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Tome IV
fasc. 1
1964
Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l'Institut Professeur
Professeur honoraire
Nouvelle Série
Tome IV
FASCICULE 1
1964
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Buflon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
SOMMAIRE
Aubréville A. — État actuel de la connaissance de la flore pha-
nérogamique tropicale africaine et malgache. 4
Vues d’ensemble sur la géographie et l’écologie des
Conifères et Taxacées à propos de l’ouvrage de Rudolf Florin.. 8
— Problèmes de la mangrove d’hier et d’aujourd’hui. 19
— Les changements de climats depuis l’ère paléozoïque.... 24
Humbert H. Les Gentianacées de Madagascar (suite). 29
Aubréville A. — Système de classification des Sapotacées. —
Validation du genre Alberlisiella Pierre. 38
Kasapligil B. — A contribution to the histotaxonomy of Cory-
lus ( Delulaceae) . 43
De Wilde J.J.F.E. et Guillaumet J.L. — Un nouveau Dicraeart-
thus africain ( Podosletnonaceae ). 91
Capuron R. Note sur deux Grewia africains. 99
Nozeran R. et Halle N. — Aristolochia Embergeri, espèce nou¬
velle de la forêt dense ivoirienne. 101
Balle S. Loranthacées de Madagascar. 105
Vidal J. - Notes sur quelques Rosacées asiatiques I. ( Parinari,
Prunus) . 142
Raynal J. Notes cypérologiques IL Deux nouveaux Scleria ouest-
africains . 148
Corner E.J.H. — La théorie de Durian ou l’origine de l’arbre
moderne, 2 e partie (adaptation française : N. et F. Halle). ... 156
Cavaco A. — Contribution à l’étude des Rubiacées de Madagascar.
I. Cinchonées. 185
Hallé N. — Berliera angusiana, Rubiacée nouvelle de la Rhodésie
du Nord. 196
Adjanohoun Ed. et Clayton. W.D. — Un nouvel Elionurus de
Côte d’ivoire (Graminées). 199
Secrétaire de Rédaction
M me A. le Thomas
Assistante
Source : MNHN, Paris
ÉTAT ACTUEL
DE LA CONNAISSANCE DE LA FLORE
PHANÉROGAMIQUE TROPICALE AFRICAINE
ET MALGACHE
par A. Aubréville
Il peut sembler à certains que la connaissance systématique clas¬
sique des flores phanérogamiques soit aujourd’hui achevée. C’est une
impression que peuvent avoir les botanistes de l’Europe qui n’ont plus
guère d’occasion de rencontrer des espèces nouvelles dans leurs her¬
borisations. Tout au plus disputent-ils de variétés, de formes infra-
spécifiques en général, ou de changements ou de mises à jour de la nomen¬
clature. La classification des plantes peut paraître aujourd’hui bien
établie comme une œuvre historique acquise depuis Linné et qu’après
deux siècles de travaux de systématiciens il ne reste plus qu’à la para¬
chever dans les détails. C’est sans doute ce sentiment qui fait, qu’en
France du moins, la systématique botanique classique a incontestablement
perdu beaucoup de l’importance et de l’intérêt dans l’esprit des professeurs
et des étudiants, qu’elle avait autrefois. Mais lorsque les botanistes
s’éloignent de la végétation familière de l’Europe pénétrant dans le
Monde tropical ils découvrent des flores nouvelles dans lesquelles ils
se perdent et qui, en dépit d’une bibliographie déjà importante leur
posent à chaque pas des problèmes difficiles nouveaux d’identification
et de classification. Pour ceux-là le domaine des investigations demeure
aussi vaste que celui qui se présentait aux botanistes des xvn e et
xvin e siècles. Cette affirmation n’étonnera personne car tout le monde
sait que beaucoup de contrées tropicales sont encore peu connues. Mais
il est intéressant de connaître une estimation chiffrée approximative de la
tâche actuelle qui reste à accomplir aux botanistes du Monde tropical.
Il est permis de s’en faire une idée précise au moins pour l’Afrique tro¬
picale grâce à l’A. E. T. F. A. T. (Association pour l’Étude taxonomique
de la Flore d’Afrique Tropicale), association privée qui groupe plus d’une
centaine de taxonomistes internationaux attachés aux études floristiques
de l’Afrique. Ils se réunissent tous les trois ans dans une grande ville
universitaire européenne pour discuter en commun des problèmes de la
flore africaine. Cette année, au mois de septembre la réunion s’est tenue
à l’Université de Gênes et à l’Université de Florence. L’A. E. T. F. A. T.
a depuis 1953, sur l’initiative du Professeur P. Duvigneaud de l’Université
libre de Bruxelles, publié annuellement un index de tous les travaux de
phanérogamie systématique et des taxa nouveaux se rapportant à l’Afrique
au sud du Sahara, Afrique du Sud et Madagascar inclus, d’abord avec
l’aide financière de l’UNESCO, puis du Ministère de l’Instruction Publique
Source : MNHN, Paris
— 5
de Belgique. Ainsi on peut suivre avec précision d’année en année les
progrès de l’étude taxonomique de l’Afrique tropicale depuis ces dix
dernières années.
Le Professeur J. Léonard de l’Université libre de Bruxelles, à
chaque réunion du Groupement, a l’heureuse idée de dénombrer le nombre
des espèces, genres, combinaisons nouvelles et taxa infraspécilîques
nouveaux parus depuis les trois années précédant la réunion. On a ainsi
une idée de l’activité des botanistes africains, des progrès accomplis
dans la connaissance de la flore, du rythme de cette progression et aussi
de la tâche qui reste à accomplir. J’extrais avec l’autorisation de
M. Léonard les chiffres suivants de la communication qu’il a présentée
à Gênes et qui sera publiée plus tard dans la revue « Webbia ».
En neuf ans (1954-1962) 194 genres nouveaux, 3 550 espèces nouvelles,
980 taxa infraspécifiques nouveaux ont été décrits, et 2 803 combinaisons
nouvelles de noms ont été faites, c’est-à-dire qu’il a été publié au total
7 527 noms nouveaux de phanérogames africaines en neuf années, soit en
moyenne plus de 2 nouveaux noms par jour. Sans entrer dans plus de détails
on observera cependant que le rythme des descriptions et combinaisons
nouvelles se maintient de période en période, c’est-à-dire puisqu’on ne cons¬
tate pas de fléchissement dans cette progression que l’étude de la flore
africaine est très loin d’être achevée, que des milliers d’espèces nouvelles
sont encore à découvrir et à décrire, et que des révisions devront apporter
dans les classifications des milliers de mutations nomenclaturales à
mesure que les taxa seront mieux connus et que des rapprochements
ultérieurs feront mieux ressortir des aiïinités peu apparentes au premier
examen.
Ainsi comme le dit le Professeur Léonard la phase analytique et
descriptive de l’étude de la flore africaine et malgache est loin d’être
terminée. L’inventaire floristique de l’Afrique durera très longtemps
encore et le rôle des botanistes systématiciens classiques demeure immense
et digne d’inspirer des vocations de nouveaux chercheurs.
Nous en tirerons une conclusion, c’est que nous sommes toujours
dans une période où les recherches locales et les flores régionales sont
indispensables, avant de songer à la publication d’une Flore générale
de l’Afrique au sud du Sahara. Les catalogues d’espèces et les Flores
Source : MNHN, Paris
— 6 —
vieillissent très vite. Aucune Flore publiée aujourd’hui ne peut avoir
l’ambition d’être définitive. Tous les grands travaux de synthèse qui
furent publiés sur l’Afrique, « Flora of Tropical Africa », « Pflanzenreich »,
sont aujourd’hui largement dépassés. Des Flores générales sont préma¬
turées. Les révisions de genres et de familles qui peuvent être faites actuel¬
lement sont nécessaires, mais elles ne marquent que des degrés dans leur
connaissance exhaustive. En revanche il est relativement aisé de mettre à
jour des études limitées à certains groupements taxonomiques ainsi que
des Flores régionales. Une Flore générale doit être assurée d’une longue
stabilité. Il serait déplorable qu’à peine sortie des presses elle soit déjà
dépassée par de nouvelles découvertes ou par des changements de noms
ultérieurement reconnus valables.
Il n’est pas trop paradoxal d’écrire qu’en Afrique tropicale nous
avons en ce qui concerne l’inventaire et la classification de la flore, deux
siècles de retard sur l’Europe. Cependant à cet égard l’Afrique est encore
très probablement en avance sur d’autres continents tropicaux; par
rapport à l’Amérique tropicale par exemple. La flore africaine équato¬
riale est mieux connue que ne l’est la flore guyano-amazonienne.
Des profanes ne peuvent qu’être étonnés de cette prolifération
de noms nouveaux de genres et d’espèces. C’est une des raisons probables
d’une certaine désaffection vis-à-vis de la systématique botanique,
bien que d’autres botanistes au contraire semblent se complaire abusi¬
vement dans cette fermentation de la nomenclature. Les progrès de la
connaissance générale des flores sont inévitablement soumis à cette
condition empirique. Les méthodes de la systématique sont lentes;
analyses descriptives, inventaires, classifications provisoires et révisions
périodiques retouchées sans cesse en tenant compte des connaissances
nouvelles.
Reconnaissons qu’elles ne sont pas d’une haute productivité; elles
exigent énormément de patience et de persévérance ; elles ne permettent
pas de faire de grandes fresques à la touche légère, sûre et définitive,
ce sont des compositions où le chef-d’œuvre n’apparaît qu’après de
multiples coups de pinceaux correcteurs.
11 suffit de regarder dans les références bibliographiques qui accom¬
pagnent les descriptions des espèces, la liste parfois très longue des
synonymes, pour avoir une idée de la grandeur du temps et des efforts
qui furent dépensés par de nombreux auteurs durant des décennies avant
d’aboutir au choix d’un nom et d’une description.
Est-ce à dire qu’on ne pourrait aller plus vite et plus sûrement?
Certainement non, l’efficacité des systématiciens pourrait être meilleure.
Leurs progrès sont lents, la marche de leurs travaux souvent hésitante ;
avant d’être engagés sur la bonne voie, combien d’impasses ou de pas en
arrière. Cela est d’abord l’effet des mauvaises conditions préliminaires
des études, c’est-à-dire des insuffisances des matériaux d’étude. On
nomme souvent des genres et surtout des espèces d’après des documents
d’herbiers incomplets où manquent fleurs ou fruits ou graines, ou en
mauvais état, ou trop peu nombreux ce qui ne permet pas d’apprécier
Source : MNHN, Paris
correctement la variabilité des organes végétatifs. Certaines espèces sont
très rares; des années, des dizaines d’années peuvent passer avant de
pouvoir compléter une première description.
L'organisation des récoltes est défectueuse, sinon mauvaise. Un
botaniste dans une mission de quelques mois récolte ce que le hasard
des floraisons et fructifications place sur son chemin de prospection.
Des botanistes travaillant sur place pendant plusieurs années consécu¬
tives font mieux; repérant et surveillant les plantes qui leur paraissent
inconnues, ils obtiennent des résultats beaucoup plus efficaces. Malheu¬
reusement les vrais systématiciens sont rares, et leur travail d’identi¬
fication et de description ne peut être effectué avec sûreté que dans les
grands herbiers où se rassemblent les collections de référence et où il
existe l’immense bibliographie indispensable. Ils ne peuvent donc consa¬
crer à des recherches sur le terrain en pays loin du leur, qu’une petite
part de leur temps. Une organisation rationnelle voudrait qu’à chaque
systématicien soient adjointes des équipes de prospecteurs entraînés,
sachant reconnaître les plantes — il en existe dans les pays les plus
primitifs —. Alors ces botanistes disposeraient d’une abondante documen¬
tation, complétée d’année en année; l’inventaire se poursuivrait beau¬
coup plus rapidement, avec une plus grande sûreté de jugement dans les
classifications. Nous n’en sommes généralement pas là.
Ce ne sont pas les seuls défauts des conditions de travail du systé¬
maticien œuvrant dans les flores tropicales. Il convient d’ajouter la
dispersion des collections et donc des types dans les grands herbiers
nationaux. Or il n’est plus possible d’entreprendre des révisions sérieu¬
ses de taxa sans avoir au préalable consulté ces collections et essentielle¬
ment ces types. La lecture des descriptions et diagnoses publiées ne suffit
pas dans des cas difficiles. Il faut en référer aux types eux-mêmes, d’où
l’obligation de déplacements pour les consulter. Ce n’est pas toujours
possible pour des raisons matérielles. Reste la ressource de demander à
ces grands établissements botaniques la communication par voie pos¬
tale des spécimens indispensables qu’ils détiennent. En général ils sont
assez généreux quand les demandeurs sont des botanistes connus, mais
il faut reconnaître que cette pratique, lorsqu’elle se généralise un peu
trop, impose des charges élevées à ces établissements et qu’il en résulte
à la longue des dommages évidents à des collections précieuses que toutes
les plus sérieuses précautions ne peuvent pas éviter complètement.
Il est donc difficile de remédier à toutes ces conditions défavorables
qui entravent un développement plus rapide de l’inventaire des flores
tropicales. Mais les systématiciens sont gens tenaces par formation et
caractère, aussi ils continuent à progresser lentement comme le mineur
dans la mine, déblayant devant lui, étayant derrière lui, jusqu’à ce qu’il
accède au riche filon.
Source : MNHN, Paris
VUES D’ENSEMBLE SUR LA GÉOGRAPHIE
ET L’ÉCOLOGIE DES CONIFÈRES
ET TAXACÉES A PROPOS DE L’OUVRAGE
DE RUDOLF FLORIN
par A. Aubréville
M. Rudolf Florin vient de faire paraître un admirable livre, fruit
de toute une existence de recherches : « The Distribution of Conifer and
Taxad généra in Time and Space » *. Les aires de distribution des genres
vivants et les stations connues de nombreux genres fossiles font l’objet
de 68 figures. Elles sont commentées dans le texte où se trouvent en outre
des indications sur l’écologie des principaux genres. Nous croyons pou¬
voir dégager de cet ouvrage magnifique qui résume toutes nos connais¬
sances présentes sur la géographie et l’écologie des genres des Conifères
et des Taxacées du présent et du passé quelques considérations géné¬
rales.
1. Un fait essentiel déjà connu est particulièrement bien mis en
évidence, la symétrie bihémisphérique des Conifères et Taxacées. Un groupe
de genres de l’hémisphère Nord est aujourd’hui nettement séparé d'un
autre groupe de genres de l’hémisphère Sud par une flore tropicale d’Angio-
spermes. Les 58 genres existants se divisent ainsi :
Familles
Nombre de genres existants
Hém. S.
Araucariacées.
Podocarpacées.
Taxodiacées (incl. Sciadopitya-
Cupressacées.
Pinacées.
Cephalotaxacées.
Taxacées (incl. Astrotaxacées)..
2 2 (36)
7 7 (150)
10 (15-16)
22 (140)
11 (210)
1 (6)
Quelques rares exceptions ne sont pas opposables à la généralité
du fait de la symétrie bitropicale. Parmi les genres du groupe boréal,
seul Taxus pénètre dans l’hémisphère Sud à l’intérieur d’une très petite
1. Acta Horti Bergiani 20, 4, Upsala (1963).
2. Le nombre des espèces figure entre parenthèses.
Source : MNHN, Paris
— 9 —
aire isolée dans l’Ile Célèbes. Dans le groupe austral les deux impor¬
tants genres Podocarpus et Dacrydium débordent dans l’hémisphère
Nord. L’aire du premier couvre une partie de l’Amérique centrale et
des Antilles mais demeure au sud du tropique du Cancer; en Afrique
elle s’étend sur l’Éthiopie et certaines montagnes camerounaises; en
Asie elle s’avance nettement au-delà du tropique dans le Sud de la Chine
et du Japon. L’aire du genre Dacrydium dépasse de peu le 20 e parallèle
Nord au Thaïland, au Vietnam et dans l’extrême Sud-est de la Chine.
2. On peut faire les remarques suivantes sur la densité générique
et les relations intercontinentales :
Dans le groupe boréal :
— Pauvrelé relative de la représentation européenne : 7 genres (Juni¬
perus, Abies, Picea, Cedrus, Pinus, Taxus, Larix); de même celle de
l’Afrique du Nord et du Moyen Orient : 4 genres (Juniperus, Cedrus,
Pinus, Cupressus, Telraclinis), soit 10 genres pour l’ensemble Europe-
Méditerranée.
— Par comparaison avec l’Europe, très grande richesse de l'Asie
du Sud-est. Elle compte 26 genres dont 9 peuvent être considérés comme
appartenant à la flore tempérée et 11 à des flores subtropicales et tro¬
picales.
— Richesse également de /’ Amérique, 17 genres dont 4 endémiques.
Parmi eux 11 sont communs à l’Amérique et à l’Asie du sud-est, et 6
seulement communs à l’Amérique et à l'Europe.
—- La pauvreté africaine au sud du tropique du Cancer : Juniperus,
avec une seule espèce. Entre la richesse de l’Amérique et celle de l’Asie
il est permis de parler d’une disjonction africaine.
La famille des Taxodiacées est nettement prépondérante dans
l’hémisphère Nord. Le seul genre Atrolaxis (3 esp.) est austral et endé¬
mique en Tasmanie.
Dans le groupe austral nous relèverons :
La très faible représentation africaine avec les deux genres Podo¬
carpus et Widdringlonia, ce dernier seul endémique (5 esp.).
La richesse chilienne, 7 genres dont 4 endémiques.
La faible représentation malaise proprement dite avec 4 genres.
La grande richesse australe en général (Malaisie comprise) avec
16 genres. La Nouvelle Calédonie est particulièrement bien dotée avec
9 genres.
3. Au point de vue de l’écologie des Conifères et des Taxacées, il
est intéressant d’essayer de répartir les genres entre la flore tempérée
et la flore subtropicale et tropicale. Pour certains genres le choix est
difficile et un peu subjectif, leurs aires chevauchant la zone tempérée
et la zone subtropicale. Pinus par exemple paraît nettement représen-
Source : MNHN, Paris
— 10 —
tatif de la zone tempérée froide ou chaude, mais au Mexique tropical
il y a une zone de concentration exceptionnelle des espèces de pins en
altitude.
Nous sommes arrivés au classement approximatif suivant :
Climats
Latitude
NRES
Hémisphère boréal
tempérés froids
tempérés
tempérés chauds
au delà de 60°
60-50»
50-40»
40-30»
5 1 5
il I “
29 i
58
Zone intertropicale
subtropicaux
et tropicaux
30®N-30»S
38 } 50
(
Hémisphère austral
tempérés chauds
tempérés
tempérés froids
30-40
40-50»
50-60»
au delà de 60»
.. )
■1 ! ..
4. En Europe, l’habitude de voir de grandes forêts de Conifères
nous induit naturellement à penser que les Conifères sont des représen¬
tants des flores tempérées et froides. La revue générale de R. Florin,
interprétée dans le sens où nous l’avons fait montre que les conifères
n’ont que 5 genres vraiment représentatifs de la flore froide : Juniperus,
Abies, Picea, Larix et Pinus ; ces cinq genres caractérisant également les
zones tempérées boréales. En regard s’inscrivent dans la zone intertro¬
picale 38 genres, et plus largement entre les 40 e N. et S., 50 genres. On
pourrait ainsi dire que les conifères bien que très abondamment répandus
dans la végétation des zones tempérées au-delà des 40 e parallèles, sur¬
tout dans l’hémisphère Nord où ils se répandent en d’immenses forêts,
sont chorologiquement et statistiquement plutôt caractéristiques des
zones chaudes du globe. Sans doute certains genres sont surtout présents
dans la flore montagnarde de la zone chaude et exceptionnels dans les
terres basses; il n’en est pas moins vrai que s'en tenant aux chiffres
ils sont véritablement, d’un point de vue chorologique, caractéristiques
de la zone tempérée chaude subtropicale ou tropicale, comprise entre
les 40 e parallèles. Il est remarquable que dans la zone strictement
intertropicale il y ait 38 genres. Très peu d’entre eux fréquentent cepen¬
dant la foret tropicale dense humide de basse et de moyenne altitude.
1. a) Nombre de genres par types climatiques.
6) Nombre de genres par groupes climatiques.
c) Nombre total des genres.
Source : MNHN, Paris
— 11
Citons : Podocarpus (partie), Widdringlonia (p.), Araucaria (p.), Agalhis
(p.), Dacrydium (p.), Acmopyle. Dans la zone équatoriale de l’hémisphère
austral pénètrent aussi : Phyllocladus (Malaisie, Tasmanie, Nouvelle
Zélande), Papuacedrus (Nouvelle Guinée).
Sauf ces quelques exceptions les véritables formations tropicales
de basse altitude comptent peu de conifères. Il n’y en a ni dans la forêt
amazonienne, ni dans la forêt guinéo-congolaise par exemple. Biolo¬
giquement les conifères sont exclues de ces formations d’espèces feuillues.
D’un point de vue écologique d’ensemble il y a opposition entre la
végétation tropicale de feuillus —- exubérante sous les climats humides
- et les conifères. Ces derniers sauf lorsqu’ils sont dans des stations
spéciales : marais (Taxodium, Glyptoslrobus), crêtes rocheuses (Pinus),
à l’abri de la concurrence des espèces feuillues, vivent mal en communauté
avec les angiospermes.
Voilà comment il y a opposition apparente entre les conclusions que
l’on peut tirer des données chorologiques qui ne tiennent compte que du
nombre et de l’endémisme des taxa et celles de la biologie qui sont fondées
sur la vitalité et le degré d’expansion de ces taxa. Chorologiquement les
genres de conifères sont nombreux dans la zone intertropicale, biologi¬
quement — sauf en des milieux spéciaux — ils n’y sont pas à leur place
quand ils peuvent être concurrencés par la flore des angiospermes; ils
ne sont donc souvent que des genres reliques.
Parmi les 58 genres reconnus par R. Florin, il est nécessaire en
effet de distinguer ceux qui ont des aires très localisées et qui peuvent
donc être considérés comme des genres reliques. Nous en comptons envi¬
ron 30, c’est-à-dire pratiquement la moitié des genres existants.
L’opposition biologique entre angiospermes et conifères dans la zone
tropicale est marquée, dans certains cas où elle a pu être observée, par
les entraves apportées par la végétation de feuillus à la régénération
des peuplements de conifères et inversement par la propension qu'ont
certaines espèces de conifères à envahir les espaces découverts — les
emplacements de la forêt feuillue incendiée par exemple — là où elles
n’ont pas à redouter la concurrence des espèces feuillues. En quelque sorte
certains peuplements de conifères en pays tropical ont une origine pyro¬
gène et ils ne peuvent se régénérer que si les feux détruisent ou éclair¬
cissent la végétation feuillue dense des sous-bois. C’est le cas que je connais
de certaines forêts de pins tropicaux au Mexique, en Indochine, de cer¬
taines forêts d'Araucaria brasiliensis dans le Sud du Brésil, des forêts
de montagnes à Juniperus procera au Kenya. L’action pyrogène de
l’homme favorise le maintien de certaines espèces de conifères en zone
tropicale. Nous pourrions sans trop de paradoxe dire que les conifères
sont des formes archaïques en pays tropical.
Au point de vue biologique il y a environ 6 genres dans l’hémisphère
Nord, du 40 e N. au 60 e N. qui ont pris une extension considérable. Ils
y trouvent leur milieu optimum : Abies, Picea, Pinus (p.), Pseudolsuga,
Tsuga, Larix. Dans cette zone ils constituent le fond essentiel des for¬
mations forestières. On pourrait leur ajouter des genres asiatiques qui
Source : MNHN, Paris
— 12 —
constituent des forêts importantes à des latitudes plus basses, tempérées
et tempérées chaudes : Cryplomeria et Cunninghamia, et en Amérique
certaines espèces d'Araucaria.
5. Les cartes de distribution des genres de R. Florin situent à la
fois les aires géographiques des genres existants mais aussi les stations
fossiles connues donnant ainsi une idée de la distribution des conifères
dans le passé. Des constatations fort intéressantes naissent de cette lec¬
ture qui permet instantanément la confrontation du présent et du passé.
Il y eut une véritable hécatombe de conifères en Europe. Plus de
20 genres ont disparu de la surface de la terre qui furent européens de
la fin du paléozoïque au cénozoïque. Plusieurs d’entre eux existaient
également en Amérique du Nord. En outre 19 genres disparus en Europe
aujourd’hui existent encore hors d’Europe, à savoir : en Amérique du
Nord, Séquoia, Seqitoiadendron, Taxodium, Cupressus, Charnoecyparis.
Tsuga, Torreya; en Afrique du Nord, Tetraclinis et Cedrus; en Asie du
Sud-est, Glyploslrobus, Cryplomeria, Cunninghamia, Taiwania, Sciado-
pitys, Cupressus, Charnoecyparis, Keteelaria, Tsuga, Pseudolarix, Cepha-
lolaxus, Amentolaxus, Torreya, tous (18) appartenant au groupe boréal
actuel. Le 19 e , Araucaria, doit être compté aujourd’hui dans le groupe
austral. C’est le seul genre de l’hémisphère austral dont l’aire ait été
pratiquement étendue pendant les périodes secondaire et tertiaire à toute
la terre. D’après les cartes de R. Florin, il est signalé au trias supérieur
en Amérique du Nord, au Groenland, en Sibérie et dans l’Inde; au Juras¬
sique en Europe, Sardaigne, Inde, Patagonie, Nouvelle Zélande et Antarc¬
tique; au Crétacé inférieur en Afrique du Sud, Sud-Asutralie, Inde et
Patagonie; au Crétacé supérieur, en Amérique du Nord, Europe, Aus¬
tralie et Nouvelle Zélande. Il disparaît de l’Europe au tertiaire.
Aujourd’hui encore ce genre a une aire et une amplitude écologi¬
que assez extraordinaires, puisqu’on le trouve dans la zone australe
tempérée au Chili (A. chiliensis), dans la zone intertropicale au bord de
la mer en Nouvelle Calédonie (A. Cookii), dans le Sud du Brésil (A. bra-
siliensis) en mélange avec la forêt tropicale à moyenne altitude, ou
constituant de grandes forêts avec des Podocarpus à haute altitude,
et enfin au Queensland à basse altitude, disséminé ou en petits groupes
dans la forêt tropicale dense humide.
C’est le seul genre connu du groupe austral actuel qui ait au secon¬
daire occupé l’hémisphère boréal.
6. Parmi les genres existants certains étaient déjà présents au tertiaire
à l’intérieur de leur aire actuelle et — avec les réserves qui s’imposent
puisque les stations fossiles sont peu nombreuses — on pourrait dire
que leur distribution géographique semble avoir élé assez stable. Ils sont
en place depuis longtemps. Citons dans le groupe boréal : Cryplomeria,
Juniperus, Pseudotsuga, Taxas, Larix, Abies. Picea et Pinus sont pré¬
sents au Spitzberg au tertiaire. Dans le groupe austral : Phyllocladus,
Dacrydium, Podocarpus, Alrolaxis, Aclinoslrobus, Widdringlonia, Aus-
Source : MNHN, Paris
— 13 —
Irocedrus, Librocedrus. Au tertiaire donc on constate la même symétrie
bihémisphérique dans la distribution de ces genres de conifères qui est
celle d'aujourd’hui. On pourrait y voir un argument en faveur de l’idée
de la stabilité de la répartition géographique des continents et des zones
climatologiques de la terre depuis le tertiaire.
7. Nous trouvons dans les cartes de R. Florin d’autres données
paléontologiques qui feraient pencher vers une thèse opposée. Citons
quelques exemples. Acmopyle, néo-calédonien, est signalé au tertiaire
en Patagonie et dans l’Antarctique. Séquoia de l’Ouest des U. S. A. a
une aire tertiaire qui s’étend sur l’Alaska, le Groenland, le Spitzberg,
l’Europe, la Sibérie, le Japon et le Nord de la Birmanie. Sequoiadendron
de l’Ouest des U. S. A. également se retrouve au Groenland, au Spitz¬
berg et en Europe. L’aire du Melasequoia, si localisée aujourd’hui dans
la Chine subtropicale s’étendait considérablement en longitude et en
latitude, puisque des fossiles tertiaires montrent sa présence en Alaska,
aux U. S. A., au Groenland, au Spitzberg (jusqu’au 80°), en Sibérie,
en Chine et au Japon. Les Taxodium se répandent dans l’Alaska, dans
l’Ouest des U. S. A. et en Europe. Glyplostrobus, genre subtropical du
Sud de la Chine, de même voit son aire considérablement étendue jus¬
qu’à l’Alaska, l’Ouest des U. S. A., l’Europe, la Sibérie, le Japon et le
Nord de la Chine. Sciadophyles du Sud du Japon avait une aire beau¬
coup plus septentrionale étalée sur le Groenland et le Spitzberg au secon¬
daire, sur l’Europe au tertiaire etc...
8. Ce qui est encore plus frappant peut-être c’est que des genres
aujourd’hui nettement tropicaux ou subtropicaux avaient des aires tertiaires
dans la zone actuellement tempérée ou même froide. A côté des cas déjà
cités de Glyplostrobus, Taxodium, Melasequoia, il faut ajouter : Cunnin-
ghamia, de la Chine tropicale et subtropicale répandu en Europe, au
Japon et dans l’Ouest des U. S. A.; Taiwania du Sud de la Chine
reconnu au Japon, en Ukraine et au Spitzberg; Keteleeria du Sud de la
Chine s’est avancé en Europe et dans l’Ouest des U. S. A.; Cathaya du
Sud de la Chine en Sibérie; Pseudolarix de la Chine à l’Europe, au
Spitzberg, en Sibérie et dans le Nord des U. S. A.; Cephalolaxus et
Amenlolaxus de la Chine méridionale s’élevèrent aussi jusqu’en Europe et
dans l’Ouest des U. S. A.
La présence de genres actuellement de la zone tempérée chaude
qui s’étendaient autrefois dans le subarctique est particulièrement éton¬
nante : Séquoia, Sequoiadendron, Melasequoia, Taxodium, Sciodopilys.
9. Les reconnaissances paléontologiques dans l’hémisphère austral
sont-elles moins nombreuses que dans l’hémisphère boréal? C’est un
fait que le nombre des genres qui y ont complètement disparu est beau¬
coup moins élevé que dans l’hémisphère boréal. R. Florin n’indique que
4 genres disparus complètement.
Parmi les genres actuels (au nombre de 22), la moitié seulement ont
Source : MNHN, Paris
14
été trouvés à l’état fossile, la plupart à l’intérieur de leurs aires présentes
de distribution, généralement en Australie et Nouvelle Zélande. Certains
s’étendirent cependant jusqu’en Patagonie et l’Antarctique : Acmopyle
(depuis la Nouvelle Calédonie), Alhrolaxis (depuis la Tasmanie jusqu’en
Patagonie). L’impression se dégage d’une stabilité qui n’est pas consta¬
tée d’une façon générale dans l’hémisphère Nord.
10. On trouve donc aussi dans la comparaison des aires actuelles
et tertiaires de certains genres d’indéniables arguments en faveur de
la « tropicalisation » du Nord-atlantique à certaines époques du ter¬
tiaire. S’opposent-ils à ceux qui feraient plutôt penser à une certaine
permanence des aires et donc des conditions climatologiques qui y
régnaient? Il y a une contradiction — dont il faudrait sortir — entre
la présence au tertiaire en Europe et dans le subarctique de genres que
nous considérons, les uns comme représentatifs d’une zone tempérée,
voire froide, et d’autres adaptés encore aujourd’hui à des zones tropi¬
cales, subtropicales, ou tempérées chaudes : Larix, Abies, Picea, Pinus ,
Juniperus par exemple d’une part, Pseudolarix, Melasequoia, Taiwania
d’autre part, etc... La contradiction n’est peut-être que superficielle. D’une
part ces genres ont pu apparaître dans les mêmes zones latitudinales
dans des temps très différents qui s’échelonnent dans les GO millions
d’années de l’ère cénozoïque. D’autre part dans quelle mesure l’hypothèse
de la permanence de la thermo-écologie des genres doit-elle être admise?
A en juger d’après la grande plasticité écologique à l’intérieur de certains
genres actuels, Pinus par exemple, cette hypothèse doit être interprétée
avec souplesse. Enfin il faut toujours tenir compte de l’inconnue de
l’orographie aux temps passés; des fossiles d’espèces de terres froides
d’altitude élevée et de terres chaudes et basses pourraient se trouver en
mélange dans des pays anciennement soumis à des climats subtropicaux
par exemple. Cependant on ne peut manquer d’être impressionné après
cette analyse comparative de la distribution des conifères dans le passé
et le présent par l’idée de grands changements intervenus durant l’époque
tertiaire dans la répartition des climats dans l’hémisphère boréal bien
avant ceux consécutifs aux catastrophes glaciaires du pléistocène.
11. La zone équatoriale entre les 20° N. et S. est non seulement aujour¬
d’hui presque vide de conifères, mais Florin ;/ marque très peu de gisements
fossiles. J’ai relevé : au Congo au permien supérieur, le genre disparu
Walkomiella; au Tanganika et dans le Nord de Madagascar, au trias
le genre disparu Vollziopsis; au Vietnam, du trias supérieur au juras¬
sique inférieur, le genre disparu Ctjcadocarpidium très répandu à la même
époque sur toute l'Asie, l’Europe et le Groenland; au jurassique des
Araucaria dans l’Inde. Peut-être ce hiatus est-il dû en grande partie
à une insuffisance des recherches paléontologiques en pays tropical,
sinon il faudrait rapprocher ce fait paléontologique de celui que nous
constatons aujourd’hui de l’absence habituelle de conifères dans la zone
équatoriale actuelle, c’est-à-dire qu’il y aurait là un argument prouvant
Source : MNHN, Paris
— 15 —
la permanence d’un climat tropical du type équatorial dans cette zone
équatoriale d’aujourd’hui qui pourrait donc être présenté à l’encontre
des théories mobilistes sur le déplacement des continents et de l’axe
des pôles, du moins depuis le commencement de l’ère cénozoïque. Mais en
réalité, R. Florin ne signale aucun fossile tertiaire de conifère dans une
zone bien plus vaste encore allant, en Amérique du Nord du Mexique au
Nord de l’Argentine et en Afrique depuis l’Afrique du Nord jusqu’au
Sud du Congo ex-belge, c’est-à-dire dans une aire considérable où l’anneau
équatorial aurait pu osciller largement en latitude. L’argument auquel
nous faisions allusion ci-dessus n’est ainsi pas décisif.
12. Il reste inexpliquée cette division bihémisphérique des conifères,
dont les deux groupements génériques nord et sud sont pratiquement
séparés par la bande équatoriale de végétation feuillue infranchissable
aux conifères sauf par la voie de chaînes de montagnes transversales
élevées, et où quelques espèces aujourd’hui prisonnières se maintiennent
et se défendent encore, mais sans évasion possible.
Une voie pourrait s’ouvrir aux hypothèses. Rapprochons ces cons¬
tatations que nous avons faites :
1° Un grand nombre des 58 genres de conifères actuels ont une
thermo-écologie qui les rend aptes à exister dans les régions chaudes,
tropicales, subtropicales et tempérées chaudes, et même pour certaines
espèces à y coloniser aisément les espaces découverts.
2° Si leur occupation de ces régions est ou relativement ou très res¬
treinte, c’est en raison de la concurrence des forêts feuillues, surtout des
forêts denses tropicales humides basses et moyennes altitudes.
Nous pouvons donc admettre qu’avant le développement général
des angiospermes à l’ère cénozoïque, les conifères et Taxacées occupaient
la zone tropicale, et que c’est depuis cette prolifération des espèces
feuillues que leur élimination a lentement commencé, c’est-à-dire qu’une
bande de formations forestières tropicales dont la flore est à l’origine de la
flore tropicale actuelle s’est constituée au tertiaire et peut être déjà dès
le crétacé, séparant ainsi définitivement un groupe boréal de conifères
d’un autre groupe austral. Cet isolement fut renforcé par les bandes de
déserts qui ont toujours ceinturé la terre vers des latitudes de 30°, à
l’Ouest et au centre des continents.
13. Si ces hypothèses rendent compte de la fission des conifères au
tertiaire en deux groupes bihémisphériques, elles n’expliquent pas pour¬
quoi ces deux groupes systématiques n’ont aucune part commune à
l’échelle générique, car si on admet que l’isolement depuis le tertiaire
pourrait être la cause d’une ségrégation en 2 groupes distincts, il est
surprenant que celle-ci soit aussi totale, aucun genre n’étant commun.
Quant aux dépassements trans-équatoriaux constatés de certains gen¬
res ils sont limités et explicables par des progressions le long des hautes
chaînes de montagne traversant la zone équatoriale.
L’hypothèse de la fixité de la position de l’actuelle bande équato-
Source : MNHN, Paris
— 16 —
riale depuis le début du mésozoïque permet mal de concevoir comment
des genres de conifères formés à l’origine dans cette zone de vie intense
et favorable au développement phylogénétique *, auraient pu en vertu
d’une discrimination inexplicable, les uns migrer vers le nord, les autres
vers le sud, ou dans le cas d’une dispersion en éventail d’un genre vers
les 2 hémisphères, qu’aucun d’eux n’ait donné par la suite naissance à
deux rameaux taxonomiques qui auraient évolué parallèlement dans
chacun de ces deux hémisphères. Il faut convenir que l’hypothèse du
déplacement de l’anneau équatorial apporte une meilleure compré¬
hension, puisque dans une action de « balayage » durant le crétacé, lar¬
gement étalée à la surface du globe terrestre au travers des deux hémi¬
sphères actuels, une dispersion dans le temps el l’espace des taxa formés
pourrait se concevoir constituant 1’ « opération » initiale dont la sépa¬
ration taxonomique actuelle en deux groupements serait la résultante.
Si nous devions manifester dès à présent une opinion, nos préfé¬
rences — suivant des idées déjà exprimées par certains paléo-physiciens
— iraient vers l’hypothèse de l’existence, depuis le permo-carbonifère
et les débuts du mésozoïque, d’une large bande tropicale s’étendant et
se déplaçant sur l’est et le sud de l’Amérique du Nord, le nord de l’Amé¬
rique du Sud, l’Europe et l’Afrique, partiellement le Sud-est asiatique et
l’Australie, c’est-à-dire couvrant de grandes zones continentales dans
les deux hémisphères. On aperçoit là l’amorce possible de la différen¬
ciation entre genres d’un groupe boréal futur, dont le centre d’évolution
serait l’Amérique du Nord, l’Europe, le Nord de l’Afrique et l’Asie du Sud-
est, et genres d’un groupe austral, formé en Amérique du Sud, en Aus¬
tralie et Nouvelle Zélande. Le développement des angiospermes tropi¬
cales durant l’ère tertiaire, associé à des déplacements de la bande équa¬
toriale la rapprochant de sa position actuelle, aurait alors — comme
nous l’avons dit plus haut — amené la séparation physique des deux
groupes.
Les deux croquis ci-contre, établis simplement pour faciliter la
compréhension de l’hypothèse, indiquent les positions possibles de la
1. Nous optons donc parmi les différentes théories sur le centre d’origine des flores
actuelles pour celle qui considère que ce centre se situerait dans la zone tropicale,
voire équatoriale.
Rappelons que les opinions sur ce problème ont été extrêmement partagées et
discutées (d’après R. Fi.orin).
— Centre arctique et migrations radiales vers le sud : Herr (1868), Wulff (1943).
— Centre d’origine antarctique et migration du sud vers le nord : Hemsley (1885),
Copeland (1939 et 1947), Croizat (1952), Boughey (1961).
■—- Deux centres, un arctique, l’autre antarctique : Engler (1926), Seward (1941).
— Centre des conifères dans la zone tempérée de l’hémisphère nord, avec migra¬
tion vers l’Arctique et l’Antarctiquc : Studt (1926), Scharfetter (1959), Simroth
(1914).
— Origine des Conifères et Taxacées sous les climats subtropicaux et tempérés
chauds des moyennes latitudes de l’hémisphère nord (Florin 1940-1963).
— Origine tropicale : Axelrod’s (1952-59-60-61), pour les Angiospermes), Van
Steenis (1962), Scott, Barghoorn, Léopold (1960, pour les Conifères).
Source : MNHN, Paris
17
Fig. I. — Hypothèse un peu diflùrente de la position des pôles au début de l'ère mésozoïque,
d’après Opdyke et Runcorn (1959). l’ôle Sud : 41° long. W, 55" lat. S. Pôle Nord : 139”
Fig. 2. — Hypothèse de la position du pôle Sud dans l'océan Sud-Atlantique à la période permo-
carbonifère des glaciations de l’Afrique australe et de l’Amérique du Sud. Tracé approxi¬
matif de l’Équateur et des tropiques. La zone intertropicale couvre le nord de l’Amérique
du Sud, l'Amérique centrale et les Antilles, l’est des U. S. A. et du Canada, le Groenland,
l'Europe, l'Afrique du Nord, l'Inde, une partie de la Malaisie, l'Australie et la Nouvelle-
Zélande. Un groupe austral des conifères se développe aux deux extrémités de la bande
intertropicale (Amérique du Sud — Australie Nouvelle-Zélande); un groupe boréal se
constitue en Amérique du Nord, Europe et Asie : Position hypothétique du pôle Sud :
10” long. W, 35“ lat. S. Pôle Nord : 170“ long. E, 35” lat. N.
Ces croquis paléoclimatologiques ne sont donnés que d'une façon indicative pour faciliter
la compréhension des théories exposées. En particulier en vue d'éviter d’entrer dans des
considérations qui ne seraient pas à leur place dans le cadre d'un article de cette revue, les
positionss indiquées des tropiques ne tiennent pas compte des changements de l'obliquité
de l'écliptique qui interviennent dans le cas de déplacements absolus des pôles.
2
Source : MNHN, Paris
— 18 —
bande intertropicale dans l’hypothèse d’un pôle Sud permo-carbonifère
et du mésozoïque inférieur placé dans l’Atlantique sud.
Une telle hypothèse pourrait mettre d’accord la plupart des auteurs
ayant exposé des idées sur les centres d’origine des conifères.
Une dernière phase de l’évolution phylogénétique des conifères
aboutirait à la différenciation de certains taxa par adaptation thermo
écologique aux zones tempérées et froides.
Nous ne disconviendrons pas que de semblables hypothèses sur la
phylogénèse et la répartition des conifères depuis le secondaire sont
très aventurées. Il ne peut en être autrement. Leur distribution actuelle
à la surface de la terre et ce que l’on sait de faits anciens de répartition
posent des problèmes connexes dont les solutions sont certes mysté¬
rieuses, mais elles se sont déroulées suivant des voies et des mécanismes
qui étant naturels et obéissant à des lois n’échappent pas complètement
à l’esprit humain. Il est donc tentant d'entreprendre ces reconstitutions
du monde disparu, si grandement hypothétiques soient-elles. R. Florin
en nous apportant une masse considérable de faits contrôlés actuels et
paléontologiques nous a donné un document de tout premier ordre qui
est un modèle pour tous les phytogéographes qui devraient s’en inspirer
pour la rédaction de monographies exhaustives portant sur des taxa
supérieurs.
Source : MNHN, Paris
PROBLÈMES DE LA MANGROVE D'HIER
ET D’AUJOURD'HUI
par A. Aubréville
Quiconque s’est tant soit peu intéressé à la végétation tropicale
est familiarisé avec ce terme de « mangrove », employé dans toutes les
langues européennes. Il désigne ces curieuses formations forestières
littorales de toutes les mers tropicales qui bordent les côtes, envahissent
les estuaires et les deltas des grands fleuves, partout où l’eau est salée
ou encore saumâtre et où s’étendent des bancs de vase. Ce sont des forêts
exposées au flux et reflux de la marée et parfois même à la houle sur
un front de mer. Elles sont des plus étranges par leur physionomie, leur
physiologie et — ce n’est pas étonnant — par une composition floristique
très spéciale. Tout le monde connaît les palétuviers : Rhizophora portés
par des arceaux enchevêtrés de racines aériennes, Avicennia aux racines
portant des brosses de pneumatophores émergeant de l’eau à marée
basse ; et entre toutes autres curiosités : racines à arceaux, à appendices
genouillés. Espèces presque toutes vivipares, les graines germent dans les
fruits sur l’arbre, avant qu’ils ne se détachent et ne soient alors emportés
par les courants puis déposés sur des plages vaseuses, à moins qu'ils ne se
fichent directement dans la vase. Ce sont souvent des forêts d’aspect régu¬
lier avec une essence dominante, Rhizophora, Bruguiera, Avicennia, etc.
avec en mélange un petit nombre d’autres espèces spécialisées..
Elles posent aux écologistes, aux physiologistes et aux phytogéo-
graphes de nombreux problèmes. Ces derniers ne manquent pas de faire
quelques remarques au point de vue chorologique. Mr. C. G. G. J. van
Steenis y a consacré récemment une note « The Distribution of the
Mangrove Généra and their Palaoegeographical Implication 1 », et il a
encore développé ses conclusions dans « The land-bridge theory in
botany 2 ». Lorsque l’on compare la composition de la mangrove, de
l’océan Indien et du Pacifique ouest avec celle de l’océan Atlantique
on constate que la première qui suit les côtes de l’Afrique orientale, de
l’Asie du Sud-Est et de l’Océanie est floristiquement distincte de la
seconde et beaucoup plus riche en genres et espèces. La mangrove de
l’océan Atlantique est par ailleurs la même — ou presque — sur les côtes
africaines occidentales, et, vis-à-vis, sur les côtes américaines. Dénom¬
brant exclusivement les espèces appartenant à des genres n’existant que
dans la mangrove, en laissant de côté les genres qui peuvent avoir à la
fois des représentants dans la mangrove et dans les forêts de terre ferme,
1. Proc. Kon. Ak. Wet. A'dam ser. C, 65 : 164-169 (1962).
2. Blumea 11, 2 : 235-542 (1962).
Source : MNHN, Paris
— 20 —
van Steenis indique 45 espèces environ pour la mangrove de l'océan
Indien (y compris l’Afrique orientale) et de l’W. Pacifique, 10 seulement
dans la mangrove atlantique américaine et 7 dans la mangrove atlantique
africaine. Curieusement quelques-unes des espèces de l’océan Atlantique
se retrouvent sur la côte pacifique américaine.
Cette disproportion est frappante et on conçoit qu’on ait essayé
de l’expliquer. On constate immédiatement qu’il n’y a actuellement
aucune communication possible entre la flore de la mangrove de l’océan
Indien et celle de l’océan Atlantique, puisque les deux passages possibles,
la Méditerranée et le cap de Bonne-Espérance sont hors de la zone tropi¬
cale, dont les espèces de mangrove ne peuvent s’éloigner 1 . Mais dans
le passé, en fut-il de même? II est évident qu’à l’ère cénozoïque, la man¬
grove du golfe des Caraïbes put, de proche en proche, par la large coupure
de l’isthme de Panama ouverte durant la plus grande partie de l’époque
tertiaire, s’installer sur la côte pacifique de l’Amérique là où la nature et
le climat côtier le permettaient, et elle y est restée. Si l’on veut bien
admettre qu’à cette époque les eaux de la Téthys (la Méditerranée ter¬
tiaire) ou celles de l’extrémité sud de l’Afrique étaient tropicales, le
problème serait résolu, le passage au nord ou au sud de l’Afrique étant
ouvert aux palétuviers, encore que la question resterait posée de la grande
différence constatée dans la richesse floristique des deux mangroves.
Van Steenis ne croit pas qu’aux latitudes de la Méditerranée et de
l’Europe occidentale régnait au tertiaire un climat tropical. Il pose
comme principe que le climat n’y a pas sensiblement changé depuis
les temps cénozoïques, qu’il était donc tempéré ou tempéré chaud. Les
documents paléontologiques ne semblent pas lui donner raison, et tout
particulièrement ceux étudiés par Reid et Chandler (1933) puis
Chandler (1952), dans la flore des argiles éocènes de Londres. Ces auteurs
conclurent que cette flore marquait la limite septentrionale extrême
d’une flore tropicale, dont les bois fossiles découverts dans les argiles de
Londres furent dispersés dans une rivière se jetant dans la mer des argiles
de Londres laquelle communiquait, avec l’Océan au nord, et au sud avec
la mer chaude nummulitique (ou Téthys, ou Mésogée). De fait - je
cite d’après van Steenis — les fossiles reconnus appartiennent à 6 familles
exclusivement tropicales, Nypacées, Burséracées, Icacinacées, Flacour-
tiacées, Sapotacées, soit 11 % et à 14 autres familles aujourd’hui lar¬
gement tropicales, Palmacées, Olacacées, Ménispermées, Annonacées,
Lauracées, Méliacées, Anacardiacées, Sapindacées, Sabiacées, Elaeocar-
1. La mangrove el ses espèces caractéristiques sont d’excellents témoins de la
présence ancienne de flores tropicales, car elles ne quittent jamais la zone tropicale.
Actuellement par exemple en Amérique du Sud, sur la côte Atlantique la mangrove
ne dépasse pas 28° 20’ iat. S.; sur la côte Pacifique 3° 48’ lat. S. seulement en raison
de l’existence des courants marins froids qui suivent la côte du sud au nord. Dans
l’ouest de l’océan Pacifique, la stations la plus septentrionale se situe vers le 32° lat. N.
à la pointe sud de l’ile Kyushyu, la plus méridionale du Japon. Dans l’hémisphère
sud la station la plus méridionale se trouve vers 40° lat. S. dans le nord de la Nou¬
velle-Zélande.
Source : MNHN, Paris
— 21 —
pacées, Sterculiacées, Dilléniacées, Myrsinacées et Apocynacées, soit
32 %.
La présence de ces nombreux éléments d’une flore indo-malaise
n’emporte cependant pas la conviction de van Steenis. L’existence
parmi eux de fruits d’un palmier du genre Nipa, qui est cependant un
genre exclusif et typique de la mangrove indo-malaise va curieusement
lui fournir un argument contre la nature tropicale de la « London Clay.
Flora », c’est-à-dire contre l’existence d’une mangrove éocène dans le
sud de l’Angleterre. Cet authentique et abondant genre de la mangrove
a aujourd’hui une aire indo-malaise relativement limitée englobant les
côtes du Pakistan oriental au Cambodge, et celles des îles malaises (Suma¬
tra, Java, Bornéo, Célèbes) *. Le fruit flotte aisément et le transport
par les courants marins se comprend. Pour van Steenis le Nipa des
argiles de Londres est allochtone, le fruit a été entraîné jusqu’en Europe
par les courants de la Téthys; les fossiles découverts ne sont pas dus à
un dépôt autochtone d’une mangrove en place. Je ne suis pas qualifié
pour suivre l’auteur dans son argument d’appréciation paléontologique,
mais il raisonne ensuite ainsi. Si la mangrove indo-malaise s’était étendue à
l’Europe occidentale, les Nipa et autres espèces continuant leur progres¬
sion vers l’ouest, auraient également envahi les bords de l’océan Atlantique
et on devrait alors constater l’identité entre la composition des deux
mangroves, atlantique et indienne, or on observe le fait contraire,
comme nous en avons fait la remarque préliminaire.
L'expansion des espèces ne se fait pas toujours d’après la logique.
Il est bien connu que très souvent elles n’occupent pas toute l’aire qu’éco-
logiquement elles pourraient habiter. Des causes difficilement connais¬
sables, surtout si l’on raisonne dans le passé, s’y opposent. Le cas de
l'actuel Nipa indo-malais en fournirait une bonne preuve, puisqu’en
dépit de son grand pouvoir de dissémination par les courants marins
côtiers sa distribution est relativement restreinte dans les eaux indo-
pacifiques. En Afrique éocène on pourrait trouver une explication dans
l’existence de côtes au climat désertique correspondant au désert mari¬
time actuel qui s’étend du sud du Maroc au Sénégal. Il est très vrai¬
semblable qu’au tertiaire, au sud d’une Téthys tropicale et humide
devaient s’étendre des zones désertiques.
Une mangrove à Nipa dans les argiles de Londres n’est pas sur¬
prenante si l’on note que des fossiles de Nipa ont été également trouvés
dans le nord de l’Égypte toujours sur les bords de la Téthys. Chandler
a reconnu en 1951 dans la même formation géologique de Londres des
hypocotyles pétrifiés de mangrove. D’autres faits qui paraissent ignorés
de van Steenis rendent encore plus vraisemblable l’existence de cette
mangrove à la latitude de Londres. Des Nipatites (iV/pa?) ont été trouvés
au Sénégal, et des fossiles de Nipa au Texas 1 2 . Si les déterminations sont
1. Nipa fruclicans.
2. Boureac. — Bull. Soc. Bol. Fr. : 241 (1953) et Bull. Mus. Nat. Hist. Nat.
228, 6 : 559 (1956).
Source : MNHN, Paris
— 22 —
certaines, Nipa aurait donc aussi traversé l’Atlantique. Pourquoi donc
ne s’y trouve-t-il plus aujourd’hui, non plus que d’autres espèces de la
mangrove indo-malaise? Pourquoi la mangrove de l’océan Atlantique
est-elle demeurée floristiquement pauvre? Toutes questions qui restent
sans réponse, comme la plupart de celles que l’on peut poser à propos
de la distribution des espèces végétales.
Van Steenis a donné deux explications. L’une est plutôt une simple
suggestion relative à l’extraordinaire flore tropicale trouvée dans les
argiles de Londres : « a local caprice of déposition of débris sorted in
that way by the surface and underwater currents ». L’autre voudrait
expliquer la mangrove atlantique par des migrations d’espèces indo¬
malaises pionnières de mangrove à travers l’océan Pacifique puis par la
trouée de Panama jusqu’aux côtes africaines.
Nous lui ferons une objection. L’auteur pour expliquer les nombreuses
disjonctions de taxa tropicaux transpacifiques a montré la nécessité de
l’existence du jurassique au crétacé moyen d’un pont transpacifique
joignant l’Océanie et l’Australie à l’Amérique du Sud, d’abord continu
puis ensuite discontinu et insulaire dans l’est du Pacifique jusqu’au
crétacé supérieur. Avec cette possibilité de communication de proche
en proche, à travers le Pacifique central jusqu’au tertiaire inférieur, il
peut paraître étonnant que la mangrove indo-malaise ne se soit pas
étendue avec une assez grande densité d’espèces jusqu’aux îles du Paci¬
fique et sur la côte pacifique de l’Amérique. Or d’une part la mangrove
pacifique américaine est par toutes ses espèces d’origine atlantique,
et d’autre part d’une façon générale la mangrove indo-pacifique ne
dépasse pas à l’est les îles Carolines et la Nouvelle-Calédonie. L’océan
Pacifique est ainsi curieusement dépourvu de mangrove entre ces îles et
l’Amérique en dépit de l’existence des innombrables îles polynésiennes.
Il nous semble donc que les migrations de la mangrove indo-malaise
se sont faites vers l’Ouest et non vers l’Est, par les rives tropicales de la
Téthys jusqu’à l’océan Atlantique tertiaire.
Quant à la flore de l’Europe occidentale nous croyons que les études
de Reid et Chandler démontrent bien son caractère tropical à l’éocène.
Cependant dans toute la documentation paléobotanique relative à cette
époque et à l’Europe, on relève des contradictions. On ne peut manquer
d’être étonné lorsque dans les relevés des gîtes fossiles tertiaires on lit
des noms de genres subtropicaux et tropicaux à côté de genres manifes¬
tement représentatifs de flores tempérées. Au point de vue écologique,
ces voisinages paraissent incohérents et parfois même absurdes. Van
Steenis cite d’après des analyses palynologiques faites dans la flore des
argiles de Londres un spectre incroyable où voisinent des familles tem¬
pérées (Bétulacées, Conifères), tropicales certaines (Sapotacées, Palma-
cées), et d’autres typiquement australes (Restionacées, Protéacées,
Nolhofagus). Des auteurs signalent à l’éocène : au pied des Pyrénées
des Myrtacées et Protéacées; dans les gypses de Paris, des chênes, Pillos-
porum, Mangifera, Mimusops, etc., dans les îles Sheppey en Angleterre,
des Quercus, noyers, Eucalyptus, Liquidambar, Musa, etc.
Source : MNHN, Paris
— 23 —
Cela ne choque peut-être pas un botaniste systématicien pur, qui
n’aurait pas été formé au raisonnement écologique et serait peu sensible
aux considérations phytogéographiques. Quant à ceux des botanistes
qui essaient de comprendre la distribution des plantes, que peuvent-ils
penser?
Beaucoup de déterminations sont probablement fausses ou douteuses
et il serait sans doute opportun de les revoir avec un nouvel esprit plus
critique et avec le secours d’une documentation devenue plus étendue
aujourd’hui qu’autrefois. Je songe en particulier aux anciennes iden¬
tifications faites d’après l'anatomie de bois et de pollens fossiles alors
que la flore tropicale était mal connue. Tous les systématiciens de métier,
ont été étonnés — et van Steenis en fait aussi la remarque — de l’aisance
avec laquelle certaines empreintes de feuilles et de fruits sont identifiées
par les paléontologistes, alors qu’eux-mêmes en présence de spécimens
d’herbier médiocres ou stériles doivent souvent se déclarer incapables
de les déterminer même aux échelons supérieurs de la famille et du genre.
