ADANS
NIA
Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
A. AUBRÉVILLE
et
Jean-F. LEROY
Membre de l’Institut
Professeur
Professeur Honoraire
au Muséum
au Muséum
Série 2
TOME 11
Fascicule 3
1971
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Buffon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
COMITÉ DE RÉDACTION
A. Aubréville : Membre de l’Institut.
Professeur Honoraire au Muséum national d’Histoire naturelle.
E. Boureau : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
F. Demaret : Directeur du Jardin Botanique national de Belgique.
A. Eichhorn : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
P. Jaeger : Professeur à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg.
J. Leandri : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
J.-F. Leroy : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Letouzey : Maître de Recherches au C.N.R.S.
J. Miège : Directeur des Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève.
R. Portères : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Schnell : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
M. L. Tardieu-Blot : Directeur de laboratoire à l’E.P.H.E.
J. Trochain : Professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse.
M. Van Campo : Directeur de Recherches au C.N.R.S.
Rédacteur en chef : A. Le Thomas.
RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
Les manuscrits doivent être accompagnés de deux résumés, placés en tête d’article,
l’un en français, l’autre de préférence en anglais; l’auteur ne doit y être mentionné
qu’à la troisième personne. Le texte doit être dactylographié sur une seule face, avec
un double interligne et une marge suffisante, sans aucune indication typographique.
L’index bibliographique doit être rédigé sur le modèle adopté par la revue.
Ex.: Aubréville, A. — Contributions à l'étude des Sapotacées de la Guyane française.
Adansonia, ser. 2, 7 (4) :451-465, tab. 1 (1967).
Pour tous les articles de taxonomie il est recommandé aux auteurs de préparer
leur index en indiquant les synonymes en ilaliques, les nouveautés en caractères
gras et les noms d’auteurs des différents taxons.
Le format des planches doit être de 16 x 11 cm après réduction. Les figures dans
le texte sont acceptées.
Les auteurs reçoivent gratuitement vingt-cinq tirés à part; le supplément qu’ils
doivent indiquer s’ils le désirent sera à leurs frais.
Toute correspondance ainsi que les abonnements et les manuscrits doivent être
adressés à :
ADANSONIA
16, rue Buffon. Paris V' — Tél. : 331-30-35
Prix de l'abonnement 1971 : France et Outre-Mer : 50 F
Étranger : 60 F
C.C.P. Paris 17 115 84
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Leandri J. — Botanique et marine à voiles : Charles Gaudichaud
(1789-1854) et le Muséum. 405
Aubreville A. — Essais de Géophylétique des Sapotacées. II_ 425
Leandri J. — Un sous-genre malgache nouveau de Tragia (Euphor-
biacées). 437
Sowumni M. A. — Comments on “ Pollen morphology, classification
and phylogeny of Palmae ” by G. Thanikaimoni . 441
Halle N. et Toilliez J. — Le genre Nervilia (Orchidaceae) en
Côte d’ivoire. 443
Bonnefille R. — Atlas des pollens d'Éthiopie. Pollens actuels de
la basse vallée de l'Omo, récoltes botaniques 1968. 463
Bosser J. — Contribution à l’étude des Orchidaceae de Madagascar
XVII. Révision du genre Phaius Lour. 519
Jacques-Felix H. — Note sur trois Mélastomatacées d’Afrique... 545
Boiteau P. —- A propos des confusions entre Cabucala madagasca-
riensis (A.DC) Pichon et Cabucala erythrocarpa (Vatke) Markgraf
(Apocynacées). 551
Duek J. J. — Lista de las especies cubanas de Lycopodiophyta, Psilo-
tophyta, Equiseiophyla y Polypodiophyta (Pteridophyla). Pre¬
mière partie. 559
Date de Publication du fasc. 2, 1971 : 30 juillet 1971.
La publication d'un article dans Adansonia n'implique nullement que
cette revue approuve ou cautionne les opinions de l'auteur.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, II (3) 1971.
BOTANIQUE ET MARINE A VOILE :
CHARLES GAUDICHAUD (1789-1854)
ET LE MUSÉUM
par J. Leandri
Résumé : Exposé succinct, mais comportant certains détails inédits, de la vie et des
travaux du célèbre voyageur et inventeur de la doctrine morphogénique des phytons.
Summary: A brief account, bringing nevertheless some new data upon life and
works of the well known French explorer and roud-the-world seeker, who is also the
author of a theory about constitution and morphogenesis of vascular plants.
Parmi les collections les plus importantes de l’Herbier du Muséum,
il faut citer celles qui proviennent de Charles Gaudichaud, le grand voya¬
geur et aussi le défenseur de la théorie des « phytons ». Depuis son troisième
voyage, au cours duquel, à bord de la Bonite, il avait fait une nouvelle fois
le tour du monde, Gaudichaud était attaché à l'herbier en qualité de
Conservateur, titre qu’il partageait avec Guillemin et Decaisne Outre
les collections faites pendant le voyage de Y Uranie, acquises par le Muséum
par la voie interministérielle (4 175 récoltes), le fichier des acquisitions de
l’herbier fait mention des dons suivants 1 2 :
Novembre 1833 : herbier de Rio Janeiro; doubles de l’herbier impérial;
Mato Grosso; Rio Grande : 3 000.
Décembre 1833 : plantes du Chili, du Pérou, de Santa Catarina ;
2 000; échantillons de bois : 204
Décembre 1837 : herbier du voyage de la Bonite : 2 400.
1 . Gaudichaud se trouvait ainsi être le collaborateur d’Adrien de Jussieu, titulaire
jusqu'en 1853 de la chaire de « botanique dans la campagne ». Guillemin (1776-1842)
est l’auteur, avec Perrottet et Richard, du « Florae Senegambiae Tentamen ». J.
Decaisne (1807-1882) devait succéder en 1850, comme Professeur de Culture, à Brisseau
de Mirbel, l’adversaire de la théorie des phytons défendue par Gaudichaud; Mirbel
était, en même temps qu'au Muséum, Professeur à la Sorbonne.
2. Les nombres assez différents donnés par F. A. Stafleu (Taxonomie Literature,
1967) comprennent aussi les Cryptogames. Bien entendu, les récoltes impressionnantes
faites par certains collecteurs modernes, parfois avec l’aide de plusieurs collaborateurs,
ne doivent pas être comparées sur une base numérique avec celles de cette époque, faites
dans des conditions bien plus pénibles. Les relâches de la « Bonite » avaient aussi été
exceptionnellement courtes (voir plus loin).
Source : MNHN, Paris
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Gaudichaud avait contribué avec ses deux collègues, célèbres comme
lui à divers titres, à l'accroissement et à l'entretien de l'herbier et aux
embellissements de la Galerie de Botanique, qui se trouvait alors dans le
bâtiment encore existant qu'elle devait occuper jusqu'en 1935 et qui subsiste
aujourd'hui dans l’axe de la nouvelle Galerie, mais plus à l'ouest, vers la
maison de Buffon et la mosquée. « Ici, écrivait Le Maout, vous allez mesu¬
rer d’un coup d’œil les services rendus à la science par ceux qui récoltent
Source : MNHN, Paris
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les plantes, ceux qui les décrivent, ceux qui les classent, ceux qui étudient
la structure intime et les fonctions de leurs organes » Ce sont tous ces
rôles qu'a remplis Gaudichaud, voyageur, descripteur, conservateur, organo-
graphe, anatomiste, ontogéniste et physiologiste.
Né à Angoulême le 4 septembre 1789, Charles Gaudichaud 2 était
le fils de cultivateurs aisés. Son père avait un certain temps été huissier
« en la cour des Monnaies ». Le futur voyageur perdit ses parents de bonne
heure et fut élevé par son grand-père maternel, puis par un oncle par
alliance, bénéficiant des leçons de personnes cultivées que son intelligence
et son goût pour les sciences avaient vivement intéressées. Après un stage
chez un de ses beaux-frères, pharmacien à Cognac, il vint terminer ses
études à Paris — il avait dix-neuf ans — se perfectionnant en chimie auprès
du jeune et déjà célèbre Robiquet, et en botanique auprès de Desfontai-
nes 3 et aussi de L. C. Richard, qui professait à l'École de Médecine.
1. GAUDICHAUD PHARMACIEN ET DUELLISTE
Enthousiasmé par la lecture des voyages de Cook, du capitaine Baudin
et d'autres navigateurs célèbres, il décidait, pour les imiter, de devenir
pharmacien de la marine et obtenait en 1810, par protection il faut bien
le dire, sa nomination à Brest. Il devait faire, avec des vicissitudes diverses,
sa carrière dans ces fonctions et parvenait en 1833 au grade de Professeur.
Cette carrière d'ailleurs ne s'était pas poursuivie sans donner lieu, avec
des collègues et aussi avec d'autres personnes, à une époque où l'on mettait
facilement l'épée à la main, à des discussions, pas toujours scientifiques, qui
se terminaient mal. Ce fut le cas en particulier pendant son séjour à Anvers,
à la fin de l'Empire, où il eut la poitrine traversée et mit longtemps à se
rétablir. Comment croire encore que la profession de pharmacien soit
fondamentalement pacifique? Pourtant, notre voyageur n’avait pas la
réputation d'aimer les querelles, bien qu’il fût assez fort aux armes.
1. A. Cap. — Le Muséum d’histoire naturelle, 1854.
2. Nous n’avons pu découvrir l’origine de l'adjonction du nom de Beaupré au
patronyme de Gaudichaud, adjonction qui apparaît vers 1830. Le grand voyageur ne
semble pas s’être marié avec une personne de ce nom; certains considèrent Beaupré
comme un prénom. Il s’agit plutôt, ou bien d’un nom de terre donné à ses parents comme
surnom, ou bien d’un nom choisi en l’honneur de Beautemps-Beaupré (1766-1854)
— comme lui grand navigateur et dont il devait devenir bientôt le collègue à l'Institut —
lorsqu'il fut nommé (1829) membre de l’Académie impériale allemande des Curieux de
la Nature, où l’usage existait de prendre pour surnom le nom d’un savant renommé et
plus ancien.
3. René Louiche Desfontaines (1750-1833), prédécesseur d'Adolphe Brongniart
à la chaire de « Botanique au Jardin des Plantes » depuis 1788, auteur de la « Flora
Atlantica ».
Source : MNHN, Paris
2. VOYAGE SUR L’URANIE
A la Restauration, le nouveau pouvoir, soucieux décaisser lajFrance
panser ses blessures, mais sans renoncer entièrement à son rôle dans le
monde, s'efforçait de faire servir la marine royale, outre ses travaux de
routine, à des tâches scientifiques, aussi bien dans les domaines de l'astro¬
nomie ou de l’hydrographie que dans celui des autres sciences. Le
17 septembre 1817, la corvette 1 de vingt canons Y Uranie, aux ordres du
capitaine de frégate de Freycinet 2 , appareillait de Toulon, ayant à bord,
par faveur spéciale de Louis XVIII, la jeune femme du commandant 3 , qui
devait être la première Française à faire le tour du monde. L’état-major
comprenait Duperrey 4 , Jacques Arago 5 , Quoy, Gaimard 8 et Gaudi-
chaud, « officiers de santé naturalistes », ainsi que Pellion, officier du bord,
qui devait participer avec Gaudichaud et Quoy au voyage dans l'intérieur
du continent australien et donner son nom au genre Pellionia (Urticacées).
Gaudichaud, qui n’avait pas le pied marin, devait souffrir horriblement du
mal de mer pendant tout le voyage 7 , ce qui ne l’empêchait pas de bien tenir
son journal à bord et, dès l’arrivée à une escale, de faire, avec un zèle et une
activité surprenants, les recherches et les observations les plus difficiles.
Après des escales techniques à Gibraltar et à Ténériffe (îles Canaries),
où Gaudichaud trouve le moyen de récolter quelques plantes et des Algues,
la corvette parvient à Rio de Janeiro (6 décembre), où elle passe deux mois,
au Cap (à partir du 6 mars 1818), puis à Maurice et à la Réunion. Le 2 août,
elle quitte la rade de Saint-Paul pour la traversée de l’Océan Indien et
arrive le 12 septembre à l’entrée de la baie des Chiens marins (Sharks Bay,
1. Les corvettes de combat de l'époque étaient des voiliers rapides, d'une soixantaine
de mètres et d'environ 1000 tonnes, en bois carénées en cuivre, à trois mâts dont un petit
à l'arrière, à une seule batterie et avec un équipage de cent à cent cinquante hommes.
Elles offraient beaucoup moins de commodités pour les passagers que les corvettes « de
charge », comme la Bonite sur laquelle Gaudichaud devait effectuer son second tour du
monde. C’est entre ces deux voyages que commencent à se répandre les navires à vapeur.
C'est un remorqueur à vapeur, Ylrraouaddy , qui le 27 avril 1837 a aidé la Bonite à descendre
l'Hougly en sortant de Diamond Harbour (Calcutta).
2. Louis-Claude de Saulses de Freycinet (1779-1842), déjà célèbre depuis le
voyage du Naturaliste (1800-1804), effectué sous les ordres du capitaine Baudin.
3. Rose-Marie Pinon (1794-1832), célèbre par son attachement à son mari qu'elle
sauva du choléra en 1832 au prix de sa propre vie. Gaudichaud lui a dédié le genre
Pinonia, une des plus belles Fougères des Hawaii, malheureusement déjà nommée depuis
quelques jours par Kaulfuss ( Cibotium Chamissoi , Cyathéacées Dicksoniées).
4. L. I. Duperrey (1786-1865), surtout connu pour ses travaux sur le magnétisme
du globe terrestre.
5. Jacques Arago (1790-1855), engagé sur l'Uranie comme dessinateur, était le
frère de l'illustre physicien et astronome, qui devait établir le rapport sur le voyage.
6. Paul Gaimard, connu pour ses voyages avec l'Astrolabe et aux régions arctiques
(1793-1858).
7. Bien entendu il ne faut pas comparer les sensations qu'on peut éprouver à bord
d'un grand paquebot avec celles que donne un voilier de mille tonneaux dans les vagues
de 10 mètres de haut des parages du Cap Horn ou du Cap de Bonne Espérance.
Source : MNHN, Paris
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112° Est, 24° 40' Sud, sur la côte occidentale de l’Australie). Après avoir
réalisé son programme sur la rade de Dampier, l’île Dirk Hartog et le havre
Hamelin, l ’Uranie quitte l’Australie pour se rendre aux îles de la Sonde,
où elle stationne à Timor (8 octobre-27 novembre) et à Ombay \ puis à
Pisang 1 2 (Moluques), à la Nouvelle-Guinée, aux îles Rawak 3 et Waygiou 4 ,
aux îles de l’Amirauté, aux Carolines. Le 17 mars 1819, elle atteint l’île de
Guam (Mariannes), où elle séjourne plusieurs mois, permettant à Gau-
dichaud d’étudier la végétation de diverses îles et de faire de belles collec¬
tions, qui devaient malheureusement être presque entièrement perdues —
comme celles faites à la Réunion et à l’île Maurice, et celles données dans
cette dernière île par Néraud — lors du naufrage de Y Uranie.
Vers le milieu de l’été de 1819, le voilier quitte les Mariannes pour les
Hawaii, où il ne séjourne que peu de temps (août), puis il revient au sud-
ouest, à travers la Micronésie et les îles Salomon, pour mouiller le
18 novembre sur la rade de Port-Jackson (Sydney). La route de Y Uranie,
qui paraît étrange au xx c siècle, a été naturellement dictée par le régime
des vents aux différentes saisons.
Ainsi revenus en Australie, mais cette fois sur la côte orientale, les
navigateurs poursuivent leur travail scientifique en établissant à terre, à
Bunkers Hill, un observatoire d’astronomie et de physique du globe, tandis
que Gaudichaud, Quoy et Pellion entreprennent un voyage à l’intérieur
du continent australien. Partis le 27 novembre, ils traversaient la chaîne
des Montagnes Bleues et visitaient les régions de Bathurst et du Macquarie,
affluent du Darling, qui se jette dans la mer du Sud, près de la Grande Baie
australienne. Les plantes ainsi récoltées par Gaudichaud dans la Nouvelle
Galles du Sud, 422 espèces, sont parmi celles qui ont eu la chance d’échapper
à la submersion lors du naufrage de Y Uranie.
La plus grande partie de ses missions accomplie, Freycinet avait
décidé de commencer son retour vers la France et quitté l’Australie le jour
de Noël de 1819 pour achever son tour du monde par l’Est. Après que
la corvette eut doublé le Cap Horn et mouillé à l’île des États et sur la
Terre de Feu (baie Bon-Succès), le mauvais temps (nous parlons par euphé¬
misme) l’empêcha d’effectuer les observations que son commandant pro¬
jetait de faire dans l’Atlantique austral, et l’obligea à relâcher aux îles
Malouines (Falkland). Près de la « Baie française », une roche sous-marine
devait déchirer la coque de Y Uranie, et il fut impossible de l’empêcher de
s’enfoncer peu à peu. Une plage se trouvait à peu de distance, et pour
éviter des pertes plus grandes encore, Freycinet décida d’échouer et d’éva¬
cuer le navire, ce qui fut fait avec succès à trois heures de la nuit, le
15 février 1820. La femme du commandant avait quitté le bâtiment l’avant-
dernière.
1. Ancien district de « Florès Oriental ».
2. « Groupe de Banda », à l’est de Célèbes.
3. Probablement Raou à l’est de Morotai.
4. Ou Vaigheou, au Nord-Ouest de la Nouvelle-Guinée.
Source : MNHN, Paris
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La page que Gaudichaud avait prévue dans son livre de récolte pour
les collections des Falkland, et qui porte en belle écriture : « 295. Du
15 février au 27 avril. Plantes récoltées aux îles Malouines » est restée vide,
bien que le botaniste y ait récolté environ 175 plantes. Les jours qui suivirent
le naufrage devaient être employés à soigner les blessés et les malades, et
tout d'abord le commandant lui-même, terriblement touché par la perte
de son navire; puis à ramener à terre et à faire sécher les collections. Environ
2 500 des 4 000 récoltes de Gaudichaud étaient à fond de cale et avaient
été submergées. Il fallut les laver à l'eau douce et les faire sécher une seconde
fois, pas toujours avec succès.
Après de difficiles négociations, Freycinet avait pu acheter pour
97 200 francs un bâtiment de commerce des États-Unis, le Mercury, qui se
trouvait aux Falkland en fin de campagne pour affaires et avait dû déjà être
réparé par l’équipage de Y Uranie. On le rebaptisa la Physicienne 1 et on le
chargea de tout ce qui avait pu être sauvé.
Le 7 juin, le navire appareille pour Montevideo et Rio de Janeiro, et
pendant trois mois l'expédition complète au Brésil les études commencées
au voyage d'aller; le 13 septembre, la Physicienne remet sous voiles et après
une escale à Cherbourg, est désarmée au Havre le 13 novembre; depuis le
départ de Y Uranie, la navigation avait duré trois ans, un mois et vingt-
six jours. Les « officiers de santé naturalistes » rapportaient pour le Muséum
25 espèces de Mammifères dont 4 nouvelles, 313 espèces d'Oiseaux dont
45 nouvelles, 45 reptiles dont 30 nouveaux, 4 175 plantes dont une quaran¬
taine de genres nouveaux et près de 500 espèces nouvelles, etc. Plusieurs
braves officiers et marins avaient malheureusement disparu en cours de
route.
La relation du voyage ne devait être publiée entièrement qu'en 1844,
deux ans après la mort de Freycinet, qui avait succombé en 1842 à une
rupture d'anévrisme. La Botanique, rédigée par Gaudichaud, formait un
volume in-4° de 522 pages, avec un atlas de 120 grandes planches 2 (1826-
1830).
3. RÉSULTATS BOTANIQUES DU VOYAGE
Pendant la rédaction de cet ouvrage, Gaudichaud a longtemps souffert
d'une maladie de poitrine contractée à la suite des fatigues et des privations
du voyage et aggravée par l’acharnement du botaniste à continuer ses
travaux alors qu’il était déjà malade. Il devait néanmoins guérir, par une
sorte de miracle. Ses planches, pour lesquelles il a exécuté toutes les ana¬
lyses, représentent 140 espèces, sur les 500 environ nouvelles (ou estimées
1. Sans doute pour témoigner qu'il n'était que le modeste reflet du bâtiment dédié
à la Muse des Sciences exactes dont il avait pris la suite.
2. Les dates de publication des différents fascicules sont reproduites dans l'ouvrage
de F. A. Stafleu, Taxonomie Literature 1967, p. 166.
Source : MNHN, Paris
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nouvelles) rapportées; le dessin en est dû à Poiret, le fils du continuateur
de Lamarck à l’Encyclopédie. Parmi les botanistes qui ont encouragé le
travail de Gaudichaud et l'ont accueilli dans leurs bibliothèques et leurs
herbiers, on note Desfontaines, les Jussieu père et fils, Deleuze, Kunth.
Malgré cela il faut reconnaître que plusieurs « nouveautés » sont des syno¬
nymes 1 . Les Champignons (65 nouveautés) et les Lichens (100 nouveautés)
ont été élaborés par Persoon, les Algues marines (« Thalassiophytes ») par
Agardh (45 nouvelles), les Mousses et Hépatiques (60 nouvelles) par
SCHWAEGRICHEN
On remarque l'étendue attribuée dans l’ouvrage aux Cryptogames
vasculaires, aux Cycadées et aux Urticacées, qui forment de petites mono¬
graphies. Les premières (environ 100 espèces et plusieurs genres nouveaux)
font l’objet d’une étude morphologique et taxonomique poussée. Gaudi¬
chaud divise les Fougères et alliées en 8 classes : Equisétacées, Lycopo-
diacées, Ophioglossées, Marattiacées, Gleicheniacées, Osmondacées Marsi-
liacées, et « Gyratae », subdivisées elles-mêmes en Polypodiacées (Acrosti-
chées, Hemionitidées, Aspléniées, Aspidiées, Polypodiées, pour lesquelles il
propose une clef, et Cyathées); Hyménophyllacées (Dicksoniées, Davalliées,
Hyménophyliées et Schizolomées) et Ptéridacées (Ptéridées, Céeratoptéri-
dées, Blechnées, Doodiées, Adiantées, Notholaenées). On sait qu’aujour-
d’hui on divise les Ptéridophytes en 5 grandes classes : Psilophytopsides (fos¬
siles), Lycopsides, Psilotopsides, Articulâtes et Fougères proprement dites.
Parmi les Phanérogames, les espèces nouvelles sont nombreuses chez
les Composées, les Lobéliacées, les Urticacées, les Cycadées; elles sont
relativement moins nombreuses chez les Graminées, les Cypéracées, les
Orchidées, les Euphorbiacées et les Légumineuses; 35 familles, dont les
Rubiacées 2 , ne présentent qu’un petit nombre de nouveautés, sans doute
parce que, sauf en Australie, Gaudichaud ne s'est pas éloigné beaucoup de
l'Océan; bien plus nombreuses encore d'ailleurs sont celles qui n’en pré¬
sentent pas.
Il faut insister sur l’intérêt spécial porté par Gaudichaud aux Cyca¬
dées, où il décrit plusieurs espèces, et aux Urticacées (4 genres nouveaux
et 15 espèces nouvelles). De Candolle et Kunth en avaient déjà séparé les
Artocarpées et les Pipéracées. Gaudichaud les distribue en :
1° Urticées vraies (Elatostémées, Urérées, Boehmériées, Pariétariées,
Forskohlées, Cécropiées).
2° Urticées à ovules suspendus (Celtidées, Cannabinées, Brousso-
nétiées, Morées, Ficées, Dorsténiées).
3° Urticées à ovules latéraux redressés (Pouroumées, Artocarpées).
1. Pour les Cryptogames, C. Montagne a donné en 1846, dans la préface du voyage
de la Bonite, des indications sur la synonymie et sur les différences entre les classifications
et la nomenclature des divers auteurs de l’époque.
2. Ainsi que les Joncs, Mélanthacées, Restiacées, Iridacées, Pandanacées, Santa-
lacées, Thyméléacécs, Protéacées. Amarantacées, Plantaginacées, Scrofulariacées, Sola¬
nacées. Borragacées, Gentianacées, Apocynacées, Labiées, Verbénacées, Ericacées,
Goodéniacées, Araliacées, Ombellifères, Renonculacées, Malvacées, Dilléniacées, Méni-
spermacées, Tiliacées, Saxifragacées, Halorrhagacées, Combrétacées, Myrtacées et alliées.
Source : MNHN, Paris
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4° Urticées à embryon au sommet de la graine : Misandrées ( Misandra,
G urinera)'.
5° Pipérées (incl. Gnetum et Lacistema) 2 .
4. VOYAGE SUR L’HERMINIE
Entre les deux tours du monde accomplis par Gaudjchaud en 1817-
1820 sur VUranie et la Physicienne et en 1836-1837 sur la Bonite, s’intercale
un voyage au long cours moins connu qu’il effectua du 3 décembre 1830
au 21 juin 1833 avec la frégate YHerminie, aux ordres du capitaine de vaisseau
Henri de Villeneuve-Bargemont, commandant des stations du Brésil, de
la Plata, du Chili et du Pérou 3 .
Ayant terminé la botanique du voyage de Y Uranie, Gaudichaud avait
sollicité du Ministre de la Marine la permission d'embarquer sur ce navire
(3 septembre 1830). Maintenant, son ambition allait au delà de la simple
récolte de spécimens pour améliorer les classifications; sans doute avait-il
entrepris la rédaction du mémoire sur l’organographie, la physiologie et
l’oganogénie qu’il devait présenter en 1835 à l’Académie des Sciences. A
cQté de ces recherches « fondamentales » que la riche végétation des pays
chauds, il l’espérait du moins, devait permettre de poursuivre dans des
conditions nouvelles, originales et peut-être plus faciles, il avait à son
programme des travaux plus pratiques, l'étude des quinquinas, de leurs
espèces et de la possibilité de leur culture. On sait que les pays de la région
andine ne pouvaient favoriser beaucoup, on le comprend bien, de telles
entreprises qui pouvaient aboutir à les priver du monopole de la production
des précieuses écorces fébrifuges, et par suite d’une source importante de
revenus; ce n’est qu'en 1847 que Weddell, avec l’aide de l’incomparable
prospecteur Martinez, devait réussir dans les Andes du Pérou et de la
Bolivie, qu'il avait atteintes par l’Est, à découvrir 15 espèces de quinquinas
et à en rapporter des graines qui, cultivées au Muséum, allaient ensuite
être propagées en Indonésie. Quoi qu’il en soit, Gaudichaud échoua dans
cette partie de sa mission.
A bord de /’ Herminie, partie de France le 10 février 1831, Gaudichaud
faisait une troisième fois relâche à Rio de Janeiro; le bâtiment faisait ensuite
route au sud pour doubler le continent sud-américain et remonter vers le
1. Misandra Comm. ex Juss. = Gunnera L. (Halorrhagacées).
2. Rappelons seulement ici la classification d'ENGLER et Melchior dans la 12 e édi¬
tion du Syllabus der Pflanzenfamilien (1964) pour ce qui concerne ces groupes :
Gymnospermes : Gnetum.
Ang. Dicot. : Archichlamydées, 7. Urticales (Moracées [Morées, Artocarpées,
Olmédiées, Brosiniées, Dorsténiées, Ficées, Cannaboidées, Conouphaloidées incl. Pou-
rouma]-, Urticacées [Urticées, Pariétariées, Procridées, Bochmériées, Forskohlées]).
17. Piperales : Pipéracées.
34. Violales : Flacourtiacées, Lacistemées.
39. Myrtiflores : Halorrhagacées (Gunnera).
3. Un autre voyage qui devait avoir lieu à partir de 1830 sur la Dordogne, capitaine
Mathieu, aux îles de l’Océanie, avait été empêché par la révolution de juillet 1830.
Source : MNHN, Paris
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Chili et le Pérou; Valparaiso, Coquimbo, Lima devaient être les centres
des itinéraires du botaniste; aux environs de la dernière de ces villes, il
devait étudier la végétation des bords du rio Rimac et, au large du Callao,
le port de Lima, celle de l’île San Lorenzo. On peut tirer de la lecture de la
lettre que Gaudichaud écrivait huit ans plus tard, en 1839, à Liautaud,
et que nous reproduisons plus loin, quelques indications sur ce court
voyage et les regrets du botaniste de n’avoir pu consacrer plus de temps
à ses recherches. Quoi qu’il en soit, dès le début de 1832, alors que Casimir
Périer et Rose-Marie de Freycinet mouraient du choléra à Paris, Gau¬
dichaud était de retour dans la merveilleuse capitale du Brésil. Autorisé
par son chef de mission à quitter YHerminie, à prolonger son séjour sur le
continent sud-américain pour y poursuivre ses études de taxonomie, d’orga-
nographie, d’anatomie et de physiologie, et à rentrer en France par l’un
des bâtiments de la station française de l’Atlantique Sud, Gaudichaud ne
repartait pour la France qu'en mai 1833, à bord de la Bonite alors aux
ordres du capitaine Durand, et parvenait à Toulon le 21 juin.
Auguste de Saint-Hilaire avait fait quelques années auparavant
d’admirables recherches au Brésil et rapporté les matériaux d’un remar¬
quable ouvrage sur les plantes utiles des Brésiliens et ceux d’une Flore du
Brésil méridional. Gaudichaud s’efforça de compléter ces travaux sur les
plantes utiles du pays. Il allait par ailleurs revoir et classer entièrement
l’Herbier impérial, et obtenir en récompense de ce travail de nombreux
doubles, qui devaient enrichir les collections du Muséum. Enfin, le botaniste
avait poursuivi, dans un climat tropical, ses recherches de morphologie et
de physiologie. Malgré le déroulement imprévu de cette campagne, Gaudi¬
chaud en avait ramené ainsi pour le Muséum un matériel important,
5 204 spécimens en comptant les bois et autres grosses pièces.
5. VOYAGE DE LA BONITE
Le voyage de la Bonite, bien que plus court, n’a pas été moins fruc¬
tueux pour la botanique que les deux autres. Ce navire, aux ordres du
capitaine de corvette Vaillant (plus tard amiral et ministre de la marine)
avait pour mission de faire le tour du monde de l’ouest à l’est — donc en
sens inverse de celui du voyage de Y Uranie — pour transporter des Consuls
et des agents consulaires de France sur divers points du globe.
Le voyage devait s’effectuer du 6 février 1836 au 6 novembre 1837,
et nous ne pouvons mieux en rappeler les débuts qu’en donnant la copie
de la première lettre envoyée par Gaudichaud à Adolphe Brongniart de
l’escale de Cadix, lettre conservée dans la collection d’autographes de
l’Herbier du Muséum. Elle jette aussi un jour intéressant sur les nouvelles
préoccupations du botaniste, sur le rôle qu’il voulait attribuer aux caractères
tératologiques pour mieux expliquer les caractères normaux, et sur celui
de la structure des grandes Monocotylédones pour éclairer l’organisation
des plantes vasculaires dans leur ensemble; elle apporte aussi des rensei¬
gnements pittoresques sur la vie du Muséum en 1836.
Source : MNHN, Paris
— 414 —
A Monsieur
Monsieur Ad. Brongniarl
Professeur de Botanique
au Muséum d'histoire naturelle, Paris
Cadix, 14 février 1836, 9 heures du soir
à bord de la corvette La Bonite
Monsieur et ami,
Nous étions sous voiles, le six de ce mois, quand te paquet que vous avez
eu la bonté de m'envoyer m'est parvenu J'ai reçu en même temps une lettre
de Guillemin, me de Kunth, et plusieurs autres gros paquets de la Belgique
et de la Hollande. Le nigaud de vaguemestre du bord, qui ne me connaissait
pas, n'avait pas voulu les retirer à cause d'une douzaine de francs de port
(120 francs d'aujourd'hui) qu'il fallait avancer pour le tout.
Sans le directeur de la poste aux lettres, qui me connaissait, toutes les
lettres seraient restées à Toulon.
Nous arrivons à l'instant à Cadix, où nous venons prendre l'exequatur
de M. Adolphe Barrot \ et nous repartons demain pour le Brésil.
Ma santé, qui était très mauvaise avant mon départ de Paris, qui l'a
encore été pendant la route de Provence, puis à Toulon, est aujourd'hui
parfaitement rétablie. Le mal de mer ne m'a même encore tourmenté que
deux ou trois jours sur neuf. Tout va donc le mieux du monde pour le succès
de mon voyage. Je suis d'ailleurs parfaitement à bord.
Je n'ai pu m'occuper à Toulon de mon travail sur les Acotylédones.
Je n'ai non plus rien fait sur celui qui traite de l'écorce des végétaux
dicotylédonés ; ce sera pour plus tard ; mon séjour dans ce poste n'aura pas été
sans utilité pour la science. Parmi les faits curieux et nouveaux pour moi que
le hasard m'a fait rencontrer, il en est un que je m'empresserai de vous signaler
parce qu'il pourra vous être utile pour le travail que vous avez entrepris sur les
Palmiers recueillis par notre confrère M. d'Orbigny, en Bolivie.
En étudiant les fleurs et les fruits du Chamaerops humilis et du Phœnix
dactylifera, je ne tardai pas à remarquer que les ovaires de ce dernier palmier
étaient ternés comme ceux du premier, et que ce n'était que par l'avortement
de deux de ces ovaires que les fleurs ne donnaient ordinairement qu'un seul
fruit. Je fis détacher un régime entier de ce dattier, et je le trouvai tout chargé
de fleurs à trois ovaires. Ce fait est-il commun, est-il rare? C'est ce que je ne
saurais dire. M. Robert 2 ne l'avait jamais remarqué. On dira, je le sais, que
1. « En partant de Toulon, du 5 au 10 janvier, vous ferez route d’abord pour Cadix,
où M. Barrot doit trouver l’exequatur que le gouvernement espagnol a remis pour lui
à M. l’Ambassadeur du Roi à Madrid, et qui lui est nécessaire pour exercer les fonctions
de Consul de France à Manille » (Lettre du Ministre de la Marine à M. Vaillant, com¬
mandant la corvette de charge « La Bonite », 28 décembre 1835). Les réparations à faire
à la corvette avaient retardé son départ.
2. Auteur des « Plantes phanérogames des environs de Toulon », 1838.
Source : MNHN, Paris
— 415 —
c'est une monstruosité, mais vous conviendrez que c'est une monstruosité bien
naturelle, et destinée à verser un grand jour sur l'organisation des fruits de
Dattiers. Mes recherches comparées sur les fruits du Phœnix et du Chamaerops
m'ont fourni des résultats curieux II en est de même des germinations de ces
deux plantes J'ai une très bonne anatomie des germinations du Chamaerops
humilis.
Vous recevrez avec mon premier envoi des ovaires ternés de Phœnix
et des fruits ternés de Chamaerops conservés dans l'esprit de vin. M. Robert
en conserve aussi de son côté en cas d'accident parmi les miens.
J'ai tout lieu d'espérer qu'au retour, je pourrai vous offrir pour vos
Annales quelques bonnes coupes sur les plantes phanérogames thalassiophytes
dont je m'occupe en ce moment à bord.
Faites, je vous prie, mes excuses à Guillemin, à qui j'écrirai dès mes
prochaines relâches. J'ai reçu ses aimables commissions, et je mettrai beaucoup
d'empressement à les remplir.
Mille choses polies et amicales à MM. Ad. de Jussieu, Richard, Decaisne,
Gay 1 , Montagne, etc.
Si vous aviez quelques instructions à me faire parvenir, il faudrait m'écrire
dans cinq ou six mois à Manille et à Calcutta. Nous serons dans dix mois ou
un an dans la première de ces localités, dans douze ou quatorze mois dans la
seconde, et dans dix-huit ou vingt mois à Bourbon ou au Cap de Bonne Espé¬
rance.
Je ne puis vous donner de renseignements plus précis.
Adieu, mon cher Monsieur Brongniart. Conservez-moi trois ans vos
bons sentiments d'amitié, et croyez en la sincérité de ceux que je vous ai
voués à jamais.
Tout à vous.
Ch. Gaudichaud
Je vous prie de vouloir bien présenter mes respects à MM. les Professeurs
du Muséum, ainsi qu'aux personnes de votre famille dont j'ai l'honneur d'être
connu.
Je vous recommande les bocaux d'eau qui sont dans le grenier de la
Botanique. J'y tiens beaucoup pour mon nouveau voyage.
Si Guillemin fait le genre Serrania 2 , de la famille des Pipéracées, dont je
devais faire le Suensonia 3 , il sera nécessaire d'opérer ce changement de nom
dans le travail qui est entre les mains de M. de Mirbel.
Ma lettre à sa petite porte, s.v.p.
Après sa brève escale à Cadix, la Bonite poursuit son voyage vers le
Brésil et, à la hauteur des Canaries, elle a connaissance des îles Allegranza,
Forteventura, Lancerotte et Ténériffe, dont les voyageurs voient au loin
1. II doit s'agir ici de J. Gay, et non de Cl. Gay que Gaudichaud avait dû rencontrer
au Chili en 1831, et qui s'y trouvait de nouveau en 1836.
2. Ce genre ne semble pas avoir été publié.
3. Suensonia Gaudich. ex Miq. Syst. Piper, 1843, 535, = Piper L.
Source : MNHN, Paris
— 416 —
le pic couvert de neige (22 février 1836); puis, sans autres incidents qu'un
homme à la mer (repêché) et des malades, arrive le 24 mars à Rio de Janeiro,
dont Gaudichaud contemple l'admirable baie pour la quatrième fois.
Les voyageurs ont le temps d’assister à la procession du vendredi saint,
qui « ressemble à un mystère du Moyen âge ». Dès le 4 avril, la corvette,
ses approvisionnements renouvelés, repart pour Montevideo, qu’elle met
assez longtemps à atteindre (23 avril) et qu’elle quitte les 27-28 (les voiliers
ne pouvaient pas toujours quitter le port le jour où ils levaient l’ancre)
pour continuer sa route vers le Sud. Au début de mai, le froid commence
à se faire sentir et les rations de l'équipage sont augmentées. Le 7 mai,
les îles Falkland, de fâcheuse mémoire pour le botaniste, sont à peu de
distance, et le mauvais temps commence. La corvette infléchit sa route au
sud-ouest et coupe le méridien du cap Horn le 16 mai; on constate en même
temps une curieuse baisse de tonus chez les voyageurs. Le 19, on longe la
côte occidentale de la Patagonie et le 20 apparaissent les glaces flottantes,
qui obligent à beaucoup de prudence pendant la nuit; le 23, la position de la
Bonite est presque critique, mais le 25 les glaces disparaissent et la gaîté
revient à bord; le commandant la maintient en organisant le dimanche 29
une matinée artistique où chanteurs et musiciens bénévoles font oublier
un instant à leurs compagnons de voyage l’éloignement de la patrie et les
symptômes de scorbut qui commençaient à se manifester à bord. Heureu¬
sement, grâce à l’aide du vent et du courant, tous deux orientés au nord
dans ces parages, Valparaiso n’est plus très loin : le matin du 10 juin, les
voyageurs aperçoivent, très loin, les pics de la Cordillère des Andes se
découpant sur les tendres couleurs de l’aurore; mais peu de temps après,
le vent tombe et, pour entrer dans la rade la Bonite doit se faire remorquer
par ses embarcations, malgré la fatigue de l’équipage.
Après une quinzaine de repos bien gagné pour les uns, d’herbori¬
sations fatigantes pour d'autres, dans les aimables parages de la « vallée
du paradis », la Bonite s'aperçoit le 24 qu’il est aussi difficile de sortir de
Valparaiso que d’y entrer : il faut, non seulement la remorquer, mais se
faire aider par les canots d'un navire anglais. Le 30, elle parvient quand
même à Cobija, où l’on dépose un élève vice-consul et où l’on fait connais¬
sance avec les « balsas », embarcations formées de deux outres gonflées
réunies par une planche légère. Descendu à terre, Gaudichaud est étonné
de la pauvreté du paysage. Le 3 juillet au matin, un petit tremblement de
terre salue le départ de la corvette; elle arrive le 10 devant l’île San Lorenzo,
au large du Callao, que Gaudichaud connaissait bien depuis le voyage de
l’ Herminie. L’Académie des Sciences avait chargé le commandant de la
Bonite de solliciter du gouvernement péruvien la communication de l’herbier
du pays conservé à Lima, afin de le faire classer et déterminer et d’obtenir
en échange le don des doubles non indispensables; le général Morand,
alors président par intérim, fait rechercher cet herbier, que l’on retrouve
au musée de Lima, mais il avait déjà été classé et nommé par « un botaniste
français et deux botanistes espagnols », sans doute Joseph de Jussieu ou
Dombey, ou Gay, et peut-être Ruiz et Pavon.
Le 21 juillet, la Bonite remet sous voiles au Callao; le 25, elle arrive à
Source : MNHN, Paris
— 417 —
Payta, où elle ne reste que cinq jours Le 1 er août, Gaudichaud, qui a eu
le temps d’y faire de belles récoltes, dit au Pérou un dernier adieu. Le 2, on
est au mouillage de la Puna, près de Guayaquil, dans l'Equateur, et l’on
débarque M. de Mendeville, consul de France à Quito.
Le 11, c’est de nouveau le départ et la corvette a bien du mal à sortir
de la rivière de Guayaquil; ce n’est que le 13 qu’on peut remettre sous
voiles. Vents et courants continuent à montrer peu de compréhension pour
les souhaits des voyageurs, et il faut renoncer à la visite projetée aux îles
Galapagos pour voir les résultats de l’essai de colonisation de la « Floriade » :
il est impossible de s’en approcher assez pour y mouiller. Chaleur et humidité
augmentent le nombre des malades et diminuent le zèle des bien portants.
Mais tout a une fin, même les mauvais jours. Le 31 août, les voyageurs
perçoivent le souffle de l’alizé; le 21 septembre, ils contemplent un arc-en-ciel
lunaire. Le 28 a lieu l’atterrissage sur la côte de l’île Hawaii, mais là encore,
il faut renoncer à l’ascension projetée du Mauna Loa. Les Français doivent
se contenter de la visite au monument élevé à la mémoire de l’illustre capi¬
taine Cook.
De l’île Hawaii, la Bonite se rend à Oahu et le 8 octobre elle mouille
à Honolulu, résidence du roi des Hawaii. Le 18, ce dernier donne en l’hon¬
neur des étrangers un « luau ». Ce mot désigne un plat de taro (Colocasia
esculenta) accommodé au jus de viande, mais le festin s’accompagne d’une
cavalcade et d’un concert de chants du pays.
Le 24, la corvette quitte Honolulu et le 31 elle passe la ligne de change¬
ment de date (méridien 180°). Entre le 5 et le 16 novembre, le navire passe
près de Grigan (Agrigan); de l’Assomption (Mariannes), des Mangs, qu’on
ne retrouve pas à la place où ils avaient été indiqués par les observations
de Y Uranie. Le 27, on entre dans le chenal entre Claro Babuyan et les îlots
Balington, et les jours suivants, on longe la côte occidentale de Luçon. Le
4 décembre, la corvette essaie sans succès d’entrer dans la baie de Manille,
qu’on n’atteint que le 7, et où Gaudichaud peut herboriser jusqu’au 21.
Le 30 décembre 1836, la corvette atteint les côtes d’Asie, et le lendemain
elle mouille à Macao, comptoir portugais à l’entrée de la rivière de Canton,
en face de Hong Kong. C’était alors le seul établissement européen en
Chine et l’Empire du Milieu était encore très fermé : un essai de remonter
la rivière donne lieu à une sévère admonestation du Grand mandarin, et la
ville ne peut être vue que par supercherie. Le 21 janvier 1837, la Bonite
quitte Macao pour Tourane, et après avoir longé les îles Taya et Hainan
et doublé le cap Lieong Soy, elle mouille le 24 dans la baie, non sans s’être
échouée un moment sur un fond de vase de trois brasses. Le commandant
se rend vite compte que malgré la politesse de l’accueil, la visite du navire
de guerre contrarie les autorités locales : des consignes très strictes lui sont
imposées. On songe vite au départ, et le 5 février, bien qu’un calme plat ait
donné à Gaudichaud l’occasion de faire une dernière herborisation à terre,
la Bonite quitte Tourane pour Singapour, qu’elle atteint en quatorze jours,
après avoir croisé quelques bateaux de pirates malais. Les 22 et 23 février,
la corvette va de Singapour à Malacca, et du 24 février au 2 mars, de Malacca
à Poulo-Pinang, sur une mer phosphorescente.
Source : MNHN, Paris
— 418 —
Pour arriver ensuite à Calcutta, la navigation prend un mois entier.
Le 5 avril, la Bonite est à Chandernagor, où elle prend du riz pour les habi¬
tants affamés de Pondichéry, 6 caisses de mûriers pour des essais d’intro¬
duction dans d’autres établissements français et d’importantes collections
données par Wallich, le grand botaniste anglo-indien d’origine danoise,
pour le Muséum.
Le 27, la Bonite fait route au Sud-ouest dans le golfe du Bengale,
quand elle essuie une terrible tempête, qui se renouvelle le 19 et le 20 mai.
Alourdie par son chargement humanitaire, elle manœuvre mal, se couche
et reste dans cette position plusieurs heures avant de pouvoir se relever.
La barre est brisée quatre fois et des dégâts effrayants font ressembler le
navire à une épave. Il atteint le 27 mai Pondichéry où il peut être remis
en état.
Le 12 juin, la Bonite peut quitter la côte de Coromandel pour les Masca¬
reignes. Après avoir aperçu l’île Maurice le 9 juillet et le Piton des Neiges
le 10, elle mouille le 11 à Saint-Denis, et Gaudichaud reprend ses herbo¬
risations à la Réunion après dix-neuf ans d'absence. Le 22 juillet a lieu une
grande excursion à Salazie.
Mais le 27, il faut déjà repartir et après une traversée de retour qui ne
comporte que de rares incidents, comme l’évasion d’une panthère destinée
au Muséum et qu’il faut abattre, empailler... et manger, faute de viande
fraîche pour elle, et peut-être pour les navigateurs eux-mêmes, et aussi
une terrible tempête dans les parages du Cap, la Bonite mouille à Sainte-
Hélène (5 septembre), où l’état-major va se recueillir sur la tombe du grand
empereur, mais a bien du mal à retourner à bord; elle jette l’ancre le
6 novembre 1937 à Brest. Le mauvais temps n'avait cessé que depuis la
veille et un tiers de l’équipage était malade du scorbut.
CE QUE GAUDICHAUD CONSEILLAIT AUX VOYAGEURS PLUS JEUNES
QUI CONTINUAIENT LES « TOURS DU MONDE »
Un peu plus d'un an après le retour de la Bonite, une nouvelle expé¬
dition autour du monde se préparait à partir, et le médecin-naturaliste du
navire, la Danaïde, demandait à Gaudichaud des conseils sur les recherches
à faire en botanique au cours du voyage. Gaudichaud répondait par la
lettre suivante, déjà signalée par E. T. Hamy, en 1906, au Bulletin du Muséum,
mais non publiée. Elle fait partie des autographes de botanistes de l'Herbier
du Muséum.
Source : MNHN, Paris
— 419 —
Cachet de la poste de Paris Monsieur Liautaud
du 30 mars 1839 chirurgien major de la corvette la Danaïde
à Toulon
Monsieur,
Puisque vous me faites l'honneur de me consulter sur ce qu'il y aurait à
faire dans votre voyage pour être utile aux sciences phytologiques, je prendrai
ta liberté de vous faire quelques recommandations. Je suivrai pour cela l'ordre
présumé de vos relâches. Les personnes dont je vous indiquerai les noms sont
celles près desquelles j'ai puisé mes plus utiles renseignements. Veuillez, je
vous prie, les saluer de ma part et leur donner l'assurance que dès que j'aurai
terminé la mise en ordre de mes nombreuses collections, dont le classement
absorbe tous mes moments comme toutes mes facultés, je m'empresserai de
leur adresser de nouveaux remerciements pour toutes les bontés dont ils
m'ont comblé.
1° A Cartliagène ou sur tout autre point de T Espagne, un gros tronc
de Cactus opuntia — Des tiges du petit palmier européen Chamaerops
humilis.
2° A Ténérijfe, un tronc de Dracaena Draco, le plus gros possible. —
Des lianes s'il y en a, d°.
3° A Rio de Janeiro, des tiges de Lianes et, s'il est possible, quelques
rameaux des mêmes plantes munis de feuilles, de fleurs et de fruits pour servir
à leur détermination. — M. Cuissard, médecin, Soulié, pharmacien. Gauthier, d°.
4° A Montevideo, des échantillons de l'Amboa (Phytolacca dioica)
mâle. L'individu femelle est commun dans les herbiers. Une forte rondelle du
tronc ou d'un gros rameau du même arbre.
Explorer avec soin le Perro, te Perillo et les sables du fond de ta rade.
5° A Chiloe et à ta Conception, des cônes de /'Araucaria chilensis.
A voir soin d'assujettir les écailles et les graines avec un filet serré ou au moyen
de fil de caret pelotonné autour. Un tronçon de T arbre. Des graines de tous les
arbres du pays.
