Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
DU Centre National de la Recherche Scientifique
sous la direction de
A. AUBRÉVILLE
et
Jean-F. LEROY
Membre de l’Institut
Professeur
Professeur Honoraire
au Muséum
au Muséum
Série 2
TOME 10
Fascicule 3
1970
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Buffon, Paris (5®)
Source : MNHN, Paris
COMITÉ DE RÉDACTION
A. AuBRÉviiLE : Membre de l'Institut.
Professeur Honoraire au Muséum national cI’Histoirc naturelle.
E. Boubeau ; Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
F. Demabet : Directeur du Jardin Botanique national de Belgique.
A. Eichhorx : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
P. Jaeger : Professeur à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg.
J. Leandri : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
J.-F. Leroy : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Letouzey : Maître de Recherches au C.N.R.S.
J. MiÈGE : Directeur des Conservatoire et Jardin Botaniques de Cenève.
B. PoRTÈREs : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
B. ScHNELL : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
M. L. Tardieu-Blot : Directeur de laboratoire à l’E.P.H.E.
J. Trochain : Professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse.
M. Van Campo : Directeur de Recherches au C.N.R.S.
Rédacteur en chef ; A. Le Thomas.
RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
Les manuscrits doivent être accompagnés de deux résumés, placés en tête d’article,
l’un en français, l’autre de préférence en anglais; l'auteur ne doit y être mentionné
qu’à la troisième personne. Le texte doit être dactylographié sur une seule face, avec
un double interligne et une marge suffisante, sans aucune indication typographique.
L’index bibliographique doit être rédigé sur le modèle adopté par la revue.
Ex, : AuDBÉviLLE, A. — Contributions à l’étude des Sapotacées de la Guyane française,
Adansonia. ser. 2. 7 (4) :451-465, tab. 1 (1967).
Pour tous les articles de taxonomie il est recommandé aux auteurs de préparer
leur index en indiquant les synonymes en italiques, les nouveautés en caractères
gras et les noms d’auteurs des différents taxons.
Le format des planches doit être de 16 x II cm après réduction. Les figures dans
le texte sont acceptées.
Les auteurs reçoivent gratuitement vingt-cinq tirés à part; le supplément qu'ils
doivent indiquer s’ils le désirent sera à leurs frais.
Toute correspondance ainsi que les abonnements et les manuscrits doivent être
adressés à :
ADANSONIA
16, rue Buffon. Paris V* —Tél. ; 402. 30-35
Prix de l'abonnement 1969 ; France et Outre-Mer : SO F
Étranger : 60 F
C.C.P. Paris 17 115 84
Source : MNHN, Paris
Ai>assonia, ser. 2. 10 (3) 1970,
SOMMAIRE
.^unRKvn.LE. A. — A propos de la spéciation dans les forêts tropicales
humides. Les genres mono- ou paucispécificiues.301
Lkandki, J. — Lroton malgaches.309
Heine, II. et Hai.i.é, N. — Une Ruhiacée des îles Mascareignes à
feuilles ornementales : Knleroupermiim borboiüriim (PL G, et A.
Henderson) X. Ilallé et Heine.315
Raynal, a. — t'n nouveau Khampliicarpa (Srrophiihriareae)
d’Afrique centrale.329
Cavaco, A. — Leroyia. nouveau genre de liabioccae .333
Sleumer, h. — Révision du genre Tisonia Rail!. (P'iacourtiacées} 339
Thanikaimoni, g. — Pc lien morphology, classification and phylo-
geiiy of Palmae .347
Bossicn, ,1. — Contribution à l’étude des Orrliidaceae de Madagascar,
XIV, Le genre Lernurella Schltr.307
Jacql’es-P'élix, h. — Le genre Maesa en Guinée; description d’une
espèce nouvelle.375
Peltikr, M. — Deux espèces nouvelles de Croialaria .381
IIladik, A. — Contribution à l’étude biologique d’une Arniiaceae
d’Amérique tropicale : Didymopanax mnrololoni (Aublet)
Decaisne et Planchon. fitude particulière de la variabilité mor¬
phologique foliaire.383
Bourbeil, P. — Réflexions sur l’écologie, la morphogenèse et
révolution fondées sur la culture û'Arislida rhiniochlon. Gra¬
minée tropicale africaine.409
ViLLiERS, J. P'. — Une nouvelle espèce du genre Chlamydocarya
(Icacinacée) en Afrique.429
Date de publication du fasc. 2, 1970 : 29 juillet 1970
La publication d’un article dans Adansonia n’implique nullement
que celte revue approuve ou cautionne les opinions de l’auteur.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
r. 2, 10 (3) 1970,
A PROPOS DE LA SPÉCIATION
DANS LES FORÊTS TROPICALES HUMIDES
LES GENRES MONO- OU PAUCISPÉCIFIQUES
par A. Aubkkville
Résumi' : On s'Monne de l'existence, à l’intérieur d’un mégabiotope stable comme
celui de la forêt dense humide guinéo-congolaise, de genres mono-ou paucispécifKiues
voisinant avec des genres niultispéciliqiies. Van Steenis suggère en Malaisie pour
les premiers une origine évolutive par bonds, analogue à celle des phénomènes térato¬
logiques.
Dans la forêt africaine, certains genres monospécifiqucs ne sont en réalité que
des termes isolés de séries évolutives bien définies. D’autres ne sont que des cas d'isole¬
ment géographique d’espèces à la limite extiême des aires génériques extrafricaines.
D’autres genres monospécinques, très isolés morphologiquement et géographiquement
pourraient n’étre que les rares représentants en Afrique de genres éteints. Dans tous
CCS ca.s ii s’agit de problèmes d’histoire géographique des flores plutôt que de problè¬
mes d’évolution phylétique.
Dans d’autres cas on pourrait mettre en cause une très faible potentialité évolutive
de genres anciens. Il est oirtain que de nombreux genres monospécifiques en Afrique
y ont une très faible possibilité évolutive, alors que dans d'autres pays, au contraire,
leurs espèces endémiques prolifèrent. Le problème génétique de ces genres endémiques
à haute concentration spécifique est aussi intéressant et mystérieux que celui des genres
monospéciliques. Il est douteux que les conditions écologiques soient déterminantes.
La distribulion désordonnée des espèces et des genres dans la forêt
tropicale humide donne matière ù réllexion et hypoLhè.ses aux taxono-
mistes, écologistes et généticiens, l’armi les publications récentes je
relève aujourd’hui deux études intéressantes de Ficdorov et de
L’hétérogénéité de cette foret résulte du très grand nombre des
espèces qui s’y disputent l’espace, du mélange intime de leurs individus,
puis aussi de la grande variabilité de la densité spécilique des genres.
On constate une considérable disproportion entre genres comptant des
dizaines d’espèces (parfois des centaine.s) et genres oligospécifiques. Que
des genres dans le milieu stable, peu perturbé, conserv'ateur, de la forêt
dense humide, vraisemblablement favorable à la spéciation, aient donné
naissance depuis le crétacé ou l’ère tertiaire, à de multiples formes spéci¬
fiques, cela n’étonne pas, mais que l’on rencontre près d’eux des genres
I. Fedouov. —Thestructure of lhe tropical rain forest and spéciation in tho hiimid
tropics. J. Ecol. B4 ; 1-11 (1966).
Van Stkicms. — Plant spéciation in Malesia wilh spécial référencé to the TUeory
of non-adaptive, salvalory Evolution. Biol. J. Linn. Soc. 1 : 97-133 (1969).
Source : MNHN, Paris
— 3(>->
inonospécifiqucs, des espèces morphologiquement isolées, ce fait, très
répandu, pose des problèmes phylétiques au botaniste curieux. V.\n
Steiînis leur acorde une grande importance dans son étude sur la spé¬
ciation. Toute explication d’évolution divergente adaptative est hors de
question dans ce inégabiotope homogène, non plus que celles de style
néo-darwinisme avec ses très graduelles petites mutations successives,
précisément parce qu’il s’agit d’espèces rigoureusement isolées phylé-
tiquemenl, au passé inconnu. V.\n Steenis est alors tenté par l’hypo¬
thèse d’une évolution hologonétique par bonds, à la lumière des phé¬
nomènes tératologiques.
delà m’a incité à me pencher une nouvelle fois sur la dore guinéo-
congolaise. où l’on est en présence de faits semblables à ceux signalés
dans la llore malaise par les deux auteurs précités. Kt d’abord sur la
sous-famille des Césalpinioïdées rjui dans cette flore humide africaine
est aussi caractéristique que la famille des Diptérocarpacées l’est dans
les forêts du sud-est asiaticpie. avec des différences cependant. Les Césal-
pinoïdées africaines sont en ellet génci'iquement excessivement divisées,
beaucoup plus que les Diptérocarpacées. Dans une récente révision pour
la « Flore du tiabon qui est la plus riche dans ce groupe de tout le massif
forestier guinéo-congolai.s, j’ai en elTel compté fi2 genres et 175 espèces.
Le plus grand genre, (iilbertiodendroii. n’est représenté que par 17 espèces.
La plujiart des genres sont donc pauci-spécifiques, et on compte une
vinglaine de genres monospécifiques. Le cas posé est donc assez diiïérenl
de celui étudié par Van Steenis en Malaisie, mais il mérite qu’on lui
apporte aussi une certaine attention. Le degré d’isolement de tous ces
genres monospécifiques est en elîet très variable et doit être interprété
dill'éremment selon que des liaisons phylétiques évidentes apparaissent
avec des genres voisins ou qu’au contraire il s’agisse d’un isolement
total vrai.
Dans la forêt africaine humide l’isolement de la plupart de nos espèces
de C.ésalpinioïdées est très relatif. J’ai montré, dans la note citée en réfé¬
rence, que beaucoup de Césalpinioïdées camerouno-gabonaises pouvaient
être groupées en quelques séries naturelles phylétiques et taxonomiques,
bien délinies, chacune comprenant plusieurs genres évidemment appa¬
rentés; en quehjue sorte des rameaux courts île l’arbre généalogique.
Le processus de l’évolution des Césalpinioïdées apparaît manifestement,
dans les séries à nombreuses espèces, tantôt par la réduction du nombre
des pétales, tantôt par celle du nombre des étamines, avec une tendance
vers la zygomorphie, ou leur avortement, tantôt par les transformations
des diaspores. Les paliers de stabilité momentanée de l’évolution sont bien
marejués, avec des nombres fixes de 5, ou 3, ou L ou 0 pétales, de lï),
1. AuBBiîviLLE. — l-'loiv du GaboD. Légumineuses Cacsalpinioïdées. 3(i2 p. (1968),
Ai'BRitviLLE. — Les Césalpinioïdées de la flore cameroimogabonaise. Consi¬
dérations taxinomiques, chorologiqiies, écologiques, historiques et évolutives. Ailan-
sonia, sér. 2, 8 (2) ; I47-17.'i (1968).
Source : MNHN, Paris
— 303 —
ou 0 + 1. ou 5, ou 2 étamines. Chaque genre est un terme de la série
évolutive. Les genres monospécifiques n’en sont que des termes parti¬
culiers, à isolement très relatif.
Citons ;
llylodendroit, Plen/gnpodium dans le groupe Copaïjera, distingués
par des fruits ailés;
Lebruitiode.ndrou dans le groupe Cjjnomelrd :
yeochevalierodendron dans le groupe llymenoslegia;
Paraberlinia. Oddoniodendi'nn dans le groupe Berlinia;
Libreinllea dans le groupe Monopetalanihua ;
Paramiicrolobiiim dans le groupe Anlhonolha.
Il s’agit donc de termes évolutifs et de divisions taxonomiques dans
un processus d’évolution normal.
Il existe d’autres genres monotypiques qui ne sont que des cas d’isole¬
ment géographiques, d’espèces à la limite extrême des aires génériques,
Swarizia. — Genre américain. Type primitif quant au grand nombre
indéfini des étamines, mais évolué quant à la réduction de la corolle à I seul
grand pétale. Espèce disjointe de l’aire américaine, isolée sur le continent
africain (plus une espèce écophylétique des savanes boisées).
Siitdora. — Genre indo-malais. Espèce confinée à la mangrove et
la forêt littorale gabonaise. Espèce très évoluée à 1 pétale et 2 étamines
fertiles, sans correspondant africain.
Erylkropbleiim. — Genre paléotropicai primitif, relique probable
de l’ancienne flore panafricaine sèche.
(ies cas ressortissent à ceux d’autres genres plurispécifli[ues qui sont
pluricontinentaux, tels Copaïleru, Gtiiboiirlia. néolropicaux; Cynomelra.
Diiiliunt, pantropicaux; Ajzeliu. paléotropical- Ils soulèvent des pro¬
blèmes d’histoire des flores, mais non d’évolution phylétique spéciale
à r.\frique. Les liaisons anciennes avec les aires principales extra-afri¬
caines sont certaines.
Mois tous ces cas. que nous venons d’examiner, étant exclus il reste
encore dans la llore guinéo-congolaise des Gésalpinioïdées d’autres genres
monospécifiques, véritablement isolés taxonomiquement et donc phylé-
tiquement. .Nous rejoignons la question évO([uée par V.\n Steenis.
Citons parmi les grands arbres :
Dinlemonanthus. — (iassiée monospécifique, très répandue, à l’aire
atlantique c’est-à-dire limitée exactement à la forêt guinéo-congolaise.
Amphimax. — Genre bispécifique (2 espèces vicariantes), si isolé
que l’on en a fait le type d’une tribu monogénérique (.'Vmphimanlées)
(pétales laciniés, fruit ailé). Essentiellement guinéo-congolais.
Siemonocoleiis. — Cynométrée monospécifique, très évoluée (pétale 0,
4 étamines soudées formant demi couronne, fruit ailé). Guinéo-congolaise.
Source : MNHN, Paris
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Peul être quand le genre Augouardia, monospécifique également, sera
mieux connu pourra-t-on l’associer au Slemonorolein).
Siiidoropsis. — Cynométrée endémique gabonaise, ayant des afli-
nités avec le Sindora indo-malais.
Duparquetia. — (lassiée lianoide. Aire atlantique, Fleur zygomorphe
très évoluée.
Les tribus des Dimorphandrées et des Swarlziées sont surtout amé¬
ricaines. Il est remarquable que leurs genres africains sont le plus souvent
monospécifiques.
Pachydasma. — Le plus grand arbre africain guinéo-congolais. (lenre
primitif.
Slachyolhryittis. — Guinéo-congolais à 1 (-3?) espèces.
Chidlovia. — De la Sierra Leone au Ghana seulement.
Baphiopsis. — Swartziée transafricaine polymorphe, de la Tanzanie
au C.ameroun. lispèce primitive vu l’irrégularité de sa structure Horale
(6 pétales, 13-18 (-41) étamines). Calice à lobes irréguliers.
Mildbrædodendroit. — Swartziée dont l’aire est limitée à la périphérie
orientale du massif forestier guinéo-congolais, ce qui laisse supposer
une aire originellement centrafricaine. Espèce primitive {sépales à 3
lobes), pétale U, étamines 12-18). rapprocher du genre Cordy/o, pauci-
spécifique, relique des anciennes forêts sèches de 1’.Afrique, qui ne pém'd.re
pas le massif guinéo-congolais.
Il reste à souligner les cas de deux genres monospécifiques primitifs
de la tribu des Amherstiée.s et d’un genre austral du groupe Copaïfern:
Polyslemonanlhux. — Connu seulement de la Côte d’ivoire. L’espèce
la plus primitive des AmhersUées africaines avec ses très nombreuses
étamines.
Englerodendron. — Espèce hexamère de T.^frique orientale (6 sépales,
6(-7) pétales, 6 étamines et des staminodes).
Colophospermtim. — Espèce largement répandue dans l’Afrique
australe sèche (pétale 0, 20-25 étamines).
En nous limitant aux Césalpinioïdées nous trouvons donc de nom¬
breux exemples de genres monospécifiques nettement isolés phyléli-
quement. Les rameaux phylétiques auxquels ils ont appartenu sont
inconnus. Peut-être ont-ils disparu. Les liaisons entre la flore guinéo-
congolaise actuelle aujourd’hui isolée par les océans et les déserts et les
flores néotropicales et paléotropicales ont évidemment existé à Tore
tertiaire. Il en subsiste de nombreuses traces. Pour la seule sous-fannlle
que nous venons d’examiner, nous avons relevé plusieurs genres inler-
Source : MNHN, Paris
— 305 —
continentaux en nous limitant à ceux qui sont monospécifiques en Afrique.
Outre ces liaisons intercontinentales remontant au tertiaire ou en deçà,
il en est d’autres qui marquent aussi une interpénétration entre une llore
sèche africaine primitive et la flore guinéo-congolaise, tels que .Mild-
braidodeiidroii, Cord^la, Afzelia, Erulhrophleum.
Ces constatations nous conduisent à nous demander si tous les
isolements actuels ne sont pas dus à la disparition des termes d’anciennes
lignées tertiaires ou même plus anciennes, extinction consécutive aux
changements intervenus dans la distribution géographique des terres,
des océans, des climats. Ils seraient surtout des cas d’isolement géogra¬
phique.
L’isolement taxonomique marqué est en effet fréquemment corrélatif
(le l’isolement géographique. Le systématicien quand il entreprend des
révisions à l’échelle des familles et, qu’édifiant des clés de genres, il se
propose d’y placer des genres d’espèces introduites, étrangc’res à sa dition,
se rend compte des grandes différences taxonomiques qui souvent séparent
ces genres allochtones de la flore autochtone. U'où cette impression que
dans une flore régionale, des genres monotypiques, systémali(fuement éloi¬
gnés des genres autochtones de la même famille, pourraient provenir d’une
région très lointaine ou être des vestiges d’une flore ancienne éteinte.
Le problème des genres paucispéciliques isolés en .Afrique ne serait
pas un problème d'évolution phylétique, mais surtout un problème d’his¬
toire géographique des llores, avec ses extinctions et ses vestiges d’aires.
Lorsque nous avons étudié la famille des Hurséracées dans la d Flore
(lu (labon », nous avons cherché quelles pouvaient être les allinités d’ori¬
gine, africaine ou extrafricaine. du genre monotypique Aucoume.a, prati¬
quement endémique au (iabon, dans une aire maritime relativement
restreinte, .Aucun genre connu n’en approche. L’espèce .-1. Klaineana
est proliférante, à graines ailées, à croissance rapide, envahissant les es¬
paces découverts, terrains de culture abandonnés; elle progresse dans la
forêt en suivant les talus des routes. Son e.xpansion anthropogf-nique
est relativement récente, car elle n’a pas encore pénétré tout l’intérieur
du Gabon ni. plu.s loin encore, le Gameroun (à peine) et le Congo voisins.
Son habitat gabonais d’origine n’est pas la forêt primitive^; il m’a semblé
qu’il pouvait être — d’après certaines obser\’ations sur le terrain — des
terres marécageuses exondées du littoral, où l’espèce trouve des conditions
écologiques favorables d’eau et de lumière. Le rapprochement se fait alors
avec d’autres espèces endémiques gabonaises <(ui ont le même habitat
marécageux, la Légumineuse Sindora Klaineana et la Clélonophonacée
Clenolophon Eiigleriana, représentant deux genres indo-malais et dont la
présence sur la cote gabonaise ne s’explique que par des considérations
biopaiéontologiques que j’ai exposées ailleurs*. De là à supposer (jue le
1. AuBRÉviLLE. — 1.'Okoumé. Rich(;sscs el misères des forêts de rA(ri([ue-
Noire française (1948).
2. AuBBÉviLLE, — Essais sur la distribution et l’iiistoirc des Angiospermes
tropicales dans le monde. Adansonia, ser. 2, 9 (2) (1909).
Source : MNHN, Paris
— 306 —
genre Aucuiimea a eu lui aussi une origine aussi loinl.aine dans le temps
géologique et l’espace, (jue celles des deux genres précités, il se glisse une
tentation de l’esprit. La différence écologique entre ces trois genres est que
deux demeurent confinés à la côte gabonaise, tandis que Aiicoumea, de
par son tempérament d’espèce de lumière vigoureuse et .ses graines ailées,
a aujourd’hui une aire en expansion rapide vers l’intérieur, progression
due au.x défrichements des populations d’agriculteurs.
11 reste encore une autre explication possible à la présence de ces
genres monotypiques phyléliquemenl fixés, c’est de mettre en cause une
faible potentialité évolutive qui les fait apparaître comparativement
primitifs à l’intérieur des grandes communautés des familles auxquelles
ils appartiennent. Nous pensons ici à ceux de.s Swartziées et Dimorphan-
drées exclusivement africains puis à ces trois genres d’Amherstices et de
t’.ynométrées que nous avons indiqués plus haut.
.V ces suggestions, il est probable qu’aucune réponse ne peut être et
ne pourra jamais être donnée. Elles ne s’opposent pas aux hypothèses
de V.\N Steenis sur une conception évolutive par bonds, qui peuvent
également expliquer la création de genres monospécifiques très isolés
sans que se retrouvent sur place les séries qui ont pu les précéder.
Le.s voies de l’évolution furent diverses.
Remarquons que plusieurs genres qui ont été incontestablement
séparés de leurs aires d’origine extra-africaine, depuis vraisemblablement
les dislocations antétertiaires, n’ont pas ou très peu évolué sur la terre
africaine, tels que Sindora. Swartzia, et même Cruditi {plusieurs espèces
affines).
(iette observation peut s’étendre en dehors des Légumineuses à
beaucoup de genre.s monotypiques en .\frique. (iitons parmi les groupes
néntropicaux* : Sacoglollis (7-1), Erismadelphus (de la famille américaine
des Vochysiacées), qui n’est représenté en .\frique que par I{-2) espèces,
lleisleria {40-2{-3)). l'armi les groupes paléolropicaux : Cienolophou
Tarrietin (10-2), Melia (12-1), Caiiariuin (71)-! (-2)). Parmi les groupes
malgaches : Syrnphonia (lO-l i, Marnmea (21-1).
La même remarque peut être faite pour des genres plutôt caracté¬
ristiques en Afrique des forêts sèches ; par exemple, Andira (30-1),
Annona (110-2), Pro.sopw (40-1).
Les genres: « émigrés» en Afrique y témoignent d’une sécheresse phy-
létique certaine, fait qui s’oppose à la vitalité de certaines de leurs espèces
qui peuvent se répandre et se multiplier vigoureusement, telle runi([ue
espèce de Sacoglollix, S. gabonensis, qui constitue des peuplements impor¬
tants dans les régions maritimes du Cameroun et du Gabon, et Aucoumea
Klaineana.
Deux exemples remarquables de genres monospécifiques très indi¬
vidualisés, dont la position systématique reste indécise, mais qui aujour-
1. Entre parenthèses, le premier chiflrc indique W nombre des espèces dans l’aire
d’origine extra-afrieaine, le second le nombre des espèces africaines.
Source : MNHN, Paris
— 307 —
d’hui sonl attribués généralement à la famille des Ochnacées. concernent
deux espèces de grands arbres, Lophira alaia et Tenlutea gabonensis. Le
premier est guinéo-congolais, à fleurs régulières aux multiples étamines,
Il est doublé d’une espèce vicariante L. procera, ou mieux écophylétique,
arbuste qui succède à la précédente dès les lisières forèt-savane, dans une
aire trans-africainc soudanienne. Toutes deux exubérantes et très abon¬
damment répandues. Le second arbre, Tesliilea gabonensis, est endémique
gabonais, rare, de la forêt primitive; les fleurs sont remarquablement
zygomorphes. avec une unique étamine et une colonne de staminodes,
.\ucun autre genre d’Ochnacèe de la flore africaine, ni d'ailleurs, ne peut
être rapproché — à notre connaissance — de ces deux genres.
De tels exemples peuvent être aisément multipliés : la pauvreté
évolutive s’accompagne aussi bien d’une vitalitéspécificjue médiocre qu’à
l’opposé d’une vitalité exubérante,
L’oi)servatiün que nous avons faite de représentants isolés en .Afrique
et évolutivement figés de genres ayant fait preuve dans d’autres continents
d’une prolifération évolutive remarquable, mérite que l’on s’y attarde.
Les genres ont-ils trouvé hors d’.Afrique des conditions particulièrement
favorables à une activité phylétique, et quelles peuvent être ces conditions
<[ui ne sont vraisemblablement pas d’ordre écologique? Le problème des
genres multispécificjues endémiques ou spécialement concentrés dans
quelques régions est aussi curieux que celui des genres monospécifiques,
Heprenons par exemple, celui des deux genres de (îuttiféres à Mada¬
gascar : Symphnnia (H) espèces) et Mumnien (21 espèces). Le premier
n’est représenté en .Afrique et en .Amérique que par une seule espèce
[S. gabonensis^ cai'actéristique des forêts marécageuses, dans une aire
considérable. Le second, grand arbre de la forêt dense humide n’a qu’un
représentant en .Afrique et I (-2) aux .Antilles.
lIuMBKRT a déjà signalé celte multiplication remarquable de cer¬
tains genres à Marlagascar, qui rend difficile la séparation de leurs espèces
étroitement apparentées et endémiques très locales. Lette apparente
octogenèse devrait-elle être liée au fait d’une flore très anciennement
en place, n’ayant jamais été perturbée par des changements hioclimato-
logiques?
Pourquoi cette concentration extraordinaire de genres et d’espèces
d’iiricacées dans la flore du Lap, alors que d’autres espèces d’Lricacées
sont sporadiques et dispersées à travers l’Afrique jusqu’en Kurope.
Kn .Afrique tropicale elles n’ont dans les hautes montagnes qu’un carac¬
tère résiduel (|ue ne peut complètement dissimuler leur abondance
locale. Les mystères de l’activité génétique des taxons sont à peine
abordés et présenlemenl on ne peut qu'en faire observer quelques aspects
inexpli({ués.
Laboratoire de Phaiièrogamic,
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Ad*nsonia, scr. 2, 10 (3) 1970.
CROTON MALGACHES
par J. Leandri
RésumiI : Dans le dernier tome de cette Revue (9-4. 1969), nous avons décrit
une espèce du sous-g. Eluleria (L.) Griseb- (feuilles 3-5-pUnerves, sans éclat métallique
en dessous, pétales 2 bien développés). D’autres Crolnn malgaches voisins ont des
E étaies 2 rudimentaires ou absents (sous-gr. Crolon, sect. Croion), mais parmi eux,
C. regeneralrix se rapproche beaucoup des Eluleria-, d’autres ont encore des feuilles
dentées (C. beliokensis, Adans., 10-1, 1970), etc..., tandis que le reste a des feuilles
entières : C. Cîu«re/ae, C. ihosiana (Adans.. 9-4, 1969), C. Boileau! décrit ci-après, etc...
Les deux autres espèces ici décrites sont très différentes (groupe des espèces du Sud
à petites feuilles â éclat métallique en dessous, devenant alternes sur les ramilles déve¬
loppées, et à grappes courtes).
SuMMARY : In lhe last volume (9-4, 1969) o( Adansonia, we described a Malagasy
species of tins genus belonging to subg. Eluleria (L.) Griseb. (3-5-pUnervcd Icaves,
without metaliic scales bencath, 2 petals deveioped). Other species difïcr by 2 pétais
lacking or rudimentary (subg. Croion, scct. Croion) witii the intermediate C. regene¬
ralrix. With tonthed leaf margins, \vc bave C. beliokensis (Adans., 10-1, 1970) and
olber ones. Without toollied leaf margins are C. Ouerelae and C. i/iosiana (Adans.,
9-4, 1969) and C- Boileaui described hereafter, Two otber species here belong to
the group of South Madagascar with ieaves iittle, alternate when grown-up, metallic-
shining beneatb, short racemes.
Croton Aubrevilecta J. Leand., sp. nov.
Frutex dumosus cinereo-squamosus, ramis pseudo-dichotomis diva-
ricatis, cortice fusco-cinereo pilis squamosis primum tectio. Folia alterna,
apice ramulorum subopposita vel conferta. Stipulae miniraae; petioius
cylindricus 4-5 mm longus; glandulae petioJares superiores, parvae, conti-
guae. Lamina elliptica 10-20 X 5-6 mm, supra dilute viridis, subter cinereo-
nitens; nervus princeps supra depressus, subter prominens; marge leviter
involuta. Racemi bisexuales, nonnunquam <?, angulo bifurcorum orti,
1-2 cm longi, flore Ç vulgo unico ioferiore; (J fere 6; omnibus breviter brac-
teatis et bracteolatis. Flos fere 4 mm diam., sepalis 5 concavis intus
glabris; petalis tenuibus angustis margine ciliatis, staminibus vulgo 10,
Elamentis glabris, antheris valde aicuatis 1,2 mm; fundus floris parum
pilosus. Flos $ masculo major, calycis lobis longioribus, angustioribus;
intus parte superioie pilosis; disco carnoso, crasso, sublobato. Ovarium
spbaericum 2-3 mm diam., squamis 0,2 mm tectum; styli 3-4-er divisi,
centro connati, brèves, carnosi. Fructus evolutus oblogus, 7-8 X 5-6 mm,
calyce stylisque persistentibus parum auctis.
Type : Cours 4641, il, <? et 2 (Holotype P).
Madagascar (Sud-Ouest).
Écorce couverte de poils écailleux à centre plus foncé; fissurée sur
Source : MNHN, Paris
— 310 —
tes rameaux plus âgés. Feuilles jeunes rapprochée.^ par paires, les adultes
alternes, espacées, 2-3 sur chaque article, qui se termine par une grappe
dans l’angle d’une bifurcation, grappe qui tombe après la fructification
en laissant l’apparence d’une dichotomie.
Feuilles à stipules peu visibles; pétiole faiblement canaliculé en dessus,
de 4-0 X 0,5-0,8 mm. couvert d’écailles grises luisantes; glandes supé¬
rieures rondes, plates, à peine plus grandes que les écailles, brun-orangé,
atteignant 0,4 mm de diamètre. Limbe arrondi, parfois apiculé en arrière
ou émarginé au sommet, subarrondi, presque en coin à la base, couvert
en dessous de poils écailleux plus ou moins ferrugineux au centre; ner¬
vures secondaires invisibles; marge légèrement relevée, la face inférieure
écailleuse tendant à déborder sur les bords.
Grappe de 10-20 mm de long. Bractées et bractéoles triangulaires,
les premières concaves, les secondes plus étroites, charnues, couvertes
de poils écailleux, un peu plus courtes que les pédicelles (les 3 de 1 mm.
les 2 de 1,5).
Bouton 3 sphérique, de 3 mm environ de diamètre, couvert, ainsi
que le pédicelle, de poils écailleux contigus. Fleur ouverte de 4 mm;
5 pétales minces, obovales, assez étroits; 10 étamines (ou un peu nu —);
fdets faiblement renflés, glabres vers la base.
Fleur 2 couverte en dehors de poils écailleux de 0,2 mm de diamètre;
lobes du calice glabres en dedans à la base, mais pubescenls vers le haut.
Disque peu nettement lobé, les lobes épisépales. Ovaire sphérique de
2-3 mm de diamètre, entièrement couvert d’écailles de 0,2 mm environ;
styles charnus courts [un peu plus de 1 mm), 3-4 fois divisés, la première
fois presque dès la base, connés au centre.
Fruit mùr (H. Capitron leg., SF 28542) accompagné du calice per¬
sistant et des styles persistants peu accrus.
Si l’on ne tient pas compte de certaines localités très probablement
données par erreur^, cette espèce est propre à l’extrême sud. de l’ouest
de Fort-Dauphin aux abords du lac Tsimanampetsa, où elle a été récoltée
par le Professeur A, Aubréville, auquel elle est dédiée. Hile semble
fleurir à partir de septembre et peut-être une seconde fois en février,
avec des fruits à partir de décembre.
Croton Ghauvetiæ J. Leand., sp. nov.
Frutex odoratus, parum densus, fere 2 m altus, ramulis gracilibus.
Cortex primum squamosus argenteo-punctatus, denique glaber, fuscus,
rimosus. Folia alterna ad apicem ramulorum subopposita; stipulae mini-
mae; petiolus supra canaliculatus, squamis nitidis tectus, 5-6 X 0,6-0,8 mm.
apice supra glandulis 2 remotis, 0.25 mm altis et latis, a latere squamosis,
supra glabris flammeis munitus; lamina ovata apice basique rotundata,
dorso margineque squamosa, superne pUis stellatis vel cristatis minimis
tecta, 2 X 1,2 cm, nervis parum conspicuis, nervo primario dorso promi-
nenti excepto.
1, Didy, dans la forêt orientale.
Source : MNHN, Paris
— 311
Source : MNHN, Paris
- 312 —
Racemi terminales, ad 2 cm longi, primum ad apicem S, denique l>asi
£. Flores ^ fere 10-12, $ vulgo 2, racemo parvo laterali ^ nonniinquam basi
adjuncto. Flores pcdiccUati, bractea bracteolisque 2 triangiilis muniti;
(J 3-4 mm diam.; calyce 5-lobo, lobis usque ad medium distinctis, extra
squamosis, margine hyalino; petalis tenuibus, sepalis longioribus, oblongU,
apiee ciliatis; staminibus fere 10 perianthium superantibus, antheris orbi-
cularibus; disco parum distincto, floris fundo parum piloso. Flos $ pedi-
cello robustiorc, sepalis oblongo-concavis, margine ciliis longis munito;
fundo crasso, diseo parum prominenti; ovario sphaerico squamoso; stylis
erecto-undatis, a basi bifiircatis. Fructus oblongus 6 mm (an maturus?),
calyce slylisque persistentibus haud auctis.
Type ; M"** F. Chaurel 273 (11. d et ç, fr. Holotype Pi.
Madagascar (Sud-Ouest).
-Vrbrisseau, à odeur aromatique agréable, à ramilles plus ou moins
divergentes. Écorce brune, d’abord couverte d’écailles brillantes k point
ferrugineux central. Stipules, peu distinctes des écailles. Pétiole cylin¬
drique, canaliculé dessus; deux glandes munies d’écailles. saut la tranche
supérieure orangée glabre, ombiliquée. Limbe parfois très faiblement
émarginé, couvert sur la face supérieure, de petits poils très courts en
étoile ou en touffe, de rameaux courts et peu nombreux partant du même
point, cette face vert clair. Ner\-ure principale déprimée dessus, en relief
dessous; nervures secondaires 2-3 de chaque côte, plus visibles sur la face
supérieure.
(Irappe formant d’abord des fleurs d, 10-12, vers le sommet, puis
s’allongeant jusqu’à 2-3 cm et développant les fleurs ç de la base après
la chute des 3 (2 11. ; en général); parfois une petite grappe s latérale
près de la base de la grappe bisexuée, et les 2 feuilles axiliantes non oppo¬
sées. Fleur ij sur un pédicelle de 2-3 mm, couverte en dehors d’écailles
à point central ferrugineux; pétales très fins, dépassant les lobes du calice,
oblongs, un peu élargis v'ers le sommet, portant d’assez longs cils au
sommet; filet grêle, non renflé à la base; anthère à peu près circulaire,
de (),G mm environ; fond de la Heur à peine poilu. Fleur s à pédicelle
plus court et plus robuste (1-2 x 1-1,5 mm); sépales comme les s, mais
plus oblongs et plus concaves, de 2 X 1,5 mm, à marge assez longuement
ciliée; fond de la fleur très charnu avec disque pentagonal peu marqué.
Ovaire sessile sphéroïdal de 2-3 mm. couvert d’écaiiles de 0,3-0,4 mm
à centre ferrugineux; styles de 1,2-1,5 mm, divisés seulement une fois
presque dès la base, non connés au centre, Fruit (mûr?) oblong, de 6 x5
mm environ, porté par un pédicelle de 3 mm et accompagné du calice
plus ou moins étalé non accru et des styles persistants non accrus, couvert
d'écaiiles atteignant 0,5 mm.
Cette espèce semble propre à la région de Tuléar, où elle a été trouvée
près du poteau kilométrique 30 de la route de Tananarive {F.Chaitvel 273),
sur les calcaires de la Montagne de la Table {Keraudren 551), dans les
gorges du Fiherenana [Keraudren 670) et près de la station vétérinaire
de Befanamy (Keraudren 723). Klle semble fleurir et fructifier en février-
mars.
Source : MNHN, Paris
— 313 —
(3iez cette espèce à limbe mince des calcaires secs, l’adaptation
xérophile ne se traduit pas par la présence de tissus charnus, mais la
protection de la face supérieure de la feuille est assurée par un indûment
très court mais très serré de petits poils en touITe ou étoilés qui complète
la couverture de la face inférieure par le bouclier de poils écailleux com¬
mun i\ de nombreuses espèces de ce groupe.
Croton Boiteaui J. Leand.. ap. nov.
Frutex folüs luce metallico repercusso destitutis, ramulis flexuosis
tenuibus, partibus junioribus pubescentibus simul ac pilis squamatis muni-
tis, cortice glabrescente fusco-violaceo. Folia ad apicem ramulorum oppo-
sita vel subconferta; stipulac minimac; petiolus cylindrious superne canali-
culatus, pilis squamosis simul ac stcllatis dense tectus, glandulis 2 sessilibus
carnosis cupulatis; lamina ovata ad 3 X 2 cm, nonnunquam subcordata,
apice attenuato-rotundata emarginata, superne mediocriter viridis pilis
minimis ramosis (ramis plus minusve longis), subter cinereo-viridis, tomen-
tosa, pilis slellatis et squamosis, praecipue in nervis ferrugineis tecta;
nervus princeps superne depressus, subter prominens; secundariis utroque
latere 4-5, inferiore basilari.