Mais ceux des phytogéographes qui ont un peu parcouru et regardé
avec attention le monde tropical, savent aussi que de curieux voisinages
peuvent être constatés, entre espèces réputées représentatives de la
flore tempérée par exemple habitant les montagnes et espèces tropicales
ou subtropicales vivant dans les plaines sous-jacentes. Le climat local,
les courants marins près des côtes amènent aussi des rapprochements
curieux. En Floride, contrée plate tempérée chaude, une flore tempérée
chaude habite le cœur de la péninsule avec des chênes et des pins. Mais
sur la côte on voit des peuplements de palmiers Sabal; en sous-bois
dans les forêts de pins un petit palmier est très abondant et à la pointe
sud même la flore tropicale est dominante, avec des Taxodium dans une
mangrove. On compte au total dans le sud-est des U. S. A. et particu¬
lièrement en Floride environ 45 genres d’arbres et arbustes d’affinités
tropicales soit quelque 130 espèces 1 .
Évidemment des mélanges de flores tropicales ou subtropicales
aujourd’hui les unes typiquement holarctiques, les autres australes
sont encore plus extraordinaires. Ils ne sont pas pour autant invraisem¬
blables à priori car il y eut tant de bouleversements sur la terre dans
sa configuration et ses climats que l’inexplicable peut être vrai. On doit
subordonner son étonnement et son raisonnement aux faits. Encore faut-il
que ceux-ci soient bien établis.
1. J. Kunkel Small. — Manual of the Southeastern Flora. Coastal Plain (1933).
Source : MNHN, Paris
LES CHANGEMENTS DE CLIMATS
DEPUIS L'ÈRE PALÉOZOÏQUE
par A. Aubréville
Les preuves abondent de changements de climats intervenus sur la
Terre au cours des temps géologiques. Des régions qui connaissent aujour¬
d’hui des climats tempérés ou froids eurent à certaines époques des climats
chauds, et réciproquement tandis que déserts et zones humides se suc¬
cédèrent. C’est pourquoi on découvre dans des régions subpolaires ou
tempérées des flores fossiles chaudes, que des gisements de houille ont
été trouvés au Groenland et, dans l’Antarctique, à une dizaine de degrés du
pôle sud; que dans la zone tempérée existent des dépôts sédimentaires
(bauxites, grès éoliens) parfois sur des épaisseurs considérables indiquant
évidemment l’ancienne présence de milieux chauds ou arides; que des
récifs coralliens s’étendirent vers le nord loin de leurs limites actuelles; que
dans la zone équatoriale on peut rencontrer des couches de sel sur plu¬
sieurs centaines de mètres de profondeur (côtes du Gabon) accumulées
dans une période d’intense évaporation de lagunes, ou, non loin de là
des tillites au Mayumbé, témoins d’époques glaciaires; que des bois
silicifiés attestent l’existence de forêts là où il n’y a plus que déserts
(Sahara notamment); que des traces d'une immense glaciation permo-
carbonifère sont relevées au Brésil, en Afrique du Sud, dans l’Inde et en
Australie, et que nous observons dans nos régions les marques évidentes
des glaciations quaternaires.
De toute cette masse de faits il est résulté nombre de théories contra¬
dictoires sur les climats du passé. Elles ne peuvent laisser indifférents
les botanistes puisque l’histoire des flores est intimement liée à celle des
climats.
Une certaine conception paléoclimatique, souvent exprimée dans
les traités de géologie, doit être définitivement écartée. Selon elle, la
Terre aurait été uniformément chaude aux époques où se sont déposés
ces « évaporites » et ces fossiles de flores chaudes dans des régions polaires
ou subpolaires. Il est plus vraisemblable qu’à toute époque de l’histoire
de la Terre il y eut simultanément des régions chaudes et froides, des
déserts et des régions très humides, dont la répartition zonale était
comme aujourd’hui, d’abord sous la dépendance du gradient thermique
latitudinal pôle-équateur, puis de la distribution momentanée des terres
et des mers et de l’orographie des continents. Ce gradient thermique
méridien est l’effet du climat d’insolation des latitudes, qui résulte des
lois de la géophysique. Nous en trouvons une expression mathématique
dans un des récents ouvrages d’ETiENNE Bernard auquel nous allons
nous référer souvent dans cette note : « Le caractère tropical des paléo¬
climats à cycles conjoints de 11 à 21 000 ans et ses causes; migration des
Source : MNHN, Paris
— 25 —
pôles ou dérive des continents 1 ». Le gradient de température calculé de
l’équateur au pôle nord est en moyenne de 48,9° dans l’année, variant
de 35,7° pour le semestre d’été à 62,1° pour le semestre d’hiver. Il a pu
varier dans le passé géologique du globe pour des causes astrophysiques
ou cosmiques mais proportionnellement à la constance solaire, c’est-à-
dire dans une faible mesure. Les astro-physiciens semblent admettre que
cette dernière fut plus élevée qu’aujourd’hui durant les ères mésozoïque
et cénozoïque, mais l’écart n’est pas tel qu’il en résultât un paléoclimat
chaud aux hautes latitudes qui eût entraîné des températures si élevées
dans les régions tropicales que toute vie eût été impossible.
Ces généralités s’imposent fondamentalement à toute théorie paléo¬
climatologique et s’opposent à des théories arbitraires avancées inconsi¬
dérément sur l’égalité des climats de la Terre à certaines époques géolo¬
giques.
Nous en conclurons, d’accord avec Bernard, que les flores fossiles
découvertes dans les régions polaires n’ont pu écologiquement exister
qu’à des latitudes subtropicales ou tropicales, et qu’elles fournissent le
meilleur argument en faveur de la théorie des variations de latitude qui
furent la cause des fluctuations des paléoclimats.
Bernard apporte une contribution personnelle à cette théorie
de la mobilité des paléoclimats par son originale interprétation de la
formation des argiles à varves déposées dans des estuaires marins au
dévonien supérieur et au carbonifère inférieur de Thuringe en Allemagne.
Ces varves sont les unes à double feuillet, les autres à quatre feuillets.
Korn qui les a étudiées 2 en avait tiré en 1926 la conclusion qu’au car¬
bonifère inférieur, l’Europe moyenne devait jouir d’un régime pluvio-
métrique doublement périodique avec deux saisons des pluies, et que
par conséquent les dépôts de varves quadrifeuilletés n’avaient pu se
produire qu’en climat équatorial. Bernard y ajoute un argument en
insistant sur l’alternance de couches à varves bifeuilletées qui indiquent
un climat à deux saisons et de couches à varves quadrifeuilletées, indice
d’un régime pluviométrique à double période. Cette alternance s’observe
en Thuringe sur trois cycles ayant une durée moyenne de 21 000 ans,
au sein de couches ayant 30 à 100 m d’épaisseur. Bernard y voit une
conséquence de sa théorie, sur laquelle nous reviendrons, du balancement
cyclique de l’équateur calorifique de part et d’autre de l’équateur géo¬
graphique entre 11° lat. N. et 11° lat. S. avec une période moyenne de
21 000 ans ce qui, en chaque lieu proche de l’équateur, entraîne un cycle
de régime de pluies équatorial à deux saisons de pluies suivi d’un régime
tropical à une saison de pluies. D’où pour Bernard une confirmation
de la conclusion déjà formulée par Korn que la Thuringe occupait il y a
environ 320 millions d’années une latitude équatoriale ou subéquatoriale.
Un second principe important de paléo-climatologie qui semble
admis aujourd’hui est celui de la permanence des lois générales de la
1. Bernard, E. — Mém. de l’Ac. Roy. des Sc. O. M. 13, 6 : 1-59 (1962) Bruxelles.
2. Cité d’après Bernard le. p. 15.
Source : MNHN, Paris
— 26 —
circulation atmosphérique dans le passé. Elles sont un effet du climat
d’insolation des latitudes et de la rotation de la Terre. Elles se sont
toujours manifestées par de basses pressions équatoriales, des vents alizés
orientés N.E.-S.W. dans l’hémisphère nord, S.E.-N.W. dans l’hémi¬
sphère sud à l’intérieur de la zone intertropicale, des pressions atmo¬
sphériques élevées vers les 30-35° latitude, une zone de vents d’ouest
entre les 35° et 60°, des pressions basses subpolaires vers les 65°, des
vents polaires d’Est entre 65° et 70° et au pôle de hautes pressions entre
80°-90°.
Du régime thermique conjoint au régime des vents et conjugué
à celui des courants marins, il a toujours résulté une zone équatoriale
très humide et pluvieuse et des déserts dans la zone des hautes pressions
subtropicales. On peut ajouter que des moussons se sont toujours mani¬
festées dans les aires continentales de la zone intertropicale.
Ces principes trouvent une application dans la présence des dépôts
éoliens de grès observés dans des régions situées aujourd’hui dans des
latitudes moyennes et étudiées par Opdyke et Runcorn 1 en Angleterre,
et aux U.S.A. au Wyoming, au Nord-Est de l’Utah et au Nord-Ouest
du Colorado. De l’examen de leur stratigraphie ils apparaissent être
l’effet de vents alizés dominants du Nord-Est; or ces contrées sont aujour¬
d’hui dans la zone des vents du Sud-Ouest, dans une direction donc
opposée à celle des vents qui soufflaient à l’époque de la formation des
dunes. On peut en conclure que le changement d’orientation de ces vents
dominants est dû à une fluctuation des latitudes, c’est-à-dire que les
régions de ces grès éoliens étaient alors dans la zone subtropicale des
alizés à la fin de I’ère paléozoïque.
Les récentes théories et mesures du paléomagnétisme apportent
de nouveaux arguments à l’idée de vastes fluctuations climatiques sur¬
venues sur le Globe du paléozoïque au tertiaire, puisqu’elles prétendent
retrouver les positions des pôles par rapport aux continents aux diffé¬
rents âges, ce qui implique évidemment des changements de climats
accompagnant les migrations (relatives ou réelles) des pôles.
Tous les géologues, paléoclimatologues, paléogéographes ne sont
pas encore d’accord sur ces conceptions. On est en présence d’une telle
masse de faits, parfois contradictoires au moins en apparence, faits
touchant à des disciplines différentes, qu’on peut comprendre qu’il y
ait une divergence des opinions, d’autant plus que des doutes sont parfois
émis sur la réalité des faits et sur leur signification. II est évident que si
l’on nie l’existence d’une flore tropicale ou subtropicale ou simplement
chaude dans les régions polaires de la fin du paléozoïque au mésozoïque,
on supprime un des plus importants arguments en faveur des fluctuations
1. Opdyke, N. D. et Runcorn, S. K. — Le paléomagnétisme et les directions des
vents aux époques anciennes. Endeavour, 28, 69 : 26-34 (1959). — Wind direction
in lhe Western United States in the late Paleozoic. Bull, ot the Geol. Soc. of America
71, 7 : 959-972 (1960).
Opdyke. — The impact of Paleomagnetism on Paleoclimatic Studies. 3, 6 A
(1959).
Source : MNHN, Paris
— 27 —
climatiques. En refusant de considérer les traces de glaciations dans
l’hémisphère austral au permo-carbonifère comme des témoins d’un
vaste inlandsis, mais comme de simples marques de glaciers de hautes
montagnes, on peut persister à croire à la permanence des actuelles condi¬
tions climatiques dans cet hémisphère, etc...
Van Steenis qui s’est montré dans son étude magistrale « The
land-bridge theory in botany » 1 un partisan de la quasi-permanence
des continents et des zones latitudinales climatiques actuelles — ne
faisant une exception notable que pour une perturbation climatique
au quaternaire liée aux périodes glaciaires — a consacré un chapitre à
une analyse critique des opinions exprimées sur une extension dans
l’Arctique du climat tropical ou subtropical au mésozoïque et au tertiaire.
Certaines vues très nuancées reflètent souvent des hésitations de la part
des auteurs. Ils admettent en général qu’aux latitudes supérieures de
l’hémisphère nord régnaient à différentes périodes du tertiaire des climats
plus doux que ceux que l’on y constate actuellement, avec les flores
écologiquement correspondantes, mais des incertitudes presque inévi¬
tables persistent sur le sens à donner aux climats et flores dits subtro¬
picaux, tropicaux, tempérés chauds. Van Steenis est par exemple très
sceptique sur la présence à l’éocène dans la flore des argiles de Londres
d’une flore tropicale et en particulier d’une mangrove qui caractériserait
sans contestation possible une flore tropicale. J’ai discuté ses arguments
dans une note précédente. Ils ne m’ont pas convaincu et je m’en tiens à
l’interprétation « tropicale » de Reid et Chandler. Les cartes paléo¬
botaniques des stations fossiles de conifères au mésozoïque et au tertiaire
de R. Florin 2 , montrent bien la présence de cette flore de conifères
jusqu’à de hautes latitudes dans l’hémisphère boréal (Groenlland,
Spitzberg) et aussi une grande densité de genres à travers l’Europe et les
États-Unis. Beaucoup de ces genres caractérisaient des flores chaudes,
voire subtropicales. Que les climats chauds qui régnaient alors aient
favorisé ensuite le développement des angiospermes tertiaires, rien n’inter¬
dit de le penser. On admet cependant qu’au tertiaire supérieur, la compo¬
sition des flores européennes se rapprochait plus de celle des flores tem¬
pérées actuelles. Ce qui laisse supposer un refroidissement du climat,
donc un fait en contradiction avec une permanence des zones climatiques
latitudinales. Et puis les gisements de houille dans les régions polaires
au permo-carbonifère emportent la conviction de la non fixité des zones
climatiques car des pôles chauds sont invraisemblables si l’on tient
compte des lois de la géophysique.
Le raisonnement conduit inévitablement aux conceptions mobilistes
sur la divagation des pôles, ou des dérives continentales ou de combi¬
naisons des deux auxquelles furent déjà conduits Wegener (1915)
1. Van Steenis. — The land-bridge theory in botany. Blumea 11, 2 : 235-372
(1962).
2. R. Florin. — The Distribution of Conifer and Taxad Généra in Time and
Space. Acta Horti Bergiani 20, 4 : 312 p. Upsala (1963).
Source : MNHN, Paris
— 28 —
puis Wegener et Kôppen (1924) 1 et de nombreux auteurs. On peut
choisir mais on ne peut échapper au dilemme : migration des pôles ou
dérive continentale!
Bernard dans l’ouvrage précité s’est rendu à ces raisonnements
et avec des arguments mathématiques il admet comme hautement
probable la réalité d’une dérive en latitude des continents depuis la
fin de l’ère primaire. Les géophysiciens en général ne suivent pas parce
qu’ils n’ont pas encore trouvé ni de preuves physiques indiscutables, ni
de causes géophysiques certaines prouvant ou expliquant de telles migra¬
tions, ou des pôles ou des continents.
Enfin tout de même les glaciations quaternaires proches de nous
montrent avec évidence qu’il peut y avoir des changements brutaux
et temporaires dans les climats et leur emprise territoriale. Les géophy¬
siciens ne sont pas d’accord sur la cause de cette catastrophe. Et cependant
elle a bien existé.
Beaucoup de naturalistes surtout sensibles aux faits d’observation
persistent cependant malgré l’incertitude des causes à penser que les
climats ont beaucoup changé depuis le paléozoïque et que, soit parce que
le réseau des méridiens et parallèles s’est déplacé avec ensemble à la
surface de la Terre (cas du déplacement des pôles), soit que ce réseau
ait gardé une position à peu près fixe mais que les continents flottants
se soient déplacés au travers de ses mailles ou en bloc ou par fragments;
les centres de froid et de chaud, d’aridité et d’humidité ont bougé sur
la Terre.
1. Wegener A. - - Die Enstehung der Kontinents und Oceane. Braunstein l re éd.
(1915).
Source : MNHN, Paris
LES GENTIANACÉES DE MADAGASCAR
(suite) 1
par H. Humbert
CLÉ DES EXACUM
1. Sépales non ou faiblement carénés, non ou à peine bossus à la
2. Feuilles sessiles.
3. Feuilles subcordiformes à la base, ovées-lancéolées, à lar¬
geur maxima au 1 /3 inférieur, atténuées de là jusqu’au som¬
met très aigu, médiocres (2 X 1,2 cm.), épaisses, raides,
3-5-nerves. Fleurs grandes : corolles à lobes de 2 cm.
subaigus. I. E. Millolii.
3'. Feuilles atténuées vers la base.
4. Feuilles épaisses (d’environ 1,5 mm.), raides, coriaces,
grandes, ovées, obtuses (0-12 X 4-8 cm.), 7-9-nerves.
Plante suffrutescente robuste à tige et rameaux dressés
. 2. E. lokohense.
4'. Feuilles peu épaisses elliptiques-lancéolées, obtuses ou
subaiguës (3-4,5 X 1,2-1,5 cm.), 3-5-nerves. Plante
suffrutescente grêle à rameaux J; flexueux, J; lignifiés,
parfois épiphyte . 3. E. lichenisylvae.
2'. Feuilles brièvement pétiolées, membraneuses, minces, lan-
céolées-aiguës ou linéaires-lancéolées (1-5 X 0,2-l,2 cm.),
3-5-nervcs. Fleurs petites ou médiocres : corolles à lobes
(de 0,2-0,7 cm.) aigus. — Plante annuelle à tige herbacée
grêle. 4. E. quinquenervium.
1'. Sépales fortement carénés.
5. Feuilles sessiles ou subsessiles.
6. Feuilles grandes, membraneuses, largement lancéolées-aiguës
(4-14 X 3-6 cm.), 5-7-nerves. Fleurs grandes en cymes
ombelliformes denses axillaires et terminales. — Plante
suffrutescente; tige souvent robuste à section quadran-
gulaire étroitement ailée. 5. E. divaricatum.
6'. Feuilles médiocres ou petites.
7.' Feuilles médiocres (3-5 X 1-1,5 cm.) membraneuses, lan¬
céolées-aiguës, 5-7-nerves, semi-amplexicaules. Fleurs
assez grandes en cymes terminales : corolles à lobes
largement lancéolés aigus (de 1 cm.). Plante suffrutes-
cente peu rameuse. 6. E. emirnense.
1. Voir Adansonia, 3, 3 : 343 (1963).
Source : MNHN, Paris
— 30 -
7'. Feuilles petites (2 cm. au plus) ou sublinéaires.
8. Feuilles oblongues-suborbiculaires, 3-5-nerves, très
espacées, membraneuses, souples. Fleurs petites en
cyme terminale compacte. Plante herbacée à tige
dressée émettant des rejets grêles rampants.
. 7. E. spatliulatum.
8'. Feuilles étroitement Iancéolées-acuminées ou linéaires,
9. Plante vivace à tige grêle faiblement lignifiée. Fleurs
grandes : corolles à lobes de 2 cm.... 8. E. marojejyense.
9'. Plante annuelle herbacée. Fleurs médiocres : corolle
à lobes de 0,7-0,8 cm.
. Voir. E. quinquenervium subsp. linearifolium.
5'. Feuilles ± pétiolées.
10. Plante subacaule à souche épaisse. Feuilles subrosettées;
limbe oblancéolé-subaigu (5-12 X 2-3 cm.) atténué en
pétiole court i ailé, discolore (pâle dessous). Fleurs
assez grandes : corolles à lobes oblongs subaigus
(de i 12 mm.). 9. E. subacaule.
10'. Plantes caulescentes.
11. Plantes vivaces à tiges ± lignifiées, grêles ou robustes.
12. Feuilles membraneuses lancéolées aiguës ou acumi-
nées, atténuées en pétiole court ± ailé, ordinaire¬
ment 3-nerves au-dessus de la base, ou à nervures
secondaires indistinctes, discolores (pâles en des¬
sous), médiocres ou grandes (3-11 X 1-5 cm.). Fleurs
grandes ou médiocres; corolles à lobes aigus (de
0,7-l,5 cm.), en cymes ombelliformes terminales,
parfois solitaires, à pédoncules étroitement ailés.
Tige lignifiée, robuste ou grêle, simple ou peu
rameuse dans le haut. Espèce très variable.
. 10. E. bulbilliferum.
12'. Feuilles petites à pétiole grêle non ou à peine ailé,
très distinct.
13. Feuilles succulentes à limbe épais (1,5 mm.), orbi-
culaire (1-3 cm.) discolore, 3-5-nerves; pétiole
égalant la 1 /2 ou le 1 /3 du limbe. Fleurs assez
grandes : corolles à lobes (de 1,5 cm.) aigus, soli¬
taires dans le haut des rameaux. Plante suffrutes-
cente à tige grêle simple ou peu rameuse, flexueuse,
à section orbiculaire avec 2 fines costulcs opposées.
. 11. E. nummularifolium.
13'. Feuilles peu épaisses.
14. Feuilles à limbe coriace, ové ou elliptique, à
3-5 nervures fortement saillantes en-dessous,
imprimées en dessus. Fleurs assez grandes,
peu nombreuses, en cymes ombelliformes ter-
Source : MNHN, Paris
— 31 —
minales; corolles à lobes (de 1,5 cm.) aigus.
Plante suffrutescente à tige peu rameuse très
ligneuse (de 8-10 dm.). 12. E. fruticosum.
14'. Feuilles non coriaces, semi-succulentes, ovées
ou orbiculaires, (1-1,5 cm.), 3-nerves à ner¬
vures secondaires fines.
15. Plante rampante presque herbacée à tiges
grêles radicantes aux nœuds inférieurs.
Fleurs médiocres solitaires aux aisselles des
feuilles supérieures; corolle à lobes (de
1,5 cm.) aigus. 13. E. radicans.
15'. Plante dressée sous-ligneuse à tiges légèrement
ou assez fortement lignifiées inférieurement.
Fleurs assez grandes en cymes ombelliformes
terminales; corolle à lobes oblongs aigus (de
1 cm.) . 14. E. tsimihety.
11'. Plantes annuelles herbacées grêles à feuilles petites ou
médiocres.
16. Petite plante très rameuse étalée-diffuse à rameaux
très minces, presque divariqués, rougeâtres. Feuilles
nombreuses minces, très petites, à limbe étroitement
oblancéolé (0,8-1,2 X 0,2-0,3 cm.) atténué en pétiole
grêle (de 0,3-0,5 cm.). Fleurs petites, solitaires, axil¬
laires, longuement pédicellées, à pédicelle fili¬
forme (de 2-2,5 cm.) ; sépales herbacés à carène non
veinée réticulée . 15. E. subverlicillatum.
16'. Plante à tige dressée, simple ou peu rameuse dans le
haut, grêle. Feuilles membraneuses minces, lancéo-
lées-aiguës (1-5 X 0,6-1,3 cm.), 5-nerves. Fleurs
petites en cymes terminales compactes; corolle à
lobes largement oblongs obtus (de ± 3 cm.) ;
sépales scarieux à aile en croissant (large de 3 mm.)
fortement veinée-réticulée : voir.
. E. quinquenervium subsp. Hoffmannii.
Exacum lichenisylvae II. Humb. sp. nov.
Planta leviter suffruticosa (nonnunquam epiphytica) omnino glabra,
caule (6-12 dm. longo) parum ramoso et ramis flexuosis quadrangularibus,
angulis costulatis (internodiis 2-6 cm. longis). Folia sessilia vel brevissime
petiolata (petiolo 1-2 mm. longo), membranacea, fere elliptica (3-5 X 1-2 cm.)
ad basim attenuata, anguste amplexicaulia, apice late acuta vel obtusius-
cula, 3-5-nervia. Flores mediocri, in axillas foliorum superiorum solitarii,
vel in cymas laxas 3-5-flores instructi, pedunculis gracilibus, ebracteatis
(2-4 cm. longis), sepalis fere a basi liberis lanceolatis (6-8 mm. longis), longe
et anguste acutis, nervo medio solo bene distincto nonnunquam ad basim
sepalorum exteriorum in carinam minutam protracto, marginibus anguste
Source : MNHN, Paris
32 —
scariosis, reticulo nervulorum vix conspicuis præditis; corollae tubus bre-
vissimus, lobi anguste oblongi(ca. 10 mm. longi, 2 mm. lati) subacuti, caerulei.
Antherae (5-6 mm. longae) faucem superantes. Capsula ovoidea ad apicem
sensim attenuata (ca. 1 mm.
Source : MNHN, Paris
— 33 —
et flores glaber. Folia parva, limbo late ovato vel orbiculare (1-2 cm.
longo), nonnunquam apice subacuto, leviter crassulente, a basi 3-nervio,
discolore, supra obscure viridi, subtus albescens. Flores parum numerosi,
5-vel nonnunquam 4-meri, axillis folium superiorum solitarii, pedicellis
gracilibus nudis (ca. 1,5 cm. longis), sepalis fere a basi libcris, anguste lanceo-
latis (ca. 1 cm. longis), ad apicem acuminatum sensim attenuatis, plurinerviis,
dorso carinatis, carinis secus pedicellum leviter decurrentibus, marginibus
scariosis; corollae tubus brevis (2 mm. longus), pallidus, fauce albescens,
lobi caerulei anguste oblongi (ca. 12 mm. Iongi), acuti; antherae (2 mm.
longae) luteae, ovarium virescens. Capsula ovoidea (ca. 5 mm. longa), apice
acuto breviter attenuata; semina compressa, ambitu fere hexagonalia, conspi-
cue reticulata (subareolata).
Forêt ombrophile, de 1 300 à 2 000 m. ait.; fl. janvier.
Centre (du Nord au Sud-Est) : mont Ankaroka au S.-E. du lac Alaotra, Cours 91.
(Typus in Herb. P.)
Exacum subacaule H. Humb. sp. nov.
Planta subacaulis, glabra, caudice brevi valido, foliis membranaceis
in rosulam confertis, limbo elliptico vel oblanccolato (4-8 X 2-3 cm.), suba¬
cuto vel obtuso, in petiolum brevem superne parum distinctum attenuato,
nervo medio valido subtus prominente, nervis secundariis 2, tertia parte
longitudinis limbi oblique enatis, facie inferiori pallida prominulis et nonnun¬
quam nervis submarginalibus 2 tenuibus paulo supra basim insertis adjunctis,
reticulo tertiario inconspicuo. Flores magni in cymam umbelliformem foliis
circiter duplo breviorem, medio rosulae enatam instructi, pedunculis nudis
(ca. l,5-2,5 cm. longis); calycis tubus brevissimus, sepalis subscariosis tenui¬
bus inferne latissimis et valde inaequilateralibus, uno latere ad basim semior-
biculari (3,5 mm. lati), altero latere basi anguste cuneato (1,5 mm. ad basim
lato), nervo medio validiore carinam angustam (1 mm. latam) subtendente,
nervulis reticulatis tenuissimis praeditis, corollae tubus brevis (ca. 4 mm.)
papillis elatis ad basim intus transverse munitus, lobis (albidis?) oblongis
obtusis (ca. 15 mm. longis, 4-6 mm. latis) ; filamenta, fauce inserta, ut antherae
(ca. 3,5 mm. longae) sulfurea. Capsula haud visa.
Forêt ombrophile vers 1 500 m. ait.
Est : Ampasimalaza (district d’Ambatondrazaka), Boloalina 4479 RN (Typus in
Herb. P.) ; Le Myre de Vilers sans numéro ni localité (environs de Tamatave?)
Exacum subverticillatum H. Humb. sp. nov.
Hcrbaceum, annuum, gracillimum, omnino glabrum, ramosissimum,
ramis patulis fere divaricatis (ca. 1,5 dm. latum). Folia membranacea minima,
subverticillata, limbo anguste obovato (1-1,4 X 0,2-0,3 mm.), subacuto,
uninervio, ad petiolum (3-5 mm. longum) sensim attenuato. Flores parvi
axillares, solitarii vel bini, pedicellis nudis gracillimis (2-2,5 cm. longis),
sepalis viridibus lanceolatis longe acuminatis (ca. 5 mm. longis), marginibus
leviter scariosis, dorso alte carinatis, carina basi semiorbiculari, papillis
Source : MNHN, Paris
34 —
Source : MNHN, Paris
— 35 —
altis ad basim intus praeditis; corollae tubus brevis, lobi oblongi, acuti
(ca. 5 X 2,5 mm.); antherae (2,5 mm. longae) sulfurcae. Capsula ovoidea
(ca. 5 mm. Ionga);
Forêt ombrophile vers 1 200 m. ait; fl. novembre.
Centre (Nord-Est) : massif du Marojejy, Humbert 31650 (avec Saboureau). (Tvpus
in Herb. P.)
PI. 3. — Exacum subverticillalum : 1, port X 2/3; 2, sépale, de profil x 2. 7; 2', idem, face
interne; 3, étamine x 5; 4, stigmate x 5; 5, graine, de profil X 20; 5', idem, face supé¬
rieure.
Exacum tsimihety 1 H. Humb. sp. nov.
Vix suffruticosus, omnino glaber, caule gracili (1-1,5 dm. alto), parum
ramoso, ut rami minute costulato. Folia membranacea limbo discolore,
subtus pallido, ovato vel oblongo (0,6-5 X 1,2-2,5 cm.), ad petiolum (5-8 mm.
longum) coarctato, breviter decurrente, a basi 3-nervio, nervis ceteris haud
conspicuis. Flores ad axillas folium supremorum saepius fasciculati vel bini
1. Nom de peuplade.
Source : MNHN, Paris
— 36 —
vel solitarii, pedicellis nudis (ca. 1,5 cm. longis), sepalis fcre a basi liberia
(ca. 6 mm. longis), minute plurinerviis, dorso alte carinatis, carinis secus
pcdicellum breviter decurrentibus; corollae tubus brevis (ca. 2 mm. longus),
lobi oblongi (5-10 X 3-4 mm.), acuti; antherae (3,5 mm. longae) sulfureae.
Capsula ovoïdea apice acuta (ca. 4 mm. longa); semina polyedrica, conspicue
reticulata (subareolata).
Forêt ombrophile et sylve à lichens de 900 à 1 500 m. ait.: fl. nov.-
janvier.
Est : Presqu'île Masoala, Perrier de la Bâlhie 9038.
Centre (Nord-Est) : massif du Marojejy, Humbert 22246, 23009.
Varie notablement dans les dimensions des feuilles et des corolles.
RÉCAPITULATION DES EXACVM DE MADAGASCAR
Exacum bulbillifcrum Bak. in Journ. Linn. Soc., XX : 209 (1883).
— carinatum H. Humb. in Mém. Inst. Recb. Sc. Madag., série B. VI : 128 (1955)
= E. divaricatum Bak.
divaricatum (Bak.) Schinz in Bull. Herb. Boiss., 2 e série : 879 (1901).
— emirnense (Bak.) Schinz, toc. cil. : 714.
— fruticosum H. Humb., loc. cil. : 130.
Hoffmannii Schinz, in Viertelj. Naturf. Gesell., Zurich, XXX : 327 (1891).
— lichenisylvae H. Humb., sp. nov.
— lokohense H. Humb., loc. cil. : 128.
— marojejyense H. Humb., loc. cil. : 132.
Millotii H. Humb., loc. cil. : 130.
— var. protractum H. Humb., loc. cil. : 130.
— nummularifolium H. Humb., loc. cit. : 130.
quinquenervium Griseb. Gen. et Sp. Gent. : 112 (1839).
var. Hoffmannii (Vatke) H. Humb. comb. nov.
subsp. linearifolium H. Humb. subsp. nov.
— radicans H. Humb., sp. nov.
— rosulatum Bak. in Journ. Linn. Soc., XX : 210 (1883).
spathulatum Bak. in Journ. Linn. Soc., XX : 210 (1883); Schinz in Bull.
Herb. Boissicr, 2° série : 879 (1901).
— subacaule H. Humb. sp. nov.
subverticillatum H. Humb. sp. nov.
— tsimihety H. Humb. sp. nov.
Source : MNHN, Paris
— 37 —
Source : MNHN, Paris
SYSTÈME DE CLASSIFICATION DES SAPOTACÉES
par A. Aubréville
De nombreux systèmes de classification de la famille des Sapotacées ont
vu le jour depuis celui d’ALPHONSE de Candolle en 1844. Les plus récents
sont ceux de Baehni (1938) et de H. J. Lam (1939). Ayant entrepris une
révision à l’échelle mondiale des genres de la famille, dont le nombre de
ceux que j’ai retenus est de 120, j’ai été conduit à modifier les classifi¬
cations existantes. J’ai ainsi déjà fait allusion dans les fascicules récents
des Sapotacées de la Flore du Gabon, de celle du Cameroun, et de celle
du Cambodge-Laos-Vietnam, à des taxa nouveaux : sous-familles, tribus
et sous-tribus. Leurs noms n’ayant pas de validité au regard du code inter¬
national de la nomenclature botanique, n’étant pas assortis de diagnoses
latines, je crois nécessaire de combler brièvement cette lacune sans atten¬
dre la publication d’une monographie qui à ce jour n’a pas encore trouvé
sa version définitive et dans laquelle cette classification nouvelle, adaptée
des anciennes, trouvera j’espère sa justification.
OMPHALOCARPOIDEAE Aubr. subfam. nov.
= Sous-tribu Achradoh/pinae H. J. Lam, Rec. Trav. bot. néerl. 36 :
524 (1939).
Calyx sepalis 5-6 in verticillo unico imbricatis. Corollae lobi appendicibus
dorso destituti. Stamina fertilia epipetala numéro petala bis vel plus aequan-
tia. Staminodia adsunt vel non.
Deux tribus :
1. OMPHALOCARPEAE Dubard, Ann. Mus. Col. Marseille, 2, 10: 89
(1912).
Corollae lobi numéro sepala aequantes. Staminodia adsunt.
Genre type : Omphalocarpum P. Beauv. (1604) (Omphalocarpum,
lluridendron, Tridesmoslemon, Tsebona, Magodendron).
2. PYCNANDREAE Aubr. tri b. nov.
Corollae lobi numéro sepala 1-3-plo aequantes. Stamina fertilia numéro
petala 2-4-plo nonumquam plus aequantia. Staminodia = O. ( Pycnandra,
Mixandra, Diploknemà).
Genre type : Pycnandra Benth. (1876).
Ayant réuni le genre Achradolypus au genre Pycnandra, nous n’avons
pas pu adopter le nom d’ Achradolypoldeae pour cette sous-famille qui
aurait pu naturellement succéder à la sous-tribu des Achradolypineae de
H. J. Lam.
Source : MNHN, Paris
SIDEROXYLOIDEAE H. J. Lam
TRIBUS NOUVELLES DE LA SOUS-FAMILLE
1. pouterieae II. J. Lam loc. cit., emend. Aubr.
Calvx verticillo unico. Stamina numéro petala aequantia. Staminodia
adsunt. Corollae lobi appendicibus dorso destituti. Semina cicatrice laterali,
angusta vel longa, exalbuminata.
Genre type : Pouleria Aublet (1775).
De cette tribu nommée par H. J. Lam sont exclues les Cyclicae
H. J. Lam, les Achradolypinae H. J. Lam et les Planchonelleae Aubr.
2. planchonelleae Aubr. trib. nov.
A trib. « Pouteriearum » differt seminibus albuminatis.
Genre type : Planchonella Pierre (1890).
3. malacantheae Aubr. trib. nov.
— Ciirysophylleae H. J. Lam p. p.
Staminodia = O vel rarissime maxime irregularia et vix delineata.
Semina cicatrice laterali, angusta vel lata exalbuminata.
Genre type : Malacanlha Pierre (1891).
4. CHRYSOPHYLLEAE H. J. Lam emend. Aubr.
— Chrysophyllae H. J. Lam p. p.
A « Chrysophylleis » differt seminibus albuminatis.
Genre type : Chrysophyllum L. (1753).
5. KANTOUEAE Aubr. trib. nov.
Corollae lobi appendicibus dorsa minuti. Frutus indéhiscentes. Semina
cicatrice laterali.
(Inhambanella, Kantou, Neolernonniera).
Genre type : Kanlou Aubr. et Pellegrin (1957).
6. lecomtedoxeae Aubr. trib. nov.
A trib. « Kantouearum » fructibus dehiscentibus.
(Lecomtedoxa, Gluema Eberhardlia).
Genre type : Lecomtedoxa (Pierre) Dubard (1915).
7. sarcospermeae (H. J. Lam) Aubr. stat. nov.
= Famille des Sarcospermaceae H. J. Lam, Bull. Jard. bot. Buitenz.
3,7 : 248 (1925).
Genre type : Sarcosperma Hook. f. (1876).
Source : MNHN, Paris
MIMUSOPOIDEAE H.J. Lam
TRIBU DES MIMUSOPEAE
1. Mimusopineae
Corollae lobi appendicibus dorso minuti. Semina cicatrice basilari vel
basi-ventrali, albuminata.
Genre type : Mimusops L. (1753).
2. Tieghemellineae Aubr. subtrib. nov.
Corollae lobi appendicibus dorso minuti vel destituti. Semina cicatrice
ventrali, albumine nullo vel tenuissimo.
— Tribu des Manilkareae Dubard p. p., Ann. Mus. Col. Marseille
3 : 6 (1915).
Genre type : Tieghemella Pierre (1891).
TRIBU DES MANILKAREAE Dubard emend. Aubr.
3. Manilkarineae
Semina albuminata.
(Manilkara, Labramia, Muriea, Murianlhe, Faucherea, Norlhiopsis,
Achras, Leleslua, Labourdonnaisia.)
Genre type : Manilkara Adans. (1763).
4. Northiineae Aubr. sub-trib. nov.
Semina exalbuminata.
Genre type : Norlhia Hook. f. (1884).
CLÉ DES SOUS-FAMILLES ET TRIBUS
Calice à 2 verticilles :
Étamines autant que de pétales. Staminodes généralement pré¬
sents. Lobes de la corolle généralement pourvus d’appendices
dorsaux (Mimusopoïdées) :
Sépales 3 + 3. Manilkarées.
Sépales 4 + 4. Mimusopées.
Étamines 2-3 fois autant que de pétales, ou plus.
Staminodes O. Lobes de la corolle sans appendices dorsaux
(Madhucoldées) :
Sépales 2 + 2. Madhucées.
Sépales 3 + 3. Palaquiées.
Calice à 1 verticille (4-5-6 sépales) :
Étamines autant que de pétales (Sideroxyloïdées) :
Des staminodes :
Graines à cicatrice basale :
Lobes de la corolle pourvus d’appendices dorsaux. Buméliées.
Lobes de la corolle sans appendices dorsaux :
Graines à albumen. Ovaire à 5 loges. Sidéroxylées.
Source : MNHN, Paris
— 41 —
Graines sans albumen. Ovaire à 1-2 loges.... Sarcospermées.
Graines à cicatrice linéaire (oblongue) :
Lobes de la corolle pourvus d’appendices dorsaux :
Fruits indéhiscents. Kantouées.
Fruits déhiscents. Lecomtédoxées.
Lobes de la corolle sans appendices dorsaux :
Graines à albumen. Planchonellées.
Graines sans albumen. Poutériées.
Staminodes O :
Graines à albumen. Chrysophyllées.
Graines sans albumen. Malacanthées.
Étamines fertiles 2-n fois autant que de pétales. Lobes de la corolle
sans appendices dorsaux (Omphalocarpoïdées) :
Lobes de la corolle autant que de sépales. Des staminodes.
Étamines en phalanges épipétales. Omphalocarpées.
Lobes de la corolle 3 fois autant que de sépales. Stami¬
nodes O. Étamines non groupées en phalanges épipétales..
. Pycnandrées.
Source : MNHN, Paris
VALIDATION DU GENRE ALBERTISIELLA PIERRE
Dans une note sur les Sapotacées de la Nouvelle Calédonie (Adan-
sonia 2, 2 : 179 (1962), j’ai réhabilité un genre décrit par Pierre en 1891
dans une note imprimée mais non publiée. Aucune diagnose latine n’ayant
été publiée, je répare aussi cette omission, sans quoi le nom du genre de
Pierre continuerait h n’être pas valable.
ALBERTISIELLA Pierre msc. ex Aubréville
Flores pentameri hermaphroditi vel feminei staminarum abortu.
Sepala 5 imbricata utraque pagina pilosa. Corolla gamopetala, lobis 5 bre-
vibus. Stamina filamentis brevibus ad tubi medium insertis. Antherae intror-
sae (in typo). Ovarium, disco hirsuto circumdato, loculis 5 uniovulatis.
Fructus ellipsoïdeus apice areolatus, monospermus. Semen ellipsoï-
deum, testa durissima, crassa. Cicatrix oblongo-elliptica, omne latus ven¬
trale occupans. Albumen copiosum.
Type : Albertisiella novoguineense (Vink) Aubr. comb. nov. =
Chrysophyllum novoguineense Vink, Blumea 9 : 33 (1958).
Albertis n° 184 Fly River (Nouvelle Guinée) (P.).
L’absence de staminodes, le fruit monosperme, la cicatrice large de
la graine distingue ce genre du genre Planchonella. Il se classe ainsi parmi
les Chrysophyllées. Le genre océanien Nesoluma s’en sépare par la cica¬
trice basilaire de la graine, la présence irrégulière de staminodes rudimen¬
taires et les fleurs hétéromères. Nous avons également rapporté Plan¬
chonella papuanica Pierre ex Dubard au genre Albertisiella (Adansonia 1. c.
1962).
A. papuanica (Pierre ex Dubard). Aubr. comb. nov. = Planchonella
papuanica Pierre ex. Dubard, Ann. Mus. Col. Marseille 10 : 59 (1912).
Source : MNHN, Paris
A CONTRIBUTION TO THE HISTOTAXONOMY
OF CORYLUS (BETULACEAE)
By Baki Kasapligil
Mills College, Oakland, California
INTRODUCTION
The genus Corytus has about ten species of trees and shrubs dis-
Iributed in the temperate régions of the northern hemisphere. The présent
study concerns the following three species native to Europe : Corylus
avellana L. = the Common filbert, C. maxima Mill. = the Giant filbert
and C. colurna L. = the Turkish filbert. The fîrst two species hâve long
been under cultivation for their well known edible nuts called fîlberts
or hazelnuts. The last one is occasionally cultivated as an ornamental
tree in the parks and along streets. Consequently, there is a considérable
literature on the horticulture, biology and the gross-rnorphological
features of the cultivated species and varieties of fîlberts (Bailey 1927,
Evreinoff 1958, Goeschke 1887, Gross 1902, Hartwig 1892, Howes
1948, Krüssmann 1959, Mallinjaud 1962, Nicholson 1884, Osborn
1930, Reed 1926, Rilstone 1938, Schneider 1906, Schulz 1892, Turrill
1956, Wein 1932, Zimmermann 1922). Relatively speaking, the anato-
mical and ontogenetic information about the genus Corylus is rather
scarce being found mainly in the works of Abbe (1935 and 1938), Benson
(1894), Hagerup (1942), Hall (1952), Kirchner, Loew and Schrôter
(1913), Metcalfe and Chalk (1950), Solereder (1908).
The présent study initiated during the author’s survey of literature
while searching for anatomical évidences concerning the phylogenetic
relationship among the species of Corylus as well as among the généra
allied with Corylus. The terms anatomy and histology are taken as
synonyms, but the term histotaxonomy here is used to replace the clas-
sical term of “systematic anatomy”.
This project was carried out in the following institutions during
the author’s sabbatical leave granted by Mills College,Oakland, California :
Laboratoire de Phanérogamie, Muséum National d’Histoire Naturelle,
Paris; Conservatoire et Jardin Botaniques, Musées de Genève; Bota-
nischer Garten und Institut für Systematische Botanik der Universitât
Zürich; Royal Botanic Gardens, Kew. I wish to extend my sincere
appréciation to the directors of these institutions as well as to their
staff members for the generous assistance and coopération offered during
the course of my work. I wish to thank also Professor H. L. Mason,
Source : MNHN, Paris
— 44 —
of the University of California, Berkeley for loaning me the herbarium
specimens I needed in this study.
MATERIALS AND TECHNIQUE
The leaf material of Corylus avellana which was processed for the
study of vasculation of the adult leaf was obtained from anherbarium
specimen (U.C. Herb., Berkeley, No. 504321) which was collected by
K. Krause (N° 3843) from the Black Sea coast of Turkey on July 4,
1931. The exact locality as given on the label is : Çukurbük near Samsun.
altitude ca. 300 m. above sea level. But the specimen was erroneouslv
named as Corylus colurna L. A careful examination of the specimen
revealed the fact that the specimen was a typical C. avellana L. The
juvénile leaf of the C. avellana seedling which was obtained from a dried
specimen at the Conservatoire Botanique de Genève, was collected by
M. Mic.heli from Froubenex, on June 23, 1858.
The adult leaf material of C. maxima was received from a living
specimen in the arboretum of Ecole Dubreuil, Paris. The juvénile leaves
of this species were obtained from a dried seedling specimen at the Conser¬
vatoire Botanique de Genève, collected by H. Romielx from Florissant,
Genève, June 17, 1886. The herbarium sheet of this specimen was erro-
neously labelled as C. avellana but the well preserved nut-shell attached
to the seedling was from a typical fruit of C. maxima leaving no doubt
about the correct identity of the specimen.
The adult leaf material of C. colurna was obtained from an herba¬
rium specimen (C.C. Herb., Berkeley, 387846) collected by the Rev.
Jos. Giraldi from China interior, Province Schen-si septentr., Kin-
qua-San, July 10, 1897. The juvénile leaves of this species were collected
(Kasapligil N° 3387) from vigorously growing sucker shoots of a
tree at the Jardin des Plantes, Paris.
For the purpose of studying the foliar vasculation, the leaf portions
were first discoloured by boiling them in 95 %alcohol. Then, the material
was cleared in a 5 % solution of potassium hydroxide within two days
at room température. Following déhydration through a sériés of alcohol
the material was stained with Safranin 0, cleared through a sériés of
xylene and mounted permanently in Canada balsam (cf. Foster 1949,
Appendix and Kasapligil 1951 a).
Fresh matcrials for the histological study of the lamina and pétiole
and the twigs for the study of stem anatomy were collected from living
specimens growing in Jardin des Plantes and Arènes de Lutece, Paris.
Free hand sections of these materials were fixed and mounted in gélatine
glycérine. The macération of the stem wood for the study of the xylem
éléments was carried out in an equal amount of mixture of 10 % nitric
acid and 10 % chromic acid. The macération of wood portions took
place within 3-4 days at room température. The macerated material
was Ihoroughly washed with water using a centrifuge, then dehydrated
Source : MNHN, Paris
— 45 —
Ihrough the alcohol sériés. Part of the maceraled wood was stained with
Safranin 0, and part of it with Iodine green. Safranin staining proved
to be more désirable for the microscopie examination. The stained mace-
rated wood éléments were processed further through the xylene sériés bv
means of a centrifuge and mounted in Canada balsam permanently.
The staminate catkins used in the palynological study were obtained
from the following herbarium specimens of the Laboratoire de Phané-
rogamie in Paris : Corylus avellana, Flora Silesiaca, Breslau, Gôpper-
thain, ait. 120 m., collected by C. Baeniz in 1899; C. maxima, Savi pl.
Italia bor., Pisa, collected by Cesati (N° 750); C. colurna, Turkey,
Vilayet Kastamoni, Tosya Gavurdagh, collected by Sintenis (N° 4809)
in 1892. The pollen matcrial was bleached with a 3 % solution of KOH
and then boiled in glacial acetic acid. Déhydration and staining of the
pollen grains were carried out by means of an electric centrifuge, the
material then being mounted in glycérine jelly. Pollen material was
stained either with a 1 % alcoholic solution of Safranin or with a 1 %
alcoholic solution of Methylene blue. Stained material was suitable for
the microscopie examination, but for the purpose of photomicrography
the slides prepared from unstained pollen grains were more suitable
than the ones made from stained pollens.
NOMENCLATURE AND HABIT
1. Corylus avellana L., Sp. pl. : 998 (1753); A. de Candolle in De
Candolle, Prodr. 16 (2) : 130 (1864) ; TchihatchefT, Asie Min. Bot. 2 : 481
(1866); Boiss., Fl. Or. 4 : 1176 (1879); Beck, Vegetationsverhaltn. d.
illyrischen Lânder (1901); Winkler in Engler, Pflanzenreich 4, 61 (Heft
19) : 46 (1904); Ascherson and Græbner, Syn. Mitteleur. Fl. 4 : 379 (1910) ;
Hayek, Prodr. Fl. Penins. Balcan. 1 : 69 (1924).
(Synonyms : Corylus ardua Poiteau and Turpin, C. avellana var.
sylveslris Aiton, C. avellana var. lypica Schneider, C. grandis Dryand,
C. serenyiana Pluskal, C. silveslris Salisbury).
The European fdbert is a deciduous shrub, 1-7 m. high. Some
rare specimens may exeed 10 m. in height, but always retaining the
shrubby habit of many stems and a more or less rounded crown. The
basal sprouts grow fast at young stage, but the rate of growth slows
down gradually, stems attaining a height of 6-6,5 m. and a diameter
of 6-8 cm. in tw'enty years. The bark of the young twigs is glandular
pubescent, reddish brown, becoming smooth and greyish brown by âge.
The common varieties of C. avellana are : var. aurea Kirchn. with
yellow leaves; var. conlorla Bean with curly and twisted twigs; var.
jusco-rubra Dipp. with purple or reddish leaves; var. heterophylla Loud.
(Syn. : C. avellana var. laciniala Dôll.) with pinnately dissected leaves;
var. grandis Ait. with large subglobose nuts. The readers are referred to
Gœschke’s monograph (1887) for the descriptions and classification of
cultivated forms and varieties.
Source : MNHN, Paris
46
2. Corylus maxima Miller, Gard. Dict. ed. 8, n° 3 (1768); Spach
in Ann. Sc. Nat. Bot. sér. 2, 16 : 106 (1841); Winkler in Engler Pflan-
zenreich 4, 61 (Heft 19) : 51 (1904); Hayek, Prodr. Fl. Penins. Balcan. 1 :
69 (1924); Hegi, 111. Fl. Mitt. Eur. III /I : 191 (1957); Krüssmann, Handb.
Laubgeh. 1 (5) : 351 (1959).
(Synonyms : C. avellana var. Lamberti (Lodd.) Loudon, C. avellana
var. sativa C. F. Ludwig, C. avellana var. lubulosa Loudon, C. avellana
var. lubulosa alba (Ait.) Loudon, C. inlermedia Fingerhut, C. Lamberli
Lodd., C. maxima var. alba (Lodd.) Schneider, C. lubulosa Willd.).
The Giant Albert is a deciduous shrub, 2-10 m. high. Its habit
is quite similar to that of C. avellana, but growing more vigorously
than the latler. Under favourable conditions, it may attain a height
of up to 15 m. Young twigs are reddish brown and covered with glandular
hairs. Older stems possess a smooth bark of dark grey-brown colouring.
Corylus maxima var. alropurpurea Dochnahl (Syn. C. avellana
purpurea Loud., C. avellana alropurpurea, C. alropurpurea, C. alrosan-
guinea, C. purpurea Hort., C. maxima f. purpurea (Loud.) Rehd.) is a
very popular ornamental plant with a purple-red foliage and invo-
lucre.
3. Corylus colurna L., Sp. PI. : 999 (1753); Tchihatchelï, Asie
Min. Bot. 2 : 482 (1866) ; Boiss. Fl. Or. 4 : 1176 (1879) ; Winkler in Engler.
Pflanzenreich 4,61 (Heft 19) : 51 (1904) ; Hayek, Prodr. Fl. Penins. Balcan.
1 : 69 (1924); Smolianinova in Bull. Appl. Îlot. (PI. Breed.) 21 (5) : 379-
449 (1929); Kasapligil, Jour. Calif. Hort. Soc. 24, 4 : 95-104 (1963).
(Synonyms : C. arborescens Münchh., C. byzanlina Poiteau and
Turpin, C. Jacquemonlii Decaisne).
Unlike the two previous species, the Turkish fîlbert is a tall tree,
usually with a single massive bole. Its height varies from 20 to 40 m.
depending on the variety. The stem diameter measures up to 1,25 m.
With increased âge, the ovate or pyramidal crown shows a tendency
to bend towards one direction. Pruning during the young stage of the
plant results in a shrubby habit (Kasapligil 1963 a). Young twigs are
light yellowish gray and glandular pubescent or setose. Old stems pos¬
sess a corky, deeply furrowed bark which splits into vertical plate-like
segments.
The varieties of the Turkish fîlbert (C. colurna var. colurna, var.
glandulifera A. DC., var. lacera (Wall.) A. DC., and var. chinensis (Franch.)
Burkill) are readily distinguishable through their involucral characte-
ristics (Kasapligil 1963 b).
CLASSIFICATION
The genus Corylus was classified under Corylaceae by Mirbei..
Elém. Phys. Vég. Bot. 2 : 906 (1815) (cf. Rehder 1949 for further refe-
Source : MNHN, Paris
— 47 —
rences and synonymy). This family was named as Beiulaceae by Agardh,
Aphor. : 208 (1825) and then also by Bartling, Ord. Nat. PI. : 99 (1830).
The family Beiulaceae is divided into two tribes in Winkler’s (1904)
monograph : Tribe I : Coryleae including Carpinus, Corylus, Oslrya and
Oslryopsis and Tribe II : Beluleae including Belula and Alnus. Rehder
(1946) indicales that "the family called Beiulaceae should bear, according
to the rules of priority, the name Corylaceae”. However, in the 1961
édition of the International Code of Botanical Nomenclature, Beiulaceae
(S.F. Gray, Nat. Arr. Brit. PI. 2 : 243 (1821) “ Beluloideae") is listed undec
Nomina Familiarum Conservanda (Appendix II, p. 189 of the Code)
with the following note : "If this family is united with Corylaceae Mirbel,
Elém. Phys. Vég. Bot. 2 : 906 (1815), the name Beiulaceae must be used”.
Eichler (1875) treats the genus Corylus under Corylaceae as a
separate family from Beiulaceae, but both belonging to Amenlaceae.
Bentham and Hooker (1862-1883) include both families under Cupu-
liferae. Engler and Prantl (1894), Winkler (1904), Wettstein (1935)
and Hegi (1957) classify the genus Corylus under Beiulaceae, a family of
Fagales, while the same family occupies an advanced position under
Sapindales in Bessey’s (1915) System. Hutchinson (1959) splits the
family into Beiulaceae comprising Alnus and Belula in which the staminate
flowers possess a calyx, but the pistillate flowers are without perianth,
and into Corylaceae including Carpinus, Corylus, Oslrya and Oslryopsis,
in which the staminate flowers are without perianth, but pistillate flowers
possess a calyx adnate to the ovary resulting an inferior ovary. Actually,
these two families of Hutchinson correspond to the tribes of Beiulaceae
in the classifications of Engler and Prantl (1894) and Winkler (1904).
Should Beiulaceae and Corylaceae merge into a single family as in the
Englerian System or should they be separated from each other? Are
there histological évidences to justify the séparation of Corylaceae from
Beiulaceae ? The présent study was initiated with the hope to shed some
light on this problem. I shall return to these questions under the heading
"discussion” at the end of this paper.
GEOGRAPHIC DISTRIBUTION
Corylus avellana is distributed throughout Europe from Cintra on the
west coast of Portugal, Ireland and Orkney Islands to the Southern part
of the Ural mountains through Bessarabia, Crimea and Kazakistan.
It is abundant throughout the Balkan countries including the Coastal
régions of castern Thrace. The northern distribution range extends to
68° northern latitude along the west coast of Norway, to 64° northern
latitude in Sweden and 60° northern latitude in Russia along the Southern
shores of Ladoga lake. In Southern Europe it occurs in Spain, Sicily
and Greece. It is also recorded from Candia on Crete (M. Gandoger,
May 14, 1915, Herb. Barbey-Boissier, Geneva), but I am not sure about
the indigenous nature of this specimen. Holmboe (1914) reported its
Source : MNHN, Paris
— 48 —
rare occurrence in the mountain forests of Cyprus. In Asia, it extends
from Turkey through Caucasia to Iran in the East and from the Anti-
Taurus mountains of Anatolia to Syria and Lebanon in the South. The
European filbert is a common shrub in the understory of aider, beech
and oak forests. It may form pure stands of its own or be associated
with other deciduous shrubs forming thickets in mountain valleys.
It is widcly cultivated in Turkey, Italy, France, Spain and in other
temperate régions of the world.
Corylus maxima is native to south eastern Europe, i.e. Thrace,
Macedonia, Croatia and to north eastern Anatolia. This species is recorded
from the following localities of Asia Minor: Giresun (Krause 1877),
Trabzon (Handel—Mazzetti nos. 71 and 230), Gümüshane (Sintenis
no. 7103). According to Krause (1930) it represents the characteristie
plant of the bush forest of the Black Sea coast of Turkey up to an élé¬
vation of 1 300 m. whcre it is also widely cultivated for its nuts. Often
it is found naturalized within hedges and orchards in Berlin, Germany
and in Steirmark, Austria.
Corylus colurna and its varieties are native to an area extending
from south eastern Europe through northern Turkey, Caucasia, northern
Iran and the Himalayas to China. Usually, it occurs as scattered trees
in deciduous and mixed coniferous forests. The reader is referred to
the author’s article on this species (Kasapligil 1963 b) for the detail of
recorded indigenous localities. However, I would like to list those European
localities of cultivated Corylus colurna that are known to me, since this
species, ascompared with the other two, is quiterare in central and western
Europe. In the following list the localities of the specimens will be followed
by the characteristics of the individuals and references in parenthesies.
Ail measurements and âges that will be cited, are approximate :
Austria: Merkenstein—naturalized in forests (Kirchner, O. v. et
al. 1913, Lebensgeschichte d. Blütenpflanzen Mitteleuropas 2 : 146-166).