6 0 A Juan Fernandez. — Des tronçons de Fougères arborescentes et
Palmiers (Chorita), du Palo de los Antigos (Santalum) et de toutes les Synan-
thérées arborescentes (Robinsonia L.). Des graines.
Signaler l'abondance des Palmiers, des Fougères arborescentes, des
Broméliacées. Faire des collections importantes sur le sommet des montagnes.
7° A Valparaiso. — Des fleurs mâles et femelles conservées dans l'esprit
de vin du Palmier (Palma) (Cocos micrococca de Ozentero) (Molinea). —
Un tronc ou tronçon du même arbre. Il croit tout près de la ville sur la route
de Santiago et dans la Vina de la mar. Pas d'herbiers. Connaître les limites
du Palmier vers le Sud. Du Pourretia ( Cardona), d°. De /'Araucaria (Pinon?)
vers le Nord et vers le Sud. On le connaît sous le nom de Pin de la Conception,
où, d'après tous les voyageurs, il est très abondant.
Source : MNHN, Paris
— 420 —
M. Gay 1 à Santiago, M. Chabri, propriétaire de l'Hôtel de France à
Valparaiso, M. de la Trésorière, d°.
8° A Coquimbo. Herbier. Bois de tous les arbres (tronçons longs de
18 pouces à 2 pieds) et arbrisseaux, et quelques fragments de plantes convena¬
blement récoltés pour leur détermination.
9° A Cobija 2 . Exploration complète des gorges et des montagnes.
10 ° A Arica. Tout. Un voyage au lac Titicaca? Tout.
Il” Islay-Arequipa, d°.
12° Callao. Rien. Explorer le sommet de San Lorenzo et des montagnes
qui dominent Lima vers les Almoncaes 3 .
13° Payta. La ville et la plaine qui y conduit. Les plantes herbacées
surtout.
14° Guayaquil. Un peu de tout. Le sommet de la Puna. De plus grandes
lianes et des échantillons des mêmes plantes.
M. Desturgis, médecin. MM. May et X..., pharmaciens.
15° Les Galapagos. Tout. — M. Villaniel, Gouverneur.
16° La Californie. Tout. Les montagnes. Beaucoup de graines. Expédier
de suite les graines par les navires de la station française.
17° Les Sandwich. Rien de la base. Tout des hautes montagnes. Étudier
surtout deux espèces de Palmiers(...) qui croissent au sommet des montagnes
de Pile Oahu, et un Dracaena arborescent qui se trouve à l'extrémité de ta
vallée d'Honolulu, près du Pani. Je n'ai que des feuilles et du (bois?) de cet
arbre. Des tronçons de Fougères arborescentes, de Pandanus, de Freycinetia,
de Dracaena (2°) et autres Monocotylédones, du Palmier surtout. Décrire
soigneusement ce dernier. Des fleurs et des fruits dans l'esprit de vin. Mauna
Eloa : tâcher d'y faire une course (géogra)phique et d'histoire naturelle!
Tout.
M. Rouck, médecin ; M. Deul(Dite), missionnaire des marins américains ;
M. le Consul d'Angleterre.
18° Votre jeune et brave commandant 4 doit être ami des sciences et jaloux
de les servir. Engagez-le à faire une relâche au milieu de l'Océan, entre les
îles Sandwich et les Mariannes', sur un des nombreux points connus ou nou¬
vellement signalés par les baleiniers. Là, il y aurait tout à faire. Les montagnes,
surtout pour la Botanique.
1. Cl. Gay, auteur de la partie Botanique de l’Historia fisica y politica de Chile
(8 vol.) (180G-1873), Membre de l'Institut (1856).
2. Cette ville de la côte est celle dont la situation et le nom correspondent le mieux
à ce qu’il est possible de déchiffrer. Le Voyage autour du monde de la Bonite établit d'ailleurs
que Cobija fut une des escales de la corvette.
3. Promenade d'été des habitants de Lima, située à une lieue environ de l'ancienne
ville.
4. Joseph du Campe de Rosamel, capitaine de corvette, fils du ministre de la marine
(1807-1853). La croisière de la Danaide devait durer quatre ans, avec surtout d’importants
résultats ethnographiques. Ce navire a fait en particulier une station longue et fructueuse
aux Carolines.
Source : MNHN, Paris
— 421 —
19° Les Mariâmes. Tout. Etudier soigneusement les nombreux Pandanus
(Porouna?) ; conserver des fleurs mâles et femelles et des fruits de toutes les
espèces dans l’esprit de vin. Des germinations, d° ; de Cycas, d°. Des tronçons
de Cycas, de Fougères, d'Aroïdées (Blanco-pinto), de Palmiers, etc., indigènes.
Don Luis de Torrez et toute sa famille.
20° Chine. Tout. — A Macao, MM. les Pères des Missions étrangères
et de Saint Lazare.
M. Bil(Beel), auquel il faudrait porter des graines de Viola odorata,
avec quelques pieds vivants de la Violette double. — A Canton, M. Mallat,
médecin, dont je m'occupe en ce moment. M. Dent. M. Layton, et même les
Hollandais, Tiedman, etc.
21° Cochinchine. Tout. Soigner l’étude des Pandanées, des Cycadées et
des Fougères.
22° Malacca et les îles du détroit. Tout. Particulièrement les Népenthès,
les Fougères, les Pandanus, et parmi les plantes de la même famille, les
Fisquetia ( ), dont j’ai trouvé trois espèces. Rechercher les fleurs mâles de
ce genre nouveau ; celles d'un grand arbre de la famille des Myrtes qui a des
feuilles semblables à celles de la Canelle (Cinnamomum), mais plus grandes
et sans odeur. Cette plante forme un beau genre nouveau dont je n'ai que des
fruits. Je l'ai trouvé à Poulo-pinang, sur la montagne du Gouverneur. — Se
procurer dans les mêmes localités une forte tige du poivre noir qui y est cultivé.
Demander des renseignements sur la plante qui produit le Jonc.
23° Calcutta. Palmiers sauvages et cultivés. Les fleurs et les fruits dans
l'esprit de vin. D° pour les Pandanus et surtout le Nipa. Une tige de Phœnix
sylvestris épuisée par la récolte du miel de palmier'. Des renseignements sur
l’extraction et la préparation de ce miel.
M. le Dr. Wallich. MM. Blanchard et... ; Modon, Falcon, Princepsf ?),
M. le..., Conservateur de la bibliothèque et des collections de la Société
asiatique.
24° Pondichéry. Les plantes des rivières douces et salées, Halophila,
Zostera, etc., et des sables maritimes. Etudier avec soin leurs fleurs et leurs
fruits. En apporter dans l'esprit de vin.
Mon ami M. Perrottet, directeur du Jardin botanique. M. Blin, rentier.
25° Les Seychelles. Coco de ce pays. Étudier les fleurs, les ovaires et la
germination. De tout cela dans l'esprit de vin.
26° Bourbon. Plantes des sommets. Tige de /'Asplénium (Diplazium)
arborescens. — Des Dracaena, Pandanus, etc. Etudier avec soin ces derniers
sous le rapport des espèces. Tiges de toutes les Monocotylédones ligneuses. —
MM. Richard, Directeur du Jardin de la colonie ; MM. Bernier, Médecin, etc.
27° Cap de Bonne Espérance. Bois de tous les végétaux ligneux. Plantes
d’eau douce.
1. Dans la marge de la lettre figure le dessin d’un de ces Palmiers « épuisés ». avec
ses encoches opposées en marches d'escalier.
Source : MNHN, Paris
— 422 —
28° Sainte Hélène. Herborisation du Pic. Tout.
29° Les Açores. D° des montagnes.
30° Pour mon ami M. Adolphe Brongniart et aussi pour nos galeries
du Muséum, les végétaux fossiles, les impressions d'êtres organisés et les
lignites de tous les pays que vous visiterez, Pondichéry excepté.
Mille pardons. Monsieur, de vous écrire de cette façon. Ma santé délabrée
ne me permet pas, en ce moment, de le mieux faire.
Avec mes vœux pour le succès de votre voyage, recevez. Monsieur,
l'expression de mon bien sincère dévouement.
Ch. Gaudichaud.
Je recevrais de vos nouvelles avec grand plaisir.
Vous savez mieux que moi. Monsieur, ce qu'il faut faire en Zoologie.
Je vous recommanderais pourtant l'étude des Mollusques, tous les petits
quadrupèdes, même les rats, de Montevideo, de la Patagonie et de toutes les
terres du Chili, du Pérou et de la Californie.
Paris, 24 mars 1839.
LE « VOYAGE AUTOUR DU MONDE DE LA BONITE »
La partie botanique de cet ouvrage en trois volumes, paru en 1851
(les Cryptogames, sous la plume de Montagne, Léveillé et Spring, avaient
été éditées de 1844 à 1846), est beaucoup moins importante pour la classi¬
fication et la géographie botanique des Phanérogames que la Botanique
du voyage de YUranie. Il est surtout constitué par une Introduction exposant
les théories respectives de Gaudichaud et de Mirbel sur l’organisation des
végétaux vasculaires et l’argumentation de Gaudichaud pour soutenir les
siennes, ainsi que par quelques mémoires sur des sujets de culture, d’ana¬
tomie, d’organographie et d'organogénie (accroissement de la tige, de la
feuille et de la racine), de physiologie (ascension de la sève), de chimie
physiologique avec ses applications à l’agriculture et à l’horticulture. Nous
dirons quelques mots à ce sujet un peu plus loin.
Comme pour le voyage de l’ Uranie, les Cryptogames renferment
beaucoup de nouveautés. Les Algues, les Lichens et les Muscinées ont été
élaborés par C. Montagne, les Champignons par J. H. Léveillé, les « Lyco-
podinées » par A. E. Spring. Les planches 130 à 150 de l’Atlas in-folio qui
accompagne le « Voyage de la Bonite » correspondent à l’ouvrage de ces
auteurs; il en est de même des planches 12 et 34 (on peut lire leurs légendes
pp. 321 et 344).
Pour les autres végétaux (vasculaires), Gaudichaud n’a publié que
113 planches de l’Atlas, sans texte et sans ordre. Beaucoup ont manifes¬
tement été exécutées en vue d’apporter des arguments en faveur des théories
organogéniques de Gaudichaud. Le dessin des planches avait commencé
Source : MNHN, Paris
— 423 —
dès 1838 et elles furent publiées au fur et à mesure de leur achèvement 1 .
Malgré l'absence de texte, les nouveautés sont valablement publiées d’après
les articles 32 et 44 du Code de nomenclature. Les dessins, presque tous
beaux, sont de Borromée (ou Borromé), Vauthier, Riocreux, Périaux,
Himely, Gontier.
Dans la même publication, Ch. d’Alleizette a publié en 1866, douze
ans après la mort de Gaudichaud, une plaquette qui facilite l’étude de
ces planches. Leurs légendes sont rangées alphabétiquement en Aspara-
ginées, Bégoniacées, Broméliacées, Capparidées, « Fougères », « Join-
villéacées », Légumineuses, Lobéliacées, Goodénoviacées, Malpighiacées,
Nolanées, Orchidées, Palmiers (avec des planches d'anatomie), Pandanées,
Pipéracées, Saxifragées, Urticées, « Anatomie et Physiologie » 2 .
6. GAUDICHAUD MORPHOLOGISTE ET PHYSIOLOGISTE
Le moment est sans doute venu de parler un peu plus longuement des
nouvelles préoccupations du botaniste. Après le retour de l'Uranie, et tout
en travaillant à la rédaction de la partie botanique du voyage, il avait publié
un mémoire sur l’organisation des Fougères, un autre sur les Cycadées
et un sur le genre Adriana (Euphorbiacées), un genre du groupe des Aca-
lyphées, découvert par lui en Australie orientale, qui laissaient voir que
son intérêt s’orientait, non plus seulement vers les classifications et la géo¬
graphie botanique, mais aussi vers la morphologie, l’anatomie et l’ontogénie.
« C’est qu'alors, écrit-il 3 , un intérêt nouveau et non moins puissant
que tous ceux qui nous animaient déjà était venu donner à notre imagination
une nouvelle et irrésistible impulsion. Nous voulons parler des principes
d’organogénie, d’anatomie et de physiologie que nous avions pour ainsi
dire pressentis dès nos plus jeunes études, plus directement entrevus et en
partie constatés dans nos premières explorations, et que nous nous sentions
irrésistiblement pressé du besoin de compléter et de produire au grand jour
de la science. »
C'est pendant le voyage de YHerminie surtout que Gaudichaud devait
jrrêter les bases de la théorie des phytons ou des mérithalles, présentée
à l’Académie des Sciences le 1" avril 1835 et honorée du prix Montyon,
et celles des principes de Physiologie appliquée et d’Organographie, d’après
les matériaux étudiés au cours des relâches au Chili, au Pérou et au Brésil
(île Sainte Catherine et Rio de Janeiro). En décembre 1833, à peine rentré
de ce voyage, il donnait déjà aux Archives de Botanique un aperçu de ses
idées, mais le mémoire complet, remis à l’Institut fin 1834, ne devait paraître
qu’en 1841.
1. Des recherches sur les dates exactes de publication des livraisons de l'Atlas ont
été faites par Barnhart et par Johnston. Voir F. Stafleu, Taxonomie Literature, 1967.
2. Des indications sont données de place en place sur les idées de Gaudichaud
que ces planches illustrent.
3. Voyage de la Bonite, Botanique, introduction, p. 40 (1851).
Source : MNHN, Paris
— 424 —
« Une plante est une collection d’individus. La feuille ou phyton est
l’individu végétal le plus simple 1 . Chaque phyton se compose d’une portion
radiculaire ou descendante et d’une portion aérienne ou ascendante, qui
elle-même se subdivise en trois parties, les mérithalles : le mérithalle tigel-
laire, le mérithalle pétiolaire et le mérithalle limbaire. Le phyton se fixe sur
le tronc comme la plantule tout entière se fixe au sol : les filets vasculaires
qui s’échappent de sa base d’insertion rampent entre l’écorce et le bois,
se dispersent à la surface de ce dernier, descendent pour le tapisser de leurs
faisceaux et, par leur réunion aux filets radiculaires descendant des autres
feuilles, ils parviennent à envelopper la tige d’une couche nouvelle. L'accrois¬
sement en diamètre résulte de cet agencement, comme l'accroissement en
hauteur provient de la superposition des phytons ».
Vers la fin de sa vie, Gaudichaud semble avoir pris en considération
certains des arguments qui étaient opposés à ses idées; mais ses discussions
avec Payen, de Mirbel, Trécul, et même Achille Richard, Adolphe
Brongniart ou Adrien de Jussieu, pourtant ses amis, s’étaient prolongées
presque jusqu’à la fin, et bien que se déroulant sur un terrain plus acadé¬
mique que celles de sa jeunesse, elles montraient que sa sincérité et son
énergie n'avaient point fléchi 2 .
7. GAUDICHAUD ACADÉMICIEN
C’est pendant que s’achevait le voyage de retour de son second tour
du monde, le 16 janvier 1837, que Gaudichaud avait été nommé membre
de l’Académie des Sciences. Plus heureux que Commerson, qui avait béné¬
ficié du même honneur mais n’avait jamais regagné son pays, il allait
recueillir les lauriers de la célébrité et jouir pendant dix-sept ans, mais non
sans être tourmenté par la maladie et les polémiques, de laborieux loisirs,
consacrés surtout au Muséum, où il avait été nommé Conservateur de
l’Herbier.
1. On voit tout ce que cette conception a de commun avec l’idée des métamères en
zoologie et même avec la notion plus récente de phyllorhize en ontogénie et en phylo¬
genèse végétales.
2. « Ceux qui ne savent pas que la science est une passion, et qu'on l’aime comme
un bon patriote aime son pays, comme un bon père aime ses enfants, comme un bon
chrétien aime son Dieu, ne nous comprendront certainement pas. Qui, d'eux ou de nous,
est le plus à plaindre? (Voy. de la Bonite, introd., p. 49, 1851).
Source : MNHN, Paris
Adansonia, scr. 2, 11 (3) 1971.
ESSAIS DE GÉOPHYLÉTIQUE DES SAPOTACÉES. II 1
par A. Aubréville
Résumé : 2 : Essai de géomorphogenèse de la tribu des Mimusopées. — 3 : Essai
de morphogenèse d'un groupe de Chrysophyllées américaines et africaines, généralement
attribuées au genre Chrysophyllum, et qui préférablement sont des Gambeya, des Viüo-
cuspis ou des Cynodendron. — 4 : Sur un caractère générique méconnu d'intérêt taxo¬
nomique et phylétique. Le genre Bequaertiodendron disparaît devant Englerodendron,
Zeyhcrella, Neoboivinella et Pseudoboivinella.
2. TRIBU DES MIMUSOPÉES
Précédemment, nous avons tenté une étude de géophylétique de la
tribu des Manilkarées 1 . La tribu très voisine des Mimusopées de la sous-
famille des Mimusopoïdées permet aussi des considérations phylétiques
et chorologiques intéressantes bien que la systématique des espèces n’en
soit pas encore pleinement achevée. Les dernières révisions ont été faites
par : A. D. J. Meeuse pour l’Afrique du Sud (Bothalia 7, 2, 1960), J.-H.
Hemsley pour l’Afrique orientale (Flora of Tropical East Africa, Sapo-
taceae, 1968), H. Heine pour l’Afrique occidentale (F.W.T.A., 2 e éd.,
1963), par nous-même dans les Flores du Gabon (1961) et du Cameroun
(1964) et, en ce qui concerne les espèces malgaches du genre Mimusops ,
dans Adansonia (1964).
La tribu des Mimusopées se divise en deux sous-tribus 2 : Mimusopinées
comprenant les deux genres Mimusops L. et Aulranella A. Chev. ex Aubr. et
Pellegr.; Tieghemellinées comptant les genres Tieghemella Pierre, Baillonella
Pierre, Vitellariopsis (Baill.) Dubard et Viiellaria Gaertn. f. La tribu des
Mimusopées est très proche de celle des Manilkarées. Elle s’en sépare
immédiatement par son double calice de 4 + 4 sépales, les 8 lobes de la
corolle, 8 étamines, 8 staminodes et un ovaire à 8 loges.
Les deux sous-tribus se distinguent par les graines. Graines à courte
cicatrice nettement basilaire (Mimusops), ou large et basiventrale (Autra-
nella) ; cicatrice ventrale large ou très large, pour les autres genres.
1. Adansonia 11, 2 (1971). Première note sur la tribu des Manilkarées.
2. Aubréville, Sapotacées. Adansonia. Mém. (1964).
Source : MNHN, Paris
— 426 —
Source : MNHN, Paris
— 427 —
Plusieurs genres sont exclusifs de la forêt dense guinéo-congolaise où
ils figurent parmi les arbres géants de la forêt, mais avec très peu d'espèces :
Tieghemella, 2 espèces, Baillonella et Aulranella, chacun une seule espèce,
et peut-être une variété encore mal déterminée. Vitellaria n’a qu'une seule
espèce et une variété, c'est le bien connu « karité » caractéristique des
savanes boisées guinéo-soudanaises. Le genre Vilellariopsis est présent
exclusivement en Afrique orientale et australe avec 5 espèces.
Mimusops est essentiellement représentatif de l’Afrique orientale et
australe et de Madagascar. Hemsley retient 9 espèces pour l'Afrique orien¬
tale, Meeuse 3 espèces pour l'Afrique australe, de la province du Cap, au
Natal et aux Rhodésies. De Madagascar ont été citées à ce jour une douzaine
d'espèces et plusieurs variétés, des Comores 1 seule espèce. Aux Masca¬
reignes existent avec certitude 2 espèces, et aux Seychelles 1 espèce.
En Amérique, la tribu n'est pas représentée. En Asie et en Océanie,
on ne trouve qu'une seule espèce de Mimusops, M. elengi L., type du genre
Mimusops. A cette exception près, la tribu est donc caractéristiquement
africaine avec une coupure nette entre un groupe peu nombreux de 4 espèces
endémiques de la forêt dense guinéo-congolaise et, à l’opposé en Afrique
orientale et australe (y compris Madagascar et les Mascareignes) une
vingtaine d’espèces de Mimusops et Vilellariopsis. Le Vitellaria paradoxa,
le Karité, se place à part puisqu’il s’étend dans une bande latitudinale de
savanes boisées, traversant l’Afrique occidentale des sources du fleuve
Niger à l'Ouest, au Nil à l'Est. Il est cependant difficile de déterminer son
centre d’origine car, espèce utile pour ses graines oléagineuses (le beurre
de karité), il a été largement répandu par l’homme. Les « savanes verger »
de karité près des villages soudanais ne sont pas des vestiges des forêts
sèches anciennes d’où les karités auraient été conservés, mais des témoins
d'une occupation ancienne du sol par les populations où les jeunes karités
préservés par leur utilité se seraient spontanément multipliés. Néanmoins,
comme l’aire de l’espèce n'atteint pas l’Océan atlantique au niveau du
Sénégal, ni la forêt dense au sud dont elle ne franchit pas les lisières, et
qu'au contraire elle est à l’est étendue dans les régions nilotiques, il est
vraisemblable que sa dispersion s'est plutôt étendue d'Est en Ouest, et non
inversement.
Le genre Mimusops, africain essentiellement oriental et malgache,
détache une seule espèce en Asie du sud-est et en Océanie jusqu'aux Hawaï,
M. elengi et ses formes variétales. Cet arbre a été parfois introduit dans les
jardins tropicaux pour ses fleurs odorantes.
Cependant, l’Afrique occidentale est également pénétrée par deux
espèces de Mimusops, tous deux vraisemblablement d’origine orientale.
Elles se sont introduites dans les régions occidentales des savanes boisées,
en suivant les cours d’eau, et ont atteint les régions littorales du Sénégal
au Togo-Dahomey. Ce sont deux petits arbres : M. kummel A. DC. (= M.
fragrans Bak. Engl.) originaire vraisemblablement d'Eritrée, Ethiopie,
Ouganda, Kenya, et M. andongensis Hiern (= M. warneckei Engl.), espèce
angolaise et guinéo-soudanaise, très proche d'espèces orientales, telles que
M. bagshawei S. Moore. Ces deux Mimusops sont des ripicoles de la zone
Source : MNHN, Paris
— 428 —
des savanes. On ne les signale jamais en forêt dense 1 . Le second a beaucoup
d’affinités avec l’espèce asiatique M. elengi. Il est possible que cette dernière
espèce à l’aire indo-pacifique déjà considérable soit parente de plusieurs
espèces africaines orientales et malgaches, ce qui marquerait la liaison
possible avec l’espèce occidentale. Ce point d’écophylétisme ne peut être
élucidé faute de documentation suffisante.
Incontestablement, il demeure que le berceau du genre Mimusops
se situe en Afrique orientale et à Madagascar. Au point de vue phylétique,
ce genre demeure homogène; il n’a pas évolué. Aucun autre n’en dérive.
Il a conservé les appendices des lobes de la corolle, lesquels sont entiers
ou souvent multilaciniés (notamment les espèces malgaches). En Afrique
occidentale, les appendices corollins de M. andongensis (= Warneckei)
sont entiers, mais ceux de M. kummel sont laciniés.
Chez les Mimusopées de l’Afrique occidentale et centrale, un phylum
est cependant marqué par le même processus évolutif que nous avons
signalé chez les Manilkarées : réduction des lobes pétalaires coïncidant avec
le développement des appendices latéraux et finalement la disparition de
ceux-là. C’est ainsi que, chez Tieghemella heckelii, le makoré de la Côte
d’ivoire, le lobe médian est réduit à une languette qui, chez l'espèce vica-
riante Tieghemella africana du Cameroun et du Gabon, n’est plus qu'un fil.
Chez Baillonella toxisperma, le plus grand arbre peut-être de la forêt
camerouno-gabonaise, le moabi des forestiers, l’aspect de la corolle est le
même que chez Tieghemella heckelii. Mais chez Vitellaria paradoxa , qui le
rappelle par la nervation des feuilles et le groupement des fleurs en fascicules
denses à l’extrémité d’épais rameaux, l’évolution est — à ce stade — achevée,
le lobe central a disparu complètement, les appendices étant alors soudés
en une pièce pétalaire unique.
Autranella congolensis (De Wild.) Chev., que nous rangeons plutôt
dans la sous-tribu des Mimusopinées en raison de la cicatrice basi-ventrale
de la graine, est une espèce phylétiquement isolée.
Vitellariopsis d’Afrique orientale et australe, structuralement très
proche des mimusopées de la forêt dense guinéo-congolaise, appartient à
un phylum distinct.
3. DE GAMBEYA, A VILLOCUSP1S, CYNODENDRON ET CHRYSOPHYLLUM
Lorsque j’ai adopté 2 le nom de genre Gambeya Pierre en rempla¬
cement de Chrysophyllum L. pour de nombreuses espèces de la forêt dense
africaine, dérogeant à un usage établi chez la plupart des botanistes, auquel
d’ailleurs je m’étais spontanément rangé dans la première édition de la
« Flore forestière de la Côte d’ivoire » (1936), je n’ai généralement pas été
1. Nous avons trouvé autrefois dans la forêt de Tabou (bassin du Cavally au sud-
ouest de la Côte d'ivoire) un petit arbre, certainement une Sapotacée, dont les feuilles
suggèrent un Mimusops: il est demeuré indéterminé.
2. Notes sur les Sapotacées de l'Afrique équatoriale. Not. Syst. 26, 3-4 (1960).
Source : MNHN, Paris
— 429 —
suivi par les auteurs de révisions des Sapotacées, notamment dans
« F.W.T.A. » (2 e éd. 1963), F.T.E.A. (1968) et ailleurs. J’admettais depuis
1960 qu’il n’y avait aucun Chrysophyllum dans la flore africaine, contrai¬
rement à la tendance habituelle de rapporter les Sapotacées à feuilles
pubescentes argentées ou dorées ou roussâtres en dessous au genre Chryso¬
phyllum L., lequel était typifié par la belle espèce américaine aux feuilles
dorées, C. caïnito L., bien connue et introduite dans tous les jardins tro¬
picaux.
En ce qui concerne la flore américaine, il existe aussi d’autres espèces
aux feuilles brillantes dorées ou argentées dessous qui rappellent C. caïnito.
Leurs fleurs aussi ressemblent beaucoup à celles du C. caïnito. On les attri¬
buait donc au genre Chrysophyllum. J’avais suivi la tradition tout en remar¬
quant 1 qu’entre tous ces Chrysophyllum américains la diversité était grande
dans les graines. Or, les graines ont une grande importance taxonomique
chez les Sapotacées; la forme et la position des cicatrices est un caractère
commun à toutes les espèces d’un même genre. Baehni était particulière¬
ment pénétré de l’importance systématique des graines chez les Sapotacées.
Aussi il n’hésita pas, dans un mémoire de 1965 sur les Sapotacées 2 , à créer
un genre nouveau, Cynodendron, qui rassemblait 10 espèces extraites des
Chrysophyllum américains traditionnels. J’ai adopté cette interprétation.
Auparavant, déjà en 1961 1 , j'élevais au rang de genre une section de Chryso¬
phyllum, Villocuspis, séparée par Alphonse de Candoli.e (Prodomus 1844)
avec 4 espèces, et suggérant que 4 autres Chrysophyllum pourraient être
rapportés à ce nouveau genre.
Le pauvre genre linnéen, chassé de l’Afrique, était aussi chassé de son
Amérique natale, à l’exception de la seule espèce « caïnito » de Linné.
Bien entendu il convenait alors, pour être logique, d’éliminer toutes les
espèces de Chrysophyllum créées en Nouvelle-Calédonie, en Australie et en
Océanie, ce que je fis ultérieurement.
Comment cette hécatombe pouvait-elle se justifier? C'est ce que nous
voulons montrer en nous bornant pour l’instant à la succession typique
des 4 genres apparentés cités dans le titre de cette note. Ils constituent un
des modèles de phylums du vaste groupe des Chrysophyllées. Trois types
de fleurs s’y rencontrent. Type Chrysophyllum et Cynodendron: fleurs
pentamères, 5 sépales imbriqués, corolle plus ou moins tubulaire, à 5 lobes
courts imbriqués, 5 anthères sessiles ou subsessiles, épipétales, insérées au
niveau de la commissure des lobes, donc au bord du tube, ovaire à 5 loges
(8-10 chez C. caïnito)-, type Villocuspis: même structure, sauf que les éta¬
mines à filets sensiblement aussi longs que les anthères 3 , sont insérés vers
le milieu du tube de la corolle; type Gambeya: même structure, sauf les
étamines à longs filets insérés à la base du tube.
Ainsi, la distinction majeure que nous retenons dans l’organisation
1. Notes sur des Chrysophyllées américaines. Adansonia 1, 1 (1961).
2. Boissiera 2 (1965).
3. Caractère secondaire, mais remarquable, les anthères sont velues chez les 4 espèces
que j’ai pu étudier.
Source : MNHN, Paris
— 430 —
— Évolution phylétique d'un groupe de Chrysophyllées. Type Gambeya : 1, G. boukokoensis
Aubr. et Peliegr.; 2, G. perpulchra (Mildbr.) Aubr. et Pellegr.; Graines : 3, G. pipantea
(Chev.) Aubr. et Pellegr.; 4, G. africana (Bak.) Pierre; S, G. subnuda (Mildbr.) Aubr. et
Pellegr.; 6, G. perpulchra (Mildbr.) Aubr. et Pellegr. — Type Villocuspis : 7, V. splendens
(Spreng.) Aubr., fleur et graine. — Type Cynodendron: 8, C. auratum (Miq.) Bachni;
Graines : 9, C. marpinatum (Hook. et Arn.), Baehni; 10, C. oliviforme (L.) Baehni;
11, C. arpenteum (Jacq.) Baehni. — Type Chrysophytlum: 12, C. caïnito L., fleur et graine.
— Type primitif d'une fleur de Sapotacée : 13, Vincentella passarpei (Engl.) Aubr.
Source : MNHN, Paris
— 431
de la fleur de ce groupe tient à la position des étamines. Elle a paru peu
valable au regard de certains botanistes. En réalité elle est importante
du point de vue phylétique. Elle est d'abord constante à l'intérieur d'un
même genre. Elle se retrouve aussi dans les grands groupes de Poutériées
et de Chrysophyllées de la sous-famille des Sidéroxyloïdées.
Il existe des genres où les étamines, à longs filets insérés à la base des
pétales sont presque libres. Pour nous, c’est un type phylétique primitif
quant à l’androcée 1 . La corolle, aux lobes presque libres à l’origine, a évolué
progressivement par soudure plus ou moins complète des lobes, ceux-ci
persistant finalement chez Chrysophyllum caïnito et Cynodendron sous forme
de lobes courts, parfois suborbiculaires. Ainsi se formait le tube de la corolle.
Cependant, chez Gambeya les étamines demeuraient presque libres et
attachées à la base du tube de la corolle. Au contraire, quand il existe encore
aujourd’hui des staminodes, ceux-ci anciennement libres et insérés à hauteur
des étamines se sont soudés au tube de la corolle et ne subsistent plus que
sous forme de staminodes courts ou rudimentaires qui paraissent insérés
à hauteur de la commissure des lobes, à la gorge du tube. Ce cas s’observe
chez certaines espèces de Gambeya où parfois on voit encore des staminodes
rudimentaires alternant avec les lobes. Ainsi s’est formé le type Gambeya 2 .
Chez le Chrysophyllum caïnito et chez les Cynodendron les étamines
ont été soudées complètement ou presque au tube de la corolle résultant de
la soudure des pétales primitifs, de sorte que les anthères paraissent sub-
sessiles ou même sessiles à la base des lobes. C’est le dernier palier de l'évo¬
lution dans les phases de soudure des pétales et des étamines. 11 arrive que
dans certaines espèces de Sapotacées à filets soudés sur le tube de la corolle
on puisse encore distinguer les parties soudées des filets, et même, en tirant
sur ceux-ci, les détacher plus ou moins de la corolle.
Dans le cas des Villocuspis, la soudure des filets ne s’est faite qu’à
mi-hauteur du tube corollin.
En examinant les fleurs de nombreux autres groupes de Sapotacées,
on peut distinguer ces deux grands types : étamines à filets plus ou moins
libres, insérés dans le tube à différents niveaux; étamines à filets soudés au
niveau de base des lobes et sur le même plan que les staminodes lorsqu'il
y en a. Pour nous, ces distinctions sont très importantes au point de vue
phylétique et autorisent des séparations génériques valables. Il leur corres¬
pond par ailleurs souvent d’autres caractères.
Pour nous limiter aux 4 genres que nous considérons ici, nous noterons
des différences importantes quant aux graines qui corroborent les distinc¬
tions fondées sur la position des étamines ;
Chrysophyllum caïnito: Ovaire à 8-10 loges. Nombreuses petites
graines à cicatrice affectant toute la face ventrale.
1. On le voit par exemple chez certains Vincentella, où pétales, étamines et longs
staminodes sont presque libres.
2. Avec beaucoup d'autres, par exemple en Amérique : Poméria, Labalia, Pseu-
dodadia, Nemaluna, Pseudolabalia, Egierodendron, Gomphihtma ; en Afrique : Aubre-
grinia; en Océanie : Beccarietla, Leptostylis. Le processus est très commun chez les
Sidéroxyloïdées.
Source : MNHN, Paris
— 432 —
Cynodendron: Ovaire à 5 loges. Graines à cicatrice basale ou basi-
ventrale, portant généralement des traces des cloisons de l’ovaire.
Villocuspis: Fruits monospermes (V. glaziouii). Graine ovoïde, à
large cicatrice ventrale elliptique.
Gambeya: Fruits à plusieurs graines (—5). Graines à cicatrice ventrale,
oblongue ou étroitement oblongue.
Nous maintenons donc notre précédente conclusion : les Chryso-
phyllum africains sont des Gambeya.
Au Brésil, nous avons reconnu un seul Gambeya'. Inversement, nous
avons attribué, mais sans certitude, au genre américain Ecclinusa, du groupe
des Chrysophyllum, une espèce gabonaise 2 . Aucun de ces 4 genres n’est
représenté en Asie.
4. SUR UN CARACTÈRE GÉNÉRIQUE MÉCONNU,
DE VALEUR TAXONOMIQUE ET PHYLÉTIQUE
Il s’agit de la soudure des étamines, avec éventuellement des stami-
nodes, en une forte collerette qui dépasse nettement la gorge du tube de la
corolle, au-dessus donc du niveau de la commissure des lobes. Selon que
l'on donne ou non à ce caractère une valeur taxonomique, la nomenclature
de certains genres change et le désaccord s'introduit entre botanistes. En
Afrique s’est posé le cas de l’attribution générique d’une espèce très large¬
ment répandue en Afrique australe et orientale, depuis le Tanganika (Tan¬
zanie) et Zanzibar au Nord jusqu’à l'Angola, le Betchuanaland, la Zambie,
le Malawi, le Mozambique, le Natal et le Transvaal. Elle fut connue depuis
1850 sous le nom de Chrysophyllum magalismonianum Sond. Laissons de
côté les nombreuses espèces synonymes qui lui furent ultérieurement ratta¬
chées pour ne nous intéresser qu’à l’attribution générique. Meeuse (1960)
en fait un Pouleria, genre américain d’AuBLET. Lecomte (1919) l'avait
incluse dans Pachystela. Pellegrin et moi-même, en 1958, avons créé
pour elle un genre nouveau « Zeyherella » relevant au rang de genre un
nom de Pierre (1891) non publié, mais repris par Engler comme section
du genre Chrysophyllum. Heine et J. H. Hemsley (1960) enfin nomment
l’espèce « Bequaerliodendron magalismonianum ». Le nom initial de Chryso¬
phyllum est donc rejeté par tous, à juste raison. La difficulté est, dans ce
cas, de le remplacer.
Les deux derniers co-auteurs ont fait un rapprochement avec le genre
Bequaerliodendron DeWild créé en 1919 pour l’espèce B. congolense De Wild,
découverte en pleine forêt dense congolaise au bord de ITturi. Il y a certes
des ressemblances entre l’espèce congolaise et l'espèce de l’Afrique australe :
même pubescence caractéristique jaune ou argentée des faces inférieures
des feuilles, nervations semblables, fleurs semblables également au premier
abord. Mais entre elles s’interpose ce caractère important de la soudure
1. Gambeya excelsa (Huber) Aubr.
2. Ecclinusa nyangensis ined.
Source : MNHN, Paris
— 433 —
Source : MNHN, Paris
— 434 —
des filets staminaux qui caractérise la corolle du B. congolense et qui n’existe
pas chez l'espèce magalismontanum où les étamines sont parfaitement
libres à la gorge de la corolle. Ce caractère de l’espèce congolaise est bien
décrit par De Wild : « étamines au nombre de 5, oppositipétales, formant
un tube à la gorge de la corolle, à filet court ou nul, à anthère obtusément
apiculée, tube staminal à dents courtes ou staminodes entre les anthères... ».
Puis De Wildeman ajoute en observation : « nous sommes amené à faire
de cette plante le type d’un genre nouveau par suite de la soudure des filets
staminaux ». De Wildeman n’aurait pas été évidemment d’accord pour
placer dans son nouveau genre l’espèce australe « magalismontanum ».
Nous, non plus.
En 1957, trouvant dans l’herbier de l'Oubangui une espèce nouvelle,
nous crûmes, Pellegrin et moi, y voir le type d’un genre nouveau que nous
dédiâmes au R. P. Tisserand, Tisserantiodoxa oubanguiensis A. et P. Mais
je m’aperçus plus tard que la fleur était du type Bequaertiodendron De Wild,
avec sa couronne de filets staminaux. J’abandonnai alors le genre Tisseran-
tiodoxa.
Cela ne résolvait pas pour autant le cas de l’espèce magalismontanum
que l’on ne savait où raccrocher avec quelque certitude aux genres existants.
Il fallait bien se décider à créer un genre nouveau pour lequel nous adop¬
tâmes le nom ancien manusciit de Pierre, « Zeyherella ». Dans ce nouveau
genre vinrent ensuite se placer des espèces congolaises et gabonaises Z. longe-
dicellata, le testui, gossweileri (très proche de magalismontand), mayumbensis
etfarannensis (espèce occidentale encore douteuse, faute d’herbier suffisant).
Tout n’était pas encore résolu. Nicolas Hallé rapporta des Monts
de Cristal au Gabon le type d’une espèce nouvelle. La fleur était remar¬
quable par la présence d’une forte couronne staminale dépassant la gorge
de la corolle comme chez le Bequaertiodendron congolense. Tout naturelle¬
ment, nous étions amenés à faire un rapprochement avec le genre Englero-
phytum décrit en 1914 par Krause pour une espèce trouvée dans la région
de Kribi au Cameroun, proche des Monts de Cristal gabonais. Un doute
persistait sur la validité de l’espèce nouvelle E. hallei Aubr. et Pellegr. par
rapport à l’espèce camerounaise E. stelachantha Krause. Depuis, de nou¬
velles récoltes, et particulièrement un isotype de l’espèce de Krause (n° 6113)
aimablement donné au Muséum de Paris par l’Institut botanique de Ham¬
bourg, enlevèrent tout doute à ce sujet. E. hallei est synonyme de E. stela¬
chantha. Le botaniste allemand attachait comme De Wildeman une grande
valeur taxonomique à l’existence d’un tube staminal dépassant le tube de
la corolle : « tubus staminaliscirc. 5 mm longus dimidio inferiore corollae
tubo adnatus ». La figure de la page 345 (Engl. Bot. Jahrb., suppl. 1914)
illustre parfaitement ce caractère.
Mais alors rien ne s’opposait au rapprochement d’ Englerophytum avec
Bequaertiodendron, et finalement à l’absorption du second par le premier
qui lui est antérieur de cinq années. Nous avons donc été amené à faire
les combinaisons nouvelles : Englerophytum congolense (De Wild) A. et P.,
E. oubanguiense (A. et P.) A. et P., par approximation E. vermosenii;
espèce nouvelle provisoire E. le testui A. et P., et une dernière espèce très
Source : MNHN, Paris
— 435 —
particulière par ses très petites fleurs longuement pédicellées, E. somi-
feranum Aubr. 1 2 .
Baehni qui s’est penché sur ce problème a réuni dans une salade sans
nom, sous la bannière d’un genre américain de Bâillon, « Gymnoluma » z
des genres africains et américains aussi dissemblables que Tisserontiodoxa
A. et P., Wildemaniodoxa A. et P., Bequaertiodendron magalismontanum
(Sond.) Heine et Hemsl., Piresodendron Aubr. amazonien, etc. C’est un
exemple typique de dérèglement systématique auquel conduit dans une
classification la considération d’un seul caractère sans tenir compte des
autres.
Pour nous résumer, en ce qui concerne l’Afrique, nous sommes par¬
venus à un genre Englerophytum à plusieurs espèces guinéo-congolaises,
et à un genre Zeyherella dont l’espèce type est australe, Z. magalismontana,
mais qui compte de nombreuses espèces également guinéo-congolaises.
Revenant à des considérations taxonomiques, nous insisterons sur
l’importance générique de donner à la couronne staminale chez certaines
Sapotacées. Elle a aussi un intérêt phylétique, car nous y voyons une phase
de l’évolution, probablement récente, qui est un palier fixe chez des genres
tels d’ Englerophytum. Mais parfois, chez d’autres, si elle marque toujours
une tendance utile à reconnaître pour la séparation des espèces à l’intérieur
d’un genre, en raison de variations continues observables d’une espèce à une
autre, elle n’autorise pas les coupures franches requises à une échelle géné¬
rique. Cette tendance est très perceptible par exemple chez les Manilkara.
En Amérique tropicale, chez certaines espèces le tube staminal est parfai¬
tement net et accentué, d’autres où, encore sensible, il est peu saillant, d’autres
enfin où il n’existe évidemment pas. Cette présence ou cette absence est
précieuse à noter pour l’édification de clés dichotomiques. Nous nous
sommes servis de ces caractères dans nos études sur les Manilkarées améri¬
caines 3 4 . Chez les Manilkara africains quelques espèces proches du Manil¬
kara multinervis* montrent aussi une nette tendance à la soudure des éta¬
mines et staminodes. C’est un fait de diversification évolutive qui est proba¬
blement actuel. Dans les groupes où il semble avoir atteint un niveau stable,
il convient selon nous de marquer cette étape phylétique et taxonomique
par un nom générique, surtout quand ce processus évolutif concerne tout
un groupe d’espèces.
Pour toutes ces raisons nous ne pouvons nous rallier à l’interprétation
de J. H. Hemsley (F.T.E.A.) qui réunit dans le genre Bequaertiodendron,
les espèces très distinctes génériquement, B. natalense, B. magalismontanum,
B. oblanceolatum.
Nous avons fait de Chrysophyllum natalense Sond. (1850) le type d’un
genre Neoboivinella (1959), le nom de Boivinella auquel nous avions pensé
d’abord n’étant plus disponible; puis de l’espèce connue longtemps comme
1. Adansonia, sér. 2 : 7 (1) 1967.
2. Boissiera 2 : 100 (1965).
3. Exemples : Manilkara excelsa, subsericea, elaia, immdata, longiciliata.
4. Exemples : M. zenkeri, M. sansibarensis, M. mabokensis, M. fouilloyana.
Source : MNHN, Paris
— 436 —
Chrysophyllum glomeruliferum Hutch. et Dalz. (= Sideroxylon oblan-
ceolatum S. Moore), le type d'un autre genre Pseudoboivinella. Ces deux
espèces et donc ces deux genres sont très voisins l’un de l’autre. Les fleurs
sont petites, sessiles. Les étamines sont insérées au niveau de la soudure
des lobes.
On les sépare ainsi :
Fleurs solitaires ou par 3 à chaque nœud; pas de stipules; anthères sessiles
ou subsessiles, iniroses; des staminodes ou non; une seule graine à cicatrice
ventrale . Neoboivinella
Des stipules subulés; fleurs fasciculées, nombreuses à chaque nœud; étamines
à filets dépassant les lobes de la corolle; anthères extroses; des staminodes
subulés; une graine à large cicatrice ventrale. Pseudoboivinella
Neoboivinella natalensis (Sond.) A. et P. est répandu dans une grande
aire en Afrique orientale, allant de la Province du Cap, au Natal, Mozam¬
bique, Transvaal, atteignant le Tanganika, et d’après J. H. Hemsley l’Ou¬
ganda et le Kenya. Pseudoboivinella oblanceolala (S. Moore) A. et P. pénètre
les sous-bois de la périphérie septentrionale de la forêt dense guinéo-
congolaise (Rép. de Guinée, Côte d’ivoire, Ghana, Dahomey, Cameroun,
Oubangui). Il s’étendrait aussi jusqu’en Ouganda et au Kenya. Ces deux
genres peuvent être provisoirement considérés comme monospécifiques 1 .
Toutes les espèces que nous venons de passer en revue, appartenant
aux genres Zeyherella, Neoboivinella, Pseudoboivinella, Englerophyium,
WUdemaniodoxa, ont des feuilles qui se ressemblent beaucoup par la
pubescence du limbe en dessous, très dense, argentée ou dorée ou rougeâtre.
La détermination d’échantillons stériles est difficile, souvent douteuse.
L’analyse des fleurs est nécessaire. Les graines ne sont pas toujours connues.
On peut proposer la clé provisoire suivante pour les 3 genres susceptibles
d'être confondus.
Petite graine sphérique, à cicatrice circulaire couvrant au moins la moitié de
la face ventrale. WUdemaniodoxa 2
Graines ellipsoïdes :
Cicatrice ventrale linéaire ou étroitement oblongue . Zeyherella
Cicatrice ventrale largement oblongue . Englerophyium
1. Nous avions attribué au genre Pseudoboivinella une espèce de l'Oubangui P. iau-
rentii (De Wild.) A. et P. et une seconde du Kenya, P. verticillata (E. A. Bruce) A. et P.
Nous avions hésité à les ranger dans le genre Pachyslela à cause de la présence de leurs
stipules, le genre Pachyslela étant alors réputé, en Afrique occidentale, sans stipules.
Aujourd'hui que nous avons constaté l’irrégularité de la présence de stipules chez certaines
espèces de ce genre, il nous semble préférable de revenir sur ces déterminations et de
rapporter les deux espèces à Pachyslela :
Paschystela subverticillata E. A. Bruce, Kew Bull. : 476 (1936).
— Pseudoboivinella verticillata (E. A. Bruce) Aubr. et Pellegr., Not. Syst. 16 (3-4) :
260 (1960), sphalm.
Paschystela laurentii (De Wild.) Aubr., comb. nov.
— Sersalisia laurentii De Wild., Miss. Em. Laurent 1 : 432 (1907).
— Pseudoboivinella laurentii (De Wild.) Aubr. et Pellegr., Not. Syst. 16 (3-4) : 260
(1960).
2. Bien séparé par ses fleurs à 5 sépales, 10 pétales, 10 étamines. Ovaire à 10 loges.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 11 (3) 1971.
UN SOUS-GENRE MALGACHE NOUVEA U
DE TRAGIA (EUPHORBIACÉES)
par J. Leandri
Résumé : Description d'un sous-genre malgache servant de trait d'union entre les
Tragia, sect. Raiiga et Agir ta, et les genres Tragiella, Sphaerostylis et Ramelia.
Summary: Hereafter is decribed a little Madagascan subgenus which brings a
link between Tragia sect. Raiiga and Agiria on the one hand, and Tragiella (East and
South Africa), Sphaerostylis (Madagascar and Far East) and Ramelia (New Caledonia).
La plante qui fait l’objet de cette note présente des affinités avec cer¬
taines espèces du genre Tragia L. et aussi avec certains genres américains
de la même sous-tribu de la classification de Pax et Hoffmann, les
Acalypheae-Plukenetiinae (Pflanzenreich IV-147-IX, 1919). Elle s’écarte
cependant de toutes par certains caractères ou par d’autres.
D’après le tableau dressé par les auteurs cités, page 7, les genres de
la sous-tribu qui présentent à la fois des styles assez longuement soudés
en colonne, des fruits normaux sans appendices, des étamines et des loges
d’ovaire par 3 sont — si toutefois on excepte certaines espèces placées dans
le genre Tragia — les genres Tragiella , Sphaerostylis et Ramelia. Il ne
semble pas que d’autres genres présentant cet ensemble de caractères aient
été publiés au cours du dernier demi-siècle. Les Tragiella se distinguent de
notre plante par leurs sépales S pinnatipartis, les Sphaerostylis par les
sépales S formant un renflement disciforme à la gorge de la partie connée
du calice, les Ramelia par leur colonne stylaire en entonnoir, les bractées
glandulifères, les fleurs S en glomérules; les Tragia de la section Raiiga
Müll. Arg. par la partie connée des styles non renflée et les anthères non
peltées, petites, les Tragia de la section Agirta Bail), par leurs styles étalés
au sommet, non renflés à la base, leurs sépales 2 denticulés.
Dans les Tragia de la section Tragia, on sait qu’il existe parfois chez
des espèces américaines, à côté des fruits ordinaires à 3 coques, des fruits
à une seule loge développée présentant 2 ou 3 appendices cornus que U le
(Engler, Bot. Jahrb. 36, Beibl. 81 : 95, 1905) considérait comme des appa¬
reils développés par sélection naturelle parce qu'ils favorisent la dispersion
par les animaux. Hauman, lui, considérait ces appendices comme des
zoocécidies (Physis, Rev. Soc. Argent. Ci. nat. 5 : 304, 1922), mais je n'ai
pas relevé de travaux récents confirmant cette thèse. La valeur phylogénique
Source : MNHN, Paris
Si. '
— 438 —
PI. I. — Tragia (Mauroya) ivohibcensis : 1, portion de rameau avec feuilles, x 2/3:2, stipules
et touffe de poils axillaires, x 2; 3, base de la feuille, face inferieure, x 2; 4, sommet
de ramille et inflorescence, x 2/3; 5, portion de la partie <J de l’inflorescence, x 3;
6, bouton (J ouvert, vu d'en haut, x 6; 7, id., le sépale antérieur enlevé, x 6; 8, étamine
en vue tangentielle, x 8; 9, id., vue de l’extérieur, x 8; 10, id., vue du centre, x 8;
11, fleur 9, trois sépales rabattus en avant, x 4; 12, coupe tangentielle d’une loge, x 6;
13, coupe axiale de l’ovule, x 8.
Source : MNHN, Paris
— 439|—
.de la morphologie des styles et des autres productions de l’ovaire ne semble
pas encore éclaircie. Dans la plante étudiée ici, la forme des styles, très
originale dans le groupe, ne s’accompagne pas de l'avortement ou de la
réduction d’une partie des loges.
L’acceptation générale des genres Sphaeroslylis, Tragiella et Ramelia
nous conduit à penser qu’il vaut mieux établir pour la plante décrite ici
un sous-genre nouveau, plutôt que de la rattacher comme espèce aberrante
à la section Agiria ou à la section Ratiga du genre Tragia. Nous le dédions
à l’excellente dessinatrice M llc D. Godot de Mauroy, qui a établi la
planche illustrant ce sous-genre.
TRAGIA, Subg. MAUROYA, sub-Gen. nov.
Monoica. Cal yx S val va ms irilobus, disco nullo, pislillodio nullo. Sepala S 6, subintegra ;
disais nullus. Ovarium triioculare ; ovula solitaria carunculata. Styli in columnam crassissi-
mam connaît', apice breviter liberi, stigmatibus abrupte angustatis. Frulices scandenles.
Tragia (Mauroya) ivohibeensis Leandri, sp. nov.
Frulex ramulis herbaceis paulo flexuosis, pubescenlibus hirlulis, luieo-viridibus,
apice fertilibus. Folia alterna, stipulis ovato-acutis denticulatis fuscatis, 3-4 mm longis,
2 mm latis ; petiolo brevi 4-5 mm longo, fere 1 mm crasso pubescenti-hirtulo ; lamina obovata
apice subacuta vel subacuminata, basi subattenuata, subcordata, pubescenti-hirtula praecipue
in nervis paginae inferioris, fere 10 cm longa, 4 cm lata ; nervo primario pagina superiore
subsulcato, pagina inferiore prominenti ; nervis secundariis oblique arcuatis vulgo utroque
latere 7, non jugatis, jugo basilari (apice petioli) excepto, non manifeste prope marginem
anastomosatis ; firmitate membranaceo-foliacea.
Inflorescentia terminalis vel axillaris in axilla foliorum superiorum. Spicae graciles
30 cm et ultra longae, axi pubescente, bracteis fere a basi munitae, gradatim ad basin mugis
(usque 1,5 cm) distantibus, ovato-oblongis, refractis, concavis, extra pubescenlibus. Flores S
ad apicem 30-50, 2 basi 2 vel plus. Flos in diam. 2 mm, brevissime pedicellatus, sepalis
3 triangulis valvatis, in alabastro subapiculatis; disco nullo; filamentis latis contiguis
nonnunquam in longum divisis, crassis, androphorum simulantibus ; antheris 3 contiguis,
4-loculatis magnis subpeltatis, caput filamentorum tegentibus et supereminentibus. Flos ¥
major in diam. 1 cm et ultra, 6-sepalus, sepalis exterioribus obovato-oblongis, interioribus
obovatis, omnibus extra pubescenlibus margine suhdenticulatis fimbriatis, 3-5-nervatis,
nervis exterioribus extra ramosis ; disco non manifesto; pistillo piloso-hirtulo, ovario
3-loculari, ovulis ample carunculatis vel interdum ad axin summo arillodio hyatino pallioli-
formi tectis; stylis basi unitis, ovario majoribus, crassissimis, postremo sic quoque accrescen-
tibus, dimidia parte inferiore cadiformi connatis, parte superiore libéra intus papillosa, apice
subemarginata et in medio stigma parvum angustum fuscatum gerente. Fructus malunis
ignotus.
Type : Humbert 3387, Madagascar (domaine Centre), forêt à l'est d’Ivohibe vers
1 000 m d’alt. ; fl. <J et ¥ nov. (holo-, P).
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum, Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 11 (3) 1971.
COMMENTS ON “ POLLEN MORPHOLOGY
CLASSIFICATION AND PHYLOGENY
OF PALMAE ” BY G. THANIKAIMONI 1
by M. A. Sowunmi
A short rejoinder to the discussion on the évolution of palm pollen
characters in the paper mentioned above was considered essential, parti-
cularly as the discussion touched on some of the fundamental propositions
of Sowunmi (1967, 1968).
Sowunmi reported the occurrence of a colpoid streak —a thin area
delimited or bounded by a thickened part of the exine— extending from one
pore to the other in the pollen grains of Daemonorops sparsiflorus. She
further on suggested that a diporate condition could resuit from an élimi¬
nation of this colpoid streak. Thanikaimoni referred to this proposition
but immediately went on to say that no trace of a ‘ sulcus ’ at the distal part
was noticed in D. verticillaris, and that ‘ the so-called disappearing colpus ’
is but a fold in the proximal part of the pollen. Two things need be said.
Firstly, Sowunmi did not report the occurrence of a colpoid streak in
D. verticillaris, but rather in D. sparsiflorus. In view of the pollen morpho-
logical variations sometimes observed within a genus, it would be dangerous
and unjustifiable to assume that these two particular species were identical
and that hence a feature of one must necessarily be in the other. Secondly,
Daemonorops sparsiflorus grains do clearly exhibit an unmistakable colpoid
streak (Fig. 1) which could not be due to ‘ a fold in the pollen ’ as implied
by Thanikaimoni.
Thanikaimoni’s interprétation of the orientation of the two colpi
in type 7 as being bipolar, i.e. one distal and the other proximal is rather
far-fetched. This erroneous impression was probably derived from the
diagram, Fig. 1. But in the text, Sowunmi referred to the two colpi in
types 6 and 7 as ‘ méridional, in a plane parallel to the polar axis, and
Crossing the equator at right angles ’. The two colpi were not at any time
referred to as being bipolar.
With regard to the dérivation of a dicolpate condition, Sowunmi
suggested two possible routes, one being more probable than the other:
either by the contraction of the distal part of an extended colpus or by the
1. Adansonia, sér. 2, 10 (3) : 347-365 (1970).
Source : MNHN, Paris
— 442 —
contraction of the distal and proximal parts of an annular colpus (Fig. 1,
4-»6or4-*5-»7;4 being a grain in which the colpus is almost a com¬
plété ring, synonymous with ‘ extensive sulcate type ’ of Thanikaimoni,
5 an annulocolpate 1 grain, synonymous with ‘ meridionosulcate type ’ of
Thanikaimoni, and 6 and 7 dicolpate grains). Consequently, the more
probable route indicated in this diagram is in agreement with Thanikai-
Fic. 1. — Daemonorops sparsiHorus x 1 000. Note colpoid streak between the two pores.
— Photo M. A. Sowunmi.
moni's own proposition. Again, it would hâve been more illuminating
and useful if he had provided photomicrographs of Metroxylon, which,
according to him, showed ‘ traces of disappearance of extensive-sulcus
at the distal part of the pollen '. While the dérivation of a dicolpate
condition via the contraction of the distal part of an extended colpus seems
the more obvious and likely route, the other route via the contraction of
the distal and proximal parts of an annular colpus cannot be completely
ruled out. The occurrence of a combination of subannulocolpate, annulo¬
colpate and dicolpate grains in individual specimens of Pinanga javana and
P. ternatensis seems to support the latter contention.
Department of Archaeology,
University of Ibadan,
Ibadan, Nigeria.
1. Annulocolpate : with a ring-like méridional aperture which encircles the polar
axis (Sowunmi, 1967).
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 11 (3) 1971.
LE GENRE NERVILIA (ORCHIDACEAE)
EN CÔTE-D’IVOIRE
par N. Halle et J. Toilliez
NOTES BIOLOGIQUES
Le genre Nervilia comprend environ 80 espèces des régions tropicales;
il est répandu en Afrique, à Madagascar, en Asie et en Océanie (le type
du genre est N. aragoana Gaud. des Iles Mariannes).
Ce sont de petites herbes à tubercule souterrain plus ou moins glo¬
buleux. L'inflorescence dressée, parfois grêle, parfois vigoureuse, est uni-,
pauci- ou pluriflore; elle s'épanouit ordinairement avant l'apparition d’une
feuille unique, généralement orbiculaire ± cordiforme et ample, à nervation
palmée. Les pieds feuillés sont parfois fructifères, ils sont plus rarement
florifères.
Les fleurs sont souvent modestes et de couleurs peu attirantes pour
l'œil; les taches les plus vives du labelle sont toujours peu étendues. Les
récoltes de Nervilia sont plutôt rares, et plus encore le sont celles de maté¬
riaux complémentaires permettant de rattacher avec certitude les feuilles
aux fleurs. De ce fait les déterminations sont parfois difficiles ou douteuses.
Malgré tout, les récoltes incomplètes ou stériles très bien séchées sont
précieuses et, en définitive, souvent déterminables.
Les Nervilia croissent dans les stations ordinairement privilégiées et
toujours recherchées des botanistes. Ils y sont fréquemment associés à
d'intéressantes espèces caractéristiques de stations climaciques intactes.
Ils sont parfois grégaires mais plus souvent rares ou disséminés, ils habitent
des sommets, des pieds de falaises, des rochers humifères, des plateaux
élevés, des savanes ± inondables, arborées ou non, des lisières, des sous-
bois, des îlots forestiers relictuels ou des forêts denses d’altitude.
La rareté des observations et notes in situ, comme des récoltes, peut
être compensée en partie par la mise en culture, celle-ci étant facilitée par la
présence des tubercules souterrains. Ainsi l’un de nous (J. T.) a pu observer,
analyser sur le vivant et fixer pour l’analyse morphologique 5 taxons diffé¬
rents provenant de ses récoltes en Côte d’ivoire et de celles de plusieurs
collègues de l’O.R.S.T.O.M. De précieux documents photographiques ont
été réunis grâce notamment à Francis Halle, M. F. Trouslot et G. Petiot,
La Flore continentale africaine compte une douzaine d’espèces de
Nervilia, celle de Madagascar en compte 13. L’ouest africain compte
Source : MNHN, Paris
— 444 —
7 espèces qui sont les suivantes : N. adolphi (Nord Nigéria et Afrique
orientale), N. fuersienbergiana (du Sénégal au Cameroun), N. kotschyi (du
Sénégal à l'Afrique orientale), N. petraea (de la Guinée à l’Afrique orien¬
tale), N. reniformis (du Sénégal et du Mali jusqu'en Tanzanie), N. umbrosa
(du Sénégal à l’Afrique orientale), N. roilliezae (Côte d'ivoire, Guinée,
Sierra Leone, Cameroun).
Espèce exclue : N. bathiei (de Madagascar, citée du Sénégal par
J. Berhaut, Casamance 1967); il s’agit du N. reniformis.
Pour la Côte d’ivoire, les matériaux du Muséum de Paris comptent
19 récoltes 1 qui se séparent en six espèces. La sixième espèce, N. kotschii,
n’a été trouvée dans le nord de ce pays que tout récemment. Il est bien
évident que la connaissance du genre Nervilia en Afrique occidentale laisse
encore beaucoup à désirer. Une septième espèce n’est connue de Côte
d’ivoire que d’une façon douteuse.
Quant aux appareils souterrains particulièrement remarquables dans
ce genre, ils seront laissés de côté car leur étude est actuellement entreprise
par M me Trouslot.
NOTES HISTORIQUES
C’est Auguste Chevalier, le 24 mai 1909, qui, le premier semble-t-il,
récolta un spécimen du genre Nervilia en Côte d'ivoire. Cette plante stérile,
longtemps restée sans détermination, peut maintenant être rapportée au
N. umbrosa (Rchb. f.) Schltr. Le 27 juillet de la même année, A. Chevalier
récolta une seconde espèce qu'il cite en 1920 sous le nom douteux de Pogonia
thouarsii Blume. Il s’agissait en fait d’une espèce nouvelle apparentée au
N. fuersienbergiana Schltr., mais l’échantillon était encore stérile.
En 1955, J. Miège cite une espèce indéterminée, observée en 1953,
dans un îlot forestier mésophile de Touba (8). Récoltée par Aké Assi sous
le n° 212f il s’agissait du N. reniformis Schltr.
En 1963, Aké Assi (2) signale la présence en Côte d'ivoire du Nervilia
shirensis (Rolfe) Schltr. Il s'agissait en fait du N. umbrosa, la confusion
étant due à une erreur de la première édition de la F. W.T. A. (14) ; la seconde
édition de la même flore parue en 1968 (16) permet de rectifier cette déter¬
mination.
Les récoltes ou découvertes qui précèdent n'ont pas été signalées par
Summerhayes; dans les deux éditions de la F.W.T.A. aucune mention de
Nervilia n’est faite pour la Côte d’ivoire. Or, des six espèces qu’il cite,
quatre et peut-être même cinq sont ivoiriennes 2 .
1. Dix-sept autres récoltes de l'herbier d'Abidjan nous ont aimablement été confiées
par notre ami L. Aké Assi, leur récolteur et conservateur. Une récolte de l'herbier de
Genève nous a été confiée par le Professeur J. Miège. Nous les en remercions cordialement.
D’autres récoltes citées appartiennent au Laboratoire de Botanique de l'O.R.S.T.O.M. à
Adiopodoumé.
2. En 1969, M.-F. Trouslot (17), dans le cadre d'un travail sur la biologie des
Nervilia , a récolté en différentes localités de la Côte-d’Ivoire les cinq espèces présen¬
tement étudiées; notre article a largement profité de ces matériaux.
Source : MNHN, Paris
— 445 —
Source : MNHN, Paris
— 446 —
NOTES MORPHOLOGIQUES
Pour bien distinguer entre elles les espèces ivoiriennes, il nous a fallu
faire appel à des caractères variés et en premier lieu à ceux des organes
centraux de la fleur.
La colonne, ou gynostème, est longue de 5 à 9 mm ; sa partie inférieure
forme un col étroit et ± sinueux, tandis que la partie supérieure est élargie,
± renflée en massue au niveau de l'anthère; latéralement, deux joues
amincies à marge ± sinueuse, parfois dentée, situées de part et d’autre
d’une fosse conique ou clinandre; le bord antérieur du clinandre comporte
le stigmate proprement dit qui est souvent renflé en globule et parfois
apiculé vers l’avant. Sous le stigmate une zone membraneuse ± triangulaire
ou en forme d’écusson est cernée par un petit rebord dont l’angle inférieur
présente un marsupium qui, par un canal rempli de tissu lâche et mou, est
en communication avec le sommet de la cavité ovarienne. La face antérieure
de la colonne sous l'écusson est ± aplatie parfois pubescente.
L 'anthère est mobile, sa charnière est étroite, membraneuse latérale¬
ment ou réduite à un étroit cordon vasculaire axial; elle comporte une coiffe
ornée de façon variable de crêtes, gibbosités ou caroncule. Vue par dessus
elle est ± elliptique avec un apicule antérieur souvent plus saillant de profil.
Sous cet apicule les deux thèques parallèles forment un angle variable avec
le plan inférieur de la coiffe et leur partie inférieure s'enfonce ± profon¬
dément dans le clinandre. Chaque thèque contient une pollinie oblongue
sous-divisée longitudinalement en deux alignements distincts d’une multi¬
tude d’éléments granuliformes inégaux. Viscidies milles?
La difficulté que présente sur des matériaux insuffisants le prélèvement
de pollinies à des stades rigoureusement comparables nous a fait renoncer
à leur utilisation pour les distinctions spécifiques. Chez une espèce (N.
toilliezae) nous avons observé, dans chacune des deux loges de l’anthère,
une soixantaine d’éléments distincts, jaune pâle (en liquide conservateur,
toutes les autres parties étant décolorées), de dimensions variables.
Chaque rangée verticale se compose d’environ 30 éléments irréguliers,
soit 6 gros (env. 0,15 mm), 10 moyens (env. 0,05 mm) : 15 petits (env.
0,01 mm); tous se séparent librement semble-t-il à la maturité. Une pollinie
mesure 2 mm chez N. toilliezae, 3 mm chez N. umbrosa.
Le labelle, partie la plus voyante de la fleur, est souvent blanc ou
blanchâtre dans sa partie terminale qui peut être diversement ornée de
taches jaunes, rosées ou pourprées, ou de linéoles rose-grenat. Cet organe,
comme chez la plupart des Orchidées, est un excellent porteur de critères
spécifiques. Les dimensions, les proportions relatives des lobes, les orne¬
ments en relief et la pilosité, apportent avec le contour et la couleur de bons
caractères distinctifs.
Le fruit est encore mal connu chez quelques espèces; chez toutes
celles qui se rapportent au second groupe de Perrier de la Bathie (10),
c’est-à-dire chez les espèces uniflores, il semble que le remarquable allon¬
gement de la tige fructifère ou hampe, double de sa longueur à la floraison.
Source : MNHN, Paris
— 447 —
PI. 2. — 1, fleur de Nervilia fuerstenbergiana Schltr.; 2, fleur de Nervilia adolphi var. seposita
N. Hallé et J. Toilliez; 3, peuplement dense de Nervilia toilliezae N. Hallé, au sol entre
les contreforts d'un grand arbre, forêt du Mont Tonkoui (F. Hallé, sept. 1964).
Source : MNHN, Paris
— 448 —
soit constant et caractéristique. Ce caractère n’existant pas à notre connais¬
sance chez les espèces pluriflores où la hampe atteint toute sa taille à la
floraison comme chez N. umbrosa, N. kotschyi et chez l’espèce type du genre,
N. aragoana, les groupes de Perrier de la Bathie méritent d’être valorisés
au rang de sous-genres. Cette opinion est justifiée par d’autres caractères
énumérés ci-dessous (en 1 et 1') dans la clé de la page 450.
La capsule est ordinairement ellipsoïde (globuleuse chez N. sakoae
Jum. et Perr. de Madagascar), abruptement inclinée vers le sol et à périanthe
persistant. La paroi du fruit est déhiscente en 6 bandes retenues par les
extrémités; les 3 bandes les plus larges portent les lignes placentaires et les
3 bandes intermédiaires sont plus étroites de la moitié environ. Non compris
le pédicelle et les restes du périanthe, les dimensions de la capsule en herbier
sont les suivantes :
N. kotschyi (Tisseront 1874) : 15 X 7 mm;
N. umbrosa (J. Toilliez 366 et 450; Anon 84): 15-17 X 9 mm;
N. reniformis (J. Brun 1090; J. Toilliez 455) : 13-15 X 7 mm;
N. fuerstenbergiana (J. Toilliez 336): 14-19 X 6-9 mm;
N. toilliezae (J. Toilliez 451; M.-F. Trouslot s. n.) : 14 x 6-8 mm;
N. adolphi var. seposita (J. Toilliez 453-454): 10-12 x 6 mm.
CLÉ DES ESPÈCES EXCLUANT LES CARACTÈRES DU GYNOSTÈME
1. Feuilles à 10-14 nervures principales longuement arquées, obliquement
ascendantes vers la marge et soulignant le relief en plis longitudinaux du
limbe; limbe de (4) 6-20 cm de largeur; tige pluriflore de 12-70 cm de
hauteur sans accrescence notable lors de la fructification; fruit orné de
côtes aliformes :
2. Limbe de (4) 6-9 cm de largeur; pétiole long de 1-6 cm; nervures prin¬
cipales parfois munies dessus de denticules; labelle inférieur à 15 mm,
nettement trilobé, non pubescent dessus vers la base. 1 .N. kotschyi
2'. Limbe de 12-20 cm de largeur à face inférieure présentant in sicco de
fines verrucules blanchâtres; pétiole long de 9-20 cm; labelle de 18-
23 mm, médiocrement et brièvement trilobé, pubescent dessus vers la
base. 2. N. umbrosa
1'. Feuilles 7-11 (12) nervures principales, brièvement arquées vers la marge
ou la rejoignant de façon abrupte au niveau d’une très fine nervure péri¬
phérique ; limbe de 3-8 cm de largeur, non gaufré de plis longitudinaux ;
tige uniflore de 3-23 cm de hauteur, très nettement accrescente lors de la
fructification; fruit dépourvu de côtes aliformes :
3. Limbe foliaire pubescent dessus, lobé polygonal, réniforme ou orbi-
culaire, à face supérieure non discolore ni tachetée marbrée; lobe
médian-terminal du labelle non étranglé à la limite des lobes latéraux,
parfois denticulé :
4. Feuille non lobée en polygone étoilé; lobe médian du labelle pileux
5. Limbe réniforme obtus plus large que long, vert sur les deux
faces (voir aussi les caractères distinctifs du labelle au § 4 de la
clé suivante p. 450). 3. N. reniformis
5'. Limbe suborbiculaire brièvement apiculé, pourpré à la face
inférieure (même remarque, § 4'). 4. N. petraea
(douteux en Côte d’ivoire).
Source : MNHN, Paris
— 449 —
Source : MNHN, Paris
— 450 —
4'. Feuilles lobées polygonales; lobe médian du labelle glabre, allongé,
ni denticulé ni verruculeux ; lobes latéraux très brefs et très obtus. 5. N. toiüiezae
3'. Limbe glabre dessus, ~ cordiforme ou orbiculaire, à face supérieure
bicolore, ± tachetée-réticulée; lobe terminal du labelle étranglé à la
base, jamais denticulé, de contour ellipsoïde ou brièvement ovoïde :
6. Limbe cordiforme un peu plus long que large, à contour faiblement
subpentagonal, légèrement tacheté-marbré à la face supérieure;
lobe terminal du labelle plus développé que la partie proximale qui
est ornée de fines papilles ou poils non capités. 6. N. fuerstenbergiana
6'. Limbe cordiforme un peu moins long que large, très nettement
orné, d’un vert foncé réticulé taché dessus; lobe terminal du labelle
nettement moins développé que la partie proximale qui est ornée
de poils capités. 7. N. adolphi var. seposita
CLÉ DES ESPÈCES
FONDÉE PRINCIPALEMENT SUR LES CARACTÈRES DU GYNOSTÈME
1. Colonne à axe rectiligne ou seqlement arquée vers l’avant; clinandre
à ouverture très oblique orientée vers la face ventrale :
2. Apex de l’anthère très saillant vers l’avant ; massue de la colonne nette¬
ment carénée dorsalement sous la charnière de l’anthère; ovaire à côtes
aliformes; coiffe de l’anthère à tégument lisse (grossissement x 25) :
3. Dessus de l’anthère comprimé latéralement, arqué vers l’arrière en
une caroncule qui surplombe la charnière. 1. N. kotschyi
y. Dessus de l’anthère avec deux crêtes latérales nettement et sépa¬
rément saillantes vers l’arrière. 2. N. umbrosa
2'. Apex de l’anthère obtus; massue de la colonne non carénée; ovaire
non ailé; coiffe de l’anthère micropapilleuse au-dessus de la charnière
(x 25) :
4. Lobe terminal du labelle à marge ± grossièrement dentée, à
excroissances submédianes verruqueuses, courtes, non effi¬
lées . 3. N. reniformis
4'. Lobe terminal du labelle à marge finement effrangée, à excrois¬
sances médianes effilées (?). 4. N. peiraea
V. Colonne à axe sinueux, concave dorsalement; clinandre à ouverture
transverse s’ouvrant apicalement; ovaire non ailé :
5. Stipe de la colonne entièrement glabre; coiffe de l’anthère subhémi¬
sphérique . 5. N. toilliezae
5'. Stipe de la colonne pubescent sur la face antérieure au-dessous de
l’écusson stigmatique; coiffe de l’anthère rappelant la forme d’un pois
chiche.
6. Thèques polliniqucs très allongées vers le bas; crêtes latérales de la
coiffe plus saillantes vers l’avant. 6. N. fuerstenbergiana
6'. Thèques polliniques peu allongées vers le bas; crêtes latérales de la
coiffe peu saillantes vers l’avant. 7. N. adolphi var. seposita
1. Nervilia kotschyi (Rchb. f.) Schltr.
Engl. Bot. Jahrb. 45 : 404 (1911); Summerhayes, F.W.T.A., éd. 2 : 207 (1968).
— Pogonia kotschyi Rchb. f. (1864).
— Nervilia purpurata (Rchb. f. et Sond.) Schltr. (1911).
Source : MNHN, Paris
— 451
Feuille glabre de taille moyenne, soit 4-12 cm de largeur, orbiculaire
ou ovoïde, courtement pétiolée (1-6 cm), à limbe couché au sol; base médio¬
crement cordée-échancrée à arrondie; sommet brièvement aigu. 11-14 ner¬
vures principales saillantes à sec en une mince crête parfois denticulée sur
la face supérieure, longuement courbées-ascendantes.
Tige dressée grêle, haute de 8-27 cm, portant (1) 2-5 fleurs. Bractées
florales filiformes de 8-12 mm de longueur; bractées inférieures engainantes
au nombre de 3 ou 4.
Labelle blanchâtre linéolé de rouge, de 13 X 7 mm, à 3 forts lobes
atténués-aigus, les latéraux ± arqués. Colonne haute de 8 mm, arquée-
concave vers l’avant, carénée sous la charnière, triangulaire en coupe
médiane transversale. Ovaire 6-ailé en coupe. Anthère de 2 mm, à caroncule
culminale formant une saillie recourbée au-dessus de la charnière, sans
sommet saillant.
Le type est d’Éthiopie, Cienkowsky 236 (Vienne).
Cette espèce affectionne le pied de parois rocheuses, les savanes d'alti¬
tude, les stations ombragées des régions à climat soudanien.
Matériaux du Muséum de Paris :
Côte d’Ivoire : M.-F. Trouslol 49 (= /. P. Ybert 246 et J. Anon 119), savane
d’Odienné (stér. août); 60 ( = Y. 248 et A. 130), id. 2 e station (stér. août); 68 (= Y. 249
et A. 131), id. 3 e station (stér. août).
Sénégal : Niokolo-koba, J. G. Adam 14273; Tambacounda, J. Berhaut 1672,
2952, 4071 ; Nianing, J. Berhaut 5643. — Mali : Loutana. R. Démangé 3354. — Guinée :
Kouroussa, Pobéguin 306, 1055 bis. — Sierra Leone : Mts Loma, Jaeger 6819, 7305. —
Dahomey : Atacora, Kouandé, A. Chevalier 24228. — Chari : A. Chevalier 9136 bis. —
Centrafrique : Tisseront 1874.
Distribution : Elle atteint le Congo-Kinshasa et, selon la F.W.T.A.,
l’Ouganda, l’Angola et le Mozambique.
Affinités : Cette espèce est apparentée au N. shirensis (Rolfe) Schltr.,
dont le type est au Mozambique, et au N. renschiana (Rchb. f.) Schltr. de
Madagascar.
2. Nervilia umbrosa (Rchb. f.) Schltr.
Westafr. Kautsch.-Exped. : 274 (1900); Summerhayes, F.W.T.A., éd. 2 : 207
(1968).
— Pogonia umbrosa Rchb. f. (1867).
Feuille glabre, grande, pétiolée sur 9-20 cm, ± dressée; limbe largement
cordiforme atteignant 10-20 cm de largeur, orné sur le vit de plis longi¬
tudinaux; base profondément cordée et souvent largement ouverte; sommet
variable mais toujours distinctement aigu. Dessous du limbe ± ponctué
de très petites taches blanches verruculeuses, inégalement distribuées,
parfois apparentes à la face supérieure (micro-organisme symbiotique?).
Source : MNHN, Paris
— 452 —
11-16 nervures principales saillantes à sec en une mince crête non denticulée.
ascendantes et progressivement courbées vers le sommet ou la marge.
Tige dressée haute de 15-70 cm, portant (1) 2-11 fleurs. Bractées florales
linéaires ou effilées longues de 10-23 mm. Bractées inférieures engainantes,
amples, aiguës ou obtuses avec un apicule, membraneuses, au nombre
de 3 ou 4.
Labelle blanc linéolé de rouge, de 23 X 18 mm, variable, souvent
faiblement trilobé, à lobe médian court et aigu, large à la base; les deux
principales nervures latérales de labelle sont épaissies en carènes sur la face
supérieure où elles sont pileuses, surtout vers la base. Colonne haute de 10-
13 mm, faiblement arquée, carénée sous la charnière, triangulaire en coupe
médiane transversale. L'ovaire est ailé en coupe. Anthère rouge violacé de
3 mm à 2 crêtes culminales, saillante vers l’arrière au-dessus de la charnière,
à sommet apiculé-bilobulé.
Côte d’Ivoire : A. Chevalier 21687, Gouékouma, pays Toura, Haut-Sassandra,
ait. 900 m (stérile mai) (P); J. Toilliez 300, Mt Kaoué, 60 km N. Duékoué (stér. nov.);
366, Mt Peko, Bleni-Oue-Ouin (fl. avr.); 450, hort. Adiopodoumé (fl. 1969); s.n., idem
(stér.) (P); L. Aké Assi 2276, Akayakro, Béoumi (fl. mars); 8570, Bokakouamékro (fl.
avr.), ce spécimen présente un labelle trilobé presque aussi profondément que chez N.
kotschyi, pourtant les caractères de la colonne et de l’anthère correspondent à la descrip¬
tion ci-dessus; 9898, région de Bouaké (fév., fl. jardin bot. Abidjan); 10079, réserve de
Bouna (avr., fl. au jardin bot. d'Abidjan) (ces 4 échantillons de l'herbier d’Abidjan);
G. Cremers 1017 (et C. Huiiel), route de Dabakala, 12 km de Bassaoua, lisière de forêt
en bordure de bowal (stér. juin); 1018, route de Mbayakro, 12 km de Bassaoua, sous
palmier près marigot (stér. juin); M. F. Trouslot, C. Cremers et J. Anon s.n., forêt de
Kiélé, vers 700 m (stér. août); M. F. Prévost s.n., Foroforo (stér. avril); M. F. Trouslot
et H. Téhé 1020, pied du Mont Niangbo (stér. avril); J. P. Yhert et J. Anon s.n., forêt
sacrée de Farakoro près de Séguélo (stér. mai); J. P. Ybert 245 et Anon 93, Masadena,
forêt SW de Sifié (stér. juill.).
Autres matériaux du Muséum de Paris ;
Ils ont été cités par Aké Assi en 1963 (2) pour la Guinée française, Togo, Nigéria,
Chari et Oubangui. On peut y supprimer : Kouroussa, Pobèguin 1055 bis qui est un
N. kotschyi. Ajouter d’autre part : Annobon, B. Descoings 12803 ; Sénégal, Berhaut 6134,
Sédhiou, Casamance (fr. juill.).
Distribution : L’espèce est citée du Cameroun (Réserve forestière du
Mayo-Louti, R. Letouzey) et selon la F.W.T.A., de l’Angola, Tanzanie
et Zambie. L’herbier d’Abidjan contient un échantillon de Haute-Volta :
Adjanohoun 847, forêt du Kou, Bobo-Dioulasso, 11 juil. 1958 (stér.).
3. Nervilia reniformis Schltr.
Engl., Bot. Jahrb. 53 : 551 (1915); Summerhayes F.W.T.A., éd. 2 : 206 (1968).
Feuille pubescente dessus, orbiculaire au stade juvénile, puis suborbi-
culaire à réniforme ensuite, large de (3,5) 5-10 (18) cm, à sommet rarement
saillant, souvent indistinct, à base profondément échancrée : l’échancrure
Source : MNHN, Paris
— 453 —
PI. 4. — 1, Nervilia rcniformis. fleur vue par dessus: 2, N. toilliezae, idem; 3, N. umbrosa, jeunes
pieds feuillés; 4, N. fuerstenbergiana, pieds fouillés; 5, en haut, deux pots de N. reniformis;
à gauche, N. loilliezae; en bas. N. adolphi var. seposita; 6, fouille de N. adolphi var. sepo-
sita. — Photos F. Hallé et M. F. Trouslot.
Source : MNHN, Paris
— 454 —
est souvent large et arrondie au sommet du pétiole. Le limbe est vert sur
les deux faces et non tacheté. 9-15 nervures principales rectilignes rejoignent
abruptement la fine nervure périphérique. Les poils, de densité variable, ne
sont pas alignés sur les fines nervilles secondaires.
Tige de 6-8 cm de hauteur, dressée, non très grêle (atteignant 18 cm
lors de la fructification). Fleur unique à bractée aiguë de 1-2 mm de lon¬
gueur; les 3 bractées inférieures sont engainantes, membranacées, aiguës
au sommet.
Labelle de 14-17 mm de longueur (selon Summerhayes), ± oblong et
trilobé apicalement. Lobe médian variable, ondulé denté, à peine ou nette¬
ment plus long que les deux lobes latéraux arrondis; il est orné sur la face
supérieure de 3 lignes jaunes portant de courtes saillies verruculeuses et de
courts et fins poils blancs plats et rubanés largement dispersés mais n’attei¬
gnant pas les marges. La couleur du labelle est blanche avec 3 lignes jaunes
situées sous le stigmate, les sépales et les ailes sont verdâtres. La colonne
est glabre, haute de 7-8 mm, son pied est subtriangulaire en coupe trans¬
versale. Anthère blanche de 2 mm avec les sacs polliniques violacés disposés
à angle droit par rapport au plan de la coiffe. Celle-ci est elliptique, à
contours arrondis et ornée au-dessus de la charnière, dans sa partie la plus
convexe, de petites papilles coniques visibles à fort grossissement (x 25).
Pollinies jaunes.
Le type est de Tanzanie : Nord Nyassaland, Slolz 1791 (non vu).
Les caractères distinctifs indiqués pour l’appareil végétatif ne sont pas
très sûrs. Cette espèce est manifestement variable en Côte d’ivoire; deux
clones distincts d'origines différentes présentent l’un un lobe médian court
et obtus, l’autre un lobe médian saillant et ± aigu. Les autres différences
ne permettent de relever que des variations infraspécifiques tout à fait
mineures entre ces deux clones.
Côte d'Ivoire : J. Toilliez 302 hort. Adiopodoumé, localité d'origine non précisée
(stér. nov.), clone 1 (fl.); s. n., origine Sangouiné, forêt classée entre Man et Danané,
1970, clone 2 (P); L. Aké Assi2121, Touba (stér. nov.); 10051, forêt de Sangouiné (fr. avr.);
10763, Niangbo (stér. juill.); ces trois numéros de l’herbier d’Abidjan; M. F. Trousloi
et J. Anon s.n., Sangouiné, sur rochers du village, vers 350 m (quelques feuilles en avril;
feuilles abondantes en mai et juin); 96, hort. Adiopodaumé (fl. mars, stér. juill.); M. F.
Trousloi, G. Cremers et J. Anon s. n., forêt de Gbatongouin, vers 600 m, route de Man-
Touba (stér. août); s. n., forêt de Kiélé, vers 700 m (stér. en août); J. P. Yberi et J. Anon
s. n., forêt sacrée de Farakoro près de Séguélo (stér. mai); M.-F. Trousloi 61 (= J. P.
Yberi 255 et J. Anon 141), savane vers Odienné, 2 e station (stér. août), feuilles pubescentes
de petite taille.
Autres matériaux (de détermination parfois douteuse) :
Sénégal (P) : Berhaul 6325 et 6473, Niassia, région de Ziguinchor (stér. août et
nov.), cité comme N. balhiei Senghas (3). — Guinée Française : Pobiguin 1118 (stér.);
P. Jaeger 2104 (stér.); A. Chevalier 18564 (stér.) et 18540 bis (stér.); J. Brun 1090, Gangan,
(fr. mai); G. Roberiy 17795, C. 28.l8.Fa, Le Gangan (fl. mai) (G). — Mali (P): R. Démangé
3327 (stér.). — Nigéria (P ex K) : A. Binuyo FH1 36921 (fl. avr.). — Cameroun (P) :
R. Letouzey 8739 (stér.) det. W. W. Sanford. — Congo-Brazzaville (P) : P. Sila 209
(stér.).
Source : MNHN, Paris
— 455 —
4. Nervilia petraea (Afz. ex Pers.) Summerh.
Bot. Mus. Leafl. Harw. Univ. 11 : 249 (1945); F.W.T.A., éd. 2 : 206 (1968).
— Areihusa petraea Afzel. ex Pers. (1807).
— Nervilia afzelii Schltr. (1911).
— Nervilia afzelii Schltr. var. grandiflora Summerh. (1936).
— Pogonia fineii A. Chev. (1920) nom. nud.
Feuille pubescente dessus, orbiculaire, large de 4-9 cm, à sommet
brièvement aigu; base ± profondément échancrée. Le limbe est vert dessus,
pourpré dessous, (selon Summerhayes). 11-23 nervures principales rectilignes
rejoignant abruptement la fine nerville périphérique. Poils non alignés sur
les nervilles longitudinales.
Tige filiforme de 5-8 mm de longueur (atteignant 16 cm lors de la
fructification). 2 ou 3 bractées inférieures engainantes membranacées, très
aiguës au sommet.
Labelle de 8-18 mm de longueur (selon Summerhayes), semblable
d’aspect à celui de l'espèce précédente. Il diffère par son lobe médian
finement fimbrié, égal ou à peine plus long que les lobes latéraux; il est
orné à la face supérieure par 3 alignements de saillies effilées semblables
à de gros poils (trichomes); des poils blancs assez longs et dispersés sont
bien apparents au niveau des marges des lobes du labelle. Les caractères
du gynostème et de la coiffe de l’anthère sont, semble-t-il, les mêmes que
chez l’espèce précédente.
Le type est de Sierra Leone, Afzelius.
D’après la forme et l’ornementation du labelle, cette espèce est étroi¬
tement apparente au Nervilia humilis Schltr. d’Afrique orientale; toutes
deux appartiennent au groupe d’espèces des N. reniformis Schltr., N. affinis
Schltr. et N. balhiei Senghas. Ces espèces sont de détermination délicate
et les caractères comparatifs des gynostèmes sont mal connus.
Présence douteuse en Côte d’ivoire.
Matériaux du Muséum de Paris : Guinée ex-française : A. Chevalier 13406
(fl. mai); Sierra Leone : J. G. Adam 22026 (stér.); CentrAfrique : Ch. Tisseront 639
(fl.), 2506 (fl.), 3089 (fl.); Gabon : Le Testu 1661 (fl.), détermination douteuse en l’absence
de feuilles.
Autres données sur la répartition : L’espèce est citée de la Casa-
mance (Sénégal) en 1967 par J. Berhaut. Suivant la F.W.T.A., l’espèce
est citée de Nigéria, Cameroun, Congo, Uganda et Tanzanie.
5. Nervilia toilliezae N. Hallé, sp. nov.
Folia super ne puberula 4-9 cm lata , lobato-polygonata s tell if ormia (7)9 lobis, basi
valde emarginato-cordata ; lamina viridis superne et stibtus, pilis lineatis in venulis. Caulis
filiformis uniflora 8-10 cm longa ; bractea fiUformis 7-10 mm longis. Labellum 15-17 X 5-
7 mm, sublauriforme, lobis lateralibus vix projectis roseis, fossulatis. Columna 9 mm longa.
Source : MNHN, Paris
456 —
Source : MNHN, Paris
— 457 —
pedtmcuh sinuoso omnino glabra. Anthera subhemisphaerica, de visu transverso vix api-
culato. Polliniae flavae. Ovarium confuse 6-costatum.
Inter Nervilias haec species foliis lobatis et labello vix lobato linguiformi separata est.
Type : J. ToiUiez 303 bis, Côte d’ivoire (holo-, P).
Feuille pubescente dessus, large de (3) 4-9 (11) cm, à contour lobé en
polygone étoilé à (7) 9 lobes; le lobe médian, sommet du limbe, est aigu
alors que les lobes latéraux semblables diffèrent seulement par leur sommet
émoussé; le contour général est orbiculaire, la base est profondément
échancrée. Le limbe est vert sur les deux faces, non tacheté. (7) 9 nervures
principales atteignant au sommet des lobes, la fine nervure périphérique.
Les poils du dessus du limbe sont alignés sur les fines nervilles longitudinales.
Tige filiforme dressée, haute de 8-10 (13) cm (atteignant, selon J.
Toilliez, 27 cm à la fructification); fleur unique à bractée filiforme de 7-
10 mm; 3 autres bractées inférieures, membranacées, aiguës au sommet,
sont profondément engainantes.
Labelle de 15-17 x 5-7 mm, sublauriforme, à lobes latéraux rosés,
ridés obliquement, formant une saillie presque indistincte à plat; le lobe
terminal est blanc-rosé, ové allongé, atténué mais non aigu au sommet,
un peu convexe dessus. La base du labelle est verte à l'extérieur, jaune d'or
à l’intérieur avec 2 rides longitudinales, elle entoure la colonne jaune pâle.
Les sépales et les ailes sont brun verdâtre à nervures rougeâtres. La colonne,
haute de 9 mm avec l’anthère, est sinueuse et glabre. Anthère jaune pâle
de 2,2 mm, subhémisphérique, à apex médiocrement saillant de profil.
Pollinies jaunes.
Cote d’Ivoire : F. Halle 137 , forêt du Mont Tonkoui (stér. oct.), espèce grégaire
en peuplement dense (P); J. Toilliez 303, 303 bis, hort. Adiopodoumé, origine Tonkoui
(stér. nov.), et sans date (fl., holotype P); L. Aké Assi 8146, Mont Tonkoui, 20 juill. 1965
(stér.); 10046, même loc. (stér. avr.), et fl. en culture. — Ces deux échantillons de l’herbier
d’Abidjan; M. F. Trouslot et J. Anon s. forêt de Mont Tonkoui vers 1 100 m (fl. avr. :
jeunes feuilles cachées dans la litière (fleurs avr.); J. Anon s. n., même localité (fl. enfin
mars); M. F. Trouslot, G. Cremers et J. Anon s. n., forêt de Kiélé vers 700 m (feuilles en
août, en compagnie de N. fuerstenbergiana ). — Guinée ex-française (P) : J. G. Adam
5847, Macenta (stér. juill.); A. Chevalier 18564, Ditinn-Dalaba (stér. sept.). — Sierra
Leone (P) : P. Jaeger 2034, 6815, 7296, Monts Loma (stér. de juill. à sept.). — Cameroun
(P) : R. Letouzey 7547, Bagodo (stér. juill.).
6. Nervilia fuerstenbergiana Schltr.
Fedde Repert. 9 : 331 (1911); Summerhayes, F.W.T.A., éd. 2 : 206 (1968).
Feuille glabre, large de 3-7 cm, cordiforme à contour subanguleux,
parfois subpentagonal, brièvement ou moyennement pétiolée; base cordée
profondément échancrée; sommet deltoïde aigu. In vivo le limbe est vert
Source : MNHN, Paris
— 458 —
et médiocrement tacheté marbré dessus, taché de pourpre dessous. 7 (9) ner¬
vures principales faiblement arquées vers la marge. Nerville périphérique
située à environ 0,5 mm de la marge du limbe.
Tige dressée, uniflore grêle, haute de 4-23 cm; bractée florale étroite et
aiguë de (1) 2-3,5 mm de longueur. La tige porte une seconde bractée au
tiers inférieur, elle est membraneuse, très longuement tubuleuse, aiguë,
veinée de violet. Une troisième bractée membraneuse est située à la base
de la tige.
Labelle de 14-15 X 7 mm; lobe terminal blanc rosé tacheté de pourpre
ou rouge violacé, long de 9 mm, ové elliptique, étroit à la base, étalé horizon¬
talement avec une crête médiane saillante; partie proximale du labelle
verdâtre, ne dépassant pas 6 mm de longueur, à deux courts lobes latéraux
arrondis de part et d’autre de deux courtes crêtes pubescentes à fins poils
effilés. Les sépales et les ailes sont vert rougeâtre. La colonne est petite,
haute de 6 mm avec l’anthère; son pédoncule est sinueux, pubescent sur la
face antérieure. Anthère longue de 2,7 mm; les sacs polliniques sont profon¬
dément enfoncés dans le clinandre; la coiffe présente un apicule bilobé et
deux gibbosités ou crêtes latérales arrondies, surtout saillantes dans leur
partie antérieure; la coiffe, vue par dessus, est un peu plus longue que large,
très brièvement biapiculée à l’apex.
Le type est du Cameroun : Schlechter 15795, Mpundu entre Buea et
Kumba; floraison obtenue en Europe en avril 1910 et 1911.
Cette espèce est apparentée au N. subintegra Summerh. du Gabon,
à fleur jaunâtre, à lobe terminal du labelle moins grand.
Côte d’Ivoire : J. ToilUez 301, Mont Tonkoui (stér. nov.); 336, hort. Adiopodoumé
(fl. et fr. mars); s. n., idem (fl. et fr.) (P); L. Aké Assi 8144, forêt de Sangouiné, région
de Man (stér. juill.) ; 9983, même !oc. (fl. mars); 10050, même loc. (fr. avr.). — Ces trois
échantillons de l’herbier d’Abidjan; M. F. Trouslot et J. Anon s. n., forêt de la cascade du
Mont Tonkoui vers 450 m (fl. et fr. avr.); J. Anon s. n., même loc. (stér. juin) (feuilles oct.);
s. n., forêt classée de Sangouiné, vers 350 m (feuilles en juin); M. F. Trouslot et J. Anon
s. n., même loc. (quelques feuilles en mai); H. Téhé s. n., Orombo-Boka (stér. mai);
M. F. Trouslot, G. Cremers et J. Anon, Gangouin-Gueupleu, route de Man à Touba,
forêt vers 450 m (feuilles en août; association avec quelques N. reniformis ); s. n., forêt de
Kiélé, vers 700 m (feuilles en août; association avec N. toilliezae).
Distribution ; L’espèce est citée à tort de la Casamance (J. Berhaut
1967) , voir N. adolphi. Elle est connue de Sierra-Leone et Nigéria (F.W.T.A.,
1968) ; elle ne paraît pas avoir été retrouvée au Cameroun depuis la décou¬
verte du type.
7. Nervilia adolphi Schltr.
Engl., Bot. Jahrb. 53 : 552 (1915); Fedde Repert. Beihefte 68, t. 46. n° 182 (1932);
W. RoBYNSet R. Tournay, Fl. Spermat. Parc Nat. Albert 131 : 458 (1955).
Type de l’espèce : Stolz 1870, Nvassaland (isotype florifère P!).
Source : MNHN, Paris
— 459 —
Fig. 6, — Variation du labelle de Nervil'a reniformis, clones e
1 à 6, labelles étalés in vivo ; 4' à 6', labelles séchés avec
pondant à 4-6. Les lobes médians longs et aigus appartiens
se rapportent au clone de type 1. — Photos G. Petiot.
sn culture à Adiopodoumé :
le lobe médian étalé corres-
Source : MNHN, Paris
— 460
Var. seposita N. Halle et J. Toilliez, var. nov.
A. var. lypico labelli lobo termimli haud subaculo sed breviter rotundato, cire.
4x4 mm, cotumna ante puberula, differt.
Type : J. Toilliez s. n., Bouna (holo-, P).
Feuille glabre, large de (3) 4-8 cm, cordiforme, parfois subréniforme,
à contour ± orbiculaire avec un très court apicule aigu ; base cordée échan-
crée. In vivo le limbe est d'un vert foncé, tacheté de gris vert pâle ou argenté,
formant ainsi un réseau à la face supérieure; le dessous est gris violacé.
Pétiole variable de 1-5 cm de longueur. 7-9 (10) nervures principales très
faiblement arquées, atteignant de façon abrupte la fine nerville périphérique
située à environ 0,5 mm de la marge.
Tige dressée, uniflore, grêle, haute de 7-13 cm, pouvant atteindre
24 cm à la fructification. Bractée florale ovée, longue de 2 mm. Deux autres
bractées inférieures sont aiguës au sommet, membraneuses et longuement
tubuleuses.
Labelle de 11-12 x 4-4,5 mm; lobe terminal de 4 x 4 mm, vert avec
une tache distale gibbeuse rose vif, de contour suborbiculaire, cuculliforme
à bords relevés; l’axe épaissi porte de fins poils capités; la partie inférieure
du labelle, longue de 8 mm, pliée en gouttière, présente des marges faible¬
ment sinueuses et arrondies en courts lobes latéraux; sa région axiale pré¬
sente deux crêtes longitudinales pubescentes à fins poils capités. Sépales
et ailes un peu élargis en spatules, vert rougeâtre. Colonne haute de 7,5
(9) mm, anthère incluse, sinuleuse et finement pubescente sur la face anté¬
rieure. Anthère de 2 mm, à coiffe blanche bilobulée à l'apex, arrondie en
deux crêtes latérales massives, aussi longs que longue vue par dessus.
