Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TBAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
H. HUMBERT A. AUBRÉVILLE
Membre de l’Institut Professeur
Professeur honoraire
Nouvelle Série
Tome VI
FASCICULE 4
1966
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DIJ MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de Buffon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
SOMMAIRE
Rauh W. et Jâger-Zürn I. — Le problème de la position systéma¬
tique des Hydrostachyacées. 515
Schnell R. — Contribution à l’étude des genres guyano-amazoniens
Tococa Aubl. et Maiela Aubl. (Mélastomacées) et de leurs poches
foliaires . 525
Jacques-Félix H. — Une nouvelle espèce africaine de Cœlachne... 533
Raynal A. — Les Halorrhagacées malgaches et leur répartition .... 537
— Le genre Iloppea Willd. (Genlianaceæ) en Afrique. 545
Heine H. — Une espèce nouvelle du genre Rungia Wall., exemple
de vicariance des Acanthacées ouest-africaines. 549
Senghas K. — Deux nouveaux Eulophidium du nord de Madagascar 557
Vidal J.-E. — Notes sur quelques Rosacées asiatiques. IV. ( Malus
sect. Dociniopsis ; Docynia) . 563
Raynal J. — Euphorbia Letestui, nouvelle espèce cactiforme des
confins camerouno-gabonais. 573
— Notes cypérologiques : VI. Cyperus Hamulosus M. Bieb. 581
Le Thomas A. — Un nouvel Artabotrys africain : Artabolrys rhopa-
locarpus. Le Thomas (Annonacée). 589
Bernard C. — Germinations et plantules de quelques Cactacées.... 593
Leandri J. — Robert Willmann, 1896-1966. 643
Rédacteur Principal,
A. Le Thomas,
Assistant.
La publication d'un article dans Adansonia n’implique nullement
que cette Revue approuve ou cautionne les opinions de l’auteur.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
LE PROBLÈME DE LA POSITION
SYSTÉMATIQUE DES HYDROSTAGHYAGÉES
Werner Rauh et Irmgard Jâger-Zürn 1
Institut de Botanique systématique de l’Université de Heidelberg
Les Hydrostachyacées sont une petite famille de Dicotylédones
qui ne comprend qu’un seul genre, Hydroslachys. On admet que Mada¬
gascar constitue son centre de développement, puisque sur les 25 à
30 espèces connues aujourd’hui, 18 sont endémiques de Madagascar,
tandis que les autres — à une exception près -— sont distribuées dans
l’hémisphère Sud, en Afrique tropicale et extra-tropicale. La famille
ne comprend exclusivement que des plantes aquatiques, à exigences
écologiques particulières : elles vivent submergées sur des rochers mor¬
celés dans les torrents de montagne, et de préférence dans les rapides
et les chutes. Ce n’est que pendant la saison sèche, quand le débit du
cours d’eau est faible, que ces plantes émergent et parviennent alors en
quelques jours à la floraison.
Elles se rapprochent beaucoup dans leur mode de vie des Podosté-
macées, une famille également remarquable, distribuée aussi à Mada¬
gascar et en Afrique, mais également en Asie et dans le Nouveau Monde;
la plupart des auteurs considèrent les Hydrostachyacées comme les
plus proches parentes des Podostémacées, et même comme leurs descen¬
dantes.
Il faut sans doute aussi mettre au compte des conditons identiques
de station les traits communs entre les deux groupes, habituels en ce
cas; ils consistent, dans la structure des feuilles aquatiques divisées et
agitées dans le courant, qui sont pourvues de nombreuses émergences;
des racines à crampons dorsiventrales; dans la formation de stolons,
comme dans les réductions portant sur les fleurs. Ces dernières avaient
justement, jusqu’à présent, rendu très difficile le classement systéma¬
tique des Hydrostachyacées en raison du faible nombre de caractères
disponibles. C’est pour cette raison que des arguments embryologiques
ont été utilisés en complément pour le groupement systématique par
Mauritzon (1933, 1939). Les uns et les autres ont fourni pour les repré¬
sentants de ces deux familles des caractères communs comme le pistil
à deux carpelles supères, les styles libres, le fruit capsulaire à nom¬
breuses graines très petites, développées à partir d’ovules anatropes
1. Les auteurs remercient le Prof. Dr. J. Leandri pour la traduction en français.
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- 516 —
L " y? r sSHSt"
ténuinucellés; comme un haustorium suspenseur (Palm, 1915). Ce dernier
ayant été constaté aussi chez plusieurs Crassulacées, une parenté plus
étroite des Hydrostachyacées avec celles-ci et avec les Podostémacées
paraissait évidente. En outre, des analogies entre le diagramme floral
des Podostémacées primitives et celui des Saxifragacées, famille rappro¬
chée des Crassulacées, avaient déjà été trouvées antérieurement (War-
ming, 1888, 1891). La plupart des auteurs considèrent aujourd’hui, en
conséquence, que les Hydrostachyacées et les Podostémacées sont étroitement
alliées entre elles, et rangent les unes et les autres dans l’ordre des Rosales
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— 517 —
(Perrier de la B£thie 1952; voir la bibliographie plus récente dans
Rauh et Jager-Zürn, 1966). Seulement un petit nombre d’auteurs,
comme Engler (1930) et Schnarf (1931) ont tenu les caractères com¬
muns aux deux familles pour des caractères de convergence conditionnés
par le mode de vie submergé, et leur accordent une signification moins
importante qu’aux différences entre Podostémacées et Hydrostachya-
cées. Parmi ces dernières, la constitution du périanthe et surtout les
particularités embryologiques sont les plus à considérer. Plus tard, il
a aussi été proposé de ranger les Hydrostachyacées près des Hamamé-
lidales, des Polycarpiques (Ranales), des Sarracéniales, des Ombelli-
flores, des Pipérales. Comme le montre cette vue d'ensemble, les Hydrosla-
chyacées sont donc une famille de position systématique franchement équi¬
voque, et des connaissances plus exactes sur elle seraient donc vivement
à désirer.
Des recherches sur les Hydroslachys visant à des conclusions systé¬
matiques devaient en premier lieu et surtout être étendues aux dia¬
grammes, floral et « embryologique » (Schnarf, 1933), d'abord afin
de contrôler les données pleines de lacunes de la bibliographie, ensuite
parce qu’en général les caractères tirés de la partie fertile sont des plus
conservateurs, ou tout au moins ne peuvent être altérés que par des
conditions extrêmes de milieu. C’est par ces caractères qu’on peut espérer
trouver l’explication de la position systématique de la famille.
Quelques mots pour commencer sur la morphologie des Hydrosta¬
chyacées. Le genre Hydroslachys 1 est formé de plantes dioïques entiè¬
rement à rosette (fig. 1). Leur corps axile immergé est dépourvu de
racine principale et il est élargi en un disque basilaire à l’aide duquel
la plante s’attache solidement au bloc de pierre, et près duquel elle
est tenue par des racines adventives. L’axe principal achève son déve¬
loppement par la formation d’un épi serré de fleurs. A l’aisselle des
feuilles en rosette les plus haut placées se trouvent des pousses d’enri¬
chissement, qui portent également des épis terminaux. Le sommet du
bourgeon principal et de même celui des pousses latérales restent rudi¬
mentaires et ne forment pas de fleur terminale, de telle sorte que l’épi
demeure indéfini. L’inflorescence totale de l’ Hydroslachys représente
une synflorescence polytèle au sens de Troll (1964). Les fleurs sont
complètement nues et enveloppées seulement de leur bractée; elles possè¬
dent une seule étamine extrorse avec d’autre part un pistil à deux carpelles
à longs stylodes papilleux, qui indiquent l’anémogamie (fig. 2).
Au cours de nos recherches de morphologie florale, qui ont permis de
contrôler les caractères mis en avant dans la bibliographie, certaines
données essentielles au sujet de l’embryologie ont dû être fortement
corrigées. Celles-ci concernent particulièrement deux caractères impor-
1. Les espèces suivantes ont été étudiées : H. dislichophylla A. Juss., 11. goudoliana
Tul., H. Hildebrandlii Engl., H. imbricala A. Juss., II. longifida H. Perr., H. longipoda
H. Perr., H. sloloni/era Bak. et II. verruculosa A. Juss., récoltées à Madagascar en 1959.
1961 et 1963 par le premier nommé des auteurs (Prof. D r W. Rauh). Les voyages d’étude
ont pu être effectués grâce à l’aide de l’Académie des Sciences de Heidelberg.
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— 518 —
tants pour la systématique, à savoir l’albumen et le suspenseur haus-
torial.
a) Le développement de l’albumen. — Dans l’unique travail de
recherche embryologique qui ait été effectué jusqu’à présent sur le genre
Hydrostachys, Palm (1915) a trouvé chez deux espèces un albumen
cellulaire, qui se développe suivant le type Anona (Schnarf, 1929).
En opposition avec ce résultat, nos recherches ont mis en lumière que
ce n’est pas l’albumen total cellulaire ab initio, qui produit par divisions
transversales une série de cellules situées les unes au-dessus des autres,
comme la chose est caractéristique dans le type Annona, mais seulement
• •
Ç c?
Fig. 2. — Diagramme d'une Heur $ et d’une fleur <? d'Hydrostachys slolonifera : s, touffe de
poils setiformes.
la partie centrale. Le développement de l’albumen se déroule dans le
genre Hydrostachys de la façon suivante : la première division du noyau
primaire de l’albumen s'accompagne d’une division transversale du sac
embryonnaire (fig. 3, III). Dans la cellule-fille chalazienne, on n’observe
à la suite aucune division ultérieure de noyau et de cellule, mais celle-ci
se transforme en une cellule basale hémisphérique (fig. 3, I-VI). Dans la
cellule-fille micropylaire au contraire se produit en premier lieu une nou¬
velle division transversale (fig. 3, III). De la cellule micropylaire secon¬
daire naît un albumen nourricier micropylaire agressif, à plusieurs noyaux ;
il ne s’y produit pas de divisions cellulaires (fig. 3, I, IV-VI). La cellule
centrale au contraire produit l’albumen proprement dit (fig. 3, V-VI)
par des divisions ultérieures, transversales et plus tard longitudinales.
Le développement de l’albumen s’accomplit par conséquent d’après le
type Stachys (Schnarf, 1917). Une partie des divisions terminales avaient
échappé à Palm (cellules basales); pour les autres, il ne les considérait
pas comme une formation provenant de l’albumen (haustorium), mais
comme une formation du suspenseur.
b) Formation du suspenseur haustorial. — II résulte de ce qui
vient d’être dit que l’indication d’un suspenseur haustorial chez le genre
Hydrostachys repose sur une erreur d’observation. L’embryon se déve-
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— 519 —
loppe selon la variante Capsella du type Onagracée, et sa cellule basale
suspenseur accrue seulement de façon modérée se situe toujours à l’inté¬
rieur de l’haustorium-albumen micropylaire (fig. 3, VI).
CONSÉQUENCES SUR LA POSITION SYSTÉMATIQUE
DES HYDROSTACHYACÉES
L’absence de tout suspenseur haustorial chez les Hydroslachys rend
caduc l’argument le plus important pour l’acceptation de relations de
parenté des Hydrostachyacées, non seulement avec les Podostémacées,
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— 520 —
mais aussi avec les Crassulacées. En effet, à ces dernières manquent des
caractères typiques du genre Hydroslachys, comme l’haustorium-albumen,
et la suite des divisions au cours de la formation de l’albumen. Les Podos-
témacées sont par contre dépourvues d’albumen en général; mais elles
possèdent un suspenseur haustorial. Une comparaison des caractères
floraux et embryologiques des Hydrostachyacées avec ceux des Podosté-
macées montre que leurs caractères communs sont en petit nombre,
qu’ils sont, de plus, largement distribués et par suite peu importants au
point de vue systématique : il faut ajouter à ceux cités plus haut la poro-
gamie, l’embryon articulé pauvre en matières de réserve, l’assise nour¬
ricière sécrétrice et le pollen mûr à deux cellules.
Par contre, sont de loin plus importants, aussi bien en qualité qu’en
quantité, les caractères ci-dessous, qui présentent des différences fonda¬
mentales dans les deux familles :
Hydrostachyacées
Podostémacées
Caractères embryologiques
Ovules unitegminés.
Ovules bitegminés.
Chalaze longue.
Chalaze courte.
Nucelle court.
Nucelle long.
Pas de faux sac embryonnaire.
Apparition d’une transformation
après coup de la partie du nucelle
située entre le sac embryonnaire
et la chalaze, désignée sous le nom
de « faux sac embryonnaire ».
Sac embryonnaire à 8 noyaux se
Sac embryonnaire à 4 noyaux, bi-
développant suivant le type
sporique, se développant suivant
Polygonum.
une forme réduite du type Allium
(type Dicraea ou type Podosle-
Albumen cellulaire formé dès le
début, se développant suivant le
type Slachys.
Haustorium-albumen micropy-
laire.
Pas d’albumen.
Développement de l’embryon sui-
Développement de l’embrvon sui-
vant le type Onagracées.
vant le type Solanacées (?) et le
type Caryophyllées.
Pas d'haustorium-suspenseur.
Ilaustorium-suspenseur présent.
Division simultanée des cellules-
mères du pollen.
mères du pollen.
Pollen en tétrades.
Pollen en grains simples ou en
diades.
Pollen atrème (aporé) à aires de
Pollen tri-colpé, tri-colporoïde, oli-
leptome.
goporé ou atrème.
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— 521 —
Hydrostachyacées
Podostémacées
Caractères tirés de i.a
MORPHOLOGIE DE LA FLEUR
ET DE LINFLORESCENCE
Pistil paracarpique avec stylodes
Pistil syncarpique, en partie lysi-
anacrostyles et demi-cloisons au
carpique.
sommet, septums apicaux.
Pas de spathelles.
Spathelles présentes (involucre de
Synflorescence polytèle.
bractées comme protection du
bourgeon) (exception : Tristichoi-
deae).
Synflorescence monotèle.
Ces différences entre les deux familles sont des « spécialisations », qui
sont manifestement le résultat de deux tendances de développement
tournées dans des directions différentes. Elles indiquent donc, que les
analogies mentionnées plus haut représentent seulement des convergences
entre des cercles de parenté entièrement séparés et qu’elles sont positive¬
ment la conséquence d’une évolution vers une similitude de caractères
déterminée par l’habitat commun dans les mêmes conditions de vie très
spéciales. En conséquence, une parenté étroite des Iiydroslachyacées avec les
Podoslêmacèes est sûrement inadmissible. En même temps, et pour les mêmes
raisons, la position des Hydroslachyacées parmi les Hosales devient parfaite¬
ment douteuse, puisque les rapports avec les Saxifragacées et les Cras-
sulacées ne sont pas assez justifiés. De même, les relations systématiques
avec les familles proposées dans la bibliographie sont aussi peu démon¬
trées.
Il était donc nécessaire de rechercher dans d’autres cercles de parenté
des affinités typiques avec le genre Hydrostachys.
Un des résultats de nos recherches se révèle particulièrement ins¬
tructif en ce qui concerne la position systématique des Hydrostachyacées :
c’est l’explication du développement de l’albumen, qui se déroule suivant
un type caractéristique chez de nombreuses Tubiflores, en particulier
chez les Solanineae et les Planlaginaceae et qui n’est rencontré que chez elles
parmi les Dicotylédones. Celui-ci constitue un mode de formation spécifique
et par suite un caractère d’organisation de valeur systématique. Le type
Slachys qui se présente chez le genre Hydrostachys (un des trois types
principaux de développement de l’albumen qui correspondent en principe
aux Tubiflores) est fréquent chez les Scrofulariacées, les Sélaginacées,
les Bignoniacées, les Acanthacées, les Gesnériacées, les Orobanchacées,
les Lentibulariacées, les Lamiacées et les Verbénacées.
Entre les deux ensembles systématiques se trouvent encore d’autres
points communs : les ovules sont construits sur le type dit « sympétale »
Source : MNHN, Paris
— 522 —
(ténuinucellé, unitegminé), qui représente une forme réduite se rencontrant
surtout dans les cercles de parenté dérivés. Sans aucun doute, ce type
est obligatoire pour les Tubiflores, et peut dès lors être considéré ici comme
un caractère d’organisation utilisable en systématique.
Le genre Hydroslachys concorde en outre avec les familles désignées
ci-dessus dans le développement du sac embryonnaire (type Polygonum)
et de l’embryon (type Onagracées), de même que dans l’embryologie de
la partie mâle ( lapelum secréteur, division simultanée des cellules-mères
du pollen, et grain de pollen mûr bicellulaire). Bien significatifs sont
l’analogie avec les Solanineae dans la structure du pistil bicarpellé pluri-
séminé, mais surtout le développement de septums apicaux (Hartl, 1962),
qui représente, comme on le sait, un cas particulier de la conformation
« anacrostyle » du pistil. Cette particularité est presque exclusivement
limitée aux Scrofulariacées, Sélaginacées, Buddleyacées, Solanacées,
Convolvulacées, Verbénacées et Borraginacées. En outre les Hydrosta-
chyacées possèdent, comme de nombreuses Solanineae en dehors du cercle
de parenté étroit des Scrofulariacées, une « synflorescence polytèle ».
Même le pollen en tétrade, typique pour les Hydroslachys, se rencontre
chez quelques Solanacées, Bignoniacées et Pédaliacées.
Les Hydrostachyacées ont ainsi en commun avec de nombreuses
familles de Tubiflores deux particularités de structure tout à fait spéci¬
fiques : l’albumen et le septum apical. De plus, elles concordent avec
elles dans une série de caractères embryologiques et possèdent, comme
plusieurs d’entre elles, des synflorescences polytèles.
Il est donc permis d’aflirmer avec assez de sûreté qu’une telle abon¬
dance de caractères spécifiques de Tubiflores chez le genre Hydroslachys
ne constitue pas une convergence, mais, bien au contraire, indique des
relations d’étroite parenté. Il est donc proposé soit de ranger les Hydro-
slachyacées parmi les Tubiflores, au voisinage des Scrofulariacées, soit
de les en rapprocher comme série propre des Hydrostachyales.
Le rangement d’un genre apochlamydé dans un cercle de parenté
sympétale semble au premier abord inhabituel, mais a été déjà réalisé aussi
dans d’autres cas (par exemple pour les Callitrichacées). En égard à
l’ensemble des caractères floraux et embryologiques, le genre Hydroslachys
se montre cependant essentiellement, tout à fait comme les Tubiflores,
un groupe fortement dérivé, se distinguant en vérité par l’hétérobathmie
(Takhtajan, 1959). Beaucoup de caractères, par lesquels le genre Hydro¬
slachys diffère des Tubiflores, représentent des phénomènes d’adaptation
à la vie aquatique, et en particulier le diagramme floral est caractérisé
par les réductions et la spécialisation régressive (voir Takhtajan, 1959).
Les Hydrostachyacées correspondent ainsi à un stade de développement
surévolué, qui se trouve représenté par ses formes réduites et « dégradées »,
et s’interprètent comme des rameaux latéraux de leur cercle de parenté.
Selon la terminologie de Grossheim (1945), les Hydrostachyacées, comme
par exemple aussi les Podostémacées et les Callitrichacées déjà mention¬
nées, sont à attribuer aux « Opistanthophytes ».
Pour ce qui concerne le compte rendu plus complet des recherches
Source : MNHN, Paris
— 523 —
morphologiques et embryologiques sur cette question, aussi bien que
pour une discussion générale des problèmes systématiques, on est prié
de se reporter aux travaux détaillés de Jager-Zürn (1965) et Rauh et
Jâger-Zürn (1966).
Bibliographie
Engler, A. — (1930) : Podoslemonaceae in Engler und Prantl, Die Natürlichen
Pllanzenfamilien 18 a : 3-68.
Grossheim, A. A. -— (1945) : Zur Frage nach der graphischen Darstellung des Systems
der Blütenpflanzen. Sov. bot. (Leningrad) 13, 3 : 3-27 (russ.).
Hartl, D. — (1962) : Die morphologische Natur und Verbreitung des Apikalseptums.
Analyse einer bisher unbekannten Gestaltungsmôglichkeit des Gynaeceum.
Beitr. Biol. PII. 37 : 241-330.
JXger-Zürn, I. — (1965) : Zur Frage der systematischen Stellung der Hydroslachyaceae
auf Grund ihrer Embryologie, Blüten - und Inlloreszenzmorphologie. VorlSu-
fige Mitteilung. Oesterr. Bot. Z. 112 : 621-639.
Mauritzon, J. — (1933) : Über die systematische Stellung der Familien Hydrosta-
chyaceae und Podoslemonaceae. Bot. Not. 1933 : 172-180.
— (1939) : Die Bedeutung der embryologischen Forschung fur das natilrliche
System der Pllanzen. Lunds Univ. Arsskr., N. F., Avd. 2, 35, n°. 15.
Palm, B. — (1915) : Studien über die Konstruktionstypen und Entwicklungswege des
Embryosackes der Angiospermen. Diss.
Perrier de la Bâthie, H. — (1952) : Hydrostachyacées. Flore de Madagascar et des
Comores. Paris.
Bauii, W. u JXger-Zürn, I. — (1966) : Zur Kenntnis der Hydroslachyaceae l. Teil.
Blütenmorphologische und embryologische Untersuchungen an Hydrosta-
chyaceen unter besonderer Berücksichtigung ihrer systematischen Stellung.
Sitz.-Ber. Heidelberger Akad. Wiss., math.-nat.-wiss. Kl., 1. Abh.
Schnarp, K. — (1917) : Beitrâge zur Kenntnis der Samenentwicklung der Labiaten.
Denkschr. Akad. Wiss. Wien, math.-nat.-wiss. Kl. 94 : 211-274.
— (1929) : Embryologie der Angiospermen. Handbuch d. Pflanzenanatomic, II.
Abt., 2. Teil, Berlin.
— (1931) : Vergleichende Embryologie der Angiospermen. Berlin.
— (1933) : Die Bedeutung der embryologischen Forschung für das natürliche
System der Pllanzen. Biologia generalis 9 : 271-288.
Takhta.ian, A. — (1959) : Die Evolution der Angiospermen. Jena.
Troll, W. —• (1964) : Die Inlloreszenzen, 1. Bd., Stuttgart.
Warming, E. — (1888) : Familien Podostemaceae. III. Kgl. Danske Vidensk. Selsk.
Skrift., 6 R. 4 : 443-514.
— (1891) : Note sur le genre Hydrostachys. Bull. Acad. Roy. Dan. Sci. et Lettr
Copenhague, Oversigt : 37-43.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansoni
:ér. 2, 6 (4) 1967
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES GENRES GUYANO-
AMAZONIENS TOCOCA Aubl. ET MAIETA Aubl.
(MÉLASTOMACÉES) ET DE LEURS POCHES
FOLIAIRES
par R. Schnell
Les genres Maiela Aubl. et Tococa Aubl., appartenant à la tribu des
Miconiées, renferment tous deux des espèces pourvues de myrméco-
domaties foliaires 1 2 . Parmi celles-ci M. guianensis Aubl. et T. guianensis
Aubl. vivent tous deux dans la région guyano-amazonienne. Dans ces deux
espèces, les poches (« formicaires ») se trouvent à la base de la feuille, mais
leur disposition morphologique est notablement différente. Ces structures
ont été décrites et figurées dès 1775 par Aublet (I, p. 434 et 438; III,
pl. 174 et 176), puis par Martius (Fl. Br.).
La myrmécodomatie est, suivant les termes d’AuBLET (p. 444), une
« vessie partagée en deux parties par une cloison moyenne ». Le même
auteur a mentionné la fréquentation des poches de Tococa par des fourmis,
qui pénètrent par « deux trous qui se trouvent placés au bas de la feuille,
en-dessous, entre les deux nervures intermédiaires ». Si des descriptions
souvent précises ont été données des plantes myrmécophiles, et parti¬
culièrement des Tococa et Maiela, leur aspect biologique a surtout été
envisagé sous l’angle d’une symbiose, souvent discutée, et de l’utilité de
ces structures pour la plante (cf. Douglas Melin, 1930-1931). Par contre
l’aspect, véritablement morphologique de ces structures a généralement
été négligé par les auteurs. K. Schumann (1888) a cependant proposé
une fort intéressante interprétation morphologique de ces myrméco-
domaties des Mélastomacées.
MYRMÉCODOMATIES ET ANISOPHYLLIE
CHEZ MAIETA GUIANENSIS
Maiela guianensis 2 est remarquable par l’anisophyllie de ses
rameaux : chaque nœud porte une feuille normale, pourvue d’une myr-
mécodomatie, et une feuille de petite taille, dépourvue de poche. Ainsi
les feuilles à myrmécodomaties, sur un même rameau, alternent, se trou¬
vant successivement soit à droite soit à gauche.
1. Sur la systématique des espèces myrmécophiles de ces genres, voir Gleason,
1931.
2. On trouvera des figures de cette espèce dans : Aublet, 1775, Martius, Fl. Bras.,
el Schnell, 1965.
Source : MNHN, Paris
— 526 —
Saillantes sur la face dorsale du limbe, les domaties s’ouvrent sur
la face ventrale, à l’aisselle des nervures latérales basilaires.
Il est difficile, sur des échantillons d’herbier, d’interpréter morpho¬
logiquement une telle anisophyllie, étant donnée la torsion subie par les
pétioles et par le rameau. L’examen de rameaux suffisamment longs
(Richard s. n., Guyane; Spruce 2165, mars 1852, Amazonie) paraît per¬
mettre de conclure que l’anisophyllie est sectoriale, c’est-à-dire qu’il
s agit d une dorsiventralité; il y a lieu de noter que, dans la mesure où
il est permis de conclure à propos d’échantillons d’herbier, il paraît bien
s’agir de rameaux latéraux plagiotropes ; nous n’avons pu observer, sur
les spécimens d’herbier dont nous disposons, de rameaux terminaux
orthotropes.
ANISOPHYLLIE ET HÉTÉROPHYLLIE
DANS LES STADES JEUNES
DE TOCOTA OUIANENSIS
On sait que, dans le genre Tococa, les poches sont, suivant les espèces,
portées par le limbe ou par le pétiole. Nous verrons que cette seconde
disposition n’est « pétiolaire » qu’en apparence, — ce qui explique le
paradoxe morphologique que paraît présenter cette dualité délocalisation.
Chez T. guianensis, les poches sont portées par le pétiole, et sail¬
lantes sur la face dorsale. Les deux feuilles de chaque nœud sont égales,
et portent chacune une poche (double) semblable. Malgré la localisation
« pétiolaire » des poches, leur ouverture, sur la face ventrale de la base
du limbe, se trouve à l’aisselle des nervures basilaires, — comme chez les
Tococa à poches laminaires et comme chez Maiela.
L’étude de semis élevés en serre montre toutefois des structures dif¬
férentes, liées à la fois à l’hétérophyllie des jeunes stades et à l’ontogénie
de la feuille à myrmécodomaties.
De jeunes Tococa guianensis hauts de 40 à 60 cm, présentent de la
base au sommet :
au nœud 1 : deux feuilles égales ou subégales, totalement dépourvues
de poches,
au nœud 2 : une feuille sans poche et une feuille à poche de très
petite taille (longue de 3 mm environ),
au nœud 3 : une feuille sans poche ou à poche très petite, opposée à
une feuille plus grande à poche de taille normale,
au nœud 4 : une feuille à petite poche opposée à une feuille plus
grande à poche de taille normale,
aux nœuds suivants : deux feuilles égales, de grande taille, à poches
de dimensions normales; cette structure, définitive, se maintiendra ulté¬
rieurement chez les pousses de la plante.
Autrement dit, dans ces stades jeunes, s’observe une structure juvé¬
nile caractérisée d’abord par des feuilles dépourvues de myrmécodomaties,
puis par des paires de feuilles dont l’une seule possède une poche norma-
Source : MNHN, Paris
— 527 —
lement développée. Corrélativement, la feuille à poche, plus grande que
son opposée, possède un pétiole considérablement plus épais que celle-ci.
Sur une plante décapitée observée, la pousse de régénération
développée à l’aisselle d’une des feuilles supérieures présentait la même
anisophyllie que les premiers nœuds du semis. C’est un exemple du retour
classique d’une structure foliaire juvénile chez les rejets.
La disposition des feuilles sur ces semis suggérait l’interprétation de
cette anisophyllie comme hélicoïdale : les feuilles à poche se trouvent sur
l’une des hélices foliaires, — l’autre hélice, à ce niveau jeune, ne compor¬
tant que des feuilles plus petites, sans poche ou à poche réduite. L’une
Source : MNHN, Paris
— 528 —
des hélices foliaires se trouverait ainsi en retard par rapport à l’autre en
ce qui concerne l’acquisition de la structure définitive du limbe.
Une telle anisophyllie hélicoïdale pouvait, sur les semis observés,
être suivie sur 3 à 5 nœuds. Suivant les sujets, elle était dextre ou sénestre.
Pourtant, chez d’autres semis, possédant un nombre plus élevé de
nœuds anisophylles, les choses se présentaient autrement : l’anisophyllie
hélicoïdale pouvait être suivie sur quelques nœuds, — 3 par exemple, —
après quoi il n’était plus possible de la suivre; les feuilles anisophylles
suivantes ne pouvaient plus s’inscrire dans cette hélice, et les feuilles,
sur 2 ou 3 nœuds, semblaient disposées sur une hélice de sens inverse.
Le petit nombre de ces nœuds ne permettait cependant pas une interpré¬
tation certaine de cet apparent « rebroussement » de l’hélice. Toujours est-il
que ces jeunes plantes pourvues d’un nombre relativement élevé de
nœuds anisophylles témoignaient d’une labilité dans la disposition de
cette anisophyllie dont l’ordonnance primitive hélicoïdale se modifie aux
nœuds plus élevés.