- France: Paris, Pte d’Auteuil, Jardin Fleuriste Municipal —a young
tree with branches developing on one side only, 6.5 m. high, d.a.b.h. 1
7.5 cm., 12 years old (Kasapligil no. 3384 b, Aug. 19, 1962) ; ibid., Jardin
des Plantes, near Laboratoire de Phanérogamie—a healthy tree, 12,5 m.
high, with a single bole of 3 m.'from ground, d.a.b.h. 30 cm., 25 years
old, with fertile fruits, seeds tasty (Kasapligil no. 3386, Aug. 20, 1962);
ibid., Rue Buffon, in the courtyard of Chaire Culture—a young tree
with ovate crown, 7 m. high, 16 years old, abundant fertile fruits (Kasa-
pligil no. 3390, Aug. 28, 1962); ibid., Bois de Vincennes, École Dubreuil
—the arboretum has the adult trees of two varieties, i.e. var. chinensis
and var. glanduli/era, both with fertile nuts (Kasapligil no. 3399 and
3401 respectively, Aug. 31, 1962). — Germany: Heidelberg Stiftsmühle
—crown elongate-ovate, two stems from ground, height 17 m., d.a.b.h.
58 cm., 60 years old, stérile fruits (Dr. H. Heine, Paris, personal corres-
pondence, Nov. 6, 1962); vicinity of Mannheim, Neustadt, Hauberan-
I. D. a. b. h. = diameter at breast’s height.
Source : MNHN, Paris
— 49 —
lagen—trec 20 m. high, d.a.b.h. 50-60 cm. (J. Wilde 1936, Kultur-
geschichte d. rheinpflanzlichen Baumwelt u. ihrer Naturdenkmale,
Verlag Thiemc); Thüringen, Bad Kôstritz, Street plantation—trees
with ovate crowns, boles 2.20 m. high, 30-40 years old, fertile fruits
(Mitt. d. deutsch. dendr. Ges. 1932); Weteritz, Gardelegen—tree 8 m.
high (Mitt. d. deutsch. dendr. Ges. 1934); Lahn, in a garden at Wilhelm
Platz—two trees, d.a.b.h. 47 and 56 cm. (Mitt. d. deutsch. dendr. Ges.
1936); Breslau, Scheitniger Park—hardy ornamentals (Mitt. d. deutsch.
dendr. Ges. 44 : 531-535, 1932); Bad Reichenhall, StaulTenhof—d.a.b.h.
40 cm., many fertile fruits (Mitt. d. deutsch. dendr. Ges. 1932); Wein-
heim near Mannheim, Grâfl. v. Berckheimscher Versuchswald—Trees 56
years old, fruits stérile (F. Fabricius 1931, Mitt. d. deutsch. dendr.
Ges. 43 : 181-187). — Great Britain: Richmond, Surrey, Roy. Bot.
Gard., Kew—adultspecimensof several varieties (Kasapligil nos. 3420-22,
Apr. 22, 1963); Isleworth, Syon House—several tall trees, the tallest
23 m. high, with a clean bole up to 9 m., girth 206 cm. (A. Osborn 1930,
The tree coryluses, Gard. Chron. 2250: 106-107); Cambridge Bot. Gard.,
16 m. high, girth at base 3 m. (Kasapligil 3427 )— Hungary : Budapest,
Ile Marguerite—trees 12-15 m. high (Herb. specimen collected in May 20,
1905, Conservatoire Bot., Geneva). — Switzerland: Geneva, Univ.
de Genève, Jardin des Bastions—tree 16 m. high with a single bole of
2,5 m. from ground, d.a.b.h. 42 cm., 100 years old, fruits stérile (Kasa-
pligil 1963, Musées de Genève 4, 32 : 8-10); ibid., Jard. Bot., Rue de
Lausanne—tree raised from a sucker, five stems from ground, 9 m.
high, 20 years old, fruits stérile (ibid.); ibid., Arboretum, Ecole d’Horti-
culture, Châtelaine—tree raised from seedling, height 6 m., single bole,
d.a.b.h. 11 cm., 15 years old, fruits stérile (ibid.); St. Galien, near the
junction of Notker and Pelikan Str.—three young trees, each with a
single bole, 9 m. high, d.a.b.h. 18 cm., 23 years old, stérile fruits, pos-
sibly a clone (Kasapligil no. 3415, Oct. 10,1962); ibid., Zwinglistr.,
next to Kino Rex—a solitary tree with a single bole, 17 m. high, 40 years
old, stérile fruits, some branches completely dead (Kasapligil no. 3416,
Oct. 10, 1962); Zürich, Bot. Gart. Univ. Zurich, facing Lôwenstr.—single
tree with a broad conical crown, 10 m. high, d. a. b. h. 32 cm., abundanl
staminate catkins often abnormally forked at tips, no fruits at ail (Kasa-
pligil no. 3376, July 25, 1962).
HISTOLOGY OF THE STEM
The transverse sections of stems one to three years old hâve been
studied comparatively to bring out the anatomical similarities and dif¬
férences among three species of Corylus. Young developing shoots at
the stage of primary structure as well as one year old stems completing
the secondary growth of the first year, are covered by soft unicellular
simple trichomes, and long, stiff émergences. Various forms of these
trichomes will be described in detail under the heading of “foliage leaves”.
Source : MNHN, Paris
— 50 —
On the shoot of Corylus avellana and C. maxima, the trichomes partly
persist through the second year’s growth, while the trichomes on the
young shoots of C. colurna are completely shed towards the completion
of the first year’s secondary growth. Ail three species possess an uni-
seriate epidermis. In C. avellana and C. maxima, the outer tangential
vvalls of the epidermal cells are modérately cutinized, while in C. colurna
a heavy cutinization is apparent. The epidermis is partly sloughed away
from three years old stems of C. avellana and C. maxima, but some tri¬
chomes remain attached to its remnants. At the comparable stage,
the epidermal tissue of C. colurna is completely sloughed away from the
stems.
Phellogen develops from the outermost layer of the cortex. Phel-
lem consists of 5-7 layers of small and moderately compact cells in one
year old stems of C. avellana and C. maxima. The phellem tissue in a
one year old stem of C. colurna consists of 7-10 layers of cells, the inner
layers being much compressed, the outer ones showing very large but
more or less regular cells. The lenticels are well developed at the end of
the first year.
The cortex differentiates into outer collenchymatous and inner
parenchymatous régions. Collenchyma consists of 5-7 layers of compact
cells without inter-cellular spaces. The collenchyma cells contain clilo-
roplasts, starch grains and tanniferous material. Occasionally, the cells
of the innermost layer of collenchyma contain prismatic crystals of
calcium oxalate. The collenchymatous ring in C. avellana and C. maxima
becomes interrupted as a resuit of secondary growth, the gaps between
the collenchyma groups being occupied by thin-walled parenchyma cells.
In three years old stems of C. colurna, however, collenchyma remains
as a continuous cylinder.
In one year old shoots of C. avellana and C. maxima 4-5 cell
layers of cortical parenchyma underlie the collenchyma tissue, while in
C. colurna 5-10 cell layers are observed. The cortical parenchyma cells
are primarily chlorophyllous, but cells containing either tanniferous mate¬
rial or druses of calcium oxalate, are not uncommon.
The phloic sclerenchyma adjacent to the inner boundary of the
cortex, consists of a continuous cylinder 2-7 layers of libers in the shoots
that are one year old. This cylinder of fibers becomes broken as the growth
in thickness advances. The brachysclereids develop from the cortex
as well as from the phloem parenchyma cells in the interrupted régions
and complété the cylinder of sclerenchyma. The lumina of the fibers
are highly reduced, but those of the brachysclereids are quite large and
often contain solitary prismatic crystals of calcium oxalate. In C. avel¬
lana and C. maxima, the phloic sclerenchyma is more or less equallv
thick throughout the cylinder, but in C. colurna the patches of brachyscle¬
reids are nearly twice as thick as the rest of the fiber cylinder.
The sieve tube éléments of the protophloem become obliterated.
while the metaphloem cells are somewhat compressed, but not crushed.
Some of the phloem parenchyma cells contain druses of calcium oxa-
Source : MNHN, Paris
— 51 —
late. Tannic substances occur in many of them. The secondary phloem
is quite similar to that in Tilia stems (cf. Esau 1953, p. 395); it becomes
banded by the formation of secondary phloem fibers. The cells contai-
ning mucilaginous and tannic substances are abundant in dilating phloem
rays. The brachysclereids occur commonly in clusters or individually
within the secondary phloem of C. colurna while they are rare in C. avel¬
lana and C. maxima.
In ail three species, the wood is diffuse porous. The growth layers
are sharply demarcated at their boundaries. Several growth layers were
observed within a single annual ring in the stem wood of C. maxima.
Due to the presence of aggregate rays, the growth layers are distinctly
wavy in C. avellana and C. maxima while in C. colurna they are straight
or obscurely wavy. The bulk of the secondary xylem consists of rela-
tively thin-walled imperforate tracheary éléments in C. avellana and
C. maxima and of vessel éléments and thick-walled tracheids in C. colurna.
The vessel members form radiating rows, 2-10 cells in C. avellana, 2-12
cells in C. maxima and 2-6 cells in C. colurna. The aggregates of 2-5 pores
occur in the spring wood of C. avellana and C. maxima. In C. colurna,
pore aggregates consisting of 2-12 cells form 2-3 rows expanding tangen-
tially. The cross-sectional outline of the vessel members is mostly
polygonal, rarely rectangular in C. avellana and C. maxima while it is
often rectangular and less frequently polygonal in C. colurna. The xylem
rays are mostly uniseriate, seldom biseriate in C. avellana, ail uniseriate
in C. maxima and 1-3 seriate in C. colurna. As an average, there are
21 xylem rays per milimeter of stem section of C. avellana and C. maxima
and 16 xylem rays per milimeter of stem cross-section in C. colurna.
The heights of the xylem rays vary from 5 to 30 cells, but rays up to
a height of 80 cells occur as the resuit of ray fusion in C. avellana and
C. maxima. The xylem rays of C. colurna are 7-15 cells in height, or
up to 50 cells or even more by fusion. With respect to the distribution
of wood parenchyma, the stem sections of C. avellana and C. maxima
again présent a striking similarity. Both of these species hâve an apo-
tracheal diffuse type of parenchyma which often becomes a metatracheal
type (banded) in or near the summer wood of the growth layers. The
wood parenchyma of C. colurna is apotracheal diffuse, often clearly
metatracheal, seldom paratrachéal scanty.
In ail three species, the pith consists of an outer medullary sheath
(Eames and Mac Daniels 1947) of thick-walled, elliptical small cells
and an inner région of thin-walled, polyhedral, large cells. The cell size
in the medullary sheath ranges from 8 to 41 microns. These cells bear
prominently conspicuous simple pits on their walls and contain a large
number of simple and compound starch grains. The medullary sheath
was stained very deeply with safranin in ail stem préparations. Central
pith parenchyma cells vary from 35 to 105 microns and contain solitary
or clustered crystals of calcium oxalate. The druses occur either singly
or in pairs in the idioblasts, completely fdling the cell cavity which seems
to be devoid of protoplasm and starch grains; or they occur in large
Source : MNHN, Paris
— 52 —
pilh parenchyma cells occupying 1 /3 to 1 /5 of the lumen and being accom-
panied by starch grains.
Calcium oxalate druses show considérable size variation from one
species to the other and in different tissues of the same species. Fourty
druses hâve been measured from the cortex, secondary phloem and pith
of each species in order to study the size variation. The resuit of these
measurements is summarized in Table I. The first figures represent the
average values and the parenthetical figures show the minimum and
maximum values for the longest axis of druses.
Table I. — Comparison of the sizes (in microns)
OF CALCIUM OXALATE DRUSES FROM 3-YEARS OLD STEMS
Tissues
Corylus avellana
Corylus maxima
Corylus colurna
Cortex.
24.1 (16.9-33.8)
22.9 (10.4-41.6)
38.8 (20.8-67.6)
Second phloem -
11.7 (7.8-18.2)
12.7 (7.8-23.4)
15.0 (9.1-26.0)
Pith .
22.9(13.0-31.2)
21.7 (13.0-36.4)
26.5 (15.6-33.8)
A glimpse at the table shows the fact that in ail three species the
cortical druses are the largest ones, but those of the secondary phloem
being the smallest ones. The average sizes of druses calculated from three
different tissues of C. avellana and C. maxima are fairly close to each
other, while the average sizes of druses in C. colurna are much larger
than those of the former species. Likewise, the size fluctuation, parti-
cularly with respect to cortical druses, is very prominent in C. colurna.
The frequency of the size classes are presented in three histograms
(Fig. 1, A-C). The size classes of druses are indicated along the horizontal
fines in terms of décimal groups, the frequencies of size classes along the
vertical fines in terms of percentages. The size classes of phloem and pith
druses fall into three groups (Fig. 1, A-B), those of the cortical druses into
six groups (Fig. 1, C). The frequencies of the size classes follow each other
fairly closely in C. avellana and C. maxima. The size classes of druses
and their frequencies particularly in the cortical tissue of C. colurna
(Fig. 1, C) fluctuate widely showing a pronounced déviation from those
of C. avellana and C. maxima. The size of the calcium oxalate druses
seems to hâve a diagnostic value at least for distinguishing C. colurna
from the other two species. A broad survey of the occurrence and size
variations of druses in other organs and tissues as well as a compara¬
tive survey of other species of Corylus may lead to finding further dia¬
gnostic features along this fine.
Secondary xylem éléments: Certain characteristics of the xylem
éléments as observed in transverse sections of the stems were already
Source : MNHN, Paris
— 53 —
described above. The reader is also referred to the recently published
atlas of Greguss (1959) for the descriptions and illustrations of the radial,
longitudinal and tangential sections of the stem wood as well as of the
wood éléments. However, it was inévitable to survey the material in
0-/0. IO.I-ZO. 10.1-10. Z0J-30. JO.I-ÏO.f*.
Fig. 1- - Histograms showing the trequencies of the size classes of calcium oxolate druscs
horizontal lines, their frequencies on the vertical Unes. The stippled columns represent
Corijlus avellana, shaded columns C. maxirna and the solid black columns stand for C.
colurna. A, Druscs of the secondary phlocm ; B, Druses of the pith parcnchyma : C, Druses
of the cortical parenchyma.
macerated state in order to study the size variation and the structural
features of the secondary xylem éléments.
The vessel members of ail three species bear scalariform perfora¬
tion plates. Vessel members with a simple perforation plate, occur often
in C. colurna, very rarely in C. maxima. The end walls of the vessel
Source : MNHN, Paris
— 54 —
inembers are usually tapering, but rounded tips occur also. In soine of
the vessel members, one end may be pointed while the other may be
rounded. The perforation plates are always sloping. The degree of obli-
queness is more pronounced in the vessel members of C. maxima than
in those of the other two species. Long, tapering, ligulate tips are cha-
racteristic for the vessel members of ail three species. Bordered pits
are crowded, particularly on the tangential walls, being often arranged
in alternate, less frequently in reticulate patterns. The bordered pits
of the vessel members in C. colurna are often expanded horizontally
and arranged in a scalariform pattern resembling scalariform perfora¬
tion plates. Reduced, slit-like bordered pits seem to be rcstricted to the
vessel members of C. maxima only. The apertures of these pits are oblique
with respect to the longitudinal axis of the vessel members. Helical
tertiary thickenings in vessel members are found in ail three species,
although rather rarely in C. maxima. Vessel members intermediate
between tracheids and true vessel éléments occur in C. avellana and
C. colurna. Such éléments are very similar to tracheids with respect to
their form and pitting, but they usually bear a single perforation plate
on their latéral walls.
I hâve not seen any vessel member with reticulate perforation plates,
but certain vessel members of C. colurna and C. maxima bear scalariform
perforation plates with forking (simple branching) bars. The number
of bars in the perforation plates varies even between two perforation
plates of the same vessel member. However, the average- number of
bars and their minimum and maximum extremes seem to hâve diagnostic-
importance in the species concerned. I counted the bars of fifty perfo¬
ration plates from each species. The number of bars varies from 3 to 10
in C. avellana, the average number being 6. The perforation plates in
C. maxima hâve between 1-9 bars, averaging 5. These figures are fairlv
close to each other in the two species just named. In C. colurna, however,
the average number of bars is 9, fluctuating from zéro to 27. The fré¬
quences of perforation bars in three species of Corylus are presented
in a histogram (Fig. 2). The number of bars are marked along the hori¬
zontal line, their frequencies along the vertical line. This histogram
shows that the vessel members bearing plates with seven bars occur
most frequently in C. avellana; perforation plates with six and eight
bars being next in frequency. In C. maxima, the most frequent number is
live, the perforation plates with six and four bars coming next. The
frequencies of bar numbers in C. colurna show two separate peaks, i. e.
perforation plates with six bars occur most frequently, those with twelve
bars being next. C. avellana and C. maxima show certain similar aspects
while the frequency curve for C. colurna differs strikingly from both other
species.
Tracheids are characterized by their tapering outlines, pointed
tips and crowded, alternating bordered pits. The walls of the tracheids
are evenly thick. In C. maxima, the tracheids sometimes exhibit rounded
tips associated with a short ligula. Furthermore, the bordered pits of
Source : MNHN, Paris
— 55 —
the tracheids in Ihis species are somewhat expanded laterally, rcsulting in
face view in a slightly elliptical outline. A clear-cut distinction of the
tracheids in C. colurna is not always possible due to the presence of
imperforate éléments, intermediate between tracheids, fiber tracheids
and libriform wood fibers.
Fiber tracheids are evenly thin-walled, prosenchymatous cells
bearing bordered pits with slit like apertures in ail three species; they
%
are the most abundant éléments of the secondary xylem in C. avellana
and C. maxima. Fiber tracheids with ligulate tips occasionally occur
in C. maxima. The tips of the fiber tracheids in C. colurna are sometimes
shaped irregularly. Most likely, such irregular tips deviating from regular
slender tips resuit from the intrusive growth of the tips. The latéral
walls adjacent to parenchyma cells are conspicuously cornered in
C. colurna.
Libriform wood fibers are thick-walled ; their pointed tips are occlu-
ded during secondary sclerosis. They bear highly reduced, oblique ves¬
tigial pits in C. avellana and C. maxima and possess simple pits or straight
walls without pits in C. colurna. In the latter case, some wood fibers
occasionally appear with minute transverse Unes which may represent
horizontally broadened, but eventually reduced simple pits.
Wood parenchyma consists of rectangular or tapering vertical élé¬
ments with lignified, thick walls and simple pits. In C. maxima, they
Source : MNHN, Paris
TALBE II. - COMPARISON OF THE DIMENSIONS (IN MICRONS)
OF SECONDARY XYLEM ELEMENTS IN THE STEMS OF THREE SPECIES OF Corylus
W„„ D ELEMENTS
Corylus avellana
Corylus maxima
Corylus colurna
Vessel members.
404(194-518) x 27(13-39)
352(275-486) x 31 (16-47)
251(128-453)x 24 (16-31)
Tracheids.
428(324-486) x 22(16-29)
378(308-502) x 16(10-21)
244(113-437) x 16(10-23)
Fi ber tracheids.
567 (372-842) x 17(12-30)
486(389-680) x 16(10-26)
360(194-567) x 12(8-16)
Libriform wood libers.
657 (518-778) X 8 (5-10)
631 (486-729) x 8(5-10)
623(518-730) x 8(5-10)
Wood parenchyma.
97(78-114) X 10(7-13)
64 (36-124) x 7(4-13)
53(36-78) x 11 (8-13)
Ray parenchyma.
28(16-38) x 25(16-32)
36(21-44) x 24 (13-36)
27 (21-36) x 18 (8-29)
Brachysclereids in xylem ravs.
18.5(12.0-26.2)
Source : MNHN, Paris
— 57 —
are very narrow and resemble septate libers, but a careful examination
shows that they actually form superimposed vertical sériés. Fusiform
parenchyma cells (Committee on Nomenclature, International Asso¬
ciation of Wood Anatomists 1957, p. 16) are found in C. avellana. Some
“supplementary fibers” (= Ersatzfasern in Greguss 1959, p. 17) occur
in C. colurna. These living cells resemble liber tracheids in outline, but
are very short and bear simple pits and slit-like, oblique bordered pits
on their thick secondary walls.
Ray parenchyma consists of rectangular cells with thick walls in
C. avellana and C. maxima, and rclatively thin walls in C. colurna. The
marginal cells of the rays are wedge-shaped. Some of the ray parenchyma
cells of C. colurna contain solitary crystals of calcium oxalate. The secon¬
dary xylem of C. colurna differs considerably from the other two species
due to the presence of brachysclereids, particularly in multiseriate rays.
These brachysclereids are characterized by conspicuously lamellated
walls with ramifying pit canals and highly reduced lumina. Some of
them are cubical, but many of them exhibit also irregular shapes. Their
diameters vary from 12.0 to 26.2 microns, averaging 18.5 microns.
The sizes of wood éléments are summarized in Table II. For obtain-
ing the Iength dimensions, the tracharey éléments were measured from
tip to tip. The average measurements are based on 15-20 measurements
for each element. The first figures given for each wood element represent
the average Iength, followed by minimum and maximum lengths in
parenthèses. The second set of figures separated by (X), represents the
average widths of wood éléments (with the exception of ray parenchyma
cells), followed by minimum and maximum widths in parenthèses.
The second set of figures given for the ray parenchyma represents the
heights of these cells.
C. avellana has the longest wood éléments, C. maxima possesses
shorter ones; the shortest éléments are found in C. colurna as seen in
Table II. In other words, there is a progressive decrease in the Iength
of wood éléments from C. avellana through C. maxima to C. colurna.
One expects to fînd a progressive increase in the width of the wood élé¬
ments parallel to the sequence of réduction but this is not the case. On
the contrary, the average width of vessel members tracheids and fiber
tracheids in C. colurna is smaller than widths given for these éléments
in C. avellana. In ail three species, the width of libriform wood fibers is
constant. The Iength of wood parenchyma cells shows a definite réduc¬
tion from 97 microns in C. avellana to 64 microns in C. maxima and to
53 microns in C. colurna, but their widths (10, 7 and 11 microns respecti-
vely) do not show any sequence towards réduction or increase. Although
the dimensions of wood éléments exhibit much variation in each species,
the figures given for the widths of wood éléments in C. colurna and
C. maxima are fairly close to one another.
Source : MNHN, Paris
— 58
MORPHOLOGY AND H1STOLOGY OF THE FOLIAGE LEAVES
The leaves are simple, alternate, dark-green above, pale green
beneath. Very young leaves, while enclosed within the buds are folded
along the midribs and accompanied by stipules (Eichler 1878, 2: 16,
fig. 7 E). At this stage, the leaves are almost entirely covered with soft
silvery grey hairs. As the leaves emerge from the buds, they unfold and
expand, loosing their stipules as well as most of the hairs even before reach-
ing the ultimate mature size. However, the hairs remain along pétioles
and major veins on the abaxial side of the leaves. The leaves of C. avel¬
lana and C. maxima are quite similar to one another, in both species
being roundish ovate to broad ovate in outline, abruptly acuminate at
apex and cordate at base. The margins are doubly serrate and slightly
lobulate. The lamina is 5-12 cm. long, 3-10 cm. broad in C. avellana:
7-14 cm. long and 5-10 cm. broad in C. maxima. The leaves of C. colurna
are ovate to broadly ovate, very rarely obovate in outline, acute to cus-
pidate at apex and cordate to oblique cordate at base. Margins are doubly
serrate or crenate serrate, often lobulate. The lamina is 5-19 cm. long and
5-14 cm. broad.
Trichomes: Particularly young developing organs are densely
covered by various types of trichomes derived either directly from the
epidermis or both from epidermis and cortex. Most trichomes are shed
as the organs mature, but a considérable amount of trichomes remains
on the veins of the abaxial leaf surfaces, around pétioles and young
twigs, on the involucral bracts and at the nut tips. Trichomes on the
foliage leaves of Corylus species under study présent the following types:
1) Unicellular simple trichomes, varying in length from 40 to 143
microns. These trichomes hâve a bulbous base usually embedded in the
epidermal layer and a long, gradually tapering body terminating in a
pointed tip (Fig. 3, F). The lumen is completely reduced in the upper
1 /2-2 /3 portion of the body as the resuit of secondary wall thickening.
The basal portions of simple trichomes often retain the protoplast.
2) Seplale simple trichomes, being very similar to the first type, but
at the basal portions showing a multicellular condition, resulted from
cell divisions within the reduced lumen after the secondary wall for¬
mation in the originally unicellular trichome has taken place. Septate
simple trichomes also hâve a bulbous base embedded in the epidermal
layer and a tapering body having 2-4 cells at ils 1 /3-1 /4 basal portion. The
upper portion of the body consists of a secondary wall without lumen
(Fig. 3, E). The septations of these trichomes are much thinner than the
latéral walls and do not exhibit secondary thickening. Septate simple
trichomes are from 160 to 610 microns long, their average length being
390 microns in C. avellana, 413 microns in C. maxima and 295 microns
in C. colurna. The cells of septate trichomes are living and contain some
Source : MNHN, Paris
— 59 —
chloroplasts. Obviously, septate trichomes of Corylus are very distinct
from familiar multi-cellular unbranched trichomes such as the staminal
hairs of Tradescanlia in which the trichome consists of a single row of
relis with equally thick primary walls.
3) Tu/ted trichomes which seem to be a cluster of unicellular simple
trichomes. They are very similar to the tufted hairs of Quercus (cf. Esau
1953, p. 154, fig. 7, 8, C). This type is particularly abundant on the leaves
and involucral bracts of C. avellana var. grandis and C. maxima var.
alropurpurea.
4) Capilate glandular trichomes are multicellular but much smaller
than unicellular—or septate simple trichomes. These trichomes consist
of a short stalk and a head of radiating secretory cells (Fig. 3, A-D)
which secrete a resinous substance. Their total length varies from 36
to 76 microns, average length being 57 microns in C. avellana, 49 microns
in C. maxima and 52 microns in C. colurna. The diameter of the head mea-
sures, as an average, 30 microns.
5) Club-shaped glandular trichomes, also multicellular, usually
oceurring along veins of the abaxial leaf surface (Fig. 3, H). These tri¬
chomes are 42 to 70 microns long and 14 to 39 microns thick in the upper
portion of the body which tapers towards the base. On top, they bear 1-4
secretory cells.
6) Conical glandular trichomes, 30-40 microns long and about 25 mi¬
crons thick at base, tapering slightly towards the apex (Fig. 3, I). These
trichomes seem to represent a type intermediate between trichomes and
émergences since the base of the conical trichomes is formed by divi¬
sions of subepiderinal cells (cf. Netolitzky 1932). Conical glandular
trichomes occur in C. colurna more commonly than in the other two
species.
7) Glandular émergences with a long, conspicuous body derived
from epidermal and subepidermal layers and a head consisting of many
secretory cells. Resinous and mucilaginous sécrétions accumulate on
the head and appear dark brown to black. These glandular émergences
are from 0.4 to 3 mm. long, but in C. colurna var. glandulifera they
measure up to 4 mm. The head diameter varies from 50 to 195 microns.
A noteworthy feature of these glandular trichomes is the fact that they
are photo-synthetic. The ground tissue as well as the epidermis of the
émergences contain chloroplasts (Fig. 3, G). Spicular trichomes which
represent the most abundant trichome type in C. roslrala Ait. var. cali-
fornica A. DC. are not présent in the species 1 am dealing with in this
paper.
Epidermis: The epidermis is uniseriate, bearing a cuticle 2 microns
thick. There are certain pronounced différences between the juvénile
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leaves of seedlings and the mature leaves of adult plants with respect
to the form of the epidermal cells proper. Seen in face view, the anti¬
clinal walls of the epidermal cells are undulate on the abaxial as well
as adaxial sides of the fully grown juvénile leaves (fig. 4, A-C, fig. 5, F).
The abaxial epidermal cells are usually elongated in one direction; their
length varies from 28 to 75 microns as measured in face view. The stomata
are confîned to the abaxial surface and distributed irregularly. They
are of ranunculaceous type and each stoma is accompanied by 4-6 sub-
sidiary cells (Fig. 4, A and G). This type of stomata is designated as
anomocytic type by Metcalfe and Chalk (1957, vol. I, P. XV.). The
anticlinal walls of the subsidiary cells are mostly straight in juvénile
leaves and usually smaller than the adjacent epidermal cells (fig. 4, C).
The stomata are situated at the same level as the epidermal cells. The
length of the guard cells ranges from 23 to 29 microns, the width from
7 to 10 microns. The adaxial epidermis of juvénile leaves also exhibit
undulations although this feature is less pronounced in C. avellana
(fig. 4, B) than in C. maxima and C. colurna. Adaxial epidermal cells
in the juvénile leaves of C. avellana and C. maxima measure 39 to 65
microns in length and 13-28 microns in width as seen in face view.
The ratio between the epidermal cells and the underlying palisade paren-
chyma is either 1/8 or 1/9 in both species (fig. 4, B). The adaxial epider¬
mis of the juvénile leaves of C. colurna is quite heteromorphic due to
the presence of more or less isodiametric undulate, stellate and rectan-
gular cells, the last type being restricted to the régions along major
veins. The diameters of the cells vary from 26 to 36 microns as measured
in face view. Palisade parenchyma cells are divided lengthwise, the
daughter cells remaining attached in pairs (fig. 5, F). The ratio between
epidermal cells and palisade parenchyma cells is 1/22.
The abaxial epidermal cells of mature leaves from adult plants are
characteristically undulate, but the adaxial epidermal cells are rectan-
gular (in C. avellana and C. maxima) or polygonal (in C. colurna) with
straight anticlinal walls. In C. colurna, the abaxial epidermis of adult
leaves also has typically stellate cells with 4-6 arms extending radially
(fig. 5, G). Stellate epidermal cells were not observed in C. avellana and
C. maxima. The undulated epidermal cells are elongated in one direction,
measuring from 18 to 57 microns in face view. The subsidiary cells of
stomata may be straight walled or undulate. They contain mucilaginous
substances (fig. 4, D and fig. 5, G). The dimension range of guard cells
is the same as stated earlier. The stomata are slightly raised above the
surface of the epidermal layer in C. avellana, but appear at the same
level with the rest of the epidermis in C. maxima and C. colurna as seen
in transverse leaf sections. The outer ledges of the guard cells are well
developed forming a front cavity, but the inner ledges are hardly détec¬
table in transections.
Adaxial epidermal cells of the adult leaves vary considerably in
form (fig. 5, E and H), but the anticlinal walls are mostly straight. Mucila¬
ginous epidermal cells are distributed at random, however, elongated
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rectangular cells over major veins always contain mucilaginous subs¬
tances (fig. 5, E). Epidermal cells which are in contact with idioblasts
containing calcium oxalate druses exhibit prominent wall thickenings
ail around. The length of the adaxial epidermal cells extends from 18
to 57 microns and their width from 9 to 28 microns. The ratio between
epidermis and palisade varies from 1/8 to 1/14 in C. avellana and from
1/7 to 1/17 in C. maxima. This ratio varies from 1/11 to 1/13 in C. colurna
which is fairly close to the half of 1/22 ratio given for the juvénile leaves
of this species. Undivided palisade cells of adult leaves explain this
corrélation (cf. fig. 5, F and H).
Mesophyll: Commonly a single layer of cells constitutes the palisade
on the adaxial side, but the sun leaves show the tendency to form a
regular second layer. The palisade occupies 1 /4 of the leaf thickness.
Idioblasts containing calcium oxalate druses occur in the palisade layer.
Such cells appear as bright dots when a leaf is examined with a hand
lens against a light source. Foster (1956) in his classification of plant
idioblasts, has included these idioblasts under “excretory idioblasts”.
The spongy parenchyma consists of cells irregularly shaped, with pro¬
minent intercellular spaces between. It occupies 1 /2 of the leaf thick¬
ness. Druses and solitary crystals occur in spongy parenchyma.
Vascular System : The primary vein which traverses the lamina
from base to tip projects prominently on the abaxial side of leaf. This
midrib is hairy on both sides of the leaf, but more densely so on the lower
side. The vascular bundle of the midrib is collateral; it appears crescent-
shaped or closed cylindrical in transections. A limited amount of secon-
dary growth takes place in the vascular strand of midribs. In transectional
view, the tracheary éléments are arranged in radial rows. The scleren-
chymatous sheath around the bundle is a continuous tissue. In crescent-
shaped vascular bundles, the bundle sheath sclerenchyma reaches the
edges of the crescent and partly invades the parenchymatous pith of
the bundle in C. avellana and C. maxima. In C. colurna , however, fibers
of the sclerenchyma sheath reach the “mouth” of the crescent, but
de not “enter” the pith. Subepidermal collenchyma is well developed on
both abaxial and adaxial sides of the midrib. Large parenchyma cells
containing chloroplasts and calcium oxalate crystals, constitute the
cortex between collenchyma and sclerenchyma tissues. The secondary
and tertiary veins are enclosed by the bundle sheath. These veins also
project on the abaxial side of the leaf. Bundle sheath extensions which
are strongly developed in C. avellana and C. maxima consist of 1-3-cell
layers of lignified sclerenchyma and connect the veins with upper and
lower epidermises. In C. colurna, however, bundle sheath extensions
are only weakly developed and the thick-walled sclerenchyma cells are
not lignified.
The pattern of major venation in Corylus leaves is craspedodromous
(Ettinghausen 1861), i.e. secondary veins follow a direct course towards
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the leaf margin and terminate in marginal lobes. The veins of the first,
second and third categories are considered to constitute the major
venation of leaves (Pray 1954). The pattern of major venation is essen-
tially similar in juvénile and adult leaves. The secondaries are rarely
opposite near the lamina base, but mostly altemate each other along
the primary vein resulting a typical pinnate venation pattern. The
number of secondaries varies between 7 to 9 pairs in C. avellana and
C. maxima and between 5 to 12 pairs in C. colurna. These variations in
the number of secondaries hold true also for the smallest as well as the
largest leaves examined in a wide range of herbarium material. Most
likely, the variation in the dimensions of leaf blades resulted from an
increase or decrease in the sizes of intercostal areas and ultimate areoles
rather than an increase or decrease in the number of veins (Pray 1955,
a and b). In C. avellana, the secondaries near the lamina base diverge
from the primary vein at an angle of 35—60°, those near the apex
of lamina at an angle of 15—30°. The basal secondaries diverge at
an angle of 45—95°, those near the blade apex extend at an angle
of 15—30° in C. maxima. The basal secondaries in C. colurna are
disposed of at 35—90° and the uppermost secondaries at 18—25°.
Tertiary veins diverge from the basiscopic sidc of secondaries at
an angle of 25—35° and follow a slightly curved course towards the
lamina edges, terminating in marginal teeth. Usually, there are 5 to 8
l.ertiaries extending unilaterally from the first pair of basal secondaries.
The number of tertiaries fluctuâtes considerably between the members
of the same pair of secondaries. The subséquent secondaries in acros-
copic direction give rise to a progressively diminishing number of ter¬
tiaries. No tertiaries develop from the uppermost four to five pairs of
secondaries. Tertiary veins bifurcate submarginally, branches running
along the margin in short distances and giving rise to minor veins of
the 4th, 5th and 6th categories. In juvénile leaves from seedlings and
sucker shoots, the xylem of secondary and tertiary veins primarily
contains spiral tracheary éléments.
Minor venation of juvénile leaves exhibits certain anatomical diffé¬
rences from that of adult leaves. The description of minor venation in
juvénile leaves given below is based on first juvénile leaves from young
seedlings of C. avellana and C. maxima and the juvénile leaves produced
by rare suckers of C. colurna. Strong similarity regarding morphology
and venation patterns in seedling and coppice-shoot leaves of Lacunaria
was described by Foster (1951). Hence, for the time being, I am using
the sucker leaves of C. colurna for the comparison of minor venation
of juvénile leaves while expecting to examine the seedling leaves of this
species when such material becomes available to me.
Veins of fourth, fifth and sixth categories and vein endings (ulti¬
mate veinlets) which terminate freely in mesophyll, constitute minor
venation that forms the réticulum. Quaternary and quinquenary veins
often arise directly from secondary or tertiary veins, although generally,
each category of vein gives rise to the veins of the subséquent category.
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Quaternary veins form interquaternary panels which are shown in fig. 6,
A-C. Interquaternary panels are mostly polygonal, less frequently irre-
gular rectangular. They are subdivided into a network of areoles formed
by quinquenaries and veins of sixth category. Quaternaries which extend
near the blade margins terminate in teeth. Interquaternary panels and
their subdivisions are strikingly similar in C. avellana and C. maxirna
(fig. 6, A-B), except that the ultimate areoles are slightly larger in C. avel¬
lana. The long axis of ultimate areoles varies from 324 to 1344 microns
in C. avellana, from 372 to 994 microns in C. maxima, while the short
axis measures from 194-405 microns in the former species and 226-
421 microns in the latter. Ultimate areoles in C. colurna are considerably
smaller, the long axis being 194-421 microns, the short one 145-
324 microns. Furthermore, the ultimate areoles are somewhat loop-
shaped, although many are polygonal. Vein spacing in juvénile leaves
of C. colurna is much smaller than it is in the other two species.
Actually, vein endings represent branches of veins of sixth category,
but they also arise from veins of lower categories. Vein endings may be
unbranched or 1-3 times dichotomously branched. Repeated bifur¬
cation usually involves only one shank of the veinlet. Dichotomous
branching may either take place near the attachment of the veinlet
to the vein of the preceding category or more distally (fig. 6, A). Unbran¬
ched vein endings are rather common in C. colurna (fig. 6, C). Ultimate
tips of vein endings consist of one or two spiral tracheids accompanied
by thin-walled prosenchymatous cells whose nature could not be deter-
mincd in cleared material. The length of vein endings measures 129-
680 microns in C. avellana, 128-583 microns in C. maxima and 114-
428 microns in C. colurna.
Minor venation of adult leaves consists of vascular bundles of fourth,
fifth, sixth and seventh categories and vein endings in ali three species.
The presence of an additional category of minor veins is a distinct feature
from the vasculation of juvénile leaves. Apparently, veins of sixth cate¬
gory, described for juvénile leaves, branch further and give rise to veins
of seventh category. The anastomosis of the latter is primarily responsible
for the formation of the ultimate areoles. Quaternaries derived from
secondaries traverse the intercostal areas and connect subséquent secon-
daries with each other. Interquaternary panels are often irregularly
rectangular, rarely triangular or variously shaped as the resuit of bran¬
ching of quaternaries. Interquinquenary areoles are irregularly rectan¬
gular or polygonal. Photomicrographs presented in fig. 7, A-D in part
show interquinquenary areoles. In general, minor veins of adult leaves
seem to branch and anastomose more frequently than those of juvénile
leaves. Consequently, the vascular réticulum of adult leaves exhibit a
very complicated pattern as seen in fig. 7, H especially. Ultimate areoles
are delimited by veins of seventh category partially in collaboration
with minor veins of other categories. Ultimate areoles are variously
polygonal in shape, but may also be rounded as in C. colurna. In C. avel¬
lana and C. maxima, the ultimate areoles may or may not be provided
Source : MNHN, Paris
Fig. 7. — A-D, Photomicrographs showing anastomosis of minor veins and the structure ot
vein endings in cleared portions of adult leaves. Material was cleared in KOH solution
and stained with safranin. Darkly stained heavy bundles are quinternary veins. 75 x . —
A, Minor venation of C. avellana. Interquinternary areoles are shown partly; B, Rectan-
gular and triangular ultimate areoles in C. maxima. Note unbranched vein endings ter-
minating blindly in the mesophyll of ultimate areoles; C,Polygonal areoles in C.maxima.
Note hexagonal ultimate areole without a vein ending near the center of picture; D, A
portion of an interquinternary areole and its subdivisions in C. colurna ; Note dichotomous
branching of vein endings and their curvatures.
Source : MNHN, Paris
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with a vein ending, while in C. colurna most of them are provided with
a freely terminating vein ending.
The length of ultimate areoles measures 162-350 microns in C. avel-
lana, 194-437 microns in C. maxima and 178-518 microns in C. colurna.
The width ranges from 48. to 168 microns in C. avellana, from 129 to
259 microns in C. maxima and from 81 to 243 microns in C. colurna.
Vein endings in mature leaves of C. avellana and C. maxima exhibit
two types : the unbranched type, stout and straight, and the branching
type, slender, bifurcating once or twice. The very tips of both types of
vein endings consist of a cluster of short spiral tracheids surrounded by
a sheath of large and isodiametric parenchyma cells. Terminal tracheids
in C. avellana and C. maxima, are 25,0-39,6 microns long and 7,8-
13,5 microns thick. Individual unbranched vein endings often anas¬
tomose and form triangular areoles between. The point of convergence
between these bundles is crowded by numerous stout tracheids. Vein
endings in adult leaves of C. colurna are rather long and slender. Unbran¬
ched veinlets occur very rarely. If présent, they are often horn-shaped.
Branching veinlets bifurcate 1-3 times and the adjacent branchlets
of two separate vein endings often anastomose and give rise to loop-shaped
areoles (fig. 7, D). Veinlet tips in C.'colurna consist of two spiral tracheids
which are 20,8-52,4 microns long and 5,2-10,4 microns thick. Vein
endings of C. colurna are ensheathed by isodiametric parenchyma cells.
Occasionally, idioblasts containing druses of calcium oxalate are in
contact with vein endings, but as far as I could observe, such idioblasts
do not*-exhibit any particular pattern of distribution with respect to
ininor venation.
Histology of pétioles : Pétioles are more or less cylindrical in
form and densely pubescent or glandular-setose ail around. Those of
fully mature leaves of C. colurna loose most trichomes and émergences
and become glabrous. The petiole length ranges from 5 to 18 mm in
C. avellana and C. maxima. Pétioles of C. colurna are much longer, ran-
ging from 1 to 6 cm.
In this paper, the comparative histology of pétioles is based on
“Coupe caractéristique” (Petit 1887), i.e. transverse sections through
distal ends of pétioles. However, transverse sections through the middle
portions of pétioles hâve also been examined in order to check, at diffe¬
rent levels of the pétioles, the structural variation of the vascular bundles.
In C. avellana and C. maxima, the epidermal cells are relatively thin-
walled. The outer tangential walls of epidermal cells are 2,6-3,9, radial
walls 1,5-2 microns and the inner tangential walls adjacent to the
subepidermal collenchyma 2,6-3 microns thick. The epidermal cell
walls in the pétioles of C. colurna are considerably thicker, lumina being
reduced. The outer tangential walls of the epidermal cells in this species
exhibit distinct laminations, their thickness varying from 5,2 to 10,4
microns. The radial walls are 2,6-3,9 microns, the inner tangential
walls 3,9-5,2 microns thick.
Source : MNHN, Paris
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Fig. 8. — A-D, Pliotomicrograplis showing transverse sections ot pétioles. Ail pictures are
oriented with the adaxial side upward. 50 X . - A, “Coupe charactéristique" ol C. aucltana.
Note tripartite condition on tlie abaxial side of the main bundle and the arch-shaped
accessory bundle on the adaxial side. Dark projections around the section arc the bases of
broken glandular émergences, a complété emergence is extending on the lower side;
B, “Coupe charactéristique" of C. maxima showing the main vascular bundle with reni-
form outline and cylindrical accessory bundle; C, Transverse section through the middle
portion of the petiole of C. colurna showing the continuity of the main vascular bundle
with the arch-shaped accessory bundle; D, “Coupe charactéristique” of the same petiole
of C. colurna, showing the cylindrical form of the accessory bundle and the reniform
outline of the main vascular bundle.
Source : MNHN, Paris
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Cortical collenchyma consists of 4-7 layers of cells with equally
thickened walls. Collenchyma cells contain chloroplasts and starch grains
throughout; the innermost cells contain crystals of calcium oxalate in
addition. Collenchyma cells are capable of régénération. Cork cambium
originates from the middle layer of cortical collenchyma, giving rise to
a periderm of several cell layers in places where the epidermis is torn
as the resuit of secondary growth in the vascular bundle of the petiole.
Cortical parenchyma has 5-8 cell layers. Idioblasts containing
druses of calcium oxalate and cells containing phlobaphene compounds
are abundant. In C. colurna, the innermost cells of the cortical paren¬
chyma bordering the sclerenchyma ring are thick-walled and trans-
versely elongated. In C. maxima, however, innermost one or two layers
of cells contain tannic material and form a dark sheath around the
sclerenchyma ring.
The vascular tissue of the petiole forms a closed bundle, elliptical or
reniform in outline. The main vascular bundle at the level of the “ coupe
caractéristique” is accompanied by an arch-shaped accessory bundle
in C. avellana (fig. 8, A) and by a closed cylindrical bundle in C. maxima
(fig. 8, B) and C. colurna (fig. 8, D) on the adaxial side. A tripartite
condition on the abaxial side of the main vascular bundle is évident in
C. avellana (fig. 8, A). This situation may resuit from the fusion of the
originally separate three vascular traces (Kasapligil 1951, p. 159).
The transverse section through the middle portion of the petiole in
C. colurna (fig. 8, C) shows a slriking resemblance to the “coupe carac¬
téristique” of C. avellana, including the tripartite appearance of the main
vascular bundle. In ail pétioles examined, the tracheary éléments are
arranged radially. Xylem rays are 1-3 seriate. The phloem tissue is
oriented exterior to the xylem tissue resulting a typical collateral arran¬
gement. The main vascular bundles as well as the accessory ones are
ensheathed by strongly developed sclerenchyma which consists of 4-7
fiber layers. The continuity of phloem tissue as well as of the scleren¬
chyma sheath is interrupted by dilating phloem rays which consist of
highly lignified and thick-walled cells. The pith parenchyma of the bundles
contains starch grains and variously formed crystals of calcium oxalate.
The “coupe caractéristique” taken from the petiole of juvénile
jeaves of C. colurna exhibits a complicated vascular System. Additional
accessory bundles are situated on the latéral sides of the main vascular
bundle. Latéral accessory bundles vary considerably in size and structure.
They may be either closed cylindrical bundles similar to the adaxial
accessory bundle or variously arch-shaped.
STAMINATE FLOWERS AND POLLEN
The genus Corylus is monoecious. Staminate flowers are arranged
helically in drooping cylindrical catkins which develop either laterally
from the axils of the fallen leaves or terminally on the previous year’s
Source : MNHN, Paris
shoots. Staminate catkins form tassel-like clusters. At maturity, the
individual catkin’s length measures 3-6 cm in C. avellana, 5-7 cm in
C. maxima and 5-12 cm in C. colurna. The number of staminate catkins
varies from 2-4 in C. avellana and C. maxima and from 2-7 in
C. colurna. The thickness of male catkins at the time of pollen shed-
ding, ranges from 4 to 8 mm in C. avellana and C. maxima, and from 10 to
14 mm in C. colurna.
Staminate flowers are rather simple since they Iack perianth. Each
llower unit consists of 4-8 stamens in C. avellana, 4-10 stamens in
C. maxima and 6-8 stamens in C. colurna. The stamens of Corylus are
considered as “divided stamens” throughout the literature since indivi¬
dual anthers consist of two microsporangia. Engler and Prantl (1894
p. 43, fîg. 30) illustra te such a divided stamen with a filament splitted
halfway, each branch bearing a bisporangiate anther. I had to dissect
hundreds of staminate flowers in the course of preparing a sériés of slides
in a study of meiosis in pollen mother cells of several species of Corylus
and I was paying particular attention to catch a divided filament. AU
staminate flowers I examined from various sources had undivided single
filaments, each bearing a bisporangiate anther with a tuft of unicellular
trichomes on top. Eichler (1875) considered the lengthwise division
of stamens in C. avellana as being complété, i.e. ail the way down to the
base of filaments. In such a case, one would expect to find each pair
of “half filaments” either joined at base or at least opposite to each other.
So far, I hâve not seen such an orderly disposition with respect to the
filament. Excellent detailed illustrations of flowers can be found in
Reichenbach’s (1849-1850) Flora, in which the filaments are shown
as unforked appendages. So far as I am aware, these “divided stamens”
are not thoroughly investigated from the point of ontogenesis and I
believe such a study may lead to reliable évidences toward understand-
ing the morphological nature of stamens in Corylus. Provisionally, I
consider each filament with its bisporangiate anther as a unit of “sta¬
men”. The number of stamens per flower fluctuâtes in different plants
as well .as in a single inflorescence. A specimen of C. avellana I collected
in Paris had flowers with 5, 6, 7 and 8 stamens in the same inflores¬
cence. A single catkin of C. maxima, also from the same locality, had
terminal flowers with 4 stamens while the basal flowers of the same
catkin had 8 stamens. Another C. maxima from Paris had 10 stamens
per flower which was a constant number in different catkins of the same
plant. Male flowers of a cultivated C. colurna in Zürich had 8 stamens as
the most common number, but a herbarium material of the same spe¬
cies collected from China most commonly had 6 stamens per flower.
Dehiscence of anthers is longitudinal. Stamens are adnate to bracts
through the basal portions of their filaments.
Each flower is subtended by two small prophylls and a bract. Pro-
phylls also, are adnate to the bract at their bases; their tips are free.
Usually, both prophylls are equal in length, but occasionally one of
the prophylls is shorter than the other.
Source : MNHN, Paris
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Interesting teratological formations of staminate flowers were
reported by Hjelmqvist (1948). According to this author, one or two
stamens may be “transformed” into carpels, resulting bisexual flowers
in C. colurna. He also describes the occurrence of a structure intermediate
between a stamen and a carpel from the male flowers of the same species.
I observed androgynous catkins in C. maxima in a plant growing in the
Botanical Garden of Geneva. Some staminate catkins of this plant had
several pairs of pistillate flowers at the tip of the catkins. A cultivated
C. colurna in the Botanical Garden of Ziirich had many staminate cat¬
kins forked at their tips. In C. avellana, 20-30 staminate catkins form
very dense clusters sometimes (Penzig 1894).
Filberts are anemophilous and nectarless just like hornbeams,
birches, alders, oaks and beaches (Jones 1939). Pollen is produced in
abundance which insures pollination. Usually, staminate and pistillate
flowers of the same plant do not mature at the same time, so that the
plant is functionally of one sex at a time. This mechanism favours cross
pollination in filberts (Philipson 1948). According to Erdtman (1954),
pollen shedding dates of the European filbert vary from December 27th in
Coimbra, Portugal to April 6th in Stockholm, Sweden. Apparently
the date of pollen shedding is very much influenced by weather condi¬
tions. During the first week of April, while I am writing these Unes, the
male catkins of ail three species of Corylus in St. Galien, Switzerland,
are still dormant. However, a few branches brought into room tempe-
rature began shedding their pollens within two days.
Pollen grains are borne in tetrahedral quartets, each grain being com-
monly provided with three pores which tend to be equally spaced around
the equator. The pores project along the sides of flattened grains and give
rise to a triangular outline. in polar view (fig. 9, A-C). The pore type
of Corylus is designated as a club-shaped pattern by Wodehouse (1959)
in which the exine is gradually expanded towards the pore as seen in
optical sections (fig. 9, C-F). Apertures are circular or slightly ellip-
tical. The grain surface (texture) is smooth or faintly punctuate. The
ratio between polar axis and total breadth of grains (100. P/E) varies
from 77,9 in C. colurna to 78,9 in C. avellana and C. maxima. Hence the
pollen grains of ail three species fall into the suboblate shape class (Erdt¬
man 1952, p. 16). In optical sections, sporoderm thickness is 1,3 microns
in C. avellana, 1,6 microns in C. maxima and 1,7 microns in C. colurna
as an average of ten measurements for each case. Unfôrtunately, no
pollen material was processed for the purpose of analysing sporoderm
stratifications. The exine of Corylus pollen consists of two thick and three
very thin layers when these grains are treated with sulphuric acid, dilute
chromic or potassium hydrate (Wodehouse 1959). Pla Dalmau (1961,
p. 209) reports the exine thickness in pollen grains of C. avellana as bet¬
ween 0,5 and 0,7 microns.
I surveyed 200 pollen grains of each species to find out the frequencies
of pore numbers in each species. Dimensions of pollen grains summarized
in Table III are based on 25 measurements in each case. The first figures
Source : MNHN, Paris
«
A
C
D
* * ^ -,
E £ U J h 1
if
Fig. 9. — A-F , Photomicrographs showing the optical sections of pollen grains : A, Polar
view of a pollen grain of C. avellana stained with methylene blue, 1200 x ; B, Pollen
grains of C. maxima, bleached, but unstained, 460 X ; C, Polar view of a pollen grain of
C. maxima, 1000 x ; D, Equatorial view of a pollen grain of C. maxima, unstained, 1000 x ;
E, Polar view of a 3-porate pollen grain of C. colurna, unstained, 1000 x ; F, Polar view
of a 4-porate pollen grain of C. colurna, unstained, 1200 x .
Source : MNHN, Paris
— 75 —
Table iii. — Comparison of the palynological characteristics
AND DIMENSIONS OF POLLEN GRAINS IN THREE SPECIES OF CorylllS.
Features
Corylus avellana
Corylus maxiina
Corylus colurna
Source of material
Breslau (C. Bæniz,
Herb. Paris)
Pisa (Cesati n° 750,
Herb. Paris)
Kastamoni, Tosya,
Gavurdagh (Sin-
tenis no. 4809,
Herb. Paris)
Number of pores..
AU 3-porate
Mostly 3-porate,
rare'ly 2-or4-po-
Mostly 3- or 4- po-
rate, rarely
2-5- and 6- po-
Texture.
Psilate-faintly
punctuate
Same
s,™
Shape classes.
Suboblate
100. P/E = 78.9
Suboblate
100. P/E = 78.9
Suboblate,
100. P/E = 77.9
Equatorial diame¬
ter as seen at
25.2 (23.2-27.2)
24.7 (22.4-27.2)
25.9 (12.8-30.7)
Polar axis.
19.9(19.2-21.6)
19.5 (17.6-20.8)
20.2 (17.6-24.0)
Thickness of aspis
(protrusion of
germ pore).
2.2 (2.0-2.5)
2.9 (2.8-3.2)
3.0 (2.8-3.2J
Thickness of spo-
roderm.
1.3(1.2-1.61
1.6 (1. 5-1.8)
1.7 (1.6-1.9)
Diameter of aper-
2.0(1.8-2.4)
2.0 (1.6-2.4)
1.7 (1.2-2.4)
given for each item represent the average values in microns. The extreme
values, i. e. minimum and maximum dimensions are indicated in paren¬
thèses foliowing the average values.
In the material I examined, the pollen grains of C. avellana were
exclusively 3-porate. However, Erdtman (1954, referring to Sandegren’s
data) reports that out of 2 000 grains 99,8 % had three and 0,2 % two
or four pores. In the literature, the équatorial diameter and the polar
axis length given for pollen grains of C. avellana differ considerably. Ave¬
rage dimension with respect to équatorial diameter and polar axis is
25,2 X 19,9 microns in my survey. Pollen dimensions of C. avellana are
variously reported in literature: 28 x 22 (Erdtman 1954), 26.5 X 22
(Wodehouse 1959), and 25 X 22 microns (Pla Dalmau 1961). Dimen¬
sion extremes given by Hegi (1957) vary from 22-32 microns for the équa¬
torial diameter and from 15 -18 microns for the polar axis as contras-
Source : MNHN, Paris
— 76 —
ted to my figures of 23,2-27,2 and 19,2-21,6 microns respectively. These
différences in pollen dimensions may be attributed either to a racial dif¬
férence within the same species or to different methods of treatment during
the préparation of pollen slides. As a matter of fact, Schoch-Bodmer
(1936), Faegri and Deuse (1960) and Drugg (1962) demonstrated the
variations in dimensions of pollen grains according to mounting media
and préparation techniques.
Pollen grains of C. maxima are more similar to the grains of C. avel¬
lana than they are to those of C. colurna. 99 % of the grains of C. maxima
are 3-porate and 1 % only 2- and 4-porate. Average dimension of 3-porate
grains is 24,7 X 19,5 microns. The dimension of 2-porate grains is
25,6 X 20,8, of 4-porate grains 24,8 X 20,8 microns. Sporoderm is
thicker than that of C. avellana, but the diameter of aperture is nearly
the same as in C. avellana.
Pollen grains of C. colurna show more striking variation than those
of the other two species. 68,5 % out of 200 grains are 3-porate, 29 %
four-porate, 1 % two-porate, 1 % five-porate and 0,5 % six-porate.
The équatorial diameter of 2-porate grains measures 14,4 (12,8-16,0'
microns; their outline somewhat resembles the équatorial view of a
regular 3-porate grain. Most likely, these grains are stérile. Three-porate
grains hâve an équatorial diameter of 26,0 (20.8-28,8) microns; their
outline tends to be somewhat circular rather than being triangular in
polar view (fig. 9, E). Due to pronounced protrusion of germ pores,
4-porate grains ordinarily appear somewhat like a square in polar view
(fig. 9, F). The longest équatorial axis of 4-porate grains measures
27,1 (25,6-30,7) microns between two opposite apertures. Occasionally,
4-porate grains appear in rectangular outline in polar view. Such grains
are much smaller than the majority of 4-porate grains, measuring 12,5-
14 microns along the short edge of the rectangle and 14-17 microns along
the long edge, as seen in polar view. The équatorial diameter of 5-porate
grains is 22,0 (21,6-22,4) microns ; their outline in polar view is pentagonal.
Apparently 6-porate grains are very rare. The only such grain which
was observed had an équatorial diameter of 22,4 microns, the grain
outline being hexagonal. 7-porate grains hâve not been observed. The
mean dimensions of ail five different types of pollen grains in C. colurna
are presented in Table III.
It is interesting to note that the dimensions of any parlicular struc¬
ture of pollen grains, including the thickness of aspis and sporoderm,
exhibit as wide a range of variation as any other structure which has
been considered in the présent studv.
PISTILLATE FLOWERS AND FRUITS
The inflorescences bearing pistillate flowers are quite different from
staminate catkins. Pistillate flowers are borne in mixed buds which
develop in leaf axils or latéral to terminal buds. At an early stage, from
Source : MNHN, Paris
— 77 —
late summer through winter, mixed buds are externally quite similar
to purely végétative buds. In addition to young folded leaves and their
stipules, they contain also 4-8 pairs of pistillate flowers at their tips.
Mixed buds remain dormant until early spring. Only crimson coloured
stigmas of pistillate flowers protrude from bud scales at the time of
pollination. During dormancy, mixed buds are 5-6 mm. long in C. avel-
lana and C. maxima, 7-8 mm. long in C. colurna. About 8-9 oval and
concave bud scales with ciliate margins and chalïy tips envelope primor¬
dial leaves and pistillate flowers. Bud scales are tomentous on their
abaxial sides and glabrous on the adaxial surfaces, except at their bases
where unicellular trichomes are crowded. Eventually, mixed buds deve-
lop into short, leafy branches which at their tips carry the cluster of
fruits.
Pistillate flowers form dichasial cymes in the axils of subtending
bracts which are helically arranged around the condensed axis of mixed
buds. Ordinarily, in cymules the central flower is absent. Until polli¬
nation, each flower consists of two long stigmas and a bulbous base half-
way covered by primordial prophylls which upon maturity develop into
fruit involucra (husk). Pistillate flowers of C. avellana and C. maxima
dissected around the middle of October had stigmas from 1800 to 2600
microns long and from 140 to 220 microns thick. At this stage, the “bul¬
bous” base measured 580 microns in diameter. The primordial calyx
was hidden inside the primordial involucra. Ovary and ovules develop
from an intercalary meristem at the stigma base during May (Hagerup
1942). Pistillate flowers of C. colurna dissected also around the middle
of October had stigmas from 900-1000 microns long and 240-280 microns
thick. Likewise, the “bulbous” base of young gynoecium which develops
into an ovary after pollination, was surrounded only basally by pri¬
mordial prophylls. The stigmatic surface is puberulent. The- vesicle-like
epidermal cells contain anthocyanine responsible for the showy purple-
crimson color of the stigmas.
The bicarpellate nature of the ovary is clearly established (Hagerup
1942, Eames 1961) although it was formerly described as being mono-
i arpellate. The unilocular ovary possesses two pariétal placentae, each
bearing 1-2 ovules. Young ovules are orthotropous and pendant, but
they bend later, acquiring a campylotropous condition. The ovules
hâve single integument, the micropyle facing upward. Chalazogamy
which was discovered first by Navashin, takes place in July, after 3-4
months following pollination. Usually one ovule develops into a seed
while the other one becomes abortive.
For the sake of convenience, the rudimentary and undifferentiated
floral envelope adnate to the ovary are referred to as “calyx”. Eichler
(1878) applied the term “perigon” to it, stating that it consists of 4-8
minute teeth near the apex of the ovary. These teeth are shown as indi-
vidual perianth segments in Eichler’s floral diagram for C. avel¬
lana. According to Eichler, the rudimentary “perigonium” is comple-
tely obliterated during later growth. On the other hand, Hagerup
Source : MNHN, Paris
- 78 —
(1942) who uses the term “perianth”, shows clearly that it remains
adnate to the mature fruit. So far as I know, the morphological nature
of “calyx” in pistillate flowers is not known clearly. Does it originate
from the intercalary meristem at the base of stigmas or is it produced
by the apical meristem of the flower? Do the marginal teeth really repre-
sent perianth segments, as assumed by Eichler? If this would be the
case, a “synsepalous” condition would enter the picture. Both, vascular
anatomy and histogenesis of pistillate flower of Corylus deserve careful
investigation which may produce an answer to these questions.
The familiar nuts of C. avellana are 1-2 cm. long, 9-16 mm. broad
and occur in clusters of 2-8 or sometimes singly. Involucral bracts are
almost separate, broadly lobed, exposing the nuts. Involucral scars
in the bottom of nuts are usually submedian. However, ail these features
are variable. Geitler (1943) showed variation in fruit dimensions as
well as in sizes and divisions of the involucral bracts in wild populations
of the European filbert.
The nuts of C. maxima are 1,5-2,5 cm. long, 12-16 mm. broad and
almost cylindrical in shape. They occur in clusters of 4-8 fruits. Coa-
lescent involucral bracts enclose the nut within and extend beyond it.
The husk splits laterally to release the nut at maturity. The involucral
scar remaining in the bottom of the fruit is usually basal, but subme¬
dian scars are not uncommon.
The fruits of C. colurna are 15-21 mm. long, 10-18 mm. broad and
ovate to obovate in shape. Usually, the nuts occur in clusters of 2-6 fruits,
but larger clusters with many more fruits are also found. The nut shell
in this species is much thicker, the seed within smaller than those of
the other two species. In the european varieties, the involucral bracts
fork deeply into lanceolate or triangular lobes, exposing the nuts half
way. The husk of the asiatic varieties however, encloses the nut and even
extends beyond it. Typically, the involucral scars left on the nuts are
médian, but this feature as well as the shape and dimensions of the
nuts are quite variable (cf. Kasapligil 1963 b, fig. 4).
Interesting teratological pistillate cymules were described by Weiss
(1932). According to this author, Corylus shrubs pruned in hedging pro¬
duce unbranched shoots which give rise to terminal pistillate cymules
with three flowers. The subtending bract of such an abnormal cymule
with médian flower is tripartite instead of being simple. I hâve seen a per-
fectly normal staminate flower in a pistillate inflorescence of C. maxima.
The nuts of this species are occasionally triangular, suggesting a tricar-
pellate fruit. Likewise, the fruits of C. colurna sometimes bear three
wilted stigmas on top instead of the normal two (Kasapligil 1963 b,
fig. 5, K-L). Eichler (1878, p. 17, footnote) points out that the occur¬
rence of 2 or 3 seeds in common hazelnuts is not seldom. Penzig (1894)
reports the frequent occurrence of tricotyledonous embryos in C. avel¬
lana.
Source : MNHN, Paris
79 —
DISCUSSION
The présent study has been dealing primarily with the histology
of certain végétative organs of three species of Corylus in an attempt
to understand the degree of phylogenetic relationship between the spe¬
cies under considération and the position of the genus within the family
Betulaceae.
Histology has long provided taxonomy with characteristics of phy¬
logenetic importance through comparative observations on wood ana-
tomy, epidermal features, nodal anatomy, foliar vasculation etc. as
well as through ontogenetic studies. A comprehensive review by Cons¬
tance (1955) clearly shows the increasing attention of botanists in the
application of histologie criteria to the problems of systematic botany.
Due to convergences and parallel évolution, phylogenetic afïinities
can not be judged by a single line of evidence from any particular organ
by using the tools of a single discipline. It is essential to survey ail plant
structures in the light of ail disciplines in order to reach a Sound natural
classification (Bailey 1949). Bearing this in mind, I tried to gather some
phytogeographic data and bring out additional évidences through com¬
parative morphology and palynology. Therefore, the distribution of
three species of Corylus, comparative morphology of their flowers and
palynological characteristics hâve necessarily been taken into consi¬
dération.
The observations regarding végétative and reproductive structures
of three species of Corylus indicate close similarity between C. avellana
and C. maxima, while C. colurna differs strikingly from the other two
species. The présent distribution areas of C. avellana and C. maxima
coïncide with each other from south-eastern Europe through northern
Anatolia to the Caucasian région. The latter species has a rather res-
tricted area while the former species présents an extensive distribution
throughout Europe and in the Near East, reaching the Scandinavian
peninsula in the North and the Lebanese mountains in the South. The
specimens of C. maxima collected from north-eastern Anatolia show
the widest range of variation which suggests that the center of spécia¬
tion may be in this particular région of Turkey.
C. colurna with its arboreal habit remarkably differs from the other
two shrubby species with respect to its anatomie structures as well as
its distribution. The Turkish filbert with its four varieties grows from
south-eastern Europe through northern Turkey and the Himalayas
up to China. Only the western tip of its area overlaps with the distri¬
bution areas of the other two european species. I assume that C. colurna
is more closely allied with C. ferox Wall. = Himalayan filbert., than it
is either with C. avellana or C. maxima. The areas of C. colurna and
C. ferox coïncide with each other in the Himalayan région. Both of these
arboreal species might hâve been derived from a common arboreal ances-
tor. The involucral bracts around the nuts of C. ferox are highly lignified
Source : MNHN, Paris
— 80 —
and very spiny, the whole cluster of fruits resembling a chestnut bur.
However, a close examination reveals the fact that the învolucral bracts
in C. colurna and C. ferox are deeply laciniate, the slender lobes being
stiflly spinose in the latter species and sinuous in the former. Unfor-
tunately, there is no information on the finer structure of C. ferox to
make a further detailed comparison with C. colurna. Considering their
distribution and gross-morphological features, C. colurna var. lacera
(Wall.) A. DC. stands nearest to C. ferox, as far as I can judge.
Primary stem structure is basically the same in ail three species
studied. Solitary crystals and druses of calcium oxalate occur in the
cortex, phloem and pith tissues of stems as well as in the foliage leaves
and floral bracts, a feature which is also common in other betulaceous
généra such as Alnus, Belula, Carpinus, Oslrya. In three year old stems
of C. colurna, druses occurring in cortical parenchyma, secondary phloem
and pith parenchyma are considerably larger than those of the other
■jwo species. This seems to be a good diagnostic feature for C. colurna.
The size variation of druses within the tissues mentioned above, parti-
cularly those in cortical parenchyma, show a narrow range in C. avellana
and C. maxima, a wider one in C. colurna. The frequencies of size classes
of druses follow a similar pattern (fig. 1, A-C) in C. avellana and C.
maxima which may be considered as an indication of doser afïinity
between these two species.
In C. colurna, the cortical collenchyma of three year old stems is
a continuous cylinder while in C. avellana and C. maxima it is interrupted
by the secondary stem growth. Bizarre brachysclereids occur individually
or in clusters within the secondary phloem tissue of C. colurna stems,
while these idioblasts are absent or exceedingly rare within the corres-
ponding tissue of the other two species. The restitutional capacity of
the cortical collenchyma and the extensive occurrence of brachysclereids
in C. colurna stems may be looked upon as a more specialized condition.
The wood of Corylus and of ail other généra of Belulaceae is diffuse
porous, the pores being arranged radially as seen in cross sections. Wavi-
ness of growth layers in secondary xylem is a common characteristic
for Corylus as well as for other généra of Belulaceae, except for certain
species of Belula. The undulations of growth layers are most prominent
in the species of Carpinus and hardly noticeable in Belula pendula and
B. pubescens. However, Belula humilis, B. nana and B. raddeana stems
exhibit clear undulations of growth layers in transverse sections (Greguss
1959, pl. 2, 3, and 6). The number of xylem rays varies from 16 rays
per millimétré in C. colurna to 22 rays per millimétré in C. maxima. In
species of Alnus and Belula, the number of xylem rays per millimeter
varies from 16 to 20 and from 14 to 22 respectively. Minor différences
aside, the numerical ranges of xylem rays mentioned above are fairly
close to each other in these généra.
The vessel members bear scalariform perforation plates throughout
the family. The perforation plates in C. avellana and C. maxima are wider,
the numher of bars is smaller than in C. colurna which suggests a more
Source : MNHN, Paris
— 81 —
specialized condition in the first two species. On the other hand, the
vessel members of C. colurna are much shorter than those of the other
species. There is a peculiar combination of advanced and primitive
features in these éléments. The number of bars in scalariform perfora¬
tion plates varies from 10 to 20 in the species of Belula and from 10-22
in the species of Alnus (cf. Greguss 1959, pis. 2-10). This variation falls
within the range of variation observed in the perforation plates of C.
colurna. (Furthermore, pointed end walls of vessel members and the
obliqueness of perforation plates seem to be a common feature throughout
the family.) Bifurcation of perforation bars described in C. maxima
and C. colurna also occurs in Alnus subcordala, A. viridis, Belula humilis
and B. nana. Pointed end walls, oblique perforation plates and the main
features of pitting seem to be more or less uniform throughout the family
despite certain variations. Tertiary helical thickenings described for
vessel éléments of Corylus occur also in Belula raddeana. According to
Hall (1952), helical thickenings are présent in the vessels of Carpinus,
Oslrya and Oslryopsis.
Tracheids and vessel members constitute the bulk of the secondary
xylem in C. colurna while in C. avellana and C. maxima the bulk of wood
consists of fiber tracheids. Tracheids are tapering cells with pointed
tips bearing many rounded or elliptical bordered pits. This characte-
ristic applies to the whole family. Tracheids and ail other vertical wood
éléments are generally shorter in C. colurna than in the other two species.
The occurrence of brachysclereids in xylem rays seems to be a specialized
condition limited to C. colurna. Aggregate xylem rays occur throughout
the family, although infrequently. Likewise, apotracheal diffuse paren-
chyma with a tendency to mctatracheal and paratrachéal conditions is
a common characteristic of most of the généra in the family. The sup-
plementary fibers (Ersatzfasern) observed in wood parenchyma of C.
colurna represent another distinguishing feature.
In Corylus as well as in other généra of the family, leaves are simple,
stipulate and arranged alternately. With the exception of entire-leaved
Alnus nepalensis, leaf margins are doubly serrate. In Corylus, very
young leaves enclosed within buds are folded along midribs. This feature
constitutes a generic characteristic for Corylus since the young leaves
within buds are folded along secondary veins in ail other généra of the
family. Unicellular simple trichomes are common throughout the family,
but septate simple trichomes described for Corylus occur in Alnus and
Oslrya as well. Capitate-glandular trichomes occur frequently in the
family. The stalk of the capitate-glandular trichomes in Carpinus belulus,
C. caroliniana, Oslrya carpinifolia and O. virginiana (cf. Metcalfe
and Chalk 1957, vol. 2, p. 1302, fig. 311, G-H) consists of a single row
of cells which seem to be a modification of capitate-glandular trichomes
described in Corylus. With respect to the form of their glandular heads,
these trichomes stand intermediate between typically capitate hairs
and club-shaped glandular hairs of Corylus (Fig. 3, D and H). Peltate
glands or scales bearing a palisade like glandular epidermis in Belula
Source : MNHN, Paris
— 82 —
(Esau 1953, p. 156, fig. 7, 10, E; Hegi 1957, III/I, p. 142, fig. 55, e;
Metcalfe and Chalk 1957, II, p. 1302, fig. 311, B-D) and Alnus simply
represent a modification of capitate glandular trichomes of Corylus
(cf. fig. 3, A-D). The somewhat flattened head of glandular trichomes
of Oslrya seems to represent an intermediate form between capitate-
glandular trichomes of Corylus and peltate scales of Belula and Alnus.
Radiating secretory cells seen in fig. 3, A-D, are very similar indeed
to the palisade-like glandular epidermis of peltate scales. The multi-
cellular stalks of these trichomes are obviously similar to those of the
glandular trichomes except for the fact that the stalks of peltate glands
are shorter and that they are somewhat sunken in the leaf surface. The
glandular émergences described here (fig. 3 G) do not occur in other
généra. They seem to represent a generic characteristic for Corylus.
In agreement with Metcalfe and Chalk (1957) the stomata defi-
nitely hâve subsidiary cells, although some recent literature (Hegi 1957,
III/I, p. 138) daims that they are absent. The anomocytic stomata in
Corylus as well as in other members of Belulaceae are confined to the
abaxial leaf surfaces (except in Alnus orienlalis which has stomata
on both sides). However, this feature may not be of phylogenetic signi-
ficance since many unrelated angiosperms possess anomocytic stomata.
Both, upper and lower epidermises of juvénile leaves of ail three species
of Corylus exhibit undulations along the anticlinal cell walls while the
undulated epidermal cells are confined only to the lower surfaces of adult
leaves. A similar condition in the juvénile leaves of Umbellularia and
Laurus was interpreted by the author as a seedling récapitulation (Kasa-
pligil 1951, p. 161-164). The abaxial epidermis of adult leaves in C.
colurna tends to develop stellate epidermal cells, a specialized condition
not observed in other species of Corylus. Mucilaginous cells in epidermis
occur widely throughout the family.
Craspedodromous type of major venation pattern of leaves is a
common feature in ail members of the family. In the different généra,
secondary veins are straight or slightly curved. Their divergence angles
from the midrib vary between 50-60° in Alnus, 45-75° in Belula,
35-45° in Carpinus and 40-50° in Oslrya (Ettinghausen 1861). In
Corylus leaves, the divergence angles of the secondaries show a wider
range of variation due to the auriculate condition of the cordate basis
of blades and the abrupt acuminate form of the leaf apices. In the généra
mentioned above, the tertiary veins develop from the basiscopic sides
of the secondaries and terminate in marginal teeth (cf. Ettinghausen
1861, PI. 1, fig. 5 and PI. II, fig. 1, 4, 10, 11). This holds true also for
Corylus. Another striking resemblance concerning major venation is
the fact that the number of tertiaries diminishes gradually towards the
leaf apex.
The minor venation of juvénile leaves of Corylus consists of veins
of fourth, fifth and sixth categories and of vein endings. In the adult
leaves, an additional category of minor veins is présent. Apparently,
veins of the seventh category are derived from further ramification of
Source : MNHN, Paris
83 —
veins of the sixth category. Their frequent anastomoses resuit in the for¬
mation of ultimate areoles and in a complex réticulum in adult leaves.
Possibly, the évolution of the venation pattern in Corylus follows a
trend from a simpler réticulum towards a more complex venation pattern.
Most of the ultimate areoles in adult leaves of C. colurna are provided
with slender and repeatedly branched vein endings, which under a
hand lens, help to distinguish C. colurna leaves from the leaves of other
species.
In Corylus, the main vascular bundle of pétioles at the level of the
“coupe caractéristique” appears closed elliptical or reniform in outline,
but often they shift to crescent shape in the midrib of leaves. Metcalfe
and Chalk (1957) report crescentic vascular strands in the pétioles of
Alnus and Betula which seem to be similar to the outline of some main
vascular strands in the midribs of Corylus leaves. Solereder (1908) reports
lhat in Alnus and Betula, three or more bundles enter the petiole base,
a condition which supports my assumption that the tripartite vascular
bundle in Corylus resulted from the fusion of the originally separate
three bundles.
Generally, it is considered, that the staminate flowers of Corylus
consist of “divided stamens”. As I explained in the text, I found no
evidence of “divided stamens” in the material I studied. If we accept
the daims regarding complété division of stamens ail the way down
to the base of filaments, we would expect to find even number of “half
stamens” instead of odd numbers. The fluctuation of the number of
stamens per flower was pointed out earlier in this paper. Flowers with
5, 7, 9 stamens are not uncommon. One would immediately suspect
the abortion of a “half stamen” from a “normal flower” with an even
number of stamens, but there is no sign of abortive stamens in flowers
with an odd number of stamens.
According to Eames (1961, p. 132) the single vascular bundle of the
stamen arises from two traces in Corylus. I interpret this condition as
the fusion of two traces giving rise to the vascular supply of a stamen.
Hence, even the vascular anatomy of the stamen does not seem to be
in agreement with the assumption of divided stamen in Corylus. However,
before knowing the ontogeny of stamen in Corylus, it is not possible to
make a clear-cut decision at this point.
Pollen grains of Corylus are mostly 3-porate, but this number is not
well established in the species I studied. The pore number fluctuâtes
from 2 to 4 in C. avellana and C. maxima. However 2- or 4-porate grains
are very rare in both species. On the other hand, 4-porate grains show a
high frequency in C. colurna. Grains with 2, 5 and 6 pores also occurred
in a pollen crop obtained from a single catkin. Different pore numbers of
grains does not appear to be a racial characteristic. Perhaps, these diffé¬
rences are caused by chromosomal non-disjunction and aberration which
often take place in C. colurna during meiosis of microsporogenesis. Pollen
grains with different pores occur in several other généra of Betulaceae.
Pollen grains of Alnus are often 4- to 5-porate, rarely 3- or 6-porate
Source : MNHN, Paris
— 84 —
(Wodehouse 1959). Particularly, 4-porate grains of A. glulinosa (Erdt-
man 1954, p. 68, PI. IV, fig. 52-53) and A. incana (ibid., PI. IV, fig. 56-
57) are very similar to the 4-porate grains of C. colurna, but the pollen
grains of Alnus differ from Albert pollen, mainly through the presence of
an endexinous floor under each pore. Pollen grains of Belula are mostly
3-porate, but grains with 4 to 7 pores also occur (Wodehouse 1957). The
pores of Belula pollen project more strikingly than those of Corylus pollen.
Firbas, F. and I. (1958) report that the pollen grain of Carpinus belulus
fluctuâtes between 2- and 7-porate conditions, 4-porate grains being most
frequent. These authors also point out the variation of pore numbers in
grains from a single catkin and attribute the possible cause of it to diffé¬
rences in the nutrient supply required for the formation of pollen grains.
The pores of pollen grains of Belula are more strikingly aspidate than
those of Corylus. Pollen grains of Oslrya are either 3- or 4-porate. Appa-
rently, Oslryopsis is the only genus which exhibits a fixed 3-porate condi¬
tion only (Erdtman 1952). As a whole, mean size variation of pollen
grains in the family ranges from 20 to 30 microns according to Erdtman
(1952). They ail exhibit a suboblate shape and psilate or faintly punc-
tuate texture. In short, pollen grains of Belulaceae are rather homoge-
neous, an indication of close aflînity among the généra of the family.
The pistillate flower of Corylus, as I pointed out earlier in this paper
présents a number of problems. Perhaps, one of the most important
questions concerns the position of the ovary which by several authors
has been considered as being inferior. This “critérium” has been used
hastily to segregate Corylaceae from Belulaceae. Is the ovary in Corylus
really inferior? Indeed, the so-called “calyx” or “perigonium” is adnate
to the ovary. As I explained before, we do not know the true morpholo-
gical nature of the “calyx” in Corylus. It may be an appendicular or
receptacular structure; both instances would justify designating the
ovary as being inferior. On the other hand, the “calyx” of Corylus may
represent modified bracteoles or even non-functional gynoecial nectaries.
In such instances, however, the ovary can not be considered inferior. The
solution of this morphological puzzle awaits further investigation, parti¬
cularly from the viewpoints of histogenesis and vascular anatomy.
Considering the phylogenetic trends in gynoecia of Angiosperms
(Constance 1955, p. 427) the bicarpellate, syncarpous gynoecium of
Corylus with a reduced number of ovules is highly evolved. The occasional
occurrence of tricarpellate fruits in Corylus may be considered a reversion,
i.e. possibly the bicarpellate gynoecium of Corylus is derived from a
tricarpellate gynoecium through the réduction of one of the carpels.
Likewise, the ovules show a réduction from four to two and fînally only
one seed develops per fruit, the other ovule remaining abortive.
It is not easy to interpret plant teratologies although there is a
general tendency to speculate about structural aberrations as being
genetic reversions or so-called “atavisms”. In accordance with such a
spéculation, teratologically hermaphroditic flowers of Corylus described by
Hjelmqvist (1948) may be interpreted as a prototype for the présent
Source : MNHN, Paris
— 85 —
unisexual flowers. The pistillate cymules of Corylus, Alnus and Carpinus
normally consist of two flowers. The occurrence of a third flower was
reported by Weiss (1932) in Corylus, by Kirchner, Loew and Schrôter
(1913, p. 196) in Alnus and by Hegi (1957 III/l, p. 182) in Carpinus, a
situation very similar to normal cymules of Betula.
Undoubtedly, Corylus is a homogeneous genus. Nevertheless, the
degree of genetic affinity among the member species varies. From my
présent survey on three species, I conclude that C. avellana and C. maæinta
are two closely allied species and C. colurna, which exhibits distinct
structural and distributional déviations from both other species is a
distant relative. Several hybrid forms between C. avellana and C. maxitna
are well known cultivated plants. These hybrids produce nuts which is
an evidence of interfertility and close genetic relationship between these
two species. On the other hand, the hybridization between C. colurna
and either one of the other two species does not seem to be possible. The
hybrid species Corylus x colurnoides Schneid. (Syn. : C. avellana X colurna
Rehder, C. colurnoides Schneid., C. intermedia Lodd.) described from cul¬
tivated plants, is not known from natural populations although the
areas of supposed parents overlap each other in south-eastern Europe
and in the Near East. No specimen of the well known “hybrid species”
exists in any of the following herbaria: Univ. of California, Berkeley;
Royal Botanic Gardens, Kew; Muséum d’Histoire Naturelle, Paris;
Conservatoire Botanique, Geneva; Botanisches Institut, Zürich; Naturhis-
torisches Muséum, Vienna. Moreover, C. colurna, although always culti¬
vated in the vicinity of either one of the other two species in Europe,
produces stérile fruits only unless a hétérogénie population of C. colurna
grows in the vicinity (Kasapligil 1963 a, b). The existence of C. colur¬
noides as a hybrid species is most doubftul.
Considering the histologie, palynologie and morphologie évidences
presented here, Belulaceae which comprises Alnus, Belula, Carpinus,
Corylus, Oslrya and Oslryopsis represents a natural group. The ségréga¬
tion of Corylaceae from Belulaceae is not justified.
St. Galien, Switzerland, Apr. 11, 1963.
SUMMARY
The présent study deals with the histology of the végétative organs
and the floral morphology of three European species of Corylus in an
attempt to understand the degree of phylogenetic relationship among
the species under considération and the taxonomie status of the genus
within the family Belulaceae.
The collenchyma in the stems of Corylus avellana and C. maxima
becomes interrupted, the gaps being occupied by thin-walled parenchyma
cells. In Corylus colurna, collenchyma of stems remains as a continuous
cylinder due to the restitutional capacity of its cells.
The average sizes and the frequencies of the size classes of calcium
Source : MNHN, Paris
— 86 —
oxalate druses in the stem tissues of C. avellana and C. maxima are quite
similar, but the druses in different stem tissues of C. colurna are larger
than those of the corresponding tissues of C. avellana and C. maxima.
Particularly, the frequencies of the size classes of cortical druses in
C. colurna deviale considerably from those of the other two species, a
fact bearing diagnostic significance for C. colurna.
The bulk of the secondary xylem consists of relatively thin-walled,
imperforate tracheary éléments in C. avellana and C. maxima and of
vessel éléments and thick-walled tracheids in C. colurna. Due to the
presence of aggregate rays, the growth layers are more or less wavy.
There are 21 xylem rays per millimétré of stem section in C. avellana and
C. maxima, but in C. colurna the corresponding number is 16. The latter
species differs considerably from the other two by the presence of brachÿs-
clereids in the secondary xylem rays.
The species under considération show the following types of tri-
chomes : unicellular simple, septate simple, tufted, capitate glandular,
club-shaped glandular and conical glandular. The structural relation
between these trichomes and those occurring in other betulaceous généra
is pointed out. Glandular émergences are confined to Corylus and cons-
titude a generic character.
Juvénile leaves from the seedlings of C. avellana and C. maxima
and those from the sucker-shoots of C. colurna are characterized by the
presence of undulate epidermal cells on both abaxial and adaxial sides,
while the adult leaves of ail three species possess undulate epidermis on
the lower side and rectangular or polygonal cells on the upper side. The
abaxial epidermis of adult leaves of C. colurna shows a tendency to form
stellate cells. The stomata are of anomocytic type and confined to the
lower epidermis, the number of subsidiary cells varying from four to six.
Major venation of juvénile and adult leaves is of craspedodromous
type and consists of primary, secondary and tertiary veins, ail of which
are accompanied by bundle sheath extensions. The secondaries form a
pinnate venation pattern and terminate in marginal lobes. The tertiaries
arise from the basiscopic sides of the secondaries and terminate in marginal
teeth. The number of tertiaries diminishes gradually towards the leaf apex.
Throughout the family, the major venation pattern is uniform. Minor
venation of the juvénile leaves consists of veins of fourth, fifth, sixth
categories and vein endings, while the minor venation of the adult
leaves possesses an additional category of veins forming a more complex
réticulum in adult leaves. Ultimate areoles in the adult leaves of C. avellana
and C. maxima are polygonal; lhey may or may not be provided with
vein endings. Ultimate areoles of C. colurna are often rounded and provi¬
ded with slender and repeatedly branched vein endings.
The collenchyma tissue of pétioles is capable of régénération and
gives rise to periderm, following the secondary growth of the main vas-
cular bundle of the petiole. At the level of “coupe caractéristique”, the
main vascular bundle of the petiole is tripartite and accompanied by an
arch-shaped accessory bundle in C. avellana. On the other hand, in
Source : MNHN, Paris
— 87 —
C. maxima and C. colurna the main vascular bundle at the same level of
the petiole exhibits a more specialized condition since the tripartite
condition is no longer évident and the accessory bundle is closed-cylin-
drical.
Gross morphological survey ot the staminate flowers did not furnish
any evidence in favor of “divided nature” of stamens in Corylus. Pollen
grains are suboblate, the texture of the exine being psilate to faintly
punctuate. Those of C. avellana surveyed in this study are 3-porate,
their dimension being 25,2 X 19,9 microns. Pollen grains of C. maxima
are mostly 3-porate, rarely 2- or 4-porate, their dimension being
24,7 X 19,5 microns. C. colurna has mostly 3- or 4-porate grains, less
frequently 2-, 5- and 6-porate grains, mean dimensions being 25,9 X 20,2
microns. Variation in the pore numbers of the pollen grains does not appear
to be a racial characteristic. Great variation in the pore number of the
pollen grains is attributed to chromosomal aberrations and non-disjunc-
tions which take place quite often during meiosis of microsporogenesis.
Palynological evidence favours the homogeneity of Belulaceae.
The observations regarding végétative and reproductive structures
of three species of Corylus indicate close affinity between C. avellana
and C. maxima. It is assumed that C. colurna is more closely allied with
C. jerox than it is either with C. avellana or C. maxima. Hence, the possi-
bility of hybridization between C. colurna and the other two species is
very unlikely. The validity of the hybrid species Corylus X colurnoides
Schneider is most doubtful.
The woods of Corylus exhibit specialized characteristics such as
aggregation of pores, the presence of aggregate rays, a tendency to form
homogeneous xylem rays and a metatracheal arrangement of xylem
parenchyma, the presence of a great variety of xylem éléments, a réduc¬
tion sériés in the number of bars of the scalariform perforation plates
with a tendency to form simple perforation plates and alternate pitting.
However, primitive characters such as diffuse porosity, polyhedral vessel
éléments, inclined end walls, abundance of bordered pits and scalariform
perforation plates are also retained in the genus. Evidence from foliar
histology, floral morphology and palynology, however, indicates that the
genus occupies 'quite anj advanced position in the phylogenetic scale of
dicotyledons. Belulaceae with its six généra, is considered a natural
family. The ségrégation of Corylaceae from Belulaceae is not justified.
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UN NOUVEAU DICRAEANTHUS AFRICAIN
(PODOSTEMONACEAE)
J. J. F. E. de Wilde
Laboratoire de taxonomie et de phytogéographie
Faculté d’Agriculture, Wageningen, Pays-Bas
J.-L. Guillaumet
Laboratoire de Botanique
O. R. S. T. O. M., Adiopodoumé, Côte d’Ivoi
Durant une visite en Côte d’ivoire de l’un d’entre nous au mois de
novembre 1961, nous avons pu passer quelques jours dans la région de
Soubré. Soubré est située sur le fleuve Sassandra, à quelques 110 km de
son embouchure. Dans cette région, le Sassandra franchit de nombreux
rapides et cataractes. Le 22 novembre, nous trouvions dans les rapides
« Gribo », à 8 km en aval de Soubré, la nouvelle espèce de Podostemonacée
décrite ici. Le 27, nous la retrouvions à l’endroit nommé « Nahoua »,
succession de rapides et de chutes, à 2 km en amont de Soubré. En cette
saison, les nombreuses touffes rubannées de cette plante parmi les rochers
aux passages les plus rapides du courant, ne peuvent pas passer inaperçues.
Dicraeanthus Taylorii J. J. De Wilde et J. L. Guill. sp. nov.
Herba caulescens, 80-85 cm longa; caules simplices vel ramosi, thallo
basali saxis adhaercnte. Folia usque ad c. 9 cm longa, 2-3-bifida, segmentis
anguste liniaribus; unilateralitcr ailixa.
Spathellae 2-5, subfasciculatae, oppositifoliac vel suboppositifoliae,
obovoideo-lanceolateae, c. 7,5-10,5 mm longac; basi breviter stipitatae, apice
leviter umbonatae. Flos in spathella inversus; pedicellus c. 8 mm. longus,
in parte superiori leviter curvatus, in parte inferiori spathellis adhaerens,
post anthcsin erectus usque ad c. 1,5 cm longus.
Tepala 2, acicularia, curvata, c. 0,5-0,7 mm longa. Stamina plerumque
2-3 vel raro 4-5; filamenta per anthesin c. 1-2,5 mm longa, andropodio c.
1-2 mm longo; antherae 1,5-2 mm longae et 0,5-0,75 mm latae; pollen
anthera unicellulare.
Ovarium ellipsoideum, c. 2,5 mm longum et 1,5 mm latum, cum costis
comissuralibus 8-costatum; gynophorium c. 1-1,5 mm longum; stigmata
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 93 —
cristata, persistentia vel demum decidua. Capsula ellipsoideo-oblonga,
bivalvis, 2-2,5 mm longa, 1-1,5 mm lata; valvae praeter costas marginales
3-costatae. ^
Échantillons : De Wilde 3297, Ivory Coast. Gribo rapids in the Sassandra
River, c. 8 km. SSE of Soubré. Stout aquatic herb on rocks, partly above, partly
beneath the water surface, floating in swift-flowing water, and in the spray of water-
falls. 22 november 1961 (herb WAG, holotype; herb. K, ABI, Isotype). — J. I.. Guil-
laumet 984, même matériel (Herb. P, BR, ABI.); J. L. Guillaumet 1019, chute • Na-
houa ». Soubré 27 Nov. 1962 (Herb. P, ABI.).
Lors de l’identification de notre plante, il nous est apparu que deux
genres devaient être considérés : Dicraeanthus Engl, et Inversodicraea
Engl.
Le périanthe formé de deux petits tépales, la fleur inversée dans la
spathelle avant la floraison, la capsule à huit côtés évoque le g. Inverso¬
dicraea Engl. (G. Taylor, 1954, p. 122.)
Mais Dicraeanthus avait été décrit antérieurement par Engler
(A. Engler, 1907, p. 94).
« Flores zygomorphi. Tepala 2 minuta. Stamina 2 libéra vel ima
basi tantum paullum conjuncta, filamenta quam antherae utrinque
breviter fissae breviora. Pollen bicellulare. Gynophorum quam ovarium
elongato-claviforme 2-4-plo brevius; ovarii placenta centralis tenuiter
cylincrica multiovulata; stigmata parva subulata. Capsulapallidebrunnea,
valvis linearibus 5-nerviis placenta dejecta persistentibus. Caules e
thallo rupibus horizontaliter affixo lobato exeuntes, fluitantes valde
elongati et ramosi, ramis angulosis subaequaliter foliatis. Folia profunde
2-3-fida, laciniis anguste linearibus, attamem haud capilliformibus.
Inflorescentiae unilatérales cymosae, inferiores 6-20 florae, superiores
1-5 florae, pedunculis spathellarum fasciatis, pedicellis evolutis quam
spathellae multoties longioribus ».
Une seule espèce, D. africanus Engl., du Cameroun et probable¬
ment aussi du Congo, représente ce genre monospécifique; une descrip¬
tion de cette espèce suit illustrée d’une figure montrant le port et les
détails floraux. (A. Engler, 1907, p. 95, fig. 1 et 96, description.)
Plus tard 2 Podoslemonacées furent rapportées au genre Dicraeanthus
puis ensuite exclues :
1. Sphaerolhylax pusitla Warming (1899), fut placée dans le genre
Dicreanlhus par C. H. Wright (J. G. Baker et C. H. Wright, 1913, p. 127)
sous le nom d eD. pusillus (Warm.) Wright. Engler, cependant remit cette
espèce dans le genre Inversodicraea sous le nom d’/. pusila (Warm.)
Engl. (A. Engler, 1926, p. 461). Engler justifiait ce transfert par la
présence de 3 côtes (non comprises les commissures marginales) sur
chaque valve de la capusle. Cela n’expliquait pas pourquoi l’espèce devait
être placée dans le genre Inversodicraea plutôt que dans le genre Dicraean-
thus.
2. A. Chevalier décrivit Dicraeanthus parmelioides en 1938 (A. Che¬
valier, 1938, p. 294, fig. 43 bis) mais ce nom fut rejeté par G. Taylor
Source : MNHN, Paris
— 94 —
PI. 2. — Dicraeanlhus Taylorii J. J. De Wilde et J. L. Guillaumet : 1, Port dans le courant
rapide. Hapides Gribo, fleuve Sassandra, Côte-d’Ivoire; 2, Port. Même localité.
Source : MNHN, Paris
- 95 —
et remplacé par celui de Stonesia helerospalhella G. Tayl. (G. Taylor,
1953, p. 60) pour des raisons de nomenclature (description en français
seulement) et de taxonomie.
G. Taylor (1963, p. 62) en rapportant D. parmelioides au genre
Stonesia note que Dicraeanlhus est « a monotypic genus of different and
very distinctive habit having, among other divergent characters (comparé
à Stonesia!), linear-oblong capsule valves with 5 ribs ».
Ainsi Dicraeanlhus Engl, restait finalement un genre monospécifique
jusqu’en 1961, date à laquelle Hess décrivit 2 Dicraeanlhus du Cameroun
(H. Hess, 1961).
— Le genre Inversodicraea fut proposé par Engler en 1915
(A. Engler et O. Drude, 1915, p. 271-275). Engler notait que ce genre
était antérieurement inclus dans le genre Dicraea (sic : en fait Dicraeia ),
dont il le séparait en raison de la fleur inversée dans la spathelle avant
rupture. Il mentionnait plusieurs espèces.
Les analyses des genres Dicraeanthus Engl, et Inversodicraea Engl,
données dans la révision des Podoslemonacées d’ENGLER (1913, p. 46 et 53)
n’indiquent pas d’autres différences que des filaments staminaux libres
ou seulement un peu soudés à la base, un placenta mince et cylindrique
et le pollen en diades chez Dicraeanlhus, un andropode distinct, un placenta
épais et le pollen uni — ou bicellulaire chez Inversodicraea. La clé des
genres donnée par Engler (1930, p. 28-30) ne permet pas de mieux dis¬
tinguer ces deux genres.
Lorsque H. Hess (1961) décrivit deux nouvelles Podostémonacées
du Cameroun ( Dicraeanlhus ramosus H. Hess et D. Zehnderi H. Hess),
il fut aussi amené à envisager le problème des différences génériques entre
Dicraeanthus et Inversodicraea. Il plaça ces deux nouvelles espèces dans
le genre Dicraeanthus (l’andropode de D. ramosus varie de 0,1 à 0,4 mm,
tandis que celui du D. Zehnderi peut atteindre 3 mm). Hess en vint à la
conclusion que la présence ou l’absence d’un andropode est extrêmement
difficile à préciser quand il faut séparer les deux genres considérés, notam¬
ment il remarque que l’andropode de l’espèce type D. ajricanus Engl.,
bien que court et variant de 0,2 à 0,4 mm, est toujours présent.
Engler, dans la diagnose originale du genre Dicraeanthus (1907,
p. 94), décrit les étamines comme libres ou très légèrement soudées à la
base (voir le texte de la diagnose latine donnée ci-dessus) alors qu’il
attribue à la seule espèce connue par lui un androphore nul (« andro-
phoro nullo ») ce qui signifie seulement : étamines libres.
Pour séparer les deux genres, H. Hess mentionne comme nouveau
caractère la forme et la position des stigmates : « Les deux genres se
distinguent, quant aux fleurs uniquement par la forme et la position des
stigmates : chez Dicraeanthus les stigmates sont obliquement coniques,
ordinairement soudés à la base, et tant durant la floraison que la fructi¬
fication disposés dans l’axe du fruit. Chez Inversodicraea les stigmates
sont filiformes, libres et recourbés en arrière ou penchés en vieillissant »
Source : MNHN, Paris
- 96
PI. 3. — Dicraeanlhus Taylorii J. J. De Wilde et J. L. Guillaumet : 1, Photo montrant les tiges
typiquement en . zigzag ». Même localité que PI. 2; 2, Plantes avec les fleurs, ordinai¬
rement au-dessus de la surface de l'eau. Même localité.
Source : MNHN, Paris
— 97 —
(H. Hess, 1961, p. 186.) Finalement son opinion est qu’il est douteux que
de telles différences soient suffisantes pour maintenir ces deux genres.
Il est remarquable de constater que H. Hess ne mentionne nulle
part l’étude de G. Taylor (1953). Les excellentes figures de ce travail,
partiellement exécutées d’après des échantillons conservés dans l’alcool,
montrent deux sortes de stigmates chez les Inversodicraea. Dans les publi¬
cations d'ENGLER (/oc. cil.), figurent également les deux formes. Dans la
diagnose d’ Inversodicraea monanlhera Hess (H. Hess, 1953, p. 367),
espèce découverte par H. Hess en Angola, les stigmates sont décrits
comme « fusiformes ou lobés ». La description suggère plutôt le stigmate
caractéristique des Diacraeanlhus. L’étude de la forme et de la disposition
des stigmates du présent spécimen, provenant de Côte d’ivoire, ne permet
pas de préciser sa vraie position.
— Actuellement, il semble que nos connaissances soient insuffisantes
pour parvenir à séparer Dicraeanlhus et Inversodicraea. On ne peut pas
repousser cependant la possibilité de maintenir, par une étude ultérieure,
deux genres dans ce complexe, plutôt variable, mais aucun fait n’est à
notre disposition pour nous permettre de le faire ici. Nous ne pouvons
pas non plus trouver de raisons suffisantes pour écarter cette nouvelle
espèce du genre Dicraeanlhus. Il est vrai qu’ainsi une espèce à pollen en
grains unicellulaires entre dans le genre Dicraeanlhus , ceci nous semble
acceptable puisque monades et diades sont admises pour les Inverso~
dicraea. Il faut noter que c’est la première espèce de Dicraeanlhus pré¬
sente aussi loin à l’ouest en Afrique Tropicale que la Côte d’ivoire. Son
port général ressemble beaucoup à celui du Dicraeanlhus a/ricanus Engl.,
à la face supérieure des tiges les spathes s’opposent aux feuilles immergées
pendantes; sur les photographies 3 et 4 et sur le dessin on remarquera
les tiges particulières du D. Taylorii : en « zigzag » L
Note : Dicraeanlhus Taylorii est nommé en l'honneur de Sir George Taylor,
Directeur du Jardin Botanique Royal de Kew, en reconnaissance de son travail sur
les Podostemonacées de l’Ouest africain.
Nous remercions vivement M. le Professeur H. G. C. D. de Wit pour ses conseils.
Nous exprimons notre gratitude à M"* Ike Zeewold pour ses très belles illustrations.
Bibliographie
J. G. Baker et C. H. Wright. — Podostemaceae in W. T. Thiselton-Dyer — Flora
of Tropical Africa. 6, 1 : 120-130 (1913).
A. Chevalier. - Flore vivante de l’Afrique occidentale française. 1 (1938).
1. Au moment de la mise au point des épreuves de l’article de mes amis
J. J. F. E. de Wilde et J. L. Guillaumet, un lot de spécimens stériles de Dicraeanlhus
a été trouvé dans les collections innomées du Muséum de Paris : E. Annct n° 498,
Edea, région forestière etchutesdc la Sanaga, 4-10 juillet 1918. — La localité étant la
même que celle du type de D. a/ricanus Engler, je crois pouvoir affirmer, compte tenu,
de la très grande ressemblance avec la figure d’ENGLER, qu’il s’agit bien de cette espèce.
11 convient de remarquer que les échantillons d’ANNET, longs de 30-35 cm, présentent
à sec le même aspect en « zigzag » que les tiges de la nouvelle espèce. On ne peut
qu’insister sur la très grande affinité qui existe entre D. a/ricanus et D. Taylorii. —
Note de Nicolas Hallé.
Source : MNHN I, Paris
— 98
A. Ekgler. — Podoslemonaceae a/ricaneae. II. — Engl. Bot. Jahrb. 38 : 94-98 (1907).
A. Ekgler. — Podoslemonaceae a/ricaneae. IV. —- Engl. Bot. Jahrb. 60 : 451-467
(1926).
A. Ekgler. — Die natürlichen Pflanzenfamilien. 2® éd. 18 a (1930).
A. Ekgler et O. Drude. -—• Die Végétation der Erde. IX. Pflanzenwelt Afrikas.
III, 1 (1915).
H. Hess. —- Podoslemonaceae aus franzôsich Kamerun. Ber. Geobot. Inst. Rübel.
32 : 186-192 (1961).
H. Hess. — Uber die Familien der Podoslemonaceae und Hydroslacliyaceae in Angola,
Ber. Schweiz. Bot. Ges. 63 : 360-383 (1953).
G. Taylor. — Notes on Podoslemaceae for the révision of the Flora of West Tropical
Africa. Bull. Brit. Mus. (Nat. Hist.) Bot. 1, 3 : 53-79 (1953).
G. Taylor. — Podoslemaceae in J. Hutchinson et J. M. Dalziel. - Flora of Tropical
Africa. 2 ed. 1, 1 : 122-127 (1954).
E. Warming. — Familien Podoslemonaceae. Kgl. Danske Vidensk. Selsk. Skrifter
6 : 1-50 (1899).
Source : MNHN, Paris
NOTE SUR DEUX GREWIA AFRICAINS
par R. Capuron
Jussieu, dans sa description du G. mollis, cite deux échantillons,
l’un provenant du Sénégal, l’autre de l’Oware. Ce dernier (conservé dans
l’Herbier Jussieu, dans le folio 12567 A) a été communiqué à l’auteur par
Palisot de Beauvois. Il ne porte que de très jeunes boutons et Jussieu a
eu beaucoup de difficultés pour les analyser; un label, écrit de sa main,
en témoigne : “in flore nondum aperto, semidecomposito, difficile emol-
liendo, vidi imperfecta sequentia... »; l’analyse est suivie de l’indication
« melius observata in herb. Richard »; sur le determinavit Jussieu ajoute
encore : « Specimen perfectus apud D. Richard. » Cet échantillon de
l’Herbier Richard, après être passé dans l’Herbier E. Drake, est actuel¬
lement conservé dans l’Herbier d’Afrique du Muséum de Paris; Jussieu
lui-même l’a déterminé : « Grewia mollis Juss. ann. mus. 4. 91. » Il s’agit
d'une plante récoltée par Dupuis, portant simplement comme indication
de localité la mention « Africae » mais qui est très probablement 1 celle
citée par Jussieu comme provenant du Sénégal. L’échantillon de Dupuis
portant des jeunes fruits, des boutons assez développés et une fleur
épanouie est incontestablement celui qui a servi à Jussieu pour décrire
son espèce ; c’est par suite lui que nous choisirons comme Type du G. mollis
Jussieu; il ne fait d’ailleurs aucun doute qu’il appartient à la même espèce
que l’échantillon de l’Oware (les caractères foliaires sont tout à fait
concordants). Cette observation n’aurait guère d’intérêt si là devaient
s’arrêter nos conclusions. Mais l’examen de la plante de Dupuis montre
que les botanistes ont mal interprété la description de Jussieu et que
le Grewia mollis des auteurs n’est pas celui de Jussieu. Le Grewia mollis
Jussieu n’appartient pas à la section Axillares Burr. mais à la section
Grewia (sect. Opposiliflorae Burr.) et il est identique à l’espèce qui fut
décrite plus tard (1807) par Palisot de Beauvois sous le nom de Grewia
pubescens. Ce dernier nom doit donc disparaître et céder la place à celui
de Jussieu. Quant au Grewia mollis Auct. non Juss. il devra s’appeler
G. venusla Fresen,. Fresenius paraissant être le premier auteur à l’avoir
décrite.
Les deux synonymies que nous proposons s’établissent comme suit :
Grewia mollis Juss., Ann. Mus. Hist. Nat. Paris, 4 : 91 (1803), non
Auct. — Grewia pubescens P. Beauv., Fl. Oware, 2 : 76, tab. 108 (1807).
1. * Dupuis, ancien jardinier en chef du jardin des Tuileries et botaniste très
zélé, dont le précieux herbier, rempli de plantes sénégalaises... » (Guillemin, Perrotet
et Richard, Florae senegambiae tentamen, 1, 148, in obs.).
Source : MNHN, Paris
- 100 —
Grewia venusta Fresenius, Mus. Senckenb. 2 : 159, tab. 10 (1837).
— Grewia mollis Auct. mult-, non Juss.
Signalons en terminant que l’échantillon Adanson 72 C conservé
dans l’Herbier Jussieu (fol. 12567 B) et déterminé comme G. mollis
Juss. est en réalité un Grewia flavescens Juss.
Source : MNHN, Paris
ARISTOLOCHIA EMBERGERI
ESPÈCE NOUVELLE
DE LA FORET DENSE IVOIRIENNE
par
R. Nozeran et N. Hai,lé
La nouvelle espèce étudiée ci-dessous a été découverte en Côte d’ivoire
en septembre 1955 au bord d’une petite rivière dans la forêt dense peu
dégradée des environs de Ndzida (environ 20 km au N-0 de Grand
Lahou). Nous citons ci-dessous une seconde localité de Sierra Leone.
Cette plante, à habitat très dispersé, est une des rares Aristolochia s.s.
de forêt tropical humide.
L’espèce la plus voisine est l ’Aristolochia albida Duchartre; cette
dernière, à habitat soudanien, parait avoir été récoltée rarement en Côte
d’ivoire, et seulement dans la région soudanienne de ce pays (Aké Assi
668, route de Satama à Sokora près de Dabakala, 1948, IA 1 ; Aké Assi
3005, Ouangolodougou, au N de Ferkessédougou, 1955, IA). A. albida
est très glabre, notamment dans ses très jeunes extrémités et ses bractées;
ses inflorescences sont ordinairement très allongées et les préfeuilles sont
largement amplexicaules et toutes très développées, plus ou moins orbi-
culaires et foliacées; son fruit, très atténué h la base, est au contraire
brièvement obtus chez notre espèce.
Voici la diagnose de cette plante rare que nous dédions à M. le Pro¬
fesseur L. Emberger, Directeur de l’Institut Botanique de Montpellier.
Aristolochia Embergeri R. Nozeran et N. Hallé sp. nov.
Admis A. albidae Duchartre, sed prefolii florum minutis et foliis longio-
ribus differt.
Lianula. Caulis herbaceus volubilis, infra lignosus et suberosus (5 mm
diam. in typo). Internodia 7-11 mm longa, cire. 1-2 mm lata, glabra, in
longitudinem striata.
Folia alterna petiolata stipulis nullis. Petiolum gracile flexuosum ^
contortum, parce puberulum, 3-6(7) cm longum. Lamina subsagittata 9-14
(17) cm longa, 4,5-10 cm lata, basi alte cordata, acumine lanceolato attenuato,
apiculo protento 1-2 mm longo, supra glabra, infra puberula, praecipue in
nervis. Nervi basales pedatosi 3-4 utrinque, latérales haud basales cire.
I. IA = Institut d’Adiopodoumé près d’Abidjan (= ABI).
Source : MNHN, Paris
102 —
. 1. — Arislolichia Embergeri R. Nozeran et N. Halle : a, face inférieure (pilosité figurée
seulement sur une portion de la surface du limbe); b, aspect de l'inflorescence après la
chute des périanthes; o et c’, aspect de la fleur au début et à la fin de l'anthèse; d, cou¬
ronne stigmatique et anthères avant la déhiscence des thèques; e, idem après dispersion
du pollen; f, f' et I", fruit de profil, en vue apicale et en coupe; g et g', graine, vue des
deux faces. — Pour les dimensions se reporter à la diagnose; pour les indications complé¬
mentaires voir la fig. 2.
Source : MNHN, Paris
- 103 —
3 utrinque, réticulum densum et conspicuum. 2-3 gcmmac axillares super-
positae per folium.
Inflorescentiae axillares pauci vel pluriflorac cymosae unipares helicoï-
deae. Prefolia per florem unica, 1-3(5) mm longa, vix 1-1,5 mm lata, acuta,
puberula.
Flos bilateralis pedicello ovariifero cire. 1 cm longo. Perianthium 2-3,5 cm
longum, ad imum bullosum 4-6 mm diam., faucibus tubulosis 4-10 mm longis,
labello linguiformi apiculato 14-18 mm longo, protento deinde in ore refracto.
Stamina 6, thecis 2, locellis 4, rimis longitudinalibus. Ovarium inferum
6-carpellatum multiovulatum. Styli brèves conici, supra staminas inserti.
Capsula siccata dehiscens i cylindroïdea, cire. 3 cm longa X 2 cm lata,
6 sulcata, basi vix subattenuata, apice subdepresso.
Semina complanata triangulata cire. 6 mm longa.
Matériel étudié : Nozeran 5591 (typus P), Ndzida, Côte d’ivoire, septembre
1955, en forêt près d’une rivière, H. — Autres spécimens provenant du même pied :
Nozeran 5591 bis, octobre 1955 et février 1961 (P), n. et fr.; Aké Assi 3133 (IA). —
Autre matériel (identification établie par Aké Assi) : Deighton 3832, Gegbwema,
Gorahun, Sierra Leone (K).
La garniture chromosomique, étudiée par S. Mangenot sur des
méristèmes de racines de jeunes plantules, comporte 2n = 12chromosomes.
La nouvelle espèce présente en outre des caractères intéressants
qui se rapportent aux inflorescences.
Celles-ci sont portées par les rameaux végétatifs dont les feuilles
axillent une série de 2 ou 3 bourgeons. Lorsqu’il s’agit d’une série de
2 bourgeons, l’inflorescence est issue du bourgeon sérial inférieur (bsi ),
le supérieur (bss) étant végétatif et à début de développement anticipé,
avec un long hypoprophylle, mais en général inhibé
ensuite. Lorsqu’il y a 3 bourgeons (cas moins fréquent)
l’inflorescence est issue du bourgeon médian, le bour¬
geon inférieur est latent, le supérieur, comme dans le
cas d’une série à 2 bourgeons axillaires, présente un
début de développement anticipé.
Nous avons noté que les bourgeons (végétatifs
ou inflorescentiels) d’une série de 2 sont le plus sou¬
vent antidromes; lorsqu’il y a une série, de 3, deux
de ceux-ci, à l’inférieur et le supérieur, sont homodro-
mes entre eux et antidromes du bourgeon médian
inflorescentiel.
Dans de très rares cas nous avons pu observer
le développement en inflorescence des deux bourgeons
d’une série binaire.
L’étude de l’arrangement des fleurs montre
qu’elles sont disposées en une cyme unipare, chacune
d’elles étant munie d’une seule préfeuille, comme chez
les monocotylédones. L’existence d’une préfeuille
(A ?)—Axe
Feuille
PI. 2. — Aristolochia
Embergeri, diagramme
de l'inflorescence : bss,
bourgeon sérial supé¬
rieur ; bsi, bourgeon
Source : MNHN, Paris
— 104 —
unique chez les Aristolochiacées a déjà élé signalée par les auteurs.
Dans le cas de l’inflorescence d 'Aristolochia Embergeri, la préfeuille al
n’est pas exactement adossée à l'axe Al émetteur de la fleur Fl x , mais
insérée légèrement en oblique par rapport à lui. Elle sert de bractée à
une nouvelle fleur Fl 2 , munie elle-même d’une préfeuille a2 et ainsi de
suite. 11 y a jusqu'à 8 (12) fleurs, développées, chacune, à l’aisselle de la
préfeuille de la fleur précédente. Les préfeuilles successives sont de plus
en plus réduites; les premières peuvent présenter encore un reste très
réduit de limbe chlorophyllien, les autres ne sont plus que des écailles
(ce n’est pas du tout le cas chez A. albida).
L’examen de l’inflorescence montre que ses axes successifs sont
homodromes, la préfeuille étant située toujours dans la même position
relative. On a donc affaire à une cyme typiquement hélicoïde puisqu’elle
est à ramifications homodromes. Elle ne répond pas au schéma classique
où la préfeuille est en position croisée par rapport à la bractée et à l’axe
émetteur; au contraire, elle se trouve presque adossée à cet axe.
Ce n’est pas non plus l’inflorescence décrite par Eichler (1) sous le
nom de Fâchel (éventail) où les préfeuilles successives sont exactement
adossées. Un tel type d’inflorescence a été signalé chez les Aristolochiacées-
Apamées par A. Weisse (3).
Il s’agit d’une inflorescence intermédiaire entre la cyme hélicoïde
typique et la cyme en « éventail » d’EiCHLER. Un tel type d’inflorescence
existe chez d’autres Aristoloches; nous l’avons observé notamment chez
A. albida.
Le problème se pose de savoir si la préfeuille de chaque fleur corres¬
pond à a ou à p. S’il s'agit de (3 cela implique que a avorte régulièrement.
Une observation, malheureusement unique, nous incite à penser qu’il
s’agit de a. En effet, dans une inflorescence nous avons observé une fleur
présentant 2 préfeuilles, a et p. Or la préfeuille a était située dans la
même position que la préfeuille unique des autres fleurs, mais, ici, elle
ne présentait pas de bourgeon axillaire. A l’aisselle de p, par contre, une
fleur s’est développée ; il convient de signaler qu’elle est homodrome des
autres fleurs de l’inflorescence, ce qui implique, dans la mesure où l’on
peut raisonner sur un seul cas, que les produits axillaires de a et p sont
homodromes, aussi bien entre eux que du rameau qui les porte. S’il en
est bien ainsi, on aurait une inflorescence cymeuse exclusivement déve¬
loppée en a et appartenant au « type Amaryllidacées » (2 : 54) précé¬
demment décrit par l'un de nous.