Pollinies jaunes.
Nota : Lorsque la variété type de cette espèce sera mieux connue, il
conviendra de réviser la position du présent taxon qui, « à la lettre », pourrait
se voir accorder rang d’espèce.
Côte d’Ivoire : J. Toilliez s. n., hort. Adiopodoumé, originaire de la réserve de
Bouna (fl. fév.-mars); 458, id. (fl. avr.) (P); A. Chevalier 22169, Baoulé Nord, Mont
Kangoroma près de Fétékro (stér. juill.) (P); L. Aké Assi 2872, cultivé à Adiopodoumé
(fl. mars); 9698, Séguélon, Odienné (stér. oct.); 9700, idem; 10232, réserve de Bouna,
Kalepier (stér. juin); 10762, Niangbo (stér. juill.). — Ces cinq numéros de l’herbier,
d’Abidjan; M. F. Trouslot et J. Atton s. n., réserve de Bouna près de Kalpin, lisière de
bosquet (stér. avr.); s. n., forêt de la Kinkéné, en lisière forêt-savane (stér. mai); J. Toilliez
456, M. F. Trouslot et J. Alton, même loc. (feuilles oct.); J. P. Ybert et J. Alton s. n.
même loc. (feuilles sept.); J. Alton s. n., même loc. (fl. avr.); M. Dugerdil et J. Anon s. n.,
savane de Siakasso, 10 km W. de Séguéla (stér. juin); M. Dugerdil et J. P. Ybert s. n.,
Somina, 7 km SW. de Séguéla, lisière forêt-savane (stér. juill.). — Mali (P) : R. Démangé
3574, Sikasso, plateau à bowé du km 35 de la route de Côte d’ivoire, marges d’un bosquet
(stér. juill.). — Guinée française (P) ; H. Pobéguin 1117, Moussaya (stér. juin); P. Jaeger
2111, savane guinéenne près de Bambaya, Haut-Niger (stér. oct.). — Sénégal (P) ;
J. G. Adam 10581, Niombato (stér. juill.), récolte citée à tort comme N. fuerstenbergiana
par Berhaut (3). — Niger : l'espèce est citée (F.W.T.A. 1968) du Nord de ce pays.
Nous ignorons si les récoltes de King (112 a et 112 b) se rapportent à notre variété.
Source : MNHN, Paris
— 461 —
Références
(seules les pages utilisées ont été indiquées)
(1) Adjanohoum, E., et Aké Assi, L. — Inventaire floristique des forêts claires sub¬
soudanaises et soudanaises en Côte d’ivoire septentrionale. Université d’Abidjan,
Ann. de la Fac. des Sc. 3 : 139 (1967).
(2) Aké Assi, L. — Étude floristique de la Côte d’ivoire. Paris : 238-239 (1963).
(3) Berhaut, J. — Flore du Sénégal, éd. 2. Dakar : 11, 278, 305 (1967).
(4) Chevalier, Aug. — Expi. Bot. A.O.F. 1, Paris : 620 (1920).
(5) Jaeger, P., Hallé, N., et Adam, J. G. — Contribution à l’étude des Orchidées des
Monts Loma (Sierra Leone). Adansonia, ser. 2, 8 : 303 (1968).
(6) Le Testu, G., in Pellegrin, F. — Fl. du Mayombe 3, Caen : 88 (1938).
(7) Letouzey, R. — Étude phytogéographique du Cameroun. Paris : 328 (1968).
(8) Miège, J. — Les savanes et forêts claires de Côte d’ivoire. Études ébuméennes
IFAN : 69 (1955).
(9) Pellegrin, F. — Flore du Mayombe 3, Caen : 36 (1938).
{10) Perrier de la Bathie, H., in Humbert, N. — Flore de Madagascar. Orchidées
1 : 200-211, fig. 18 : 205 (1939).
(11) Robyns, W., et Tournay, R. — Flore des Spermatophytes du Parc National Albert
3 : 458 (1955).
(12) Schlechter, R. — Orchidaceae Stohianae. Bot. Jahrb. 53 : 550-555 (1915).
(13) Senghas, K. — Sur quelques Orchidées nouvelles ou critiques de Madagascar.
Adansonia 4 : 301-307, pl. 1 et 2 (1964).
(14) Summerhayes, V. S„ in Hutchinson et Dalziel. — F.W.T.A., ed. 1 : 419-420
(1936).
(15) — African Orchids X. Kew Bull. : 150 (1938).
(16) — in Hutchinson et Dalziel. — F.W.T.A., éd. 2 : 206-207 (1968).
(17) Trouslot, M.-F. — Rapport O.R.S.T.O.M. sur la tubérisation de 4 espèces de
NerviUa, 19 pages ronéotypées, 8 planches hors-texte (décembre 1969).
N.H. : Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
J.T. : Laboratoire de Botanique
O.R.S.T.O.M. Adiopodoumé
B.P. 20. Abidjan.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia.
11 (3) 1971.
ATLAS DES POLLENS D’ÉTHIOPIE
POLLENS ACTUELS DE LA BASSE VALLÉE DE L’OMO,
RÉCOLTES BOTANIQUES 1968
par Raymonde Bonnefille 1
Résumé : Une étude morphologique détaillée des pollens actuels de 67 espèces
parmi les plus communes de la flore de la basse vallée de l'Omo (Éthiopie) est ici donnée.
Après quelques indications sur la répartition géographique de chacune des espèces, on
trouvera la description des pollens accompagnée de nombreuses photographies. Cet
atlas est précédé de quelques considérations botaniques concernant la végétation de la
basse vallée de l'Omo, notamment la liste des espèces récoltées sur le terrain en 1968.
Summary: A detailed illustrated description of pollen grains of 67 species among
the most common plants of the lower Omo valley végétation in Ethiopia is presented.
Lists of plants collected during August 1968 in the wooded steppe and in the riverine
forest near Omo River are given first. This worlc provides comparative material for the
identification of fossil pollen grains found in quaternary sédiments of this area and for
the interprétation of palynological data.
PRÉAMBULE.
A l’occasion de ma participation au titre de palynologue à la 3 e cam¬
pagne (1968) de la Mission française de Paléontologie 2 (dirigée par le P r C.
Arambourg et par Y. Coppens) j’ai effectué des récoltes botaniques, d'une
part dans la région de la basse vallée de l’Omo en Éthiopie (environ 250 spé¬
cimens), d’autre part sur le trajet de retour par la piste : région du Turkana
au Kenya, région de Loro et d’Amoudat en Uganda (environ 180 spécimens).
Pour la région de la basse vallée de l’Omo, sur la rive Ouest de la
rivière (5° N, 36° E), les échantillons cueillis représentent 150 espèces
différentes parmi les plus répandues et les plus communes. Nous espérons
que ces quelques données pourront être complétées grâce aux très impor¬
tantes collections effectuées par M llc C. Carr, géographe de la mission
américaine et par les études phytosociologiques qu'elle a entreprises depuis
plusieurs années dans la même région et au voisinage.
1. Avec la collaboration de Guy Riollet pour les planches. Laboratoire de Géologie
du Quaternaire, C.N.R.S., 92-Bellevue-Meudon.
2. Ce travail, réalisé dans le cadre de la mission française de l'Omo (Éthiopie)
dirigée par Y. Coppens, porte le n° 21 des publications de cette mission.
Source : MNHN, Paris
— 464 -
En effectuant ces récoltes, en tant que palynologue, nous poursuivons
un double but :
1° Etablir, à partir des fleurs des plantes prélevées, une collection de
pollens actuels les plus communément répandus dans la région, cette collec¬
tion devant servir de référence à la détermination des pollens fossiles du
gisement pléistocène.
2° Posséder des indications floristiques suffisantes pour comprendre
l'environnement végétal actuel d'un site paléontologique dont nous devions,
par le biais de l’étude des pollens fossiles, contenus dans les sédiments,
reconstituer la végétation quaternaire.
La détermination des spécimens récoltés a été confiée à la compétence
éclairée du P r J. B. Gillett, « botanist in charge » à « l'East African Her-
barium »*, Nairobi, herbier dans lequel a été déposée la collection des
échantillons recueillis au cours de cette mission 1968.
Le travail qui suit comprend deux parties nettement distinctes. La
première est une énumération des espèces rencontrées au cours des diffé¬
rents relevés botaniques. Une description des pollens des espèces les plus
communes est donnée dans la seconde partie.
l re PARTIE : RÉCOLTES BOTANIQUES
EFFECTUÉES DANS LA BASSE VALLÉE DE L'OMO (1968)
Deux types de paysages très distincts sont reconnaissables dans la
région : 1° une steppe boisée à Acacia et Commiphora 2 , avec tantôt des
espaces graminéens ouverts, tantôt des zones où les arbres sont plus nom¬
breux et plus serrés; 2° en bordure de la rivière, et dans les méandres
de celle-ci, la galerie forestière où dominent les grands arbres et les
lianes.
Les relevés correspondent : aux points A et B à la steppe boisée, au
point C à une zone plus humide et fortement dégradée par les pâturages,
en Dj et D 2 à la forêt riveraine; en F nous avons noté la végétation
d’un marécage située au cœur de la forêt riveraine, E marque l’empla¬
cement d’une palmeraie établie sur des sources chaudes et salées.
1. Nous lui adressons nos très sincères remerciements ainsi qu’à M. Y. Coppens,
responsable sur le terrain de la mission française.
2. Aux sens de la carte A.E.T.F.A.T. (1958t.
Source : MNHN, Paris
— 465 —
A. — LA STEPPE BOISÉE
1) Zone du « plateau » a l’Est de la chaîne des Nakua (substratum
holocène). — Dans cette région la végétation a l'aspect d’une savane boisée
où les arbres et arbustes sont soit clairsemés dans des espaces découverts
où dominent les termitières élancées, soit en buissons plus ou moins denses.
Dans les environs immédiats du camp ont été récoltées : Acacia horrida L.,
Indigofera spinosa Forsk., Acacia nubica Benth, souvent parasité par Plico-
sepalus sagittifolius (Engl.) Danser, Maerua crassifolia Forsk., Cordia gharaf
(Forsk.) Aschers, Cadaba rotundifolia Forsk., Aerva persica (Burm. f.)
Merr., Cissus quadranguiaris L., Acacia mellifera (Vahl.) Benth., Premna
resinosa Schauer, Ecbolium revolutum C. B. Cl., Barleria longissima Lindau,
Cadaba glandulosa Forsk., Grewia lenax Fiori, Salvadora persica L., Dasys-
phaera prostrata (Volkens) Schinz, Boscia coriacea Pax, Calotropis procera
(L.) Ait. etc...
Plus particulièrement dans les espaces découverts, on peut signaler
Indigofera schimperi Jaub. et Spach var. schimperi, Abutilon sp., Senra
incana Cav., Justicia fia va Vahl, Phyllanthus sp., Celosia trigyna L.
2) Zone des dépôts pléistocènes. — Sur les couches pléistocènes,
en particulier sur les tufs cinéritiques, apparaît une végétation plus sèche
caractérisée par la présence d 'Adenium obesum, Apocynacée arborescente
à très belles fleurs d’un rose vif, et par l'abondance des Euphorbes cacti-
fornies qui constituent des buissons épineux de grande taille.
Avec ces espèces on peut citer : Blepharis linariifolia Pers., Dasysphaera
prostrata (Volkens) Schinz, Maerua oblongifolia (Forsk.) A. Rich., Adenium
obesum R. et S., Cadaba rotundifolia Foisk., Cadaba gilletii R. A. Graham,
Cissus quadranguiaris L., Salvadora persica L., Grewia lenax Fiori, Commi-
phora sp., Barleria longissima Lindau, Sarcostemma viminale R. Br., Acacia
horrida L. ssp benadirensis (Chiov.) Hillc. et Brenan, Euphorbia triaculeata
Forsk., Solarium sepicula Dunal, Portulaca quadrifida L., Kleinia longiflora
DC., Hibiscus micrantha L. f., Asparagus sp., Dobera glabra (Forsk.) Poir.
B. — VERSANT EST DE LA CHAINE DES NAKUA
Sur les coulées basaltiques, à la même altitude que celle du plateau,
ont été récoltées Grewia villosa Willd., Ecbolium sp. (Acanthacée arbustive),
Grewia tenax Fiori, Salvadora persica L., Acacia paolii Chiov., Acacia
horrida L. ssp. benadirensis (Chiov.) Hillcoat et Brenan.
C. — RÉGION DE KALAM, VÉGÉTATION EN BORDURE D'UN BRAS SECON¬
DAIRE DE L’OMO
La présence d’un cours d’eau à très faible courant entraîne, dans cette
zone de steppe dégradée, l’existence d’une végétation plus humide et plus
arborescente. Nous avons récolté : Acacia sp., Justicia caerulea Forsk.,
Source : MNHN, Paris
466 —
Heliotropium somalense Vatke, Cleome usambarica Pax, Indigofera sp.,
Talinum portulacifolium (Forsk.) Schweinf., Grewia tenax Fiori, Cordia
gharaf (Forsk.) Aschers, Abuiilon fruticosum Guill. et Perr., Indigofera
tinctoria L., Crotalaria sp., Senra incana Cav., Volularia abyssinica (A. Rich.)
C. Jeffr., Capparis fascicularis D.C., Solanum setaceum Dammer, Kedrosiis
gijef (J. F. Gmel.) Jeffr., Commicarpus plumbagineus Standl., Sporobolus
consimilis Fresen., Tragia hildebrandiii Müll. Arg., Abuiilon figarianum
Webb, Cyperus longus L., Canavalia virosa (Roxb.) Wight et Arn., Achyran-
thes aspera L., Digéra muricala L., Sesbania sesban (L.) Merr., Zizipbus
mauritiana L., Terminalia brevipes Pampan., Celosia argenlea L., Coccinia
grandis (L.) Voigt, Senra incana Cav.
Sur l’eau, à très faible courant, croissent de nombreuses Pistia slraiioies
accompagnées de Nymphaea lotus L. Sur les berges ont été recueillis :
Ipomoea aquatica Forsk., Ludwigia slolonifera (Gill et Perr.) Raven, Basi-
licuni polyslachyum (L.) Moench.
D. — FORÊT RIVERAINE EN BORDURE DE L'OMO
La forêt riveraine est caractérisée par la présence de très grands arbres
qui dominent la strate arbustive. L’abondance des lianes en rend la péné¬
tration difficile. Sa présence est limitée à la région très proche de la rivière
et aux zones comprises à l’intérieur des méandres. Elle est parfois atteinte
par les feux de brousse, du moins dans la partie la plus éloignée de la rivière
où d’ailleurs les arbres sont moins serrés (photo I, pl. 19).
1) Au point D, ont été relevés : Celtis sp. cf. C. integrifolia,
Terminalia sp., Tacazzea apiculala Oliv., Indigofera schimperi Jaub et
Spach., Cadaba rolundifolia Forsk., Cadaba sp., Cadaba farinosa Forsk.,
Pupalia lappacea (L.) Juss., Cordia gharaf (Forsk.) Aschers, Combretum
sp.. Acacia sp., Ziziphus maritiana Lam., Ziziphus mucronata Willd.,
Ziziphus pubescens Oliv., Cissus peliolala Hook. F., Uvaria sp., Dregea
micrantha Klotzsch, Indigofera oblongifolia Forsk., Cadaba barbigera
Gilg, Phyllanthus virosa K. Hoffm., Ximenia caffra Sond., Ximenia sp.,
Acalypha fruticosa Forsk., Justicia fischeri Lindau, Maerua subcordata
(Gilg) De Wolf, Ficus sp., Sarcostemma viminale R. Br., Harrisonia abyssi¬
nica Oliv., Celtis zenkeri Engl.
2) Dans une région située plus au Nord (Point D 2 ), à la base des
coulées basaltiques, nous avons recueilli : Celtis integrifolia Lam., Tri-
chilia sp., Meyna sp.. Ficus sp., Harrisonia abyssinica Oliv., Uvaria sp.,
Salvadora sp., Terminalia spinosa Engl., Grewia villosa Willd, Barleria
eranthemoïdes R. Br., Hypoestes verticiüaris R. Br., Heliotropium sp.
De nombreux villages indigènes de la tribu des Nyangatong sont
installés près des rives de l’Omo. Leurs populations pratiquent des cultures
saisonnières de Sorgho, ricin, patate douce, etc. Par suite du caractère très
temporaire de ces cultures et du défrichage très incomplet de nombreuses
Source : MNHN, Paris
— 467 —
plantes spontanées persistent et se développent sur l'emplacement des
« champs » abandonnés. Deux relevés ont été effectués respectivement près
des villages de Changoura et Oualesso.
Des environs du village de Changoura proviennent : Sorghum
caffrorum Beauv., Ricinus communis L., Harrisonia abyssinica Oliv., Indigo-
fera schimperi Jaub. et Spach, Slriga hermontheca (Del.) Benth., Echi-
nochloa haploclada (Stapf) Stapf, Abulilon sp., Peristrophe bicalyculata
(Retz) Nees, Leonotis africana (P. Beauv.) Briq., Phyllanthus sp., Pluchea
ovalis (Pers.) DC., Coccinia grandis (L.) Voigt, Boerhavia erecla L.
Des environs du village de Oualesso proviennent, en plus des espèces
précédentes : Cucurbita sp., Stachytarpheta angustifolia Vahl, Acalypha
indica L., Phyllanthus reticulatus Poir., Phyllanthus niruri L., Pli. virosa K.
Hoffm., Euphorbia hypericjfolia L., Crataeva adansonii DC., Agératum
conyzoïdes L., Heliotropium sudanicum Andrews, Heliotropium indicum L.,
H. ovalifolium Forsk., Striga hermontheca (Del.) Benth., Sorghum verti-
cilliflorum (Steud.) Stapf, Panicum maximum, Cenchrus ciliaris L., Hyptis
pectinata Poit., Leonotis africana (Pal. Beauv.) Briq.
E. - MARÉCAGES
Dans les méandres de la rivière Omo existent des marécages plus ou
moins temporaires au bord desquels on note une végétation très caractéris¬
tique : ceinture à Cyperacées : Cyperus longus L. 1 et C. rotundus L. ssp.
tuberosus (Rottb.) Kukenth., elle-même entourée d'une zone d’arbustes
où Mimosa pigra L. est très abondant. Sesbania sesban L. forme le dernier
bosquet qui ceinture le marécage.
A cet endroit nous avons également récolté : Maytenus senegalensis
Loes. fréquent, des lianes Cayratia ibuensis (Hook. f.) Suesseng., Cardio-
spermum halicacabum L., Trochomeria sp., etc., ainsi que Combretum sp.,
Corchorus sp., Celtis sp.. Ficus sp., Terminalia sp.. Phyllanthus sp., Cordia
gharaf (Forsk.) Aschers, Ziziphus mauritiana Lam., Rhynchosia malacophylla
(Spreng) Boj., Ammannia prieureana Guill et Perr., Celosia argentea L.,
Pluchea ovalis (Pers.) DC., Heliotropium ovalifolium Forsk., Stachytarpheta
angustifolia Vahl, Ecltinochloa haploclada (Stapf) Stapf, Basilicum polysta-
chyum (L.) Moench, Eclipta prostrata (L.) L., Indigofera microcarpa Desv.,
Coccinia sp., Sphaeranthus ukambensis Vatke et O. Hoffm.
F. — PALMERAIE
Au Nord-Est de la chaîne des Nakua, dans la grande boucle de l’Omo,
jaillissent, au pied d'une coulée de basalte, des sources chaudes et salées.
Nous avons vu là une très belle palmeraie, malheureusement en partie
1. Il s'agit vraisemblablement de C. fenzelianus Steud. et non de C. longus L.,
sensu stricto, non tropical (J. Raynal, communication verbale).
Source : MNHN, Paris
— 468 —
détruite par le feu. Les Palmiers Doum (Hyphaene sp.) sont accompagnés
de Suaeda monoïca Forsk. ex J. F. Gmel., de Imperaia cylindrica (L.) Pal.
Beauv. var. africana (Anderss.) C. E. Hubb.
CONCLUSION
Ces relevés, dont le caractère tout à fait partiel n’échappera pas au
Botaniste, ne sont donnés ici que par suite de l’absence de documents
botaniques pour cette contrée d'Ethiopie : aucun spécimen de la région
n'existait dans l'herbier de l'Afrique tropicale orientale de Nairobi. Depuis
une époque fort lointaine, aucun botaniste n’a été autorisé à parcourir ce
territoire, par ailleurs d'accès difficile 1 . Les récoltes effectuées appartiennent
à deux types de paysages très distincts : la steppe boisée et la forêt riveraine
auxquels correspondent des compositions floristiques différentes. Dans la
steppe boisée à Acacia et Commiphora dominent de nombreuses Cappari-
dacées : Cadaba, Maerua, Boscia, etc., des Boraginacées arbustives : Cordia ,
des Tiliacées : Grewia, des Salvadoracées : genre Salvadora, etc. Dans la
flore herbacée, les Malvacées sont abondantes, avec de nombreuses espèces
d'Amaranthacées et de Papilionacées : genre Indigofera, Sesbania, Cana-
valia, etc.
Pour la forêt riveraine nous retiendrons la prédominance des Com-
brétacées : Combretum et Terminalia qui ont une production pollinique
très grande, des Rhamnacées : plusieurs espèces du genre Ziziphus, des
Ulmacées : plusieurs espèces du genre Cellis, des Annonacées : genre
Uvaria, Méliacées : genre Trichilia, Olacacées : genre Ximenia, Moracées :
genre Ficus, etc., avec des Capparidacées, Simarubacées et de nombreuses
lianes parmi les Sapindacées, Cucurbitacées, Vitacées.
A l’intérieur de ces deux associations des variations interviennent
soit en fonction de la nature du substratum géologique, du milieu : sol salé
et marécage, soit par suite de la présence de l’Homme : relevés près des
villages, etc. Ces variations de composition floristique doivent être prises
en considération par le Palynologue pour l’interprétation des spectres
polliniques.
2 11 PARTIE : ATLAS DES POLLENS DE LA BASSE VALLÉE DE L’OMO
La courte durée de notre séjour n'a pas permis d’obtenir toutes les
fleurs des 150 espèces recueillies, c'est pourquoi la description des pollens
est donnée seulement pour 67 espèces.
Pour chaque espèce ont été préparés 2 par la méthode d’acétolyse de
G. Erdtman les pollens de 2 ou 3 spécimens différents. Nous indiquons,
1. La mission Sagan-Omo dirigée par E. Zavattari a atteint les rives du fleuve,
par l’Éthiopie du côté Est.
2. La préparation et le montage des lames de référence ont été assurés par M llc M.
Bellebeau, étudiante en maîtrise de Géologie, que nous remercions vivement.
Source : MNHN, Paris
— 469 —
dans la description, les numéros des lames de référence qui sont les numéros
des préparations de la collection d'Éthiopie réalisée au Laboratoire de
Géologie du Quaternaire, C.N.R.S. Chacun de ces numéros est suivi de
l’indication précise de l’échantillon d’herbier auquel il correspond. Dans
le cas où une révision d’espèce interviendrait ultérieurement, il sera donc
possible d'effectuer la correction nécessaire.
Abréviations utilisées :
Pr. 896 = préparation n° 896 de la collection de référence des pollens actuels de
l’Éthiopie du Laboratoire de Géologie du Quaternaire.
EA = East African Herbarium, Nairobi (Kenya).
ETH = herbier de « l’University College », Addis Abeba (Éthiopie).
P = herbier Muséum d’Histoire Naturelle, Paris.
Terminologie
Par souci de simplification, nous avons évité l’utilisation d'un trop
grand nombre de termes en essayant chaque fois que cela était possible
de décrire les ornementations de l’exine, les aspects des apertures, etc., tels
qu’ils apparaissent en microscopie optique. Le but poursuivi dans ce travail
est moins de donner une interprétation de la structure détaillée du pollen
que d’aider, par son utilisation, au travail du paléopalynologue en per¬
mettant des déterminations approfondies et les plus exactes possible.
Dans cette optique, un certain nombre d’espèces, bien qu’ayant été ren¬
contrées en d’autres régions et ayant fait l’objet d’études antérieures :
photographies ou description sommaire ont été reprises dans cet atlas 1 .
En effet, nous avons considéré qu’il était utile d’avoir un inventaire palyno-
logique complet du type de flore rencontré dans la basse vallée de l’Omo.
D'autre part, si l’on accepte l’idée de variations continues des caractères
morphologiques à l’intérieur d’une même espèce, il n’est pas trop de plu¬
sieurs descriptions et photographies pour avoir une représentation la plus
exacte possible de l'amplitude des variations des critères de reconnaissance
utilisés pour les déterminations génériques ou spécifiques.
C’est ainsi que l’on accordera aux dimensions ici données une valeur
indicative. Quand on sait les multiples causes susceptibles d’affecter la taille
des pollens actuels (M. Van Campo (1966), Tj. Reitsma (1969)), on ne
saurait être trop prudent dans l’utilisation de ce critère. Pour une lame de
référence correspondant à un spécimen très précis, la distribution de la
taille des pollens en fonction de leur nombre obéit à la loi de Gauss. Au
cours de la détermination des fossiles, dans le cas d’un pollen unique, il
n’est pas possible de savoir si la taille mesurée se situe ou non vers le sommet
de la courbe. Pour cette raison, ayant effectué les mesures pour 30 grains,
1. La référence bibliographique correspondante est indiquée chaque fois.
Source : MNHN, Paris
— 470 —
ce qui donne une approximation statistique non complète mais suffisante,
nous donnons la valeur de la dominante ou mode , c'est-à-dire la mesure
dont la fréquence est maximum (M. Lamotte, 1948) avec, entre parenthèses,
l’indication des valeurs minimale et maximale rencontrées.
Ces deux derniers nombres ne doivent pas être considérés comme des
limites absolues, ils permettent d’estimer l'amplitude des variations de taille
dans l’espèce considérée.
Définition de quelques termes utilisés' :
Aperture: ouverture ou amincissement préformés de l'exine permettant
la sortie du tube pollinique. La structure de l’aperture est bien individualisée
par rapport à celle de l’exine.
Ecloaperiure : aperture affectant l’ectexine, membrane externe de
l'exine.
Endoaperture : aperture affectant l'endexine membrane interne de
l'exine (M. Van Campo, 1958).
Annulus: surface qui entoure le pore et qui se distingue par des ano¬
malies, amincissements ou épaississements de l'exine (J. Iversen, J. Troels.
Smith, 1950).
Bacule : ce terme est utilisé ici dans le même sens que columelle. Élément
de structure de l’exine en forme de colonne qui soutient le tectum (G. Erd-
TAMN, 1952).
Colpus (ou sillon) : aperture de forme allongée (généralement ectoaper-
ture) (M. Van Campo, 1957).
Colpé: pollen avec une ou plusieurs ectoapertures.
Colporé: pollen comportant ectoaperture et endoaperture combinées
(Tj. Reitsma, 1970) (en particulier un sillon et un pore).
Costae : épaississement brusque ou saillant d'endexine qui entoure
l’aperture (pore ou sillon).
Marge : aire qui ceinture le sillon et qui se distingue par des anomalies
de l’(ect)exine.
Mésocolpium : surface de l’exine comprise entre deux apertures. Au
niveau du mésocolpium, est décrite l’ornementation de l’exine.
Pore: aperture de forme circulaire.
Tectum: couche la plus externe de l’ectexine formant une membrane
cohérente, plus ou moins complète et plus ou moins ornementée.
I. Pour de plus amples informations concernant la nomenclature utilisée en mor¬
phologie pollinique, nous renvoyons aux ouvrages classiques de Palynologie : G. Erdtman
(1966) (1969), K. Faegri et J. Iversen (1964), G. O. W. Kremp (1965), H. Straka (1964-
1969), Vam Campo (1957-1958-1966), Ph. D. Woodehouse (1959), etc.
Source : MNHN, Paris
— 471 —
Liste alphabétique des espèces décrites :
Abutilon figarianum Webb (Malvaceae)
Ahutilon fruticosum Guill. et Perr. (Malvaceae)
Acalypha indica L. (Euphorbiaceae)
Achyranthes aspera L. (Amaranthaceae)
Adenium obesum R. et S. (Apocynaceae)
Agératum conyzoîdes L. (Compositae)
Acacia horrida L. ssp. benadirensis (Chiov.) Hillc et Brenan (Mimosaceae)
Acacia mellifera (Vahl.) Benth. (Mimosaceae)
Acacia nubica Benth. (Mimosaceae)
Acacia paolii Chiov. (Mimosaceae)
Barleria eranthemoides R. Br. (Acanthaceae)
Basiiicum polystachyum (L.) Moench (Labiatae)
Blepharis linariifolia Pers. (Acanthaceae)
Boerhavia erecta L. (Nyctaginaceae)
Cadaba glandulosa (Forsk.) (Capparaceae)
Cadaba rotundifolia Forsk. (Capparaceae)
Canavalia virosa (Roxb.) Wight et Arn. (Papilionaceae)
Cardiospermum haiicacabum L. (Sapindaceae)
Celosia argentea L. (Amaranthaceae)
Cissus quadrangularis L. (Vitaceae)
Cleome usambarica Pax (Capparaceae)
Coccinia grandis (L.) Voigt (Cucurbitaceae)
Commicarpus plumbagineus Standl. (Nyctaginaceae)
Cordia sinensis Lam. (Boraginaceae)
Cyperus longus L. (Cyperaceae)
Dasysphaera prostrata (Volkens) Schinz (Amaranthaceae)
Digéra muricata L. (Amaranthaceae)
Dobera glabra (Forsk.) Poir. (Salvadoraceae)
Ecbolium revolutum C. B. Cl. (Acanthaceae)
Echinochloa haplodada (Stapf) Stapf (Graminae)
Eclipta prostrata (L.) L. (Compositae)
Euphorbia hypericifoiia L. (Euphorbiaceae)
Euphorbia triaculeata Forsk. (Euphorbiaceae)
Gretvia tenax (Forsk.) Fiori (Tiliaceae)
Helioiropittm indicum L. (Boraginaceae)
Heliotropium somalense Vatke (Boraginaceae)
Heiiotropium sudanicum Andrews (Boraginaceae)
Hibiscus mtcranthus L. f. (Malvaceae)
Hypoestes verticillaris (L. f.) Soland, ex Roem. et Schult. (Acanthaceae)
Hyptis pectinata (L.) Poit. (Labiatae)
Indigofera microcarpa Desv. (Papilionaceae)
Indigofera spinosa Forsk. (Papilionaceae)
Ipomoea aquatica Forsk. (Convolvulaceae)
Justicia caerulea Forsk. (Acanthaceae)
Justicia fia va (Forsk.) Vahl (Acanthaceae)
Kedrostis gijef (J. F. Gmel.) Jeffr. (Cucurbitaceae)
Kieinia longifiora DC (Compositae)
Leonotis africana (P. Beauv.) Briq. (Labiatae)
Ludwigia stolonifera (Guill. et Perr.) Raven (Onagraceae)
Maerua oblongifolia (Forsk.) A. Rich. (Capparaceae)
Mimosa pigra L. (Mimosaceae)
Pavonia païens (Andr.) Chiov. (Malvaceae)
Pavonia zeyianica (L.) Cav. (Malvaceae)
Phyllanthus reticulatus Poir. (Euphorbiaceae)
Portulaca quadrifida L. (Portulacaceae)
PI. 10
PI. 10
PI. 8
PI. 4
PI. 4
PI. 6
PI. 14
PI. 14
PI. 14
PI. 14
PI. 1
PI. 9
PI. 2
PI. 15
PI. 14
PI. 4
PI. 2
PI. 6
PI. 7
PI. 15
PI. 5
PI. 11
PI. 4
PI. 4
PI. 17
PI. 2
PI. 7
PI. 6
PI. 7
PI. 8
PI. 18
PI. 5
PI. 5
PI. 5
PI. Il
PI. 3
PI. 9
PI. 16
PI. 35
PI. 3
PI. 4
PI. 7
PI. 6
PI. 9
PI. 15
Source : MNHN, Paris
— 472 —
Source : MNHN, Paris
— 473 —
Ricinus commuais L. (Euphorbiaceae) PI. 9
Rhynchosia malacophylla (Spreng.) Boj. (Papilionaceae) PI. 16
Salvadora persica L. (Salvadoraceae) PI. 17
Senra incana Cav. (Malvaceae) PI. 13
Sesbania sesban (L.) Merr. (Papilionaceae) PI. 16
Sphaeranthus ukambensis Vatke et O. Hoffm. (Compositae) PI. 6
Solarium sepicula Dunal (Solanaceae) PI. 17
Siriga hermontheca (Del.) Benth. (Scrophulariaceae) PI. 17
Suaeda monoica Forsk., ex J. F. Gmel. (Chenopodiaceae) PI. 4
Ta/inumportuiacifolium (Forsk.) Schweinf. (Portulacaceae) PI. 17
Terminalia brevipes Pampan. (Combretaceae) PI. 6
Ziziphus mauritiana Lam. (Rhamnaceae) PI. 16
DESCRIPTION DES POLLENS
La description des pollens est donnée dans l'ordre alphabétique des
familles.
ACANTHACEAE
Barleria eranthemoides R. Br. (PI. 1)
Pr. 896, R. BonnefiUe 162 1 (EA); Pr. 294, S. Schojnacki s. n. (ETH).
Arbuste.
Aire géographique : Éthiopie, Somalie, Soudan, Kenya, Tanganyika,
Congo.
Description : pollens isopolaires, subéquiaxes à légèrement longiaxes.
Triporés (ou tricolporés) : pores subcirculaires, diamètre 15 p. Une
zone aperturale, allongée souvent granuleuse, nettement délimitée par une
rangée de bacules courts peut être considérée comme un colpus (cf. des¬
cription de Barleria prionitis L. par Ph. Guinet, 1962).
Exine: tectée réticulée. Réseau à très grandes mailles, murs simpli-
baculés, description conforme aux schémas donnés par B. Raj (1961)
pour les espèces Barleria courtallica et Barleria crisiala.
Dimensions: P = E = 65 p (59-68).
Blepharis linariifolia Pers. (PI. 2)
Pr. 816, R. BonnefiUe 1 (EA).
Plante herbacée.
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Kenya, Angola,
Cameroun, Afrique de l’Ouest.
1. Tous ces spécimens ont été récoltés dans la basse vallée de l'Omo à l’exclusion
de ceux pour lesquels est indiquée la provenance géographique.
Source : MMHN, Paris
— 474 —
Source : MNHN, Paris
— 475 —
Description : pollens isopolaires, très nettement longiaxes ^ > 2.
Tricolpés: sillons à bords mal définis et membrane granuleuse.
Exine: baculée tectée. Les bacules sont très courts. En surface, le
réseau est remarquable par la régularité de ses mailles hexagonales qui
possèdent chacune un bacule central.
Dimensions: P = 38 p (36-48); E = 17 p (15-19).
Ecboüum revolutum C. B. Cl. (PI. 2)
Pr. 831, R. Bonnefille 45 (EA).
Herbacée.
Description : pollens isopolaires longiaxes.
Tricolporés: endoaperture de forme subsphérique; ectoaperture courte,
étroite, située dans une dépression, avec des granulations très visibles,
en particulier autour du pore (fig. 6, PI. 2).
Exine: baculée, tectée. Bacules plus gros dans les régions polaires.
Dimensions .■ P = 90 p (84-92) ; E = 65 p (55-67).
Hypoestes verticillaris (L. f.) Soland. ex Roem. et Schult. (PI. 3)
Pr. 897, R. Bonnefille 164 (EA); Pr. 1550, R. Bonnefille 250, Turkana (EA).
Aire géographique : Éthiopie, ubiquiste, excepté dans la province de
rillubabor, Afrique tropicale.
Description : pollens isopolaires, nettement longiaxes.
Tricolporés : endoaperture petite, circulaire; ectoaperture très étroite,
allongée.
Exine: baculée, tectée. Tectum ondulé avec des perforations très
nettement visibles dans les cavités. Chaque mésocolpium présente deux fentes
situées près des apertures (fig. 3, PI. 3).
Dimensions : P = 42 p (40-45); E = 24 p (18-26).
Justicia caerulea Forsk. (PI. 3)
Pr. 873, R. Bonnefille 126 (EA); Pr. 1552, R. Bonnefille 253, Uganda (EA); Pr. 1559,
R. Bonnefille 275, Uganda (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie (Harar), Somalie, Arabie.
Source : MMHN, Paris
476
PI. 3 ( x I 000). — Hypoestes verticillaris (L. f.) Soland ex Rœm. et Schult. : 1-3, LO-analysc
de la surface de l’exine du mésocolpium; 4, aperture de face et fentes du mésocolpium;
5, coupe optique méridienne montrant le tectum ondulé. — Justicia caerulca Forsk. :
6, aperture de face sillon très étroit, endoaperture circulaire et petite; 7, gros bacules
de la zone équatoriale du mésocolpium; 8, coupe optique méridienne : noter l’épaisseur
de l’ectexine dans la zone équatoriale; 9-10, vues polaires triangulaires.
Source : MNHN, Paris
— 477 —
Description : pollens isopolaires longiaxes, nettement triangulaires
en vue polaire (fig. 10, PI. 3).
Diporés (ou dicolporés) : endoaperture circulaire petite. Une indication
de sillon très étroit. La zone aperturale est bordée de deux rangées de
plages plus ou moins circulaires d’exine ornementée.
Exine: baculée, tectée. Les bacules reposent sur une couche basale.
Ils sont hauts et plus gros dans la zone équatoriale marquée par une constric-
tion très nette du contour de l’endexine.
Dimensions: P = 55 p (50-56); E = 30 p (25-35).
Justicia flava Vahl (PI. 4)
Pr. 885, R. Bonne fille 148 (EA); Pr. 1587, R. Boni-fille 355 , Uganda (EA); Pr. 306,
H. F. Mooney 9377 (ETH).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie, Erythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale, Soudan, Angola, Cameroun, Sénégal, Arabie.
Description : les pollens de cette espèce se distinguent de ceux de
Justicia coerulea par l’épaisseur du tectum dans la zone équatoriale.
Dimensions: P = 40 p (37-47); E = 26 p (25-29).
AMARANTHACF.AE
Achyranthes aspera L. (PI. 4)
Pr. 865, R. Bonnefille 104 (EA); Pr. 317, R. Sandford M. 65 (ETH).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie, Somalie. Espèce ubiquiste en Afrique
tropicale et extra-tropicale, répandue en Afrique du Sud, du Nord, au Sud
de l’Europe, en Amérique, jusqu'aux Indes orientales, etc.
Description : cf. E. M. Van Zinderen Bakker (1956), p. 69, et
Vishnu-Mittre (1963). Pollens isopolaires, sphériques.
Périporés: pores circulaires, de grande taille (nombre : 15 à 30), recou¬
verts par une membrane operculaire.
Exine: granuleuse. Les granulations sont bien marquées, très serrées,
uniformément réparties sur la surface.
Dimensions: P = 20 p (18-21); E 17 p (14-18).
Source : MNHN, Paris
— 478
Source : MNHN, Paris
— 479 —
Celosia argentea L. (PI. 4)
Pr. 881, R. Bonnefilte 105 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, espèce ubiquiste
très largement répandue en Afrique tropicale, Égypte et Arabie, Inde,
Amérique Centrale et du Sud.
Description : pollens isopolaires sphériques, cf Vishnu-Mittre
(1963).
Périporés: pores (nombre : 10 à 24) très gros, bordés d’une marge
étroite, membrane avec granulations nombreuses.
Exine: baculée, tectée. Tectum perforé. En surface, les granulations
apparaissent très grosses, de formes variées. Le contour des pollens est
ondulé en coupe optique par suite de la situation des pores dans des dépres¬
sions de l'exine.
Dimensions: P - 30 p (25-32); E = 28 p (22-30).
Dasysphaera prostrata (Volkens) Schinz (PI. 4)
Pr. 817, R. Boimefille 2 (EA); Pr. 834, R. Bonnefille 50 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : syn. (?) de Achyranthes prostrata L. Ubiquiste
en Éthiopie et Afrique tropicale, Afrique du Sud, Asie, Amérique tropicale.
Description : pollens isopolaires, sphériques.
Périporés: pores circulaires (environ 25) à contours très nets avec
membrane portant quelques granulations dispersées.
Exine: baculée. En surface, des granulations assez grosses, de dimen¬
sions irrégulières, alignées, forment un dessin hexagonal très caractéristique
autour de chaque pore (fig. 11, PI. 4).
Dimensions: P = 22 p (20-24); E 22 p (19-23).
PI. 4 ( x 1 000). — Justicia flava Vahl : 1, mésocolpium de face : gros baculcs de la zone équa¬
toriale; 2 , coupe optique méridienne montrant l'épaisseur du tectum dans la zone équa¬
toriale. — Achyranthes aspera L. : 3, granulations de l'exine en surface; 4,coupe optique.
— Celosia argentea L. : S, surface de l'exine, très grosses granulations; 6, coupe optique;
7, autre pollen plus gros, pores à membrane granuleuse. -- Digéra muricata L. : 8, granu¬
lations de l'exine; 9, pollen plus petit; 10, coupe optique. — Dasysphaera prostrata
(Volkens) Schinz : II, granulations en disposition hexagonale autour de chaque pore:
12, coupe optique. — Suaeda monoïca Forsk. ex J. F. Gmel. : 13, surface de l'exine;
14, coupe optique. — Adenium obesum R. et S. : 15, coupe optique, denticulations de
l'endexine visibles au niveau des pores; 16, détail d'un pore; 17, pore de face ; 18, surface
de l’exine.
Source : MNHN, Paris
— 480 —
Digéra muricata L. (PI. 4)
Pr. 866, R. BonnefiUe 105 (EA).
Herbacée.
Description : pollens isopolaires sphériques.
Périporés: pores plus ou moins circulaires, assez petits, très légèrement
espacés les uns des autres (20-25). La membrane qui recouvre le pore porte
de nombreuses granulations.
Exine: baculée, tectée. Le tectum est perforé. Les perforations sont
nombreuses. En surface, les granulations de grosseur moyenne, denses,
sont régulièrement réparties dans les espaces entre les pores.
Dimensions: P = 25 p (22-27); E = 23 p (21-17).
APOCYNACEAE
Adenium obesum R. et S. (PL 4)
Pr. 819, R. BonnefiUe 4 (EA); Pr. 975, P. J. Greenway 12591, Tanganyika (EA).
Arbre.
Aire géographique : Somalie, Arabie.
Description ; pollens isopolaires, subsphériques.
(4) porés: pores à diamètre petit (2 p), saillants, avec un annulus peu
marqué et costae.
Exine: lisse à légèrement scabre. Endexine denticulée. Les denticula-
tions sont particulièrement abondantes et très marquées autour du pore
(fig. 15, 17, PI. 4).
Dimensions: P = 40 p (35-45); E = 35 p (28-37).
BORAGINACEAE
Cordia sinensis Lam. (PI. 5)
— Syn. : Cordia gharaf (Forsk.) Aschers,
Pr. 859, R, BonnefiUe 94 (EA); Pr. 1021, H. Koutschoner 1884, Tanganyika (EA).
Arbre.
Aire géographique : Éthiopie, ubiquiste. Afrique tropicale, orientale
et occidentale, Égypte, Arabie, Palestine et Inde orientale.
Source : MNHN, Paris
- 481 —
PI. 5 (x 1 000). — Cordia sinensis Lam. : 1, vue méridienne, surface de l’exine; 2, vue méri¬
dienne, aperture vue de profil; 3, vue polaire montrant la membrane granuleuse des
sillons; 4, coupe optique de l’exine. — Heliotropium indicum L. : 5, aperture de profil,
sillon court et pore très gros; 6, coupe optique méridienne montrant les pores très saillants;
7-8, vues polaires. — Heliotropium somalense Vatke : 9, aperture de face ; épaississements
de l'endexine très nets de chaque côté de l'aperture; 10, vue méridienne pseudocolpus vu
de face; 11, vue polaire. — Heliotropium sudanicum Andrews : 12, vue méridienne;
13, vue polaire, exine finement granuleuse; 14, coupe optique équatoriale; 15, aperture
de face, étranglement équatorial de l’ectoaperture.
Source : MNHN, Paris
— 482 —
Description : pollens isopolaires, subéquiaxes.
Tricolporés : sillons à membrane granuleuse et bords déchirés.
Exine: très finement baculée, tectum perforé pourvu de petites épines.
Dimensions : P' = E = 40 p (35-45).
Heliotropium indicum L. (PI. 5)
Pr. 915, R. Bonnefille 204 (EA).
Aire géographique : Éthiopie (Shoa), ubiquiste en Afrique tropicale,
indigène en Amérique (pantropicale).
Description : pollens isopolaires, longiaxes.
Tricolporés : ectoaperture constituée par un sillon très court, endoaper-
ture constituée par un pore très gros, entouré d'un annulus formé par des
ostae (= épaississements d'endexine). Le pore est saillant, recouvert par
c’ectexine granuleuse.
Exine: nettement baculée. En surface, granulations disposées par
plages irrégulièrement réparties sur la surface.
Dimensions: P = 40 p (35-46); E = 30 p (25-33).
Heliotropium somalense Vatke (PI. 5)
Pr. 850, R. Bonnefille 78 (EA); Pr. 801, R. Bonnefille 98 (EA).
Aire géographique : Éthiopie (Harar), Somalie.
Description : pollens isopolaires, longiaxes.
Hétérocolpés : 3 colporus, 3 pseudocolpus. Cette espèce se distingue
de la précédente par les épaississements continus d'endexine de chaque
côté de l’aperture (caractère commun à de nombreux Heliotropium) (G.
Bout, 1968-1969) ici très nets en surface et en coupe optique. L’endoaper-
ture est peu visible, granuleuse, à bords rentrants.
Exine: fossulée. Ce dernier caractère est plus marqué sur les pollens
de la préparation n° 861 que sur ceux de lame n° 850.
Dimensions: P = 29 p (27-32); E = 19 p (15-21).
Heliotropium sudanicum Andrews (PL 5)
Pr. 919, R. Bonnefille 208 (EA).
Description : pollens isopolaires, longiaxes, à bords méridiens
parallèles.
Source : MNHN, Paris
— 483 —
Hétérocolpés : 3 colporus et 3 pseudocolpus. L’ectoaperture est étroite,
à bords ondulés avec un étranglement équatorial saillant et des marges,
ici peu épaisses. L'endoaperture est subcirculaire à légèrement allongée
dans le sens équatorial. Les pseudosillons sont étroits, à membrane lisse,
avec lèvres nettes.
Exine: finement baculée aux pôles d’où une ornementation granuleuse
dans les régions polaires, scabre à lisse sur le reste de la surface.
Dimensions: P = 30 p (29-32); E = 21 p (18-22).
CAPPARACEAE
Cadaba glandulosa Forsk. (PI. 6)
Pr. 832, R. Boimefille 47 (EA); Pr. 1305, W. Burger 3770 (coll. E. M. Van Zinderen
Bakker).
Aire géographique : Éthiopie (pays Galla), Erythrée, Somalie,
Tanganyika, Nubie, Arabie.
Description : photographies cf. J. Maley (1970, PI. 18).
Pollens isopolaires, équiaxes à nettement longiaxes.
Tricolporés : ectoaperture à bords dentés, large, avec costae. Endoaper-
ture circulaire, de grande taille avec opercule. (La présence d’un opercule,
caractère distinctif de la famille, disparaît très souvent chez les fossiles.)
Exine: baculée, tectée. Le tectum perforé, à ornementation verru-
queuse, porte de très courtes épines.
Dimensions: P = 31 p (30-34); E = 24 p (22-26).
Cadaba rotundifolia Forsk. (PL 6)
Pr. 825, R. Boimefille 25 (EA); Pr. 925, R. Boimefille 216 (EA).
Arbre ou arbuste.
Aire géographique : Éthiopie (Harar), Érythrée, Somalie, Soudan,
Nubie, Sud de l’Arabie, îles Socotra.
Description : pollens isopolaires, longiaxes.
Tricolporés : ectoaperture étroite à bords dentés, endoaperture oper¬
culée.
Exine: baculée, tectée. Tectum perforé. Les épines semblent plus
courtes et plus nombreuses que chez Cadaba glandulosa.
Dimensions: P = 24 p (20-27); E = 17 p (14-19).
Source : MNHN, Paris
— 484 —
Source : MNHN, Paris
— 485
Cleo me usambarica Pax (PI. 6)
Pr. 851, R. BotmefiUe 79 (EA).
Aire géographique : syn. Cleome microtatodonta Briq. : Ethiopie
(Harar). Kenya, Tanganyika, Zambie.
Description : pollens isopolaires, longiaxes de petite taille.
Tricolporés : sillons étroits bordés d’épaississements continus d'en-
dexine. Endoaperture à bords internes rentrants, avec granulations très
nettes.
Exine: baculée. En surface striato-réticulée, ornementation constituée
par des groupes de stries parallèles qui s'entrecroisent.
Dimensions: P = 19 p (16-22); E = 14 p (10-15).
Maerua oblongifolia (Forsk.) A. Rich. (PI. 6)
Pr. 818, R. BonneftHe 3 (EA).
Arbuste.
Aire géographique : Éthiopie (Harar), Érythrée, Somalie, Nubie,
Arabie.
Description : photographies cf. J. Maley (1970, PI. 19).
Il ne sera donné ici qu’une seule photographie. La lame étudiée montre,
par rapport à l’espèce du Tchad, quelques petites différences quant à
l’épaisseur de l’exine : comparer les fig. 13 à 16, PI. 6, avec les fig. 1 à 5,
PI. 19 (J. Maley, 1970).
Pollens isopolaires, très généralement longiaxes et légèrement constric-
tés près des pôles.
Tricolporés : le sillon est large avec des marges bien visibles en vue
polaire. L’endoaperture est circulaire complexe avec de nombreuses granu¬
lations.
PI. 6 (x I 000). — Cadaba glandulosa Forsk. : 1, vue méridienne montrant l'endoaperture
avec opercule; 2, mésocolpium, exine à ornementation verruqueuse; 3 et 4. vues polaires :
surface et coupe optique. — Cleome usambarica Pax : 5, vue méridienne, aperture vue
de face; 6, coupe optique méridienne; 7, vue méridienne, mésocolpium montrant l’exinc
striato-réticulée; 8-9, vues polaires, surface et coupe optique. — Cadaba rotundifolia
Forsk. : 10, vue méridienne, endoaperture operculée; II, mésocolpium en surface; 12, vue
polaire. — Maerua oblongifolia (Forsk.) : 13, vue méridienne aperture de face; 14, méso¬
colpium montrant la structure de l’exine; 15, coupe optique méridienne, bacules, aux
pôles, plus grands qu'à l'équateur; 16, coupe optique équatoriale. — Terminalia brevipes
Pampan. : vues méridiennes : 17, ectoaperture vue de face; 18. mise au point sur l’endo¬
aperture; 19, mésocolpium montrant le pseudocolpus de face; 20, aperture en coupe
optique. — Agératum con.vzoïdes L. : 21, vue méridienne; 22, coupe optique équatoriale.
— Eclipta prostrata (L.) L. : 23, vue méridienne, aperture de face; 24, coupe optique
équatoriale. — Sphaeranthus ukambensis Vatke et O. Hoffm. : 25, vue méridienne;
26, coupe optique équatoriale.
Source : MNHN, Paris
— 486
Exine: baculée. Les bacules sont plus hauts aux pôles qu'à l'équateur.
En surface, l’ornementation est légèrement verruqueuse.
Dimensions: P = 27 p (22-28); E = 21 p (18-23).
CHENOPODIACEAE
Suaeda monoïca Forsk. ex J. F. Gmel. (PI. 4)
Pr. 910, R. Bonne fille 190 (EA).
Herbacée, parfois de grande taille.
Aire géographique : Ethiopie (Harar), Erythrée, Somalie, Afrique
tropicale orientale, Sénégal, Afrique du Nord, Inde orientale, etc.
Description : pollens isopolaires sphériques.
Pèriporès: pores de diamètre 2 p avec quelques granulations.
Exine: baculée, tectée. Tectum perforé.
Dimensions: P = E : 19 p (17-20).
COMBRETACEAE
Terminalia brevipes Pampan. (PI. 6)
Pr. 894, R. Bonnefille 161 (EA).
Arbre ou arbuste.
Aire géographique : Éthiopie (Amhara), Somalie.
Description : pollens isopolaires subsphériques à longiaxes.
Hétérocolporé : 3 colporus et 3 pseudocolpus. Le sillon du colporus
présente une constriction médiane, l'endoaperture est légèrement saillante,
largement ouverte.
Exine: scabre à faiblement réticulée.
Dimensions: P = 18 p (16-19); E = 15 p (14-16).
COMPOS1TAE
Agératum conyzoïdes L. (PI. 6)
Pr. 914, R. Bonnefille 203 (EA); Pr. 1575, R. Bonnefille 315 (EA); Pr. 1591, R.
Bonnefille 363 (EA).
Source : MNHN, Paris
— 487 —
PI. 7 (x 1 000). — Kleinia longiflora DC. : 1, aperture vue de face, granulations du sillon bien
visibles; 2, vue polaire surface de l'exine; 3, coupe optique équatoriale. — Coccinia
grandis (L.) Voigt : 4, aperture de face ; 5, vue méridienne surface de l’exine; 6, vue polaire.
—- Euphorbia hypericifolia L. : 7, aperture vue de face, noter la largeur des marges de
part et d’autre du sillon ; 8, surface de l’exine au niveau du mésocolpium ; 9, coupe optique
latérale des sillons; 10, vue polaire; 11, coupe optique équatoriale. — Echinochloa haplo-
clada (Stapf) Stapf ; 12, surface de l’exine; 13, porc de face; 14, coupe optique au niveau
du pore.
Source : MNHN, Paris
— 488 —
Mauvaise herbe, pantropicale.
Aire géographique : Ethiopie, ubiquiste (excepté Baie, Tigré, IIu-
babor). Ubiquiste en Afrique tropicale et subtropicale.
Description : pollens isopolaires généralement bréviaxes.
Tri (ou 4) colporés: sillon largement ouvert, endoaperture très étroite,
allongée équatorialement.
Exine: baculée, tectée. Tectum échinulé. Les épines sont longues (3 p),
très acérées et nettement structurées à la base.
Dimensions: P = E = 22 p (19-27).
Eclipta prostrata (L.) L. (PI. 6)
Pr. 904, R. BonnefiUe 182 (EA).
Aire géographique : Éthiopie, Erythrée, Somalie. Ubiquiste en
Afrique tropicale.
Description : pollens isopolaires, subéquiaxes.
Tricolporés: sillon largement ouvert. Endoaperture allongée peu
visible.
Exine: baculée, tectée. Tectum échinulé, épines très longues (5 p)
avec bacules assez gros à la base. Épines moins nombreuses que chez
Agératum conyzoïdes.
Dimensions: P = E = 30 p (25-33).
Kleinia longiflora DC. (PI. 7)
Pr. 843, R. BonnefiUe 60 (EA).
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale, du Sud et occidentale, Afrique du Sud-Ouest.
Description : pollens isopolaires, longiaxes.
Tricolporés : sillons avec lambeaux d'exine abondants dans la zone
équatoriale. Endoaperture lobée, allongée transversalement, extrémités
effilées assez souvent peu visibles.
Exine: baculée, tectée. Tectum pourvu d’épines courtes émoussées.
Dimensions : P = E = 48 p (40-51).
Source : MNHN, Paris-
— 489 —
Sphaeranthus ukambensis Vatke et O. Hoffm. (PI. 6)
Pr. 908, R. Bonnefille 188 (EA); Pr. 559, H. F. Mooney 9858, Éthiopie Borana (ETH).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie (Sidamo, Gomu-Gofa, Harar), Somalie,
Afrique tropicale orientale.
Description : pollens isopolaires subéquiaxes.
Tricolporés: sillon en fuseau. Endoaperture représentée par un sillon
transversal élargi dans sa partie centrale, plus court que l'ectoaperture.
Exine: baculée, tectée. Tectum échinulé, à bacules nettement distincts.
Dimensions: P = E = 22 p (20-25).
CONVOLVULACEAE
Ipomoea aquatica Forsk.
Pr. 889, R. Bonneville 155 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Afrique tropicale
occidentale et orientale, Arabie, Inde, Indonésie, etc., Amérique tropicale.
Description : cf. Bhoj Raj and Saxena M. R. (1966. PI. 1) et J. Maley
(1970, PI. 7). Pollens de grande taille isopolaires sphériques.
Polypores: pores (diamètres 6 p) avec granulations.
Exine: baculée, tectée. Le tectum porte des épines longues (9-10 p)
non structurées, à renflement basal. Sa couche baculaire est complexe avec
deux rangées superposées de bacules, les plus externes étant les plus courts
et les plus petits.
Dimensions: P = E = 96 p (91-112).
CUCURBITACEAE
Kedrostis gijef (J. F. Gmel.) Jeffr. (PI. 8)
Pr. 858, R. Bonnefille 93 (EA).
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Soudan, Tanga-
nyika, Arabie.
Description : pollens isopolaires longiaxes.
Source : MNHN, Paris
— 490 —
PI. 8 ( X 1 000). — Kedrostis gijef (J. F. Gmel.) JelTr. : 1-3, vues méridiennes LO-analyse sur
l’ectoaperture; 4, coupe optique méridienne; 5, vue polaire; 6, coupe optique équatoriale
au niveau de l'endoaperture. — Euphorbia triaculeata Forsk. : 7-8, vues méridiennes,
ectoaperture de face; 9, mise au point sur l’endoaperture; 10-11, surface de l’exine :
au niveau du mésocolpium et au pôle; 12, coupe optique équatoriale. — Acalypha indica
L. : 13, vue méridienne; 14, vue polaire surface de i’exine; 15, coupe optique équatoriale.
Source : MNHN, Paris
— 491 —
Tricolporés (ou tricolporoïdés) : ectoaperture étroite avec marges.
Les 3 sillons se rejoignent presque dans la région polaire. L’endoaperture,
peu visible en surface semble constituée par une zone où la structure de
l’endexine est modifiée.
Exine : baculée, tectée. Le tectum, épais aux pôles, perforé, présente
un contour ondulé. En LO-analyse le réseau apparaît complexe, avec des
mailles petites, légèrement plus grandes aux pôles.
Dimensions: P = 59 p (56-67); E = 41 p (37-44).
Coccinia grandis (L.) Voigt. (PI. 7)
Pr. 887, R. Boimefille 152 (EA); Pr. 407, A. Geialum J. 1, Éthiopie (ETH).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie, Erythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale, Niger, Sénégal, Égypte, Arabie, Inde.
Description : photographies cf. J. Maley (1970, PI. 28). Celles
données ici le sont à titre complémentaire pour montrer divers aspects de
l’aperture suivant les états de contraction du pollen.
Pollens isopolaires, nettement longiaxes (g = 1,8j.
Tricolporés: ectoaperture longue, étroite, avec marges très nettes.
Endoaperture complexe.
Exine: baculée. Les bacules sont nettement distincts. En surface,
réseau très net. La taille des mailles diminue beaucoup près des apertures.
Dimensions: P = 52 p (44-59); E = 35 p (29-36).
CYPERACEAE
Cyperus longus L. (PI. 11)
Pr. 867, R. Boimefille 102 (EA); Pr. 879, R. Boimefille 140 (EA).
Herbacée.
Description : pollens hétéropolaires longiaxes. La forme en vue
méridienne est très variable, de subtriangulaire à subrectangulaire.
Pollens souvent déformés sur les préparations.
Apertures: généralement 4 poroïdes latéraux bien nets, allongés, à
structure nettement granuleuse, 1 poroïde apical de forme mal définie,
large mais non circulaire.
Source : MNHN, Paris
— 492 —
Exine : scabre. On distingue mal l'endexine de l’ectexine. Au microscope,
stéréoscane des perforations et de toutes petites épines sont nettement
visibles (fig. 2 et 3, PI. 11).
Dimensions : h = 36 p (30-46); / = 26 g (environ).
EUPHORBIA CEAE
Acalypha indica L. (PI. 8)
Pr. 911, R. Bonnefille 198 (EA); Pr. 921, R. Bomiefille 210 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Erythrée, Ethiopie (Sidamo, Harar), Somalie,
Afrique tropicale orientale, Angola, Congo, Madagascar, Arabie, Inde,
Chine, etc.
Description : cf W. Punt (1962), p. 81.
Pollens isopolaires subsphériques à légèrement bréviaxes.
Tri (ou 4) colporés: l’aperture a la forme d’un « pore » dans lequel
on reconnaît nettement 2 sillons très courts, en croix. Costae très nettes.
Exine: plus ou moins scabre.
Dimensions: P E = 12 p (12-14).
Euphorbia hypericifolia L. (PI. 7)
Pr. 920, R. Bonnefille 209 (EA).
Aire géographique : Erythrée, Éthiopie (Shoa, Harar), Somalie.
Ubiquiste en Afrique tropicale. Paléotropicale.
Description : pollens isopolaires, longiaxes, très caractéristiques en
vue polaire.
Tricotporés : l’ectoaperture est placée au centre d'une zone déprimée
où l’exine est plus mince (marges). L'endoaperture est un sillon transversal
assez large avec costae peu marquées.
Exine: baculée, tectée. Tectum perforé. En surface, réseau à mailles
régulières et petites.
Dimensions: P = 30 g (25-33); E = 30 p (24-32).
Source : MNHN, Paris
— 493 —
Euphorbia triaculeata Forsk. (PI. 8)
Pr. 840, R. BonnefiUe 57 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Erythrée, Somalie, Arabie, Nubie.
Description : pollens isopolaires subéquiaxes à bréviaxes.
Tricolporés : le sillon de l’ectoaperture est granuleux, avec marges.
L’endoaperture est proéminente, assez large, mal définie aux extrémités.
Exine: la grosseur des bacules semble très caractéristique de cette
espèce.
Dimensions : P = E = 48 p (41-50).
Phyllantus reticulatus Poir. (PI. 9)
Pr. 912, R. BonnefiUe 199 (EA); Pr. 913, R. BonnefiUe 201 (EA); Pr. 1841, R. P.
Sadeux 480 (P).
Arbuste.
Aire géographique : Éthiopie (Harar), Somalie, Afrique tropicale
orientale et occidentale, Inde, Chine, etc.
Description : cf. W. Punt (1967).
Pollens isopolaires longiaxes (avec un nombre important de bréviaxes).
Remarques : Les préparations n os 912 et 1 841 présentent un plus grand
nombre de grains bréviaxes. Les costae sont nettes autour de l’endoaperture,
plus larges que le sillon. On observe une tendance à la syncolpie et une
ornementation vermiculée de l’exine.
Tricolporés : sillon étroit pincé équatorialement, bordé d'épaississe¬
ments longitudinaux continus d’endexine. Endoaperture circulaire avec
costae circonscrite à l’intérieur des costae de l’ectoaperture.
Exine: baculée. En surface, réticule à petites mailles régulières.
Dimensions: P = 11 p (10-12); E = 13 p (12-15).
Ricinus communis L. (PL 9)
Pr. 846, A. Geiahun A. 48, cultivé (ETH); Pr. 821, R. BonnefiUe 7 (EA); Pr. 1130,
A. Mwenya 13, Tanzanie (EA).
Arbuste.
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie. Largement intro¬
duit, cosmopolite.
Source : MNHN, Paris
— 494 —
PI. 9 (x I 000). — Phyllanthus reliculatus Poir. : 1, aperture de face; 2, anneau visible autour
de l'endoaperture; 3, surface de l’exine; 4, coupe optique méridienne; 5-6, vues polaires.
— Ricinus communis L. : 7, aperture de face; 8, vue méridienne mise au point sur le méso-
colpium; 9, coupe optique sillon de profil: 10, coupe optique équatoriale; 11, vue polaire,
noter la terminaison aiguë des sillons. — Leonotis africana (P. Beauv.) Briq. : 12-13, vues
méridiennes; 14, surface de l’exine au niveau du mésocolpium; 15, coupe optique équa¬
toriale au niveau de l'apcrture; 16, vue polaire. Basilicum polystachyum (L.) Mocnch :
17, vue méridienne; 18, surface de l'exine en vue polaire; 19, coupe optique équatoriale.
- Hyptis pectinata Poil. : 20, surface de l'exine; 21, vue méridienne; 22, coupe optique
méridienne.
Source : MNHN, Paris
— 495 —
Description : cf. W. Punt (1962), p. 86.
Remarque : De part et d’autre du sillon, il y a des marges (zones modi¬
fiées de l’ectexine) très nettes. L’endoaperture saillante a la forme d’un sillon
transversal à bords parallèles. Les bacules de l’exine sont courts mais
nettement visibles.
Dimensions : P = E = 25 p (22-28).
GRAM1NAE
Echinochloa haploclada (Stapf) Stapf. (PI. 17)
Pr. 878, R. BotmefiUe 139 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie, Kenya, Uganda, Tanganyika, Mozam¬
bique.
Description : pollens subsphériques à ellipsoïdaux en vue méridienne,
souvent déformés sur la préparation.
Un pore, légèrement excentré, avec annulus et opercule, l'ensemble
ayant un diamètre de 6 p.
Exine: au contraste de phase, un réseau à grande maille est visible.
Dimensions: P = E = 32 p (28-37).
LABIATAE
Basilicum polystachyum (L.) Moench. (PI. 9)
Pr. 867, R. BonnefiUe 106 (EA); Pr. 888, R. Bonnefille 154 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie (Érythrée, Harar), Somalie, Afrique
tropicale orientale et occidentale. Iles de la Réunion, Inde, Malaisie, Indo¬
nésie, Chine, Australie.
Description : pollens isopolaires, bréviaxes quelquefois longiaxes.
Hexacolpés: 6 colpus (ou sillons) assez largement ouverts, situés dans
une dépression, ce qui donne un contour hexalobé à la vue polaire du
pollen.
Exine: baculée. La hauteur des bacules diminue près des sillons.
Dimensions: P = 29 p (27-30); E = 25 p (23-27).
Source : MNHN, Paris
— 496 —
Hyptis pectinata Poit. (PI. 9)
Pr. 923, R. Bonnefille 213 (EA).
Aire géographique : Éthiopie (Galla, Amhara, Shoa, Harar), Erythrée.
Ubiquiste.
Description : pollens isopolaires, longiaxes ou bréviaxes.
Exine: baculée. Il y a des bacules plus hauts que d’autres. Le contour
de l’exine, en coupe optique, est ondulé. En surface, réseau complexe.
Hexacolpés : membrane des sillons légèrement granuleuse.
Dimensions : E = P = 27 p (25-28).
Leonotis africana (P. Beauv.) Briq. (PI. 9)
Pr. 924, R. Bonnefille 215 (EA).
Aire géographique : Éthiopie (Shoa, Harar), Érythrée, Afrique
tropicale orientale, Soudan, Afrique de l’Ouest.
Description : pollens isopolaires, longiaxes.
Tricolpés: sillons à bords déchiquetés avec marges où l’exine est scabre.
Exine: finement baculée. Réseau complexe à toutes petites mailles.
Dimensions: P = E : 30 p (28-35).
MALVACEAE
Abutilon figarianum Webb (PI. 10)
Pr. 862, R. Bonnefille 100 (EA).
Aire géographique : Éthiopie, Somalie, Soudan, Égypte.
Description : pollens isopolaires sphériques de grande taille.
Triporés: 3 pores. Les costae qui entourent le pore sont très épaisses.
Les modifications de l’endexine à leurs niveaux se traduisent par un aspect
bulleux de la face interne.
Exine: baculée, tectée, échinulée. Bacules plus hauts à la base des
épines que dans les espaces entre les épines; le contour externe de la couche
baculaire est profondément ondulé. Épines coniques 5p.
Dimensions: P = E = 92 p (88-99).
Source : MNHN, Paris
— 497 —
Source : MNHN, Paris
— 498 —
Abutilon fruticosum Guill. et Perr. (PI. 10).
Pr. 852, R. Bonnefille 84 (EA).
Aire géographique : Éthiopie, Erythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale, Nubie, Soudan, Angola, Afrique du Sud, Moyen Orient, Inde,
Indonésie.
Description : d’excellentes photographies sont données par J. Maley
(1970, PI. 12). Nous ne donnons ici que des détails de l’aperture.
Pollens isopolaires sphériques de grande taille.
Tricolporés : le sillon assez large est court. L’endoaperture (pore) est
circulaire avec costae d’endexine autour du pore présentant sur la face interne
un aspect bulleux (fig. 8 et 9, PI. 10) très caractéristique.
Exine : couche baculaire plus mince que sur le pollen de Abutilon
figarianum. Épines plus courtes, avec extrémités effilées et souvent courbes.
Dimensions: P = E = 75 p (64-82).
Hibiscus micranthus L. (PI. 11)
Pr. 844, R. Bonnefille 64 (EA).
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale, Tchad, Nubie, Congo, Afrique de l’Ouest, Afrique du Sud,
Arabie, Palestine, Indes.
Description : cf S. I. Saad (1960, PI. 5 et 9).
Pollens isopolaires sphériques.
Périporés: pores petits (3 p) disposés selon des cercles méridiens avec
costae assez larges.
Exine: baculée, tectée, échinulée. Bacules très courts, 1,5 p, donnant
une ornementation très fine en surface. Épines coniques, trapues, souvent
arrachées sur les préparations acétolysées (à fortiori sur les fossiles), laissant
des cicatrices de plages lisses (M. Van Campo, 1958, PI. 35).
Dimensions : P = E = 80 p (73-96).
PI. 11. — Cyperus longus L. : 1-3, photographies prises au microscope stéréoscan JSM-U3
(Jeol) : 1, vue d'ensemble (x 2 000) les zones aperturales sont très nettement visibles;
comparer avec la figure 4 (x I 000) prise au microscope optique: 2 (x 6 000), mise au
point sur les zones aperturales montrant les protubérances de l'exine; 3 ( x 20 000), détail
de l’exine au contact de la zone aperturale : noter l'abondance des perforations (quelques-
unes dans l’aperture) et la présence de tous petits tubercules sur toute la surface de
l'exine; 4-6 (x I 000) : 4, vue méridienne surface de l'exine; 5, coupe optique méridienne;
6, poroïde apical vu de face. — Hibiscus micranthus L. (x 1 000) : 7, vue d’ensemble;
8, surface de l'exine et pore; 9, coupe optique de l'exine au niveau d'une épine.
Source : MNHN, Paris
— 499 —
Source : MNHN, Paris
— 500 —
Pavonia patens (Andr.) Chiov. (PI. 12)
Pr. 907, R. Bonnefille 187 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie, Erythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale et occidentale, Arabie, Inde, Indonésie.
Description : pollens isopolaires sphériques.
Périporés: pores nombreux circulaires avec des granulations sur les
bords. En coupe optique, noter la forme évasée du pore vers l'intérieur du
pollen.
Exine: baculée, échinulée. Les bacules sont très courts et peuvent
presque être considérés comme des verrues. Les épines sont coniques,
très longues, 20 p.
Dimensions: P = E = 150 p (147-155).
Pavonia zeylanica (L.) Cav. (PI. 12)
Pr. 872, R. Bonnefille 124 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie (Harar, Ouest Amhara), Érythrée,
Somalie, Afrique tropicale orientale, Soudan, Nubie, Arabie.
Description : cf. S. I. Saad (1960, PI. 4 et 9) : pollens isopolaires
sphériques.
Périporés: pores plus petits que chez Pavonia païens, ils ont en coupe
optique une forme évasée du côté interne (fig. 3, PI. 12, et fig. 5, PI. 13).
Exine: verruqueuse. Les épines (18-20 p) sont très souvent arrachées.
Noter l'épaisseur de l'endexine : 4-5 p.
Dimensions: P = E = 144 p (120-145).
Senra incana Cav. (PI. 13)
Pr. 893, R. Bonnefille 160 (EA).
Herbacée (tige dressée pouvant atteindre 2 m).
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Kenya, Soudan,
Nubie, Arabie, Indes.
Description : pollens isopolaires, sphériques.
Source : MNHN, Paris
— 501 —
Source : MNHN, Paris
— 502 —
Source : MNHN, Paris
— 503 —
Périporés: pores (diamètres 4 p) nettement granuleux, entourés d’une
zone où les bacules sont plus rares et plus courts que sur le reste de la
surface du pollen.
Exine: nettement baculée, hauteur des bacules 3-4 p sous les épines.
Les épines sont longues (17 p), coniques, très acérées.
Dimensions: P = E = 144 p (139-152).
M ! MOS A CEA E
Pour une description des Acacia on se référera à la thèse de Ph. Guinet
(1969). Nous rappelons ici les espèces rencontrées dans la région de la
basse vallée de l’Omo et nous donnons la description d ’Acacia paolii, non
décrit par cet auteur.
Acacia horrida L. ssp. benadirensis (Chiov.) Hillc et Brenan (PI. 14)
Pr. 839, R. Boimefille 56 (EA).
Arbre.
Description : cf. E. M. Van Zinderen Bakker (1959, PI. 37) et
Ph. Guinet (1969, tabl. 18), Acacia du III e groupe à apertures complexes.
Acacia mellifera (Vahl) Benth. (PI. 14)
Pr. 830, R. Borne fille 42 (EA); Pr. 1112, Leippert 6405, Tanzanie (EA).
Arbre ou arbuste très fréquent.
Aire géographique : Ethiopie, Érythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale, Soudan, Nubie, Égypte, Tchad, Afrique de l’Ouest, Arabie.
Description : cf. Ph. Guinet (1969) (tabl. 14), Acacia du I er groupe
à apertures simples, 4 pores aux angles des faces distales.
Exine: peu structurée.
Dimensions: D = 47 |i (45-51).
Acacia nubica Benth.
Pr. 828, R. Boimefille 36 (EA).
Arbre.
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale, Soudan, Arabie.
Source : MNHN, Paris
— 504 —
PI. 14 ( x 1 000). — Acacia horrida L. ssp benadirensis (Chiov.) Hillc. et Brenan : 1, coupe
optique d'une polyade vue de profil; 2, polyade vue de face. — Acacia paolii Chiov. :
3, polyade vue de profil; 4, polyade vue de face. — Acacia mellifera (Vahl) Benth.: 5,
polyade vue de face. — Canavalia virosa (Roxb.) Wight et Arn. : 6, vue polaire surface
de l’exine; 7, coupe optique équatoriale de Pexine; 8, vue méridienne endoaperture de
face; 9, la même, mise au point plus haute; 10-11, coupe optique équatoriale au niveau
de l’aperture.
Source : MNHN, Paris
505
Description : cf. Ph. Guinet (1968, PI. 166) et Ph. Guinet (1969,
PI. 14).
Dimensions : 56 p (54-62).
Acacia paolii Chiov. (PI. 14)
Pr. 871, R. BonnefiUe 120 (EA).
Arbuste ou petit arbre récolté sur substratum basaltique.
Aire géographique : Éthiopie, Ogaden, Kenya, Soudan.
Description : Acacia faisant partie du III e groupe, défini par Ph. Gui-
net (1969). Les apertures comportent 3 pores et 3 sillons pour chaque
monade. Noter la migration des pores sur les faces de contact des monades
centrales.
Exine : perforée, perforations grossières.
Dimensions: D = 45 g (43-50).
NYCTAG1NACEAE
Boerhavia erecta L. (PI. 15)
Pr. 916, R. Botmefille 205 (EA).
Description : pollens isopolaires subsphériques.
Périporés : pores circulaires petits (2,5-3 p) s’évasant vers l'intérieur
du pollen.
Exine: échinulée. Épines plus hautes que larges. Ectexine percée de
très nombreux et très fins canalicules. Endexine beaucoup plus épaisse que
l’ectexine (fig. 2, PI. 15).
Dimensions: P = 3 — 83 p (76-96).
Commicarpus plumbagineus Standl. (PI. 15)
—- Syn. : Commicarpus africanus (Lour.) Cuf. comb. nova. (G. Cufodontis, 1953).
Pr. 860, R. Bonnefille 96 (EA); Pr. 902, R. BonnefiUe 175 (EA).
Herbacée (?).
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale et occidentale, Soudan, Nubie, etc., Afrique du Sud, du Nord,
Europe.
Source : MNHN, Paris
— 506 —
Source : MNHN, Paris
— 507 —
Description : une description de Commicarpus africanus (Lour.)
Dandy est donnée par M mc M. Van Campo (1958, PI. 37).
L'ectexine est percée de très nombreux canalicules qui s’évasent en
entonnoirs très largement ouverts du côté interne (fig. 3, PI. 15). L’endexine
est plus mince que l’ectexine (fig. 3, PI. 15).
Dimensions: P = E = 99 p (92-113).
ONAC RACEAE
Ludwigia stolonifera (Guill. et Perr.) Raven (PI. 15)
Pr. 890, R. Bonnefiile 156 (EA).
Herbacée subaquatique.
Description des pollens : pollens isopolaires, bréviaxes, à contour
subtriangulaire à sphérique en vue polaire.
Triporés: les pores, nettement saillants, présentent une fente médiane
longitudinale courte (colpus?). L'ectexine est bombée au niveau du pore.
Des costae d’endexine très marquées entourent le pore. L’endexine modifiée
présente une structure lamellaire (fig. 6 et 7, PI. 15).
Exine: lisse, ectexine formée d’une seule couche homogène beaucoup
plus épaisse que l’endexine.
Dimensions : E = 84 p (81-97).
PAPILIONACEAE
Canavalia virosa (Roxb.) Wight et Am. (PI. 14)
Pr. 864, R. Bonnefiile 103 (EA).
Aire géographique : Ethiopie, Erythrée, Soudan, Tanzanie, Arabie,
Inde, Chine.
Description : pollens isopolaires, bréviaxes, subtriangulaires en vue
polaire. Les vues méridiennes sont rares.
Tricolporés : sillons très largement ouverts avec lambeaux d’endexine.
Endoaperture béante avec des fentes aux extrémités latérales.
Exine: intrabaculée. Tectum épais, perforé.
Dimensions: P = 25 p (environ); E = 59 p (56-64).
Source : MNHN, Paris
— 508 —
PI. 16 (x 1 000). — Indigofera microcarpa Desv. : 1, vue méridienne; 2, autre pollen plus
bréviaxe montrant l’endoaperture; 3-4, vues polaires. — Indigofera spinosa Forsk. :
5, vue polaire; 6, coupe optique équatoriale; 7, sillon de face; 8, vue méridienne surface
du mésocolpium. — Rhynchosia malacophylla (Spreng.) Boj. : 9, aperturc de face; 10-11,
LO-analyse de l'exine; 12, vue polaire; 13, coupe optique équatoriale. — Sesbania sesban
(L.) Merr. : 14, aperture de face; 15-16, vues polaires sur 2 pôles d’un même grain;
17, coupe optique équatoriale, noter l’opercule. — Ziziphus mauritiana Lam. : 18, coupe
optique équatoriale; 19, amincissement périapertural visible à droite; 20, mise au point
sur les 4 épaississements d’endexine.
Source : MNHN, Paris
— 509 —
Indigofera microcarpa Desv. (PI. 16)
Pr. 905, R. BonnefiUe 183 (EA).
Description : pollens isopolaires, longiaxes.
Tricolporoïdés: sillon étroit avec lèvre, étranglement équatorial très
saillant. Poroïde non visible en surface, marqué en coupe optique par un
amincissement de l’endexine.
Exine: baculée, bacules petits. En surface, ornementation scabre à
finement réticulée.
Dimensions: P = 32 p (28-33); E = voisin de 25 p.
Indigofera spinosa (Forsk.) (PI. 16)
Pr. 827, R. BonnefiUe 35 (EA).
Herbacée, très fréquente avec les Graminées dans les espaces découverts
de la steppe.
Aire géographique : Éthiopie (Harar), Érythrée, Somalie, Soudan,
Nubie, Égypte, Arabie.
Description : pollens isopolaires nettement bréviaxes.
Tricolpés: 3 sillons à bords presque parallèles, avec lèvres étroites,
brillantes.
Exine: bacules peu distincts en coupe optique. En surface, ornemen¬
tation finement rugulée.
Dimensions : P = 28 p (25-32); E = 28 p (26-30).
Rhynchosia malacophylla (Spreng.) Boj. (PI. 16)
Pr. 907, R. BonnefiUe 189 (EA).
Aire géographique : Somalie (?), Kenya, Iles mauritius.
Description : pollens isopolaires, légèrement bréviaxes.
Tricolporés: ectoaperture étroite, très nettement proéminente, bordée
d’épaississements d’endexine interrompus dans la zone équatoriale où l’on
observe une saillie digitée de l’exine (fig. 9, PI. 16, début d’opercule?).
Endoaperture subcirculaire, de grande taille (7-8 p) et à bords très nets.
Exine: fossulée. Les fossules sont réparties selon un réseau à grandes
mailles, à l’exception des pôles et des apertures où l’on trouve des mailles
plus petites. Une zone lisse entoure l’aperture. Les bacules non visibles
sur les coupes optiques en microscopie optique sont très nets sur les clichés
au microscope électronique (D. Larson et collaborateurs 1962, fig. 3).
Dimensions : P = 30 p (environ); E = 30 p (27-32).
Source : MNHN, Paris
— 510 —
Sesbania sesban (L.) Merr. (PI. 16)
Pr. 882, R. BonnefiUe 144 (EA).
Arbuste.
Aire géographique : Éthiopie (Amhara, Galla Sidamo, Harar),
Érythrée, Somalie, Afrique tropicale orientale, Tchad, Afrique de l’Ouest,
Afrique du Sud-Ouest, Égypte, Asie et Amérique tropicales, Sud de l’Europe,
Ile Sainte-Hélène.
Description : Ph. Guinet (1962, PI. 29) a décrit un spécimen de cette
espèce en provenance des Indes. Le pollen de la préparation observée
correspond tout à fait à la description donnée par cet auteur : on observe
en particulier la même dissymétrie polaire due aux sillons plus longs au
niveau d’un pôle qu’à l’autre (fig. 15 et 16, PI. 16). L’opercule est bien
visible (fig. 17, PI. 16).
Dimensions: P = 27 p (25-29); E = 23 p (18-26).
PORTULACACEAE
Portulaca quadrifida L. (PI. 17)
Pr. 842, R. BonnefiUe 59 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Érythrée, Somalie, Afrique tropicale et extra¬
tropicale, Arabie, Asie, Chine, Amérique tropicale.
Description : pollens isopolaires, sphériques.
Péricolpés: sillons à membrane granuleuse.
Exine: tectée, échinulée. Épines transparentes, de forme triangulaire.
Tectum perforé de canalicules situés au centre de pustules, cf. F. Bronckers
et B. de Keyser (1964, PI. 112).
Dimensions: P = E = 80 p (73-88).
Talinum portulacifolium (Forsk.) Schweinf. (PI. 17)
Pr. 854, R. BonnefiUe 86 (EA).
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale, Soudan, Congo, Angola, Cameroun, Niger, Afrique du Sud
et du Sud-Ouest, lies Socotra, Arabie, Indes orientales.
Description : pollens isopolaires sphériques.
Source : MNHN, Paris
— 511
PI. 17 (x 1 000). — Portulaca quadrifida L. : 1, vue d'ensemble. En raison de la faible épaisseur
de l'exine, les pollens fragiles sont abimés ou déformés; 2-3, Talinum portulacifolium
(Forsk.) Schweinf. — Salvadora persica L. : 4-5, vues méridiennes; 6-7, vues polaires. —
Striga hermontheca (Del.) Benth. : 8, surface de l'exine; 9, vue méridienne sillons de profil;
10, vue polaire; 11, sillon vu de face. — Snlanum sepicula Dunal : 12, aperture de face;
13, coupe méridienne; 14, vue polaire; 15, coupe optique équatoriale.
Source ; MNHN, Paris
— 512 —
Péricolpés: sillons courts à extrémités arrondies et membrane légère¬
ment granuleuse.
Exine: baculée, tectée, échinulée. Les épines sont très petites (hauteur
< 1 p), à peine distinctes en coupe optique. Le tectum présente des perfo¬
rations petites et nombreuses. Les bacules, très distincts, sont visibles en
surface sous la forme d'une ornementation granuleuse.
Dimensions: P = E = 57 p (54-64).
RHAMNACEAE
Ziziphus mauritiana Lam. (PL 16)
Pr. 847, R. Bonne fit le .65 (EA); Pr. 883, R. BonnefUle 145 (EA); Pr. 886, R. Bonne-
fille 151 (EA).
Arbre, forêt riveraine.
Aire géographique : Éthiopie (Harar), Somalie, Afrique tropicale
orientale et occidentale, lies Socotra, Madagascar, etc., Égypte, Afgha¬
nistan, Inde, Chine, Indonésie, Australie du Nord.
Description : photographies cf. J. Maley (1970, PI. 13).
Pollens isopolaires, .bréviaxes, nettement triangulaires en vue polaire.
Tricolporés: sillons à bords parallèles et membrane légèrement scabre.
Endoaperture subcirculaire à légèrement elliptique dans le sens transversal,
entourée de 4 épaississements d'endexine très caractéristiques. Amincisse¬
ments périaperturaux, allongés, bien visibles (fig. 19, 20, PI. 16).
Dimensions: P ~ E = 20 p (19-24).
SALVADORACJEAE
Dobera glafyra (Forsk.) Poir.
Pr. 846, R. Bonnefilte 64 (EA).
Arbre ou arbuste.
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Kenya, Tanganyika,
Soudan, Arabie Sud, Indes orientales.
Description : cf. D. Lobreau et collaborateurs (1969, PI. 190).
La lame de référence observée montre une endoaperture ayant l’aspect
d’un poroïde, l’exine est granuleuse. Le réseau en surface est à peine percep¬
tible, il peut être vu sur quelques pollens plus gros que les autres.
Dimensions: P = 16 p (12-18). Nombreux grains déformés.
Source : MNHN, Paris
— 513 —
PI. 18 (x 1 000). — Grewia tenax Fiori : 1-2, mises au point différentes sur l’aperture d’un
même pollen ; 2 montre les granulations du sillon et l'endoaperture assez mal délimitée ;
3-4, LO-analyse de la surface de l’exine sur le mésocolpium; 5, vue polaire; 6, coupe
optique des apertures; 7, coupe optique de l’exine.
Source : MNHN, Paris
— 514 —
Salvadora persica L. (PI. 17)
Pr. 803, R. Bonnefille 49 (EA).
Arbre ou arbuste.
Aire géographique : Éthiopie, Erythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale, Angola, Niger, Soudan, Sénégal et Mauritanie, Afrique du Nord
et Moyen Orient jusqu’aux Indes orientales.
Description : cf. D. Lobreau (1969, PI. VIII), A. Horowitz and
B. Baum (1967, PI. VI).
Pollens isopolaires, généralement longiaxes, de très petite taille.
Tricolporés: sillons avec lèvres claires et étranglement équatorial.
L'endoaperture est bien visible en coupe optique.
Exine: peut être considérée comme lisse à la précision du microscope
optique.
Dimensions: P = 16 p (14-19); E voisin de 11 p.
SAPINDACEAE
Cardiospermum halicacabum L.
Pr. 903, R. Bonnefille 178 (EA); Pr. 1541, R. Bonnefille 230, Uganda (EA).
Liane.
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie. Ubiquiste en
Afrique tropicale et subtropicale.
Description : cf . M. Van Campo (1958, PI. 42).
SCROPHULARIACEAE
Striga hermontheca (Del.) Benth. (PI. 17)
Pr. 820, R. Bonnefille 6 (EA); Pr. 922, R. Bonnefille 211 (EA).
Herbacée.
Aire géographique : Éthiopie (Amhara, Shoa), Érythrée, Afrique
tropicale orientale et du Sud-Ouest, Congo, Angola, Arabie, Égypte.
Description : pollens isopolaires, subquadrangulaires en vue méri¬
dienne, subcirculaires en vue polaire.
(4) colpés: sillons étroits à bords sinueux et membrane granuleuse.
Exine: tectée, fovéolée.
Dimensions: P = E = 19 p (16-24).
Source : MNHN, Paris
— 515 —
PI. 19. — 1, photographie prise depuis l'hélicoptère, elle montre au premier plan la galerie
forestière en bordure de la rivière Omo ; 2, steppe boisée à Acacia et Commipliora avec
Cadaba, Maerua, etc.; 3, palmeraie près des sources chaudes et salées.
SOLANACEAE
Solanum sepicula Dunal (PI. 17)
Pr. 841, R. BonnefiUe 58 (EA).
Herbacée (parfois de grande taille).
Source : MNHN, Paris
— 516 —
Aire géographique : Éthiopie, Erythrée, Somalie, Arabie.
Description : pollens isopolaires subéquiaxes.
Tricolporés : sillon très proéminent par suite du soulèvement de l'exine
dans la zone équatoriale, avec étranglement médian très marqué. L’endo-
aperture a la forme d’un sillon très allongé transversalement avec une
constriction médiane. Les costae endoaperturales sont petites mais très
nettes.
Exine: très finement structurée, en surface apparaît scabre ou très
légèrement réticulée.
Dimensions : P = E = 27 p (25-29).
TILIACEAE
Grewia tenax Fiori (PI. 18)
Pr. 870, R. Bomefille 115 (EA).
Arbre ou arbuste.
Aire géographique : Éthiopie, Érythrée, Somalie, Afrique tropicale
orientale, Soudan, Tchad, Sénégal, Mauritanie, Arabie, Égypte, Perse
jusqu’aux Indes orientales.
Description : pollens isopolaires, longiaxes.
Tricolporés : sillons très étroits, longs. Endoaperture allongée transver¬
salement, large, à bords peu marqués.
Exine: baculée, tectée, complexe. Des bacules de grande taille forment
un réseau à très larges mailles (4 à 5 p) à l’intérieur desquelles on aperçoit,
par mise au point sur un plan inférieur, des bacules plus courts. En coupe
optique, contour très nettement ondulé de l’exine.
Dimensions: P = 59 p (56-65); E = 42 p (38-47).
VIT ACEAE
Cissus quadrangularis L. (PI. 2)
Pr. 825, R. BonnefiUe 25 (EA).
Plante succulente. — Les tiges enchevêtrées forment des buissons bas
au pied des Acacia.
Description : photographie cf J. Maley (1970, PI. 21). Pollens
isopolaires longiaxes.
Source : MNHN, Paris
— 517 —
Tricolporés: sillons à bords parallèles, à granulations abondantes
dans la zone équatoriale. Les marges, de chaque côté du sillon, sont très
nettes, interrompues dans la région équatoriale. L’endoaperture, plus large
que le sillon, de forme elliptique est complexe. A son niveau, l’endexine
est décollée de l'ectexine (M. Reille, 1967). L'endexine présente des costae
rentrantes peu accentuées.
Exine: baculée, tectée. En surface, réseau à mailles fines et complexes.
Dimensions : P = 56 p (49-61); E = 35 p (34-39).
Bibliographie sommaire 1
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CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DES ORCHIDACEAE DE MADAGASCAR. XVII.
RÉVISION DU GENRE PHAIUS Lour.
par J. Bosser
Résumé : Le genre Phaius Lour. est révisé pour Madagascar. Des espèces et des
variétés nouvelles sont proposées.
Summarv: The genus Phaius Lour. is revised for Madagascar. New species
and new varieties are proposed.
Dans la flore de Madagascar de H. Humbert, Perrier de la Bathie,
suivant Schlechter, avait distingué le genre Gastrorchis Schltr. du genre
Phaius Lour. Blume, primitivement, ne considérait Gastrorchis que comme
un sous-genre de Phaius. Summerhayes, dans une note récente, a réexaminé
cette question et il arrive à une conclusion voisine de Blume, proposant
de ramener Gastrorchis au rang de section du genre Phaius.
A Madagascar, les deux groupes de plantes se distinguaient aisément
par les caractères du labelle; mais là découverte d'une espèce nouvelle :
Phaius geffrayi Bosser, vient rompre l’homogénéité observée jusqu’ici chez
les Gastrorchis locaux. De plus, si on considère le genre Phaius dans l’en¬
semble de son aire, on constate, comme le fait remarquer Summerhayes,
un certain nombre de variations pour ce qui est des caractères servant à
séparer Gastrorchis de Phaius: présence ou absence de l’éperon, soudure
de la base du labelle et de la colonne, forme de l’ornementation de la face
supérieure du labelle. La séparation en deux genres devient alors peu sûre
et nous pensons aussi qu’il est préférable de les réunir et de considérer
Gastrorchis comme une simple section de Phaius.
Les Phaius de Madagascar sont surtout des plantes du sous-bois de la
forêt humide de moyenne altitude (800-1 500 m). Cependant, P. tuber-
culosus se trouve en forêt humide entre 200 et 300 m d’altitude. P. simulons
peut croître aussi à basse altitude; alors que P. humblotii peut être rencontré,
dans le massif du Tsaratanana, jusqu’à 2 000 m d’altitude. Les Phaius
forment souvent de petits peuplements, mais certains (P. pulchellus) peuvent
Source : MNHN, Paris
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se trouver aussi isolés. Ce ne sont pas des plantes très communes. Les plus
récoltées ont été P. françoisii, P. humblotii , P. pulchellus. Les autres espèces
sont plus rares ou, peut-être, simplement, habitent-elles des régions d’accès
plus difficile et, de ce fait, peu prospectées. Ce sont de belles plantes humi-
coles et sciaphiles, dont les fleurs ont un labelle trilobé ou. subentier, le plus
souvent coloré et orné d’un callus ou de crêtes charnues. C’est le labelle,
sa forme, son ornementation et dans une certaine mesure sa couleur, qui
fournit les meilleurs caractères pour distinguer les espèces. Parmi ces
dernières, certaines sont relativement stables et ne présentent que des
variations assez peu importantes, ainsi P. françoisii et P. humblotii auquel
il faut rattacher P. schlechteri qui n’est qu’une variation. P. tuberculosus
et P. simulons posent un problème difficile dont nous discutons plus longue¬
ment par la suite. La morphologie de leur labelle rapproche l'une de l’autre
ces deux espèces mais les sépare très nettement des autres. P. pulcher a été
peu récolté. Les échantillons provenant de Périnet sont différents par la
taille de la fleur et la forme du labelle des échantillons issus du massif du
Marojejy; nous préférons cependant donner prépondérance à ce qui les
rapproche et faire seulement, de la plante de Périnet, une variété de l’espèce.
Mais le problème le plus étonnant est posé par P. pulchellus. Si on étudie
de près les échantillons entreposés au Muséum de Paris, on s'aperçoit que
les variations sont nombreuses, si bien que chaque individu a des caractères
propres. On est en présence de toute une gamme de formes dont les extrêmes
sont, à première vue, éloignées, mais qui sont toutes reliées entre elles par
la morphologie générale du labelle. A quoi sont dûes ces variations? Ceci
pourrait être l’objet d'une étude fort intéressante, qui ne pourra se réaliser
qu’en réunissant en culture le plus grand nombre possible de ces plantes.
Actuellement, nous pensons pouvoir distinguer seulement 3 d’entre elles
en tant que variétés.
Des hybrides naturels se produisent certainement, en particulier entre
P. humblotii et P. françoisii qui co-existent dans certaines régions.
Dans une publication parue dans le Naturaliste malgache (vol. 7, 1950),
E. Ursch et J. Genoud traitent des Gastrorchis du Jardin botanique de
Tsimbazaza à Tananarive. Ce travail contient un certain nombre d’inexac¬
titudes que nous relèverons dans le cours de notre étude.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES PLANTES
DU GENRE PH AI US Lour. A MADAGASCAR
Plantes terrestres, exceptionnellement épiphytes; à rhizome sympodique
plus ou moins ramifié et pseudobulbes feuillés. Feuilles de texture mince,
souple, herbacée. Inflorescences latérales, à l’aisselle des feuilles inférieures,
dressées; racèmes terminaux, pluriflores, lâches.
Fleurs de moyennes à grandes; sépales et pétales libres, étalés, assez
semblables entre eux, oblongs ou lancéolés aigus; labelle trilobé ou subentier
à entier, enroulé en cornet à la base et soudé à la colonne sur une certaine
Source : MNHN, Paris
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longueur, ou presque libre à libre et à lobes latéraux plus ou moins étalés,
et alors cordé à la base ou plus rarement rétréci, muni d’un éperon court,
ou sans éperon et à base concave, gibbeuse ou non, face supérieure ornée
de crêtes charnues ou d’un callus glabre ou pileux; colonne dressée, hémi-
cylindrique, droite ou un peu incurvée, libre ou, plus souvent, soudée à sa
base au labelle; anthère hémisphérique, gibbeuse à l’arrière, tronquée à
l’avant, parfois apiculée ou munie d’un labre arrondi, glabre ou plus ou
moins pileuse; pollinies 8, fixées sur une viscidie commune; stigmate ter¬
minal ou subterminal.
ESPÈCES MALGACHES DU GENRE PHAIUS Lour.
Phaius tuberculosus (Thou.) Bl.
Mus. Lugd. Baiav. 2 : 181 (1856).
— Limodorum tuberculosum Thou., Orch. Iles Afr., t. 31 (1822).
— Bletia tuberculosa Spreng., Syst. 3 : 744 (1826).
— Phaius luberculaïus Bl., Orch. Arch. Ind., t. 2 (1858).
— P. warpuri Weathers, Gardn. Chron. 29 : 82 (1901).
— Gastrorchis tuberculosa (Thou.) Schltr., Fedde Repert. Beih. 33 : 169 (1925).
— G. humbertii Ursch et Genoud., Nat. Malg. 2, 1 : 154-155 (1950) descr. gall.
Belle espèce terrestre à sépales et pétales blancs, labelle trilobé, à bords
ondulés crispés, gibbeux à la base mais non éperonné, à lobes latéraux
étalés, à marges récurvées, jaune orangé, abondamment tachés de rouge-
brun, lobe terminal plus petit, largement échancré au sommet, blanc taché
de rose, à face supérieure munie de 3 carènes médianes contiguës, rose
violacé, accompagnées de 4 lignes de poils blancs dressés, 2 intercarinales
et 2 sur les bords externes des carènes latérales ; ces carènes s’épanouissant
vers le sommet en 3 crêtes plus élevées, plus ou moins cohérentes, jaune
orangé, plus ou moins mamelonnées, glabres, la médiane plus longue se
terminant juste avant le sommet du labelle en une pointe obtuse (PI. 1).
Répartition : du Petit-Thouars s. n., sans localité (Type, P.); Perrier de la Bathie
11375, forêt orientale, ait. 200 m, bassin de la rivière Anove; Lam et Meeuse 5373 Mora-
manga, forêt de Sandrangato, ait. 900 m; Sajy, s. n., Moramanga.
Endémique.
Phaius simulans Rolfe
Orch. Rev. 9 : 43 (1901).
— Gastrorchis simulons (Rolfe) Schltr., Fedde Repert. Beih. 33 : 168 (1925).
Cette espèce est très proche de la précédente par la morphologie florale
et nous nous sommes demandé s'il était nécessaire de les maintenir séparées.
Leur distinction se fait surtout par des caractères de l’appareil végétatif;
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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P. simulons est une plante épiphyte à rhizome relativement grêle et allongé
et à pseudobulbes distants, P. tuberculosus est une plante terrestre à rhizome
plus robuste et à pseudobulbes rapprochés. L’histoire de ces deux espèces
est curieuse. Du Petit-Thouars décrivit son Limodorum tuberculosum,
base de P. tuberculosus, dans son « Histoire des Orchidées des îles australes
d'Afrique ». Le type de cette espèce existe dans l'herbier du Muséum de
Paris; il ne comprend que des fleurs. De même, la planche de du Petit-
Thouars, dans son livre, ne représente qu’une inflorescence et des détails
de la fleur. Aucune mention n’est faite du port de la plante. La seule indi¬
cation est fournie par une clé ou la plante est placée dans la section « Helle-
borines » où sont rangées des plantes terrestres. D’après ces données, on
nommait P. tuberculosus des plantes provenant de Madagascar, cultivées
dans les serres d’Europe et dont les caractères floraux semblaient bien
correspondre avec ceux du type de du Petit-Thouars. Rolfe, le premier,
en 1901, examinant du matériel nouvellement importé de Madagascar,
s'aperçut qu'il présentait, bien que les fleurs fussent presque identiques, des
différences importantes quant au port avec la plante jusqu’alors connue.
L'étude qu'il fit l'amena à conclure que le nouveau matériel, formé de
plantes terrestres, correspondait mieux à P. tuberculosus que les plantes,
manifestement épiphytes, jusqu’alors appelées ainsi. 11 estima que ces
dernières représentaient une espèce différente, non nommée, qu’il appela
P. simulons. Il note aussi un certain nombre de petits caractères floraux,
distinctifs. Celui qui nous semble le plus important est relatif à la présence
de poils assez nombreux sur les lobes latéraux du labelle de P. simulons.
Une photo représente les fleurs des deux espèces (The Orchid Review,
1903, p. 136). La fleur de P. simulons paraît notablement plus petite, mais
les caractères communs, forme et ornementation du labelle, y sont évidents.
Pour notre part, nous n’avons pas eu la chance de voir un échantillon vivant
de P. simulons. Ce que nous pouvons dire est qu'on peut trouver en forêt
des Phaius ( P. humblotii, P. luteus), normalement terrestres, grimpant
quelque peu sur la base d’un tronc ou croissant sur des troncs inclinés
couverts de mousses. Ce ne sont pas des épiphytes réelles, mais on peut
observer alors une certaine élongation des entrenœuds du rhizome et un
espacement des pseudobulbes. Cependant, la plante reste bien reconnais¬
sable. On n’atteint pas à cette différence de port qui, chez P. tuberculosus
et P. simulons, a frappé tous les botanistes qui ont vu ces plantes vivantes.
L'un d’eux a pu écrire « it is interesting to see how distinct the two species
are in habit and yet, how closely they resemble each other in the shape,
colour and markings of the flower ». Cette différence reste d’ailleurs aussi
nettement visible sur les échantillons d’herbier.
Si certaines localités de P. tuberculosus, que nous avons indiquées
plus haut, sont connues avec une certaine précision, il n’en est pas de même
de P. simulons. Warpur se borne à dire qu’il croît sur les troncs à une
altitude plus faible que P. tuberculosus. Et, bien que la plante ait été, à
plusieurs reprises, réintroduite en Europe, nous n’avons trouvé aucune
indication sur sa localisation à Madagascar. Parmi les plantes que nous
avons examinées, nous attribuons cependant à P. simulons un mauvais
Source : MNHN, Paris
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échantillon de Catat, provenant de la région de Didy, au sud-est du Lac
Alaotra.
En définitive, P. simulons pourrait être une lignée de P. tuberculosus
adaptée à une vie épiphyte et qui a, de ce fait, acquis des caractères propres.
Ce mode de vie nouveau de la plante est un facteur important de différen¬
ciation et nous proposons de suivre Rolfe qui, pour former son opinion, a
eu de meilleurs éléments que ceux dont nous disposons actuellement; nous
conserverons donc à ce taxon le rang d’espèce. Pour aller plus avant dans
cette étude, il sera nécessaire de retrouver cette plante dans son habitat
naturel. Nous invitons les botanistes qui explorent la forêt orientale de basse
et moyenne altitude à Madagascar à prêter attention à ce problème. Malheu¬
reusement, cette forêt, depuis le début du siècle, n'a cessé de régresser et,
avec le temps, les chances de retrouver la plante s'amenuisent.
Répartition : Catat 1744 , forêt de Didy, Centre Est Madagascar.
Endémique.
Phaius humblotii Reichb. f.
Gardn. Chron. 14, 365 : 812 (1880).
— Gastrorchis humblotii (Reichb. f.) Schltr., Fedde Repert. Beih. 33 : 169 (1925).
— Gastrorchis schlechteri Perr., var. milotii Ursch et Genoud, Nat. Malg. 2, 1 : 156
(1950), descr. gall.
C’est un des Phaius les plus répandus à Madagascar. Son aire couvre
le nord et le nord-est de l’île et elle descend ensuite le long de la dorsale
montagneuse car on retrouve la plante à la hauteur de la Mandraka et plus
au sud à Esira. L'espèce est caractérisée par la présence sur le labelle d’un
gros callus charnu, jaune vif, glabre, en forme de selle, bilobé et arrondi
au sommet, brièvement prolongé vers l’avant par une carène peu marquée.
Reichenbach, dans sa description, dit de sa plante : « It is a beautiful
Phaius with a spurless lip, having a saddle-like callus on its disk, running
out in a small keel. The large flowers are rosy with white and red blot-
ches. » II est important de noter la couleur de la fleur. Bien qu’il n’ait pas
précisé la couleur des sépales et des pétales, le terme « rosy », employé
dans la description, fait penser qu’ils sont rosés. D’ailleurs, les premières
représentations en couleur de l’espèce, qui ont dû être faites d’après du
matériel récolté par Humblot, ont, en effet, les pétales et sépales rose assez
pâle. Nous pensons que c’est le cas du type de l’espèce comme c’est aussi
le cas de la plupart des récoltes qui ont été faites. Mais il y a deux variations :
l’une à sépales et pétales blanc pur, provenant du massif du Tsaratanana,
qui a été décrite par Perrier de la Bathie en tant qu’espèce sous le nom
de Gastrorchis schlechteri , mais que nous estimons n’être qu’une variété:
l’autre à sépales et pétales rouge vineux foncé, provenant de la forêt de la
Mandraka, qui est une variété nouvelle que Ursch et Genoud ont inter¬
prété comme étant l’espèce typique. Ceci les a conduit à considérer le
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 526 —
véritable P. humblolii comme une variété de G. schlechieri Perr. A ce propos,
il faut préciser que dans la planche 7 de leur note, la figure 2 représente
la variété nouvelle de P. humblolii, la figure 3 est P. humblolii typique et
non la figure 1, comme il est dit dans le texte, cette dernière figure repré¬
sentant une variété nouvelle de P. pulcher (Humb. et Perr.) Summh. que
nous établissons ci-après. Le labelle de P. humblolii est trilobé, à lobe
terminal aussi grand ou un peu plus grand que les lobes latéraux, à marges
ondulées, largement bordées de rouge ou de rouge violacé. Les lobes laté¬
raux sont soudés à leur base à la colonne, étalés et à marges un peu récurvées
et légèrement ondulées. Ils sont abondamment tachés de rouge pourpre
sur fond blanc à la partie inférieure du lobe, sur fond jaune orangé à la
partie supérieure. Le centre du labelle, autour du callus, est blanc; le callus
lui-même est jaune vif. La colonne est blanche à la base, vert pâle au sommet.
Le labelle est glabre, en dehors d'une bande de poils papilleux situés entre
la base de la colonne et l'arrière du callus (PI. 2).
Répartition : Humblot s. n., Antsihanaka (cultivé à Kew); E. François s. n., H.
Perrier de la Bâthie 13491, vallée de la Mandraka; E. Drouard s. n., H. Humbert 32075
et 32115, Andria Robinson s. n., Montagne d’Ambre; G. Cours 4019, Ambatoharanana,
près d’Antsevabe, S.-E. du lac Alaotra, bassin de l'Ivondro; H. Humbert 23069, contre-
forts occidentaux du massif du Marojejy, près du col de Doanyanala; H. Humbert 2533S,
montagnes au N. de Mangindrano; Rakotoson, Conservât. Res. Nat. 10 022, Esira
(S.-E.).
Endémique.
Var. schlechteri (H. Perr.) J. Bosser, sial. nov.
— Gastrorchis schlechteri H. Perr., Bull. Acad. Malg., n. s. 12 : 33 in clavi, 35 in adnot.
(1930).
— Phaius schlechteri (H. Perr.) Summh., Kew Bull. 17, 3 : 560 (1964).
Il ne nous semble pas possible de conserver l’espèce établie par Perrier
de la Bathie. La seule différence avec P. humblolii tient dans la couleur
de la fleur dont les sépales et les pétales sont blancs au lieu d'être rosés
et les bractées florales blanches au lieu d’être vertes. Le labelle reste iden¬
tique par la forme et la coloration. Il n’y a pas non plus de différence notable
de port. Il s’agit tout au plus d’une variété localisée dans le massif du
Tsaratanana.
Répartition : H. Perrier de la Bâthie 18355 (Type, P!) et 15250, entre 1 200 et
2 000 m, massif du Tsaratanana.
Endémique.
Var. ruber J. Bosser, var. nov.
Sepalis petaUsque violaceo-rubris, labelli lobis lateralihus non maculatis, lobo terminait
lateralibus paulo minore.
Source : MNHN, Paris
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Herbe terrestre, rhizomateuse. Feuilles oblongues elliptiques, aiguës
au sommet, longuement rétrécies en pétiole à la base, à limbes ondulés
sur les bords et un peu pliés le long des nervures principales, brillants et
vert sombre sur la face supérieure, vert plus clair face inférieure, de 30-55 cm
de long (y compris le pétiole qui atteint 10-15 cm) sur 10-12 cm de large.
Hampe florale de 40-70 cm de long, dépassant les feuilles, à 3-4 gaines
caulinaires, vertes, espacées, tubuleuses à la base, arrondies tronquées au
sommet, de 3-4 cm de long. Racème lâche de 15-30 cm de long, à 7-15 fleurs;
bractées florales ovées; fleurs grandes, de 4-5 cm de diamètre, à périanthe
charnu. Sépales et pétales rouge violacé; sépales ovés aigus, légèrement
concaves, étalés latéralement, de 2,5-3 cm de long sur 1,2-1,8 cm de large;
pétales ovés, lancéolés aigus, rétrécis à la base en un onglet court, plans ou
peu concaves, de 2,4-2,8 cm de long sur 1,2-1,5 cm de large. Label le trilobé,
3-3,5 cm de long, à lobe terminal étalé, sensiblement de même taille que les
lobes latéraux ou un peu plus petit, ondulé et rouge violacé sur les bords;
lobes latéraux étalés latéralement et à marges récurvées, faiblement ondulées,
uniformément rouge violacé, plus foncé sur les bords ou plus ou moins
teinté de jaune orangé pâle, mais dépourvus de taches; callus, colonne,
anthère comme dans la variété typique.
La variété ruber se distingue plus nettement de la variété typique que
la variété schlechteri car, outre la coloration des sépales et pétales des
différences existent dans la coloration du labelle et dans sa forme, le lobe
terminal étant sensiblement moins développé.
Répartition : J. Bosser 20410, forêt ombrophile d'altitude, La Mandraka, Mada¬
gascar (Type, P!).
Endémique.
Phaius françoisii (Schltr.) Summh.
Kew Bull. 17, 3 : 558 (1964).
— Gastrorchis françoisii Schltr., Fedde Repert. Beih. 33 : 168 (1925).
Cette espèce est, avec P. humblotii, celle qui a été le plus souvent
récoltée. Le port de ces deux plantes est assez semblable, mais elles se
distinguent bien par la fleur, surtout par la morphologie du labelle et son
ornementation. Les sépales et pétales de P. françoisii sont d'un rose très
pâle ou blancs à l'intérieur, d’un rose violacé souvent assez foncé à l’exté¬
rieur. Le labelle est trilobé. Le lobe terminal, nettement plus petit que les
lobes latéraux, est d’un rose violacé uniforme, échancré au sommet, à
marges non ou peu ondulées; les lobes latéraux sont étalés, à marges récur¬
vées, tachés abondamment de brun-rouge sur fond jaune orangé. Les
taches brun-rouge se fusionnent vers le centre. Le callus est jaune, profon¬
dément bifide au sommet, à lobes étroits et obtus, pileux à la base et entre
les lobes. La base du callus se prolonge vers l’avant en 2 crêtes contiguës,
peu élevées, arrondies, rose violacé, plus ou moins pileuses, se transformant
Source : MNHN, Paris
— 528 —
sur le lobe terminal en une crête verruqueuse peu élevée, glabre, jaune,
atteignant le sommet. La colonne est blanche à la base, vert pâle ou vert
jaunâtre au sommet.
Le milieu écologique convenant à cette espèce est la forêt ombrophile
des plateaux. L'aire de la plante peut coïncider, sur ses limites, avec celle
de P. humblotii et des hybridations naturelles peuvent se produire, en forêt
de la Mandraka par exemple.
Dans leur note sur les Gastrorchis du Jardin de Tsimbazaza, Ursch
et Genoud ont nommé deux variétés de G. françoisii. Nous n’avons rien
retrouvé de la variété orientalis qui, d’après la figure, est peut-être un
hybride. L’échantillon sur lequel est basée la description de la variété
pauliani a pu être analysé. Nous ne pensons pas qu’il soit réellement différent
de P. françoisii typique; seul le lobe terminal semble être un peu plus grand.
Répartition : H. Perrier de la Bâthie 13492, rapporté par E. François des gorges
de la Mandraka (Type, P!); R. Capuron, Jardin Bot. Tan. 25, La Mandraka; J. Bosser
17655, Tampoketsa d’Ankazobe; H. Perrier de la Bâthie 16909, Tsinjoarivo; H. Perrier
de la Bâthie 14451, massif de PAndringitra; Razafindrakoto, Herb. Conservât. Res. Nat.
3041 et 3986, Rakotovao, Herb. Conserv. Res. Nat. 8113 et 9964, Réserve naturelle n° 5,
canton de Sendrisoa (Ambalavao); H. Humbert 30059, Montagne à l'Ouest d'Itremo
(ouest Betsileo); R. Decary 17578, forêts au Sud d’Ambositra; J. Bosser 19557, col des
Tapias, entre Antsirabe et Ambositra; Hildebrandt 3984, Ankafina, Sud Betsileo; R. Pait-
lian, Jard. Bol. Tan. 735, massif du Tsaratanana; M elu Homolle 1118, sans localité.
Endémique.
Phaius pulcher (Humbert et H. Perr.) Summh.
Kew Bull. 17, 3 : 560 (1964).
— Gastrorchis pitlchra Humbert et H. Perr., Mem. Inst. Scient. Madag., sér. B, 6 : 259
(1955).
Phaius pulcher est une très belle espèce qui a été ramenée par H. Hum¬
bert du massif du Marojejy. Le même collecteur l’avait auparavant trouvée
dans le sud-est, dans le bassin supérieur de la Manampanihy mais, à l’époque,
cette récolte n’avait pu être rapportée à une espèce connue et était restée
indéterminée. L’aire de cette espèce comprend donc, actuellement, deux sta¬
tions extrêmement disjointes. La fleur a des sépales et des pétales d’un blanc
pur sur les deux faces, à peine concaves, étalés latéralement. Le labelle est
large, trapézoïdal ou largement oblong, entier ou à peine rétréci au sommet
en un lobe peu marqué, à marges ondulées. 11 est concave et un peu gibbeux
à la base, mais sans éperon, étalé au sommet, d’un rouge foncé ou un peu
violacé ou rose vif uniforme sur sa périphérie, marbré de blanc au centre.
Le callus est central, formé d’un mamelon peu élevé, à peine rétus au
sommet, couvert de poils lamelleux jaune soufre ou jaune citron. Il est
prolongé vers l’avant en dôme arrondi, ne comportant pas de carène
saillante. Une bande de poils plus courts et plus denses que ceux du callus,
mais de même couleur, joint la base de la colonne à l’arrière du callus.
La colonne est arquée et entièrement blanche. La couleur du labelle est
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
— 530 —
donc assez variable, allant du rose au rouge sombre violacé. H. Humbert
insiste sur la rareté de l’espèce. Elle a cependant été récoltée plusieurs fois
dans le massif du Marojejy. Son milieu écologique est le sous-bois de la
forêt ombrophile de l'est entre 400 et 1 800 m d’altitude.
Répartition : H. Humbert 22537, pentes orientales du massif du Marojejy, rive
droite de la vallée de la Manantenina, ait. 1 700 m (Type, P!); H. Humbert et R. Capuron
24077, vallée inférieure de I'Androranga, Mt Anjenabe, environs d’Antongondriha,
ait. 800-1 000 m; H. Humbert 31510, partie occidentale du massif du Marojejy, forêt
ombrophile de la vallée de l'Ambatoharanana, au bassin supérieur de l'Antsahaberoka,
ait. 1 400 m; Moral 2770, sur arène quartzitique, route Sambava Andapa P.K. 30, ait.
400 m; H. Humbert 14011, haute vallée de la Manampanihy entre le col de Saindro et
Eminiminy, ait. 1 000-1 200 m.
Endémique.
Var. perrieri J. Bosser, var. nov.
— Gastrorchis tuberculosa (Thou.) Schtr., var. perrieri Ursch et Genoud, Nat. Malg. 2,
1 : 156 (1950), descr. gall.
A typo speciei differt foliis linearibus angustis, floribus labello angusto ovato vel
elliptico (PI. 3).
Herbe terrestre, à rhizome ramifié, de 7-8 mm de diamètre; pseudo¬
bulbes distants de 3-5 cm, 3-4 foliés. Feuilles étroites, linéaires, de 30-
60 cm de long sur 1,5-2,5 cm de large, aiguës au sommet, longuement
rétrécies à la base en faux pétiole; limbe à 3 nervures principales saillantes
dessous. Hampe florale dressée, de 0,60 à 1,20 m de haut, à 4-5 gaines
tubuleuses, distantes, de 2,5-5 cm de long. Racème terminal, de 15-25 cm
de long, à 7-15 fleurs espacées; bractées florales lancéolées aiguës, de 2,5-
3,5 cm de long, persistantes. Fleur de taille moyenne, à sépales et pétales
blanc pur, ovés aigus, étalés latéralement, peu concaves; sépales de 2,5-
3,5 cm de long sur 1,2-1,5 cm de large, pétales un peu plus courts; iabelle
ové ou oblong, de 2,5-3 cm de long sur 1,7-2 cm de large, concave et un peu
gibbeux à la base, non éperonné, ondulé sur les marges, rouge violacé,
marbré de blanc vers le centre; callus central, blanc, en protubérance
peu élevée, un peu rétuse au sommet, couverte de poils lamelleux jaune
soufre, prolongée antérieurement en dôme arrondi non caréné; base de la
colonne et arrière du callus reliés par une bande de poils courts et denses,
également jaunes; colonne arquée, blanche, de 16-18 mm de long; ovaire
pédicellé un peu courbé et cannelé au sommet, glabre, de 3-3,5 cm de long.
Cette variété existe sous 3 formes différant par la coloration du
Iabelle : la forme typique à Iabelle rouge foncé violacé, une forme à Iabelle
rose très pâle et une forme à Iabelle entièrement blanc; les poils du callus
restent, dans tous les cas, jaune soufre. Notons que, dans l’espèce P. pulcher,
la coloration du Iabelle peut également varier, mais un Iabelle entièrement
blanc n’y a jamais été observé.
Source : MNHN, Paris
— 531 —
La variété perrieri est une plante de la forêt ombrophile de moyenne
altitude (900-1 000 m), provenant de la région de Périnet. Il est curieux de
constater la position intermédiaire de cette localité par rapport aux deux
localités connues de P. pulcher. La variété se reconnaît facilement, même
à l’état stérile, par ses feuilles longues et étroites et, fleurie, par la forme
un peu différente de la fleur et surtout du labelle. C’est une plante du sous-
bois qui peut croître en station un peu humide, submarécageuse, ou même
dans la mousse sur des troncs couchés.
Répartition : E. Ursch, Jard. Bol. Tan. 42, marais d’Andranodilra, Périnet (Type,
P!); J. Bosser 16478, Périnet; J. Bosser 16476 et 17240, Périnet (labelle rose); J. Bosser
16474 et 16484, Périnet (labelle blanc); Herb. Jard. Bol. Tan. 1390, Route de Lakato
(labelle rose).
Endémique.
Phaius pulchellus Kraenzl.
Abh. Naturw. Ver. Bremen 7 : 254 (1882).
Cette espèce est relativement commune en forêt ombrophile des
plateaux et en forêt d'altitude. Comme nous l’avons dit précédemment,
elle est extrêmement variable. Les feuilles sont linéaires, assez étroites,
mais dans quelques cas elles peuvent être larges, rappelant les feuilles de
P. humblolii et P. françoisii. Mais c’est surtout la fleur qui présente de
nombreuses variantes quant à la forme et la coloration de ses différentes
parties : sépales, pétales, labelle. Dans le cas le plus général, les sépales et
les pétales sont rouge pourpre ou rouge violacé, la nervation paraissant
parfois plus claire, mais ils peuvent être aussi vert clair ou blancs. Leur
taille varie en général peu : 2,5-2,8 cm de long sur 7-8 mm de large; les
pétales étant un peu plus étroits que les sépales. Le labelle est blanc au
centre, plus ou moins lavé de rouge sur les marges, les lobes latéraux étant
souvent striés de quelques bandes rouges: les carènes sont blanches ou plus
ou moins lavées de rouge. L'importance de la coloration rouge est variable
et on peut avoir à l'extrême un labelle totalement rouge pourpre, seules
le sommet des carènes restant blanc. La longueur du labelle oscille entre 2 et
3 cm. Le lien entre tous les échantillons est cependant fourni par la morpho¬
logie générale du labelle. Il est trilobé, soudé à la base de la colonne et
éperonné. Les lobes latéraux sont dressés et embrassent la colonne. Le
lobe terminal est étalé, à marges ondulées, un peu échancré et apiculé au
sommet. L’ornementation est toujours du même type et est formée de
2 carènes centrales, en lames divergeant en V, plus élevées vers la base où
elles sont dilatées en lobe arrondi, terminées sur la base du lobe antérieur
en pointe tronquée. A l’extrémité, entre les 2 carènes, se trouve une crête
charnue médiane, prolongeant les carènes vers le sommet sans l’atteindre:
plus rarement, existent en outre deux petites pointes charnues latérales
de part et d’autre du sommet des 2 carènes. Le palais et la base de la colonne
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
533 —
sont densément vélutineux, alors que la base des lobes latéraux porte des
poils plus longs, épars. La colonne, sur sa face postérieure, peut être glabre
ou porter quelques longs poils, la face inférieure du labelle et la base de
l’éperon également. L’éperon est toujours court, conique, obtus et un peu
rétus au sommet, prolongeant la base du labelle.
En dehors de la coloration, les variations portent sur la forme des
sépales et des pétales et, pour le labelle sur la forme du lobe terminal et le
développement du sommet des carènes et de la crête médiane terminale.
Elles sont le plus souvent relativement faibles, mais nous pensons cependant
nécessaire de décrire ci-après 3 variétés qui s’écartent plus nettement du type
moyen et sont aisément reconnaissables.
Phaius pulchellus est une plante du sous-bois de la forêt ombrophile
des plateaux entre 800 et 1 800 m d’altitude.
Répartition : Rutenberg s. n., Ambaravarambato, sans doute au N.-O. de Tanana-
rive (Type); H. Perrier de la Bâihie 13338, 17471, 17919 bis, forêt de la Mandraka (ait.
1 200-1 300 m); J. Bosser 17306, environs d'Anjozorobe (ait. 1 400-1 500 m); H. Perrier
de la Bâihie 18459, environs d'Analabe (ait. 1 500 m); J. Bosser 18939, forêt d’Ambato-
fitorahana, sud d'Ambositra (ait. 1 600-1 700 m); J. Bosser 18397, Manakambahiny Est,
lac Alaotra (ait. 1 300-1 400 m); H. Humbert 18170, montagnes entre Mangindrano et
Ampanompia (ait. 1 400-1 800 m); H. Humbert 22539, pentes orientales du massif du
Marojejy, à l'ouest de la rivière Manantenina, affluent de la Lokoho (ait. 1 500-1 700 m);
H. Humbert 23112, contre-forts occidentaux du massif du Marojejy, près du col de
Doanyanala (ait. 800-1 200 m); H. Humbert 24906, montagnes au Nord de Mangindrano,
Haute-Maevarano (ait. 1 600 m); H. Humbert 31812, partie occidentale du Massif du
Marojejy, de la vallée de l'Ambatoranana au bassin supérieur de l'Antsahaberoka (ait.
1 450 m); H. Humbert 32076, montagne d'Ambre (ait. 1 000-i 100 m); Rababoto, Herb.
Conservât. Res. Nat. 4716, réserve naturelle n° 4, district de Bealanana.
Cette espèce existe aussi à l’île Maurice.
Var. andrambovatensis J. Bosser, var. nov.
Foliis marginibus valde undulatis ; petalis basi in unguiculo angusto cons trictis;
floribus in axin racemi valde reclinatis (PI. 4).
Herbe terrestre de 40-50 cm de haut. Pseudobulbes en général à
3 feuilles; limbe foliaire vert sombre, linéaires ou linéaires oblongs, aigus
au sommet, de 15-35 cm de long sur 1,5-3 cm de large, rétréci longuement
en pétiole à la base, à 3 nervures principales saillantes dessous, marges
fortement ondulées. Hampe florale dépassant les feuilles, à pédoncule
rigide, muni, à la base, de 2-3 gaines tubuleuses imbriquées et 2-3 gaines
caulinaires de 1,5-2 cm de long. Inflorescence terminale, en grappe lâche,
de 7-10 cm de long, à 5-8 fleurs; bractées florales lancéolées aiguës, concaves,
vert clair, très caduques, de 1,2-1,5 cm de long. Fleurs réclinées; sépales et
pétales rouge violacé; sépales oblancéolés aigus, de 2,5 cm de long sur
7-8 mm de large, à sommet nettement réfléchi ; pétales de 2,2-2,3 cm de long,
rétrécis et subonguiculés à la base, à lame oblancéolée de 5-6 mm de large;
labelle de 2,5 cm de long, de même forme générale que chez l’espèce, blanc,
strié et lavé de rouge pourpre sur les lobes latéraux, parfois avec quelques
Source : MNHN, Paris
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taches rouge pourpre sur la base du lobe terminal près des marges; colonne
teintée de rouge violacé, de 1,5 cm de long; ovaire pédicellé très courbé
au sommet, blanc ou teinté de rose, 1,5 cm de long.
Cette variété se distingue surtout par ses feuilles à marges ondulées
et par la position des fleurs qui sont très réclinées par suite de la courbure
du sommet de l’ovaire. Cette courbure existe aussi chez l’espèce mais elle
est beaucoup moins accentuée. Les sépales à sommet réfléchi et les pétales
à base subonguiculée sont aussi des caractères de cette variété.
Répartition : H. Humbert, Jard. Bot. Tan. 1075, Andrambovato, Est de Fiana-
rantsoa, Madagascar (Type, P!).
Endémique.
Var. sandrangatensis J. Bosser, var. nov.
Sepalis petalisque dilute viridibus, labello omnino purpureo-rubro ; labelli lobo terminait
suborthogonio (PI. 2).
Herbe terrestre de 40-80 cm de haut, à pseudobulbes rapprochés,
2-3-foliés. Limbe foliaire linéaire ou lancéolé linéaire, aigu au sommet,
rétréci à la base, de 20-40 cm de long sur 2,5-3,5 cm (7 cm) de large, à 5-7 ner¬
vures principales. Hampe florale dressée, en général plus longue que les
feuilles, à 3-4 bractées caulinaires espacées, atteignant 3 cm de long. Inflo¬
rescence atteignant 30 cm de long, à 7-15 fleurs; bractées florales vertes,
lancéolées aiguës, concaves, très caduques, de 2,5 cm de long. Fleur à
sépales et pétales vert clair, labelle pourpre sombre, sauf le sommet des
carènes et un étroit liséré au sommet du lobe terminal qui restent blancs;
sépales étroitement oblongs, de 2,7-2,8 cm de long sur 8-9 mm de large;
pétales oblancéolés, peu rétrécis sur la base, de taille sensiblement égale
aux sépales; labelle de 2,2-2,5 cm de long, de même forme générale que chez
l’espèce, à lobe terminal subrectangulaire, étalé, peu ondulé sur les bords.
Cette variété se reconnaît aisément à la coloration de la fleur. Elle existe
à la limite Est de Faire de l’espèce à une altitude sensiblement plus basse,
800-900 m, où la forme typique n’a jusqu’à présent pas été rencontrée.
Répartition : J. Bosser et J. P. Peyrot 18971, forêt ombrophile, Sandrangato, Sud
de Moramanga (Type. P!); H. Perrier de la Bâthie 16960,17919, forêt orientale, environs
du confluent de l'Onive et du Mangoro; R. Rakotovao, Jard. Bot. Tan. 1090, forêt ombro¬
phile de l'Est, Fanovana.
Endémique.
Var. ambrensis J. Bosser, var. nov.
Flore majore, sepalis petalisque ultra 3 cm longis, labello 3 cm longo, sepalis petalisque
albis, labello albo roseo-violaceo tincto ; carinarum rostro terminali verrucoso.
Source : MNHN, Paris
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Herbe terrestre, glabre, de 40-50 cm de haut; pseudobulbes contigus
à 2-3 feuilles; limbe foliaire vert clair, linéaire ou linéaire oblong, de 35-
40 cm de long sur 4-6,5 cm de large, aigu au sommet, rétréci à la base en un
pseudopétiole canaliculé, à 3-5 nervures principales en relief face inférieure,
plan ou faiblement plissé longitudinalement, marges droites ou peu ondulées.
Hampe florale dépassant les feuilles, dressée, cylindrique, de 35-40 mm de
long sur 3 mm de diamètre, munie à la base de 2-3 gaines imbriquées,
suivies de 3 gaines caulinaires espacées, tubuleuses, obtuses et carénées au
sommet, vert clair, brunissant en séchant, de 2,5-3 cm de long. Inflorescence
terminale, en racème lâche, de 10-12 cm de long, à 6-7 fleurs, celles de la
base espacées de 1,5-2 cm; bractée florale vert clair, nervée de vert plus
sombre, oblongue aiguë, naviculaire, 5-nervée, de 2-2,5 cm de long, très
caduque; fleur à sépales et pétales étalés latéralement, un peu charnus,
blancs ou un peu teintés de rose-mauve; sépale médian oblong aigu, un
peu rétréci à la base, de 3,2-3,5 cm de long sur 1 cm de large, 3-nervés;
sépales latéraux semblables, de même taille ou un peu plus longs, à sommet
un peu récurvé, nervure médiane faiblement canaliculée sur la face supé¬
rieure, en relief face inférieure, 5-nervés; pétales de même longueur mais
plus étroits, 3,2-3,4 cm de long sur 0,8-0,9 cm de large, oblancéolés, aigus
au sommet, rétrécis à la base, 3-nervés, à nervure médiane canaliculée sur
le dos; labelle de 3 cm de long, trilobé, à lobes latéraux dressés embrassant
la colonne, munis à leur base d’une zone vert jaunâtre, par ailleurs rose
violacé, nervés de blanc, lobe terminal de 1,5 cm de large, ondulé crispé
et blanc sur ses marges, rose violacé strié de blanc à sa base; éperon blanc,
bilobulé au sommet, de 4 mm de long; carène blanche de même forme
générale que sur la variété pulchellus mais à crêtes du sommet verruqueuses;
ovaire pédicellé de 2 cm de long, vert clair au sommet, blanc à la
base.
Cette variété, localisée dans la montagne d’Ambre, se distingue par
des fleurs plus grandes, de coloration différente, et les crêtes verruqueuses
qui terminent antérieurement la carène.
Répartition : J. Bosser 20 785, forêt ombrophile d'altitude (1 100-1 200 m), mon¬
tagne d’Ambre, Madagascar (Type, PI).
Endémique.
Phaius luteus J. Bosser, sp. nov.
— Gastrorchis luteus Ursch et Genoud, Nat. Malg. 2. 1 : 159 (1950), descr. gall.
Herba terrestris, erecta, labello excepto glabra; rhizomate ramoso. Pseudobulbi
contigui, ovoidei, 2-2,5 cm longi, 3-4-foliati. Foliorum lamina auguste lanceolato-linearis,
apice acuta, in petiolo spurio basi angustata canaliculata, 20-45 cm longa, 4-6 cm lata,
marginibus paullo undulatis, nervis praecipuis 3-5 prominentibus. Hasta florifera 40-50 cm
alla, erecta ; pedunculo paullo compresso, vaginis 3-4, lanceolato-linearibus acutis, superiore
ad 7-10,5 cm longa. Inflorescentia racemosa, racemo terminali laxo, 10-15 cm longo, 5-10-
Source : MNHN, Paris
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floro. Bracteae florum lineari-lanceolatae aculae, ovario pedicellaio longiores, infima ad
6-7,5 cm longa. Florum perianthium carnosum ; sepala sicut petala subluleo-viridia, sepalo
mediano elliplico-obovato, aculo, 2,5-3 cm longo, 1-1,5 cm lato, parum concavo, dorso
rotundato, apice compresso, 7-9-nervato ; sepalis lateralibus sepalo mediano similihus, dorso
paullo carinalis ; peialis obovaris vel laie elliplicis, planis vel modice concavis, 2,4-2,5 cm
longis, 1,2-1,5 cm lalis, 5-7-nervatis ; labello obscure trilobato latiore quam longiore, 2-2,2 cm
longo, 2,5-3,2 cm lato, basi cordato, concavo, calcare destituto ; lobis lateralibus roiundatis,
ereciis, obscure rubris, lobo terminali laie rotundato vel subtruncato, patente vel marginibus
exaltatis, roseo tincto, apice apiculo brevi inflexo munito, palato albo, rubro tincto, tertia
inferiore parte callo robusto litteram V figurante, 5-6 mm alto, pilis papillosis luteis tecto ;
ovario pedicellato 4 cm longo ; columna 1,3-1,5 cm longa, erecta, recta; stigmate subtermi-
ttali; antliera hemisphaerica, 3,5 mm in diametro, pilos aliquos papillosos in lateribus gerente
(PI. 1).
Type : E. Ursch Jard. Bot. Tan. 27, marais d’Andranoditra, environs de Périnet,
Madagascar (holo-, P!).
J. Bosser 18370, forêt ombrophile d’altitude 900 m, route de Lakato, S.-E. de
Moramanga.
Plante en général terrestre, mais pouvant croître aussi dans la mousse
sur les troncs couchés ou inclinés. Feuilles à limbe étroitement lancéolé,
celles de la base subpétiolées, à faux pétiole de 5 cm de long, celles du
sommet plus différenciées à la base en pétiole étroit canaliculé, atteignant
12-13 cm de long. Le limbe est vert sombre, mince et souple, à 3 nervures
principales saillantes sur la face inférieure. Une des caractéristiques de la
plante est d'avoir les gaines de la partie supérieure du pédoncule et les
bractées florales inférieures très longues, ces dernières assez persistantes,
dépassant la longueur de l’ovaire. La fleur est de taille moyenne, à sépales
et pétales vert jaunâtre ou blanc jaunâtre, jaunissant davantage en
vieillissant. Le labelle est trapézoïdal, concave, sans éperon, trilobé mais
peu nettement; les lobes latéraux sont rouge sombre, arrondis, un peu
réfléchis sur les bords, n’embrassant pas la colonne; le lobe terminal est
rose pâle, largement arrondi ou plus ou moins tronqué au sommet, muni
d’un apicule infléchi. Au tiers inférieur se dresse un callus pédiculé à la base,
bifide au sommet, à lobes arrondis ou tronqués, couvert de longs poils
jaunes, prolongé vers l’avant par une zone charnue peu élevée, portant près
du callus 2 bandes de poils jaunes, glabre vers le sommet. Une bande
de poils jaunes plus courts et denses relie l’arrière du callus à la base de la
colonne. Le centre du labelle, autour du callus, est blanc, plus ou moins
marbré ou taché de rouge sombre. La colonne est blanche, sauf à la base
du côté antérieur, où elle est tachée de rouge sombre. Le stigmate est
subterminal et se trouve près des pollinies. La plante s’autoféconde norma¬
lement. L’anthère est blanche, hémisphérique, tronquée en avant et porte
quelques poils papilleux sur les faces latérales.
Cette espèce se distingue bien des autres espèces malgaches par sa fleur
(coloration et forme du labelle) et la longueur des bractées florales. Ce
dernier caractère la rapproche de P. villosus (Thou.) Reichb. f. ex S. Moore,
var. longibracteatus S. Moore, des Mascareignes, mais les fleurs sont diffé¬
rentes (forme et ornementation du labelle).
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Phaius geffrayi J. Bosser, sp. nov 1 .
Herba terrestris erecla, anthera excepta glabra, rhizomate ramoso. Pseudobulbi parvi,
discoidei, vaginis 2-3 occultati, 3-6-foliati. Folia erecta, vaginis compressis, carinatis,
7-11 cm longis ; laminis hneanhus oblongis, 20-45 cm longis, 2-4,5 cm lalis, apice acutis,
basi in petiolum spurium canalicidalum attenuatis, marginibus pauilo undtdatis plus minusve
in longum in rugas subarctis, nervis praecipuis 3-5. Hasta florigera foliis aequilonga vel
pauilo brevior, pedunculo vaginas 3-4 gerente lubulosas, 4-4,5 cm longas, infima laminam
redactam, fortuito gerente.
Flores in racemo terminait' luxo dispositi, 10-15 cm longo, 5-12-floro, floribus albo-
subviridibus, perianthio carnoso; florum bracteis ovato-acutis, 5-7-nervatis ; ovario pedi-
cellato 3-4 cm longo ; sepalis obovatis, apice acutis, concavis, 2,2-3 cm longis, 1,2-1,5 cm
latis, 7-9-nervatis, inter se salis similibus ; petalis laie ellipticis, basi angustatis, parum
concavis, 5-nervatis, 2-2,5 cm longis, 1,2-1,5 cm latis ; labello a sepalis petalisque parum
diverso, late elliptico vel obovato, concavo, acuto sieur apice pauilo compresso, basi angustato,
2,2-3 cm longo, 1,2-1,8 cm lato; calcare colloque destituto, 5-7-nervato, nervis mediae
partis pagina superiore pauilo carinatis. Columna carnosa, alba, recta, erecta, 1,2-1,4 cm
alla; anthera hemisphaerica, in diam. 4 mm, priore parte truncata vel late emarginata,
dorso rotundata, in lateribus pilis papillosis Itya/inis aliquibus munira, rostello labio brevi
erecto formato ; stigmate in apice ipso columnae silo (PI. 5).
Type : J. P. Peyrot 50, forêt ombrophile, Montagne d'Ambre, Madagascar
(Holo-, P!).
Plante terrestre, à feuilles obliquement dressées, vert sombre, un peu
plissées entre les nervures, à marges droites, ou faiblement ondulées. Hampe
florale ne dépassant pas les feuilles; bractées florales vertes, les inférieures
linéaires, longues, dépassant l’ovaire pédicellé, les supérieures ovées aiguës
et de taille plus réduite mais atteignant quand même la longueur de l’ovaire.
Bouton floral jeune de couleur verte. Fleur entièrement d’un blanc verdâtre,
jaunissant un peu en vieillissant; sépales semblables entre eux, obovés aigus,
un peu concaves et pincés latéralement au sommet, un peu vert pâle à
l’extrémité sur la face externe; pétales faiblement rétrécis à la base, assez
semblables aux sépales mais plus étalés; labelle peu différencié, concave,
elliptique, entièrement glabre, rétréci à la base et comprimé au sommet,
sans éperon ni callus, avec simplement 1 ou 2 nervures en relief dans sa
partie médiane; colonne et anthère blanches, le stigmate situé au sommet
de la colonne, sous les pollinies, d’où plante nécessairement autogame.
Nous rapprochons cette espèce de P. luteus dont elle se distingue
aisément par les caractères du labelle.
P. geffrayi et P. luteus sont toutes deux des espèces autogames; il est
curieux de remarquer que, par rapport aux autres espèces malgaches, ce
sont aussi celles qui ont des bractées florales longues et persistantes.
La seule station jusqu’ici connue de P. geffrayi est la forêt ombrophile,
au-dessus de 1 000 m d’altitude, de la montagne d’Ambre.
1. Espèce dédiée à la mémoire du D r Geffray, pharmacien à Tananarive, grand
ami de la nature, découvreur de la station à Angraecum eburneum Bory ssp. superbum
(Thou.) Perr. var. longicalcar Bosser, dans l'Itasy.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Phaius peyrotii J. Bosser, sp. nov.
Herba terres tris, erecta, rltizomatosa ; pseudobulbi oblongi, 1-2-foliati; lamina folii
ovali-lanceolata, 20-25 cm longa, 5-7 cm lata, herbacea, glauco-viridis, marginibus undulatis.
Scapus floralis ereclus, 25-30 cm abus. lnflorescentia pauciflora, floribus 3-5 ; )loris
braclea ovato-lanceolata, ovario pau/lo longior. Flos carnosus ; sepalis ovato-acutis, 2-2,3 cm
longis, 1,2-1,3 cm latis, roseis; labello trilobalo, glabro, calcare desiituto, 2,5 cm longo,
2 cm lalo ; lobis latéral Unis parvis, castaneo-aureis, lobo Ierminaii magno, rotundato, patente,
marginibus undulatis, albo, maculis roseo-violaceis ornato; callo mediano caritoso, pallido
luteo, trilobato, glabro, crista brevi ante producto ; columna erecta, arcuata, alba, 1,5 cm
alla, anthera hemisphaerica ante labro ovali producta (PI. 6).
Type : J. P. Peyrot s. n., forêt ombrophile, altitude 900-1 100 m, entre Moramanga
et Anosibe, Madagascar (Holo-, P!).
Herbe terrestre, à rhizome sympodique; pseudobuibes verts, cauli-
formes, de 2-2,5 cm de long, annelés, les anneaux portant des fibres prove¬
nant de la désagrégation des gaines foliaires; racines charnues, vertes ou
blanches, glabres, de 2-3 mm de diamètre; pseudobulbes de l'année donnant
une pousse végétative et une inflorescence subterminales. Feuilles à limbe
ové lancéolé, aigu au sommet, rétréci en pétiole à la base, d’un vert glauque
clair caractéristique, fortement ondulé, crispé sur les bords, déprimé sur
la face supérieure le long des nervures principales.
Hampe florale dressée, de 25-30 cm de haut (pouvant sans doute
atteindre davantage), ayant à la base 3 gaines membraneuses vert clair,
imbriquées et, au-dessus, 3 gaines caulinaires tubuleuses, arrondies, obtuses
au sommet, de 2-2,5 cm de long. Inflorescence assez lâche, à 3-5 fleurs;
bractées florales très caduques, ovées, lancéolées, blanchâtres ou vert pâle,
et vert plus foncé au sommet; sépales et pétales fortement rejetés en arrière;
sépales rose pâle à l’extérieur, un peu lavés de violacé à l’intérieur; pétales
de même couleur, un peu plus petits, rétrécis et subonguiculés à la base;
labelle étalé antérieurement, trilobé, ni gibbeux ni éperonné, à lobes latéraux
brun orangé, petits, dressés, embrassant la base de la colonne mais à bords
récurvés, lobe terminal beaucoup plus grand, largement arrondi, ondulé
sur les bords, étalé, blanc, taché, ainsi que la base des lobes latéraux, de rose
violacé; callus médian gros, de 4-4,5 mm de haut, glabre, jaune pâle, en
forme de selle, à 3 petits lobes arrondis au sommet et creusé sur sa face
supérieure de 2 sillons peu profonds, prolongé à l'avant par une crête
courte et peu élevée, jaune pâle, n’atteignant pas le sommet du labelle, cette
crête flanquée latéralement de 2 petits mamelons jaune pâle également;
colonne arquée, blanche ou jaune verdâtre au sommet, surplombant le
callus; anthère portant latéralement quelques poils papilleux, munie à
l’avant d’un labre ové; ovaire vert, de 2,5 cm de long.
Cette espèce est très caractéristique et se distingue même au stade
végétatif par ses feuilles relativement petites, ondulées crispées sur les
bords et d’un vert glauque clair particulier; la morphologie générale de la
fleur la rapproche de P. humblotii Reichb. f., avec cependant des différences
nettes dans la coloration et la forme du labelle et du callus.
Source : MNHN, Paris
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CLÉ DES ESPÈCES
I. Labelle éperonné à la base, trilobé, à lobes latéraux longuement soudés
à la colonne, relevés et embrassant la colonne. Section Phaius
II. Labelle concave et gibbeux à la base, ou même sans gibbosité marquée, non
éperonné, trilobé, à lobes latéraux non ou faiblement soudés à la colonne,
n'embrassant pas cette dernière, ou entier. Section Gasirorchis
I. SECTION PHAIUS
Une espèce : Phaius pulchellus Kraenzl avec 3 variétés :
1. Sépales et pétales blancs dépassant 3 cm de long, crêtes apicales de la
carène verruqueuses. var. ambrensis
1'. Sépales et pétales roses ou vert clair n’atteignant pas 3 cm de long; crêtes
non verruqueuses. 2
2. Sépales et pétales vert pâle, labelle entièrement pourpre sombre
var. sandrangaiensis
2'. Sépales et pétales roses ou rose violacé, labelle non entièrement rouge
pourpre. 3
3. Feuilles à bords très ondulés, fleurs très réclinées à sépales et pétales
réfléchis au sommet . var. andrambovaiensis
3'. Feuilles à bords non ou peu ondulé; fleurs non ou peu réclinées;
sépales et pétales plans. var. pulchellus
II. SECTION GASTRORCHIS
1. Fleur entièrement blanc verdâtre; labelle entier, rétréci à la base, glabre,
sans callus . P. geffrayi
V. Fleur à labelle toujours plus ou moins coloré, le plus souvent trilobé et
muni d’un callus ou de crêtes; ou, à fleur entièrement blanche et labelle
subentier, ce dernier alors muni d’un callus portant des poils jaunes. 2
2. Ornementation du labelle consistant en 3 carènes médianes violacées,
accolées, séparées par des lignes de poils blancs dressés; ces carènes
s’épanouissant au sommet en crêtes plus ou moins confluentes, verru¬
queuses, jaunes ou jaune orangé. 3
3. Plante terrestre à pseudobulbes rapprochés; lobes latéraux du
labelle glabres . P. luberculosus
3'. Plante épiphyte à pseudobulbes distants, lobes latéraux du labelle
pileux . P. simulons
2'. Ornementation du labelle différente; consistant en un callus élevé sur
le palais, prolongé ou non vers l’avant par des crêtes. 4
4. Callus du labelle gros, charnu, glabre, bilobé ou trilobé au
sommet, à lobes arrondis, prolongé vers l’avant par une carène
peu élevée n’atteignant pas le sommet du labelle. 5
Source : MNHN, Paris
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Source : MMHN, Paris
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5. Feuilles vert glauque très clair, fortement ondulées sur les
bords; labelle à callus jaune pâle trilobé au sommet. P. peyrotii
5'. Feuilles vert foncé, non ou peu ondulées sur les marges;
labelle à callus jaune d’or, bilobé au sommet. 7
7. Sépales, pétales, bractées florales, blancs. P. humblotii
var. schlechteri
T. Sépales et pétales rouge violacé ou au moins rosés, bractées
florales vertes. 8
8. Sépales et pétales rouge violacé, lobes latéraux du
labelle non tachés de rouge sombre. P. humblotii var. ruher
8'. Sépales et pétales rosés, lobes latéraux du labelle abon¬
damment tachés de rouge sombre. P. humblotii var. humblotii
4'. Callus du labelle n’ayant pas ces caractères, le plus souvent pileux. 6
6. Labelle entier ou faiblement trilobé; callus du labelle consis¬
tant en un mamelon rétus ou faiblement bilobé au sommet. 9
9. Feuilles larges, développées dépassant 4 cm de large;
labelle oblong, atteignant 3-4 cm de large .... P. pulcher var. pulcher
9'. Feuilles étroites, ne dépassant pas 2,5 cm de large; labelle
ové de 1,7-2 cm de large. P. pulcher var. perrieri
6'. Labelle trilobé; callus du labelle nettement bifide au sommet,
en V. 10
10. Bractées florales courtes et caduques; sépales blancs
à l’intérieur, violacés à l’extérieur; callus prolongé
vers l’avant par une carène atteignant le sommet du
labelle et jaune à son extrémité. P. françoisii
10'. Bractées florales longues (atteignant 6-7,5 cm) et
persistantes ; sépales entièrement blanc jaunâtre ;
carène prolongeant le callus n’atteignant pas le sommet
du labelle. P. luteus
Bibliographie
Blume, C. L. — Collection des Orchidées les plus remarquables de l’Archipel indien et
du Japon. 1 vol., 190 p. (1858).
Bosser, J. — Contribution à l’étude des Orchidaceae de Madagascar VI. Sur l’identité du
Phaius gibbosutus Perr., Adansonia 6, 3 : 403-404 (1966).
Perrier de la Bathie, H. — Orchidées, 49° famille, in H. Humbert, Flore de Madagascar,
2 vol. (1941).
— Les Orchidées du massif du Marojejy et de ses avants-monts. Mém. I.S.M.,
sér. B, 6 : 253-268 (1955).
Summerhayes, V. S. — African orchids 29, Gastrorchis Schltr., Kew Bull. 17, 3 : 557-560
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Ursch, E. et Genoud, J. — Les Gastrorchis (Orchidées) du Jardin Botanique de Tsim-
bazaza, Nat, Malg, 2, 1 : 147-161 (1950).
Directeur de Recherches, O.R.S.T.O.M.
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 11 (3) 1971.
NOTE SUR TROIS MÉLASTOMATACÉES D’AFRIQUE
par H. Jacques-Félix
Résumé : Antherotoma clandestina Jac.-Fél., espèce nouvelle du Cameroun; Dissotis
buettneriana (Cogn.) Jac.-Fél., combinaison nouvelle; Dissotis rotundifolia, var. prostata
(Thonn.) Jac.-Fél., statut nouveau.
Summary: Antherotoma clandestina Jac.-Fél., a new species of Cameroun; Dissotis
buettneriana (Cogn.) Jac.-Fél., a new combination; Dissotis rotundifolia, var. prostata
(Thonn.) Jac.-Fél., a new status.
1. — L’ Antherotoma naudinii Hook. f., espèce-type du genre, est une
petite plante de Madagascar, d’Afrique intertropicale et australe, qui croît
dans les savanes de moyenne altitude, là où la végétation graminéenne est
suffisamment éclaircie. C’est dans ces conditions que l’on peut l’observer
sur les plateaux et montagnes de l’Adamaoua, au Cameroun. En récoltant
un Antherotoma dans ces dernières régions, mais sur les dalles rocheuses
suintantes, où croissent de petits Ilysanthes, Utricularia, Eriocaulon, etc.,
nous pensions que c’était une forme réduite de l’espèce banale, alors qu’il
s’agit d’un taxon nouveau.
Antherotoma clandestina Jac.-Fél.. sp. nov.
A. naudinii differt, apice sepalorum emarginato, pectinato vel furcato ; lobis inter-
sepalis brevioribus, pectinatis ; absque lobis infrasepalis ; tubo receptaculi cum pilis simpli-
cibus ; ovario omnino libero receptaculi ; vertice ovari omnino setulo ; connectivo staminum
breviore.
Type : Jacques-Félix 8672 (holo-, P).
Herbe annuelle, 12 cm de haut; tiges grêles, peu ou pas ramifiées, avec
poils apprimés épars. Feuilles 3 X 10 mm, elliptiques, subsessiles, avec
poils apprimés et dispersés sur les deux faces. Fleurs brièvement pédicellées,
groupées par 2 ou 3 à l’extrémité des tiges ou des rameaux, sous-tendues
par les feuilles, dont les dernières sont bractéiformes. Réceptacle oblong.
Source : MMHN, Paris
— 546 —
de 2,6 mm de diamètre, 3 mm de hauteur, avec poils simples de 1 mm,
dispersés sur la moitié ou les deux tiers de la hauteur; pas de lobes infra-
sépalaires; lobes intersépalaires à pédoncule de 0,5 mm, à corps transversale¬
ment oblong et pectiné sur les deux côtés : vers le haut par 3 soies robustes de
2,5 mm ; vers le bas par 5 à 7 soies plus grêles de 1 mm. Sépales 1,2 X 1,5 mm
sans les soies; sommet émarginé, avec soie médiane de 3 mm, et 2 à 3 soies
latérales, plus courtes et divariquées. Pétales roses avec onglet jaunâtre,
obovales-obcordés, 4x4 mm. Ét amines longues de 3 mm, dont 1 mm
pour l’anthère tronquée, avec un large pore apical; connectif court, aplati,
bilobé en avant; filet aplati, celui des étamines externes un peu plus large.
Ovaire entièrement libre du réceptacle, ovoïde, 2x2 mm, tout le vertex
porte des soies de 0,5 mm. Graine mûre non connue.
N.B. : La présente description concerne des plantes à évolution accé¬
lérée, dont les dimensions sont minimales.
Source : MNHN, Paris
— 547 —
Cameroun : Jacques-Félix 8672 (Type, P), région de Ngaoundéré, Ngan Ha, sur
rochers humides vers 1 500 m (fl., oct.); 8499, région de Poli. Mt Vokré, rochers humides
vers 1 700 m (fl., oct.).
2. — L 'Osbeckia de Büttner, décrit par Cogniaux, est un Dissotis
à étamines homomorphes, que A. et R. Fernandes ont rapporté comme
forme osbeckioïde du D. rotundifolia Hook. II constitue, selon nous, une
espèce distincte.
Dissotis (Heterotis) buettneriana (Cogn. ex Bütt.) Jac.-Fél., comb. nov.
— Osbeckia buettneriana Cogn. ex Bütt., Verh. Bot, Vereins Brandenb. 31 : 95 (1890).
— O. rubropilosa de Wild., PI. Bequaert. 1 : 378 (1922).
— Dissotis rotundifolia auct. : A. et R. Fern., Bol. Soc. Broter. 28 : 67 (1954), non Hook.
Dissotis rotundifoliae differt floribus minoribus ; sepaiis linearibus brevioribus ; stami-
nibus homomorphis; fructibus ovoideo-globulosis minoribus; seminibus minoribus cum arillo
longiore.
Type : Tholion 444 (lecto-, P).
On distingue facilement cette espèce du D. rotundifolia. La teinte est
brune sur le sec: la corolle beaucoup plus petite; les appendices du réceptacle
plus filiformes; les sépales linéaires, plus petits et terminés par un appendice
subdorsal; le fruit est plus petit, plus globuleux; les graines sont plus petites,
oblongues, brillantes, et l’arille atteint ou dépasse la moitié de la longueur;
les étamines sont homomorphes et plus petites que celles du verticille interne
du D. rotundifolia. Enfin, Faire semble assez bien définie.
Gabon : Le Testu 1318 , Tchibanga (fl. fr., avril); Spire 67 (fl. fr., avril); Tliollon 444,
Ogôoué (fl. fr.); Waiker 4, Haut Ogôoué (fr., mai). — Congo-Brazza : Sita 1310, région
de Pointe Noire (fr., juin). — Cameroun : Jacques-Félix 2353, Yaoundé (fl. fr., nov.),
4790, Nanga Eboko (fr., août); J. et A. Raynal 9742, région d’Ambam (fl. fr., fév.).
3. — La confusion des Dissotis rotundifolia (Sm.) Triana et D. prostata
(Thonn.) Hook. f., admise dans les Flores récentes, n’est pas satisfaisante
et nous conduit à reconnaître une variété.
Réceptacle densément vêtu d'appendices robustes, à apex discoïde sétuleux-
étoilé; sépales à côte médiane forte, avec soies en touffes et apex discoïde
sétuleux-étoilé; feuilles petites, largement ovales; plante rampante.
. D. rotundifolia, var. rotundifolia
Réceptacle éparsément pourvu d'appendices grêles, à soies étoilées peu
nombreuses; sépales à côte médiane excurrente en un appendice subapical
avec quelques soies; feuilles plus grandes, elliptiques; plante ascendante
.,. D. rotundifolia, var. prostata
Dissotis (Heterotis) rotundifolia (Sm.) Triana. var. rotundifolia (1871)
— Osbeckia rotundifolia Sm. (1813).
— Meiastoma piumosum D. Don (1823).
Source : MNHN, Paris
— 548 —
— Heterotis plumosa (D. Don) Benth. (1849).
— Dissotis plumosa (D. Don) Hook. f. (1871).
Type : Afzelius (Sierra Leone).
L’aire de l’espèce-type est probablement limitée à la région humide
de l’Afrique occidentale.
D. rotundifolia var. prostata (Thonn.) Jac.-Fél.. sial. nov.
— Melastoma prostatum Thonn. (1827).
— Heterotis prostata (Thonn.) Benth. (1849).
— Osbeckia zanzibarensis Naud. (1849-50).
— Lepidanthemum triplinervium Klotzsch (1861).
— Dissotis prostata (Thonn.) Hook. f. (1871); Triana (1871) *.
1. Trans. Linn. Soc. Lond. 28 : 58, tab. 4, fig. 446; selon la légende, p. 123, un
tiret idem semble référer la fig. 446 à Dissotis debilis, qui fait l'objet de la fig. 44a. Cette
espèce est bien représentée par deux types d'étamines, mais tous les deux sous la fig. 44a
(cf. texte p. 164). En fait, la fig. 446 représente D. rotundifolia, var. prostata, dont le nom
a été omis et remplacé par un tiret.
Source : MNHN, Paris
— 549 —
— Dissotis deistelii Gilg (1921),
— Dissotis rotundijoiia auct., p. p., non Triana.
Type : Thonning (Sierra Leone).
Cette variété est largement répandue dans la zone intertropicale humide,
de la Guinée à la Côte orientale. Les spécimens dont les appendices du
réceptacle sont presque simples se rapprochent de D. decumbens (P. B.)
Triana. Les spécimens érigés frutescents se rapprochent de D. fruticosa
(Bren.) Brenan et Keay.
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 11 (3) 1971.
A PROPOS DES CONFUSIONS
ENTRE CABUCALA MA DA GA SCA RIE N SIS (A.DC.) Pichon
ET CABUCALA ERYTHROCARPA (Vatke) Markgraf
(APOCYNACÉES)
par Pierre Boiteau
Le genre Cabucala, créé par Pichon en 1948 l , est endémique de Mada¬
gascar. Il comprend 17 espèces dont certaines comprennent elles-mêmes
un certain nombre de variétés. La plupart de ces taxons sont caractérisés
par un polymorphisme très accusé, intéressant non seulement l’appareil
végétatif mais même certains organes floraux. Aussi, la systématique de ce
genre est-elle des plus difficiles.
Le genre appartient à la tribu des Rauvolfiées et les alcaloïdes qu’il
est susceptible de fournir semblent présenter un intérêt comparable à ceux
de certains Rauvolfia dans le domaine des maladies cardio-vasculaires.
Aussi fait-il l’objet d'études de plus en plus nombreuses.
L’objet de la présente note est de mettre en garde contre les confusions
qui ont eu lieu dans le passé entre deux espèces : Cabucala madagascariensis
(A.DC.) Pichon et Cabucala erythrocarpa (Vatke) Mgf. En effet, Pichon
lui-même, en dépit de sa profonde connaissance de la famille, s’y est trompé
et, lors de la création de son genre Cabucala, s’est servi du nom d'Alyxia
madagascariensis A. de Candolle 2 au sens commun, mais erroné, des
botanistes de son temps. Si le célèbre botaniste genevois mentionnait que
le type de son espèce figurait dans les herbiers Boissier (Genève) et du
Muséum de Paris, il avait omis de mentionner le nom du collecteur et le
numéro sur lequel il fondait son espèce.
Voici comment F. Markgraf 3 rapporte les faits : « L’holotype d'Alyxia
madagascariensis A.DC., conservé dans l’herbier du Conservatoire bota¬
nique de Genève, provenant du « Musée de Paris » mais dépourvu d’indi¬
cation de collecteur ou de numéro, n’a pas été étudié par Pichon. Or, cet
échantillon appartient manifestement au même lot que 4 exsiccata conservés
dans l’herbier du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris, dont
1. M. Pichon. Notulae Systematicae 13, 3 : 202 (1948).
2. A. de Candolle in DC, Prodromus Systematis 8 : 345 (1844).
3. F. Markgraf, Adansonia, sér. 2, 10 : 512 (1970).
Source : MNHN, Paris
- 552 —
Source : MNHN, Paris
— 553 —
l'un porte l’inscription suivante : « Madagascar, Sainte-Marie, n° 106,
M. Bernier 1834 ». C’est d’après ce même échantillon que M. Pichon a
décrit son Cabucala glauca. En l’absence d’une citation précise du type
d ’Alyxia madagascariensis dans le Prodome, M. Pichon n’avait pas rapporté
à cette espèce le matériel de Bernier. En outre, des plantes récoltées en 1949
par Boivin avaient antérieurement été déterminées, avec quelque doute,
comme Alyxia madagascariensis. C’est ce dernier matériel qui avait servi
de référence pour la détermination des nombreuses récoltes ultérieures
entrées dans les collections parisiennes. Or, il s’agissait, en fait, d’une autre
espèce, distincte d 'A. madagascariensis A.DC., décrite en 1883 sous le nom
d ’Ellertonia madagascariensis Radlkofer 1 . L’épithète « madagascariensis »
ne pouvant être transférée dans le genre Alyxia, Vatke changeait en 1885
le nom en Alyxia erythrocarpa ; pour la même raison, c'est cette dernière
épithète que nous transférons aujourd'hui sous Cabucala. »
Il convient donc de bien distinguer entre elles ces deux espèces. Comme
le binôme créé par Pichon ne peut s'appliquer, en vertu des règles de la
nomenclature internationale, qu’à l’espèce précédemment reconnue par
de Candolle, c’est elle, et notamment son type : Bernier 106 (holotype à
Genève), qui doit porter le nom de Cabucala madagascariensis (A.DC.)
Pichon.
L’autre espèce, qui a pour type Hildebrandt 3232 récolté sur la petite
île de Nosy-Be, doit s’appeler désormais Cabucala erythrocarpa (Vatke)
Markgraf.
C’est cette dernière espèce qui comprend les variétés angustifolia
Pichon et intermedia Pichon (la variété latifolia Pichon, conforme au type
de l’espèce, devenant obligatoirement variété erythrocarpa).
Or, ajoutant aux confusions antérieures, Groebel, Lenoir et Pernet 2 ,
dans une étude chimique récente, viennent de l’appeler Cabucala madagasca¬
riensis Pich. Ils citent pourtant eux-mêmes les trois variétés créées par Pichon
et qui doivent être considérées comme des variétés de C. erythrocarpa et
précisent que la plante étudiée provient de la côte ouest de Madagascar
et croît « in den Gebieten sclerophyller Wâlder, besonders an dem Ràndern
kleiner Wasserlàufe ». Ces précisions nous permettent d’affirmer que l'espèce
qu’ils ont étudiée est C. erythrocarpa et non pas C. madagascariensis.
Comme le montre notre carte de répartition géographique (PI. 3)
sur laquelle ont été reportés tous les sites où l’une des deux espèces a été
récoltée jusqu’ici, on peut voir que le véritable C. madagascariensis est une
espèce ombrophile, relativement peu répandue, que l’on ne rencontre que
sporadiquement dans la forêt orientale, notamment dans la petite île de
Sainte-Marie où Bernier l’a récoltée le premier, puis dans la forêt des
pentes orientales et plus rarement (pour la variété amygdalifolia Mgf.)
dans les forêts d’altitude dans la mesure où celles-ci reçoivent encore une
humidité à peu près constante.
1. Radlkofer, Abhandl. Natürw. Ver. Bremen 8 : 402 (1883).
2. A. Groebel, D. Lenoir et R. Pernet, Planta Medica (Stuttgart), Band 19,
Heft 1 : 1-5 (1970-1971).
Source : MNHN, Paris
PI. 2. — Cabucala erythrocarpa (Vatke) Markgraf var. i nier media (Pichon) Mgf.;
rameau fleuri x 2/3; détails de la fleur x 4/3; clavencule et étamine x 10 3.
Source ; MNHN, Paris
— 555 —
C. erythrocarpa, au contraire, est une espèce beaucoup plus ubiquiste,
largement répandue dans les forêts tropophiles de la côte Ouest, mais
aussi sur les sables et les grès dans la région très humide du Sambirano
(côte Nord-Ouest), sur la petite île de Nosy-Be, aux îles Comores et, plus
exceptionnellement, dans les endroits particulièrement arides, tels que les
sables littoraux ou les dunes côtières, sur la côte Est elle-même.
Il n’y a aucun doute pour nous que c'est de C. erythrocarpa et très
probablement même de sa variété intermedia (Pich.) Mgf. que Groebel,
Lenoir et Pernet ont isolé la 10-methoxyajmalicine 1 . La variété intermedia
est en effet facile à récolter. Elle est commune en des points aisément
accessibles, notamment en bordure de la route nationale n° 4 Tananarive-
Majunga, l’une des plus belles artères automobilisables de Madagascar.
De plus, Pernet avait déjà relevé dans cette variété une forte teneur en
alcaloïdes lorsqu’il travaillait à Madagascar 2 .
Sur le plan écologique, C. madagascariensis est une espèce de sous-bois,
incapable de survivre dès que la forêt ombrophile est détruite ou seulement
sensiblement dégradée par les feux ou l’exploitation abusive. C. erythro¬
carpa, au contraire, survit jusque dans les savanes soumises aux feux pério¬
diques et se maintient très bien dans les forêts tropophiles fortement dégra¬
dées. Il s’accommode fort bien des stations arides, ce qui correspond bien
à ce que disent Groebel, Lenoir et Pernet de la plante qu'ils ont étudiée.
Le véritable C. madagascariensis (A.DC.) Pichon compte lui aussi
3 variétés :
— la variété madagascariensis, conforme au type de l’espèce ;
— la variété longipes (Pichon) Mgf.; dans un travail encore inédit,
F. Markgraf rattache en effet à cette espèce, en tant que simple variété
l’ancien Cabucala longipes Pichon 3 4 ;
— la variété amygdalifolia Markgraf.
C’est sur cette dernière variété ( Boiteau 2123 ) 5 6 qu’ont porté nos recher¬
ches chimiques qui feront l’objet d’une prochaine publication®. Notre carte
de répartition géographique (PI. 3) montre qu’il s'agit d'une forme devenue
1. Il est regreilable que ces auteurs ne citent aucun échantillon botanique de réfé¬
rence susceptible de permettre à un systématicien de contrôler l'identité exacte du matériel
sur lequel ils ont travaillé. C'est une règle à laquelle les phytochimistes devraient cons¬
tamment se conformer, dans l’intérêt même de leurs recherches.
2. R. Pernet, Mém. Tnst. Scientifique de Madagascar, sér. B, 8 : 7 (1957).
3. M. Pichon, Notulae Systematicae 13, 3 : 205 (1948).
4. Nous remercions vivement M. le Professeur F. Markgraf qui a bien voulu nous
autoriser à faire état de ces travaux encore inédits et à publier de façon anticipée la brève
diagnose latine ci-dessous pour éviter un nomen nudttm.
Cabucala madagascariensis (A.DC.) Pich., var. amygdalifolia Mgf.
A typo differl foliis auguste laitceolaiis vel lineari-lanceolatis (40-65 x 10-14 mm),
apice acuminatis; pedicellis brevioribus (3-6 mm).
Type de la variété : Perrier de ta Bâlhie 8840.
5. In Herbier Muséum Paris.
6. C. Kan-Fan, J. L. Pousset, P. Boiteau et P. Potier, à paraître dans Phyto-
chemistry.
Source : MNHN, Paris
— 556 —
O var.erythroearpa a var.madagascariensis
• var.angustifolia ■ var. amygdalifolia
@ var.intermedia 0 var.longipes
PI. 3. — Répartition géographique des Cabucala erythrocarpa et C. madagascariensis et de
leurs variétés (chaque signe représente une récolte). On voit que C. madagascariensis
est beaucoup plus localisé et ne se rencontre que sur la côte est et les pentes orientales.
Source : MNHN, Paris
— 557 —
Tableau I
CARACTÈRES DISTINCTIFS ENTRE C. MADAGASCARIENSIS (A.DC.) Pich.
ET C. ERYTHROCARPA (Vatke) Mgf.
C. madagascariensis
C. erythrocarpa
Caractères morphologiques
Feuilles plus ou moins longuement pétio-
Iées (pétiole 2-6 mm)
Inflorescences pluriflores (8-32 flores)
Pédoncule commun toujours manifeste
(9-42 mm)
Fruit longuement cylindrique à l’état
jeune, ne devenant toruleux qu’à la
maturité
Feuilles sessiles ou subsessiles (pétiole de
moins de 1 mm)
Inflorescences pauciflores (2-8 flores) ou
fleurs isolées
Pédoncule commun nul ou n'excédant pas
5 mm (0-5 mm)
Fruit toruleux à l’état jeune, à segments
comprimés latéralement, jamais cylin-
Caractères écologiques
Espèce ombrophile de sous-bois I Espèce tropophile résistant à de longues
périodes sèches
Incapable de se maintenir dès que la forêt Se maintient en forêt dégradée et même
est dégradée | en savane soumise aux feux.
Caractères phytogéographiques
Étroitement localisée
pentes orientales
Espèce ubiquiste, répandue sur la côte
Ouest, dans le Sambirano, aux îles
Comores et jusque dans les endroits
arides (sables littoraux, dunes) de la
côte Est
Caractères chimiques
Alcaloïde caractéristique : 9-methoxyajma-| Alcaloïde caractéristique : 10-methoxyaj-
licine malicine
Source : MNHN, Paris
— 558 —
rare, localisée dans les forêts d’altitude du versant oriental; beaucoup de
ces massifs forestiers ayant été détruits, son aire est très disjointe. Nous
l’avons ramassée dans le domaine forestier d’Ankidonolava (sous-préfecture
de Vondrozo) avec l’aimable coopération du Service Malgache des Eaux
et Forêts. Elle y est connue en dialecte Taifasy sous le nom de Vavolo.
Sur le plan morphologique, les caractères qui permettent le mieux de
distinguer les deux espèces sont les suivants : les feuilles sont toujours
nettement pétiolées (pétiole de 2 à 6 mm) chez C. madagascariensis, alors
qu’elles sont subsessiles (pétiole de moins de 1 mm) ou sessiles chez
C. erythrocarpa. Les inflorescences sont toujours pluriflores (8 à 32-flores)
chez C. madagascariensis, avec un pédoncule commun toujours manifeste
(de 9 à 42 mm); elles sont au contraire pauciflores (2 à 8-flores) ou même
réduites à une seule fleur isolée et le pédoncule commun, souvent nul, ne
dépasse pas 5 mm chez C. erythrocarpa. Le fruit est composé de deux méri-
carpes opposés longuement cylindriques à l’état jeune, ne devenant toruleux,
c’est-à-dire présentant des rétrécissements manifestes entre les graines,
qu’au moment de la maturité chez C. madagascariensis ; il est au contraire
à méricarpes toruleux dès le jeune âge chez C. erythrocarpa et les renflements
correspondants à chaque graine sont dans cette espèce précocement com¬
primés latéralement.
Nous avons préparé pour la révision des Apocynacées malgaches
qui doit paraître dans la « Flore de Madagascar et des Comores » que publie
le Muséum National d'Histoire Naturelle et dont la rédaction a été confiée
à F. Markgraf, un certain nombre d’illustrations. On trouvera ici les
planches représentant C. madagascariensis (A.DC.) Pich., variété longipes
(PI. 1) (Pich.) Mgf. et C. erythrocarpa (Vatke) Mgf. variété intermedia (Pich.)
Mgf. 1 (PI. 2).
Nous croyons utile de résumer dans le tableau 1 les différences
qui nous paraissent fondamentales entre les deux espèces sur les plans
morphologique, écologique, phytogéographique et chimique, afin d’éviter
si possible à l’avenir ces confusions regrettables.
Laboratoire de Phanérogamie
Muséum. Paris
1. Nous remercions M. le Professeur J. F. Leroy, Directeur du Laboratoire de
Phanérogamie, qui dirige la publication de la « Flore de Madagascar et des Comores »,
de nous avoir aimablement autorisé à publier ces planches par anticipation.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 11 (3) 1971.
LISTA DE LAS ESPECIES CUBANAS
DE LYCOPODIOPHYTA, PS1LOTOPHYTA, EQUISETOPHYTA
Y POLYPODIOPHYTA (PTERIDOPHYTA)
par J. J. Duek
Résumé : 98 genres et 518 taxons (476 spécifiques et 41 infraspécifiques) sont rappor¬
tés pour Cuba, dont 31 endémiques, 120 types proviennent de Cuba.
Les synonymes locaux (107), noms vernaculaires de 6 espèces, nombres chromo¬
somiques de 202 taxa, surtout de la Jamaïque (cf. Walker, 1966, et d’autres) et la distri¬
bution géographique en Florida et dans les Grandes Antilles sont cités.
Cette information préliminaire montre que 70 Pteridophytes cubains (13,5 %)
habitent aussi la Florida, 236 Hispaniola (45,7 %), 305 la Jamaïque (59,1 %) et 223 Porto-
Rico (43,2 %).
Asplénium Mortonii nom. nov. pour Gymnogramma Eggersii Christ est donné et les
nouvelles combinaisons : Thelypteris Shaferi (Maxon et C. Chr.), T. subgen. Goniopteris
(Presl), T. repians (Gmelin) Morton var. angusta (C. Chr.), T. replans (Gmelin) Morton
var. conformis (C. Chr.), Ctenitis hirta (Sw.) Ching var. hirta f. cubana (C. Chr.), Polysti-
chopsis lurida (Underw. et Maxon ex Slosson) Morton var. sericea (Mett.), Blechnum
exalialum (Fée) sont établies.
Abstract: A list of Cuban species of Lycopodiophyta , Psilotophyta, Equisetophyta
and Polypodiophyla (Pteridopliyta). 98 généra and 518 taxa (476 spécifie and 41 infra-
specific) from Cuba are reported, 31 (6,2 % of the total areconsideredendemic). 120types
are from Cuba.
Local synonyms (107), vernacular names of few species (6), chromosome numbers
of 202 taxa, especially from Jamaica (cf. Walker, 1966, and others) are cited. Geogra-
phical distribution in Florida and in the Greater Antilles is given.
This preliminary information shows that the Cuban Pteridophyta hâve in general
70 taxa in common with Florida (13,5 %), 236 with Hispaniola (45,7%), 305 taxa with
Jamaica (59,1 %) and 223 with Porto Rico (43,2 %).
A new name and seven new combinations (see above).
Agradecimientos
Al Centre National de la Recherche Scientifique, Francia: estudios realizados en
el Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris, y en el Centre d’Études Phytosocio-
logiques et Écologiques, Montpellier.
Al Deutscher Akademischer Austauschdienst, Repùblica Fédéral Alemana: estudios
en el Botanischen Garten und Muséum, Berlin-Dahlem,
Source : MNHN, Paris
— 560 —
AI Ceskoslovenskâ Akademie Ved : estudios en el Instituto de Botânica, Pruhonice,
Praga, por la contribuciôn financiera que hizo posible mi revisiôn de la colecciones y de
los tipos.
A la Sefiora M. L. Tardieu-Blot, Paris, al Dr. D. Meyer, Berlin, al Sefior A. C.
Jermy, British Muséum, por las atenciones recibidas durante mi estadia en sus respectivas
instituciones.
Al Profesor Elias de la SOTA, de la Universidad de La Plata, Argentina, por la
lectura critica del manuscrito, sus sugerencias y su ayuda.
TRATAMIENTO
El présente trabajo es producto de la revisiôn critica de las colecciones
cubanas y de los numerosos tipos existentes en los herbarios citados asi
como de un estudio minucioso de la literatura, hasta donde es necesaria una
revisiôn taxonômica profunda.
Los problemas que se han puesto en evidencia muestran la necesidad
de revisiones de numerosos géneros. No obstante, considero ütil la publi-
caciôn de esta lista por cuanto reüne la informaciôn dispersa y constituye
la ûnica lista de helechos y grupos afines, de Cuba, desde la publicaciôn del
Catalogus Platarum Cubensium por Grisebach en 1866. En él se citan
255 taxa de helechos y 24 de grupos afines. La présente lista eleva los pri-
meros a 480 taxa y los segundos a 37 taxa: del total de 518, 120 fueron
descritos sobre tipos originarios de Cuba, 21 han sido reducidos a la
sinonimia y 31 son considerados endémicos lo que représenta un 6,2 %
de la flora pteridolôgica de Cuba.
En muy pocos casos se dan los nombres vernaculares siguiendo Roig
y Mesa, 1953.
Se incluye la bibliografia mâs importante en la cual se halla informaciôn
bâsica sobre las especies cubanas, excluyendo las obras clâsicas y las de
sistemas de clasificaciôn.
Se considéra solo la distribuciôn geogrâfica de las especies en las
Grandes Antillas.
A pesar de la importancia de la distribuciôn de las especies dentro de
la isla de Cuba, omitimos su publicaciôn pues lamentablemente la infor¬
maciôn de que disponemos es incompleta, en lo que respecta a la distri¬
buciôn de las especies en sus ecôtopos.
Hemos mantenido un tratamiento « clâsico », por ejemplo: Lycopodium
en un solo género ; las Hymenophyllaceae : Hymenophyllum y Trichomanes ;
las Thelypteridaceae : Thelypteris (la division de este género en subgéneros
segün Christensen, Monog. gen. Dryopteris ), evitando asi las nuevas
combinaciones a que daria lugar el reconocimiento de Cyclosorus como
género independiente, tal como ha sido sugerido por destacados especialistas
con sôlidos argumentos. No obstante, se admite la segregaciôn genérica
en otros grupos: Cheiroglossa, Adianlopsis, Ctenopteris, Xiphopteris, etc.
Source : MNHN, Paris
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Herbarios estudiados (siglas segün Ind. Herbar. 1964, los marcados * no figuran
en dicho Indice):
CSC, Colegio del Sagrado Corazôn, Guantànamo, Provincia de Oriente (Ahora
en SV).
HABA, Ex Academia de Ciencias Médicas, Fisicas y Naturales de La Habana
(Ahora en SV).
H AJ B, Jardin Botânico de la Universidad de La Habana.
* IBH, Instituto de Biologia, La Habana; Academia de Ciencias de Cuba.
* IBS, Jardin Botânico de Soledad, Cienfucgos; del Instituto de Botânica, Aca¬
demia de Ciencias de Cuba (ex Atkins Institution del Arnold Arboretum, Soledad,
Cienfuegos).
LS, Ex Colegio de La Salle, La Habana (Ahora en SV).
* LSO, Ex Colegio de La Salle, Santiago de Cuba, Provincia de Oriente (Ahora
en SV).
SV, Estaciôn Experimental Agronômica, Santiago de las Vegas (Ahora Instituto de
Investigaciones Agronômicas, Academia de Ciencias de Cuba).
* UO, Universidad de Oriente, Santiago de Cuba (Ahora en HAJB).
B, Botanisches Garten und Muséum, Berlin-Dahlem.
BM, British Muséum (Natural History), London.
K, Royal Botanic Gardens, Kew.
P, Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris.
PR, Museo Nacional de Praga.
PRC, Instituto de Botânica de la Universidad Charles, de Praga.
En el texto: F — Florida, H - Hispaniola (La Espahola), Santo Domingo y/o
Haiti, J Jamaica, PR = Puerto Rico.
Los numéros cromosômicos: n° c, han sido tomados de Walker, 1966
y en pocos casos, indicados explicitamente, de Evans, 1963, 1969, de Mickel,
1962 y de Sorga, 1964 e in F abri, 1965, 1968 ; ellos corresponden a 202 taxa
cuyo material proviene de las Grandes Antillas.
Por razones prâcticas, los géneros, dentro de cada familia, y sus especies
se ordenan alfabéticamente. Siete especies (precedidas por asterisco) no se
hallaron en los herbarios revisados. Se cita la sinonimia de importancia
local que frecuentemente se encuentra en los herbarios cubanos. Ha sido
necesario establecer algunas combinaciones nuevas.
Source : MNHN, Paris
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LYCOPODIOPHYTA
LYCOPODIACEAE
1. Lycopodium L.
subg. Lycopodium
L. carolinianum L., Sp. PI. 2 : 1104.1753 (F).
L. carolinianum L. var. méridionale (Underw. el Lloyd) Nessel, Arch. Bot. Est. S. Paulo
1 : 431.1928 (H, J, PR; n° c 69).
L. cernuum L., Sp. PI. 2 : 1103.1753 (F, H, J, PR; n» c 165).
L. clavatum L., Sp. PI. 2 : 1101.1753 (F. J; n" c 34, 2x?).
subg. Urostachys Herter
I.. aqualupianum Spring, Monog. Lycop. I : 68.1842 (H, PR).
L. dichotomum Jacq., Hort. Bot. Vind. 3 : 26, t. 45.1776 (F, H, .1, PR; n°c 132; Sorsa,
1964).
L. funiforme Bory in Brongn., Hist. Vég. Foss. 10, 18, t. 7, f. 9.1937 (H, J, PR).
L. linifolium L., Sp. PI. 2 : 1100.1753 (H, J, PR; n° c 130-140, 8x ; Sorsa, 1964).
L. montanum Underw. et Lloyd, Bull. Torrey Bot. Club 33 : 107.1906.
L. pithyoides Schlecht. et Chamisso. Linnaea 5 : 623.1830.
L. retlexum Lam., Encycl. Méth. 3 : 653.1789 (H, J, PR; n° c 128).
— Lycopodium squarrosum Sw., Prodr. : 137.1788, non Lycopodium squarrosum Forst.
1786.
I.. serratum Thunb., Fl. Jap. : 341, t. 38.1784.
I- taxifolium Sw., Prodr. : 138.1788 (H, J, PR).
L. verticillatum L. F., Suppl. : 448.1781 .(H,.J,.PR).
— Lycopodium seraceum Lam., Encycl. Méth. 3 : 653.1789, non Lycopodium seiaceum
Hamilton, 1825 (Cf. Herter, 1949).
SELAGINELLACEAE
2. Selaginella Beauv.
S. apoda (L.) Morren, Belg. Hort. 4 : 70.1854 (F).
— Lycopodium apodum L., Sp. PI. 2 : 1105.1753.
S. arma ta Bak., J. Bot. 22 : 90.1884 (F, H, J, PR).
— Selaginella panda sensu Sauvalle. An. Acad. Habana 8 : 413.1872, non Spring.
— Selaginella rhodospora Bak., J. Bot. 22 : 111.1884.
— Selaginella consimilis Bak., J. Bot. 23 : 179.1885.
S. bracei Hieron. ex O. C. Schmidt, Fedde Repcrt. 20 : 156.1924.
S. confusa Spring, Flora 21 : 218.1838 (J).
S. convoluta (Arn.) Spring in Mart., Fl. Bras. 1 (2) : 131.1840 (H).
— Lycopodium convolulum Arn., Mém. Werner. Nat. Hist. Soc. 5 : 199.1824.
— Selaginella lepidophylla sensu Sauvalle, An. Acad. Habana 8 : 413.1872, non Spring.
— Selaginella longispicata Underw. ex Millsp., Publ. Field. Columb. Mus. Bot. Ser.
1 : 287, t. 10.1896.
S. cordifolia (Desv.) Spring, Bull. Acad. Brux. 10 (I) : 228.1843 (H. PR).
— Lycopodium cordifolium Desv. ex Poir., Encycl. Méth. 3 : 548.1814.
— Selaginella panda var. cordifolia (Desv.) Griseb., Cat. PI. Cub. : 271.1866.
S. heterodonta (Desv.) Hieron. in Urb., Symb. Ant. 9 : 392.1925 (H, J).
— Lycopodium heterodonron Desv. ex Poir., Encycl. Méth. 3 : 548.1814.
Selaginella brevicaulis Bak., J. Bot. 21 : 83.1883.
Source : MNHN, Paris
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S. microdendron Bak., J. Bot. 23 : 116.1885; typus : Cuba, Wright 3910 (J).
— Selaginella cuspidata sensu Griseb., Flora Brit. W. Ind. Is. 645.1864, non Link.
S. ovifolia Bak., J. Bot. 22 : 90.1884 (H, J, PR).
S. plagiochila Bak., J. Bot. 21 : 212.1883 (H).
— Selaginella confusa sensu Griseb., Cat. PI. Cub. : 271.1866, non Spring.
S. plumieri Hieron. in Urb., Symb. Ant. 7 : 488.1913 (H).
S. plumosa (L.) Presl, Bot. Bemerk. : 153.1844 (H, J, PR).
— Lycopodium plumosum L., Sp. PI. 2 : 1105.1753.
— Selaginella stolonifera (Sw.) Spring, Flora 21 : 193.1838.
S. prasina Bak., J. Bot. 22 : 113.1884; typus : Cuba, Wright 1825 (BM) — Endé-
— Selaginella crassinervia sensu Griseb., Cat. PI. Cub. 271.1866, non Spring.
— Selaginella sp. (cum descr.) Sauvalle, An. Acad. Habana 8 : 414.1872.
S. rotundifolia Spring, Bull. Acad. Brux. 10 (1) : 139.1843.
S. sellowii Hieron., Hedwigia 39 : 306.1900.
— Selaginella pauciciliata Hieron., Hedwigia 58 : 284.1917; typus : eastern Cuba,
Wright 1820 (BM).
— Selaginella rupestris sensu Griseb., Cat. PI. Cub. : 271.1866, non Spring.
S. serpens (Desv.J Spring, Bull. Acad. Brux. 10 (1) : 228.1843 (H, J).
— Lycopodium serpens Desv. ex Poir., Encycl. Méth. 3 : 553.1814.
S. subcaulescens Bak., J. Bot. 22 : 277.1884; typus : Cuba, Wright 1822 (J, PR).
— Selaginella substipitata sensu Griseb., Cat. PI. Cub. : 271.1866, non Spring.
— Selaginella haenkeana sensu Sauvalle, An. Acad. Habana 8 : 413.1872, non Spring.
— Selaginella albo-nitens sensu Urb., Symb. Ant. 4 : 69.1903, non Spring.
— Selaginella sintenisii Hieron., Hedwigia 58 : 299.1917.
S. tenella (Beauv.) Spring, Bull. Acad. Brux. 10 (1) : 234.1843 (H, J, PR).
— Diphstachium tenellum Beauv,, Mag. Encycl. 9 (5) : 481.1804.
— Selaginella albo-nitens Spring, Bull. Acad. Brux. 10(1) : 139.1843.
Especies introducidas (Cf. A. C. Jermy, 1967, comunicaciôn Personal).
Fueron herborizadas y existen en los herbarios cubanos. Se trata de especies exôticas,
pero no se puede asegurar si integran o no la dora como elemento adventicio.
— S. braunii Bak.; S. erythropus Spring; S.flabellata (L.) Spring; S. pallescens (Presl)
Spring, sin. Selaginella emmeUana V. Geert; 5'. plana (Desv.) Hieron.; 5. umbrosa
Lemaire ex Hieron.; S. willdenowii (Desv.) Bak.
1SOETACEAE
3. Isoetes L.
1. cubana Engelm., Trans. St. Louis Acad. Sc. 4 (2) : 389.1882; typus : Cuba, Provincia
de Pinar del Rio, in rivulets of the pinewood, Wright 3912 (MO) — Endémica.
I. sp. Bisse et Duek (HAJB), correspondiendo a una especie distinta de Isoetes cubana
Engelm. que no pudo ser determinada.
PSILOTOPHYTA
PS1LOTACEAE
4. Psilotum Sw.
P. complanatum Sw., Syn. Fil. :. 188, 414, t. 4, f. 5.1806 (J).
P. nudum (L.) Griseb., Abh. Ges. Wiss. 7 : 278.1857 (F, H, J, PR; n» c 104, 4 x).
— Lycopodium nudum L., Sp. Pi. 2 : 1100.1753.
Source : MNHN, Paris
— 564 —
EQUISETOPHYTA
EQUISETACEAE
5. Equisetum L.
subg. Hippochaete (Milde) Bak.
E. giganteum L., Sp. PI. ed. 2, 2 : 1517.1763.
POLYPODIOPHYTA
OPHIO GL OSSIDA E
OPHIOGLOSSACEAE
6. Botrychium Sw.
subg. Osmundopteris (Milde) Clausen
B. cicutarium (Sav.) Sw., Syn. Fil. : 171.1806 (H, J).
— Osmunda cicutaria Sav., in Lam. Encycl. Méth. 4 : 650.1797.
— Botrychium dichronum Underw., Bull. Torrey Bot. Club 30 : 45.1903.
subg. Sceptridium (Lyon) Clausen
B. jenmani Underw., Fern Bull. 8 : 59.1900 (H, J, PR).
7. Cheiroglossa Presl
C. palmata (L.) Presl, Abh. Bôhm. Ges. Wiss. 4 : 317.1845 (F, H, J, PR).
— Ophioglossum palmatum L., Sp. PI. 2 : 1062.1753.
8. Ophioglossum L.
subg. Ophioglossum
O. reticulatum L., Sp. PI. 2 : 1063.1753 (H, J, PR; n° c 480, 8 x).
O. tenerum Mett. in Prantl, Ber. Deutsch. Bot. Ges. 1 : 325.1883 (F, H).
— Ophioglossum pusillum Nutt., Gen. 2 : 248.1818, non Ophioglossum pusillum Raf.
1814.
MARA TTIIDAE
MARATTIACEAE
9. Danaea Smith
D. elliptica Smith in Rees, Cycl. 11 : Danaea n° 2.1808 (H, J, PR; n°c 80,4x ).
D. jamaicensis Underw., Bull. Torrey Bot. Club 29 : 675.1902 (J).
D. nodosa (L.) Smith, Mém. Acad. Turin 5 : 420.1793 (H. J, PR).
— Acrostichum nodosum L., Sp. PI. 2 : 1070.1753.
D. wrightti Underw., Bull. Torrey Bot. Club 29 : 676.1902; typus : Cuba, La Guinea.
abundant on the steep northern declivity, Wright 1066 (US) (PR).
10. Marattia Sw.
M. alata Sw., Prodr. : 128.1788 (H. J; n» c 40, 2x).
M. kaulfussi J. Smith in Hook., Gen. Fil. t. 26.1839.
Source : MNHN, Paris
565 —
OSMUNDIDAE
OSMUNDACEAE
11. Osmunda L.
O. cinnamomea L., Sp. PI. 2 : 1066.1753 (F, J, PR; n° c 22, 2x Sex).
O. resalis L., Sp. PI. 2 : 1065.1753 (F. J; n® c 22),
FILICIDAE
G LEICHENIACEAE
12. Dicranopteris Bernh.
subg. Dicranopteris
D. bancroftii (Hook.) Underw., Bull. Torrey Bot. Club 34 : 252.1907 (J; n° c 56, 2 x ).
— Gleichenia bancroftii Hook., Sp. Fil. 1 : 5.1844.
D. fiexuosa (Schrad.) Underw., Bull. Torrey Bot. Club 34 : 254.1907 (F, H, J, PR).
— Mertensia fiexuosa Schrad., Goett. Gel. Anz. 863.1824.
— Mertensia rigida Kunze, Linnaea 9 : 16.1834.
D. pectinata (Willd.) Underw., Bull. Torrey Bot. Club 34 : 260.1907 (H, J, PR;n°c43,
2 z ; n° c 44, Sorsa, 1968).
— Mertensia pectinata Willd., Sv. Vet. Akad. Handl. 11 (25) : 168.1804.
13. Gleichenia Smith
subg. Gleichenia
G. bifida (Willd.) Spreng., Syst. Veg. 4 : 27.1827 (H, J, PR ; n° c 34, 2 x ; n° c 34, c. 34,
2n°c 68, cf. Sorsa, 1968).
— Mertensia bifida Willd., Sv. Vet. Akad. Handl. 11 (25) : 168.1804.
— Dicranopteris cubensis Underw., Bull. Torrey Bot. Club 34 : 253.1907; typus : Cuba,
Provincia de Oriente, near Baracoa, slopes of El Yunque, on clay banks, Underw. et
Earle 1416 (NY).
subg. Mertensia (Willd.) Diels
G. brittonii (Maxon) C. Chr., Ind. Suppl. 3 : 106.1934.
— Dicranopteris brittonii Maxon. Contr. U.S. Nat. Herb. 24 : 47, t. 18.1922.
G. furcata (L.) Spreng., Syst. Nat. 4 : 25.1827.
— Acrostichum furcatum L., Syst. Nat., ed. 10, 2 : 1321.1759.
G. jamaicensis (Underw.) C. Chr., Ind. Suppl. 44.1913 (J: n° c 68,2n : 136, 4x Sex).
— Dicranopteris jamaicensis Underw., Bull. Torrey Bot. Club 34 : 258.1907.
G. leonis (Maxon) C. Chr., Ind. Suppl. 3 : 106.1934.
— Dicranopteris leonis Maxon, J. Wash. Acad. Sc. 12 : 439.1922; typus : Cuba, Pro¬
vincia de Oriente, Sierra Maestra, Pico Turquino région, Leon 11092 (US) — Endé-
G. palmata (Schaffn.) Moore, Ind. Fil. : 380.1862 (J: n° c 34, 2x).
— Mertensia palmata Schaffn. in Fée, Mém. Foug. 9 ; 40 (32). 1857.
G. trach.vrhizoma Christ, Bull. Herb. Boiss. 2 (6) : 280.1906.
SCHIZAEACEAE
14. Anémia Sw.
subg. Anémia
A. hirta (L.) Sw., Syn. Fil. : 155.1806 (H, PR).
— Osmunda hirta L., Sp. PI. 2 : 1064.1753.
A. hirsuta (L.)Sw.,Syn. Fil. : 156.1806(H, J, PR; n°c76, 4x Sex, et n° c 76; Michel,
1962).
Source : MNHN, Paris
— 566 —
— Osmunda hirsuta L., Sp. PI. 2 : 1064.1753.
A. obovata Underw. ex Maxon, North Amer. Flora 16 : 42.1909; typus : Cuba, Wriglu
3933 in part (NY) — Endémica.
A. phyltitidis (L.) Sw., Syn. Fil. : 155.1806.
— Osmunda phyllitidis L., Sp. PI. 2 : 1064.1753.
— Anémia hirta Raddi, 1819.
A. underwoodiana Maxon, North Amer. Flora 16 : 40.1909 (H, J; n° c 76, 4x Sex, et
n» c 76; Mickel, 1962).
subg. Anemiorrhiza (J. Smith) Diels
A. adiantifolia (L.) Sw., Syn. Fil. : 157.1806 (F, H, J, PR; n° c 38, 2x Sex,n°c76,2n :
152, 4 x Sex, « a complex of 2 x and 4 x forms with stérile 3 x hybrid between them,
see Walker, 1962 »; Walker, 1966).
— Osmunda adiantifolia L., Sp. PI. 2 : 1065.1753.
A. cicutaria Poeppig ex Spreng., Syst. Veg. 4 : 31.1827; typus : Cuba, Poeppig
A. coriaeea Griseb., Cat. PI. Cub. : 272.1866; typus : Cuba, Wright I79S — Endémica.
A. cuneata Poeppig ex Spreng., Syst. Veg. 4 : 32.1827; typus : Cuba, Poeppig —
Endémica.
A. nipeensis Benedict, Amer. Fern J. 1 : 41, t. 2.1911 ; typus : Cuba, Provincia de Oriente,
Sierra of Nipe, along trail Piedra Gorda to Woodfred, on serpentine formation,
h. 400-500 m, Shafer 3111 (NY) — Endémica.
A. pastinacaria Moritz in Prantl, Schizaea : 110.1881.
A. speciosa Presl, Abh. Bohm. Ges. Wiss. 4 : 349.1845.
A. wrightii Bak., in Hook. et Bak., Syn. Fil. : 435.1868; typus : Cuba, Wright 1812 —
Endémica.
15. Lygodium Sw.
L. cubense H.B.K., Nov. Gen. et Sp. PI. 1 : 31.1815; typus : Cuba, Provincia de La
Habana, prope Havanam — Endémica.
L. oligostachyum (Willd.) Desv., Prodr. : 205.1827.
— Hidroglossum oligostachyum Willd., Sp. PI. 5:81.1810.
L. venustum Sw., Schrad. Journ. 1801 (2) : 503.1803. (Ver Reinwardtia 5 : 16-17.1959.)
L. volubile Sw., Schrad. Journ. 1801 (2) : 304.1803 (J; n" c 87-90, 6 x).
L. wrightii Eat., Mem. Amer. Acad., n. s., 8 : 217.1860, nomen nudum (sin descripciôn)
basado en Wright 925 ; quizâs sea una variedad de Lygodium volubile Sw.
16. Schizaea Smith
S. germanii (Fée) Prantl. Schizaea : 132.1881 (F).
— Actinostachys germanii FÉE, Mém. Foug. 11 : 123.1866.
S. poeppigiana Sturm in Mart., Flora Bras. 1 (2) : 181.1859 (PR).
— Schizaea occidentalis Griseb., Cat. PI. Cub. : 273.1866; typus : Cuba, Wright 926.
CYATHEACEAE
Subfamilia CYA THEOIDEAE
Tribus CYATHEAE
17. Alsophila R. Br.
A. brooksii (Maxon) Tryon, Contr. Gray Herb. 200 : 29.1970 (H, PR).
— Cyathea brooksii Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 13 : 24.1909; typus : Cuba, Pro¬
vincia de Oriente, Yateras, slopes of the Finca Las Gracias, h. 500 m, Maxon 4474
(US, n° 523240).
A. gracilis Underw. et Maxon, Bull. Torrey Bot. Club 29 : 577.1902; typus : Cuba,
Provincia de Oriente, vicinity of Baracoa, Pollard, F. Palmer et W. Palmer 255 (US,
n° 4032478) — Endémica.
Source : MNHN, Paris
— 567 —
A. microdonta (Desv.) Desv., Prodr. : 319.1827 (J; n" c 69, 2 x).
— Polypodium microdonlum Desv., Berl. Mag. 5 : 319.1811.
— Alsophila ferox Presl, Tent. Pterid. : 62.1836.
— Alsophila armaia Mart., Ic. Cr. Bras. 72, t. 28 : 48.1834.
A. minor (Eat.) Tryon, Contr. Gray Herb. 200 : 29.1970 (H).
— Cyathea minor Eat., Mem. Am. Acad., n. s., 8 : 216.1860; typus : Cuba, Wright 949.
A. myosuroides Liebm., Vid. Selsk. Skr. 5 (1) : 286 (seors. 134). 1849.
A. nitens J. Smith ex Griseb., Flora Brit. W. lnd. Is. : 705.1864. « Helecho ârbol lus-
18. Cnemidaria Presl
C. horrida (L.) Presl, Tent. Pterid. : 57.1836 (H, J, PR; n« c 69, 2x).
— Polypodium horridum L., Sp. PI. 2 : 1092.1753.
— Hemitelia horrida (L.) R. Br. in Spreng., Syst. Veg. 4 : 125.1827.
19. Cyathea Smith
C. aquilina (Christ) Domin, Pteridophyta : 262.1929 (H, PR).
— A. aquilina Christ, Bot. Jahrb. 24 : 83.1897.
Cyathea aquilina (Christ) Domin var. maxonii (Rosenst.) Duek, comh. nov.
— Alsophila aquilina Christ var. maxoni Rosenst., Rep. Sp. Nov. 6 : 179.1908.
C. arborea (L.) Smith, Mém. Acad. Turin 5 : 417.1793 (H, J, PR; n" c 69, 2x).
— Polypodium arboreum L., Sp. PI. 2 : 1092.1753.
C. brittoniana Maxon, J. Wash. Acad. Sc. 14 : 139.1924 (H, PR).
Cyathea calolepis (Hook.) Domin, Pteridophyta : 263.1929 (J).
— Hemitelia calolepis Hook. in Hook. et Bak., Syn. Fil. : 29.1865; typus : Cuba, Wright
950. « Helecho espinoso. »
C. furfuracea Bak. in Hook. et Bak., Syn. Fil. (ed. 2) : 450.1874 (J; n° c 69, 2 x ).
C. producta Maxon, J. Wash. Acad. Sc. 12 : 438.1922; typus : Cuba, Provincia de
Oriente, Sierra Maestra, near Palma Mocha Peak, Leon III8I (US, n° 1049972);
isotypus : (LS).
C. tenera (J. Smith) Griseb., Flora Brit. W. Ind. Is. : 704.1864.
— Alsophila tenera J. Smith in Hook., Sp. Fil. 1 : 49.1844.
C. tenuis Brause in Urb., Symb. Ant. 7 : 154.1911 ; typus : Cuba, Provincia de Oriente,
Pinar de Sta. Ana, h. 600 m, Eggers 5171 — Endémica.
20. Nephelea Tryon
N. araneosa (Maxon) Tryon, Contr. Gray Herb. 200 : 38.1970.
— Cyathea araneosa Maxon, North Amer. Flora 16 : 74.1909; typus : Cuba, Provincia
de Oriente, slopes and summit of the gran Piedra (Santiago de Cuba), h. 900 to 1200 m,
Maxon 4036 (US, n° 522680); isotypus (IBS) — Endémica.
N. balanocarpa (Eat.) Tryon, Contr. Gray Herb. 200 : 38.1970.
— Cyathea balanocarpa Eat., Mem. Am. Acad., n. s., 8 : 215.1860; typus : Cuba,
Wright 1063 — Endémica.
N. cubensis (Maxon) Tryon, Contr. Gray Herb. 200 : 40.1970.
— Cyathea cubensis Maxon, North Amer. Flora 16 : 73.1909; typus : Cuba, Provincia
de Oriente, slopes of El Yunque, h. 500-600 m, Underwoodet Earle 1313 (NY).
N. pubescens (Mett. ex Kuhn) Tryon, Contr. Gray Herb. 200 : 40.1970 (H, J, PR;
2 n : 138, 2x).
— Cyathea pubescens Mett. ex Kuhn, Linnaea 36 : 164.1869.
21. Sphaeoropteris Bernh.
S. insignis (Eat.) Tryon, Contr. Gray Herb. 200 : 20.1970 (J).
— Cyathea insignis Eat., Mem. Am. Acad., n. s., 8 : 216.1860; typus : Cuba, Wright 1064.
22. Trichipteris Presl
T. armata (Sw.) Tryon, Contr. Gray Herb. 200 : 44.1970 (J; n° c 69, 2x).
— Polypodium armatum Sw., Prodr. : 134.1788.
Source : MNHN, Paris
— 568 —
— Alsophila armata (Sw.) Presl, Tent. Pterid. : 62.1836, non Martius.
— Alsophila swartziana Mart., Icon. PI. Crypt. : 73, t. 49.1834.
T. aspcra (L.)Tryon, Contr. Gray Herb. 200 :44.1970(H. J). « Helecho ârbol espinoso. »
— Alsophila aspera (L.) R. Br., Prodr. Fl. N. Holl. : 158.1810.
— Polypodium asperum L., Sp. PI. 2 : 1093.1753.
T. strigillosa (Maxon) Tryon, Conlr. Gray Herb. 200 : 44.1970.
— Alsophila strigillosa Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 24 (2) : 37, t. 11.1922; typus :
eastem Cuba, Wright 1062 (YU).
Tribus LOPHOSORIEAE.
21. Lophosoria Presl
!.. quadripinnata (Gmel.) C. Chr., Ind. Fil. : 47.1905 (H, J. PR; n° c 65, 2x).
— Polypodium quadripinnatum Gmel., Syst. Nat. 2 (2) : 1314.1791.
Subfamilia THYRSOPTERIDOIDEAE
Tribus CULCITEAE.
22. Culcita Presl
C. coniifolia (Hook.) Maxon, Rep. Smiths. Inst. 1911 : 488, t. 13, f. c. 1912 (H, J).
— Dicksonia coniifolia Hook., Sp. Fil. 1 : 70, t. 24 A. 1844.
HYMENOPHYLLACEAE
23. Hymenophyllum Smith
subg. Hymenophyllum
H. fucoides (Sw.) Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 99.1801 (J; n“ c 56; n; c 56, 14 x or
16x?).
— Trichomanes fucoides Sw., Prodr. : 136.1788.
subg. Sphaerocionium (Presl) C. Chr.
H. crispum H.B.K., Nov. Gen. et Sp. PI. I : 26.1815 (J).
H. elegans Spreng., Syst. Veg. 4 : 133.1827 (H).
H. elegantulum v.d. Bosch, Ned. Kr. Arch. 4 : 408.1859 (H. PR).
H. fragile (Hedw.) Morton, Contr. U.S. Nat. Herb. 29 : 172.1947 (H, J).
— Trichomanes fragile Hedw., Fil. Gen. t. 18.1802.
H. hirsutum (L.) Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 99.1801 (H, J, PR; n" c 36, 2 n" : 72,
8x ? or 12x? Sex).
— Trichomanes hirsutum L., Sp. PI. 2 : 1098.1753.
— Hymenophyllum ciliatum Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 100.1801.
H. hirtcllum Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 101.1801 (H, J; n° c 36, 8 ? or 12 - ?).
H. lanatum FÉE, Mém. Foug. 11 : 116, t. 31, f. 3.1866(H, J. PR; n"c 36, 8> ?or 12 x 7).
H. lineare (Sw.) Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 100.1801 (J, PR).
— Trichomanes lineare Sw., Prodr. : 137.1788.
— Hymenophyllum catherinae Hook. in Hook. et Bak., Syn. Fil. : 67.1867.
H. microcarpum Desv., Mém. Soc. Linn. Paris 6 : 333.1827 (H, J, PR).
H. sericeum (Sw.) Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 99.1801 (H, J : n; c 36, 8 ? or 12 > 7).
— Trichomanes sericeum Sw., Prodr. : 136.1788.
— Hymenophyllum cuhense Sturm, Bot. Zeit. : 298.1859; typus ; Cuba, Provincia de
Oriente, Monte Verde, Wright 904.
H. urbanii Brause in Urb,, Symb. Ant. 7 : 484.1913 (H, J).
Source : MNHN, Paris
— 569 —
subg. Mccodium (Presl) Copel
H. abruplum Hook., Sp. Fil. 1 : 88, t. 31 B. 1844 (J; n° c 28, 8 x ?).
— HymenophyUum brevifrons Kunze, Farnkr., I. 96, f. 3.1847.
H. asplenioides (Svv.) Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 98.1801 (H, J, PR; n° c 36, 8x?
or 12 x?).
— Trichomanes asplenioides Sw., Prodr. : 136.1788.
H. axillare Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 101.1801.
H. brcvistipes Liebm., Vid. Selsk. Skr. 5 (I) : 290 (seors. 138). 1849.
H. contnrtum v.d. Bosch, Ned. Kr. Arch. 5 (3) : 170.1863.
H. polvanthos (Sw.) Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 102.1801 (H, J, PR; n° c 28, 8x?).
— Trichomanes polyanlhos Sw., Prodr. : 137.1788.
H. undulatum (Sw.) Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 101.1801 (J; n° c 28, 8 x ?).
— Trichomanes undulatum Sw., Prodr. : 137.1788.
24. Trichomanes L.
subg. Trichomanes
T. angustahim Carm., Trans. Linn. Soc. 12 ; 513.1818.
T. capillaceum L.,Sp. PI. 2 : 1099.1753 (H, J, PR: n ü c 36, 8 x ? or 12 x ?).
T. hymenophylloides v.d. Bosch, Ned. Kr. Arch. 5 (3) : 209.1863 (H, J, PR; n° c 36,
8x? or 12x?).
T. pyxidiferum L., Sp. PI. 2 : 1098.1753.
T. radicans Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 97.1801 (H, J, PR; n° c 36, 8 x ? or 12x7).
T. scandens L., Sp. PI. 2 : 1098.1753 (H, J, PR; n° c 64, 16x7).
T. tenerum Spreng., Syst. Veg. 4 : 129.1827.
subg. Pachychaetum Presl
T. rigidum Sw„ Prodr. : 137.1788 (H, J, PR; n° c 33, 6x?).
subg. Did.vmoglossum (Desv.) C. Chr.
T. angustifrons (Fée) W. Boer in Kramer, Flora Nelh. Ant. 1 (Pterid.) : 17.1962 (H, J,
PR).
— Didymoglossum angustifrons Fée, Mém. Foug. 11 : 113, t. 28, f. 5.1866.
T. ckmanii W. Boer. Acta Bot. Neerl. 11 : 319.1962 (H).
T. godmanii Hook. in Bak., J. Linn. Soc. 9 : 337, t. 8, f. A. 1866.
T. hookeri Presl, Abh. Bôhm. Ges. Wiss. 5 : 108.1843 (H, J, PR; n° c 68, 8x 7).
— Trichomanes muscoides Hook. et Grev., Ic. Fil. t. 179.1830, non Trichomanes mus-
coides Sw. 1801.
T. hymenoides Hedw., Fil. Gen. et Sp. t. 4, f. 3.1799 (H, J).
— Trichomanes apodum Hook. et Grev., le. Fil. t. 117.1829.
T. krausii Hook. et Grev., Ic. Fil. t. 149.1829 (F, H, J, PR; n» c 68, 8 x 7).
T. lineolatum (v.d. Bosch) Hook. in Hook. et Bak., Syn. Fil. : 73.1867; ed. 2 : 73.1874
(F, H, J, PR; n° c 34, 4x7).
— Didymoglossum lineolatum v.d. Bosch, Ned. Kr. Arch. 5 (3) : 136.1863.
T. membranaceum L., Sp. PI. 2 : 1097.1753 (H, J. PR; n° c 34, 2 n° : 68, 4x ? Sex).
T. ovale (Fourn.) W. Boer, Acta Bot. Neerl. 11 : 296.1962 (H, J, PR).
— Didymoglossum ovale Fourn., Bull. Soc. Fr. 19 : 240.1872.
T. punctatum Poir. subsp. sphenoides (Kunze) W. Boer, Acta Bot. Neerl. 11 : 301.1962
(F, H, J, PR).
— Trichomanes sphenoides Kunze, Linnaea 9 : 102.1834.
T. pusillum Sw., Prodr. : 136.1788 (H, J, PR).
T. reptans Sw., Prodr. : 136.1788 (H, J).
subg. Achomanes Presl
T. alatum Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 97.1801 (H, J, PR; n° c 64, 16 x 7).
T. arbuscula Desv., Prodr. : 326.1827 (J; n° c 64, 16 x ?).
— Trichomanes bancroftii Hook. et Grev., Ic. Fil. t. 204.1831.
T. crinitum Sw„ Prodr. ; 136.1788 (J; n" c 64, 16x7).
Source : MNHN, Paris
— 570 —
T. crispum L., Sp. PI. 2 : 1097.1753 (H. J, PR; n° c 128, 32x?).
T. holopterum Kunze, Famkr. 1 : 185, t. 77, f. 2.1845 (J, PR; n° c 64, 2 n° : 128, 16 ?
Sex).
T. osmundioides DC. ex Poir. in Lamarck, Encycl. Méth. 8 : 65.1808 (J: n° c 32, 8 < ?).
T. pinnatum Hedw., Fil. Gen. Sp. t. 4, f. 1.1799 (H, J, PR).
T. polypodioides L., Sp. PI. 2 : 1098.1753 (J, PR; n° c 64, 16x 7).
— Trichomanes sinuosum Rich. in Willd., Sp. PI. 5 : 502.1810.
T. robustum Fourn., Bull. Soc. Fr. 15 : 147.1868 (J; n° c 64, 16 x 7).
T. trigonum Desv., Berl. Mag. 5 : 328.1811.
-— Trichomanes kaulfussii Hook. et Grev., Ic. Fil. addend. 1831.
PLAGIOGYRIACEAE
25. Plagiogyria (Kunze) Mett.
P. obtusa Copel., Philip. J. Sc. 38 : 423, t. 13.1929; typus : Cuba, Provincia de Oriente,
Sierra Maestra, near Pico Turquino, Leon 11 126 (US, n° 1049927).
P. semicordata (Presl) Christ, Famkr. : 176.1897 (J; n° c 66).
— Lomaridium? semicordatum Presl, Epim. : 155.1849.
DENNSTAEDTIACEAE
26. Dennstaedtia Bernh.
D. arborescens (Willd.) Ekman ex Maxon, Proc. Biol. Soc. Wash. 43 : 88.1930.
— DavaUia arborescens Willd., Sp. PI. 5 : 470.1810.
D. bipinnata (Cav.) Maxon, Proc. Biol. Soc. Wash. 51 : 39.1938 (H, J, PR; n°c 94, 4x ).
— Dicksonia bipinnata Cav., Descr. PI. 174.1802.
— Dennstaedtia adiantoides (H. et B. ex Willd.) Moore, Ind. Fil. 1 : xcvii 1857.
D. cicutaria (Sw.) Moore, Ind. Fil. 1 : xcvii 1857 (H, J, PR; n° c 94, 4x).
— Dicksonia cicutaria Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) : 91.1801.
— Dennstaedtia rubiginosa (Kaulf.) Moore, Ind. Fil. 97.1857.
D. dissecta (Sw.) Moore, Ind. Fil. : 305.1861 (J; n° c 47, 2x).
— Polypodium dissection Sw., Prodr. : 134.1788, non Forst. 1786.
— Dennstaedtia cornuta (Kaulf.) Mett., Ann. Sc. Nat. 5 (2) : 260.1864.
D. globulifera (Poir.) Hieron., Bot. Jahrb. 34 : 455.1904 (H, J. PR; n" c 47, 2 x).
— Polypodium globuliferum Poir. in Lam., Encycl. Méth. 5 : 554.1804.
D. obtusifolia (Willd.) Moore, Ind. Fil. : 306.1861 (H, J, PR; n° c 47; Sorsa, 1964).
— Dicksonia obtusifolia Willd., Sp. PI. 5 : 483.1810.
— Dennstaedtia ordinata (Kaulf.) Moore, Ind. Fil. : 306.1861.
27. Hypolepis Bernh.
H. nigrescens Hook., Sp. Fil. 2 : 66, t. 90 C.I852 (J; n° c 29, 2x).
H. repens (L.) Presl, Tent. Pterid. : 162.1836 (F, J, PR; n" c 39; Sorsa, 1964).
— Lonchitis repens L., Sp. PI. 2 : 1078.1753.
28. Microlepia Presl
M. speluncae (L.) Moore, Ind. Fil. 1 : xcvii 1857 (J).
— Polypodium speluncae L., Sp. PI. 2 : 1093.1753.
— Microlepia jamaicensis FÉE, Mém. Foug. 11 : 92.1866.
29. Paesia St. Hil.
P. viscosa St. Hil., Voy. Distr. Diamans 1 : 381.1833 (J; n° c 104, 8x).
Source : MNHN, Paris
— 571 —
30. Pteridium Scopoli
P. aquiünum (L.) Kuhn var. araclinoideum (Kaulf.) Brade, Zeits. Deut. Ver. Wiss.
Kunst Sâo Paulo 1 : 56.1920 (H, J, PR).
— Pteridium araclmoideum Kaulf., Enum. Fil. : 190.1824.
P. aquilinum (L.) Kuhn var. caudatum (L.) Sadeb., Jahrb. Hamb. Wiss. Anst. 14 (3) :
5.1897 (H, J, PR).
— Pteris caudata L., Sp. PI. 2 : 1075.1753.
31. Saccoloma Kaulf.
S. domingense (Spreng.) C. Chr., Ind. Fil. : 612.1906 (J; n° c 188, 8x?, 2 n° c 376,
8 x ? Sex).
— Davallia domingense Spreng., Einleit. Krypt. Gew. 3 : 149, t. 4, f. 3.1804.
S. elegans Kaulf., Berl. Jahrb. Pharm. : 51.1820.
S. inaequale (Kunze) Mett., Arm. Sc. Nat. 4 (15) : 80.1861.
— Davallia inaequalis Kunze, Linnaea 9 : 87.1834.
ADIANTACEAE
32. Acrostichum L.
A. aureum L., Sp. PI. 2 : 1069.1753 (F, H, J, PR; n» c 30, 2 n" 60, 2 x Sex).
A. daneaefolium Langsd. et Fisch., Ic. Fil. : 5, t. 1.1810 (F, H, J, PR; 2 n°60, 2x).
— Acrostichum excelsum Maxon, Proc. Biol. Soc. Wash. 18 : 224.1905.
33. Adiantopsis FÉE
A. asplenioides Maxon, Amer. Fern J. 22 : 14.1932; typus : Cuba, Provincia de Pinar
del Rio, near Rio del Medio, at Las Pozas, Ekman 17456 (US, n° 1301520).
A. paupercula (Kunze) Fée, Gen. Fil. : 145.1852 (J, PR).
— Adiantum pauperculum Kunze, Famkr. 2 : 65, t. 127.1850.
A. pedata (Hook.) Moore, Ind. Fil. : 18.1857.
— Hypolepis pedata Hook., Sp. Fil. 2 : 73, t. 92 A. 1852.
A. radiata (L.) Fée, Gen. Fil. : 145.1852.
— Adiantum radiatum L., Sp. PI. 2 : 1094.1753.
A. reesii (Jenm.) C. Chr., Ind. Fil. : 22.1905.
— Cheilanthes reesii Jenm., J. Bot. Brit. For. 24 : 267.1886.
A. rupicola Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 10 : 485.1908; typus : Cuba, Provincia de
Pinar del Rio, in mountains near El Guamâ, in crevices of partially shaded limestone
cliffs, W. Palmer et Riley 242 (US, n° 372124).
34. Adiantum L.
A. capillus-veneris L., Sp. PI. 2 : 1096.1753 (F, J, PR). « Culantrillo de Pozo. »
A. concinnum H. et B. ex Willd., Sp. PI. 5 : 451.1810 (H, J, PR; n» c 58, 4 x, et n" c 60,
4x; Sorsa, 1964).
A. cristatum L., Syst. Nat., ed. 10, 2 : 1328.1759 (H, J, PR; n° c 30, 2x).
A. deltoideum Sw., Prodr. : 134.1788 (J; n° c 30, 2x Sex).
A. fragile Sw„ Prodr. : 135.1788 (H, J, PR).
A. fructuosum Poeppig ex Spreng., Syst. Veg. 4 : 113.1827; typus : Cuba, Poeppig.
A. kunzeanum Klotzsch, Linnaea 18 : 555.1844.
A. latifolium Lam„ Encycl. Méth. 1 : 43.1783 (H, J, PR; n- c 60, 4x).
A. macrophyllum Sw., Prodr. : 135.1788 (J, PR: n" c 30, 2 x).
A. melanoleucum Willd., Sp. PL 5 : 443.1810 (F, H, J, PR; n; c 30, 2 x ). « Cucaracha. »
A. melanoleucum Willd. var. cubense (Hook.) Bonaparte, Notes Pterid. 7 : 355.1918.
— Adiantum cubense Hook,, Sp. Fil. 2 : 8, t, 73 A. 1851 ; typus : Cuba, Linden 1867 (B).
A. obliquuni Willd., Sp. PI. 5 : 429.1810 (H, J, PR).
A. petiolatum Desv., Berl. Mag. 5 : 326.1811 (H, J, PR).
A. philippcnse L., Sp. PL 2 : 1094.1753.
Source : MNHN, Paris
— 572 —
A. pulverulentum L., Sp. PI. 2 : 1096.1753 (H, J, PR).
A. sericeum Eat., Bot. Zeit. : 361.1869; typus : Cuba, Provincia de Las Villas, prope
Trinidad, Wright 3950 — Endémica.
A. striatum Sw., Prodr. : 135.1788.
A. tenerum Sw., Prodr. : 135.1788 (F, H, J, PR; n° c 30, 2x).
A. tctraphvllum H. et B. ex Willd., Sp. PI. 5 : 441.1810 (H, J, PR; n" c 58-60, 2 n: 116-
120, 4 x Sex).
A. thalictroides Willd. ex Schlecht., Adumb. PI. 5 : 53.1832.
— Adiantumpoiretii auct. plur. non Wikstr. (Ver Pichi-Sermolli, Webbia 12 : 587.1857.)
A. trapeziforme L„ Sp. PI. 2 : 1097.1753, « Culantrillo de Monte. »
A. villosum L., Syst. Nat,, ed. 10, 2 : 1328.1759 (H, J, PR).
A. wilsoni Hook., Sp. Fil. 2 : 6, t, 72 A. 1851 (H, J, PR).
35. Anogramma Link
A. chaerophylla (Desv.) Link, Fil. Sp. : 138.1841 (J; n° c 29, 2x).
— Gymnogramma chaerophylla Desv,, Berl, Mag. 5 : 305.1811.
36. Anopteris (Prantl) Diels
A. hexagona (L.) C. Chr„ subsp. multifida (Fée) Morton, Bull. Jard. Bot. Bruxelles
27 : 584.1857 (H).
— Onychium multifidum Fée, Mém. Foug. 8 : 74.1857; typus : Cuba, Provincia de
Oriente, Monte Libano, Linden 1870 (BM).
— ( Onychium strictum en los herbarios cubanos.)
37. Cheilanthes Sw.
C. harrisii Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 24 : 51.1922.
C. microphylla (Sw.) Sw., Syn. Fil. : 127.1806 (F, H, J, PR; n° c 58, 4x).
-— Adiantum microphyllum Sw., Prodr. : 135.1788.
38. Doryopteris J. Smith
D. pedata(L.)FÉEvar. pedata, Gen. Fil. : 133.1852 (H, J, PR; n°c 30, 2 x Sex).
— Pteris pedata L., Sp. PI. 2 : 1075.1753.
39. Gymnogramma Desv.
G. cubensis (Maxon) C. Chr., Ind. Suppl. 3 : 108.1934.
— Psilogramme cubensis Maxon, J. Wash. Acad. Se. 12 : 441.1922; typus : Cuba,
Provincia de Oriente, Sierra Maestra, Pico Turquino, Leon lllll (US, n° 1049913).
40. Gymnopteris Bernh.
G. rufa (L.) Underw., Bull. Torrey Bot. Club 29 : 627.1902 (J; n" c 30, 2 x Sex).
Acrostichum rufum L., Syst. Nat., ed. 10, 2 : 1320.1759.
41. Hemionitis L.
H. palmata L., Sp. PI. 2 : 1077.1753 (H, J, PR; n° c 30, 2 x Sex).
42. Lonchitis L.
L. hirsuta L., Sp. PI. 2 : 1078.1753 (H, J, PR; n° c 100, 4x).
— Anisosorus hirsutus (L.) Maxon, Sc. Surv. Porto Rico et Virgin Islands (Pterid.)
6 : 429.1926.
Notholaena R. Br.
N. cubensis Weath. ex Tryon, Contr. Gray Herb. 179 : 49.1956; typus : Cuba orientali,
Wright 1075 (GH) — Endémica.
N. ekmanii Maxon, Amer. Fera J. 16 : 9.1926; typus : Cuba, Provincia de Oriente,
Sierra of Nipe, near Rio Piloto, Ekman 2313 (US, n° 1147823) — Endémica.
Source : MNHN, Paris
— 573 —
N. trichomanoides (L.) Desv., J. Bot. Appl. 1 : 92.1813 (H, J, PR).
— Pteris trichomanoides L., Sp. PI. 2 : 1074.1753.
44. Pityrogramma Link
P. calomclanos (L.) Link var. calomelanos, Hand. Gew. 3 : 20.1833 (F, H, J, PR; n“c 120,
8 x Sex).
— Acrostichum calomelanos L., Sp. PI. 2 : 1072.1753.
P. schizophylla (Jenm.) Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 24 : 61.1922 (H, J).
— Gymnogramma schizophylla Jenm., J. Bot. Brit. For. 15 : 266.1877.
P. sulphurea (Sw.) Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 17 :173.1913 (H, J, PR ; n° c 60,4 x ).
— Acrostichum sulphureum Sw., Prodr. : 129.1788.
P. tartarea (Cav.) Maxon var. tartarea, Contr. U.S. Nat. Herb. 17 : 173.1913 (H. J, PR;
n° c 120, 8x).
— Acrostichum tartareum Cav., Descr. 242.1801.
P. trifoliata (L.) Tryon, Contr. Gray Herb. 189 : 68.1962 (H, J, PR ; n" c 58,4 x).
— Acrostichum trifoliatum L., Sp. PI. 2 : 1070.1753.
— Trismeria trifoliata (L.) Diels in Engl, et Prantl, Nat. Pflanz. 1 (4) : 265.1899.
45. Pteris L.
P. acinaciformis Sessé et Moc., Flora Mexic., ed. 2 : 239.1894; typus : Cuba, sine locus.
(Ver W. R. Maxon et C. V. Morton, Amer. Fern. J. 45 : 155.1955.)
P. altissima Poir. in Lam., Encycl. Méth. 5 : 722.1804 (H, J, PR; n" c 58, 2 n° : 116,
4 x Sex).
— Pteris kunzeana Ag., Rec. Spec. Gen. Pterid. : 62.1839.
P. bahamensis Ag., Rec. Spec. Gen. Pterid. 6.1839 (F, PR), cf. Maxon, 1926, p. 433,
como Pteris diversifolia var. bahamensis (Ag.) Hieron.
P. biaurita L., Sp. PI. 2 : 1076.1753 (H, J, PR; « n» c» 58, 2x apog.).
P. ciliaris Eat., Mem. Amer. Acad., n. s., 8 : 203.1860; typus : Cuba, Wright 868.
P. cretica L., Mant. : 130.1767.
P. grandifolia L., Sp. PI. 2 ; 1073 (H, J, PR; n» c 58, 4x Sex).
P. longifolia L.. Sp. PI. 2 : 1074.1753 (H, J, PR; n° c 58, 2 n : 116,4x Sex).
P. multifida Poir. in Lam., Encycl. Méth. 5 : 714.1804 (F).
P. mutilata L., Sp. PI. 2 : 1076.1753 (H, J, PR).
P. podophylla Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) ; 67.1801.
P. quadriaurita Retz., Obs. 6 : 38.1791 (H, J, PR; « n° c » 87, 2 n : 87, 3 x apog.).
PARKERIACEAE
46. Ceratopteris Brong
C. pteridoides (Hook.) Hieron., Bot. Jahrb. 34 : 561.1905 (F).
— Parkeria pteridoides Hook., Exot. Fl. : 147.1825.
VITTARIACEAE
47. Ananthacorus Underw. et Maxon
A. angustifolius (Sw.) Underw. et Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 10 ; 487.1908 (H, J,
PR ; n° c 120, 2 n ; 240, 8 x Sex).
— Pteris angustifolia Sw., Prodr. : 129.1788.
48 Anetium Splitgerber
A. citrifolium (L.) Splitgerber, Tijdschr. Nat. Gesch. 7 : 395.1840 (J; n° c 60, 4x).
— Acrostichum citrifolium L., Sp. PI. 2 : 1067.1753.
Source : MNHN, Pâtis
— 574 —
49. Hecistopteris J. Smith
H. pumila (Spreng.) J. Smith. J. Bot. 1 : 193.1842 (H, PR).
— Gymnogramma pumila Spreng., Tent. Suppl. Syst. Veg. : 31.1828.
50. Polvtaenium Desv.
P. cajenense (Desv.) Benedict, Bull. Torrey Bot. Club 38 : 169.1911 (PR).
— Hemionilis cajenensis Desv., Berl. Mag. 5 : 311.1811.
( Polytaenium brasilianum en los hcrbarios cubanos.)
P. dussianum (Benedict) Benedict, Bull. Torrey Bol. Club 38 : 169.1911 (H).
— Antrophyum dussianum Benedict, Bull. Torrey Bot. Club 34 : 453.1907.
P. feei (Schaffn.) Maxon, Sc. Surv. Porto Rico et V.I. (Pterid.) 6 : 405.1926 (H, J, PR).
— Antrophyum feei Schaffn., in Fée, Mém. Foug. 7 : 42, t. 22, f. 1.1857.
— Polytaenium lanceolatum (L.) Benedict, Bull. Torrey Bot. Club 38 : 169.1911, non
Desv. 1827.
— Hemionilis lanceotata L., Sp. PI. 2 : 1077.1753.
51. Vittaria Smith
subg. Vittaria
V. graminifolia Kaulf., Enum. Fil. : 192.1824 (H, J, PR).
— Vittaria filifolia Fée, Mém. Foug. 3 : 20, t. 3, f. 6.1851-1852.
V. intramarginalis Bak. ex Jenm., J. Bot. Br. For. 15 : 266.1877.
V. lineata (L.) Smith, Mém. Acad. Turin 5 : 421, t. 9, f. 5.1793 (F, H, J, PR).
— Pteris lineata L., Sp. PI. 2 : 1073.1753.
subg. Radiovittaria Benedict
V. remota Fée, Mém. Foug. 7 : 26, t. 20, f. 1.1857 (H, J, PR).
V. stipitata Kunze, Linnaca 9 : 77.1835.
LINDSAEACEAE
52. Lindsaea Dryand
L. arcuata Kunze, Linnaea 9 : 86.1835 (H).
L. cubensis Underw. et Maxon, Smiths. Mise. Coll. 50 : 336.1907; typus : Cuba,
Wright 3947 (NY) — Endémica.
L. lancea (L.) Bedd. var. lancea, Ferns Brit. India Suppl. 6.1876.
— Adiantum lancea L., Sp. PI., ed. 2 : 1557.1763.
L. portoricensis Desv., Berl. Mag. 5 : 326.1811 (H, J, PR; n" c 88, 4x).
L. quadrangularis Raddi subsp. subalata Kramer, Acta Bot. Neerl. 6 (2) : 190.1957.
L. stricta (Sw.) Dryand. var. stricta f. stricta, Trans. Linn. Soc. 3 : 42.1797 (J).
L. stricta var. parvula (Fée) Kramer, Acta Bot. Neerl. 6 (2) : 230.1957.
— Lindsaea parvula Fée, Mém. Foug. 11 : 17.1866.
53. Odontosoria Fée
O. aculeata (L.) J. Smith, Cat. Cuit. Ferns : 67.1857 (H, PR).
— Adiantum aculeatum L., Sp. PI. 2 : 1096.1753.
O. jenmanii Maxon. Contr. U.S. Nat. Herb. 17 : 162, t. 2.1913 (J; n°c 96,4x?).
O. uncinella (Kunze) Fée, Gen. Fil. : 326, t. 27 B, f. 1.1852 (H, PR).
— Davallia uncinella Kunze, Bot. Zeit. : 213.1850; typus : Cuba, Provincia de Oriente.
Linden 2175 (B).
O. wrightiana Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 17 : 164.1913; typus : Cuba, Provincia
de Pinar del Rio, near Pinar del Rio, in open bushy ravine, IV. Palmer et Rilev 42
(US, n° 372179) — Endémica.
Source : MNHN, Paris
— 575 —
54. Sphcnomeris Maxon
S. clavata (L.) Maxon, J. Wash. Acad. Sc. 3 : 144.1913 (F, H, J, PR; n° c 38, 2x,
2 n 76).
— Adiantum clavatum L-, Sp. PI. 2 : 1096.1753.
GRAMMITIDACEAE
55. Cochlidium Kaulf.
C. linearifolium (Dhsv.) Maxon ex C. Chr., Dansk. Bot. Ark. 6 (3) : 23, t. 1.1929.
— Monogramma lineurifolia Desv., Berl. Mag. 5 : 302, t. 7, f. 5.1811.
C. minus (Jenm.) Maxon, Sc. Surv. Porto Rico et V.I. (Pterid.) 6 : 407.1926 (J, PR).
— Monogramma minor Jenm., Bull. Bot. Dept. Jamaica 4 : 212.1897.
C. rostratum (Hook.) Maxon ex C. Chr. var. aereolatum C. Chr., Dansk. Bot. Ark.
6 (3) : 25.1929 (H, J).
56. Ctenopteris Blume
C. anfractuosa (Kunze) Copel., Philip. Jour. Sc. 84 : 431.1956 (H, J).
— Polypodium anfractuosum Kunze ex Klotz., Linnaea 20 : 375.1847.
— Polypodium induens Maxon, Bull. Torrey Bot. Club 32 : 75.1905.
C. aspienifolia (L.) Copel., Gen. Fil. : 219.1947 (H, J, PR; n" c 37, 2 n : 72, 2 x Sex).
— Polypodium asplenifolium L., Sp. PI. 2 ; 1084.1753. (Ver Copel. p. 444-5, 1956.)
C. calva (Maxon) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 386.1956.
— Polypodium calvum Maxon, J. Wash. Acad. Sc. 12 : 440.1922; typus : Cuba, Pro-
vincia de Oriente, high Sierra Maestra, Leon II 131 (US, n" 1049931) — Endémica.
C. capillaris (Desv.) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 402.1956.
— Polypodium capillare Desv., Berl. Mag. 5 : 316.1811.
C. cretata (Maxon) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 436.1956 (H, J).
— Polypodium cretatum Maxon, Amer. Fern Jour. 5 ; 51.1915.
C. curvata (Sw.) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 466.1956 (H. J).
— Polypodium curvatum Sw., Schrad. Journ. 1800 (2) ; 24.1801.
C. elastica (Bory) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 426.1956 (H, J; n" c 37; Evans, 1963).
— Polypodium elasticum Bory in Willd., Sp. PI. 5 : 183.1810.
— Polypodium culiratum Bory in Willd., Sp. PI. 5 : 187.1810.
C. flexuosa (Maxon) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 434.1956.
— Polypodium flexuosum Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 17 : 597, t. 42.1916; typus :
Cuba, Provincia de Oriente, South of Sierra Moa, at Camo La Gloria, Shafer 8037
(US, n» 657904) — Endémica.
C. jenmani (Underw. et Maxon) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 442.1956 (J).
— Polypodium jenmani Underw. et Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 16 ; 62.1912.
C. jubaeformis (Kaulf.) J. Smith, Hist. Fil. ; 184.1875 (H, J, PR).
— Polypodium jubaeforme Kaulf. , Flora 6 : 364.1823.
C. moilisima (Fée) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 423.1956 (H, J, PR).
— Polypodium mollissimum Fée, Mém. Foug. 11 : 47, t. 12, f. 2.1866.
C. rigcns (Maxon) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 422.1956 (H. J).
— Polypodium rigens Maxon, Proc. U.S. Nat. Mus. 27 : 741.1904.
C. senilis (Fée) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 398.1956 (H).
— Polypodium senile Fée, Mém. Foug. 7 : 60, t. 25, f. 1.1857.
C. taxifolia (L.) Copel., Philip. J. Sc. 84 : 447.1956 (H, PR ; n° c 37, 2 x ; Sorsa, 1964).
— Polypodium taxifolium L., Sp. PI. 2 : 1086.1753.
57. Grammitis Sw.
G. graminea (Sw.) Ching, Bull. Fan Mem. Inst. Biol. Bot. 10 : 240.1941 (J; n° c 37, 2x).
— Polypodium gramineum Sw., Prodr. : 130.1788.
Source : MNHN, Paris
— 576 —
G. insidiosa (Slosson) Proctor, Brit. Fem Gaz. 9 : 219.1965 (J; n° c 37, 2 x).
— Polypodium insidiosum Slosson, Bull. Torrey Bol. Club 39 : 287, t. 23, f. 4-8.1912;
typus : Cuba, Provincia de Oriente, south of Sierra Moa, near Camp La Gloria, on
mossy trunks, h. 762 m, Shafer 8043 (NY).
G. nesiotica (Maxon) Copel., Philip. J. Sc. 80 : 127.1951.
— Polypodium nesioticum Maxon, Smiths. Mise. Coll. 47 : 110, t. 57.1905.
G. trifurcata (L.) Copel., Gen. Fil. : 211.1947 (J; n° c 37, 2 x ; 2 n : 74, 2 x Sex).
— Polypodium trifurcatum L., Sp. PI. 2 : 1084.1753.
G. turquina (Maxon) Copel., Gen. Fil. : 211.1947.
— Polypodium turquinum Maxon, Proc. Biol. Soc. Wash. 52 : 115.1939; lypus : Cuba,
Provincia de Oriente, Sierra Maestra, summit of Pico Turquino, h. 2040 m, Ekman
14558 (US, n° 1301480).
58. Xiphopteris Kaulf.
X. delitescens (Maxon) Copel., Amer. Fern J. 42 : 51.1952 (J; n" c 132-8 Is, 4x?).
— Polypodium delitescens Maxon, Bull. Torrey Bot. Club 32 : 74.1905.
X. mortonii Copel., Amer. Fern J. 42 : 97.1952; typus : Cuba, Provincia de Oriente,
crest of Sierra Maestra, between Pico Turquino and La Bayamesa, h. 1350 m, Morton
et Acuna 3547 (US) — Endémica.
X. myosuroides (Sw.) Kaulf., Enum. Fil. : 85.1824 (J; n° c 37, 2x).
— Polypodium myosuroides Sw., Prodr. : 131.1788.
X. nimbata (Jenm.) Copel., Amer. Fern J. 42 : 108.1952 (H, J).
— Polypodium nimbatum Jenm., J. Bot. 24 : 271.1886.
X. serrulata (Sw.) Kaulf., Enum. Fil. : 85.1824 (H, J, PR; n° c 74 Ils, c 148 Is in other
cells, 2x apog.?; Walker, 1966).
— Acrostichum serrulatum Sw., Prodr. : 128.1788.
— Polypodium duale Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 16 : 61.1912.
X. sherringii Bak. ex Jenm., J. Bot. Br. For. 11 : 326.1882 (J).
X. trichomanoides (Sw.) Copel., Gen. Fil. : 215.1947 (J).
— Polypodium trichomanoides Sw., Prodr. : 131.1788.
POLYPODIACEAE
59. Campyloneuron Presl
C. angustifolium (Sw.) Fée, Gen. Fil. : 258.1852 (F, H, J, PR; n 74, 4x).
— Polypodium angustifolium Sw., Prodr. : 130.1788.
C. costatum (Kunze) Presl, Tent. Pterid. : 190.1836 (F, J; n° c 37, 2 x).
— Polypodium costatum Kunze, Linnaea 9 : 38.1834; typus : Cuba, ad Limonar,
Poeppig.
C. cubensc Fée, Gen. Fil. : 259.1852; typus : Cuba, Linden 1912.
— Polypodium vexatum Eat., Mem. Amer. Acad., n. s., 8 : 199.1860.
C. latum Moore, Ind. Fil. : 225.1861 (F, H, J, PR; n» c 37; Evans. 1963).
C. phyllitidis (L.) Presl, Tent. Pterid. : 190,t.7,f. 18-20.1836 (F, H, J, PR; n» c 74,4 x).
— Polypodium phyllitidis L., Sp. PI. 2 : 1083.1753.
C. repens (Aubl.) Presl, Tent. Pterid. : 190.1836 (J; n° c 74, 4x; 2 n 148, 4x Sex).
—• Polypodium repens Aubl., Hist. PI. Guian. 2 : 962.1775.
60. Eschatogramme Trevisan ex C. Chr.
E. furcata (L.) C. Chr., Bot. Tidsskr. 26 : 285.1904 (H).
— Pteris furcata L., Sp. PI. 2 : 1073.1753.
61. Microgramma Presl
M. hctcrophylla (L.) Wherry, Amer. Fern J. 54 : 145.1964 (F, H, J, PR).
— Polypodium heteropliyllum L., Sp. PI. 2 : 1083.1753.
— Polypodium swamiI Bak., in Hook. et Bak., Syn. Fil. : 357.1868.
Source : MNHN, Paris
— 577 —
M. Ivcopodioides (L.) Copel., Gen. Fil. : 185.1947 (H, J, PR; n® c 37, n® c 37, 2x ;
n® c 37; Evans, 1963).
— Polypodium lycopodioides L., Sp. PI. 2 : 1082.1753.
M. piloselloides (L.) Copel., Gen. Fil. : 185.1947 (H, J. PR; n" c 74, 4x).
— Polypodium piloselloides L., Sp. PI. 2 : 1083.1753.
M. tecta (Kaulf.) Alston, J. Wash. Acad. Sc. 48 (7) : 232.1958.
— Polypodium tectum Kaulf., Enum. Fil. : 87.1824.
62. Paltonium Presl
P. lan.ceolatum (L.) Presl, Epim. Bot. 156.1849 (F, H, J, PR; n® c 37, 2x).
— Pteris lanceolata L., Sp. PI. 2 : 1073.1753.
63. Pessopteris Underw. et Maxon
P. crassifolia (L.) Underw. et Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 10 : 485.1908 (H, J. PR;
n° c 74, 4x).
— Polypodium crassifolium L., Sp. PI. 2 : 1083.1753.
64. Phlebodium (R. Br.) J. Smith
P. aureum (L.) J. Smith, J. Bot. 4 : 59.1841 (F, H, J, PR; n» c 37, 2 n : 74, 2x Sex).
— Polypodium aureum L., Sp. PI. 2 : 1087.1753.
65. Pleopcltis H. et B. ex Willd.
P. astrolepis (Liebm.) Fourn., Mex. PI. 1 : 87.1872 (PR: n° c 74, 4x ; Sorsa, 1964).
— Polypodium astrolepis Liebm., Vid. Selsk. Skr. S (1) : 185 (seors. 33) 1849.
P. macrocarpa (Bory ex Willd.) Kaulf., Berl. Pharm. 21 : 41.1820 (H, J ; n° c 74, 4 x ).
— Polypodium macrocarpum Bory ex Willd., Sp. PI. 5 : 147.1810.
— Polypodium lanceolatum L., Sp. PI. 2 : 1082.1753.
66. Polypodium L.
P. absidatum A. M. Evans, Ann. Missouri Bot. Gard. 55 (3) : 238.1969 (H, J).
P. attenuatum H. et B. ex Willd., Sp. PI. 5:191.1810.
— Polypodium gladiatum Kunze, Linnaea 9 : 45.1834, non Vell. 1827; typus : Cuba,
Poeppig.
— Goniophlebium ampliatum Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 10 : 492.1908.
P. camptophyllarium Fée var. camptophyllarium, Mém. Foug. 8 : 86.1857 (H, J; n D c 74;
Evans, 1969).
P. camptophyllarium Fée var. lachniferum (Hieron.) A. M. Evans, Ann. Missouri Bot.
Gard. 55 (3) : 254.1969 (J; n® c 74; Evans, 1969).
P. chnoodes Spreng., Neue Entdeck. 3 : 6.1822 (H, J, PR; n° c 37, n° c 37, 2.;).
P. dispersum A. M. Evans, Amer. FernJ. 58 : 173, t.27.1968 (F,H, J, PR;«2n»; 111;
Evans, 1969).
P. dissimile L., Syst. Nat., ed. 10, 2 : 1325.1759 (H, J, PR).
P. eurvbasis C. Chr. var. eurvbasis, Sv. Vet. Akad. Handl. 3. 16 (2) : 71, t. 16, f. 12,
13.1937 (H).
P. funiculum Fée, Gen. Fil. : 241.1852; typus : Cuba, Linden 1885.
— Polypodium xiphopteroidifolium Jenm., Gard. Chr. 3 : 18. 612.1895; typus : Cuba,
Eggers.
P. loriceum L., Sp. PI. 2 : 1086.1753 (H, J, PR; n® 37, 2x).
P. pcctinatum L.,Sp. PI. 2 : 1085.1753 (H, J, PR; n® c 74, 2 n : 148,4x Sex, et n® c 74;
Evans, 1963).
P. plumula H. et B. ex Willd., Sp. PI. 5 : 178.1810 (F, H, J, PR; n® c 111, 3 , et n® c 74;
Evans, 1969).
P. polvpodioides (L.) Watt var. polypodioides, Canad. Nat. n. s. 11.13 : 158.1867 (F, H,
J, PR; n® c 74, 4x).
— Acrostichum polypodioides L., Sp. PI. 2 : 1068.1753.
P. ptilodon Kunze var. caespitosum (Jenm.) A. M. Evans, Amer. Fern J. 58 : 170.1968
(F, H, J; n® c 74; Evans, 1969).
Source : MNHN, Paris
— 578 —
— Polypodiumpectinalum var. caespitosum Jenm., Bull. Bot. Dept. Jamaica 4 : 125.1897,
P. shaferi Maxon, Contr. U.S. Nat. Herb. 17 : 410.1914; typus : Cuba, Provincia de
Oriente, south of Sierra Moa, near Camp La Gloria, among moss on roots and rocks,
Shafer 8071 (NY).
P. squamatum L., Sp. PI. 2 : 1086.1753 (H, J, PR; 2 n : 148, 4x).
P. subpetiolatum Hook. in Benth., PI. Hartw. : 54.1840.
— Polypodium cubense Fée, Gen. Fil. : 241.1852; typus : Cuba, Linden.
P. tenuifoüuni H. et B. ex Willd., Sp. PI. 5 : 185.1810.
— Polypodium iltyssanolepis A. Br. ex Klotz., Linnaea 20 : 392.1847.
— Polypodium camptoneuron Fée, Gen. Fil. : 237.1852; typus : Cuba, Linden 1886.
— Polypodium rhagadiotepis Fée, Gen. Fil. : 237.1852; typus : Cuba, in sylvis dictis
de Yerba Buena, Linden.
(A suivre.)
Instituto de Botânica
Universidad de Concepciôn
Source : MNHN, Paris
ACHEVÉ D’iMPRIMER LE 5 NOVEMBRE 1971
SUR LES PRESSES DE FD EN SON
IMPRIMERIE ALENÇONNAISE - 61-A1ENÇON
Dépôt légal : 3 e trimestre 1971 — 9.537
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris