cette espèce a été ren¬
contrée à Punta Corbeiro dos Castros, Samil et San Miguel de Oya.
En général sa taille ne dépassait pas 10 cm.
142
FRANÇOISE ARDRÉ
Rhodophycées.
Porphyra umbicalis (L.) Kiitz. f. laciniata (Light.) Thur. — Très
commun à San Miguel de Oya, Samil et Punta de Molino, au
même niveau que Fucus spiralis.
Porphyra linearis Grev. — Cette algue était très abondante à Samil.
Partout où je l’ai observée elle était fixée sur des rochers hori¬
zontaux, au même niveau que Enteromorpha ramulosa qui était
localisé dans les fentes étroites de ces rochers.
Porphyra leucosticta Thur.— Epiphytes sur diverses algues à Samil.
Rhodôthamniella floridula (Dillw.) J. Feldm. (syn. Rhodochorton
floridulum Nag.). — Très commun sur le sable à Samil.
Scinaia furcellata (Turn.) Biv. — Cette algue était très abondante à
Samil et à San Miguel de Oya dans les cuvettes sableuses. De
nombreux échantillons portaient des carpospores.
Gelidium pulchellum (Turn.) Kiitz. — Il était commun à Meira,
Punta Corbeiro dos Castros, Punta de Molino et Samil.
Pterocladia pinnata (Huds.) Papen. (syn. P. capillacea (Gmel.)
Born. et Thur.). — Cette algue était fréquente à Punta Corbeiro
dos Castros et San Miguel de Oya.
Dumontia incrassata (O. F. Mul.) Lamour. (syn. D. fîliformis
Grev.). — Quelques échantillons bien colorés à Punta de Rande.
Corallina officinalis L. — En tapis serré dans les cuvettes infé¬
rieures à Punta Arroas, Meira, Punta Corbeiro dos Castros, Punta
de Molino, Samil.
Jania rubens (L.) Lamour. — Bien développé à Samil au même
niveau que C. officinalis.
Lithophyllum incrustons Phil. — Il recouvrait le fond de nom¬
breuses flaques à Punta de Molino et à Samil, à basse mer.
Mesophyllum lichenoides (Eli.) Lem. — Abondant à basse mer à
Punta de Molino et à Samil ; se développait souvent sur diverses
algues.
Lithophyllum tortuosum (Esper) Foslie (syn. Tenarea tortuosa
(Esper) Lem.). — Cette algue formait des nodules très
espacés dans les fentes des rochers à Punta Congorsa, Punta Cor¬
beiro dos Castros, Punta de Molino, Samil, San Miguel de Oya.
Petrocelis cruenta J. Ag. — Cette algue formait une tache de 20 cm.
de diamètre à Samil, elle était fertile (tétrasporanges).
Schizymenia Dubyi (Chauv.) J. Ag. — Cette espèce était très abon¬
dante à Punta de Molino et San Miguel de Oya. De nombreux
échantillons portaient des carpospores.
Catenella repens (Light.) Batters (syn. C. opuntia Grev.). — Sur une
paroi rocheuse face au Nord, cette espèce associée à Bostrychia
scorpioides formait une petite tache, au même niveau que Pelve-
tia canaliculata à Punta del Caballo.
FLORULE HIVERNALE DE I.A RIA DE VIGO
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Calliblepharis ciliata (Huds.) Kütz. — Cette espèce était abondante
et bien développée (30 cm.) à basse mer, à Samil et à Punta de
Molino.
Gracilaria verrucosa (Huds.) Papen. (syn. G. confervoides (L.)
Grev.). — Commun à Meira et à Samil dans les flaques sableuses;
à Punta de Rande plusieurs échantillons atteignaient 60 cm.
Gracilaria dura (C. Ag.) J. Ag. — Très abondant à Meira à basse
mer, il était fixé sur des rochers ensablés; nombreux étaient
fructifiés (carpospores).
Gymnogongrus norvegicus (Gun.) C. Ag. — Cette algue était abon¬
dante et commune jusqu’au détroit de Rande, elle accompagnait
presque toujours Chondrus crispus mais disparaissait des rochers
trop battus. De nombreux échantillons portaient des carpospores.
Chondrus crispus (L.) Lyngb. — Comme l’espèce précédente, cette
algue ne dépassait pas le détroit de Rande. Elle était particuliè¬
rement bien développée sur les rochers exposés où elle formait
un gazon dense et étendu. Haut de 15 à 20 cm. le thalle était très
large, même aux extrémités qui étaient peu ramifiées. Quelques
exemplaires portaient des carpospores.
Gigartina acicularis (Wulf.) Lamour. — Commun à Punta de
Molino, Samil et San Miguel de Oya.
Gigartina stellata (Stack.) Batt. — Très commun dans la Ria, il a
été observé en assez grande abondance au-delà du détroit de
Rande, à Punta del Caballo. Souvent il était associé à Chondrus
crispus sur les rochers battus.
Gigartina pistillata (Gmel.) Stack. — Commun; ne semble pas
dépasser le détroit de Rande.
Gigartina Teedi (Roth.) Lamour. — Je n’ai récolté que deux échan¬
tillons de cette espèce à Samil, à basse mer.
Lomentaria articulata (Huds.) Lyngb. — Cette algue était en touffes
espacées à Punta de Molino; à Punta Corbeiro dos Castros elle
formait un manteau sur les parois verticales des rochers orientés
au Nord; elle était au même niveau que Laurencia pinnatifida.
Champia parvula (C. Ag.) Harv. — Un seul échantillon récolté dans
une cuvette sableuse à Samil.
Chglocladia verticillata (Light.) Bliding (syn. C. kaliformis Hook.). —
Assez fréquent à Samil, Punta Corbeiro dos Castros.
Asparagopsis armata Harv. — Plusieurs échantillons à Samil, à
basse mer (3).
Ceramium gracillimum Griff. et Harv. — Un seul spécimen à Samil
fixé sur Jania rubens.
(3) Je n’ai pas trouvé son tétrasporophyte Falkenbergia rufolanosa (Harv.)
Schmitz.
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FRANÇOISE ARDRÉ
Ceramium rubrum (Huds.) C. Ag. — Très commun à Meira, Samil
et San Miguel de Oya. Nombreux échantillons avec tétraspores,
rares avec carpospores. Souvent fixés sur F. vesiculosus, var. eve-
siculosus.
Callithamnion tetricum (Dillw.) C. Ag. — Sous le surplomb des
rochers à Punta de Molino.
Hypoglossum Woodwardii Kiitz. — Abondant à Samil, fixé sur des
rochers ensablés.
Membranoptera alata (Huds.) Stack.— Plusieurs échantillons à
Samil sous le surplomb d’un rocher.
Delesseria sanguinea (L.) Lamour. — Une épave à Samil.
Nitophyllum punctatum (Stack.) Grev. — Un seul échantillon à
Samil, à basse mer.
Cryptopleura ramosa (Huds.) Kyl. (syn. Nitophyllum laceratum
(Gel.) Grev.). — Commun à Samil et à Punta Corbeiro dos
Castros.
Heterosiphonia plumosa (Eli.) Batt. — A Samil, assez abondant à
basse mer et au-dessous.
Polysiphonia macrocarpa Harv. — Fixé sur rochers ensablés à
Samil.
Polysiphonia ferulacea Suhr. — Epiphyte sur Himanthalia elongata
à Punta de Molino.
Polysiphonia elongata (Huds.) Harv. — A Samil sur rochers en¬
sablés.
Polysiphonia collabens Kiitz. — Plusieurs touffes ne dépassant pas
3 cm., étaient fixées à Samil sur des rochers ensablés; un échan¬
tillon portait des cystocarpes.
Polysiphonia Brodiaei (Dihv.) Grev. — Commun à Meira et à Samil;
fixé soit sur les rochers, soit sur Fucus vesiculosus var. evesicu-
losus et Himanthalia elongata.
Polysiphonia nigrescens Grev. — Fréquent à Punta del Caballo,
Punta de Rande et Samil, dans les cuvettes sableuses.
Polysiphonia thuyoides Harv. — A Samil, fixé sur rochers ensablés
avec Halopteris scoparia.
Pterosiphonia complanata (Chem.) Falk. — A Samil. où il est rare.
Bostrychia scorpioides (Huds.) Mont. — Associé à Catenella opuntia,
à Punta del Caballo.
Chondria coerulescens J. Ag. — Commun dans les flaques sableuses
à mi-marée à Samil et San Miguel de Oya.
Chondria dasyphylla (Wood.) C. Ag. — Commun à basse mer à
Samil.
Laurencia pinnatifida (Huds.) Lamour. — Il était commun jusqu’au
détroit de Rande qu’il ne semblait pas dépasser. Il formait une
bordure bien fournie à San Miguel de Oya, Samil et Punta Cor-
FLORULE HIVERNALE DE LA RIA DE VIGO
145
beiro dos Castros; tous les individus observés étaient bien colorés.
La liste publiée par G. Hamel en 1928, comportait 153 espèces,
observées à la fin de l’été; nous n’en avons trouvé que 77.
Parmi les espèces récoltées en février 1957, 18 espèces n’avaient
pas été observées par G. Hamel. Ce sont :
Dermocarpa prasina (Reinsch.) Born. et Thur.
Codium elongatum C. Ag.
Sphaceleria farcigera Kiitz.
Fucus serratus L.
Porphyra linearis Grev.
Porphyra leucosticia Thur.
Rhodothamniella floridula (Dillw.) J. Feldm.
Petrocelis cruenta J. Ag.
Gracilaria dura (C. Ag.) J. Ag.
Champia paruula (C. Ag.) Harv.
Asparagopsis armata Harv.
Hypoglossum Woodwardii Kütz.
Membranoptera alata (Huds.) Stack.
Polysiphonia ferulacea Suhr.
Polysiphonia elongata (Huds.) Harv.
Polysiphonia collabens Kiitz.
Polysiphonia nigrescens Grev.
Bostrychia scorpioides (Huds.) Mont.
Deux autres algues :
Jania rubens (L.) Lamour.
Chylocladia verticillata (Light.) Bliding
que nous avons récoltées en place, n’avaient été observées qu’en
épaves. Pour expliquer cette grande différence numérique entre les
deux récoltes il faut souligner que nous avons étudié le fond de
la Ria de Vigo, tandis que G. Hamel avait fait presque toutes ses
récoltes sur des pointes rocheuses s’avançant dans la mer libre.
D’ailleurs la majorité des espèces citées ici proviennent de San
Miguel de Oya, de Samil et de Punta Corbeiro dos Castros. localités
les plus proches de la mer ouverte, et la flore s’appauvrissait nette¬
ment et rapidement quand on s’avançait vers l’intérieur de la Ria.
Au-delà du détroit de Rande, toutes les grandes algues, si ce
n’est les Fucacées, avaient disparu.
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Contribution à l'étude cytologique
de quelques Cyanophycées
Par F. HERBST.
Les recherches cytologiques récentes se rapportant aux Schizo-
phycées ont montré que les équivalents de noyau se présentent sous
deux formes typiques. On distingue les nucléoïdes et les caryoïdes.
Les nucléoïdes renferment, ainsi qu’on a pu le montrer par diffé¬
rentes méthodes, de l’acide désoxyribonucléique (ADN). En ce cas
le cytoplasme contient de l’acide ribonucléique (ARN). Par contre,
les caryoïdes renferment à la fois les deux acides, alors que leur
cytoplasme ne contient pas d’acide ribonucléique (Piekarski 1937,
1940, 1949, 1950 — Bringmann 1950, 1951, 1952). Dans le secteur
où l’on trouve localisées les structures contenant les deux acides
nucléiques, on a également mis en évidence des phosphatides, des
phosphates et des lipoïdes (Bringmann 1952). Comme de plus il y
a présence de ferments, il parait possible d’assimiler les équivalents
de noyau à des équivalents des mitochondries (Bringmann 1952).
D’après le travail de Bringmann (1950) certaines Oscillaires sont
du type à caryoïde. C’est-à-dire que pour cet auteur il n’existe
qu’une forme de grains basophiles à l’intérieur de la cellule de ces
Cyanophycées. Mais on sait, depuis des travaux plus anciens, que
les cellules renferment en quantité variable, à côté d’éléments don¬
nant une réaction positive de Feulgen, une substance appelée volu-
tine (Poljansky et Petruschewsky 1929 — Spearing 1937 —
Delaporte 1939).
La volutine a été pour la première fois mise en évidence par
Meyer (1904) dans le Spirillum volutans. Les grains de volutine
sont Feulgen-négatifs et ils se colorent en rouge à l'aide du réactif
de Schiff sans hydrolyse préalable (Delaporte 1939 Drawert
1949-50). Certains auteurs ont admis que la volutine était essen¬
tiellement composée de ARN, probablement sous la forme de ribo-
nucléoprotéines (Delaporte 1950). D’après Lindegren (1947), par
contre, il s’agirait de métaphosphates. Sans doute peut-on trouver
ces deux substances dans les corpuscules de volutine.
La volutine est localisée dans des vacuoles (Delaporte 1939,
1950). Dans la littérature on a également utilisé le terme « méta-
Source : MNHN, Pans
148
F. HERBST
chromatine » pour désigner la volutine. Certains colorants vitaux
bleus précipitent en effet la volutine dans les vacuoles en donnant
une coloration inétachromatique rougeâtre (Delaporte 1950).
En raison de leur comportement vis-à-vis des colorants basiques,
les grains de volutine peuvent être facilement confondus avec les
structures nucléaires. Toutefois, il est possible d’identifier la volu¬
tine à l’aide de la réaction de Meyer (1904). Les cellules colorées
par le bleu de méthylène et traitées avec l’acide sulfurique à 1 %
ne laissent plus apparaître que les grains de volutine dont la colora¬
tion passe du rouge au noir.
Bringmann (1950) signale que chez Lyngbia, le ADN ne peut être
mis en évidence qu’après une réaction nucléaire précédée d’un
traitement à l’acétate de lanthane. Il serait donc utile, remarque
cet auteur (1952), de rechercher si la volutine qui d’après certains
existe à côté d’élément Feulgen-positif, ne renferme pas d’acide
désoxyribonucléique, acide qui disparaîtrait à la suite de l’hydro¬
lyse accompagnant la réaction classique de Feulgen.
Le présent travail a pour objet, d’approfondir ce problème dans
le cas des Cyanophycées ci-après :
Aphanocapsa sp.
Tolypothrix byssoidea (Hass.) Kirchn.
Tolypothrix distorta Kütz.
Synechococcus elongatus Nâg.
Toutes les espèces proviennent de l’Algothèque du Muséum Na¬
tional d’Histoire Naturelle à Paris.
MÉTHODES EXPÉRIMENTALES.
1.) Pour mettre en évidence l’ADN nous avons utilisé essentielle¬
ment la réaction de Feulgen. Nous avons constaté qu’il suffit de 1 à
3 heures dans le cas le plus favorable et de 15 heures dans le cas
le plus défavorable pour obtenir une bonne fixation avec l’alcool
ou l’alcool acétique (4 : 1, 3 : 1). La fixation au chloroforme exige
au maximum 30 à 60 secondes chez Aphanocapsa et Synechococcus,
chez Tolypothrix, par contre, la durée de fixation doit être de 3 à
5 heures et quelquefois plus longue encore. Les frottis à'Aphano¬
capsa et de Synechococcus ont été fixés à l’état humide.
L’hydrolyse avec HCI/N à la température de 60° a été faite pen¬
dant 5 à 7 minutes chez Aphanocapsa et Synechococcus ; chez
Tolypothrix, par suite de la présence de gaine, 20 à 30 minutes.
Pour Aphanocapsa et Synechococcus il suffît d’un traitement de
5 heures dans le réactif de Schiff et pour Tolypothrix de 5 à
15 heures. La coloration de fond est réalisée avec le vert lumière.
Pour le montage nous avons utilisé le baume du Canada et l’ami-
ETUDE CYTOLOGIQUE DE QUELQUES CYANOPHYCÉES
14 9
nolac de Francolor. Parallèlement nous avons monté et observé nos
préparations dans une goutte d’eau.
2. ) Des recherches antérieures ont montré que les nucléoïdes
Feulgen-positifs chez les bactéries se colorent à l’aide du colorant
de Giemsa, lorsque le matériel a été préalablement soumis à une
courte hydrolyse (Piekarski, 1937; Robinow, 1942, 1944, 1945).
Cependant cette méthode n’a pas la même spécificité que la réaction
de Feulgen, mais elle a l’avantage d’être rapide et d’une application
facile. Les structures nucléaires apparaissent d’une façon très dis¬
tincte et sont plus volumineuses qu’après la réaction de Feulgen"
(Delaporte, 1950). La méthode à l’acide chlorhydrique - Giemsa
a été également utilisée par nous.
' La technique de préparation est analogue à celle utilisée lors de
la réaction nucléale (fixation, hydrolyse, montage). Nous avons
fait agir le colorant de Giemsa pendant 2 à 3 heures dans le cas gé¬
néral. En solution diluée (10 gouttes par 10 cc. H ; 0) la durée
d’action nécessite 15 heures. Les préparations montées avec l’ami-
nolac de Francolor ne se conservent que pendant quelques semaines
(la coloration par le Giemsa est spécialement fragile). Pour cette
raison nous avons jugé préférable de faire nos examens également
après montage dans l’eau où le baume de Canada.
Par ailleurs nous avons obtenu des résultats sensiblement ana¬
logues en utilisant à la place de la solution de Giemsa du bleu de
méthylène, du bleu de toluidine et de la thionine. C’est le bleu de
toluidine qui a donné les meilleurs résultats. La durée de coloration
a été de 15 heures avec une dilution de 1 : 1000.
3. ) Piekarski (1937) a démontré que les nucléoïdes de quelques
bactéries peuvent être rendus visibles par le carmin acétique, et
nous avons utilisé de notre côté cette méthode chez Aphanothece
(Herbst 1954). Pour le matériel précité ce réactif ne convenait
pas très bien. Les frottis d ’Aphanocapsa et de Synechococcus,
préparés sur des lames, ont été colorés par le réactif froid (1/2 à
1 heure) ou chaud (60°, 2 à 3 minutes) et immédiatement après
montés par le Celodal de Bayer. Les filaments de Tolypothrix,
traités dans une goutte de carmin acétique froid (1/2 à 1 heure)
ou chaud (60°, 2 à 3 minutes), ont été également montés à l’aide de
Celodal.
4. ) Pour déceler spécifiquement le ARN nous avons fait appel à
la pyronine (Bringmann, 1950) et à la réaction de Mey'er (Meyer,
1904) pour la volutine. Les observations ont été faites sur des
algues fixées avec de l’alcool (1 heure). La pyronine et le bleu de
méthylène ont donné de bons résultats après une coloration de
3 à 15 heures (concentration 1 : 1000). La différenciation dans le
150
F. HERBST
cas de la réaction de Meyer a été effectuée suivant la méthode
traditionnelle à l’aide d’acide sulfurique (1 %) ou encore de l’acide
chlorhydrique (HCI/N).
5. ) De plus nous avons essayé de caractériser l’ADN à l’aide du
vert de méthyle. D’après les indications de Poleister et Leuchten-
berger (1949) cette coloration serait spécifique lorsque l’ADN se
présente en état de polymérisation très élevée. Après avoir fixé (1
à 4 heures) le matériel avec de l’alcool et de l’alcool acétique (4:1,
3 : 1), nous avons coloré par une solution aqueuse (1 : 1000)
pendant 1 à 3 heures et monté dans de l’eau distillée. L’utilisation
du vert de méthyle acétique est plus commode car elle ne nécessite
pas de fixation. On fait agir le réactif pendant 3 à 15 heures (mon¬
tage dans une goutte de l’eau distillée).
6. ) Il nous a paru important d’avoir un aperçu de la localisation
réciproque des corpuscules métachromatiques et des structures
nucléaires. A cet effet nous avons fait appel aux méthodes tradi¬
tionnelles de la coloration vitale (bleu de méthylène dans de l’eau
du robinet). Enfin nous avons jugé utile de mettre en évidence la
métachromatine par le réactif de Schiff, que nous avons appliqué
(5 à 15 heures) après fixation à l’alcool (durée 3 à 15 heures).
RÉSULTATS.
1.) Notre matériel a donné une réaction nucléale positive. Toute¬
fois chez Synechococcus cette réaction a été généralement négative
et dans quelques cas très faible.
Chez Aphanocapsa l’équivalent de noyau, à l’état de repos de la
cellule a une forme arrondie (fig. la). Lors de la division cellulaire
accompagnée d’un allongement et d’un étranglement des cellules,
.on observe l’étirement des structures nucléaires et finalement une
séparation en deux éléments d’inégale grosseur, au moment de la
séparation des cellules-filles (fig. \b-\e) .
Parfois les structures arrondies s’étranglent en laissant subsister
entre elles un filament jusqu’à la rupture de celui-ci (fig. lf-2c).
Quelquefois aussi la structure nucléaire se présente sous la forme
d’éléments qui rappellent les lettres U ou V (fig. 2d-3a).
Les équivalents de noyau de Synechococcus sont petits et ronds.
La division de ces organites est un simple processus d’étranglement
(fig. 35-45). Dans les formes d’involution les équivalents de noyau
sont en filaments axiaux (fig. 4c-5). Quelquefois les filaments se
fragmentent en éléments plus ou moins longs que l’on trouve
par-ci, par-là dans les cellules-filles (fig. 6-9). Les formes d’involu¬
tion donnent souvent naissance à une cellule par étranglement.
Dans celles-ci l’équivalent de noyau prédomine quantitativement
ETUDE CYTOLOGIQUE DE QUELQUES CYANOPHYCÉES
151
sous une forme ramassée, alors que la cellule mère ne renferme
qu’un filament fin (fig. 10-11).
Tolypothrix byssoidea et Tolypothrix distorta montrent un ré¬
seau chromatique qui subit un étranglement lors de la division
(fig. 12«-12c).
2. ) Les résultats obtenus par la réaction de Feulgen se distin¬
guent des résultats des autres méthodes (fig. 13-17) par le fait que
les structures Feulgen-positives sont plus fines. A cet égard les
résultats sont identiques à ceux obtenus chez les bactéries (Dela¬
porte 1950).
3. ) Lorsque nous avons essayé le carmin acétique, celui-ci n’a
pas donné des résultats satisfaisants, sauf dans le cas d ’Aphano-
capsa. Comme cette méthode donne aussi une coloration des ecto-
plastes (Geitler 1930-32) les équivalents de noyau, faiblement
colorés en rouge, resteraient de ce fait fréquemment masqués
(fig. 18 a-b).
4. ) La pyronine et la réaction de Meyer ont donné d’excellents
résultats dans tous les cas. Dans les cellules d'Aphanocapsa la
coloration s’est trouvée à proximité du centre cellulaire (fig. 18 d).
Ceci nous amène à penser qu’il existe probablement dans cette
espèce une localisation isotope du ADN et du ARN, ou, en d’autres
termes, un équivalent de noyau du type caryoïde.
Il a été possible, d’autre part, de constater la présence des gra¬
nules qui apparaissent la plupart du temps à la périphérie de la
cellule (fig. 18c, e-f). Il faut souligner qu’en aucun cas les colora¬
tions à la pyronine et celle de Meyer ne permettent d’observer les
figures connues de la division cellulaire, qui sont mises en évidence
avec les autres colorants, tels que la réaction de Feulgen, le Giemsa
après hydrolyse chlorhydrique.
Par ailleurs, il convient de remarquer qu’après hydrolyse chlo¬
rhydrique préalable (60° pendant 5 minutes) la coloration à la
pyronine et la réaction de la volutine sont toutes les deux négatives.
Nous estimons que ces faits sont une preuve en faveur de l’exis¬
tence et de la localisation séparée du ADN et du ARN à 1 intérieur
de la cellule.
Chez Synechococcus la pyronine et la réaction de Meyer colorent
visiblement les mêmes zones de la cellule. Ceci est particulièrement
net dans les petites cellules où les pôles apparaissent en rouge
(pyronine) ou en noir (Meyer). Les tests du ADN ne donnent jamais
les mêmes structures (fig. 19a-c).
Dans les grandes cellules les deux méthodes rendent visibles de
petits granules dispersés dans les cellules et des grains plus grands
qui occupent toute la largeur de la cellule (fig. 19d-c). Après hydro-
Source : MNHN.
152
F. HERBST
lyse on n’obtient pas de coloration avec la pyronine et la réaction
de Meyer.
Dans le cas de Tolypothrix byssoidea et de Tolypothrix distorta
les granules sont localisés dans la couche corticale. Ils se présen¬
tent sous trois formes à savoir : un corpuscule rond et entièrement
coloré, un corpuscule rond avec un centre granuleux et fortement
coloré, ou bien avec un anneau périphérique (fig. 25-29, 31). Là
encore l’hydrolyse supprime la colorabilité.
D’après ce qui précède il est hors de doute que les petites cellules
de Synechococcus se colorent de la même façon avec la pyronine et
la réaction de Meyer. Pour examiner ce qui passe dans les autres
cas nous avons décoloré les préparations traitées à la pyronine et
nous les avons recolorées selon la méthode de Meyer. Aphanocapsa
et Synechococcus (formes d’involution) en raison de leur petite
taille se prêtaient difficilement aux observations — cependant il
a été possible dans des cas favorables de montrer que ce sont bien
les mêmes structures qui se colorent. L’examen de Tolypothrix
byssoidea et de Tolypothrix distorta ne se heurte pas aux mêmes
difficultés.
5.) Nous avons déjà mentionné les particularités du vert de mé¬
thyle (Pollister et Leuchtenberger 1949). Ce colorant se com¬
porte exactement comme les autres colorants basiques. Les équiva¬
lents de noyau de toutes les algues examinées se sont colorés avec
le vert de méthyle, après hydrolyse.
Lorsqu’on opère avec du vert de méthyle acétique on constate
chez Aphanocapsa une coloration à la fois de la volutine et des
structures nucléaires (fig. 20 a-b). Synechococcus et Tolypothrix
donnent avec ce réactif une coloration de la volutine seulement
(fig. 20c-24, 30) ; mais cette réaction est négative si on la fait
précéder d’une hydrolyse.
Toutefois chez Aphanocapsa l’hydrolyse laisse subsister une
faible coloration des structures nucléaires.
En décolorant avec de l’alcool la coloration obtenue avec la pyro¬
nine et en soumettant la préparation à l’action du vert de méthyle
acétique on observe que les mêmes corpuscules réagissent positive¬
ment aux deux colorants.
6.) Avec le bleu de méthylène (coloration vitale) les corpuscules
métachromatiques se colorent intensément en rouge ou rougeâtre.
La présence simultanée de corpuscules métachromatiques colorés
en rouge et de structures colorées en bleu permet de supposer que
ces derniers éléments, par suite de leur localisation, sont identiques
aux structures nucléaires. Dans les grandes cellules de Synecho¬
coccus nous avons observé une. différence très nette entre les cor-
Source : MNHN. Paris
ETUDE CYTOLOGIQUE DE QUELQUES CYANOPHYCÉES
153
puscules métachromatiques rouges et le filament axial coloré en
bleu foncé qui représente effectivement l’équivalent de noyau
(fig. 32a-e). Une différenciation à l’aide d’acide sulfurique (1 %) ou
d’acide chlorhydrique (HCl N) a pour effet de décolorer le filament
axial alors que la métachromatine passe du rouge au noir.
En comparant la réaction de Meyer, la réaction de Feulgen et
les autres méthodes avec la coloration vitale suivie de la différen¬
ciation mentionnée, il apparaît que la coloration vitale permet de
mettre en évidence à la fois le ADN et le ARN.
Les observations ci-dessus sont difficiles à faire chez Aphano-
capsa en raison de la petite taille des cellules (fig. 33a-e).
Dans les cellules de Tolypothrix la coloration vitale a montré des
structures en position centrale à côté des structures métachroma¬
tiques. Les structures se comportent après différenciation (H, SO<,
HCl) exactement comme chez Synechococcus. En comparant les
structures Feulgen-positives du corps central avec les structures
obtenues à l’aide de la coloration vitale, on voit que les deux struc¬
tures sont identiques.
Les recherches que nous avons effectuées avec le réactif de
Schiff ont montré chez Aphanocapsa quelques corpuscules colorés
en rouge. Ces corpuscules ne sont pas identiques aux structures
nucléaires. Leur situation topographique aussi bien que leur forme
laissent supposer qu’il s’agit de grains de volutine (34a-e).
Chez Synechococcus nous avons constaté aussi des structures
avec le réactif de Schiff, ce qui montre nettement, qu’il s’agit bien
de corpuscules métachromatiques (fig. 35). Chez Tolypothrix la
métachromatine n’est que faiblement colorée.
CONCLUSIONS.
1. ) Les examens auxquels nous avons procédé ont permis de
constater la présence d’équivalents de noyau à réaction de Feulgen
positive chez toutes les espèces que nous avons étudiées :
Aphanocapsa sp., Tolypothrix byssoidea, Tolypothrix clistorta et
Synechococcus elongatus. Ces structures ont également pu être
mises en évidence à l’aide de colorants basiques après hydrolyse
préalable.
2. ) La forme des équivalents de noyau chez Aphanocapsa et
Synechococcus rappelle celle des Bactéries.
3. ) Chez Tolypothrix nous avons constaté la présence d’un ré¬
seau chromatique typique.
4. ) A côté des équivalents de noyau qui contiennent de l’acide
désoxyribonucléique il existe des corpuscules métachromatiques à
acide ribonucléique. Ceci nous amène à considérer que les équi¬
valents de noyau sont du type nucléoïde.
154
F. HERBST
5.) Il n’a pas été possible de constater, une spécificité du vert de
méthyle vis-à-vis de l’acide désoxyribonucléique chez les algues
étudiées.
Le présent travail a été effectué au Laboratoire de Cryptogamie
du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris. Nous exprimons
notre vive gratitude à M. le P r R. Heim qui a bien voulu nous ac¬
cueillir dans son laboratoire. Nous tenons également à remercier
M" fi B. Delaporte, maître de recherches au C.N.R.S., et M. P. Bour-
relly Sous-directeur au Muséum, qui ont suivi avec intérêt notre
travail.
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</
156
F. HERBST
Planche I.
Fig. 1 a Aphanocapsa sp. Feulgen.
Fig. 1 b à 2 c — —
Fig. 2 d à 3 a —■ —
Fig. 3 b à 3 d Synechococcus elongatus
Fig. 3 e à 4 b — —
Fig. 4 c à 5 — —
Fig. 6 à 8
Fig. 9
Fig. 10 à 11
X 1000. Cellule en repos.
— Cellules en division.
— Equivalents de noyau sous
forme de U ou V.
— Cellules en repos.
— Cellules en division.
— Cellules involutives.
Equivalents de noyau sous
forme d’un filament axial
continu.
Equivalent de noyau sous
forme d’up filament axial
interrompu.
— Cellule involutive après for¬
mation de cellules-filles.
— Etranglement d’une petite
cellule polaire.
ETUDE CYTOLOGIQUE DE QUELQUES CYANOPHYCÉES
157
Source : MNHN, Paris ‘
158
F. HERBST
Planche IL
Fig. 12 a. Tolypothrix byssoidea. Feulgen. X 665. Appareil chromidial.
Fig. 12 b
Fig. 13 a
Fig. 13 b
— distorta — — —-
— byssoidea. HCI-Giemsa — —
— distorta — — —
ETUDE CYTOLOGIQUE DE QUELQUES CYANOPHYCÉES
159
Source : MNHN. Paris
160
F. HERBST
Planche III.
Fig. 14 a à 14 f Aphanocapsa sp.
Fig. 15 a à 15 c —
Fig. 15 d à 15 f —
Fig. 16 a à 16 c —
Fig. 16 d à 17 a Synechococcus elongatus
Fig. 17 b à 17 d —
Fig. 18 a Aphanocapsa sp.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
Fig.
(Fig.
18 c à 18 d —
18 e à 18 f —
19 a à 19 b Synechococcus elongatus
19 cà 19 e
20 a à 20b Aphanocapsa sp.
20 c à 21 Synechococcus elongatus
14 à 17 d : équivalents de noyau).
HCI-Giemsa X 1200
HCl-bleu de méthylène
HCl-bleu de toluidine —
HCl-thionine —
HCl-bleu de méthylène —
HCI-Giemsa —
Carmin acétique montrant les ecto-
plastes X 1200
Carmin acétique. Ectoplastes et équi¬
valent de noyau X 1200
Coloration avec la pyronine X 1200.
Réaction de Meyer X 1200
Coloration avec la pyronine X 1200.
Réaction de Meyer X 1200
Coloration avec le vert de méthyle
acétique X 1200
Coloration avec le vert de méthyle
acétique X 1200
ETUDE CYTOLOGIQUE DE QUELQUES CYANOPHYCÉES
161
Source : MNHN, Paris
162
F. HERBST
Planche IV.
Fig. 22 à 24 Tolupothrix distorta Coloration avec le vert de méthyle acétique
X 665
Fig. 25 à 27 — Coloration avec la pyronine X 665
Source : MNHN, Paris
® ®
ETUDE CYTOLOGIQUE DE QUELQUES CYANOPHYCÉES
163
164
F. HERBST
Planche V.
Fig. 28
Fig. 29
Fig. 30
Fig. 31
Tolypothrix byssoidea. Coloration avec le pyronine X 665
— Réaction de Meyer X 665
— Coloration avec le vert de méthyle acétique.
X 665
Tolypothrix distorta Réaction de Meyer X 665
ETUDE CYTOLOGIQUE DE QUELQUES CYANOPHYCÉES
165
Source : MNHN, Paris
166
F. HERBST
Planche VI.
Fig. 32 a à 32 e Synechococcus elongaius Coloration vitale X 1400.
Fig. 33 a à 33 e Aphanocapsa sp. Coloration vitale X 1400.
Fig. 34 a à 34 e — Coloration avec le réactif de Schiff
X 1400.
Fig. 35 a-f Synechococcus elongatus Coloration avec le réactif de Schiff
X 1400.
ETUDE CYTOLOGIQUE DE QUELQUES CYANOPHYCÉES
167
NOTULES ALGOLOGIQUES
Cette rubrique réunit de courtes notes sans illustrations ni références biblio¬
graphiques. Elle permettra aux auteurs de publier des observations nouvelles
ne se prêtant pas à un long développement, notamment celles concernant l’éco-
Jogie ou la biogéographie des Algues, ou de prendre date avant la parution d’un
travail plus complet.
Trois algues microscopiques marines des environs de Dinard.
Lors de la grande marée de septembre 1957, nous avons étudié
les organismes microscopiques de la plage de sable vaseux qui
s’étend devant le Laboratoire maritime du Muséum à Dinard. La
partie découverte de cette plage est colonisée par de rares Zos-
tères et d’abondantes Vauchéries. A la surface de la vase nous
avons observé trois organismes rarement signalés en France : deux
Cyanophycées et une Euglène.
1°) Merismopedia glauca fo. mediterranea (Nâg.) Coll.
Cette Chroococcale a des cellules de 5 à 7 ja de diamètre, à con¬
tenu homogène, d’un beau bleu-vert, un peu glauque, ses cellules
sont alignées très régulièrement en grandes colonies planes, à bor¬
dure gélatineuse bien visible. Ces colonies groupent un grand
nombre de cellules et atteignent une centaine de u de côté.
Cette espèce a été signalée en Méditerranée par Feldmann et est
connue des Etats-Unis et de la Suède (Lindstedt (1)).
2°) Holopedia sabulicola Lagerh. (2).
Cette espèce, nouvelle pour la France, était assez abondante dans
le sable de la plage. Ses colonies sont de grande taille, jusqu’à 250 \l
de longueur. Leur forme est irrégulière, elle se présente sous l’as¬
pect d un thalle plat, parfois perforé, à bords déchiquetés, ondulés.
(1) Lindstedt A. — Die Flora der marinen Cyanophyceen der Schwedischen
Westküste. — Lund, 1943.
(2) Nous n’avons pas suivi la position prise par Drouet et Daily (Révision of
the coccoid Myxophyceae, Butler Uniu. bot. stud., 12, 1956) qui présente Holo¬
pedia sabulicola sous le nom de Agmenellum thermale (Kütz.) Dr. et Dail. Ce
nom désigne aussi bien Merismopedia elegans que Merismopedia convoluta
espèces bien différentes. Il est impossible d’y ranger une espèce comme Holo¬
pedia sabulicola, à cellules sans ordonnance régulière. Si l’on veut suivre la ter¬
minologie de Drouet et Daily il faut appeler notre algue Microcrocis sabulicola
(Lagerhm) Geitl. 1942. Mais le genre Microcrocis Richter date de 1892 et dès
1883, Lagerheim avait créé Merismopedium subgen. Holopedium pour cette
algue. Il nous semble donc plus logique et plus simple d’admettre le nom
Holopedia ou Holopedium et d’en demander l’inscription sur la liste des nomina
conservanda.
NOTULES ALGOLOGIQUES
169
Ce thalle est formé par une seule couche cle cellules polygonales,
serrées les unes contre les autres, de 3 à 5 u de diamètre. Ces cel¬
lules d’un beau vert-bleu homogène sont en courts bâtonnets cy¬
lindriques de 6 a de longueur et à pôles arrondis. Leur grand axe
est perpendiculaire au plan de la colonie et la division se fait
suivant ce grand axe. Ces colonies d 'Holopedia, signalées en Suède
et sur les bords de la Baltique (LindstedtO se distinguent facile¬
ment de Merismopedia par la forme des cellules, leur arrange¬
ment irrégulier et l’absence de marge gélatineuse visible.
3°) Euglena obtusa Schmitz.
Cette Euglène dépourvue de flagelle, à corps cylindrique, méta¬
bolique, à stigma bien visible, serpente à la surface du sable
vaseux humide. Elle atteint une centaine de a pour 15-20 a de lar¬
geur. Le noyau est médian, les plastes nombreux, pariétaux, dis¬
coïdes à bords ondulés; ils portent en leur centre un diplopyré-
noïde à double coque de paramylon. La striation de la cuticule
est fine, les corps mucifères sphériques, ordonnés en séries héli¬
coïdales de même sens que les stries cuticulaires sont bien visi¬
bles sur le vivant, même sans coloration vitale.
Cette Euglène, signalée d’abord en eau douce, a été retrouvée sur
les vases marines ou saumâtres d’Angleterre par Bracher et Car¬
ter. Pringsheim (3) précise sa cytologie et montre que la forme
marine est identique à celle d’eau douce.
Parriaud (4) signale cette espèce sur la côte atlantique fran¬
çaise et en donne de bonnes figures. Il indique qu’en laboratoire.
E. obtusa supporte sans dommage un séjour de 24 heures en eau
douce.
Cette espèce sans doute commune sur les plages vaseuses marines
soumises au rythme de la marée pose un petit problème de sys¬
tématique. Est-elle synonyme d 'Euglena limosa Gard? Pringsheim,
Gojdics, le supposent. Souhaitons que la station type d’E. limosa
des bords de la Gironde soit à nouvèau prospectée afin de tran¬
cher ce problème.
P. Bourrelly.
(3) Pringsheim E. G. — Contributions towards a Monograph of the genus
Euglena. — Nov. act. Léopold., N. F., Bd. 18, n° 125, 1956.
(4) Parriaud H. — Sur deux Euglènes marines sans flagelle. — Proc. verb.
Soc. Linné., Bordeaux, 95, 1954.
Source :MNHN. Pans
BIBLIOGRAPHIE.
Les conditions actuelles de l’imprimerie ne permettant plus d’envisager la
parution d’une Bibliographie Algologique méthodique comme dans la première
série de cette revue, il ne sera publié que des indications bibliographiques con¬
cernant les ouvrages importants ou les mémoires d’intérêt général. Les lecteurs
de langue française peuvent trouver un complément d’information dans la
« Bibliographie » paraissant en annexe au « Bulletin de la Société botanique de
France» et dans le «Bulletin analytique» publié par le Centre National de la
Recherche Scientifique.
Pringsheim E. G. — Contributions towards a monograph of the
genus Euglena. — Nov. act. Léopold., N. F., 18. 125, 1-168, 44 fig.,
1956.
Il était difficile jusqu’à ces dernières années, de se diriger dans le
dédale de la systématique du genre Euglena. Mais nous sommes depuis
quelques temps particulièrement favorisés puisque à peu de distance,
Conrad et Van Meel (1952), Gojdics (1953) Huber-Pestalozzi (1955)
ont publié tour à tour de savantes mises au point monographiques. Nous
dirons même que l’algologue qui s’appuie sur ces travaux pour déter¬
miner une Euglène, se plaint de cette abondance. Le concept de l’espèce
varie avec chaque auteur, la synonymie aussi, et le travail de détermi¬
nation reste difficile. Pourtant voici, non une monographie, mais une
contribution à une monographie qui sera la bienvenue. Elle émane en
effet d’un spécialiste qui, depuis plus de quarante années, cultive et
étudie les Euglènes.
Le mémoire de Pringsheim renferme 7 chapitres : 1°) introduction;
2°) morphologie générale des Euglènes, qui est en fait une étude cytolo¬
gique fort complète; 3°) culture, physiologie et écologie; 4°) taxinomie
générale; 5°) systématique des Euglènes; 6°) liste critique des espèces;
7°) conclusion.
Voyons en détail les chapitres 4 et 5 qui occupent une centaine de
pages. L’auteur y fait une « tentative » de classement des Euglènes en
groupes ou sous-genres. Il n’utilise pas uniquement comme Gojdics, la
structure des plastes, mais donne une grande importance à la forme et
à la métabolie de la cellule.
Il reconnaît les 6 groupes suivants :
1) rigidae : espèce type E. acus, espèces non métaboliques à plastes
discoïdes, sans pyrénoïde.
2) lentiferae : type E. proxima, à métabolie plus ou moins marquée et
à plastes lenticulaires sans pyrénoïde.
3) catilliferae : type E. gracilis à métabolie plus ou moins marquée, à
plastes avec diplopyrénoïde.
4) radiata : type E. viridis à plastes rayonnants à partir d’un centre de
paramylogenèse.
5) serpentes : type E. deses : cellules rampantes et à plastes à pyrénoïde
nu.
6) limpidae : formes incolores à stigma.
Le chapitre 5 est réservé à l’étude d’un certain nombre d’espèces
appartenant aux groupes ainsi définis.
BIBLIOGRAPHIE
171
L’auteur passe en revue 47 espèces différentes. Pour chacune de ces
espèces il donne de nombreuses figures, toutes originales, et une foule
de renseignements très précis sur la morpholo-cytologie de ces flagellés
et sur la synonymie.
Le mémoire se termine par une liste alphabétique critique des espèces,
malheureusement sans indication de pagination ce qui rend les recher¬
ches malaisées. L’auteur reconnaît 58 espèces seulement et une grande
quantité de synonymes. Nous pensons qu’il est peut-être un peu sévère
pour les espèces qu’il n’a pu observer personnellement.
Nous voudrions, malgré le puissant intérêt de ce travail, indiquer quel¬
ques critiques de détail. A notre avis le groupement des Euglènes en
sous-genres reste quelque peu artificiel, l’auteur donnant beaucoup
plus d’attention à la forme de la cellule et à sa métabolie qu’à la cyto¬
logie. Il n’attache, croyons-nous, pas une assez grande importance au
caractère donné par les corps mucifères. Ainsi dans le groupe des Eu-
glena radialae, il accepte E. stellata et repousse, sans raison, les E.
pseudoviridis et Chadefaudii. Signalons aussi un certain manque de
clarté dans les descriptions ce qui rend les recherches difficiles. Il ne
s’agit pas évidemment, et l’auteur a soin de le préciser, d’une mono¬
graphie, mais d’une suite de notes et d’observations sur un grand nombre
d’espèces. Espérons donc que Pringsheim ordonnera toutes ses remar¬
ques en une vaste synthèse qui sera alors une monographie définitive du
genre. Mais tel qu’il est, ce mémoire complète et corrige les travaux
monographiques antérieurs. Il est indispensable à tout ceux qui s’inté¬
ressent au groupe des Euglènes et des Eugléniens. — P. By.
Jurilj A. — La phylogenèse spécifique d’un groupe de Diato-
mées-Campylodiscoideae et sa cause. Hydrobiologia, 8, 1/2,
p. 1-15, 2 pl., 2 fig., 1956.
Nous avons analysé dans un numéro précédent l’importante contribu¬
tion de Jurilj à la connaissance des Diatomées du lac d’Ohrida. L’auteur
précise dans cette courte note la morphogenèse des formes intermé¬
diaires entre Suriella et Ccimpylodiscus. Chez Surirella, les deux valves
sont parallèles, droites ou tordues. Puis la torsion hélicoïdale dextrogyre
des valves s’accentue et s’accompagne d’un déplacement des valves.
Dans Campylodiscus, ce déplacement est maximum et les axes des valves
font un angle de 90°. L’auteur a retrouvé dans le lac d’Ohrid et dans le
Baïkal des formes intermédiaires où le croisement des valves est de 15°
(Spirodiscus ), de 30° à 40° (Scoliodiscus) , de 80° (Spirodiscus) . Il donne
une explication ingénieuse du processus de torsion et de croisement des
valves. Chez ces Diatomées le canal-raphé, organe moteur de la locomo¬
tion, entoure le bord de la valve. Mais il n’est pas entièrement fonction¬
nel; seul est actif pour une valve, le quart supérieur droit et le quart
inférieur gauche, pour la deuxième valve la disposition est inverse. Il se
produit donc un couple de force qui tend à faire tourner les deux valves
l’une sur l’autre, le croisement maximum des valves ne pouvant être que
de 90°. Ce même couple produit sur l’ensemble une torsion hélicoïdale.
Cette explication fondée sur l’observation du mouvement des Surirella
se déplaçant dans l’eau et sur la vase éclaire admirablement la phyloge¬
nèse du groupe Suriella-Campylodiscus. — P. By.
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BIBLIOGRAPHIE
Jurilj A. — Flora of Diatoms of Sarmatic Sea in environs of
Zagreb. — Juyoslav. Akad. Znan. umjetn. act. biol. , 1, p. 5-154,
40 pl., 1957.
Cet important mémoire est consacré à l’étude des Diatomées tertiaires
du Miocène inférieur des couches sarmatiques des environs de Zagreb.
Ces dépôts fossiles renferment surtout des espèces marines planctoniques
mais quelques niveaux sont lacustres ou saumâtres. L’auteur signale plus
de 400 espèces, variétés et formes. Une illustration très soignée repré¬
sente plus de 250 espèces différentes. Sur ces 400 diatomées, 173 sont
des formes actuelles dont 37 spéciales aux mers chaudes tropicales ou
subtropicales. L’auteur remarque que cette florule diatomique est très
voisine des Diatomées actuelles peuplant les eaux marines de l’archipel
des Philippines. Parmi ces 400 espèces, 76 sont nouvelles; elles appar¬
tiennent aux genres Melosira, Hyalodiscus, Coscinodiscus, Stictodiscus,
Actinoptychus, Asteromphalus, Mastogonia, Auliscus, Actinocyclus, Chae-
loceros, Biddulphia, Plagiogramma, Dùnerogramma, Stylobiblium, Cy-
matosira, Opephora, Thalassionema, Thalassiolhrix, Achnanthes, Cocco-
neis, Mastogloia, Pleurosigma, Dictyoneis, Diploneis, Oestrupia, Caloneis,
Navicula, Pinnularia, Amphora, Denticula, Epithemia, Rhopalodia,
Nitzschia, Cymatopleura, Surirella et Campylodiscus. Pour chaque nou¬
veauté une figure complète la diagnose latine. Cette longue énumération
montre l’importance de ce mémoire et son intérêt. Ce travail est en
langue yougoslave mais un bon résumé en anglais permet d’en saisir
toute l’ampleur et toute la valeur. — P. By.
Johnson L. P. — Observations on Euglena fracta sp. nov. with
spécial reference to the locomotor apparatus. — Trans. Amer, mi-
crosc. soc., 75, 3, p. 271-281, 20 fig., 1956.
Voici une courte note sur une espèce nouvelle d’Euglena, très proche
d'E. granulata, note qui mentionne une découverte cytologique très im¬
portante. L’auteur montre que chacune des bases des deux fouets de
l’Euglène dont un seul sort du réservoir, présente un blépharoplaste
réuni par un rhizoplaste à l’endosome du noyau. Au moment de la divi¬
sion chaque blépharoplaste se divise, il y en a donc 4 dans le réservoir,
portant chacun une racine de fouet. Enfin chez Euglena fracta, très sou¬
vent le photocepteur est double. Remarquons que la présence de 2 rhizo-
plastes réunissant les flagelles au noyau, avait été signalée par Haase
•chez Euglena sanguinea. Ce fait important, souvent nié, semble donc
maintenant confirmé.
L’auteur termine cette intéressante note par des remarques sur l’an¬
cêtre des Euglènes. Signalons cependant qu’il s’y glisse une erreur qui se
perpétue dans les travaux américains : Colacium est donné comme
possédant un seul flagelle, tandis qu’il a en réalité une double racine
comme chez Euglena.- — P. By.
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