Références bibliographiques
(1) A. W. Eichler. — Blüthendiagramme 2 : 529 (1878).
(2) R. Nozeran. — Contribution à l’étude de quelques structures florales. Ann.
Sc. Nat. Bot. 2 (1955).
(3) A. Weisse. —- Zur Kenntnis von Blattstellung und Blütenstand der Aristolo-
chiaceen, Berichtc der Deutsch. Bot. Gesellsch. 45 : 229 (1927).
Source : MNHN, Paris
LES LORANTHACÉES DE MADAGASCAR
ET DES ARCHIPELS VOISINS
par S. Balle
INTRODUCTION
Les Loranthacées sont représentées à Madagascar et dans les Archi¬
pels voisins par 4 genres, dont 2 endémiques de Loranthoïdées (Bakerella
et Socralina) et 2 de Viscoïdées à aire très étendue (Korthalsella et
Viscum) (cf. PI. 1). Plus de 600 spécimens observés s’y répartissent en
51 espèces.
Si, à Madagascar et dans les Archipels voisins, on ne compte que
2 genres de Loranthoïdées, on en trouve une vingtaine sur le Continent
africain et une dizaine en Inde. Par contre, des Viscoïdées on ne connaît
qu’un genre de plus (Arceuthobium) en Afrique continentale qu’à Mada¬
gascar et il y est très rare (une seule espèce, représentée par quelques
spécimens seulement en Éthiopie) ; en Inde, on trouve, outre les 3 genres
précités de Viscoïdées : Ginalhoa et Notolhixos.
Les caractères des Loranthacées d’Afrique ont été récemment pré¬
cisés (5) et seront repris, pour l’essentiel, dans la Flore de Madagascar,
dont les Loranthacées paraîtront en même temps que ceci; ils ne seront
donc pas répétés ici. Une énumération provisoire des genres africains de
Loranthoïdées a été présentée dans Webbia (3) et quelque peu modifiée
par la suite (lb); elle ne deviendra définitive qu’après confirmation, par
une étude, en cours, des caractères palynologiques et anatomiques; mais,
quelle que soit la classification générique qui sera finalement adoptée, on
peut déjà voir que l’évolution des Loranthoïdées s’est faite d’une toute
autre façon, à Madagascar et sur le Continent, que celle des Viscoïdées 1 .
Pour la première sous-famille, on trouve, en Afrique continentale,
un bouquet largement épanoui de groupes divers, apparentés les uns aux
autres par des caractères plus ou moins nombreux; à Madagascar, on
rencontre 2 groupes à la fois éloignés l’un de l’autre et différents de ceux
d’Afrique : Bakerella assez primitif et homogène, est abondamment
répandu dans toutes les parties de la Grande Ile et a même quelque peu
colonisé les Archipels voisins; il est proche parent du genre indou Taxillus ;
Socralina, plus évolué, localisé dans 2 régions restreintes de l’Ouest de
Madagascar où il s’est nettement diversifié, se rapproche le plus de
1. Considérées comme une famille par Maheswari et Johri (20) : voir Biblio¬
graphie.
Source : MNHN, Paris
106 —
« Loranlhus » remolus Bak. et Sprague, espèce localisée de l’autre côté du
Canal de Mozambique, qui mérite d’être séparée de toutes les autres,
comme on le verra plus loin.
Pour la sous-famille des Viscoïdées, au contraire, on trouve 2 genres,
représentés à la fois sur le Continent et dans les Archipels voisins : le
plus grand, Viscum, a dispersé ses espèces dans l’Ancien Monde tout
entier et montre des évolutions parallèles à Madagascar et sur le Continent
à partir de souches à distribution surtout occidentale (Mésandres et
Pluriflores) tandis qu’une autre souche, à distribution surtout orientale
(Mésogynes) atteint à Pile Maurice (avec 1 seul spécimen) l’extrême limite
occidentale de son aire. Korlhalsella, largement distribué aussi en Indo¬
malaisie, a colonisé les Iles de l’Océan indien comme celles du Pacifique,
Source : MNHN, Paris
— 107 —
a différencié 2 endémiques à Madagascar et est représenté par une espèce
dans l’Est du Continent africain, de l’Éthiopie au Cap.
Les matériaux d’herbiers ayant servi à cette étude proviennent,
pour la plus grande part, des collections du Muséum d’Histoire Naturelle
de Paris, où sont inclus des duplicatas des Herbiers de Tananarive, des
Réserves Naturelles et du Service Forestier de Madagascar. Les holo-
types des espèces de Baker, Scott Elliot et Turrill ont été prêtés
par l’Herbarium de Kew; quelques spécimens ont été envoyés aussi par
le British Muséum de Londres, le Conservatoire de Genève, l’Herbarium
de Réduit, l’Institut Botanique de Munich et celui de Vienne. Je remercie
MM. les Directeurs de ces Institutions : Aubréville, Baehni, Cufodontis,
Dandy, Merxmuler, Taylor, et Vaughan ainsi que MM. Humbert,
directeur honoraire du Laboratoire de Phanérogamie du Muséum et Homes,
directeur de l’Institut Botanique de l'Université de Bruxelles, pour l’aide
dont, à chacun diversement, je leur suis redevable.
LORANTHOIDÉES
Les caractères généraux des Loranthoïdées d’Afrique ont été énu¬
mérés comparativement à ceux des Loranthoïdées des autres Continents
dans Webbia (3); les caractères principaux de Bakerella y ont été cités
et sa place déterminée parmi les autres genres africains (Tableau V et
fig. 14; voir à ce sujet les observations au bas des pp. 15 et 14). Mais à
Socratina il n’a été fait qu’une vague allusion, ce genre n’étant encore
qu’insuffisamment connu alors. Il est décrit ci-dessous.
A. — BAKERELLA van Tiegh.
Distingué à la fin du siècle dernier, en même temps qu'une série
d’autres, de la même sous-famille, dont Taxillus (29), et tous sommaire¬
ment décrits, le genre Bakerella ne fut repris ni par les systématiciens
qui étudièrent la flore d’Afrique, ni par Danser, spécialiste des Loran-
thacées d’Indomalaisie. Les premiers continuèrent d’accepter le genre
Loranlhus s. 1. et y admirent Bakerella comme section (17) ou sous-
section (21) du sous-genre (ou section) Dendrophlhoe; le second l’inclut
dans son genre Taxillus élargi (9) en compagnie de 3 autres genres de
van Tieghem : Locella d’Inde, Phyllodesmis d’Asie orientale et de
Seplulina d’Afrique du Sud (29).
En ce qui concerne les Loranthoïdées de Madagascar, van Tieghem
ne mentionnait, en créant le genre, que les 2 espèces de Baker (B. micro-
cuspis et diplocraterj ajoutant qu’il faudrait, sans doute, y joindre quel¬
ques autres ; il faisait apparemment allusion aux 9 autres espèces décrites
par Baker, comme les 2 précitées, sur le matériel rapporté par Baron.
Avant cela, avaient déjà été décrits 3 Loranlhus malgaches : L. clavalus
par Desrousseaux en 1789, griseus et sordidus par Scott Elliot en
Source : MNHN, Paris
- 108 —
1890. Par la suite, 2 nouvelles espèces, l’une de Madagascar (L. mada-
gascaricus), l’autre des Comores (L. aldabrensis) furent décrites respec¬
tivement par Hochreutiner en 1908 et par Turrill en 1918. Enfin
H. Lecomte, en présence des riches récoltes de Perrier de la Bâthie,
ajouta encore 9 nouvelles espèces et esquissa, très sommairement, en
1923, une vue d’ensemble des Loranthus de Madagascar, dont il énuméra
les 27 espèces connues, en 1932, dans son Catalogue des Plantes de Mada¬
gascar. De celles-ci 11 ont été maintenues comme espèces, 7 comme sous-
espèces ou variétés dans le genre Bakerella et 1 dans le genre Socralina
tandis que les 8 autres tombaient en synonymie. En outre, 5 espèces
1 sous-espèce et 5 variétés nouvelles sont présentées ci-dessous ; B. micro-
cuspis, première espèce nommée pour ce genre est proposée comme espèce-
type.
Danser a basé sa distinction des genres de Loranthoïdées presque
exclusivement sur la structure de leurs inflorescences; c’était peut-être
une bonne méthode en ce qui concerne celles d’indomalaisie, où les inflo¬
rescences sont généralement bien et diversement développées et les fleurs
moins variées, mais en Afrique où c’est le contraire, il est nécessaire de
faire appel à d’autres caractères distinctifs. Il en résulte que si Danser
avait peut-être raison de réunir les Bakerella de Madagascar aux Taxillus
s.s. d’Inde, il ne l’avait probablement pas autant lorsqu’il y associait
aussi étroitement les Septulina et les Phyllodesmis.
Comme Danser n’a pas donné de description exhaustive du genre
Taxillus élargi, qu’il a plusieurs fois changé d’avis en ce qui concerne
l’attribution à ce genre de certaines espèces intermédiaires entre les
genres Taxillus s.l. et Scurrula L. *, et, qu’au surplus, si l’on en excepte
Seplulina et Bakerella, les Taxillus de Danser ont une distribution
exclusivement orientale, l’auteur s’en est tenu, dans l’attente d’une
étude plus approfondie des espèces d’Asie en général et d’Inde en parti¬
culier, au seul groupe malgache, qui constitue un ensemble morphologi¬
quement homogène et géographiquement bien délimité, auquel convient
le nom générique de Bakerella van Tiegh. On en trouvera la description
détaillée dans la Flore de Madagascar, les synonymes, la clé des espèces
ainsi que leur description et leur représentation iconographique.
Ci-dessous sont énumérés et présentés les taxas nouveaux, leurs
types, une vue d’ensemble montrant la variabilité du genre et la manière
dont on peut supposer qu’il a évolué, sa distribution géographique ainsi
que quelques caractéristiques morphologiques et anatomiques qui n’avaient
point leur place dans la Flore. Ses caractères palynologiques seront précisés
dans une étude en cours, relative à toutes les espèces africaines de cette
famille (28).
1. Bakerella ambongoensis S. Balle, spec. nov. - Flore de Maga-
gascar p. 37, fig. V, 9-11. — PI. 4, 12.
A speciebus B. clavata, B. Perrieri et B. tandrokense floribus basiinflatis
I. Notamment T. nololhixoides (Hance) Dans, et pulverulenta (Wall.) Dans.
Source : MNHN, Paris
- 109 —
axillaribus nunquam umbellatis, foliisque nervis latérales 2 (1) longe ascen-
dentes emittentibus differt.
Type : Perrier de la Bâthie 1540 (holotype P); Ambongo, Iopy,
bois sablonneux, sur différents arbustes; VI-1903.
Cette espèce est essentiellement caractérisée par la perte des ombelles
(remplacées par des fleurs axillaires fasciculées ou solitaires), ce qui la
sépare de B. clavala et aff.), par les dimensions de ses fleurs et la forme de
ses boutons, jamais 5-ailés au sommet, ce qui l’éloigne de B. tandrokensis,
par la nervation irrégulière de ses feuilles (la ou les 2 premières paires
inférieures de nervures latérales étant plus accusées que les suivantes et
subparallèles à la médiane) ce qui la distingue â la fois des 2 espèces
précitées et de B. Perrieri dont les feuilles sont différentes de forme et
plus petites, ainsi que par sa localisation géographique (endémique dans
l’Ambongo). On n’en connaît ni les suçoirs, ni les fruits ni les hôtes.
Distribution : Iopy, Stampitsa, Majunga, Soalala, Beravi. — PI. 6.
2. Bakerella analamerensis S. Balle, spec. nov. — Flore de Mada¬
gascar p. 16, fig. 1, 8-10.
A B. hoyifolia calycis haud regulariter 5-lobatis, alabastris subulatis
ampulla longe ellipsoïdeo differt, B. belohense foliis oppositis latioribus floribus
minoribusque differt.
Type : Humbert 19210 (holotype P); Analamera, forêt tropophile
des collines et plateaux calcaires entre 50 et 400 m d’alt. ; 1-1938.
Cette espèce, connue uniquement par son type, endémique dans
l’Ankarana, rappelle par son feuillage le B. hoyifolia, dont elle se diffé¬
rencie par la forme de ses boutons et le bord originellement entier de ses
calices (qui peuvent, avec l’âge, se fendre ensuite longitudinalement);
par ses boutons subulés, elle se place près de B. belohensis, mais en diffère
totalement par la forme et la disposition de ses feuilles, ainsi que par les
dimensions de ses fleurs et par sa localisation géographique. On n’en
connaît ni les suçoirs, ni les fruits, ni les hôtes. — PI. 6.
3. Bakerella belohensis S. Balle, spec. nov. — Flore de Madagas¬
car p. 15, fig. I, 5-7.
A B. collapsa foliis altérais, floribus axillaribus, calycis duplo-triplo
longioribus et ampulla apicalia alabastrorum subulata differt.
Type : Decary sans numéro b (holotype P); Beloha; 11-1918.
Cette espèce qui, par ses caractères floraux se rapproche le plus de
B. analamerensis, rappelle, par la forme de ses feuilles, B. collapsa, la
seule autre espèce du genre à avoir aussi des limbes particulièrement
étroits, mais elle s’en différencie par l’absence d’ombelles (remplacées
par des fleurs isolées ou géminées), par ses calices plus courts, par les
renflements apicaux non 5-ailés de ses boutons, par ses feuilles alternes
et par sa localisation géographique (endémique dans le S-S-0 de l’Ile
et parasitant Alluaudia procera et Euphorbia laro). Ses feuilles glauques
Source : MNHN, Paris
110 —
atteindraient 2 mm d’épaisseur (Humbert). On n’en connaît pas les
suçoirs.
Distribution: Benenitra, Beloha, Ambovombé et Amboasary. — PI. 6.
4. Bakerella clavata (Desr.) S. Balle, comb. nov. — Flore de
Madagascar p. 17. — PI. 6.
A. — ssp. clavata : a 1 — var. clavata. — Flore de Madagascar, fig. I,
11-13.
Syn. : Loranlhus clavatus Desr. in Lam., Encycl. Method. III : 598
(1789).
Type : Martin s.n. (holotype in herb. Deless.); sans lieu à Madagascar.
Distribution: NossiBé; Androranga, Andapa, Antalaha, Mananara,
Zahaména, Ambatondrazaka, Ambodiriana, Vatomandry, Mananjary.
a 8 . — var. aldabrensis (Turr.) S. Balle, comb. nov. Flore,
fig. II, 9-10. — PI. 4,13.
Syn. : Loranlhus aldabrensis Turr., Kew Bull. : 203 (1918).
Seule variété de l’espèce habitant aussi hors de l’Ile; son type (Tho-
masset 229) provient de l’île Aldabra et aurait été récolté sur « Noia-Nonc »
en IV-1907 (holotype à K).
Distribution : Mt Ambre, Ankarana, Nossi Komba, Haut Sambirano,
Beondroka, Ankaïzina, Ankarafantsika, Ambato-Boeni, Andrangoloaka.
Manak Est, Soalala. Comores : Aldabra.
a 3 . — var. amplifolia (H. Lee.) S. Balle, comb. nov. — Flore,
fig. II, 11-13.
Syn. : Loranlhus amplifolius H. Lee., Not. Syst. I : 39 (1923) non
Merrill.
Type : Perrier de la Bâthie 10701 (holotype à P); Tsaratanana, silve
à lichens des cimes vers 2 000 m d’alt., sur divers arbustes; « boutons à
base rougeâtre et fleurs rouge clair ».
Distribution : Les deux spécimens connus proviennent du Tsara¬
tanana.
a 4 . — var. Baronii (Bak.) S. Balle, comb. nov. — Flore, fig. II, 1-3.
— PI. 2,7.
Syn. : Loranlhus Baronii Bak., Trimen’s Journ. Bot. : 266 (1882).
Type : Baron 20 (holotype à K); Betsileo; VI-1880.
Distribution : Ambatondrazaka, Bas-Matitana, Vohiparare, Fort
Dauphin, Tsaratanana, Haute Sofia, Andilamena, Mandraka, Ankazobé,
Anjojorobe, Moramanga, Manjakandriana, Antanamalaza, Ambatolampv.
Ambositra, Betsileo, Ambatofinhandrahana, Ambatofitorohana, Fiana-
rantsoa, Ambalavao, Ivohibe, Kalambatitra, Beampingaratra,Andohahe!a,
Ampandrandrava, Amparihifarambolosy, Ankaramadmika, Ambalamana-
kana.
a 6 . — var. elongalata S. Balle, var. nov. — Flore, fig. II, 14-15.
A var. aldabrense perigoniis, pedunculis, pedicellatisque longioribus
differt.
Source : MNHN, Paris
— 111 —
Type: Herb. Rés. Nat. Madag.5052(holotypeP); Androy, Trananoro,
Rés. XI, forêt humide; III-1953.
Variété remarquable par l’élongation généralisée de ses organes
floraux, localisée dans les forêts ombrophiles du S de l’Ile, entre 650 et
1 576 m d’alt., sur argiles latéritiques et granit. On n’en connaît pas les
hôtes; ses fleurs seraient roses (Keraudren).
Distribution : Mt Papanga, Vohimavo, Fort Dauphin, Trananoro.
a 6 . — var. lenticellata (Bak.) S. Balle, comb. nov. — Flore, fig. II,
4-8.
Syn. : Loranthuslenlicellalus Bak., Journ. Linn.Soc.XVII :278(1881).
Type : Kitching sans n° (holotype K); Tanala; en 1879.
Distribution : Tsaratanana, Marojejy, Anjanaharibe, Ambatoloana,
Anjojorobe, La Mandraka, Tanala, Andringitra.
a 7 .— var. peralata (H. Lee.) S. Balle, comb. nov. - Flore, flg. II,
16-17.
Syn. : Loranthus peralalus H. Lee., Not. Syst. I : 42 (1923).
Type : Perrier de la Bâthie 14185 (holotype P); bois littoraux près
de Mahanoro; sur arbustes, en IX-1921. « Fleurs bicolores roses et rouge
sombre. »
Distribution : Mahanoro, Matitana, Fort Dauphin, Alaotra, Amba-
tondrazaka, Tsitondroïna, Moramanga, Mangoro moyen, Ambalavao,
Ivohibe, Andringitra.
Cette variété présente parfois certaines fleurs à 4 pétales.
a 8 . - var. tsaratanensis (H. Lee.) S. Balle, comb. nov. — Flore,
fig. 11, 18-19.
Syn. : Loranthus tsaratanensis H. Lee., toc. cil., p. 43.
Type : Perrier de la Bâthie 10703 (holotype P) ; Tsaratanana, silve à
lichens vers 2 000 m d’alt., sur divers arbustes; X-1912; « fleurs rouge-
oranger, assez variables ».
Distribution : Lokoho, Ambatosoralra, Mahanoro, Tsaratanana, Mt
Ambre.
B. — ssp. sechellensis (Bak.) S. Balle, comb. nov. — PI. 2, 1-2.
Syn. : Loranthus sechellensis Bak., Fl. Maur. et Seych. : 135 (1877). ■—
Taxillus sechellensis Danser, Verh. kon. Ak. Wet. Amsterd. afd. natk 2 de
sect. XXIX, 6 : 126 (1933).
Type : Home 571 (holotype K); Seychelles, Centre, vers 800 pieds
d’alt., en 1874. Seul spécimen observé.
Feuilles à pétiole de 6-14 mm de long sur environ 2 et limbe oblong
ou oblong-elliptique, rarement ovale-oblong, à sommet obtus et base
progressivement rétrécie, de 7,5-10 cm sur 20-36 mm, épais et coriace,
un peu discolore à sec, à nervure médiane généralement seule distincte
ou avec 1-2 nervures latérales de chaque côté. Ombelles 2 (l)-flores,
sessiles (pédoncule réduit à un socle de 2 alvéoles subcirculaires); pédi-
celles de 2-4 mm de long; bractée obliquement cupuliforme atteignant
ventralement environ 1/2 et dorsalement environ 1,5 mm de long.
Fleurs à réceptacle subobeonique d’environ 3,5 mm de long et calice
Source : MNHN, Paris
— 112
Source : MNHN, Paris
- 113 —
à bord étalé d’environ 1,5 mm de long, subentier. Corolle à 4-5 pétales,
inconnue à l’anthèse; bouton claviforme atteignant 30-37 mm de long à
renflement apical 4-5-étroitement ailé; ailes un peu ondulées; filets
subnuis; anthères linéaires d’environ 4 mm de long.
Cette plante s’apparente plus spécialement aux var. aldabrensis
(localisée dans le Nord) et clavala (localisée dans l’Est) dont elle a la
robustesse ; elle s’en distingue surtout par son feuillage et sa localisation
géographique mais l'insuffisance de matériel appelle confirmation.
5. Bakerella collapsa (H. Lee.) S. Balle, comb. nov. — Flore de
Madagascar, p. 25, fig. III, 1-5.
Type : Perrier de la Bâthie 852 (holotype P); Morataitra, sur la
Betsiboka près de Maevatanana, sur Cephalanthus spathelliferus
Distribution : les deux spécimens récoltés proviennent de la même
région. — PI. 6.
6. Bakerella diplocrater (Bak.) van Tiegh. — Flore p.49. fig. VII,
1-3. — PI. 4, 8-9 et 15.
Type : Baron 1383, Analamazoatra (holotype à K; isotype à P).
Distribution : Zahaména, Ambatondrazaka, Analamazoatra, La
Mandraka, Moramanga, Imerina, Mangoro, Beravina. — PI. 6.
7. Bakarella gonoclada (Bak.) S. Balle, comb. nov. —- Flore de
Madagascar, p. 29, fig. IV, 1-3. — PI. 4,1-2.
Type : Baron 296, Tanala (holotype à K).
Distribution : Manantenina, Maroa (baie d’Antongil), Analamazoatra,
Anivorano, Tanala, Vatomandry, Ijanadiana, Ambohimarangitra, Amba-
tovola. — PI. 6.
8. Bakerella grisea (Sc. Elliot) S. Balle, comb. nov. - - Flore p. 32.
PI. 4, 5-6 et PI. 6.
— var. grisea = Loranlhus griseus Sc. Elliot, Journ. Linn. Soc.
XXIX : 46 (1890). — Flore fig. IV, 4-6.
Type : Scott Elliot 2260 (holotype à K; isotype à P); bois entre Fort
Dauphin et Vaingaindrano.
Distribution : Tsaratanana, Mangindrano, Beondroka, Ambatoha-
ranana, Zahaména, Analamazoatra, Périnet, Brickaville, Farafangana.
Vangaindrano, Tanandava sur Manampanihy.
— var. alata S. Balle, var. nov. — Flore, fig. IV, 7.
A var. grisea ampulla apicalia alabastrorum 5-alata differt.
Type : Humbert 28435 (holotype P); Andrambovato à I’E. du Fiana-
rantsoa, forêt ombrophile sur latérite de gneiss entre 800-1 000 m d’alt..
1-1955.
Bien reconnaissable aux ailes étroites et un peu ondulées que pré¬
sente le renflement apical du bouton près de son sommet, elle est loca¬
lisée dans l’Andringitra (quatre spécimens connus); on n’en connaît pas
les hôtes.
Source : MNHN, Paris
— 114 —
9. Bakerella hoyifolia (Bak.) S. Balle, comb. nov. - - Flore p. 38.
— PI. 4, 3 et 14 et PI. 6.
A. — ssp. hoyifolia : a 1 . — var. hoyifolia. — Flore de Madagascar
fig. VI, 1-4.
Syn. : Loranthushoyijolius Bak., Journ. Linn.Soc. XVIII : 277 (1881).
Type : Kitching s. n. (holotype K); Betsileo, en 1879.
Distribution : Androranga, Sihanaka, Sainte-Marie, Analamazoatra,
Mangoro, Farafangana, Tananarive, Ankaramadmika, Betsileo, Bezong
Bezong.
a 2 . — var. basiinflata S. Balle, var. nov. — Flore, fig. VI, 7.
A var. hoyifolia ampulla basalia alabastrorum differt.
Type : Humbert et Swingle 4847 (holotype P) ; Ambositra, forêt de
Ranomena, vers 1350 m d’alt., VII-1928.
C’est la seule variété de cette espèce à posséder des boutons pourvus
d’un rendement basal. On n’en connaît pas les hôtes.
Distribution : Ambondrombe et Ambositra.
a 3 . — var. itrafanaombensis S. Balle, var. nov. — Flore, fig. VI, 8.-9.
A var. hoyifolia bracteis fere duplo longioribus differt.
Type : Humbert 13461 (holotype P) ; Mt Itrafanaomby, forêt ombro-
phile des crêtes gneissiques entre 1600 et 1 963 m d’alt.; XII-1933.
C’est la seule variété malgache de cette espèce à avoir de longues
bractées; elle n’est connue que par son type.
a 4 . — var. Parkeri (Bak.) S. Balle, comb. nov. — Flore, fig. VI, 5-6.
Syn. : Loranthus Parkeri Bak., Journ. Linn. Soc. XX : 245 (1883).
Type : Parker s.n. (holotype à K); forêt à Andrangoloaka.
Distribution : Àntalaha, Haut Bemarivo, Soanierana, Analamazoatra,
Tamatave, Manampanihy, Fort Dauphin. Marivorahona, Tsaratanana.
Anjanaharibe, Antsianaka, Ambatondrazaka, Ankazobé, Andrangoloaka.
Ambatoharanana, Ambositra, Namorona.
B. — ssp. boïnensis S. Balle, ssp. nov. —- Flore, fig. VI, 10.
A ssp. hoyifolia semper unifloribus umbellatis differt.
Type : Perrier de la Bâthie 10643 (holotype P); Ambongo et Boïna,
bords des rivières, sur Eugenia; VII-1906.
Localisée dans l’Ambongo-Boïna, cette sous-espèce se différencie
par ses inflorescences en ombelles uniflores à axes très courts (fleurs sub-
sessiles articulées sur un pédoncule atteignant rarement plus d’1 mm de
long, rarement absents. Elle parait parasiter exclusivement Eugenia.
Distribution : Boïna, Haut Bemarivo, La Beritzoka.
C. — ssp. Bojeri (Bak.) S. Balle, comb. nov. — PI. 2, 3-4.
Syn. : Loranthus Bojeri Bak., Fl. Maur. et Seych. : 135 (1877). —
L. Glutago (Commers.) H. Lee., nom. in Herb. P. — L. indicus Bojer
Hert. Maur. : 163 (1837) non Lam (1837) nec Desr. (1789) nec DC (1839).
— L. mauritianus Bojer, nom. in herb. P.
Rameaux gris pâle, avec des lenticelles parfois très développées, à
Source : MNHN, Paris
— 115 —
extrémités aplaties-anguleuses, irrégulièrement sillonnés longitudinale¬
ment, présentant parfois un aspect noueux. Feuilles opposées, parfois
alternes, rarement ternées, à pétiole de 4-10 mm de long sur 1-2 et limbe
oblong, oblancéolé, obovale ou elliptique, à sommet arrondi ou obtus
et base cunéiforme ou aiguë, de 4,5-9 cm sur 20-45 mm, épais et rigide,
discolore, à marge un peu retroussée, à nervure médiane émettant, près
de sa base, une paire de nervures latérales ascendantes et, comme elle,
± distinctes. Inflorescences axillaires, en ombelles subsessiles, 5-2 flores,
fâsciculées ou fleurs isolées ; pédicelle ne dépassant pas 4 mm de long sur
environ 3/4; bractée subunilatérale, ovale ou un peu gibbeuse, à bord
subentier et sommet de divers types comme la ssp. hoyifolia, atteignant
ventralement 1 /3 et dorsalement jusqu’à 2 mm de long, parfois très lar¬
gement étalée. Réceptable d’environ 2 mm et calice d’environ 1 mm de
long, à bord peu distinctement 5-lobé. Corolle rouge à extrémité verte,
de 14-25 mm de long; bouton d’abord claviforme, puis à renflement
médian atteignant environ le diamètre du renflement apical, à sommet
obtus ou arrondi ; lobes paraissant demeurer cohérents en ligule presque
jusqu’à leur extrémité; tube se fendant unilatéralement jusqu’à sa base;
filets entièrement soudés au pétale opposé; anthères linéaires d’environ
2 mm de long; disque distinctement 5-gonal. Faux-fruit oblong-obo-
voïde, brun-foncé et lisse à sec, atteignant 10 mm sur 4.
Type : Bouton s.n. (holotype K); Ile Maurice, Gran Bassin, forêt
épaisse et sombre, en 1864.
Distribution : Localisée dans les forêts des Iles Maurice et de la
Réunion, notamment sur Diospyros et Jambosa.
Encore insuffisamment connue *, cette plante parait représenter un
intermédiaire entre B. hoyifolia, dont elle aurait les boutons à renflement
apical peu différencié et la nervation foliaire et B. clavala dont elle pré¬
senterait les calices à bord subentier.
10. Bakerella mangindranensis S. Balle, spec. nov. — Flore de
Madagascar, p. 43 et fig. VI, 11-12. — PI. 6.
A B. hoyifolia calycis lobis multo longioribus et angustioribus, corolla
paulum longiora differt.
Type : Humbert et Capuron 25329 (holotype P) : Mangindrano sep¬
tentrional, silve à lichens sur gneiss, entre 2 000-2 200 m d’alt. ; 1-1951.
Espèce essentiellement caractérisée par la structure tout à fait
originale de ses calices profondément fendus en 5 lobes, étroitement
triangulaires et recourbés vers l’extérieur. Par tous ses autres caractères,
elle s’apparente à B. hoyifolia. Elle n’est connue que par son type. On
ignore quels sont ses hôtes, la structure de ses suçoirs et celle de ses
fruits.
11. Bakerellamicrocuspis (Bak.) van Tiegh., Bull. Soc. Bot. Fr. 42 :
244 (1895); Flore de Madagascar, p. 12, fig. I, 1-4. — PI. 2, 5-6 et
PI. 4,10.
I. On connaît mal les fleurs adultes.
Source : MNHN, Paris
— 116 —
Type : Baron 54 (holotype K; isotype P); Betsileo.
Distribution : Ankaraoka, Analamazoatra, Moramanga, La Mandraka,
Betsileo. — PI. 6.
12. Bakerella Perrieri S. Balle, spec. nov. — Flore de Madagascar,
p. 36, fig. V, 4-8.
A B. tandrokense floribus plus minusve duplo minoribus, corolla basiin-
flata foliis minoribus differt.
Type : Perrier de la Bàthie 16339 (holotype P); Tsaratanana, brousse
éricoïde, vers 2 400 m d’alt., sur Philippia; 1V-1924.
Espèce de haute altitude, à feuilles étroites, penninerves, relative¬
ment petites, habitant le Nord du Centre (les feuilles paraissant un peu
plus grandes dans le Sud de ce secteur), à fleurs environ deux fois plus
courtes que celles de B. tandrokensis et dont les boutons sont distinctement
dilatés à la base, contrairement à ceux de cette dernière espèce. On l’a
trouvée sur deux hôtes différents : Philippia et Weinmannia. Un des
spécimens rapportés portait, sur certains organes (rameaux, feuilles,
réceptacles) de petites protubérances, apparemment d’origine acciden¬
telle, pouvant faire paraître les jeunes fruits verruqueux.
Distribution : Tsaratanana, Mangindrano, Ankaïzina. - - PI. 6.
13. Bakerella Poissonii (H. Lee.) S. Balle, comb. nov. —- Flore de
Madagascar, p. 45. — PI. 2, 6; PI. 3, 4, 7, 11; PI. 6.
A. — ssp. Poissonii : a 1 . — var. Poissonii. - - Flore, fig. VI, 13-14.
Syn. : Loranlhus Poissonii H. Lee., Not. Syst. I : 39 (1923).
Type : Poisson 230 (holotype P); environ de Tuléar, sur « Varo » 1 :
VI-1921.
Distribution : Analavenola, Manombo, Tuléar, Fiherenana, Bctioky,
Mahafaly, Androy, Ambovombe, Fort Dauphin.
a 2 . — var. alata S. Balle, var. nov.
A var. Poissonii ampulla apicalia alabastrorum 5-alata differt.
Type : Greve 1 (holotype P); Morondava, sans date.
Variété connue seulement par deux spécimens, dont un peut-être
douteux (Humbert 28787, représenté par des fleurs et des feuilles isolées,
provenant de la Haute-Malio Isalo). Elle se distingue par ses boutons à
renflement apical nettement 5-ailé, rappelant plusieurs variétés de
B. clavata, une de B. Viguieri et une de B. grisea, mais se distingue de ces
espèces par les bractées et calices caduques, que l’on ne trouve que chez
B. Poissonii. On n’en connaît pas les hôtes.
B. — ssp. parvibracteata (H. Lee.), S. Balle, comb. nov. — Flore
p. 47, fig. VI, 15.
Syn. : Loranlhus parvibracteata H. Lee., Not. Syst. I : 40 (1923).
Type : Perrier de la Bâthie 12672 (holotype P); Analamananara,
I. = Hibiscus ou Givolia (Humbert).
Source : MNHN, Paris
— 117 —
entre le Sahambana et l’Ihosy, forêt des pentes occidentales, vers 1 300 m
d’alt., 1-1919.
Distribution : Ambohitantely, Tsinjoarivo, Sandrisoa, Ambalavao,
Analamananara, Ambolo sur Mangoro.
14. Bakerella tandrokensis (H. Lee.) S. Balle, comb. nov. — Flore
de Madagascar, p. 34, fig. VI, 1-3.
Syn. : Loranthus tandrokensis H. Lee., Not. Syst. I : 40 (1923).
Type : Perrier de la Bâthie 10667 (holotype P); Andringitra, col de
Tandraka, vers 1 700 m d’alt.; IX-1911.
Distribution : Tsitondroïna, Andringitra. — PI. 6.
15. Bakerella tricostata (H. Lee.) S. Balle, coinb. nov. Flore de
Madagascar, p. 47, fig. VII, 4-6. — PI. 3,1-2 et 5.
Syn. : Loranthus tricostatus H. Lee., Not. Syst. I : 41 (1923).
Type : Perrier de la Bâthie 12504 (holotype P); Sud de Matsiatra,
vers 500 m d’alt., sur Cephalanlhus spalhelliferus et Weinmannia sp.
Distribution : Bemaraha, Morondava, Analafanja, Matsiatra, Ampan-
drandrava, Ambovombe. — PI. 3, 3-4, 6 et 7. et PI. 6.
16. Bakerella Viguieri (H. Lee.) S. Balle, comb. nov. - Flore de
Madagascar, p. 26. — PL 6.
— var. Viguieri. — Flore, fig. III, 6-8.
Syn. : Loranthus Viguieri H. Lee., Not. Syst. I : 41 (1923).
Type : Humbert et Viguier 996 (holotype P); Andovoranto-Mora-
manga, vers 900 m d’alt.; X-1912; « fleurs rouge corail un peu lavées de
jaune dans le haut ».
Distribution : Moramanga; Fort Dauphin.
—■ var. marojejensis S. Balle, var. nov. — Flore, fig. III, 9-11.
A var. Viguieri ampulla apicalia alabastrorum 5-alata differt.
Type : Humbert 22499 (holotype P); Marojejy O Manantenina, forêt
ombrophile des pentes occidentales sur latérite de gneiss, vers 1 400 m
d’alt. — X1I-1948.
Cette variété est caractérisée par les renflements apicaux de ses bou¬
tons à 5 ailes ondulées 1 ce qui l’apparente aux variétés ailées de B. cla-
vala qui ne présentent jamais d’ombelles uniflores. Elle est répandue dans
les montagnes du Centre-Nord et existe aussi dans le Centre moyen.
Distribution : Tsaratanana, Anjanaharibe, Marojejy, Ambatosoratra,
Haut Matitana.
CARACTÈRES DISTINCTIFS ET VARIABILITE
En ce qui concerne la morphologie de la plupart des organes (type
d’inflorescence, structure des feuilles et des fleurs), la variabilité des
1. On trouve des intermédiaires à boutons ± largement ailés et parfois des fleurs
si 4 pétales.
Source : MNHN, Paris
— 118 —
Bakerella est comparable à celle des grands genres de Loranthoïdées
d’Afrique continentale 1 et l’examen des pollens montre, en première
approximation, une structure semblable aussi pour toutes les Loranthoï¬
dées de ce Continent (cf. PI. 9).
Quelques espèces se reconnaissent aisément à des caractères mor¬
phologiques extrêmes ; feuilles particulièrement grandes de B. grisea
et de B. clavala var. amplijolia ou petites de B. microcuspis et de B. clavala
var. lenticellala ou étroites de B. belohensis et collapsa ; rameaux quadran-
gulaires de B. gonoclada; boutons effilés de B. analamerensis et belohensis,
longs calices cylindriques avec bractées profondément cupuliformes de
B. diplocraler et tricoslala et calices infundibuliformes à lobes étroitement
triangulaires de B. mangindranensis.
Les fleurs, presque toujours à 5 pétales n’en ont que 4, exception¬
nellement, seulement chez certaines variétés de B. clavala, grisea et
Viguieri et ceci sans régularité; elles présentent dans l’ensemble, les
mêmes variations qu’en Afrique continentale quant à la forme des bou¬
tons (à 1, 2 ou 3 renflements ± bien individualisés), aux dimensions des
corolles (qui ont de 1,6-7 cm de long), à leur couleur (le plus souvent
rouge, parfois jaunâtres, exceptionnellementb lanches chez un B. clavala
var. Baronii), à la longueur de la fente unilatérale du tube, à la forme
± largement biailée des lobes (caractère particulièrement fréquent â
Madagascar où 32 % du nombre des spécimens présentent des boutons
à renflement apical 5 (4)-ailés); à la position dressée (généralement)
ou réfléchie (rarement) des lobes à l’anthèse, à la soudure de plus en plus
prononcée des lobes de la corolle entre eux, ce qui fait paraître davantage
celle-ci ligulée, mais ceci avec irrégularité non seulement d’une espèce
à l’autre mais d’une fleur à l’autre sur la même plante et même sur les
pétales d’une même fleur (cf. PL 2); à la soudure ± longue des filets
au pétale opposé (beaucoup plus étendue à Madagascar qu’en Afrique
continentale, au point que l’anthère souvent paraît sessile), à la longueur
des anthères et du calice, aux découpures ï profondes du bord de ce
dernier, à la forme unilatérale ou en cupule ± profonde et à bord ± échan-
cré des bractées, au développement du disque, à la nervation pennée
ou ± distinctement subparallélinerve des feuilles, avec les habituels
intermédiaires.
Il semble que dans certaines fleurs les anthères soient cloisonnées,
mais apparemment pas d’une façon constante (cf. Flore).
On rencontre cependant, chez les Bakerella, quelques caractères qui
méritent une mention spéciale :
1. L’habitus lianiforme :
Relativement très rare quant au nombre des espèces, sur le Conti¬
nent africain 2 il paraît général chez les Bakerella où tous les spécimens
1 Cf. Agelanlhus, Englerina, Phragmanlhera et Tapinanlhus.
2. Où il n’est connu que pour les genres Plicopetalus (3 esp.), Tapinoslemma (3 esp.)
et certaines races seulement de Globimelula Braunii et de Phragmanlhera capitata.
Source : MNHN, Paris
— 119 —
Source : MNHN, Paris
— 120 —
observés, pourvus de suçoirs, montrent la même structure générale de
l’appareil de fixation. C’est lui qui permet à B. grisea d’atteindre une
longueur de 20 m (selon Decary in herb.) et assure, au moins dans cer¬
tains cas, une propagation végétative, non seulement dans la cime de
l’hôte, mais encore permet, vraisemblablement, dans les forêts denses,
le passage d’un arbre au voisin. La pl. 3 montre les suçoirs principaux
et secondaires de 2 espèces, apparemment représentatifs de ceux des
autres, en tous cas analogues à ceux des 6 espèces * * observées en herbier.
Suçoir de Bakerella tricoslala (Poisson 245; hôte indéterminé).
Du renflement basal de la branche principale (cf. fig. 1) sont nés 2 axes
rampants, l’un à droite et en arrière, orienté à angle droit avec la branche
maîtresse, l’autre à gauche et dans le prolongement de celle-ci vers le bas;
le premier court le long de la branche-hôte, depuis son origine et y implante
sur une distance d’environ 6 cm, 4 suçoirs secondaires, tous situés dans
un même plan et dirigés de haut en bas; leur diamètre est d’environ
0,5 cm et leur épaisseur, entre les 2 branches, d’ 1-2 mm; au niveau du
deuxième suçoir, l'axe porte un rameau feuillé, dressé parallèlement à la
branche-maîtresse et 2 feuilles, fixées côte à côte, de part et d’autre de
la base de celui-ci (celle de droite étant partiellement cassée), sur une
sorte d’entre-nceuds discoïde très court (env. 1 mm) ; l’autre axe rampant
est recourbé vers la gauche dès sa base, et a formé un suçoir secondaire
avec la branche-hôte à moins d’1 cm du suçoir principal puis, contour¬
nant une ramification de la branche-hôte (cassée peu au-dessus de sa
base, l’axe rampant a formé une boucle vers la droite puis une autre
vers le haut (cette dernière encerclant la branche-hôte) pour retourner
vers la droite, s’anastomosant d’abord avec elle-même sous son premier
suçoir secondaire, puis courant parallèlement en-dessous de la branche-
hôte où elle a donné naissance à 5 suçoirs secondaires, semblables à ceux
du premier axe rampant et comme eux situés tous dans un même plan,
mais orientés en sens inverse ; le premier d’entre eux est situé exactement
sous le suçoir principal (cf. fig. 2); au niveau de l’avant-dernier l’axe
porte un rameau feuillé et en face du premier une feuille unique, qui
semble émerger d'une déchirure de l’écorce ; tandis que les suçoirs secon¬
daires sont tous nés dans un même plan pour chacun des 2 axes rampants*
les rameaux feuillés et la feuille sont situés dans des plans orientés environ
à 45° de celui des suçoirs secondaires.
La section de la branche-hôte â son extrême droite (fig. 5) montre,
au niveau du suçoir secondaire de l’axe rampant inférieur, l’importance
de la pénétration du parasite dans le bois de l’hôte et la réaction de celui-ci
autour du suçoir.
Suçoir de Bakerella Viguieri var. marojejensis (Perrier de la Bâthie
16470, sur Oncoslemon sp.). — La branche principale du parasite a été
sectionnée à sa base, immédiatement au-dessui de la naissance de 3 axes
1. Bakerella clavala, hoyifolia, Perrieri, Poissonii, tricoslala et Viguieri.
Source : MNHN, Paris
- 121 —
rampants dont l’un, situé à l’arrière, a aussi été coupé à sa base, les
2 autres courent ensemble, de droite à gauche, subparallèlement à la
branche-hôte dans laquelle ils insèrent chacun des suçoirs secondaires
semblables à ceux décrits ci-dessus pour B. tricoslala. Vers le milieu de
la fig. 3 on voit l’axe rampant supérieur qui porte (entre 2 suçoirs)
un rameau dressé, feuillé (à son extrémité non représentée) ; un peu plus
loin vers la gauche, l’axe rampant inférieur a donné naissance, vers le
haut aussi, à une ramification semblable à lui d’aspect mais un peu plus
mince, orientée parallèlement à lui et renflée à son extrémité; sous ce
renflement on voit une ramification semblable d’un fragment du troisième
axe, resté attaché par ses suçoirs à la branche-hôte et un peu plus loin
une autre ramification, semblable encore, du premier axe; ces ramifica¬
tions rampantes sont à leur tour ramifiées et renflées à leurs extrémités.
Les renflements, ellipsoïdes-globuleux, de près d’1 cm de long sur un peu
plus d’1 /2 de large, représentent apparemment des galles car on y voit
une série de petits orifices circulaires à bord régulier, tous situés dans la
région qui fait face à la branche-hôte et correspondant à l’ouverture
de logettes subcylindriques, et subparallèles les unes aux autres. De l’autre
côté (fig. 4) la branche-hôte a été coupée subtangentiellement à chaque
extrémité et montre, au niveau de certains suçoirs secondaires, les tissus
du parasite apparaissant, sous forme de taches lenticulaires plan-convexes
à l’intérieur du bois de l’hôte; ce tissu a la même structure que celui que
montre la partie médiane de la fig. 5, les cordons scléreux étant sectionnés
transversalement; ceci montre que la croissance du suçoir s’effectue
surtout dans le sens transversal; mais les bords des lentilles montrent
que la progression a lieu aussi longitudinalement. La croissance trans¬
versale se manifeste, en outre, par un éclatement de l’écorce de l’hôte
qui a généralement la forme d’une grande lenticelle ce que l’on peut aper¬
cevoir au milieu de la fig. 4.
Les axes rampants ne paraissent pas avoir une structure de racine et
les suçoirs montrent une structure analogue à celle observée par Singh
sur Dendrophlhoe falcata (L. f.) Ettings. (25). Une étude plus détaillée
de ces suçoirs est en cours, dans le cadre des espèces d’Afrique s.l. dans
le but de poursuivre les intéressantes observations déjà faites par Thoday
(27) et Soyer-Poskin et Schmitz (24).
2. Les sclérites :
On trouve, très fréquemment, des sclérites chez les Loranthacées,
mais s’ils sont mentionnés ici c’est à cause de leur situation et de leur
hypertrophie dans les limbes foliaires, ainsi que de leur abondance dans
tous les organes de la plante (rameaux et axes rampants, feuilles, fleurs
et fruits) et l’on s’étonne de trouver ainsi « armées » des feuilles que les
collecteurs signalent déjà sur le frais comme particulièrement cassantes;
cette imbrication de bras sclérifiés ne serait donc pas une compensation
aux nervures « noyées » de la majorité des espèces, signalées par les mêmes
collecteurs; pour le reste, on trouve aux feuilles comme aux tiges de
Source : MNHN, Paris
PI. 4. — 1, secteur de coupe transversale de rameau de Bakcretla gonoclada x 25 (Baron 296);
2, sclérité isolé de l'écorce du précédent x 100; 3, sclérite foliaire de B. hoyifolia x 100
(Préparation de van Tieghem); 4, id. B. Poissoniî var. alala x 100 (Grève 1); 5, sclérite
isolé de réceptacle de B. grisea x 100 (Decary 4 829); 6, nodules de sclérites de pétale du
même; 7, sclérite foliaire sous-épidermique de B. Poissonii var. Poissoniî x 100 (Herb.
Rés. Nat. Madag. 5 186); 8, sclérite foliaire sous-épidermique de B. diplocraler x 100 (Hum-
blot47); 9, sclérite foliaie du même x 100; 10, sclérite foliaire de B. microcuspis x 100
(Préparation de van Tieghem); 11, id. B. Poissonii var. alala x 100 (Grève 1); 12, id.
B. ambongoensis x 100 (Hildebrandt 3 056); 13, coupe longitudinale médiane de récep¬
tacle de B. clauala var. aldabrensis X 6 (Hildebrandt 3 699); 14, coupe transversale de
limbe de B. hoyifolia x 25 (Préparation de van Tieghem); 15, coupe transversale de pétiole
de B. diplocraler 25 (umblot 47).
Source : MNHN, Paris
— 123
Bakerella une structure normale de Loranthoïdées (cf. PI. 4, 1,14 et 15,
Adansonia (1961) PI. 2, 3 et 9) et Bibliographie (7) et (22).
3. Les ombelles uniflores :
On rencontre, sur le Continent africain, un grand nombre d’espèces
à ombelles ± multiflores et d’intermédiaires entre elles et les fleurs isolées
mais jamais, sur des milliers de spécimens observés, aucun n’a présenté
d’ombelles régulièrement uniflores comme celles de 2 espèces malgaches :
B. Viguieri (caractère spécifique : Flore fig. III, 8) et B. hoyifolia ssp.
boïnensis (caractère de sous-espèce : Flore fig. VI, 10).
4. Les bractées et calices caduques :
Dans aucun cas il n’a été observé, sur le Continent africain d’espèce
à bractées et calices non persistants sur le fruit; ce caractère étant sans
exception chez B. Poissonii on peut le considérer comme bien fixé; tout
en étant lié à la forme la plus simple et la plus réduite de bractées, il
n’empêche pas la variation de longueur des calices (cf. Flore fig. VI, 13
et 14). On trouverait aussi des bractées caduques chez une Elytranthinée
de Nouvelle Zélande, Alepis flavida (Hook.f.) van Tiegh., espèce tout à fait
différente des Bakerella par son ovaire pluriloculaire, ses ombelles à
10-16 fleurs à 4 pétales soudés seulement dans leur moitié inférieure.
5. Les fleurs et fruits hypertrophiés-charnus :
Aucune espèce d’Afrique continentale ne porte de fleurs compara¬
bles à celles de B. grisea pour ce qui est de l’épaisseur de sa corolle, qui
est double de celle de B. clavala sa plus proche parente; le nombre des
cellules est double aussi mais l’examen palynologique comparé des 2 espè¬
ces n’a pas révélé qu’il puisse s’agir d’un cas de polyploïdie (voir les
boutons des 2 espèces dans la Flore, fig. I, 11-12, et fig. IV, 5 et 7.
ÉVOLUTION DU GENRE
On peut supposer que le genre Bakerella aurait évolué à partir d’un
ancêtre ayant eu les caractères suivants :
Plante glabre, à rameaux subcylindriques, fixée sur son hôte par
1 (ou plusieurs?) suçoirs, à feuilles minces, alternes, pétiolées et penni-
nerves, à inflorescences ombelliformes à longs axes et pauciflores, termi¬
nant des rameaux courts feuillés, à bractée réduite, unilatérale et persis¬
tante, réceptacle lisse urcéolé, calice à bord court et peu profondément
lobé, à bouton subulé et corolle mince à (? 4)-5 pétales soudés sur la
plus grande partie de leur longueur en tube dépourvu d’appendices et
de plis internes et saillies externes, se fendant unilatéralement à l’anthèse,
à lobes sublinéaires demeurant dressés, à filets linéaires sans dent, soudés
par leur base au pétale opposé, et demeurant dressés, à anthères linéaires
Source : MNHN, Paris
— 124 —
à thèques non cloisonnées et connectif non différencié, à style subfi¬
liforme, à stigmate et disque un peu différenciés et à faux-fruit lisse.
A partir d’une telle plante ont pu se différencier les espèces, d’une
manière comparable à celle que l’on observe chez plusieurs genres d’Afri¬
que continentale et dans 3 directions privilégiées :
а) Par réduction de certains entrenœuds (d’où feuilles subopposées
puis opposées).
б) Par extension de l’aplatissement des rameaux, au niveau des
nœuds d’abord puis sur toute la longueur des entrenœuds (d’où tiges qua-
drangulaires).
c) Par développement irrégulier des nervures latérales (d’où pas¬
sage de la nervation pinnée à la nervation subbasale).
d) Par perte des rameaux courts florifères (d’où inflorescences axil¬
laires).
e) Par raccourcissement des axes des inflorescences (d’où capitules,
fascicules, puis fleurs sessiles) et réduction du nombre de fleurs des ombel¬
les (de 5 à 1 chez les espèces actuelles).
/) Par différenciation de plus en plus accentuée des bractées (échan¬
crures du bord, hypertrophies dorsales, allongement en cupule de plus
en plus profonde, ou au contraire dégénérescence (caducité).
g) Par différenciation de plus en plus accentuée des calices (échan¬
crures du bord, hypertrophie ou dégénérescence comme pour les bractées).
h) Par différenciation de plus en plus accentuée des corolles (fleurs
minces devenant épaisses; boutons subulés subcylindriques se renflant
au sommet, à la base et au milieu, tube se fendant de plus en plus pro¬
fondément unilatéralement, lobes se soudant entre eux de plus en plus
haut, devenant ailés bilatéralement, se recourbant à l’anthèse).
i) Par union de plus en plus prononcée des filets avec le pétale
opposé, celui-ci finissant par disparaître (ce qui n’apparaît jamais sur le
Continent africain).
/) Par raccourcissement des anthères.
k) Par accroissement du disque.
Le tableau qui suit résume cette évolution et indique les affinités
interspécifiques.
AFFINITÉS AVEC LES AUTRES GENRES ET ORIGINE
Les Bakerella sont apparentées, d’une part, aux Loranthoïdées
d’Asie et, d’autre part, à celles d’Afrique continentale; mais c’est incon¬
testablement avec les Taxillus s. s. et les Locella d’Inde qu’elles montrent
1. Il y aurait lieu de rectifier les points suivants du Tableau V de Webbia en ce
qui concerne les caractères morphologiques attribués au genre Bakerella :
a) Lobes de la corolle jamais révolutés; b) Inflorescences unifiores, caractère original,
méritant 4 points; c) Bractées et calices caduques (idem b); d ) Connectif jamais
hypertrophié d’une manière appréciable. Ce qui porte le niveau évolutif du genre
à 31 points.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
125
— 126 —
le plus d’affinités, ne s’en dilïérenciant essentiellement que par les carac¬
tères suivants : leur complète glabriété 1 (les 2 autres groupes portent
des lépides), la présence de ± grands sclérites ramifiés dans les limbes
foliaires ainsi que dans les rameaux, les réceptacles et les pétales, (absents
chez les 2 autres groupes) et la forme en verre à boire de la cupule col-
lenchymateuse des réceptacles (en billot chez les Taxillus s. s. et les
Locella ); une information plus complète sur les espèces asiatiques indi¬
quera l’importance systématique qu’il faut donner à ces caractères.
Danser (8-9) reprenant le genre Taxillus s. s. de van Tieghem
(fondé sur 2 espèces) en a considérablement accru l'acception : en 1940
il y avait indu 54 espèces et avait étendu son aire de l’Afrique sud-occi¬
dentale au Japon et à Bornéo; il y incorporait, notamment, les Septu-
lina van Tiegh. d’Afrique du Sud, qui en diffèrent non seulement par les
mêmes caractères que les Taxillus s. s. et les Locella mais encore par le
nombre des pétales et étamines (4 contre 5), caractère peut-être sans
beaucoup d’importance en Indomalaisie mais généralement bien fixé
chez les groupes africains.
La place des Bakerella parmi les Loranthoïdées africaines a été
indiquée dans Webbia (Fig. 14) au sein des Taxillus, admis alorsau sens
de Danser (avec cependant la nuance que Danser inclut les Remoli
dans Tapinanlhus, ce que la position dressée de leurs filets ne justifie
pas). Si cette place doit être, dans l’ensemble des groupes, maintenue
tant pour Seplulina que pour Bakerella, il ne semble plus actuellement
qu’il convienne de réunir génériquement ces 3 groupes ensemble, ni
avec les Remoli qui seraient plus proches de Socratina que de Bakerella
pour les raisons que l’on verra plus loin.
Par leurs étamines à filets demeurant dressés et non différenciés,
les Bakerella s’apparentent aux Loranthoïdées d’indomalaisie en général
et à celles d’Afrique considérées comme les plus primitives, en particu¬
lier (Amyema, Dendrophthoe, Helixanlhera, Plicopelalus et Tapinoslemma) ;
par leurs fleurs zygomorphes à 5 pétales et tube plus long que les lobes,
se fendant unilatéralement à l’anthèse, elles se rapprochent, au contraire,
de genres plus évolués (Agelanlhus, Phragmanlhera et Tapinanlhus)
qui offrent les mêmes tendances à la variabilité en général et montrent
aussi cette particularité que l’on retrouve chez Bakerella, de former des
ailes sur le bord des pétales. Par les 2 tendances indiquées ci-dessus,
Bakerella se rapproche de la sect. Remoli mais elle s’en écarte par un
caractère remarquable sur lequel on reviendra à propos de Socralina :
l’absence de poils sur le style.
Par la présence de sclérites indépendants du système conducteur
dans le limbe de leurs feuilles, les Bakerella s’apparentent aux genres
africains suivants : Dendrophlhoë, Helixanlhera, Phragmanlhera, Pli-
1. II y a lieu de noter que, dans la ligure 14 de Webbia le schéma des Bakerella
montre la présence de poils sur les fleurs, ce qui n’est le cas d'aucune des espèces,
contrairement à ce qu'indique la description originale de Loranlhus griseus ( = Bake¬
rella grisea).
Source : MNHN, Paris
— 127 —
copelalus et Tapinoslemma, genres qui, comme Bakerella, présentent
aussi, au moins dans certains cas, l’habitus lianiforme, beaucoup plus
fréquent, semble-t-il, sur les autres Continents qu’en Afrique.
Quant à l’origine possible du genre, il semble qu’elle doive plutôt
être recherchée chez un ancêtre commun à la fois aux Dendrophthoë
(au sens de Danser) à 5 pétales et aux Scurrula à 4 pétales, tous deux
velus, ainsi qu’aux Phyllodesmis (genre glabre à 4 pétales qui fait le
pendant, en Orient, aux Bakerella occidentaux, glabres et à 5 pétales),
plutôt que directement chez les Dendrophthoë, comme le propose Danser.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DES BAKERELLA (PI. 6)
On a recueilli, à Madagascar et dans les Archipels voisins, près de
300 spécimens de Bakerella qui s’y répartissent comme suit :
De cette répartition on peut conclure que :
1. C’est dans la Région du Vent en général, et, en particulier, dans
le Centre-moyen, le Centre-nord et l’Est moyen qu’on a récolté la plus
grande quantité d’échantillons.
2. C’est dans la Région sous le Vent en général, mais, en particu¬
lier, dans le Sambirano, le Sud-ouest et l’Ouest-moyen, dans le Nord-est,
l’Ambongo, le Nord-ouest, le Centre-sud et l’Androy qu’on a recueilli
la plus grande diversité d’espèces relativement au nombre de spécimens;
mais il faut noter que ce nombre est si réduit pour les secteurs suivants
qu’il pourrait induire en erreur (1 pour l’Ouest moyen et le Sud-ouest,
et 2 pour le Sambirano).
3. 12 espèces sur 16 sont localisées dans une des Régions, 9 dans un
des Domaines et 8 dans un des Secteurs.
5 espèces ne se rencontrent que dans le Centre de l’Ile, 3 dans le
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Nord et 1 dans le S; 1 espèce est endémique dans le Nord-ouest (Anala-
mera) et une autre dans les Hautes Montagnes du Nord (Mangindrano).
4. Tandis que dans le Sud-est il y a 4 fois plus de Bakerella que de
Viscum pour un même nombre de spécimens rapportés, dans le Centre-sud
il y en a la même quantité et dans le Mahafaly il y a 3 fois plus de Fis-
cum que de Bakerella.
5. C’est dans le Centre et dans l'Est que l'on a rencontré le plus
grand nombre de subdivisions d’espèces représentées.
6. Les endémiques se rencontrent, en général, surtout dans le Centre
et l’Ouest et, en particulier, dans le Centre-moyen et dans le Centre-nord.
7. Dans les Archipels n’ont émigré que 2 espèces, celles dont l’aire
est la plus étendue à Madagascar et dont on a récolté le plus grand nombre
de spécimens (115 pour B. clavala et 60 pour B. hoyifolia).
HÔTES
On connaît l’idendité générique des hôtes de 8 des 16 espèces de
Bakerella; ils se répartissent entre 18 familles de Dicotylédones s’échelon¬
nant des plus primitives aux plus évoluées. Ils sont présentés ci-dessous,
selon la classification d’HuTCHiNSON. (19).
Samydaceae:
Genre indéterminé : II. clavala var. amplifolia (Perr. de la Bâtli. 10701).
Tamaricaceae :
Tamarix sp. : B. clavala var. aldabrensis (Dupont 107).
Chlaenaceae :
Leplolaena pauciflora Bak. : B. hoyi/olia var. Parkeri (Perr. de la Bàth. 10692).
Myrtaceae :
Eugenia sakalavarum Perr. : B. hoyifolia ssp. boinensis (Perr. de la Bàth. 10648).
— Eugenia sp. : B. hoyifolia ssp. Bojeri (Anonyme, Ile Maurice). — Jambosa sp. :
B. hoyifolia ssp. Bojeri (Anonyme, Ile Maurice). — Genre indéterminé : B. hoyifolia
var. hoyifolia (Perr. de la Bàth. 10637.
Guttifereae :
Calophyllum sp. : B. hoyi/olia var. hoyifolia (Boivin s. n°). — Psorospcrmum sp. :
B, clavala var. Baronii (Perr. de la Bàth. 10698 et 10710).
Hypericaceae :
Haronga sp. : B. clavala var. Isaralanensis (Homolle 438). — Symphonia sp. :
B. hoyifolia var. hoyifolia (Perr. de la Bàth. 10636).
Malvaceae?
Hibiscus liliaceus L. sub « Varo > : B. Poissonii var. Poissonii (Poisson 230).
Euphorbiaceae :
Euphorbia laro Drake : B. beloliensis (Perr. de la Bàth. 12737). — Oivolia mada-
gascariensis Baill. ? sub « Varo * : B. Poissonii var. Poissonii (Poisson 230).
CUNONIACEAE :
Weinmannia sp. : B. clavala var. ampli/olia (Perr. de la Bàth. 10701), B. Perrieri
(Perr. de la Bàth. 16338), B. Iricoslala (Perr. de la Bàth. 12504).
Moraceae :
Ficus sp. : B. clavala var. Baronii (Scyrig 848), B. Poissonii ssp. Poissonii (Pois¬
son 245).
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Source : MNHN, Paris
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RUTACEAE :
Cilrus auranlium Risso : B. clavata var. aldabrensis (Perr. de la Bâth. 10657).
— C. medica Risso : B. gonoclada (Guillot 59).
Alluaudia procera Drake : B. belohensis (Decary 8345).
Anacardiaceae :
Mangi/era indica L. : B. clavala var. clavala (Rés. Nat. 3358). — Prolorhus sp. :
B. tricoslala (Seyrig 33). — Bhus Grandidieri Engl. : B. iricoslala (Humbert 14319)
(Seyrig 33) (Tan. 5001 et 6006). — Sorindeia madagascariensis Thou. ex DC. sub » Tsirin-
dra » : B. clavata var. clavata (PdlB 10707).
Araliaceae :
Genre indéterminé : B. clavala var. aldabrensis (Humbert 31/u, 1960).
Ebenaceae :
Diospyros sp. : B. hoyi/olia ssp. Bojeri (Vaughan s. n°, Ile Maurice).
Ericaceae :
Philippia sp. : B. hoyi/olia var. Parkeri (Perr. de la Bâth. 16133), B. Perrieri
(Perr. de la Bâth. 16339), B. Poissonii ssp. parvibracleala (Perr. de la Bâth. 16939).
Maesa sp. : B. clavala var. Baronii (Tan. 2387). — Oncoslemon sp. : B. Viguieri
var. marojejensis (Perr. 16470).
Rubiaceae :
Cephalanlhus spalhelli/erus Bak. : B. collapsa (Perr. de la Bâth. 852), B. Iricoslala
Perr. de la Bâth. 12504) (Seyrig 42). —- Cof/ea sp. : B. clavala var. clavata (Humbert
21983). -— Gaerlnera sp. : B. hoyi/olia var. hoyi/olia (Boivin s. n°).
Compositae :
Vernonia sp. : B. clavala var. Baronii (Perr. de la Bâth. 10690), B. clavala var.
peralala (Cours 602) sub « Ambiaty »:
B. — SOCRATINA S. Balle, gen. nov.
Suffrutex tomentosus, pilis stellatis ramosis, floribus 5-gamopetalis,
filamcntis convolutis, stylis pilosis, omnibus generis vicinis lobis intus pilosis
distinctissimus.
Ce genre, ainsi que les 2 espèces qu’il comprend, est décrit en détail
et figuré dans la Flore de Madagascar. Ne seront indiqués ici que les
caractères qui, par leur combinaison originale, le distinguent des autres
genres occidentaux de Loranthoïdées Hyphéatinées (8-9).
CARACTÈRES ESSENTIELS ET AFFINITÉS AVEC LES AUTRES GENRES
Caractère unique :
Présence de poils raides, apprimés, simples, à la face interne des
lobes de la corolle : (cf. pl. 7, 7 à 9); Flore de Madagascar, fig. VII, 10
et Not. Syst. I, fig. I (1923).
Parmi toutes les Loranthoïdées d’Afrique s. 1., les Socralina sont les
seules à présenter des poils à cet endroit et aussi à présenter ce type de
poils; c’est principalement à ce titre qu’elles méritent d’en être généri¬
quement séparées, les caractères uniques étant tout à fait exceptionnels
dans cette sous-famille sur ce Continent.
Source : MNHN, Paris
131
Source : MNHN, Paris
— 132 —
Danser signale (11) la présence, parfois, de poils étoilés à l’intérieur
des lobes des pétales de Taxillus chinensis (DC) Dans.; je n’ai pu les
observer sur les quelques spécimens de cette espèce qu’il m’a été donné
d’examiner. Mais, de toutes manières, T. chinensis est une espèce très
différente des Socralina, avec ses fleurs en ombelles, à 4 pétales, avec des
anthères cloisonnées et des jeunes fruits verruqueux, habitant du sud
de la Chine aux Philippines et à Bornéo et les poils sont de types diffé¬
rents puisque simples dans un cas et étoilés dans l’autre. Quant à Amyema
barbellata (Blak.) Dans., c’est une espèce d’Australie, connue par son
type seulement ; elle porterait une touffe de poils à l’intérieur des pétales
mais serait, par ailleurs, glabre et ne ressemble en rien aux Socralina.
Caractère exceptionnel :
Présence de poils pluricellulaires à ramifications alternes sur la
partie moyenne du style : cf. pl. 7,10 à 12; Flore de Madagascar, fig. VII,
14 et Not. Syst. I, fig. 1-1923).
On ne rencontre ce caractère que chez une seule espèce de Loran-
thoïdées sur le Continent africain ( Loranlhus remolus Bak. et Sprague)
qui, à ce titre, mérite d’être séparée de toutes les autres, ce qu'avait
déjà fait Sprague en créant pour elle la section Remoli (26) et qui présenle
des caractères morphologiques et anatomiques l’apparentant, à la fois,
à Bakerella d’une part, et à Socratina d’autre part; elle habite de l’autre
côté du canal de Mozambique.
La présence de poils sur le style a été figurée pour Elyiranlhe capi-
lellala (Wight et Arn.) Engl. (30), Loranthoïdée d’Inde, appartenant
à une autre sous-tribu que celles d’Afrique et très différente d’elles à de
nombreux égards (ovaire pluriloculaire, inflorescences en racème à
rachis alvéolé, bractée accompagnée de 2 bractéoles, corolle à 6 pétales
et style articulé en 2 parties; de plus c’est, dans la partie supérieure
qu’y sont localisés les poils.
Caractères génériques banaux :
1. Fleurs à 5 pétales soudés en tube, au moins aussi long que les
lobes et dépourvu de plis ou appendices internes et de gibbosités externes;
étamines à filet s’enroulant à l’anthèse et anthères non cloisonnées, sont
des caractères que l’on retrouve rassemblés chez la plupart des genres
d’Afrique continentale.
2. Tendance à la zygomorphie de la corolle par fente unilatérale;
est fréquente aussi sur le Continent africain ; mais elle se manifeste chez
Socralina d’une manière un peu particulière; la fleur s’y ouvrirait en
3 étapes : d’abord apparaît une fente unilatérale qui transforme la partie
supérieure du bouton en une sorte de barquette; ensuite s’ouvrent les
4 autres fentes séparant les lobes sauf à leur extrémité (cf. pl. 8);
enfin les lobes séparent leurs sommets. Pour autant qu’on connaisse les
Source : MNHN, Paris
— 133 —
fleurs totalement épanouies de S. Keraudreniana, on peut y voir un degré
de zygomorphie un peu moins accusé que chez S. bemarivensis puisque
dans les fleurs de cette dernière espèce la fente unilatérale se prolonge
dans le tube, ce que ne semble pas être le cas de S. Keraudreniana.
3. La tendance à la différenciation des filets (réalisée sur le Continent
chez le plus grand nombre de genres) se manifeste ici de 3 manières chez
S. Keraudreniana et de 2 chez S. bemarivensis : enroulement à l'anthèse,
différenciation i marquée de la dent apicale, qui peut, parfois, être
émarginée comme chez Tieghemia genre localisé, avec 2 espèces diffé¬
rentes aussi à ce point de vue, en Afrique orientale, du Kenya au Natal :
cf. (I, b) et présence de poils staminaux 1 .
4. La présence, de poils à ramifications verticillées en étages, qui a
été constatée chez les genres continentaux suivants (au moins sur les
organes végétatifs jeunes : Bolryoloranlhus, Dendrophlhœ, Erianlhemum,
Oncella, Phragmanlhera et Seplulina) cf. pl. 7, fig. 1 à 6. On trouve aussi
de tels poils chez plusieurs genres indomalaisiens de Loranthoïdées,
notamment chez les Dendrophthoe, les Scurrula et les Taxillus s. s.
5. L’absence de sclérites indépendants des nervures dans les limbes
foliaires ; c’est le cas de la majorité des genres continentaux.
6. La structure du pollen, qui est, dans ses grandes lignes, semblable
à celle que l’on observe chez toutes les Loranthoïdées du continent
(cf. pl. 9); les détails dilïérenciels seront précisés dans un travail appro¬
fondi en cours.
NIVEAU ÉVOLUTIF ET DIFFÉRENCIATION
Les Socralina se rattachent aux types primitifs de Loranthoïdées
llyphéatinées par leurs rameaux subcylindriques, leurs feuilles parfois
alternes, leurs inflorescences souvent terminales, leurs bractées unilaté¬
rales, leurs calices non différenciés, leurs corolles à lobes demeurant
dressés à l’anthèse, leurs anthères entières relativement longues; mais
par la majorité de leurs caractères elles atteignent un niveau évolutif
relativement élevé, comparativement aux autres genres africains ; celui-ci
se situerait à .. points dans le tableau 5 de Webbia, l’attribution de
4 points s’imposant pour les caractères exceptionnels (style et lobes velus).
C’est sous 2 aspects, représentatifs de 2 des formes les plus typiques
de fleurs qu’on rencontre sur le Continent africain, qu’on trouve Socralina
à Madagascar; celui à fleurs pourvues d’un tube relativement court,
avec des filets soudés au lobe opposé bien au-delà de la base de celui-ci
1. Les filets enroulés se rencontrent chez 14 genres continentaux et 7 d’entre eux
présentent, au moins chez certaines de leurs espèces, une dent apicale aux filets.
Source : MNHN, Paris
134
• PI. 8. — Socratina Keraudreniana sur le plateau calcaire aux environs de Tuléar. (Photo M. Kerac-
et où, généralement 1 le tube ne se fend pas à I’anthèse, et celui à
fleurs présentant un long tube, qui se fend toujours unilatéralement
à l’anthèse et des filets devenant libres, à peu près à la base des lobes;
S. Keraudreniana appartient au premier groupe et S. bemarivensis au
second.
Enfin ces deux espèces sont localisées dans des aires bien distinctes,
éloignées l’une de l’autre et chacune relativement très restreinte (la
première dans le Sud, la seconde dans l’Ouest de l’ile : cf. pl. 1) et l’aspect
de leurs feuilles et de leurs fleurs (limbes oblancéolés-obovales de 3-8 mm
de large chez S. Keraudreniana, suborbiculaires ou largement ovales et de
0,6-4,8 cm de large chez S. bemarivensis ; corolles minces et délicates de
la première, épaisses et couvertes d’un tomentum long et dense chez la
seconde) permet de les reconnaître au premier coup d’œil.
1. Avec cependant quelques exceptions (Globimetula, Odonlella et Spragueanella
en Afrique.
Source : MNHN, Paris
— 135 —
ESPÈCES
1. Socratina Keraudreniana S. Balle, nov. spec., Spec. lypus.
Corolla gracilis, tubo quam lobis subaequilongo, haud unilateraliter
fisso (?), apice in alabastro ellipsoldea brieve apiculata, filamenta supra
basim loborum inserta, ad apicem dente breve producta, anthera linearis,
calycis breve, 5-dentatis, bractea ovata calici aequans vel paulo longiores;
folia parva, oblanceolata vel obovata, alterna vel opposita, 1 (3) nervis.
Typus : Humbert 19902 (holotype P); Gorges du Fiherenana, entre
Beanty et Anjamala, forêt tropophile et bush xérophile sur racailles
calcaires, entre 30-300 m d’alt. ; I 1947.
Décrite (p. 53) et figurée (rameau florifère, extrémité de bouton,
bractée, réceptacle et calice, étamine : fig. VII, 11-15) dans la Flore de
Madagascar, elle a été photographiée in situ par un des collecteurs
(pl.8).
Pollen : Grains isopolaires, bréviaxes (P = 22jx, E = 40ji), tricolpés
(syncolpés), à lobes angulaperturés avec bords des sillons très nets; exine
presque lisse, tectée, plus épaisse suivant 2 bandes situées vers les pôles
dans chaque mésocolpium; cette augmentation d’épaisseur est due à l’aug¬
mentation des dimensions des columelles; le mésocolpium a un aspect
granuleux dû aux courtes columelles infrategillaires 1 (pl. 9).
Distribution : Sud-sud-ouest de Madagascar : Gorges aux environs
de Tuléar (Keraudren 1368) et environs du lac Tsimanampatsatsa (Leandri
4034).
L’un des spécimens récoltés (Leandri 4034) était attaqué par un
champignon parasite Aecidium Cookeanum de Toni (syn. A. Loranlhi
Cooke) qui provoque non seulement une efflorescence de cupules blanches
sur les feuilles, mais aussi une déformation de la majorité des limbes qui
se raccourcissent et deviennent bilobés ainsi que l’apparition de tumeurs
brunâtres à la base des rameaux (pl. 7, fig. 15 à 18). M. Cl. Moreau
mycologue au laboratoire de Cryptogamie du Muséum a déterminé ce
champignon et précisé qu’on a trouvé Urédinale sur diverses autres
Loranthacées d’Afrique : Ayelanlhus Zeyheri (Harv.) S. Balle, Erian-
Ihemum Dregei (Eckl. et Zeyh.) van Tiegh, Viscum iriflorum DC et un
Loranthus indéterminé de Côte d’ivoire.
2. Socratina bemarivensis (H. Lee.) S. Balle, comb. nov.
Syn. : Loranthus bemarivensis H. Lee., Not. Syst. 1 :37, fig. I (1923).
— Tapinanlhus bemarivensis Danser, Verh. kon. Ak. Wet. Amsterd.
afd. Natk. 2 ser. XXIX, 6 : 67 et 108 (1933).
Type : Perrier de La Bâthie 10646 (holotype P); Boïna, 17° lat.,
bois au nord du Bemarivo, sur Eugenia, Dalbergia et Vernonia.
Un deuxième spécimen a été rapporté, par le même collecteur, de
1. Les photos ont été réalisées au laboratoire de Palynologie du Muséum, sous la
direction de M 1 " 8 Van Campo.
Source : MNHN, Paris
P). 9. — Pollen de Socralina Keraudreniana S. Balle X 1 000 (Humbert 19902) : 1, vue polaire;
2, coupe de l’exine dans l'épaississement; 3, vue polaire mise au point sur le sillon; 4, vue
méridienne, coupe dans les deux épaississements subpolaires; 5, exine; 6, vue méridienne
régulière. — a — épaississement de l'exine.
Source : MNHN, Paris
— 137 —
la même région : bord de l’Anavila, aflluent du Bemarivo, sur Acacia
en VII-1905 (Perrier 10652). Ce collecteur à laissé, dans l’herbier du
Muséum, au sujet de la fécondation des fleurs, une note manuscrite qui
est résumée ci-dessous :
« La plante fleurit toute l’année mais fructifie à une époque bien
déterminée 1 , probablement en relation avec l’insecte fécondateur;
elle attaque les grands arbres à bois dur ( Eugenia , Dalbergia et Vernonia)
ainsi que les Acacia ; la fleur, à maturité s’ouvre brusquement par une
fente longitudinale séparant 2 des pétales sur une longueur d’environ
25 mm à partir du sommet; la corolle apparaît alors comme un tube
prolongé par une ligule recourbée en nacelle oblongue, les sommets des
5 pétales demeurant cohérents; en même temps les filets se recourbent
brusquement, expulsant vers le bas, le pollen des anthères introrses tôt
déhiscentes, sur les poils du style, grâce à la base épaissie du connectif
(cf. dent apicale des filets); ceux-ci, en se recourbant, accrochent et
courbent le style, obliquement ou horizontalement, au niveau du sommet
de sa région pilifère, ce qui éloigne le stigmate de la région où s’est accu¬
mulé le pollen, mécanisme favorable à la fécondation croisée. Les insectes,
nécessairement plus petits que des abeilles, attirés par l’abondance du
nectar sucré sécrété au fond du tube, touchent vraisemblablement le
stigmate en cherchant l’entrée du tube de la fleur; mais ils ne peuvent
y pénétrer que, lorsqu’à la fin de l’anthèse, les filets continuant à se
recourber, font remonter plus haut les anthères, vidées de leur contenu ;
en y pénétrant, ils touchent les poils du style, chargés de pollen qu’ils
pourront transporter ensuite sur un autre stigmate.
VISCOIDÉES
Leurs caractères distinctifs des Loranthoïdées ont été indiqués dans
la Flore de Madagascar; sans préjuger de l’étude détaillée, en cours,
des pollens des espèces africaines, on peut déjà se rendre compte combien
est différente la structure de ceux des Loranthoïdées et des Viscoïdées,
au moins en Afrique; c’est ce qu’illustre la pl. 9; ceci s’accorde avec
l’opinion des embryologistes indoux qui ont indiqué les autres raisons
de séparer les 2 sous-familles (20).
Tandis que le genre Viscum est bien représenté à Madagascar (285 spé¬
cimens pour 29 espèces) et que Kovthalsella y est rare (33 spécimens pour
3 espèces), c’est le contraire dans les Archipels voisins (33 spécimens de
Korthalsella contre 13 de Viscum pour 1 espèce du premier genre et 3 du
second). Toutefois il faut signaler qu’une espèce orientale de Viscum
[V. articulalum) a été trouvée (une fois seulement) dans l’ile Maurice.
D’autre part, si Korlhalsella est, numériquement, relativement abondant
dans les archipels, il s’y est moins diversifié que dans la Grande Ile,
où il a donné naissance à 2 espèces endémiques, dans les Hautes Montagnes,
(cf. pl. 1).
1. Que le collecteur ne précise pas; son spécimen est dépourvu de fruits.
Source : MNHN, Paris
138
C. VISCUM L. ex Tourn.
Les espèces de ce genre que l’on rencontre à Madagascar ont été
présentées dans un travail préliminaire (4) que l’auteur avait craint de ne
pouvoir poursuivre; une étude détaillée du genre Viscum pour l’Afrique
s. 1. est actuellement en cours, tant au point de vue palynologique qu’ana¬
tomique; il ne sera donné ici que l’indication des changements qui ont
été apportés à la délimitation des espèces depuis 1960, consécutivement
à l’examen de quelques nouvelles récoltes et de certains duplicatas de
l’Herbier du Muséum non observés précédemment.
Espèce nouvelle pour l’afrique s. I. : V. articulatumBurin, f. s. I.
L’échantillon (Anonyme in Herb. P.) que van Tieghem avait
étiqueté « Aspidixia mauriliana (nomen) est composé de quelques frag¬
ments de rameaux aplatis, de 2 à 3 dcm de long, à entrenœuds de 0,3-
3,7 cm de long sur 1-4 de large et à peine 1 d’épaisseur, légèrement élargis
de bas en haut, à faces présentant 1 côte médiane peu saillante, accom¬
pagnée parfois de 2 autres moins accusées. Les cataphylles, comme les
préfeuilles, sont peu distinctes et seulement près des extrémités des
rameaux, ne dépassant pas 1 /3 mm de long. Les inflorescences axillaires
sont constituées de cymules uni-ou pluriflores, composées d’une ou de
plusieurs cupules bibractéales superposées-décussées, sessiles, d’environ
1 mm de long et à lobes arrondis; lorsqu’elles ne contiennent qu’une
fleur, celle-ci peut être mâle ou femelle; lorsque plusieurs cupules sont
superposées, la dernière est uniflore et les sous-jacentes bi- (uni-) flores;
les fleurs de ces cupules peuvent être ou non contenues dans une cupule
latérale.
Fleurs sessiles, les mâles à 4 tépales, de 3/4-1 mm de long; anthères
suborbiculaires à une douzaine (?) de logettes peu distinctes; fleurs
femelles inconnues à l’anthèse, à réceptacle subcylindrique-urcéolé
d’environ 3 /4 mm de long et disque bombé (tépales, style et stigmates
tombés). Faux-fruits subsphériques d’environ 3 mm de diamètre, lisses,
d’un brun-clair à sec, sessiles, à albumen suborbiculaire d’environ 3 mm
de diamètre sur environ 1 /2 d’épaisseur.
Espèces mieux connues:
Les fleurs mâles de trois espèces connues seulement jusqu’ici par le
sexe femelle ont été découvertes : ce sont V. Goursii 3. Balle, et V. myrio-
phlebium Bak. d’une part, et ceci permet de les situer avec certitude
dans le groupe des Uniflores (Lejeunia, tableau IV). Chez V. vohi-
mavoense S. Balle (cf. Flore de Madagascar, p. 90, fig. XI, 12-13) d’autre
part, tout en ayant le même aspect général, les rameaux des plantes femelles
sont subcylindriques ou 4-gonaux sur la plus grande partie de leur
longueur et portent des cymules uniflores et ceux des plantes mâles sont
Source : MNHN, Paris
— 139 —
presque entièrement aplatis avec des cymules 3-flores, ce qui situe cette
espèce dans le groupe des Uni-Pluriflores.
Extension de limites spécifiques :
Les sens de 3 espèces a été un peu élargi, du fait de l’introduction
d’espèces voisines comme synonymes de variétés :
V. cuneifolium Bak., l’espèce la plus répandue de File, montre
une amplitude de variations qui permet d’y inclure, comme variétés :
V. cryptophlebium Bak., V. demissum H. Lee., et V. lophiocladum Bak.
var. subcylindricum S. Balle.
Pollen de la var. lanceolalum. Grains isopolaires, longiaxes (P = 38 jx,
E = 32p), tricolporés; ectoapertures rétrécies à l’équateur; endoapertures
allongées suivant l’équateur. Exime très épaisse à
l’équateur (environ 2,5|x);ectexine mince et scabrc.
V. lophiocladum Bak., espèce qui diffère
de la précédente par ses rameaux aplatis, englobe
maintenant, à titre de variété, V. papillosum
H. Lee.
V. myriophlebium Bak., comme V. cunei-
jolium, montre une intense variabilité dans la
forme et les dimensions de ses feuilles, non seule¬
ment sur l’étendue de son aire, mais parfois sur un
même individu (cf. Humbert); c’est ce qui a
conduit à y inclure V. flabellilolium et lelraplerum.
Cas de V. triflorum DC :
Comme il a été montré dans un travail en
cours de publication (6), cette espèce a une dis¬
tribution remarquable, relativement à celles des
autres Loranthacées d’Afrique : on la trouve sur toute la partie orientale
du Continent, à San Tomé (?) et dans les Archipels avoisinant Madagas¬
car, mais il ne semble pas qu’elle existe dans la Grande Ile, où elle aurait
été remplacée par d’autres très voisines; elle est caractérisée par des
inflorescences essentiellement 3-flores et unisexuées mêlées, mais à celles-
ci s’ajoutent, deci-delà quelque autre type (inflorescences à ± grand
nombre de fleurs, cymules contenant des fleurs des 2 sexes diversement
disposées); on trouve, en Afrique et à Madagascar, des plantes dont
l’aspect ressemble à celui de V. triflorum et où c’est un autre type d’inflo¬
rescences qui est devenu prédominant ou exclusif. A Madagascar on peut
considérer V. cuneifolium comme un V. triflorum dioïque, V. radula
comme un V. triflorum ou les fruits demeurent verruqueux et où parfois
les rameaux s’aplatissent davantage et V. Isiafajavonense comme un
collatéral de V. triflorum où les cymules 3 flores mésandres sont les plus
nombreuses.
Source : MNHN, Paris
— 140 —
D. - KORTHALSELLA van Tiegh.
Ce genre, étudié en détail par Danser il y a une vingtaine d’année (10)
a été décrit et figuré dans la Flore de Madagascar (p. 108, fig. XIV,
16-19) ; ne sera indiquée ici que sa distribution dans les Archipels voisins,
où l’on a trouvé une variété de plus de K. opuntia qu’à Madagascar.
1. K. opuntia (Thunb.) Merr. var. Bojeri (van Tiegh.) Dans. (10).
Syn. : Bifaria Bojeri van Tiegh., Bull. Soc. Bot. Fr. 43 : 17 (1895).
Type : Bojer sans numéro (holotype de B. Bojeri, K); Ile Maurice.
forêts obscures, sur Anlidesma madagascariensis.
Cette variété, la plus proche selon Danser de la variété typique, est
endémique aux Mascareignes et caractérisée par sa taille plus petite, sa
moindre ramification, son moins grand nombre d’entrenœuds qui sont
plus cylindriques, plus épais et coriaces, sans ou avec 1-3 (5) nervures peu
saillantes.
Distribution : Mascareignes : Maurice : Mt Pouce, sur Anlidesma
madagascariensis et Nuxia sp. (Boivin sans numéro, Commerson sans
numéro et Vesco sans numéro en 1849 in Herb. P) (Bowles sans
numéro et Carmichæl sans numéro in Herb. K); Rodriguez : sur Fernelia
sp. (Balfour sans numéro et Duncan sans numéro in herb. K) (Jauffret
sans numéro in herb. I Maurice).
2. K. opuntia var. Gaudichaudii (van Tiegh.) Dans, (ibid.).
Type : Gaudichaud s. numéro en 1837 (holotype P) ; I. de la Réunion.
Caractéristiques et bibliographie : cf. Flore de Madagascar p.
Distribution : Mascareignes : Maurice : Mt Pouce, avec la var.
Bojeri, sur les mêmes hôtes et sur Eugenia colini/olia Bijoux sans numéro
et Boivin sans numéro in herb. P); Rodriguez : sur Fernelia buxijolia
(Balfour sans numéro in herb. P); Réunion : sur Jossia sp., Jossinia
buxijolia, Prockia sp., et Xanlhophyllum sp. (Commerson sans numéro;
Frappier 335; de I’Isle sans numéro; Moricand sans numéro; Richard
497 et 779 in herb. P). — Seychelles, Madagascar, Comores et
Ethiopie.
K. opuntia var. Richardii (van Tiegh.) Dans. (ibid.).
Type : Richard 218 (holotype de B. Richardii in herb. K).
Caractéristiques et bibliographie : cf. Flore de Madagascar, p. 114.
Distribution : Mascareignes : Maurice : Bois Maigre, sur Nuxia
verlicillala (Bory sans numéro in herb. P; Ph. Ayres sans numéro in
herb K; Vaughan 1350 et Dep. Agric. sans numéro in herb. I. Maurice);
Réunion : Bois à Salasis, Hauts du Buton, forêts de montagnes, Hellbour
vers 1300 m d’alt. sur Nuxia verlicillala et Prockia ( Armance sans numéro,
Boivin 1286, Commerson sans numéro, Delessert sans numéro, Richard
sans numéro et Vieillard sans numéro in herb. P; Boivin sans numéro;
Bojer sans numéro et Carmichael sans numéro in herb. K); Lam et Meeuse
5216 (herb. P et K); Rodriguez : sur Fernelia sp. (Duncan 94 in herb. K)
— ?Seychelles, sur Sideroxylon sp. (Home 574 in herb. K) — Mada¬
gascar.
Source : MNHN, Paris
— 141
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(23) Metcalfe C. R. and Chalk I.. — Anatomy of the Dicotylédones. — II. Loran-
Ihaceae (1950).
(24) Soyer-Poskin D. et Schmitz A. — Lejeunia, nouv. sér., 7 (1962).
(25) Singh B. Agra Univ. Journ. Res. 3, 1 (1954).
(26) Sprague in Thyselton-Dyer. — The Flora of Tropical Africa VI, I (1910).
(27) Thoday D. — Proc. Roy. Soc. Biol. 145, 146, 147, 149, 152 et 157 (1956-63).
(28) Van Campo M. et S. Balle. — Palynologie Africaine (à paraître).
(29) Van Tieghem P. — Bull. Soc. Bot. Fr. 42 (1895).
(30) Wight R. - le. Plant. Ind. orient. III, pl. 1181 (1843-46).
Source : MNHN, Paris
NOTES SUR QUELQUES ROSACÉES ASIATIQUES (I)
(PARINARI, PRUNUS)
par
J. E. Vidal
(Laboratoire de Phanérogamie, Paris)
Au cours de la révision de la famille des Rosacées pour la Flore du
Cambodge, du Laos et du Vietnam, j’ai été amené à établir quelques
nouvelles combinaisons, des synonymies nouvelles ou des taxa nouveaux.
J’expose ici les premiers résultats de ces recherches dans le but
de leur assurer une diffusion rapide, le travail de révision complète de la
famille devant encore demander un assez long délai.
J’adresse mes vifs remerciements aux conservateurs des herbiers
de Kew, du British Muséum, d’Edimbourg et de Leiden qui m’ont aima¬
blement communiqué spécimens ou phototypes.
1. Parinari anamensis (Hance) J. E.^Vidal, comb. nov.
Parinarium anamense Hance, Joum. Bot. 15 : 333 (1877); Cardot, Fl. Gén. Indoch.
2 : 615. fig. 57 (1920); Craib., Fl. Siam. Enum. 1 (4) : 563 (1931).
Syn. nov. : Parinarium albidum Craib, Kew Bull. 1912 : 152 (1912); Cardot,
Fl. Gén. Indoch. 2 : 616 (1920). — Type : Kerr. 604, Doi Sootep, 300 m, Chieng Mai,
N. Thaïlande.
Remarques. — Certains auteurs considérant les deux noms Parinari
Aublet (1775) et Parinarium Juss. (1789) comme une simple variante
orthographique, ne voient pas la nécessité de créer de nouvelles combi¬
naisons quand on reprend dans les binômes spécifiques le nom générique
prioritaire Parinari. Il me semble plus logique de le faire, les deux noms
génériques pouvant en fait être attribués à des auteurs différents et les
noms spécifiques devant de toute façon être modifiés par raison d’accord
grammatical.
2. Prunus cerasoides D. Don
Don, Fl. Népal. : 239 (1825); Koehne in Sargent, PI. Wils. 1 : 254 (1912).
Syn. nov. : Prunus campanulata Maxim., Bull. Ac. Sc. St Pétersb. 29 : 103 (1883)
et Mél. biol. 11 : 698 (1883); Cardot, Fl. Gén. Indoch. 2 : 627 (1920); Chevalier, Rev.
Bot. appl. 22 : 371 (1942). — Type : De Grÿs in Herb. Hance 7046, Fokien, Chine.
Prunus Ilosseusii Diels in Fedde. Repert. nov. Spec. 4 : 289 (1907); Koehne in
Sargent, PI. Wils. 1 : 253 (1912); Craib, Fl. Siam. Enum. 1 (4) : 565 (1931). — Type :
Hosseus 260, Doi Sutep, 1600 m, N. Thaïlande (P).
Prunus cerasoides Don var. campanulata Koidzumi, Journ. Coll. Sc. Tokyo 34
(2) : 264 (1913).
Source : MNHN, Paris
— 143 —
Remarques. — Les deux espèces P. campanulala Maxim, et
P. Hosseusii Diels peuvent être considérées comme conspécifiques de
P. cerasoides Don. La première s’en distinguerait seulement par le pétiole
non glanduleux, les sépales obtus et les pétales suborbiculaires. La
deuxième serait intermédiaire entre P. cerasoides et P. campanulala
avec le pétiole glanduleux, les sépales obtus et les pétales elliptiques.
Ces différences pouvant être considérées comme de simples variations
ne justifient pas, à mon avis, la séparation de trois taxa distincts de rang
spécifique.
3. Prunus cochinchinensis (Lour.) Koehne
Koeline, Bot. Jahrb. 52 : 300 (1915); Merrill, Trans. Amer. Phil. Soc. n. ser. 24 :
183 (1935); Chevalier, Rev. Bot. appl. 22 : 369 (1942); Vidal, Not. syst. 14 : 49 (1950).
Amygdalus cochinchinensis Lour., Fl. Coch. : 316 (1790).
Remarque. — En l’absence du type non retrouvé la description
trop sommaire de cette espèce par Loureiro ne permet pas de l’identifier
avec l’une des espèces indochinoises connues. J’ai émis autrefois l’hypo¬
thèse (Vidal, 1950) qu’elle pourrait être un Elaeocarpus , certaines espèces
de ce genre ayant aussi un noyau alvéolé. Cependant la description de
la graine « ayant la forme et l’odeur de celle de l’amandier » semble indi¬
quer qu’il s’agit bien d’un Prunus. Dans ce cas, les feuilles entières et
le fruit ovoïde pourraient indiquer soit P. Wallichii Steud., soit P. java-
nica Miq., soit encore une variété de P. Fordiana. Quoi qu’il en soit, le
spécimen Poilane 23 397 rapporté par Chevalier (1. c.) à P. cochinchi¬
nensis est bien un Elaeocarpus (noyau cérébriforme à 3 sillons).
D’autre part le spécimen Chanel-Serre 716, récolté à Men Leou
Keou (Chine) et distribué sous le nom Amygdalus cochinchinensis Lour.
doit être rapporté à Prunus tomentosa Thunb.
4. Prunus Fordiana Dunn var. Fordiana
Dunn, Journ. Bot. 45 : 402 (1907); Koehne, Bot. Jahrb. 52 : 301 (1915).
Syn. nov. : Prunus mullipunclala Card., Fl. Gén. Indoch. 2 : 626 (1920); Not.
syst. 2 : 20 (1920). — Type : Bon 4213, S. O. Tonkin (P).
Prunus phaeoslicla Maxim, var. ancylocarpa Vidal, Not. syst. 13 : 293 (1948).
— Type : Poilane 23266, Bokor, Cambodge (P).
Remarques. — 1. Les spécimens décrits par Cardot sous le nom
de P. mullipunclala ne se différencient pas fondamentalement de P. For¬
diana; tout au plus pourrait-on les considérer comme une forme à ponc¬
tuations remarquables sur la face supérieure des feuilles, celles-ci étant,
en outre, moins coriaces et pouvant atteindre 10-12 cm de long.
2. Les variétés précédemment décrites sous les noms de P. phaeos¬
licla var. ancylocarpa et var. dimorphophylla (cf. § 5) se placent mieux
dans le groupe de P. Fordiana en raison de leur fruit ovoïde, celui de
P. phaeosticla étant sphérique.
5. Prunus Fordiana Dunn var. Balansae (Koehne) J. E. Vidal,
stat nov.
Source : MNHN, Paris
144 —
P. Balansae Koehne, Bot. Jahrb. 52 : 301 (1915); Cardot, Fl. Gén. Indoch. 2 :
625 (1920). — Type : Balansa 3391, prov. Sontay, N. Vietnam (P).
Syn. nov. : P. phaeoslicla Maxim, var. promerocarpa Card., Fl. Gén. Indoch. 2 :
625 (1920); Not. syst. 4 : 20 (1920). - Syntypes : Bon 3285, 3319, 3367, 4070, S. O.
Tonkin (P).
P. phaeoslicla (non Maxim.) auct. Merr., Trans. Amer. Philos. Soc. n. scr. 24 :
133 (1935).
P. Balansae Maxim, var. ilici/olia Vidal, Not. syst. 13 : 294 (1948). — Type :
Chevalier 40212, An Lông, prov. Quang Tri, C. Vietnam (P).
P. phaeoslicla Maxim, var. dimorphophylla Vidal, Not. syst. 13 : 293 (1948). —
Type : Poilane 7110, Bana, C. Vietnam (P).
Remarques. — Il est préférable de rattacher les diverses formes
de P. Balansae à P. Fordiana (nom plus ancien), des formes intermédiaires
reliant les deux groupes. La variabilité porte principalement sur les
feuilles (entières, dentées ou même épineuses à l’état jeune) et le nombre
d’étamines (20-40).
La variété est assez bien caractérisée par la taille des feuilles (dépas¬
sant 10 cm en général), la présence d’un acumen bien marqué et la situa¬
tion extra-marginale des glandes subbasales.
6. Prunus Fordiana Dunn var. racemopilosa J. E. Vidal, var nov.
Arbuscula 2,5 m alta. Lamina 12-14 cm longa, 2,5-3,5 cm lata, integra
vel ± serrata, glandulis 2, basalibus, excavatis, circularibus, extramargina-
libus. Petiolus 5 mm longus. Inflorescentiae raccmosae, axillares, dense
pubescentes, 2 cm longae, squamis ac bracteis ciliatis, anthesis tempore
persistentibus, munitae.
Arbuste de 2,5 m de haut.
Feuilles â limbe ayant 12-14 X 2,5-3,5 cm, entier ou ;£ denté;
glandes basales 2, circulaires, excavées, extra-marginales. Pétiole long
de 5 mm.
Inflorescences en grappes axillaires, densément pubescentes, lon¬
gues de 2 cm, pourvues à la base et au niveau des fleurs de bractées ciliées,
persistantes au moment de la floraison.
Type : Vietnam (Nord), prov. Mon Cay, env. Ha Coi, W. T. Tsang
27163 (P).
Distr. — Vietnam (Nord).
Écol. — Fourrés littoraux sur sables. Fleurs en novembre.
Remarques. — Les affinités de ce taxon sont groupées dans le
tableau ci-contre.
On y voit que cette variété diffère de var. Balansae par l'inflo¬
rescence velue, le limbe plus étroit et le pétiole plus court; de P. Jenkinsii
Hook. f., par la présence de ponctuations à la face inférieure du limbe;
enfin, de P. spinulosa Sieb. & Zucc. var. pubiflora Koehne (= P. lim-
bata Card.) par la présence de ponctuations, la situation extra-marginale
des glandes foliaires et le pétiole 2 fois plus court.
En l’absence de fruit, la présence de courtes soies à la base interne
du calice est un caractère qui permet de maintenir ce taxon dans le
groupe de P. Fordiana, mais il pourrait aussi être considéré comme une
Source : MNHN, Paris
— 145 —
P. Fordiana
v. Balansae
P. Fordiana
v. racemopilosa
P. spinulosa
v. pubiflora
largeur.
ponctuations
glandes.
4-5 cm
+
subbasales
elliptiques
extra-margin.
2,5-3,5 cm
+
basales
circulaires
extra-margin.
3 o cm
basales
circulaires
extra-margin.
3,5-4 cm
0
subbasales
elliptiques
marginales
Pétiole.
8-10 mm
5 mm
5-8 mm
10 mm
Inflorescence.
glabre
velue
velue
velu.
variété non ponctuée de P. Jenkinsii, si le fruit avait un noyau réticulé à
parois épaisses et dures.
7. Prunus javanica (Teysm. et Binn.) Miq.
Miquel, Fl. Ind. Bat. 1 (1) : 365 et 1085 (1855); Koord., Meded. Lands Plantent
19 : 448 (1898); Koord. & Val., Ic. Bogor. 2 : 169, t. 140 (1904); Koehne, Bot. Jahrb.
52 : 297 (1915); Hallier, Beih. Bot. Centralbl. 34 (2) : 23 (1917); Backer, Fl. Jav. 1 :
521 (1963).
Basohyme: Cerasus javanicaTeysm. et Binn., Nat. Tijdschr. Ned. Ind.2 : 309(1851).
Syn. nov. : Prunus martabanica Wall, ex Kurz, For. Fl. Brit. Burma 1 : 434
(1877); Hook. f,, Fl. Brit. Ind. 2 : 316 (1878); King, Mater. Fl. Mal. Penins. 9 : 28
(1905). —- Type <Cerasus martabanica Wall., nom. nud J : Valtich 4902, Moulmein
(K).
Prunus martabanica var. scorlechinii King, Journ. As. Soc. Beng. 66 (2) : 285
(1898). — Syntypcs : Scorlechini 1782, King's Coll. 5638, Perak.
Prunus Forbesii Koehne, Bot. Jahrb. 52 : 297 (1915). — Type : Forbes 2728
Sumatra (L).
Prunus nilida Koehne, Bot. Jahrb. 52 : 298 (1915); Cardot, Fl. Gén. Indoch. 2
622 (1920); nom. illeg. : non Salisb. Prodr. ; 356 (1796). — Type (Pygeum nilidum
Pierre ex Lanessan, nom. nud.) : Pierre 1717 { 1719 in calai, manusc.), mars 1878
prov. Ba Ria, S. Vietnam (P).
Prunus nilens Craib, Fl. Siam. Enumer. 1 (4) : 565. (1931). — Type :cf. P. nilida,
Laurocerasus martabanica Schneid., 111. Handb. I.aubh. 1 : 648 (1906). — Type
cf. P. martabanica.
8. Prunus macrophylla Sieb. et Zucc. var. adenopoda (Koord.
et Val.). J. E. Vidal, stat. nov.
Syn. nov. : Prunus adenopoda Koord. & Val., Bull. Inst. Bot. Buit. 2:10 (1899);
le. Bogor. 2 : 167. T. 139 (1904); Koord-, Exkurs. - Fl. Java 2 : 337. 1912; Koehne,
Bot. Jahrb. 52 : 302 (1915). — Type : Koorders 6419 B, Java (L).
Prunus macrophylla var. crassistyla Cardot, Fl. Gén. Indoch. 2 : 624 (1920);
Not. syst. 4 : 23 (1920). — Type : Bon 3814, S. O. Tonkin (P).
Remarques. — L’espèce P. adenopoda ne peut être maintenue
distincte du seul fait d’avoir des feuilles entières, car certains spécimens
présentent sur le même rameau des feuilles entières et des feuilles dentées.
D’autre part, l’assimilation à P. javanica, faite par certains auteurs,
10
Source : MNHN, Paris
— 146 —
ne nous paraît pas justifiée : la variété adenopoda en diffère par les
feuilles à bordure épaissie, sans ponctuations, à pétiole pourvu de glandes
saillantes, par les étamines moins nombreuses (20 au lieu de 25-40)
et par le style plus court que les étamines.
9. Prunus salicina Lindl.
Lindley, Trans. Hort. Soc. 7 : 239 (1830); Maxim., Mél. biol. 11 : 690 (1883):
Koehne in Sargenl, PI. Wils. 1 (3) : 580 (1913).
Syn. nov. : Prunus Ihibelica Franch., Nouv. Arch. Mus. Paris, sér. 2, 8 : 215
(1885) et PI. David. 2 : 33 (1885); Koehne in Sargent, PI. Wils. 1 (2) : 280 (1912).
Type : David, avril 1869, Thibet oriental (P).
Remarques. — L’espèce P. Ihibelica représentée par le seul spé¬
cimen type ne diffère de P. salicina que par les pétales plus courts (3-4 mm
au lieu de 5-10), caractère insuffisant pour lui attribuer un rang spéci¬
fique distinct.
10. Prunus spinulosa Sieb. et Zucc. var. spinulosa
Siebold & Zuccarini, Abh. Acad. Miinch.4(2) : 122(1843); Fl. Jap. Fam. Nat. 1 :
14; Koehne, Bot. Jahrb. 52 : 300 (1915); Koidzumi, Journ. Coll. Sc. Tokyo 34 (2) :
290 (1913).
Les spécimens suivants distribués par l’Arnold Arboretum sous le
nom Prunus microbolrys Koehne (synonyme de P. Wallichii Steud.'
doivent être rapportés à Prunus spinulosa (subg. Padus, sect. Lauro-
cerasus , subsect. Sclerocraspedon) : Kweichow, Fan Ching Shan. Steward.
Chiao el Chièo 375 (6 sept. 1931), 751 (25 oct. 1931), 766 (20 oet. 1931).
11. Prunus spinulosa Sieb. et Zucc. var. pubiflora Koehne
Koehne, Bot. Jahrb 52 : 300 (1915).
Syn. nov. : Prunus limbala Cardot, Nol. syst. 4 : 21 (1920). - Type : Henry 1322S,
Yuanchang, 1600 m, Yiinnan (E).
Les deux noms s’appliquent au même spécimen type. Rien ne s’oppo¬
sant à lui conserver le statut de variété, c’est donc le nom de Koehne
prioritaire qui doit être retenu.
12. Prunus Wallichii Steud.
Steudel, Nomencl. bot. ed. 2,2 : 404 (1841); Merrill, Contr. Am. Arb. 8 : 72 (1931).
Syn. nov. : Prunus microbotrys Koehne in Sargent, Pi. Wils. 1 : 62 (1911); Bot.
Jahrb. 52 : 296 (1915). - Type -. Wilson 2847, Ya Chou Fu, 1300 m, W. Setchouen.
Prunus acuminala t. microbolrys Koehne, Bot. Jahrh. 52 : 296 (1915). — Type :
cf. P. microbolrys.
Remarques. — Koehne (1. c.) avait déjà considéré P. microbolrys
comme synonyme de P. acuminala f. microbolrys. Le nom P. acuminala
Dietr. (1843) devant être abandonné comme illégitime à cause de l’exis¬
tence antérieure de P. acuminala Michaux (1803) et devant être rem¬
placé par P. Wallichii Steud., il en résulte que P. microbolrys devient
synonyme de P. Wallichii.
Source : MNHN, Paris
147 —
13. Spécimens dont la détermination est a changer ov a
COMPLÉTER
Chanel-Serre 716, Men Leou Keou, Chine (G) : Prunus lornenlosa Thunb.
Griffith 1932, 1934, 1935, 1936, 1937, Bhutan (G) : P. cerasoides Don.
1940, Bhutan (G) : P. persica (L.) Batsch.
Ko 50 362, Lung Tou Shan, Kwangtung (SYS, G) : non P. phaeoslicla Maxim,
sed Fagaceae.
Lobb 57, 328, Java (G) : P. javanica Miq.
Maire, juin 1913, Long Ky, Yunnan (G) : P. Bal/ourii Card.
Schneider 313, 4048 Yunnanfou, Yunnan (G) : P. armeniaca L.
— 2850, 3040, Yunnan (G) : P. venosa Koehne.
Steward, Chiao et Chieo, 375, 751, 766, Kweichow (P) : P. spinulosa Sieb. & Zucc.
var. spinulosa.
Steward et Chieo 186, Kwangsi (G) : P. cerasoides D. Don.
Tsang 22 721, Kwangsi (G) : P. macrophgtla Sieb. & Zucc.
Zotlinger 959, 3781 Java (G) : P. javanica Miq.
N. B. Les combinaisons ou taxa nouveaux sont en caractères gras; les synonymes,
en italique.
§§
Amygdalus cochinchinensis . 3
Cerasus javanica . 7
Cerasus maria ban ica (syn. nov.). ... 7
l.aurocerasus
marlabanica (syn. nov.). 7
Parinari anamenais (comb. nov.). 1
Parinarium
albidum (syn. nov.). 1
anamense (syn. nov.). 1
l’runus
acuminata Midi. 12
acuminata Dietr. 12
■ - f. microbolrys (syn. nov.).. 12
adenopoda (syn. nov.). 8
armeniaca . 13
Balansae (syn. nov.). 5
— v. ilicijolia (syn. nov.).... 5
Balfourii . i3
campanutala (syn. nov.). 2
cerasoides . 2, 13
•— v. campanutala (syn. nov.). 2
cochinchinensis . 3
Forbesii (syn. nov.). 7
Fordiana
— v. Balansae (si. nov.).. 5,6
— v. Fordiana. 4
— v. racemopilosa (var.
nov.) . 6
Ilosseusii (syn. nov.).
javanica. 7,
Jenkinsii.
limbata (syn. nov.). 6,
macrophylla
— v. adenopoda (st. nov.).
v. crassistyla (syn. nov.)...
— v. macrophylla.
marlabanica (syn. nov.).
microbolrys (syn. nov.). 10,
mullipunclala (syn. nov.).
nitens (syn. nov.).
nitida (syn. nov.).
persica .
phaeoslicla auct. 5,
- v. ancylocarpa (syn. nov.).
v. dimorphophylla (syn. nov,).
v. promerocarpa (syn. nov.)
8
13
7
12
7
7
13
13
4
5
salicina . 9
spinulosa
- v. spinulosa. 10, 13
v. pubiflora. 6, 11
Ihibelica (syn. nov.). 9
tomentosa . 13
venosa . 13
Wallichii. 12
Pygeum nitidum . 7
Source : MNHN, Paris
NOTES GYPEROLOGIQUES
II. DEUX NOUVEAUX SCLER1A OUEST-AFRICAINS
par J. Raynal
La révision des Scleria africains (Cyperaceae) des herbiers du Muséum
d’Histoire Naturelle de Paris et de l’Institut Français d'Afrique Noire
de Dakar nous a fourni deux espèces nouvelles, l’une du Sénégal, l’autre
de Guinée, chacune d’elles représentée par une seule récolte, composée
cependant de matériel en bon état et relativement abondant. Il s’agit
d’espèces bien différenciées, se distinguant immédiatement des Scleria
africains allines déjà connus.
Ni la bibliographie ni l’examen des collections américaines et asia¬
tiques du Muséum n’ont permis d’identifier ce matériel.
Ces deux récoltes n’étant pas récentes (1929 et 1943) et provenant
de régions d’accès facile et bien prospectées, il s’agit vraisemblablement
d'espèces très localisées; il est possible, malheureusement, que l’une
d’elles soit déjà disparue.
Scleria guineensis J. Raynal, sp. nov. (t. 1).
Herba annua, gracilis, glaberrima, 25-35 cm alta. Radix fibrosa fibrillis
tenuibus atrorubris. Caules 1-3, erecti, foliati, obscure trigoni, laeves, tenuissimi
(0,4 mm lati). Folia setacea, 10-20 cm longa, 1 mm lata, vaginis purpuras-
centibus trigonis laevibus, ore truncatis. Inflorescentia bis divisa, perlaxa,
paniculata, 5-10 cm longa, 3-5 cm lata, ramis filiformibus atrorubris apice
incrassatis, primariis usque ad 6 cm longis, secundariis 10-15 mm longis
spiculas 1-2 terminales gerentibus. Aliquot spiculae singulae in axillis ramo-
rum asdunt. Spicula androgyna vel mascula 5 mm longa, atropurpurea,
prophylla infima minuta, anguste lanceolata, glumis 2 infimis vacuis distichis,
tertia foeminea lanceolata, acuta, 3-4 mm longa, carina viride; ceterae
glumae (circa 10) masculae, quarum 2 inferiores subdistichae, glumae foemi-
ncac similes sed longiores (usque ad 5 mm), ceterae pallidiores, minores,
obtusac, plus minusve spiraliter dispositae. Stamina 2, antherae lineares,
2, 5 mm longae, connectivum apice breviter barbatum. Achaenium oblongo-
ellipticum, subteres, 1,8 mm longum, per longitudinem tenuiter striatum
lineis elevatis numerosis, apice styli basi atrobrunnea subcrassa mucro-
natum. Pericarpium nitidum, pallidum vel griseum, fragile. Stylus longe
persistens, brunneus, papillosus; basis styli brevis, crassa; stigmata 3 longa.
Hypogynium triangulare, cum basi achaenii confusura, rufum, margine
sinuatum. Semen luteum, trigonum.
Source : MNHN, Paris
— 149 —
Source : MNHN, Paris
— 150 —
Ex affinitate S. poaeoidis Ridley et S. glabrae Bock., sed bene distincta
praecipue achaenii characteribus.
In arenosis humidis prope Friguiagbé (République de Guinée), 13. 9.1943,
Boismare 367 in herb. Chillou 3905 (holotypus, hcrb. I. F. A. N., Dakar;
isotypi, P, K).
Cette élégante espèce présente quelques traits remarquables : quoi¬
que certainement afline des S. poaeoides et S. glabra, elle possède un
akène totalement distinct de ceux que montrent ces dernières, et qui.
curieusement, s’apparente plutôt, par sa forme et son ornementation,
à celui de S. a/ricana Benth. (= Diplacrum africanum (Benth.) C. B. Cl.),
plante par ailleurs très différente. Cette striation longitudinale de l’akène,
sans trace d’ornementation transversale, a même figuré parmi les carac¬
tères invoqués pour maintenir le genre Diplacrum (voir à ce sujet Kern
(7). On a ici un fait de plus contre cette distinction.
Le style de S. guineensis a un aspect très particulier, dû à sa base
courte et trapue et ses longs stigmates épais, l’ensemble étant chargé
de nombreuses papilles. La longue persistance du style sur l’akène déve¬
loppé est également une anomalie pour le genre.
Nous sommes sûrs que les akènes décrits sont, sinon mûrs, du moins
identiques à des akènes mûrs; en effet, l’un des exemplaires étudiés
portait encore, parmi ses racines, le fruit d’où il était issu, en tous points
semblable à ceux portés par les inflorescences : même ornementation,
même fragilité du péricarpe rigide mais très mince ; cette fragilité contraste
avec la dureté habituelle des akènes de Scleria ; est-ce une transition
vers les péricarpes membraneux des Afrolrilepis, Coleochloa, Microdra-
coides?
A eux seuls, les caractères très particuliers de la fleur femelle per¬
mettent d’alfirmer que l’on est en présence d'une espèce bien différen¬
ciée. S'agit-il d'une microendémique? Ce n’est pas impossible dans cette
région où les grès supportent une flore très intéressante, dont le rare
Microdracoides squamosus Hua n’est pas le moindre ornement.
Scleria Chevalieri J. Raynal, sp. nov. (t. 2).
Herba glabra, ut videtur perennans (basis incognita). Caulis robustus,
90 cm excedens, acute triqueter, 5-7 mm latus, angulis retrorsum scaber et
bractearum vaginis decurrentibus anguste trialatus. Folia inferioria desunt.
Bractea intima inflorescentiae foliacea, 30-35 cm longa, 2 cm lata, trinervis,
marginibus carinaque antrorsum scabra, vagina trigona ampla anguste
trialata, ore in ligulam triangularem obtusam margine pallide coriaceam
producta. Bracteae superiores simillimae sed minores, ultima anguste linearis,
7 cm longa. Inflorescentia 60-75 cm longa, e 3-4 paniculis partialibus cons-
tituta, ultima terminalis 15-20 cm longa, ceterae axillares paulo minores.
Paniculae partiales e racemis rigidiusculis suberectis 1-12 cm longis et rha-
chide scaberrima compositae. Spiculae axillares, 4-nim pseudo-fasciculatae,
spiculae 2 superiores fertiles subsessiles, 2 inferiores masculae, conspicue
pedicellatae. Spicula fœminea 11 mm longa, glumis distichis, infima vacua
Source : MNHN, Paris
- Scleria Cheualieri J. Raynal; A, tige florifère, moitié supérieure (seule connue) X 1 3:
pseudo-fascicule d’épillets, montrant un épillet mâle et un épillet fertile, x 5; C, akène
de dessous et de profil, X 5; D, diagramme d’un épillet femelle.
