ADANSQNIA
Tome I
fasc. 1
1961
Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l'Institut Professeur
Professeur Honoraire
Nouvelle Série
Tome I
FASCICULE I
1961
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Bufîon, Paris (5 e )
Novembre 1961
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Introduction. 3
Aubréville A. — Notes sur les Sapotacées africaines et sud-
américaines . 6
Aubréville A. — Complément à la Flore forestière de la Côte-
d’Ivoire . 93
Bosser J. — Voir Toilliez-Genoud (Mme).
Capuron R. — Contributions à l’étude de la Flore forestière de
Madagascar . 101
Letouzey R. — Notes sur les Scytopétalacées . 65
Rauh W. — Nouvelles Didiéréacées de Madagascar . 39
Stone B. C. — Studies in the Hawaiian Rulaceae III. 94
Tardieu-Blot (Mme M.-L.). — Sur les Draconlomelum d’Indo¬
chine . 55
Toilliez-Genoud (Mme J.) et Bosser J. — Contribution à l’étude
des Orchidaceae de Madagascar; IV . 101
Vidal J. E. — Matériaux pour la Flore du Cambodge, du Laos
et du Viêt-Nam . 59
Source : MNHN, Paris
INTRODUCTION
Depuis leur fondation par H. Lecomte et A. Finet en 1909, les
Noltilae syslematicae, revue de Botanique systématique du Muséum
national d’Histoire naturelle, ont eu pour rôle de faire connaître au
monde savant les travaux poursuivis à l’Herbier de notre grand Éta¬
blissement national. Fondées avec des buts limités et des moyens modestes
où la générosité de mécènes, d’ailleurs excellents botanistes, jouait un
rôle essentiel, elles ont permis de publier de nombreuses descriptions
de plantes nouvelles et des mises au point qui ne pouvaient trouver
place, ni dans les Revues générales de périodicité plus régulière, comme
le « Bulletin de la Société Botanique de France », la « Revue générale de
Botanique », les « Annales des Sciences Naturelles », ni dans les Revues
de floristique plus particulièrement réservées à l’étude botanique de nos
régions.
Ces anciens travaux n’ont rien perdu de leur intérêt, bien au contraire,
au fur et à mesure que se développait l’étude scientifique des pays loin¬
tains. Ils ont servi de base à l’élaboration de grandes Flores modernes :
celles de la Chine, de l’Indochine, de Madagascar; ils apportent aujour¬
d’hui encore des données solides pour les nouvelles Flores entreprises
au Laboratoire de Phanérogamie du Muséum : flores du Gabon, de la
Guyane française, Flore projetée de la Nouvelle-Calédonie. Seize tomes
ont paru, totalisant près de 5 000 pages, avec des centaines de dessins,
des milliers d’espèces nouvelles, des dizaines de genres nouveaux.
Nous voudrions rappeler ici les noms des principaux botanistes qui
ont donné des travaux aux Notulae à leurs débuts. A côté du Professeur
Henri Lecomte, Membre de l’Institut, citons ses collaborateurs immé¬
diats, P. Danguy, F. Gagnepain, A. Guillaumin, R. Benoist, F. Pel-
legrin; d’autres savants du Muséum, comme le Professeur D. Bois;
d’illustres savants étrangers, Sir Joseph Dalton Hooker, C. de Can-
dolle, L. Radlkofer, H. Christ, Th. Valeton, Fr. Kraenzlin;
des universitaires comme L. Courchet, M. Dubard, S. Buchet,
R. Viguier, J. Cardot, P. Dop; de grands amateurs comme A. Finet,
H. de Boissieu, G. Bonati, E. G. Camus et M lle A. Camus, R. Hamet;
des forestiers comme R. Hickel.
La principale matière des nouveautés que ces botanistes ont décrites
était fournie par les flores exotiques .surtout celles des pays placés sous
la tutelle de la France, mais aussi celles d’autres régions comme l’Extrême-
Orient.
Après le départ en 1930 du Professeur Henri Lecomte, son successeur
le Professeur Henri Humbert animait une équipe renouvelée, où l’on
voyait figurer, avec quelques-uns des vétérans de la période précédente,
Source : MNHN, Paris
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Henri Perrier de la BSthie, le grand naturaliste de Madagascar, les
RR. PP. Sacleux et Tisserant, Mme Tardieu-Blot, J. Leandri,
H. Chermezon, M lle A.-M. Homolle, L. Conrard, le Professeur
René Maire, P. Jovet, S. Jovet-Ast, J. Arenes, M. Pichon, ces deux
derniers disparus; P. Boiteau, O. Mannoni, H. Stehlé, J. Vidal,
A. Aubréville, qui devenait Professeur et Directeur du Service, R. Gom-
bault, R. Capuron, A. Cavaco, M Ue N. Dumaz-le-Grand, M lle A. Lour-
TEIG, R. SlLLANS.
Des savants étrangers, plus nombreux que dans la période précé¬
dente, apportaient aussi d’importantes contributions : C. Christensen,
R. C. Ching, Genkei Masamune, Harold St John, W. Rothmaler,
R. E. Holttum, A. J. G. H. Kostermans, F. R. Fosberg, H. K. Airy
Shaw, I. H. Burkill, A. H. G. Alston, B. P. G. Hochreutiner, G. Cufo-
dontis, R. Martinez Crovetto, J. do Amaral Franco, J. de Car-
VALHO E VASCONCELLOS, J. CORREA GoMES, J. CUATRECASAS, YOJIRO
Kimura, M 1Ie I. de Vattimo, C. Diego Legrand, W. G. Herter, le
R. P. I. T. Luis.
Tout en restant surtout consacrée à l’étude des flores exotiques, en
particulier de celles des régions où la France avait joué le rôle primordial
dans l’exploration et la mise en valeur, la Revue accueillait aussi quel¬
ques travaux de systématique pure, de biogéographie, de biologie, de
phylogénie.
Depuis 1958, date de la prise de la chaire par le professeur André Aubré¬
ville, l’édition des « Notulae » s’est poursuivie sous la direction conjointe
de ce dernier et du Professeur Humbert. De nouveaux auteurs ont pris
place parmi les collaborateurs les plus assidus, M. Peltier, J. Bosser,
R. Decary, B. Descoings, M lle M. Keraudren, Mme Toilliez-Genoud,
M. E. Ursch, botanistes malgaches, MM. Nicolas Hallé, D. Normand,
spécialistes de l’Afrique ou de l’anatomie appliquée à la systématique.
Il est apparu que l’évolution de cette Revue devait être plus marquée
encore, et qu’elle accroîtrait beaucoup son intérêt et son efficacité en
cessant de se limiter aux publications de Systématique traditionnelle et
de restreindre son champ d’action à certaines régions du globe à l’exclu¬
sion des autres. Le remarquable développement, au cours des dernières
années, des sciences qui ont rajeuni la vieille systématique morpholo¬
gique — nous voulons parler de la biogéographie, de la palynologie, de la
caryo-systématique, des taxinomies chorologique et expérimentale, de
l’anatomie systématique, de l’ontogénie — font une obligation de les
associer aux travaux de systématique pure et de leur faire une place à
côté d’elle dans une Revue qui ne veut pas négliger des éléments impor¬
tants pour l’appréciation de la parenté des diverses unités taxinomiques
et des limites qu’il convient d’attribuer à chacune d’elles.
Il a donc paru convenable d’élargir le cadre de cette Revue, et de
l’ouvrir à des travaux plus variés. II a semblé que ce changement devait
être rendu manifeste par un nouveau titre qui fît apparaître ses buts
plus étendus et la variété plus grande de son contenu. Il a donc été
décidé que les Nolulae Syslemalicae se termineraient avec le tome XVI,
Source : MNHN, Paris
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et que la publication rénovée et élargie prendrait le titre d’Adansonia.
Elle espère toucher ainsi un public plus étendu de lecteurs, en parti¬
culier les Universités françaises et étrangères et divers services tech¬
niques.
Un tel changement ne pouvait se faire sans une aide plus substan¬
tielle des organismes qui ont sous leur égide la science française, mais
aussi sans une augmentation du prix des abonnements, porté à 30 NF
pour la France et 40 NF pour l’étranger; augmentation qui sera large¬
ment compensée par l’accroissement de l’étendue et de la variété des
sujets traités.
Le nouveau titre de la Revue fera revivre le nom d’ADANSON, l’explo¬
rateur du Sénégal et auteur des « Familles des Plantes », un des grands
pionniers de la Botanique systématique. Il rappellera aussi la mémoire
du grand systématicien Henri Bâillon qui avait fondé sous le même
nom une Revue qui publia 12 tomes de septembre 1860 à décembre 1879,
avec de belles planches gravées, et apporta en son temps une pierre
d’angle à l’édifice de la Systématique française.
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR LES SAPOTAGÉES AFRICAINES
ET SUD-AMÉRICAINES
par A. Aubréville
I. RÉHABILITATION DU GENRE INHAMBANELLA
(ENGL.) DUBARD
Engler avait nommé Inhambanella une section du genre Mimusops
pour une espèce du Mozambique, Mimusops Henriquesii Engl, et Warb.
Dubard l’a élevée au rang de genre (Ann. Mus. Col. Marseille, III, 3 e :
42 (1915). D’après la description d’Engler cette section était définie
par des fleurs du type 4, un fruit monosperme, une graine ellipsoïde
avec une cicatrice large et allongée. Si le fruit était bien connu, les fleurs
demeuraient en réalité ignorées. Une description détaillée de l’espèce
type M. Henriquesii vient d’être donnée par A. D. J. Meeuse (Notes on
the Sapotaceae of Southern Africa, Bothalia, VII, 2 : 344 (1960). La
fleur n’est pas tétramère, mais elle a un calice simple à 5 sépales, bien
que certaines fleurs aient 4 ou 6 sépales. Les lobes de la corolle sont munis
de courts appendices dorsaux. Les staminodes triangulaires aigus sont
aussi longs que les étamines. Meeuse a cru devoir rapporter cette espèce
au genre Lecomledoxa (Engl.) Dubard. La fleur en effet est proche du
type Lecomtedoxa, mais le fruit ne peut être rapporté à ce genre. Les
Lecomledoxa appartiennent à ce groupe curieux de Sapotacées à fruits
déhiscents, alors que le fruit type du M. Henriquesii est une baie indé¬
hiscente. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les dessins de fruits de Lecom¬
tedoxa du Gabon qui ont été publiés (Aubréville. Les Sapotacées afri¬
caines à fruits déhiscents. (Bull. Soc. Bot. Fr. 103 : 10 (1956) pour
que la distinction apparaisse évidente. Ces fruits de Lecomledoxa ont une
forme très spéciale, et les graines sont plates, pointues à la base, avec
une cicatrice linéaire-oblongue. La graine du M. Henriquesii est ellip¬
soïde avec une large cicatrice oblongue.
L’espèce du Mozambique appartient à ce groupe de Sapotacées
définies par les lobes de la corolle portant des appendices dorsaux, un
calice simple, des graines à cicatrice ventrale linéaire ou oblongue. Il compte
jusqu’à présent en Afrique 3 genres : Lecomledoxa et Gluema Aubr. et
Pellegrin ont des fruits déhiscents, ce dernier très caractérisé par ses
staminodes opposés aux étamines; Kantou Aubr. et Pellegrin a de gros
fruits indéhiscents monospermes, la graine a un test épais tandis que
celle du Mimusops Henriquesii a un test mince. C’est de ce genre Kantou
que se rapproche le plus l’espèce décrite par Meeuse. D’autres différences
dans les fleurs sont à noter dans la présence d’un disque sous l’ovaire du
Kantou guereensis Aubr. et Pellegrin, et la forme des styles; aussi n’ayant
Source : MNHN, Paris
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pas vu les fleurs de l’espèce de l’Afrique orientale, je n’ose confondre
en un seul les deux genres Kanlou et Inhambanella. Au moins
provisoirement je pense qu’il convient de les maintenir séparés et
de valoriser à nouveau le genre de Dubard et l’espèce Inhambanella
Henriquesii (Engl, et Warb.) Dubard. La nervation des feuilles de celle-ci
est également très particulière, distincte notamment de celle des genres
précités du même groupe taxinomique.
II. AUSTROGAMBEYA AUBR. ET PELLEGR.
NOUVEAU GENRE DE SAPOTACÉES D’AFRIQUE AUSTRALE 1
R. E. Fries a décrit une espèce nouvelle de Chrysophyllum, C. bang-
weolense dans « Schwedischen Rhodesia-Kongo Expédition 1911-1912.
Botanische Untersuchungen ». I : 254 et fig. 29 : 255 D’après la descrip¬
tion et les dessins de la fleur, il s’agit d’un Gambeya; comme dans les
Gambeya, les étamines ont des filets soudés à la base de la corolle, et
celle-ci a des lobes ciliés. La description indique « anthères extrorses»;
le dessin les figure « introrses », mais d’après l’analyse de fleurs qui me
furent envoyées par l’obligeance de Mr. Fanshawe de Ndola (N. Rho-
desia, n° 7898 Fanshawe), la diagnose est correcte, les anthères sont
bien extrorses. Une petite particularité de l’espèce est à signaler : les
anthères portent une minuscule touffe de poils au sommet.
Le fruit est subglobuleux, obtusément pentagonal, d’environ 4 cm
diamètre et 3,5 cm haut. Il contient 5 graines. Le type de ces graines
diffère sensiblement du type habituel de celles des Gambeya. J’ai reçu
de Mr. Fanshawe de nombreuses graines; elles correspondent parfai¬
tement au dessin de R. E. Fries. Elles sont aplaties; de dimensions
environ 2 cm X 1,5 cm large X 0,8 cm d’épaisseur. La cicatrice linéaire
occupe non seulement la face ventrale, mais se prolonge sur toute la partie
basale.
Les feuilles pubescentes ferrugineuses dessous, ont un type de ner¬
vation qui n’est pas celui des Gambeya, ni celui des Donella. Il y a environ
8 paires de nervures latérales peu saillantes et entre deux nervures s’inter¬
cale une nerville parallèle à celles-ci.
A. D. J. Meeuse dans ses « Notes on the Sapotaceae of Southern
Africa », Bothalia VII, 2 : 329 a fait un rapprochement avec Chryso¬
phyllum viridifolium Wood et Franks qui est un vrai Donella. Ces espèces
1. Austrogambeya bangweolensis (Fries) Aubr. et Pellegr. comb. nov. = Chry¬
sophyllum bangweolense R. E. Fries, Schwed. Rhodesia-Kongo Exped. 1911-1912
in Bot. Untersuchungen I. 254 et fig. 29, 255 (1916), affinis Gambeyae Pierre (= Chry¬
sophyllum sec. Gambeya Engl.) sed foliis oblongis, nervis lateralibus I, utrinque cir.
8, arcuatis, tenuiter prominulis, nervis lateralibus II utrinque 8, parallelis, venulisque
reticulatis, antheris extrorsis ad apicem pilosulis, fructibus subglobosis, obtuse penta-
gonis, 5-locularibus, seminibus complanatis, tè/ilo lineari ventrali basi longe provecto,
praecipue dilîert.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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sont tout à fait distinctes. Un rapprochement pourrait plutôt être fait
avec Chrysophyllum cacondense Grèves de l’Angola (1927).
En raison de ces différences dans la cicatrice de la graine, de la
nervation et des anthères poilues au sommet, caractères qui ne se retrou¬
vent pas chez les autres Gambeya, nous croyons pouvoir proposer un
genre nouveau, proche de Gambeya , connu seulement de l’Afrique aus¬
trale, que nous appelons Austrogambeya.
Le type est l’espèce de R. E. Fries, dont l’holotype cité dans la
diagnose est le n° 909, Bangweolo, Kamindas (N. Rhodesia), dont fleurs
et fruits furent récoltés en octobre.
J’ai vu cette espèce dans la forêt claire près de Ndola en Northern
Rhodesia. C’est un arbuste atteignant 6 m de haut, typique par ses feuilles
rouges en dessous (n° R 50 Aubréville).
III. NOTES SUR DES CHRYSOPHYLLÉES AMÉRICAINES
Les Chrysophyllym L. sensu stricto constituent un groupe assez
homogène américain, qui n’a aucun représentant en Afrique. Le type,
le caimitier, C. Caïnito L. originaire des Antilles est aujourd’hui répandu
dans les jardins de tous les pays tropicaux du monde comme arbre
ornemental, remarquable par ses feuilles vert brillant en dessus et tomen-
teuses rouge brique en dessous.
Ce groupe est homogène très nettement quant aux fleurs. Ce sont
de petites fleurs pentamères, exceptionnellement à 4-6-7 lobes corol-
lins. La corolle est soit urcéolée, soit courtement cylindrique, avec des
lobes toujours ovés semi-orbiculaires ; aussi longs ou même plus longs
que le tube dans le premier cas, plusieurs fois plus courts que le tube
dans le second cas. Souvent la corolle est pubescente extérieurement,
mais elle est glabre chez certaines espèces. Les étamines sont formées
de petites anthères extrorses, portées par de très courts filets insérés à
hauteur de la soudure des lobes. Il n’y a pas de staminodes, cependant
exceptionnellement des traces de staminodes se voient chez certaines
fleurs. L’ovaire est pubescent et surmonté d’un court style terminé par
un stigmate multilobé.
Le nombre des loges de l’ovaire est variable. Le plus communé¬
ment il est de 5 (4-6), mais chez certaines espèces il peut être de 7, et
chez l’espèce type, C. Caïnito L. il est de 8-10.
Il est remarquable qu’il y ait une différence nette et constante à
cet égard entre l’espèce type et les autres Chrysophyllum s. s. Elle s’accuse
dans le fruit. Tous les Chrysophyllum s. s. ont, à ma connaissance, de
petits fruits monospermes, alors que chez C. Caïnito le fruit est gros et
comprend ordinairement 7-10 graines, ou moins par avortement.
La diversité est grande dans les graines. Celles du C. Caïnito sont
aplaties, carénées sur les 2 faces ; la cicatrice est étroitement oblongue et
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Aubr.; 13, E. ru/ocuprea (Ducke) Cronquist; 14, E. guianensis Eyma; 15, E. san-
guinolenla (Pierre) Engl.
Source : MNHN, Paris
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ventrale. A l’extrémité opposée de l’échelle, chez C. marginatum (Hook.
et Arn.) Radlk., espèce du nord de la République Argentine et du Para¬
guay, la graine est minuscule, subsphérique et la cicatrice est basi-
ventrale, circulaire ou en forme de demi-lune. Elle est elliptique et presque
basale chez C. oliviforme L. espèce antillaise qui ressemble beaucoup à
C. Caïnito . Sur cette graine les cloisons de l’ovaire se sont imprimées
de sorte que la surface lisse el brillante de la graine est marquée de sillons
longitudinaux. Une cicatrice de forme intermédiaire, ovale et ventrale,
se voit sur la graine ovoïde et pointue du C. glabrum, Jacq. antillais.
Il est curieux de constater que ce caractère de la forme et de la position
de la cicatrice de la graine auquel on donne tant d’importance dans la
taxinomie des Sapotacées est ainsi variable à l'intérieur d’un groupe
de Chrysophyllum, par ailleurs si homogène quant à l’organisation florale.
On serait en particulier, tenté de laisser à part le type du genre, C. Caïnito,
qui serait alors celui d’un genre monotypique Chrysophyllum vrai. Cepen¬
dant l’homogénéité florale et un certain type constant de la nervation
des feuilles, nous empêchent de faire cette division. Mais il est nécessaire
d’insister au point de vue taxinomique sur les variations de forme des
graines et de leurs cicatrices entre les différentes espèces 1 .
Les graines des vrais Chrysophyllum sont pourvues d’albumen.
Parmi ce groupe de Chrysophyllum s. s. nous rangeons des espèces
antillaises d’arbustes et petits arbres :
C. Caïnito L. ( = C. pomiferum Juss.)
C. glabrum Jacq. (= argenleum Jacq. = C. microcarpum Sw.
= C. bicolor Poir. = C. pauciflorum Lam).
C. oliviforme Lam (= C. monopyreum Sw. = C. ferrugineum
Gaertn. = C. microphyllum Jacq);
des espèces guyanaises :
C. auratum Miq. (= C. sericeum A. DC. = C. guianense Kh. =
C. Richardi Kh.)
C. psilophyllum A. DC.;
des espèces du Brésil central :
C. ebenaceum Mart.;
C. rufum Mart.
du nord de l’Argentine, du Paraguay, de la Bolivie et du Sud du Brésil :
C. marginatum (Hook. et Arn.) Radlk. (= C. maytenoides Mart.);
du Pérou oriental :
C. revolutum Mart. et Eichl. ;
du Territoire de l’Acre :
C. acreanum A. C. Smith.
1. Le nombre chromosomique du Chrysophyllum Caïnito est de 26 (Tjio, Miège),
celui du C. oliviforme Lam (Tjio) est de 52. Miège a dénombré 26 chromosomes chez
3 Gambeyae 11 Donella de la Côte d’ivoire. Cen ombre chromosomique 2 n = 26, paraît
très commun chez les Sapotacées; Miège l’a en outre constaté chez Achras sapola L.,
Omphalocarpum elalum Miers (= O. anocentrum Pierre), Pachystela brevipes Pierre,
3 genres très éloignés les uns des autres taxinomiquement.
(Miège. Revue de cytologie et de biologie végétale. XV, 4 (1954).
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PI- 3. — Feuilles x 2/3 de Chrysophyllum L. (s. s.) : 1, Chrysophyllum glabrum Jacq.;
2, Chrysophyllum revolulum Mart. et Eichl. ; 3, Chrysophyllum oliviforme Lam. ;
4, Chrysophyllum marginalum (Hook. et Arn.) Radlk.; 5, Chrysophyllum niti-
dum G. F. W. Meyer; 6, Chysophyltum auralum Miq.; 7, Chrysophyllum ebenaceum
Mart.; 8, Chrysophyllum Calnilo L.
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Mais chez les auteurs le genre Chrysophyllum a pris une extension
mondiale considérable, démesurée croyons-nous, qui est plus exactement
à l’échelle d’une tribu ou au moins d’une sous-tribu.
Parmi ces multiples espèces que l’on rapporte habituellement au
genre Chrysophyllum il me paraît plus conforme à une classification
naturelle de séparer par la nomenclature tous les groupes dont les espèces
constituantes ont entre elles des corrélations de caractères qui en font
des ensembles homogènes, séparables les uns des autres. Ce sont des genres.
Ils ont tous en commun l’absence absolue ou habituelle de stami-
nodes. Quand ceux-ci sont présents, ils sont rudimentaires et le plus
souvent ils apparaissent irrégulièrement (accidentellement). La tendance
évolutive chez ces groupes est vers la disparition des staminodes, qui
est acquise chez certains. Ces genres peuvent se rassembler ainsi par la
position et le type des étamines :
1° Genres à étamines soudées au bord de la gorge, à filets très courts.
(Chrysophyllum s. s., Caramuri, Neoxylhece).
2° Genres à étamines soudées au bord de la gorge, mais à filets
assez longs, étamines exsertes; le tube de la corolle est court relative¬
ment aux lobes oblongs ou ovés de la corolle.
(Ecclinusa , Elaeoluma, Glycoxylon, Neopomelia, Pradosia).
3° Genres dont les étamines ont des filets relativement longs soudés
vers le milieu du tube, et parfois à la base du tube.
(Chloroluma, Gambeya, Nemaluma, Villocuspis).
Les critères de séparation à l’intérieur de ces trois grands groupes,
sont : les divisions de l’ovaire, le nombre des pièces florales, les carac¬
téristiques de la graine.
1® ÉTAMINES SOUDÉES VERS LE SOMMET DE LA GORGE ,
A FILETS TRÈS COURTS .
Trois genres connus jusqu’à présent.
Le genre Chrysophyllum a été défini ci-dessus. Le genre monoty¬
pique Caramuri s’en sépare : — par le nombre ordinaire des pièces florales;
5-6 sépales, ordinairement 8 lobes de la corolle (6-10), 8 étamines (7-10) —
le nombre des loges de l’ovaire, constamment 2 — la présence de fleurs
femelles — la graine ellipsoïde à cicatrice ventrale oblongue.
Une seul espèce provenant de la région de Manaos.
CARAMURI Aubr. et Pellegr. genre nouv 1 .
Espèce type. Caramuri opposila (Ducke) Aubr. et Pellegr. comb.
nov. = Glycoxylon oppositum Ducke, Arch. Inst. Biolog. Veg. Rio 2 :
68 (1935) = Chrysophyllum oppositum Ducke dans Tropical Woods n°71 :
18 = Ecclinusa opposila (Ducke) Cronquist (1946).
1. Caramuri Aubr. et Pellegr. (gen. nov.).
Folia opposita vel subopposita. Sepala 5 (-6). Corolla 8 (-9)-lobata. Stamina 8 (10),
fllamentis brevibus, fauce insertis. Anthera lateraliter dehiscens. Staminodia = 0. Ova-
rium biloculare. Stylus brevis. Fructus monospermus. Semen ellipsoideum, hilo oblongo.
Source : MNHN, Paris
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Feuilles opposées ou subopposées. Fleurs polygames. Sépales 5
(-6) libres. Lobes de la corolle (7-) 8 (-9); tube court. Étamines (7-) 8
(-10) à très courts filets insérés à la gorge; déhiscence latérale. Pas de
staminodes. Ovaire à 2 loges, et très court style.
Fruit monosperme. Graine ellipsoïde à cicatrice oblongue occupant
la plus grande partie de la face ventrale.
Ducke avait rapporté au genre Glycoxylon, puis ensuite au genre
Chrysophyllum, cette espèce d’arbre de la région de Manaos. Selon notre
conception sensu stricto du genre Chrysophyllum ce n’est pas un Chry¬
sophyllum. Elle en diffère par le nombre ordinaire des lobes de la corolle
et des étamines, par son ovaire à 2 loges et par la graine ellipsoïde à
assez large cicatrice ventrale. Ne pouvant la rapporter à aucun genre
décrit, nous créons pour elle le genre Caramuri d’après le nom vernaculaire
de l’espèce à Manaos.
Caramuri opposita (Ducke) Aubr. et Pellegr.
Comb. nouv. = Glycoxylon opposilum Ducke, Arch. Inst. Biolog.
Veg. Rio 2 : 68 (1935).
Arbre moyen.
Rameaux blanchâtres. Rameaux jeunes tomenteux. Feuilles opposées
ou subopposées. Limbe oblong ou elliptiqtie, à sommet obtus, à base
cunéiforme, de 12 X 6 cm à 30 X 11 cm, coriace, tomenteux apprimé
roussâtre, puis grisâtre en dessous. Une dizaine de nervures latérales,
espacées; entre elles des nervilles dont la direction générale est sensi¬
blement perpendiculaire à l’axe de la feuille, visibles sur les 2 faces. Fort
pétiole, 2-4 cm long.
Fleurs en fascicules à l’aisselle des feuilles ou sur les rameaux plus
âgés défeuillés. Forts pédicelles de 3-6 mm. Calice à 5-6 sépales, larges,
ovés, pubescents roussâtres sur les 2 faces, environ 2 mm long. Corolle
épaisse, haute de 3,25 mm environ, glabre; 7-10 lobes, généralement 8,
ovés, de 2 mm haut; tube plus court que les lobes. Étamines (7-) 8 (-10)
à déhiscence latérale; filets très courts insérés au bord de la gorge;
anthères, env. 1,25 mm. Pas de staminode. Présence de fleurs femelles
et de fleurs hermaphrodites. Ovaire aplati, pubescent, à très court style;
2 loges.
Fruit ovoïde jaune, glabre, env. 3 cm long x 2,5 cm diamètre; à
court pédoncule de 8 mm env. Une seule graine, ellipsoïde, env. 2,2 cm
X 1,3 cm x 1 cm. Cicatrice oblongue, occupant presque toute la lon¬
gueur de la face ventrale, 16 mm x 6 mm.
Type de l’espèce : n° 24902, Ducke de Manaos.
Arbre de la forêt de terre ferme, sur sol sablo-argileux dans la réserve
Ducke près de Manaos, peu commun. Dans un comptage sur 7,2 ha.
de cette forêt, 12 arbres seulement de plus de 25 cm de diamètre furent
dénombrés (William Rodriguez). La hauteur totale de l’arbre pourrait
atteindre 25 m. W. Rodriguez a mesuré un arbre de 16 m de hauteur
dont 10 de fût, 6 de cime et 30 cm de diamètre. Écorce rougeâtre, fine.
Source : MNHN, Paris
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(env. 3 mm épaisseur). Fruit jaune, à pulpe très sucrée, comestible.
Bois brun rougeâtre clair, de densité moyenne, facile à travailler.
Matériel étudié : Ducke 24902, holotype, près de Manaos (fl. déc.);
I.N.P.A. : 3422 Coelho, km. 9 Manaos (fr. fév.); 5118 Coelho, Réserve
Ducke; 5917 Ferreira, Réserve Ducke (fl. oct.); 6100 Ferreira (fr. janv.):
NEOXYTHECE Aubr. et Pellegr.
Le genre Oxylhece a été décrit par Miquel dans Flora Bras. VII .
105 (1863). Eyma a fait remarquer (Notes on Guiana Sapotaceae : 166
(1936) qu’en vertu des règles internationales de la nomenclature, le
nom de Oxylhece était invalidé par le nom antérieur d’un genre de Poly-
gonacées : Oxylheca Nutt. (1847), et ceci en dépit de la variante ortho¬
graphique portant sur la dernière lettre du nom. Nous proposons donc
le nouveau nom de Neoxylhece pour nous conformer aux règles interna¬
tionales, tout en rappelant le nom choisi par Miquel.
Eyma qui avait signalé la confusion des noms, n’avait pas remplacé
celui donné par Miquel parce qu’il n’admettait pas la valeur générique
de Oxythece Miq.
Cette dernière a été sujette à des interprétations très diverses. Cer¬
taines espèces qui incontestablement sont des Oxythece furent décrites
dans la Flora brasiliensis comme Sideroxylon : ainsi Sideroxylon elegans
A. DC. et S. cuspidatum A. DC. Elles ont été mises en synonymie par
Baehni avec les Oxythece types du genre de Miquel, O. leptocarpa Miq.
et O. pseudosideroxylon Miq. décrits un peu plus loin dans la même Flore.
Baehni ramène d’ailleurs le genre Oxythece Miq. au genre Pouleria s. I. ;
Eyma également.
Le genre Oxythece Miq. me paraît cependant très bien différencié.
Fleurs pentamères. La corolle a 5 (-6) lobes, et un tube de même lon¬
gueur que les lobes ou plus court. Les 5 (-6) étamines ont de très courts
filets soudés un peu en dessous de la gorge. Les anthères sont généralement
introrses, ou à déhiscence latérale. Dans certaines fleurs il n’y a pas de
staminodes, dans d’autres ils apparaissent à l’état rudimentaire et très
irrégulièrement. Il y en a alors rarement plus d’un ou deux par fleur,
mais chez d’incontestables Oxythece on peut en compter régulièrement 5.
A cet égard le genre forme passage entre Chrysophyllum s. I. et Pouteria
s. I. L’ovaire est généralement à 2 loges, parfois 3 ; ce caractère est cons¬
tant.
Le fruit est monosperme. La graine a un test mince, une cicatrice
ventrale linéaire; elle est sans albumen.
Les feuilles sont coriaces, d’une teinte glauque typique en dessous.
Les nervures latérales sont nombreuses, effacées et parfois imprimées
dans le limbe.
Le groupe des Oxylhece me paraît donc avoir une homogénéité
incontestable et, par ses caractères, distincts de ceux des vrais Pouteria
et des vrais Chrysophyllum, mériter sa ségrégation à l’échelle du genre.
Ce fut aussi l’opinion de Lam et de Bâillon citée par Baehni.
Source : MNHN, Paris
— 17 —
Les espèces reconnues dans l’herbier du Muséum de Paris sont peu
nombreuses.
1. Baehni a réuni dans une même espèce, Pouteria elegans (A. DC.)
Baehni, plusieurs espèces décrites par A. de Candolle et Miquel. Nous
partageons son opinion sur cette espèce qui est donc assez variable
quant à la forme des feuilles, et qui paraît largement répandue en Guyane
anglaise, dans le haut Rio Negro et en Amazonie. Toutefois, conservant
le genre Oxythece nous sommes amenés à la nouvelle combinaison sui¬
vante :
Neoxythece elegans (A. DC.) Aubr. comb. nov. = Sideroxylon
elegans A. DC. in DC. Prodr. VIII : 183 (1844) = Sideroxylon cuspi-
datum A. DC. 1. c. = Oxythece pseudosideroxylon Miq. in Mart. Fl.
Bras. VII : 106, t. 47, fig. 4 (1863) = Oxythece leptocarpa Miq. 1. c.
= Chrysophyllum leplocarpum Spruce Herb. = Sideroxylon durum
Klotzsch in scheda ex F. Bras. VII : 56 (1863) = Pouleria elegans (A.
DC) Baehni in Candollea IX : 179 (1942); 1. c. 231.
Cette espèce est remarquable par son fruit cylindrique à base atté¬
nuée, au sommet longuement apiculé, à surface brune veloutée, conte¬
nant une graine fusiforme à cicatrice étroitement oblongue, à test très
mince.
2. Neoxythece dura (Eyma) Aubr. et Pellegr. comb. nov. = Pouleria
dura Eyma dans Rec. Trav. bot. néerl. XXXIII : 187 (1936). Cette espèce
du Surinam et de la Guyane anglaise est très voisine de la précédente,
mais elle s’en distingue aisément si l’on dispose du fruit, petit, ovoïde
et courtement apiculé.
3. Neoxythece robusta (Mart. et Eichl.) Aubr. et Pellegr. comb.
nov. = Sideroxylon robuslum Mart. et Eichl. dans Fl. Bras. VII : 56 (1863)
= Pouteria robusla (Mart. et Eichl.) Baehni 1. c. : 213 (1942). Cette espèce
est également voisine des précédentes, mais se distingue notamment
par des feuilles plus coriaces encore, oblongues ou elliptiques, obtuses
ou arrondies au sommet. Aire géographique s’étendant sur les Guyanes
française et hollandaise, le haut rio Negro et la basse Amazonie.
2° ÉTAMINES SOUDÉES VERS LE SOMMET DU TUBE DE LA COROLLE,
A FILETS ASSEZ LONGS, TUBE DE LA COROLLE COURT RELATIVEMENT
AUX LOBES OBLONGS OU OVÉS DE LA COROLLE, ANTHÈRES
RELATIVEMENT GROSSES
ECCLINUSA Mart. (1839).
Le genre Ecclinusa a connu diverses vicissitudes. Son auteur, Mar-
tius, après l’avoir créé en 1839 l’a abandonné et lui a donné le nouveau
nom de Passaveria (1863) pour rendre hommage à son collaborateur
Passaver. Le premier nom conservait cependant valablement la prio-
Source : MNHN, Paris
— 18 —
PI. 5. — Types de feuilles d’EccIinusa X 2/3 : 1 , E. cunei/olia (Rudge) Aubr.; 2,
E. Beardii (Monachino) Aubr.; 3, E. cyanogena (Ducke) Aubr.; 4, E. guianensis
Eyma; 5, E. rufocuprea (Ducke) Cronquist; 6, E. sanguinolente (Pierre) Engl.; 7, E.
rami/lora Mart.
Source : MNHN, Paris
— 19 —
rité, Passaveria ne pouvant être considéré que comme un synonyme,
ainsi que l’ont admis successivement Bentham et Hooker (1876), Engler
(1891), Pierre (1891), puis Eyma (1936). et Cronquist (1946). Cependant
A. de Candolle dans les Prodromes (1844) n’avait pas séparé Ecclinusa
de Chrysophyllum. Baehni (1938) a partagé ce dernier point de vue.
Il existe cependant un groupe important d’espèces américaines
qui peuvent être rangées sous le nom générique d’Ecclinusa dont le
type est E. ramiflora Mart. (1837), groupe distinct de celui des Chryso¬
phyllum vrais, dont nous venons plus haut de préciser les caractères,
distinct bien que n’en étant pas très éloigné.
Ces Ecclinusa ont une corolle typiquement différente de celle de
ces Chrysophyllum. Le tube est court ou très court, les lobes ovés ellip¬
tiques. Comme chez les Chrysophyllum les étamines sont insérées en bor¬
dure de la gorge, mais les filets sont relativement longs, les anthères plus
grandes, et ces étamines sont exsertes. Les dessins font mieux apercevoir
les différences que les descriptions. En outre chez les Ecclinusa il y a
fréquemment des fleurs femelles, ce qui n’est pas signalé chez les vrais
Chrysophyllum. Ovaire, style et stigmate sont semblables dans les deux
genres; ovaire tomenteux à 5 loges, style court, stigmate souvent lobé.
Dans toute la mesure où l’insuffisance de la connaissance des fruits
et des graines l’autorise, les graines des Ecclinusa sont ellipsoïdes et
marquées d’une cicatrice linéaire, ce qui n’est pas le cas des Chryso¬
phyllum.
Les espèces d’Ecclinusa ont en commun un système de nervation
très différent de celui des Chrysophyllum.
Les nervures secondaires sont saillantes, bien dessinées; elles sont
réunies par un réseau plus ou moins serré de nervilles tertiaires parallèles
obliques par rapport aux nervures latérales. Les dessins font bien ressortir
ce caractère très remarquable des Ecclinusa.
Pierre avait exclu de ce groupe, deux genres Ragala et Prieurella.
Partageant l’opinion d’Engler et d’Eyma, nous les incluons dans Eccli¬
nusa. Une section Ragala peut cependant subsister, caractérisée par
des fruits globuleux, à calice accrescent, à 5 graines, comprenant les trois
espèces E. sanguinolenla (Pierre) Engl., E. balata Ducke, E. spuria Ducke.
Une autre section peut réunir les trois espèces : E. guianensis Eyma,
E. lanceolata (Mart. et Eichl. ex Miq.) Pierre, E. Bacuri Aubr., section
caractérisée par la présence de stipules et par un type un peu particulier
de nervation.
Prieurella cuneifolia (Rudge) Pierre se singularisait par des inflo¬
rescences cauliflores.
Nous avons pu séparer dans l’Herbier du Muséum de Paris, 19 espèces
d’Ecclinusa dont deux nouvelles et cinq résultant de nouvelles combi¬
naisons. L’aire d’habitation du genre s’étend de l’île de la Trinité au sud
du Brésil. Cependant les espèces paraissent surtout nombreuses en Ama¬
zonie et en Guyane. Cinq d’entre elles existent en Guyane française.
Source : MNHN, Paris
— 20 —
Ecclinusa Mart. Martius, Flora XXII, Beibl. :
veria Mart. et Eichl. Flora Bras. : 85 (1863).
E. abbreviata Ducke dans Bull. Mus. Hist. Nat.
Paris , II, IV : 743 (1932).
E. balata Ducke dans Rev. Bot. app. x : 850 (1930)..
E. bacuri Aubr. et Pellegr. Esp. nouv.
E. Beardii (Monachino) Aubr. Comb. nov.
= Chrysophyllum Beardii Monachino.
E. brevipes Pierre dans Nol. Bot. Sap.: 57 (1891)....
E. cochlearia (Lecomte) Aubr. Comb. nov.
= Chrysophyllum cochlearium Lecomte, Nol.
Syst. IV: 63 (1920).
E colombiana (Standl.) Aubr. Comb. nouv.
= Sideroxylon colombianum Standley dans Tro.
Woods 22: 13 (1930).
E. coslata Pierre dans Not. Bot. Sapo.: 56 (1891).
E. cuneifolia (Rudge) Aubr. Comb. nov.
= Chrysophyllum cuneifolium (Rudge) A. DC.
Prod. VIII: 160 (1844).
= Prieurella cuneifolia Pierre nomen.
E. cyanogena (Ducke) Aubr. Comb. nov.
= Chrysophyllum cyanogenum dans Trop. Woods,
n° 71; 18.
E. Glaziovi Pierre dans Nol. Bot. Sapo: 56 (1891)....
E. Grisebachii Pierre dans Not. Bot. Sapo. : 57 (1891).
— E. Cruegerii Monachino.
E. guianensis Eyma dans Rev. Trav. Bol. Neerl.,
XXXIII: 20 (1936).
E. lanceolala (Mart. et Eichl. ex Miq.) Pierre dans
Not. Bol. Sapo.: 57 (1891).
= Passaveria lanceolala Mart. et Eichl. dans
Fl. Bras. VII : 86.
E. Prieurii (A. DC.) Aubr. Comb. nov.
= Chrysophyllum Prieurii A. DC., Prodromus
VIII: 161 (1844).
E. ramiftora Mart. Herb. Gl. Bras.: 177 (1837).
= Passaveria obovata Mart. et Eichl. Fl. Bras.
VII : 87. Type du genre.
E. rufocuprea (Ducke) Cronquist dans Bull. Torr.
Bot. Cl. LXXIII : 310 (1946).
= Chrysophyllum rufocupreum Ducke.
E. sanguinolenla (Pierre) Engl.
2 (1839) = Passa-
Amazonas
Amazonas
Amazonas
Trinité
Parana, Paraguay
(campos)
Guyane f.
Colombie
Guyane f.,
Amazonas
Amazonas, Para
Rio de Janeiro
Trinité
Guy. f. et h.,
Amazonas
Amazonas
Guy. f.
Para (forêt sèche)
Amazonas
(pseudo-catinga)
Guy. f.
Source : MNHN, Paris
— 21 —
= Ragala sanguinolenta Pierre dans Nol. Bol.
Sapo.: 58 (1891).
E. spuria Ducke dans Bull. Mus. Hist. Nal. Paris,
II, IV : 743 (1932)... Amazonas
E. ucuquirana branca Aubr. et Peilegr. Esp. nouv.... Amazonas
Ecclinusa Bacuri Aubr. et Peilegr. l .
Feuilles obovées, acuminées, glabres, coriaces, stipulées. Stipules
ovées, glabres, caduques, laissant des cicatrices bien marquées. Limbe
atténué aigu à la base et décurrent sur le pétiole, 9-12 cm long sur 4-5 cm
large. Nervure médiane saillante sur les 2 faces. Environ 13 paires de
nervures secondaires saillantes sur les 2 faces, tracées presque jusqu’à
la marge. Réseau de nervures tertiaires parallèles, serrées, presque per¬
pendiculaires aux nervures secondaires. Pétiole assez long, 1,5 à 3 cm,
canaliculé en dessus.
Fleurs sessiles, en fascicules à l’aisselle des cicatrices des feuilles
tombées, immédiatement en dessous des feuilles terminales. Calice :
5 sépales libres, glabres, longs de 2 mm. Corolle glabre : 5 lobes ovés,
larges, très imbriqués, 2 mm long; tube court 0,75 mm. Fleurs polygames.
Fleurs femelles sans étamines, ni staminodes. Fleurs 7? : 5 étamines
extrorses à assez longs filets, 1,5-2 mm long, insérés un peu plus bas que
le niueau de soudure des lobes de la corolle. Anthères longues de 0,75 mm
terminées par une pointe émoussée. Ovaire velu à 5 loges; style très court;
stigmate 5-lobé.
Fruit inconnu.
Type : INPA, 1094 Manaos.
Cette espèce est très proche d 'Ecclinusa guianensis Eyma. Elle en
diffère par ses fleurs glabres. E. guianensis a également des fleurs sessiles
mais des sépales pubescents, et une corolle également pubescente sur
une ligne médiane de la face dorsale des lobes. Les feuilles d 'E. Bacuri
sont obovées et plus larges, plus longuement pétiolées aussi que celles
de E. guianensis de forme plutôt oblongue.
E. Bacuri est une espèce de la région de Manaos en Amazonie.
C’est un arbre moyen, de 20 m de haut, de la forêt dense humide et de
la forêt marécageuse (igapo).
Il est nommé localement « bacuri » ou encore « cauchorana ».
1. Ecclinusa Bacuri Aubrev. et Peilegr. (spec. nov.)
Folia glabra, coriacea. Stipulae ovatae, glabrae, caducae. Lamina obovata, acumi-
nata, basi attenuata, acuta, 9-12 cm longa, 4-5 cm lata, costa valida, nervis utrinque 13,
ad marginem desinentibus, supra subtusque prominentibus, venulisque numerosis
subperpendicularibus. Petiolus 1,5-3 cm longus, supra canaliculatus. Flores sessiles,
fasciculati, ad axillam foliorum delapsorum siti, polygami. Flores hermaphroditi :
Sepala 5, glabra, 2 mm longa. Corollae tubus glaber, 0,75 mm longus; lobi 5, ovati,
imbricati, 2 mm longi. Stamina 5 extrorsa, fila mentis cir. 1, 5-2 mm longis, infra fauce
insertis; antheris ovatis, apice mucronulatis, 0,75 mm longis. Ovarium villosum, 5-locu-
lare; Stylus brevissimus; stigma 5-lobatum. Flores feminei : stamina = 0; stamino-
dia = 0. Fructus ignotus.
Source : MNHN, Paris
— 22 —
PI. 6. — Ecclinusa Bacuri Aubr. et Pellegr. : 1, rameau florifère x 2/3; 2, fleur x 6;
3, fragment de corolle x 10; 4, pistil x 10. — Ecclinusa ucuquirana-branca Aubr.
et Pellegr. : 5, feuille x 2/3; 6, fragment de rameau portant des inflorescences
X 2/3; 7, bouton x 6; 8, fragment de corolle x 10; 9, pistil x 10.
Source : MNHN, Paris
— 23 —
L 'E. guianensis, espèce des Guyanes française et hollandaise,
semble présente également en Amazonie.
Matériel étudié :
E. Bacuri — Amazonas — INPA : 1094, holotype, estrada do Mindu,
Manaus (fl. mai); 5065 et 5083 Réserva Florestal Ducke, Manaus.
E. guianensis — Guy. fr. — Gandoger : 133 Maroni — Godebert
(Wachenheim) : 114 — Lemée : sans n° Maroni — BAFOG : 7418 Cayenne
(gros fr. de 5-6 cm très mûrs en mars) ; 7678 Cayenne. Brésil, Amazonas —
INPA : 4160 igapo do Passarinho, Manaus; 5213 Réserva Florestal Ducke,
Manaus (fl. mars).
Ecclinusa ucuquirana-branca Aubr. et Pellegr. 1
Larges feuilles aux extrémités d’épais rameaux. Bourgeons termi¬
naux et jeunes feuilles densément tomenteux ferrugineux. Feuilles ellip¬
tiques, coriaces, pubescentes ferrugineuses dessous. Limbe obtus ou
arrondi au sommet, obtus à la base, 17-25 cm long x 12-16 cm large.
Nervure médiane proéminente dessous. Une quinzaine de nervures secon¬
daires un peu déprimées en dessus, saillantes dessous, tracées jusqu’à la
marge. Réseau très accusé en dessous de nervures tertiaires parallèles,
serrées, sensiblement perpendiculaires aux nervures latérales. Fort pétiole
canaliculé d’environ 2 cm long.
Petites fleurs tomenteuses ferrugineuses, sessiles, ou subsessiles,
en fascicules denses sur les rameaux défeuillés. Calice à 5 lobes densé¬
ment velus, soudés à la base, long de 5 mm environ. Corolle à 5 lobes
ovés, longs de 2,5 mm; tube plus court 1,5 mm.
Fleurs Ç : ni étamine ni staminode. Ovaire velu à 5 loges. Style
court; stigmate 5-lobé.
Espèce imparfaitement connue, qui se rapproche d 'Ecclinusa abbre-
viala Ducke, mais distincte nettement par les feuilles.
Holotype : INPA, 1065 Cachoeira do Taruma, Manaus, Amazonas
(fl. mai). Arbre de 25 m et 30 cm de diamètre de la forêt primaire de
terre ferme. Fût droit et écorce lisse.
1. Ecclinusa ucuquirana-branca Aubrév. et Pellegr. (spec. nov.)
Arbor elata, ramulis crassis. Alabastra ferrugineotomentosa. Folia ad apicem
ramorum congesta. Lamina primo dense ferrugineotomentosa, coriacea, elliptica,
apice obtusa vel rotundata, basi obtusa, 17-25 cm longa, 12-16 cm lata, Costa valida,
nervis laleralibus utrinque cir. 15, ad marginem desinentibus, venulisque valde promi-
nentibus, numerosis, perpendicularibus. Petiolus crassus, supra canaliculatus, cir. 2 cm
longus. Flores numerosi, ad axillam foliorum delapsorum siti, fasciculati, sessiles vel
subsessiles. Flores feminei : Calyx dense villosus, profunde 5-lobatus, cir. 5 mm lon¬
gus. Corollae tubus cir. 1,5 mm longus; lobi 5, ovati, 2,5 mm longi. Stamina = 0; stami-
nodia = 0. Ovarium 5-loculare; Stylus brevis; stigma 5-lobatum. Flores masculi (?).
Fructus ignotus.
Source : MNHN, Paris
— 24 —
Groupe des genres PRADOSIA Liais (1872), GLYCOXYLON
Ducke (1922), POMETIA Yell. (1827).
Ces trois genres sont confondus par Eyma dans le genre Pouleria
s. L, et par Baehni dans le genre Chrysophyllum s. I. C’est dire que leur
position taxinomique est discutable. Les corolles ne portent pas de
staminodes, ce qui les rapproche des Chrysophyllum.
Ces genres en réalité ne sont ni des Chrysophyllum L. ni encore moins
des Pouleria Aublet. C’est avec le genre Ecclinusa que les ressemblances
sont les plus grandes. Les étamines exsertes sont insérées à la gorge
de la corolle. Il n’y a pas régulièrement de staminodes. L’ovaire a
5 loges.
Leurs feuilles n’ont cependant pas la nervation caractéristique des
Ecclinusa. Les fleurs sont hermaphrodites et non polygames comme
c’est le cas commun chez les Ecclinusa. Le fruit est monosperme et non
à plusieurs graines comme cela semble être fréquent chez les Ecclinusa
dans toute la mesure relativement restreinte où les fruits des espèces
d’Ecclinusa sont connus.
Les 3 genres ont un particularisme évident au point de vue morpho¬
logique, écologique et géographique.
Strictement parlant le genre Pradosia compte une seule espèce de
grand arbre, connu dans la région de Rio de Janeiro sous le nom de
buranhem, ou guaranhem. Il fut décrit la première fois par Casaretto
(1841) sous le nom de Chrysophyllum glycyphloeum. Une planche et une
description de Francesco Freire Allemao (1866) le caractérisent parfai¬
tement. Cette espèce n’est pas celle qui est décrite et dessinée sous le
nom de Lucuma glycyphloea Mart. et Eichl. dans la Flore de Martius
(p. 82 et tab. 25, fig. 11). Le dessin de Martius s’applique sans aucune
confusion possible au Pometia laclescens Vell., autre arbre de la même
région de Rio de Janeiro.
Liais en 1872 a fait de ce Chrysophyllum glycyphloeum Casar. le type
de son genre Pradosia. L’espèce Pradosia glycyphloea (Casar.) Liais est
très nettement caractérisée par une nervation des feuilles singulière, des
fleurs de couleur violet foncé, une seule graine à cicatrice oblongue. Cet
arbre est un « pau doce », ou « casca doce », c’est-à-dire que le latex a un
goûl sucré.
Le seul caractère distinctif que je puisse noter dans les fleurs est la
présence très irrégulière de staminodes. Certaines fleurs n’en montrent
pas, chez d’autres on peut en apercevoir très distinctement un ou deux.
C'est tout de même un caractère de séparation avec les autres espèces
du groupe où il n’y a jamais de staminodes. La seconde espèce de la région
de Rio de Janeiro qui fut l’objet de nombreuses confusions de la part
des botanistes, bien qu’elle se distingue aisément de la première, a reçu
de Vellozo en 1827 le nom de Pometia laclescens. La nervation des feuilles
est tout à fait différente de celle du Pradosia glycyphloea.
Ce Pometia laclescens est cauliflore. Ce n’est pas un « casca doce ».
La graine, ellipsoïde, est marquée d'une cicatrice linéaire.
Source : MNHN, Paris
25 —
Le nom de Pometia Vell. est antidaté par Pomelia Forst. Sapindacée
(1776). Si l’on admet que cette espèce est le type d’un genre valable,
son nom de Pometia doit être changé. Kuhlmann l’avait nommée Pra-
dosia glycyphloea (Mart. et Eichl.) Kuhlmann, nom qui doit disparaître
ainsi que le propose Baehni comme une monstruosité de la nomenclature.
Nous proposons le nom de Neopometia pour remplacer Pomelia Vell.
Ducke a créé en 1922 un genre Glycoxylon dont le type est le Chryso-
phyllum inophyllum (Mart. mss.) ex Miq. (1863). Il s’agit d’un petit arbre
ou arbuste dont l’habitat en Amazonie est très spécial. On ne le trouve
que sur les terrains de sable blanc à humus noir couverts de fourrés ou
de forêt basse (campinas et pseudo-catinga du rio Negro). Il en est une
espèce caractéristique. C’est un « casca doce ».
Les feuilles sont opposées et ont une nervation différente de celle des
espèces précitées. La graine ellipsoïde a une cicatrice étroitement oblongue.
A cette espèce Ducke en a ajouté d’autres en 1925, dont G. pedicel-
lalum, casca doce également de campinas et pseudo-catingas du rio
Negro, à feuilles opposées. Il a inclus à cette époque dans son genre Glycoxy¬
lon deux autres « casca doce », dont l’habitat est différent : G. praeallum
très grand arbre de la forêt dense humide de Belem, dans l'Amazonie
maritime; G. Huberi grand arbre de la forêt inondable de l’estuaire de
l’Amazone. Les feuilles ont un type de nervation assez différent de celui
des deux précédents Glycoxylon.
Par la suite Ducke crut devoir abandonner son genre Glycoxylon
qu’il inclut dans le genre Pradosia. Il découvrit encore une autre espèce
de « casca doce » : Pradosia subverlicillata Ducke arbre moyen de la région
de Manaos, à feuilles subverticillées.
Il décrivit encore deux autres Pradosia de la région de Manaos qui
ne sont pas des « casca doce ». Je ne les ai pas vus.
Eyma a nommé, provenant du Surinam et de la Guyane française,
un Pouteria plychandra (1936) qui a des affinités avec le Pometia laclescens
Vell. Les inflorescences sont cauliflores, les fleurs brun rougeâtre. La fleur
n’a pas de staminode. Sa place n’est donc pas chez les Pouteria. L’espèce
doit plutôt être rapprochée du Pomelia laclescens cauliflore, à fleurs
violacées. Eyma a signalé particulièrement le filet des étamines, coudé
avant son insertion sur l’anthère, caractère présent également chez
Pometia laclescens Vell.
En conclusion il y a dans ce groupe probablement plusieurs genres
distincts, mais affines. Il faudrait connaître mieux toutes les espèces
pour tenter d’établir des séparations génériques valables. Nous ne sommes
pas aujourd’hui en mesure de les faire avec sûreté, mais déjà nous pou¬
vons dire que les trois genres Pradosia, Glycoxylon et Pometia Vell. seront
peut-être à maintenir séparés.
Inflorescences cauliflores. Fleurs violacées. Écorce amère.
. Neopometia Aubr.
Fleurs fasciculées dans l’aisselle des feuilles ou des cicatrices foliaires. Fleurs
blanc verdâtre. Écorce douce (casca doce) :
Source : MNHN, Paris
— 26 —
Feuilles généralement opposées. Glycoxylon Ducke
Feuilles alternes. Présence irrégulière de staminodes.. . Pradosia Liais
Nous sommes conduit aux combinaisons nouvelles suivantes :
Neopometia lactescens (Vell.) Aubr. Comb. nouv. = Pometia
laclescens Vell., Fl. Flum. : 80 et t. 87 (1827).
Neopometia ptychandra (Eyma) Aubr. Comb. nouv. = Pouteria
ptychandra Eyma dans Rec. Trav. bot. néerl. XXXIII : 189 (1936).
Une graine ellipsoïde par fruit, à cicatrice oblongue.
ELAEOLUMA Bâillon.
Bâillon dans son Histoire des Plantes (1892) a décrit deux genres,
Gymnoluma (p. 292) pour une espèce du rio Negro : Lucuma glabrescens
Mart. et Eichl. ; et Elaeoluma (p. 293) pour une autre espèce de la même
région décrite sous le nom de Chrysophyllum oleaefolium Mart. et Eichl.
dans la Flore brésilienne de Martius.
Il ne me paraît pas possible de maintenir séparés ces deux genres.
Nous mettons donc Gymnoluma en synonymie de Elaeoluma.
Les fleurs sont pentamères. Le tube de la corolle est très court. Les
étamines extrorses sont insérées à la gorge. Les anthères sont grosses et
cordées à la base. Il n’y a pas de staminodes. L’ovaire a 2-3 loges. Le fruit
est monosperme et sphérique chez les deux espèces connues du genre.
Les graines sont ovoïdes et montrent une large cicalrice ventrale ellip¬
tique.
Deux espèces sont connues dont la synonymie se développe comme
suit :
Espèce type : Elaeoluma Schomburgkiana (Miq.) Bail]. = Myr-
sine Schomburgkiana Miq. dans Fl. Bras. X : 315 (1856) = Chrysophyllum
oleaefolium Mart. et Eichl. dans Fl. Bras. VII : 101, t. 46 (1863) = Oxylhece
Schomburgkianum (Miq.) Cronquist dans Bul. Torr. Cl. 73; 468 (1946).
Elaeoluma glabrescens (Mart. et Eichl.) Aubr. Comb. nov. =
Lucuma glabrescens Mart. et Eichl., Fl. Bras. VII : 76, t. 46 = Vilellaria
glabrescens Radlk. = Gymnoluma glabrescens Baill., Hist PI. 11 : 292.
La position d’une espèce de grand arbre de forêt marécageuse décou¬
vert aux environs de Manaos, Chrysophyllum eximium Ducke ( Arch. Jar.
Bot. Rio VI: 75 (1933) = Ecclinusa eximia (Ducke) Cronquist (1946),
est douteuse sauf sur ce point qu’il ne s’agit pas d’un Chrysophyllum.
Elle rappelle certains Ecclinusa par les feuilles et la corolle. Son ovaire
à 2-3 loges la rapprocherait plutôt du genre Elaeoluma. Le fruit mûr est
inconnu.
Source : MNHN, Paris
— 27 —
3° ÉTAMINES A FILETS RELATIVEMENT LONGS SOUDÉS
VERS LE MILIEU DU TUBE ET PARFOIS A LA BASE DU TUBE
VILLOCUSPIS Aubr. et Pellegr.
Alphonse de Candolle dans Prodromus (1844) avait créé dans le
genre Chrysophyllum une section Villocuspis pour une seule espèce C.
jlexuosum Mart. (1837), petit arbre trouvé sur le célèbre rocher de Corco-
vado à Rio de Janeiro. Cette espèce se distinguait par des anthères remar¬
quablement velues sur la face ventrale. Miquel dans la Flora brasiliensis
de Martius reprit la même division en y incluant 6 espèces.
Notre conception du genre Chrysophyllum est en contradiction
avec le maintien d’une section Villocuspis. Les espèces qui y sont admises
ont un ensemble de caractères communs qui en font un groupe naturel
homogène éloigné des vrais Chrysophyllum. Les étamines sont insérées
à l'intérieur du tube de la corolle, à peu près à mi-hauteur. Les anthères
sont garnies de très longs poils blancs sur la face externe. Les feuilles
ont un même type de nervation. Le fruit du V. Glaziouii seul connu de
nous est ovoïde, monosperme. La graine est ovoïde, marquée d’une large
cicatrice ventrale elliptique. Présence d’albumen. Nous proposons donc
un genre Villocuspis.
Les espèces dont nous avons pu vérifier l’appartenance à ce genre
sont :
V. flexuosum (Mart.) Aubr. et Pellegr. Comb. nov. = Chrysophyllum
flexuosum Mart. dans Herbarium Florae Brasiliensis : 98 (1837).
V. elegans (Raunkiaer) Aubr. et Pellegr. Comb. nov. = Chryso¬
phyllum elegans Raunkiaer dans Vid. Medd. N.F. Kjb. : 9 (1889).
V. januariense (Eichl.) Aubr. et Pellegr. Comb. nov. = Chryso¬
phyllum januariense Eichl. dans Kjoeb. Vidensk. Meddel : 206 (1870).
V. Glaziouii Aubr. et Pellegr. Esp. nouv.
V. splendens (Spreng.) Aubr. et Pellegr. Comb. nov. = Chrysophyl¬
lum splendens Spreng. dans Flor. Bras. : 91.
Les 4 premières espèces sont originaires de la région de Rio de Janeiro,
la 5 e est de la région de Vittoria au sud de Bahia.
D’après les diagnoses appartiendraient également à ce genre les
espèces suivantes :
Chrysophyllum inornalum Mart. dans Flora Brasiliensis : 89 (1863).
Espèce de Rio de Janeiro, Sâo Paulo et de Rio Grande do Sul.
Chrysophyllum sparsiflorum Klotzsch. mss ex Miquel dans Fl. Bras. :
90 (1863). Espèce de la Guyane anglaise et de l’Amazonie.
Chrysophyllum pulcherrimum Mart. et Eichl. ex Miq. dans Fl. Bras. :
92 (1863). Espèce du Brésil oriental.
Chrysophyllum amplifolium A. DC. Prod. VII : 159 (1844). Espèce
de la région de Bahia.
Source : MNHN, Paris
PI. 7. — Fragments de corolles et pistils X 8 : 1, Villocuspis elegans (Raunkier)
Aubr. et Pellegr. (avec une anthère vue de l’extérieur) ; 2, Villocuspis Glaziouii
Aubr. et Pellegr.; 3, Villocuspis /lexuosa (Mart.) Aubr. et Pellegr.; 4, Villocuspis
januariensis (Eichl.) Aubr. et Pellegr.; 5, Villocuspis splendens (Spreng) Aubr.
et Pellegr.; 6, Elaeoluma glabrescens (Mart. et Eichl.) Aubr.; 7, Gambeya excelsa
(Huber) Aubr.; 8, Neoxythece robusta (Mart. et Eichl.) Aubr. et Pellegr.; 9, Neoxy-
thece elegans (A. DC.) Aubr. et Pellegr.
Source : MNHN, Paris
— 29 —
Villocuspis Aubr. et Pellegr.
Fleurs fasciculées axillaires. Sépales imbriqués 5 (-6). Corolle à
5 (-6) lobes suborbiculaires, à tube plus court ou plus long que les lobes.
Etamines 5 (-6) insérées environ à mi-hauteur du tube. Filets coürts.
Anthères extrorses longuement velues sur la face externe. Ovaire hirsute,
à 5 loges; style conique, glabre.
Villocuspis Glaziouii Aubr. et Pellegr.
Jeunes rameaux pubescents. Rameaux plus âgés criblés de lenlicelles.
Petites feuilles oblongues, insensiblement acuminées, obtuses ou
arrondies à la base, un peu pubescentes dessous. Limbe environ 4,5 X
1,6 cm, membraneux. Une douzaine de nervures latérales, très peu appa¬
rentes. Pétiole 3 mm.
Petites fleurs axillaires. Pédicelle 4 mm. Calice, 5-6 sépales pubes¬
cents extérieurement, 1 mm long. Corolle à 5-6 loges orbiculaires, longs
de 1,75 mm; tube plus court 0,5-0,75 mm. Etamines 5-6 insérées sur le
tube, extrorses, portant de longs poils blancs sur la face ventrale; filets
0,5 mm, anthères 0,75 mm. Pas de staminodes. Ovaire hirsute à 5-6 loges.
Petits fruits ovoïdes 1,1 x 0,8 cm. Une seule graine ovoïde 10 x 8 X
7 mm. Cicatrice ventrale largement elliptique, 8x7 mm. Cotylédons
plats entourés d’albumen.
Espèce type : Glaziou, 11147, 11148, Rio de Janeiro.
Espèce proche de V. flexuosum et de V. inornatum.
NEMALUMA Bâillon.
Le genre a été créé par Bâillon en 1892 dans son Histoire des Plantes
(XI, P-293) pour une espèce de la Guyane française que Pierre dans l’herbier
du Muséum de Paris avait nommée Nemaluma alnifolia (1891) etEngler
Chrysophyllum alnifolium (1890). Le nom spécifique A’alnifolia étant
antidaté par Chrysophyllum alnifolium Baker (1877) espèce africaine,
Eyma a changé le nom de l’espèce qui est devenu, le genre étant en outre
attribué à Pouteria, Pouleria Engleri Eyma (1936).
Ce genre Nemaluma est caractérisé par des fleurs pentamères, des
étamines à longs filets soudés à la base du tube, la présence de stami¬
nodes rudimentaires, un ovaire à 5 loges, un long style cylindrique épais.
Par les fleurs et par la nervation des feuilles le rapprochement avec Gam-
beya s’impose naturellement. Si les Gambeya n’ont ordinairement pas de
staminodes, ils apparaissent irrégulièrement et très rudimentaires chez
certaines espèces. Engler pour cette raison avait attribué l’espèce guya-
naise au genre Chrysophyllum s. I. d’où est distrait le genre Gambeya.
La description du fruit et de la graine qui est faite par Eyma empêche
cependant l’inclusion de Nemaluma dans Gambeya. Ce fruit est mono¬
sperme, celui des Gambeya a généralement 5 graines. La graine est épaisse,
ellipsoïde, avec une cicatrice étroite. Provisoirement donc, il nous paraît
préférable, en dépit des affinités incontestables, de séparer Nemaluma
de Gambeya.
Source : MNHN, Paris
30 —
Source : MNHN, Paris
— 31 —
La synonymie de l’espèce guyanaise se développe ainsi : Nemaluma
Engleri (Eyma) Aubr. et Pellegr. Comb. nov. = Pouteria (§ Nemaluma)
Engleri Eyma dans Notes on Guiana Sapotaceae, Rec. Trav. Bot. Neerl)
Vol. XXXIII : 178 (1936) = Chrysophyllum alnifolium Engl, dans Engl.
Jahr. XII : 522 (1890), non Baker dans F.T.A. III : 499 (1877) = Nema¬
luma alnifolia Pierre mss. H.P. (1891).
CHLOROLUMA Bâillon.
Genre de l’Amérique du Sud, tropicale plutôt qu’équatoriale : Brésil
méridional et oriental, République argentine, Paraguay, Bolivie. Fleurs
pentamères ; étamines à longs filets insérés à la base du tube ; absence de
staminodes; ovaire à 5 loges; fruit à plusieurs graines (- 5); graines albu¬
minées, plates, à cicatrice linéaire : toutes les caractéristiques d’un
Gambeya sont réunies.
Martius et Eichler dans Flora Brasiliensis (VII : 60 et pl. 24) avaient
fait du type du genre, arbre provenant de la région de Rio de Janeiro,
un Sapola gonocarpa. Bâillon (1892, Hisl. des Plantes, XI : 294) créa pour
cette espèce le genre Chloroluma. L’affinité avec les Chrysophyllum est
évidente, aussi Radlkofer, Grisebach, Engler, Eichler, rapportèrent toutes
les espèces de ce groupe de Sapotacées qu’ils eurent à connaître au genre
Chrysophyllum.
Pierre eut la conviction qu’il ne s’agissait pas de Chrysophyllum.
Pour une autre espèce affine il créa un genre Martiusella (Notes bot. :
64: 1891), arbre de la région de Rio de Janeiro : Chrysophyllum impériale
(Linden) Benth. et Hook. (1876) = Theophrasla imperialis Linden (1864).
L’espèce est extraordinaire chez les Sapotacées par ses feuilles dentées
en scie.
Le genre Fibrocenlrum de Pierre, simplement nommé (ex. Glaziou
dans Bull. Soc. Bot. Fr. Mém. 3 : 441 (1910) est attribué à une autre espèce
de ce groupe de Sapotacées, toujours de la région de Rio de Janeiro.
■ Engler bien que rapportant le Theophrasia imperialis Linden au
genre Chrysophyllum, l’avait tout de même placé dans une section spé¬
ciale Aneuchrysophyllum (1890).
Comme on le voit les botanistes ont été à la fois impressionnés par
la ressemblance de l’organisation florale avec celle des Chrysophyllum s. I.
et par la singularité des caractères foliaires qui incite à penser qu’il s’agit
d’un genre séparé. Bâillon à mon avis a été le plus lucide en prenant nette¬
ment position pour un genre spécial, Chloroluma.
Les espèces de Chloroluma forment un groupe taxinomique homogène,
qui est très éloigné des Chrysophyllum vrais, mais qui est très proche des
Cambeya, genre africain et américain. C’était aussi l’opinion de Dubard
d’après une note manuscrite dans l’herbier du Muséum de Paris.
Ce sont les feuilles qui au premier examen font penser à un genre
distinct. En herbier elles gardent une couleur vert clair qui frappe à
première vue. Certaines sont membraneuses, d’autres plus fermes mais
toujours les nervures el nervilles sont saillantes sur les 2 faces, et forment
Source : MNHN, Paris
— 32 —
Source : MNHN, Paris
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un réseau remarquablement accusé. Le limbe est translucide, et par
transparence il apparaît chez toutes les espèces, un curieux réseau de
fines lignes translucides distinct du réseau des nervures. Anatomiquement
l’unité du groupe est incontestable. C’est pourquoi nous pensons que
Bâillon eut raison d’isoler ce groupe à la fois des Chrysophyllum et des
Gambeya, en dépit des affinités de l’organisation florale et des graines.
Ce genre est sud-américain et extra-amazonien.
Le type est Ghloroluma gonocarpa (Mart. et Eichl.) Bâillon.
= Chrysophyllum lucumifolium Grisebach, Symbolae : 223 (1879).
= Chrysophyllum gonocarpum (Mart. et Eichl.) Engl.
= Chrysophyllum persicastrum Eichl., Jahrb. : 520 (1891).
= Chloroluma Balansae mss. dans H. P.
L’espèce a une aire étendue dans le nord de la République Argentine
(Misiones, Corrientes, Entre Rios, Chaco, Formosa, Salta y Jujuy), le
Brésil (Parana, Rio Grande do Sul, Rio de Janeiro), le Paraguay et la
Bolivie.
Autres espèces :
Chloroluma viridis (Mart. et Eichl.) Aubr. Comb. nov. = Chryso¬
phyllum viride Mart. et Eichl. ex Miq., Flora Bras. VII : 102 (1863) =
Fibrocenlrum Glaziovianum Pierre mss. Arbre de la région de Rio de
Janeiro.
Chloroluma bahiensis Bail!, mss. H. P. = Sapola bahiensis Mart.
et Eichl. mss. H. B. Rio de Janeiro.
Chloroluma imperialis (Linden) Aubr. Comb. nov.
= Theophrasia imperialis Linden (1864).
= Chrysophyllum impériale Benth. et Hook (1876).
= Marliusella imperialis (Linden) Pierre (1891).
GAMBEYA Pierre.
Ce genre fut créé par Pierre pour des espèces africaines. Dans une
note précédente ( Nol. Sysl., XVI fasc. 3-4 : 1960) nous avons voulu
réhabiliter ce genre qui depuis Pierre fut généralement inclus dans le
grand genre s. 1. Chrysophyllum. Nous avons alors signalé que ce genre
surtout africain, avait aussi au moins un représentant en Amérique du
Sud, Gambeya excelsa (Huber) Aubr. Il y en a peut-être d’autres.
Conclusions. — Ainsi nous avons séparé dans le groupe auquel les
auteurs donnent généralement le nom de Chrysophyllum 12 genres;
comme les espèces de ce groupe, en Amérique du Sud sont très vraisem¬
blablement loin d’être toutes connues, la révision que nous venons de
faire n’est donc pas définitive. Plus exactement nous avons retrouvé
dans notre essai de regroupement et placé dans un cadre d’ensemble
plusieurs genres déjà décrits par Martius (Ecclinusa), Miquel (Oxy-
3
Source : MNHN, Paris
— 34
lhece), A. de Candolle (Villocuspis, comme section du genre Chryso¬
phyllum), Liais (Pradosia), Velloso (Pomelia), Pierre (Gambeya),
Bâillon (Elaeoluma, Nemaluma, Chloroluma), Ducke (Glycoxylon).
Nous avons seulement ajouté à tous ces genres, la plupart déjà anciens,
un seul genre monotypique Caramuri, et transformé pour des raisons
d’application des règles de la nomenclature internationale les noms de
Pometia et Oxythece en Neopometia et Neoxythece.
La plupart de ces genres ont des fleurs sans staminodes, ce qui
les fait rassembler sans aucun doute dans un groupe de Chrysophyllées.
Chez d’autres l’absence de staminodes est le fait général, cependant chez
certaines espèces la présence de staminodes est occasionnelle, ou même
courante, mais dans tous ces cas il s’agit de staminodes très rudimen¬
taires, qui classent ces genres à part du groupe des Poutériées où les sta¬
minodes sont constants et nettement développés. Ainsi on constate
l’existence de types de transition en considérant isolément ce caractère
taxinomique de la présence des staminodes auquel on est obligé d’attacher
de l’importance dans cette taxinomie des Sapotacées. On comprend alors
les diverses appréciations des botanistes qui ont classé les espèces en cause,
tantôt dans Chrysophyllum s. ou tantôt dans Pouteria s. I. Cependant
en étudiant l’ensemble de tout ce grand groupe de Sapotacées, nous
n’avons jamais hésité à rapprocher une espèce plutôt de Chrysophyllum
ou plutôt de Pouteria. Il y a bien en Amérique une frontière entre deux
groupes de Sapotacées, établie sur la considération de ces staminodes, un
peu floue parfois, mais discernable à une certaine hauteur d’observation
où les synthèses deviennent possibles.
Une autre conclusion que l’on peut tirer de cet essai sur les Chryso¬
phyllées américaines est qu’à chaque genre correspondent non seulement
certains caractères de la fleur, mais aussi certains caractères de la nerva¬
tion des feuilles. Cette corrélation entre caractères floraux et caractères
foliaires n’est certes pas absolue, il y a des exceptions, mais d’un certain
point de vue statistique moyen, elle existe et elle devient d’un secours
évident pour les identifications de genres. Les nombreuses espèces d ’Eccli-
nusa ont un type de nervation commun, distinct du type commun chez
les Chrysophyllum vrais. Cela est particulièrement net aussi chez les
Neoxythece, les Chloroluma, Neopometia, Elaeoluma, bien individualisés
à cet égard.
CLÉ DES GENRES DE CHRYSOPHYLLÉES SUD-AMÉRICAINES
I. Étamines à filets très courts insérés vers le sommet du tube de
la corolle :
A. Ovaire à 2 (-3) loges. Fruit à 1 graine :
a. 8 pétales (7-10) et autant d’étamines. Graine ellipsoïde
à cicatrice oblongue. Feuilles opposées. Caramuri.
a'. 5 (-6) pétales et autant d’étamines. Parfois présence de
staminodes rudimentaires. Graine à cicatrice oblon-
Source : MNHN, Paris
— 35 —
gue-linéraire, à test très mince. Feuilles alternes,
glauques dessous. Nervures secondaires effacées,
généralement nombreuses. Neoxythece.
A'. Ovaire à 5 loges (4-7 ; 8-10 chez Chrysophyllum caïnito)
5 pétales (exc. 4, 6) et autant d’étamines :
Nombreuses graines par fruit. Graines aplaties, caré¬
nées, à cicatrice ventrale étroitement oblongue....
. Chrysophyllum caïnito.
Une graine (-2) par fruit, ovoïde à ellipsoïde, à cica¬
trice très variable, généralement elliptique, ventrale
à presque basale. Chrysophyllum.
II. Étamines exsertes, à filets assez longs insérés vers le so mm et
du tube de la corolle. Staminodes O. Tube de la corolle très
B. Ovaire à (4-) 5 loges :
b. Fleurs "ÿ et $. Réseau très accusé de nervures tertiaires
parallèles et obliques par rapport aux nervures secon¬
daires. Fruits à plusieurs graines ellipsoïdes à cica¬
trice étroitement oblongue ou linéaire. Ecclinusa.
b 1 . Fleurs hermaphrodites. Pas de réseau saillant de .ner-
villes comme ci-dessus. Fruits monospermes :
c. Fleurs cauliflores de couleur violacée . Neopometia.
c'. Fleurs sur les rameaux, de couleur blanc verdâtre.
Écorce à latex doux.
d. Feuilles généralement opposées. Glycoxylon.
d'. Feuilles alternes. Présence irrégulière de stami¬
nodes . Pradosia.
B'. Ovaire à 2-3 loges. Feuilles sans réseau de nervilles trans¬
versales parallèles. Graines ovoïdes, à cicatrice ventrale
elliptique . Elaeoluma.
III. Étamines à filets soudés vers le milieu du tube et parfois à la
base du tube. Ordinairement pas de staminodes, ou stami¬
nodes très rudimentaires et irrégulièrement présents. Ovaire
à 5 loges :
e. Anthères extrorses garnies de longs poils blancs sur la face
externe. Style conique. Pas de staminodes. Villocuspis.
e'. Anthères non poilues. Filets relativement longs insérés vers
la base du tube :
f. Des sta min odes rudimentaires.
Fruits monospermes. Graines ellipsoïdes à cicatrice
étroite. Nemaluma
/'. Pas de staminodes :
g. Nervilles et veinules remarquablement saillantes
sur les 2 faces. Limbe transparent marqué de
lignes sinueuses translucides. Fruits à plusieurs
graines.....'. Chloroluma.
Source : MNHN, Paris
PI. 10. — Graines de chrysophyllées américaines : 1, Chrysophyllum Caînilo L.;
2, Chrysophyllum marginatum (Hook. etArn.) Radlk.;2’, face et dos à un grossisse¬
ment plus fort (x 3); 3, Chrysophyllum oliviforme Lam.; 4, Chrysophyllum gla-
brum Jacq.; 5, Chloroluma gonocarpa Baill. ; 6, Glycoxylon inophyllum (Mart.)
Ducke; 7, Pradosia glycyphloea (Casar.) Liais; 8, Elaeoluma glabrescens (Mart. et
Eichl.) Aubr. 9, Elaeoluma Schomburgkiana (Miq.) Baill.; 10, Villocuspis glaziouii
Aubr. et Pellegr.; 11, Ecclinusa abbreviala Ducke; 12, Ecclinusa cuneifolia (Rudge)
Aubr.; 13, Chloroluma imperialis (Linden) Aubr.; 14, Gambeya excelsa (Huber)
Aubr.; 15, Neopomelialaclescens (Vell.) Aubr.; 16, Neoxylhece elegans (A. DC.) Aubr.
Source : MNHN, Paris
— 37 —
g'. Réseau de nervilles et de veinules non remarquable¬
ment proéminent. Fruit à plusieurs graines carénées
dorsalement . Gambeya.
Position incertaine : Passaveria lancifolia Mart. et Eichl., Flora Bras. VII
86 (1863).
Chrysophyllum ambelaniifolium Sandwith, Kew Bull. : 467 (1931).
IV. COMPARAISON DES CHRYSOPHYLLÉES
AMÉRICAINES ET AFRICAINES
Il y a plus d’affinités entre Chrysophyllées qu’entre Poutériées des
deux côtés de l’Océan atlantique. Dans chacun des trois groupes du
classement ci-dessous, on trouve à la fois des genres africains et améri¬
cains. Le genre Gambeya par le nombre de ses espèces est nettement
africain, il y a cependant au moins une espèce américaine. De même le
genre américain Ecclinusa aux très nombreuses espèces paraît bien avoir
un représentant en Afrique équatoriale. L’espèce Gambeya nyangensis
Pellegrin nous semble en effet pouvoir être attribuée à Ecclinusa 1 . Aucun
Chrysophyllum vrai n’existe en Afrique.
Il n’y a aucune fleur tétramère chez les Chrysophyllées, contraire¬
ment aux Poutériées où les fleurs typiquement tetramères sont fréquentes.
Les fleurs pentamères sont la règle, avec les deux exceptions remarquables
du genre américain monotypique Caramuri à 8 pétales et du genre
africain monotypique à 10 pétales, Wildemaniodoxa.
Tous les genres africains ont un ovaire 5-loculaire. La plupart des
genres américains également, à l’exception des 3 genres Caramuri, Neoxy-
thece, Elaeoluma.
En nombre de genres la représentation africaine avec 10 genres équi¬
vaut à celle de l’Amérique, 12 genres.
Il y a dans les 2 continents des genres hautement particularisés tels
en Afrique Delpydora, Malacanlha, Englerophytum, et en Amérique
Caramuri, Neoxylhece, Elaeoluma ainsi que le groupe des espèces à latex
doux.
CLASSEMENT COMPARATIF DES GENRES
DE CHRYSOPHYLLÉES AMÉRICAINES ET AFRICAINES
Africains Américains
I. Étamines insérées vers le milieu du tube de la
corolle ou à la base de ce tube. Ovaire à 5 loges :
Plusieurs graines par fruit (-5) :
Graines ellipsoïdes. Cicatrice linéaire. Fruits
hirsutes. Delpydora
1. Ecclinusa nyangensis (Pellegrin) Aubr. Comb. nouv. = Gambeya nyangensis
Pellegrin dans Bull. Mus. Nal. Hisl. Nat., (1924).
Source : MNHN, Paris
— 38 —
Graines plus ou moins grosses, mais aplaties Africains Américains
et souvent carénées. Cicatrice oblongue,
étroitement ou largement.
Nervilles et veinules remarquablement
saillantes sur les 2 faces. Limbe trans¬
parent marqué de lignes sinueuses
translucides. Chloroluma
Réseau de nervilles et veinules non
remarquablement proéminent. Gambeya Gambeya
Austrogambeya (1 espèce)
Une seule graine ellipsoïde par fruit :
Cicatrice linéaire. Nemaluma
Cicatrice très large :
Anthères extrorses garnies de longs poils
blancs sur la face externe. Villocuspis
Anthères introrses. Feuilles criblées de
points translucides. Plusieurs bractées à
la base du calice. Malacantha
II. Étamines à filets très courts insérés près du
sommet de la gorge :
Ovaire à 2 loges. Une graine ellipsoïde par
fruit :
Corolle à 8 lobes. Feuilles opposées. Cica¬
trice de la graine oblongue.
Corolle à 5 lobes. Feuilles alternes. Cica¬
trice oblongue-linéaire. Parfois présence
de staminodes rudimentaires.
Ovaire à 5 loges, exceptionnellement plus :
Étamines soudées à la base en un anneau. Une
seule graine à large cicatrice. Englerophy tum
Etamines non soudées entre elles à la base,
Tube très court. Grosses anthères velues . Tulestea
Tube plus long que les lobes. Petites anthè-
Anthères extrorses, plus courtes que
les lobes.
Anthères introrses, aussi longues que
les lobes, traces de staminodes .... Neoboivinella
III. Étamines à assez longs filets, insérées vers le
sommet de la gorge, exsertes :
Ovaire à 2-3 loges. Graines ovoïdes à très
large cicatrice. Elaeoluma
Ovaire à (4-) 5 loges :
Plusieurs graines par fruit. Cicatrice étroi¬
tement oblongue ou linéaire. Fleurs
femelles fréquentes. Ecclinusa Ecclinusa
(1 espèce)
Une seule graine par fruit. Fleurs herma¬
phrodites :
Graine aplatie à cicatrice étroite. Pré¬
sence fréquente de staminodes rudi¬
mentaires . Zeyherella
Graine ellipsoïde. Neopometia
Glycoxylon
Pradosia
Ovaire à 10 loges. Wildemaniodoxa
Caramuri
Neoxythece
Chrysophyllum
Source : MNHN, Paris
NOUVELLES DIDIÉRÉACÉES DE MADAGASCAR
par Werner Rauh,
Institut Botanique de l’IJniversilé de Heidelberg
En 1959, un voyage botanique effectué à Madagascar avec l’appui de
l’Académie des Sciences de Heidelberg, fut consacré surtout à l’étude de
la curieuse famille des Didiéréacées, dont la position systématique est
encore incertaine. Au cours de ce voyage nous avons trouvé quelques
nouvelles espèces de cette famille, espèces dont l’existence était déjà
connue, il est vrai, des botanistes Decary, Perrier de la Bâthie,
Humbert, Montagnac et Capuron, mais dont la description n’a jamais
été publiée. C’est pourquoi nous présentons dans l’article suivant les
diagnoses des espèces nouvelles ; une description plus détaillée sera publiée
par ailleurs.
1. DIDIEREA TROLLII capuron et rauh, nov. sp. (1)
Plantae iuniores aliter atque apud Didieream madagascariensem in statu
iuvenili basi stipitis primarii ramosa, ramis omnibus non erectis, plus minusve
horizontaliter crescentibus, humifusis, 1 m longis vel longioribus, postea ramo
uno vel pluribus se erigentibus usque ad 4 m altis basi usque ad 20 cm diame-
tientibus, supra solum ramosis et iterum ramos horizontales gerentibus;
stipes uni for mis nullus ut in D. madagascariensi; plantae seniores basi semper
ramis gracilioribus humifusis ; rami omnes foliis brevissime petiolatis spiraliter
insertis; laminis folia oblongo-lanceolatis vel ovalibus 1.5 — 2.5 cm longis,
0.2 — 0.5 cm latis carnosis mucronulatis, ex axillis ramos mammillaceos
brèves spinis et foliis vel floribus gerentia; rami brèves aliter atque apud
D. madagascariensem etiam in plantis iunioribus solum usque ad 0.5 cm
metientes spinis (1-) 4 gracilibus argenteis obscure mucronulatis cruciate
insertis, quarum duae medianae circa 2.5 cm metientes oblique erectae vel
reflexae, quarum transversales breviores 2 cm metientes; ex apice spinis
circumcincto et immerso unius cuiusque rami brevis foliorum rosula aut
flores masculi femineive orientes; brevis rami folia breviter petiolata laminis
ovalibus 1-2 cm longis, 0.3 cm latis mucronulatis (folia plantarum cultarum
oblongo-lanceolata usque ad 2.5 cm metientia, sed non elongato-linearia ut
in D. madagascariensi).
Species dioica floribus minoribus quam in D. madagascariensi. Flores
masculi pedunculis 0.5 cm metientibus breviter pilosis, sepalis flavescenti-
1. Dédié au célèbre botaniste allemand Wilhelm Troll, Professeur à l’Institut
Botanique de l’Université de Mayence.
Source : MNHN, Paris
— 40 —
PI. 1. — Didierea Irollii: à gauche, port; à droite, partie de rameau montrant la dis¬
position des feuilles et des épines.
viridibus multo brevioribus quam petala, 3-4 mm longis, 2-3 mm latis, tri-
gonis mucronulatis, basi interdum cordiformibus, in statu efflorationis apicibus
recurvatis ; petalis 4 virescenti-luteis, quorum exteriora transversaliter inserta
paullo breviora quam interiora usque ad 7 mm longa, 3-4 mm lata ovalia
apice paullo emarginata; petalis interioribus paullo longioribus et angustio-
ribus apice emarginatis mucronulatis ; staminibus 8 filamentis rubris, antheris
luteis; filamenta staminum 4 longiorum circa 5 mm, ilia staminum 4 bre-
viorum 3 mm metientia modice papillosa, basi connata; antheris oblongis
dorsifixis, ovario imperfecto sterili obtuso-triangulato, stylo brevi et stigmate
parvo centro floris inserto ; flores feminei fere dimidio minores quam in D. mada-
gascariensi, pedunculo 0.5 vel 1 cm longo breviter piloso, apicem versus in
receptaculum planiusculum dilatato, sepalis duobus flavescenti-viridibus vel
eburneis membranaceis, altitudine diversa receptaculo insertis et paullo
decurrentibus, subrotundis, circa 0.8 cm metientibus mucronulatis, saepe
margine paullo recurvatis; petalis 4 eburneis vel virescenti-flavis sepalis
omnino inclusis; exteriora lingulata mucronulata longiora quam interiora,
circa 6 mm longa, 2 mm lata; interiora breviora, 4 mm longa, 2 mm lata;
ovario cum stylo 3.5 mm longo acute triangulato anguste alato; stigmate
infundibuliformi lobis puniceis minus profonde incisis et minoribus quam in
D. madagascariensi ; staminodiis 8 inaequaliter longis, quorum 4 longiora
ovarium superantia basi connata; fructus nuceola triangulata perianthio
persistente circumdata.
Source : MNHN, Paris
— 41 —
Typus : Iiaub, M. 1803, 1959; Herbier.Muséum Nationald’Histoire Natu¬
relle, Paris.
Hab. : fréquent sur les sables entre Ampotaka et Mahatsanary
(Sud de Madagascar) : Rauh, M. 1803, 1959. Plateau Mahafaly : Perrier
de la Balhie, 6260, Juil. 1910. Ambovombe-Ifotaka : Decary, 3552
(oct. 1924), 9218 (sept. 1929); Capuron, s. n.
Didierea trollii (PI. 1-4) diffère de D. madagascariensis H. Bâillon
par un grand nombre de caractères et il est bien justifié de le regarder non
comme une variété du second, mais comme une bonne espèce. C’est pour¬
quoi le genre Didierea n’est plus monotypique aujourd’hui. M. Choux
(1934) a montré que les deux espèces décrites par H. Bâillon : D. mada¬
gascariensis (1890) de la région de Tuléar et D. mirabilis (1895) des envi¬
rons de Morondave sont identiques et, par conséquent que D. mirabilis
est synonyme de D. madagascariensis. Nos propres observations sur place
ont entièrement confirmé le bien-fondé de l’opinion de M. Choux.
D. madagascariensis (inclus D. mirabilis) est caractérisé par ses stades
de jeunesse et le mode de la ramification. Le tronc primaire ne se subdivise
pas pendant les premières années, poussant verticalement et atteignant
une hauteur d’un mètre et même plus. Ses rameaux courts (c’est-à-dire
les mamelons spinifères) sont portés par un axe (= hypopodium) d’une
longueur atteignant 5 cm, mais qui se raccourcit avec l’âge des rameaux
latéraux (Rauh, 1956, fig. 24, 26). De plus les rameaux courts de D. mada¬
gascariensis portent un grand nombre d’épines (4-12) groupées par quatre
en verticilles superposés et alternes (Rauh, 1956, fig. 26). L’épine infé¬
rieure du verticille inférieur est la plus développée et très allongée (jus¬
qu’à 10 cm de longueur). D. madagascariensis est caractérisé encore par
ses feuilles linéaires de 6-10 (-15) cm de longueur (PI. 4, 1-3) et par ses
fleurs assez grandes.
Comme le D. madagascariensis ne se ramifie pas à l’état jeune, il
possède, à l’état adulte, un tronc uniforme de 50 cm à 1 m de longueur
et d’un diamètre de 40 cm (Choux, 1934, pl. 1). Tous les rameaux laté¬
raux sont dressés.
Par contre le Didierea trollii se ramifie assez tôt à l’état jeune. Mais
tous les rameaux, y compris le tronc primaire, poussent horizontalement,
s’appliquant au sol. Après quelques années seulement une ou plusieurs
branches latérales se redressent, poussent verticalement et produisent
des branches étalées. D. trollii n’est donc pas un arbre comme D. mada¬
gascariensis, mais un arbrisseau, atteignant jusqu’à 4 m de hauteur, qui
ne possède pas un tronc unique, mais plusieurs troncs, qui, de plus,
portent toujours à leurs bases des rameaux rampants (Pl. 1, à gauche).
Chez les jeunes pieds comme sur les branches plus âgées, les rameaux
courts (= mamelons spinifères) n’apparaissent que comme de courtes
protubérances en forme de mamelons (Pl. 1, à droite). Leurs feuilles sont
plus petites que celles de D. madagascariensis et arrondies-obovales ou
lancéolées (Pl. 4, 4-8), mais jamais linéaires (Pl. 4, 1-3).
Les fleurs, dont l’organisation ne permet pas de reconnaître des
Source : MNHN, Paris
trant le gynécée; 12, pistil et staminodes; 13, stigmate vu de dessus (fleurs mâles
un peu plus agrandies que les femelles).
Source : MNHN, Paris
— 43 —
différences avec celles de D. madagascariensis, sont plus petites et le
pédoncule est couvert de poils courts. Les différences d’organisation entre
D. Irollii et D. madagascariensis sont seulement remarquables chez les
fleurs femelles. Le réceptacle, au lieu d’être rond, est un peu aplati; les
sépales sont peu décurrents sur le réceptacle (PI. 3, 6); les staminodes
sont de longueur inégale (PI. 2, 11-12) et les lobes du stigmate plus
petits que chez les fleurs femelles de D. madagascariensis (PI. 2, 12-13).
Mais il n’y a pas que les différences morphologiques-structurales des
deux plantes pour justifier la création d’une nouvelle espèce; de plus
elles habitent des régions différentes. L’aire de D. madagascariensis
(inclus le D. mirabilis de Bâillon) s’étend le long de la côte ouest à partir
de Morondave jusqu’au sud de Tuléar, alors que celle de D. Irollii est
limitée à l’extrême sud et sud-est de l’île. Entre les deux aires il y a, du
moins selon nos connaissances actuelles, un « trou de propagation ».
D. Irollii était déjà connu de Decary, qui le récolta près d’Ifotaka
au nord d’Ambovombe (N° 3352, 1924 et N° 9218, 1931), où son existence
fut également constatée parCAPURON et Rauh. Les indigènes le connaissent
là sous le nom « Sony-barika ». Decary fait sous le numéro de récolte
N° 9218 les observations suivantes : « arbre à branches étalées, très diffé¬
rent de l’espèce à branches dressées. Les branches sont horizontales ».
Un croquis de Decary, qui cependant, ne correspond pas entièrement
aux conditions morphologiques, se trouve déjà dans le travail de Choux
(1934, fig. A) qui, tout en mentionnant que les Didierea, désignés dans la
région d’Ambovombe sous le nom « Sony-barika », possédaient des bran¬
ches étalées et que le port de ces arbres était bien différent de celui du
Didierea madagascariensis figuré par H. Humbert dans son ouvrage sur
les « Principaux aspects de la végétation à Madagascar », croit que « en
ce qui concerne le port, il est possible qu’il s’agisse d’une modification
due à l’action des feux de brousse... Par suite, le « Sony-barika » de la
région d’Ambovombe est bien pour nous le Didierea madagascariensis »
(Choux, p. 9). Nous ne pouvons pas partager cette opinion. Dans la région
du D. Irollii, il n’y a pour ainsi dire pas de feux de brousse et l’étude de
l’ontogénèse de cette plante montre que le port des stades de jeunesse
avec les rameaux rampants est dû non pas à l’action de feux de brousse,
mais à des particularités héréditaires.
D’autre part il se trouve dans l’herbier du Muséum National d’His-
toire naturelle, sous le N° 6260, un fragment d’une plante récoltée sur le
plateau Mahafaly (sans précisions de la localité), qui doit sans doute
être considérée comme identique au D. trollii.
2. ALLUAUDIA MONTAGNACI rauh, nov. sp. 1
Arbor usque ad 10 m alta basi usque ad 40 cm diametiens vel simplex
vel ramis paucis circa 1 m supra solum orientibus primo ardue erectis, postea
1. Dédié à M. R. Montagnac, qui fut le premier à introduire la plante vivante
en Europe, où elle est cultivée au Jardin botanique « Les Cèdres » de M. Julien Marnier-
Lapostolle.
Source : MNHN, Paris
44 —
Source : MNHN, Paris
— 45 —
saepe apice arcuatim pendulis; aliter atque omnes aliae species generis Alluau-
diae itaque cap ut ramosum arboris absens; foliis ramorum longorum longi-
tudinaliter (in ramis senioribus saepe spiraliter) insertis laminis oblongis
1.5-1.7 cm longis, 0.5 cm latis modice carnosis, iuventute interdum pilosis,
in petiolum 0.5 cm longum contractis, ex axillis singulas spinas gerentibus.
Caules novelli spinis Iongissimis ut in A. ascendente, usque ad 2.5 cm longis
argenteo-viridibus obscure acuminatis gracilibus sed rigidis, basi in pedes
oblongo-ovales dilatatis; spinae in caulibus floriparis brèves, usque ad 1cm
metientes conicae, pede valde dilatato ; inter spinas et folias deciduas caulium
longorum rami brèves orientes, quorum apices in corticem immersi quotannis
folia duo breviter petiolata producunt laminis subrotundis transversaliter
insertis, 1.3 — 1.5 cm longis, 1.2 cm latis apice emarginatis ut in A. ascendente,
in caule novello laete viridibus, senectute incanis marginibus anguste rubro-
tinctis.
Species dioica ; inflorescentia ut in A. procera ex regione apicali ramorum
longorum seniorumque oriens et ibi in ramis brevioribus usque ad 15 cm
metientibus angulato-canaliculatis pallido-viridibus bracteis parvis instructis
disposita, cymoso-dichotomioramosa.
Inflorescentia mascula plerumque paullo laxiora quam inflorescentia
feminea ramis pallido-viridibus vel rubicundis floribus glomerate in apicibus
ramorum ultimae ordinis dispositis breviter pedunculatis, gemmis circa 3 mm
metientibus sepalis duobus glutinoso-nitidis viridibus cucullatis; floribus
aperte 5-7 mm diametientibus ; petalis 4 albidis, quorum exteriora oblongo-
ovalia 5x4 mm metientia cochleariformia apice saepe emarginata, interiora
angustiora partim cucullata ; staminibus (7 —) 8 filamentis retortis basi intus
pilosissimis, antheris luteis; medio floris ovarium imperfectum.
Inflorescentia feminea plerumque paullo compactior quam inflorescentia
mascula floribus breviter pedunculatis, paullo minoribus quam illae aperte
circa 5 mm in diametro; sepalis duobus glutinoso-nitidis viridibus cucullatis
circa 2 mm metientibus; petalis 4 albis, quorum exteriora late rotunda circa
2.5 X 2.5 mm metientia, interiora paullo longiora et angustiora, circa 3 X
2 mm metientia, apice interdum profunde emarginata; ovario viridi globoso
circa 2 mm in diametro stylo brevi et stigmate magno 2-3 lobato albo, lobis
stigmatis margine denticulatis; staminodia tanta vel paullo longiora quam
ovarium, filamentis taeniformiter complanatis basi connatis longis appendi-
culis instructis; fructibus globosis circa 3 mm diametientibus perianthiis
persistentibus circumdatis.
Holotype : Bauh, M 1600, Herbier du Muséum National d’Histoire
naturelle, Paris.
Hab. : brousse au Sud de Itampolo (sud-ouest de Madagascar) au
pied du plateau calcaire.
A. monlagnacii est une plante à port très remarquable. A la diffé¬
rence de toutes les autres espèces d ’Alluaudia (A procera, A. dumosa,
A. humberti, A. comosa), poussant sous forme d’arbustes durant les
stades de jeunesse et présentant à l’état adulte un tronc sans rameaux
et une houppe fortement ramifiée, A. monlagnacii se caractérise, à l’état
Source : MNHN, Paris
PI. 4. — Didierea madagascariensis (1 à 3) et D. Irollii (4 à 8); 1, 1' et 4, feuille des
rameaux longs; 2, 2', 3 et 5, 6, 7, 8, feuilles des rameaux courts (les dessins sont
réalisés à une échelle semblable).
9, Alluaudia monlagnacii : port (grand, nat. : 7-8 m).
Source : MNHN, Paris
— 47 —
adulte, par son tronc non ou peu ramifié, colonnaire et atteignant jus¬
qu’à 8 (-10) mètres de hauteur; quelquefois, on note un petit nombre de
rameaux latéraux verticalement ascendants, dont l’extrémité, à l’état
adulte, est souvent décombante (PI. 4,9). Comme cette espèce est un
élément des forêts côtières xérophytiques, on est tenté de considérer ce
port étrange comme dû à l’influence du vent venant de la mer, quoique
les autres arbres ne présentent aucune particularité de port due à
l’influence du vent.
Mais, à part cela, A. montagnacii est une plante étrange, qui présente
des caractéristiques d’organisation à la fois de VA. ascendens et de VA. pro-
cera. Les stades de jeunesse et les nouvelles pousses de VA. montagnacii
ressemblent à ceux de VA. ascendens pour la disposition des épines et
celle des feuilles, à tel point qu’il n’y a aucune différence entre les stades
de jeunesse des deux espèces. Les jeunes pieds de VA. procera pos¬
sèdent une pousse primaire assez mince, qui se ramifie bientôt de la
base. Les feuilles et les épines sont disposées en cinq orthostiques. Au
contraire le tronc primaire de VA. ascendens reste longtemps sans se rami¬
fier, atteint 1 ou 2 m de longueur et croît fortement en épaisseur dès la
jeunesse. Les feuilles et les épines sont arrangées en parastiques (entre
5 et 13). Les épines de VAllauaudia ascendens sont plus fortes et plus
longues (environs 2,5 cm de longueur) que celles de VA. procera.
Les jeunes pieds de VA. montagnacii présentent toutes les particu¬
larités de port, de disposition et de grandeur des épines de VA. ascendens.
D’autre part les feuilles des deux espèces sont presque de la même forme :
elles sont rondes et profondément échancrées au sommet (PI. 6, B et C),
alors que les feuilles de VA. procera sont plusou moins oblongues (PI. 6, A),
et rarement échancrées au sommet.
Alors que les pieds jeunes de l’A. montagnacii et de VA. ascendens
sont à peu près identiques au sens morphologique, A. montagnacii se
rapproche au stade floral de VA. procera de façon surprenante. Les épines
plus courtes, prennent une forme conique. Plus évidentes sont les ressem¬
blances de ces deux espèces concernant la structure et l’arrangement des
inflorescences, parce que celles-ci ne sont pas seulement disposées vers
l’extrémité des rameaux, mais forment aussi chez les deux espèces des
cymes très ramifiées, qui naissent sur des rameaux courts particuliers
ayant jusqu’à 15 cm de longueur (PI. 4,9). Il n’y a de différence entre les
deux espèces quant à l’organisation des fleurs : dans l’ensemble les fleurs
de VA. montagnacii sont un peu plus grandes que celles de VA. procera
(PI. 5) : les sépales sont davantage en forme de capuchon et les pétales
plus arrondis. Plus remarquables sont les différences d’organisation des
fleurs femelles. En général le style chez A. procera est tellement court
que les lobes relativement petits du stigmate surmontent l’ovaire globu¬
leux ou oblong. Les staminodes sont si courts et si peu apparents, qu’il
faut un fort grossissement pour les reconnaître. Le style chez A. monla-
gnacii par contre est visiblement allongé (PI. 5), les lobes du stig¬
mate sont très grands et les staminodes, hérissés de papilles très rappro¬
chées, sont au moins aussi longs ou plus longs que l’ovaire (PI. 5, 15).
Source : MNHN, Paris
— 48 —
Source : MNHN, Paris
— 49 —
En considération des particularités d’organisation on est tenté de
considérer A. montagnacii comme un hybride entre A. ascendens et A. pro-
cera. Mais à cette hypothèse s’opposent d’abord les observations sui¬
vantes : le port de VA. montagnacii, à l’état adulte, est sensiblement
différent des deux espèces susnommées; l’organisation des inflorescences,
ressemble tout à fait à celles de VA. procera ; l’aire aujourd'hui très isolée,
dans une région seulement localisée au sud d’Itampolo, se situe, autant
qu’on le sache, en dehors des aires à la fois de VA. procerea et de VA. ascen¬
dens. L’habitat le plus proche (le plus au sud-ouest) de l’^4. procera n’est
éloigné, il est vrai, de celui de VA. montagnacii, que de 80 km (à vol
d’oiseau), mais A. ascendens ne se rencontre que bien plus à l’est, à une
distance de 200 km à 230 km à peu près d’Itampolo, soit dans les environs
de Tsihombe, Behara et dans la vallée supérieure du Mandraré, où se ren¬
contrent, sur un espace très localisé, côte à côte et mélangées, toutes les
espèces d’ Alluaudia, comme A. ascendens, A. procera, A. dumosa, A. hum-
bertii, sans qu’on ait pu constater jusqu’à présent des hybrides entre les
différentes espèces. En tout cas dans cette région où la formation des
hybrides n’aurait rien d’extraordinaire, des plantes du port de VA. mon¬
tagnacii manquent absolument. Cette observation est confirmée par une
communication écrite de M. Montagnac. Par conséquent, nous considé¬
rons A. montagnacii comme une espèce à part, quoique très voisine de
VA. procera. Seules des recherches cytologiques encore à faire permettront
de savoir si A. montagnacii représente un hybride de VA. ascendens
et de VA. procera. Si c’était le cas, il s’agirait sans aucun doute d’un
hybride très ancien héréditairement fixé, créé à une époque où les aires
de VA. ascendens et A. procera étaient plus étendues.
Dans l’herbier du Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris
se trouve un échantillon fragmentaire, récolté par Perrier de la Bâthie
sous le N° 6259 (1910), sur le plateau Mahafaly près d’Itampolo, ainsi
qu’une esquisse qui prouve que Perrier connaissait déjà A. montagnacii.
Le texte de l’étiquette est le suivant : « Didierea à feuilles échancrées ;
port du Didierea de Tuléar; des grandes épines sur les jeunes pieds;
petites sur les pieds adultes; cette plante est également reconnue vers
le sud. »
3. ALLUAUDIOPSIS MARNIERIANA rauh. nov. sp. 1
Frutex 1.5 — 2 m ait us sine stipite conspicuo squarrose ramosus, ramis
ultime ordinis gracilibus cortice griseo paullo flexuosis; foliis caulium longo-
rum deciduis (haud visis); spinis geminatis ut in Decaryia madagascariensi,
parum supra folia stipitum longorum insertis, gracilibus sed rigidis, 0.5 — 1 cm
metientibus in ramis iunioribus atrobrunneis, senectute canis; in caulibus
senioribus rami breviores saepe ramosi usque ad 0.5 cm metientes inter
spinas orientes, folia eorum breviter petiolata laminis ovali-oblongis 0.5 cm
1. Dédié à M. Julien Marnier-Lapostolle, Directeur du Jardin « Les Cèdres »,
Saint-Jean Cap-Ferrat.
Source : MNHN, Paris
— 50 —
PI. 6. — A. — Alluaudia procera : 1-2, feuilles des rameaux longs; 3-5, feuilles des
rameaux courts; B. — Alluaudia ascendens : 6-7, feuilles des rameaux longs;
8-9, feuilles des rameaux courts; C. — A. montagnacii : 10-12, feuilles des rameaux
longs; 13-14, feuilles des rameaux courts (tous les dessins sont grossis de façon
comparable).
Source : MNHN, Paris
— 51 —
ongis 0.3 cm latis mucronulatis modice carnosis; floribus haud in cymis densi-
floris, sed singulariter vel geminatim in ramis brevioribus dispositis, apertis
circa 1 cm diametientibus. Pedunculi circa 0.6 cm longi basi bracteis duobus
parvis trigono-acuminatis 2 mm longis sepala versus opposite insertis; sepalis
duobus imparibus flavescenti-brunneis membranaceis, basin versus angustatis,
pedunculum vaginatim amplectentibus ; laminis sepalorum in regione nervi
centralis plicatis acute carinatis, lamina sepali maioris oblique divaricata,
late trigona 1 — 1.5 cm longa, usque ad 1.4 cm lata mucronulata, ilia sepali
minoris erecta oblongo-trigona, 1.2 cm longa, 0.6 cm lata.
Holotype : Rauh, M 928 (1959) dans l’Herbier du Muséum National
d’Histoire Naturelle, Paris.
Hab. : Brousse à Euphorbes et Didierea , ca. 20 km au nord de Tuléar,
près de la côte. Rare.
En 1933, Perrier de la Bathie récolta sur le plateau calcaire de
Manampetsa (N° 19901) une Didiéréacée dont la classification systéma¬
tique posait des problèmes étant donnée l’absence de fleurs et de fruits.
Lors de son 4 e voyage à Madagascar en 1933-34, H. Humbert trouva sur
les rochers calcaires des gorges du Fiherenana près de Tuléar, une plante
qui s’avéra identique à celle de Perrier et qui, fleurs et fruits étant dès
lors connus, fut décrite par Humbert et Choux (C. R. Ac. Sc., CXCIX,
1934, p. 1651-1653 et Bull. Soc. Bot. de France, 82, p. 55-62, 1935) sous le
nom d ’Alluaudiopsis fiherenensis Humb. et Choux; les fleurs « rap¬
pellent par leur aspect extérieur et par leur organisation celles des
Alluaudia et du Decaryia madagascariensis » (Humbert et Choux, 1935,
p. 60). Il résulte de cette remarque qu’ Alluaudiopsis se rapproche quant
à l’organisation des fleurs, à la fois des représentants du genre Alluaudia
et du Decaryia. Les caractères particuliers de ce dernier sont sa gyno-
dioecie, ses rameaux en zig-zag, ses épines géminées, courtes et très fortes,
ainsi que les fleurs relativement petites et formant des cymes denses. Les
épines de l’ Alluaudia par contre sont toujours isolées, et le bourgeon du
rameau court se développe au-dessous de l’épine. Il produit chaque année
deux feuilles dressées verticalement. Les fleurs unisexuées et dioïques
sont relativement petites, formant des cymes plus ou moins ramifiées.
Chez Alluaudiopsis, les épines se trouvent aussi comme chez Alluaudia
toujours isolées, mais le bourgeon du rameau court se développe non pas
au-dessous, mais au-dessus des épines, produisant à son tour chaque
année deux feuilles lancéolées disposées verticalement. Les fleurs forment
des cymes peu denses. Elles sont d’une grandeur remarquable; les fleurs
mâles et les fleurs femelles présentent le même aspect extérieur, mais les
premières sont plus petites. De l’organisation de toutes les autres Didié-
réacées, Alluaudiopsis diffère par l’insertion des grands sépales membra¬
neux qui descendent bas le long du pédoncule qu’ils entourent comme une
gaine. Les fleurs femelles sont caractérisées — Humbert et Choux
insistent sur cette particularité — par un style qui atteint jusqu'à 6 mm
de longueur. « Aucune autre Didiéréacée n’a un style aussi allongé et il
y a un caractère assez spécial de notre Alluaudiopsis fiherenensis » (Hum-
Source : MNHN, Paris
PI. 7. — Alluaudiopsis marnieriana : 1-2, rameaux florifères; 3, feuille de rameaux
courts (grand, nat. : 9 mm); 4, fleur adulte; 4', base de la fleur adulte; 5, corolle
ouverte, les sépales ayant été enlevés; 6, un pétale; 7, gynécée avec couronne
staminodiale; 8, stigmate; 9, base d’un staminode plus grossi.
Source : MNHN, Paris
— 53 —
bert et Choux). Cependant la diagnose de Humbert et Choux demande
à être rectifiée sur un point : les deux auteurs indiquent pour les fleurs
mâles 7 étamines et pour les fleurs femelles 7 staminodes. Or toutes les
fleurs des individus d’ Alluaudiopsis fiherensis, récoltés par nous dans la
vallée du Fiherenana possèdent, tout comme celles de la plupart des
autres Didiéréacées, soit 8 étamines, soit 8 staminodes.
La nouvelle Didiéréacée, récoltée dans la brousse au nord de Tuléar,
près de la côte, ne diffère pas, pour ce qui est de l’organisation des fleurs
— quoique nous ne connaissions jusqu’à présent que très peu de fleurs
femelles — de V Alluaudiopsis (PI. 7) : les deux grands sépales membra¬
neux descendent très bas le long du pédoncule, qu’ils entourent comme
une gaine. Les filets staminaux aplatis en forme de bandeau sont hérissés
de papilles et le style, souvent recourbé ou tordu à la base, atteint jusqu’à
10 mm de longueur, tandis qu’il est très court chez Alluaudia et Deca-
ryia et par conséquent à peine visible. Donc l’organisation des fleurs
femelles de la nouvelle Didiéréacée correspond à celle d’Alluaudiopsis
à tel point que nous sommes d’avis de l’attribuer — en attendant de disposer
de documents plus complets — à ce dernier genre. Cependant, la nouvelle
espèce diffère essentiellement du type du genre par l’organisation des
inflorescences et par la disposition et le nombre des épines sur les rameaux.
Les inflorescences de la nouvelle espèce sont réduites à une ou deux fleurs
(PI. 7), mais de tels phénomènes de réduction se rencontrent égale¬
ment dans le genre Alluaudia et nous aurons encore l’occasion de nous
étendre sur ce sujet par ailleurs. L’apparition d’épines géminées était
jusqu’à présent une particularité taxinomique du genre Decaryia.
Remarquons cependant que chez Alluaudia procera et autres espèces,
dont la germination a pu être étudiée, les épines peuvent également se
rencontrer dans les jeunes stades de développement, par deux à quatre et
souvent groupées par paire, et qu’à la base des nouvelles pousses de
l’ Alluaudiopsis fiherenensis on observe également des épines géminées.
Cette observation permet de conclure que le nombre des épines chez les
différents genres de Didiéréacées n’a pas l’importance taxinomique
qu’on lui attribuait jusqu'à présent.
En attendant qu’on puisse élucider définitivement la question de
l’appartenance systématique de la nouvelle Didiéréacée au moyen des
échantillons plus complets, nous ne considérons pas comme nécessaire
d’amender la diagnose du genre Alluaudiopsis. PeuLêtre faudra-t-il
créer un nouveau genre.
Alluaudiopsis marnieriana semble être assez rare, tout comme
A. fiherenensis. Il n’a été observé qu’à un endroit étroitement localisé
de la brousse au nord du delta du Fiherenana et encore, nous n’avons
trouvé que des individus femelles.
Source : MNHN, Paris
— 54 —
Bibliographie
Bâillon, H. — « Sur le Didierea », Bull. mens, de la Soc. Linn. de Paris, 1 : 258-259
(1880).
— « Les Didierea de Madagascar», Bull, du Muséum d'Hisl. nat. 1 : 22-24 (1895)
— « Sur un nouveau Didierea », Bull. mens, delà Soc. Linn. de Paris, 2 : 1182-84
(1895).
Choux, P. — « Les Didiéréacées, xérophytes de Madagascar », Mém. de l'Acad. mal¬
gache, fasc. XVIII (1934).
Humbert, H. — « La destruction d’une flore insulaire par le feu. Principaux aspects
de la végétation à Madagascar », Mém. de l’Acad. malgache, fasc. V (1927).
Humbert, H. et Choux, P. — « Alluaudiopsis fiherenensis, Didiéréacée nouvelle de
Madagascar », C. B. Acad. Sc. 119 : 1651-1653 (1934).
— « Une nouvelle Didiéréacée », Bull, de la Soc. Botanique de France, 82 : 55-62
(1935).
Rauh, W. — « Morphologische, entwicklungsgeschichtliche, histogenetische und
anatomische Untersuchungen an den Sprossen der Didiereaceen », Akad. der
Wissenschaften und der Lileralur, Mainz, Jahrg. 6 : 345-444 (1956).
Source : MNHN, Paris
SUR LES DRACONTOMELUM D’INDOCHINE
par M me Tardieu-Blot
Une grande confusion semble régner dans l’attribution spécifique
des Dracontomelum de Chine et d’Indochine. Ceci est dû, en partie, à
l’absence fréquente de matériel complet (fleurs et fruits), si bien que les
auteurs ont décrit, sous des noms différents, une même espèce, tantôt
d’après la fleur, tantôt d’après le fruit.
Il existe en Indochine, 4 espèces de ce genre :
1° Le Dracontomelum mangiferum Bl., dont le type est de Java,
et que l’on trouve au Siam, en Birmanie, Malaisie. Il est, d’après Pierre,
fréquent au Cambodge et en Cochinchine. Engler 1 , en fait une variété
puberula à folioles hirsutes sur les nervures médianes et latérales, à la
face inférieure du limbe. En réalité il y a tous les passages entre cette
variété et le type, parfois les poils sont groupés par touffes à l’aisselle
des nervures. Cette variété ne nous semble pas devoir être maintenue.
Les folioles du D. mangiferum sont larges (5-7 cm), peu nombreuses, à
nervures très surélevées. La fleur possède un disque longuement frangé,
et hirsute au bord, des sépales très tomenteux-grisâtres extérieurement,
arrondis, glabres intérieurement, des pétales glabres, à peu près de
même taille que les sépales, 10 étamines à peu près de même taille que
l’ovaire.
Nous possédons un seul échantillon d’herbier de cette espèce, pro¬
venant du Cambodge; Chantaboum, prov. de Kampot, Pierre 6542.
2° Le Dracontomelum Duperreanum Pierre (D. sinense Stapf,
D. mangiferum (?) Hemsl. (non Bl.).
Cette espèce n’est pas, contrairement à l’avis de Hui Lin Li 2 , ana¬
logue au Dracontomelum Dao (Blanco) Merrill et Rolfe, des Philippines.
Pierre ne connaissait que les fleurs très jeunes et pas les fruits. Stapf l’a
parfaitement décrit sous le nom de D. sinense, mais sans le rapporter
au D. Duperreanum.
3° Une espèce nouvelle, trouvée par Schmid a Dinh Quan, et que
nous lui dédions.
Voici sa diagnose :
Dracontomelum Schmidii Tardieu sp. nov.
Arbor 30-45 m alta, foliolis breviter petiolulatis (petiolulis 0,2 cm lon-
gis), 13 cm longis, 3-4 latis, oblongis, basi aequaliter cuneatis, apice acutis,
margine integris, nervis lateralibus utrinque 8-10 patentibus, nervis tertiariis
1. Engler in De Candolle, Monog. Phan. 4 : 252. 1883.
2. Hui Lin Li, J. of Arnold Arb. 25 : 306. 1944.
Source : MNHN, Paris
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PI. X. — Draconlomelum Duperreanum Pierre (Pételot 3978) : I, rameau florifère
X 2/3; 2, fleur, sépales et pétales enlevés x 4; 3, pétales x 6; 4, sépale, face
interne x 6; 5, fruit, coupe longitudinale x 2/3; — Draconlomelum Schmidii
Tard. (Schmid, type) : 6, feuille x 2/3; 7, fleur x 4; 8, sépale, face externe x 6;
9, pétale X 6; 10, fleur, sépales et pétales enlevés x 4; 11, fruit x 2/3. — Dracon¬
lomelum mangi/erum Bl. (Griflith 1135): 12, feuille x 2/3; 13, fleur x 4; 14, sépale,
face externe X 6; 15, disque X 6; 16, fruit x 2/3.
Source : MNHN, Paris
— 57 —
reticulatis conspicuis. Paniculae subglabrae, latérales vel axillares, 8-10 cm
longae, ramuli secundari 5 cm longi, floribus brevissime pedicellatis ; sepalis 5,
acutis, glabris, 1 cm longis, staminibus gynoeceo aequilongis ; fructibus 3-4,5cm
diametro, putamine subpentagono, 5-loculari (loculi 1 cm longi, scutellis
ovatis instructis), endocarpio lignoso, vermiculato, seminis ellipsoideis.
Viet Nam (Sud) : Dinh Quan, route de Saigon à Dalat, km 113,
Schmid 26.12.1959 (type P). Sur terres brunes basaltiques.
Bien que l’échantillon de Schmid soit assez fragmentaire, compre¬
nant seulement une inflorescence, des folioles séparées et des fruits, nous
en faisons une espèce nouvelle. En effet les folioles symétriques à la base,
les inflorescences presque glabres, les fleurs à sépales aigus, ciliés au bord
mais glabres, le disque aplati, glabre, à bords relevés, légèrement ondulés,
le gynécée à styles plus longs que les ovaires, le distinguent des autres
espèces indochinoises. Il est voisin du Draconlomelum Dao, des Philippines,
par ses fleurs à sépales glabres, mais celui-ci présente un disque aplati,
pentagonal, très finement hirsute, des sépales arrondis, et un gynécée
avec l’ovaire plus court que les styles. La taille du fruit du D. Schmidii
rapprocherait cette espèce du D. macrocarpum Li, dont les fleurs sont
inconnues, mais dont les feuilles sont, d’après l’auteur, très asymétriques
à la base.
4° Une espèce trouvée par Pételot et que nous lui dédions :
Dracontomelum Petelotii Tardieu n. sp.
Arbor? Folia imparipinnata, 23-25 cm longa, petiolo 5 cm longo gla-
bro, semiterete, folioliis membranaceb, sessilis, 5-jugis, 7 cm longis, 2 latis,
intersdis interjugalibus 3 cm, foliolis oblongis, acuminatis acutis, valde
inaequalibus, glabris, nervis, lateralibus utrinque 11-14, procula margine
sursum versis.
Paniculae 10-20 longae, axillares, 3-plo compositae, lexae, ramulis
patentibus. Flores in ramusculis ultimis singulatim dispositi, pediceflo
atque, alabastris ovoideis aequilongis, laxe cinereo pilosis, sepalis 5, imbri-
catis, rotundatis, margine ciliolatis, glabris, 0,1 cm longis, petalis imbri
catis, lanceolatis, 0,4 cm longis, glabris, haud incurvatis, 3-nervatis, disci
annulati parvi, staminibus 10, cum petali insertae, 0,2 cm longae, antheris
lineari-oblongis, versatiles, gynoeco aequilongis, ovario 5-loculare, stylis 5,
crassis, superne connatis, ovula in loculis parvis solitaria ex apice loculi
pendula.
Viet Nam (Nord) : entre Dong Mô et Van Linh, prov. de Langson,
Pételot 6.384 (type P).
Diffère du Dracontomelum Schimidii Tard., dont il se rapproche par ses
fleurs glabres, par ses sépales arrondis 4 fois plus courts que les pétales, non
recourbés, par ses inflorescences très lâches, longues de 10-20 cm, à pédon¬
cule long de 4-8 cm, à axes secondaires espacés de 3 cm environ, les
inférieurs longs de 4-6 cm, très finement et trè3 lâchement tomenteux au
sommet. Les fleurs sont disposées isolément sur les axes 3-aires, leur
pédicelle est long de 0,1 cm, les bractéoles sont triangulaires. Le fruit
Source : MNHN, Paris
— 58
est malheureusement inconnu. Le D. macrocarpum a, d’après l’auteur,
des feuilles très asymétriques à la base, ce qui n’est pas le cas de notre
espèce.
Voici la clé des Dracontomelum d’Indochine.
1. Sépales dessément hirsutes, au moins extérieurement.
2. Disque longuement fimbrié au bord; sépales triangulaires,
velus intérieurement. D. mangiferum.
2'. Disque entier ou à peine ondulé au bord, glabre; sépales
oblongs, glabres intérieurement. D. Duperreanum.
1'. Sépales glabres.
3. Sépales aigus, presque aussi longs que les pétales. Fleurs
très courtement pédicellées. D. Schmidii.
3'. Sépales arrondis, au moins 2 fois plus courts que les pétales,
inflorescences lâches, fleurs à pédicelle plus long que le
bouton,. D. Petelotii.
Source : AANHN, Paris
MATÉRIAUX POUR LA « FLORE DU CAMBODGE,
DU LAOS ET DU VIETNAM »
I. LE GENRE EUTHEMIS JACK ( 0CI1NACEAE ),
AU CAMBODGE
par J. E. Vidal
Chargé de Recherches au C.N.R.S.
Le genre Euthemis n’étant pas décrit dans la Flore Générale de
l’Indochine ni dans la révision des Ochnacées du Supplément au tome I
de cette même Flore, nous en donnons ci-dessous, à titre de complément,
la description et la position dans la clé des genres des Ochnacées.
Cette clé pour la « Flore du Cambodge, du Laos et du Vietnam »
doit être modifiée comme suit par rapport à celle du tome I, p. 702,
de la Flore Générale de l’Indochine :
1. Ovaire à 2-10 loges uniovulées; graines sans albumen ( Ochneae).
2. Étamines indéfinies. Ochna.
2'. Étamines 10. Ouratea.
V. Ovaire à 5 loges ^ complètes généralement biovulées; graines
à albumen ( Eulliemideae)
Étamines 5. Euthemis.
EUTHEMIS Jack
Jack, Malay. Mise. 5 : 16. 1820 et in Hook., Bol. Mise. 2 : 69. 1831;
Don, G en. Sysl. 1 : 558. 1831; Benth. & Hook., Gen. PI. 1 : 316.1872;
Gilg in Engl. & Pr., Nalurl. Pflanzenfam. 2 e éd. 21 : 86. 1925; Bâillon,
Hist. PI. 4 : 360. fig. 385 et 369. 1873.
Espèce type : Euthemis leucocarpa Jack, loc. cit.
Arbustes ou arbrisseaux.
Feuilles alternes, coriaces, brillantes, pétiolées, à marge finement
dentée ; nervures très serrées, parallèles ; pétiole semi-embrassant à la base ;
stipules ciliées caduques.
Inflorescences terminales ou à l'opposé d'une feuille. Fleurs roses ou
blanches, souvent par 2, bractéolées. Sépales 5, souvent ciliés, imbriqués.
Pétales 5, plus longs que les sépales, imbriqués. Disque petit. Etamines 5,
avec parfois autant de staminodes, insérées à la base du disque; anthères
subsessiles, acuminées, biloculaires, déhiscentes par un pore terminal. Ovaire
semi 5-loc\üaire, allongé, atténué au sommet en style subulé à stigmate
aigu; ovules 1-2 par loge, pendants, insérés sur l’axe central.
Fruits charnus à 5 pyrènes fibreux ayant 1-2 graines; celles-ci pendantes
Source : MNHN, Paris
60 —
à tégument membraneux, à albumen charnu et embryon axile, arrondi,
à radicule supère.
Distr. — 3-4 espèces de la région malaise (Malaisie, Bornéo) et du Sud
de l’Indochine (Cambodge). — Genre nouveau pour l’Indochine orientale.
Euthemis leucocarpa Jack, Malay. Mise. 5 : 16. 1820 et in Hook.,
Bol. Mise. 2 : 69. 1831; Planchon in Hook., le. PI. 8 : 1.711. 1848;
Hooker f., Fl. Bril. Ind. 1 : 526. 1875; Ridley, Fl. Mal. Penins. 1 :
368. 1922.
Arbuste de 1 à 2 m.
Feuilles à pétiole aplati, long de 2-3 cm, à bords ailés par la décurrence
du limbe ; stipules acuminées, ciliées, caduques ; limbe lancéolé, aigu-mucroné
au sommet, longuement atténué à la base, coriace, long de 15-18 cm et large
de 4-5, glabre sur les deux faces; marge hérissée de nombreuses petites dents
spinescentes; nervures très fines et très nombreuses presque perpendiculaires
à la côte.
Inflorescences terminales et subterminales à l’opposé d’une feuille,
ramifiées 1 fois, longues de 10-12 cm. Pédicelles longs de 5-6 mm. Sépales
ovales arrondis, ciliés. Pétales 2 fois plus longs. Étamines à filet presque
nul; anthères déhiscentes par un pore terminal. Ovaire ovoïde-aigu prolongé
en style filiforme, à 5 loges 2-ovulées.
Fruits bacciformes blancs, globuleux, ayant 5 mm de diamètre sur le
sec, avec reste du style au sommet et sépales persistants à la base.
Type : Singapour, Jack.
Cambodge : environs de Sihanouk-ville, au Sud-Est de la baie de Kom-
pong Som, Schmid 3 fév. 1960, en fleurs et fruits.
Péninsule malaise, Bornéo.
Ecol. — Cet arbuste figure dans une formation végétale assez parti¬
culière occupant des terrains mal drainés sur grès au Sud-Est de la baie de
Kompong Som. Il s’agit d’une forêt dense humide de petite taille de 10 à
15 m au maximum. Dans la strate arborée on rencontre : Dacrydium Pierrei
Hick., Oncosperma filamentosa Bl. et Areca laosensis Becc., Tristania mer-
guensis Griff. et Eugenia (cf. zeylanica Wight). En sous-bois croissent des
Sphagnum, des Pandanus, Aneilema, Nepenlhes (2 espèces). De nombreux
épiphytes recouvrent les branches des arbres : épais manchon de Bazzania
(Hépatiques); Leucobrium javense (Brid.) Mitt. (Mousses); parmi les Ptéri-
dophytes : Humata repens Diels, Hymenophyllum, Lycopodium; parmi les
Orchidées : Dendrobium, Eria confusa Hook. f., Eria rufinula Rchb., Thrixsper-
mum ; Hoya, Dischidia ( Asclépiadacées) ; Myrmecodia (Rubiacées). (D’après
Schmid.)
Source : MNHN, Paris
— 61
II. LE GENRE AN1S0PHYLLEA ( BH1Z0PH0RACEAE )
AU VIETNAM SUD
par J. E. Vidal et M me Bui Ngoc Sanh
Aucune espèce d’ Anisophyllea n’est décrite dans la Flore Générale
de l’Indochine (2 : 720). Pour y inclure ce genre, les clés (p. 721) doivent
être modifiées comme suit :
Clé des échantillons en fleurs.
a. Pétales non bifides.
* Pétales non laciniés, terminés par des appendices capillaires.
— Périanthe du type 5-6; étamines 10-12; feuilles opposées. Ceriops.
— Périanthe du type 4; étamines 8; feuilles alternes. Anisophyllea.
Clé des échantillons en fruits.
B. Arbres ne poussant pas dans la mangrove.
— Feuilles opposées, stipulées; fleurs bisexuées; périanthe à
5-8 pièces. Carallia.
— Feuilles alternes, sans stipules; fleurs polygames; périanthe
à 4 pièces. Anisophyllea.
ANISOPHYLLEA R. Br.
R. Brown ex Sabine, Trans. Horl. Soc. 5 : 446.1824; Benth. et Hook.,
Gen. PI. 1: 687. 1865; Bâillon, Hisl. PI. 6 : 292 et 304. 1877; Hook. f.,
Fl. Brit. Ind. 2 : 441.1878; Schimper in Engl, et Prantl, Naturl. Pflanzen-
fam. 3 (7) : 42. 1893; Ridley, Fl. Mal. Penins. 1: 701. 1922; Ding Hou
in V. Steenis, Fl. Males, ser. 1, 5 (4) : 474. 1958.
Syn. — Anisophyllum G. Don (1849); Tetracrypta Gardn. & Champ.
(1849).
Espèce type : Anisophyllea laurina R. Br., loc. cit. (Sierra Leone).
Arbres ou arbustes.
Feuilles alternes, J; coriaces, entières, souvent inégales (dimorphes)
et asymétriques ; nervures généralement 3-5 divergeant de la base, rarement
pennées et, dans ce cas, une nervure marginale; stipules nulles.
Inflorescences axillaires ou supraaxillaires en épis simples ou com¬
posés. Fleurs unisexuées, bisexuées ou polygames monoïques. Calice à tube
adhérent à l’ovaire, généralement à 4 lobes deltoïdes. Corolle généralement
à 4 pétales distincts, entiers, lobés ou divisés en filaments. Étamines diplo-
stémones, 8 généralement, souvent inégales. Ovaire infère, surmonté de
Source : MNHN, Paris
62
PI. X. — Anisophyllea penninervata : 1, rameau avec feuilles et fleurs (x 2/3);
2, nœud avec feuille et inflorescences supra-axillaires ( x 4 /3); 3, fleur § en coupé
(X 7); 4, diagramme (4S + 4P + 8E4 4 C); 5, fruit ( x 4 /3).
Source : MNHN, Paris
63 —
4 styles courts, subulés; remplacé dans les fleurs $ par une masse ovoïde
prolongée par 4 appendices ressemblant aux styles; 4 loges à 1 ovule pendant.
Fruits globuleux, ellipsoïdes ou pyriformes; péricarpe drupacé ou
ligneux; graine 1 généralement; embryon indistinct de l’albumen.
Distrib. — Environ 25 espèces réparties en Afrique et Asie tropicales.
Malaisie, Indonésie, Bornéo et 1 espèce en Amérique tropicale (Guyane
britannique). — Genre nouveau pour l’Indochine orientale.
Ecoii. — Forêts denses humides, d’altitude inférieure à 1 000 m.
Usages. — Bois dur et de bonne conservation en général. Le fruit d’A.
laurina (Afrique) est comestible.
Obs. — 1. Le nom Anisophyllea, dérivé au grec Sviooç, inégal et tpùXXov
feuille, fait allusion au dimorphisme foliaire observé chez quelques espèces
dont l’espèce type A. laurina. Pour cette dernière, Sabine ( loc. cit.) note
ainsi cette particularité : « ... ses feuilles présentent une disposition très
« particulière ; à première vue elles paraissent alternes, mais, après un examen
« plus approfondi, on voit de minuscules feuilles linéaires aiguës, stipuli-
« formes presque à l’opposé des grandes feuilles qui sont elliptiques oblongues
« et 5-nervées. »
2. En raison de ses caractères aberrants — feuilles alternes sans stipules
— ce genre est placé par certains auteurs, soit dans une sous-famille (Schim-
per), soit dans une famille à part (Ridley).
Anisophyllea penninervata J. E. Vidal, Bull. Soc. Bot. Fr. 108 :
72, PI. 1 (1961).
Arbre de 15-30 m.
Feuilles toutes semblables, distiques. Pétiole long de 3-7 mm, glabre,
sillonné à la partie supérieure. Limbe lancéolé ou ovale-lancéolé, long de
5-6 cm et large de 1,5 à 2,5 cm, acuminé au sommet sur 1 cm, asymétrique
et en coin à la base, coriace, entier, glabre; nervures latérales 5-6, pennées, à
peine visibles sur les deux faces ; nervure marginale à moins d’1 mm du bord.
Inflorescences supraaxillaires en épis simples, solitaires ou par séries
étagées de 2-3, ayant 2-2,5 cm de long; axe courtement velu avec, à la base,
2 paires de petites bractées décussées, ovales-aiguës. Fleurs sessiles, polygames
((? et § sur la même inflorescence), petites (1 mm environ en bouton). Fleurs :
calice à tube soudé à l’ovaire, long de 1 mm; lobes 4, triangulaires-arrondis,
longs de 1,5 mm, glabres, ciliés sur le bord; corolle glabre à 4 pétales libres,
divisés, sauf dans le 1 /3 inférieur, généralement en 5 filaments, parfois 4, 6, 7,
renflés à leur extrémité et dépassant de 2-4 fois les lobes du calice : étamines 8
dont 4 épisépales plus longues et 4 épipétales plus courtes. Fleurs § : sem¬
blables aux fleurs $ mais avec tube du calice plus long (3 mm); ovaire infère;
styles 4, courts; loges 4, 1-ovulées.
Fruits globuleux-ovoïdes, 3,5 X 3 cm, ligneux, présentant 4 sillons
peu marqués et, au sommet, les restes du calice tétralobé. — PL 1.
Vietnam (Sud). — Province Lam Dông (Haut Donnai), Bao Lôc (Blao),
800 m, Ky, déc. 1959, en fleurs (type P), Schmid, juin 1960, en fruit.
Ecol. — Arbre à tronc droit, à souche puissante mais sans empattements
Source : MNHN, Paris
— 64 —
à écorce lisse, abondant mais très étroitement localisé autour de l’Ecole
d’Agriculture de Bao Lôc, en forêt dense humide submontagnarde semper-
virente à Fagacées et Lauracées (forêt secondaire ancienne), sur terre rouge
basaltique, en climat axérique (saison sèche inexistante ou peu marquée).
Feuilles persistantes. Floraison en décembre. Fructification en juin. (D’après
Schmid).
Nom vernac. — Proto indochinois : Sroh’.
Us. — Bois jugé localement sans intérêt; fruit à graine comestible.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTIONS A L’ÉTUDE DE LA FLORE FORESTIÈRE
DE MADAGASCAR
par René Capuron
III. — SUR QUELQUES PLANTES AYANT CONTRIBUÉ
AU PEUPLEMENT DE MADAGASCAR
A. — Rutacées nouvelles
1° Le genre Chloroxylon DC. à Madagascar.
Jusqu’à ce jour le genre Chloroxylon DC. n’était connu, de l’Inde et
de Ceylan, que par une seule espèce, le Chloroxylon Swielenia DC. Or ce
genre existe à Madagascar où il est représenté par deux espèces, toutes
deux encore incomplètement connues sur le plan local, dont l’une doit,
nous semble-t-il, être la même que l’espèce indienne et dont l’autre pré¬
sente des caractères assez différents pour que l’on puisse la considérer
comme une espèce nouvelle. Nous décrirons d’abord les échantillons que
nous rapportons au Chloroxylon Swielenia et ensuite nous donnerons la
diagnose du Chloroxylon falcatum sp. nov.
a) Chloroxylon Swietenia DC. (PI. 1, 1-7).
Arbre pouvant atteindre 20-25 m de hauteur, à fût généralement
très droit. Ecorce du tronc un peu jaunâtre ou gris brunâtre, à surface
très caractéristique marquée de carènes plus ou moins obliques, saillantes,
anastomosées entre elles. Bourgeons et jeunes pousses pubérulents-
grisâtres, les rameaux feuillés glabrescents puis glabres, plus ou moins
anguleux, de teinte brun rougeâtre sur le sec, marqués de nombreuses
lenticelles de teinte plus claire. Rameaux âgés finement striés en long sur
le sec, portant des cicatrices foliaires assez saillantes. Feuilles alternes,
sans stipules, sans foliole terminale, longues de 9-20 cm. Rachis pubé-
rulent-grisâtre au début, puis plus ou moins glabrescent ou glabre, arti¬
culé à la base, plus ou moins anguleux vers le haut, long de 8-18 cm
(dont 1,5-3 cm pour le pétiole proprement dit). Folioles au nombre de
8-15 (-20), le plus souvent alternes. Pétiolules très courts (1-1,5 mm),
pubérulents, articulés à la base, un peu aplatis. Folioles oblongues ou
ovales (2-3 X 1-1,7 cm en général) très dissymétriques (partie supérieure
plus large que l’inférieure) surtout à la base, le bord inférieur faisant un
angle très aigu avec la nervure médiane, le bord supérieur se terminant
sur cette nervure sous un angle très obtus ou droit; sommet de limbe
obtus ou arrondi, parfois un peu émarginé. Limbe membraneux-coriace.
Source : MNHN, Paris
19, embryon x 2.
Source : MNHN, Paris
— 67 —
plus ou moins brunâtre à la face supérieure, de teinte plus claire, souvent
blanchâtre, à la face inférieure, criblé de points translucides visibles par
transparence et en lumière directe sur les deux faces. Marges très entières,
la marge supérieure bien plus bombée-convexe que l’inférieure, celle-ci
peu convexe mais cependant non rectiligne. Nervure principale rectiligne
ou à peine concave vers le bas, en très fine carène à la face supérieure
près de sa base, très faiblement saillante en dessous. Nervures secondaires
4-5 paires très peu visibles, formant des arcs près des marges, la nervure
basale du bord inférieur très ascendante. Fleurs inconnues. Infrutescences
en panicules terminales ou axillaires, dressées, à axes plus ou moins angu¬
leux et peu densément pubérulents. Fruits capsulaires (portés par un
pédicelle de 2-3 mm de long, glabres ou avec quelques traces de pubes¬
cence), plus ou moins ovoïdes-cylindracés (2,3 cm X 0,9 cm environ),
légèrement plus larges à la base qu’au sommet, arrondis ou obtus aux
deux extrémités; capsule portant des traces manifestes de pubescence
au moins vers la base, couronnée à la base par les restes du calice et du
disque, pubérulents ou glabrescents, déhiscente en trois valves, septi-
frage. Axe du fruit persistant plus ou moins longtemps sous forme d’une
columelle fragile longue de 1,5-2 cm. Graines généralement 6 par loge
dont 1-2 seulement fertiles (les basales), les autres transformées en sémi-
nodes. Graines fertiles longues de 2 cm environ, y compris l’aile qui pro¬
longe vers le haut la partie séminifère proprement dite, celle-ci longue
de 7-8 mm, plus ou moins aiguë à la base. Tégument séminal membra¬
neux, mince, brunâtre; aile mince, fragile. Embryon à cotylédons plan-
convexes, peu épais, ovales (6x3 mm), criblés de points pellucides.
Radicule petite, courte, supère, presque cachée par les bases des coty¬
lédons.
Est (Nord) : Ambalanirana, près de Bevambana, C l d’Ampanefena,
Vohémar, 15029-SF (Fr., Faho); forêt d’Ampanefena, Vohémar, 14894-SF
(F., Bois, Hazondita ); Belolo, près d’Antsahalava, C l de Fanambana,
Vohémar, 77-R. 151 (F., Hazondita ); Tetezambato, Dct. de Sambava,
64-R. 188 (F., Faho) ; flancs du massif de l’Andriameloka, près du village
d’Antongondriha, C l d’Ambariotelo, Sambava, 1140-SF (Fr., Faho)]
massif de l’Anjenabe (bassin de l’Androranga) au-dessus du village
d’Antongondriha, vers 300-600 m d’alt., 787-SF (F., Faho).
Sur les échantillons de Chloroxylon Swietenia des Indes, nous avons
pu constater que les axes des infrutescences sont généralement plus
densément pubérulents, que les fruits sont un peu plus grands (ils attei¬
gnent assez souvent 35 X 15 mm) que dans les échantillons malgaches;
sur les échantillons indiens les feuilles ont des folioles plus nombreuses
(de 20 à 40 d’après Hiern), plus petites (les folioles ont en moyenne
22 X 10 mm et ne dépassent guère 30 X 11,5 mm) à pétiolules plus
grêles. Les pédicelles fructifères sont également plus longs (5-8 mm).
Ces légères différences ne nous paraissent pas de nature à motiver la
création pour les plantes malgaches d’une espèce distincte de l’espèce
indienne, tout au moins en l’absence de fleurs.
Source : MNHN, Paris
— 68 —
b) Chloroxylon falcatum R. Capuron sp. nov.
Arbor ad 15 m ait. glaberrima, ramulis rubro-brunneis, lenticelloso-
punctatis. Folia alterna, exstipulata, abrupte pinnata, 12-17 cm longa,
petiolo 1,5-2 cm longo, foliolis 10-15. Foliola breviter petiolulata (1-1,5 mm),
pellucide-punctata, limbo inferiorum plus minusve ovato (2 X 1,1 cm),
medianorum superiorumque oblongo-falcato (2,9-4 X 1-1,5 cm), omnium
asymmetrico (parte superiore latiorc), basi obtuso vel rotundato, apice
rotundato, marginibus integris, margine inferiore plus minusve concava,
margine superiore convexa; Costa plana in planitie curvata, (versus foliorum
apicem convexa) ; nervis secundariis, uno latere (superiore) 4-5 praeter margi-
nem arcuatis, altero latere (inferiore) I submarginali et apicem limbi attin-
gente. Inflorescentiae terminales, paniculatae, glaberrimae. Flores herma-
phroditi 5-meri, pedicellati (2-3 mm lg.), cire. 4-5 mm alti, alabastro ovoideo.
Calyx parvus 5-dentatus. Petala ovata (3,5 X 2 mm), basi obtusa vel acutius-
cula in alabastro parum imbricata, mox decidua. Stamina 10, oppositipetala
4,5 mm longa ; alternipetala longiora 5 mm longa, filamentis subulatis, leviter
compressis, basi disci insertis; antherae staminorum breviorum basi dilatatae
et auriculatae, apice apiculo curvato productae, staminorum longiorum basi
haud auricidatae, apice apiculo recto productae, versatiles, 2 rimis lateralibus
déhiscentes. Discus cylindricus cire. 1,2 m m altus latusque longitudinaliter
impressionibus filamentorum staminorum 10-sulcatus, glaberrimus. Germen
late ovoideo-conicum, basi disco vix immersum, 3-loculare, glaberrimum;
stylo brevi, ovoideo-fusiformi, apice obtuso; ovula in loculis 6, 2-seriatis,
inferiora majora, descendentia,micropylo superiore et exteriore. Fructus generis
(20-25 mm longus) basi disco persistente praedito. Semina generis. (PI. 1, 8-19.)
Ouest : Forêt d’Analatelo à l’Est de Manamby, Canton et District
de Mahabo, 19424 SF (Fl., Mandaka lahy) (Type) — Ambereny, Antsa-
lova, Thérézien s. n° (Fr., Vaovy Omby).
Cette espèce diffère du Chloroxylon Swietenia par des caractères
végétatifs et floraux. Dans la nouvelle espèce les feuilles sont entièrement
glabres. Les folioles sont ici nettement falciformes, à bord inférieur nette¬
ment concave, tout au plus rectiligne dans les folioles inférieures (dans
le C. Swietenia le bord inférieur est plus ou moins convexe). De plus,
dans la moitié inférieure du limbe, il n’y a qu’une seule nervure secon¬
daire, nervure qui est parallèle à la marge du limbe et qui atteint en général
le sommet de la foliole (dans le C. Swietenia il y a 4-5 nervures secondaires
qui forment des arcs d’anastomose près des marges).
A côté de ces différences dans les caractères végétatifs, signalons
maintenant les différences notées dans les inflorescences et les fleurs.
Dans le C. Swietenia les inflorescences et les fleurs (sauf les étamines et
le style) sont densément pubérulentes-grisâtres, alors qu’elles sont com¬
plètement glabres dans le C. falcatum. Dans l’espèce indienne, le bouton
floral est globuleux, le calice a des sépales profondément séparés; les
pétales sont brièvement onguiculés et cordiformes à la base (l’onglet
s’accroît durant la floraison et atteint 1,5 mm); dans l’espèce malgache
Source : MNHN, Paris
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le bouton est ovoïde, le calice est cupuliforme et très brièvement denté,
les pétales sont sessiles et non cordés.
Dans le C. Swietenia le disque est un large anneau surbaissé, nette¬
ment lobé, et il enveloppe au moins le tiers inférieur de l'ovaire ; dans le
C. falcalum le disque est cylindracé, au moins aussi haut que large et
l’ovaire n’est pratiquement pas enchâssé à son sommet. De légères diffé¬
rences dans la forme des étamines et du style peuvent également être
notées entre les deux espèces.
Le C. falcatum, dont les caractères d’écorce sont identiques à ceux
du C. Swietenia de Madagascar, est encore une essence très mal connue.
On l’observe çà et là entre Maintirano et Morondava mais il est probable
qu’elle s’étend largement en dehors de cette zone. Pas plus que le C. Swie¬
tenia malgache elle ne fait l’objet d’aucune exploitation forestière parti¬
culière.
2° Le genre Fagaropsis Mildb. à Madagascar.
Ce genre n’est actuellement connu que par trois espèces d’Afrique
continentale. Il constitue, avec le genre Phellodendron Rupr. (asiatique)
la sous-tribu des Phellodendroinae de la tribu des Toddalieae. Il est carac¬
térisé par ses feuilles imparipennées opposées, ses fleurs unisexuées géné¬
ralement du type 4, les mâles avec ± 8 étamines (pistillode présent),
les femelles (dépourvues de staminodes) à ovaire constitué de 2-5 carpelles
soudés, surmonté d’un stigmate sessile; le fruit est une baie peu charnue.
Deux espèces malgaches sont à rapporter à ce genre; nous n’en
connaissons pas la fleur femelle mais les caractères végétatifs; ceux des
fleurs mâles et des fruits semblent rendre cette attribution générique
à peu près certaine.
1. Fagaropsis glabra R. Capuron sp. nov.
Valde affinis C. angolense Engl, a quo differt foliota terminali basi longe
cuneata (petiolulo haud articulato), foliolis paucis (3-5) (PI. 2, 1-6).
Ouest (Nord) : Montagne d’Ampitiliantsambo, Diego-Suarez, 8332
SF (Fr., 19. 11. 1954, Type).
Cette espèce paraît extrêmement voisine du F. angolensis Engler;
peut-être même devra-t-elle lui être rapportée lorsque du matériel plus
abondant sera disponible. Comme chez elle, les feuilles sont pratiquement
glabres (les bourgeons sont recouverts de la même pubérulence cendrée
dans les deux espèces), mais dans l’espèce malgache les folioles sont au
nombre de (3-) 5 au lieu de 7-9 dans l’espèce africaine. Dans cette der¬
nière les folioles sont terminées par un acumen très aigu, alors que dans
notre échantillon l’acumen des feuilles, nettement moins marqué, est
beaucoup plus large et très émarginé à son apex. La foliole terminale,
dans l’espèce malgache, s’atténue à la base en long pétiolule (1-1,5 cm)
étroit qui ne présente pas d’articulation à la base du limbe, comme il
semble y en avoir un dans l’espèce africaine. Les fruits sont de petites
Source : MNHN, Paris
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PI. 2. — Fagaropsis glabra R. Capuron : 1, rameau en fruits x 2/3; 2, fruit x 2;
3, graine vue de dos x 2; 4, graine, face interne, vue de trois-quarts x 2; 5, id.,
section longitudinale x 3; 6, embryon, vu de dos x 3. — Fagaropsis velulina
R. Capuron : 7, rameau feuillé x 2 /3 ; 8, inllorescence x 2 /3 ; 9, bouton çf s’ouvrant
X 6; 10, fleur çj ouverte x 6; II, infrustescence x 2/3.
Source : MNHN, Paris
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drupes (8 mm de diamètre environ) à 1-3 graines, globuleuses ou un peu
bilobées ou trilobées. L’exocarpe, charnu sur le frais, est mince et bourré
de poches sécrétrices contenant une essence d’odeur agréable. L’endo¬
carpe est mince, cartilagineux-fibreux. Les fruits sont portés par un
pédoncule de 12-15 mm de longueur, couronné au sommet par des cica¬
trices du périanthe; entre le haut du pédicelle et la base du fruit s’inter¬
pose un très court pédicule représentant le disque. Au sommet du fruit
se voit une petite cicatrice stylaire de couleur claire.
Dans chaque loge du fruit il y a une seule graine, pendante mais
presque peltée. Le testa de la graine est noir, crustacé, à surface striolée-
fovéolée. La face externe de la graine est bombée tandis que sa face
interne est fortement concave (sa forme rappelle celle de la graine des
Tarenna). A l’intérieur, sous une mince couche d’albumen se trouve
l’embryon; la radicule est ovoïde, courte, supère; les cotylédons sont
larges, un peu cordés, près de la radicule, et ils épousent le contour bombé
de la graine; leur plan de séparation est tangentiel.
2. Fagaropsis velutina R. Capuron sp. nov.
A ceteris generis Fagaropsis speciebus differt foliolis dense albido-
velutinis (PL 2, 7-11).
Sud (dans sa partie orientale); Ampasimpolaka, Ambovombe, sur
sables, Decary 3217 (Fl. (J); vallée de la Manambolo, rive droite (bassin
du Mandrare), aux environs d’Isomono (confluent de la Sakamalio),
Humbert 12953 (Fr. imm., Mandakola, Type).
Cette espèce est un arbuste plus ou moins buissonnant. Ses rameaux
jeunes sont lisses et densément recouverts d’une courte pubescence gris-
jaunâtre qui disparaît sur les vieux rameaux; ceux-ci, de couleur brun
rougeâtre, portent des lenticelles de couleur plus claire. Les feuilles ont
de 12 à 15 cm de longueur et ont 3 ou 5 folioles. Toute la feuille porte
de courts poils d’un blanc jaunâtre ou grisâtre qui sont particulièrement
abondants à la face inférieure des folioles où les téguments sont cachés
par ce revêtement doux au toucher. Les folioles sont elliptiques ou ellip-
tiques-lancéolées. Les folioles latérales, opposées, sont pratiquement
sessiles, souvent un peu dissymétriques à la base, et mesurent environ
5,6-8 X 2-2,5 cm. La foliole terminale, à pétiolule long de 5 mm environ
ou à limbe en coin aigu décurrent jusqu’à la base, mesure jusqu’à 9 X 2 cm.
Le pétiole proprement dit mesure 5-6 cm de longueur. Le bord du limbe
présente de très petites crénelures accompagnées d’un point translucide.
Les fleurs, dioïques, sont disposées en petites panicules pyramidales, de
2 cm de long environ ; elles se développent un peu avant les feuilles, qui
sont caduques. Les axes de l’inflorescence sont pubérulents. Les fleurs
mâles, les seules connues, ont un périanthe normalement du type 4. Le
calice, petit, ne dépassant guère 1,2 mm de hauteur, est à 4 dents libres
sur les 2/3 de leur longueur; il est pubescent-laineux extérieurement. Les
pétales, jaune verdâtre sur le frais, lisses, glabres, sont oblongs, en coin
à la base, et mesurent 4-5 mm de longueur ; dans le bouton, ils sont imbri-
Source : MNHN, Paris
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qués. Les étamines sont libres, au nombre de 7-8, insérées autour d’un
ovaire rudimentaire; elles sont glabres, un peu plus courtes que les pétales.
Le disque est indistinct.
Le fruit, non vu à maturité complète, présente tous les caractères
du genre. Il est à 2-4 loges uniovulées, porté par un court disque cylin-
dracé.
3. Vepris lepidota R. Capuron sp. nov.
Arbuscida vel arbor (5-6 m), ramis foliis inflorescentiisque densissime
pilis scutellatis peltatis vestitis; folia alterna, breviter petiolata, limbo lan-
ceolato vel oblanceolato. Inflorescentiae axillares vel subterminales pauci-
florae. Flores 4-5 meri. Fructus sparsim pilis lepidotis vestitus.
Arbuste ou petit arbre très ramifié à jeunes rameaux, feuilles et
inflorescences très densément recouverts de poils écailleux peltés, blan¬
châtres ou roussâtres, sans aucune autre forme de pubescence. Rameaux
grêles, d’abord recouverts de cette pubescence, ensuite plus ou moins
enduits d’une secrétion blanchâtre. Feuilles persistantes, simples, alternes,
à pétiole court (1-2,5 mm). Limbe à bords entiers, lancéolé ou oblancéolé
(1,7-6,5 X 0,5-1,5 cm), à épiderme de la face inférieure complètement
caché sous le revêtement de poils écailleux, ce revêtement moins dense
à la face supérieure et presque complètement caduc sur les vieilles feuilles
qui deviennent luisantes sur cette face; limbe en coin aigu ou obtus à la
base, arrondi ou obtus au sommet souvent terminé par un minuscule
mucron. Points translucides visibles seulement par transparence, nom¬
breux inégaux. Nervure principale soit obsolète, soit ± légèrement sail¬
lante sur les deux faces. Nervures secondaires visibles parfois à la face
supérieure, formant des arcs près de la marge. Inflorescences axillaires
ou subterminales, pauciflores (1-5 flores) sessiles ou courtement (2-5 mm)
pédonculées. Bractées très petites cachées sous les poils écailleux. Fleurs
subsessiles, 4-5 mères; calice à 4-5 lobes petits, obtus au sommet, celui-ci
muni de quelques cils. Corolle à 4-5 lobes épais, valvaires-indupliqués,
ovales-elliptiques, glabres intérieurement, très brièvement coalescents
à la base (3,5 X 1,25 mm), aigus au sommet. Étamines 8-10, à filets
légèrement aplatis-élargis; anthères ovales-allongées (1,8 mm de long).
Disque mince, petit, tapissant le fond de la cavité florale, marqué au
centre de deux bosses minuscules (gynécée rudimentaire). Fleurs femelles
non vues. Fruit pédicellé, suborbiculaire-comprimé (atteignant 2 X 2 X
1,4 cm), sillonné peu profondément de chaque côté, à surface portant des
poils écailleux peltés épars, devenant glabre. Partie extérieure du péri¬
carpe charnue (mince). Endocarpe constitué de deux noyaux séparables,
très durs et à partie interne lacuneuse, les lacunes remplies d’une essence
jaune doré ou verdâtre très odorante. Graine à tégument brun foncé.
Embryon droit entouré d’une mince couche d’albumen de couleur blanche ;
radicule supère, nettement saillante; cotylédons minces (2 ovules par
loge dont 1 seul se développe, pendant). Hile un peu au-dessus du milieu
de la face ventrale.
Source : MNHN, Paris
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Sud-Ouest : Bush entre Bevilany et Amboasary, 11844 SF (fr.);
entre Antanimora et Ambovombe, 5339 (fr.); Manavy, près d’Antani-
mora, 7579 SF (fl.), 7580 SF (fr.); Cap Sainte-Marie, 11863 SF (fl.) (Type);
entre Androka et Ampalaza, Poisson, 2 e voyage n° 346 (fr.); plateau
calcaire au Nord de Bevoalavo (Basse Menarandra), 11876 SF (fr.).
Nom vernaculaire : Hazondranto.
Obs. : Cette espèce se distingue de tous les autres Vepris par son
très dense revêtement de poils écailleux peltés, analogues à ceux de
certains Crolon ou de certaines Sterculiacées (Dombeya p.p., Helmiopsis
etc...). Les fruits à maturité ont la partie externe du péricarpe charnue
et comestible.
4. Ivodea R. Capurongen. nov. (Hutoideae-Xanthoxyleae-Evodiinae).
Frutices. Folia simplicia vel unifoliolata, integra, pellucido-punctata,
opposita vel subopposita vel alterna. Flores unisexuales dioici, 4 (-5)-meri,
parvi; inflorescentiae axillares vel terminales, masculae paniculatim dispo-
sitae, foemineae subracemosae ; calyx parvus subtrnncatus vel lobis parvis
valvatis; petala libéra, valvata, triangularia, sepalis 3-4-plo longiora; stamina
4 (-5), alternipetala, libéra, antheris ovalibus basi excisis, basifixis, lateraliter
rima longitudinali dehiscentibus (in fl. foem. staminodia nulla vel 4, minu-
tissima, dentiformia, alternipetala, vel (in sp. unica) 8, alternipetala minu-
tissima, dentiformia, oppositipetala parva (sed exanthera); discus nullus.
Carpidia 4 (in fl. masc. rudimentaria) libéra, oppositipetala; ovula in quoque
carpidio duo, collateralia, pendula, micropyle supera extema; styli 4, brevis-
simi, omnino liberi vel basi breviter coaliti, apice stigmatoso dorso carpi-
diorum accumbente. Fructus 4 (-5) (abortu l-3)-follicularis; follicula sutu-
ribus dorsali et ventrali fissilibus, endocarpio fibroso ab exocarpio solubili.
Semma in quoque carpidio unica, pendentia; testa membranacea, fragilis;
albumen nullum; cotyledones crassi, basi rotundati et anguste emarginati,
radiculam superam plus minusve tegentes.
Typus generis : Ivodea trichocarpa R. Capuron.
Avant de donner les diagnoses des diverses espèces que nous ratta¬
chons à ce genre, il convient d’insister un peu sur les caractères floraux
que nous avons été amenés à observer (dans une espèce nous ne connais¬
sons que les fruits). Les fleurs du type 4 (ou 5 plus rarement) sont uni-
sexuées et dioïques. Les inflorescences mâles sont toujours plus nette¬
ment développées que les femelles; celles-ci sont réduites à des grappes
simples ou peu ramifiées de cymes uniflores; les inflorescences mâles sont
en général paniculiformes. Le calice est toujours de faible taille, à lobes
peu développés, plus ou moins triangulaires, parfois à peine marqués;
il persiste sous le fruit. Les pétales, beaucoup plus grands que les sépales,
sont valvaires-indupliqués dans le bouton. Dans les fleurs mâles il y a
4 ou 5 étamines à filets libres, alternipétales, sans traces d’étamines oppo-
sitipétales (nous ne connaissons pas les fleurs mâles de I. sahafariensis) ;
il n’y a pas de trace de disque; le pistillode, central, est plus ou moins
tétragone. Dans les fleurs femelles le périanthe est identique à celui des
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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fleurs mâles. Au premier abord il ne semble pas y avoir de staminodes
(sauf dans I. sahafariensis). C’est d’ailleurs ce qui paraît être le cas de
I. menabeensis. Dans les autres espèces une observation très attentive
permet d’apercevoir cachés par la base dorsale des carpelles, alternant
avec ceux-ci, quatre organes dentiformes, minuscules quoique bien indi¬
vidualisés (ils ne doivent guère dépasser 1/10 de mm de longueur), anan-
thères, glabres, que nous considérons comme des staminodes. Dans
1. sahafariensis, outre ces quatre organes, on en observe quatre autres plus
développés, opposés aux carpelles (ils mesurent à peu près 3/10 de mm,
et sont également ananthères). Nous ignorons malheureusement les
fleurs mâles de cette espèce et ne pouvons savoir si elles ne présentent
pas deux cycles d’étamines bien développées. Nous avons, un moment,
été tenté de considérer les organes dentiformes comme un rudiment de
disque, mais leur situation, analogue à celle des étamines dans la fleur et
l’absence de disque dans celle-ci, nous a amené à abandonner cette opi¬
nion. Les carpelles sont au nombre de quatre et opposés aux pétales. Ils
sont toujours libres dans leur partie ovarienne. Dans une seule espèce
(/. Irichocarpa), chaque carpelle est muni d’un style indépendant des
styles voisins; dans cette espèce, le style et son extrémité stigmatique
se présentent sous la forme d’un petit ergot appliqué sur le dos du carpelle
et persistant sur les fruits partiels en formation. Dans les autres espèces,
les quatre styles sont soudés sur une très faible longueur en colonne
stylaire; le stigmate se présente alors sous la forme d’un organe aplati,
divisé profondément en quatre lobes, chacun d’eux appliqué sur le dos
du carpelle correspondant; dans ces espèces, le style et son plateau stig¬
matique tombent d’une pièce quand les jeunes fruits se développent.
Dans toutes les espèces, les carpelles contiennent chacun deux ovules
collatéraux pendants, à micropyle supérieur et extérieur. Dans l’une
d’elles (/. trichocarpa), les deux ovules sont coiffés par une sorte d’obtu¬
rateur commun, semblable à celui que l’on observe dans les ovules d’Eu-
phorbiacées; il ne reste pas de trace de cet organe dans les fruits mûrs.
Chaque fruit partiel ne contient qu’une seule graine pendante; ces fruits
partiels s’ouvrent en deux valves par les sutures dorsale et ventrale;
l’endocarpe se sépare de l’exocarpe. La graine, plus ou moins piriforme,
a un petit hile situé un peu au-dessous de son sommet aigu. Les téguments
sont minces et fragiles. L’albumen est totalement absent. L’embryon
est constitué de deux cotylédons épais dont la base, arrondie, très étroi¬
tement fendue, cache plus ou moins le radicule.
Les diverses variations observées dans la structure florale (nombre
de staminodes, soudure ou indépendance des styles, présence ou absence
d’obturateur) ne nous paraissent pas de nature à motiver la création de
coupures infragénériques; elles fournissent en revanche d’excellents
caractères spécifiques.
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Ivodea confertifolia R. Capuron nov. sp.
Arbuscula? cortice ramulorum albido, verruculoso. Folia alterna, apice
ramoriun congesta; petiolo 15-35 mm longo, apice tumido ^ distincte arti-
culato, exalato; limbo submembranaceo, oblanceolato, glabro (10-26 X
2-4 cm), apice i abrupte acuminato, basi sensim longe acutissime attenuato;
lamina supra viridis, subtus albida; costa supra carinata, subtus prominens;
nervi secundarii numerosi (20-40 juga) supra leviter impressi vel vix promi-
nuli, subtus prominuli. Inflorescentiae axillares, masculae 2-4 cm longac,
parum paniculatae, femineae subracemosae (2-10 cm longae).
Flores masculi : pedunculus (1 mm 5 longus) gracilis, puberulus; calyx
extra puberulus, vix 0,5 mm altus, subtruncatus. Petala, anthesi patula,
recurvata, extra pilosula (1,5-2 mm longa); stamina erecta, petalibus bre-
viora, glabra; pistillodium hirsutum.
Flores foemineae : pedunculus robustior, puberulus; calyx puberulus;
petala haud visa; carpidia dense velutina; Stylus unicus, brevissimus, 4-loba-
tus, lobis patulis; staminodia 4, dentiformia, alternipetala ; carpidia 4 (vel
abortu 1-3) glabra vel parce pilosula, ca. 8 mm alta (PL 3, 11-12).
D’après les localités de récolte, croît dans les forêts côtières du
Nord-Est. A rechercher.
Nord-Est : Ampandrana, près de Sambava, 14369 SF (fl. <J) et
14369 bis SF (fl. $ et fr.) (Type); Fotsialanana, Ampanavoana, Anta-
laha, 4093 SF (Fr.).
Cette espèce est reconnaissable aisément à ses feuilles longuement
lancéolées et densément rassemblées à l’extrémité des rameaux. Il se
peut qu’il s’agisse d’arbrisseaux à tige simple. L’échantillon 4093 SF
diffère du type par ses nervures moins nombreuses et nettement impri¬
mées à la face supérieure (le limbe est bullé entre les nervures), et par ses
infrutescences nettement plus longues (jusqu’à 10-12 cm alors qu’elles
ne dépassent pas 3 cm sur le type). En l’absence d’échantillons plus
nombreux nous ne pouvons nous prononcer sur la valeur de ces varia¬
tions.
Ivodea alata R. Capuron nov. sp.
Frutex 2-3 m altus ramulis foliisque glaberrimis; ramuli cicatricibus
robustis foliorum delapsorum notati, cortice striata. Folia alterna; petiolo
15-35 mm longo, utrinque marginato-alato (alis utrinque 1-2,5 mm latis),
apice tumido, manifeste articulato; limbo membranaceo, elliptico-lanceolato,
rarius obovato-elliptico (15-25 X 3,5-5 cm), utrinque subacuto, apice ^ acumi¬
nato; costa supra plana, infra prominens; nervi secundarii numerosi (20-
30 juga) supra vix, subtus prominuli; puncti pellucidi minimi, numerosi.
Flores ignoti. Infrutescentiae axillis foliorum insertae, brevissimae (ca. 0,5 cm
longae). Carpidia ca. 11 mm longa (carpidia abortiva glabra) (PI. 4, 1).
Est : collines latéritiques, sublittorales, au Sud de l’embouchure
de la Fahambahy, 18221 SF (Fr.) (Type).
Cette espèce dont nous ne connaissons malheureusement que les
Source : AANHN, Paris
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PI. 5. — Ivodea Irichocarpa R. Capuron : 1, rameau (J en fleurs X 2/3; 2, bouton
floral .J x 6; 3, anthère face interne x 8; 4, id. face externe x 8; 5, rameau Q
en fleurs x 2/3; 6, bouton floral Q x 8; 7, pétale, face interne, vue de trois quarts
x 8; id, vu de dos x 8; 9, calice et gynécée x 6; 10, gynécée vue de dessus x 6;
11, section transversale des quatre carpelles x 6; 12, carpelle, isolé, vu de prolil
X 6; Ivodea Irichocarpa R. Capuron var. lanceolaia R. Capuron : 13, rameau en
fruits x 2/3; 14, fruit x 1,5; 15, graine, vue de profil x 3; 16, id., vue par la
face hilaire x 3; 17, embryon x 3; 18, un cotylédon et la radicule X 3.
Source : MNHN, Paris
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fruits se distingue de la précédente par ses pétioles ailés et par son limbe
de forme différente. Ses infrutescences très courtes, axillaires (toujours?)
la séparent aussi des autres Ivodea de même que ses grandes feuilles.
Dans le Menabe, l’échantillon Leandri 2258 a des feuilles qui rappellent
beaucoup par leur forme celles de cette espèce : le pétiole est moins lon¬
guement ailé, le limbe un peu plus petit; mais les feuilles y sont pour la
plupart opposées et les infrutescences terminales. Faute d’échantillons
plus nombreux nous renonçons à le décrire comme représentant une
espèce nouvelle. Peut être faut-il le rapporter, comme forme à grandes
feuilles, à I. menabeensis que nous allons maintenant décrire.
Ivodea menabeensis R. Capuron nov. sp.
Arbuscula dioica ramulis foliisque glabris vel sparsissime pilis parvis
praeditis; ramuli graciles (1-2 mm diam.) nodis compressis. Folia fere semper
opposita; petiolus 5-10 mm longus marginatus vel leviter alatus apice obscure
articulatus; limbus membranaceus ellipticus vel ovatus (2,7-8 X 1-2,5 cm),
basi obtuse cuneatus, apice obtusus J; obscure acuminatus, acumine rotun-
dato vel emarginato; costa supra plana, subtus prominula; nervi secundarii
subtus vix prominuli. Inflorescentiae terminales, rarius axillares parvae,
masculae paniculiformes (1,5-2,5 cm longae), femineae racemiformes pauci-
florae vix 1 cm 5 longae; axis inflorescentiae pilosulus. Flores masculi pedi-
cello 1-1,5 mm longo breviter pilosulo, calyce vix lobato glabro, lobis margine
ciliatis, petalis staminibusque glabris, pistillodio centrali J; 4-lobato, longe
ciliato. Flores foeminei pedicello 3 mm longo, pilosulo, staminodiis nullis,
gynaeceo 4-carpidiato, stylo unico brevissimo 4-lobato, ovariis dense ciliatis.
Carpidia matura glabra vel subglabra 6-7 mm alta; semina haud visa (PI. 4,
5-6).
Ouest (Menabe) : Forêt d’Analalava près de Maintirano, 14795 SF
(Fl. ,J) et 14795 bis 8F (Fruits, fl. Ç, Type).
Nom vernac. : Ampoly.
Cette espèce à petites feuilles se reconnaîtra à ses feuilles à peu près
également atténuées aux deux extrémités et par ses inflorescences mâles
peu développées. Dans les fleurs femelles nous n’avons pas observé de
staminodes. Les ovules ne sont pas coiffés par un obturateur.
Ivodea trichocarpa R. Capuron nov. sp.
Frutex 2-3 m altus; ramuli novelli et juniores brevissime pilosuli, striati,
deinde glabrati, l,5-2,5 mm diam. Folia opposita vel subopposita, simplicia
(petiolo haud articulato), petiolo brevissime pilosulo 3-5 mm longo, supra
applanato vel leviter canaliculato, marginibus exalatis; limbus obovatus
vel ovatus (3,5-6 X 1,5-2,5 cm) chartaceus, glaber, basi ^ sensim cuneata,
i decurrenti, apice obtuso vel rotundato, rarius obscure acuminato, acumine
leviter emarginato; costa supra plana, subtus prominula; nervi secundarii
supra subtusque prominuli. Inflorescentiae terminales, masculae amplae,
pyramidales, multiflorae (5-10 cm longae), femineae subracemosae (basi
Source : MNHN, Paris
— 80 —
solum breviter racemosa) (2-5 cm longae) pauciflorae; axibus pilosulis (den-
siore in femineis). Flores masculi pedicello 2-2,5 mm longo parce pilosulo,
calyce glabro late dentato, lobis margine vix ciliatis; petalis staminibusque
glabris. Pistillodium longe ciliatum. Flores foeminei pedunculo robusto 1-2 mm
longo dense pilosulo, petalis crassis, staminodiis oppositipetalis nullis, alter-
nipetalis minutissimis dentiformibus, carpellis densissime luteo-pilosis omnino
distinctis; styli (4) brèves dorso ovariorum applanati; ovula in quoque
ovario duo collateralia, funiculi dilatatione (sicut Euphorbiacearum) apice
tecta. Fructus ignotus (PI. 5, 1-12).
Ouest (Sud) : Forêt de Zombitse, à l’Est de Sakaraha, vers 700 m
d’alt., Humbert, Bègue et Capuron 29568 (Fl. Ç, Type), 11930 SF (Fl. <?).
Var. lanceolata R. Capuron nov. var.
A speciei typo differt foliis magis elongatis, lanceolatis (5,5-9 X 1,5-
2 cm) (petiolo 8-13 mm longo, apice fere semper distincte articulato). Flores
speciei. Fructus carpidia ca. 11 mm alta, extra densissime pilis luteo-fulvis
tecta. Semina pyriformia 7 mm longa, testa fulva, cotyledonibus crassis,
basi parum emarginatis radiculam superam obtegentibus (fig. 5, 13-18).
Sud (partie orientale) : Bush, en bordure du rivage marin, à Italy
(Baie des Galions), au Sud-Ouest de Fort-Dauphin), 11806 SF (Fl. (J),
11806 bis SF (Fr., Type).
Le principal caractère de cette espèce paraît être l’apocarpie totale
de ses ovaires. Le style de chaque carpelle est entièrement libre des styles
voisins. La pubescence très dense des ovaires persiste sur les fruits. Dans
l’ovaire, les deux ovules collatéraux sont coiffés par une dilatation du
funicule ressemblant beaucoup à l’obturateur des Euphorbiacées; dans
le fruit cette production disparaît entièrement. Les fleurs femelles n’ont
que quatre staminodes alternipétales très réduits, coincés entre les bases
des carpelles. Sur les fruits partiels, les styles persistent sous la forme
d’un petit bec très net, noirâtre, alors que dans les autres espèces ils dispa¬
raissent entièrement.
Dans la région d’Ambatofinandrahana, sur quartzites, vers 1600-
1800 m d’alt., Decary a récolté (n° 13190) un Ivodea, malheureusement
en fleurs mâles, dont la forme des feuilles rappelle celle de 1. trichocarpa ;
le limbe ne dépasse pas 3 cm de longueur dans les plus grandes; le pétiole,
manifestement articulé au sommet est nettement mar.giné-ailé. Les inflo¬
rescences mâles ne dépassent pas 3 cm de longueur. Si la réduction de
ces divers organes peut s’expliquer par l’altitude et la nature de la station
où croît cette plante, nous ne pourrons cependant être fixés sur sa place
exacte que lorsque ses fruits ou ses fleurs femelles seront connus. Il se
pourrait aussi en effet que ce soit auprès de I. manabeensis qu’elle doive
être placée.
Ivodea reticulata R. Capuron nov. sp.
Arbuscula vel frutex ramulis adultis glabris (junioribus parce pilosulis),
gracilibus (1,5-2 mm diam.). Folia alterna vel subopposita simplicia (articu-
Source : MNHN, Paris
— 81 —
latione petioli nulla), cum petiolo 2,5-6 cm longa, petiolo brevi (1-3 mm)
supra pilis erectis minutissimis instructo, limbo i obovato-cuneato, coriaceo,
glabro, apice rotundato vel late emarginato, basi longe cuneato, ima basi ±
supra petiolum decurrenti ; costa supra plana, subtus prominens, nervi
secundarii (5-8 juga) supra parum infra prominuli, a reticulatione parum
distincti (reticulatio densa, subtus prominula). Inflorescentiae terminales vel
rarius axillares, masculae paniculatim dispositae, 5-8 cm longae, femineae
breviores (?) (infrutescentiae solum visae). Axes inflorescentiae pilis brevis-
simis erectis instructi. Flores masculi pedicello (1-2 mm longo) glabro; calyx
extra glaber, lobis marginibus ciliatis; stamina glabra; pistillodium tetra-
gonum glabrum vel pilis paucis instructum. Flores foeminei pistillo 4-mero,
ovariis glabris. Stylum unicum, brevissimum, profunde 4-lobum. Stami-
nodia oppositipetalas nulla; staminodia alternipetala dentiformia minutis-
sima. Carpidia fructifera, glabra, 7-8 mm alta. Semina haud visa (PI. 4, 2-4).
Sud : Falaises dominant le Cap Sainte-Marie, Humbert et Capurort
29268 (<J), SF 11859 (<J); bush aux environs du Cap Andrahomana (au
S. de Ranopiso, Fort-Dauphin), 11827 SF (Fl. ), 11827 bis SF (Fr.,
Type)-
Cette espèce se reconnaîtra à ses feuilles petites, obovales, en coin
aigu à la base et nettement obtuses ou arrondies au sommet; la réticu¬
lation est dense et particulièrement saillante à la face inférieure ce qui
donne au limbe un aspect nettement différent de celui des autres espèces.
Dans la fleur femelle l’ovaire est glabre.
Ivodea sahafariensis R. Capuron nov. sp.
Arbuscula. Ramuli novelli elongati, graciles (1,5-2 cm diam.), breviter
griseo-puberuli, deinde glabri. Folia simplicia alterna (rarius subopposita),
petiolo breviter pilosulo cylindrico, supra canaliculato, haud marginato,
9-13 mm longo, apice haud articulato; limbo chartaceo, in sicco di brunneo-
viridi, ovato vel ovato-elliptico (4,5-9 X l,5-3,2 cm), apice obtuso vel ^
rotundato, rarius obscure acuminato, basi obtuso vel rotundato, ima basi
haud decurrenti sed supra petiolum subcordata, in primo novo statu laxis-
sime pilis appressis instructo et marginibus breviter ciliatis, deinde glabro;
costa supra plana vel leviter impressa, subtus valde prominula et pilis Iaxis
instructa; nervi secundarii 10-15 juga utroque vix prominuli, reticulatione
laxa haud prominula. Flores masculi ignoti. Inflorescentiae femineae sub-
racemiformes 2-4 cm longae, axibus breviter pilosulis. Pedicelli pilosuli
2-3 mm longi; calyx extra pilosulus, lobis ciliatis; petala apice extra pilosula.
Staminodia 8, oppositipetala 4 parva (vix 0,3 mm), alternipetala 4, minu-
tissima, dentiformia; ovaria densissime pilosa; Stylus brevissimus, apice
4-lobatus. Carpidia pilosula 8 mm alta. Semina (submatura) 4 mm longa,
cotyledonibus basi emarginatis, radicula leviter exserta (PI. 3, 1-10).
Ouest (Nord) : Bassin de la Saharaina, forêt de Sahafary, sur sables,
20124 SF (Fl. Ç, Fr.).
6
Source : MNHN, Paris
— 82 —
Alors que tous les autres Ivodea ont la base du limbe nettement en
coin et plus ou moins décurrente sur le pétiole, la base du limbe dans
cette espèce est arrondie, plus ou moins étroitement d’ailleurs, et de cha¬
que côté du pétiole la base extrême du limbe est presque toujours très
étroitement cordée. Le pétiole est cylindrique, simplement canaliculé
dessus et ne présente pas de trace d’articulation à son sommet. Les
fleurs femelles présentent la particularité d’avoir 8 staminodes, caractère
que nous n’avons noté dans aucune autre espèce : il y a ici 4 staminodes
oppositipétales nettement plus développés que les alternipétales.
En prenant pour base d’étude la classification des Rutacées telle
qu’elle a été proposée par Engler dans la deuxième édition des Pflanzen-
familien, on est amené à classer le genre Ivodea dans la sous-famille des
Ruioideae, tribu des Xanlhoxyleae, sous-tribu des Evodiinae. Cette sous-
tribu groupe 18 genres. Ceux qui comme Ivodea ont des carpelles 2-ovulés,
un androcée isostémone, un périanthe double et des inflorescences termi¬
nales ou axillaires, sont au nombre de six : Fagara L., Geigera Schott,
Comptonella Bak. f., Evodia Forst., Telraclomia Hook. f. ( Terminthodia
Ridley) et Boninia Planch. Tous ces genres ont des graines albuminées
ce qui les sépare déjà des Ivodea. L’absence de disque dans ce dernier
est également un critère distinctif et aucun de ces six genres ne paraît
susceptible d’accueillir les espèces malgaches. En comparant les Ivodea
avec les genres à androcée diplostemone {dans un Ivodea nous avons noté
8 staminodes dans la fleur femelle), les deux genres auxquels nous pour¬
rions être tentés de les rapporter sont les Melicope Forst. et Pelea A. Gray.
Ces deux genres ont également un disque bien développé et un albumen
dans la graine.
Les Xanlhoxyleae sont représentés à Madagascar, dans l’état actuel
de nos connaissances, par les trois genres suivants : Xanlhoxylum L.,
Evodia Forst. et Ivodea R. Cap. Ces trois genres peuvent, à Madagascar,
se distinguer ainsi :
1. Feuilles toujours imparipennées, alternes. Presque toujours un
seul carpelle dans la fleur femelle. Pas de pétales. — Arbres
presque toujours épineux. Xanthoxylum.
1'. Feuilles simples ou unifoliolées ou composées-palmées. Pétales
présents. Autant de carpelles que de pétales. — Végétaux
inermes.
2. Ovules superposés. Style des fleurs femelles bien développé,
faiblement lobulé au sommet; graines à tégument noir
très épais et très dur; albumen présent; embryon à coty¬
lédons minces. Feuilles toujours opposées, simples ou
1-foliolées ou palmées. Evodia.
2'. Ovules collatéraux. Style des fleurs femelles extrêmement
court, à lobes étalés plus longs que lui, ou styles courts
entièrement libres; graines à tégument mince; albumen
nul; cotylédons épais. Feuilles simples ou 1-foliolées,
opposées ou alternes. Ivodea.
Source : MNHN, Paris
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B. — Notes sur les Simarubacées
Quatre genres représentent la famille des Simarubacées à Madagascar;
deux de ces genres, Samadera Gaertn. et Suriana Plum. ne sont pas
spéciaux à la Grande Ile; les deux autres, Perriera Courchet et Pleiokirkia,
genre nouveau que nous décrirons plus loin, sont des endémiques. Chacun
de ces genres est représenté à Madagascar par une seule espèce, à l'excep¬
tion du Perriera dont nous décrirons une espèce nouvelle, originaire de
la région orientale. Nous laisserons de côté, dans la présente note, le
Suriana marilima, arbuste des régions côtières de l’Ouest.
I. Samadera indica Gaertn., Frucl. II, (1791), 352, t. 156. —
Samadera madagascariensis Juss., Mém. Mus. XII, (1825), 516, t. 27,
n° 46. — Samandura madagascariensis H. Perr. in H. Humbert, Fl.
Madagas., 105 e fam., (1950), 6. — Niota letrapelala Poiret, Encycl., IV,
(1797), 490 et III. Gen. t. 299. — Samadera letrapelala (Poiret) G. Don,
Gen. Sysl., I, (1831), 811.
Le genre Samadera groupe une dizaine d’espèces environ ; son aire
s’étend de la région malgache jusqu’en Australie, en passant par les
Indes, le Siam, la Cochinchine et les régions malaises. Il est représenté à
Madagascar par une seule espèce, dont pendant très longtemps on n’a
possédé que deux échantillons provenant des récoltes de Commerson
et de Richard. Ces dernières années, d’assez nombreuses récoltes nou¬
velles du Samadera malgache ont été effectuées qui nous permettent
aujourd’hui d’apporter quelques précisions sur ses caractères et sa répar¬
tition. La comparaison de ces échantillons avec des échantillons de Sama¬
dera indica nous ont amené à réunir les deux espèces.
A Madagascar il s’agit d’un arbuste ou d’un petit arbre pouvant
atteindre une dizaine de mètres de hauteur et 0,50 m de diamètre, assez
fréquent dans les zones basses de la région orientale. Son tronc, lorsque
le végétal a un port arborescent, est fortement et profondément cannelé
en long. Son bois, blanc, est extrêmement léger et très amer ainsi que
toutes les parties de la plante (ce qui lui vaut le nom malgache de Bema-
failra, de be, très, et mafailra, amer). Toutes les parties végétatives de
la plante sont glabres. Les pétioles ont en général 7-15 mm de longueur
mais atteignent parfois jusqu’à 30 mm; ils sont un peu renflés vers le
haut et souvent légèrement coudés. Le limbe est le plus souvent elliptique
mais parfois aussi ovale ou un peu obovale, parfois elliptique-lancéolé
(et atteignant alors 25 X 6,5 cm). Sa base est arrondie ou largement
obtuse, son sommet parfois arrondi, plus souvent obtusément acuminé
(l’acumen atteint 20 mm sur un échantillon de Mayotte). Les inflores¬
cences sont des pseudo-ombelles dont le pédoncule naît en général un
peu au-dessus de l’aisselle des feuilles ou sur de courts rameaux latéraux
munis de petites bractées. Parfois elles naissent dans la partie défeuillée
des rameaux. Leur pédoncule est de longueur très variable (de 1 à 30 cm),
généralement très grêle, striolé en long, glabre ou le paraissant (muni
souvent d’une pubérulence extrêmement courte, visible seulement à fort
grossissement). Ces pédoncules, rigides et dressés lorsqu’ils sont courts,
Source : MNHN, Paris
— 84 —
sont le plus souvent pendants; ils portent, groupées à leur sommet, de 4 à
13 fleurs dont les pédicelles atteignent 10-30 mm. Le calice à 4 lobes
largement arrondis et brièvement ciliés sur les bords, imbriqués dans le
bouton (2 lobes entièrement recouverts et 2 lobes recouvrants). Sa face
externe est, ainsi que les pédicelles, glabre ou munie de la même pubéru-
lence que les pédoncules, mais plus dense. Chaque lobe porte sur son dos
une glande. Les quatre pétales sont tordus dans le bouton (bord gauche
recouvrant, le bouton étant vu de l’extérieur) à face externe de teinte
grisâtre soyeuse sur le sec (pubescence extrêmement courte et très serrée) ;
ils atteignent à l’anthèse jusqu’à 25 mm de longueur sur 9 mm de largeur;
ils sont un peu repliés en forme de barque, très promptement caducs.
Les 8 étamines sont insérées autour de la base du disque. Elles atteignent
jusqu’à 16 mm de longueur (dont 12-13 mm pour les filets). Les filets
sont aplatis dorso-ventralement, parfois canaliculés en long sur leur face
externe; leur base est parfois très finement pubérulente. Ils sont munis
en dessus de leur base, sur leur face interne, d’une écaille plus ou moins
charnue, brièvement pubérulente, plus ou moins bilobée au sommet,
qui vient s’appliquer entre les carpelles ou contre le dos des carpelles
(suivant qu’il s’agit d’étamines oppositisépales ou alternisépales). Les
filets sont extrêmement fins au point d’attache des anthères. Celles-ci,
oscillantes, sont oblongues (4 x 1,5 mm), glabres, émarginées à la base
et au sommet, aplaties dorso-ventralement, insérées sur le filet vers leur
quart inférieur dorsal ; leur déhiscence est longitudinale introrse, presque
latérale. Le disque est en forme de colonne gynophorique, cylindracé,
atteignant 1-1,5 mm de longueur, glabre ou pubérulent. Il porte à son
sommet quatre carpelles (oppositisépales ou alternisépales suivant les
fleurs). Ces carpelles ont leur ovaire comprimé latéralement; ces derniers
sont amincis sur le bord dorsal, entièrement libres les uns des autres, de
profil semi-circulaire, à bord interne droit. Leur surface est très finement
pubérulente-soyeuse. Ils s’insèrent sur le gynophore par une cicatrice
ovale (à grand axe radial). Les styles sont insérés sur les ovaires au-dessous
de leur sommet, vers leur quart supérieur environ; ils ne sont libres qu’à
leur extrême base et sont soudés au-dessus en une colonne filiforme
subulée longue de 7-11 mm, finement pubérulente sur son tiers inférieur.
Stigmate punctiforme. Chaque carpelle ne contient qu'un seul ovule,
inséré dans l’angle supérieur interne de la loge, à micropyle supérieur et
extérieur, comprimé latéralement. Le style est très tôt caduc et laisse
sur chaque carpelle une petite cicatrice d’insertion. De 1 à 4 carpelles se
développent en fruits partiels. Ceux-ci sont des drupes à péricarpe ligneux-
subéreux, de profil latéral sub-semi-circulaire, et atteignant en général
4 cm de long sur 2,5 cm de large. Ils sont comprimés latéralement (1,3-
1,5 cm d’épaisseur environ). Le bord externe est aminci, sa partie supé¬
rieure presque aliforme. L’extrémité supérieure interne de ce rebord
surplombe un peu la cicatrice stylaire, formant ainsi une sorte de bec très
obtus, et donnant au méricarpe une certaine ressemblance avec un bonnet
phrygien. La surface externe du péricarpe est parcourue par un réseau
plus ou moins saillant, dû aux faisceaux conducteurs qui sillonnent le
Source : MNHN, Paris
— 85 —
mésocarpe. Chaque fruit partiel contient une graine à testa mince. La
radicule est très petite, supère. Les cotylédons sont épais et leur plan de
séparation est vertical et dans le plan de symétrie du fruit partiel.
En comparant les Samadera malgaches avec les échantillons de
Samadera indica Gaertner que possède le Muséum, il ne nous a pas été
possible de trouver entre eux de distinction spécifique. Les échantillons
malgaches sont en tous points identiques aux échantillons asiatiques et
les variations morphologiques que l’on peut observer dans les deux lots
sont tout à fait du même ordre. Bien que Bennet, dans la Flora of Bri-
tish India écrive : « There appears to be no reason for identifying, with
Lamk. and DC., this with the Madagascar species » nous considérons les
Samadera malgaches comme conspécifiques du Samadera indica Gaertner.
A Madagascar, le Samadera indica est répandu sur la côte orientale
depuis les environs de Sambava, dans le Nord-Est (et peut-être le ren¬
contre-t-on plus au Nord), jusqu’à Fort-Dauphin. Il est fréquent dans la
zone littorale, dans les parties plus ou moins marécageuses et sur les bords
des lagunes ou des rivières à cours très lent. Il n’est cependant pas stric¬
tement localisé dans cette zone, car nous l’avons observé à deux reprises
vers 400-500 m d’altitude, sur des crêtes, dans la région de Maroantsetra.
Ges individus ne diffèrent en rien morphologiquement de ceux des régions
basses.
Dans la région de la Baie d’Antongil, cette essence est connue sous
le nom de Fara/aka; son bois très léger y est utilisé pour la fabrication
de balanciers de pirogue (comme son homonyme de la région occidentale
également à bois très léger et très mou, le Givolia madagascariensis de la
famille des Euphorbiacées). Dans la région de Fort-Dauphin, le Samadera
est connu sous le nom local de Mangafoky ; il y serait utilisé comme remède
contre les « maladies de ventre » et les « fièvres ».
Voici l’énumération des échantillons que nous avons eus en mains
ainsi que leurs localités :
Est : Anteviravina, C on . d’Ahitralanana, Dct. d’Antalaha, 6797-RN
(Fr., Bema/ailra ); Adirafia, id., 6798-RN (Fl., id.); Ampanavoana, Dct-
d’Antalaha, 5453-RN (Fl.), Rantabe, au Sud de Maroantsetra, 8890-SF
(Fl., Fr., Bois, Fara/alca)-, environs du col d’Antandrokolaka, entre
Aditavolo, bassin de la Fananehana, et Morafeno, bassin de la Rantabe,
vers 600 m d’alt., 9022-SF (Fr. et germinations); Soanierana-Ivongo,
2384-SF (Fr.); Tampolo, à 12 km au Nord de Fénérive, 288-R. 107 (F.,
Bois, Be/elry), 8629-SF (Fl., Bema/ailra), 12577-SF (Fl., Fr., Be/elrg);
Ambila-Lemaitso, 63-R. 233 (F., Bema/ailra ), 1134-SF (Fr.), 6321-SF
(Fl.), 8727-SF (Fr., Bema/ailra ): Analalava, C on . de Vohitrindry Dct. de
Vohipeno 7088-SF (Fr., Bema/ailra ): Emafotra, au bord de la rivière
Marofototsy, C on . de Mahatalaky, Dct. de Fort-Dauphin, 10864-SF (Fl.,
Mangafoky) -, même localité, 12066-SF (Fr., Bois, Mangafoky).
Comores : Mayotte; bords de la rivière Chonongon, Pobéguin 147.
Source : MNHN, Paris
PI. 6. — Perriera orienlatis R. Capuron : 1, rameau en fleurs x 2/3; 2, fleur :
3, fleur, débarrassée des pétales et des étamines oppositipétales x 6; 4, jeunes
fruits x 2/3.
Source : MNHN, Paris
— 87 —
2. Perriera madagascariensis Courchet.
Le Kirondro est une essence de l’Ouest qui paraît assez abondante
dans la région de Morondava (son aire actuellement connue s’étend de la
Betsiboka au Nord, jusqu’à la région de Manja, au Sud). L’examen de
quelques échantillons fleuris nous a permis d’apporter quelques modi¬
fications aux descriptions qui ont été données de cette espèce.
Les fleurs sont probablement polygames dioïques; si la plupart des
échantillons n’ont que des fleurs hermaphrodites, l’échantillon 16652-SF
ne présente en revanche que des fleurs mâles; dans ces fleurs les carpelles
sont en effet nettement plus réduits que sur les fleurs des autres échan¬
tillons. Les fleurs, dites sessiles ou subsessiles, sont en réalité nettement
pédicellées au moment de l’anthèse, le pédicelle atteignant jusqu’à 5 mm
de longueur. Les fleurs sont 5-6-mères. A l’anthèse les pétales sont for¬
tement réfléchis, à marges fortement involutées. Le disque n’est pas
constitué de glandes séparées, mais forme un anneau continu plus ou moins
profondément lobé par les impressions des filets staminaux. Le pistil est
constitué de (1-) 2-3 carpelles. Ces carpelles sont non seulement libres
dans la région ovarienne, mais encore dans la région stylaire ; si dans le
bouton les styles sont appliqués l’un contre l’autre, mais sans être soudés,
dès que la fleur est épanouie ils se séparent complètement.
Aux trois localités signalées dans la Flore de Madagascar, nous ajou¬
terons les suivantes :
Ouest : Manongarivo, Dct. de Soalala, 4002-SF (Fl., Kirondro );
environs d’Atolahy, Dct. de Miandrivazo, 58-R. 243 (F., id.), 13624-SF
(F., Bois, id.); Ambinanjohikely, près de Belamoty, C ,on de Malaimbandy,
Dct. de Mahabo, 7-R. 270 (F., id.); Andranofotsy, près de Dabara Dct.
de Mahabo, 6147-SF (Fr., id.); environs d’Andronovorisosotra, C ton de
Befasy, Dct. de Morondava, 3901-SF (Fl., id.), 12715-SF (Fr., id.), 12878-
SF (F., Bois, id.); environs de Voloy, id., 16552-SF (Fl., id.); berges de la
Kirindy, près de Befela, id., 16546-SF (Fr., id.); forêt d’Analalava près
de Betsingivika, C ton et Dct. de Manja, 30-R. 279 (F., Andriambolafotsy).
3° Perriera orientalis R. Capuron sp. nov.
A P. madagascariensi differt foliis robustioribus, foliolis majoribus
(4-10,5 X 2-4 cm) pro modo latioribus, nervis magis prominentibus, li mh i
glandulis a margine reotis numerosioribus (PI. 6).
Est : Environs de la Baie d’Antongil, massif de Farankaraina, entre
Navana et Andranofotsy, de 0 à 150 m d’alt., 18355 SF (Fl., Type);
forêt sublittorale, sur sables, à Tampolo, au Nord de Fénérive, 15177 SF
(Fl., Aombihaliala), 16465 SF (F., Bois, id.), 17791 SF (Fl., id.), 17804 SF
(Fr. imm, id.), 18162 SF (Fl.).
Nous avons beaucoup hésité à considérer ce végétal comme consti¬
tuant une espèce distincte du Perriera madagascariensis Courchet. Si, à
première vue, il est impossible de confondre les deux espèces par suite
de leur très manifeste différence de robustesse, il faut bien reconnaître
que, lorsque l’on cherche des caractères plus botaniques on en est réduit
Source : MNHN, Paris
— 88 —
pratiquement aux caractères des glandes foliaires. Dans le P. madagas-
cariensis celles-ci sont au nombre de 2-6, exceptionnellement 8; dans le
P. orienlalis elles sont au nombre de 8-12, et, au lieu d’être disposées sur
la marge elle-même, elles sont situées ici à 1 ou 2 mm de celle-ci, à la face
supérieure du limbe. Dans le P. madagascariensis les folioles, sur le sec,
prennent à la face inférieure une teinte jaunâtre très accusée, tandis que
la face supérieure devient plus ou moins foncée et luisante ; dans le P. orien¬
lalis cette dissemblance des deux faces du limbe est, sinon inexistante, du
moins beaucoup moins accusée. L’habitat des deux espèces est très dif¬
férente puisque l’espèce type croît dans les forêts caducifoliées de la Région
occidentale, tandis que le P. orientalis croit dans les parties les plus arro¬
sées de la Région orientale.
Quel que soit le statut adopté pour le P. orienlalis, soit qu’on le
considère comme espèce distincte, soit qu’on le rattache à titre de sous-
espèce au P. madagascariensis, son cas est un exemple de plus des très
nombreuses affinités existant entre la Flore de la Région Occidentale et
celle de la Région Orientale de Madagascar. On a beaucoup insisté sur
les différences qui opposent, tant du point de vue physionomique que
floristique, les végétations de ces deux régions. Il est incontestable que
chaque Région possède en propre un certain nombre de familles, un
assez grand nombre de genres et une proportion beaucoup plus impor¬
tante d’espèces. Mais cela ne devrait pas empêcher de noter que la majo¬
rité des familles et des genres ont des représentants dans les deux Régions,
et que si le nombre des espèces strictement identiques est relativement
restreint, beaucoup constituent des couples d’espèces vicariantes ou très
affines, que très souvent des caractères végétatifs seuls, mal définissables,
permettent de séparer. Les deux Perriera en constituent un exemple que
nous pourrions étendre à un grand nombre de genres (Tina, Molinaea,
Macphersonia, etc... parmi les Sapindacées, Astrotrichi.Ua, Quivisianlhe,
Cedrelopsis, etc... parmi les Méliacées, Dialium, Cordyla, Cynomelra
parmi les Césalpiniées, Bosqueia, Maillardia, Treculia parmi les Mora-
cées, etc..., etc...).
La place nous manque ici pour développer cette idée, mais plus la
connaissance de la Flore malgache s’accroît, surtout en ce qui concerne
les végétaux arborescents, plus on est obligé de constater l’existence
dans les deux Régions, de genres que l’on croyait localisés dans l’une d’entre
elles.
Pour en terminer avec le Perriera orienlalis, signalons qu’il s’agit
d’un grand arbre, pouvant atteindre 25-30 m de hauteur et près de
0,90 m de diamètre. Son écorce est légèrement tiliacée et un peu amère.
Cette espèce paraît rare et outre les localités citées après la diagnose nous
ne l’avons observée que dans une localité intermédiaire, aux environs de
Mananara.
4° Pleiokirkia R. Capuron gen. nov.
Flores 1-sexuales, monoici, 4-meri; receptaculo concavo. Sepala valvata.
Petala calyce longiora, imbricata. Stamina alternipetala (in flore foemineo
Source : MNHN, Paris
— 89 —
minora) circa discum carnosum 4-gonum inserta; filamentis exappendicu-
latis; antheris oblongis apice apiculatis, 2-locularibus, longitudinaliter rimosis,
supra basin dorsifixis, introrsis. Discus concavus. Germen (in flore masculo
minimum) profunde 8-lobum, 8-loculare; stylis basi liberis, intus medio
inter se cohaerentibus, apice stigmatosis patentibus recurvisve; ovulis in
loculis 2, superpositis, descendentibus, anatropis, micropyle extrorsum supera,
ovulo inferiore (deinde abortivo) a superiore dissepimento tangentiali sepa-
rato. Fructus siccus subglobosus, in coccos 8 solubilis; cocci hemicirculares,
1-spermi, indéhiscentes, e carpophoro centrali penduli, exocarpio suberoso,
endocarpio osseo. Semina sub-exalbuminosa, curvata, testa papyracea, coty-
Iedonibus carnosis linearibus, complanatis basi emarginatis, radicula cylin-
drica superiore multo Iongioribus. — Arbor glabra ; foliis ad summa ramorum
fasciculatis, altérais, multifoliolatis, exstipulaceis ; foliolis oppositis vel
suboppositis, oblique lanceolatis acuminatis scrrulatis; floribus in cymas
dichotomas pedunculatas infra folias dispositis.
Pleiokirkia Leandrii sp. nov.
Arbor 20-25 m ait. Folia 15-25 cm longa, 13-21-foliolata; foliota 4-6,5 cm
longa, 1-1,5 cm lata, breviter petiolulata (1-2 mm). Inflorescentia 3-7 cm longa
(pedunculo 2-5 cm longo); bracteae bracteolaeque parvae, triangulares.
Flores 7 mm ait. subsessiles. Sepala 3-3,5 X 2 mm triangulares. Petala ovata
5 X 2,8 mm, adscendentia. Stamina 5,5 mm longa, haud exserta (in flore
foemineo 2,2 mm 1g). Fructus 2,5 cm diametro (PL 7).
Ouest : Forêt de l’Antsingy, lisières entre Antsiareza et Trano-
Passage, Leandri 1046 (Fr.); d°, aux environs de la clairière d’Ambodi-
riana (piste Antsalova-Tsiandro), 6805 SF et Leandri , Capuron et Raza-
findrakolo 2095 (Fr., Bois, simples parts d’un même échantillon) (type);
Capuron s. n° (FL).
Nom vernaculaire : Mafaipoty.
Grand arbre pouvant atteindre 20-25 m de hauteur et un diamètre
de 0,60 à 0,80 m. Bois de cœur, de couleur brun olivâtre, dur, à odeur
rappelant sur le frais celle du miel.
Rameaux glabres, de 5-7 mm de diamètre environ. Feuilles caduques,
glabres, densément groupées en bouquet au sommet des rameaux, impa-
ripennées, longues de 15-25 cm; pétiole long de 2-5 cm; rachis grêle, légè¬
rement comprimé latéralement. Folioles 13-21, opposées ou subopposées,
brièvement pétiolulées (1,5-2 mm), obliquement elliptiques, lancéolées
(4-6,5 X 1-1,5 cm); limbe très obtus ou arrondi à la base, celle-ci inéqui¬
latérale (bord supérieur plus large), à plus grande largeur vers le quart
inférieur et s’atténuant de ce point vers le sommet en pointe très aiguë;
marges finement mais nettement dentées, l’extrémité des dents très
brièvement mucronée; nervure principale en fine carène à la face supé¬
rieure, plus saillante inférieurement; nervures secondaires très fines,
recourbées vers le haut près des marges. Floraison ayant lieu au moment
où les nouvelles feuilles se développent. Inflorescences groupées en dessous
du bouquet de feuilles, en cymes dichotomes, longues de 3-7 cm, à pédon-
Source : MNHN, Paris
— 90 —
PI. 7. — Pleiokirkia Leandrii R. Capuron : X, rameau en fruits x 2/3; 2, détail
de la marge du limbe x 3; 3, fleuri x 3; 4, pétale x 3; 5, étamine, face interne
X 3; 6, id. de profd x 3; 7, section d’une lleur Q, pétales enlevés x 3; 8, fleur Q
le périanthe enlevé x 3; 9, section transversale de l’ovaire x 3; 10, un méri-
carpe, suspendu à la colonne centrale, gr. nat.; 11, noyau osseux x 2; 12, id.
section longitudinale méridienne x 2; 13 id., section verticale perpendiculaire
à la précédente x 2.
Source : MNHN, Paris
— 91 —
cule long de 2-5 cm et perpendiculaire à l'axe du rameau. Axes de l’inflo¬
rescence glabres mais munis, surtout les supérieurs (ainsi que la face
externe du réceptacle et des sépales), de petites glandes sessiles plus ou
moins circulaires et aplaties. Bractées et bractéoles petites, triangulaires-
aiguës. Fleurs unisexuées, les deux sexes dans la même inflorescence,
sessiles ou subsessiles, hautes de 7 mm environ, tétramères. Réceptacle
en coupe obconique évasée, haut de 1,5-2 mm, bourré de poches à muci¬
lage. Sépales 4, valvaires (3-3,5 X 2 mm) triangulaires, brièvement pubes-
cents sur leur face interne dans leur tiers supérieur, à trois nervures visi¬
bles par transparence. Pétales 4, libres, insérés sur le rebord de la coupe
réceptaculaire, imbriqués, dépassant nettement les sépales et dressés à
I’anthèse, ovales (5 X 2,8 mm environ), obtus-arrondis au sommet, à
plus grande largeur vers le quart inférieur, assez brusquement rétrécis
sur leur base, légèrement épaissis sur leur ligne médiane suivant laquelle
ils sont un peu repliés vers l’intérieur, trinervés (nervures latérales basales
courtes), brièvement ciliés sur les bords dans la partie supérieure. Des
points translucides dans les pétales (cellules à mucilage?) Etamines 4,
alternipétales, insérées sur le bord de la coupe réceptaculaire dans des
échancrures marginales du disque, atteignant 5,5 mm de longueur dans
les fleurs mâles, non exsertes (réduites à des staminodes de 2,2 mm)
dans les fleurs femelles. Filets droits, longs de 4 mm, sans écaille à la
base; anthères ovales (2,8 X 1,2 mm), apiculées au sommet, excisées à
la base, dorsifixes vers leur tiers inférieur, à loges portant quelques très
rares cils courts; déhiscence longitudinale introrse. Disque tapissant la
face interne du réceptacle, très déprimé en entonnoir au centre, plus ou
moins nettement 4-lobé sur les bords, les lobes alternant avec les étamines.
Dans les fleurs mâles, pistillode très petit, radialement 8-lobé. Dans les
fleurs femelles, ovaire supère subglobuleux, composé de 8 carpelles (car¬
pelles opposée 2 par 2 aux pétales) à profil hémicirculaire, libres entre
eux par leurs faces latérales, simplement soudés le long de leur suture
interne à une colonne centrale dont la partie supérieure est renflée, subglo¬
buleuse et cachée par la base des styles et le haut des carpelles. Styles 8,
libres dans leur partie basilaire dans la région correspondant au renflement
de la colonne centrale, soudés ensuite en colonne stylaire (d’environ
1,5-2 mm) 8-striée en long; stigmates cylindracés, libres, étalés-réfléchis,
de même longueur environ que la colonne stylaire. Carpelles contenant
chacun deux ovules superposés, anatropes, pendants, à micropyle supé¬
rieur et extérieur, insérés au même point vers le haut de l’angle central.
Ovule inférieur petit, ovoïde-globuleux, entouré extérieurement par
l’ovule supérieur plus long, cylindracé, dont il est séparé par une cloison
tangentielle naissant à la base de la loge et dont le bord supérieur interne
est libre de la suture carpellaire. Fruit globuleux, d’environ 2,5 cm de
diamètre, le plus souvent constitué de (7-) 8 fruits partiels, drupacés,
chacun de forme hémicirculaire, libres entre eux et adhérant seulement par
leur bord interne très mince à la colonne centrale. Bord dorsal de chaque
fruit partiel largement sillonné en long, les marges du sillon très amincies,
subailées et se rejoignant, au sommet, à la cicatrice stylaire. Exocarpe
Source : MNHN, Paris
— 92 —
de consistance liègeuse à maturité, indéhiscent. Endocarpe osseux, très
résistant, plus ou moins circulaire réniforme, aminci sur son bord externe
et prolongé à son sommet par une longue apophyse courbe qui suit le
bord supérieur du fruit partiel, à surface portant des saillies irrégulières,
en forme de pointes ou de carènes; une loge divisée en deux tangentielle-
ment par la cloison dont nous avons déjà parlé au sujet des carpelles;
graine inférieure, la plus interne, avortée; graine supérieure cylindracée,
courbée en arc de cercle ; tégument mince, embryon cylindracé à radicule
supère, droite (longue de 1,5-2 mm); cotylédons allongés, à plan de sépa¬
ration vertical (dans le plan du symétrie du fruit partiel); albumen en
couche très mince, visible surtout près de la radicule. A maturité les
fruits partiels se détachent de l’axe centrai auquel ils restent un temps
suspendus par un tractus vasculaire qui se sépare du bord supérieur du
méricarpe et aboutit à la cicatrice stylaire. Axe central (couronné à sa
base par les restes du réceptacle et du disque) légèrement renflé, fusiforme
vers sa partie supérieure, qui se prolonge par une pointe de 2 mm environ
de longueur, provenant du développement de la partie renflée globuleuse
observée dans la fleur.
Quelle est la place du Pleiokirkia dans la famille des Simarubacées?
Engler, dans la deuxième édition des Pflanzenfamilien, a divisé
cette famille en six sous-familles basées sur le nombre d’ovules dans
chaque carpelle, la présence ou l’absence d’un appendice squamiforme à
la base des filets staminaux, la soudure des carpelles, etc... Les Simaru¬
bacées à carpelles bi-ovulés sont les Surianoideae et les Picramnioideae ;
aucun des genres appartenant à ces sous-familles ne présente d’affinités
avec notre plante. C’est parmi les Simarubacées à carpelles uni-ovulés
que l'on rencontre le genre qui se rapproche le plus de la plante malgache
par ses caractères floraux et surtout carpiques; il s’agit du genre Kirkia
constituant à lui seul la sous-famille des Kirkioideae caractérisée par ses
fruits à carpelles soudés par leur suture ventrale seulement à un carpo-
phore central auquel ils restent suspendus pendant un certain temps à
maturité. Ce caractère si spécial nous semble interdire d’éloigner la plante
malgache des Kirkia africains dont elle diffère par ses styles soudés (mais
dans un même genre, Brucea par exemple, les styles peuvent être libres
ou soudés) et ses carpelles au nombre de huit (au lieu de quatre) contenant
chacun un seul ovule. Encore, en ce qui concerne ce dernier caractère,
sommes-nous un peu dans l’incertitude, Bâillon écrivant au sujet des
Kirkia « Ovula solilaris (v. forte nunc 2?) » N’ayant pu observer d’échantil¬
lons en fleurs de Kirkia nous n’avons pas pu nous assurer que le nombre
d’ovules est bien toujours de un par carpelle. Il se peut que le deuxième
ovule avorte de très bonne heure et passe inaperçu. Il y aurait lieu de
vérifier attentivement ce caractère dans les divers Kirkia décrits.
Source : MNHN, Paris
COMPLÉMENT A LA FLORE FORESTIÈRE
DE LA COTE D'IVOIRE
par A. Aubréville
ARALIOPSIS TABOUENSIS AUBR. ET PELLEGR.
Le fruit de cette espèce n’a pas encore été décrit, ni dans la diagnose
originale de l’espèce (Bull. Soc. Bot. Fr. 83 : 488 (1936), ni dans la 2 e édi¬
tion de la Flore forestière de la Côte d’ivoire (II : 114, pl. 168 (1959).
Un n° 59 A. G. Voorhoeve du Libéria aimablement communiqué par le
collecteur permet de compléter ainsi la description de l’espèce :
« Petite drupe résineuse sphérique de 1 cm de diamètre environ,
portée par un court pédoncule de 8 mm. Noyau 4-lobé, à surface striée,
de 8 mm de diamètre, se désarticulant en 4 noyaux, chacun contenant
1-2 graines à tégument noir finement strié en surface. Fruits récoltés en
août. »
Cette espèce d’après la dernière édition de F. W. T. A. est répandue
depuis le Libéria jusque dans la Nigeria du Sud.
Source : MNHN, Paris
STUDIES IN THE HAWAIIAN RUTACEAE, III :
ON THE NEW CALEDONIAN SPECIES OF « PELEA »,
AND A MISUNDERSTOOD SPECIES OF « PLATYDESMA
par Benjamin C. Stone
Deparlmenl of Botany, U. S. National Muséum, Smithsonian Institution
Washington, D. C.
Résumé : Guillaumin a décrit deux plantes néocalédoniennes sous
les noms de Pelea fulva et P. tietaensis; or le genre Pelea est représenté
par des espèces dont la majorité sont endémiques aux Hawaï et 2 seule¬
ment, d’ailleurs imparfaitement connues, aux Marquises.
On ne connait pas le fruit de Pelea fulva mais celui de P. tietaensis
est une capsule à quatre carpelles distincts alors qu’ils sont soudés chez
les Pelea; aussi les Pelea fulva et P. tietaensis doivent être considérés
plutôt comme appartenant au genre Melicope, d’où les combinaisons
nouvelles Melicope fulva (Guill.) Stone et M. tietaensis (Guill.) Stone.
In 1938, Prof. A Guillaumin described two species of Pelea from the
island of New Caledonia, naming them Pelea fulva and P. tietaensis.
Through the courtesy of the Muséum d’Histoire Naturelle of Paris I
hâve been able to study isotypes of these specimens; and an isotype of
P. fulva is at hand from Kew. During the course of monographie studies
of Pelea and comparative studies of related généra, ithas become appa¬
rent that the closest relatives are the généra Melicope and Acronychia.
Pelea as now interpreted is a genus restricted to the Hawaiian and
Marquesas Islands. The great majority of the species are endemic to the
Hawaiian group, and only two — and these imperfectly known — are
from the Marquesas. Species of Pelea reported from elsewhere hâve
since been found to belong in other généra. St. John demonstrated
some years ago 2 that Pelea madagascarica was not a Pelea, but belonged
in the genus Humblolidendron of Engler (which has since been treated as a
synonym of Vépris by H. Perrier de la Bathie 2 ), and A. C. Smith removed
the dubiouî Pelea ? lucida A. Gray to the genus Melicope*. Besides the
two Marquesan species, P. nukuhivensis and P. faluhivensis, which were
described by F. B. H. Brown 5 , the only non-Hawaiian species still regarded
as Pelea are the two New Caledonian species. The structure of the fruit is
1. Bull. Soc. Bot. France 85 : 302.
2. Notul. System. (Paris) 6 [3] : 125-129 (1937).
3. Flore de Madagascar et Comores, fam. 104 : 27, 34, 38 (1950).
4. Jour. Arnold. Arboretum 32 : 226-255 (1951).
5. Bull. Bishop Muséum 130 : 127-129 (1935).
Source : MNHN, Paris
— 95 —
perhaps the most important single feature in distinguishing the généra
Pelea, Melicope, and Acronychia. There are, however, additional features
which are of diagnostic value. One of these features is the nature of the
stigma ; another is the form of the stamens. These features hâve generally
been overlooked. In flowers of Pelea, the styles are coalesced and termi-
nate in a thickened, minutely papillate stigma; the four stigmas are rotate
or slightly ascending. The filaments of Pelea are flattened, tapered above,
and merge indistinguishably with the relatively broad connective. Since
the flowers of Pelea are either functionally pistillate or functionally male
(or functionally perfect or incompletely perfect) both fertile and stérile
stamens are found. The expansion of the connective is most évident in
the stérile stamens, in which the abortive thecae are reduced to two latéral
flanges.
A careful study of Pelea fulva and Pelea tielaensis shows that both
are to be excluded from Pelea. In P. fulva (PI. 1, A-M), which is char-
acterized by its dense reddish-golden tomentum, complex inflorescences,
and acuminate leaves, the flowers show erect, tapered stigmas, and the
anthers are broad and the thecae scarcely separated. No fruiting material
of this species has been seen. In P. tielaensis, which is distinguished by
its glabrous character, 3-flowered cymose inflorescences, and small
rounded leaves, flowers and fruits are available; and the fruit is seen to
be an apocarpous 4-follicular capsule, that is, each carpel is distinct in
fruit. The fruit illustrated here (fig. 2, P) consists of a single follicle; the
other three aborted. As a resuit, the erect position isprobably to bededuc-
ed, but in normal fruits, mutual growth pressures would probably resuit
in a stellate or cruciate form, the follicles rotate or perhaps somewhat
ascending. The flowers exhibit the erect stigmas; the stamens, which
appear as a pair of quartets, the longer sériés apparently fertile, the shor-
ter sériés apparently stérile, are more similar to the stamens of Pelea
as typified by the Hawaiian species, than to those of P. fulva.
Apocarpous capsules occur in Pelea ; they are found in species which
constitute the section Apocarpa 6 . The other sections of Pelea, i. e. the
typical one, sect. Pelea, Cubicarpa and Meyacarpa, consist of species in
which the fruits are syncarpous; the carpels are connate to various
degrees, from a slight basal cohésion to a complété union.
On the basis of the characters mentioned, as well as a number of
rather intangible ones, it seems apparent that both Pelea fulva and
P. tielaensis are referable to Melicope. But in any event, Melicope has
priority (1776). There follow the necessary nomenclatural adjustments,
and newly drawn descriptions of both species.
1. Melicope fulva (Guillaumin) Stone, nov. comb. (PI. 1).
Basionym : Pelea fulva Guillaumin, Bull. Soc. Bot. France 85 : 302
(1938).
6. Stone, in Degeners' Flora Hawaiiensis : Rutaceae : Pelea. (I960).
Source : MMHN, Paris
— 96 —
PI. 1. — Melicope fulva. A. Leaf. B. Diagram of one half of an inflorescence; a few
axes removed for clarity, and the pubescence not shown. C, D. Flowers. E. Sepal ;
inset area enlarged in F. G. Petal. H. Fertile stamen. I. Stérile stamen. J. Anther,
dorsal side. K. Ovary. L. The same, from above. M. Stigmas, enlarged.
Source : MNHN, Paris
— 97 —
A shrub or tree ; with woody branchlets with a slightly suberose pale
bark with conspicuous leaf-scars; the entire plant tomentellous with
golden-brown trichomes 0.2 — 0.4 mm long, dense and subappressed on
ail juvénile parts except the upper surface of the leaf-blades, becoming
suberect and more or less persistent, but the older branchlets glabrate.
Leaves opposite, petiolate, the petiole subterete, tomentellous throughout,
1 — 2.5 cm long; blade simple, entire, obovate to subspathulate, with an
abruptly acuminate apex, 8 —19 cm long, 3.5 — 6.5 cm wide, the apicu-
late tip 5 — 10 mm long, 3 — 5 mm wide, the costa strongly prominent
beneath, densely tomentellous, above sulcate and glabrous; latéral veins
9-12 per side, prominent beneath and tomentellous, slightly raised above
and glabrous, paler below (buff-colored), green above, arcuately ascending
to within 2-4 mm of the margin, then incurved, uniting with the next
vein; veinlets raised beneath, pale, tomentellous, above green and gla¬
brous, anastomosing freely; laminar surface minutely tomentellous
beneath, glabrous above. Inflorescence cymose-paniculate, ail the axes
tomentellous, the major peduncle 2 — 3 cm long, extended into a 4- to 5-
nodose rachis bibracteate at each node with opposed cymose panicles
up to 3 cm long, the upper branches shorter progressively ; the panicle
bearing up to 150 to 200 flowers; its dimensions 7 — 9 X 5 — 7 cm as a
whole; position axillary among the leaves. Bractlets lanceolate, tomen¬
tellous, up to 2 mm long. Flowers externally tomentellous (on both sepals
and petals); perianth parts and filaments (and dorsal side of anthers)
punctate, when dry (and boiled) translucent, with numerous internai
whitish globules; sepals 4, imbricate in pairs, ovate, about 2.3 X 1.5 mm,
slightly shorter than the petals, marginally sparsely and minutely ciliate,
glabrous within, 3-nerved ; petals 4, valvate, approximate at the thickened
apices in bud, patent at anthesis, slightly obovate and minutely acumi¬
nate, glabrous within, about 3 X 1.5 mm; stamens 8, in two quartets,
the longer ones opposite the sepals, fertile, with narrowly deltoid-ligulate
filaments 1.4 mm long, the versatile oblong-orbicular anther about
0.7 X 0.7 mm, punctate dorsally as the filament; stérile shorter stamens
opposite the petals, 0.5 — 0.6 mm long, on ligulate filaments with nume¬
rous marginal trichomes, abortive anthers 0.2 mm long. Ovary on an
obsoletely 8-lobed platform-like glabrous apparently pinkish disk, four-
lobed, densely tomentellous with ascending trichomes, subpyramidal,
about lxl mm, the stigmas sessile, of 4 bright magenta deltoid thickish
lobes 0.4 — 0.5 mm long united basally, glabrous, not papillate. Fruit
not seen.
Holotype : New Caledonia; Mt. Arago, in 1868-72, Balansa
1797.
Isotypes examined : Kew; Paris.
2. Melicope tietaensis (Guillaumin) Stone, nov. comb. (PI. 2).
Basionym: Pelea tietaensis Guillaumin, 1. c. p. 303.
Glabrous throughout; leaves opposite, simple, the blade elliptic to
slightly obovate, acute at both ends or rounded at apex, 2 — 6 cm long,
Source : MNHN, Paris
— 98 —
PI. 2. — Melicope lielaensis : N. Leaves. O. Cyme. P. Three views of a follicle. O. Dia-
grammatic view of ovary. R. Fertile stamen. S. Stérile stamen. T. Sepal. U. Petal.
1.5 — 3 cm wide; petiole 5 — 10 mm long. Inflorescence axillary, cymose.
3-flowered, glabrous, the peduncle 1.3 — 2 cm long, the pedicels
5— 10 mm long; flowers glabrous, the sepals broad, acuminulate, 1 mm
high; petals deltoid-ovate, 2.5 mm high, slightly broader than high;
perianth parts, filaments, and ovary ail translucent-punctate. Stamens
in two quartets, the taller sériés 3 mm long, apparently fertile, the shorter
sériés 2 mm long, apparently stérile; disk broad, 8-lobed, reddish; ovary
apocarpous, 4-carpellate, the styles coalescent, the stigma erect, blunt.
Fruit apocarpous, follicular, subtended by the persistent sepals, each
follicle at maturity about 8 mm long, 4 — 5 mm high, subcompressed,
glabrous, oblong, minutely apiculate at the apex by the stylar remnant,
incurved at the base on the dorsal side, déhiscent along the ventral
suture; endocarp glabrous. Seeds not seen.
Holotype: new caledonia: Vieillard 2466. Isotype seen: paris.
Recently Dr. Otto Degener realized that a Hawaiian plant passing
under the name of Claoxylon Remyi was not a member of the Euphor-
biaceous genus Claoxylon but appeared to represent a species of Plaly-
desma, an endemic Hawaiian genus of Rutaceae. When Dr. Degener
brought this to my attention, I was able to show that this “Claoxylon”
was the plant which Hillebrand discussed under Platydesma auricu-
laefolia 7 .
Hillebrand, believing that his species and that which Asa Gray had
described as Pelea auriculaefolia (1854) were the same, applied Gray’s
spécifie epithet, transferring it to the genus Plalydesma. Gray’s species
is however a true Pelea, while the plant which Hillebrand had collected
was indeed a Platydesma. Rock recognized this fact, and named the
taxon as a variety of P. campanulala, var. sessilifolia 8 . Recently I hâve
7. Flora of the Hawaiian Islands, 72 (1888).
8. Rock, J. F. 1913. The Indigenous Trees of the Hawaiian Islands, 243.
Source : MNHN, Paris
— 99 —
had the opportunity of examining Hillebrand’s original collections, and
they match well with the description of Claoxylon Remyi, and with an
illustration of the type which was supplied by Dr. Degener. This is a
specimen collected by Jules Rémy in Hawaii in 1851-55; it had been
taken for a Claoxylon by Bâillon, whose manuscript name was printed
in Drake del Castillo’s “Illustrationes florae insularum maris Pacifici 9 ”.
When E. E. Sherff, who treated the Hawaiian Euphorbiaceae, published
a synopsis of Claoxylon in Hawaii 10 , he apparently relied on Baillon’s
détermination, but renamed the plant C. Remyi, and gave it a full des¬
cription. The Remy specimen is not in flower, but bears fruit ; the capsules
are perhaps reminiscent of fruits of Claoxylon, but it is without doubt a
Plalydesma. This is now known as Plalydesma Remyi (Sherff) Deg., Sherff
& Stone, and is described and illustrated in Degener’s Flora Hawaiiensis.
The holotype is Rémy 604, collected on the Island of Hawaii, and pre-
served in the herbarium of the Muséum d’Histoire Naturelle of Paris.
9. III. fl. ins. mar. Pac. 291 (1892), nom. nud., • Claoxylon insigne H. Bn. ».
10. Field Mus. Bot ser. 17 [6] : 557 (1939).
Source : MNHN, Paris
— 100 —
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DES « ORCHIDACEAE »
DE MADAGASCAR. IV
SUR UN ANGRAECUM ET UN CYNORCHIS NOUVEAUX
par Madame J. Toilliez-Genoud
et J. Bosser
Angraecum Urschianum n. sp.
Herba epiphytica, glabra, parva, 2-3 cm alta. Caulis brevissimus 1,5-2 cm
longus, dense foliatus. Folia disticha, borizontalia. Vagina 3-5 mm longa,
transverse rugosa et longitudinaliter costulata; lamina oblonga 8-23 mm longa,
5-8 mm lata, valde carnosa, lateraliter compressa, sectio triangularis, punc-
tata, apice inequaliter rotundate bilobulata, basi rotundata, subamplexicaulis.
Inflorescentiae axillares uniflorae; pedunculus brevis, 6-9 mm longus, vaginis
3-4 vestitus ; bracteae ovatae, obtusae, 3 mm longae, ovario pedicellato multo
breviores. Flores partim flavo-virides partim albi. Pedicellus cum ovario
3,8 cm longus. Sepalum posticum lanceolatum, obtusum vel subacutum,
10-11 mm longum, 3 mm latum, 5-nervium; sepala lateralia oblique lanceo-
lata postico subsimilia. Petala lanceolata, acuta, 9-9,5 mm longa, 2-2,5 mm
lata, 5-nervia. Labellum late ovatum, apice acutum, 10-13 mm longum,
7.5- 9 mm latum, plurinervium, ad basin callis obtusis 2 ornatum; calcare
longissime filiformi, 11-12 cm longo. Anthera hemisphaerica, antice emargi-
nata, postice gibbosa, 2,5 mm diam. Columna brevis, 2-2,5 mm alta, auri-
culis rotundatis (1,5 mm/l mm), rostelli ligula deltoideo-aciculari, 0,5 mm
longa. Capsulae ovoideae 1 cm longae, 7-8 mm diametro. (PI. 1.)
Madagascar. Forêt ombrophile de moyenne altitude, entre Mora-
manga et le lac Alaotra. Coll. Harmelin, sans numéro. Fleur en septembre
au Jardin Botanique de Tsimbazaza. Type déposé au Muséum d’Histoire
Naturelle de Paris.
Description de la plante.
Petite plante trapue de 2-3 cm de haut l , émettant à la base un
faisceau de racines vertes et lisses de 1-1,5 mm de diamètre. Tige de
1.5- 2 cm de long et 3-3,5 mm d’épaisseur, à feuilles distiques densément
rapprochées, gaines vert sombre, ridées en travers et striées longitudi¬
nalement, courtes, de 3-5 mm de long; limbe oblong de 8-23 mm (40)
sur 5-8 mm, disposé horizontalement, épais charnu, un peu comprimé
et plié en V le long de la nervure médiane, face supérieure vert sombre,
ridée et creusée de petites ponctuations, face inférieure vert clair, creusée
de petites ponctuations vert sombre, base large un peu arrondie subam-
1. Peut vraisemblablement être plus grande, si on en juge par l’échantillon d’her¬
bier n° 654 Jard. Bot. de Tananarive, incomplet et sans localité précise; les dimensions
données par la suite entre parenthèses concernent cet échantillon.
Source : MNHN, Paris
b
PI. 2. — Cynorchis mellilula n. sp. : a, Port X V 2 ; b, fleur, vue de face x 2; c, fleur,
vue du profil x 2; d, sépale latéral x 4; e, sépale médian x 4; /, pétale x 4;
g, Pollinaire x 12; h, labelle et éperon x 4; i, gynostème x 10.
Source : MNHN, Paris
— 103 —
plexicaule, sommet inégalement bilobé, à lobes arrondis, marges cartila¬
gineuses denticulées. Inflorescence uniflore, à pédoncule de 6-9 mm de
long, couvert à moitié ou presque entièrement par 3-4 gaines ovales
aiguës, comprimées carénées, les plus longues de 5-5,5 mm. Bractée
courte, scarieuse, ovale obtuse, comprimée carénée, de 3 mm de long.
Ovaire pédicellé glabre, de 3,8 cm (2,8 cm), à base étroite vert pâle,
sommet plus épais, vert foncé, côtelé.
Fleur médiocre, glabre, à divisions un peu charnues, sépales et pétales
vert pâle, ou jaune verdâtre, labelle blanc, éperon vert pâle.
Sépale médian lancéolé, obtus ou subaigu, de 10-11 mm (14) sur
3 mm (5), parfois légèrement rétréci du milieu au sommet, 5 nervures
(non visibles sur le frais). Sépales latéraux identiques au sépale médian,
mais un peu obliques. Pétales lancéolés aigus, un peu plus petits,
9-9,5 mm (12) sur 2-2,5 mm (3,5), rétrécis du 1/3 inférieur au sommet,
5 nervures. Labelle largement ovale triangulaire plan ou un peu concave
à la base, parfois un peu rétréci du milieu au sommet, aigu, 10-13 mm,
7,5-9 mm, plurinerve (nervures non visibles sur le frais), base arrondie,
n’embrassant pas la colonne et portant deux petits mamelons de chaque
côté de l’orifice de l’éperon; éperon grêle, filiforme, de 11-12 cm (9) de
long. Anthère de 2,5 mm de large, hémisphérique, un peu émarginée en
avant et à connectif épaissi en crête charnue vers l’arrière. Colonne
de 2-2,5 mm de haut, à auricules arrondis de 1-1,5 mm sur 1 mm de large,
dent médiane du rostelle deltoïde aciculaire, de 0,5 mm de long. Polli¬
nies ovoïdes de 0,5 mm de long (sur le frais) jaune pâle, stipes distincts,
en languettes linéaires de 1 mm de long, coalescentes au sommet. Capsule
vert foncé, ovoïde, de 1 cm sur 7-8 mm, à 3 ailes et 3 sutures épaisses,
pédoncule de 2 cm de long.
Cette espèce ne cadre exactement avec aucune des sections actuel¬
lement admises, son port et quelques caractères nous la font rapprocher
des espèces de la section Perrieriangraecum, mais le caractère principal :
gaines recouvrant entièrement le pédoncule et jusqu’à la base de la brac¬
tée, fait défaut. Sur le type, le sommet du pédoncule est visible et sur
le n° 654 Jard. Bot. les bractées ne couvrent que la moitié inférieure de ce
pédoncule. Les feuilles, munies de ponctuations déprimées, en entonnoir,
donnent à la plante une physionomie particulière. Cette espèce est dédiée
à M. E. Ursch, directeur du Jardin Botanique et Zoologique de Tsim-
bazaza.
Cynorchis mellitula n. sp.
Herba epiphytica vel terrestris, 30-35 cm alta; tuber oblongum 3-5 cm
longum, 1-1,5 cm diametro, lanuginosum. Caulis erectus, 1- foliatus. Folia
ovato-lanceolata, basi vaginantia, apice acuta vel subacuminata, 11,5 cm
longa, 2,8 cm lata. Inflorescentia racemosa, laxe multiflora, 12 cm longa.
Rhachis dr dense glanduloso-pubescens, leviter angulata. Bracteae Ianceo-
latae, acuminatae, 3-4 mm longae, sparsim glanduloso-pubescentes. Flores
arcuatim suberecti vel ascendentes; pedicellus cum ovario 10 mm longus,
i dense glanduloso-pubescens. Sepalum posticum ovatum, obtusum, conca-
Source : MNHN, Paris
— 104 —
vum, 5,5 mm longum, 2,5 mm latum, 1-vel sub-trinervium. Sepala lateralia
postico subsimilia sed angustiora. Petala oblonga, sepalis paullo longiora,
6 mm longa, 1,5 mm lata, cum sepalo postico galeam formantia, apice obtusa
vel subacuta, bi-vel sub-trinervia. Labellum obovatum, basi cuneatum,
integrum vel supra medium obscure trilobum, 6,5-7 mm longum, 5 m m latum,
apice rotundatum vel subtruncatum, saepe recurvum, 7-9 nervium; calcar
3 mm longum, 1,5 mm diametro, apice inflatum et complanatum, bilobulatum.
Anthera 1 mm alta. Rostellum breve, apice valde emarginatum, lobo
intermedio fere nullo ; staminodia crassa, antheris valde breviora. (PL 2.)
Madagascar. — Domaine des hautes montagnes. Vestige de forêt
ombrophile au-dessus de Manjakatompo, Ankaratra; altitude 1900-
2000 m. Floraison en janvier.
Type : J. Bosser 14.829. Déposé au Muséum d’Histoire naturelle de
Paris.
Description de la plante.
Epiphyte ou terrestre de 30-35 cm de haut, à 2 tubercules oblongs
de 3-5 cm (2-3,5) sur 1-1,5 cm (1) de diamètre, charnus, velu-Iaineux;
1 feuille radicale développée, à limbe glabre, vert sombre et luisant sur
la face supérieure, plus clair sur la face inférieure, ovale lancéolé aigu,
de 11,5 cm (9-10) sur 2,8 cm (2,3), à base rétrécie et enroulée en faux
pétiole, nervure médiane saillante dessous. Hampe florale côtelée dans sa
partie supérieure, portant dans sa moitié inférieure 3 gaines à limbe
réduit, celui de la base plus grand atteignant 4 cm (3,5) sur 7-8 mm.
Racème de 12 cm de long, lâche, multiflore (une trentaine de fleurs).
Fleur à forte odeur de miel, sépales verts, pétales blancs ou jaune pâle,
labelle blanc ou jaune pâle, abondamment ponctué de violet; éperon
vert. Rachis finement côtelé longitudinalement et portant des glandes
pédiculées, ainsi que l’ovaire et les bractées. Bractée lancéolée, acuminée,
de 3-4 mm de long, atteignant la moitié de l’ovaire. Sépale médian ovale
obtus à sommet un peu récurvé, concave, 5,5 mm (5) sur 2,5 mm, à 1 ner¬
vure principale et.deux nervures latérales plus faibles (nervures non visi¬
bles sur le frais); sépales latéraux semblables au sépale médian mais un
peu plus étroits et moins concaves, subtrinerves. Pétales étroitement
oblongs, un peu courbés en faux et un peu plus longs que les sépales,
6 mm sur 1,5 mm, arrondis ou subaigus au sommet, atténués en coin à
la base, à 1 nervure principale et 1 ou 2 nervures secondaires dans la
moitié postérieure. Labelle obovale 6,5-7 mm (5) de long sur 5 mm de
large, entier ou un peu trilobé dans la moitié supérieure, marges ondulées,
sommet arrondi ou subtronqué, récurvé, base en coin, 7-9 nervures (non
visibles sur le frais), les latérales se ramifiant vers les marges. Eperon
de 3 mm de long sur 1,5 mm de large au sommet, celui-ci élargi, aplati
dorsi-ventralement et bilobulé. Anthère violacée, obtuse, de 1 mm de
haut; caudicule de 1 mm de long, viscidie ovale de 0,2 mm, noirâtre.
Staminodes obliques, épais, plus courts que l’anthère, à sommet arrondi
1. Les dimensions ont été mesurées sur l'échantillon trais, les chiffres entre paren¬
thèses concernent la plante séchée en herbier.
Source : MNHN, Paris
— 105 —
ou subtronqué. Rostelle largement échancré en avant, à 2 bras de 1 mm
de long tronqués ou un peu émarginés au sommet, lobe médian subnui.
Ovaire vert de 1 cm de long, côtelé, et portant des glandes pédiculées plus
ou moins denses.
Nous rangeons cette espèce dans la section lmerinorchis de Perrier
de la Bathie. La coloration de ses fleurs, caractéristique, ainsi que son
éperon aplati et bilobulé au sommet, la font aisément distinguer de toutes
les autres espèces.
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR LES SCYTOPÉTALACÉES
(RÉVISION DES SCYTOPÉTALACÉES
DE L’HERBIER DE PARIS)
par R. Letouzey
(N ovembre 1960)
Chorologie et Écologie des Scytopétalacées
L’aire des espèces actuellement connues s’étend en Afrique tropi¬
cale humide de la Sierra Leone à l’Ouganda et vers le sud cette aire atteint
le Cabinda englobant ainsi une grande partie de la cuvette congolaise.
Les Scytopétalacées groupent de petits arbres et des arbustes érigés
(et — si l’on en croit les indications de quelques collecteurs — des arbustes
grimpants et des lianes?) Toutes ces espèces vivent dans les sous-bois
des forêts denses humides et plusieurs d’entre elles se localisent au bord
des cours d’eau ou sur les terrains périodiquement inondés.
Caractères généraux des Scytopétalacées
Arbres et arbustes (lianes et arbustes grimpants?) à bois dur, avec
des rameaux souvent anguleux, voire ailés, garnis de feuilles alternes et
simples, sans stipules; la présence de petites cataphylles au-dessus du
point d’insertion des feuilles constitue parfois une particularité. Feuilles
sessiles, exceptionnellement amplexicaules, ou brièvement pétiolées;
base du limbe fréquemment asymétrique, cette asymétrie étant en rela¬
tion avec la morphologie du rameau, marge du limbe entière, dentée ou
denticulée, acumen souvent très individualisé; consistance du limbe
membraneuse ou coriace.
Inflorescences soit axillaires et terminales en panicules deux fois
ramifiées ou en racèmes développés garnis, comme les panicules, de
minimes bractées très caduques, soit axillaires et extra-axillaires sur les
rameaux peu âgés en très courts racèmes contractés corymbiformes pauci-
flores et bractéolés, soit sur le tronc et les grosses branches en fascicules
corymbiformes, pauciflores et bractéolés, plus ou moins juxtaposés,
accompagnés çà et là de fleurs isolées.
Fleurs pédicellées, à pédicelle exceptionnellement articulé au som¬
met, actinomorphes, hermaphrodites, de teinte blanche, jaune, rose ou
rouge, parfumées.
Calice, ouvert dans le bouton floral, gamosépale, patelliforme ou
cupuliforme, à marge entière, parfois denticulée, ou irrégulièrement cré¬
nelée ou échancrée, exceptionnellement à 3-4 lobes bien marqués, persis¬
tant à la base du fruit.
Source : MNHN, Paris
— 107 —
Corolle formée de 3 à 16 pétales, insérés sur le bord du réceptacle,
valvaires, fortement connés dans le bouton floral, s’écartant ensuite en
étoile, parfois plusieurs pétales restant soudés côte à côte, et se retour¬
nant vers l’extérieur; chute des pétales pouvant se produire précocement,
parfois avant l’ouverture de la corolle, et se détachant alors en bloc par
une fissure basale circulaire, de toute façon corolle ouverte se détachant
d’une seule pièce. Pétales ovales, de largeur égale, épais, fortement soudés
et formant une corolle lisse extérieurement s’ils sont peu nombreux;
pétales linéaires-lancéolés, de largeur inégale, plus minces, irrégulière¬
ment soudés et formant une corolle sillonnée extérieurement s’ils sont
nombreux.
Disque annulaire peu marqué, supportant de nombreuses ou très
nombreuses étamines insérées sur 3 à 6 couronnes; étamines intérieures
en général plus courtes que les extérieures; filets libres ou connés à la
base, courts ou allongés alors que les anthères biloculaires sont corréla¬
tivement allongées ou courtes; déhiscence par fentes longitudinales ou
par pores apicaux.
Ovaire supère ou légèrement enfoncé dans le réceptacle, globuleux
ou un peu conique, ou cylindro-conique, lisse ou sillonné extérieurement,
surmonté d’un style aussi long que la hauteur de l’ovaire et terminé par
un stigmate peu individualisé, excavé ou faiblement lobé. Ovaire garni
de 3 à 8 loges dont les parois ne sont pas toujours complètes vers le haut.
Placentation axile, avec 2 ovules par loge ou jusqu’à 6 et plus disposés
sur 2 colonnes, la placentation pouvant paraître faussement centrale
lorsque les cloisons sont incomplètement développées. Ovules pendants,
anatropes.
Fruit le plus souvent capsulaire, ligneux ou crustacé, déhiscent
au moins partiellement, s’ouvrant par (3) 4 à 8 valves; la déhiscence est
très souvent tardive et ainsi on peut supposer que le fruit est indéhiscent.
Exceptionnellement le fruit est une fausse drupe (par action pathologique)
ou un fruit drupacé au mésocarpe très peu épais. Fruit de teinte orange,
rouge ou brune, exceptionnellement bleu pâle. A l’intérieur du fruit,
uniloculaire, de 1 à 6-8 graines.
Graine globuleuse nue, ou lenticulaire apiculée, avec sur chaque face
un sillon en boucle et, en outre, garnie extérieurement d’un revêtement
compact de poils agglutinés formant une tunique mucilagineuse (la masse
sphérique des graines juxtaposées peut alors faire considérer le fruit
comme une fausse baie mais le péricarpe reste déhiscent ou présente, si
le fruit est récolté trop précocement, au moins sur la face interne du péri¬
carpe, les sillons séparant les valves). Endosperme abondant, à surface
externe unie ou ruminée, le tégument de la graine émettant à l’intérieur
de l’endosperme des replis plus ou moins profonds, visibles en général à
l’extérieur de la graine nue ou sous la tunique mucilagineuse. Embryon
linéaire, à longue tigelle et cotylédons foliacés, larges et minces, appliqués
l’un contre l’autre, légèrement plissés en long vers les bords.
Source : MNHN, Paris
— 108 —
Le tableau suivant présente les distinctions et caractérisations géné¬
riques à l’intérieur de la famille des Scytopétalacées.
| Oubanguia
| Scylopelalum |
S
3
a.
o
O,
ai
+
+
(S
+
+
+
+ | + | Pierrina
Jeunes rameaux et axes des inflorescences
— glabres
— pubérulents
+
+
Inflorescence
— panicule 2 fois ramifiée axillaire ou termi¬
nale
— racème développé axillaire ou terminal
— racème contracté corymbiforme axillaire
ou extra axillaire sur les. rameaux peu
âgés
— fascicule corymbiforme sur le tronc ou
les grosses branches
+
+
+
Pédicelle
— non articulé au sommet
— articulé au sommet
+
+
+
+
+
Calice
— entier (parfois incisé, parfois denticulé) ou
crénelé-festonné
— lobé
+
+
+
+
+
+
Corolle
— sillonnée dans 1 — 12 à 16 pétales
le bouton avec j — 6 à 12 pétales
— lisse dans le / — en apparence 12 péta-
bouton avec J les
j — 3 à 5 pétales lors de
l l’épanouissement
+
+
+
+
+
Source : MNHN, Paris
— 109 —
S
a
■=5
ü
1
o.
a.
•2
1
-c
«
<3
Etamine
/ — filet allongé et anthère courte
! — filet et anthère subégaux
( — filet court et anthère allongée
+
+
+
+
+
j — déhiscence longitudinale
j — déhiscence poricide
+
+
+
+
+
Ovaire
( — 3 à 5 loges
— 4 à 8 loges
+
+
+
+
( — 4 loges
( — à loges biovulées
+
+
+
+
| — à loges pluriovulées
+
+
+
Stigmate
— non individualisé
+
— excavé
+
— un peu capité et un peu lobé
—- à 6 lobes
+
+
+
Fruit
i — capsulaire normalement monosperme
j — capsulaire normalement polysperme
+
+
+
+
+
( — drupacé monosperme
/ — subglobuleux
+
+
+
+
\ — subglobuleux acuminé
< — oblong
+
+
+
j — ovoïde pointu
( —- fusiforme ou allongé pointu
+
+
Graine
( — non tuniquée
| — tuniquée
+
+
+
+
+
1 — endosperme uni
} — endosperme ruminé
+
+
+
+
+
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — Oubanguia africana Baill. : 1, rameau avec inflorescence (x 2/3); 2, bouton
floral ( x 2/3) ; 3, Corolle et androcée ( x 3) ; 4, calice et gynécée ( x 3) ; S, fruit
(x 1). — Oubanguia africana var. denticulala (Van Tieghem). R. Letouzey comb.
nov. : S, feuille ( x 2/3). — Oubanguia klainei Van Tieghem : 7, feuille ( x 2/3).
(1, 2,3, 4, d’après Le Testu 8427; 5, d’après Léonard 181; 6, d’après Thol-
lon 32; 7, d’après Klaine 354).
Source : MNHN, Paris
— 111 —
Distinctions génériques
Les travaux de Van Tieghem (1905) et de Engler (1921) permettent
actuellement de distinguer 5 genres nets : Oubanguia Bâillon (1890),
Scytopetalum (Pierre) Engler (1897), Rhaptopelalum Oliver (1865),
Brazzeia Bâillon (1886), et 1 genre douteux : Pseudobrazzeia Engler (1921)
qui doit être rattaché à Brazzeia Baill 1 . Se rapportant à cette famille
deux autres genres sont tombés en synonymie : Egassea Pierre ex de
Wildeman (1903) (= Oubanguia Baill.) et Erythropyxis [ Erytropyxis ]
Pierre (1896) (= Brazzeia Baill.).
Distinctions spécifiques
Si les distinctions génériques ne présentent pas trop de difficultés,
il n’en est pas de même, en général, des distinctions spécifiques à l’inté¬
rieur des genres. Van Tieghem a dénommé des espèces d’après des échan¬
tillons d’herbier notoirement insuffisants — créant souvent une nouvelle
espèce pour chaque échantillon reçu (en dédoublant même des numéros
de collecteurs) — et les différences mentionnées sont sans aucune valeur
sur le terrain. Engler n’a pas toujours nettement pris position sur le décou¬
page artificiel de Van Tieghem et a mentionné d’autre part des espèces
de l’herbier de Berlin dont les types ont disparu mais dont les diagnoses
subsistantes semblent parfois avoir été établies sans comparaison préa¬
lable avec les espèces de l’herbier de Paris. Certaines espèces du Congo
décrites par de Wildeman sont identiques à des espèces décrites anté¬
rieurement par d’autres auteurs.
1. — OUBANGUIA
1. 1. Oubanguia aîricana Baill. in Bull. Soc. linn. Paris (1890),
p. 869. (P!. 1.)
= Egassea laureniii De Wild. in Ann. Mus. Congo Bot. sér. V Et.
fl. Bas Moyen Congo II (1908), p. 310.
= Oubanguia laureniii De Wild. in Durand Syll. PI. Congo (1910),
p. 67.
Type : Thollon (sans numéro), mai 1889, Oubangui, en fleurs.
Aire et habitat : Cameroun, Gabon, Oubangui, Moyen Congo, Congo
ex belge (Equateur). Commun au bord des cours d’eau.
1. Le genre Pseudobrazzeia Engl. (1921) se distinguerait du genre Brazzeia Oliv.
uniquement par son fruit indéhiscent, Engler utilisant pour son étude du matériel
récolté par Mildbraed au Cameroun, au Sud de la Sanaga entre Yaoundé et Dcng Deng
Verdcourt (1950) met en doute la valeur de cette distinction. De nouveaux échantillons
provenant de la région prospectée par Mildbraed — et surtout des observations effec¬
tuées sur le terrain au Cameroun, ainsi qu’en herbier sur des échantillons dénommés
Brazzeia eelveldeana (de Wild. et Dur.) Van Tieghem [= Rhaptopelalum eetueldeanum de
Wild. et Dur., Pseudobrazzeia Iholloni (Baill.) Engl.], permettent d’affirmer que les
fruits en cause ne s’ouvrent que très tardivement et peuvent paraître indéhiscents
s’ils sont récoltés, ou s’ils s’arrêtent de mûrir, trop précocement. Le genre Pseudobraz-
zeia Engl, parait donc ne pas devoir être conservé.
Source : MNHN, Paris
— 112 —
Caractères particuliers : Grand arbre. L’abondant matériel de la
cuvette centrale congolaise présente un polymorphisme foliaire assez
important quant à la forme du limbe, aux dimensions du pétiole et du
limbe, à la dimension de l’acumen, au tracé du bord du limbe, ce qui
amènerait, si l’on suivait les principes de Van Tieghem et d’Engler, à
subdiviser ce matériel et à créer diverses espèces. Par contre, la consis¬
tance coriace des feuilles, la non-émergence bien visible des nervures
latérales (au nombre de 6-8 en général) à la face supérieure du limbe
et surtout l’asymétrie presque constante de la base du limbe (en relation
avec la morphologie des rameaux), permettent d’englober ce matériel
en une unique espèce. Les rameaux de l’inflorescence, le pédicelle et le
calice sont pubérulents ainsi que la marge du calice, celle-ci étant entière
ou incisée et présentant exceptionnellement des pointes peu distinctes.
Le nombre des pétales oscille autour de 6-8 et la corolle est finement
pubérulente extérieurement. Fleurs blanches à étamines jaune vif. Fruit
monosperme, exceptionnellement disperme. Endosperme uni, excep¬
tionnellement très légèrement ruminé.
Echantillons :
Cameroun : Zenker (sans numéro), avril 1914, Nkuambe.
Zenker n° 542, fleurs.
Zenker n° 4925, ann. 1913, Bipindi (sous dénomination : O. klainei
Van Tieghem).
SRF Cam n° 4295 (Mpom n° 333), juin 1959, Mbalmayo, fruits.
Gabon : Thollon (sans numéro), fleurs.
Pobéguin n° 121, octobre 1922, bords de l’Ogoué, fleurs.
Pobéguin n° 139, novembre 1922, Njigoné-lac Zonangné, fleurs.
Pobéguin n° 155, décembre 1922, Tchombié, fleurs.
Pobéguin n° 217, octobre 1924, Njégoné, fruits, (mangouri en
pahouin).
Le Testu n° 5560, octobre 1925, Haute Ngounyé — Hembélé,
fleurs.
Le Testu n° 5723, novembre 1925, Haute Ngounyé-Pingo-Muisongo,
fleurs.
Le Testu n° 7531, octobre 1929, Lastousville, fleurs.
Le Testu n° 8427, octobre 1930, Lastousville-Ngango, fleurs.
Le Testu n° 9056, mars 1933, entre Ogoué et Cameroun — bords
du Ntem-Ken Ntem, fleurs.
SRF n° 657, février 1952, Mondah, fruits, (akok en mfang).
Moyen Congo : Pobéguin n° 248, mars 1920, Brazzaville, fleurs.
Oubangui : Thollon (sans numéro), mai 1889, fleurs (type in herb. Pans).
Congo cx-belge : échantillons divers, Equateur, fleurs et fruits.
1. 1'. var. denticulata (VanTieghem) R. Letouzey comb. nov. (PI. 1.)
= Oubanguia denliculala Van Tieghem in Ann. Sci. Nat. sér. IX,
I (1905), p. 328.
Source : MNHN, Paris
— 113 —
— Oubanguia Iholloni Van Tieghem in Ann. Sci. Nat. sér. IX, I
(1905), p. 327.'
Type : Thollon n° 32 bis, décembre 1895, Gabon, fruits.
Aire : Gabon.
Caractères particuliers : La présence, parmi le matériel d’O. africana
Van Tieghem, d’échantillons à feuilles « faiblement denticulées » conduit
à abaisser l’espèce créée par Van Tieghem au niveau d’une variété, laquelle
pourrait être en réalité confondue avec l’espèce si elle ne présentait
comme seul caractère vraiment original d’avoir des feuilles « assez nette¬
ment denticulées ».
Van Tieghem (1905) a écrit : « Thollon a récolté à N’Djolé, au Congo
français, en décembre 1895, sous le même numéro 32, des rameaux
feuillés de deux arbres appartenant à ce genre et y constituant deux
espèces... les uns pourvus de fleurs mais sans fruits (O. tholloni Van
Tieghem)... les autres pourvus à la fois de fleurs et de fruits (O. denliculata
Van Tieghem) ». Les étiquettes du collecteur ne font nullement état de
deux arbres distincts et l’indication « 32 bis » (pour O. denliculata Van
Tieghem) a manifestement été rajoutée ultérieurement. On doit constater
sur tous ces échantillons que les fleurs sont très épanouies, les fruits
jeunes ou assez murs; les feuilles sont identiques si ce n’est par leur
taille, caractère que, sur le terrain, on perçoit facilement comme étant
sans valeur. Il s’agit donc très certainement d’un dédoublement artificiel
d’un numéro de collecteur (un autre exemple cité ci-après concerne
Scytopelalum klaineanum — Sctjlopeialum lalifolium) et O. Iholloni Van
Tieghem doit disparaître.
Echantillons :
Gabon : Thollon n° 32 (et 32 bis), décembre 1895, Ndjolé, fleurs et fruits
(type in herb. Paris).
Pobéguin n° 173, janvier 1923, Ogoué, fruits.
Chevalier n° 26530, Adouma-Orimbo-Bas Ogoué (non en herbier).
1. 2. Oubanguia alata Bak. f. in Cat. Talbot (1913), p. 15.
Type : Talbot n° 1513, Nigeria, fleurs et fruits.
Aire : Nigeria méridionale, Cameroun britannique méridional, Gabon.
Caractères particuliers : Petit arbre (10-12 mètres). Rameaux ailés
avec pointe triangulaire foliacée sous chaque insertion foliaire. Feuilles
de 18-25 cm x 7-8 cm. Fleurs blanches à étamines jaunes. Fruits bleu
mauve, oblong.
Echantillons :
Gabon : SRF 394, août 1951, Remboué, stérile, (mbang II en fang).
1.3. Oubanguia duchesnei (Engler) Van Tieghem in Ann. Sci.
Nat. sér. IX, I (1905), p. 328.
= Scytopelalum duchesnei Engler in Bot. Jahrb., XXXII (1902),
p. 101.
Type : Duchesne (sans numéro), 1893, Congo ex-belge, fleurs (cf.
annotation à O. laurifolia (Pierre) Van Tieghem).
Aire : Congo ex-belge (Bas Congo).
Source : MNHN, Paris
— 114 —
Caractères particuliers : sans doute identique à O. africana Baill.
(ou à O. klainei Van Tieghem? ou à O. laurifolia (Pierre) Van Tieghem?).
1. 4. Oubanguia klainei Van Tieghem in Ann. Sci. Nat. sér.
IX, I (1905), p. 328. (PI. 1.)
Type : Klaine n° 3511, octobre 1904, Gabon, fleurs.
Aire : Cameroun, Gabon.
Caractères particuliers : la valeur de cette espèce paraît extrêmement
douteuse et elle pourrait être confondue avec O. africana Baill. Des
caractères réellement propres à cette espèce cités par Van Tieghem, il
ne semble possible de retenir que l’émergence du réseau de nervilles à
la face supérieure du limbe et le nombre de pétales (8-10) mais ce nombre
se retrouve pour des échantillons devant manifestement être rattachés
à O. africana Baill. En outre, la consistance de la feuille tend plus vers
l’état papyracé que vers l’état coriace, la base du limbe parait un peu
plus symétrique et le nombre de paires de nervures latérales est plus
fréquemment de 4-6 que de 6-8. Fleurs blanches. (Un échantillon de
Le Testu (n° 2144) cité par Pellegrin (1924) sous la dénomination d'O. lau¬
rifolia Pierre est indiqué comme « liane » à fleurs blanches, récoltée au
bord de la Younou près Ndougou au Gabon en octobre 1916. On peut
se demander s’il n’y a pas là une erreur car la plupart des récoltes d’Ouban¬
guia qui portent une indication mentionnent « arbre » ou « arbuste
peut-être s’agissait-il d’un arbuste sarmenteux et lianescent?)
Echantillons :
Cameroun : Zenker n° 2707, ann. 1906, Bipindi, fruits, (sous dénomi¬
nation : Scytopetalum brevipes Pierre).
SRF Cam n° 2118, ann. 1955-1956, Douala-Route Razel, fleurs.
Gabon : Klaine n° 3511, octobre 1904, Libreville, fleurs (type in herb.
Paris).
Le Testu n° 2144, octobre 1916, N’gounié-Ikogho-bord de la Younou
près Ndougou, fleurs. (Liane? cf. ci-dessus).
Le Testu n° 9252, août 1933, entre Ogoué et Cameroun-Evorombil,
fleurs.
1. 5. Oubanguia laurifolia (Pierre) Van Tieghem in Ann. Sci.
Nat. sér. IX, I (1905), p. 327 (= Egassea laurifolia Pierre, rectifi¬
cation opérée par Van Tieghem en 1905, sans référence à des travaux
de Pierre). Egalement Oubanguia laurifolia (Pierre) De Wild. in Miss.
Em. Laurent (1903-1904), I (octobre 1905), p. 150 (= Egassea laurifolia
Pierre, rectification opérée par De Wildeman en 1905, d’après une note
communiquée par Pierre).
= Scylopelalum papillosum Pierre (in herb.).
= Egassea (et Egassia) oleifolia Pierre (in herb.).
= Egassea laurifolia Pierre in De Wildeman Ann. Mus. Congo
Bot. sér. V Et. fl. Bas Moyen Congo I (1903), p. 31.
Type : Klaine n° 1925-2042, septembre 1900 et décembre 1900,
janvier 1901, Gabon, fleurs et fruits. D’après le cahier de Pierre établi
pour les récoltes de Klaine, d’après les étiquettes de ce collecteur, d’après
Source : MNHN, Paris
— 115 —
les notes de Van Tieghem, on s’aperçoit qu’il règne une grande confusion
entre les échantillons de Klaine numérotés 404 (cf. ci-après), 1925, 1929,
2042, et entre les dates de récolte ; fort heureusement le matériel est très
homogène et une étiquette de Klaine précise : « n° 2042 — fruits du
n° 1925 à belles fleurs rappelant celles de l’Acacia Farnèse, que par inad¬
vertance j’ai donné ensuite à l’arbre rose — 12 décembre 1900 ». D’après
le cahier de Pierre cet «arbre rose », 1925, est Cyanolhyrsus klainei Pierre;
le type d’O. laurifolia (Pierre) Van Tieghem est donc le n° 1925*.
Paratype : Klaine n° 404, septembre 1900 (?), Gabon, fleurs (peut-
être ce numéro 404, dont la date de récolte est aberrante, est-il le même
arbre que le n° 1925 ci-dessus?) 1 .
Aire : Nigeria méridionale, Gabon, (Congo ex-belge? cf. ci-après).
Caractères particuliers : arbre de 12-15 m de hauteur. Cette espèce
se distingue assez facilement par la consistance subcoriace du limbe des
feuilles, par la forme presque absolument symétrique de la base de ce
limbe, par la présence de 6 à 8 paires de nervures latérales se rejoignant
en boucles bien marquées vers le bord du limbe et apparaissant comme
déprimées à la face supérieure. (La dimension des feuilles est en réalité
variable et Van Tieghem (1905) et Engler (1921) se contredisent en com¬
parant la feuille de cette espèce à celle d’O. ajricana Baill.). Les rameaux
de l’inflorescence, le pédicelle, le calice et la marge de celui-ci sont pubé-
rulents. Le nombre de pétales oscille autour de 8-12. Fleurs jaunes (et
non blanches comme chez O. africana Baill. et O. klainei Van Tieghem;
encore à ce sujet faut-il noter que, suivant les observateurs, la couleur
jaune des nombreuses étamines peut l’emporter sur la couleur blanche
des pétales étroits).
Aspect assez particulier des feuilles et couleur des fleurs permettent
de considérer, au moins jusqu’à nouvelles récoltes et observations sur le
terrain, cette espèce comme valable mais ses analogies avec O. ajricana
Baill. et O. klainei Van Tieghem ne doivent pas être perdues de vue.
Echantillons :
Nigeria méridionale : Talbot, n° 1693, Oban. (in litt.).
Gabon : Klaine n° 404 et 1925-2042, septembre-décembre 1900 et jan¬
vier 1901, Libreville, fleurs et fruits (paratype et type in herb. Paris).
Le Testu n° 7444, septembre 1929, Lastoursville, fleurs (« inflores¬
cences blanches » — fleurs jaunes? cf. ci-dessus).
SRF n° 740, mars 1952, Bokoué, stérile, (nkonengui en fang).
Congo cx-belge (?) : Duchesne (sans numéro), ann. 1893, Lusambo (in
litt.). Il serait utile de comparer cet échantillon à O. duchesnei (Engler)
Van Tieghem, la mention « Unteres Kongogebiet — Duchesne 1893
in herb. Bruxelles » accompagnent la diagnose de cette dernière
espèce (Engler in Bot. Jahrb., XXXII (1902), p. 101) étant à rappro-
1. Des études effectuées ultérieurement sur les matériaux de Klaine et de Pierre
montrent que de telles confusions sont d'une manière générale fréquentes, Klaine ayant
utilisé pendant quelques années plusieurs numérotations partant de 1 pour chacun des
correspondants à qui il adressait des échantillons ou pour chaque envoi effectué.
Source : MNHN, Paris
— 116 —
cher des annotations de De Wildeman mentionnées à la suite de la
diagnose d ’Egassea laurifolia Pierre in De Wildeman Ann. Mus.
Congo Bot. sér. V Et. fl. Bas Moyen Congo I (1903), p. 31).
1. 6. Oubangmia ledermannii Engler in Bot. Jahrb., XLIII
(1909), p. 373.
Type : Ledermann n° 819, octobre 1908, Cameroun, fleurs.
Aire : Cameroun.
Caractères particuliers : sans doute identique à O. klainei Van Tie-
ghem (ou à O. africana Baill.?).
Echantillons :
Cameroun : Ledermann
litt.).
n° 819, octobre 1908, Nkolebunda, fleurs (in
Clé des espèces
— Rameaux ailés, particulièrement au-dessous des insertions foliaires;
feuilles atteignant 18 à 25 cm X 7 à 8 cm; 6 à 8 pétales; capsule
oblongue. 1.2. O. alata Bak. f.
•— Rameaux anguleux, non ailés; feuilles ne dépassant pas 15 cm X
5 cm; 6 à 12 pétales; capsule globuleuse :
= Base du limbe J; nettement asymétrique, 6 à 8 paires de
nervures latérales, limbe coriace ou subcoriace :
= Base du limbe nettement asymétrique, nervures latérales
non visibles au-dessus, limbe coriace ; 6 à 8 pétales ; fleurs
blanches :
= Marge du limbe entière ou faiblement denticulée ....
. 1.1. O. africana Baill
et 1.3. O. duchesnei (Engler) Van Tieghem
§= Marge du limbe assez nettement denticulée.
1,1'. O. africana var. denticulata (Van Tieghem) R. Let.
= Base du limbe presque symétrique, nervures latérales
déprimées au-dessus, limbe subcoriace; 8 à 12 pétales;
fleurs jaunes. 1.5. O. laurifolia (Pierre) Van Tieghem
= Base du limbe peu asymétrique, 4 à 6 paires de nervures laté¬
rales, nervilles visibles au-dessus; 8 à 10 pétales; fleurs blanches
. 1.4. O. klainei Van Tieghem
et 1.6. O. ledermannii Engler
2. — SCYTOPETALUM
2. 1. Scytopetalum klaineanum Pierre ex Engler in Pflanzenf.
Nacht. zum II-IV Teil (1897) p. 244. (PI. 2.)
= Scytopetalum brevipes Pierre ex Van Tieghem in Ann. Sci. Nat.
sér. IX, I (1905), p. 343.
= Scytopetalum latifolium Van Tieghem in Ann. Sci. Nat. sér. IX,
I (1905), p. 343. (PI. 2.)
= ? Scytopetalum sp. in Exell. Suppl. Cat. Vase, plants S. Tomé
(1956), p. 13.
Source : MNHN, Paris
— 117 —
Type : Klaine n° 446, de septembre 1894 à mars 1903, Gabon, fleurs
et fruits.
Aire : Gabon, (San Tomé?)
Caractères particuliers : arbre atteignant 25 m de hauteur et 80 cm
de diamètre à la base. Le fruit de S. klaineanum Pierre ex Engler a été
décrit par Engler (1897) comme « steinfrucht » ; il a également été consi¬
déré par Van Tieghem (1905) comme « drupe » donc toujours comme un
fruit indéhiscent, bien que ce deuxième auteur ajoute : « Le noyau a une
forme pyramidale, avec autant de pans que l’ovaire avait de loges, ordi¬
nairement 7 ou 8. Dans le Scytopétale de Klaine, où la pulpe est mince,
ces pans sont visibles à la surface du fruit après dessiccation. Le long
des arêtes, qui correspondent à la ligne médiane des carpelles et au dos
des loges primitives, la couche scléreuse est interrompue dans toute son
épaisseur par une bande de cellules à parois minces. Aussi voit-on parfois,
après la maturité, notamment dans le Scytopétale de Klaine, le noyau
se fendre au sommet dans ces places en autant de lanières pointues,
entraînant la déchirure de la pulpe et la déhiscence loculicide partielle
du péricarpe ». Un tel phénomène se retrouve, mais beaucoup plus excep¬
tionnel, chez les autres espèces de Scytopetalum : S. pierreanum (De Wild.)
Van Tieghem et S. lieghemii (A. Chev.) Hutch. et J. M. Dalz. Ainsi
considéré le fruit de Scytopetalum ne constitue plus une exception au
sein de la famille des Scytopétalacées caractérisée en général par un fruit
capsulaire. Le fruit est encore assez nettement capsulaire (lorsqu’il est
arrivé à pleine maturité et non détaché de l’arbre trop précocement)
chez S. klaineanum Pierre ex Engler, et devient subdrupacé avec un
péricarpe peu épais chez S. pierreanum (De Wild.) Van Tieghem et
S. lieghemii (A. Chev.) Hutch. et J. M. Dalz.
Fréquemment le fruit de S. klaineanum Pierre ex Engler (et aussi
parfois celui des deux autres espèces) est un fruit anormal; Pierre,
Van Tieghem et Engler ont, semble-t-il, basé diverses espèces sur ces
formes pathologiques et c’est ainsi que S. brevipes Pierre ex Van
Tieghem et S. lati/oUum Van Tieghem peuvent disparaître de la litté¬
rature en temps qu’espèces distinctes de S. klaineanum Pierre ex
Engler.
Dans le matériel étudié on trouve tous les intermédiaires possibles,
parfois sur le même échantillon (cf. Klaine n° 295), entre le fruit normal :
capsule de forme ovoïde et fusiforme au sommet, à péricarpe lignifié
très mince, déhiscente par 6-8 valves, monosperme et fausse drupe de
forme ovoïde et arrondie au sommet, à mésocarpe charnu mince, endo¬
carpe lignifié, en apparence indéhiscente, avec graine normalement
développée. Cette fausse drupe porte souvent des traces de piqûre et
parfois la graine est remplacée par une cécidie. La formation de cette
fausse drupe, avec développement d’un mésocarpe charnu en particulier,
est vraisemblablement une réaction à la piqûre d’un insecte. Cette piqûre
peut affecter l’ovaire ou le jeune fruit lui-même mais elle peut certaine¬
ment se produire plus précocement, au niveau des jeunes inflorescences,
et ainsi s’expliqueraient les modifications des pédoncules et pédicelles
Source : MNHN, Paris
— 118 —
Source : MNHN, Paris
— 119 —
floraux et fructifères, fréquemment raccourcis et aplatis lorsque le fruit
est anormal.
La révision du matériel de Klaine utilisé par Pierre et Van Tieghem
pour la création des deux espèces : S. klaineanum Pierre ex Engler (type :
Klaine n° 446) et S. brevipes Pierre ex Van Tieghem (type : Klaine n° 1324)
conduit à constater que Van Tieghem a insisté sur des différences mor¬
phologiques (feuilles et inflorescences) sans valeur, car le matériel présente
en fait une grande homogénéité foliaire, et s’est mépris sur les différences
se rapportant aux fruits, allant même jusqu’à reclasser sous numéro 1324
des échantillons numérotés 446 par Klaine mais présentant des fruits
anormaux comme le numéro 1324.
Une anomalie analogue concerne S. lalifolium Van Tieghem. Cet
auteur écrit (1905) : « Parmi les échantillons rapportés à cette espèce
(S. klaineanum Pierre ex Engler) « sous le même numéro 446 », il en est
un, récolté en fruits... qui lui ressemble par la longueur des pédicelles
mais s’en distingue par des feuilles... et par des fruits plus gros, presque
globuleux, mesurant 20 mm sur 18 mm. C’est une espèce distincte que je
nommerai S. latifolium Van Tieghem. » Ce dédoublement du numéro 446
est extrêmement anormal, Klaine ayant de plus spécifié :« Le numéro 446
ne fleurit pas cette année à son époque ordinaire. Pour preuve qu’on a
bien grimpé sur l’arbre, j’ai recommandé de rapporter deux rameaux,
comme ces rameaux ont des fruits je les envoie »; on trouve parmi le
matériel se rapportant à S. klaineanum Pierre ex Engler des feuilles très
voisines de celles du prétendu S. latifolium Van Tieghem, aucune distinc¬
tion ne pouvant être faite sur le terrain si ces feuilles avaient même été
portées par des individus différents; quant aux fruits il s’agit de fruits
anormaux criblés de piqûres et garnis de cécidies.
Echantillons :
Gabon : Klaine n° 446, septembre 1894 à mars 1903, Libreville, fleurs
et fruits (type in herb. Paris).
Klaine n° 295, août 1898, Libreville, fruits (d’après le cahier établi
par Pierre pour les récoltes de Klaine, le n° 295 serait Pentaclethra
sp. Le n° 446 ci-dessus n’ayant pas été soumis à récolte en 1898,
il est vraisemblable que ce n° 295 provient également du n° 446) L
Klaine n° 442, avril 1901, Libreville, fleurs (d’après le cahier établi
par Pierre pour les récoltes de Klaine, le n° 442 serait Pipladenia sp.
D’après la date de récolte, il est vraisemblable que ce n° 442 provient
encore du n° 446) (1).
Lecomte n° E37, février 1894, Mambi, fleurs.
Le Testu n° 8833, mai 1931, Lastousville, fleurs et fruits, (poupa
en konayadembé).
CTFT Gabon n° 2018 (de St-Aubin), février 1960, Libreville-Nkou-
lounga, fruits.
Le Testu n° 1724, mai 1914, Nvanga-Tchibanga, fleurs, (ndounga
en bayaka).
1. Cf. note infra paginale p. 115.
Source : MNHN, Paris
— 120 —
SRF n° 1463, février 1955, Ikoy, stérile, (odzikuna).
SRF n° 59, septembre 1948, est de Cocobeach-bassin de la rivière
Atia affluent du rio Muni, stérile, (odzekouna).
Normand n° 195, Lambaréné-Zili, fruits, (odzakuna en fang).
Klaine n° 1324, septembre 1898 à août 1900, Libreville, fleurs (avril-
mai) et fruits (août-septembre) (type pour S. brevipes Pierre ex
Van Tieghem).
Klaine n° 2839, avril 1902, Libreville, fleurs et fruits (paratype
pour S. brevipes Pierre ex Van Tieghem).
Klaine n° 2945, juillet 1902, Libreville, fleurs et fruits (paratype
pour S. brevipes Pierre ex Van Tieghem).
aff. : Chevalier n° 26578 (Fleury), août 1912, Ogoué-Lambaréné-
lac Zilé-Atsié, stérile, (odzakouna en pahouin — cf. SRF n° 59,
ci-dessus).
alî. : Chevalier 26657 (Fleury), septembre 1912, lac Oghémoué-
Egolani, stérile.
aff. : SRF n° 34, avril 1948, rive gauche de la Ngounyé-Sindara,
stérile (très grandes feuilles 16 X 8 cm et jeunes pousses), (ndounga
en bapunu — cf. Le Testu, n° 1724, ci-dessus).
? : Chevalier n° 15860, ann. 1905, San Tomé-Porto Alegre, stérile
(pétiole atteignant 6-8 mm).
2. 1'. var. kamerunianum (Engl.) R. Letouzey comb. nov.
= Scytopelalum kamerunianum Engler in Bot. Jahrb. XLIII (1909),
p. 373.
Type : Zenker n° 2919, mars 1904, Cameroun, fleurs.
Aire : Cameroun, Cabinda.
Caractères particuliers : arbre atteignant 30 m de hauteur. Cette
espèce a été considérée par Engler comme très proche de S. brevipes
Pierre ex Van Tieghem dont elle ne diffère que par la feuille plus courte,
à limbe ovale, avec une base obtuse et un acumen court et oblique. On
retrouve en réalité un type de feuille assez analogue sur des échantillons
de Klaine dénommés S. brevipes Pierre ex Van Tieghem (= S. klaineanum
Pierre ex Engler) et S. kamerunianum Engler peut être abaissé au rang
de variété, celle-ci étant d’une faible valeur.
Echantillons :
Cameroun : Zenker n° 2919, mars 1904, Bipindi, fleurs, (mafum bantschu
ou mafum bautschie) [isotype in herb. Paris sous dénomination :
S. brevipes Pierre].
Cabinda : cf. Exell (1927) supp., p. 74, et Exell et Mendonça (1951),
p. 347.
2. 2. Scytopetalum pierreanum (De Wild.) Van Tieghem in Ann.
Sci. Nat. sér. IX, I (1905), p. 343.
= Egassea pierreana De Wild. in Ann. Mus. Congo Bot. sér. V Et.
fl. Bas Moyen Congo I (1903), p. 32.
= Oubanguia pierreana De Wild. in Miss. Ém. Laurent (1903-
Source : MNHN, Paris
— 121 —
1904) I (1905), p. 150. (= Egassea pierreana De Wild.) in Rhaptopeta-
laceae. (Même ouvrage (1900), p. 243 : Egassea pierreana De Wild. in
Scytopetalaceae.)
Type : Dewèvre n° 666, janvier 1896, Congo ex-belge, fleurs.
Aire et habitat : Oubangui, Moyen Congo, Congo ex-belge (Equateur).
Bordure des cours d’eau.
Caractères particuliers : Limbe de la feuille nettement inéquilatéral
à la base (cf. clé des espèces ci-après).
Echantillons :
Oubangui : Chevalier n° 5279, août 1902, rives de l'Oubangui de Bangui
à la Kémo, fruits.
Moyen Congo : Pobéguin n° 56, février 1920, rives de la Sangha, fleurs.
Congo cx-belge : échantillons divers, Equateur, fleurs et fruits, dont
Dewèvre n° 666, janvier 1896, fleurs (isotype in herb. Paris).
2. 3. Scytopetalum tieghemii (A. Chev.) Hutch. et J. M. Dalz.
in Kew Bull. (1928), p. 228.
= Rhaptopetalum tieghemii A. Chev. in Vég. ut. Afr. trop. fr. fasc. V
(1909), p. 220.
= Scytopetalum larquense Chipp in Gold Coast trees (1913), p. 14
(nomen) (cf. F.W.T.A. (1958) : Chipp n° 209, Tarkwa — cf. Irvine (1930) :
S. tieghemii Hutch. et J. M. Dalz., common in evergreen forest east of
Tarquah).
Type : Chevalier n° 16252, mars 1907, Côte d’ivoire, fleurs et fruits
(en réalité très jeunes fleurs et fruits).
Aire et habitat : Sierra Leone, Libéria, Côte d’ivoire, Ghana. Parfois
abondant en forêt sur sol humide.
Caractères particuliers : arbre pouvant atteindre jusqu’à 40 m de
hauteur et 100 cm de diamètre à la base avec un fût cylindrique, de
15 à 20 m sous branches, dépourvu de contreforts à la base. Ecorce gri¬
sâtre, non fendillée, mais s’enlevant par petites plaquettes, à tranche
de couleur rose pâle, fibreuse. Bois dur, brun rosé à cœur, blanc jaunâtre
à la périphérie. Cime en petite tête arrondie, branchue et compacte, très
feuillée, d’un vert sombre, parfois à rameaux pendants. Feuilles sub¬
coriaces, elliptiques oblongues, longuement acuminées au sommet avec
un acumen atteignant 2,5 cm, cunéiformes à la base, de 5 à 12 cm X 2 à
4 cm, garnies de 5-6 paires de nervures latérales très effacées, réunies
par un réseau de très fines nervilles parallèles encore plus obscures. Fleurs
blanches, odorantes lorsqu’elles s’ouvrent le matin pour tomber le soir
même. La description de cette espèce donnée par A. Chevalier (1909)
repose, semble-t-il, sur l’exemplaire Chevalier n° 16192 représenté actuelle¬
ment dans l’herbier de Paris par des échantillons n’ayant que de très
jeunes boutons floraux; Chevalier mentionne que la fleur a « 3 pétales,
se déchirant irrégulièrement dans le sens de la longueur au moment de
l’épanouissement », d’autre part l’ovaire a « 5 loges avec 2 à 6 ovules
dans chaque loge ». Aubréville (1959) signale que « la corolle se sépare
Source : MNHN, Paris
— 122 —
en 5-7 pétales irréguliers » et que l’ovaire a « 6 loges biovulées ». La notion
de « pétale » chez Scylopetalum comme chez Oubanguia, doit être dissociée
de la notion de « lobes de la corolle au moment de l’épanouissement »,
ces lobes pouvant être formés de plusieurs pétales soudés. S. lieghemii
(A. Chev.) Hutch. et J. M. Dalz. présente, comme les autres espèces de
Scytopelalum, une corolle formée en général de 12-16 pétales séparés
par des sillons dans le bouton floral. En ce qui concerne l’ovaire, il semble
que chaque loge soit toujours et seulement garnie de 2 ovules. L’ovaire,
ovoïde, est sillonné longitudinalement.
Le fruit, ovoïde également, pointu et côtelé en extrémité, atteint
2 cm de longueur ; il est rouge grenat à maturité. Ce fruit est normale¬
ment subdrupacé et en apparence indéhiscent mais exceptionnellement
se signalent les fentes de déhiscence déjà mentionnées comme très fré¬
quentes et normales chez S. klaineanum Pierre ex Engler.
On constate chez S. lieghemii (A. Chev.) Hutch. et J. M. Dalz. la
formation de fruits drupacés anormaux, analogues à ceux mentionnés
chez S. klaineanum Pierre ex Engler. Il faut certainement voir là, pour
la première espèce, tout comme pour la seconde, le résultat d’une action
pathogénique, plus ou moins intense et précoce ; cette action est vraisem¬
blablement la cause, pour les deux espèces, des fréquents raccourcisse¬
ments d’inflorescences, de l’aplatissement courant des pédicelles floraux,
de l’avortement des ovules et du développement d’un mésocarpe charnu.
Échantillons :
Sierra Leone, Libéria, Cote d’Ivoire, Ghana : Échantillons
divers, fleurs et fruits dont Chevalier n° 16252, mars 1907, Côte d’ivoire,
fleurs et fruits (type in herb. Paris).
Clé des espèces
— Base du limbe nettement symétrique ou presque :
= Feuilles ovales (8 à 15 cm X 5 à 7 cm), coriace, base du limbe
en général arrondie, sommet aigu ou arrondi avec un acumen
d’environ 1 cm de longueur... 2.1. S. klaineanum Pierre ex Engler.
= Idem mais avec feuilles ne dépassant pas 5-6 cm X 3,5-4 cm
. 2.1’. S. klaineanum var. kamerunianum (Engl.) R. Let.
= Feuilles elliptiques oblongues (5 à 12 cm X 2 à 4 cm), subco¬
riaces, base du limbe nettement cunéiforme, sommet aigu se
prolongeant par un acumen atteignant 2,5 cm de longueur.
2.3. S.tieghemii (A. Chev.) Hutch. et J. M. Dalz.
— Base du limbe nettement asymétrique, cunéiforme mais avec un
côté subconcave et un côté subconvexe; feuilles subcoriaces,
oblongues à tendance falciforme, mesurant jusqu’à 10-12 cm X
3-4 cm, sommet aigu terminé par un acumen de 1 à 2 cm de
longueur. 2.2. S.pierreanum (De Wild.) Van Tieghem.
Source : MNHN, Paris
— 123 —
3. — RHAPTOPETALUM
3. 1. Rhaptopetalum beguei Mangenot in Bull. I.F.A.N., XXIX,
2 (1957), p. 361.
= ? Rhaplopelalum sp. (Ghana) in F.W.T.A., I, 2 (1958), p. 300.
Syntypes : IDERT n° 4040, Chevalier n 08 17029 et 17095, Aubré-
ville-Bégué (sans numéro), Côte d’ivoire, fleurs et fruits.
Aire et habitat : Côte d’ivoire. En forêts marécageuses lagunaires.
Caractères particuliers : petit arbre atteignant 10 m de hauteur.
Mangenot (1957) considère, dans son tableau dichotomique, que les
inflorescences sont cauliflores. Pour éviter toute fausse interprétation
(et confusion avec le genre Brazzeia réellement caulifore), il est préférable
de se reporter à la diagnose de l’espèce donnée par cet auteur : « Flores
in ramis aetatibus variis, sed plerumque defoliatis » et de préciser que les
inflorescences ou fleurs isolées peuvent être axillaires ou extra-axillaires.
Fleurs atteignant 10 mm de hauteur. Calice cupuliforme à marge légère¬
ment et irrégulièrement crénelée avec des dents arrondies, glabre. Corolle
rose. Ovaire à section longitudinale en forme de pentagone aplati, strié
radialement, creusé de 4-5 loges. Fruit pouvant être considéré comme une
fausse baie, les graines étant revêtues d’une tunique mucilagineuse ; en
réalité le fruit est une capsule subglobuleuse de 15-20 mm de diamètre,
rouge à maturité, à déhiscence tardive partielle, avec péricarpe mince
s’ouvrant en 4-5 valves, avec quelques graines agglomérées en masse
sphérique.
Échantillons :
Cote d’Ivoire : échantillons divers, fleurs et fruits (syntypes in herb.
Paris).
Ghana : ? Kiston n° 1020 (in litt.)
— ? Akpabla n° 814 (in litt.).
3. 2. Rhaptopetalum coriaceum Oliv. in Journ. linn. Soc. VIII
(1865), p. 160.
Syntypes : Mann n° 1443, ann. 1862, Fernando Po, fleurs et fruits, et
Thomson n° 40, Nigeria méridionale.
Aire : Nigeria méridionale, Fernando Po.
Caractères particuliers : petit arbre atteignant 10 m de hauteur.
Fleurs mesurant environ 8 mm de hauteur. Calice cupuliforme, à marge
presque entière ou dentée-lobulée. Corolle rose. Ovaire sillonné longitu¬
dinalement, creusé de 4-5 loges. Fruit ellipsoïde, long de 2 cm, à péri¬
carpe crustacé ou subligneux, vraisemblablement capsulaire et tardi¬
vement déhiscent (et non réellement drupacé), uniloculaire, renfermant
1 à 3 graines (cf. Engler, 1921).
Échantillons :
Fernando Po : Mann n° 1443, ann. 1862, fleurs et fruits (syntype-isotype in
herb. Paris).
Source : MNHN, Paris
— 124 —
P1 - l' — Fthaplopelalum pachyphyllum (Gütke) Engler : 1, rameau feuillé (x 2 II
2 Inflorescence avec boutons floraux (x 2/3); 3, fragment de corolle et d'a
drocée ( x 4/3) ; 4, calice et gynécée ( x 4/3):
(I, 2, 3, 4, d’après Le Testu 8979).
Source : MNHN, Paris
— 125 —
3. 3. Rhaptopetalum pachyphyllum (Gürke) Engler in Pflan-
zenwelt Afr. III, 2 (1921), p. 475. (PI. 3.)
= Diospyros pachyphylla Gürke in Bot. Jahrb, XLVI (1911) p. 152.
Syntypes : Tessmann n° 720 et n° 783, décembre 1908 et janvier 1909,
Guinée espagnole, fleurs.
Aire : Cameroun méridional, Guinée espagnole, Gabon.
Caractères particuliers : arbre ou arbuste (5-6 m de hauteur au
minimum ) Rameaux peu âgés garnis de pustules liégeuses. Inflorescences
axillaires ou extra-axillaires avec 4-6 fleurs parfumées pouvant atteindre
12-15 mm de hauteur. Calice campanulé formé d’une cupule profonde de
5 mm environ et de 3 à 5 lobes deltoïdes hauts de 5 mm environ, avec
marge un peu épaissie. 3 à 5 pétales roses-rouges, courbés vers l’extérieur
au moment de l’épanouissement de la corolle. Ovaire à section longitu¬
dinale en forme de pentagone aplati, strié radialement, à paroi épaisse,
creusé de 4 loges avec 12-15 ovules par loge. Style grêle long de 10 mm
environ. Fruit inconnu.
Échantillons :
Cameroun méridional : Bebao près Campo (cf. Engler, 1921).
Guinée espagnole : Tessmann n 08 720 et 783, décembre 1908 et jan¬
vier 1909, « weg nach Olanga Campogebiet », fleurs (cf. Gürke, 1911).
Gabon : Le Testu n° 8979, janvier 1933, entre Ogoué et Cameroun Bind-
jima, fleurs.
Le Testu n° 9442, décembre 1933, entre Ogoué et Cameroun-Acou-
renzore, fleurs. (Cet exemplaire paraît différer des numéros 8979
et 9476 de Le Testu par l’aspect des feuilles, du bouton floral... La
base des limbes foliaires n’étant pas cunéiforme et décurrente sur le
pétiole, le calice étant encore campanulé à lobes deltoïdes et non
scutelliforme à lobes arrondis (longs de 4 mm), il semble difficile de
rattacher cet exemplaire à B. roseum (Gürke) Engler — cf. ci-après —
espèce en réalité mal définie en l’absence de matériel type de compa¬
raison.)
Le Testu n° 9476, février 1934, entre Ogoué et Cameroun-Oyem,
fleurs.
3. 4. Rhaptopetalum roseum (Gürke) Engler in Pflanzenwelt
Afr. III, 2 (1921), p. 475.
= Diospyros rosea Gürke in Wissensch. ergebn. Deuts. Zent. Afr.
Exped. 1907-i908 II Bot. (1910), p. 525.
Type : Mildbread n° 2812, mars 1908, Congo ex belge oriental, fleurs.
Aire : Cameroun, Congo ex-belge oriental.
Caractères particuliers : cette espèce est difficile à définir, par la
simple lecture de la diagnose, en l’absence de matériel type de compa-
Engler (1921) signale qu’elle a des affinités avec B. coriaceum Oliv.
mais les caractères du calice (« calyce scutelliformi, 4-lobo, lobis rotun-
Source : MNHN, Paris
126 —
datis » et « kelch schüsselformig, 4-lappig, 4 mm lang. Lappen breit-
rundlich ») donnés par la diagnose laissent planer un doute sur un tel
rapprochement.
Cette diagnose suggère également des affinités avec R. pachyphyllum
(Gürke) Engler mais les caractères de la base du limbe (cunéiforme et
décurrente sur le pétiole) et même du calice (scotelliforme à 4 lobes arron¬
dis longs de 4 mm) donnés par la diagnose écartent assez nettement les
deux espèces (et ont amené à classer malgré quelques doutes — cf. ci-des¬
sus — l’exemplaire Le Testu n° 9442 parmi R. pachyphyllum (Gürke)
Engler).
La diagnose (sous dénomination Diospyros rosea Gürke) mentionne :
« floribus masculis cymosis... » et « mânnliche blüten... », tout en décrivant
un ovaire globuleux, glabre, à 4-5 loges, avec style long de 8 mm non
différencié en extrémité. Cette simple anomalie provient du classement
de l’espèce parmi les Ebénacées et l’on ne peut y attacher plus d’impor¬
tance.
Cette espèce reste caractérisée, semble-t-il, comme étant un arbuste
de 3 m de hauteur, très ramifié, à feuilles brièvement pétiolées, à limbe
coriace lancéolé deux fois plus long que large (10 à 17 cm X 5 à 8 cm),
avec une base cunéiforme décurrente sur le pétiole, une marge entière
et un sommet obtus acuminé; calice scutelliforme à 4 lobes arrondis
longs de 4 mm; corolle à 4 parties, longue de 1 cm, rose, avec des pétales
ovales larges de 6 mm à sommet pointu ou émoussé; étamines très nom¬
breuses, avec filament de 2 mm de long environ et anthères pointues,
dorées, longues de 5 mm; ovaire globuleux, glabre, à 4-5 loges, avec
style long de 8 mm non différencié en extrémité. Fruit inconnu.
Les exemplaires connus de cette espèce provenaient — s’ils existent
encore, au moins partiellement — d’une part du Congo ex-belge oriental
(forêts montagneuses entre Béni et Irumu, vers 1 000 m d’alt.) et d’autre
part du Cameroun (forêt entre Yaoundé et Ebolowa, au sud du Nyong);
cette répartition chorologique pose elle aussi un point d’interrogation
mais peut résulter simplement d’une insuffisance de récoltes entre les
stations mentionnées.
3. 5. Rhaptopetalum sessilifolium Engler in Bot. Jahrb. XXXII
(1902), p. 101.
Syntypes : Zenker n os 2051, 2389 et 2391, mai 1899 et juin 1901,
Cameroun, fleurs et fruits.
Aire et habitat : Cameroun. Bordure des cours d’eau.
Caractères particuliers : Arbuste ou petit arbre atteignant 6 m de
hauteur. Jeunes rameaux très anguleux et finement pubérulenls. Inflo¬
rescences de 5 à 25 fleurs blanc-rosé à étamines jaunes ne dépassant
guère 8 mm de hauteur. Calice cupuliforme crénelé avec 6-10 festons
arrondis. Ovaire semi-globuleux, strié extérieurement, creusé de 3-4 loges.
Capsule subglobuleuse de 10-15 mm de diamètre, avec 1 ou quelques
graines et s’ouvrant par 3-4 valves.
Source : MNHN, Paris
— 127 —
Échantillons :
Cameroun : Zenker n 08 2051, 2389 et 2391, mai 1899 et juin 1901, res¬
pectivement : vallée de la Lokundje-Bipindi, Mungi, Beguinis,
fleurs et fruits (syntypes-isotypes in herb. Paris).
Zenker n 08 3073, 3276 et 3933, respectivement : ann. 1904, 1907,
1909, Bipindi, fleurs.
Zenker n° (?) 427, novembre 1913, Mimfia, fruits.
Annet n° 137, juin 1918, Bipindi, fleurs.
3. 6. Rhaptopetalum sindarense Pellegrin in Bull. Mus. Hist.
nat. Paris, XXVIII (1922), p. 92. (PI. 4.)
Type : Le Testu n° 2294, octobre 1918, Gabon, fleurs.
Aire : Gabon.
Caractères particuliers : petit arbre atteignant 15 m de hauteur
et 30-40 cm de diamètre à la base. Rameaux peu anguleux, d: pubéru-
lents à l’état jeune. Pédicelles ^ pubérulents, articulés au sommet
(comme pour tous les Rhaptopetalum), épaissis sous le calice, celui-ci
patelliforme à marge entière, ± pubérulent extérieurement. Ovaire
conique, strié longitudinalement, creusé de 3-4 loges. Les loges sont
biovulées, ce qui constitue une exception à l’intérieur du genre et, avec
le calice patelliforme à marge entière, rapproche cette espèce des Ouban-
guia. Capsule subglobuleuse de 15 mm de diamètre, avec 2 graines en
général et s’ouvrant par 3-4 valves.
Les fleurs ne dépassent guère 6 mm de hauteur. Il est mentionné,
suivant les collecteurs, qu’elles peuvent être jaunes, blanches ou rouge
vineux; il y a là une anomalie non expliquée; peut-être, comme pour
d’autres espèces de Rhaptopetalum, les boutons floraux, d’abord blanc
nacré, se teintent-ils de rose, puis au moment de l’épanouissement, la
corolle devient rouge et entoure alors une masse importante d’étamines
dorées.
Échantillons :
Gabon : Le Testu n° 2294, octobre 1918, Ngounié, fleurs (type in herb.
Paris).
Le Testu n° 8588, décembre 1930, Lastoursville-Mougnyangui,
fleurs.
A. Chevalier n° 27125, octobre 1912, Haut Ramboué, fleurs et
fruits.
A. Chevalier n° 33714, mai 1917, Libreville, fleurs, (etou en pahouin).
Clé des espèces
— Calice patelliforme à marge entière; loges de l’ovaire biovulées;
feuilles brièvement pétiolées, à limbe coriace, oblong-obovale, de
15 à 20 cm X 7 à 9 cm, à base arrondie parfois subcordée, avec
12 paires de nervures latérales environ; fruit subglobuleux.
. 3.6. R. sindarense Pellegrin.
Source : MNHN, Paris
— 128 —
1
PI. 4. ■— Rhaplopelalum sindarense Pellegrin : 1, rameau (euillé (x 2/3); 2, inflo¬
rescence avec boutons floraux (x 2/3); 3, bouton floral (x 3 );4, fruit (x 1).
“ ' !, d’après Chevalier 27125).
(1, 2, 3, d'après Le Testu 2294; t
Source : MNHN, Paris
— 129 —
— Calice cupuliforme à marge crénelée-festonnée ; loges de l’ovaire
multiovulées; feuilles sessiles ou brièvement pétiolées, limbe
subcoriace ou coriace.
= Feuilles sessiles, à limbe subcoriace, oblong-obovale, de 20 cm
X 10 cm, à base cordée amplexicaule, avec 12 paires de
nervures latérales environ; fruit subglobuleux.
. 3.5. R. sessilifolium Engler.
= Feuilles brièvement pétiolées, à limbe coriace.
= Feuilles à limbe lancéolé ou ovale lancéolé, de 13 à 20 cm
X 6 à 8 cm, à base arrondie, avec 5 paires de nervures
latérales; fruit subglobuleux. 3.1. R. beguei Mangenot.
= Feuilles à limbe elliptique ou ovale elliptique, de 8 à 14 cm
X 4 à 7 cm, à base arrondie ou subaiguë, avec (5 ?) paires
de nervures latérales; fruit ellipsoïde... 3.2. R. coriaceum Oliv.
— Calice campanulé-lobé à lobes dépassant 4 mm de hauteur, loges
de l’ovaire multiovulées; feuilles brièvement pétiolées, à limbe
coriace.
= Lobes du calice deltoïdes, hauts de 5 mm environ, feuilles à
limbe oblong obovale ou obovale, de 20 à 27 cm X 8 à 10 cm,
à base arrondie, avec 8 paires de nervures latérales; rameaux
peu âgés garnis de pustules liègeuses; fruit inconnu.
. 3.3. R. pachyphyllum (Gürke) Engler.
= Lobes du calice largement arrondis, hauts de 4 mm environ;
feuilles à limbe lancéolé, de 10 à 17 cm X 5 à 8 cm, à base
cunéiforme décurrente sur le pétiole; fruit inconnu.
. 3.4. R. Toseurn (Gürke) Engler.
4. — BRAZZEIA
4. 1. Brazzeia congoensis Baill. in Bull. Soc. linn. Paris (1886),
p. 609. (PI. 5.)
= Brazzeia tholloni Baill. in Bull. Soc. linn. Paris (1889), p. 868.
= Rhaplopelalum Iholloni (Baill.) Van Tieghem in Ann. Sci. Nat.
sér. IX, I (1905), p. 372.
= Pseudobrazzeia tholloni (Baill.) Engler in Pflanzenwelt Afr. III, 2
(1921), p. 473.
= Rhaplopelalum eelveldeamim De Wild et Dur. in Bull. Soc. roy.
Bot. Belgique XXVIII (1899), p. 121.
= Erylhropyxis eetoeldeana (De Wild. et Dur.) Engler in Bot. Jahrb.
XXXII (1902), p. 103.
= Brazzeia eelveldeana (De Wild. et Dur.) Van Tieghem in Ann.
Sci. Nat. sér. IX, I (1905), p. 357.
= Rhaplopelalum brachyanlherum Van Tieghem in Ann. Sci. Nat.
sér. IX, I (1905), p. 373.
Type : Thollon n° 604, Moyen Congo, fleurs (avec feuilles d’une plante
différente. Fleur et fruit représentés par Faguet).
Description des feuilles, par Van Tieghem (1905), basée sur l’échan¬
tillon Thollon n° 962, avril 1888, Moyen Congo. Van Tieghem écrit :
Source : MNHN, Paris
— 130 —
PI. 5. •— Brazzeia eongoensis Baill. 1, rameau feuillé ( x 2/3) ; 2, inflorescence avec
boutons floraux (x 2/3); 3, bouton floral, (x 2); 4, fragment de corolle et
d’androcée (x 2); S, jeune fruit (x 2); 6, coupe transversale d’un très jeune
fruit (x 4); 7, fruit (x 1).
[1, 2, 3, 4, 5, 6, d’après Letouzey 2014; 7, d’après Letouzey 2823).
« Les fleurs se montrent de tout point identiques (au n° 604) ; il faut donc
admettre (?) que ce second échantillon, que Bâillon paraît n’avoir pas
connu, appartient à la même espèce ».
Aire et habitat : Cameroun, Oubangui, Moyen Congo, Congo ex belge
(dans tout le bassin du Congo). Fréquent au long des cours d’eau, en
sous-bois périodiquement inondé.
Caractères particuliers : arbuste ou petit arbre atteignant 8 à 10 m
de hauteur et 20-25 cm de diamètre à la base; tronc parfois ramifié non
loin du sol; rameaux étendus d: horizontalement et feuillage disposé
dans le même plan. Écorce à tranche rouge sang, fibreuse ; bois très dur.
Très jeunes rameaux glabres mais à surface liègeuse, rougeâtre, se plissant
et se desquamant. Feuille à pétiole extrêmement court; limbe elliptique
légèrement obovale ne dépassant guère en général 10 cm x 5 cm mais
atteignant parfois 17 cm X 6 cm et caractérisé par une légère inégalité des
Source : MNHN, Paris
— 131 —
deux moitiés latérales, base du limbe aigue, bord entier ou faiblement
ondulé, sommet peu aigu brièvement acuminé, 3 ou 4 paires de nervures
latérales arquées ascendantes, réseau de nervilles parallèles assez obscur
limbe vert glauque au-dessous, de consistance J; coriace.
Inflorescences formées de 5 à 10 fleurs ou fleurs isolées. Boutons
floraux blancs puis rosés. Calice largement patelliforme sinueux et ployé
ou scutelliforme, atteignant 5 mm de diamètre dans le bouton et jusqu’à
10 mm lorsque la fleur est épanouie; bord du calice festonné et pouvant
se déchirer irrégulièrement. Fleurs roses à étamines jaunes dont les 3 à
5 pétales sont retournés à l’épanouissement.
Rhaplopelalum brachyantherum Van Tieghem a été créé pour un
échantillon de Thollon dont les fleurs sont en réalité très jeunes; les
caractères staminaux observés sont ainsi sans grande valeur — l’andro-
cée restant une androcée de Brazzeia et non de Rhaplopelalum — et par
ailleurs les différences foliaires signalées sont très secondaires. Engler
(1921) avait déjà émis l’hypothèse que cette espèce de Van Tieghem était
identique à Pseudobrazzeia Iholloni Engler (= B. congoensis Baill.).
En ce qui concerne l’ovaire, Bâillon, dans sa diagnose, le considère
comme généralement quadriloculaire ; Pierre mentionne dans ses notes
d'herbier que l’observation de la structure de l’ovaire reste douteuse;
Van Tieghem (1905) écrit que l’ovaire est composé dé 3 à 5 carpelles;
De Wildeman et Durand (1899) fixe ce chiffre à 5-7. Les capsules d’autres
échantillons étant manifestement déhiscentes par 5 ou 6 valves, il y avait
là une anomalie; de nouvelles analyses portant sur l’échantillon Thol¬
lon n° 962 et sur plusieurs autres révèlent que l’ovaire, en dôme plus ou
moins tabulaire, est normalement creusé de 6 loges, parfois de 5 ou 7 (et
peut-être de 4 comme le voulait Bâillon).
Jeunes fruits verts, portés par un pédicelle arqué, recourbé vers le
bas et vers le tronc ou la branche. Fruits orangés à maturité, bruns
ensuite, constituant une capsule subglobuleuse de 15 à 20 mm de diamètre
(et jusqu’à 40 mm), à déhiscence très tardive, s’ouvrant par 5-6 valves
et renfermant quelques graines agglomérées en une masse sphérique
mucilagineuse. Cette déhiscence tardive a été spécialement mentionnée
par plusieurs collecteurs et ainsi disparait le genre Pseudobrazzeia
créé par Engler (1921).
Des notes manuscrites de Pierre, conservées en herbier, signalaient des
erreurs d’interprétation (pour le calice en particulier) et diverses varia¬
tions accessoires (périgynie, anthères, loges ovariennes) pour B. congoensis
Baill.; négligeant ces erreurs et ces variations fut ainsi créé B. Iholloni
Baill. mais c’est surtout en supposant la nature du fruit (drupe et non
capsule) que Van Tieghem a maintenu l’entité de cette espèce et l’a rangée
parmi les Rhaptopetalum ; ce faisant il a négligé les particularités stami-
nales (alors qu’il les prenait en considération pour Rhaptopetalum eetvel-
deanum De Wild. et Dur. et R. soyauxii Oliver et reclassait ces espèces
parmi les Brazzeia — cf. Van Tieghem (1905), pp. 355, 357 et 372, 373).
B. tholloni Baill. paraît donc bien identique en définitive à B. congoensis
Baill.
Source : MNHN, Paris
— 132 —
Échantillons :
Cameroun : Letouzey n° 2014, mai 1959, près rivière Likeni-Meteni-
Yoko, fleurs et fruits.
Letouzey n° 2823, janvier 1960, près fleuve Sanaga-Mbargue-
Bertoua, fruits.
Oubangui : Thollon n° 97, mai 1889, fleurs (sous dénomination : B. thol¬
loni Baill.).
Dybovski n° IB, mars 1892, fleurs (sous dénomination : B. tholloni
Baill.).
Mission Fourreau n° 3113, juillet 1900, bords de l’Oubangui, fleurs
(sous dénomination : B. tholloni Baill.).
Tisserant n° 1364, janvier 1924, près rivière Moka-Alindao-Bambari,
fleurs et fruits.
Moyen Congo : Thollon n° 604, Brazzaville, fleurs (type in herb. Paris,
cf. ci-dessus).
Thollon n° 962, avril 1888, Brazzaville, fleurs.
Thollon (sans n°), fleurs (sous dénomination : Bhaplopelalum bra-
chyantherum Van Tieghem).
Chevalier n° 27.472, juillet 1912, bords du Djoué-Renéville-pays
Batéké, fleurs et fruits (sous dénomination : Erythropyxis eelveldeana
(De Wild. et Dur.) Engler).
Pobéguin n° 72, mars 1920, rives de la Sangha-Ikélembor, fleurs.
Congo cx-belge : échantillons divers, Equateur et Bas Congo (existerait,
cf. Engler (1921) — « Pseudobrazzeia tholloni Engler »— au Kasaï et
près de l’Aruwimi), fleurs et fruits.
4. 2. Brazzeia longipedicellata Verdcourt in Kew Bull. (1950),
p. 344.
Type : Purseglove n° 2002, mars 1946, Uganda, fleurs et fruits.
Aire et habitat : Uganda, Congo ex belge oriental (Kivu). Près des
cours d’eau.
Caractères particuliers : Verdcourt mentionne les affinités de cette
espèce avec B. tholloni Baill. (= B. congoensis Baill.) dont elle diffère
par des pédicelles floraux atteignant 4 cm de longueur alors que pour la
seconde espèce ils n’atteignent et ne dépassent guère 1 cm.
Petit arbre de 5 à 8 m de hauteur. Fleurs blanches (?) (corolle blan¬
che, anthères jaunes) qui, au moment de l’épanouissement, atteignent
3 cm de diamètre. Ovaire à 6 loges. Capsule subglobuleuse, mesurant
près de 3 cm de diamètre, de teinte orange à maturité, tardivement
déhiscente (Verdcourt considère le fruit comme une « capsule indéhis¬
cente » mais émet des réserves sur la distinction entre les genres Brazzeia
Baill. et Pseudobrazzeia Engler, cf. ci-dessus « Distinctions génériques »);
environ 8 graines agglomérées en masse sphérique mucilagineuse.
Échantillons (in herb. Paris) :
Congo cx-belge : Lebrun n° 5193, mars 1932, entre Masisi et Walikale-
Source : MNHN, Paris
— 133 —
Kivu Congo ex-belge oriental, fleurs et fruits (sous dénomi¬
nation : B. eelveldeana (De Wild. et Dur.) Van Tieghem).
Les feuilles sont à limbe oblong lancéolé, avec base cunéiforme et
sommet aigu peu nettement acuminé — et non elliptique acuminé comme
dans le type, celui-ci plus proche encore de B. congoensis Baill. Cette
différenciation foliaire paraît très secondaire et on ne doit, semble-t-il, en
tenir compte jusqu’à plus amples récoltes. Les pédicelles floraux mesurent
environ 25 mm et le fruit atteint 25 mm de diamètre.
Remarque : B. congoensis Baill. se retrouvant au long de l’Aruwimi,
B. longipedicellata Verdcourt pourrait être considérée comme une variété
orientale de la première espèce, localisée en basse zone montagneuse.
4. 3. Brazzeia soyauxii (Oliver) Van Tieghem in Ann. Sci. Nat.
sér. IX, I (1905), p. 356.
= Bhaplopelalum soyauxii Oliver in Hooker Icônes plant. XV
(1883) pl. 1405, p. 4.
= Erylhropyxis soyauxii (Oliver) Engler in Bot. Jahrb. XXXII
(1902), p. 103.
= Brazzeia biseriala Van Tieghem in Ann. Sci. Nat. sér. IX, I
(1905), p. 358.
= Brazzeia pellucida Van Tieghem in Ann. Sci. Nat. sér. IX, I
(1905), p. 359.
= Brazzeia rosea Van Tieghem in Ann. Sci. Nat. sér. IX, I (1905),
p. 358.
= Brazzeia scandens (Pierre) Van Tieghem in Ann. Sci. Nat. sér. IX,
I (1905), p. 356.
= Erylhropyxis [Erylropyxis] scandens Pierre in Bull. Soc. linn.
Paris (1896), p. 1266.
= Bhaplopelalum scandens Pierre (in herb.).
= Brazzeia trillesiana Pierre ex Van Tieghem in Ann. Sci. Nat.
sér. IX, I (1905), p. 359.
(A noter en premier lieu que les échantillons-types utilisés par
Van Tieghem pour créer ses diverses espèces {basées le plus souvent cha¬
cune sur un seul échantillon) proviennent tous, ou presque, du Gabon
et plûs spécialement de l’unique région de Libreville et également
qu’Engler (1921) mettait en doute la validité de diverses espèces.)
Type : Soyaux n° 130, septembre 1880, Gabon, fleurs. (D’après
Engler in Bot. Jahrb. XXXII (1902), p. 103 — paratype : Soyaux n° 171,
janvier 1881, même localité, fruits — ne paraît pas avoir été connu de
Oliver qui dans sa diagnose mentionne : « I hâve not seen fruit nor seed ».)
Aire et habitat : Cameroun britannique méridional, Cameroun,
Guinée espagnole, Gabon, Moyen Congo. Sous-bois forestier sur sol sec.
Caractères particuliers : Arbuste ou petit arbre de 10-12 m de hau¬
teur et 20-25 cm de diamètre à la base, [pouvant atteindre 20 à 25 m
de hauteur et 40 à 60 cm de diamètre à la base d’après une note jointe
à l’échantillon Chevalier n° 33674 (Fleury?)].
(Sous le nom de B. biseriala, Van Tieghem (1905) a décrit une « liane
Source : MNHN, Paris
— 134 —
à fleurs rougeâtres » d’après l’unique échantillon de Klaine n° 1340;
Pierre (in herb.) émet un doute quant à cette indication car, par ailleurs,
la plante lui semble analogue à son Erylhropyxis scandens. L’échantillon
présente des feuilles parfois un peu différentes de celles de B. soyauxii
(Oliver) Van Tieghem mais ces feuilles se retrouvent sur divers échantillons
qui ont également des rameaux grêles, flexueux et ramifiés ; cette morpho¬
logie particulière est assez courante sur des arbustes sarmenteux prove¬
nant souvent eux-mêmes de rejets de souche — les fleurs et fruits pouvant
se développer sur ces rameaux.)
(Un problème analogue se pose pour Erythropyxis scandens Pierre
décrit d’après l’échantillon Jolly n° 59 avec l’indication : « arbuste grim¬
pant de 10 m de haut »; une note manuscrite de Pierre indique ensuite :
« liane de 10 m, fruits attachés au tronc entre les feuilles ». Pierre (in herb.)
rapprochait déjà cet échantillon de B. soyauxii (Oliver) Van Tieghem, et
Engler (1902, p. 103) considérait les deux espèces comme très voisines et
même identiques, tous autres caractères étant analogues.
De nouvelles récoltes de matériel d’aspect lianescent, accompagnées
de toutes observations nécessaires effectuées sur le terrain même, permet¬
tront de savoir si ces deux espèces sont effectivement identiques; elles
peuvent être provisoirement considérées comme telles.)
Pour des arbustes de sous-bois de 6-8 m de hauteur et de 10 cm de
diamètre à la base, le fût vertical, irrégulier, supporte des branches étalées
horizontalement ou légèrement obliques vers le haut; le rhytidome est
vert foncé brunâtre; la tranche de l’écorce, peu épaisse, est brun clair
fonçant à l’air. Le feuillage est peu abondant; les très jeunes rameaux
sont bordés d’un seul côté de deux côtes longitudinales séparées par un
large sillon et sont couverts d’une pubérulence papilleuse brunâtre.
La ramification est sympodique et la présence de cataphylles est
fréquente.
Les feuilles sont très semblables à celles de B. congoensis Baill.
mais l’acumen est plus individualisé, le nombre de paires de nervures
latérales est de 5 ou 6 et non plus de 3 ou 4, la consistance du limbe est
plus membraneuse que coriace et surtout la marge du limbe est nettement
dentée; le limbe atteint jusqu’à 10-12 cm de longueur et 4-5 cm de lar¬
geur. Pour les rameaux anormaux ci-dessus mentionnés, le limbe est
souvent presque oblong-lancéolé et la marge peut être entière.
Échantillons stériles de B. soyauxii (Oliver) Van Tieghem et de
Pierrina zenkeri Engler peuvent, semble-t-il, se différencier par leurs
rameaux (non sillonnés mais anguleux ainsi que glabres et non pubéru
lents chez Pierrina), le nombre de paires de nervures latérales (7 à 9 chez
Pierrina), le pétiole (mieux individualisé chez Pierrina).
Inflorescences formées de 6 fleurs environ, ou moins, ou de fleurs
isolées, sur toute la hauteur du tronc et sur les branches. Bouton floral
± subglobuleux ovoïde, à sommet obtus ou aigu. Fleur épanouie rose à
étamines jaunes.
Calice cupuliforme largement ouvert, à marge crénelée-festonnée ou
plus rarement entière. Corolle, formée dans le bouton d’un nombre de
Source : MNHN, Paris
135 —
pétales indiscernable, s’ouvrant en 3 à 5 lobes (Van Tieghem (1905),
malgré ses recherches anatomiques, ne peut émettre aucune hypothèse
sur le nombre de pétales et signale qu’à l’épanouissement la corolle s’ouvre
en 2 (?) à 5 lobes).
L’androcée présente des étamines plus courtes vers l’extérieur que
vers le milieu ou l’intérieur mais ce caractère générique des Brazzeia
est en réalité de faible valeur pour des fleurs épanouies. Le gynécée
offre des variations morphologiques qui paraissent être en relation beau¬
coup plus avec l’état de développement de la fleur qu’avec des différences
spécifiques réelles; un matériel beaucoup plus important, avec fleurs et
fruits des mêmes individus, permettrait peut-être de réviser cette concep¬
tion. L’ovaire est extérieurement en dôme tabulaire parfois déprimé au
centre, demi-sphérique ou conique, et porte ou non les marques sillonnées
de l’androcée appuyée contre lui. Surmonté d’un style aussi long que
lui terminé par un stigmate légèrement capité entier ou lobulé, il est
creusé de (4) 5-6-7 (8) loges.
(B. biseriala Van Tieghem est basé sur un ovaire à 6 loges présentant
chacune 2 séries (et non 4 séries) d’ovules; ce caractère paraît être de
faible valeur car une telle placentation se retrouve chez B. soyauxii
(Oliver) Van Tieghem).
(La fleur de B. soyauxii (Oliver) Van Tieghem offre donc parfois
quelques analogies avec celle de Pierrina zenkeri Engler et, en l’absence
de matériel de comparaison groupant pour cette espèce fleurs et fruits
du même individu, on peut hésiter sur l’identification de fleurs de
B. soyauxii (Oliver) Van Tieghem. La fleur de Pierrina zenkeri Engler a
en effet été décrite d’après de jeunes fleurs et les caractères suivants
peuvent prêter à confusion entre les deux espèces : les inflorescences se
développent sur les petites branches chez Pierrina mais aussi sur des
branches de faibles dimensions chez Brazzeia ; le bouton floral subglobu¬
leux chez Pierrina zenkeri Engler n’est pas toujours nettement ovoïde
aigu chez B. soyauxii (Oliver) Van Tieghem; le calice de Pierrina longi-
folia Engler paraît crénelé-festonné (cf. Engler (1909), p. 375, fig. 1,
R et K) et ainsi s’éloigne du caractère générique donné par Engler; la
corolle de Pierrina zenkeri Engler présenterait 12 pétales dans le bouton
mais il n’est pas précisé si elle s’ouvre en 12 lobes, ou en 3 à 5 comme chez
B. soyauxii (Oliver) Van Tieghem; filet et anthère des étamines sont
théoriquement égaux chez Pierrina et inégaux chez Brazzeia mais ce
caractère requiert l’observation de matériel convenable; l’ovaire est à
4 loges chez Pierrina zenkeri Engler (à noter que des fruits de Pierrina
s’ouvrent, très exceptionnellement, par 5 valves) mais ce nombre de loges
paraît se retrouver parfois chez B. soyauxii (Oliver) Van Tieghem).
Jeunes fruits roses avec calice persistant à la base et style au sommet.
Fruit subglobuleux, parfois légèrement en pointe au sommet, atteignant
jusqu’à 3 cm de diamètre, de teinte rouge à maturité, s’ouvrant par (4)
5-6-7 (8) valves et renfermant quelques graines agglomérées en une masse
sphérique mucilagineuse.
Source : MNHN, Paris
— 136 —
Échantillons :
Cameroun britannique méridional : Brenan et Onochie n° 9479
(in litt.).
Cameroun : Zenker n° 3775, ann. 1908, Bipindi, fleurs (sous dénomi¬
nation : Scytopelalum sp.).
Zenker n° 1119, novembre 1891, Bipindi, fleurs — considéré d’abord
par Engler (1902, p. 103) comme Erythropyxis scandens Pierre, a
été reclassé par lui (1909, p. 376) comme Pierrina zenkeri Engler
d’après une récolte de Zenker effectuée sous même numéro (?) en
octobre 1896).
Letouzey n° 1904, mai 1959, Nkolesson-Nanga Eboko, fleurs.
Guinée espagnole : Le Testu n° 9588, mai 1934, « Nzore espagnol »,
fruits (non en herbier).
Gabon : Soyaux n° 130, septembre 1880, Sibange, fleurs (isotype in
herb. Paris).
Lecomte n° C 38, décembre 1894, Niounroux, fruits.
Klaine n° 1795, avril 1900, fruits (ces jeunes fruits anormaux parais¬
sent être pathologiques).
Trilles n° 33, Libreville, stérile.
Le Testu n° 1196, octobre 1907, Dabilila, fleurs.
Le Testu n° 7705, novembre 1929, Liyanga-Lastoursville, fleurs.
Le Testu n° 8442, octobre 1930, Poungou-Lastoursville, fleurs.
Le Testu n° 9371, novembre 1933, entre Ogoué et Cameroun-Nzou-
mou, fleurs.
Aubréville n° 145, septembre 1945, Azingo, fleurs.
Hallé n° 883, août 1959, Mont de Cristal-Akoga, fruits (dessin
n° 112).
Klaine n° 1340, octobre 1898, fleurs (sous dénomination : B. biseriala
Van Tieghem).
Leroy n° 14, octobre 1895, Mina, fleurs et fruits (sous dénomination :
B. pellucida Van Tieghem).
Klaine n 08 1788, 1893, 2015, 2247 et 2329 — tous échantillons pré¬
levés sur le même individu, de mars 1900 à juillet 1901, fleurs et
fruits (sous dénomination : B. rosea Van Tieghem).
Jolly n°59, ann. 1894, fleurs et fruits, (acolla en pahouin) [sous déno¬
mination : B. scandens (Pierre) Van Tieghem — « arbuste grimpant
de 10 m de haut »].
Chevalier n° 33674 (Fleury), mai 1917, Libreville, fruits, (obang-
gnare en pahouin), arbre de 20 à 25 m de haut, à tronc de 40 à 60 cm
de diamètre?
Autran comm. Heckel n°49, Libreville, (sous dénomination : B. scan¬
dens (Pierre) Van Tieghem).
Autran comm. Klaine n° 750, octobre 1896, (sous dénomination :
B. scandens (Pierre) Van Tieghem).
Source : MNHN, Paris
— 137 —
Trilles n° 10, ann. 1897, fruits, (obiaugûan en pahouin), (sous dénomi¬
nation : B. trillesiana Van Tieghem). —Van Tieghem (1905) assurait
que Pierre avait déjà reconnu l’autonomie de cette espèce, or on
trouve dans une note manuscrite de Pierre attachée à l’échantillon
en cause :
« En somme je ne vois au Gabon que 3 espèces discutables d’ailleurs :
1. B. congoensis (à anthères bilobées, fruit sphérique) ; 2. B. soyauxii
(à anthères obtuses ou courtement mucronées, fruit sphérique);
3. B. klainei (fruit acuminé.) ».
Moyen Congo : Normand (sans n°), Mayombe-Dimonika-Mvouti, fruits.
4. 3’. var. acuminata (Van Tieghem) R. Letouzey comb. nov. (PI.2.)
= Brazzeia acuminala Van Tieghem in Ann. Sci. Nat. sér. IX, 1
(1905), p. 359.
= Brazzeia klainei Pierre ex Van Tieghem in Ann. Sci. Nat. sér
IX, I (1905), p. 359.
Syntypes : Klaine n° 1319 et 2024, septembre 1898 à novembre 1900,
Gabon, fleurs et fruits.
Lecomte n° E. 114, mars 1894, Gabon, fruits.
Aire : Gabon.
Caractères particuliers : ne diffère de B. soyauxii (Oliver) Van Tie¬
ghem que par son fruit acuminé. La distinction d’après la forme de
l’ovaire, pour les échantillons en fleurs, semble difficile car l’on trouve
sur le n° 1319 de Klaine des ovaires presque globuleux arrondis et non
ovoïdes acuminés, les jeunes fruits des divers échantillons paraissent
toujours cependant ovoïdes acuminés.
Échantillons :
Gabon : Lecomte n° E 114, mars 1894, Pimbi, fruits (syntype in herb.
Paris).
Klaine n 08 1319 et 2024, septembre-décembre 1898 et novembre 1900,
fleurs et fruits (syntypes in herb. Paris).
Klaine (sans numéro), ann. 1902, fruits.
Clé des espèces
— Jeunes rameaux glabres ; feuilles à limbe ± coriace et à bord
entier, garnies de 3 à 5 paires de nervures latérales; fruits
orangés àmaturité.
= Pédicelles courts ne dépassant guère 1 cm de longueur;
corolle épanouie de teinte rose. 4.1. B. congoensis Baill.
= Pédicelles longs atteignant 4 cm de longueur; corolle épa¬
nouie de teinte blanche (?).... 4.2. B. longipedicellata Verdcourt.
— Jeunes rameaux pubérulents-papilleux; feuilles à limbe membra¬
neux et à bord denté, rarement entier, garnies de 5-6 paires de
nervures latérales; fruits rouges à maturité.
= Fruit subglobuleux, parfois légèrement en pointe au sommet
. 4.3. B. soyauxii (Oliver) Van Tieghem.
= Fruit acuminé .4.3’. B. soyauxii var. acuminata
(Van Tieghem) R. Let.
Source : MNHN, Paris
— 138 —
5. — PIERRINA
5. 1. Pierrina longifolia Engler in Bot. Jahrb. XLIII (1909),
p. 376.
Type : Zenker n° 3671, février 1908, Cameroun, fruits.
Aire : Cameroun.
Caractères particuliers : arbuste à rameaux tétragones, glabres,
portant des cataphylles. Feuille à pétiole long de 5 mm; limbe membra¬
neux, de forme allongée oblongue, atteignant 20 cm X 6 cm, terminé
par un acumen étroit de 2 cm, à bord entier (« haud serrulata »), garni
de 7 à 9 paires de nervures latérales. Le calice, d’après l’illustration accom¬
pagnant la diagnose (p .375, fig. 1, R), paraît crénelé-festonné et non à
marge entière. Fruit allongé (5 à 7 cm), cylindrique à la base (diamètre
1,5 cm), à sommet atténué aigu, sillonné longitudinalement, rouge cinabre
à maturité, garni de 2 loges fertiles opposées et de 2 loges stériles, s’ouvrant
par 4 valves. Graines tuniquées atteignant 20 mm de longueur, 12 mm
de largeur et 4 à 5 mm d’épaisseur.
Échantillons :
Cameroun : Zenker n° 3671, février 1908, Bipindi, fruits (in litt.).
Büsgen (n 0 ?), Muyuka (in litt.).
Ledermann (n 0 ?), « dans la forêt alluviale de Elabi (?) près Ilende (?) »
(in litt.).
5. 2. Pierrina zenkeri Engler in Bot. Jahrb. XLIII (1909), p. 376.
Syntypes : Zenker, n 08 1119 et 3737, octobre 1896 et février 1908,
Cameroun, fleurs et fruits.
(Zenker n° 1119, novembre 1891 (anomalie inexplicable, Zenker
n’ayant certainement pas donné le même numéro à 2 échantillons récoltés
à 5 ans d’intervalle), Cameroun, fleurs, avait d’abord été considéré par
Engler (cf. 1902, p. 103) comme Erythropyxis scandens Pierre.)
Aire et habitat : Cameroun. Sous-bois forestier.
Caractères particuliers : arbuste atteignant 10 à 15 m de hauteur.
Diffère de P. longifolia Engler par les caractères foliaires suivants :
Feuille à pétiole long de 1 mm; limbe de forme oblongue, mesurant
8 à 17 cm x 4 à 7 cm, avec une base un peu inéquilatérale, terminé par
un acumen étroit de 1 à 3 cm, à bord denté « leviter et obtuse serrata ».
Par ailleurs le bouton floral est subglobuleux; la corolle paraît formée
de 12 pétales dans le bouton (mais il est impossible de préciser le nombre
de lobes de la corolle épanouie). Ovaire à 4 loges avec 6 ovules bisériées
environ par loge. Fruit fusiforme atteignant environ 5 cm X 1,5 cm;
graines plus petites que dans l’espèce précédente. Très exceptionnellement
le fruit peut s’ouvrir par 5 valves. En réalité caractères foliaires et surtout
aspect du fruit présentent en herbier des variations notables qui rappro¬
chent parfois P. zenkeri Engler de P. longifolia Engler.
Source : MNHN, Paris
— 139 —
Échantillons :
Cameroun : Zenker n° 1119, novembre 1891 et octobre 1896 (cf. ci-dessus),
Bipindi-Comanchio, fleurs (in litt.).
Zenker n° 3737, février 1908, Bipindi-Nkuamba, fleurs et fruits
(syntype-isotype (fruits) in herb. Paris).
Annet n° 497, juillet 1918, Edea, fruits, (mbia).
Chevalier n° 33361 (Fleury), juillet 1917, Muyuka (PK 69 CFN)-
Dékouma-Ndzigo, fruits.
Chevalier n° 33382 (Fleurv), juin 1917, bassin du Mungo-Muyuka
(PK 59 CFN)-Ndo, fruits*
Clé des espèces
— Pétiole long de 5 mm; limbe allongé oblong, de 20 cm x 6 cm
au maximum, à bord entier. 5.1. P. longifolia Engler.
— Pétiole long de 1 mm; limbe oblong, de 17 cm X 7 cm au maxi¬
mum, à bord denté. 5.2. P. zenkeri Engler.
Remarque: Engler a créé en 1897 la famille des Scytopétalacées,
groupant les 2 genres Scylopetalum et Rhaptopetalum, tout en signalant
que Pierre, dans ses notes d’herbier, rapprochait les genres Rhaplopela-
lum, Brazzeia, Erythropyxis et Scytopelalum et en formait une famille
des Rhaptopétalacées. Van Tieghem, dès le 27 novembre 1896, mention¬
nait l’existence de cette famille basée sur 4 genres dont 3 déjà publiés
(Rhaplopelalum en 1865, Brazzeia en 1886, Erylhropyxis cité le 5 juin
1896), le quatrième devant être publié postérieurement par Engler en
1897 d’après des notes de Pierre.
Engler donnait simultanément les caractères de la famille des Scyto¬
pétalacées basée sur les deux seuls genres Scylopetalum et Rhaplopelalum
et constituait ainsi un démembrement de la famille des Rhaptopétalacées
de Pierre, lequel avait défini implicitement cette famille par l’ensemble
des caractères attribués aux 4 genres en cause (dont le premier nommé
était Rhaptopetalum).
La plupart des auteurs modernes, se basant sur les travaux d’En-
gler (1921), ont conservé le terme « Scytopétalacées », rares étant ceux
qui adoptèrent la dénomination de Pierre et utilisèrent pour leurs études
l’important travail de Van Tieghem (1908) concernant la famille des
« Rhaptopétalacées ».
Le Code International de la Nomenclature Botanique (Utrecht 1956),
à propos de son article 38, cite en exemple ce problème de dénomina¬
tion et considère que seul le terme « Scytopétalacées » est valable. Cette
opinion, comme on peut le voir ci-dessus, manque de bases logiques
mais, pour éviter toute discussion stérile, peut être considérée comme
acceptable.
Source : MNHN, Paris
Bibuographii
(Les cotes des ouvrages sont celles de la Bibliothèque du Laboratoire de Phané-
rogamie du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.)
1865 Oliver D. — Journ. Linn.Soc. (Bolany), VIH, pp. 159-160 et tab. 12 (Per F p. 1).
1867 Bentham G. et Hooker J. — Gen. Plant., p. 995 (Ge p. 39).
1868 Oliver D. — Fl. trop. A/r., I, pp. 351-352 (Af p. 90).
1883 Oliver D. — Hooker's Icônes plant, n° 1405, p. 4 (Per E p. 3).
1886 Bâillon H. — Bull. mens. Soc. Linn. Paris, n» 77, pp. 609-610 (Per G p. 24).
1890 Bâillon H. — Bull. mens. Soc. Linn. Paris, n» 109, pp. 868 à 870 (Per G p. 24).
1895 Schumann K. — Nat. Pflanz., III, 6, p. 17 (Ge p. 37).
1896 Pierre L. — Bull. mens. Soc. Linn. Paris, n» 160, pp. 1265-1266 (Per G p. 24).
1896 Van Tieghem P. — Bull. Soc. Bol. France, n° 43, p. 566 (Per I p. 1).
1897 Engler A. — Nat. Pflanzen/., Nachtràge zum II-IV Teil, pp. 242 à 245 (Ge p. 37).
1897 Pierre L. — Bull. mens. Soc. Linn. Paris, n° 163, p. 1296 (Per G p 24).
1897 Schumann K. — Nat. Pflanzen/., Nachtrage zum II-IV Teil, p. 233 (Ge p. 37).
1899 Durand T. et De Wildeman E. — Mal. /I. Congo-Bull. Soc. roy. Bot. Belg.,
n» 38, pp. 121-122 (Per L p. 78).
1900 De Wildeman E. et Durand T. — PI. Gilletianae Ï-Bull. herb. Boiss., sér. II,
I, p. 8.
1901 De Wildeman E. et Durand T. — Beliq. Dewevreanae, fasc. 1 (1895-1896)
Ann. Mus. Congo Bot., III, pp. 42-43 (Af m 4).
1902 Engler A. —■ Bol. Jahrb. XXXII, pp. 101 à 103 (Per B p. 2).
1903 De Wildeman E. — Et. fl. Bas et Moyen Congo I -Ann. Mus. Congo V, pp. 31 à
33 et pl. XVII et XVIII (Af m 4 bis).
1905 Van Tieghem P. — Ann. Sc. Nat., sér. IX, Bot. t. I, pp. 321 à 388 (Per H p. 1).
1906 De Wildeman E. — Miss. Emile Laurent ( 1903-1904 ), pp. 150 et 243 (Af p. 27).
1908 Thonner F. — Blütenpll. A/r., p. 380 et pl. 96 (Af p. 42).
1908 De Wildeman E. — Et. /7. Bas et Moyen Congo II. Ann. Mus. Congo V, pp. 309-
310 (Af m 4 bis).
1909 Chevalier A. — Vèg. ut. A/r. trop, fr., V, pp. 220-221 (Af p. 22).
1909 Engler A. — Bol. Jahrb., XL1II, pp. 373 à 377 (Per B p. 2).
1910 Durand T. — « Syll. 11. congol. », Bull. Jard. bot. Etat, II, pp. 67-68 (Per L p. 105).
1910 Engler A. — (Engler et Drude Vég. Erde IX) P/lanzenwell A/r., I, 2, pp. 702-
703 (Af p. 92).
1911 Gürke M. — Bol. Jahrb., XLVI, p. 152 (Per B p. 2).
1911 Gürke M. — Wiss. ergeb. Deulschen Zent. A/r. Exped. ( 1907-1908), II, 4, p. 525
(Af p. 60).
1912 Baker E. — Cal. pl. coll. Talbot Obandisl. South Nigeria, pp. 15-16 (Af p. 53).
1913 Chipp T. — Gold Coasl trees, p. 14.
1917 Chevalier A. — For. et bois du Gabon (Af p. 48).
1920 Chevalier A. — Explor. bol. A/r. occ. fr., I, p. 122 (Af p. 49).
1921 Engler A. — (Engler et Drude Vég. Erde IX) Pflanzenwell A/r., III, 2, pp. 470
à 475 (S 5392).
1922 Pellegrin F. — Bull. Mus. Hisl. Nat., n° 22, pp. 92-93 (Per H p. 11).
1924 Pellegrin F. — Fl. Mayombe, pp. 61-62 (Af p. 45).
1926 Hutchinson J. — Fam. flou), pl., I, p. 91 (Ge p. 214 bis).
1927 Exell A. —■« Gossweiler’s Port. West Afr. Pl. », Journ. Bol., n° 65, supp., p. 74
(Per F p. 17).
1927 Hutchinson J. et Dalziel J. — Fl. Wesf trop. Afr., I, 1, pp. 237-238 (Af p. 91).
1928 Hutchinson J. et Dalziel J. — Trop. Afr. Pl., III, Keui Bull., p. 228 (Per F
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1929 Lemée A. — Dicl. genres, I, pp. 669-670 (Ge p. 290).
Source : MNHN, Paris
— 141 —
1930 Irvine F. — Pl. Gold Coasl, p. 380 (Af p. 55).
1930 Lemée A. — Dicl. genres, II, p. 804 (Ge p. 290).
1931 Cooper G. et Record S. — « The evergreen for. Liberia », Bull. Yale Univ. Sch.
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1931 Lemée A. — Dicl. genres, III, p. 15 (Ge p. 290).
1932 — Dicl. genres, IV, pp. 949-950 (Ge p. 290).
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1935 — Dicl. genres, VI, pp. 39-40 et supp., p. 1255 (Ge p. 290).
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1939 Gossweiler J. et Mendonça F. — Cari. Filogeogr. Angol. 54.
1939 Lemée A. — Dicl. genres, VII, pp. 339-340 (Ge p. 290).
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1950 Verdcourt B. — Trop. A/r. PL, XXI, Kew Bull:, pp. 344-347 (Per F p. 2).
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1954 Roberty G. — Petite p. ouest a/r., p. 48 (Af p. 65).
1955 Normand D. — AU. bois Côle d'ivoire, II, pp. 247-248 (Af p. 17).
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1958 Keay R. — (Hutchinson et Dalziel) Fl. West trop. A/r. (2« éd.), I, 2, pp. 299-300
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1959 Aubréville A. — Fl. for. Côte d’ivoire (2 e éd.), II, pp. 309 à 311 (Af p. 63 B).
1959 Hutchinson J. — Fam. pow. pl. (2 e éd.), I, pp. 249-250 (Ge p. 214 bis).
1960 Chad.efaud M. et Emberger L. — Tr. bot., II, 2, p. 901 et fig. 1254 (Ge p. 439).
Iconographie
1.1 Oubanguia a/ricana Baill. Pl. 1.
1.1' Oubanguia a/ricana var. denliculala (Van Tieghem) R. Letouzey comb. nov. Pl. 1.
1.2 Oubanguia a/ata Bak. f.
1927 Hutchinson J. et Dalziel J., fig. 103.
1958 Keay R., fig. 113.
1.3 Oubanguia duchesnei (Engl.) Van Tieghem, néant.
1.4 Oubanguia klainei Van Tieghem, Pl. 1 .
1.5 Oubanguia lauri/olia (Pierre) Van Tieghem.
1903 De Wildeman E., pl. XVII ( Egassea lauri/olia Pierre).
1926 Hutchinson J., fig. 127 ( Oubanguia lauri/olia Pierre).
1959 Hutchinson J-, fig. 115 ( Oubanguia lauri/olia Pierre).
1.6 Oubanguia ledermannii Engl, néant.
2.1 Scylopelalum klaineanum Pierre ex Engl. Pl. 2.
1897 Engier A., fig. 51 a.
1910 Engier A., fig. 601.
1921 Engier A., fig. 218.
2.1' Scylopelalum klaineanum var. Icamerunianum (Engl.) R. Letouzey comb. nov.,
2.2 Scylopelalum pierreanum (De Wild.) Van Tieghem.
1903 De Wildeman E., pl. XVIII ( Egassea pierreana De Wild.).
2.3 Scylopelalum lieghemii (A. Chev.) Hutch. et .1. M. Dalz.
1931 Cooper G. et Record S., pl. IV, n° 2 (photo).
1936 Aubréville A., pl. 232.
1959 Aubréville A., pl. 244.
1960 Chadefaud M. et Emberger L., fig. 1254.
3.1 Bhaplopetalum beguei Mangenot.
1957 Mangenot G., fig. 2.
3.2 Bhaptopelalum coriaceum Oliv.
1865 Oliver D., tab. 12 ( Bhaptopelalum Oliver).
Source : MNHN, Paris
— 142 —
3.3 Bhaplopelalum pachyphyllum (Gürke) Engl. PI. 3.
3.4 Bhaplopelalum roseum (Gürke) Engl., néant.
3.5 Bhaplopelalum sessili/olium Engl.
1908 Thonner F., pl. 96.
3.6 Bhaplopelalum sindarense Pellegrin Pl. 4.
4.1 Brazzeia congoensis Baill. Pl. 5.
4.2 Brazzeia longipedicellala Verdcourt.
1950 Verdcourt B., flg. 2.
4.3 Brazzeia soyauxii (Oliver) Van Tieghem.
1883 Oliver D., pl. 1405 ( Bhaplopelalum soyauxii Oliver).
4.3' Brazzeia soyauxii var, acuminala (Van Tieghem) R. Letouzey comb. nov., Pl. 2.
5.1 Pierrina longifolia Engl.
1909 Engler A., p. 375, flg. 1 (Q-U).
1910 Engler A., flg. 602 (Q-U).
1921 Engler A., flg. 219 (Q-U).
5.2 Pierrina zenkeri Engl.
1909 Engler A., p. 375, flg. 1 (A-P).
1910 Engler A., flg. 602 (A-P).
1921 Engler A., flg. 219 (A-P).
Source : MNHN, Paris
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(1) Les fa
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imestre 1961.
- 8708
Source : MNHN, Paris
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