Racemi subterminales, bisexuales, 1-2 cm long!, fforibus vulgo 6-7
superioribus, $ unico basilaii. Alabaster ^ sessilis, globoso-depressus,
2,5 mm, sepalis S triangulis usque ad medium calycis libcris, extra sicut
petiolus tectis, intus glabris, in longum vulgo 3-nervatis; petalis 3 tenuibus,
spalidatis marginc tenuiter ciliatis; disco indistincte; staminibus 9*10
antheris orbicularibiis, loculis arcuatis ab apice divergentibus; pilis ad
imum paucis. FIos $ sessilis ^ major (3,5 mm), sepalis oblongis margine
ciliatis intra pubescentibus; petalis nullis; disco albido circumducto; ovario
sphaerico 2*mm pilis stcllatis et squamosis liirto; stylis satis crassis, fuscis,
1 mm longis semel divisis. Fructus oblongus 6*7 X 5*6 mm, pcdicello ad
2-3 mm aucto, sepalis persistentibus, mediocriter auctis, patulis (5 mm
diam.); valvis 3 fere ad imum in 2 divisis, 6 mm longis, 2x4 mm lalis,
indumento persistente; columella gracili 3*furcata; semine sphaerico-
complanato-obtuse angulato, laevi subviridi-lubrico, fere 5x4 mm, extra
prope margines intra in medium in longum sulcato, caruncula parva tenui.
Typk : Boileau (l.M.R.A.)t 3^4, boulons d, fr. (Ilolotvpe PI. Fl. 9:
Bosser 4107, 4109.
-Madagascar (Sud-Ouest).
Hamilles, parfois en fausse dichotomie, mais pas toujours. Parties
jeunes pubescentes, avec des poils étoilés ou en toulîes, mais présentant
aussi des poils écailleux; écorce faiblement crevassée.
Cicatrices foliaires ne se trouvant en position alterne (lu’après allon¬
gement des ramilles et la chute des feuilles. Stipules très petites, souvent
dilliciles à distinguer des écailles voisines. Pétiole atteignant rarement
1 cm sur 0,75 mm, couvert d’un feutrage serré de poils étoilés et écailleux
entremêlés, 2 glandes sessiles, charnues, cupuliformes ou ombiliquées,
I. Instilut malgache de Hecherches appliquées, Taiiauarive.
Source : MNHN, Paris
— 314 —
de moins de 0,5 mm de diamètre et distantes de moins de 1 mm. Face
inférieure du limbe à poils étoilés ramifiés dans un plan, parfois écailleux-
ferrugineux, surtout sur les nervures. Nervures secondaires 4-5 de chaque
côté, moyennement obliques, les 2 inférieures basilaires insérées tout
près des glandes.
Fleurs S s’ouvrant, les unes tôt, les autres après la chute des graines.
Fleur é non vue à l’anthèse. Sépales 5, couverts des mêmes poils que la
face inferieure du limbe, glabres en dedans, où se voient souvent 3 ner¬
vures longitudinales. Staminés 9-10, è filets paraissant appelés à devenir
longs et lins, à anthères circulaires de 0,0-0," mm. Disque ? à lobes peu
nets. Styles sinueux, plus ou moins connés vers le centre. Fruit accom¬
pagné des sépales faiblement accrus, étalés sur 5 mm de diainètre; valves
se fendant en long au moment de leur chute, entraînant parfois avec elles
la potence porte-graines qui surmonte la columelle grêle persistante;
valves conservant l’indument composite de l’ovaire accru. Graine hémis¬
phérique en dehors, en dièdre très ouvert en dedans, verdâtre satinée,
marquée en dehors de 2 sillons longitudinaux marginaux et sur le milieu
du côté interne d’un fin sillon longitudinal.
(’ette espèce, appelée Fandrainbahora (« charme contre la peur »?)
par les Antandroy de Bekily. et Tolaknjoisg (n blanc quand on le retourne »)
par ceux d’Ifotaka, se rencontre dans le n bush » (fourrés) xérophile
(Bosser) et dans des restes de forêt tropophylle (Boiti-m ) (où elle n’a
peut-être pénétré qu’après la dégradation de la couverture forestière)
à la fois à l’ouest et à l’est du pays tandroy, ce qui semble indiquer qu’elle
doit exister aussi dans les parties intermédiaires. Hile lleiiril et fructifie
vers octobre-novembre.
Ses caractères la placent parmi les espèces du genre à feuilles trinerves
complètement dépourvues de pétales ç, môme à l’étal d’ébauche, à limbe
entier, à feuilles généralement opposées au moment où elles sont fonc¬
tionnelles; elle se distingue facilement du C. Baslardii, qui présente ces
caractères, mais qui paraît localisée plus au nord-ouest, par ses styles
non en lames lobées, son fruit non induvié, son disque S peu net. ses
grappes plus petites et à (leurs bien moins nombreuses.
Laboratoire de PlianégORainie,
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, SIT. 2, 10 (.t) 1970.
UNE RUBIACÉE DES ILES MASCAREIGNES
A FEUILLES ORNEMENTALES :
ENTEROSPERMUM BORBONICVM
OBSERVATIONS BOTANIQUES, HORTICOLES
ET TAXONOMIQUES
par H. Hkine et N. Hali.é
BÉsuMf; : Note sur une Rubiacée Ixorée des lies Mascareifincs, Réunion et Mau¬
rice, restée méconnue jusqu’à nos jours. Du matériel vivant <lc l’espèce fut connu
du monde horticole européen en 184.4; elle fut décrite pour la première fois comme
Pavetta borbonica, mais seulement sous sa forme juvénile et stérile. En 1895, de Cor-
demoy en décrivit les fleurs et les fruits sous le nom générique à’ixora, créant ainsi
un /. borbonica Cordem. A l’ile Maurice, l'espèce était, depuis 1877. confondue avec
une autre, très voisine, alors appelée RuIUlea coriacea Bak. L'espèce trouve sa vraie
place dans le genre Enlerospermum Hiern, et la nouvelle combinaison E. borbonicnm
est donnée; les différences avec l’espèce voisine E. coriaeeum (Bak.) Bremek. (1934,
- Ruiidea coriacea Bak., 1877), seulement connue de. l'ile .Maurice, sont précisées.
Les auteurs donnent un coup d’œil sur les riches récoltes anciennes des Mascareignes,
des collections du Muséum de Paris, et signalCBil la réapparition de cette belle espèce
hétérophylle dans les serres européennes, où, semble-t-il, elle fleurit et fructifie pour
la première fois.
.SiMMARY : Notes on a hitherto incompletcly known taxon of Rutiaceae (Sect.
Iioreoe) native of the Mascarene Islands (Réunion and Mauritius). Living material
of this species had been coliected before 1844 and subsequently introduced into hor¬
ticulture in Europe. Its very liandsome but stérile juvénile form was inadequa-
tely described in horticultural pubiications under the naine Paoeltu borbonica. In
1895, de CnupEMOY placed the spccies (known to him with flowers and fruits) in
the genus Ixora L. On the Island of Mauritius, this species lias been confused,
since 1877, with another closely allicd oiic, described in that year under the naine
Rutidea coriacea Bak. —- The species is now properly recognized as belonging to the
genus Enlerospermum Hiern; the authors accordingly give the new combination E.
borbonicnm and discuss the alTinities with its closest relative, E. coriaceum (Bak.)
Bremek. (1934), only known from Mauritius. Furthermore, they give an accounl
of the ancient gatherings of E. borbonicum, particularly well represented in the her-
baria of the Muséum National d’Histoire Naturelle in Paris, and report on the récent
reappearance of this bcautiful heterophyllous species in the greenhouses of Europe,
where, as it seems, it has now for the flrst time produccd flowers and fruits.
I. EXPOSÉ DU PROBLÈME DANS SON CONTEXTE HORTICOLE.
M. Marcel Lecoufle, éminent horticulteur de Boissy-Saint-Léger
(Val-de-Marne), bien connu des orchidéophiles et grand spécialiste des
plantes d’appartement et de serre chaude, a introduit, en 19(52, une
Source : MNHN, Paris
— 316 —
Rubiacée provenant de l’île de la Réunion, dont la forme de jeunesse est
caractérisée j)ar des feuilles remarquablement panachées-marbrées.
M. Lecol'ki.k a très bien réussi à faire prospérer cette belle acquisition
dans ses serres, enrichissant ainsi sa collection, et à la multiplier. Pour¬
tant, il s’agissait d'une plante ornementale à feuillage coloré connue de
l’horticulture européenne au moins depuis I’a été et automne 1344 »,
date où elle fit sa première apparition dans le Prix courant n® 16 de
l’établissement horticole Louis V.\n Houtte, à Gand, sous le nom de
Pai'ella horbonica. au prix de 25 Fr. (221, On la trouve, par la suite, sous ce
même nom dans la littérature horticole du xix® siècle. Jusqu’à la publi¬
cation en 1895 da la « Flore de l’île de la Réunion » de K. .f. me Gordkmoy
(12!, dans laquelle l’espèce a été rattachée au genre ixorn 19.
G’est donc à partir de cette date et jusqu’à ce Jour (jue l’espèce en
question ])orte le binôme d'ixora borboniat C.ordemoy dans toutes les
publiealions botaniques et horticoles i, et c’est également sous ce même
nom que .\l, Lecouki.k a j)ublié, en 1965 (16i un article, accompagné
d’une ligure en couleurs, sur sa nouvelle acquisition, .^près être tombé
dans Poiibli, au moins en Furopc. depuis le début de notre siècle. Vl.rorii
borbnnira venait à nouveau enrichir, grâce aux établissements Lkcouti-e,
les serres chaudes de plusieurs Jardins botaniques et des collections
privées.
M- Lkcoufi.i-: avait réussi à se procurer des graines provenant de l’île
de la Réunion par l’intermédiaire de ses correspondants et amis réunionais.
Auparavant, il leur avait signalé l’intérêt considérable de P» Ixorn bor-
bonien » pour l’horticulture et dilîusa par [ihotocopie la description et
l’illustration d’après la belle planche en couleurs reproduite dans la
traduction française d'un ouvrage classique sur les plantes à feuilles
colorées : voir E. J. Lowe et \V. How.vrd, 1865 (18i. 11 avait ainsi mis
entre les mains de ses correspondanls les éléments leur permettant de
retrouver dans la nature la plante en tpjcstion.
Peu après la publication de son article, M. Lecouki.k avait la chance
de voir lleurir en automne 1968. ([uelques-uns des pieds de V l.rorn bor-
bonira (ju’il avait rnis en culture en 1962. Il les avait placés, lors de la belle
saison, à un endroit abrité et légèrement ombragé de son jardin ce qui
favorisa une croissance vigoureuse.
(i’est alors qu’en connaisseur et érudit de la Botanique, M. Lec.ouki.e
s’aj)erçut, après examen attentif de ces fleurs, cjue le rattachement au
genre I.inrn 1.., elTectué en 1895 par (ioRDKMOY était contestable et presque
aussi impriqire cpje le rattachement original au genre Pai'ella L., aban¬
donné à la suite de la jrublication de C.ordemoy.
-M. Lecoufle s’étant alors adressé, une fois de plus, à ses amis et
I. Néanmoins, on trouve rncorc dans !'• Kighti-entli Printing ■ (I960) du • Stan¬
dard C.yclopcdia of Uorlicutluie * de I..II. B.ulky (Macmiu.as Company, New York,
tome III (P—Z), p. 24«9, paragraphe > 1‘ai‘ellu I,. », rédigé par L.H. Baii-ky) ainsi
que (fort propabtemeiit suivant col exemple) dans la 152' édition (1964) do la grande
encyclopédie horticole française • l.e Bon .lardinier ■ (i.a Maison Rustique. Paris,
tome 2, p. 1119, paragraphe » Püvetki i., », rédigé par K. CuocAnn), le « Pai'eda bor-
bortica Hort. •
Source : MNHN, Paris
— 317 —
correspondants des îles Mascareignes; l’un d’entre <;ux, résidant à l’île
Maurice, lui fit savoir que la plante décrite ilans son article sous le nom
(l’/.rora borbonica était également connue de l’île Maurice, mais sous
le nom de Bulidea coriaeen Hak.'.
Devant une telle difliculté et doutant lui-mème de l'identité des
plantes qu’il cultivait, M. Lkcoi'fli-; a bien voulu soumettre le problème
taxonomique de l’identification correcte île ses plantes à l'un de nous
(H. H.).
D’est donc à M. Lkcoufli-; que revient le mérite d’avoir incité la
présente étude sur l’identité de VIxora borbonica Dordemoy. bille a été
effectuée au Muséum de l'aris et a permis de révéler un nombre étonnant
de faits inattendus et remarquables; de plus, elle a suscité — en rapport
avec quel((ue.s-uns de ces faits - - une étude spéciale et iin premier inven¬
taire de l’herbier Adanson (voir X. H.m.i.i':, 13i. Le grand intérêt taxo¬
nomique en rapport avec la connaissance des débuts de l’exploration
botanique des îles Mascareignes, chapitre assez important de l'Idsloire
des Sciences naturelles au xviii® siècle en France, justilie le développement
des discussions qui suivent.
Les auteurs ont pu bénéficier de l’aimable concours de leur ami et
confrère F. X. IIki’per. de l’herbier des Jardins botaniques royaux de
Kew (Grandc-llretagne).
Gomme très souvent chez les nouveautés horticoles, présentées au
public dans les catalogues ou prix courants des jiépinières et des éta¬
blissements horticoles, PaveUa borhonicn n’étail. au début (13-14), rien
d’autre qu’une appellation hoiticole (« nursery name »). ("est pour cette
raison qu’il ne figure, dans l’Index de Kew, ([u’avec la référence à un
article anonyme de 1878, de '< Gardeners Chronicle » (2) où l’on trouve
la remarque suivante : « Pavclla borbonica is a nursery name for a distinct
and beautiful plant frcquently found in gardens. ot whicli no identi¬
fication has yet been possible, because, so far a.s kiiow, no fiowers bave
been produced in cultivation ».
II. DÉTERMINATION DU BASIONYME.
La remarque ci-dessus paraît ainsi faire allusion à l’absence d'une
description valable.
Pourtant, en 1858, H. G. et A. IIenderson (14., propriétaires du
i< Wellington Hoad Nursery » à St John’s Wood (Londres), ont donné,
dans leur « Illustrated Bouquet », recueil de nouveautés et de belles plantes
d’agrément cultivées à l’époque dans leur établissement horticole, une
description et une belle illustration en couleurs de la forme de jeunesse
de la feuille de VIxora borbonica. Si la provenance de la plante n’est pas
1. Comme on le verra p. 324 il y avait de notables raisons pour accepter cette
identification effectuée avec la Flore de Bakkk (7).
Source : MNHN, Paris
— :iiH —
mentionnée dans leur lex-e, elle a [loiirtant été clairement indiquée,
depuis l’origine, par le choix de l’épithèLe^.
I.e rattachement au genre P/ifKlla L-, aussi vague et spéculatif qu’il
fut. alors que les Heurs n'étaient pas encore connues, in(li([ue quand même
le groupe parental où une telle Hubiacée pouvait trouver place à l’époque.
La description de la feuille de la forme de jeunesse, la provenance certaine
et l’attribution générique peuvent donc être considérées, en ce (jui concerne
la publication de K. G. et Hkndickso.n, comme éléments sullisants
pour une k publication valide n dans le sens des .\rticies 32-40 du Godo
inlernational de la nomenclature botanique (lUbO). Gomme il n’existe
aucune autre Rubiacée avec une telle feuille dans sa forme de jeunesse
sur l’ile de la Réunion, le Paveila borbonicn K. G. et .V. IIiîNDiiRso.N est
accepté par nous comme basionyme de cette Hubiacée,
-Mais, comme il a été déjà précisé plus haut, l’histoire taxonomique
de cette espèce remonte au xviii® siècle; elle peut maintenant être résumée
chronologiquement dans l’exposé qui suit.
m. VICISSITUDES BOTANIQUES DE L'ESPÈCE.
Dans son « Indication de plantes (pii se trouvent à l’Isle de France,
tant indigènes ou naturelles à cette isle, ([ue naturalisées ou apportées
de diverses régions », .1, 15, G, F’iskk AuBi-tcT signale, en 177') (3i, pour
la première fois, de l’Ile .Maurice (alors l’n Isle de France », et. bien entendu,
possession fran(;.aise), la présence d’une Hubiacée qui, selon lui, était
déjà connue depuis longtemps de la côte de Malabar aux Indes, sous le
nom vernaculaire de I5em-5schetti, lin 1()79, IL van Hhkecde tôt
Diîaakenstein l’avait portée à la connaissance des botanistes du mon<le
occidental (20). et en 17.Ô3, Linné cita en référence la description et la
planche du 13em-Schetli de Hheede tôt Drakknstkin à propos de son
Ixora alba L. La référence donnée par Linné et se rapportant au Bem-
Schetti est, chronologiquement, prioritaire sur toutes les autres de ses
références; néanmoins, l’identité de ce taxon est resté, jus()u’à ce jour,
douteuse, étant donné la complexité de la taxonomie des Hubiacées en
général et de celle du genre Ixora L. en particulier. Malgré cela, Vl.rnru
albii L. a fait, à plusieurs reprises, son apparition dans la littérature
horticole, par exemple dans E. Regel (19), en 1881.
fl résulte de l’indication de Fusée .\ublet qu’à partir de 177.'), la
présence d’une Hubiacée, auparavant rattachée par Lin.né au genre
Ixora L., c’est-à-dire à son Ixora alba L., a été répertoriée pour la végé-
I. Il semble utile de rappeler les changements de noms des Iles Maurice et de la
Héunion :
Ile Maurice : Cerné, avant 1598. — Mauritius, de 1598 à 1715. — Ile de /•'rance,
1715 à 1810. — Matiriliiis (= Maurice) de 1810 à aujourd’hui.
Ile de la Réunion ; Santa ApoHonia ou Mascarenhas avant le milieu du 17'sièclc.
— Ue Bourbon, de 1042 à 1789. — Réunion des Patriotes de 1789 à 1809. — Ue Bonn-
parle de 1809 à 1814. — Ue Bourbon de 1814 à 1848- — Ue de la Réunion, de 1848 à
aujourd'hui.
Source : MNHN, Paris
— 319 —
tation de l’Ile Maurice, bien que l'identité de ces plantes fut tout à fait
incertaine. Non seulement il s'agissait à coup sûr d’autre chose que du
flem-Schetti de Rheede tôt Draakenstein, mais encore l’attribution
générique élail très douteuse comme le montrait par simple comparaison
les planches de Rheede : aussi bien d’ailleurs celle du « Schetti » (cité
comme référence par Linné pour son Ixora coccinea L., espèce-type du
genre Ixora L.). que celle du « Bem-Schetti ».
La comparaison avec les plantes de Fusée .Aublet de l’ile Maurice
qui .sont à l’origine de son u Indication » est significative à cet égard.
Ces échantillons provenant d’une même récolte, sans mention d’espèce,
se trouvent conservés au Muséum dans les herbiers d’ADANSON et d’A. de
Jussieu, .\ublet avait la curieuse tendance de croire que les flores
tropicales sont voisines à un point tel (voir à ce sujet J. Leandbi, p. I42j
(15) qu’il se permettait d’identifier bon nombre de plantes autochtones
de rile -Maurice à celles de l’Indonésie, de la côte de Malabar, de Geylan
et de l'Afrique du Sud. Cette façon assez simpliste de voir les choses
explique la méthode fort critiquable de Fusée Aublet. 11 se contentait
dans les cas où il croyait avoir trouvé des plantes correspondantes, de
citer les références relatives aux descriptions et illustrations des ouvrages
de G. R. Rumphius (21), de J. Rurmann (10 et 11) et de H. A. Rheede
TOT Dbaakenstein (20;.
Mais les récoltes de Fusée Aublet fournissent des éléments bien plus
précieux que toutes ses indications vagues et suspectes, .\danson avait,
par l’intermédiaire de M. de Bombarde (voir Leandri, 15), reçu les
plantes récoltées par .A.ublet sur l’Ile Maurice. lîlles figurent dans son
herbier selon la numération récente (131 sous le n° 8807; l’étiquette ori¬
ginale porte de la main d’.\DANSON ; « Karinta .\dans. —Cofea ex... cal.
et cor. u-fid., st (am.) 5, sem. 1 aborl. — E. $. I. —'Aublet i. France — en
descripl. Aublet... Schetti 11. corymb. termin. ». L’inscription figurant
en tète : « Karinta .Vdans. » semble assez nettement postérieure et ajoutée,
tandis que l’ensemble des autres remarques portées sur l’étiquette semble
être rédigé en une seule fois.
Dans ses « Familles des plantes » .\danson parle de tous ces noms
génériques, et il est particulièrement intéressant de trouver, sous « Schetti »
(1). les « synonymes » Ixora L., et. avec un point d’interrogation, n Pavtlla
Browne » — noms génériques qui ont maintes fois été donnés, jusqu’à
ce jour, à la plante qui fait l’objet de nos recherches. « Cofea Lin. » est
cité, par Adan.son, 1. c. p. 14û; Karinla (avec une référence directe à la
planche 21, p. û2 du tome 10 de Rheede tôt Drakenstein (20), p. 529.
Un double des plantes récoltées par Fusée Aublet d’ailleurs très
abondamment représentées dans l’herbier d’AoANSON, se trouve sous le
no 9783 dans l’herbier d’.\. de Jussieu. Il porte une étiquette de la main
d’-\DANsoN <( !•'. è- I- Kafé .\d. (anson) — Schetti en Aublet ». A. L. de
Jussieu avait ajouté, en tête de l’étiquette, « Ixora », et en bas « Isle
de France. .Vublet ».
.'Wec les indications citées ci-dessus, ces plantes n’étaient ni pro¬
prement identifiées, ni faciles à trouver dans ces deux herbiers. Il y avait
Source : MNHN, Paris
— 320 —
pourtanf. une référence très pré'îieuse dans l’herbier général et qui facilita
notre recherche, sur un échantillon stérile de la j)lante en question,
identifiée par M. Fournier comme « Lcorn borhonica». Il porte une éti¬
quette originale de la main d’un collaborateur de Commerson (colla¬
borateur resté indéterminé bien qu’ayant rédigé bon nombre des éti-
([uettes de son herbier), avec cette remari(ue fort intéressante : « Je ne
sçais pas trop bien de quel espèce d'arbre est cette jeune pousse (jui a
les feuilles singulièrement marbrées. — Se trouve également à l’isle de
France et à Bourbon 1709. 1771 ». En bas de cette étiquette est écrit,
foi’t probablement de la main de A. L. de Jussieu, « vide herb. gen.
Juss. ». Ce renvoi a permis de retrouver dans l’herbier de .\. ni-; Jussieu,
l’échantillon de Fusée Auhlet. Guidés par le signe énigmalicfue n K.
ô. I. ». écrit en tète de son étiquette, dont la ])hysionoinie rapj>elie cerl aines
notes des étiquettes de l’herbier Adanson, nous avons pu retrouver tlans
cet herbier la copieuse récolte originale d’.\uui-ET.
L’île Maurice est donc, dès l’apparition du ta.xon en question, recon¬
nue comme faisant partie de son aire de répartition. Ceci s’accorde bien
avec la documentation de M. Lecoiiei.e, mais aussi avec une indication
antérieure à 1844, date où ce taxon a reçu pour la première fois l’épilhète
a borboitica ». Dans le premier inventaire floristique et horticole de l’île
Maurice, au xix® siècle, le llorliis Maiiriliaiias de W. Bojer (Si,l’on trouve
en elTet deux espèces de Pavella autochtones : P. coriacea Boj., nomen,
et P. diversilolia Boj.. nomen. dont les noms sont proposés, malheureuse¬
ment de façon invalide, pour la première fois. Il nous semble bien que
le PaL'elln dii'ersifolia montre par son épithète que Bojer a connu la
Rubiacée en question dont les feuilles de jeunesse sont si difl'érent.es des
feuilles adultes. Faute de données plus concrètes et faute d’échantillon
de référence, nous notons cela sans certitude absolue en remanpiant ((ue
ce nom n’a jamais été pris en considération cl cju’il figure en 1877, j)our
y finir sa carrière, dans une synonymie établie par J. G. Baker (7);
nous y reviendrons à propos du liuiiden coriacea Bak. (p. 324).
En 189.'). J. E. DE CoRDEMOY publia sa k Flore de l’ile de la Réunion »
où le taxon en question a été décrit, pour la première fois avec ses organes
reproducteurs, sous le nom d’Ixora borhonica Gordem. — Le rati achement
de « Paoella borhonica llort. » (cité avec la référence bibliographiciue assez
incorrecte ; Naudin. Plantes à feuilles color., p. 9. planche (voir
E. J. Lowk et W. Howard, 1865) (18) au genre Ixora L., n’était nulle¬
ment dû au résultat des études de Gordemoy ; il est tout simplement le
reflet du rattachement du genre Paoella L., dans sa totalité, à l.rora f,.,
originalement effectué en 1878 par II, Baii.lOX (qui est d’ailleurs cité
par Gordemoy comme seule référence pour le genre Lrorn L. >. 11 semble
utile de préciser ici. avec les mots de Bâillon même, ce qu’il avait publié
en 1878 et en 1880 au sujet du genre Iccora L. : " Nous avons compris dans
ce genre les Paoella, Pitlidea, Mtfoninia, Chomelia. Enterospermum »
(Bâillon, 1891) (6),
.\près la publication de Gordemoy, r/,Tora borhonica a encore fait
son apparition dans plusieurs ouvrages et encyclopédies horticoles, et,
Source : MNHN, Paris
— 321
•'omine il a été déjà dit, il est ensuite tombé, en ce qui concerne son uti¬
lisation comme plante d’agrément, plus ou moins dans l’oubli, au moins
en Kurope, jusqu’au moment de l’intérêt que lui porta M. Marcel Lecoufi.e
en 1965,
IV. RECTIFICATION DE LA POSITION TAXONOMIQUE ET DES¬
CRIPTION.
Nous référant aux travaux de Bremekamp (9) en ce qui concerne
la délimitation des genres de Hubiacées en question, nous avons pu
constater qu’/xora borbonica (lordem. appartient de toute évidence au
genre Enlerospermiim Hiern : ce fait ne nous paraît pas devoir être
discuté ici. l’illustration que nous présentons et la description qui suit,
étant significatives et justifiant notre opinion.
Enterospermum borbonîcum (E. G. et A. Henderson) N. Halle
et IIei.ne. ciimb. nov.
— l‘avelta borbonica K.G. et A. Hf.xdersox, Illiistralcd Boiu|ucl 1, l. 16 (1858)
(tt. 16-20 (le ccl ouvrage forment • Pari IV. » du premier tome et ont été analysés
dans (îaideners {'.broniclc 1858, n“ 33, p. 1123, I l août ISfiS, Part 111 en avril IS.'iS).
- H. J. I.owK et \V. Howard, BcauUful Leavcd Plants, 9-10, t, V (1861); ed. 2 (1864),
ed. 3 (1868). — K. .1. Lowe et \V. Howard, Plantes à feuillage coloré. Traduit de l’an¬
glais par J. Rothsctiild, avec une introduction de Ch. Navdix. Paris 1865,
— Pavella borbonica nomen tantum. - I-ouis Vax Hovtte, Prix courant n»16,
été et automne 1844, p. 3; .1. Harrisox (éditeur), The I-Toiicultural Cabinet and l-'lo-
rist’s Magazine 13 : 138 (1845) (vol. 3 of lhe New Sériés).
Ixora ftorionicQ. Cordkm : E. Jacoii dk Cokdkmoy, I-'lorc. de T Ile de la Réunion.
Paris, Klingsicck, p. 507/508 (189.5). - C. E. B- Brkmkkamp, Reperl. spec. nov.
(Pr. Pedde) 37 : 188 (1934).
• linUdea coriacea Bakkr, Flora ot Mauritius and llic Seychelles : 149 (1877),
pro parte : tantum quoad distributionem in insula borbonica dicta (< AIso Bourbon >,
p. 150) (cf. nos commentaires p. 325),
= (?) Pavella diversifolia Bo.i., nomen tantum : M’, Bo.ieb, Hortus Mauritianus
172 (1837).
-Vrbre de moyenne grandeur, ruineux, à appareil végétatif entière¬
ment glabre, à rhytidome grisâtre, Entrenreuds cylindriques longs de
0,5-3 (6) cm. rilipulcs ± longuement cornées tubuleuses atteignanf
jusqu’à 25 mm de longueur, à sommet atténué ou acuminé aigu, plus
nettement deltoïdes près des inllorescences, ± rapidement caduques.
Pétiole de 0,5-2 cm de longueur, les feuilles les plus courtes étant celles
de feuilles de type juvénile. Limbe plutôt coriace, vert sombre sur le vif,
nigrescent à sec avec des marges un peu rebordées, ovale lancéolé, de
9-11 (24) X 2,8-3,5 (0) cm; les limbes les plus grands et souvent propor¬
tionnellement les plus étroits sont ceux des jeunes pieds; dans ce dernier
cas la teinte verte est variée dans les champs intersecondaires de taches
jaune clair. Base du limbe typiquement atténuée mais obtuse à atténuée
chez les jeunes pieds. Sommet du limbe lancéolé, rarement à peine acuminé,
à apex ± étroitement arrondi ou obtus, rarement subaigu. Le dessous
du limbe est plus clair; la nervure médiane d’un beau rose ou rouge
carminé, épaisse et vivement teintée dans les feuilles de type juvénile.
Source : MNHN, Paris
322 -
Source : MNHN, Paris
— j23 —
I2-ir> (23) paires de nervures secondaires obliques ascendantes, arquées
en arceaux à 1-3 mm des marges; champs intersecondaires distinctement
et lineinent réticulés.
Inflorescences fortement odorantes, terminales, corymbiformes,
jus(]u’à 5 cm de longueur; pédoncule d’environ 1 cm; axes verts micro-
pubérulents; hractéoles à apex eflilé pubérulent. Pédicelles d’environ
4 mm. (ialice tubuleux subovoïde long de 2 mm, à limbe très court, denté,
à dents peu saillantes, aiguës; le calice est micropubérulent et noircit en
herbier, (lorolle tubuleuse, non glabre, longue d’environ 8 mm, à tube de
4 mm; (4) û lobes linéaires-lancéolés aussi longs (jue le tube, étalés à
l’anthèse, l'ecouvrants vers la gauche à la préfloraison. Anthères 5,
exsertes. subsessiies de la même longueur que les lobes de la corolle,
aiguës, mais subobtuses au sommet, allongées, étroites, oscillantes,
introrses. Disque annulaire blanc-jaunàtre, glabre; ovaire de 2 mm
de diamètre, biloculaire, contenant dans chaque loge (une, deux ou)
trois ovules campylotropes fixés vers le milieu de la cloison; style clavi-
forme, longuement exsert, atteignant une longueur de 1 cm environ,
à deux lobes stigmatiques libres à l’apex de la massue sur 0,u mm.
Fruit globuleux d’environ G mm de diamètre, Kndocarpe détachable
de l’exocarpe. de 4 mm de diamètre, crustacé mince, orné de 10 nervures
méridiennes et contenant une seule graine, par avortement des û autres
ovules. Draine globuleuse de 3,5-4 mm de diamètre, à testa grisâtre
finement réticulé-alvéolc, .\lbumen contourné dissimulant une inva¬
gination i complexe. Fmbryon arqué à cotylédons oblongs,
La floraison sur l’île de la Réunion se situe, d’après Cordkmoy, au
mois de juillet. 8elon ce même auteur, cet arbre fournit un bois de cons¬
truction médiocre sous le nom de <» bois de pintade n. L’écorce est astrin¬
gente. et cette écorce et le bois pulvérisés sont, toujours d’après Dordemov.
réputés comme fébrifuge et surtout usités par les empirique.^ contre la
lièvre typhoïde.
V. LE MATÉRIEL ÉTUDIÉ, DE PARIS ET DE KEW.
Ln dehors des herbiers historiques, il existe une série vraiment
prestigieuse d'échantillons de cette espèce dans l’herbier du Muséum,
dont une grande partie n’était pas identifiée; d’autres étaient rattachés
à Ixora (ou Pavella) borbonica Hort. (ou Cordem.), ou provisoirement
réunis au genre Tarenna. Quelques-uns étaient identifiés, à tort bien
entendu, comme Pavella cinerea A. Rich., espèce malgache d’ailleurs
très différente. Cette série se situe chronologiquement à la suite des
échantillons de Fusée Aublet et de Gommerson cités-ci-dessus (pp. 319-
320). Le seul et unique échantillon de l’herbier de Kew a été ajouté.
a. — Ile de la Réunion ; Du Pelil-Thoaars Louis-.Marie Auberl (1758-1831)
s.n., s.cl.— Bréon, Jean Nicolas (1785-1864), s.n., s.d. — l>ele$$erl, Adolphe (neveu de
Benjamin Delessert), s.n., 1836, Richard, Jean-Michcl-Claudc (dit « Horlulanus », mort
Source : MNHN, Paris
— :^24 —
en 1867) n"’ 3S7, 1337; n" 453, sans date, ■ 1 12 arbre ou grand arbrisseau, sur lu mon¬
tagne Saint-Denis, et autres lieux. Dans la jeunesse, ses feuilles sont grandes et taebo-
tées de blanc (sici) ». — BoMn. Louis Hyacinthe (1802-1852), s.n., 1817, Ravin du
Chaudron, — Potier, s. ;i., 28 sept. 1872, S'aint-Dcnis, Bassin du Diable. — De l'Isle,
ü., n” 265 et 265 bis, juin 1875 St-Henolt. - lialfnur, Dr, I. B., presented oct. 1875
(K !). Voir à propos de cet échantillon les observations notées à propos de ICnteros-
permiim coriaceum p.
6. — Ile Macricb ; Bowin, s. n., oct. 1819, «bois des trois mauielies »; s. n., avril
1851, ■ de la montagne de la rivière noire *.
Les anciennes identilicaUons des échantillons de l*aris. comme I.enrn
(üu Pavella) borbonica ont été elTectuées vers le milieu du xi.\® siècle par
E. Spach, ou vers la lin du même siècle par H. Drakk drl Castillo;
il y a pourtant sur l’échantillon d’.\dülphe Dklessert une in.«cription
anonyme contemporaine de réti([uette orifrinale: « Pavella borbonica ». Il
nous a été malheureusement impossible de préciser l'orijrine de cette
identification qui remonte sans doute à la première moitié du xix® siècle
et serait antérieure à toutes les autres.
dette espèce est ainsi connue depuis plus de deux siècles de l'Ile
Maurice et de l’Ile de la Réunion. Il est remarquable qu’elle ait pu échapper
jusqu’à présent aux investigations des spécialistes, d’autant plus qu’elle
a fait, pendant la deuxième moitié du xix® siècle, une apparition remar¬
quable dans le monde horticole.
VI. LE CAS DE L'ESPÈCE VOISINE : ENTEROSPERMUM CORIACEUM
(Bak.) Bremek.
a) Historique de l’espèce.
En 1837. Wenceslas Bojek pulilia son « HorLus .Maurilianus » (8)
où l’on trouve, malheureusement sans aucune description, deux espèces
indigènes de l’Ile Maurice, du genre Pnve.lla: P. roriacea — Pairie : Ile
Maurice. C.roît dans les grandes forêts sur les montagnes de la .Nouvelle
Découverte. .-Vrbuste. Fl. très rarement au mois de mai. » — »< P. diver-
sifolia — Patrie : Ile Maurice, droit dans les forêts au quartier de Moka,
à drève-dipur, sur les collines et à la montagne de Pieterboth. Arbuste.
Fl. très rarement. » (p. 172).
Selon les précisions données par J. G. Baker sur les échantillons
de Bojer envoyés à Kew (7, p. 9), et d’après les matériaux conservés à
l’herbier de Kew, il semble que l’on ne connaisse que du matériel authen¬
tique de Pavella coriacea Boj., envoyé en 1864/1865 par M. Bouton
du Musée d’Hist. Nat. de l’Ile Maurice à Kew. deiui-ci a servi a Baker
pour la rédaction de ce qu’il publia en 1877 sous le binôme de liulidea
coriacea (l.c., p. 149), en utilisant Pavella coriacea Boj. comme basionyme.
et en reléguant Pavella divereifolia Boj, dans sa synonymie.
L’holotype de liulidea coriacea Bak, à Kew porte une étiquelte avec
l’inscription suivante ; « Pavella borbonica Boj. Croît dans les grandes
forêts de la Nouvelle Découverte au Pouco. Fl. HaremcnL selon Bojer.
Source : MNHN, Paris
— 32r> —
Fl. mai. Mauritius — M. Bouton — Bec'* 18()4. Gû ». Un deuxième
échantillon porte une autre étiquette très mal écrite et presque illisible
(étiquette originale de Bojur?) : « arb. formo.sa — 20 — 30 pedalis...
(illisible).., ». Les deux échantillons proviennent avec certitude de la
même récolte, et le matériel est parfaitement conspécifique.
.-Vvec ce matériel type, un autre échantillon (Bourbon, Dr. I. B.
Bulfour, Presented cot. 187o) est conservé à Kew. Les trois échantillons
ont été annotés par B.\ki;h : les deux premiers, provenant de l’Ile Maurice,
n Webera coriarea, Bak. », ensuite, le mot « Webera » a été l.ifTé et remplacé
par n Ruihiea ».
b) U.NK F.XCHEUSK CONFUSION.
Le troisième échantillon cité ci-dessus, celui de l’Ile de la Héunion.
pr)rlc au.ssi le binôme « Webera roriacea » mais san.s retouche. Ue <lernier
échantillon est caractérisé par des feuilles nettement plus étroites, moins
coriaces, ainsi que des corolles presque glabres à l’extérieur. Il est tout
è fait conspccilique de ce que les horticulteurs avaient déjà appelé à
l’époque « Puretta borbonica » et facile à distinguer du matériel choisi
par Baker comme holotype de son Ruiidea coriacea. De plus, il est très
éviilent qu'il représente la plante que Bojer a voulu distinguer pour
ses feuilles dont la forme de jeunesse est si différente des feuilles des
plantes adultes {» direrxijulia »), et séparer de ce qu’il avait auparavant
nommé Pavella coriacea Bnj. l-’ourtanl, la conspécifité rlu Ruiidea roriacea
Bak. avec ce que Bojer avait clairement considéré comme deux espèces
dilTérentes. n’a jamais été, jusqu’à ce jour, contestée.
La taxonomie du groupe au<iuel cette espèce appartient (et que
Baili-On avait compris dans ce (ju'il avait défini comme J.rora L. em.
Baill.' a pourtant été très étudiée, en 1934. par B. H. B. Bremeka.mp (9)
le dernier monographe rlu genre Pai’etia L. Le matériel ayant servi à
B.xker pour décrire son Ruiidea roriacea a été vu et étudié par Breme-
KAMP, qui l’a transféré, par la suite, dans le genre Enlerosperrnum [K.
coriacetim (Bak.) Bremek.. 1, c. p. 190). L’isora borbonica, mal ou nulle¬
ment représenté dans les herbiers, a été accepté tel quel par Bremekamp
(1. c., p. ]88i ((ui, sans aucun doute, n’avait pas pu voir les organes repro¬
ducteurs de cetle espèce. La conspécificité de ce que Bojer voulait à
l’origine distinguer comme deux espèces dilTérentes, c’est-à-dire de
Parelta coriacea Boj. et de P. divereifolia Boj. n’est pas non plus discutée
dans le travail de Bremekamp, cet auteur n’ayant pas pris position à
l’égard de ces n nomina nuda »; de plus, il n’y a aucun matériel dans
les herbiers, en dehors de celui qui a servi à Baker pour la descriplion
de son Ruiidea roriacea. portant le premier des deux binômes. La réx'ision
de Brf.mekamp n’apporle donc, en dehors de la précision de la position
taxonomique de Ruiidea roriare-a Bak., rien de neuf au sujet de la Rubiacée
dont la forme de jeunesse est si remarquablement caractérisée par ses
Source : MNHN, Paris
— 32G —
feuilles marbrées. Kt pourtant, elle est si proche de cet Eiilerospermum
coriaceum (Bak.) Bremek.. qu’elle a été confondue, jusqu’à ce jour, avec
celle espèce.
c) Notes morphoi-ogiques et distribution.
L’espèce Enlerospermum coriaceum (Baker) Brernek., selon les spé¬
cimens d’herbier et les indications de la littérature n’est donc connue
([ue de l’Ile Maurice; elle ditïère par ses feuilles régulièrement elliptiques
et nettement plus larges (rapport largeur ; longueur = ± 1/2; chez
E. borboniciim = 1 /4-1 /3) et plus coriaces, dont les formes de jeunesse
ne montrent vraisemblablement rien de particulier, des corolles finement
pubescenfes à l’extérieur, avec des lobes de 2,5 mm de large (1,4 mm
de largeur chez E. borbonicum), tube de la corolle pubescent A l’intérieur
seulement avec quelques poils chez E. borbonicum) et anthères basifixcs
de 2,(5 mm de longueur avec un filet pubescent-hérissé de ± (1,5 mm
de longueur (anthères de E. borbonicum de 3 mm, dorsifixes. à filet abso¬
lument glabre de O.I mm).
Enterospermiim coriaceum (Bak.) Bremek. est représenté, dans
l’herbier du Muséum, par deux échantillons : Commerson (sans localité
et date, annoté par K. Spach : « C.ommerson, Ile de France ou Bour¬
bon » : cf. le spécimen cité sous E. borbonicum à la p. 320); Boulon 1830
« hab in Ins Maur. ». Ce dernier échantillon provient fort probablement
de la même récolte que l’échantillon type de Hulidea coriacea Bak.,
conservé à l’herbier de Kew; ce serait donc un isotype de cette espèce
(en ce qui concerne les activités de L. Bouton et ses rapports avec Kew,
cf. Baker, p. 10). Bouton était également l’expéditeur de l’échantillon
type de Rulidea coriacea à Kew, provenant de i’Ile Maurice.
1. Adanson, Michel. — Familles des Plantes, 2. Paris (1763).
2. Anonymus. — Paveiia borbonica. Gardeners Chronicle, ser. nov., 10 ; 535 (July
to December 1878).
3. AuBLET, Jean Baptiste Christophe Fusée. — Indication des plantes <|ui se trouvent
à l'I.sle de France, tant indigènes ou naturelles à cette Isle, que naturalisées
ou apportées de diverses régions, pp. 139-160 de !'« Histoire des l’iantes
de la Guiane Françoise », 2. London et Paris (177.5). ♦ Kem-Schetli • p. 155.
4. Bâillon, H. — Sur les limites du genre Ixora. Adansonia 12 : 213-219.
5. Bâillon, H. — Genre Ixora. Histoire des Plantes? ; 406, 407 (1878).
6. Bâillon, H, — Genre Ixora. Dictionnaire de Botanique 3 : 144 (1891).
7. Baker, J. G. — Flora o( Mauritius and the Seychelles. London, liulidea coriacea:
149-1.50 (1877).
8. Bo.ier, W. — Hortus Mauritianus ou énumération des plantes exotiques et indi¬
gènes qui croissent à l’Ile Maurice. Maurice. Pauelta coriacea et P. iliversi-
folia: 172 (18.37).
9. Bre.mekamp, C. F„ b. — A Monograph of the Genus Paoella T.. Bepertorhim
spccieriim novaruni (ed. Fr. Fedde) 37 ; 1-200 (1934). — Discussion
de la taxinomie des genres Enlerospermum, Ixora, Webera, et Chomelia,
pp. 13-18; • Pavella borbonica hort. ex Henderson » et Ixora borbonica, p. 188;
Enlerospermum coriaceum (Bak.) Bremek. comb. nov. p. 190.
10. Bubmann, .loliannes. -- Thésaurus zeyianicus... etc. Amsterdam (1737).
Source : MNHN, Paris
— 327 —
11. Burmann, Johannes. — Rariorum africanonim plantarum... decas I-X. Ams¬
terdam (1738-1739).
12. ConDEMOY, E. .Jacob de. — h'iore de l’ile de la Réunion. Paris, liora borbonica
Cordem. : 507 (1895).
13. IIaulé, N. — L’herbier Adaxson au Muséum de Paris et ritinérairc d’un grand
voyage botanique en 1779. Adansonia, scr. 2, 9 ; 465-487 (1970, « 1969 •).
14. HF.NDEnsoN, E. G. et A. — Illustratecl Bouquet. Pavella borbonica, 1 (part IV).
t. 16, flg. 5. London (1858). Texte sur une page non numérotée, accompa¬
gnant la planche.
15. LiiAXDRi. J. -- L’n pharmacien provençal découvre une partie de la flore du
Nouveau Monde : .1. B. G. Fusée Aublet et !’• Histoire des Plantes de la
Guyane française •. Adansonia, ser. 2, 8 ; 137-146 (1968).
16. I.ECOUKLE, Marcel. — Ixora fcoréonfea. Journal o( the Royal Horticultural Society
90 : 481-482 (1965). Avec une figure en couleurs (Fig. 232).
17. Lowe, e. J. et W. Howard. —Beautiful I.cavcd Plants. London (1861); cd. 2,
London (1864); cd. 3, London (1868). Paoetla borbonica : 9-10, flg. p. 9, t. V.
18. l.owB, E. J. et \V. Howard. — Les plantes à feuillage coloré. Traduction fran¬
çaise de l’ouvrage précédent, par J. Rothschild. Avec une introduction
(2 pp. non contées) de Gh. Naudin. Paris, 1865.
19. Reoel, Edouard. — ixora alba L. Gartenflora 30 : .36, t. 1037 (1881).
20. Rheede tôt Draakensteis, H. A. van. — Hortus indiens malabaricus 2, Ams¬
terdam (1679). — Schetti.p. 17, t. 12 (citée dans le texte comme t. 13);
liem-Schelli, p. 19, t. 13 (citée dans le texte comme t. 14); S'ediim-Schelli,
p. 21, t. 14 (citée dans le texte comme t. 15).
21. Ri’MpHius, G. E. — Herbarium amboinense,... etc. Amsterdam /Dcn Haag (Utrecbt
(1741-1755).
22. Vax Houtte, Louis. — Établissement Louis Van Hontte... à Gand. Prix courant
N® 16, été et automne 1844. Paoetta borbonica, p. 3.
Laboratoire de Pbanérogamie,
Muséum - Paris.
Source ; MNHN, Por(s
Source : MNHN, Paris
Adassosia, ser. 2, 10 (3) 1970.
UN NOUVEAU
RHAMPmCARPA (SCROPflULARlACEAE)
D’AFRIQUE CENTRALE
par A- R-aynal
Kksi'mé : Description d'une nouveilc espèce de Rhamphicarpa, Rh. capillacea
A. Haynai; annuelle des marais tesnporaires sur latérite, elle semble endémique des
plateaux d'Afrique centrale.
SuMMAHY : Rhamphicarpa capillacea A- Haynai, n. sp., is described; annual
growing in scasonal bogs, the plant seems to be endemic to Central African plateaus.
Certains échantillons centre-africains de Rhamphicarpa, montrant
des capsuler isodiamétriques non obliques et des feuilles capillaires simples,
avaient attiré notre attention; après étude, nous considérons qu’ils appar¬
tiennent à une espèce encore inconnue, du groupe des Rhamphicarpa
annuels à feuilles filiformes et proches de Rh. fisltdosa (Hochst.) Benth.
Il faut cependant noter que les représentants de ce groupe ont tous des
feuilles pinnatifides (parfois bipinnatifides), tandis que notre nouvelle
espèce possède des feuilles capillaires, certes, mais entières : c’est donc
un taxon bien individualisé que nous décrivons ici.
Rhamphicarpa capillacea Raynal, sp. nov.
A Rh. Jistulosa (Hoclist.) Benth. foliis filiformibus semper integris,
pcdiccllis maxime 5 mm longis, capsulis symmetricis globulosis in rostrum
complaaatum abrupte angustatis, praecipue differt.
Herba annua 20-40 cm alla, ramosa; glabra, siccitate nigrescens.
Folia filiformia integra, usque ad 60 X 0,5 mm, basin versus opposita,
sursum sparsa, viridia sed siccitate nigrescentia; lamina subtus convexa,
supra leviter canaliculata.
Flores parum supra axillas foliorum singularitcr insertae, pedicello
3-5 mm longo; bracteolae 2 subulatae 1-2 mm longae, ad basin pediccUi
insertae. Calyx basi infundibuHformis, 7 mm longus, lobis 5 longe attenuatis
5-5,5 mm longis. Corolla alba, in siccitate atroardesiaca, tubo 28-40 mm
longo saepe parum arcuato, sursum dilatato; laminac lobi 5 subaequales
5 mm longi, rotiindati, fragiles, venati, plus minusve undulati, rotacei.
-Androecium in tubo corollae inclusum, parce didynamum, filamentis
adaxialibus 0,5 mm longis, abaxialibus 0,9 mm longis; filamenta omnia
pilis paucis acicularibus retrorsis basi munita, Antherac aequales, unilo-
culares, dorsifixae, 2 mm longae, lineares, ambabus extremitatibus obtusac,
longitudine déhiscentes; locula cristas 2 longitudinales hyalinas, irregu-
larcs. continens.
Source ; MNHN, Paris
— 330 —
Source : MNHN, Paris
— 331
Ovarium parvum, in stylum longe filiformem desinens. Stigma lingu-
lato-compressum, altitudinem filamentorum insertionis attingens.
Capsula 5-6 mm alta et lata, bilocularis, parum transverse compressa;
alae dorsales carpidiorum supra in styli basin rostratam complanatam
dilatatae. Semen anguste lineare, 1 mm longnm, utrinque truncatae, testa
rcticulo valde expresso cellulis magnis ornata.
Typk : Tiftfternni 2678, Yanguya, République Centrafricaine, 21-9-
1928, P!
Répartition' oÉooBAPHiQrE : Rép, Centrafr. ; Tisseranl 1312, près Riv.
Deyase, 35 km N de Bambari; aflleurcments latéiitiques plus ou moins humides;
fleurs verdâtres; 14.11.1923, PI; 2678, Yanguya, 50 km SK de Bambari, latérite humide;
fleurs blanches; noircit au séchage; 21-9-1928, type P!; Lé Testa 3982, champs de
latérite entre le Zaco et le Mbari, 50 km S de Ÿalinga, route de Bangassou; fleurs
blanches; 2-7-1922, PI
Congo-Kinshasa : (ifrard 88, Tukpwo, mare du grand pengbélé; petite plante,
cdlé est de la mare, rare; 10-10-1951, BR!; 992, Tukpwo, pengbélé. 1-8-1953, BRI;
2027*, Tukpwo, savane. 20-8-1955, BRI; 3412, Tukpwo, mare du grand pengbélé.
20-9-1957, BRI: 4082, Tukpwo, savane, 26-8-1959, BR!; OUbert 431, Tukpwo. assez
rare, prélevé sur pengbélé; tube (de la corolle) long de 30-40 mm; 21-8-1937, BR!
Les Hhnmphicarpa capillacen et fislulosa se présentent sous des aspects
très comparables; tous deux ont un port buissonnant où feuilles et jeunes
tiges se confondent; leurs longues lleurs blanches, devenant violet-
noirâtre à la dessiccation, accentuent la ressemblance; tous deux enfin
habitent des milieux semblables, temporairement mouillés.
L'inllorescence est une grappe qui occupe une grande partie de la
plante; bractées et feuilles sont semblables. Les deux lleurs d’une paire
de feuilles (presque toujours reconnaissables, même si les paires se disso¬
cient vers le sommet des rameaux) se développent souvent, mais l'une
des deux apparaît avec un retard très net : des deux hélices fr>liaire.=',
l’une, favorisée, donne naissance à des fleurs plus jirécoces; la série de
bourgeons défavorisés avorte parfois à des stades plus ou moins avancés
(cf. 1*1- I, fig. 5 : l’aisselle favorisée a produit une Heur — puis un fruit —
tandis que l’autre n’a produit qu’un bouton avorté).
Le bec du fruit, contrairement à ce qu’on observe chez lili. liMiilosri,
n’est pas déjeté d’un côté. La cloison, très mince, porte à sa partie infé¬
rieure deux masses placentaires (une par loge) à peu près hémisphériques,
larges de 1,5 mm; les gr.-ïines, très nombreuses, sont disposées de façon
rayonnante autour de ces masses placentaires. La déhiscence, lociilicide,
se fait par fission longitudinale de l'aile dorsale des carpelles, fission
qui se prolonge dans le bec stylaire aplati; l’écartement des deux valves
du fruit s’accompagne d’une arcure des ailes et du bec, et d’une déchirure
de la cloison transversale.
Le lihamphicarpu capillacea habite des marais temporaires sur
latérite : le sol, pauvre, y est souvent réduit à des gravillons où l’eau des
pluies, très pure, se collecte ou suinte. Pendant la saison sèche, les gra¬
villons nus et calcinés des « bowé n (ou r pengbélé x selon les régions) ne
laissent guère supposer la végétation hygrophilc qui s’installe â la faveur
de la brève saison des pluies.
Certaines espèces, toujours liées aux marécages sur latérite, semblent
Source : MNHN, Paris
— 332 —
à la fois leur être adaptées et ne pouvoir tolérer la concurrence (jui s’exerce
dans les autres types de marécages; en l’état actuel de nos connaissances,
la biologie du Hh. capillacea laisse supposer qu’il appartient à cette caté¬
gorie écologique de plantes,
Tous les échantillons connus de Rh. capillacea proviennent d’une région
assez restreinte, allant de la Rép. Centrafricaine au nord du (^ongo-Kins-
hasa; au moins à titre provisoire, et en attendant que dos matériaux com¬
plémentaires viennent préciser son aire, nous pensons pouvoir supposer que
cette espèce est endémique des plateaux latéritiques d’Afrique centrale.
On sait combien est souvent large la répartition des espèces her¬
bacées des savanes africaines : la plupart des » endémiques » se révèlent
peu à peu être des plantes à la répartition longtemps mal connue. Cepen¬
dant. ({uelques petites espèces herbacées {Rolala Oerardii R. Routique.
Slrifia chrtjsanlha A. Haynal...) semblent tien limitées aux savanes,
généralement latéritiques. d’Atiique centrale. Si ces plantes ont réellement
l'aire restreinte que nous leur supposons, il ne semble pas que cet endé¬
misme puisse être attribué à l’absence de conditions écologiques favo¬
rables dans les régions voisines; il serait intéressant de rechercher son
origine dans l’histoire phytogéographique africaine.
On peut en elTet supposer que les plateaux d’.Vfrique centrale aient
pu être, un temps, i.solés des vastes savanes africaines; dans le cas des
Rlinmphirarpa. on peut alors concevoir une différenciation locale du
Rh. capillacea. à la faveur de cette ségrégation; bien individualisé, il
demeure cependant voisin du Rh. fislulosa largement dispersé. Selon cette
hypothèse, l’Afrique centrale recèlerait quelques taxons issus, grâce à
un isolement temporaire favorisant une spéciation de type insulaire,
d’espèces communes des savanes africaines. Souvent juxtaposées à l’espèce
banale, ils ont alors pu se mainl.enir sur place, malgré le rétablissement
de la continuité des savanes.
I.aboraLoire de PhanéTogainie
-Muséum • Paris,
Source : MNHN, Paris
«T. 2, 10 (3) 1070.
LEROVIA, NOUVEAU GENRE DE RUBlACEAE
par A. (^AVACO
RfisuMiS : Description d’un genre nouveau de fiuiiaceae de Madagascar (position
systématique, phylogénie, trichome).
ScM.siARY : I estabiish a new genus ot Rubiaceae from Madagascar. In this
paper I sludy the position ot the genus. It has been inciuded in Iribe Vanguerieae.
The new taxon is aîlied to the Canlhium and Pyroslria. The phylogeiietic relations of
tliese généra liave been mentioned. The exlernal indunicntuni and t!ie stomate liave
been examined.
En révisant les Rubiacées de Madagascar, conservées dans l’herbier
du Muséum de Paris, nous avons trouvé certains échantillons d’une
plante ejui présente un ensemble de caractères que l’on ne retrouve
que dans les Vanguériées (sous-famille Cinchonoideæ, sensu Vkrdcourt) :
corolle à prélloraison valvaire, étamines attachées à la gorge, ovaire à
ovules solitaires dans chaque loge, pendants, à micropyle supère. fruit
drupacé, charnu, à plusieurs noyaux monospersmes, graines pendantes,
albuminées, à radicule supère. Nous estimons donc c(u’elle doit avoir
sa place dans la tribu meni tonnée ci-dessus, (’.elle-ci est bien repré.sentée
dans la (Irande-Ile par 5 genres dont le Ptiro^lria. C’est au voisinage
de celui-ci que doit se situer ce végétal, en rai.son des caractères suivants :
(leurs unisexuées, les ^ à calice petit, subcupuliforme; les $ solitaires,
à ovaire d-G-loculaire et fruit drupacé à 4-Ci noyaux monosperiiies, Par
ailleurs, les fleurs sont involucrées comme dans l^s Pjroslria. Ce caractère
se retrouve, quoique rarement, dans le genre voi.siii Ctmlhiiim. Les fleurs s
sont 5-mères, les ç sont 6-mères, Ce dimorphisme se manifeste aussi dans
certains Puroslria. Ce qui caractérise bien notre plante et la distingue
du genre Ptirosiria c’est la morphologie de son fruit et de son calice.
Celui-ci varie de forme dans les fleurs des deux sexes. Dans les J il a la
forme d’une petite soucoupe à bord entier, glabre; ses dimensions sont
fort réduites. Par contre, il est très développé dans le.s fleurs s où sa forme
est celle d’un cône renversé, velu, surmonté d’un goulot à bord entier
sur lequel s’insère la corolle. La partie obeonique est côtelée et elle loge
l’ovaire; le goulot entoure le disque charnu. Le fruit a une forme singu¬
lière que l’on ne retrouve nulle part chez les représentants des Vangué-
riées. Il est Icsangiforme et rappelle le fruit des Oxijgonuin (Polygona-
cées), 4-gone, à mésocarpe cliarnu renfermant 4-6 pyrènes.
Avec ces données nous estimons devoir créer un genre monotype
Source : MNHN, Paris
334 —
nouveau : Leroyia (;avaco. Il nous fut agréable de constater que nos
collègues E. Petit (de Bruxelles) et B, VEnncouRT (de Kew), spécialistes
éminents des Rubiacées, sont arrivés à la même conclusion en examinant
cette plante. Nous leur exprimons nos sincères remerciements.
Ce genre comprend des arbustes dioïques à feuilles opposées, briève¬
ment pétiolées, à stipules interpétioiaires, connées à la base, à fleurs
unisexuées, involucrées, pédicellées, dimorphes ; les <J, ù-mères, groupées
par 2, à calice disciforine, entier, corolle campanulée à gorge densément
\ elue où s’insèrent les étamines, celles-ci sont sessiles à anthères oblongues,
tronquées aux deux extrémités, ovaire stérile surmonté d’un style à stig¬
mate capité, disque nul; les 9, G-mères, solitaires, à calice obconique et
côtelé sur les 2/3 inférieurs, lobulé sur la partie élargie, puis brusquement
contracté en goulot entier sur lequel s’insère la corolle, celle-ci à lobes
de largeur inégale sans régularité, à gorge peu velue sur laquelle s’attachent
les étamines stériles, ovaire 4-6-locuiaire surmonté d’un disque épais,
charnu, ovules solitaires, pendants, style dilaté supérieurement en stig¬
mate coroniforme 2(-4)-lobulé; les fruits sont des drupes losangiformes,
4-gones. d’environ 3 cm X 2,.ô cm, à mésocarpe charnu renfermant
4-6 pyrènes à graines solitaires, trigones, à embryon cylindrique, à radi¬
cule dressée et cotylédons foliacés, égaux, appliqués l’un contre l’autre,
accombants.
Nous sommes heureux de dédier ce nouveau taxon au spécialiste
du genre Cojfea, le l’rofesseur ,1. F. Lehoy, Directeur du Laboratoire
de Phanérogamie du Muséum National d’ilistoire Naturelle.
Phylogénie. — Si l'on admet que les plantes à Heurs hermaphro¬
dites sont les plus primitives, parmi les Angiospermes, comme le pense
Ih'TCHiNSON (1) on peut considérer les genres Leroyia et Pyroelria comme
des genres dérivés de (Janihium par suite de l'avortement des loges et
ovules (fleurs é) et de la stérilité des anthères (fleurs .). La présence
d’organes non fonctionnels dans les deux genres dioïques cités ci-dessus
confirmerait les idées de certains systématiciens notamment de Wett-
STEiN (4) suivant le.squelles il s’agit d’une étape de l’évolufion vraisem¬
blablement d’un stade plus évolue.
Trichome. — (loinnie complément à l’étude morphologique de
cette plante nous avons pensé qu’il ne serait pas inutile d’examiner les
épidermes (en planj au microscope. Nous avons ainsi constaté que les
stomates, du type riibiacé (Vesque, 1889) ou paracyliqut. (terminologie
de Metc.^lfe et Chalk, 19ü0), sont abondants et localisés à la face
inférieure. Les cellules épidermiques sont polygonales. Nous n’avons pas
observé de raphides ce qui conlirme le bien fondé de la classification des
Rubiacées proposée par Verocourt (3). Quant aux poils. Metcalvk
et f'.HALK (2) signaient des poils unicellulaires, unisériés, en touffes et
exceptionnellement peltés. Nous avons trouvé des poils simples, pluri¬
cellulaires, unisériés. à la base de la feuille, le seul endroit où cet organe
porte des poils. Ils sont cloisonnés, presque toujours G-celluluires.Vr.Ri>-
Source : MNHN, Paris
— 335 —
COURT (3) n’a trouvé dans cette sous-famille {Cinrlwiioideæ) que des poils
non cloisonnés ou incomplètement cloisonnés. Les poils du calice sont égale¬
ment cloisonnés, 2-cellulaires et contiennent des inclusions colorées. Celles-ci
se retrouvent d’ailleurs dans les poils de la base des feuilles. Hn ce qui
concerne les poils de la gorge de la corolle ils sont presque identiques
à ceux que Verdcüurt [op. cii., pl. IX, K) a signalés chez Lasianlkus
kilimandscharicux K. Schum.. c’est-à-dire qu’ils ne sont pas cloisonnés
et que leurs parois sont ondulées. Toutefois les poils de notre genre nou¬
veau sont pointus au sommet ce qui ne s’observe pas dans l’espèce men¬
tionnée ci-dessus.
LEROYIA üavaco, gen. nov.
Frutices. Folia opposita; stipulae interpetiolares. Flores abortu
unisexuales. Flores 3 in cymis 2-floris involucratis; involucrum bracteis
2 infra medium connatis compositum. Calyx disciformis vel subcupuli-
formis. Corolla campanulata, lobis S-valvatis, fauce intus dense villosa.
Stamina 5 in fauce inserta. Discus nullus. Ovarium stérile, ovuHs nuUis;
stigma capitatum.
Flores $ solitarii, involucrati; involucrum ut ante dictum est (fl. ^).
Source : MNHN, Paris
— 336
Source : MNHN, Paris
— 337 —
Calyx obconirus subito superne ia collum contractus. Corolla campanulata,
lobis 6 valvatis, faucc intus paiilo pilosa. Stamina 6; antiierac stériles.
Discus integer, carnosus. Ovarium 4-6-loculare, loculis 1-ovulatis, ovulis
pendulis; Stylus in stigma roroniforme 2-4-lobatum superne dilatatus.
Fructus : drupa carnosa rhomboidalis, 4-costata, 4>6>pyrena, pyrenis mono-
spermis. Semina pendula; albumine ropioso haud ruminato, embrvone
recto, cotyledonibus foliaceis, radicula erecta.
Specics unica : Leroyia madagascariensis.
Leroyia madag'ascariensis C.avaco, xp. noi\ adhuc unica.
Arbuscula; rainuli glabri; cortice griseo, lenticcllis satis distinctis;
ramuli juniores villosi, angiilati. Folia integra, subsessilia, persistentia,
parva, papvracea, discolore, subtus paliidiore, basi tantum pilosa, subtus
domatiis axillaribus villosis instructa; stipulae parvae, ovatae, acumi-
natae, 1-2 mm longae, basi breviter connatae; limbus ovatus vel obovatus,
8-20 mm longus, 3-13 mm latus, apice subrotundatus vel emarginatus,
basi attenuatus, marginibus tenuiter ondulatis; Costa subtus sola promi-
nula, utroquc laterc nervis secundariis 4, arcuatis, ascendentibus tantum
subtus valdc distinctis instructa, alii nervi inconspicui; petiolus vix dis-
linctus. Flores (J valde pedicellati; involucrum inlus villosum, bracteis
parvis (2 mm longis) in 1 /3 inferiore connatis; pedicelli plus miniisve 5 mm
longi, glabri. Calyx disciformis vel subcupuliformis, integer, 1,5 mm latus.
Corolla campanulata, lobis ovatis 2 mm longis latisque subrcfractis apice
mucronatis, tubo 3-4 mm alto intus parce piloso. Stamina petalorum
numcrum (5) aequalia et iisdem opposita, filamentis nullis, antheris oblongis,
1,2 mm longis. Ovarium gencris typicum, obconicum, 1 mm altum; Sty¬
lus tubi apicem attingens, e basi ad apicem atieniiatus, 3 mm longus;
stigma parvum obscure 2-lobatum. Flores Ç longe pedicellati; pcdiccllis
1-1,5 cm longis, in apice pilosis. Calyx costatus, 3*4 mm altus, extra villosus,
collum 1 mm altum. Corolla extra glabra, tubo 3 mm alto, lobis subæqualis,
ovatis, 1-1,5 mm longis, apice mucronatis. Stamina glabra, sessilia; anthcræ
parvte, oblongæ. Discus annularis. Ovarium generis typicum, 3 mm altum;
Stylus tubi apicem attingens; stigma subexsertum. Drupa 4-costata, pilosa
vel glabra, 3-4 cm X 2,5-3,5 cm, longe pedunculata, pyrenis plus minusve
13 mm longis; embryone 1 cm longo, accombento; testa papyracca.
lioi.OTYPE : Capiiron 22940-SF (P).
Madaoascah. Ovkst (Secteur Nord) : Végétation forestière très dégradée au
P. K. 10 de la route Diégo Suarez-Orangea, Caparon 22946-SF (Holotypvs, P) PI.,
déc.; forêt d’Orangea (à l'E. de Diégo-Suarez) Capuron 22982-SI' Fl. déc.. 244.10-.'iF
Fr., déc.; forêt très dégradée, près d’Antsoha (piste d’Androflabc à la baie de Bignv,
Diégo-Suarez), Capuron 23Ô$7-SF (Paratypus, P) Fr., déc., 23046:SF Fr., déc.
Birliograpiiik
1. UCTCHISSON, J. — Fam. Flow. PI., ed. 2; 1 : 21 (1959).
2. Metcalfe et CiiALK. — Analom. Dicotyl., 2 ; 760-761 (1950).
3. Vebdcourt, b. — Remarks classif. Rubiaceae in Bull. Jard. Bot., Bruxelles 28 :
209-281 (1958), Thèse.
4. Wettstein, R. — Handb. System. Bot., trad. espagn. : 570 (1944).
Laboratoire de Phanérogamic
Muséum-PARis.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DU GENRE TISONIA Baill.
(FLACOURTIACÉES)
par M. Sleumf.r
SuMMARY : The author has rcviscd Tisonia Baill. on the base of the materials
lüund in the herbaria niost important for the genus. Three species and one variety
are described as new; a key to ail species is added.
Les collections de Tisonia se sont multipliées considérablement depuis
le dernier traitement du genre par Pebrier de la Bathie en 1946. Une
révision donnant une clé des especes sur la base des caractères qui
paraissent être constants et une énumération des matériaux maintenant
connus dans les herbiers de Londres (BM), Kew (K) et Paris (P), où se
trouvent les collections malgaches les plus importantes, paraît de ce fait
justifiée. J’exprime mes sincères remerciements à M. R. C.apuron, Chef
de la Division de Botanique Forestière à Tananarive, qui m’a donné
les plus valables renseignements pour ce travail,
TISONIA Bâillon
Baill., Bull. Soc. I-inn. Paris 1 : 568 (1886); Waii». in H.-P., Xat. Plltam. ed. 1.
III, fia ; 42 (1893): Gilg, ditto cd. 2. 21 : 437 (1925); Pkhuikh, Mém. Mus. Nat. d’Hist.
Nat. Paris, n. s. 13, 3 : 273 (1940); in Fl. Madag., Fam. 140 ; 33 (1946); Bkthoré,
Adansonia. scr. 2, 3, 2 : 236, pl. 1-6 (Pollen) (1963).
Kspèce-Type : T. ficiilnea Baill.
Cl-É DES ESPECES
1. Pétales présents.
2, Inflorescence pédonculée en grappe.s allongées. Est.
. 15. T. coriacea var. Louve.lii
2'. Inflorescence en cymes ou fascicules, sessUes ou brièvement
pédonculées.
.3. Sépales blancs. Stipules très caduques, 1-2 mm long.
Espèces très voisines et peut-être conspécifiques.
4. Feuilles ± coriaces, dépassant en général 3 cm de lar¬
geur. (Sépales cachant les étamines.) Ouest (Nord),
Nord. 1. T. Keraudrenae
1. Ce travail a été exécuté avec une .subvention du Centre National de la
Hcchcrche .Scientifique (C.N.R.S.) et l’Organisation Néerlandaise pour le Développe¬
ment de la Recherche Scientifique (Z.W.O.).
Source : MNHN, Paris
— 340 —
4'. Feuilles ± membraneuses, ne dépassant en général
3 cm de largeur.
5. Ovaire éparsement velu, surtout aux angles. Sépales
cachant les étamines plus courtes qu’eux. Ouest . .
. 2. T. Danguyana
5'. Ovaire glabre. Sépales plus courts que les étamines
exsertes. Ouest. 3. T. Leandriana
3' Sépales roses. Stipules lanceolées-linéaires, 6 mm long ou
plus, ± persistantes.
6. Feuilles complètement développées (ainsi que les parties
jeunes des rameaux) tout à fait glabres. Sambirano,
Centre (Nord). 4. T, rubesrens
6'. Feuilles complètement développées (ainsi que les parties
jeunes des rameaux) pubescentes (au moins des poils
rares persistants sur les nervures en-dessous).
7. Feuilles et rameaux pubescents, à poils assez courts
et apprimés. Nord, Ouest, Sambirano. ..... 5. T. crenata
T, Feuilles et rameaux densément hirsute-tomenteux
à poils allongés et étalés. Nord, Sambirano. . 6. T. Baronii
1'. Pétales nuis.
8. Style brièvement 3-4-fide au sommet.
9. Feuilles adultes ± minces. Sépales encore pubescents sous
le fruit. Ovaire pubescent. Ouest (Nord).
. i.T. Humberlii vat. Ilumbertii
9'. Feuilles adultes plus coriaces. Filaments glabres.Ovaire
glabre. Nord (Est), Ouest. 7. T. lliimberlii var. nuda
8'. Styles libres jusqu’à la base.
10. Feuilles petites (l,5-2,5-3,2 cm de longueur, 0,8-1,6 (-2,5)
cm de largeur), minces, grossièrement serrées-crénulées.
Ovaire pubescent. Nord (Est). 8. T. Cnpiironii
10 . Feuilles beaucoup plus grandes, entières, crénelées, ou
à dents obsolètes.
11. Inflorescence (sub)sessile à fleurs solitaires, fasciculées,
ou en cymes fasciculiformes brièvement pédonculécs.
12. Feuilles minces, à peu près palmatinervcs, molle¬
ment pubescentes. Nord. 9. T. palmalinervis
12'. Feuilles ± coriaces, penninerves.
13. Feuilles développées mollement tomenteuses en
dessous. Est (Sud). 10. T. Cloiselii
13’. Feuilles développées entièrement glabres.
14. Ovaire brièvement hirsute. Est, Est (Nord) 11. T. Coursii
14'. Ovaire glabre. Est (Sud). 12. T. Baillonii
11’. Inflorescence pédonculée en grappe allongée de cymes
distantes entr’elies.
Source : MNHN, Paris
— 341
15. Rameaux, feuilles et inflorescences entièrement
glabres. Ovaire glabre. Est, Est (Nord).... 13. T. glabrata
15'- Rameaux, feuilles et inflorescences plus ou moins
velues ou pubescentes, au moins sur les parties
jeunes. Ovaire velu.
16. Pilosité constituée de poils longs sur les deux faces
des feuilles adultes, nervures 5-9 paires. Nord
(Est). 14. T. Jiculnea
16'. Pilosité constituée de poüs courts, peu persistants,
nervures 7-11 paires. Est .. . 15. T. coriacea var. coriacea
1. Tisonia Keraudrenae Leandri
Adansonia. n. s.. 3, 2 : 231, pl. 1 (1963); RnTiionÉ, ditto ; 236. pl. 1. 5-6 (Pollen)
(1963).
Nohi> : Forêt de Sahafary, entre Diégo et Anivoraiio, Keraudren 16S0 (P, type),
J6S1 (P, torma), SF e0973.
OvF.sT (Nord) : l.apiaz dans les calcaires du .Mur de l’AnUarana, SF 2S7J9.
2. Tisonia Danguyana l’errier
.Méin. Mus. Nat. d'Hist. Nat. Paris, n. s., 13, 3 ; 271 (1940); in Kl. Madag., Fam.
MO : 38, ng. VI, .1 (1946).
OriiST : Knv. de Mujunga, Ferrier 13006 (P, syntype), l-fOSi (P, Icctotype);
env. de ’l’siandro, 500-600 ni, /.eaiulri 19S2; Ibid., plateau du Bemaralia. SF 6766;
Antsalova, R.V 458.3.
3. Tisonia Leandriana Perrier
.Mém. Mus. Nat. d’Hist. Nat. Paris, n. s., 13, 3 ; 274 (1940); in Fl. Madag., Fam.
110 ; 39, lig. VI, 5 (1946); Rethoriv, Adansonia, n. s., 3, 2 ; 236, pl. 1, 3-4 (Pollen)
(1963).
OcKST : Secteur du Meiiabc, Tsingy du Bemaralia, lisières N, à Ouest d’.^ndra-
nuboka, l.eaiidri 569 (K; P, type).
Notm : Mspèce très voisine à la T. Dangut/ana. et poul-ôtre pas
vraiment dilTérenl ni d’elle ni du T. Kernndrmæ.
• 1. Tisonia rubescens Danguy
Nol. Svst. 3 : 106 (1915); Pkkkibk, Mém. Mus. Nat. d’Hist. Nat. l'aris, n. s., 13,
3 : 271 (1910); in Kl. .Madag., Kam. 140 : 36, fig. VI, 3 (1946).
Sambirano ; probablement de la presqu’île d’Ampasimena, Baron 6244 (K; P,
tvpe, cit. • 621 •); basse vallée du Sambirano, Perrier 25467; presqu’île d’Ambato,
Perrier 2366 (P, cit. « 2305 «); Nossibé, forêt du Lokobé, SF 22410, RS 11643; env.
d’Ambanja, SF 37S9, 7963.
Cbntuk (Nord) ; Plateau de Marofumano, massif à l'Ëst de Mangindrano (Bcala-
nana), 1650 m. SF 985.
ô. Tisonia crenata Sleumer, sp. non.
Arbor parva. Ramuli in partibus Juvenilibus breviter subappresse
flavo-pilosi, dense lenticellis pallidis anguste oblongis obsiti, in partibus
Source : MNHN, Paris
— 342 —
vetustioribus glabrati et cinereo-corticati. Folia oblonga vel subobovato-
oblonga, apice per 5-10 mm sat abrupte subacuminata, basi late iu petiolum
cuneata, firme chartacea vel subcoriacea, supra initio Costa nervisque
pilosis exceptis, denique omnino glabra, subtus ad costam et nervos laté¬
rales dense vel laxius, ad venas laxe vel laxissime subappresse brevipilosa,
in vera facie glabra, ætate ± complété glabrata, regulariter glanduloso-
crenata (crenaturis obtusis 1-1,5 mm altis), (8-) 10-15 cm longa, 3,5-6 cm
lata, nervis lateralibus 7-9-paribus curvatis vel strictius ascendentibus sub¬
tus tantum prominentibus, reticulo venarum et venularum sat laxo supra
vix, subtus bene prominulo; petioli pubescentes, cito rugoso-corticali,
1-1,3 cm longi, 1,5-2 mm crassi; stipulæ subpersistentes anguste lanceola-
tæ, C.6 mm long». Flores ad cymas axillarcs 3-5 {•7)-floras et 3(-5) mm
longe pedunculatas digesti; pedicelli graciles, dense cinereo-pilosi, in tertio
inferiore articulât!, sub anthesi c. 1, sub fructu usque ad 1,5 cm longi.
Sepala submatura ovato-rotundata, basi leviter cordata, rubescentia,
utrinque pubescentia, venosa, usque ad 2 cm diam. visa. Petala 3, oblan-
ceolato-linearia, acuminata, albo-tomentella, c. 1 cm longa. Filamenta
glabra. Discus nullus. Ovarium albo-hirsutum; styli clongati liberi.
NoBD ; Forêt d’Ambrc, 1 000 m, Humbert 32II3, 32114; entre .\ndrariabe et
Antanambao-.'knivorano, SI' se99; massif d’Andraflamcna, SF 3224.
SAMiiiBANO ; Base du Massif du Bekolosv (Manongarivo), escarpements dominant
la rive droite de l'Antsahankolana, fl. XI-1951, SF 11464 Ca/niron (P, type).
OuBST ; Ampanasanify, Maevatauana, SF 4234.
fi. Tisonia Baronii Danguy
Not. Syst. 3 : 106 (lOl.'î); Perrikr, Mém. Mus. Nat. d’Hisl. Nat. Paris, n. s., 13,
3 : 274 (1940): in Fl. Madag., Fam. 140 ; 35, tlg. VI, 1 (1916).
— T. Whitei Exell, J. Bot. 69 ; 99 (1931) ; I.eanuri, Adansonia, scr. 2, 3, 2 ; 231,
en texte (1963).
Nord : sans localité : Baron 3432 (P), 6140 (K, P, type de T. Baronii; bassin sup.
de la Loky, Perrier 2313; Ambilobe, 25 km au N. d'Anaborano, E. l. W'hite (BM,
type de T. W'hilei); ibid., vallée de l’Ifasy en aval d’Anaborano, .50-200 in, Humbert
ei Capuron 23905; ibid., aux env. d’Iraro, SF 3076.
Sajirik.ano ; Env. d’Anibanja, .S'F 6121; massif du Bekaka, prés de Benavonv
SF 13910.
7. Tisonia Humbertii Perrier
Mém. Mus. Nat. d’Hist, Nat. Paris, ii. s., 13, 3 ; 276 (1940); in Fl. Madag., Fam,
140 ; 40, fig. Vif, 1 (1946).
Var. Humbertii
OvEST (Nord) ; Analamera, rive droite de l’Analalie, afll. du Hodo, Humbert
19137 (type de T. Humbertii)
Var. nuda Sleumer, var. nov.
Arbor 15-20 m alla, trunco 25 cm diam. Hamuli graciles, juvéniles
glabri, Folia oblonga, apice per c. 1 cm obtuse subacuminata, basi in petio¬
lum cuneata, tenuiter coriacea, glabra et imprimis supra lucida, glanduloso-
subcrenato-undulata vel integra, 6-11 cm longa, 3-4 cm lata, nervis latera¬
libus 6-8-paribus, superioribus inferne subrectis, inferioribus omnino cur-
Source : MNHN, Paris
— 343 —
vatis, utrinqiie cum reticulo venarum venularunique parum sed distincte
elevatis; petioli 5-7 mm long!, 1 mm crassi; stipulae scariosæ miautæ,
caduc®. Flores ad cymas axillares solitarias vel binas S-S-floras et 3-10 mm
longe pedunculatas digesti; pedicelli gracillimi, minute puberuli, medio
vel infra medium articulati, 5-10 ram longi. Sepala submatura ovata, basi
cordata, alba, membranacea, vix venosa, extiis laxe, intus dense puberula,
usque ad 1,5 cm diam. visa. Petala nulla. Filamenta glabra. Discus nuilus.
Ovarium glabrum; styli inferne connati, apfee per 2 mm tantum liberi.
Est (Nord) ; Forêt Orientale, vallée de l’Andalangy (afïl. de la rive droite de l’An-
droranga), distr. Sambava, c. 200 ni, fl. II-XI-1950, SF 805 Capuron (P. type).
Oi'EST ; Analava, forêt d’Ambondro-Ampasy, SI' 18839.
8. Tisonia Gapuronü Sleumer, sp. nov.
Frutex e coll. magnus. Ramuli graciles, vetustiores elongati pauci,
latérales abbreviati numerosi, cito corticati lenticellisque parvis subro-
tundis pallidioribus obtecti, novelli brevissimi et flavo-pilosi, folia pauca
gerentes. Folia subrotundata usque ovato-elHptica, apice obtusa, basi
± rotundata, firme chartacea, in sicco virescentia, inferne basi sicut in
petiolo breviter flavo-pubesccntia, ceterum glabra, grosse subserrato-
crenata, 1,5-2,5 (-3,2) cm longa, 0,8-l,6 (-2,5) cm lata, nervis lateralibus
3-4-paribu8 inter sese ante marginem curvato-conjunctis, cura reticulo
venarum venularumque utrinque arcte prominulis; petioli graciles, 1-2 mm
longi; stipulae lineari-lanceolatæ, vix 1 mm long®, caduc®. Flores in axillis
1-3 ramuli novelli solitarii, basi bracteis parvis suffulti; pedicelli gracillimi,
patenter pilosuli, 4-6 mm longi. Sepala submatura ovata, basi leviter cor¬
data, membranacea, vix venosa, margine glanduloso-subserrata, glabra,
albida, usque ad c. 8 mm longa et 5 ram lata visa. Petala nulla. Filamenta
glabra. Disc! laciniæ subnullæ. Ovarium subdense pilosum; styli elongati3.
NoBD (Est) : Restes de forêt sur la piste reliant Andrafiabe à la baie de Rigny,
au SE- de Diégo Suarez, fl. 29-XI-1958, SF 20144 Capiiron (P, type); P. K. 10, route
d’Orangea, Diégo Suarez, SF 22722.
9- Tisonia palmatinervis Sleumer, sp. nov.
Frutex vel arbor, ut videtur, parva. Ramuli graciles, apicibus moUiter
liirsutuli, deorsum cito corticati lenticellisque minutis rotundis obsiti.
Folia elliptica vel obovato-eliiptica vel-oblonga, apice breviter obtuse
attenuata, basi late cuneata vel subrotundata, tenuiter chartacea, in sicco
brunneo-nigrescentia, supra laxe, subtus densius (imprimis ad costam et
nervos) Aavescenti-hirsutula tactuque mollia, sat grosse subserrato-crenata,
3-6,5 cm longa, (2-) 2,5-4 cm lata, nervis lateralibus 3-4(-5)-paribu8, infimis
2 vel 3 usque ad 1,5 supra laminae basin angulo acuto a Costa abeuntibus
stricteque ascendentibus, ceteris in laminæ superiore parte a Costa angulo
multo latiore abeuntibus ± curvatis, omnibus in statu sicco lamina palli-
dioribus, supra vix, subtus parum elevatis, reticulatione venularum utrinque
sat obscuro; petioli graciles hirsutuli 2-3 mm longi; stipulæ lanceolatæ
hirsutulœ subpersistentes c. 2 mm long®. Flores ex axillis superioribus
duabus solitarii; pedicelli gracillimi subpatenter pilosi,in statu fere fructi-
fero 5-6 mm longi. Sepala, ut videtur, fere matura ovato-acuminata, cordata,
membranacea, venosa, utrinque laxe pilosa, florendi tempore probabiliter
Source : MNHN, Paris
— 34»
albida, usque ad 1,5 cm longa et 1 cm diam. visa. Petala oulla. Discus
nullus. Filamcnta glabra. Ovarium laxe pilosum; styli elongati liberi.
NoKD : Diégo Suarez, collines et plateau calcaires de l’Ankaraiia du Nord, forêt
Iropophile vers la grotte du Fanihy, 30-350 m, fr.subniat. 24-1-29-2-1960, H. Hamberl
327S2 (P, type).
10. Tisonia Cloiselii Danguy
Nüt. Syst. 3 : 105 (1915): Perrikr, Mém. Mus. Nat, d’Hist. Nat. Paris, n. s..
13, 3 : 275 (1940); in Fl. Madag., Fam. MO : 42, üg. Vil, 4 (1946).
Kst (Sud) : Fort Dauphin, Cloisel 100 (P, lectotype), 231 (BM; P, syntype).
11. Tisonia Coursii Perrier
In Fl. .Madag., Fam. 140 : 42. 125 (1946).
FsT (Nord) : Maroantsetra, col d’Ambatondradama, 600 ni, SF S787.
Kst ; Anosibe, au SE. de Moramanga, 700 m. Cours 885 (P, type); Ainpandra-
manana, Vobipeno, SF 6502,
Notk : D'une ressemblance remarquable avec le T. Binllonii dan.s
les feuilles, mais avec l’ovaire velu.
12. Tisonia Baillonii îsc. Klliot
J.l.inn. Soc, 29: 3 (1891).
Est (Sud) : Env, de Fort Dauphin, Scott Elliol 2500 (K, type; P); ibid., col de Tsi-
tongambarika, Mahalalaky, UN {sans numéro) 9-XII-1949 (P); Ifanadiana, Faliarivo
(.Ambohinianga du Sud), SF I6I25.
Note : Cette espèce a des inllorescences subsessiles et est bien dis¬
tincte du T. glabrata Huill. auquel elle fut réunie par Perrier.
Spécimen très voisin quant aux caractères lloraux au T. Baillonii,
mais feuilles d'une nervation un peu distincte ;
Nord (Est) : Andapa, bassin de la l.okoho, massif de Marojej, 800 m, Humbert et
Capuron 22075.
13. Tisonia glabrata Dailion
Bull. Soc. Liim. Paris 1 : 571 (1886); Perrier, Mém. Mus. Nat. d'tlist, Nat.
Paris, n, s., 13, 3 : 275, p, p. typica (1940); in Fi. Madag., Fam. 140 : 43, p. p. typica
(1946).
Est ; Ile Sainte-Marie, liernier 381 (P, tvpc); partie S de la forêt de Kalalao,
SF 28702 bis (stérile).
l'eut-ètre conspécifique, mais à feuilles courtement pétiolées,
obiongucs, un peu cordées à la base, mesurantes 22-42 cm de longueur,
et 8-lS cm de largeur ;
F'sT (Nord) ; Maroantsetra, massif de Farankaraina, fr-, SF 6152 (P),
Peut-être conspécifique, mais à feuilles arrondies ou largement
elliptique.?, profondément cordées à la base, mesurantes 15-21 cm de
longueur, et 12-14 cm de largeur :
Est (Nord) ; Maroantsetra, massif de Farankaraina, SF 18317.
Source : MNHN, Paris
-- 345 —
Peut-être conf^péciPique, mais à inflorescences plus courtes :
KsT (Nord) : Env. du Cap-Est, au S. d’Aiitalaha, SF 377SS.
14- Tisonia îiculnea Haillon
Bull, Soc. Linn, Paris 1 ; 568 (1886); Grandidieu, Allas : t. 108 et 109 (1886);
Dvrand et Sciiixz, Con.sp. Fl. Atr. 1 ; 219 (1898); Pf.riuer, Métn. Mus. Nat. d'Hist.
Nat. Paris, n. s., 13, 3 : 276 (1940); in Fl. Madag., Fam. 140 : 44 (1946).
- - T. velulina Bâillon, Bull. Soc. I.inn. Paris 1 : 572 (1886); Dl'ranu et Schinz,
Consp. Fl. Afr. 1 ; 219 (1898).
Nord (Est) ; sans localité, Humblot s.n. (P, type de T, /icalnea); Siralalana,
Humblol 619 (K; P, type de T. velatina); montagne d’Amboliimarangrttra, 450 m,
Cours 3170; vallée de la Lokoho, Hamberl 22390; Maroantsetra à Antalalia, env.
d'.4nkovana, SF S74S; baie d’Antongil, Ferrier 2079.
15. Tisonia conacea Sc. Elliot
J. I-inn. Soc. 29 ; 3 (1891); Wabb. in E.P.. Nat. POrani. ed. 1, III, 6a ; 42, flg. 16,
G-H (1893); Dvrand et Schinz, Consp. Fl. Afr. 1 ; 219 (1898); Gilg in E.-P., Nat.
POfam. ed. 2, 21 ; 437, flg. 199, G-H (1925); Perrier, Mém. Mus. Nat, d’Hist. Nat.
Paris, n.s-, 13, 3 ; 276 (1940); in 14. Madag., Fam. 140 ; 45, fig., VII, 2-3 (1946); Retho-
RÉ, Adansonia, ser. 2, 3, 2 : 236, pi. 1, 1 et 2 (Pollen) (1963).
— T. Fancherei Danouv, Bull. Mus. Paris 26 ; 252 (1920); Lecomte, Bois Forêt
Analamazaotra : 93 (1922).
Var. coriacea
Nord (Est) ; Sambava, Anlsahahely, SF llil; forêt sur la piste Antongondria-
Antsaliovy, SF 362; vallée de l’Andalangy, a(Il. de l’Androranga, 250-350 m, SF
S06bis, 607; vallée inf. de l’Androranga, 100-250 m, Humbert et Copuron 23941;
.4ndapa, RS 8646, 8854; vallée de l’Andramonta, 700 m, SF 914; bassin de Lokoho,
900 in, Humbert, Capiiron et Cours 24509, RS 11748; Mont Anjanaharibe, 800-1100 m,
Cours 3878, 3880. Maroantsetra, massif de l’Androrona, bassin de la Fananehana,
700 m, SF 8994; massif du Beanjada, haut-bassin de la Sahaflhitra, 700 m, SF 8854;
env. lie Beanana, bassin de la Rantabe, 600 m, SF 9075. Forêt d'Analamateza au S.
d’Ant.sirabe-Nord, SF 27606. Manarara-Nord, Befoza, 370 m, SF 26111.
Est ; Soanierana-Ivongo, RS 10342, 10344. Fénérive-Tampolo, SF 15350,
15706. Vavalenina, RS 7766, 8706, 9470. Tamatave, Baron 6009 (K, P), RS 2475,
6425, 8038. Moramanga, Cours 869, RS 1260, SF 2635, 2901; Périnet (Analamazaotra),
Perrier 4645, 4673, RS 1260, SF 1177, 1390, 2515, 12073, 12437, Thouoeiiot 54 (K;
P, type de T. Faucherei), ürsch 61; Ambodimanga, SF 26428. Bassin inf. du Mangoro,
Perrier 13321, 18163. Nosy Varika, Antetezambato, S F 13723. Farafangana, SF 16165.
Bassin du Mananara, Perrier 2095, SF 4481. Env. de Fort Dauphin, Scott Elliot 2744
(K, type de T. coriacea; P), Cloisel 210,217.
Var. Louvelii Perrier
Mém- Mus. Nat. d'Hist. Nat. Paris, n. s., 13,3 : 277 (1940). louveli »; in Fi. Madag.,
Fam. 140 : 47 (1946).
EsT : Maroantsetra, .Ampana, Louvel 74 (P, tvpe). Sakalava, Fort Carnot, SF
6528, 7059.
Rijksherbarium,
Leiden-Hollande.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
sor- 2,10 (3) 1970.
POLLEN MORPHOLOGY,
CLASSIFICATION AND PHYLOGENY OF PALMAE
by (;. 'I'hanik.mmoni*
Sommaire ; Nous avons étudié les grains de pollen de 800 espèces appartenant
à 193 des 22(i genres des Palmiers. On y rencontre 27 types de pollen, l.’cndexiiie
est pratiquement absente dans le pollen et il y a une sole épaisse. La Malaisie et la
Nouvelle Guinée sont les centres de diversification maximum des Palmiers, l'ne
classification nouvelle en tenant compte des corrélations entre les caractères morpho¬
logiques et polliniques a été établie- Nous avons retrouvé l'évolution des caractères
polliniqiies et évalué la valeur phylogénique de neuf caractères morphologiques des
Palmiers. Puisque chacune des sous-famillcs montre au moin.s quelques caractères
évolués, aucune ne peut être considérée comme entièrement primitive. L’affinité
palynologique des Palmiers est plus marquée avec les Liliales s.l. qu’avec les Arales.
Si M.MARY ; There are 27 types of pollen grains in l’atmae. 800 spccies helonging
to 193 généra were stiidied. Endexine is practically absent. A tliick (oot laver is
pre.scnl. Malesia and New Guinea are the centres ot maximum diversification of
palms. A new classification based on the corrélations between morphological and
pollen cliaracters bas been pro))oscd. Wit hâve Iraced the évolution of pollen cha-
racters and evaluated the phylogenetic value of ninc morphological characters of
palms. Since every one of the subtamilies sliuw at least some evolved characters,
noue of lhem could be considered as entirely primitive. The palynological aflinity
of palms is more marked with the I.iliales s.l. than with the Arales.
INTRODUCTION
Faims are the « l’rinces « of Fiant Kingiloin. Tins royal family
has altracted the attention of several research workers. \Ve bave quite
a lot of palm monographs. Yet our knowledge of Lhis majestic family
is far from complété. There are a number of classifications of palms
but slill there is a need of a better one. W'hether the palms represent
one family or an order of many famiiies is a question raised oficn and
agaiii. The problem of their phylogenetic affinities is a much discussed
one. \Ve hâve Iherefore undertaken a thorough study of the pollen
grains of lhis groiip and examined 800 species belonging to 198 of the
220 généra. \Ve présent here a brief résumé of the most important
results of our study. This constitute a part of the thesis^ présente»! at
the ('niversily of Montpellier (Thanikaimoni, 1070).
1. This study has becii coinplctcd in the Laboratoire «le Palynologie, C.N.fLS.,
Montpellier (équipe de recherche 0“ 25) iinder the direction of Dr. M. Van Cami-o.
2. Thèse inscrite aux archives originaJes du Centre de Documentation du C.N.B.S.,
15, quai AnatoU-l-'rancc, Paris (VIP) sous le luiméro A.O. 4173,
Source : MNHN, Paris
— 348 —
TERMINOLOGY
Aperture : sutcate = pollen wilh an elongated distal furrow.
Extensive-sulcate = pollen with the extremities of lhe sulcus exten-
ding beyond the equator.
Meridionosulcate = pollen with an annular furrow, distal in origin
and encircling the pollen as a méridional girdle,
Ulcerate = pollen with a more or less circular distal aperture.
Colpate = pollen with elongated méridional furrow.
Porate = pollen with a more or less circular équatorial aperture.
Kxine ; Hclexine consista of a thick font layer (sole) on which we
find the columelia supporting a more or less perforated tectum. The
exine of Caiyota is intectate. In Lepidocafyum, the exine is spinulate
wilh two sorts of spinules ; small ones placed directly on the font laver
and big ones supported by columelia.
Endexine is absent in the pollen grains of Cocos nncijera. C.nryola
ureiis and Nypa fniticaiis which we hâve studied with the help of électron
microscope. This layer is absent or hardly visible in the pollen grains
of the other .species of palms observed with Wild M 20 microscope.
PRINCIPAL POLLEN TYPES AND THEIR
GEOGRAPHICAL DISTRIBUTION
Based on the nature of aperture and ornamentation we recognize
27 pollen types. We give below their geographical distribution and the
naine of généra belonging to each type.
1. Pollen monosulcate; exine smooth or scabrous (tectate),
FOVEOLATE OR FINELY RETICULATE (SEMITECTATE).
Pantropical : Cocos.
.Africa, Madagascar, .Asia : Pbœniz.
Africa, Madagascar, Neotropics : Haphia.
-Asia, .Australia ; Aclinokenlia, Aclinorkylis, Archonlophœnix. Balaka,
Basselinia, Beniinckia. Burreliokenlia, Calypirocalyx, Campecarpus, Cli-
nosligma, Coleospadix, Coryphn, Cyphokenlia, Cyphophœnix, Cypho-
sperma, Cyrtoslachys, Drymophlœus, Gigliolia, Gronophyllum gibbsianunt,
Gulubia, Helerospaibe. lloweia, Hydriaslele, Iguanura, .lohannesieijs-
mannia, Kenliopsis, Laccospadix, Leopoldinia, Licuala, Linospadix, Livis-
lona, Loxococcus. Nannorrhops, Neoveilchia, Aormanbya, Orania, Parali-
nospadix, Pholidocarpus, Physoke.nlia, Pigafella, Pinanga rigida, P.
Wrayi, Plycbandra rlemensiana, P. glaura, Plychococnis, Plychorapbis,
Plycbosperma, Bebderopbœnix, Bhapidophyllunt, Bhapis, Bhnpalosiyli.s,
Salakenlia, Solfia, Slrongylocaryitm, Trachycarpus, Veilcbia.
.Africa : Ancisirophylliim, Jubaeopsis, Oncocalamiis, Podarorcus.
Madagascar région : Acanlhophœnix, Anlongilia, Beccariophœnix,
Source : MNHN, Paris
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(Àhrysalidorarpiis, Dictyosperma aiireuin, Dypxis belerophylla, Ilyophorhe,
I.odoirea, Marojejya, Mascarena, Neodijpsis, yeophloga, yephrospermo,
PIdoga schefferiana, Hoscberia, Sindroa. VergrbajleHia, Vonilrn.
Neotropics ; Accelorrhapbe. Acrocomin. A^lrorarniim, Asterogijiie,
liaclrix. Barbosd, lirabea, Bulia, Bdlyplrogi/ne, Catyptronoma, Cbumir-
dorea, Chelyocarpiix. Coccolhrinaj\ Colpolhrinax, Copernicia, Cryosophitn,
Erylbea. E2ulerpe, Gasirococos, Gaussia, Geonoimi, IIemilhrina.T, llyoa-
palhe, Jitania, Jubaea. Lylocaryuni, Alicrocœlum, Alorenia, Œiiocarpii>s,
Opsifindra, Parajiibaea. Plwlidoslachijs. Pbyielepbos, Polyandrococoi^,
Pref^lœa, Reinhardlia, Rhylicocos, Sabal. Serenoa, Syagrus, Synechanlbus,
Tipnianlbera. Tbrinax. TrilbrinaT, Washinglonia. Weiidlandiella, Znmbia.
2 . Pollen münosulcate, f.xink foveolatk, fossvi.ate or rcgclate
(semitectate).
Malesia : Chambeyronia, Veifrbia.
Mascarenes : Latania.
Africa. Madagascar ; Elaeis s.s., Medemia.
Neotropics : Aipbanes. Allagoplera. Areroslriiiii AriA'uryroba. Aslro-
raryum, Allalea, Bariris. Cbamtedorea, Goccolbriiuij'. Corozo, Desmonriis,
Geonomaspixiana, Jessenia, Mnnicarin. Markleya, Maximiliana. Melaso-
iralea, Orbignya, Pnrasrheelea, Rlwpaloblaste, lioyslnnea. Srbeelen, Sya-
griiH coronato, Taenianlbera acaiilis, Tbrinax rndiaUi.
3, Pollen monosci.c.ate, exine coarsely REîncfLATE (skmiticct.vte).
■Vsia: Adelonenga, Areca, Etigeissona brarbysinvbys, Gronophyllum
micrucarpiiin, Giiliibia marrospadix. Licuala pellala, L. spinosa. yenga,
Pinanga.
Neotropics ; A crocomio, Ceroxylon, Neonicholsonia, Pseudophanix.
4h. Pollen monosulcate. exine EiAccLATK (intectate).
.\sia. Auslralia : Cnryola (operculate in C. milis. G. iirens).
Madagascar ; Dypsis, Pbluga nodiflora.
4b. Pollen monosilcate, exink clavatk ano baeulate (intect.ate).
Malesia : Pinanga coronala (clavæ supported by columella, free
bacules in between columella).
5a. Pollen monoselc.ate, exine clavate (intect.ate).
.Mauritius : Deckenia.
Neotropics : Iriarlea.
56. Pollen monosulcate, exine clavate (tegtate).
Malesia, Ceylon : Oncospe.rma.
6. Pollen monosulcate, exine gemmulate (intectate?}.
Indomalesia : Pinanga bookeriana.
Source : MNHN, Paris
l’I. 1. - Calyptronoma dulcis ■ I UIIU; 2, Aipbanaa cai-yotaetolia ■ 3, Neng;a
wendlandiaAa var. malaccensis ' 1IXX); 4, Caryota urans 1 ôOO, not acctolyseci;
5. 6, Iriartaa cornato ■< 5(1(1; sarface view and optioal secKon; 7, Finança Hookeriana
' I ()()(J; 8, (^rtoBtackys phanarolapis x 5(H>; 9, Catoblastus praamorsus - ! (HH);
10, Iriartalla satigrara x 1 (JlHi; 11, Louyalia madagascariaiiais 1 (iUd; 12. Lou*
valia albicana x I (HH); 13, Sclerosparma Martnii 5(J(J; 14, Eu^eissona triste
X tut); IS, 16, Salacca adulis x I oui).
7- l'Ol.LICN MONOHL'LCATIC. KXINK VKRRUCATK (SI-MITKCTATK,.
Malesia ; Cyrloskirluis phaniTulcpis.
Nftoiropics : Jinclrii.
Afi'ica, Matfasrascar, Asia ; IhirannuH. Ilyphiene.
Hll. l'üLI.EN MONOSri.CATK, KXINK SI’IM LATK (INTKCTATF.j, SPINUl-KS OK
2 TYPKS : DK; ANI) SMAl.L,
Source • A1AJHH Paris
— 351
Neoiropics ; Ctilobladux, Cnlodigrnn, Socraiea, Wellinia, Wellinii-
cnrpns.
Asia. Auslralia : Arenga, Caryola obliim var. lequalorialin, Wallichia.
Hb. l’OLI.KN MONOSl LCATl-;, EXINK SPINCI.ATIC (iNTECTATE?) SPINULES
OF 2 TYPES : bu; ONES SUHPORTED IIY COLUMEI.LA AND SMALL ONES
NOT SUPPORTED BY COLUMELLA.
Neotropics : Lepidocnryiim, Maiiritia, Maiiriliella.
8c. l’OLLEN MONOSULCATE. EXINE SPIM I-ATE (SEMITECTATE).
8. H. Asia : Pinnnga Griffilhii.
Seychelles ; Phœnicophorinm.
Mauritius : Diclyoxperma album.
9. Pollen monosulcate-püntopehcclate, exine reticulate (semi-
TECTATE I.
Neoiropics : Iriarlella.
Meiliterranean région : Chnmaeropn.
10. l’OLLËN ulcerate, exine spinulate (tkctate).
Madagascar : Louvelia madagascnrien^is, Ranenea.
11. Pollen cl(;p;hate, exine reticllate (semitectate).
Madagascar : Louvelia albicane.
Malesia ; Arera caiisu, liornesodendron.
Neoiropics : Ammandiv.
12. Pollen tru lcerate. exine reticulate (semitectate).
West Africa : Srlerosnerma.
13. Pollen extensive-sulcate. exine foveolate or finely reti¬
culate (semitectate).
West Africa ; Eremoepalba.
ri. K. .\sia : Pleclocomia Grijlithii.
14. Polle.n extensive-sulcate, exine coarsely reticulate (semi-
tectate).
.Malesia : Eugeissona.
13. Pollen extensive-sulcate, exi.ne clavate (tectatë).
Malesia. Ceylon : Üncosperma.
K). Pollen extensive-sulcate, exine clavate (intectate); clavae
CROWNED WITH ONE TO FOUR SPINULES.
Malesia ; Korlhalsia sraphigera.
Source ; MNHN, Paris
— 352 —
ST:
Source : MNHN, Paris
— 353 —
17. Pollen meridionosulcate. exine finely reticulate (semi-
tectate).
S. Hl. Asia ; Pleclocomia Griffilhii.
18a. Pollen meridionosulcate, exine clavate (intectate), clavae
CROWNED WITH ONE TO FOUR SPINULES.
Malesia : Korlhalsia laciniosa (King’s collector. 1884, (L\L); K.
scapliigera.
18ii. Pollen meridionosulcate, exine clav.ate (tectate).
Malesia : Salacca ediilis.
19. Pollen meridionosulcate, exine spinulate (semitectate).
.\sia. ,\uslralia : Nypa, Salacca.
20. Pollen dicolpate, exine smooth or scarrous (tectate) or
foveolate or finely reticulate (semitect.-vte).
Africa, Asia : Calamus.
.\sia : Bejaadia, Ceralolobiis, Daetnonorhops. Metroxylon amicariiin,
M. saga. Myrialepis. Pleclocomia, Pleclocomiopeh. Salacca seciinda.
21. Pollen dicolpate, exine fossulate and rugulate (semitectate).
.\sia : Calamtie.
22. Pollen dicolpate, exine coarsely reticul.ate (semitectate).
Andainan Is., Salomon Is. : Calamus longisetus, Metroxylon salo-
moiiense.
23. Pollen dicolpate, exine baculate (intect.ate).
Andaman Is.. Malesia : Daemonorhop.s.
24a. Pollen dicolpate, exine clavate (intectate); clavae crowned
WITH ONE TO four SPINULES.
Malesia ; Korlhalsia lenuissima.
24t. Pollen dicolpate, exine spinulate (semitect.ate).
Malesia ; Ceralolobus glauce.icens.
25. Pollen dicolpate, exine verrucate (semitectate).
Asia, Australia : Calamus, Cornera, Sckizospolha.
26. Pollen diporate, exine smooth or scabrous (tectate).
Malesia : Eleiodoxa, Dcp.monorhops oerlicillaris.
27a. Pollen diporate, exine clavate (intectate); clavae crowned
WITH ONE TO four SPINULES.
Malesia : Korlhalsia rigida (rarely diporaLe-ulcerate).
Source : MNHN, Paris
— 354 —
276. i'OLI.KN l>lI'OK.\Ti:, ICXINIC SPINLI..\TE OB BARfCI.Y CL.AV.ATE (iNTEC-
T.\TE); CLAVAE CIlOWNEt) WITH ONE TO FOLR SI'INfLES.
Malesia : h'arlhnhin Inciniosa (Klmer. n® 16572).
It seems thaï Malesia and New Guinea are the centres of maximum
(liversilication of palms. The neoLropical région may be considered
as another but less ricli centre. The west african région is poor in généra
and pollen types of palms. Ilowever, the triulcerate type is particular
to this région. The Madagascar région, even though there is no Corij-
l)lioideae and very few Lepidornrijoideae, is rich in pollen types thanks to
lhe Arecoideae which is well represented in this zone.
When we consider lhe distribution of the various pollen types in
each of the nine subfamilies we note that the Lepidocariioideae is the
most diversified of ail. We came across 17 pollen types in the 22 généra
studied. .Materials of the other three généra of this subfainily were nol
available for study. On the other hand, the Avecoideæ whi'-h rnntains
as many as 124 généra, of which we hâve studied 105, lias nnly 13 pollen
types. Either the palynological diversification of this sul.family is
very liniited or many of the .Vrecoid généra do not merit the rank of
a distinct genus. The situation is the same in Cocoideae with only
4 pollen types for 27 généra (total numher of généra 2H} and Coniphoidefie
with only 4 pollen types for 2f5 généra (total number of généra 34).
CLASSIFICATION OF PALMAE
We propose a provisional classification of palms taking into account
the corrélations between pollen characters and classical morphological
characters.
J. — Fruit covered with scales; leaf piiinate {palmatifid or pal-
matinerved in Mauritieæ); vernation reduplicate; midrib
with vascular bundles cnclosed within a sclerotic cylin-
der; süica bodies of stegmata spherical; flower unisexual
(bisexual in Korthalsieæ, Ancistrophylleæ, Eugeis-
soQcæ); fruit simple; endocarp not perforated (except
in Eugeissoneæ); seedling admolive. Pollen monosulcate
in arborescent généra (except in Metroxylon), tnono-
sulcate or extensive-sulcate in généra with bisexual
flower (except in Korthalsia); dicolpate, diporatc,
cxtensive-sulcate or mcridionosulcate. Lepidocarvoideae.
II. — Fruit not covered with scales, leaf palmate, pinnate or
bipinnate (simple in Johannesieijsmannia) ; vernation
induplicate. Pollen never dicolpate or diporate :
1. Leaf palmate; midrib prominent with several
indcpendent vascular bundles; silica bodies of
Source : MNHN, Paris
— 355 —
stegmata spherical, simple fruil; seedling
remotivc :
a) Flower unisexual, endoearp perforated ;
— seed with a single or no furrow. Pollen niono-
siilcate; exine foveolate, fossulate, areolate
or verrucate. Borassoideae.
— sced M’illi many furrows. Pollen ulcerate;
exinc coarsely reticulate. Borassodendron.
b) Flower bisexual or polygamous; endoearp not
perforated.
— Pollen monosulcate; exine smooth, scabrous.
reticulate or foveolate. Coryphoideuv.
— Pollen monosulcalC'pontoperculate, exine
reticulate. C/iamaero/js.
2. Leaf pinnate with basal segments short and spi-
nescents; midrib not prominent, little vascula-
ted ; silica bodies of stegmata spherical; endoearp
not perforated: seedling remotive. Pollen mono¬
sulcate, exine reticulate. Pkoenicoideae.
3. Leaf pinnate or bipinnate, main ribs prominent,
vascular bundles enclosed within a sclerotic
cylinder; silica bodies of stegmata hat-shaped.
Flower unisexual. Simple fruit; endoearp not
perforated; seedling remotive. Pollen mono¬
sulcate: exine baculate or spinulate. Caryoloideae.
III. — Fruit not covered with scales. Leaf pinnate; vernation
reduplicate; midrib prominent, vascular bundles enclo¬
sed within a sclerotic cylinder. Flower unisexual except
in Pseudop/ioenix with bisexual or polygamous flowers.
Pollen never dicolpate or diporate :
1. Simple fruit; silica bodies of stegmata spherical or
bat shaped; seedling remotive or admotive ;
а) Endoearp perforated. Pollen monosulcate or
brevisulcate; exine smooth, scabrous, foveo¬
late, fossulate, reticulate or verrucate; never
baculate, gemmulate, clavate or spinulate. Cocoideae.
б) Endoearp not perforated :
— Pollen monosulcate, cxtensive-sulcate, ulce-
rale or brevisulcate; exine smooth, sca¬
brous, finely or coarsely reticulate, fos¬
sulate, verrucate, gemmulate, clavate,
baculate or spinulate.
. Arecoideae (including Afanicaria).
— Pollen triulcerate, exine reticulate.... Sclerosperma.
— Pollen monosulcate-pontoperculate, exine
reticulate. Iriartella.
2. Multiple fruit ;
a) Ovary composed of 3 carpels, unilocular 1-3
ovuled, only one is fertile; silica bodies of
Source : MNHN, Paris
— 356 —
stcgmata hat'shaped; endocarp perforated;
scedling viviparous. Pollen meridionosulcate,
exine echinulate.
b) Ovary composed of 4-9 carpels, with etjual
number of l*ovuled lobes ail fertiles; silica
bodies of stegmata spherical, endocarp not
perforated; seedling remotive. Pollen mono-
sulcate (Phytelephas) or ulcerate (Ammandra);
exine reticulate. Phvtelepkantoideae.
VALUE OF POLLEN CHARACTERS WITHIN THE SUBFAMILIES
ARKCOIDEAE.
At the présent state of our study we could not lind any cogent
corrélation between the pollen characters and any other exomorphic
characters of this subfamily,
BORASSOIDKAlî.
We give below a classification ot this subfamily emphasizing lhe
corrélation of classical characters and pollen characters.
I. — Sced with a single or no furrow. Pollen monosulcate :
a) Stamens 6 in number; pollen verrucate :
— Homogenous endosperm. Pollen with distinct
* Seed witliout furrow. Pollen size ; L = 32-55 p
. lîyphœne.
* Seed with furrow. Pollen size : L = 42-80 g Borassus.
— Ruminate endosperm. Pollen with fiat warts
which are frequently fused into irregular
areoles. Pollen size : L = 30-45 . Medemia.
b) Stamens numerous. Pollen with perforated tectum :
— Fruit very big. Male flowers numerous in the
alvéolés of the spadix. Pollen size : L = 75-
90 (t; exine thickness 3 g; perforations in the
tectum 1 P or less in diameter. Lodoicea.
— Fruit small. Male flowers solitary in the alvéolés
of spadix. Pollen size : L = 52-72 p; exine
thickness 2.8-3.5 p; perforations in the teetum
irregularly distributed or fused into fossules Lalania.
II. — Seed with many furrows. Pollen ulcerate, coarsely reti¬
culate, pollen size : L = 90-100 p. Borassodendron.
Source : MNHN, Paris
— 357 —
CARYOTOIDEAE.
• Leaf pinnate; endosperm homogenous; pollen monosulcate,
spinulate.
— Pollen with spinules measuring 1.2*2.0 p in diameter at
the base and 2-3 p in hcight. Arenga.
— Pollen with spinules measuring 1-1.5 p in diameter at the
base and 1.5-2 p in height. Arenga porphyrocarpa.
— Pollen with spinules measuring 2-2.5 p in diameter at the
base and 4-5 p in height. Arenga pinnata.
— Pollen with spinules measuring 1 p in diameter at the base
and 1.5 p in height. ïFallichia.
* Leaf bipinnate; endosperm ruminate; pollen monosulcate,
sometimes opcrculate; exine baculate. Caryola.
COCOIDEAE.
Cocos s. I. : Ail the variations of pollen morphological characters
found among the species of Cocos s. I. (Syagriis, Arecaslri/rn, Rkylicocos,
Barbosa, Arikuryroba, Microcoelum, Lylocarijum, Polyandrococos, Jubaea,
Parajiibaea. Jtibaeopsis. Bulia, Allagopiera) overlap one another and
sometimes they are secn in one and the same species (ex. Cocos nucifera).
\Ve therefore consider Cocos as a multispeciflc gonus of wide distribution
wilh its centre of gravity situated in tropical America.
Klaeis s. /. : Pollen morphological characters do not allow a séparation
of the Ihree species of El,vis into three monotypic généra,
Atlaleo s. l. : Wlien we examine the pollen grains of Allalea s. l.
{Maxiinilinna, Markleya, Orbignya, Scheelea, Parascbeelea) we note that
there is a tendency Lowards the augmentation of the exine thickness
and the réduction of aperture which finds its maximum expression in
Parascbeelea. Thus our study gives support to the contention that ail
these généra belong lo but one large genus Allalea (Punt and Wessels
Boer, 19üf>).
Daciris s. l. : The pollen grains of Guilielma. Pyrenoglyphis, and
Yiiyuba are not dilîerent from Ihose of Baclris. Hence their inclusion
in the latter is palynologically justilied.
Acrocomia and Gasîrococos; The only différence noliced between
the pollen grains of these two généra lies in their size : Acrocomia: L =
G2-70 p; Gasîrococos: L = 47-50 p.
We hâve examinod the pollen grains of only three species of .dcro-
comia. It is necessary Lo study the pollen grains of the remaining 22
généra of this genus to know whelher small sized pollen grains are limited
only to Gasîrococos.
Aslrocaryiim : The two sub-genera of this genus are pollen morpho-
logically very distinct :
.\Ionogynanlhtis : aperture elongated, elliptical.
Pleiogynnnihus: aperture wide, circular or triangular.
Source : MNHN, Paris
— 3r)j< —
CORYPHOIDEAE-
On the whoie the gênera of Ihis sub/amily are very inuch siniiiar
in their pollen characLers. There is no absolute corrélation between
pollen characters and other characters of this subfamily. We lind ail
the three types of exine, simplihaculale, duplibaculate and pluribaculate,
in one and the same pollen (ex. Coccnlhrinux, I.icmin, Sabal, TliriiMx.
Washinglonia). IL is equally dillicult to separate the généra after lhe
pollen size. The only généra which one could identify .somewhat easily
are Cryosophila wilh mostly Irichotomosulcate pollen and Chamnerops
with monosulcate-pontoperculate pollen,
1.EPIDOCAHYOIDEAE.
In Lhe following classification we hâve tried to hring oui the corré¬
lation of pollen characters with other characters,
1. — I,caf palmatifid or palmately nerved; arborescent palms;
endocarp thin and membranous. Pollen monosulcate,
sometimes brevisulcate or ulcerate. Afaurtfieae.
IT. — Leaf pinnate, very rarely digitate or penninerve<l :
1. Arborescent palms :
a) Bisexual palms; endocarp woody, porate at lhe
Pollen monosulcate or extensive-sulcate. . . -
. Eugeissoneae (only one genns, Eugeissona).
b) Monoecious palms; endocarp thin, menibranous;
— seed ruminated, Pollen monosulcate,
rarelv ulcerate .
. Raphieae (only one genus. Raphia).
— seed not ruminated. Pollen dicoipate...
.... Metroxyleae (only one genus, Metroxvlon).
c) Dioecious paJms; endocarp thin and membra-
nous. Pollen monosulcate. Sfl/<icceae -■ Pigafelta.
2. Cæspitose or stemless palms :
a) Bisexual palms; endocarp woody, porate at tbe
Pollen monosulcate or extensive-sulcate....
. Eugeissoneae (onlv one genus, Eugeissona).
b) Dioecious palms. Endocarp thin and mem-
branous.
— seed not discoid. Pollen meridionosulcate
(except in Salacca se.cunda with dicoipate
pollen). Salacceae : Salacca.
— seed discoid. Pollen diporate. Salacceae : Eleiodoxu.
3. Climhing palms or with lianous stem :
a) Bisexual palms :
* Rachis prolonged into a whip armed with
• According to Wessels Boer (1965) Maurilia, Mauriliella and l,ei>i(locarijum
bclong to one very nalural and easily dislmgiiishable genus. This opinion is corro-
i)oratcd also by our study : ail the three are almost aliUe in pollen characters.
Source : MNHN, Paris
— 359 —
leaflets modified into hooks. Pollen raono-
sulcate or extensive-sulcatc. AncislropkyUeae.
Spathe présent. Pollen monosulcate.
Flowers in glomerules. Pollen with smooth
to scabrous exine, size : L = 23-29 |x;
exine thickness 1 [a. Oncocalamus.
Flowers in pairs. Pollen with perforate tec¬
tum; perforations 1-2 p. Pollen size :
L = 42-68 P exine thickness 3 p Ancistrophyllutn.
Spathe absent. Pollen extensive-sulcate.
Flowers in pairs. Pollen with foveolate
exine; size : L = 42-55 p. Eremospatha.
* Adult leaf cirrhiferous, oirrhus armed with
claws. Pollen meridionosulcate, extensive-
sulcate or diporate; very rarely diporate-
ulcerate.. Korthalsieae (only one genus, Korlhalsia)
b) Dioecious palms. Pollen dicolpate; sometimes
extensive-sulcate or meridionosulcate in Ptec-
focomia : rarely diporate in Daemonorhops .. Calamaee.
NoTii : We encounter a variety of pollen types within the genus
Cdlamus s. The pollen characters of ('.ornera, Schizoepalha, Myrùi-
lepis, Pteclocomiopeia and Ceraiolobue (with the exception of C. glaurerceiif;
having spinulate pollen) fall within the liinit of pollen morphological
variation of Calamus a. s. These généra are found to be similar also in
anatomical characters (Tomunson, 1961). The genus Dæmonorlwps
is morphologically and anatomically very distinct from Ca/amns. The
species belonging to the section Cijmbospalha of Dxmonorhops hâve a
very particular type of exine : intectate-haculate. The pollen grains
of the üther section, Piplospatha, of this genus (with the exception tjf
D. verticillaris having diporate pollen grains) are similar to those of
dalamiis.
NYPOIDEAE.
.\t/pa, the only genus of this subfamily. is pollen morphologically
hoinogeneous.
PHOENICOIDEAE.
Phœnix, the only genus of this subfamily, is pollen morphologically
hoinogeneous.
PIIYTHI.KPHANTOIDEAE.
\t’e recognize two généra within this subfamily : Phyielephas with
monosulcate pollen and Ammandra with ulcerate jiollen.
Source : MNHN, Paris
— 360 —
EVOLUTION OF POLLEN CHARACTERS
Evolution of apehture :
Before the appearance of Angiosperms, no pollen grains or spores
were provided with exclusively équatorial functional aperture. How
the équatorial aperture, an anginsperm feature is obtained? Is il accom-
plished by one, or more than one way? It seems that the Palme furnish
us with good examples. In this family we encounter two evolutionary
tendencies, one leading lo dicolpate condition and the other resiiiting
in meridionosulcate condition. Both of them are evolved from mono-
sulcate condition through extensive-sulcate condition. In the first
case, found in the subfamily Lepidocaryoideæ, Ihc distal part of the
extensive-sulcus is constricted and eliminated in order to give rise to
two méridional colpus. In the second case, found in the subfamilies
Lepidocaryoidex and Nypoideæ, the two extremities of the extensive-
sulcus fuse at the proximal pôle to form a meridionosulcus that encircles
the pollen like a méridional girdle. (The meridionosulcus should not
be confused with the zonosulcus found in Nymphæaceæ. In the latter
the aperture is more or less équatorial and not méridional in position.)
We hâve also observed two tendencies of réduction of aperture size :
moiiosulcate lo ulcerate (ex. Maurilia) and dicolpate to diporate (ex.
D lemonorhops).
The triulcerate pollen type of Sclerosperma seems to hâve resulled
by the élimination of the central poi'tion of trichotomosulcus.
The aperture of pollen grains of palms are generally covered with
a smooth membrane. The operculate (Caryota), pontoperculate {Cha-
inærops, Iriarlella) and verrucate {Melasocralea) conditions appear to
be secondary acquisitions of aperture membrane.
Evolution of exi.ne :
It seems that there are two distinct tendencies of évolution of exine
quile independent of aperture évolution. The pollen with tectate,
smooth or scabrous exine possibly représenta the basic type. The foveo-
lale and reticulate types appear to be produced by the perforation of the
tectum; a fusion of the perforations may lead to fossulate and areolate
types.
The second tendency of exine évolution seem to be towards the deve¬
lopment of varions sculptural éléments : the baculate type by a graduai
dilation of the tip of the bacules could give rise to clavate type and a
shortening of the pedunculate part of the clava could give rise to gemmu-
late type. In Korlhalsia we hâve noticed a transition between clavate
lo spinulate type and in Nypa there is a transition from verrucate type
to spinulate type.
The généra Carijola and Weilinia may be considered to exemplify
Source : MNHN, Paris
— 3G1 —
a Lhird Lendency of exine évolution. In these généra there is no tectum.
In Lepidocanjum. Manrilia and Mauriliella aiso a tectum is lacking,
although the big spinules are supported by distinct columella.
Discussion :
Kuprianova (1948, 1954) and Sowunmi {1%7. 1968) bave alsn
considered the monosulcate type as primitive. But the former is of the
opinion that the trichotomosulcus is more primitive than the atomo-
sulcus while the latter dérivés the trichotomosulcus type from the atomo-
sulcate type. In our opinion the trichotomosulcus, like the tetrachoto-
mosulcus, is no more than a variation of the atomosulcus and it is not an
index of évolution.
.\ccording to Sowunmi the diporate condition is the resuit of sup-
pre.ssion of the central part of the sulcus. In Daemonorhops veriiciilaris
we hâve noticed no trace of sulcus at the distal part and the so-called
disappearing coipus is but a fold in the proximal part of the pollen.
We hâve never observed a pollen with one distal furrow and one
proximal furrow (type 7 in Sowunmi, 1968) in Palmæ. Also, the ten-
dency meridionosulcate to dicolpate does not exist in this family. The
narrow gap between the distal extremities of the coipus and the large
gap between the proximal extremities of the coipus suggest the déri¬
vation of dicolpate condition from cxtensive-sulcate type. Furthermore,
in Metroxylon we hâve observed traces of disappearance of extensive-
sulcus at the distal part of the pollen, We therefore consider that the
dicolpate condition is derived from extensive-sulcate type and not by
the mutilation of a meridionosulcus.
PHYLOGENETIC VALUE OF PRINCIPAL
MORPHOLOGICAL CHARACTERS
Based on the results of our pollen sludy we hâve attempted to esti-
inate the phylogenetic value of nine principal morphological characters
of palms. We give below an outline of the evolutionary tendencies of
these characters as perceived when we correlate them with pollen cha-
raclers.
Pebicarp : not scaly scaly,
The scaly pericarp is considered as derived because the dicolpate
and diporate pollen grains are found only in palms with scaly pericarp
(Lepidocaryoideae).
Fruit : simple -*■ multiple,
The multiple fruit, formed out of several flowers having a common
axis, is found in Nypa with meridionosulcate pollen. Hence we consider
multiple fruit as an evolved character.
Source : MNHN, Paris
— 362
Kndocarp ; woody, perforated -* membrannus, not perforated.
In Cocoideae with primitive monosulcate pollen the endocarp is
woody and perforated. In Lepidoraryoideae with derived pollen types
the endocarp is membranous and not perforated.
The genus Eugeissona has Lepidocaryoid pericarp and Cocoid endo¬
carp. Ilence Bkccari (1918) has considered this genus as consLituLing
a group intermediate to Lepidocaryoideae and Cocoideae. The présence
of monosulcate and extensive-sulcate pollen types in Eugeissona seems
to suggest that pollen morphologically also this genus occupies an inler-
mediary position between these two subfamiiies.
Vernation : induplicate->• reduplicate.
It is the reduplicate type of vernation that is obseiwed in the evolved
subfamiiies as Lepidocaryoideae and Nypoideae. llence we consider
this character as evolved.
Leaf : palmate pinnate -* bipinnate.
According to .Arber (1922) the palmate leaf type is more primitive
because it prédominâtes among the fossil palms, whereas the pinnate
leaf is the most commun among the palms of the présent day. Eames
(1953), on the other hand, is of the opinion that the palmate leaf is a
telescoped form of pinnate leaf.
In the advanced families of yypoideae and in the majority of Lepi¬
docaryoideae we corne across only pinnate leaf. .\mong the palm-
leaved Lepidocaryoideae {.Maurilieae) the palmate character is correlated
with monosulcate pollen type. Hence we consider the palmate leaf
type as primitive.
In Phœnix the basal leaflets are modified into spines. In Ancis-
Irophyllum and Desmoncus the terminal leaflets are transformed into
hooks. In Caryota the leaves are bipinnate. The leaves of these généra
may be treated as representing derived types.
According to Corner (1966) the bipinnate leaf of Caryoia represenls
the ancestral form. This opinion is not acceptable because the bijtin-
nate character is correlated with two other evolved characters ; unisexua!
flower and intectate baculate pollen. The latler character is further
correlated with scaly fruit in Dæmonorhops and reduced number of
stamens in Dypsis.
Flower : bisexual unisexual.
There are very few généra of palms with bisexual flowers, In ail
of them (except Korlkalsia) we hâve monosulcate pollen. Hence
we consider bisexuality as a primitive character. The genus Korlhalsin
needs further study. Whether its flowers like those of Melroxylon,
another genus belonging to Lepidocaryoideae, are pseudohermaphrodite
(physiologically unisexual) has to be verified.
Source : MNHN, Paris
— 363 —
OvARY ; apocarpous -* syncarpous (multicellular unicellular).
Apocarpous ovary is found only in some Cnniplwideae and it is corre-
lated with primitive monosiilcate pollen type,
ï^KiCDUNG : remotive-»■ admolive ^vivipanms.
The seedling of Conjplioideae are remotive whereas those of Lepido-
rnnjdidPde are adinotive. The latter type is therefore considérée! as
evolved. The viviparous seedling of A’f/po seems to he an adoptive
modification of adinotive type.
Stkm : arborescent -► acaulescent -» rhizomalic.
\ climbing.
.Vreording to Holttum (19ô5) solitary trunk may he derived from
rhizomatic type with sympodial branching as a resuit of a suppression
of the basal buds. But in the généra Meiroxylon and .Vyp« with rhizo¬
matic stem, we hâve advanced type of pollen grains. On the contrary.
the arborescent généra of Lepidocanjoideae hâve primitive monosulcale
pollen. We therefore conclude thaï arborescent hahit is a primitive
feature among palms. It is interesting to note that among the Scita-
mineae the tree habit is found to be primitive (Tomlinson, I%4i.
AH the climbing lepidocaryoid généra with axillary buds modilied
into cirrhiferous flagellum hâve evolved pollen types, lience this habit
seems to be an advanced character. The palms which climb by modi-
fied terminal leaUets appear to be less evolved because they (ex. -l/icis-
Irophyllum, Desmoncus] hâve primitive monosulcate pollen.
When we study a great number of palms, we are caught more by
tlieir resemblances than by their dilîerences. It appears that they
constitute a very natural family showing a number of overlapping ten-
dencies. None of the nine subfamilies of Palmae can be considered as
entirely primitive because every one of them has at least some evolved
characters.
PALYNOLOGICAI. AFFINITIES OF PALMAE
OiRNRR (lyfib) holds the view that Monocotyledons are palm déri¬
vatives. There is no palynological evidence to support this view. On
the other hand. we lind in this family a numher of pollen types and
almost all of them are found in LHiaceae.
.Vccording to Hendle (1959) Palmae and ,-lracene are very closcly
related. But, we note that the inaperturate and periporate pollen types,
as well as the pollen in tetrads, found in Araceae (Thanikaimoni. 1909)
are absent in Palmae. While the Aroid pollen grains are, in majority
of the cases, not résistent to acetolysis, the pollen grains of Faims with-
stand this treatment. Further, the striate exine type seen in some
Aroids are unknown in Palmae. Thus the palynological alhnities of
Palmae are more with LHiaceae than with Araceae.
In Cohxer’s opinion, Cyclanlhaceae could hâve evolved from the
Source : MNHN, Paris
— 3()4 —
anceslry ot Phyleleplias because both Cyclaiilliaceae and Phi/lelephas
are limiLed to tropical America. W'e note that Palmae and Cyclanlhaceae
bave in common the following evolutionary tendency ; monosulcate -*
ulcerate. Dut the dicolpate and meridionosulcate pollen types found in
Palmæ are unknown in Cyclanlhaceae. The dérivation of diporate pollen
type by the élimination of the central position ot the sulcus, observed
in Cyclanlhaceae {Harling, 1958} is yet to be demonstrated in Palmae.
Pollen grains comparable to those of Maurilia are observed in Pan-
danaceae. Dut in this family we do not hâve the meridionosulcate pollen
type of Nypa, a genus to which it is said to hâve close affinity ((Iorner,
1966).
The Agavales, according to IIuïchinson (1959), represent a link
between l’almales and LiLales. The occurrence of dicolpate pollen
grains in lhese groups may be considered as a sign of ailinity.
üooD (1956) considers the palms are distinct biological group. He
has provided a slellar model of Monocotyledons in which the palms occupy
a peripheral position. But pollen morphologically the palms fall within
lhe sphere of alTinilies of his « hard core d of Monocotyledons.
Our study has enabied us to confirm that « l’avantage des grains de
pollen pour traiter un sujet aussi vaste et important que la classification
est de pouvoir embrasser d’un seul coup d’œil des centaines d’individus
et d’un seul coup d’œil des dizaines de caractères et d’avoir de façon
presque immédiate une idée des variations maximales d’un ensemble »
(Van Campo, 1967). We hâve used pollen characters as a tool to test
afiinities between généra and familles and empha.sized them in our
tentative classification of palms,
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DES ORCHIDACEAE DE MADAGASCAR. XIV
LE GENRE LBMURELLA Schltb.
par J. üos.SKR
Résvmé ; Révision du gi-nre Lemureiia Schltr., petit genre endémique de Mada¬
gascar. Deux espèces nouvelles sont décrites et des synonymies nouvelles sont pro¬
posées.
SuMMARY : Révision of the genus Lemureiia Schltr., endemic of Madagascar.
Two new spccics arc described, and new synonyms are proposed.
Lemureiia est un petit genre endémique de Madagascar établi par
ScHLKCHTKU eii 192Ô. Trois espèces ont été retenues par Perrier de i.a
Bathik dans sa flore, auxquelles il adjoignit, en 19ôl, une quatrième :
L. Iriealcnriformis. Les plantes placées dans ce genre rappellent par le
port les Anifraecum à petites fleurs des sections Borij-Daroni et Hilde-
braiidli-angraecum; mais elles s’en séparent par leur labelle trilobé, les
deux lobes latéraux dressés, embrassant la colonne, le lobe médian étalé
ou plus ou moins récurvé. Certains Angraecum à petites Heurs ont un
labelle très concave, à bords arrondis, relevés, embrassant plus ou moins
la colonne et à sommet acuminé, rappelant un peu le labelle des Lemureiia :
mais, même si l’acumen est assez prononcé le labelle n’apparaît pas
nettement trilobé. Comme l'a fait Schlechter et avant lui Finet qui
plaçait Lemuref/a culicijera dans le genre Oeonia Lindl., nous admettons
que les caractères de Lemureiia situent ce genre près à'Oeonia. De fait, les
fleurs ont une structure analogue et il peut paraître assez difficile de dis¬
tinguer les (leux genres. Nous préférons cependant les maintenir sur les
caractères suivants ;
Lemureiia: Fleurs inversées, petites, uniformément %ertes; labelle
trilobé (le lobe terminal parfois échancré au sommet).
üeonia: Fleurs non inversées, assez grandes, blanches ou à labelle
blanc taché de rouge; labelle 4-.'>-lobé.
CARACTERES DU GENRE LEMVRKLLA Schltr.
Épiphytes caulescenls. Inflorescences uni- à pluriflorcs, simples.
Fleurs inversées, petites, vertes ou vert jaunâtre; sépales et pétales libres;
labelle trilobé, à lobes basaux relevés embrassant la colonne, lobe terminal
Source : MNHN, Paris
— 368 —
étalé, entier ou échancré au sommet; orifice de l’éperon infundibuliforme,
en continuité avec la concavité basale du labelie; éperon filiforme ou renflé
dans sa partie terminale; colonne courte, à rostelle trilobé, auricuies
latéraux développés, subcarrés, dent médiane aciculaire ou un peu spa-
tulée au sommet, rigide, aussi longue que les auricuies; anthère hémis¬
phérique tronquée ou échancrée en avant; pollinies insérées sur des
viscidies séparées.
ESPECES DU GENRE LHMVRELLA Sciilth.
1. Lemurella ciilicitera (Rchb. f.) Perr.
In H. Humbert, Flore de Madagascar, Orchidées, 49' famille, 2 : 334 (1941).
— Angraecum ctilicifenim Rchb. r., Flora 68 : 538 (1885).
• Oeonia culicifera (Rchb. f.) Finet, Bull. Soc. Bot. Fr. Mém. 9 : 60 (1907).
— Angraecum ambongense Sciiltb., Ann. Mus. Col. Marseille, 21, ser, 3, 1 ; 188
(1913), sgn, nov.
- Lemurelia ambongensis (Schltr.) Schltr., Fedde Rep. Beib. 33 ; 367 (1925),
sijn. nov.
- Reelarâia Utimberlii Perr., Not. Syst. 14, 2 : 160 (1951), syn. nov.
Après avoir examiné les types de L. ctilicijern et L. ainbongeiiKiri,
nous ne pensons pas qu’il soit possible de séparer ces plantes sur le plan
spécifique. L. ruiicilera, plante des (lomores, n’est connu, en fleurs, que
par une récolte de IIumblot. Par contre, £.. ambongenais a été plu.sieurs
fois récolté dans l’Ouest malgache. On peut noter, pour ce qui est du
matériel malgache, une assez grande variation de la (leur, quant à la taille,
à la forme des sépales, des pétales et du labelie. Les fleurs de la plante
comorienne ont des sépales et pétales lancéolés, plus étroits, un labelie
à lobe terminal également plus étroit, mais on trouve dans le matériel
malgache {Perrier 967j des Heurs se rapprochant de celles des échan¬
tillons des Comores. Il semble cependant que l’éperon soit toujours plus
long chez les plantes malgaches, dépassant la longueur de l’ovaire pédi-
cellé, alors qu’il est plus court sur les fleurs comoriennes. Peut-être pour¬
rait-on considérer les plantes malgaches comme une variété de l’espèce,
mais, comme, d’une part, nous ne connaissons pas les variations de l’es¬
pèce aux Comores et que, d’autre part, on trouve des variations impor¬
tantes de la fleur sur les échantillons malgaches, nous préférons, pour
l’heure, considérer l’ensemble comme appartenant à une espèce variable.
Enfin l’étude du type de Berlardia llumberlii Perr. nous a permis
de nous rendre compte qu’il s’agit d’un Lemurella; les fleurs sont iden¬
tiques à celles du type de Lemurella ambongensis.
Lemurella culicifera (Rchb. f.) Perr. existe aux îles Comores et à
Madagascar où il est épiphyte en forêt sèche semi-décidue de l’Ouest.
Répartition géographique ;
Iles Comores : Forêt de Combaiii, Mayotte, Hiimblot 13TS (type à'Angraecum
culiciferum Rchb. f.); Anjoiian, Laoonehie SO.
Madagascar ; bois sablonneux secs, Manongarivo, Anibongo, Perrier de la BàUne
Source : MNHN, Paris
— 369 _
PI. 1. — Lemurslla culicUera (Hclib. f.) Pcrr. : 1, jeune pied Henri (les plantes plus lîgces
ont une tige plus longue et une inilorescence plus dOvelopp^e dépassant les feuilles): 2,
fleur de forme normale (vue de lace); 3, autre (onne de (leur ;'i labelle tronqué au sommet;
4. fleur normale, vue latérale; 6, colonne vue du dessus montrant le rostelle trilobé; 6,
fruit; 7, pollinaire; 8, anthère vue du dessus,
Source ; MNHN, Por(s
— 370 —
967 bis (type de Angraecum ambongense Schltr.): bois de Aiijiafitatra, environs du
Mont Tsitondroina (Boïna), Perrier de la lidthie 967\ bois rocailleux du plateau d’Anta-
nimcna (Boïna), Perrier de fa Bdlbie 2877; torèt scml-décldue sur sable, Sakaraha,
J. iîosser 23 <22 et 2 8 408; forêt seini-déciduc, environs d’Ankazoabo, J. Bosser 27823;
forêt d'Analamera, vallée de l'Hazoroa, afllucnt de la Talicza, Sud de Sakaraha, H.
Humbert 29673 (type de Beclardia Humbertii Perr.).
2. Lemurella virescens Perr,
Not, Syst. 7 ; 135 (1938).
Petite espèce de la forêt humide semperv'irente de l'Kst, plus grêle
que la précédente et distincte par son labelle de forme différente. Hndé
inique de Madagascar.
Répartition géographiquk :
Forêt à mousses vers 1 200 in d’altitude. Mont Maromizaha près d'.Analainazoalra,
Perrier de la Bâlhie 26058 (Type FI); forêt côtière, Farafangana, J. Bosser 19755;
région de Tamatave, Kiencr, Jard. Bol. Tan. 948 (forme è éperon court).
3. Lemurella palliàiflora J. Bosser, sp. nov.
Epiphytica, caule ad 10-20 cm longo, foliis distichis, crassis, carnosis,
lanceolatis vel lineari-lanceolatis, 3-5 cm longis, 0,7-1,5 cm latis, basi altero
latcre ad alterum disconvenientibus, acutis et apice inaequaliter bilobatis.
Inflorescentia glabra, uniflora vel biflura; pedunculo gracili 0,8-1,3 cm
longo, basi vaginis 2-3 brevibus imbricatis munito; bracteis florum ovato-
acutis 2,5-3 mm longis; flore pallido-viridi, perianthio crasso carnoso;
sepalo médiane oblongo-lanceolato, acuto, 8-10 mm longo, 4 ram lato;
sepalis lateralibus lanceolato-acuminatis, 10-17 mm longis, 3 mm latis;
petalis oblongis apice acutis, 6-8 mm longis, 2-2,3 mm latis; labello 8-10 mm
longo, basi concavo, trilobato, lobis basilaribus rotundatis, erectis, lobo
terminali lanceolato-acuto, patenti, apice recurvato; calcare 1,5-2 cm longo,
ore infundibuliformi, propter tertiam superiorem partem paullo incrassato;
columna brevi, 1,5 mm alta; rostello trilobato, auriculis lateralibus latis,
subquadratis, dente mediano aciculari, rigido, auriculis aequilongo; anthera
hemisphærica, in diametro 2 mm, a fronte truncata, polliniis in viscidiis
distinctis insertis, ovato-oblongis; ovario glabro, torto, 10-12 mm longo.
Type : ,/. Jios.ser 19803. Forêt ombrophile de moyenne altitude,
800-900 m, .\mbavaniasy, Est de Périnet, Madagascar (Holo, P!).
Plante de la forêt de moyenne altitude, 8(K)-90() m, à tige grêle ou
moyennement robu.ste, de 2-3,5 mm d'épaisseur, simple ou ramiliée,
portant des feuilles sur toute la longueur, sauf l'extrême base. Gaines
foliaires courtes, comprimées carénées, glabres, de même longueur que
le.s entre-niruds. Limbes tordus à leur base et se plaidant dans le plan
de la tige, épais, vert sombre dessus, vert plus clair dessous, nervure
médiane déprimée sur la face supérieure, carénée sur la face inférieure.
Pédoncule floral perçant la base de la gaine. Fleurs vert pâle, à périanthe
charnu; sépales lancéolés, terminés en pointe aiguë, subacuininés, le médian
dressé, les latéraux dirigés vers l’avant; labelle trilobé, les lobes basaux
dressés, se rejoignant au-dessus de la colonne, le lobe terminal deltoïde
ou lancéolé aigu, à sommet recurvé; base du labelle très concave, munie
Source : MNHtJ, Paris
371
Source : MNHN, Paris
— 372 —
de poils hyalins épars et peu denses, gorge ayant ou non une carène
médiane arrondie peu marquée; éperon à base infundibulitorme prolongeant
la cavité du labelle, puis rétréci cylindrique et se renflant plus ou moins
en massue dans le 1 /3 terminal.
tiette espèce se distingue aisément de L. rtilirifera et L. rirescens
par son port, ses Heurs plus grandes, ses inflorescences uni- ou bitlores
et à pédoncule court.
4. Lemurella papillosa J. Bosser, sp. noo.
Epiphytica, caule gracili, 5-6 cm longo. Folia disticlia glabra, paullo
coriacea, lineari-oblonga, 3 cm longa, 7-8 mm lata.
Inflorescentia uni vel pluriflora, pendens, gracilis; pedunculo 3-5 cm
longo, pubesccnti-papilloso, vaginis basilaribus 2, brevibus, imbricatis,
subcastancis, simulac vagina inteimedia lanceolata, 2-3 mm longa, munito.
Bractca floris deltoidea, 3-3,5 mm longa. Axis inflorcscentiæ ultra ulti-
mum florem productus. Ovarium papillosum, 10-12 mm longum, apice
tortum. Flos viridis paullo carnosus; sepalo mediano lanreolato acuto 8 mm
longo, 2,5-3 mm lato; sepalis lateralibus lineari-lanceolalis, 8 mm longis,
2.5 mm latis; petalis lineari-lanceolatis, 6 mm longis, 1,7-2 mmlatis; labello
5-6 mm longo, trilobato, lobis basilaribus rotundatis crectis, lobo terminal!
3.5 mm longo, patent!, lanceolato-acuto, apice rccurvato; calcare 2,5 cm
longo, üliformi; anlhcra 1,5 mm lata, a fronte truncata, crista inediana
carnosa munita, pollinia in viscidiis distinctis inserta, oblonga, 1 mm longa;
columna carnosa, brevi 1-1,2 mm alta; rostello trilobato, auriculis latera¬
libus suborthogoniis, dente mediano aciculari, auriculis aequilongo.
Type : J. Bosser 14188, forêl ombrophile, environs de Maroanlsetra
(Est) Madagascar (Holo. P!).
Bosser 18546, forêt ombrophile d’altitude moyenne (800-9tM') ml
Sud de Moramanga.
Plante de la forêt humide de l’Est, à tige grêle, simple, un peu compri¬
mée, feuillée sur toute sa longueur, couverte par des gaines foliaires de
7-9 mm de long, lisses sur le frais, striées nervces sur le sec. Limbes vert
sombre brillant sur le dessus, plus clair et piqueté de blanc dessous,
charnus et rigides, linéaires oblongs à sommet aigu, arrondis à la hase
et tordus sur la gaine et ainsi disposés dans le plan de la tige; nervure
médiane seule visible sur le frais, déprimée sur la face supérieure.
Inflorescence perçant la gaine, à axe pubescent papilleux, prolongé
après la dernière fleur, en un appendice filiforme et grêle de 1-1,5 cm de
long; pédoncule grêle, pubescent papilleux ainsi que l’ovaire. Fleurs
glabres ou sépales un peu papilleux à leur base, vertes, très distantes sur
l’axe (2,5-3 cm) dans les inflorescences pluriflores; sépales lancéolés
aigus, à marges un peu révolutées; les sépales latéraux rétrécis à leur base,
obliquement étalés et à nervure médiane saillante sur le dos; labelle
trilobé, H lobes basaux arrondis, relevés, papilleux sur leur marge, mais
ne se rejoignant pas au-dessus de la colonne, lobe terminal lancéolé aigu
à sommet récurvé; éperon filiforme à orifice infundibulitorme prolongeant
la concavité basale du labelle; anthère tronquée en avant et munie à
Source : MNHN, Paris
— 373 —
l’arrière d’une petite crête médiane charnue; pollinies insérées sur des
viscidies séparées, oblongues, de 1 mm de long.
Espèce qui se sépare des trois précédentes par son inflorescence à
pédoncule et axe papilleux pubescent prolongé par un appendice filiforme,
ses Heurs très espacées sur l’axe, à long éperon grêle.
ESPÈCE EXCLUE
Oeonia subacaulis Perr.
Not. Syst. 7 ; 138 (1938).
- Lemurella lricalcariformi$ Pkrr., Not, Syst. 4, 2 ; 164 {19.61), syn. non.
Nous avons pu comparer des fleurs des types de ces 2 espèces, et
clics se sont révélées semblables. Quand en 1938, il décrivit Oeonia suba¬
caulis. Perrier de la Bathie manifesta quelque doute quant à la posi¬
tion générique de sa plante. Nous sommes persuadé qu’il s’agit bien d’un
Oeonia. O. subacaulis ayant des affinités avec O. Brauniana Wendi. et
KranzI., dont il ne constitue d’ailleurs peut-être qu’une variété.
CLÉ DES ESPÈCES DE LEMURELLA
1. Pédoncule et axe de l’inflorescence pubescents papilleux; axe
prolongé par un appendice long et filiforme, sans fleur au
sommet. L. papillosa
1'. Pédoncule et axe de l’inflorescence glabres: axe non prolongé
par un appendice filiforme.
2. Labelle à lobe terminal tronqué et échancré au sommet, muni
dans le sinus d’un court apicule. L. cuUcifera.
2'. Labelle à lobe terminal deltoïde ou lancéolé aigu, entier au
sommet.
3. Inflorescence uni- ou biflore à pédoncule court (0,8-l,5 cm).
Fleur grande (sépales latéraux 10-17 mm. éperon 1,5-
2 cm). L. paUidiJlora.
3'. Inflorescence pluriflore à pédoncule plus long (2,5-3,5 cm).
Fleur plus petite (sépales latéraux 4,5-5,5 mm, éperon
ne dépassant pas 1 cm). L. virescens.
Bidliooraphif.
Pkrrier de la Bathie, H. — Orchidées, in H. Humbert, Flore de Madagascar, 49'
famille, 2 vol. (1941).
— Orchidées de Madagascar et des Comores. Nouvelles observations. Not. Syst. 14,2 :
(1951).
ScHLECHTER, H. — Orchidaccae Perrierianae, Fodde Report. Beih. 33 : 366 (1925).
Directeur des Recherches O.R.S.T.O.M.
Laboratoire de Phanérogamie,
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Ai>ansoma, ser. 2, 10 (3) 1970.
LE GENRE MAESA EN GUINÉE
DESCRIPTION D’UNE ESPÈCE NOUVELLE
par H. Jacques-Félix
Hésumé ; Il y a trois espèces de Maesa en Guinée :lanceolata l'orsk.,largement
répandue en Afrique, et deux endémiques ; M. nuda Hutch. et Dalr.., .1/. vestila sp.
nov., d’évolution parallèle-
Sl'mmary: There is tlirec spccies of Maesa in Guinea; M.lonceolala Forsk., wides-
praed in Africa; and Iwo endeniics : M. nuda Hutch. et Dalz., M. vestila sp. nov,, of
parallel évolution.
L'aire africaine du genre paléotropical Maesa est entièrement cou¬
verte par l’espèce principale, M. lanceolata Forsk., découverte au Yémen,
connue de Madagascar et répandue, sur les territoires qui lui sont pro¬
pices, de la Guinée et l’Éthiopie jusqu’en Afrique du Sud. Les quelque
dix autres espèces du continent sont des endémiques régionales, dont
quelques-unes, du sous-genre Eumaesa, sont plus ou moins apparentées
et dilliciles è distinguer du Maesa lanceolata, nécessairement très variable.
Le problème se pose pour la Guinée, dont le territoire montagneux
est à la limite occidento-septentrionale de l’aire.
Kn 1921, .A. (’.HEVALiER attribuait une partie de ses spécimens à
M. lanceolata Forsk., et nommait, pour les autres, une espece nouvelle
non décrite ; M. djalonis.
Fn 1937. J. Hutchinson et J. M. Dai.ziel réduisaient M. djalonis
\. C.hev. comme synonyme de M. lanceolata Forsk, tandis qu’ils créaient
une espèce nouvelle sur une récolte ellectuée antérieurement en Guinée,
sans indication de localité, par Farmar. En fait, à cette date, du matériel
identique avait déjà été collecté au Fouta-Djallon par A. Chevalier
(190.')-f)8), H. PoBÉGi'iN (1910), H. Jacques-Félix (1935). Le n® 12984 bis
de (Chevalier, rangé par lui avec M. lanceolata Forsk., se rapporte
e.xactement à M. nuda Hutch. et Dalz., mais n’avait pas été vu par les
auteurs de cette espèce.
Celte divergence de conception n’est pas surprenante, car le matériel
de Guinée et Côte d’ivoire, spécifié par A. Chevalier, ne diffère guère
moins que M. nuda Hutch. et Dalz. des spécimens typiques du M. lan-
ceolaia Forsk. du Yémen et d’Éthiopie. L’espèce que nous proposons ici,
basée sur des exemplaires confondus par Chevalier, Hutchinson et
Dalziel avec M. lanceolata Forsk., présente cet intérêt qu’elle constitue,
avec M. nuda Hutch. et Dalz., un excellent exemple de variation parallèle.
Soucce : MNHN, Paris
— 37() —
C.Llt DES MAKSA DE GUINÉE
Panicules abondamment ramifiées et fleuries, portant des racé-
mules tertiaires; fleurs subsessiles; sépales ciliés; feuilles ovales-
lancéolées à largement elliptiques, 6-12 nervures latérales.
. M. lanceolata var. djalonensis.
Racèmes flexueux, laxiflores, le rachis primaire ne porte que 1-3
racémules simples; fleurs pédicellées; feuilles en coin à la base,
4-8 nervures latérales :
Plante entièrement glabre; fruit ovoïde. AI. nuda.
Jeunes rameaux,face inférieure des feuilles,racèmes et calice
velutineux; fruit globuleux . M. vestita.
Maesa lanceolata Forsk.
Fl. Aegypt. Arab, (1775); A. Richard, Tent. Fl- Abyss. 2 ; 20 (1851); C. Mi:z,
Mvrsinaceae, Pllanzenreich 4, 2.36 : 26 (1902); G. Ci'kodontis, Enum. Plant. Ethiop.
Sperm., Bull. Jard. Bot. Etat, Bnix. 30 ; 655 (1960); Fl. \V. Trop. Air., ed- 2, 2 : 33
(1963), />. />.
— M. picta HocilST. (1811).
L’abondant matériel d’Éthiopie, dont le type de M. pida Ilochst.,
est tout à fait conforme aux spécimens du Yémen que nous avons pu voir
{Botta s. II., en fleurs; Schweinjurlh 1558. en fruits) :
Feuilles à long pétiole de 2 à 5 cm; limbe étroitement elliptique, à
marges serratées, ou plus ou moins entières vers la base. Panicules d’am¬
pleur variable; pyramidales, 3-pennées; rachi.s glabres ou glabresceiits;
lleurs à pédicelles de 1 à 3 mm,
Var. djalonensis (.\. ('.hev.) Jac.-Fél., var. nov.
À typo diflert foliis ovato-lanceolatis; rhachi paniculatis velutino.
— Al. djalonts A. Chev., Expi. bot. Afr. Occ. ; 384 (1921), nom. niicl.
■.M. lanceoloia, Audréville, Fl. Forcst. Côte d’ivoire, ed. 2, 3; 101 (1959),
non Forsk.; Fl. W. Trop. Afr.. ed, 2, 2 ; 33 (1963), />. />. non FonsK.
.\rbuste parfois sarmenleux à petit arbre. Feuilles a pétiole de 2-3,5
cm; glabres, ovales-lancéolées, largement, arrondies à la base, parfois
subcordées ou, inversement, brusquement en coin sur le pétiole, 7-9 x 14
cm, marges grossièrement serratées, de 8 à 12 nervures latérales (rarement
moins). Panicule d’ampleur variable, parfois jusqu’à 15 cm, de 5 à 20 racé¬
mules secondaires, ceux de la base ramifiés en racémules tertiaires; rachis
densément velutineux. Fleurs subsessiles, 2-2,5 mm de haut, sépales
ciliés. Fruit globuleux, 3-3,5 mm de diamètre, à sépales persistants.
0,5 mm de long, plus courts que l’ovaire et appliqués.
Fouta-Djallon : C/ieyafier 14S3I (fl,, sept.), Longuerry, 3 m de haut, fleurs
blanc jaunâtre: 1S6II (fi., sept.), de Dlaguissa à Boulivel, 1250 m ait. (type de Af.
lîjalonis); 18S78 (fl., sept.), de Boulivel à Dalaba, Pobéguin 2066 (fr., déc.), de Dalaba
à Pila, arbre moyen de 2 à 5 m, nombreuses grappes le long des branches; 2179 (fl.,
nov.), sans loc., arbuste ml-sarmentcux, fleurs blanc crème- — Région de Magenta :
.lacques-Félix 898 (fl., mai), petit arbre 5 panicule diffuse, fleurs blanchâtres, pédicelle
bien prononcé; Schnell 2655 (fl., mai), massif du Ziama.
Source : MNHN, Paris
— 377 —
Nous proposons cette variété pour bien situer la position du matériel
de Guinée vis-à-vis du Maesa lanceolala typique. Directement comparée
aux spécimens d’Ëthiopie, elle présente des difTérences de forme et d'indû¬
ment qui ont conduit A. Chevalier à la nommer comme espèce. Par contre,
elle se rattache aux formes très variables qui représentent Maesa lanceolala
en Afrique intertropicale et finissent par se confondre avec M. rufescens
A. DC.
Maesa nuda Ilutch. et Dalz,
Kew Bull. 1937 ; 60; Fl. W. Trop, Air. 2 : 33 (1963),
— M. lanceolala, A. Chev,, Expi. Bot. Atr. Occ. : 384 (1921), p. p. : Chevalier
129S4 bis, non Forsk.
.Arbrisseau de 1 à 2,û0 m de haut, glabre dans toutes ses parties;
rameaux subherbacés. Feuilles à pétiole de 1,5-2 cm, oblancéolées à
étroitement elliptiques, 3,5-6 x 7-13 cm; marges serralées vers le haut
et subentières vers la base, de 4 à 6 nervures espacées. Racèmes flexueux,
laxiflores, jusqu’à 13 cm de long, formés du rachis principal portant, vers
sa base, de 1 à 3 racémules simples. Fleurs pédicellées; bractéoles obtuses;
calice 2,2 mm de haut, campanulé; corolle 3 mm de haut, dont 2 mm pour
les lobes imbriqués et auriculés; anthère 0,8 mm. Le fruit (non décrit
dans la diagnose) est ovo-ellipsoïde, de 5 mm de haut et 4 mm de diamètre;
les sépales, 1-1,2 mm de long, sont aussi hauts que le sommet de l’ovaire
et en sont légèrement écartés. Racèmes pendants à maturité.
Fot.'TA-DjALLON' c Chevalier 329Si bis (fl. fr., avril), chutes de la Dltine; Jacques-
Félix 79S (fl., mars), environs de Dalaba, en terrain marécageux, arbrisseau sub¬
herbacé: Pobéguin 226S bis (sans loc. ni date), en fleurs, feuilles petites, oblancéolées,
très atténuées à la base. (Cet exemplaire a probablement été numéroté postérieurement
par rapprochement avec une récolte effectuée indépendamment à Bomboli et appar¬
tenant à A/, veslila.) — Mont Nimba ; Schnell SIS, SSO, 471 (fl, jeunes, fév.), inflores¬
cences plus contractées (encore jeunes ou influence de l’altitude) c|ue sur les récoltes
du Fouta-Djallon.
Source : MNHN, Paris
— 378 -
Dans une certaine mesure, M. nitda Hutch. et Dalz. rappelle assez
bien les spécimens de Maesa lanceolala (ritlhiopie, alors qu’il s'écarte
beaucoup plus nettement de ceux récoltés plus au sud. La forme et la
Source : MNHN, Paris
— 37Ü —
glaucescence des feuille?, la glabréité, etc., sont aiiLanl de points communs.
L’intégrité des bases marginales, invoquée par les descripteurs, se retrouve
aussi chez M. lanceolairi puisque, pour le? cas contraires, A. Richard a
nommé une variété « senaUjolia ». Les fleurs sont également bien pédi-
cellées. Knfin il existe un spécimen de QuabtiiN Dillon qui a presque
tous les caractères de M. niida: racème de 10 cm. lleuri sur ü cm et ne
portant que deux racémules simples. Cependant, chez A/, nuda, les feuilles
sont plus nettement oblancéolées, les ileurs sont plus grandes, le fruit
dilîérent et plus gros, enfin la forme racémeuse des inflorescences est
constante et accusée.
Maesa vestita Jac.-Fél., sp. nov.
• A/, ianceolata Ciiev., Expi. Bot. Atr.; .184 (1921); Fl. W. Trop- Afr. 2: 33 (1963)
p. p. : Chevalier 12338. 13439, non Foksk.
Affinis M. nudae Hutch. et Dalz., sed calycibus, ramuIis,pctiolis, pagina
inferne foliorum, velutinis differt.
Arbuscula 1-2,50 m alla; ramulis subherbaceis, velutinis. Folia lanceo-
lata-elliptira, obtuse serrata, 4,5-6,5 cm lata, 9-14 cm longa, superne glabra,
inferne velutina; nervis lateralibus 6-8; petiolo 1,5-2,5 cm longo, velutino.
Inflorescentiae velutinae, racemosae, vel pauce bipinnatim panicidatac,
laxifloræ; racemo elongato, usque 14 cm longo, flexuoso, 2-3 racemuli
gerenti. Flores albi, pedicello 2 mm longo, velutino. Calyx campanulatus,
velutinus; lobis ovato-triangularibus, 1, 2 mm longis. Corolla 2,2 mm alla;
lobis late ovatis, obtusis, tubum superantibus. Fructi globosi, 5 mm diam.,
velutini calyce persistento.
.Arbrisseau jusqu’à 2,rj0 m de haut. Hameaux velutineux, lorsqu’ils
sont jeunes, finement striés, puis glabrescents. Feuilles de 10 à 17 cm de
longueur totale. Pétiole 1,5-2,5 cm de long, velutineux et strié, ainsi que
la côte médiane sur la face inférieure. Limbe elliptique, en coin aux deux
extrémités, pourvu de six à dix nervures latérales, souvent hifurquées
avant la marge; glabre à la face supérieure, velutineux sur toute la face
inférieure et particulièrement sur les nervures; marges grossièrement
serratées, plus obscurément ou subentières vers la base.
Inllorescences racémeuses, llexueuses, laxiflores; tous les axes velu¬
tineux et les principaux striés; rachis primaire de 10 a 14 cm de long,
avec seulement deux à trois racèmes latéraux simples, de 3-5 cm de long;
bractées 1.5 mm de long, triangulaires, naviculées, velutineuses sur le
dos.
Fleurs pédicellées; pédicelles 2 mm de long, velutineux; bractéoles
ovales-triangulaires, 1,2 mm de long, velutineuses sur le dos. Calice
velutineux sur toute sa surface externe; tube 1,3 mm de haut et 1.5 mm
de diamètre; lobes ovales-triangulaires, 1,7 mm de large à la base, 1,2 mm
de haut. Corolle blanche, glabrescente sur le dos (parfois quelques poils
épars et très courts), 2,2 mm de haut; lobes imbriqués, arrondis au som¬
met, 1,7 mm de large, 1,2 mm de long; étamines 0,6 mm.
Source : MNHN, Paris
- 380 —
Fruit globuleux, 5 mm de diamètre sur 5,5 mm de haut, velutineux
par toute la surface du calice, vertex de l’ovaire glabre.
I'outa-Djallon : Chevalier 25439 (tl.. avril), de Diaguissa à Timbo, type P;
Chevalier 12333 (fl., mars), Labé; Pobégnin 2263 (fl. (r. jeunes, fév.), Bomboli, en
terrain humide, arbuste de 2,50 m, fleurs blanches, feuilles vert gris. — Mont Nimba ;
Adam 117 (fl. fr., avril), 1400 m ait. en bordure de galerie, arbrisseau: Schriell 496
(tl. fév.). Les spécimens du Nimba ont des inflorescences plus contractées que ceux du
i-'outa Djallon.
L’indument n’est pas le seul caractère qui sépare cette espèce de
M. niida Hutch. et Dalz. Les feuilles ne sont pas oblancéolées, les éta¬
mines sont plus petites, le fruit est de forme diiïérente.
CONCLUSION. --- partir d’une espèce fondamentale, représen¬
tative du genre Maesa [Eumæsa) en Afrique, ayant deux tendances
quant à l’indument ; l’une, glabrescente, d’Éthiopie et d’.\rabie, l’autre,
velutineuse, d’Afrique occidentale, équatoriale et du sud, on observe,
en Guinée, une autre voie évolutive concernant la structure des inllo-
rescences. Maesa nuda, Ilutch. et Dalz., forme parfaitement glabre,
M. veslita Jac.-Fél., forme velutineuse, présentent toutes les deux de
longs racèmes llexueux et des fleurs sensiblement plus grandes, (]ui les
distinguent des autres especes africaines du meme groupe.
Laboratoire de Phanérogamic,
Muséum - Paris.
Source : MNHN, Par(s
Adansonia, scr. 2,10 (3) 1970.
DEUX ESPÈCES NOUVELLES DE CROTALAl^lA
par M. l'Kf-Tii-K
Hn achevant la révision de.s Génistées de Mada'iascar. nous sommes
amené à la description de deux e.spèces endémiques nouvelles dont nous
donnons ci-après les diagnoses.
Crotalaria Bosseri M. Pell., sp. nor.
Arbuscula 1-2,5 m, ramis tomento-villosis, foliis trifoliolatis; stipulae
iiulfae; petiolus tomentosus, 12-30 mm longus; foliola elliptica, 25-45 mm
loiiga, 12-20 mm lata, apice mucronata, basi attenuata, subtus subtiliter
pilosa.
Hacemi foliis oppositi vel terminales, folia superantes; axis tomen-
losus; bracteæ 3 mm longoc, lincarcs; pedicelli 7-10 mm longi, pubcscentes
iisque ad bracteolarum insertionem, deindc glabres; bractcolœ lincares,
1 mm longce. pubescentes; calyx 10-12 mm longus, glaber, denlibus triangu-
lariacutis, quam tubo longioribus; corolla lutca, vcxillo 12 mm longo, 12 mm
extus glabro: alae asymmetricae; carina 12-13 mni longa, rostrata; ovarium
stipitatum, glabrum, 6-10 ovulatum.
Lrgumen subcylindricum, 18-22 mm longum. 5-6 mm latum, glaber,
lato, carpophoro 10 mm longo.
Tvpk : l>Mer 0607 (!».).
('cite espece a été rencontrée une première fois près de la ville d'ihosy.
sur les collines situées au sud-ouest. Par la suite, nous l’avons retrouvée
sur diverses collines du nord-est, près du terrain d’aviation, j>uis sur les
rives de l’Ihosy, en aval de la ville. Il est probable que des plantes stériles
observées dans la région d’Ivohibe en font partie.
lille possède des affinités avec diverses espèces endémiques de la
section Euvrotahria, notamment avec C. ftherenensin U. Vig. et C. Per-
L'illei 11. llaill. par la dimension des (leurs et par le fruit à carpophore net.
mais en dilîère par ses feuilles et par son ovaire à nombre d’ovules plus
restreint.
D’après nos observations sur le terrain, la lloraison paraît assez irré¬
gulière, principalement pour les individus situés sur les pentes sablon¬
neuses où elle esl soumise à l’irrégularilé des pluies.
Source : MNHN, Paris
- 382 —
Crotalaria Gapuroni M. l’elL, xp. noc.
Arbuscula l'l,5 m, ramis primuin pubesccntibus, dcindc glabris, foliis
trifoliolatis. Stipulac nullau; petiolus 6'15 cm longus, glabrescens; foliola
elliptica vel obovata, 25-80 mm longa, 15*45 mm lata, basi attenuata, apice
mucronata, utrimcjue gtabra.
Raremi axillares, brevissimi, 2-5-flori; axis brevissimus; bractea 1 mm
longa. triangularis. pubescens; pcdicelli 6-9 mm longi, villosi, ad tertiam
inferiorem partem 2 parvas bracteolas lineares ferentes. Calyx7-8 mm longus,
piibescens, dentibus acutis tubo longioribus; corulla lutea; vexillum 7-9 mm
longum. glabrum; carina 9-10 mm longa, vaide rostrata; ovarium vix
stipitatum, 8-12-ovulatum.
Leguinen ignotum.
Type : Capitron 23324 (P.), forêt, d’Analafondro, bassin du Kodo.
L’échantillon llumberl 19185, récolté sur les collines de l’Analamera,
rive droite de l’Analabe. est très semblable au type et a été prélevé à un
stade un peu plus précoce, si bien ([ue le fruit est actuellement inconnu.
Deux autres exsiccata dûs aux Réserves .Naturelles (n°* 8566 et 10163)
sont également à rapprocher, mais sont à un stade encore plus jeune.
Par son inflorescence et ses caractères lloraux, l’espèce est à rappro¬
cher de trois espèces du sud de l’ile, C. androyensis H. Vig,, C. Poissonii
H. Vig. et C. mandrorensis H. Vig. Elle s’en distingue nettement par ses
feuilles à très long pétiole, l’absence de stipules, l’absence de pilosité
sur les feuilles ainsi que par le port de la plante. Enfin, il faut noter que
tous les échantillons actuels proviennent de zones calcaires.
O.R.S.T.O..\I.
I.aboraloire de Phaiiérogamic,
Muséum - Pauis.
Source ; MNHN, Paris
Adansosi
r. 2,10 {3) 1970.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE BIOLOGIQUE
D’UNE ARALIACEAE D’AMÉRIQUE TROPICALE :
DIDVMOPANAX MOROTOTONI
ÉTUDE PARTICULIÈRE DE LA VARIABILITÉ
MORPHOLOGIQUE FOLIAIRE
par Annette Hi.auik
Si'MMARY ; This paper deals with thr biology of a sitotropical spucies of Ara-
liaceae : Didymnpanax morotoloni (Aublet) Decaisne et Planclion, during a stay of 15
nionths al lhe Smithsonian Tropical Research Institutc in Panama (Canai Zone).
Tliis woody spccics has a big trunk with fcw branches and large, leaves, and
complex inflorescences. This is supposed lo be a primitive form according to Corner's
tbeory; but this tree présents some evolutionary characters such as hairs on leaves,
leaf surface dccrcasing in the adult plants, rclated to their habitat in the second
growtli forest.
The variability within a population of living plants and their seedlings is studied.
Some spécial aspects of the structure of the inflorescence and the morphology
of leaves (especially in the flrst leaves of seedlings) are considered in coniparison with
tliosc of some other Araliaceae coltected in Panama.
Resc'mkn : Se suman aqui datos relativos a la biologia de una araliàcea : Didymo-
panai morofofoni (Aublet) Decaisne et Planchon, durante 15 meses en Panamâ (Smith¬
sonian Tropical Research Instilute).
Esta Icftosa especies tiene un ))orte muy simple con pocas ramas, hojas grandes
y inflorescencias compejas que representan una forma primitiva (cf. Corner); tiene
iambicn caractères avanzados relativos a su localizacion en la selva de tipo secondario.
En este esludio se trata de las caracterfsticas estructurales y morfologicas dentro
de una populacion de plantas vivas y de sus plantulas.
Ademâs, comparos esta especies con otras, de la familia de las araliàceas que se
encuentran en Panamâ.
La présente élude est l’analyse m silu d’une .4roiirtceae arborescente
Didi/mopanax morotoloni (.\iiblet) Decaisne et Planchon, faite au cours
d’un séjour de 15 mois dans l’ile de Barro Lolorado^ à Panama. Nos
observations ont été faites dans diverses localités d'étude de la Zone
du Panai de Panama, recouverte par la forêt secondaire, plutôt que sur
l’île de Barro Colorado où la densité des Didi/mopanax est faible, la végé-
1. Réserve biologique créée en 1920 (Smithsonian Institution).
Les spécimens sont déposés dans ies Herbiers de Washington (Smithsonian Insti¬
tution) et de Paris (Muséum National d'Histoire Naturelle).
Source : MNHN, Paris
384 —
talion y étant relativement ancienne, du type dense humide semi-décidu
(cf. Aubrévillk- 1965 et Montoya-Maquin-1966).
Plusieurs déplacements dans l’Est de l'État de Panama nous ont
permis, en outre, de mieux connaître le Didijmopanax dans ses variations
morphologiques comme dans son écologie et d’étudier comparativement
plusieurs autres Araliaceae d’altitude.
Le Didijmopanax morololoni a d’abord été décrit par Aublkt en 1775
sous le nom de Panax morololoni en faisant référence à la planche d’illus¬
tration intitulée Panax undulala; le nom de Panax lindulatiim a été ulilLsé
par Humbolt, Bonpland et Kunth (1821). En 1790. Vahi. décrivait
la même espèce sous un autre nom : Panax chnjanphijllum. Auulkt nous
dit que ce sont les indigènes Galibis qui désignent cet arbre sous le nom
de " Morototoni » (en Panama, il est nommé « Kspave », nom d’origine
espagnol, mais il est souvent confondu sous le nom de « Guarumo « avec
diverses espèces de Cecropia que l’on trouve dans le même habitat).
Le genre Didijmopanax a été créé par Decaisne et Planchon (1854).
Un ouvrage de Linden et Planchon (1863) faisant suite à leur « l'Iantae
Colombianeæ >4, a ser\’i de référence à des botanistes du siècle dernier :
Bentham et IIooker (1880), Mabchal (1878 et 1879), See.mann ^868),
qui utilisaient alors le nom de Didijmopanax morololoni.
Des descriptions ont été données par de nombreux auteurs dans
divers travaux ou dans les flores locales d’.\mérique Tropicale et notam¬
ment pour Panama, par L. Nei.vinü (1959) qui reprend le travail de
Smith (1944).
Rappelons brièvement la physionomie do cet arbre qui impose au
regard l’harmonie de ses branches nues à division bipare, couronnées d’un
feuillage léger. La silhouette de l’arbre ne ressemble que grossièrement
à celle des Cecropia qui présentent de profondes différences architecturales
(de plus, le limbe de leurs grandes feuilles longuement pétiolées dans les
deux cas, a une forme bien différente : lobé plus ou moins profondément
chez les Cecropia, palmaticomposé chez le Didiimopanas morololoni).
L’arbre adulte a une taille comprise entre 20 et 25 m (30 m au maxi¬
mum), taille relativement faible comparée à celles des essences fores¬
tières dépassant fréquemment 40 m en forêt dense. Le tronc peut atteindre
80 cm de diamètre à la base. Les branches nues sont peu nombreuses
et marquées des cicatrices des pédoncules foliaires qui donnent un aspect
strié à l’écorce blanc grisâtre. Les inflorescences sont terminales, bien
visibles au-dessus du feuillage : ce sont de grands panicules composés de
grappes d’ombelles (PI. 1).
I. CYCLES BIOLOGIQUES
L’arbre est tout d’abord monocaule : il possède une seule grosse
tige atteignant 7 à 8 m et les feuilles poussent et tombent progressivement.
1. Mentionné par Maucual (1879), mais non publié.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 3MC, _
Puis, après chaque floraison terminale, la plante se ramifie par biparité :
deux apex apparaissent sous l’inflorescence, la régularité n’étant pas
absolue (quelquefois un apex avorte, ou bien très rarement trois rameaux
se développent).
Le nombre d’années nécessaire pour que la plante atteigne le stade
reproductif est do l’ordre de dix ans. Knsuife, dès l’àge reproductif, le
cycle de la plante devient annuel.
La figure 1 montre les cycles foliaire et reproducteur du Didiimopaiiax
moroioloni et la pluviosité en millimètres par mois sur l’île de Barro
Colorado. La saison sèche dure de janvier à mars.
Nos premières observations en 1960 datent de la mi-novembre.
Toutes les plantes repérées à cette époque sont au stade des Jeunes fruits,
sauf un arbre de l’île de Barro Colorado situé en bordure de clairière
orientée au Nord.
Ln 1967. nous suivons le développeinenl des inflorescences sur une
population importante. Les ébauches d’inflorescences apparaissent en
août, mais ne sont bien visibles qu’en septembre; elles sont plus ou moins
développées, sans rapport avec la taille de l’arbre (chaque apex ne porte
pas nécessairement une inflorescence).
Les premières anthèses apparaissent fin septembre. Sur une inflo¬
rescence, nous avons noté l’état des fleurs composant les ombelles (tableau
I et cf. pl. 2). Dans une ombelle, les fleurs extérieures s'ouvrent les pre¬
mières, mais il ne semble pas y avoir de gradient de floraison d’une
ombelle à l’autre. La floraison s’étale sur environ un mois.
Tablkav I. — États floravx simultanés son une même inflorescence
Fleurs
tombées
Pétales
Fleurs
ÉPANOUIES
Boutons
FLORAUX
pédoncuk' H , .
25
a7
75
178
2' pédoncule II . .
lü
51
65
111
3' pédoncule 1! . .
4
26
40
67
4' pédoncule II . .
1
32
52
126
l’ourcentagcs ....
4 %
17 %
22 %
47%
Vers le ir> novembre tous les arbres sont en fruits, ce que nous avions
constaté en 1966 à la même époque. La maturation des fruits est ensuite
très progressive, mais ils atteignent rapidement leur taille définitive
(pl. 2). En 1967, les premiers fruits mûrs de couleur noire, apparaissent
au mois de janvier, commencent à tomber en grande quantité au mois
de février et certains arbres portent encore quelques fruits fin mai.
Ainsi, la floraison du Didymopanax moroioloni a lieu en octobre,
Source : MNHN, Paris
— 387 —
Source : MNHN, Paris
— 38Si —
au moment des plus fortes pluies de l’année, contrairement à beaucoup
d’autres espèces qui habitent les climats tropicaux avec une saison sèche
importante (cf. Fournier et Sai.as, 1%6). Janzen (1907) considère que
le mécanisme de floraison et de fructification que l’on observe, en saison
sèche au Costa Rica est le résultat d’une sélection pour la reproduction
sexuée dont les avantages seraient ; la bonne utilisât ion des agents pollini-
sateurs pendant la saison sèche ainsi que, en saison des pluies, la meilleure
compétitivité végétative. Le Didj/mopanox ntoroloioni qui se situe en dehors
de ce maximum quant à sa lloraison, serait doué d’un mode de croissance
végétative dilîérent et utiliserait d’autres agents pollinisateurs. Kn fait,
les fleurs sont visitées par de nombreux insectes notamment des abeilles
Trigona et Mellipona. Cependant, le mode de fécondation reste inconnu
car nos e.xpériences ont été fau.ssées par la présence de fourmis du genre
Cremalogader qui vraisemblablement sont responsables des perforations
toujours constatées dans les sacs à autofécondatlon. Ces fourmis qui
s’abritent dans les gaines des feuilles sous l’inflorescence pourraient
d’ailleurs être des agents naturels favorisant l’autofécondalion. Mais la
présence de fourmis n’est pas générale et ce sont surtout d’autres Hymé¬
noptères (abeilles et guêpes) qui ont été observés sur les arbres en fleurs.
Quant au cycle de foliation, il n’.ipparaît devenir régulier (pio chez
l’adulte fertile. Des mesures efTectuées sur un jeune arbre en bordure
de ilairière sur l’île de Barro Colorado, montre que le rythme de crois¬
sance doit être tout d’abord endogène, indépendant des facteurs clima¬
tiques (fig. 2). Par contre, chez l’arbre adulte, toutes les feuilles situées
sous les inflorescences terminales tombent régulièrement durant la période
de maturité des fruits, de janvier à avril, tandis que les repousses apjia-
raissent au mois de février (fig, 1). La poussée des nouvelles feuilles e.st
très rapide, lilles sont toutes serrées les unes contre les autres formant
un bourgeon nu, les premières feuilles protégeant les dernières. La crois¬
sance va donc se faire jusqu’au moment des nouvelles intlorescences,
puis la plante est au repo.s sur le plan foliaire. L’e.xistence rl’une phase
de repos semble très répandue chez les plantes tropicales qui font l’objet
d’ohserx-ations de plus en plus nombreuses. On a observé chez l’IIévéa
une croissance rythmique qui est corrélative de la formation de véritables
bourgeons correspondant à la phase de repos de la plante (IIai.lé et
Martin, 1908).
Parmi les Araliacene, les Oreupanax présentent de tels bourgeons
protégés par des écailles, b-n Panama, ce sont des plantes localisées sur¬
tout en forêts d’altitude très humides. Borcheht (1909) a fait récemment
une analyse de ces structures chez les Oreopaimx de Colombie, en les
comparant au.x bourgeons dormants des arbres caducifoliés des régions
tempérées. Ln pays tropical, il serait dillicile de trouver un facteur
extérieur qui induirait la dormance, et la physiologie des plantes ilemanrle
à être étudiée.
Dans le cas du Didymopnnax, la croissance i-ythinique est liée à la
période reproductrice annuelle dont le déterminisme est probablement
un facteur climatique.
Source : MNHN, Paris
— 389 —
Source : MNHN, Paris
— 390
U. VARIABILITÉ STRUCTURALE DE L’INFLORESCENCE
Les infiorescences sont des panicules composés de grappes d'ombelles
d’ordre variable. Dans le tableau II, sont rassemblées toutes les données
concernant les inflorescences des échantillons récoltes et la figure 3 sché-
malise les types d’inflorescences. Les échantillons ont été prélevés en
sectionnant les branches, car celles-ci, longues et fragiles, ne permettent
pas de récolter les inflorescences en place (nous n’avons donc pas analysé
toutes les inflorescences d'un arbre, ce qui aurait nécessité de l’abattre).
Les ombelles sont portées par des pédoncules généralement ter¬
tiaires [fig, 3 A). Mais sur un échantillon, nous avons observé une inflo¬
rescence différemment structurée où les ombelles sont portées par des
pédoncules quaternaires (fig. 3 B). Dans le premier cas, on remarque
sur certains échantillons la présence d’une fleur solitaire sous rotnbidle
et des amr)rces de ramifications le long du pédoncule tertiaire.
La variabilité que nous observons dans le mode d’inflorescence est
individuelle et nous pensons (juc le type d’inflorescence est en cours
d’évolution dans l’espèce, li ne semble pas que l’on puisse expliquer
la persistance de formes dilTéreiites par des écotypes, car les nnd)eiles
d’ordre 4 sont rares et aucun autre caractère morphologique distinclif
ne les accompagne. De plus, un de nos échantillons présente une
structure intermédiaire intéressante (fig. 3 L) : ombelles d’ordre 4 à l’e.x-
trémité apicale de l’inflorescence (avec des fleurs avortées) et ombelles
d’ordre 3 (portant de jeunes fruits) sur des pédoncules tertiaires où
l’on observe encore des amorces de ramifications ([uaternaires.
Nous avons examiné ((uelques spécimens d’herbier à Paris. Très
Source : MNHN, Paris
— 391
souvenl les inflorescences sont récoltées incomplètes; cependant, nous
avons pu vérifier l’existence d’ombelles d’ordre 4, notamment sur des
plantes de (luba où l’on trouve également des ombelles d’ordre 3. Par
contre, les échantillons de (iuyane Française montrent des ombelles
d’ordre 2 sur plusieurs échantillons provenant sans doute d’un même
arbre; des amorces de ramifications se distinguent très nettement sur les
pédoncules secondaires.
La famille des Araliaceae possède des types d’inllorescence très
variés et parmi les espèces récoltées en Panama, nous avons observé les
structures s
2 (flg. 4 \) chez le Schejjlem epiphijlira A. <1.
pèces du Srhefjlera les fleurs sont subsessiles ou
uiividu peut présenter différents stades); l’axe
Source : MNHN, Par(s
TablkauII- — Variations structurales des inflorescences
Source : MNHN, Paris
— 393 —
floral qui est très réduit chez le Schefflera epiphijlica peut, être très allongé
chez les autres espèces et porter de très nombreux pédoncules primaires.
— (Capitules d’ordre 2 (fig. 4 13) chez tous les Oreopanax, invariable¬
ment.
- Ombelles d’ordre 1 (fig. 4 ('.) chez le Dendropanax arboreus (L.)
Dec. et Planch. L’axe floral est alors bien développé et porte de nom¬
breux pédoncules, mais le nombre total de Heurs est grandement diminué.
2j Foume.s cauliformes :
— Ombelles d’ordre 2 (fig. 4 D) chez le Srindodendron excehum
Griseb..
— Ombelles d’ordre 1 (fig. 4 B) chez le Dendropanax alberli-smilhii
Nevl..
.\insi. parmi ces espèces observées en Panama, les ombelles d’ordre 3
et a jorliori celles d’ordre 4 n’existent que chez le Didijmopann.e mnrololoni.
L’évolution de la structure des inllorescences s’est probablement engagée
dans plusieurs directions chez les Araliaceæ, famille déjà ancienne' mais
tous les fails observés chez le Didymopanax tnorohloni peuvent nous
conduire à penser que l’évolution se poursuivrait dans le sens d’une sim¬
plification lie la structure de l’inflorescence par des avortements successifs.
III. VARIABILITÉ MORPHOLOGIQUE FOLIAIRE
Les feuilles du Didymopanax inorolulnni sont alternes comme celles
de presque toutes les espèces de la famille des Araliareo?. Leur taille,
très grande en général, varie beaucoup au cours de la vie des individus.
Nous donnerons une description de la feuille chez l’arbre adulte,
avant d’aborder l’ontogénie foliaire chez ia plantule, puis l’étude des
variations morphologiques qui suivent.
A. — DKSCHrPTION DE LA FEl'ILLE CHEZ L’ADULTE.
Les feuilles sont palinaticomposées : les folioles s’insèrent à l’apex
du pétiole commun i jil. 1) et sont caduques.
1. Le pétiole. — Le pétiole est long (jusqu’à 1 m). Il est étroitement
cylindrique et renflé à la hase en une gaine qui embrasse partiellement
la tige avec deux stipules bien développés. Il est oblique asccendant,
son extrémité se redresse et s'épaissit en une plateforme où sont articulés
de façon rayonnante les pétiolules des folioles. Lors de la pleine floraison
1. Les premièies feuilles fossiles attribuées à la famille des Araliaceae datent du
Crétacé: mais les études récentes de paléopalynologie (Doylk. 1969) montrent que la
diversification des Angiospermes était fi peine ébauchée au Crétacé supérieur, Dil-
CHBK et Doi.ni (1970) ont décrit un Dendropanox do l'Eocéne moyen.
Source : MNHN, Paris
— 394 —
chaque pétiole s'aiîaisse avant de se détacher de la tige, lin l’anamo,
ces pétioles, d’une grande résistance à l’état sec, .sont utilisés pour la
confection des cages à oiseaux.
2. Les folioles. — Les feuilles palmaticomposécs du Didijni'ipaïuix
morololoni ont, en l’anama. 9 ou lll folioles.
Les folioles sont horizontales et radiales, sauf au cours de leur crois¬
sance où les pétioles sont ascendants presque verticaux et les folioles
tombantes, pliées le long de la nervure médiane.
Le limbe est elliptique-oblong, acuminé, ondulé; le bord est sinueux;
la nervation est simple, pennée.
Nous avons examiné les stomates par la méthode des réptic[ues sur
acétate de cellulose^ [pi. 4); ils sont généralement du type paracyticjuc.
L’ensemble du limbe a une structure coriace. 11 est vert sombre à
la face supérieure et brun roux à la face inférieure en raison de la grande
densité des poils courts dont l’ensemble forme une couche homogène et
veloutée.
B. — ONTOGÉNIE FOLIAIRE CHEZ LA PLANTULE.
Nos observations ont été faites d’une part sur les plantules <le Did;/-
mopanax morololoni croissant dans les dilîérentes localités «l'élude que
nous visitions régulièrement, d’autre part sur les jeunes piaules que
nous avons cultivées sur l’île de lîarro (Colorado dans une graïuie cage
de culture, installée dans la clairière, près des laboratoires. Ceci nous a
permis de suivre de manière plus précise le développement de ces plan¬
tules et d’en faire une étude comparative avec celles des esjièces sui¬
vantes : Scbelflera s'islgla (Uonn, Sm.) Viguier et ScIteHlern arlinophi/lla
Harms (plante ornementale, cultivée en Panama); Dendropnnn.r arlKirenu
(L.) Dec. et Planch.; Dmdropanax alberti-nmilliii Nevl, ; Scindodendron
excelsum Griseb.
1. Description de la plantcle.
Premier stade. — La planche 2 montre la germination de quelques
graines en boite de Pétri, 68 jours après le semis (à la température d’un
laboratoire à air conditionné — 22“C). Le tégument s'ouvre en deu.x pour
laisser passer tigelle et radicule. Les deux cotylédons foliacés sortent de
la graine, entraînent quelquefois une partie des téguments. Ce type
de germination est dit phanérocotylaire selon la définition de J, Duke
( 1965)*. Les germinations des autres Araliaceie observées sont de ce type.
1. La feuille, trempée dans un solvant de la matière plastique (acétone), est ensuite
appliquée fortement sur une lamelle d’acétate de cellulose où elle laisse une empreinte
détaillée, visible au microscope.
2. A l'opposé, une germination cryptocotylairo correspond au cas où les coty¬
lédons demeurent dans la graine. La graine peut alors rester enfouie dans le sol et c'est
l’équivalent d'une germination hypogée, ou bien la graine s’élève au-dessus du sol
ce qui est le cas de nombreuses espèces tropicales.
Source : MNHN, Paris
— 39;') —
Le délai de irermination est grand (40 ;i 90 jours pour un semis en
terre. 30 à 30 jours en boîte de l'étri) et le pourceuLage est faible (3.')
au maximum). Des germinations ont été obtenues de graines dépouillées
de leur tégument, ou après trempage d’une heure dans une solution
d’hypnchiorite de sodium, à 3 p, 100, mais sans augmentation signilicative
par rapport aux lots témoins.
Second elade (pl. 3). — Les deux cotylédons sont semblables, rond-
ovales :'i apex émarginé (longs de lu à 23 mm; larges de 11 à 13 mmi.
La couleur générale est vert soutenu, avec une tache jaune autour de la
découpure de l’apex. Trois nervures très nettes donnent naissance à un
3'éseau dill'us. Les plantules des autres espèces ({ue nous avons cultivées
ont aussi des cotylédons à trois nervures, » ronds » selon la définition que
M, T. (iEB<;i:.\L’ (1902) donne pour la lignée n R » des L'mhelliferae.
L'axe hypocotylé, souvent rougeâtre à rouge foncé, cylindrique,
mesure entre 5 et 0 cm. La très jeune plantule de Didtjmopannx movololoni
a donc déjà une taille importante, ce qui peut constituer un avantage
dans la compétition interspécifique, (.'.'est aussi la plantule la plus grande
parmi celle des autres espèces que nous avons examinées (cf. pl. 3-1 à 7
où les plantules sont toutes reproduites à la même échelle).
Les premières feuilles sont simples, alternes, bien nettement pétiolées.
Le pétiole est souvent rougeâtre, légèrement puhescent. Il est cannelé,
creusé au milieu de la face supérieure. Sa base est à peine épaissie et les
stipules sont très petits (inférieurs à 1 mm), Sa longueur est supérieure au
tiers de celle de la feuille.
Le limbe de la première feuille est pyriforme (long de 4 à 5 cm;
large de 2,r> à 3 cm); la base est quelquefois légèrement cordée; raj)e.x
est acuminé. Il est denté irrégulièrement, bordé par de longs poils attei¬
gnant 2 mm de long, au nombre de ôO à 60; la face supérieure du limbe est
garnie par ce même type de poils dans lesquels se prolongent un lin
vaisseau. La plantule présente alors son aspect caractéristique. .Vucune
des autres e.spèces examinées ne possède cette pilosité particulière.
Les nervures du limbe sont bien distinctes, saillantes à la face supé-
l'ieui'e. Elles apparaissent sur les photos des plantules en place. La planche
4 représente des spécimens d’herbier en projection directe sur papier
j)hotographi(fue. ce qui met en évidence la nervation. Sur la première
feuille, la nervation est pennée; les nervures secondaires sont au nombre
de 3 à 10, régulièrement disposées et formant un angle aigu avec la ner¬
vure médiane. Le limbe des feuilles suivantes augmente de surface et
s’allonge; le nombre de poils s’accroît proportionnellement et les premières
nervures secondaires ont tendance ii devenir digitées.
2. SfCCES.SION DKS FORMES FOLIAIRES,
.V un niveau variable suivant les individus, apparaît ensuite une
feuille composée de trois folioles; le limbe est encore décurrent le long des
pétiolules, mais dans la feuille suivante les pétiolules s’individualisent très
nettement. Le nombre de folioles devient ensuite de plus en plus grand.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 397 —
Hii moyenne, les trois premières feuilles sont simples, La quatrième,
la cinijuième. la sixième sont S-foliées. La septième, la huitième, la neu¬
vième sont o-foliées. Nous avons obteffu deux dixièmes feuilles 7-foliées
au bout de dix mois de culture. Lelte moyenne a été obtenue sur les
plantules issues de firaines récoltées dans la forêt secondaire.
La succession des différentes transformations est très variable.
Mlle semble être quelquefois sous la dépendance des conditions de culture,
mais aussi de facteurs géniques. Des différences ont en elTet été observées
en fonction des divers lieux de provenance. Sur un loi de graines prox'e-
nant d’un type de forêt humide (côté .Vtlaiitique). les feuilles composées
sont apparues moins rapidement : la première fouille 3-foliée est la
cinquième ou même la sixième feuille seulement, et des onzièmes feuilles
étaient encore û-foliées.
De la forêt de Barro-Colorado. nous avons peu d’exemples, car nous
n’avons obtenu aucune germination {toutes les graines ouvertes étaient
sans embryon) ; sur une plantule dans la foret nous avon.< noté la sixième
feuille encore 3-foliéc,
I*ar contre, nous avons noté l’apparition précoce de feuilles composées
sur des plantules provenant de la zone sèche (côté Pacifique) ; la troisième
feuille est déjà 3-foliée et même la deuxième feuille chez une plantule
de la colline d’.\ncon. Aussi, nous serions tentés d’admettre une accélé¬
ration <lans le développement morphologique des feuilles en liaison avec
la sécheresse des lieux de récolte des graines.
Or. il est certain que l’appai'ition des feuilles composées est liée aux
conditions externes. Lorsque les plantes se Irouvent dans de mauvaises
conditions, leur croissance s’arrête pendant un temps relativement long,
et nous pouvons voir une feuille 3-foliée succéder a une feuille 5-foliée.
Le rythme est, de ce fait, lié à la croissance générale de la plantule et cela
pourrait expliquer une certaine sélection de génotypes à développement
différent en fonction des conditions externes.
Parmi les autres espèces que nous avons cultivées, les premières
feuilles sont égilement simples (pl. 3); les feuilles adultes restent sim])lcs
chez les (leux Dendmixinaj', tandis qu’elles sont palmal icomposées chez
les deux Scheljlerti et palmatilricomposées chez le SriadoJendron e-irel-
suni. Dans ce dernier cas cependant, la première feuille est forteimmt
dentée et la deuxième feuille est déjà composée, ce (pii montrerait une
corrélation positive entre la rapidité d’apparition de la feuille composée
et le degré de complexité de la feuille adulte.
3. IÎti dk comi’ahi';|': dk la disposition di'.s .nkkvlbks.
La planche 4 {b, c et d) montre trois feuilles successives d’une même
plantule du Didi/mopanax morololoni. Tandis que la première feuille d’une
plantule possède une nervation simple pennée, nous voyons apparaître
sur la dernière feuille simple des nervures digitées à la hase du limbe;
des nervures tertiaires se dessinent très neltemenl. en disposition pennée
Source : MNHN, Paris
— 398 —
I>1. 1. — Comparaison des limbes foliaires d'iine plaiiliile
(jirojection directe sur papier photosriiphi<[lie de feuilles
feuille; b, cinquième feuille simple; * ‘ii. ..
sixième feuiile .
_ feuille 3’-follée; e, stomalês de la face Inférieure <
< 300 (métiiode des répliques sur matière plastique), l’rc
les cellules sloniatiqiies —* ....
Il entourées tle deux eellnïe.s
. Uerl>ier>, x 1,2.); a, première
iéc (eus exceptionnel); d, sep-
feuille d'un individu Jeune,
....inunce du type paracyti<iuc :
)arallè)es.
Source : MNHN, Paris
— 399 —
())1. 4 hy I.c slade 2-foliée (pl. 4 r) est extrêmement rare (1 % environ);
sa présence néanmoins illustre bien comment se fait le passage de la feuille
simple à In feuille composée : à droite, une foliole s’est détachée du reste
du limbe: à gauche, la foliole ne s’est pas individualisée, bien que les
futures nervures latérales soient remarquablement nettes. Le stade
b-folié apparaît ensuite à partir des deux folioles latérales et non de la
foliole centrale.
Ln étudiant la nervation des feuilles de plantules des autres espèces
de la famille fpl, 3). nous voyons qu’elle varie avec la morphologie de la
feuille adulte.
(’.hez le Sciadodendron ej-ceiaiim, à feuille adulte palmalitricomposée,
la première feuille de la plantule possède 5 nervures digitées et la deuxième
feuille est déjà 3-foliée; il n’y a pas de stade à nervation simple pennée
comme chez la plantule du Didijmopanax.
Chez le ScheHlern aclinophylla, à feuille adulte palmaticomposée
comme celle du Didtimopfinax, la nervation des feuilles de la plantule
est pennée sur la première feuille; mais, très vite, elle a tendance a être
digitée, avec deux nu trois nervures secondaires dans la partie supérieure
du limbe. La disposition des nervures est à peu près comparable chez
le b’, sijslijio.
Par contre, les deux espèces de Dendropnnnx que nous avons cultivées,
qui possèdent des feuilles adultes simples, ont des plantules à nervation
dilTérenle; elle est simple, pennée et reste telle chez. D. alberti-nmilhii,
mais chez le I). arborent, seules les deux nervures latérales de la base
sont très nettes et la feuille semble trinervée, La période de culture de
cette espèce a été trop courte et nous n’avons obtenu que le stade deuxième
feuille; mais nous savons que des individus jeunes possèdent des feuilles
trilobées, bien nettement trinervées.
Ainsi, la disposition digitée des nervures chez les feuilles des plantules
semble être en relation avec la structure composée de la feuille adulte.
Kn fait, en prenant l’exemple du Didymopnnax. nous pourrions dire
que la feuille simple se divise : la nervation a tendance à devenir digitée
et l’apparition de foliarisation spéciale comme la feuille 2-foliée (pi. 4 c)
montre que la feuille peut se diviser sans qu’il y ait vériLablement de
folioles. Cependant, nous préférons garder le terme de feuille palmati-
composée. en insistant sur son caractère descriptif, puisque les parties
du limbre s’individualisent chez l’adulte pour former des folioles arti¬
culées.
L’ontogénie des plantules du Didymopanax moroloinni nous montre
le passage de la feuille simple à la feuille composée. Ceci n’est pas en
désaccord avec la phylogénie qui explique l’origine des feuilles adultes
simples par la fusion de folioles à la suite de la perte de la potentialité
de division de la première feuille simple chez la plantule. Nous pourrions
presque parler d’e évolution par néoténie », si l’on considère la génèse de
chaque feuille à partir d’une assise génératrice simple. Les plantules
Source : MNHN, Paris
— 400 —
d’autres espèces, par exemple des J^eguminosaeyOnl leur première feuille
déjà composée. Des éludes d’embryogénèse seraienl alors indispensables
pour connaître l’ontogénie foliaire complète.
C. — POLYMORPUlSMi; FOLIAIRE APRES LE STADE Pl-ANTIT.E.
Les feuilles gardent longtemps la meme structure tout en étant
composées d’un nombre de plus en plus grand de folioles; 11 est le nombre
le plus souvent observé sur les jeunes individus stériles. Ln même temps,
la tige se lignifie et la pilosité, liée sans aucun doute à la physiologie de la
plante, évolue : tandis que les longs poils de la face supérieure disparaissent,
la face inférieure se couvre de petits poils très denses et apparaît tout
argentée. A ce stade de développement, la plante qui atteint alors un
mètre, s’élève au-dessus de la végétation herbacée et la présence de ces
poils serait liée au phénomène d’évaporation. îihez l’adulte, l'importance
de la pilosité paraît avoir une raison d’ètre du fait de la localisation de
l’espèce dans une végétation de type ouvert subissant une saison sèche
de trois mois.
D’autre part, nous avon.s observé une variation cyclique dans la
morphologie des feuilles au moment de la formalioti des inllorescences.
Les quelques dernières feuilles précédant l’axe dorai sont très réduites;
la longueur du pétiole devient de plus en plus petite et le nombre de
folioles diminue brusquement par avortement.
Un autre type de variation porte sur la surface totale du limbe qui
diminue au cours de la vie de l’individu. .Nous avons observé, par exemple,
deux arbres adultes fertiles croissant cote à côte, d’âge visiblement
différent eu égard au diamètre du tronc, à leur hauteur et surtout au
nombre de branches en ramification bipare, ce ((ui est le critère le j)lus sôr
pour l’évaluation de l’àge. L’échantillon 22fi a des folioles j>eLites et
étroites, l’échantillon 22,') a des folioles grandes et larges, La dilïèi-ence
est si grande que ces deux arbres peuvent facilement, vus de loin, être
pris pour des espèces différentes.
Si cette différence est très nette sur ces deux échantillons, elle serait
évidemment moins apparente lorsque nous comparons des individus
d’âge moyen, moins différenciés. Nous pouvons retenir que la réduction
des surfaces foliaires est liée à l'àge croissant des individus et donc à
l’accroissement du nombre des feuilles. En supposant que le meme ai-bre
porte un nombre égal de feuilles non réduites, l’évaporation pourrait
devenir trop importante. La réduction de surface foliaire, de môme que
l’abondance de la pilosité à la face inférieure des folioles, peuvent donc
être un ajustement immédiat de lu plante aux conditions rrévaporation
imposées par sa masse croissante.
Source : MNHN, Paris
401 —
IV. DISTRIBUTION ET NOTES ÉCOLOGIQUES
Les Araliaceæ d’Amérique Centrale, arbres ou arbustes épiphytes,
sont habituellement localisés dans la forêt humide ou en altitude.
Le Didi/mopanax morotoioni se présente comme un arbre caracté¬
ristique. peut-être même dominant, de la végétation secondaire qui a
envahi la Zone du Canal de Panama, .^insi près de Cîamboa (fig. 5 B),
en pleine végétation secondaire, 22 individus adultes ont été dénombrés
sur 3 ha. Au contraire, sur la figure 5 nous pouvons voir que les arbres
sont très espacés le long des chemins qui parcourent le côté Nord-Ouest
de l’île de Barro Colorado où la végétation est dense.
Dans l'État de Panama, le Didymopanax morololoni est sporadique
le long de la route panaméricaine traversant le pays, et dès i[ue l’on s’en¬
fonce vers l’intérieur montagneux, il disparaît presque complètement
(route de Kl Valle de .\nton, route de Boquete). Dans une seule station
(Yeguada, 700 m) nous avons observé quekjues individus le long d’un
torrent, dans une zone où la végétation est très dégradée par suite des
cultures sur brûlis.
.Vucun Didymoponar n’a été observé dans la presqu’île de Burica, à
la limite du Costa-Rica, ni dans la forêt dense, ni dans les zones dégradées.
.\insi. l’espèce est très inégalement distribuée, surtout en fonction
du type de végétation, d’où l’intérêt d’aborder le problème de la régé¬
nération. Les germinations n’apparaissent sous les arbres <|u’après les
Source : MNHN, Paris
— 402 —
premières pluies importantes du mois d’avril, donc au moment de la
chute des derniers fruits. En forêt secondaire, le sol est alors sullisammeiit
humide et les périodes d’ensoleillement moins intenses.
s et 3 jeunes
l>le et leur développement est très lei
r des données quantitatives valable
bré le long des chemins représentés sur la
individus stériles.
Par contre, nous avons cherché à mesurer la densité et la rapidité
de développement des plantules dans des lieux où la végétation herbacée
est régulièrement brûlée par l’Homme en fin de saison sèche, en parti¬
culier le long de la voie ferrée qui traverse l’isthme de Panama. Il s’y
crée.'^par endroits, de véritables u forêts » de Didymopanax rnurololoni.
comprenant jusqu’à 50 arbres adultes par hectare.
Nous avons choisi 3 parcelles :
(ij parcelle de 2.5 m^. située dans une forêt de ce dernier type : il y a
Source : MNHN, Por(S
— 403 —
T) arbres de 1') in, en couverture totale ou partielle. 0 jeunes arbres de
7 à 10 ni; la strate herbacée est composée presque uniquement de ^rra-
minées; la planche ') montre l’aspect de cette formation végétale le 22
mai iy()7:
b] parcelle voisine de 10 m*. non incluse dans la forêt avec un seul
arbre adulte à proximité; la végétation présente une diversité d’espèces
assez grande et le sol est plus humide; le sol, brûlé cette année-là, ne
l’est peut-être pas tous les ans;
c) parcelle de 10 m^. située sur soi non brûlé de forêt secondaire,
avec de nombreuses espèces arborescentes dont un Didumopannx.
Sur ces trois parcelles, nous avons dénombré les plantules et suivi
leur croissance durant 5 mois (fig. 0).
En forêt secondaire, parcelle r. nous avons observé seulement 3 plan¬
tules qui sont restées au stade cotylédons, dette faible densité est cepen¬
dant supérieure à celle observée en forêt dense.
l’ar contre, les deux parcelles o et à sur sol brûlé, se caractérisent
par un nombre de plantules extrêmement élevé. La germination se pro¬
longe sur deux mois environ et la vitesse de croissance est équivalente
à celle (jne nous obser\'ons dans nos cultures, avec la diiïérence que la
première feuille 3-foliée est très tardive (0® feuille apjiarue). Le déve¬
loppement semble très régulier dans la parcelle b: et dans la parcelle a
il y a une très forte mortalité, ce qui est facilement expliquable par la
forte poussée compétitive des graminées qui envahissent le sol. (Cepen¬
dant, grâce au nombre très grand de plantules, il subsiste sullisaminent
il’individus pour assurer le maintien de l’espèce en ces lieux.
Le Didjimopnnn.r morololoni est la forme arborescente <[ui est favo¬
risée essentiellement, semble-t-il, parce que les graines résistent au feu;
ensuite les germinations tirent profit du maximum de lumière, de la
structure du sol, etc...
Pour juger de la régénération de l’espèce, il faudrait aussi connaître
le mode de dispersion <ins graines. S’il est des oiseaux friands des graines,
il en est aussi qui ne con.somnient que la pulpe des fruits car nous avons
trouvé dans des fèces des graines entières, qui ont germé. Cepeiidant,!
nous n’avons aucune observation sur d’autres animaux mangeant les
fruits et dispersant le.-^ graines.
Pendant 8 mois, par des semis successifs d'un même lot de graines,
nous avons pu constater que le pouvoir germinatif était toujours conservé,
et nous pensons, sans pouvoir en préciser les limites, (|ue la viabilité des
graines du I)ùhjmopnna.T morololoni est relativement grande par rapport
à celle il'autres espèces tropicales.
CONCLUSION
En observant les Didymopanaa: morololoni d’.Vmérique (Centrale,
nous avons jugé de la diversification de l’espèce sur une population
restreinte jiar rapport à l’aire de répartition mondiale qui est la sui-
Source : MNHN, Paris
PI. 5. — • l'orèl • de Didjrmopanax morototoni de la voie ferrée. Pedro Miguel
A (laniboa, Canal Xoiie). Au [ireinier plan, les graniinées et les arbrisseaux onl
été brûlés.
Source : MNHN, Paris
— 405 —
vante : Suii du Mexique, Guatemala. ('.osta-Rica, Panama, Antilles,
Colombie, Venezuela, Guyanes, Hrésil, I‘érou, .\rgentine (d’après les
specimens des herbiers de Paris et de Washington).
Néanmoins, nous avons mis en évidence le polymorphisme d’un
individu au cours de sa croissance et celui d’une population, ce dernier
pouvant traduire certaines des potentialités adaptatives de l’espèce au
cours de l’évolution.
l-'iK. 7. — Scliétim hypt>U»6tlque des relations phylogénétiques entre qiie!<[ucs Araliaceae
Le Didijmopaïuix inorotoloni est dérivé d’une forme monocaule ; il
possède un gros tronc peu ramifié avec de larges feuilles, des inflorescences
comjilexes (s’opposant à une forme leptocaule, cf. ('.orner-1964). Mais
cette forme primitive s’est adaptée à un type de forêt ouverte (présence
du lin duvet de poils .à la face inférieure des feuilles; réduction des sur¬
faces foliaires chez l’arbre âgé). L’évolution se poursuivrait actuellement
encore et visiblement sur la structure de l’inÀorescenco.
La comparaison des divers caractères étudiés chez le Didymopanax
marolotoni par rapport à ceux des autres espèces, nous amène à faire un
schéma hypothétique sur l’évolution de l’ensemble du groupe (fig, 7).
.Sont représentées; la première feuille de la plantule, la feuille adulte,
le type d’inllorescence. le biotope de ces espèces. Avec si peu de carac¬
tères, il serait vain de vouloir présenter ce schéma comme définitif.
Source : MNHN, Paris
— 4or, —
Néanmoins, en étudiant la biologie du I)idiim'ip(ina.T iiinroh/loni.
nous avons découvert l’intérêt de l’étude dynamique des individus.
Rkmercikments : Nous tenons à rcBiiercier (out d’abortl la Smitlisoniaii Insti-
lulion, en la personne du Dr. M. H. Moyniiian qui nous a accueilli clialeurcusement
dans son Laboratoire de Biologie Tropicale.
Nous remercions également toutes les personnes qui nous ont apporté l'aide et
les encouragements nécessaires à la rédaction du ce travail, au Muséum National d’His-
toire Naturelle, dans les laboratoires d’Kcologic (îénéralc et de l’hanérogamie. notam¬
ment M"" M. T. Cbrckau et M. N. Hallé.
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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RÉFLEXIONS SUR L’ÉCOLOGIE,
LA MORPHOGÉNÈSE
ET L’ÉVOLUTION, FONDÉES SUR LA CULTURE
D’ARISTIDA RflINIOCfILOA, GRAMINÉE TROPICALE
AFRICAINE
par Pierre nouHEiEii.^
Riisi’MÉ : Des travaux (le culture réalisés sur le sippe Aristida rhiniochloa Hosclist.,
ont montré (juc certaines graminées à axe I-flore proviennent d’ancétrcs à panicule
mullinore. D'autres expériences eftectuécs au sein d’une écologie inhabituelle ont
libéré une expression nouvelle du génotype de la même espèce interprétée comme une
dérive génotypique qui s’extériorise sous la forme d’une réduction des subulcs d'arête.
Ces faits suggèrent à l’auteur que diverses modifications réitérées de l’environnement
peuvent amorcer le déclanchement de mécanismes dont l’itération provoque certaines
orthogénèses; elles contribuent, à ce titre, à la marche de l’évolution.
SvMMAKY : Sonie atlempls at cultivating the species Arislida r/ii'ni'ocWoa Hoscht.
bave sliown Ihat grasses with one-flowered axis are generated by ancestors witli
many-fiowered panicles. Other expériences realized in an uniisual ecology hâve
shown a new genotypic expression of tbc samc species which may be interpreted
as a genotypic drift revealed through a réduction of the subules of Ihc aivn. These
facts suggest tbat varions changes in the environment incite some mechanisms the
répétition of which may cause somc orthogeneses and which, from that point ot view,
may be considered as a factor of évolution.
Depuis quelques mois, nous projetions de comparer certains résultats
expérimentaux obtenus sur Arixiida rhinioehloa à des structures réalisées
chez Aciachne pulrinala. (Iraminée des Hautes Andes. Nous pensions
aussi montrer l’inlluence du milieu sur la variation des subules de la lemme
de l’espèce africaine. Nous devons l’inspiration profonde de l'interpré¬
tation de cette seconde partie à une conférence* du Professeur R. N'ozeran
au cours de laquelle il montra que le génolijpe dex planlex extériorise dans
certaines conditions une e-xpression inhabiluetle. Nous avons dans les pages
qui suivent, transposé ce concept sur la ligne de l’évolution.
)- Bésullats scienliliqiies expérimentaux obtenus à la suite des explorations
suivantes : — Mission 1964 de H. Gillkt en linnedi (Nord-Tchad). --- Mission des
IX-X-I967 de P. QrftZBi., P. Bovrreil, Y. Rr.vnK et H. Saurf. au Darfur et au Djebel
(îourgeil (République du Soudan) dans le cadre des activités de la B.C.P. 45. sous
l'égide (lu C.N.R.S.
2. C.onférencc du 3 décembre 1969 à hi Faculté des Sciences de Saint-Jérôme.
Source : MNHN, Paris
— 410 —
Source : MNHN, Por(S
— -ni —
PREMIÈRE SÉRIE DE RECHERCHES.
RÉDUCTION DE L'INFLORESCENCE
ÉTL DB EXPBRIMHNTALK.
Au cours de deux expériences de cullui'e réalisées au jardin botanique
de la Faculté des Sciences de Saint-Jérôme, nous avons observé sur des
plants d’ArîMida rhiniochloa une réduction de l’inllorescence (panicule
inultiflore) à un épillet uniflore (état prélloral (37)). dette transformation
a été obtenue dans les conditions suivantes :
— De nombreuses diaspores de la lignée de l’linnedi semées en été
dans une terrine de 5 cm de haut garnie de sable de la plage de (iarnon
sont placées dans une étuve Jouan et copieusement arrosées par inter¬
mittence. Dès que leur première feuille laminée a atteint une dimension
intermédiaire entre 2 et 4 cm, cette terrine est déplacée, dans l’enceinte
du jardin botanique, à ciel ouvert et à la surface du .sol. Immédiatement
exposées au mistral. les plantules se dessèchent les unes après les autres
dans un intervalle de ((uelques jours. Sur les 25 pousses ainsi transférées
de l’étuve à l’air libre, une seule subsistera et émettra cjnelques feuilles
avant d’extérioriser une panicule 2-llore (Fl. 3, fig. 5).
-- D'autres diaspores de la lignée de l’Fnnedi ou en provenance d'I'il
Fasher et d’Hl Obeid semées en pot dans du sable de (larnon ayant germé,
en décembre, à l’étuve, sont transférées dans la serre en béton à compar¬
timent plus sec — sans bumidifîcateur - - où une température constante
de 20 "(i est maintenue et où la luminosité est assez faible (4 et U). .\u bout
de 45 jours, les panicules apparaissent et on peut observer difîérciils
termes de transition entre la panicule multiflore et l’axe unillore* (Fl. I,
lig. 2a et 26).
intkrpkBt.ation.
l.a réduction extrême d’une panicule inultillore à un épillet unillorc
obtenue par modification expérimentale du milieu est très significative.
Fn effet, la plupart des échantillons inventoriés dans celte note ont des
axes paniculaires à 30-40 épillets 1-llores®. Des panicules pauciflores ont
été observées sur des spécimens récoltés dans des aires à précipitations
moyennes annuelles inférieures à celles de l’optimum bioclimatique®.
1. -Matériel de la lisnéc el’Kl Obeid : une pousse à axe 1-tlorc; autres pousses à
panicules à 2 ou 4 épillets l-llores. l.ifinée d'EI Fasher. un plant à axe l-florc; un plant
à 2 axes paniculaires â 1 ou 2 fleurs. — Lignée de l’Knnedi, un exemplaire à axe l-f1ore,
deux exemplaires â panicule appauvrie (2 à 2 fleurs).
2. De pJus, les pousses peuvent être composées d’une douzaine d’axes paniculaires.
3. U) Aire à précipitations moyennes annuelles suivantes : 150 < Hm < ‘200 mm
(conception de Lkbon. in (jCKZKL (42)) ou 200 mm < Pm < 300 mm (conception
de Bamsay, in Qvkzix). Spécimens du groupement à Acacio mellifera, Mtindulea
sericea, Dichrostachifs glomtrala (2 pousses à une seule panicule à O-lli épillets l-llores,
en provenance de Taringci rock). Spécimen du groupement à .tcocio mellifera, Oro/ie-
lîam Ihomueiim, C6«e/os(rc/i(i(/n majascuhim (1 poiusse é une seule panicule ù 11 épillets
Source : MNHN, Paris
— 412
Ainsi, des coiidilions écologiques défavorables telles que pénurie
de précipitations (conditions naturelles), chocs thermiques et changements
inicroclimatiques brusques (conditions expérimentales) agissent sur la
pl!tsti([ue de l’espèce, réduisent sa taille et simplifient sa panicule au point
que dans le cas extrême il ne reste cju'un axe à épillet unillore. En raison
du peu de matériel à notre disposition, il n’a pas été — pour l’instant - -
possible de vérifier si une telle structure correspond à un simple accommodai
ou est héréditaire. Ouoi qu’il en soit, ces recherches expérimentales peu¬
vent être comparées à des structures florales existant chez certaines
graminées sud-américaines. .1. R. Rerdkb et Eh. Hef.deh ont. en 1968,
étudié (43) deux genres monospécifiques de la tribu des Slipex: Aciachne
pulvinata et Parodieilu ereclilolia des Hautes .Andes du Vénézuela. de la
(Colombie et du Pérou. Ces deux sippes endémiques semblent, comme
l’indiquent ces auteurs, étroitement aiîines. Nous pensons qu’ils dérivent
d’un tronc ancestral commun (similitude de l’embryon, nombre chromo¬
somique identique. 2n = 22; configuration semblable de.s lodicules)*.
h) Aire à précipitations moycnne.s annuelles comprises entre 300 et 400 mm.
Spécimen des pelouses dérivées à Terminalia broumii, Àlbitzia sericocephala, Arislidu
rhiniochloa et Dieclomis fasligiata (1 pousse à une seule panicule à 6 épillets 1-flores
en provenance des rocailles du Djebel Bolgni; en 1967, année do récolte de cet échan¬
tillon, les précipitations ont été intérieures à 300 mm. Koutoum à une quarantaine
de kiioinètres de ce site n’a reçu, de juin au 11 septembre, que 219 mm).
1- Une seule dilîérence ayant trait à la vascularisation peut être mentionnée :
lodiciiles adnées à 1 vaisseau de protoxyième (structure régressée à'Aciachne) ou sans
vaisseau (structure surévoluée de ParotlUlla par disparition du dernier élément de
xylèine homologue de celui de l’autre espèce).
Source : MNHN, Paris
— 413 —
Source : MNHN, Paris
— 4M —
Comme nous croyons l'avoir démontré (9j pour les ArisLides (genres
Slipagroslis et Arisiidn). la forme des cellules siliceuses des limbes de
ces deux espèces, quoique (lilîéreiiLe, n’est pas incompatible avec une
ascendance phylogénique commune. La caractéristique la plus remar¬
quable de ces graminées a un rapport étroit avec les structures d’inflo¬
rescences décrites, tihez Parodietia, la panicule est constituée de 10-20
(parfois davantage) épillets l-(lores. Chez Aciacbne, l'appareil reproduc¬
teur comprend un axe à 1-2 (rarement 3) épillets 1-flores (IM. 3, fig. 6-7;.
ür, nous avons démontré qu’une inflorescence réduite à un épillet dérivait
d’un axe paniculaire multiflore. Nous en déduisons que les plants d'.-lcia-
chne puhinata portaient dans un passé lointain, au sein d’une contexture
écologique probablement différente, des axes paniculaires inultillores.
A notre avis, les représentants fossiles du tronc ancestral étaient — en
outre — dotés à une étape de la phylogénèse de ce microphyllum, de
glumes et de lemmes penta-nervurées*.
DEUXIÈME SÉRIE DE RECHERCHES.
RÉGRESSION DES SUBULES D ARÊTE
FRIN'CIPE D'EXPERIMIiNTATION
Si, précédemment, nous n’avons rien changé au biocycle des plants
ii’Arislida rhiniochloa qui se comportaient en thérophytes, dans une autre
e.xpérience, nous nous sommes appliqué (4) à prolonger la durée de l’exis¬
tence du premier plant introduit au jardin botanique de Marseille, en le
plaçant dans une contexture écologique dilTérente de celle de son milieu
d’origine (suppression de la longue période de sécheresse tropicale;
ambiance en serre égaie ou supérieure à 20® durant l'hiver méditerranéen;
arrosage au liquide de Sachs).
RESULTATS
Tandis qu’en Afrique tropicale, le biocycle d’v'lrwfjV/a rhiiiiur.kloa
s’étale durant un laps de temps variant de deux à sept mois selon la
latitude et correspond grosso modo à l’époque de la saison des pluies, le
plant de la serre du jardin botanique a vécu dix-neuf mois et fleuri quatre
fois (6«. 11®, IG®, 18® mois). 11 s’est desséché alors que, tuteuré, il atteignait
la taille de 2,70 m (PI. 4)*. L’un des rejets latéraux de 2.10 m émis avant
le 12® mois avait la structure suivante : axe de premier ordre de 1.25 m,
O-nodé, prolongé par une panicule de 40 cm (1” floraison): à l’aisselle de
la base des gaines des septième et huitième nœuds, deux ramifications
de deuxième ordre tétranodées et à panicules terminales atteignant
respi-ctiverneiit 70 à 00 cm (2® floraison), l’inférieure émettant latéra-
1. Ce chilTru correspond au nombre le plus élevé de nervures des pièces corres¬
pondantes de l'une et l'autre espèce actuelle.
2, Ce document sera publié dans la revue ; Ann. l-‘ac. Sc. Marseille 44 (1971).
Source : MNHN, Paris
— 4ir>
lementau niveau du deuxième nœud une ramification tertiaire fructifère
l-nodée, la supérieure supportant au niveau des nœuds d’ordre l, 2, 3
— à partir de la base -- des rameaux tertiaires dont les deux derniers
l'ig- 1. -- Scliemu d'un rejet latéral d’Aristida rhiniochloa.
caractérisés par l’épanouissement de 6 à 7 panicules terminales 1-no-
dées, subcorymbiformes dont les points d’insertion s’échelonnent sur une
distance de 1 cm au plus. Kn somme, on peut dénombrer sur la verticale
théorique limitée par les extrémités de ce rejet, 13 nœuds caulinaires.
INTERPRÉTATION
Étude de la variation des subulks d’arête.
Comparant le matériel aborigène africain aux plants d'Arislida
rhiniochloa introduits au jardin botanique de St-Jérôme, nous avons
pensé que, dans l’optique de ce travail, l’étude de l’arête à trois subules
présentait le plus d’intérêt. Nos observations ont porté sur des spécimens
Source : MNHN, Paris
— 416 —
récoltés dans différents biotopes africains^ et sur les échantillons de
culture à Marseille dont ceux qui proviennent de l’Ennedi correspondent
à la nomenclature suivante : pousse géante G1 tuleurée en serre (dias-
pores de 2® floraison : 2 fl. Gis; diaspores de 3® floraison : 3 fl. GIs)\
pousse G2s. cultivée en serre, issue de diaspores 2 fl. Gis; pousse G2jb
cultivée au jardin botanique issue de diaspores 3 fl. Gis.
Moyenne arilhméliqae el intervalle de confiance X ± 3 Sm.
L’analyse du tableau 1 montre que les intervalles de confiance de la
moyenne arithmétique des subules médiane et latérale des diaspores
3 fl. Gis nées en serre sur la pousse géante G1 et celles des plants G2jb
qui en dérivent s’écartent très sensiblement des valeurs correspondantes
des spécimens aborigènes et de culture. L’étude des classes modales
confirme ces résultats et montre que cette nouvelle amplitude des valeurs
du critère biométrique s’est transmise d’une génération à l’autre^.
Polygones de fréquence {graph. 1 el 2).
Notre étude critique portera sur les subules latérales d’arêtes deu.v
fois plus nombreuses que la médiane sur une diaspore.
Les principaux ouvrages fondamentaux traitant de la systématique
de l’espèce mentionnent une variation des subules® restreinte aux inter¬
valles 20-25 mm (28) ou 18-30 mm (47).
Les dimensions subulaires que nous avons retenues lorsque l’espèce
végète au sein d’une contexture écologique optimale sont celles de l’échan¬
tillon d’Kl Fasher (terrain d’aviation horizontal; Aristidée placée dans
une très légère dépression à peine perceptible assurant une certaine
immobilité de la nappe d’eau de pluie). Leur polygone de fréquence
— Al — comparé au polygone — .-\2 — des subules d’un des descendants
du jardin botanique reflète assez fidèlement la plasticité maximale de
ces pièces florales (graph. 1).
En Ennedi, Arislida rhiniochloa confinée en limite d’aire septentrio¬
nale, porte des subules plus courtes que le plant d’El Fasher ((12) et
nouvelles mesures]. Aussi, son polygone de fréquence — B1 — se situe
entre les polygones — Al — et — A2 — des diaspores des plants de la
lignée d’El Fasher (graph, 1). Corrélativement, le diagramme — Ü2 —
de l’échantillonnage 2 fl. Gis. se superpose presque — comme on pouvait
s’y attendre —* à la ligne brisée de variabilité de — .\2 —.
1. Les résultats seront exprimés clans un tableau qui paraîtra dans les .^nn. Fac.
Sc. Marseille 44 (1971).
2. Par contre, la taille des plants G2jb. qui sc sont comportés, il ciel ouvert,
en thérophytes, n’a pas varié.
2. Henrabd et Dk Winter signalent toutefois que les subules atteignent rarement
40 mm,
4. Quoique l’expérience ait été réalisée ici en serre, alors que le matériel d’El
Fasher a été semé en plein air, nous pensons que le test est concluant. En effet, nous
avons précédemment signalé (7), que, pour le critère des glumes, on observait chez
Arislida meccana moins de différences entre les spécimens semés en serre et en plein air
qu’entre les échantillons d'Afrique comparés à ceux du jardin botanique.
Source : MNHN, Paris
— 417 —
Nous pensons que le diagramme des diaspores de l’Angola — C —
ayant 94 % des fréquences dans certains intervalles de classe de — A2 —
procède d’une variation extrême mais normale des subules d’arête. Par
contre, les polygones — DI — et — D2 — de <? fl. Gif. et G2jb. (graph. 2)
GRAeHIQCR 1.
ayant 91,2 à 98,5 % des fréquences en dehors des inter\-alles de classe
de — A2 —, 50 à 53,5 % des fréquences en dehors de ceux du polygone
— C — ont une signification d’hétérogénéité en regard du génotype
longueur des subules d’arêle. Ce génotype d’espèce rassemble, en elTet,
les dilTérents phénotypes des populations de diaspores envisagées dans
notre travail et dont la plupart des polygones de fréquence s’inscriraient
— s’ils étaient tracés — sur des ordonnées passant par les points médians
des intervalles de classe de — A2 — ou seraient décalés vers les abscisses
supérieures.
Source : MNHN, Por(S
— 418 —
l'^D.
1
l
H «5
Polygone de l'Angola, n= kw
n
idel'Ennedi (Gzjbjn;
}derEnnedi(sR6is)/n
.(^ 1 .^ Polygor
C
'f
/r
!’i
I \
si
\Di
\
Source : MNHN, Paris
— 419 —
Tesi d’Iiomogênéilp des inoiiennes arUlunéliqiies.
L’hétérogénéité du génotype longueur des siibiiles d'nrète explicitée
par les polygones — 1)1 — et — D2 — comparés aux précédents peut
aussi être appréciée par le lest d'homogénéité de la moyenne arithmétique
des fréquences (tableau 2). Les valeurs de l respectives aux échantillon¬
nages [1] et [ 4] d’une part, [1] et [5] d’autre part, diffèrent grandement
de celles de l’échantillonnage [1] comparé à [2] ou [1] comparé à [3].
TablejVi; 2. — Test d'homogénéité t = —— de la longl’buh des subl'lf.s
d’arète de qlelqüës si'ÉciMENS D’Arisfirfü rhiniochloa de la lignée de l’Ennedi
Héférences dv matériel compari
Knnedi origine (l) cl G„ 2*' floraison, sc
Ennetli origine |1| et G,, serre |3J
Knnedi origine (1| cl G,. 3' floraison, se
Knnedi origine |1| et Gj, jardin botani<|i
t = 48,85
t - 60,53
t = 3,70
t = 3,52
t - 103,78
t = 126,25
}-'ormules explicalioes (Sd)* = S*ral -r S’m2. Variance standard demi : S'ml =
Les indices t et 2 sc rapportent le premier à l’écliantillon de gauche, le second à
l'échantillon de droite, ml et m2 sont les valeurs des moyennes arithmétiques des échan¬
tillons. X = valeur du point médian de chaque intervalle du classe; ni ctn2représen¬
tent le nombre de subules mesurées par échantillon.
Coinmenlaires. Les valeurs de t supérieures à 2.6 indiquent avec 99 % de sécurité
que les diftérences des moyennes ne sont pas dues au simple hasard et sont signiflealives.
On peut se faire une idée précise des valeurs de / imputables à la
plasticité^ ou de celles qui ont une autre signification (tableau 3) en
comparant l’échantillonnage d’El Fasher (optimum écologique indirect)
à celui de la même lignée en culture* et à ceux de la série de l’Ennedi.
11 s’ensuit que les valeurs correspondant aux mesures statistiques de
f3 fl. Ois. et de 02jb. rapportés au plant d’El Fasher sont nettement
supérieures aux valeurs des dilTérents prélèvements effectués sur de.s
spécimens de diverses contrées d’Afrique rapportés au même échantil¬
lonnage-test et aussi à celle qui e.xprime la plasticité maximale (valeur
de / pour les diaspores d’El Fasher comparées à celles de la même lignée
en culture).
1. En raison du faible intervalle séparant les valeurs de l pour les subules latérales
de [8| comparé h |13|, de |8j comparé à [9|, on peut considérer que dans la station
d'Angola, la longueur réduite de ces organes de l'aréte est encore imputable à la plas¬
ticité écologique.
2. Evaluation de la plasticité maximale : nous avons déjà exposé le principe de
celle méthode dans un précédent travail 17).
Source : MNHN, Paris
— 420 —
Tablkau 3- — Test d’homogénéi
SUBÜLES D'arSte
Spécimens de la lignée de l’Ennbdi
, t = ml-m2
Sd '•* des
d’ Aristida rhiniochloa
COMPARÉS A l’échantillon d’Ei. Fasiiicb
KéFÉIBENCES DV MATÉRIEL COMPARÉ
SenuLE
SVBILES
El Easher origine |8| et Matériel de l’Knnedi |1|
t = 38,8
t = 36,2
El Fasher origine [8| et G„ 2'floraison [2| . .
t = 36,3
t = 19,8
El Fashcr origine (8| et Gî, serre [3] . . . .
t = 25
t = 38,9
El Fasher origine (8) et Echantillon de l’An¬
gola |I3|.
t = 38,3
t = 63,1
El Fasher origine |8I et El Fasher culture I9|.
t = 42
1 = SS,7
El Fasher origine |8) et ü„ 3' floraison, serre.
t = 77,3
t . 110,6
El Fasher origine (8| et Gj, jardin botanique |5j
t = 74,5
t --- 121,1
Tahleai- 4. — Critère X ± 3 Sm (mm) de la longueiti des sebules
DE LA LEMME i>’Aris(îrfa rhiniocMoa
(Méthodologie fondée sur le transfert des lignées tropicales en région
méditerranéenne translation latitudinalc de 3 211 km).
Station
SUBULE médiane
SlIBULE LATÉRALE
Commentaires
El Fasher (origine) . .
25,24 ± 1,737
22,46 ± 1,086
Indications sur la
plasticité écologi-
El Fasher (cultures) .
que.
Ennedi (origine) . . .
Ennedi (cultures)
17,74 = 2,556
15,76 ± 0,689
Faible amplitude
plastique (lignée
Plante géante.
Expression normale du
génotype.
16,57 ± 0,775
13,50 ± 1,193
tropicale).
Ennedi (cultures)
Plante géante.
Autre expression du gé¬
notype.
7,61 ± 1,335
4,54 ± 0,554
Ilérive du génotype
Génotype nouveau
Ennedi (cultures)
Échantillon ü2jb.
7,28 ± 0,63
4,17 ± 0,33
transmis dans la
descendance.
Source : MNHN, Por(S
— 421
La sijrniücation de ces nouvelles recherches biométriques est d’autant
accrue qu’on les compare {tableau 4} aux conclusions de Bidault sur le
taxon Fenluca ocina ss. var. glniica. Cet auteur mentionne pour la lon¬
gueur de l’arète des populations naturelles et de culture, des variations
de moyennes inlimes (1,1 ± 0,20 mm; 1,3 ± 0,2 mm)^.
KxPRICSSION NOUVKLLIC du üKNOTYPR (I LONUUICUB DES SUBULES
d’arête p>. SlUNIiTCATION ÉVOLUTIVE.
Les résultals statistiques obtenus démontrent que, pérennisé à
19 mois, un plant d'Arislida rliiniorhloa a, à partir de panicules de 3® et
4® lîoraison* formées sur des ramifications latérales ascendantes, proiluit
des lemnies à subules d’arèle très courtes, particularité qui s’est transmise
dans la descendance lors de l’unique floraison des spécimens du type
(i2il). à comporteineni Ihérophylique. .\insi, par modilicalion radicale
de son écologie, une jiousse à'ArisluIn a libéré une expression nouvelle
de son génotype.
Cet exemple concret de morphogénèse expérimentale réalise un jalon
intermédiaire entre les diaspores à subules bien développées et celles
d’une espece de l’.-Vngola — Arislidn Ilumbai-lii (13) — à trois muerons
subulaires (le central de 73 [i, les latéraux de 35 à 44 g). Chez cette espèce,
le nanisme des subules pourrait suggérer un rappel de structure ances¬
trale en accord avec la loi biogénétique de IIaeckel (ontogenèse réca-
pitulanl la phylogénèse), .\llant — dans le cadre de notre étude — à
l’enconire de ce postulat, nous avions — en l%4 (3) — formulé l’hypo¬
thèse selon laquelle i’évolulion de l’arête des Arisiida se serait elTcctuée
dans le sens de la régression des subules latérales plutôt que dans le
sens de leur progression. Nous pensons maintenant que cette interpré¬
tation est encore acceptable. Hn effet, à l’époque très ancienne où les
graminées portaient gluines, glumellcs® et glumellules foliarisées, il devait
exister une homologie étroite entre les feuilles caulinaires et ces pièces.
De plus, les unes et les autres respectaient déjà le gradient ascendant-
descendant à palier que nous avons mis en évidence sur certaines herbes
1. Le coclücient de variabilité r -■ 100 n/X de la longueur des subules latérales
d'arête calculé pour cliac|ue échantillonnage donne les valeurs suivantes ; Knnedi,
origine ; 20,,5; 2 fi. (Ils. : 31,1; 3 0. Gis, : 48,6; G2s. : 20,1; G2ib,: 37,2; Kl Kaslier ori¬
gine ; 16; cultures d'Kl Fasher ; 21,1; Angola : 29,6; Arboretum d'.Abéché ; 18,1 ;
Abyssinie ; 22,2; Magalakwin : 21,5; l'mtali ; 14,7. C.cs normes traduisent une variation
légèrement supérieure à celle mentionnée par Bidault pour l'arête de divers sippes du
l’estiica ovina (14. 48 à 30,4).
Si l'on regroupe en un lot l’échantillonnage d’Kl Fasher et celui de culture de la
même lignée translatée, son coefTicient de variation traduit une plasticité plus élevée
(valeur ; 63,3). l'u rcgrou))emeut analogue effectué pour les échantillonnages de l'Enncdi
-- station mire — et de 3 h'I. Gis. donne pour le même coellicicnt, la valeur 585 qui
reflète une autre signification (dérive du génotype).
2. La plante desséchée au bout de 19 mois d'existence, nous u'avons pas pu
obtenir de graines à partir des diaspores de f floraison.
3. Than Tnl Tvykt IIoa et Cusset (41) ont montré l'homologie complète entre
lemme et feuille végétative. Nous avons récemment (6) confirmé celte interprétation.
Source : MNHN, Paris
— -122
actuelles (8). Si donc le fait de posséder des muerons au l)Out du corps
lemmaire correspondait nécessairement à un caractère archaïque anté¬
rieur au stade à subules développées, cette particularité impliquerait
aussi un nanisme limhaire concomitant des feuilles caulinaircs des toutes
premières graminées fossiles. Or, pour être compétitifs et survivre au
milieu d’autres nombreux végétaux, il est vital que les sippes de l’ordre
des graminales très probablement apparu au (irélacé, aient alors élé
dotés de feuilles végétatives à limbe allongé assurant l’essentiel de l’acti¬
vité photosynthétique de l’individu. \ous espérons (jue cette inter¬
prétation pourra un jour ou l'autre être confirmée par la découverte de
protofossiles graminiformes. lin attendant, de très beaux exemples
d’épillets de jrraminées actuelles exprimant un retour à l’état vèjiétatif
sont connus : Metjaslachija nuicrüiiala {29); citons pour les avoir examinés
ceux du Pliyllnxlachys auren. Sur ces échantillons, les pièces prépérian-
thaires sont entièrement foliarisées (gaines et limbes nettement discer¬
nables) et rappellent une structure d’ascendance lointaine.
L’un des termes ultimes de la série orthogénétique de régression
des subules correspondrait à la réduction de la glumelle inférieure au corps
lemmaire à la suite de la disparition des muerons. .Vueun Aristida possé¬
dant cette particularité n’a encore été décrit. Son existence est toutefois
du domaine des probabilités. Nous nous basons dans cette optique évo¬
lutive. sur les nombreux exemples de diaspores mutiques connues chez
les graminées {29 et 30), sur nos expériences de culture et sur un certain
nombre d'.-Vrisiides montrant la petitesse de la longueur des subules
latérales^ ou leur disparition*. Kn particulier, sur des spécimens d’Ariflida
cumingiana récoltés par Qvartin-Dillon en .Vhyssinie, .lAcyi'F.s-I'ùt.ix
(31) a observé des glumelles inférieures à arêtes latérales très réduites
et dans une récolte faite en Guinée {.J.F. 1413). il a découvert un nombre
significatif d’épillets dont l’arète est rigoureusement simple. Pour nôtre
part, sur du matériel congolais, nous avons fait ta même observation
avec un pourcentage de lemmes rigoureusement iiniaristées et sans
muerons latéraux, voisin de 99,4 %. Or, l’étude de la vascularisation
de cette pièce florale montre que les cordons apicaux de xylème des fais-
ceau.x latéraux du corps lemmaire 3-nervié se raccordent au faisceau
central, juste à l’endroit où il s’insinue dans l'arète, par rintermédiaire
d’une ligne de cellules méandriformes non xyJémiques. Il faut souligner
d’ailleurs que dans le cas des lemmes trifides. il existe au même niveau
de tels ponts d’anastomose. .Iacques-Fi'clix (31) ayant démontré le
caractère inlraspècifique de la variabilité de l’arêle du complexe Ari.-^lidn
ciiiniiigiaiHi. Avixiida diminuia, a rapporté le deuxième taxon au premier.
Kn efTct, l’étude anatomique de ces sippes lui a permis de mettre on évi¬
dence (leux particularités très remarquables, j-a gaine externe y est
1. Arislida abnormis, Ar. ciirlissii, .-ïr. dichoinma, Ar. divergens, .\r. floridana,
Ar. geminiflorû, Ar. Jacquiniana, Ar. joriiUensis, Ar. taxa var. kanvinskiana, Ar.
longespica, .4r. orculliana, Ar. pilosa, Ar. parpusiana, Ar. rumosissima, Ar. redacla,
Ar. schiedeana, Ar, sparia, Ar. lernipes, Ar. idilis.
2. Aristida cumingiana var. (ïimiVin(o, Ar. paruiita, Slipagroslis aiiomala.
Source : MNHN, Paris
— 123 —
incomplète (cas exceptionnel) et les cordons fibreux abaxiaux et adaxiaux
de la zone internervuraire juxta-marginalc se rejoignent presque, alors
que, chez la plupart des Aristides, on observe à ce niveau, en position
adaxiale, soit un épiderme banal et une travée de chlorenchyme non
rayonnant, soit une strate de tissu bulliforme surmontant une travée
de cellules incolores placée au-dessus d’un agrégat de chlorenchyme non
rayonnant. Nous confirmons la valeur de tels critères spécifiques à la
suite d’une étude réalisée sur du matériel en provenance d’autres stations.
En mentionnant enlin, que, sur près de 200 sippes africains et australiens
examinés, nous n’avons trouvé, à un degré moindre, de telles anomalies
que chez le taxon pérenne Arislida recta, nous mettons en lumière la valeur
de ces considérations de morphologie et d'anatrimie comparées’.
CONCLUSION
L'inlluence de l’environnement sur l'évolution des espèces, a déjà été
relatée par divers auteurs : Elias-1942. Simi’Son-1944, HunTZOV*-194r).
KitucKiCRi-mr. (32), Stkubins (44), Hidai i.t (l;. H. Nozkkan (38) s’est
intéressé à la connaissance de la morphogénèse des plantes supérieures
pour la conduite de leur muttipHcalinn végéluUve. (Certaines expérience,?
lui suggèrent que les types de fonctionnement ijue nous connaissons dans
la morphogénése normale du cégétal n'epuisenl pas tes divers tgpes possibles
de jonclionnemenl de son patrimoine héréditaire. Pour l'auteur, certaines
jormes issues d’un mode de lonclionnemenl intégré cl aulomaintenu du géno¬
type de l’individu pourraient être apparues d’une manière aléatoire,
du fait lie conditions particulières de culture d’espèce.? importées de
milieux écologiques ditTérent.s. Nos recherches expérimentales sur les
diaspores d’Aristida rhiniorhlon montrent le bien fondé de ces assertions,
car par variation radicale des facteurs écologiques, nous avons observé
une modification tangible du génotype longueur des subutes d'arête,
nouvelle expression que le végétal portail à l’état latent*.
Nous hissant à l’échelle des concepts évolutifs, nous pensons que
l’expérience réitérée itérativement avec des lemmes a suliules raccourcie.s.
1. I.'espèce sud-américaine Arislida cai>itlacea dont l'analoRie morpholoRic|iU‘
avec Ar. cumingiana est frappante — A. Biciiaiui in HKNRAiin (24) — possède, fait
remarquable, exactement les mêmes earacléristiques anatomi<|ues essentielles que
celles mentionnées par Jacooes-Felix pour l’espèce africaine. Seuls, quelques critères
mineurs différencient ces deux sippes que nous considérons comme des paléo-endémi¬
ques et plus précisément comme des schizoendémiques (V. BornBEiL, Tli. R. Sooehs-
TROM, Y. Reyrf-, recherches eu cours sur ce groupement qui sera fractionné en deux
soiis-cspècos).
2, l.cs trois premiers auteurs sont cités par Steubins (44).
({. En elîet, nous pensons que pour l'espèce envisagée, la réduction des subules
d’arèle est liée au fait que les diaspores ont pris naissance sur des rameaux dont les
zones méristéraatiques initiales n’avaient jamais été conçues par le végétal (axes 4
et 3) tandis que celles des axes 2 sont llgurées à l'étal de bourgeons latents sur toutes
les pousses. I.es mérislémes des axes 3 et 4 sont donc préfigurés virtuellement ou eu
potentialité dans les bourgeons des axes 2,
Source : MNHN, Paris
— 424 —
les ferait régresser au point qu’elles ne dépasseraient pas la taille de
muerons et pourraient éventuellement disparaître comme c'est souvent
le cas (glumelles mutiques).
Il serait tentant d’induire de notre expérience préliminaire et au su
de l’exemple typique du taxon Arii^lida Humberlii que la régression des
subules, procède d'un déterminisme strict et qu’en conséquence les
graminées pérennes dérivent d’annuelles^. C’est le cas du sippe méditer¬
ranéen à arête normale, Arislida adxremionis L. subsp. caerulescenu
— remaniement proposé récemment (14i — qui est issu de l’espèce .In’.s-
lida adscensionis L.. annuelle panlropicale subcosmopolite. Mais, les
.\ristides à subules latérales réduites ou inexislante.s se répartissent d’après
les renseignements collationnés (24 à 27) en 14 pérennes et 9 annuelles.
Il faut noter, de plus, qu’au sein de la tribu des Arislideae. les .subules
latérales régressent bien plus fréquemment ({ue la médiane*, lin consé¬
quence, la réduction des subules peut être provoquée par des stimulations
de l’environnement qui ne sont pas nécessairement les mêmes que celles
de notre expérimentation. Des mutations en chaîne, échelonnées dans
le temps et indépendantes des facteurs externes (chez certains Aristides),
des phénomènes de polyploïdisation (autopnlyploïdie ou all<q)olyploïdie,
chez d’autres graminée.s) pourraient peut-être provoquer les mêmes
résultats.
Ces réllexions nous incitent à proposer le concept de l’éventualité
d'une dérive du génotype des souches ancestrales. Bien loin d’exclure
les idées en vogue des généticiens sur l’évolution par mutation, poly-
j)loïdie, radiation adaptative, cette dérive sollicitée parfois par diflé-
rentes variations itératives de l’environnement, .s’extériorise sous forme
de certaines orthogénèses régressives ou progressives® et contribue à la
diversification des graminées, A l’cchclle interne, les phénomènes cyto¬
logiques responsables de ces orientations phylogénétiques agissent sur
la régulation du fonctionnement des méristèmes assurant^ la croissance
des subules. Dans un cas (régression inatavique), les zones méristéma-
tiques de multiplication cessent de fonctionner dès les premiers stades
du développement de l’arèle. dans l’autre (hypertélie), elles se divisent
exagérément,
1. Le problème de l'origine des thérophytes a été abordé par NlîORB (35).
2. Nous ne connaissons actuellement chez les Aristides que deux exemples de
régression accentuée de la subulc médiane lemmaire ; Arislida rhiniocMoa (culture 3,
fl. (ils., G2jb.; Arislida humberlii). La réduction des subules latérales n'affecte que
6,5 % des espèces des genres Arislida et Slipagroslis.
3. La dérive génotypique des subules peut, chez Arislida italiens (espèce sud-
américaine) évoluer dans le sens contraire de celle d'Aristida humberlii. Résultant
d’un accroissement démesuré imputable à une orthogénése bypertélique, la taille de
l'arétc de cette espèce varie de 70 à 160 mm tandis que celle du corps lemmaire prend
des valeurs situées dans l'intervalle 10-20 mm. Les deux rapports suivants (R, tcnille
= longueur limbe/longueur gaine; B. diaspore = longueur subules/longueur corps
lemmaire) appliqués aux pousses aborigènes (populations naturelles) d'Arislida rhinio-
chloa et d'Arislida pallens nous renseignent immédiatement sur les structures d'arête
normale et aberrantes : Ansfida rhiniochloa : R.î. # 0,5-3; R.d, ■#. 2-3. Arislida
pallens: B.f. # 2 au plus; Rd. # 6 (var. genuina) à 16 (var. tragopogon).
Source : MNHN, Paris
— 42r) —
Kndn, bien loin de clore les recherches, notre conclusion résume
plutôt une introduction à un vaste problème, car nous venons d’en¬
trouvrir une fenêtre qui s'ouvre sur l’impressionnant chantier de l'évo-
iuüon.
Aciachne i>nlvinata Bentli. ; Andes de Bolivie et du Pérou, A. iV'. Hill 603, l-III-
1903 (K). — Arislida cumingiana Trin. et Bupr. var. diminula (Mez) Jacq.-Pél. ; endroit
frais des vallées, Klizabethville, Congo, J. Begiiaerl 59T /-,23-lV-l9H (Br). — Arislida
rhiniochloa Hosehst. : |1|, Attakou kordi Ennedi, 2Q-IX-t964 (Herb. H- Gillet);
(6|. ArboretuBii d’Abéché, //. (iillel, 16-1X-1965 (Herb. O.C.L.A. Tchad); |71, in monti-
bus pr- Pageros terr. Agov. Abyssinie, ait. 3500, Schimper 2285, 18-IX-1857 (MPU);
(13). Angola. lVelnii(sc/i (MPU): [Sj, terrain d’aviation d'El Fascher, Djebel Bolgni,
Taringei rock, Soudan, P. lioiirreit et P. Quézel, lX-1967 (MARS); (lO), Magalakwin,
K. Transvaal, H. O. Schweickerdl 1950, IV-1947 (B); [11], culture du Jardin botanique
de Praetoria. semences provenant de Breslau, l-impopo River, Schioeickerdl 1631,
14-111-1947; [I2|, Umtali, umvumvumvu. River Valley, Fisher et Schwelckerdl 515,
20-1-1918.
Matériel déposé à l'herbier du laboratoire de Phanérogamie du Muséum national
d'itistoire Naturelle de Paris.
Echantillons de culture d'An'sKda rhmiochloa à axes 1-florcs ou pauciüores.
Portion d’un échantillon rr2jb. Diasporcs à subules de longueur maximale et minimale
en provenance de l'Ennedi et des cultures (G2jb.) de cette lignée.
Matériel déposé à l’herbier du Laboratoire de Botanique de la Faculté des Sciences
de Marseille (U.E.R. de Saint-Jérôme). Pousses de culture : portion du plant Gis.;
pousses G2s.; pousses G2jb.
RftKltRESCKS nlBLlOGUAUHIqUES
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Additif au graphique la placé page 506 de l’article P. Bourreii. paru dans Taxon ;
18 (5) - 1969 ;
Le Polygone A correspond à Téchantilloniiage a 25.
Le Polygone B correspond à l'échantillonnage b 36.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2,10 (3) 1970.
UNE NOUVELLE ESPÈCE
DU GENRE CHLAMYDOCARYA (ICACINACÉES)
EN AFRIQUE
par J. F. Vii.i.iKR.s
I,'étude des Icacinacées d’Afrique tropicale, en particulier celles du
(lai)on et du Cameroun, nous a permis de découvrir parmi les échantillons
recollés au (iabon une nouvelle espèce appartenant au genre Cltlrimydo-
cnrija.
Ce genre, décrit par Haillon en 1872, fit d’abord partie de la tribu
des Phiilocreiieae (Haillon, Kncler), j)uis il fut déplacé et inclus dans
la famille des Sarcostigmalacées (Van Thikgiiem). Il est actuellement
regroupé dans la tribu des Phylocreneae avec le.s genres TretiitUospifnim
(une seule e.spèce localisée à la Somalie), PiivKnncniüUa (africain et mal¬
gache), Pnh/repholitim (africain), Miquel i/i (asiatique), Slnrhijaiitlms
(africain) et Phi/lorrene (asiatique).
I.cs Chldmi/dorariin sont endémiques africains. Le genre com|irend
.■> espèces lianescentes de forêt omhrophile.
Chlatnydocarya anhydathoda Vill.. sp, nov.
Frutex scandens caule volubile dracunculo, sparse pubescenti vel
glabro. Petiolus supra sparse pubescens. Lamina glabra vel sparse pubes*
cens, elliptica vel oblanceolata, basi atteniiala vel cuneiformis, apice acumi-
nata vel acuta. Inflorescentiae $ spiciformcs, axillares, multiflorae. et pubes-
centes. Flores 2 tctrameri, sessiles calice destituti. Petalia coalescentia,
extrinsecus pubescentia. Staminodia alternipelala. Ovarium superum apice
pubescente (pilis ad basim ovarii directis). Stylus crassus pubescens. Stigma
discoldum lobatum. Infrutescens spiciformis. Drupa elliptica corolla accres-
cente apice longe fistulata superstanta.
IIoLOTYPK Klaine 1571, Sibang pi'ope Libreville, juin 1901)
(11. 9, fr.).
(i'est une liane à tige plus ou moins torsadée, côtelée, éparsement
pubescente ou glabre. Les feuilles sont simples, alternes, entières et non
stipulées. Le pétiole est côtelé longitudinalement, éparsement pubescent
dessus, de 2-9 cm long. Le limbe est glabre sur les deux faces ou très
éparsement pubescent à la face inférieure, vert jaunâtre ou vert grisâtre.
Source : MNHN, Paris
— 430 —
1>) 1 _ Caamydocarya anhydatlioda Vill. : 1. raiiieau fciiillé inflorescence Ç et infrutes¬
cence X 1 l'ii 2, (liitail de la nervation x 0,7; 3, lleur^ x 7; 4, coupe de la fleur <? x 7;
6, pCtale vue externe x 20; 6, fleur? x 2,5; 7, coupe de la Heur? x 2..'>; 8, diaKramnie
de la neur? x 2.5; 9, vue externe de l'ovaire X 2,5; 10, coupe de l'ovaire x 15; 11, fruit
X 0,8; 12, coupc longitudinale du fruit x 0,8; 13, face interne de l'cndocarpe-
Sourc€ ; MNHN, Paris
— 431 —
mal sur les deux faces à l'état sec, vert clair à l’état trais, de forme large¬
ment elliptique à oblancéolée, il mesure 9-24 X 0,5-12 cm. La base du
limbe est atténuée nu cunéiforme. Le sommet est acuminé ou aigu. La
nervure médiane est visible, peu ou pas saillante à la face supérieure, très
éparsement piibescente; elle est saillante et éparsement pubescente à la
face inférieure. Les nervures secondaires, 8-9 paires, ascendantes, arquées,
s’anastomosent à 1-5 mm du bord du limbe; elles sont visibles à la face
supérieure et saillantes, éparsement pubescentes à la face inférieure.
Le.s nervillcs forment un réseau assez lâche, saillant sur les deux faces.
Les hydathodes sont absents.
Les inHorescences 5 et ç sont des épis axillaires multiflores de 3-8 cm
long. Le rachis est couvert d’une pubescence rousse. Les fleurs J et 5
sont tétramères, sessiles, actinomorphes. Les fleurs S possèdent des
pétales presque entièrement libres sauf a la base; ils sont pubescents
extérieurement (pubescence de poils roux) et glabres intérieurement,
elliptiques ou oblancéolés. de 1,8 mm de longueur. Les étamines, au
nombre de 4 sont libres entre elles et alternipétales; elles mesurent 1,8 mm
de longueur; le filet est grêle; les anthères médifixes sont introrses à
2 loges à fentes de déhiscence longitudinales. L’ovaire est réduit à une
toulïe de poils plus ou moins soudés entre eux. Les fleurs ? possèdent
des pétales semblables à ceux des fleurs S\ ils sont cependant soudés sur
une plus grande longueur. Les 4 staminodes sont alternipétales et libres
entre eux. L’ovaire supère est pubescent au sommet sur le bord de la
cupule (poils réfléchis vers la base de l'ovaire), il a une loge contenant
2 ovules pendants. Le style est large et pubescent; il est entouré par le
sommet cupulaire de l’ovaire; il se termine par un stigmate en plateau
digité de 8-10 mm de diamètre.
L’infrutescence est un épi pouvant atteindre 18 cm de longueur.
La drupe ellip.soïde, aplatie transversalement, ornée de 2 côtes laté¬
rales. mesure 3,5 X l,’^ X 0,8 cm; elle est de couleur rouge brique à l’état
frais. Hile est entourée par la corolle accrescente soudée aux tissus du
fruit saut au sommet où elle forme une calotte au-dessus de la portion
libre du fruit. La calotte est aplatie et fortement côtelée; elle se termine
brusquement par un tubule creux renflé au sommet, de 3 cm de longueur.
Cette corolle accrescente est pubescenle-échinulée sur ses deux faces
(poils courts, rigides et dirigés vers la base du fruit). La partie libre du
fruit est pubescente-échinulée (même type de poils que pour la corolle).
Le reste du style est visible et pubescent à poils dressés vers le sommet
du fruit. L’endocarpe ligneux est réticulé extérieurement et orné inté¬
rieurement d’indentations en forme de lames et de pointes obtuses au
sommet.
Klaine ISS9 bis, 3102, 3259, 3497, Libreville (fl. J sept., fl. $ mars-sept., fr. sept.).
— Trilles 100, entre Mondah et le Como ((r. juin.).
Source : MNHN, Paris
— -432 —
C.ctte plante a pour nom vernaculaire Tsangu<izek. (l’est une liane
élevée dont les fruits au goût acidulé sont cnmestihles. Les feuilles détra-
s;ent une odeur désa>rréable et peuvent provoquer des vomissements.
Les dilîérentcs espèces appartenant au genre (Ihlumiidocnrijn se rlis-
tinguent les unes des autres par la forme de l’infrutescence et du fruit,
l’ornementation de la face interne de l’endocarpe et la pubescence de
l’ovaire :
A. Formk de l’infrutescence et du fruit. — Toutes les infru¬
tescences sont des épis allongés sauf celle de C. Thomsnniana qui a la
forme d’une sphère étoilée. La forme de la corolle accrescente est .sans
conteste le caractère qui permet le mieux de distinguer les différentes
espèces de ce genre. C. anlu/dathoda a une corolle accrescente se terminant
en calotte aplatie, côtelée, prolongée par un long tubule qui se dégage
abruptement de celle-ci. Cet aspect la rapproche fortement de C. (!osf-
ii'eileri bien qu’ici le tubule soit beaucoup plus court et apparaisse |)lus
progressivement au centre de la calotte. Notre nouvelle espèce est beau¬
coup plus éloignée de C. rnacrorarpa, C. .S’oyouJ'ü et C. Thomgoniniin.
Hn elîet la corolle accrescente de C. Soyauxii a une forme ovoïde sans
terminaison tubuleuse, jiar contre celles de macroenrpa et C. Tlwm-
xoniana, aussi ovoïdes, sont terminées par un tubule. D’après l'exainen
de ce caractère nous pouvons distinguer trois groupes dans le genre
Chlnmgdorarya :
— Espèces dont la corolle accrescente au-dessus du fruit est ovoïde
et sans terminaison tubuleuse ; C. Soyauxii.
— Espèces dont la corolle accrescente au-dessus du fruit est ovoïile
et terminée par un tubule ; C. Tbomsoniana et (!. rnacrorarpa.
— Espèces dont la corolle accrescente au-dessus du fruit est aplatie
et côtelée et se termine par un tubule : C. (losnwr.ileri (cette espèce semble
intermédiaire entre C. miirrocarpa et notre nouvelle espèce) et C. anliijda-
Ihoda.
B. Face interne de l’endocarpe. — L’ornementation de la face
interne de l’endocarpe est constante dans ce genre. Celle de C. anhydallioda,
formée de pointes et de lames qui semblent provenir de la coalescence de
pointes rapprochées est intermédiaire entre celle de C. Thomsoniana
presque exclusivement composée de pointes et celles lamellaires de C.
Soyauxii et C. macrocarpa.
C. Pubescence de l’ovaire. — Le sommet de l'ovaire est cupu-
laire (plus ou moins fortement marqué) chez toutes les espèces de ce genre.
La différence réside dans la pubescence qui en borde le pourtour. Seul
l'ovaire de C. Soyouxii est entièrement glabre; tous les autres sont piibes-
cents. La pubescence de l'ovaire de C. Thomsoniana est entièrement
dressée. Par contre celle de C. rnacrorarpa est en partie dressée et en
partie réfléchie vers le fond de la cupule du sommet de l’ovaire. Chez
Source : MNHN, Paris
— 433 —
C. anhydnihoda, l’ovaire possède une pubescence en partie dressée à
poils courts, et une partie à poils longs, réfléchie vers sa base. Remar¬
quons que pour ce caractère C. Soyauxii est totalement .séparé des autres
espèces, C. Thomsoniana occupe une position intermédiaire.
Il existe une autre espèce de Chlnmydocarya que nous n’avons pas
comparé à celles que nous venons de voir : C. Tessinannii n’est connu
que par ses fleurs S- Son aire de répartition semble localisée au Came¬
roun. Cette plante se distingue de C. anhydalhoda par ses feuilles à hyda-
thodes et ses grappes fasciculées.
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Source : MNHN, Paris
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ÉDITIONS DU CENTRE NATIDNAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIDUE
15, quai Anatole-France — 75- PARIS-7''
C. C, P. Paris 9061 11 Tél- 5552670
CENTRE D'ÉTUDES PHYTOSOCIOLOGIQUES
ET ÉCOLOGIQUES
(Montpellier)
CODE POUR LE
RELEVÉ MÉTHODIQUE
DE LA VÉGÉTATION
ET DU MILIEU
(Principes et transcription sur cartes perforées)
Rédigé et publié sous la direction de
L. EMBERGER
Directeur du C. E. P. E.
par
M. GODRON et Pti. DAGET, L. EMBERGER, G. LONG.
E. LE FLOC’H, J. POISSONET, Ch. SAUVAGE, J.-P. WACQUANT
Ouvrage in-4 coquille, relié, 292 pages, 37 figures et 7 pages de
formulaire précodé — Prix : 45 F
Source : MNHN, Paris
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ACHEVÉ d’imprimer LE 10 OCTOBRE 1970
SCR LES PRESSES DE FD EN SON
IMPRIMERIE ALENÇONNAISE - Gl-ALEN<;ON
Dépôt légal : 3‘ trimesti'c 1970
).158
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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