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ALGOL OGIQUE
USA
Nouvelle Série
Tome VI
PARIS
Nouvelle Série Tome VI, N° 1.
Octobre 1961
REVUE
ALGOLOGIQUE
— FONDÉE EN 1922 -
Par P. ALLORGE et G- HAMEL
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
12, RUE DE BUFFON - PARIS V*
Publié avec le concours du CentreNational de la Recherche Scientifique
Paraissant quatre fois par an.
EDITIONS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE
1 — PUBLICATIONS PÉRIODIQUES
BULLETIN SIGNALÉTIQUE
Le Centre de Documentation du C.N.R.S. publie un « Bulletin signa-
létique » dans lequel sont signalés par de courts extraits classés par
matières tous les travaux scientifiques, techniques et philosophiques,
publiés dans le monde entier.
Le Centre de Documentation du C.N.R.S. fournit également la repro¬
duction sur microfilm ou sur papier des articles signalés dans le « Bulle¬
tin signalétique » ou des articles dont la référence bibliographique
précise lui est fournie.
ABONNEMENT ANNUEL
(y compris table générale des auteurs).
2* Partie (biologie, physiologie, zoologie, agriculture) :
France . 120 N F
Etranger . 150 N F
Tirages à part 2 e Partie.
Section XI. — Biologie animale, génétique, biologie
végétale :
France .
Etranger .
Section XII. — Agriculture, aliments et industries
alimentaires :
France . 19 NF
Etranger . 24 N F
ABONNEMENT AU CENTRE DE DOCUMENTATION DU C.N.R.S.
16, rue Pierre-Curie, PARIS-5*
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66 N F
JOURNAL DES RECHERCHES DU C.N.R.S.
Publication trimestrielle.
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Prix du numéro :
France . 8 NF
Etranger . 8 NF
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1, place Aristide-Briand, BELLEVUE (S.-et-O.).
BULLETIN DU SERVICE DE LA CARTE
PHYTOGÉOGRAPHIQUE
Série A. Carte phytogéograph. au 1/200.000*. Abonn. 1 an. 10 N F
Série B. Carte des Group, végét. au 1/20.000*. Abon. 1 an. 10 N F
Nouvelle Série. Tome VI, Fasc. 1.
Octobre 1961.
REVUE
ALGOLOGIQUE
DIRECTEURS .
P. BOURRELLY et ROB. LAMI
SOMMAIRE
J. Brunel. — Frère Irénée-Marie (1889-1960). 3
A. K. M. Nurul Islam. — The genus Cloniophora Tiff. 7
R. Corillion. — Les stations à Tolypella hispanica Nordst. (Cha-
rophycées) du territoire français. 33
Fr. Ardré et P. Gayral. — Quelques Grateloupia de l’Atlantique et
du Pacifique.
S. C. Mehta, G. S. Venkataraman and S. C. Das. — The fine struc¬
ture and cell wall nature of Diatoma hiemale var. mesodon
(Ehrbg.) Grün. 49
M. Voigt. — Sur le genre Falcula . 53
P. Bourrelly. — Quelques algues rares ou nouvelles du Lac de Grand-
Lieu . ^7
Bibliographie
69
REVUE ALGOLOGIQUE
N"- Sér . T. VI; PI.
Frère Irénée-Marie
(1889-1960)
Frère Irénée-Marie (1889-1960)
Par Jules BRUNEL,
Université de Montréal.
Le Frère Irénée-Marie, I.C., D.Sc., auteur bien connu de la Flore
desmidiale de la région de Montréal et de nombre d’autres travaux
sur les Desmidiées du Québec, est décédé le 29 février I960 à
I Hôpital Saint-Joseph de Trois-Rivières, à l’âge de 70 ans.
Né à Saint-Boniface de Shawinigan (comté de Saint-Maurice,
province de Québec), le 2 décembre 1889, Joseph Caron était le
cinquième d’une famille de onze enfants. Le père était cultivateur
pendant la belle saison et menuisier-charpentier en hiver. Le
15 août 1905, Joseph Caron entrait en religion chez les Frères de
l’Instruction chrétienne à Laprairie, près Montréal; c’est alors qu’il
reçut le nom de Frère Irénée-Marie.
De 1907 à 1924, Irénée-Marie enseigna dans diverses écoles de
sa communauté, puis il fut attaché au Bureau des Etudes de la
Maison principale de Laprairie.
C’est vers 1931 qu’il s’inscrivit à la Faculté des Sciences de
l’Université de Montréal, où il obtint sa licence ès sciences en 1933.
J avais moi-même débuté dans l’enseignement universitaire en
1930, alors qu’on m’avait confié l’enseignement de la botanique
cryptogamique. Irénée-Marie était donc déjà un homme dans la
lorce de 1 âge (un peu plus de 40 ans), et moi un professeur débu¬
tant (26 ou 27 ans), quand il suivit mes cours de mycologie et de
phycologie. L’étude des algues, qui nécessitait l’usage presque con¬
tinuel du microscope lors des séances de travaux pratiques, le
passionnait visiblement, en particulier celle des Desmidiées. En
conséquence, quand vint le temps de choisir un sujet de thèse de
doctorat, c’est à l’étude de cette intéressante famille d’algues
vertes qu’il décida de consacrer tout le temps dont il pouvait
disposer.
Ayant choisi de faire l’élude exhaustive de la grande tourbière
de Saint-Hubert (comté de Chambiy), à quelques milles de Mont¬
réal et de Laprairie, au point de vue de sa flore desmidiologique,
on vit Irénée-Marie visiter pendant trois ou quatre années consé¬
cutives (1935-1938), une ou deux fois la semaine, en toutes saisons,
les quinze lieux de récolte qu’il avait soigneusement choisis et
REVUE ALGOLOGIQUE, NOUVELLE SÉRIE, TOME VI, FASC. I, OCTOBRE 1961
Source : MNHN, Paris
4
JULES BRUNEL
numérotés. Il faut avoir vu cette vaste tourbière pour se rendre
compte des difficultés de tous ordres que pouvait présenter un tel
travail, particulièrement en hiver; même pendant la belle saison,
l’entreprise n’était pas sans dangers, puisque à deux reprises
Irénée-Marie, qui travaillait quelquefois imprudemment sans com¬
pagnon, s’enlisa dans la vase mi-fluide où il faillit disparaître sans
laisser de traces... et sans témoin. Son courage à toute épreuve fut
toutefois récompensé, car ce vaillant et persévérant chercheur
réussit à isoler, à identifier, à décrire et à illustrer plus de cinq
cents Desmidiées, provenant pour la plupart de la tourbière de
Saint-Hubert. Les deux tiers de ces algues étaient des additions à
la flore du Québec, et près de cinquante étaient des entités nou¬
velles pour la science.
C’est cette riche documentation qu’il présenta comme thèse de
doctorat en 1938, thèse que sa communauté publia en 1939 sous le
litre de Flore desmidiale de la région de Montréal, un fort volume
de 547 pages, comportant 69 planches de dessins originaux.
Ce précieux ouvrage rendit par la suite de grands services à
tous ceux qui s’intéressent à l’étude des Desmidiées, non seule¬
ment au Canada mais dans de nombreux pays étrangers. Car il
faut savoir que beaucoup de Desmidiées sont cosmopolites et
peuvent se rencontrer aussi bien en Amérique du Sud qu’en Eu¬
rope, en Afrique, en Asie, etc. La meilleure preuve que l’ouvrage
d’Irénée-Marie est de bonne qualité et qu’il est apprécié à l’étran¬
ger, c’est qu’il est fréquemment cité par les auteurs.
Après la publication de sa Flore desmidiale, Irénée-Marie n’a
jamais cessé de poursuivre l’étude des Desmidiées. Il étendit ses
recherches à plusieurs régions du Québec qui n’avaient été que
peu ou pas explorées, et publia plusieurs importants mémoires
soit dans le Naturaliste Canadien de Québec, soit dans les pério¬
diques européens Hydrobiologia (La Haye) et Revue algologique
(Paris), sur la région du lac Saint-Jean, celle de Québec, celle de
Trois-Rivières, celle de Gaspésie, celle du haut Saint-Maurice, etc.
L’analyse même sommaire des travaux post-doctoraux d’Irénée-
Marie demanderait beaucoup trop de temps et allongerait indû¬
ment cette notice. Mais j’ai nettement l’impression que cette deu¬
xième partie de son œuvre est au moins aussi importante, peut-
être même plus importante, que sa Flore desmidiale quant au
nombre d’entités découvertes, décrites et illustrées.
A tout événement, la contribution totale d’Irénée-Marie à l’avan¬
cement de la phycologie d’eau douce du Québec est très considé¬
rable et rendra d’immenses services à ceux qui viendront après lui.
FRÈRE IRÉNÉE-MARIE
5
Toute l’œuvre de ce savant modeste est d’ailleurs un bel exemple
de ce que peut accomplir un chercheur obstiné et persévérant,
éloigné des grands centres, et ne disposant que de moyens limités.
Ayant bien connu autrefois le Frère Irénée-Marie, je suis sûr
qu'il n’ambitionnait pas de travailler dans des conditions diffé¬
rentes, et que l’isolement du milieu scientifique dans lequel il a
vécu était voulu. Sa récompense comme savant ne fut pas dans
la sollicitation et l’obtention des honneurs, mais bien dans la
pure joie de la découverte.
BIBLIOGRAPHIE ALGOLOGIQUE DU FRÈRE IRÉNÉE-MARIE
1. Le repérage en microseopie, avec description d’un appareil nou¬
veau. Nat. Can. 64 : 89-95, 1937. — (Aussi : Contrib. Lab. Bot.
Univ. Montréal, 29 : 51-57, 1937.)
2. Flore desmidiale de la région de Montréal. 547 p., 69 pl., 7 fig. La-
prairie, 1938 ou 1939. — (La page-titre porte 1938, mais l’impri¬
matur est daté du 18 mars 1939.)
3. Contribution à la connaissance des Desmidiées de Québec. — Nat.
Can. 67 : 97-112, 1940.
4. Etude de la flore desmidiale de la région du Lac Saint-Jean. — Nat.
Can. 69 : 248-259; 275-282, 1942. — 70 : 5-19, 1943. — (Ce travail
préliminaire, consistant surtout en une liste d’espèces, a fait l’objet
d’un mémoire élaboré dans Iiydrobiologia, 4 : 1-208, 1952.)
5. La critique dans les ouvrages de W. et G. S. West. — Nat. Can. 73 ■
412-418, 1946.
6. Contribution à la connaissance des Desmidiées de la région des
Trois-Rivières. Nat. Can. 71 : 273-287, 1944. 74 : 102-124,
1947. 75 : 139-173, 1948. — 76 : 16-42; 99-133, 1949.
7. Quelques Desmidiées du lac Mistassini. — Nat. Can. 76 : 242-261-
265-316, 1949.
8. Desmidiées de la région de Québec. Nat. Can. 78 : 88-127; 177-
221; 301-339, 1951. 79 : 11-45, 1952.
9. Contribution a la connaissance des Desmidiées de la région du Lac
Saint-Jean. — Hydrobiologie, 4 : 1-208, 1952.
10. Flore desmidiale de la région des Trois-Rivières. — Nat. Can. 81 :
5-49; 69-90, 1954. — (Pour la 3 e partie, voir le titre suivant.)
11. Les petits genres dans la famille des Desmidiaceae. - Revue Algol.,
N. S. 1 : 88-1211, 1954. — (Complément du travail précédent.)
12. Une excursion algologique dans le parc des Laurentides et au Lac
Saint-Jean. — Nat. Can. 82 : 109-144, 1955.
13. Les Euastrum du Lac Saint-Jean et du parc des Laurentides de la
province de Québec. — Revue algol., 2 : 112-121, 1956.
14. Les Cosmarium de la région des Trois-Rivières. — Hydrobiologia,
8 : 79-154, 1956.
15. Les Micrasterias de la région des Trois-Rivières. — Hydrobiologia,
9 : 66-88, 1957.
16. Les Staurastrum de la région des Trois-Rivières. — Hydrobiologia,
9 : 145-209, 1957.
Source : MNHN, Paris
6
JULES BRUNEL
17. Les Staurastrum de la Gaspésie, P. Que., Canada. — Hydrobiologia,
11 : 128-142, 1958.
18. Contribution à la connaissance des Desmidiées du Sud-Est de la
province de Québec et de la Gaspésie. — Hydrobiologia, 12 : 107-128,
1958.
19. Contribution à la connaissance des Desmidiées de la région des
Trois-Rivières. Genre Euastrum. — Nal. Can. 85 : 105-147, 1958.
(L’auteur reprend ici un titre utilisé précédemment, de 1944 à 1949.)
20. (Même titre.) — Excursion algologiquc dans le comté de Nicolet,
P. Q., le 7 août 1955. — Rev. Algol., 4 : 94-124, 1958.
21. Expédition algologique dans le Nord de la Mauricie, bassin de la
Mattawin. — Hydrobiologia, 13 : 319-381, 1959.
22. Expédition algologique dans la Haute-Maurieie, 1958. — Nal. Can.
86 : 199-213, 1959.
The genus Cloniophora Tiffany
A. K. M. Nurul ISLAM.
Résumé : L’auteur donne une étude morphologique, biogéographique
et systématique du genre Cloniophora, Chaetophorale voisine de Üra-
Parnaldia et de Stigeoclonium. Le genre renferme trois espèces et une
variété croissant dans les régions subéquatoriales du monde entier.
INTRODUCTION.
The genus Cloniophora was first establishcd by Tiffany (1936)
with two species, namely, C. willei Tiffany and C. capitellata Tif¬
fany, as a resuit of his investigations of N. Wille’s algal collec¬
tions during the period between 1914 and 1915 from Puerto Rico.
Since that publication the genus has been reported from few other
places. Thus, Bourrelly (1952) reported it from Guadeloupe Is-
land and in that paper he transferred certain species of Stigeo-
clonium to Cloniophora and proposed two new combinations :
1) C. plumosa (Kiitz.) Bourrelly, which includes Sligeoclonium
plumosum Kiitz., S. spicatum Schmid., S. Askenaysi Schmid.,
Cloniophora willei and C. capitellata; and 2) C. macrocladia
(Nordst.) Bourrelly, which includes only Sligeoclonium macro-
cladium (Nordst.) Schmid. Later on Bourrelly (1954) gave the
geographical distributions of the above proposed species C. plu-
mosa (Kiitz.) Bourrelly from Guadeloupe Island to Cayenne,
Java, Sumatra, Australia, Sandwich Island (Hawaii), Puerto Rico
and New Caledonia. Besides this, M"' c Gayral (1954) from Maroc,
Africa, as well as Hïrose and Takashima (1955) from several
places in Japan, reported Cloniophora sp. under the name C. plu¬
mosa (Kiitz) Bourrelly. Recently, Whitford (1960) reported
that the genus Cloniophora is quite common in Peruvian rivers in
the Amazon watershed.
During my recent investigations of the genus Stigeoclonium
I came across many herbarium specimens (both dry and preser-
ved ) of the above-mentioned species of Stigeocloniunm and Clo¬
niophora, as well as many unidentified specimens, and thus, it (*)
(*) Part of the Doctoral Thesis submitted to Michigan State University,
E. Lansing, U.S.A.
REVUE ALGOI.OGIQUE, NOUVELLE SÉRIE, TOME VI, FASC. I, OCTOBRE 1961
Source : MNHN, Paris
8
A. K. M. NURUL ISLAM
was possible to set aside these materials to make a critical study
of them. Hcre, in this paper, a general review of the genus Clonio-
phora and the results of my critical studies are given with a view
to clarify the systematic positions of several species belonging to
Stigeoclonium, Cloniophora and Draparnaldia.
Besides these herbaria specimens, several individual workers
hâve kindly supplied me with their recent collections of preser-
ved materials. They are : Prof. G. W. Prescott, collected from
Ecuador, 1958; D r M. Hirano and D r M. Akiyama, collected and
sent from Japan, 1960; M. D. C. Jackson, collected and sent from
Puerto Rico, 1960; M me Gauthier-Lièvre from Alger University
has kindly sent me many nice pencil drawings, some of which
represent Cloniophora species. Recently, D r L. A. Whitford
(North Carolina State College) has sent me some Peruvian Collec¬
tions of Cloniophora. I am extremely grateful to ail these persons
as well as to the curators and Directors of the different herbaria
for their generous coopération.
The abbreviations proposed for the herbaria by Lanjouw and
Stafleu (1956) are followed here. These are :AL — Laboratoire
de Botanique, Faculté de Science, Université d’Alger; F — Chica¬
go Natural History Muséum, Chicago; FH — Farlow library and
Herbarium of Cryptogamie Botany, Massachussetts; G — Conser¬
vatoire et Jardin Botaniques, Geneva; IA — Botany Department,
State Lïniversity oh Iowa; Iv — Royal Botanic Garden, Kew; L —
Rijksherbarium, Leiden; MICH — University Herbarium, Univer¬
sity of Michigan, Ann Arbor; NY — The New York Botanical
Garden; PC — Muséum d’Histoire Naturelle, Laboratoire de Cryp¬
togamie, Paris; PH — The Academy of Natural Sciences, Philadel¬
phia; US — Smith son i an Institution, National Muséum of the
United States, Washington, D. C.; W — Naturhistorisches Muséum,
Wien; Z — Botanischer Garten und Muséum der Universitât,
Ziirich.
The abbreviations used for the herbaria of individual persons
are : Akiy — Personal collections of D r M. Akiyama; Hir — Per¬
sonal collections of I) r Hirano; Jack — personnal collection of M.
C. Jackson; Près — personal collections of D r G. W. Prescott;
Whit — collections sent by D r L. A. Whitford.
The International Rules of Botanical Nomenclature, 1956 hâve
been followed in making new combinations and new varieties.
THE GENUS CLONIOPHORA
9
SYSTEMATIC DISCUSSION
The plants referred to the new genus Cloniophora by Tiffany in
1936, who placed it between Stigeoclonium and Draparnaldia,
were not altogether unknown and undescribed. Kützing’s descrin-
lions of Stigeoclonium plumosum Kiitz. (1849, p. 356) based on
type speciraen Le Prieur N° 829 from Cayenne, are almost the
same as given by Tiffany for Cloniophora. This is supported here
by the study of the above type specimen. Nordstedt (1878, p. 22)
had reported a similar plant as Draparnaldia macrocladia Nordst.
from Honolulu which Schmidle later (1900) transferred to Sti¬
geoclonium as S. macrocladium (Nordst.) Schmid. Schmidle (1895,
1896) also added two new species to Stigeoclonium, namely, S.
spicatum from Sumatra, and S. Askenaysi from Australia. Nayal
(1935) further added one new variety, S. macrocladium var. Egyp-
liacae Nayal from Egypt. Ail these Stigeoclonium species are simi¬
lar in habit to that of Cloniophora species.
It seeins, however, that the systematic positions of these cha-
racteristic plants were not clear for a long time, especially since
Kützing’s time, and authors from time to time were confused as
to whether these plants should be placed under Draparnaldia or
Stigeoclonium. Schmidle (1900) was the first to notice that Nords-
tedt’s Draparnaldia macrocladia was not a typical Draparnaldia,
and therefore transferred it to Stigeoclonium. In the same paper
(p. 162) Schmidle pointed out that the four species of Stigeoclo¬
nium, viz., S. macrocladium, S. nudiusculum var. tomentosum,
S. spicatum, and S. Askenaysi, ail form a rather different group
from the rest of Stigeoclonium species, because in ail these forms
the main axis is very wide with very narrow and short branches;
ail hâve a médian chloroplast (like Draparnaldia) and ail hâve
well-developed rhizoids at the base. He also expressed his doubt
whether som other species could be placed in this group. Wilde-
mann in the same year (1900, p. 62) also questioned the validity of
the « poorly defined » species Stigeoclonium spicatum and doub-
ted whether this species should be assigned to Stigeoclonium.
Although neither of these two authors established a new genus,
nor transferred these species of questionable systematic position
to any other genus except Stigeoclonium, it is necessary to give
them crédit, because they recognized and pointed out the charac-
leristic habits of the plant-group, and illustrated them well. Un-
lortunately, Tiffany (/. c.), who dealt with exactly similar kinds
of plants, lias failed to refer to any of the studies by Kützing,
Nordstedt, Schmidle, Wildemann and Nayal. On the other hand.
10
A. K. M. NURUL ISLAM
Tiffany did suggest that this genus Cloniophora should be compa-
red with Ireksokonia Meyer (1927), and Myxonemopsis Meyer
(1930), both of which, according to him, appear to be qune near
Stigeoclonium. But there is doubt whether these two généra arc
clearly chaetophoraceous, because of their reticulate chromato-
phores, thick laminated cell-wall, and very large size, which sug-
gest certain cladophoraceous characters.
Bourrelly (1952) was the first to recognize that ail the four
species of Stigeoclonium, nainely, S. plumosum, S. macrocladium,
S. spicatum and S. Askenaysi, should be placed under Cloniophora,
although one may not agréé completely with his proposed combi¬
nations.
Even now there slill exists confusion and dilference of opi¬
nion in respects to the systematic positions of these species. T’orest
(1956) still recognizes, although « with réluctance », the « most
consistently Stigeoclonium-like » Draparnalclia macrocladia and
considers that D. niidiuscula is a juvénile Draparnaldia. He fur-
ther refers Tilden's American Algae Exs. N° 460 : Stigeoclonium
nudiusculum from Hawaii to Draparnaldia macrocladia. This latter
specimen as well as Tilden’s Amer. Alg. Exs. N° 459 : Stigeoclo¬
nium amoenum var. novizelandicum Nordst. hâve been studied
by me and both are considered here as a species of Cloniophora (see
below).
There are several herbaria specimens bearing certain names
which also confuse the systematics of the above- mentioned spe¬
cies. Thus, for instance, G. W. Fergusson’s collections n” 360 and
387 bear the label Draparnaldia uniformis Kg. var? from Ceylon,
which are considered here as Cloniophora species. Similarly, somc
other herbaria specimens, such as Drouet Collection N os 9800,
9808, 9823, 9824 from Mississippi, (F), bear the name Stigeoclo¬
nium lubricum (Dillw.) Kiitz.; similarly, Wittrok and Nords-
tedt’s Exsiccata, Stigeoclonium amoenum Kg. forma (Leg. R. Jun-
ger, from Africa), is an incorrectly identified one. Other specimens
bearing the labels as Stigeoclonium with an epithet neocaledonicum
Grun. sp. n. and Stigeoclonium with an epithet polakowskyi n. sp.
Grun., and so on, were needed vérifications. Ail these plants hâve
been placed under proper species of Cloniophora (see under « spe¬
cimens studied » lists). The latter two as new species of Stigeo¬
clonium could not be fourni in any literature by me but only on
the herbarium sheets (both from Vindob Herb., Wien), and thus
according to the International Rules of Botanical Nomenclature
these names are considered unpublished and invalid. It is doubt-
ful whether Stigeoclonium nudiusculum var. tomenlosum should
THE GENES CLONIOPHORA
11
be assigned to Cloniophora because of its long, colorless hair
which is totally lacking in the latter genus.
From a comparative study of a large number of Stigeoclonium
specimens (see Islam, 1960) and from our knowledge of Drapar-
naldia species it appears that the genus Cloniophora stands quite
unique among other chaetophoraceous plants, and although it
shows many transitions from Stigeoclonium to Draparnaldia and
possesses certain common characters of both, yet it dilîers from
either of them in certain other characters which it maintains quite
uniformly and fairly constantly over a wide géographie range.
Thus the specimens from Ecuador, Peru, Puerto Rico and several
places from Japan, for example, are quite identical and it would be
difficult to state which one was from which place if there were no
labels attached to them.
Tiffany (/. c., p. 174) pointed out that the chloroplast struc¬
ture, attachment by means of profuse rhizoidal growth from lower
parts of the plants, absence of prostrate System, many pyrenoids
and many short latéral branches of Cloniophora (saine descrip¬
tions as given by Schmidle, 1896 and 1900 for his new species of
Stigeoclonium) are ail like Draparnaldia, and the forms and
origin of secondary branches are often similar to Stigeoclonium;
the only différence from either genus that he mentions is the non-
setiferous terminal cells of the branchlets (a point also stressed
by Kützing, 1849, for Stigeoclonium plumosum; by Nordstedt,
1878, for Draparnaldia macrocladia; by Schmidle, 1895 and 1896,
for Stigeoclonium spicatum and S. Askenaysi) . The absence of
prostrate part, presence of rhizoids, hair-less branch tips, etc., ho-
wever, may be found in certain species of Stigeoclonium and
Draparnaldia. In spite of ail these similarities, the différences are
striking. Here, in Cloniophora, however, the main axis is mostly
like Draparnaldia, but the branching habit, on the whole, does
not resemble it, nor Stigeoclonium. The cells-shape, the différence
in diameter between main axis and secondary branches and, most
important, the arrangement of the latter on the main axis or on
primary branches are characteristics for this genus. The main
axis consistently bears two types of branches : 1) long, many-
celled branches of indefinite growth, straight, rebranched or un-
branched, slightly narrower than the main axis and bearing secon¬
dary, short branches, usually producing zoospores or gametes (?);
these are regarded here as primary branches; 2) short, one to
few-celled long, very narrow branches of definite growth; may be
curved or erect, mostly unbranched, irregularly scattered on the
main axis and primary branches. These are called here secondary
Source : MNHN, Paris
12
A. K. M. NTJRUL ISLAM
branches. The origin of these almost thorn-like secondary branches
or of primary branches is definitely note like Stigeoclonium. In
Stigeoclonium the origin of branches by latéral divisions or bv
érection of the cells is clear, but in Cloniophora this is note évident.
It seems to me as if these small branches are foreign epiphytic
growths occurring irregularly on the filaments without any definite
order. The cell-shape in this genus is also characteristic : capitel-
late, infundibuliform, tumid or almost cylindrical or club-shaped.
Ail these types of cell-shapes may be found in the saine collection.
In certain species of Stigeoclonium, for example, S. subuligerum
Kiitz., irregularly scattered branches are found but these are usual-
ly setiferous, and cells are of the same size as the main axis, and
more over, the cells of the main axis produce zoospores or gametes.
INTERGENERIC RELATIONSHIPS
Below is presented a key to separate from each other the close-
ly related généra Stigeoclonium, Cloniophora and Draparnaldia .
This key may be regarded as tentative until such time as the disco-
very of additional species or more critical examination of presently
known forms may introduce a reconsideration.
1 1. a) Plants with less différence between main axis and
branches; in many species branches arise from modified cells dif-
ferently shaped from others in the main axis; where this différence
is not sharp, ail the cells of mains axis and branches look
alike; branches are simple, mostly setiferous, with hairs; usually
prostrate and erect parts of the thallus are présent; zoospores and
gametes produced mostly in the main axis but may corne also
from the branches; intercalary and diffuse growth présent; végé¬
tative cells mostly between 10-25 jx in diameter.
. Stigeoclonium
1. b) Plants quite large sized, with remarkable size différence
between main axis and branches; branches setiferous, or nonseti-
ferous and blunt, and not developed from any specialized cells (or,
cells producing branches are not different from those not producing
branches); prostrate part always lacking; basal cells of erect part
producing profuse rhizoids; zoospores and gametes always from
latera branches; growth intercalary, diffuse, or trichothallic.
. 2
Source : MNHN. Paris
THE GENUS CLONIOPHORA
13
2. a) Plants with irregularly-arranged or scattered short bran¬
ches which are solitary, crowded or loosely aggregate, not in true
whorls or fascicles; végétative cells of main filament and branches
capitellate, inllated, tumid, infundibuliform, almost cylindrical,
with or without constriction; branch tips not setiferous, hairs ab¬
sent; apical cells of branches conically rounded or blunt; végétative
cells of main axis mostly between 20-25 y. in diameter; growth in-
tercalary or diffuse.
. CAoniophora
2. b) Plants with regularly organized short branches in whorls
or fascicles on the main axis or primary branches; apical cells of
branches setiferous, with long colorless hair; végétative cells cylin-
dric, barrel-shaped or tumid; growth usually trichothallic; végéta¬
tive cells of main axis mostly between 40-150 y. in diameter.
. Draparnaldia
Besides these Chaetophora differs from ail other généra by the
fact that its filaments are radiate or divergent from a center and
usually enclosed, even at maturity, within a copious, firm rnucila-
genous matrix, the branches are developed at the periphery rather
than at the central part of the colony, and it shows intercalary
growth. Draparnaldiopsis has the same feature as Draparnaldia,
differing only in the presence of two types of cells in the main axis,
long and short, the latter usually producing latéral branches (see
however, Forest, 1956) and by intercalary growth. In the former
respect Draparnaldiopsis bears a resemblance to certain « advanced
forms » of Stigeoclonium (for example, S. amoenum Kiitz., S. nu-
diusculum Kiitz.; see Islam, 1960). The illustrations given by Ivüt-
zing for Draparnaldia ornata and D. comosa (1853, PI. 16, Fig. 2, 3)
appear to be very similar to Cloniophora, especially the former
species. But in the absence of authentic materials they are omit-
ted from this study.
**
CLONIOPHORA Tiffany, Brittonia, 2 (2) : 173, 1936.
Thallus gelatinous, 5-15 cm. high, profusely branched; bran¬
ches of two types, long and indefinite growth, further branched
or unbranched, usually producing zoospores or gametes, erect,
straight and little smaller in diameter than main axis; and another
short, 1 to few-celled secondary branches, erect, curved, irregu-
larly scattered on main axis, and sometimes dense, crowded, ver-
14
A. Ii. M. NURUL ISLAM
tieillate, or solitary, uniseriate, ail may be in the saine plant;
plants attachée! to substratum by profuse rhizoids from lower,
narrow cells of mains axis; cells of main axis and primary bran¬
ches above wider and longer, cylindrical, tumid, capitellate or
infundibuliform, club-shaped, or swollen, inllated, not ail of same
length, but many times wider than secondary branches, with or
without constriction between the cells; cells of secondary branches
small, rectangular, répand or inllated, swollen, with or without
constrictions ; tips of branches blunt, obtuse, round or fiat conical ;
hairs absent; chromatophore solitary with several pyrenoids, in
the main axis a broad médian band or zonate with laciniate inar-
gin ( Draparnaldia type), in small branches a pariétal hand with
fewer pyrenoids ( Ulothrix type); gainetes or zoospores (billagel-
Iate so far as known) from cells of long or short latéral branches,
several per cell, escaping through latéral pore at one side of the
characteristic protrusion of the cell wall; sometimes, branches
producing swarmers become long, slender and coiled; the time of
swarmer-formation was found to be variable in different collec¬
tions from different collections from different places; thus, for
example, the swarmers were found in Ecuador specimens collec-
ted in February, in Peruvan specimens collected in the last week
of September and early October, in Puerto Rican specimens col¬
lected in June, in Mississippi specimens collected in December.
The following key to separate the species of Cloniophora is ba-
sed on cell-shape, size and secondary branch arrangements :
KEY TO THE SPECIES OF CLONIOPHORA
1. a) Cells of main axis cylindrical, inostly capitellate, with
little or no constrictions; cell diameter between 20-46 jx.
. 2
1. b) I. Cells of main axis much inllated, swollen; cell diameter
between 30-60 jx.
. C. macrocladia var. macrocladia
II. Cells of main axis, especially at the upper part club-
shaped and elongated and less inllated; less constriction at the
partition wall, up to 45 jx in diameter.
. C. macrocladia var. mississippiensis
2. a) Cells of main axis mostly cylindrical, slightly capitellate,
with little or no constriction at the partition wall; mostly 20-25 jx
Source : MNHN, Paris
THE GENUS CLONIOPHORA
(rarely up to 32 |x) in diameter, 2-7 times as long (mostly 3-5
times) ; secondary branches verticillate.
. C. plumosa
2. b) Celis of main axis mostly tumid, strongly capitellate,
slightly constricted, diameter mostly between 30-40 tx, 1/2-2-3
times as long; secondary branches form tufts at the end of latéral
branches.
. C. spicata
Cloniophcra plumosa (Kütz.) Bourrelly (Emend.)
PI. I, Fig. 1, 3-5; PI. II, Fig. 7-8; PI. V, Fig. 7-8.
Bourrelly, Alg. d’eau douce de la Guadeloupe, 1952, p. 203,
PI. XXVI, Fig. 430.
Stigeoclonium plumosum Kütz., 1849, Spec. Alg. p. 356; Tab.
Phyc. 3 : PI. XI, f. 2; De Toni, Syll. Alg. I : 203, 1889.
Thallus 2-5 cm. in length; main axis slender, profusely bran-
ched; cells of main axis cylindrical, slightly capitellate, with
little or no constriction, 20-25 |x (rarely up to 32 jx) in diameter, 2-
4-7 times as long (mostly 3-5 times) ; short secondary branches
sparsely scattered below, dense above, becoming verticillate or
subfasciculate; apical cells of branches obtuse, conical or slightly
cylindrical, longer than lower cells but without any hair forma¬
tion; rhizoids présent; zoospores from latéral branches.
Holotype : Same as Stigeoclonium plumosum Kütz., Cayenne,
Ex. Herb. Kützing, n° 24 (L).
Ihis species differs from C. spicata and C. macrocladia by its
slender, narrower filament which never attains the dimensions of
the Iatter two spccies. The cells of this species are more cylindri¬
cal and relatively longer and the cell walls are somewhat irregu-
larly thickened below; above less thick and slimy. Measurements
as given by Kützing are much less than what we found in the ho¬
lotype and other specimens. His illustration (1853, pl. XI, Fig. 2) is
not satisfactory.
Boi rrelly (1952) made a new combination under this naine
and included Stigeoclonium plumosum Kütz., S. spicatum Schmid.,
S. Askenagsi Schmid., Cloniophora willei Tif. and C. capitellata
Tif., but these Iatter four species are comparatively larger in size,
». e., cells are wider and shorter, but in Stigeoclonium plumosum
cells are longer and narrower; moreover, in the former group of
species secondary branches form a tufted cattail-like appearance
on the latéral branch tips but do not form a distinct verticillate.
16
A. K. M. NURUL ISLAM
node-like appearance like the latter species and for this reason
S. plumosum has been separated from the above four species and
given an emended description.
Specimens examined :
SOUTH AMERICA
Cayenne: as Stigeoclonium plumosum Kiitz., Holotype; (L) ; Le
Prieur n" 829, Herb. de C. Montagne (PC).
A si A
Ceylon : Colombo : mouth of Kelany river, Leg. W. Fergusson
n° 360, 387, as Draparnaldia uniformis Kiitz. var.? (L. W).
N O RTII AMERICA
Hawaii : Oahu Island, in Nuunanu, Leg. A. A. Heller, n° 2298,
as Stigeoclonium nudiusculum, May 10, 1895; (G. NY. FH. L.
US. Z.).
Cloniophora macrocladia (Nordst.) Bourrelly, 1952, p. 204.
Draparnaldia macrocladia Nordst., 1878, in Minesskr. Fys.
Sallsk, Lund, 7 : 22-23, t. II, Fig. 20-21; De Toni, Syll. Alg. I : 193,
1889; Forest, in Castanea, 21 (1) : 14, 1956.
Stigeoclonium macrocladium (Nordst.) Schmid., in Hedwigia,
39 : 162-166, 1900.
Thallus 3-5-(-15) cm long; main axis profusely branched from
below; primary branches almost of equal size as main axis and
bearing many short, few-celled branches, irregularly scattered;
sometimes these secondary branches are crowded on the main axis
or primary branches, but they are solitary and do not give a fasci-
culate or verticillate appearance; secondary branches produce
zoospores or gametes; rhizoids well-developed from stout basal
cells, slightly cylindrical, but cells of main axis mostly short,
swollen, barrel-shaped, inflated or club-shaped, constricted a the
partition wall; short and long cells may be présent in the same
plant, 25-50- (—60) jjl in diameter, 1/2-2- (—3) times as long; cells
of short branches 6-10- (-14) j l in diameter, 1-2 times as long,
mosly inflated or club- shaped, constricted; blunt or round tips;
hairs absent.
Type locality : Honolulu, Oahu (Type specimen not seen).
This species winch was originally described as Draparnaldia
macrocladia by Nordstedt is quite remarkable and polymorphie.
THE GENUS CLONIOPHORA
17
Sometimes it shows characters like Cloniophora spicata (Schmid.)
comb. nov. by having a little longer cells, and occasionally crowded
branches appear like tufts as in the latter spccies. It however, dif-
fers from other species by the characteristic cell-shape, mostly in-
(lated, swollen or barrel-shaped and by deep constrictions. Secon-
dary branches are mostly solitary and sparsely scattered. Bourrel-
ly (1952) mentions that rhizoids in this species are less profuse,
which I found not to be true. The rhizoidal base is quite well-
developed and more or less the saine as that in other species.
There are several collections (see below) from geographically iso-
lated areas, mostly from Pacific islands, showing a remarkable
transition between this species and the C. spicata-group, and thus
difficult to place under any species. Occassionally, the basal part
looks like C. macrocladia, while the upper parts appear like
C. spicata ; sometimes, the reverse is also true. An extreme condi¬
tion like this has been found in several collections from Mississippi,
U.S.A., which hâve been regarded as a new variety of this species.
Cloniophora macrocladia (Nordst.) Bourrelly var. macrocladia.
PI. I, Fig. 2; PI. II, Figs. 1-6; PI. III, Fig. 6*
Synonyms :
Draparnaldia macrocladia Nordst., 1878, loc. cit.
Stigeoclonium macrocladium (Nordst.) Schmid., 1900, loc. cil.;
Prescott, 1951, in Trans. Amer. Micros. Soc., LXX (1): 16-17.
Stigeoclonium macrocladium var. Egyptiacae Nayal, 1935, in
Egypt. Univ. Bull. Fac. Sci. 13 : 1-15; Ibid., 1937; in Rev. Alg. 8 :
311-319, 1939.
Thallus same as described for the species; cells are mostly
inflated, swollen or barrel-shaped, mostly 35-50-(—60) ix in diame-
ter, 1-2 times as long; secondary branches very short, 6-10 jx-
(—14 jx) in diameter, partion wall deeply constricted.
Gayral’s (1954, p. 212, f. 43) C. plumosa (Kütz.) Bourrelly
should belong to this variety of C. macrocladia (Nordst.) Bour¬
relly.
Specimens examined :
NORTH AMERICA
Hawaii : In swiftly flowing waters, attached to sides of irrigation
troughs, Peninsula, Pearl City, Oahu, J. E. Tilden American Alg.
Exs. No. 460 : as Stigeoclonium nudiusculum Kg., 6 Je, 1900, (K.
NY.PC.US.IA) ; Kaliawaa, Makao, Koolauloa, J. E. Tilden Amer.
Alg. Exs. No. 459, as Sligeoclonium amoenum var. novizelandicum,
A. K. M. NURUL ISLAM
18
Je. 1900. (K.US.NY.PC.F.IA) ; this specimen No. 459 is not same in
ali collections from different herbaria).
CENTRAL AMERICA
Panama canal zone : Balboa, Col. G. W. Prescott No. CZ. 111-1,
1937, as Stigeoclonium macrocladium (Nordst.) Schmid., (Près.) ;
Costa Rica : Flora Costaricensis, Leg. D r H. Polakowsky, Juli,
1875, Col. Grunow No. 11714 in (W) as Stigeoclonium with an
epithet Polakowkyi Grun. n. sp.; Guadeloupe Island : Basse terre.
Casses au dessus, ait. 160 m, 1890 (as Stigeoclonium plumosum
Kg.?, (K).
AFRICA
Cameruniae ad Bibundi : Wittrock, Nordstedt and Lagerheim,
Alg. Exs., Leg. dr. R. Jungner No. 1426, as Stigeoclonium amoe-
num Kg. forma, 1/1891, (G.K.W); Haute-Volta : lac de Banfora,
Col. M mc Gauthier-Lièvre, (AL).
A SI A
Malay archipelago : Java : in rivulo ad Plaboehan, Wittrock,
Nordstedt and Lagerheim, Exs. No. 1427, as Stigeoclonium amoe-
num Kg. forma, Leg. Dr. Hj. Moeller, 25/7/1897 (G.K.W); Isle
of Saleyer : Communicata ex Lugduno-Batavo, as Stigeoclonium
Askenaysi Schmid., Leg. A. A. Weber-van Bosse, Jan., 1889, (F).
Cloniophora macrocladia var. mississippiensis var. nov.
PI. III, Figs. 1-5; PI. V, Figs. 5-6.
Thallus well-developed ; cells of main axis up to 45 p. in dia-
meter, 2-3-(—3 1/2) times as long; rhizoidal growth profuse; lower
cells of main axis short, inflated but above more club-shaped and
elongated, less inflated; latéral branches similarly shaped; less
constriction at the partition wall than the typical, especially in
the upper part of the thallus; zoospores from latéral branches;
terminal cell truncate or rounded.
Holotype : Fr. Drouet collection No. 9808, as Stigeoclonium
lubricum (Dilhv.) Kütz., Locality : Mississippi : Hancock County,
in springy spots on the sea wall near hightide mark on the shore
of Mississippi River Sound between Bay St. Louis and Waveland;
(F).
Cloniophora macrocladia var. mississippiensis var. nov.
Thallus bene euolutus ; cellutae axis majoris usgue ad 45 » diam ., 2 - 3-(-3 1 / 2 )
plo longiores quani latae ; rhizoides profusi ; cellutae inferiores axis majoris
brèves , inflalae sed super plus clavatae et elongalae , minus inflatae ; rami late -
Source : MNHN, Paris
THE GENUS CLONIOPHORA
19
raies forma similes; ad septum minus constricti quam in forma typica, prae-
serlim in parte superiore thalli; zoosporae e ramis lateralibus enascentes;
eellulae terminales truncatae vel rotundae.
This variety shows intermediate characters, especially in cell
shape and arrangement, between C. macrocladia var. macrocladia
and C. spicata, and may be regarded as a geographical variety.
Other specimens examined : Mississippi : Hancock Co. : above
high mark in seepage on the sea wall shore of Mississippi and on
concrète in a freshwater drain entering Miss. Sound, between Bay
St. Louis and Waweland, Collection Fr. Drouet Nos. 9800, 9823,
9824, Dec. 8, 1948; (F).
Cloniophora spicata (Schmid.) comb. nov. (Emend.)
PI. IV, Figs. 1-6; PI. V, Figs. 1-4 & 9; Text Figs. 1-3.
Stigcoclonium spicatum Schmidle, 1895, in Hedwigia, 34 : 294-
296; Wildemann, 1900, in Les Algues de la Flore de Buitenzorg,
Java, Leide, p. 61, PI. 13, f. 1-6.
Stigeoclonium Askenaysi Schmidle, 1896, in Flora, 82 : 297-313,
PI. 9.
Cloniophora willei Tiffany, 1936, in Brittonia, 2 (2) : 173, PI. 3,
f. 47-48.
Cloniophora capitellala TifTany, 1936, in Brittonia, 2 (2) : 174,
PI. 3, f. 43-46.
Thallus 2-5-(—10) cms. long, profusely branched; well-developed
rhizoids from narrow elongated basal cells; primary branching
diehotomous type; cells of main axis and primary branches mostly
capitellate or tumid, rarely near-cylindrical with slight constric-
lions at the partition wall; mostly the cell walls are depressed on
both sides near the middle of the cell, 22-48 y. (mostly 30-40 g.) in
diameter, 1/2-3 times as long; cells of secondary branches may
be capitellate, rectangular or inflated and constricted; those pro-
ducing zoospores are somewhat swollen at the middle or may be
répand; secondary branches short, solitary, uniseriate, opposite
or crowded on main axis and primary branches, usually forming
fascicles or tufts at the ends of the latéral branches; zoospores
many in each cell.
There is practically no différence among the four species,
namely, Stigeoclonium spicatum, S. Askenaysi, Cloniophora willei
and C. capitellata, in respect to the cell-shape, size and branching
habit. Schmidle (1896) differentiates Stigeoclonium Askenaysi
from S. spicatum by : 1 ) its long and short cells in the main axis
(See Text Figs. 1-2); 2) a well-developed basal part with régulai - .
Source : MNHN. Paris
20
A. K. M. NURUL ISLAM
almost rectangular cells, and 3) plants covered with lime sub¬
stances. Wildeman (1900) however, showed a well-developed basal
part in Stigeoclonium spicatum, collected from Java. Tiffany (/.
c.) has also separated his two species of Cloniophora mainly on
the cell size and shape. This was not found to be constant in those
two latter species, seen in the isotype; on the other hand, in the
Tcxt Figs. 1-3. — Branching habit and cell shapes in Cloniophora spicata
(Schmid.) comb. nov. (Figs. 1-2. after Schmidle, as Stigeoclonium Askenaysi;
Fig. 3, original, X 300, from Puerto Rican specimen).
saine plant there is a great range in size as well as in shape of
cells. The long-celled and short-celled condition as mentioned
by Tiffany was also stressed by Schmidle for Stigeoclonium
Askenaysi and now we think that this character alone is not
sufïicient for species séparation; it seems to be the common
feature for the whole genus Cloniophora under which the above
Stigeoclonium species are placed.
Schmidle (1900) possibly was the first to point out the simila-
rities between Draparnaldia macrocladia, Stigeoclonium spicatum
and S. Askenaysi, because ail these species hâve a similar wider
THE GEN U S CLONIOPHORA
21
main axis witli very narrow, short branches about 8 in dia-
meter; ali hâve a médian chloroplast and well-developed rhizoids
at the base. Draparnaldia macrocladia, however, h as inflated cells
of considérable dimensions, and both Stigeoclonium spicatum and
S. Askenaysi hâve rectangular cells, mostly smaller cells in
Iength in the former species and somewhat longer cells, narrow
below in the Iatter species. This is not always true, however, as
has been mentioned before. So the séparation of these two Iatter
species was not justifïed and therefore it is reasonable to place
them in synonomy along with the two species of Cloniophora
made by Tiffany, which exhibit the same characters of cell-
shape, size and branching habit. Stigeoclonium plumosum Kiitz.
cannot be combined with tliis group because of its different type
of branching habit, mostly cylindrical and narrow cells of diffe¬
rent size. Thus, vve inay summarize the différences of the above
two species as follows : Cloniophora spicata (Schmid.) comb. nov.
difïers from C. plumosa (Kiitz.) Bourrelly by its 1) characteristic
tufts at the end of the branches; 2) wider and shorter cells, the
Iatter capitcllate, mostly tumid; 3) short secondary branchs: 4)
lack of verticillate or cyclic arrangement of secondary branches
on the main axis and primary branches, forming a node-like
appearance. C. plumosa, on the other hand, shows consistently
1) much longer and cylindrical cells, narrower than any other
species; 2) secondary branches short and sparse below, but quite
long and slender with verticillate or cyclic arrangement above;
3) ceil wall usually thinner than other species; 4) usually less
tufted branch apex.
Hirose and Takashima’s Cloniophora plumosa (Kiitz.) Bour¬
relly (1955, pp. 233-237, f. 1-3) should belong to this species C. spi-
cala (Schmid.) comb. nov.
Specimens examined :
SOUTH AMERICA
Ecuador : near Rio Toachi in waterfall of small stream, on stones,
collection Dr. G. W. Prescott, No. T-52, Feb. 6, 1958 (Près.);
Peru : Cava de Pavos, Catherwood Survey No. 2, Sta-3, Fast water,
collection R. Patrick No. (3) 6/21, Oct. 1, 1955; Tulumayo river!
Sta-1, on rocks in shallow water, collecton Hohn No. (1) c/21.
Sept. 24, 1955; in rifïles, lower end of island, collection Hohn
No. (1) c/17, Sept. 24, 1955; on bank in débris, collection Hohn
No. (1) c/42, Sept. 24, 1955; attached to rocks, collection Hohn
No. (1) c/7. Sept. 24, 1955; Amazon river, Sta-5, on log, center of
river, collection of Hohn, No. (5) 6/41, Sept. 13, 1955; (PH. Whit.).
22
A. K. M. NURUL ISLAM
CENTRAL AMERICA
Puerto Rico : Maricao, Auf Steinen im Bâche auf Wege Nordlich
von Maricao, Leg. N. Wille, collection Nos. 1239a, 1287 (Isotypes
of C. capitellatci Tif.), Feb. 20, 1915; also saine collection by
N. L. Britton, Feb. 22, 1915 (these specimens are labeled as
Stigeoclonium lubricum (Dillw.) Kiitz. in NY.F.) ; Sedreto de los
Pampanos, near Ponce, in shallow river at the time of collection
by D. C. Jackson, No. 1 and 2, June 20, 1960, (Jack).
N O RT H AMERICA
Florida : Marion Co., on leaves of larger water plants, west shore
of Orange Lake, collection Fr. Drouet, M. A. Bannon and Mcicay,
No. 11035, Jan. 19, 1949, (F); Canada : New Brunswick, in Falls
Brook, Grand Falls, Plantae Acadienses, collection H. Habeeb
No. 11015a, Jan. 14, 1949 (as Stigeoclonium lubricum), (F); Ja-
maica : as undescribed specimen No. 366 without date of collection
and habitat, presented to the N. Y. Bot. Garden by M. L. Britton,
1922, collection Humply (?), most probably the above place is
near New York, either Jamaica Bay or Jamaica Plain near Boston,
Mass., (NY).
EUROPE
Boehmen : Slichov nachst Prag, Leg. A. Hansgirg, April 18, 1882,
(F);
The above three specimens from Florida, Canada and Boehmen
are doubtfully added to this species.
A Si A
West Sumatra : tussen Matoea en Fort de Koch, Leg. A. Weber-
van Bosse No. 686, as Stigeoclonium sp., 1888, (L) ; Java : Tjibo-
das, Leg. A. Weber-van Bosse, No. 737, as Stigeoclonium sp., 1888,
(L) ; Japan : Hamada, Shiinane, collection M. Akiyama, No. 17,
Aug. 1959; Matsu, Shimane, collection M. Akiyama, No. 23, June,
1959; Yukomanbetsu, Hokkaido, collection M. Akiyama, No. 25,
Aug., 1956 (Akiy.); Wakayama-prefecture, Ogawaguchi, in river
Kitayamagaw’a, collection M. Hirano, Feb. 1960, (Hir.).
AU ST R ALI A
Queensland : on stones in Reynolds Creek, collection A. B. Cribb
No. 21.1, as Stigeoclonium Askenaysi Schm., July, 30, 1949,
(F. Mich).
NEW CA LE DON IA
Thio : im Flusse, Leg. A. Grunow, collection No. 11712 and 11713,
as Stigeoclonium with an epithet Neocaledonicum Grunow, Sept.
11, 1884, (W).
Source : MNHN] Paris
Map 1. Showing distribution of Clomophora species.
THE GENUS CLOMOPHORA
23
Source : MNHN, Paris
MACROCLADIA
24
A. K. M. NURUL ISLAM
DISTRIBUTIONS
From the specimen lists given above under each species and
those found in the literature we can summarize the general distri¬
bution-pattern of the genus Cloniophora Tif. Although collected
from few places, still the genus shows a world-wide distribution.
It may be noticed in the lists above that almost ali the Cloniophora
specimens hâve been collected from cool, running freshwater
habitats as attached forms; but, interestingly, the areas are not
far away from the sea coasts. Mostly, they were found on small
islands surrounded by sea on almost ail sides. The greatest con¬
centrations were found on the islands of Hawaii, Central America,
Japan and Malay Archipelago extending up to the eastern coasts
of Australia, including New Caledonia. It seems that on the con¬
tinents this genus is restricted in its distribution mostly to the
Coastal areas. For example, we may state that the genus is well-
distributed throughout the northern border of Africa from Maroc
to Cairo along the Mcditerranean coasts, as well as along the
eastern coast of North America from Maritime Province (New
Brunswick) to Florida and in the northern parts of South Ame¬
rica from Ecuador to Cayenne. Whether this distribution of the
genus along the Coastal areas not far from the sea shows a general
ecological-pattern of its adaptation, or, simply because not many
collections hâve been made from main inland waters, far away
from the seas, cannot be stated with certainty until more collec¬
tions from wider areas of the world are made.
At the moment it seems that Cloniophora species prefer to grow
where the sait content of the water is probably higher than inland
waters. This contention is supported by the fact that in most
instances the places of collection are very near the sea coasts,
often within a range of 5-15 miles (or less), and it is possible that
in somc instances at least, the habitats hâve been inlluenced by
tidal sea water. It may be also presumed that inland freshwater
bodies in Maritime Provinces may not be directly connected with
the sea, but may hâve a high sait content as a resuit of the dépo¬
sition of sea water carried by the strong winds. One may consider,
however, the following places of collections which are very close
to sea coasts :
1. Cayenne — extreme mid-north coast of S. America.
2. Indrapura — near west coast of Sumatra.
3. Basse terre — S. West coast of Guadeloupe Island.
4. Maroc, Alger, Cairo — ail bordering Mediterranian Sea on
the northern coast of Africa.
THE GENUS CL0N10PH0RA
25
5 Honolulu, Oahu — on the east coast of the island in Pacific.
6. Balboa — near the mouth of Panama Canal Zone.
7 Maricao — near Mayaguez on the West coast of Puerto Rico,
connected by river.
8. Costa Rica — both sides surrounded by océans.
9. Grand Falls — in New Brunswick, Canada, a Maritime Pro¬
vince, connected by river and a few miles from the sea.
10. New Caledonia — Little island, surrounded by Pacific.
11. Queensland — on eastern coast of Australia.
12. Mississippi Sound near high-tide mark, Miss., Hancock
Co., few miles from sea coast.
13. Japanese Islands — surrounded by Pacific.
14. Colombo, Ceylon — mouth of Kelany River — south-west
coast on the Indian Océan.
15. Florida — hoth sides bordered by océans.
Most of these places are more or less within the subequatorial
boit. Many collections were made in the months of January and
Februarv showing zoospore (also gamete?) production.
From the map of species distributions (see Map 1) it appears
that probably the entire Central American islands including parts
of North and South America are dominantly represented by
C. spicata; so also the entire Japanese islands and Malay Archi-
pelago extending to New Caledonia are ail represented by the
same species. In the latter islands this species shows greater poly-
morphism, wheter due to geographical isolation or hybrid forma¬
tion, we are not sure at présent. On the other hand, it seems that
C. macrocladia is well- distributed throughout the northern parts
of Africa, with a sporadic appearance in Mississippi in the U.S.A.
and Hawaii. These places are more or less within a narrow lati-
tudinal helt. Similarly, C. plumosa shows a sporadic appearance
in Hawaii, the northern parts of S. America and in Ceylon in the
fairly same type of climate.
ACIvNOWLEDGMENTS
The writer wishes to gratefully acknowledge the valuable assi¬
stance and criticisms given to him by Prof. G. W. Prescott, Mi¬
chigan State University, under whose guidance this work was
done. Sincere thanks and appréciations are extended to ail the
curators of different herbaria and individual collectors for kindly
sending me their materials for my investigations, and to Dr. Fa-
26
A. K. M. NURUL ISLAM
ther Timm, Notre Dame College, Dacca, for kindly giving me the
Latin diagnosis for a new variety.
(Department of Botany, Dacca University,
Dacca, E. Pakistan.)
BIBLIOGRAPHY
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flore algologique de Java. Leide, pp. 1-457, 1900.
THE GENUS CLONIOPHORA
27
EXPLANATIONS OF THE PLATES AND FIGURES
Plate I.
Fie 1 — Cloniophora plumosa (Kütz.) Bourrelly, forma, X 75 (dravvn
from Tilden’s Amer. Alg. No. 459. as Stigeoclonium amoenum var. novize-
landicum, from Hawaii).
j.'jg 2 -_ Cloniophora macrocladia (Nordst.) Bourrelly var. marrocladia,
X 65 (redrawn from Nordstedt, 1878. as Draparnaldia macrocladia).
Fies 3-5. — Cloniophora plumosa (Kütz.) Bourrelly forma (drawn from
G \V Fergusson's, collection Nos. 360 and 387, from mouth of Kclany river,
Colombo, Ce.vlon, CW); Fig. 3. X 145 (a branch); Figs. 4-5, X 70 (middle and
lower part of the same plant).
Plate II.
Figs 1-6 — Cloniophora macrocladia (Nordst.) Bourrelly var. macrocladia,
Fig l' X 55 (drawn from Wittrock and Nordstedt Exs. No 1426. as Mi-
geoclonium amoenum Kg. forma, from Africa); F,g 2 X ,0 drawn from
matcrial in (F) as Stigeoclonium Askenayst Schmidle. from Mala.ç) Fig .1,
X 35 (drawn from matcrial in <W> as Stigeoclonium w,th an epithet Pola-
kowski Grun.); Figs. 4-6. X 145 (drawn from Wittrock and Nordstedt col-
lection No. 1427, as Stigeoclonium amoenum Kg. forma, trom Asia).
Figs. 7-8. — Cloniophora plumosa (Kütz.) Bourrelly. X 145 (draw from
Type specimen of Stigeoclonium plumosum Kütz.. from Cayenne; in (L)
No. 67.
Figs i 5 _ Cloniophora macrocladia (Nordst.) Bourrelly var. nussissipien-
sis var nov., Figs. 1-2. X 70; Figs. 3-4. X 145 (ail drawn from material in
(F) Drouet collection No. 9808, as Stigeoclonium lubncum (Dillw.) Kg.)
Fig 6. — Cloniophora macrocladia var. macrocladia, X 70 (drawn from
Tiloen’s Amer. Alg. No. 460, as Stigeoclonium nudiusculum Kg., from Hawaii).
Plate IV.
Figs. 1-6. — Cloniophora spicata (Schmidle) comb. nov., Figs. 1-3, X o5;
Figs. 5-6 X 145 (ail drawn from Prescott’s collection No. T152, from i Ecua¬
dor (Près.); Fig. 4 X 145 (drawn from specimens from Puerto Rico, collected
by D. C. Jackson, July, 1960).
Plate V.
Figs. 1-4. - Cloniophora spicata (Schmid.) _ comb. nov. foma Figs. F-2,
X 55; Figs. 3-4, X 70 (ail drawn from specimen No 686, (L) &. No.
from West Sumatra). . .
Figs. 5-6. — Cloniophora macrocladia (Nordst.) var. mississippiensis, X /u
(ail drawn from Drouet’s collection No. 9823 in (F).).
Figs. 7-8. — Cloniophora plumosa (Kütz.) Bourrelly, Fig. 7, X 55; fig. 8,
X 145 (ail drawn Fergusson collection No. 360 in (W). from Ceylon).
Fig. 9. — Cloniophora spicata (Schmid.) com. nov. X 145 (drawn rom
D. C. Jackson’s collection from Puerto Rico, July, 1960).
28
A. K. M. NURUL ISLAM
Source : MNHN, Paris
THE GENUS CLONIOPHORA
29
Source : MNHN, Paris
30
A. K. M. NURUL ISLAM
Plate III.
Source : MNHN, Paris
THE GENES CLONIOPHORA
31
32
A. K. M. NURUL ISLAM
Plate V.
Source : MNHN, Paris I
Les stations à Tolypella hispanica Nordstedt
(Charophycéée) du territoire français
Par Robert CORILLION.
Dans un Mémoire antérieur [2], nous avons récapitulé les don¬
nées connues relatives au Tolypella hispanica Nordstedt (morpho¬
logie, distribution géographique, écologie, phytosociologie) et dé¬
crit, en particulier, la végétation de cette espèce ainsi que les condi¬
tions du milieu réalisées dans les rares stations jusqu’ici observées
sur le territoire méditerranéen français (Hérault et Pyrénées-
Orientales).
On sait que l’aire générale de Tolypella hispanica embrasse
surtout le pourtour occidental de la Méditerranée (Tunisie, Algérie,
Nord du Sahara, Maroc, Portugal, Espagne et Sud-Est de la
France). D’autre part, en dehors des .régions précitées, où les
localités demeurent partout très disséminées, existent quelques
satellites très disjoints : dans le Sud-Est européen (Grèce), en Asie
(Perse, Indes) et, enfin en Amérique du Nord (U. S. A.) où
Tolypella hispanica a été récemment indiqué par Fay Kenoyer
Daily [3].
Au total, le nombre des localités jusqu’ici connues pour l’en¬
semble de l’aire mondiale, ne dépassait pas 21 localités éparses sur
quatre continents de l’hémisphère boréal. De plus, dans certaines
d’entre elles, seuls ont été observés des sujets de l’un ou l’autre
sexe, le plus souvent mâle (1).
Dans cette note, il sera fait état de la découverte de trois nou¬
velles stations, toutes situées en Camargue.
**
C’est à l’anglais J. Groves (in Offner [4] ) que l’on doit la décou¬
verte du Tolypella hispanica sur le territoire méditerranéen fran¬
çais (presqu’île de Gien, 15 mai 1922). La plante était associée à
(1) Il est difficile, dans certaines stations, de mettre en évidence les indi¬
vidus femelles, parfois dispersés en nombre réduit au milieu d’une très
abondante végétation de sujets mâles (Saint-Cyprien, Pyrénées-Orientales,
avril 1954).
VUE ALGOLOGIQUE, NOUVELLE SÉRIE, TOME VI, FASC. I, OCTOBRE 1901
3
34
ROBERT CORILLION
Tolypella glomerala V. Leonh., Lamprothamnium papulosum J.
Groves, Chara canescens Lois., Chara galioides DC, dans un fossé
peu profond et boueux.
Pour notre part, dans le travail précité, nous avons indiqué la
présence du Tolypella hispanica dans l’Hérault (lagunes de Marseil-
lan; — fossés entre les Onglous et Agde) et les Pyrénées-Orientales
(marais de Saint-Cyprien-Plage), en laissant entrevoir la possi¬
bilité de sa présence sur la bordure maritime de Camargue.
Cette hypothèse s’est vérifiée, en premier lieu, à l’occasion d’un
envoi de Charophycées, pour détermination, qui nous fut adressé
par M. Tallon, Directeur de la Réserve Zoologique et Botanique
de Camargue, en 1958. Un lot de Charophycées, en provenance de
mares situées au Sud du Salin de Badon, recueillies par MM. G. Tal¬
lon et R. Molinier (Clos de la Ville, 16 mars 1957), contenait quel¬
ques exemplaires bien caractérisés de Tolypella hispanica Nords-
tedt, en mélange avec des exemplaires du Tolypella glomerata
V. Leonh.
D’autre part, au cours d’un séjour dans la Réserve Zoologique
et Botanique de Camargue, au début d’avril 1959, il nous a été pos¬
sible de retrouver Tolypella hispanica en deux autres points, l’un
immédiatement au Nord de la maison du garde du Salin de Badon,
l’autre dans une mare incluse dans la propriété de la Station Bio¬
logique de la Tour du Valat, au Sambuc (2).
Enfin, nous avons pu examiner les végétations du Tolypella his¬
panica à la presqu’île de Gien (Var), où elles n’avaient pas été
revues depuis la découverte de J. Groves en 1923.
**
LES STATIONS DE CAMARGUE
1. Sud du Salin de Badon (Clos de la Ville).
Cette station a été visitée sous la conduite de M. G. Tallon, le
2 avril 1959. Elle est formée de vasques saumâtres peu profondes,
à caractère temporaire, incluses suivant les conditions topogra¬
phiques locales, à l’intérieur de végétations buissonnantes denses
à Phillyrea, passant à divers types des Salicornietalia dans les dé¬
pressions. En mars 1957, Tolypella hispanica et T. glomerala pros¬
péraient parmi une végétation à Ranunculus Baudoti Godron (G.
(2) Nous tenons à remercier MM. Tallon, Hoffman et Aguesse pour les
facilités qu’ils nous ont accordées soit à la Réserve Zoologique et Botanique
de Camargue, soit à la Station Biologique de la Tour du Valat.
TOLYPELLA HISPANICA
35
Tallon : renseignement verbal). En avril 1959, à la suite d’un dé¬
ficit exceptionnel des précipitations hivernales, les mares à Toly-
pella hispanica du Clos de la Ville, longtemps exondées (janvier-
mars), sont encore peu profondes et stériles.
2. Nord du Salin de Badon.
Le 3 avril 1959, la station se présente comme une vasque assez
plate, d’environ 20 m de longueur sur quelques mètres seulement
de largeur. Elle offre, à cette époque, une profondeur maximum
de 0,25 m à 0,30 m au centre et, le plus souvent, de 0,05 m à 0,10 m
à la périphérie et sur une large surface. Le niveau de l’eau est en
légère régression, mais une grande partie de la vasque a déjà été
asséchée au cours de l’hiver 1958-59. C’est pourquoi, on peut noter,
sur les bordures plates, de nombreuses germinations récentes d’oos-
pores et un nombre relativement élevé de pro-embryons de Toly-
pella hispanica reconnaissables au fait que tout en gardant leur
aspect et leur structure caractéristiques, ils différencient déjà un
à deux jeunes verticilles porteurs de grosses anthéridies mûres et
aisément repérables sur le fond de la vasque.
La population végétale est constituée, dans l’ensemble par un
Scirpetum maritimi peu dense, ainsi que par une végétation flot¬
tante de Ranunculus trichophyllus Chaix. La végétation immergée
est exclusivement constituée par les Charophycée, sous la forme
d'un Chareio-Tolypellelum où dominent, suivant les emplacements,
Chara galioides DC. ou Tolypella hispanica Norsdetdt.
Plusieurs relevés, établis sur des surfaces échantillons de 1 m 2 ,
ont permis d’établir le tableau ci-après :
Relevés .
. 1
2
3
4
Scirpus niarilimus .
. 1.1
1.1
Ranunculus trichophyllus .
. + . +
_
+ . +
Chara galioides .
. 3.3
4.4
+. +
Tolypella hispanica .
. + . +
+ .+
2.2
+ . +
Les relevés 1 et 2 ont été effectués au centre de la vasque, 3 et 4
sur les bordures. On constate que Chara galioides occupe surtout
le centre, avec des individus déjà parvenus à maturité (5-15 cm
pour l’axe principal (3).
3. Les Relongues (Tour du Valut, au Sambuc).
La station à Tolypella hispanica occupe ici l’ancien lit du Rhône.
C’est aussi une vasque peu profonde, mais dont la végétation pha-
(3.) Dans la même vasque fut recueillie par M. G. Tallon (1958) une Charo¬
phycée que nous avons déterminée comme le Chara desmaeantha Groves et
Bullock-Webster, ordinairement plus tardive et considérée parfois comme
simple sous-espèce de Chara aspera Wildenow.
36
ROBERT CORILLION
nérogamique, sensiblement du même type qu’au Salin de Badon, est
plus fermée. La végétation des Charophycées comprend trois es¬
pèces ( Chareto-Tolypelletum à Chara galioides, Tolypella glome-
rata et Tolypella hispanica). T. hispanica se présente ici en indi¬
vidus mâles et femelles bien fructifiés, manifestant un développe¬
ment moyen plus avancé qu’au Salin de Badon.
**
LE TOLYPELLETUM HISPANICÆ de la presqu’île de Gien ( Var ).
Les stations à Tolypella hispanica de la presqu’île de Gien se
situent au voisinage immédiat des Salins et de l’étang des Pes-
quiers. Nous n’avons pas retrouvé Tolypella hispanica dans les
conditions où il avait été recuelli et observé pour la première fois
en France par Groves, c’est-à-dire dans les fossés de la presqu’île,
mais dans les marais eux-mêmes et dans les conditions de végéta¬
tion optimales.
Les marais prolongeant l’étang des Pesquiers, aux abords de
Gien, sont surtout constitués par des végétations caractéristiques
de la sansouire à Salicornia fruticosa L., telles qu’elles ont été
décrites par J. Braun-Blanquet [1,]. Les espèces dominantes sont :
Salicornia fruticosa L., Arcthrocnemum glaucum (Del.) Ung.-
Sternb. et Juncus maritimus Lmk. Vers le Sud-Est de l’étang des
Pesquiers, la topographie du marais est assez irrégulière et en¬
traîne, en particulier, l’existence de mosaïques végétales où l’on
voit, par exemple, les touradons de Juncus maritimus alterner
avec des vasques étroites mais assez profondes (0,30 m à 1 m),
non loin de canaux où prédominent Ruppia maritima L. et diverses
Chlorophycées des milieux saumâtres.
C’est dans le réseau inondé de la sansouire, principalement au
niveau du Juncetum maritimi, que s’observe ici Tolypella hispa¬
nica. Il se présente par touffes d’assez grande taille, constituées
par des individus ramifiés de 25 à 30 cm, espacées et disséminées
dans le marais. Il est remarquable de constater que les sujets mâles
et femelles sont co-dominants, ce qui s’est révélé exceptionnel dans
toutes les autres localités françaises précédemment visitées. Les
touffes mâles se distinguent à leur coloris rouge corail accentué, les
touffes femelles étant dans l’ensemble plus grêles et d’un coloris
verdâtre homogène.
On notera, enfin, que le 6 avril 1959, le Tolypelletum hispanicae
de Gien est déjà parvenu à sa phase optimale de végétation et de
fructification.
TOLYPELLA HISPANICA
37
Par leur aspect, les stations de Gien s’apparentent surtout à
celles de Marseillan (Hérault), tandis que les végétations de Ca¬
margue se rapprochent davantage de celles que nous avons obser¬
vées et décrites antérieurement (voir R. Corillion [2], p. 120) à
Saint-Cyprien-PIage (Pyrénées-Orientales). Dans le second cas, il
s’agit surtout, en effet, de populations implantées dans des milieux
très temporaires et soumises à des conditions de développement
précaires. Mais, dans la plupart des cas, les biotopes à Tolypella
hispanicci de la Méditerranée française, se situent dans les zones de
sansouires, au voisinage des lagunes et étangs saumâtres régulière¬
ment soumis à l’assèchement estival.
Les faits observés en Camargue et dans la presqu’île de Gien
confirment nos précédentes observations, particulièrement en ce
qui concerne la période de végétation et de fructification qui peut
s’étaler de la mi-mars à la mi-mai, avec un optimum vers la mi-
avril.
D’une manière générale, au point de vue phytosociologique, le
Tolypellelum hispanicae se remarque surtout au contact des grou¬
pements de l’Alliance du Ruppion maritimi Br.-Bl. 1931, sur sol
vaseux salé, riche en carbonates, asséché pendant l’été, aux eaux
plus ou moins salées, au pH variant de 7,5 à 8,5, suivant les condi¬
tions locales et les précipitations saisonnières. Lorsqu’il ne se pré¬
sente pas à l’état pur, Tolypella hispanica entre dans la composition
d’un Tolypelletum mixte à T. hispanica et T. glomerata, ou encore
d’un Chareto-Tolypelletum (à Chara aspera, Ch. galioides, C. canes-
cens, T. glomerata) dont la composition est subordonnée à l’état
physico- chimique des eaux et, en particulier, à leur salure. Enfin,
le Tolypelletum hispanicae régressif s’observe à la strate inférieure
du Ranunculetum Baudoti Br.-Bl. 1951, plus rarement du Chae-
lomorpho-Ruppietum Br.-Bl. 1951, groupements qui peuvent, au
point de vue dynamique, préluder à l’installation de la Scirpaie ou
de la Phragmitaie.
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diterranéenne. — C.N.R.S., 1952.
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America. — Buller University Botanical Studies, Vol. XI, Nov. 1954,
pp. 144-148.
[4] Offner M. — Communication d’une lettre de M. Groves J. sur la
découverte en France de Tolypella hispanica Nordst. — Bull. Soc.
Bot. de France, 1923, pp. 77-79.
Quelques Grateloupia de l'Atlantique
et du Pacifique
Par M ,le Françoise ARDRÉ et M mc Paulette GAYRAL.
La récolte, au Maroc, d’un assez grand nombre d’échantillons de
Grateloupia présentant d’importantes différences morphologiques,
nous a fait douter de leur identification à G. lanceola J. Ag., es¬
pèce considérée jusqu’ici comme seule représentante au Maroc de
la section des Phijllymeniae de J. Agardh. Nous reportant aux
diagnoses des espèces de ce genre, aux figures des auteurs, et éga¬
lement aux herbiers, en particulier à ceux du Muséum National
d'Histoire Naturelle de Paris, il nous apparut que, d’après leur
morphologie, les échantillons du Maroc pouvaient se distribuer
dans trois espèces de l’Atlantique. L’une de nous, au cours d’une
mission en Mauritanie et à Dakar, renouvelait ces mêmes réflexions
sur des échantillons de ces régions pour lesquels, sous le seul rap¬
port de la taille du thalle, les variations allaient de quelques déci¬
mètres à deux mètres. Fallait-il considérer qu’il pouvait y avoir
plusieurs espèces sur cette partie de la côte atlantique africaine?
La diversité morphologique de thalles prélevés parfois dans des
cuvettes voisines, ou en des points très proches mais soumis à des
régimes plus ou moins battus, l’existence de toutes sortes de formes
intermédiaires entre ces thalles, nous ont fait supposer qu’il s’agis¬
sait plutôt de la même espèce. Nous avons alors comparé entre
elles un certain nombre d’espèces de ce groupe et, nous adressant
aux types chaque fois qu’il était possible, nous avons pu nous faire
une opinion sur la valeur systématique des espèces atlantiques
suivantes : G. lanceola J. Ag., G. cuneifolia J. Ag., G. gibbesii Harv.
Harvey ayant rapproché G. gibbesii de G. cutleriae Kütz. origi¬
naire de Valparaiso, nous avons été amenées à étudier certaines
espèces du Pacifique.
1 " ) Espèces de l’Atlantique : G. lanceola J. Ag., G. cuneifolia
J. Ag., G. gibbesii Harv.
C’est entre ces trois espèces, décrites, la première de l’Atlan¬
tique oriental chaud (1841), la seconde des Antilles (1849), la
troisième de la Caroline du Sud (1853), que pouvaient, a priori,
se partager les échantillons du Maroc.
REVUE ALCOLOGIQUE, NOUVELLE SÉRIE, TOME VI, I’ASC. I, OCTOBRE 1961
Source : MNHN, Paris
GRATELOUPIA DE L’ATLANTIQUE ET DU PACIFIQUE
39
Certains d’entre eux, tel que celui représenté dans la Fig. 1
'semblaient parfaitement identifiables aux types de G. lanceola
(Fig. 5 et 6), d’autres (Fig. 3) au type de G. cuneifolia (Fig. 4)
et d’autres encore (Fig. 2) au type de G. gibbesii (Fig. 10). Une
autre photographie (Fig. 7) du matériel du Maroc montre la diver¬
sité des thalles.
Il était plausible de ranger ces échantillons dans les trois es¬
pèces; toutefois, l’existence d’intermédiaires que l’on pouvait tout
aussi vraisemblablement rattacher à G. lanceola, à G. cuneifolia,
ou à G. gibbesii nous inclina à penser qu’en fait ces trois espèces
ne se justifiaient peut-être pas.
D'ailleurs en comparant la morphologie des types, le bien fondé
de la distinction de ces espèces nous parut fort douteux.
Les planches de l’herbier du Muséum, en provenance de la Gua¬
deloupe (Mazé et Schramm) et portant les noms de G. lanceola,
G. cuneifolia, G. gibbesii et G. cutleriae nous montrèrent un poly¬
morphisme tout aussi accentué que celui de nos échantillons de
l’Atlantique oriental, ainsi qu’une similitude morphologique entre
échantillons des deux provenances (1).
Dès lors, l’aspect morphologique nous paraissant insuffisant
pour justifier le maintien de ces trois espèces, nous avons cherché
à voir si des différences anatomiques permettraient de caracté¬
riser chacune d’elles.
La structure anatomique est très constante dans les Gratelou-
pia de cette section : à un zone centrale de filaments anastomosés
en étoiles, fait suite vers l’extérieur une zone corticale de cellules
alignées. A la suite de Kylin (1941), et à condition de faire des
coupes à des niveaux analogues, il nous a semblé possible de
prendre utilement en considération le nombre de couches cellu¬
laires de la région corticale pour établir des distinctions spéci¬
fiques. Des coupes ont été faites dans les types de J. Agardh
ainsi que dans ceux de Harvey (2).
Dans les trois espèces atlantiques, nous avons observé 7 à 8
couches de cellules corticales dans la région médiane des thalles
(Fig. H, I, J); les échantillons du Maroc présentent aussi la même
structure avec 7 à 8 couches de cellules corticales (Fig. K).
(1) W. R. Taylor, dans un récent ouvrage (1960) dont nous venons de
prendre connaissance écrit : « Grateloupias are very polymorphie, and one
mays suspect that G. gibbesii Harv. may be a variant of G. cuneifolia J. Ag... ».
(2) Nous remercions tiès vivement M. le D r Tycho Nordlindh qui a bien
voulu, avec les photographies des types de J. Agardh, nous envoyer des frag¬
ments de ceux-ci, ainsi que M. le D r Webb qui nous a fait parvenir les 9
échantillons types de Harvey.
Source : MNHN, Paris
40
M 1 '* FRANÇOISE ARDRÉ ET M me PAULETTE GAYRAL
De l’ensemble de ces considérations morphologiques et ana¬
tomiques, nous avons pu conclure à l’identité de ces trois es¬
pèces qui doivent prendre le nom de G. lanceola J. Ag. en raison
de l’antériorité de celui-ci.
Toutefois, dans sa description originale de G. gibbesii, Harvey
écrit « In the belief that it is distinct from the G. cutleriae of Val-
paraiso, its nearest relation, I give it the name ot my friend
Prof. Lewis R. Gibbs... », laissant entendre ainsi qu’il n’avait pas
la certitude de créer une espèce réellement différente de G. cutl-
leriae du Pacifique.
Ceci nous a naturellement conduites à examiner cette dernière
espèce ainsi que 4 autres espèces voisines, afin de voir s’il n’y
aurait pas éventuellement une parenté ou une identité entre les
formes du Pacifique et de l’Atlantique.
2°) Espèces du Pacifique : G. cutleriae Kiitz., G. doryphora
(Mont.) Howe, G. schizophylla Kiitz., G. californica Kyl., G. maxi-
ma (Gardn.) Kyl.
Examinons successivement ces 5 espèces :
a. G. cutleriae Kiitz. dont nous avons eu communication du
type (3), a été récolté à Valparaiso. L’échantillon replié, séché
sans être étalé ni pressé, amputé de sa base et de son sommet,
ne permet guère d’en donner une photographie lisible.
Ce type se rapporte vraisemblablement à l’un des 3 spéci¬
mens de l’herbier Kützing que Howe a étudiés (1914).
C’est une plante tétrasporique d’environ 40 cm de long, at¬
teignant 6 cm dans sa plus grande largeur, avec de petites pro¬
liférations marginales. Cette description correspond bien à la
diagnose de Kützing (1843) et au beau dessin figuré dans Tab.
Phyc. (T. 17, Fig. 37) que nous reproduisons (Fig. 8).
Les coupes transversales faites au milieu du thalle com¬
portent une couche corticale épaisse de 8 à 9 cellules (Fig. A).
b. Le type de l’espèce G. doryphora (Mont.) Howe (1839) (et non
G. doryophora comme Howe l’a orthographié), originaire de
Callao (Pérou), est conservé au Muséum National d’Histoire
Naturelle dans l’herbier Montagne.
C’est une algue tétrasporique, d’environ 8 cm de long, divisée
non loin de la base en segments lancéolés à marges ondulées
entières, cependant 2 proliférations marginales prennent nais¬
sance vers l’apex de 2 des segments (Fig. 18).
(3) Que M me le D r J. Th. Koster veuille bien trouver ici l’expression de notre
vive gratitude pour l’échantillon qu’elle nous a fait parvenir.
GRATELOUPIA DE L’ATLANTIQUE ET DU PACIFIQUE
41
Au point de vue anatomique, la couche corticale comporte 4
à 5 rangées de cellules corticales dans des coupes réalisées au
milieu de l’algue (Fig. B).
c. Nous n’avons malheureusement pas pu étudier le type de G.
schizophylla Kiitz. provenant du Chili. En nous reportant à la
diagnose (1867) et au dessin de Kützing in Tab. Phyc. 17, Fig.
36 (Fig. 9), nous pouvons cependant en donner une description
relativement précise : c’est une algue d’environ 30 cm de long,
brièvement stipitée puis se divisant en segments ramifiés à leur
tour irrégulièrement; l’ensemble porte des expansions lancéo¬
lées, latérales ou terminales.
D’après la coupe figurée par Kützing, la région corticale est
formée de 7 à 9 couches de cellules.
d. Les 3 espèces précédentes n’avaient été séparées que par des
caractères morphologiques. Kylin introduit un autre critère
pour renforcer la distinction spécifique des Grateloupia, l’épais¬
seur de la couche corticale.
G. californien a été créé par Kylin (1941) pour des algues de
Californie qu’il distingue de G. cutleriae par leurs thalles plus
minces, de consistance non cartilagineuse, et surtout qui n’au¬
raient que 6 à 7 couches de cellules corticales au lieu de 8 à 9
comme chez G. cutleriae.
N’ayant pu obtenir les types dont nous reproduisons les
photos (Fig. 16, 17), nous avons étudiés, grâce au P r E. Y Daw-
son à qui nous exprimons nos vifs remerciements, de nombreux
échantillons provenant des côtes californiennes. Ceux-ci sont
étiquetés « G. schizophylla Kütz. », espèce que E. Y. Dawson
(1954) met en synonymie avec G. californien, ce dernier nom
n’ayant pas été reconnu valable à cette époque, la diagnose
latine faisant défaut.
D’autres échantillons de Californie conservés au Muséum, les
uns déterminés comme G. cutleriae par Anderson, Farlow,
Gardner, les autres comme G. californica par Doty et Cooper,
sont venus compléter nos références.
Comme Kylin l’avait signalé : « Übrigens scheint die cali-
fornische G. cutleriae eine Fiille von verschiedenen Formen zu
enthalten... », tous ces échantillons présentent un grand poly¬
morphisme. Certains thalles sont à lame entière, avec de rares
proliférations (Fig. 12), d’autres (Fig. 11 et 19) avec de nom¬
breuses proliférations, d’autres enfin de morphologie intermé¬
diaire entre ces formes (Fig. 13).
42
M lle FRANÇOISE ARDRÉ ET M n,e PAULETTE GAYRAL
La consistance des spécimens peut paraître moins coriace
que celle de G. entieriae ; en fait, l’aspect particulier de G. eut-
leriae est dû à la façon dont l’échantillon a été conservé. Il
est crispé du fait qu’il n’a pas été étalé; nous en avons regonflé
et étalé un fragment qui s’est révélé de consistance et d’épais¬
seur comparables aux Grateloupia de Californie et même de
l’Atlantique.
Nous avons voulu vérifier si la faible différence d’épaisseur
entre les couches corticales de G. cutleriae et G. californien,
indiquée par Kylin, était constante.
Kylin n’indique pas le niveau auquel il a effectué les coupes,
or nous nous sommes aperçues qu’il était important de le
préciser. Nous avons effectué des coupes à différents niveaux,
à 1 cm de la base, à 4 cm de la base, au milieu du thalle et à
2 cm du sommet, et ceci sur de nombreux échantillons.
L’épaisseur de la couche corticale peut varier de 15 à 4 cel¬
lules suivant les niveaux (Fig. D, E, F, G).
Enfin nous avons comparé des coupes faites sur plusieurs
thalles à des niveaux analogues (au milieu du thalle) ; là en¬
core on peut trouver des variations allant de 6 à 9 couches de
cellules corticales.
Nous n’avons pu effectuer des coupes dans le G. cutleriae
type dont le sommet manque, les coupes des proliférations mar¬
ginales ne comportent que 5 couches de cellules corticales.
Howe (p. 170) qui a étudié 3 échantillons de G. cutleriae
provenant de l’herbier Kützing, l'un étant le type que nous
avons revu, les 2 autres pouvant être considérés comme des
isotypes, signale une épaisseur de la couche corticale de 4 à
6 cellules.
Des coupes effectuées dans un échantillon de l’herbier Mon¬
tagne étiqueté « Halymenia cutleriae, Hering, Valparaiso » et
présentant sensiblement la morphologie de G. cutleriae type,
n’offrent que 6 à 7 couches de cellules corticales dans la partie
médiane de la lame.
Sans nier la valeur de ce caractère, il nous semble qu’une
distinction spécifique peut être difficilement fondée sur des
différences aussi faibles que celles retenues par Kylin.
e. G. maxima (Gardn.) Kyl. résulte de l’élévation au rang d’es¬
pèce par Kylin (1941), d’une variété californienne, G. cutleriae
var. maxima Gardner.
Très vraisemblablement le G. cutleriae form. procera Howe
est identique à l’espèce de Kylin.
Source : MNHN. Paris
Figures A à G.
A — Grateloupia culleriae Kütz. — Type : Coupe transversale effectuée dans
la partie moyenne du thalle. B. — Grateloupia doryphora (Mont.) Howe.
Type; coupe transversale effectuée dans la partie moyenne du thalle, c
Grateloupia cutleriae Kütz. torm. muxima Gardn. (- G.maxima Kyl.) Phyc-
Bor. Amer. Fase. E, n" CXXIV; coupe transversale effectuée dans la partie
moyenne du thalle. _ ... . I7 , »
Ü H-F-G — Grateloupia schizophylla Kütz. (— G. californien Kyl.) Heib.
Dawson. Echantillon de 25 cm de long, provenant de la cote californienne
D. - Coupe transversale à 2 cm de la base. E. - Coupe transversale a 8 cm
de la base. F. - Coupe tiansvcrsale dans la partie moyenne du thalle. G. -
Coupe transversale à 2 cm du sommet.
I^ÏBUüul
Source : MNHN, Paris
44
M IIe FRANÇOISE ARDRÉ ET M me PAULETTE GAYRAL
Figures H à K.
Coupes transversales effectuées dans la partie moyenne des thalles.
H. Grateloupia cuneifoUa J. Ag. — Type. I. — Grateloupia lanceoIn J. Ag.
— Type. J. — Grateloupia yibbesii Harv. — Type. K. — Grateloupia lanceola
J. Ag. — Echantillon de la côte marocaine.
GRATELOUPIA DE L’ATLANTIQUE ET DU PACIFIQUE
45
Dans Phycologia Boreali Americana, fasc. E, n° CXXIV (Fig. 14),
G. cutleriae var. maxima se présente sous la forme d’une lame
entière de 80 cm de long environ, pouvant atteindre 2,50 m
d’après Gardner, et complètement dépourvu de proliférations.
Cette algue se caractérise par la faible épaisseur de la zone cor¬
ticale, 4 à 5 couches de cellules selon Kylin. Nos coupes ont con¬
firmé les observations de Kylin, en effet l’épaisseur du cortex ne
dépasse pas 6 cellules même à la base du thalle (Fig. C).
La bibliographie relative à ces espèces nous montre cpie deux ten¬
dances se manifestent parmi les auteurs : Kylin, avec G. cali-
fornica et G. maxima, divise davantage les Grateloupia du Paci¬
fique; par contre, de Toni (1905) considère G. schizophylla comme
synonyme de G. cutleriae; Howe poussant plus loin le regroupe¬
ment des espèces, suggère, tout en maintenant leur distinction
spécifique, que G. doryphora, Iridaea violacea (4), G. cutleriae,
G. schizophylla et G. cutleriae fa. procera ne sont peut-être que des
aspects d’une espèce très polymorphe.
Si nous comparons entre elles les 5 espèces du Pacifique, nous
remarquons tout d’abord de grandes affinités entre G. cutleriae,
G. schizophylla et G. californica. G. cutleriae type (Fig. 8) est très
semblable au G. californica (Fig. 16; original exemplar mit Pro-
lifikationen), et G. schizophylla type (Fig. 9) présente de grandes
analogies avec G. californica (Fig. 17; original exemplar ohne Pro-
lifikationen). Anatomiquement trop peu de différences existent
dans l’épaisseur de la couche corticale de ces espèces pour les
distinguer l’une de l’autre.
Les 2 autres espèces, G. doryphora et G. maxima sont à pre¬
mière vue assez éloignées du complexe des 3 précédentes.
En effet, G. doryphora en diffère par sa taille, sa minceur, par
ses segments à marges ondulées entières, si ce n’est deux prolifé¬
rations marginales, et par l’épaisseur relativement faible de la
couche corticale.
Cette marge ondulée se retrouve d’une façon plus ou moins
accentuée sur plusieurs thalles de différentes provenances, mais
elle est particulièrement nette sur l’un des spécimens que le
Professeur Etcheverry nous a communiqués (5).
Cet échantillon (Fig. 15), dont l’étiquette porte deux noms :
G. doryophora? G. schizophylla?, a été récolté dans la baie de
(4) Nous n’avons pas étudié Iridaea violacea Kütz., cette espèce originaire
du Pérou comme G. cutleriae est généralement admise depuis longtemps comme
synonyme de G. cutleriae Kütz.
(5) Nous prions M. le P r Etcheverry d'agréer nos vifs remerciements pour
les nombreux échantillons qu’il nous a aimablement envoyés.
46
M lle FRANÇOISE ARDRÉ ET M m * PAULETTE GAYRAL
Conception (Chili). Le thalle est divisé, non loin de la base, en
segments à marges ondulées portant quelques courtes proliféra¬
tions marginales réduites souvent à leur base. Les coupes réalisées
au milieu du thalle présentent un cortex épais de 7 à 9 cellules.
Ainsi, morphologiquement, cet échantillon qui a de grandes simi¬
litudes avec G. dorgphora, s’en éloigne anatomiquement par l’épais¬
seur de la couche corticale comparable à celle que l’on trouve
chez G. cutleriae, G. schizophylla et G. californica.
G. cloryphora, bien que pourvu de tétraspores, ne pourrait être
qu’une forme jeune du complexe de ces Grateloupia du groupe des
Phyllymeniae. Nous ne pouvons cependant le prouver avec certi¬
tude; seules des cultures qui présenteraient des formes jeunes ana¬
logues au G. dorgphora confirmeraient sans ambiguïté cette hypo¬
thèse. Il nous semble donc préférable, en l’état actuel de nos con¬
naissances, de conserver l’espèce G. dorgphora.
En ce qui concerne G. maxima, dans tous les échantillons que
nous avons étudiés, l’épaisseur de la couche corticale ne dépasse
pas 6 cellules, ce caractère lié à une morphologie relativement
constante nous paraît justifier le maintien de cette espèce.
Si nous comparons maintenant les échantillons du Pacifique avec
ceux de l’Atlantique, nous retrouvons le même polymorphisme et
les mêmes variations structurales.
Nous ne pouvons malheureusement reproduire qu’un échan¬
tillonnage très réduit de tous les spécimens que nous avons obser¬
vés, sinon il eut été possible de placer côte à côte des échantillons
pratiquement identiques provenant indifféremment de l’Atlantique
ou du Pacifique et porteurs de noms différents.
Ainsi, au terme de cette étude, nous arrivons à la conclusion
que vraisemblablement G. lanceola, G. cuneifolia, G. gibbesii, G.
cutleriae, G. schizophylla, G. californica ne sont que des formes
d’une même espèce.
D’autres espèces comme G. multiphglla Dawson (1954) devront
sans doute s’ajouter à ce complexe.
D’après les règles de la nomenclature, c’est le nom de G. lanceola
(1839) qui doit être conservé, les autres en deviennent synonymes.
Nous sommes donc obligées, sur la base de nos observations, de
compléter la diagnose de G. lanceola de façon qu’elle puisse con¬
venir aux divers états morphologiques que nous avons étudiés.
Grateloupia lanceola J. Ag. emend. Ardré et Gayral.
Frondibus simpliciusculis aut parce divisis e foliolo senili re-
duclo palmatim aut pinnatim provenientibus, carnoso-cartilagi-
neis, planis linearibus oblongisve, basi eximie aitenuatis; apice
GRATELOUPIA DE L’ATLANTIQUE ET DU PACIFIQUE
47
obtusiusculis, margine subundulato aul cum frondibus novellis
pinnatim vel digitatim e margine aut apice truncato, exeuntibus.
Thallis 300-700 y. crassis secundum aelatem et proceritatem in
planta, cortice constitue) 7-9 cellulis in regione media.
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48
M"' FRANÇOISE ARDRÉ ET M mC PAULETTE GAYRAL
LÉGENDES DES PLANCHES
Planche I (2).
1-2-3-7. — Grateloupia lanceola J. Ag. — Echantillons de la côte marocaine.
4. — Grateloupia cuneifolia J. Ag. — Type, Herb. Agardh. (photo T. Nord-
lindh).
5-6. — Grateloupia lanceola J. Ag. — Type. Herb. Agardh. (photo T. Nord-
lindh).
Planche II (3).
8. — Grateloupia cutleriae Kütz. — In Kützing, Tab. Phyc., Vol. 17, tab. 37.
9. — Grateloupia schizophylla Kütz. — In Kützing, Tab. Phyc., Vol. 17.
tab. 36.
10. — Grateloupia gibbesii Harv. — Type.
11-12. — Grateloupia schizophylla Kütz. (= G. californica Kyl.) — Echan¬
tillon de la côte californienne. Herb. Dawson, Det. Dawson.
13. - Grateloupia californica Kyl. — Echantillon de la côte californienne.
Det. Doty.
Planche III (4).
14. — Grateloupia cutleriae Kütz. form. maxima Gardn. (= G. maxima Kyl.).
— In Phyc. Bor. Amer. Fasc. E, n° CXXIV. Echantillon de la côte californienne.
15. — Grateloupia doryphora (Mont.) Howe. — Echantillon de la côte chi¬
lienne. Herb. Etcheverry, Det. Etcheverry.
16. — Grateloupia californica Kyl. —- in Kylin (1941). Originalexemplar
mit Prolifikationen.
17. — Grateloupia californica Kyl. — in Kylin (1941). Original exemplar
ohne Prolifikationen.
18. — Grateloupia doryphora (Mont.) Howe. — Type. Herb. Montagne.
19. — Grateloupia schizophylla Kütz. (= G. californica Kyl.). — Echantillon
de la côte californienne. Herb. Dawson, Dét. Dawson.
(1) Sauf indications spéciales, toutes les photographies illustrant cet article
ont été faites par M me R. Haccard que nous remercions vivement.
revue algologique
N"e Sér., T. VI; PI. 2
Grateloupia. PI. I.
Source : MNHN. Paris
REVUE algologique
N"e Sér., T. VI; PI 3
Grateloupia. PI. II.
revue algologique
N'I» Sér , T. VI ; PI. 4
Grateloupia. PI. III.
Source : MNHN. Paris
The fine structure and the cell wall nature
of Diatoma hiemale var.
mesodon (Ehr.) Grün.
By S. C. MEHTA, G. S. VENKATARAMAN (*) and S. C. DAS.
Résumé. Le microscope électronique montre les pores à muci¬
lage des valves de la Diatomée et des épines marginales invisibles en
microscopie optique. Les analyses par rayons X et spectrographie
mettent en évidence de la silice cristalline et indiquent la présence de
Mg, Al, Fc et Ti (sans doute sous forme de silicates complexes).
The présent paper deals with the studies on the fine structure of
the valves of Diatoma hiemale var. mesodon (Ehr.) Grun. and
the Chemical composition of the celle wall as observed by spec-
trographic and x-ray diffraction methods. The diatom was col-
lected from the Pindari glaciers by D r M. S. Randhawa in Sep-
tember 1939, and was kindly placed at our disposai by him. For
the electron-microscopical studies, the material was cleaned by
cold acid (Desikachary, 1954; Venkataraman and Mehta, 1960 in
press), and for the spectrographie and x-ray ditfraction studies,
cleaning was done with hot sulphuric acid and potassium dichro-
mate and the cleaned specimen was dried at 105° C. X-ray diffrac¬
tion work was carried out with Phillips x-ray diffraction unit
type 1010 and Hilger’s large quartz spectrograph and JMIB pure
carbon rods were used for spectrographie work with the optical
and experimental set up as describeb by Dakshinaml rti and Meh¬
ta (1958).
OBSERVATIONS
The striac in Diatoma hiemale var. mesodon (Ehr.) Grun. as re-
vealed under the electronmicroscope, hâve the Fragillaria inter¬
media structure, resolving into a single row of round pores (Fig. 1-5)
(Okuno, 1950 b; see also Desikachary, 1956). There is a clear
axial area (pseudoraphe). The striae are arranged 21-38 in 10 g
and the pores measure about 0,06-0,11 [x in diameter. At three to
(*) Algae Laboratory, Division of Botany, IARI, New-Delhi, 12.
BEVUE ALCOI.OCKiUE, NOUVELLE SÉRIE, TOME VI, FASO. I, OCTOBRE 1961
4
Source : MNHN, Paris
50
S. C. MEHTA, G. S. VENKATARAMAN AND S. C. DAS
four régions, the valve is transversely thickened without sho-
wing any fine strucutre (Plate I, Fig. 1-2).
At the apices of the valves, there is generally a single linear mu¬
cilage pore, placed perpendicularly to the longitudinal axis of the
valves (Fig., Plate I, Fig. 1-3). The mucilage pores measure 0,05 —
0,08 X 0,31 — 0,56 jx. In some valves, the mucilage pores occur
in pairs, one on either side of the axial area (Plate 1, Fig. 4) or
one below the other on the same side of the axial area, (Plate I,
Fig. 5). Of spécial interest is Fig. 6 (Plate I), where the valve is
slightly turned, showing many marginal spines.
The x-ray diffraction patterns of the freshly cleaned frustules
revealed the presence of crystalline materials, mostly silica in the
form of quartz (Plate II, Fig. 1, and 2), though the pattern was
rather diffuse. The x-ray diffraction pattern of the cleaned dried
material, stored for about six months, showed an improved pat¬
tern of crystalline material — silica in the form of c* quartz
(Plate II, Fig. 3). Besides quartz, there were reflections of 10 A, 5 Â
and 3,3 A, vvhich indicated the presence of a micaceous minerai.
The spectrographic analysis of the frustules showed the pre¬
sence of aluminium, magnésium, iron and titanium, in addition to
the main constitutent, Silicon (Plate II, Fig. 5).
DISCUSSION
Okuno (1950 b) observed a single linear mucilage pore, placed
in the middle of the apices of the valve of Diatoma hiemale var.
mesodon (Ehr.) Grun. However, in the présent investigations
it is observed that the mucilage pores in this diatom can occur
either singly (Plate I, Fig. 1-3) or in pairs, one on either side of
the axial area (Plate I, Fig. 4) or one below the other on the same
side of the axial area (Plate I, Fig. 5). Further, it has been obser¬
ved that the valve margin is armed with many spines (Plate I,
Fig. 6).
The Chemical composition of the diatom frustule has been
investigated by many workers. Rogall (1939) considered it to be
a pure silicic acid in a sub-colloidal form, while Cooper (1952)
considered it to be a hydrated silica.
Desikachary (1959) observed a structure very similar to that
of tf quartz in the case of fossil diatoms and some fresh water
diatoms. In the présent studies also even in the freshly cleaned
material, the crystalline type of silica was revealed by x-ray dif¬
fraction patterns, although the patterns were rather diffuse. But
when x-ray diffraction patterns were taken with dried specimen
DIATOMA HIEMALE VAR. MESODON
51
stored for six months, the pattern improved, clearly showing the
crystalline silica and alumino-silicate minerais. The diffused pat¬
tern of the freshly cleaned material may perhaps be due to sonie
water held fast in the fine pores of the cell wall materials. On
storage, it appears that this water goes ont yielding a clearer pat¬
tern. It is interesting to note that in he untreated marine diatom,
Isthmia nervosa, the structure obtained was very similar to
silica gel (Desikachary, 1959). But treatments with HCl or
I-LSO* resulted in a pattern of crystalline condition (Desikachary,
1959).
Desikachary (1956) observed strong absorption bands for alu¬
minium in Desmogonium gmjanense Rabh. The spectrographic
analysis of the présent form also showed the presence of alumi¬
nium, besides magnésium, iron and titanium, even after vigorous
treatment of the material with hot sulphuric acid and potassium
dichromate. This suggests that aluminium and magnésium may
note be présent as cations, but may be présent as parts of some
complex aluminium silicate minerais where magnésium lias re-
placed some aluminium. The spectrographic analysis conform to
the x-ray observations of the presence of silicate minerais.
ACKNOWLEDGMENT
The authors record their sincere thanks to D r M. S. Randhawa
for kindly placing his collections at their disposai. They are great-
ful to D r B. P. Pal, A. B. Joshi and R. V. Tamhane for providing ail
facilities; to D r C. Dakshinamurti for his interest and suggestions
and to D r T. V. Desikachary for his helful suggestions and for
kindly going through the manuscript.
Division of Soil Science & Agricullural Chemistry,
Indian Agricnltural Research Inslitute, New Delhi.
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Planta, 29, 279, 1939.
Venkataraman G. S. and Mehta S. C. — Fine Structure of diatom
Valves. — I. Phylomorphology (in press), 1960.
LÉGENDES DES PLANCHES
PLATE I (5).
Fig. 1-6. — Diatoma hiemate var. mesodon (Ehr.) Grun.
Fig. 1 and 2. — Fuit valve view with an apical mucilage pore (Fig. 2 was
taken without objective diaphram to show the transversely thickned por¬
tions of the valve).
Fig. 3. — Apical région of the valve showing a single mucilage pore.
Fig. 4 and 5. —Apical régions showing a pair of mucilage pores.
Fig. 6. — Valve sligntly turned showing the marginal spines (Scale 1 i*).'
PLATE II (6).
Fig. 1-3. — x-rav diffraction patterns of the frustules of Diatoma hiemate
var. mesodon (Ehr.) Grun. (Fig. 1-2, freshly cleaned material; Fig. 3, clea-
ned material stored for six months)
Fig. 4. — Diffraction pattern of «-quartz.
Fig. 5. — Spectrogram of the frustules (A, carbon; B, Carbon + Frus¬
tules; C, Iron).
Source : MNHN, Paris
revue algologique
N" e Sér., T. VI; PI 5
DlATOMA HIEMALi: vai\ MESODON. PI. I.
Source : MNHN, Paris
REVUE algologique
N»« Sér-, T VI; PI. 6
Diatoma hiemale var. mksodon. PI. II.
2
Fe 2501-14
' 2 506-20
2575-11 8c -43
bMg- 2782-99
pMg” 27 95- 54
h 2802-71
. Mg 2852-13
.Si 288159
-Fe
FeC
2973 24
✓ 3020-65
-302I-O8
3082-16
3086 03
3092-72 & -82
^8 3093 05
,3233-52
:iTL
Sur le genre Falcula
Par Manfreu VOIGT
Dans une précédente note (Voigt 1960), nous avons signalé la
présence dans deux régions de la Méditerrannée, d’un genre nou¬
veau de Diatomées, Falcula.
Dans les deux localités, des espèces de ce genre ont été trouvées
clans le contenu de l’appareil digestif d’un poisson herbivore,
mais des lavages d’algues vertes du littoral n’en ont pas fourni.
II semblait cependant utile d’examiner des récoltes semblables
provenant d’autres mers, notamment de celles d’Extrême-Orient,
si riches en Diatomées.
Les dimensions réduites des frustules dont il s'agit et la res¬
semblance superficielle de leurs valves avec certaines formes ap¬
partenant à d’autres genres vivant dans des milieux semblables,
devaient rendre ces recherches assez pénibles, étant donné qu’il
fallait toujours, pour les reconnaître, avoir recours à des agran¬
dissements et des résolutions optiques suffisants pour en saisir les
détails typiques, tout en utilisant un champ visuel assez étendu.
Ici, le contraste de phase nous a rendu de grands services.
II est curieux de noter que, dans ce cas aussi, l’examen d’un
grand nombre de préparations de matériel provenant de la côte
chinoise et des îles qui en entourent la partie méridionale, n’a
donné des résultats positifs que dans des lavages d’algues pro¬
venant de deux sites, assez rapprochés, il est vrai, mais de cir¬
conscription restreinte, les Iles Paracels et Hai-Nan.
Les exemplaires de Falcula que nous avons examinés, res¬
semblent en général aux deux espèces trouvées dans la Méditerra¬
née, ils sont de contour valvaire arqué, portent aussi deux grands
pores apicaux et des striations transversales et longitudinales se
coupant à angle droit et laissant un pseudoraphé plus ou moins
marqué.
Les Falcula de Hai-Nan, généralement un peu plus petits que
ceux des Paracels, sont cependant plus robustes et de forme
moins arquée, mais les différences restent entre d’assez étroites
limites, justifiant le groupement des deux formes en une seule
espèce nouvelle :
REVUE ALGOLOGIQUE, NOUVELLE SÉRIE, TOME VI, FASC. I, OCTOBRE 1961
Source : MNHN, Paris
54
MANFRED VOIGT
FALCULA PARACELSIANA n. sp. (Fig. 1-6).
Valvae arcuatae, linearo-lanceolatae, apicibus rotundatis et
leviter angustatis, 70-110 ,u. longae, 6-9 }x latae.
Striae transversales parallelae, 33-36 in 10 y., punctatae et prope
medium valvae ab pseudoraphi angusta, indistincte interruptae.
Puncta lineas longitudinales distantiores, item parallelas, 24-29
in 10 ,u. formantes. Utroque extremo valvae poro magno, rotund-
ato, ad apicem valvae sito.
Ex algis marinis Paracels et Hainan insularum.
Typus in herb. mihi n° 36 015.
Dans cette espèce, le contour en vue valvaire est semblable à
celui de Falcula media, quoique souvent plus arqué, mais alors
que dans F. media, la réduction de largeur à l’extrémité s’effectue
du côté dorsal, dans F. paracelsiana, c’est le côté ventral qui a
tendence à s’infléchir.
Quant à la structure détaillée de la valve, les points qui consti¬
tuent les stries transversales forment ici aussi des stries longitu¬
dinales parallèles, mais moins marquées et plus espacées. Le
pseudoraphé, légèrement décentré vers le côté concave, est souvent
à peine visible, sa présence n’étant indiquée que par un léger
déplacement de la strie transversale (Fig. 4, 5).
Le pore apical, circulaire comme celui de F. Rogalli, est situé,
comme celui-ci, à l’extrémité même de la valve (Fig. 2, 3, 5).
En examinant plus attentivement ces pores, nous avons pu
constater, chez Falcula paracelsiana, dans une certaine mesure
une hétéropolarité : alors qu’une extrémité de la valve est munie
d’un grand pore apical, l’autre en porte un second, beaucoup plus
petit, situé non loin du pore principal et vers le côté concave de
la valve (Fig. 6).
Un nouvel examen de quelques exemplaires de F. Rogalli et de
F. media nous a permis de constater que là aussi, cette hétéropo¬
larité existe (Fig. 7); nos moyens optiques ne nous ont pas permis
de l’observer dans Falcula semiundulata.
Nous sommes très reconnaissants à notre ami et collaborateur
le D r E. Rogall, qui nous avait fourni les premières récoltes
contenant ces Diatomées, pour avoir, pendant un nouveau voyage
en Yougoslavie, entrepris de résoudre autant que possible quelques
problèmes écologiques.
En partant de la constatation que dans deux cas, ces Diatomées
étaient présentes seulement dans l’appareil digestif des Box Salpa
herbivores, Rogall a pu découvrir le fait que F. Rogalli et F. me¬
dia se présentent en quantités considérables, épiphytiques, dans
SUR LE GENRE FALCULA
55
les couches de Floridées qui tapissent les rochers submergés
autour de l’île de Mljet, dans le Sud de l’Adriatique.
Les frustules de Falcula sont attachés individuellement à leur
hôte et non pas en faisceaux ou sur pédoncules comme les Lic-
mophora qui les accompagnent.
Le point d’attache, un tout petit coussin de substance adhésive
sécrétée apparemment par le pore secondaire d’une des valves, est
colorable par le Bleu de Méthylène, mais à peine visible autrement,
même avec le contraste de phase.
Dans le cas de Falcula media on peut constater que cette attache
est excessivement tenace et élastique; en tournant le frustule au¬
tour de son point d’attache, on le voit revenir à sa position pri¬
mitive aussitôt libéré.
Le support de Falcula Rogalli semble être moins solide et on
trouve, dans les récoltes, beaucoup de frustules isolés.
Dans les deux formes, la zone connective est généralement
complexe et la face connective plus ou moins rectangulaire.
Le frustule étant attaché par le pore d’un seul angle, l’autre
valve est libre, aussi bien pour la croissance pervalvaire, que pour
la reproduction par fission; aussi trouve-t-on très souvent deux
frustules encore réunis sous une même enveloppe (Fig. 8).
Nous n’avons pas pu observer les traces d’une séparation défi¬
nitive de la cellule-fille ni de sa fixation éventuelle sur un nouvel
emplacement.
Ces constatations soulèvent naturellement la question de la na¬
ture et de la provenance des substances secrétées par les Diato¬
mées, soit pour former de simples points d’attache, soit des pé¬
doncules plus ou moins compliqués et ramifiés, pleins ou solides,
soit des tubes élastiques ou des masses informes, gélatineuses,
permettant plus ou moins un mouvement libre des frustules de
la colonie (M. F. Magne-Simon, 1955).
Parmi les échantillons examinés se trouvent un grand nombre
d’algues filamenteuses couvertes de frustules de Cocconeis molesta
Ktz., solidement attachés. Leurs valves incurvées embrassent
étroitement le filament, apparemment sans substance collante
mais ne montrant pas la déformation mécanique du filament qui
pourrait indiquer qu’il s’agissait d’une adhésion par succion.
La quantité de substance secrétée par quelques Diatomées dé¬
passe énormément la masse des Diatomées qui la produisent et
sa constitution doit différer suivant la forme qu’elle prend et les
fonctions qu’elle est appelée à remplir.
Dans le cas des Falcula, Rogall a cru pouvoir constater la pré¬
sence d’amino-acides au point d’attache, d’où l’on pourrait con-
56
MANFRED VOIGT
dure qu’il se produit une modification, une sorte de digestion de
la paroi de l’hôte. Ceci pourrait aussi contribuer à la mort préma¬
turée de l’algue porteuse. Dans le cas des Cocconeis, on voit en
effet que ce sont presque toujours les filaments morts, au moins
en partie, qui portent le plus de Diatomées.
BIBLIOGRAPHIE
Magne-Simon M. F. — Une forme particulière de colonie observée chez
une Diatomée marine, Navicula scopulorum Bréb. — Rev. Algol. Nlle
Sér. 1 , 4, p. 191, 1955.
Voigt M. — Falcula, un nouveau genre de Diatomée de la Méditerranée.
— Rev. Algol. Nlle. Sér., 5, 1, p. 85, 1960.
LÉGENDE DE LA PLANCHE.
Fig. 1. — Falcula paracelsiana n. sp. des Iles Paracels X 1100.
Fig. 2, 3. —- Extrémités d’une valve de Hai-Nan X 2500, montrant les pores
apicaux.
Fig. 4. — Partie médiane de la même valve X 2500 montrant la striation et
le pseudoraphé.
Pig. 5. — Extrémité d’une valve X 2750 montrant la striation, l’allure du
pseudoraphé et le pore apical. L’ombre du côté concave provient d’une partie
de la ceinture connective détachée.
Fig. 6. — Extrémité d une valve de Falcula paracelsiana X 3000, montrant
le pore principal et le pore secondaire.
Fig. 7. — Extrémité d’une valve de Falcula Rogalli X 1880 montrant le
pore principal et le pore secondaire.
Fig. 8. — Frustules de Falcula media après division.
Fig. 9. — Frustule de Falcula Rogalli avec contraste de phase.
Fig. 10. — F'rustule de Falcula media montrant le point d’attache.
Source : MNHN, Paris
revue algologique
N"e Sér. T. VI ; PI. 7
Gknkk Falcula.
Quelques Algues rares ou nouvelles
du Lac de Grand-Lieu
Par Pierre BOURRELLY.
Notre regretté maître, le Professeur P. Allorge, a donné en
1924, après un courte excursion dans cette partie méridionale du
Massif Armoricain située au Sud de Nantes, une note fort inté¬
ressante sur les Desmidiées du Lac de Grand-Lieu. Il y signale
103 espèces et variétés dont 14 sont nouvelles pour la France. Il
reconnaît, à côté d’un élément Atlantique à Spondylosinm planum
et Staurastrum arctiscon, un élément à affinité tropicale avec
Euastrum spinulosum, Cosmarium binum, C. obsoletum et Ony-
chonema laeve.
Dans ce même travail il décrit une espèce nouvelle du genre
Triploceras qui est depuis devenu une espèce du nouveau genre
Triplastrum Iyengar et Ramanathan; ce genre renferme trois
espèces, deux connues de l’Inde, du Turkestan et du Soudan, la
troisième Triplastrum simplex (Allorge) Iyengar et Ramanathan
n’a été observée que dans le Lac de Grand-Lieu (voir Gauthier-
Lièvre, 1960).
Nous avons eu la bonne fortune de pouvoir examiner du maté¬
riel vivant du Lac de Grand-Lieu grâce à l’obligeance de M" e G.
Rousselin. Elle nous a apporté un flacon d’eau recueillie dans les
environs de Passey, dans la zone d’inondation du Lac, le 31 déc.
1960. Après filtration et centrifugation nous avons pu reconnaître
les espèces suivantes.
CHRYSOPHYCÉES
Synura Petersenii Korsch.
Mallomonopsis elliptica Matvienko
Mallomonas insignis Pénard.
Antophysa vegetans (Müller) Stcin.
Paraphysomonas vestita (Stokes) de Saed.
Chromulina Georgesiana Bourr. (A.C.).
XANTHOPHYCÉES
Harpochytrium Hedenii Wille.
REVUE ALGOLOGIQUE, NOUVELLE SÉRIE, TOME VI, FASC. I, OCTOBRE 19G1
58
PIERRE BOURRELLY
Tribonema affine West (C.).
Tribonema regulare Pasch. (C.).
Tribonema utriculosum Hazen (C.).
EUGLÉNOPHYCÉES
Euglena fnsea (Klebs) Lemm.
Euglena mutabilis Schmitz.
Lepocinclis ovum (Ehrbg.) Lemm.
Trachelomonas curta var. subpunctata Bourr. (T.C.).
Tr. obovata var. Klebsiana Défi. (T.C.).
Tr. Stokesiana Palmer.
Tr. varions Défi. (T.C.).
Cyclidiopsis acus Korsh.
Anisonema acinus Duj.
CRYPTOPHYCÉES
Cliroomonas unamacula Schiller (A.C.).
CHLOROPHYCÉES
Carteria multifilis Dill.
Chlamydomonas Allorgei nov. sp.
Chl. ambigua Gerloff.
Chl. Debaryana Gorosch.
Chl. longistimata Dill. var. gallica nov. var.
Chl. mirabilis (Korsch.) Pasch.
Chl. pseucostata Pasch. et Jahoda.
Chlorogonium elongatum var. plurivacuolatum Skuja.
Gloeomonas Kupfferi (Skuja) Gerloff.
Pandorina morum Bory.
Gonium pectorale Millier.
Glaucosphaera vacuolata Korsch. (A.C.).
Microspora Willeana Lagerh. (A. C.).
Microthamnium Kiitzingianum Nàg.
Zygnema sp.
Spirogyra sp.
Oedogonium sp.
Cylindrocystis Brebissonii Menegh.
Pour compléter cette liste nous avons repris l’étude des récoltes
benthiques de P. Allorge.
Ces récoltes ont été faites en septembre 1923, dans la même
région de Passey, par expression de plantes submergées : Utricu-
ALGUES RARES OU NOUVELLES DU LAC DE GRAND-LIEU
59
laria, Fontinalis, Nitella, le matériel est particulièrement riche en
Desmidiées, nous avons pu y reconnaître les espèces suivantes
dans les groupes non étudiés par P. Allorge.
CYANOPHYCÉES
Tolypothrix tenuis Kiitz. (A.C.).
Cylindrospermum maius Kiitz. (R.).
Gloeotrichia pisum Thuret (T.C.).
Gloeotrichia natans Rabenh. (R.).
Nostoc rivulare Kütz. (A.C.).
Anabaena echinospora Skuja (A.C.).
DINOPHYCÉES
Cystodinium Steinii Klebs.
EUGLÉNOPHYCÉES
Phacus lismorensis Playf.
CHLOROPHYCÉES
Chaetopeltis orbicularis Berth. (A.C.).
Scenedesmus oahuensis (Lemm.) G. M. Smith. (C.).
Sc. oahuensis var. clathrata Manguin (R.).
Sc. platydiscus (G. M. Smith.) Chodat.
Sc. serratus fo. minor Chod.
Pediastrum angulosum (Ehrbg.) Meneg.
P. Boryanum (Turpin) Meneg.
P. duplex Meyen.
P. tétras (Ehrbg.) Ralfs.
Sorastrum spinulosum Nâg.
Botryococcus Braunii Kütz. (A.C.).
Coleochaete nitellarum Jost.
C. scutata Bréb. (T.C.).
C. soluta Pringh. (R.).
Protoderma viride Kütz. (A.C.).
Oedogonium pl. sp. stériles.
Bulbochaete pl. sp. stériles.
Spirogyra pl. sp. stériles.
Zygnema pl. sp. stériles.
Zygnemopsis decussata Transeau (fertile).
60
PIERRE BOURRELE Y
Nous donnons ci-dessous quelques renseignements systéma¬
tiques, écologiques et biologiques sur un certain nombre d’espèces
particulièrement intéressantes, rares ou nouvelles.
Anabaena echinospora Skuja (Fig. 1).
Filament à cellules sphériques de 8 <x de diamètre, de couleur
vert-bleu homogène. Hétérocystes globuleux de même forme et de
même taille que les cellules ou un peu plus gros, atteignant 10 n .
Les kystes sont cylindriques à apex arrondis, de 12 (i X 30-35 [x,
ils sont ornés de papilles coniques, incolores, gélatineuses de 3 p.
de hauteur. Ces verrues pointues donnent l’impression d’être
formées par l’union de 2 ou 3 verrues coniques élémentaires. Les
kystes sont solitaires ou par deux, toujours contigus à un hétéro-
cyste.
Cette espèce facile à identifier grâce à l’ornementation particu¬
lière des kystes n’est connue que de Lettonie.
Nostoc rivulare Kiitz.
Cette espèce, toujours en mauvais état de conservation, a des
cellules globuleuses de 3,5 jx de diamètre et de nombreux kystes
ellipsoïdaux de 10 |x à 8 jx, à paroi lisse, de couleur jaune brun.
Chromulina Georgesiana Bourr.
Nous avons retrouvé cette espèce que nous connaissions d’une
mare de Rambouillet (Bourrelly, 1957). Elle se reconnaît facile¬
ment à sa grande taille, à ses plastes très peu colorés et à ses
corps mucifères sous-cuticulaires.
Mallomonopsis elliptica Matvienko.
Nous avons signalé la présence de cette espèce dans les eaux de
Côte d’ivoire (Bourrelly, 1960), Ettl la retrouve en Tchécoslova¬
quie. Enfin Mrs K. Harris (in lilt.) l’a observée en Grande-Bretagne
dans les environs de Reading.
La cytologie de l’espèce du Lac de Grand-Lieu est identique à
celle que nous avons décrite pour l’espèce de Côte d’ivoire : 2 fla¬
gelles, un appareil parabasal, un photocepteur près de la base du
2° fouet.
Tribonema a/fine West fo. (Fig. 2).
Filament cylindrique de 5 a de diamètre à membrane mince, à
cellules très allongées quatre à six fois plus longues que larges,
chaque cellule présente deux séries de deux plastes pariétaux,
étirés en forme de violon.
Source : MNHN, Paris
ALGUES RARES OU NOUVELLES LH LAC DE GRAND-LIEU
61
L’espèce-type n’a, d’après Pascher (1939), (pie deux plastes
par cellule.
Tribonema utriculosum Hazen. (Fig. 4).
Filament à cellules en forme de tonneau ayant 15 y. de diamètre
dans la partie médiane, pour des cloisons de 13 y.. La membrane
est relativement mince, les plastes en disques pariétaux de 5 y.
de largeur, sont nombreux.
Tribonema regulare Pascher fo. (Fig. 3).
Filaments à cellules renflées, en tonneau, ayant 10 (x de diamètre
au milieu et 8 y. à la cloison. Ces cellules sont allongées et attei¬
gnent 20 à 30 y. de longueur. Il y a d’ordinaire 2 ou 3 plastes en
bandelettes pariétales par cellule. L’espèce-type a, le plus sou¬
vent, une membrane assez épaisse et présente 2 ou 4 plastes.
Espèce d’eau acide, rarement signalée.
Harpochÿtrium Hedenii Wille (Fig. 5).
Cellule épiphyte sur Spirogyra sp. en long tube cylindrique de
3,5-4 jx de diamètre, recourbé en faucille sur le filament porteur.
La base présente un minuscule coussinet de fixation, l’extrémité
apicale est pointue chez les cellules jeunes n’ayant pas donné de
zoospores.
Le contenu cytoplasmique est incolore, sans plastes, avec des
séries de granules.
P. Dangeard (1903) a décrit cet organisme sous le nom de
Rhabdium acutum Dangeard nov. gen., puis sous le nom de Rhab-
dium Hedinii (Will.) Dangeard et le considère comme faisant la
transition entre Saprolegniacées et Chytridiacées. Nous suivons
Pascher (1939) qui place cet organisme parmi les Hétérocontes
incolores.
Espèce cosmopolite rarement signalée.
Phacus lismorensis Playfair (Fig. 17-18).
Cellules de 130-135 y. X 35 y., épaisses de 17 y., à longue queue
effilée; les quelques échantillons n’avaient pas les deux gros grains
de paramylon habituels, mais de simples globules discoïdes parfois
très nombreux.
Espèce cosmopolite assez rarement signalée.
Trachelomonas curta var. subpunctata Bourr. (Fig. 6).
Logette à contour elliptique, plus large que longue de 25 y. X
Source : MNHN, Paris
62
PIERRE BOURRELLY
20 j/., porc à anneau épaissi, paroi brune densément ponctuée. Les
plastes pariétaux, discoïdes, sans pyrénoïde, sont très nombreux
et mesurent 5 n dans leur grand axe.
Nous avons trouvé cette variété en Camargue mais avec un
anneau poral double, des ponctuations moins serrées et des plastes
moins nombreux.
Trachelomonas Stokesiana Palmer.
Logette à contour elliptique, de 16 y. X 15 n, à petit col cylin¬
drique et à sillons spiralés, irrégulièrement anastomosés.
Espèce cosmopolite.
Chroomonas unamacula Schiller. (Fig. 7).
Cellule de petite taille de 10 à 18 u. de longueur pour 5-6,5 ^ de
largeur, à apex arrondi et se terminant par une queue pointue
recourbée. La section optique est circulaire, l’apex présente une
encoche latérale peu marquée d’où sortent deux fouets inégaux
plus courts que le corps cellulaire.
Le plaste unique, pariétal, d’un bleu-vert vif est enveloppant,
entier ou à 2 lobes séparés par une émargination dorsale à peine
indiquée.
Le Cytopharynx n’est pas visible, mais deux séries de tricho-
cystes sont observables sur la face ventrale. Il n’y a ni stigma, ni
pyrénoïde. Le noyau est en position basale, près de l’appendice
caudal recourbé. La partie apicale montre une vésicule contractile.
Nous avons observé cette espèce à nage très rapide dans trois
collections d’eau différente :
1° en décembre 1949, dans le nannoplancton du Bassin aux
Lions de la Ménagerie du Jardin de Plantes;
2° en septembre 1951 dans l’eau d’une petite mare de Jouy-en-
Josas;
3° dans l’eau du Lac de Grand-Lieu.
Dans ces trois stations, la morphologie et la taille de l’orga¬
nisme étaient fort constantes.
Cette espèce est très voisine du Chroomonas acuta Utermohl,
espèce pourvue d’un pyrénoïde. Elle se rapproche aussi de Chr.
cornu Schiller et de Chr. elegans Schiller, mais chez ces deux
espèces le plaste a une disposition différente.
Chroomonas unamacula n’est connu que du lac saumâtre de
Neusiedler (Autriche). La description de Schiller (1957) ne men¬
tionne ni la vésicule contractile ni les trichocystes du Cytopharynx
ni l’emplacement du noyau.
ALGUES RARES OU NOUVELLES DU LAC DE GRAND-LIEU
63
Carteria multifilis Dill. fo. (Fig. 8).
Nous avons déjà rencontré cette espèce dans la région parisienne
(Bourrelly, 1951) absolument typique. La forme du Lac de
Grand-Lieu a des cellules sphériques de 16 jjl de diamètre avec une
petite papille membranaire, plate, mais bien visible. Le plaste en
urne possède une partie basale très épaisse, occupant la moitié de
la cellule, et un gros pyrénoïde. Le stigma est équatorial, en tache
elliptique, le noyau antérieur. Les 4 fouets atteignent 1 fois 1/2 la
longueur du corps cellulaire, et à leur base sont 2 vésicules con¬
tractiles.
La place du stigma, la longueur des fouets et la papille, séparent
cette forme du type.
Une forme identique a été trouvée et représentée par Ettl
(1960).
Chlamydomonas Allorgei nov. sp. (Fig. 9).
Cellule elliptico-cylindrique à base et apex arrondis, à flancs
droits de 19 ^ X 12 jj., se terminant par une papille courte cylin¬
drique bien individualisée. La membrane est épaisse; le plaste en
urne creuse très mince, sans pyrénoïde s’arrête avant l’apex de la
cellule.
Le stigma et le noyau sont médians. Les 2 fouets, de même lon¬
gueur que la cellule, ont à leur base 2 vésicules contractiles. Cette
nouvelle espèce se rapproche de Chl. infirma Gerloff (= oblonga
Anachin) et de Chl. recta Pascher.
«Cellula elliptico-cylindrata, rotundatis base et apice, recto latere; papilla
brève cylindrica valde distincta; membrana crassa. Chloroplastus urceolatus
concavus, tenuissimus, sine pyrenoide, et non cum apicem cellulae appre-
hendens.
Stigma et nucléus mediani. Flagellae 2, aequi longitudinibus cellulae, cum
2 contractilibus basalibus vesiculis. »
(Chlamydomonas ambigua Gerloff (Fig. 10)
(= Chl. obscura Pascher, 1930 non Playfair, 1923).
Les cellules à contour largement elliptique de 21-28 a X 17-20 n,
à papille hémisphérique un peu aplatie ont un plaste en urne, sans
pièce basale épaissie et présentant 3 à 6 pyrénoïdes. Le stigma
antérieur est allongé de 5-6 g., le noyau central. Deux vésicules
contractiles sont visibles à la base des fouets qui atteignent la
longueur du corps.
Le type de l’espèce, connu dans les eaux acides, a un plaste de
couleur très foncé; notre forme ne présente pas ce caractère.
64
PIERRE BOURRELEY
Chlamydomonas Debaryana Gorosch. fo. (Fig. 11).
Cellule ovoïde de 15 jx X 10 jx, à papille hémisphérique bien
marquée et à plaste en urne à plaque basale épaisse portant un gros
pyrénoïde. Le noyau est médian et le stigma, à contour elliptique,
est situé à son niveau. Les fouets ont la même longueur que la
cellule et présentent à leur base 2 vésicules contractiles.
La membrane est assez épaisse et le contour de la cellule parfois
un peu anguleux. Le pyrénoïde n’est pas zoné comme chez le type.
Cette forme est intermédiaire entre le type et la var. micro-
papillata Gerloff (voir Bourrelly, 1951).
Chlamydomonas longistigmala Dill. var. gallica, nov. var. (Fig. 12).
La cellule cylindrique qui atteint 35 jx X 18 jx est arrondie aux
deux pôles et présente une papille hémisphérique. Le plaste est
en urne, sans épaississement basal et montre en coupe optique, un
bord ondulé. La surface du plaste a des fissures longitudinales et
transversales irrégulières. On observe 1 ou 2 pyrénoïdes latéraux, à
calotte d’amidon en anneaux parallèles. Le noyau est médian, le
stigma filiforme de 6 à 8 n de longueur est antérieur. Les fouets
courts (une demi-fois la longueur du corps cellulaire) ont à leur
base 2 vésicules contractiles. Cette variété se sépare du type par
son contour cylindrique, ses pyrénoïdes zonés et sa papille hémi¬
sphérique.
« .4 typo differt cylindrato ambitu, zonatis pyrenoidibus et hémispbaerica
papilla. »
Chlamydomonas mirabilis (Korsch.) Pascher (Fig. 13).
Cellules à contour largement elliptique, presque circulaire de 18
à 26 jx de longueur présentant une papille apicale bien marquée, à
contour en trapèze vue de face, triangulaire arrondie en vue de
profil. Le plaste pariétal, en cloche, sans pyrénoïde, d’épaisseui
régulière, sans épaissement basal, montre des fissures en vue
superficielle, tandis qu'une coupe optique fait apparaître des fentes
rayonnantes.
Le stigma arrondi est situé vers le tiers antérieur ou un peu plus
bas, atteignant rarement la région équatoriale. Le noyau esl
central. Les 2 fouets ont 1 fois 1/2 la longueur de la cellule; à
leur base sont 2 vésicules contractiles.
Espèce rarement signalée connue de Russie. Nous avons récem¬
ment observé une forme en Côte d’ivoire.
ALGUES RARES OU NOUVELLES DU LAC DE C.RAND-LIEU
65
Chlamydomonas pseudocostata Pascher et Jahoda (Fig. 14).
Cellules ovoïdes de 18 jx X 13 jx terminées par une papille très
large (4 p. à la partie apicale) en lame trapézoïdale, à profil trian¬
gulaire. Les 2 longs fouets, atteignant deux fois la longueur du
corps cellulaire, sortent aux angles de la papille. Le plaste est en
en urne creuse, à partie basale très épaisse portant un gros pyré-
noïde. Le noyau est médian ainsi que le stigma elliptique qui se
trouve placé à sa hauteur.
Notre forme diffère quelque peu du type par son contour plus
globuleux et sa largeur plus grande.
L’espèce-type est connu des mares d’alpage à eau acide de la
région de Lunz-am-See, Autriche.
Chlorogonium elongatum Dangeard var. plurivacuolatum Skuja
(Fig. 15).
Cellule fusiforme de 28-48 p. X 5-7 n, se terminant par une
pointe aiguë et possédant 2 fouets courts (1/3 ou 1/4 de la lon¬
gueur du corps). Le plaste pariétal enveloppant et montrant une
encoche médiane où se trouve le noyau présente 2 pyrénoïdes. Le
stigma est apical, allongé, on observe 3 ou 4 vésicules contractiles
dispersées dans la cellule.
L’espèce-type a été décrite avec 2 vacuoles contractiles apicales;
la variété suédoise de Skuja (1956) est de plus grande taille que
les exemplaires du Lac de Grand-Lieu et montre un plus grand
nombre de vacuoles.
Le Chlorogonium elongatum représenté par Ettl (1958) a une
silhouette plus ramassée que la var. pluriuacuolatum ; son extré¬
mité basale est arrondie, ses fouets plus longs.
Glaucosphaera vacuolata Korschikov (Fig. 16).
Cellule immobile, libre, sphérique de 12 à 20 p. de diamètre à
membrane très mince et entourée d’une gaine gélatineuse homo¬
gène, épaisse (le diamètre total avec la gaine est 40 à 50 p.). La
cellule présente un noyau central et une couche pariétale de Cya-
nelles endophytes d’un bleu-vert. Ces Cyanelles sont de forme
cylindriques ou tronconiques en vue de profil ou en coupe optique;
la vue de face est circulaire ou légèrement polygonale et montre
une face externe convexe avec 1 ou 2 grains rougeâtres saillants,
ayant l’aspect d’un stigma.
De nombreux grains d’amidon et des gouttelettes d’huile sont
dispersées dans le cytoplasme. Quelques vacuoles sont visibles
dans le cytoplasme, au voisinage du noyau.
66
PIERRE BOURRELLY
LÉGENDE DE LA PLANCHE
Fig. 1. — Anabaena echinospora Skuja.
2. — Tribonema affine West fo.
3. — Tribonema regulare Pascher fo.
4. — Tribonema utriculosum Hazen.
5. -— Harpochytrium Hedenii Wille (fixé sur Spirogyra sp.).
6. — Trachelomonas curta var. subpunctata Bourr.
(ornementation de la logette représentée seulement à gauche).
7. — Chroomonas unamacula Schiller.
(quatre cellules : une de face, trois de profil).
8. — Carteria multifUis Dill.
9. — Chlamydomonas Allorgei nov. sp.
10. -— Chlamydomonas ambigua GerlofT.
11. — Chlamydomonas Debaryana Gorosch. fo.
12. — Chlamydomonas longistigmata var. gallica nov. fo.
(à droite, coupe optique; à gauche, vue de la surface du plaste)..
13. — Chlamydomonas mirabilis (Korsch.) Pascher
(à droite, coupe optique, à gauche, vue de la surface du plaste).
14. — Chlamydomonas pseudocostata Pasch. et Jahoda.
15. — Chlorogonium elongatum var. plurivacuolatum Skuja.
16. — Glaucosphaera vaculata Korsch.
(deux cellules vues de face et en coupe optique à gauche).
17. — Phacus lismorensis Playf. vue de face.
18. — Phacus lismorensis Playf. vue de profil.
(Les échelles A, B, C représentent 10 n.
La figure 17 est à l’échelle B, la figure 18 à l’échelle C, toutes les
autres figures sont à l’échelle A.)
ALGUES RARES OU NOUVELLES DU LAC DE GRAND-LIEU
67
Source : MNHN, Paris
68
PIERRE BOl'RRELLY
Cette espèce est connue de Russie et n’avait pas été retrouvée
depuis sa découverte par Korchikov (1930).
La place systématique de cette algue reste obscure, sans doute
s’agit-il d’une Tétrasporale incolore dont les Cyanelles remplacent
le ou les plastes. Quant aux pseudo-stigmas on peut les rapprocher
des grains de carotène que Geitler (1956) a décrit chez diverses
Cyanophycées ( Dactylococcopsis, Oscillatoria).
BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
Allorge P. — Desmidies du Lac de Grand-Lieu. — Rev. Algol. An. Sér..
1, 1924.
Bourrelly P. — Yolvocales rares nouvelles. — Hydrobiologia, 3, 3,
1951.
Bourregly P. — Recherches sur les Chrysophycées. — Rev. Algol. Mém.
Hors-série, 1, 1957.
Bourrelly P. — Quelques observations sur un Mallomonopsis (Chryso¬
phycées) de la Côte d’ivoire. — C. R. Acad. Sc., Paris, 251, 1960.
Dangeard P. A. — Un nouveau genre de Chytridiacée : le Rhabdium
acutum. — Le Botaniste, 9, 1903.
Ettl H. — Die Algenflora des Schônhengstes. — Nov. Hedwigia, 2 , 4
1960.
Gauthier-Lièvre L. — Les genres Ichtyocercus, Triploceras et Triplas-
trum en Afrique. — Rev. Algol., N. S., 5, 1, 1960.
Geitler L. — über lokalisierte Karotinoidbildung und über Baueigen
tümlichkeiten des Cyanophyceenprotoplasma. — Protoplasma, 46,
1956.
Gerloff J. — Beitrâge für Kenntnis der Yariabilitât un Systematik der
Gattung Chlamydoinonas. — Arch. f. Proiist., 94, 1940.
Pascher A. — Heterokonten in Rabenhorst’s Kryptogamenflora, 1939.
Schiller J. — Untersuchungen an den planktischen Protophyten de
Neusiedlersees 1950-1954, II, Teil. — Burgenland. Landesmus. Wis-
sensch. Arbeit., Eisenstadt, 18, 1957.
Source : MNHN, Paris
BIBLIOGRAPHIE
Les conditions actuelles de l’imprimerie ne permettant plus d’envisager la
parution d’une Bibliographie Algologique méthodique comme dans la première
série de cette revue, il ne sera publié que des indications bibliographiques con¬
cernant les ouvrages importants ou les mémoires d’intérêt général. Les lecteurs
de langue française peuvent trouver un complément d’information dans la
« Bibliographie » paraissant en annexe au « Bulletin de la Société botanique de
France» et dans le «Bulletin analytique» publié par le Centre National de la
Recherche Scientifique.
Brook A. J. — Staurastrum paradoxum Meyen and S. gracile
Ralfs in the British freshwater plankon, and a révision of the
S. anatinum groupe ot' radiate Desmids. — Trans. Roy. Soc. Edin-
burgh, 63, part. 3 n" Z6, p. 589-628, 18 pl.
Dans la Revue Algologique a déjà paru une belle analyse des figures
publiées sous le nom de Slauraslrum parodoxum. Cette fois l’auteur élar¬
git le cadre de son travail et passe en revue les Slauraslrum planeto-
niques du groupe gracile, analinum, cingulum, clxaeloceras, longipes,
planctonicum. L’illustration particulièrement abondante, 18 planches
d’une quinzaine de figures chacune, permet de mettre un peu d’ordre
dans ce dédale d’espèces et de formes.
L’auteur montre que le SI. paradoxum, mal décrit et mal figuré par
Mkyf.n doit être abondonné.
11 élargit le cadre de Si. anatinum et y distingue 15 formes. Slauras-
trum gracile, dont on possède le type de Ralfs, n’est pas une espèce
planctonique et l’auteur en précise la diagnose. Ce travail permettra une
bonne et relativement facile identification des Slauraslrum planctoniques
des lacs européens, mais nous nous demandons si l’espèce anatinum n’est
pas trop pulvérisée. Nous avons l’impression qu’il ne s’agit pas de véri-
lubles formes systématiques, mais de variations écologiques. Lorsqu’on
examine en effet, des Slauraslrum de la même espèce dans des lacs
différents et voisins, l’on observe très souvent de petites différences
morphologiques qui ne semblent être que des variations cloniques de
populations.
P. By.
Bütcher R. W. - An Introductory account of the smaller Algae
of British Costal Waters. Part. 1 : Introduction and Chlorophyceae.
- Min. of Agricult., Fisliery Investigation, ser. IV, 74 p., 14 pl.
Après avoir présenté les grandes lignes de la classification Algolo¬
gique des formes unicellulaires suivant Fritsch et Papenfuss, 1 auteur
éiudie en détail les Polyblépharidales, Pedinomonadales et Chlamydo-
monadales marines ou saumâtres des côtes anglaises. A côté des formes
anglaises, il cite un grand nombre d’espèces marines qui n’ont pas été
encore signalées en Grande-Bretagne. Des séries de clefs de détermi¬
nation permettent d’arriver de proche en proche, à la famille, au genre,
puis à l’espèce.
70
BIBLIOGRAPHIE
Pour chaque espèce la diagnose est donnée, accompagnée de rensei¬
gnements écologiques et de la répartition géographique. Le plus souvent
deux figures accompagnent l’espèce : une microphotographie et une
remarquable aquarelle en couleurs. La planche VI donne des photo¬
graphies en microscopie électronique des flagelles des genres de Pédi-
nomonadales avec fouet lisse et fouet pleuronématé.
Les nouvelles espèces sont nombreuses, l’auteur décrit ainsi 4 nov.
sp. de Dunaliella, 4 de Pyrâmimonas, une d’Asteromonas, une de Car-
Jeria, 14 de Chlamydomonas, 9 de Telraselmis ( = Platymonas). Deux
nouveaux genres de Pedinomonadaceae sont décrits, 1°) le genre Aniso-
monas avec 2 flagelles inégaux, sans mastigonèmes et un plaste sans
pyrénoïde; 2°) le genre Thalassomonas à 2 flagelles inégaux, l’un nu,
l’autre pantonématé, et à plaste pyrénoïdifère. Ce dernier genre ren¬
ferme 5 espèces, toutes nouvelles. Il se sépare de Bipedinomonas par les
caractères flagellaires : Bipedinomonas possède en effet deux fouets
inégaux mais tous deux pantonématés.
Nous avons là un mémoire fort bien documenté qui permettra de
déterminer facilement la majeure partie des Chlorophycées monadoïdes
marines des cuvettes rocheuses.
P. By.
Cholnoky B. J. — Beitràge für Kenntnis der Diatomeenflora
von Natal (Südafrika). — Nov. Hedwigia, 2 , 1/2, 1960.
Il s’agit de l’étude très complète de la flore diatomique de la région
du Natal groupant, en 128 pages accompagnées de 348 figures, près de
600 espèces et variétés.
Les nouveautés systématiques signalées, décrites et figurées sont
nombreuses et appartiennent aux genres : Achnanthes, Amphiprora,
Amphora, Caloneis, Diploneis, Fragilaria, Fruslulia, Gyrosigma, Navi-
cula, Nil:schia, Pinnularia, Pyxidicula, et Snrirella. Des commentaires
systématiques accompagnent les espèces rares ou critiques ainsi que
les formes de régions tropicales.
P. By.
Ercegovic A. — La végétation des algues sur les fonds pêche-
reux de l’Adriatique. — Inst. Océan. Split., The M. V. Hvar. Omises
Research. Fisch. Biol. Reports., 6, 4, 1960.
Les récoltes d’algues ont été faites le long de l’Adriatique sur les
fonds vaseux où se pratique d’ordinaire la pêche au chalut. Contrai¬
rement à ce que l’on pensait, la végétation algale quoique clairsemée,
existe et renferme 16 formes communes et 55 plus rares. Pour chaque
espèce, l’auteur précise sa distribution horizontale et verticale dans
l’Adriatique. La profondeur et la nature du fond sont les causes de
l’appauvrissement de la Flore. La dépression argilo-sableuse du Jabuka
forme un terrain favorable et on y rencontre entre 250 et 260 m de
profondeur, la limite inférieure de la végétation algale. A cette pro¬
fondeur croissent : Laminaria Rodriguezii, Halarachnion spalhulatum
et Sargassum vulgare.
Trois cartes de répartition d’algues complètent cet important travail
d’écologie marine.
P. By.
Source : MNHN, Paris
BIBLIOGRAPHIE
71
Etcheverry H. D. — Algas marinas de las islas oceanicas
chilenas (Juan Fernandez, San Félix, San Ambrosio, Pascua).
_ Rev. de Biolog. mar., 10, 2-3, p. 83-132, PI. I-VI, I960.
Après quelques indications générales sur la flore algologique de ces
îles, l’auteur décrit 66 espèces dont 5 sont nouvelles pour File de
Pâques. On remarque l’absence des genres Macrocystis, Durvillea et
I.essonia qui sont représentés sur la côte continentale chilienne.
Enfin, grâce à des plongées, des coupes réalisées dans deux stations
de l’île de Juan Fernandez, précisent la distribution et l’abondance des
espèces signalées.
Fr. A.
Ettl H. Die Algenflora des Schônhengstes und seiner Umge-
bung I. — Nov. Hedwigia, 2 , 4, p. 509-546, 12 pl., 1960.
L’auteur donne des renseignements morphologiques, systématiques
et écologiques sur une soixantaine d’espèces d’algues d’eau douce rares
ou nouvelles.
Il décrit et figure avec beaucoup de précision des nouveautés appar¬
tenant aux genres : Botrydiopsis, Ellipsoidion, Arachnochloris Chara-
ciopsis, Euglena, Pyramichlamys, Chlorogonium, Chlamydomonas, et
Tetraspora.
Signalons spécialement la création du nouveau genre Sphaerello-
cystis, algue unicellulaire, libre, solitaire à cytoplasme de Chlamydo¬
monas (dépourvu de stigma et de flagelle) entouré d’une gaine gélati¬
neuse jaune ou brune. La multiplication se fait par zoospore du type
Chlamydomonas. Deux espèces de ce genre sont trouvées en eaux acides.
P. By.
Fan K. C. — Studies on Hypneocolax, with a discussion on the
origin of parasitic red algae. Nov. Hedwigia, 3, 1, p. 119-128, pl. 54-
56, 1961.
Hypneocolax slellaris se développe sur Hypnea nidifica (?), avec
lequel il est directement en relation par des synapses secondaires.
I)e grandes affinités cytologiques et anatomiques existent entre ces deux
genres : structure uniaxiale, rameau carpogonial à trois cellules, cellule
auxiliaire étant une des cellules-filles de la cellule support et identi¬
fiable seulement après la fertilisation, cellules internes de la paroi du
cystocarpe fonctionnant comme tissu nourricier, spermaties formées
en séries, tétraspores zonées. Des figures et photographies très claires
illustrent la description du développement du carposporophyte, des
spermatocystes et des tétrasporocystes de Hypneocolax.
L'auteur discute ensuite de l’origine des algues rouges parasites. Il
rappelle les hypothèses émises par plusieurs auteurs. Setchell, s’ap¬
puyant sur le cas de Agardhiella tenera, pense que les parasites peuvent
tirer leur origine de spores mutées germant sur leur parent. Cette idée
a été reprise par J. et G. Fkldmann qui nomment ces Floridées des
adelphoparasites. Cependant, d’après les observations de l’auteur el
72
BIBLIOGRAPHIE
d’autres algologues, les tétraspores non émises de Hypnea, ainsi que les
carpospores de plusieurs genres, germant dans le thalle parental, ne
donnent pas de plantes naines comme dans le cas de Agardhiella.
L’hypothèse de Sturch est alors analysée : Choreocolax et Harveyella
étaient probablement à l’origine de simples épiphytes. A la faveur de
contacts étroits entre l’épiphyte, les cellules de l’hôte et les produits
élaborés par ces cellules, l’intrus commence sa carrière de parasite.
L’origine du parasitisme chez les algues rouges serait comparable à
celui que l’on trouve dans le règne animal, où un des membres de l’asso¬
ciation vit de plus en plus aux dépens de l’autre.
A la suite de J. et G. Feldmann, l’auteur considère que la possibilité
d^établissement de synapses secondaires entre les cellules des deux
algues est un facteur très important dans l’évolution des adelphopara-
sites. Un épiphyte pourra, au cours de l’évolution, acquérir un mode
d’existence parasite d’autant plus facilement, qu’il aura d’étroites
ressemblances morpho-cytologiques avec son hôte.
Cette très intéressante étude, appuyée sur des observations précises,
donne une vue originale sur la question du parasitisme.
Fr. A.
Fjerdingstad E. — Water Pollution estimated by Biological
measures. — Nord. Hyg. Tidsk. 41, 1960.
L’auteur étudie les groupements d’algues benthiques en fonction de
la pureté et de la pollution des eaux. Il modifie et perfectionne le sys¬
tème classique de Kolwitz et Marsson. Il distingue les 9 zones sui¬
vantes : 1") zone coprozoïque avec bactéries et Bodo, 2") zone a poly-
saprobe à Kuglènes ( E. viridis ) Rhodothiobaetéries et Ohlorobactéries.
3°) f3 polysaprobe à Beyyiatoa, Thiothrix, Euglena, (E. viridis, E. doses),
4") y polysaprobe à Oscillaloria chlorina et Sphaerolilus, 5°) a méso-
saprobe à Ulothrix, Oscillaloria, ( O. brovis, limosa, princeps) et à
Stigeoclonium tenue, 6°) f3 mésosaprobe à Cladophora fracta et Phor-
mdium ( subfuscum, favosum), 7°) y mésosaprobe à Batrachospermum
vagum, Lemanea fluvialilis, Cladophora glomerala, Ulothrix, 8°) oligo-
saprobe à Draparnaldia glomerala, Meridion, Lemanea annulata, Vau-
cheria, Phormidium inundalum, 9°) Cathorobe à Chlorolylium, Dra¬
parnaldia plumosa, Hildenbrandia et Cyanophycées inscrustantes : Cha-
maesiphon et Calothrix. Pour ces diverses zones l’auteur donne la
composition floristique des communautés algales et précise les carac¬
tères chimiques de l’eau : matière organique, H = S, consommation d’oxy¬
gène. Il préconise l’emploi des termes : Saprobionte, saprophile, sapro-
xène, saprophobe, afin de pouvoir définir les algues caractéristiques
de ces diverses zones.
P. By.
Geitler L. — Die Oszillation des Chromatophores von Ghaetos-
sphaeridium. — ôsterr. Bot. Zeitsch., 107, 1960.
— Zur Entwicklungsgeschichte und Chromatophorenbewegung
von Coleochaeten. — d°.
BIBLIOGRAPHIE
73
_ Spontané rotation und Oscillation des Chromatophors in den
Haarzellen und Zoosporangien von Coleochaete solicita. Planta,
55, 1960.
L'auteur met en évidence, par l'étude sur le vivant des algues en bon
élit un curieux phénomène d'oscillation et de rotation du plaste. Le
phénomène est signalé chez les genres Coleochaete Chaetophaerxdmm
t Chaetothekel il n’existe que chez les cellules porteuses de poils, les
zoosporanges jeunes, les oogones, les germinations. Chez Coleochaete.
les cellules porteuses de poils montrent une coloration vitale élective
!... rouge neutre et ou bleu de méthylène. Cette coloration ne se mani¬
feste nas chez Chaetosphaeridium. L'auteur donne des précisions sur
la morphologie de la zoospore de Coleochaete «Bluta: elle a une dorsi-
vcntralité marquée, possède de nombreuses vésicules contractiles et
les deux touets égaux sont à insertion ventrale.
Gillet Cl. — Les Charophycées de l'Ardenne et des régions voi¬
sines. — Bull. Soc. Roy. Bot. Belgique, 92, p. 197-228, 1960.
Dans la région de l’Ardenne belge, l'auteur signale dans 170 collec¬
tions d’eau étudiées, 3 espèces de Nilella ( syncarpa, opaeu, flexüis) et
2 espèces de Chu,a mdgaris et fragilis). Certaines especes indiquées
car les anciens auteurs n’ont pas été retrouvées.
Après une description systématique, l'auteur donne de précieuses
indications écologiques et phytosociologiques, sur les especes rencon¬
trées. Ainsi la mise à sec piscicole, l'introduction d engrais calciques
permettent d'expliquer la disparition de certaines especes. 11 semble
aussi que la richesse en matières organiques (pollution humainejiu
feuilles nio
rtes) et l’abondance de la végétation phanérogamique soient
nuisibles aux Characées.
Haller de G. — Structure submicroscopique d’Euglena viridis
Arch. Sc. Genève, 12 , 3, p. 309-340, 8 pl. 1959.
Voici un fort intéressant travail qui nous présente, avec des planches
photographiques excellentes toute la cytologie d'une Euglene etudiee
au microscope électronique à l'aide de coupes. Signalons quelques
points qui apportent des renseignements nouveaux. La structure striee
de la cuticule est parfaitement nette ainsi que la presence d un leseau
fibrillaire sous-cuticulaire. Dans le réservoir, la structure devient lon¬
gitudinale et le réseau fibrillaire ne présente plus qu une seule série de
fibrilles Les mitochondries ont les crêtes classiques observées chez
les Métazoaires. L’appareil de Golgi est représenté par des dictyosomes
nombreux dans le voisinage du noyau et du réservoir avec saccules
empilées. Les piastes n’ont ni grana ni pyramide, le centre de paiamy-
logénèse ne montre aucune structure particulière. .
[.es corps mucifères ne sont pas sphériques mais allonges (. peut-
êlre est-ce une déformation ou s’agit-il A’Euglena slellata) ils ont une
membrane dense, leur contenu est non structuré. Le stigma ne pré¬
sente pas de stroma, son origine plastidienne est très discutable, le
74
BIBLIOGRAPHIE
pholocepteur est à l’intérieur de la membrane du flagelle; il offre une
partie claire à lames contournée et une partie plus dense en lentille
plan convexe.
Ce rapide résumé de quelques observations montre l’intérêt de cet
important travail.
P. Bv.
Hille L. YV. — A révision of the genus Halimeda (Order
Siphonales). — Inst, of Murine Sciences, 6, p. 321-403, 12, pi., 1959.
La morphologie, l’anatomie et la reproduction du genre Halimeda
sont étudiées ainsi que les caractères taxinomiques, macroscopiques et
microscopiques choisis pour établir la systématique des espèces de ce
genre.
La distribution géographique des espèces dans le monde est illustrée
par des cartes, l’auteur rappelle les facteurs physiques agissant sur le
cycle de croissance de ces algues.
L’auteur décrit ensuite 21 espèces qu’il répartit en deux catégories
rattachées soit à //. luna soit à //. incrassata. Pour chaque espèce on
trouve une liste de synonymes, la description morphologique et anato¬
mique des notions écologiques et la distribution géographique. Quelques
remaniements systématiques ont été effectués.
L’intérêt de cet ouvrage est de récapituler en une publication soignée
les connaissances déjà acquises sur ce genre auxquelles viennent
s’ajouter les recherches personnelles de l’auteur.
De nombreuses planches apportent une aide efficace aux algologues
dans leur détermination.
Fr. A.
Hirano M. — Flora Desmidiarum Japonicarum VII. — Contr.
Biol. Lab. Kyoto Univ., il, 1960.
Ce septième fascicule termine la flore des Desmidiées Japo¬
naises. L’ensemble de l’ouvrage comprend 572 sp., 256 var. et 38 fo.
appartenant à 27 genres. Plus de 600 unités systématiques sont nouvelles
pour le Japon et 65 pour la Science.
Ce fascicule est consacré aux Desmidiées filamenteuses; le dernier
chapitre expose l’écologie des Desmidiées Japonaises : composition
chimique de l’eau, formes planctoniqucs, formes des marais alcalins et
acides, rapport entre les florules desmidiales et le pH, la teneur en
matière organique, en chlorure, en Fer, en Calcium, en Sulfates, en
Silice. Enfin l’auteur étudie en détail la répartition géographique des
Desmidiées. L’ensemble de cette œuvre monumentale qui groupe près
de 500 pages et 54 planches intéressera les Algologues du monde entier.
P. By.
Iyengar M. O. P. — A new type of latéral conjugaison in Spiro-
gyra. — Journ. Indian Bot. Soc., 37, 3, pp. 387-393, 21 fig., 1958.
L’auteur décrit deux Spirogyres nouvelles à filaments fixées par leur
base dans les eaux vives des cascades.
Source : MNHN, Paris
BIBLIOGRAPHIE
La conjugaison se fait suivant un type extraordinaire : la fusion a
lieu entre deux cellules voisines du même filament par un trou se pel¬
ant dans la cloison séparant ces deux cellules. L’auteur appelle ce
nouveau type de conjugaison : conjugaison latérale directe.
Iyengar M. O. P. - Three new species of Temnogamelum from
south India. — Journ. Indian Bot. Soc., 37, 3, p. 203-219, 55 fig.
I e "enre de Zygnematacées, Temnogamelum est fort rarement s:gnalé
et n’est connu que de l’Afrique Centrale et de l’Amérique du Sud. L au-
ieur décrit 3 nov. sp. de l’Inde méridionale. L’une de ces especes a un
mode de conjugaison, avec formation de boucle chez le filament, de type
très particulier. Les 3 espèces présentent de plus, une ligne de delus-
cence sigmoïde.
L’auteur termine cet intéressant article par une clef de détermination
des 7 espèces connues du genre.
Lewin J. C. et R. A. — Auxotrophy and heterotrophy in marine
Littoral Diatoms. — Canad. J. Microbiol. 6, p. 127-134, 3 pl., I960.
Les auteurs obtiennent 44 souches de Diatomées marines littorales
en culture pure, qui appartiennent aux genres Achnanthes Amphi-
pleura, Amphiproa, Amphora, Navicula, Nîtzschia, Synedra , Slauroneis,
Cyclotella.
24 souches n’ont pas besoin de vitamines, les autres ne peuvent croî¬
tre qu’en présence de Thiamine (6 souches), de Cobalamine (11 souches)
ou des 2 éléments (3 souches).
10 espèces ne sont pas hétérotrophes et ne peuvent pas prospérer a
l’obscurité. Les autres, pour croître sans lumière, ont besoin d un apport
de glucose, de lactose ou d’acétate. Certaines especes montrent des
laces différentes dont les besoins physiologiques ne sont pas les
mêmes Ainsi Niizschia Closlerium est d'ordinaire héterotrophe en
présence de Glucose, mais une race sc refuse à croître a l obscurité.
Trois planches de photographies faites au microscope électronique
montrent l’aspect des valves des espèces étudiées. ^
Magne F — Sur le cycle cytologique du Nemalion helminthoides
(Velley) Batters. - C. fl. Acad. Sc., Paris 1. 252, p. 157-159, 1961.
A l’inverse de ce qui était jusqu’à présent admis, et_ comme le révè-
lent des dénombrements de chromosomes, la meïose na P" lieu,
le Nemalion helminthoides, au moment de la p " m ‘^ n . I J'' LS ‘°ll 1 es
zygote 1 .es carpospores sont diploïdes, ainsi que les p. J
engendrent; ces dernières sont très vraisemblablement des tetraspo-
rophytes. P ^
Source : MNHN, Paris
76
BIBLIOGRAPHIE
Magne F. — Le Rhodochaete parvula Thuret (Bangioidée) et sa
reproduction sexuée. Cahiers de Biologie Marine, t. 1, p. 407-
420, 1960.
Chez le Rhodochaete parvula Thuret (Rhodophycée Bangioidée)
l'auteur décrit les organes sexués encore inconnus, la fécondation, le
développement du zygote qui aboutit à la formation d’une seule carpo-
spore. L’étude caryologique montre que la méiose n’a pas lieu avant la
formation de celle-ci qui est donc diploïde; les conséquences théoriques
de ce résultat sont examinées.
La connaissance de la reproduction sexuée du Rhodochaete permet
de préciser la position systématique encore douteuse de cette algue, et
de tenter, par analogie une interprétation des organes reproducteurs
connus des genres Coinpsopogon et Kyliniella.
F. M.
Magne F. — Sur le lieu de la méiose chez le Bonnemaisonia
Asparagoides (Woodw.) C. Ag. C. R. Acad, des Sc. Paris, t. 250,
p. 2742-2744, 1960.
Chez le Bonnemaisonia asparagoides, la méiose n’a pas lieu au cour ;
des premiers cloisonnements du zygote, comme on le croyait jusqu’à
présent. Il est supposé qu’elle doit se produire dans les tétrasporocystes
portés par l’Hymenoclomiim serpens. L’espèce aurait un cycle cytolo¬
gique haplo-diplophasique semblable à celui des autres Floridées diplo-
biontes.
F. M.
Mazancourt de J. — Etude écologique et biologique de la végé¬
tation algale de l’estuaire de l’oued Bou-Regreg (Maroc). — Trav.
Inst. Sc. Chérif., Sér. Bol., 16 , Rabat, 1960.
L’auteur étudie la végétation algale macroscopique et microscopique
de la région de Salé, à l’embouchure d’un fleuve et précise les condi
lions biologiques de ce milieu particulier.
Signalons surtout l’intérêt des résultats des cultures d’algues du sol
où figurent de nombreuses espèces rarement signalées ou nouvelles.
Parmi ces algues du sol, Cyanophycées et Diatomées dominent,
tandis que les Chlorophycées constituent le partie essentielle des
formes macroscopiques.
Le genre Pithophora, genre de Cladophoracée tropicale est découvert
dans les cultures de sol.
P. By.
Morris et Anderson B. L. — Selected Bibliography on Algae, 5.
- Nov. Scolia Res. Fourni. Halifax, 1960.
Ce volume de plus de deux cents pages donne une importante biblio¬
graphie de travaux algologiques classés par matière : livres, études
chimiques et physiques, culture, écologie, généralités, préservations.
BIBLIOGRAPHIE
algues nocives, physiologie et biologie, étude floristique, taxinomie,
morphologie, utilisation des algues.
Un important index alphabétique donne tous les noms d’auteurs cités
dans le volume et les volumes précédents.
Papenfuss G. F. — The structure and Reproduction of Calo-
glossa leprieurii. Phycologia 1, (1), p. 8-31, fig. 1-30, 1961.
Nous trouvons dans ce très intéressant article une description dé¬
taillée de la structure et de l’ontogénie du thalle de Caloglossa leprieu¬
rii • la cellule apicale par des cloisonnements successifs donne des seg¬
ments dont chacun se divise en une cellule centrale et quatre cellules
néricentraies, les deux latérales étant formées antérieurement aux deux
transversales; les rameaux primaires sont d’origine exogène, tandis que
les rameaux secondaires sont d’origine endogène; les spermatocystes
se développent sur les ailes latérales du thalle; le développement du
nrocarpe est analogue à celui des autres Delesseriaceae; .apres la fécon¬
dation le carpogone émet une cellule de jonction qui fusionne avec la
cellule auxiliaire, caractère primitif qui est observé pour la première
fois chez les Delesseriaceae ; les tétraspores sont formés en succession
acropète.
L’auteur discute ensuite de la position systématique du genre Lalo-
nlossa dans la famille des Delesseriaceae. 11 place le genre Caloglossa
auquel il joint le genre Taenioma , transfuge du groupe des Sarcomema,
dans un groupe spécial de Delesseriacées. Ces deux genres sont caracté¬
risés par une ramification exogène bien différente de la ramification
marginale des autres algues de la même famille.
L’auteur analyse ensuite les caractères par lesquels on distingue les
Rhodomelaceae des Delesseriaceae. Il place alors le groupe des àorco-
menia parmi les Delesseriaceae, au voisinage des Claudea et des Calo¬
glossa.
Des illustrations claires et nombreuses apportent une documentation
précise qui complète cette belle étude.
Parke M. et Adams I. — The motile (Crystallolithus hyalinus
Gaard, et Marsk.) and non-motile phases in the lite history ot
Coccolithus pelagicus (Wall.) Sch. — Jour. mar. bioL Ass. U. K.,
39, p. 263-274, 4 pl„ I960.
Le microscope électronique montre que Cryslallolilhus hyalinus
possède sous les cryslallolithes, des écailles sculptées très fines; de
plus à côté des 2 flagelles acronématés égaux ou subegaux et homo-
dynames, il y a un haptonéma enroulé de courte taille. Mis en culture
ce flagellé donne une phase immobile à coeeolithes qui est identique
à Coccolithus pelagicus.
Dans la phase mobile Cryslallolilhus possède des holocoecolithes et
dans la phase immobile des hétérocoecolithes : l’organisme dans le sys-
tématique actuel appartient donc à deux tribus differentes. La decou-
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BIBLIOGRAPHIE
verte de deux types struturaux de coccolithes chez la même espèce
oblige donc à repenser le problème entier de la classification des Cocco-
lithophorides.
P. By.
Pocock M. A. — Hacmalococcus in Southern Africa. — Trans.
Roy. Soc. S. Africa, 36 ( 1 ), 1959.
L'auteur rencontre eu Afrique du Sud 2 espèces nouvelles cVIIaenm-
tococcus. Elle précise la description, l’écologie et la répartition géo¬
graphique des 5 espèces connues ( VHaematococcus, et étudie avec soin,
sur la hase de culture, leur cycle vital. Elle n’accepte pas le genre Bal-
licola (voir Droop. Rev. Algol. 3, 1950) et montre que VHaematococcus
phwialis Flotow doit se nommer : H. lacustris (Girod-Chantrans.) Ros-
tafinski.
Ce mémoire illustré de nombreuses figures et de 2 planches de micro¬
photographies est une monographie très complète du genre Haema-
tococcus.
P. By.
Proschkina-Lavrenko A. I. — On the évolution of Diatoms.
— Bujll. Moskov. Obsh. Ispyt, Prirod. Otd. Biol. 65 (5), 1960.
L’auteur précise en quelques pages l’évolution des Diatomées. Dans
le Jurassique, quelques restes mal conservés sont présents; puis du Cré¬
tacé à nos jours le matériel fossile important permet une étude de l’évo¬
lution de ce groupe. Les Centrales sont les Diatomées les plus anciennes,
qui débutent au Jurassique avec un maximum au Crétacé et subissent
une régression vers le milieu du Tertiaire. Les formes primitives de
Pennales à pseudoraphé apparaissent au Paléocène et au Néogène. Les
formes à vrai raphé prennent une grande extension. Actuellement le
plancton marin est formé par des Centrales de type ancien tandis que
le Benthos renferme des Pennales d’origine récente. En eau douce, les
formes jeunes dominent et sont connues du Pliocène.
P. By.
Skuja H. — Einc neue vorwiegend sessil oder rhizopodial auf-
lretende synbakteriotische Polytomee aus einen Schwefelgewàsser.
— Su. Bd. Tidsk., 52; 3, p. 379-390, 19 flg., 1958.
L’auteur décrit un nouveau genre de Yolvocale incolore vivant dans
les eaux sulfureuses.
La cellule nageuse, du type Polyloma, à deux flagelles et réserves
amylacées, se pose par son pôle apical, perd ses fouets, et se fixe par
un lobopode qui permet de plus le déplacement à ce stade. La multi¬
plication, par formation de zoospores biflagellées, a lieu à ce stade fixé.
La membrane cellulaire est recouverte de petites bactéries sym¬
biotiques.
Cet intéressant organisme de Lettonie, prend le nom de Melapolytoma
bacterifemm.
P. By.
Ski ia H. —- Die Pelonematacee Desmantàos Ihiokrenophilum ,
ein Vertrcter der Apochromatischen Blaualgen aus Schwefel-
queilen. — Sv. Bot. Tidsk., 52, 4, p. 437-444, 7 fig., 1958.
L’auteur, décrit un nouveau genre de Cyanophycées incolore appar¬
tenant à la famille des Peloncmatacées. Ce nouveau genre était simple¬
ment cité dans le tableau de détermination donné par Skuja en 1956
(Xov. Act. reg. soc. Sc. Upsal., 4, 16, p. 80) .
Il s’agit de filaments incolores, groupés en faisceaux et rappellant
morphologiquement Scliizothrix ou Microcoleus. La base du faisceau
est contenue dans une gaine gélatineuse fixée au substrat, le sommet
montre les filaments divergents, capités à leur sommet.
Ce nouveau genre a été observé dans les eaux rapides d’une source
sulfureuse de Lettonie.
P. By.
Tama G. — Algenflora des Balatonsees, 1938-1958. Ann. Biol.
Tihany, 26, 1959.
L’auteur donne un catalogue floristique des algues connues du Lac
Balaton d’après les nombreux travaux consacrés à ce Lac. 714 espèces
v sont connues, non compris les Diatomées.
Les Ghlorophytes viennent en tête avec 349 sp., suivies par les Euglé-
nophvtcs 166, et les Cyanophytes 136.
Bibliographie complète sur le Lac et index alphabétique terminent
et complètent cette note.
P. By.
Vodenicharov I). G. - Investigation of the genus Botrydium
Wallr. Nauk. Ukr. R.S.R. Inst. Bot. Kiew, 17, 4, 1960.
L’auteur étudie les Botrydium de Bulgarie et reconnaît 2 espèces
nouvelles B. Milleri et B. corniforme dont il donne les diagnose;, latines
et des photographies.
P. By.
Vodenicharov D. G. — New green Algae. — Akad. Nauk. Ukr.
R.S.R. Inst. Bot. Kiev, 17, 2 , I960.
L’auteur décrit et ligure des algues d’eau douce nouvelles de Bulgarie
appartenant aux genres : Pediastrum, Scenesdesmus, Closleridium et
Oedogonium.
La nov. sp. de Closleridium ressemble beaucoup à un Cyslodinium.
P. By.
Le Gérant : R. Lami.
Imp. Monnoyeb, Le Mans.