ONTOGÉNIE DES MYRMÉCODOMATIES
DE TOCOCA OUIANENSIS
Sur le plan de l’ontogénie, les feuilles jeunes (longues, par exemple,
de 2-3 cm) de la structure normale ne possèdent pas encore de poches
myrmécophiles. Leur forme est semblable à celle des feuilles de nom¬
breuses autres Mélastomacées. Tout au plus peut-on discerner, sur la face
Source : MNHN, Paris
— 529 —
supérieure de l’extrême base du limbe, de légers renflements pairs qui
sont une première ébauche de la poche basale double.
Ce n’est que par la croissance du limbe que s’individualise la struc¬
ture définitive avec poche. Pendant que le limbe poursuit son accrois¬
sement en surface, la région basale du limbe reste étroite, gardant ainsi
un aspect apparemment « pétiolaire »; seules les ébauches de poche s’y
développent, par une croissance de la surface laminaire à leur niveau.
Ainsi les poches d’apparence pétiolaire sont en fait laminaires, et s’ouvrent
à l’aisselle des nervures basales.
On notera le développement tardif de ces poches, qui laisse supposer
la persistance, à l’aisselle des nervures basales, d’une région ayant conservé
des aptitudes à la croissance. Par ailleurs, la croissance en surface qui,
à ce niveau, aboutit aux myrmécodomaties n’est qu’une manifestation
d’un accroissement en surface, qui, dans le reste du limbe, se réalise de
façon bi-dimensionnelle.
INTERPRÉTATIONS. PROBLÈME DES RELATIONS
ENTRE MYRMÉCODOMATIES ET ACARODOMATIES
Les plantes tropicales à myrmécodomaties foliaires peuvent se
ramener à plusieurs types structuraux :
poches issues de replis basilaires ( Duroia saccifera, et, dans une
moindre mesure, Gardénia imperialis),
poches issues d’une croissance en forme de bourses, localisée aux
aisselles des nervures inférieures.
C’est à ce second cas que se rattachent T. guianensis et M. guianensis.
On retrouve une structure comparable chez la Sterculiacée africaine Cola
marsupium K. Schum., qui possède, à l’aisselle des nervures basales,
deux poches saillantes également à la face supérieure.
On notera la localisation basale de ces proliférations aboutissant à
des poches. Le fait est d’autant plus remarquable qu’il s’observe chez
des plantes très éloignées taxinomiquement (Sterculiacées, Mélasto-
macées), — ce qui laisse supposer qu’il a son origine dans une cause d’ordre
général liée à l’architecture même du limbe, et peut-être à sa polarité
morphologique.
Chez la Sterculiacée africaine Cola marsupium, il arrive fréquemment
que des pochettes comparables aux myrmécodomaties basales s’observent
à l’aisselle des nervures moyennes, voire supérieures : leur taille diminue
de la base au sommet du limbe, jusqu’à être minime et comparable à
celle des formations qualifiées d’« acarodomaties 1 ». On est ainsi amené à
1. Comme nous l’avons rappelé par ailleurs, ces « acarodomaties » n’ont pas de lien
véritable avec les Acariens. Le concept d ’acarodomaties, étayé sur des définitions bio¬
logiques et non morphologiques, est né à une époque où l'on attachait une importance
considérable à la symbiose (Delpino, Lundstroem...). En fait, la signification de ces
acarodomaties, qui sont répandues dans des familles très diverses, paraît à rechercher
plutôt dans l’architecture et la phylogénie de la feuille.
35
Source : MNHN, Paris
— 530 —
voir dans les myrmécodomalies de Cola marsupium un cas particulier
d’« acarodomaties », — dont la taille serait particulièrement grande à la
base du limbe 1 . Le gradient dimensionnel des poches axillaires des ner¬
vures chez Cola marsupium 2 peut être rapproché d’autres gradients que
manifeste le limbe, et pourrait avoir son origine dans les faits physio¬
logiques présidant à l’instauration de l’architecture de la feuille. Toujours
est-il que les poches basilaires de Cola, Tococa et Maiela paraissent témoi¬
gner d’une véritable polarité du limbe à cet égard.
L’idée d’une homologie des myrmécodomaties avec les acarodomaties,
— suggérée par le cas de Cola marsupium, — peut être également déve¬
loppée à propos de Tococa et Maiela, bien que les véritables acarodomaties,
fréquentes dans de très nombreuses familles (dont les Sterculiacées),
paraissent nettement moins répandues chez les Mélastomacées. L’ouver¬
ture des poches de Tococa et Maiela à l’aisselle de nervures plaide pour
poser ce problème.
L’idée d’une interprétation des myrmécodomaties foliaires comme
dérivant d’acarodomaties avait déjà été émise par Bf.ccari (Malesia, 2 :
235) et par K. Schumann (1888, p. 410-412); cet auteur, se basant sur
le fait que des espèces dépourvues de myrmécodomaties, mais voisines
de plantes qui en possèdent, présentent à l'aisselle des nervures de petites
cavités peu accentuées, à aspect d’acarodomaties, a envisagé la pos¬
sibilité d’une origine des poches foliaires à partir de ces structures. Schu¬
mann (p. 412) souligne que chez Tococa planifolia Spruce et chez T.
subnuda Benth., espèces dépourvues de poches, les aisselles des nervures
latérales basales forment de petites cavités, légèrement saillantes sur la
face dorsale (« schwach angedeutete Aussackung »), et pense que celles-ci
peuvent être rapprochées des poches foliaires minuscules (3 mm) de
Tococa Iruncala Benth.; de ces dernières on passe facilement aux grosses
myrmécodomaties (de l’ordre de 2 cm) des espèces myrmécophiles. Ainsi,
par les stades intermédiaires que présentent les structures des diverses
espèces, on peut envisager un passage progressif entre les « acarodomaties»
des unes et les poches à fourmis des autres. Et Schumann conclut que
ces dernières ne sont que des acarodomaties agrandies : « Si sind vergrôs-
serte Domatien » (p. 410).
L’ontogenèse des poches à fourmis confirme pleinement cette inter¬
prétation basée sur la comparaison des diverses espèces. Les stades jeunes
des myrmécodomaties de Tococa guianensis ont une structure morpho¬
logique très comparable à celle de véritables acarodomaties.
Par ailleurs, de telles poches axillaires de nervures suggèrent l’idée
de la persistance, dans ces aisselles, d’un territoire ayant gardé des apti¬
tudes à la croissance.
On peut, ici, rappeler les récents résultats de notre élève, M lle To
Ngoc Anh, qui, étudiant l’anatomie d’un certain nombre d’acarodomaties
1. De Wildeman (1938, p. 47) avait déjà signalé que « les acarodomaties peuvent,
dans certains cas..., être transformées en mj rmécodomalies ».
2. Cf. figures A et F, pl. 7, in Schnell et Grout de Beaufort (1966).
Source : MNHN, Paris
— 531 —
axillaires de nervures, y a constaté l’existence d’un îlot de cellules petites
et à caractères relativement juvéniles. La croissance tardive, aboutissant,
— à partir d’acarodomaties ou de structures homologues, — à la consti¬
tution de myrmécodomaties basales (Cola marsupium, Tococa), pourrait
sans doute hypothétiquement s’expliquer par une prolifération de cette
région à développement retardé, qui aurait, au moins dans certains cas,
gardé une aptitude à s’accroître. Une étude ontogénique détaillée de ces
myrmécododomaties, — étude qui impliquerait la disposition d’un matériel
botanique suffisant, — permettrait de vérifier le bien-fondé d’une telle
hypothèse.
Le lien des myrmécodomaties avec une anisophyllie (Maiela, semis
de Tococa) mériterait lui aussi d’être précisé, par une étude morphologique
basée sur un matériel abondant et diversifié (pousses orthotropes et
plagiotropes). On peut cependant dès maintenant noter :
La localisation des poches chez les limbes les plus grands, — fait qui
est peut-être dû à ce que le développement des poches, comme celui du
limbe, est lié à l’importance de la croissance en surface,
Le fait que cette anisophyllie est hélicoïdale chez les jeunes semis (axe
orthotrope non ramifié) de Tococa guianensis, alors qu’elle paraît secto-
riale chez des rameaux plagiotropes de Maiela guianensis ; ces dernières
observations, faites sur un matériel d’herbier plus ou moins déformé,
gagneraient, pour être confirmées, à être reprises sur la plante vivante, —
dont il y aurait lieu d’étudier également le comportement des pousses
orthotropes.
Enfin, sur le plan taxinomique, on pourra souligner, entre les genres
Maiela et Tococa, non seulement l’analogie que constitue la structure de
leurs myrmécodomaties, mais aussi l’homologie qui existe entre l’aniso-
phyllie normale du premier genre et celle qui caractérise la structure
juvénile du second.
Bibliograpiiii
Aublet Fusée. — Histoire des plantes de la Guiane française (1775).
Beccari O. — Piante ospitatricii ossia piante formicarie délia Malesia e délia Papuasia.
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et les interprétations morphologiques qui paraissent s'en dégager. Adansonia
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Espèces et variétés congolaises. Mémoires Inst. Roy. Col. Beige 7, série 8 (1938).
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
UNE NOUVELLE ESPÈCE AFRICAINE
DE COELACHNE
par
H. Jacques-Félix
Coelachne occidentalis Jac.-Fél., sp. nov.
= C. occidentale Jac.-Fél. in Les Graminées d’Afrique Tropicale : 265 (1962), nom.
nud.
Gramen perenne, erectum, 30-50 cm altum. Species a congenenbus
praecipue culmis 10-15 nodiis; panicula ramosa, fastigiata, 10-13 cm longa;
spiculis pedicellatis, 2 mm longis, glumis medium spiculae superantibus,
flore superiore subsessili, distincta.
Graminée vivace, dressée, de 30 à 50 cm de haut; à rhizome horizon¬
tal ; innovations à divers états de développement, surtout basales, parfois
culmaires; chaumes grêles mais relativement ligneux, portant de dix à
quinze nœuds.
Feuille à gaine arrondie, nerviée, glabrescente vers le bas, finement
pubescente et longuement ciliée vers le haut, souvent plus longue que
l’entrenœud dans la partie supérieure du chaume; ligule réduite à une
rangée de cils grêles (2 mm long) ; limbe rubané, linéaire-lancéolé (3-5 X 50-
70 mm), progressivement rétréci à la base, aigu au sommet; face supé¬
rieure glabrescente, à nervures équivalentes; face inférieure finement
pubescente, à sept-neuf nervures principales, pas de côte médiane.
Panicule étroite (10-20 X 100-130 mm), de six à vingt rameaux laté¬
raux, ceux de la base, allongés et subdivisés; pédicelles des épillets laté¬
raux de 1-2 mm, ceux des épillets terminaux jusqu’à 5 mm.
Épillets atteignant 2 mm, oblongs, symétriques, diversement entre¬
bâillés; glumes membraneuses, glabrescentes (rares poils scabres au som¬
met), subégales et atteignant les 2/3 ou les 3/4 de l’épillet; l’inférieure
oblongue-lancéolée, longue de 1,3 à 1,7 mm, à sept nervures peu visibles;
la supérieure ovale-lancéolée, longue de 1,2 à 1,5 mm, à neuf nervures
fines.
Fleurs hétérogames (inf. : Ç; sup. : $) mais peu dissemblables, restent
membraneuses à maturité; parfois presque égales en longueur ou la
supérieure nettement plus courte; l’inférieure purpuracée, longue de
1,8 mm, à paléa légèrement plus longue que la lemma, à trois étamines;
la supérieure longue de 1,5 mm, subsessile. Les étamines de la fleur § sont
souvent incluses et la lleur Ç reste stérile.
Caryopse globuleux, brun foncé, 0,7 mm de longueur.
Source : MNHN, Paris
— 534 —
Source : MNHN, Paris
— 535 —
Cameroun : Adamaoua, de Ngaou Ndéré à Meiganga, 1 000 m aR., à l’ombre d’une
galerie forestière de plateau : Jacqucs-Felix 4218, Type (juin 1939); monts Alantikas,
Nakalba, 1 200 m ait., lit rocailleux d’un ruisseau :* A. Iiaynal 13165 (janvier 1965) ;
monts Bamboutos, Djuititsa, 1 950 m ait., bord de ruisseau d'une galerie dégradée de
montagne : Meurillon 341, (mai 1966).
Angola : Serra da Chella, 1850 m ait., vallon marécageux : H. Humbert 16681
(août 1937).
Cette espèce camerounaise de Coelachne est une orophile, rupicole et
sciaphile, dont la végétation semble se poursuivre une grande partie de
l’année d’après la succession des innovations, la répartition des nœuds
sur les chaumes et les dates de récolte. Elle se distingue encore par d’autres
caractères de ses deux congénères d’Afrique orientale, C. africana Pilg.
et C. Friesiorum C. E. Hubb. La panicule est beaucoup plus importante
avec des rameaux eux-mêmes subdivisés et non racémeux unilatéraux.
L’épillet est relativement symétrique du fait que la fleur supérieure est
subsessile; enfin les glumes dépassent nettement la moitié de l’épillet.
L’anatomie foliaire (fig. 194 C, p. 262 in Les Graminées d’Afrique
tropicale) montre un chlorenchyme lacuneux et réellement radial; cette
structure « isachnoïde » (Jacques-Félix, J. Agr. trop. Bot. appl. 5, (1956)
indique des exigences hygrophiles.
La découverte de cette espèce occidentale de Coelachne, peu alliée à
celles des montagnes orientales, élargit notablement l’aire de répartition
de ce genre surtout asiatique. On notera que ses stations semblent rares,
mais toujours en altitude. En raison de l’homogénéité de ses caractères
fondamentaux et malgré la vaste extension d’espèces peu nombreuses,
il semble bien que ce genre soit monotopique. Il n’en est probablement
pas de même des Isachne dont la filiation directe à partir des Panicum de
la section « Verruculosae » est souvent évidente.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
LES HALORRHAGAGÉES MALGACHES
ET LEUR RÉPARTITION
par A. Raynal
Depuis la publication de la famille des Halorrhagacées dans la Flore
de Madagascar par H. Perrier de la Bâthie, en 1950, des récoltes nou¬
velles sont venues accroître les collections du Muséum de Paris, la réparti¬
tion des espèces sur la Grande Ile s’est par conséquent précisée, et, d’autre
part, la conception des taxa a parfois légèrement évolué. C’est pourquoi
nous croyons utile de faire une rapide mise au point.
Les descriptions des plantes, les illustrations, les indications écolo¬
giques données par Perrier de la BAthie sont remarquables par leur
clarté et leur précision, nous ne saurions rien y ajouter; aussi nous borne¬
rons-nous à donner une clef pratique, une récapitulation de la biblio¬
graphie essentielle dans le cadre malgache, et un croquis de l’aire de chaque
espèce à l’intérieur de l’île.
Clef pratique
1. Feuilles toutes radicales, réniformes, pétiolées, grandes (attei¬
gnant 50 cm de haut, pétiole compris) ; inflorescences radicales,
non feuillées, constituant de grandes panicules rameuses.
. 1. Gunnera perpensa.
1'. Tiges grêles, flottantes ou rampantes, portant des feuilles oppo¬
sées, verticillées ou éparses, sessiles ou subsessiles, entières ou
disséquées, petites (longues de quelques millimètres à 2 cm);
fleurs isolées ou en glomérules à l’aisselle des feuilles.
2. Fruit 2- ou 4-loculaire, surmonté de 2 ou 4 styles, se fendant à
maturité en 2 ou 4 méricarpes contenant chacun une graine ;
plantes le plus souvent aquatiques, pouvant produire des
feuilles pinnatiséquées lorsqu’elles sont immergées : Myrio-
phyllum.
3. Fruit 4-loculaire, à parois à peine verruqueuses, surmonté
de 4 styles, se fendant ± complètement en 4 méricarpes.
Feuilles toujours verticillées; les inférieures submergées,
finement pinnatiséquées; les supérieures émergées, brac-
téales, ± dentées en scie, longues de 1 cm environ.
Fleur $ à 4 pétales et 4 étamines. Plante aquatique.
. 2. Myriophyllum axilliflorum.
Source : MNHN, Paris
— 538 —
3’. Fruit 2-loculairc à parois ornées de crêtes dentées roussâtres
lui donnant un aspect épineux, surmonté de 2 styles, et se
fendant complètement en 2 méricarpes. Feuilles oppo¬
sées ou alternes, les submergées pinnatiséquées et sou¬
vent disparues à la fructification, les émergées dentées ou
entières, ne dépassant guère 5 mm de long. Fleur $ à
2 pétales et une seule étamine. Plante aquatique ou
rampant sur la vase, où elle ressemble alors superficiel¬
lement à un Laurembergia . 3. Myriophyllum Mezianum.
2'. Fruit uniloculaire, contenant une seule graine (akène), sur¬
monté de 4 styles. Feuilles opposées ou alternes, entières ou
légèrement dentées; plantes rampant sur le sol dans les
lieux humides, rarement complètement submergées :
Laurembergia.
4. Fleur staminée portée par un pédicelle capillaire plus long
que la feuille axillante, à 4 pétales et 4 étamines.
Fleurs $ subsessiles, par une ou deux à l’aisselle des
feuilles. Fruit : akène à 8 côtes fines, lisse ou à peine verru-
queux. Feuilles ovales courtement pétiolées.
. 4. Laurembergia veronicifolia.
4'. Fleur staminée sessile ou subsessile; fruits axillaires sessiles
ornés de côtes mamelonnées ou épineuses. Feuilles lan¬
céolées à linéaires.
5. Fleur staminée §, à 4 pétales et 4 étamines; 1-3 fleurs ÿ au
milieu de chaque glomérule axillaire. Fruit : akène sur¬
monté de 4 styles, orné de 8 côtes portant des mame¬
lons blanchâtres. 5. Laurembergia tetrandra.
5'. Fleurs staminées^, à 2 pétales et 1 étamine, plus nombreuses
vers le sommet des tiges fleuries. Fruit se séparant en
2 méricarpes : chacun d’eux ressemble à un akène mais
est surmonté d’un seul style; méricarpes ornés de
8 crêtes fortement dentées, roussâtres.
. 3. Myriophyllum Mezianum.
GUNNERA Linné
Syst. Nat. ed. 12 : 587 (1767).
Espèce-type ; G. perpensa L., Afrique et Madagascar.
1. G. perpensa L.
Mantissa PI. : 121 (1767); A. Grandidier, llist. Madag., Plantes 5 : t. 370 (1895),
incl. var. angusta Schindler, Pflanzenr., Halorrh.: 117 (1905); H. Perrier delà
Bâthie, Fl. Madag., Halorrh.: 3 (1950). (Syntypes : Uildebrarull 3962, iso-, P!; Baron
2238, iso-, P!, Madagascar).
Type ; L’herbier Linné contient un échantillon d’Afrique du Sud
très probablement récolté par Burmann (photo-, P!).
Source : MNHN, Paris
— 539 —
Schindler avait placé les plantes malgaches dans une variété à part,
mais l’étude des récoltes récentes, plus abondantes tant à Madagascar
qu’en Afrique orientale, montre que les caractères invoqués par cet auteur
sont sujets à variation; nous pensons que la distinction d’un taxon mal¬
gache ne se justifie plus.
Afrique du Sud et de l’Est, centre de Madagascar, surtout en altitude.
Bords des ruisseaux ombragés, en montagne (1500-2500 m), souvent
sur sol tourbeux ou sur roches acides.
Baron 2238, s. d., Central Madagascar (fr.).
Bosser 10920, Ankaratra, 1 900 m, station ombragée et humide, bord de torrent;
2- 1957 (il.).
Decary 17554, forêt au sud d’Ambositra; 8-2-1942 (fr.).
Hitdebrandl 3962, Süd-Betsileo, Wald von Ankafina, in stehenden Wassern;
3- 1881 (fr.).
Humbert 3910 bis, Andringitra, dépressions tourbeuses et vallons humides, 2 000-
2 500 m; 11-12-1924 (stérile).
Humbert et Capuron 28411, Belsileo, Ambatolîtorahana, 1 500-1 000 m, restes de
forêt ombrophile sur argiles latériliques; 22-1-1955 (il.).
Perrier de la Bâlhie 6455, Sud-Betsileo, Ankafina, plante vivace à tige rampante
et radicante, rameuse, feuilles et inflorescences dressées, bords des eaux, 1 800 m;
1-1914 (11., fr.); 12967, Est-Imerina, 1 500 m, bords des cours d’eau dans les endroits
ombragés; cette plante est rare, spéciale au Centre; s. d. (11.); 14487, Andringitra,
2 000 m, près des eaux; 2-1922 (0.).
MYRIOPHYLLUM Linné
Sp. PI. ed. 1 : 992(1753).
Espèce-type : M. spicalum L., hémisphère Nord et une partie de
l’Afrique.
2. M. axilliflorum Baker
Journ. Linn. Soc. 21 : 340 (1884); Schindler, Püanzenr., Halorrh.: 98 (1905);
H. Perrier de la Bâthie, Fl. Madag., Halorrh.: 9 (1950).
— M. intermedium auct. : A. Grandidier, Hist. Madagasc., Plantes 5 : t. 309 (1895),
non P. DC.
Type : Baron 3325, iso-, P!
Endémique malgache, cette espèce est très proche du M. inlermedium
P. DC., d’Asie tropicale; elle n’en diffère que par des caractères faibles :
fruits à coques légèrement carénées, lisses sauf quelques verrues sur la
carène — feuilles bractéales plus larges — glomérules pauciilores. Des
études ultérieures, basées sur un matériel plus abondant que celui dont
nous disposons, permettront peut-être d’en faire une sous-espèce de M.
intermedium.
La plante n’est connue que par trois récoltes, datant toutes du siècle
dernier, et provenant du même petit lac d’Ambohipo, près de Tananarive;
les espèces de ce genre, comme la plupart des plantes aquatiques, sont le
plus souvent largement répandues, et le M. axilliflorum fait figure d’excep-
Source : MNHN, Paris
— 540 —
tion phytogéographique. Son extrême rareté nous a conduite à penser
qu’il s’agissait peut-être d’une plante introduite ; malheureusement, il ne
nous a pas été possible de rattacher ce taxon à un autre extra-malgache.
L’endémicité de la plante pose un problème à la fois biologique et phyto¬
géographique ; son origine doit-elle être recherchée dans une introduction
ancienne de M. inlermedium suivie d’une variation postérieure, ou dans
l’éclatement d’un groupe ancien autour de l’océan Indien, donnant les
vicariants M. intermedium (Asie), M. latifolium (Australie), M. axilliflorum
(Madagascar)?
Baron 3325, s. 1., s. d. (11.), type.
Hildebrandt 4030, Imcrina, pr. Tananarivo; 1880 (fl.).
s. coll., s. n., lac d’Ambohipo, Emyrne, févr. 1889 (11.), récolte attribuée au D' Calai
par Pcrrier de la Bâtliic (Fl. Madagasc., Halorrh. : 10), bien que l’écriture portée sur
l’étiquette originale ne soit apparemment pas celle de Catat.
3. M. Mezianum Schindler
Pflanzenr., Halorrh.: 104 (1905); H. Perrier de i.aBâtiiie, Fl. Madag., Halorrh.:
10 (1950).
Type : Scott Elliol 2963, iso-, P!
Espèce endémique malgache, très distincte par ses fleurs 2-mères;
c’est, semble-t-il, la seule espèce du genre à fleur unistaminée (Schin¬
dler décrit d’ailleurs un androcée bistaminé, ce qui n’est manifestement
pas le cas des échantillons que nous avons étudiés : les dessins donnés par
Perrier de la Bâthie (Fl. de Madagascar, /. c. : 11) correspondent par¬
faitement à ce que nous avons observé). Les fruits sont constitués de deux
méricarpes très peu cohérents qui se séparent aisément avant même que
la maturité soit complète : c’est un diakène. Le sous-genre Dicarpum où
Schindler place cette plante nous paraît nettement marginal dans le
genre, et sa présence à Madagascar est du plus grand intérêt.
Lacs et marais d’eau douce, toujours à proximité de la côte.
Perrier de la Bâlhie 17325, bords d’un lac près de Majunga; 7-1925 (fl.); 19310,
eod. loc., 9-1933 (fr.).
Scolt Elliol 2963, Fort-Dauphin, in lakc, s. d. (fl.), type.
Viguier et Humbert 407, environs de Tamatave, dépressions marécageuses de la
plaine; 27-9-1912 (0.).
LAUREMBERGIA Bergius
PI. Cap. : 350 (1767).
Espèce-type : L. repens Bergius, d’Afrique du Sud.
4. L. veronicifolia (Bory de St-Vincent) Schindler
Pflanzenr., Halorrh.: 72 (1905); A. Raynal, Webbia 19 : 689 (1965).
— Serpicula veronicifolia Bory de St-Vincent, Voy. 3 : 174 (18041.
Source : MNHN, Paris
— 541 —
_L. Humberli Perrier de la Bàthie, Not. Syst.. ed. H. Humbert 14 : 76 (1950),
et Fl. Madag., Halorrh.: 7 (1950). (Type : Humbert 6177, holo-, PI).
Type : Bory de Sainl-Vincenl, île de la Réunion, holo-, G-DC!
Espèce appartenant au sous-genre Laurembergia (fleurs $ longue¬
ment pédicellées et tétrastaminées), très distincte par sa physionomie.
Elle est abondante à l’île de la Réunion, et n’a été trouvée qu’une fois à
Madagascar; malgré sa rareté sur la Grande Ile, cette plante est inféodée
à des biotopes très particuliers qui ne permettent pas de douter de sa
spontanéité.
Petits marais tourbeux, sur rochers, à haute altitude.
Humbert 6177, massif de l’Andohahelo, crêtes et rochers siliceux du sommet, 1 800-
1 979 m; dépressions tourbeuses marécageuses; 21-22-10-1928 (11., fr.).
5. L. tetrandra (Schott ex Sprengel) Kanitz
in Martius, Fl. Brasil. 13, 2 : 377 (1882).
— Halorrhagis tetrandra Schott ex Sprengel, Syst. Vcg. 4, app. : 405 (1827).
(Type : Schott s. n., Brésil.)
subsp. brachypoda (Welwitsch ex Hiern) A. Raynal
Webbia 19 : 694 (1965). _
— Serpicula repens L. f. var. brachypoda Welw. ex Hiern, Cat. Welw. Afr. PI. 1 :
332(1896). (Lectotypc : Welwitsch 1621 a, Angola, iso-, P!).
var. numidica (Durieu de Maisonneuve ex Battandier et Trabut)
A. Raynal
Webbia 19 : 694 (1965).
— Serpicula numidica Dur. de Maisonn. ex Batt. & Trab., Fl. Anal. & Synopt.
Algérie & Tunisie : 128 (1902). .
— Laurembergia madagascariensis Schindler, Pflanzenr., Halorrh.: 71 (lJUo).
(Syntypes : Hildebrandl 3647, iso-, Pi; Scott Elliol 2508, iso-, Pi; Baron 3666, iso-, P!;
Goudol s. n.).
Lectotype : Durieu, Flora sel. exsicc. 836, La Calle (Algérie), holo-,
P!
Plantes très variables en fonction de l’écologie et de la saison : les
feuilles peuvent être largement ovales ou étroitement linéaires, glabres
ou velues, opposées ou alternes, donnant aux plantes des aspects très
divers. Bien que les échantillons malgaches présentent des formes très
comparables, dans leur diversité, à celles que l’on trouve en Afrique Occi¬
dentale par exemple (var. brachypoda), aucun d’eux ne porte de poils sur
les fleurs et les pédicelles floraux. Ce caractère, pourtant ténu, ne semble
pas dépendre du milieu, et permet de distinguer des variétés, tandis que
d’autres, plus apparents, ne sont en fait que la traduction morphologique
Source : MNHN, Paris
d’un ensemble complexe où interviennent biotope, climat, saison, et état
phénologique de la plante.
La variété numidica s’étend de l’Afrique du Nord et tropicale (Afrique
Centrale) à Madagascar et à l’île Maurice.
Mares, bord des lacs, marais, surtout dans les zones tourbeuses et
dans les eaux très pures.
d'Alleizelte 389, Namsana, lieux humides en pays découvert; 6-1905 (11., fr.).
Baron 847, s. 1., s. d. (fr.); 3666 (0.); 6092 (11.).
Benoist 303, bords d’étang près Ambatolaona, 11. rougeâtres; 19-11-1950 (fr.); SU
Manjakatompo; 21-12-1950 (0., fr.); 1749, env. de Tamatave; 18-10-1951 (0.).
Bosser 8703, 40 km de Tanararive sur la route du S, bord de ruisseau; 11-1955 (fl.)
Chapelier s. n., s. 1. (0.).
Cours 227, lac Alaolra, Ankaroka, 1 300 m; 31-1-1938 (fl.).
Decary 6263, Anosivato, env. de Tananarive, bord de ruisseau; 22-4-1928 (11.)
6466, Ambila, S. de Tamatave, dans la vase, bord de marais; 7-5-1928 (d.).
Geay 7557, Mananjary, zone côtière, 3-4-1909 (fr.); 7949, eod. loc., eod. dat. (fl.
Hitdebrandl 3647, Ost-Imerina : Andrangoloaka, an feuchten Stellen; 11-1880 (fr.)
Perrier de la Bâtliie 6593, Analamahitso, marcs tourbeuses parmi les Sphaignes,
800 m; 8-1907 (fl., fr.); 6602, Mananara, marais près delà mer; n. petites, rosées; 10-1912
(11., fr.); 6602, bas Matitana, sur la côte Est; bords des lagunes; 12-1911 (11., fr.);
Antsirabé, marais, plante aquatique ou terrestre, 1 500 m; 6-1913 (11., fr.); 13773
Ambatolampy, tourbes, 1 600 m; 5-1921 (11., fr.).
du Petit Thouars s. n., s. d. (fl., fr.).
Scott Elliol 2508, Fort-Dauphin, in large lake, s. d. (d.).