Source : MNHN, Paris
— 152 —
6 mm longa, secunda fertilis 8 mm longa, tertia vacua 10 mm longa, ultima
occulta minutissima vacua. Glumae 3 inferiores carinatae, late lanceolatae,
acuminatae, rufescentes. Spicula mascula 5-6 mm longa, pedicello brevior,
glumis numerosis, basi subdistichis, supra spiraliter dispositis. Stamina 3,
antherae lineares 2,5 mm longae, connectivum longe productum supra
antheras in acumen glabrum brunneum 0,5 mm longum. Achaenium glo-
bosum, 4 mm in diametro, 5 mm longum cum basi; corpus achaenii nitidum,
laeve, brunneo-griseum, apice minutissime mucronatum; basis achaenii
triangularis, pyramidata, hypogynio brunneo cincta. Hypogynium angus-
tum, refractum, margine integerrima, 0,6 mm lata.
S. lacustris Wright admis, praecipue differt spiculis multo majoribus,
fertilibus foemineis nec androgynis, pallidioribus, spiculis masculis longiore
pedicellatis, achaenio duplo majore globoso nec ovoideo, hypogynio latiore
et magis evoluto.
In paludibus Promontorii Viridis (Niayes, route de Dakar à Rufisque,
Sénégal), 17. 11. 1929, Chevalier 33902 (holotypus, P. isotypus, K).
Il est étonnant que cette espèce remarquable soit longtemps demeu¬
rée ignorée; le classement erroné de la totalité du matériel sous le nom
de S. racemosa Poir. dans la collection Chevalier, est sans doute la raison
de cet oubli. Il n’est pas moins étrange qu’aucun autre échantillon de
cette espèce n’ait été récolté depuis dans les Niayes, pourtant très pros¬
pectées par les botanistes dakarois. On doit craindre que cette carence
n’indique une disparition de la plante à la suite de la récente mise en
culture intensive de presque toutes les Niayes, désastre réel pour leur
riche végétation relictuelle. Nous espérons que des récoltes ultérieures
infirmeront cette hypothèse.
Chevalier indique sur l’étiquette : « Grande Cypéracée formant
parfois des peuplements purs dans les grands marais des Niayes; route
de Dakar à Rufisque ». La localité imprécise ne permet pas d’orienter
les recherches, mais nous pensons que ce Scleria ne peut se rencontrer
que dans les Niayes les plus creuses, au centre desquelles l’inondation
est plus longue et s’accompagne d’un certain ensoleillement.
Chevalier a-t-il réellement vu cette Cypéracée en plusieurs points?
L’a-t-il confondue avec S. racemosa subsp. depressa (voir ci-dessous),
banale dans les Niayes, ou encore avec S. lacustris qui, bien qu'oubliée par
Berhaut (2), fait partie de la flore sénégalaise, et existe en particulier
dans le Cap Vert en quelques points ; Pitot et Adam (10) la signalent
à Kayar; les échantillons Pitot de l’herbier I. F. A. N. proviennent de
Malika; nous l’avons nous-même récoltée à Tiaroye et Sangalkam.
Malgré l'affinité nette entre S. Chevalieri et S. lacustris, des caractères
qualitatifs (et non seulement quantitatifs) les séparent : forme de l’akène
et du disque hypogyne, absence de fleur mâle dans l’épillet fertile. La
naissance de S. Chevalieri à partir de S. lacustris demeure hypothétique.
Si l’on se réfère à l’excellente révision des Scleria malais de Kern (7),
on trouve chez S. Junghuhniana Bock, un disque hypogyne identique
à celui de notre nouvelle espèce; mais forme et taille de l’akène, ainsi
Source : MNHN, Paris
— 153 —
que les autres caractères de cette espèce asiatique rare, dont nous n’avons
pas vu de spécimen, paraissent la rapprocher plutôt de S. lacuslris Wright.
Scleria racemosa Poiret subsp. depressa (C. B. Clarke) J. Raynal,
sial. nov.
— Scleria racemosa var. depressa C.B. Clarke in Thiselton-Dyer, Fl. Trop. Afr.
8 : 508 (1902).
= Scleria depressa (C.B. Clarke) Nelraes, Amer. Journ. Bot. 39 : 392 (1952).
L’espèce africaine S. racemosa Poiret est représentée par deux formes
très proches, ne différant guère que par la présence ou l’absence d’un
sillon circulaire sur l’akène, dont la forme est de ce fait plus ou moins
aplatie. Ce caractère net mais unique ne peut à notre avis servir à dis¬
tinguer deux bonnes espèces; mais la répartition des deux valeurs du
caractère envisagé dans des aires géographiques contigües mais dis¬
tinctes, dont la ligne de contact se situe au Cameroun, fait que ces deux
taxa correspondent parfaitement à la définition des sous-espèces géo¬
graphiques (géotypes).
En élevant la variété de Clarke au rang d’espèce, Nelmes (9) a
désigné un lectotype : Michelin s. n., Sénégal.
Avant sa publication valide, le taxon était déjà apparu dans la
bibliographie :
1. Boeckeler (3) décrivait en 1874 de façon très claire et complète
un Scleria racemosa Poir. var. (3, mais sans la nommer. Le seul échantillon
cité était : « Richard, pl. Senegamb. n° 368 (ex Reliqu. Lehmann.),
Senegambia. »
2. Clarke (4) en 1894 nommait sans description le S. racemosa
var. depressa, en citant Heudelol 368 (Senegambia) et Barler 921 (Nupe,
Nigeria).
3. Enfin, dans la publication valide, en 1902, Clarke (5) cite 6 échan¬
tillons, dont les deux précédents. Ces échantillons sont énumérés dans
l’ordre habituel de la Flora of Tropical Africa, géographique, d’Ouest en
Est, sans mention spéciale d’un type. Heudelol 368 se trouve ainsi en
tête de liste, suivi de l’échantillon Michelin, provenant également du
Sénégal. Clarke joint à sa description la citation de sa publication anté¬
rieure dans le Conspectus Florae Africae.
Si un lectotype n'était pas déjà désigné par Nelmes, il apparaît
évident que l’échantillon le plus susceptible d’être désigné comme tel
serait Heudelol 368, seul cité dans les trois publications (en effet, Richard
368, nous l’avons vérifié dans l’herbier du Muséum, ne peut être c\\ïHeu¬
delol 368 : notre herbier en contient deux parts, dont l’une provient de
l’herbier Richard, qui a dû transmettre à Lehmann l’échantillon vu par
Boeckeler).
L’étude complète du protologue montre qu’on doit tenir compte,
dans la désignation d’un lectotype, de la publication invalide de Clarke
dans le Conspectus, citée en référence et faisant donc partie intégrante
Source : MNHN, Paris
— 154 —
du protologue. Le lectotype, dans ce cas, doit être l’un des deux échan¬
tillons cités dans cette première publication, et le choix de Heudelol 368
est orienté par l’existence de la description ancienne de Boeckeler.
Cette position est fortement étayée par l’examen des échantillons
utilisés par Clarke dans l’herbier de Kew : 1° les étiquettes manuscrites
de Clarke mentionnent : « Scleria racemosa var. 0 depressa (Bock.) »;
2° Clarke n’a porté nulle part de mention « type de la variété », contraire¬
ment à son habitude, ceci prouvant qu’il considérait Boeckeler comme
l’auteur du taxon, donc l’échantillon Heudelol vu par ce dernier comme le
type.
Cet échantillon, collecté sur une plante en très bon état et doté d’une
étiquette soigneusement rédigée, mentionnant une localité précise (Ile
Mac Carthy, actuellement située en Gambie), correspond parfaitement à la
description de Clarke.
Il apparaît que Nelmes, qui ne donne aucune raison de son choix,
l’a fait au hasard, sans connaître ou tenir compte des références anté¬
rieures à la publication valide. Il semble même qu’il ait (peut-être pour
éviter de paraître choisir le premier des syntypes cités par Clarke) utilisé
le second... Cette hypothèse apparemment hasardeuse est pourtant étayée
par le fait qu’il a agi exactement de même, dans sa révision des Scleria
africains, pour les deux autres lectotypes qu’il a désignés (S. Yogelii
Clarke et S. Bequaerlii De Wild.).
L’échantillon Michelin, quoique très mauvais, correspond incon¬
testablement à la description du taxon. Mais ce choix injustifié entraîne
des conséquences regrettables : un taxon connu depuis longtemps, quoique
non valablement publié, d’après un bon échantillon de référence (Heu¬
delol 368), se trouve désormais typifié par un spécimen très défectueux,
cité pour la première fois seulement vingt-huit ans après la première
apparition du taxon dans la bibliographie.
De plus, si le lectotype de Nelmes est maintenu, il sera peut-être,
du fait de son très mauvais état, impossible d’étudier d’éventuels carac¬
tères différentiels encore inconnus : en particulier, les feuilles de l’échan¬
tillon Michelin, cassées et déchirées, ne peuvent se prêter à une étude
approfondie.
Ces différentes raisons nous obligent, bien que Nelmes n’ait pas fait
d’erreur systématique, mais seulement un « choix » malheureux, à propo¬
ser l’échantillon Heudelol 368 comme lectotype de notre sous-espèce.
Nous n’insisterons pas sur la répartition géographique des deux sous-
espèces de S. racemosa Poir., déjà bien définie par Nelmes. La sous-
espèce depressa se rencontre du Cap Vert au Cameroun ; sa mention par
Adam (1) en Mauritanie nous paraît très suspecte. Les rares échantillons
présentant un akène peu nettement sillonné, donc difficiles à classer, pro¬
viennent du Cameroun, ce qui ne saurait étonner, ce territoire chevauchant
la limite des deux taxa, entre lesquels des croisements sont probable¬
ment possibles.
Source : MNHN, Paris
— 155 —
Ouvrages consultés
• ■ Adam (J. G.). — Itinéraires botaniques en Afrique Occidentale. — Flore et végé¬
tation d’hiver de la Mauritanie Occidentale, Journ. Agr. Trop, et Bot.
Appl. 9 (1962).
2. Berhaut (J.). — Flore du Sénégal, Dakar 1954.
3. Boeckeler (O.). — Die Cyperaccen des KOniglichen Herbariums zu Berlin,
Linnaea 38 : 411-544 (1874).
4. Clarke (C. B.). - Cyperaceae, in Durand et Schinz, Consp. Flor. Afr. 5 : 526-692
(1893-94).
5. Clarke (C. B.). Cyperaceae, in Thiselton-Dyer, Flora of Trop. Afr. 8 : 266-524
(1901-02).
6. Core (E. L.). — The American Species of Scleria Brittonia 2, 1 : 1-105 (1936).
7. Kern (J. H.). - - Florae Malesianae Precursores, XXX : The genus Scleria in
Malaysia, Blumeall, 1 : 140-218(1961).
8. Nelmes (E.). — Notes on Cyperaceae, XXXVIII : Scleria Berg., Sect. Hypoporum
(Nees) Endl. in Africa, Kew Bull. 10 : 415-453 (1955).
9. Nelmes (E.). — Notes on Cyperaceae, XXXIX : African species of Scleria exclu-
ding Sect. Hypoporum, Kew Bull. 11 : 73-111 (1956).
10. Pitot (A.) et Adam (J. G.). — Excursion V 3 Sénégal du 7« Congrès International
de Botanique de Paris, Ann. Ec. Sup. Sc. Dakar, 2 : 23-139 (1955).
Source : MNHN, Paris
LA THÉORIE DU DURIAN
OU
L’ORIGINE DE L’ARBRE MODERNE
par E. J. H. CORNER
Adaptation française par N. et F. Hallé
(2 e partie)
LES CARACTÈRES DES ANGIOSPERMES PRIMITIVES
1. Postulat
Le fruit des tout premiers ancêtres des Angiospermes modernes,
étaient des follicules ou des capsules, rouges, massifs, avec de nombreuses
et volumineuses graines noires à arille rouge. A partir de ces prémices, bien
dignes de surprendre, il est possible de faire les déductions suivantes :
2. Arbres
De tels fruits ne peuvent être nés que sur des rameaux massifs.
Aucune herbe ne peut produire un durian, une noix de muscade, ou un
fruit d’Annonacée, encore moins le bouquet de gousses à arilles des Légu¬
mineuses. Je puis donc en déduire que les Angiospermes ancestrales étaient
des Arbres.
3. Habitat tropical
Les volumineuses graines arillées sont incapables d’entrer en dor¬
mance ou de résister à la dessiccation, elles ne peuvent survivre hors des
forêts humides tropicales ou subtropicales. Donc, les ancêtres doivent
avoir été des arbres tropicaux.
4 . Feuilles composées
Les arbres tropicaux à rameaux massifs sont typiquement ceux qui
ont d’immenses feuilles composées insérées en spirale, pennées ou palmées ;
par ailleurs, chez de tels arbres, on trouve toujours des transitions vers
la feuille simple. Donc ces arbres tropicaux ancestraux ont dû avoir des
feuilles composées (primitivement pennées, caria feuille palmée n’est qu’une
feuille pennée dont l’axe est réduit). Et c’est justement la condition
Source : MNHN, Paris
— 157 —
actuelle de nombreux arbres à fruits arillés (Méliacées, Sapindacées, Légu¬
mineuses, Connaracées, Sterculiacées, Bocconia, Aesculus).
5. Monocaulie.
Les deux principes complémentaires qui vont suivre interviennent
avec une régularité telle, dans la construction des plantes à fleurs, qu’ils
semblent se prêter à une étude mathématique :
a) Conformité axiale.
Dans une espèce donnée, plus l'axe principal est massif, plus les
appendices de cet axe sont étendus ou complexes. Ainsi plus le rameau
principal est épais, plus les feuilles sont grandes ou compliquées; on
l’observe chez les formes de jeunesse des arbres (certaines ont des feuilles
composées tandis que les branches ont des feuilles simples, comme chez
Arlocarpus, Scaphium et quelques Protacées), ou encore sur les tiges des
plantes herbacées comme Nicoliana ou Helianthus, chez les Ombellifères
en rosette, ou chez les Composées avec leurs larges feuilles basales qui
diminuent de taille et de forme jusqu’à se changer en bractées.
b) Diminution liée à la ramification.
Plus la ramification est poussée, plus les extrémités des rameaux
et leurs appendices diminuent de taille; ainsi chez Solanum, à mesure
que la ramification s’accroît, les feuilles, les inflorescences, les fleurs, les
fruits et les rameaux deviennent plus petits ; chez Carica papaya les inflo¬
rescences Ç peu ramifiées portent des fleurs rares mais grandes, tandis
que les inflorescences $ très branchues portent un grand nombre de fleurs
petites.
Ces deux principes permettent de comprendre sous quelles formes
les Angiospermes primitives ont dû se présenter, afin de produire ces
énormes fruits de notre postulat, et de comprendre comment se sont
formés les Angiospermes modernes, avec leur ramification très poussée
et leurs petits appendices. Ces deux principes, il importe de le noter, ne
concernent pas les Algues qui assimilent plus ou moins par toute leur
surface; ce sont des principes propres au Xérophyton. Chez ce dernier
la tendance à une diminution régulière des appendices s’oppose à l’accres-
cence thalloïde des Algues.
Maintenant, prenons une Angiosperme arborescente à feuilles pennées,
simplifions-la jusqu’à n’avoir plus qu’une tige unique (c’est le cas des
formes de jeunesse), et changeons le bourgeon apical en une fleur
terminale unique. Le résultat sera évidemment un arbre à aspect de Cycas
avec une rosette d’appendices foliaires, les uns stériles et les autres
fertiles. Tel doit avoir été l’aspect de la proto-légumineuse avec sa rosette
terminale de follicules arillés géants.
Ce follicule de proto-légumineuse ressemble en effet, fidèlement, à la
macrosporophylle des Cycas; pour le comprendre, il suffit de regarder
la « graine » rouge pulpeuse d’un Cycas comme une graine arillée modifiée
Source : MNHN, Paris
— 158 —
(cf. Taxus), et d’enrouler sur elle-même la sporophylle pour former
un follicule.
Prenons, maintenant, le problème en sens inverse ; partons des
fleurs axillaires. Elles sont déjà plus petites, quoiqu’encore massives
(cf. fleurs de Magnolia, ou fleurs $ de Carica). Si les boutons axillaires se
développent pour produire des inflorescences hautement ramifiées, les
fleurs deviendront encore plus petites (comme celles des cymes d’Anno-
nacées, ou de l’inflorescence de Carica, qui parfois possèdent encore
une fleur $ terminale massive et solitaire).
Enfin, si la tige elle-même se ramifie, on obtiendra les très petites
fleurs des panicules de Sapindacées, Méliacées, Mimosoïdées, et des autres
arbres modernes dont les rameaux sont grêles, comparés aux tiges de leurs
formes de jeunesse.
Le carpelle solitaire des Légumineuses modernes est semblable à
celui des proto-légumineuses, mais l’aptitude à la fécondation est beau¬
coup plus précoce; ceci s’accorde avec les « caractères de bouton » de la
fleur, relativement petite, des Légumineuses modernes, née sur une ultime
ramification de haut degré. Ce follicule solitaire des Légumineuses moder¬
nes représente la macrosporophylle de Cycadale, mais son développement
est postérieur à la fécondation et non pas antérieur à celle-ci (voir Corner
1919) l .
La macrosporophylle de Cycadale se déploie; le follicule des Légu¬
mineuses finit lui aussi par s'ouvrir. La macrosporophylle de Cycadale
doit naître sur une tige massive; de même aussi le pédoncule de la fleur
des Légumineuses s’épaissit, après la fécondation.
C’est donc sous l’effet de tendances héréditaires, que les ovules
fécondés augmentent de volume jusqu’à devenir des graines, et que
les fruits grossissent puis s’ouvrent.
Exactement opposé est le cas des Composées modernes, par exemple,
qui ont réussi à échapper à ce joug héréditaire, l’akène ne présentant
pratiquement aucun des caractères du follicule et de la capsule. Les struc¬
tures des graines, et leurs exigences, devront occuper une place de plus en
plus importante dans l’étude des plantes à fleurs.
La tige simple, avec une énorme fleur ouverte à l’extrémité, est
une structure nécessaire à la production des énormes fructifications
requises par la théorie du Durian; cela se réfère non à une fiction mais
à une réalité, le Cycas bien connu, qui a si souvent été regardé comme
le prototype des Angiospermes.
Sans entrer dans les détails, on comprend maintenant comment la
Dicotylédone arborescente moderne a pu se différencier à partir de ce
prototype par la ramification de toutes ses parties; d’où la diminution de
1. En 1942 (Bull. Soc. Bot. Fr.), Emberger soulignait déjà la différence de nature,
qui sépare les Préphanérogames dont l’ovule se développe inéluctablement, des Pha¬
nérogames véritables, chez lesquelles la formation de la graine est déclenchée par la
fécondation (voir aussi Traité de Botanique, Chadefaud et Emberger 2, 1 : 257
(1960). — Note des Traducteurs.
Source : MNHN, Paris
- 159 —
la taille, la simplification structurale des branches, feuilles, fleurs, fruits
et graines. Les fruits cependant tendent à garder la forme ancestrale
de la macrosporophylle de Cycas, car la graine, en tant qu’organe de
dispersion, est l’élément directeur et conservateur de la reproduction.
Typiquement, le Cycas est dépourvu d’entre-nœuds. Les grandes
feuilles dominent le bourgeon terminal et la tige elle-même, comme chez
les fougères arborescentes. Il semble que la tendance à produire des
entrenœuds soit un procédé nouveau de rajeunissement, dominant toute
l’évolution des Angiospermes et aboutissant à l’apparition du type
herbacé; en effet l’allongement des entre-nœuds représente une sorte de
prolongation du stade juvénile et permet la réalisation de longues tiges
par le développement, non plus du rachis de la feuille, mais de sa base.
L’existence d’une phase Cycas dans l’évolution des Angiospermes
est clairement démontrée par l’apparition d’entre-nœuds naissants chez
les formes de jeunesse de Carica papaya, de Palmiers, de Pandanus,
ainsi que chez les stades de jeunesse de la plupart des arbres à feuilles
composées (Araliacées, Césalpinoïdées, Bignoniacées). On observe le même
phénomène chez des Euphorbiacées et Annonacées, telles que Phyllanlhus
et Drepananlhus, dont les ramifications phyllomorphiques conservent ce
caractère ancestral au second degré; les ramifications et leurs feuilles
simples ressemblent en effet à des feuilles composées.
L'inflorescence terminale des Pandanus et des Bignoniacées arbores¬
centes, rend obligatoire la croissance sympodiale ; ce mode de croissance
apparaît comme primitif et se rencontre précisément là où l’inflo¬
rescence axillaire n’a pas été différenciée. De même l’Agave avec sa
rosette massive, son inflorescence terminale et sa monocarpie apparaît
comme un descendant immédiat de la forme-Cj/cas et semble plus primitif
que les Dracaena arborescents ramifiés. Parmi les Palmiers, la série est
continue depuis les Palmiers monocarpiques avec leurs énormes inflo¬
rescences terminales (Corypha, Metroxylon) et leurs immenses feuilles,
jusqu’aux petits Palmiers très ramifiés (Bactris, Geonoma, Pinanga)
avec leurs tiges grêles, leurs petites feuilles et leurs inflorescences latérales.
On peut ainsi constater que la ramification de la tige n’a pas progressé
parallèlement à celle de l’inllorescence ; en effet les facteurs déterminants
de la ramification n’ont pas été nécessairement liés au transfert de la
fleur ou de l’inflorescence depuis sa position terminale jusqu’à une position
latérale : ainsi aucune Monocotylédone ne peut réellement être comparée
aux Magnolia ou aux Nymphéa même si elle possède des fleurs axillaires
massives et solitaires; il y a par contre des analogies beaucoup plus
grandes entre certains arbres sympodiaux ou entre certaines rosettes non
ramifiées à inflorescences terminales (Agave, Lobelia).
La monocaulie et la monocarpie n’apparaissent donc pas comme des
particularités nouvellement acquises par les plantes modernes, mais
comme des reliques structurales, normales chez les premières Angios¬
permes. Inversement, l’arbre abondamment ramifié à rameaux grêles, à
feuilles simples et à inflorescences hautement divisées portant une mul¬
titude de très petites fleurs, comme les Cupulifères, apparaît, s’il est
Source : MNHN, Paris
— 160 —
correctement interprété, comme étant un dérivé moderne. Par ailleurs,
les apparentes bizarreries de la taille, de l’inflorescence et du sexe des
fleurs de Carica représentent une phase de l’évolution de l’inflorescence
axillaire que la plupart des autres Angiospermes ont déjà dépassée.
Note. — Carica papaya ne pourrait-il être induit à former une fleur terminale?
Son bouton floral nu serait un excellent matériel d'expérimentation, et sa tige massive
pourrait bien être induite à produire par régression, à son apex, une fleur de proto¬
angiosperme. Cette plante très répandue à port primitif, survit, à n'en pas douter,
par ses aptitudes chimiques plutôt que par ses qualités structurales.
6. Leptocaulie
J’utilise ce terme pour désigner l’arbre moderne avec son axe pri¬
maire et ses branches relativement grêles, qui diffère diamétralement du
Cycas pachycaule. L’accroissement de la ramification, l’évolution vers
la feuille simple, et le développement des entre-nœuds sont des traits
fondamentaux de l’arbre moderne. Le rameau grêle, à longs entre-nœuds
s’étale ou s’élève avec un poids moindre ; il réussit à dépasser rapidement
en hauteur le vieux et maladroit pachycaule handicapé par ses branches
massives et la lenteur de sa croissance ; mais il favorise aussi l’extension
géographique du leptocaule en lui fournissant de meilleurs moyens de
résister à la sécheresse et au froid. En effet les petits bourgeons sont plus
nombreux, s’édifient plus facilement et le remplacement des rameaux
endommagés est mieux assuré. Le leptocaule ou arbre moderne, en vient
ainsi à dominer par sa taille, sa rapidité de croissance et son extension,
l’ancien pachycaule ; c’est la raison pour laquelle il est l’élément essentiel
des forêts modernes, alors que les Palmiers, les Pandanus, les Carica et
autres plantes arborescentes du même type, ainsi que les Cycas et les
Fougères arborescentes, sont relégués dans des stations d’importance
secondaire, et à peu près toujours tropicales.
7. Cauliflorie
Lorsqu’un leptocaule de port très évolué conserve les fleurs et les
fruits archaïques et massifs que postule la théorie du Durian, sa
floraison et sa fructification doivent être assurées par des boutons
dormants dans le vieux bois, car les grêles rameaux feuillés sont trop
précoces. Ainsi s’explique la ramiflorie et la cauliflorie, selon le degré
de ramification et la relative immaturité physiologique des branches et
des ramilles. Par exemple dans les genres Durio, Xylopia et Myrislica,
qui ont des feuilles simples et des rameaux grêles disposés horizonta¬
lement mais aussi des fruits arillés massifs, la majorité des espèces sont
ramiflores ou cauliflores; de même, chez des arbres à feuilles pennées, à
rameaux grêles et feuillage horizontal, tels que Swarlzia (Légum.) ou
Lansium (Méliac.) mais dont les fruits sont arillés et massifs, on trouve
la ramiflorie ou la cauliflorie.
Le phénomène tropical de la cauliflorie reçoit donc une explication
simple et naturelle, grâce à ces arbres qui ont différencié le rameau
Source : MNHN, Paris
161 —
moderne mais ont gardé l’aspect archaïque de leur fruit arillé. Ce fruit
massif implique, cependant, une fleur ou une inflorescence massive, ou au
moins une capacité physiologique qui dépend d’un état de maturité
avancé des tissus; ceci est nécessaire pour que les organes reproducteurs
puissent se développer; les fleurs ou les inflorescences massives, aussi bien
que les exigences physiologiques peuvent demeurer et rendre alors obli¬
gatoire la cauliflorie même si le fruit arillé a évolué de son côté en drupe,
haie ou akène indéhiscent. C’est ce qui s’est produit chez Annona, Polyal-
Ihia (Annonacées), Averrhoa (Oxalidacées), Diospyros (Ebénacées) ou
Theobroma.
Le genre Artocarpus nous fournit un exemple instructif : A. aniso-
phylla présente les plus grandes feuilles pennées et les rameaux les
plus massifs du genre : ses gros fruits sont axillaires. A. incisa (l’Arbre-
à-pain) présente des feuilles pennées et des rameaux presque aussi massifs,
mais les fruits ont tendance à mûrir sur les parties défeuillées des
rameaux A. heterophylla 1 (le Jacquier) enfin, a des rameaux grêles avec
des feuilles simples tendant vers un arrangement horizontal d’un type
plus moderne : or, il est cauliflore.
Averrhoa par contre, semble exceptionnel. A. bilimbi a des rameaux
massifs et il est cauliflore, tandis que A. carambola a des rameaux grêles
et ses fruits sont plus ou moins axillaires. En règle générale cependant,
il n’est pas difficile de deviner a priori d’après les rameaux, les fleurs et
les fruits, si un arbre est cauliflore.
8. Mégaspermie
Les arbres ramiflores et même parmi eux, ceux qui ont une structure
moderne, ne peuvent s’échapper de la forêt humide, à cause de leur grosse
graine qui exige une germination rapide. Pour la colonisation des
tropiques plus secs et des régions tempérées, on doit s'attendre à une
évolution vers des fruits résistants au froid et à la sécheresse (comme
drupes et akènes), ou vers des petites graines à téguments durs, à embryon
partiellement déshydraté, et à grand pouvoir de dormance. Suivant un tel
critère, les arbres peuvent être classés en :
a) Arbres mégaspermes.
Ils sont tropicaux, avec de grosses graines et de gros fruits; ils ne
présentent pas de dérivés herbacés. On peut en répartir les espèces dans
les deux sous-groupes suivants :
J. Espèces ± mégaphylles avec des pousses plutôt massives et
redressées, et typiquement, avec des feuilles composées.
2. Espèces cauliflores ou ramiflores ± microphylles avec des branches
grêles disposées horizontalement, et typiquement, avec des feuilles
simples.
1. — A. inlegri/olia L. var lielerophylla. N. des T.
Source : MNHN, Paris
— 162 —
b) Arbres microspermes.
Ils sont tropicaux ou tempérés, généralement microphylles et typi¬
quement leptocaules, avec ordinairement des feuilles simples; leurs
fruits sont petits et leurs graines petites et résistantes; on leur connaît
souvent des dérivés herbacés.
On trouve ces deux types d'arbres dans la forêt tropicale humide,
apparemment en équilibre dynamique; mais les arbres microspermes
prennent la première place à mesure que le climat devient difficile. (Dans
les cas extrêmes on aboutit aux Belula et aux Salix des régions Arctiques,
et, en montagne, aux Ericacées et aux Myrtacées à petites graines).
L’arbre microsperme l’emporte par les avantages de sa leptocaulie tandis
que l’arbre mégasperme à rameaux massifs se trouve favorisé au stade
de la plantule, dans les strates inférieures de la forêt. De grosses graines,
pleines de réserves nutritives, donnent de grandes plantules qui s’élèvent
bien au-dessus de l’humus (jusqu’à 2 m chez Dimorphandra sp. du Suri¬
nam, et 3 m chez un Enlada de Malaisie); des rameaux massifs avec des
feuilles insérées en spirale peuvent au cours de leur croissance, profiter des
rayons de lumière verticaux ou obliques qui réussissent à traverser la
voûte de la forêt (Corner, 1946). 11 est difficile pour de petites graines de
se fixer et de prospérer sur le sol de la forêt, sauf dans des endroits tels
que des remblais escarpés ou des éboulis, où la terre s’est trouvée, par
chance, mise à nu. En forêt tropicale humide, le type idéal semble
être un arbre intermédiaire avec des rameaux relativement grêles, de
grosses graines et des touffes obliques de feuilles subspiralées; ou encore
un arbre à port de Terminalia (voir Corner, 1940) tel qu’il apparaît dans
la plupart des Diptérocarpacées, Sapotacées, Guttifères, Lauracées,
Sterculiacées, Lécythidacées, Rutacées et Légumineuses. Cependant, la
forêt tropicale renferme, apparemment, toutes les combinaisons possibles
de caractères d’arbres; et tous ces caractères peuvent se présenter à des
degrés indépendants d’évolution. On pourrait de ce fait envisager de
subdiviser les arbres mégaspermes en de nombreuses catégories; mais
cela demanderait nécessairement de la part des botanistes une étude
sur le terrain. Les arbres modernes de la forêt tropicale humide présentent,
par adaptation, tout un éventail de formes architecturales. Depuis Cycas
et Agathis, ou Carica et Corypha, jusqu’aux Cupulifères, Composées et
Dracaena, on trouve les formes arborescentes les plus diverses dans
beaucoup de familles. Des familles d’arbres encore mal connues telles
qu’Annonacées, Olacacées, Rubiacées et Euphorbiacées bénéficieraient
grandement d’études détaillées.
Note. — Les chiffres suivants retenus après étude d'un grand nombre de cas,
donneront une idée de la variation de la taille des graines. Les poids sont des moyennes
calculées d’après des lots de 10, 20, 30 ou 50 graines fraîches de taille moyenne.
Source : MNHN, Paris
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Poids moyen
d'une graine fraîche
en grammes
Millelia alropurpurea (Papilion.) . 60,00
Carapa guyanensis (Méliac.) . 15,67
U y menaea cour baril (Cæsalpin.) . 5,575
Mucuna ulilis (Papilion.). 0,891
Parkia javanica (Mimos.). 0,773
Delonix regia (Caesalpin.) . 0,407
Cassia fislula (Cæsalpin.). 0,151
Phaseolus radialus (Papilion.) . 0,090
Hibiscus esculentus (Malvac.) . 0,065
Cassia siamea (Cæsalp.) . 0,0329
Cassia hirsuta (Cæsalp.) . 0,0076
Note — Quercus, Fagus, Corylus, Jugions, Aesculus, Evonymus et Taxus entre
autres, font figures d'exception en tant qu'arbres mégaspermes tempérés. Les quatre
premiers, cependant, ont des akènes ou des noyaux résistants, résolvant ainsi le
problème des graines et il semble qu'ils représentent un cas spécial de « microspermie »
sous tous les rapports, sauf en ce qui concerne les caractères mégaspermes de la graine
et l’absence de dérivés herbacés; or Quercus, lorsqu’il est étudié dans le sud-est asia¬
tique, semble être un produit tropical. Les trois autres, cependant, sont visiblement
de très inhabituels et intéressants exemples d'arbres qui sont devenus principalement
« microspermes » et tempérés tout en conservant le vieux mécanisme de fructification
(avec une aride chez Evonymus et Taxus) et le port arborescent; Evonymus est lui
aussi un genre tropical; quant à Aesculus, il est étroitement apparenté aux Sapindacées
tropicales.
9. État herbacé
Les graines et les fruits massifs des arbres mégaspermes ne peuvent
se développer sur des pousses aussi juvéniles que celles des herbes; ainsi
les Guttifères, Lécythidacées, Sapotacées et Cupulifères ne présentent pas
de formes herbacées. En conséquence, le port herbacé a été incapable de se
différencier avant que l’arbre ancestral tropical ait atteint le stade micro¬
sperme. Maintenant, il est communément établi que dans beaucoup de
grands genres, comme Hibiscus, Cassia, Mimosa, Solanum, Veronica, Ver-
nonia ou Dracaena, il y a toutes les transitions depuis l’arbre jusqu’à
l’herbe. Mais, tous ces cas se rapportent à des arbres plus ou moins micro¬
spermes. Quand on regarde les arbres mégaspermes, il n’y a à peu près
aucun genre (sauf Cassia) et seulement très peu de familles, dans lesquelles
des formes de transition apparaissent (Légumineuses, Rosacées, Ster-
culiacées, Apocynacées, Euphorbiacées et Graminées par exemple). Il y a
effectivement des différences importantes entre l’arbre mégasperme typi¬
que et l’herbe. La grande lacune qui les sépare est comblée par l’arbre
tropical microsperme. Le passage de l’arbre tropical jusqu’à l’herbe se
ramène, en fait, à la réalisation du fruit microsperme. C’est là un proces¬
sus long, délicat, et sans précédent dont la botanique n’a pas encore
réellement pris conscience (cf. Guttifères-Hypéricacées, Chrysobala-
noïdées-Rosoïdées, Moracées-Urticacées, Bombacacées-Malvacées, Bigno-
niacées-Scrofulariacées, Bambusacées-Graminées). Il est clair que ni les
types herbacés comme les Ranales et les Hélobiées, ni les arbres micro-
Source : MNHN, Paris
— 164 —
spermes comme Casuarina et Populus, ne peuvent être considérés comme
primitifs;et les Cupulifèresmicrospermes, ainsi que Sa/âcet Populus, bien
que curieusement dépourvus de parents vraiment herbacés, apparaissent
comme fondamentalement différents des mégaspermes Jugions, Quercus
et Fagus. Aussi, des familles mégaspermes telles que les Annonacées,
Myristicacées, Burséracées, Sapotacées et Palmiers, sans alliés herbacés,
seraient à étudier du point de vue de la maturité physiologique pour être
comprises de façon satisfaisante. Il est clair en effet qu’une étude physiolo¬
gique de la floraison et la fructification des arbres tropicaux doit être
entreprise; cette recherche devra notamment comprendre les greffes de
boutons en vue d’obtenir une fructification précoce; c’est une matière
d’importance pratique (la bibliographie tropicale concernant l’agricul¬
ture et l’horticulture pourrait révéler quelques informations déjà publiées
sur ce sujet). Peut-être cette recherche démontrerait-elle que le rameau
leptocaule, nécessaire au fruit microsperme, est essentiellement un organe
juvénile qui se développe sur des réserves accumulées antérieurement, et
qui de ce fait, est l'homologue d’une germination; on peut en déduire
qu’une plante herbacée n'est pas beaucoup plus qu’une plantule préma¬
turément apte à la reprodution.
10. Conclusion
Les ancêtres des plantes à fleurs modernes doivent avoir été des
arbres tropicaux de hauteur faible ou moyenne, à branches rares et
sympodiales, à bois tendre, à rameaux massifs portant des feuilles
composées insérées en spirales, sans entre-nœuds distincts; ces arbres
devaient se reproduire par de grosses graines arillées, nées de follicules
rouges massifs, succédant à des fleurs ou inflorescences terminales. Les
plus archaïques parmi ces ancêtres semblent avoir été monocarpiques et
monocaules, avec le port d’une Cycadale.
De telles plantes n’existent plus actuellement mais beaucoup ont
conservé des traces de ces structures ancestrales. La forme primitive me
paraît se manifester encore dans le port des Palmiers, des Pandanus, des
Senecio, des Lobéliacées et des Euphorbes arborescentes, des Pivoines
arborescentes, des arbres bouteilles (Adansonia, Brachychilon), des
Cactées, Carica, Araliacées, etc... Même les choux de Bruxelles doivent
leur apparence curieuse à leur forme primitive. En fait, presque tous les
arbres bizarres sont bizarres parce que leur forme est primitive et actuel¬
lement inhabituelle. Comme corollaire, le parenchyme ligneux apparaît,
non pas comme une caractéristique moderne, ainsi que le maintiennent
beaucoup d’anatomistes du bois, mais comme une caractéristique pri¬
mitive, vestige du port des premières Angiospermes (cf. Cecropia, Maca-
ranga, Carica, etc...).
Source : MNHN, Paris
— 165
EFFET SUR LES ANIMAUX
Dans les forêts tropicales modernes 50 % environ, des arbres et
des lianes ligneuses ont des fruits comestibles. Sur ce nombre environ
90 % ont des baies et des drupes et 10 % seulement ont des graines arillées
ou des téguments séminaux charnus. Mais ces 10 % sont certainement
les plus nutritifs, car l’arille ou le tégument charnu sont riches en huiles,
caroténoïdes, et autres substances complexes.
Dans les forêts ancestrales, composées d’Angiospermes primitives
conformes à la théorie du Durian tous les arbres doivent avoir ployé sous
le faix de leurs fruits rouges à graines noires arillées suspendus comme des
lanternes et contrastant vivement avec le feuillage vert; il doit y avoir
eu en outre dans les arbres, de beaucoup plus grandes quantités de matières
alimentaires destinées aux animaux.
Imaginons des forêts anachroniques constituées entièrement de
Durians alors qu’il n’y en a pas actuellement 1 % dans nos forêts de
Malaisie. Imaginons des forêts remplies de châtaignes rouges et de graines
pulpeuses; on comprend alors l'effet de la modernisation des arbres sur
les herbivores de la forêt. Dans les forêts originelles, il y avait de
multiples raisons pour grimper, sauter et voler parmi les grosses branches
basses à la recherche des fruits; dans ces conditions l’origine sensible¬
ment simultanée, des plantes â fleurs, des oiseaux et des mammifères, ne
semble pas extraordinaire. Mais les arbres microspermes évoluèrent,
grandirent et rendirent les forêts plus complexes; du même coup il y eut
moins à manger, en quantité et en qualité.
Les singes modernes, si diversifiés, sont seulement des reliques,
ainsi que l’ont prouvé les restes fossiles de ceux qui festoyaient dans les
premières forêts. Les mammouths finirent par s’éteindre, ce n’est pas
étonnant, avec des herbes au lieu de Durians pour se nourrir; et les élé¬
phants s’approchent aussi du moment de leur disparition dans les vergers
déclinants du monde moderne. Les perroquets et les écureuils, par contre,
ont les moyens de s’en tirer avec les akènes et les graines modernes. Les
paresseux peuvent rester pendus grâce aux feuilles ; les singes deviennent
omnivores; quant aux oiseaux frugivores et aux roussettes, leur survi¬
vance est due aux arilles et aux dérivés pulpeux persistants. Ces arilles,
si riches chimiquement, peuvent avoir été un important facteur de
diversification spécifique; et l’effet contraire peut être reconnu dans la
pauvreté et l’uniformité des animaux frugivores au milieu des vastes forêts
de chênes, hêtres, pins, et noisetiers des pays tempérés nordiques.
Note. — Cet accroissement de hauteur de la forêt par l’arbre moderne a donné
l'environnement des primates. Le développement du port microsperme a donné l’envi¬
ronnement optimum des herbivores, qui a fait redescendre le primate jusqu'au sol.
Source : MNHN, Paris
Fig. 14. — Mallolus barbalus (Euphorb.l : A, complexité du fruit mûr avant la déhiscence;
on voit les poils stellés urticants et raides, les épines et les graines à tégument externe
(sarcotesta) pulpeux, la dure palissade protectrice du tégument interne et l'arille rudimen¬
taire du côté micropylaire du funicule (x 6); B à D, développement de la fleur : on voit
l'apparition précoce des épines de l'ovaire sous les poils stellés, le développement basi-
pète des styles et de l'ovaire, et en grisé, le tissu conducteur oléagineux des stigmates
conduisant au rebord arillaire dominant le micropyle (cf. D, fleur mûre) X 14.
Source : MNHN, Paris
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EFFETS DES ANIMAUX SUR LES FRUITS
1. Protection des fruits
L’exploitation intensive conduit les animaux à la consommation
de fruits immatures et à un gaspillage de graines. Actuellement les arbres
tropicaux souffrent plus des attaques des écureuils, des chauve-souris
frugivores, des ours à miel et des singes qui mangent les fruits immatures,
que des insectes foreurs ou des maladies. On peut être certain que depuis
le premier stade évolutif des plantes à fleurs, le fruit immature doit avoir
bénéficié d’une protection. Pour cela, il y a trois modes principaux.
a) Dissimulation optique.
C’est le camouflage par une couleur verte au milieu du feuillage ;
en d’autres termes le mécanisme de reproduction de la plante à fleurs
comporte deux stades d’attraction. L'un favorise la pollinisation et l’autre,
la dispersion des graines; entre les deux, s’étend un stade de développe¬
ment discret. Cependant bien que les premiers vertébrés arboricoles
aient pu avoir la vue courte, de gros fruits ne peuvent passer inaperçus et
d’autres moyens ont dû intervenir.
b) Protection mécanique.
La protection mécanique peut être assurée par un péricarpe ligneux
(ce mode de protection ne peut devenir effectif qu’après la période de crois¬
sance du fruit), par des sépales persistants, par un revêtement dense de
poils, et tout particulièrement, par une armure d’épines; celle-ci peut
devenir efficace par le durcissement du sommet des épines dès que le
fruit commence à être d’une taille appréciable.
c) Protection chimique.
11 y a la méthode chimique de répulsion par acidité, astringence ou
par le poison. De nos jours la toxicité des fruits est nettement la méthode
de protection la plus efficace, comme la plus universelle ; en effet, s’ils
n’étaient pas aussi bien protégés, la plupart des fruits modernes n’auraient
pu survivre dans les forêts tropicales.
2. Armure
Nombre de faits évidents amènent à penser que l’armure d’épines
a été un facteur important et primitif. Si l’arille est comparativement
rare chez les plantes à fleurs modernes, il en est de même pour les fruits
à épines; et l’association des épines et de l’arille est si parfaite qu’elle
permet de considérer l’armure du Durian comme aussi caractéristique que
son arille. Lorsqu’on trouve des fruits à épines, on peut s’attendre à
trouver des arilles dans le même genre ou dans des genres voisins, et
vice versa. On pourrait citer des exemples dans les genres suivants :
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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Victoria (Nymphéacées), Rheedia (Guttifères), Sloanea spp. Tiliacées, et
autres genres non arillés), Cneslis (Connaracées), Nephelium, Xerosper-
murn, Paullinia (sect. Caslanella), Schleichera et Lepisanlhes (Sapindacées,
avec le Paranephelium de Malaisie, non arillé et ressemblant à un petit
Durian); Aglaia avec des épines rudimentaires (Méliacées, avec Flindersia
dont les fruits muriculés et les graines ailées font transition entre le
type Durian et Stvielenia); Sindora (Légumineuses); Carpolroche, Mayna
(Flacourtiacées) ; Rinorea, Alsodeia (Violacées, sans arille); Momordica ,
Cucumis, Sechium et Echinocystis (Cucurbitacées, avec des graines
pseudo-arillées) ; Tabernaemonlana spp. (Apocyn.); Ricinus, Mallotus
(Euphorbiacées) ; Geanlhus, Amomum, Globba (Zingib.), Canna.
La présence d’épines sur les fruits d ’Allamanda (Apocynacées).
Dalura, quelques Bignoniacées, Melasloina, Galium, Ranunculus, et
Dichaea (Orchid.) est donc suggestive en tant que reliques, exactement
comme chez Bixa, qui a une arille rudimentaire et un tégument séminal
charnu.
L’absence d’épines chez les Dilleniacées et le développement, à
leur place, de sépales persistants, suggère que cette famille pourrait avoir
eu, depuis un stade très précoce un mécanisme différent assurant la pro¬
tection du fruit arillé.
Actuellement, autant que j’ai pu l’observer, les épines des fruits
sont des excroissances définies se développant immédiatement sous les
premiers et les plus larges poils peltés de l’ovaire (les poils glandulaires
étant des modifications juvéniles des poils peltés). Les écailles peltées
sont caractéristiques des Ptéridophytes, et ainsi, la présence d’épines est
liée à un caractère archaïque supplémentaire. La présence d'épines, en
effet, caractérise les pétioles de nombreuses fougères arborescentes
(Cyalhea). Les écailles imbriquées, tournées vers le bas des fruits des
Palmiers-Lépidocarpoïdées, se développent à partir des écailles peltées
du jeune ovaire et se présentent comme l’armure d’une drupe moderne
issue par adaptation de la capsule arillée épineuse des proto-Palmacées.
La même interprétation peut être donnée, des épines de YAnnona
muricata et de Rollinia (Annonacées) qui apparaissent au sommet des
carpelles. Dans le cas d’ Arlocarpus, la fonction de l’arille est transférée
à la paroi ovarienne et celle des épines aux périanthes des fleurs minus¬
cules, développant ainsi un simulacre de Durian à partir d’une inflores¬
cence. Pandanus est comparable. Dans le cas de Caslanea, la fonction
protectrice a été transférée aux bractées épineuses, et les châtaignes
apparaissent comme des marrons d’Inde au second degré, à partir d’inflo¬
rescences au lieu de fleurs isolées.
Il est certain qu’Ar/ocarpus et Caslanea, lorsqu’ils seront correcte¬
ment interprétés, seront considérés comme les genres-clés de l’évolution
des Moracées-Urticacées d’une part, et des Cupulifères d’autre part,
comme le Durio est le genre-clé des Bombacacées-Malvacées.
Par sa capsule arillée épineuse, ses grosses graines, et ses écailles
peltées, le Durio apparaît à l’heure actuelle comme le plus typique sur¬
vivant des fruits d’Angiospermes primitifs. Et pourtant le Durio est
Source : MNHN, Paris
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moderne, par son port arborescent à rameaux grêles et à feuilles
simples; cette dualité est la conséquence de sa ramiflorie. D’un autre côté
le vulgaire marron d’Inde (Aesculus) apparaît comme le meilleur imi¬
tateur tempéré des proto-Angiospermes tropicales. Ses capsules massives
épineuses à graines volumineuses mais non arillées se présentent en
grappes terminales sur des pousses massives à feuilles composées ; la gros¬
seur des pousses (bien connue dans les classes de botanique à cause du
gros bourgeon) s’oppose ici à la ramiflorie. Aesculus est un genre clé des
Sapindacées-Acéracées, et montre les possibilités géographiques maxi¬
males des Angiospermes primitives.
C’est pourquoi, aux attributs de l’Angiosperme primitive doivent
être ajoutés les écailles peltées et les fruits épineux; ces deux caractères
Source : MNHN, Paris
— 171
ouvrent de nouvelles perspectives de recherches parmi les familles de
plantes à fleurs modernes. Ainsi par exemple les poils étoilés peuvent
être considérés comme des reliques d’écailles peltées (chez Solarium, on
distingue d’une part les espèces modernes, grêles, glabres ou à poils
simples comme S. dulcamara, S. nigrum, et S. parasiticum, d’autre part les
espèces massives à port de Papayer comme S. quitoense et S. grandifloruni
qui présentent un revêtement dense de poils étoilés). Les hydathodes des
Broméliacées se rapportent à ces mêmes problèmes.
3. Graines suspendues
Seuls les petits fruits du Durio griffilhii montrent les graines arillées
suspendues qui sont si remarquables chez Sloanea, les Méliacées et les
Légumineuses, ou chez Slerculia, Gloriosa et Erythrina qui ont perdu
l’arille. Cependant, le fait d’être suspendue est un caractère de la graine
arillée ou pseudo-arillée, ainsi que le montrent les quatre exemples sui¬
vants.
1. Magnoliaceae : il n’y a pas d’arille, le tégument séminal rose ou
rouge étant charnu; et il n’y a pratiquement pas de funicule (comme chez
les Annonacées), mais les graines pendent au bout de filaments grêles;
qui sont les spirales déroulées des vaisseaux du protoxylème du raphé
(fig. 17 F).
2. Xylopia fusca (Annonacées) : la graine gris-bleu a un tégument
charnu mais pas d’arille ; elle pend au bout d’un pédoncule qui est le
faisceau vasculaire du placenta après que le friable endocarpe rose s’en
soit détaché lors de la déhiscence du fruit (fig. 17 G).
3. Guioa (Sapindacées) : les graines sont arillées mais sessiles : quand
le fruit s’ouvre, elles se détachent et restent suspendues au bout d’un long
filament qui, dépendant morphologiquement de l’arille, se déploie près
du micropyle (fig. 18).
4. Gyrinopsis (Thyméléacées) : les graines présentent un très éton¬
nant arille couvert de fourrure brune (il ne m’a pas été possible d’en étu¬
dier les caractères morphologiques) et, lorsque par dessiccation s’ouvre la
capsule, les 1-2 graines qu’elle contient tombent sur des filaments
grêles qui se détachent du septum, et elles restent suspendues comme
des araignées (fig. 19).
On peut considérer aussi que les graines, plus ou moins arillées, sus¬
pendues à des funicules de 1-4 cm de long, sont caractéristiques de
l’immense genre Acacia (fig. 17 E) et que les grandes graines plus ou moins
arillées de l’important genre Swarlzia (Lég.) se comportent de la même
manière (avec parfois même des funicules encore plus longs). 11 est clair,
d’après tous ces exemples variés, que les graines comestibles pendantes
doivent avoir une signification biologique. Comme le mouvement permet
une vision sans erreur, il semble que ce mécanisme attire l’œil des oiseaux
qui viennent picorer la pulpe. Il est possible que, dans la forêt sèche
d’Australie, l’arille cireux des petites graines d’Acacia fournisse un consi-
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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dérable apport de nourriture, et même de boisson, aux oiseaux auxquels
elles peuvent apparaître comme des araignées ou des chenilles sur des fils.
Certainement, une graine pendante, picorée et détachée, a plus de chances
de survie qu’une graine de Durian qui peut être écrasée avant d'être
avalée, bien que cette dernière, si elle traverse sans dommage l’appareil
digestif, puisse profiter à la germination d’un favorable supplément de
fumier.
Ainsi, autre caractéristique des plantes à fleurs, la longueur du funi-
cule prend de l’importance. Pourquoi les graines auraient-elles des funi-
cules? Pourquoi les Acanthacées ont-elles des funicules spécialement
modifiés? La seule réponse ou hypothèse qui puisse être avancée est
qu’elles possèdent ces caractères par atavisme à partir du fruit primitif
arillé; ainsi ces funicules persistent, à titre de reliques dépourvues
d’utilité, dans les gousses indéhiscentes de Parkia (fig. 11 C) et de Cassia.
En fait, le problème est plutôt de savoir comment les graines parviennent
à se détacher de leurs funicules *.
4. La couleur
On ne peut imaginer de contraste plus violent que celui d’un fruit
rouge montrant ses graines pendantes noires et ses arilles écarlates sur
un fond de feuillage vert. La couleur très sombre de la graine fait ressortir
l’arille. Des variantes en fruits jaunes et arilles jaunes ne semblent pas
faire varier le résultat. Mai* cette constatation soulève la question
de la fascination des animaux par les couleurs. Par expérience
personnelle, j’ai constaté que le rouge est tellement attrayant pour le
singe-du-cocotier (Macaca nemeslrina) que, même s’il est trop malade
pour se lever, pour manger, ou pour avaler, il sursaute de joie à la vue
d’un fruit rouge. Je considère que ce n’est pas une coïncidence si les
colibris sont rouges, si les perroquets sont rouges, si les noix de muscade
ont un macis ou une pulpe rouge, si le fruit des Angiospermes primitives
paraît avoir été rouge, si les sauvages peignent leur figure, les singes leur
postérieur et les femmes leurs ongles en rouge, si les arbres de Noël sont
décorés avec des baies de houx et des pétards rouges, si les drapeaux
sont rouges, et si les signaux lumineux sont rouges. Pincher a noté
ceci en 1947 : « dans l’ensemble il semble que les poissons osseux soient,
plus attirés par l’extrémité rouge que par l’extrémité violette du spectre.
Ceci est en accord avec le témoignage des pêcheurs, qui trouvent les
appâts rouges très efficaces ». Qu’est donc le rouge pour attirer et
réjouir ainsi l’être vivant?
5. L’odeur
Le dernier caractère du Durian est son odeur. Une odeur encore
plus forte est celle du Jacquier (Arlocarpus inlegrifolia) qui a pour fruits
1. Cf. A. Pitot, Isolement et chute de la graine à maturité chez les Légumineuses.
Montpellier : 1-327, 170 fig. (1936). — N. d. T.
Source : MNHN, Paris
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des Durians modifiés, et celle du Horse-Mango (Mangifera foelida).
Duke décrit une odeur semblable por une espèce de Swarlzia (Légumin.)
du Brésil, dont les gousses sont mangées par les tapirs et les porcs, de
même que les Durians en Malaisie. Il y a certainement plus à apprendre
sur la signification de ce facteur en tant qu’ultime stimulateur de l’appétit-
qu’en ce qui concerne la protection chimique du fruit immature. Il a pu
y avoir beaucoup plus d’odeurs pour attirer les premiers éléphants, les
premiers tapirs et les bêtes à vue courte; et il semblerait que ces odeurs
ne soient pas étrangères à la sélection et à la survie du Durian.
RÉCAPITULATION
Comme chacun des paragraphes précédents pourrait fournir la
matière de tout un livre, je récapitulerai pour plus de clarté; je suivrai
l’ordre dans lequel l’évolution me paraît s’être généralement déroulée; les
principales étapes du développement de l’arbre moderne seront montrées,
et nous garderons présent à l’esprit que ce sont les fruits et les graines
Source : MNHN, Paris
— 175 —
comme mécanismes de dispersion, qui sont les organes reproducteurs les
plus significatifs des plantes à fleurs.
A. STADE PACHYCAULE
Tige massive, riche en sève, à bois tendre, peu ou pas ramifiée,
avec un développement des entre-nœuds faible ou nul; mégaphyllie,
mégaspermie.
1. Phase monocaule ou cycadoïde.
Arbres monocarpiques bas, vigoureux, à tige unique, à entre-nœuds
nuis, à écailles peltées; feuilles composées multipennées, avec probable¬
ment un rachis épineux (fleurs géantes primitivement terminales, présen¬
tant sur un axe non contracté des étamines pennées et de larges carpelles
revêtus d’écailles peltées; fruit en un faisceau de larges follicules épineux
atteignant peut-être 0,5-1 m de long, rouge à maturité et montrant après
déhiscence de nombreuses et volumineuses graines noires longues peut-
être de 2 cm, couvertes d’un arille rouge et pendant au bout de leur funi-
cule persistant.
Cette phase est en grande partie hypothétique. Elle peut avoir été
vraiment monocaule et monocarpique, ou encore sympodique, polycar-
pique et pseudomonocaule comme le Cycas lui-même; la ressemblance
avec les fougères arborescentes incite cependant à considérer comme fon¬
damentale l’absence de ramifications. Cette forme arborescente, cette
phase, persiste non seulement chez les Cycadacécs, mais encore, avec
quelques modifications dans le développement des entre-nœuds, chez les
Palmiers et les jeunes pieds de beaucoup d’arbres-dicotylédones à feuilles
composées ( Carica , Cecropia, Schizolobium, Bombax, Aralia, etc...);
les stades juvéniles récapitulent, en fait, cette phase ancestrale de
l’histoire de l’évolution des arbres modernes. Le passage de la feuille
composée à la feuille simple se rencontre chez de nombreuses formes jeunes
d’arbres modernes; autre exemple instructif, Y Agave monocarpique qui
est microsperme et montre que la plante en rosette massive à entre-nœuds
nuis, peut dériver directement de la forme arborescente Cycadoïde. Au
moins, VAgave montre la nécessité d’examiner à nouveau toutes les
formes de croissance des Monocotylédones tropicales et subtropicales.
Le carpelle épineux primitif est manifestement l’équivalent de la
mégasporophylle pennée, réduite à une écaille de bourgeon ou à un
phyllode basipète; c’est de ce fait l’homologue des pétioles épineux des
Cyalhea et Cycas. Mais, dans l’évolution de l’Angiosperme, le plein déve¬
loppement de la mégasporophylle ou du carpelle est postérieur à la fécon¬
dation. Et pourtant, le développement précoce, basipète ou phyllodique,
continue non seulement à caractériser les feuilles des Monocotylédones,
mais encore les fleurs en général; ce mécanisme conduit éventuellement
aux cycles floraux gamophylles et à l’ovaire infère. Le cas extrême de
réduction s’observe chez Welwitschia.
Source : MNHN, Paris
— 176
2. Phase monocolylédone.
Tôt ou tard les plantes à rejets de souche doivent avoir apparu dans
la phase Cycadoïde par suite d’un excès de photosynthèse; chez les arbres
monocarpiques, c’est spécialement le cas de ceux qui ne présentent pas
d’épaississement secondaire. Ainsi, chez les Palmiers, les Graminées et
les Musacées, des formes arborescentes en touffes sont apparues (Melroxy-
lon, Bambusa, Bavenala, Musa); combinées avec la microspermie et
l’accroissement des entre-nœuds, ces formes ont produit les caractéris¬
tiques herbacées-monocotylédones en touffes, les herbes des prairies et
des marécages, ainsi que les Zingibéracées et les Marantacées; chez ces
dernières le rhizome naît du développement secondaire d’un rejet de
souche. De telles formes herbacées ne sont pas apparues chez les Dicotylé¬
dones; les Dicotylédones herbacées dérivent en effet de formes arbores-
Source : MNHN, Paris
— 177 —
centes à épaississement secondaires; ce processus évite la formation de
rejets et les formes de jeunesse de telles plantes ne passent pas comme chez
l’Agave par un stade de rosette dépourvu d’entre-nœuds.
On se trompe généralement en considérant le genre ttavenala comme composé de
deux espèces, H. guyanensis et /i. madagascariensis, avec une distribution évidemment
très discontinue. Actuellement, ces deux plantes sont considérées comme génériquement
distinctes. II. madagascariensis a les inflorescences latérales, les fleurs, les graines et le
pollen semblable à ceux des Slrelitzia sud-africains; tandis que H. guyanensis présente
des différences qui le rattachent au genre sud-américain Heliconia. Ainsi, géographi¬
quement, les deux groupes naturels sont cohérents et, phylétiquement, ils montrent
chacun les caractères anciens et relictuels de ces formes arborescentes.,
3. Phase Papayer ou caricoïde.
Elle ressemble à la phase cycadoïde mais avec des débuts d’entre¬
nœuds et des ramifications éparses sur une tige moins massive ; chez les
Dicotylédones, il y a absence de rejets par suite de l’élongation des stades
de jeunesse, et du fait de l’épaississement secondaire de la tige.
Les Pandanus, aussi bien que le Carica sont typiques de cette phase ;
on peut leur adjoindre Hyphaene, les Cactacées et peut être aussi les
Nymphaeacées (dérivés aquatiques sub-herbacés). Mais, malgré leur
tronc plus ou moins massif ou encore leur bois plus ou moins dur, on peut
rattacher à la même phase arborescente un grand nombre d’arbres tro¬
picaux dispersés parmi des familles variées : Simaroubacées (Eurycoma),
Campanulacées; Solanacées, Composées, Bignoniacées (Oroxylon, Paja-
nelia), Araliacées, etc... Il est impossible de tracer une limite précise
entre ce stade et les deux suivants (cf. Artocarpus, Cecropia, Macaranga),
mais il est intéressant d’observer qu’ils ont pu, eux aussi, donner naissance
à des dérivés herbacés par acquisition de la microspermie avant que la
vraie forme arborescente moderne n’ait été atteinte. Cecropia et Maca¬
ranga, avec leur taille médiocre, sont principalement limités aux forêts
tropicales dégradées rendant ainsi évident le rôle de l’écologie dans
l’évolution de cette forme d’arbre.
Dans cette phase, la variation principale semble porter sur la posi¬
tion de l’inflorescence, qui peut être terminale (Bignoniacées, Pandanus ),
ou latérale ( Carica, Nymphaea, Cecropia, Macaranga et les Araliacées).
Les arbres-bouteilles, comme Adansonia ou Brachychilon, viennent
s’intercaler entre la phase Carica et la phase Dysoxylon.
B. STADE LEPTOCAULE
Rameaux plus ou moins grêles, très ramifiés, et bois plus ou moins
dur; entre-nœuds plus ou moins bien développés; mégaphyllie ou micro-
phyllie; mégaspermie ou microspermie.
Source : MNHN, Paris
178
1. Mégaspermes
4. Phase Dysoxylon.
Les Dysoxylon (Méliac.) sont typiques de cette importante sorte
d’arbres tropicaux à feuillage composé mégaphylle, décussé ou spiralé sur
d'assez gros rameaux ascendants. Chez Dysoxylon également, persiste de
façon caractéristique un fruit arillé qui se présente sous la forme d’une
capsule loculicide charnue. Beaucoup de Légumineuses, Sapindacées,
Burséracées, Anacardiacées, Bombacacées, Sterculiacées, etc... sont de ce
groupe, de même que Bocconia, Hevea, et (en partie) Arlocarpus.
Ici encore, comme dans la phase Carica, existent à la fois des inflo¬
rescences latérales et des inflorescences terminales; mais, comme dans les
deux groupes suivants, il n’y a pas de dérivés herbacés; ce sont les arbres
mégaspermes tropicaux par excellence.
5. Phase Magnolia.
Cette phase ressemble à la précédente, mais avec des feuilles simples
représentant soit des folioles terminales (Alangifera, Lucuma, Persea),
soit des feuilles composées palmées (Dillenia et peut-être MagnoliaJ, et
les rameaux sont ici moins massifs. Typiques sont les Magnoliacées,
Dilléniacées, Sapotacées, Barringlonia, Persea , Quercus, etc... mais de
nombreuses transitions existent avec la phase précédente (comme chez
les Sterculiacées), ou avec celle qui suit (comme chez les Myrtacées, Mélas-
tomacées et Elaeocarpacées). Les arbres-à-étages des genres Terminalia.
Achras, Palaquium, Elaeocarpus , Sloanea et Cerbera \ sont caractéristi¬
ques de cette phase (voir Corner 1940). Les feuilles peuvent être grandes
ou petites.
6. Phase Myrislica.
Elle coïncide avec la phase Magnolia quant aux feuilles simples,
mais l’arrangement foliaire, alterne ou décussé, se présente ici dans un
plan unique et qui donne au feuillage une allure aplatie sur des extré¬
mités horizontales. Ceci paraît être le mode de déploiement du feuillage le
plus perfectionné parmi tous les arbres, et les rameaux sont ici typiquement
grêles. Ces arbres sont généralement plus ou moins microphylles. Carac¬
téristiques sont les Myrislicacées, les Annonacées et beaucoup de genres
modernes d’arbres tropicaux ou tempérés comme Fagus, Carpinus, Durio.
Symplocos p. p., Diospyros, Lecythis, Memecylon, Eugenia p. p., etc...
7. Forme cauliflore.
Cette forme peut se superposer à n’importe laquelle des trois phases
précédentes, lorsque les rameaux sont déjà devenus grêles, alors que les
1. Apocynacée; en Afrique Alslonia présente un remarquable port à étages.
N. d. T
Source : MNHN, Paris
— 179
fleurs et les fruits sont encore massifs; elle est cependant plus caracté¬
ristique de la phase Myristica, cf. Myristica, Polyallhia, Diospyros,
Eugenia, Durio.
2. Microspermes
Dans cette catégorie qui groupe les arbres les plus modernes, on peut
trouver des équivalents aux phases précédentes 4, 5 et 6; on aboutit alors
à trois nouvelles phases qui peuvent être respectivement représentée de
façon typique par Cassia , Hibiscus et Vernonia. Dans chacune de ces
phases, et cela est caractéristique des Microspermes, on trouve des dérivés
herbacés. Quelques genres dont tous les représentants sont ligneux, font
exception comme Weinmannia, Populus et Salix.
DIAGRAMME DBS FORMES D 1 ANGIOSPERMES, ARBORESCENTES ET DÊRIVBBS
1 Dicotylédones I Monocotylédones
J Phase monocotylédone
X
l Graminées
j “7“
4 ^ Uliacées
g (fleure terminales
El ou axillaires)
feuilles compos. fil. simples 'f. simples ou ccap
Phase Dysoxylon Phase Magnolia Phase Myristica
4 4 4
i l ' c
jr
Phase |assia Phase Mbl.ou. Phae. Vernonia
l i- t
Le diagramme ci-dessus présente un résumé de la théorie du Durian;
il peut suggérer les observations suivantes.
a. — Il apparaît que la lacune qui sépare la phase cycadoïde du stade
leptocaule est largement remplie par les Monocotylédones qui peuvent
être considérés comme représentant les proto-Dicotylédones ; de même
que les Conifères et les Gnétales sont les représentants modernes des proto-
Gymnospermes. Tandis que les Dicotylédones produisaient toute la
sucession des stades évolutifs de la forêt, les formes arborescentes des
Monocotylédones semblent n’avoir produit que les stades les plus pri¬
mitifs. Ainsi les forêts tropicales de fougères arborescentes, de Ptéridos-
spermes et de Cycadales semblent avoir laissé la place à des forêts de
palmiers, avant que ne soient établies les forêts de Dicotylédones à larges
feuilles. L’absence d’épaississement secondaire, ainsi que l’absence de
racine pivotante et d'entre-nœuds développés à la germination, sont des-
Source : MNHN, Paris
180 —
Fig. 20. — Schéma des principales formes arborescentes ou subherbacées dérivées (A et F) :
A, Agave en rosette qui dérive directement de C par réduction ; B. arbre leptocaule mégas-
Source : MNHN, Paris
— 181 —
caractères primitifs que les Monocotylédones présentent en commun avec
les fougères arborescentes. Le problème pourrait être, en fait, non pas de
savoir pourquoi les Monocotylédones ont divergé à partir des Dicoty¬
lédones, mais pourquoi les germinations dicotylédonées ont divergé à
partir des Monocotylédones.
b. — Il existe une différence très grande entre le port ligneux et le
port herbacé chez les Dicotylédones arborescentes du premier groupe
(leptocaules-mégaspermes). La différence est beaucoup moins nette dans
le cas des microspermes (à peine plus que dans le cas des deux séries de
Monocotylédones donnant des dérivés herbacés). Ne pas distinguer ces
deux classes d’arbres est cause de la confusion qui règne actuellement dans
les tentatives de classification des Dicotylédones en groupes ligneux et en
groupes herbacés. Les Méliacées et Sapotacées ne sont pas l’équivalent des
Malvacées et des Rubiacées ligneuses.
c. -—• La forme herbacée a été différenciée selon deux lignes princi¬
pales, à partir des pachycaules et à partir des leptocaules microspermes
qui peuvent secondairement être ou non à bois mou); cette analyse aidera
à expliquer quelques-uns des malentendus qui existent aussi au sujet du
port herbacé.
d. — La liane est un cas spécial dont l’origine se situe à n’importe
laquelle des phases de l’arbre leptocaule (aussi bien que des Monocoty¬
lédones).
e. — Toutes les phases sont efficacement et abondamment représentées
par les plantes tropicales, mais seules les microspermes et les Monocoty¬
lédones herbacées sont bien représentées dans les flores tempérées; ceci
illustre bien ce qui est une évidence pour la plupart des botanistes étudiant
les forêts tropicales, qu’aucune plante à fleur n’a pu émerger des forêts
tropicales vers les pays de mousson ou les régions tempérées, avant d’être
adaptée, structuralement et physiologiquement, à faire face à des condi¬
tions rigoureuses.
/. ■— Les Casuarinacées, Salicacées, Cunoniacées, etc... Familles
arborescentes, microspermes et microphylles d’une part, et les genres
mégaspermes mais tempérés, Quercus, Fagus, Jugions, Aesculus, etc...
d’autre part, persistent comme des impasses dans l’évolution et demandent
une étude particulière.
g. — Les premières Angiospermes, à bois mou avec de grandes feuilles
perme à feuilles insérées en spirale; C, forme cycadolde hypothétique, monoculae et
monocarpique, à bouquet terminal de follicules épineux et à graines arillées; D, arbre
leptocaule cauliflore à feuilles alternes simples sur des rameaux horizontaux (cf. Durio );
E, forme caricoïde pachycaule peu ramifiée, à feuilles composées, à entrenœuds réduits
à follicules axillaires et à arilles; F, Monocotylédone cauliflore herbacée, rhizomateuse
à rejets aériens portant à plat des feuilles simples semblables à celles des arbres dicoty¬
lédones cauliflores mais dérivant de H (cf. Zingibéracées); G, arbres à étages, à fruits
capsulaires et à arilles (cf. Slonea ), à feuilles simples en rosettes (cf. Terminalia ); H, Mono¬
cotylédone pachycaule à rejets, monocarpique, à follicules épineux, à arilles, à feuilles
composées (cf. Rauenala); I, leptocaule mégasperme ancêtre des Légumineuses, à gousses
déhiscentes, à arilles, à feuilles composées insérées en spirale (cf. Parkia). L'image aurait
pu être complétée par quelques silhouettes d'oiseaux et de mammifères primitifs.
Source : MNHN, Paris
— 182 —
composées mésophytiques et de grosses graines sans pouvoir de dormance,
n’ont très probablement pas pu laisser de traces fossiles. La plantule de
Bhizophora, germant sur la plante-mère, est peut-être le représentant
actuel d’un type archaïque de proto-angiosperme d’estuaire.
h. — Une réduction de taille succède toujours à une apogée dans une
localité optimum donnée (cf. Lepidodendron et Calamites). Ainsi les forêts
des tropiques cèdent la place à des savanes sous l’influence du facteur
humain; ailleurs les bambous sont remplacés par des prairies.
i. — Un vaste champ de recherches est ouvert pour l’analyse de la
position relative de chaque famille et genre d’Angiospermes dans ce
diagramme évolutif. Chaque petit groupe spécifique de plantes tropicales
devra faire l’objet d’investigations renouvelées, car la place de la majorité
des espèces est encore très imparfaitement connue si l’on s’en tient à la
bibliographie (cf. p. 177, la confusion à propos du genre Ravenala).
CONCLUSION
J’ai évité presque toute référence aux caractères de la fleur. Récem¬
ment encore, en 1930, quelqu’un écrivait : « le fruit n’a que peu ou pas de
valeur pour contribuer à la connaissance de l’aspect primitif des Angios¬
permes. » La théorie du Durian, comme je l’ai appelée sur le conseil du
D r H. Godwin (Cambridge Botany School), montre qu’il est possible, en
prenant pour base l’étude des fruits tropicaux, d’arriver à une compréhen¬
sion étendue de l’évolution de l'arbre moderne, et peut-être même de la
plupart des êtres vivants qui ont accompagné les plantes à fleurs depuis
leur origine jusqu’à leur épanouissement.
La théorie montre qu’à partir d’arbres de petite taille, à port de
Cycas, probablement monocarpiques, à fleurs ou inflorescences terminales
et à volumineux follicules rouges épineux renfermant des graines noires à
arilles rouges, les forets tropicales ont dû graduellement se modifier par
une évolution qui a aboutit aux arbres microspermes modernes. Ce sont
les formes arborescentes microspermes qui ont pu donner naissance aux
Dicotylédones herbacées; ce sont elles aussi qui sont à l’origine de la
plupart des grands arbres. La forêt a pu par la suite augmenter sa com¬
plexité, particulièrement par la prolifération des lianes et des épiphytes,
mais aussi réduire la quantité de fruits comestibles qu'elle offrait aupara¬
vant à la vie animale. La théorie attire l’attention sur l’un des aspects
les plus négligés de la biologie qui est la vie même des forêts tropicales;
elle insiste sur l’importance des rapports entre les animaux et les plantes
et tout particulièrement sur l’énorme diversité des formes arborescentes,
des combinaisons de caractères et des processus évolutifs. Cette multi¬
plicité est la raison d’être de la forêt tropicale. Ainsi les arbres cauliflores,
les Palmiers, les arbres-à-étages aussi bien que les baies, les drupes, les
noix ou les dimensions des graines, trouvent une explication naturelle.
Aesculus et Artocarpus, Castanea et Pandanus, Sloanea et Durio, chaque
genre trouve sa place naturelle.
Source : MNHN, Paris
183 —
Mais comme toute hypothèse prétendant éclairer une matière aussi
vaste, celle-ci devra être perpétuellement retouchée au fur et à mesure
de la découverte de ses nouveaux aspects; chaque genre ou famille sera
à prendre en considération avec les particularités qui lui sont propres.
Les ports des arbres, les bois, les feuilles, les boutons, les fleurs, les fruits,
les graines et les racines fournissent tous les critères qui devront être un
par un analysés et soupesés.
Il est maintenant manifeste que les ancêtres d’Archidendron, Delonix,
Durio, Slerculia, Sloanea, Dysoxylon, etc..., qui ont des tiges épaisses, des
feuilles composées, de grandes fleurs et des fruits à arilles rouges, ont
représenté un « climax » de formes arborescentes adaptées aux conditions
optimales que peuvent trouver, dans la ceinture équatoriale, les plantes
de terre ferme; ainsi ces formes arborescentes ancestrales représentent le
Xérophyton ou plante de terre ferme. Mais l’apogée de ces formes, en
dimensions comme en puissance de survie, n’est plus réservée à quelques
genres. Elle se manifeste actuellement dans des familles telles que les
Papilionacées, Diptérocarpacées, Anacardiacées, Lécythidacées, Cupuli-
fères, etc... Dans ces familles on remarque une tendance à la réduction de
la taille et de la complexité des branches, feuilles, fleurs et fruits; mais la
grosse graine comme facteur forestier se maintient. Ce sont ces familles
modernes d’arbres tropicaux mégaspermes qui donnent, me semble-t-il,
dans leur homoplastique diversité, une idée exacte du Xérophyton. La
plupart des flores tempérées tirent leur origine des forêts tropicales. Ces
forêts se maintiendront, en dehors de tout facteur humain, aussi longtemps
que persistera le climat de la rain-forest; et comme celui-ci se dégrade,
elles céderont la place aux arbres microspermes, éventuellement aux
savanes, et ainsi l’âge d’or sera révolu à jamais.
SOMMAIRE
(Repris textuellement de l'édition originale.)
Taking the Durian (Durio zibelhinus) as the type of fruit, and using the Legu-
minosæ, particulary, for exemplification, as well as as Carica, Arlocarpus, Aescutus
and Caslanea, it is argued that the primitive angiosperm fruit must hâve been a red
lleshy follicle, probably spiny, witli large black seeds hanging on persistent funicles
and covered with a red aril.
From this precept, it is argued further that the primitive angiosperm must hâve
been a mesophytic, tropical, Cycad-like monocaulous tree with large pinnate leaves
and peltate scales, probably monocarpic, and producing a terminal cluster of large
ariilate follicies.
Ramification with conséquent réduction in size and complexity of the branches,
leaves, flowers, and fruits, and the évolution of axillary inflorescences, hâve led to the
modem tree-form with many slender twigs, simple leaves in horizontal sprays, small
flowers, and greatly increased height.
Among modem tropical rain-forest trees a distinction is drawn between the more
primitive pachycaul trees with massive unbranched, sparingly branched, or suckered
(monocotyiedonous) trunk, soft wood, and large leaves, and the orthodox leptocaul
trees with relatively slender twigs and hard wood. A further distinction is made among
leptocaul trees between the megaspermous and non-herbaceous and the microspermous
Source : MNHN, Paris
— 184
from which the dicotyledonous herbaceous plants hâve been derived; transitions
between these two kinds of trees appear to be rare. Cauliflory is a condition forced
upon leptocaui trees with, usuaily, appianate foliage by the rétention of the old massive
forms of flower and fruit.
The principles of axial conformily (or the correspondence in size and complcxity
between appendages and the parent axis) and diminulion on ramification are indicated
as fundamental to the construction of iand-plants.
Modem fruits as capsules, nuts, winged indéhiscent fruits, and so on hâve been
evolved from the primitive arillate fruit with conséquent great loss in food-supply
to forest birds and mammais.
The signiflcance of the spiny armour, the colour, the dangling seeds, and the
smell of arillate fruit is discussed.
Ouvrages cités
Bailey F. M. —• Catalogue of Queensland Plants (1916).
Church A. H. — Thalassiophyta... Oxford Botanical Memoirs, n° 3 (1919).
Corner E. J. H. —■ Wayside Trees of Malaya, Singapore (1940).
— Suggestions for Botanical Progress. New Phytol., XLV : 185 (1946).
— The Annonaceous Seed and its Four Integuments. Ibid. XLVIII (1949).
Pfeiffer A. — Die Arillargebilde der Pflanzensamen. Engl. Bot. Jahrb-, XIII.
492-540, t. 6 (1949).
Pincher, Chapman. — Vision in Fishes. Discovery, July, p. 215 (1947).
Références complémentaires
Bâillon H. — Le fruit du Durian, Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 369-370 (2 mai 1883).
Corner E. J. H. — The Leguminous Seed, Phytomorphology 1, 1-2 : 117-150 (1951).
— The Durian Theory extended I., Phytomorphology 3 : 465-476(1953); II et III,
ibid. : 152-165 et 263-274 (1954).
— A Dipterocarp due to the Biochemistry of Durianology. Annals of Bot. 27 : 339
(1963).
Lemesle R. — Contribution à l’étude de quelques familles de Dicotylédones considérées
comme primitives, Phytomorphologie 6, 1 : 11-45 (1955).
Ozenda P. — Recherches sur les Dicotylédones apocarpiques. Contribution à l'étude
des Angiospermes dites primitives. Jouve éd. Paris : 1-183 (1949).
Parkin J. — The Durian Theory : a criticism, Phytomorphology 3, 1-2 : 80-88 (1953).
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES RUBIACÉES
DE MADAGASCAR. I. CINCHONÉES
par A. Cavaco
1. SCHISMATOCLADA Bak.
En 1883, Baker a créé le genre Schismatoclada *, endémique à Mada¬
gascar, comprenant une espèce qu’il a nommée : S. psychotrioides. Cette
espèce est décrite sur deux spécimens de Baron n° 1320, 1769; l’échan¬
tillon type n’a pas été désigné. Deux ans après, le même auteur 1 2 décrit
deux plantes malgaches récoltées aussi par Baron, le S. concinna (Baron
s. n.) et le S. viburnoides (Baron 3220) ; en 1877 3 il ajoute une autre espèce,
le S. tricholarynx (Baron 3632).
En 1939, M ,le A.-M. Homolle publie une série d’espèces nouvelles 4
de ce genre, établit deux combinaisons nouvelles basées sur deux Mussaenda
et fait tomber en synonymie du S. psychotrioides Bak. le S. tricholarynx
du botaniste britannique.
En 1955, enfin, Humbert 5 , dans son ouvrage sur le Massif du Maro-
jejy, publie trois espèces et une variété nouvelle; les affinités entre ces
taxa y sont étudiées.
11 m’a semblé utile d’établir la clé dichotomique des espèces rencon¬
trées jusqu’à présent à Madagascar et de publier deux espèces nouvelles
de M Ue A. Homolle restées inédites jusqu’à présent. Par ailleurs, à la
suite de cette étude j’ai été amené à mettre en synonymie le S. mandra-
rensis Homolle et à le considérer comme une forme de S. auranliaca du
même auteur. Enfin, je donne un aperçu de la répartition géographique
de ces plantes malgaches.
1. In Journ. Linn. Soc. XX : 159, pl. XXIV (1883).
2. Op. cil. XXI: 407 (1885).
3. Op. cil. XXII : 480.
4. In Not. Syst. VIII : 28-32.
5. In Mém. Inst. Sc. Madagascar, VI, ser. B : 139-144.
Source : MNHN, Paris
186 —
ÉNUMÉRATION DES ESPÈCES
Les Schismaloclada sont des sous-arbustes et des arbustes atteignant
5 m de haut. Ce genre comprend actuellement 19 espèces. Les voici, par
ordre chronologique de publication :
1. S. psychotrioides Bak. in Journ. Linn. Soc. XX : 159, PI. XXIV.
(1883) (Espèce-type.). -S. Iricholarynx Bak., op. cil. XXII : 480 (1887)
(Type : Baron 3632, K, P); Homolle in Not. Syst. VIII, 1 : 32(1939).
Domaine de l'Est : Mont Andriambovibé, Decary 18076; sans indication précise,
d’AlIeizette 595 m; bassin intérieur du Mangoro, Perrier 18286; environs de Fort-
Dauphin, Humbert 5843.
Domaine du centre : Sans autre indication, Baron 1278, 1769 (Lectotype, K, P),
3632 (type de S. tricholarynx), 4215, 4632, 5623; environs d’Ambositra, forêt de
Ranomena, 1300-1400 m ait., Humbert 4837; versant E. du massif d’Andringitra.
1400 m ait. Perrier 3995, 3997; Betsileo, Hildebrandl 3898; Imerina, Hildebrandt
3631 ; pentes occidentales, Horombe, 1300 m, Perrier 12678 ; Tinjoarivo, Perrier 16942 :
haute vallée de la Rienana, 1000-1400 n°3, Humbert 3595 ; bassin de l'Onibe R. N. n° 3,
1200-1500 m Humbert 17751, 17805; Angavo, Waterlot 706; Moramanga, Decary
7220; massif de Monongarivo, Perrier 3808; forêt d'Analamazaotra. Perrier 6940.
Les spécimens Humblot 548 rapportés à cette espèce par M lle Homolle,
offrent des caractères foliaires du S. continua mais ils se rapprochent
plutôt du S. psychotrioides par leur calice à lobes allongés (chez S. concinna
les lobes sont très courts). Ceux-ci ne sont pas cependant tout à fait
identiques à ceux du S. psychotrioides. En effet, dans les spécimens de
Humblot le calice montre des lobes lancéolés (non foliacés ni spathuli-
formes) qui n’atteignent pas deux fois la longueur du tube. Nous ne dis¬
posons pas de matériel suffisant pour savoir si ce caractère est constant
et en faire une variété nouvelle. Il s’agit peut-être tout simplement d’un
hybride entre ces deux espèces qui cohabitent dans la région d’Anala-
mazaotra.
2. S. concinna Bak., op. cil. XXI : 407 (1885).
Domaine du Centre : Sans autre indication, Baron s. n. (Type, K, P), 3726;
Mont Maromizaha, vers 1 000 m ait., près d'Analamazaotra, Perrier 16020.
Apparenté de très près à S. psychotrioides dont il diffère surtout par
son calice à lobes courts.
3. S. viburnoides Bak. op. cil., XXI : 407 (1885); Crandidier, Hist.
Madag. Atlas. PI. 455 (1897): Humbert in Mém. Inst. 8c. Madagascar, VI,
ser. B : 143 (1955).
Domaine de l'Est : Fort-Dauphin, Scott Elliot 2662.
Domaine du Centre : Sans autre indication, Baron 1320, 3220 (Type, K, P),
3628, 4289; sur les rochers du sommet de Lohanandranotsara (contrefort occidental
du Marojejy) vers 1 200 m ait., Humbert 23169; dans la sylve à Lichens du versant
oriental, 1 500-1 700 m, Humbert 22582; dans la végétation éricofde du sommet
culminant, entre 2 000 et 2 100 m, Humbert 23779 et Cours 3511; dans la sylve à
Source : MNHN, Paris
— 187 —
Fig. I. — Schismaloclada aurantiaca : 1, rameau florifère X 2/3. — S. purpurca : 2, rameau
florifère X 2/3; 3, rameau fructifère X 2/3. —- S. larahimpcnsis : 4, rameau florifère
X 2/3; 5, rameau fructifère X 2/3. — S. aurea : 6, rameau avec fleurs et fruits X 2/3.
S. Iulea : 7, rameau florifère x 2/3. (M 11 * Vesque, del.)
Source : MNHN, Paris
— 188 —
Lichens aux abords du sommet du Beondroka, vers 1 400 m, Humbert 23500; au
sommet de l’Anjenabe, vers 1 100 m, Humbert 24150.
Voisin du S. rupeslris et du S. rubra, très semblables entre eux.
4. S. aurantiaca llomollein Not. Syst. VIII, 1 : 28 (1939). — S. man-
drarensis Homolle op. et tom. cil., p. 30.
Domaine du Centre : Pic d’ivohibe, 1 500-2 000 m ait., Humbert 3242; haute
vallée de la Rienana, 1 000-1 400 m ait., Humbert 3521 (Lectotype, P); massif de
Beampingaratra, sommet de Bekoho, 1 500 m, Humbert 6435 (Type de S. mandra¬
rensis); même massif, mont Papanga, 1 400-1 576 m, Humbert 6365 (Syntype de
S. mandrarensis).
Domaine de l’Est : Vondrozo (Farafangana), Decary 5238.
Je ne vois pas de différences spécifiques avec S. mandrarensis à part
la gaine stipulaire un peu plus courte et les fleurs un peu plus petites.
Les lobes du calice sont un peu plus larges aussi, mais leur longueur varie
selon les échantillons examinés et sur un même spécimen elle n’est guère
constante (ce qui s’oberve également dans d’autres espèces dont
S. rupestris et S. psycholrioides en sont deux exemples). En tenant compte
de ces petites variations quantitatives, on peut considérer le S. mandra¬
rensis comme une forme.
5. S. aurea Homolle op. et lom. cil., p. 28.
Domaine de l’Est : Massif d’ikongo (Farafangana), Decary 5620.
Domaine du Centre : Massif d’Andringitra, 1 700 m ait. Perrier 3996 (Lecto¬
type, P), vers 2 200 m ait., Perrier 13715, vers 1 600 m ait., Perrier 14475; pic d’ivo¬
hibe (Bara), 1 500-2 000 m ait., Humbert 3337; massif d’Andringitra (Iratsy), 2 000-
2 500 m ait., Humbert 3866.
Voisin du S. Humbertiana mais à inflorescence ramifiée, à cymes
portées sur des pédoncules longs (comme chez S. rupeslris dont il est
également allié).
6. S. citrifolia (Lamk ex Poir.) Homolle op et lom. cil., p. 28.
Mussaenda citrifolia Lamk ex Poir., Encycl. Méth. IV : 393 (1797).
Domaine de l’Est : District de Fort-Dauphin, Belavenoke, Decary 10444,
10730, Mahialambo, Decary 10567; Farafangana, Geay 6783. Type in Herb. Lamarck.
n° 60 (P).
Très proche allié du S. rupestris dont il diffère surtout par les lobes
du calice subspathuliformes.
7. S. farahimpensis Homolle op. et lom. cit. p. 29.
Domaine de l’Est : Farahimpa, Gouvernement de Madagascar 10 (Lectotype. P).
Domaine du Sambirano : Sans autre indication, Perrier 3821.
Domaine du Centre : Forêt d'Analamazaotra, Louvel 184, Thouvenot 8; massif
du Beampingaratra, 800-1 500 m ait., Humbert 6324.
Source : MNHN, Paris
— 189 —
Allié de très près du S. psycholrioides dont il diffère surtout par son
fruit de forme différente et plus petit, et aussi par son calice à lobes non
foliacés.
8. S. Humbertiana Homolle op. et lom. cit. p. 29; Humbert in
Mém. Inst. Sc. Madagascar, VI, ser. B : 142 (1955).
Domaine du Centre : Massif d’Andohahelo, 1 800-1 979 m ait., Humbert 6178
(Lectotype, P), 13660; massif du Beampingaratra, 1 400-1 576 m, Humbert 6381,
6385, 6442; bassin supérieur du Mandrare, sommet de Marosoui; 1 000-1 400 m ait..
Humbert 6630 bis; bassin de l’itomampy, mont Papanga, 1 300-1 700 m ait., Humbert
6903; mont Itrafanaomby (haut Mandrare), 1 600-1 963 m ait., Humbert 13531;
forêt d'Andasibe (bassin de l’Onive), 1 400 m ait., Perrier 17097.
Les affinités de S. aurea avec cette espèce ont été indiquées plus haut.
9. S. lutea Homolle op. et tom. cil. p. 30.
Domaine de l'Est : Environs de la baie d’Antongil, Perrier 3951 (Type, P).
Espèce bien reconnaissable à ses inflorescences très lâches. Voisine
de S. auranliaca.
10. S. pubescens Homolle op. et tom. cil. p. 30.
Domaine de l’Est : Farafangana, dans un marais des environs de Vondrozo,
Decary 5463 (Type, P).
Voisin de l’espèce suivante par ses inflorescences et ses stipules.
ll.S. purpurea Homolle op. et lom. cit. p. 31.
Domaine du Centre : Massif du Tsaratanana, 2 000 m ait., Perrier 15355 (Type,
Diffère de l’espèce précédente surtout par son calice à lobes deltoïdes.
12. S. rubra Homolle op. et tom. cit., p. 31.
Domaine de l'Est : Massif du Beampingaratra, vallée de la Maloto, 600-800 m
ait., Humbert 6341.
Domaine du Centre : Même massif, même vallée, 800-1500 m ait., Humbert
6341 bis; même massif, mont Papanga, 1 400-1 576 m ait., Humbert 6341 1er; même
massif, sommet de Bekoho, 1 100-1 500 m ait., Humbert 6461 (Lectotype, P), 6469.
Très proche allié de l’espèce suivante mais à stipules deltoïdes.
13. S. rupestris Homolle op. et lom. cit., p. 31.
Domaine du Centre : Massif de l'Ivakoany, 1 300-1 640 m ait., Humbert 7001,
12218 (Lectotype, P); massif du Kalambatitra, 1 700-1 850 m ait., Humbert 11962,
12076; pentes occidentales des montagnes, à l’Aniampanga, en amont de Mahamavo,
vers 900 m ait., Humbert 13893; mêmes pentes, au Vatazo (S. d’Imonty), 900 m ait.,
Humbert 14055; Ambositra, Decary 13572.
Très proche allié de l’espèce précédente, comme il a été dit plus haut,
et voisin aussi de S. viburnoides dont il diffère surtout par son calice à
lobes glabres.
Source : MNHN, Paris
Fig. 2. — Schismaloclnda cilrifolia : 1, rameau florifère X 2/3; 2, fleur X 2,5. — S. villiflora :
3, rameau florifère X 2/3; 4, feuille X 2/3; 5, fleur X 2. — S. Humberliana : 6, rameau
florifère x 2/3; 7, fruit X 2. — S. rupeslris : 8, rameau florifère X 2/3; 9, fruit X 2.
Source : MNHN, Paris
— 191 —
— var. brevicalyx Humbert in Mém. Inst. Sc. Madagascar, VI,
ser. B : 143 (1955).
Domaine du Centre : Sommet oriental du Marojejy, dans la sylve à Lichens,
1 500-1 700 m, Humbert 22569; même massif, dans la végétation éricoïde, 2 000-
2 100 m, Humbert 23795; dans la sylve à Lichens de l’Ambatosoratra, 1 300-1 400 m,
Humbert 22903. - Je n'ai pas pu examiner ces échantillons cités par l’auteur de cette
variété.
14. S. Thouarsiana (H. Bn) Homolle in Not. Syst. lom. cil., p. 32.
Mussaenda? Thouarsiana H. Bn, Adansonia XII ; 295 (1876-1879).
Domaine de l'Est : Vallée de la Manampanihy, aux environs d'Ampasimena,
20-100 m ait., Humbert 20596; sans indication précise du lieu de récolte, Du Petil-
Thouars s. n. (Type, P).
Domaine du Centre : Massif de Tsaratanana, vers 1 400 m ait., Perrier 16080.
Espèce bien distincte par ses inflorescences amples et ses feuilles
de grandes dimensions à stipules soudées entre elles formant une gaine
plus ou moins haute.
15. S. coriacea Humbert in Mém. Inst. Sc. Madagascar, lom. et
ser. cil. : 139, fig. 13, 1-4.
Domaine du Centre : Sommet oriental du Marojejy, dans la végétation éricoïde,
sur rocailles, 2 050-2 137 m ait., Humbert 22762 (Type, P), 23823, Cours 3485.
16. S. beondrokensis Humbert op. et lom. cil. : 140, fig. 13, 5-9.
Domaine du Centre : Sommet du Beondroka, sylve à Lichens, vers 1 400 m
ait., Humbert 23487 (Type, P).
Apparenté de très près à l’espèce précédente dont il se distingue
aisément par ses stipules multifides, ses feuilles à bord densément pubes-
cent et d’autres caractères dont on trouvera un exposé très complet dans
l’ouvrage du Professeur Humbert sur « Le Massif du Marojejy » déjà cité.
Les rapports phylétiques entre ces taxa et l’espèce suivante y sont
étudiés minutieusement.
17. S. marojejyensis Humbert op. et lom. cil. : 142, fig. 13, 10-14.
Domaine du Centre : Sommet oriental du Marojejy, dans la végétation éricoïde,
2 000-2 100 m ait., Humbert 23697 (Type, P).
Affine de S. Humberliana mais à fleurs solitaires (non en cymes
contractées) et plus grandes.
18. S. bracteata Homolle ex Cavaco
Ramis glabris. Folia coriacea, glabra, glauca, petiolata; limbo elongato
oblanceolato, angusto vel elato, longe et abrupte acuminato, nervis per-
multis minoribus conspicuis; petiolo 2-3 mm; stipulis longe acuminatis
integris. Inflorescentiae in cymas densas ramosas terminales dispositae;
bracteis multis, ovatis-lanceolatis 1,5-2 X 0,5-0,8 cm. Flores 1,2 cm. longi;
calyce 0,8-1 cm. longo, lobis 4-5, foliaceis, lanceolatis longitudinem tubi
Source : MNHN, Paris
— 192 —
sexto vel octo superantibus; corolla rubra, ad 1 cm. longa. Capsula elongata,
lobis calycis coronata, ad 2 cm. longa; semina permulta elongata, alata.
Madagascar. Domaine du Centre : Haute vallée de la Rienana (bassin du Mati-
tanana), 1 000-1 400 m ait., Humbert 3607 (Type, P); Ianala, Deans Cowan s. n.
(BM, P).
Cette espèce est voisine du S. psychoirioides par son calice à lobes
foliacés très développés et par la forme de son fruit mais elle se distingue
aisément surtout par ses inflorescences accompagnées de feuilles bracté-
téales persistantes jusqu’au sommet.
19. S. villiflora Homolle ex Cavaco
Frutex (4-6 m.) glabcr. Folia persistcntia, petiolata; limbo oblanceolato,
longe acuminato, ad basim longe attenuato-decurrente, nervis lateralibus
permultis, nervis nervulisque conspicuis; petiolo brevi; stipulis deltoideis
breve acuminatis intus pubescentibus. Inflorescentiae in cymas terminales
ramosas paniculiformes multiflores dispositae; pedunculis secundariis elon-
gatis complanatis 2-3 cm. longis; bracteis lanceolatis parvis intus pubes¬
centibus. Flores albi, brevissime pedicellati, calyce campanulato, lobis
5 ovatis crassis, intus hirsutis, corolla ad 1 cm. longa, infundubuliforme tubo
extus glabro, fauce hirsuta, lobis 5 oblongis extus pubescentibus intus gla-
bris. Capsula ignota.
Madagascar. Domaine du Centre : Tsaratanana, dans la sylve à Lichens, Perrier
15524 (Type, P).
Voisin de S. auranliaca mais à stipules deltoïdes, à lobes du calice
petits, à lobes de la corolle non velus.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Feuilles très petites, de 4-15 mm. de long et de 2-5 mm. de large.
2. Fleurs solitaires au sommet des rameaux; feuilles atteignant
à peine 9 mm de long. S. marojejyensis.
2'. Fleurs groupées au sommet des rameaux formant des inflores¬
cences, non ramifiées, de cymes petites et sessiles; feuilles de
1-1,5 cm. de long. S. Humbertiana.
1'. Feuilles d’au moins 2,5 cm de long et de plus de 5 mm de large.
3. Feuilles de 16-20 cm de long et de 5-6 cm de large, à pétiole
de 3 cm de long. Inflorescence de cymes denses, ramifiée,
atteignant à l’état de fruit, 11 cm de large. S. Thouarsiana.
3'. Feuilles et inflorescences beaucoup plus petites.
4. Inflorescence de 7-15 cm de long en panicules amples de
cymes, ou en ombelles de cymes.
5. Inflorescence très lâche à 2 axes secondaires de chaque
côté de l’axe principale en ombelles; stipules entières,
deltoïdes. S. lutea.
Source : MNHN, Paris
193
Source : MNHN, Paris
- 194 —
5'. Inflorescence moins lâche à plusieurs axes secondaires
de chaque côté de l’axe principal en panicule; stipules
multifides. S. aurantiaca.
4'. Inflorescence non disposée en panicules amples ni en
ombelles, plus petites.
6. Fleurs disposées au sommet des rameaux, en glomérules.
7. Feuilles à bord densément pubescent; stipules mul¬
tifides . S. beondrokensis.
T. Feuilles à bord glabre; stipules entières. S. coriacea.
6'. Fleurs en cymes pédonculées terminales ou axillaires.
8. Stipules profondément divisées.
9. Inflorescence en corymbes; fleurs petites atteignant
1.5 cm de long.
10. Lobes du calice foliacés. S. pubescens.
10'. Lobes du calice deltoïdes. S. purpurea.
9'. Inflorescence non en corymbes; fleurs grandes de
2.5 cm de long et plus. S. aurea.
8'. Stipules entières.
11. Feuilles sessiles. S. citrifolia.
11'. Feuilles pétiolées.
12. Inflorescence accompagnée de feuilles bractéales
persistantes, jusqu’au sommet. S. bracteata.
12'. Inflorescence non accompagnée de feuilles brac¬
téales persistantes jusqu’au sommet.
13. Lobes de la corolle velus extérieurement. S. villiflora.
13'. Lobes de la corolle non velus extérieurement.
14. Feuilles sans pétiole distinct ou à pétiole ailé.
15. Stipules longuement acuminées, non del¬
toïdes . S. rupestris.
15'. Stipules non longuement acuminées, del¬
toïdes.
16. Lobes du calice densément ciliés. S. viburnoides.
16'. Lobes du calice non ciliés. S. rubra.
14'. Feuilles à pétiole distinct.
17. Lobes du calice courts, obtus, épais . S. concinna.
17'. Lobes du calice allongés, non obtus, non
18. Fruit ovoïde à globuleux. S. farahimpanensis.
18'. Fruit oblong atténué vers la base.
. S. psychotrioides.
Espèce incomplètement connue :
S. Homollei Boiteau in Bull. Acad, malg., n. s., XXIV : 81 (1942).
Ce taxon dont on ne connaît pas les fleurs ni les graines est douteux.
A ne pas en tenir compte jusqu’à ce que l’on trouve des spécimens plus
complets.
Source : MNHN, Paris
— 195
RÉPARTITION DES SCHISMATOCLADA
Voici un résumé de la répartition, par domaines floristiques, des
Schismaloclada. Ils sont localisés dans la région malgache orientale, sensu
Humbert x , qui comprend quatre domaines :
1. Domaine de l’Est (de l’Océan Indien à ± 800 m d’altitude).
Trois Schismatoclada sont propres à ce Domaine : S. cilrifolia, S. lutea et
S. pubescens. Six sont communs au domaine du Centre : S. psycholrioides.
S. viburnoides, S. aurantiaca , S. aurea, S. farahimpensis et enfin S. rubra.
2 et 3. Domaines du Centre (au-dessus de ± 800 m d’alt. jusqu’à
± 2 000 m) et des Hautes Montagnes (au-dessus de ± 2 000 m d’alt.).
Les espèces suivantes ne dépassent pas ± 1 500 m d’alt. : S. Thouarsiana,
S. villi/lora, S. bracteala, S. rubra, S. farahimpensis, S. psycholrioides
et S. concinna. Atteignent ± 2 100 m d’alt., dans la végétation éricoïde
du Marojejy le S. viburnoides, S. rupeslris, S. coriacea et le S. maro-
jejyensis; à ce même niveau, dans le pic d’Ivohibé, le S. aurantiaca, et
dans le massif de Tsaratanana, le S. purpurea. Le S. aurea monte à
2 500 m dans le massif d’Andringitra (domaine des Hautes Montagnes).
Dans la sylve à Lichens du Beondroka, vers 1 400 m d’alt., ont été récol¬
tés le S. Humberliana qui atteint 1 979 m d’alt. dans les montagnes du
Sud-Est et le S. beondrokensis.
4. Domaine du Sambirano (dans le Nord-Ouest de l’île). Une seule
espèce, le S. farahimpensis, qui se retrouve dans les domaines du Centre
et de l’Est.
Résumé. — Les Schismatoclada habitent donc les forêts denses,
ombrophiles et sclérophylles. Sur 19 espèces, 3 sont localisées dans le
domaine de l’Est, 10 dans le domaine du Centre, 6 s’étalent dans ces deux
domaines (dont une seule, le S. farahimpensis, se retrouve ailleurs, dans
le domaine du Sambirano). Parmi les espèces qui montent à 2 000-2 500 ni
d'alt., trois (S. viburnoides, S. aurantiaca et S. aurea) ont une large exten¬
sion puisqu’elles pénètrent profondément dans le domaine de l’Est,
jusqu’aux environs de Farafangana et de Fort-Dauphin. Par contre,
2 espèces sont confinées dans la végétation éricoïde à ± 2 100 m d’ail. :
S.'coriacea et S. marojejyensis.
I. II. Humbert. — « Les territoires phytogéographiqucs de Madagascar. Leur
cartographie ». In Année biolog. 31 : 439-448 (1955), Paris.
Source : MNHN, Paris
BERTIERA ANGUSIANA, RUBIACÉE NOUVELLE
DE LA RHODÉSIE DU NORD
par N. Halle
Quatorze parts provenant d’herbiers indéterminés aimablement com¬
muniqués par MM. les Directeurs des Herbariums de Bruxelles et de Ivew,
ont été réunies et étudiées. Treize sont de Rhodésie du Nord, une seule
part est du Sud-Ouest du Congo ex-belge. Ce matériel homospéeifique nous
Source : MNHN, Paris
— 197 —
permet de décrire une nouvelle plante appartenant au genre Bertiera,
sous-genre Berlierella N. Halle (1960). Nous dédions cette espèce à
M. A. Angus dont les déterminations provisoires datées de 1954, montrent
qu’il a prévu à la fois sa parenté avec le B. subsessilis Hiern, et son ori¬
ginalité, d’après une partie de nos matériaux d’étude (cf. F. White 1962).
Bertiera angusiana N. Hallé sp. nov.
Haec species stipulis magnis 15-40 mm longis, 6-11 mm latis, i glabris,
conspicuis, ab omnibus speciebus differt; admis B. subsessili Hiern sed
inflorescentiis non tam arctis, cymulis lateralibus non contractis, pilis in
nervis subter folii non appressis sed erectis, fructu pedicellato differt; affinis
etiam B. congolanae De Wild. sed foliis in sicco virido-olivaceis, inflores¬
centiis brevioribus 3-7 cm longis interdum pendentibus pedunculo saepe
nullo, fructu non tam longe pedicellato, nervis secundariis (6) 7-9 ascendentio-
ribus differt.
Caractères complémentaires :
Arbuste de 2-5 m de haut, à rameaux pubescents puis glabrescents.
Pétiole de 1-3(5) mm de long, largement marginé-canaliculé. Limbe
elliptique à base ± cunéiforme, à sommet brièvement aigu, de 9-15 X
3-6 cm. Une paire de feuilles souvent réduites ou ± avortées à la base de
l’inflorescence. Cymes latérales accrescentes après l’anthèse. Fleur blanche
ou blanc-crème de 11-14 mm de long, sessile avant l'anthèse; calice pubes-
cent, cupuliforme, haut de 1 mm, paucidenticulé ou ± 5-denté. Corolle
pubescente à tube de 1-1,5 mm de large à sec, à 5 lobes très aigus; pilosité
interne (intermédiaire entre B. subsessilis et B. congolana : cf. N. Hallé
1960) comprenant des poils i dressés et médiocrement denses vers la
base et au-dessous de la base des lobes, et des papilles infrastaminales.
Anthères longues de 2-3 mm, à connectif saillant î aigu. Style caracté¬
ristique du genre. Disque haut de 0,5 mm. Ovaire (réceptable) pubescent
à 2 loges. Fruit subsphérique à ovoïde (env. 5 mm), ± glabrescent, pédi-
cellé et à cupule accrescente, rouge clair avant maturité à sec; 55-75
graines pour un fruit (Fanshawe 1998).
Matériel étudié :
Rhodésie du Nord
U. B. Fanshawe : F. 1998 (K, BR) Shiwangandu (fl. 5-2-1955); F. 3683
(K) Kawambwa (11. 27-8-1957). - Greenwav : 5763 (K. typlis) Shiwa Ngandu 5100 ft
ait. (11. 23-9-1938). — R. M. Lawton : 756 (K) Misamfwa, Kasama (11. et j. fr. 14-9-
1961) . — K. A. Robinson : 4012 (K) Kasama, Mungwi (j. fr. 26-10-1960). — F. White :
3299 (K, BR) Mwinilunga, 4 miles N. of Kalene Hill Mission (11. 20-9-1952); 3546
(K) = 3565 (BR) 10 miles W. of Kawambwa Borna (fr. 31-10-1952); 3783 (K) Chinsali,
Shiwa Ngandu (bout, et j. fr. 29-11-1952).
A. Schmitz 5662 (BR) riv. Luhinda. 153 km. de Kolwesi vers Kinda et Kamina
(II. 20-9-1957).
Source : MNHN, Paris
— 198 —
Notes écologiuues :
Growing in evergreen forest (White, Robinson); at edge of fringing
forest (White); common with Garcinia, Psychotria, and Pleclranlhus
in Sygygium sp., S. cordalum, Xylopia, Fagara macrophylla, Canarium,
Bersama swamp forest (Greenway) ; en bordure de galerie forestière
sur sable périodiquement inondé (Schmitz); in Berlinia forest fringing
small rocky stream (White).
Références
N. Halle. — Sur les Berliera (Rub.) d’Afrique, Notulae System. 16 : 280-292 (1960).
— — Espèces africaines nouvelles de Berliera, Adansonia, 3 : 294-306 (1963).
F. White. — Forest Flora of Northern Rhodesia, Oxford Univ. Press : 397 (f. 70k) et
401 (1912).
Source : MNHN, Paris
UN NOUVEL ELI ON U RUS DE COTE-D’IVOIRE
(GRAMINÉES)
par Adjanohoun et Clayton 1
Elionurus euchaetus Adjanohoun et Clayton, sp. nov.
Affinis E. platypi (Trin.) Hack. sed gluma inferiore spiculae pedicellatae
longe aristata et ea sessilis biaristata differt.
Gramen perenne, usque 1 m altum; innovationes intravaginales; culmi
erecti, leviter compressi, laeves, nodis barbatis, infra nodos pubescentes
ceterum glabri, e nodis superioribus ramos floriferos gerentes. Foliorum
vaginae sericeotomentosae, striatae; ligula ad seriem dense ciliolatam redacta;
laminae lineares. circiter 30 cm longae et 2-4 mm latae, saepe involutae,
glaucae, supra et subtus sparse pilosae prope basin villosae, marginibus
scaberulis. Racemi singuli, circiter 8 cm longi, fragiles, longe pedunculati,
pedunculis scaberulis, 10-12 cm longis, spatheolis 2-4 cm longioribus; rha-
chidis internodia lineares, teretes, 6 mm longa, villosa ciliis usque 4 mm
longis, apice valde obliqua; pedicelli eis similes sed ad apicem truncati,
Spiculae sessiles 7 mm longae (callo aristisque exceptis); callus late linearis,
2,5 mm longus, acutus, pilosus; gluma inferior lanceolata, 9-nervis, dorso
glabro leviter convexa, lateraliter bicarinata, juxta carinas oleosa, carinis
anguste alatis spinulosociliolatis, ad apicem in aristas duas scaberulas 2 cm
longas producta; gluma superior ea paulo brevior, lanceolata, 3-nervis,
unicarinata, marginibus superne ciliolatis exceptis glabra. Anthoecium infe-
rum ad lemma anguste lanceolatum, 5,5 mm longum, 2-nerve, acutum,
marginibus sparse ciliolatis redactum. Anthoecium superum lemma elüptico-
lanceolatum, 4,5 mm longum, 3-nerve, glabrum; palea nulla: lodiculae duae,
0,7 mm longae, cuneatae. Spiculae pedicellatae 6 mm longae; gluma inferior
anguste lanceolata, 7-nervis, lateraliter bicarinata, carinis spinuloso-cilio-
latis exceptis glabra, in aristam scaberulam 2 cm longam producta; gluma
superior navicularis, glabra, arista 6 mm longa; anthoecia duo lemmatibus
hyalinis instructa, superiore antheras tria subtendente.
Côte-d’IvoIre. Savane sèche entre Toupé et Saleye, route de Daba-
kala à Boudoukou, 28 janv. 1961, Adjanohoun 237 A (holotype K, isotype
AB 1); 236 A.
Le deuxième groupe diffère par —- la face inférieure des feuilles,
glabre — les gaines et les nœuds — les épillets sessiles poilus et les arêtes
plus courtes (1 cm), ceci étant probablement dû à la non-maturité de
l'inflorescence.
Notre nouvelle espèce est facilement reconnaissable par les glumes
inférieures longuement subulées des deux épillets, sessiles et pédiceilés.
Elle présente quelques ressemblances avec les Urelylrum en particulier, par
L’article ■ Un Awiropogon
nouveau de la Section Piestium ■, Adamonia, III, 3
en collaboration avec M. Clayton.
Source : MNHN, Paris
— 200 —
l’épillct pédicellé subulé caractéristique du genre. A l’observation, on
s’aperçoit que la ressemblance n’est que superficielle car la glume infé¬
rieure biaristée et le long callus pointu de I’épillet sessile n’existent pas
chez les Urelytrum.
Source : MNHN, Paris
INFORMATIONS
Nous avons le très grand regret d’annoncer le décès de M. Charles
Baehni, Directeur du Conservatoire et du Jardin Botanique de Genève,
Professeur aux Universités de Genève et Lausanne, universellement
connu pour ses travaux sur les Sapotacées et le rôle de premier plan
qu’il a joué dans tous les Congrès de Botanique en particulier pour les
questions de nomenclature.
Nous apprenons la mort récente, à Barcelone, du Dr P. Font Quer
C’était un botaniste de renommée internationale. Citons seulement
aujourd'hui le grand ouvrage publié sous sa direction : le Diccionario de
Botânica qui comporte 1 244 pages et de nombreuses illustrations.
FLORE DE MADAGASCAR ET DES COMORES
W. Rauh, Didiéréacées. — 121 e famille, 36 p., 11 pl. — 6 F.
Petite famille endémique de Madagascar qui comprend 4 genres localisés
dans la région de l’Ouest et du Sud de File
FLORE DU GABON
Volume n° 7 : A. Cavaco, Polygonacées, Ghénopodiacées, Ama-
ranthacées, Nyctaginacées, Phytolaccacées, Aizoacées, Portula-
cacées. Caryophyllacées. 76 p., 11 pl. — 15 F.
Illustrations de J. Sausotte-Guérel et G. Chypre.
CARTES DE VÉGÉTATION
Trois cartes internationales du tapis végétal et des conditions écolo¬
giques à 1/1.000.000 viennent de paraître pour les régions indiennes de
Madas, Jagannâth, et GodSvari. Elles sont publiées par le Conseil
indien de recherche agronomique (The Indian Council of Agricultural
Research) et réalisées par l’Institut français de Pondichéry sous la
direction de MM. Gaussen, Professeur honoraire à la Faculté de
Toulouse, Legris, Conservateur des Eaux et Forêts, Viart, Ingénieur
des Eaux et Forêts.
Le succès de la revue de notre laboratoire nous a amenés à accepter
des travaux plus nombreux et par suite à augmenter la périodicité
d'Adansonia. En 1963, nous avons publié 3 fascicules au lieu de 2 et,
compte tenu de l’élévation des prix d’impression, nous sommes obligés de
relever légèrement le prix des abonnements qui seront portés à :
40 F pour la France
50 F pour l’Étranger.
Nous avisons d’autre part nos abonnés que des tirés à part de l’article
de M. Corner sur « La théorie du Durian et l’origine de l’arbre moderne »
seront en vente séparément au Laboratoire de Phanérogamie, 16 rue
Buffon, Paris 5 e .
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
C.C.P. PARIS 9061-11
15, quai Anatole-France — PARIS 7 e
Tél. : SOLférino 93-39
(Extrait du catalogue général)
NOUVELLE FLORE DE L’ALGÉRIE ET DES RÉGIONS
DÉSERTIQUES MÉRIDIONALES
par QUEZEL et S. SANTA
VOLUME II
Ouvrage in-8° raisin relié toile comportant 608 pages
et 10 planches hors texte.
PRIX : 48 F
CARTE DES GROUPEMENTS VÉGÉTAUX DES ENVIRONS D’OBERNAI
(Bas-Rhin)
1/10 000*
par L. R. THEURET
PRIX : 15 F
ESSAI DE PHYTOCINÉTIQUE BIOGÉOGRAPHIQUE
par P. REY
167 fig.,25 tabl., 13 dépl. h. t.
Ouvrage de 400 p. in-8° raisin relié.
PRIX : 42 F
Colloque international n° 97
MÉTHODES DE LA CARTOGRAPHIE DE LA VÉGÉTATION
Toulouse 16-27 mai 1960
Ouvrage relié pellior in-8° raisin de 324 pages, 2 dépl. h. t., 1 carte h. t.
2 couleurs.
PRIX :32 F
Source : MNHN, Paris
achevé| d’imprimer LE 8 AVRIL 1964
SUR LES PRESSES DE L’iMPRIMERIE
FIRMIN-DIDOT, MESNIL-SUR-l’ESTRÉE
(eure)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris