ADAHS
NA
Tome
îasc. I
1963 .
^ ■w'I'
;.>,rx'-: KH H
Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
DU Centre National de la Recherche Scientifique
sous LA direction DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l'Institut Protesseur
Professeur Honoraire
Nouvelle Série
Tome III
FASCICULE 1
1963
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de BufTon, Paris (5®)
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
De Bolos a. — Tournefort et Jaume Salvador. 3
Leandri J. — Un botaniste français pionnier de la floristique brési¬
lienne : Auguste-François-Marie Glaziou (28 août 1828-30 mars
1906) et ses collections au Muséum. 5
Aubréville a. — Notes sur des Sapotacées. 19
Rauh W. — Quelques remarques complémentaires sur l’Alluau-
diopsis marnieriana Rauh. 43
Boughey a. s. — The explosive development ot a lloating weed
végétation on lake Kariba. 49
Léonard J. — Contribution à la connaissance des Euphorbiacées
du Cameroun. 62
Leandri J. — Notes sur les Urticacées malgaches. 78
Leandri J. — Addition aux Moracées introduites à Madagascar.. 89
Capüron R. — Révision des Tiliacées de Madagascar et des Comores
(ir® partie). 91
Capuron R. — Contributions à l’étude de la Flore de Madagascar
(Tuméracées, Odolepis, l'Jeclaropelalum) . 130
Vidal J. — Le genre Neiltia (Rosacées). 142
Keraudren (MH* M,). — Zombilsia, genre de Cucurbitacées endé¬
mique de Madagascar. 167
Hallé N. — Délimitation des genres Sabicea Aubl. et Ecpoma
K. Schum. en regard d’un genre nouveau ; Pseudosabicea (Mus-
sendeae, Rubiaceae) . 168
Stehlé h. — Notes taxinomiques et écologiques sur des Composées
nouvelles ou rares des Antilles françaises (28® contribution-suite) 178
Source : MNHN, Paris
TOURNEFORT ET JAUME SALVADOR
par A. DE Bolos
Directeur de l'Institut botanique de Bai'celone
C’est une histoire curieuse que celle de la première rencontre de
Tournefort avec le pharmacien et botaniste barcelonais Jaume Sal¬
vador, événement à la suite duquel ils restèrent liés par une profonde
amitié.
Jaume Salvador, né en 1648, donc de huit années plus âgé que
Tournefort, avait hérité de son père, avec une officine renommée de
pharmacie, située rue de la Fusteria, près du port de Barcelone, des
collections assez riches et surtout un vif intérêt pour la nature, principa¬
lement pour les végétaux.
Un certain jour de l'année 1687 entra dans cette pharmacie un jeune
Français, très misérablement habillé. Salvador, ayant étudié à Montpel¬
lier et possédant une bonne pratique du français, n’eut pas de difficultés à
converser de façon approfondie avec son visiteur, qui lui raconta les
circonstances de son voyage plein d’imprévu. II s'appelait Joseph Pit-
TON DE Tournefort et était né à Aix-en-Provence. A cette époque, il
était en train de finir des études de médecine à l’Université de Montpel¬
lier, où il avait fait connaissance de plusieurs des amis de Jaume Sal¬
vador. Étant parti de Montpellier avec le projet de franchir à pied les
Pyrénées en herborisant, il était tombé entre les mains d’une troupe de
brigands armés qui lui volèrent tous les objets de valeur qu’il portait et le
laissèrent presque nu. Par chance, dans le peu d’objets que ses plaintes
réussirent à sauver des bandits, il y avait quelques pièces de monnaie
avec lesquelles il put acheter le plus indispensable dans le premier hameau
qu’il trouva. C’est dans cet état qu’il était arrivé à Barcelone. Les plantes
que le jeune botaniste avait récoltées en route lui furent une recomman¬
dation bien plus utile que les lettres qu’il avait perdues pour décider
Salvador à lui donner l’aide dont il avait besoin.
Tournefort trouva chez Jaume Salvador une maison amie et la
possibilité de refaire son équipement. Salvador lui-même devint pour
le jeune Provençal un compagnon ayant les mêmes goûts scientifiques.
Le Barcelonais montra à son ami ses collections de plantes de la Catalogne
et le guida dans ses excursions près de Barcelone et plus tard dans son
voyage au Royaume de Valence.
Naturellement, une amitié née en de telles circonstances devait se
maintenir pendant toute la vie. Tournefort n’oublia pas de faire une
Source : MNHN, Paris
mention pleine de haute estime et d’afîecteuse gratitude de Salvador
« gentis suae Phœnix » dans son Isagoge, et il donna chez lui l’hospitalité
au fils de Jaume, Joan Salvador, lorsque ce dernier alla à Paris. C’est à
cette occasion que Joan Salvador put copier le texte manuscrit contenant
l’index des localités visitées par Tournefort dans son deuxième voyage
en Espagne et la liste des espèces observées. C’est probablement à ce
moment que Tournefort donna à Salvador le grand nombre d’échantil¬
lons de plantes qui figurent dans l’Herbier Salvador avec l’indication
« ex dono D. D. Tournefort. »
D’après Pourret, Tournefort avait donné à Salvador une
collection des plantes récoltées dans son voyage au Levant. Il alla jusqu’à
allirmer que cette importante collection complète pouvait être consultée
seulement à Paris dans les herbiers de Vaillant et de Jussieu et à Barce¬
lone dans l’herbier de Salvador. Aussi Lapeyrousë, dans son « Histoire
abrégée des plantes des Pyrénées », p. XXlll, dit de Tournefort qu’il
■< laissa chez Salvador, à Barcelone, un herbier précieux, trop négligé
depuis, et continua sa route vers le royaume de Valence ». De même,
Galibert, dans sa biographie de Pierre André Pourret, dit de ce bota¬
niste que « réuni à MM. Broussonet et Sibthorp il parcourut la plaine
du Roussillon et de la Catalogne. Ils virent à Barcelone l'Herbier de
Salvador, que Tournefort avait rendu très intéressant. »
Dans mon Mémoire d’entrée à l’Académie de Pharmacie de Barce¬
lone, j’ai été amené en 1959 à contredire ces alTirmations, dérivant, en géné¬
ral, de celles de Pourret. Lorsque Tournefort arriva pour la première
fois à Barcelone, de passage vers Valence, il ne portait pas grand’chose
avec lui et il n’avait pas fait encore le voyage au Levant. Les nombreuses
plantes de Tournefort qu’on trouve dans l’Herbier Salvador ont été
reçues plus tard, probablement par l’intermédiaire de Joan Salvador.
Mais elles ne semblent pas comprendre la collection complète des espèces
orientales dont parle Pourret.
Aujourd’hui l’Herbier des Salvador est conservé à l’Institut Bota¬
nique de Barcelone, et l’on est en train de faire les fiches des plantes qu’il
renferme. Lorsque ce travail sera achevé, je serai heureux de préparer
pour la publication une liste des plantes de cet herbier qui ont été données
par Tournefort.
Source : MNHN, Paris
UN BOTANISTE FRANÇAIS
PIONNIER DE LA FLORISTIQUE BRÉSILIENNE
AUGUSTE-FRANÇOIS-MARIE GLA2IOU
(28 AOUT 1828-30 MARS 1906)
ET SES COLLECTIONS AU MUSEUM
par J. Leandhi
Parmi les nombreux botanistes de notre pays qui se sont signalés
dans l’inventaire des richesses végétales de l’Amérique du Sud — qu’on
nous permette de rappeler aussi les noms d’Auguste de Saint-Hilaire.
de Hugues Algernon Weddell de L. C.Gay — il en est un qui occupe
une place un peu à part. Il appartient, en efîet, au nombre de ceux qui,
sans avoir beaucoup publié eux-mêmes, ont apporté la matière des publi¬
cations les plus importantes. Nul ne conteste que l'œuvre monumentale
de l’illustre de Martius, la Flora Brasiliensis, qui est encore l’ouvrage
de base indispensable pour l’étude de la flore de la grande Confédération
brésilienne, ne doive une part essentielle de sa documentation aux récoltes
de Glaziou. De Martius et Glaziou étaient d’ailleurs liés par une solide
amitié, et les fonds nécessaires pour l’édition d’un ouvrage aussi luxueuse¬
ment conçu furent souvent obtenus grâce à l’intervention de notre compa¬
triote, qui jouissait d’une influence considérable auprès des principaux
personnages de l’Empire du Brésil, et plus tard de la République.
Une remarquable notice historique sur Glaziou a été publiée en 1908
au Bulletin de la Société botanique de France par le professeur
Ed. Bureau, ancien directeur de l’Herbier du .Muséum. La notice publiée
par Urban dans le premier volume (chronologiquement dans le 130® fesci-
cule) de la Flora Brasiliensis contient quelques erreurs inexplicables,
bien que l’auteur déclare que cette notice a été soumise à Glaziou lui-
même. Ce dernier a dû l’approuver de confiance et sans la lire : en parti¬
culier la date de sa naissance est erronée. J'ai pu vérifier aussi auprès du
Secrétariat de l’Ecole centrale des Arts et Manufactures que Glaziou
n’avait pas été un élève de l’École. Par contre, il est exact que notre
botaniste fut nommé à Dresde le 25 mars 1868 — il avait quarante ans - -
I. Malgré son ascendance britannique, Weddell a fait sa carrière au Muséum,
où il prit sa retraite comme aide-naturaliste (on dirait aujourd'hui sous-directeur
de laboratoire).
Source : MNHN, Paris
- 6 —
docteur en philosophie de l’Académie impériale allemande Léopold-el-
Charles des Curieux de la Nature
Un autre botaniste ami de Glaziou lui a consacré aussi une notice
où il évoque quelques souvenirs personnels ; c’est le Bel>çe Cogniaux, le
spécialiste des Mélastomacées et des Cucurbitacées, qui tenait de Glaziou
une bonne partie du matériel américain qui devait servir à ses travaux.
La documentation de Bureau provenait de la propre fille de Glaziou,
Auguâle-François-Marie Glaziou.
M“** Simard, qui avait hérité de son père ses papiers et son herbier, et fit
don de ce dernier au Muséum. Glaziou avait envoyé à notre Établissement,
de 1875 à 18%, 9 112 parts récoltées dans les « provinces » {devenues
des États, les États-Unis du Brésil) de Rio de Janeiro, Sâo Paulo, Espi-
rito Santo, Minas Geraes, Goyaz. L’herbier donné par M™® Simard le
20 avril 1907 comprenait 312 boîtes et 110 paquests indépenaants, ren¬
fermant plus de 30 000 échantillons. Le Catalogue manuscrit de l’herbier
Glaziou conservé dans la Bibliothèque du Laboratoire de Phanérogamie
du Muséum énumère 22 770 numéros; si l’on y ajoute quelqes collections
l. I.ÈOPOLD !•' el son Dis Charlbs VI, empereurs d'Allemagne aux xvu« et
xvni® siècles, protecteurs des lettres el des sciences. L’Académie des Curieux de la
Nature a été fondée en 1670 el a pris le nom de Léopold-el-Charles en 1727.
Source : MNHN, Paris
spéciales qui n’y figurent pas et si l’on admet l'assertion, généralement
vérifiée, qu’il collectait à 10 exemplaires, pour les herbiers de Rio, Munich,
Rerlin, l’Arnold Arboretum, le British Muséum, les jardins botaniques de
Bordeaux et Bruxelles, pour divers spécialistes et pour son herbier person¬
nel, on trouve qu’il a dû préparer ou faire préparer environ 240 00(1
parts. Celles-ci représentent, suivant l’estimation de plusieurs botanistes,
environ 12 000 espèces, ce qui, même pour une flore riche, est énorme si l’on
lient compte du fait que le Brésil équatorial aussi bien que le Brésil sub¬
tempéré (Parana, Santa Catarina, Rio Grande) sont restés en dehors des
explorations de notre savant.
Je n’ai moi-mème que bien peu de titres à prendre à mon tour la plume
pour célébrer ce grand pionnier de la floristique du Nouveau-Monde.
Glaziou était mort depuis quinze ans lors de mon arrivée au Muséum,
et je ne puis me rappeler à son sujet que quelques confidences du regretté
F. Gagnepain. C’est donc à ce dernier et à Bureau que j’emprunterai la
plupart des données sur la vie et le caractère du grand collecteur. La pré¬
sente note contient néanmoins bien des détails inédits.
Glaziou ^ était Breton. Né à Lannion le 28 avril 1828, il avait, avec
une vive intelligence, les belles qualités de ténacité et d’obstination de
ses compatriotes. Malgré son extrême simplicité et sa bonté, il était fier
et a faisait explosion » quand on le traitait mal.
11 devait en donner une première preuve en quittant la maison pater¬
nelle à seize ans, après une cori-ection qu’il avait trouvée trop lourde. Avec
une énergie remarquable, il parcourt la France, exerçant dans différentes
villes l'horticulture, que son père, excellent praticien, lui avait apprise ;
il séjourna ainsi à Nantes, Angers, Bordeaux où il eut pour maître Durieu
DE Maisonneuve, le spécialiste de la flore d’Algérie et des Isoeles; à Paris
où il suivit les cours de Bbongniart et de Decaisne. Il avait déjà fondé
une famille quand il prit la décision de partir au Brésil (1858). Ses débuts
y furent pénibles, et il dut exercer les métiers les plus inattendus, comme
celui de rémouleur, tout en parcourant une partie du pays. 11 rencontra
ainsi dans un couvent un prêtre qui, remarquant sa vive intelligence,
lui apprit le portugais correct et le latin.
Son ascension devint alors rapide. Ayant rencontré à Rio le député
Fialho, chargé des embellissements de la capitale, il devint son colla¬
borateur, fit la connaissance de l’empereur Don Pedro II, et en 1873,
le ministre Correa de Oliveiba lui confia le soin d’établir le jardin du
Campo do Acclamaçao qui après huit ans de travaux était considéré
comme le plus beau du monde entier.
Glaziou ne négligeait pas pour autant la science pure, comme le
montre cette lettre au professeur Bureau où se manifestent son dévoue¬
ment à la botanique, sa bonté d’âme et l’affection qu’il gardait à son pays
d’origine.
I. Ses prénoms étaient à l’origine François, Marie. Il les 111 précéder plus tard
de celui d'Auguste, peut-être en mémoire de son illustre prédécesseur Saint-Hilaire.
Source : MNHIJ, Paris
liio de Janeiro, le 5 août 1871.
Monsieur,
Depuis le 5 décembre 1870, je suis prioé de dos nouvelles. Celle circons¬
tance, au su de ce qui s'esl passé d’horrible <i Paris *, m’inquiète vivement
pour vous. Je prends néanmoins la liberté de vous adresser ces quelques mots
et joins un petit paquet de graines fraîches de l'une de nos belles Bignoniaées
sarmenleuses, N. 4116.
Par ma dernière lettre de février, je crois, de l’année courante, je vous disais
que j'avais d votre intention un certain nombre de matériaux provenant de
recherches spéciales; ils se sont encore accrus, et si j’avais eu la conviction
qu'ils vous parviennent, j'aurais été heureux de vous les expédier aujourd’hui.
Espérant que ces lignes vous Irouveront en bonne santé, et que votre mai¬
son de Paris n’aura pas été atteinte ni des bombes prussiennes, ni de la torche
incendiaire des communistes, je vous prie d’écrire un mot en ma faveur, ou
mieux s'il vous était possible, de voir M. Alp. Mathieu, opticien, rue Angou-
lême du Temple, n° 38, au sujet d'un baromètre anéroïde surtout, que je
voudrais acquérir parfait.
Votre affectueusement dévoué
A. Glaziou.
C’est aussi par suite de ce désir de perfection, que Glaziou n’hésita
pas à résister à l’empereur lui-même au sujet du tracé de l’allée du parc
de la Quinta ; il ne céda que sur l’intervention de l’impératrice qui lui avait
demandé de ne pas contrarier le désir d'un monarque qui faisait si rare¬
ment ses propres volontés!
Glaziou s’était fait d’excellents amis, de Beaurepaibe, C. de
Montserrat, d’Escbagnale et un ancien précepteur de l’empereur
F. Tonnay. Ce dernier joua un grand rôle dans son ascension en achevant
de lui donner la culture générale qui lui manquait encore.
Bien que ses amis fussent souvent des grands de l’Empire, Glaziou
gardait sa dignité avec les puissants. Un jour un ancien ministre l’ayant
trouvé plantant lui-même un arbre, dans une tenue négligée, l’avait traité
de <1 botocudo » ce qui n’était pas à l’époque, considéré comme une pure
désignation ethnologique. Glaziou n’avait pas hésité à jeter le ministre
dehors sans autre cérémonie.
Comme récolteur, Glaziou était, ainsi qu’on s’en doute d’après les
résultats, d’une ardeur et d’une ténacité exceptionnelles. Il partait souvent
à trois heures du matin pour ne rentrer que fort tard, pliant sous le poids
des récoltes, à la grande inquiétude de sa femme. II était parfois si chargé
de richesses destinées au jardin botanique ou à l’herbier, qu’à Rio les
conducteurs de tramways, peut-être par crainte des protestations des
I. A la fln lie mai 1871, les troupes de Mac Mahon pénètrent clans Paris, occupé
par la Commune; pendant huit Jours et huit nuits, à la lueur des incendies, soldats et
insurgés se battent dans les rues.
Source : MNHN, Paris
— 9 —
autres voyageurs, peut-être pour ménager les forces des animaux mal
nourris qui servaient alors de force motrice, refusaient de l’admettre dans
leurs véhicules et il devait rentrer à pied à sa résidence, dans le splendide
jardin du Paseio Publico.
Un jour, égaré dans les montagnes, il avait dû, pour éviter un énorme
détour, se lancer en courant, pour n’avoir pas le temps d’être pris par le
vertige, le long d’une étroite et interminable arête bordée de chaque côté
d’inquiétants précipices. Il avait perdu dans l'aventure sa boîte, son bâton
et ses souliers.
Malgré sa force et sa santé de fer, il devait finir par être terrassé
en 1890 par des fièvres qui l’épuisèrent et l’obligèrent à rentrer en Europe,
n’ayant plus que l'apparence d’un vieillard. Admirablement soigné par
sa fille dévouée, il devait pourtant se rétablir et retourner au Brésil où il
devait séjourner encore plusieurs années.
Son herbier avait fini par dépasser en importance ceux de Sajnt-
Hilaire, de Martius, de Riedel, de Gardner, de Pohl, de Sello, de
Weddell, de Miers. La construction des chemins de fer brésiliens lui
avait permis d’étendre, à moins d’ellorts que ses prédécesseurs, le champ
de ses recherches. L’Ëtat de Goyaz avec ses « campos » riches en plantes
xérophiles et la flore alpine de ses montagnes devait occuper son activité
dans ses dernières années de séjour. Le détail des itinéraires de Glaziou
peut être consulté à la suite de la notice d’Urban dans le t. I de la « Flora
brasiliensis » et dans le Mémoire III de la Société botanique de France,
publié en 7 livraisons de 19(fô à 1913. Ce Catalogue de 661 pages est prati¬
quement le seul ouvrage de Glaziou *, qui paraît avoir éprouvé une grande
répugnance à écrire, bien que son style fût correct. Dans cette œuvre,
intitulée Planlae Brasiliae ceniralis a Glaziou lectae ; liste des plantes du
Brésil receillies en 1861-1895, l’Introduction et les idées générales ne
prennent que sept pages, mais l’énumération des espèces est accompagnée
d’intéressantes notes biologiques ou biogéographiques.
L’ordre d’énumération des plantes est celui du Généra Planiarum
de Bentham et Hooker et de l’Index de Durand ; toutefois les espèces sont
citées dans chaque genre dans l’ordre de la Flora Brasiliensis, qui a aussi
servi de guide au point de vue de la nomenclature.
Voici d’ailleurs la lettre que Glaziou écrivait à F. Gagnepain,
qui l’avait aidé à préparer pour l’impression la première livraison do
l’ouvrage, quelques semaines avant sa parution :
Chemin du Parc, 46, au Bouscal (Gironde).
Bouscal, le 16 août 1905
Cher Monsieur Gagnepain,
C'esl avec beaucoup de plaisir que je oous retourne la feuille spécimen
de ma liste où je ne vois absolumenl rien d retoucher, tant vous avez eu soin de
J. Glaziou a rédigé aussi un Catalogue des noms vulgaires des Plantes du Brésil,
dont l'original est conservé à la Bibliothèque du Laboratoire de Phanérogamie du
Muséum, et qui ne semble pas avoir été publié.
Source : AIWHfJ, Paris
- 10
la bien préparer avanl de la remelire d l'imprimeur. Je croie donc que ce
travail préparé ainsi par vous ne laissera pas grand’chose à désirer dans sa
simplicilé.
Je vous remercie cordialement pour voire extrême bienveillance pour la
rorreclion des épreuves, besogne en effet qui sérail lourde pour moi ei qui
relarderail encore considérablement la préparation des fiches suivantes.
J’espère que vers la fin du mois prochain ou au commencement d'octobre
je me trouverai à Paris pour quelques semaines el vous reverrai alors en
bonne santé au Muséum, travaillant comme toujours joyeusement à voire
Flore d'Asie el ensuite mellanl la dernière main aux Zingibéracées du
Aluséum. C'esl déplorable que M. Dutailly ^ soit souffrant, espérons toutefois
qu'il sera bientôt remis de son mal de gorge el qu'il ne lardera pas à reprendre
ses minutieuses éludes, des Composées surloul.
,4 la suite de voire bonne lettre du 11 juillet, je m’empressai d'écrire à
flio de Janeiro pour réclamer les fascicules des Pignoniacées et celui des
Orchidées du Flora Brasiliensis, que je vous ferai parvenir aussilôl qu'ils
arriveront ici. Si vous veniez d rencontrer quelque manque de plus dans ce
grand ouvrage, je vous prie de me le dire, afin que je puisse les réclamer
également.
rteceuez, cher Monsieur Gagnepain, l'expression de mes sentiments
affectueux el de ma vive reconnaissance.
A. GlA7IOU.
Gomme il le dit lui-mème, Gt.AViou a, sans s’écarter beaucoup des
itinéraires de Saint-Hilaire, visité des stations plus difficiles d’accès, que sa
force exceptionnelle et les communications plus faciles mettaient à sa portée:
c'est ainsi qu'il put recueillir une foule de plantes nouvelles. Nous rappel¬
lerons seulement qu’une dizaine de genres lui ont été dédiés, ce qui n’a
pas rendu facile la tâche des derniers auteurs qui ont voulu lui rendre
hommage. Les espèces nouvelles se comptent par centaines.
Voici comment Glaziou lui-même rend compte de ses itinéraires
au Brésil central ;
« Naturellement je commençai par l'exploration de l’État de Rio
de Janeiro : d’abord les alentours de la capitale fédérale, en débutant
par les plaines basses et sablonneuses appelées reslingas qui bordent la
mer entre Cabo Frio à l’est et Paraty à l’ouest. Entre ces reslingas et la
base des collines granitiques, il s'est formé des plaines d’alluvion, entre¬
coupées de lacs d’eau saumâtre où on trouve une infinité de plantes
herbacées propres aux régions maritimes. Sur ces terrains nouveaux,
il y a aussi une végétation ligneuse très hétérogène composée d’arbustes
rabougris, venus pour la plupart des montagnes et acclimatés dans ces
lieux presque stériles. Vers le nord-ouest de ces plaines se trouvent déjà
I. G. Dutailly, botaniste français de la deuxième moitié du xix‘ siècle et du début
du XX», est connu surtout comme morphologiste et organogéniste.
Source : MNHN, Paris
11
lies points élevés, tels que le Corcovado, la Tijuca, Gavea, Jacarepagna,
Lagarto, etc.,qui ne sont que des contreforts de la grande chaîne maritime
(Serra do Mar). Tous ces endroits qui ont encore conservé beaucoup de
bois, grâce au souci du gouvernement, furent explorés souvent dans les
dillérentes saisons de l’année. Ensuite, toujours dans l’étal de Rio de
Janeiro, les régions franchement montagneuses comprises entre Nati*
vidade et la Serra da Pedra Sellada, où i! y a des forêts sans fin, furent
également fouillées dans les endroits les plus intéressants : par exemple,
la Serra dos Orgâos (2.245 mètres d’altitude), richissime en Cryptogames
vasculaires et en Broméliacées, le Alto Macahé et Nova Friburgo, la
Serra das .\lmas, dos Crubixaes, do Tingua, das Frecheiras et particu¬
lièrement le Pico do Italiaia, qui est certainement la plus haute montagne
du Brésil T Je l’explorai pour la première fois en juin 1871, par le versant
de Campo Bello jusqu’au point culminant, c’est-à-dire huit ans avant
1. 2 840 m selon .M. Louis CnuLS, directeur de l'Observatoire de Rio-de-Janeiro.
Source : MNHN, Paris
-- 12 —
l’ascension de cette pittoresque montagne que fit le D' Wawra de Fernsee
et dont il a publié, en 1880, une relation de touriste.
Dans la partie nord-ouest de l'État de Sào Paulo, où je lis tant
d’excursions faciles et rapides, grâce aux nombreuses lignes ferrées qui
s’y trouvent aujourd’hui, je récoltai une foule de plantes : les localités
principales qui me les fournirent sont : les Campos de Bocaina, où est la
source du Rio Parahyba, la Serra do Varejao, Itapecerica, Serra do Cuba-
tao, Mogy das Cruzes, Sâo José do Parahytinga, Ûbatuba, Sào Sébastian,
Cunha, Natividade, Sorocaba, Itù, Campo Largo, Piracicaba, Patrocinin,
Jacarehy, Serra da Cantareira, Morro do Jaragua, Santa Isabcl, Ipanema,
Jundiahy, Lagoinha, Areas, Sâo José do Barreiro, üuaratingueta, Serra
Negra, etc.
L’État de Espirito Santo, qui touche la partie Est de celui de
Rio de Janeiro, est celui que j’ai le moins exploré, n’ayant visité que
trois fois les localités suivantes : Itapemirim. Benevente, Serra do Pombal,
Colonia del Castello, Serra do Apollinario, Villa Nova do Mucury, Serra
de Muribeca, Pico do Garafâo, Cachoeira do Itapemirim, Alegre, Serra
dos Purys, Pao d’Alho, Serra do Funil et Itabapoana.
L’État de Minas Geraes, qui possède beaucoup de chemins de fer
le sillonnant dans toutes les directions, m’offrit d’abondantes récoltes.
Cette région au doux climat, habitée par un monde aimable, hospitalier
et plein de bienveillance vis-à-vis de l’étranger, se parcourt sans trop de
fatigue et remplit d’enthousiasme l’esprit de l’herborisant, par la très
grande abondance des espèces qu’il trouve, surtout dans les ca/npos.
La flore des bois dans ces hauteurs varie peu de celles des grandes forêts
de la chaîne maritime (Serra do Mar). Les lieux élevés, au-dessus de ces
riches et admirables campos, que j’ai si souvent explorés et toujours
avec succès, sont : Serra da Mantiquevra. Serra do Ouro Branco, où se
trouvent en abondance les Vellosia en arbre, ensuite le Pico do Itaco-
lumy, la Serra do Ouro Preto, Serra de Piedade et do Caraça, où il y a
tant de végétaux remarquables; plus au Nord se trouve le plateau de
Diamantina, qui a dans ses terrains quartzeux et presque stériles une flore
toute spéciale composée d’arbustes à fourrure laineuse, tels que Sipolisia,
Li/chnophora, Wunderlichia, etc., et d’une foule de plus petites plantes
xérophiles; puis la Serra do Cipô ou do Espinhaço; le Pico d’ilabira do
Campo; la Serra do Lenheiro et de Sâo José, près Sâo Joâo d’El Rei;
Serra dos Vertentes, près Oliveira; Pouso Alto; Serra do Picù; Serro do
Frio, près Ayuruoca et Baependy; Morro Cavado; Paracatù et ses envi¬
rons; Serra da Canastra; Alegre; Serra do Sella Ginete, près Curvello;
As Agulhos; Negras ou Itatiaia, du côté de Minas, par le versant des
campos du Rio Preto.
Les deux dernières années que je passai au Brésil furent exclusi¬
vement consacrées à l’exploration de l’ancienne province de Goyaz, dont
la végétation se rattache beaucoup à celle de Minas. Les principaux
Source : MNHIJ, Paris
— 13 —
endroits notables parcourus sont ; Serra dos Pyreneos; Rio Vaga Lume;
Morro Grande et do Abbade, près Meia-Ponte; Serra do Albano ou das
Divisoes; Corumba et ses environs; Serra de Louranço Caslanha; Lagoa
Feia, près Santa-Luzia; Serra da Baliza; Chapadâo dos Veadeiros ou de
Porto Seguro; Urucuia; Pouso Alto; Cabeceiras do Rio Sanl’Anna,
près Cavaicanti; Morro do Salto dans la Serra de Sâo José, le plus haut
point de la province, 1 o30 mètres environ ; Morro Canastra, près Lagoa de
Mestre d’Armas; les alentours de la ville de Goyaz, capitale de l’État, où
j'explorai particulièrement les arêtes et les campos de la Serra Dourada,
où seulement on trouve le Tibouchina papyrus (Pao Papel); Serra de
Sâo Pedro; Rio dos Indios, près des limites de Matto Grosso; le village
d’Almocafre dans la grande Serra dos Crystaes, dernier point de mon
voyage dans l’État de Goyaz, d’où il fallut traverser le sertâo (désert)
entre les deux provinces, passant par Porto do Buritei, Lagoa do Siquieiro,
pour venir prendre le chemin de fer central à Sâo José de Matosinho. »
Glaziou a envoyé des doubles de ses récoltes à Saint-Pétersbourg
(Leningrad), Kew, Berlin, Copenhague, Genève, Bruxelles, Stockholm,
Montpellier. Voici les noms des principaux botanistes qui ont étudié ce
matériel : J.G. Baker, Bcrkeley, Bockeler, Brand, Buchenau, Christ,
CoGNiAUX, Hackel, Engler, Eichler, Fée, Fries, Hampe, Hennigs,
Hemsley, Koehne, Lindau, Loesener, Martin, Mez, Mübius, Morren,
Müller, Niedenzu, Nylander, Oliver, Perkins, Pierre, Ruhland,
Schumann, Taubert, Urban, Warming.
Pour montrer quelles étaient les relations de Glaziou avec ces
nombreux spécialistes, nous donnons la copie d’une lettre qu’il écrivait à
Pierre * ;
Bouscal, le 27 novembre 1902.
Cher Monsieur Pierre
Bien que craignant de vous importuner, je ne peux me retenir de vous
demander si vous avez pu jeter un coup d’œit sur les Sapolacées que j’eus le
plaisir de vous offrir il y a déjà plusieurs années, et que vous avez heureuse¬
ment retrouvées dans votre herbier : c'est M. 1). Bois^ qui me donna cette
bonne nouvelle avant mon dernier départ de Paris. Le paquet retrouvé
contient un fragment de toutes les Sapolacées que je recueillis au Brésil;
vous y verrez aussi, un peu en meilleur étal, les quelques espèces contenues
dans le petit paquet que nous regardâmes ensemble chez vous et que je cherchais
à connaître tout parliulièremeni avant les autres. Comme je vous disais alors,
comme aujourd’hui, je serais vivement content d’avoir la détermination
1, Louis Pierre (1833-1905), auteur de la Flore /oresliére de la Cochinchine, et de
nombreux autres travaux.
2. Désiré Bois (1856-1946) professeur de Culture au Muséum, alors aide-naturaliste
de celte chaire.
Source : MNHN, Paris
— 14
de ces plantes faites pour vous, du moins celles qui ne vous exigeront pas un
trop grand sacrifice de temps.
L'herbier du Muséum m'a permis d’avoir un certain nombre de déter¬
minations dues d DOS études. AI. Urban, de Berlin, aussi m’en a donné, et
moi-même à l’aide du Flora Brasiliensis j'ai cherché également d en faire,
quelques-unes, mais je n’ai qu’une faible confiance dans ces dernières, pour
les inscrire dans la liste de mes récoltes.
Espérant à cet effet que vous prendrez ma prière en considération,
je vous remercie d’avance et vous prie de disposer de moi en quoi que ce soit.
Veuillez agréer, cher Monsieur Pierre, l’expression de mes senlimenls
affeclueux et sincèrement dévoués.
A. Glaziou.
Les collections de Glaziou ont été faites, cela doit être dit, à ses
frais personnels, ce qui suffit à montrer combien, était grand son zèle
pour la Science. Il faut cependant rendre justice aux chefs éclairés qui
lui ont laissé toute liberté pour poursuivre ces recherches, et qui font
honneur à la grande nation dont il était un fonctionnaire.
Glaziou termine ainsi 1’ « Introduction » à son Catalogue
B Je serais heureux de savoir qu’il encouragera les recherches de ceux
qui désireraient aussi marcher sur les traces des illustres Martius, Saint-
Hilaire, Gardner, Pohl... en se livrant corps et âme à l’étude si
attrayante de cette flore du Brésil, si riche qu'elle en est inépuisable.
Puissent-ils, comme moi, après l’été et l’automne de leur vie consacrés
à des explorations scientifiques, renouveler le charme des découvertes
en revoyant en leur vieillesse les herbes sèches, jadis récoltées au sein
de la végétation féerique des forêts géantes et des campos enchanteurs. »
Jusqu’à son dernier souffle, Glaziou devait se préoccuper de faire
de sa collection un instrument de travail aussi parfait que possible pour
ses successeurs. Voici deux lettres qui le montrent au soir de sa vie.
cherchant à servir la science jusqu’au bout :
Bouscat, près Bordeaux, le 24 janvier 1898.
Cher Alonsieur Poisson.*,
Il y a un mois environ, j’ai envoyé d M. le Prof. Heckel, à Marseille
le manuscrit des noms vulgaires de plantes brésiliennes. Jusqu’à présent,
je n'ai reçu aucun signe de l’arrivée de cet objet entre ses mains. M. Heckel,
après la leilre que je lui écrivais en date du 23 décembre dernier, m'a bien
adressé un exemplaire de sa très intéressante brochure sur les plantes de la
Guyane française, pour laquelle je le remercie aujourd’hui un peu tardive¬
ment aussi. Ayant beaucoup de notes à ajouter au susdit manuscrit, je vous
I. Jules Poisson (1833-1919) était assistant (on dit aujourd’hui sous-directeur
de laboratoire) auprès du professeur Bureau.
Source : MNHN, Paris
15 —
prie de le lui recommander d l’occasion el de le prier de me le relourner lors¬
qu'il aura fini de l'examiner, vu que j'en ai besoin à chaque instant pour
mon usage particulier. Je crois en effet que celle même liste de noms vulgaires
pourra vous être utile lorsque vous commencerez l’arrangement des maté¬
riaux brésiliens, bois et plantes médicinales ou industrielles que vous avez
dans les galeries botaniques du Muséum de Paris.
En aitendanl te plaisir de vous revoir, je vous prie, cher Monsieur
Poisson, de présenter mes bons souvenirs à l'ami Faguel ^ et d'agréer Vaffec¬
tion de votre bien dévoué
A. Glaziou.
Douscat, près Bordeaux, le 8 avril 1899.
Cher Monsieur Poisson,
Maintenant vous devez être de retour de votre visite d M. Naudin,
notre doyen à tous *. J’ai appris avec un vif plaisir l’arrangement des éta¬
gères pour loger mon herbier au Muséum de Paris; c’esl une gentillesse
vis-à-vis de laquelle je resterai toujours reconnaissant. De plus la certitude
de savoir en si bon lieu une collection de plantes sèches qui a eu au Brésil
trente-huit années de mon existence, me délivre de toute inquiétude d son
égard. Pour le moment, je ne peux encore me déplacer faute d’acquéreur
raisonnable pour ma propriété du Bouscat. En attendant, je travaille cons¬
tamment d mes chères herbes afin qu’elles arrivent chez vous pourvues de
toutes les notes possibles, c'est-à-dire l’indication des localités, couleur des
fleurs, faciès du végétât, date de ta récolte, époque de la floraison, etc... A
ces noies, j’ai grand soin d’ajouter aussi la détermination de la plante quand
je peux l'avoir ou la faire d’une façon plausible Au Muséum certainement
celle besogne me serait plus facile el infiniment plus agréable qu’ici; la
coUeclion de doubles que j'extrais pour Rio de Janeiro, sans nuire à aucun
numéro, n’en aurait été que moins imparfaite.
A présent que les étagères sont si bien terminées, j’aimerais encore que
vous g gardiez les paquets qui sont destinés d M. Drake * jusqu’à ce que les
boites en fer-blanc arrivent d les remplacer, ce qui n'est qu'une question de
temps. J’ai pris du reste toutes les précautions nécessaires, en cas de mort
précipitée, pour que mon herbier et des œuvres inédites ou rares sur la flore
du Brésil soient rendus au Muséum d’Histoire Naturelle.
\. Célèbre desijinaleur scienliflque qui illustra entre autres les ouvrages de
Bauj-On.
2. Charles Navoin (1815-1899) aide-naturaliste au service de Culture du Muséum,
célèbre par ses travaux sur les hybrides, sur les Cucurbitacées, etc... avait été le colla¬
borateur de Saint-Hilaibe dans l'élude de la flore du Brésil- Il n’avait plus à cette
époque que quelques semaines à vivre.
3. Américanisme : • plausivel ■ signifle peu près : « acceptable > au Brésil.
4. Emm, Drake dbl Castili.o (1855-1903) auteur de la Flore de la Polynésie,
propriétaire d’un riche herbier particulier qu'il a légué plus tard au Muséum (1905)
ainsi que .sa belle bibliothèque.
Source : MNHN, Paris
- - 16 —
J'espère qu'à ma prochaine visile à Paris, votre charmant (ils sera
(le retour, et que j’aurai le plaisir de le revoir en bonne santé, ainsi que vous
tous. Merci des excellentes nouvelles que vous me donnez des enfanls de
noire regretté H. Bâillon^, qui cerlainemenl aurait été heureux de les voir
si bien établis d ta suite de tous ses déboires.
Mes bons souvenirs et mes remerciements, s'il vous plaît, à
M. le D'^ Bureau, et recevez, cher Monsieur Poisson, l’expression de mes
sentiments bien dévoués.
A. Glaziou,
Ce n’est pas seulement comme collecteur que Glaziou a contribué
à l’étude botanique de son pays d’adoption. Pour donner une idée de
l’importance de son rôle dans l’obtention de crédits pour l’édition de la
Flora brasiliensis de de Martius, nous reproduirons, après Bureau,
une de ses lettres, où, sous la légère emphase méridionale acquise au
contact de ses professeurs du Nouveau-Monde, se laissent voir une modes¬
tie et une absence d’égoïsme admirables ;
« Bio, 23 septembre 1867.
Notre cause est gagnée... Les deux Chambres ont autorisé te Gouverne¬
ment à traiter avec nous pour la continuation de la Flora brasiliensis, et
nous allouent provisoirement la somme de dix conlos de reis (environ
100 000 nouveaux francs) pour sa continuation. Les influences qui ont (ail
triompher cette noble cause sont premièrement S. M L'EMPEBEUB, pour
le Sénat, et F. J. FIALHO, à ta Chambre des députés. L'une et l’autre
doivent demeurer aussi dans votre souvenir. Ouant d moi, pour m’être pendu
à la cloche qui a sonné sur tous les tons, il ne faut pas y penser ; je suis plus
que comblé par vos généreuses intentions, pour lesquelles je serai durant mes
jours votre heureux débiteur; je mourrai sous la charge, il faut le dire, mais
attaché à votre char, comme l'humble rémora aux flancs du géant qui traverse
le temps et t'espace, a
Il s’agissait peut-être dans ces dernières lignes de la nomination de
Glaziou au doctorat en philosophie de l’Académie Léopold-et-Charles,
obtenue l’année suivante par De Martius.
Voici en effet ce qu’on peut lire dans le tome VI, fasc. 9-10 de Leo-
poldina, paru en septembre 1868, p. 76 :
Erlheilung eines Diplômes als Doclor philosophiae. Das-
selbe laulel :
EGO
Garolus Gustavus Carus* etc... etc... Academiae Caesareae Leopoldino-
Carolinae germanicae Naturae Curiosorum Praeses
1. Voir celle revue, t. II, fasc. I.
2. Le professeur Charles-Gustave Cahus, accoucheur de renommée mondiale,
médecin de la cour de Saxe, conseiller d'État, membre correspondant de l'Académie
des Sciences (1789-1869).
Source : MNHN, Paris
— 17 —
TE
laudatissimum Dominum
A. Glaziou, natione Armorico-Gallum vireli publici quod Sebastiano-
polin brasiliensis imperii caput exornat praefectum strenuissimum,
quin de proferendis boianicae doctrinae finibus egregie meruisti stirpes
feracissimae terrae diversissimas, sedula explorando acute investigando,
et indigenas et peregrinas in municipii decus féliciter congregando,
rujus humanitatem eruditionem literarumque copiam et praestatitiam
ex testimonio Directoris Ephemeridurn, nostri Domini De Martius,
cognomine Callisthenes, et Adjuncti, nostri Domini Fenzl, cognomine
Bei^us, inter nos celebrati, satis probatam tenemus, ex ea quae mihi
ab Academia concessa est auctoritate
DOCTOREM PHILOSOPHIAE
solemniter renuncio atque proclamo coilatam banc dignitatem Aca-
demiae Caesareae Leopoldino-Carolinae Germanicae Naturae Curiosorum
Siglillo majori confirmo.
Dabam Dresdae die XXV m. Martii a. MDCCCLXVIII.
(Remise d’un Diplôme de Docteur en philosophie. En voici l’annonce ;
Moi, G. G. Carus, etc, etc, Président de l’Académie impériale allemande
Léopold-et-Charles des Curieux de la Nature (chercheurs en Sciences
naturelles), en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par l’Académie,
à toi, très estimé Maître, A. Glaziou, de Bretagne en France, très dévoué
Directeur des Parcs et Jardins publics qui ornent la capitale de l’empire
du Brésil, Sebastianopolis, sans parler des mérites exceptionnels que
tu t’es acquis en faisant reculer les frontières de la science botanique, en
recherchant les plantes les plus variées sur une terre qui en est si riche,
en l’explorant avec soin et y poursuivant les investigations les plus appro¬
fondies, en rassemblant heureusement ces plantes indigènes avec d’autres
exotiques pour l’embellissement de la ville : toi dont, sur le témoignage
de notre Maître, Directeur des Publications de l’Académie, De Martius
surnommé Callisthenes; et de son assesseur notre maître Fenzl, surnommé
Bergius, tous deux illustres parmi nous, nous reconnaissons comme assez
démontrées la haute culture intellectuelle, l’érudition, l’abondance et
l’excellence des travaux, nous te nommons solennellement docteur en
PHILOSOPHIE, et nous proclamons cette dignité conférée par l’Académie
Impériale allemande Léopold-et-Charles en la confirmant du Grand
Sceau de l’Académie.
Fait à Dresde le 25 mars 1868, Carus),
C’est en 1897 que Glaziou prit sa retraite et vint habiter sa petite
propriété du Bouscat, près de Bordeaux. Il se consacra à la rédaction
du Catalogue de son herbier qui fut publié par la Société botanique de
France et dont nous avons indiqué les idées directrices. Le dernier fasci¬
cule ne devait paraître qu’en 1913, sept ans après la mort de l’auteur,
qui fut emporté par une affection pulmonaire après trois jours de maladie,
2
Source : MNHIJ, Paris
18 -
et repose, la tête appuyée dans son cercueil sur un paquet de ses chères
plantes du Brésil
Glaziou avait reçu de flatteuses distinctions. Il était OfTicier de la
Légion d’Honneur, Officier de la Rose du Brésil, Commandeur de l’Ordre
du Christ; Officier de l’Ordre de Saint-Stanislas de Russie; Chevalier
de l’Ordre de Sainte-Anne de Russie et de l’Ordre du Drapeau du Dane¬
mark.
1. Il ne nous a pas été possible de retrouver remplacement actuel du tombeau
de Glaziou, ni au Bouscat, ni à Bordeaux, ni en Bretagne. Nous remercions très
vivement MM. les conservateurs et archivistes qui ont bien voulu nous aider dans ces
recherches, malheureusement restées infructueuses.
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR DES SAPOTACÉES
par A. Aubréville
I. UN NOUVEAU GENRE AMAZONIEN
PIRESODENDRON Aubréville gen. nov, U
Le type de ce nouveau genre est l'espèce Poideria ucuqui Pires
et Schultes décrite avec beaucoup de détails par les auteurs dans leur
note : « The identity of Ucuqui », illustrée de plusieurs photographies
de l'arbre, de l’inflorescence cauliflore, de fleurs ainsi que d'une planche
de dessins. Il s’agit d’un grand arbre de la forêt de terre ferme du bassin
du rio Negro, très connu depuis longtemps à cause de ses fruits dont la
pulpe est délicieuse. Wallace, rappellent Pires et Schultes, dès 1889
dans une relation de voyage « A narrative of travels on the Amazon
and Rio Negro », parle de cet arbre utile très apprécié des indiens. Le
CoiNTE le cite (Arvores e plantas uteis, 1934). Le botaniste Ducke le
connaissait. Mais en dépit de toutes les recherches des botanistes et notam¬
ment de Murça Pires, il n’était pas identifié scientifiquement, faute de
fleurs. Ce n’est qu’en 1948 que le premier arbre en fleurs fut trouvé.
L’holotype de l’espèce dans l'Herbier Gray porte le n° 9553 Richard
Evans, Schultes et Francisco Lopez.
L’espèce fut attribuée au genre Pouteria. Ce n’est pas un Pouieria
Aublet. Nous pensons qu’on peut en faire le type d’un genre nouveau
monotypique que nous dédions au botaniste Murça Pires qui en a pour¬
suivi l’identification avec persévérance.
Très grand arbre. Feuilles alternes non stipulées. Inflorescences
cauliflores, en fascicules. Fleurs b-mères. Calice à 5 sépales. Corolle à
5 lobes courts, ovés; tube aussi long que les lobes. Étamines à courts
filets insérés sur le tube un peu en dessous de la ligne de soudure des
lobes; les étamines étant plus courtes que les lobes. Anthères introrses.
Slaminodes courts ou rudimentaires ou meme parfois absents. Ovaire
entouré d’un disque hirsute; biloculaire.
Gros fruit pyriforme contenant une seule très grosse graine ellip¬
soïde, carénée vers le bas. Cicatrice oblongue sur toute la longueur de la
face ventrale.
1. Sp- typ. gen. ; PnuUria ucuqui Pires et Schultes, Bolanical Muséum Leaflels,
Harvard Universily, 14, 4 : 87-96 (1950).
Source : MNHIJ, Paris
-- 20 —
PI. I, -- Piresodendron ucuqui (Pires et Schultes) Aulir. : If rameau ïlorifôre X 2/3;
2, détail d’inflorescence cauliilore. Fragment de corolle : 3 (extérieur); 4 (inté¬
rieur); 6, pistil; 6, coupe; 7, graine de face X 2/3; 8, graine de dos; 9, graine de
profil.
Source : MNHN, Paris
— 21 —
D'après notre clé des Poutériées américaines (Adansonia I, 2 : 187
(1962), ce genre se rapprocherait du genre Ckromolucuma dont il se
sépare par les feuilles non stipulées, la présence d’un disque autour de
l’ovaire et par le type de la graine.
D’après Pires et Schultes ce grand arbre est très commun dans
la partie N-W de l’État brésilien d’Amazonas, dans le haut rio Nogro
à partir de Tapurucuara (Santa Isabel) et tout le long de ses affluents,
Uaupès, Issana, Tikié, Curicuriari, Dimiti. En Colombie on le trouve
dans la région du rio Guiania et du Rio Caqueta. Il est aussi connu en
territoire vénézuélien dans le bas rio Guainia et sur le Casiquiare. Le nom
d'ucuqiii est celui du dialecte nheengalu parlé dans le rio Negro.
II. SAPOTACÉES AMÉRICAINES
COMBINAISONS NOUVELLES
Espèces amazoniennes
Micropholis madeirensis (Baehni) Aubr. comb. nov. = Pouleria
madeirensis Baehni, Candollea IX : 209 (1942).
Urbanella excelsa (A.C. Smith) Aubr. comb. nov. = Lucuma excelsa
A.C. Smith, Brittonia II : 159 (1936).
Espèces guyanaises
Micropholis mensalis (Baehni) Aubr. comb. nov. = Pouleria mensalis
Baehni, Candollea XIV ; 64 (1952).
Pseudolabatia fllipes (Eyma) Aubr. comb. nov. = Pouleria filipes Eyma
Rec. Trav. bot. néerl. XXXIII : 180 (1936).
Espèces mexicaines
Paralabatia Durlandii (Standl.) Aubr. comb. nov. = Lucuma
Durlandii Standl. in Trop. Wood. IV : 5 (1925) = Pouleria? Dur¬
landii (Standl.) Baehni, Candollea IX : 423 (1942).
Franchetella unilocularis (Donn.-Sm.) Aubr, comb. nov. = Side-
roxylonuniloculareDonn.-Sm., — Bot.Gaz. 35: 5 (1903) = Sideroxylon
Meyeri Standl., Trop. Woods 31 ; 45 (1932) = Pouleria meyeri Baehni,
Candollea 9: 272 (1942).
Source : MNHN, Paris
III. MÜHIANTHE (BAILLON) AUBHL
GENRE DE MANILKARÉES DES ANTILLES
Bâillon, à propos d’une espèce antillaise, Mariea albescens (Griseb.)
Hartog (= Labourdonnaisia albescens Benth. = Bassia albescens Griseb.)
avait considéré qu'il s’agissait non pas d’un Mimusops d’une section
Muriea ou du genre Aluriea Hartog*, connu par une unique espèce du
Sud-est africain, Muriea discolor (Sond.) Hartog (du Natal au Nyasaland
et au Tanganika), mais d’une section voisine qu’il nomma Alurianthe.
Dubard® admit que Aluriea Hartog était un genre indépendant, et il y
maintint l’espèce antillaise Muriea albescens Hartog. Meeusë a également
conservé le genre Muriea Hartog pour l’espèce africaine.
Nous conformant au système de classification que nous avons
adopté, nous estimons à notre tour que Aluriea est un bon genre de la
tribu des Manilkarées qui doit être séparé du genre Manilkara avec
lequel, par ailleurs, il a d’évidentes affinités. Mais suivant ce même
système, il ne nous est pas possible de réunir l’espèce antillaise et l’espèce
africaine dans un même genre, aussi nous nous rallierons à l’opinion de
Bâillon, tandis que d’autre part, puisque nous admettons ta validité d’un
genre Muriea, nous sommes logiquement obligés de donner à la section
Murianthe de Bâillon le rang générique. Au point de vue phytogéogra-
phique cela supprime heureusement l’extraordinaire disjonction d’un
genre qui aurait deux seules espèces, l’une sud-africaine, l’autre cubaine.
Muriea et Murianthe ont en commun avec Manilkara le calice à
2 verticilles (3-1-3 sépales), la corolle à 6 lobes, chaque lobe étant muni
de 2 appendices. Ils s’en séparent par le nombre des étamines fertiles,
12 au lieu de 6, et l’absence de staminodes. 6 étamines sont épipétales,
les 6 autres alternipétales remplaçant en quelque sorte les staminodes des
Manilkara. Chez Muriea discolor le cycle staminal épipétale est inséré à
un niveau un peu plus haut que le cycle alternipétale. Chez le Murianlhe
les 2 cycles staminaux seraient au même niveau d’après Dubard. L’ovaire
aussi serait à 6 loges chez l’espèce africaine, à 9-10 loges chez l’espèce
américaine.
C’est dans la graine que nous trouverons le principal caractère
différentiel entre Muriea et Murianlhe. Celle du Aluriea discolor est
t, Murianthe (Bâillon) .\ubr. sial. nov.
Sepaia 3 -t- 3, biverlicillata. Corolla 6-Ioba lobis inleghs dorse biappendiculalis.
Slamina fertUa 13 (allernipelalu 6 alque eplpelaia 6], Slaminodia : o. Ovarium 9-10 locu-
lare. Fruclus I seminalus. Semen hilo lineari, basivonlrali nolalum, bas! usque ad
medium crassum.
Seclion Murianlhe du genre Mimusape dans Bâillon, Bull. Soc. Linn. Paris II ;
915 (1891) el Hisl. pl. XI : 269(1892).
2, Hartog, Journ. of Bol., XVI : 145 (1878).
3. ÜUBABD, Ann, Mus. Col- Marseille. XXlll : 28 (1915).
Source : MNHN, Paris
— 23 —
dessinée par Meeuse i. C'est une petite graine ellipsoïde de 8 mm long,
± 5 cm de large et 3,5 mm épaisseur. La cicatrice est basi-ventrale et
très étroite, 3-4 mm long sur 1-2 mm large.
De même, je ne connais la graine du Murianlke albescens que par la
description et un dessin de Pierre et übban (Sym. ant. V, 1 : 175 (1904).
La cicatrice est linéaire, ventrale, mais elle est entourée d’une remarquable
zone ventrale pseudo-cicatricielle étendue sur la moitié environ de la
surface de la graine (« with a conspicuous cicatroid ventral llangc »
Cronquist).
Ces différences dans la graine nous paraissent justifier la séparation
générique entre Muriea et Murianlhe.
Murianthe albescens (Griseb.) Aubr. conib. nov. = Bassia
albescens Griseb., Cat. PI. Cub. ; 164 (1866) = Aîimusops albescens Hartog,
Trim. Journ. Bot. 17 : 358 (1879) = Muriea albescens Hartog [ex Baill.],
loc. cit. = Manilkara albescens (Griseb.) Cronquist, Bull. Torrey Bot.
Club. 72, 6 : 559 (1945).
Cet arbuste ou petit arbre de 6-10 m haut se trouve à Cuba, Haïti et
dans la République dominicaine.
IV. DÉFENSE DES GENRES ACHBAS l.,
LABBAMIA a.dc., FAUCHEBEA H. Lecomte
ACHRAS L. (1753).
Le genre Achras L. (1753) est typifié par l’espèce unique A. zapola L.,
le très connu sapotillier des Antilles, qui grâce à ses fruits délicieux, les
sapotilles, a été depuis longtemps répandu dans tous les jardins d’essais
des pays tropicaux. Ce genre Achras est très voisin du genre Manilkara
Adanson (1763), aussi plusieurs botanistes (Lam, Gilly, van Royen)
ont estimé qu’il convenait de confondre les deux noms en un seul. La
question est actuellement posée de savoir s’il convient de conserver
plutôt Achras, nom prioritaire, de préférence à Manilkara, ou l’inverse
car le nom de Manilkara est appliqué à de très nombreuses espèces
tropicales américaines, africaines, asiatiques et océaniennes tandis qu’on
ne connaît pratiquement qu’un seul Achras, le sapotillier.
Nous sommes d’avis que cette question du choix d’un nomen conser-
vandum ne se pose pas à propos de ces deux genres car, en dépit de leurs
alTlnités ils peuvent être maintenus séparés à l’intérieur d’une même tribu
des Manilkarées.
Ce qui distingue immédiatement Achras de Manilkara est que les
6 lobes de la corolle du premier sont entiers, tandis que chez les Manilkara
vrais ils sont toujours munis de deux appendices latéraux dorsaux.
1. Meuse, Notes on lhe Sapotaoeae uf Southern Africa. Bothalia, VII, 2 : 371)
(I960).
Source : MNHN, Paris
— 24 —
PI. 2. — Fleurs et graines de Manilkarées. — Fragments de corolles et pistils : 1, Manil-
kara amazonica (Hub.) Stand.; Il, M, paraensis (Hub.) Stand. X 6; 3 a, Aehras
zapola L. (Honduras britannique) x 4; 3b Aehras zapola L. {Guyane française)
X 4; 4 a et 4 b, graines Aehras zapoia de provenance différente, gr. nat.; 5, graine
deManilkara sp. d’Amaronie; 6, Faueherea manongarivensis Aubr. msc. ;7,F. maro-
jejyensis R. Cap. msc.; 8, F. Ursekii B. Cap. msc. et graines; 9, F. ambrensis R. Cap.
msc. et graine.
Source : MNHN, Paris
— 25 —
Gilly a montré que chez certains spécimens d’v4c/iras zapola les lobes
de la corolle étaient tridentés au sommet, marquant ainsi une tendance à
la division d’un lobe entier en un lobe pourvu de deux appendices comme
chez les Afanilkara typiques. L’existence de formes d’.^c/iras intermé¬
diaires entre les lobes entiers de VAchras typique et les lobes divisés de
Manilkara est un argument pour réunir les deux genres. Cependant nous
ne pensons pas qu’il soit suffisant.
J’ai étudié des fleurs d’Achras zapola dans l’herbier du Muséum de
Paris, de provenance très variée, Antilles, Guyane, Brésil (Amazonie,
Rio de Janeiro}, Cambodge, Philippines, Célèbes. La fleur est généralement
d’un type bien constant, à lobes simples. Chez une seule fleur de Guyane
française, les lobes étaient divisés. Statistiquement le type de la fleur
d'Achras zapola me parait bien déflni, et je pense que des rares anomalies
que l’on peut rencontrer chez des individus cultivés d’une espèce répandue
dans le Monde entier ne méritent pas une considération telle qu’elles soient
susceptibles de modifier la conception taxinomique d’une espèce. Au
surplus si les lobes de la corolle de quelques individus montrent une
certaine tendance à la division, celle-ci n’a jamais été vue —àmaconnais¬
sance — aussi complète et nette que chez les vrais Manilkara.
D’autres considérations doivent aussi entrer en ligne de compte.
Les séparations génériques de la famille des Sapotacées sont délicates;
elles obligent à des analyses fines de la fleur et conduisent, en particulier,
à la conception de types corollins caractéristiques des genres. Or la
corolle de VAchras zapola est dilTérente de celle des Manilkara, outre ses
lobes simples, par ses staminodes pétaloldes aussi longs que les lobes, les
étamines à très courts filets, et le tube de la corolle nettement plus long
que les lobes.
L’ovaire de VAchras zapola ressemble à celui des Manilkara, cepen¬
dant le stigmate très visiblement 12-lobulé de VAchras ne se voit pas
semble-t-il chez les Manilkara.
La graine du sapotillier est assez particulière, avec un ergot parfois
accusé, ainsi que par sa cicatrice linéaire occupant environ la moitié de
l’étroite face ventrale et prolongée jusqu’à la base.
Pour toutes ces particularités de l’espèce Achras zapola, nous croyons
— jusqu’à preuves plus évidentes du contraire — qu’il est préférable de
conserver le genre Achras à côté du genre Manilkara.
LABRAMIA A. DC. (1844)
Le genre Labramia A. DC. a connu de nombreuses interprétations
erronées. Cependant il avait été très correctement décrit par Alphonse
DE Candolle sous le nom de Delaslrea (Prodr. VIII : 195 (1844) qu’il
remplaça à la fin du même volume (p. 672) par celui de Labramia. La
graine demeurait inconnue. L’espèce type, L. Bojeri A. DC. citée par
A. DC. est représentée dans l’herbier de Paris par l’holotype de Bojer
(Forêt de Foulpointe-Tamatave). Hartog (Journ. of Bot. XVII : 358
(1879) commit une confusion entre Imbricaria coriacea A. DC. et Labra-
Source : MNHIJ, Paris
- 26
l’I. 3. — Fleurs et graines de Manilkarées. - Graines de face et de profil (gr. nat.};
1, Labramia plalanoides R. Cap. msc. ; 2, i. iambiranensis R. Cap. msc.; 3, L. eos-
lala (Pierre) Aubr. [graine vue de dos); 4, L. Bojeri A. DC.; 6 , Manilkara suare-
lensis R. Cap. msc. — Fragments de corolles et pistils x 4 ; 6, l.abramia Louvelii
R. Cap. msc.; 7, !.. coMûta (Pierre! Aubr.; 8, L. Doieri A. RC.
mia; puis étudiant dans l’herbier de Paris un spécimen de Chapelier
provenant de Madagascar, il en fit le type d'une sous-section Labra-
iniopsis Hartog du genre Mimtisops, alors qu’il s’agit d’un bon exemplaire
du Labramia Bojeri .K. DC. Engler (Nat. Pflanzenfam. IV, 1 : 152 (1890)
conserva comme sections du genre Mimusops, Labramia et Labramiopsis.
Bâillon commit aussi la même erreur que Hartog en rapportant l'Imbri-
caria coriacea, qui est un Mimusops, au genre Labramia qui est une
Manilkarée. Dubard (Ann. Mus. Col. Marseille XXIII ; 58 (1915) maintint
le genre Labramia, rectifia l’erreur de Hartog et rattacha Labramiopsis
Chapelieri Hartog à Labramia Bojeri. Mais sans avoir vu la graine, après
avoir étudié seulement l’ovule, il écrivit que « l’ovule anatrope donne une
graine à cicatrice restreinte et basilaire... o. A la suite de quoi Baehni
Source : MNHld, Paris
- 27 --
écrivit plus tard (Candoilea VII : 456 (1938) dans la diagnose du genre
Labramia : « graine à cicatrice basilaire ». La confusion devint totale :
graine basilaire, c'est donc un Mimusops (ou une Mimusopée); fleur tri¬
mère, c'est plutôt un Manitkara (ou une Manilkarée),
On peut voir aujourd’hui dans l’berbier de Paris des graines authen¬
tiques de Labramia Bojeri. Elles ont une cicatrice obtongue qui couvre
presque toute la face ventrale de la graine. Incontestablement ce genre est
une Manilkarée. J'ai fait dessiner les graines de 3 autres espèces de Labra¬
mia malgaches, toutes typiques avec leur large cicatrice ventrale ovale-
üblongue, arrondie à une extrémité, atténuée à l’autre. Ce type est carac¬
téristique du genre Labramia. A côté est dessinée la graine d'un Manil-
kara malgache, bien caractérisée par sa petite cicatrice basiventrale.
Par le caractère des graines le genre Labramia peut être à mon avis
maintenu distinct du genre Alanilkara.
Les fleurs sont incontestablement celles d’une Manilkarée, et même
elles se séparent mal de celles d’un Manitkara. Elles ont cependant un
type floral particulier qui me parait confirmer la séparation des deux
genres. Calice à 2 verticilles de 3 sépales pubescents extérieurement.
Corolle à 6 lobes chacun muni de deux appendices latéraux-dorsaux,
aussi longs ou presque que les lobes. Ces appendices sont plus ou moins
laciniés chez les deux espèces. L. coslata (Pierre) Aubr., L. Louvelii R. Cap. ;
ils sont entiers chez l’espèce type L. Bojeri DC. Étamines 6 à courts filets,
grosses anthères extorses. Staminodes 6, larges et courts, un peu dentés
sur les bords. Tube de la corolle plus court ou aussi long que les lobes.
Ovaire glabre (chez les 3 espèces Bojeri, coslata, Louvelii); (10-) 12 loges.
Fruit généralement monosperme. Graine à embryon albuminé.
Le genre parait endémique à Madagascar.
J’ai pu reconnaître jusqu’à présent 5 espèces dans l’herbier de Paris.
L. Bojeri .\. DC.
L. coBtata (Pierre) Aubr. comb. nov. = Mimusops coslata Hartog ex
Bâillon, Bull. Soc. Linn. Paris : 922 (1891) = Mimusops coslata
Pierre msc. = iManilkara coslata (Pierre) Dubard. Holotype : Chape¬
lier, Madagascar, dans Herbier Adrien de Jussieu.
L. Louvelii R. Capuron msc. Holotype ; Louvel 106 Analamazaotra
(fleurs).
L. samhiranensis R. Capuron msc. Holotype : R. Capuron 11.389
Ambanja (fruits).
L. platanoides R. Capuron msc. Holotype : R. Capuron 11.350 forêt
d'Ankorefo (fruits).
FAUCHEREA H. Lecomte (1920).
Lecomte a créé le genre Faucherea (Bull. Mus. Hist. Nat. Paris
XXVI : 245 (1920) pour l’espèce malgache F. hexandra qu’il avait d’abord
nommée Labourdonnaisia hexandra (Bull. Mus. Hist. Nat. Paris : 53
Source : MNHN, Paris
— 28 —
{1919), Il attribuait dans la même note 3 autres espèces à ce genre :
F. TkouvenoUi, F. lacintala, F. parvifoUa. Dans sa révision des Sapolacées
de la Malaisie (Blumea ; VII, 2 : 411 (1953), Van Royen n’a pas maintenu
le genre de Lecomte, et a attribué les espèces citées ci-dessus au genre
Manilkara. Ce sont évidemment des Manilkarées, mais je pense que le
genre de Lecomte est valable. Ce genre paraît abondamment représenté
à Madagascar où il est vraisemblablement endémique.
Les fleurs ont un type très constant. Calice à deux verticilles de
3 sépales. Corolle à 6 (-8) lobes, enliers, ellîpliques, contrairement à ceux
des Manilkara qui sont toujours pourvus de deux appendices latéraux.
Je n’ai observé aucune forme intermédiaire de lobes ± découpés chez les
nombreuses espèces de Faucherea étudiées dans l’herbier de Paris. Le
tube de la corolle est toujours très court. Les staminodes sont larges et
courts, le plus souvent Ironqués et à bords dentelés, parfois plus longs et
laciniés mais n’atteignant que la moitié de la largeur des lobes corollins.
Les étamines, au nombre de 6 (-8) sont aussi longues que les lobes, et les
filets sont relativement longs. Ovaire à (5-) 0 (-8) loges.
Les fruits connus contiennent des petites graines plates qui ressem¬
blent à celles des Manilkara, avec leur courte cicalrice basiventrate.
La planche 2 montre bien le caractère constant du type floral
qui lui donne à mon avis une valeur générique réelle.
Outre les 4 espèces nommées par Lecomte et citées plus haut, parmi
les nombreuses formes malgaches de Faucherea, je puis indiquer dès à
présent celles-ci :
F. ambrensis R. Capuron mss. Holotype : Capuron 18867, Mon¬
tagne d'Ambre.
P. Urscbii R. Capuron msc. Holotype : Ursch 100, Tampira.
F. raarojejyensis R. Capuron msc. Holotype ; Humbert 22412,
Marojejy.
F. manongariveofiis Aubr. msc. Holotype ; 11463 Manongarivo,
remarquable par ses anthères poilues.
M**® Rethoré, collaboratrice technique de l'Enseignement supé¬
rieur au laboratoire de Phanérogamie, a étudié au laboratoire de Palyno¬
logie dirigé par M“® Van Campo les pollens de quelques espèces de ces
genres voisins et elle apporte dans la note suivante des arguments sur
i’opportunité de les séparer.
Matériel étudié :
Faucherea hexandra
Faucherea laciniala
Faucherea manongarivensis
Faucherea ambrensis
Faucherea marojejyensis
Labramia bojeri
Labramia cosiala
I Manilkara vitiensis ) p-j--
Manilkara smilbiana j ^ * P
'Madagascar
Manilkara bidenlala | p
I Achras sapota j ^
Source : MNHN, Paris
— 29 —
Pollens simples, tous colporés (c’est-à-dire avec des apertures compor¬
tant à la fois un sillon et un pore), à exine scabre en général, dont les orne¬
mentations, quand elles existent, ne sont ni typiques, ni importantes. Il
s’agit tout au plus de granulations assez grossières, souvent plus denses
autour des pores, ou d’une rugulation très légère.
Pollens de taille moyenne, sans écart important entre les plus petits
{Labramia bojeri ,• P = 32 ji, E = 31 |.t), et les plus gros {Labramia coslaia :
P = 47 (i, E = 42 (x). Il n’y a pas de pollens bréviaxes, c’est-à-dire applatis
suivant l’axe polaire, mais des pollens équiaxes ou légèrement longiaxes.
Ces pollens plutôt massifs, dont la forme en vue méridienne va du
contour subrectangulaire au contour ovale élargi, en passant par le contour
sublosangique et dont le rapport P/E varie peu d’une espèce à l’autre,
sont donc à première vue assez semblables entre eux.
Cependant on ne peut les confondre. En effet, le pollen de chacune
des espèces étudiées, présente dans son aperlure, un pore dont la forme
et les dimensions sont caractéristiques. Le sillon lui-même, mais de
manière moins frappante toutefois, a un caractère propre.
La clé de détermination des genres Faucherea, Manilkara, Labramia
et Achras, s’appuiera donc, en grande partie, sur les différents types de
pores observés. Ce caractère d’aperture n’est toutefois pas suffisant, sauf
dans le cas du genre Labramia, pour déterminer à lui seul chacun des trois
autres genres. Le même type de pore se présentant dans les divers genres,
au niveau de quelques espèces, il faudra pour séparer définitivement les
genres, s’appuyer sur d'autres caractères morphologiques, en particulier
sur celui plus fin, du rapport de l'épaisseur entre endexine et ectexine.
Clé des genres faucherea, manilkara, labramia, achras
1. Pores saillants, pollen 5-colporé.
endexine <1/2 ectexine. Labramia.
r. Pores non saillants; pollen 4 ou 5-colporé.
2. Pollen équiaxe; pores très allongés dans le sens équatorial. Achras.
2'. Pollen longiaxe.
3. Endexine ^ ectexine; exine granuleuse; pores arrondis
ou ovales . Faucherea.
3’. Endexine ^ ectexine; exine légèrement fossulée; pores
variables, ovales ou très allongés dans le sens équato¬
rial . Manilkara.
V. LES VICISSITUDES DU GENRE SIDEROXYLON L.
ET LES CURIOSITÉS DE SA DISTRIBUTION DANS LE MONDE
Si un phylogéographe avait tracé les limites de la distribution géogra¬
phique du genre Sideroxylon à la fin du siècle dernier ou encore au début
du nôtre, il aurait dessiné une aire immense couvrant toute la zone
Source : MNHN, Paris
30 --
tropicale. Les botanistes eurent en efTct une t(*ndance naturelle à propos
de la famille relativement homogène des Sapotacées à répartir les espèces
qu’ils découvraient entre les trois genres linnéens, Sideroxylon, Chryso-
phgllum et Mimusops. C’est ainsi que le genre Sideroxylon, comme les
deux autres, fut gonflé de très nombreuses espèces dont les afTinités
étaient plus superficielles que réelles, qu’il devint hétéroclite, et qu’on fut
ensuite amené à le découper en groupes plus homogènes et plus naturels. En
Amérique du Sud, le genre se fondit complètement dans les genres Micro-
pholis, Paralabalia, etc... En Afrique occidentale et centrale, les Sidero¬
xylon nommés ont finalement tous été rapportés à d’autres genres. En
Océanie et en Asie du Sud-est, les Sideroxylon décrits ont pour la plupart
été répartis dans les genres Planchonella et Xanlolis.
Le reste des Sideroxylon vrais est mince et il est curieusement dis¬
tribué géographiquement comme nous allons le voir.
Dubard, monographe des Sapotacées, avait en 1912* dégagé l’essen¬
tiel. D’après lui Sideroxylon L. comprenait une section Alaslichodendron
Jacq., antillaise, une section Sinosideroxylon Engler du sud de la Chine
et une section Spiniluma Bâillon avec une unique espèce abyssine.
Dubard en outre reprenait à côté de Sideroxylon L. le nom d’un genre au
sens confus, Caloaria Commerson, appliqué à des formes de Madagascar,
mais en lui donnant cette fois un sens précis. Dans son genre Caloaria il
plaçait le type même du genre de Linné, Sideroxylon inerme L., ce qui
était aberrant du point de vue de la nomenclature. Sous réserve de cette
erreur de taille, la distinction entre les deux groupes de Dubard était
parfaitement valable. Mais le second groupe correspond aux espèces qui
doivent valablement s’appeler Sideroxylon, tandis que le premier, sensu
Dubard, est autre chose.
Pour définir le genre Sideroxylon, il faut se référer évidemment au
type de Linné, S. inerme. Les fleurs sont pentamères; 5 sépales, corolle à
5 lobes, 5 étamines extrorses à courts filets insérés à la gorge de la corolle,
5 larges staminodes alternant avec les étamines, ovaire à 5 loges. Ces
caractères de structure florale sont communs à de nombreux autres genres
de Sapotacées. C’est dans la graine que réside le caractère générique
essentiel. En forme d’une petite boule aplatie au sommet elle a une petite
cicatrice nettement basilaire et généralement circulaire. Le fruit ne
compte qu’une seule graine à albumen copieux.
On a eu évidemment raison d’attacher une importance primordiale
à la position basale de la cicatrice de la graine, laquelle correspond à
une position définie de l’ovule. Mais alors, on est obligé de détacher du
genre Sideroxylon toutes les Sapotacées à graine à cicatrice latérale,
oblongue ou linéaire qui y avaient été rattachées lesquelles sont devenues
des Planchonella, Micropkolis, Xanlolis et autres.
Mais il y a plus. Chez S. inerme et tous les Sideroxylon vrais, Vembryon
1. Dubard, Les Sapotacées du groupe des Sideroxylon. Ann. Mus. Col. Marseille.
2, X ; 1-90 (1912).
Source : MNHN, Paris
-- 31
Source : MNHN, Paris
— 32 —
est remarquablement placé dans une position « horizontale », s'opposant
nettement à l’orientation « verticale n commune chez les Sapotacées.
Il restait encore à faire monter à d’autres échelons génériques, dans
une classification logique et complète, les autres espèces qui sont ordinai¬
rement attribuées à tort au genre Sideroxylon vrai, dont les graines ont
une cicatrice basilaire, mais donl l’embryon n’est pas horizontal.
C’est pourquoi fut disjointe la section américaine Mastichodendron
de Dubard, élevée au rang générique par Lam, conception validée par
Cronquist^. Le genre Mastichodendron révisé par ce dernier auteur
compte 5 espèces de l’Amérique centrale et des Antilles.
Le cas de l’unique espèce de la section Si/iosideroÆÿfonEngler, admise
par Dubard, est demeuré contesté jusqu’à présent. La graine du Sidero¬
xylon Wighlianum Hook. et Am. a une cicatrice basale circulaire, un
embryon vertical. Pour van Royen c’est un Mastichodendron, AI. Wightia-
num (H. et A.) v. RoyenA Le genre aurait alors deux aires disjointes,
l’une sur Hong-Kong, le sud de la Chine et le Tonkin, l’autre antillaise et
centraméricaine. Pour Cronquist, il s’agit en Asie d’un genre différent.
C’est aussi notre opinion. Les dessins ci-joints font apparaître des types
différents de corolle, entre Alaslichodendron capiri (du Mexique) et
l’espèce de Hong-Kong, où les différences de longueur relative des
lobes et du tube sont très nettes. Sans doute ne s’agiWl que de diffé¬
rences secondaires, mais elles peuvent être génériquement significatives
chez les Sapotacées. La grande distance aussi qui sépare l’aire américaine
de l'aire chinoise incite à la prudence en ce qui concerne un rappro¬
chement taxinomiquement nullement évident. Aussi puisque l'espèce
Wighlianum ne peut pas rester rattachée à Sideroxylon L., le mieux
nous paraît être d’introduire la séparation générique entrevue par Engler,
Dubard, Lam et v. Royen, l’espèce devenant alors le type d’un genre
Sinosideroxylon *.
Nous rattacherons à ce nouveau genre Sinosideroxylon une espèce
indochinoise dont la graine a également une cicatrice basilaire *.
Smosideroxylon racemosum (Dubard) Aubr. comb. nov. =
Planchonella racemosa Dubard in Lecomte. Not. Syst. 2 : 88 (1913) = Mas-
t. Cronquist, Studies in the Sapotaceae II. Survey of llie Nortii American
Généra. Lloydia, 9, 241-292 (déc. 1946).
2. Van Royen, Révision of Lhe ^iapolaceae of lhe Malaysian area. BlumeaX, I :
122 (1960).
3. Sinosideroxylon (Engl.) Aubr, StaL. nov.
Sinosideroxylon Engler, Bol. Jahrii. XII : 518 ( 1890), section du genre Sideroxylon
Dubard, in Ann. Mus. Col. .Marseille, XX ; 85 (1912), non Masliclindendron Cronquist
in van Royen, Blumea X, 1 : 122 (1900).
Sepala 5, imbricata. Corolla 5-loba, lobis tiibo aeqiiilongis, Slamino 5, fauee inserta,
lobis aequilonga. Staminodia 5, iobis subaequilonga, basi dilatala. Ovarium 5-Ioculare.
Frucliis uniseminatus. Semen basi hilo orbiculato notatum; embryo reclus.
Type ; Sinosideroxylon Wiyhlianum (Hook. et Arn.) Aubr.
4. V. Royen écrit dans la description du Xantolis racemnsa (Dubard) v, Royen
(Blumea. VIII, 2 : 216 (1957) ■ scar unknown ■, Dans l'herbier de Paris, il y a de nom¬
breux fruits et graines.
Source : MNHld, Paris
— 33 —
Source : MNHIJ, Paris
-- 34 —
lichodendron racemosum (Lee.) H, J. Lam, Rec. trav. bol. néerl. 36 ; 521
(1939).
Le genre Sinosideroxylon compte ainsi maintenant deux espèces
de l'Indochine et du sud de la Chine.
Il convient enfin d'envisager le cas de la 3® section, Sfiiniluina de
Haillon, adoptée par Engler et Dubabd. Le S. oxyacanlka Haillon
n’est incontestablement pas un Sideroxyhn L,, en raison de l’embryon
vertical. Est-ce un Maslichodendron? L’examen comparatif des corolles,
le long style, les dilîérences d’aspect des graines, l’éloignement des aires
respectives, l’une centraméricaine, l’autre éthiopienne, les types différents
de nervation des feuilles, les épines du S. oxyacanlka, rendent le rappro¬
chement très douteux, et là aussi pour rendre cohérente la classification
de ce groupe de Sapotacées, il me paraît préférable de donner le rang
générique à la section Spiniluma Haillon *.
ce genre appartient aussi, d’après la diagnose, Sideroxijlon buxi-
joUttm Hutchinson de la côte des Somalis.
Spiniluma buxifolia (Hutch.) Aubr. comb. nov. = Sideroxyhn
buxifolium Hutch., Kew Bull. : 413 (1931).
Mais où sont les vrais Sideroxyhn L.? Le type, S. inerme L. est un
arbrisseau, plus rarement un petit arbre bas branchu, répandu dans
les pays de la côte orientale d'Afrique, depuis la province du Cap, jusqu’au
Kenya : Natal, Swaziland, Transvaal, Est africain portugais, Tanganika
(Meeuse). Il n’est pas signalé à Madagascar ni dans les Mascareignes, à ma
connaissance, Plus au nord (côte des somalis), il lui succède un S. diospy-
roides Baker (décrit de Zanzibar), à feuilles plus petites, qui n’est peut être
qu’une forme du S. inerme. 11 n’y a aucun Sideroxyhn dans la Région
guinéo-congolaise, ni dans les savanes et steppes de la façade atlantique
du continent africain.
Le genre Sideroxyhn L. est surtout bien représenté aux iles Masca¬
reignes et à Madagascar. Des Mascareignes on connaît les espèces déjà
citées par A. De Candolle (1844), Engler (1904), Dubard (1912),
Baker (1877) :
S. Boulonianum A. DC., S. allenuatum A. DC. (Seychelles).
S. Bojerianum A. DC., S. grandiflorum A. DC., S. Lesserlii Bak.
Toutes ces espèces ont des feuilles à nervation finement réticulée
qui permet de reconnaître le genre. Ce même caractère se retrouve chez
les espèces malgaches. Le dénombrement de celles-ci n’est pas achevé.
Déjà appartiennent certainement au genre Sideroxyhn :
1. Spiniluma (Bail).) Aubr. slat. nov.
Arbuscula spinosn. Sepala 5, imbricata. Corolla 5-Ioba. Stamina b, fllamenlis
brevibiis, corollae fauce inserlis. Slaminodia 5, villosa. Ovarium 5-loculare; Stylus
lonfrus. Fructus uniseminatus. Semen extus lobatum, basi hilo notatum; embryo
reclus.
Type ; Spiniluma nxyacanllia (Baill.) Aubr. = Sideroxylon oxyacaniha in liull.
Soc. Linn., Paris ; 943 (1891) el Hist. des PI. XI : 278 (1892).
Source : MNHN, Paris
Aires disjointes du genre Sideroxylnn L.
1. Aire malgache et des Mascareignes.
2. Aire du S. inerme L.
3. Aire macaronésienne,
is des genres voisins :
4. Aire du genre Maslichodendron Cronquist
5. — Spiniluma (Baill.) Aiibr.
6. - Sinosideroxyion (Engi.) Aubr,
7. - Argania Roem. et Schiilt.
Source : MNHN, Paris
— 36 —
S. belsimisarakum Lee.,Bull. Mus. Hist, Nat. Paris, XXVI ; 648(1920).
Type : Thouvenot sans n®. Forêt d’Analamazaotra.
S. colUnum Lee. le. XXV : 272 (1919).
Type : Perrier de la Bâthie 5297, Dunes de la côte Mahafaly.
S. saxorum Lee. le. XXV : 272 (1919).
Type : Perrier de la Bâthie 5291, Majunga.
S. Gerardianiim(Hook.f.) Aubr. comb.nov. = Crj/pioÿj/ne Gerardi'ona
Hook. f., Benth. et Hook. Gen. PI. II : 656 (1876).
Forêt orientale. Type : Gérard, Foulpointe (1866)
S. Beguei R. Capuron msc.
Type : 2037 Service forestier. Fianarantsoa.
S. Saboureaui R. Capuron msc.
Type : 1694 R. Cap. Forêt sablonneuse, Fort-Dauphin.
Le genre qui n’est représente en Afrique orientale que par une
espèce ou deux espèces voisines, a donc un centre de concentration dans
les Iles de l'Océan Indien (Madagascar, Mascareignes, Seychelles).
On trouve une aire disjointe dans tes îles de l'Océan atlantique : Madère,
Archipel du Cap Vert, Ile de Ténérife.
S. marginala Dec. (1849) dans les Iles du Cap Vert, S. mermulana
Banks ex Lowe (1831) à Madère. Ces deux espèces sont peut être identi¬
ques. Ce sont des arbustes ou des petits arbres qui, écrit A. Chevalier.
étaient très abondants à Madère sur les rochers du littoral, mais actuelle¬
ment très rares dans cette île. Dans les îles du Cap Vert ils sont encore
assez fréquents dans les montagnes parce qu’ils vivent souvent sur des
rochers inaccessibles. Une variété est cultivée (S. mermulana var. edulis
A. Chevalier).
Ayant tous les caractères typiques de vrais Sideroxylon, elles ont
également la réticulation caractéristique des feuilles des espèces de
l’Océan indien. C’est un fait qui nous parait remarquable que cette
persistance d’un caractère végétatif du genre, en somme secondaire,
dans des aires aussi éloignées l’une de l’autre, dans deux océans séparés
par l’épais continent africain. D’autant plus que ce caractère secondaire,
corrélatif des caractères fondamentaux des graines, n’existe pas chez les
genres proches, autrefois considérés comme des Sideroxylon : Maslicho-
dendron d’Amérique centrale et des Antilles, Spiniluma d’Abyssinie,
Xanlolis et Sinosideroxylon de l’Asie du S. E.
La disjonction du genre Sideroxylon des îles du sud de l’Océan indien
à celles du Nord-atlantique, sans liaison à travers le continent africain est
une de ces anomalies phytogéographiques que l’on découvre si fréquem¬
ment dans l’étude de la distribution des flores tropicales ®.
1. A, Chevalikr, Les Ues du Cap Vert : 925 (1935).
2. M“« Tabdieu-Blot a signalé une semblable disjonction au sujet i'Adianlum
renitorme L. fougère de .Madère, des Canaries, des Iles du Cap Vert (pas Açores).
Source : MNHN, Paris
1*1. 6. — Sideroxylon malgaclies : Slderozidon Begaei R. Cap. : 1, fragment de corolle et pistil
X 6; la, graine de profil et par-dessous, gr, nat. — Sideroxyhn saxorum Lee. ; 2, frag¬
ment et corolle et pistil X 6; 2a, graine, gr, nat. — Sideroxylon belsimUarakum Lee. :
3, graine, gr. nat. — Sidcroitf/on Gerordinnuni (Hook.) Aubr. : 4, fragment de corolle et
pistil X 6; 4a, graine, gr. nat. -— Sideroxylon Saboureaul R. Cap. : 5, fleur X 4; 6, frag¬
ment de corolle et pistil x 6.
Source : MNHN, Paris
— 38 —
Cet exemple nous montre aussi combien peuvent être aventurées
les conclusions phytogéographiques que l’on peut retirer d’une classifi¬
cation taxinomique trop hâtive ou trop superficielle, et combien l’inven¬
taire toujours très incomplet des flores tropicales peut nous réserver
des surprises à mesure qu’il progresse, tant au point de vue systématique
qu’au point de vue phytogéographique et donc influencer nos conceptions
sur l’histoire des flores.
VI. ESPÈCES CAMEROUNAISES NOUVELLES
Synsepalum Letouzei Aubr. sp. nov. ^
Arbrisseau ou petit arbre bas branchii.
Feuilles obovées oblongues, stipulées, obtuses ou acuminées au
sommet, longuement atténuées à la base qui se termine par deux auricules.
Stipules linéaires, caduques. Limbe atteignant Jusqu'à 30 cm de long
sur 12 cm large, gris argenté dessous. Pétiole court, 6-8 mm. Nervures
secondaires, 12-15 paires, saillantes dessous et bien tracées presque jusqu’à
la marge; réunies par un réseau de nervilles sensiblement parallèles.
Nervure médiane déprimée en dessus.
Fleurs sessiles, fasciculées. Calice brun pubescent de 4 mm long,
formé de 5 sépales soudés sur la moitié de leur longueur environ. Coi-olle
longue de 7 mm environ ; tube de 3 mm ; 5 lobes oblongs, Étamines insérées
à la gorge, aussi longues que les lobes (env. 2,5-3 mm). Staminodos sub¬
triangulaires, larges à la base qui est marquée de deux petites dents plus
Cel Adiantum est commun sur les rochers humides basaltiques surtout dans le nord
de Madère, beaucoup plus rare dans le sud. Son aire de répartition présente une disjonc¬
tion remarquable puisqu’on le trouve seulement dans les Iles atlantiques, à la Héuniou
et Madagascar.
Il est probable qu’il s'agit d’un clément tertiaire dont les échelons intermédiaires
sont inconnus ou ont disparu.
Chbistensen, après Sim, le signale avec doute au Drakensberg. l.’/l. renilurme
avec sa fronde simple, réniforme, de texture épaisse, tient, du reste, une place un peu
à part dans le genre Adiantum.
Un autre cas analogue de disjonction est celui d’Acliniopleris auslralis île l'océan
Indien (Madagascar, Afrique sud-orientale. Arabie', Inde) et des îles du Cap Vert.
Mém. Soc. biogeogr. VIII ; .125-347 (1946).
1. Synsepalnm Lelouzei Aubr. sp. nov,
Frutex vel arbuscula in inferiore parte raniosa. Folia obovata, oblonga, aplce
übtusa vel acumlnata, bas! biaurlculata, 30 cm longa, 12 cm lata, subtus argentea,
Costa supra depressa, nervis utrinque 12-15, venulisque parallelis subtus conspicue
prominentibus. Stipulae lineares, caducae. Flores scssilcs. fasciculatae. Sepala 5,
usque ad medium bas! coalila, 4 mm longa. Corolla cir. 7 mm longa; tubus mm
longiis; lobi 5, oblongi. Stamina 2, 5-3 inm longa, fauce inserta. Slaminodia subdel-
toidea, basi plus minusve bidentala, aplce acuta, 2, 5-3 mm longa. Üvarium villosum,
5-loculare. Stylus longus. Fructus (?).
Holotype ; Lelouzey 3775.
Source : MNHN, Paris
- 39 —
Source : MNHN, Paris
— 40 --
ou moins accusées, à sommet aigu, presque aussi longues que les filets des
étamines. Ovaire pubescent surmonté d’un long style. 5 loges.
Fruit inconnu.
Holotype : Letouzey 3775, rives du Dja (Cameroun).
Cette espèce est du groupe du Sgnsepalum dulcificum (Schum.)
Bail), lequel a des feuilles plus petites de forme elliptique. Comme ce
S. dulcificum et d’autres espèces de Sgnsepalum c’est une espèce ripicole,
que l’on trouve aussi en forêt périodiquement inondée à Manilkara
muliinervis, Uapaca Heudelolii et Arihrosamanea allissima. C’est un
arbrisseau ou un petit arbre de 8-10 m de haut, à la cime plus ou moins
étalée. Les feuilles sont groupées par touffes. Écorce rougeâtre, à tranche
rouge avec latex.
MaTËRCEL camerounais ÉTUDlé :
Letouzey ; 3775 rives du Dja entre les rivières Meu et Edjuné (11. mars); 4521 au
N.E. de Yebou [20 km. W.S.W. d'Akonolinga) (fl. mars); retrouvé ça et là en bordure
de la rivière Lobo, près Bengbis et en bordure de la rivière Kadéi près de Oatouri.
Manilkara Letouzei Aubr. sp. nov.'.
Grand arbre. Feuilles groupées aux exlréniilés d’épais rameaux (1,5 cm).
Bourgeons terminaux épais et glutineux. Stipules caduques. Limbe obové
obiong, arrondi ou obtusément acuminé ou légèrement émarginé au
sommet, cunéiforme à la base, de 8,5 à 24 cm long sur 3,5 à 9 cm large,
très coriace, grisâtre verdâtre argenté dessous. Nervure médiane déprimée
dessus, très saillante dessous. Nombreuses nervures latérales effacées
(une vingtaine) avec des nervilles parallèles intercalaires. Long pétiole,
de 1,5 à 5 cm long.
Inflorescences condensées aux exlrémilés des rameaux.
Pédicelles 8-12 mm. Calice à 6 sépales (3 -f- 3), pubescents extérieu¬
rement, de 5,5 mm long env. Hauteur totale de la corolle 6 mm. Pétales 6,
chacun avec 2 appendices dorsaux aussi longs que les lobes. Tube court,
env. 1 mm. Étamines 6 : filets2,25-2,5 mm; anthères2,25 mm. Staminodes
bifides, long de 4 mm. Ovaire à 10-12 loges, pubescent; style glabre.
Fruit inconnu.
Type de l’espèce : Letouzey 4444, 8 km de Djouo (20 km E. de Soma-
lomo sur le Dja (fl. fév.), Cameroun.
1. Manilkara Letouzei Aubr. sp. nov.
Arbor elata, ramis crassis (1,5 cm diam.). Alabastr.a crassa, glutmosa. Folia ad
apicem ramorum congesta, obovala oblonga, apice obtuse acuminala vel rolunda,
vel subemarginata, basi attenuata, 8, 5-24 cm longa, 3, 5-9 cm lata, coriacea, sublus
argentea, costa supra depressa, sublus valida, nervis ulrinque numerosis (cir. 20)
venulisque conspicuis. Slipulae caducae. Peliolus 1, 5-5 cm longus. Intlorenscentiae ad
ramorum apicem congesla. Pedicelli 8-12 mm longi. Sepala 5 (vel 3 -f- 3) extus vlllo-
sula, cir. 5,5 mm longa. Corollae lobi 6, circiter 6 mm longi, dorse 2-appendiculali.
Tubus cir. 1 mm longus. Stamina 6, lilamentis 2, 25-2,5 mm longis, antheris 2,26 ram
longis. Staminodia biflda, 4 mm longa. Ovarum 10-12 loculare, viilosum, slylus glabep.
Fructus (?).
Type : Letouzey 4444.
Source : MNHN, Paris
— 41 —
Grand arbre au fût droit. Écorce fendillée longitudinalement puis
crevassée chez les grands arbres; tranche rose; latex abondant.
Espèce trouvée dans la forêt de terre ferme à sol argileux du Dja
(sud-Cameroun). Elle appartient au groupe d’une systématique difficile
et encore mal connu, des Manilkara Fouilloi/ana, M. mullinervis, M. lacera
et autres. Elle se distingue surtout par ses grandes feuilles coriaces, ses
épais rameaux et ses inflorescences condensées.
Noms vernaculaires camerounais : mougenja (pygmée bibaya de
Ndinge); kwan (badjoué).
Matériel CAMEROUNAIS étudié :
Letouzey ; 4333 et 4333 bis, 12 km S. de Djouo (A. fév.j; 1-114, 8 km S. de Djouo;
3860 près Flandjo.
VII. VITELLARIOPSIS (BAILL.) DUBARD,
GENRE DE MIMUSOPÉES
D’AFRIQUE ORIENTALE ET AUSTRALE
Baker, d’après un échantillon du docteur Kirk de Monbasa en
Afrique orientale, décrivit une espèce BuUjrospermum? Kirkii^. Il s’agis¬
sait bien d’une mimusopée, se rapprochant du genre Bulyrospermum par
sa graine subglobuleuse à large cicatrice, mais s’en séparant par les lobes
de la corolle porteurs de deux appendices dorsaux. Cette distinction
n’échappa pas à Bâillon qui fit de l’espèce de Baker le type d’une nou¬
velle section du genre Mimusops qu’il nomma Vilellariopsis pour marquer
la ressemblance avec le genre Vitellaria (= Butyrosperrnum d’après
l’opinion de Bâillon et nom prioritaire). Toutefois, parce qu’il existait
déjà une espèce Mimusops Kirkii, il changea le nom donné par Baker en
Mimusops Bakeri Baill..*. Engler dans ses « Sapotaceae africanae* »
admit la section et l’espèce de Bâillon. Mais Dubard estima que ce
groupe méritait d’être considéré comme un genre distinct; il le décrivit
très distinctement *, et il rétablit correctement le nom de l’espèce type :
Vilellariopsis Kirkii (Bak.) Dub. Deux spécimens existent dans l’herbier
de Paris, celui du Dr Kirk et un autre de Sacleux (n® 882) récolté à Zan¬
zibar, le long du fleuve Wamé, près Mandera.
Pierre consulta ce matériel mais considéra que le spécimen de Sacleux
pouvait être le type d’une espèce différente de celle de Baker, et rédigea
une diagnose latine demeurée manuscrite pour une espèce Vilellariopsis
Sacleuxii, le numéro de Kirk devenant le type du Vilellariopsis Kirkii.
Ayant examiné ces échantillons nous pensons qu’il s’agit d’une unique
espèce Vilellariopsis Kirkii (Bak.) Dub., type d’un genre Vilellariopsis
(Baill.) Dubard parfaitement caractérisé.
1. Oliver, P'Iora of Tropical Africa III : 505 (1877).
2. Bull. Soc. Linn. ; 942 (1891).
3. Engler, Sapolaceae africanae : 80 (1904).
4. Duhard, Ann. Mus. Coll. Marseille, XXIll ; 44 (1915).
Source : MNHN, Paris
-- 42
Récemment A. Meeuse* a créé un nouveau genre Auslromimusops
comprenant 4 espèces d’Afrique australe et orientale et publié des dessins
de fruits et de graines. Ces graines ellipsoïdes épaisses, à très lai^e cicatrice
ventrale, les lobes de la corolle avec leurs appendices, définissent parfai¬
tement ce genre parmi les mimusopécs africaines, mais établissent mani¬
festement l’identité avec le genre Vilellariopsis.
Nous sommes donc conduit h proposer les combinaisons nouvelles
suivantes :
Vilellariopsis marginata (N. E. Br.) Aubr. comb. nov. = Auslro¬
mimusops marginaia (N. E. Br.) Meeuse = Mimusops marginala N. E. Br.
Kew Bull. : 108 (1895).
Vilellariopsis dispar (N. E. Br.) Aubr. comb. nov. = Mimusops
dispar N. E. Br. Kew Bull. : 107 (1895) = Auslromimusops dispar
(N. E. Br.) Meeuse.
Vilellaropsis sylveslris (S. Moore) Aubr. comb. nov. = Atimusops
sylveslris 8. Moore Linn. Soc. (Bot.) 40 : K12 (1911) = Auslromimusops
sylveslris (S. Moore) Meeuse.
Vilellariopsis cuneala (Engl.) Aubr, comb, nov. = Mimusops
cuneala Engl., Pflanzcnw. O, Afr., C : 307 (1895) = Auslromimusops
cuneala (Engl.) Meeuse.
1. Mekusb, Nolus en Itie Sapolaceae of Soulliern .\fricu. Dolhalia \'II, 2 : 347
(I960).
Source : MNHN, Paris
QUELQUES REMARQUES COMPLÉMENTAIRES
SUR ïj'ALLUAUDIOPSrS MARNIERIANA RAUH
par Werner Raüh
Instilut /ür Syslemalische Holanik der Universilàt Heidelberg
Dans [e tome I, faso. 2, 19(11 (d'« Adansonia » (page 39-54) ont clé
décrites quelques nouvelles Didiéréacées récoltées au cours d’un voyage
botanique en 1959, et parmi elles la nouvelle Alluaudiopsis marnieriana,
découverte dans le bush xérophytique au nord de Tuléar. Malheureuse¬
ment la diagnose donnée était incomplète parce que nous n’avions trouvé
que des exemplaires femelles. Au cours de mon second voyage à Mada-
jrascar en 1961 j’ai eu la chance de pouvoir récolter non seulement des
plantes femtdles, mais aussi des exemplaires mâles avec des fleurs et des
feuilles, de sorte que nous pouvons maintenant compléter la description.
Uien qu’en 1961, en raison d’une longue période de sécheresse, un petit
nombre seulement de Didiéréacées fussent en fleur, les arbustes du genre
Alluaudiopsis, au contraire, étaient couverts d’un grand nombre de fleurs,
tjui, par comparaison avec l’année 1959, étaient déjà ouvertes au com¬
mencement du mois d’octobre, c’est-à-dire quatre semaines plus tôt.
Nous avons réussi également à récolter quelques jeunes plantes qui sont-
cultivées maintenant dans les jardins botaniques <■ Les Cèdres a (Saint-Jean
Cap b’errat) et à Heidelberg.
Alluaudiopsis marnieriana Rauh sp. nov.
Frutex 1,5-3 m altus dcasisBimc et squarruse ramosus; truncus parum
coiispicuus in parte basali usque ad 10 cm diametiens; radiées cortice
bruQiieo carnoso ; rami ultimi ordinis tenuissimi cortice griseo paullum ultro
citroque flexuosi; folia ramorum longiorum tantum modo in ramis novellis,
breviter pctiolata, lamina oblongo-lanceolata 0,7-1 cm longa apice breviter
iiitermissu-mucronulata, mox decidua; spinae geminatae, ut in Decaryia
madagascariensi supra insertionem foliorum insertae, graciles, sed rigidae
et pungentes, 0,5-1 cm longae, in ramis novellis atrobrunneae, senectute
canae; in ramis senioribus inter spiiias rami breviores usque ad 0,5 cm long!
interdum ramosi oriuntur, qui folia et inflorescentias producunt et postea
in ramos longiores transire possunt.
Planta mascula : folia ramorum breviorum plerumque 2-4, rarius 5
rosulate inserta, breviter petiolata, lamina carnosa laete viridi oblongo-
Source : MNHN, Paris
— 44 —
l’I. 1. — AUuaudiopsis marnieriana : 1, rameau court qui s’esl transformé en un rameau
long, portant des feuilles et des épines; 2-3, nœud en vue frontale et latérale;
4-6, rameaux longs avec des rameaux courts feuillés; 4, d'une plante mêle;
6, d'une plante femelle; 6, rameau court ramifié; 7-8, feuilles des rameaux courts
d'une plante femelle (7) et d’une plante mâle (8).
Source : MNHN, Paris
-- 45
lanceolata 0,5-1,5 cm longa, 2-3 mm lata, breviter mucronulata; flores
masculi minores quam feminei, aperti circa 2 cm diametientes, tantum
pauci (2-4, plerumque 3) in ramulis brevissimis inflorescentiae; pedunculi
circa 0,5 cm longi basi bracteis duabus parvis membranaceis brunneolis
dorso carinatie et mucronulatis ad sepala versus cruciale insertis; sepala
circa dimidio minora quam petala, inaequimagna, paullum pedunculo
decurrentia, membranacea coriacea complicata, sed dorso teretiuscula,
numquam carinata, in mucronem brevem excurrentia; sepalum minus
oblongo-ovale 0,S*0,7 cm longum, 0,6 cm latum, sepalum maius 0,8 cm
longum, 0,7 cm latum; petala 4 lutescenti-cocciuea, petala exteriora maiora
quam interiora, lato-ovalia, apice leviter emarginata, circa 1,2 cm longa,
0,6 cm lata, interiora oblongo-linguiformia, 1,2 cm longa, 0,4 cm lata, basim
versus angustata, apice emarginata; stamina 9-10, plerumque 10, omnia
aequilonga; filamenta 0,8 cm longa modice applanata basi annuliformiter
counata, coccinea, apice pilis brevibus, basim versus pilis longis crassis
byalinis; antherae oblongae atroviolaceae; ovarium stérile adcst stylo
albo 0,5 cm longo et stigmate parvo albo-capitato; ovarium ipsum a stylo
parum seiunctum.
Planta feminea : habitu et structura vegetativa a planta mascula non
diifert, sed folia ramulorum breviorum saepe minora et magis carnosa
sunt, laminis breviter petiolatis brevi-ovalibus, 0,5-0,7 cm longis, 2-3 mm
latis in mucronem acrem brevemque excurrentibus; flores 1-5 plerumque
2 in ramubs brevioribus inserti, maiores quam masculi; pedunculus 0,6 cm
longus basi bracteis duabus parvis membranaceis trigonis acuminatis 2 mm
longis ad sepala versus cruciate insertis; sepala multo maiora quam in
floribus masculis inaequimagna, membranacea coriacea basim versus valde
angustata, pedunculum vaginale amplectentia; laminae sepalorum in
regione nervi mediani siirsum complicatae dorso carinulatae, lamina sepali
maioris in flore aperto oblique erecta late trigona, 1-1,5 cm longa, usque
ad 1,4 cm lata mucronulata, lamina sepali minoris plus minusve erecta
oblongo-trigona, 1,2 cm longa, 0,6 cm lata; petala 4 sepalis superata lutes-
centi-eoccinca basim versus flavida, apice reflexa et marginibus etiam
paullum reflexis; petala exteriora obovata basim versus angustata, apice
rotundata, 1,2 cm longa, 0,6-0,7 cm lata, petala interiora anguste lingui-
formia, 1 cm longa, 0,3-0,4 cm lata; staminodia 9-11, plerumque 10, fila-
raenta eorum circiter dimidio breviora quam petala laete rubro-violacea
applanata papilloso-pilosa; antherae abortivae rufescentes; ovarium stylo
usque ad 1,2 cm longo, petala superante basi interdum curvato rufescenti-
flavo et stigmate albo breviter trilobato et ovulo uno oblongo anatropo;
fructus oblongus 3-4 mm longus applanatus exangulatus stylo desiccato
coronatus; semen oblongum 3 mm longum testa brunnea et arillo albo;
plantae germinantes hypocotylo elongato rufescenti et cotyledonibus
2,5 cm longis anguste linearibus.
Typus plantae masculae ; Rauh Nr. 7266 (leg. oct. 1961)
Typus plantae femineae : Rauh Nr. M 928 (leg. oct. 1959).
Ambo in Herbario Musei Nationalis Historiae Naturalis Lutetiae conser-
vantur.
Source : MNHIJ, Paris
HL 2. — Alluaudiopsis marnicriana : 1, inAorescence mâle; 2, fleur mâle; 3, sépale;
4, pétale extérieur; 6, pétale intérieur; 6, aiidrocée avec l’ovaire avorté;?, partie
basale d’un filet; 8, ovaire avorté. — b, sépales.
47 —
Ilab. : in dumetis Euphorbiae et Didiereae generum in regione
septentrionis non 20 km, uL in descriplione prima per errorem indicatum
erat, sed 38-41 km a Tuléar distante juxta viam principalem.
Comme nous connaissons à présent les deux sexes de l’Alluaudiop$is
marnieriana nous pouvons discuter encore une fois sur la question de
leur position systématique. Dans la première publication (1961) nous
avons indiqué que l’Alluaudiopsis marnieriana dilTère essentiellement du
type du genre par la morphologie des organes végétatifs : les épines
géminées, les rameaux en zig-zag, les petites feuilles très caduques sont
des caractères particuliers du genre Decaryia. Mais comme nous ne pou¬
vions constater aucune différence d’organisation entre les fleurs femelles
de cette nouvelle plante et celles de VAUuaudiopsis fiherenensis, nous
l’avions considérée comme une deuxième espèce du genre AUuaudiopsis.
Cet avis est maintenant confirmé par l’analyse des fleurs mâles. Les seules
dilTérences entre les fleurs mâles do VA. marnieriana et VA. fiherenensis
sont les suivantes :
A. fiherenensis
A. marnieriana
Nomdhe des étamines
7-8
9-10
F,.ETS
aplatis avec des poils très
courts
aplatis avec des poils allon¬
gés
COOLECB DES PÉTALES
carmin-rouge
Pistil avorté
nul ou presque nul
toujours présent avec un
style allongé
Mais ces différences ont trop peu de valeur taxonomique pour per¬
mettre d’établir sur elles un nouveau genre. La position systématique de la
nouvelle espèce est maintenant éclaircie de telle manière, que le genre
AUuaudiopsis n’est plus monotypique; c’est pourquoi un amendement
de la diagnose du genre est nécessaire, et nous la donnons ci-après.
ALLUAUDIOPSIS Humb. et Choux emend. Rauh
Frutices spinosi squairose ramosi tnmco inconspicuo, dioici; flores
magni unisexuales, feminei maiores quam masculi; flores masculi : sepala 2,
inaequimagna membrauacea, pedunculo parum decurrentia, petala 4
inaequimagna sepala superantia, stamina 8*10 filamentis applanatis papil-
losis vel pUoêis basi annuliformiter conaatis, ovarium stérile plerumque
adest; flores feminei : sepala 2 inaequimagna membranacea complicata
petala superantia pedunculo longe decurrentia et eum vaginale amplec-
tentia; staminodia (7-) 8-10 (-11) filamentis applanatis papillosis; ovarium
oblongo-ovale stylo longissimo et stigmate parvo leviter lobato; ovulum
oblongum anatropum.
Source : MNHN, Paris
~ 48 —
Clavis speciorum
Spinae singulae; gemmae ramorum breviorum supra spinas
orientes, in ramis longioribus immersae foliis duobus linealibus
usque ad 4 cm longis; flores in cymis longe pedunculatis
raraosissimis dispoeiti; petaia flavido-vLridia .
. Alluaudiopsis jiherenensis
Humbert et Choux
Spinae geminatae; inter eas rami breviores usque ad 0,5 cm long!
foliis ad summum 1 cm longis rosulate dispositis; flores 1>5 in
infloresccntiis breviter pedunculatis dispositi; petaia lutescenti*
coccinea. Alluaudiopsis marnieriana
Rauh
Au point de vue morphologique A. marnieriana occupe une position
intermédiaire entre Alluaudiopsis etZ)ecaryia. Il pourrait se faire que des
recherches cyto-taxonomiques futures montrent la nécessité d'une réunion
de ces deux genres.
BioLiOGnAniiE
HuMDERT II. et Choox P, - • Une nouvelle Didiéréacée ». Bull Soc. Bot. France, 82 :
55-61 (1935).
— • Alluaudiopsis fîherenensis, DidiéréacCe nouvelle de Madagascar. » C. R. Acad.
Sc. 139: 1651-1653(1954).
Rauii W, — « Weitere Untersuchungen an Didiereaceen. I. Tell : Beilragzur Kennlnis
der Wuchsformen der Didiereaceen, unter Berücksichtigung neuer Arien ».
Sitxungsber. Heidelberger Akad. Wiss. 7 ; 185-300 ( 1960-61).
— « Nouvelles Didiéréacées de Madagascar », Adansonia, 1,2: 39-54 (1961).
Source : MNHN, Paris
THE EXPLOSIVE DEVELOPMENT OF A FLOATING
WEED VEGETATION ON LAKE KARIBA
A. S. Boughey
University College of Rhodesia & Nyasaland, Salisbury, S.Rhodesia.
Abstract:
The occurence on Lake Kariba of floating weed mats, formed in the
first instance by the introduced water-fern Salvinia auriculala, is described.
A further colonisation of these weed mats by 40 species of vascular
plants in a process of sudd formation is illustrated.
The implications of this waler infestation on the lake and its possible
origin and future behaviour are discussed.
INTRODUCTION
The larger rivers of Africa, representing the world’s greatest inland
water resource, hâve until this last decade reraained largely unexploited as
sources of electric power. The biological problems arising from the créa¬
tion in these rivers of hydro-electric storage dams hâve therefore not
yet been generally experienced. The establishment of what is at présent
the larçest man-made lake in the world by damming the Zambezi River, in
ils course between Northern and Southern Rhodesia, has provided a
dramatic and instructive illustration of the biological events which may
follow the inception of such a hydro-electrc project.
The Kariba scheme called for the construction of a dam at the
entrance to the Kariba Gorge which would create a storage réservoir
some 280 km. long by 80 km. wideand coveringapproximately 440,000hec¬
tares, reaching its operative level during the 1%0’8. The Kariba Dam
was closed on December 2nd. 1958, thus containing the 1958-59 flood,
which started to flow about the bcginning of December, and reached its
maximum in March and April 1959. The impounding of the Zambezi
waters thus resulted about the end of April of that year in the création
of a temporarily stable embryo lake whose level was far higher than that
of any previousiy recorded flood. In the May of this natal year 1959 the
lirst reports of floating weed mats on the new lake started to corne in.
Weed specimens seen by Dr. E. A. C. L. E. Schelpe, then working in
Source : MNHIJ, Paris
— 50 —
England and reviewing the feras for the Flora Zambesiaca, were determined
by him as Salvinia auriculala Aublet.
This Saluinia species was described by Aublet from Guiana. It is
widcly distributed in Central and South America, and the Caribbean
area. S. auriculala is readily dislinguished from the one other Salvinia
species found on the eastern side of Tropical Africa and in Madagascar,
Salvinia kaslala Desv., by the fact that the latter species has simple
instead of branched hairs on the upper surface of the leaves, more correctly
termed fronds (Herlzog 1935).
Adamson (1950) recorded S. auriculala from the Cape area of South
Africa more than ten years ago. According to Schelpe (1961) it now
also occurs in the Knysna district and a few other localities in the Repu¬
blic, although in bis ciassic ecological account of the Knysna région,
Phillips (1931) does not record the presence of the fera. A specimen
later determined as S. auriculala was collected by Dr. O. West in the
Zambezi a little way above the Victoria Falls in 1949. Subsequently
the fera also appeared in farm dams, once in Kenya and twice in Southern
Rhodesia. Elsewhere, Williams (1956) gives an account of an outbreak
in the rice paddies and natural waters of the eastern seabord of Ceylon.
Source : MNHIJ, Paris
— 51 —
SALVINIA ON LAKE KARIBA
The mats of floating water-fern first reported in May 1959 from
the central section of the lake continued to increase in size and number
ail through that year, until a fringe of Saloinia bordered both shores
of the lake from near Binga upstream to the Bumi River confluence
in the Lower Basin. At this time the Saloinia mats werc fairly pure,
the only other plant associated with them being PisUa slralioles L,,
still in small amount.
Salvinia auriculata plants hâve two distinct growlh phases, which
has sometimes in the past led to taxonomie confusion. The first stage,
termed ‘primary’, is a stérile végétative phase in which the leaves of
the plants are more or less fiat, and ail of them float out over the water
surface (photo 1). The ‘tertiary’ phase (photo 2) develops by a further
growth and a folding together of the upper surfaces of the two halves
of each leaf, and a renewed growth of the third modified leaf associated
with each pair of photosynthetic leaves, which is adapted to form a
root-like structure, and on which micro- and mega-sporangia now
proceed to develop. The younger and more distal portions of the plants in
this tertiary stage are supported above the surface of the water by the
inoribund and submerged older portions, which are buoyed up by the
air trapped between the hairs of their now folded upper leaf surfaces. The
greater portion of the Salvinia on the lake is in this tertiary stage, which
is said to be initiated as a resuit of the crowding together of Salvinia
plants in the primary stage. The ‘secondary’ growth stage of the fern,
inlermediale between the primary and the tertiary, is transitory and is
not commonly encountered.
Végétative reproduction, the only form of propagation so far observed
on the lake, occurs when additional shoots formed on the original fern
plant by growth from latéral buds, become detached from the parent
plant.
The floating mats of Salvinia are very subject to dispersai or trans¬
port by the wind, even in the primary stage when the amount of the
plant emerging above the surface of the water can be only a few milli¬
métrés. As soon as a substantial degree of flooding had occurred in 1959,
crowns of trees which had been only partially submerged on the tempo-
rary shores of the new lake oftered some protection from these distur-
bing winds, and some catchment to lodge the Salvinia plants and prevent
their being blown away. The weed infestation in the second half of 1959
therefore tended to be around the trecd shores. Thcre was already how-
ever a considérable mass of weed floating free across the lake surface,
sometimes as scatterred individual plants, but more usually as great
arcs of interlaced plants drifting quite rapidly down-wind.
Source : MNHIJ, Paris
f’holo 1- — Salvinùi auriculala noalint.' on I.ake Kariba, mosl of the plants in lhe
primary slaee; tliree plants lowards Uie Lop rislil hand porner in llie secundanj
stage, the leaves having jusl cuinmenced lo grow again and to fold up.
i'Iiüto 2. Snivinin auriculala floating on I.ahe Kariba, iill Ihc plants in lhe Irrliary
stage; individual plants hâve a wurm-like appearance, the tlghlly packed leaves
are folded, and the ncw growth is supporled clear of the water.
Source : MNHIJ, Pans
53 —
By April 1960 lhe total mass of floating weed on the lake surface
was cstimalcd as covering some 20,000 hectares (Schelpe 1961). That
same year moreover saw the appearance of a very extensive colonisation
of lhe hitherto almost pure Saluinia mats by a further complex of
vasciilar plant species.
SUDD DEVELOE^MENT ON LAKE KAHIBA
Early in 1960 il becamc apparent that in addition to Pislia, a whole
sériés of vascular plants could become established on the Saloinia mats.
Because of the similarity of these weed colonies which now formed to the
floating masses of végétation in the swamps of the Upper Nile, 1 termed
these ‘sudd’ colonies, despite the absence of papyrus. Up to the end
of 1961 I had found a total of 40 vascular plant species growing on the
floating weed mats, and these are listed in the table below. Only one
of these species (Vossia) is apparently able to survive in the form of
free-floating colonies, more than tcmporary periods isolated from the
support of the Salvinia mat.
This list of species does not include the few epheineral but specta-
cular appearances of certain cultivated plants and tree seedlings. In
1960 well advanced banana plants standing out of the Salvinia mats
were a not uncommon sight, although none were recorded to hâve reached
the fruiting stage or appeared again in subséquent years. These bananas
must havegrown from suckers floating up from the flooded Tonga cultiva¬
tions now below the waters of the lake. The same source would account
for the frequent lulTa {Luffa cylindrica Roem.) colonies, which still con¬
tinue happily to complété their life-cycle and perpetuate themselvcs
on the weed mats. Large quantities of tree seedlings also appeared locally
in I960, but only rarely later, coming especially from two species. Acacia
albida Del. and Colophospermum mopane (Kirk ex Benth.) Kirk ex Leo¬
nard. The first species grew commonly in the riparian forest of this
area along the Zambczi, and continued to fruit even when at least half-
submerged, likc the date palms inundated by the Aswan Dam in Egypt.
The mopane seedling came from seed produced by the multitude of trees
of this species, which is the dominant tree of the flatter and lower areas
of the Zambezi Valley in this région. Seedlings of a Ficus sp. were also
observed; no tree seedlings of any species survived more than a few
months on the weed mats.
The more permanent weed mat colonisera appear to fall into two
groups, tliose of semi-aquatic habitats, and ruderals of open ground
generally. Arnong lhe former are the species of Ludwigia, Polggonum,
Cyperus, Scirpus, Typha and Phragmiles maurilianus. Among the ruderals
are Eclipla aiba, Allernanlhera nodiflora and Commelina di/Jiisa.
Source : MNHN, Paris
— 54 —
ÜBIGIN OF SUDD SPËCIES
Wilhout exception, no species so far recorded as occurring in asso¬
ciation with sudd colonies, whetlier an introduced ruderal or an indigenous
scmi-aquatic plant, cannot be found growing elsewhere in some part or
other of the Zambezi drainage System. Indeed very inuch more mighl
hâve been predictable as to the possibilitics of sudd formation on the
lake if more had been known beforehand of swamp ccology in this and
other adjacent territories.
A somewhat similar complex of semi-aquatic species forming floating
mats has been described from the adjoining Congo by Leonard (1952) and
by Germain (1952). Leonard describes a floating aqualic association
in stagnant water on the Congo River at Yangambi, composed of Pislia
stralioles, AzoUa pinnala and Lemna paucicoslata as dominants, which
becomes invaded by Ipomoea aqualica and Jussiaea repens, together with
a few other associâtes inchiding Commelina diffusa. Under the class of
herbaccous semi-aquatic végétation Leonard aiso has associations, of
which his Jussiaea repens and Enbydra flucluans association, forming a
floating mat in the still or slightly moving water of creeks, containing
among other species Commelina diffusa, Jussiaea repens, Cyperus mundlii,
Scirpus cubensis, together with Pislia straiioles and Azolla pinnala,
closely resembles the Lake Kariba sudd.
Germain defines a Cyperus lalifolius association which includes
Jussiaea saffrulicosa, Ageralum conyzoides, Typha anguslifoUa subsp.
auslralis, Polygonum spp and a Vigna sp.
This is not the place to review ail the litcrature on this subject,
but it is apparent that floating colonies of swamp plants are widely
distributed in Tropical .\frica, even as far north as Sénégal. There Tno-
CHAiN (1940) records an Echinochtoa stagnina and Vossia cuspidala
group which includes Pislia slralioles, Cyperus auricomus, Scirpus cubensis,
Jussiaea oillosa, J. linifolia, ./. desruia, Polygonum lanigerum. In a later
paper, detailed comparisons will be made between the sudd on Lake
Kariba and the floating swamp associations such as thèse which have
been described by a number of ecologists throughout Africa. A review of
this Work does suggest the possibility that in naturel waters in Africa
Azolla species may have played the same pioneering rôle, providing a
mat for further colonisation, that Saloinia auriculala has served in the
artiflcial waters of Lake Kariba.
The nearest area of extensive natural swamp to Lake Kariba is the
Lukanga Swamps, some distance west of Lusaka in Northern Rhodesia,
whcre the river Lukanga runs into the Kafue River, a tributary of the
Zambezi. Dr. S.C. Seagrief visited this swamp in 1958, and his collection
of plants is deposited in the Central .\frican Herbarium at the University
Source : MNHN, Paris
— 55 —
College. The annotations made on his spccimens at the time now make
extremely interesting reading. Seagrief has recently published a note
(1962) on the ecology of the swamps, in which he confirms that masses of
floaling végétation are to be found in the Lukanga Swamps, and that
such Kariba sudd species as Ludwigia leplocarpa, Polygonum (omenlosum,
Cyperus nudicaulis, and Pycreus mundlii are associated with the floaling
Scirpus cubensis mats. At the time ot his visit, August 1958, no Salvinia
auricuiala was seon, suggcsting that the Scirpus mats had a difîerent
origin from those. on Lake Kariba. Although the Kafue River runs into
the Zambezi downstream of the Kariba Dam, and diasporas of sudd
species cannot be swcpt down it into the waters of the iake, there musl
be similar but smaller patches of the swamp described by Seagrief
on other tributaries of the Zambezi which fced directly into the lake.
An additional source of sudd diaspores is the végétation surrounding
the freshwater springs of the valley, such as Manjolo Spring near Binga,
wilh semi-aquatics such as Ludwigia spp., Cyperus spp., and Typha spp.
The source of the diaspores of the sudd ruderals seems to be the
tcmporary végétation which forms on the lake’s ‘soak zone’ as the water
level becomes more or less stabilised each year in the winter, with the
slackening of the annual flood which has moved the lake to a new highcr
level. Along this soak zone ruderals such as Eclipta alba and Allernan-
Ihera nodijlora are very common, together with some of the grasses
which feature in the sudd like Panicum maximum.
DEVELLOPMENT OF SUDD COLONIES
Observations first made in 1960 suggested that sudd clumps fall into
two size groups. This indicates that sudd colony formation is not a con¬
tinuons process, but occurs only at particular times of the year, despite
the apparent presence of a suitable habitat for colonisation at ali seasons.
The diagram in ftg. 1 illustrâtes a possible explanation for this seasonal
sudd colonisation; it should be noted that this applies only to sudd
formed by Scirpus cubensis, which is assuined to hâve a limited flowering
season, andt o hâve seeds which requirc a dormant period of some
months. It is also assumed that both Salvinia auricuiala and Scirpus
cubensis were présent in the area of the Zambezi now flooded by the
lake, or in the lower estuaries of one or more of the tributaries, beforc
the dam was closed in 1958.
Whatever their origin and mode of development, the continuing
existence ot any particular sudd colony on the lake is almost entirely
dépendent upon its degree ot exposure to wind. The action of the wind
upon a weed mat produces results very similar to those of a wind-blown
ice-pack. Although the weight ot the weed is less than that of ice, and
the forces concerncd are not therefore as great, a wind-driven weed
mat caught up in the crown of a half-submerged tree has been observed
to snap off the trunk. The elTect of this pressure in wind-driven weed
mats on older sudd colonies is annihilating.
Source : MNHIJ, Paris
Jan. j Feb.
Mar. j Apr. | May. | Jim. Jul. Aug.
Sep. Oct. Nov.
Dec.
Flood
Rising
New Salvinia mats forming on
newly flooded areas of
New flood 1 shallow water
at maximum
New
Flood
Starts
1958
♦—1957 River Scirpus colonies fruiting _►....1958 Seed.
..1957 Seed.
i • • j Dam
<—1958 Scirpus colonies forming in river—» Closed
1 1 1
1959
111
«-I958 River Scirpus colonies fruiting _»....I959 Seed.
..1958 Seed.
♦—1959 Scirpus colonies forming in lake—►
I 1 1
I960
î I I
♦—1959 Lake Scirpus colonies fruiting _►....I960 Seed.
..1959 Seed.
«—I960 Scirpus colonies lorming in lake—►
1 1 1
1961
♦—I960 Lake Scirpus colonies fruiting —►....1961 Seed.
..I960 Seed.
♦—1961 Scirpus colonies forming in lake —►
1 1 1
1962
1 1 1
—1961 Lake Scirpus colonies fruiting ...
. .1961 Seed.'.
♦—1962 Scirpus colonies forming in lake —.
Source : MNHN, Paris
- 57 --
When blown before lhe wind, Lhe various components of a wecd mat
will not move together. The Salvinia, oiïerring Lhe least underwater
résistance, will sail away first, followed closeiy by the Pisiia. The smaller
sudd colonies follow, the young shoots of many of these collapsing on
the water when no longer supported by the Salvinia mat, and the young
colony then presumably rotting and dying. The larger sudd colonies
bring up the rear several hours, or even a day or so behind. When the
drifting Salvinia ahead is stopped by a headland or olher physical
obstruction, the whole mat, or such part of it as has not sunk en route,
is reconstiluted, the sudd colonies working their way in to achieve a
random scatter much as before the mat was disturbed in the first place.
The prevailing wind on Lake Kariba for almost ali the days of the
year is approximately E.N.E., that is, more or less upstream over the
greater part of lhe lake. Before each new flood begins in December,
a mass of weed mats Iherefore tends to accumulale near Lhe head of the
lake, and to windward of lhe larger north-south promontories. The
weight of weed in these localities eventually becomes so great that the
Salvinia piles up in great waves, up to two métrés thick in the ridges. The
uppermost Salvinia plants soon die, perhaps from over-heating, and
those below become moribund, perhaps because of lack of light or oxygen,
or accumulations of carbon di-oxide. Under these conditions the oïder
sudd clumps fare equally badly. In their second year, those formed
entirely or partly of Scirpus nibensis hâve become very loose insidc,
because the shoots of this species apparently die after fruiting in their
second year. Such hollow colonies are easily squashed fiat by the pressure
of lhe Salvinia mass. Only a very few third year colonies can survive
unprotected, and not many hâve been seen on the lake; two that were
found in 1961 are illustrated in fig. 2.
There are two situations in whi(;h sudd colonies may escape the
pressure of the wind-driven mats, in the lee of islands and among the
half-submerged Iree crowns fringing the shore. The latter situations
are the more common : sudd colonies trapped in tree crowns tend to
merge and form a continuons line of sudd. Between this line and the
actual shore, Salvinia finds in this protected water idéal conditions
under which to grow and multiply. Such situations are now the most
important Salvinia ‘nurseries’ in the maturing lake.
The areas occupied by Salvinia, Pistia and sudd respectively are
diflicult to estimate. After the April 1960 estimate of 20,000 hectares
of total weed mats, a survey in August 1960 gave an increase to about
.30,000 hectares, according to the figures of the Lake Kariba Co-ordinating
Committee. Their later estimâtes su^est that the weed mats continue
to occupy approximately one tenth of the total water surface. How
much of this is actually occupied by sudd colonies it is diflicult to déter¬
mine. They are never so dense in obstacle-free water that a launch power-
Source : MNHIJ, Paris
• - 5S —
Fl. 2- — Skctches showing lhe composition and species distribution in Iwo of the
rare three-year old sudd colonies which are to be found in the weed mats on
Lake Kariba. Note thaï the flrst colony illuslrated is in proceas of beingsquashed.
(ul cnough to push through thick Salvinia cannot work its way through
them. Althüugh the reproductive rate of the Salvinia is apparently so
fantastically grcat that it grows away almost pure in lhe Salvinia ‘nur¬
series’, an oider mat may hâve as high an admixture of Pislia as TjO per
cent or even more.
FUTURE DEVELOPMENT OF THE WEED ON LAKE KARIBA
The économie development of the Lake Kariba area, as distinct from
the control of the actual dam site and the hydro-eleclricity plant, is
in charge of the Lake Kariba Co-ordinating Commiltee, whose olTicials
hâve shown a stimulating imagination in grappling with the weed problem
which was suddenly Ihrust upon them. Under their aegis, an independent
weed-control firm from the Republie of South Africa is carrying out on
the spot trials of ail promising methods of weed control, especially the
use of herbicides, and the possibitity of biological control is under inves¬
tigation by the Commonwealth Institute of Biological Control at Trinldad.
Various local botanical and fisheries organisations hâve been made
responsible for charting the actual progress of lhe weed and the areas
Source : MNHN, Paris
— 59 —
which it covers. At the University College autecological iavestigations
on Saluinia auriculala hâve been instigated with Mr. D.S. Mitchell in
charge, and I hâve undertaken to study sudd colonisation. The officiais
of the committee work paticntly through not oniy Lhe many suggestions
sent in as to controi of lhe weed, but also the numerous recommendations
as to its économie exploitation, which range from the production of
animal and even human food to the manufacture of plastic ash-trays.
The autecological investigations will provide not only informations
on the biology of Safainia auriculala but also some idea of why explo¬
sive reproduction of this species has occurred on Lake Kariba, and how
long this stage is likeiy to persist in the maturing lake. Already repro¬
duction of Saknnia seems to hâve levelled ofï so that it continues to
occupy one tenth of the water surface, but this is still a very considé¬
rable proportion of what is to be 440,000 hectares of water. Mitchell’s
work may be abic to explain why, aithough apparently mature micro-
and megaspores are produced in great quantifies, reproduction of Salvinia
in the lake is apparently always végétative. The relationship of lhe
several growth stages, and the factors which controi their appearance,
may also be explained by these autecological studies.
Great masses of Salvinia are known to be présent in the Upper
Zambezi, but the area is too remote to permit easy access to ascertain
the exact nature of this infestation, which was presumably the original
site of introduction of the weed, perhaps by an enthusiastic aquarist—
the plant is still listed in some aquarist’s catalogues. Cerlainly it is known
lhat the infestation several years ago was so great that basins in the
Upper Zamhezi used by the local people for communal fish drives, had
to be abandoned for this purpose because of the Salvinia cover.
If the explosive reproduction of the fern is dépendent on unusually
high concentrations of nutrients, this species might find in the annual
floods of the Upper Zambezi idéal conditions for its végétative growth.
It will also be significant in this respect that when the lake is operaling
to capacity, one third of the water will be replaced each year, mostly
by such fiood waters.
Salvinia has always been concentrated in the central and upper
reaches of Lake Kariba. It did not reach the dam site in the lower basin
until early in 1961, and it is still not extensive there, or in what is locally
called the Sunyati basin, into which Ilows the largest tributary reaching
lhe Zambezi on the lake. The relative scarcity of Salvinia in this part
of the lake could be duc as much or cntircly to a différence in the nutrient
status of lhe water as to the late occurrence of an infestation there, or
to lhe removal by the wind of any free colonies. This is again a point
on which the autecological investigations may throw some light.
Source : MNHIJ, Paris
- 60 - •
Economically, the mosl important site on the lake is above ail the
area immediately surrounding the dam, controiled by the Fédéral Power
Board, and where the turbine intakes are iocated. The fishing pitches,
cleared of ail woody growth at considérable expense to within a few
centimètres of the ground, and the major harbours are next in impor¬
tance. By the érection of a boom across the entrance to the Kariba
Gorge, it has been possible for ail practical purposes to keep Salvinia
from entering the tubine intakes. The fishiiig pitches, having no par-
tially submerged Iree growth to hold the weed, only become covered
where they are sited across the wind, or at the head of the lake where
weed accumulâtes. Of the major harbours, Sinazongwe, the largest port
on the north bank, was virtually unapproarhable from the water for two
years, but now like the other harbours, remains fairly clear of weed.
The question therefore remains, if the Salvinia nurseries in the mature
lake continue to fonction as outlined here, they should be allowed to
exist on the lake. There are signs that a permanent sudd végétation
will develop in such areas, associated with some plants already présent,
such as Fossm or Scirpus cubensis, or some plant yet to make its appea-
rance, such as Papyrus, occurring naturally in the ükovango Swamps of
Bechuanaland which partly drain into the Chobe swamps upstream of
the Victoria Falls. In this respect it is very curious that Eichornia cras-
sipes, has not yet put in an appcarancc on the lake, where a very carefiil
watch is kept for it.
If an extensive infestation reaching along virtually the whole of
the Zambezi syslem is allowed to persist, it must constiLiite a permanent
Ihreat to the rest of tropical and sub-tropical Africa, and to further
developmenlal projects such as the Volta scheme in Ghana. A timely
reminder of the uncanny ability of Salvinia auriculala to achieve long-
distance dispersai, despite rigorous précautions aimed at preventing
this, is its recent spread in 1962 to the Prince Edward Dam, a water
réservoir on the outskirts of Salisbury, over 200 km. from Lake Kariba
and some 1,000 m higher in altitude.
For the biologist, Salvinia auriculala emphasizes how little we
yet know of the processes by which relatively innocuous native plants,
removed from their natural habitat to a new one, achieve there an explo¬
sive rate of reproduction and an overwhelming colonizing ability. Nor do
we yet know by what stages of évolution the présent Hoating végétation
of .\frican natural waters was developed.
Befehesces
Aüamson R.s. (1950). — l'iora of Itie Cape Peninsula. Cape Town.
Germain R. (1952). — Les associations végétales do la plaine de la Huzizi [Congo
Belge) en relation avec le milieu. Publ. I.N.E.A.C., Ser. Sci., no. 52.
Herzog R. (1935). — Ein Beilragzur Systemalik der GattungSalvinia. Hedwigia74 :
257-284.
Source : MNHN, Paris
- - 61
Léonard J. (1952). - Aperçu préliminaire des groupements végétaux pionniers dans la
région de Yangamiji (Congo Belge). Vegetatio 3 ; 279-297.
l’iiiLLiPs J.F.V. (1931). - Forest Succession and Ecology in the Knysna Région.
Bot. Survey S.A. Mem. 14.
ScuKLPE E.A.C.L.E. (1961). — Tlie Ecology of Sahinia auriculala and associated
végétation on Kariba Lake. Jour. S. Afr. Bot. 27; Pt. III : 181-187.
Seagbiek S.C. (1962). -- The Lukanga Swamps — Northern Fhodesia. Jour. S. Air.
Bol. 28; Pt. 1 : 3-7.
Truchain J. (1940). -- Contribution à l’étude de la végétation du Sénégal. Mëm.
I. F. A. N. no. 2.
Williams R.II. (1956). Salvinia auriculala Aubl.; the Chemical éradication of a
serions aquatic weed in Ceylon. Trop. Agric. 33 ; 145-158.
List of vasculab plant specibs found obowino in sudd on Lake Kariba
A'/eralum cony:oides L.
Allernanihera nodiflora R. Br.
HasUicum po/gsfac/iÿon Moensch.
Cissampelos mucronaia A. Rich.
Commelina diffusa Burm.
Cypenxs orficu/olus L.
C. auricomus Sieber
C. dfnadaUis L.
C. dives Del.
C. flabelU/ormis Rottb.
C. longus L.
C. nudieaulis Poir.
C. sphaerospermus Schrad.
IHandrochloa namaquensia (Nees) Stapf
Echinochloa pyramidalis Hitchcock et
Chase
Eclipla alba L.
Equiaelam ramosiaaimum Desf.
Hibiscus diversifoUua Jacq.
Ilyparrhenia dichroa (Stapf) Stapf
H. ru/a (Nees) Stapf
Kyllingia alba Nees
I.udwigia adscendens (L.) Ilara
!.. erecta (L.) Hara
/,. leptocarpa (Nutt.) Hara
L. pubescens (L.) Hara
Mariacus dubius (Rottb.) Kukenth.
Panicum maximum Nees
Phragmiles maurifionu* Kunfh
Pistia slralioles L.
Polygonum aalicifolium Brouss.
P. lomenlosum Willd.
Pycreua mundlü Nees
P. polyslac/iya Beauv.
Pbynchospora corymbosa Domin
Scirpus cubenais Poepp. & Kunth
Sphaeranihus incisua Robyns
Typha auslralia Scliumach.
T. capensia Rohrb.
Vigna sp.
Vossia cuspidala (Roxb.) W. GrilT.
Source : MbJHbJ, Paris
CONTRIBUTION A LA CONNAISSANCE
DES EUPHORBIAGÉES
DU CAMEROUN
par J. Léonard
Professeur à TUniversité libre de Bruxelles.
Nous avons eu l’occasion d’examiner la riche collection d’Euphor-
hiacées du Cameroun dont M. R. Letouzey, conservateur des Eaux et
Forêts O.M., et M. F. Eko-Ebongue, directeur de l’administration fores¬
tière, tous deux de Yaoundé, Cameroun, ont eu la délicate attention de
déposer un double dans l’herbier tropical du Laboratoire de botanique
sysiématique de l’Université libre de Bruxelles (BRLU) que dirige le
professeur P. Duvigneaud. L’original de cette collection se trouve au
Muséum national d’histoire naturelle de Paris (P) et une autre série
existe dans l’herbier de la section de recherches forestières de Yaoundé.
Cette collection se compose de récoltes effectuées par MM. E. Enden-
GLE, R. Letouzey, A. Mbabga, J. Medou, B. Mpom, P. NANAetB.NoONGO
ainsi que par la section de recherches forestières du Cameroun (S.R.F.K.
puis R.R.F.Cam.),
Il nous a paru utile de publier les déterminations de ces récoltes,
d’une part parce que des doubles peuvent encore en être distribués dans
d’autres grands herbiers, d’autre part parce que les données écologiques,
phénologiques et géographiques sur les Euphorbiacées du Cameroun sont
encore fort peu nombreuses.
Cette première contribution ne concerne que la partie du matériel
transmis se rapportant aux genres dont nous avons terminé la révision
pour l’Afrique centrale.
I, BRIDELIA Willd.
J. Léonard, üull. Jard. Bol. Étal Briix. XXV : 359-374 (1955); Bull. Acad. Sc.
colon. I ; 1138-1150 (1956); Flore Congo Rwanda-Burundi, VIII, 1 : 27-50 (1962).
B. atroviridis MüII. Arg.
Koumé près Bertoua, arbuste de 3 m à rhytidome jaunâtre avec
épines lignifiées droites,fruits devenant rouge foncé, bordure de savane
Source : MNHN, Paris
- 63 -
à Penniselum, janv. 1960, Lelouzey 2626 (fr., BRLU); subdivision Bertoua,
près Deng-Deng, petit arbre à écorce blanchâtre, fleurs marron foncé,
avril 1955, Nana 48 {fl., BRLU); ihid., savane préforestière sur sol argi¬
leux, mai 1955, Nana 75 (fl., BRLU); à 70 km de Bertoua, route Ndemba
II, arbuste de 8 m, fruits verts, juill. 1955, Nana 163 (fr., BRLU); km 60
route Bertoua-Esseleke, petit arbre des formations secondaires, 6 m dé
haut, fruits vert brun, savane, août 1955, Nana 205 (fr., BRLU).
B. femiginea Benth.
Kaa, près Nanga-Eboko, arbuste épineux de 3 m de haut et 10 cm
de diam., savane à Imperala et Hgparrhenia, févr. 1959, Lelouzey 1009
(fr., BRLU); rocher de Bamclap entre Nanga-Eboko et Bertoua, arbuste
épineux de 2 m, fleurs jaune verdâtre, avril 1959, Lelouzey 1661 (fl.,
BRLU); Elon, route Mbaka-Akonolinga, arbuste de 10 cm de diam.,
cime ± retombante avec nombreux rameaux « en touffes », fleurs jau¬
nâtres, savane à Imperala, très commun et pratiquement la seule espèce
arbustive, avril 1959, Lelouzey 1743 (fl., BRLU); Mont de Bana, près
Nanga-Eboko, arbuste de 2-3 m, savane, mai 1959, Lelouzey 1918 (fl.,
BRLU); Menibe et Guei'voum au sud de Yoko, fleurs jaunes, savane à
Ilyparrhenia, peu abondant, mai 1959, Lelouzey 2102 (fl., BRLU); Djal
près Doumé, arbuste de 2-3 m, fleurs jaunâtres, savane nue à Imperala,
févr. 1960, Lelouzey 3159 (fl., BRLU); piste Moyenam près Bertoua,
rivière Koubou, savane à Imperala et Ilyparrhenia, févr. 1960, Lelouzey
3180 (fl., fr., BRLU), 3194 (fr., BRLU), 3194 bis (fl., fr., BRLU); à 2 km
au N.E. de la cote 680 du fleuve Pangar près Deng-Dong, fleurs vert jau¬
nâtre, abondant, savane récemment brûlée à Terminalia glaucescens,
févr. i961, Lelouzey 3^89 (fl., BRLU) ; à5 km au Sud de Mbele, près Bétaré-
Oya, fleurs jaunâtres, savane à Lophira lanceolala et Daniellia oliveri,
févr, 1961, Lelouzey 3558 (= Breleler 1152) (fl., BRLU); subdivision
Bertoua, km 50 route Ndemba II, arbre de 5 m de haut et 20 cm de
diam., fruits verts, savane boisée, juill. 1955, Nana 195 (fl., fr., BRLU).
B. micrantha (Hochst.) Baill.
Au pied du Tchabal Tchile, près Mbang Rei près Belel, Est Ngaoun-
dere, petit arbre à fleurs jaunâtres, fruits verts, galerie forestière, mars
1958, Lelouzey 615 (fl., fr., BRLU); près des lacs de Boubala (Tibati),
arbuste de 20 cm de diam., fleurs vert jaunâtre, prairie périodiquement
inondée, déc. 1959, Lelouzey 2578 (fl., BRLU).
B. ndellensis Beillc
Km 10 route Abong-Mbang-Lomié, arbre de 6-8 m, racines-échasses,
fût droit, épineux (épines droites), écorce gris clair, vieilles fleurs rousses,
fruits jeunes verts, mars 1955, Lelouzey 506 (fl., fr., BRLU); subdivision
Bertoua, km 100 route de Goyoum, fleurs vertes, savane préforestière sur
sol caillouteux, oct. 1955, Nana 324 (fl., BRLU).
Source : MNHN, Paris
— 64 —
B. stenocarpa Müll. Arg.
Piste de la forêt d’Essam, près Nanga-Eboko, petit arbre de 20 cm
de diam,, petites échasses à la base du fût, tronc peu épineux, rameaux
épineux, fleurs jaunâtres sur les jeunes rameaux, limbe vert grisâtre,
nervures claires, friche postculturale, févr. 1959, Lelouzey 1407 (fr.,
BRLU); km 110 route Bertoua-Ebaka, petit arbre de 4 m de haut et
85 cm de tour, écorce blanchâtre, fleurs verdâtres, forêt secondaire,
janv. 1956, Nana 407 (fl-, BRLU); près Batanga, 30 km au S.S.E. de
Batouri, petit arbre de 25 cm de diam., muni à la base de 8-10 petites
paltes aplaties i en échasses, tronc et rameaux épineux, rhytidome vert
jaunâtre, tranche de l’écorce rouge, aubier blanc passant progressivement
à un bois de cœur brun marron mi-dur, limbes grisâtres au dessous, fruits
verts, recru forestier en forêt à Celiis et Sterculiacées, avril 1962, Lelouzey
4080 (fr., BRLU).
B. sp.
Près de Minim (Tibati), arbuste de 2 m, fruits noirs, savane arbus-
tive. rare, déc. 1959, Lelouzey 2586 [fr., BRLU).
2. GAVACOA J. Léonard
J. I-ÉONABD, Bull. Jard. Bot. Etat Brux. XX\' : 315-324 (1955); Flore Congo
Hwanda-Burundi, Vlll, 1 : 191-194 (1962).
G. quintasii (Fax et K. HoIIm.) J. Léonard
A 10-15 km au N.O. de Ngola près Lomié, arbre à fût très cannelé,
de 30-40 cm de diam., forêt, avril 1961, Lelouzey 3710 (st., BRLU); à
10-20 km au N.O. de Ngola près Lomié, fût de 20 cm de diam., irrégulier.
± cannelé, bas branchu avec quelques pattes concaves à la base, rhyti-
dome foncé, écorce en section oblique ; sous un cerne mince de rhytidome
noir liégeux, cerne mince orangé rosé, section des jeunes rameaux
exsudant un liquide rougeâtre poisseux, bois orangé pâle, fleurs $
à 5 pétales jaunâtres, abondant dans la strate arbustive supérieure,
forêt pélohygrophile de type primitif sur schistes et micaschistes, avril
1961, Lelouzey 3737 (fl., BRLU); Nkomo, près Ngoase au sud de la rivière
Lobo, près .\konolinga, petit arbre ± difforme à fût très cannelé et à
rhytidome de teinte foncée, extrêmement abondant, en sous-bois d’un
peuplement de Julbernardia sp., n° 4221, févr. 1962, Lelouzey 4218
(st., BRLU).
3. GLEIDION Blume
G. gabonicum Bail).
Nord de Moundi près Bertoua, arbuste monoïque, de 3-5 m, écorce
rouge sur tranche, à odeur très fugace d’acétate de méthyle, fût avec
Source : MNHN, Paris
— 65 —
protubérances, inflorescences d’abord rougeâtres puis verdâtres puis
blanc jaunâtre, fleurs $ et fruits pendants à pédoncule et styles rouges,
sous-bois, janv. 1960, Le/ouzey 2646 (fl.,BRLU); rive boisée de la Sanaga
près Goyoum (Bertoua), arbuste monoïque de 5 m de haut et 10 cm
de diain., épis cJ pendants vers l’extrémité des rameaux, stigmates
rouges persistants, fruits verts, écorce rouge à odeur fugace d’acétate
de méthyle, commun, forêt périodiquement inondée assez dégradée,
janv. 1961, Lelouzeg 2,2Çn {= Brefe/cr 944) ( fl., P).
4. GLEISTANTHUS Hook. f. ex Planch.
J. Léonard, Bull. Jard. Bol. Élat Brux. XXX : 421-461 (1960); Flore Congo
Rwanda-Burundi, Vlll, 1 : 5-27 (1962).
C. camerunensis J. Léonard
Douala, route Razel, jeunes rameaux rougeâtres avec indûment
ferrugineux, nervures rougeâtres à la face inférieure des jeunes feuilles,
1955-1956, Endengle in SHFK 2116 (fl., fr., P).
Observation ; Après la description de cette espèce (loc. cit., p. 430),
dont l’holotype {Endengle in SREK 2116) est déposé à Paris, nous avons
reçu 2 doubles du type montrant des feuilles pouvant atteindre 18 cm
de long et 5,5 cm de large et se terminer par un acumen de 3 cm de
long ainsi que des fleurs Ç, précédemment inconnues, à calice et ovaire
glabres.
G. letouzeyi J. Léonard sp. nov. (Sect. Cleislanlhus).
Ab affiiii C. bipindensi Pax petiolis longioribus, limbo adulte subtus
glabro, staminum numéro, florum $ pedicello multo longioie atque sepalis
9 longioribus caducisque distincte differt. (PI. 1).
Arbor parva, monoica, trunco 20 cm diamètre, ramulis adultis glabris
in sicco brunneis. Folia alterna, simplicia, stipulis caducis haud visis, petiolo
transverse rugoso, 8-13 mm longo, adulto glabro, limbo elliptico-obovato
ellipticove, basi acuto haud recurvato, apice acuminato, 13-20 cm longo
et 4-7,5 cm lato, coriaceo, adulto utrinque glabro, subtus margine paulo
incrassato prominentique; nervi sccundarii utrinque 7-8, tertiarii subparal-
leli; nervulorum retc vix conspicuum. Fasciculi l-2-8exuosi, pluriflori,
ad axes axillarcs, solitarios, 1-3,5 cm longos, rufo-tomentellos, internodiis
3-13 mm longis dispositi. Flores (J 5-meri, patuli 1,5 cm diametientes; ala-
bastra apice obtusa, iu sicco 4-5 mm longa et 3 mm diametro; pedicellus
6-8 mm longus, rufo-tomentellus; sepala valvata, triaugulari-lanceolata,
acuminata, 7-8 mm longa et 2-2,5 mm lata, intus glabra, extus rufo-tomen-
tella; petala obovata, apice inaequaliter lobulata, 1,5 mm longa et 1 mm
lata, haud ciliata, glabra; discus annuliformis, crassus, carnosus, rufo-
tomentello-lanatus; stamina 6(7), glabra, andropboro columnari basi
5
Source : MNHN, Paris
PI 1 — C/ciïJaniftw/«ioujeÿi J. Léonard : A, rameau norifère X l/2; B, bouton <?
dont 2 sépales enlevés x 4; C, Ileurÿ épanouie, dont 1 sépale enlevé x 3; D,neur
Çépanouie, dont 1 sépale enlevé X 3. (D’après Lelouzey 3919).
Source : MNHN, Paris
- 67 • -
brevissime coiinata, filamentorum parte libéra 2,S-S mm longa; antherac
triangulari-eloDgatae, 2,5 mm longae, longitudinaliter déhiscentes; gynaecei
rudimentum tripartitum, 1 mm longum, rufo-pilosum. Flores $ 5-meri,
patuli 1,8-2 cm diametientes; pedicellus 1-2 cm longus, rufo-tomentellus;
sepala eis ^ similia, 8-10 mm longa et 2-2,5 mm lata, denique ledexa deinde
caduca; petala eis similia; discus annuliformis. ovarii basim cingens,
carnosus, facie exteriore nigra excepta rufo-tomentello-lanatus; ovarium
3(4)-loculaTe, subglobosum, 3,5-4 mm diamètre, in sicco dense rufo-pubes-
cens; styli 3(4), ter bifidi, 2 mm longi, columna 0,3 mm longa basi conuati,
subtus extremitatibus exceptis tomentelli, stigmatibus nigris; ovula iii
quoque loculo 2. Capsulae haud visae.
Bedoumo entre Abong-Mbang et Lomié, près de la rivière Ndjoo,
petit arbre de 20 cm de diani., axes des inflorescences et sépales brun clair
extérieurement, fleurs (J à 5 sépales verts intérieurement, à disque orangé,
à 6(7) étamines à anthères brunes, fleurs $ à ovaire blanc, avril 1961,
Lelouzey 3919 (^, $, hoiotypus, BRLU).
Observations : 1. Cette espèce, la 24® africaine continentale du
genre (J. Léonard, Ioc. cit.), est bien distincte de toutes les autres et
semble présenter le plus d’airinités avec C. bipîndensis Fax connue au
Cameroun également; cette dernière possède des pétioles de 5-9 mm de
long, des feuilles adultes pubérulentes à la face inférieure, 5 (6) étamines,
des fleurs Ç à pédicelles de 3-4 mm de long non ou à peine accrescents
ainsi que des sépales Ç plus courts (5,5-7(8) mm) et persistants sous le
fruit.
2. C. zenkeri Jabl., elle aussi connue au Cameroun, se distingue
de cette espèce nouvelle par ses inflorescences en fascicules axillaires,
par ses pédicelles et boutons bruns à l’état sec et à indûment plus ras,
par ses fleurs Ç à pédiceile de 4-6 mm de long accrescent jusqu'à 10 mm
seulement sous le fruit, par ses sépales cJ et Ç plus courts (4,5-5,5 mm de
long), par le disque de ses fleurs et Ç glabre ainsi que par ses étamines au
nombre de (5) 6-8 (10).
C. polystachyus Hook. f. ex Planch.
Asia près Abong-Mbang, arbuste formé de rejets sur une souche de
20 cm de diam., très jeunes rameaux rougeâtres, boutons et fleurs vert
jaunâtre, anthères blanches, disque blanc, cacaoyère et bananeraie,
avril 1961, Lelouzey 3889 (fl., BRLU).
5. CROTON L.
J. LÉONARD, Bull. Jard. Bol. Élal Brux. XXVI ; 383-397 (1956); Flore Congo
Rwanda-Burundi, VIll, 1 : 50-84 (1962).
Source : MNHN, Paris
— 68
C. cf. leuconeurus Pax
Berge du fleuve Djerem entre Niadaba et Tagbou à l’est de Yoko,
arbuste de 3-5 m, feuillage peu abondant, feuilles grisâtres à la face
inférieure, vieilles feuilles rougeâtres, fruits verts devenant (?) jaune
orangé, peu abondant, juin 1959, Lelouzey 2272 (fr., P).
C. macrostacli 3 nis Hochst. ex Del.
Au S.O. de Mararaba près Bétaré-Oya, arbuste de 6 m, feuillage et
jeunes ramifications argentés, vieilles feuilles dorées, recru broussailleux
sur savane à Terminalia glaucescens, févr. 1961, Lelouzey 3526 (fl., BRLU);
au N.E. de Wase (70 km à l’E.S.E. de Batouri), arbuste atteignant
environ 5 m de haut, rameaux courbés, peu ramifiés sauf aux extrémités,
limbe argenté à la face inférieure, inflorescences blanc jaunâtre de fleurs
à odeur de miel, assez fréquent dans les recrus forestiers broussailleux
et arbustifs en savane arbustive à Terminalia glaucescens, avril 1962,
Lelouzey 4929 (fl., BRLU).
C. oligandrus Pierre ex Hutch.
Ezoumden, km 10 route Yaoundé-Kribi, arbre de 8 m de haut,
écorce grisâtre tachetée de blanc, brousse secondaire sur terre latéritiquc,
févr. 1956, Mpom 193 (fl., BRLU).
C. sylvaticus Hochst. ex Krauss.
Subdivision Bertoua, km 90 route d’Esseleke, gros arbre à écorce
blanchâtre, savane préforestière sur sol humifère, août 1955, Nana 217
(fl., BRLU); mont Pandi (20 km au N.O. de Batouri), arbuste de 3 m de
haut, à longues inflorescences jaunâtres de fleurs (J, îlot arbustif sommital
sur le mont Pandi, rocher d’orthogneiss haut de 150 m dans la savane
herbeuse à Imperata cylindrica, avril 1962, Lelouzey 4742 (= Breleler 2787]
(fl,, BRLU).
C.sp.l.
Deng-Deng, subdivision Bertoua, arbre de 6 m de haut sous branches
et de 30 cm de diam., écorce grisâtre, fleurs vertes, mai 1955, Nana 79
(fr., BRLU).
G. sp. 2 (groupe du C. pyrifolius Müll. Arg.).
Subdivision Eseka près de Ngongos, grand arbre de 18 m de haut,
écorce blanche, juin 1955, Mbarga in SBFK 2042 (fl., BRLU).
6. CROTONOGYNE Müll. Arg.
.1. Léonard, Flore Congo Kwanda-Buruiidi, VllI, I : 174-180 (1962).
Source : MNHIJ, Paris
— 69 —
C. aiï. giorgii De Wild.
Forêt inondée du Nyong, entre Zogela et Mbomba près d’Abony-
Mbang, arbuste de 8-10 m à tiges droites verticales et à feuilles dressées
ou courbées dans la partie supérieure, inflorescences pendantes à fleurs
blanches, très commun par petites taches, avril 19û9, Lelouzey 1811
(11., BRLU); piste Mpoundou-Scgiendom, marécages du Yerap au Sud-
Est de Nanga-Eboko, arbuste de 3-6 m et plus, tiges verticales, rhyti-
dome gris, coupe de l’écorce avec liquide rouge groseille poisseux, panache
de feuilles dressées à l’extrémité des tiges, inflorescences pendantes
longues de 1 m et plus, assez commun, forme de petites taches dans les
raphiales des marécages, févr. 1960, Lelouzey 3020 (fl., P).
C. preussii Fax
Membine près Nanga-Eboko, arbuste de 6 m, tige verticale, longues
branches horizontales recourbées vers le haut aux extrémités avec bou¬
quets de feuilles dressées et inflorescences blanches dressées, fruits verts,
rare en sous-bois dans une trouée éclairée de la forêt de type primaire
à Celtis miliibraedii sur un versant de la colline, mai 1959, Lelouzey 1891
(fl., BRLU); rive boisée de la Sanaga près Goyoum, arbuste à tige droite
verticale ou en candélabre avec bouquets de feuilles dressées terminaux,
épis dressés à axe vert foncé, fleurs $ blanc jaunâtre, fleurs $ et fruits
vert très clair, jeunes feuilles violacées, jeunes rameaux à exsudation
laiteuse, rameaux âgés à exsudation de teinte groseille, sous-bois de
forêt périodiquement inondée assez dégradée, janv, 1961, Lelouzey 3262
(= Breleler939} { fl., fr., P).
7. DISCOGLYPREMNA Prain
D. caloneura (Fax) Prain
Douala, route Razel, 1955-1956, Endengle in SRFK 2094 (fl., BRLU).
8. DUVIGNEAUDIA J. Léonard
J. Léonard, Bull. Jard. Bol. État Urux. XXIX ; 13-21 (1959); Flore Congo
Bwanda-Burundi, VIII, 1 ; 139-142 (1962).
D. iuopinata (Prain) J. Léonard
Douala, route Razel, 1955-1956, Endengle in SFFK 2093 (fl., BRLU);
Nkomo, près Ngoase au sud de la rivière Lobo, près Akonolinga, arbuste
de 8 m de haut avec plusieurs branches formant une cime en boule très
feuilléc, latex abondant, bois jaune tendre, rameaux tachés longitudina¬
lement de rouge brique, jeunes feuilles dorées, axes des inflorescences et
fleurs (J jaunâtres à jaunes, fleurs Ç à ovaire vert et styles jaunâtres à
jaunes, broussailles postculturales, févr. 1962, Lelouzey 4190 (fl., BRLU).
Source : MNHN, Paris
70
9. EXGOECARIA L.
J. LÉONARD, Bult. Jard. Bol. lUal Brux. XXIX : 133-139 (1959); Kiore Con^o
Hwanda-Burundi. VIII, l ; 148-151 ( 1962).
E. guineensis (Benth.) Müll. Arpr,
Route Razel près Douala, sur piste d’exploitation en forêt à Bon-
^ssi, arbuste de 0,50 m de haut, fleurs mâles jaunes, janv. 1958, Lelouzetj
591 (fl-, BRLU); Loa près Yoko, arbuste de 8 m, fleurs jaunes, sous-bois
forestier sur sol sec, juill. 1959, Lelouzey 2331 (fl., P); au nord de Dimako
près Bertoua, arbuste de 1 in, inflorescences dressées jaunes, sous-bois
assez ombragé, janv.1960, Lelouzey 2722 (fl., BHLU); rive boisée de la
Sanaga près Goyoum, arbuste de 4 m de haut et 3 cm de diam., latex
blanc, fruits verts, forêt périodiquement inondée assez dégradée, janv.
1961, Lelouzey 3259 (jeunesfr,, BRLU) ; Samat (ex Dikoi) près Deng-Deng,
arbuste de 1,50 ra de haut, latex, rameaux sinueux, fruits verts, sous-bois
de forêt à CelUs et Sterculiacées, févr. 1961, Lelouzey 3398 (fl., fr., BRLU) ;
route Douala-Edea, près du km 40, arbuste de 1-2 m de haut, latex,
inflorescences de fleurs ^ jaunes, dressées, fruits verts, çà et là en sous-
bois .sur pente de vallon marécageux en forêt à Lophira alala et Sacoglollis
gabonensis, janv. 1962, Lelouzey 4022 (fr.. P).
10. GROSSERA Pax
J. Léonard, Bull. Jaril. Bol. Élut Brux. XXV : .315-320 (1955) K .X.XIX : 196
(1959); l'iore Congo Rwanda-Burundi, VUI, 1 ; 188-191 (1962).
G. macrautha Pax
Ebaka près Nanga Eboko et Bertoua, arbuste de 3-5 m et plus, fleurs
jaunes, sous-bois assez éclairé sur sol partiellement et temporairement
inondable, févr. 1960, Lelouzey 2882 (fl., BRLU); Goyoum près Bertoua,
arbuste de 3-5 m de haut, feuillage foncé, boutons vert grisâtre jaunâtre,
près d’un ruisseau en sous-bois éclairé, janv. 1961, Lelouzey 3340 (11.,
BRLU); km 58 route Bertoua-Ndemha II, arbuste, forêt claire sur terre
noire, janv. 1956, Nana 454 (fl., BRLU).
G. paniculata Pax
Subdivision Eseka, piste de Ngongos, fleurs blanc rosé, forêt pri¬
maire sur sol argileux, juin 1955, Mbarga 41 (fl., BRLU); Ndoua près
Kribi, arbrisseau de 2-3 m à tige droite, rameaux souples, horizontaux
ou dressés, fleurs dressées blanc jaunâtre, sous-bois sur terrain sec,
oct. 1950, Lelouzey in SUFK 1862 (fl., BRLU); piste forestière .\sia-
Bédoumo près Abong-Mbang, vers cotes 729-755, arbuste de 2 ra de haut,
fleurs blanches, assez fréquent, sous-bois relativement éclairé, avril 1961,
Lelouzey 3920 (fl., BRLU); ibid., fruits rosés, assez fréquent, sous-bois
relativement éclairé, avril 1961, Le/ourey 3920 bis (fr., P); au sud de Zingui,
Source : MNHN, Paris
— 71 —
entre les rivières Nieté et Lobé, 40 km à l’E.S.E. de Kribi, arbuste de
1 m de haut, feuilles avec minuscules points translucides, 2 glandes à la
face supérieure à la base du limbe, infrutescence pendante, fruits rouge
vineux, sous-bois de forêt à Sacoglollis gabonensis, janv. 1962, Lelou-
zey 4060 (fr., P).
11. HYMENOCARDIA Wall.
H. ulmoides Oliv.
Bords du lac de Tibali, arbre de 5-10 m de haut, cime étendue, fruits
vert clair à ailes rosées, peu abondant, déc. 1959, Lelouzeij 2544 (fr.,
BRLU); Nika près Bertoua, arbre de 20 m de haut et 30 cm de diam.,
rhytidome gris à taches brun rougeâtre, fendillé superficiellement et
longitudinalement, tranche de l'écorce rosée, bois jaune orangé, petite
cime à branches effilées disposées ± en arête de poisson triangulaire,
feuillage léger, fructification abondante de fruits brun clair donnant
une cime d’un rouille léger, abondant en lisière de galerie forestière,
janv. I960, Lelouzey 2842 (fr., BRLU); à 16 km au sud de Djouo (20 km
à l’est de Somalomo sur le Dja), près Akonolinga, petit arbre de 12-15 m
de haut, rhytidome gris clair souvent avec lichens rouge vif, pratique¬
ment pas de feuilles mais arbre couvert de jeunes fleurs rouges sur de
très nombreux rameaux légers, de loin cime « rosée », très abondant, en
lisière forestière arbustive et broussailleuse, xérohéliophile, au contact
d’une prairie à Loitdelia? n“ 4412 établie sur un dôme de schistes chlo-
riteux décomposés superficiellement au milieu de la forêt pélohygrophile,
févr. 1962, Lelouzey 4385 (fl., BRLU); ibidem, jeunes feuilles rougeâtres,
particulièrement nervures et marge, très abondant, févr. I%2, Lelouzey
4385 bis (st., BRLU).
12. KLAINEANTHUS Pierre ex Prain
J. Léonard, Flore Congo Hwanda-Burundi, VIII, 1, p. 130-131 (1962).
K. gahoniae Pierre ex Prain
Subdivision Eseka, km 33 route de Ngongos, arbre avec écorce
grise, fleurs blanchâtres, forêt primaire sur terre argileuse, juin 1955,
Mbarga 33 (fl., BRLU); subdivision Eseka, piste Badjob-Ndogbesol,
arbre à écorce brune, fleurs jaunes, forêt primaire sur sol humifère, juill.
1955, Mbarga 74 (fl., BRLU); subdivision Doumé, près de la scierie de
Dimako, arbre de 20 cm de diam. et 3 m de haut sous branches, écorce
grisâtre, fleurs blanchâtres, ancienne forêt secondaire sur sol latéritique,
avril 1955, Nana II (fl., BRLU); Douala, route Razel, 1955-1956, Enden-
gle in SRFK 2072 (fl., BRLU).
Source : MNHN, Paris
- 72 —
13. MALLOTUS Lour.
M. oppositiiolius (Geisel.) Müll. Arg.
Forêt inondée du Nyong, entre Zogela et Mbomba, près d’Abong-
Mbang, arbuste de 5-10 m, fleurs ^ jaunâtres en chatons pendants, très
commun en sous-bois de forêt inondée, avril 1959, Lelouzetj 1821 (fl.,
BRLU), 1822 (fl., BRLU); Membe et Guervoum, entre Nunga-Eboko et
Yoko, arbuste de 5 m, peu abondant en lisière d’une savane et d’une
galerie forestière ± inondable à Uapaca et Manilkara, mai 1959, Letouzeij
2093 (fl., BRLU); bord du fleuve Djcrem, entre Niadaba et Tagbou,
près Yoko, arbuste de 10 cm de diam., écorce grise tacbée de lichens
blancs et gris, à tranche rouge, inflorescences dressées, fleurs blanches,
en sous-bois étagé ombragé, juin 1959, Lelouzeij 2257 (fl., BRLU); Zendé I
près Doumé, arbuste de 2 m, inflorescences dressées de fleurs jaunes,
broussailles en bordure de piste, févr. 1960, Lelouzeij 3111 (fl., P); berge
arbustive et broussailleuse du fleuve Sanaga, au nord de Goyoum, arbuste,
inflorescences jaunâtres, janv. 1961, Lelouzey 3302 {= Breleler 966)
(fl., P) ; Asia près Abong-Mbang, fleurs jaunâtres dressées, très abondant
en bordure de piste et parmi les broussailles postculturales, avril 1961,
Lelouzey 3888 (fl., BRLU); ibid., fleurs $ verdâtres, Lelouzey 3888 bis
(fl., BRLU); subdivision de Yaoundé, près du bureau de la SRFK de
Melen, fleurs blanchâtres, arbrisseau des formations secondaires, févr.
1956, Mpom 189 (fl., BRLU); subdivision Doumé, chantier Dimako,
avril 1955, Nana 26 (fl., BRLU); subdivision Bertoua, Deng-Deng,
perche de 4 m, écorce brune, fleurs verdâtres, sous-bois, mai 1955, Nana
81 (fl., BRLU); ibid., arbre de 3 m de haut et 10 cm de diam., écorce
grise, épis verts, savane préforestière sur terre argileuse noire, sept. 1955,
Nana 273 (fl., BRLU); à 53 km de Bertoua, arbrisseau des sous-bois
des forêts secondaires, écorce gris blanchâtre, fleurs verdâtres, forêt
claire sur terre noire, janv. 1956, Nana 458 (fl., BRLU); à 400 m du
bureau de la SRFK à Melen, subdivision Yaoundé, petite gaule de 2 ni,
écorce blanche, aubier blanc, fleurs blanches, sept. 1953, Mpom in SRFK
1739 (fl., BRLU); sine loco, Medou in SRFK 1868(6., BRLU); à 14 km au
sud de Djouo (20 km â l’est de Somalomo sur le Dja), près Akonolinga,
arbuste de 2-3 m de haut, à rameaux droits allongés, axe de l’inflores¬
cence et sépales vert grisâtre, étamines jaunes, abondant, lisière fores¬
tière, arbustive et broussailleuse, xérohéliophile. au contact d’une prairie
d’un ha à Loudelia? n° 4412 établie sur dalles de schistes chloriteux
décomposés superficiellement, févr. 1962, Lelouzey 4341 (fl., BRLU).
14. MAPROUNEA Aubl.
J. LÉONARD, Flore Congo Rwanda-Buruncli, \’lll, 1 : 142-148 (1962).
M. africana Müll. Arg.
Savane au nord du lac Mbella Assom près Tibati, fleurs brunes,
fruits rougeâtres, assez abondant, déc. 1959, Lelouzey ^29 (fl., fr., BRLU);
Source : MNHIJ, Paris
près de Mbitom au nord de Deng-Deng, arbre de 6 m de haut, inflores¬
cences <5 rougeâtres, étamines jaunes, jeunes fruits rougeâtres, çà et là
en savane à Terminalia glaucescetts, févr. 1961, Lelouzey 3458 (fl., fr,,
BRLU).
M. membranacea Fax et K. lloffm.
Douala, route Razel, 1955-1956, Êndengiein 2092 {fl.,BRLU);
44 km de Kribi, village Elonc, arbre de 30 cm de circonférence et de
6 m de haut sous branches, fleurs rougeâtres, brousse sur terre sableuse,
mai 1957, Mpom 268 (fl., BRLU).
15. MAREYA Baill.
M. brevipes Fax
Forêt de Bamelap-Kak 111, entre Nanga-Eboko et Bertoua, arbuste
de 3-4 m de haut, fleurs jaunes en inflorescences pendantes, sous-bois,
avril 1959, Lelouzey 1708 (fl., BRLU); près Medjo, près Lomié, arbuste
de 3 m de haut, fleurs jaunâtres, forêt pélohygrophile, avril 1961, Lelou¬
zey 3757 (fl., BRLU); près de Maieke, entre Douala et Mbanga, arbris¬
seau de 3 m de haut, branchu dès la base, sous-bois, mai 1959, Mpom 323
(fl., BRLU); près de Deng-Deng, fleurs vertes, zone de savane préfores¬
tière sur sol argileux, mai 1955, Natta 87 (fl., BRLU).
16. MAREYOPSIS Fax et K. HofTm.
M. longifolia (Fax) Fax et K. HofTm.
A 14 km au sud de Djouo (20 km à l’est de Somalonio sur le Dja),
près Akonolinga, arbuste de 2 m de haut, sous-bois de forêt pélohygro¬
phile, févr. 1962, Lelouzey 4426 (st., BRLU).
17. MICRODESMIS Hook. f. ex Flanch.
J. LèoNARD, Bull. Jard. Bot. État Brux. XXXI ; ID9-197 (1961); Flore Congo
Rwanda-Burundi, VIll, 1 ; 102-115(1962).
M. puberula Hook. f. ex Flanch.
Eschienbot, près Lomié, peu abondant, sous-bois de forêt pélohy¬
grophile sur schistes et micaschistes de type primitif, avril 1961, Lelou¬
zey 3679 (fr., BRLU); Ndinge près Lomié, arbuste de 2-4 m de haut,
fleurs ^ orangé rosé, çà et là en forêt pélohygrophile dégradée, avril 1961,
Lelouzey 3851 (iJ, BRLU); entre Fenda (60 km à l’E.S.E. de Kribi) et la
rivière Kienke, arbuste de 1,50 m de haut, boutons et fruits orangés ±
rouges, relativement rare, en forêt ombrophile avec Sacogloilis gabo-
nensi's, janv. 1962, Lelouzey 4103 (boutons, fr., BRLU).
Source : MNHIJ, Paris
IS. MILDBRAEDIA Pax
.1. I.ÉONAniî, Bull. Jard. Bol. Klat Brux. XXXI ; 64-67 (1961); Flore Congo
riw.mda-Burundi, VIII, 1 ; 85-87 (1962).
M. paniculata Pax subsp. paniculata
Subdivision Bertoua. près Deng-Deng, arbre de 5 m de haut et 6 cm
de diam., écorce blanchâtre, fruits verts, zone de savane préforestière
sur sol latéritique, écorce utilisée contre les maux de ventre et la consti-
jialion, juin lOû"), Nana 144 (fr., BRLü); 92 km de Bertoua, piste d’Esse-
leke, arbre de 8 m de haut et 22 cm de diam., fruits verts, forêt claire
sur terre humifère, août 1955, Nana 237 (fr., BRLU); Nol, à 25 km à
l’O.S.O. de Balouri. arbuste de 3 m de haut, fleurs $ à sépales verts,
jiétales blancs, ovaire vert, broussailles postculturafes, avril 1962, Lelou-
zeij 4642 (fl., BRLÜ).
Ob.servations : 1. Mildbbaed* mentionne avoir trouvé des repré¬
sentants du genre Mildbraedia dans le sud du Cameroun (région d’Asso-
bam et de Lomié), mais il ne cite aucun spécimen. Nous n’avions vu précé¬
demment aucun échantillon camerounais de cette espèce; cette lacune
est donc comblée grâce au matériel précité.
2. Pax et K. Hoffmann * sont les seuls à donner les dimensions des
fruits et des graines de cette sous-espèce : fruits de 3 cm de diam. et
graines de 5 mm de diam. Ainsi que nous l’avons signalé en 1961 (loc. cit.),
ces chiffres paraissent anormaux, les fruits étant trop grands pour des
graines de 5 mm ou les graines trop petites pour des fruits de 3 cm.
D’après les récoltes de Nana, les fruits sont de mêmes dimensions que ceux
de la subsp. occidenlalis J. Léonard et plus petits que ne l’ont indiqué
Pax et K. Hoffmann ; capsules globuleuses-déprimées, trilobées, de
7-9 mm de long et 12 mm de diam., s’ouvrant en 3 coques bivalves par
déhiscence septicide; exocarpe mince, crustacé, grisâtre à l’état sec,
densement couvert de petits poils étoilés; endocarpe mince, sublignifié;
columelle de 5 mm de long.
3. Dans la description du genre Mildbraedia, Hutchinson® consi¬
dère les capsules comme étant loculicides. Celles de cette sous-espèce sont
nettement septicides, comme d’ailleurs celles de la subsp. occidenlalis
J. Léonard et de M. klaineana Hutch.
19. PLAGIOSTYLES Pierre
J. Léonabo, Flore Congo Rwanda-Burundi VIII, I ; 131-133 (1962).
P. africana (Müll. .\rg.) Prain
Près Djouo, rive gauche du Dja, 45 km au S.S.Ë. de Mésaména, près
.\konolinga, petit arbre de 10 m de haut et 25 cm de diam. (atteint 40 cm
1. MILIIURAEI), Ueutsch. Zenlr.-Afr.-Exp. 1907-1908, II : 452, l. 58-59 (19121.
2. Fax et K. Hoffmann iii Engleb, Püanzenreich, Eupliorbiaceae, III : 12,
fig. 2(1911).
3. IluTCHlNSON in Thiselton-Dyer, fi. Trop, Afr. VI, l : 798 (1912) p. p. typica.
Source : MNHN, Paris
75 —
de diam.) avec plusieurs branches très ramifiées, garnies de rameaux
retombants, écorce marbrée de petites taches grises et brunes, un peu de
latex blanc dans l’écorce, abondant dans 'es jeunes rameaux et les inflo¬
rescences, jeunes feuilles rouge foncé, axes des inflorescences rouge foncé,
fleurs $ rouge foncé, forêt dégradée postculturalc, févr. 1962, Lelouzey
4303 (fi., BRLU); ibidem, fleurs <5 avec calice à 6 lobes rouge foncé et
environ 30 étamines rouges, févr. 1962, Lelouzey 4304 (fl., BRLU}.
20. SAPIUM P. Br.
J. Léonard, Bull. .lard- Bol. État Brux. XXIX : 133-146 (1959) et XXXI ;
401-406 (1961); Flore Congo Rwanda-Burundi, VIII, I : 151-164 (1962).
S. cornutum Pax
Mbomba, près Abong-Mbang, arbuste sarmenteux de 5 m de haut,
fleurs ^ jaunes, fruits verts cornus, broussailles riveraines d'un défri¬
chement, avril 1959, Lelouzey 1781 (fl., jeunes fr., BRLU); Arboretum de
Nkolbisson, Yaoundé, mai 1958, Lelouzey in SRFK 2160 (fl., P); Ngemo, à
20 km à l’est de Batouri, arbuste de 20 cm de diam., inflorescences
dressées, fleurs (J jaunâtres sur axe vert, fleurs $ vertes à pédicelle renflé
vers le haut, 6 cornes ± développées et 3 styles, mars 1962, Lelouzey 4611
(fl., BRLU).
S. ellipticum (Hochst. ex Krauss) Pax
Nika, près Bertoua, arbre de 60 cm de diam. à 4 contreforts à direc¬
tion rayonnante, à profil droit, s’élevant à 1-2 m de haut et s’écartant à
60-80 cm du centre de l’arbre, rhytidome brun très fendillé longitudi¬
nalement, en section oblique cerne du rhytidome brun liégeux, puis tranche
orangé jaune h fibres grossières laissant exsuder quelques très fines
gouttes de latex blanc, feuillage peu abondant, vert grisâtre, luisant,
formant une cime un peu bombée à la partie supérieure, fleurs jaune
verdâtre, frange boisée en bordure de raphiale avec Uapaca sur sol
inondable, janv. I960, Lelouzey 2833 (fl., fr., BRLU); Taparc-Bangbel,
près Bétaré-Oya, petit arbre à cime en boule, fruits subglobuleux, non
bilobés à maturité â l’état frais, de 15 miu de haut, 20 mm en grande
largeur et 15 mm en petite largeur, verts, bordure de vallon forestier
à Khaya-Aubrevillea et de savane à Lophira-Daniellia, mars 1961, Lelou¬
zey 3576 (fr., BRLU); route Yaoundé-Mbalmayo, arbre de 7 m de haut
et 20 cm de diam., écorce blanche, latex blanc, aubier blanc, fleurs vertes,
nov. 1953, Mpom in SRFK 1877 (fl., BRLU).
21. SPONDIANTHUS Engl.
S. preussii Engl. var. glaber (Engl.) Engl.
Mengoa près Nanga-Eboko, arbre de 12-15 m de haut et 20 cm de
diam., écorce peu épaisse à tranche rouge exsudant un liquide rouge
± abondant, très commun en zone à Uapaca et en raphiale, févr. 1959,
Source : MNHN, Paris
— 76 —
Lelouzey 1490 (fl., BRLU); Ongbadouma, près Nanga-Eboko, arbre de
12-15 m de haut et 20 cm de diam., écorce peu épaisse, dure, à tranche
rouge avec liquide rouge ± abondant, en bordure de la rivière Djimbalam,
mars 1959, Lelouzey 1542 (fr., BRLU); Mbakaou, près Yoko, arbre de
I m de diam., très branchu et très feuille, rhytidome rougeâtre, tranche
de l’écorce rouge vif avec liquide rouge groseille, fleurs ^ jaunâtres,
galerie forestière, déc. 1959, Lelouzey 2 A(j7 (fl., BRLU); lac Mbella Assom
près Tibati, bordure forestière, déc. 1959, Lelouzey 2476 (fl., BRLU);
au sud de Garoua-Yaka entre Bertoua et Bétaré-Oya, abondant en galerie
forestière, tévr. 1961, Lelouzey .3542 (= Breleler 1129) ( fr., P).
22. TETRORGHIDIUM Poepp.
J. Lêonabd. Bull. Jard. Bol. État Brux. XXIX : 197-203 (19.^91; Bull. Soc.
Bot. Belÿ. XCIV : 29-34 (1962); Flore Congo Rwandu-Buruiidi, VIII, 1 ; 133-139
(1962).
T. didymostemon (Baill.) Pax et K. Iloffm.
Douala, route Razel, 1955-1956, Endengle in SnFK2\Q'i (fl., BRLU);
Douala, arbuste de 6 m de haut, écorce à odeur désagréable avec un peu
de latex clair, inflorescences $ jaunâtres, juill. 1955, Lelouzey in SBFK
2037 (fl., BRLU); subdivision d’Eseka près de Badjob, arbre à écorce
gris vert, sève abondante noircissant à la lumière à odeur forte très parti¬
culière, brousse secondaire, juin 1955, Mbarga in SPFK 2035 (fl., BRLU),
2036 (fl., BRLU) ; à 27 km route Mbalmayo, subdivision Yaoundé, arbuste
à tronc de 4 m de haut et 10 cm de diam., écorce blanche à latex blanc
grisâtre, aubier blanc, écorce utilisée contre les maux de ventre, oct. 1953,
Mpom in SRFK 1738 (fl., BRLU); subdivision Kribi, près du campe¬
ment forestier de Nkolbewa, arbuste de 5 m de haut, écorce gris brun
exsudant un latex marron clair d’odeur très désagréable, forêt claire,
écorce utilisée contre les maux de ventre, oct. 1956, Mpom in SRFK 2033
(fl., BRLU) ; subdivision Doumé, près Dimako, fleurs ^ jaunâtres, brousse
sur sol lotéritique et caillouteux, avril 1955, Nana in SRFK 2034 (fl.,
BRLU); subdivision Bertoua, à 39 km sur route Deng-Deng, arbre à
écorce exsudant un latex rougeâtre, fleurs $ vertes, zone de savane préfo¬
restière sur sol arçileux, juin 1955, Nana in SRFK 2038 (fl., BRLU).
Index des déterminations
R. = Bridelia ; G. = Crolon ; Ca. = Cavacoa quinlasii ; Gl. = Cleislanlhus ; Cle. =
CUidion gabonicum; Cr. = Crulonogyne; U. = Discogigpremna caloneara; Du. =
Duvigneaudia innpinala; E. = Excoecaria guineensis; G. = Orossera; H. = Ilyme-
nocardia ulmoides; K. = Klaineanlhus gabnniae; M. = Mallolus opposili/olias;
Ma. = Maprounea; .Mar. = Mareya breiipes; Mareyo. “ Mnreyopsis longifoUa;
Source : MNHN, Paris
— 77 —
Mi. = Microdesmis puberula; Mil. = Mildbraedia paniculala subsp. panlcalala;
P. = Plagiûslgles africana; S. = Sapium; Sp. = Spondianlhus preiisHi var. glaber ;
T. 5= Teirorchidium didymoslemon.
Breleler 939 Cr. preussii; 944 Cle.; 966 M. ; 1129 Sp.; 1152 B. ferriiginea; 2787C. sylva-
licus.
Lelouuy 506 B. ndellensis; 591 E.; 615 B. micrantha; 1009 B. ferruginea; 1407 B.
slenocarpa; 1490, 1542 Sp.; 1661 B. ferruginea; 1708 Mar.; 1743 B. ferruginea;
1781 S. cornulum; 1811 Cr. aff. giorgii; 1821, 1822 M.; 1891 Cr. preussii; 1918 B.
ferruginea; 2093 M. ; 2102 B. ferruginea; 2257 M. ; 2272 C. cf. leuconeurus; 2331 E.;
2467, 2476 Sp.; 2529 Ma. africana; 2544 H.; 2578 B. micrantha; 2586 B. sp.;
2626 B. atroviridis; 2646 Cle.; 2722 E.; 2833 S. ellipUcum; 2842 H.; 2882 G.
macrantha; 3020 Cr. afT. giorgii; 3111 M.; 3159, 3180, 3194, 3194B. ferru¬
ginea; 3259 E.; 3262 Cr. preussii; 3267 Cle.; 3302 M.; 3340 G. macrantha; 3398
E.; 3458 Ma. africana; 3489 B. ferruginea; 3526 C. macroslachyus; 3542 Sp.;
3558 B. ferruginea; 3576 S. ellipUcum; 3679 Mi.; 3710, 3737 Ca.; 3757 Mar.;
3851 .Mi.; 3888, 38886/* M.; 3889 Cl. polystachyus; 3919 Cl. letouzeyi; 3920,
39206is G. paniculata; 4022 É. ; 4060 G. paniculata; 4103 Mi.; 4190 Du. ; 4218 Ca.;
4303, 4304 P.; 4341 M.; 4385, 43856/* H.; 4426 Mareyn.; 4611 S. cornutum;
4642 Mil.; 4680 B. slenocarpa; 4742 G. sylvaticus; 4929 C. macroslachyus.
Mbarga 33 K.; 41 G. paniculala; 74 K.
Mpom 189 M.; 193 C. oligandrus; 268 Ma. membranacea; 323 Mar.
Nana 11 K.; 26 M.; 48, 75 B. atroviridis; 79 C. sp.; 81 M.; 87 Mar.; 144 Mil.; 163 B.
atroviridis; 195 B. ferruginea; 205 B. atroviridis; 217 C. sylvaticus; 237 Mil.;
273 M.; 324 B. ndellensis; 407 B. scleroneura; 454 G. macrantha; 458 M.
SRFK 1738 T.; 1739 M.; 1862 G. paniculata; 1868 M.; 1877 S. ellipUcum; 2033,
2034, 2035, 2036, 2037, 2038 T.; 2042 C. sp.; 2072 K.; 2092 Ma. membranacea;
2093 Du. ; 2094 D.; 2103 T.; 2116 Cl. camerunensis; 2160 S. cornutum.
Laboratoire de botanique systématique
Université libre de ISruxeltes, Belgique.
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR LES URTIGACÉES MALGACHES
par J, Leandri
I. SUR LA DIFFÉRENCIATION
TAXINOMIQUE ET CHOROLOGIQUE
DES FORMES MALGACHES DU GENRE PILEA (URTIGACÉES)
Le genre Pilea est connu des systématiciens comme oITrant des
espèces souvent mal tranchées, et Killip faisait déjà observer en 1939
dans son travail sur les espèces andines du genre {Conlr. U.S. Nal. Herbar.,
Washington 26, 478-530) les liaisons entre ses représentants dans la
grande chaîne sud-américaine.
On peut constater à Madagascar des faits analogues, et nous allons
voir qu’en particulier certaines formes paraissent dériver d’espèces
n nodales » ‘Piiea capiiala, P. Boiviniana, P. longifolia, mais que ce ne
sont pas forcément des sous-espèces s’excluant l’une l’autre sur une aire
donnée. Nous pensons qu'il serait plus dangereux de rassembler arbi¬
trairement ces formes en un nombre restreint d’espèces, que de les décrire
comme distinctes.
Nous recourons ici au terme d’« espèce nodale », dû à Vesque (1893)
et qui désigne une espèce à caractères moyens, que l’on peut regarder
comme ressemblant à l’ancêtre commun, dont s’écartent plus ou moins
d’autres formes plus spécialisées. A Madagascar, il existe des espèces
bien définies, par exemple le groupe P. letraphylla, P. andringiirensis,
P. rivularis et le P. calUcomeles, mais il n’en est pas de même des autres,
comme le montre le tableau synoptique ci-dessous :
1. Stipules petites ou indistinctes, non membraneuses, grandes,
brunes.
2. Tiges non ailées.
3. Sous-arbrisseau, assez ramifié dès la base, à petites feuil¬
les ovales-aiguës de 3-5 cm sur 1-1,5 cm environ; cymes
unisexuées, pauciflores, les S plus courtes que le pétiole.
Pétiole court (5 mm). Limbe à bord légèrement courbé en
dessous . P. Humbertii.
3‘. Herbes dressées, rampantes ou grimpantes non ramifiées
dès la base.
Source : AlfJHfJ, Paris
— 79 —
4. Plante Tt; grimpante à feuilles petites comme dans
l’espèce précédente, mais plus larges et à pétiole
plus court. Fleurs en glomérules axillaires.... P. Perrieri.
4'. Plantes n’ayant pas réunis les caractères ci-dessus.
5. Pétiole long (environ la moitié de la longueur du
limbe). Limbe de 10-12 cm sur 3,5-4 cm. (Limbe
de 2-4 cm sur 1-2 : voir formes de P. Alaotrae ou
du P. supersedens).
6. Limbe à base arrondie. Inflorescence.;^ à pédon¬
cule de 5 cm. Sambirano . P. Boiviniana.
6'. Limbe à base en coin. Inflorescence à pédon¬
cule de 1-2 cm. Centre . P. macropoda.
3'. Pétiole court (jusqu’à 1 /3 de la longueur du limbe).
7. Grandes feuilles oblongues de 15-20 cm sur
3,5-4,5 cm, à nombreuses dents (20-50 de
chaque côté).
8 . Nervures secondaires de 1®^ ordre insérées à
2-3 mm de la base.
9. Nervures de 2® ordre nombreuses, paral¬
lèles, presque semblables; pétiole
court (5 mm environ); inflorescences
petites, les $ ramifiées dès la base, les
^ ordinairement sur un pédoncule de
1-2 cm . P, longifolia.
9'. Nervures de 2® ordre de 2 sortes, 9-10
plus fortes; inflorescence (J courte,
inflorescence $ ramifiée, pétiole de
1-2 cm.
10. Feuilles de la même paire peu difie-
rentes; feuilles larges de 2 cm
environ (exceptioimelleraent
3,5 cm). P. ivohibeensis.
10'. Feuilles de la même paire très diffé¬
rentes (longues respectivement
de 12 cm et 1,5 cm par ex.), les
grandes larges de 3,5-4,5 cm. Voir
. P. lokohensis.
8'. Nervures secondaires de 1®^ ordre insérées à
5-10 cm de la base; 5-6 nervures de cha¬
que côté plus fortes que les autres ; pétiole
long (1-3 cm). Feuilles d’une paire peu
différentes. P. bemarivensis.
T. Feuilles moyennes ou petites, de 2-12 cm sur
1-5 cm à 6-15 dents de chaque côté.
11. Inflorescences en glomérules ± compacts,
leS(^ en général sur un pédoncule pouvant
Source : MNHN, Paris
~ 80 —
atteindre exceptionnellement 10 cm,
exceptionnellement subsessiles.
12. Feuilles moyennes à limbe de 5-12 cm
sur 1,5-4,5 cm. Cymes, au moins
leS(Jen glomérules pédoncules (limbe
de 6 cm sur 2,5; cymes condensées,
subsessiles, voir formes à pétiole
court de P. macropoda).
13. Feuilles à limbe étroit (par
exemple. 6 cm sur 1,5 cm);
pédoncule ordinairement de
3-4 cm, rarement glomérule sub-
sessile. P. capitata,
13'. Feuilles à limbe large (de 5-10 cm
sur 3-4,5 cm dans la grande
feuille d’une paire); feuilles un
peu arquées, très légèrement
charnues, les deux de la même
paire très différentes; plante
parfois grimpante, formes ou
variété de. P. lokohensis.
12'. Feuilles petites, à limbe de 2-4 cm sur
1-2 cm.
14. Limbe de 2 cm sur 1 cm; glo¬
mérule (J de 3 mm environ glo¬
mérule $ ordinairement pédon-
culé. P. Alaotrae.
14'. Limbe de 4 cm sur 2 cm; glo¬
mérule (J de 1 cm environ;
glomérule J ordinairement ses-
sile.P. superstdens.
11'. Inflorescences non agglomérées, ramifiées,
les (J atteignant 7-8 cm, ramifiées dans le
tiers supérieur. P. tsaralananensis.
2'. Tiges nettement ailées, épaisses de 5-10 mm; feuilles oblon-
gucs-obovales de 7-20 cm sur 2-5 cm. P. callicomeles.
Stipules grandes, membraneuses, brunes, de 5 mm ou plus.
15. Inflorescences ramifiée dès la base; fruit de 0,75 mm; feuiUes
larges; limbe atteignant 5 cm sur 3,5 cm, non acuminé;
pétiole de 2-4 cm . P. tetrapkylla.
15'. Inflorescences $ agglomérées en boules axillaires.
16. Limbe non acuminé, en losange ou presque en triangle
de 2 cm sur 1,5 cm ou plus; pétiole de 2 cm en général;
fruit de 1,5 mm . P. rivularis.
16'. Limbe acuminé, oblong (8 cm sur 13-15 mm par exem¬
ple); pétiole de 7-12 mm; fruit de 2 mm.. P. andringitrensis.
Source : MNHN, Paris
— 81 —
Source : AlfJHfJ, Paris
— 82 —
La meilleure étude systématique d’ensemble de la famille des Urti-
cacées est celle de Weddell qui date déjà de plus d’un siècle (185G).
Je rappelle comment ce célèbre botaniste classait les 136 espèces connues
à l’époque :
11 distinguait tout d’abord trois grandes divisions : espèces à feuilles
entières, à feuilles hétérophylles et à feuilles dentées, et nous pouvons
dire tout de suite qu’il est aujourd’hui impossible de considérer ces
caractères appliqués à la lettre comme conduisant à une classification
naturelle à Madagascar. En effet, les espèces hétérophylles supersedens
lokohensis sont étroitement alliées aux P. longifolia, P. ivohibeensis,
P. bemarivensis qui ne sont pas hétérophylles; quant au P. capiiala,
il est tantôt homophylle, tantôt hétérophylle. Le P. ielraphylla, qui
existe à Madagascar et en Afrique orientale entre dans la série weddel-
lienne des hétérophylles à feuilles tantôt entières, tantôt dentées, selon
les nœuds que l’on considère ; mais nous pensons que la présence de grandes
stipules membraneuses est un caractères qui le rapproche mieux de ses
proches parentes le P. rivularis et le P. andringilrensis.
Dans le groupe des Denialae, auquel appartiennent la plupart des
espèces malgaches, Weddell distinguait une sous-série des Glabrae, ren¬
fermant la plus anciennement connue des espèces de la grande Ile, le
P. Bûiviniana, du Sambirano ; et une série des Pubescenies, qui comprend,
comme représentant de la sous-série Brévipedunculalae, le P. rivularis des
Comores et de Madagascar.
Nous avons vu par la clé précédente qu’il ne nous a pas été possible
de donner une importance spéciale au caractère de longueur du pédoncule
en raison de sa variabilité dans des ensembles de formes qui appartiennent
manifestement à une seule et même espèce. Weddell n’avait d’ailleurs
pas manqué de remarquer ce caractère aléatoire puisqu’il écrit : Glabrae
longepedunculatae, nempe pedunculis (saltem cymarum feminearum)
quam pelioli plerumque longioribus...
Nous considérons donc qu’il existe à Madagascar un certain nombre
de lignées qui ne peuvent être distinguées dans la classification ancienne,
et que la clé ci-dessus met mieux en évidence.
Lignée du P. Ielraphylla, d’affinités africaines, dont l’aire est
fractionnée et qui est représentée à Madagascar par une variété distincte
par des détails de l’akène (lisse) et du sépale médian (moins bossu).
2° Lignée de P. rivularis dont l’aire est jalonnée par les Comores et
qui présente aussi une espèce voisine à Rodriguez (P. Balfourii). Le
P. andringilrensis nous paraît se rattacher à ce groupe.
3° Les autres espèces ne semblent pas aussi étroitement apparentées
à des lignées africaines, puisqu’on peut leur découvrir des affinités à la
fois en Afrique occidentale, dans l’Himalaya, les Philippines ou même au
Vénézuela. Elles doivent donc appartenir à un phylum plus compréhen¬
sif et plus ancien. Elles semblent comporter deux lignées distinctes, l’une
à feuilles ovales à nervures peu nombreuses, l’autre à feuilles elliptiques-
oblongues à nombreuses nervures parallèles rapprochées. On peut consi¬
dérer comme espèce nodale de la première lignée le P. capiiala Bak. et
Source : MNHIJ, Paris
— 83 - -
Source : MNHN, Paris
- 84 —
comme espèce nodale de la seconde le P. Boiviniana Wedd. Les autres
espèces paraissent dériver des deux précédentes par une progression
continue de l’allongement du limbe, qui devient en même temps plus
étroit, de la longueur du pédoncule d’inflorescence, par le développement
d’ailes sur la tige, etc...; parla ramification plus ou moins lâche de l’inflo¬
rescence, par la ramification et la lignification de la base de la tige.
En se rapportant aux caractères distinctifs cités dans le tableau
des espèces, on peut suggérer que la différenciation a pu se faire de la
façon suivante :
A partir du P. capitala, différenciation, dans le Nord, à haute altitude,
d’une forme plus robuste, à feuilles petites et inflorescence condensée
fP. Humberlii) et d’une autre à petites feuilles mais à inflorescences
lâches (P. tsaralananensis) ; dans la presqu’île Masoala, d’une forme
grimpante (P. Perrieri); dans le Tsaratanana et le Marojejy, d’une
forme à limbe élargi et épaissi, à pétiole plus long, à feuilles plus diffé¬
rentes dans la même paire (P. supersedens), puis, sans doute à partir
de la précédente, ou peut-être par hybridation fixée avec une espèce de
la lignée du P. Boioiniana d’une forme à feuilles oblongues (P. lokohen-
sis); dans la région de l’Alaolra, d’une forme naine à petites feuilles
fP. Alaoirae).
A partir du P. Boiviniana du Sambirano, aux longs pétioles, on peut
reconnaître deux directions d’évolution, l’une tendant vers un allonge¬
ment du limbe et un raccourcissement du périole avec pour forme moyenne
l’espèce P. longijolia Bak. ; l’autre conduisant dans le Centre à une espèce
voisine du P. Boiviniana mais à limbes foliaires en coin à la base, le
P. macropoda.
Cette dernière espèce a une aire étendue, mais n’a été que peu récoltée
et doit donc être en voie de régression; par contre, le P. tongifolia est
récolté en de nombreux points et nous croyons donc que c’est lui qui
constitue à son tour une nouvelle espèce nodale ayant pu donner naissance
aux formes suivantes :
P. callicomeles à grosses tiges ailées, nervures latérales atteignant
le sommet du limbe, inflorescence (J en glomérules pédonculés (Tsara¬
tanana et haut Sambirano).
P. bemarivensis à nervures différenciées en 2 catégories, 5 à 6 de
chaque côté beaucoup plus fortes que les autres, et à nervures latérales
insérées assez loin de la base du limbe (5-10 mm),
P. ivohibeensis des montagnes de la partie Sud de la Grande-Ile,
voisine mais à nervures latérales principales insérées plus près de la base
du limbe, à inflorescences agglomérées.
Voici la description des espèces inédites P. ivohibeensis, P. lokohensis
et P. supersedens
1. Par exemple le P. bemarivensis à feuilles et pétioles allongés,
Source : MNHN, Paris
3. — l‘iUa iokokensis: 1, sommet (J, forme à petites feuilles et inflorescence pédon-
cul6e; 1', forme à inflorescence subsessile, X 2/3. — P. eapilala : 2, som¬
met^ X 2/3; 3, inflorescencecî x 2;4,bouton(J x 8; 6, fleurÿ ouverte x 8.-
P. Alaolrae ; 6, sommet avec neurs,^ x 2/3;7,neurÇ x 12. — P. supersedens :
8, sommet et inflorescencecî, x 2/3.
Source : MNHld, Paris
- 86 —
Pilea ivohibeensis sp. nov,
= Pilea longifolia Leand. pro parle, in Ann. Mue. Col. Marseille.\\,
7-8 : 38 (1950).
Herba perennis vix basi Ugnosa, glabra; caiüis vulgo simplex erectus,
ad 80 cm altus, radicibus ut videtur reptantibus. Folia oblique erecta, oblongo-
lanceolata subparia, petiolis 1-2 cm longis, jugis apice 2-3 cm distantibus;
lamina c. 13 cm longa, 2,5-3 cm lata, longa gredatim acuminata, basi gradatim
angustata, ima basi minime rotundata, utraque pagina nitida, membranacea
vel foliacca, dentibus iatis parum altis regularibus ante abruptis; nervis
secundariis praecipuis fere ad apieem productis a margine 2-5 mm distantibus.
aliis creberrimis, nonnuUis majoribus. Flores verisimiliter dioici, ^ in Cymis
densis axillaribus breviter pedunculatis (pedunculo castaneo), albi, globosi
diam. 2 mm, sepalis 4 oblongis glabris sub apicc vix gibbosis, staminibus 4,
filamentis planis reduplicatis anthera longioribus. Flores feminei (Réserves
naturelles. Rakotovo coll. 8490) muiti (30?) in cymis (masculis similibus),
sepalo postico cymbiformi achaenio 1/3 minore; aliis muho minoribus
planis; achaenium globoso-compressum margine applanatum, 2 mm lon-
gum 1,5 mm latum, apice minime uncinato-villosum.
Type : //. Humberl 3281.
Distribution ; Pic d'IvohibelBora) ait. 1500-2000 m, restes de forêts; n.^, 5-11 nov.
1924 (type). — Midongy Sud, canton Befotaka, mont Paganga, ail. 900-1200 m n.,J
18 sept. 1909, G. Cours 5308- — Environs de Fort-Dauphin, coi de Fita (Manangolro),
entre Ranomafana et Ivondro, ail. ± 500 m., forêt ombrophile, 11. 30 mars 1947
(échantillon jeunel, Humberl 20 733. — Massif de l’Andohahela (Sud-Est), vallée de
Banoliela, forêt sur latérite de gnei-ss, ail. 300-1200 m, fl. 18-26 oct. 1928, Humberl
6137 (forme à pétioles de 3 cm). — Mahazony, prés Arabalavao, O. $ 26 oct. 1936,
Réserves naturelles [Rakolova coll.) 8490.
Pilea lokohensis sp. nov.
Herba dioica perennis basi lignosa glabra vel suffrutex; caulis simplex
vel vix ramosus, erectus, 50 cm et ultra altus, radicibus ut videtur reptan¬
tibus. Folia Buberecta oblongo-lanceolata in jugo disparia, jugis ad apieem
2-4 cm distantibus, petiolis 0,5-3 cm longis; lamina suberenata, foUi magni c.
15 cm longa, 3 cm lata, apicc gradatim acuminata basi ^ cuneata membra-
naceo-foliacca; folii parvi 2 cm longa, 6-7 mm lata, pagina superiore fusco-
viridi nitida, inferiore cinereo-viridi vel pallida, dentibus mediocribus 3-4 mm
distantibus; nervis secundaris praecipuis ima basi insertis fere ad apieem
productis a margine c. 5 mm distantibus, supra impressis subter prominen-
tibus, cum nervo primario petioloque nonnunquam subrubris ; nervis transver-
sis paucis (utroque latcrc 10-12 majoribus, tam multis minoribus. Flores in
axillis in cymis densis 10-15 âoris glomcrati, virido-albidi, ad 2 mm magni,
sepalis sub apice satis longe gibbulosis. Flores $ 30-40 in cymis densis vel
paniculatis, longe pedunculatis (4-5 cm) vel sessilibus, virido-translucidis.
sepalo postico ovario fere aequilongp haud cymbiformi, aliis multo minoribus;
Source : MNHIJ, Paris
— 87 —
achaenio (immaturo?) ovoideo-acuto, 1,6 mm longo, 1,3 mm lato, vix compla*
nato, stigmate parum unciaato.
Type ; H. Hiimberl 22.838.
DisTHiDUTioN : vallée de la Lokoho (Nord-Esl) : mont Ambalosoratra au nord
dWmbalavoniho et de Belaoka, forSt ombrophile sur gneiss et quarlzite, ail. 1000 m,
fl 4-8 janv. 1049, Humbert et Cours coll, (type). - - Mont Ambodilaitra au nord
d'Andranomitorilra et de Belambo, même station, latérite de gneiss, ait. 400-1000 m,
11. 2 7-8 mars 1949, Humbert 23 262. — Anjanaharibe, vers 1200 m, 11. Ç {sur longs
pédoncules) 17 déc. 1950, Cours 3678.
Filea supersedens sp. nov.
= P. Isaralananensis var. supersedens J. Leand. in Ann. Alus. Col.
Marseille, VI, 7-8 ; 41 (1950).
Herba dioica ad 30 cm alta, subsuccosa, basi nonnunquam reptans subli-
guosa; nonnunquam ramosa; stipiüac inconspicuae. Folia subpatentia, in
jugo inacqualia, lamina ovato-acuta vel sublosangularia, nonnunquam
acuminata 2-4 cm louga, 1-2 cm vel etiam magis lata, subtus fusco-ptmcti-
culata. Petioli 3 mm (in foliis parvis) >15 mm longi, graciles. Dentes utroque
lateie 10-15 ante directi basi laminae integra. Nervi trinervii; latérales basi
inserti, arcuati fere ad apicera producti a margine 3 mm distantes; nervi
transversi utroque 5-6 obtuse subpatenter inserti, pagina inferiore pallidiore.
Flores (J in cymis vulgo salis densis 7-15 mm latis glomerati, c. 10-15,
1,7 mm longi 1,5 mm ante anthesin lati, albi, subvirides vel subrubri. Cymae
vulgo pedunculatae, pedunculo 5-20 mm longo. Cymae $ subsessiles vel
pedicellatae, pedicello ad 8 mm longo; achaenium castaneum ad 2,5 mm Ion-
gum, 1,5 mm latum, compianatum, tenuissime puncticulatum; sepalum
posticum achaenio paulo minor; sepala lateralia paulo minora, stigmate
sessili villoso.
Type ; Perrier de la Bâlhie 15101.
UisTBiBUTiON : Ankaizina, vers 1000 m ait., fleurs^ novembre, Perrier 15 101. - -
ilontagnes entre le haut Sambirano et le haut Maivarano entre Mangindrano et Ampa-
nompla, forêt ombrophile sur latérite de gneiss, ait. 1400-1900 m, 11. (J novembre,
Humbert 18 135, 18 152.
Humicole, forêt ombrophile, sylve à lichens.
II. SUR LA PRÉSENCE A MADAGASCAR
DU GENRE DEDBEGEASIA GAUDICH. (URTICACÉES)
Le genre Debregeasia appartient à la tribu des Boehmériées et se dis¬
tinguo des autres genres de ce groupe par le périanlhe femelle adné à
l’ovaire, petit, denté, avec le stigmate capité en pinceau, persistant, les
fruits étant des baies, en petites inflorescences dicholoines de capitules.
Source : MNHN, Paris
— SS¬
II était connu jusqu’ici en Extrême-Orient, Insulinde et Océanie, et a été
signalé en Amérique et en Abyssinie; mais on ne l’avait pas rencontré
dans la grande île de l’Océan Indien.
Or, le garde des Eaux et Forêts Sajy a récolté le 16 avril 1954 dans la
Réserve naturelle intégrale du Tsaratanana, sous le n° R. N. 6320 bis,
une plante appartenant à ce genre. Il s’agit d’un pied de Debregeasia velu-
(ina Gaud., l’espèce la plus connue du genre répandue sous différentes
variétés dans l’Himalaya et les monts Khasia jusqu’à 2 000 m d’altitude,
dans diverses provinces de l’Inde, à Ceylan et à Java, avec une variété à
Sumatra. Le pied malgache a des inflorescences mixtes, avec les fleurs
sur le bord.
Le tait que la plante a été récoltée à haute altitude dans une Réserve
naturelle intégrale semblerait indiquer qu’elle est spontanée. Mais comme
on n’a jamais trouvé à Madagascar qu un seul échantillon, une grande
prudence s impose. Le fruit un peu charnu et comestible permettrait
de penser aussi à une introduction accidentelle par les oiseaux, peut-être
à une époque très reculée; mais il faudrait supposer que des escales ou
des relais où la plante n’existe peut-être plus aujourd’hui, ont pu per¬
mettre une introduction à une si grande distance.
I. Saut peut-être le D. edalis parfois cultivé ou Japon.
Source : MNHN, Paris
ADDITION AUX MORACÉES
INTRODUITES A MADAGASCAR
par J. Leandri
H. Perrier de la BXthie a récolté U y a une cinquantaine d’années
dans le domaine du Sambirano des échantillons d’un arbuste épineux à
latex blanchâtre, à rameaux retombants qu’il avait attribués provisoi¬
rement au Chaelacme madagascariensis Bak. M. J, F. Leroy, monographe
des Ulmacées dans la « Flore de Madagascar et des Comores » du pro¬
fesseur Humbert (1952) avait exclu ces échantillons de la famille, mais
lorsque M. Perrier de la Bâthie et moi-même avons, la même année,
publié la famille des Moracées, ces spécimens ne nous avaient pas encore
été remis. Ceci explique qu ils ne figurent pas en fin de famille parmi les
Moracées introduites. Bien entendu, ils ne sont pas cités non plus dans le
travail que Perrier de la Bâthie a consacré en 1932 aux Plantes intro¬
duites à Madagascar (Ren. Bot. Appt. XII, 1932).
Voici les notes accompagnant les spécimens récoltés par Perrier ;
I. Perrier 10019 — Sambirano — .\rbuste à rameaux retombants.
Latex blanchâtre. Dioïque. Pied Ç. Probablement liane dans les bois.
Près de la mer. Lieux habités. Plaine du Sambirano, décembre 1912.
2. Pied Pollen projeté à la déhiscence de l’anthère. L’endroit où
j’ai observé cette plante (au milieu des cultures du Sambirano) pourrait
faire douter de son indigénat.
Ces spécimens semblent appartenir au Cudrania cockinckinensis
(Leur.) Kudo et Masamune, espèce polymorphe et qui peut prendre en
effet le port d un arbrisseau ou d’une liane selon la station. Elle couvre
une aire étendue en Extrême-Orient, et son fruit est comestible, ce qui
expliquerait son introduction, sans doute vers la fin du xix® siècle.
Il serait intéressant de rechercher si cette espèce a pu se maintenir
et croît encore aujourd’hui dans la plaine du Sambirano; je la signale à
l’attention des naturalistes de terrain, de plus en plus nombreux, qui
parcourent le territoire de la République malgache. Aucun spécimen
de la grande île ne semble être parvenu au Muséum de Paris depuis la
récolte de Perrier de la Bâthie.
Source : MNHIJ, Paris
— 90 —
II
11 existe aussi dans l’herbier malfçache du Muséum un spécimen
provenant de l’herbier Maire (acquis avec l'herbier Cosson) et qui porte
sur l’étiquette :
Coussapoa madagascariensis. Madagascar. Léman.
On sait que l’herbier Maire comprenait, en dehors des spécimens
récoltés en France, en Italie et au Cap par ce botaniste, d'importantes
collections acquises d’autres voyageurs. La mention « Léman » si elle
indique le nom du donateur, est difficile à interpréter. S’agit-il du
D*' Lemann connu pour scs récoltes dans l’île de Madère, ou du profes¬
seur Lehman, de Hambourg, connu pour ses travaux sur les Hépatiques
et son voyage au Turkestan?
Quoiqu’il en soit, le spécimen, composé de trois feuilles en mauvais
état et de deux petits fragments d’inflorescence (J semble bien appartenir
au genre américain Coussapoa, et probablement à l’espèce C. nilida Miq.
(C. lalifolia Mart., non Aublet).
11 est possible que cet arbre du Para qui ne semble pas avoir d’usages
particuliers, ait été introduit accidentellement à Madagascar à l’époque
de la marine à voiles où la direction générale des vents rendait normale
l’escale en Amérique du Sud dans les voyages vers Madagascar. Mais il
est plus vraisemblable qu’il s’agit d’une erreur d’étiquetage d’un collecteur
ayant précisément fait terre successivement au Brésil et à Madagascar
pendant son voyage. Ce n’est donc qu’avec beaucoup d’hésitation que
nous le mentionnons ici.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES TILIACÉES
DE MADAGASCAR ET DES COMORES
(Première partie)
par R. Capuron
La famille des Tiliacées, au sens strict, c’est-à-dire à l’exclusion des
Elaeocarpacées, est représentée dans notre dition par sept genres. Le
plus important d’entre eux, le genre Grewia, fera l’objet d’un travail
séparé qui paraîtra ultérieurement; il groupe environ 70-80 espèces toutes
ligneuses (arbres, arbustes ou arbrisseaux). Les six autres genres se
groupent dans les deux sous-familles des Brownlowioideae et des Tilioideae
telles que les a définies Bl'brët, l’auteur de la dernière révision d’ensemble
de la famille.
Aux Brownlowioideae appartiennent les genres Chrisiiana DC. et
Carpodiplera Griseb. représentés chacun par une seule espèce (arbores¬
cente dans les deux cas).
Aux Tilioideae appartiennent outre le genre Grewia, les Triumfeila L.
(cinq espèces, herbes ou sous-arbrisseaux), Sparmannia L. f. (deux espèces,
arbrisseaux), Corchorus L. (six espèces, herbacées) et Pseudocorchorus
gen. nov. (six espèces, herbacées).
La clé suivante permettra de distinguer les genres de Tiliacées mal¬
gaches :
CLÉ DES GENBES DE TILIACÉES MALGACHES
1. Calice gamosépale, plus ou moins campanule, se divisant plus
ou moins irrégulièrement à la floraison en 2-4 lobes. Base
interne du tube calicinal pourvue d’un anneau glanduleux ou
de petites plages glanduleuses. Loges des anthères opposées par
leur sommet, confluentes après déhiscence. Fleurs unisexuées.
Loges de l’ovaire l-ovulées. Filets staminaux soudés en tube
à la base. Pétales dépourvus d’écaille et de plage glanduleuse
à leur base. — Arbres (Brownlowioideae).
2. Fleur femelle à 5-7 carpelles; carpelles libres dans le fruit,
dépourvus d’ailes, déhiscents. Pétales (5-) 6-9. Graines
glabres (Madagascar et Comores). 1. Chrisiiana.
2'. Fleur femelle à deux carpelles; carpelles soudés dans le fruit,
munis chacun, sur leur dos, de deux ailes membraneuses.
Grainespoilue8(Comores?). 2. Carpodiplera.
Source : MNHIJ, Paris
92
1'. Calice à sépales libres l’un de l’autre; sépales dépourvus, à leur
base interne, de plages glanduleuses. Loges des anthères parai*
lèles entre elles, non confluentes apres déhiscence. Fleurs
normalement hermaphrodites. Filets staminaux libres ou
presque l’un de l’autre (TilidoideaeJ.
3. Étamines externes dépourvues d’anthères, staminodiales,
réduites à leurs filets, ceux-ci moniliformes (constitués
de parties renflées séparées par des parties étranglées).
Pétales (en général 4. roses) sans aucune différenciation à
leur base interne. Pas d’androgynophorc. Ovaire (à
4-5 loges) couvert de pointes. Fruit capsulaire, couvert
de longues pointes droites. Feuilles non caudées à la base.
Arbrisseaux peu lignifiés (Madagascar). 3. Sparmannia.
3'. Étamines toutes semblables; filets non moniliformes.
4. Anthères beaucoup plus longues que larges, presque
toujours plus longues que la moitié du filet. Fleurs
(4-mères) plus ou moins irrégulières, à pétales jaunes
dépourvus de toute difierenciation basale (pas de poils
en particulier). Étamines (de 3 à 200) toutes ou en
majorité disposées d’un même côté de l’ovaire. Pas
d’androgynophore. Ovaire dépourvu de pointes. Fruit
capsulaire (déhiscence plus ou moins précoce). Feuilles
presque toujours caudées à la base (Madagascar).
. 5. Pseudocorchorus.
4'. Anthères petites, beaucoup plus courtes que les filets.
Fleurs régulières, à pétales presque toujours avec une
diS'éreaciation basale (poils, plages glanduleuses;
exceptionnellement pétales nuis ou sans trace de difl^é-
renciation). Étamines régulièrement disposées autour
de l’ovaire. Presque toujours un androgynophore
(Madagascar et Comores).
5. Fruit diupacé, à surface lisse ou tout au plus uu peu
échinulée, contenant 1-n noyaux osseux. Pétales
(blancs, roses ou jaunes) presque toujours munis à
leur base d'une « écaille » poilue sur ses marges et
portant sur sa face interne une plage glanduleuse
(rarement pétales nuis ou sans écaille basilaire).
Androgynophore (presque toujours présent)
dépourvu de plages glanduleuses. Sépales dépour¬
vus au sommet de cornes ou du renflements divers.
Feuilles non caudées à la base. Arbres, arbrisseaux
ou sous-arbrisseaux toujours entièrement ligni¬
fiés ... 4. Grewia.
5'. Fruit non drupacé, capsulaire (parfois tardivement
déhiscent, ou même indéhiscent mais alors couvert
de pointes). Pétales jaunes, simplement bordés de
Source : MNHN, Paris
- 93 —
poils à leur base, celle-ci plus ou moins épaissie mais
sans plages glanduleuses.
6. Fruit (rarement globuleux, le plus souvent allongé
ou en forme d’aiguille) dépourvu de pointes.
Androgynophore avec ou sans plages glandu¬
leuses. Loges de l’ovaire multi-ovulées. Feuilles
presque toujours caudées à la base. Herbes....
. 6. Corchorus.
b'. Fruit (globuleux ou un peu ovoïde) couvert de
pointes, parfois droites, le plus souvent un peu
courbées en crochet à leur extrémité. Androgy¬
nophore (parfois très court) portant en général
des plages glanduleuses. Loges de l’ovaire
2-ovulées. Feuilles non caudées. Herbes ou
sous-arbrisseaux. 7. Triumfetta.
l. CHRISTIANA DC.
Prodr. 1 : 516 (1824). = Speirosiyla Baker, Journ. Linn. Soc. XXV :
299 (1889).
Nous estimons que l’espèce malgache, Chrisliana madagascarîensis
Bâillon doit être rattachée au C. ajricana DC., aucun caractère constant
ne permettant de l’en distinguer. Le genre Chrisliana n’est donc, pour le
moment, constitué que d'une seule espèce dont l’aire s’étend sur Mada¬
gascar, l’Afrique et l’Amérique méridionale.
Ghristiana africana DC, Prodr. I. c. = Chrisliana madagascariensis
Bâillon, Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 542 (1885). (Typus Hildebrandt 3262).
= Speirosiyla liliaefolia Baker, Journ. Linn. Soc. XXV : 299 (1889)
(Typus Hildebrandt 3262).
Dans le tableau ci-joint nous avons relevé un certain nombre de
caractères observés dans les échantillons de Chrisliana provenant de
Madagascar et dans des échantillons provenant d’Afrique et d’Amérique.
Cette comparaison a porté sur le nombre de pétales, de carpelles (dans
les fleurs $) et d’étamines (fleurs (ÿ) ou de staminodes (fleurs $); nous
avons également noté les caractères de l’appareil secréteur qui tapisse la
base interne du calice (1- voir note intrapaginale); les glandes sont soit
groupées en 5 (-6) plages plus ou moins ovales-triangulaires dont les
I. La présence d'un anneau glanduleux ou de plages glanduleuses à la base inlerne
du calice est très fréquente dans les familles de l'ordre des Malvales.
C'est ainsi que dans les Malvacées malgaches nous avons noté ce caractère dans les
Hibiêcus, Aiegislolegium, Perrierophylam, Kostelelzkya, HelicleropsU, Neohumber-
lUUa, Humberliella Macroslelia, Thespesia (caché sous la pubescence), Abulilon, Sida
Dans les Stercuiiacées : Hildegardia, Slereulia, Plerygola (taches diffuses), Hel-
Source : MNHN, Paris
— 94 —
bases sont seules contiguës, soit disposées en une bande continue ou
presque constituée par la fusion latérale des plages glanduleuses. Il
ressort de ce tableau que :
1° Le nombre d’étamines ou de staminodes ne peut fournir aucun
élément de distinction;
2° le nombre de pétales est, en règle générale, plus élevé dans les
plantes malgaches que dans les autres; cependant certains échantillons
africains (p. ex. Chevalier 5173) ont autant de pétales que certains échan¬
tillons malgaches. Le caractère tiré du nombre de pétales ne saurait donc
être utilisé;
3® le nombre de carpelles ne peut fournir non plus de critère distinctif.
Ils sont au nombre de 5 dans les échantillons américains, 5-7 dans les
échantillons africains et malgaches;
4® les éléments secréteurs sont disposés en 5(-6} plages nettes dans les
plantes de Madagascar, alors qu’ils sont, en règle générale, disposés
en une bande continue dans les autres; cependant cette bande peut être
nettement lobée ce qui atténue déjà les distinctions, Un échantillon
africain (Le Testu 3887) nous a même montré des plages bien distinctes.
Ce caractère doit donc être, comme les précédents, abandonné.
Comme par ailleurs les caractères foliaires sont les mêmes, nous
ne croyons pas possible de tenir l’espèce malgache comme distincte do
l’espèce type du genre.
A Madagascar le Chrisiiana africana est largement répandu dans
les Domaines de l’Ouest et du Sambirano; il existe également dans les
zones relativement sèches du Nord-Est de l’ile (Vallée de l’Androranga).
C’est un arbre généralement de faible taille, qui paraît affectionner les
zones alluviales de fond de vallée. La présence de l’espèce aux Comores
demeure un peu douteuse : l’échantillon qui en provient est une part en
fleurs de l’échantillon Boivin 3991 qui a servi à Bâillon, conjointement
aux échantillons en fruit portant le même numéro, à décrire son Corpo-
diplera Boivini. Or nous verrons que ce Carpodiplera doit également être
rapporté au Carpodiplera africana et qu’il est permis de supposer que
l’échantillon de Boivin a été en tait récolté sur les côtes africaines. En tout
cas, le Chrisiiana africana n’a fait l’objet d’aucune nouvelle récolte aux
Comores.
miopsis, Helmiopsiella p, p.; dans Heritiera lilloralis les glandes sont sur le pied renflé
de l'androgynophore.
Dans les Bombacées ; Adonsonia (A. Perrieri).
Dans les Tiliacëes, nous les avons notées dans les genres suivants de Brownlo-
wioideae : Berrya {B. Ammonilla Boxb, anneau très réduit; B. mollis Wall.), Brown-
lowia {B. elala Roxb., B. emarjinala Pierre, B. havilandii Stapf, B. labularis Pierre,
B. lersa (L.) Kost), Carpodiplera eubensis Griseb. (plages très petites), Dipiodiscua
(D. paniculatus), Penlace {P. concolor Merr., P. eberhardlii Gagnep,, P. polyanlha
Hasskarl), Pilhyranlhe verrucosa Thw, (5 plages basales petites, en saillie).
Les Elaeocarpacèes (Sloanea, Elaeocarpus), et les Rhopalocarpacées (Bhopa-
locarpus, Dialyceras) malgaches ne nous ont pas présenté de glandes,
Source : MNHN, Paris
... 95 —
Source : MNHN, Paris
CHRISTIAS’A AFRICA^’A. — ANALYSES COMPARATIVES
N® ÉCHANTILLON
Lieu de récolte
PÉTALES
Carpelles
Plages
glanduleuses
Étamines
STAMINODBS
Humbert 22308
Doany-Andapa
6-8-8
pistillode présent
5
72
— 19052
Ankarana Nord
7-7-8-8-9
pistillode nul
5
72
Hildebrandt 3262
Sambirano
8-7-8-8-8-7-7
6-5-6-7-6-6-6
5
50
Perrier 5585
6-7-7-7-8-7-8
6
50
Decary 1261
Maromaiidia
7
pistillode 0
5
58
— 1282
- -
7-9-8-8-8
5
— 1503
—
6-6-7
5 (petites)
55
Ii884-SF
Anko fia
6-6-7
5-5-5
73-68-67
Humbert 18077
Antsakabary
7-7
—
5-5
75-84
Perrier 4548
Bemarivo
6
4184-RN
Ankara tantsika
7-7-6-7
pistillode minuscule
5-5-5-5
42-49-43-53
5486-SF
7-5
5-5 ± continues
50-53
Perrier 1658
Soalala
8-10-10-10-8
5
66
10271-RN
Oekopaka (Manambolo)
10-6-7-6-8-8
6-5-7-6-6-6
5
SF-69
Ankarafantsika?
7-9-8
pistillode minuscule
Boivin 3391 p. p.
Comores
5-6
bande continue
environ 30
Chevalier 21844
Côte d'ivoire
5-6-7-5
5-6-7-6
bande continue
46-42
2786 S.B.F.K.
Cameroun
6-5
pistillode 0
92
Thomas 889
Sierra Leone
5
pistillode 0
continue 5-lobée
75
Tisserant 1533
Bambari-Ouban^ui
6-6-6
5-6-5
bande continue
42
Chevalier 5173
Boudjo-Oubangui
7-8
pistillode nul
—
51
Le Testu 3887
Yalinga-Oubangui
5-7
- - minuscule
5 plages-5 dont 2
61-83
conOuenles
Tisserant 83
Boukoku-Oubangui
5-5-5-6
- nul
continue 5-lobée
57-53-63-62
Krukofl 1571
Brésil
6-5
pistillode 0
bande continue
64-57
Glaziou 14513
Cultivé Rio de Janeiro
5
5
± continue
55
Glaziou 16705
Quinta Rio de Janeiro
5-5-6
5-5-5
bande continue
71-73-68
Source : MNHN, Paris
97
2. GARPODEPTERA Griseb.
Le genre Carpodiplera a été décrit en 1861 par Grisebach pour une
plante de Cuba. C. cubensis Griseb. En 1868, Master, dans le k Flore of
Tropical Africa » d’Oliver décrivait d’Afrique Orientale le Carpodiplera
africana Mast. Quelques années plus tard, en 1872, Bâillon rapportait
au même genre doux nouvelles espèces, l’une comorienne, Carpodiplera
boioini, l’autre américaine, provenant de la Guyane, Carpodiplera schom-
burgkii Baill.; cette dernière est en réalité un Clirisliana africana DC.
En 1926 enfin Burret décrivait de Zanzibar le Carpodiplera sansibarensis
Burret. Compte tenu de la disparition du Carpodiplera schomburgkii Baill.,
le genre compterait donc quatre espèces : une américaine, deux africaines
et une comorienne. Le type du Carpodiplera boivini Bâillon est l’échantil¬
lon Boivin 3391 ; cet échantillon est formé de trois parts : deux parts en
fruits, une part en fleurs; il ne fait strictement aucun doute que l’échan¬
tillon en fleurs n'a pas été récolté sur le même arbre que les échantillons
fructifiés; fleurs et fruits ont été récoltés à des dates différentes, les uns
en juillet 1847 au bord de la mer à Longoni, les autres à Pamanzi en
mars 1849; il n’est pas possible de préciser davantage si ce sont les fleurs
ou les fruits qui ont été récoltés dans l’une des deux localités. Quoiqu'il
en soit les fleurs et les fruits n’appartiennent ni au même individu, ni
même à la même espèce. Un simple coup d’œil jeté sur les feuilles qui
garnissent les rameaux montre que l’individu en fleurs a des feuilles
longuement pétiolées et densément pubescentes à la face inférieure,
l’individu en fruits a des feuilles de forme différente, plus brièvement
pétiolées et pratiquement glabres. Le rameau en fleurs appartient sûre¬
ment à un Chrisliana africana DC. C’est donc les rameaux en fruits que
nous choisirons comme type du Carpodiplera boivini Baill. Or la compa¬
raison de ces plantes avec des échantillons de Carpodiplera africana Masl.
africains (Busse 2478 des environs de Lindi, Schlieben s. n. du Tanga-
niyka) ne permet de déceler aucune dillérence ayant la moindre valeur.
Aussi, sans hésiter, réunirons-nous le Carpodiplera boivini à l’espèce de
Master. Quant à l’espèce de Zanzibar nous pensons qu’il faut lui rappor¬
ter, provenant de cette lie, un échantillon fort pauvre (puisque représenté
par une seule feuille, quelques fruits et fleurs), communiqué à Pierre par
K. Schumann et déterminé par ce dernier, Carpodi'pfera africana; cette
feuille à base largement obtuse et non cordée correspond à la description
par Burret du Carpodiplera sansibarensis ; il est fort douteux que ce
caractère à lui seul puisse permettre de conserver cette espèce.
Le Carpodiplera boivini a-t-il bien été récolté dans l’Ilc Mayotte
comme l’indique Boivin? Malgré la précision de l’étiquette de Boivin,
étiquette faite après coup (puisqu’elle porte deux dates de récolte éloi¬
gnées de 2 ans), ne s’agit-il pas de plantes récoltées en Afrique où Boivin
a herborisé? Aucune récolte nouvelle de cette espèce, pas plus d’ailleurs
que du Chrisliana africana, n’a été faite aux Comores. Souhaitons que
cette incertitude soit bientôt levée. Jusqu’à plus ample information nous
Source : MNHIJ, Paris
— 98 —
ferons figurer le Carpodipiera africana dans la Flore de Madagascar el
des Comores. La synonymie des espèces s’établit comme suit :
Garpodiptera africana Master in Oliver, Flora of Trop. Afr. 1 :
241 (1868). = Carpodipiera Boivini Bâillon, Adansonia, X : 186 (1872)
(excl. descr. flor. quae Cbrisliana atricana DC. pertinent).
SPARMANNIA L, f.
Les Sparmannia sont des Tilioideae à fleurs normalement 4-mèros :
les pétales sont dépourvus de toute différenciation basilaire; il n’y a pas
d’androgynophore; les étamines sont libres, les extérieures transformées
en staminodes moniliformes; l’ovaire est à 4(-5) loges contenant de nom¬
breux ovules bisériés; le fruit est une capsule recouverte d’épines molles.
L’aire du genre ainsi défini s’étend sur la partie orientale de l’Afrique
(depuis la région du Cap de Bonne-Espérance jusqu’en Éthiopie) et sur
les régions élevées de Madagascar.
En 1933 Weimakck a publié une révision de ce genre dans lequel
il retient trois espèces qu’il distingue comme suit :
1. Fleurs grandes, à pétales longs de 20 mm et plus. S. africana L. f.
1'. Fleurs plus petites, à pétales ne dépassant pas 15 mm.
2. Fleurs rosées; capsule longue de 8-10 mm, à épines grêles
(Madagascar). S. discolor Baker
2‘. Fleurs blanches; capsule longue de 10-20 mm, à épines robus¬
tes (Afrique Continentale). S. ricinocarpa (E. et Z.) O. K.
Ajoutons que VVeimarck, d’une part rapporte le S. subpalmata Baker
au S. discolor Baker à titre de simple variété, d’autre part reconnaît dans
le S. ricinocarpa (E. et Z.) O. K. cinq sous-espèces et deux variétés.
Les caractères invoqués par Weimarck nous paraissent soit insulli-
sanls, soit inexacts pour distinguer les espèces qu'il a retenues. Aussi
examinerons-nous successivement ces dernières et essayerons-nous de
définir les meilleurs caractères susceptibles de les distinguer.
a) Sparmannia alricana L. f.
Cette espèce, originaire d’Afrique du Sud et très souvent cultivée
dans les jardins botaniques se distingue de tous les autres Sparmannia
par la nature de son indûment. A côté des poils simples et des poils steliés
on observe en effet dans le S. africana la présence de poils plus ou moins
moniliformes ou verniculiformes de teinte plus ou moins rougeâtre; ces
poils sont particulièrement abondants sur les pédicellcs floraux et sur les
fruits; nous ne les avons jamais observés dans les autres espèces. En
revanche, les fruits du S. africana semblent être dépourvus des poils en
buisson que l'on observe dans les autres représentants du genre. Le carac¬
tère tiré de la taille des fleurs est beaucoup moins net que ne l’indique
Source : MNHN, Paris
99 - -
Weimarck : dans certains échantillons malgaches (p. ex. Pcrrier 16442)
qui se rapportent au S. subpalmala Baker, les pétales atteignent, en elTet,
17-19 mm de longueur. Au meme titre que ce dernier caractère et n’ayant
qu’une valeur toute relative nous noterons que dans le S. africana les
feuilles sont entières ou faiblement lobées et ne portent qu’une pubescence
très peu dense constituée en majorité de poils simples.
b) Sparmannia discolor Baker et S. ricinocarpa (E. et Z.) 0. K.
Les critères admis par Weimarck pour séparer ces deux espèces
doivent être complètement abandonnés.
1. Couleur des fleurs.
Les fleurs, roses dans les plantes de Madagascar, sont dites blanches
dans celles d’Afrique. Si la couleur rose est constante dans les échantillons
malgaches il semble bien qu’elle soit extrêmement fréquente sur les
individus africains. Brenan et Greenway dans leur « Check lisl... Tan-
ganyika territory » indiquent « flowers pink or white ». La teinte blanche
est indiquée sur les notes de quelques collecteurs; c’est ainsi que pour
une plante provenant du plateau Kikuyu, le collecteur (Le Petit, s. n.)
note (c fleurs blanches et mauves a; il en est également de même pour un
échantillon récolté par Sacleux aux Monts Moura (Teita) au sujet duquel
les pétales sont dits « blancs ou blanc-violacé a. Il y a donc bien en Afrique
des Sparmannia ricinocarpa à fleurs blanches; mais ils sont beaucoup
moins nombreux que ceux à fleurs roses. Tant dans les herbiers que dans
la littérature la couleur rose est souvent notée; c’est la couleur indiquée
sur les échantillons Alluaud 92 et Sacleux 1351 du massif de Kilimandjaro,
Alluaud 229 du massif de Kenya, Schlieben 3444 du massif de l’Uluguru,
Humbert 7853 et 8488 bis du Kivu et du Ruanda, Mcdicy Wood 8968
du Zululaud, etc,..; outre l’indication citée plus haut de Brenan et
Greenway, la couleur rosée est notée dans la diagnose du Sparmannia
abysêinica Ilochst. ex. A. Rich. (rapporté par Weimarck au S. ricino¬
carpa à litre de sous-espèce) où l’on peut lire « floribus purpurascentibus ».
La couleur des fleurs ne saurait donc être prise en considération pour
distinguer les deux espèces retenues par Weimarck.
2 Taille des fruits.
II est très probable que le matériel malgache vu par Weimarck ne
contenait que des capsules peu développées ou immatures. Dans celui
dont nous disposons actuellement il est aisé de constater que les capsules
arrivées à maturité sont, tant en ce qui concerne leur taille que la robus¬
tesse de leurs épines, en tous points semblables à celles du S. ricinocarpa
et qu’il n’est pas possible de baser sur elles une distinction spécifique.
En résumé, les caractères invoqués par Weimarck ne sauraient
permettre de distinguer une espèce malgache et une espèce africaine.
Source : MNHN, Paris
— 100 —
EsL-il possible néanmoins, en s’appuyant sur d’autres caractères de
maintenir deux unités spécifiques? L'étude des Heurs ne nous a pas permis
d’obtenir des résultats probants; c’est ainsi par exemple que le nombre
d’ovules par loge ovarienne s’avère très variable, tant dans les plantes de
Madagascar que dans celles d’Afrique. Non sans hésitations nous propo¬
serons cependant de conserver deux espèces, en nous appuyant sur les
caractères de l’induinent foliaire. Dans une première espèce, S. ricinocarpa
(E. et Z.) O. K. la pubescence de la face inférieure du limbe est plus ou
moins lâche et ne cache pas entièrement l’épiderme; le S. subpalmaia
Baker présentant ces caractéristiques doit être réuni au S. ricinocarpa ;
l’espèce ainsi conçue est donc africano-malgache. Dans la deuxième
espèce, S. discolor Baker, la pubescence est si dense qu’elle cache entiè¬
rement l’épiderme; cette espèce serait localisée à Madagascar (le S. rici'no-
carpa var. cinerea Weimarck, bien qu’à pubescence très dense rentre dans
la première espèce). Nous n’ignorons pas que cette distinction est bien
faible et qu’il eut probablement mieux valu, comme l’a fait implicitement
Weimarck en réunissant les S. subpalmaia et S. discolor, grouper tous les
Sparmannia autres que le S. africana dans une seule espèce. Deux ou trois
échantillons malgaches, bien délicats à classer, militeraient en faveur de
ce dernier point de vue. Comme, de toutes façons, nous serions amenés à
considérer le S. discolor comme unité infraspécifique d’une valeur supé¬
rieure aux sous-espèces proposées par Weimarck pour le S. ricinocarpa,
nous préférons, pour le moment tout au moins, reconnaître dans le genre
Sparmannia trois espèces qui se séparent comme suit :
1. Pédicelles floraux et fruits muais d’une pubescence constituée
en partie de poils plus ou moins rougeâtres et vermiculiformes
ou monoliformes. Fruits dépourvus de poils en buisson. Feuilles
non ou faiblement lobées, à pubescence toujours peu dense et ne
cachant jamais l’épiderme. Fleurs en général de grande taille,
blanches (toujours?) (Région du Cap de Bonne Espérance)...
. 1. S. africana L. f.
1'. Pédicelles floraux et fruits munis d’une pubescence dépourvue
entièrement de poils moniliformes ou vermiculiformes. Fruits
toujours munis de très nombreux poils en buisson. Feuilles
très variables. Fleurs petites, moyennes ou parfois grandes.
2. Face inférieure du limbe recouverte d’une très dense et très
courte pubescence blanchâtre (entremêlée parfois de quel¬
ques poils plus longs) qui cache entièrement l’épiderme.
Fleurs roses (Madagascar). 2. S. discolor Baker
2'. Face inférieure du limbe portant une pubescence lâche ne
cachant jamais entièrement l’épiderme. Fleurs blanches
ou roses (Afrique et Madagascar). 3. S. ricinocarpa (E. & Z.) O. K.
Le Sparmannia alricana L. t. n’existant pas à Madagascar nous
n’aurons à examiner ici que les deux autres espèces.
Source : MNHIJ, Paris
-- 101 --
A. Sparmaimia discolor Baker in Journ. Linn. Soc. XX : 102
(1883). = Sparmannia discolor Weimarck non Baker excl. var. subpal-
mala (Baker) Weimarck in Swensk. Bol. Tidskr. 27 : 405 (1933). Typus
speciei : Baron 1848.
Le Sparmannia discolor Baker est actuellement connu à Madagascar
de toutes les zones élevées du Centre, depuis l’Imerina jusqu’au Pic
d’Ivohibc. Les fleurs sont toujours signalées de couleur rose. Les dimen¬
sions des pétales sont très variables. C’est ainsi que nous avons noté
8 X 4,3 mm dans Hildebrandt 3855, 11 X 7 mm dans Benoist 1309 et
15 X 7 mm dans Louvel 19, échantillons provenant tous les trois du
Massif de l’Ankaratra. Le nombre d’ovules par loge varie de 10 (par
exemple dans Decary 5402) à 18-21 (par exemple dans Humbert 30337,
Louvel 19, Benoist 1309); tous les nombres intermédiaires s’observent
dans divers échantillons (11-15 dans Decary 5478, Humbert 3288; 13-15
dans Humbert 1743; 14-18 dans Mildebrandt 3855 etc...).
Dans tous les échantillons que nous rapportons à cette espèce la
pubescence de la face inférieure du limbe est extrêmement courte et
dense, douce au toucher. Sur tous les échantillons provenant de la partie
Nord de l’aire de l’espèce (en gros, jusqu’à la hauteur d’Ambositra) la
pubescence courte n’est pas entremêlée de poils simples et longs; sur les
échantillons provenant des régions situées plus au Sud, on observe sur la
base des nervures principales, ainsi que sur le haut du pétiole de longs
poils simples; de plus il y a une corrélation assez nette entre ce caractère
et la forme de la base du limbe foliaire : dans les échantillons du Nord,
dépourvus de cils, la base du limbe est soit largement obtuse ou arrondie,
soit tronquée (les feuilles étant alors plus ou moins deltoïdes) soit très
légèrement cordée; dans les échantillons du Sud, munis de cils, la base
du limbe est, en règle générale, nettement cordée, parfois fortement. Aucun
autre caractère plus important ne paraissant pouvoir séparer les deux
groupes de plantes nous considérerons ces différences comme d’ordre
variétal et nous distinguerons deux variétés.
a) var. discolor : feuilles non ou faiblement cordées à la base, haut
des pétioles et nervures basales dépourvus de longs cils (type : Baron 1848).
A cette variété appartiennent les échantillons suivants ;
Centre : linerina, sans localité précise : Baron 620, 1848; Le Myre de Villers
s. n® (Fl., 1887). — Ankisalra, Calai 436 [an 434?) (Fr., V /1889). - Analamazaolru
(Perinel), Humbevl 30337 (Fi., 29 (VI /19.63).— Massif de l’Ankara Ira, Hildebrandl385.6
(Fl., Fr., I /188I ); Louvel 19 (Fl., Fr., 19 /IV /1928, Hafllsokina); Viguier et Humbert
1628 (FL, 26/Xr/1912): Decary 13 428 [Fl., Fr., 16/5/1938), 17 580 (Fl., Fr., 9/XII/-
1942); Herbier du .lardin Botanique de Tananarive 2427 (Fl., 25/111/1937), 4162
(Fl., 14/111/1939); Humbert, Decary et Swingle 4543 [Fr., I5/Vn/1928); Bosser
7639 [Fl.. 1/1955), 8620 (Fl., XI/1955), 14444 [Fl., Fr., V/19G0); PellierI853 (Fl.);
Benoist 507 (Kl., 21 /XII /1950), 930 (Fl., Fr., 1 /V/I95I), 1309 (F!., 22/X/1951). —
Ambrosilra et environs, Decary, 17543 (Fl., 8/11 /1942), 13522 (Fl., ie/XI/19381.
- - environs d'Ainbatofinandrahana, Decary 13239 (Fl,, Fr., 23 /II /1938).
Source : MNHIJ, Paris
102 —
b) var. cordata R. Capuron var. nov.
A type differt folüs basi fere semper manifeste cordatis, apice petioli
ut et nervorum basi plus minus ciliatis (Typus : Decary 5478).
Centre ; Environs d’Ambositra, vers 2000 m d’altitude, Perrier 5411 (El.,
Er., 1/1912). — Massif de rAndrin^ilra. Perrier 5602 (Fl.. Fr,, IX/I921), 13 671 (Fl.,
Er., IV/1921), 14 462 (Fl., Il /1922): Humbert 3705 (Fl., lX/1924); Conservation de>
Héserves Naturelles 5562 RN (Fl.. 15/11/1953, Hafotranakonga), 7165 RN (Fl..
19/III/1955, Hafutranakanga). — Pic d’Ivohibe, Humbert 3268 (Fl., Fp.,XI/ 1924) :
Decary 5292 (F!,, Fr., 23 /IX /1926), 5402 (F.,Fr., 23 /IX /1926), 5478 (Fl., Fr., 23 /X '
1926).
B. Sparmannia ricinocarpa (Eckl. et Zey.) O. Kuntzc = ürena
ricinocarpa Eckl. et Zeyh,, Enum. ; 37 (1834). = Sparmannia stibpalmala
Baker, Journ. Linn. Soc. XX : 101 (1883). (Typus : Bojers. no.) = Spar¬
mannia discolor Baker var. subpalmaia (Baker) Weimarck, Sv. Bot.
Tidskr. 27 : 405(1933).
Les plantes malgaches que nous rapportons au S. ricinocarpa ont
des caractères fort variables en ce qui concerne la taille des pétales et le
nombre d’ovules par loge. Les pétales ont une longueur variant entre
8,5 mm (Decary 12958) et 19 mm (Perrier 16442) et tous les intermédiaires
s’observent : par exemple 10 mm dans Humbert 11900 (Kalambatitra),
14 mm dans Decary 2058 (Ankaizina), 17 mm dans Humbert 25675 (Mari-
vorahona); leur largeur est également très variable (de 3 à 10 mm) avec
des rapports longueur sur largeur vairant de 1,7 à 3. Les sépales présentent
des variations aussi importantes. Les ovules sont au nombre de 9 à 23 par
loge (7-9 dans Humbert 143466, 10-12-14 dans Humbert 28267, 12-17 dans
Humbert 11900, lG-21 dans Decary 1951, 18-23 dans Perrier 16442).
Dans un échantillon cultivé en France à Antibes, nous n’avons observe
que 4-7 ovules par loge. Nous n’avons su trouver aucune corrélation entre
les diverses variations et celles que présentent les feuilles. Celles-ci en
efTet présentent une gamme de variations très étendue tant en ce qui
concerne leur forme que leur pubescence.
C’est ainsi que dans le type du S. subpalmaia Baker, qui est un
échantillon récolté par Bojer, les feuilles ont un limbe de petite taille
(ne dépassant pas 6 cm de longueur), à base faiblement cordée et de contour
ovale triangulaire, à bords faiblement et très obtusément trilobés; le
limbe est en dessous muni de minuscules poils étoilés qui, sur les feuilles
adultes, sont peu visibles et surtout présents sur le trajet des nervures.
De cet échantillon se rapprochant des plantes récoltées dans la région
d’Itremo-Ambatofmandrahana (Decary 12924, 12958, Humbert 28267), à
feuilles encore plus petites (limbe de moins de 4 cm de long en général)
souvent sans lobations, un échantillon de la région d’Anbatofitorahana
au sud d’Ambositra (Keraudren 259) a des feuilles plus grandes que les
précédents (5-8 cm) à face inférieure recouverte, lorsqu’elles sont jeunes,
d’une pubescence très courte et très dense, plus épare lorsqu’elles ont
atteint leur taille dé6nitive ; cet échantillon fait assez nettement transition
Source : MNHIJ, Paris
— 103 —
avec le Sparmannia discolor Baker; par ses feuilles nettement trilobées à
lobes obtus, il fait passer à une série d’échantillons provenant les uns de
l’Ankaizina (Decary 19051, 2058) les autres des montagnes du sud (Kalam-
batitra, Humbert 11900; massif de l’Andohahela, Humbert 13466) dans
lesquels la pubescence est nettement plus grossière. Avec le même type de
pubescence mais des feuilles peu profondément 3- (5) -lobées à lobes
nettement plus aigus, nous aurons les échantillons Perricr 16442 (Tsara-
tanana) et Humbert 2567,5 (du Marivorahona).
Toujours avec une pubescence assez grossière, nous trouvons dans le
massif de l’Andringitra et ses abords une forme à lobes foliaires plus
profonds et plus aigus encore (Perrier 14459 et peut-être 3594 RN).
Dans les environs d’Anstirabe, Perrier a récolté une plante (n® 5533) à
feuilles presque glabres en dessous et dont les plus grandes sont profon¬
dément lobées. Signalons enfin une dernière forme provenant du massif
de l’Andohahela (Humbert 6579 et 6197) dans laquelle les feuilles, de
taille relativement grande, non ou faiblement lobées, sont recouvertes
d’une pubescence assez longue et molle entremêlée de nombreux cils plus
longs. Nous nous garderons de nommer toutes ces formes dont nous avons
simplement parlé pour montrer la variabilité de l’espèce à Madagascar;
il faudrait disposer de beaucoup plus nombreux échantillons pour juger
de la constance des caractères distinctifs. Aucune de ces formes ne corres¬
pond exactement à l’une des sous-espèces reconnues par Weimarck pour
les plantes africaines, aussi les groupons-nous pour le moment dans une
sous-espèce globale, ssp. suBpalmata (Baker) R. Capuron. Voici l’énu¬
mération des échantillons que nous lui rapportons.
Centre ; Massif de -Marivorahona au sud-ouest de Manambato (haute Mahavavy
du Nord) entre 1750 et 2100 in d'altitude, Humbert et Capuron 25 675 (Fl., III /1951) ;
massif de Tsaratanana vers 2 000 m d'altitude, Perrier 16442 (Fl., IV/1924);
Ankaizinana, Decary 1951 (Fl., 19/1V/I923), 2058 (Fl., Fr., 26/1V/1923); (proba¬
blement Imerina) Bojer s. no. (Fl., s.d.); environs d'Antsirabe, vers 1500 m d'aili-
tude, Perrier 5533 (Fr., IV/1902); Amhatofilorahana, au sud d'Ambositra, Keraudren
259 (Fl.. Fr., I II /1960); environs d'Ambatoflnandrahana, vers 1600-1800 m d'altitude,
Decary 12924 (Fl., Fr., 15/2/1938), 12958 (Fl„ Fr., 16/11/1938); monlagnes à l'ouest
d'Ilremo, s-ers 1500-1700 m. Humbert 28267 (Fl., 1 /1955); massif de l'Andringilra,
brousse éricoîde de 2000 à 2400 tn, Perrier 14459 (FL, Fr.. Il /1922); massif de l'Andrin-
eitra,3594 RN (FL. 17/I/195I, Hafotra); massif du Kalambatilra vers 1600 m d'alti¬
tude, Humbert 11900 (FL, Ff., XI/I933): massif de l'Andohahela, vers 1800-1979 in,
Humbert 6197 (FL, X/1928); sommet de Vavara, bassin supérieur du Mandrare,
vers 1650-1885 m, Humbert 6579 (FL, Fr., IX /1928); mont Ilrafanoambv, entre 1600
et 1693 m (haut Mandrare), Humbert 13466 [FL, XII /1933).
A Madagascar, les deux espèces sont des sous-arbrisseaux, pouvant
atteindre 2-3 m de hauteur (souvent beaucoup moins) croissant dans les
rocailles humides, les bords de ruisseau, les lisières de forêt, etc...
4. GREWIA L.
Ce genre est représenté à Madagascar par 70-80 espèces qui se laissent
répartir en trois groupes auxquels nous donnerons le rang de sous-genre.
Source : MNHN, Paris
— 104 —
Les trois sous-genres se séparent comme suit :
1. Style capité ou divisé au sommet en branches obtuses. Fruit à
quatre noyaux (ou moins par avortement) contenant chacun
une à plusieurs graines. s. g. Greu'ia.
1'. Style à branches aciculaires.
2. Fruit ayant au plus quatre noyaux, chaque noyau conte¬
nant une à plusieurs graines. s. g. Vincenlia.
2'. Fruit à nombreux noyaux, chaque noyau ne contenant
qu’une seule graine. s. g. Burretia.
Burbet dans sa dernière révision de Tiliacées a considéré les Grewia
et les Viniieena Steud. {VincenUa Bojer) comme des genres distincts
ainsi que les Alicrocos. Plusieurs auteurs modernes continuent à ne
considérer que le seul genre Grewia s. 1. Nous adopterons les vues de ces
derniers, mais en donnant aux genres de Bubret le rang de sous-genres.
Le sous-genre Burretia (sect. Burretia Hochr.) par les caractères très spé¬
ciaux de ses fruits mérite d’être nettement séparé des Vincenlia; il paraît
spécial à Madagascar.
Précisons qu’aucun Microcos n’est encore connu de la Grande Ile,
ce qui peut surprendre étant donné que les espèces de ce groupe se ren¬
contrent en Afrique et en Asie.
Dans la deuxième partie de ce travail nous étudierons en détail les
caractères des Grewia malgaches; de nombreuses espèces anciennement
décrites doivent disparaître, mais de non moins nombreuses nouveautés
devront être décrites.
PSEUDOCORCHORUS R. Capuron gen. nov.
Herbae annuae (au nonuuunquam perennes?) erectae, basi saepe plus
min us lignescentcs, habitu Corchorus; folia alterna, stipulata, stipubs subli-
nearibus caducis, petiolata (petiolo solum supra puberulo), limbo membra-
naceo sparse ciliato marginibus serratis (in foliis superioribus serraturae
duae inferiores mauifestc caudatac et setosae); inflorescentiae fere semper
oppositifoliae, plus minus pedunculatae, 1-4-florae, pedunculo apice bracteato,
floribus pedicellatis cymoso-umbellatis. Flores 4-ineri, zygomorphi; sepala
valvata apice apiculata vcl coruuta; petala iu alabastro contorta, lutea,
abovata vel subrotuudata, basi cuueata omniuo eglandidosa et glabra, dua
superiora quam inferiora saepe manifeste majora (longiora vel latiora) ;
androgynophoTum nutlum; stamina libéra iudehuita (3-200) omnia (quaudo
pauca) vel fere omnia (quaudo numerosa) unilateraliter (latere superiore)
inserta, filamentibus brevibus vei sat brevibus, autheris elongatis, linearibus
(3-10- plo longioribus quam latis), fere basifixis, thecis parallelis ab initio
poro apicali dehiscentibus (poris deindc basin versus scissura angusta longi-
tudinaii prolongatis); ovarium sessile, 3-7 locularc, loculis (1-) 2-eo-ovulatis,
ovulis 2-seriatis; Stylus cylindricus vel apicem versus leviter dilatatus, tubu-
losus, obliquus (antice inflexus), apice saepe curvatus, margine superiore
Source : MNHN, Paris
105
inciso-dentata, baei articulatus et mox caducus. Fructus ut in Corchoro
capsularis.
Species typica : Pseudocorchorus greveanus (Bâillon) R. Capuron
(Corchorus greveanus Bâillon).
L’espèce type du genre ayant été décrite par Bâillon et par Baker
comme Corchorus nous croyons devoir mettre en parallèle les caractères
des deux genres afin de mettre en valeur ceux qui les séparent.
Corchorus
Pseudocorchorus
Fleurs
S-méres
4-mères
régulières
zygomorphes
PÉTALES
base légèrement dilTérenciée
base sans trace de dlfféren-
(marges cillées; parfois glan-
dules sur le bas de la face
Interne)
cia lion
Androgynophore
développé ‘
nul
ÉTAMINES .
régulièrement insérées au-
toutes ou presque toutes du
tour de l’ovaire
du cétè postérieur
mets toujours très longs par
filets plus courts que les
rapport aux anthères
anthères ou au plus trois
fois plus longs
anthères petites ovoïdes, à
anthères linéaires, 3-C fuis
peine plus longues que larges.
plus longues que larges, à
dorsifixes
bords parallèle.s, preque basi-
déhiscence en long
déhiscence par pores api¬
caux (puis ensuite par fentes
longitudinales dont les lèvres
ne s’écartent pas
1. Dans les espèces représentées à Madagascar.
La classification d’ensemble la plus récente de la famille des Tiliacées
est celle qui a été proposée parBuRRET dans ses «Beitiage zur Kenntnis der
Tiliaceen » parus en 1926.
En utilisant la clé de cet auteur, on est conduit à placer le genre
Pseudocorchorus dans les Sparmanniinae qui groupent les tribus de la
sous-famille des Tilioideae caractérisées par les pétales dépourvus d’aire
glanduleuse, l’absence d’androgynophore, les graines non ailées. Les
Sparmanniinae groupent plusieurs tribus parmi lesquelles il est bien
difficile de trouver une place convenant tout à fait à notre genre.
Reproduisons, en abrégeant, la clé de Bl'RRET relative à ces plantes :
a. Étamines libres. Anthères courtes, 1,5 à 4 fois plus longues que
larges, dorsifixes, dépourvues de membrane stérile au sommet;
Source : MNHN, Paris
106
sépales souvent appendiculés au sommet. Fruit inerme, siliqui-
forme . Corchoreae.
a'. Étamines à filets plus ou moins soudés. Anthères allongées, linéai‘
res, munies au sommet d’ua appendice membraneux stérile,
presque basijixes . Apeibeae.
b. Fruit inerme, siliqueux, Sépales obtus au sommet. Étamines
soudées à la base, ne formant pas des phalanges nettes.
Style tubuleux . Glyphaea.
b'. Fruit épineux ou muriqué, globuleux. Sépales plus ou moins
apiculés au sommet.
c. Étamines en 4 phalanges alternipctales. Style plein.
. Ancistrocarpus.
c'. Étamines soudées sans ordre à la base. Style tubuleux.... Apeiba.
Nous avons écrit en italiques, dans chacun des paragraphes de cette
clé, les caractères que l’on peut trouver dans les Pseudocorchorus; le
caractère relatif à l’apicule membraneux et stérile qui prolonge le connectif
s’observe chez le P. danguyaniis et non dans les autres espèces. Il est aisé
de voir que le genre Pseudocorchorus présente à la fois des caractères de
Corchoreae et d’Apeibeae :
des Corchoreae il présente les filets staminaux libres, les sépales et
les fruits;
des Apeibeae il présente les anthères allongées, subbasifixes et
parmi les genres de cette tribu :
le fruit et le style des Glyphaea :
les sépales et le style des Apeiba.
Le genre Pseudocorchorus se trouve è la jonction des deux tribus
* précitées telles que Buhbet les a définies. Il ne semble pouvoir s’intercaler
dans la classification des Tiliacées telle que Buhbet l’a proposée, que si
on le considère comme le type d’une tribu spéciale, celle des Pseudoror-
eboreae.
Pseudocorchoreae trib. nov.
Stamiua libéra; autherae elongatae, lineares, proxima basin affixae,
nonnunquam apice membrana sterili appeudiculatae. Sepala apice acutata
vel ad apicem alata et plus minus coniuta. Fructus inermis, siliquiformis.
Flores plus minus zygomorphi, tetrameri. Petala onmino cglandulosa. Andro-
gynophorum nullum. Stamina omnia vel promaxima parte unilateraliter
inserta.
Tel que nous l’avons défini le genre Pseudocorchorus est représenté
à Madagascar par six espèces qui peuvent se séparer comme suit ;
Clé de détermination des espèces de Pseudocorchorus
1. Fleurs de grande taille (3,5-4 cm de diamètre) à étamines très
nombreuses (100-200); sépales non ailés sur le dos, plus ou
Source : MNHN, Paris
107
moias longuement apiculés au sommet, les apicules contigus
par leur base dans le bouton; ovaire (glabre ou très finement
pubémlent) à 5-6 loges multi-ovulées (environ une quaran¬
taine d’ovules). Fruit droit, long de 3-5 cm, d’environ 8 mm
de diamètre, fortement sillonné en long (Est et Centre).
. 1. P. danguyanus R. Cap.
Fleurs nettement plus petites, à éta min es moins nombreuses
(moins de 50) (Ouest).
2. Sépales à nervures médiane tout au plus épaissie, non ailée,
apiculés au sommet, les bases des apicules contiguës dans
le bouton. Ovaire glabre ou très brièvement ailé.
3. Environ 25-40 étamines, une faible partie d'entre elles
insérées devant l’ovaire; anthères relativement petites,
les filets des étamines postérieures deux ou trois fois
plus longs qu’elles; ovaire à 5-6 loges, glabre; fruit
droit, semblable à celui de l’espèce précédente mais
plus petit. 2. P. cornulus R. Cap.
3'. Étamines 4-15, toutes insérées du côté postérieur de
l’ovaire; anthères à peu près de même longueur que
les filets ou un peu plus longues.
4. Inflorescences 1-flores; pédoncule et pédicule très
courts et robustes ; étamines 4-15 ; ovaire à 3-4 loges
multiovulées; jeune fruit en cours de développe¬
ment couvert de petites verrucosités contiguës;
fruit à péricarpe très épais, spongieux, dans la par¬
tie séminifère. 3. P. mamiWafus R. Cap.
4'. Inflorescences 3-4-flore8, à pédoncule et pédicelles
très grêles et bien développés (5-10 mm et plus);
étamines 5 (une seule collection vue); ovaire à
3 loges 1-2-ovulécs (fruit inconnu)... P.pusillus P. Cap.
2'. Sépales manifestement ailés sur le dos. Loges 5-7, plurio-
vulées.
5. Sépales apiculés à leur extrémité et par suite bases des
apicules contiguës dans le bouton; étamines 3-7 (-10?);
ovaire glabre; fruit presque droit ou légèrement courbé,
à pédicelle grêle; péricarpe avec de grosses lacunes
disposées à la périphérie des loges fertiles et en nombre
double de ces dernières; pas de renflement au-dessus
de la base des valves. S.P.alatus R. Cap.
5'. Apicules éloignés du sommet des sépales (envi¬
ron 1-1,5 mm) et par suite à bases non contiguës
dans le bouton: étamines 13-31, ovaire densément
recouvert de cils fauves; fruit plus ou moins courbé,
parfois très fortement, à péricarpe non lacuneux, à
pédicelle robuste; dos des loges portant souvent,
au-dessus de leur base, un gros renflement semi-glo¬
buleux . 6. P. greveanus (Baill.) R. Cap.
Source : MNHN, Paris
108 —
Source : MNHN, Paris
109 —
En dehors du P. danguyanus et de P. greveanus dont le matériel est
abondant, les autres espèces ne sont représentées que par un petit nombre
d’échantillons. Il se pourrait que quelques caractères auxquels nous avons
attaché une assez grosse importance se révèlent peu constants et que
quelques espèces doivent être abandonnées. Souhaitons qu’un abondant
matériel de ces plantes soit récolté, afin de mieux préciser leurs caractères
et leur aire de distribution.
Pseudocorchorus danguyanus R. Capuron sp. nov.
Corchorus rosiraias P. Danguy mss. in sched.
Herbae robustae 1*2 m altae racemosae, basi lignescentes; rami glaberrimi
vel rarissime minutissime puberuli, in sicco statu saepe mgricantes; stipulas
1- 2 (-3) cm longae, glabrae; petiolus 2-7 cm longus, supra complauatus et
pilosus; limbus ellipticus [(5-) — 8-15 X (1.5-) 3-5 (-6) cm] 2-3-plo longior
quam latus, rarius anguste ellipticus (4-5-plo longior quam latus), basin versus
angustatus ima basi truncata vel rotundata vel subhastata, apice acuminatus,
marginibus dense denticulatis vel serratis, dentibus duabus inferioribus
saepe valde elongatis et longe setosis; limbus basi (3-) 5-(7-) nervius, spar-
sissime adpresse ciliatus. Inflorescentiae (1-) 3-5-florae, oppositifoliae vel
rarius axillares, pedunculatae (pedunculo 0,5-1 cm longo); flores pedicellati,
pedicello 0,2-1 cm longo; alabastra obpyriformia, basi iuflata, apicem versus
longe cuneata, sepalis fere semper apice longe subulatis; scpala extus glabra
(rarissime ciliata) 1,5-2 cm longa, nervis plus minus incrassatis; petala
20-25 mm longa, 15-20 mm lata; stamina aumerosissima (100-200) circum
ovarium (sed pro maxima parte in parte posteriore) ineerta, filamentibus
4-5 mm longis, antheris 4-5 mm longis apice fere semper manifeste apiculatis;
ovarium glabnim (rarissime brevissime puberulum) 6 (-7)-loculare, ovuUs
numerosis; Stylus 1,5-2 cm longus, 2-sinuatus infra apicem fusiforme-inflatus;
fructus capsularis, rectus, longitudinaliter 6-7 sulcatus et carinatus, ca.
2- 5 cm longus, parte seminifera (lougitudine valde variabile) ca, 0,8 cm diam.,
valvis tenuibus.
Typus speciei : Humbert 22367.
Cette espèce croît dans la région Orientale (parties moyenne et
supérieure du Domaine de l’Est, Domaine du Centre, partie supérieure du
Domaine du Sambirano); elle afïectionne les lieux éclairés en bordure des
torrents ou sur les rocailles humides. L’espèce est toujours facilement
reconnaissable à ses grandes fleurs à étamines extrêmement nombreuses;
elle présente quelques variations auxquelles il n’est pas possible, pour
le moment tout au moins, d’accorder de valeur taxonomique. Les deux
échantillons, Decary 1871 et 1886 provenant de l’Ankaizina, présentent
sur les tiges et l’ovaire une dense pubescence extrêmement courte; les
sépales présentent, sur leur face extérieure des rangées de cils assez
nombreux, L’échantillon Perrier 5492 de la Montagne d’Ambre a des
feuilles particulièrement étroites, elliptiques lancéolées. Les échantillons
Cours 3371, Humbert 22367 et 23247, 8724 RN, Perrier 18414 et
Source : MNHIJ, Paris
— 110 —
Decary 7147 ont des sépales brièvement cuspidés au sommet, alors que
tous les autres échantillons ont des sépales à cuspide très allongée et par
suite des boutons beaucoup plus aigus.
Pseudocorchorus cornutus R. Capuron sp. nov.
Herbae annuae 0,10-0,50 m altae, caulibus apice tuiuutissûne puberulis,
infra glabris. Stipulae 0,5-l,2 cm longae. Folia petiolata (petiolo 0,5-2,5 cm
longo, supra ptlosulo, apice dilatato), limbo membranaceo ovato-elliptico
(2,5-6,S X 1-3 cm) glabro (costa nervique ciliis sparsis excepti), raargiuibus
serratis, deiitibus inferioribus duabus caudatis. Inflorescentiae 2-3-florae,
breviter (1-3 mm) pedunculatae, pcdunculo brevissime puberulo; pedicelli
0,5-1 cm longi, brevissime puberuli; alabastra subglobosa vel ovoidea; sepala
(ca 5x2 mm) glabra, nervi mcdiano vix iucrassato, apice apiculata (apt-
culo 1-1,5 mm longo); petala obovata, inaequalia, posteriora 10 X 7 mm,
anteriora 6,5 X 4 mm, obovata, apice late rotundata, omnino glabra; stamina
25-40 circumcirca ovarium sed pro maxima parte latere posteriore inserta,
inaequalia, filaraentis 2-5 mm longis, antheris 1,8-2 mm longis, thecis apice
saepe disjunctis; ovarium glabrum, ovoideum (5-) 6-loculare, longitudina-
bter (5-) 6 sulcatum; loculi ca. 16-ovulati; Stylus 3-3,5 cm longus, curvatus,
infra apicem leviter ampullaceo-dilatatus. Fructus reclus vel vix curvatus
1,5-3 cm longus, apice loculorum sterili parte apiculatus.
Typus speciei : Perrier 5510.
Cette espèce n'est encore connue que par deux récoltes provenant
l’une (Humbert et Capuron 25601) des rochers du Zarandahy, près des
chutes de la Mahavavy du Nord, en amont de Manambato, l’autre (Per¬
rier 5510) des bois rocailleux, en terrain siliceux, dans le bassin moyen du
Bemarivo (Boina). Dans cette espèce les sépales, légèrement concaves à
l’anthèse, à nervure médiane à peine épaissie, sont munis au sommet d’un
court apicule; dans le bouton ces apicules ont leurs bases contiguës et ils
divergent plus ou moins, formant une sorte de pinceau. Les pétales sont
très inégaux, les postérieurs étant presque une fois et demie plus grands
que les antérieurs. Les étamines sont nombreuses : trois h cinq d’entre
elles seulement sont placées devant l’ovaire, les autres étant insérées
latéralement et surtout postérieurement; elles sont très inégales par
leurs filets, les plus éloignées de l’ovaire ayant des filets nettement plus
développés que celles qui sont tout près de lui; au sommet des anthères
les loges sont libres l’une de l’autre, le connectif étant interrompu à cette
hauteur. Le fruit est analogue à celui du P. danguyanus R. Cap. mais
plus petit.
Pseudocorchorus mamillatus R, Capuron sp, nov.
Herbae animae (basi plus minus lignescentes) ad 0,60 m altae, caulibus
apice minutissime puberulis, infra glabris. Folia petiolata (petiolo 1-5 cm
longo, supra puberulo) l imb o membranaceo, ovato-elliptico (3-11 X 1-5 cm)
Source : MNHN, Paris
111
Source : MNHN, Paris
112
sparse ciliato (ciliis supra nervis pro maxima insertis), apice acuminato.
marginibus serratis, dentibus duabus (nonnunquam 3>4) inferioribus fere
semper candatis. Inflorescentiac uniflorac brevissime (vix 1 mm) pedunculatae,
pedxmculo ut et pedicello brevissime puberulo ; pedicellus ante anthesin fere
uullius deinde manifeste accrescens et sub fructus 5-6 mm attcngens. Âlabas-
tra ovoideo-oblonga, apice appendicibus sepalorum coronata; sepala
(4,5-5 X 1,5-2 mm) parum concava, oblonga, dorso obtuse 3 nervata, apice
appendiculo subfiUformi 2 mm longo instructa. Petala obovata, parum
inaequelia, anteriora ca. 6,5 X 4 mm, posteriora ca. 7 X 4,5 mm ; stamina 4-15,
unilateraliter inserta, filamentibus 2 mm longis, antheris 3,2 mm longis,
connectivo apice truncato; ovarium ovoideo-cylindricum, ca. 1,25 mm lon-
gum, glabnim, superficie rugoso-mamillatum, 3-4-loculare, loculis multivo-
latis (ca. 25 ovula pro loculo) ; Stylus 4,5 mm longus, apice recurvatus. Fructus
15-20 mm longus, crassus (5-9 mm diam.), pericarpio spongioso, crasso, extus
levitcr 3-4-8ulcatus et plus minus rugosus vel laevis.
Typus speciei : Leandri 920.
Cette espèce paraît localisée dans les terrains calcaires du Domaine
de l’Ouest et est connue de la région de Majunga, des Tsingy de Namoroka,
de l’Antsingy et du Bemaraha ainsi que des plateaux calcaires de la région
de Befandriana Sud.
Ses inflorescences nous ont toujours paru uniflores. Le nombre des
étamines est très variable, parfois dans le même échantillon. C’est ainsi
que dans Leandri 920 nous avons observé sur le même pied une fleur à
4 étamines et une autre à 8.
Dès que l'ovaire commence à se transformer en fruit sa surface pré¬
sente de petites rides transversales séparées par de petits renflements;
la surface paraît ainsi bulbée ou couverte de petits mamelons. Le fruit
a un péricarpe très épais dont la consistance rappelle celle de la moelle
de sureau et que l'on observe dsns le fruit de Corchorus capsiilaris L.
L’extrémité supérieur du fruit est souvent en forme de bec et là les
parois restent minces; c’est dans cette zone que commence la déhiscence
et peut-être y est-elle limitée dans les fruits dont le péricarpe est le plus
épais.
Pseudocorchorus pusUlus R. Capuron sp. nov.
Herbae pusilla 5-15 cm alla, caulibus gracillimis dense minutissimeque
pubemlis. Stipulae 2 mm longae. Folia petiolata (petiolo 5-20 mm longo,
supra pilosulo) limbo ovato (8-25 X 5-15 mm) basi late rotimdato vel leviter
hastato, apice plus minus acuminato, membranaceo, sparsissime cUiato,
marginibus dentatis et breviter ciliatis, dentibus duabus inferioribus (in
foliis superioribus) longe setosis. Inflorescentiae 3 (-4) fiorae, pedunculo
gracillimo 5-8 mm longo, dense breviterque puberulo; pedicelli gracillimi
7-10 mm longo. Alabastra ovoideo-oblonga. Sepala (4x1 mm) apice breviter
apiculata, costa mediana leviter incrassata; petala suborbicularia, 4,5 mm
longa, anteriora 4 mm lata, posteriora 4,5 mm lata; stamina 5, omnia poste-
Source : MNHIJ, Paris
113 —
Carte phyb<^éogpaphique
MADAGASCAR
par
K. Humbert
D'aprit la carte de f^itation
de mime auteur, puiUee dans
l'Annie éiologi^ue T3l,fisc.5-S,iaS.^
Paeudoeerchopus
▼ ?. alatu»
V P. camutus
• P. dan^uyanu»
+ P. gr®v»anut
O P. mamillatu»
A P. puctilus
Limite des digions.
Régfon_orientale :
f l I Oomaine de l'Est
I n I Oomaine du Sambrrano
Im I Domaine du Centre
IIVI Oomaine des hl£? montagnes
* Sommets iso/is appertenant
eu Domaine des htù montagnes.
Région occidentale:
H Domaine de l'Ouest
_ (indus secteur nord)
[T1 I Domaine du Sud
Source : MNHN, Paris
114
Source : MNHIJ, Paris
— 115 —
riora, filamcntibus vix 1 mm longis, autheris 2 mm longis; ovarium subglo-
bosum, 3-loculare, loculis 1-2 ovulatis; Stylus 2 mm longus, cylindricus.
Fructus ignotus.
Typus spccici : 22050-SF,
Cette espèce n'est connue que par le type que nous avons récolté
sur !e plateau calcaire de l’Ankarana, dans le nord de Madagascar; celte
plante vivait dans les cuvettes peu profondes de la surface des dalles
calcaires {cuvettes où un peu de terre et d'humidité s’accumulent) ainsi
que dans les fissures des rochers. Outre sa petite taille (peut-être due aux
conditions stationnelles) cette espèce se fait remarquer par ses inflores¬
cences à pédoncules et pédicelles très grêles mais bien développés, par ses
pétales presque orbiculaires et par ses loges ovariennes ne contenant que
1 ou 2 ovules. Le fruit demeure malheureusement inconnu.
Pseudocorchorus alatus R. Capuron sp. nov.
Herbae aunuae 0,30-0,50 m altac, caulibus eiectis brevisaime puberulis.
Stipulae 2-8 mm longae. Folia petiolata, petiolo 0,5-3 cm longo supra dense
pilosulo, limbo membranaceo ovato vel ovato-elliptico (1,7-7,5 X 1-3 cm),
apice acuminato, utiinque secus nervos sparse cüiato, marginibus crenato-
deutatis, dentibus inferioribus (in foliis superioribus) caudatis. Inflorescen-
tiae 2-3 florae pedunculo breve (ca. 1-1,5 mm) ut et peduuculis (3-5 mm longis)
btevissime puberulo. Sepala lanceolata, angusta (6 X 1,4 mm), apice apieulata
(apiculo 1 mm longo), dorsaliter in media parte superiore valde alata, ala
(1 mm lata) margine ciliata; petala posteriora late obovata (7,5 X 6,3 mm),
anteriora augustiora (6,5 X 4,2 mm); stamina 3-7 (-10?), unilateraliter
inserta, filamentibus 2 mm longis, antheris 3 mm longis; ovarium ovoideo-
conicum, in media superiore parte ciliatum, 5-6-loculare, loculis multiovulatis;
Stylus 3,5 mm longus, rectus, apice curvatus leviter infundibulifonnis.
Capsula 1,5-2 cm longa (rostro incluso) in parte seminifera 6-9 mm diam.,
recta vel leviter curvata, S-ô-locularis, pericarpio 10-12-laciinoso, extus
anguste 10-12-carmato.
' Typus speciei : Perrier 19023.
Cette espèce n’est encore connue que des rocailles calcaires de la
région de Majunga (Perrier 17276 et Perrier 19023) où elle croît en mélange
avec Pseudocorchorus mamillatus R. Cap. Ayant le port de cette der¬
nière elle a été confondue avec elle par Perrier; l’échantillon 19023 cons¬
titué en majeure partie de P.alalus contient quelques rameaux de P. mamil-
lalus. Le P. alalus se distinguera aisément de toutes les espèces que
nous avons étudiées jusqu’ici par les caractères de ses sépales et de scs
fruits. Dans cette espèce, les sépales sont relativement étroits et, comme
dans les espèces précédentes, apiculés au sommet; ce qui les en distingue
c’est qu’ici leur ligne médiane dorsale dans scs 2/3 supérieurs environ est
fortement ailée, le maximum de largeur de l’aile se situant vers les 2/3
Source : MNHN, Paris
- 116 --
supérieurs du sépale; cette aile est perpendiculaire au plan du sépale et il
convient de noter que celui-ci est très faiblement concave, à peine navi-
culiforme; la nervure médiane du sépale, située dans le plan de celui-ci
dans sa partie inférieure, quitte ce plan dans la zone de naissance de l'aile
et s’en écarte beaucoup pour former une sorte de nervure submarginale
à l’aile; la nervure médiane rejoint le plan du sépale à la base de l’apicute
terminal; le bord externe de l’aile est cilié. Le fruit a 5 ou 6 cavités qui
contiennent les graines; le dos des loges ainsi que les cloisons interlocu-
laires se prolongent vers l'extérieur par des cloisons aliformes radiales
dont la largeur est à peu près égale à celle des loges; sur le sec la partie
externe du péricarpe, décollée des cloisons, est tendue sur le cadre ainsi
formé, délimitant par suite 10 ou 12 cavités autour des loges séminifères.
Il serait intéressant de vérifier si sur le frais ces fausses loges existent déjà
ou si elles se forment au cours de la dessication par suite de la rétraction
de la partie externe du péricarpe.
Pseudocorchorus greveanus (Bâillon) H. Capuron comb. nov.
= Corchorus greveanus Bâillon in Bull. Soc. Linn. Paris I : 543 (1885).
= Corchorus hamalus Baker, Journ. L'nn. Soc. XXI! ; 452 (1887) (Typus :
Baron 4712).
Typus speciei ; Grevé 67.
Comme la précédente, cette espèce possède des sépales munis d’une
aile dorsale bien développée, mais alors que dans le P. alalus l’apicule
des sépales se trouve à leur extrémité, ici l'apicule en est éloigné
de 1-1,5 mm; il en résulte que le bouton floral a un aspect tout différent.
Les étamines, en nombre de 13-31, sont disposées d’un seul côté de l’ovaire;
celui-ci, à 6-7 (-8) loges multiovulées est recouvert de très nombreux
cils allongés de couleur fauve. Le fruit est plus ou moins courbé, parfois
très fortement et alors replié en hameçon; à 3-5 mm au-dessus de leur
base, les valves sont munies d'un renflement parfois peu perceptible, par¬
fois très développé; courbure du fruit et développement des bosses sont
très variables sur le même échantillon.
Dans le P. greveanus les feuilles sont, proportionnellement, bien plus
étroites que dans les autres espèces; le rapport longueur-largeur du limbe
y est de l’ordre 5 à 6.
L’espèce est largement répandue dans le Domaine Occidental et est
connue actuellement depuis la région de Majunga jusque dans celle de
Morondava; elle a été également récoltée à l’Ile Europa, dans le canal
de Mozambique (1700 RN, Saboureau leg.). Elle croît sur des sols vaiiés :
calcaires, sables, argiles, et, contrairement aux autres espèces, se ren¬
contre souvent dans les terrains de culture abandonnés, le long des
chemins en terrain découvert, etc...
6. CORCHORUS L,
Nous ne reviendrons pas ici sur les caractères qui séparent ce genre du
précédent. Le plus commode est celui tiré du type floral, tétramère dans
Source : MNHN, Paris
— 117
les Pseudocorchorits, pentamère dans les Corckorus. Lorsque les échantillons
sont en fruits, il est toujours possible de repérer, à la base de la capsule,
(tout au moins dans les espèces représentées à Madagascar) un petit rebord
représentant l'androgynophore. Dans toutes les fleurs analysées nous
avons noté la présence de l’androgynophore; dans des cas très nombreux
cet androgynophore est muni tout près de sa base de cinq petites plages
glanduleuses qui débordent parfois sur l’extrême base des pétales; ceux-ci
ont toujours un petit onglet cilié sur les bords. Le matériel appartenant à
ce genre nous a permis de reconnaître en toute certitude six espèces. Une
septième, qui est peut-être le Corchorus fascicularis DC., est représentée
par un échantillon trop pauvre (Perrier 5538) pour pouvoir être déterminé
en toute certitude; nous ne l’inclurons pas dans notre clé.
Les Corchorus, dont aucune espèce n'est propre à Madagascar, sont
des plantes rudérales ou de la végétation modifiée; on ne les rencontre
jamais, par opposition aux Pseudocoreborus, dans les formations primi¬
tives. Ayant été relativement peu récoltées par les botanistes qui ont
herborisé dans la grande Ile, il est très probable que la répartition des
espèces à Madagascar telle qu’elle peut se déduire des récoltes effectuées
est très incomplètement connue.
Clé de détermination des Corchorus de Madagascar et des Comores
1. Fruit globuleux (environ 12-15 mm de diamètre), ayant en
général une dizaine de valves. 1. C. capsulons L.
1‘. Fruit beaucoup plus long que large, à 2-5 valves en général.
2. Valves du frtiit (généralement 3) munies sur leur dos de deux
ailes longitudinales bien saillantes et à bords minces-tran-
chants. Sommet du fruit muni de trois cornes bien déve¬
loppées, elles-mêmes plus ou moine bifides au sommet...
. 2. C. aestuans L.
2 '.
Valves du fruit non ailées sur le dos.
3. Valves du fruit (au nombre de 2) portant extérieurement
des poils rouBsâtres assez longs et mous. Fruit sans
cornes au sommet et à valves lisses ou presque intérieu¬
rement, porté par un pédicelle très fortement recourbé
(présence de cette espèce à confirmer à Madagascar..
. 3. C. hirtus L. var. pilobolus (Link.) K. Scb.
3‘. Valves du fruit sans poils roussâtres et mous sur leur face
externe; pédicelle du fruit droit ou presque.
4. Pubescence du fruit (observer les fruits en cours de
développement) constituée de poils courts groupés
régulièrement par 3-7 au sommet de petites verru¬
cosités de la surface du fruit. Fruit (environ 2,5-
3 mm de diamètre) en général à 3-4 valves nette¬
ment cloisonnées intérieurement, non muni de
cornes au sommet. 4. C. trilocularis L.
Source : MNHN, Paris
118 -
Source : MNHN, Paris
119 —
4'. Fruits glabres ou portant des poils courts isolés.
5. Fruit norinalemcnt à 3 valves, ne dépassant guère
2 mm de diamètre, muni au sommet de 3 cornes
très nettes (elles-mêmes plus ou moins bifides à
leur extrémité). Face interne des valves à cloi¬
sons interséminales à peine marquées. 5. C. Iridens L.
5’. Fruit à (4-) 5 valves, ayant en général 4-5 mm de
diamètre, simplement atténué en bec au sommet
ou parfois divisé en 4-5 cornes courtes. Face
interne des valves fortement cloisonnée.
. 6. C. olitorius L.
Corchorus capsularis L., Sp. PI. 529 (1753).
Cette espèce est très facile à reconnaître à ses fruits presque globuleux
(d’environ 10-12 mm de diamètre), à péricarpe épais à consistance ana¬
logue à celle de la moelle de sureau. N’a encore été récolté que dans la
région de Majunga et de Soalala.
Corchorus aestuans L., Syst. Nat. ed. 10, II : 1079 (1759). =
Corrhorus aculanguliis Lamarck, Encycl. Il : 104 (1786).
Dans cette espèce le fruit varie de 1 à 2,5 cm de longueur; chacune
des valves, au nombre de 3 (-4), se termine par une corne en règle générale
bien développée et plus ou moins bifurquée à son extrémité; ces cornes
sont toujours plus ou moins divariquées et font parfois avec l'axe longi¬
tudinal du fruit un angle de 90°. De la base des cornes partent, sur chaque
valve, deux carènes longitudinales, minces, aliformes, qui seprolongent
jusqu’au bas du fruit. L’intérieur des valves est marqué par des saillies
transversales interséminales nettes.
Les fleurs sont de petite taille (pétales d’environ 3,5-4 mm de lon¬
gueur) et contiennent de 15 (Richard 382) à 30 (Perrier 1030) étamines,
il y a parfois des plages glanduleuses très nettes sur le bas de l’andro-
gynophore (par exemple sur Perrier 1030).
Le Corchorus aesluans a été récolté aux Comores et, à Madagascar,
dans les Domaines du Sambirano, de l’Ouest, du Sud, ainsi que dans la
cuvette du lac Alaotra.
Corchorus hirtus L.. Sp. PI. éd. II : 747 (1747) var. pilobolus
^Link.) K. Sch.
Cette espèce n'est connue de Madagascar que par un seul échantillon
(.Vlleizette 922) récolté dans les environs de Tananarive. Sa présence
dans la grande Ile nous paraît douteuse. N’y aurait-il pas erreur de localité
sur l’étiquette du récolteur? Peut-être aussi s’agit-il d'une plante intro¬
duite accidentellement avec des graines exotiques dans la station d’essais
rie Nanisana, près de Tananarive. Quoiqu’il en soit il serait intéressant
de confirmer par de nouvelles récoltes la présence de cette espèce à Mada-
Source : MNHN, Paris
120 —
Source : MNHN, Paris
— 121 —
gascar. L’échantillon 922 est absolument comparable en tous points au
type de Corchorue lorlipes St-Hilaire, espèce décrite d’Amérique du Sud
que K. Schumann a identifiée au Corchorus pilolobus Link et rattachée
à titre de simple variété au C. hirlus L. Par ses fruits cylindracés à deux
valves munies extérieurement de longs poils roussàtres et mous, par ses
pédicelles fructifères fortement recourbés l’espèce ne saurait être confondue
avec les autres Corchorus de Madagascar. Les valves sont presque lisses
intérieurement.
Corchorus trilocularis L., Sysl. Nat. éd. 12, II : 369 (1767).
Celte espèce nous a paru très souvent confondue avec les C. Iridetis
et surtout C. olilorius. Corchorus olilorius et Corchorus Iritocularis ont en
commun des fruits terminés en sommet par un bec non divisé en cornes
comme dans C. Iridens. Les dés de détermination font surtout appel aux
dimensions des fruits et des graines ainsi qu’au nombre de valves pour
les distinguer :
Fruit de 4-5 mm de diamètre, à (4-) 5 valves, à bec long dans Cor¬
chorus olilorius, fruit de 2,5-3 mm de diamètre, à 3 (-4) valves, à bec court
dans C. trilocularis. Même à maturité et surtout lorsque les fruits sont
encore immatures, je crois que le meilleur caractère distinctif entre les
deux espèces se trouve dans la pubescence du fruit. Dans C. olilorius
(ainsi d’ailleurs que dans C. Iridens) les poils sont insérés isolément; dans
C. Irilocularis les poils sont insérés par groupes de 3-7, en ligne trans¬
versale régulière (à la façon des dents d’un peigne) ou des branches d’un
évantail) sur de petits mamelons de la surface du péricarpe. Cette dispo¬
sition, très aisée à percevoir avec une loupe dès que l’ovaire a commencé
sa transformation en fruit, se perçoit encore, mais avec plus de difficulté
sur les fruits mûrs. Comme il est rare qu’il n’existe pas sur les pieds en
fruits mûrs quelques fruits avortés en cours de développement, le carac¬
tère est presque toujours facile à observer,
A mâturité les fruits mesurent 3-5,5 cm de longueur; ils sont à 3,
moins souvent 4 valves; ces valves nettement cloisonnées transversale¬
ment sur leur face interne, sont parcourues sur leur face externe par deux
très fines carènes longitudinales.
Dans les fleurs nous avons compté 40-60 étamines; les pétales sont
assez largement obovales. Comme dans les autres espèces on observe
parfois sur l’androgynophore des plages glanduleuses oppositipétales
(par exemple Humbert 2443).
L’espèce a été observée dans le Domaine du Sud (Tuléar, Ambo¬
vombe), dans la région d’Ampaiidrandava et aux Comores.
Corchorus tridens L,, Mant. II ; 566 (1771).
Le fruit de cette espèce mesure de 15 à 35 mm de long sur 1,5-2,5 mm
de diamètre; les valves, au nombre de trois en général, se prolongent
Source : MNHN, Paris
122 _
Source : MNHIJ, Paris
123
par une corne courte (1,5-2 tnm) plus ou moins bifide au snminel; ces cornes
sont plus ou moins divariquées; la face interne des valves est faiblement
locellée transversalement; sur leur face externe elles portent deux carènes
longitudinales très fines, jamais aliformes comme dans le C. aesluans.
Dans les fleurs nous avons compté de 14 à 20 étamines.
La plante est très variable de taille (de 5 à 50 cm de hauteur). Elle a
été récoltée dans le Sambirano, l’Ouest et le Sud-Ouest.
Gorchorus olitorius L. emend., Sp. IM. : 529 (1753).
Dans cette espèce les fruits sont très variables de longueur et mesu¬
rent de (1,5-) 2,5 à 8 cm; leur diamètre se tient aux environs de 4-4,5 mm
Le bec terminal, parfois subnui atteint parfois 1 cm de longueur; il
n’est pas rare qu’à l’extrémité du bec les valves sc prolongent par des
pointes courtes (1-1,5 mm), simples ou un peu bifurquées, plus ou moins
divariquées. Il y a 5-6 valves, nettement cloisonnées intérieurement et
finement bicarènées en long extérieurement. Dans cette espèce la pubes¬
cence de l’ovaire et du fruit est du même type que dans C. Iridens (gros
cils courts isolés). La taille du fruit et le nombre de valves doivent per¬
mettre de l’en distinguer assez facilement.
Dans les fleurs nous avons observé des pétales d’environ 8-9 x .3 mm,
des plages glanduleuses sur l’androgynophore et une quarantaine d'éta¬
mines.
L’espèce a été récoltée aux Comores et dans toutes les régions de la
grande Ile sauf le Centre et le 8ud-Ouest.
7. TRIUMFETTA L.
Ce genre partage avec le genre Sparmannia L.f. le caractère d’avoir
des fruits recouverts de pointes. Nous avons vu que ce dernier genre
possédait des étamines stériles à filets moniliformes, des pétales roses
dépourvus de toute différenciation basale, pas d’androgynophorc et des
loges ovariennes multiovulées. Dans les TriumjeUa les étamines sont
toutes fertiles, à filets lisses; les pétales, jaunes, ont une base nettement
différenciée; l’androgynophore est présent et les loges ovariennes sont
normalement 2-ovulées. Dans les Corchorus les fleurs sont normalement
5-mères alors qu’elles sont presque toujours 4-raères dans les Sparmannia.
Nous avons reconnu à Madagascar la présence de cinq espèces dont
deux sont très largement répandues (T. pilosa Toth et T. rkomboidea
Jacq.) et extrêmement variables quant à leurs caractères foliaires. 11
est possible de déterminer ces espèces, dont aucune n’est endémique de
-Madagascar, soit d’après les caractères floraux, soit d’après ceux des
fruits ; aussi donnerons-nous deux clés de détermination.
Source : MNHN, Paris
-- 124 —
Clé de détermination des échantillons en fleurs
1. Fleurs ayant au moins une trentaine d'étamines. Plante ram¬
pante croissant uniquement sur les sables littoraux.
. 1. T. repens (Bl.) Merr. et Rolfc
1'. Fleurs ayant au plus 20 étamines.
2. Sépales simplement apiculés au sommet, non dilatés-cucullés,
et par suite bouton sensiblement cylindrique.
3. Feuilles ne portant que des poils simples. Fleurs petites
(bouton floral atteignant au plus 5 mm de long). De
4 à 11 étamines (6-8 dans les plantes malgaches vues).
. 2. T. annua L.
3'. Feuilles portant des poils stellés. Fleurs plus grandes
(bouton atteignant 1 cm et plus au moment de la flo¬
raison). De 10 à 14 étamines. 3. T. pilosa Roth
2'. Sépales nettement et assez brusquement dilatés-cucullés près
de leur sommet, et par suite bouton présentant à son som¬
met 5 protubérances plus ou moins coniques. Plantes pré¬
sentant sur leurs feuilles des poils stellés.
4. Environ 15 étamines. i. T. rhomboidea Jacq.
4'. En général 5-6 (-8) étamines. 5. T. pentandra A. Rich.
Clé de détermination des échantillons en frlits
1. Fruit, épines comprises, ne dépassant pas 5 mm de diamètre;
corps du fruit très poilu. Plantes ayant des poils stellés.
2. Fruit (épines comprises) ovoïde, plus long que large (environ
4-5 X 3 mm); épines du fruit assez nettement ascendantes,
ciliées pectinées du côté supérieur seulement.
. 5. T. penlandra A. Rich.
2‘. Fruit (épines comprises) sensiblement sphérique (4-5 ram de
diamètre); épines du fruit régulièrement rayonnantes,
perpendiculaires à la surface du fruit, glabres ou avec quel¬
ques cils irrégulièrement disposés. 4. T. rkomboidea Jacq.
1'. Fruit, épines comprises, atteignant 10-17 mm de diamètre (si
fruit plus petit, parfois, alors plante sans poils stellés), de
forme générale sphérique.
3. Feuilles ne portant que des poils simples; fruit déhiscent,
glabre ou peu puliescent, portant un nombre relativement
faible d’épines courbées en crochet au sommet. 2. T. annua L.
3‘. Feuilles portant des poils stellés (au moins en partie).
4. Épines du fruit courtes (environ 2-2,5 mm) robustes et
rigides, presque piquantes, droites (mais à apicule ter¬
minal plus ou moins oblique, très fragile); fruit indéhis¬
cent à corps (atteignant environ 10 mm de diamètre),
glabre. Plantes rampantes, s’enracinant plus ou moins
Source : MNHN, Paris
— 125 —
aux nœuds, strictement localisée sur les sables lit¬
toraux. 1. T. repens (Bl.) Merr. et Rolfe
4'. Épines du fruit longues (4-6 mm environ), grêles et sou¬
ples, plus ou moins courbées en crochet au sommet.
Fruit déhiscent (plus ou moins tardivement) presque
toujours cilié ainsi que les épines. Plantes dressées....
. 3. T. pilùsa Rotb
Tiumfetta repens (Blume) Merrill et Rolfe in Philipp. Journ. Sc. III :
III (1908) = Porpa repens Blume, Bijdr. : 118 (18^) = Triumjella
procurnbens non Forster, Bojer in Hort. Maurit = Trimjella radicans Boyer,
.•Vnn. Sc. Nat. sér. 2, XX : 103 (1843) { Typus : Boyer s. no, Seychelles,
Ile d’.'Vgalega).
Dans sa biogéographie des plantes de Madagascar (p. 127) Perrier
DE LA Bâthie écrit que cette espèce serait d’introduction récente sur la
Côte Est de Madagascar. Nous ne savons exactement pas sur quels faits
Perrier a pu étayer son alTirmation qui nous paraît un peu aventureuse
pour deux raisons. D'abord les collections du Muséum conservent un
échantillon de cette espèce, récolté par Graves en 1848 à Madagascar;
cet échantillon est en tous points identique aux échantillons récoltés
par Perrier et les collecteurs récents. Ensuite le Triumjella repens est
une espèce strictement littorale très largement répandue sur les côtes
des pays situés à l’Est de Madagascar (Java, Sumatra, Célèbes, Philip¬
pines, Queensland); au même titre que de nombreuses espèces vivant
près des côtes (par exemple Calophyllum inophyllum, Terminalia calappa,
Ipomoea pes-raprae, etc.) il est bien dilTicile de préciser des dates d’intro¬
duction. Il est probable en tout cas que l’espèce doit être beaucoup plus
largement répandue sur la Côte Est de Madagascar que ne le laisseraient
supposer les quelques échantillons qui y ont été récoltés.
Outre sa stricte localisation sur les sables du rivage, l’espèce est
aisément reconnaissable à ses tiges ligneuses rampantes et radicantes
et à ses fruits indéhiscents atteignant environ 13 mm épines comprises
(dont 9-10 pour le corps du fruit). Les feuilles, dans les plantes malgaches,
sont de petite taille (elles ne dépassent pas 15 mm de long, non compris
le pétiole toujours court atteignant rarement 1 cm) coriaces, charnues,
suborbiculaircs ou largement ovales, grossièrement dentées, parfois
très obscurément 3-lobées; le limbe adulte est éparsemont pubescent-
stellé. Les fleurs ont des boutons presque cylindriques; les sépales, pubes-
cents stellés sur la face externe sont cucullés en sommet (leur extrémité
forme un capuchon très aigu, glabre). Les pétales atteignent environ 1 cm
de long et 3-4 mm de large; ils sont longuement atténués sur leur base;
celle-ci est cilicée sur les marges et une large bande transversale de poils
limite, sur la face interne, une zone non glanduleuse analogue à celle
que l’on observe dans plusieurs Greivia; sur l’androgynophore les plages
glanduleuses sont très développées. Dans les fleurs analysées nous avons
compté 28-35 étamines à filets libres à la base et atteignant 4-8 mm de
longueur.
Source : MNHIJ, Paris
126
Suivant les Heurs, le style dépasse plus ou moins longuement les
étamines. Les fruits, pratiquement glabres, sont munis d’épines robustes,
courtes et droites, terminées au sommet par une soie incolore plus ou
moins oblique par rapport à l’axe de l’épine, parfois presque à 90°.
En dehoi-s de l’échantillon de Graves signalé plus haut et dont la
localité exacte n’est pas indiquée, la plante a été récoltée à Ambila-
Lemaitso (Benoist 831, Cours 2891) et à Tampina (Perrier 13285).
Triumfetta annua 1... Manl. 1 : 73 (1767).
Dans cette espèce les feuilles ne portent qu’une pubescence extrê¬
mement lâche constituée de longs poils simples. Les fleurs ont des boutons
cylindriques n’atteignant pas 5 mm de longueur; les sépales, munis sur
leur dos de poils simples plus ou moins nombreux ont, près de leur sommet,
un petit apicule très aigu. Dans les fleurs que nous avons analysées nous
avons trouvé 6-8 étamines. Les fruits ont, épines comprises, 10-12 mm de
diamètre; le corps du fruit est éparsement cilié de même que les bases
des épines; les épines sont grêles et assez nettement recourbées en crochet
à leur extrémité qui se prolonge en pointe translucide elle-même un peu
courbée.
Le Triuinfella annua, espèce qui se retrouve en Afrique, aux Indes,
en Malaisie et en Chine a été récoltée à Madagascar dans le Domaine du
Centre (Imerina) ainsi que dans les parties supérieures du massif de
l’Analavelona au nord-est do Tuléar.
Triumfetta pilosa Roth, Nov. PI. Sp. : 223 (1821). = Triumjetla
(juazumaefolia Bojer in .-\nn. Sc. Nat. sér. 2, XX : 101 (1843).
Cette espèce extrêmement répandue à Madagascar (nous en possé¬
dons près de 70 échantillons provenant de toutes les régions de l’ile,
sauf le Sud-Ouest) présente, dans son appareil végétatif des variations
importantes portant surtout sur la pilosité; celle-ci, constituée de poils
stellés, est parfois assez éparse parfois au contraire très dense. Les feuilles
sont relativement constantes de forme ; elles sont ovales ou ovales-lancéo-
lées, plus ou moins atténuées-aiguës au sommet, grossièrement dentées
sur les marges; il n’y a pas de dents glanduleuses à la base du limbe;
celui-ci est le plus souvent à contour entier, rarement très obscurément
tri-lobé, sous ce rapport beaucoup moins variable que dans le Triumiella
rhomboidea. Les boutons floraux sont cylindracés (le plus souvent avec
une légère constriction vers le tiers inférieur) et atteignent 1-1,5 cm de
longueur avant l'épanouissement; les sépales portent toujours sur la face
externe des poils stellés, tantôt très épars, tantôt au contraire très denses
(tous les intermédiaires peuvent s’observer); tout près de leur extrémité
qui est très légèrement cucullée, les sépales sont munis d’un petit apicule
droit, dressé; il en résulte que le boulon est muni à son extrémité d’une
petite couronne de 5 apicules rapprochés; la forme de l’extrémité du
Source : MNHN, Paris
- 127 —
bouton est bien différente de celle que l’on observe dans le T. rhomboidea,
et ne saurait permettre de confusion entre les deux espèces. Les pétales,
obovales, atténuées en onglet court et étroit, sont glabres; l’onglet est
cilié sur les marges, mais nous n’avons pas observé de bande de poils le
limitant vers le haut. L’androgynophore, à cinq plages glanduleuses très
nettes, est légèrement évasé en coupe à son sommet; le dessus do la
coupe est pubescent. Dans les échantillons analysés nous avons compté
10-14 étamines; une seule fois nous avons observé 14 étamines bien
développées, plus une étamine rudimentaire. Le fruit atteint 13-18mm
de diamètre à maturité, épines comprises; il est de forme générale sphé¬
rique, Les épines sont nombreuses, grêles et atteignent suivant les indi¬
vidus de 4,5 à 8 mm de longueur; leur extrémité est courbée en crochet et
se prolonge par une pointe translucide droite ou très légèrement courbée;
le corps du fruit est cilié de poils fauves grisâtres assez longs; il en est
de même des épines qui portent toujours de longs cils (bien plus longs
que le diamètre des épines) disposés tout autour d’elles; le nombre de ces
cils est très variable suivant les individus (aussi l’aspect du fruit, en ce qui
concerne la pubescence, est-il très variable).
Le Triumielia pUosa Roth a été très fréquemment confondu en
herbier avec le T. rhomboidea Jacq.; en fruits mûrs la confusion n’est guère
possible; en fleurs la forme des boutons, fort différente dans les deux
espèces, ne doit pas permettre de confusion.
Triumietta rhomboidea Jacquin, Enum. PI, Carib. : 22 (1760);
Hutchinson et Sprague, Journ. Linn. Soc. XXXIX ; 266 (1909) = 'J'rium-
fella Barlramia L., Syst. ed. 10 : 1044 (1759), nom. illég. ; Fawcett et
Rendle in .lourn. Bot. LIX ; 224. (1921); Kokoiay, in Ann. Miss. Bot.
Gard. 37 : 382 (1950) = Triumjella glandulosa Lamarck, Dict. 111 :
421 (1791) (Typus in Herb. Lamarck, Ile de France). = Triumfella indica
Lamarck (non (L.) Lamarck). Dict. III : 420 (1791) (Typus : Indes,
Sonnerat leg., in Herb. Lamarck). = Barlramia indica L., Sp. PI. ; 444
(1753) = Triumfella velulina Vahl, Symb. bot. III : 62 (1794) = Trium¬
jella mauriliana Presl. = Triumjeita angulala Lamarck 1. c. : 421, excl.
spec. Insulae Franciae quae T. penlandra.
Cette espèce, très largement répandue dans toutes les régions tropi¬
cales du globe, se rencontre dans tous les Domaines de Madagascar ainsi
qu’aux Comores; elle est commune partout, sauf peut-être dans le Domaine
du Sud. Nous en possédons une soixantaine d’échantillons provenant de
Madagascar qui, comme ceux de toutes les régions où pousse l’espèce,
présentent des variations très importantes concernant surtout la pilosité.
Certains individus ont des feuilles à pubescence lâche, cantonnée, à la
face inférieure, sur le trajet des nervures et des nerviUes, pubescence ne
cachant en rien l’épiderme foliaire; le T. glandulosa Lamarck répond à ce
caractère. D’autres échantillons ont une pubescence nettement plus
dense, au point que les poils deviennent contigus entre eux. Le maximum
de densité est atteint dans les plantes qui ont été nommées T. indica
Source : MNHN, Paris
128 —
Lamarck et T. velulina Vahl ; ici la pubescence forme une couche extrê¬
mement dense, de couleur plus ou moins fauve rouille, cachant entière¬
ment l’épiderme. Toutes ces formes, entre lesquelles on observe des
intermédiaires se rencontrent à Madagascar.
Les feuilles sont ovales ou ovales-elliptiques, atténuées vers le
sommet; dans certains pieds on observe des feuilles orbiculaires ou
presque. Les dents qui sont près de la base du limbe sont presque toujours
nettement glanduleuses en dessous.
Le bouton floral est assez variable de dimensions et mesure en
général 5-10 mm. Par suite de la forme de l’extrémité des sépales il pré¬
sente une forme très particulière (qu’il partage d'ailleurs avec d’autres
espèces, dont en particulier le T. penlandra) ; les sépales sont en effet
fortement cucullés au sommet : leur extrémité porte un renflement
conique dont l’axe est très oblique par rapport à l’axe de symétrie de la
fleur; il en résulte que le sommet du boulon présente une dilatation nette
constituée par les cinq renflements coniques des sépales régulièrement
disposés autour de l’axe floral. Cet aspect, qui s’efface parfois un peu
juste avant la floraison est toujours bien visible sur les boutons jeunes
et ne saurait permettre de confondre cette espèce avec le T. pilosa Roth,
dont tes boutons n’ont pas de renflement au sommet.
La pubescence des sépales est très variable, allant de quelques
poils stellés cantonnés sur le renflement apical à de très nombreux poils
couvrant toute la surface externe. Les pétales sont très étroitement
obovales; la base de l’onglet est cilié sur les marges et il y a souvent
quelques poils qui délimitent, sur la face interne, une zone basale. L’andro-
gynophore présente les mêmes caractères que dans l’espèce précédente.
Les étamines sont au nombre de 15 (dans une fleur 4-mère nous en avons
observé 12) et les anthères, ayant la floraison, sont logées dans le renfle¬
ment des sépales; les anthères sont nettement plus petites que dans le
T. pilosa. Il y a 2-3 loges à l’ovaire. Les fruits sont globuleux ou très
légèrement ovoïdes et mesurent 5-6 mm de diamètre; le corps du fruit est
recouvert d’une pubescence très dense, blanchâtre ou un peu roussâtre;
les épines, rayonnantes, sont courtes (1,5-2 mm), glabres ou avec quelques
rares cils, droites; leur extrémité porte un aiguillon translucide courbé.
Signalons en terminant que le T. rhomboidea Jacq. existe aux Masca¬
reignes d’où il a été décrit sous les noms de T. glandulosa Lamarck,
T. velulina Vahl., T. mauriliana Presl. La plante de l’Ile de France
(Maurice) que Lamarck signale au début de sa description du T. angulala
Lamarck [synonyme de T. rhomboidea Jacq.) est un T. penlandra.
Triumfetta pentandra .\. Richard in Guill. et Perr., Fl. Seneg.
Tent. 1 ; 93, tab. 19 (1831).
Cette espèce dont l’aire s’étend sur r.\frique, les Mascareignes, les
Indes et Formose n’est connue de Madagascar que par quelques échan¬
tillons provenant du Boina et de l’Ambongo. Les fleurs de cette espèce
Source : Paris
129 —
ont des boulons semblables à ceux de la précédente, mais elles sont
nettement plus petites et ne semblent guère dépasser 2-3 mm de lon¬
gueur. Dans les échantillons malgaches nous avons compté 5-8 étamines.
Les fruits sont nettement ovoïdes et mesurent 4,5-5 mm de longueur
sur 3 mm de largeur environ (épines comprises); le corps du fruit (qui
atteint 2,5 mm de diamètre environ) est densément pubescent-stellé;
les épines, d’environ 1 mm de longueur sont peu robustes et nettement
dirigées vers le haut (surtout celles de la moitié supérieure du fruit);
les épines sont droites ou à peine courbées au sommet où elles sont munies
d’un aiguillon translucide nettement courbé en crochet; les épines sont
pubescentes-ciliées, mais les cils sont insérés uniquement sur leur face
supérieure, les épines paraissant ainsi plus ou moins pectinées.
Notons que dans cette espèce les feuilles (très faiblement pubescenles)
sont souvent fortement trilobées. Aux Mascareignes l’espèce est connue
des deux îles; nous en avons vu un échantillon récolté par Gommërson à
rile Maurice et conservé dans l’Herbier de Lamarck (c’est cet échantillon
qui est signalé dans le Dictionnaire de Botanique à l’article Triumfeila
angulala) et un échantillon récolté par du Petit-Thouars à l’Ilc de la
Réunion (autour de Saint-Gilles); cette espèce est désignée dans la
Flore de l’Ile de la Réunion de J. de Cobdemoy sous le nom de T. angulala
Lamarck.
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTIONS A L’ÉTUDE
DE LA FLORE DE MADAGASCAR
par
R, Capuron
VIII. NOTE SUR LES TÜRNERACÉES DE MADAG.ASCAR
La famille des Turnéracées est représentée à Madagascar par trois
genres. L’un d’entre eux, Piriquela Aublet, groupe un certain nombn*
d’espèces ligneuses (arbustes ou petits arbres). Ilyalocalyx Rolfe est un
genre monotype [H. seiifer Rolfe) dont l’unique espèce, herbacée, croît
à Madagascar et en Afrique Orientale (Mozambique). Turnera L. est
représenté par une seule espèce herbacée {T. ulmijolia L.) originaire
d’Afrique tropicale. Nous n’examinerons ici que les représentants du
genre Piriquela.
PIRIQUETA Aublet, Hist. PI. Guyane 1 : 298 (177&) = Erblichia
Seeman, Bot. Voy. Herald : 130 (1853).
Le genre Erblichia, décrit par Seeman pour une espèce américaine
{E. odorala Scem.) est, suivant les auteurs, considéré comme genre auto¬
nome ou (à la suite d’UnoAN) comme simple section du genre Piriquela.
Parmi les auteurs qui adoptent les vues d’UnoAN signalons Gilg (dans
la 2« édition des Pflanzenfamilien), Perbier de la Bâthie (dans la Flore
de Madagascar), A. et R. Fernandes (dans le Bolctim da Sociedado
Broteriana, T. 35 : 160 (1961), Backer (dans la Flora Malesiana) etc...
Parmi ceux qui adoptent le genre Erblichia signalons les auteurs de
flores américaines (Standley, Steyermarck) ainsi que Hutchinson
(dans la deuxième édition des Families of flowering plants (Tome I :
237).
Dans ce dernier travail Hutchinson sépare les genres Piriquela et
Erblichia de la façon suivante :
1. Pubescence des feuilles constituée de poils simples; sépales
libres; feuilles avec de petites stipules. Erblichia.
1'. Pubescence des feuilles constituée de poils stellés; sépales sou¬
dés à leur partie inférieure; feuilles sans stipules. Piriquela.
Nous eussions volontiers accepté le genre Erblichia et transféré dans
ce genre les espèces malgaches, s’il nous avait été loisible d'effectuer
Source : MNHIJ, Paris
— 131 —
une comparaison approfondie avec les Piriquela s. str. ainsi qu’avec les
autres représentants de la section Erblichia. N’ayant pu encore eflectuer
cette comparaison nous préférons pour le moment nous abstenir de
publier des combinaisons nouvelles pour les deux espèces malgaches où
il serait nécessaire de le faire. Nous nous en abstiendrons d’autant plus
volontiers que trois espèces malgaches (dont une nouvelle) semblent
présenter quelques caractères assez particuliers et que la quatrième,
décrite primitivement comme Paropsia (Passifloracées) offre des caracté¬
ristiques très singulières qui justifieraient probablement pour elle la
création d’une section spéciale. Rappelons, à cette occasion, que les
Piriquela s. lato se distinguent de tous les autres genres de Turnéracées
par la présence, à l’intérieur des deux cycles du périanthe, d’une « cou¬
ronne » analogue à celle que l’on observe dans les Passifloracées et en
particulier dans les Paropsia; ce caractère très spécial nous permettra de
comprendre que Claverie ait décrit sous le nom de Paropsia inlegrifolia
une plante que nous allons être amené à transférer dans les Piriquela.
Parmi les caractères qui nous ont parus constants dans tous les
Piriquela malgaches nous signalerons :
l’apicule, obtus ou aigu, mais toujours net, qui termine les anthères;
la capsule, toujours glabre et à surface externe densément tuberculée-
chagrinée;
l'arille en forme de sac entourant la majeure partie de la graine; cet
arille a sa marge supérieure dentée lobée et il est fendu sur toute sa
hauteur, du côté opposé au raphé de la graine;
le lesla séminal lisse ou pratiquement tel; Perrier de la Bâthie a déjà
signalé ce caractère et nos observations (sur des graines malheureusement
non arrivées à mâturité complète) semblent bien le confirmer. Or, en
règle générale, les Turnéracées et les Piriquela en particulier ont des
graines à surface réticulée-fovéolée. Ce caractère est un de ceux dont nous
aurions voulu vérifier l’existence dans les autres Erblichia avant de
transférer dans ce genre les Piriquela malgaches.
La clé suivante permettra de séparer les diverses espèces de Piri-
queia qui sont connues à Madagascar :
1. Sépales (glabres et aigus au sommet) brièvement mais nettement
soudés à la base, formant ainsi un court tube calicinal sur le
bord duquel sont insérés les pétales, la couronne et (un peu
au-dessous du bord du tube) les étamines. Couronne nette¬
ment lobée. Ovaire sessile au fond du tube calicinal. Fruit non
stipité. Rameaux, feuilles, pédoncules et pédicelles glabres.
Anthères longues de 5-10 mm. Pétales rosés ou rouge-orangés.
2. Arbuste à rameaux courts. Feuilles de petite taille, dépassant
rarement 4 cm de longueur (atteignant exceptionnelle¬
ment 6 cm), dépourvues à la base de grosses glandes cupuli-
formes. Pétales (d’un rouge-orangé vif sur le frais) large-
Source : MNHN, Paris
132 —
ment anondû'obtus au sommet. Filets staminaux longs
de 6-8 mm. 1. P. bernieriana (Tul.) Urb.
2'. Arbustes ou petits arbres sans rameaux courts. Feuilles de
plus grande taille.
3. Limbe muni à la partie supérieure de sa partie basale
rétrécie (pétiole) de 2 grosses glandes cupuliformes
• brièvement stipitées. Pétales (rose chair un peu orangé)
atténués aigus à leur extrémité, atteignant 35*45 mm
de long. Filets staminaux de 18-20 mm. Capsule de
25*30 mm de longueur. Feuilles de 13-20 cm de lon¬
gueur. Pédoncule nettement plus long que la pédieelle..
. 2. P. antsingyae R. Cap.
3'. Limbe dépourvu au-dessus de sa base de 2 grosses glan¬
des cupuliformes. Pétales (rouge orange) obtus au
sommet (d'après Perrier), de 20-35 mm de longueur.
Filets staminaux de 10-20 mm. Capsule de 12 mm envi¬
ron de longueur. Feuilles de 4*11 cm. Pédoncule plus
court que le pédieelle. 3. P. madagascariensis (O. Hoffm.) Urb.
1'. Sépales (pubescents sur la face externe et obtus au sommet)
presque entièrement libres, ne formant pas un tube. Couronne
densément âmbriée sur sa marge mais non divisée en lobes,
insérée à la base d'un court mais net androgynopbore qui porte
à son sommet les étamines et l’ovaire. Fruit très nettement
stipité. Rameaux, feuilles, pédoncules et pédicelles manifes¬
tement pubescents (poils simples). Anthères longues de 2-3 mm.
Pétales obtus au sommet, d’un jaune vif.
. 4. P. integrifolia (Claverie) R. Cap.
1. Pirequeta bernieriana (Tul.) Urban; Perrier in H. Humbert,
Flore de Madagascar et des Comores, 142« fam, ; 8, tab. Il, fig. 1-2 (1950)
— Turnera bernieriana Tut.
Cette espèce semble localisée dans le Secteur Nord du Domaine de
l’Ouest. On la trouve indifféremment sur les calcaires (.\nkarana, Anala-
meza) ou sur les sables (forêt deSahafary,dans le bassin de la Saharaiua).
Comme l’a déjà indiqué Perrier, cette espèce possède, à côté de rameaux
d’élongation à feuilles éloignées les unes des autres, des rameaux courts
à feuilles rassemblées en bouquet, à leur extrémité. Les dimensions des
feuilles peuvent dépasser assez sensiblement celles indiquées par Perrier.
C’est ainsi que sur les échantillons provenant de la forêt de Sahatary
on observe des feuilles atteignant 6 cm de longueur. Le limbe foliaire
est toujours longuement atténué en coin aigu à la base; le pétiole est
pratiquement nul, le limbe étant décurrent jusqu’au point d'insertion
de la feuille sur le rameau; les marges sont munies de 2-8 dents de chaque
côté, parfois pratiquement entières. Il n’y a pas, vers le bas du limbe,
de glandes en cupule.
Source : MNHN, Paris
— 133 -
La longueur relative du pédoncule et du pédioelle est variable;
c’est ainsi que dans l’échantillon 22003-SF provenant de Sahafary, le
pédoncule est beaucoup plus court que le pédicelle (p. ex. -1 et 18 mm
respectivement); sur l’échantillon 20i09-SF, de même provenance, nous
avons observé au contraire des pédicclles subégaux ou plus courts que
les pédoncules (p. ex. 22 et G mm; 7 et 7 mm).
2. Piriqueta antsingyae R. Capuron sp. nov.
Arbor parva (ad 8>10 m alla), omnino glabra. Kamuli 5-7 lum diam.
Stipulae parvae, axillares, dentiformes, valdc caducae, pilis rubiginosis
Dumerosis axillaribus.
Foba caduca, alterna sed apicu lamulorum plus-minus coiiferta, sessilia
(petiolo vero nullo sed petiolo faiso decurrentia limbi alato 10-20 mm longo
iustructa); limbus membranaceus ellipticus vel rarius leviter obovato-ellip-
licus (13-20 X 5-10 cm), apice fere semper acumiuebreve (ca. 0,5 cm) instructo,
rarius obtuse vel subrotuudato, marginibus subintegris vel utrinque 15-20
denticulato-crenatis, dentibus apice obtusis et glaudula parva brunnea
instructis; petiolum falsum fere semper apice glandulis duabus magnis
(in vivo statu 3-4 mm diam.) cupulifoimibus instructum; Costa supra carinu-
lata, infra prominens; nervi secundarii 13-20-jugi, infra prominuli. Flores
magni 7-9 cm diam.; pedunculus (45-) 60-70 (-80) mm lougus ad tertia parte
superiore bracteolis duabus minusculis instructus; pedicellus 15-25 mm Ion-
gus; scpala ima basi coalita, elliptico-lauceolata (30 X 7 mm), acuta; pctala
(in vivo statu aurantiaco-rosea) subrhomboidea (35-45 X 20-30 mm), basi
cuneata, apice acuta et saepe breviter cuspidata; coronula ca. 3 mm alta,
plus-minus 5-lobata, lobis cordiformibus, oppositipetalis, margine denti-
culatis; staminorum âlamenta 18-20 mm longa; antberae curvatae, ca. 10 mm
longac, apice apiculatae; ovarium ovoideo-conicum, ca. 5 mm altum, sessile,
fere omnino glabrum (cUiis raris praeter stylorum basin instructum); styli
20-25 mm longi, apice penicillati. Capsula ovoidea, superficie granulosa
(25-30 mm longa, ca. 20 mm diam.), apice stylorum cicatricibus instnicta.
Semiua numerosa (imuiatura solum vidi), obovoidea, arillo margine laceiato
iiivoluta (arillus latere anteriorc longitudinaliter fissus), testa sublaevi.
Ouest : I-'orèl de l'Aiilsingy, près de la clairière d’AmboUiiiana (piste Anlsaluva-
Tsiaiidro) Leaiidri, Capuron et Hazalindrakülo 2173, 6832-SF et t7l)3-RN (tous trois
parts d’un même cclmntillon, Kl., Kr. imm., Bois, 15 /VM ,'1952).
Cette espèce ii’est encore connue que par la récolte sur laquelle
nous avons basé notre diagnose. Nous n’en avons vu que quelques rares
exemplaires dans la localité citée. Il s’agissait là d’un arbuste ou d’un
petit arbre atteignant au plus 8-10 m de hauteur et 0 m, 10 de diamètre.
L’écorce du tronc est d’un brun verdâtre et porte de nombreuses lenti-
celles saillantes de forme plus ou moins arrondie; sous une très mince
couche externe, l’écorce a une coloration verte tandis que ses zones internes
sont blanchâtres.
Source : MNHIJ, Paris
134
étalée x
Source : MNHIJ, Paris
— 135 —
Les feuilles exhalent quand on les froisse (à l’état frais) une odeur
prononcée d’amandes amères; plus ou moins pliées en long suivant
leur nervure médiane, elles atteignent des dimensions nettement plus
grande que celles observées dans les autres Piriqueta malgaches. Le
pétiole proprement dit est pratiquement nul (il est articulé sur le rameau)
mais la partie intérieure du limbe simule un pétiole; en effet, sur ses
10-20 mm inférieurs le limbe est réduit à un rebord aliforme (large de 2-
3 mm) de chaque côté de la nervure médiane. Le caractère le plus remar¬
quable des feuilles est la présence, au sommet du faux pétiole et de chaque
côté de celui-ci, d’une très grosse glande fixée sur la marge du limbe;
ces glandes, plus ou moins hémisphériques, atténuées en un pied gros et
i-ouri, sont profondément déprimées à leur sommet; parfois un seul côté
du limbe est muni d’une glande.
Les fleurs sont de grande taille et ont 7-9 cm de diamètre. Comme
dans le Piriquela bernieriana les sépales sont parfois munis, à leur face
externe, d’une ou deux glandes rougeôtres en forme de bâtonnet conique
insérées non loin des marges. Les pétales, de couleur rose thé, sont presque
losangiques (un peu plus longuement atténués vers la base que vers le
sommet), leur extrémité se prolonge très souvent en une pointe courte
et très aiguë.
Nous avons hésité à séparer cette espèce du Piriquela madagasca-
riensis (O. Hofî.) Urb. dont elle diffère surtout par des caractères tenant
à la taille des organes. Ce dernier Piriqueta demeure encore très mal
connu. L’échantillon Hildcbrandt 3376 (Type) que possède le Muséum
est bien pauvre et l’échantillon Perrier 1227 rapporté à la même espèce
n'a pas été retrouvé (c’est lui très probablement qui est figuré dans la
Planche 11, fig. 3, de la Flore de Madagascar). Autant que l’on puisse
en juger d’après la description de Perrier et d’après cette figure, les pétales
du P. niadagascariensis sont largement arrondis au sommet et non atté¬
nués comme dans le P. anlsingyae. Perrier signale aussi que les bords
du limbe sont parfois munis au-dessus de la base de deux glandes sessiles
mais il ne semble pas que leur développement soit comparable à celui
que l’on observe dans notre espèce.
Il se pourrait que de nouvelles récoltes de P. anlsingyae et de P. mada-
ijascariensis amènent à réunir les deux espèces.
3. Piriqueta madagascariensis (O. Holfman) Urban; Perrier,
1. c. : 10 et tab. II, fig. 3-4. = Erblichia madagascariensis O. Hofîm.,
Sert. mad. : 331.
Aucune nouvelle récolte de cette espèce n’a été effectuée depuis la
parution du travail de Perrier de la B.\thie. L’espèce n’est donc connue
que de la base de la Montagne d’Ambre et de la région de Majunga.
4. Piriqueta integrifolia (Claverie) R. Capuron comb.nov. =
Paropsia inlegrifolia Claverie in Ann. Mus. Col. Marseille, sér. 2, VII :
ü6 (1909); Perrier in H. Humbert, Flore de Madagascar et des Comores,
Source : Paris
- 136
143® fam. : 33 (1945) = F^iriquela maiidrarensis H. Humbert, Not. Sysl.
XII : 125 (1946); Perrier, 1. supra cit. : 11 et tab, 11, fiu. 5-6.
Il ne nous paraît pas possible de mamtenir celte espèce dans le
genre Paropsia (Passifloracées) où Claverie l’avait placée. Elle diiïèrc
de ce genre en effet par sa préfloraison (tordue et non imbriquée), sa
couronne (glabre et non pubescenle), ses stigmates (pénicillés et non
capités), sa capsule (à surface chagrinée et non lisse), ses graines (pyri-
formes et non orbiculaires aplaties, à testa lisse ou presque et non forte¬
ment réticulé-fovéolé). Ces caractères qui la distinguent des Paropsia
malgaches sont ceux des représentants malgaches du genre Piriquela
que nous avons examinés plus haut. Nous ne saurions, en conséquence,
éloigner l’espèce décrite par Ci-averie des Piriquela et par suite l’inclure
dans une famille autre que les Turnéracées. Nous conviendrons cepen¬
dant que plusieurs caractères importants l’éloignent de ces Piriquela:
les plus importants d’entr’eux sont, sans contredit, ceux tirés de l’organi¬
sation de réceptacle. Dans les Piriquela bernieriana et voisins, les bases
des sépales, par leur soudure, forment une coupe très nette sur laquelle
s’insèrent la corolle, la couronne et l’androcée et au fond de laquelle
l'ovaire est sessile (par conséquent la corolle, la couronne et l’androcée
sont nettement périgynes); ici au contraire la coupe réccptaculaire est
très réduite (visible surtout à la fin de la floraison, un peu avant la chute
du périanthe) mais surtout il existe un androgynophore très net, du sommet
duquel se détachent les filets staminaux et sur lequel s’insère l’ovaire;
la couronne forme un anneau membraneux non lobé mais très densément
fimbrié sur sa marge; elle entoure la base de l’androgynophore à la fagnn
d’une collerette et tombe avec le périanthe (celui-ci se détache plus ou
moins circulairement à son extrême base et tombe tantôt d’une seule
pièce, ouverte d’un côté, tantôt en se fragmentant irrégulièrement); il
semblerait même (mais il serait nécessaire, pour en avoir la certitude,
de faire des observations sur le vivant) que la partie du filet staminal
adnée au gynophore se sépare de celui-ci : c’est ce que nous a permis de
supposer l’observation de quelques corolles tombées ayant entraîné
avec elles les étamines. Quoiqu’il en soit des phénomèn(^s qui accompa¬
gnent la chute des pièces florales, le Piriquela inleqrijolia est parfaitement
distinct des autres espèces malgaches; nous avons, dans la clé des espèces,
donné les caractères autres que ceux de l’androgynophore, qui le diffé¬
rencient de ces dernières.
Le type du Paropsia inlegrifolia Claverie est l’échantillon Perrier
1629 provenant de la région de Majunga. Le Piriquela mandrarensis
Humbert ne nous pai-aît pas pouvoir en être séparé spécifiquement; dans
l’ensemble, sa pilosité est moindre que celle de l’échantillon de Perrier.
mais des échantillons, provenant de la région du Haut Fiherenana et de
la forêt de Zombitsy, ont une pilosité beaucoup plus fournie que celle
des échantillons provenant du bassin du Mandrare et qui rappelle celle
des plantes de Majunga. Il s’agit probablement de simples formes.
Source : MNHIJ, Paris
— 137 —
qu’un matériel beaucoup plus abondant permettrait peut être de diffé-
rencier.
L’existence chez les Piriquela d'une couronne, et dans l’une des
espèces de ce genre d’un androgynophore, caractères propres aux Passi-
floracées, permet de se demander si la séparation des Tumeracées et
des Passifloracées n’est pas en grande partie artificielle. Il ne saurait
bien entendu, être question de donner une réponse à celte question
après l’étude de quelques représentants seulement de chacune des deux
familles. Néanmoins, pour le lecteur ayant à s’occuper de la Flore mal¬
gache, nous croyons utile de donner une clé permettant de séparer les
genres Paropsia et Piriquela.
a. Corolle imbiiquce. Stigmates capités. Graines comprimées très
fortement aréolées. [Pétales pubescents au moins sur la face
externe. Couronne pubescente. Capsule lisse, glabre ou pubcs-
cente. Inflorescences généralement multiflorcs]. Paropsia.
a‘. Corolle tordue. Stigmates pénicillés. Graines pyriformes prati¬
quement lisses. [Pétales glabres. Couronne glabre. Capsule
chagrinée, glabre. Inflorescences toujours uniflores.]. Piriqueta.
Avant de terminer les observations sur les Turnéracées, nous vou¬
drions signaler l’étroite ressemblance des fruits du Prockiopsis Uilde-
brandtii Bâillon avec ceux des Piriquela. Dans ce genre, classé dans les
Fiacourtiacées, le fruit est une capsule 3-5-valvc dont le péricarpe, h
surface chagrinée, et la déhiscence sont en tous points analogues à ceux
des Piriquela. Les fruits, avant déhiscence, peuvent cependant se dis¬
tinguer : dans les Piriquela les cicatrices laissées par la chute des stvlcs
sont bien visibles, alors que dans les Prockiopsis il y a un seul style plus ou
moins persistant. Les graines sont également différentes : dans le Prockio¬
psis elles sont au nombre de 2-3 par fruit, plus ou moins globuleuses,
grosses, et complètement entourées par un arille charnu blanchâtre
adhérent au testa ; celui-ci est fortement aréolé (comme dans les Paropsia).
rious les téguments se trouve un abondant albumen (contenant de nom¬
breuses gouttelettes d’huile); l’embryon, droit, possède des cotylédons
foliacés, ovales, cordiformes et une radicule cylindrique.
IX. PRÉSENCE DU GENRE OCTOLEPIS A MADAGASCAR
Le genre Oclolepis Oliv. constitue à lui seul, dans la famille des Thymé-
léacées, la sous-famille des Octolépidoïdées. Dans cette sous-famille les éta¬
mines sont en nombre double de celui des sépales, les pétales (au nombre
de 4-5) sont divisés en deux lobes jusqu’à la base et l’ovaire, à 4-5 loges,
se transforme en un fruit capsulaire. Jusqu’à ce jour, sept ou huit espèces
ont été décrites, provenant toutes des régions tropicales et équatoriales
de l’Ouest africain. L’aire du genre se trouve considérablement étendue
à la suite de la découverte à Madagascar d’une espèce dont tous les carar-
Source : MNHIJ, Paris
— 138 —
tères génériques concordent avec, ceux des plantes africaines. Par la diœ-
cie de ses fleurs, cette espèce se ditîércncie très nettement des autres Oclo-
lepis, mais nous ne croyons pas que ce caractère, joint à quelques autres
difîérences de faible valeur, soit susceptible de justifier la création d’un
genre nouveau. .Ajoutons d’ailleurs que dans les Oclolepis africains les
Heurs sont hétérostylées, ce qui atténue l’importance de la dicecie dans
l’espèce malgache.
Octolepis dioïca, R. Capuron sp. nov.
Frutex 2-3 m altus vel arbor parva (8-10 m ait.) vel (teste Perrier) ad
15-20 m ait., cortice fibroso, ramis juuioribus griseo-vel flavescenti-pubescen-
tibuB demum glabris, loagitudinaliter striatis; foliis integerrimis obovatis
vel obovato-ellipticis (2,5-5 X 1,4-3,5 cm) apice obtusis vel rarius rotundatis
(apice ipso fere semper emarginato), basin cuneatim in petiolum (2-9 mm lon-
gum) supra canaliculatum attenuatis, coriaceis, supra glabris subtus pilis
brevibus adpressis laxissime aspersis (supra costam et petiolum deusioribus),
marginibus subrevolutis; Costa supra impressa, subtus prominente; nervis
lateralibus supra fere semper obsoletis infra parum prominentibus; floribus
axillaribus vel e ramonim corticis nodis ortis, fasciculatis (l-]>aucis-numerosis).
dioicis, dimorphis, masculis sepalis et petatis patuHs (ca. 15 mm diam.),
foemineis sepaUs et petalis ascendentibus (ca. 9 mm diam.), (4-) (•6)-meris.
purpureis; pedicelUs 3-10 mm longis, glabris ve! sparsissime pUis adpressis
iustnictis; sepalis extus glabris (vel pilis adpressis sparsissime instructis),
apice pilis crispis instructis, marginibus breviter ciliatis, imbricatis, ovatis (ca.
5,5 X 4,5 mm) apice obtusis vel perbreviter apiculatis, persistentibus; petalis
usque ad basim bipartitis, lobis lanceolato-triangularibus sepalorum longitu-
diiiem superantibus (ca. 6,5 X 1,5 mm), utrinque breviter pubescentibus
(pilis basin versus subadpressis); staminibus (8)-10-(12), cum lobis alternan-
tibus, filamentis (4-5 mm) pUis paucis basi iustnictis, 3 /4 lougitudinem
sepalorum aequentibus; antheris glabris 2 mm longis, oscUlantibus (in foemi-
ncis staminodiis 1 mm longis, antheris rudimentariis); ovario densissimc
setoso-piloso, subgloboso. 4-6 angulare, 4-6- loculare, ca. 4 mm alto; stylo
robusto 3-4 mm alto, basi piloso, altitudinem apicis sepalorum parum supo-
rante; stigmate crasso, capitato, 4-6 lobulato (in masculis germen nullum);
fructu capsulari, glabro vel subglabro, ovoideo-pyramidale (ca. 16 X 12 mm),
4-6 loculare, 4-6-angiiIoso, apice cuneato, 4-6 breviter iobato, loculicido;
seminibus (1 pro loculo) pendentibus, testa uigra-brunescente, glabra, crusta-
ceo, tegumine intemo membranaceo; albumine copioso; embryonis radicula
supera, cylindracea, ca. 1,5 mm longa; cotyledonibus foliaceis, ovatis
(7x3 mm) (Tab. 1, fig. 1-10).
Typus specici : I8002-SF,
CE^TBn ; Forêt d’AmUohilanlely, sur le lampokeUa d'Ankazobe, vers 1600 m
d’altitude, 18001-SF (arbre de 8-10 m de hauteur, II. (J, Valolahy), 18002-SF [grand
arbuste, O. 2, ‘dO. 16804-SF (O.(J, id.), 16824-SF (0. id.). — KorSt rl’Analaniazaolra,
Périnet, vers 800-1000 m d'ail.; Perrier 4675 [arbre de 15-20 m, Fr.) ; 4411-SF [II. d.
Fanaitioralrakoho), 18052-SF [Fr. jeunes), s.n. SF (Fr., Ilafolramaladia).
Source : MNHN, Paris
-- 139
11, rameau avec fruit x 2/3. —fa. oblanceotala P. Capuron ; 12, rameau en neurs,
X 2/3.
Source : MNHIJ, Paris
140 --
Dans l'Oclolepis dioica les fleurs mâles et femelles sont assez dissem¬
blables. Dans les fleurs mâles le calice et les pétales s’étalent à la floraison
alors que dans les fleurs femelles les enveloppes floi-ales restent dressées,
Dans les fleurs femelles les staminodes sont réduits à de petits bâtonnefs
terminés au sommet par une anthère rudimentaire à peine diiïérenciée ;
dans les fleurs mâles l’ovaire est remplacé par une toutTe de longs poils.
L’espèce malgache possède des fleurs plus grandes que les Oclolepis
africains et ses pétales dépassent les sépales alors que dans ces derniers
ils sont nettement plus courts; la forme des pétales est également diffé¬
rente. Notons aussi que dans les Oclolepis d’Afrique le feuillage est bien
plus luxuriant que dans VOclolepis dioica.
Précisons que, contrairement à ce qui a été écrit par divers auteurs,
les graines des Oclolepis, tant africains que malgaches possèdent de
l’albumen.
A côté des échantillons que nous avons groupés sous la description
de l'Oclolepis dioica, il existe dans la Grande Ile d’autres Oclolepis, encore
insuflisamment connus, qui diffèrent par quelques caractères auxquels
pour le moment nous ne pouvons attribuer qu’une faible importance :
taille des fruits, forme des feuilles, etc... .Nous grouperons ces échantillons
dans deux formes que nous rattacherons à l'Oclolepis dioica.
1. fa. macrocarpa H. Capuron f. nov.
A f. dioica difTert fructibus majoribus (ad 2,5 X 1,7 cm) et magis costatis.
Flores ignoti (Tab. 2, fig. 11).
Spécimen unicum : 6028-SF (Centre : environs de Tsinjoarivo, à
l’Est d’Ambatolainpy, grand arbuste, Havoa).
Dans cette forme les fruits sont nettement plus gros que dans la
forme typique et les bords des valves sont bien plus en saillie; il en résulte
que les capsules sont fortement carénées sur leurs angles. Dans le seul
échantillon à notre disposition les feuilles ne dépassent pas 2,b x 1,7 cm.
2. fa. oblanceolata H. Capuron f. nov.
A f. dioica dififert foliis oblanceolatis (lirabus 3,5-9 X 1-3 cm, 3-5-pIo loii-
gior quam latus), nervis secundariis magis adsceadentibus. Fructus ut et
flores foeminei iguoti (Tab. 2, fig. 12).
Typus : 10459-RN.
Centbr ; Bois des pentes occidentalest : Réserve Nalupelle n® XI, à l’Est do Beiiara,
Amboasary, 10072-BN (arbuste, n.,J, Tsilorano), 10549-RN (Arbre (?), H.d').
Dans la forme dioica ainsi que, semble-t-il, dans les deux autres
formes, les fleurs sont insérées tantôt à l’aissefie des feuilles, tantôt sur
les rameaux dans leur partie défeuillée, tantôt enfin sur des nodosités
des branches et du tronc.
Source : MNHN, Paris
- - ]4I
X. PRÉSENCE DU GENRE NECTAROPETAU'M ENGLER
A MADAGASCAR
Sous le nom d’Erythroxi/lum {?} elignlatam, Perrier de la Bâthie
(in Mém. Inst. Sc. Madag.. sér. B. II : 246 (1949) a décrit un arbre prove¬
nant du massif de l’Ankarafantsika et diflérant de tous les autres Erylh-
roxylum malgaches par ses pétales dépourvus de ligule, à très long onglet
filiforme, son style unique à stigmate bilobé. Par ces caractères cette
espèce appartient sans aucun doute au genre Nectaropelalum Engler qui
n’était connu jusqu’ici que d'Afrique. Le genre Nectaropelalum a été
tantôt placé dans la famille des Linacées comme type de la tribu des Necta-
ropétalées, tantôt considéré comme le type d’une famille des Nectaro-
pélalacées, tantôt considéré comme membre de la famille des Erythro-
xylacées. Cette dernière position semble être actuellement admise par la
plupart des botanistes; c’est celle, en particulier, d’HuTCHiNsoN dans la
deuxième édition de ses « Families of flowering plants n.
Nous avons en novembre 19.ô8 retrouvé l’espèce décrite par Perrier
dans le Nord de l’ile, dans le massif calcaire de l’Ankarana, en fleurs et
en fruits (n° 18963-SF).
Gomme nous n’avons pu encore effectuer les comparaisons néces-
-saires pour nous assurer que l’espèce malgache n’est pas identique à une
espèce africaine déjà décrite, nous nous garderons pour le moment de
publier la combinaison nouvelle qui serait nécessaire s’il est avéré qu’elle
est distincte. Nous nous contenterons donc de compléter la description
donnée par Perrier. Les fleurs que nous avons analysées avaient l’ovaire
2-locuIaire; par suite le style était bilobé et non trilobé à son extrémité.
Les fruits sont de petites drupes étroitement ovoïdes (de 10-12 mm de
longueur sur environ 4-5 mm de diamètre, sur le sec), atténuées assez
brusquement au sommet en un court apiculc (1-2 mm environ); l’apicule
est couronné par le style plus ou moins persistant. Le péricarpe, très
mince, est de consistance presque membraneuse; sa surface est parcourue
de très nombreuses lignes longitudinales rougeâtres alternant avec des
lignes plus claires, l'ensemble ayant une teinte paille. Les fruits analysés
ne contenaient qu’une seule graine développée, conforme au fruit. La
graine, qui pend du sommet de la loge fertile, a un tégument très mince
de teinte brun-clair; elle contient un albumen très abondant dans lequel
est noyé l’embryon; celui-ci a des cotylédons foliacés elliptiques, un peu
échancrés à la base de la radicule qui est cylindrique et supère.
Comme l’a déjà indiqué Perrier les fleurs sont sossiles, isolées les unes
des autres mais rapprochées cependant en groupes de (1-) 2-7; elles
sont insérées à l’aisselle des cicatrices foliaires, juste au-dessous de la
partie feuillée terminant les ramules. Les pétales sont jaunes sur le vif et
atteignent jusqu’à 9x5 mm; dans notre échantillon l’onglet est nette¬
ment moins développé que celui qui est figuré dans la Flore de Mada¬
gascar (Tab. I, fig. 14).
Source : MNHIJ, Paris
LE GENRE NEILLIA (ROSACEAE)
par J. Vidai.
Summary ;
The genus Neillia (Hosaceae-Spiraeoideae-Spiraeeae) is kept as a
separated genus from Physocarpus. The charaeters which separate theother
related généra Slephanandra, Spiraea are indicated. The révision isessen-
tially based upon a study of the type specimens of the 16 species and
4 varieties hitherto accepted. The aiithor recognizes 13 species and 8
varieties.
The taxonomie modifications are the following ;
— N. fallax is regarded as a distinct species from N, Ihyrsiflora D. Don.
— N. longiracemosa Hemsl. = N. Ihibelica Franch.
— N. longiracemosa Hemsl. var. lobala Rehd. = N. lobala (Rehd.)
J, Vidal.
— N. milsii Dunn = N. nekii Nakai.
— N. pauciflora Rehd. = N. afftnis Hemsl. var. pauciftora (Rehd,)
J. Vidal.
— N. ribesioides Rehd. = N. sinensis Oliv. var. ribesioides (Rehd.)
J. Vidal.
— N. sinensis Oliv. var. caudala Rehd. = A'. Ihibelica Franch. var.
caudala (Rehd.) J. Vidal.
— N. iunkinensis J. Vidal = N. Ihyrsiflora D. Don var. iunkinensis
J. Vidai.
— iV. iunkinensis J. Vidal var, bibracteolata J. Vidal = N. Ihyrsiflora
D. Don var. Iunkinensis J. Vidal.
Two new varieties are described :
— N. afftnis Hemsl. var. polygyna Gard, ex J. Vidal.
— N. Ihibelica Bur. & Franch. var. duclouxii Gard, ex J. Vidal.
Au cours de la révision de la famille des Rosacées pour la Flore du
Cambodge, du Laos et du Vietnam, j'ai été amené à étudier en détail le
genre Neillia.
Source : MNHN, Paris
143 —
Les résultats de mes observations exposés ci-dessous, constituent
une mise au point fondamentale basée sur l’examen des types de toutes
les espèces et variétés décrites.
11 m’est agréable de renouveler ici mes remercîments aux conserva¬
teurs des herbiers de Kew, d’Edimbourg, de Leiden et de l’Arnold Arbo¬
retum qui m’ont aimablement procuré les specimens dont j’avais besoin
pour cette étude.
Abréviations. — Les abréviations habituelles sont employées pour
désigner les herbiers où sont déposés les spécimens, à savoir ;
A. Arnold Arboretum E, Edimbourg;
K, Kew; L, Leiden;
P, Paris ;.
DESCRIPTION DU GENRE
NEILLIA D. Don
Don, Prodr. Fl. Népal. : 228 (1825); ÜC., Prodr. 2 ; 546 (1825); MiquoI, Fl. Ind.
Bal. 1 (1) ; 390 (1855); Benlh. & Hook., Gen. Pi. 1 ; 612 (1865) (-)- Phi/socarpus);
Bâillon, Hist. PI. 1 : 390 et 470 (1869) (+ Physocarpus)] Hook. f., Fl. Brit, Ind. 2
(Addenda) : I (1879); Maximowicz, Acl. Horl. Pelrnp. 6 : 218 (1879); Focke in Engl.
& Pr., Nat. PHanz. Fam. 3(3) : 14 (1894); .Mollet, Rev. llorl. (Paris), Nouv. Scr.l6(91);
236 (1919); Rehder in Bailey, Stand. Cyclop. Horl. 2 : 2116 (1927); Lemée, Dicl.
Genres 4 : 665 (1932); Rehder, Man. Cuit. Trees <S Shrubs : 331 (1934); Bean, Trees
& Shrubs 2 ; 344 (1951) : Kriisman, llandb. I.aubgehôllze 2(9) : 140 (1959).
Syn. — Adenilema Bl., Bijdr. Fl. Nederl. Ind. 2 : 1120 (1827).
Espèce type : N. ihyrsiftora D. Don, l. c.
Arbrisseaux inermes.
Feuilles simples, alternes, diversement lobées et dentées, pétio-
lées et stipulées.
Inflorescences en grappes ou en panicules terminales, plus rare¬
ment latérales. Fleurs 5-mères, bisexuées. Calice gamosépale à lobes trian¬
gulaires ou ovales, acuminés. Pétales sessiles, orbiculaires, insérés à la
gorge du calice. Étamines 10-30, inégales. Carpelle 1, rarement 2 ou plus
(N. a/fîms), inclus dans le tube du calice; ovaire 1-loculaire, pluri-ovulé
(2-10); style terminal; stigmate discoïde.
Fruit : follicule d déhiscence venlrale, prolongé par le reste du style;
calice persistant, souvent muni de glandes longuement stipilées. Graines
ovoïdes, d tégument externe dur et brillant, à raphé saillant; albumen abon¬
dant.
HISTORIQUE ET AFFINITÉS
Le genre Neillia a été créé par Don (1825) en l’honneur de son illustre
ami Patrice Neill, membre de la Société linnéenne, investigateur actif
de la flore et de la faune d’Écosse, sur deux espèces de la région himalayenne
(Népal) : JV. tkgrsiflora et N. rubiflora.
Source : MNHN, Paris
144 —
Bentham & Hooker (1865) suivis par Bâillon (1869) distinguent
2 sections : la section Neillia et la section Physocarpus, cette dernière
groupant des espèces présentant une inflorescence en corymbe, des car¬
pelles au nombre de 5 habituellement et des fruits capsulaires à déhis¬
cence ventrale et dorsale.
Maximowicz (1879) élève cette dernière section au rang de genre dis¬
tinct. Cette classification a été adoptée ultérieurement par Focke (1894).
A la distinction des caractères morphologiques s’ajoute celle de
la distribution géographique. Le genre Phijsocarpus, en elîet, est réparti
en Amérique du Nord et en .\sie orientale septentrionale, tandis que le
genre Neillia sensu slriclo a une aire exclusivement asiatique et plus
méridionale. C’est pourquoi j’ai adopté ici le système de Maximowicz
remanié par Focke.
Un autre genre voisin, de la même tribu des Spirées, sous-famille
des Spiréoïdées, le genre Slepkanandra Sieb. & Zucc. se dilTérencie de
Neillia par les inflorescences grêles toujours paniculées et par le follicule
1-2-séminé, à déhiscence incomplète.
Le genre Spiraea L. a des graines souvent linéaires pourvues d’un
tégument mince, sans albumen.
Ces 4 genres voisins peuvent être distingués comme suit :
1. Graines ovoïdes à tégument brillant, dur, pourvues d’albumen.
2. Carpelles 5, rarement 1-4; fruit : capsule à déhiscence ven¬
trale et dorsale; inflorescence corymbolde. Physocarpus.
2'. Carpelle 1, rarement 2 ou plus; fruit : follicule à déhiscence
ventrale; inflorescence en grappe ou panicule.
3. Style terminal; follicule polysperme, à déhiscence com¬
plète: inflorescence rarement grêle. Neillia.
3'. Style devenant latéral; follicule l-2-8éininé, à déhiscence
incomplète; inflorescence toujours grêle. Stephanandra.
1'. Graines souvent linéaires, à tégument membraneux, sans
albumen . Spiraea.
On trouve chez Neillia des espèces ayant des caractères de Slepha-
nandra ou de Physocarpus. Ainsi N. serralisepaia a une inflorescence
grêle comme colle des Stephanandra; mais le nombre d’ovules est plus
élevé (3-4 au lieu de 2). inversement, chez N. uekii, N. gracilis et N.
lobata le nombre d’ovules est 2, mais l’inflorescence est bien différente
de celle des Stephanandra.
Le nombre de carpelles est parfois 5 (N. ajfinis var. polygyna) comme
chez Physocarpus, mais l'inflorescence n’est pas corymboïde. Malgré donc
quelques caractères aberrants, le genre Neillia est suffisamment bien
défini.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Le genre Neillia ainsi délimité compte 13 espèces réparties dans les
régions montagneuses de l’Himalaya (Népal, Sikkim, Assam), de la
Source : MNHN, Paris
— 145 —
Chine centrale, occidentale et méridionale, du Nord Vietnam, de la Corée
centrale et septentrionale et de l’Indonésie (Java, Sumatra).
USAGES
Quelques espèces sont cultivées dans les jardins pour leur feuillage
et leurs fleurs (N. sinensis, N. ihgrsiflora, N. rabiflora). Les feuilles de
N. sinensis sont utilisées en guise de thé par les Chinois du Se |Tchouen
(d’après Farges 121).
GARACTÈBES MORPHOLOGIQUES ET LEUR VALEUR TAXONOMIQUE
Les Neillia sont des arbrisseaux bas (1 m de hauteur moyenne); une
seule espèce, N. gracilis est subligneuse et ne dépasse pas 30 cm de haut.
Le limbe ± lobé et denté est très variable et n’est guère caractéris¬
tique. On peut noter cependant l’absence de lobes chez iV. glandulocalyx
et, inversement, 3 lobes réguliers chez N. fallax, N. rubiflora, N. affinis
var. pauciflora, N. lobala, N. thibelica var. caudala, 5 lobes ± marqués
chez N. uekii, N. sinensis, N. sparsifîora, N. serraiisepala. Un long acumen
s'observe chez N. villosa et N. thibelica.
La pilosilé est aussi très variable au sein même d’une espèce. Les
poils sont raides chez la plupart des espèces velues; ils sont crépus chez
N. oillosa.
Les poils glanduleux (ou glandes stipitées) sont fréquents, soit sur
les rameaux, les pétioles et les inflorescences (N. sparsifîora), soit seule¬
ment sur le pédicelle ou le tube du calice floral ou fructifère. Il est à remar¬
quer à ce propos que ces glandes stipitées n'apparaissent souvent sur le
calice qu'après l’anthèse (en particulier chez N. Ihgrsiflora et N. rubiflora)
et donc, que ce caractère considéré à des stades différents de maturité
n’a pas de valeur discriminative sûre.
La longueur du pétiole quoique variable permet cependant de séparer
une catégorie d’espèces à pétiole court (inférieur à 8 mm) et une caté¬
gorie à pétiole long (supérieur à 8 mm). Dans la première catégorie se
rangent N. serraiisepala, N. uekii, N. sinensis var. ribesioides, N. sinensis
var. hypomalaca, N. villosa, N. lobala.
Les stipules peuvent être entières (N. rubiflora, N. affinis ,N gracilis,
N. sinensis, N. villosa), ± dentées (N. uekii, N. lobala, N. thibelica)
ou nettement dentées (N. serraiisepala, N. fallax, N. Ihgrsiflora, N. spar-
siflora). Elles sont inconnues (caduques) chez N. glandulocalgx.
L'inflorescence est le plus souvent en grappe; elle est paniculée, grêle
et glabre chez N. serraiisepala, N. fallax; paniculée, robuste et velue
chez N. ihgrsiflora. Elle peut être courte et paucillore (en particulier chez
N. gracilis) ou allongée et mulliflore (en particulier chez N. thibelica).
Les bradées sont comme les stipules, ou entières ou dentées.
Le pédicelle, en général court (inférieur à 5 mm), atteint 8 à 10 mm
chez N. sinensis.
Le lube du calice est, soit ± globuleux, soit allongé cylindrique,
10
Source : MNHN, Paris
- 146 —
la longueur dans ce dernier cas, égalant au moins deux fois la largeur.
Ce caractère permet de séparer assez nettement deux groupes d’espèces
(cf. clé). Il peut être entièrement glabre (N. fallax, N. sparsiflora, N.
glandulocalyx, N. sinensis) ou i velu (les autres espèces). Il est rarement
glanduleux à l’état de fleur f'A’’. fallaa:, N. sinensis var. hypomalaca, N.
uekii, N. Ikibelica var, duclouxii), mais sur le fruit les glandes stipitées
sont très fréquentes.
Les dents du calice sont le plus souvent triangulaires et progres.si-
vement acuminées; elles sont i arrondies et mucronées ou brusquement
acuminées chez N. rubiflora, N. glandulocalyx, N. sinensis var. ribesioides,
N. ihibelica var. duclouxii. Elles sont irrégulièrement denticulées chez
certains spécimens de N. fallax. N. serralisepala malgré son nom ne présente
pa.s ce caractère.
Le nombre d’élamines est variable. N. rubiflora, N. aflïnis, N. sparsi-
flora en ont 25-30; N. fallax en a ± 10; chez les autres espèces on en
compte 15-25.
Les carpelles sont le plus souvent solitaires mais le nombre 2 se ren¬
contre fréquemment chez N. affinis, plus rarement chez iV. sinensis,
N. uekii, N. Ihyrsiflora; on peut observer 3-5 carpelles chez N. affinis
var. polygyna.
L'ooaire est entièrement glabre ehez N. fallax et N. Ihyrsiflora var.
Ihyrsiflora; il est entièrement velu chez N. serralisepala, N. affinis; il
est i velu au sommet et le long de la suture ventrale chez les autres espèces.
Le nombre d’ovules varie entre 2 et 10 : 2 ovules chez N. gracilis,
.V. lobala et N. uekii; 3-4 chez N. serralisepala; 4-5 chez N. sinensis,
N. glandulocalyx ; 5-6 chez N. villosa; 6-7 chez N. Ihibelica, N. sparsiflora,
N. affinis, N. fallax; 8-10 chez N. Ihyrsiflora, N. rubiflora.
La combinaison de ces divers caractères permet de grouper les espèces
par aflinités naturelles d’après la clé ci-dessous (A). Une autre clé basée
principalement sur les caractères externes facilitera la détermination des
espèces (B).
A. CLÉ GROUPANT LES ESPÈCES PAR AFFINITÉS NATURELLES,
1. Tube du calice plutôt globuleux, non cylindrique, ou moins de
2 fois plus long que large.
2. Plus de 2 ovules par carpelle.
3. Rameaux, pétioles et inflorescences non glanduleux;
tube du calice velu.
4. Étamines 8-20; stipules et bractées dentées.
5. Inflorescences en panicules terminales rameuses.
6. Ovaire entièrement velu à 3-4 ovules; inflo¬
rescences grêles, glabres; 15-20 étamines
(Chine). 1. N. serralisepala.
6’. Ovaire glabre.
7. Inflorescences grêles, glabres; i 10 éta¬
mines; 6-7 ovules (Indonésie).... 2. N. fallax.
Source : MNHN, Paris
- 147
7'. laflorescencee robustes, velues; 15-20 éta¬
mines; 8-10 ovules (Himalaya oriental).
. 3 a. N. thyrsiflora var. thyrsijlora.
5'. Inflorescences le plus souvent en grappes, parfois
en panicules peu rameuses; ovaire velu
(Assam, N. Vietnam, Java, Sumatra).
. 3 fc. IV. thyrsiflora var. tunkinensis.
4'. Étamines 20-25; stipules et bractées entières.
8. 1 carpelle; ovaire velu au sommet ou glabre; éta¬
mines i 25 (Népal, Sikkim, Chine occidentale).
. 4. N. rubiflora.
8'. 1-5 carpelles; ovaire entièrement velu.
9. Étamines ± 25.
10. 1-2 carpelles; inflorescences non ramifiées
(Chine occ.).... 5a. N. aflinis var. aflinis.
10'. 3-5 carpelles; inflorescences parfois rami¬
fiées (Chine occ.). 5 6. iV. aflinis var. polygyna.
9'. Étamines i 20; 1 carpelle; inflorescences non
ramifiées (S. O. Chine).
. 5 c. N. aflinis var. pauciflora.
3'. Rameaux, pétioles et inflorescences glanduleux; tube du
calice glabre; étamines 20-30; ovaire velu dans la moi¬
tié supérieure, à 6-7 ovules; stipules et bractées dentées,
ciÜées, i glanduleuses (S. O. Chine). 6. N. sparsiflora.
2'. 2 ovules par carpelle.
11. Plante naine, ne dépassant pas 30 cm; limbe ne dépas¬
sant pas 3 cm; pétiole long de 1-2 cm; inflorescences
courtes (1-2 cm), glabres, pauciflores; pédicelle court
(1-2 mm), non glanduleux (S. O. Chine)... 7. JV. gracilis.
11'. Arbrisseau dépassant 30 cm; limbe dépassant 3 cm;
pétiole long de 3-6 mm; inflorescences longues de
3-10 cm, pubescentes, ayant au moins 10 fleurs.
12. Inflorescences longues de 3 cm; pédicelle très court
(0,5 mm) ; étamines 20-25 ; limbe nettement 3-lobé,
long de 3-4 cm (Chine occid.). 8. N. lobata.
12'. Inflorescences longues de 6-10 cm; pédicelle long de
3 mm, ^ glanduleux (au moins sous le fruit);
étamines 15-20; limbe 3-5-lobé, long de 4-8 cm
(Corée). 9. N. uekii.
1'. Tube du calice allongé, cylindrique, au moins 2 fois plus long
que large.
13. 4-5 ovules par carpelle.
14. Feuilles ovales, non lobées; pédicelle court (2 mm sous
le fruit) nettement articulé à la base (Chine sud-
occid.). 10. N. glandulocalyx.
14'. Feuilles ± lobées.
15. Ovaire non longuement velu le long de la suture
Source : MNHN, Paris
148 —
ventrale, à 4-5 ovules; feuilles nou très longue¬
ment acuminées.
16. Pédicelle long (8-10 mm), non glanduleux;
feuilles glabres ou très peu velues (Chine
centr. et occid.). 11 o. N. sinensis var. sinensis.
16'. Pédicelle court (< 5 mm), i glanduleux;
feuilles ± velues.
17. Pédicelle long de 1-2 mm; feuilles
pubescentes (Chine occid.).
. 11 6. N. sinensis var. ribesioides.
17'. Pédicelle long de 3-4 mm; feuilles densé¬
ment et mollement velues en dessous
(Chine sud-occid.).
. 11c. N. sinensis var. hypomalaca.
15'. Ovaire longuement velu le.long de la suture ven¬
trale à 5-6 ovules; feuilles très longuement
acuminées, à poils crépus denses en dessous
(Chine sud-occid.). 12. N. villosa.
13'. 5-8 ovules par carpelle.
18. 5-6 ovules par carpelle; feuilles très longuement acumi¬
nées, à poils crépus denses en dessous ; ovaire longue¬
ment velu le long de la suture ventrale; étamines
^ 15; grappes courtes (5 cm), pauciflores. 12. N. villosa.
18'. 6-8 ovules par carpelle; feuilles ± longuement acumi¬
nées, à poils raides ou glabres; ovaire ^ velu vers le
sommet ou la suture ventrale; étamines 20-25;
grappes i longues (3-15 cm).
19. Plante nettement velue dans toutes ses parties;
dents du calice triangulaires acuminées; tube
du calice velu, non glanduleux (Chine occ.)...
. 13 a. N. tkibetica var. tkibetica.
19'. Plante glabre ou très peu velue; tube du calice
glabre, glanduleux.
20. Grappes longues de 8-10 cm; dents du calice
arrondies mucronées; ovaire à 6-7 ovules;
stipules entières; limbe non très longue¬
ment acuminé (Chine sud-occid.).
. 13 6 . N. tkibetica var. duclouxii.
20'. Grappes courtes (3 cm); dents du calice pro¬
gressivement acuminées; ovaire à 7-8 ovu¬
les; stipules + dentées; limbe très longue¬
ment acuminé (Chine sud-occid.).
. 13 c. N. tkibetica var. caudata.
Source : MNHN, Paris
— 149
n. CLÉ BASÉE PRINCIPALEMENT SUR LES CARACTÈRES
DE L’APPAREIL VÉGÉTATIF
1. Plante naine, peu ligneuse, ne dépassant pas 30 cm; feuilles peti¬
tes {< 3 cm); inflorescences pauciflores (4-5 fleurs), glabres;
étamines 20 ; ovaire densément velu vers le sommet, à 2 ovules.
. 7. N. gracilis.
1'. Plante n’ayant pas les caractères précédents.
2. Rameaux, pétioles et inflorescences pourvus de glandes stipi-
tées; stipules dentées, glanduleuses; étamines ± 25;
ovaire velu dans la moitié supérieure à 6-7 ovules.
. 6. N. sparsiflora.
2'. Rameaux, pétioles et inflorescences sans glandes stipitées.
3. Limbe non manifestement lobé, ovale oblong, acuminé;
dents du calice ovales arrondies, brusquement acumi-
nées; étamines ± 20; follicule velu au sommet à
4-5 graines. 10. N. glandulocalyx.
3'. Limbe ± lobé.
4. Stipules entières ou peu dentées; inflorescences en
grappes.
5. Pétiole court (< 8 mm), i velu; inflorescences ^
velues.
6. Tube du calice plutôt globuleux, moins de
2 fois plus long que large.
7. Limbe nettement 3-lobé, long de 3-4 cm;
inflorescences longues de 3-4 cm; pédi-
celle très court (< 1 mm), non glan¬
duleux.
8. Ovaire entièrement velu, à i 8 ovules.
. 5 c. N. affinis var. paucijlorn.
8’. Ovaire velu au sommet seulement, à
2 ovnles. 8. N. lobala.
T. Limbe non nettement 3-lobé, plutôt 5-lobé;
inflorescences longues de 6-10 cm; pédi-
celle long de 3 mm, glanduleux (au
moins sous le fruit); ovaire velu au
sommet et le long de la suture ventrale,
à 2 ovules. 9. iV. uekii.
6‘. Tube du calice cylindrique, au moins 2 fois
plus long que large.
9. Limbe atteignant 10 cm de long, longue¬
ment acuminé, velu-crépu en dessous;
ovaire longuement velu au sommet et le
long de la suture ventrale, à 5-6 ovules..
. 12. N. villosa.
9'. Limbe ne dépassant pas 5 cm, non longue-
Source : MNHIJ, Paris
— 150 -
ment acuminé; ovaire velu au sommet,
à 4-5 ovules.
10. Limbe densément et mollement velu
eu dessous: pédicelle long de
1-2 mm. 11 c. N. sinensis var. hypomalaca.
10'. Limbe à poils épars; pédicelle long de
3-4 mm. 11 b. N. sinensis var. ribesioides.
. Pétiole long (> 8 mm), ^ velu; inflorescences
velues ou glabres.
11. Tube du calice plutôt globuleux, moins de
2 fois plus long que large.
12. 1 carpelle; ovaire velu au sommet ou
glabre. 4. iV. rubijlora.
12'. 1-5 carpelles; ovaire entièrement velu.
13. 1-2 carpelles; inflorescences non
ramifiées.... 5 a. iV. affinis var. ajjinis.
13'. 3-5 carpelles; inflorescences parfois
ramifiées. 5 b. N. affinis var. polygyna.
11'. Tube du calice cylindrique, au moins 2 fois
plus long que large.
14. Pédicelle long (8-10 mm); inflorescences
glabres; étamines ^ 15; ovaire velu
au sommet, à 4-5 ovules.
. 11 a. JV. sinensis var. sinensis.
14'. Pédicelle court (< 5 mm); inflorescences
velues ou glabres; étamines ^ 20;
ovaire velu au sommet, à 6-8 ovules.
15. Plante nettement velue dans toutes
ses parties; dents du calice trian¬
gulaires acuminées; tube velu.
non glanduleux.
. 13 a. iV. thibetica var. thibetica.
15'. Plante glabre ou très peu velue;
tube glabre, glanduleux.
16. Limbe non très longuement
acuminé; stipules entières;
grappes longues (8-10 cm):
dents du calice arrondies
mucronées; ovaire à 6-7 ovu¬
les 13 b. N. thibetica var. duclouxii.
16'. Limbe très longuement acu¬
miné; stipules ± dentées;
grappes courtes (3 cm); dents
du calice progressivement
acuminées: ovaire à 7-8 ovu¬
les.. 13 c. N. thibetica var. caudata.
Sotsree : MNHN, Paris
— 151 —
4'. Stipules dentées; inflorescences en grappes ou pani-
17. Tube du calice allongé, au moins 2 fois plus long
que large; pétiole long {8-10 mm); inflores¬
cences en grappes courtes (3 cm); étamines 23;
ovaire longuement velu au sommet et le long
de la suture ventrale, à 7-8 ovules.
. 13 c. JV. thibetica var. caudala.
17'. Tube du calice plutôt globuleux, moins de 2 fois
plus long que large.
18. Inflorescences en grappes ou en panicules
peu rameuses.
19. Pédicelle i glanduleux; ovaire ^ velu,
à 2 ovules. 9. JV. uekii.
19'. Pédicelle non glanduleux ; ovaire velu
à 8-10 ovules.
. 3 ô. JV. tkyrsifiora var. tunkinensis.
18'. Inflorescences en panicules rameuses.
20. Inflorescences robustes, velues; éta¬
mines 15-20; ovaire glabre à 8-10 ovu¬
les; feuilles velues dessus et dessous.
. 3 O. iV. tkyrsijlora var. thyrsiflora.
20'. Inflorescences grêles, glabres.
21. Feuilles velues dessus et dessous;
pédicelle long de 3 mm; étami¬
nes 15-20; ovaire entièrement
velu à 3-4 ovules.. 1. JV. serratisepala.
21'. Feuilles peu velues ou glabres;
pédicelle long de 1 mm; étamines
^ 10 ; ovaire glabre à 6-7 ovules.
. 2. N.fallax.
,DESCRn*TION DES ESPÈCES
1. Neillia serratisepala Li
Li, Journ. Arn. Arb. 25 : 300 (1944).
Arbrisseau de 1,5 m.
Feuilles à limbe 3-5 lobé, ayant 7 x 3 cm en moyenne, ± velu
dessus et dessous. Pétiole long de 5 mm. Stipules dentées.
Inflorescences en panicules terminales et grappes axillaires,
grêles, glabres ou à poils rares. Bractées denticulées. Pédicelle long de
2-3 mm. Calice à tube pubescent, ayant 4x3 mm, et à dents triangu¬
laires progressivement acuminées longues de 1,5 mm. Étamines 15-20.
Carpelle 1 ; ovaire entièrement velu à 3-4 ovules.
Type ; Yunnan, Shang Pa, 2000 m, Tsai 59158, 31 oct. 1934, en fleurs
(A).
Source : MNHN, Paris
— 152 —
Distr. ; Chine (Yunnan).
Observ. : 1. Le nom spécifique serraiisepala laisserait entendre que
les sépales sont dentés ; je n'ai pas observé ce caractère sur le type. Y a-t-il
eu confusion avec les stipules ou cela signifîe-t-il simplement que le calice
est denté ce qui n’a rien d’original?
2. L’espèce a une allure de Siephanandra par ses inflorescences grêles
glabres, mais le nombre d’ovules est différent : 3-4 au lieu de 2.
Matériel étudié : Voir Type.
2. Neillia faUax BI.
Blume, Mél- bol. (1855} ex l'iora 41 : 254 (1858).
= Adenilema fallax Bl., Bijdr.FI. Nederl. Ind. 2(17) 1121 (1826). = N. thyrsi/l'ira
auct. non U. Don.
Arbrisseau.
Feuilles à limbe nettement 3-lobé, glabre ou peu velu. Pétiole long
de 7-15 mm. Stipules ± dentées.
Inflorescences en panicules terminales grêles, glabres. Bractées
denticulées. Pédicelle long de 1 mm, glanduleux ou non. Calice à tube
plutôt globuleux, velu ou glabre, glanduleux ou non et à dents progres¬
sivement acuminées, parfois denticulées. Étamines ± 10. Carpelle 1,
rarement 2; ovaire glabre à 6-7 ovules.
Fruit : follicule glabre; calice densément hérissé de glandes stipitées.
(PI. 1, 1-2.)
Type ; Java, Mt Gede, 2000 m, Blume 477 (L).
Distr. : Java, Sumatra.
ÉcoL. : Régions montagneuses. Fleurs en juin.
Observ. ; 1. Espèce souvent confondue avec A'. Ihyrsiflora D. Don
à cause de ses inflorescences paniculées et de ses stipules dentées. Elle
s’en distingue cependant bien nettement par les feuilles régulièrement
3-lobées et peu velues ou même glabres, les inflorescences glabres et grêles,
le nombre d’étamines (± 10, au lieu de 15-20), et une densité plus grande
de glandes stipitées sur le tube du calice fructifère.
2. Il existe à Sumatra une forme tout à fait glabre, même le calice
qui est par contre parsemé de petites glandes lesquelles deviennent accres-
centes et stipitées à maturité; le pédicelle est i glanduleux et les sépales
parfois denticulés. (Cf. tous les spécimens cités de Sumatra).
Matériel étudié. — Java : Ml Gede, 2000 m, Ulume 477 (type, L); Mt Pangc-
rango, TjibSrrem, Hallier 512 (L), Sapün 123 (L), Schiffner 2014 (L), ZoUinger
1701X (P). — Sumatra ; Mt Koerintji, 2200 m, Bünnemeyer 9ÔSS (L), 9392 (P) ; .Mt Losii-,
2700 m, V. SIeenis 8531 (L); Ml Kemeri, .1000 m. V. SIeenis 9578 (L).
3. Neillia ihyrsiflora D. Don
Don, Prodr, FI. Népal. : 228 (1825); DC., Prodr. 2 : 547 (1825); Miquel, Fl. Ind.
Bal. 1(1) ; 391 (1855); Hook. f.. Fl. Bril. Ind. 2 (Addenda) : 1 (1879); André, Rev.
Hort. 60 : 416, Og, 95, 96 (1888); Schneider, III. Hand. Laubh. 1 : 446, llg, 285, 286
Source : MNHN, Paris
— 153
(1905); Koorders, Exkurs.-Fl. Java 2 : 316 (1912) (fig.); Hand.-Mazz., Symb. Sin.
7:450(1933).
== N. virgala Wall., Cat. 7108 (1828), nom. nud.
a) var. thyrsiflora.
Arbrisseau.
Feuilles à limbe i 3-lobé et ± velu, ayant en moyenne 6x4 cm.
Pétiole long de 8-15 mm. Stipules dentées.
Inflorescences en panicules terminales, robustes, velues. Bractées
denticulées. Pédicelle subnui. Calice à tube globuleux (4x3 mm), velu
et à dents progressivement acuminées. Étamines 15-20. Carpelle 1 ;
ovaire glabre ou à poils épars à la base, à 8-10 ovules.
Fruit ; follicule glabre ou à poils épars à la base; calice hérissé de
glandes stipitées. (PI. 1, 3-6.)
Types (syntypes) : Népal, Hamilton, Wallich 698 (K).
Distr. : Népal, Sikkim, Assam, Chine occidentale, Sumatra occidental.
ÉcoL. : Régions montagneuses vers 2000 m, Floraison estivale.
Usages : Arbrisseau introduit dans les jardins d'Europe, résistant
aux grands froids, à fleurs blanches abondantes vers la fin de l’été sous
le climat parisien et pouvant se multiplier aisément par drageons (André,
/. c.).
Matériel étudié. — Népal : Wallich 698 (syntype) (P). — Sikkim ; 2000-
2500 m, Hooker f. & Thomson s.n. Cave, 29 août 1912 (P). — Bengale or : Griffith
i45 (P). — Assam : Shillong, 2000 m, Clarke 38720 A, (P). — Frontière Tibet : Raiot-
dang à Santok, 2000-2500 m, Younghusband, 27 juin 1883 (P). — Sumatra occ. : Schiff-
ner 2013, Slomps 29 sept. 1923 (L).
b) var. tunkinensis J. Vidal, stat. nov.
= Neitlia tunkinensis J. Vidal, Not. syst. 13 (4) : 202 ( 1948). = IV. tunkinensis
J. Vidal var. bibracteolaia J. Vidal, 1. c.
A type differt inflorescentiis racemosis vel, si paniculatis, parum ramo-
sis, carpellis non raro 2, ovario ac folliculo pilis totaliter vel partim obtecto.
Inflorescences en grappes ou en panicules peu rameuses. Carpelles 1
ou 2; ovaire et follicule entièrement ou partiellement velus. (PI. 1, 7-8.)
Type ; N. Vietnam, prov. Laokay, Col des Nuages, 25-30 km à l’E.
de Phong Thô, 1500 m, Poilane 26671 (P).
Distr. ; .\ssam, N. Vietnam, Sumatra, Java.
Observ. : L’examen d'un plus grand nombre de spécimens depuis
la description de N. tunkinensis (1948) a permis de ramener cette espèce
au rang de variété.
Matériel étudié. — Assam ; Monts Khasia, Hooker /. & Thomson s.n (P);
Anderson 28 (P); env. Tjerapundji, Schlaginweil 442(9). — N. Vietnam : col des Nuages,
1500 m, Poilane 26671 (type) (P); env. Ctiapa, 1800 m, Pételol 6994 (P); Ta Ya Ping,
1200 m, Pételol 7776 (P). —Java : mont GadjahSalak, 2200 m, Bakhuizen van den Brink
Source : MNHN, Paris
N. thyrsiftoravai.lhyrsiflura : 3, feuille elindoresc- terminale x 2/3; 4, stipules
X 2; 5, fleur ouverte x 4; 6, fruit x 4; — var. lankinensis : 7, fleur ouverte x 4 ;
8, fruit X 4. — N. rubifîora : 9, feuille et infloresc. x 2/3; 10, fleur ouverte x 4.
- • /V. afftnis var. alJInis : 11. fleur ouverte X 4; — var. polygyna ; 12, fleur
ouverte x 4; — var. pauciflora : 13, feuille et stipules x 2/3. [1-2, Zollingcr
1701 x; 3-6, Ilook. f. & Thomson (Sikkim); 7, Anderson (Coll. Pierre) (Khasia);
8, Püilane 26 671 (type); 9-10, Wallich 697 (isolype); 11, Henry 8968 (isotype);
12, Soulié 1247 (type); 13, Üucloux 630).
Source : MNHN, Paris
- - 155 ~
il49 {L], Koorders 3S750Q (L), — Sumatra occidental ; mont Singalan, Beccari 94 (L),
BOnnemeyer 2663 (L); mont Malingtan, 2200 m, BUnnemeyer 4066 [L, P); mont
Merapi, 2000 m, BOnnemeyer 4561 (L),
4. NeiUia rubiflora D. Don
Uon, l’podr. Fl. Népal. ; 228 (1825); ÜC-, Prodr. 2 : 517 (1825); Miquel, Fl. Ind.
Uat-l(l) ; 391 (1855); Hook f-, Fl. Bril. Ind. 2 (Addenda) : 1 (1879); Schneider, 1H.
Hand. Laubh-1 : 446 (1905); Koorders, Exkurs.-Fl. Java 2:316 (1912); Hand.-Mazz.,
Symb. Sin. 7 : 449 (1933).
= Spiraea ritbiacea Wall., Cat. 697 (1828) nom. nud. == iV. Ihyrsifînra (non D. Don)
aucl. Franch., Nouv. Arch. .Mus. Paris, aér. 2, 8 : 217 (1886) et PI. David. 2 : 351
(1888) [quoad Davidi specim. fructif. e .Moupin (Tibet)].
Arbrisseau.
Feuilles à limbe assez nettement trilobé, i velu dessus et dessous,
ayant 6x4 cm en moyenne. Pétiole long de 10-15 mm. Stipules entières.
Inflorescences en grappes terminales, pauciflores, velues. Brac¬
tées entières. Pédicelle court (2 mm). Calice à tube globuleux (4x3 mm),
velu et à dents ovales brusquement acuminées. Étamines 25-30. Car¬
pelle 1 ; ovaire velu au sommet ou glabre à 8 ovules.
Fruit : follicule velu au sommet ou glabre; calice hérissé de glandes
stipitées. (PI. 1, 9-10.)
Type : Népal, Wallich 697 (1824).
Distr. : Népal, Sikkim, Chine occ.
Observ. : le spécimen en fruits récolté par David en août 1869 dans
la province de Moupin (Tibet oriental) a été rapporté par Franchet
(1. c.) à N. Ihyrsiflora bien qu’ayant des inflorescences non ramifiées, à
cause des glandes stipitées présentes sur le calice. Ce caractère qui est
absent sur les fleurs mais qui apparaît aussi sur les fruits de N. rubiflora
comme sur ceux de N. Ihyrsifîora n’est pas discriminatif.
Rehder (in Sargent, PI. Wils. 1 : 434 (1913) rapporte hypothéti¬
quement les spécimens de David de Moupin en fleurs et en fruits soit à
N. affinis, soit à N. longiracemosa (= N. Ihibelica). N. affînis et N. rubi¬
flora sont sans doute très voisines, mais la première a l’ovaire entièrement
velu, la deuxième, seulement velu au sommet. Les spécimens présentent
aussi une certaine ressemblance avec JS. ihibelica du fait de l’inflorescence
allongée et du nombre d’ovules (6), mais le calice n’est pas cylindrique.
Malgré donc quelques caractères aberrants, il y a lieu de les rapporter à
A', rubiflora.
MatSbieu étudié (P). — Népal : Wallich 691 (isotype). — Sikkim : Ilooker /.
tt- Thomson s. il. — Tibet oriental ; Prov. Moupin, üavid, juin 1869, en fleurs et août
1869, en fruits.
5. NeiUia affinis Hemsl.
liemsley, Journ. Linn. Soc. 29 : 304 (1892); Schneider, lil. Iland. I.aub. 1 : 446
(1905): Rehder in Sargent, Pi. Wils. 1 : 434 (1913); Léveillé, Fl. Kouy Tchéou : 348
(1914-1915); Hand.-Mazz., Symb. Sin. 7 : 449 (1933).
Source : MNHN, Paris
— 156 —
a) var. affin ia.
Arbrisseau.
Feuilles à limbe ± lobé, à poils épars dessus et dessous. Pétiole grrêle,
long de 10 mm. Stipules entières.
Inflorescences en grappes terminales, velues. Bractées entières.
Pédicelle court (2 mm). Calice à tube globuleux, campanulé, velu et à
dents progressivement acuminées. Étamines 25-30. Carpelles 1-2; ovaire
entièrement velu à 6 ovules.
Fruit : follicule entièrement velu; calice avec glandes stipitées,
(PI. 1, 11).
Type ; Chine, Se Tchouen, Henry 8968 (K).
Distr. : Chine occ.
Observ. : Handel-Mazzetti (I. c.) pense que N. affinis doit être consi¬
dérée comme synonyme de N. rubijîora, « un spécimen original de Wallich
(de cette dernière espèce) présentant aussi une capsule mûre densément
velue ». N’ayant personnellement observé une pilosité qu’au sommet du
carpelle ou du follicule je pense qu’on peut maintenir les deux espèces
distinctes tout en reconnaissant leur grande affinité.
Matériel ÉTrDiÉ(P). — Chine. Se Tchouen: Henry SflfiS (isolvpe) ; Ma Pieu Hsien,
H'anp 22992; — Chine occ. ; Wilson 9SS9, 3SOO.
b) var. polygyna Cardot ex J. Vidal, var. nov.
A type differt inflorescentiis non rare ramosis, carpellis 3-5.
Inflorescences souvent ramifiées; carpelles 3-5. (PI. 1, 12.)
Type : Tibet oriental : Tsékou, Soulié 1247, 20 juin 1895, en fleurs (P).
Distr. : Chine occ. (Tibet oriental).
Observ. : Le nom polygyna, qui fait allusion aux carpelles nombreux,
porté par Cardot in herbar. en 1918 n’avait pas été publié jusqu’ici.
Matériel étudié. Voir Type.
c) var. pauciflora (Rehd.) J. Vidal, stat. nov.
s= JV. pauciftora Rehd. in Sargent, PI. Wils. 1 : 437 (I9i3).
Feuilles nettement et régulièrement 5-Iobées ;
Inflorescences pauciflores (5-10 fleurs), courtes (3-4 cm). Éta¬
mines ± 20. Carpelle 1 ; ovaire à ± 8 ovules (PI. 1,13).
Type : Yunnan, Mengtze, 2 300 m, Henry 10 281A (K).
Distr. : Chine (Yunnan),
Observ, : Les caractères difl'érentiels peu nets de ce taxon m’ont
conduit à le ramener au rang de variété.
Matériel étudié. — Chine (Yunnan) : Mengtze, Henry JO 231 et 10 231 A (type,
K); env. Yunnan Sen, Ducloax 630, 22 mai IB'JS (P); Lao Kouy Chan, près My l.é
(1906), Ducloüx 42S4 (P); May Y, près Lou Lan, Ducloux 5214, 1 mai 1907 (P).
Source : MNHll, Paris
— 157 —
6. Neillia sparsiilora Rehd.
Rehder, Journ. Arn. Arb. 1 : 257. 1920 et 6 : 237 (1924).
Arbrisseau. Rameaux pourvus de glandes stipitées.
Feuilles à limbe i lobé, long de 5 cm en moyenne, glabre dessus,
± velu et avec glandes stipitées éparses en dessous. Pétiole long de
1-1,5 cm, glanduleux. Stipules dentées, ciliées-glanduleuses.
Inflorescences en grappes, longues de 4 cm, avec glandes stipitées.
Bractées ciliées-glanduleuses. Pédicelle long de 2-4 mm, glanduleux.
Calice à tube urcéolé, ayant 7x5 mm, glabre extérieurement et à dents
progressivement acuminées, longues de 4 mm. Étamines i 25. Carpelle 1 ;
ovaire velu dans la moitié supérieure, à 7 ovules (PI. 2,1-2).
Type : Yunnan, Kou Ty, Siméon Ten 462 ,1917 (A).
Distr. : Chine (Yunnan).
.Matériel étudié. — Yunnan : Kou Ty, Siméon Ten 462 (type, A); Djo Kou La,
près Pin Tchouan, Ducloux 5348, juil. 1907, en fleurs (P.).
7. Neillia gracilis Franch.
Franchet, PI. Delavay. 1 : 202 (1889); Schneider, III, Hand. Laub. 1: 446 (1906);
lland.-Mazz., Symb. Sin. 7 : 449 (1933).
Sous-arbrisseau haut de 10-30 cm.
Feuilles à limbe ± lobé, long de 1-3 cm, i velu dessus et dessous.
Pétiole long de 10-20 mm. Stipules entières ou dentées, ciliolées.
Inflorescences pauciflores (4-5 fleurs), glabres. Bractées entières,
ciliolées. Pédicelle très court (2 mm). Calice à tube subglobuleux, pubes-
cent et à dents progressivement acuminées. Étamines 20. Carpelle 1 ;
ovaire velu vers le sommet, à 2 ovules (PI. 2,3-4).
Type : Yunnan, monts Tche Tchang, près Tong Tchouan, 2 500 m,
Delavay 249, 1 juin 1882, en fleurs (P).
Djstr. : Chine (Yunnan).
Matériel étudié (P).— Yunnan : Mts Tche Tchang, Delavay 249 (type); Mt Yang
In Chan, 3 000 m, Delavay 2338, 3489, 7 juin 1886, en fleurs; Col de Hu Chou Men,
3 000 m, De/auoÿ s. n., 12 juil. 1889, en fleurs; Tong Tchouan, 2 600 m, Maire s. n.,
juln-juil.
8. Neillia lobata (Rehd.) J. Vidal, stat. nov.
=s N. longiracemosa llemsl. var. lobala Rehder, Journ. Arn. Arb. 1 ; 257 (1920);
Handel-Mazzetti, Symb. Sin. 7 : 449 (1933).
Arbrisseau.
Feuilles à limbe nettement 3-lobé, long de 3-4 cm, glabre ou velu
sur les nervures dessus et dessous. Pétiole long de 5-6 mm, pubescent.
Stipules entières ou un peu dentées.
Source : MNHN, Paris
- 158 -
Inflorescences en grappes terminales, pubescentes, longues de
3 cm, ayant une dizaine de fleurs. Bractées entières ou un peu dentées.
Pédiceile très court (0,5 mm). Calice à tube long de 4 mm, large de 2,5,
pubescent extérieurement et intérieurement; dents longues de 3 mm,
progressivement acuminées. Étamines 20-25. Carpelle 1 ; ovaire velu
vers le sommet, à 2 ovules (PI. 2,5).
Type : Se Tchouen méridional, entre OU et Jenyan Hsien, près
Quentui, 2 900 m, C. Schneider 3568, 4 juin 1914, en fleurs (A).
Distr. : Chine occidentale (Se Tchouen).
Observ. : Cette espèce, par son ovaire 2-ovuIé, appartient au groupe
de N. gracilia et N. uekii, tandis que le groupe de N. longiracemosa
(= N. ihibelica) auquel l’avait rapportée Rehder a un ovaire à 6-8
ovules. Elle est très voisine de N. gracilia : elle s'en distingue par sa taille
beaucoup plus élevée, le pétiole 2 fois plus court, le limbe nettement
3-Iobé, les inflorescences plus longues et plus fournies. N. uekii a des
inflorescences 2 fois plus longues, un pédiceile i glanduleux, 6-8 fois
plus long, des étamines moins nombreuses (15-20 au lieu de 20-25); ses
feuilles sont plutôt 5-lobées.
Matébiel ÉTL'Dift. — Voir Type.
9. Neillia uekii Nakai
Nakai, Bol. .Mag. Tokyo 26 (300) ; 3 (1912) (janvier) ; Kl. Sylv. Koreana 4 : 25, pl.
13a, I3b (1916).
= N. miUii Dunn, Kew Bull. 1912 (2) : 108 (1912) (mars).
Arbrisseau.
Feuilles à limbe i 5-lobées, glabre dessus, à poils épars en dessous.
Pétiole long de 5 mm en moyenne. Stipules entières ou dentées.
Inflorescences en grappes, rarement en panicules terminales,
± velues. Pédiceile court (3-4 mm), J; glanduleux. Calice à tube campa-
nulé, à poils épars, glanduleux et à dents progressivement acuminées.
Étamines ± 20. Carpelles 1-2; ovaire velu au sommet et le long de la
suture ventrale, à 2 ovules.
Fruit : follicule velu au sommet et le long de la suture ventrale;
calice densément hérissé de glandes stipitées.
Type : Corée.
Distr. ; Corée.
Observ. : Les deux noms uekii et milsii ont été proposés la même
année (1912); en application des règles de priorité c’est uekii qui doit être
retenu, puisqu’il a été publié en janvier et milsii en mars,
Matériel étudié. — Corée ; Kang Kai, Mills 107, 6 oct. 1909, en fleurs (type
N. miiiii, K); env. Mabon, prov. N. Heian (?), VVi/son S714, 28 juin 1917, en fruits
(K); Pyeng Yang, Faurie SS, juin 1901, en (leurs (P); Moyenne Corée, Faurie 396,
jiiil, 1906, en fruits (P).
Source : MNHN, Paris
— 159
(1-2, Ducloux 5348| 3-4, Delavay 249 (type); 6, Schneider 3558 (type); 6, Cava¬
lerie et Forlunat 2461 (type); 7-8, Henry 1733; 9-11, Maire 2330 (type).]
Source : MNHN, Paris
— 160 —
10. Neillia gland‘alocal 3 rx Lév.
Léveillé, Fl. Kouy Tchéou ; 348 (1914-1915).
Arbrisseau.
Feuilles à limbe non lobé, long de 5 x 3 cm en moyenne, à poils
épars dessus et dessous ou presque glabre. Pétiole long de 6-8 mm, Sti¬
pules inconnues.
Inflorescences en grappes terminales, glabres. Pédicelle long de
2 mm (sur le fruit), ± glanduleux. Calice à tube allongé et à dents ovales
arrondies brusquement acuminées. Étamines ± 20. Carpelle 1 ; ovaire
velu au sommet, à 4-5 ovules.
Fruit : follicule velu au sommet; calice cylindro-ovoîde, long de
10 mm, glabre, hérissé de glandes longuement stipitées (PI. 2, 6).
Type : Chine, Kouy Tchéou, route de Pin Fa à Tou Yun, Cavalerie
el Forliinal 2461. 25 juil. 1905, en fruits (P).
Observ. : Espèce insullisamment connue (un seul spécimen en fruits).
Par le nombre d’ovules (4-5) elle se rapproche de N. sinensis dont elle
dilîère par les feuilles non lobées et le pédicelle court. Elle est aussi à
rapprocher de N. Ihibelica var. duclouxii qui en diffère seulement par le
limbe ± 5-iobé el les ovules au nombre de 7.
Matébiei. étudié. — Voir Type.
11. Neillia einensis Otiv.
Oliver in Hook., Icon. PL 16 : t. 1540 (1886); Hemsiey, Journ. Linn. Soc. 23 :
228 (1887); Focke in Engl, & Pr., Nat. Pflanz. Fam. 3 (3) ; 14, fig. 4 (1894); Diels.
Bot. Jahrb. 29 : 382 (1900); Schneider, 111. Hand. Laubh. 1 : 446, flg. 285, 286 (1905);
Rehder in Sergent, PI. Wils. 1 : 436 (1913); Léveillé, Fl. Kouy Tchéou : 348 (1914-
1915); Mollet, Rev, Horl. Nouv. Sér. 16 : 237, Ilg. 77 (1919); Rehder in Bailey, Stand.
Cyclop. Hort. 2 : 2116, Ilg. 2454 (1927); Hand.-.Mazzeltl, Symb. Sin. 7 ; 449 (1933);
Bcan, Trees & Shrubs 2 ; 345, (Og.) (1950).
a) var. sinensis.
Arbrisseau.
Feuilles à limbe ± lobé, glabre ou peu velu. Pétiole long de 10 mm.
Stipules entières.
Inflorescences en grappes terminales, glabres. Bractées entières.
Pédicelle long de 8-10 mm. Calice à tube allongé cylindrique, glabre
el à dents i brusquement acuminées. Étamines i 15. Carpelles 1-2;
ovaire velu au sommet, à 4-5 ovules.
Fruit : follicule velu au sommet; calice hérissé de glandes stipitées
± nombreuses (PI. 2, 7-8).
Type : Chine, Hupch, District Patung, Henry 641 « 605 (K). La
planche d’herbier ayant servi à la description originale et à la planche
figurée porte deux spécimens numérotés chacun « 641 a 605 ». La raison
Source : MNHN, Paris
— 161 —
de ce mélange de numéros n’est pas connue. A noter que Henry 641 est
le type de Lysîmachia auriculala Hemsl. ^
Distr. : Chine centrale et occidentale.
Nom vernac. : Kouan yu Ichâ (Se Tchouen).
Usages : Au Se Tchouen les feuilles servent en guise de thé. Cet
arbrisseau fut introduit en Europe par Wilson en 1901. 11 donne des
fleurs rose tendre vers la mi-juin sous le climat parisien.
Matéhibl étudié (P). — Ctiensi : Thai Pei San, Giraldi, 20 août 1897, en fruits;
Ta Pai Chan, Liceni 28IS, 5 sept. 1916, en fruits; Wei Tze Pin^, Licenl iS21, 15 août
1916-— Hou Nan : Chang NingHsien, Pan et Li 242, 13 juil. 1935, en fruits, — Hou Pé :
Ichang, Henry 1733, fév. 1887, en fleurs; 4055, oct. 1887, en lleurs. — Kan Sou : Koan
Kia Ho, Licenl 6089, 20 avr, 1919, en Heurs; Hoei Hien, Licenl SIOO, 21 avr, 1919, en
fleurs; fleuve Tschiluco, Polanin, 18 juin 1885, en fleurs. — Kouy Tchéou ; route de
Pin Yué à Kouy Yang, Bodinier 1554 p. p., 13 mai 1899, en lleurs. — Se Tchouen ;
Henry 5695, mars 1889, en fleurs; Tchen Kéoii Tin, 2 000 m, Forges 121 p. p., 494,
en fleurs et fruits. — Chine occ. : Chang Yang, Wilson 701.
b) var. ribesioides (Rehd.) J. Vidal, stal. nov.
= Neillia ribesioides Rehder in Sargent, Pi. Wils. 1 : 435 (1913).
Stipules entières ou un peu dentées.
Inflorescences pubescentes. Pédicelle court {1-2 mm).
Type ; Chine, Se Tchouen, Pan Lan Shan, 2 300-3 000 m, Wilson 2382,
juin et sept. 1908, en fleurs (A).
Distr. : Chine (Se Tchouen).
Matériel étudié. — Voir Type.
c) var. hypomalaca (Rehd.) Hand.-Mazz., Symb. Sin. 7:449 (1933).
= Neillia hypomalaca Rehd., Journ. Arn. Arb. 13 : 337. 1932.
Limbe densément et mollement velu en dessous. Pétiole long de
3-4 mm. Inflorescences velues. Pédicelle long de 3-4 mm, ^ glanduleux.
Type : Yunnan, Rock 9171 (1923), en fleurs (A).
Distr. : Chine sud-occidentale.
Matériel étudié. — Kouy Tchéou ; Montagnes de Gan Pin à Tsin Tchen, Bodi-
nier 1554 p. p,, 30 avr. 1897, en fleurs (P). — Yunnan : Forresl s. n. (K); Maire 41,
429, 529 (K); Bock 9171 (type, A); Tchao Tung, Delauay, 23 mai 1882, en fleurs (P);
env. Tou Dza, Dacloux 2461, 2 mai 1904, en fleurs (P); env. Hay Tien, Ducloux 2708,
mai 1904, en fleurs (P); Lou Pou, près Tong Tchouan, Ducloax 5349, juil. 1907, en fleurs
et 6228, mai 1909, en fleurs (P); San Kia, près Kiao Kia, Ducloux 5705, 22 juin 1908,
en fruits (P). — Tihet oriental i Tsé Kou, 1200 m, Monôeig (1912), en fleurs (P); Soulié
1578, 24 avr. 1895, en fleurs (P).
12. Neillia villosa W. W, Sm.
Smith, Not. Roy. Bol. Gard. Edint>. 10 : 53 (1917).
Arbrisseau.
Feuilles à limbe ± lobé, très longuement acuminé, densément
1. Note communiquée par Dr Hubbard de Kew.
Source : MNHN, Paris
• - 162
3-4, Ducloux 4954 (type); 6-6, Henry 9669 (type).]
Source : MNHN, Paris
163 —
velu-crépu en dessous. Pétiole long de 5 mm, Stipules entières ou un peu
dentées.
Inflorescences en grappes terminales, densément velues. Pédicelle
long de 2-3 mm. Calice à tube cylindrique, ± velu et à dents progressi¬
vement acuminées. Étamines J; 15. Carpelle I ; ovaire longuement velu
le long de la suture ventrale, à 5-6 ovules (PI. 2, 9-11).
Type : Yunnan, env. Yunnanfou, Maire 2330 (1906), en fleurs (E).
Distr. ; Chine (Yunnan).
Matébiki. ÉTuniÉ, — Voir Type.
13. Neillia thibetica Bur. et Franch.
Bureau etFranchetin Morot, Journ. Bot. 6 :45(1891); Rehder in Saluent, PI. Wila.
1 : 435 (1913).
= N. vetutina Biir. et Franch. 1. c. intextu (nom. nud.). = N. longiracemosa llernsl.,
Journ. Linn. Soc. 29 : 304 (1892) ; Schneider, 111. Hand. Laubh. 1: 446 (1906); Rehder
in Sargenl, PI. Wila. 1 ; 434 (1913); Sealy, Curt. Bol. Mag. 165 : t. 3 (1948); Bean,
Trees & Shrubs 2 : 345 (1951).
a) var. thibetica.
Arbrisseau.
Feuilles à limbe i lobé, ± longuement acuminé, glabre ou à poils
épars en dessus, velu en dessous. Pétiole long de 10 mm en moyenne.
Stipules entières ou les supérieures un peu dentées.
Inflorescences en grappes terminales allongées, pubescentes.
Pédicelle court (1-4 mm). Calice à tube cylindrique velu et à dents progres¬
sivement acuminées. Étamines ± 20. Carpelle 1 ; ovaire velu vers le
sommet, à 6-7 ovules.
Fruit : follicule velu vers le sommet; calice hérissé de glandes
stipitées (PI. 3,1-2).
Type : Chine, Se Tchouen, Sud de Ta Tsien Lou, H. d'Orléans (1890),
en fleurs (P).
Distr. : Chine occidentale.
Observ. ; Bien que N. thibelica ne soit représentée que par un
seul spécimen ayant un aspect quelque peu différent des autres échan¬
tillons de N. longiracemosa, j’estime qu’il y a lieu de mettre les deux noms
en synonymie, les différences invoquées (pubescence, stipules) n’étant
pas nettes ni importantes.
Matèbif.l étudié (P), — Se Tchouen ; env. Ta Tsien Lou, //. d’Ortians (type),
Prall 730, déc. 1890, en fleurs (isolype N. longiracemosa); Wilson 3S58, juil. 1904, en
fleurs; Legendre 1B6S, 27 sept. 1911, en fruits.
fc)var duclouxii Cardot ex J. Vidal, var. nov.
A typo diflert : lamina glabra vel eparsisime pilosa; stipulis omnino
integris; inflorescentiis glabris; calyce tubo glabro, ^ glanduloso ac lobis
Totundato-mucronatis.
Source : MNHN, Paris
— 164 —
Limbe glabre ou très peu velu. Stipules entières. Inflorescences
longues (8 cm), glabres. Calice à tube glabre, ± glanduleux et à dents
arrondies mucronées. Étamines 20. Ovaire velu au sommet h 6-7 ovules
(PI. 3, 3-4).
Type ; Yunnan, Yang Kia Ouan, préfect. Tchao Tong, Ducloux 4954,
31 mai 1906, en fleurs (P).
Distr. : Chine sud-occidentale.
Observ. : Le nom de cette variété avait été donné par Cabdot
en 1918 sur des feuilles d’herbier mais n’avait pas encore été publié.
Matériel étudié. (P). — Küuang Si ; Ling Yün Usien, Sleward et Cheo 172,
12 avr. 1933, en fleurs; 460, 20 mai 1933, en fruits. — Kouy Tchéou ; Thong Oua,
Hsqairol 4212, 2 mai 1913, en Heurs. — Se Tchouen : Nan Ctiuan Hsien, Fang 1027,
‘il mai i928, en fleurs; Ma Pien Hsien, Wang 22 0S4, 29 mai 1931, en fleurs. — Yunnan :
Chéou Pa Ngay, préfect. Tchao Tong,üuc/ou® 4611, 24 mai 1906,en boulons; Yang
Kia Ouan, Ducloux 4964 (type); Ta Eul, près Tchen Hiong, Ducloux 5215, 3 juin
1907, en fleurs.
c) var. caudata (Rehd.) J. Vidal, comb. nov.
— Neillia sinensis Oliv. var. caudala Behd., PI. Wiis. 1 : 436 (1913).
Limbe nettement 3-lobé, longuement acuminé, glabre ou à poils
épars en dessous sur les nervures. Stipules ± dentées.
Inflorescences courtes (3 cm), glabres. Calice à tube glabre, ± glan¬
duleux et à dents progressivement acuminées. Étamines 25. Ovaire
longuement velu vers le sommet et le long de la suture ventrale, à 7-8 ovu¬
les» (PI. 3, 5-6).
Type ; Yunnan, Mengtze, 2 000 m, A. Henry 9669 (A).
Distr. : Chine sud-occidentale (Yunnan).
Observ. : Rehder (1. c.) avait considéré ce spécimen comme une
variété de Neillia sinensis Oliv. Le nombre d’ovules plus élevé (7-8 oblige
cependant à le séparer des variétés de N. sinensis qui n’ont que 4-5 ovules.
Par la forme des feuilles il rappelle N. villosa Sm., mais il s’en distin¬
gue par sa glabrescence, le nombre d’étamines (25 au lieu de 15) et le
nombre d’ovules (7-8 au lieu de 5-6).
Par le nombre d’ovules, la glabrescence et le tube du calice glan¬
duleux il est voisin de N. Ihibelica Bur. & Franch. var. duclouxii Gard,
ex Vidal, mais l’inflorescence est ici beaucoup plus courte (3 cm au lieu
de 8-10), les dents du calice progressivement acuminées (non arrondies
mucronées) et les stipules i dentées.
Le nombre d’ovules étant un caractère discriminatif important
dans ce genre, il est donc préférable pour respecter les aflinités florales de
considérer ce spécimen comme variété de N. Ihibelica plutôt que de
N. sinensis.
Matériel étudié. — Voir Type.
I. Les deux fleurs examinées présentaient en plus d'un carpelle normal, un car¬
pelle avorté avec 3-4 masses ovulaires externes.
Source : MNHN, Paris
165 -
INDEX DES NOMS SPÉCIFIQUES ET OÉNÊBIQUES
N, B. -■ Les synonymes sont en italique; les taxa nouveaux et les comb. nov.
en caractères gras.
Adenilema . 113
— fallax Ul. 152
Neillia. 14 3
— allinis Hemsl. 155
var. affinis. 150
var. pauciflora (llehd.)
J. Vidal. 156
var. polygyma Card. ex
J. Vidal. 156
fallax B1. 152
— glandulocalyx Lév. 160
gracilis Franch. 157
hypomalaca Behd. 161
lobata (Rehd.) J. Vidal_ 157
/onÿi>oc«mo«o Hemsl. 163
var. lobata (Rehd.). 157
milêii Dunn. 158
pauciflora Rehd. 156
ri'ôes/oidfs Rehd. 161
rubiflora D. Don. 155
— serratisepala Li. 151
sinensis Oliv. 160
var. caudola (Rehd.). 164
var, hypomalaca (Rehd.)
Hand.-Mazz. 161
var. ribesioides (Rehd.)
J. Vidal. 161
var. sinensis. 160
- sparsillora Behd. 157
thibetica Bur. & Franch.. . . 163
var. caudata (Rehd.)
J. Vidal. 164
var. duclouxii Card. ex
J. Vidal. 163
var. thibetica. 163
Iftÿrsi/Iora auct. (non D. Don) 152
thyrsiflora D. Don. 152
var. thyrsillora . 153
var. tunkinensia J. Vidal. 153
lankinensis J. Vidal. 153
var. éiôraefeolala J. Vidal. 153
tiekii Nakai. 158
Neillia velutina Bur. & Franch.... 163
- - villûsa W. \V. Sm. 161
iiirgata Wall. 153
Physocarpus . 144
Spiraea. 144
- - rubiacea Wall. 155
Stephanandra . 144
INDEX DES COLLECTEURS
A. Numéros des espèces
1 Neillia serratisepala Li.
2 — /allax HL
3 a — thyrsiflora D.Donvar.ihyrsiflura.
3 b - — var lu/iÉinensis J. Vidal.
4 - rubiflora U. Don.
5 a - afllnis Hemsl. var. affinis.
5 b - -- var. polggyna Cardot ex J. Vidal.
5c -- var. pouci/lora (Rehd.1 J. Vidal.
6 - sparsiflora Rehd.
7 - gracilis Franch.
8 - loiulQ (Rehd.) J. Vidal.
9 -- uekii Nakai.
10 glandulocalyx l.èv.
lia — sinensis Oliv. var. sinensis.
11 b -- var. rièesioides (Rehd.) J. Vidal.
Ile - var. hypoma/oen (Rehd.) iland.-Mazz.
12 - uiltosa W. W. Sm.
13 a fhifte/ica Bur. & Franch. var. (ftfftslica.
13 b - - var. due/oui/i Cardot ex J. Vidal.
[3 c — var. caudata (Behd.) J. Vidal.
Source : MNHN, Paris
166 —
B. Numéros des collecteurs et des espèces correspondantes
N.-B. - A lû suite du numéro du collecteur liffure le numéro de l'espèce corres¬
pondante d'après la liste précédente (A).
Anderson SS : 3b. — Bakhuizen van den Brink 4149 : 31i. - Beccari 94 : 3b. --
Blume <77 ; 2. — Bodinier 1554 p, p. ; 1 le. — Uüiinemeyer 2653, 4066, 4561 : 3b:
9658, 9892 : 2. — Cavalerie et Forlunal 2461 : 10. — Cave (28.8.1912) : 3a. — Clarke
3S720a .-Sa, -- David (6.1869 et 8.1869) : 4. — Delavay (23.5.1882): 11c; (12.7.1889);
7; 249. 2338, 3469 : 7. — Ducloux 630 : 5c; S<67, 2708 : 11c; 4254 : 5c; 4611,
4954 : I3b; 5214 : 5c; 5215 : 13b; 5348 : 6; 5349, 5705, 6228 ; lie. — Esquirol
4212: 13b. — Fan et Li 242 : 1 la. -- Fang 1027 ; 13b. - - Farges 121 p. p., 494 :
lia. — Faiirie 85, 396 : 9. — Forresl (Vunnan) ; Ile. — Giraldi (20.8.1897) ; 1 la. --
Griinth 245 : 3a. — Hallier 512 ; 2. - - Henri d'Orléans (1890) : 13a. — Henry 605
ou 64J a, 1733, 4055, 5695 : lia; 8968 : 5a; 9669 : 13c; 10231, 10231a : 5c. —
Hooker f. et Thomson (Khasia) ; 3b; (Sikkim) : 3a, 4. — Koorders 36750 p ; 3b. -
Legendre 1565 : 13a. — Licenl 2521, 281 6, 5089, 5160; lia. — Maire (juin-juill.) :
7; il, 429, 529: 11c; 2330 : 12. — Mills 107 : 8. — Monbeig (1912) : 11c — Pételot
6994, 7 7 76 : 3b. ~ Poilano 2667/ .• 3b. — Polanin (18.6.1885) : lia. - Pratt 730 ;
13a. — Rock 9171 : Ile. — Sapün 123 : 2. — Schiffner 2013: 3a; 2014 ; 2. - -
Schlaginweit 442 ; 3b. — Schneider 3558 : 8. — Siméon Ten 462 : 6. — Soulié /2<7 :
5b; 1578 : 11c. — Steenis (van) 8531, 9578 : 2. — Steward et Cheo 172, 450 : 13b.
— Stomps (29.9.1923) :3a. — T8ai<0/5S .• 1. — Wallich 697 ; 4; 698 : 3a. - Wang
22992 : 5a; 23084 : 13b. — Wilson 701 : lia; 2382 : 11b; 3558 : 13a; 3559, 3560 :
5a; 8714 : 9. — Younghusband (27.6.1883) : 3a. - Zollinger /70;x; 2.
INDEX ANALYTYQUE
Introduction. 142
Description du genre. 143
Historiqueetainnités. 143
Distribution géographique. 144
U.sages. 145
Caractères morphologiques et leur valeur laxonomic|ue. 145
Clé des espèces par affinités naturelles. 146
Clé des espèces d'après l'appareil végétatif. 149
Description des espèces et notes diverses. 151
Index des noms spécifiques et génériques.. 165
Index des collecteurs : A. Numéros des espèces. 165
U. Numéros des collecteurs. 166
Source : MNHN, Paris
ZOMBITSIA, GENRE DE GUCURBITACÉES
ENDÉMIQUE DE MADAGASCAR
par Monique Keraudren
Au cours de prospections de terrains menées en 1962, nous avons
retrouvé cette fois fruclifiée, une curieuse Cucurbitacée déjà observée dans
de mauvaises conditions auparavant.
L’étude des échantillons nous a conduit à définir une nouvelle unité
taxinomique ayant rang de genre, qui diffère par plusieurs caractères
de tous les genres connus jusqu’à présent.
ZOMBITSIA gen. nov.
Planta dioica scandens, foliis petiolatis subcoriaceis cirrhi simplices.
Flores masculi staminibus 3 bilocularibus coalescentibus, loculis biplicatis,
pistillodio cupuliforme. Flores feminei ovario 3 placentis munito, ovulis
horizontaliis. Fructus sphaericus, laevis.
Zombitsia lucorum sp, nov.
Planta scandens, foliis petiolatis, palmatilobatis vel dissectis, scabris.
Flores masculi bracteati inracemieS-Sfioribus aggregati; staminaS bilocularia,
filamentis basi cyatho insertis; antherae coalescentes, biplicatae, pUis glandu*
losis marginatae; flores feminei rarius solitarii; ovarium 3 placentis muni-
tum, ovulis numerosis horizontalibus. Fructus sphaericus, glaber; semina
multa laevia, flavescentia.
Typus gen. et $p. : Sakaraha (sud de Madagascar) en lisière de la forêt
du Zombitsy, M. Keraudren 1337, HP.
Source : MNHN, Paris
DÉLIMITATION DES GENRES SABICEA AUBL.
ET ECPOMA K. SCHUM. EN REGARD
D’UN GENRE NOUVEAU :
PSEVDOSABICBA (MUSSAENDBAE^RUBIACEAE)
par Nicolas Halle
Le genre Sabicea a été créé par F. de Aublet en 1775 pour deux
Mussaendées américaines : S. aspera et S. cmerea. Ce sont des plantes
sarmenteuses ± grêles et volubiles, à ovaire 5-loculé, à feuilles isophylles
pubescentes, à inflorescences en glomérules axillaires sessiles, à corolle
tubuleuse longue et velue.
De 1788 à 1849, treize autres espèces étaient décrites : 7 américaines,
5 d’Afrique et une de Madagascar. Cette dernière apportait au genre
Sabicea son premier cas d’anisophyllie : chez S. diuersifolia Pers., ce carac¬
tère est en efîet particulièrement remarquable. Toutes les espèces connues
alors ont 5, par exception 4, loges ovariennes.
En 1877, Hiern décrivit un nouveau Sabicea à 5 loges ovariennes,
le S. pilosa. Cette espèce apportait au genre son premier cas de géocauli-
florie ; les inflorescences sont insérées au niveau du sol sur des rameaux
rampants radicifères (la même plante a en outre des rameaux feuilles
stériles, grimpants volubiles). En même temps, mais avec doute parce que
leurs ovaires sont biloculés, Hiern décrit provisoirement dans le même
genre trois nouvelles espèces; ce sont :
S.? segregala, grimpant, à inflorescences en grappes de cymes J; pani-
culécs.
S.? cauliflora, arbrisseau dressé à glomérules floraux échelonnés sur
la tige (le matériel cité par Hiern a été reconnu hétérogène par Wernham
qui en a séparé le S. kierniana).
S.? geantha, arbrisseau dressé à cymes denses insérées près du sol à
la base de la tige.
En 1896, K. Schumann décrivit le S. floribunda, à deux loges, voisin
du S.? segregaia. En même temps, il crée le genre Eepoma pour une
espèce, E. apocgnaceurri, que nous reconnaissons comme très voisine
(elle pourrait être même synonyme.^) de S.? geanlha Hiern, après compa¬
raison des isotypes Staudt 208 (P.) et Mann 1728 (P.).
En 1914, Wernham publie une importante monographie du genre
Sabicea. On y trouve une étude critique sommaire des caractères géné¬
riques, mais le genre Eepoma n’est pas même mentionné. Wernham
Source : MNHN, Paris
— 169 —
étudie 105, dont 62 nouvelles, espèces de Sabicea, dans les limites larges
qu’il accorde au genre. Ses descriptions négligent, dans presque tous
les cas, le nombre de loges de l’ovaire (comme celui des lobes sligmatiques).
Ce caractère paraît avoir été jugé comme purement quantitatif, c’est-à-dire
de peu de valeur. Au contraire nous pensons que sa variation (2 rarement 3,
ou 5 rarement 4 loges) est qualitative, donc de haute valeur taxinomique;
notre point de vue est confirmé par certains caractères, observés in vivo,
des placentas des fruits.
La classification des espèces proposée par Wernham est fondée
sur les caractères suivants donnés comme essentiels :
1. Type de pubescence, principalement celle des limbes foliaires.
2. Inflorescence sessile ou pédonculée.
3. Inflorescence capitée, lâche, ou rameuse à bractées foliacées.
4. Dimensions des lobes du calice.
5. Longueur relative des lobes et du tube de la corolle.
Il nous paraît clair, en regard des produits de l’Évolution dans de
nombreux genres de plantes, que les trois premiers points ci-dessus se
rapportent à des caractères d’acquisition tardive qui ne sauraient expri¬
mer des parentés profondes. Le quatrième point peut être considéré
comme suspect car susceptible de varier en corrélation avec l’hétérostylie ;
F. Halle a étudié à ce sujet les variations de dimensions et de vascula¬
risation des lobes du calice chez les pieds hétéro.sLyles de Sabicea venosa
Benth.; des observations identiques ont été faites chez S. hierniana
Wernh. L’hétérostylie qui paraît être la règle chez les Sabicea sensu lato
et que nous avons observée chez de nombreuses espèces, a été négligée
par Wernham. Ci-dessous la valeur du cinquième point sera confirmée.
De 1915 à 1960, une trentaine d’espèces nouvelles sont venues
s’ajouter au genre Sabicea s. 1, Ce nombre ne comprend pas la fusion
avec les Slipularia faite par Hepper en 1958, et que nous repoussons
en accord avec F. Halle (1961) *.
REMANIEMENT ET NOUVEAUTÉS TAXINOMIQUES
Grâce à l’examen de l’ovaire chez de nombreuses espèces, ainsi
qu'à l’étude de quelques autres caractères floraux ou végétatifs, il nous
est apparu que le genre Sabicea s. 1. de Wernham était gravement hété¬
rogène. Nous justifions ci-dessous les doutes de Hiern quant à l’apparte¬
nance au genre Sabicea Aubl. des espèces ayant un ovaire biloculé. Malgré
le fait que beaucoup d'espèces africaines et surtout américaines, décrites
t. Outre les difTérences de port et celles de la hiologie, il parait y avoir des diffé¬
rences morphologiques dans l'involiicre bractëal qui est typiquement formé par la
soudure de 4 pièces chez Stipularia (3 à 5. plus rarement 21, et de 2 pièces (sans excep¬
tion) chez tes Saâicea à involucre. Ce dernier chez Slipularia est aussi plus longuement
tubuleux, foliacé et coloré à rôle attractif. Il se peut en outre que le pollen, tricolporë
ô apertures peu distinctes chez Sabicea venosa, et tétraporé à pores bien apparents chez
Slipularia a/ricana, mérite d’élre mieux analysé dans les limites du même problème.
Source : MNHIJ, Paris
— 170 —
entre 1915 et 1960, ne nous sont pas connues, nous présentons un impor¬
tant émondagc des Sahicea s. 1. au profit d’un genre nouveau Fseudosa-
bicea, et du genre Ecponta K, Sehum. où nous transférons une petite série
d’espèces arbustives ou sous-arbustives.
Ce remaniement intéresse essentiellement l'Afrique car nous n’avons
trouvé aucun Erporna ni Pseudosabicea dans les matériaux américains
et malgaches du Muséum de Paris. Une révision précise des Sabicea
américains serait à faire à ce sujet, mais les espèces américaines nous
ont paru former, avec l’espèce type S. aspera Aubl. un ensemble morpho¬
logiquement assez homogène. Nous n’avons pas trouvé d’espèce améri¬
caine ni malgache à ovaire biloculé.
PSEUDOSABICEA N. Hallé gen. nnv.
Fnitices sarmentosi ascendantes vel repentes, rare erecti. Folia ±
valde auisophylla, interdum fere isophylla. Ovarium biloculatum, raro tri*
loculatum; stigma 2 (3)-lobatuin. Calyx perbreviter tubulatus, quinquefidus,
lobis saepe extra arcuatis. Corolla parva, 3,5*8 (10) mm longa, extra in tubo
vel in 5 lobis parce pilosa, Fructus ^ carnosus, parce succulentus extra loculos
et intra praeter placentas; pulpa haud coccinea. Â Sabicea Aubl., ovario
biloctdato, corolla parva, habitu non gracile volubili, HifFert.
Species generis typica : Pseudosabicea milisphaera N. Hallé.
COMPOSITION DU GENRE
Sect. I ; ANISOPHYLLAE N. Hallé sect. nov., foliis valde aniso*
phyllis, inflorescentiis sessilibus.
Ps. batesii (Wernh.) N. Hallé comb. nov. Üasionyme : Sabicea
balesii Wernh,, Monogr. : 53.
Ps. mildbraedü (Wernh.) N. Hallé comb. nov. Bas. : Sabicea
müdbraedii Wernh., Monogr. : 53.
Ps. medusula (K. Schum. ex Wernh.) N. Hallé comb. nov. Bas, :
Sabicea medusula K. Schum. ex Wernh., Monogr. 44.
Sect. Il : SPHAERICAE N. Hallé sect. nov., foliis vix auisopbyllis,
inflorescentiis sphaericis vel capitatis, sessilibus vel pedunculatis.
Pseudosabicea mitisphaera N. Hallé sp. nov.
Frutex aarmentosus scandens, ramulis 4*7 mm diam. teretis fulvo-
lauuginosis. Intemodia 11*25 cm longa. StipiUae ereetae 15-20 mm longae
acutae lanceolatae, in longitudinem plicatae, fulvo-lanuginosae. Petioli
20*80 mm longi, fulvo-lanuginosi, in singulo nodo pauco inaequales (folia vix
anisophyllea). Lamina ovata acuta, basi ± cordata, 11*21 x 6*12 cm, supra
glabra atrobrunnea in sicco, infra dense lanugiuosa ochraceo'femiginea.
Nervi supra glabrescentes, latérales 10-13 utrinque.
Inflorescentiae omnino ochraceo-lanuginosae axillares multiâorae sphae-
Source : MNHN, Paris
— 171 —
PI. 1. — Genre Pseudosabicea : a, fruit; b, coupe transversale du fruit plein; c, pla¬
centa (fruit plein) en vue externe ± dénudé; d, placenta en vue interne. — 1, Ps.
balesii, largeur 4 mm [Bâtes 536); 2, Ps. mildbraedii cl. v. glabrescens, largeur
4 mm (N. Hallé 1143); 3, Ps. medusala, largeur 6 mm (N. Halté 1339); 4, Ps.
milisphaera, largeur 4 mm (N. Hallé 1129); 5, Ps. segregala, largeur 10 mm
(N. Hallé 1024); 6, Ps. segregala var., diam. 6 mm (N. Hallé 1131):7, Ps. flori-
bunda, diam. 5,5 mm (N. Hallé 1130). — Dessins in vivo sauf le n° 1,
Source : MNHIJ, Paris
— 172 —
ricae 2-2,5 cm diam., eubseesiles vel pedunculo 1-2 cm longo. Bracteae majo¬
res cire. 12 X 6 mm loDgae, i acutae. Bracteolae lineares inter flores, 4-8 mm
longae. Ovarium biloculatum midtiovulatum, ad imum piliferum. Calyx
5 lobis 1,5 mm longis, mitissimis pilis. Corolla alba 4-5 mm longa, tubo
extra glabro, 5 lobis valvatis extra puberulis, faucibus pilosis intra et supra
staminas. Antherae 5, sessiles. Stigma bilobatum cire. 2,5 mm longa in forma
brevistyla observatum.
Fructus obconico ellipticus 9 X 3,5 mm, biloculatus, placentis peltatis,
seminibus prismaticis 0,5 mm longis, roseis ante maturitatem.
Affinis Pseudosabiceae pedicellatae (Wemh.) N. Hallé, sed praecipue
babitu majore, pubescentia lanuginosa, differt.
Typus : N. Hallé 1129, piste du Bouéni, 20 km SE de Makokou,
Gabon (P), 11 février 1961. Autre spécimen étudié ; Lecomte D6, bord de
la riv. Loukambo (afH. du Kouilou), Gabon, 19 janvier 1894, arbuste en
buisson; exemplaire portant la mention « non Sabicea » de la main de
Wernham.
Ps. pedicellata (Wernh.) N. Hallé comb. nov, Basionyme : Sabicea
pedicellala Wernh., Cat. Talb. Niger. : 42 (1913).
Ps. arborea (K. Schum.) N. Hallé comb. nov. Bas. : S. arborea
K, Schum., Bot. Jahrb. XXVIIl : 58 (1899).
Sect. 111 : FLORIBUNDAE Wernham ex N. Hallé, foliis parce aniso-
pbyllis, inflorescentiis in racemis cymorum compositis.
Ps. floribunda (K. Schum.) N. Hallé comb. nov. Bas. ; S. fîori-
bunda K. Schum., Bot. Jahrb. XXIII : 428 (1897).
Ps. segregata (Hieni) N. Hallé comb. nov. Bas. : S.? segregaia
Hiern, F. T. A. III : 77 (1877).
Pseudosabicea prosel3rta N. Hallé sp. nov.
Frutex sarmentosus, ramulis 2-4 mm diam. teretis, pilis ochraceis appres-
sis. Intemodia 5-8 cm longa. Stipulae erectae 8-10 mm longae, ad basin latac,
ad apicem atteauatae acutae, extra pilosae. Petioli 5-16 mm long!, ocbraceo-
pilosi, in singulo nodo inaequales (folia anisopbylla). Lamina ovalia acuta
basi 4: obtusa, rotundata vel subacuta, 7-10,5 X 3-5 cm, supra glabra vel
sparsissime pilosula in junioribus, infra nervis nervulisque ocbraceo-pilosis.
Nervi supra sparse pilosi, latérales 14-18 utrinque.
Inflorescentiae axillares 15-30 mm longae, paniculatae, luteo-ocbraceo-
pilosae, pedunculo perbrevi, cire. 20-30 floribus, ramulis oppositis, bracteis
inferioribus oppositis, bracteolis ellipticis 2-4 mm longis recaulescentibus.
Pedicellus subnullus. Ovarium valde ])iliferum, biloculatum multiovulatum,
placentis peltatis. Calyx tubo 0,5 mm longo, 5 lobis inaequalibus non acutis,
1,5-3 mm longis, oblongis vel spathulatis, pubeiulentibus, extrorsis. Corolla
praecipue ad apicem pilosula, alba, 3,5-4 mm longa, tubo 3 mm longo infra
glabro, 5 brevibus lobis valvatis faucibus dense pilosis intra et supra staminas.
Source : MNHN, Paris
— 173 —
Autherae sessiles, 0,8 mm longae, paidum apiculatae. Stylus 3,7 mm longus
stigmate bilobato 0,7 mm longo iucluso, ia forma longistyla observatus.
ÂfGnis Ps. segregatae (Hiem) N. Hallé, sed sepalis minoribus nec elon*
gatis neque stiblinearibus, m£oresceDtiis miaorïbus, omnibus bracteolis
rccaulescentibus, diffeit.
Typus : N. Hallé 748, la Nkoulounga, Gabon, 11 juillet 1959.
ECPOMA K. Schum., Bot. Jahrb. 23 : 430 (1896).
COMPOSITION DU GENRE
E. apocynaceum K. Schum, sp. gen. typ., loc. cit.
E. geantha (Hiern) N. Hallé comb. nov. Basionyme : Sabicea? gean-
Iha Hiern, F. T. A. 3 : 78 (1877).
E. cauliflora (Hiern) N. Hallé comb. nov. Bas. : S.? cauliflora Hiern,
F. T. A. 3 ; 77 (1877); le type : Mann, St Thomas Isl., a été choisi par
Wernham.
E. hierniana (Wernh.) N. et F. Hallé comb. nov. Bas. S. hierniana
Wemh., Monogr. : 29; le type a été exclu du matériel cité par Hiern à
la suite de la description orig. de l’espèce précédente.
E. gfigantostipula (K. Schum.) N. Hallé comb. nov. Bas. : S. gigan-
ioslipula K. Schum., Bot. Jahrb. 33 ; 337 (1903).
E. bicarpellata (K. Schum.) N. Hallé comb. nov. Bas. S. bicar-
peilafa K. Schum., loc. cit.
Nota : il est possible que certains autres Sabicea s. 1., soient des
Ecpoma, notamment les espèces du sous-genre Siipulariopsis Wernh. et
le S. speciosissima K. Schum. ; nous n’avons pas eu le moyen de le vérifier.
CARACTÈRES DISTINCTIFS INTERGÉNÉRIQUES
Pseadosabicea
Port rampant ou grimpant,
non à la fois grêle et volu-
Uile.
Anisophyllie ± accentuée,
parfois totale.
Ovaire à 2(3) loges.
Fruits ± souvent peu
charnus,
Pulpe du fruit non colorée.
Axe du fruit non charnu-
accrescenl.
Placentas oblongs, charnus
et peltés dans le fruit.
Sabicea
Lianes généralement grêles
et voluhiles, quelques sp.
± arbustives.
Anisophyllie très rare et
faible en Afr. (cf. infra).
Ovaire b {4)5 loges.
Fruits juteux très charnus.
Pulpe du fruit à pulpe
souvent rouge carmin.
Axe ovarien accrescent
charnu dans le fruit.
Placentas étroits, minces
et sessiles dans le fruit.
Ecpoma
Arbrisseaux non grêles ou
arbustes jusqu’à 4 m de
Pas d’anisophyllie.
Ovaire à 2 loges.
Petits fruits peu charnus.
Pulpe non colorée.
Axe non accrescent.
Placentas arrondis et ±
cordés, peltés dans le
Source : MNHN, Paris
— 174 —
Source : MNHN, Paris
— 175
Calice très courtemenl tu¬
buleux.
Sépales ± laminés, le plus
souvent rabattus extrop-
Corollc petite à tube ±
Calice souvent tubuleux
et parfois longuement.
Sépales parfois imbriqués,
souvent laminés et dres-
Corolle à tube long uu très
long, généralement pubes-
Calice courtement tubu-
Sépales llUformes (au
moins dans la forme
longistyle) et ± dressés
Corolle à tube très long ei
glabre.
REMARQUES SUR L’ANISOPHYLLIE
Nous n’avons observé aucune espèce américaine anisophylle. En
Afrique seul le Sabicea capilellata Benth. est très faiblement anisophylle.
A Madagascar au contraire, les S. diversifolia Pers., seua Wernh. et angus-
lifolia Wernh. présentent une remarquable anisophyllie dont l’aspect
présente une certaine similitude avec celui de certains Pseudosabicea
anisophylles africains, notamment le Ps. mildbraedii Wernh. Les Sabicea
malgaches sont des arbrisseaux dressés qui fréquentent des talus et des
rocailles humides; leurs fleurs et leurs fruits sont bien ceux des vrais
Sabicea. Le Ps. mildbraedii est au contraire sarmenteux ± rampant et
ripicole, fréquent sur des berges inondables; ses fleurs et ses fruits sont
différents. Nous pensons qu’il n’y a entre ces plantes qu’une remarquable
convergence de la forme et de la pilosité des feuilles comme de l’aspect
général des inflorescences et des stipules.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES INFLORESCENCES
La contraction de certaines inflorescences empêche parfois de pré¬
ciser les caractères inflorescenlieis, chez certains Sabicea ou Pseudosa¬
bicea. Chez quelques espèces où l'observation était plus facile, nous
avons pu étudier quelques caractères (pl. 3) qui paraissent renforcer la
valeur du nouveau genre Pseudosabicea.
Chez les trois espèces de Pseudosabicea de la section Floribundae
(pl. 3, g, h et i), dont les inflorescences sont lâches, on observe deux
caractères remarquables ;
1. Chaque pédicelle est axillé par une bractée, y compris les pédicelles
des ultimes fleurs. On peut noter que chez Ps. milisphaera à inflorescences
denses, il y a de nombreuses petites bractées parmi les fleurs du capitule.
2. Toutes les bractées supérieures sont recau/escenfes (pl. 3, j et k);
elles se présentent de ce fait toujours isolées dans les ultimes ramifica¬
tions, jamais par paires juxtaposées-connées. Celles des ramifications
principales présentent deux dispositions : primo, chez Ps. segregata (i),
les cymes latérales des grappes de cymes ont chacune une bractée axillante
non recaulescente ; secundo, chez Ps. floribunda (g et h) et Ps. proselyta,
les cymes latérales des grappes de cymes ont toutes une bractée inférieure
Source : MNHN, Paris
- 176 --
nellement allongées,
Source : MNHIJ, Paris
l'fcaulescente. La figure h diffère de la figure g en ce que les deux prc-
inièrea ramifications sont des grappes composées insérées à l’aisseile de
bractées non recaulescentes ; en outre, les cymes opposées, plus régulière¬
ment insérées sur le rachis primaire et très prolifères, sont souvent tripares.
La recaulescence des bractées des cymes de Pseudosabicea présente des
analogies avec ce que nous avons observé chez les Cuviera (1959).
Chez les Sabicea s. s., deux groupes d'espèces se distinguent, chacun
d’une façon différente, des Pseudosabicea :
1. Les ultimes ramiftcalions sont dépourvues de bractées chez de nom¬
breuses espèces à inflorescences ± lâches ou à la fois multiflores et
denses (pl. 3, a â d); il n’y a parfois qu’une paire unique de bractées au
sommet du pédoncule (a et b) ; parfois encore il peut y avoir 2 à 5 paires
de bractées généralement pseudoverticillées (c et d).
2. Les bradées sont connées par paires, au moins les inférieures, et
les paires sont densément emboîtées en pseudocapitules; ceci s’observe
chez S. robbi, dinktagei, sp. aff. dinklagei et irigemina (f). Le S. capilellata
(e) fait transition entre cette série de Sabicea s. s. et la précédente.
ESPÈCE EXCLUE DU GENRE SABICEA
Le Sabicea adamsii Hepper, à ovaire biloculé, a été décrit d’après
un spécimen en fruits. Or l’espèce est un Berliera; nous pouvons l’affir¬
mer après étude d’un spécimen florifère du Cameroun (Letouzey 1869);
les anthères sont acuminées, le stigmate présente deux lobes laminés,
accolés par leur face interne, striés en long extérieurement, et la pubes¬
cence interne de la corolle est apparentée à celle du B. bracleolala Hiern.
D’où la rectification taxonomique Bertiera adamsii (Hepper)
N. Hallé comb. nov. (bas. : Sabicea adamsii Hepper, Kew Bull. 1958 : 291).
Bibliographie
Mai.lè K. - Contribution à l'étude biolgique et taxonomique des Mussaendeae (Babia-
reae) d’Afrique tropicale. Adansonin 1, 2 ; 266-298, 13 pl. (1961).
Hallé N. — Sur les Cuviera (Rub.) d’Afr. interfop. Bull. S. Bot. Fr. 106 : 342(1959).
Hepptr F. N. - Sabicea Avibl. and .S(ipu/or/o Beauv. (Rub.-Muss.) in Tropical Africa.
Kew Bull. ; ‘289-294. 4 rtg. (1958).
HiKRN W. P. - Oliver, F. T. A. 3 : 74-78 (1877).
IloYLE A. c. — Sabicea roeea, Kew Bull. ; 264 (1935).
Petit li. — Rub. afr. IX, notes sur (...) Safiicea. Bull. jard. Bol. Brux, 32 ; 193 (1962).
ScHUMAKH K. - H'ihiaceae afriranae. Engl, Bot. Jahrb. 23 : 337-339 (1903).
WicRNHAM H. F. - A monograph of Uie genus Sabicea, 82 p., 12 pl. (1914), British
Muséum, I.ondon.
12
Source : MNHN, Paris
NOTES TAXINOMIQUES ET ÉCOLOGIQUES
SUR DES COMPOSÉES NOUVELLES OU RARES
DES ANTILLES FRANÇAISES
(28® contribution - - suite)
par Henri Stehlk
Correspondanl du Muséum.
Pectis tonuicaulie Urb.
Réf. ; Urb- Symè. Anl. I : 468 {1899), V ; 271 el IV : 642 (1911); Brilt. cl VVils-
Bol. P- R- et Vii^. Isl-, V : 318 (1925).
Syn, : P. proslrala Gn«eb., Fl, B. W, I. : 378, in part. (1861), non Cav., Icon. IV,
12 Tab. ; 324 (1797).
Espèce non citée dans Duss, mais dont il a collecté un des écotypes
de la plante à la Martinique sur laquelle Urban a décrit l’espèce. Nous
l’avons recherché vainement. Urban indique les échantillons des Antilles
françaises comme suit :
Martinique : Hahn : sans n. ni loc.; Duss ; n. 970 b. (les autres
n. 970 de Duss sont de l’espèce P. humifusa Sw.) ; n. 4078 h. (non cité dans
la Flore) in lilloralibus ad Case Pilote, 280 m ail. Aug. flor. (Urb. loc. cil. I :
271). La différence entre les deux espèces réside dans les caractères
floraux : les capitules de P. ionuicaulis Urb. sont en glomérules de 2-5 têtes,
alors qu’ils sont solitaires dans P. humifusa Sw. et les capitules sont de
1,5 à 2 mm de diamètre avec 7 à 8 fleurs dans la première espèce, alors
qu’ils sont de 2 à 4, 5 mm de diamètre, avec 15 à 30 fleurs, dans la deu¬
xième, laquelle est très répandue sur tous les littoraux antillais.
Répart, géogr. : Porto-Rico (Sintenis; Stahl), Antigue ; Duss n. 5,
in lilloralibus prope St-Jean, n. Dec. Flor.
Endémique antillaise littorale rare.
Pectis humifusa Sw.
Rét. : Sw. Prodr. ; 114 (1788) el Fl. III : 1362; Mayc. Barb. : 328; Gbiseb. Kar. ;
84 el Fl. B. W. I. ; 378; Kew. Bull. 81 ; 260; Duss, Fl. Ph. Ant. fr. ; 372 (1897); Wabm.
Halofyl. Stud. : 220, f. 24; Britt. et Wils. Bol. PB. And. Virg. Isl. VI ; 318 (1925);
Norlh Amerlc. Flora XXXIV ; 199; E- E. Cbeesman, Fl. Trin. el Tob. Il, 2 : 100-101
(1940).
Syn. : CMhonia humijasa Cass., in Dict. Sc- Nal- IX ; 173 ( 1817); C- repens Cass,
loct. cil. XXVII : 204 (1823); Pectis proslrala Spreng., Syst. III ; 572 pro parle (1826).
non Cav. ; P. serpylli/olia Less, Linnaea VI : 715 (1831), DC. Prodr. V : 101 ; P. Sieberi
Source : MNHIJ, Paris
— 179
Less, in Linnaea VI: 717 (1831], DC. Prodr. V : 101 ; Lorenlea hunii/usa Less, in Linnaea
VI : 719 (1831), UC. Prodr. V ; 102.
Description très brève mais correcte dans Duss, très complète dans
Ujrban, Symb. Anl. V : 273 (1907).
Espèce antillaise, de Saint-Domingue à Tobago, extrêmement
abondante sur les littoraux secs ou humides, sableux ou rocheux, dont
l’écologie et la localisation peuvent être précisées comme suit dans nos
récoltes et celles examinées dans les principaux herbiers antillais des
divers muséums.
Guadeloupe : Read; Duchassaing; Duss : n. 2487, littoraux sableux
et madréporiques, très abondant; H. & M. Stemlé : n. 140 (in herb. pers.
et Mus. Paris) 20 sept. 1934, falaises à la limite littorale des tufs sous-
marins exondés et des calcaires lenticulaires littoraux, ait. 0-60 m; n. 1734
(NY. et P.), 25 juin 1937, sables blancs de décomposition de corallinées
récentes, de Morne-à-l'eau, Moule et Sainte-Anne, ait. 15 m; n. 2811,
5 févr. 1937, interstices des roches madréporiques. Pointe des Châteaux,
ait. 15 m; n. 7118, 15 août 1945, sol sec et pulvérulent littoral sous-le-
vent, Pointe-Noire, ait. 100 m.
Saini-Mariin : Bbitton et Cowëll, in littoralibus et prope Fort Ams¬
terdam, Rijgersmea. Suringar; Boldingh : n. 18 : Fort Amsterdam,
n. 19, Fort Wilhem, n. 2366 B et n. 2414 B. : Filipsburg et Guanabay.
Saint-Barlhélemy : Forstroem : Mus. Holm., Von Goes.
Désirade : Duss : n. 2487 (ex Urban, loc. cit. 273) : frequens in
arenosis siccis littoralibus.
Marie-Galante : Duss (s. n. ni loc.).
Martinique : Hahn ; n. 847; Plée ; s. n.; Sieber ; Suppl, n. 24'
H. & M. Stemlé : n. 3547 (W. et P.) 27 avril 1939, littoral sec de Sainte-
Luce, ait. 0-280 m; n. 3712 (W. et P.), 23 févr. 1939, Lorrain, bordure
d’un champ de canne, ait. 250 m et n. 37.39, mêmes date et lieu, falaises
vers le littoral, ait. 120 m ; n. 4956, 4 nov, 1940, pelouses xéro-héliophiles,
calcaires et littorales, ait. 5 m; n. 5138, 18 mars 1942, bordure de champs
humides et pelouses sableuses, ait. 25 m; n. 5206, 2 sept. 1942, friches
xéro-héliophiles, Bois-Soldat, François, associée à Zornia diphylla (L.)
Pers. (n. 5207), ait. 30 m; n. 5215, 30 juil. 1942, sur sables calcaires,
prostrée et radicante, falaises de Sainte-Anne, pionnier de colonisation
en association avec le pourpier bord de mer : Porlulaca mariinicensis
Urban, (n. 5214) et le chevalier onze heures : Porlulaca quadrifida L.
(n. 5216).
Noms vernaculaires ; Teigne bord de mer, petite marguerite, margue¬
rite bord de mer (Guad.); chevalier dix heures, petite marguerite jaune
(Mart.).
Écologie : littorale, héliophile, psammophile, saxicole, sur madré¬
pores. Le type de P. serpyllifolia Less et celui de P. Sieberi Less, syno¬
nymes de cette espèce, sont de la Martinique où cette plante est particu¬
lièrement abondante.
Répart, géogr. : Saint-Domingue, Porto-Rico, Saint-Thomas, Sainte-
Source : MNHN, Paris
— 180 —
Croix (Milisp.) Saint-Eustache, Sainl-Kitts, Ansruilla et Saba (Bo-
dingh), Antigua (H. & M. Stehlé), Dominique (Griseb.}, Sainte-Lucie
(H. et M. Stehlé), Saint-Vincent, Mustique, Barbade (Urban), Tobago
(Broadway).
Endémique antillaise littorale abondante.
Pectis martiniceusis Urb.
R6f. ; Urb. Symb. Ant. V ; 276 (1907).
Syn. : Peclis carthusianorum Duss, Fl. Pti. Aiil. fr. ; 372 (1897), non Less, in
l.iiinaea VI : 712 (1831) et auct. miilt.
Celte espèce est du groupe du Peclis ciliaris L., espèce collective et
non de celui de P. humifusa Sw. 11 ne s’agit nullement du P. carthusia¬
norum Less, qui est limité aux Grandes Antilles, Cuba, Haïti, Saint-
Domingue et Porto-Rico. Cette espèce endémique martiniquaise se
caractérise de toutes les autres de ce groupe par ses capitules solitaires
sur des axes ramifiés dichotomiquement et par ses tiges de 30 à 60 cm de
haut, au lieu de 12 à 14 capitules et des tiges de 15 à 45 cm, dans P. carihu-
sianorum Less, et des glomérules oligocephales dans P. ciliaris L.
Marlinique : Duss ; n. 202 et n. 933 (seul cité dans sa flore, p. 372),
satis fréquens in savannis maritimis, Sainte-Anne, Vauclin, François.
Nom vernaculaire : Lin bâtard.
Endémique de la Martinique.
'Pectis febrifuga Van Hall
Réf. ; Van Hall, Ann. Hort. et Bot. ou Flore Jard. des Pays-Bas, IV : 33, cum
tabl. (1861); Urb. Symb. Ant. V; 279-280 (1907); 1. Boldingh, Fl. Dutch West Ind.
Isl. Sl-Eu., Saba, Sl-Mart- : 205 (1909).
Syn. : Peclis lini/olia Less, Linnaea VI : 790, excl. syn., Symb. (1831), non LinnC
(1769); P. graueolens Klalt, in Engl. Bol. Jahrb. Vlll ; 46 (1887); P. Sivaririana Borg.
4 Pauls., Veget. Dansk-Veslind. Oer. : 110 (1898), non Less (1831).
Espèce nouvelle pour les Antilles françaises, dans une Dépendance
de la Guadeloupe.
Sainl-Barlhélemy : H. & M. Stehlé : n. 6760, (W. et P.) 25 août 1945,
savane semi-arborée, xéro-héliophile, entre des rochers calcaires, sous un
arbre épineux : Guellarda parviflora (n. 6759), ail. 10 m. Plante notée
comme très rameuse, ressemblant à P. lini(olia L., dont nous l’avions
prise au premier abord comme une forme naine, diffuse, plus branchue,
à feuilles plus brèves, de 1 cm de long seulement, à inflorescences plus
compactes. Le P. linifolia L. (n. 6762) était associé avec le P. febrifuga
Van Hall (n. 6760), au même lieu et toutes deux en fleur, ce qui a permis
la comparaison. Confirmation nous en a été donnée pour les deux espèces,
par Killip et Dr S. F. Blake, de la Smithonian Institution, à Washing¬
ton, en lO-fô, et nous les en remercions bien vivement. La pelouse où les
deux espèces abondaient, près de Gustavia, était caractérisée par Desman-
Ikus oirgalus (L.) Willd. (n. 1761), Paspalum-diffusum Sw. (n. 6764) et
les espèces suffrutescenles par le ti-baume : Croton baisamifer L. (n. 6758),
Source : MNHN, Paris
- I8I
ait. 100 m, et le bois royal : Malpighia anguslifolia var. linearis (Jacq.)
Nicdzu (n. 6763}.
Écologie : xéro-héliophilc, saxiphilc, littorale ou un peu à l’inté¬
rieur, calciphiie.
Répart, géogr. : Jamaïque, Water Isl. près Saint-Thomas, Sainte-
Croix, Saba (Bold.), Bonaire, ('uraçao. Aruba, Colombie.
Espèce antillo-américaine tropicale.
'Pectis elongata H. B. K.
Réf. : Nov. Gen. & Spec. IV ; 262, Ubl. 392 (1820); Less, in Linnaea VI ; 710; DC.
Prodr. V : 99; Baker, in Mart. Flor. Bras. VI, pars III : 288; Hiehonym. in Engl.,
Bol. Jahrb. 60; I-'kbnald, in Conlrib. Gray. Horb., n. ser, n. XII ; 77; Ubd. Symb.
Ant. V : 283-284 (1907).
Syn. ; Cryplopelalon elongatum Cass., in Dict. Sc, Nat. XXVII : 206 (1823) ; l.oren-
feu polycephala Cardn., in Hook. Lond. Journ. Bot, V : 240 (1846), ex Baker (loc. cit.);
P. floribunda A. Rich., in Sagra, Fl. Cuba, XI ; 36 (1850) ; P. ciliaris A. Ricb., in Sagra,
Fl. Cuba, XI ; 36 (1850), non Linné (1759); P. Plumieri Griseb. Fl. Brit. W. 1. : 378,
excl. syn. Plum. ; 378 (1861); P. lenella Hilch., Fl. Baham: 101 (1893), non DC. (1836);
P. siricta Willd., n. 16139, apud Less (loc. cit.).
Espèce américano-antillaise nouvelle pour les Antilles françaises et
bien connue dans deux formes, l’une normale et l'autre naine.
Martinique : H. et M. Stehlé : n. 5422 (in herb. Mus. Wash. et
Paris), 12 déc. 1943, savanes littorales du bord des falaises de Schoelcher,
à la plage de Madianna, associée à Oxatis frulescens L. (n. 5421) dit oseille
jaune falaise, ait. 25 m; n. 5980 et n. 5986, 8 sept. 1945, pied des falaises
de Tivoli à Ralata, près Route des Rochers, dans le taillis à amourette ;
Acacia guadeloupensis DC. (n. 5985), associée à la liane jaune : Ckaelocalyx
scandens (L.) Urb. (n. 5984) et h l’herbe pompons ; Mimosa ceratonia L.
(n. 5983), ait. 280 m ; n. 6053, 12 juin 1943. petites formes, Tivoli à Balata,
dans les taillis à Chiococca alba (L.) Hitchc., herbe des sorciers, ait. 380 m;
n. 6073, 22 mai 1945, savane des Pétrifications de Sainte-Anne, à la
rencontre des sols de jaspe, végétaux silicifiés, et des calcaires, le long
de la coulée et sur les falaises littorales de l’Extrême Sud de l’Ile, ait. 25 m,
en association avec Croion Jardini Müll.-Arg. (n. 6074, (ti-baume) et
Heliolropium lernaiiim Vahl var. Leonardii Stehlé (n. 6075, sariette),
dans une savane sufTrutico-herbacée d’origine édapho-climatique., ail.
25 m; n. 6194, 17 juin 1945, littoral xéro héliophile, Bellefontaine, sur
sol pulvérulent, dans les savanes semi-arborées à Walteria americana L.
(n. 6195, guimauvo), Parkinsonia aculeala L. (n. 6193, mimosa à piquants)
et Gayodes crispum (L.) Small (n. 6192, balais) ; ait. 25 m, n. 6735, 12 juin
1942, littoral de Bellefontaine, ait. 10 m, n. 6840, 18 juin 1945, sables
littoraux de Saint-Pierre, plage vers le Carbet; forme naine, peut-être
écologique, peut-être taxinomiqiiemcnt valable et à étudier ; Sous un
fourrés littoral, xérophile, à Eryihalis fruiieosa forma obovaia Stehlé
(n. 6839, fiambeau caraïbe) et Pisonia (ragrans Dum.-Cours. (n. 6841,
mapou bord de mer).
Noms vernaculaires : citronelle, herbe citron, herbe à citronelle.
Source : MNHIJ, Paris
— 182 —
Lorsqu'on froisse tes feuilles, l’odeur de citronelle ou de citron est très
nette et la plante est utilisée comme sudorifique en infusion à la Marti¬
nique, où elle est très connue sous ce nom, mais surtout depuis une
vingtaine d’années.
Espèce américano-antillaise, nouvelle pour l’Archipel des Petites
Antilles, outre les Antilles françaises.
Écologie : littorale, xéro-héliophile mais plastique.
Répart, géogr. : Cuba, Jamaïque, Haïti (où elle est appelée citronelle
également), Guatemala, Costa-Rica, Nouvelle-Grenade, Venezuela,
Guyane, Pérou et Brésil.
Observalion : cette espèce n’ayant été observée auparavant qu’aux
Grandes .\ntilles ou sur le Continent Sud-Américain, il y a lieu de se
demander s’il ne s’agit pas d’une introduction, naturalisation et coloni¬
sation récentes. Sa présence au bord des routes, son absence dans les
diverses flores antillaises pour l’Arc Caraïbo, hors les Grandes Antilles, et
surtout dans la Flore de Duss, militent en faveur de cette présomption.
Elle aurait pu alors être introduite de Saint-Domingue vers 1942, année
où des bovins ont été importés de cette Ile pour la boucherie et effecti¬
vement, on la trouve en des points où des élevages bovins existent dans les
parages, Par contre, son aspect autochtone, son adaptation aux conditions
édapho-climatiques locales et sa colonisation, parmi les espèces citées
les plus diverses citées ici, en association, son électivité pour des sols
variés aussi bien au Nord de l’Ilc, dans les sols ponceux ou sableux d’ori¬
gine volcanique, qu’à l'extrême Sud à la Savane des Pétrifications, sur
falaises calcaires ou sur végétaux silicifiés, sont autant de raisons pour
penser que cette présence est plus ancienne ou que les aptitudes colonisa¬
trices de cette espèce sont exceptionnelles.
Pectis linüolia L.
Héf. : Linm», Syst. X, éd. II : 1221 (1759), et Amoen. Acad. V : 407 et Spec. 1>1.
11, ed.2: 1250; Gaehtn. Frucl. II : 455, l. 171 : Lunan, Ilorl. Jam. 1 : 380; Lam. III. ;
684; Cav, in Dict. Sc. Nat. XXXVIII : 202; Fernald, Conlrib. Gray Herb. n. sér. n.
XII : 85; Britton in Bull. New-York Gard. III ; 453; Urb. Symb. Ant. V : 284-286
(1907), et IV, Fl. Port. : 643 (1911); Bbctt. & Wils. Bot. P. R. & Virg. Isl. VI : 319
(1925).
Syn. : Verbesina lini/olia L., Svsl. X, ed. II : 1226 (1759); P. punclata Jacq., Enum.
28 (1760), et auct. mult., Duss : Fl. Ph. Ant. fr. : 371 (1897); PeclioUam punclalam
Less, in Linnaca, IV : 707 (1831); DC. Prodr. V: 98; Telracanthas lineari/oUus A. Bich.,
in Sagra, Fl. Cuba. XI ; 60 (1850).
Cette espèce est excellemment décrite par Urb. (Ioc. cit. V : 284-286).
Duss (Fl. : 371) donne seulement quelques caractères essentiels de ce
végétal et précise, à juste raison, « qu’abondant à la Guadeloupe, il ne l’a
pas trouvé à la Martinique, mais il est abondant à la Dominique et à
Sainte-Lucie ». Pour Saint-Barthélemy, citée par Urban (loc, cit. : 286)
pour la partie hollandaise où Von Goes l’a collectée, elle n’a pas été indi¬
quée pour la partie française. Département de la Guadeloupe, où nous
l’avons collectée en 1945.
Source : MNHI-J, Paris
183 -
Saini-Barlkélemy : H. et M. Stehlé n. 6747, (herb. W. et P.), 24 août
1945, littoral de Gustavia et sur les collines voisines, en association xéro-
héliophile avec Shjlosanlhes hamata (L.) Tauberl (n. 6746, pois jaune) et
Juslicia sessilis Jacq. (n. 6744, petite violette); en sous-bois de Tabebuia
paltida Miers subspee. heteropkylla (DC.) Stehlé (n. 6745, poirierblanc)
et Bourreria succulenla Jacq. (n. 6748, arbre ti-bonbon), 25 août 1945,
ait. 100 ni : n. 6762, même date, mais en savane suiTrutico-herbacée, à
P. lebrifuga Van Hall (n. 6760) -- Desmanthus virgalus (L.) Willd.
(n. 6761), sous fourrés épineux à Crolon-Gueilarda {n. 6758-n. 6759),
ait- 100 m Rare.
Guadeloupe : lJuss : n. 2519, locis siccis saxosis liltoralibus ad le
Uaillif, Vieux-Habitants, 40-500 m ait.; H. et M. Stehlé : n. 86 (herb.
pers. et Paris exclusivement), 20 oct. 1934, littoral xéro-héliophile sous-le-
venl, Baillif, Vieux-Habitants, Bouillante, ait. 0-.50 ni; n. 619 (W. et P.),
2 avril 1938, littoral du Baillif, sur tuf exondé, ait. 15 m; 7908,2 déc. 1950,
Bouillante, près des Sources Chaudes, littoral sec, sur sol pulvérulent,
savanes xéro-héliophiles, sous taillis à Crolon balsamifer L., associé à
Boitleloua americana L. (n. 7910, herbe cabrit) et Leucas marlîmcensis
H. Br. (n. 7909, ti bouton). Disséminé, peu commun, adaptation xéro-
héliophile remarquable.
Noms vernaculaires : tin, lin bâtard.
Répart, géogr. : Bahamas, Cuba, Haïti, Saint-Domingue, Jamaïque,
Porto-Rico, Sainte-Croix, Saint-Thomas, Saint-Jean, Virgin Gorda,
Saint-Martin, Saint-Kitts, Dominique et Sainte-Lucie (Duss n. 201 et
932), Saint-Vincent, Bequia, Grenade, Margarita, Curaçao, Amérique
subtropicale et intertropicale, de la Californie, de l’Arizona et du Yucatan,
des Iles Galapagos et de la Nouvelle Grenade au Vénézuéla.
Ainsi, le genre Peciis aux Antilles françaises est représenté non pas
par trois espèces seulement, ainsi que l’expose Duss, mais par six espèces
distinctes et d’une écologie bien définie indiquée ici.
Porophyllum ellipticum Cass.
Uél. : l.)ict. Xl.Ill : 56 (1826); DC. Prodr. V ; 648; Bob. &. Gbêen. Proc. Amer.
Acad. XXXII : 31; Urb. Symb, Anl. I : 467 (1898).
Syn. : Cacalia Porophylhim L., Kteinia Porophyllum Willd., P. porophytlum
Kuntre et Porophyllum ruderale Griseb., Fl. B. W, 1. : 379 (1861), à laquelle Duss
Fl. : 372, l'a rapportée indistinctement pour les deux variétés des Antilles françaises.
Celles-ci se diftérencienl comme suit :
Var. ellipticum Urban
Urban, Symb. Anl. I : 467 (1898). Synonymes cités ci-dessus.
Variété à feuilles obtuses ou brièvement apiculées, crénelées sur la
marge, les squamules de l’involucre portant des stries et des glandes
jusqu’à l’apex.
Plante américano-antillaise, des Bahamas à Trinidad et Tobago, non
récoltée à la Martinique, mais citée pour la Guadeloupe ; Duss n. 2514.
Source : MNHN, Paris
— 184
Var. ruderale (Jacq.) Urban
Réf. : Urban, Symb. Ant, I ; 468 (1898).
Syn. : Kleinia ruderalif Jacq., Enumer. : 28 (1760), Cacalia nidfraliH Sw.. Pom-
phyllum ruderale Cass, in part., DC. Prodr. V : 648 et Duss Kl. : 372, in part.
Variété à feuilles acutées ou acuminées, entières sur la tnarfjc; les
squamules de l’involucre glanduleuses et striées h la base seulement.
Plante endémique antillaise, de Cuba, Jamaïque, Porto-Rico et Antilles
françaises.
Guadeloupe : Ex De Candolle (loc. cit.); H. et M. Stehlé ; n. 2748
(W. et P.), 2 juil. 1935, cultures, jardin de Pointe-à-Pitre, Abymes,
ait. 10 m; n. 7901 (herb. pers.), 17 nov. 1950, Prise d'Eau, Trace des
Deux Mamelles, Duclos, ait. 360 m.
Marie~GalanU : H. et M. Stehlé : n. 161 (W. et P.), mornes calcaires
de Capesterre, ait. 25 m.
Martinique : Duss n. 1435; Siebeb : Suppl, n, 2.
Noms vernaculaires : herbe à soie, herbe à z’aiguilles, poireau bàlard,
herbe soyeuse (dans les deux variétés et les deux îles).
Écologie : rudérale typique dans ses deux variétés : déi’ombres,
savanes herbacées, abords de maisons, jardins, lisières agro-sylvicoles.
Alt. 0-400 m.
Répart, géogr. : Grandes et Petite.^ Antilles, de Cuba à Trinidad;
Amérique tropicale.
Egletes prostrata (Sw.) Kuntze
Réf. ; Kuntze, Rev. Gen. 1*1. : 334 (1891); Gbiseo. Kl. Bril. W. 1. ; 380; Ubb. Symb.
Anl. VIII ; 717; Fawc & Rendue, Kior, Jam. Vil ; 192; Bbitt & WiU. Bol. PB. &
Virg. Ul. VI : 293-294 (1925); E. E. Cheesman, Fl. Trin. & Toi.., pars 2 ; 78 0940).
Syn. : Mairicaria prosirala Sw., Prodr. : 114 (1788); Pyretbrum simplicifolium
Willd., Sp. PI. 111 : 2151 (1804); Egleies domingensis Cass., Dict. Sci. Nal. XIV ; 26r.
(1819), el aucl. mult.; Duss, Fl. Pli. Anl. Fr. : 373 (1897).
Cette plante est décrite succinctement, mais assez correctement par
Duss (p. 373) sous le binôme synonyme invalidé de E. domingensis Cass.
L’écologie qu’il en donne peut être précisée et quelques récoltes plus récen¬
tes ajoutées ici.
Guadeloupe : H. et M. Stehi.é, n. 7911, 3 déc. 1950, plante colonisa¬
trice sur sables blancs, plage de Sainle-.\nne. forme gazon, associé à
Ipomoea pes-caprae. L., ait. 10 m.
Marie-Galanle : H. et M. Stehlé, n. 158 (herb. VVash. et Mus. Paris],
23 juil. 1935, littoral silico-calcairc de Capesterre et de Saint-Louis,
ait. 0-5 m; n. 417 (NY et P.) 26 mars 1936, plage bordant le bois littoral
de Folle-Anse, ait. 7 m.
Écologie : pionnier de colonisation sur la ligne de rivage, sur sables
blancs de calcaires miocènes ou de madrépores décomposés, formant
Gazon, électif de l’association à Ipomoea pes-caprae-Canaualia mariliina,
décrite dans l’Écologie (1935). Assez rare cependant car est étroitement
Source : MNHN, Paris
— 185
électif des sables blancs et manque sur les plages volcaniques, de sable
noir ou à éléments pyroxéniques. Alt. O-IO m.
Répart, géogr, : Hispaniola, Jamaïque, Porto-Rico, Saint-Thomas,
Saint-Kitts, Antigue : H. et M. Stehlé, n. 6286, 19 août 1945, Réservoir
de Fiennes, ait. 100 m; Barbade (H. et M. Stehlé) n. 2947, (Mus. Paris),
5 avril 1937, Saint-Ann’s Garrison, ait. 10 m; Trinidad, Tobago et Véné-
zuéla (ex Cheesman), Curaçao, Aruba et Vénézuéla.
Espèce littorale calciphile d’origine antillaise et de micro-aire véné¬
zuélienne.
Gnaphaliuzn indicum L.
Bêf. : Linné. Sp. PI. : 852 (1753); Bbitt. & Wn.s. üol. P. B. & Virg. 111., VI ;
299 (1925),
Syn. : G. americanum Stahl, Uuss, Fl. Pii. Ant. fr, : 373, 1897, non Millf.b; G.
purpureum Cook & Collins, non Linné,
C’est la plante décrite par Duss (p. 373) sous les deux noms synony¬
mes indiqués ici. La description est très brève mais correcte. En fait,
l’espèce est introduite et nous ne l’avons observée que cultivée, autour
des jardins sous le nom d’herbe-coton, même au Camp-Jacob et aux
environs où Duss précise l’avoir collectée (D. n. 3664). Elle ne paraît pas
exister à la Martinique.
Neurolaena lobata (L.) R. Br.
Héf. : R.Bn. in DC. Prodr. VI : 292 (1837); Gbiseb, Fl. Brit. W. I. : 381; Duss,
Fl. Ph. Ant. Fr. : 373 (1897); Urb, Symb. Ant. IV: 644 et VIII : 743; Britt & Millps,
Baham. Flor. : 457; Fawc. & Rendu. Flor. Jam. VII : 269, North Americ. Flor.
XXXIV : 307; Bbitt. & Was. Bot. P. R. & Virg. Isl. VI ; 319-320; E. E. Cheesman,
Fi. Trin. & Tob. II, pars 2 ; 101 (1940).
Espèce américano-antillaise brièvement mais correctement décrite
par Duss, sous le binôme exact et le nom vernaculaire d’herbe à pique,
toujours usité car la plante fait partie des simples très employés dans la
pharmacopée locale. L’écologie peut cependant être mieux définie et
quelques récoltes supplémentaires énumérées.
Guadeloupe : H. et M. Stehlé : n. 74 (herb. NY et Mus. P.), 20 janv.
1935, trace forestière, abords, chemin de la Soufrière, ait. 600 et 780 in;
n. 357, (herb. pers. et Paris exclusivement) 20 janv. 1935, Bains-Jaunes et
Ravine Malanga, ait. 610 m; n. 1281, (NY. et P.) 5 déc. 1936, Plateau de
Diigommier, bois supérieurs, ait. 720 m.
Dominique (Antilles Anglaises) : H. et M. Stehlé; n. 6418 (herb.
W. et P.), 22 avril 1946, Forêts humides de Bataca à Salybia, dans lu
Réserve Caraïbe de l’Ile, ait. 400 m.
Nom vernaculaire : herbe à pique, en Martinique et en Guadeloupe, à
Trinidad (Cheesman) et à la Dominique (H. et M. Stehlé).
Écologie ; élective des clairières et des sous-bois, en forêt hygro-
phytique à Dacryodes-Sloanea, dans ses différents faciès, sciaphile et
hygrophytique. Alt. 400-900.
Source : MNHN, Paris
— 186 —
Erechtites hieracifolia (L.) Raf.
Béf. : Raf. in DC. Ppodr. VI ; 291 ( 1837] ; Gkiseu. Fl. Bril- W. I, : 381 : Diss, l'I-
Ph. Ant. fr. ; .374 (1897); Ubb, Symb. Ant, IV ; 644 elVIII; 743; Boldingh. Fl. Dulch.
W. I. I. ; 205; Britt. & Millsp. Baham. Flor, : 458; Fawc. 4 Rkndlb. l'ior. Jam.
Vil ; 271 ; Britt & Wils. Bot. P. R. & Virp. Isl., VI : 320; E. E. Giikesman, Fl. Trin.
& Tob. II, pars 2 : 103 (1940).
Syn. ; Senecio hieracifolius L., Sp. PI. : 866 (1753); E. peralta Raf., Fl. Ludov. :
65 (1817); E. hieraci/nlia (L.) Raf. var. r<tcalioide$ E^ers, Bull. U. S. Nat. Mus. XIII :
66 (1879).
C’est la plante brièvement décrite dans Duss sous ce nom et avec la
dénomination vernaculaire d’herbe à lapin et laitue sauvage.
Elle est rudérale et ubiquiste. Engler et Prantl l’indiquent comme
de large répartition dans les régions tropicales et tempérées des deux
continents. Duss ne cite que cette espèce du genre. Il existe aux Antilles
françaises deux autres espèces que nous y avons collectées et dont l'écolo¬
gie et les localisations peuvent être indiquées comme suit :
Erechtites valerlanaetolia (VVulfl) DC.
Réf. : DC. Prodr. VI : 295(1837); BoLotNOH, Flor. Dulch. West. Ind. Isl., Sl-Eusl.
Saba and St-Marl., Leyden ; 206 (1909).
Cette plante n’est citée dans aucune flore des Antilles, de Grisebach,
Urban, Britton, Wilson, Millspaugh, Hitchcock, Duss, etc..., à
l’exception de Boldingh (loc. cit. : 206) en 1909 pour l’Ile de Saba :
entre Bottom et Marypoint, ait. 350 m (n. 1491 B.}, Mountain : ait. 600-
800 m {n. 1786 B) et localités inconnues : n. 166 L. et n. 193 L.
Elle existe également en forêt humide et en forêt rabougrie altitu¬
dinale, aussi bien à la Guadeloupe qu’à la Martinique et confirmation de
la détermination nous en a été donnée par le D^ E. Killip et le D^ S. F.
Blake, spécialistes des Composées, que nous remercions bien vivement.
Guadeloupe : H. et M. Stehlé, P. Bena et L. Quentin, (in herb.
Stehlé; W. et P.), n. 5640, 23 août 1944, Fonds Bernard, Trace Fores¬
tière dans le Haut-Matouba, clairières sylvatiques de forêt dense et
humide à Dacryodes-Sloanea, ait. 780 m.
Marlinique : H. et M. Stehlé ; n. 3682, (in herb. W, et P.), 26 mars
1939, dôme de la Pelée, forêt rabougrie, sommets volcaniques, associée
avec Oldenlandia herbacea DC. forma lanceolaia Stehlé (n. 1383),
ait. 1 200 m.
Répart, géogr. : Amérique centrale et seplenlrionale, Java (herb.
Berlin).
Obseruaiion : cette espèce, d’aspect autochtone en forêt et en alti¬
tude, est-elle d’introduction récente aux Antilles françaises, où elle ne
paraît pas avoir été collectée avant 1939?
Il est possible alors que, comme VErigeron canadensis, les oiseaux
migrateurs et le vent soient les causes de cette dissémination?
Source : MNHN, Paris
— 187 —
Erechtites agrestis (Sw.) Rydb.
Les deux numéros de nos collections ont été attribués à cette espèce
au Jardin Botanique de New York par P. Wilson. Nous indiquons ci-après
les notations relevées à leur sujet.
Guadeloupe : H. et M. Stehlé : n. 1706, (herb. NY. et Mus. Paris),
11 mai 1937, Sainte-Rose, savanes ferro-alliptiques, associée à Polygala
PlaneUasi Mol. et Maza (n. 1706, ti-branda), ait. 100 m; n. 1707 (NY. et P.),
27 juin 1937, Ravine Malanga et forêt des Bains-Jaunes, ait. 650 m.
Emilia soncliifolia(L.) DC.
Béf. ; DC. Prodr. VI : 294 (18.17); Griseb. F. B, W. I. : 381; Duss, F. Ph. Ant. fr.
374; Urb. Symb. Anl. IV ; 644 el VIII : 743; Bhitt. Fl. Berm. : 397; Bhitt. & Millsp.
Baham Fl. : 457; Brut. 4 Wils. Bol. P. R. & Virg. Isl. VI : 20; E. E. Chbesman,
Fl. Trin. & Tob. Il, pars 2 : 103 (1940).
Iltustr. : H. & M. Stbhi.é Fl. Agr. Ant. fr.. vol. I, Flore des Champs de cannes à
sucre, 108-109 (1957).
Syn. : Cacalii Mnr.lii/nlia !.. Sp. PI. : 835 (1753); .Senecio sonehilnlius Moench
(1802).
Duss en donne une très brève description, signale son abondance,
réfère à son n. 2510 (G.), mais ne précise pas son écologie et son aire.
Nous pouvons le faire comme suit, en indiquant un échantillon de nos
collections pour chaque lie.
Guadeloupe : H. et M. Stehlé : n. 332 (herb. pers. et Mus. Paris
exclus.), 12 janv. 1935, côte Sous-le-Vent, de Baillif à Vieux-Habitants,
ail. 0-600 m; n. 7912, 16 janv. 1951, friches humides, Duclos, Prise d’Eau,
Fontarabie, route vers la forêt, Trace des Mamelles, ait. 385 m.
Marie-Galanle : H. et M. Stehlé, n. 7448, 2 déc. 1949, rudérale, au
bord de la route et dans les cultures, Capesterre, ait. 120 m.
Martinique : H. et M. Stehlé, n. 7451, 21 déc. 1949, friches du
Jardin de Tivoli, Balata, ait. 340 m.
Noms vernaculaires : mangé-lapins, herbe à lapins, salade à lapins,
je sèche à tous vents, goutte de sang rose.
Écologie : rudérale et messicole, friches, surtout dans les champs
de cannes à sucre et les friches, après manioc et choux, bord de route,
pieds de mur, sur talus et sur humus, aussi bien au secteur Sous-le-Vent
qu’au Vent, dans les Iles et les Dépendances de la Guadeloupe, très com¬
mune, de 0 à 650 m d’altitude.
Intérêt agronomique : Plante indicatrice, nitrophile, de grand intérêt
agricole à cet égard (Réf. : FI. Agr. I, Fl. Chp. cannes, 100 et 108). Harold
St-John (Fl. Hawaï : 157) précise qu’elle caractérise a les plantations
d’ananas riches en azote ». La même observation a été faite par
H. et M. Stehlé [Fl. Agr. : 108), pour les « champs de cannes fertilisés,
les friches fraîches et humifères, dépôts d’engrais azotés ». C’est aussi une
bonne fourragère. Plante considérée comme mauvaise herbe el cependant
bien précieuse à bien des égards.
Source : MNHN, Paris
— 188 —
Répart, géogr. : Pantropicale, aux Antilles : de la Floride à Trinidad,
Amérique du Sud et tropiques de l’ancien Continent.
Emilia coccinea (Sims) Sweet
Réf. : Sweet, Ilorl, Bril. ed. III : 382 (1839); ÜBU. Symb. Anl. VIII ; 744; Kawc.
& Rbndle, fi. Jam. VU ; 273; Bbctt. & Wils. Bot. P. R. * Virç. Isl. VI : 321 ; E.-
E. Cheesman, Fl. Trin. & Tob. II, pars. 2 : 102-103 (1940).
Syn. : Cacalia coccinea Sims, Bot. Mag. : 564; Emilia sagitiala Diiss, Aucl. mult.,
an DC. (?); E. flammea Duss, non DC (1837).
C’est l’espèce que Duss (Fl. 374) rapporte à E. sagillala (Vahl) DC.,
qui a pour base Cacalia sagillala Vahl, lequel était un nomen abortivum
à rejeter suivant les règles de la nomenclature botanique car décrit sur
une plante nommée Hieracium javanicum Burm. f., laquelle est devenue
Emilia javanica (Burm. (.) C. Rob. Même si l’identité précise de VE. java-
nica demeure douteuse, il ne fait aucun doute que les différents auteurs,
notamment Alston, in Suppl. Fl. Ceylon : 171, l’ont employé pour une
espèce bien différente de la plante antillaise. Le binôme E. coccinea (Sims)
Sweet, dans ces conditions, est celui qui doit être retenu en accord avec
les règles, comme l’ont fait Urban, Bhitton et Wilson et Cheesman.
Bien qu’il existe des confusions dans les descriptions entre les deux
espèces du genre Emilia aux Antilles françaises, la plante est bien connue.
Quelques numéros récents, l’écologie est l’aire seront seules indiquées
ci-après :
Guadeloupe : H. et M. Stehlé ; n. 74 (W. et P.), friches du Quartier
d’Orléans, Basse-Terre, face Gouvernement, 15 nov. 1934; ail. 25 m;
n. 91 (herb. pers et Mus. Paris exclus.), 21 sept. 1934, bord des cultures
et du littoral, Vieux-Fort, ait. 0-700 m; n. 7913, 16 janv. 1951, Duclos,
Fontarabie, Trace des Deux-Mamelles, vers les bois, associée au précé¬
dent (n. 7912), ait. 385 m.
Marie-Oalanle : H. et M. Stehlé ; n. 7449, 2 déc. 1949, St-Louis,
friches de champs de cannes et cultures vivrières (choux, carottes, etc...l,
lisière du bois de Folle-Anse, ait. 0-20 m.
Marlinique : U. et M. Stehlé ; ii. 7450, 21 déc. 1949, Jardin de
Tivoli, cultures et friches, ait. 340 m.
Noms vernaculaires : mangé-lapin, goutte de sang, je sème à tous
vents, goutte de sang rouge.
Répart, géogr. : Antilles : de la Floride et des Bermudes à Trinidad,
Nord de l’Amérique du Sud et Iles de l’Océan Pacifique.
Senecio lucidus (Sw.) DC.
Réf. : Griseb. Fl. Bril. West Ind. : 382 (1864); Duss, Fl. Ph. Anl. fr. ;
374-375 (1897).
Espèce bien décrite par Duss avec l’indication des noms vernacu¬
laires d’herbe à lapin pour la Guadeloupe (n. 2954) et d’herbe à pique
Source : MNHN, Paris
— 189 —
bâtard pour la Martinique (n. 966). Il faut y ajouter; fleur jaune montagne,
herbe à pique d’or, fleur soleil, marguerite grand bois.
L’écologie et les récoltes nouvelles sont indiquées ici :
Guadeloupe : H. et M. Stehlé ; n. 393 (NY et P), 15 févr. 1936, clai¬
rières et traces des grands bois humides; Bains-Jaunes, vers l’Ajoupa,
ait. 800 m.; n. 495 (herb. pers. et Mus. Paris exclus.), 20 mars 1935, bois
du haut Malouba et lisières sylvo-culturales de Papaye, ait. 900 m. ; n. 7914,
18 janv. 1951, limite cultures forêts, bois de Moscou, propriété Darbous-
sicr, hauteurs de Capesterre, ait. 850 m.
Martinique : H. et M. Stehlé : n. 3657 (W. et P.), 23 janv. 1939, bois
humide, Fontaine Absalon, après Balata, Trace de l'ile, ait. 450 m. ; n. 3694,
22 mars 1939, lisières de la forêt dense, Ajoupa Bouillon, ait. 450 m;
n. 3710, 23 févr. 1939, Ajoupa Bouillon, vers le Trianon et la Pelée, ait.
600 m; n. 5692, 27 mars 1945, limite forêts-cultures. Fonds Boucher à
Fonds St-Denis, ait. 620 m., assez commun; n. 5805, 26 avril 1945, Trace
de Fonds St-Denis au Morne Vert, lisières des cultures vivrières et de la
forêt dense, ait. 500 m; n. 6467, 28 sept. 1940, Jardin de Tivoli, bords
de la Rivière Madame, lisières culture-forêt, rivulaire ait. 350 m; n. 6868,
12 févr. 1946, chutes près de la source d’Absalon, ait. 500 m; n. 6871,
12 févr. 1946, clairières forestières du Morne Rouge, vers St-Pierre, ait.
480 m.
Écologie : espèce bien caractéristique par son écologie sylvatique
en clairières, héliophile de la forêt dense humide à Dacryodes-Sloanea
dans ses divers faciès, humifère et persistant après défrichement. Lisières
sylvo-culturales, forêt primaire dégradée, où elle subsiste dans les stades
de régression. Plante ornementale et médicinale recherchée; ait. 350-
1000 m. Disséminée et répandue dans les divers faciès sylvatiques sans
être abondante nulle part, non colonisatrice, mais à l’état dispersé.
Obeervalion : la plante de Sieber indiquée sous ce nom, sans n® ni
loc., pour Trinidad, par Griscbach (Fl. 382), est probablement de la
Martinique, mais en tous cas non de Trinidad, ainsi que l’indique E.-E.
Cheesman, Fl. Trin. et Tob. II, pars 2 ; 104 (1940), à juste raison.
Endémique de l'Archipel Caraïbe.
Il existe deux autres espèces du genre Senecio, introduites et actuel¬
lement naturalisées aux Antilles françaises, non décrites dans la Flore de
Duss, qu’il convient d’indiquer ici. Alors que la précédente est suffrutes-
cente, les deux suivantes sont soit lianoïde ; S. confusus Britten, soit
herbacée : S. vulgaris DC. Il n’y a aucune confusion possible. Leur des¬
cription ne figure pas dans les flores antillaises car elles paraissent nou¬
velles pour les Antilles, mais elles sont bien connues par ailleurs. Nous
signalons seulement leur écologie, les noms vernaculaires et leurs locali¬
sations.
Senecio confusus Britten
La tendance à la naturalisation de celte espèce lianoïde ornementale
d’introduction récente, remontant probablement à 1938 aux Antilles
Source : MNHN, Paris
— 190 —
françaises, est si remarquable que l’on doit indiquer son écologie et les
spécimens subspontanés récoltés, après s’être échappés des jardins, grâce
à sa reproduction par graines munies de dispositifs anémochores.
Guadeloupe : H. et M. Stehlé : n. 5319 (W. et P.), 3 sept. 1944, Basse-
Terre, échappée des jardins où elle forme de larges tonnelles, ait. 10-250 m ;
n. 7915, Duclos 18 janv. 1951, Prise d’Eau, Pt-Bourg, lisière culture-forêl,
vers les Deux Mamelles, ait. 385 m.
Marlinique : H. et M. Stehlé : n. 5033 (W. et P.), 27 juin 1942, sub¬
spontanée, tonnelles de l’habitation De Raynal, « fleurs rouges et couleur
brique, en étoile », ait. 50 m; n. 5804, 24 avr. 1945, Fort-de-France, bords
de route, « en voie de naturalisation », ait. 10 m.
Noms vernaculaires : fleurs jaunes, marguerite à tonnelles.
Écologie : subspontanée à la lisière des cultures et de la forêt, sur
talus hymitères, héliophile cependant, se répand de plus en plus.
Senecio vulgaris DC.
Cette plante adventice herbacée et annuelle bien connue est sub¬
spontanée par endroits, mais n'a pas une tendance à la naturalisation
aussi accentuée que la précédente.
Martinique : H. et M. Stehlé : n. 6815 (W. et P.), habitation Le Par¬
nasse, Commune de St-Pierre, pâtures humides et friches, ait. 480 m.
Chaptalia nutans (L.) Polak.
Réf. : Polak. Linnaea XLl ; 582 (1877); Hemsley, Biol. Cotilr. Amer. Bol. II :
255 (1881-1882); Baker, in Flor. Bras. VI, 3, 377 (1882-1884); Urb. Symb. Ant. III.
419 (1903), IV ; 645 et VIII : 746 (1921); Britt & Wils. Bol. PB. & Virg. Isl. VI ;
322-323 (1926): Malme, in Arkiv, f. Bol., 24 A, n. 6 : 83 (1932); Moore, in Flor. Jam.
VII ; 280, ng. 98 (1936); Bullock, in Hook. Icon. Planl. t. 3345 (1937); in Pulle,
Flor. Surin. Med. XXX, IV. pari. 2: 165(1938); E, E. Cheesman, Fl. - Trin. & Tob. 11,
II, pars 2 : 104-105 (1940).
Illuslr. ; H. & Stehl*, Fl. Agr. Anl. fr. vol. III, Fl. Lég. & Anti-érosion : 146-147,
Basse-Terre (1960).
Syn. : Tussilago nulans I,., Syst. ed. X ; 1214 (1759); Chaptalia subcordala Greene,
leaO. I : 195 (1906); Leria nutans DC., Ann. Mus. Paris, XIX ; 68 (1812); H. B. & K.
Nov. Gen. & Spec. IV : 5 (1820); Less. in Linnaea V ; 131 (1830); DC. Prodr. VII :
42 (1838); Ghiseb., Fl, Br. W, 1. ; 383 (1864); Duss, Fl. Ph. Anl. fr. : 375 (1897),
C'est, en ellet, sous ce nom synonyme que Duss décrit cette espèce,
avec le n. 2470 pour la Guadeloupe et le n. 1439 pour la Martinique ; « Dos
blanc, dans toute l’Ile ». II a lieu de préciser l’écologie.
Guadeloupe : H. et M. Stehlé ; n. 192 (W. et P.), 15 sept. 1935, Ver-
nou, sur latérites, ait. 250 m; n. 1849 (W. et P.), 15 avril 1935, sols pulvé¬
rulents, talus humifères, Baillif, ait. 25 m; n, 7916, 18 janv, 1951, Duclos,
Prise d’Eau, sur humus, trace des Deux-Mamelles, ait. 385 m.
Martinique : H. et M. Stehlé : n. 7452, 21 déc. 1949, friches humides
et humifères du Jardin de Tivoli, ait. 340 m.
Écologie : secteurs culturaux humides et frais, lisière des cultures
et de la forêt, assez rare. Alt. 150-850 m.
Source : MNHN, Paris
- 191 —
Intérêt agronomique : pionniers sur latérites. Dissémination facile
par ses akènes nombreux et anémochores. Coioni.satrice des sols en cours
de latérisation dans l’étage bananier et caféier. Édificatrice d’humus par
la décomposition de ses larges limbes et la retenue autour de la rosette,
de particules de terre et matière orçanique (H. et M. Stehlê, FI. Agr.
111 : 146, descript. détaillée et illustr. 147, 1960).
Noms vernaculaires ; je sème à tous vents, laitue sauvage, laitue
marron.
Espèce bien connue dans les Iles en raison de son emploi comme
simple ; vulnéraire et détersive.
Répart, géogr. : Grandes Antilles, de Cuba et Haïti à Jamaïque et
Porto-Rico, Petites Antilles, des Iles Vierges et Saba à Trinidad, Amérique
continentale inlertropicale, depuis le Texas, le Mexique et le Costa-Rica,
jusqu’aux Guyanes, Surinam (Rombouts n. 339} et au Brésil.
Souebus oleraceus L.
Réf. : Linné, Sp. PI. : 794 (1753); Gbised. Kl. B. \V. I. : 384; üuss, Fl. Pli. Ant.
fr. ; 375 {1897}; Urb. Symb. Anl. IV : 647 et VIII ; 749; Bbitt. FI. Berm. : 381; Bbitt.
4 Mtllsp. Baham. Flor. ; 430; Fawc. & Bendle, FIüp. Jam. VII : 289; Bbitt. S Wils.
Bot. PR. & Virg. Ul. VI : 275 (1925); E. E- Chkesman, Fl. Trin. <S Tob. II, pars 2 :
106 (1940).
Espèce bien décrite par Duss, introduite d’Europe et naturalisée aux
Antilles, des Bermudes à Trinidad, rudérale typique, à laquelle nous indi¬
quons ici seulement une de nos récoltes pour chacune des îles.
Guadeloupe : H. et M. Stehlé : n. 489, juin 1935 (herb. Mus.
NY. et P.), friches, lisières culturales, naturalisé, Gourbeyre, ait. 450 m.
Martinique : H. et M. Stehlé : n. 5031, 6 mars 1942 (W. et O.),
friches et cultures du Morne Vert, ait. 450 m.
Ubiquiste et pantropical, originaire de l’Ancien Continent, naturalisé
dans la plupart des Antilles.
Sonchus asper (L.) Hill
Réf. ; Hili,, Horb. Bril. I ; 47 (1769); All. Flor. Pedem. I : 222 (1785); Villars,
Hisl. PI. Dauph. III : 158 (1789); Griseb. Fl. B. W. I. : 385; Duss, Fl. Ph. Ant. fr. :
375-376; Britt. & Wils. Bot. PR. & Virg. Isl. VI : 275 (1925).
Plante européenne, introduite avec les engrais et d’autres semences,
décrite par Duss comme « très abondante dans les terres en friches dont
il compose souvent l’unique végétation » (Fl : 376, 1897). Cependant,
actuellement, elle paraît complètement disparue et ne se maintient nulle¬
ment après s’être échappée, car elle est herbacée et annuelle et nous ne
l’avons rencontrée ni à la Guadeloupe ni à la Martinique (ni Chees-
MAN à Trinidad et Tobago) à l’inverse de la précédente qui est naturalisée,
bien que non colonisatrice.
Espèce originaire d’Europe et quasi-spontanée dans diverses îles
antillaises des Bermudes à Barbade, et en Amérique tropicale.
Avec cette espèce se termine la description des végétaux de la famille
Source : MNHN, Paris
192 -
des Synanlhérées dans Duss, et par la troisième tribu des Li^liflorcs
(p. 376).
Pour terminer cette étude de révision critique et d’addition d'espèces
nouvelles ou rares pour les Antilles françaises, il convient d’ajouter ici :
les plantes que nous avons récoltées et qui ne sont pas figurées dans Duss,
les genres auxquels elles appartiennent n'étant pas mentionnés, les
espèces ayant été omises bien que récoltées, n’ayant pas été collectées
auparavant ou ayant été placées dans un genre distinct. Enfin, il y aura
lieu de mentionner succinctement les cultivées non naturalisées.
Dans la sous-famille des Tubuliflores, les diverses espèces récoltées
se rapportant à des genres des tribus des verneniées : Senecioides (L.)
Post et Kuntze, des Astérées ; Epalles DC et Solidago L., des Helianthées :
Galinsoga R. et P. et Tridax L., et des Gynarées ; Cirsium (Tourn.) Mill.
Dans la sous-famille des Liguliflores, les espèces naturalisées des
genres Taraxacum L., Lactuca L. et Bracbyramphus DC, sont à préciser.
Senecioides cinerea (L.J Kuntze
Bét. : Kuntze, in Post & Ki'ntze, l.ex. Gen. Phan. ; 515 11904), Britton & Wil¬
son, Bol. P, R. & Vii^, Isl. VI ; 565 (1930).
Syn. : Conyta cinerea L. Sp. PI, ed. 1 ; 862 (1753); Vernonia cinerea I.ess, in Liii-
naea IV; 291 (1829)el IV : 673 (1831); UC. Prodr. V : 24 (1836); Griseb. Fl, Br. W. 1:535
(1864): Duss Fl. Ph. Ant. fr. : 351 (1897); Oleason, in Bull. NY. Bot. Gard. IV : 174
(1905-07); PuLLE. in Trav. Bot. neerl. IX : 163 (1912); Urb. Symh. Ant. VIII ; 706
(1921); Bbitt. A Millsp. Baham. Fl. : 436; North Americ. Fl. XXXIII ; 59; Bbitt. &
WiLS, Bol. P. R. & Virg. Isl. VI ; 283 (1925); Moore, in Fawc. & Rendle, Flor.
.Jam. Vil : 162 ( 1936); Koster in Pulur, Fl. Suriname; Med. XXX, n. 11, vol. IV,
part 2 ; 95; E. E. Cheesman, Fl. Trin. & Tob. II, part 1, 2 : 58 (1940).
Cette espèce classée par la majorité des auteurs dans le genre Vernonia
Schreb., nous paraît mieux à sa place dans le genre Senecioides (L.) Post
et Kuntze, par son caractère do plante annuelle et herbacée, alors que les
espèces du genre Vernonia Schreb. sont vivaces et frutescentes, bruis-
sonnantes ou arborescentes, mais toujours aoûtées. Britton et Wilson
( foc. cil. n. 565) écrivent à juste raison, semble-t-il, que « la classification
est améliorée par la reconnaissance du genre Senecioides (L.) Post et
Kuntze, l’espèce est citée comme type du genre ».
Guadeloupe : Duss : n. 2484, n. 2517, « abondant dans les endroits
cultivés ou incultes de la basse région : environs de la Basse-Terre, Baillif,
Vieux-Habitants, Deshaies, ait. 5-200 m; H. et M. .Stehlé : n. 7917,
18 janv. 1951 Prise d’Eau, Duclos, Trace des Deux Mamelles, à la lisière
des cultures et de la forêt, ait. 385 m. Duss précise (Fl. : 351) : « Il n’est
pas à la Martinique a; nous ne l'y avons pas trouvé effectivement.
Noms vernaculaires : bouton blanc, bouton violet, herbe la cendre,
je sème à tout vent, mangé lapins.
Écologie ; rudérale, messicole, friches à la lisière sylvo-culturale,
traces et talus humifères, pas seulement dans n la basse région » mais
jusqu'à la limite de la forêt dense humide. Alt. 10-850 m.
Source : MNHIJ, Paris
— 193 —
Répart, géorg. : originaire de l’Inde, introduite et naturalisée dans
la plupart des Antilles, des Bahamas à la Barbade et sur le Continent
américain, de la Floride à Panama et des Guyanes à la Colombie.
Epaltes brasiliensis DC.
Espèce des régions tropicales de l’Amérique du Sud, ne figurant dans
aucune flore antillaise sans exception, de Grisebach et Duss à Urban,
Britton et Wilson ou Cheesman, et depuis les Bermudes ou les Bahamas
jusqu'à Trinidad ou Curaçao. Il ne s’agit pas ici d’une introduite, échappée
des jardins ou des cultures, car elle ne fait l’objet d’aucune plantation
ou utilisation. Elle croît d’ailleurs spontanément dans des secteurs écolo¬
giques où l’homme exerce peu d’influence sur la végétation, celui des
abords de mangrove et dans les prairies marécageuses, milieux malsains
et dilliciles à prospecter. Cette écologie particulière, qui sera précisée
ensuite, permet d’inférer un rôle de dissémination possible par les oiseaux
migrateurs saisonniers dont l’itinéraire va du Brésil aux Bermudes, vers le
anada et dont les relais sont précisément de tels marécages.
11 nous a été donné de signaler des cas analogues pour cette famille
(Erigeron canadensis L.} ou d’autres {Orlhoclada taxa (L. Rich.) Beauv.,
aussi bien pour la Martinique que pour la Guadeloupe. Si elle n’a été
signalée par aucun auteur, c’est sans doute que les collecteurs n’ont pas
mené des investigations assez suivies et prolongées dans les boues de ces
marécages malsains qui constituent son milieu d’élection.
Guadeloupe : H. et M. Stehlé : n. 7918, 18 janv. 1951; boues des
marécages en bordure de la mangrove, de Baie-Mahault au Lamentin,
très rare et exclusivement en ce point; ait. 0 m.
Martinique : H. et M. Stehlé : n. 2308 (NY et P.) 2 sept. 1937,
marécages derrière mangrove, boues fluides, Trois-llets, près la Poterie
d’Hayot, rare,ait. Om (premièrecollection antillaise;?. Wilson, co-auteur
de la Botanique de Porto-Rico et des Iles Vierges nous confirma la déter¬
mination); n. 5146, 27 mars 1942, pelouses semi-inondées succédant à la
mangrove à palétuviers blancs, à Avicennia nilida — Laguncularia
racemosa, en association avec Allhernanlhera paronchioides St-Hiï. (n. 5145)
et Slenolaplirum secundalum (Walt.) Kuntze (n. 5147), ait. 0 m; n. 5713,
10 janv. 1945, friches humides. Tivoli, ait. 280 m; n. 6146 (Mus. W.,
P. et H.), 19 déc. 1942, pelouses semi-inondées, Tivoli, bord Rivière
Madame, rare, ait. 250 m; n. 6872, 12 févr. 1946, Morne Rouge, vers
ühampflore, bord de marécages à Cypéracées, bord de talus humifères à
Senecio lucidus DC. (n. 6871) en lisière sylvo-culturale, ait. 480 m.
Noms vernaculaires : herbe à ter, ti-carré, herbe à z’ailes, herbe
amère. Le nom d’herbe à fer, le même que celui appliqué à VEryngium
foetidum L., dit aussi charbon béni, ombellifère dégageant quand on la
froisse une odeur de fer, comme celle-ci, est très bien appliqué, cependant
l’Epalles ne paraît pas usité comme simple. Le nom de ti-carré ou herbe à
z'ailes traduit en expression créole imagée les caractères de la section,
carrée de la tige et de sa marge nettement ailée sur les quatre angles.
Source : MNHIJ, Paris
— 194 —
Écologie : hélophyte, halophile, tolérante, se place dans l’évolution
vers la prairie ou la culture de la végétation des marécages de mangrove à
Avicennia, au niveau de la mer ou à basse altitude; ou des étangs non
salins, de l’intérieur ou même d’altitude à la lisière de la forêt hygrophy-
tique à Dacryodes — Sloanea (Stehlé).
Solidago serotina Ait.
Cette espèce, dont la confirmation nous a été indiquée par le
Dr S. F. Blake et le Dr E, Killip, de la Smithsonian Institution de
Washington, pour notre n. 2044 de la Guadeloupe, n’est figurée pour les
Antilles ni dans la flore de Duss ni dans aucune autre de l’Archipel des
Antilles. Il s’agit cependant d’une espèce spontanée, le long des traces
forestières, au-dessus des cultures, très rare cependant. Son écologie est la
suivante ;
Guadeloupe : H. et M. Stehlé ; n. 2044 (W. et P.), 25 juil. 1937,
Bains-Jaunes, Trace vers l’Ajoupa chemin de la soufrière, lisière de la
forêt dense hydrophytique, à Dacryodes-Sloanea, très rare, ait. 680 m.
Écologie : talus humifère, sciaphile, bordure de forêt humide (plu¬
viométrie 6 m d’eau par an).
Dans ce même genre Solidago L., on cultive dans les jardins des
Antilles, deux plantes qui ne sont ni indigènes ni naturalisées et d’ailleurs
fugaces, n’ayant aucune tendance à s’échapper, ni à subsister.
Ce sont : Solidago mexicana L., vergeretle d'or native d'Amérique
Centrale, herbacée, à fleurs jaunes, en panicules de nombreux capitules,
confondue avec S. sempervirens L., et souvent, d’ailleurs, incluse dans
cette espèce, dont elle se différencie par ses inflorescences en capitules
plus petits, ses feuilles plus crassulescentes et épaisses.
Solidago microglossa DC, têtes d’or, originaire du Brésil et de
l’Argentine, cultivée aux Iles Vierges comme ornementale, selon Bbitton
et Wilson, Bot. P. R. et Virg. Isl. : 566 (1930), à feuilles linéaires ou
oblongues-lancéolées minces, serretées et triplinervées, à inflorescences
en petits capitules denses dorés formant des panicules unilatérales. Le
Père Duss indique sur son étiquette que la plante fut introduite à la
Guadeloupe en l’année 1894. Elle est toujours plus ou moins cultivée
dans les jardins et autour des maisons, ainsi qu’à la Martinique, mais ce
s’est pas naturalisée, pas plus que S. mexicana L.
Galinsoga caracasana (DC) Sch. Bip.
Béf. : Sch. Bip. Linnaea XXXIV : 529 (1866); Britt. & Wils. Bot. P. H. & Virg.-
Isl. VI : 315(1925).
Syn. : Vargasia caracasana DG., Prodr. V : 676 (1836).
Le genre Galinsoga Ruiz et Pavon, Fl. Pérou : 110 (1794), de la tribu
des Hélianthées, est représenté par deux espèces natives ou naturalisées
complètement dans nos Iles, celle-ci et la suivante. Cependant, la Bota-
Source : MNHN, Paris
— 195 —
nique de Porlo-Rico et des Iles Vierges, de Britton et Wilson {p. 315)
est la seule flore antillaise qui les signale toutes deux, pour l’Ile de Porto-
Rico seulement d’ailleurs. Elles ne figurent ni dans Duss ni dans aucun
ouvrage sur la végétation des Antilles. Leur détermination nous a été
donnée par le Dr S. F. Blake et le Dr E. Killip, de la Smithsonian Insti¬
tution (auxquels nous exprimons notre gratitude), car nous les avions
prises pour la colonisatrice bien connue, G. parviftora Cav., ubiquiste,
répandue à travers le monde, décrite et illustrée dans H. Saint-John
(Weeds Pineapple Fields, Hawaiian Isl., Uni. Hawaii, Research Bull. n. 6 :
167, 1932).
Elles se diflérendent l’une de l’autre par leurs feuilles et leurs fleurs
de la manière suivante :
Plante glanduleuse. — Feuüles ovées, crénelées, 2-5 cm de long, acu-
rainées, pétiole de 2 cm. Fleurs radiées de couleur pourpre.. G. caracasana.
Plante ailée, à poils blancs. — Feuilles ovées, grossièrement dentées,
3-8 cm de long, acutées, pétiole grêle. Fleurs radiées blanches. G. ciliata.
Nous avons récolté G. caracasana (DC.) Sch. Bip. à la Guadeloupe et
à la Martinique, et G. ciliaîa (Raf.) Blake, à la Martinique et à la Domi¬
nique, mais non à la Guadeloupe. Les localisations et l’écologie pour la
première sont les suivantes :
Guadeloupe : H. et M. Stehlé : n. 7919, 18 janv. 1951, talus humi-
fères de Gourbeyre, ait. 525 m. Rare.
Martinique .‘H. et M. Stehlé : n. 5849 (Mus. W. et P.), 8 avril 1944,
talus humifères, fossés au bord de la route, colonisatrice dense, Balala,
la Trace abords de la Basilique de Montmartre, ait. 400 m; n. 6873,
14 févr. 1944, poste forestier de la Donis-Balata, sol humifère, lisières
sylvo-culturales, en tapis abondamment fleuri de qeurs pourpres à
disque Jaune, ait. 450; n. 6874, 25 févr. 1946, village de Balata, près de la
Trace, ait. 420 m.
Noms vernaculaires ; petite marguerite, petit ponpon Jaune.
Écologie : colonisatrice des talus humides et de couverts, bords de
route et de fossés, près des bourgs d’altitude, édificatrice d’humus,
ait. 300-525 m.
Répart, géogr. : Native d’Amérique Centrale et des pays septen¬
trionaux d’Amérique du Sud, dont le Vénézuéla (d’où le nom), naturalisée
à Porto-Rico.
Galinsoga ciliata (Raf.) Blake.
Béf. : Blake, Rhodora XXIV : 35 (1922); Britt. 4 Wils. Bol. P. B. & Virg. Ul.
VI : 315 (I925|.
Syn. : Advenlina ctliala Raf., New. Flor. I : 67 (1836).
Espèce absente des flores antillaises, y compris Duss, à l’exception de
Britton et Wilson. Pour les Antilles françaises, il peut être précisé ici :
Source : MNHN, Paris
— 196 —
Marlinique : H. et M. Stehlé : n. 6087 (Mus. W. et P.) 14 mai 1946,
S. F. Blake delerminavil, en colonisation et en extension aux abords du
poste forestier de la Donis-Balata, en association avec la précédente,
ait. 450 m.
Dominique : (Antilles britanniques) : H. et M. Stehlé : n. 6351,
28 avril 1946, talus humifères du bourg d’altitude de Maga, en lisières
forestières, associée à : Lobelia Clifforliana L. (n. 6352), ait. 510 m.
Noms vernaculaires : petite marguerite blanche, petit bouton blanc.
Répart, géogr. ; Originaire d’Amérique tropicale, centrale et médi-
(lionale; naturalisée dans la partie orientale des États-Unis et à Porlo-
Rico.
Tridax procumbens L.
Béf. : Linné, Sp. PI. : 900 (1753); Bbitt. & Millsp. Bahani. Klor. : 354; Britt. &
WiLS. Bol. P. R. & Vir^. Isl. VI : 316 (1925); E. E. Chef.sman, Fl. Trin. 4 Tob. Il,
pars 2; 99 (1940).
Ne figure ni dans Duss ni dans aucune autre flore antillaise que
celles citées. Plante de la tribu des Hélianthées, hirsute, ramifiée en
longues branches grêles, de 20 à 50 cm de haut, à feuilles ovées ou ovées-
lancéolées, de 2 à 6 cm de long, brièvement pétiolées, acutées ou acumi-
nées à l’apex, cunéiformes à la base; à pédoncules érigés solitaires et
terminaux, de 5 à 20 cm de long; involucre campanulé, de 6 mm bractées
hispides lancéolées, fleurs radiées blanches, à ligules 2-3 lobés, jaunes et
pâles, akènes de 2 mm de long, densément pubescents à poils soyeux et
brillants. Décrite et illustrée par H. Saint-Jhon et E. Y. Hosaka, Univ.
Hawaii, Weeds... : 180-181, sept. 1932), qui l’indiquent comme une
sérieuse mauvaise herbe des champs d’ananas en régions sèches. Pour
les Antilles, nous pouvons préciser l’écologie.
Marlinique : H. et M. Stehlé : n, 26^ (W. et P.), 7 sept. 1937, talus
humifères du Morne Rouge, ait. 350 m, n. 2940, 2 avr. 1937, talus humi¬
fères inférieurs des Trois-Ilets, ait. 20 m,, rare; n. 4370, 19 avril 1939.
ponces dioritiques du Prêcheur et abords de la Rivière des Pères, ait. 10 m ;
n. 4513, 16 sept. 1939, Rivière de la Roxelane, de St-Pierre au Prêcheur,
dans les coulées de laves et les dépôts de nuages denses, ainsi qu’au bord
de la Rivière, ait. 20 m ; n. 5094,28 juillet 1942, Propriété Préville, au Prê¬
cheur terrestre, saxicole, rare, ait. 100 m; n. 65^, 15 mars 1940, sur
ponces dioritiques et sols pulvérulents secs. Prêcheur, en association
avec le pourpier marron; Portulaca phoeosperma Urb. (n. 6526), ait. 10 m;
n. 6854, 18 juin 1945, sables et ponces, de St-Pierre au Prêcheur, Rivière
Roxelane, ait. 20 m. Je ne l’ai pas observée à la Guadeloupe.
Noms vernaculaires ; bouton blanc, marguerite blanche.
Répart, géogr. : Grenade, Trinidad, etTobago(CHEESMAN), Bahamas,
Cuba, Ste-Croix, Porto-Rico, Floride et Amérique tropicale continentale
(Britt. et Wils.) Hawaii (St-John et E. Y. Hosaka).
Source : MNHN, Paris
~ 197
Cirsium mexicanum DG.
Réf. : DC. Prodr- VI : 636 (1837); Bhitt. & Wils. But. P. H. & Virg. Isl. VI :
321 (1837).
Syn. ; Cardaas mexieanus Moric. in DC. Prodr. VI : 637 (1837); Cnicus porlori-
censis Kiint.r.e, Rev. Gen. PI. : 329 (1891); Cirsium porloricense Pelrak, Beih. Bol.
Cenlr. XXVII. pars 2 : 237 ( 1910).
Espèce décrite pour Porto-Rico par Bbitton et Wilson, collectée
par Duss (n. 307 et n. 985) à la Martinique à la lin du siècle dernier, mais
oubliée dans sa Flore. Elle existe touuours à la Martinique où elle se
maintient grâce à son caractère bisannuel ou vivace. La description suc¬
cincte et l’écologie peuvent être indiquées de la manière suivante : Herbe
élevée, de 1 m à 2,10 m de haut, droite, simple ou branchue, pubescente,
à tige striée; feuilles lancéolées ou oblongues, pennatifides, très vertes,
glabres dessus, très pubescentes, à poils blancs dessous, à lobes triangu¬
laires, dentées et spinuleuses, à base décurrente sur la tige, cunéiformes;
capitules solitaires en général parfois par 2-3, larges, de 3-6 cm de dia¬
mètre, violets ou pourprés, à involucre de 2,5 cm de long, bractées linéaires
' lancéolées, épineuses. Le genre Cirsium (Tourn.) Mill., Gard. Dict.
abr. ed. 4 (1754), de la tribu des Cynarées, n’est représenté aux Antilles
françaises que par celle espèce antillo-central-américaine, et seulement
à la Martinique, où nous pouvons préciser les localisations et l’écologie
comme, suit :
Martinique : H. et M. Stehlé : n. 6812 (W. et P.), 18 juin 1945, Le
Parnasse, face à la Montagne Pelée, lisière sylvo-culturale, habitation
Ernoult, pelouses mesi-hygrophiles, ait. 480 m; n. 7145, 22 juin 1946,
friches humides, lisières des champs d’arachides et de cultures diverses,
au Morne Vert, près du bourg, très rare, ait. 460 m.
Noms vernaculaires : Chadron, chardon amourette.
Écologie : rudérale de bourgs d’altitude, messicole ou postculturale,
en secteurs humides et ventés, à la lisière des forêts et des cultures, isolé
et peu abondant.
Répart, géogr. : Grandes Antilles : Cuba, Hispaniola et Porto-Rico;
.\mérique Centrale, Mexique, Guatemala et Nicaragua. La Martinique
est la seule Ile des Petites Antilles où elle existe, depuis Anguilla et Saba
au Nord jusqu’à Trinidad et Tobago au Sud; c’est la seule micro-aire
d’extension caraïbe méridionale de cette espèce américano-antillaise.
Dans la sous-famille des Ligulillores, les trois genres des Cichoriées
Taraxacurnh., LaclucaL. et Brachyramphus DC. sont représentés comme
végétaux naturalisés après introduction et prennent place à côté du
genre Sonchus.
Taraxacum officinale Wigg.
Réf. : Duss, FI. Ph. Anl. fr. : 376 (1896),
Guadeloupe : Duss : n. 2826, tend à se naturaliser au Matouba et au
Camp Jacob, ait. 500-550 m.
Source : MNHN, Paris
Nom vernaculaire ; Pissenlit.
Originaire d’Europe, rare aux Antilles.
Lactuca floridana (L.) Gaertn.
Réf. ; Gakrtn. Fr. & Seem. II : 362 (1791); A. Gray. Syn. Flor. I, pars 2 : 443;
Bbitt. & WiLS. Bot. P. B. & Virg. Isl. IV : 275 (1925).
Syn. : Sonchus floridanus L. Sp. PI. : 794 (1753); Malgedium floridanum DC.
Prodr. VII : 249 (1838); Urb. Symb. Anl. IV ; 646 (1911); Brachyramphus caribaeus
Slalil, Est. V. 155 (1887), non DG. (1838).
Espèce du Sud-Est des États-Unis non indiquée dans Duss, natura¬
lisée dans les bourgs d’altitude de la Guadeloupe, Gourbeyre et St-Claude,
ait. 400-600 m.
Plante annuelle ou bisannuelle de 2 à 4 m de haut, à fleurs pâles de
couleur bleutée. Porto-Rico (Britt. et Wils, 275).
Lactuca sativa L.
Réf. : Linné, Sp. PI. : 795 (1753); DC. Prodr. VII ; 138; Cook & Coll. Econ. PI.
Port. : 172; Duss, Fl. Ph. Ant. fr. ; 376; Bhitt. & Was. Bot. P. R. & Virg. VI : 276
(1925).
Plante annuelle glabre, à fleurs jaunes akènes bruns. Laitue. « Fleurit
facilement et se rencontre çà et là à l’état sauvage n (Duss, Fl. : 376).
Lacluca Acarolia L., scarole originaire d’Europe et d’Himalaya, et
L. canadensis L., Laitue, native d’Amérique du Nord, toutes deux culti¬
vées comme salades, montent à graine mais ne persistent pas après cul¬
ture de façon subspontanée.
Brachyramphus intybaceus (Jacq.) DC.
Réf. ; DC. Prodr. VII : 77 (1838); Duss, Fl. Ph. Ant. fr. ; 376 (1896); Britt. &
Millsp. Bahara. Flor. ; 430; Britt. & Wils. Bol. P. R. & Virg. Isl. VI, 276 (1925).
Syn. : Lactuca inlybacea Jacq. Icon. Rar. I ; 16 (1786); Urb. Symb. Ant. IV ; 647
et VIII : 760; Fawc. & Rendue, Flor. Jam. VII ; 288; E. E. Cheesman, Fl. Trln. &
Tob. Il, pars 2 : 106 (1940); Brachyramphus caribaeus DC. Prodr. VII : 177 (1838).
Se rencontre aussi bien à l’état sauvage que cultivé aux Antilles fran¬
çaises.
Noms vernaculaires : chicorée, laitue sauvage, chicorée bleue.
Espèce américano-antillaise, des Bahamas à Margarita et Curaçao,
■Vmérique Continentale tropicale.
Parmi les genres n’ayant pas été cités dans cette étude et dont cer¬
taines espèces ont été introduites pour la culture ou l’ornement : Aster
versicolor Willd. Américain et A. laevis L. aster d’Europe; Anthémis
nobilis L. marguerite, européenne, Calendula officinalis L. souci d'Europe,
Cynara scolymas L. ; artichaut, Catlistephus chinensis Cass., aster de
chine, asiatique Coreopsis tinctoria Nutt., et C. tanceotata L. toutes deux
d’Amérique du Nord, Cichorium întgbus L., chicorée, d’Asie et d’Europe.
Chrysanthemum moritotium Ram et Chr. indicum L., chrysanthènes aux
Source : MNHN, Paris
— 199 —
couleurs variées, d’origine asiatique, Helichrysum braclealum (Vent.)
Wilid-, d’Australie, Helianlhus annuus L., fleur soleil d’origine ainéri-
raine, H. cucumeritolius T. et G. du Texas, H. iuberosas L., artichaut de
Jérusalem, tournesol ou grande fleur soleil, native d’Amérique du Nord
(Britt et WiLS. Bot. P. R. : 324} dénommée aussi à la Guadeloupe « topi¬
nambour de France » et indiquée par Duss (Fl. : 366 n. 32K> G et n. 1735 M.)
comme originaire du Brésil, comestible par ses tubercules excellents, à
goût de cœur d’artichaut, d’où le nom vernaculaire, Malricaria Parlke-
nium L., matricaire, européenne, Tanacelum uulgare L. (Duss n. 3694
G. et n. 1732 M.), menthe glaciale, tanaisie, herbe à vers, amande glaciale.
Références dibliooraphiques
I. Duss B. P. A. — Flore Phanérogamique des Antilles françaises, Annales de
l'Institut Colonial de Marseille, 3' vol., 4“ année (1896) et en tiré-à-part:
1-XXVIII et 1-656, Protal Fr., Maçon (1897).
‘i. Privault D. — Contribution à l'étude de la flore de la Martinique, in Bull. Soc,
Bot. Fr. LXXXIV : 289-!294 (1937), Paris.
.3. Stehlë h. & m. — Les Pipérales des Antilles françaises, Bull. Agr. Martinique
IX, n : 77-144 (1940) et IX, 3 : 145-221, Fort-de-France (1940). Tiré-à-
part : Flore descriptive des Antiiles françaises II : 77-221, Fort-de-France.
-1 a. Stehlé h. & M. — Les Orchidales des Antiiles françaises. Bull. Agi. Mart. VIII,
n : 91-206 (1939) et VIII, 3 : 207-387 (1939). En tiré-à-part. Flore descrip¬
tive des Antilles françaises, 1: 1-305 in quarto, 3 cartes, 33 iliustr., Fort-de-
France (1939).
4 à. — Les Malvacëes des Antilles françaises, Boissiera, Vil : 27-43, Jubilé du
professeur Hochreutiner, Genève (1943).
5 a. Steblë h. - Piperaceae novae guadeloupensee et marlinicenses, Candollea,
VIII : 74-78, Genève (1940).
5 6. — Piperaceae novae ex ineutis earibeU et Diseipiper, gênas novum, Can-
dellea, Jard. Bol. et Conserv. X : 281-291, Genève (1946).
6 a. Stehlé H. — Notes taxinomiques et écologiques sur les Légumineuses Papilio-
nacées des Antilles françaises, Bull. Mus. Paris, 2* sér., XVllI, I : 98-117
et 2 : 185-194, 9* et 10* Contributions, Paris (1946).
6 6. — Euphorbiacées nouvelles des Antilles françaises et leurs afilnités géogra¬
phiques (13* Contribution), in Bull. Mus. Hist. Nat., 2* sér., XXI, 5 :
605-611, Paris (1949).
7 a. Stehlé H. — Les Glumiflorées des Antilles françaises, in Carib. Forester, Puerto-
Bico, V, 4 : 181-206, Rio-Piedras (1944).
7 6. — Notes taxinomiques et géographiques sur des Graminées et Cypéracées
nouvelles des Antilles françaises ( 12* Contribution), Nolulae Systematicae,
XllI, 1-2 : 72-97, Mus. Nat. Hist. Nat., Paris (1947).
8 a. Stehlé H. — Flore de la Guadeloupe et Dépendances et de la Martinique,
Écologie, I, 1 : 14, 1-286, 52 iliustr. (1936); catalogue, II, en collab. avec
M. Stehlé & L. Quentin, 1, 12 : 1-238, 7 iliustr., Basse-Terre (1938); 2,
16 : 1-139, 9 iliustr., Montpellier (1948); 3 : 1-148, 3 iliustr., Montpel¬
lier (1949).
8 6. — Le R. P. A. Duss, précurseur de l'étude botanique aux Antilles fran¬
çaises (1840-1924). Sa vie et son œuvre. — Flore de la Guadeloupe et
Dépendances et de la Martinique, IV : 1-10 et 1-138, 6 iliustr., Basse-
Terre. Guadeloupe (1943).
Source : MNHN, Paris
— 200 —
9 a. Gleason H. A. — A révision of the Norlh American Vernonieae, BuU. New-York
Bol. Gard. IV : 144-243 (1906).
9 b. Moore A. H. — Révision of lhe genus Spilanthes, Proceed. Americ. Acad. XLII :
521-569(1907).
9 c. Robinson B. L. — Révision of lhe genus Agératum, Proceed. Americ. Acad.
XLIX : 454-491 (1913).
9 d. Rydberg a. — Carduaaae, in Norlli Americ. Flora, XXXIV, 1-3 (1914-16,;
Peclw L. : 194-216 (1916).
9 c. ScHERFP E. E. — Sludies in lhe genus Bidens, Bol. Gazette, LVl : 490-495 (1913) :
LIX : 301-316 (1915) et LXI : 495-506 (1916).
10. Urban I. Symbolae Aniillanae seu Fundamenla Florae Indiae Occidentalir.
I (1898); VIII, Lipsiae (1923-28).
Source : MNHN, Paris
INFORMATIONS
THÈSES
Monsieur A. Gavaco, Maître de Recherches au C.N.R.S., attaché
au laboratoire de Phanérogamie du Muséum, a présenté une thèse de
Doctorat d’État à la Faculté des Sciences de Montpellier, sous la prési¬
dence de M, le Professeur Emberger, publiée dans les Mémoires du
Muséum 1962, sous le titre « Les Amaranthacées de l’Afrique au sud du
Tropique du Cancer et de Madagascar ». Étude systématique, anato¬
mique, phylogénétique et phytogéographique.
Monsieur G. Lorougnon, du laboratoire d’Adiopodoumé (Côte
d’ivoire), a présenté à la Faculté des Sciences de Paris, sous la présidence
de M. le Professeur Mangenot, une thèse de troisième cycle sur les Hypo-
iytrées (Cypéracées) de Côte d’ivoire.
Mademoiselle Marchai, Assistante au P.C.B. de Paris, a présenté,
sous la présidence de M. le Professeur Mangenot, une thèse de troi¬
sième cycle sur le bourgeonnement épiphylle chez les Fougères tropicales,
MISSIONS
Monsieur A. Cavaco, Maître de Recherches au C.N.R.S., attaché
au laboratoire de Phanérogamie du Muséum, vient d’efTectuer une mission
en Angola pour une étude systématique et géographique de la région
de la Lunda.
A. et J. Rajmal, Assistants au laboratoire de la Phanérogamie du
Muséum, sont actuellement en prospection botanique au Cameroun
dans les régions de Ambam (forêt dense) et de Bafia (limite savane-forêt.)
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