Viyuier cl Humbert 323, env. de Tamatave, sur la terre limoneuse au bord des
lagunes et dans les dépressions de la plaine; 25-9-1912 (fr.); 376, eod. loc., 26-9-1912
(fr.); 1533, lieu marécageux à l’Est de la crête des Vavavata, 1 900 m; 24-11-1912 (d.,
— Species ex ordine exclusa :
Halorrhagis jerosioides Perrier de la Bâthie, Not. Syst. ed. H. Hum¬
bert, 14 : 305 (1953).
Type : Perrier de la Bâlhie 1097, Madagascar, holo-, P! = Vahlia
digyna (Retz.) O. Ktze., Saxifragaceae, syn. nov.
La répartition des Halorrhagacées malgaches montre un rapport
évident avec les divisions phytogéographiques majeures établies par
H. Humbert (Colloque sur les régions écologiques du globe, Ann. Biol. 31 :
195-204, 1 carte h.-t. [1955]). Toutes ces plantes ont des exigences précises
quant à l’alimentation hydrique du substrat; les étangs ou marais perma¬
nents qui leur sont nécessaires ne peuvent exister en dehors de certaines
limites climatiques, et il semble possible de faire coïncider approximative¬
ment leur aire et celle d'unités phytogéographiques.
La famille occupe la Région Malgache Orientale, et n’avance sur la
Région Malgache Occidentale, plus aride que dans la partie Nord du
Domaine de l’Ouest : Secteurs du Nord et de l’Ambongo-Boïna ; ces deux
Secteurs sont d’ailleurs les plus humides de la Région Occidentale, et
Source : MNHN, Paris
— 543 —
reçoivent, comme la Région Orientale, des pluies annuelles d’au moins
1 500 mm.
Il n’est guère possible d’entrer plus avant dans le détail de la hiérar¬
chie phytogéographique : la répartition des espèces est liée également à
des facteurs édaphiques, et nous n’avons encore qu’une connaissance trop
fragmentaire de leur écologie.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
LE GENRE HO PPE A Willd.
(GENTIANAGEAE) EN AFRIQUE
par A. Raynal
Parmi les Scrophulariacées africaines innommées de l’Herbier de
Paris, nous avons eu la surprise de découvrir un échantillon se rappor¬
tant au genre Iloppea (Gentianacées). Récoltée par Quartin-Dillon et
Petit en Abyssinie, la plante avait été étudiée par A. Richard : il en
fit une analyse dont le croquis est encore épinglé à une planche d’herbier,
mais, en raison sans doute de l’androcée réduit, cet auteur ne la déter¬
mina pas; il se borna à classer l’échantillon dans les Antirrhinées, sans
le mentionner dans son Tentamen Florae Abyssinicae (1851). Après
A. Richard, personne ne se pencha sur les récoltes de Quartin-Dillon
et Petit, et ce spécimen demeura plus d’un siècle parmi les Scrophula¬
riacées innommées.
Très récemment, notre ami J.-P. Lebrun, botaniste à l’Institut
d’ÉIevage et de Médecine Vétérinaire des Pays Tropicaux, nous soumit
une Gentianacée du Sénégal indéterminable avec les flores africaines :
il s’agissait une fois encore du Hoppea dicholoma. Cette seconde récolte,
éloignée de la première de plusieurs milliers de kilomètres, et faite
plus d’un siècle plus tard, confirme l’existence de genre Hoppea sur le
continent africain.
Le genre Hoppea Willd. (1801) 1 comprend deux espèces asiatiques;
1. Une précision s’impose à propos de la graphie de ce nom générique : plusieurs
genres ont porté des noms qui se ressemblent, et des graphies erronées ou volontai¬
rement modifiées ont créé des homonymes nombreux :
Hoppea Willd., 1801, non Rchb., 1824 (Composée s Ligularia Cass., 1816, nom.
cons.), nec Endl., 1839 (= Hopea Gard, ex L., Symplocacée, nom. rej.), nec Endl., 1839
(s Hopea Roxb., Diptérocarpacée, nom. cons.).
s Hopea Vahl, 1805, nom. rej., non Garden ex L. nec Roxb.
s Hoppia Spreng., 1818, non Nees, 1842 (Cypéracée s Bisboeckelera O. Ktze.,
1891).
De ces noms, seuls sont légitimes Hopea Roxb., nom. cons. et Hoppea Willd. ; ils
ne sont pas considérés comme homonymes parce que dédiés l'un à J. Hope, l’autre
à D. H. Hoppe : ils ne constituent donc pas des variantes orthographiques d’un même
nom (voir Code Roi. Nomencl., 1961, art. 75). Il est toutefois certain qu’une telle res¬
semblance à la fois de graphie et de prononciation est regrettable; elle pourrait justifier
qu’on propose le rejet de la graphie Hoppea Willd. en faveur de Hoppia Spreng.; ce
changement aurait un double avantage : les noms Hoppia et Hopea sont suffisamment
distincts pour que les confusions ne soient plus à craindre, et la conservation de Hoppia
Spreng n’entraînerait aucune nouvelle combinaison, une graphie différente ne pouvant
être considérée comme un nom différent.
Source : MNHN, Paris
— 546 —
seule, H. dicholoma Willd. s’étend jusqu’à l’Afrique. La seule mention
connue de nous de la plante en Afrique est celle faite par J. G. Adam
(Itinér. Bot. en Afr. Occid., Journ. Agr. Trop, et Bot. Appl. 9 : 179
(19 (1962), graph. « Hopea »; il signale l’espèce en Mauritanie (sans loca¬
lité), mais ne l’a pas récoltée personnellement. Il semblerait que cette
récolte ait été faite par A. Naegelé, près d’une guelta, sans doute dans
l’Adrar, mais nous ne connaissons à ce sujet ni échantillon ni publica¬
tion K Cette citation unique et fort brève d’ADAM pouvant longtemps
passer inaperçue, nous avons jugé qu’une courte description et une illus¬
tration seraient utiles aux botanistes d’Afrique Tropicale.
H. dichotoma Ilayne ex Willdenow
Ges. Naturforsch. Fr. Neue Schriften 3 : 435 (1801); Hayme, Tcrmini Bot. icon.
illustr. : 75, t. 30, fig. 3 (1799), nomen subnudum (le nom est accompagné d’une bonne
illustration sans analyse, cf. Code Bot. Nomencl. 1951, art. 32); C. B. Clarke in Hoo-
KER F., Fl. Brit. lnd. 4 : 100 (1883).
— Pladera pusilla Roxuurgh, Hort. Beng. : 10 (1814), nomen nudum; Fl. Ind. 1 :
419 (1820); Grisebach in DC., Prodr. 9 : 63 (1845).
— Canscora pusilla (lioxii.) Roemer & Schultes, Mantissa 3:230 (1827); D. Don,
Trans. Linn. Soc. 17 : 530 (1837).
— Cicendia Hoxburghii Grisebach, Gen. et Sp. Gentian. : 160 (1839); Thomson
& Bacon, London Journ. Bot. 4 : 639, t. 22 (1845).
Type : Indes, côte de Malabar, près de Tranquebar, in Herb.
Willd. (B).
Espèce-type du genre.
Très petite herbe annuelle haute de quelques centimètres, dressée,
rameuse; feuilles ovales, les plus grandes d’environ 5 X 2,5 mm, oppo¬
sées, sessiles. Fleurs longues de 2 mm, tétramères, nombreuses, dispo¬
sées en cymes dichotomes. Calice peu profondément 4-lobé, orné de
fortes nervures soulignant la marge des lobes et se prolongeant sur le
tube, scarieux entre ces nervures. Corolle blanchâtre un peu plus courte
que le calice, marcescente; lobes triangulaires, égalant environ la moitié
du tube. Une seule étamine fertile, inserte, à anthère globuleuse ; 1 ou
3 staminodes de taille variable, ayant la forme de minuscules étamines
normales, mais dont les anthères sont parfaitement plates. Ovaire sphé¬
rique 2-carpellé, 1-loculaire; style court terminé par un stigmate capité
légèrement émarginé. Capsule demeurant incluse dans le périanthe;
nombreuses petites graines fauves à tégument réticulé.
Répartition géographique : Inde planitiaire et péninsulaire, où la
plante n’est pas rare; Philippines : Luzon; Afrique.
Habitat ; marécages herbeux.
1. En dernière minute, nous obtenons confirmation de cette récolte, qui provient
bien de l’Adrar mauritanien (Guelta de Molom Har, A. Naegelé, 12,1956). Une part
de celte récolte a élé vue par le Pr. Th. Monod, mais aucune publication plus précise
que celle d’ADAM ne semble en avoir été faite (Fotius, in lilt.). (Note ajoutée en cours
d’impression.)
Source : MNHN, Paris
— 547 —
Source : MNHN, Paris
— 548 —
ÉCHANTILLONS AFRICAINS :
Quarlin-Dillon & Petit s. n., s. d., Chiré, Éthiopie.
Folius K 708/a, Sénégal oriental, Kanéméré, région de Kédougou, 22-11-1965
L’aire esquissée par ces deux récoltes et la mention en Mauritanie
n’est pas surprenante, et H. dichotoma semble s’intégrer désormais au
contingent d’espèces afro-asiatiques constituant l’élément phytogéogra-
phique soudano-deccanien. Mais il est actuellement impossible de
savoir si les stations africaines sont réellement disjointes, ou si d’autres
stations, rares et dispersées, pourront être découvertes plus tard
dans cet immense hiatus.
Malgré tout, la rareté de la plante en Afrique doit retenir notre
attention; il est remarquable que II. dichotoma n’ait pas été récoltée
en Éthiopie après l’exploration de Quartin-Dillon et Petit, et qu’elle
semble ne pas figurer dans les si importantes collections de Schimper
par exemple. Même si d’autres stations doivent être découvertes dans
l’avenir, cette plante est certainement peu commune en Afrique : la
connaissance floristique de ce continent est certes encore insuffisante;
il est néanmoins peu probable qu’une espèce fréquente soit passée ina¬
perçue.
Doit-on pour cela mettre en doute son indigénat en Afrique, et la sup¬
poser récemment introduite? Nous ne le pensons pas; l’habitat de cette
plante ne semble guère laisser supposer une introduction par anthropo-
chorie, comme c’est souvent le cas pour les mauvaises herbes des cultures
par exemple. Elle pourrait au contraire, comme beaucoup de petites
espèces de marais à graines nombreuses et minuscules, avoir été répandue
par des moyens naturels, tels que des migrations animales.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
UNE ESPÈCE NOUVELLE DU GENRE RUNGIA Nees
EXEMPLE DE VICARIANCE DES ACANTHACÉES
OUEST-AFRICAINES
par H. Heine
Au cours de l’étude des Acanthacées pour la « Flore du Gabon »
est apparu la nécessité de démembrer une espèce largement répandue
en Afrique tropicale.
La présence en Afrique occidentale d’un taxon très voisin, mais
distinct de Rungia grandis T. Anders., fut déjà reconnue en 1892, par
G. F. Scott Elliot. Celui-ci avait noté, sur l’étiquette de son n° 4616,
provenant de Sierra Leone, « Rungia sp. nov. (cf. grandis) »; mais cette
nouvelle espèce pressentie ne fut jamais décrite. C. B. Clarke révisa
et détermina ensuite le spécimen en question, en vue de la rédaction
de la Flora of Tropical Africa, et le rattacha à Rungia grandis T.Anders.
Une nouvelle étude plus poussée du matériel entier conservé sous
le binôme de « Rungia grandis T. Anders. » dans les herbiers du Muséum
national d’Histoire naturelle de Paris (P), des Royal Botanic Gardens,
Kew (K)* et de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire, Dakar (IFAN),
a mis en évidence une série de caractères morphologiques très constants
dans les plantes provenant de l’Afrique occidentale à l’Ouest du Dahomey,
caractères jusqu’à présent négligés du point de vue d’une séparation
spécifique. Pour plus de clarté, les caractères différentiels de Rungia
grandis T. Anders. ont été indiqués, dans la diagnose latine, entre paren¬
thèses. Les différences, restreintes à l’appareil reproducteur, sont peu
frappantes au premier abord; elles permettent néanmoins une distinc¬
tion aisée de Rungia grandis T. Anders. dans son sens original, et d’un
taxon incontestablement très voisin et d’une étroite affinité phylogé¬
nique :
Rungia guineensis Ileine, sp. nov.
— Rungia grandis auct. : R. Benoist, Bol. Soc. Brot., 2 e sér., 24 : 39 (1950), non
T. Anders., Journ. Linn. Soc., Bot. 7 : 46 (1863).
— Rungia grandis T. Anders., 1. c. (1863), pro parle : C. B. Clarke, in Thiselton-
Dyer, Fl. Trop. Africa 5 : 252 (1900), quoad specimina Scott Elliot 3964, 4616, Afzelius,
Winwood Reade tantum; Hutchinson et Dalziel, Fl. W. Trop. Africa, ed. 1, 2 : 267
(1931), quoad specimina Chevalier 459, 13145, 13375 bis, Scott Elliot 3964, 4616, Win¬
wood Reade tantum; Aké Assi, Contrib. étude llorist. Côte-d’Ivoire (Thèse Univ.
Paris) : 214 (1961), et Encyclop. biolog. Lechevalier LXI : 173 (1964 « 1963 »), quoad
specimina Chevalier 459, 20376, 13145, 13375 bis, Jacques-Félix 2168, Paroisse 3,
Pobéguin 2012, Schnell 3758, Scott Elliot 3964, 4616, Afzelius, Winwood Reade, Aké
Source : MNHN, Paris
— 550 —
Assi et Mangenot IA 4131 tantum; Heine, in Hutchinson et Dalziel, Fl. W. Trop.
Africa, ed. 2, 2 : 430 (1963), excl. specimina Chevalier 22934, Meikle 931, Keay FHI
25589, Richards 5069, Brenan 8674, Jones et Onochie FIII 16717, Talbot 1394.
— Juslicia grandis auct. : A. Chevalier, Sudania 1 : 10, n° 559 (1911); ibid., 2 :
24, n° 13145; 29, n» 13375 bis (1914); Expi. bot. Afr. occ. franç. 1 : 500 (1920), non
Juslicia grandis (T. Anders.) Lindau, in Schlechter, Westafrik. Kautschuk-Exped. 317
(1900).
N. B.: Rungia grandis auct. : H. Pobéguin, Ess. Fl. Guin. franç. 124 (1906), non
T. Anders., 1. c. (1863), ad Rungiam erioslachyam Hua, Bull. Mus. Hist. Nat. 11 : 62
(1905), pertinet; specimen adhuc unicum in opère Pobeguini citatum (Pobéguin 36)
syntypus Rungiae erioslachyae est.
Rungiae grandi T. Anders. proxima : foliorum limbo angustiore 1 , brac-
teis maturis orbiculatis, apice partis viridis centralis bractearum marginem
hyalinam in lacunam eam apicalem leviter superante, margine hyalina brac¬
tearum crebre regulariterque undulato-corrugata, bracteolis apice late emer-
ginatis, parte viridi centrali apiculata et in lacunam apicalem marginis
hyalinae protracta; antherarum thecis inferioribus calcare fîmbriato formam
cristae galli revocantiam munitis, ovario tantum apicem versus pubescenti,
seminibus reniformibus, teste leve, arcte distinguitur.
Suffrutex ad 1,5 m altus; rami ramulique tereti, interdum subangulati,
partibus novellis (bracipue in inflorescentiis et nodiis) pubescentibus; nodia
leviter tumida, 2,5-7 cm distantia, duabus lineis rectis decussatisve (i. e.
alternantibus cum foliorum insertionibus) pilorum crispulorum crebrorum
sursum curvatorum paralleliter in internodio decurrentibus interiuncta;
petioli ad 1 cm Iongi; foliorum limbus elliptico-lanceolatus, acuminatus,
cuspidatus, attenuatus, 11-16 (— 20) X 4,5 — 6,5 (— 8) cm, ad costam
mediam et nervos secundarios utraque pagina leviter pubescens, nervi secun-
darii utrinsecus circiter 11; inflorescentiae terminales et subterminales (i. e.
latérales et axillares, in summitatibus plantarum congestae), spiciformes,
ad 8 cm longae et statu fructifero 3 cm latae, interdum leviter agglomeratae,
inflorescentiae latérales et terminales aequilongae (Rungia grandis : inflores¬
centiae latérales quam terminales multo breviores); inflorescentiarum rhachis
dense pubescens, haud glabrescens (R. grandis: glabrescens); bracteae bene
evolutae (i. e. statu flori- et fructifero) orbiculares (R. grandis : ovales),
21 X 23 mm, apice leviter emarginatae, parte centrali ovali, acuminata,
viridi, pubescente, 19 — 20 X 9 — 10 mm, nervis secundariis in regione
apicali huius partis centralis marginalibus inconspicuis (R. grandis : ab
margine distantibus, conspicuis), bractearum partes marginales hyalinae,
papyraceae, diaphanae, crebre regulariterque undulatae, rugosae, rugis
radiatim ortis (jR. grandis : bractearum margo i applanata), margines in
parte superiore bractearum ad 5,5 mm latae (R. grandis : ad 3 mm latae),
apex partis viridis centralis marginem hyalinam in lacunam apicalem
leviter superans (R. grandis : margines hyalinae cum apice partis centralis
longe protractae); bracteolae obovales, attenuatae, leviter carinatae,
apice emarginatae (R. grandis ; ovales, acuminatae, haud emarginatae),
latitudo 1 ,,, .. 1.
1- *■»“> longitude, “ 5 ’ ra " d " ” 2>
Source : MNHN, Paris
— 551 —
13 X 6 mm, pars centralis viridis pubescens, anguste lanceolata, acuminata,
13 X 1 — 2 mm, partes marginales ut in bracteis, margines in parte supe-
riore bracteolarum ad 2 mm latae; calyx circiter 1 cm altus; sepala anguste
lanceolata, pubescentia, ciliata, sepalum posticum 9x1 mm, altéra
9 X 0,7 mm; corolla ad 2 cm longa, alba (sec. annotât, collectorum in sched.),
vel raro pallidc caerulea (Paroisse 3, Pobéguin 2012), extus pubescens, tubo
5 mm longo, intus ad nervos et insertiones filamentorum dense piloso, labium
anticum trilobum, 10x8 mm, in parte centrali rete nervorum valde conspicuo
institutum, lobo centrali semi-orbiculato, 3,5 X 1,5 mm, lobis lateralibus
spathulato-lanceo- latis, apice rotundatis, 2,3 X 2,2 mm, lobum centra¬
ient arcte superantibus; labium posticum late triangularc, quadruplinerve,
9x9 mm, apice leviter emerginatum; staminarum fila ment a in fauce corol-
lae inserta, pubescentia ad insertiones, pars libéra 7 mm longa, glabra;
antherae 5,3 mm longae, theca superior 3 mm longa, appendice mutica alba,
subhyalina, circiter 0,5 mm longa munita; theca inferior 3,75 mm longa,
appendice alba, subhyalina, fimbriata, formant quasi cristae galli (cum plus
minusve 10 dentibus erectis) revocante, lxl mm, munita (/?. grandis:
appendix thecae inferioris mutica); discus irregulariter lobatus, ad 1 mm
altus; ovarium 2 mm altum, pubescens, parte inferiore glabrescens, basi
glaberrima (Rungia grandis : ovarium totum pubescens); Stylus 12,5 mm
longus, in rima centrali labii posteriori immersus, basi dense pubescens, api-
cem versus glabrescens, pars ultima tertia glaberrima, tumida; stigma inte-
grum, glaberrimum; fructus immaturus ad 1 cm altus, sessilis (R. grandis:
leviter stipitatus), suborbiculatus, apiculatus, leviter pubescens, praecipue ad
apicem versus, valvae fructus post dehiscentiam arcum hemicyclicum regula-
rem quasi semilunatum formantes (R. grandis : arcum ad basin [i. e. ad
insertionem fructus] acutum attenuatumque, forma valvae singularis hoc modo
litteram s longe extensam revocans), earum apices 25 mm distantes; scmen
maturum reniforme (R. grandis : lenticulare), 5,5 X 4,5 X 1,8 mm, testa
brunnea, glaberrima (R. grandis : verrucis elongatis eburneis arcuatim dispo¬
sais ornata), ad hilum versus leviter rugosa.
Habitat in Guinea (sensu geographico), id est in regione Africae occidentalis
Guineam lusitanicam, Guineam olim gallicam, territorium « Sierra Leone »
dictum, respublicas Liberiam et Ghanam et Orae Eboris includente. — Holo-
typus : H. Jacques-Félix 2168 (P, isotypus K).
Matériel étudié :
Guinée portugaise : Espirito Sanlo 722, Mansaba, subarbusto da floresta hidrô-
fila, flores brancas (11. avr.), LISJC (non vidi) ; 2242, Bissau, Prâbis, subarbusto herbâceo
dos lugares assombrades da lloresta mixta (il. févr.), K!
Guinée : J. G. Adam 3177, Nimba (il. janv.), P!; 3479, Loiïa, cercle de Macenta
(il. janv.), PI; 3661, chaîne de Fon (11. et fr. févr.), Pi; 7303, massif du Béro, Kéréma
(Nzérékoré) (il. févr.), Pi; 11778, chutes de la Sala (il. etfr. avr.), P! — A. Chevalier 459,
Moussaia, bords d’un marigot, grandes fleurs blanches inodores, à petits points noir
pourpré (fl. et fr. févr.), Pi; 13145, Kindia (fl. et fr. mars), PI; 13375 bis, Kindia (il. et
fr.), PI; 200376, cercle de Mamou, entre Soya et Kouloundou (il. janv.), P! — J. Chillou
1334, Friguiagbé, Condoya, plantation Paul Chillou, bord de la rivière Samau, sous-bois,
arbrisseau 1 m, fruits secs hyalins papyracés(fr. mai), IFAN !; 1359, chutes de la Kikrima;
arbuste abondant sur dalles en dessous de la chute (spécimen stérile, leg. Portères,
Source : MNHN, Paris
— 552
Source : MNHN, Paris
— 553
Source : MNHN, Paris
— 554 —
févr.), IFAN!; 2951, Kissidougou, anciennes cultures, sol argileux, haut. 80 cm à 1 m
(leg. P. Martine n° 204, fl. janv.), IFAN!; 3065, Béna (Fouta Djallon), Kantimbanga,
sous-bois de copaliers et forêts claires (leg. Arrieu n° 223, fl. janv.), I FAN ! -— L. Farmar
208, sine loco (fr. sept.), K! — H. Jacques-Félix 2168, environs de Kindia, Mambia
(Benna), bractées avec marges membraneuses blanchâtres, fleurs blanches (fl. déc.), P,
holotype! K, isotype! — M. Paroisse 3, sine loco, 1 m de haut, lieux ombragés, frais,
abondant, de sous-bois, fleur bleu pâle, épillet feulleté, vert blanc, feuilles vert clair (fl.
et fr. mars), P ! — H. Pobéguin 2012, bords du Cogon, plante de 1,50 m de haut, de sous-
bois, fleur bleu pâle, épillet feuilleté, vert blanc, feuilles vert clair (fl. et fr. mars), P !
Sierra Leone : P. P. Glanville 175, Bumban, N. Prov., bush 8 ft., flowers white,
veined purple (fl. févr.), K! — T. S. Jones 301, summit of Mount Horton (Colony),
at 2410 feet (fl. janv.), K! — E. L. King 56 B, Yeni manila Chiefdom, Kasawe forest
reserve. Also abundant Moyam va. Herb grows tall up to 8 feet at least (fl. déc.), K! —
C. E. Lane-Poole 67, Mendi. Nande or Balgafe Temni « g' Barenabanna » (fl. févr.), K! —
E. Macdonald 9, Kessewe, « Begafei » (fl. et fr. févr.), Kl —- V. Marmo 130, Mayogbo
’sta (fr. févr.), K ! •—• G. F. Scoll Elliol 3964, Sugarloaf, Freetown; shrub 8 feet high at
about 2-2 500 feet (fl. déc.), K! 4616, on Koflu, common on scarcies (fl. janv.), K! —
Col. Winwood Peade: 3/19, sine dato et loco (Regent?), 1868-1869, K!
Liberia : IV. J. Harley 1432, Sanokwele (fl. mai), K! — E. S. Yallah 26, Nimba
Mounts, altitude forest, new camps, grassfield, « Gbapulu » (fl. avr.), P!
Cote d’Ivoire : G. Mangenot et L. Aké Assi IA 4131, forêt de Sémien, route de
Man (fl. et fr. avr.), P ! ; 7369, région d’Agboville, entre Rubino et Anaguié (fl. févr.). P!
Ghana : J. K. Morton A 4074, above shore on path to waterfall, Krachi Distr.
Shrub to 5 feet, in forest (fl. nov.), K! (?) *
Cette nouvelle espèce, qui ressemble à tel point à Rungia grandis
T. Anders. que seul Scott Elliot soupçonna, une seule fois, son exis¬
tence, en diffère donc très nettement par les caractères suivants, déjà
énumérés dans la diagnose latine : feuilles nettement plus étroites que
chez R. grandis (cf. note sur p. ... ) ; bractées orbiculaires, à bords hyalins
très larges (plus de 2 /3 plus larges que chez R. grandis) ; bractéoles émar-
ginées, également à bords très larges; appendice de la loge inférieure de
l’anthère épineux, en forme de petites crêtes de poule; valves du fruit
après déhiscence en forme d’hémicycle ou de croissant (en forme d’arc
en accolade chez R. grandis); graine réniforme, à testa lisse, sans verrues;
enfin les grains de pollen offrent une configuration différente de ceux
de Rungia grandis T. Anders. 2
Au prime abord, on sera probablement tenté d’estimer ces diffé¬
rences comme relativement faibles, justifiant seulement une distinction
au niveau infraspécifique, par exemple au rang d’une sous-espèce. Cepen¬
dant, d’autres études taxinomiques sur les Acanthacées d’Afrique tropi¬
cale, effectuées en vue de la rédaction de la 2 e édition de la « Flora of
1. L’état de ce spécimen (trop jeune; inflorescence à peine formée) ne permet
pas une identification sûre. A l’extrême limite orientale de l'aire de répartition de
P. guineensis, la plante représentée par ce spécimen pourrait probablement être
rapprochée de P. grandis, qui se trouve, tout près, au Dahomey, ù la limite occiden¬
tale de son aire de répartition. ,La présence de P. guineensis au Ghana est donc à
vérifier, et la recherche des plantes de ce genre est recommandée aux prospecteurs
botaniques de ce pays.
2. Cette dernière espèce, ainsi que les détails palynologiques concernant les deux
espèces en question, feront parmi d'autres, l’objet d’une étude ultérieure de M. Van
Campo et H. Heine : « Le pollen de Pungia grandis, son polymorphisme, sa signi¬
fication phytogéographique ».
Source : MNHN, Paris
— 555 —
West Tropical Africa » de Hutchinson et Dalziel, vol. 2 (1963), et
de la « Flore du Gabon », vol. 13 (1966), ont récemment prouvé, dans
quatre autre cas, l’existence de positions taxonomiques tout à fait ana¬
logues de plantes provenant de l’Afrique occidentale à l’ouest du Daho¬
mey : très semblables aux représentants d’espèces largement réparties
en Afrique tropicale (au moins dans les premiers trois exemples cités
ci-dessous), elles se sont révélées, après des études plus approfondies,
effectuées sur un matériel beaucoup plus important qu’à l’époque de
l’élaboration de la Flora of Tropical Africa, appartenir à des taxa distincts
de ceux auxquels on les identifiait auparavant. Nous sommes là en
présence, très évidemment, de taxa vicariants, dont la séparation au rang
spécifique semble incontestablement justifiée. Ainsi, ces taxa méconnus
jusqu’à présent fournissent à la phytogéographie du continent africain
de nouvelles données qui soulignent, au point de vue floristique, l’origina¬
lité des régions qu’ils occupent.
La citation des quatre exemples ci-dessous, assez significatifs, met
l’accent sur ce problème, sans doute un peu sous-estimé par les taxi-
nomistes anciens. Ils illustrent, dans la famille des Acanthacées, une
certaine tendance à la vicariance parmi les taxa ouest-africains, dont
les cas s’avèrent de plus en plus nombreux (un autre exemple peut être
pris dans le genre Mapania Aubl. [Cypéracées]; travaux inédits de
J. Raynal). C’est apparemment aussi à cette vicariance que se rattache
le nouveau couple Rungia guineensis Heine-Rungia grandis T. Anders.
Les discussions concernant les affinités, les aires de répartition, etc.
sont contenues dans les descriptions originales dont la référence biblio¬
graphique est citée en note.
Espèces a l’Ouest du Dahomey
Acanlhus guineensis Heine et
P. Taylor 1
Adhaloda guineensis Heine 2
Thomandersia anachorela Heine 3
Whilfieldia colorata C. B. Clarke ex
Stapf
Espèces a l’est du Dahomey
Acanlhus montanus (Nees) T. An¬
ders.
Adhaloda robusla C. B. Clarke
Thomandersia Hensii De Wild. et
Th. Dur.
Whilfieldia rulilans Heine *.
1. Kew Bull. 16: 161, fig. 1 (1962).
2. Ibid.: 167, 6g. 3 (1962).
3. Bull. Jard. Bot. État Bruxelles 36 : 239, t. XV, fig. 4 (1966).
4. Flore du Gabon 13: 37, t. VIII, 1-7, note p. 39 (1966).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
DEUX NOUVEAUX EULOPHIDIUM
DU NORD DE MADAGASCAR
Sur quelques Orchidées nouvelles
ou critiques de Madagascar. II 1
par Karlheinz Senghas
I nstitut de Botanique Systématique et Jardin Botanique
de l’Université de Heidelberg.
A la fin du deuxième voyage du Professeur Rauh à Madagascar,
le Professeur Buchloh de Stuttgart-Hohenheim, alors son collaborateur,
entreprit seul un court voyage au nord de la Grande Ile, où il fit quelques
récoltes de plantes dans la Montagne des Français. Les Orchidées qu’il
a trouvées lors de cette expédition sont également cultivées dans le
Jardin Botanique de Heidelberg.
Nous savons gré à M. Buchloh pour les plantes qu’il nous a envoyées,
car parmi elles se trouvent plusieurs espèces très remarquables. Deux
espèces sont décrites dans cette note : Eulophidium angustifolium sp.
nov. et Eulophidium roseovariegalum sp. nov. Les deux espèces ont
été découvertes presque au même endroit, et non loin d’elles Eulophi¬
dium spalhuliferum (H. Perr.) Summerh. ( Rauh et Buchloh 7989). Jusqu’à
présent cette dernière espèce ne fut trouvée que deux fois, à Majunga
et à Manangarivo (Ambongo). Dans cette région tout au nord de Mada¬
gascar on ne connaissait du genre Eulophidium que Eulophidium
gracillimun (Schltr.) Schltr. Entre cette espèce et notre Eulophidium
roseovariegalum sp. nov. il y a une très grande affinité, ce qui est une
chose assez étrange.
Eulophidium angustifolium Sengh., sp. nov. ssp. angustifolium
E. qaadrilobo admis, sed ab eo difFert forma bulborum, ambitu labelli et
calcaris.
Planta terricola; radices validae usque ad 4 mm diametientes, scabrae;
bulbi nitidi, violaceo-brunnescentes, dense congregati, pyriformes, juvéniles
glabri, senescentes modice longitudinaliter rugosi et leniter quadrangularcs
usque ad 2 cm longi, 2 cm lati mono- (vel rarius di-) phylli; bulbi juvéniles
foliis 3-4 membranaceis laete spadiceis involuti, quae etiam petiolum invol-
vunt; folia supra obscure viridi-violaceo-variegata, subtus laetiora et (ut in
Nageliella purpurea) subtiliter punctis minimis atroviridibus ornata, soli-
1. Note : Cont. de Adansonia 4: 303 (1964).
Source : MNHN, Paris
— 558 —
Source : MNHN, Paris
— 559 —
dissima vel subcarnosa, erecta, anguste linearia, acuminata, omnino usque
ad 10 cm longa, usque ad 7 mm lata; petiolus 1-1,5 cm longus; folia omnino
a bulbis senioribus decidentia; inflorescentia semper singula e basi bulbi
novelli sed iam adulti oriens, usque ad 30 cm alta, plerumque omnino simplex,
rarius ramo laterali rarifloro pro flore basali vel ramis lateralibus duobus vel
tribus pro omnibus semper floribus basalibus; inflorescentia omnis 5-15 flora;
pedunculus circiter altero tanto longior quam rhachis brunneo-violaceo-
concolor, 1,5-2 mm diametiens, basi foliis squamaeformibus 2-3 laete spadi-
ceis pedunculum vaginatim involventibus, superne plerumque tantummodo
folio squamaeformi uno (rarius 2) obtectus; folia squamaeformia superiora
2-2,5 cm, suprema 1-1,5 cm longa; bracteae pedunculo dense appressae,
anguste triangulatae, acuminatae, laete spadiceae, trinerviae, inferiores cir¬
citer 4 mm, superiores 1-1,5 mm longae; pedicellus et ovarium sordide brunnes-
centi-virides, unusquisque plus minusve 10 mm longus, ovarium pedicclla-
tum florum superiorum tantum paullo brevior; magnitudo florum pro généré
intermedia, flores inodori; sepala apice brunnescenti-viridia, in dimidio infe-
riori albido-viridia; petala albida stria media viridi, in dimidiis ad sepalum
dorsale vergentibus punctis paucis rubiginosis ornata, labellum album, margo
anticus lobi medii partiti ochraceus, lobi latérales et discus rubiginoso-notati,
calcar saturate viride, columna eodem colore, margines latérales antici, cli-
nandrium et basis columnae ad introitum calcaris intense rubiginosi, anthera
albida vel eburnea, pollinia intense lutea, stipes albus, viscidium eodem
colore; sepala elliptica acuminata basi paullum dilatata trinervia, sepala
Iateralia paullum asymmctrica, 7-8 mm longa, 2,5-3 mm lata; petala late
elliptica, apice rotundata vel minime apiculata basi paullum dilatata, tri¬
nervia, nervis lateralibus gracillimis partim iterum ramosis, 5-6 mm longa
4-4,5 mm lata; labellum quadrilobum omnino 10-12 mm longum, 14-16 mm
latum; lobi latérales erecti, lobus médius ferc rectangulariter ab epichylio
reclinatus, lobi partiales distincte convcxi; lobi latérales semiorbiculares vel
pars antica corum paullum elongata, plus minusve 5 mm lata, 3 mm alta;
lobus médius more generis profunde partitus, lobi partiales eius valde diver¬
gentes rotundato-quadrangulati margine fere integro, ante introitum calcaris
callus 3 mm latus, 1,5 mm altus leniter bilobus albus apice rubiginosus trans¬
verse instructus, ante eum iterum calli très brèves humiles paralleli, qui
usque ad sinum inter lobos latérales et lobum medium se extendunt; calcar
brève leniter bilobum, in seclione longitudinali transverso-ellipticum, 3 mm
longum, 4 mm latum; columna erecta humilis et lata, semiglobosa, faciès
antica columnae paullum concava, 3 mm alta, 3,5 mm lata; pollinia rotundato-
triangularia, solida, 0,5 mm diametientia; stipes brevissimus ellipticus; visci¬
dium lamellaeforme, rotundato-quinquangulare; rostellum brevissimum, post
remotionem polliniorum leniter bilobum parte media triangulari-incisa;
anthera unilocularis, scmiorbiculari-opercularis, processu oblongo-pileiformi
solido; fructus ignotus.
Habitat : Madagascar septentrionalis prope Diégo-Suarez, in
rupium fissuris humosis montium calcareorum illorum, qui lingua franco-
gallica « Montagne des Français » appellantur.
Source : MNHN, Paris
560 —
médian; 7, sépale latéral; 8, pétale (6-8 x 5}; 9, colonne vue de face et 10, vue par dessus
(l'anthère et les pollinies écartées) x 8; 11 , les pollinies vues de face et de côté x 20; 12 ,
Source : MNHN, Paris
— 561 —
Typus : Rauh et Buchloh 7987, nov. 1961. — Holotypus in herbario
Inst. Bot. System. Heidelbergensi (HEID).; Isotypus in herbario Mus.
Nat. Hist. Lutetiae (P) conservantur.
ssp. diphyllum Sengh., ssp. nov.
A typo differt numéro, ambitu et colore foliorum.
Bulbi di-(rarius mono-)phylli; petiolus usquc ad 3 cm longus, lamina
parte basali tereti 3 cm longa, ceterum anguste elliptica acuminata usque
ad 7 cm longa, ad 1,5 cm lata margine angustissimo cartilagineo minutissime
denticulato, juvenilia irregulariter laeto- et obscuro-viridi-variegata, senes-
centia sordide violaceo-viridia; forma, magnitudo et color florum ut in typo.
Habitat : in silvis xerophilis vallis fluminis Fiherenana prope
Sakaraha (Madagascar meridionali-occidentalis).
Typus : Rauh 10 423, juill. 1963. — Holotypus : HEID.
Eulophidium roseovariegatum Sengh., sp. nov. (PI. 2).
E. gracillimo affinis, ab eo differt forma bulborum, ambitu et colore folio¬
rum, ambitu labelli et calcaris.
Planta terricola; radices validissimae usque ad 8 mm diametientes sca-
brae; bulbi nitidi, obscure brunneo-violacei, dense congregati, subrotundi
vel «n sectione longitudinal! late ovales, juvéniles glabri, senescentes irregula¬
riter rugosi, usque ad 2,5 cm alti, 2,5 cm lati, diphylli; bulbi juvéniles foliis
pluribus latis inembranaceis, laete spadiceis omnino involuti; folia epetiolata,
sordide atroviridia maculis roscis irregularibus et indistincte circumscriptis’
ornata, solidissima, plane expansa, lata vel latissime ovalia, acuminata, mar¬
gine undulata, usque ad 4 cm longa, usque ad 3,5 cm lata; inflorescentia sem-
per singula, e basi bulbi novelli, sed iam adulti oriens, usque ad 55 cm alta,
simplex vel crebro ramosa, ita summum 4 ramos latérales 6-8 floros pro floribus
basalibus gerens, inflorescentia omnino usque 50 flora; pedunculus rhachidi
concolori brunnescenti et pruinosa fere aequilongus, basi 3 mm diametiens,
ibi foliis squamaeformibus 3-4 oblongis tubulosis acuminatis brunneo-mem-
branaceis ornatus, superne tantum unum folium squamaeforme vel folia duo
squamaeformia basi non vaginato-tubulosa ferens, folia squamaefonnia basa-
lia plus minusve2cm, superiora 1-1,5cm longa; bracteae acuminato-triangu-
latae, mcmbranaceae, spadiceae, trinerviae, inferiorcs, quac inflorescentias
partiales lateralesque ferunt, usque ad 8 mm, superiores vix 2 mm longae;
pedicellus ovario fere aequilongus, ambo circiter 12 mm (in floribus superio-
ribus tantum 8 mm) longus, sordide viridi-spadiceus; flores pro genere parvi;
sepala et petala spadiceo-vitidia, pars apicalis calcaris eodem colore, sed extus
dilute purpurea, petala in parte basali maculis nonnullis parvis irregularibus
rubescentibusque, labellum album, margo anticus lobi medii virescens maculis
numerosis inaequali-intense rubiginosis, columna Iutescenti-viridis, margines
antici, clinandrium et introitus calcaris rubiginosi; anthera ebumea dorso
rubescens; pollinia lutea, viscidium album; sepala oblanceolata, rotundata,
trinervia, sepalum dorsale 5-6 mm longum, 1,5-2 mm latum, sepala lateralia
37
Source : MNHN, Paris
— 562 —
1 mm breviora, asymmetrica vel fere falciformia; petala late lanceolata vel
oblongo-elliptica, rotundato-asymmctrica, 3-4 nervia, 4-5 mm longa, 2,5-
3 mm lata; labellum trilobum, omnino 3,5-4 mm longum, 7-8 mm latum,
lobi latérales erecti, quadrangulati, rectangulariter vel valde irregulari-
rotundati, leniter denticulati, 1,5 mm lati, 2,5 mm alti; lobus médius fere
orbicularis, revolutus, late quadrangulatus, in circuitu leniter et irrcgulariter
denticulatus, margo anticus vix vel distincte retusus vel emarginatus, 2,5 mm
longus, 3 mm latus; callus fere quadrangulatus, canaliculatus, ab introitu
calcaris usque ad basim lobi medii se extendens, 2,5 mm latus, antice omnino
divisus et bipartitus; calcar 2,5 mm longum, 2,2 mm latum, in sectione trans¬
versa distincte planum; columna erecta, semiteres, 3 mm alta, 2,0 mm lata,
antice paullum concava, superne paullum dilatata, pede brevi ; pollinia rotun-
dato-triangularia, 0,35 mm lata, stipes minutissimus, viscidium crassius-
culum, transverso-falciforme; rostellum post remotionem polliniorum indis¬
tincte bilobum, medio incisione transverso-ovali ; anthera unilocularis semior-
biculari-opercularis, processu solido oblongo retroverso pileiformi; fructus
ignotus.
Habitat : Madagascar septentrionalis prope Diégo-Suarez, in rupium
fissuris humosis montium calcareorum illorum, qui lingua franco-gallica
« Montagne des Français » appellantur.
Typus : Rauh et Buchloh 7985, nov. 1961. — Holotypus in herbario
Inst. Bot. System. Heidelbergensi (HEID.) ; Isotypus in herbario Mus.
Nat. Hist. Lutetiae (P) conservantur.
Dans le Jardin botanique de Heidelberg ces deux espèces nouvelles
furent en fleur pour la première fois en octobre-novembre 1962, et depuis
ce temps elles fleurissent régulièrement : YEulophidium anguslifolium
en octobre-novembre, YEulophidium roseovariegalum en novembre-
décembre.
Les descriptions ont été faites après cinq ans d’observation.
Actuellement les deux espèces sont cultivées dans les Jardins botani¬
ques de Paris, Les Cèdres (A.M.), Kew, Berkeley et Francfort-s.-M., et
YEulophidium roseovariegalum encore à Mayence et à Montréal.
Le substratum approprié pour la culture de ces deux espèces est
un mélange de terre de pelouse, des restes d’Osmunda, de sable et de
tourbe dans une relation de 2 : 2 : 1 : 1.
Je remercie vivement M. Buchloh de la traduction des descrip¬
tions, ainsi que M Ue I. Gegusch pour les dessins.
Source : MNHN, Paris
Ad ansoxia, sér. 2, 6 (4) 1967.
NOTES
SUR QUELQUES ROSACÉES ASIATIQUES (IV) 1
(MALUS SECT. DOCYNIOPSIS; DOCYNIA)
par J. E .Vidal
Maître de Recherche au C.N.R.S.
Laboratoire de Phancrogamie, Paris.
Résumé : Dans cet article est révisé le matériel à rapporter à la section Docyniopsis
du genre Malus et au genre Docynia (2).
Dans la première partie des synonymies nouvelles sont établies : les trois taxa
Malus Doumeri Chev., Malus laosensis Chev. et Malus /ormosana Kaw. & Koidz. sont
considérés comme conspécifiques.
La deuxième partie est une révision du genre Docynia. Faute de critères nets et
constants les six espèces décrites ont dû être regroupées en deux seulement.
Docynia.
In the first part ne
Malus laosensis Chev. e
The second part is
are retained.
paper is revised the material of Malus sect. Docyniopsis and
w synonvms are proposed: the three taxa Malus Doumeri Chev.,
ind Malus /ormosana Kaw. & Koidz. are trealed as conspecific.
a révision of the genus Docynia. Only 2 species (insteed of 6)
A. MALUS sect. DOCYNIOPSIS Schneid.
Le genre Malus Mill. est caractérisé par des fleurs en grappes ombel-
liformes, un ovaire infère à 3-5 loges 2-ovulées et des styles soudés à la
base; ce dernier caractère le distingue du genre Pyrus qui a des styles
libres.
Rehder (1920) y distingue cinq sections : Malus, Sorbomalus,
Chloromeles, Eriolobus, Docyniopsis.
La présence en Indochine d’une espèce se rattachant à cette dernière
section (Malus Doumeri) m’a conduit à réviser les espèces asiatiques
qu’elle peut englober.
Schneider in Fedde, Rep. Sp. nov. 3 : 179 (1906); excl. M. docynioides; Rehder,
Journ. Arn. Arb. 2 : 49 (1920); Man. cuit. Trees & Shrubs : 391 (1940); Bibl Trees &
Shrubs : 276 (1949).
— Eriolobus Roem. cm. Rehd. in Sarg., Trees & Shrubs 1 : 74 (1903), p. p.
— Macromeles Koidz., FI. Symb. Or. As. : 53 (1930).
*• 1C /; r A d 1 ans - 3: 142 - 166 (1963); (I), Adans. 4: 142-147 (1964); (II), Adans. 5:
221-237 (1965); (III), Adans. 5: 537-580 (1965).
2. Une partie de ce matériel m’a été communiquée par les Directeurs des Herbiers
de Kew et d’Edimbourg auxquels j’adresse mes vifs remerciements.
Source : MNHN, Paris
— 564
Feuilles pliées dans le bourgeon, non ou très peu lobées.
Inflorescences à 2-5 fleurs. Lobes du calice persistants. Étamines
30-50. Styles 5, soudés et velus à la base.
Fruit ayant 2-5 cm de diamètre, présentant au sommet la base
accrescente des styles et les lobes du calice persistants; mésocarpe pourvu
de cellules scléreuses.
Espèce type : M. Tschonoskii (Maxim.) Schneid.
Distr. — Asie orientale : Japon, Formose, Chine médirionale et
orientale, Vietnam (Nord et Sud), Laos (Nord et Sud). Cf. Carte.
Rehder (1920) signale dans cette section trois espèces : M. Tscho¬
noskii Schneid., M. formosana Kaw. & Koidz., M. laosensis Chev. En
1939 s’y ajoute M. Melliana Rehd. L’étude du matériel rapporté aux
trois premières espèces m’a permis de considérer comme conspécifiques
M. formosana et M. laosensis ainsi que M. Doumeri Chev. qui est le nom
correct par priorité. Il ne reste donc plus que les trois espèces M. Tscho¬
noskii, M. Doumeri et M. Melliana. Elles peuvent se distinguer comme
suit :
1. Lobes du calice ovales triangulaires, plus courts que le tube
(longs de 3-4 mm); fruit large de 2-3 cm. 1. M. Tschonoskii.
1'. Lobes du calice étroits, acuminés, plus longs que le tube (longs
de 6-8 mm).
2. Fruit large de 4-6 cm; pédicelle long de 1-3 cm, velu ainsi que
le tube du calice. 2. W. Doumeri.
2'. Fruit large de 1,5-2,5 cm; pédicelle long de 3-5 cm glabre ainsi
que le tube du calice. 3. M. Melliana.
1. Malus Tschonoskii (Maxim.) Schneid.
Schneider in Fedde, Rep. Sp. nov. 3 : 179 (1906); Rehd. in Sarg., Pi. Wils. 2 :
295 (1915); Man. cuit. Trees & Shrubs : 399 (1940); Bibl. Trecs & Shrubs : 276 (1949).
— Pirus Tschonoskii Maxim., Bull. Ac. Sc. St-Pétersb. 19 : 169 (1873) et Mél.
biol. 9 : 165 (1873); Franch. & Sav., Enum. PI. Jap. 2 : 349 (1879); Bean, Bot. Ma".
134 : t. 8179 (1908).
N. g — On trouvera dans Rehder (1. c.) les autres synonymes
avec leurs références bibliographiques complètes.
Distr. — Japon (Honshu).
2. Malus Doumeri (Bois) Chev.
Chevalier, C. R. Ac. Sc. 170 : 1129 (1920).
— Pirus Doumeri Bois, Bull. Soc. Bot. Fr. 51 : 113, 11g. (1904); Card., Fl. Gén.
Indoch. g\^ b ^QQu' meri (Bols) Schneid., 111. Handb. Laubh. 1 : 728 (note) (1906).—
yn _ Docynia Doumeri (Bois) Schneid., 111. Handb. Laubh. 2 : 1001 (1907). Syn.
Source : MNHN, Paris
— 565 —
PI. 1. — Malus Doumeri : 1, jeune rameau fleuri X 2/3; 2, fleur ouverte, ovaire en coupe
tangentielle avec une loge visible x 2; 3, feuille adulte et fruits x 2/3; 4, feuille de sujet
jeune x 2/3; 5, autre type de feuille adulte (entière) x 2/3. — Docynia indien : 6, inflores¬
cence X 2/3; 7, fleur ouverte, ovaire en coupe tangentielle avec une loge visible x 2; 8,
feuille adulte x 2/3; 9, feuille sur jeune sujet x 2/3. — Docynia Delavayi : 10, feuille
adulte x 2/3; 11, détail de la face inférieure de la feuille x 2 (1,2, Evrard 1791 ; 3, Che¬
valier 41160; 4, Chevalier 41149; 5, d’André s. n. (type); 6, 7, Poilane 25648; 8, Hooker
f. et Thomson s. n. ; 9, Delavay av. 1887 ; 10, Vidal 829).
Source : MNHN, Paris
— 566 —
— Pirus formosana Kaw. & Koidz. in Kaw., List PI. Form. n° 471 (1910) nom.
nud.; Hayata, Joum. Coll. Sc. Univ. Tokyo 32, 1 : 100 (1911) (Mat. Fl. Form.);
Ic. PI. Form. 1 : 244 (1911). — Syn. nov.
-— Malus formosana (Kaw. & Koidz.) Kaw. & Koidz., Bot. Mag. Tokyo 25 :
146, t. 4 (1911); Kanehira, Form. Trecs, ed .rev. : 262, fig. 207 (1936); Li, woody
Fl. Taiwan : 274, fig. 102 (1963). — Syn. nov.
— Pirus laosensis Card., Not. Syst. 3 : 345 (1918); Fl. Gén. Indoch. 2 : 668
(1920). — Syn. nov.
— Malus laosensis (Card.) Chev., C. R. Ac. Sc. 170 : 1129 (1920). — Syn. nov.
— Docynia indica Dec. var. Doumeri Chev., Rev. Bot. appl. 22 : 379 (1942). —
Syn. nov.
— Docynia indica Dec. var. laosensis. Chev., Rev. Bot. appl. 22 : 379 (1942). —
Syn. nov.
Distr. — Laos, Vietnam, Formose. — Cf. Carte.
Obs. — 1. La liste des synonymes met en évidence les difficultés
qui se sont présentées pour classer cette espèce de façon satisfaisante.
La présence constante de deux ovules par loge, la coalescence de la base
des styles et la forme des fruits doivent la faire ranger dans le genre
Malus. Les sépales et la base des styles persistants, la présence de cellules
scléreuses, les feuilles non ou peu lobées la classent dans la section Docy-
niopsis. Cette section, comme son nom l’indique, groupe des espèces
ayant de grandes affinités avec le genre Docynia, la principale différence
étant la présence de deux ovules seulement par loge au lieu de 3-10 chez
Docynia.
3. Malus Melliana (Hand.-Mazz.) Rehd.
Rehder, Journ. Am. Arb. 20 : 414 (1939); Te Tsun, Yü & Chen Lung, Acta
Phytotax. Sin. 5 : 106, pl. 21 (1956).
— Pirus Melliana Hand.-Mazz., Anzeig. Akad. Wiss. Wien 1923 : 96 (Pl.
Sin. Fortsetz. 19 : 2); Beih. Bot. Centralbl. 48, 2 : 313, fig. 1 (1931).
Distr. — S. et S.-E. de la Chine (Yun Kan, KouangSi, Kouang Toung,
Kiang Si, Anh Wei, Che Kiang).
Obs. — Espèce très voisine de M. formosana avec laquelle elle
pourrait peut-être être confondue; mais n’ayant pu en examiner que
quelques spécimens je ne puis que m’en rapporter à l’opinion des auteurs
chinois qui la considèrent comme bien distincte.
Matériel examiné :
M. Tschonoskii. — Japon : Savatier 3425, 3709 (P).
M. Doumeri. — Formose : Wilson 9975, 10303, 10900 (K ex A). — L'abondant
matériel indochinois sera détaillé dans la Flore du Cambodge-Laos-Vietnam.
M. Melliana. — Chine : Che Kiang, fi. C. Ching 1784 (K, P ex US), 2327 (K);
sans loc., J. de la Touche 13 (P ex E).
Source : MNHN, Paris
— 567 —
B. DOCYNIA Dec.
Decaisne, Nouv. Arch. Mus. Paris 10 : 131 (1874); Hook. f., Fl. Brit. Ind. 2 :
369 (1878); Focke, Nat. Pflanzenfam. 3, 3 : 22 (1888); Rehder, Man. Trees & Shrubs :
399 (1940); Bibl. Trees & Shrubs : 276 (1949); Hutchinson, Gen. Flow. PI. : 214
(1964).
— Eriolobus scct. Docynia Schneid., 111. Handb. Laubh. 1 : 727 (1906).
Arbustes ou Arbres de petite taille, à tronc ± épineux.
Feuilles simples, stipulées, pétiolées, dentées ou entières, souvent
lobées sur les jeunes sujets ou les rejets.
Inflorescences en fascicules le plus souvent 3-flores, parfois en
ombelles courtement pédonculées, paraissant avant ou en même temps
que les nouvelles feuilles. Calice densément tomenteux, à 5 lobes lan¬
céolés aigus, persistants. Pétales 5, à onglet marqué. Étamines 30-50.
Ovaire infère à 5 loges 3-10-ovulées; styles 5, soudés et velus à la base.
Fruit charnu, globuleux ou ovoïde, ayant 2-5 cm de diamètre,
couronné par les lobes du calice; endocarpe parcheminé.
Espèce type : Docynia indica (Wall.) Dec. (= Pyrus indica Wall.).
Historique et Affinités
Le genre Docynia — anagramme de Cydonia — a été établi par
Decaisne (1874) et basé sur l’espèce Pyrus indica Wall.
Pour Schneider (1906), ce groupe ne constitue qu’une section du
genre Eriolobus, qui est considéré par Rehder (1940, 1949) comme section
du genre Malus, mais est maintenu par Hutchinson (1964).
Comme je l’ai indiqué précédemment il a d’étroites affinités avec
la section Docyniopsis du genre Malus; il est très proche, en outre, de
Cydonia et Chaenomeles. On peut distinguer ces genres voisins de la
façon suivante :
Carpelles 2-ovulés; styles soudés à la base.
Feuilles profondément lobées; fleurs 6-8, à pédicelle grêle; fruit
ayant 1,5 cm de diamètre. Malus sect. Eriolobus (= Eriolobus Roem.)
Feuilles non ou légèrement lobées; fleurs 2-5; fruit ayant 3-5 cm
de diamètre. Malus sect. Docyniopsis.
Carpelles 3-oo-ovulés.
Styles soudés à la base.
Ovules 3-10 par loge; calice tomenteux, à lobes persistants. Docynia.
Ovules oo par loge ; calice glabre, à lobes caducs. Chaenomeles.
Styles libres; lobes du calice persistants; loges de l’ovaire mul-
tiovulées. Cydonia.
Source : MNHN, Paris
— 568 —
Distribution géographique et écologie
Le genre Docynia compte deux espèces localisées dans les formations
ligneuses d’altitude, de l’Himalaya oriental (Sikkim, Khasia) à la Chine
méridionale et aux régions limitrophes (Birmanie, Nord-Thaïlande,
Nord-Vietnam). L’une est caducifoliée (D. indica), l’autre, sempervi-
rente (D. Delavayi). — Cf. Carte.
Caractères morphologiques et classification
Les caractères morphologiques permettant de distinguer les espèces
de Docynia sont peu tranchés.
On observe chez D. indica un dimorphisme foliaire marqué entre
les feuilles des sujets adultes et celles des sujets jeunes, celles-ci étant
lobées comme celles des Crataegus.
Le limbe des feuilles âgées est + denté et glabre (D. indica) ou
entier et tomenteux (D. Delavayi).
La présence de tomentum à la face inférieure des feuilles avait
induit Decaisne à distinguer l’espèce D. Griffithiana, mais il s’agit
sans doute de feuilles jeunes où ce caractère n’a pas de valeur significa¬
tive. Dans l’état actuel des observations on ne peut <
— 569 —
forme à D. indica. Il en est de même du taxon D. rufifolia (Lév.) Rehd. à
feuilles glabres peu dentées.
Le nombre d’ovules par loge dans la fleur m’avait semblé d’abord
sur la foi des descriptions pouvoir permettre d’établir une séparation
entre le groupe D. indica (+ D. Griffithiana, D. Hookeriana) à trois ovules
par loge et celui de D. Delavayi (+ D. rufifolia) à 4-10 ovules par loge.
Mais, à l’observation, ce caractère m’est apparu très variable, de sorte
qu’il ne peut pas être utilisé comme critère sûr.
La forme du fruit, globuleuse ou ovoïde, mal connue à l’état de
maturité, ne peut pas non plus être prise en considération pour diffé¬
rencier D. Hookeriana (fruit ovoïde) de D. indica (fruit globuleux).
Étant donné le petit nombre de caractères utilisables je n’ai finale¬
ment retenu que deux espèces sur les six décrites.
Clé des espèces
Limbe des feuilles âgées glabre ou glabrescent, + denté; feuilles
caduques. 1 . D. indica.
Limbe des feuilles âgées tomentcux à la face inférieure, entier;
feuilles persistantes. 2. D. Delavayi.
1. Docynia indica (Wall.) Dec.
Decaisne, Nouv. Arch. Mus. Paris 10 : 131, pl. 14 (1874); Hook. f., FI. Brit.
Ind. 2 : 369 (1878); Brandis, Ind. Trees : 289 (1906); Craib, Fl. Siam. Enum. 1 :
577 (1931).
— Pyrus indica Wall., Pl. As. rar. 2 : 56, t. 173 (1831); Roxb., Fl. Ind. 2 :
511 (1836); Kurz, For. Fl. Brit. Burma 1 : 441 (1877).
— Cydonia indica Spach, Hist. Nat. Vég. 2 : 158 (1874).
— Docynia Griffilhiana Dec., Nouv. Arch. Mus. Paris 10 : 131 (1874).
— Docynia Hookeriana Dec., 1. c., pl. 15. — Syn. nov.
— Pirus rufifolia Lév., Bull. Ac. intern. Gcogr. Bot. 25 : 46 (1915). — Syn. nov.
— Malus docynioides Schneid., Bot. Gaz. 63 : 400 (1917). — Syn. nov.
— Docynia docynioides Rehd., Journ. Arn. Arb. 2 : 58 (1920). — Syn. nov.
— Docynia rufifolia (Lév.) Rehd., Journ. Arn. Arb. 13 : 310 (1932); Man. Trees
& Shrubs : 399 (1940); Bibl. Trees & Shrubs : 276 (1949). — Syn. nov.
Arbuste de 4-5 m, présentant à l’état jeune l’allure d’un Cralaegus
avec ses feuilles lobées et ses branches épineuses.
Feuilles à limbe lancéolé, ayant 7-10 X 2,5-3 cm, arrondi à
la base, progressivement acuminé au sommet, ± nettement denté,
d’abord tomenteux en dessous puis glabre; nervures bien marquées,
6-10 paires. Pétiole long de 15-20 mm. Stipules linéaires, caduques.
Limbe des jeunes rameaux à 3-5 lobes aigus, ayant 3-5 X 1,5-2 cm,
densément tomenteux blanchâtre en dessous.
Inflorescences en fascicules de 1-3 fleurs. Pédicelle court ou presque
nul, laineux. Calice laineux blanchâtre, à lobes lancéolés aigus. Pétales
blancs, à onglet marqué. Étamines 30-50. Ovaire à 5 loges 3-10 ovu-
lées; styles 5, soudés et velus à la base.
Source : MNHN, Paris
— 570 —
Fruit globuleux ou ovoïde, jaune-verdâtre, ayant 3-5 cm de dia¬
mètre.
Type : Assam, Silhet, legit Colebroolee (ex Wallich, PI. As. rar. 2 :
56, t. 173). A défaut du spécimen original, cette dernière planche devrait
être considérée comme type.
Distr. — Himalaya oriental du Sikkim aux Monts Khasia, Birmanie
septentrionale, N. Thailande, N. Vietnam, Chine méridionale (Se Tchouen,
Yun Nan). — Cf. Carte.
Ecol. — Espèce localisée en forêt d’altitude entre 1 500 et 3 000 m.
Fleurs de février à avril; fruits en septembre-octobre.
Nom vernac. — Thaïlande : (’Mak) 'Khi ’nou (Payap).
Us. — Fruit comestible, mais âpre, à goût de coing, bon en compote.
Matériel examiné :
Inde. — Sikkim, 2 000-3 000 m, Hooker /. & Thomson s.n. (K, P). — Khasia,
2 000 m, Hooker f. & Thomson s.n. (K, P). — E. Himalaya, Gri/filh 2082 (K, P, type de
D. Griffilhiana). — Manipur, 2 000 m, Wall 6157 (P).
Birmanie. — Mamyo, Dadalkhen 3 (P).
Chine. — Se Tchouen : Schneider 1349 (K, type de Malus docynioides); Wilson
3493 (A, K). — Yun Nan : Lou Poa, 3 000 m, Maire in herb. Léveillé (E, type de Pirus
ru fl folia)-, Forrest 8038 (E, K); Forresl 9822, 24509 (E, K); entre Li Kiang et Young
Ning, Rock 17382 (K).
Vietnam (Nord). — Prov. Lai Châu : San Tan Ngai, 1 600 m, Poilane 25648 (P).
— Prov. Lao Kay : Chapa, 1 600 m, Vidal 829 (P).
2. Docynia Delavayi (Franch.) Schneid.
Schneider in Fedde, Rep. Sp. nov. 3 : 180 (1906); 111. Handb. Laubh. 2:1001
(1912); Rehder in Sarg., PI. Wils. 2 : 296 (1915); Journ. Am. Arb. 13 : 309 (1932);
HandelMazz., Symb. Sin.7 : 462 (1933); Rehder, Man. Trees & Shrubs : 399 (1940);
Bibl. Trees & Shrubs : 276 (1949).
— Pyrus Delavayi Franch., PI. Delavay. : 227, pl. 47 (1890).
— Eriolobus Delavayi Schneid., 111. Handb. Laubh. 1 : 727 (1906).
—■ Coloneaster Bodinieri LÉv., Bull. Ac. intern. Géograph. Bot. 25 : 44 (1915).
■— Cydonia Delavayi Card., Rev. Hort. nouv. sér. 16 : 131, fig. 45-47 (1918);
Bull. Mus. Paris 24 : 63 (1918).
Arbre de 8-10 m, à feuilles persistantes; tronc épineux.
Feuilles à limbe oblong, ayant 5-10 X 2-3 cm, arrondi ou courte-
ment atténué à la base, obtus mucroné ou brièvement acuminé au sommet,
entier (ou avec quelques dents vers le sommet), glabre et brillant en
dessus, tomenteux blanchâtre en dessous; nervures 4-8 paires. Pétiole
long de 10-20 mm. Stipules filiformes.
Inflorescences en fascicules généralement 3-flores. Pédicelle nul.
Calice laineux blanchâtre; tube long de 8 mm; lobes lancéolés aigus,
longs de 6 mm. Pétales blancs, ayant 15 X 10 mm, à onglet marqué
(4 mm), glabres. Étamines 35-40. Ovaire à 5 loges 4-10 ovulées; styles 5,
soudés et velus à la base.
Fruit ovoïde de la taille d’un œuf de pigeon.
Source : MNHN, Paris
— 571 —
Type (lectotype) : Chine, Yun Nan, env. Ta Ping Tse, 2 200 m,
Delavay 466 (P).
Distr. — Sud de la Chine (Yun Nan).
Ecol. — Espèce sempervirente, localisée en altitude vers 2 000-
2 500 m. Fleurs en mars-avril.
Matériel examiné :
Chine. — Yun Nan : Beauvais 673 (P); Cavalerie 4041 (K); Delavay 466 (P, lecto¬
type), 890 (P. syntvpe), 3435 (P), s.n. av. 1887 (P, syntype); Ducloux 636, 2160, 3307,
3883, 4790, 5685, 6'l89, 6190 (P); Forresl 13646 (K), 19372 (E, K, P), 21452 (E, K);
Henry 10036, 10036A, 10036B, 11603 (K); Maire 305 (A, K); Bock 2303 (P), 2805 (K).
Index des Collecteurs
Al = Malus Tchonoskii; A2 = Malus Doumeri; A3 = Malus Melliana.
B1 = Docynia indica; B2 = Docynia Delavayi.
Beauvais 673 : B2. — Cavalerie 4041 : B2. — Ching 1784, 2327 : A3. •— Delavay 466,
890, 3435, s.n. (1887) : B2. — Ducloux 636, 2460, 3307, 3883, 4790, 5685, 6189, 6190:
B2. — Forresl 8038, 9822 : B1 ; 13646, 19372, 21452 : B2; 24509 : B1. — Griffith 2082 :
Bl. — Henry 10036, 10036A, 10036B, 11603 : B2. — Hooker /. * Thomson s.n. : Bl. —
Maire 305 : iî2; s.n. (in Ilerb. Léveillé) : Bl. — Foilane 25648 : Bl. — Bock 2803, 2805 :
B2; 17382 : B1. — Savatier 3425, 3709 : A1. — Schneider 1349 : Bl. -— J. de la Touche 13 :
A3. — Vidal 829 : Bl. — Wall 6157 : Bl. — Wilson 3493 : Bl; 9975,10303, 10900 : A2.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
EU PH O RB IA LETESTUI,
NOUVELLE ESPÈCE CACTIFORME
DES CONFINS CAMEROUNO-GABONAIS
par J. Raynal
Résumé : Euphorbia Leleslui J. Raynal, décrite et illustrée ici, connue actuelle¬
ment de quelques points près de la frontière camerouno-gabonaise, se distingue de
E. kamerunica, principalement par ses feuilles beaucoup plus grandes, pétiolées,
étalées et non dressées le long des rameaux, par ses graines plus grosses, différem¬
ment ornementées, et par quelques caractères moins visibles, du cyathe en particulier.
Suivent quelques brèves considérations sur l'habitat des espèces camerounaises
d’Euphorbes cactiformes.
Lors de notre premier voyage dans le sud du Cameroun, en 1963,
nous avions récolté, sur les basses pentes ensoleillées d’un inselberg,
une Euphorbe cactiforme qui colonisait abondamment les dalles rocheuses.
Cette population nous avait paru bien distincte des Euphorbia kamerunica
Pax observés auparavant près de Yaoundé, par le port et la grande taille
des feuilles; il n’était guère possible d’en savoir plus en l’absence de
fleurs ou de fruits.
L’inselberg en question est un magnifique rocher cristallin, dont le
sommet aux parois verticales, d’accès probablement très difficile, doit
dominer la forêt dense environnante de près de 200 m. Il se trouve auprès
du petit village d’Akoakas, à 27 km au S.-E. de la ville d’Ebolowa.
L’Euphorbe colonise seulement les basses pentes, qui restent modé¬
rément abruptes, et forme en quelque sorte une ceinture de transition
entre la forêt et les dalles nues à Afrolrilepis. Il est à noter que sur les
collines proches de Yaoundé, E. kamerunica , qui paraît là bien sponta¬
née x , se comporte de façon semblable, en lisière de la forêt, formant des
fourrés peu épais mais difficilement pénétrables, particuliers par leur
physionomie mais aussi par leur flore.
Nous avons eu, en 1965, la possibilité de revoir notre Euphorbe
à Akoakas, cette fois fleurie et fructifiée, et d’en récolter un matériel
plus complet. De l’étude de ce matériel, nous concluons qu’il s’agit
d’une espèce non encore décrite, pour autant qu’on puisse affirmer une
telle chose dans un groupe où tant d’espèces sont encore imparfaitement
1. Contrairement à ce qu’en dit Chevalier (3), qui considère E. kamerunica et ses
synonymes E. Barleri et E. garuana comme des plantes fétiches plantées par les sorciers
(cas effectivement très fréquent) mais « nullement spontanées ».
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — Eupliorbia LelesluiJ. Rayn., photographies prises à Akoakas (Cameroun) en fév. 1965;
en haut, pousse jeune feuillée; on distingue que cette pousse se prolonge à l'arrière-plan par
un rameau adulte aux ailes beaucoup plus larges; en bas, rameau fleuri et fructiflé. — Pho¬
tographies A. Baynal 4005 et 4006.
Source : MNHN, Paris
— 575 —
connues, et dans lequel l’horticulture n’a peut-être pas contribué à
faire toute la clarté désirable 2 . Nous avons pu retrouver dans l’herbier
du Muséum deux échantillons récoltés par Le Testu dans le nord du
Gabon, sur des rochers semblables à celui d’Akoakas; ces spécimens,
quoique incomplets, appartiennent indiscutablement au même taxon.
En le nommant Euphorbia Leleslui, nous avons le grand plaisir de recon¬
naître la priorité de cette découverte, et d’allonger ainsi la liste déjà
remarquable des espèces dédiées à Le Testu, dont les collections forment
une contribution de tout premier ordre à la connaissance floristique du
Gabon.
Une autre Euphorbe cactiforme a déjà été décrite depuis bien long¬
temps du Gabon, trop longtemps même puisqu’il est aujourd’hui difficile
de savoir exactement à quoi elle correspond — on ne le saura vraiment
que lorsque toutes les Euphorbes cactiformes gabonaises, spontanées
ou non, auront à nouveau été récoltées de façon complète (exsiccata,
avec fleurs et fruits, matériel conservé dans l’alcool, photographies et
plantes vivantes : un beau travail de prospection entièrement à faire).
Il s’agit d’ Euphorbia Hermenliana Lemaire, créée en 1858 d’apiès des
plantes introduites du Gabon au Jardin Botanique de Caen (et très
probablement collectées par Edelestan Jardin). La description origi¬
nale mentionne de petites feuilles caduques, ne dépassant pas 1 cm
de long, ce qui ne peut en aucun cas s’appliquer à E. Leleslui, mais rap¬
proche par contre E. Hermenliana de E. kamerunica; ces deux dernières
Euphorbes sont-elles bien distinctes au rang spécifique? Cette question
ne peut être résolue ici; ce que nous désirons établir, c’est l’existence
au Gabon d’au moins deux espèces d’Euphorbes cactiformes de la sect.
Euphorbia, là où les auteurs précédents semblent n’en avoir vu qu’une.
En effet, Chevalier (2) publie des notes de Walker et de Le Testu
2. D’assez nombreuses espèces du genre furent en effet décrites d’après des exem¬
plaires vivants, introduits dans les serres européennes pour l’étrangeté de leurs formes,
et dont la provenance est souvent imprécise, voire inconnue ou controversée. Ces des¬
criptions ne mentionnent qu’exceptionnellement (leurs ou fruits, difficiles à obtenir en
culture; or beaucoup d’espèces ont des caractères végétatifs peu différents, aisément
modifiables dans l’ambiance artificielle des serres; cela rend aujourd’hui très délicate
la recherche des correspondances entre les plantes existantes et les descriptions
anciennes. Pour ces végétaux charnus, difficilement réductibles en bons exsiccata, et
de toute façon destinés tout d’abord à l’enrichissement d’une serre, et non d’un herbier,
il n’y a très souvent pas eu de type; aujourd’hui, après parfois plus d’un siècle (cas de
E. Hermenliana) ou même près de deux (E. Irigona) les pieds originalement importés
sont perdus; les plantes ne sont connues que par les boutures successives transmises de
jardin en jardin, avec tous les risques d’erreurs que cela comporte, et par des descrip¬
tions originales généralement insuffisantes, ou des illustrations médiocres. La littérature
horticole ne contribue pas à clarifier la situation, bien au contraire, et plusieurs de ces
noms anciens méritent d’être traités comme nomina dubia. Ainsi, L. Croizat (4)
arrive, après une série d’hypothèses, à la conclusion que Euphorbia Irigona Mill. (1768),
Haw. (1819), non Roxb. (1814), considéré par tous les auteurs depuis 1689 comme ori¬
ginaire de Ccylan, proviendrait en réalité des côtes d’Afrique occidentale; il en fait
alors un synonyme prioritaire de E. Hermenliana Lem. (1858). Aussi ingénieux que
puisse être son raisonnement, il n’en contient pas moins une part d’incertitude non
négligeable; nous préférons considérer E. Irigona comme nomen dubium.
Source : MNHN, Paris
— 576 —
sous le nom d ’E. Hermenliana; les indications de Walker concernent
une Euphorbe très abondante sur le littoral gabonais, se raréfiant vers
l’intérieur. La récolte originale d’£. Hermenliana n’a pu être faite bien
loin de la côte (et sans doute aux environs de Libreville) ; sa description
coïncide apparemment avec celles données par Chevalier (1, 3); il y a
de grandes chances pour que l’Euphorbe de Walker, dont nous n’avons
malheureusement pas d’échantillon, soit le vrai E. Hermenliana Lem.
Les notes de Le Testu reproduites par Chevalier s’appliquent partiel¬
lement aussi à cette plante (en ce qui concerne l’espèce cultivée dans la
Nyanga et la Ngounié), mais les observations sur l’Euphorbe du Woleu-
Ntem correspondent à E. Leleslui.
Dans la diagnose qui suit, nous comparons notre espèce nouvelle
à E. kamerunica ci (e descr.) à E. Hermenliana , parce que, n’étant pas
spécialiste de ces plantes, il nous était difficile de rechercher dans le
grand nombre d’espèces connues celle la plus proche, taxinomiquement,
de E. Leleslui. Néanmoins, nous insistons sur le fait que E. Leleslui
nous paraît nettement plus distincte des espèces du groupe de E. anli-
quorum [E. Hermenliana, kamerunica, Dalzielii, etc.) que ces espèces
entre elles.
Euphorbia Letestui J. Raynal, sp. nov.
Affinis E. kamerunicœ Pax et E. Hermenliance Lemaire, a quibus foliis
multo majoribus, carnosis, pctiolatis, patulis, satis diu persistentibus, semi-
neque majore testa modo singulari maculosa praecipue distinguitur.
Frutex carnosus, erectus, 2-4 m altus, ambitu quasi hemisphærico;
planta tota laticem lactarium copiosum continens; truncus plus minusve
cylindricus, griseus, usque ad 20 cm crassus. Rami parum densi, angulo recto
patentes vel paulo deflexi, apice resupinati, trialati, coarctatione alarum
divisi in segmenta oblongo-elliptica vel oblanceolata 10-30 cm longa, 5-10 cm
lata. Axis rami cylindricus plus minusve trigonus, angustus (4-10 mm crassus),
medulla centrali ampla, in sicco (nec in vivo) fistuloso-septata. Rami novelli
foliati, alis primum angustis (5-10 mm latis), posterius sensim dilatantibus
usque ad maturam latitudinem (15-40 mm), tune foliis destitutis et flores
emittentibus. Alæ maturæ planæ, satis tenues, virides, margine leviter
sinuata vel recta, podaria spinosa gerente. Podaria regulariter distantia,
intcrvallis 10-25 mm, minuta (5 mm longa, 2-4 mm lata), ambitu distincto,
brunnea, ovato-triangularia, inferne plus minusve decurrentia-acuta, spinis
binis inferioribus tuberculisque binis inconspicuis superioribus instructa.
Spinœ divergentes, brèves (2-3 mm longae), paulo sursum arcuatæ.
Folia in podariis supra spinas interque tubercula inserta, late patentia,
nunquam erecta ramo parallela ut folia E. kamerunicœ. Lamina obovata vel
oblanceolata, 35-80 X 12-30 mm, apice obtusa vel rotundata, interdum
paulo emarginata, carnosa, viridis, nervis secundariis in vivo inconspicuis,
basin versus satis abrupte angustata, petiolo distincto 5-15 mm longo.
Cyathia in cymis pauperibus 1-3-nim disposita (in speciminibus exami¬
nais; an semper?) margine alarum ramorum maturorum insidentibus. Cyma
Source : MNHN, Paris
— 577 —
38
Source : MNHN, Paris
— 578 —
pedunculo brevi (4-5 mm longo), verruculoso, in vivo 4 mm crasso, in sicco
multo tcnuiore (circa 1 mm), paulo supra podarium inserto; cymæ rami
bini pedunculo similes, apice obconico-incrassati, in axillis bractcarum.
Bracteœ sessiles, amplectentes, trigono-ovatæ, tenues, haud carinatæ, pur-
pureæ, mox caducæ.
Pedunculus ramique cymæ desinentes in cyathia orbicularia, 7-8 mm dia-
metro, glandulis 5 sessilibus transverse oblongis, integris, contiguis, 4x2 mm,
viridi-lutescentibus, et lobis 5 triangularibus tenuibus margine laciniatis.
Cyathia bisexualia protandra, vel interdum unisexualia. Flores masculi brac-
teis oblanceolatis acutis suffulti, margine laciniatis; pedunculi erecti circa
2,5 mm longi; filamenta erecta alba circa 1,5 mm longa; anthera lutea loculis
binis ovoideis discretis, paulo oblique ad apicem filamenti utrinque insertis.
Flos femineus ccntralis, pedunculo brevi primum incluso, ad maturitatem
paulo exserto, calycis lobis profunde divisis in segmenta nonnulla anguste
linearia. Ovarium ovoideum, stylis 3 basi connatis, superne liberis, patentibus,
stigmatibus bifidis. Capsula matura purpurascens, trigona angulis haud cari •
natis, circa 7 mm alta, 10 mm lata, laevis, stigmatibus persistentibus minimis
coronata, maturitate loculis 3 ovoideis dehiscentibus explodens. Semina
subglobosa, 4 mm diametro, grisea, testa maculis brunneo-violaceis parallelis
plus minusve linearibus distincte notata, ad instar ornamenti fructus Colo-
cynthis. V. tab. 1 et 2.
Ilolotypus : ./. el A. Raynal 13433 , in rupibus declivibus sole illu-
minatis abrupli collis « montis insularis » dicti silva circumdati, prope
pagum Akoakas (Resp. Fceder. Cameroun.), 27 km versus austro-orien-
talem regionem ab urbe Ebolowa, fl. et fr., 16.2.1965, exsiccata in duabus
paginis atque fragmenta in liquore, Herb. Mus. Paris.!
Répartition géographique. — Cameroun : •/. & A. Raynal 9700, Akoakas,
27 km SE Ebolowa (rameau teuillé), 15.2.1963, P!; 13433, type, même localité. —
Gabon : Le Testa 9000 bis, rocher de Cliula près Assoc-Ngoum (env. 15 km N d’Oyem),
« jeune plant d’Euphorbe : il a des feuilles! », 3.3.1933, PI; 9464, mont Coun (env.
45 km N d’Oyem), « Euphorbe cactiforme à cyathes rouges, les glandes sont jaunes.
Fleurs paraissant toutes mâles » (apparence due à la protandrie, le spécimen étant en
début de floraison, défeuillé), 14.1.1934, P!
En outre, c’est probablement à cette espèce qu'il faut rattacher l’Euphorbe
observée — mais non récoltée — dans la localité-type d ’Oreonesion Testui A. Rayn.,
également dans les environs d’Oyem, au rocher de Salem près Elelem; d’après Le Testu
(in lill.) il y a à la base de ce rocher une ceinture, formée par une Euphorbe cacli-
forme, tout à fait semblable à la ceinture observée par nous à Akoakas.
Les quatre échantillons proviennent donc de trois localités toutes
situées dans un cercle de 60 km de rayon à peu près centré sur le point
de rencontre des frontières du Cameroun, du Gabon et du Rio Muni;
l’espèce sera à rechercher dans ce dernier pays, dont la partie orientale
offre des rochers susceptibles de l’abriter. Ceci donne pour l’instant
l’impression d’une endémique très localisée, mais la prospection botanique
du Gabon est encore trop imparfaite pour qu’on puisse dès maintenant
l’affirmer.
Source : MNHN, Paris
— 579 —
L identification des spécimens feuillés, ou présentant des capsules
mûres, est immédiate; il n’en est pas de même pour les échantillons en
début de floraison, donc sans feuilles, tels que Le Teslu 9464; l’aspect
du rameau est en effet très voisin de celui de E. kamerunica ; 'quelques
caractères permettent toutefois une distinction : la partie centrale du
rameau est plus mince chez E. Leleslui que chez E. kamerunica , les
« glandes » du cyathium sont tout à fait sessiles, alors qu’on distingue
aisément, en regardant les glandes de E. kamerunica par-dessous, qu’elles
sont réunies au cyathe par un pédoncule plat, court et large mais néan¬
moins nettement plus étroit que la glande elle-même; enfin l’épiderme
des rameaux et du pédoncule de la cyme ne présente pas, chez E. kameru¬
nica, les petites verrues allongées longitudinalement visibles chez
E. Leleslui.
Les habitants d’Akoakas nomment aussi bien E. kamerunica, qu’ils
cultivent dans le village, que E. Lelestui, du même nom vernaculaire
d okala, nom déjà noté par Hédin pour E. kamerunica (région de Lomié
et Batouri cité par Chevalier (1). Ils croient que ces Euphorbes écar¬
tent la foudre, et affirment que le rocher d’Akoakas n’est jamais foudroyé
alors que deux autres inselbergs des environs, dépourvus d’Euphorbes]
le sont. La même croyance a été mentionnée également par Chevalier
pour E. Ilermenliana au Congo-Brazzaville (3).
Cette propriété magique et beaucoup d’autres font que pratique¬
ment toutes les espèces ouest-africaines d’Euphorbes cactiformes sont
plantées dans les villages; d’une manière générale, les localités où l’on
observe ces plantes à l’état spontané semblent être au Cameroun bien
plus rares que les points de culture ou de naturalisation (fréquente à la
suite de déplacement ou de disparition des villages). Néanmoins,'nous
croyons à la spontanéité, sur certains rochers, de la plupart des espèces
camerounaises : ainsi, d’après notre propre expérience, évidemment
limitée, outre E. Leleslui et E. kamerunica, E. Desmondii Keay et M -Redh
semble spontanée sur les collines de Lagdo près de Garoua; E. unispina
N. E. Br. paraît l’être au moins dans les monts Mandara. Une impression
personnelle curieuse, peut-être erronée, est qu’une localité donnée n’abrite,
à 1 état spontané, qu’une espèce unique. Au contraire, les Euphorbes
cultivées le sont très souvent en mélange, en particulier dans les haies
défendant les villages, qui peuvent, au Cameroun septentrional, contenir
deux ou trois espèces différentes (généralement E. kamerunica, Desmondii
et unispina).
Nous avons en 1965 rapporté des boutures de la plupart des Euphorbes
cactiformes camerounaises, qui ont dans l’ensemble repris de façon
satisfaisante dans les serres du Muséum de Paris, à l’exception malheu¬
reusement des Euphorbia Leleslui, qui ont pu souffrir du froid au cours
du transport; l’introduction de cette espèce est donc encore à faire.
Source : MNHN, Paris
— 580 —
Ouvrages consultés
1. Chevalier A. — Les Euphorbes crassulascentcs de l’Ouest et du Centre Africain
et leurs usages, Rev. Bot. Appl. et Agr. Trop. 13 : 529-570 (1933).
2. _ Nouveaux documents sur les Euphorbes cactiformes de l’Ouest et du Centre
Africain, 1. c. 14 : 63-66 (1934).
3. _ Euphorbes cactiformes de l’Oubangui-Chari et du Moyen-Congo, l.c. 31 :
368-378 (1951).
4. Croizat L. 1 — De Euphorbiis antiquorum atque omcinarurn, a study of succu¬
lent Euphorbieæ long known in cultivation, New York 1934, 127 pp.
5. Lemaire. — Nouvelles Euphorbes, L’illustr. Hort. 5, Mise. : 63 (1858).
1. Nous remercions vivement M. J. Marnier-Lapostolle de nous avoir aimable¬
ment communiqué des photocopies de ce rare ouvrage.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
NOTES GYPÉROLOGIQUES :
VI. CYPERUS HAMULOSUS M. Bieb.
par J. Raynal
Résumé : Scirpus Lugardi C. B. Clarke est identifié à Cyperus hamulosus M. Bieb.
L'aire de répartition de cette espèce est remarquable, s’étendant de la Sibérie à l'Afrique
méridionale, de façon discontinue, par les régions péridésertiques. L’existence de
populations légèrement différentes (par la forme de l’akène) est envisagée mais sans
création d’un découpage infraspéciTique.
Certains auteurs ont classé l’espèce dans le genre Dichoslylis; l’illégitimité de ce
genre est ici évoquée, ainsi que la mauvaise application du même nom comme section
de Cyperus par les auteurs postérieurs à Nees von Esenbeck.
En 1961 (in A. Raynal, 8), nous avions nommé Scirpus Lugardi
C.B.C1. une Cypéracée annuelle découverte à Kayar (Sénégal), d’après
la description donnée par Clarke dans la Flora of Tropical Africa.
Cependant l’identité exacte de ce Scirpus méritait d’être revue, à cause
de l’affinité extrême qu’il présente avec Cyperus squarrosus L. (= C. aris-
latus Rottb.).
Nous prions MM. les Directeurs des Royal Botanic Gardens, Kew,
de l’Institut Botanique de Montpellier, et M. G. Long, de Montpellier,
d'accepter nos sincères remerciements pour le prêt des échantillons
nécessaires à cette mise au point.
L’étude du matériel de Scirpus Lugardi C. B. Cl. conduit à l’iden¬
tifier à un Cyperus des steppes tempérées eurasiatiques, C. hamulosus
M. Bieb.
Le Scirpus Pitardi Trabut ex Pitard, du Maroc, que Maire a rat¬
taché à C. hamulosus comme variété, constitue un maillon réunissant
(quoique de façon évidemment encore bien lâche) les aires eurasiatique
et tropico-africaine de l’espèce.
Pour les raisons exposées plus loin, nous n’avons pas jugé utile
de maintenir le statut variétal de la plante marocaine, ni de créer d’autres
taxa infraspécifiques, dont l’existence, quoique plausible, ne nous paraît
pas encore suffisamment établie. Nous donnons donc ci-dessous la syno¬
nymie globale de l’espèce :
Cyperus hamulosus M. Bieb.
Fl. taur.-caucas. 1 : 35 (1808) : Kükenthal, Pflanzenr. 4, 20 : 502 (1936).
— Scirpus hamulosus (M. Bieb.) Steven, Mém. Soc. Nat. Moscou 5 : 356 (1817).
— Dichoslylis hamulosa (M. Bieb.) Nees, Linnaea 9 : 289 (1834); Roshevitz
in Komarov, Flora U.R.S.S. 3 : 63 (1935).
Source : MNHN, Paris
— 582 —
— Isole pis hamulosa (M. Bieb.) Kunth, Enum. PI. 2 : 204 (1837).
— Cyperus arislalus Rottb. var. hamulosus (M. Bieb.) Bock., Linnaea 35 : 501
(1868).
— C. arislalus subsp. hamulosus (M. Bieb.) Aschers. & Grabn., Syn. Mille-
leur. Fl. 2, 2 : 272 (1904).
— Scirpus Lugardi C. B. Clarke in This.-Dyer, Fl. Trop. Afr. 8 : 458 (1902);
Chermezon, Bull. Soc. Bot. Fr. 85 : 368 (1938); J. Raynal in A. Ray.nai. Ann Fac
Se. Dakar 9 : 167 (1963), syn. nov.
— Scirpus Pilardi Trabut ex Pitard, Conlr. ét. Fl. Maroc : 37 (1918).
— Cyperus arislalus subsp. hamulosus var. Pilardi (Trab. ex Pit.) Maire, Bull.
Soc. Hist. Nat. Air. Nord 20 : 40 (1929); Fl. Afr. Nord 4 : 44 (1957), excl. syn. C. minu-
lulus Vahl.
Type : « Habitat in arena ad ripas Borysthenis circa oppidulum
Berislaw. Floret Augusto » (M. von Bieberstein, /. c.).
Synonyme prélinnéen (non vérifie, cité par M. v. Bieberstein).
— Cyperus minimus capilulis aculealis Buxb. Cent. 4 : 33, t. 60, fig. 1 (1733),
« ad littora Wolgæ circa Astracanum Septembri »; Gmelin, Fl. Sibir. 1 : 83, n. 6
(1747), « in udis ad Uschacowcam amnem, qui in Angaram mox infra Ircutiam urbem
induit. »
De ces deux localité, Astrakhan a été confirmée; Irkoutslc est par contre en
dehors de l’airo actuellement connue; il est de toute façon impossible de sc prononcer
sans examiner d’échantillons, les illustrations ne permettant pas de différencier
C. hamulosus de C. Michelianus (L.) Link, qui est répandu dans les mômes milieux
et les mômes régions.
Répartition : U.R.S.S. : Karelin & Kirilou 1070, in inundatis ad dumen Kara-
Irtysch deserli Soongoro-Kirghisici, 1840, P!; Polanin s.n., près du d. Urungu (cité
par Kükenthal, l.c.) ; Turkestan, près du lac Saissan-Nor (cité par Kük.); Ove Paulsen
s.n., Touran. Khiva, près de l'Amou Darya à Kysil-Yi (cité par Kük.); Becker 159,
Sarepta, au N de la Caspienne, juillet, P!; Kossinski 710, Astrakhan, 30.7.1915, K!;
Bacoczi 995, Ukraine, Novoselki, 23.8.1900, K!; llogowicz s.n., Poltava; Schirafevsky
s.n., Kharkov (cités par Kük.); Gruner s.n., Ekaterinoslav, 13.9.1865, Pi; Marschall
von Bieberstein, Berislav, sur le Dnieper, type; colt, ignol. s.n., Gola ad Borys-
thenum (= Dnieper), PI; communie. Tscherniaejj, ad Borysthenem, P!; Rogowicz s.n.,
Crimée (cité par Kük.). — Roumanie : Nyarady 356, delta Danubii in arenosis circa
pagum I.etea, ait. circa 3 m, 18.7.1923, P! K! — Bulgarie : Slribrny s.n., in
arenosis Maricae ad Sadovo, 8.1897, P!; eod. loc., 13.10.1897, Pi; Slribrny s.n.,
Katunica, in arenosis, 6.1893; eod. loc., 7.1893, P!; eod. loc., 8.1894, K!; Velenovsku
s.n.. eod. loc. (cité par Kük.); Sle/ano/f s. n., Dusnitz. 8.1928, K! — Grèce :
Grif/ilh Tedd 1781, Porto Lagos, 17.6.1936, K! — Italie : Fonlana in Fiori &
Béguinol 2230, Trofarello près Turin, 7.8.1910, probablement introduit, non retrouvé
depuis 1911, K!
Maroc : Pilard 2976, Camp Boulhaut, oued Cherrat, 18.6.1912 (type de Scirpus
Pilardi, liolo-, PI, iso-, P!, iMPU!); Mourel 1001, mares de la Mamora, 5.1912, P!;
1002, eod. loc., 6.1912, P!; Maire s.n., in alveo arenoso lacusculorum æstate exsicca-
torum prope urbem Salam (= Salé), 29.6.1924, MPU!; Maire in Slé Franç. exsicc.
6008, eod. loc., 4.12.1928, P!, MPU!; Sauvage 14841, Mamora occidentale, route de
Souk el Arba des Scbou, 4.7.19581
Sénégal : J. & A. Raynal 6413, Kayar, dépressions temporairement humides
dans les sables du cordon littoral, 2.10.1960!; 6430, 6435, eod. loc., 9.10.1960, P!,
1FAN! — Mali : De Wailly 5012, Gao vers Bcrra, bordure de marigot, 29.3.1936, P!;
Démangé 2071, Dogo, base ouest de la digue de Sarédina à Laougna, 13.4.1964, P! —
Nigeria : Miss McClintock 117, Maiduguri, growing in pure sand of dry river
bed, 26.12.1954, K!
Batswana : Lugard 290, Ngamiland, Okavango valley, dwarf sand plant, 6.1898
Source : MNHN, Paris
— 583
Source : MNHN, Paris
— 584 —
(type de Scirpus Lugardi, holo-, K!). — Lesotho : Dielerlen 859, Léribé, lit de ruis¬
seau, 3.1909, P! 1
L’espèce a été signalée à tort de Tunisie (Le Houêrou, Rech. Ecol. et Flor. Vég.
Tunis. Mérid. (ronéo) : 23 (1959), et Mém. Inst. Rech. Sahar. 6 : 28 (1965); l'échantillon
correspondant est un Cyperus cf. conglomeralus Rottb. (Long s.n.)
Cyperus minululus Yahl (C. pygmæus Cavanilles, non Rottb.,
type : Broussonel s.n., Maroc, ad ripas flumini Sebou) a été donné par
Maire (Fl. Afr. Nord 4 : 44 (1957) comme synonyme de sa var. Pilardi.
Maire n’explique pas sa position, mais ne paraît pas avoir examiné
le type de C. minululus, cité sans point d’affirmation. Ce Cyperus de Vahl
est considéré par tous les autres auteurs comme synonyme de C. Miche-
lianus (L.) Link. Comme cette dernière espèce n’est connue par aucun
échantillon récent du Maroc, il semble que Maire ait cru à l’existence
à Salé d’une seule de ces deux petites espèces annuelles, d’où cette réu¬
nion. Un autre argument serait l’insistance avec laquelle Cavanilles,
An. Cienc. Nat. 3 : 7 (1801) distingue sa plante de C. pygmæus Rottb.,
dont C. Michelianus est très voisin.
Nous n’avons pas eu à ce jour la faculté d’étudier l'holotype de
Cavanilles; cependant, il existe à Paris deux parts de C. Michelianus
étiquetées « Broussonet, oued Sebou », dont l’une au moins (dans l’her¬
bier général) semble tout à fait authentique, correspondant bien par
sa taille et son aspect au dessin — insuffisant — publié par Cavanilles ;
l’autre part (herbier Desfontaines) est une plante beaucoup plus grande,
qui pourrait ne pas être un double de la même récolte. En l’absence de
preuve formelle d’hétérogénéité de la récolte faite par Broussonet,
il est impossible d’accepter la synonymie donnée par Maire. Si, après
examen de l’holotype de C. minululus Vahl dans l’herbier Cavanilles,
il fallait toutefois revenir à l’opinion de Maire, il est à noter que ce
binôme de 1805 devrait remplacer C. hamulosus M. Bieb., 1808.
L’aire géographique totale de l’espèce paraît au premier abord
assez aberrante, allant des steppes froides d’Asie Centrale aux marges
des déserts tropicaux d’Afrique. 11 semble que peu d’espèces aient une
aire semblable. Pourtant, si l’on considère que la saison de végétation
est toujours la période la plus chaude de l’année pour cette plante, après
la baisse des eaux, il suffit d’admettre une grande résistance des graines
au froid pour comprendre l’étendue de l’aire en latitude. D’autre part,
cette petite annuelle fugace aime les cuvettes sableuses à végétation
ouverte, faiblement inondables. Ces conditions se trouvent réunies
surtout dans les régions péridésertiques; nous avons représenté sur la
carte de la pl. 2 les zones de pluviosité moyenne comprises entre 300
et 500 mm (d’après J. Bartholomew, The Times Atlas of the World 1,
carte 3 (1958); on peut constater le très bon groupement des localités
1. Scirpus Lugardi est signalé par D. M. Napper (Jonrn. E. Afr. Nat. Hist. Soc.
25 : 16 (1965) en Tanzanie, mais nous n’avons vu aucun échantillon correspondant;
les caractères donnés dans la clef (p. 12) ne semblent pas concorder avec ceux de
Cyperus hamulosus. (Note ajoutée en cours d’impression.)
Source : MNHN, Paris
U
L
PI. 2. — En haut, diagramme montrant la répartition géographique des formes d’akène de
Cyperus hamutosus; en bas, carte de répartition de la même espèce (en pointillé les zones à
pluviosité moyenne annuelle comprise entre 300 et 500 mm).
Source : MNHN, Paris
— 586 —
de Cyperus hamulosus M. Bieb. dans ces zones; il faut se garder de voir
une relation directe entre ce facteur et la répartition de la plante, qui,
d’après son habitat, doit pouvoir s’affranchir de la quantité totale de
pluie; la liaison est indirecte, par correspondance de cette pluviosité
totale et des régions steppiques ou subdésertiques favorables à l’espèce.
En relation avec la distribution discontinue de ces régions arides,
Cyperus hamulosus possède une aire fragmentée en quatre : Eurasie,
Maroc, Afrique occidentale, Afrique du Sud. Eu égard à cette fragmen¬
tation, l’espèce présente une homogénéité morphologique remarquable.
La seule variation qui nous a semblé pouvoir être mise en corrélation
avec une ségrégation géographique concerne la forme de l’akène; c’est
d’ailleurs principalement à cause d’une différence de cet ordre que Maire
avait pu maintenir sa var. Pilardi comme distincte de la variété typique.
Nous avons étudié ce caractère avec le plus de précision possible,
en mesurant largeur et longueur de l’akène (à raison de 5 mesures par
échantillon) sur tous les échantillons disponibles de l’espèce, au 1 /80
de mm près. Le diagramme de la pl. 2 expose le résultat de ces mesures :
— les points représentatifs des spécimens venant des quatre régions
énumérées ci-dessus se regroupent en quatre nuages;
— ces nuages sont statistiquement bien distincts, mais se recou¬
vrent cependant plus ou moins par leurs bords.
De ce diagramme peut être tirée une justification du maintien ou de
l’établissement de taxa infraspécifiques au sein de C. hamulosus M. Bieb.
Cependant, il est clair que l’élaboration d’une clef conduisant à ces taxa
serait impossible. D’autre part, il ne faut pas perdre de vue que le nombre
de spécimens connus reste très faible dans chaque région, et ne permet
sans doute pas d’apprécier l’étendue totale de la variation (par exemple
en Afrique du Sud : 2 spécimens seulement). Nous préférons signaler
l’existence de cette différenciation géographique statistique, intéres¬
sante certes d’un point de vue biosystématique, et phytôgeographique,
sans pour cela vouloir l’enfermer dans le cadre rigide d’un découpage
taxinomique prématuré. Il faut noter, de plus, qu’on ne sait rien d’une
influence éventuelle — quoique improbable -— du milieu sur la forme de
l’akène.
Une conséquence de ces légères différences de forme d’une région à
l’autre est qu’il est difficile d’attribuer l’aire actuelle de l’espèce à des
transports récents (par exemple par des Oiseaux migrateurs); de tels
transports auraient en effet homogénéisé la variation entre les différents
points de l’aire.
Cyperus hamulosus M. Bieb. partage avec C. Michelianus (L.) Link
un caractère en contradiction avec leur classement dans ce genre; dans
ces deux espèces, en effet, les glumes de l’épillet ne sont pas distiques.
Pourquoi donc classer là ces espèces, et non dans les Scirpus, comme le
firent de nombreux auteurs? C’est que l’une et l’autre de ces espèces
montrent une affinité très étroite, évidente, et bien difficilement attri¬
buable à un phénomène de convergence, avec respectivement Cyperus
Source : MNHN, Paris
— 587 —
squarrosus L. et C. pygmæus Rottb. La ressemblance est telle au sein
de chacun de ces couples de taxa que Ascherson & Grabner n’y distin¬
guèrent que des sous-espèces, considérant dans ce cas précis la phyllotaxie
de l’épillet comme un caractère mineur.
Kükenthal, qui réunit comme Ascherson & Gràbner les C. Miche-
lianus et C. pygmaeus dans la même espèce, ne les suit pas pour C. hamu-
losus, qu’il continue à distinguer de C. squarrosus au rang spécifique, tout
en reconnaissant le parallélisme de la variation dans les deux couples :
« sicut C. Michelianus nonnisi squamis spiraliter dispositis a C. pygmæo
Rottb. (squamis subdistichis) distinguitur, eodem modo C. hamulosus
M. Bieb. a C. arislalo Rottb. remotus est. » Nous adoptons la même posi¬
tion, car ces deux derniers Cyperus se distinguent de façon plus nette et
plus stable que les deux premiers; en particulier, l’akène de C. squarrosus
possède un tégument à cellules hexagonales bien visibles à la loupe bino¬
culaire, une base de style très réduite, peu visiblement étranglée; les
glumes sont enfin toujours parfaitement distiques (alors que dans l’autre
couple, chez C. pygmæus la distichie reste imparfaite).
Nous avons trouvé, par contre, dans l’échantillon Dielerlen 859
(C. hamulosus) une variation tout à fait homologue de celle offerte par
le couple C. Michelianus-C. pygmæus; ce spécimen (qui offre un autre
trait curieux : il est le seul récolté en altitude) possède en effet des glumes
subdistiques ou même franchement distiques; les autres caractères,
notamment ceux de l’akène, le font déterminer C. hamulosus, et non C.
squarrosus, vers lequel il constitue néanmoins une transition. Ce matériel
reste trop pauvre pour que l’on puisse tenir compte aujourd’hui de cette
variation dans la taxinomie de C. hamulosus.
Un caractère intéressant, apparemment rare dans la famille, consti¬
tuant une preuve de plus de l’affinité de C. squarrosus et C. hamulosus,
est l’odeur prononcée de fenugrec qui se dégage des exsiccata; elle est
nettement plus forte, cependant, chez C. hamulosus, et peut se discerner
aisément même dans les spécimens les plus anciens; l’étude chimique
des corps responsables de cette odeur serait taxinomiquement utile.
Si donc les deux couples d’espèces envisagés ci-dessus présentent
une parenté phylétique réelle (chose quasi certaine), comment maintenir
la distinction traditionnelle entre la tribu des Cypereæ, à glumes distiques,
et celle des Scirpeæ, à glumes insérées en hélices? Une solution évidem¬
ment ingénieuse était la mise à l’écart de ces espèces litigieuses dans un
troisième genre, Dichoslylis P. Beauv. Nees, puis Palla (7) furent les
défenseurs de cette position, qui permet à la fois un regroupement des
espèces affines à phyllotaxie mal définie, et une « purification » des genres
Cyperus et Scirpus. Cette position a été adoptée par des auteurs plus
récents, comme Roshevitz dans la Flore de l’U.R.S.S. (10).
On doit noter que ce genre Dichoslylis était considéré comme plus
affine de Cyperus que de Scirpus, et classé en conséquence dans les Cype¬
reæ. Palla n’identifiait pas la phyllotaxie 3/8 de ses Dichoslylis hamulosa
et D. Micheliana à l’hélice primitive des Scirpus, mais l’expliquait par
une torsion secondaire d’un épillet primitivement distique. Le même
Source : MNHN, Paris
— 588 —
phénomène se rencontre chez les Abilgaardia; nous pensons l’avoir égale¬
ment mis en évidence chez Afrolrilepis et Scleria (9). Dans ces conditions,
il est normal d’admettre Dichoslylis au voisinage de Cyperus, ou même de
réunir ces deux genres.
C’est ce qu’a fait Kükenthal, pour qui Dichoslylis n’est qu’une
section de Cyperus; il y admet d’ailleurs certaines espèces comme C.
Meeboldii Kük., à tort 1 ; il en bannit par contre C. squarrosus et C. hamu-
losus, attribués au sous-genre Mariscus 2 .
Ici, nous suivrons Kükenthal, et non Palla, pour diverses raisons,
dont la moindre n’est pas l’impossibilité nomenclaturale d’utiliser le nom
de Dichoslylis ; cela conduirait à décrire un genre nouveau, il ne peut en
être question en dehors d’une révision de la tribu entière.
En effet, Lestiboudois, en créant le genre Dichoslylis P. Beauv. ex
Lestib., Essai sur la fam. des Cyp. : 39 (1819), a cité dans sa synonymie
le genre Echinolylrum Desv., Journ. Bot. 1 : 20 (1808), basé sur E. dipsa-
ceum (Rottb.) Desv. ( = Scirpus dipsaceus Rottb. = Fimbrislylis dipsacea
(Rottb.) Benth.); le genre de Desvaux est valide et légitime, Dichoslylis
P. Beauv. ex Lestib. est donc illégitime parce que superflu lors de sa
publication.
Au rang de section, Dichoslylis (P. Beauv. ex Lestib.) Bâillon, Hist.
PI. 119 : 338 (1893) est légitime, mais demeure typifié par Dichoslylis
dipsacea (Rottb.) Nees; tous les auteurs postérieurs à Nees ont classé
cette dernière espèce dans le genre Fimbrislylis, et ont donc utilisé à tort
la sect. Dichoslylis dans le genre Cyperus.
Nous préférons rassembler les quatre taxa C. Michelianus, C. pyg-
mæus, C. squarrosus et C. hamulosus dans une même section du genre,
qui peut porter le nom déjà souvent utilisé de sect. Arislali Kunth (basé
sur C. arislalus Rottb. = C. squarrosus L.).
Ouvrages consultés
1. Cavanilles A. J. — De las plantas que... Augusto Broussonet colecto en las
costas septentrionales de la Africa..., An. Cienc. Natur. 7 : 5-78 (1801).
2. Desvaux N. A. —- Notice sur un nouveau genre de la famille des Cypéracées,
Journ. de Bot. 1 : 17-22 (1808).
3. Kükenthal G. — Das Pllan/.enreicli 4, 20 : Cyperaceæ-Scirpoideæ-Cypereæ
(1936).
4. Lestiboudois Th. — Essai sur la famille des Cypéracées, 46 p. (1819).
5. Maire R. — Flore de l’Afrique du Nord, 4 : 42-44 (1957).
G. Marschall von Bieberstein F. — Flora taurico-caucasica 1 : 35 (1808).
7. Palla E. — Zur Kenntnis der Gattung « Scirpus », Bot. Jahrb. 10 : 293-301 (1889).
8. Raynal A. —- Flore et végétation des environs de Kayar (Sénégal), Ann. Fac. Sc.
Dakar 9 : 121-231 (1963).
9. Raynal J. — Notes cypérologiques. 1. A/rolrilepis, nouveau genre africain,
Adansonia n. sér. 3 : 250-265 (1963).
10. Roshevitz R., in Komarov V. L. ■— Flora U.R.S.S. 3 : 59-63 (1935).
1. Cf. J. Raynal. Adansonia n. sér., 6: 301-309 (1966).
2. C. hamulosus et C. squarrosus ont en effet des épillets tombant entiers à matu¬
rité; mais le genre (ou le sous-genre) Mariscus, s’il reste fondé sur ce seul caractère
(d'ailleurs parfois instable), ne constitue pas un groupe naturel, il contient au contraire
des espèces de Cyperus d’allinités très variées.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
UN NOUVEL ARTABOTRYS AFRICAIN :
ARTABOTRYS RHOPALOCARPUS
A. Le Thomas (ANNONACÉE)
par A. Le Thomas
Le genre Arlabolrys créé par R. Brown en 1820 est un genre paléo¬
tropical important bien représenté en Afrique par une trentaine d’espèces
environ. Tout le monde le reconnaît aisément dans la famille des Anno-
nacées par la construction très particulière des inflorescences constituées
en organes d’accrochage enroulés, l’axe d’inflorescence étant aplati sur
les côtés et recourbé en crochet.
Après avoir terminé la révision du genre pour la Flore du Gabon,
nous y avons dénombré dix espèces connues jusqu’à maintenant. C’est
avec beaucoup d’intérêt que nous avons retrouvé dans le N-E. du Gabon
en août 1966, une espèce en fruits récoltée deux mois plus tôt par N. Halle
dans la même région et dont les gros fruits lisses en massue nous ont paru
tout de suite remarquables dans le genre. Il s’agit en fait d’une nouvelle
espèce : A. rhopalocarpus Le Thomas, représentée déjà dans l’herbier
du Muséum de Paris par deux échantillons en fleur et en fruits, récoltés
par le P. Tisserant et déterminés par Sillans comme A. macrophyllus
Hook. f., ceci très probablement à cause de la taille des feuilles. Bien que
A. macrophyllus ne soit connu que par le type de Fernando Po, il présente
cependant suffisamment de différences avec les spécimens qui retiennent
notre attention pour qu’il ne soit pas possible de les confondre.
A. macrophyllus
Pétiole très court
Limbe arrondi à la base
6-8 paires de nervures latérales
Inflorescences mutiflores denses
A. rhopalocarpus
Pétiole de 7-14 mm de long
Limbe cunéiforme à la base
8-11 paires de nervures latérales
Inflorescences pauciflores
Arlabolrys rhopalocarpus est une liane atteignant 8 cm de diamètre
à rameaux et ramilles glabres. Les feuilles ont un pétiole épais, long de
7-14 mm, canaliculé au-dessus; le limbe est coriace, largement elliptique,
de (8)15-26 cm de long sur (4) 6-11 cm de large, brusquement et ± lon¬
guement acuminé au sommet, atténué à cunéiforme à la base, glabre
sur les deux faces. La nervation est très caractéristique avec les nervures
très proéminentes à la face inférieure, 8-11 paires de nervures latérales
très espacées, obliques ascendantes, formant un angle assez large avec la
Source : MNHN, Paris
— 590 —
Source : MNHN, Paris
— 591 —
nervure médiane, réunies en arceaux loin de la marge, un réseau de
nervilles lâche, très visible sur les deux faces.
Le matériel florifère que nous possédons est malheureusement très
pauvre, mais les restes d’inflorescences sont toujours paucillores, 1 à 3 fleurs
au maximum, à crochet épais de 1,7-2,4 cm de long et glabre. Les fleurs
vertes ont un pédicelle de 10-15 mm de long, pubérulent, muni de petites
bractées ovales, arrondies au sommet et pubescentes à l’extérieur. Sépales
triangulaires, aigus au sommet, de 5-8 mm de long sur 3, 5-6 mm de large,
pubescents à l’extérieur. Pétales charnus, subégaux, tomentelleux sur
les deux faces : les externes largement ovales, de 17-25 mm de long sur
8-14 mm de large, aigus au sommet, concaves à la base, marqués d’une
arcte médiane longitudinale à l’extérieur; les internes à lame losangique-
lancéolée de 11-17 mm de long sur 5-7 mm de large, à base concave for¬
tement épaissie et dilatée en une sorte de cuilleron rétréci à la partie
inférieure et soudés les uns aux autres à la partie supérieure, recouvrant
ainsi les organes reproducteurs. Étamines nombreuses, oblongues, de
1,5 -2 mm de long, à filet large et court, thèques linéaires extrorses, connec¬
tif triangulaire dilaté au-dessus des anthères. Carpelles 15-20, ovoïdes
étroits, de 3-3,5 mm de long, pubescents. Réceptacle hirsute. 2 ovules
basilaires.
Les fruits ont un pédoncule très épais de 15-20 mm de long et les sépales
sont souvent persistants; les méricarpes de 15 à 20 sont très caractéris¬
tiques : verts, lisses et brillants, ils sont sessiles en forme de massue,
obovoïdes, longuement rétrécis à la base, simulant un pédicelle; légère¬
ment apiculés au sommet, ils atteignent 6 cm de long et 2,5 cm de large.
2 graines très dures, oblongues, brun clair, aplaties sur la face interne,
de 1,9-2,2 cm de long sur 1-1,5 cm de large sont contenues dans une pulpe
jaune clair.
Artabotrys rhopalocarpus Le Thomas, sp. nou.
Scandens ramulis glabris. Petiolus crassus, 7-14 mm longus, glaber.
Foliorum lamina coriacea, late clliptica vel clliptico-oblonga, apice abrupte
acuminata, basi attcnuata vel cunciformis, ut raque pagina glabra; nervi
secundarii 8-10 jugi obliqui ascendentes, subtus prominentes; nervuli laxi
utraque pagina conspicui.
Inflorcscentia 1-3-flora, oppositifolia. Florum pedicellus 10-15 mm longus,
puberulus, bracteis ovatis, extra pubescentibus. Scpala tiiangularia, apice
acuta, 5-8 mm longa, 3,5-6 mm lata, extra pubescentia. Petala carnosa,
subaequalia, tomentella : externa late ovata apice acuta, basi concava;
interna, lamina lanceolata-rhomboidea, basi incrassata praecipue parte supe-
riore cucullata obliqua partis similibus proximis adhaerente. Stamina nume-
rosa, oblonga, connectivo apice dilatato. Carpclla 15-20 biovulata. Recepta-
culum hirsutum.
Fructus pcdunculo crasso; mericarpia sessilia, levia, lucida, obovoïdeo-
claviformia, basi gradatim angustata pedicellum simulante, 4-6 cm longa.
Source : MNHN, Paris
— 592 —
l,7-2,5 cm lata. Semina 2 durissima, oblonga, latere interno complanato,
extcrno magis convexo.
Typus : Tisserant 2242, Boukoko, Centrafrique, fl., fr., janv. (P.).
Autre matériel étudié :
N. Halle 3751, Gabon, Belinga mines de fer. Liane dépassant 5 m; fr. immatures;
forêt dégradée, 900-950 m altitude. Juin 1966.
N. Hallé 4066, Gabon, Belinga mines de fer. Fr. verts à 19 méricarpes lisses, 2 graines
brunes, dures, marginées; bord de route. Juin 1966.
— N. Hallé et A. Le Thomas 136, Gabon, Belinga mines de fer. Liane à fr. verts obo-
voïdes, sessiles, de 5,5 cm 2 cm. Forêt à 850 m d'altitude. Juill. 1966.
— N. Hallé et A. Le Thomas 430, Gabon, Belinga mines de fer. Liane à fr. verts, lisses,
glabres; 8 méricarpes 6 cm x 2 cm. Bord de rivière 750 m. Août 1966.
— Tisserant 2436, Centrafrique, Boukoko. Liane; il. vert jaune. Forêt. Janv. 1953.
A. rhopalocarpus est. affine de A. crassipelalus Pellegrin, par ses inflo¬
rescences pauciflores, ses fleurs à pétales internes charnus, de même
forme, réunis par leur base très épaisse, dilatée en cuilleron au-dessus des
organes reproducteurs; bien que nous ne connaissions pas les fruits de cette
deuxième espèce, également gabonaise, A. rhopalocarpus s’en différencie
par ses feuilles plus grandes, un pétiole plus long, des sépales triangulaires
aigus de 5-8 mm de long et non semi-orbiculaires, longs de 3 mm seulement.
Récoltée plusieurs fois à peu d’intervalle dans le N.-E. du Gabon,
nous ne pouvons cependant pas affirmer que cette espèce soit fréquente
au Gabon. Pour le moment son aire de répartition se limite entre 1° N et
4° N de latitude et 13°-18° de longitude E. C’est donc une espèce de forêt
équatoriale occidentale que l’on rencontre en forêt primaire ou ± dégradée,
et au bord des ruisseaux.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
GERMINATIONS ET PLANTULES
DE QUELQUES CACTACÉES
par M Ue Chantal Bernard 1
HISTORIQUE
Les jeunes plantules, si particulières, des Cactées ont donné lieu à
de nombreuses confusions. Pojteau en 1816 écrivait : « Linné avait
avancé que le Cactus melocadus était monocotylédon, moi, je me suis
assuré par la germination que le Cactus mamiltaria était acotylédon et
le Cactus triangularis dicotylédon. »
Les premiers travaux consacrés à la morphologie des plantules
remontent au xvin e siècle. Ce sont l’« Horli Ellhamensis » (1732) de Dil-
lenius dans lequel est décrit une germination d 'Opuntia et le « Seminibus
et fruclibus » (1788) de Gaertner, contenant une description de l’embryon
de Rhipsalis cassylha et de Cactus [= Opuntia Tourn.].
De Candolle en 1828 décrit ainsi les plantules : « embryo (in paucis
observalis) nunc incurvus aul spiralis radicula subgracili, nunc reclus
radicula crassa brevi obtusa. Colyledones germinanles planae, crassae,
foliaceae in Opuntia et verisimililer aliis foliiferis, parvae, minirnae in
Melocacto, forsan nullae in Mamiltaria et aliis aphyllis ».
En 1830, Turpin, dans ses observations sur les Cactées, examine les
germinations des Mamiltaria, Melocaclus, Echinocaclus, Cereus, Epi-
phyllum, Opuntia, Rhipsalis et en déduit les caractéristiques : embryon
privé de périsperme, germination épigée, tigelle parfois sphéroïde, racine
pivotante remplacée tôt par des racines latérales donnant des plantes à
racines fasciculées.
Pfeiffer en 1837 décrit dans « Enumeralio diagnoslica Caclearum »
de nombreux genres et espèces. Il caractérise les genres étudiés selon
l’aspect de leurs cotylédons.
En 1839, Lemaire, dans « Caclearum généra nova, speciesque novae »,
subdivise la famille d’après le mode de germination : Phymalocolyledonae,
a cotylédons globuleux, donc très petits, correspondant à des formes
contractées, globuleuses, et Phyllariocolyledonae à cotylédons foliacés
correspondant à des formes plus élancées. Il souligne la relation existant
entre la taille de la plante, celles des cotylédons et l’habitat.
i . Ré * umé très partiel d’un travail effectué au Laboratoire de Botanique tropicale
de la !■ acuité des Sciences de Paris, et présenté le 9-5-1965 comme thèse de 3« Cycle.
On peut consulter le mémoire original, comprenant notamment l'interprétation mor¬
phologique, à ce laboratoire, 4, cité du Cardinal-Lemoine, Paris-5«.
Source : MNHN, Paris
— 594 —
Puis les travaux se multiplient : citons ceux de Miquel, de Pfeiffer
et Otto (1846-1850); la monographie de Labouret (1853); le travail de
Lubbock (1870), celui d’iRMiscH (1876) sur les Rhipsalis, ceux de Goebel
(1889), de Ganong (1898), de De Fraine (1910), d’ARCHiBALD (1939),
de Troll (1937) et de Buxbaum (1950-56). Ce dernier étudie de nom¬
breuses plantules; il pense que les formes à cotylédons réduits sont plus
évoluées : « The réduction of the cotylédons is not a resuit of reduced leaf
primordia, but rather of the réduction of the cotyledonary blade, nearly
to its absence. »
Ganong (1898) a particulièrement bien étudié les différentes phases
de la germination dans de très nombreux genres. Elles peuvent se résumer
ainsi :
Par absorption d’eau, le tégument de la graine se fend, soit sur toute
sa longueur comme chez les Opuntia, soit suivant une calotte dans la
région du micropyle chez les Echinocaclus, Cereus, etc. Dans ces derniers
cas l’éclatement des téguments est dû au gonflement considérable des
cellules épidermiques, situées à l’extrémité inférieure de l’hypocotyle,
formant un anneau à partir duquel se développera la « couronne de poils ».
La germination est, dans tous les cas, épigée. Dès que l’hypocotyle est
totalement dégagé de la graine, il manifeste son géotropisme, se redresse,
et commence immédiatement à se renfler à la base, renflement dû à
l’accroissement en volume des cellules par absorption d’eau. Les coty¬
lédons, parfois au nombre de trois, deviennent succulents. Dans certains
cas, il semble qu’ils ne puissent se dégager de la graine et sont déchirés
par les téguments. D’abord serrés l’un contre l’autre, ils s’écartent ensuite
et viennent à angle droit avec l’hypocotyle. La germination est achevée.
Le jeune embryon est souvent asymétrique. Nombre d’auteurs
pensent que cela est dû à la forme de la graine. Dès qu’il acquiert sa
succulence, il devient symétrique.
Le développement de l'épicotyle, dans les premiers temps, est iden¬
tique dans toute la famille. Les cotylédons ont, cependant, un devenir
variable. Chez Pereskia, ils tombent; chez Opuntia, Phyllocadus et certains
Cereus, ils restent marcescents. Dans les autres genres, ils sont persistants,
mais s’épaississent à la base et finalement sont noyés dans la tige, consti¬
tuant « a curious case of ontogénie metamorphosis » (Ganong). Entre
les cotylédons, deux feuilles apparaissent en position distique décussée;
deux autres se développent à angle droit avec les deux premières, puis
une cinquième, de façon à former une spirale 2/5 qui, plus tard, peut
devenir une spirale 3/8 comme chez les Opuntia et les Mamillaria. Ou
bien la seconde paire est à angle droit avec la première et la troisième
au-dessus de la première, formant ainsi quatre rangées, point de départ
des quatre « côtes », communes dans toutes les formes à côtes.
Les racines de ces plantules sont très simples, minces, nettement
distinctes de l’hypocotyle. Elles deviennent rarement succulentes, excepté
chez quelques Cereus.
Enfin la taille des plantules varie beaucoup selon les genres. « The
seeds in the Caclaceae hâve phylogenetically grown progressively smaller,
Source : MNHN, Paris
— 595 —
' l^gSSisSS^iS
s done, taking the embryo wilh them... It is
size of the embryo is reduced not direct!
ompanies the reduced size of the adults'
the probably trace that the
the dryness but that it
; (1898) fit des coupes transversales dans l’hypocotyl
différents genres. Weisse (1904) et Leinfellner (1937-38) se limitèrent
à des coupes longitudinales dans quelques genres. Cependant dès 1848,
Hanstein avait montré que la plantule d ’Echinocaclus était parcourue,
Source : MNHN, Paris
>> «
— 596 —
pi. 2. — Opuntia microdasys PreifT. : 1, a et b-cotylédons ; 2, détail ( stade cmbry
n - ' - J -s cotylédons, b-région moyenne des cotylédons (fl = faisceaux I
; 4, détail de l'épiderme (stade à cotylédons épanouis); 5, a-hy
,„.uJe ou la racine sort); 6, a et b- raquette (cm = cellules à mucilage, O!
late de chaux), c-niveau des cotylédons (stade à raquette développée) ; 7, _a-haut de 1 hypo
cotyle, b-milieu de l’hypocotyle (s = suber), ' ' .
lédonaire).
ie secondaire; 8, détail d
Source : MNHN, Paris
— 597 —
depuis les cotylédons, par deux cordons vasculaires, confluant en un seul
dans la racine.
Galgano (1930) étudia la plantule d 'Opuntia vulgaris en accord
avec les lois de Chauveaud. Gravis (1943) étudia celle d 'Opuntia ficus-
indica, illustrant sa théorie des triades, décrivant une structure « caulo-
radicoïde » dans le haut de l’hypocotyle, et seulement « radicoïde » dans le
bas.
Le travail le plus important est celui de De Fraine (1910) qui étudia
les plantules des Pereskia, Nopalea, Opuntia, Cereus, Echinocaclus, Mamil-
Source : MNHN, Paris
— 598 —
/aria et quelques autres genres, faisant intervenir les phénomènes de
rotation et de torsion des faisceaux hypocotylaires.
Ganong est le premier qui se soit intéressé à des expériences de mor¬
phogenèse sur ces plantules. L’ablation de l’épicotyle chez Opuntia berna-
dina et chez quelques autres espèces, provoque le développement des
bourgeons cotylédonaires. La suppression de l’épicotyle et des bourgeons
cotylédonaires entraîne une croissance anormale de l’hypocotyle, sans
toutefois empêcher le flétrissement des cotylédons. Cet auteur signale un
cas anormal chez Opuntia, où un seul cotylédon est présent : son extrémité
est bifurquée et la fourche porte un bourgeon qui donnera naissance à des
poils et à des épines normales, persistant après le développement de
l’épicotyle.
Des expériences semblables ont été faites par Irmisch (1876) sur
Rhipsalis cassylha, et par Leinfellner (1937) sur des Cereus. Troll (1937)
expérimenta sur Pereskia aculeala adulte et obtint le développement des
aréoles ou bourgeons axillaires en pousses feuillées, en sectionnant le
rameau. Plus récemment, Nozeran et Neville (1959) aboutirent à des
conclusions semblables.
I. OPUNTIA Tourn.
Espèces étudiées : O. microdasys Pfeiff. (PI. 1 et 2) et O. robusta
Wendl. (PI. 3 et 4).
MORPHOLOGIE
a) La graine. — Les graines sont volumineuses (3,5 mm chez O.
microdasys, 7,5 mm chez O. robusta), aplaties, recouvertes d’un arille
brunâtre très dur. Le funicule développé et lignifié forme un anneau
irrégulier autour de la graine. Le tégument externe adhère fortement à
l’arille; le tégument interne est mince (PI. 1,1).
L’embryon est courbe et aplati; l’hypocotyle est bien développé;
les cotylédons sont enroulés sur eux-mêmes; entre les cotylédons et
l’hypocotyle, se trouve un périsperme important, recouvrant en partie
l’embryon.
b) La plantule au cours de son développement. — Quelques
semaines (une à trois) après le semis, le tégument externe se fend dans
la région du hile et la radicule apparaît. Sur sa partie supérieure renflée,
se développent les poils absorbants qui forment un manchon. L’hypo¬
cotyle peut atteindre 0,5 à 1 cm de haut chez O. microdasys, 1 à 1,5 cm
chez O. robusta. Entre les deux cotylédons inégaux, étalés à l’horizontale,
la raquette charnue, globuleuse chez O. microdasys, plane chez O. robusta
se développe. Les aréoles sont réduites à quelques soies et les feuilles, très
petites, se dessèchent rapidement.
La racine principale se développe beaucoup, se subérise rapidement
Source : MNHN, Paris
— 599 —
et des lambeaux de parenchyme cortical s’en détachent, formant une
sorte de voile. La coiffe est bien développée.
Les cas de polyembryonie sont fréquents chez O. robusla. En général,
un seul embryon se développe, l’autre avorte au cours de la germination.
ANATOMIE ET TRACHÉOGÉNÈSE
a) Dans l’embryon, le procambium des cordons cotylédonaires et
intercotylédonaires est déjà individualisé. Dans les cotylédons, le pro¬
cambium des nervures primaires et secondaires est très discernable.
b) La radicule apparaît; l’assise pilifère se développe. La vascula¬
risation s’ébauche, en général, au même instant. Quatre points de lignifi¬
cation apparaissent vers le milieu de l’hypocotyle, formant :
— deux cordons cotylédonaires parcourant l’hypocotyle jusqu’à la
zone pilifère,
— deux cordons intercotylédonaires se prolongeant jusqu’à la zone
pilifère. La différenciation n’est pas identique au même instant dans les
deux cotylédons. Ces cordons vasculaires sont constitués de trachéides
annelées, courtes, disposées sur plusieurs rangées.
L’hypocotyle et la racine ont une structure alterne formée de quatre
massifs de phloème et de quatre pôles de protoxylème centripète. Le
parenchyme cortical est formé de cellules arrondies, à méats. L’épiderme
papilleux est peu cutinisé.
c) La plantule est dégagée des téguments, et les cotylédons
s’écartent à l’horizontale. Les quatre cordons vasculaires épaissis par¬
courent toute la plantule jusqu’à la zone de croissance de la racine. Les
cordons intercotylédonaires s’arrêtent à des niveaux différents dans le
haut de l’hypocotyle, les cordons cotylédonaires étant réunis, sous les
cotylédons, par un chiasma de trachéides très courtes et trapues (PI. 1,
fig. 5 b). La vascularisation des cotylédons est formée d’une nervure
principale et de nervures secondaires constituées de trachéides, parfois
encore isolées.
Dans l’hypocotyle, les deux pôles ligneux cotylédonaires sont très
développés avec métaxylèmes intermédiaire et superposé, les pôles inter¬
cotylédonaires réduits au protoxylème. La même structure se retrouve
dans la racine. A la base des cotylédons, les faisceaux libéro-ligneux des
nervures secondaires se rassemblent en une nervure médiane présentant
la même structure que les faisceaux cotylédonaires (PI. 2. fig. 4).
d) L’épicotyle ou raquette se développe. — Les cordons vas¬
culaires de l’hypocotyle et des cotylédons se sont épaissis. La nervation
de la raquette est complexe : de chaque feuille descend un système vas¬
culaire se raccordant aux cordons cotylédonaires. Les premières feuilles
formées, les plus proches des cotylédons, ont une nervation en relation
directe avec les faisceaux cotylédonaires et forment une courbe. Au
contraire, les faisceaux des feuilles les plus récentes, au sommet de la
raquette, se rassemblent en éventail dans l’axe de la raquette et rejoignent,
Source : MNHN, Paris
— 600 —
PI. 4. - Opuntia robusla Wendl. : (stade à cotylédons épanouis) : 1, cotylédons; 2 et 3, hypc-
cotyle au niveau des cotylédons; 4 et 5, haut de l'hypocotyle; 6, â-hypocotyle, b-détail;
7, base de l’hypocotyle; 8, a-racine, b-détail du cylindre central; (stade à raquette dévelop¬
pée) : 9, a-liypocotyle au niveau des cotylédons, b-détail du faisceau cotylédonaire; 10
feuille jeune; 11, sommet de l'hypocotyle; 12, a-base de l'hypocotyle, b-détail; 13, racine.
Source : MNHN, Paris
— 601 —
dans le haut de l’hypocotyle, les cordons cotylédonaires. Sous l’aréole,
formée de nombreuses soies et de deux ou trois aiguillons, des trachéides
se différencient, formant un cordon parallèle au cordon foliaire et le
rejoignant.
Anatomiquement, les faisceaux libéro-ligneux de l’épicotyle sont
très petits, de structure superposée (PI. 2, fig. 6). Ils se regroupent au-
dessus du niveau d’insertion des cotylédons et forment au-dessous, deux
massifs composés chacun de deux arcs discontinus de phloème, symé¬
triques, disposés dans le plan intercotylédonaire et encerclant les éléments
ligneux. Dans l’hypocotyle, le phloème forme quatre massifs se super¬
posant au xylème secondaire abondant. Les pôles ligneux intercotylédo-
naires, réduits au protoxylème, et les pôles cotylédonaires avec métaxy-
lèmes intermédiaire et superposé donnent une structure alterne typique.
La même structure se retrouve à la base de l’hypocotyle, et dans la racine
où le parenchyme médullaire se lignifie. Une assise subéro-phellodermique
se développe donnant un suber abondant. Les oursins d’oxalale de calcium
sont nombreux dans le haut de l’hypocotyle, dans l’épicotyle, parti¬
culièrement sous les aréoles, et peuvent même exister dans la racine.
D’énormes cellules à mucilage existent dans le parenchyme de l’épicotyle,
dans les feuilles et dans la partie supérieure de l’hypocotyle (PI. 2, fig. 7).
II. CEREUS Mill.
Espèces étudiées : C. jamacaru DC. (PI. 5 et 6), C. peruvianus,
Mill. (PI. 5 et 7), et G. candicans Gill. ex Salm — Dyck (PI. 8 et 9).
MORPHOLOGIE
a) La graine. — Les graines sont ovoïdes, de 3 mm de long sur 1,5
de large, sauf chez C. candicans où elles sont plus petites (1,5 sur 0,75).
Sur la partie effilée, une dépression loge le hile très agrandi et le micropyle,
à l’extrémité d’un pied chez C. jamacaru. Le tégument externe est brun-
noir, mat, grenu chez C. jamacaru, verruqueux chez C. peruvianus, formé
de cellules irrégulières (PI. 5, fig. 1 et 7). Chez C. candicans, il est brun-
rouge, brillant, présentant des dépressions plus ou moins régulières dues
aux épaississements des parois cellulaires. Le tégument interne est, dans
tous les cas, membraneux.
L’embryon est courbe, l’hypocotyle droit, volumineux par rapport
aux cotylédons repliés sur eux-mêmes, déjà succulents, très réduits chez
C. candicans. Il n’y a pas de périsperme.
b) La plantule au cours de son développement. — Le tégument
se fend au-dessus du hile. Sur la radicule, apparaît un bourrelet qui
donnera naissance à la couronne de poils absorbants très longs. Les coty¬
lédons petits, pointus, s’étalent et, près de leur insertion, se développe
une aréole, constituée chez C. jamacaru et C. peruvianus de poils nombreux
et de six aiguillons lisses et roux. Les cotylédons s’écartent et entre eux
Source : MNHN, Paris
— 602 —
603 —
cotylédonaires, b-détail; 5, a-apparition des mamelons (s = suber), b-détail d>
larisation; 6, coupe longitudinale de la racine (ap = anneau pilifere); 7, (staae avec les
deux cotylédons épanouis) a-hypocotyle, b-détail; 8, racine; 9, racine, structure typique.
Source : MNHN, Paris
— 604 —
et C. peruvianus, formée de cinq à six assises de cellules. La future assise
pilifère est formée d’une dizaine de grandes cellules, s’étendant sur 0,1 mm
environ.
Chez C. candicans, les cas de tricotylédonie sont fréquents : un coty¬
lédon est toujours prédominant sur les deux autres et une aréole cotylé-
donaire se développe à sa surface. L’autre aréole cotylédonaire apparaît
à cheval sur les deux autres cotylédons. Les premières feuilles se dévelop¬
pent en position normale, décussée entre les deux aréoles cotylédonaires
(PI. 8, fig. 5).
ANATOMIE ET TRACHÉOGÉNÈSE
a) L’embryon. — Il est formé d’un parenchyme indifférencié, bourré
de réserves lipidiques. Le procambium des cordons cotylédonaires et des
premiers cordons foliaires est nettement individualisé (PI. 6, fig. 1).
b) Dès que la radicule apparaît, les premières trachéides isolées
se forment dans les cotylédons et l’hypocotyle (PI. 6, fig. 2); puis, de part
et d’autre, de nouvelles trachéides se différencieront, établissant un
cordon continu depuis les cotylédons jusqu’à la zone pilifère. Ces tra¬
chéides sont annelées ou spiralées, courtes dans les cotylédons (50 à 100 n),
plus longues dans l’hypocotyle (200 (i). Ce cordon vasculaires s’épaissit
ensuite par la différenciation de trachéides parallèlement à son parcours.
Les premières trachéides des aréoles cotylédonaires se différencient dans
la région apicale ; elles sont très courtes.
Les deux faisceaux libéro-ligneux, disposés symétriquement dans
les plans cotylédonaires et constitués chacun d’un pôle ligneux flanqué
de deux massifs de phloème, se retrouvent dans l’hypocotyle et dans la
racine. Cependant, chez C. candicans, à la base de l’hypocotyle et dans la
racine, les massifs libériens se soudent deux à deux dans le plan inter-
cotylédonaire (PI. 9, fig. 3, 4).
c) Les premiers mamelons se développent. — Les cordons coty¬
lédonaires et ceux des aréoles cotylédonaires se sont épaissis et forment
des amas sous-aréolaires. Les faisceaux foliaires apparaissent : des tra¬
chéides se différencient d’une part dans le mamelon, d’autre part au
sommet de l’hypocotyle, près des cordons cotylédonaires. Par différencia¬
tion basipète et basifuge, ces éléments se juxtaposent et constituent le
cordon foliaire. II faut noter la présence, chez C. peruvianus, d’oursins
d’oxalate de calcium, concentrés surtout dans la région sous-apicale (PI. 7.
fig. 2 b-4 b).
Dans l’hypocotyle et dans la racine, on retrouve les deux massifs
libéro-ligneux disposés dans le plan cotylédonaire et constitués chacun
d’un pôle de protoxylème et de deux ailes de métaxylèmes intermédiaire
et superposé. Un cambium libéro-ligneux se développe, donnant les
premiers éléments secondaires. Chez C. candicans, les massifs de phloème
se soudent deux à deux dans les plans intercotylédonaires, à la base de
Source : MNHN, Paris
605 —
PI. 7. — Cereus peruvianus Mill. : 1, tracliéogenèse ; 2, a-formation des premiers mamelons,
b-détail; 3, stade ultérieur; 4, a-formation de l'épicotyle, b-détail. — Slade avec deux
mamelons : 5, a-niveau de l’hypocotyle ; b-détail du cylindre central ; 6, détail de l’épiderme ;
7, vascularisation d'un cotylédon. — Slade avec èpicohjle développé : 8, a et b-épicotyle ;
9, haut de l’hypocotyle; 10, a-hypocotyle, b-détail; 11, a-base de l'hypocotyle, b-détail
Source : MNHN, Paris
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l’hypocotyle et dans la racine. A côté des pôles ligneux, des éléments du
métaxylème forment une bande diamétrale. Le parenchyme est formé
de grandes cellules contenant quelques oursins d’oxalate de calcium,
localisés près des faisceaux chez C. peruvianus. A la base de l’hypocotyle,
un cambium subéro-phellodermique se forme par des cloisonnements
tangentiels de l’épiderme.
Les cotylédons sont formés d’un parenchyme à grandes cellules
présentant peu de méats. L’épiderme papilleux est recouvert d’une cuticule
épaisse, surtout sur la face supérieure. Le faisceau libéro-ligneux est formé
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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d’un massif de six ou sept trachéides de proto- et de métaxylème, flanqué
de deux massifs de phloème.
d) L’épicotyle s’ébauche. — Les faisceaux cotylédonaires se sont
épaissis. Chaque mamelon est vascularisé par un cordon de trachéides
spiralées. Ces cordons se rejoignent les uns les autres et s’immiscent dans
le cordon cotylédonaire. Dans la région sous-aréolaire, deux ou trois fdes
de trachéides se différencient, s’épaississent pour ne plus former qu’un
seul cordon foliaire (PI. 7, fig. 4). Chez C. peruvianus, des oursins d’oxalate
de calcium se concentrent sous l’épicotyle, au niveau des cotylédons. Ils
apparaissent également disséminés à la base de l’hypocotyle.
Les faisceaux foliaires, dans l’épicotyle, sont très réduits et ont une
structure superposée. Dans l’hypocotyle, les faisceaux forment deux
massifs symétriques dans le plan cotylédonaire. Chaque massif est composé
d’un pôle de protoxylème de petit diamètre, et de deux ailes de métaxy-
lèmes intermédiaire et superposé; un cambium libéro-ligneux donne un
xylème secondaire abondant. Le phloème est peu abondant. Le paren¬
chyme médullaire est réduit à trois ou quatre assises de cellules allongées
entre les massifs ligneux. A la base de l’hypocotyle et dans la racine, le
xylème secondaire forme une couronne complète entre les deux pôles
ligneux. Le parenchyme médullaire est réduit à quelques cellules. Chez
C. peruvianus, l’épicotyle contient des grains d’amidon et des oursins
d’oxalate de calcium. La cuticule et le suber, à la base de l’hypocotyle et
dans la racine, sont épais.
Dans les cas de tricotylédonie (PI. 8, fig. 5), chez C. candicans,
chaque cotylédon est vascularisé par un cordon. L’un des cordons coty¬
lédonaires est autonome et parcourt tout l’hypocotyle. Les deux autres
se soudent dans le haut de l’hypocotyle et ne forment plus qu’un seul
cordon descendant jusqu’à la racine (PI. 9, fig. 2). Anatomiquement,
chaque cotylédon possède un pôle ligneux, plus développé dans le coty¬
lédon indépendant. Les xylèmes des deux cotylédons soudés se rapprochent
au niveau des cotylédons, et, dans l’hypocotyle, il n’existe plus que deux
pôles ligneux, symétriques dans les plans cotylédonaires, formés chacun
de petits éléments de protoxylème et flanqués de deux massifs de phoème.
Le métaxylème, formé de gros éléments, est très développé.
III. ECHINOCAGTUS Link et Otto.
Espèces étudiées : E. ingens Zucc. (PI. 10 à 13), E. uncinatus Hopf.
et E. grusonii Hildm. (PI. 10 et 11).
MORPHOLOGIE
a) La graine. — Les graines sont ovoïdes (3 mm sur 2 mm chez E.
ingens, 1,5 sur 1 mm chez E. uncinalus et E. grusonii) (PI. 10, fig. 1, 10,
14). A la partie effilée, le hile, agrandi, forme une cavité sous laquelle se
Source : MNHN, Paris
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situe le micropyle; cependant, chez E. uncinalus, le micropyle se situe
sur le rebord de la cavité. Le tégument externe est dur, lisse, brillant,
brun-rouge ou noir, finement réticulé chez E. uncinalus. Le tégument
interne est membraneux.
L’embryon est courbe; les cotylédons sont très réduits; effilés. Le
périsperme, collé contre les cotylédons et l’hypocotyle, est abondant
particulièrement chez E. ingens.
b) La plantule au cours de son développement. — Une semaine
environ après le semis, le tégument externe se fend dans la région du hile.
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La radicule apparaît, présentant un petit bourrelet à sa base sur lequel
se développera l’assise pilifère. L’hypocotyle renflé et blanchâtre se
dégage. Au sommet de l’hypocotyle succulent, deux cotylédons, massifs
et arrondis chez E. ingens, pointus ailleurs, enserrent l’apex. Les coty¬
lédons s’écartent, laissant apparaître, en position décussée, deux petits
mamelons à la face interne desquels se développent les soies des aréoles.
L’hypocotyle a atteint sa taille maximale : 1 cm de haut sur 0,5 de large
chez E. ingens, 3 mm de haut sur 1,5 de large chez E. uncinalus et E.
grusonii. Chez E. ingens les mamelons trapus se développent, et aux soies
des aréoles se mélangent trois aiguillons d’aspect pelucheux. Ailleurs, ils
sont moins volumineux et les aiguillons, très ramifiés, sont au nombre
de cinq. Dans tous les cas, les cotylédons se fondent dans la masse suc¬
culente de l’hypocotyle et deviennent indiscernables (PI. 10, fig. 9).
La racine principale se ramifie beaucoup et se subérise rapidement
ainsi que la base de l’hypocotyle. La coiffe est importante, formée de six
à sept assises de cellules. Le bourrelet qui donnera naissance à l’assise
pilifère, est formé de grandes cellules s’étendant sur 150 n environ.
ANATOMIE ET TRACHÉOGÉNÈSE
Il faut distinguer Echinocactus ingens des deux autres espèces étudiées.
A. Echinocactus ingens (PI. 13).
a) L’embryon. — 11 est formé d’un parenchyme indifférencié, bourré
de globules lipidiques. Le procambium des cordons cotylédonaires et des
premiers cordons foliaires est individualisé. Anatomiquement, dans l’hypo-
cotyle, on distingue quatre massifs de protophloème.
b) Dès que le tégument se fend, des trachéides courtes, isolées,
apparaissent dans les cotylédons et le haut de l’hypocotyle. Lorsque la
radicule se développe, ces trachéides forment alors deux cordons, chacun
étant composé de trois files de trachéides : une file centrale, de trachéides
en continuité et deux files latérales de trachéides contiguës dans les coty¬
lédons et encore isolées dans le haut de l’hypocotyle. La vascularisation
d’un cotylédon est en avance sur celle de l’autre.
c ) La plantule se dégage des téguments. — La radicule s’allonge.
La vascularisation progresse de façon basipète et atteint la zone sub-
mérismatique de la racine, zone de formation de l’assise pilifère. Les deux
cordons vasculaires sont toujours formés de trois files de trachéides dont
une seule parcourt toute la plantule; les deux autres s’arrêtent à des
niveaux différents de l’hypocotyle. Dans les cotylédons, ces files sont
formées de trachéides annelées, petites, trapues. A mesure que l’on descend
dans l’hypocotyle, les trachéides s’allongent et sont remplacées, à la base
de l’hypocotyle et dans la racine, par des vaisseaux annelés ou spiralés.
Au niveau des cotylédons, les faisceaux cribrovasculaires, situés
dans les plans cotylédonaires, sont composés chacun d’un centre ligneux
Source : MNHN , Paris
613 —
PI. 13. •— Echinocaclus ingens Zucc. : Stade à deux feuilles : 1, a-base de l'hypocotyle; b-détail
d’un faisceau cotylédonaire; 2, détail du parenchyme cortical. —• Stade avec épicolgle déve¬
loppé : 3, épicotyle; 4 et 5, niveau des cotylédons; 6, hypocotyle; 7, base de l’hypocotyle;
8, a-racine, b-detail; 9, coupe transversale d’un mamelon (a = aréole); 10, détail de l’épi-
Source : MNHN , Paris
— 614 —•
PI. 14. — Echinocactus uncinalus Hopf. : 1, fai
ment des faisceaux cotylédonaires; 4, 5a el
vascularisation d'une plantulc âgée.
de deux ou trois trachéides isolées flanqué de deux massifs de phloème.
Dans l’hypocotyle, ces faisceaux sont formés chacun d’une ou deux tra¬
chéides et de deux massifs de phloème.
d) Les premiers mamelons se développent. — Deux cordons vas¬
culaires parcourent la plantule depuis les cotylédons jusqu’à l’extrémité
de la racine, formés chacun de trois files de trachéides. Ces files, distinctes
dans les cotylédons, se fusionnent plus ou moins dans le haut de l’hypo¬
cotyle. Chaque cotylédon comprend une nouvelle file de trachéides très
courtes, différenciées à la base des cotylédons, plus externe que les cordons
cotylédonaires et les rejoignant. Les mamelons sont parcourus par un
Source : MNHN, Paris
— 615 —
cordon de trachéides très courtes, rejoignant les cordons cotylédonaires.
En outre de nouveaux éléments vasculaires apparaissent dans la région
sous-apicale. L’un d’eux, plus en avance, est constitué de trachéides
courtes présentant une ramification en Y avant de rejoindre le cordon
cotylédonaire. L’autre, moins avancé, a trois centres de différenciation de
trachéides qui se rejoignent pour former un cordon.
Les faisceaux libéro-ligneux sont formés dans chaque cotylédon d’un
pôle ligneux isolé et de deux massifs de métaxylème superposés. Au som¬
met de l'hypocotyle, à ce faisceau viennent s’ajouter les faisceaux foliaires
et le faisceau cotylédonaire externe, de structure superposée. A la base
de l’hypocotyle et dans la racine, les deux pôles ligneux centripètes sont
bien développés, les métaxylèmes intermédiaire et superposé sont réduits.
Le parenchyme est formé de grandes cellules arrondies, à méats. L’épi¬
derme est papilleux, la cuticule mince.
e) L’épicotyle se développe. — La vascularisation des mamelons
est ramifiée, formée de files de trachéides grossièrement parallèles, reliées
par des trachéides transversales. La vascularisation s’arrête en dessous
de l’aréole et les cordons foliaires rejoignent, dans le haut de l’hypocotyle,
les cordons vasculaires foliaires très épaissis.
Dans chaque mamelon, on trouve plusieurs faisceaux libéro-ligneux
de structure superposée. Les faisceaux foliaires se groupent sur une
ellipse au niveau des cotylédons et s’immiscent dans les faisceaux cotylé¬
donaires. Dans l’hypocotyle, ces faisceaux se rassemblent dans les plans
cotylédonaires en deux massifs constitués chacun d’un pôle ligneux et de
deux ailes de métaxylème primaire et secondaire superposé au phloème.
Dans la racine, le parenchyme médullaire est très réduit; les pôles de
protoxylème sont très développés, les métaxylèmes plus réduits. Le paren¬
chyme est toujours à méats. La cuticule devient épaisse, surtout sur les
mamelons, et un cambium subéro-phellodermique donne, à la base de
l’hypocotyle et dans la racine, un suber épais et un phelloderme réduit
à une ou deux assises de cellules.
B. Echinocactus uncinatus (PI. 15) et Echinocactus grusonii
(PI. ll.fig. 9).
a) La vascularisation est plus simple que chez E. ingens. Elle
s’ébauche par la formation de deux cordons vasculaires de trachéides
parcourant la plantule depuis les cotylédons jusqu’à la zone pilifère;
ces trachéides sont disposées sur une seule rangée; elles sont annelées,
très courtes au niveau des cotylédons, plus longues dans l’hypocotyle
(200[x environ). Les cordons vasculaires s’épaississent par la différen¬
ciation de trachéides spiralées. Des vaisseaux spiralés apparaissent à
la partie inférieure de l’hypocotyle; ils sont annelés, de diamètre plus
petit.
Les deux faisceaux libéro-ligneux sont composés chacun de deux ou
trois trachéides de protoxylème, flanqués de deux massifs de phloème.
Dans la racine, ces faisceaux se rapprochent et le xylème peut former
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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une bande diamétrale. Le parenchyme est à méats; l’épiderme est régu¬
lier, la cuticule mince.
b) L’épicotyle se développe. — Les cordons vasculaires cotylé-
donaires se sont épaissis et se terminent dans la masse parenchymateuse,
les cotylédons s’étant fondus dans la masse de l’hypocotyle. Les fais¬
ceaux foliaires sont formés d’une| file de trachéides se terminant sous
l’aréole par un amas en forme d’éventail. Des oursins d’oxalate de calcium
apparaissent dans l’hypocotyle, groupés autour des faisceaux libéro-
ligneux.
Les faisceaux foliaires, de structure superposée, s'immiscent dans
les faisceaux cotylédonaires. Ceux-ci, disposés dans les plans cotylédo-
naires, sont constitués d’un pôle ligneux de protoxylème à éléments de
très petit diamètre et de deux ailes de métaxylèmes primaire et secondaire
superposés. Dans la racine, la moelle se lignifie, mais la disposition des
faisceaux reste identique. A la partie inférieure de l’hypocotyle, et dans
la racine, un suber se développe. Des oursins d’oxalate de calcium appa¬
raissent dans le parenchyme à méats de l’épicotyle et dans le haut de
l’hypocotyle.
Les cas de tricotylédonie sont fréquents chez E. grusonii (PI. 11,
fig. 9 a). Trois cotylédons innervés par trois cordons cotylédonaires
dont deux se soudent rapidement l’un à l’autre. Deux feuilles et leurs
aréoles se développent dont l’une, plus importante, est irriguée par des
faisceaux reliés aux deux cotylédons soudés.
