Tome IX - Fasc. 3-4
Décembre 1937
REVUE
ALGOLOGIQUE
Directeurs :
P- ALLORGE et Rob. LAMI
SOMMAIRE
J. FELDMANN. — Les algues marines de la côte des Albères.
I-III. Cyanophycées, Chlorophycées, Phéophycées.
141. Fasc. 3-4
Les Algues Marines
de la Côte des Albères
i _ ni
CYANOPHYCÉES, CHLOROPHYCÉES
PHÉOPHYCÉES
Par Jean FELDMANN
INTRODUCTION
Les recherches que j’ai entreprises sur la végétation marine de
la côte des Albères (1) m’ont amené à étudier de près, au point de
vue systématique, la flore des algues marines de cette région.
Une étude écologique ne peut, en effet, avoir de valeur et d’in¬
térêt que si elle est basée sur une connaissance systématique exacte des
espèces étudiées.
Dès le début de mes recherches, j’ai reconnu que la flore algale
de la Méditerranée était beaucoup moins bien connue que ne le laisse¬
raient supposer les nombreux travaux dont elle a été l’objet. La décou¬
verte dans la région de Banyuls de nombreuses espèces critiques ou
nouvelles m’a obligé à entreprendre la révision d’un certain nombre de
groupes et de justifier mes déterminations par des dessins et des des¬
criptions détaillées.
C est ainsi que j ai été conduit à établir un catalogue critique
(1) J. Feldmann. — Recherches sur la végétation marine de la Méditerranée. La
côte des Albères. Paris, 1937.
142
J. FELDMANN
des algues marines de la côte des Albères dans lequel, outre mes obser¬
vations écologiques et biologiques sur chaque espèce, je donne des
indications morphologiques et systématiques sur les espèces nouvelles
et mal connues.
Le grand nombre des espèces trouvées dans cette région restreinte
(près de 500) me permet d’espérer que ce travail sera utile aux algo-
logues méditerranéens en dehors même de la région de Banyuls.
Alors que la côte de Provence avait été l’objet, dès la première
moitié du XIX e siècle, de recherches algologiques assez importantes,
la partie occidentale du golfe du Lion est restée très longtemps inex¬
plorée.
La création à Banyuls-sur-mer, en 1882, du Laboratoire Arago,
par H. DE LACAZE DuTHIERS, attira l’attention des naturalistes sur
cette région, et le premier visiteur du nouveau laboratoire fut l’algo-
logue Ch. FLAHAULT, qui fit d’assez nombreuses récoltes d’algues
dans la région, mais n’en a malheureusement jamais publié la liste.
Depuis, divers algologues ont fréquenté le Laboratoire Arago
(J. CHALON, C. SaUVAGEAU, P. DaNGEARD, etc.), mais aucun
n’avait tenté jusqu’ici d’établir une florule de la région. J. CHALON
(1900) n’a publié qu’une note sommaire sur la flore algale de Banyuls
où il n’énumère que les espèces les plus communes.
Les travaux de C. SaUVAGEAU, très importants au point de vue
biologique, n’intéressent presque exclusivement que les Phéophycées et,
à l’exception de son mémoire sur les Cÿstoseira, avaient surtout pour
objet d’établir le cycle de développement et le mode de reproduction
des espèces étudiées. P. DaNGEARD, dans plusieurs notes, a signalé
quelques-unes de ses plus intéressantes découvertes.
Le nombre des espèces signalées jusqu’ici, par les différents au¬
teurs sur la côte des Albères, ne dépasse pas 150. Mes recherches
m’ont permis d’élever ce nombre à près de 500.
Dans ce premier mémoire, j’étudierai successivement les Cya-
nophycées, Chlorophycées et Phéophycées de la côte des Albères.
L étude des Rhodophycées fera l’objet d’un second mémoire dont la
rédaction est terminée et qui pourra, j’espère, paraître prochainement.
Ce travail n est pas une flore algologique de la région considérée,
aussi ne renferme-t-il pas de descriptions complètes des espèces bien
connues ou de celles pour lesquelles je n’avais pas d’observations ori¬
ginales à apporter. Seules, les espèces nouvelles ou mal connues ont été
décrites en détail et illustrées.
Pour chacune des espèces étudiées au nombre de 237 (70 Cya-
nophycées, 79 Chlorophycées et 88 Phéophycées), j’ai indiqué les
observations écologiques et phénologiques que j’ai pu faire à leur
sujet sur la côte des Albères. La synonymie et la bibliographie rela-
A LC U ES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
1-13
tives à chaque espèce ont été volontairement abrégées. Je n’ai pas cité
tous les ouvrages consultés pour leur détermination, mais seulement
ceux renfermant de bonnes descriptions et des figures exactes, nécessaires
à une détermination précise, ainsi que les travaux récents ne figurant
pas dans le Sÿlloge de De ToNI. Ces indications bibliographiques ont
été aussi écourtées que possible, j’espère que cela sera sans inconvé¬
nient pour les spécialistes familiers avec la littérature algologique.
D'ailleurs, un index bibliographique donnant les références complètes
de tous les travaux cités sera publié dans le second volume traitant des
Rhodophycées.
Les localités où j’ai observé chaque espèce sont indiquées dans
l’ordre géographique d’Argelès à Cerbère. J’ai également signalé
sommairement la distribution géographique générale de chaque espèce,
en tenant compte des ouvrages floristiques récents et des documents
inédits puisés dans différents herbiers.
J’ai déjà exprimé ailleurs mes remerciements à tous ceux qui,
d’une manière ou d’une autre, m’avaient aidé dans mes recherches.
Je ne les répéterai donc pas ici. Je désire rappeler seulement que la
plupart des Cyanophycées étudiées dans ce travail ont été déterminées
par M. l’Abbé P. FrÉMY, et que le regretté professeur C. SAUVAGEAU
m’a rendu de grands services en me donnant son avis sur un certain
nombre de Phéophycées et en me communiquant un matériel d’étude
précieux.
Source : MNHN, Paris
PREMIÈRE PARTIE
CYANOPHYCEAE (,)
Chroococcales
Chroococcaceae
MERISM0PED1A Meyen, 1839
Merismopedia glauca (Ehrenberg) Nagell
P. Frémy, Cyanoph. des côtes d'Europe. 1934, p. 7, pl. 1. Hg- 2.
Les échantillons de Banyuls appartiennent à la f. mediterranca
(Nag.) Collins, qui ne diffère du type que par la plus grande taille
de ses colonies. , ,
Cette algue se rencontre à Banyuls à la fin de 1 ete (septembie),
dans les stations calmes et peu profondes, où l’eau atteint une tempe-
rature élevée. Epiphyte sur diverses algues, et, en particulier, sur
Padina pavonia, mêlée à d’autres Cyanophycées filamenteuses (Hy-
dtocoleum glutinosum f. purpurea, Spirulma miniala, Sp. tenemma,
Oscillatoria nigroviridis).
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRlB. : Cosmopolite.
APHANOCAPSA Nâgeli, 1849
Aphanocapsa Raspaigellae (Hauck) Frémy
J. FeldmaNN, Cyanoph. viv. dans les éponges de Banyuls, 1933 p. 389, fig. 111-Vil.
P. Frémy, Cyanoph. des côtes d'Europe, 1934, p. 13, pl. 1. hg. 1U.
Chroococcus Raspaigellae Hauck.
Ainsi que je l’ai signalé dans un travail précédent, cette espèce
se rencontre à Banyuls, associée à Y Aphanocapsa Fddmanm , dans les
tissus de l’éponge Hircinia variabilis O. Schmidt, avec laquelle elle
semble vivre en symbiose. Depuis la publication de ce travail, j ai eu
l’occasion de récolter, de nouveau, cette algue à Banyuls, non seule-
(1) J'ai suivi, dans l'énumération des Cyanophycées de Banyuls. l’ordre adopté par
l'Abbé P. Frémy dans ses Cyanophycées des côtes d'Europe, 1934.
146
]. FE LD MANN
ment dans Hircinia variabilis et Sycon sp., où je l’avais déjà signalée,
mais dans une éponge siliceuse du genre Halichondria que M. le Prof.
ToPSENT, qui a bien voulu examiner mes échantillons, rapporte à
Y H alichondria membrana (Bowerbank) ? (Cf. Topsent, 1934,
P- 42).
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Fig- I. — Aphanocapsa Raspdgellae (Hauck)
variabilis ; B, forme vivant dans un Sÿcon sp
vidus différents d' Halichondria membranacea.
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Frémy : A, forme vivant dans ïHircinia
; C, D, E, F, formes vivant dans des indi-
X 525.
Cette éponge est relativement fréquente à Banyuls, tant au voi¬
sinage du niveau qu’en profondeur. Elle vit sur les Cystoseira (C. bar-
bata et C. spinosa en particulier), dont elle revêt la tige principale ou
son sommet d une croûte relativement mince, colorée en rose par les
Aphanocapsa.
Les échantillons d'Aphanocapsa Raspaigellae, vivant dans Y Hir¬
cinia variabilis , présentent une grande constance dans les dimensions,
quels que soient les échantillons observés. Il n’en est pas de même pour
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
147
ceux vivant dans les Sÿcon, et surtout dans les Halichondria, et qui
présentent, selon l'échantillon d'éponge examiné, des variations no¬
tables de la taille des cellules (fig. 1 ) • Dans certains Halichondria. en
particulier, celles-ci ne mesurent que 4-6 p (moyenne 5p) de diamètre,
alors que, dans le cas des individus vivant dans Hircmm vanabitis, le
diamètre des cellules est de 6-12 p (moyenne 10 p) .
On pourrait penser avoir à faire à une espèce distincte si, dans
d'autres éponges, on ne trouvait tous les intermédiaires entre les formes
de petite taille et celles de grande taille comme celles qui vivent dans
les Hircinia.
Dans un Halichondria membrana fixé sur un Lodium Hursa,
dragué au cap l’Abeille, Y Aphanocapsa Raspaigellae était associe
dans le tissu de l’éponge à des Zooxanthelles.
Loc. : Collioure; Banyuls, cap Béai, cap l'Abeille.
Durai». I Méditerranée occidentale. Adriatique, Pacifique tropical, Ant.ll», C.ua-
deloupe (!).
0
Aphanocapsa Feldmanni Frémy
j. FeLDMANN, Cyanopb. viv. dan» les éponges de Banyuls, 1933, p. 395 fig III c,
VI, VII et VIII. P. Frémy. Cyanoph. des cotes d Europe. 1934. p. 13, pi. 1. hg. U. a. t>.
Cette algue est fréquente à Banyuls dans les tissus de la région
externe de deux éponges : Hircinia variabilis O. Schmidt et Petrosia
ficiformis (Poiret) et sa var. dura (O. Schmidt). Dans 1 Hircinia,
elle est associée à 1 Aphanocapsa Raspaigellae.
Dans le Petrosia ficiformis, où elle vit seule, elle se rencontre
à la fois entre les cellules et à 1 intérieur
des cellules conjonctives étoilées. Dans
cette éponge, Y Aphanocapsa Feldmanni
présente souvent un aspect un peu parti¬
culier (fig. 2), les cellules, au heu d etre
sphériques ou un peu allongées au moment
de la division, se présentent sous des
formes et des dimensions très variables, et
constituent souvent de courts bâtonnets
droits ou arqués, à membrane plus ou
moins épaissie, larges de 2-3 F et longs de
5-8 F. Il s’agit sans doute là de formes
dévolution analogues à celles signalées chez diverses autres Chro-
ococcacées, et en particulier à celles décrites récemment par T. Hof
et FrÉMY (1933) chez Y Aphanocapsa litoralis Hansg. vivant dans
des eaux très fortement salées. Ces formes allongées et polymorphes
de Y A. Feldmanni ne sont pas sans ressemblance avec certaines sul-
°0
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Fig. 2
Aphanocapsa Feldmanni Frémy.
Formes dévolution vivant dans le
Petrosia ficiformis, X 700.
148
J. FELDMANN
fobactéries marines, qui sont également colorées en rouge. De plus,
au cours de travaux récents sur la nutrition bactérienne des Spongiaires,
M Ile Nelly PoURBAIX (1933) a signalé dans diverses éponges
l’existence de bactéries rouges, sphériques ou allongées. Dans Petrosia
ficiformis , en particulier, elle décrit et figure de telles bactéries situées
soit à l’intérieur des archéocytes, soit dans le liquide intercellulaire,dont
les formes et les dimensions correspondent exactement à celles des
formes d’involution de VA. Feldmanni que j’ai observées dans cette
même éponge. Il y avait donc lieu de rechercher si les organismes que
j’avais étudiés étaient bien des Cyanophycées, ou s’il ne fallait pas
plutôt les rapprocher des bactéries.
La distinction entre les bactéries et les Cyanophycées est parfois
difficile à établir. Le caractère tiré des dimensions généralement plus
grandes des Cyanophycées ne peut être utilisé dans le cas qui nous
occupe, la taille de VA. Feldmanni n’étant pas supérieure à celle de
grosses bactéries. La cytologie ne nous fournit pas non plus de carac¬
tère bien tranché. Seule, la nature des pigments me paraît susceptible
de fournir, dans le cas présent, des caractères distinctifs utilisables.
Les bactéries, en effet, ne contiennent pas de chlorophylle : on
rencontre, seulement chez quelques espèces, un pigment vert ayant
quelques rapports avec elle, mais nettement différent : la bactérioviri-
dine. Quant aux pigments rouges, fréquents chez les bactéries (bacte-
riopurpurine, prodigiosine), ils sont nettement distincts, par leurs
caractères physiques et chimiques, des phycochromotéides. A ma
connaissance, ces derniers n’ont jamais été signalés chez des bactéries.
L examen des pigments des formes d’involution de VA. Feld¬
manni montre bien qu il s agit d’une Cyanophycée. En faisant macérer
dans 1 eau douce la partie externe d’un gros individu de Petrosia fici¬
formis, coloré en rouge par des Aphanocapsa Feldmanni, à l’exclusion
de toute autre algue, j ai obtenu une solution aqueuse du pigment rouge,
le tissu de l’éponge restant coloré en vert par la chlorophylle contenue
dans les cellules de Y Aphanocapsa, et que l’on peut extraire par
1 alcool. La solution aqueuse du pigment rouge présente tous les carac¬
tères d une solution de phycoérythrine, elle est d’une belle teinte rose
par transparence et montre la fluorescence orangée caractéristique
par réflexion. De plus, mon ami, M. FONTAINE, a bien voulu examiner
spectroscopiquement cette solution pigmentaire, et il a reconnu qu’elle
présentait les spectres d absorption et de fluorescence caractéristiques
de la phycoérythrine. L organisme que nous avons examiné, possé¬
dant de la chlorophylle et de la phycoérythrine, est donc bien une
Cyanophycée, et il diffère, sans doute, de celui étudié par M lle Pour-
BAIX, puisqu elle indique que « le pigment rouge de cet organisme est
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
149
soluble dans l’alcool à 70° et insoluble dans l’eau douce, même après
un séjour prolongé ».
Loc. : Cap Bear; Banyuls, cap l’Abeille, cap Cerbère.
DlSTRIB. : Antilles, Guadeloupe (!).
Aphanocapsa marina Hansgirg
P. FrÉmy, Cyanoph. des côtes d’Europe, 1934, p. 16, pl. 3, fig. 2.
Je n’ai récolté qu’une seule fois cette espèce bien caractérisée par
l'extrême petitesse de ses cellules sphériques, à contenu érugineux, qui
ne mesurent que 0,5 M de diamètre. Elle vivait sur Hildenbrandia
prototypus.
Loc. : Port de Collioure,
DlSTRIB. : Côtes atlantiques de Norvège et de France.
Aphanocapsa litoralis Hansgirg
P. FrÉMY, Cyanoph. des côtes d’Europe, 1934, p. 13, pl. 3, fig. 1.
Cette espèce a été rencontrée à Banyuls, dans des concrétions
calcaires, sur les rochers littoraux et sur une coquille morte d ’Anomia.
Elle existe aussi, mêlée à beaucoup d’autres Cyanophycées, dans les
bacs de l’aquarium du Laboratoire Arago.
Un Aphanocapsa , voisin de cette espèce, forme de petites colo¬
nies circulaires de 2-3 millimètres de diamètre, de couleur brune, sur
Pseudolithophyllum expansum dragué par 25 m. au cap Béar, en
septembre.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRIB. : Sans doute cosmopolite.
G0MPH0SPHAER1A Kützing, 1836
Gomphosphaeria aponina Kützing
P. FrÉMY, Cyanoph. des côtes de France, 1934, p. 22, pl. 4, fig. 2.
Cette algue, très largement répandue à la surface du globe, est
surtout signalée dans les eaux douces ou saumâtres.
A Banyuls, je l’ai récoltée dans une station nettement marine :
épiphyte sur Udotea petiolata, dans une cuvette profonde et ombragée
en communication avec la mer. Février 1932.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRIB. : Cosmopolite.
GLOEOCAPSA Kützing, 1843
Gloeocapsa deusta (Meneghini) Kützing
P. FrÉmy, Cyanoph. des côtes d’Europe, 1934, p. 26.
Dans les concrétions calcaires, mêlé à Y Aphanocapsa litoralis ,
150
/. FELDMANN
j’ai récolté un Cloeocapsa que l’abbé FrÉMY considère comme une
forme stationnelle, à téguments incolores et non, ou à peine, lamelleux,
du Cloeocapsa deusta.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
Distrjb. : Méditerranée, Adriatique.
Gloeocapsa crepidinum Thuret
FrÉMY, Cyanoph. des côtes de France, 1934, p. 26, pi. 5, fig. 12.
Cette espèce, sans doute très fréquente, passe généralement ina¬
perçue, je l’ai récoltée en février sur des rochers plats, souvent émergés,
dans une station calme, mêlée au Calolhrix crustacea, ainsi que sur
les Chtamales en juillet.
Loc. : Banyuls, anse du Sanatorium, cap du Troc.
DlSTRlB. : Cosmopolite.
Entophysalidaceae
ENT0PHYSAL1S Kützing, 1843
Fntophysalis granulosa Kützing
P. FrÉMY, Cyanoph. des côtes d'Europe, 1934, p. 32, pl. 6, fig. 5.
Cette algue forme des croûtes brun noirâtre sur les Chtamales,
dans les stations battues au-dessus du niveau. Récoltée en janvier, mê¬
lée au Calothrix crustacea et au Brachytrichia Balani.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRlB. : Cosmopolile.
PLACOMA Schousboe 1876
Placoma vesiculosa Schousboe
Thuret et Bornet, Notes Algol., 1876, I. p. 4, pl. I, fig. 6-10. J. Feldmann, Note
sur quelques algues marines de Banyuls. 1929. p. 786. P. Frémv. Cyanoph. des côtes d'Eu¬
rope, 1934, p. 33, pl. 7, fig. 1.
Ainsi que je 1 ai déjà signalé, cette algue forme, sur les rochers
émeigés, de petites pustules creuses de I à 2 millimètres de diamètre.
Le Placoma vit dans les stations un peu abritées, où manque le Te-
narea tortuosa et souvent aussi le Rissoella verruculosa.
Je lavais d abord observé en abondance en mai 1929. Je l’ai
retrouvé dans 1 anse du Troc en novembre-décembre 1932. Les indi¬
vidus récoltés à cette époque sont de taille plus petite et de couleur
plus foncée que ceux récoltés en mai. Cette espèce paraît être assez
irrégulière dans son apparition, puisque, découverte à Banyuls en mai
1929, je ne 1 ai retrouvée de nouveau qu’en novembre-décembre 1932.
Lors de ces deux récoltes, elle était d’ailleurs assez abondante dans
les localités où elle vivait.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
151
Cette algue, dont l’existence dans la Méditerranée n était pas
établie avec certitude lorsque je l’ai signalée, en 1929, à Banyuls et
à Sète, d’après FlahaULT, paraît néanmoins être assez répandue dans
cette mer, puisque je l’ai retrouvée ensuite en Algérie, à Cherchell et
en Tunisie, aux îles Kerkennah (1).
Loc. : Avant-port de Port-Vendres; Banyuls, anses des Elmes et du Troc.
DlSTRlB.: Méditerranée. Atlantique, de Biarritz à Tanger.
Chamaesiphonales
Pleurocapsaceae
PLEUROCAPSA Thuret, 1885
Pleurocapsa amethystea K. Rosenvinge
P. FrÉMY, CyanopH. des côtes d'Europe, 1934, p. 37, pl. 7, fig. 4.
Récolté en juillet 1933, sur des Lÿngbpa, vivant dans les bacs
de l’aquarium du Laboratoire Arago. Cette espèce, découverte au
Groenland par K. RoSENVINGE, n'avait pas encore été signalée en
Méditerranée.
Loc. : Banyuls. . . ,
DisTRIB. : Côtes du Gro'nland, de Norvège et d Angleterre, Manche.
Pleurocapsa crepidinum Collins
P. FrÉMY, Cyanoph. des côtes d’Europe, 1934, p. 38, pl. 7, fig. 7.
Cette espèce était très abondante en septembre 1927, épiphyte
sur des Entéromorphes rabougris, qui couvraient, au-dessus du niveau
de la mer, la maçonnerie de l'égout du Sanatorium de Banyuls.
Je l’ai récoltée également en septembre 1932, au cap du Troc,
parmi d’autres Cyanophycées vivant sur des Jania.
Découverte par COLLINS, au Massachusetts, sur les rochers et
les balanes, cette espèce n’avait pas encore été observée en Europe.
J'ai récolté également un Pleurocapsa sp. sur Udoiea petiolata,
au cap du Troc, en février, mais en individus trop jeunes pour qu une
détermination précise puisse être faite.
Loc. : Banyuls, anse du Sanatorium, cap du Troc.
DlSTRlB. : Côte orientale de l'Amérique du Nord.
XENOCOCCUS Thuret, 1875, emend. Geitler, 1925
Xenococcus Schousboei Thuret
Bornet et Thuret, Notes Algol. Il, 1880, pp. 74-76, pl. XXVI, fig. 1-2. P. Frémy,
Cyanoph. des côtes d’Europe, 1934, p. 43, pl. 8, fig. 5.
(1) D'après les notes-manuscrites de Ch. FlahaULT, que m'a communiquées M. le Prof.
Emberger, cette espèce avait déjà été récoltée à Port-Vendres le 26 décembre 1882 par
pLAHAULT.
152
]. FELDMANN
Epiphyte sur Udotea petiolata, vivant dans une cuvette profonde
et ombragée. Récolté en février.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRIB. : Cosmopolite.
Xenococcus acervatus Setchell et Gardner
Setchell and Gardner. Mar. Algae of the Pacific coast N. Amer., 1, Myxoph.,
1919, p. 31, pi. 5, fig. 13. P. FrÉMY. Cyanoph. des côtes d'Europe, 1934, p. 43, pl. 7, fig. 6.
Cette algue était extrêmement abondante, épiphyte sur le Lvng-
bÿa confervoides, dans les bacs de l’aquarium du Laboratoire Arago,
en février 1932. Je l’ai retrouvée, dans les mêmes conditions, en
juillet 1932, sur diverses algues filamenteuses. Cette espèce n’était
connue jusqu’ici que de la baie de San-Francisco (Californie), où
elle vit dans des marais salants, sur des Enteromorpha sp., des Antilles
(J. Boye PETERSEN, 1924), du cap Vert et de Mauritanie.
« Les échantillons de Banyuls, dit l’abbé FrÉMY (loc. cit.), bien
qu’ayant un hôte différent, sont bien conformes au n° 1.704 de la
Phycoth. bor. amer. Leurs cellules sont épaisses de 4-6 F (rarement 8),
elles sont ordinairement érugineuses, plus rarement violacées. »
Loc. : Banyuls, aquarium du Laboratoire Arago.
DlSTRIB. : Californie, Antilles, îles du cap Vert (Chevalier), Mauritanie (Mo-
NOD !).
HYELLA Bomet et Flahault, 1888
Hyella caespitosa Born. et Flah.
Bornet et Flahault, Plantes vivant dans le test cale, des Mollusques, 1889, pl. X.
fig. 7-8-9. P. FrÉMY, Cyanoph. des côtes d'Europe, p. 49, pl. 12, fig. 4-10, pl. 13.
Algue perforante, très fréquente dans le test calcaire des Chta-
malus stellatus. Se rencontre aussi dans le tissu calcaire du Tenarea
lortuosa. Souvent associée au Mastigocoleus teslarum.
Loc. : Banyuls, cap du Troc, etc...
DlSTRIB. : Probablement cosmopolite.
Dermocarpaceae
DERMOCARPA Crouan, 1858
Dermocarpa minima Geitler
Geitler, Cyanophyccae, 1931, p. 392, fig. 214, b. c. FrÉMY, Cyanoph. côtes d’Eu¬
rope, 1934, p. 58, pl. 14. fig. 4.
J ai récolté cette algue sur des Lÿngbya vivant dans un des bacs
de l’aquarium du Laboratoire Arago, en juillet 1933.
Cette espèce, qui, par son aspect, rappelle le Xenococcus Schous-
boei , a été découverte en 1931 par GEITLER, en Dalmatie, elle
n avait pas encore été signalée ailleurs : elle est donc nouvelle pour la
France et la Méditerranée occidentale.
Loc. : Banyuls.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
153
Dermocarpa sphaerica Setchell et Gardner
SeTCHELL and Gardner, Mar. Alg. Pacific coast N. America, I, Myxoph., 1919,
p. 24, pl. 5, fig. 4. FrÉMY, Cyanoph. des côtes d'Europe, p. 58, pl. 16, fig. 2.
Très abondant, épiphyte sur le Lyngbya confervoides, vivant en
gazon dans les stations assez abritées, au niveau de l’eau, au début de
l’automne (septembre-octobre 1932).
Cette espèce, qui avait été précédemment confondue avec le
Xenococcus Schousboei , dont elle se distingue par 1 absence de divi¬
sions végétatives, a été découverte par SETCHELL et Gardner sur les
côtes pacifiques des Etats-Unis, où elle vit, en épiphyte, sur diverses
algues, et notamment sur des Lyngbÿa. Elle n’avait pas encore été
observée ailleurs, lorsque l’abbé FrÉMY l’identifia dans mes échan¬
tillons.
Loc. : Banyuls, anse des Elmes.
DisTRIB. : Méditerranée, côtes pacifiques des Etats-Unis.
Dermocarpa prasina (Reinsch) Born. et Thur.
Bornet et Thuret, Notes Algol., II, 1880, pp. 75-77, pl. XXVI, fig. 3-9. Frêmy,
Cyanoph. d:s côtes d'Europe, 1934, p. 58, pl. 16, fig. 3.
Cette espèce a été observée, à Banyuls, par M. SaUVAGEAU
(1912), épiphyte sur Halopteris scoparia. Je ne l’ai pas récoltée.
Loc. : Banyuls (SAUVAGEAU).
DisTRIB. : Probablement cosmopolite.
Dermocarpa Leibleiniae (Reinsch) Born. et Thur.
Bornet et Thuret. Nolss Algol.. 11. 1880, p. 73. pl. XXVI, 6g. 3-5. Frémy, Cya-
nopK. des côtes d'Europe, 1934, p. 61, pl. 17, fig. 3.
L’abbé Frémy m’a signalé avoir observé cette espèce, très peu
abondante, sur diverses algues filamenteuses que j’avais récoltées en
juillet 1933, dans un des bacs de l’aquarium du Laboratoire Arago.
Loc. : Banyuls. • . , . .
DISTRIB. : Méditerranée, Adriatique, Atlantique nord (Europe et Amérique).
Hormoqoneales
Homocysteae
Oscillatoriaceae
Vaginarieae
MICROCOLEUS Desmazières, 1823
Microcoleus tenerrimus Gom.
GoMONT, Monogr. Oscillariees, 1892, p. 93, pl. XIV, fig. 9-11. P. FrÉMY, Cyanoph.
des côtes de France, 1934, p. 68, pl. 17, fig. 8.
Cette espèce a été signalée, à Port-Vendres, par C. SAUVAGEAU.
154
/. FELDMANN
Je ne l’ai pas observée dans la région étudiée, mais je 1 ai récoltée à
Rosas (Catalogne), en juillet, sur les rochers vaseux, au niveau de
l’eau, mêlée au Rivularia polyotis et au Calothrix crustacea.
Loc. : Port-Vendres (SaUVAGEAU).
DiSTRIB. : Cosmopolite.
Microcoleus Wuitneri Frémy
FrÉMY, Cyanoph. viv. dans le thalle des Codium, 1932, p. 1413. Cyanoph. des côtes
de France, 1934, p. 68, pl. 18, fi g. I.
Cette algue, d’une belle couleur rouge violette comme les deux
espèces suivantes, vit entre les utricules des Codium difforme dragués
entre 20 et 30 mètres. Elle est souvent associée, dans les Codium, aux
Microcoleus Codii, Brachytrichia Balani f. purpurea et Hydrocoleum
coccineum. Lorsque ces espèces sont abondantes dans les Codium,
elles leur donnent une teinte rougeâtre caractéristique.
J’ai récolté cette espèce, qui n’avait pas encore été observée, en
janvier, avril, juin et novembre.
Loc. : Cap Bear, cap Oullestreil, cap l’Abeille.
DiSTRIB. : N'est connu, jusqu'ici, que des environs de Banyuls.
Microcoleus Codii Frémy
FrÉMY, Cyanoph. viv. dans le thalle des Codium, 1932, p. 1413. Cyanoph. des côtes
d'Europe, 1934, p. 69, pl. 18, fig. 2.
Même station que l’espèce précédente, souvent associée avec elle
et avec le Brachytrichia Balani f. purpurea. Récolté en janvier et avril.
Loc. : Cap Bear, cap Oullestreil, cap l'Abeille.
DiSTRIB. : N'est connu, jusqu'ici, que des environs de Banyuls.
Microcoleus Vouki Frémy
FrÉMY, Cyanoph. viv. dans le thalle dss Codium, 1932, p. 1414. Cyanoph. des côtes
de France, 1934, p. 70, pl. 18, fig. 3.
J’ai trouvé cette espèce, qui diffère du M. Wuitneri par l’épais¬
seur un peu plus grande de ses trichomes, et surtout par ses extrémités
atténuées à cellules apicales longuement accuminées, dans le thalle de
Codium Bursa, dragué par 25-30 mètres en novembre-décembre 1932.
Dans le Codium, le M. Voulçi était abondant entre les utricules, asso¬
cié à l’ Hydrocoleum coccineum.
Loc. : Cap Bear.
DiSTRIB. : N’est connu, jusqu'ici, que des environs de Banyuls.
HYDROCOLEUM Kützing, 1843
Hydrocoleum lyngbyaceum Kützing
GOMONT. Monogr. Oscillar. I, 1892, p. 75, pl. XII, fig. 8-10. FrÉmy, Cyanoph. des
côtes d'Europe, 1934, p. 72, pl. 19, fig. 1.
Cette espèce a été récoltée à Banyuls, par FLAHAULT, en dé-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
155
cembre. Je l’ai observée en septembre au niveau de l’eau, sur des ro¬
chers vaseux, sur lesquels elle formait un revêtement muqueux, de
couleur brun verdâtre : par leurs caractères et leurs gaines diffluentes,
mes échantillons appartiennent à la var. rupestre Kützing.
Loc. : Banyuls (Flahault), cap du Troc.
Distri B. : Cosmopolite.
Hydrocoleum glutinosum Gom.
Gomont, Monogr. Oscillariées, I, p. 77. P. FrÊmy, Cyanoph. des côtes d’Europe,
1934. P . 73, P l. 19, fig. 2.
Cette espèce forme des touffes muqueuses d’un vert brunâtre, sur
les rochers vaseux, dans les stations calmes, près du niveau. Récoltée
en septembre et octobre. Une forme spéciale (f. purpurea Frémy),
caractérisée par sa belle couleur pourpre, est assez fréquente en août-
septembre, au cap du Troc, dans les cuvettes peu profondes dont la
température de l’eau est élevée. Epiphyte sur Padina pavonia.
Loc. : Banyuls, cap du Troc, Cerbère.
DiSTRIB. : Côtes atlantiques d'Europe et de l’Amérique du Nord.
Hydrocoleum coccineum Gom.
Gomont, Monogr. Oscillariées, 1, 1892, p. 80, pl. Xlll, fig. 1-2. FrÉMY, Cyanoph.
des côtes de France, 1934, p. 75, pl. 20, fig. 1.
J’ai rencontré cette espèce, découverte à Antibes par Thuret,
dans les thalles de Codium difforme et Bursa , dragués par 25-26 m.
en novembre. L’ Hydrocoleum était associé aux Microcoleus Wuiineri
et Vou^i.
Une espèce voisine de l 'H. coccineum : H. codicola , a été ré¬
cemment décrite par SETCHELL et Gardner, de Californie, où elle
vit également dans le thalle des Codium. Cette espèce se distingue de
VH. coccineum par ses trichomes plus fins et sa coloration bleu vert,
alors que Y Hydrocoleum coccineum est d’un beau rouge.
Loc. : Banyuls, cap Béar.
DiSTRIB. : Méditerranée, océan Indien.
Lyngbyeae
SYMPLOCA Kützing, 1843
Symploca hydnoides Kützing
Gomont, Monogr. Oscillariées, II, 1892, p. 127, pl. II, fig. 1-4 P. FrÉMY, Cyanoph.
des côtes d’Europe, 1934, p. 81, pl. 21, fig. 3-4.
A Banyuls, cette algue est fréquente près du niveau, dans les
stations assez battues, sur les rochers et surtout épiphyte sur Cyslo-
seira crinita et Tenarea tortuosa en particulier. Récoltée seulement en
156
]. FELDMANN
été (de juillet à septembre). Mes échantillons de Banyuls appar¬
tiennent à la var. genuina Gomont.
Bien qu’à Banyuls elle soit localisée près du niveau, cette espece
peut vivre à une certaine profondeur; j en ai récolté de très beaux
exemplaires, dragués par 12-18 mètres dans la grande rade de Tou¬
lon, en août 1928. Ces individus, vivant en profondeur, présentaient
une couleur pourpre sur le vivant.
Loc. : Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRIB. : Cosmopolite.
PHORMIDIUM Kützing, 1843
Phormidium (?) Spongeliae (Schulze) Gomont
Gomont. Monogr. Oscillariées, II, 1892. p. 181, pi. IV. fig. 8-10. Feldmann Cya-
noph viv. dans le tissu des éponges de Banyuls. 1933, p. 384. fig. MI. Fremy. Cyanoph. des
cotes d'Europe, 1934. p. 84, P l. 22. fig. 3-4. Oscillaria Spongeliae Schultze Unters. ub. Baur
und Entwick. der Spongien, 1878. p. 174. pl. VIII. fig. 9-10. Hauck. Meeresalgen. 1885.
p. 509, fig. 225.
Fig. 3. - Phormidium (?)
Spongeliae (Schulze) Go¬
mont : A, moitié d'un
trichome de la forme vi¬
vant dans les Spongelia ;
D, C. deux trichomes de
la forme vivant dans le
Reniera cinerea. A. D,
C X 525.
Cette curieuse Cyanophycée, découverte
dans l’Adriatique par le spongiologue F.-E.
SCHULZE, est fréquente à Banyuls, dans les
tissus vivants des Spongelia ( Sp. elegans Nardo,
Sp. pallescens O. Schmidt, Sp. avara O.
Schmidt). Par l’absence de gaine autour des
trichomes, la présence de grosses cellules peu
pigmentées, susceptibles de se cloisonner, et
enfin par l’existence d’une vraie ramification,
cette espèce ne paraît pas appartenir au genre
Phormidium dans lequel l’avait placée GOMONT,
et elle mériterait, peut-être, de constituer un
genre nouveau.
Au cours d’une étude précédente (loc. cit.,
1933), j’ai indiqué que cette espèce semblait
ne se rencontrer que dans les éponges cornées,
de la famille des Spongelidae. Depuis, j’ai eu
l’occasion de la rencontrer à Banyuls, dans les
tissus d’une éponge à spiculés siliceux : Remet a
cinerea (Grant) (1). Dans cette éponge,
Phormidium (?) Spongeliae présente des carac
tères un peu particuliers : les trichomes sont
beaucoup plus courts que ceux vivant dans le,
Spongelia, et leur diamètre est plus petit; ils n
mesurent, en effet, que 7-8 p de large au lié
(1) Détermination de M. le Prof. ToPSENT.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
157
de 12 /*. Malgré ces différences, il s’agit bien de la même espèce. Ces
variations de taille, selon l’hôte, sont comparables à celles que pré¬
sente YAphanocapsa Raspaigellae, selon l’éponge dans laquelle il vit.
Peut-être s’agit-il de races biologiques d’une même espèce, adaptées
à des hôtes déterminés (fig. 3).
Le Phormidium (?) Spongeliae du Reniera cinerea ne m’a pas
montré de cellules de grande taille et peu colorées comme j’en avais
décrit dans la forme vivant dans les Spongelia. Je n ai pas observé non
plus de ramifications dans ces échantillons.
Loc. : Banyuls.
DiSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Antilles, Guadeloupe (!).
Phormidium fragile Gomont
Gomont, Monogr. Oscillariées, II, 1892, p. 183. pl. IV, fig. 13-15. FrÉMY. Cyanoph.
des côtes d'Europe, 1934, p. 86. pl. 22, fig. 6.
Forme des plaques muqueuses étendues sur les rochers vaseux,
près du niveau, en été (août-septembre), mêlé aux Spirulina subtilis -
sima et Oscillatoria margaritifera. Existe également, plus ou moins
abondant, toute l’année dans les bacs de raquarium du Laboratoire
Arago, à la fois sous sa forme nue et sous sa forme engainée.
Loc. : Banyuls, aquaiium du Laboratoire, cap du Troc.
DiSTRIB. : Cosmopolite.
Phormidium Feldmanni Frémy n. sp.
« Diagnose. — Thallus pulchre violaceo-purpureus, squamu-
losus, irregulariter definitus, ad 5 mm. longus, ad 3 mm. latus. Fila
elongata, flexuosa, plus minusve intricata. V aginae tenues, arctae,
papyraceae, chlorozincico-iodurato non coerulescentes, passim in mu -
cum amorphum omnino diffluenies. Trichomata violaceo-purpurea, ad
genicula non constricta, apice recta, non aut vix attenuata, subcapitata,
circa 5 p crassa. Articuli subquadrati aut vulgo paulo longiores quam
latiores; protoplasma tenui-granulosum; dissepimenta haud raro aegre
conspicua ; cellula apicalis calyptram rotundata-conicam praebens
(v'di in form.).
Hab. — In regione corticali thalli Codii bursae, socio Microcoleo
' ouki apud Banyuls, Galliae. Leg. FELDMANN ! » (fig. 4).
« Thalle d’un beau violet pourpré, squamuleux, irrégulièrement
c 1 limité, en écailles pouvant avoir jusqu’à 5 mm. de long sur 3 mm.
i large. Filaments allongés, flexueux, plus ou moins enchevêtrés,
aines minces, serrées, papyracées, ne bleuissant pas sous 1 action du
\loroiodure de zinc, çà et là se transformant totalement en mucus
norphe. Trichomes d’un violet pourpré, non rétrécis aux articula-
.ons, à sommet droit, non ou à peine atténué, subcapités, ayant une
158
]. FELDMANN
épaisseur très voisine de 5 F. Articles subcarrés ou, le plus souvent, un
peu plus longs que larges; protoplasma finement granuleux; cloisons
assez souvent difficilement visibles; cellule apicale portant une coiffe
conique arrondie.
Fig. 4. — Phormidium Feldmanni Frémy nov. sp., X 500 (P. FrÉmy del.).
Remarques. — Cette plante est difficile à reconnaître sans un
examen fort attentif. Beaucoup de trichomes, en effet, soit qu’ils soient
imparfaitement développés, soit qu’ils se soient tronçonnés, ne portent
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
159
pas à leur sommet de coiffe bien caractérisée. Celle-ci, d ailleurs, n est
pas extrêmement visible, enfermée qu'elle est dans la gaine qui la
presse et la masque partiellement. D’autre part, quelques articles plus
ou moins détachés du trichome vers la base de celui-ci pourraient etre
pris pour des hétérocystes, quand ils sont plus ou moins décolorés.
Parmi les trichomes nettement engainés s’en trouvent un certain
nombre qui sont dépourvus d’enveloppe. Celle-ci s est transformée en
mucus amorphe, phénomène fréquent chez les Phormidium.
Dans les échantillons que j’ai examinés, Phormidium Feldmanni
était associé à quelques filaments de Microcoleus Voufyi, qui vit, d ail¬
leurs, dans les mêmes conditions.
Phormidium Feldmanni est assez voisin de Ph. submembrana-
ceum. Il en diffère cependant très nettement, non seulement par sa
couleur pourprée, mais aussi, et surtout, par 1 absence et de toute
constriction sur ses trichomes, et d’atténuation vers leur sommet. »
(P. FrÉMY, in litt.)
J’ai découvert cette intéressante espèce, que M. 1 Abbé Fremy
a bien voulu étudier et qu’il m’a fait l’honneur de me dédier, sur un
Codium Bursa dragué aux environs de Banyuls, en juin 1934.
Contrairement aux autres Cyanophycées rouges vivant dans les
Codium, et qui sont situées exclusivement à l’intérieur du Codium,
entre les utricules, le Phormidium Fddmanni fait également saillie à
l’extérieur, formant à la surface du Codium de nombreuses petites
houppes, presque contiguës, et d’un si beau rouge carmin que j’avais
cru avoir à faire, à première vue, à 1 Acrochaetium Codii Crouan, qui
présente le même aspect.
Loc. : Banyuls.
DlSTRlB. : N'est connu, jusqu'ici, que de Banyuls.
PLECTONEMA THuret, 1875
Plectonema Battersii Gomont
P. FrÉMY, Cyanoph. des côtes d’Europe, 1934, p. 98, pl. 25, fig. 3.
J’ai récolté cette espèce, en juillet 1933, dans un bac de 1 aqua-
rium du Laboratoire Arago. Elle était mêlée à d’autres Cyanophycées
filamenteuses (Lyngbpa aestuarii, L. confervoides, L. lutea, Phormi¬
dium fragile, Spirulina subsalsa ) et à divers Chamaesiphonales.
Cette intéressante espèce n’avait pas encore été signalée en
France ni dans la Méditerranée.
Loc. : Banyuls.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Atlantique nord (côtes d Angleterre, de Nor¬
vège et des Etats-Unis).
160
J. FELDMANN
Plectonema terebrans Born. et Flah.
BoRNET et FlaHAULT, Sur quelques plantes vivant dans le test calcaire des Mol¬
lusques, 1889, p. CLXII1, pl. X, fig. 5-6. P. FrÉMY, Cyanoph. des côtes d'Europe, 1934,
p. 99, pl. 25, fig. 5.
Dans une coquille morte d ’Anomia éphippium, associé au Go-
monlia polyrhiza. Récolté en février.
Loc. : Banyuls, anse du Troc.
Distrib. : Probablement cosmopolite.
LYNGBYA C. Agardh, 1824
Lyngbya Agardhii Gomont
Gomont, Monogr. des Oscillariées, II, 1892, p. 144, pl. II, fig. 18-19. P. FrÉMY,
Cyanoph. des côtes d’Europe, 1934, p. 102, pl. 26, fig. 2.
J’ai récolté cette espèce dans une cuvette profonde et ombragée,
communiquant avec la mer; elle était épiphyte sur Udotea petiolata,
associée à Lyngbya sordida, affixa, gracilis, Oscillatoria phycophy-
tica, Comphosphaeria aponina, etc.... Je l’ai également observée sur
Codium dichotomum. Cette algue vit également en profondeur (elle
présente alors une belle couleur rouge pourpre), entre 12-15 mètres
et 25-30 mètres; épiphyte sur diverses algues, et plus particulièrement
sur Udotea petiolata, généralement associée au Lyngbya sordida.
Cette espèce, que j’a 1 fréquemment récoltée de novembre à février,
paraît faire défaut pendant le reste de l’année.
Loc. : Port-Vendres, cap Bear, Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Manche.
Lyngbya gracilis Rabenhorst
Gomont, Monogr. des Oscillariées, II, 1892, p. 145, pl. II, fig. 20. FrÉMY, Cyanoph.
des côtes d’Europe, 1934, p. 102, pl. 26, fig. 3.
Epiphyte sur Udotea petiolata dans une cuvette ombragée, asso¬
cié aux espèces citées ci-dessus à propos du Lyngbya Agardhii. Ega-
lement épiphyte sur Codium. Dragué en hiver par 12-20 mètres de
fond, mêlé au Lyngbya sordida, épiphyte sur les algues et les hy-
draires.
Loc. : Port-Vendres, Banyuls, cap Oullestreil, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée occidentale, Adriatique, côtes atlantiques d'Europe, côtes
atlantiques et pacifiques des Etats-Unis.
Lyngbya sordida Gomont
Gomont, Monogr. des Oscillariées, II, 1892, p. 146, pl. II, fig. 21. FrÉMY, Cyanoph.
des côtes d'Europe, 1934, p. 103, pl. 26, fig. 5.
Cette espèce est assez fréquente près du niveau, dans les stations
ombragées et sous les surplombs, épiphyte sur diverses algues {Halop-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
161
tcris filicina, Dictpopteris membranacea, Peyssonnem Squamana,
Codium dichotomum, Udotea petiolata). Elle est alors de couleur
brun verdâtre. En profondeur, entre 15 et 30 métrés, elle est ega e-
ment très fréquente, et ses trichomes sont alors d un beau rose, comme
c'est le cas des autres Cyanophycées vivant en profondeur. Elle se
rencontre toute 1 année. , , , . , ,
J’ai récolté, en outre, à Banyuls, les deux formes suivantes de
cette espèce : ci
f. bostrychicola Gomont, caractérisée par ses trichomes plus
minces, larges seulement de 14-20 P, et qui se rencontre a la tin de
l’automne épiphyte sur Udotea petiolata;
f. maxima Frémy (loc. cit., p. 104), bien distincte des autres
formes de l’espèce par sa très grande taille; ses trichomes atteignent
62 p- de diamètre. Elle présente une belle couleur rose intense. Je
l’ai draguée par 20 à 25 mètres, épiphyte sur diverses algues, au cap
Peyrefite et au cap l’Abeille, en septembre et en décembre. G-est
cette forme qu'il faut rapporter le Lyngbya rosea décrit par W.-K.
Taylor de Floride.
Loc. : Cap Béar. Banyuls. île Grosse, cap du Troc, cap l'Abeille, cap , Pe y refil ^
DlSTRlB. : Répandue dans toutes les mers chaudes. La f. maxima n est connue,
jusqu'ici, que des environs de Banyuls et de Floride.
Lyngbya aestuarii Liebmann
Gomont. Monogr. O.cill.riée,, II. 1892, p. 147, pl. 111. 6s- t-2. Frémy, Cy.noph.
des côtes d’Europe, 1934, p. 104, pl. 27.
Dans un des bacs du Laboratoire Arago, en juillet 1933, mele
à d’autres Cyanophycées filamenteuses.
Loc. : Banyuls.
DlSTRlB. : Cosmopolite.
Lyngbya majuscula Harvey
Gomont. Monogr. Oicillariée,. II, 1892. p. 151, pl. III. 6g. 3-4. Frémy, Cy.noph,
côtes d’Europe, 1934, p. 106, pl. 28, fig. 1.
Une forme colorée en rouge de cette espèce a été signalée par
Sauvageau (1908), draguée par 35 mètres au cap 1 Abeille. Je ne
l'ai pas retrouvée.
Loc. : Banyuls (Sauvageau).
DlSTRlB. : Cosmopolite.
Lyngbya confervoides C. Agardh
Gomont. Monogr. Orflariépr, II. 1892. p. 156. pl. III. 6g. 5-6. Frémy. Cyanoph.
côtes d’Europe, 1934, p. 106, pl. 28, fig. 2.
Cette espèce est abondante sur les rochers plats, au niveau de
l’eau, à la fin de septembre, et en octobre-novembre, elle forme un
162
J. FELDMANN
gazon soyeux au milieu duquel se développent de jeunes Bangia fusco-
purpurea. Dans cette station elle est envahie par de nombreux Der-
mocarpa sphaerica qui se développent sur ses gaines.
Elle est également très fréquente toute l’année dans les bacs de
l’aquarium du Laboratoire Arago, où elle porte de nombreux indi¬
vidus de Xenococcus acervatus. Elle est rarement épiphyte (sur
Codium dichotomum).
Loc. : Port-Vendres; Banyuls, anse des Elmes.
Distrib. : Cosmopolite.
Lyngbya lutea Gomont
Gomont, Monogr. Oscillariées, II, 1892, p. 161, pl. III, fig. 12-13. FrÉMV, Cyanoph.
côtes d'Europe, 1934, p. 109, pl. 28, fig. 4.
Epiphyte sur diverses algues, près du niveau et jusqu’à 12-
15 mètres de profondeur. Existe également dans les bacs de l’aqua¬
rium du Laboratoire Arago. Se rencontre toute l’année.
Loc. : Port-Vendres; Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Probablement cosmopolite.
Lyngbya infixa Frémy
FrÉMY, Cyanoph. vivant dans le thalle des Codium, 1932, p. 1414. Cyanoph. des
côtes d’Europe, 1934, p. 110, pl. 30, fig. I.
Cette petite espèce vit en épiphyte sur YUdotea petiolata et sur
le Codium dichotomum, fixée généralement à l’extrémité des utricules.
Plus rarement, elle se rencontre épiphyte sur Lyngbya sordida. Elle
vit près du niveau, dans les stations assez ombragées. Récoltée en
février et en novembre.
Loc. : Port-Vendres; Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : N'est connue, jusqu'ici, que des environs de Banyuls.
TRICHODESMIUM Ehrenberg, 1830
Trichodesmium erythraeum Ehrenberg
Gomont, Monogr. des Oscillariées. II. 1892, p. 216, pl. V, fig. 27-30. Frémy, Cya¬
noph. des côtes d'Europe, 1934, p. 113, pl. 30, fig. 2.
Le Trichodesmium erythraeum, comme les autres espèces du
même genre, sont des algues planctoniques, flottant à la surface de la
mei. Cependant, il peut vivre fixé en profondeur. J’ai en effet signalé
(Sur la Biologie des Trichodesmium Ehrh., 1933, p. 357) avoir
récolté, épiphyte sur Acrosymphyton purpuriferum, draguée par
30 mètres en septembre, une Oscillariée rouge dont la structure corres¬
pondait bien à celle du Tr. erythraeum.
Loc. : Cap l'Abeille.
DlSTRIB. : Toutes les mers chaudes.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
163
Trichodesmium Thiebautii Gomont
Comont. Monogr. OJ.« II, 1892. p. 216. pi. VI. 6g. 2-4. F RÉMY, Cyanoplr.
Côtes d'Europe 1934, P . 114, pl. 30, fig. 3.
l’ai récolté, SUT un échantillon de Pseudolithophfum expan-
sum dragué par 25 mètres, une Oscillariée dont les tnchomes corres¬
pondent bien à ceux du Tr. Thiebautii (forme a sommets atténués,
fig. 4, de Gomont) .
Loc. : Cap Bear.
DlSTRlB. Toutes les mers chaudes.
0SC1LLAT0RIA Vaucher, 1803
Oscillatoria miniata (Zanardini) Hauck
Hauck, Moore,algen, 1885. p. 508. Gomont, Monogr Osc.llarié.,, II. 1892. p. 236,
FrÉMY. Cyanoph.. côtes d’Europe, 1934, p. 119, pl. 30. fig. 7.
Cette espèce est assez fréquente, en août et septembre, epiphyte
sur diverses algues (Cÿsioseirn discors, Padina pavoma üidÿola
linearis ), dans les stations calmes et éclairées situées près du niveau.
Cette algue n’était connue que de l’Adriatique lorsque M. Sau-
VAGEAU la signala à Banyuls (1908). où il la découvrit dans un
aquarium du Laboratoire Arago contenant des concrétions coialli-
gènes draguées cinq ans auparavant par 35 mètres au cap 1 Abeille,
et sur lesquelles s’était développée une flore très spéciale de Cyano-
phycées colorées en rouge : Oscillatoria minuta, O. amphibm, O.Lor-
liana, Lyngbya majuscula et L. s ordida.
A l’œil nu, Oscillatoria miniaia est facilement reconnaissable
par sa belle teinte d’un rouge orangé très caractéristique, et qui la
distingue des autres Cyanophycées rouges, dont la teinte est généra¬
lement rose ou d’un rouge plus ou moins violacé.
Loc. : Banyuls, cap Doune, cap du Troc, cap Rederis.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, côte, atlantique, d'Amérique (?).
Oscillatoria margaritifera Kützing
Gomont, Monogr. des Oscillariée,, II, 1892. p. 236, pl. VI. 6g. 19. P. Frémi,
Cyanoph. des côtes d'Europe, 1934, p. 120, pl. 31. fig. 1.
Cette espèce forme des enduits de couleur brune sur les rochers
vaseux, au niveau de l’eau, dans les stations calmes. Récoltée en août
et septembre.
Loc. : Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRlB. : Cosmopolite.
164
J. FELDMANN
Oscillatoria nigro-viridis Twaites in Harvey
Gomont, Monogr. OscLllariées, II, 1892, p. 217, pl. VI, fig. 20. Frémy, Cyanooh.
des côtes d’Europe, 1934, p. 120, pl..30, fig. 8.
Mêlé à d’autres Cyanophycées, sur les rochers vaseux, dans les
stations calmes, près du niveau. Récolté en septembre et novembre.
Loc. : Port-Vendres; Banyuls, cap du Troc.
DlSTRlB. : Probablement cosmopolite.
Oscillatoria Corallinae (Kützing) Gomont
Gomont, Monogr. des Oscillariées, II, 1892. p. 238, pl. VI, fig. 21. FrÉMY, Cyanoph.
des côtes d'Europe, 1934, p. 121, pl. 30, fig. 9.
Cette espèce se rencontre au printemps (de janvier à mai), sur
les Floridées ( Monospora pedicellata et Fallfenbergia Hillebrandii
en particulier) vivant dans les flaques ombragées des rochers battus.
Loc. : Banyuls, île Grosse, anse du Troc.
DlSTRlB. : Probablement cosmopolit:.
Oscillatoria simplicissima Gomont
CÿMom- M« ; °gr adikriéc, II, 1892, P . 239, pl. 7, Sg. I. Geitler, Cy,„ophy.
ceae, 1932, p. 961, fig. 610 f.
Cette espèce a été signalée, à Banyuls, par Sauvageau ( 1908),
sur de jeunes Cystoseira abrolanifolia, à 2-3 mètres de profondeur. Je
ne 1 ai pas observée. Elle n’était auparavant connue que dans les eaux
douces.
Loc. : Banyuls (Sauvageau).
Distrib. : Eaux douces d’Europe.
Oscillatoria amphibia C. Agardh
Gomont, Monogr. de, Ojcillariées. II. 1892, p. 241. pl. VII, 6». 4-5 Frémy Cva
noph. des cotes d Europe, 1934, p. 122, pl. 31, fig. 2. ' ^
Signalé à Banyuls par Sauvageau (1908), dans un aquarium
du Laboratoire Arago, sur des concrétions draguées par 35 mètres,
au cap l’Abeille et conservées au Laboratoire.
Loc. : Banyuls (Sauvageau).
Distrib. : Cosmopolite.
Oscillatoria Cortiana Meneghini
Geitler, Cyanophyceae, 1932, p. 971, fig. 619 C.
Même station que l’espèce précédente (SAUVAGEAU, 1908)
Cette espèce n’était connue que dans les eaux thermales.
Loc. : Banyuls (Sauvageau).
Distrib. : Cosmopolite.
A LC U ES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
155
Oscillatoria phycophytica Frémy
FrÉMY, Cyanoph. côtes d'Europe, 1934, p. 128, pl. 32, fig- 1-
Cette intéressante Cyanophycée a été décrite par 1 abbé FrÉMY,
d’après des exemplaires épiphytes sur Udotea petiolata, vivant dans
une cuvette profonde et ombragée en communication avec la mer. File
était associée à quatre espèces de Lynghya colorés en rouge (L. gra-
cilis, L. Agardhii, L. infixa, L. sordida). Récoltée en février.
Cette espèce se distingue de toutes les autres Oscillaires connues
par ses trichomes fixés par leur base au substratum. Ce caractère a
nécessité la division du genre Oscillatoria en deux sections : Euoscd-
latoria Frémy et Heterooscillatoria Frémy. Cette deuxième section ne
comprend jusqu’ici que YOscillatoria phycophytica Frémy.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRIB. : N’est connu jusqu'ici que de Banyuls.
SP1RULINA Turpin, 1827
Spirulina miniata Hauck
Frémy, Cyanoph. des cotes d’Europe, 1934, p. 130, pl. 31, fig. 16. Artfoospha miniala
(Hauck). GOMONT, Monogr. des Oscillariées, II, 1892, p. 268.
Cette algue forme des touffes muqueuses, assez développées,
d’une couleur rouge brunâtre sur les algues {Cystoseira, Dictyota,
J onia) , dans les cuvettes et les stations calmes et ensoleillées. Récoltée
en été (août-septembre).
A l’inverse des Euspirulina, le Spirulina (Arthrospira) miniata
est immobile.
Loc. : Banyuls (Sauvaceau), cap du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, côtes atlantiques d'Europe, Antilles,
Afrique centrale.
Spirulina subtilissima Kützing
GOMONT, Monogr. des Oscillariées. II. 1892, p. 272, pl. VII, fig. 3. FrÉMY. Cyanoph.
des côtes d'Europe, 1934, p. 132, pl. 31, fig. 20.
Sur les rochers vaseux, au niveau de 1 eau, dans les stations
calmes et ensoleillées, mêlé aux Phormidium fragile et Oscillatoria
margaritifera. Récolté en août. Cette espèce, très ubiquiste, paraît
plus fréquente dans les eaux douces et dans les eaux thermales que
dans la mer.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRIB. : Cosmopolite.
166
J. FELDMANN
Spirulina tenerrima Kützing
GOMONT, Monogr. Oscillariées, II, 1892, p. 272. FrÉmy, Cyanoph. des côt:s d’Europe,
1934, p. 132, pl. 31, fig. 21.
Epiphyte sur Padina pavonia, dans une station calme et enso¬
leillée, mêlé à Hÿdrocoleum glutinosum f. purpurea et à Merismo-
pedia glauca f. mediterranea. Récolté lin septembre. Cette algue,
comme la précédente, a surtout été signalée dans les eaux douces. La
station où je 1 ai récoltée à Banyuls est nettement marine, sans apport
d’eau douce.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Probablement cosmopolite.
Spirulina subsalsa Oersted
Gomont, Monogr. Oscillariées, II, 1892, p. 273, pl. VII, fig. 32. FrÉmy, Cyanoph.
des côtes d'Europe, 1934, p. 133, pl. 31, fig. 24.
Cette espece est très abondante, surtout en hiver, dans les bacs
de 1 aquarium du Laboratoire Arago, où elle forme, sur le fond, un
voile d’un beau vert érugineux, mêlée aux Lyngbÿa confervoides et
lutea. Je 1 ai également draguée en janvier par 12-15 mètres en petite
quantité, épiphyte sur les algues, mêlée aux Lyngbÿa Agardhii et
lutea. Mes échantillons de Banyuls appartiennent à la var. gemina
Gomont.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Cosmopolite.
Anhomocysteae
Rivulariaceae
AMPHITHRIX Kützing, 1843
Amphithrix violacea (Kützing) Born. et Flah.
Bornet et Flahault, Révision Nostoc. hétérocyst., 1886, I, p. 344 Frémy Cva-
noph. des cotes d'Europe, 1934, p. 137, pl. 32, fig. 4. 7
Cette algue formait une ceinture veloutée, très compacte, d’un
rouge violacé, autour d’une plaque supralittorale, au-dessus du niveau
de 1 eau de la flaque.
Observée en juillet 1933 et 1934.
Cette espèce n avait pas encore été signalée, à ma connaissance,
sur les cotes de la Méditerranée.
Loc. : Collioure.
Amérique. 3 ™ 10 1 Allanliqne, d, 1, Norvàg, an* Canada,.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
167
CALOTHRIX C. Agardh, 1824
Calothrix parasitica (Chauvin) Thuret
Bornet et Flahault, Rév. Nostoc. hétérocyst., 1886, 1, p. 357. FrÉMY, Cyanoph.
des côtes d’Europe, 1934, p. 139, pl. 33, fig. 1-4.
Cette algue est fréquente dans les tissus de la fronde des Nema-
lion helminthoides âgés, de mai à août.
Loc. : Collioure; Banyuls, île Grosse, cap du Troc, etc...
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord, Pacifique nord-américain.
Calothrix aeruginea Thuret
Bornet et Flahault, Révision des Nostoc. hétérocyst., I, p. 358. FrÉmy, Cyanoph.
des côtes d'Europe, 1934, p. 140, pl. 34, fig. 1.
Cette espèce est fréquente en été, épiphyte sur diverses algues
(Gelidium crinale, Liagora viscida , Pad'ma pavonia) dans les stations
calmes et peu profondes. Parfois mêlée au Calothrix confervicola.
Loc. : Port-Vendres (Flahault): Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRlB. : Cosmopolite.
Calothrix confervicola (Roth) C. Agardh
Bornet et Flahault, Rév. Nostoc. hétérocyst., I, p. 349, 1886. FrÉmy. Cyanoph.
des côtes d’Europe, 1934, p. 140, pl. 35, fig. 1.
Très fréquent toute l’année sur diverses algues croissant près du
niveau ( Cystoseira , Liagora, Padina, etc.).
Loc. : Banyuls (FLAHAULT, SaUVAGEAu), cap du Troc, etc...
DlSTRlB. : Cosmopolite.
Calothrix Contarenii (Zanardini) Born. et Flah.
Bornet et Flahault, Rév. Nostoc. hétérocyst., I, 1886, p. 355. FrÉmy, Cyanoph.
des côtes d’Europe, 1934, p. 142, pl. 36, fig. 4.
J’ai récolté cette algue en février, sur des rochers plats et vaseux,
émergeant à basse mer; elle était associée au Calothrix crustacea.
Loc. : Banyuls, anse du Sanatorium.
DlSTRlB. : Probablement cosmopolit:.
Calothrix crustacea Thuret
Bornet et Thuret, Notes algolog., 1. 1878, p. 13, pl. IV. Bornet ei Flah., Révi-
sion Nostoc. hétérocyst., 1, 1886, p. 359. FrÉMY, Cyanoph. des cotes d'Europe, 1934. p. 146.
pl. 38, fig. 2.
Espèce très commune et largement répandue dans l’étage littoral,
où elle se rencontre en particulier dans deux types de stations diffé¬
rentes :
1 ° Sur les rochers battus, généralement fixée sur les Chtamales
et les Patelles. Dans cette station, elle est généralement associée aux
168
]. FCLDMANN
Rivularia alra var. hemisphaenca , Brachytrichia Balani , Entophysalis
granulosa, ainsi qu’au Bangia fusco-purpurea.
2° Sur les rochers vaseux situés au-dessus du niveau, dans les
stations calmes, il est alors associé aux Calothrix Contarenii, Gloeo-
capsa crepidium, Rivularia polyotis et Microcoleus tenerrimus.
Cette algue peut enfin se rencontrer épiphyte sur le Nemalion
helminthoides en compagnie de VIsactis plana.
Se rencontre toute 1 année : je l’ai récoltée en janvier, février,
juin, juillet, août, novembre et décembre.
Loc. : Port-Vend res; Banyuls. anse du Sanatorium, île Grosse, cap du Troc, etc.
Distrib. : Cosmopolite.
Calothrix proliféra Flahault
_e°RNET et Flahault, Rév. Nostoc. hétérocyst., I, 1886, P . 361. FaÉnv
des cotes d Europe, 1934, p. 147, pl. 38, fig. 3.
Cette espèce a été découverte à Banyuls par Flahault, en
décembre. Je ne 1 ai pas retrouvée dans la région. Il s’agit, semble-t-il,
d’une espèce assez rare. Outre Banyuls, elle n’est connue que de
Californie (Setchell et Gardner) et du détroit de Gibraltar où
G. Hamel et moi 1 avons observée en abondance à Tarifa, sur les
rochers battus découvrant à basse mer, en septembre 1928.
Loc. : Banyuls (Flahault).
Distrib. : Méditerranée occidentale, détroit de Gibraltar, Californie.
ISACTIS Thuret, 1875
Isactis plana (Harvey) Thuret
Bornet el Thuret, Note, Algol.. II, 1879. p. 163. pl. XL. Bornet el Flahault
“>°'i heter ° C ^" 1 '«6. p. 344. FrÉmy. Cyanoph. de, côte, d'Europe, 1934,' p. 15L
Espèce très abondante tout le long de la côte, sur les rochers
plats et les Patelles, à quelques centimètres au-dessus du niveau
moyen. Rare et peu développée en hiver, elle forme, en été, de nom¬
breuses colonies plates, circulaires ou confluentes, d'un vert noirâtre.
Cette espece est également épiphyte, en été, sur Liagora viscida, et
surtout^ sur Nemalion helminthoides, où elle coexiste le plus souvent
avec Calothrix crœtccea. Les colonies épiphytes sont généralement
beaucoup moins développées que celles fixées sur les rochers.
Loc. : Colhoure; Banyuls. anse des Elmes, île Grosse, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée, Allanlique et Pacifique nord.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
I b9
RIVULARIA C. Agardh. 1824
Rivularia Biasolettiana Meneghini
BoRNET et Flah., Rev. Nostoc. hétérocyst.. I. 2, p. 352. FrÉMY, Cyanoph. des côtes
d’Europe, 1934, p. 152, pl. 43, fig. 1. Rivularia coadunata (Sommerfelt) Foslie.
Il s’agit plutôt d’une espèce maritime que nettement marine. Je
l’ai rencontrée dans une fente de rocher, ombragée dans l’anse du
Troc où existait un suintement d’eau douce. Elle vivait à 2-3 mètres
au-dessus du niveau, mêlée à de nombreuses Diatomées, à des Mousses
et à quelques petits individus d’ Adiantum capillus-veneris. Il est pos¬
sible que, par gros temps, cette station soit atteinte par les embruns.
Dans cette station, le Rivularia Biasolettiana était abondant, en jan¬
vier 1931. Je l’ai vainement cherché depuis à diverses époques de
l’année, et, en particulier, en janvier et décembre 1932, sans la
retrouver. Flahault avait, avant moi, récolté cette algue à Banyuls,
en décembre, sur une « falaise où la mer n’atteint qu’aux gros temps »
(Flahault in Herb. Thuret).
Bien que je n’ai observé cette espèce à Banyuls qu’en hiver,
elle peut se rencontrer toute l’année dans les stations favorables; je
l’ai, en effet, récoltée en juillet, à l’île de la Galite (Tunisie), et en
août, à Hendaye (Basses-Pyrénées).
Loc. : Banyuls (Flahault), anse du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique et Pacifique nord.
Rivularia atra Roth
Bornet et Flahault, Rév. Nostoc. hétérocyst., II, 2, p. 353. FrÉMY, Cyanoph. des
côtes d’Europe, p. 153, pl. 42, fig. 2.
Cette espèce est très abondante sur toute la côte; elle vit, au-
dessus du niveau moyen, sur les rochers battus, les Chtamales, les
Patelles, le Tenarea tortuosa.
La var. hemisphaerica (Kützing) Bornet et Flahault se ren¬
contre sur les Chtamales, souvent associée au Brachÿtrichia Balani et
au Calothrix crustacea.
La var. confluens (Kützing) Bornet est fréquente sur le T enarea
tortuosa, où elle forme des plaques confluentes atteignant 3 à 3 centi¬
mètres de largeur.
Le Rivularia atra se rencontre toute l’année.
Loc. : Collioure (Oliver); Port-Vendres; Banyuls, île Grosse, cap du Troc; Cer¬
bère.
DlSTRlB. : Cosmopolite.
Rivularia nitida C. Agardh
Bornet et Flahault, Révis. Nostoc. hétérocyst., I, 2, p. 357. FrÉMY, Cyanoph. des
côtes d’Europe, p. 154, pl. 43, fig. 2.
Cette algue était abondante, en septembre 1932, dans une petite
70
]. FELDMANN
cuvette située à 3-4 mètres au-dessus du niveau et en partie remplie
d’eau de pluie.
De même que pour le Rivularia Biasolettiana, il ne s’agit pas ici
d’une algue marine à proprement parler, puisqu’elle peut vivre dans
l’eau douce; néanmoins, elle se rencontre souvent dans la mer et les
eaux saumâtres et ne s’éloigne guère du littoral.
Les échantillons récoltés étaient envahis par Leptothrix.
Loc. : Banyuls, anse du Troc.
DlSTRlB. : Cosmopolite.
Rivularia mesenterica Thuret
Bornet et Flahault, Révis. Nostoc. hétérocyst.. I. 2, p. 359. FrÉmy, Cyanoph. des
côtes d’Europe, 1934, p. 155, pl. 45.
Cette espèce est fréquente et parfois abondante sur les rochers
modérément battus, à 5-15 centimètres au-dessus du niveau moyen.
Par sa station aussi bien que par son aspect, elle rappelle le Rivularia
bullata des côtes atlantiques, qu’elle semble remplacer dans la Médi¬
terranée. Comme ce dernier, c’est une espèce estivale, jeune et de
petite taille, en juillet et au début d’août; elle atteint son maximum
de développement en septembre. En novembre, elle a, en général,
complètement disparu; néanmoins, il peut arriver exceptionnellement
que certains individus subsistent plus longtemps, et j’en ai récolté deux
exemplaires âgés au cap Castell, au début de février 1932.
Loc. : Collioure, Banyuls, etc.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, côte sud de l'Espagne (Cadix !).
Rivularia polyotis (J. Agardh)
Bornet et Flahault, Révis. Nostoc. hétérocyst., I, 2, p. 360. Frémy,
côtes d'Europe, 1934, p. 156, pl. 46. Rivularia hospita Thuret.
Cyanoph. des
Je n ai trouvé cette espèce qu’une seule fois dans la région étu¬
diée : elle vivait, en mai, sur le Tenarea tortuosa.
A Rosas (Catalogne), elle est abondante sur les rochers vaseux,
au niveau, en juillet.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord.
BRACHYTRICHIA Zanardtni, 1872
Brachytrichia Balani (Lloyd) Bornet et Flahault
-, J ? [ 0RN ' ET e ,' 0 ft AHAU ,S R ,"' No!,oc hé >““y>- 2. P- 372. Frémy, Cyooph. de,
coin d Europe 1934 P 160, pl. 49, 50, 51. fig. I. HormaCi, Balani Thuret ,5, Bornet
ei Thuret, Noie, Algol., II, p . 172. pl. 43 et 44.
Cette espèce est commune sur les rochers battus et les Chtamales,
au-dessus du niveau. Souvent associée au Rivularia alra, Calothrix
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES 171
crustacea et Errtophysalis granulosa. Récoltée en janvier, février, avril,
juin, juillet et décembre.
Une forme particulière de cette espèce (f. purpurea Frémy,
Cyanoph. viv. dans le thalle des Codium, 1932, p. 1413) vit dans le
thalle du Codium difforme, entre les utricules; elle se distingue no¬
tamment de la forme type par sa couleur pourpre violacée et son
habitat. Je l’ai récoltée au cap Béar, en avril, dans des échantillons
de Codium dragués par 15-20 mètres de fond; elle était associée
dans les Codium aux Microcoleus Codii et Wuitneri.
Outre Banyuls, qui constitue la seule localité méditerranéenne
de cette forme, la f. purpurea a été observée dans la Manche, à Saint-
Malo, où G. Hamel l’a récoltée dans le thalle du Codium dicho-
tomum.
Loc. : Collioure (FlahaULt); Banyuls, cap du Troc.
DlSTRiB. : Méditerranée, Atlantique (de 1 Angleterre au Maroc), océan Indien
(Mascareignes).
Nostocaceae
NOSTOC Vaucher, 1803
Nostoc entophytum Bom. et Flah.
BûRNET et FLAHAULT, Révis. Nostoc. hétérocyst., IV, 1888, p. 190. FrÉMY, Cyanoph.
des côtes d'Europe, 1934, p. 174, pl. 57.
J’ai récolté dans une cuvette supralittorale remplie d’eau sau¬
mâtre un Nostoc microscopique, qui, d’après l’abbé P. FrÉMY, appar¬
tient très vraisemblablement au Nostoc entophytum. Il vivait en
compagnie du Rivularia atra. Septembre.
Loc. : Banyuls, anse du Troc.
DlSTRiB. : Europe.
Stigonemataceae
MASTIGOCOLEUS Lagerheim, 1886
Mastigocoleus testarum Lagerheim
Bornet et Flahault, Sur quelques plantes vivant dans le test cale, des Mollusques.
1889. p. CLXI1. pl. X, lis. 2. Frémy. Cyanoph. des côtes d’Europe, 1934, p. 191, pl. 62,
fig. 4.
Cette algue perforante existe presque constamment dans le test
calcaire des Chtamalus stellatus vivants. Souvent associée à Hpella
caespitosa et Comontia polyrhiza. Très fréquente également dans les
coquilles mortes.
172
J. FELDMANN
Cette algue se développe également dans les parties mortes du
Tenarea tortuosa, auxquelles elle communique une teinte vert-de-gris
magnifique tranchant vivement sur le blanc éclatant des portions
non envahies.
Se rencontre toute l’année.
Loc. : Collioure; BanyuJs, île Grosse, cap du Troc, cap l’Abeille.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique nord, Antilles, Afrique du Sud.
DEUXIÈME PARTIE
CHLOROPHYCEAE
La classification des Chlorophycées adoptée ici s’accorde, dans
ses grandes lignes, avec celle utilisée par F. B0RGESEN (1925) et par
H. Printz (1927).
Plus récemment, F.-E. FRITSCH (1935), dans son traité sur la
structure et la reproduction des algues, a proposé une nouvelle classi¬
fication des Chlorophycées. L’ordre des Ulotrichales s y trouve sub¬
divisé en deux ordres : les Ulotrichales sensu stricto et les Chaetopho-
rales. Dans ces conditions, il semble logique de ne pas comprendre,
dans les Ulotrichales, la famille des Ulvacées et d admettre, à
l’exemple de BLACKMANN et Tansley (1902) et de West (1916),
l’ordre des Ulvales.
Ces trois ordres sont évidemment très voisins les uns des autres
par leur mode de reproduction et leur cytologie. Ils se distinguent, en
particulier, par la structure de leur appareil végétatif, l’ordre des
Ulotrichales ne comprenant que des formes filamenteuses non rami¬
fiées; celui des Chaetophorales des formes à filaments ramifiés, par¬
fois, comme dans les Ulvellées, coalescents en disque ; 1 ordre des
Ulvales étant caractérisé par sa structure parenchymateuse.
L’ordre des Siphonocladales, créé par SCHMITZ (1878), n’est
pas admis par FRITSCH, qui propose, pour la famille des Cladopho-
racées, qu’il avait antérieurement rattachée aux Ulotrichales, la
création d’un ordre des Cladophorales. Les autres familles de Sipho¬
nocladales (Valoniacées, sensu lato et Dasycladacées) étant placées
dans l’ordre des Siphonales. Ainsi que je le montre dans un travail
qui paraîtra prochainement, cette classification ne correspond nulle¬
ment aux véritables affinités de ces groupes et ne peut être admise.
L’ordre des Siphonocladales, après exclusion du genre Halicÿstis, qui
est une Siphonale, et de la famille des Dasycladacées, pour laquelle
j’ai proposé la création d’un ordre des Dasycladales, constitue un
tout homogène nettement distinct, en particulier par ses caractères
cytologiques, des autres ordres de Chlorophycées.
174
/. FELDMANN
Protococcales
Volvocaceae
STEPHANOPTERA üanger.rc], 1910
Stephanoptera gracilis (Artari) Smith
G.-M. Smith, Fresh-Water Algae of U.S., 1933, p. 308, lîg. 201. Asteromonas gra-
dlis Artari; Feldmann, Sur deux Volvoc. nouv. par la 11. française, 1931, p. 88, fig. a.
Note sur quelques algues marines de Tunisie, 1931, p. 6.
J’ai observé cette espèce, en août 1931, à l’île Grosse, dans une
petite cuvette supralittorale temporaire contenant moins d’un litre d’eau
et située à 0 m. 50 au-dessus du niveau. L’eau de cette cuvette, colo¬
rée en vert foncé par l’abondance des Stephanoptera qui y vivaient,
en culture presque pure, était très concentrée par évaporation (150 gr.
de chlorures par litre). C’est dans des eaux de salinité analogue que
j ai déjà signalé cette espèce dans les marais salants du Croisic et
dans des flaques d’eau sursalée près des bords du lac de Tunis. Elle
n avait pas encore été signalée, à ma connaissance, sur les côtes médi¬
terranéennes de France. Il s agit d ailleurs d’une espèce d’apparition
inconstante, car, malgré mes recherches, je n’ai pu la retrouver lors
de mes séjours ultérieurs à Banyuls.
Cette Polyblépharidée avait d’abord été décrite sous le nom
d’Asteromonas gracilis par Artari, qui avait créé, pour elle, un genre
nouveau caractérisé par ses cellules pourvues de six côtes longitudi¬
nales.
Récemment, G.-M. Smith a rattaché le genre Asteromonas au
genre Stephanoptera P.-A. Dangeard, créé antérieurement. L’espèce
type de ce genre, Stephanoptera Fabreae P.-A. Dangeard, qui vit
également dans 1 eau salée, ressemble beaucoup au Stephanoptera
gracilis; elle s’en distingue, en particulier par le nombre des côtes, qui
est de quatre au lieu de six. Cette différence du nombre des côtes chez
ces deux espèces ne suffit pas pour les placer dans deux genres dis¬
tincts.
Loc. : Banyuls, île Grosse.
d» Nord'Sa^ie?”''' ^ a "“' iq “" d ' F '““ (L ' C ’^ *****
CHLAMYDOMONAS Ehrenberg, 1833
Chlamydomonas sp.
Des espèces de ce genre sont fréquentes dans les cuvettes supra-
littorales, à eau saumâtre ou sursalée, de Banyuls et de Collioure. Je
ne les ai pas étudiées.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
175
BRACH10M0NAS Bohlin, 1897
Brachiomonas submarina Bohlin
Hamel, Chloroph. des côtes de France, 1930, p. 7, fig. 1, P, Q. S.
Cette espèce a été récoltée par P. DaNGEARD (comm. verb.),
à Collioure, dans une cuvette supralittorale. Je ne 1 ai pas retrouvée.
On sait que les Brachiomonas vivent, en général, dans les eaux sau¬
mâtres fortement dessalées. A Marseille, d’après Gabriel (1924,
p. 307), le B. submarina vit dans des eaux contenant I gr. 20 à
1 gr. 80 de Cl. par litre. Expérimentalement, son optimum de vie a
été constaté dans de 1 eau à 2 gr. de Cl. par litre.
Loc. : CoLlioure (P. Dangeard).
Distrib. : Méditerranée, mer Noire, côtes atlantiques d'Europe.
PLATYMONAS G.-S. West, 1916
Platymonas tetrathele West
G.-S. West. Algologicl Mot™. XVIII-XXIII. 1916. P- 3, 6g. 27 A F. F*
Alcenve-ret. des golfs von Neapel, 1927. p. 308. FELDMANN, Contnb. Fl. algol. de 1 Algérie,
1, 1931° p . 195, fig. 1. P. Dangeard. Traité d'Algologie, 1933, fig. 118d. Chadefaud,
Cytopl. des algues vertes et des algues brunes, 1935, fig. 5, p. 56.
Cette petite Volvocacée est très fréquente à Banyuls, dans les
cuvettes supralittorales temporaires, et en particulier dans celles qui
sont riches en matières organiques, comme c’est le cas pour beaucoup
de flaques de l’île Grosse, où cette espèce se rencontre toute l’année.
L’eau des cuvettes où vit cette algue est généralement d’une sali¬
nité voisine de la noimale. Mais le Platymonas tetraihele peut sup¬
porter de fortes variations de salinité.
M. CHADEFAUD, qui a étudié cette algue au point de vue cyto¬
logique sur les échantillons vivants que j avais rapportés de Banyuls,
au Laboratoire de Cryptogamie du Muséum, a bien voulu vérihei ma
détermination et comparer le Platymonas tetrathele de Banyuls aux
deux autres Platymonas décrits : PL subcordiformis (Wille) Hazen,
espèce d’ailleurs mal connue, et PL roscoffensis P. -A. Dangeaid, dé¬
couvert récemment a Roscoff (Finistère), dans des stations assez
comparables à celles où vit le PL tetrathele, par M. P. -A. DANGEARD.
Le Platymonas tetrathele se distingue facilement des deux autres
espèces par son chromatophore, qui est du type de celui des Chlamy-
domonas de la section Agloe et divisé en quatre lobes correspondant
aux quatre quadrants du corps, alors que les PL roscoffensis et sub¬
cordiformis ont un chromatophore urcéolé comme ceux des Chlamy-
domonas de la section Euchlamydomonas et non lobé.
176
J. FELDMANN
Le Platymonas tetralhele, sans doute commun sur toutes nos
côtes, n’y avait pas encore été signalé, à ma connaissance.
Loc. : Collioure, Banyuls.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale (Banyuls !. Naples, Algérie !), côtes atlantiques
d'Europe (Angleterre, Helgoland, Saint-Malo !).
CARTERIA Diesing, 1866
Carteria sp.
Dans une large cuvette supralittoiale peu profonde, située au
cap du Troc, j’ai rencontré, en septembre 1931, un Carteria sp. que
je n ai pu réussir à déterminer. Il se présentait sous forme de petites
cellules longues de 5 à 8 F-, cordiformes un peu plus longues que larges.
Le chloroplaste, en forme de cloche, est pourvu, dans sa partie posté¬
rieure, d’un gros pyrénoïde; le stigma est situé au-dessus du pyrénoïde,
souvent latéralement. La cellule présente, à son extrémité antérieure,
une échancrure d’où partent quatre cils égaux.
Par sa forme, ce Carteria est certainement différent du C. minima
(Dangeard) Dill., la seule espèce marine signalée sur les côtes de
France. Je n ai pu 1 identifier avec aucune des espèces connues.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
Tetrasporaceae
PALMOPHYLLUM Kützing, 1845
Palmophyllum crassum (Naccari) Rabenh.
fi. ?lfi R r. E M H °" ST ' R n“ r ° P ', Als ',' l868 - ia p ' 49 - Hauck, M«r es a! 8 «n, 1885, p. 485,
p?' vLPTrôs 41 at' 8 ; l9 ’ 5 ' P' l6 ' f, S' «a,sa N.cc.ri,
Phyc " i.b xil P fi 3 pT^#" **??"*»<**■ Sp. Alg„ 1840, p, 231 ; Tab.
‘ ri, X ' 1 y- «Mn Bornai i„ Herb. Crin. liai. II, 1251.
PW, SK’det “ghL'.TsVTp. il 3 ’' P ' 6|! - ^ A - B ' C'stroï
D après les auteurs, il existe, dans la Méditerranée, trois espèces
du genre Palmophyllum : P. crassum, P. orhiculare et P. Gestroi.
J ai observé, à Banyuls, les deux premières espèces, qui ne me
paraissent pas devoir être distinguées si ce n'est comme variétés, et que
je propose de désigner désormais sous le nom de P. crassum var. typi-
cum nob. et de P. crassum var, orhiculare (Bornet) comb. nov.
Le Palmophyllum crassum constitue des croûtes de forme va¬
riable, épaisses, charnues, de consistance ferme, d’un beau vert foncé
sur le vivant et brunissant par dessiccation. Le thalle est formé de
cellules sphenques plus denses et plus petites, vers la surface supé-
neuie de la fronde, isolées ou groupées par deux ou quatre. Chaque
cellule renferme un chloroplaste vert foncé en forme de cloche ou
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
177
de fer à cheval, appliqué contre la paroi de la cellule et dépourvu de
pyrénoïde. , ,1
Les auteurs précédents distinguaient le P. crassum par son thalle
sinueux, épais, adhérant au substratum seulement par sa partie cen¬
trale et libre à la périphérie, alors que dans le P. orbiculare le thaïe
est plus régulier et entièrement adhérent au substratum. Ln réalité,
il s’agit ici de deux formes stationnelles de la même espèce.
Lorsque la plante croît près du niveau sur les roches lisses et
fortement battues, la fronde est plus mince, de forme plus régulière
et adhère fortement au substratum, dont on ne peut la détacher sans
la déchirer, par toute sa surface inférieure. Elle forme alors de larges
croûtes à contour orbiculaire, atteignant 20 centimètres de diamètre.
C’est cette forme qui a été décrite par Bornet sous le nom de 1 . orbi¬
culare (P. crassum var. orbiculare (Bornet) nob.).
Au contraire, lorsque le P almophpllum vit en profondeur, en
particulier sur les concrétions anfractueuses des fonds coralhgenes, ou
il est fréquent, ou sur les troncs du Cÿstoseira spinosa, c'est-à-dire dans
une station calme et sur un substratum à surface irrégulière, il change
d’aspect; il n’est alors fixé que par quelques points de sa face inté¬
rieure, sa forme devient irrégulière et les bords de ses expansions ffa-
belliformes sont libres. (Le dessin de Cammerloher, cite plus haut,
de beaucoup préférable à celui de KÜTZING, reproduit par HmJCK,
en donne une idée très exacte.) Cette forme correspond à celle dé¬
crite de l’Adriatique par les auteurs sous le nom de P. crassum ou
de P. flabellatum, elle constitue le P. crassum var. ippicum nob.
Les différences morphologiques existant entre ces deux formes
de Palmophyllum sont du même ordre que celles que 1 on observe
chez diverses Squamariées, étroitement adhérentes au substratum dans
les stations battues, et fixées seulement par quelques points de leur
fronde dans les stations calmes ou en profondeur.
A part ces différences dans la morphologie externe, il n’y a pas
de différences sensibles dans la structure anatomique des deux formes.
J’ai étudié un échantillon authentique du Palmella crassa Nac-
cari conservé dans l’Herbier ThURET. Les cellules, de forme sphé¬
rique, mesurent 5-8 p de diamètre, et ce thalle a une épaisseur de
900 à 1.000 p. D'autre part, un échantillon type du Palmophyllum
orbiculare, récolté par Bornet, à Antibes, sur les rochers de la Crou-
patassière, possède un thalle plus mince (650-800 p) et des cellules
plus grandes (10 a). Mais il ne faut pas attribuer une trop grande
importance à la différence de taille des cellules chez ces deux échan¬
tillons, types des deux espèces, car chez des échantillons récoltés à
Banyuls, j’ai observé, dans des individus de la var. orbiculare, des
178
/. FELDMANN
Fig. 5. — Palmophyllum cras-
sum (Naccari) Rabenhorît,
cellules isolées montrant leur
taille variable et la forme du
chloroplaste, X 700.
cellules ayant les mêmes dimensions que celles de l’échantillon de
Naccari, et aussi des individus de la var. typicum à cellules très
grosses, plus grosses même que celles de
l’échantillon type du P. orbiculare et attei¬
gnant 12-15 f de diamètre.
Les dimensions des cellules dépendent
vraisemblablement de l’état de végétation de
1 individu étudié, et de la vitesse avec laquelle
les cellules se divisent. D’ailleurs, sur un
même individu, on peut observer, selon les
portions du thalle que l’on examine, des cel¬
lules de taille très différente, les unes ne me¬
surant que 5-6 F de diamètre, alors que
d’autres atteignent 10-12 F (fig. 5).
Je ne connais que par sa description le
P■ Gestroi Piccone récolté par Gestro à
1 île de la Galite, mais, autant qu on en peut juger par celle-ci, il ne
paraît pas différer spécifiquement du P. crassum.
L- e P- crassum var. tÿpicum est commun à Banyuls, entre 20 et
40 mètres, sur les rochers, les concrétions coralligènes, les Lithotham-
niées et les troncs de Cystoseira spinosa. Il se rencontre toute l’année.
La var. orbiculare est limitée aux surplombs et aux stations très
ombi âgées, sur les rochers battus, à moins d’un mètre de profondeur.
Elle se rencontre toute 1 année, mais ses thalles sont plus abondants
et plus développés en hiver qu’en été.
Parmi les Chlorophycées de Banyuls, le Palmophyllum crassum
est 1 espèce la plus sciaphile que je connaisse, c’est également celle qui
descend le plus bas (40 m.). Aux Baléares, Rodriguez (1889) l’a
d ailleurs observé jusqu à 130 m. de profondeur. Un caractère phy-
SiologKjue intéressant à noter, et sans doute en rapport avec cette scia-
philie, c’est la teneur très considérable de cette algue en chlorophylle.
Je n ai jamais observé d’organes reproducteurs dans mes échan¬
tillons, le mode de reproduction des Palmophyllum est d’ailleurs en¬
core inconnu.
Var 'Tt" : CaP ^ C * P de rAbeiIle - rech de cap Cerbère. -
Var. orbiculare : cap du Troc, grotte du Troc.
Distrib. : Méditerranée occidentale, Adriatique.
Chlorococcaceae
CHLOROCHYTRIUM Cohn, 1874
Chlorochytrium Cohnii Wright
fr. n «i,e, R,S |93V 1920. Hamel. Chloropk de. côte.
RMardlli G, r d» P er. '' CU °’°W’ CAm (W™h.) Rei„S„d t . CWorecW™
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
179
Je n’ai observé cette espèce qu’une seule fois, en juin 1933, endo-
phyte dans les tubes muqueux d’un Schizonema sp. dragué par 25 ni.
au cap Béar. , , . r
Les cellules de cette algue, de forme sphenque et pourvues d un
bec sortant à l’extérieur du tube du Schizonema, mesurent dans mes
échantillons, 15 à 25 F de diamètre. Il s'agissait d individus encore
jeunes, dont aucun n’était transformé en sporange. Chaque cellule
contient un chloroplaste pariétal pourvu d un pyrénoïde.
Cette espèce, plutôt septentrionale, n’a été signalée, à ma connais-
sance, dans la Méditerranée que par Fr. ScHMITZ (Die Chromatopho-
ren der Algen, 1882, p. 15) à Naples, bien que Funk ne la men¬
tionne pas dans son catalogue.
Une autre espèce de Chlorochytrium , d ailleurs mal connue, a
été signalée dans le nord de l’Adriatique, sur des Cladophora, par
Hansgirc : C. Facciolae (Borzi) Bristol var. uregulans Hansg. t.
marina Hansg.
□"sTRlB^ÀtlmWe boréal, depuis le Groenland el l'Islande jusqu aux coles de
France el des Etats-Unis, Mediterranée, mer Noire.
Ulotrichales
Ulotrichaceae
UL0THR1X Kützing, 1836
Ulothrix flacca (Dil'wyn) Thuret
Wille, Stud. üb. Chloroph
FELDMANN. Contrib. fl. algol. mat.
Algé
Fig. 6. — A, Ulothrix flacca (Dillw.)
Thur.; B, U. subflaccida Wille ;
C, U. pseudoflacca Wille. A , B,
C. X 510.
18, Taf. I. fig. 54-57, Taf. II. flg. 58-63.
, 1931, p. 196, P l. Vil.
Cette espèce vit sur les rochers
battus, émergés jusqu’à 1 m. au-dessus
du niveau, de décembre à avril. Elle
est souvent melee à d autres especes
d'Ulothrix (U. pseudoflacca et U. sub¬
flaccida) et au Bangia fuscopurpurea.
Dans les échantillons que j’ai ré¬
coltés à Banyuls, les cellules, plus
larges que hautes, mesurent 25-30 /'- de
diamètre ; ce chloroplaste est pourvu de
deux à trois pyrénoïdes (fig. 6, A).
J’ai observé des gamètes en avril.
U Ulothrix flacca est une espèce
boréale arctique, très rare dans la Mé¬
diterranée, où j’ai été le premier à la
signaler en Algérie, à Cherchell. Ba¬
nyuls est la seconde localité méditer¬
ranéenne de cette espèce.
180
/. FELDMANN
Loc. : Port-Vendres; Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Du Groenland et de la Scandinavie
(BoercESEN), Côtes atlantiques et pacifiques de l'Amériqu
■u nord de l'Espagne, Canaries
du Nord.
Ulothrix pseudoflacca Wille
Wii.le, Stud. üb. Chlorophyc.,
tizen. XVII, 1910, p. 284, Taf. I, fi",
p. 22, fig. 6, E-f.
1900. P . 22, Taf. II, fig. 64-81. Wille. Algol. No-
10-11. Hamel, Chloroph. des côtes françaises. 1931,
Cette algue, qui vit généralement mêlée à YUloihrix flacca dans
les mêmes conditions et à la même époque que celui-ci, s’en distingue
facilement par ses filaments plus minces (10-15 n de diamètre), à
chloroplaste remplissant presque toute la cellule et pourvu d’un seul
pyrénoide (fig, 6, C). Dans les stations exposées à la dessiccation, il y a
formation d’acinètes.
, Comme l’espèce précédente, YUlothrix pseudoflacca est une
espece boréale, qui n'avait pas encore été signalée, à ma connaissance,
dans la Mediterranée.
Loc. : Port-Vendres; B
Distrib. : Mer du Nord,
inyuls, jetée du vi vier du
Manch \
Laboratoire
Ulothrix subflaccida Wille
Wille. Stud. üb. Chloroph., 1900, p. 27. Taf III fio 90 100 Hamt. ru l
des côtes françaises, 1931 p 23 fio 6 | | 1/1,1 ■ T V. : Hamel .Chloroph.
p 34g p P- . g. D, 1, J. an Ulothrix implexa Kutztng, Sp. Alg.. 1849,
, P,us rare , à Banyuls, que les deux espèces précédentes, cette
espece vit dans les memes conditions que celles-ci. Par ses cellules très
allongées, de 10-12 A de diamètre, contenant un chromatophore en
anneau ne remplissant qu’une partie de la cellule, et pourvu d’un seul
pyrenoide, elle se distingue fadement des Ulothrix flacca et pseudo-
tiacca : (fig. 65). Je 1 ai observée en février, mêlée à YUlothnx flacca
et au LSangia fuscopurpurea.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
Adriatique (?)i " Atianllque boreal de la Scandinavie a I Espagne, Méditerranée occidentale.
Chaetophorales
Chaeîophoraceae
PHAEOPHILA Hauck, 1876
Phaeophila dendroides (Crouan) Batters
artss:
J ai observe cette espèce, bien caractérisée par ses soies ondulées,
Source : MNHN, Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
181
rampant entre les sporanges pluriloculaires et les ascocystes de X As-
cocyclus conchicola, en janvier.
Sous le nom de Kymatotrichon armatum nov. gen. nov sp.,
SchussNIG a décrit, en 1928 ( Phycol. Beitràge, p. 161, fig. J). une
Chaetophorée à soies ondulées, endophyte, dans un Ceramium de
Trieste, qui ne me paraît pas différer du Phaeophila dendroides.
Loc. : Banyuls, cap Bear, cap du Troc, cap de l'Abeille.
DlSTRlB. : Mer du Nord, Manche. Atlantique tempéré, mer des Antilles, Mediterranee,
Adriatique.
ECTOCHAETE (Huber) Wille, 1909
Ectochaete leptochaete (Huber) Wille
Hamel, Chloroph. de, côte, francises. 1931 P. 28 6g. 8, D E. EMsrma hfb-
chacte Huber. Contrib. conn. Chaetoph.. 1893, p. 319, pl. XV, g. - ■
J’ai rencontré cette espèce, qui doit être fréquente à Banyuls,
sur des Dictpota dichotoma et des Dilophus Fasciola, récoltes en mai
et juin. Elle se présente sous l’aspect de filaments rampants entre les
cellules corticales de ces algues. Elle pourrait être facilement confon¬
due avec un Endoderma, dont elle se distingue, en particulier, pal la
présence de poils hyalins très fins, peu visibles à 1 examen direct, mais
se colorant facilement en bleu foncé par 1 acide iodhydnque iode.
Loc. : Banyuls, île Grosse, cap du Troc. * .
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, côtes atlantiques de France et d Angleterre.
G0M0NTIA Bornet et Flahault, 1888
Gomontia polyrhiza (Lagerheim) Born. et Flah.
Bornet .1 Flahault. Noie ,u, deux nouv. genre, d'algue. perforâmes 1888. p. 3 ;
Sur quelques plantes vivant dans le test cale, des mollusques, 1889, p. CLII, pl. VI- .
Cette algue perforante est fréquente à Banyuls, dans les coquilles
mortes de Lamellibranches, le test des Balanes ( Chtamalus sldlatus)
et la fronde des algues calcaires, et en particulier dans le Tenarea
lortuosa. Elle forme, dans ces divers substratums, des taches vertes
plus ou moins étendues. Cette espèce se rencontre toute 1 annee (1).
Loc. : Port-Vendres, cap Béar, Banyuls, cap Doune, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRlB. : Atlantique nord, Méditerranée.
TELLAMIA Batters, 1895
Tellamia contorta Batt.
Batters, On ,ome nesv Brit. mar. Alg.e, 1895, p. 313, pl. XI. 6g. 18-24. Printz.
Aigenveget. Trondhjenrsfjorde,. 1926, p, 236, T,f. VI, 6g. 48-57. Hamel, Cbloroph. dr,
côtes françaises, 1931, p. 36, fig. 12, B et C. ___
(1) Récemment. H. K.YLIN (1935) a montré que, sous le nom de Gomontia polÿrhiza
Born. et Flah., l'on réunissait deux algues d.fférentes. Les « sporanges » du Çomoni.û consU-
tuant à eux seuls une algue particulière, très voisine du Cadmium de la famille des Chloro
coccacées, et les filaments ramifiés qui vivent entremêlés a ces « sporanges » appartenan a
des Chaetophoracées du genre Entocladia (— Endoderme!). • .
Mo. ob.erv.tion, Ur le, Comoniio de B.nyul, sont anleneure, a !. publication du
mémoire de Kylin. et il est probable que ceux de mes échantillons, que j ai considéré,
comme de, Comoniio slériles, doivent être rapportés au genre Endodermo.
182
/. FELDMANN
Cette espèce, découverte par Batters en Angleterre, où elle
vit dans le périostracum du Liltorina obtusata, se rencontre à Banyuls,
dans le périostracum du Pisania maculosa Lamk. Elle semble y être
assez commune. Cette algue se retrouve en Amérique (S. Massachu¬
setts), où elle vit sur Littorina palliata (Collins). Jusqu’à ces der-
meis temps, elle n était pas connue sur d autres genres de Gastéro¬
podes, ni dans la Méditerranée. M. Seurat l’a découverte récem¬
ment dans cette mer, en Tunisie, sur Ovatella Firmini (Seurat, 1934
p. 32).
Loc. : Collioure; Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Atlantique nord, Méditerranée.
ENDODERMA Lagerheim, 1883
Endoderma viride (Reinke) Lagerheim
Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 38, fig. 13, A, B.
Je rappoite à cette espèce les Endoderma fréquents en toutes
saisons, sur diverses Rhodophycées de Banyuls (Porphyra, Gÿmno-
gongrus, Rhodÿmenia, Chrysymema, Halÿmenia, Callithamnion,
etc.).
Une étude attentive des différentes formes serait nécessaire pour
préciser s il s agit de plusieurs espèces différentes suivant les hôtes, l’as-
pect du thalle de ces Endoderma variant beaucoup selon la nature de
l’hôte sur lequel ils vivent.
Loc. : Port-Vendres, Banyuls.
Distrib. : Atlantique nord, Méditerranée, Antilles.
Endoderma majus Feldm. nov. sp.
Feldmann, Algae mar. médit, nov., 1935, p. 362.
Thallus epiphpticus, inter filamenta, muco conjuncta, Floridea-
rum mucosarum repens, e filamentis articulatis , irregulariter ramosis
constituas. Cellulae irregulares. subcylindraceae aut inflatae usque ad
, ^»ngae [5-40 a latae, chromatophorum pariétale, pyrenoidibus
pluribus (3-8) praeditum, continentes.
Zoosporae numerosae in cellulis rotundatis et saepe parum maio-
rtbus evolutae.
Habitat m mari Mediterraneo in Florideis mucosis (Dudresnaya
verticijlata, Acrosymphyton purpuriferum, Crouania procera) saepe
soaa Blastophysa Rhizopi, ad altitudinm 25-30 m. infra superficiem
maris ad htus Ruscmoncmi propre Banyuls. Aestate viget.
C ellahs majonbus pyrenoidibus pluribus et situ epipbylico inter
filamenta Flondearum (nec endophytico) ab Endodermate viridi ce-
tensque speciebus generis, facile distinguendo.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
183
J’ai fréquemment observé, à Banyuls, sur diverses Floridées gé¬
latineuses draguées en été (août-septembre), par 25-30 mèties, une
petite Chaetophoracée qui me paraît constituer une espèce nouvelle du
genre Endoderma : Endoderma majus nov. sp.
Cette algue vit entre les filaments de ses hôtes ( Dudresnaya ver-
ticillata, Acrosymphplon purpuriferum, Crouama procera) dans ,e
gélin qui les unit, mais sans pénétrer dans leur membrane comme le
font les autres Endoderma. Elle est formée de filaments assez courts,
irrégulièrement ramifiés, constitués de cellules de forme très variable,
parfois cylindriques, ou le plus souvent irrégulièrement renflées. Les
plus grandes atteignent 50 e de long, leur largeur, très variable est
comprise entre 15 et 40 /*. Chaque cellule contient un chromatophore
en plaque pariétale, remplissant toute la largeur de la cellule et pourvu
de plusieurs (trois à huit) pyrénoïdes. L’amidon est abondant. Les
membranes cellulaires se colorent en bleu par 1 acide iodhydnque
iodé.
Les sporanges sont constitués par des cellules du thalle, qui se
renflent légèrement; ils contiennent de nombreuses zoospores dont je
n’ai pas observé la sortie (fig. 7).
Cette espèce n’est pas sans ressemblance avec le Phaeophda den-
droides, mais elle s’en distingue facilement par l’absence constante des
soies ondulées caractéristiques de cette espèce.
Elle se distingue de VEndoderma viride et des autres Endoderma
décrits par son mode de vie épiphyte et non endophyte, à 1 intérieur
184
]. FELDMANN
-A
des membranes des autres algues, par les dimensions relativement consi
derables de ses cellules, qui renferment plusieurs pyrénoïdes, alor
qu il n y en a généralement qu’un seul (rarement deux) dans 1 ’Endo
derma vmde. Dam les Flondées gélatineuses, où elle vit, cette algu<
est souvent associée au Blastophysa rhizopus.
Loc. : Cap Bear; Banyuls, cap l'Abeille.
Uistrib. : N’est connu, jusqu'ici. de. environs de Banyuls.
185
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
DIDYMOSFORANGIUM Lambert, 1912
Didymosporangium repens Lambert
Lambert. D. T. New ge™. .nd new .pccie, of CWtopho,»c,ae. 1912, p. 1H-U5,
pl. III.
Cette rare et curieuse espèce a été découverte a Naples, par
Lambert, en mai 1911, épiphyte sur Y Antithammon Plumula. bl e
ne semble pas avoir été observée depuis, et elle ne figure pas dans la
liste des algues de Naples publiée par FuNK ( 1927) _ Je 1 ai retrouvée
à Banyuls, en juillet 1933, sur des échantillons d Antithammon cru-
ciatum var. radicans, dragués par 25-26 mètres au cap Bear.
Le Didymosporangium repens se développe sur les ramules de
dernier ordre'de l 'Antithammon et vers leur extrémité. Il est constitue
de courts filaments épiphytes, peu ramifiés, croissant le plus souvent
parallèlement à l’axe de la cellule de l’hôte. Lorsqu il se trouve a
l’extrémité d’un ramule, il se recourbe complètement autour du sommet
du rameau (fig. 8). Les cellules végétatives cylindriques, plus ongues
que larges, mesurent en moyenne 2-4 p de diamètre et jusqu a >ZU p
de longueur. Chaque cellule contient un chloroplaste pariétal applique
contre la paroi de la cellule opposée au substratum. Il est pourvu d un
pyrénoïde bien net. Les sporanges résultent de la transformation des
cellules du milieu ou d’une des extrémités du filament. Une cellule
végétative se divisant en deux, puis en quatre pour donner quatre spo¬
ranges, ceux-ci sont disposés par paires, leur forme est assez irrégu¬
lière, ils sont plus hauts que larges et mesurent 4-6 p de diamètre et
6-10(1 de hauteur. D’après LAMBERT, chaque sporange contient
quatre zoospores à deux cils, qui germent sans copulation. Je n’ai pas
observé la sortie des zoospores, mais j’ai rencontré des zoosporanges
vides, pourvus d’un orifice apical circulaire, ainsi que de jeunes geiuri¬
nations réduites à deux cellules.
Loc. : cap Bear.
DiSTRIB. : Naples.
ULVELLA Crouan, 1859
Ulvella lens Crouan
Crouan, Note sur quelques espèces et genres nouveaux digues mannes de 'a rade
de Brest. 1859, p. 268. pl. 22. Huber. Contrib. à la conn. des Chaetoph. endoph.. e e PJP h Q ’
n 294 ni. XI fip. 4-6, 1893. FeldMANN. Note sur quelques algues marines de Ban I . - •
n 786 Hamei Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 41, fig. 18. D. E. P- ’
hZllaZs de Croua P n e, VU. SetchelUi sp nov 1931.p 312, fig. 1 a-c. Phylactidmm
le ns Crouan. Florule du Finistère, 1867, p. 130. pl. 9, fig. 67. R. Lami, Le genr^ Uheüa,
1933, p. 555, fig. 1-2.
En 1929, j’avais signalé à Banyuls cette espèce, qui n’avait pas
encore été observée avec certitude dans la Méditerranée. Je m étais
I&6
/. FELDMANN
âppuyé, pour établir ma détermination, sur la description détaillée et
les figures publiées par Huber d’après un échantillon authentique de
1 Ulvella lens Crouan conservé dans l’herbier Thuret-Bornet.
Mes échantillons correspondant exactement (fig. 9, B) à ceux
décrits et figurés par Huber, je n’avais eu aucun doute sur l’exacti¬
tude de ma détermination. Mais plus récemment, P. Dangeard, à
la suite de la découverte, sur les côtes de Bretagne, d’un Ulvella épi-
phyte différant de la plante décrite par HUBER, a étudié de nouveau
des échantillons de YUlvella lens, récoltés par les frères Crouan et
conserves, comme ceux examinés par Huber, dans l’herbier Thuret-
Bornet. Or, si l’on compare les descriptions et les figures de Huber
et de P. Dangeard, toutes deux basées sur des échantillons authen¬
tiques renfermés dans l’herbier Thuret-Bornet, on constate de
grosses différences. Les échantillons étudiés par P. Dangeard se
istinguent, en particulier, de la forme décrite par Huber, par les
cellules de la marge du thalle, très courtes, et par la présence d’un
pyrenoide dans le chloroplaste de chaque cellule. Cette dernière
différence est importante, car l’on accorde généralement à la présence
ou a 1 absence d’un pyrénoïde chez les Chaetophoracées une grande
importance systématique, et c’est à peu près le seul caractère qui
distingue le genre Ulvella Crouan, considéré jusqu'alors comme dé-
pourvu de pyrénoïde, du genre Pseudulvella Wille, qui en possède.
1 Ulvella lens Crouan, type du genre, possède des pyrénoïdes,
comme 1 indique P. Dangeard, le genre Ulvella ne se distingue plus
du geme Pseudulvella, qui doit alors reprendre le nom d 'Ulvella, mais
dans ce cas, dans que! genre faut-il ranger les Ulvella sans pyrénoïdes
comme celui décrit par Huber et celui que j’avais observé à Banyuls ?
Les différences existant entre les figures de Huber et de
, ,‘? EARB . m ont , falt supposer que ces deux auteurs n’avaient pas
observe les memes plantes, ce qui expliquerait les différences impor-
tantes constatées entre leurs descriptions.
“i 1 } 0b ' UmI ? récemment repris l’étude des échantillons
e/ta lens conserves dans l’herbier Thuret-Bornet (1935)
tout T 5 * 3 * 6 T he , rb ' e / renfermait de ux séries d’échantillons!
toutes deux recoltees par les frères Crouan sur des fragments de por-
ce aine dragues dans la rade de Brest et à quelques années d'inter¬
valle (25 janvier 1859 et 3 janvier 1862).
Dans l’un des échantillons récoltés en 1859, le plus grand
ombre des thulles présente des cellules marginales, courtes, avec des
pyrenoides b,en conservés. C’est probablement cet échantillon qui a
ete etud,e par P. Dangeard. Les thalles de l’échantillon récolté en
1862 présentent, au contraire, des cellules marginales plus allongées
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
187
Fig. 9. — A, Pringsheimiella SCuteAa (Reinke) O. Schm. el Pet. Le pyrenoide ?ntoure
d'amidon a été figuré dans une des cellules; B, Ulvella Uns Crouan; C. Ulvella Set-
chellii P. Dang.. cellules du bord du thalle pourvues d’un pyrénoïde; £>. £, Pr.ngshei-
miella conchÿliophila Feldm. Toutes ces figures X 525.
Source : MNHN, Paris
188
]. FELDMANN
et correspondant bien aux dessins de HuBER ; la plupart de ces échan¬
tillons sont dépourvus de pyrénoïde; quelques-uns, cependant, en
possèdent, dans quelques-unes de leurs cellules, un bien net, mais plus
petit que dans les échantillons précédents.
De plus, il existe de nombreux intermédiaires entre ces deux
formes. Certains thalles même présentent sur une partie de leur péri¬
phérie des cellules courtes comme celles figurées par P. DANGEARD,
et sur d autres parties des cellules allongées comme celles figurées par
HuBER. On peut donc conclure que la plante décrite par HuBER et
celle décrite par P. DaNGEARD ne constituent que deux formes d’une
seule et même espèce : Ulvella lens Crouan.
La diagnose du genre Ulvella est donc à modifier, puisque
ce genre était jusqu’ici considéré comme dépourvu de pyrénoïde. Il
ne semble pas distinct du genre Pseudulvella Wille, qui doit lui être
rattaché. Quant à Y Ulvella involvens (Savi) Schmidle ( Dermato-
phyton radians Peter = Epiclemmÿdia lusitanica Potter), qui vit sur
les carapaces des tortues d’eau douce, il doit être exclu du genre
Ulvella, ainsi que je le montrerai ultérieurement.
A Banyuls, j ai rencontré 1 Ulvella lens en mai, sur une coquille
morte de Lamellibranche.
Loc. : Banyuls, cap Doune.
DlSTRlB. : Atlantique nord, MéditerranéAntilles.
Ulvella Setchellii P. Dangeard
P. Dangeard, L 'Ulvella lens de Crouan et VU. Setchellii sp. nov., 1931, p 312
hg. I, d, e, PI. I. Rob. Lami, Le genre Ulvella , 1935, p. 556, fig. 3-4.
Cette espèce, découverte récemment en Bretagne (Le Croisic,
Roscoff) par, P. Dangeard, se retrouve dans la Méditerranée, à
Banyuls. Je l’ai observée à plusieurs reprises en avril, sur des feuilles
de Posidonies, et en juillet sur des Botryocladia botrÿoides dragués
par 25 mètres.
L Ulvella Setchellii se distingue nettement de VU. lens par son
épiphytisme, ses cellules marginales, plus grandes et très allongées, et
la présence constante d’un pyrénoïde dans les cellules (fig. 9, C).
Cette espece est nouvelle pour la Méditerranée.
Loc. : Cap Béar; Banyuls, anse du Troc.
DlSTRlB. : Cotes atlantiques de France, Médit:rranée, Californie.
PRINGSHEIMIELLA v. Hoehnel, 1920
(= Pringsheimia Reinke 1888, non Schulzer 1866)
PringsheimieHa scutata (Reinke) O.-C. Schmidt et Petrak
IOT4 0 ,f p SCH r T ." PETRa £' . ^""S’hcimia Reinke jetât Pringshemiella ». Hoehn,
34. p. 29. Pringsheimia scutata Reinke. Atlas Deutsch. Meeresalgen, 18. Taf. 25. Al»enfl.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
189
d. westl. Ostsee, 1889, p. 81. Printz Algenveget. Trondhjemsfjordes, 1926, p. 242, Taf. 6,
fig. 58-61. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 46, fig. 18, C.
J’ai observé cette espèce, épiphyte sur un individu de Laurencia
pinnatifida, dragué par 25 mètres, en avril, au cap Béar. Le Pring-
sheimiella scutata forme de petits disques verts de 50 à 200 ^ de
diamètre; les cellules disposées en une seule couche mesurent 5-7 p
de large et 10-25 ^ de long, elles sont plus larges et plus courtes au
centre, plus longues et plus étroites à la périphérie. Elles alternent
assez régulièrement au lieu d’être disposées en files radiales régulières,
comme chez les Ulvella. Chaque cellule renferme un gros pyrénoïde
entouré d’amidon. De petits grains d’amidon se trouvent également
dispersés dans la cellule; ils sont surtout abondants dans la partie
centrale et font presque défaut dans les cellules de la périphérie, dont
le contenu cellulaire est également moins dense et le pyrénoïde plus
petit (fig. 9, A).
Sous le nom de Pringsheimia scutata, ScHIFFNER (1916,
p. 181) a signalé, dans l’Adriatique, une algue qui semble différente
de celle décrite par Reinke et dont les cellules sont beaucoup plus
petites (2,5 à 3 ^ de large).
Loc. : Cap Béar.
DiSTRIB. : Atlantique de la Norvège à la Bretagne, Groenland, Amérique du Nord,
Antilles, Méditerrannée (Naples, Funk).
Pringsheimiella conchyliophila Feldm. nov. sp.
Feldmann, Alg. mar. médit, novae 1935, p. 363.
Thallus viridis, disciformis usque ad 500 ^ diam., facie inferiore
tota substrato adfixus, e cellulis in stratum unicum dispositis et plus
minusve irregulariter radiatim seriatis, constans.
Cellulae in medio thallo majores, irregulares, 30-35 ^ longae,
15-20 h- latae; versus marginem minores, saepe elongatae, 10-40 ^
longae, 5-8 (10) ^ latae. Cellulae marginales saepe bifidae. Cellulae
omnes, chromatophorum parietalem parum distinctum et pyrenoidibus
pluribus (2-4, vulgo 3) instructum, continentes. Granula amylacea
praesertim in cellulis medii thalli, numerosa.
A P. scutata aliisque speciebus generis, cellulis majoribus, chro-
matophoris pyrenoidibus pluribus praeditis, difiert.
Habitat ad conchas mortuas, ad altitudinem 25 m. infra super -
ficiem maris in Mari Mediterraneo, ad litus Ruscinonense prope
Banyuls.
En septembre 1932, j’ai dragué par 25 mètres au cap l’Abeille,
sur des coquilles mortes, une petite Chlorophycée, qui me paraît
devoir constituer une espèce nouvelle du genre Pringsheimiella :
190
J. FELDMANN
P. conchÿliophila. Elle formait, sur les coquilles, de petits disques
verts, à contour plus ou moins circulaire, étroitement adhérents au
support et atteignant jusqu’à 500/* de diamètre. Ces disques sont
monostromatiques, aussi bien à la marge qu’au centre, et formés de
cellules disposées en files radiales plus ou moins irrégulières. Les
cellules de la partie centrale du thalle sont de forme irrégulière et
mesurent 30-35 /* de long et 15-20 /* de large. Elles diminuent sensi¬
blement de grandeur vers la périphérie, où elles n’atteignent plus que
5-8 /* (rarement 10/*) de largeur. Les cellules marginales sont souvent
très allongées radialement, leur longueur est d’ailleurs irrégulière et
varie de 10 à 40 /*. Les cellules marginales sont souvent bifides comme
chez les Ulvella. Chaque cellule contient un chromatophore pariétal
peu distinct, pourvu de 2 à 4 (généralement 3) gros pyrénoïdes. Il y
a de nombreux grains d’amidon, surtout dans les cellules situées dans
les parties centrales du thalle, où ils sont extrêmement abondants et
masquent complètement la structure du contenu cellulaire.
Je n’ai pas observé d’organes reproducteurs, mais, sur certains
thalles, plusieurs cellules de la partie centrale étaient vides, elles repré¬
sentaient sans doute des sporanges dont les zoospores s’étaient
échappées.
Cette algue se rapproche, par sa structure, des Ulvella et des
Pringsheimiella. A cause de son thalle monostromatique sur toute sa
surface, et non polystromatique au centre et monostromatique à la
périphérie, comme dans les Ulvella, je crois pouvoir la rapporter au
genre Pringsheimiella (fig. 9, D, E).
Elle diffère de tous les Pringsheimiella connus (P. scutata
(Reinke) Schmidt et Petrak, P. Marchantae (Setch. et Gardn.)
Schm. et Pet., P . Udotea (B0rgs.) Schm. et Pet.) par ses cellules
beaucoup plus grandes, ses chromatophores pourvus de plusieurs pyré¬
noïdes et son habitat sur les coquilles et non épiphyte sur d’autres
algues.
Loc. : Banyuls, cap l'Abeille.
DlSTRlB. : N’est connu que des environs de Banyuls.
PSEUDOPRINGSHEIMIA Wille, 1909
Pseudopringsheimia confluens (Rosenvinge) Wille
P. Dangeard, Sur quelques algues mar. nouv.
XXIII (fig. a, b). Ulvella confluens Rosenvinge.
i rares en France, 1934, p. 244, pl.
P. Dangeard a récolté, à Banyuls, sur les rameaux principaux
du P(er°dadia capillacea, une Pseudopringsheimia à thalle confluent,
qu il i apporte au P . confluens découvert, au Groenland, par ROSEN¬
VINGE, épiphyte sur Laminaria longicruris. Il fait quelque réserve sur
l’attribution spécifique de l’algue de Banyuls.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBERES
191
Je ne l’ai pas observée.
Loc. : Banyuls (P. Dangeard).
DlSTRIB. : Groenland, Méditerranée.
BLASTOPHYSA Reinke, 188
Blastophysa rhizopus Reinke
Reinke, Atlas Deutsch Meeresalg., Taf. 23. Algenflora d. westl. Ostsee, 1889,
p. 87. Huber, Contr. à la conn. des Chaetoph. endoph. et épiph., 1893, p. 332. Boergesen,
Mar. Alg. D. West Indies, 1, 1913, P . 8, fig. 2. 111, 1920. P . 413, fig. 393. Schussnig.
Phycologische Beitrâge, II, 1930, p. 178, fig. 4.
Cette algue, dont la position systématique est discutée, est fré¬
quente à Banyuls, en été, endophyte entre les filaments de la fronde
des Dudresnaya coccinea et de l’ Acrosymphyton purpurifemm, dra¬
gués entre 25 et 30 mètres. Sur ces hôtes, le Blastophysa coexiste
souvent avec YEndoderma majus nov. sp.
OLLIVIER (1929, p. 92) a observé cette espèce sur des Chor-
dariées et des Cryptonémiacées draguées à Villefranche, et il indique
que ces algues paraissent souffrir de la présence de cet endophyte. Il
ne semble pas en être de même, à Banyuls, pour le Dudfesnaya et
Y Acrosymphyton, qui sont normalement développés et bien fructifiés
malgré la présence du Blastophysa entre leurs filaments.
Cette algue se rencontre également à Banyuls, dans le thalle
de YUlva Lactuca, croissant dans des cuvettes, en juillet.
Je n’ai observé cette espèce qu en ete (juillet-septembre), le plus
souvent à l’état fertile.
Loc. : Cap Bear; Banyuls, cap l'Abeille.
DlSTRIB. : Atlantique nord, Antilles, Méditerranée occidentale.
Ulvales
Ulvaceae
ENTEROMORPHA Link, 1820
Enteromorpha micrococca Kütz.
KüTZING, Tab. Phyc. VI, tnb. 30, fig. 2. E. compressa var. minirna f. micrococca
Hamel, Chloroph. côtes françaises, 1931, p. 161, fig. 48, 7 et 8.
Cette espèce est abondante au printemps, près du déversoir de
l’aquarium du Laboratoire Arago. Ses frondes, simples et crépues,
sont constituées par un tube de petites cellules de 4-5 1* de diamètre.
L’épaisseur de la paroi du tube est de 20 f* environ. Les cellules sont
localisées vers l'extérieur de cette membrane épaisse,
Loc. : Banyuls. .
DlSTRIB. : Atlantique nord, Méditerranée, Adriatique.
192
]. FELDMANN
Enteromorpha intestinale (L.) Link
KüTZING, Tab. Phyc., VI, tab. 31. Enteromorpha compressa var. inleslinalis (L.)
Hamel, Chlorophycées des côtes françaises, 1931, p. 157, fig. 47, 2.
Cette algue est fréquente, sous sa forme typique, dans les cuvettes
littorales, à eau à salinité variable, des environs de Collioure. Elle
constitue généralement la seule végétation de ces cuvettes, où elle est
extrêmement abondante.
La f. cornucopiae (Lyngb.) J. Ag. ( Phxjcoseris cornucopiae
Kützing, Tab. Phyc., VI, tab. 30, fig .1), caractérisée par sa petite
taille et ses frondes boursouflées, fragiles et très élargies au sommet,
vit en abondance à Cerbère, sur les rochers, au-dessus du niveau, dans
des suintements d’eau douce chargée de matières organiques.
L 'Enteromorpha intestinalis est surtout abondant au printemps
et au début de l’été.
Loc. : Collioure, Banyuls (Sauvageau), Cerbère.
Distrib. : Atlantique nord, Méditerranée.
Enteromorpha compressa (L.) Greville
, Cette espèce ne se distingue pas facilement de la précédente, qui
n en est sans doute qu'une forme adaptée à la vie dans les eaux sau¬
mâtres ou sursalées, tandis que VE. compressa typique vit générale¬
ment dans des eaux à salinité normale. A Banyuls, il se rencontre
pendant une grande partie de l’année sur les rochers, près du niveau
et au-dessus du niveau, dans les stations calmes et ensoleillées. Il est
souvent associé, au printemps, avec le Scptosiphon Lomentaria II
peut egalement vivre sur les galets ensablés; il prospère particulière¬
ment dans les stations riches en matières organiques. Il supporte bien
une certaine dessalure.
Cette espèce est surtout abondante en hiver et au printemps, plus
rare et localisée dans les stations protégées contre la dessiccation et le
trop fort éclairement, en été.
L^)C. : Collioure, Port-Vendres, Banyuls, Cerbère.
Distrib. : Sans doute cosmopolite.
Enteromorpha flexuosa (Wulfen) J. Ag.
-908. S yc l88 v 3 i P p| ,2 32 £ CKERS ' Phy “ L
(Wolf.) Hamel. Chloroph. de, co L fraoça.aeT1931 p" i 58 l ^ «XT
Cette algue voisine de VE. compressa par sa forme, mais relati¬
vement facile a distinguer par ses cellules disposées en séries longitu-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
193
dinales, est abondante au printemps, près du déversoir de l’aquarium
du Laboratoire Arago.
Loc. : Banyuls.
DlSTRIB. : Cosmopolite, surtout abondant dans les mers chaudes.
Enieromorpha I.inza (L.) J. Agardh
Hamel. Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 155, fig. 46, E, F, G. Phÿcoseris
lanceolata Kützing, Tab. Phyc., VI, pl. 17, 1. Phÿcoseris cr'.spata Kützing. Tab. Phyc.,
va pl. 17, 2.
Fréquent toute l’année dans les stations calmes, près du niveau,
parfois épiphyte. Surtout abondant au printemps et en automne.
Loc. : Collioure; Port-Vendres ; Banyuls, cap Doune, anse des Elmes, etc.
DlSTRIB. : Atlantique nord, Méditerranée, etc.
Enteromorpha ramulosa (Engl. Bot.) Hooker
Kützing, Tab. Phycol., VI, tab. 33, II. Harvey, Phycol. Brit., pl. 245. Hauck,
Mecresalgen, 1885, p. 431. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 166, fig. 49, A.
Cette algue forme parfois de grosses touffes dépassant 0 m. 50
de hauteur, fixées sur les Cysioseira et en particulier C. barbata, dans
les stations calmes, au voisinage de la surface. Elle est particulière¬
ment abondante et bien développée devant le Laboratoire Arago, où
la mer la rejette parfois en grande quantité. Contrairement aux autres
Enteromorpha, VE. ramulosa n’est jamais émergé, et il ne semble
rechercher ni la pollution, ni la dilution de l’eau de mer.
. Cette espèce se rencontre toute l’année, mais elle est particu¬
lièrement abondante au printemps et en été.
Loc. : Port-Vendres, Banyuls.
DlSTRIB. : Sans doute cosmopolite.
Enteromorpha clathrata (Roth) J. Agardh
Harvey, Phyc. Brit. pl. 43. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 162,
fig. 49, D. 50, h, i. j, le, 1.
Je n’ai observé cette espèce qu’une seule fois, en juin, dans une
station assez abritée, près du niveau de l’île Grosse. Ces échantillons,
bien développés, atteignaient 20 cm. de haut.
Loc. : Banyuls, île Grosse.
DlSTRIB. : Cosmopolite.
ULVA Linné, 1737 (Emend. Thuret, 1854)
Ulva Lactuca L.
Thuret et Bornet. Etudes Phycologiques, 1878, p. 5-9, tab. 11, III. VlCKERS, Phyc.
Barbad., 1908. pl. I. SetcHELL and GARDNER, Mar. Algae of Pacific coast N. A., Chlo¬
roph., 1920, p. 263. Ulva Lactuca var. latissima (L.) D.C. Le Jolis, Algues de Cherbourg.
1863, p. 38. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 140.
194
J. FELDMANN
La synonymie des différentes Ulves des côtes européennes est
extrêmement confuse, et la distribution des différentes espèces ou
formes décrites repose trop souvent sur une conception personnelle,
variable avec chaque auteur.
Le JOLIS, dans son étude des algues de Cherbourg, a décrit
soigneusement les différentes formes qu’il a observées ; sa classification
a été adoptée récemment par G. HAMEL. Ces auteurs réservent le
nom d'Ulva Lactuca sensu stricto (Ulva Laciuca var. Lactuca Le
Jolis) à des formes molles, à tissu peu serré et ayant une tendance à
s’allonger en rubans. Alors que Y Ulva Lactuca var. latissima D. C.
correspondait à des formes plus rigides, d’une teinte plus sombre et
étendues dans tous les sens. Malheureusement, les caractères sur les¬
quels est basée la distinction de ces deux variétés sont loin d’être
constants et faciles à saisir, et, seuls, de rares échantillons choisis
peuvent se laisser ranger, sans contestation possible, dans l’une ou
l’autre de ces variétés.
La conception de SETCHELL et GARDNER, qui est celle que
j’adopterai ici, me paraît plus simple. Ces auteurs, après avoir fait
remarquer que ni Y Ulva Lactuca, ni Y Ulva latissima de l’herbier de
Linné n’appartiennent au genre Ulva, tel qu’il est admis par les au¬
teurs modernes, considèrent, comme type de Y Ulva Lactuca, la plante
figurée par Thuret et Bornet dans deux belles planches de leurs
Etudes Ph\)cologiques, et qui représente une forme moyenne assez
fréquente sur nos côtes. Cette forme se distingue de Y Ulva rigida
par ses cellules carrées ou allongées transversalement en coupe trans¬
versale. Elle est caractérisée par ses frondes fixées, orbiculaires ou
ovales, souvent laciniées. SETCHELL et Gardner réservent le nom
à*Ulva latissima pour les formes non fixées à l’état adulte, et de très
grande taille, vivant dans les stations calmes ou sur la vase.
Je n ai pas observé, dans la région de Banyuls, d’Ulves apparte¬
nant à Y Ulva latissima au sens de SETCHELL et Gardner.
L 'Ulva Lactuca, par contre, y est très fréquent sur toute la côte,
mais surtout dans les stations calmes, à peu de profondeur. Le déve¬
loppement de cette espèce est nettement favorisé par la présence de
matières organiques; ce fait est particulièrement net le long du cap
Doune, où les matières organiques sont très abondantes, ainsi que
dans le port de Port-Vendres, dont les parois des quais sont couvertes,
au début de l’été, d’une abondante végétation d’Ulves de grande
taille.
Les Ulves commencent à se développer à la fin de l’automne;
au début de décembre, il est impossible de trouver une Ulve de grande
taille, les échantillons que l’on récolte à cette époque n’atteignent que
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
195
quelques centimètres de haut. Elles se développent ensuite lentement
pendant l’hiver, et atteignent leur maximum de taille et d’abondance
au début de l’été, puis elles disparaissent peu à peu.
Cette évolution paraît être habituelle dans la Mediterranée, car
je l’ai déjà signalée en Algérie (1931, p. 202). Outre la forme type,
j’ai observé, dans la région de Banyuls, les deux formes suivantes :
Fig. 10. — Ulva Laciuca L,. f. lacinulata (Kütz.) Hauck : A, B, détail du bord de la fronde
montrant les denticulations; C, cellules de la fronde vues de face; D, £, deux denticu-
lations de la fronde; F, G, coupes transversales de la fronde. A, D X 14 . C, D, E, F,
C X 340.
f. lacinulata (Kützing) Hauck
Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 437. SETCHELL, Tahitian AJgae, 1926, p. 69, pl. 7,
fig. 1-4, Phÿcoseris lacinulata Kützing, Tab. Phyc., VI, tab. 21.
Cette forme très curieuse est abondante dans le port de Port-
Vendres, au début de l’été. Elle se distingue par ses bords très fine¬
ment denticulés et érodés. En certains points, même, il existe une
double denticulation résultant d’une prolifération des cellules de
196
]. FELDMANN
1 Ulve, mais non d un dédoublement de la marge, chacune des deux
parties possédant deux couches de cellules (fig. 10).
En coupe transversale, la fronde montre des cellules assez
grandes, carrées ou parfois un peu plus longues que hautes. La fronde,
assez mince, mesure 30 à 40 f d’épaisseur. A Port-Vendres, cette
forme atteint 30 cm. de haut en juillet.
f. myriotrema (Crouan in Desmazières)
Uha Lacluca B. latiisima, b. myriotrema (Desm.) Le Jolis, Algues de Cherbourg.
1863, p. 39. Ulva myriotrema Crouan, Zanardini, Icon. Phyc. Adriat., fasc. V, p. 173,
lav. XL.
Souvent mêlée au type, cette forme est caractérisée par les per-
forations circulaires qui existent sur toute la surface de la fronde. Dans
le port de Port-Vendres existent des individus qui possèdent à la fois
les caractères de la f. myriotrema et de la f. lacinulata, présentant une
marge denticulée et des perforations nombreuses.
Loc. : Commun sur toute la côte.
DlSTRIB. : Cosmopolite.
Ulva rigida C. Agardh
, Acard”, Algem. System.. III, 1883, p. 168. Setchell et Gardner,
Mar Alg Pacific coast N. A. Chloroph.. 1920, p. 269. Ulva lacluca var. rigida (As.)
p 140 A 81165 de Cherbour S- ,864 ' P- 38. Hamel. Chloroph. des côtes françaises. 1931.
D après Agardh, cette espèce se distingue de Y Ulva lactuca en
particulier par ses cellules al¬
longées en palissade, perpendi¬
culairement au plan de la
fronde.
Dans les échantillons de
Banyuls que je rapporte à
cette espèce, la fronde, ferme
et rigide, d’un vert très foncé
Fig. 11. _ Ulva rigida c. Ag. surtout à la base, atteint 80 à
f. densa (Kjellm.) Feldm., comb. nov., x 7. 90 f d’épaisseur. Les mem¬
branes des cellules sont égale¬
ment plus épaisses que chez Y U ha Lactuca (fig. 12, A). Cette espèce
vit sur les rochers toujours immergés, mais près du niveau, dans les
stations ombragées et assez battues.
A 1 extrémité de 1 égout du Sanatorium de Banyuls, j’ai observé
une forme très particulière de cette espèce, elle croît en coussinets
denses sur les Patelles, dont elle recouvre entièrement les coquilles.
es frondes de cette forme, d un vert foncé, atteignent rarement 1 cm.
de hauteur; elles sont ondulées, crispées, irrégulièrement incisées et
ALCUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
197
parfois denticulées sur les bords (fig. 11). Elle est très épaisse (90-
100 n) et présente des cellules allongées perpendiculairement au plan
Fig. 12. — A. Ulva rigida C. A
f. densa (Kjellm.) Feldm., co
superficielles des cellules de la
Lg. f. tÿpica; B, Ulva rigida C. Ag.
mb. nov., coupes transversales et vues
fronde, X 340.
de la fronde et disposées en palissade; ces cellules sont beaucoup plus
petites que celles de la forme type (fig. 12, B). Par son port et sa
structure, cette curieuse forme rappelle beaucoup 1 Ulva conglobata
f. densa décrit par KJELLMAN (1897, Mar. Chlorophyceer fran
Japan, 1897, p. 1, Tab. 2, fig. 8-11. Tab. 3, fig. 13), du Japon.
L 'Ulva conglobata Kjellm. ne constituant, d’après Yendo et
SETCHELL et GaRDNER, qu’une forme de Y Ulva rigida , il est permis
de considérer l’algue de Banyuls comme identique à la forme japo¬
naise et de la désigner sous le nom de Ulva rigida f. densa (Kjellman)
comb. nov.
Par sa fronde très réduite et ses cellules petites, cette forme est
à comparer avec VE. micrococca, qui, pour beaucoup d auteurs, n est
qu’une forme de VE. intestinalis, et qui présente, par rapport à cette
espèce, les mêmes différences (taille réduite, cellules plus petites) que
la f. densa par rapport à Y Ulva rigida typique.
Loc. : Port-Vendies; Banyuls, anse du Sanatorium (f. densa), grotte du Troc.
DlSTRIB. : Cosmopolite.
]. FELDMANN
Siphonocladales
Valoniaceae
VALONIA Ginnani, 1757
Valonia utricularis (Roth) C. Agardh
KüTZING, Tab. Phyc., VI, tab. 86. Kuckuck, Ub. den Bau und die Fortpflanz. von
Hcdicÿstis und Valonia, 1907, p. 28, fig. 11-17, Taf. IV, fig. 10. Hamel, Chloroph. des
côtes françaises, p. 109, fig. 34, 3.
Cette algue se rencontre à Banyuls, tantôt en individus isolés,
épiphytes sur les troncs de Cystoseira, tantôt en larges colonies d’indi¬
vidus serrés les uns contre les autres, et dont la figure 10 de la
planche IV de Kuckuck donne une bonne idée. Cette dernière
forme, qui est la plus fréquente, se rencontre dans les crevasses obscures
des rochers battus, à peu de profondeur et parfois même dans des
points qui émergent par très basse mer. Se rencontre toute l’année,
mais paraît plus abondante en été qu’en hiver.
Loc. : Collioure; cap Bear; Banyuls, cap Doune, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique (du cap Saint-Vincent aux Canaries), Antilles,
Malaisie.
Valonia macrophysa Kütz.
KüTZING, Tab. Phyc., VI, tab. 87, II. Kuckuck, Ub. den Bau und die Fortpflanz.
von Halicÿstis und Valonia, 1907, p. 5, fig. 5-10. Hamel, Chloroph. des côtes françaises,
1931, p. 109, fig. 34, 4. 5.
Généralement facile à distinguer du Valonia utricularis par ses
utricules plus grosses, pyriformes, presque globuleuses et non allongées,
cette espèce présente parfois des formes ambiguës que l’on pourrait
tout aussi bien rattacher au V. utricularis. J’aurais même été tenté de
rattacher le V. macrophysa au V . utricularis, à titre de variété compa¬
rable, par exemple, à celle observée chez YHalimeda tuna, dont les
formes draguées en profondeur présentent également une taille plus
grande (v. platydisca) , si Kuckuck n’avait indiqué un autre caractère
différentiel entre ces deux espèces : V. macrophysa possède des zoos¬
pores à quatre cils, tandis que, chez le V. utricularis, celles-ci sont
biciliées ( 1 ).
Le Valonia macrophysa croît en profondeur, entre 20 et
30 mètres, sur les concrétions coralligènes, les Lithothamniées et les
troncs de Cystoseira spinosa, qui paraît être un de ses supports pré¬
férés (fig. 13). Il est très commun et il est bien rare qu’un dragage
n en ramène pas des échantillons. Il se rencontre en toutes saisons.
J ai observé, à deux reprises en été, des individus dont les utricules
contenaient de nombreux infusoires ciliés, analogues à ceux découverts
(1) Cette différence na d ailleurs peut-être pas l’importance que lui attribuait
Kuckuck, car il est possible que les zoospores à deux cils soient des zoogamètes et que les
deux espèces possèdent, à la fois, des zoospores quadriciliées et des zoogamètes biciliés.
ALCUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
199
autrefois par BûRNET (1859) dans les cellules du Valoma utriculans,
et étudiés plus récemment par E. K.ÜSTER (1905).
Loc. : Cap Bear, cap l'Abeille, cap Cerbère.
DlSTRlB. : Méditerranée, Adriatique, Canaries, Antilles.
Siphonocladaceae
SIPHONOCLADUS Schmitz, 1878, emetid. Boergesen, 1905
Siphonocladus pusillus (Kützing) Hauck
Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 470, fig. 206. J. AcARDH. Till Algernes System . V,
1887, p. 105. Boergesen, Contr. à la connaissance du genre Siphonocladus ^ bchmitz, m
p. 259 Valoma pusilla Kützing, Tab, Phyc., t. VI. 1856, p. 30 tab ' «g. 111 “t*
IVilbergi Scbmitz, Ueber grüne Algen aus dem Golfe von Athen, 1878; Beobacht. uber
Vielkernigen Zellen der Siphonocladiaceen, 1879, Taf. XII, fig. 1-
Cette rare et curieuse espèce, qui n avait pas encore été signalée
en France, vit à Collioure, épiphyte sur les troncs de Cystoseira bar-
bata, dans une grande cuvette isolée de la mer et à eau surchauffée.
Je l’ai récoltée en juin-juillet 1933 et 1934.
Mes échantillons sont un peu différents de celui figuré par
ScHMITZ. La plupart des individus que j ai observés sont constitués
par une grosse cellule cylindrique ou claviforme non fragmentée en
petites cellules, et atteignant 1 5 à 20 millimètres de hauteur et 700-
800 m dans leur plus grande largeur (fig. 14). Ces cellules claviformes
sont fixées au moyen de rhizoïdes irrégulièrement ramifiés, le plus
souvent dépourvus de cloisons et renfermant parfois de nombreux
grains d’amidon (fig. 13). La base des rameaux dressés m a toujours
montré des parois minces et dépourvues des constnctions annulaires
si marquées chez le Siphonocladus tropicus (Crouan) J. A.g., et qui,
200
J. FELDMANN
d’après B0RGESEN, se rencontrent également chez le S. pusillus, bien
que SCHMITZ ne les ait pas figurées. Il semble donc que ce caractère
soit inconstant.
F'g- 14. — Siphonocladus pusillus (Kütz.) Hauck
Quatre individus montrant les différents aspects de la fronde. X 7
Comme dans le cas du S. tropicus, les rhizoïdes peuvent donner
naissance à de jeunes pousses dressées, claviformes. Ils constituent
donc des stolons. La paroi interne des cellules claviformes est tapissée
d une mince couche de protoplasme renfermant de nombreux chloro-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
2C1
plastes en plaques polygonales, réunies en réseau comme dans les
Valonia. La plupart des chloroplastes renferment un pyrénoïde entouré
d’amidon (fig. 16).
Fig. 15. — Siphonocladus pusillus (Kütz.) Hauck
Base d’un individu, X 75
Les filaments cloisonnés sont relativement plus rares, la division
se produit comme dans le S. tropicus, selon le mode particulier à
beaucoup de Siphonocladales que B0RGESEN, qui l’a le premier dé¬
crit, a désigné du nom de division ségrégative.
Fig. 16. — Siphonocladus pusillus (Kütz.) Hauck
Disposition des chloroplastes, dessin fait sur le vivant, X 700
Le contenu d’une cellule claviforme se divise en nombreuses
masses sphériques, de taille variable et inégale, qui ne tardent pas
à s’entourer chacune d’une membrane; par leur accroissement, ces
202
J. FELDMANN
cellules sphériques arrivent à remplir tout l’intérieur de la cellule pri¬
mitive. Ces cellules donnent ensuite naissance à des rameaux latéraux,
tantôt alternés, tantôt unilatéraux et de longueur variable. Comme
chez Cladophoropsis, les rameaux sont toujours en connexion ouverte
avec les cellules de l’axe qui leur ont donné naissance.
Chez un de mes échantillons, les nombreuses cellules sphériques
formées au sommet d’un axe dressé étaient vides et communiquaient
par une perforation arrondie avec l’extérieur (lig. 14, A). Ces cellules
représentent sans doute des sporanges ayant émis leurs spores. Dans
ce cas, ceux-ci occuperaient une position différente de celle qu’ils
occupent chez le Siphonocladus tropicus, où ils sont constitués par des
rameaux issus latéralement.
Loc. : Collioure.
DlSTRIB. : Méditerranée, Adriatique.
Cladophoraceae
CLADOPHORA Kützing, 1843
Cladophora pellucida (Hudson) Kütz.
KüTZING, Tab. Phycol., III, tab. 83, II. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931
(II). P . 3.
Près du niveau, cette espèce est localisée dans les crevasses
obscures des rochers battus qui n’émergent jamais ou très rarement;
en profondeur, elle est assez fréquente, entre 15 et 30 mètres, en indi¬
vidus isolés et de petite taille, épiphytes sur les Lithothamniées et les
Cystoseira. Ces échantillons de profondeur sont souvent réduits à leur
longue cellule basale portant au sommet un verticille de quelques fila¬
ments simples, ainsi qu’OLLIVIER l’avait déjà observé à Villefranche.
Cette espèce se rencontre toute l’année, mais l’hiver elle est
souvent réduite à ses rameaux principaux.
Loc. : Cap Béar; Banyuls, cap du Troc, cap de l'Abeille.
DlSTRIB. : Méditerranée; Atlantique tempéré, de l'Angleterre aux Canaries.
Cladophora proliféra (Roth) Kütz.
KjlT^NC. Tab. Phycol., III, tab. 82. Hamel, Chloroph. des côtîs françaises, 1931
(II;. P- o, hg. 2, C et 3.
Cette algue, si répandue en général dans la Méditerranée, est
assez peu abondante dans les environs de Banyuls. Elle se rencontre
dans les stations calmes ou peu exposées, à faible profondeur, surtout
dans les endroits ombragés. Elle peut également se rencontrer en dra-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
203
gage, mais à une profondeur relativement faible, entre 15 et 20 m. ;
ces échantillons de profondeur sont, en général, de petite taille.
Se rencontre toute l’année.
Loc. : Cap Bear; Banyuls, anses des Elmes et du Troc.
DiSTRIB. : Méditerranée; Côtes atlantiques d'Europe, depuis le sud de l'Angleterre
jusqu'aux Canaries, Antilles.
Cladophora catenata (Agardh) Hauck
Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 451. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931, II,
p. 9. non Cl. catenala Kützing.
Ainsi que l’a montré G. HAMEL, cette espèce a été longtemps
confondue avec le Cladophora proliféra , dont elle se distingue faci¬
lement, en particulier par sa couleur vert foncé, qu’elle conserve en
séchant, alors que le Cl. proliféra prend une teinte brune caractéris¬
tique.
Elle est assez rare à Banyuls, où je ne l’ai récoltée que trois
fois en février et en septembre-octobre, dans des stations un peu om¬
bragées et abritées, à quelques décimètres de profondeur.
Loc. : Banyuls, anse des Elmes, grotte du Troc.
DiSTRIB. : Méditerranée occidentale. Adriatique.
Cladophora Hutchinsiae (Dillwyn) Ku
Kützing, Tab. Phyc., III, tab. 87. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931
(II), p. 11. fig. 1, 2.
Plante polymorphe, représentée surtout à Banyuls par les formes
genuina Hamel et distans Kützing. Elle est assez abondante dans les
stations calmes et plutôt ombragées : parois rocheuses, à peu de pro¬
fondeur, cuvettes ombragées, etc... Bien développée, surtout à la fin
du printemps et au début de l’été.
Loc. : Banyuls, vivier du Laboratoire, cap Castell, cap du Troc, cap 1 Abeille.
DiSTRIB. : Méditerrar.é , Atlantique nord (Europe et Amérique), Pacifique nord
(Vancouver).
Cladophora utriculosa Kütz.
Kützing, Tab. Phyc., III, tab. 94. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931
(II), p. 25, fig. 8.
Abondant sur les rochers ou épiphyte sur les algues, et en parti¬
culier YHalopitys incurvus, sur lequel il forme des touffes sphériques
très compactes.
Se rencontre dans les stations calmes et ensoleillées, à peu de
profondeur. Particulièrement abondant au printemps et au début de
l’été (mai à juillet), plut rare en août et septembre. La f. lûtes cens
204
]. FELDMANN
(Kützing) Hamel (Cladophora lutescens Kützing) vit à Banyuls,
dans les mêmes conditions que le type, mais paraît plus précoce
(avril-mai).
Loc. : Collioure; Banyuls, cap Doune, anses des Elmes et du Troc; Cerbère.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord, Antilles.
Cladophora ramolosa Meneghini
Zanardini, Icon. Phyc. Adriat., p. tav. 24. A. Hamel, Chloroph. des côtes françaises,
1931 (II). p. 29, fig. 9. Cladophora utriculosa var. ramulosa (Menegh.) Hauck, Meere-
salgen, 1883, p. 435. Conferva heleronema C. Ag. non alior.
Je rapporte à cette espèce un Cladophora que j’ai récolté à deux
reprises à Banyuls, et qui, par ses rameaux opposés, correspond bien
à la figure publiée par Zanardini. Sous le nom de Cl. ramulosa ,
K.ÜTZING a figuré (Tab. Phyc., t. III, tab. 85, II) une plante qui
ressemble beaucoup aux miennes par sa ramification et ses rameaux
opposés, pourvus de ramules sur leur face supérieure, mais ses dimen¬
sions sont notablement supérieures à celles de mes échantillons. D’après
G. Hahel (loc. cit., p. 30), il s’agit d’une espèce différente : Cl.
punica Hamel.
Mes échantillons ont été récoltés à fleur d’eau, dans des stations
calmes et ensoleillées.
Loc. : Banyuls, cap Doune, anse du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Adriatique.
Cladophora dalmatica Kütz.
_ KüTZ L'! < ;' Tab ' ,V ' lab - l3 - I- VlCKERS. Phycol. Barbad.. 1908, pl. XIV.
U. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931 (II), p. 31.
Algue de petite taille (5-6 cm.), d’un beau vert, formant des
touffes ou des gazons plus ou moins étendus sur les rochers assez battus,
au-dessus du niveau et surtout dans les cuvettes peu étendues, mêlée à
1 Enteromorpha compressa et au Chaetomorpha aerea. Facile à re¬
connaître par ses rameaux élégamment recourbés à leur extrémité.
Espèce vernale, abondante de janvier à mai, elle disparaît ensuite
complètement. Zoospores observées en avril.
Loc. : Banyuls, anse des Elmes, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Adriatique, Antilles.
Cladopkora sericea (Hudson) Kützing
Hamel Chloroph. de, côte, français,, 1931 (II), p. 33, fie. Il A CladoDhora
Ka,î ' ng ' Tab ' PhïC " '' la lab - 92 - IP CI. Uxtevirenl HarvejL Phyc. Bric,
J ai récolté, en mai 1929, dans une flaque ombragée, un Cla¬
dophora qui, par ses dimensions et sa ramification abondante, me pa¬
rait bien se rapporter au Cl. sericea. espèce surtout répandue dans
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
205
l’Atlantique et qui est généralement remplacée dans la Méditerranée
par l’espèce suivante.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRlB. : Atlantique nord.
Cladophora Ruchingeri Kütz.
Kütz INC, Tab. Phyc., t. IV, tab. 28, II. Cl. scricea f. Ruchingeri (Kütz.). Hamel,
Chloroph. des côtes françaises, 1931, (II), p. 34, fig. II. B. Cl. trichocoma Kütz. in Hauck,
Meeresalgen, 1885, p. 461.
Cette espèce, peu fréquente, se rencontre dans les cuvettes enso¬
leillées et les rochers près du niveau, dans les stations calmes, en mai
et septembre.
En juin 1932, j’ai dragué, par 20-23 mètres, au cap Béar, un
petit Cladophora qui, par son mode de ramification et les dimensions
de ses cellules, me paraît pouvoir se rapporter à cette, espèce.
Loc. : Collioure; cap Béar; Banyuls, cap Doune, anse du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée. Adriatique.
Cladophora crystallina (Roth) Kütz.
Kützing, Tab. Phv' - ., t IV, tab. 19, II. Hamel, Chloroph. des côtes françaises,
1931, (II), p. 36, fig. 12. B
Assez fréquent au début du printemps, dans les flaques supra-
littorales isolées de la mer. Se distingue du Cladophora Rudolphiana
par ses rameaux pectinés.
Loc. : Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRlB. : Atlantique nord, Méditerranée, Adriatique.
Cladophora Rudolphiana (C. Agardh) Harv.
Harvey, Phyc. Brit., pl. 86. Kützing. Tab. Phyc., t. IV, tab. 26, II. Hamel,
Chloroph. des côtes françaises, 1931, (II), p. 36, fig. 12, B.
Assez rare à Banyuls, dans les stations calmes et éclairées, près
du niveau, en mai et juin. Abondant à Collioure, dans les flaques
supralittorales, en juin-juillet.
Loc. : Collioure; Banyuls, anse du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Adriatique, Atlantique nord (Europe et Amérique).
Cladophora expansa (Mert.) Kütz.
Kützing, Tab. Phyc.. t. III, tab. 99, I. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931,
(II). P . 40, fig. 14, B.
Cette espèce est abondante, en juillet, dans les cuvettes supra¬
littorales, à eau plus ou moins souillée, situées sous les murs de Col¬
lioure. Associée à YEnieromorpha intestinalis.
Loc. : Collioure.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord (Europe et Amérique).
206
J. FELDMANN
Cladophora hamosa Kütz.
KüTZINC, Tab. Phyc.. t. IV, tab. 7. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931
(II), p. 47, fig. 17. A. Feldmann, Contrib. (1. algol. Algérie. 1931. p. 204. Cl. réfracta Kütz.,
Tab. Phyc., t. IV, tab. 10, I. Cl. Bertolonii Kütz., Tab. Phyc., t. IV, tab. 7, I. Cl. lepidula
(Montagne) Kütz., Tab. Phyc., t. IV, tab. Il, I.
Cette espèce, très abondante au printemps, en Algérie, sur les
rochers battus, au-dessus du niveau, est beaucoup plus rare dans la
région de Banyuls. Je l’y ai récoltée en mai, juin et juillet. Elle forme
de petites touffes compactes, hautes de moins de 10 centimètres. Dans
mes échantillons, les filaments principaux atteignent 120 F de dia¬
mètre, et les ramules mesurent 30 à 40 F de diamètre.
La f. réfracta (Kütz.) Hamel (Cl. réfracta Kütz.) se rencontre
dans les stations calmes et les cuvettes près du niveau.
Loc. : CoIIioure (Oliver), Port-Vendres; Banyuls, anse des Elmes (f. réfracta ),
cap Doune; Cerbère (f. réfracta ).
DlSTRIB. : Méditerranée; côtes atlantiques de France.
Cladophora albida (Hudson) Kütz.
Kützing, Tab. Phyc., t. IV, tab. 13. Harvey, Phyc. Brit., pl. 273. Hamel, Chlo¬
roph. des côtes françaises, 1931 (II). p. 48, fig. 17, B et C.
Touffes spongieuses, blanchâtres, à filaments enchevêtrés. Les
filaments principaux atteignent 120 /* de diamètre et présentent des
membranes très épaisses (jusqu’à 12 F d’épaisseur). Les ramules ul¬
times mesurent de 13 à 25 F de diamètre.
Cette espèce se rencontre en été (de mai à septembre), sur les
rochers assez battus, au niveau et aussi dans les cuvettes isolées et
exposées au soleil.
La var. réfracta Thuret (in L& JOLIS, Algues de Cherbourg,
1863, p. 24) est plus commune que la forme type; elle a déjà été
signalée à Banyuls par SAUVAGEAU.
Loc. : Banyuls (SAUVAGEAU), cap du Troc, cap l’Abeille; Cerbère.
DlsTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord (Europe et Amérique).
Cladophora (Aegagropila) repens (J. Agardh) Kütz.
Kützing. Tab. Phyc., t. IV, tab. 70, II. Harvey, Phyc. Brit., pl. 236. Hamel,
Chloroph. des côtes françaises, 1931, (II), p. 52, fig. 19, C.
Assez rare dans les creux de rochers et les stations obscures et
battues, à peu de profondeur. Se rencontre toute l’année. Par leurs
filaments atteignant 150 à 200 F de diamètre, mes échantillons se
rattachent à la f. typica Hamel.
Loc.*: CoIIioure; Banyuls, anse des Elmes, cap du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique nord, océan Indien.
A LC UES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
207
Cladophora (Aegagropila) coelothrix Kütz.
KüTZING. Tab. Phyc., I. IV, tab. 70. I. Hamel, Chloroph. des côtes françaises. 1931,
(II). p. 53, fin. 19, D, E.
Vit dans les mêmes conditions que l’espèce précédente, sur les
rochers battus, au niveau de l’eau, dans les stations ombragées et les
grottes. Se distingue du Cl. repens , en particulier par ses rameaux plus
gros, mesurant 250 à 300 v- de diamètre.
Se rencontre toute l’année.
Loc. : grotte du cap Bear, grotte du Troc.
DisTRIB. : Méditerranée.
CHAETOMORPHA Kützing, 1845
Si l’on est d’accord pour ranger dans ce genre les formes simples,
fixées par une cellule basale plus ou moins allongée et adhérant au
substratum par un disque ou des rhizoïdes, il n’en est pas de même
pour les formes libres formant des touffes enchevêtrées, enroulées au¬
tour d’autres algues ou flottant librement dans les stations calmes.
Ces formes ont été longtemps rangées dans le genre Rhizoclo-
nium Kützing, mais elles s’en distinguent facilement par le grand
nombre de leurs noyaux, irrégulièrement répartis dans chaque cellule,
alors que, chez les vrais Rhizoclonium , il n’y a que deux (ou quatre)
noyaux disposés selon l’axe longitudinal de la cellule.
Récemment, A. et G. Hamel (1929) ayant découvert chez le
Rhizoclonium lubricum Setchell et Gardner, espèce à nombreux
noyaux, une reproduction sexuée hétérogamique, créèrent, pour cette
espèce, le genre Lola. Ultérieurement, G. Hamel proposa de classer
dans ce genre Lola les Rhizoclonium marins voisins par leur morpho¬
logie du Lola lubrica , et formés de filaments minces (moins de 100^),
à cellules pourvues de nombreux noyaux. La distinction générique
entre les Chaetomorpha, à reproduction isogame, et les Lola, à repro¬
duction hétérogame, étant impossible sur les individus stériles, et le
mode de reproduction sexuée étant encore inconnu chez les espèces
autres que le Lola lubrica , que G. Hamel propose de classer dans
le genre Lola, je crois préférable de maintenir ces espèces dans le
genre Chaetomorpha tant que la découverte de leur mode de repro¬
duction ne sera pas venue fixer définitivement leur position systéma¬
tique.
Il faut d’ailleurs remarquer que certaines de ces espèces
semblent très voisines d’algues qui appartiennent incontestablement
au genre Chaetomorpha. C’est ainsi que le Chaetomorpha capillaris
( Lola (?) capillarc Hamel) ne se distingue pas toujours facile¬
ment des formes grêles du Chaetomorpha Linum, aussi est-il préfé-
208
J. FELDMANN
rable de le conserver dans le genre Chaetomorpha tant que l’oq
ignorera son mode de reproduction sexuée.
Chaetomorpha aerea (Dillwyn) Kützing
Harvey. Phyc. B rit., pl. 99, B. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 123,
fig. 38, A. B, C. D.
Cette espèce est fréquente toute l’année, mais surtout au prin¬
temps et en automne, dans les cuvettes et les rochers ensablés, près
du niveau. C’est une algue très polymorphe, dont les diverses formes
distinguées par certains auteurs comme KÜTZING sont reliées entre
elles par de nombreux intermédiaires (fig. 19, D, E ).
Loc. : Collioure; Port-Vendres; Banyuls, île Grosse, anse du Troc.
DlSTRIB. : Toutes les mers chaudes et tempérées.
Chaetomorpha Linum (Mueller) Kützing
Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 125, fig. 38. Hauck, Meeresalgen,
1885, p. 439. Conferva Linum Roth. Harvey, Phyc. Brit., pl. CL. A. Conferva sutoria
Berkeley, Harvey, ibid, pl. CL, B. Rhizoclonium Linum Thuret in Bornet, Algues de
Schousboe, 1892, p. 204.
Cette algue est abondante dans le vivier du Laboratoire Arago,
où elle forme des masses enchevêtrées, souvent volumineuses, parmi les
Zostères et les Cymodocées. Ses filaments mesurent de 200 à 250 r-
de diamètre et sont formés de cellules une fois et demi à deux fois
plus longues que larges.
Le Chaetomorpha Linum est abondant au printemps et au début
de l’été, il persiste toute l’année, mais il est plus rare en hiver.
Loc. : Banyuls.
DlSTRIB. : Atlantique nord, Méditerranée, etc. — Sans doute cosmopolite dans les
mers chaudes et tempérées.
Chaetomorpha capillaris (Kützing) Boergs.
Boercesen, Mar. Algae of the Canary Isl. Chloroph., 192 , p. 45, fi°. 13. Rhizo-
cloniurn capillare Kützing, Bornet, Algues de Schousboe, 1892, p. 205. Chaelomorpha tor-
iucsa Kützing .Tab Phyc: t. III. tab. 51. fig. 2 (non Ch. lorluosa IDillwyn) Kleen).
Lola (?) capillaris (Kütz.) Hamel, Chloroph. côtes françaises. 1931, p. 120. fig. 37. 8.
Cette espèce se présente, à Banyuls, sous deux formes différentes
par leur morphologie et leur écologie.
La pi entière (f. typica nom. nov.) forme de larges touffes non
fixées, enchevêtrées parmi les rameaux du Cystoseira abrotanifolia,
dans les stations calmes, au printemps et au début de l’été. Les fila¬
ments enchevêtrés ne sont pas enroulés en spirale, ils mesurent 60 à
70 /' d épaisseur et sont formés de cellules aussi longues que larges,
ou deux fois plus longues que larges.
Cette forme paraît correspondre à celle figurée par KÜTZING
dans les Tabulae Phycologicae, sous le nom de Chaetomorpha tor-
A LC UES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
209
tuosa; elle correspond également très bien avec la forme décrite des
Canaries par B0RGESEN (fig. 17, G).
trant le disque fixateur; C, Ch. capillaris (Kütz.) Boergs. forme typique, X 75
L’autre forme est plus fréquente à Banyuls, sa présence est à
peu près constante sur les rochers battus au-dessus du niveau de l’eau,
où elle se fixe sur le Tenarea tortuosa et les Corallines par de nom¬
breux crampons. Elle forme des touffes assez courtes, formées de fila¬
ments rigides, enchevêtrés, crépus et enroulés en spirale. Ces filaments
sont formés de cellules aussi longues que larges, ou deux fois plus
longues que larges, à membrane plus épaisse et d’un diamètre plus
grand que celles de la f. typica (90-120 m de diamètre).
Cette forme correspond tout à fait à celle récoltée à Marseille
par ScHOUSBOE et distribuée dans les « Algae Schousboeanae »
(n" 51), sous le nom de Conferva crispa Schousboe. Ainsi que le
remarque BoRNET (loc. cit.), cette algue est fixée au substratum par
210
J. FELDMANN
des crampons, il en est de même de la forme de Banyuls. Les cellules,
aussi longues que larges ou un peu plus longues (moins de deux fois),
mesurent I 10 à 1 30 F de diamètre.
Cette variété paraît être fréquente dans la Méditerranée et pré¬
sente des caractères assez constants. Par sa morphologie et son éco¬
logie, elle se distingue nettement de la var. typica. Je propose de la
désigner sous le nom de var. crispa (Schousboe) nov. var. (fig. 17,
A, F).
C’est sans doute à cette forme qu’OLLIVIER (1929, p. 93) fait
allusion lorsqu’il dit : « Parmi les Chaetomorpha à filaments contour¬
nés, crépus (C/i. Linum, rigida, tortuosa, implexa) , l’espèce ayant un
diamètre de 120 à 150 F m’a paru de beaucoup la plus répandue;
on la rencontre au fond des baies, sur les grands Cystoseira, mais d’une
manière beaucoup plus constante sur la bordure de Tenarea tortuosa,
où elle est soumise à l’émersion. »
Le Ch. capillaris f. crispa se rencontre à Banyuls pendant toute
l’année. C’est en vain que j’ai recherché les organes reproducteurs à
différentes saisons.
Loc. : f. typica : Banyuls, anse des Elmes. f. crispa : Collioure; Port-Vendres;
Banyuls, cap Doune, île Crosse, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée, Adriatique. Atlantique nord, Canaries.
Chaetomorpha gracilis Kütz.
Fig. 18. — Chaetomorpha
gracilis Kützing, X 75.
KüTZINC, Phycol. germ., 1845, p. 203. Sp. Alg.,
1849, p. 376. Tab. Phyc., t. III, tab. 52, I. Hauck. Mcere-
calgen, 1885, p. 440. BoERGESEN. Mar. Algae Danish West-
Indies, I, 19 , p. 19, fig. 6.
Bien distincte du Chaetomorpha ca¬
pillaris f. typica par ses filaments plus fins,
larges de 50 à 70 F, de teinte plus pâle et
formés de cellules plus allongées : trois à
cinq fois plus longues que larges (fig. 18),
cette espèce vit dans les mêmes conditions
que la précédente : en grosses touffes non
fixées, entremêlées dans les rameaux des
Cystoseira, dans les stations calmes et éclai¬
rées, à peu de profondeur.
Je l’ai observée en mai, juin et juillet.
Loc. : Banyuls, anse des Elmes.
DlSTRlB. : Méditerranée, Adriatique, Baltique, An¬
tilles, Singapour.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
211
Chaetomorpha Adriani Feldm. nov. sp.
FELDMANN, Alg. mar. médit nov., 1935, p. 363.
Filamenta simplicia, erecta , gregaria, pallide viridia usque ad
3 cm. alla; cellula basait in discum irregulariter expansum affixa;
sursum sensim attenuata ad basim 100-120 m, apice 60-90 m crassa.
Cellulae cylindraceae , ad genicula vix constrictae, inferiores dia-
metro longitudinem aequante vel parum longiore, superiores magis elon-
gatae, diametro suo 3-4 plo longiores.
Zoosporae in cellulis superioribus haud mutatis evolutae.
Habitat in mari mediterraneo, in scrobiculis parum profundis,
supra limitem maris, ad litus Ruscinonense propre Banÿuls. Hyeme
viget.
Cette espèce, qui me paraît nouvelle, forme en hiver (janvier et
février), dans les cuvettes supralittorales peu profondes, un gazon
continu, haut de 2 à 3 centimètres, mêlé au Chaetomorpha aerea et au
Cladophora crystallina. Les filaments sont fixés par une cellule basale
élargie à la partie inférieure en un disque fixateur. Cette cellule basale,
d’abord relativement courte (150 a*-), peut devenir sensiblement plus
longue (jusqu’à 350 m) chez les individus plus âgés. Cette augmenta¬
tion de la taille de la cellule basale est due, non à une croissance
continue de celle-ci, mais à un mécanisme particulier décrit par Ro-
SENYINGE (1892) chez le Chaetomorpha aerea; après disparition du
contenu cellulaire de la cellule basale, la cellule immédiatement supé¬
rieure s’accroît vers le bas en repoussant devant elle la membrane de
la cellule basale, qu’elle finit par remplir complètement. La cellule
basale possède alors une double membrane épaisse, formée de sa
membrane propre et de celle de la cellule supérieure appliquée contre
elle en son intérieur.
Les cellules de la partie inférieure des filaments sont isodiamé-
triques ou un peu plus longues que larges. Elles mesurent 100-120 i*
de diamètre. Elles augmentent progressivement de longueur vers le
haut, jusqu’à devenir quatre fois plus longues que larges; en même
temps, les cellules deviennent plus minces et ne mesurent plus que
60 à 90 v- de diamètre. Les cellules sont cylindriques, non renflées,
et à peine contractées à leur point de jonction (fig. 19, A, B, C).
Je n’ai observé que des zoosporanges vides, formés par les cellules
supérieures des filaments, non modifiées dans leur forme et leurs di¬
mensions.
Parmi les Chaetomorpha fixés, le Ch. Adriani se distingue bien
par ses caractères des autres espèces décrites. Il diffère en particulier
212
]. FELDMANN
des formes innombrables du Ch. aerea par sa taille, les faibles dimen¬
sions de ses cellules, qui deviennent progressivement de plus en plus
Fig. 19. — A. B, C. Base et partie moyenne de trois individus de Chaetomorpha Adriani
Feldm. nov. sp., X 75; D, E, Base et partie moyenne de deux individus de Ch. aerea
(Dillw.) Kütz. vivant mêlés aux précédentes, X 75.
allongées vers l’extrémité du filament, alors que dans le Ch. aerea les
cellules sont généralement aussi longues que larges, et souvent plus
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
213
larges que hautes. Vers l’extrémité supérieure du filament, elles sont
plus courtes qu’à la base et généralement fortement renflées et non
cylindriques.
Les fig. 19, D, E, dessinées au même grossissement que les
fig. 19, A, B, C, et qui représentent des échantillons de Ch. aerea
croissant mêlés au Ch. Adriani, montrent bien les différences entre ces
deux espèces.
Le Chaetomorpha Adriani se rapproche par contre beaucoup
d’un Chaetomorpha des Antilles danoises et considéré, par B0RGESEN,
comme étant la forme fixée du Ch. gracilis (B 0 RGESEN, Mar. Algae
Danish West-Indies, vol. II, 1915-1920, p. 423, fig. 405). La
plante des Antilles est seulement un peu plus petite. Il est possible
que ce Chaetomorpha et le Ch. Adriani appartiennent à la même
espèce, néanmoins l’algue de Banyuls diffère tellement par son port
et sa biologie des forme non fixées du Chaetomorpha gracilis, que je
crois préférable, tant que l’identité des deux formes : l’une fixée,
l’autre libre, ne sera pas démontrée, de les considérei comme des
espèces distinctes.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Antilles (?).
RHIZOCLONIUM Kützing, 1843
Rhizoclonium Kochianum Kütz.
Kützing, Tab. Phyc., t. III, tab. 75. Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 444. VlCKERS.
Phycol. Barbad., 1908, pl. 11. BoERGESEN, Mar. Alg. D. West-Indies, I, Chloroph., 1913,
p. 19, fig. 7, II, 1920, p. 424, fig. 406. Hamel, Chloroph. côtes françaises, 1931, p. 116,
fig. 36. B, C. D, E.
Je n’ai observé que quelques filaments de cette espèce mêlés à
ceux du Chaetomorpha capillaris f. crispa, croissant sur les rochers
battus, au-dessus du niveau, en février.
Les filaments de mes échantillons sont larges de 12 à 18 et
formés de cellules aussi longues que larges, ou un peu plus longues.
Les parties des filaments transformés en sporanges sont plus larges et
atteignent 24 ils sont formés de cellules renflées aussi longues que
larges, ou de moitié moins longues que larges (fig. 20, F, C, H).
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DtSTRlB. : Méditerranée, Adriatique, côtes atlantiques d'Europe, Antilles.
Rhizoclonium Kerneri Stockmayer
Collins, Green Algae of N. America, 1909, p. 329. Boergesen, Mar. Alaae D.
West-Indies, 1913, p. 20, fig. 8.
En juin-juillet 1933, cette espèce s’est abondamment développée
dans des bacs de l’aquarium du Laboratoire Arago renfermant des
214
/. FELDMANN
algues et des animaux (Eponges, Bryozoaires) provenant de dragages.
Je l’ai observée aussi, mais en plus faible quantité, au cours de diffé¬
rents dragages sur des Bryozoaires (Cellopora et Myriozoum). Les
Fig. 20. — A. B, C, D, E. Rhizoclonium Kerneri Stockm., filaments montrant la disposition
des noyaux dans les cellules, X 340; F, G, H, Rhizoclonium Kochianum Kützing.
X 340.
cellules de cette espèce, plus longues que dans l’espèce précédente,
atteignent quatre à cinq fois leur largeur. Elles mesurent 15-18 F de
diamètre. Les zoosporanges sont un peu plus larges que les cellules
végétatives et atteignent 20 F de diamètre. J’ai observé l’émission des
zoospores; celles-ci sont ovales, pourvues de deux cils égaux et d’un
stigma.
D’après G. Hamel, cette espèce ne serait pas distincte de la
précédente. La longueur plus grande des cellules chez le Rhizoclonium
Kerneri étant un caractère variable. Néanmoins, je n’ai pas observé,
dans les échantillons de ces deux algues, récoltées à Banyuls, de formes
intermédiaires (fig. 20, A, B, C, D, E).
Loc. : Banyuls, cap l’Abeille.
DlSTRlB. ; Méditerranée, Atlantique nord (Europe et Amérique), Antilles.
Dasycladales
Dasycladaceae
ACETABULARIA Lamouroux, 1816
Acetabularia mediterranea Lamouroux
Funk, Algenveget des Golfs von Neapel, 1927, p. 322, pl. IV, I. Hamel, Chloroph.
côtes françaises, 1931, p. 133, fig. 40, 4,7.
Relativement peu abondante aux environs de Banyuls, où cette
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
215
algue n’atteint pas, en général, le beau développement qu’elle pré¬
sente en Algérie et en Tunisie, sauf dans quelques cuvettes de Col-
lioure, où elle est très abondante et de grande taille. Dans ces cuvettes,
YAcetabularia est exposé à de fortes élévations de la température, et
l’eau où ils vivent est fortement concentrée. L’eau d’une de ces flaques
renfermait, le 25 juillet 1933, 47 gr. 62 de chlorures par litre (l’eau
de mer « normale » en renfermant environ 38 gr.).
L 'Acetabularia vit dans les cuvettes sableuses et sur les rochers,
dans les stations calmes. Bien que généralement localisé près du ni¬
veau, il peut néanmoins se rencontrer à une certaine profondeur. Je
l’ai dragué, épiphyte sur Cÿstoseira spinosa, par 25 mètres de fond,
au cap de l’Abeille, en septembre.
C’est une espèce vivace par sa tige calcifiée, qui peut persister
d’une année à l’autre, mais elle ne se rencontre pourvue de son disque
que de mai à septembre.
Loc. : Collioure; Port-Vendres; Banyuls, cap Doune, anse des Elmes, cap 1 Abeille.
DlSTRIB. : Méditerranée, Canaries.
Siphonales
Halicystidaceae
La position systématique du genre Halicystis Areschoug est très
contreversée. Créé par ARESCHOUG pour une algue rangée précédem¬
ment dans le genre Valonia, le genre Halicystis a été placé tout
d’abord parmi les Siphonocladales, dans la famille des Valomacées.
Cette conception a été admise par beaucoup d’auteurs, en particulier
WlLLE et PRINTZ dans les « Pflanzenfamilien », B0RGESEN (1925),
Hamel (1931). Il semble préférable, à l’exemple de SCHMITZ,
West, Setchell et Gardner, de rattacher ce genre aux Sipho¬
nales, dont il se rapproche par son thalle non cloisonné et par ses
chloroplastes.
Parmi les Siphonales, le genre Halicystis a été placé, par BlaK-
MAN et Tansley (1902, p. 115), à côté des genres Protosiphon
Klebs et Blastophysa Reinke, dans la famille des Protosiphonacées.
Ainsi que le font remarquer SETCHELL et GARDNER (1920, p. 154),
la réunion de ces trois genres est loin de former un tout homogène, et
le genre Halicystis présente trop de différences avec les Protosiphon
et les Blastoph])sa pour être rangé dans la même famille. Aussi, j adop¬
terai ici la solution proposée récemment par G.-M. SMITH (1930), en
plaçant le genre Halicystis dans une famille spéciale : la famille des
Halicystidacées (Haiicystaceae de G.-M. Smith).
Les relations de la famille des Halicystidacées avec les autres
familles de Siphonales sont assez difficiles à établir. Par leurs chro-
216
/. FELDMANN
matophores fusiformes, tantôt pourvus (H. parvula), tantôt dépourvus
(H. ovalis ) de pyrénoïde, les Halicystis se rapprochent des Bryopsi-
dacées et des Derbesiacées, dont les chromatophores ont la même mor¬
phologie et sont, selon les espèces, pourvus ou non de pyrénoïde.
Les recherches toutes récentes de G.-J. HoLLENBERG, résumées
par FRITSCH (1935, p. 373), en montrant la nature sexuée des macro-
et des microzoospores de VH. ovalis, qui sont donc en réalité des
gamètes hétérogames, permettent de rapprocher également les Hali-
cystidacées des Bryopsidacées.
L’abondance de la cellulose dans la membrane des Halicystis
et l’absence d’amidon chez VH. parvula, dont les réserves sont consti¬
tuées par des gouttelettes d’huile, pourraient suggérer un rapproche¬
ment avec les Vauchériacées, mais la nature et la structure de leurs
organes reproducteurs éloignent l’un de l’autre ces deux groupes.
HALICYSTIS Areschoug, 1850
Halicystis parvula Schmitz
Murray, Phycological Memoirs, II, III, p. 47-51, pl. XIII, fig. 5, 1893. Halicystis
ovalis Feldmann (non Areschoug), Note sur quelques algues marines d? Banyuls, 1929,
p. 786, hg. I. Contrib. à la flore algol. mar. de l’Algérie, 1931, p. 203.
Cette espèce est abondante toute l’année sur diverses Mélobé-
siées ( Lithophyllum incrustans, Mesophyllum lichertoides, Pseudolitho-
phyllum expansum, Lithophyllum (?) Hauc^ït), près du niveau et en
profondeur jusqu’à 30-35 mètres. Elle forme de petites vésicules sphé¬
riques ou ovoïdes, atteignant 5 millimètres de diamètre. Elles sont
fixées par un court pédicelle plus ou moins
renflé à son extrémité, non séparé par une
cloison du corps de la plante et qui pénètre
à l’intérieur du tissu calcaire des Mélobésiées,
d’où on ne peut l’extraire qu’après décalcifica¬
tion et dissection de ceux-ci.
Le protoplasme forme une mince couche
pariétale entourant une volumineuse vacuole ; il
contient de nombreux noyaux et des chloro-
plastes. Ceux-ci sont très nombreux et souvent
presque contigus, ils sont ovoïdes, fusiformes
et possèdent un et parfois deux pyrénoïdes.
Leur aspect rappelle tout à fait ceux des
Bryopsis. Entre les chioroplastes, on observe
souvent d’assez nombreuses gouttelettes d’huile
(fig. 21). Je n’ai pas observé d’amidon, mais
Fig. 21. — Halicystis par¬
vula Schmitz. Chioro¬
plastes pourvus d'un py¬
rénoïde et gouttelettes
d'huile; dessin fait sur
le vivant, X 525.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
217
la membrane cellulaire se colore directement en bleu par la solution
iodo-iodurée indiquant la présence d’Amyloïde (1).
L 'Halicystis parvula a été signalé pour la première fois par
SCHMITZ et MURRAY, d’après des renseignements inédits communiqués
à SCHMITZ par Berthold. Ce dernier avait dragué cette algue dans
le golfe de Naples « on stony ground, rich in corallines ». Bien que
ces auteurs n’aient pas décrit exactement la structure de la base de
la plante, et qu’ils n’indiquent pas sa pénétration dans le tissu des
Mélobésiées, il semble bien que YHalicystis de Banyuls se rapporte à
VH. parvula, la forme générale de la cellule et la structure des chlo-
roplastes étant les mêmes.
J’avais précédemment indiqué, à Banyuls (1929) et en Algérie
(1931), l’existence de VH. ovalis Aresch. ; après un nouvel examen
de mes échantillons, je crois que ceux-ci doivent se rapporter à VH.
parvula. Ces deux espèces sont en effet très voisines l’une de l’autre;
la principale différence réside surtout dans l’absence de pyrénoïde
dans les chloroplastes de VH. ovalis, et aussi dans le moindre déve¬
loppement de la base endophyte chez VH. parvula, alors que, chez
VH. ovalis, à en juger par les figures de KuCKUCK (Ueber den Bau
und die Fortpflanz. von Halicystis und Valonia 1907, Taf. III,
fig. 3), celle-ci est plus grêle et plus allongée.
Il semble d’ailleurs que YHalicystis ovalis n’existe pas dans la
Méditerranée, beaucoup d’anciens auteurs ayant cité, sous le nom de
Valonia ovalis, des formes jeunes et encore simples de Valonia macro-
physa, et les indications des auteurs plus modernes reposant très vrai¬
semblablement sur une confusion avec YH. parvula.
L 'Halicystis ovalis est en effet une espèce boréale signalée aux
Fœioé, en Norvège, à Helgoland et dans le nord de l’Ecosse. Elle
n’a jamais été observée, sur les côtes sud de l’Angleterre ni dans la
Manche, régions pourtant bien explorées ; aussi, il me paraît fort pro¬
bable que Y Halicystis signalé sous le nom d’ H. ovalis, à Biarritz, par
BoRNET et SAUVAGEAU, et aux Canaries par SAUVAGEAU, appartient
à Y Halicystis parvula. Il serait difficilement explicable, en effet, que
YH. ovalis, plante boréale, se retrouve à Biarritz et aux Canaries, et
fasse complètement défaut dans la Manche, tandis que la présence
d’une espèce méditerranéenne à Biarritz et aux Canaries n’a rien de
surprenant. On sait, en effet, qu’un certain nombre d’espèces méditer¬
ranéennes ou subtropicales se rencontrent dans la région de Biarritz,
où elles atteignent leur limite septentrionale. Les échantillons d'Hali-
(1) Cette réaction de l’amyloïde peut être utilisée pour distinguer, dans les échan¬
tillons d'herbier, VHalicystis parvula et les formes de Valonia, souvent confondues avec lui.
La membrane des Valonia, en jffet, ne donne pas la réaction de l’amyloïde, et la coloration
bleu foncé, caractéristique de la cellulose par l’acide iodhydrique fumant iodé, ou le chlo-
roiodur; de zinc, ne peut s’obtenir, chez les Valonia, qu'après traitement par la potasse
alcoolique.
218
J. FELDMANN
cystis que j’ai récoltés autrefois à Biarritz et sur la côte basque ne sont
malheureusement pas dans un état de conservation suffisant poui pou¬
voir étudier leurs chloroplastes, mais ces échantillons sont identiques,
comme port, à VH. parvula de la Méditerranée, et la forme de leur
base endophyte se rapproche beaucoup plus de celle de 1 H. patvula
que de celle figurée par KUCKUCK pour 1 H. ovalis.
L.-R. et Ann Hof Blinks ont décrit récemment [1930] un
nouvel Halicystis des Bermudes, longtemps confondu avec le Valonia
ventricosa J. Ag. : Halicystis Osterhoutii qui paraît très voisin de
YHalicysiis parvula Schmitz. Il possède, comme lui, des chloroplastes
pourvus d’un pyrénoïde et ne paraît guère s’en distinguer que par sa
taille plus élevée, atteignant 3 cm. de diamètre, alors que les plus gros
individus d'H. parvula que j’ai observés ne dépassaient pas 5 milli¬
mètres de diamètre.
L 'Halicyslis parvula paraît être assez répandu dans la Médi¬
terranée; à Banyuls, il est fréquent surtout en dragage. C’est à cette
espèce qu’il faut rapporter les échantillons de Villefranche et de
Cherchell (Algérie) que j’avais signalés sous le nom d'H. ovalis. Je
l’ai également observé sur des Mélobésiées draguées par 15 mètres
à l’île de la Galite (côte nord de la Tunisie). A cause de sa petite
taille, il a dû bien souvent passer inaperçu, c’est ainsi que Funk ne le
cite pas dans son catalogue des algues de Naples, bien que ce soit dans
cette localité qu’il ait été découvert par BERTHOLD.
La présence de cette espèce dans l’Adriatique est probable, mais
mériterait d’être confirmée. Murray, en effet, dit que, d après Ber-
THOLD, Y H alicÿstis parvula est « apparently identical with the form
described by ZANARDINI in the Adriatic as Valonia ovalis ».
En réalité, ZANARDINI (Saggio, 1843, p. 59) ne décrit pas sa
plante, il dit seulement, à propos du Valonia ovalis Ag. : Rinvenni
questa specie sopra la Rytiphlaea pinastroides nel porto di Zlarin ».
Or, comme les Halicÿstis vivent toujours sur les Corallinacées, dans
lesquelles pénètre leur base endophyte, il est très douteux qu’il s’agisse
ici d’une espèce de ce genre, puisque ZANARDINI la signale (sans pré¬
ciser son mode de fixation) sur une Rhodomélacée. Il s’agit plutôt, je
crois, d’une forme jeune d’un Valonia non encore ramifié; j’ai observé
de tels échantillons à Banyuls, épiphytes sur diverses algues et très
faciles à confondre à l’œil nu avec un Halicystis, mais s’en distinguant
facilement, au microscope, par la présence, à leur base, de nombreux
rhizoïdes séparés de la cellule végétative par une cloison et par la
structure des chloroplastes.
Sous le nom de Valonia pisum , BoMPARD (1867, p. 130) a
publié la diagnose d’une algue qui est peut-être Y Halicystis parvula, sa
description est un peu sommaire, il dit seulement ; « Characteribus
generis adde specificum formae, piso sativo simillimae. »
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
219
Mais il ajoute : « In mari mediterraneo prope
Genuam algis frequentius crustaceis immersis insi-
dens, abandat mensibus julii et augusti. » Si l’on
suppose que les algues crustacées, sur lesquelles vit,
d’après BOMPARD, le halonia pisum , désignent les
Mélobésiées, il est fort possible que cette algue soit
VH. parvula. Seul, l’examen d’un échantillon authen¬
tique permettrait de résoudre cette question, qui, si
ma supposition était fondée, nécessiterait le change¬
ment du nom de YHalicystis parvula en Halicÿstis
pisum (Bompard), le nom de BoMPARD étant anté¬
rieur à celui de SCHMITZ in MURRAY.
Outre la forme typique, j’ai observé également,
à Banyuls, une forme particulière de YHalicystis
Fig. 22. — Hahcystts p arvu l a : //. parvula var. stipitata nov. var. A. typo
parvula Schmitz f. ' ..
stipitata nov. form. differi celtula mfeme in stipite attenuata, parte basait
A. individu entier. m fp 0n J em Janiae rubentis, pénétrante.
iphyte. X 75. Cette forme se distingue facilement par ses utn-
cules allongés en stipe à la base (fig. 22). Elle vit
sur les rameaux de Jania rubens. Les chloroplastes de la f. stipitata
sont un peu plus petits que ceux de la forme type et pourvus d’un py-
rénoïde; ils sont également moins nombreux et plus espacés dans le
protoplasme pariétal, ne formant pas un revêtement presque continu
comme dans la forme type.
Je n’ai observé cette forme que trois fois, en été, à peu de pro¬
fondeur.
Loc. : Cap Bear; Banyuls, île Grosse, cap du Troc, cap l’Abeille.
DisTRIB. : Méditerranée occidentale et sans doute aussi les Canaries et la côte basque.
Antilles (!).
Bryopsidaceae
BRYOPSIS Lamouroux, 1809
La classification des Bryopsis est encore bien confuse. La grande
variabilité de ces algues et le peu de secours que peuvent fournir à
1 étude les échantillons d’herbier rendent leur détermination très ma¬
laisée. Pour les Bryopsis méditerranéens notamment, les avis des
auteurs diffèrent grandement sur la valeur des diverses espèces décrites,
et parfois deux auteurs appliquent le même nom à des formes diffé¬
rentes. Je signalerai seulement ici les diverses formes que j’ai récol¬
tées à Banyuls et que j’ai réussi à identifier avec des formes déjà
décrites, mais je n’essayerai pas de subordonner ces formes les unes
aux autres, bien que certaines ne paraissent être que des variétés
d autres espèces, car un tel travail ne pourra être fait qu’après l’exa¬
men des nombreux échantillons provenant de localités et de stations
variées.
220
J. FELDMANN
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Fig. 23. — Formes des chloroplastes chez les diverses espèces de Brpopsis de Banyuls.
I. B. pennala Lamx.; II. B. cupressoides Kütz.; III. B. adrialica (J. Ag.) Mcnegh.;
IV. B. hppnoides Lamx.; V. B. corpmbosa J. Ag.; VI. B. monoica, a, forme moyenne;
b et c, formes extrêmes; VII. B. muscosa Lamx., a, chez un individu récolté en juillet;
b. chez un individu récolté en avril. Toutes ces figures X 450 environ.
Bryopsis plumosa (Hudson) C. Agardh
Harvey, Phyc. Brit., pl. XIX. Kützing, Tab. Phyc., t. VI, tab. 83, II. Hamel,
Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 61, fig. 20, C.
Je rapporte à cette espèce des échantillons récoltés en septembre,
dans une station ombragée, près du niveau, épiphyte sur le Gigartina
acicularis, et d’autres échantillons récoltés en février, sous un surplomb
assez battu, parmi des Valonia utncularis.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
221
Cette espèce croît en individus isolés ou réunis en petites touffes
composées d’un petit nombre d’axes dressés, pourvus de pinnules
distiques simples, plus longues a la base qu au sommet de 1 axe et
donnant ainsi à la fronde un contour triangulaire. Cette forme corres¬
pond très bien à celle que l’on rencontre habituellement dans la
Manche.
Loc. : Banyuls, anse et cap du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord (Europe et Amérique).
Bryopsis pennata Lamouroux
Vickers, Pihycol. Barbad., 1908, PI. LU. Weber van Bosse, Algues du Siboga,
I, 1913, p. 92. Taylor, Mar. Algae of Florida, 1928, p. 93, pl. 11. fig. 13. Bryopsis plu-
mosa var. pennata Boergesen, Mar. Algae Danish West-Indies, I, Chloroph., 1913, p. 117.
Le Bryopsis que je désigne sous ce nom se présente
à l’état de frondes isolées ou en petites touffes vivant sur
les rochers verticaux battus, à 1 mètre au-dessous du niveau,
en février.
Les frondes sont constituées par un axe dressé, fixé à
sa base par des rhizoïdes ramifiés et portant à sa partie
supérieure des pinnules distiques non ramifiées. Ces pin¬
nules, insérées sur l’axe selon deux lignes opposées, sont
assez courtes, peu écartées de l’axe et parfois un peu
incurvées vers le haut. Les pinnules de la base ne sont pas
sensiblement plus longues que celles du sommet. Cette dis¬
position donne à l’ensemble des pinnules un contour lan¬
céolé et non pas triangulaire comme dans le cas du Bryopsis
plumosa (fig. 24 et 27, A). Les chloroplastes, de forme
irrégulière, sont de taille assez grande et ressemblent à ceux
des Bryopsis plumosa et adriatica, beaucoup d’entre eux
renferment deux ou même trois pyrénoïdes au lieu d’un,
comme c’est le cas général (fig. 23, I).
Par ses pinnules distiques disposées dans un seul plan,
cette algue se rapproche beaucoup du Bryopsis plumosa.
Elle me paraît correspondre exactement avec le Bryopsis
pennata des Antilles, elle rappelle notamment les figures
de cette espèce publiées par M lle VlCKERS.
Ainsi que l’a admis B0RGESEN, il semble bien que
cette algue ne constitue qu’une forme du Bryopsis plumosa ,
forme sans doute spéciale aux mers chaudes puisqu’elle
paraît manquer sur les côtes atlantiques d’Europe où le
B. plumosa est commun.
Le Bryopsis pennata n’était connu jusqu’ici que des
Antilles, où il semble fréquent. Il est donc nouveau pour
la Méditerranée, où on le retrouvera sans doute dans
d’autres localités. Je l’ai observé, en effet, en Algérie.
puis pennata
L.aïux. X 8,5.
6
222
/. FELDMANN
Loc. : Banyuls, anse de la Ginestère.
Distrib. : Antilles, Floride, Méditerranée, océan Indien (Ceylan, Malaisie).
Bryopsis adriatica (J. Agardh) Meneghini
1931 D KÜ 69 IN fio In b  P R yC " t - VI ' P ' 28 '/ ab - ?9 ’ IL HAMEL ’ Chloroph. côtes françaises,
842 d 20 iLS'A , BrS0p5IS cu PJ s °>J's var. adriatica J. Agardh, Alg. mar. Médit.,
p. 2U. Bryopsis plumosa var. adnatica Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 473 Br\,ot>sis
Tb iïLtTh A r rd ïi, T f! v. IM?, P . 28. L*2“
var. Arbuscula (Ag.) J. Agardh, Alg. mar. Médit., 1842, p. 21.
Ainsi que l’a montré G. Hamel, il règne
une grande incertitude sur la nomenclature et
la valeur systématique de cette algue, qui a été
rapportée comme variété à des espèces très diffé¬
rentes. En 1842, J. Agardh crée une variété
adriatica du Bryopsis cupressoides Lamour.,
qui se distingue du type par ses frondes plus
ramifiées, à ramules plus denses et descendant
A, Bryopsis plus bas le long des axes. Plus tard, Mene-
Kütz.. X2 : r* r ï.mi
Fig. 25.
™. INI éleva ce t|e variété'au*râng d’espècê^que
ü- A g .) Menegh., X 2. Kutzing décrivit et figura dans ses Tab.
Phyc. ; il attribue à cette espèce une forme py-
ïamidale, une ramification bipennée, à pinnules disposées tout autour
de 1 axe (non distique). Hauck, en 1885, fait de cette algue, et sans
doute avec raison, une variété du Bryopsis plumosa caractérisée par
ses pinnules disposées tout autour de l’axe, et l’année suivante
J. Agardh en fait, au contraire, une variété du Bryopsis hypnoides.
Kecemment, G. Hamel a considéré cette algue comme une espèce
distincte et en a donné une bonne description, mais la figure schéma¬
tique qui 1 accompagne paraît plutôt représenter une forme du
Liryopsis plumosa.
Je comprends sous le nom de Bryopsis adriatica les formes qui,
par leur port et leurs dimensions, rappellent le Bryopsis plumosa, mais
dont les pinnules ne sont pas régulièrement distiques (fig. 25, B).
Chez certains individus, les pinnules paraissent distiques à l’œil
nu comme si elles étaient disposées en deux rangées opposées, parei¬
lles a l axe de la fronde, comme c’est le cas dans les Bryopsis plu-
osa et B. pennata ; mais un examen plus approfondi montre quelles
forment deux rangées longitudinales de chaque côté de l’axe (fig. 26,
B, G). Une telle disposition a été signalée assez rarement chez les
0908 0 ?89 4 f e ?? tU fi Iee ’r n p L articulier ’ par A - * E.-S. Gepp
( 08, p. 189, ph 22, fig. Il) chez une espèce de l’océan Indien
(d ailleurs très differente du B. adriatica), le Bryopsis indica Gepp
dte disposition n avait jamais été signalée chez les Bryopsis de nos
mers, bien qu elle se rencontre également chez une autre espèce :
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
223
B. Balbisiana. Outre ces échantillons présentant quatre rangées de pin-
nules (deux de chaque côté), j’en ai trouvé d’autres dont les pinnules
sont disposées tout autour de l’axe et qui correspondent exactement
Fig. 26. — A, Brpopsis cupressoides Kütz., X 50; B et C, Brpopsis adriatica (J. Ag.)
Menegh. Deux portions de la même fronde montrant la disposition des pinnules sur
deux rangées de chaque côté de l'axe, X 50.
aux formes décrites du Bryopsis adriatica. Ayant observé tous les
intermédiaires entre ces deux types, je ne crois pas devoir les séparer.
Les formes à pinnules disposées tout autour de l’axe se recon¬
naissent facilement, mais chez celles à pinnules disposées sur deux
rangs de chaque côté de l’axe, la distinction d’avec le Bryopsis plu-
mosa est parfois difficile. Il est d’ailleurs fort probable que le Bryopsis
plumosa et le Bryopsis adriatica ne sont pas spécifiquement distincts.
Mes échantillons sont de petite taille (10-15 millimètres), ils
portent des pinnules allongées, cylindriques, brusquement rétrécies à
la base et diminuant de largeur de la base au sommet; celles de la
base mesurent 90-120^ de diamètre, alors que celles du sommet
n’atteignent plus que 35-40 m.
Les chloroplastes relativement gros sont arrondis ou ovales; cer¬
tains renferment plusieurs pyrénoïdes (fig. 23, III). Le Bryopsis adria-
224
/. FELDMANN
tica est assez fréquent en hiver (janvier, février) sur les rochers modé¬
rément battus. Il croît en individus isolés ou en petites touffes.
Loc. : Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée, Adriatique.
Bryopsis cupressoides Kütz.
Kützing, Tab. Phyc., t. VI, tab. 78 (non alior.).
Mes échantillons correspondent assez bien avec l’algue figurée
sous ce nom, par KÜTZING, dans ses Tabulae Phycologicae.
KÜTZING attribue la paternité de cette espèce à Lamouroux,
en réalité, c’est à la suite d’une erreur d’orthographe commise par
J. Agardh (Alg. mar. Médit.) que KÜTZING et les auteurs qui ont
suivi ont attribué à Lamouroux la création d’un Bryopsis cupres¬
soides, alors que Lamouroux avait écrit : Bryopsis cupressina (1809,
p. 23, fig. 3 a, b de la pl. I).
Si je n’adopte pas ici l’orthographe primitive de ce nom d’espèce
c’est que je crois que le Bryopsis cupressoides Kützing est différent
du Bryopsis cupressina Lamouroux. Il est assez difficile, d’après la
description et les figures, de se faire une bonne idée du B. cupressina
de Lamouroux qui avait été récolté « in Barbana ». Si l’on admet
la manière de voir de Bornet (Alg. Schousb., p. 54), il s’agirait
d’une forme du Bryopsis muscosa; Bornet écrit en effet : « Cette
plante tient en quelque sorte le milieu entre le B. plumosa et le
B. muscosa. Elle diffère du premier par ses filaments primaires crois¬
sant en touffes serrées et du second, par ses pinnules à circonscription
triangulaire. N’est peut-être qu’une déformation accidentelle du
B. muscosa dont ScHOUSBOE ne la distinguait pas. » Les échan¬
tillons de Schousboe que j’ai examinés (Algae Schousboeanae,
n" 77) paraissent, en effet, bien voisins du Bryopsis muscosa.
La plante figurée par KÜTZING et celles que j’ai récoltées à
Banyuls sont bien différentes du Bryopsis muscosa. Elle se rencontre
en individus isolés (et non réunis en grosses touffes), fixés par des rhi-
zoides, hauts de 1,5 à 2 cm., portant, tout autour de la partie supé-
îieure des axes dressés, des rameaux allongés disposés en pyramide
large ou en corymbe. Ces rameaux portent, vers leur extrémité, des
pinnules courtes, disposées tout autour de l’axe, souvent incurvées vers
le haut, brusquement rétrécies à leur point d’insertion, et larges de 70
à 100 M (fig. 25, A et 26, A). Les chloroplastes ressemblent à ceux
du Bryopsis adriatica (fig. 23, II).
Le Bryopsis cupressoides se rapproche par ses caractères des
formes à pinnules disposées tout autour de l’axe, et en particulier, du
Bryopsis adriatica, mais il s en distingue par ses pinnules ultimes plus
grosses et plus courtes, localisées à l’extrémité des rameaux.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
225
J’ai récolté cette algue en février, sur les rochers battus, près du
niveau, dans les stations ombragées.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRIB. : Adriatique, Méditerranée.
Bryopsis Balbisiana Lamouroux
Lamouroux. Essai sur le, Thala» ophytes. 1813 p. 66, pl. 7.
Mar Alaae Canarv Isl I, 1925, p. 98, fig. 40. Bryopsts Balbisiana var disticha. Agardh,
As ) Kü,i T,t'pK,c.. VI, P. 27. ,.b. 76. Hamru. CMoropK.
côtes françaises, 1931, p. 63.
226
/. FELDMANN
r , Sous le nom de Bryopsis Balbisiana Lamour., deux espèces ont
été confondues, l’une étant un vrai Bryopsis, l’autre un Derbesia
tlles ont été distinguées d'abord par J. Agardh (1842) à titre de
variétés. Le Derbesia constituant la var. a Lamourouxii et le Bryop-
sis, la var. P disticha. Ces deux espèces sont depuis, généralement
nommées : Bryopsis Balbisiana Lamour. et Derbesia Lamourouxii
(J. Ag.) Solier.
Récemment, G. Hamel, après examen d’échantillons provenant
de 1 herbier Lamouroux, conservés au Muséum de Paris, a conclu
que ces échantillons étaient des Derbesia et que, par conséquent, le
nom de Balbisiana devait être réservé à cette espèce (Derbesia Balbi-
siana (Lamour.) Hamel). Le Bryopsis devant alors porter le nom de
Bryopsis disticha (J. Ag.) Kützing.
L’examen des échantillons de Bryopsis Balbisiana de l’herbier
Lamouroux, conservé au Jardin des Plantes de Caen, dont je dois
la communication à M. R. Meslin, m'a amené à des conclusions
differentes. En effet, si la chemise du Bryopsis Balbisiana de l’herbier
Lamouroux renferme des échantillons des deux espèces (ils y ont
d ailleurs ete placés par Chauvin, qui, après la mort de Lamouroux,
avait classe son herbier) ; le seul échantillon pourvu d’une étiquette
de la main meme de Lamouroux (sub. nom. Bryopsis Balbisiensis)
Jw’-'T “ ns ( el ? ue " t ' constltue ,e ‘ype de l’espèce, est bien un
Bryopsis, tout a fait identique a ceux que j’ai récoltés à Banyuls.
C’est donc à cette espèce qu’il faut réserver le nom de Bryopsis
Balbisiana et le Derbesia avec lequel il a été confondu doit reprendre
le nom de Derbesia Lamourouxii (J. Ag.) Solier.
Cette algue forme de larges touffes gazonnantes, formées de fila¬
ments rampants, enchevêtrés et fixés par des rhizoïdes d’où s'élèvent
10 cmTh 5 i reSSe r TF ° U irré 8 ulièrement ramifiés, atteignant
10 cm de hauteur. Ces filaments portent à leur sommet, sur une lon-
de^O , U L Centunetle au P Ius - de nombreuses pinnules courtes, larges
de iO a 80 * paraissant distiques, mais, en réalité, disposées assez
côS™fe 2 Tfî) rangéeS l0n * itudinales de ^aque
°n a décrit de nombreuses espèces de Bryopsis qui, par leur port
et leurs pinnules très réduites, ressemblent au Bryopsis Balbi^na
efsolfer S B d KÜtzing ’ R intricata Derbès
Kützing) B l L ch ° t0n ' a Notans, B. penicillata Suhr, B. dalmatica
Kützing). 11 y aurait grand interet a reviser toutes ces formes car si
P usieurs sont vraisemblablement de simples synonymes du Bryopsis
ÏÏX'dSr* 1 * "" d '““ * —5 Z
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
227
Le Bryopsis Balbisiana est particulièrement abondant à la fin
de l’été (août, septembre et octobre), il croît au niveau de l’eau, émer¬
geant, lorsque la mer est basse, dans les stations assez battues et
ombragées. Il est souvent épipbyte sur les Corallines et autres algues
en gazon ras. Sur le flanc N. du cap Béar, au fond des petites criques,
il forme une ceinture continue, au niveau, au-dessous de la ceinture
de Nemoderma tingitanum. Je l’ai également récolté en janvier, mais
228
/. FELDMANN
à cette époque il était très rare et les échantillons étaient en mauvais
état.
Loc. : Port-Vendres; cap Béar; Banyuls, anse des Elmes, cap du Troc.
Distri B. : Méditerranée, Adriatique, Canaries.
Bryopsis corymbosa J. Ag.
«q. r •^',^ G À RDH ' A,g ‘ I ?* r - Medit - ,842 - P- 21. Cammerloher, Grüne Algen der Adria,
1915. p. 50 Bomcesen .Ma,. AIg.e C.nar, I,!.. I, p. 100. fig. 41 al 42. flrjop™ faMgicta
Kutzing, Tab. Phyc., t. VI. tab. 73, II. 6
Les échantillons que je rapporte à cette espèce correspondent bien
aux figures publiées par Bdrgesen (fig. 28).
Le Bryopsis corymbosa croît à Banyuls, pendant l’hiver, sur les
îochers près du niveau, dans les stations ombragées. Il forme de petites
touffes, hautes de I à 2 centimètres. Ainsi que l’a montré B0RGESEN,
la principale caractéristique de cette espèce est sa ramification très
irrégulière.
L’axe dressé mesure 180-210 /* de diamètre et porte, dans sa
moitié ou son tiers supérieur, de nombreux ramules mesurant 90-100 /*
de large, les uns simples, les autres irrégulièrement pennés. Les ramules
de second ordre sont parfois eux-mêmes ramifiés. La ramification est
quelquefois unilatérale.
Les chloroplastes sont petits, assez régulièrement ovales et me¬
surent 7-10 de long (fig. 23, V).
On a cité plusieurs synonymes de cette espèce : B. implexa De
Notans, B. elegam Meneghini. A en juger par les descriptions et les
figures, il s agit d algues bien différentes de celle décrite par Bor-
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Adriatique, Canaries.
Bryopsis monoica Berthold
Fuimk, Aÿgpnve&L des Golfs von Neapel, 1927 d 332 Oiiiv.fr Fr fl
Cote d Azur 1979 r> 1 ni c,. o n ■ , . ' ’ r - '-'llivier, Lt. H. mar.
1922, p. 405. ’ P ’ " 6 ' 2 ‘ Brÿ0ps,s P ulvtn <*ta Oltmanns, Biol. u. Morph. der Algen I,
D’abord signalée par ÛLTMANNS sous le nom de Bnofisis pal-
vmata, mais sans description, cette espèce a été mentionnée ensuite
par bUNK qui, en reprenant le nom manuscrit de B. monoica employé
de a ceu T 0LD r. rePr °^ t 165 n ° teS de C6t aUteUr la reproduction
de cette algue. C est a Ollivier que nous devons une bonne descrip-
tiîwV R 'T" q """J 1 retr ° Uvée 3U golfe J uan - échan-
tillons de Banyuls correspondent assez bien avec la description qu’il
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
229
en donne, et je les ai, de plus, comparés avec un exemplaire de cette
espèce communiqué par OLLIVIER à G. Hamel, qui me 1 a transmis.
Le Bryopsis monoica forme de petites touffes hautes de 1 a
2 centimètres, épiphytes sur diverses algues (Peyssonnelia bquamana
Fi< 29 - Bnopm ■>!> Bb*oM : A. B, C, E, fragment de diver, individu» m
les variations du mode de ramification; D, entrent,te fcrjk dune p.nnule,
crampon né latéralement ver. 1. base dut, filament. Toute, ce. ligure. X 50.
en particulier), dans les stations ombragées, près du niveau. Les axes
principaux, larges de 150-200 A, portent des ramules simples ou rami¬
fiés, généralement insérés tout autour de l’axe, mais parfois distiques,
vers le sommet. Les ramules ultimes, larges de 20 a 30 P (parfois
50 a) , sont souvent renflés en bulbe à la base et fortement étranglés
au point de jonction avec l’axe (fig. 29).
Les chloroplastes sont relativement grands, de forme variable,
mais le plus souvent nettement ovoïdes ou fusiformes. Ils atteignent
15 A de long et 5-7 a de large (fig. 23, VI).
230
/. FELDMANN
Dans mes échantillons, récol¬
tes en juillet et en septembre, j'ai
observé les gamétanges, males et
femelles, qui, dans cette espèce,
se développent sur le même indi¬
vidu et se rencontrent ensemble
sur les mêmes rameaux. Les ga-
metanges sont constitués par des
pinnules non modifiées dans leurs
ormes et leurs dimensions ou par¬
fois un peu plus courtes que les
pinnules stériles.
Les anthérozoïdes, très petits,
mesurent (à l’intérieur du gamé-
tange) environ 2 /*■ de diamètre,
alors que les gamètes femelles
atteignent dans les mêmes condi¬
tions : 5-7 n de diamètre. Je n'ai
pas observé l’émission des ga-
i „ n , mûtes (fig. 30).
s'agit pro^blement^d’un^algu^énhénri d ° U ^ e ‘-‘e l’année. H
rations annuelles. En effet, Berthot n ere , presen î an[ plusieurs gêné-
vier à Naples Or i fvifp ' i a ^serve ^ es gamètes en jan-
les ai rei^-rS^ - à ^ ^
Loc. : Banyuls, anse et cap du Troc
Distrib. : Méditerranée occidentale.
? --- Brpopsis monoica Berthold,
fragment dune pinnuie portant deux ga-
metanges. I un mâle, l'autre femelle, X 340.
oryopsis hypnoides
p V- Brii! ra pi."n9.' VraLs d 'ph '“b"! j" Als "“' l809 ' pf I
CHWspE rÆ A ' Chl ‘^ : Sp" S-tt
' O' es Pece fut creee par I a moitrot rv ^ i
a Sete et pourtant les ouvrages sur U a | ’ J° U1 | ? Ue récoltée
mentionnent pas cette espèce Rérem l 8 ^ ^ a Médlt erranée ne
n’en avait pas vu d’échantillon d G ’ HaMEL ^^Vait qu’il
Brÿops,s hppnoides était bien la même “ “ ?° US le nom de
Lamouroux, de la Méditerranée. ^ “ 6 décrite par
bien être cX décrite ÏuMot^ouxetdf CSpèce ’ me Paraît
par port ' ™
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
231
noides que j’ai eu l’occasion de récolter sur les côtes de la Manche.
Elle forme des touffes assez volumineuses, molles, hautes de 3 à
5 centimètres, d’un vert foncé, épiphytes sur diverses algues ( Udotea
petiolata, Pterocladia capillacea et Sphaerococcus coronopif olius).
Je l’ai trouvée dans une cuvette ombragée, en communication avec la
mer et dans laquelle elle était assez abondante.
Les rameaux principaux assez grêles, larges de 200 à 250 fs
donnent naissance à des rameaux secondaires portant des pinnules
espacées, disposées irrégulièrement tout autour de l’axe. Ces pinnules
sont très longues et étroites, celles de la base des rameaux mesurent
40-50 de diamètre et sont elles-mêmes ramifiées à leur partie supé¬
rieure, celles de l’extrémité des ramules n’atteignent que 20-30 ^ de
large. Les pinnules inférieures sont fortement rétrécies à leur point
d’attache avec le rameau qui les porte (fig. 27, C). Les chloroplastes
assez régulièrement ovales sont relativement petits, ils mesurent 7-8
(rarement 10^) de long (fig. 23, IV).
Par son thalle assez développé, son port et ses pinnules très
longues et très étroites, cette algue se distingue facilement des autres
Bryopsis méditerranéens. On ne pourrait la confondre qu’avec le
Bryopsis monoica, qui lui ressemble beaucoup, mais qui s’en distingue,
à l’état végétatif, par sa taille plus petite, la forme différente de ses
pinnules et ses chloroplastes plus gros et généralement plus fusiformes.
Le Bryopsis hypnoides semble être, à Banyuls, une plante d’été;
je ne l’ai récolté qu’une seule fois, en juillet, à l’état stérile.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique nord, côtes atlantiques et pacifiques de l’Amé¬
rique du Nord, Antilles.
Bryopsis muscosa Lamour.
Lamouroux, Mém. sur trois nouv. genres de la famille des Algues, 1809, p. 23,
pl. 8, fig. 4. KüTZING, Tab. Phyc., t. VI. tab. 82. Hauck, Meercsalgen, 1883. p. 474.
Funk, Algenveget. des Golfs von Neapel, 1927, fig. 17, B. Hamel, Chlorophycées des côtes
françaises, 1931, p. 64, fig. 21, A.
Cette espèce, très bien caractérisée par ses axes dressés peu rami¬
fiés, portant de nombreuses pinnules courtes, serrées, émises en tous
sens, de longueur constante de 2 à 3 millimètres à la base comme au
sommet de l’axe, forme de grosses touffes spongieuses, compactes,
atteignant la grosseur du poing et formées de nombreux individus serrés
les uns contre les autres. Elle vit dans l’étage littoral, au-dessous de
la ceinture du Rissoella, sur les rochers violemment battus, le plus
souvent épiphyte sur le Tenarea tortuosa, sur lequel elle est très fré¬
quente. Je ne l’ai jamais observée dans des stations immergées.
232
]. FELDMANN
Le Bryopsis muscosa apparaît à la fin de l’automne ; en no¬
vembre, on rencontre déjà de nombreuses touffes constituées par de
jeunes axes dressés, très courts, réunis en pinceau et, pour la plupart,
encore dépourvus de pinnules. Il se développe beaucoup pendant les
mois d hiver et atteint sa taille maximum (8 à 10 cm.) en mars-
avril. Dès cette époque, il commence à disparaître en perdant d’abord
ses pinnules inférieures, qui laissent sur les rameaux principaux des ci¬
catrices arrondies, de telle sorte que, vers le mois de juin et le début
de juillet, les axes et les rameaux ne portent plus finalement qu’un
petit pinceau de pinnules à leur sommet. L'aspect de la plante, dans
cet état, est tout à fait différent de celui qu’elle présente pendant l'hi-
ver, et on pourrait la prendre pour une forme distincte s’il n’était pas
possible de suivre, pas à pas, la transformation de la forme hivernale.
Outre ces différences morphologiques saisonnières, il en est une
autre, très remarquable, résidant dans la taille des chloroplastes.
Leux-ci sont assez régulièrement ovales, mais tandis qu’en hiver et au
début du printemps ils atteignent 8 à 12 F de long, ils sont de taille
beaucoup plus réduite à la fin de la végétation et n’atteignent plus, en
juillet, que 4 a 6 f de long. De telles variations de la taille des chloro¬
plastes en rapport avec l’état de végétation de l’algue paraissent cons¬
tantes, car je les ai observées, deux années consécutives, sur de nom-
breux individus (fig. 23, VII).
A la fin de juillet, le Bryopsis muscosa a généralement complète¬
ment disparu; néanmoins, dans une station très favorable, fortement
battue et un peu ombragée, j’ai trouvé de petits individus de cette
espece a la fin août 1932. Leur état de développement correspondait
sensiblement a celui que présentent les échantillons recueillis en dé¬
cembre-janvier Il ne s’agit pas là, me semble-t-il, d’individus tardifs
ayant persiste longtemps à l’état juvénile, mais bien plutôt d’une se¬
conde génération annuelle, issue d’œufs produits par des plantes ayant
fructifie au printemps précédent, et qui s’étaient exceptionnellement
developpees au cours de la saison chaude, grâce à des conditions favo-
Je ” k '• ,.'i l. s.
RK , Le , 5 ? 0ps ! s muscosa porte généralement de nombreuses petites
Khodophycees epiphytes, développées surtout sur la partie de ses
axes non pourvue de rameaux; parmi ceux-ci, il y a lieu de citer par-
ceThôTeTd \t Cr ° Chaet ' Um Pubosqü, qui ne se rencontre que sur
assraé à VFrh P 7T e e f- a PeU PrèS Constante; il est généralement
associe a 1 Erylhrocladia submlegra et à divers Erylhrotrichia.
Loc. : Port-Vendre,; BanyuU, île Gror.e, cap du Troc, etc.
Djstrib. : Méditerranée occidentale. Adriatique.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
233
PSEUDOBRYOPSIS Berthold in Oltmanns, 1904
Pseudobryopsis myura (J. Agardh) Berthold
Oltmanns, Morphol. u. Biologie der Algen, I, 1904, p. 303, fig. 190, 2-6. Boergesen,
Mar. Algae Canary Isl, I, 1925, p. 103. FeldmaNN, Note sur quelques algues marines de
Banyuls, 1929, p. 788. FIamel, Chloroph. côtes françaises, 1931, p. 70, fig. 22. Boergesen.
Mar. Algae from Bombay, 1935, p. 28. Bryopsis myura J. Agardh, Algae mar. Médit.,
1842, p. 20. Kützing, Tab. Phyc., t. VI, tab. 82, II. Zanardini, Icon. phycol. Adriat., I,
p. 137, tab. XXXII, B. Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 474. J. Agardh, Till Algernes
System., V, p. 28.
Cette espèce, relativement rare à Banyuls, vit en été (août, sep¬
tembre) dans les cuvettes ombragées, où elle forme de grosses touffes
muqueuses atteignant 15 centimètres de haut. Les échantillons ré¬
coltés portaient, sur leurs ramules, des gamétanges latéraux caracté¬
ristiques du genre. Ceux-ci sont de forme différente de celle attribuée
à cette espèce par BERTHOLD, qui les figure ovales et beaucoup plus
longues que larges.
Dans mes échantillons de Banyuls, les gamétanges insérés laté¬
ralement, vers la base des ramules, sont de forme plus arrondie, attei¬
gnant 1 10-120 de long et 70 à 90 r- de large. Leur sommet est de
plus nettement mucroné (fig. 31, A-D). Ce dernier caractère se re¬
trouve chez une autre espèce de Pseudobryopsis récemment décrit de
l’Inde : Pseudobryopsis mucronata Borgesen (Some Indian Green
and brown algae, I, 1930, p. 163, fig. 7). Grâce à l'obligeance de
M. le D' F. B0RGESEN, j’ai pu comparer le Pseudobryopsis de Ba¬
nyuls avec un échantillon de P. mucronata recueilli par lui à Bombay,
et constater qu’il s’agit bien de deux espèces différentes.
Outre les différences déjà indiquées par B0RGESEN entre son
Pseudobryopsis mucronata et le Pseudobryopsis myura , tel que le
décrivent les auteurs, le Pseudobryopsis de Bombay diffère en parti¬
culier du Pseudobryopsis de Banyuls par ses chloroplastes qui sont
ovales, de grande taille, mesurant 8-12 /* de long et pourvus d’un
pyrénoïde très net, alors que dans le Pseudobryopsis de Banyuls les
chloroplastes sont beaucoup plus petits (3-5 T- de long) et paraissent
dépourvus de pyrénoïde (fig. 31, E-F ).
Par la forme de ses gamétanges et la structure de ses chloro¬
plastes, le Pseudobryopsis de Banyuls paraît différer du Pseudo¬
bryopsis de Naples, étudié par Berthold. Chez ce dernier, en effet,
à en juger par la figure 6 (loc. cit.) représentant une germination, les
chloroplastes paraissent de plus grande taille et pourvus d’un pyré¬
noïde.
S’il s’agit de deux espèces distinctes, il y aurait lieu de rechercher
laquelle des deux doit conserver le nom spécifique de myura, créé par
J. Agardh pour une algue récoltée par lui à Amalfi, Livourne et
234
J. FELDMANN
aux environs de Nice. La question sera difficile à résoudre, car les
deux formes de Banyuls et de Naples ont le meme aspect macrosco¬
pique et les échantillons d'herbier de Pseudobryopsis ne se prêtent
guère a une étude m, c ros c opi que; j’ai examiné, à 0 ^^^^ frag¬
ment d un échantillon de Bryopsis myura récolté par J Agardh et
conserve dans les herbiers du Muséum de Paris, sans réussir à Zver
gametanges et sans pouvoir préciser la forme des chloroplastes.
que fr PsëÙl a /,?V M ' 6 D B0R( f ESEN a bien voulu nie faire savoir
que le ' seudobryopsis myura récolté par lui aux Canaries possède
et In 5 deS - ga T tang u mucronés ' que ses chloroplastes som petits
sans pyreno.de visible comme ceux du Pseudobryopsis de Banyuls.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Canaries.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
235
Derbesiaceae
DERBES1A Solier, 1847
Derbesia Lamourouxii (J- Ag.) Solier, 1847
Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 476. Funk, Algenveget. Golfs von Neapel, 1927,
fig. 19, B. Bryopsis Balbisiana var. w Lamourouxii. J. Agardh, Algae mar. Médit., 1842,
p. 18. Derbesia Balbisiana Hamel, Chloroph. côtes françaises, 1931, p. 72, fig. 23, 1.
Cette espèce est assez fréquente
sur les rochers, dans les stations om¬
bragées, près du niveau. Elle se ren¬
contre toute l’année, mais surtout en
été.
Dans certains bacs bien éclairés
de l’aquarium du Laboratoire Ara-
go, le Derbesia Lamourouxii est
extrêmement abondant et bien fruc¬
tifié pendant la plus grande partie
de l’année. En hiver (janvier-fé¬
vrier), il est stérile et porte d’abon¬
dantes proliférations verticillées com¬
parables à celles figurées par Funk.
Cette algue se maintient depuis
plusieurs années dans ces bacs, où
je l’observe à chacun de mes séjours.
Son introduction doit remonter assez
loin, car elle existait déjà dans ces
bacs en 1907, comme le prouvent des
échantillons récoltés à cette époque
par JoUBIN, et conservés dans l’herbier du Muséum (cf. FELDMANN,
1936).
Les filaments, dans mes échantillons, mesurent 300 h de dia¬
mètre, et les sporanges sphériques 600 h-. Dans tous les échantillons
de Banyuls que j’ai observés, j’ai toujours trouvé des chloroplastes de
très petite taille : 2-3 /* de long, 1 de large et toujours dépourvus
de pyrénoïde. Le suc cellulaire renferme généralement des cristal¬
loïdes protéiques analogues à ceux étudiés récemment par E. CHEMIN
(1931), chez les Cladophora (fig. 32, jB-C).
Loc. : Banyuls, aquarium du Laboratoire, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée, Adriatique, Atlantique, de Biarritz à Tanger, Californie.
Fig. 32. — A, Filament de Derbesia
nuissima (De Not.) Crouan montrant
Jes gros chloroplastes pourvus d'u
pyrénoïde, X 700 ; B, C, Chloro¬
plastes petits et sens pyrénoïde et crys-
talJoïdes protéiques du Derbesia La¬
mourouxii (J. Ag.) Sol., X 700.
Derbesia tenuissima (De Notaris) Crouan
BoERGESEN, Mar. Algae from Canary Isl., I, 1925, p. 107, fig. 45. Hamel, Chloroph.
côtes françaises, 1931, p. 73, fig. 23, II-III. Derbesia marina Solier non Kjellman.
Bien distinct de l’espèce précédente par ses filaments beaucoup
236
/. FELDMANN
plus grêles, larges de 30 à 50 /*, ses sporanges ovoïdes, longs de 210 F-
et larges de 1 10 /*, et par ses chloroplastes beaucoup plus grands, fusi¬
formes, pourvus d’un pyrénoïde (fig. 32, A).
Cette espèce se. rencontre assez rarement à Banyuls, le plus sou¬
vent epiphyte sur diverses algues dans les cuvettes en communication
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
avec la mer et dans les stations calmes et ombragées. Je ne l’ai obser¬
vée qu’en été (août, septembre), assez rarement fertile (en août).
Loc. : Banyuls, aquarium, cap du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique tempéré (de la Manche aux Canaries).
Codiaceae
PSEUDOCHLORODESMÏS Boergesen, 1925
Pseudochlorodesmis furcellata (Zanardini) Boergesen
Boergesen, Mar. Algae from Canary Isl., 1. 1925, p. 78, fig. 30-34. Hamel, Chlo-
roph. côtes françaises, 1931, p. 75. Bryopsis furcelL«a Zanardini, Icon. phycol. Adnat., I,
p. 135, tav. 32, A. KüTZING, Tab. Phyc., vol. VI. tab. 71. II. Hauck. Meeresalgen. 1885
p. 475. Derbesia (?) furcellata Ardissone, Phycol. médit., II, 1886, p. 161. Derbesia (?)
Jubia Feldmann, Contrib. fl. algol. Algérie, 19j>1. p. 207, pl. IX.
Cette algue se présente sous l’aspect de petites touffes gazon-
nantes d’un vert sombre, hautes de 1 à 2 c/m., atteignant rarement
3 centimètres. La base est formée de filaments rampants irrégulièrement
ramifiés, présentant des constrictions irrégulières (fig. 33, A). De cette
base s’élèvent des filaments dressés, généralement simples, présentant
parfois une ramification dichotome plus ou moins irrégulière vers leur
extrémité (fig. 33, B). Ces filaments mesurent, vers la base, 30-70
de diamètre; ils s’élargissent ensuite progressivement et atteignent
90-125 et parfois 150 a de diamètre dans leur partie supérieure.
Les filaments dressés présentent à leur base des constrictions annu¬
laires, mais celles-ci font défaut au niveau des dichotomies de la par¬
tie supérieure. Les filaments possèdent parfois des cloisons de cicatri¬
sation, lorsque leur extrémité a été détruite, la partie non lésée du
filament peut alors continuer à se développer et s accroît à 1 intérieur
de l’enveloppe formée par la partie morte du filament (fig. 33, C-D).
Les chloroplastes, très petits, ovales, allongés, mesurent 2-3 n de long ;
ils sont dépourvus de pyrénoïde (fig. 34).
Je n’ai pas observé d’organes reproduc¬
teurs, qui sont inconnus jusqu’ici dans le genre
Pseudochlorodesmis.
Comme on le voit par cette description,
mes échantillons paraissent bien devoir se
rapporter au Pseudochlorodesmis furcellata,
mais ils diffèrent des exemplaires décrits par
quelques caractères. Les filaments de la
forme de Banyuls atteignent 1 50 ^ de dia¬
mètre, alors qu’ils ne mesurent que 70-90 p
dans la var. canariensis de B0RGESEN, et
seulement 90-100 m dans l’échantillon d’A¬
jaccio étudié par cet auteur; pourtant, Hauck indique, pour la forme
°0Q
00 0(30 00
Afin 0 00
4 0o O 000°
0 0»
0 O 0
ogo
0 0 °
Fig. 34. - - Chloroplastes
du Pseudochlorodesmis fur-
cellata (Zan.) Boerg.. X‘/87.
** 0 0
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0 o
0 °
*0 O'?
0
>° K 0
238
J. FELDMANN
de l'Adriatique, une largeur de 60-120 /<. De plus, la hauteur de mes
échantillons, qui peut atteindre 3 centimètres, est bien supérieure à celle
observée par Bgrgesen dans ses échantillons, mais elle correspond
bien avec les dimensions données par Hauck. Une autre différence
réside dans la ramification : dans mes exemplaires, la plupart des fila¬
ments dressés sont simples, alors que les échantillons méditerranéens
étudiés par BORGESEN présentent des filaments plusieurs fois ramifiés
dichotomiquement. Il s’agit, en somme, d’une espèce assez polymorphe.
L’algue que j’ai décrite sous le nom de Derbesia (?) dubia, dans
un précédent travail, ne me paraît pas distincte du Ps. furcellala. Je
1 en avais séparé à cause de la plus grande largeur de ses filaments
atteignant 150 f- de diamètre, et de sa ramification dichotome plus
divariquée que dans les échantillons figurés par BORGESEN.
Par contre, 1 attribution au Pseudochlorodesmis furcellala de
la plante de Toulon que j’avais figurée (loc. cit., pl. IX, fig. C) sous
ce nom, par comparaison avec le Derbesia (?) dubia, me paraît
inexacte. Il s’agit d’une algue très grêle, ayant le port du Derbesia
tenuissima et dont les filaments mesurent 50-60 F de diamètre; ceux-ci
sont ramifiés dichotomiquement dans leur partie inférieure et pré¬
sentent des constrictions régulières au niveau de ces dichotomies. Dans
leur partie supérieure, ces filaments ne sont pas ramifiés. Peut-être,
s agit-il d’une forme entièrement filamenteuse et dépourvue de pal-
mettes de YUdotea minima Ernst, espèce difficile à distinguer, en
cet état, du Pseudochlorodesmis.
Le Pseudochlorodesmis furcellala se rencontre à Banyuls toute
l’année, il est fréquent sur les Mélobésiées ( Pseudolilhophvllum
expansum en particulier) draguées entre 10 et 30 mètres de fond.
Je 1 ai également récolté près du niveau, sous un surplomb, dans une
station obscure, mais il est beaucoup plus rare dans ces conditions.
En juillet 1932, j'ai observé, dans certains filaments de Pseudo¬
chlorodesmis dragués au cap l’Abeille, de nombreux infusoires ciliés,
de forme lancéolée, qui remplissaient complètement les filaments qui,
dans les^ régions envahies, ne présentaient plus trace de plastes. Ce
fait est à rapprocher de l’existence d'infusoires dans les cellules de
Valonia signalée plus haut.
Loc. : Cap Bear; Banyuls, cap Oulleslreil,
DlSTRIB. : Méditprranpp nr/Mrl«nt„lo AJ.;,
--,— ™ cap du Troc, cap l'Abeille, cap Rederis.
Méditerranée occidentale, Adriatique, Canarien, Açores
ÜDOTEA Lamcuroux, 1812
Udotea petiolata (Turra) Boerg.
Boergesen, Mar. Algae from Canary Isl I 1925 n Hd M, u[l c-li i ,
cote, françaises, 1931. p. 78, 6g. 25 a. FU*,i pe ioïnt T™ A e, E S "c
Cod.aceae of the Siboga Exped., 1911, p 48 lab IV B 79 MU . V,'
mour.) Decaisne. Hauck, Meeresalgen. Wi p. 481.’ ^ ^ ° Desfontamn ( La ‘
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
239
Très fréquent entre 10 et 35 mètres, sur les rochers, les Litho-
thamniées et les algues, plus rare près du niveau, dans les stations
obscures, les surplombs, parfois dans des cuvettes très ombragées.
Cette algue est généralement envahie par des épiphytes variés :
Mélobésiées encroûtantes, petites Callithamniées et surtout Cyanophy-
cées.
Se rencontre toute l’année à l’état stérile (les organes reproduc¬
teurs sont inconnus). E.n hiver, la plupart des individus sont îéduits
à leurs stolons rampants et à leurs stipes dressés, dépourvus d’expan¬
sion flabelliforme.
Loc. : Cap Bear; cap du Troc, cap l'Abeille, cap Rederis, cap Peyrefitte.
DlSTRIB. : Méditerranée et parties voisines de 1 Atlantique, Canaries, îles du cap Vert.
HALIMEDA Lamouroux, 1812
Halimeda Tuna (Ellis et Solander) Lamouroux
KüTZING, Tab. Phyc., vol. Vil, tab. 21, 4. ZANARDINI, le. phyc. adriat., tav. 112.
E.-S. Barton. Genus Halimeda , 1901, p. 11. pl. 1, fig. 1-6. Funk, Algenveget. Golfs von
Neapel, 1927, Taf. V. Hamel, Chloroph. côtes françaises, 1931, p. 81, fig. 26.
La f. typica Barton est assez fréquente à Banyuls, près du
niveau, sur les rochers à fleur d’eau et les surplombs, ainsi que dans
les cuvettes assez profondes, beaucoup plus rare en profondeur, où
elle est remplacée par la f. platydisca (Decaisne) Barton, qui est très
abondante entre 12 et 35 mètres, sur les fonds rocheux et les concré¬
tions coralligènes, où elle se rencontre toute l’année. Cette forme atteint
14 centimètres de haut, et ses larges articles reniformes mesurent jus¬
qu’à 30 millimètres de large et 15 millimètres de haut.
Une forme intermédiaire entre la f. t\)pica et la f. platydisca. se
rencontre près du niveau, sous les surplombs obscurs.
Je n’ai jamais observé d’organes reproducteurs.
Loc. : f. tÿpica : cap Béar; cap Doune, île Grosse, anse du Troc, rech. de Milan.
— f. platÿdisca : caps Béar, du Troc, Peyrefitte. l'Abeille et Cerbère.
DlSTRIB. : Toutes les mers chaudes.
C0D1UM Stackhouse, 1 797
Codium difforme Kütz.
KüTZING, Tab. Phyc., vol. VI, tab. 99. Bornet, Algues de Schousboe. 1892, p. 33.
O.-C. Schmidt, Beitràge zur K. der Gattung Codium, 1923, p. 31, fig. 13. Boergesen,
Mar. Algae Canary Isl., I, 1925, p. 52, fig. 38. Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931,
p. 87, fig. 27, b. FeldmaNN, Contrib. fl. algol. mar. Algérie, 1931, p. 207, fig. 4, A.
Abondante en profondeur, entre 12 et 30 mètres, sur les rochers,
les Lithothamniées et les concrétions coralligènes. On rencontre toute
hémisphériques isolés, larges de 2 à 4 cm., ou parfois confluents et
présentant souvent des digitations dressées courtes et épaisses. Près du
240
/. FELDMANN
niveau, le Codium difforme croît dans les cuvettes ombragées en
communication avec la mer et sous les surplombs.
Les utricules de la plupart de mes échantillons mesurent 200-
300 m de diamètre et atteignent 1.300 m de longueur. Néanmoins, j’ai
récolté, dans une cuvette ombragée, au cap du Troc, un Codium
adhérent formé de colonies d’individus plus ou moins confluents, irré¬
gulièrement mamelonnés, dont les utricules sont nettement plus petites
que celles de la forme typique du Codium difforme. Elles ne mesurent,
en général, que 100 à 150 m de diamètre, et les plus petites n’atteignent
que 80 m. Ces dimensions correspondent assez bien à celles de la
f. intermedia du Codium adhaerens Ag., décrite par B0RGESEN, des
Canaries (loc. cit, p. 90, fig. 35-37), et que j’ai retrouvée en Algérie
(loc. cit., p. 207, fig. 4, C). Je crois pourtant pouvoir rapporter mes
échantillons de Banyuls au Codium difforme , dont ils se rapprochent
beaucoup par leur morphologie externe. De plus, le Codium adhae¬
rens type n’existe pas à Banyuls et n’est connu dans la Méditerranée
que des côtes d’Algérie.
Le Codium difforme se rencontre à Banyuls pendant toute
l’année; il est fertile (gamétanges) en été (août, septembre).
Loc. : Cap Bear; cap du Troc, cap l’Abeille, cap Rederis; Cerbère.
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique tempéré, Antilles.
Codium Bursa (L.) C. Agardh
O.-C. Schmidt, Beitrage zur Kenntnis der Gattung Codium 1923, p. 26, fig. 11.
Hamel, Chloroph. des côtes françaises, 1931, p. 87.
Cette espèce est très abondante à Banyuls, à partir de 2-3 mètres
de profondeur jusqu’à 40 mètres, fixée sur les rochers, les Cystoseira ,
les Lithothamniées et les Cystoseira. Cette algue forme des coussinets
l’année des individus de toutes tailles, depuis 5 mm. de diamètre
jusqu’à 25 cm. Le Codium Bursa est généralement envahi d’épiphytes
variés et nombreux, et dont les filaments ou les rhizoïdes pénètrent
entre les utricules du Codium. Il y a heu de citer, en particulier, les
nombreuses Cyanophycées rouges qui vivent entre les utricules de cette
espèce et du Codium difforme , et qui appartiennent, pour la plupart,
à des espèces spéciales, qui ne sont connues que vivant sur cet hôte.
Les gamétanges du Codium Bursa sont abondants dans les individus
récoltés en novembre-décembre; je ne les ai pas observés en été, époque
à laquelle fructifient les autres espèces de Codium.
Loc. : Cap Béar, cap l’Abeille, etc...
DlSTRIB. : Méditerranée, Adriatique, Atlantique (de l'Irlande aux Canaries).
Codium dichotomum (Hudson) Setchell
SETCHELL, Some Early Algal Confusions, 1931, p. 357. Spongia ilicholoma Hudson,
1762, Spongodium dichotomum Lamouroux, Codium tomentosum Slackhouse. O.-C. Schmidt,
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈ.RES
Beilrage
franç
zur Kennlnis dei
, 1931. p. 88.
Gallung Codium, 1923, p. 39. Hamel. Chloroph. de. côle.
Assez rare aux environs immédiats de Banyuls, où il se rencontie
dans les cuvettes et sur les rochers, près du niveau, dans les stations
calmes et ombragées. Extrêmement abondant dans le port ée Por-
Vendres. Paraît très rare en dragage; je ne l’ai rencontre qu une seule
fois dans ces conditions, par 25-26 mètres au cap Bear.
Se rencontre toute l'année. Fertile (gametanges) en aout-sep-
tembre. _ .ci
Loc. : Collioure; Port-Vendres; cap Bear; Banyuls, cap Doune, anse des Limes,
cap du Troc.
DlSTRIB. : Sans doute
répandu dans toutes les mers chaudes et tempérées.
Phyllosiphonaceae
: i
OSTREOBIUM Bornet et Flahault, 1889
Ostreobium Queketti Born. et Flah.
Bornet s, Flahault. Su, quelque» piaule» viv.nl dan, le lest caleaire des mollusque».
1889, p. 15. pl. ix. 6g. 5-8. Hamel, Ctiloroph. des côle» française», 1951, p. 90, ng. il. g.
Cette algue perforante est assez fréquente dans les coquilles
mortes, et, en particulier, dans celles d 'Anomia ep/uppium, draguées
à 2-3 mètres et 12-15 mètres de profondeur.
Observée en janvier et en mai, elle se rencontre sans doute toute
l’année.
Loc. : Banyuls. anse et cap du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée. Atlantique nord. Sans doute cosmopolite.
Source : MNHN, Paris
TROISIÈME PARTIE
PHAEOPHYCEAE
Nos connaissances sur le cycle évolutif de beaucoup de genres
de Phéophycées sont encore trop imparfaites pour qu il soit possible
d’établir, dès maintenant, une classification définitive, ou tout au
moins durable, de ce groupe. , _ , , ry .
Si un certain nombre d’ordres comme les Fucales, les Dictyo-
tales et les Cutlériales, ainsi que ceux créés par SauvagEAU, ou tout
au moins établis en partie d’après ses travaux (Laminanales, Desma-
restiales, Sporochnales, etc.), sont bien homogènes, d autres ren¬
ferment, sans doute, des éléments hétérogènes et des recherches ulte-
rieures permettront de les subdiviser. C est le cas, en particu 1 er, es
Ectocarpales, meme divisées en Ectocarpales proprement dites (Lc-
tocarpales haplostichales) et en Punctariales (Epolyst,châles).
J’ai adopté ici la classification suivie par G. HamEL dans ses
Phéophycées de France (1931, ...), en cours de publication.
Ectocarpales
Ectocarpaceae
ECTOCARPUS Lyngbye, 1819
Ectocarpus siliiulosus (Dillwyn) Lyngbye
Kuckuck, Ectocarpus-Ar,en de, Kiele, Fohrde, 1891. p. 15. 6g. 1, 2. Hamsl, PWéo-
phycées de France, 1931, p. 21, fig- 3.
Cette espèce est fréquente près du niveau, dans les stations
calmes, sur les rochers, ou le plus souvent épiphyte sur diverses algues,
en particulier : Cystoseira et Scytosiphon. Je l'ai également observee
sur Phyllaria reniformis et Porphyra leucoshcta. Elle se rencontre,
pourvue de sporanges pluriloculaires, de décembre à juillet.
Loc. : Port-Vendre,; Banyuls. Ile Grosse, cap du Troc, cap l'Abeille; Cerbere.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord.
244
]. FELDMANN
Ectocarpus confervoides (Rcth) Le Jol.
Ki ""
Souvent réunie par les auteurs à l’espèce précédente. Les échan¬
gions bien caractérisés se distinguent assez facilement, en particulier
par la teinte rouille que prend la plante en se desséchant,'alors que
1 E. sihculosus devient d un vert olivâtre, et par ses sporanges plus
courts, atteignant a peine une centaine de a, alors que VE. slliculosus
?™L deS j p ° ranges mesurant dans mes échantillons de Banyuls,
jusqu a jUU /* de long.
, ,V £ ' con f e ™°“les vit dans les mêmes conditions que l'espèce
precedente : sur les rochers ou sur les algues, près du niveau, je l’a!
récolté pourvu de sporanges plunloculaires de janvier à juin.
oeft pV™ 932 ’ i a> draSUé ’ P3r 20 ~ 25 mètres ' au ca P Bear, un
petit Ectocarpus epiphyte, qui me paraît devoir être rapporté à cette
espece, mais c est la seule fois où je l’ai recueilli en profondeur.
DISTRIB. : Méditer“'néè! P A^Miq U B™rj!' G '“"’ “ P * TwC -
Ectocarpus fasciculatus Harv.
1892, ^ A 3Tp].?V C BottœsEN 2 M r S *Al ACE4U f S c“ r 3” lque, al 6"“ parasite,
Hamel. Phi^. de F?.“ê1931 „“ ïV"™' 1 l902 ' p ' - 409 ' fi « 7 <>- 7 '-
1932. p. 62. p l XI, fi g , 23-25. ’ 2> ' &S ' 5 ' ' 3 ' Kn1cht and Parke ' Manx Algae,
févriei' zu'r^C “f 5 “ pèce se ule fois près du niveau, en
ner au cap Cas tell. Par son port et sa structure, la plante de
Banyuls correspond bien à celle décrite et figurée par Harvey et les
2- E f f ° rma, ‘ de petiteS t0ufc Penses, hautes S
ver, 1^,' , fila, " en ‘ S ’ prest î ue nus dans leur partie inférieure, portent,
vers leur extrémité, des rameaux fasciculés et ramifiés, qui donnent à
la plante un aspect caractéristique. uonnent a
l?n LC ! , Sporang , es plunloculaires sont coniques, longs de 1 10 à
120 a et larges de 30 à 35 a, ils son, pédicellés à pld.cefle tantôt
un,cellulaire tantôt formé de 4-5 cellules ou même plus LsH
isposes le plus souvent en séries sur un côté des rameaux Les spo
anges uniloculaires se rencontrent sur les mêmes individus que les
p ranges plunloculaires, et parfois sur le même rameau mais ils
sur 2 p oHo ra ; es de l:;: 1 (fig ile 35 o i des B e ; i tr ent I1 î 50 ': de ,ons
contiennent plusieurs^hrimatophorel’ruSnés
L Ectocarpus fasciculatus est une algue plutôt septentrionale
qui paraît assez rare dans la Méditerranée. Bien qu’elle ait cftée’
par Ardissone a Genes et à Villefranche (Phyc. médit., Il, p. 69 ),
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
US
35. - A, Ectocarpm fasciculatus H»,v. X 100 ; B, idem, détail d un filament portant
un sporange uniloculaire et un sporange plunloculatre, X 454; C. Ecloeorpus M
chellae Harvey, meio.por.nge, X 454 t D. E, Ecfocorpus LM, (Aresch.) Cm..
Anthéridie et sporange pluriloculaire, X 454.
246
/. FELDMANN
elle n’est pas mentionnée dans cette mer par G. Hamel; néanmoins,
mes échantillons de Banyuls me paraissent bien appartenir à cette
espèce.
Loc. : Banyuls, cap Castell.
Distrib. : Atlantique nord, Méditerranée.
Ectocarpus Mitchellae Harvey
D l851 ’ p ' 141 P*- XIL G - 8»£»0E1I», Mar. Algae
D.auh W. Indre,. I. 19N p. 162. 6g. 129-130. Setchele .„d Cardnek. M.r AlL
rai tC „ CC |65 8 n °p h '; 25 ' P '- 428 ' Bo “° E5EN - S »™ I»J»n iteen and brown Algae,
in , , ï, 8l £e, ““ r P‘“ virescens Thurel in SAUVAGEAU, Sur 1 '£ virescens 1896
?928 7, S*®' | B ° ERCE5EN ’ “"• AI S»e »f Canary I,|„ H, p . |8, 6g. 9-10. SvEDELiUs'
Sg M i3- 6 |6 ” 4 ' SAUVACEAU ' S " r laïque, algues Phéo.porées de Cuéthary, 1933. p. 66.'
L Ectocarpus virescens, dont Sauvaceau avait indiqué la pré¬
sence probable dans la Méditerranée, a été signalé pour la première
, dans cette mer par P. Danceard, à Banyuls. Je l’ai observé,
très abondant en hiver (décembre-février), dans le vivier du Labora¬
toire Arago, dans des stations calmes, à peu de profondeur. Il formait
de larges touffes d un brun foncé sur le vivant, devenant vert olivâtre
par dessiccation.
Mes échantillons portaient de nombreux méiosporanges sessiles,
allonges, cylindriques, à extrémité obtuse, longs de 100-110 a et
arges de 20-25 6 (fig 35, C). Je n’ai pas observé de mégasporanges,
qui sont plus rares, et, dans l’océan, ne se rencontrent que pendant
1 ete. Cette espece paraît identique à l 'Ectocarpus Mitchellae décrite
d Amérique par Harvey, antérieurement à la description de Sau-
\ AGEAU. Borgesen, qui a soigneusement étudié les deux plantes,
conclut a leur identité. Le nom d'£. virescens doit donc céder le pas
devant celui d E. Miichellae créé antérieurement.
Loc. : Banyuls. dans le vivier du Laboratoire.
MÏûîiSî^ * F ™“’
Ectocarpus granulosus (Engl. Bot.) IC. Agardh
Atgeo. Tz d "
Labo^irf Cette T Ce , en JUin ,933 ' sur la bateau du
Laboratoire Arago et dans le port de Collioure, épiphyte sur Enie-
romorphaLmza. Elle vit dans les stations calmes, assez ombragées et
supporte bien une certaine pollution de l’eau. 8 ’
Cette algue est bien caractérisée par ses ciiromatophores discoïdes
*ssiles me o a v“de° PPOSeS °“ ™ pluriloculaires
-essiles, ovoïdes ou presque sphenques, inéquilatéraux, et atteignant
dans mes échantillons, jusqu à 90 p de long.
Loc. : Collioure; Banyuls.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique nord.
247
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÊRES
Ectocarpus Lebelii (Areschoug) Crouan
Crouan. Fl. Finistère, 1867, p. 163. Sauvageau, Obsen
p. 21, lîg. 2-6. Hamel, Phéoph. de France, I, I9>l. P-
(Aresch.) Batters.
sexual. Phéosp., 1896-97,
fi g . 11. Cifiordia Lebelii
Cette petite espèce, qui, par son port, rappelle un Elachista, vit
à Banyuls sur les Cÿsioseira elegans et abrotamfolm. Sa base, formée
de filaments serrés en forme de coin, pénètre dans les cryptes piliteres
de ces Cÿsioseira. , , ,
Les sporanges, localisés dans mes échantillons vers la base de la
plante, sont pédicellés et de deux sortes : les uns sont des anthendies,
les autres des sporanges pluriloculaires. Ces deux sortes d organes
coexistent dans mes échantillons. Sporanges pluriloculaires et anthe-
ridies sont de même forme et de mêmes dimensions : ils sont ovoïdes
ou cylindriques, à sommet obtus, et mesurent 80-100 A de long et
30-35 de large (fig. 35, D, £). L ’Ectocarpus Lebeln vit à Banyuls
au début de l’été, de mai à juillet.
Cette espèce est fréquente dans l’Atlantique, où elle vit le plus
souvent sur le Cÿstoseira ericbides Ag. Elle n avait jamais été signa¬
lée sur les C. elegans et abrotamfolm, et elle était inconnue dans la
Méditerranée; néanmoins, elle y avait déjà été récoltée ainsi que me
l'a fait savoir C. SAUVAGEAU (in litt.), qui l’a observée sur des échan¬
tillons de Cÿsioseira elegans ou selaginoides recueillis par lui a
Antibes, en 1899.
Loc. : Port-Vendres; Banyuls, île Grosse, cap du Troc. , x
Distrib. : Méditerranée occidentale. Atlantique, du sud de 1 Angleterre a langer.
Ectocarpus paradoxus Mont.
Montagne in Moris et de Notaris, Fl. Caprariae 1840, p. 175. Boercesen. Mar
Al» Canary II 1926. p. 43, 5g. 22-25. Hamel. Phéoph. de France. I 1931. p 47, 6g 14.
EcL«e“‘, J- Agardh. Alg. m„. Médit., 1842. p. 26. Haucr. Meeresalgen.
1883, p. 327.
Cette algue forme de petites touffes globuleuses très denses, de
consistance muqueuse et de couleur brun jaunâtre assez clair.
Cette espèce vit en été (de mai à octobre) sur le Cÿsioseira medi-
terranea, sur lequel elle est très abondante, et il est rare de trouver
des échantillons qui n’en portent pas, généralement toutes les extré¬
mités de rameaux soni envahies. Par son port et son aspect, Lct.
paradoxus ressemble à l’£ci. Lebelii, dont il se distingue facilement
par l’absence d’anthéridies, la taille plus élevée de ses touffes et le
diamètre plus grand de ses filaments.
Loc. : Collioure; Port-Vendres; Banyuls, île Grosse, cap l'Abeille, etc...
Distrib. : Méditerranée, Canaries.
248
J. FELDMANN
Ectocarpus irregularis Kütz.
sch„u Sb oo“ê P T t. bS^n p m,“-.^s c „s m 4 B r ET ' Alg -
p OL 4™Ti3 Morph - - Bid ' d " A1 - “• 4 STTiirââ If'ÆfTMî;
Espece très abondante à Banyuls sur les algues : Cpstoseira,
Nemahon Scptosiphon, les feuilles de Posidonies et les rochers, sur
lesquels elle forme parfois des gazons très étendus dans les stations
calmes, situées près du niveau et émergeant parfois à basse mer.
Les filaments de cette algue sont irrégulièrement ramifiés et
enviro n n e 25Îd n T breUS r eS Z ° neS ^ croissance intercalaire, ils mesurent
environ 25 r de large. Les sporanges plunloculaires sessiles, lancéolés
et in équilatéraux mesurent 70-75 de long et 30 à 35 P de large
porteu^d" 865 UmloculaI f es .. son ‘ fréquents sur les mêmes individus
porteurs de sporange» plunloculaires, ils sont ovoïdes et mesurent
50 a 60 g de long et 45-50 de large. mesurent
L Ectocarpus irregularis se rencontre à Banyuls, en hiver et au
printemps (de décembre à juin). J’ai observé les sporanges uni- et
plunloculaires sur es memes individus en janvier, février et mars Les
" débU ‘ de JUin ^ sur Nemalion hel-
minthoides) ne m ont montre que des sporanges plunloculaires
d " , ile Gr “"’ “P d “ Troc.
’ allanlrques d’Europe, d» lAngle.err, au* Canaries.
Ectocarpus Battersii Bomet var. meditetranea Sauvageau
Ca„.r ï S îrS U 'p N 36"fi“ r i« £ n 1895 P 4. 6g. 1-3. Boergesen, Mar. Alg.
y, , ivzo, P . ib, fig. 18-21. Hamel, Pheoph. de France, I, 1931, p. 52, fig. 16.
A en juger par les indications des flores, il s’agirait d’une espèce
rare, la forme type n’est connue que de deux localités : Guéthary
(Sauvageau) et Sidmouth (Batters et Buffham) ; la var. medi-
lerranea n est signalée que dans trois localités: Sidi-Ferruch (Debray)
et Cherchell (!), en Algérie et aux Canaries (Borgesen) ; elle
n avait jamais été signalée en France. En réalité, il s’agit d’une
espece sans doute fréquente, mais qui, grâce à sa petite taille, passe
facilement inaperçue. ^
„ , A Banyuls ’ “tte algue est fréquente sur les Taonia atomaria
âges, en mai et juin, sur lesquels elle forme un gazon court, haut de
1-3 millimétrés, surtout abondant à la base de la plante. Je n’ai
observe que des sporanges plunloculaires. Mes échantillons corres¬
pondent bien a ceux que j ai récoltés à Cherchell et aux figures publiées
par Sauvageau et Borcesen. punîmes
Loc. : Banyuls. lia Grosse, cap du Troc
.itandqnerS'Lnc^^e^t U ~ ——* *-
A LC U ES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
249
Ectocarpus Valiantei Bornet in Sauvageau
SAUVAGEAU, Sur quelques algues Phéosp. parasites, 1892, p. 19, pl. II, fig. 8-10.
Hamel, Phéoph. de France. 1. 1931, p. 60, fig. 18 F. Streblonema Valiantei De Toni.
Ainsi que l'a indiqué SAUVAGEAU [1913], cette petite algue
produit des galles hémisphériques mamelonnées sur les rameaux du
Cÿstoseira mediterranea. D’après SAUVAGEAU, elle se rencontre à
Banyuls depuis la fin avril jusqu’en juin. Je l’ai également observée
en juin et juillet.
Loc. : Banyuls (Sauvageau), île Grosse, anse des Elmes.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, golfe de Gascogne.
Ectocarpus (?) criniger Kuckuck
Kuckuck. Ueb. ein. neue Phaeosporeen der Westl. Ostsee, 1895, p. 178, pl. VI,
fig. 1-11. Hamel, Phéoph. de France, I, 1931, p. 62, fig. 19, I.
Je n’ai pas observé cette espèce, qui diffère des Ectocarpus sensu
stricto par l’existence de vrais poils. Elle a été signalée à Banyuls
par SAUVAGEAU, qui l’a récoltée au début de mai sur le C))stoseira
barbata.
Loc. : Banyuls (Sauvageau).
DisTRIB. Méditerranée occidentale, Algérie, Adriatique, Baltique.
STREBLONEMA Derbès et Solier in Castagne, 1831
Streblonema sphaericum Derb. et Sol.
Derbès et Solier in Castagne, Supp. catal. pl. env. Marseille, 1851, p. 100.
Derbès et Solier, Mém. quelques points physiologie des Algues, 1852, pl. 22, fig. 5-9.
Reinke, Atlas deutsch. Meeresalgen, 1889, pl. 18, fig. 1. Sauvageau, Note prélim. algues
golfe de Gascogne, 1897, p. 38, fig. 2-3. Hamel, Phéoph. de France, I, 1931, p. 66,
fig. 20 a, b.
Cette espèce est très abondante sur le Liebmannia Leveillei pen¬
dant toute la période d’existence de son hôte, d’avril à juillet.
Dans les échantillons que j’ai examinés, je n’ai observé que des
sporanges uniloculaires.
Loc. : Banyuls, île Grosse, cap du Troc, etc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique, de l'Angleterre à Tanger.
STREBLONEMOPSIS Valiante, 1883
Streblonemopsis irritans Valiante
VALIANTE, Su una Ectocarpea parasitica délia Cysloseira opuntioidcs. 1883, p. 489,
tav. 38. Sauvageau, Sur quelques algues phéosporées parasites, 1892, pl. III, fig. 28-29.
Hamel, Phéoph. de France, I. 1931, p. 70, fig. 21. a et b.
Cette curieuse espèce, qui a déjà été signalée à Banyuls par
SAUVAGEAU, produit des galles de couleur jaune clair sur les ra¬
meaux du Cystoseira opuntioidcs. En avril 1932, j ai dragué, par
20-23 mètres, au cap Béar, plusieurs échantillons de Cystoseira opun-
250
/. FEI.DMANN
lioides portant de nombreuses galles de Streblonemopsis. Je n’ai pas
observé de sporanges, mais l'aspect des galles et la disposition réti¬
culée des filaments du Streblonemopsis à la surface de celles-ci cor¬
respondaient parfaitement aux beaux dessins de Valiante et de
Sauvageau, et ne permettaient pas de douter de l’identité de mes
échantillons avec le Streblonemopsis irritans.
Pour raison de priorité, De Toni (Sylloge III, p, 580) a cru
devoir désigner cette espèce sous le nom d 'Enlonema pénétrons
Reinsch. nom qui a été adopté ensuite par Funk et Ollivier. En
réalité, s’il est diificile de dire à quoi correspond YEntonema pénétrons
décrit et figuré par Reinsch (Contrib. ad Algol, et Fungol., 1875,
D I, pi. I), il semble bien, par contre, que cette plante soit différente
du Streblonemopsis irritons, puisque la plante de Reinsch pénètre
dans le tissu de l’hôte et qu’elle vit dans des Nitophyllées en ne pro¬
duisant pas de galles.
Loc. : Cap Béar ; Banyuls (Sauvageau).
Distrib. : Méditerranée occidentale (Banyuls et Naples).
Acinetosporaceoe
ACINETOSPORA Bornet, 1891
Acinetospora Vidovichii (Meneghini) Sauv.
p, . Sauvaceau, Les -dcmefoaporr, et la sexual. de, Tilopte,idées, 1889. p. 10. Hamel,
PheopE de France I 1931, p. 78, fig. 22, 4, 5. Ectocn pu, Videvlch.i Meneghini. KÜTZ.NC.
l.b Phyc, V,l„b. 56. fictocrrrpus cnmto Hauck. HapUpma gaminata (Menegh.) Bornet.
Haplaspora t , don, chu Bornel Noie sur quelques Eclocarpm. 1891. p. 363, pl. 8. H, le-
rospora Viaovicnu Kuckuck. Ueber Schwarm. sporenbildung. 1895, p. 290, taf. IV, fia. 1-20.
Cette espèce se rencontre à Banyuls, épiphyte sur les Corallines,
dans les stations battues, près du niveau. C’est une espèce de prin¬
temps, surtout abondante en mai-juin. Des échantillons récoltés en
juin portaient des monosporanges.
Loc. : Banyuls (Sauvageau), cap du Troc; Cerbère.
Distrib. : Méditerranée occidentale, Adriatique.
Myrionemafaceae
MYRIONEMA Creville, 1827
Myrionema strangulans Greville
r , , Bril " P 1 ' 29 °- Mÿrwucma vu!Bure Thurrt ,n Le lous ALues d-
Chrrhourg 1855, p. 82. HAUCK. Meeresalgen, 1885. p. 320. f.g |3I SauvacFAu Sui
quelques Myuonanraches. 1898. p. 25. kg. HaSel. Phéjphycéis dTÎSS,
Cette espèce est fréquente sur les Ulves et les Entéromorphes,
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
251
au printemps et en été (d’avril à octobre). Sporanges uniloculaires
observés en juillet.
Loc. : Collioure; Port-Vendres ; Banyuls; Cerbère.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord.
ASCOCYCLUS Magnus, 1874
Ascocycius orbicularis Q. Agardh) Magnus
SauvageaU, Sur les problèmes du Ciraudya, 1927, p. 13. Myrionema orbiculare.
J Agardh, Sp. Alg.. I, p. 48. Hauck, Beitr. zur Kenntra. adriat. Algen, 1879, p. 243.
Taf. 4, fig. 4-6. Meeresalgen, 1885, p. 321, fig. 132.
MAGNUS (Die bot. Ergbnisse der Nordseefabrt, 1874), en dé¬
crivant une petite Myrionématacée, épiphyte sur les feuilles de Zos-
tères de la mer du Nord, et qu’il supposait correspondre au Myrio-
nema orbiculare décrit par J. Agardh sur les feuilles de Posidonies
de la Méditerranée, montra que ces algues différaient des Myrionema
par la présence de filaments claviformes spéciaux (ascocystes de Sau-
VAGEAU), et proposa, pour ces algues, le genre Ascocycius, et, jus¬
qu’à ces dernières années, le nom d’ Ascocycius orbicularis (J. Ag.)
Magnus fut donné à la fois à la plante de la mer du Nord et à
celle de la Méditerranée, que tous les algologues considéraient comme
identiques. Mais, en 1927, SAUVAGEAU, en signalant que la plante
de la mer du Nord et de la Manche vivait sur les Zostères était
spécifiquement différente de celle vivant dans la Méditerranée sur
les feuilles de Posidonies, conserva pour cette dernière le nom d'Asco-
cyclus orbicularis, et proposa le nom d Ascocycius Magnusii pour la
plante de la mer du Nord étudiée par Magnus.
Dans un travail plus récent, Kylin (Ueber die Entwick. der
Phaeophyceen, 1933, p. 22) se montra d’un avis opposé. Pour lui,
le nom d'Ascocycius orbicularis doit être conservé pour la plante
vivant sur les Zostères de la mer du Nord, et c est celle de la Médi¬
terranée qui doit être baptisée de nouveau.
Cette interprétation ne me paraît pas conforme aux règles de
la nomenclature.
C. SAUVAGEAU, que j’avais consulté à ce propos, avait bien
voulu me communiquer les remarques suivantes en m’autorisant à les
publier :
« La notoriété de M. KYLIN mérite que son interprétation soit discutée
avec précision.
« Or, après avoir décrit l’épiphyte des Zostères de la mer du Nord,
Magnus dit expressément (page 73) :
« Si cette plante, comme je le suppose d’après le support ( Standort ) où
« on le trouve, et d’après la description, à vrai dire pas tout à fait suffisante
« d’ AGARDH, correspond au Myrionema orbiculare A g. des mers du Sud, dont
« je n’ai malheureusement pu avoir aucun exemplaire authentique pour faire la
« comparaison, et si elle ne représente pas plutôt une nouvelle espèce (je laisse
252
]. FELDMANN
« la question en suspens), elle ne saurait, en tous cas, rester plus longtemps
« dans le genre Myrionema; elle représente certainement un nouveau genre
« différent de celui-ci, que je nomme Ascocyclus. »
« Il est donc hors de doute :
« 1 11 Que Magnus rapproche la plante des Zostères de la mer du Nord
de celle des Posidonies de la Méditerranée, parce que l’une et l’autre possèdent
des fila clavata, éléments que j ai proposé naguère d’appeler ascocystes;
« 2° Que Magnus se demande si la plante des Zostères est identique
à celle des Posidonia , ou plutôt si elle ne représente pas une espèce nouvelle ;
« 3° Que, quelle que soit l’interprétation spécifique, l’ensemble des deux
plantes constitue pour MAGNUS le genre Ascocyclus;
« 4° Que la dissertation de Magnus étant faite dans un paragraphe
intitulé Myrionema orbiculare J. Ag., si les deux plantes appartiennent à une
même espèce, le vocable nouveau Ascocyclus orbicularis s’appliquera simulta¬
nément à 1 une et à 1 autre; si elles sont différentes, cette dénomination appar¬
tiendra à celle pour laquelle J. Agardh créa le nom spécifique orbiculare;
« 3 U Que les deux plantes étant spécifiquement différentes, celle des Zos¬
tères de la mer du Nord, plus récemment découverte, restait innommée. C’est
pourquoi j’ai proposé de l’appeler Ascocyclus Magnusii.
« A mon sens, K.YLIN interprète mal le texte de Magnus quand il dit
que la plante des Zostères est le type de l’espèce. Magnus ne connaissait la
plante d Agardh que par la description du Species Algarum; ce n’est pas une
raison pour que le nom générique ne lui soit pas appliqué, et s’il lui est appliqué,
elle conserve son nom spécifique. J’ai donc eu raison de donner un autre nom
spécifique à la plante de la mer du Nord, qui est d’ailleurs la meme que celle
de la Manche.
« La plante du Posidonia de la Méditerranée devra donc s’écrire :
Ascocyclus ( Myrionema J. Ag.) orbicularis Magn. (non Ascocyclus orbicularis
Kylin).
« Celle du Zosleia marina, de la mer du Nord et de la Manche, Asco¬
cyclus Magnusii Sauv. (Syn. Asco. orbicularis Kylin et pl. auct.).
« Villefranche, ! 9 septembre 1933. — C. Sauvaceau. »
L Ascocyclus orbicularis est un épiphyte à peu près constant au
printemps et en été, sur les feuilles de Posidonia. Ses thalles, larges
de 1 centimètre et plus, sont souvent confluents et couvrent parfois
toute la surface des feuilles à leur extrémité.
Comme 1 indique SAUVAGEAU (loc. cit.), « de nombreux et très
ongs poils donnent à l’ensemble un aspect blanchâtre et soyeux ».
Le thalle discoïde donne naissance à des poils, des ascocystes et des
spoi anges pluriloculaires (fig. 36). Les poils nombreux et très longs
sont, comme c est la règle chez les Myrionematacées, d’origine endo¬
gène, ils naissent soit directement des cellules du thalle rampant, soit
a extrémité d un court filament dressé. Les ascocystes très développés
sont tantôt sessiles, tantôt situés au sommet de courts filaments dressés,
généralement unicellulaires, mais parfois formés de quatre cellules.
Les ascocystes complètement développés sont claviformes et régu-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
253
lièrement atténués vers la base. Ils mesurent 120-130 h- de long et
15-20 p de diamètre dans leur plus grande largeur. Ils dépassent de
Fig. 36. — Ascocÿclus orbicularis (J. Ag.) Aresch. : A, B , sporanges pluriloculaires et
ascocystes; C, poil endogène à l'extrémité d'un filament dressé; D, E, F, C, ascocystes,
X 454.
beaucoup la hauteur des sporanges pluriloculaires. Ceux-ci sont cylin¬
driques, longs de 65-80 F, larges de 8-10 /*, et formés de logettes le
plus souvent unisériées. Je n’ai pas observé de sporanges uniloculaires.
L ’Ascocyclus orbicularis se rencontre toute l’année, mais est sur¬
tout abondant au printemps et en été. Il porte lui-même de nombreux
254
]. FELDMANN
épiphytes, en particulier le Giraudpa sphacelarioides et divers Méso-
gloiacées.
LoC. : Banyuls (Sauvageau), anse du Troc, etc...
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Tunisie.
Ascocylus conchkola Feldm. nov. sp.
FELDMANN, Algae mar. Médit, novae, 1935, p. 363.
Thallus orbicularis 1-2 m/m. diam. e filamentis radiantibus in
disco monostromatico ad conchas arcle adhérente et ascocystides, spo-
rangia plurilocularia, et pilos endogenos gerente, constitutus.
Ascocystides fere semper sessiles, juvéniles clavato-ovoideae
12-15 f latae, physodibus (seu granulis fucosanae) farctae, adultiores
vacuae, cylindraceae, 70-80 f longue, 8-/0 f latae, sporangia supe-
rantes.
Sporangia plurilocularia, cylindracea usque ad 60 n longa,
7-8 f crassa, loculis uni-vel biseriatis. Pili endogeni 6-8 f crassi.
Ab Ascocyclo orbiculari, stature minori, facile distinguenda, ab
A. Magnusii, thallo latiore ascocÿstidibus minoribus; ab A. hispanico
et foecundo thallo minore et forma ascocystidium differt.
Habitat in Mari Mediterraneo, in littore Ruscinonensi prope
« Banyuls » ad conchas, paulo infra superficiem maris.
Mensibus januario et julio legi.
J’ai récolté cette petite algue en fé¬
vrier et en juillet sur des coquilles mortes,
près du niveau, dans des stations calmes.
Elle forme de petits disques bruns
de 1-2 mm. de diamètre (fig. 37, C).
Les ascocystes sont nombreux, générale¬
ment sessiles sur le thalle rampant. Ils
varient beaucoup d’aspect selon leur âge;
dans les thalles jeunes ou à la périphérie
des thalles âgés ; ils sont de la même hau¬
teur que les sporanges pluriloculaires et
sont pyriformes et ovoïdes, mesurant, en
général, 12-15 F de large; dans les par¬
ties plus âgées, vers le centre du thalle,
leur taille dépasse celle des sporanges pluriloculaires, ils mesurent
70-80 F de long, ils sont longuement cylindriques et plus étroits que
les ascocystes jeunes, n’atteignant que 8-10 F de large (fig. 38).
Les ascocystes jeunes renferment de très nombreux physodes
(grains de fucosane), qui se présentent sous l’aspect de petits globules
sphériques réfringents, incolores, se colorant en bleu par le bleu de
crésyle et en rouge par la vanilline chlorhydrique.
Fig. 37. -— Dimensions comparées
des thalles chez Ascocÿclus or¬
bicularis (J. Ag.) Aresch. (A) ;
Ascocÿclus Magnusii Sauv. (B),
et Ascocyclus conchicola nov.
•p. (C). X 7.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
255
Cette structure du contenu des jeunes ascocystes est très nette chez
les échantillons vivants ou fixés par le formol. Chez les échantillons
secs ou conservés dans l’alcool, les ascocystes paraissent remplis d’une
matière amorphe colorée en brun.
Fig. 38. — Ascocÿclus conchicola nov. sp. : A, B, C, D, E, jeunes ascocystes renfermant
de nombreux physodes; F. C, H, /, J, ascocystes plus âgés, dont certains sont entièrement
vides; K, sporanges pluriloculaires vidés; dans l'un d'eux la cellule basale a donné
naissance à un prolongement. X 454.
A mesure que l’ascocyste grandit, le nombre des physodes di¬
minue et, finalement, l’ascocyste ayant atteint son complet développe¬
ment en est entièrement dépourvu. D’après CHADEFAUD (1932 et
1935), qui a étudié la cytologie de Y Ascocÿclus conchicola sur les
échantillons que j’ai récoltés à Banyuls, il y aurait excrétion de la
fucosane.
Les ascocystes des Ascocÿclus sont donc tout à fait comparables,
par leur contenu riche en physodes, aux cellules spéciales renflées du
Zoslerocarpus Oedogonium Bornet, récemment étudiées par SAUVA-
GEAU (1931, p. 89), et aux cellules de Yendo décrites par ce même
auteur chez les Laminaires.
Contrairement à ce qu’indique Miss M. Parke (1933, pp. 18
et 38), je n’ai jamais vu de poils naissant à l’intérieur des ascocystes
vides, qui, d’après elle, constitueraient les gaines basilaires de ces poils
endogènes.
Les sporanges pluriloculaires de Y Ascocÿclus conchicola sont
cylindriques, le plus souvent à logettes unisériées; ils mesurent, à l’état
adulte, 60 F de long et 7-8 F de diamètre. Ils naissent en général direc¬
tement à partir des cellules du thalle rampant; mais, parfois, ils pos¬
sèdent à leur base une cellule stérile, qui, souvent, prolifère à l’inté¬
rieur de la membrane du sporange après la déhiscence de celui-ci.
256
J. FELDMANN
Il existe également des poils endogènes dont le diamètre, assez
variable, est de 8 à 15 /*.
Par ses caractères, V Ascocÿclus conchicola se rapproche de YAs-
cocpc/us orbicularis et de YAscocyclus Magnusii. Par ses petits thalles
larges seulement de 1 à 2 millimètres, il se distingue facilement du
premier. Lorsque je l’ai récolté pour la première fois, j’avais cru avoir
affaire à VA. Magnusii, et j’avais fait part de cette récolte à M. G.
Hamel, qui a signalé, sur la foi de ce renseignement, VA. Magnusii
à Banyuls, dans ses Phéophycées de France. En réalité, je n’ai pas
observé le vrai Ascocyclus Magnusii à Banyuls, mais cette espèce est
à rechercher dans la région, puisque, d’après SAUVAGEAU, elle se ren¬
contre également dans la Méditerranée.
U A sco exclus Magnusii se distingue à première vue de VAsco-
cyclus conchicola par son habitat sur les Zostères, et ses thalles beau¬
coup plus petits encore que ceux de VA. conchicola et ne mesurant,
en général, que 300-500 f de diamètre (fig. 37, B).
Grâce à l’obligeance de M. SAUVAGEAU, j’ai pu étudier des
échantillons de cette espèce provenant de Cherbourg, qu’il avait bien
voulu me communiquer.
Outre sa taille plus réduite, VA. Magnusii diffère de VA. conchi¬
cola par ses ascocystes cylindriques et non subsphériques, à l’état
jeune, et de taille plus grande et d’ailleurs variable à l’état adulte,
mesurant, en général, 100-120 f de long et 12 à 15 m de large, mais
pouvant atteindre jusqu à 200 ^ de long. Par ces dimensions, ils se
rapprochent de ceux de YAscocyclus orbicularis, mais ils en diffèrent
par leur forme plus cylindrique et plus étroite (fig. 38).
Les poils endogènes sont plus gros que ceux de YAscocÿclus con¬
chicola et mesurent 8-12 f de diamètre.
Les sporanges pluriloculaires sessiles ou pédicellés mesurent
40-60 f de long et 8-10 f de large (fig. 38, F, L, M).
L’existence de sporanges uniloculaires chez cette espèce, de même
que chez les autres Ascocyclus, n avait pas encore été signalée, à ma
connaissance. C. SAUVAGEAU a bien voulu me faire savoir qu’il les
avait observés chez YAscocyclus Magnusii de Cherbourg et m’a com¬
muniqué une préparation d’un échantillon portant de tels sporanges
(fig. 38 , E, H, I, K). Ceux-ci se rencontrent sur les mêmes individus
que les sporanges pluriloculaires, ils sont sphériques ou ovoïdes, attei¬
gnant au maximum^ 60x40 f; ils sont sessiles sur le thalle rampant
ou portés par un pédicelle formé d’une seule cellule en général, mais
parfois plus long et formé de trois ou quatre cellules. Par leur forme
et leur contenu, les sporanges uniloculaires se distinguent bien des asco¬
cystes, qui présentent parfois une certaine ressemblance avec des spo-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
257
ranges pluriloculaires. Après la déhiscence du sporange, la cellule du
pédicelle située au-dessous peut proliférer à l’intérieur du sporange
vide, comme cela s’observe également dans le cas des sporanges plu¬
riloculaires.
Les feuilles de Zostères portant VAscocÿclus Magnusü que
m’avait envoyées M. SAUVACEAU lui avaient servi à l’étude du Casla-
gnea Zosterae (SAUVACEAU, 1927). Depuis, Mary ParkE (1933)
258
/. FELDMANN
a suggéré que 1 ’Ascocÿclus pourrait bien appartenir au cycle de déve¬
loppement du Castagnea. Je n’ai rien vu qui justifie cette supposition,
et je crois à l'indépendance des deux plantes. Le fait que le Castagnea
se développe souvent sur YAscocyclus n’est pas un argument probant:
le Castagnea croît sur VAscocpclus Magnusii comme le Ciraudya
sphacelarioides sur 1 A. orbicularis ou certains Ectocarpus sur les
Codium.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRlB. : LA. conchicola n’est connu, jusqu’ici, que des environs de Banyuls.
COMPSONEMA Kuckuck, 1899
Compsonema (?) Liagorae Feldm. nov. sp.
Feldmann. Algae mar. Médit, novae. 1935, p. 364.
Caespituli minutissimi saepe confluentes, ad frondes Liagorae,
stratum ambitu indefinilum, olivaceum, mucosum, formantes.
Stratum basale e filamentis irregulariter ramosis 7-/0 /* latis (nec
in stratum pseudoparenchymaticum, ut in Myrionemate, conjunctis)
constitutum.
Fdamenta eiecta usque ad 180-200 ^ longa, apice subclavata,
e cellulis subcylindncis 8-12 y- latis constituta, simplicia aut parce
ramosa, pilis endogenis, lateraliter, aut raro terminaliter ad apicem
ramorum insertis praedita.
Sporangia plurilocularia lanceolala, 50-70 n longa, J0-15 n lata,
loculis pluriseriatis, in apice filamentorum erectorum aut ramulorum
lateralium insidentia.
Sporangia unilocularia non visa.
Chromatophora discoidea in quaque cellula plura
Species ab aliis Compsonematibus hucusque descriptis valde dis-
tincta et forsan ob cellulas chromatophora plura continentes, e genere
Compsonemate divellenda.
Habitat in Mari Medilerraneo. in litote Ruscinonensi, paulo
mfra superfidem maris ad frondes Liagorae distentae, soda saepe
Stiepsithalia Liagorae Sauv. cui fade, oculo nudo, maxime congruit.
Aeslate viget.
Le genre Compsonema a été créé par Kuckuck, en 1899, pour
une algue de 1 Adriatique : C. gradle Kuck., retrouvée ensuite dans
la même localité (Rovigno) par ScHIFFNER (1915, p. 154), puis aux
Canaries par B0RGESEN (1926, p. 59), Cette algue est caractérisée
par son thalle formé de filaments rampants, portant des filaments
dresses simples ou peu ramifiés pourvus de poils d’origine endogène et
présentant des sporanges pluriloculaires à logettes plurisériées. Les
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
259
cellules contiennent un chromatophore unique en plaque irrégulière.
La membrane des filaments est épaisse et présente une stratification
très marquée.
Le genre Compsonema fut adopté par SETCHELL et Gardner
(1925, p. 473), qui y placèrent les Myrionematacées du Pacifique
nord, différant des Myrionema par leurs sporanges pluriloculaires dé¬
veloppés sur les filaments dressés et pourvus de logettes plurisériées.
Ainsi que l’indiquent SETCHELL et Gardner, le genre Compso¬
nema ainsi compris se rapproche beaucoup du genre Hecatonema
Sauv., et il est possible, comme le fait remarquer B0RGESEN, que les
espèces de Compsonema de Californie, rangées dans ce genre par
SETCHELL et Gardner, n’appartiennent pas au même genre que
l’espèce pour laquelle Kuckuck l’a créé.
J’ai récolté à plusieurs reprises, à Banyuls, épiphyte sur le Lia-
gora distenta, une petite Myrionematacée formant des coussinets irré¬
guliers, brunâtres et de consistance muqueuse, ressemblant à ceux que
forme, sur le même hôte, le Strepsithalia Liagorae Sauv. et qui me
paraît, malgré certaines différences, pouvoir être placé, au moins pro¬
visoirement, dans le genre Compsonema tel que le comprennent SET¬
CHELL et Gardner.
Le Compsonema (?) Liagorae (fig. 39) présente un thalle ram¬
pant, à la surface de l’hôte, formé de filaments irrégulièrement rami¬
fiés, libres entre eux et ne formant pas un disque régulier à filaments
soudés entre eux, comme on l’observe chez les Myrionema. Les cel¬
lules de ces filaments mesurent 7-10 p de diamètre. Les filaments
dressés simples ou peu ramifiés atteignent 180-200 , u de haut, ils sont
cylindriques ou légèrement claviformes au sommet, formés de cellules
un peu plus longues que larges, de 8-10 t>- de diamètre en moyenne et
pouvant atteindre 12-13 de diamètre au sommet du filament. La
membrane des filaments, un peu épaissie, n’est pas stratifiée. Ces fila¬
ments portent des poils qui, comme c’est la règle chez les Myrionema¬
tacées, sont d’origine endogène et présentent à leur base une gaine
caliciforme très nette. Ces poils naissent latéralement sur les filaments
dressés ou à l’extrémité de rameaux latéraux.
Les sporanges pluriloculaires, les seuls que j’ai observés, naissent
à l’extrémité de filaments dressés ou latéralement sur ces filaments.
Ils sont lancéolés, longs de 50-70 m et larges de 10-15 /*. Ils possèdent
de nombreuses logettes disposées en plusieurs séries. Chaque cellule
du thalle renferme plusieurs chromatophores discoïdes. Toute la plante
est noyée dans un gélin muqueux.
Je l’ai récoltée à l’état fertile, en août et septembre, souvent
mêlée, sur le même individu de Liagora distenta, au Strepsithalia Lia¬
gorae.
260
/. FELDMÀNN
Comme on le voit par cette description, cette algue se rapproche
beaucoup du Compsonema gracile Kuck., type du genre Compsonema,
mais elle en diffère par deux caractères importants : l’absence de stra¬
tification de la membrane et la disposition des chromatophores nom¬
breux dans chaque cellule, alors que, dans le Compsonema gracile, il
n y a qu un chromatophore dans chaque cellule; aussi, il est possible
que cette algue n appartienne pas au genre Compsonema.
Je la rapporte pour le moment à ce genre, en adoptant la concep¬
tion de SETCHELL et Cardner, à cause de ses sporanges à logettes
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
261
plurisériées. Elle se rapproche aussi, par certains caractères, du genre
Hecatonema Sauv.
Elle présente enfin beaucoup d’analogie avec YEctocarpus ter-
minalis Kützing (cf. Kuckuck, 1897, p. 376, fig. 3; B0RGESEN,
1926, p. 32, fig. 27-28), qui présente, comme le C. Liagorae, un thalle
rampant de structure tout à fait semblable, ainsi que des poils d’ori¬
gine endogène et des cellules à plusieurs chromatophores. La forme
des sporanges pluriloculaires est également très semblable chez
Y Ectocarpus terminalis et le Compsonema (?) Liagorae.
Il faut d’ailleurs remarquer, à ce propos, que Y Ectocarpus ter¬
minalis ne peut, à cause de ses poils endogènes, appartenir au genre
Ectocarpus sensu stricto, et qu’il doit plutôt être placé dans la famille
des Myrionematacées, au voisinage du Compsonema (?) Liagorae,
et peut-être dans le même genre que ce dernier.
Il en est d’ailleurs de même de plusieurs autres Phéophycées ran¬
gées à tort dans le genre Ectocarpus, tel que Y Ectocarpus speciosus
(Borgs.) Kuck., primitivement rapporté au genre Myrionema (M.
speciosum Borgs.) et qui semble devoir être maintenu dans la famille
des Myrionematacées.
Loc. : Cap Bear; Banyuls, cap du Troc.
DiSTRIB. : N'est connu, jusqu’ici, que de Banyuls.
Nemodermataceae
NEMODERMA Schousboe in Bornet, 1892
Par sa forme extérieure, le genre Nemoderma rappelle les Ralf-
siacées, sa structure le rapproche également des Myrionematacées;
néanmoins, il s’éloigne de ces deux familles par ses organes repro¬
ducteurs si particuliers. Aussi, KUCKUCK (1912) a-t-il proposé pour
ce genre la création d’une famille ne comprenant que le genre Nemo-
derma, qui, lui-même, est monotype.
Nemoderma tingitanum Schousboe
Bornet, Algues de Schousboe, 1892, p. 241, pl. I, fig. 8-10. Kuckuck, Beitràge zur
Kenntnis der Meeresalg., 1912, p. 119-152, Taf. 15-17. Sauvaceau, C. R. Soc. Biologie,
1907, p. 273. A propos des Cystoseira de Banyuls, 1912, p. 173. BoERGESEN, Mar. Algae
Canary Isl., Il, 1926, p. 65.
Cette curieuse espèce, signalée pour la première fois à Banyuls,
en 1907, par SaUVAGEAU, y est très abondante sur les rochers battus.
Ses thalles, larges de plus de 10 centimètres et souvent confluents,
forment, sur les rochers, un revêtement velouté d’un jaune olivâtre
assez clair. Le Nemoderma est localisé au-dessus du niveau, sur une
hauteur verticale d’environ 10 centimètres au-dessous des ceintures de
262
]. FELDMANN
Rissoella et de Tenarea, et au-dessus de celle généralement immergée
du Cÿstoseira mediterranea. Le Nemoderma se rencontre toute l’année
à Banyuls. SAUVAGEAU a observé les organes reproducteurs sexués
en mai et juin; à cette époque, les organes asexués étaient très rares;
par contre en octobre et novembre, il n’a observé que des organes
asexués.
Kuckuck a signalé, à Tanger, l’existence d’un rythme régulier
dans la formation et la maturation des organes reproducteurs, comme
on en a décrit également chez un certain nombre de Dictyotales; il
a admis 1 existence d’une relation entre ces périodes successives de
maturité et les variations des marées. Il ne semble pas en être tout à
fait de même à Banyuls, où SAUVAGEAU a observé que « la matura¬
tion et la déhiscence des organes pluriloculaires se font simultanément
dans une même station, et qu’une vingtaine de jours seraient nécessaires
à Banyuls pour leur développement et leur complète maturité ».
Ainsi que 1 indique SAUVAGEAU, cette période ne correspond qu’im-
parfaitement avec les intervalles de pleine lune et de nouvelle lune.
Il n’y a d’ailleurs rien d’étonnant à ce que le N emoderma se comporte
différemment à Banyuls, où les variations du niveau sont de faible
amplitude et relativement indépendantes du phénomène des marées,
et à Tanger où il existe des marées notables et régulières.
Loc. : Port-Vend res (Sauvageau); cap Bear; Banyuls, cap Casteil, cap Doune, île
Grosse, cap du Troc, cap l'Abeille.
Distrib. : Méditerranée occidentale (Algérie, nord de la Tunisie, Porquerolles,
Catalogne), Tanger, Canaries.
Ralfsiaceae
RALFSIA Berkeley, 1843
Ralfsia verrucosa (Areschoug) J. Agardh
mm T A tT' M r r c“ lg î n ;, le S- 5 ' P ' 401 ' fig - IK - Re,NKE ' A,las Deufccher Meeresalg.,
n 1 &', 6 S- I- 13 . Kuckuck, Mar. Vegei. Hdgoland, 1894, p. 241, Sa 13
Boercesen, Mar, Algae Canary Isl„ II. 1926, p. 64. P 8
Parmi les échantillons fructifies que j’ai examinés, on peut dis¬
tinguer deux formes présentant des sporanges uniloculaires de forme
differente. Chez certains individus, ils sont ovoïdes, longs de 45-55 p.
et laiges de 30-37 p; chez d autres, ils sont longuement claviformes
et atteignent 80-90 t* de long et 30 P- de large.
orf* parap hy ses ' semblables dans les deux formes, sont longues
de 100 à 130 m, composées de 9 à 10 cellules. Elles sont générale¬
ment claviformes, mesurant 10-12 de large au sommet et seulement
4-5 v- à la base.
Le Ralfsia verrucosa est une algue pérennante, qui présente son
maximum d'activité végétative en hiver. A cette époque, les thalles
ALCUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
263
sont d’un jaune brun assez clair, très différent de la teinte noire qu’ils
présentent en été. Une coupe transversale montre nettement, par la
différence de coloration, les parties anciennes, à membrane très colorée,
et les parties jeunes, en voie de croissance, plus claires.
C’est également à cette époque que se rencontrent les sporanges
uniloculaires que j’ai observés de novembre à avril. Je n’ai pas observé
de sporanges pluriloculaires, qui sont beaucoup plus rares.
Le Ralfsia verrucosa vit dans l’étage littoral, le plus souvent
émergé sur les rochers plats, dans les stations modérément battues ou
assez abritées. Dans les stations assez calmes, il forme parfois une
ceinture continue, à un niveau qui correspond sensiblement à celui de
Tenarea et du Rissoella, qu’il remplace dans les stations trop abritées
pour permetre le développement de ces deux ceintures.
Loc. : Collioure ; Port-Vendres; Banyuls, île Grosse, cap du Troc, cap l'Abeille.
DlSTRlB. : Méditerranée; Atlantique, de la Norvège aux Canaries, Amérique du
Nord.
MESOSPORA Weber van Bosse, 1910
Mesospora mediterranea Feldm. nov. sp.
Feldmann, Algae mar. Médit, novae, 1935, p. 364.
F Tons, parva, brunneo-lutescens, orbicularis 1-2 cm. diam., cum
aliis saepe confluens, ad rupes aut algas crustaceas Iota pagina infe-
riori arcte afjixa, usque ad 550 y crassa e strato basali et filamentis
ereciis constituta.
Stratum basale e cellulis interse coherentibus, vulgo bistratosis,
horizontaliter elongatïs 10-15 p latis, constitutum. In partibus adultio-
ïibus frondis, filamenta brévia versus substrato nascentia, occurent.
Filamenta erecta, libéra aut tantum muco conjunda, cylindracea
aut superne clavata e 20-25 cellulis constituta. Cellulae membranis
sat crassis, subcylindricae aut doliiformes 10-12 y latae 12-15 y
longae versus apicem gradatim latiores usque ad 15 y latae. Cellulae
terminales saepe contentu brunneo repletae.
Sporangia unilocularia, lateraliter ad basim aut frequentius in
medio filamentorum eredorum orta, pedicello unicellulari plerumque
instruda, obovoidea, 45-60 y lata 70-100 y longa.
Sporangia plurilocularia e transiormatione cellularum subtermi-
nalium filamentorum formata, loculis pluriseriatis irregularibus.
Habitat in mari Mediterraneo ad litus Ruscinonensi prope
Banyuls necnon ad oras Africae borealis, ad rupes expositas paulo
supra limitem maris, Mensibus martio et junio fertilis.
Le genre Mesospora a été créé par M me Weber-VAN-Bosse,
en 1910, pour une algue de Malaisie, de la famille des Ralfsiacées,
264
J. FELDMANN
caractérisée par sa fronde dont la partie horizontale, étendue sur le
substratum, est mince et composée, en général, de deux assises de
cellules, rarement de quatre, tandis que la partie supérieure est formée
de filaments dressés, non sou¬
dés entre eux. La structure de
la fronde est donc à rappro¬
cher de celle du genre Nemo-
derma. Les organes reproduc¬
teurs, par contre, sont ana¬
logues à ceux des Ralfsia; les
sporanges uniloculaires sont la¬
téraux et les sporanges pluri-
loculaires intercalaires vers
l’extrémité des filaments dres¬
sés.
Le Mesospora Schmidtii
Weber-van-Bosse, type du
genre, paraît assez fréquent
dans l’archipel Malais. Plus
récemment, F. B0RGESEN
(1924, p. 258) a décrit une
seconde espèce de ce genre :
Mesospora van Bosseae, récol¬
tée dans l’océan Pacifique, à
1 île de Pâques, par C. SKOTTSBERG. Le genre Mesospora était donc
jusqu ici uniquement mdo-pacifique.
Fig. 40
Mesospora mediierranea Feldm. nov. sp. :
Coupe verticale dans une partie du thalle bien
développé, avec un sporange uniloculaire.
(X 200).
J ai récolte, en juin 1933, au cap du Troc, sur les rochers battus,
au-dessus du niveau, parmi les Chtamales ( Chtamalus stellatus ), une
Ralfsiacée qui, par sa structure, appartient bien au genre Mesospora.
Grâce à l’obligeance de M”“ Weber-VAN-Bosse, qui a bien
voulu me communiquer une préparation microscopique de son Meso¬
spora Schmidtii, et de M" Th. Koster, qui m’a envoyé un fragment
de la même espèce provenant de l’herbier de M 1 ™ Weber-VAN-Bosse,
récemment donné par elle au Rijksherbarium de Leiden, j’ai pu
constater que 1 algue de Banyuls appartenait bien au genre Mesospora,
dont elle constituait une espèce nouvelle : Mesospora mediierranea.
Le M. mediierranea forme, sur les rochers émergés, des croûtes
adhérant étroitement au substratum, minces, atteignant 350 d’épais¬
seur, à contour plus ou moins orbiculaire de 1-2 cm. de diamètre,
mais souvent confluentes. La couleur est d’un brun jaunâtre!
Lorsqu’elles ont été émergées pendant plusieurs jours, ce qui arrive
assez fréquemment en été, ces croûtes sont fendillées en tous sens. Au
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
265
printemps (mars-avril), le Mesospora présente un aspect muqueux dû
aux nombreuses touffes de poils à croissance basilaire, qu’il possède à
B, C, coupe verticale dü thalle vers la périphérie; D, détail de la base du thalle mon¬
trant les filaments ascendants et descendants; E, F, G, sporanges uniloculaires; H, /,
/, K, L, M, sporanges pluriloculaires à différents stades de développement. X 340.
cette époque. Ces poils incolores sont formés de cellules très allongées,
larges de 7 à 9 F.
266
/. FELDMANN
En coupe transversale, le Mesospora mediterranea montre une
partie inférieure étroitement appliquée sur le substratum et constituée
en général de deux assises de cellules cohérentes, allongées parallè¬
lement au substratum et mesurant 10-15 h- de large (fig. 41, B, C).
Dans les parties centrales, plus âgées, de la fronde, cette couche basale
donne naissance, à sa partie inférieure, à de courts filaments qui la fixent
au rocher. La partie supérieure porte de nombreux filaments dressés,
non soudés entre eux, mais unis seulement par du mucilage et se disso¬
ciant facilement par la pression. Ces filaments dressés sont cylindriques
ou un peu claviformes au sommet, et composés de 20 à 25 cellules à
membrane assez épaisse. Elles sont subcylindriques ou un peu renflées
et mesurent 10-12 ^ de large et 12-15 ^ de long, les supérieures étant
plus grosses et atteignant 15 F de large. Le contenu de la cellule ter¬
minale du filament, très riche en corps phénoliques, prend en séchant
une couleur brune.
Chaque cellule contient un plaste unique et de nombreux phy-
sodes. Dans la partie basale (soudée), le plaste unique est situé vers
la partie supérieure de la cellule, qui présente ainsi la même structure
que celle des Ralfsia ; mais, dans les filaments dressés, la forme du
plaste est très irrégulière et en partie masquée par de nombreux phy-
sodes, de telle sorte que l’on pourrait parfois croire qu’il y a plusieurs
plastes dans chaque cellule.
Les organes reproducteurs sont de deux sortes, ce sont des spo¬
ranges uniloculaires et des sporanges pluriloculaires. Ces deux sortes
de sporanges se rencontrent souvent sur le même échantillon, mais dans
des parties différentes. Etant donné qu’il est difficile de distinguer les
limites entre les individus confluents, qui constituent ensemble une
croûte continue, il ne m’est pas possible d'affirmer que les sporanges
uni et pluriloculaires coexistent chez un même individu.
Les sporanges uniloculaires sont situés latéralement vers la base,
ou, plus fréquemment, vers la partie moyenne des filaments dressés
(fig. 40, 41, E, F, C). Ils sont parfois sessiles, mais le plus souvent
pourvus d un pédicelle court, formé d’une à deux cellules. De forme
obovoïde, ils mesurent 45-60 h- de large et 70 à 100/^ de long.
Les sporanges pluriloculaires présentent la même disposition que
ceux des Ralfsia. Ils résultent de la transformation des cellules sub¬
terminales du filament, qui se subdivisent en petites logettes, dont la
disposition est beaucoup moins régulière que dans le Mesospora
Schmidtii Weber-van-Bosse (fig. 41, G à M). La cellule terminale
du filament reste toujours stérile et indivise.
Je n’ai observé qu’un seul type de sporanges pluriloculaires, les
logettes adultes ayant toutes les mêmes dimensions. D’après
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
267
M mH Web ER- VAN-Bosse (1913, p. 144), il en serait de même chez
le Mesospora Schmidtii-, néanmoins, dans un échantillon de cette
espèce communiqué par M lle KoSTER, j’ai constaté l’existence de deux
formes de sporanges pluriloculaires, l’une à grandes logettes (macro¬
sporanges), l’autre à petites logettes (microsporanges). Néanmoins,
cette observation mériterait d’être confirmée par une étude, sur le
vivant, du contenu de ces sporanges.
En étudiant le Mesospora mediterranea , j’ai été frappé de la
ressemblance des filaments dressés de cette espèce avec les paraphyses
du Ralfsia macrocarpa Feldm., que j’avais décrits antérieurement
(1931) d’Algérie. Un nouvel examen de mes échantillons de R. ma¬
crocarpa m’a permis de constater que ceux-ci étaient en réalité consti¬
tués par des thalles de Mesospora recouvrant des Ralfsia verrucosa.
L’identité de forme et de structure des cellules de ces deux espèces
m’avait fait prendre l’épiphyte et son support comme un seul individu,
et j’avais homologué la ligne de démarcation qui les séparait avec
celles qui se rencontrent dans les thalles âgés de Ralfsia, et qui in¬
diquent les périodes de ralentissement ou de repos de la végétation.
Les Mesospora de Banyuls étant fixés directement sur les rochers,
aucune erreur n’était possible à leur sujet.
En décrivant le Ralfsia macrocarpa, j’avais particulièrement
insisté sur la très grande taille des sporanges uniloculaires. Je n’en ai
pas revu d’aussi grands chez le Mesospora de Banyuls, ni sur ceux
que j’ai récoltés depuis aux environs d’Alger; je uiis porté à croire
que ces gros sporanges étaient anormaux. Ils étaient d’ailleurs peu nom¬
breux par rapport aux autres, que j’avais considérés comme des jeunes
n’ayant pas atteint leur taille définitive. Néanmoins, les sporanges
uniloculaires de l’algue d’Algérie sont plus grands que ceux de celle
de Banyuls, ils mesurent en moyenne 140 à 200 p- de long dans mes
échantillons de Cherchell, et 125/* dans mes échantillons de Jean-
Bart (cap Matifou). De telles variations de dimensions des sporanges
uniloculaires s’observent également chez le Ralfsia verrucosa.
Loc. : Banyuls, cap du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale : côte des Albères, Algérie (Cherchell, Jean-
Bart).
LITHODERMA Areschoug, 1875
Lithoderma adriaticum Hauck
Hauck, Beitrâge, 1879, p. 252, Meeresalgen, 1885, p. 403. Hamel, Phéoph. de
France, II, 1935, p. 111.
Je rapporte à cette espèce, qui ne se distingue pas facilement du
Lithoderma extensum (Crouan) Hamel (L. fatiscens Areschoug) de
la Manche, la mer du Nord et la Baltique, un Lithoderma stérile.
268
/. FELDMANN
assez fréquent dans les stations un peu abritées, sur les rochers et les
galets, près et au-dessus du niveau.
Une seule fois, j’ai dragué, au cap Béar, par 25-26 mètres, un
petit Lithoderma stérile qui est peut-
être différent. Il formait sur un
caillou de petits disques circulaires
épais de 50 /* d’un brun noirâtre. Le
thalle présente, à la base, une ou
deux assises de grandes cellules plus
larges que hautes, mesurant 10-15 F
de hauteur et 30 de large, d’où
s’élèvent des files de 3 à 4 cellules
soudées entre elles, mesurant 15-20/*
de large et 7-10/* de hauteur.
Chaque cellule renferme plusieurs plastes discoïdes (fig. 42).
Loc. : Cap Béar; Banyuls, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée occidentale. Adriatique, Manche,
Chordariales
Elachistaceae
ELACHISTA Duby, 1832
Elachista intermedia Crouan
Crouan, Florule du Finistère, 1867, p. 160. Hamel, Phéoph. de France, II, 1935,
p. 122, fig. 27, d. Sauvageau, Second mémoire sur les Algues Phéosporées, 1936, p. 139,
curla Crouan, Algues mar. du Finistère, 1852, n° 6 (non Conferva curia Dillw.
nec. Elachista curia Harv. Elachista Kuckuckiana Schiffner, Stud. üb. Alg. Adriat. Meeres,
1915, p. 168, fig. 120-126. Neue und bernerkenswerte Meeresalgen, 1931, p. 186. Elachista
neglccla Kuckuck, Monogr. der Phaeosp. 1930, p. 24, fig. 12-14).
Sous le nom d 'Elachista Kuckuckiana, ScHIFFNER a décrit et
figuré un Elachista de 1 Adriatique (Rovigno) épiphyte sur les Cps/o-
seira, et qu’il considérait comme nouveau. Ultérieurement, il signalait
cette espèce sur les côtes de France, aux environs de Marseille, épi¬
phyte sur le Cystoseira selaginoides.
J ai récolté, à Banyuls, sur le Cÿstoseira spinosa vivant, en pro¬
fondeur, un Elachista qui, par sa structure, correspond bien à la
plante de SCHIFFNER. G. Hamel, à qui j’avais fait part de cette
découverte, attira mon attention sur la ressemblance de Y Elachista
de Schiffner avec YElachista intermedia Crouan, découvert par les
frères CROUAN dans la rade de Brest, sur le Cystoseira granulata, et
qui ne paraît pas avoir été retrouvé depuis (1).
Fig. 42. — Lithoderma adrialicum
Hauck : Forme de profondeur, très
mince; coupe verticale du thalle.
Les plastes ont été figurés dans deux
cellules, X 454.
(I) Récemment. C. Sauvageau [Sur quelque, algue, phécporée, de Guéthary, 1933.
P;, J a ,.? lgna . le ce,,e , es P ece sur le Cÿstoseira granulata à Guéthary. D’après les échan¬
tillons qu il a bien voulu me communiquer, T Elachista de Guéthary est différent de celui
de Brest; il s agit, a mon avis, d'une forme de VE. flaccida (Dillw.) Aresch.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
269
La diagnose de cette espèce, publiée dans la Florule du Finistère,
est un peu sommaire et ne permet pas de se rendre compte des carac¬
tères qui distinguent cet Elachista des autres espèces vivant sur les
2/0
J. FELDMANN
Cystoseira, comme l’£. flaccida par exemple. En particulier, la forme
si caractéristique des paraphyses n’est pas mentionnée. Mais les frères
GrouàN renvoient aux échantillons publiés antérieurement dans leur
exsiccata des algues du Finistère, sous le nom inexact d’Elachista
curia. La comparaison de ces échantillons avec ceux que j’ai récoltés
à Banyuls m’a montré l’identité de ces deux algues. Le nom donné
à cet Elachista par les frères CROUAN étant de beaucoup antérieur à
celui proposé par ScHlFFNER, ce dernier doit tomber en synonymie.
U Elachista intermedia (fig. 43) forme des pulvinules hémisphé¬
riques fixés sur les rameaux des Cystoseira, d’où partent de longs fila¬
ments assimilateurs dépassant parfois 1 cm. de long. Ces filaments
assimilateurs, formés de cellules cylindriques ou subdolioliformes aussi
longues que larges, ou deux fois plus longues que larges, mesurent
dans leur partie inférieure 40-60 m de diamètre. Ils sont généralement
atténués à leur sommet.
La partie externe du pulvinule est formée de paraphyses. Celles-ci
sont fusiformes, atténuées à leur base et à leur sommet, et formées de
cellules renflées; ces paraphyses mesurent 300 m de longueur en
moyenne. Les cellules de leur partie médiane, qui sont les plus larges,
atteignent 23-30 F de diamètre. Outre ces paraphyses fusiformes, on
en observe d’autres moins nombreuses, plus cylindriques et de plus
petite taille, atteignant seulement 130- 170 m de long et 15-20 m de
large. Les sporanges uniloculaires sont cylindriques ou ovoïdes; ils
mesurent, dans mes échantillons, 130-145 m de long et 40-65 m de
large. Je n ai pas observé de sporanges pluriloculaires, qui sont encore
inconnus chez cette espèce.
L Elachista intermedia est abondant à Banyuls, en été, sur les
Cystoseira spinosa et opuntioides dragués par 15 à 30 mètres de pro¬
fondeur. Beaucoup d échantillons de Cystoseira ont leur rameaux
complètement envahis par cet épiphyte associé à d’autres Phéophy-
cées ( Sphacelaria plumula en particulier). Je l’ai récolté, pourvu de
sporanges uniloculaires, de juin à septembre.
En décrivant son Elachista Kuckuclçiana, ScHlFFNER indiquait
que Kuckuck avait observé, provenant également des environs de
Rovigno, un Elachista inédit (£. neglecta Kuck.), et que l’£. Kuc-
kuclçiana représentait peut-être une forme saisonnière de YElachista
de Kuckuck. Depuis, Oltmanns (Morph. u. Biol, der Algen II,
1922, fïg. 326, 3) a publié un des dessins inédits de Y Elachista
neglecta, et une description détaillée accompagnée de figures a paru
dans la Monographie des Phéosporées, publiée après la mort de
Kuckuck par Nienburg (1930).
Cette desci îption et ces figures montrent que Y Elachista neglecta
semble différent de Y Elachista intermedia (£. Kuckuckiana).
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
271
Grâce à l’amabilité de C. Sauvaceau, j’ai pu examiner des
échantillons de VE. neglecta qu’il avait récoltés, en juin 1930 et
Fig. 44. — Elachista iniermedia Crouan : Forme vernale correspondant à YE. neglecta
Kuckuck. Echantillon récolté en juin 1930, à Villefranche, par C. Sauvaceau. X 200.
1933, dans la rade de Villefranche, où cette algue est abondante
sur les Cystoseira spinosa dragués.
Comme on le voit par la fig. 44, YElachista neglecta diffère en
272
/. FELDMANN
particulier de la forme typique de VE. intermedia, par l’absence de pa-
raphyses proprement dites, les courts filaments que l’on rencontre çà et
là à la base des filaments assimilateurs représentant, non des para-
physes, mais des filaments assimilateurs en voie de croissance; on
trouve d’ailleurs tous les stades de développement entre ceux-ci et les
filaments adultes. Dans les échantillons récoltés par SAUVAGEAU, je
n’ai observé que de très jeunes sporanges uniloculaires.
Nous avions tout d’abord cru, SAUVAGEAU et moi, que YEla-
chista intermedia Crouan et YElachista de Villefranche, que nous
avions rapporté à YElachista neglecta Kuckuck, étaient spécifique¬
ment distincts. Depuis, C. SAUVAGEAU, dans son dernier mémoire
(1936), a fait connaître ses observations ultérieures sur ces deux
formes et conclut à leur identité. J’étais moi-même arrivé à une
conclusion identique en constatant que YElachista commun sur le
Cÿstoseira spinosa de Banyuls présentait, en juin et juillet, les carac¬
tères de YElachista neglecta, alors que, plus tard (août, septembre),
le développement des paraphyses lui donnait tous les caractères de
YElachista intermedia.
L Elachista intermedia Crouan a été signalé pour la première
fois dans la Méditerranée, aux Baléares, par J.-J. RODRIGUEZ (1889,
p. 224), qui l’avait récolté sur un Cÿstoseira dragué par 80 mètres
de fond au mois de septembre.
J’ai observé, sur YAsperococcus bullosus f. profundus dragué
aux environs de Banyuls, un autre petit Elachista ressemblant beau¬
coup à YElachista ( Symphoricoccus) stellaris Aresch., malheureu¬
sement, mes échantillons étaient tous stériles, aussi ne puis-je être
affirmatif quant à la détermination spécifique.
Loc. : Cap Bear, cap l'Abeille, cap Peyrefite.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, côtes atlantiques de France (Brest).
Corynophlaeaceae
MYRIACTULA O. Kuntze, 1898
Myriactula stellulata (Griffiths) Feldm. comb. nov.
Myriactis stellulata (Griffiths) Batters. Kuckuck, Monogr. de Phaeosporeen, 1930,
p. 35, fig. 32-34. SAUVAGEAU, Second Mém. sur les Algues Phéosp. de Villefranche, 1936,
p. 151. Elachista stellulata Harvey, Phyc. Brit., pi. CCLXI. SAUVAGEAU, Phéosp. para¬
sites, 1892, p. 7, pl. I, fig. 1-2. Non Phycophila stellulata Kützing, Tab. Phyc. VIII, I, I.
Cette espèce forme, sur le Dictyota dichotoma, de petites touffes
hémisphériques larges à peine d’un demi-millimètre.
Mes échantillons de Banyuls correspondent bien aux descrip¬
tions et aux figures de SAUVAGEAU et de Kuckuck. Comme l’ont
montré BoRNET et SAUVAGEAU, la base de la plante est endophyte
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
273
et envoie des stolons dans le thalle du Dictyota. Les filaments assimi¬
lateurs, mêlés de poils à croissance basale, mesurent 300 à 400 f* de
haut; ils sont formés de cellules renflées, plus larges dans la partie
médiane du filament, qui atteint 15-20/* de diamètre, qu’à la base et
au sommet de celui-ci. Les cinq ou six cellules inférieures des fila¬
ments assimilateurs sont pauvres en contenu et presque incolores; les
cellules supérieures, par contre, sont fortement colorées et présentent
un contenu abondant et très dense.
Les organes reproducteurs sont constitués par des sporanges uni¬
loculaires et pluriloculaires. Ces deux types de sporanges se ren¬
contrent généralement sur les mêmes individus (fig. 45). Il semble
que les sporanges pluriloculaires se développent avant les sporanges
uniloculaires. En effet, dans les individus pourvus de sporanges unilo¬
culaires bien développés, je n’ai observé que des sporanges plurilocu¬
laires vides, dont les enveloppes persistent longtemps, ainsi d ailleurs
que celles des sporanges uniloculaires.
Une précocité analogue des sporanges pluriloculaires par rap¬
port aux sporanges uniloculaires a été également signalée par Sau-
VAGEAU chez le Liebmarmia Leveillei. Les sporanges pluriloculaires
naissent, à la base des filaments assimilateurs, isolés ou en groupe;
274
J. FELDMANN
ils sont cylindriques, longs de 90 m et larges de 10 m. Les logettes
sont disposées en une seule file. Les sporanges uniloculaires pré¬
sentent la même situation que les sporanges pluriloculaires : ils sont
obovoïdes, souvent portés par un pédicelle unicellulaire, ils mesurent
50-55 m de long et 25 m de large.
Le Myriactula stellulata n’a été jusqu’ici signalé, à ma connais¬
sance, que sur les côtes d’Angleterre et sur celles de France, dans la
Manche et l’Océan, jusqu’au Croisic au sud. Cette espèce est donc
nouvelle pour la Méditerranée et sa présence à Banyuls étend large¬
ment son aire de répartition.
Le Myriactula stellulata croît, à Banyuls, exclusivement sur les
Dictyota dichotoma vivant à une certaine profondeur (20 à 30 mètres).
Je ne l’ai jamais observé sur les Dictyota situés près du niveau. Je
l’ai récolté, à plusieurs reprises, en été (juin, juillet, août, septembre),
avec sporanges uni et pluriloculaires.
Loc. : Cap Bear, cap l’Abeille.
DlSTRIB. : Angleterre, côtes françaises de ,1a Manche et de l'Atlantique, jusqu'au
Croisic.
Myriactula Rivulariae (Suhr) Feldm. comb. nov.
Elachista Rivulariae Suhr in Areschouc, 1842. Mpriactis pulvinala Kützing, Tab.
Phyc., VII, tab. 92, fig. III. ScHIFFNER, Stud. üb. Algen der Adriat. Meeres., 1915, p. 168.
Kuckuck, Mpnogr. der Phaeosporeen. 1930, p. 39, fig. 41 et 42. Elachista allenuata Har¬
vey, Phyc. Brit., PI. XXVIII, A. Thuret et BoRNET, Etudes Phycol., 1878, p. 18,
pl. VII. Conodia pulvinata (Kütz.) Niewland, Rosenvinge, On some Danish Phaeophy-
ceae, 1935, p. 28, fig. 27-35.
Cette espèce se distingue facilement de la précédente par sa
taille beaucoup plus grande et la forme différente de ses filaments
assimilateurs (fig. 46).
Elle forme, sur le Cystoseira spinosa, des puivinules hémisphé¬
riques denses atteignant 2 mm. de diamètre. Les filaments assimila¬
teurs (paraphyses de certains auteurs) mesurent 600-700 m de long;
ils sont formés de cellules d’abord cylindriques et étroites, qui s’élar¬
gissent ensuite pour devenir subglobuleuses dans la partie médiane
du filament, qui est renflée et s’atténue ensuite vers le sommet. Dans
la partie la plus large des filaments, les cellules atteignent 30 à 35 m
de diamètre.
Les sporanges uniloculaires insérés à la base des filaments assi¬
milateurs sont ovoïdes et mesurent 60-70 m de long et 20-40 m de
large.
On sait que, chez cette algue, il existe des sporanges plurilocu¬
laires; ils sont allongés, cylindriques, à logettes umsériées et insérés,
comme les sporanges pluriloculaires, à la base des filaments assimi¬
lateurs. Je n ai pas rencontré ce type de sporanges dans mes échan-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
275
tillons de Banyuls, mais sur certains d’entre eux (récoltés en août) ,
pourvus de sporanges uniloculaires, j ai observe des sporanges pluri-
.loculaires situés latéralement vers l’extrémité des filaments assimila-
Fig. 46. -— Myrivctula Rivulariae (Suhr) Feldm. : A. sporanges uniloculaires ; B et C,
sporanges pluriloculaires développés vers 1 extrémité des filaments assimilateurs. A X 200.
BetCX 340.
teurs (fig. 46, B, C). Ces sporanges, pourvus généralement d’un pédi-
celle unicellulaire et souvent réunis par deux à l’extrémité de ce
pédicelle, sont assez courts, ils mesurent, en moyenne 25 i* de long.
Dans mes échantillons, conservés dans l’alcool, tous ces sporanges
étaient déhiscés et réduits à leur membrane montrant des traces de
cloisons transversales.
Ce type de sporanges pluriloculaires n avait jamais ete signalé,
à ma connaissance, chez le Myriactula Rivulariae. Par leur situation
276
]. FELDMANN
vers l’extrémité des filaments assimilateurs, ces sporanges rappellent
ceux décrits par KUCKUCK [1930, p. 39, fig. 37], puis par B0R-
GESEN [ 1934, p. 22, fig. 5] chez une autre espèce de Myriactula :
M. arabica (Kiitz.) comb. nov. (= Myriactis arabica (Kütz.)
Schiffner), mais ils en diffèrent beaucoup par leur structure. Ceux du
Myriactula arabica, développés sur des individus portant des spo¬
ranges pluriloculaires normaux, sont comparables à ceux des Lepto-
nema Reinke, ou à ceux de Y Ectocarpus speciosus, car ils résultent
de la transformation de la cellule même du filament assimilateur en
sporange. Au contraire, les sporanges pluriloculaires issus des fila¬
ments du Myriactula Rivulariae sont exclusivement latéraux et rap¬
pellent plutôt ceux de YElachista stellaris Aresch. ( Symphoricoccus
Reinke). Ils ressemblent également beaucoup à ceux figurés par
Rosenvinge (1935, fig. 35) chez le Myriactula Chordae (Aresch.)
comb. nov. ( Gonodia pulvinata f. Chordae (Aresch.) Rosenvinge).
Le Myriactula Rivulariae vit, en été et en automne, près du
niveau, sur les Cystoseira, et en particulier sur les C. spinosa et
Ç. elegatis. Il se rencontre également en profondeur, sur le Cystoseira
spinosa, mais seulement jusqu’à une profondeur de 17-18 mètres. Je
ne 1 ai pas observé sur les individus dragués à plus de 20 mètres, qui
portent en abondance 1 Elachista intermedia.
J’ai observe les sporanges uniloculaires en juin, août, septembre
et octobre.
Loc. : Cap Bear, cap l'Abeille, cap Rederis.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord (de l'Angleterre k Tanger).
CORYNOPHLAEA Kützing, 1843
Corynophlaea umbellata (Ag.) Kützing
KÜTZING, Phyc. gen., 1843. p. 331, tab. 18, IV ; Tab. Phyc., VIII, tab. 2 I
Kuckuck, Monogr. der Phaeosporeen, 1930, p. 40, fig. 43-43. Leaihesia umbellata (Àg.j
Meneghim. SCHIFFNER, Stud. ub. Algen der Adriat. Meeres., 1915, p. 159, fig. 95-106.
D’après C. Sauvageau [1912, p. 104], cette espèce se ren¬
contre a Banyuls sur les rameaux du Cystoseira barbota, à la fin de
1 hiver et au printemps.
En juin 1932, j ai récolté, à Rosas (Catalogne), un Coryno¬
phlaea stérile, abondant sur les Cystoseira crinita vivant près du
niveau, qui me paraît appartenir à cette espèce.
D après Kuckuck, le Corynophlaea umbellata est fréquent, à
Rovigno, sur le Cystoseira barbata, de février à juin.
Loc. : Banyuls (Sauvageau).
Distrib. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Tanger.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
277
Corynophlaea Hamelii Feldm. nov. sp.
Frons pulvinata, hemisphaerica, 1-1,5 m/m. diam. eximie mu-
cosa.
Stratum basale in subslrato horizontaliter expansum, filamenta
erecta, radiantia , e cellulis subdoliiformibus hÿalinis, 50-60 z 4 longis
et 25-30 z 4 latis, composita, emittens.
Filamenta assimilatoria, ad apicem versus filamentorum radian-
tium nascentia, cylindracea 300-350 z 4 longa e 12-20 cellulis, 8 z 4
latis, 2-3 plo longioribus constituta.
Fie. 47. — Corynophlaea Hamelii nov. sp. :
Coupe schématique d’un pulvinute, X45.
Pili hyalini, incremenio basali, 12-15 p lati, adsunt.
Sporangia unilocularia, ovoidea, ad basim filamentorum assimi-
latoriorum evoluta, 50 n longa et 25-30 z 4 lata.
Sporangia plurilocularia non visa.
Habitat in Mari Mediterraneo, ad altitudinem 30 m. infra super-
ficiem maris, in litore Ruscinonense prope Caput Bear, ad frondes
Pseudoliihoph\)lli expansi ( Esper) Lem. Mense julio fertilis.
Species in honorem amici G. Hamel, Pbaeophycearum Calliae
optimi descriptori, dicata.
J’ai trouvé cette nouvelle espèce sur des frondes de Pseudolitho-
phyllum expansum (Esper) Lemoine, draguées, par 30 mètres, devant
le cap Béar, le 4 juillet 1932. Elle formait, sur cette algue, de petits
pulvinules hémisphériques de 1 à 1,3 m/m. de diamètre et de consis¬
tance très muqueuse.
D’une couche basale rampante s’élève un coussinet de filaments
ramifiés formé de cellules renflées, incolores, mesurant 30 à 60 /'• de
long et 25 à 30 z 4 de large. Ces filaments sont lâchement unis entre
eux par du mucilage (fig. 47). Vers le sommet, ils s atténuent et
278
J. FELDMANN
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
279
portent latéralement, ainsi qu’à leur extrémité, des touffes de filaments
assimilateurs mêlés de poils à croissance basilaire, larges de 12-15 m,
et formés de cellules non pigmentées dépassant 50 p de long vers
l’extrémité du poil.
Les filaments assimilateurs sont cylindriques, non recourbés à
leur extrémité, relativement longs, atteignant 300-350 p de longueur
et formés d’environ 12 à 20 cellules larges de 8 p et deux à trois fois
plus longues que larges.
Les sporanges uniloculaires naissent vers la base des filaments
assimilateurs; ils sont ovoïdes et mesurent 50 p de long et 25 à 30 p
de large (fig. 48). Je n’ai pas observé de sporanges pluriloculaires.
Cette espèce se distingue très nettement des autres espèces de
Corynophlaea par sa consistance très muqueuse telle que la fronde
ne constitue pas un coussinet compact, et par ses filaments assimilateurs
très longs, qui rappellent ceux des Mésogloiacées.
Par son aspect extérieur, le C orynophlaea Hamelii n’est pas sans
ressemblance avec le Leathesia mucosa, mais il s’en distingue nettement
par l’absence d’anastomoses entre les filaments du coussinet, ce qui
permet de le rattacher au genre Corynophlaea.
Loc. : Cap Bear.
DisTRIB. : N’est connu, jusqu’ici, que des environs de Banyuls.
LEATHESIA Gray, 1821
Leathesia mucosa Feldm. nov. sp.
FELDMANN, Algae mar. médit, novae, 1935, p. 365.
Frons olivaceo-brunnea, sphaerica aut obovoidea, eximie mucosa
et tremelloidea , e duabus partibus constituta :
Interna , e cellulis elongatis majoribus, chromatophoris destitutis,
in filamenta laxiora, e strato basali orta, decomposito-furcata, radiantia
et in muco immersa, formata.
Ad peripheriam, e filamentis minoribus reticulatim conjunctis
nascuntur filamenta assimilatoria usque ad 350-400 p longa, vulgo
e 10-12 cellulis, ovoideis usque ad 10-15 p latis et chromatophora
discoidea plura continentibus, constituta.
Pili hyalini, incremento basali, adsunt. Sporangia unilocularia
obovoidea 60-65 p longa 40-45 p lata ad basim filamentorum assimi-
latoriorum orta.
Sporangia plurilocularia non visa.
In specimina vetera, frons dilaceratur et in laminam crassam
expanditur .
Habitat in Mari Mediterraneo, in oris Calliae ad frondes Pseu-
dolithophylli expansi ad altitudinem 20-30 m. infra superficiem maris
Aestate fertilis.
280
J. FELDM AN N
Var. condensata Feldm. nov. var.
A ippo (var. typica nob.) difert, cellulis reticulatim dispositis,
latioribus et brevioribus, filamentibus assimilatoribus, brevioribus vulgo
e 6-9 cellulis, 15-18 F latis constitutis.
Sporangia unilocularia 40-50 p- longa 20-25 p lata ad basim
filamentorum assimilatoriorum saepe bina.
Prope Banyuls ad altitudinem 25 m. infra superficiem maris
mense augusto semel reperta. An specie distincta ?
J’ai dragué, assez rarement, en été, aux environs de Banyuls,
par 20 à 30 mètres, une Phéophycée épiphyte sur le Pseudolithophyl-
lum expansum, qui me paraît devoir constituer une nouvelle espèce du
genre Leathesia ( L. mucosa nov. sp.).
Fig. 49. . Leathesia mucosa Feldm. nov. sp., var. lypica. Divers stades de développement.
D après des échantillons récoltés à Villefranche par C. Sauvageau. Gr. nat.
C. SAUVAGEAU, à qui j’avais fait part de cette découverte, a bien
voulu me faire savoir qu il avait observé la même espèce à Ville-
franche-sur-Mer, et il m’a aimablement offert une série de beaux
échantillons récoltés par lui et conservés dans l’alcool. Cette série
d échantillons renfermait des individus à différents états de dévelop¬
pement, qui m ont été très utiles pour compléter mes observations faites
sur les échantillons peu nombreux que l’avais trouvés à Banyuls
(fi. 49).
Le Leathesia mucosa forme, sur le Pseudolithophyllum, de pe¬
tites frondes sphériques ou obovoïdes, fixées au substratum par une
base étroite, de couleur brun clair et de consistance très mucilagineuse.
Les échantillons adultes mesurent 1,5 à 2 centimètres de diamètre
et sont absolument sphériques; plus tard, ils se déchirent et la partie
périphérique à tissu un peu plus dense donne issue au mucilage qui
entoure les filaments lâches qui, partant de la base, rayonnent vers la
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
281
périphérie. L’algue présente alors l’aspect d’une lame épaisse, irrégu¬
lière, ayant la consistance d’une gelée très molle (fig. 49, h).
Fig. 50. — Leathesia mucosa Feldm. nov. sp. var. tÿpica : Coupe schématique d'un
jeune individu, X 14. D'après un échantillon récolté à Villefranc’ne par C. SAUVAGEAU.
Par cette consistance très muqueuse, le L.mucosa fait penser à
un Mesogloea, mais sa structure est bien différente (fig. 50). Elle est
dépourvue d’un axe central monosiphoné et présente une croissance
périphérique non localisée à un sommet végétatif. Par ces caractères,
elle me semble devoir être placée dans la famille des Corynophlaea-
cées, et, dans cette famille, c’est du genre Leathesia qu’elle se rap¬
proche le plus.
La dissection de jeunes individus montre que cette algue est cons¬
tituée par un disque monostromatique d’où partent des filaments
dressés nombreux, plus ou moins ramifiés, s’épanouissant en éventail
vers la périphérie, où les cellules qui les constituent deviennent plus
courtes et plus étroites et s’anastomosent en un réseau (fig. 51), qui
porte vers l’extérieur des poils à croissance basilaire et des filaments
assimilateurs longs de 350 à 400 F, ressemblant à ceux d’un Meso¬
gloea, formés, en général, de 10 à 12 cellules ovoïdes, un peu rétré¬
cies au niveau des cloisons, larges de 10-15 F. Ces filaments portent
latéralement à leur base des sporanges uniloculaires ovoïdes mesurant
60-65 f de long et 40-45 p de large (fig. 52, A, B). Je n’ai pas
observé de sporanges pluriloculaires.
282
/. FELDMANN
Outre cette forme (var. lypica nob.), j’en ai observé une autre
dont je n’ai rencontré qu’un seul échantillon dragué par 25 mètres au
cap Bear, le 1 er septembre 1931.
Cette algue (var. cortdensala nob.) présente le même aspect exté¬
rieur que la var. typica; elle en diffère par les cellules anastomosées
en réseau, plus courtes et plus larges (fig. 53) et par les filaments assi¬
milateurs plus courts (150-200 f de long), formés, en général, de
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
283
6 à 9 cellules un peu plus larges que dans le type (15-18 /* de large).
Les sporanges uniloculaires, un peu plus petits que ceux de la
forme type, mesurent 40-50 ^ de long et 20-25 ^ de large ; ils sont très
souvent groupés par deux, à la base des filaments assimilateurs (fig. 52,
Source : MNHN, Paris
284
]. FELDMANN
C, D). De nouvelles récoltes sont nécessaires pour décider de la
valeur systématique à attribuer à cette forme.
Fig. 53. — Leathesia mucosa Feldm. nov. sp. var. condensata Feldm. :
A, détail de la partie externe; B, portion du réseau interne, X 75.
L’attribution générique du L. mucosa est assez délicate, et il est
possible qu’il constitue un genre nouveau. Par sa consistance mu¬
queuse et la forme de ses paraphyses relativement longues, il rappelle
beaucoup les Mesogloea. J’avais d’abord rapproché la var. conden¬
sata, découverte la première, du Mesogloea reticulata, trouvé à Naples
AVOUES MARINES DE LA COTE DES! ALBÈRES 285
par Berthold et décrit ultérieurement par KUCKUCK (Monogr. der
Phaeosporeen, 1929). Mais KUCKUCK indique avoir constaté chez
cette .espièce l’existence d’un filament central unique, qui fait défaut
chez le L. mucosa, dont la croissance s’effectue par toute la surface
de la fronde.
Par sa forme globuleuse et par la structure de sa fronde, le
L. mucosa me paraît devoir être rapporté à la famille des Coryno-
phloeacées, et, dans cette famille, il se rapproche surtout du genre
Leathesia , à cause de sa partie interne bien développée et par les
anastomoses existant entre les filaments de l’écorce interne. Néan¬
moins, il est bien différent des autres Leathesia connus, et en par¬
ticulier du L. difformis Aresch., par sa consistance muqueuse et ses
filaments assimilateurs beaucoup plus longs que chez les autres Lea¬
thesia.
Par ces deux caractères, le L. mucosa diffère des autres Lea-
îhesia, comme les Chordaria diffèrent des Mesogloec. Aussi, peut-être
sera-t-il nécessaire d’établir, pour le L. mucosa, un genre distinct.
Loc. i Cap Béai; Banyuls.
DlSTRlB. : Côtes méditerranéennes de France, Banyuls ! (var. lÿpica et condensala),
ViJJefranche-sur-Mer (var. tÿpica ) [Sauvageau].
CYLINDROCARPUS Crouan, 1851
Cylindrocarpus microscopicus Crouan
Crouan, Florule du Finistère, 1867, p. 160. Kuckuck, Beitrâge zur Kenntnis der
Meeresalgen, 1899, p. 49-55, fig. 1-5, pl. VI, fig. 1-5. Streblonema investiens Thuret in
Lloyd. Ectocarpus investiens Hauck, Meeresalgen, p. 325, fig. 135. Ectocarpus microsco¬
picus Batters.
Sous le nom de Streblonema investiens, THURET fit connaître,
en 1859, dans 1 exsiccata des Algues de l'Ouest de la France, publié
par J. Lloyd, une petite Phéophycée à base endophyte, formant, sur
des Gracilaria compressa du Croisic, de petites taches d’un brun foncé.
Hauck devait ensuite retrouver la même plante dans l’Adria¬
tique; il en a publié, sous le nom d 'Ectocarpus investiens, une descrip¬
tion accompagnée d’un dessin d’après une esquisse de Bornet.
KUCKUCK, en 1899, montra que cette algue différait à la fois
des Ectocarpus et des Streblonema, ainsi que l’avaient déjà signalé les
auteurs précédents à la suite de Thuret, et qu’elle était identique à
une algue récoltée à Brest par les frères Crouan, et pour laquelle ils
avaient créé, en 1851, le genre Cylindrocarpus.
Ainsi que l’a décrit Kuckuck, le Cylindrocarpus microscopicus
se présente sous deux formes bien différentes. L’une vit exclusivement
sur le Gracilaria compressa et le G. foliifera (Forsk.) Borgs. (G. mul-
tipartita J. Ag.), dans le tissu desquels pénètre sa base endophyte.
10
Source : MNHN. Paris
285
/. FELDMANN
Elle forme, sur ces hôtes, des coussinets muqueux à relief peu accentué.
L’autre forme vit sur les pierres (à une dizaine de mètres de profon¬
deur, dans l’Adriatique, d’après Kuckuck) et se présente sous forme
de petites touffes isolées, sphériques ou piriformes, dont l’aspect est
très différent de celui de la première forme.
Sur les côtes du Roussillon, je n’ai rencontré que la première
de ces deux formes, qui est assez fréquente à Collioure, en juin-juillet,
sur le Cracilaria compressa. Ces échantillons correspondaient parfaite¬
ment à ceux que j’avais récoltés précédemment au Croisic, localité
classique du Streblonema investiens Thuret.
Les échantillons récoltés à Collioure le 1 er juillet 1933 présen¬
taient des sporanges uniloculaires. Le C^lindrocarpus microscopicus,
connu des côtes de Bretagne, du sud de l’Angleterre et de l’Adria¬
tique, n’avait pas encore été signalé, à ma connaissance, dans la Mé¬
diterranée occidentale. Outre Collioure, cette espèce existe également
à Villefranche (Alpes-Maritimes), d’où C. SAUVAGEAU m’en a com¬
muniqué de beaux échantillons dragués mêlés à d’autres Phéophycées
gélatineuses.
Les échantillons de Villefranche appartenaient à la forme en
touffes sphériques; ils étaient fixés sur le Pseudolithophyllum expan-
sum et pourvus de sporanges uni et pluriloculaires.
Loc. : Collioure.
Distrib. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Atlantique (côtes de Bretagne et
du sud de l'Angleterre).
STREPSITHALIA Sauvageau, 1896
Strepsithalia Liagorae Sauv.
Sauvageau, Sur le Strepsithalia, nouveau genre de Phéosporée, 1896, p. 59, fig. 5-8.
SAUVAGEAU, Sur la cuit, d'une algue phéosp. épiphyte, 1925, p. 1464.
Cette curieuse espèce est assez fréquente en été (août, sep¬
tembre), épiphyte sur le Liagora distenta, sur lequel elle forme un
gazon velouté microscopique. Cette algue est nouvelle pour la Médi¬
terranée; elle n’était connue jusqu’ici que de Guéthary, où BoRNET
la découvrit et d’où elle fut décrite par SAUVAGEAU; dans cette lo¬
calité, elle vit sur le Liagora viscida et Y H elminthocladia Calvadosii
(Lamx.) Setchell.
Mes échantillons des environs de Banyuls correspondent parfai¬
tement à ceux que i’ai récoltés autrefois à Guéthary et aux beaux
dessins de SAUVAGEAU. Mes échantillons récoltés en août et septembre
sont pourvus de sporanges uni et pluriloculaires. La forme des ra¬
meaux et la persistance de la membrane des sporanges après leur déhis-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
287
cence montrent bien qu’il s’agit du St. Liagorae, et non de l’espèce
voisine : St. curvata Sauv.
Loc. : Cap Bear; Banyuls, cap du Troc.
DlSTRIB. : Guéthary, Banyuls.
Mesogloeaceae
La classification des Mésogloeacées (Chordariées p.p.) est extrê¬
mement confuse, et la distinction des genres et, à plus forte raison,
des espèces, très difficile (ci. SAUVAGEAU, 1927, p. 369).
Parmi mes récoltes figurent un certain nombre d’échantillons que
je n’ai pas réussi, jusqu’ici, à déterminer; je les passerai sous silence.
Je me contenterai de citer ici les espèces facilement reconnaissables,
et celles qui ont déjà été signalées à Banyuls par C. SAUVAGEAU.
LIEBMANNfA J. Agardh, 1842
Liebmannia Leveillei J. Agardh
SAUVAGEAU, Sur le développ. de quelques Phéosporées, 1929, p. 272. Meaogloia
Leveillei (J. Ag.). Meneghini, Hauck, Meeresalgen, 1665, p. 365, fig. 155. Kuckuck,
Monogr. der Phaeosporeen, 1930, p. 54, fig. 67-69.
Cette espèce vit à Banyuls sur les rochers, les algues ( Cystoseira
en particulier) et les feuilles de Posidonies, dans les stations calmes,
à peu de profondeur, d’avril à juillet.
SAUVAGEAU, qui a particulièrement étudié cette espèce à Ba¬
nyuls, a montré que les sporanges pluriloculaires se rencontrent parti¬
culièrement au début de la période de fructification ; en avril, ils
existent seuls, puis, en mai, les sporanges uniloculaires apparaissent et
deviennent de plus en plus fréquents. En juin et juillet, j ai surtout
observé des sporanges uniloculaires ; néanmoins, sur deux individus très
développés, récoltés dans le vivier du Laboratoire le 24 juillet 1933,
époque à laquelle le Liebmannia avait presque entièrement disparu,
j’ai rencontré uniquement des sporanges pluriloculaires en très grande
abondance.
Beaucoup d’auteurs n’admettent pas l’indépendance du genre
Liebmannia et rattachent cette espèce au genre Mesogloea. Le genre
Liebmannia se distingue du genre Mesogloea par la présence des spo¬
ranges pluriloculaires, qui n’ont jamais été observés chez les Meso¬
gloea, chez lesquels l’on rencontre uniquement des sporanges unilo¬
culaires.
Loc. : Banyuls, île Grosse, cap Doune, anse des Limes, anse et cap du Troc, etc.
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique, de la Manche à Tanger.
/. FELDMANN
CASTAGNEA Derbès et Solier, 1851
Castagnea mediterranea (Kützing) Hauck
Bornet, Algues de Schousboe, 1892, p. 236. SAUVAGEAU, Sur le Castagnea Zoslerae
Thuret, 1927, p. 377. Cladosiphon mecliterraneus Kützing ? an j. Agardh ?
Cette espèce est assez fréquente à Banyuls, épiphyte sur les
feuilles de Posidonies, en compagnie du Giraudya sphacelarioides.
Bien développés entre avril et juillet, les jeunes individus, hauts de
quelques centimètres, se rencontrent dès le mois de décembre. Spo¬
ranges pluriloculaires observés en mai.
Loc. : Banyuls, Fontaulé, anse du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Tanger.
Castagnea irregularis Sauv.
SAUVAGEAU, Sur quelques exemples d'hétéroblastie dans le dévelop. des Phéosporées,
1924, PP . 1576-1579.
Cette petite espèce a été découverte, par C. SAUVAGEAU, à Ba¬
nyuls, en août-septembre, sur les feuilles de Posidonies.
Loc. : Banyuls (SAUVAGEAU).
DlSTRlB. : Côtes méditerranéennes de France (Banyuls, Tamaris).
Castagnea cylindrica Sauv.
Sauvaceau, Sur quelques exemples d hétéroblastie dans le dévelop. des algues Phéos¬
porées, 1924, pp. 1576-1579.
Mêlé à l’espèce précédente.
Loc. : Banyuls (Sauvaceau).
DlSTRlB. : Côtes méditerranéennes de France.
Spermotochnaceae
SPERMATOCHNUS Kützing, 1843
Spermatochnus paradoxus (Roth ) Kütz.
Atlas
1931,
Kützing, Tab. Phyc VII, tab. 18. 6g. I. Reinke, Aigenflora, 1889, p. 66. 6g. 4.
De ï?a h 's!g“ï“" 8 ;’ ^ 9 ’ P ', 53, Taf ' 33 ’ 35 ' S"" 4 ™"- 1 ' Phéoiporées de Villefranche,
p. 148. Jhlophora Lÿnbÿaei J. Agardh.
Cette belle espèce, que 1 on pourrait facilement confondre, à
œil nu, avec le Siilophota rhizodes, paraît assez rare à Banyuls. Je
ne 1 ai observée qu une seule fois, mais assez abondante, draguée par
z!5-j0 mètres au début de septembre 1931. Mes échantillons, épi-
phytes sur le Cÿstoseira spmosa, étaient bien développés et atteignaient
centimètres de haut; ils étaient pourvus de sporanges uniloculaires.
Je n ai pas observé de sporanges pluriloculaires.
A Villefranche, d'après SAUVAGEAU, cette espèce se rencontre
de juin a octobre.
289
A LC U ES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
Bien que largement répandue dans toute la Méditerranée, cette
espèce paraît y être assez rare (cf. FELDMANN. Contrib. Fl. algol.
Algérie, f. 2, 1933, p. 361).
Loc. : Banyuls, cap l'Abeille.
DlSTRlB. : Atlantique nord, Méditerranée.
NEMACYSTUS Derbès et Solier, 1850
Nemacystus ramulosus Derbès et Solier
HaucK, Meeresalgen, 1885. p. 366, fig. 156. SauvaGEAU, Sur le Castagnea Zosterae,
1927, p. 379; Phéosporées de Villefranche, 1931, p. 132. Kuckuck. Monogr. der Paespo-
reen, 1930, p. 70. fig. 95.
Cette espèce, qui a déjà été observée à Banyuls par C. Sau-
VAGEAU, se rencontre au printemps (mai et juin), épiphyte sur les
feuilles de Posidonies. Rappelant beaucoup, par son port, les Méso-
gloiacées, elle s’en distingue nettement par sa structure et, en parti¬
culier, par le mode de croissance de la fronde aux dépens d’une cellule
initiale terminale.
Loc. : Banyuls, Fontaulé, anse du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée.
STILOPHORA J. Agardh, 1841
Stilophora rhizodes (Erhrt.) J. Agardh
Reinke Algrnfl., 1889, p. 70, Atlas, 1892, p. 55, Taf. 36. Spcrmalochnus rhizodes
Kützing, Tab. Phyc., VIII, tab. 17. Stilophora adrialica (C. Agardh) J. Agardh, Alg. mar.
médit., 1842, p. 42. SaUVACEAU, Phéosp .Villefranche, 1931, p. 140.
D’après les auteurs, le S. rhizodes serait généralement remplacé,
dans la Méditerranée, par le S. adriatica.
J’avais cru d’abord avoir trouvé les deux espèces dans la région
de Banyuls. J’avais rapporté au S. rhizodes les individus dragués en
été, entre 20 et 30 mètres, épiphytes sur les Cystoseira spinosa et opun-
tioides, qui en sont souvent complètement recouverts. Dans cette sta¬
tion, l’algue était particulièrement abondante en août et septembre
1931, avec sporanges uniloculaires; chaque dragage m’en rapportait
des quantités considérables; en 1932, à la même époque de 1 année,
elle était beaucoup plus rare. Par sa taille relativement grande (15-
20 centimètres dans les échantillons que j’ai conservés), et par son
port, cette forme ne me paraît pas distincte du S. rhizodes de 1 Atlan¬
tique. J’avais, par contre, cru pouvoir distinguer, sous le nom de Stilo¬
phora adriatica, la forme qui se rencontre près du niveau dans les sta¬
tions calmes, épiphyte sur les Cystoseira et les Dictyota, et qui se dis¬
tingue de la forme de profondeur par sa taille plus réduite (6-10 cen¬
timètres de haut), et sa précocité (mai à juillet) ; mais, en 1934, j’ai
trouvé au cap du Troc, le 24 juin, des Stilophora bien développés
290
]. FELDMANN
atteignant 30 centimètres de haut dans une flaque en communication
avec la mer, correspondant donc à la forme estivale de profondeur et
à celle de l’Atlantique; aussi je crois préférable de réunir toutes ces
formes sous le nom de 5. rhizodes.
Loc. : CoIIioure; Banyuls, île Grosse, cap du Troc, cap l’Abeille, cap Redéris.
Distrib. : Atlantique nord, Méditerranée.
Punctariales
Giraudyaceae
Ainsi que 1 a indiqué SAUVAGEAU (1927), il semble nécessaire
d établir, pour le Giraudya sphacelarioides, une famille spéciale.
Cette curieuse espèce diffère en effet beaucoup des Elachistacées,
parmi lesquelles elle est généralement rangée par la pluralité et la
disposition de ses organes reproducteurs, ainsi que par sa fronde poly-
siphonée. A cause de ce dernier caractère, elle doit être rattachée aux
Punctariales.
GIRAUDYA Derbès et Solier, 1851
Giraudya sphacelarioides Derb. et Sol.
SAUVAGEAU, Les problèmes du Giraudya, 1927, fig. 1-18. Kuckuck, Monogr. Phaeosp.,
1929, p. 28, fig. 12-25.
Epiphyte à peu près constant sur les feuilles de Posidonies, où
il se rencontre vraisemblablement toute l’année. Surtout bien déve¬
loppé au printemps et en été. Ainsi que l’a montré SAUVAGEAU, le
Giraudya ne s’insère pas directement sur les feuilles de Posidonia,
mais sur les thalles d’ Ascocyclus orbicularis, qui recouvrent ces feuilles.
Loc. : Banyuls, anse du Troc, etc...
Distrib. : Méditerranée, Atlantique nord (Brest).
Punctariaceae
PUNCTARIA Greville, 1830
Punctaria latifolia Greville
Thuret et BORNET, Et. Phycol., p. 13, pl. 5. Hauck, Meeresalgen. 1885, p. 371.
Je n’ai pas observé cette espèce, qui a été récoltée à Banyuls par
C. SAUVAGEAU, au début de mai (herbier Thuret-Bornet) .
Loc. : Banyuls, devant le Laboratoire (SAUVAGEAU).
Distrib. : Méditerranée, Adriatique, mer Noire, Atlantique nord.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
Scytosiphonaceae
PETAL0N1A Derbès et Solier, I 850
Petalonia Fascia (Millier) O. Kuntze
Howe. Ma,. AJ g. of Paru, 1914, p. 50. Ilcc F^cla Fries, SETCHELL and GARDNER.
Mar. Algae Pacific co.sl, III. 1925, p. 535. PI ijlM. Fascw Kfilimg, Phyc. gener., 1843,
p. 142, pl. 24, III, fig. 1-6. Sauvageau, Développ. de quelques Pheosporees, IVZV, p. ^ 10 .
Petalonia Jebilis (Ag.) Derb. et Sol.
Mes échantillons de Banyuls correspondent à la f. debilis Setch.
et Gard., caractérisée par les frondes cespiteuses larges, atteignant
15 cm. de haut, à stipe brièvement atténué et verdissant par déssicca-
Abondant en hiver et au printemps, près du niveau, dans les
stations assez battues, mais où l’eau est chargée de matières organiques
comme à l’extrémité de l’égout du Sanatorium. Il est fixé sur les ro¬
chers, les Corallines, et surtout sur les Moules. ^
Au début de décembre, on rencontre déjà quelques rares indi¬
vidus, hauts de 5-6 centimètres; en juin, la plante a complètement
disparu.
Sporanges pluriloculaires observés en février et mars.
Loc. : Collioure ; Banyuls, anse des Elmes.
DiSTRIB. : Cosmopolite.
SCYTOSïPKON Agardh (emend. Thuret)
Scytosiphon Loir.entaria (Lyngbye) J. Agardh
Harvey, Phyc. Brit., pl. 2S5. Setchell and Gardner, Mar. Algae Pacific coast,
III, 1925, p. 351, pl. 39, fig. 45, pl. 44, fig. 75. Sauvageau. Développ .dt quelques Phéos-
porées, 1929, p. 331.
Plante assez polymorphe. La plupart des individus récoltés à
Banyuls appartiennent à la f. tÿpica Setch. et Gardn. et possèdent des
frondes assez développées pourvues de constrictions.
Vit tantôt toujours immergé à peu de profondeur, tantôt émergé
dans l’étage littoral. Dans les stations immergées et calmes, il est fixé
sur les rochers ensablés ou épiphyte sur les rhizomes de Zosteres ou de
Cymodocées; il apparaît en automne et est abondant pendant tout
l’hiver. Ï1 persiste plus longtemps que dans les stations émergées; il
peut se rencontrer dans les stations favorables jusqu’au début de juin.
Il est également plus précoce dans ces conditions: le 9 décembre 1932,
j’ai récolté, dans le vivier du Laboratoire, de grands individus fertiles
atteignant 43 cm. de hauteur, et dont les plus larges mesuraient (sur
le sec) 1 cm. de large. A cette époque, les individus croissant sur les
rochers émergés étaient très rares et de petite taille. Ils se développent
surtout à la fin de décembre, et, en très peu de temps, ils couvrent
Source : MNHN, Paris
292
]. FELDMANN
tous les rochers de leurs frondes tubuleuses formant un revêtement
continu. Ils se rencontrent surtout sur les rochers horizontaux et dans
les cuvettes, dans les stations un peu abritées, généralement associés
à YEnteromorpha compressa, et plus rarement aux Porphyra .. Ils;
portent des épiphytes variés, notamment des Ectocarpus et des Cera-
mium.
Les Scytosiphon émergés disparaissent dès le début d'avril ; en
mai, on n’en retrouve généralement plus trace.
Loc. : Collioure; Port-Vendres; Banyuls, cap Castell, ,île Grosse, cap du Troc.
DlSTRIB. : Très vaste.
COLPOMENIA Derbès et Solier
Colpomenia sinuosa (Mertens) Derbès et Solier
SauvageaU, Sur le C. sinuosa, 1927, p. 309. Oltmans, Morph. u Biol, der Atgen»
II, 1922, p. 64, fig. 356. Hÿdroclathrus sinuosus Zanardini, Hauck, Meeresalgen, 1885,
p. 393, fig. 171.
Vit sur les rochers et les algues (Cystoseira) , près du niveau,
jusqu’à quelques mètres de profondeur, dans les stations assez calmes.
Se rencontre toute l’année. Jeune et de petite taille en novembre-dé¬
cembre, il est déjà bien développé en février; particulièrement abon¬
dant et fertile en juin-juillet.
Loc. : Collioure; Port-Vendres; Banyuls, anse des Elmes, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique et Pacifique nord.
Asperococcaceae
MYRIOTRICHIA Harvey, 1834
Myriotrichia adriatica Hauck
Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 337. Sauvaceau, Phéosp. de Villefranche, 1931,
p. 51. Mvriotrichia repens Kuckuck (pro parte), Beitr. z. Kenntnis der Meeresalg., 1899,
p. 21, fig. 2, C, D, E, fig. 3; Taf. III, fig. 1, 2, 3, 5. (Non Myriolrichra (?) repens Hauck,
1879 = Dichosporangium repens (Hauck) Hauck).
Cette espèce, décrite, sans figure, par Hauck, a été réunie au
Dichosporangium repens Hauck par Kuckuck, qui a publié de beaux
dessins de ces deux formes. Récemment C. SAUVAGEAU, ayant eu
l’occasion d’étudier ces deux algues à Villefranche, a reconnu qu’elles
étaient réellement distinctes.
J’ai récolté le M. adriatica en août, épiphyte sur des Dictÿota
dichotoma et des Mésogloeacées dragués par 25-30 mètres de pro¬
fondeur.
Mes échantillons correspondent bien aux dessins de KUCKUCK,
ils portaient de nombreux sporanges uni et pluriloculaires (fig. 54).
Ainsi que l’a signalé SAUVAGEAU, les sporanges pluriloculaires sont
293
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
plus précoces que les sporanges uniloculaires, et, dans mes échantillons,
les sporanges pluriloculaires sont pour la plupart dehisces et vrdes.
alors que l’on observe de nombreux sporanges uniloculaires encore
très jeunes.
Loc. : Banyuls, cap l’Abeille.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique.
294
/. FELDMANN
ASPEROCOCCUS Lamcuroux, 1813
Asperococcus scaber Kuckuck
Kuckuck, Beitrage z. Kenntnis der Meeresalgen, 1899, p. 47-54, fig. 1-4, Taf. II.
Je rapporte, avec doute, à cette espèce, un petit Asperococcus
que j’ai récolté en assez grande abondance en janvier, épiphyte sur les
feuilles de Zostera marina. Par sa base discoïde ayant la structure
d’un Myrionema, sa fronde pleine présentant, en général, quatre
grandes cellules centrales et ses sporanges pluriloculaires non entre¬
mêlés de paraphyses et réunis en sores parfois confluents, l’algue de
Banyuls correspond bien à la description et aux figures de Kuckuck,
mais elle en diffère par sa taille plus grande : elle atteint en effet 4 à
5 centimètres de haut, alors que les échantillons étudiés par Kuckuck
ne dépassaient pas 1 centimètre.
Loc. : Banyuls, vivier du Laboratoire.
DisTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Angleterre.
Asperococcus builosus Lamouroux
Thuret et Bornet, Et. Phycol., 1878, p. 16, pl. VI. Hauck, Meeresalgen, 1885,
p. 388, fig. 168, a. Sauvageau, bur le développ. de qiulques Phéosporées, 192y, p. 363.
Encoelium bullosum Ag. KüTZING, Tab. Phyc., iX, tab. 7.
La forme que je considère comme typique se rencontre à Ba¬
nyuls pendant 1 hiver et le printemps, près du niveau. Je l’ai récoltée
en abondance en janvier et février, et, à cette époque, elle présente
un grand développement dans les stations calmes, près du niveau,
fixée sur les rochers sableux ou épiphyte sur diverses algues ( Clados-
tephus verticillatus en particulier). Dans le vivier du Laboratoire,
elle atteint une taille assez grande : des échantillons récoltés le 23 jan¬
vier 1932 mesurent jusqua 13 cm. de haut et 2 cm. de large (sur
le sec). Tous ces échantillons sont abondamment pourvus de sporanges
uniloculaires. La plante persiste jusqu’en mai-juin.
Il est intéressant de noter l’abondance de cette espèce en hiver,
à Banyuls, car, dans 1 Atlantique nord, il n’en est pas de même. A
Cherbourg, par exemple, VA. builosus , d’après SAUVAGEAU, apparaît
en juin pour disparaître pendant la première quinzaine de septembre.
Outre cette forme, hivernale et vemale, localisée près de la sur¬
face, j ai observé à plusieurs reprises, en été (août-septembre), un
Asperococcus dragué par 18 à 30 mètres, épiphyte sur les algues
(Cystoseira, Lithothamniées), une autre forme de la même espèce,
qui se distingue de la forme de surface par sa taille plus petite (5-8 cm.
de hauteur et 8-15 mm. de large), sa teinte plus claire et son aspect
plus fragile. Sa structure est la même que celle de Y Asperococcus
builosus typique, ainsi que la disposition des sores de sporanges uni-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
295
loculaires, mais, sous le microscope, la forme de profondeur se dis¬
tingue nettement par ses cellules externes, beaucoup plus grandes et
à contenu moins dense, permettant d’apercevoir facilement par trans¬
parence les grandes cellules internes.
‘ïS — /Jsoproroccus bullosus Lamour.
Dans la f. tvpicus, les cellules externes mesurent généralement
de 20 à 30 ^ dans leur plus grande largeur, alors que, dans la f. pro-
fundus (1), elles atteignent et dépassent 50 t*. Les sporanges unilocu¬
laires sont semblables et de même taille dans les deux formes : ils
mesurent environ 50 /-* de diamètre.
Loc. : f. tÿpicus : Banyuls. cap Doun? (Sauvageau), vivier du Laboratoire. île
Grosse, cap du Troc; /. prof un Jus : Cap Béar, cap Redens.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord.
Asperococcus compressus Griffiths
Harvey. Phyc. Brit., pl. 72. Sauvageau. Développ. quelques Phéosp., 1929. p. 366.
Haloglossum Griffithsianum Kützing, Tab. Phyc., IX, tab. 52.
Bien distincte de l’espèce précédente par sa fronde comprimée,
cette algue est abondante au printemps (d avril à juillet), sur les
rochers à fleur d’eau et les stations calmes, où elle croît en touffes.
Sporanges uniloculaires observés en mai et juin.
Loc. : Banyub, île Grosse, cap du Troc.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique nord.
(1) Asperococcus bullosus f. profondes nov. form. A Ippo dlffert, frondibus miuo-
ribus, fragilioribus, cellulis exiernis majoribus usque ad 50 •> lotis (rn /. tÿpicus nob. cclluLis
20-30 y lotis). Ad altitudinem 18-30 m. infra superficiem maris; aestale viget.
296
J. FELDMANN
Stictyosiphonaceae
Fig. 56. — Stictyosiphon adriaticus
Kützing. Réduit de un tiers.
STICTYOSIPHON Kützing, 1843
Stictyosiphon adriaticus Kütz.
Kützing, Phyc. gener., 1843, p. 301, tab.
21. III. Tab. Phyc., VI. tab. 50. Hauck, Meere-
salgen, 1885, p. 376, fig. 161.
Cette espèce était assez abondante,
en juin 1933, sur fond rocheux, entre
20 et 30 mètres de profondeur. Je ne
l’avais pas observée précédemment, et,
depuis, je ne l’ai plus retrouvée. Mes
échantillons, pourvus de sporanges uni¬
loculaires, correspondent bien, au point
de vue anatomique, à ceux distribués
de l’Adriatique par Hauck dans le
Phylçotheca universalis (fig. 57 et 58) ;
ils s’en distinguent par la largeur de
leurs rameaux principaux, qui peuvent
atteindre jusqu’à 1 centimètre de large
et qui portent des rameaux filiformes à
ramules généralement opposés (fig. 56).
Loc. : Cap Bear.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Adria¬
tique.
Stictyosiphon soriferus (Reinke) Rosenvinge
Rosenvince, On some Danish Phaeophyceae, 1935, p. 9, fig. 9-19. Kjellmania
conféra Reinke, Algenflora westl. Ostsee, 1889, p. 59. Atlas deutsch. Meeresalg., I, 1889,
tflo K,elmanla *triarioides Gran, Kristianialfjordens algeflora, 1897, p. 38, Tab. I,
ooû 9 ■ i £i ,Ct £ ,0si ? h0 c n . Corb . ierei Sauvageau, Sur le Développ. de quelques Phéosporées, 1929,
oo r ,,ô h§ ' S,,c, y° s, P hon adriaticus Kuckuck, Monogr. der Phaeosporeen, 1930, p. 81-
82, fig. 118-124 (non S. adriaticus Kützing).
Sous le nom de Stictyosiphon Corbierei, C. Sauvageau a décrit,
en 1929, une Phéophycée récoltée à Cherbourg sur des Asperococcus
hullosus par M lle Doublet, et qu’il considérait comme une espèce
nouvelle. La même espèce fut retrouvée ensuite par P. DaNGEARD, dans
un bac de 1 aquarium de Roscoff. Elle n’avait pas été signalée ailleurs
orsque je 1 ai découverte à Banyuls, fin juin 1933, dans un des bacs
du Laboratoire Arago. Mes échantillons présentaient bien la même
structure que l’algue décrite par SAUVAGEAU, qui, ayant examiné un
de mes échantillons, avait bien voulu confirmer ma détermination.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
297
A, portion d’un ramule étroit portant deux poils; B, extrémités de deux ramules
X 340.
Fig. 58. — Sticlÿosiphon adriaticus Kütz.
Disposition des sporanges uniloculaires, X 266.
Plus récemment K. RosENVINGE, étudiant le Stictyosiphon du
Danemark, reconnut que le S. Corbierei était identique au Kjellmania
striarioides Gran, et que ces deux formes ne différaient pas spécifique-
298
]. FELDMANN
ment du Kjellmania sorifera Reinke, le genre Kjellmania, caractérisé
par l’existence de deux sortes de sporanges : les uns en sores dans les
parties parenchymateuses de la fronde, les autres intercalaires dans
Fig. 59. — Slictÿosiphon soriferus (Reinke) Rosenvinge : A, disposition des sporanges
pluriloculaires; C, D, E. sommet de rameau terminé par un poil; B et D, sporanges
pluriloculaires intercalaires. A X 200; B, C, D, E X 340.
les parties filamenteuses, ne méritant pas d’être conservé. La plante
décrite par Sauvageau doit donc porter le nom de Stictyosiphon sori¬
ferus (Kjellm.) Gran. ROSENVINGE indique également que l’algue si¬
gnalée par CoTTON à Clare Island (Irlande), et figurée par KUCKUCK
sous le nom de S. adriaticus, doit être rapportée à cette espèce.
Mes échantillons, plus petits et plus grêles que ceux figurés par
Sauvageau et par Rosenvinge, atteignent seulement 2 centimètres
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
299
de haut, ils sont pourvus de sporanges pluriloculaires ; les uns sont
isolés dans la partie parenchymateuse de l’algue et résultent de la
transformation d’une cellule corticale; ils sont aussi longs que larges
et mesurent 20-30 a de large, chaque logette mesure 4-5 a ; les autres
sporanges sont intercalaires dans la partie supérieure de la fronde,
constituée d’une seule file de cellules (fig. 59).
Je n’ai pas observé de sporanges uniloculaires. Chaque cellule
corticale renferme 6-10 plastes discoïdes.
Le Stictyosiphon soriferus, outre les différences anatomiques déjà
signalées par Sauvageau et le mode de disposition des sporanges, se
distingue du 5. adriaticus par ses cellules corticales plus petites (20 à
30 m au lieu de 50 a de large). Les plastes des cellules corticales
sont également de taille et de forme différentes chez ces deux espèces.
Dans le S. soriferus, ils sont arrondis et atteignent 6^ de diamètre,
alors que dans le S. adriaticus, ils sont ovales, allongés et mesurent
4-5 /* X 3 /*.
Loc. : Banyuls, aquarium du Laboratoire.
Distrib. : Méditerrrnée occidentale, Manche, Irlande, Danemark.
Sphacelariales
Sphacelariaceae
SPHACELARIA Lyngbyc, 1819
Sphacelaria Plumula Zanard.
ZaNARDINI, Icon. Pl.yc. adriat., I, p. 136, tav. 33. SAUVAGEAU, Remarques sur les
Sphacélariacées, 1900-14, p. 78, fig. 18-20.
Assez fréquent en été (juin à septembre) entre 25 et 30 mètres
de profondeur. Epiphyte sur les Cystoseira spinosa et opuntioides.
Tous mes échantillons sont pourvus de propagules. Je n’ai pas observé
de sporanges.
Loc. : Cap Béar, cap l'Abeille.
Distrib. : Atlantique (Helgoland, Bretagne, golfe de Gascogne), Méditerranée,
Adriatique.
Sphacelaria tribuloides Meneghini
HaucK, Meeresalgen, 1885, p. 342, fig. 144. Sauvageau, Sphacélariacées, 1900-14.
p. 123, fig. 28-29.
Je n’ai observé qu’une seule fois cette espèce, qui paraît assez
rare dans la région, sur de vieux rameaux de Cystozeira abroianifolia
300
J. FELDMANN
croissant près du niveau, dans une station calme, en juillet. Mes
échantillons ne portaient que des propagules.
Loc. : Banyuls, cao du Troc. ...
DlSTRlB. : Méditerranée, Adriatique, Atlantique tempéré et chaud, Antilles, mer
Rouge, océan Indien.
Sphacelaria hystrix Suhr
Sauvaceau, Sphacélariacées, 1900-14, p. 173, fig. 39-41.
Cette espèce, longtemps confondue avec le S. cirrosa, a été
distinguée et décrite en détail par SaUVAGEAU.
Elle se distingue du S. cirrosa par son parasitisme sur les Cysto-
seira et sa sexualité hétérogamique
Elle a été signalée à Banyuls, qui est, à ma connaissance, la
seule localité méditerranéenne de cette espèce, par C. SaUVAGEAU.
(A propos des Cystoseira, 1912, pp. 347 et 440.) D’après cet auteur,
le Sph. hyslrix est très commun sur le Cystoseira mediterranea en juin;
il abonde en mai sur le C. abroianifolia pourvu d’oogones et de pro¬
pagules, les anthéridies étant relativement rares à cette époque. C’est
une espèce de printemps, et, comme les œufs fécondés ou non peuvent
rester longtemps sans germer, il paraît probable, comme le suppose
SaUVAGEAU, que ceux-ci pénètrent dans les tissus des Cystoseira et
y demeurent sans s’accroître pendant l’hiver, comme dans le cas décrit
par THURET, du Cladophora lanosa, dont les zoospores passent la
mauvaise saison dans les rameaux du Polÿides rotundus.
Loc. : Banyuls (Sauvaceau).
DlSTRlB. ; Méditerranée occidentale, Atlantique (de la Bretagne aux Canaries).
Sphacelaria cirrosa (Roth) C. Agardh
Sauvaceau, Sphacélariacées, 1900-14, p. 211, fig. 44-46.
Les échantillons de cette espèce, que j’ai récoltés à Banyuls,
appartiennent à la f. mediterranea Sauv. ou à la f. meridionalis Sauv.
et possèdent des propagules à trois rayons fusiformes.
C’est une espèce très commune toute l’année et très abondante
près du niveau, dans les stations assez calmes, sur les rochers où elle
forme souvent des gazons étendus, et épiphytes sur les algues les plus
variées (Cystoseira, Corallina , Halopteris, etc.). Elle paraît beaucoup
plus rare en profondeur, où je ne l’ai récoltée qu’une seule fois (avec
propagules) au cap l’Abeille, en août 1931, par 25 à 30 mètres de
fond, épiphyte sur le Cystoseira spinosa.
Loc. : Port-Vendres; Banyuls, cap Doune, cap du Troc, cap l’Abeille.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique (de la Norvège aux Canaries), Australie, Nou¬
velle-Zélande.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
301
HALOPTER1S Kützing, 1843 emend. Sauvageau, 1904
Halopteris filicina (Grateloup) Kütz.
Kützing, Tab. Phyc.. V. tab. 85, fig. 1. Sauvageau, Sphacélariacées, 1900-14,
p. 294, fig. 55-63. Phéosporées de Villefranche, 1931, p. 33.
Relativement fréquent près du niveau, dans les stations assez
battues et surtout très ombragées, grottes, surplombs, creux de rochers.
Très fréquent également en profondeur jusqu’à une quarantaine de
mètres (roche Cardinalane). Présente, comme l’espèce suivante, deux
formes saisonnières : aestivalis et hyemalis, réunies par tous les inter¬
médiaires.
Les individus récoltés en janvier et février étaient pourvus de
sporanges uniloculaires.
Loc. : Port-Vendres, roche Cardinalane, cap Bear, cap Doune, île Grosse, cap du
Troc, cap l'Abeille, etc...
DiSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Atlantique, de l'Angleterre au
Maroc.
Halopteris scoparia (L.) Sauv.
Sauvageau, Sphacélariacées, 1900-14, p. 349, fig. 69-72. Stypocaulon scoparium (L.)
Kützing, Tab. Phyc., V, tab. 96.
Cette espèce est extrêmement abondante à peu de profondeur,
dans les stations les plus variées, mais en particulier sur les rochers
sableux, dans les stations relativement calmes et ensoleillées. Elle
supporte parfaitement une forte insolation, ainsi qu’une eau concentrée
et une température élevée. En été, elle constitue presque à elle seule
la végétation des cuvettes en communication avec la mer, et celle des
rochers horizontaux peu profonds. Elle se rencontre toute l’année.
Je ne l’ai jamais observée en profondeur. Ses grosses touffes spon¬
gieuses et noirâtres servent de support à de nombreux épiphytes. Le
Fallçenbergia Hillebrandii , notamment, y prospère et le recouvre sou¬
vent en entier, au printemps.
D’après SAUVAGEAU, les sporanges uniloculaires se rencontrent
en hiver (d’octobre à février), dans la Méditerranée, et, d’après Funk
(1927, p. 355), de décembre à mai, à Naples. A Banyuls, je les ai
observés au début de décembre.
Loc. : Toute ,1a côte de Collioure à Cerbère.
DiSTRIB. : Méditerranée, Atlantique, du Kattegat aux îles du cap Vert, Nouvelle-
Ecosse, Antilles, Nouvelle-Guinée, Australie.
CLADOSTEPHUS C. Agardh, 1817
Cladostephus verticillatus (Lightfoot) Lyngbye
Sauvageau, Sphacélariacées, 1900-14, p. 488, fig. 93, 94, 95.
Assez abondant près du niveau, dans les stations calmes, souvent
302
]. FELDMANN
mêlé à YHalopteris scoparia, mais moins ubiquiste que celui-ci; parti¬
culièrement abondant dans les cuvettes profondes communiquant avec
la mer et un peu ombragées.
Se rencontre toute l’année; en automne, ses rameaux verticillés
sont envahis d’épiphytes variés; en hiver, il est pourvu de manchons
microblastiques, dont les filaments portent des sporanges uni et pluri-
loculaires (de novembre à février).
Cette espèce paraît localisée près de la surface; je ne l’ai obser¬
vée qu’une seule fois, en dragage, à une profondeur de 8-12 mètres,
devant l’île Grosse, en janvier.
Loc. : Collioure, Port-Vendres, île Grosse, cap Doune, cap du Troc, cap Rédéris,
etc.,
Distrib. : Méditerranée, mer Noire, Atlantique, de l'Ecosse aux Canaries, Amé¬
rique du Nord, Australie. Manque dans les régions tropicales.
Sporochnales
Sporochnaceae
SPOROCHNUS C. Agardh, 1817
Sporochnus pedunculatus (Hudson) C. Agardh
KüTZING, Tab. Phyc., IX, tab. 82, fig. I. Zanardini, Icon. Phyc. Adriat., I, p. 33,
tav. IX. Sauvageau, Phéoph. de Villefranche, 1931, p. 122.
Vit dans les mêmes conditions que VArthrocladia et souvent
mêlé à lui, sur les fonds graveleux, entre 20 et 35 mètres de profon¬
deur. Je 1 ai récolté à 1 état fertile, de juin à octobre. Les individus
récoltés en juin sont déjà bien développés, et, d’après Sauvageau,
on rencontre de jeunes exemplaires dès le mois d’avril, à Villefranche.
Les échantillons récoltés en août dépassent 30 centimètres de haut
Loc. : Cap Béar, cap I Abeille, cap Rédéris, cap Cerbère.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique nord.
CARPOMITRA Kützing, 1842
Carpomitra costata (Stackhouse) Batters var. mediterranea Feldm.
T K pu ELDM ,v N ’ R «o 1933. p. 358. Carpomitra Cabrerae (Clemente) Kützing.
MI ,Q1 r flg ' • SauvageaU - Sur l'alternance de génér. chez le C. Cabrerae.
pp. 141-192 1926. Feldmann, Contrib. Fl. algol. Algérie, 1931, p. 215. Sporochnus dicho-
tomus Zanardini.
Je n ai trouvé, de cette espèce, qu’un seul individu fertile dragué
par 25-30 mètres, au cap l’Abeille, le 23 juin 1934.
Loc. : Banyuls, cap l'Abeille.
Distrib. : Méditerranée occidentale. Adriatique, Atlantique, de l'Irlande à Tanger
et aux Açores, Nouvelle-Zélande. ë
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
NEREIA Zanardini, 1 845
Nereia filiformis (J. Agardh) Zanard.
Zanardini, Icon. Phyc. Adriat., 1, p. 450, tav. XVII. Hauck, Meeresalgen, 1885,
p. 386, fig. 167. Sauvageau, 1927, p. 357, fig. 1-4. Cladothclc filiformis Kützing, Tab.
Phyc., IX, tab. 76.
A Banyuls, cette espèce se rencontre, assez rarement d’ailleurs,
à une certaine profondeur (entre 25 et 30 mètres). Elle est constam¬
ment épiphyte sur les Peyssormelia Squamaria ou rubra , ainsi que
l’avait déjà signalé OLLIVIER (1929, p. 1 10), à Villefranche. Je ne
l’ai observée qu’une seule fois près du niveau; elle était très abon¬
dante et très bien développée, dans une cuvette ombragée, au cap
l’Abeille. Les échantillons de profondeur sont plus grêles que ceux
vivant près du niveau et se rapprochent, par leur morphologie, du
Nereia Montagnei Kützing. Mes exemplaires, récoltés en juillet,
août et septembre, étaient pourvus de sporanges uniloculaires.
A Villefranche, où cette espèce est assez fréquente près du
niveau, dans les stations calmes, elle paraît plus précoce qu’à Banyuls;
je l’y ai récoltée à Passable (rade de Villefranche) au début d’avril
1928.
Loc. : Banyuls, cap l'Abeille, cap Rédéris, cap Cerbère.
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique (Maroc et Canaries).
Üesmarestiales
Arthrocladiaceae
ARTHROCLAD1A Duby, 1832
Arthrociadia villosa (Hudson) Duby f. australis (Kützing) Hauck
Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 381, fig. 164. Sauvageau, Phéoph. de Villefranche,
1931, p. 95, fig. 17-18. Arthrociadia australis Kützing, Tab. Phyc., X, tab. 1.
La forme australk Hauck, considérée comme une espèce dis¬
tincte par KÜTZING, et qui paraît être la seule représentée dans la
Méditerranée, se distingue de la forme type (A. sepientrionalis Kütz.)
par ses rameaux, le plus souvent alternes, alors qu’ils sont générale¬
ment opposés dans la forme de la Manche et de la mer du Nord (Cf.
Harvey, Phyc. Brit., pl. 138).
Cette algue est l’une de celles que l’on rencontre aux plus
grandes profondeurs. Elle est assez fréquente, généralement associée
au Sporochnus pedunculatus, sur les fonds de fins graviers ou de
coquilles brisées. Je l’ai également recueillie dans le produit d’une
pêche au chalut effectuée devant le cap Béar, par 40 mètres environ,
sur fond vaseux; ces échantillons étaient fixés sur des coquilles de
Dentale.
304
J. FELDMANN
L ’Arthrocladia est une plante d’été; je ne l’ai récoltée que de
juin à septembre. Les échantillons récoltés le 19 juin mesurent déjà
12-15 centimètres de haut; au début de septembre, les échantillons
atteignent et dépassent même 35 centimètres de hauteur. Presque
tous les échantillons sont pourvus de sporanges en chapelets. En réalité,
la période de végétation est un peu plus longue ; à Villefranche, SaU-
VAGEAU a récolté de jeunes individus hauts de quelques centimètres
à la fin d’avril; l’algue persiste au moins jusqu’à la fin d’octobre.
Au cap Cerbère, j’ai dragué, par 30 mètres, une forme un peu
différente de la forme habituelle; elle était plus robuste quoique sté¬
rile, et présentait des pousses définies, verticillées, très longues, surtout
vers l’extrémité des rameaux. Ces pousses définies possédaient des
filaments verticillés par 3 ou 4, et non pas opposés, comme c’est le
cas général.
Loc. : Cap Bear, cap l'Abeille, cap Rédéris, cap Cerbère.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Atlantique nord.
Laminariales
Phyllariaceae
PHYLLARIA Le Jolis, 1856
Phyllaria renifonnis (Lamouroux) Rostafinski
Bornet, Algues de Schousboe, 1892, p. 250. Sauvageau, Sur les plantules d'une
Laminaire à prothalle parasite, 1918, p. 787. FELDMANN, Les Laminariacées de la Médi¬
terranée, 1934, p. 17, fig. 5, 6.
Assez fréquent au printemps et au début de l’été (d’avril à juil¬
let) , entre 1 et 2 mètres de profondeur, sur les parois rocheuses ver¬
ticales, généralement fixé sur des Lithothamniées dans lesquelles se
développe, ainsi que Ta montré SAUVAGEAU, son gamétophyte.
Les échantillons récoltés en juin et juillet présentent des soies de
sporanges formant une tache semi-circulaire de couleur foncée, à la
base de la lame. Celle-ci porte de nombreuses touffes de poils. La
base de la fronde est cunéiforme dans les plantes jeunes; elle devient
ensuite réniforme dans les individus adultes, qui atteignent 30 centi¬
mètres de haut.
Cette algue se rencontre également en profondeur; je l’ai dra¬
guée à deux reprises au cap Rédéris et au cap l’Abeille, par 30 à
35 mètres sur fond rocheux plus ou moins couvert de vase. La plante
de profondeur paraît beaucoup plus tardive que celle de surface.
C’est en effet en septembre 1927 et 1931 que j’ai récolté ces échan¬
tillons dragués. Ils sont également beaucoup moins développés que
ceux de surface. Des deux échantillons dragués en septembre 1931,
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
305
l’un mesure 9 centimètres de haut et l’autre 3 centimètres seulement.
Tous deux présentent, à la base de leur lame, une région semi-circu¬
laire plus foncée indiquant un début de fructification.
Ainsi que l'a indiqué SAUVACEAU, c’est par erreur que J. Cha-
LON [1900, p. 28] a signalé la Saccorhiza bulbosa de la Pyl. à
Banyuls. Il s’agit seulement du Phyllaria reniformis, ainsi que j’ai pu
m’en rendre compte par l’examen d’un échantillon récolté par Cha-
LON à Banyuls et conservé dans 1 herbier du Laboratoire Arago.
LOC. : Ils Grosse, «use do Troc, c»p l'Abeille, cap Rédéris Cerbère.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale (côte, de France, d Lsp. 8 ne et dAlgerreJ.
Atlantique, de Biarritz au Maroc.
Cutlériales
Cutleriaceae
ZANARD1NIA Nardo
Zanardinia prototypus Nardo, 1841
Zanardinia collant Crouan. Reinke Entwickl. Coller., 1878 pl. IX üX. S*u-
VSCEAU. Cutlériacées, 1899, p 286, 6g. 1-4. Oelivier, Fi. algol. cote d Azur. 1929. p. 112.
D’après J. Acardh (Analecta algol., cont. I, p. 1 I ), le Zonaria
collaris des Antilles, décrit par C. Agardh (Species Algarum,
p. 127, Systema, p. 264), est différent du Z. collaris J. Agardh
(Al. mar. Médit., 1842, p. 38), de la Méditerranée; l'espèce des
Antilles n’est pas une Cutlériacée, mais une Diciyotacée (Cpmno-
sorus collaris (Ag.) J. Ag.). Le nom spécifique de collaris ne peut
donc être employé pour le Zanardinia de la Méditerranée, et il faut
adopter, pour cette espèce, le nom spécifique de prototypus proposé,
en 1831, par Nardo ( Stiftia prototypus Nardo).
Cette espèce est assez rare près du niveau, où elle est localisée
sous les surplombs, dans les stations assez battues et ombragées. Elle
est, par contre, fréquente en profondeur, entre 10 et 40 mètres. Se
rencontre toute Tannée. Les petits individus peziziformes sont fré¬
quents de janvier à avril, entre 13 et 30 mètres; à une plus grande
profondeur (35-40 mètres), on peut les rencontrer jusqu’en juillet
et août.
Loc. : Cap Béar, roche Cardinalane. cap Oullestreil, cap l'Abeille.
DlSTRlB. : Méditerranée, Atlantique, du sud de l'Angleterre a Tanger.
CUTLERIA Greville, 1830
Catleria multifida (Smith) Greville
THURET et BORNET, Et. Phycol.. 1878. pl. IX et X. SAUVACEAU, Cutlériacées,
1899, p. 296. Phéosp. de Villefranche, 1931, p. 10, fig. 1 a et 1 b.
Assez rare dans la région de Banyuls. Je n en ai observé que
306
]. FELDMANN
quelques individus isolés vivant dans les stations calmes, près du
niveau, en avril et mai.
Loc. : Port-Vendres; Banyuls, île Grosse.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Atlantiqu;, d'Helgoland au Maroc.
Cutleria monoica Ollivier
Ollivier, Flore marine côte d'Azur, 1929, p. 115, fig. 3. Sauvageau, Phéosp. de
Villefranche, 1931, p. 10, fig. 1 C et D.
Sous le nom de Cutleria monoica, OLLIVIER a décrit un Cutleria
de Villefranche, dont on ne connaissait jusqu’alors que le sporophyte
(Aglaozonia chilosa Falkenberg), et qui se distingue du C. multifida
Fig. 60. Cutleria monoica Ollivier : Coupe transversale d’une fronde passant par un
sore femelle X 100.
par sa monoicité, sa localisation à une certaine profondeur et son déve¬
loppement estival.
Ultérieurement, Sauvageau compléta les observations d’OLLI-
VIER en décrivant le développement des oosphères du C. monoica et
des zoospores de 1 Aglaozonia chilosa. Il indiquait en même temps
que le C. monoica diffère également du C. multifida par sa structure
anatomique.
J ai récolté à plusieurs reprises, à la fin du mois de juin, au cap
Bear, par 25-28 mètres de profondeur, un Cutleria qui, par son port
et sa dioïcité (je n’ai vu que des individus femelles), rappelle le
C. multifida, mais qui s en distingue par sa structure, qui est celle
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
307
attribuée par Sauvageau au C. monoica. Les cellules internes sont
de plus grande taille que dans le C. multifida. et les cellules corticales
externes, ne formant en général qu’une seule assise, mesurent 40-45 p
de long et 25 n de large, alors que, dans un échantillon de C. malt i-
fida récolté dans la darse de Villefranche, en avril 1928, ces cellules,
à peu près isodiamétriques, ne dépassent guère 20 p dans leur plus
grande largeur (£g. 60).
S’agit-il d’une forme particulière du Cutlena multifida compa¬
rable à la f. profundus nob. de YAsperococcus bullosus. et caracté¬
risée par sa station profonde, son développement plus tardif, et ses
cellules plus grandes ? Ou bien est-ce une forme du Cutlena monoica,
de taille très grande (l’un de mes échantillons atteint 16 centimètres
de haut et une largeur de I centimètre dans sa partie moyenne) et
exceptionnellement dioique ? ,
C SAUVAGEAU, à qui j’ai communiqué un échantillon et des
dessins de ce Cutlena de profondeur, était d'avis que c’est la seconde
hypothèse qui est la plus vraisemblable.
Loc. : Cap Bear.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale, Adriatique.
Cutleria adspersa (Roth.) De Notaris
Kützing, Tab. ptryc.. IX. lab. 45. 6g. II. Zanard.ni, Icon. Phyc. Adriat-, II.
p. 67. tav. 57. Sauvageau, Cutlériacées. 1899 . p. 298 . 6g. 56. Ou.™. Fl- «*»»•
côte d'Azur, 1929. p. 115.
Sur les rochers à fleur d’eau, dans les stations assez battues de
février à mai. Les individus mâles et femelles se distinguent facilement
à l’œil nu par la teinte différente des sores de gamétanges.
Loc.: Collioure (Ou.IV. ER) : Por.-Vendres; Banyuls cap Donne, cap du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique, de Biarritz à Tanger.
AGLAOZONIA Zanardini, 1843
Aglaozonia parvula (Grev.) Zanardini
Sauvageau. Cutlériacées, 1899, p. 307, 6g. 9. Oel.v.er, Flore marine Côte d'Azur,
1929, p. 114. Aglaozonia repians Kützing.
C’est le sporophyte du Cutleria multifida. Très fréquent à
Banyuls, dans les stations calmes et ombragées, à peu de profondeur.
Forme un revêtement continu sur les parois des quais du port de
Port-Vendres, station très comparable à celle de la darse de Ville-
franche, où ÛLLIVIER a également signalé 1 abondance de cette
espèce. . . ,, .
Se rencontre pendant toute l’année (récolté en janvier, février,
mai, juin, août et septembre). Fertile en décembre-janvier.
Loc. : Port-Vendres: cap Bear; île Grosse, cap du Troc, cap l'Abeille.
308
J. FELDMANN
Distr
remonte beau
celui-ci dépasse
extrêmement
- ” ■ ■-«ïiuwihiih se renc
(Kylin, Kjellman). On sait d’ailleurs que. dans I
représenté presque uniquement par des individus femell<
-< I- --- ci»
la Manche, le Cutleria multifida est
Iles et se reproduit par parthénogénèse.
;enèse.
Aglaozonia chilosa Falkenberg
Ollivier, Flore marine de la Côte d’Azur, 1929, p. 115.
Je rapporte à cette algue, sporophyte du Cutleria monoica, un
Aglaozonia assez développé, vivant en été, par 25-28 mètres, épi-
phyte sur le Codium Bursa.
Loc. : Cap Béar.
Distrib. : Méditerranée occidentale.
Aglaozonia melanoidea (Schousboe) Sauv.
SaUVACEAU, Cutlériacées, 1899, p. 302, fig. 7, 8.
Sporophyte du Cutleria adspersa. Par sa teinte noirâtre et sa
forte adhérence au rocher, il ressemble à un Ralfsia, mais sa struc-
•ure est differente.
a *s ue a ete découverte à Banyuls par SaUVACEAU (1907,
’■ L ’, y 2 ’ ?■ 342 )’ sous le C\)stoseira mediterranea, sur les
ochers battus, a peu de profondeur. Elle fructifie en décembre-
anvier. Je 1 ai récoltée en août, sous un surplomb.
Loc. : Banyuls (Sauvaceau), cap Rédéris.
Distrib. : Méditerranée. Atlantique, de Biarritz à Tanger.
Dictyotales
Dictyofaceae
DILOPHUS J. Agardh, 1880
A LC UES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
309
Dilophus Fasciola (Roth.) Howe
Howe. Mar. Algae of Peru. 1914, p. 72. BoERGESEN. Mar. Algae Canary Isl.. 11,
192, p. 82. Dictpola Fasciola Lamouroux. Hauck, Meeresalg., 1883, p. 306. BoRNET,
Aloues de Schousboe, 1892, p. 228. FUNK, Algenveget. Golfs von Neapel. 192/, p.
fig.° 20 J. Diciÿota affmis Kützing, Tab. phyc., IX, p. 6. tab. 12.11. D.ctpota slnolata
Kützing, Tab. phyc., IX, p. 8, tab. 17, II. Dictpota verrucosa' Suhr in KuTZING 1 ao.
phyc., IX, p. 9, tab. 19, II. Dilophus medilerraneus Schiffner, Neue und bemerkensw. Meere¬
salg., 1931, p. 186 (pro parte 7).
Cette algue, longtemps désignée sous le nom de^ Dictyota
Fasciola, appartient bien au genre Dilophus, ainsi que 1 a indiqué
Fig. 61. — Dilophus Fasciola (Roth.) Howe : Individu portant de nombreuses plantules
aposporiques encore fixées sur la plante mère (grandeur naturelle).
Howe. L,a base de la fronde, fixée au substratum par des stolons
rampants, présente 2, 3 ou même 4 assises de cellules médullaires,
mais cette structure ne se rencontre qu’à la base de la fronde, parfois
seulement sur une longueur de quelques millimètres; dans tout le
reste de la fronde, il n’existe qu’une seule assise de cellules médul¬
laires, dont la taille est généralement plus grande que celle des cel¬
lules du Dictyota dichotoma (fig. 63, A).
310
J. FELDMANN
Le Dilophus Fasciola se distingue du Dilophus ligulatus et du
Dictyota dichotoma par sa consistance plus ferme sur le vivant, sa
teinte d’un brun jaunâtre plutôt que vert olivâtre, comme chez le
Dictyota dichotoma, par ses segments très allongés et atténués en
pointe au sommet (fig. 64, B). La plante est parfois enroulée en
spirale. Elle est souvent iridescente.
Malgré mes recherches, je n’ai pas réussi à trouver d’individus
sexués, tous ceux que j’ai examinés étaient des tétrasporophytes.
Les cellules mères des tétrasporanges sont réparties des deux
côtés de la fronde, sur toute leur surface, sauf vers les bords. Elles
sont généralement isolées. Ces cellules mères des tétrasporanges pré¬
sentent un cas intéressant d’aposporie ( I ). En effet, ces cellules ne su¬
bissent pas les deux divisions cruciées normales par deux cloisons per¬
pendiculaires au plan de la fronde, mais elles se -divisent par des
cloisons dont les premières sont parallèles au plan de la fronde, et qui,
finalement, donnent naissance à un massif cellulaire qui, en se déve¬
loppant directement, produira un nouvel individu (fig. 62). Ces jeunes
individus se détachent de la plante mère lorsqu’ils ont atteint, en
général, 1 millimètre oe long; mais, dans certains cas, ils peuvent rester
plus longtemps sur la plante mere, à laquelle ils donnent un aspect
chevelu tout à fait caractéristique (fig. 61).
Ce mode de reproduction aposporique paraît être très fréquent,
sinon constant, chez le Dilophus Fasciola de la Méditerranée, car je
I ai observé chez tous les échantillons que j’ai étudiés et provenant
des côtes de France et d’Algérie.
^ On sait que, chez les Dictyotales, la réduction chromatique
s opère au moment de la division en quatre du tétrasporange. Les
tétraspores donnent naissance à des individus sexués à n chromosomes.
II était intéressant de rechercher ce qui se passait dans les cas d’apos-
poiie, et quelle était la nature des individus issus des cellules mères
des tétrasporanges avant la réduction chromatique. Sur des individus
assez âgés, d origine aposporique et encore fixés sur la plante mère,
j ai observé des cellules mères de tétrasporanges indivises (et qui don¬
neront sans doute également naissance à des individus aposporiques)
et non des organes sexués. Les individus issus par aposporie des cellules
mères des tétrasporanges sont donc des tétrasporophytes, ce qui est
conforme à la théorie.
Ce mode de développement d’individus à partir des cellules mères
des tétrasporanges est loin d’être exceptionnel chez les Dictyotales.
d avait déjà été observé par KÜTZING, chez son Dictyota striolata
{—Dilophus Fasciola), qui l’avait figuré, sans explications, dans ses
1 abulae rhycologicae.
0) Ou plus exactement d'ï^éUTse et non d'Tposporie proprement dil^
311
ALGUES MARINES DE LA COTE DES AUBERES
REINKE a décrit un cas un peu
toma de Naples (1878, Taf. I, fig-
individus qui se développent sur la
différent chez le Dictyota dicho-
12-17). Il interprète les jeunes
fronde du Diciyota comme des
i na (Roth I Howc. Développement des plantoles aposponques :
A «5* t: dSÜ; S. C. D, E. ï.des successifs du clo.sonnemen, des
cellules mères des létrasporanges, X 340.
pousses adventives; en effet, dans es figures de Re.NKE on n obsme
pas, comme dans le D. Fasciola , la formation d une
au plan de la fronde qui sépare la cellule corticale en deuxo dont
l'externe, qui représente la cellule mere du tetrasporange, et 1 interne
qmne sè divise plus mais persiste à la base du tétrasporange ou de la
312
/. FELDMANN
plantule aposporique. Dans ce cas, la plantule aposporique tire son
origine uniquement de la cellule mère du tétrasporange. Dans le cas
du Dictÿota dichotoma étudié par Reinke, les plantules adventives
tirent leur origine d une ou plusieurs cellules corticales qui concourent,
par leurs divisions, à la formation de la prolifération. Un cas analogue
a été également observé par Setchell et Gardner (1925, p. 428,
pl. 36, fig. 14-15), chez le Dictÿota flabellata (Collins) Setch. et
Ciardn. de Californie.
Le cas récemment observé par Y. Yamada (1928, p. 515, fig
13, a et b), chez le Dictÿota spathulata Yamada du Japon est,’ par
contre, a en juger par les dessins de l’auteur, tout à fait comparable
a celui du Ddophus Fasciola. Bien que l’auteur signale seulement que
les tetraspores germent sur la fronde mère, il ne fait pas de doute qu’il
s agit du développement aposporique de la cellule mère des tétraspo-
ranges.
Ces cas d’aposporie ne sont djailleurs pas limités aux genres
Uitophus et Dictÿota, ils ont été également observés chez les Padina
SONW 6 1932) ai ° marm ' 0Ù ce P hénom ène paraît fréquent (RoBIN-
Enfin, il est intéressant de noter
que les jeunes individus nés par
aposporie et hauts de quelques cen¬
timètres possèdent déjà une double
couche de cellules médullaires, struc¬
ture qui n’existe chez les frondes
adultes qu’à leur extrême base et qui
ne résulte donc pas d’un cloisonne¬
ment secondaire de cellules médul¬
laires primitivement unisériées (fi 63
S, C).
Le Dictÿota Fasciola vit au
printemps et au début de l’été, à
peu de profondeur, dans les stations
ensoleillées et assez calmes. Il est
particulièrement abondant de mai à
juillet. Il forme de grosses touffes
i t f , Pouvant atteindre 20 c/m. de haut.
AgardhT °T 6 m te ta ' e ! DiI ° phm Fasclola var - repens (J.
?842 0^38 K : t nOV ' repe Z l Agardh ’ A1 ^- T Me*..
J Agrndh Al®’ l Phy w- K ' tab ' 9 ’ fig ’ 1 m °P h “* dépens
p fq DiclZ t E" 8 ' f y ’ V ’ P ' l06; Analecta al « o1 - c °nt-, I,
p. 89. Dictÿota Fasciola var. repens Ardissone, Phycol. Médit., I,
Fig. 63. _ Dilophu j Fasciola (Rolh.)
rlowe : A, coupe transversale d'un sto¬
lon; B et C, coupes longitudinale et
transversale dans un jeune indrvidu apos-
çrique encore fixé sur la plante mère.
Source : MNHN, Paris
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
3 13
1883, P- 480) vit, au printemps et en été, sur les rochers battus parmi
les Corallines, près du niveau ou au-dessus.
Loc. : Collioure, Port-Vendr» cap Doun. (var. repcns). anse de. Eta». île
cap du Troc, cap Casteil, Cerbère. , , A
DlSTRlB. : Méditerranée, Maroc. Canaries, Manche (teste Lami).
Dilophus ligulatus (Kiitzing) Feldm. comb. nov.
P £■£ ta.
fc £ C: NtpaultTm
var. ligulata Vinassa, Dict. Médit., 1892, p. 111.
L’examen de mes échantillons de Dictyota ligulata, récoltés à
Banyuls et en Algérie, m’a montré que cette algue devait etre rap¬
portée au genre Dilophus. En effet, à la partie inférieure de la fronde,
celle-ci possède plusieurs assises (jusqu’à six) de cellules médullaires,
et elle présente également des stolons rampants comme le Dilophus
Fasciola (fig. 66). .
Mes échantillons de Banyuls correspondent parfaitement avec la
figure de KÜTZING. La plante, qui peut atteindre jusqu à 5 c/m.
de haut, naît de stolons rampants enchevêtrés. Les segments de la
fronde sont assez allongés et ramifiés dichotomiquement, mais avec de
fréquentes irrégularités, et des proliférations au sommet des segments.
Les segments terminaux sont très longs, souvent spathules, plus larges
vers leur extrémité qu’à leur base et à sommet arrondi La plante, a
l’état vivant, rappelle, par sa teinte, le Dilophus Fasciola; sur le sec,
elle prend souvent une teinte foncée, presque noire dans les parties
âgées (fig. 65). i î j
Les tétrasporanges, au lieu d’être isoles comme dans le cas du
Dilophus Fasciola ou du Dictyota dichotoma, sont généralement reunis
en petits groupes irréguliers, formant des amas le long de la paitie
médiane de la fronde et sur chaque face de celle-ci. Ces amas sont,
au moins dans les parties jeunes, interrompus de place en place par
d’étroits espaces stériles. Cette disposition des tétrasporanges, très ca¬
ractéristique, permet de distinguer facilement le Dilophus ligulatus
(fig. 64, A et 67). La plupart des tétrasporanges que j'ai observes ne
présentaient pas de division en quatre de leur contenu et certains
avaient donné naissance à des plantules aposporiques analogues a
celles décrites ci-dessus chez le Dilophus Fasciola.
ScHIFFNER (1931, p. 186) en signalant cette espèce dans
l’Adriatique indique qu’il a observé souvent, chez cette algue, les
oogones et les anthéridies sur les mêmes individus, et il ajoute : « Dise
auch in KÜTZING, Tab. phyc., IX, tab. 18, fig. 1, abgebildet ist. »
Or, la figure citée de KÜTZING ne représente nullement, à mon avis,
314
J. FELDMANN
des oogones et des anthéridies. Ce que ScHIFFNER interprète comme
des oogones sont des tétrasporanges encore indivis et groupés en amas
irréguliers dont l'aspect est tout différent des groupes d'oogones des
Dictyotees. Quant aux prétendues anthéridies, ce sont, tout simple¬
ment, des touffes de poils non encore développés dont la présence est
a peu près constante chez les Dilophus et les Dictvota de nos côtes !
faut d ailleurs remarquer que KÜTZINC, qui savait bien distinguer
les anthend.es de ces touffes de poils, les qualifie dans l’explication
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
5
de la planche en question (Bemerkungen, IX, p. 8) de « Mien -ni-
dien », nom qu’il donnait à ces touffes de poils non encore dévelop
Fig. 65. — Dilophus ligulalus (Kiitz.) Feldm. Réduit d un tiers.
dont il méconnaissait la nature exacte, mais qu il distinguait parfai¬
tement des anthéridies comme on peut s’en rendre compte par 1 examen
de la planche I 1, où il les figure, chez le Dictyota latifolia Kütz.,
en le qualifiant dans l’explication de cette planche d’« Antheridien ».
Il semble d’ailleurs que ScHlFFNER ait confondu constamment
dans le travail cité plus haut les touffes de poils avec les anthéridies.
Cela expliquerait qu’il signale avoir trouvé des échantillons de Dic-
Fig. 66. — Dilophus ligulalus (Kiitz.) Feldm. : Coupe transversale de la base
la fronde dressée. X 75.
tÿota dichotoma monoïques (var. monoica Schiffner) et, chose plus
extraordinaire, que le Dilophus mediterraneus Schiffner (= D. Fas-
ciola ?) possède souvent des anthéridies et des sporanges sur le même
316
]. FELDMANN
thalle : « Anlheridia et sporangia saepe in uno eodemque surculo. »
Quant aux « Planiae, anlheridia tantum gerente s, angustiores », il
s’agit, sans doute, d’individus jeunes chez lesquels les tétrasporanges
n’étaient pas encore développés. Il faut remarquer également que
ScHIFFNER, qui dit avoir observé si souvent les anthéridies de cette
espèce, ne parle pas des oogones qu’il n’a sans doute pas rencontrés.
La réunion, sur un même thalle, d’anthéridies et de sporanges
semble bien extraordinaire puisque ces organes se développent géné¬
ralement les uns sur des individus haploïdes et les autres sur des indi¬
vidus diploïdes, et la fréquence de cette réunion indiquée par ScHIFF¬
NER paraît bien peu vraisemblable.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
317
Le Dilophus ligulatus est assez fréquent à Banyuls, d avril à
juillet, sur les rochers peu profonds, dans les stations ensoleillées et
peu exposées; souvent mêlé au D. Fasciola, mais moins commun que
celui-ci.
Loc; : Port-Vendres; Banyuls, île Grosse, cap du Troc.
Distrib. : Méditerranée, Adriatique, Atlantique nord (côtes d Espagne, de France et
du sud de l'Angleterre).
DICTYOTA Lamouroux, 1809
Dictyota dichotoma (Hudson) Lamouroux
Thuret et BorNET. Et. Phycol., 1878, pl. 27-30. HauCK, Meeresalgen, 1885,
p. 304, fig. ' 126.
Assez abondant sur les rochers et épiphyte sur les algues, près
du niveau et en profondeur jusqu’à une vingtaine de mètres. Présente
de nombreuses formes dont la plus fréquente est la f. implexa (Dic¬
tyota implexa Lamour.).
Récolté en février, avril, juin et août.
Tétrasporanges d’avril à août.
Anthéridies observées en juillet.
Loc. : Collioure; Port-Vendres; cap Béar, cap Doune, île Grosse, cap du Troc. etc.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique nord, de la Norvège aux Canaries, Antilles,
mer Rouge, océan Indien (M""' Weber-Van-Bosse), océan Pacifique ?
Dictyota linearis (Agardh) Greville
KüTZlNC, Tab. Phyc., IX, tab. 21, II. Dictyota angustksima Sonder in KüTZlNG,
Tab. phyc., IX, tab. 21, IV. HAUCK, Meeresalgen, 1885, p. 306, fig. 127.
Assez rare, près du niveau, dans les stations calmes, au printemps
et au début de l’été, surtout abondant en profondeur, où il se rencontre
toute l’année, entre 15 et 30 mètres; épiphyte sur le Cystoseira spinosa
ou en grosses touffes non fixées.
Le D. linearis se présente à Banyuls sous deux formes : 1 une
correspond à la figure du D. linearis de KÜTZ1NG, elle est assez large
et ses segments vont en s’élargissant de la base vers le sommet, où ils
atteignent 1 m/m. à 1 m/m. 5 de large; l’autre forme est exactement
linéaire dans toutes les parties de la fronde, elle correspond au Dic¬
tyota angustissima. Ces deux formes sont unies entre elles par de
nombreux intermédiaires.
Loc. : Cap Béar, île Grosse, cap l’Abeille.
Distrib. : Méditerranée, Atlantique, de Cadix aux Canaries, Antilles.
PADINA Adanson, 1 763
Padina pavonia (L.) Gaillon
Harvey, Phyc. brit., pl. 91. Reinke,
Taf. 3 und 4, fig. 1-12. HAUCK, Meeresalge
Dictyotaceen, 1878, p. 15, Taf. 2, fig.
n, 1885, p. 309, fig. 129.
18-22;
12
318
J. FELDMANN
1 res commun et très ubiquiste à Banyuls, près du niveau ; sur¬
tout abondant sur les rochers sableux, à peu de profondeur et dans
les cuvettes en communication avec la mer dans les stations particu¬
lièrement bien éclairées et relativement abritées. Supporte bien un
fort éclairement et une élévation de la température de l’eau, mais non
une émersion un peu prolongée. Se développe en abondance au prin¬
temps, sur les rochers plats, au niveau, mais disparaît aussitôt qu’une
mer exceptionnellement basse, coïncidant avec un calme plat, le laisse
exposé à l’émersion.
Contrairement à ce qui se passe dans la Manche, où le Padina
pavonia est une espèce estivale apparaissant en juin pour disparaître
en octobre, cette algue apparaît a Banyuls a 1 automne ; fin novembre,
j’en ai récolté de jeunes individus mesurant déjà 2 c/m. 5 de haut.
La plante se développe pendant l’hiver et le printemps, et atteint son
maximum d abondance en mai-juin. Elle persiste jusqu’en septembre,
en profondeur (jusqu à 20 métrés), où elle est relativement rare, et
dans des stations un peu ombragées, où j’ai récolté, en septembre, des
échantillons atteignant 24 centimètres de diamètre. Il semble que,
dans ces stations, il y ait deux générations annuelles : l’une débutant
en automne ou au printemps, l’autre essentiellement estivale; en effet,
outre les grands individus cités plus haut et qui avaient dû commencer
leur développement l’hiver précédent, j’en ai observé de petite taille
qui, au début de septembre, atteignaient seulement 1 c/m. 5 de haut,
et dont le développement n’avait commencé que peu de temps aupa¬
ravant.
Loc. : Commun sur toute la cote : Collioure. Port-Vendra, Banyuls, Cerbère.
DtSTRlB. : Mediterranée. Atlantique, du sud de la Grande-Bretagne aux Canaries.
TAONIA J. Agardh, 1848
Taonia atomaria (Woodward) J. Agardh
KüTZING, Tab. phyc tab 61. HatJCK, Meeres.lgen, 1885, p. 307, Sg. 128. BoERGESEN.
d Is "o.ï 926, P ' 89, fig ' 34 el 35 - fEI-DMANN. Contrib. Fl. algol. mai
de 1 Algérie, I, 1931, p. 217.
Assez fréquent, au printemps et au début de l’été, sur les parois
rocheuses verticales un peu ombragées jusqu’à 2-3 mètres de profon¬
deur. Très abondant et très développé sur les parois des quais du
port de Port-Vendres.
Commence à se développer en février-mars, disparaît en août.
Les vieux individus sont souvent recouverts d’épiphytes variés (Mélo-
bésiées et Eclocarpus Baltersii var. mediterraneus en particulier).
Fertile (tétrasporanges) en juin-juillet.
Surtout représenté à Banyuls par des formes étroites (var. ciliata
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
319
Kützing), qui sont plus communes dans la Méditerranée que les formes
larges, fréquentes dans l’Océan. A première vue, certaines de ces
formes pourraient être prises pour des Dlctyota.
Loc. : Collioure, Port-Vendres, cap Doune, île Grosse, cap du Troc.
DisTRIB. : Méditerranée, Atlantique, de l'Angleterre aux Canaries.
DICTYOPTERIS Lamouroux, 1809
Dictyopteris membranacea (Stackhouse) Batters.
Newton, Handb. British Seaweeds, 1931, p. 216, fig. 137. Dictyopteris polypodioides
(Desfontaines) Lamouroux. Hauck, Meeresalgen, 1885, p. 311, fig. 130. Halyseris polypo-
dioides C. Agardh. Neurocarpus membranaceus Kuntze.
Fréquent toute l’année dans les stations abritées et ombragées
près du niveau, souvent associé au Taonia atomaria. Se rencontre aussi
en profondeur, mais plus rarement, jusqu’à une trentaine de mètres.
Espèce vivace par sa base, les frondes dressées sont annuelles et
se développent à partir du mois de décembre; elles atteignent leur taille
adulte en juin-juillet. En août-septembre, elles sont déchiquetées et
finalement réduites à leur nervure médiane.
Fertile (tétrasporanges) en juillet-août.
Loc. : Collioure, Port-Vendres, cap Béar, île Grosse, cap du Troc, cap l’Abeille,
Cerbère.
DlSTRIB. : Méditerranée, Atlantique, d’Helgoland aux Canaries. Antilles (!), mer
Rouge, Afrique du sud, Japon, Tasmanie, etc.
Fucales
Sargassaceae
SARGASSUM C. Agardh, 1821
Le genre Sargassum, qui joue un rôle si important dans la végé¬
tation marine des mers tropicales et subtropicales, comprend un très
grand nombre d’espèces. Grunow (1916) en énumère 230, ainsi
qu’un très grand nombre de variétés et de formes.
La distinction de toutes ces espèces est en général très difficile,
même dans la Méditerranée, où le nombre des espèces représentées est
relativement restreint.
Malgré une attentive comparaison de mes échantillons avec ceux
de l’herbier Thuret-Bornet, qui ont été revus et annotés par Gru-
NOW, je ne suis pas arrivé à une détermination absolument satisfai¬
sante de tous mes échantillons de Banyuls.
Les Sargasses sont extrêmement polymorphes, et les caractères
sur lesquels sont fondées les espèces semblent eux-mêmes très variables.
Une étude attentive faite sur le vivant et tenant compte des variations
320
/. FELDMANN
dues à la station et à la saison permettrait seule, je crois, un groupe¬
ment logique des innombrables formes de ce genre.
Sargassum vulgare C. Ag. var. megalophyllum (Mont.) Grunow
Grunow, Addit. ad cogn. Sargass., 1916, p. 39. Sargassum megalophyllum Monlaone,
Fl. d’Algérie, 1849, p. 7, PI. 1, fig. 1-2. Kützin.g, Tab. Phyc., XI. pl. 23, II.
Assez fréquente en été près du niveau, sur les rochers modéré¬
ment battus et dans les cuvettes en communication avec la mer. Les
échantillons de Banyuls correspondent bien à ceux de MONTAGNE,
mais ils sont généralement d’assez petite taille. Certains possèdent des
feuilles bifides et appartiennent à la f. pinnatifida Grunow. Fertile
en été. (Planche I.)
Loc. : Cap Bear, cap du Troc.
DlSTRIB. : Méditerranée occidentale et régions voisines de l'Atlantique.
Sargassum iiitifolium (Turner) J. Agardh
J. Agardh, Sp. Sargass. Austral., 1889, p. 113. KüTZING, Tab. Phyc., XI,
Grunow, Addit. ad cogn. Sargass., 1916, p. 150.
pl. 24.
Je n’ai pas réussi à trouver cette espèce en place à Banyuls, mais
j y rapporte quelques échantillons récoltés en épave, en été, qui, par
leurs feuilles étroites et allongées, et leurs longs réceptacles, me pa¬
raissent pouvoir être attribués à cette espèce.
Loc. : Ile Grosse (épave).
DlSTRIB. : Méditerranée.
Sargassum salicifolium J, Ag. f. diversifolia (Bory) Grunow
Grunow. Addit. ad cogn. Sargass., 1916, p. 149.
ç ,. (f s ,. cara c t ères du S. salicifolium rapprochent cette espèce du
f' w, f ° [lum • dont elle se distinguerait, en particulier, par ses récep¬
tacles p us courts. N ayant trouvé, dans les herbiers consultés, aucun
échantillon correspondant exactement à la forme de Banyuls, ce n’est
qu avec doute que je rapporte à la f. diversifolia une curieuse Sar-
gasse assez frequente en dragage, entre 15 et 30 mètres, où elle vit
melee au C ystoseira spinosa.
Cette algue est remarquable en particulier par ses feuilles pri-
mordiales, très divisées.
J- Agardh (SpeciesSarg. Austral., 1889, pl. XXI fig 18-19)
a figure, sous le nom de 5. salicifolium, des feuilles analogues à celles
que j ai observées.
C 11 L f S ) d ™ slons des fecrilles caulinaires sont moins nombreuses que
celles de la base, et les feuilles supérieures sont le plus souvent entières.
Les réceptacles situes a 1 extrémité de pédicelles irrégulièrement rami-
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES
321
fiés sont cylindriques, ou un peu comprimés, et généralement bifurqués
au sommet.
Ses caractères particuliers et sa localisation en profondeur per¬
mettraient peut-être de considérer cette Sargasse comme une espèce dis¬
tincte.
Loc. : Cap Bear, cap l'Abeille.
DlSTRlB. : Méditerranée.
Sargassum Hornschuchii C. Agardh
J. Agardh, Sp. Sargass. Austral., 1889, p. 97, pl. IX. Grunow, Addit. ad cogn.
Sargass., 1916, p. 439. Sargassum scAicifolium Montagne, Fl. Algérie, 1849, p. 2 (non alio-
rum). Stichophora Hornschuchii Kützing, Tab. Phyc., X. tab. 71, fig. 1.
Cette belle espèce, très facilement reconnaissable grâce à ses
larges feuilles, ses rameaux comprimés et ses réceptacles aplatis, est
assez fréquente, en individus isolés, entre 15 et 30 mètres, parmi les
Cystoseira spinosa. Fertile en été.
Loc. : Cap Béar, cap du Troc, cap l'Abeille, cap Cerbère.
DlSTRlB. : Méditerranée, Adriatique.
CYST0SE1RA C. Agardh, 1821
Plus encore que les Sargasses, les Cystoseira constituent, dans
la Méditerranée, le fond de la végétation de grande taille.
La distinction des espèces a été longtemps difficile, sinon impos¬
sible, et de nombreuses divergences de nomenclature existent selon les
auteurs.
Grâce aux travaux de SAUVAGEAU (1912, 1921), les Cystoseira
des environs de Banyuls sont maintenant bien connus, et leur détermi¬
nation, sous les aspects très dissemblables qu’ils présentent selon la
station ou la saison, n’offre plus, dans cette région, de réelles diffi¬
cultés.
L’étude écologique de ces espèces a été également traitée en dé¬
tail par SAUVAGEAU, et je ne puis que confirmer ses observations. Je
ne m’étendrai donc pas longuement sur ce genre, malgré son impor¬
tance, renvoyant pour plus de détails aux mémoires de SAUVAGEAU.
Ceux-ci étant dépourvus de figures, je crois utile de donner ici des
photographies de la plupart des espèces des environs de Banyuls, ce
qui aidera à leur détermination.
Cystoseira barbata J. Agardh
J. Agardh, Sp. Alg., I, 1848, p. 223. A. Valiante, Le Cystoseireae del Golfo di
Napoli, 1883, p. 13, pl. V. Sauvageau, A propos des Cystoseira de Banyuls et de Guétary,
1912, PP . 266 et 379.
Assez fréquent sur la côte des Albères, dans les stations peu
322
/. FELDMANN
profondes et très abritées. Très abondant, en particulier, devant le
Laboratoire Arago. N’existe pas en profondeur à Banyuls.
Surtout bien développé à la fin du printemps et en été, mais
pourvu de rameaux pendant toute l’année. Ceux-ci varient de forme
selon les saisons. Fertile toute l’année. (Planche II.)
Loc. : Collioure; Port-Vendres; Banyuls, anse du Fautaulé, Cerbère.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, mer Egée, mer Noire.
Cystoseira mediterranea Sauvageau
S.4UVAGEAU, A propos des Cÿsloseira. 1912, pp. 209 et 383. C. amenlacea Valiante
(non Bory), le Cystoseireae del Golfo di Napoli, 18t53, p. 20, pl. IX.
Très abondant tout le long de la côte des Albères, dans les
stations fortement battues depuis le niveau de l’eau jusqu’à quelques
mètres de profondeur, constituant une ceinture très dense et très carac¬
téristique de cette station.
Espèce pérennante, présentant une période de repos complet à
la fin de l’automne. Les jeunes rameaux, fortement iridescents,
commencent à se développer à partir du mois de décembre. En été,
ces rameaux très longs et fertiles, envahis par YEctocarpus paradoxus,
se détruisent progressivement.
Fertile du printemps à l’automne. Les réceptacles de printemps
et d’automne sont de forme différente. (Planche III.)
Une variété à tige tophuleuse (C. mediterranea var. Valiantei
Sauvageau) est signalée par SAUVAGEAU à Banyuls, mêlée au type
ou à une certaine profondeur.
Je ne l’ai jamais observée près du niveau. Les échantillons ayant
vécu dans ces conditions, conservés dans l’herbier SAUVAGEAU, res¬
semblent beaucoup à la forme type et peuvent, pour cette raison, être
facilement confondus avec lui. Il n’en est pas de même de la forme
de profondeur, que j’ai draguée à plusieurs reprises (en particulier au
cap 1 Abeille) entre 12 et 30 mètres mêlée aux C. spinosa et opun-
tioides. Ses rameaux, très grêles, renflés en tophule à la base, lui
donnent un aspect particulier et le distinguent nettement du C. medi¬
terranea.
Je n’ai observé aucune forme de passage entre la variété Valian-
tei et le C. mediterranea typique, qui ne se rencontre pas en profon¬
deur. S agit-il d une forme de profondeur du C. mediterranea ana¬
logue à la forme de profondeur du C. spinosa , ou bien, la var. Va-
liantei doit-elle être considérée comme une espèce distincte ? Je ne l’ai
pas observée assez fréquemment pour pouvoir en décider.
Loc. : Colli° ure ; Port-Vendres; cap Bear; Banyuls, cap Doune, île Grosse, cap du
1 roc, cap 1 Abeille, cap Cerbère.
Distrib. : Méditerranée occidentale (golfe du Lion, golfe de Gènes, Baléares.
Naples).
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
3 23
Cystoseira selaginoides Valiante non alior.
Valiante, Le Cystoseireae d I Golfo di Napali, 1883, p. 19, pl. X et XI. Sauva-
geau, A propos des Cystoseira, 1912, pp. 143 et 384.
Signalé par SAUVAGEAU dans l’avant-port c'e Port-Vendres. Vit
dans les stations abritées, à peu de profondeur. Je ne l’ai pas observé
dans la région de Banyuls.
Loc. : Port-Vendres (SAUVAGEAU).
Distrib. : Méditerranée occidentale.
Cystoseira elegans Sauvageau
SAUVAGEAU, A propos des Cystoseira, 1912, pp. 160 et 385. C. selaginoides (Wulf.)
Naccari (?).
Assez fréquent au fond des anses calmes, à peu de profondeur,
où il forme sur les fonds horizontaux des peuplements étendus; souvent
associé au Cystoseira crinita. Descend jusqu’à 2-3 mètres au-dessous
du niveau. Il remplace, dans les stations calmes, le Cystoseira medi-
terranea, mais remonte moins haut que lui vers le niveau. Perd ses
rameaux à la fin de l’automne. En décembre, les tophules vierges
donnent naissance à de jeunes rameaux fortement iridescents. Surtout
fertile à partir d’avril jusqu’en été. Les tophules vierges destinés à
donner naissance aux rameaux de l’année suivante apparaissent en
juin-juillet. (Planche IV.)
Loc. : Collioure; Banyuls, anses des Elmes, du Troc, cap l'Abeille, anse de Terrim-
bou.
DiSTRIB. : Méditerranée occidentale (golfe du Lion).
Cystoseira spinosa Sauvageau
Sauvageau, A propos des Cystoseira, 1912, pp. 67 et 387. Cystoseira Erica-marinu
Valiante, Les Cystoseira del Golfo di Napoli, 1883, p. 21, pl. XII. Cystoseira Montagnei
J. Agardh, Sp. Alg., I, 1848, p. 216 (pro parte). C. Monlagnci Valiante (non alior.), loc.
cit., p. 22, pl. XIII.
Cette espèce se rencontre à Banyuls, à la fois près du niveau et
en profondeur.
Près du niveau, elle s’observe en individus isolés, localisés dans
les stations très abritées et ombragées : fentes de rochers, cuvettes
profondes, etc...
En profondeur, elle est plus abondante et forme de vastes peu¬
plements sur les fonds de roches vives, en particulier entre 10 et
30 mètres, mêlée au Cystoseira opuntioides et au Sargassum Horrts-
chuchii.
L’aspect et la biologie de la plante de surface et de celle de
profondeur sont un peu différents. Toutes deux perdent entièrement
leurs rameaux en hiver ; elles sont alors réduites à leur tige tronciforme
présentant au sommet de gros tophules épineux et couverts d’épiphytes.
Source : MNHN, Paris
324
J. FELDMANN
Le développement des rameaux commence, pour la plante de
surface, vers la mi-décembre, et ils sont complètement développés en
mai. La chute des rameaux a lieu dès juin et juillet.
La plante de profondeur est un peu plus tardive. Les premiers
rameaux foliacés et rubanés, dépourvus de conceptacles, ne mesurent
au début d’avril que 8 à 10 cm. de long. La fructification ne paraît
débuter qu’en juin-juillet. Les rameaux persistent jusqu’en octobre.
En été, ils portent de nombreux épiphytes dont plusieurs sont carac¬
téristiques ( Elachista intermedia en particulier).
La durée de la période de repos, qui est de près de cinq mois
pour la plante de surface, est réduite à deux mois environ pour la
plante de profondeur.
Le Cystoseira spinosa est, d’après SAUVAGEAU, l’espèce qui, à
Banyuls, vit le plus longtemps; en effet, il se forme chaque année
trois verticilles de tophules, et l’on peut attribuer l’âge de dix ans aux
individus dont la tige atteint 10-15 centimètres de long. (Planches V
et VI.)
Lee. : Colliourc; cap Bear, Banyuls, cap Doune, île Grosse, anse du Troc, cap
l’Abeille, cap Rédéris.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Tripolitaine, Syrie, mer Egée.
Cystoseira opuntioides Bory in Montagne
Montagne, Fl. de l'Algérie, 1846, p. 14, pl. 5, fig. I. Valiantl, Le Cystoseireae
del Golfo di Napoli. 1883, p. 23. pl. 14. Sauvaceau, A propos des Cystoseira, 1912, pp. 121
et 389.
Assez rare et localisé en profondeur, à partir de 10 mètres jus¬
qu’à 40 mètres, mêlé au Cystoseira spinosa. au printemps. Les jeunes
rameaux portent des galles dues au Streblonctnopsis irritons Val. Les
réceptacles, insérés latéralement vers la base des rameaux primaires et
surmontés d’un rameau secondaire plus ou moins foliacé, se ren¬
contrent en été. (Planche VII.)
Loc. : Lap Béar, cap du Tioc, erp lAb.iu;. , ap Rédéris, cap Cerbère.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale.
Cystoseira caespitosa Sauvageau
Sauvageau. A propos des Cyshse ra, 1912, pp. 91 et 394.
Près du niveau, sur les rochers abrités, mêlé au Cystoseira ele-
gans. Descend jusqu’à 2 à 4 mètres de profondeur. Fertile en été.
Loc. : Banyuls, cap Doune, île Grosse, anses du Troc et de Peyrefite.
DlSTRlB. : Côtes catalanes et algérienne.
Cystoseira crinita Bory
Sauvageau, A propos des Cystoseira!. 1912, pp. 246-396 (non Cystoseira crinita Va-
liante).
Assez fréquent dans les stations calmes de l’étage infralittoral
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
325
supérieur, sur les rochers et les gros galets, parfois aussi épiphyte sur
les rhizomes de Cymodacée.
Souvent associé aux Cystoseira discors, abroianifolia et barbata.
Se rencontre toute l’année, sans période de repos complet.
Fertile à la fin du printemps (mai-juin). (Planche VIII.)
Loc. : Collioure, anse des Elmes, île Grosse, anse du Troc, etc.
DlSTRlB. : Méditerranée occidentale, Adriatique, Grèce.
Cystoseira discors C. Agardh emend. Sauvageau
VALIANTE, Le Cystoseireae del Golfo di Napoli, 1883, p. 17, pl. VI. SAUVAGEAU,
A propos des Cystoseira, 1912, pp. 287 et 402.
Cette espèce est, à Banyuls, localisée dans les stations calmes et
en particulier dans les grandes cuvettes suffisamment profondes. Facile
à reconnaître par ses rameaux primaires plats et épineux. Se déve¬
loppe surtout au printemps. Fertile au printemps et en été. (Planche
IX).
Loc. : Collioure; Banyuls, anses des Elmes, de la Ginestère, cap du Troc, etc...
DlSTRlB. : Toute la Méditerranée et les régions voisines de l’Atlantique (Cadix,
Canaries).
Cystoseira abrotanifolia C. Agardh
VALIANTE, Le Cystoseireae del Golfo di Napoli, 1883, p. 14, pl. IV. SAUVAGEAU, A
propos des Cystoseira, 1912, pp. 341 et 405.
Très abondant sur toute la côte des Albères, dans l’étage infra-
littoral supérieur. Présente des formes assez différentes selon le mode,
battu ou abrité, des stations.
Dans les stations abritées, la plante atteint, à la fin du printemps,
un grand développement et présente de nombreux aérocystes. Dans
les stations battues, elle est beaucoup plus courte, à rameaux plus
larges et aplatis, peu ou pas vésiculifères.
Espèce souvent annuelle, les jeunes individus à rameaux plats en
rosette sont fréquents en hiver. Fertile du printemps à l’automne. Le
disque fixateur et la base du tronc sont souvent parasités par un
pyrénomycète ( Mdanopsamma Tregoubovii var. Cÿstoseirae Olli-
vier). (Planche X.)
Loc. : Collioure, Port-Vendres, Banyuls, Cerbère, etc...
DlSTRlB. : Toute la Méditerranée, Atlantique (de Cadix au Maroc, Madère).
Source : MNHN, Paris
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
Il n’est guère possible de résumer brièvement ou de tirer des
conclusions générales d’un travail comme celui-ci ; les observations
nouvelles qu’il renferme étant le résultat des hasards heureux des ré¬
coltes et non celui de recherches limitées à une question déterminée.
Je rappellerai ici, sommairement, les principaux résultats de ce
mémoire consacré à l’étude des Cyanophycées, Chlorophycées et
Phéophycées de la côte des Albères.
CYANOPHYCÉES. — Mes observations personnelles sur les algues
bleues ont porté sur l’écologie des différentes espèces et en particuliei
sur les Cyanophycées spongicoles ( Aphanocapsa Paspaigellae, A.
Feldmanni , Phormidium (?) Spongeliae ) dont j ai étudié le poly¬
morphisme selon les Eponges dans lesquelles elles vivent.
CHLOROPHYCÉES. — - Parmi mes observations sur les Chloro¬
phycées, je citerai, en particulier, celles sur le Palmophvllum crassum
auquel j’ai réuni le P. orbiculare qui n’en est qu’une forme spéciale
aux rochers battus et peu profonds.
Dans l’ordre des Chaetophorales, j’ai décrit une nouvelle espèce
d 'Endoderma ( E. majus ) vivant dans le mucilage de diverses Rhodo-
phycées gélatineuses de profondeur, et précisé les caractères de plu¬
sieurs Ulvellées dont une espèce nouvelle : Pnngsheimiella conchy-
hophila est décrite.
Les Chaelomorpha ont été également étudiés en détail ; une
espèce nouvelle est décrite et les caractères de plusieurs autres sont
précisés et figurés.
La découverte du rare Siphonocladus pusillus m’a permis de pré¬
ciser les caractères morphologiques de cette intéressante espèce.
J’ai également étudié particulièrement l’ Halicÿstis parvula, espèce
longtemps confondue avec Y H alicystis ovalis. L’examen de cette algue
m’a montré qu’il s’agissait bien d’une Siphonale (famille des Halicys-
328
/. F EL DM AN N
tidacées) et non d’une Siphonocladale, de la famille des Valoniacées,
dans laquelle le genre Halicystis était généralement placé par beau¬
coup d’auteurs.
Les Bryopsis sont nombreux à Banyuls, et j’ai donné des descrip¬
tions détaillées et des figures faites sur le vivant des différentes formes
de ce groupe mal connu.
Le Pseudobryopsis myura de Banyuls diffère par certains carac¬
tères de la forme de Naples décrite par BERTHOLD, en particulier par
ses gamétanges mucronés. Par ce caractère, il se rapproche d’une
espèce récemment déc:ite de l’Inde, qui s’en distingue néanmoins par
ses chloroplastes plus grands et pourvus d’un pyrénoïde très net.
Pour un certain nombre de Siphonales, je me suis attaché à
décrire et à figurer les chloroplastes tels qu’ils s’observent sur le vivant.
La forme et les dimensions de ceux-ci étant le plus souvent spécifiques
et susceptibles de fournir d’utiles renseignements sur les affinités des
différentes espèces.
PhÉOPHYCÉES. — L’étude des algues brunes m’a fourni éga¬
lement des faits intéressants.
La découverte d’une nouvelle espèce d 'Ascocyclus (A. conchi-
cola) m’a conduit à comparer cette espèce à VA. orbicularis et à
1 A. Magnusii. Chez cette dernière espèce, j’ai pu, grâce au matériel
communiqué par C. SAUVAGEAU, décrire les sporanges uniloculaires
dont 1 existence n’était pas connue dans le genre Ascocyclus.
Une nouvelle espèce de Compsonema (C. Liagorae) , présentant
des caractères assez particuliers, est également décrite.
Une découverte particulièrement intéressante est celle d’une nou¬
velle espèce de Ralfsiacée assez abondante sur les rochers littoraux
à Banyuls et en Algérie. Cette algue appartient au genre Mesospora
dont on ne connaissait jusqu’ici que deux espèces localisées dans la
légion indo-pacifique. J ai fait une étude détaillée de la morphologie
de cette algue (M. medilerranea) , dont j’ai observé les sporanges
uni et pluriloculaires.
Deux Phéophycées gélatineuses, vivant en profondeur, sont par¬
ticulièrement remarquables : l’une est le Corynophlaea Hamelii nov.
sp. ; l’autre, Leathesia mucosa, mériterait peut-être, par ses caractères
particuliers, de constituer un genre nouveau; j’en ai étudié la structure
et décrit les différents stades.
J’apporte également quelques observations nouvelles sur YEla-
chistu intermedia et sur le Myriactula Rivulariae dont je décris un
nouveau type de sporanges pluriloculaires.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES
329-
La découverte du Stictyosiphon soriferus (nouveau pour la Mé¬
diterranée) m’a permis de comparer cette espèce au Stictyosiphon
adriaticus que j’ai également observé.
Un Cutleria vivant, en été, en profondeur à Banyuls, est parti¬
culièrement intéressant; je le rapporte au C. monoica dont il présente
la structure anatomique, bien qu’il soit dioïque comme le Cutleria mul-
tifida.
L’étude anatomique du Dictyota ligulata m’a permis de constater
que cette espèce devait être rapportée au genre Dilophus.
L’examen du Dilophus Fasciola m’a montré que cette algue ne
présente jamais, à Banyuls, d’organes sexuels. Les cellules mères des
tétrasporanges donnent directement naissance, par cloisonnements pa¬
rallèles à la surface de la fronde, à de jeunes plantules qui se dé¬
tachent ensuite de la plante mère.
Ces plantules aposporiques sont, comme la plante qui leur a
donné naissance, des tétrasporophytes. La reproduction sexuée et l’al¬
ternance de générations semblent donc faire défaut chez cette espèce
où l’apoméiose est la règle.
Source : MNHN, Paris
EXPLICATION DES PLANCHES
Planche I. — Sargassum vulgare C. Ag. var. megalophÿllum (Mont) Gru-
now, 2/3 gr. nat. env.
Planche II. — Cystoseira barbata J. Agardh, 1 /2 gr. nat. env.
Planche III. — Cÿstoseira mediterranea Sauvageau, 1 /2 gr. nat. env.
Planche IV. — Cystoseira elegarts Sauvageau, 1/2 gr. nat. env.
Planche V. — Cysloseira spinosa Sauvageau, forme de surface. En haut,
à droite, sommet du tronc vu par en dessus, montrant l’ensemble des
tophules vierges épineux, 1 /2 gr. nat. env.
Planche VI. — Cÿsloseira apinosa Sauvageau^ forme de profondeur, 1 /2 gr.
nat. env.
Planche VII. — Cÿstoseira opuntioides Bory. A droite : rameau isolé mon¬
trant à la base le tophule, et les réceptacles intercalaires à la base des
rameaux secondaires, 1/2 gr. nat. env.
PLANCHE VIII. — Cystoseira crinita Bory, 1 /2 gr. nat. env.
Planche IX. — Cystoseira discors C. Agardh, 1 /2 gr. nat. env.
Planche X. — C\)stoseira abrotanifolia C. Agardh, 1/2 gr. nat. env.
Toutes ces photographies ont été exécutées à Banyuls, d’après des plantes
vivantes récoltées en juillet 1934.
Source ; MNHN, Paris
TABLE DES MATIÈRES
Introduction . 141
PREMIÈRE PARTIE : CYANOPHYCEAE
CHROOCOCCALES . 145
Chroococcaceae . 145
Entophysalidaceae . 150
CHAMAESIPHONALES. 151
Pleurocapsaceae. 151
Dermocarpaceae. 152
HORMOGONEALES . 153
Oscillatoriaceae . 153
Rivulariaceae. 166
Nostocaceae. 171
Stigonemataceae . 171
DEUXIÈME PARTIE : CHLOROPHYCEAE
PROTOCOCCALES . 1 74
Volvocaceae . 174
Tetrasporaceae. 176
Chlorococcaceae . 178
ULOTRICHALES . 179
Ulotrichaceae. 179
CHAETOPHORALES . 180
Chaetophoraceae . 180
334
J. FELDMANN
ULVALES .
Ulvaceae .
SIPHONOCLADALES
Valoniaceae.
Siphonocladaceae .. .
Cladophoraceae .. . .
DASYCLADALES
Dasycladaceae .
SIPHONALES .
Halicystidaceae ....
Bryopsidaceae .
Derbesiaceae .
Codiaceae.
Phyllosiphonaceae . .
191
191
198
198
199
202
214
214
215
215
219
235
237
241
TROISIÈME PARTIE : PHAEOPHYCEAE
ECTOCARPALES .
Ectocarpaceae . .
Acinctosporaceae
Myrionemataceae
Nemodermataceae
Ralfsiaceae ....
CHORDARIALES .
Elachistaceae .. .
Corynophlaeaceae
Mesogloeaceae .. ,
Spermatochnaceae
243
243
250
250
261
262
268
268
272
287
288
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALDÈRES 335
PUNCTARIALES. 290
Giraudyaceae. 290
Punctariaceae . 290
Scytosiphonaceae . 291
Asperococcaceae . 292
Stictyosiphonaceae . 296
SPHACELARIALES. 299
Sphacelariaceae . 299
SPOROCHNALES. 302
Sporochnaceae. 302
DESMARESTIALES. 303
Arthrocladiaceae . 303
LAMINARIALES . 304
Phyllariaceae . 304
CUTLERIALES. 305
Cutleriaceae. 305
DICTYOTALES . 308
Dictyotaceae . 308
FUCALES . 319
Sargassaceae . 319
Résumé et Conclusions. 327
Explication des planches . 331
Table des matières. 333
Source : MNHN, Paris
ERRATUM. — Par suite d’une erreur d’impression les pages
employées deux fois '■ 1° dans les fascicules 1-2 et 2° dans les
TABLE DU TOME IX
ARTICLES ORIGINAUX.
J. FELDMANN. — Sur le phototropisme du Derbesia Lamou-
rouxii Solier .
J. FELDMANN. — Les algues marines de la côte des Albères.
I-III. Cyanophycées, Chlorophycées, Phéophycées.
J. FELDMANN et G. Hamel. — Floridées de France. VII;
Gélidiales .
Lois L. LlLLICK. — A new Species of Schizothrix .
Erika PoST. — Systematische und pflanzengeographische No-
tizen zur Bostrychia-Caloglossa -Assoziation.
NÉCROLOGIE.
Décès du Professeur C. SAUVAGEAU
141 à 150 sont
fascicules 3-4.
145. Fasc. 1-2
141. Fasc. 3-4
85
141. Fasc. 1-2
1
148. Fasc. 1 -2
Le Gérant : P. Wolf.
Source : MNHN, Paris I
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. IX. PI. S.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÉRES. — PI. I.
Ad. Davy de Virville, Phot.
Bouan, lmp.
Source MNHN, Paris
Sargussum vulgare C. Ag. var. megcilophyllum (Mont.) Grun.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. IX. Pl. cj.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES. - Pl. IL
Source : MNHN, Paris■
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. IX. PI. io.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES. — PI. III.
Cystoseira mediterranea Sauvages
Ad. Davy de Virville, Phot.
Bouan, lmp.
Source : MNHN, Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. IX. PL il.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES. — PL IV.
Cystoseira elegans Sauvageau.
Ad. DAVY DH V'iRVILf.F, Pilot.
Bou AN
, lmp.
Source - MNHN, Pans
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. IX. PI. 12.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES. — PL V.
Cystoseira spinosa Sauvageau (forme de surface).
Ad. Davy de Virvilie, Phot.
Bouan, lmp.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. IX. PL 13.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES. — PL VI.
Cystoseira spinosa Sauvageau (forme de profondeur).
Ad. Davy de Virville, Phot.
Bouan, lmp.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. IX. PI. 14.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES. - Pl. VII.
Source : MNHN, Paris
Cysloseini opuntioides Bory.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. IX. PI. /y.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES. — PL VIII.
Cystoseira crinita Borv.
Ad. Davy de Virville, Pbot.
Bouan, lmp.
Source : MNHN, Paris
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. IX. PL 16.
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES. — PL IX.
Ad. Davy de Virville, Phot.
Bouan, lmp.
Source - MNHN, Paris
Cystoseira discors C Agardli.
REVUE ALGOLOGIQUE
Vol. IX PL
ALGUES MARINES DE LA COTE DES ALBÈRES. - PL X.
Cystoseira abrotanifolia C. Agardh.
Ad. Davy de Virville, Phot.
Bouan, lmp.
Source : MNHN, Paris