IV. ASTROPHYTUM Lem.
Espèces étudiées : A. ornatum (D.C.) Webb. (PI. 16, 17 et 18) et
A. myriostigma Lem (PI. 18).
MORPHOLOGIE
a) La graine. — Les graines ont environ 2 mm de long sur 1 mm
de large; elles sont asymétriques, présentant une face bombée et une
face plane dans laquelle le tégument externe se replie vers l’intérieur,
dans une vaste cavité comprenant le hile très agrandi et le micsopyle.
Le tégument externe est lisse, légèrement verruqueux vers le hile, bril¬
lant, résistant, de couleur brun-rouge, plus sombre chez A. myriostigma.
L’embryon est pratiquement droit, asymétrique comme la graine;
l’hypocotyle est volumineux, les cotylédons minuscules.
b) La plantule. — Quelques jours après le semis, le tégument
externe se fend sur la face bombée; à la base de la radicule, on distingue
un bourrelet sur lequel se développe l’assise pilifère. La plantule est très
asymétrique, présentant une face plane, terminée par deux petites protu¬
bérances pointues et une face bombée dans laquelle se perd la base des
cotylédons. L’hypocotyle croît, atteint 6 à 10 mm. Entre les cotylédons
apparaissent les premiers mamelons et leurs aréoles formées de poils et
Source : MNHN, Paris
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Source : MNHN, Paris
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PI. 17. — Aslrophylum ornatum (DC.) Webb. : Stade très jeune: 1 , a-niveau des cotylédons,
b-hypocotyle. —• Stade avec deux mamelons : 2, a et b-niveau des cotylédons, c-sommet
de l'hypocotyle, d-hypocotyle, e-base de l’hypocotyle ; 3, détail de 2e. — Stade avec èpico-
tyle développé : 4, a-épicotyle, b-niveau des cotylédons, c-sommet de l’hypocotyle; 5, a
et b-partie inférieure de l’hypocotyle; c-racine; 6, détail de la vascularisation d’un mame¬
lon; 7, coupe longitudinale de la racine.
Source : MNHN, Paris
PI. 18. — Aslropliylum ornalum (DC.) Webb. — Stade avec deux cotylédons :
2, racine; 3, racine près de la coiffe. — Stade avec fépicolylc développé : 4
rieure de l'hypocotyle; 6, racine.
de deux aiguillons chez A. ornalum, de poils seulement chez A. myrios-
stigma. Puis les deux cotylédons s’épanouissent, forment un plateau
au-dessus duquel se trouvent les mamelons tétraédriques, pressés les
uns contre les autres; sur leur face interne se trouve l’aréole. Des touffes
de poils enchevêtrés se développent en plus sur les mamelons.
La racine principale est importante et se subérise rapidement. La
coiffe est développée, formée de six ou sept assises de cellules. Une coupe
longitudinale montre la zone de l’anneau pilifère, s’étendant sur 0,1 mm.
formée de grandes cellules (25 p de large sur 12,5 p de long).
Source : MNHN, Paris
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ANATOMIE ET TRACHÉOGÉNÈSE
a) L’embryon. — Il est constitué d’un parenchyme indifférencié,
bourré de globules lipidiques. Le procambium des cordons cotylédo-
naires et des premiers cordons foliaires est individualisé. De plus, les
cordons foliaires sont flanqués chacun de deux autres cordons surnumé¬
raires.
b) La radicule et son anneau pilifère se développent. —
Les premières trachéides apparaissent dans le haut de l’hypocotyle, à
la base des cotylédons. La différenciation gagne ensuite la partie infé¬
rieure de l’hypocotyle, contribuant à la formation des deux cordons
cotylédonaires. Presque simultanément, se différencient 4 cordons venant
du système apical. Des cordons intercotylédonaires peuvent se développer
à la base de l’hypocotyle chez A. ornalum.
Les deux faisceaux libéro-ligneux sont composés chacun d’un pôle
ligneux de protoxylème à éléments de diamètre très petit, flanqués de
deux massifs de phloème. Cette structure se retrouve dans toute la plan-
tule. Le parenchyme est indifférencié, à méats. L’épiderme est papilleux,
sans cuticule nette.
c) La plantule est dégagée. — Les cordons cotylédonaires se
prolongent jusqu’à la zone de formation de l’assise pilifère. Ils se sont
épaissis par la différenciation de trachéides. Les cordons surnuméraires
se développent et cheminent dans l’hypocotyle, constitués de trachéides
spiralées ou annelées, courtes (30 à 40 (A de long). Sous l’apex, de nou¬
veaux éléments d’origine foliaire, se différencient. Ils sont formés de trois
ou quatre trachéides courtes, spiralées, à partir desquelles la différen¬
ciation progresse dans les deux sens. On remarque que la vascularisation
d’un cordon cotylédonaire et celle des cordons s’y rattachant est toujours
en avance sur celle de l’autre cordon.
Les faisceaux libéro-ligneux foliaires et surnuméraires sont très
petits, formés de quelques trachéides et de structure superposée. Les
faisceaux cotylédonaires présentent la même structure que précédem¬
ment : un pôle ligneux encadré de deux massifs de phloème.
d) Les premiers mamelons apparaissent. — Les cordons cotylé¬
donaires se sont épaissis, en particulier dans les cotylédons où ils forment
des amas sub-terminaux de trachéides courtes et trapues. Les cordons
foliaires s’ébauchent par la différenciation de trachéides en deux points
dans le mamelon et au sommet de l’hypocotyle, A partir de ces points,
se forme un cordon continu de trachéides rejoignant celui du cotylédon.
Ce cordon s’épaissit ensuite dans le mamelon où il se présente comme
un amas, d’abord allongé, puis en forme d’éventail. Les quatre cordons
surnuméraires, de part et d’autre des cordons foliaires, se mêlent plus ou
moins à eux. Toutes ces trachéides sont spiralées. Plus tard, les cordons
cotylédonaires s’épaississent fortement dans l’hypocotyle dont la base
se subérifie.
Les faisceaux foliaires sont très petits, formés de cinq à six trachéides
Source : MNHN, Paris
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superposées au phloème. Les faisceaux foliaires et surnuméraires se rappro¬
chent des faisceaux cotylédonaires. Dans l’hypocotyle, on retrouve
deux massifs libéro-ligneux symétriques dans le plan cotylédonaire,
constitués de protoxylème centripète de très petit diamètre, de métaxy-
lème intermédiaire et superposé abondant. Un cambium libéro-ligneux
donne deux demi-cercles ininterrompus de xylème secondaire. Le phloème
primaire forme deux massifs de chaque côté des pôles ligneux. Le phloème
secondaire est peu développé. A la base de l’hypocotyle, la même struc¬
ture se retrouve, mais les massifs libéro-ligneux, plus proches, sont
Source : MNHN, Paris
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séparés par trois assises de cellules allongées qui semblent diverger pour
entourer chaque massif. Cette structure se retrouve dans la racine, mais
le parenchyme médullaire est moins organisé. Le parenchyme cortical
est toujours à méats. La cuticule reste mince. A la base de l’hypocotyle
et dans la racine, le suber est épais, le parenchyme cortical réduit. (PI. 18,
fig. 5.)
V. MAMILLARIA Haw.
Espèces étudiées : M. tetracantha Salm-Dyck (PI. 20 et21 ), M. elon-
gata DC. (PI. 22, fig. 1-6) et M. camptotricha Dams (PI. 22, fig. 7-10).
MORPHOLOGIE
a) La graine. — Les graines sont ovoïdes, petites (1 mm sur 0,5).
Dans la région la plus effilée, se trouve une cavité logeant le hile et le
micropyle, sauf chez M. camptotricha où le micropyle est distinct du
hile. Le tégument externe est clair, peu résistant, d’aspect plissé chez
M. tetracantha, ou présentant de petites dépressions dues aux épaississe¬
ments inégaux des parois cellulaires ailleurs.
L’embryon, pratiquement droit, est asymétrique. L’hypocotyle
est très volumineux par rapport aux cotylédons presque inexistants.
Le périsperme, réduit, est logé sous les cotylédons.
b) La plantule au cours de son développement. — Quelques
jours après le semis, le tégument externe se fend dans la région du hile;
la radicule apparaît, présentant à sa partie basale un bourrelet sur lequel
se développera l’assise pilifère. L’hypocotyle est globuleux (2,5 mm de
haut sur 2 de large) chez M. tetracantha, plus allongé ailleurs (7 mm de
haut sur 3 de large). Les cotylédons sont inégaux, réduits à deux petites
boursouflures, intimement soudés à l’hypocotyle et recouvrant l’apex.
Les cotylédons s’écartent et entre eux apparaissent les deux premiers
mamelons et, à leur face interne, l’aréole formée de poils et de 5 aiguil¬
lons barbelés chez M. tetracantha, d’aiguillons plus nombreux et ramifiés
chez M. elongala. Les premières aréoles ne contiennent que des poils,
puis les aiguillons apparaissent, d'abord simples, ramifiés ensuite (PI. 22,
fig-3). ....
La racine principale est peu développée et se subense tôt; les racines
secondaires sont rares. La coiffe est réduite, formée de trois ou quatre
assises de cellules. Au-dessus de la coiffe, une zone formée de six à sept
grandes cellules, s’étendant environ sur 100 n, donnera naissance à
l’anneau pilifère.
Source : MNHN, Paris
ANATOMIE ET TRACHÉOGÉNÈSE
a) L’embryon. — Il est constitué d’un parenchyme indifférencié,
bourré de réserves lipidiques. Le procambium des cordons cotylédo-
naires et des deux premiers cordons foliaires est individualisé.
b) La radicule et son anneau pilifère se développent. — Les
premières trachéides se différencient dans le centre et le haut de l’hypo-
cotyle. Elles sont annelées, très longues. Puis de nouveaux éléments
Source : MNHN, Paris
625 —
épicotyle développé).
41
Source : MNHN, Paris
Ces massifs se soudent dans le plan intercotylédonaire, à la base de l’hypo-
cotyle et dans la racine, et les pôles ligneux se développent de façon
centripète, constituant une bande diamétrale. Dans les cotylédons, les
éléments du xylème et du phloème sont superposés. Le parenchyme
est à méats, l’épiderme papilleux et la cuticule très mince.
c) Les premiers mamelons se développent. — Les trachéides
se différencient à la base du mamelon lors de la formation des poils
aréolaires. Puis le faisceau foliaire se développe et rejoint le cordon
cotylédonaire. Ces trachéides sont courtes, trapues, annelées, parfois
spiralées (PI. 22, fig. 5).
Les faisceaux foliaires sont très petits, de structure superposée.
Dans le haut de l’hypocotyle, les faisceaux forment deux massifs symé¬
triques dans le plan cotylédonaire, constitués chacun d’un pôle ligneux
de protoxylème de très petit diamètre et de deux ailes de métaxylème
superposé au phloème. Plus bas, les pôles ligneux disparaissent au milieu
des éléments de grand diamètre du métaxylème intermédiaire. Dans la
racine, le parenchyme médullaire est absent. A la base de l’hypocotyle,
un cambium subéro-phellodermique donne un suber qui devient très
épais et plus profond dans la racine. Le parenchyme est à méats, la
cuticule reste mince.
VI. CORYPHANTHA Lem.
Espèces étudiées : C. erecta Lem. et C. cornifera Lem. (PI. 23 et 24).
MORPHOLOGIE
a) La graine. — Les graines sont ovoïdes (1,7 mm de long sur
0,7 de large). Le hile est allongé, incluant le micropyle chez C. erecla,
caché plus ou moins par un reste du funicule. Le tégument externe est
clair, brun-rouge, lisse, peu résistant. Les cloisons cellulaires sont épais¬
sies, formant un réseau très fin. Le tégument interne est membraneux.
L’embryon est pratiquement droit, asymétrique. L’hypocotyle est
volumineux, les cotylédons à peine visibles. Le périsperme est abondant,
logé contre les cotylédons et l’hypocotyle.
b) La plantule au cours de son développement. — Une semaine
environ après le semis, le tégument externe se fend dans la région du
hile. La radicule montre à sa base un bourrelet qui donnera naissance
à l’assise pilifère. Les cotylédons inégaux sont déportés sur un côté et
forment deux boursouflures à la surface de l’hypocotyle globuleux (5 mm
de haut sur 4 de large). Ce dernier s’allonge avec l’apparition des mame¬
lons entre les deux cotylédons écartés. Les aréoles sont formées de soies
nombreuses et d’aiguillons à ornementations sériées au nombre de quatre
chez C. erecla , ramifiés chez C. cornifera, chez lequel les ornementations
apparaissent progressivement. Chez C. cornifera il est fréquent de cons¬
tater une atrophie du sommet de la plantule et particulièrement des
Source : MNHN, Paris
1*1. 23. —• Coruphantlia erecla l.em. : 1, a et b- graine; 2, apparition des deux premiers mame¬
lons; 5, différenciation de deux cordons "cotylédonaircs : 6. apparition des trachéides
foliaires ; 8, a-apparition des premiers mamelons, b-détail ; 9, a-vascularisation d'une plan-
tulc plus âgée, b-détail (K, et P, = les premières feuilles) ; 10, détail des trachéides de F,. —
Coryphanlha cornifera Lem. : 3, a et b-graines, c-embryon; 4, plantule âgée; 7, différen¬
ciation des cordons cotylédonaires et des trachéides foliaires.
cotylédons par la compression des téguments. La base de l'iiypocotyle
se renfle alors considérablement.
La racine principale, peu importante se subérise rapidement. Les
racines secondaires sont peu développées. La coiffe est formée de sept
à huit assises de cellules.
Source : MNHN, Paris
629 -
PI. 24. — Coruplianlha erccta Leni. : Stade avec tes deux cotylédons épimoimy 1, a-hypocotyle,
b-détail des' faisceaux vasculaires. — Stade avec ipicotyle développé : 5, épicotyle (ff = fais¬
ceaux foliaires) ; 6, niveau des cotylédons (fc = faisceaux cotylédonaires) ;7, haut de l'hypo-
cotyle; 8, a-hypocotyle, b-détail; 9, a-partie inférieure de l'hypocotyle, b-détail; 10,base
de l'hypocotyle; 11, racine: 12, a-mamelon, b-détail.
Source : MNHN, Paris
630 -
ANATOMIE ET TRACHÉOGÉNÈSE
a) L’embryon. — II est constitué d’un parenchyme indifférencié,
bourré de réserves lipidiques. Le procambium des cordons cotylédo-
naires et des premiers cordons foliaires est individualisé.
b) La radicule et son anneau pilifère se développent. —
La vascularisation apparaît. Deux cordons de trachéides annelées ou
spiralées, très longues dans l’hypocotyle, parcourent toute la plantule,
depuis les cotylédons jusqu’à la zone de différenciation de l’assise pili¬
fère. Ces cordons cotylédonaires s’épaississent ensuite. Sous l’apex, les
premières trachéides foliaires se différencient.
Dans toute la plantule, se retrouvent les deux massifs cribro-vascu-
laires, symétriques dans les plans cotylédonaires et constitués chacun
d’un pôle ligneux de trois ou quatre trachéides, flanqué de deux petits
massifs de phloème. Le parenchyme est formé de grandes cellules arron¬
dies, plus isodiamétriques au centre; la cuticule est très mince.
c) Les premiers mamelons apparaissent. — Les trachéides se
différencient d’une part dans le mamelon, d’autre part dans le haut de
l’hypocotyle (PI. 23, fig. 8). Leur jonction forme un cordon vasculaire
foliaire, rejoignant un cordon cotylédonaire. Puis ce cordon s’épaissit
et forme, dans le mamelon, des amas importants de trachéides de grand
diamètre et spiralées. Les cordons cotylédonaires sont très épaissis et
se terminent dans le parenchyme cortical, les cotylédons ayant disparu
dans la masse de l’hypocotyle.
Dans toute la plantule, les deux massifs libéro-ligneux sont consti¬
tués d’un pôle de protoxylème de petit diamètre et de deux ailes de
métaxylèmes intermédiaire et superposé. Chaque pôle ligneux est flanqué
de deux massifs de phloème. Le parenchyme cortical est formé de grandes
cellules arrondies, laissant entre elles des méats. Quelques petits oursins
d’oxalate de calcium y sont disséminés. La cuticule est mince. A la base
de l’hypocotyle, un cambium subéro-phellodermique se forme dans le
parenchyme cortical.
Lorsque de nombreux mamelons se sont développés, les structures
secondaires se forment. Les faisceaux foliaires sont très développés,
de structure superposée, avec des éléments secondaires. Chez C. erecla,
chaque mamelon est formé d’un parenchyme à grandes cellules dont
certaines sont d’énormes cellules à mucilage. L’épiderme est papilleux
cutinisé. Le faisceau vasculaire est constitué de trois pôles ligneux avec
phloème superposé, reliés par du métaxylème de grand diamètre. Dans
l’hypocotyle, les deux massifs libéro-ligneux montrent un métaxylème
primaire et surtout secondaire très développé, entourant les éléments
de petit diamètre du protoxylème. Le parenchyme contient des cellules
à mucilage nombreuses. La cuticule est épaisse. A la base de l’hypo-
cotyle et dans la racine, le suber devient très épais, le parenchyme médul¬
laire se lignifie.
Source : MNHN, Paris
— 631 —
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Les résultats obtenus ont été classés en deux grands groupes : ceux
intéressant la morphologie, ceux intéressant l’anatomie et la trachéo-
génèse.
1. RÉSULTATS MORPHOLOGIQUES
a) Morphologie des plantules. — Elles sont toutes succulentes.
Cependant, il faut distinguer le genre Opuntia des autres genres étudiés :
l’hypocotyle y est plus élancé, peu succulent; les cotylédons sont charnus
et foliacés. Dans les autres genres, l’hypocotyle devient globuleux, les
cotylédons sont réduits. Nous pouvons consigner dans un tableau les
caractéristiques des cotylédons et de l’hypocotyle dans les genres étudiés
comme suit :
Genres
Hypocotyle
Cotylédons
Opuntia
long, cylindrique,
non succulent
foliacés, charnus
Cereus
élancé, peu
succulent
succulents, pointus
Astrophylum
Echinocaclus
globuleux, succulent
succulents, réduits,
pointus
Mamillaria
Coryphantha
très globuleux
succulent
succulents, minus¬
cules, arrondis
Les cotylédons sont très souvent inégaux. Leur réduction n’est
qu’une expression de la régression générale des organes foliaires. Ils
sont encore très nets chez les Opuntia, insignifiants chez les Cereus,
inexistants dans les autres genres étudiés, où ils se fondent dans la masse
de l’hypocotyle.
Les premières feuilles, ou mamelons, apparaissent toujours en posi¬
tion alterne décussée par rapport aux cotylédons. Les premières aréoles
formées sont toujours très simples, constituées de quelques poils. Les
aiguillons se développent dans les aréoles suivantes. Ils sont souvent
ornementés, ramifiés, et le degré de ramification, caractéristique de
la plante adulte, est atteint dans la troisième ou quatrième aréole.
Source : MNHN, Paris
— 632 -
b) Morphologie de la graine. — Les graines sont en général
de forme ovoïde, présentant à leur parLie effilée une dépression logeant
le hile. Elles sont toujours petites, 1 mm chez les Mamillaria, 3 à 4 mm
chez les Cereus, Aslrophylum, Echinocaclus. Les graines du genre Opuntia
diffèrent cependant de celles des autres genres par leur taille (pouvant
atteindre 7 mm chez Opuntia robusla), leur forme lenticulaire, la présence
d’un arille très dur recouvrant toute la graine et celle d’un funicule
lignifié l’entourant.
Le tégument externe est tendre dans les genres Coryphanlha et
Mamillaria, plus résistant dans les autres genres. Il présente des orne¬
mentations dues, d’une part à la taille des cellules qui augmente depuis
le hile jusqu’à l’extrémité de la graine, d’autre part aux épaississements
des parois cellulaires, qui peuvent être réguliers, donnant naissance à
un réseau fin (Coryphanlha) ou non. Ils peuvent être plus importants
et laisser une dépression au centre de la cellule (Cereus candicans, Mamil¬
laria). Ils peuvent former des protubérances de taille et de disposition
régulières (Cereus senilis, Cereus jamacaru) ou irrégulières (Cereus
peruvianus). Ces ornementations peuvent être absentes (genres Echino¬
caclus, Aslrophylum, Opuntia). Le tégument externe peut être brillant
ou mat, de teinte claire chez les Coryphanlha et les Mamillaria, plus
sombre dans les autres genres étudiés.
Ech.noc.ctu* Ctrcus Opunti.
Fig. I. — Forme de l'embryon, rapport hypocotyle-cotylédons el position du périsperme
les genres étudiés.
Le hile est important, en général, par suite du développement du
funicule à la jonction avec l’ovule. Il est enfoncé dans le tégument externe,
formant une coupe dans laquelle subsistent des restes du funicule des¬
séché. Cette coupe peut être aussi large que la graine dans le genre Aslro¬
phylum. Le micropyle est inclus dans cette coupe dans les genres Aslro-
Source : MNHN, Paris
- 633 —
phylum, Cereus et Coryphanlha, ou situé en dessous dans les genres
Echinocaclus, Mamillaria. Le hile est latéral ou sub-terminal.
Le périsperme, de nature amylacée, dû au développement du nucelle,
est intimement lié au tégument interne. Il est très abondant et recouvre
1 embryon chez les Opuntia; il est logé sous les cotylédons qu’il recouvre
plus ou moins dans le genre Echinocaclus ; il est réduit dans les genres
Coryphanlha et Mamillaria. Il est inexistant dans les genres Cereus
et Aslrophylum. L’importance du périsperme semble liée à la succulence
de l’embryon. Dans le genre Opuntia où l’embryon n’est pas succulent,
les cotylédons foliacés, le périsperme est abondant; de même dans le
genre Echinocaclus chez lequel les cotylédons sont réduits (Fig. 1). L’hypo-
cotyle devenant plus volumineux chez les Coryphanlha et Mamillaria,
le périsperme parallèlement s’amoindrit. Dans les genres Cereus et Aslro¬
phylum, l’hypocotyle est très volumineux, le périsperme inexistant.
L’embryon est toujours plus ou moins courbe. Ceci est net dans le
genre Opuntia où les cotylédons foliacés sont enroulés, et dans le genre
Cereus.
Que ce soit la présence d’un périsperme, la position hile-micropyle,
la structure du tégument externe, le strophiole qui peut être très déve¬
loppé et que nous avons mentionné chez Coryphanlha cornifera, toutes
ces particularités ont un intérêt systématique. Buxbaum les considère
comme très importantes pour délimiter certains genres douteux, trouver
des termes de passage et établir une phylogénie.
2. RÉSULTATS ANATOMIQUES
a) L’épiderme. — Il est souvent papilleux. La cuticule apparaît
tardivement sur la plantule et reste mince. Cependant elle est épaisse
sur les cotylédons des Cereus. Elle est très développée sur les mamelons.
b) Le parenchyme cortical. — Il est peu différencié, formé de
grandes cellules arrondies, avec des méats. Dans les Opuntia et chez
Coryphanlha erecla, des cellules à mucilage existent dans l’épicotyle.
Chez Cereus peruvianus, on y trouve de nombreux grains d’amidon.
Enfin les cristaux d’oxalate de calcium sont fréquents dans les genres
Opuntia, Cereus, Echinocaclus, tant dans l’épicotyle que dans l’hypo-
cotyle et même dans la racine.
c) Le parenchyme médullaire. — Il est indifférencié, réduit à
la base de l’hypocotyle et dans la racine par suite du rapprochement
des faisceaux libéro-ligneux. Il peut se lignifier dans la racine; la lignifi¬
cation est progressive et centripète. Dans le genre Opuntia, à la base
de l’hypocotyle, des fibres de grand diamètre se différencient. Chez
Aslrophylum ornatum et Cereus peruvianus, ce parenchyme, à la base
de l’hypocotyle, est formé d’une assise de quatre à cinq cellules allon¬
gées dans le plan intercotylédonaire, séparant les deux faisceaux libéro-
ligneux. Une structure semblable a été mentionnée chez les Ombellifères
(genre Echinophora) par M me Cerceau-Larrival. Chauveaud l’avait
déjà mentionnée chez une Ombellifère indéterminée. Elle a été inter-
42
Source : MNHN, Paris
— 634
prêtée par ces deux auteurs comme la preuve de l’individualisation très
poussée des deux convergents 1 .
d) Les formations secondaires de l’hypocotyle. — Très tôt,
un cambium subéro-phellodermique se développe à la partie inférieure
de l’hypocotyle et dans la racine. Ce cambium naît sous l’épiderme dans
l’hypocotyle et devient plus profonde dans la racine, isolant le paren¬
chyme primaire et l’assise pilifère qui se desquament. Un cambium
libéro-ligneux apparaît avec le développement de l’épicotyle. Le xylème
secondaire est très développé et peut former un anneau continu à la
base de l’hypocotyle et dans la racine. Sous les aréoles, un suber épais
se développe.
e) Les faisceaux libéro-ligneux.
1. Dans l’hypocolyle.
Le procambium est nettement individualisé dans l’embryon. Il
forme deux cordons, parcourant la plantule depuis les cotylédons jusqu à
la zone de croissance de la racine, très distincts dans les genres Cereus,
Echinocaclus, Aslrophytum, Coryphanlha. Dans le genre Mamillaria,
ils sont plus rapprochés. Dans le genre Opuntia, on trouve, en plus, deux
cordons procambiaux intercotylédonaires. Le procambium des cordons
foliaires est déjà différencié. Dans le genre Aslrophytum, il existe, en
outre, quatre cordons situés deux à deux dans un plan parallèle au plan
cotylédonaire, de part et d’autre de chaque cordon foliaire.
Les premiers centres de lignification apparaissent à la base des coty¬
lédons. Une trachéide unique apparaît en un point, puis d’autres se
différencient de part et d’autre de ce point. De nouveaux centres de
lignification se manifestent ensuite vers la base de l’hypocotyle et dans
les cotylédons. Ces trachéides isolées constituent les premiers points de
lignification correspondant aux points nodaux initiaux et de relais.
La différenciation s’effectue alors dans les deux sens, conduisant à une
juxtaposition des éléments basipètes initiaux et basifuges de relai. La
différenciation s’effectue alors de la même façon vers les cotylédons et
la racine, établissant un système conducteur à travers toute la plantule.
Les premières trachéides différenciées au point nodal sont courtes
(50 [i environ de long) et annelées. Celles qui se différencient ensuite
vers la base de l’hypocotyle sont plus longues et dans la racine, ce sont
des vaisseaux annelés, de très petit diamètre (de l’ordre de 12 p). De
nouvelles trachéides se différencient parallèlement aux premières, anne¬
lées, parfois spiralées, contribuant à l’épaississement de l’appareil conduc¬
teur. L’ordre d’apparition de ces éléments et leur morphologie semblent
prouver l’existence d’un gradient de lignification le long de la plantule.
Au stade très jeune, la lignification commence dans des cellules courtes,
1. Le Professeur Tronchet vient de montrer, tout récemment, que les coupes de
Chauveaud intéressaient, en réalité, le tube pétiolaire cotylédonaire (Actes Congrès
Soc. Savantes, Rennes, 1966, sous presse).
Source : MNHN, Paris
— 635 —
petites. Puis simultanément, la plantule croît, c’est-à-dire que les cellules
atteignent leur taille maximale. Les trachéides formées sont alors plus
longues, moins trapues. Enfin, lorsque la lignification atteint la racine,
ce sont de véritables vaisseaux qui apparaissent. Chez les Mamillaria
étudiés, les trachéides ne se forment que dans la partie supérieure de
l’hypocotyle. Au-delà, ce sont des vaisseaux annelés qui se différencient.
Des faits semblables existent chez les Coryphantha étudiés. La crois¬
sance des cellules semble alors plus accélérée que dans les autres genres.
Ces deux cordons vasculaires individualisent deux unités parcou¬
rant la plantule depuis les cotylédons jusqu’à la zone de différenciation
de l’assise pilifère. Ces cordons s’épaississent ensuite. Dans le genre
Opuntia, quatre unités ou cordons vasculaires se distinguent.
Au point de vue anatomique, ces cordons vasculaires forment deux
types de structure, les structures diarches et les structures tétrarches.
Les plantules à structure diarche sont celles des Cereus, Aslrophylum,
Echinocaclus, Coryphantha, Mamillaria (fig. 2). Dans les plantules jeunes,
les faisceaux libéro-ligneux sont formés de deux pôles ligneux cotylé-
donaires, issus des cotylédons, se retrouvant à tous les niveaux de l’hypo-
cotyle et de la racine, formés de quelques trachéides et flanqués de deux
massifs de phloème. Ce protoxylème est plus développé dans la racine.
Dans le genre Mamillaria et chez Echinocaclus uncinalus, les massifs
de phloème se rejoignent dans la racine, donnant une structure alterne
typique, les pôles ligneux pouvant, par ailleurs, se souder en une bande
diamétrale.
Source : MNHN, Paris
- 636 -
Dans les plantules âgées, les métaxylèmes intermédiaire et super¬
posé se développent. Dans la partie supérieure de l’hypocotyle, le métaxy-
lème intermédiaire est réduit, le métaxylème superposé abondant.
Par contre, à la base de l’hypocotyle et dans la racine, le métaxylème
intermédiaire est prédominant.
Les plantules à structure létrarche sont celles des Opuntia (fig. 2).
Dans les plantules jeunes, les faisceaux libéro-ligneux sont formés de
quatre pôles ligneux : deux cotylédonaires, issus des cotylédons et se
retrouvant à tous les niveaux de l’hypocotyle et de la racine, et deux
intercotylédonaires, se retrouvant seulement au milieu de l’hypocotyle
et dans la racine. Le stade de différenciation est différent pour ces quatre
pôles selon les niveaux. Les pôles cotylédonaires sont bien développés
dans toute la plantule. Les pôles intercotylédonaires sont constitués
de quelques trachéides vers le sommet de l’hypocotyle, de trachéides
plus nombreuses à la base de l’hypocotyle et dans la racine. En alter¬
nance avec ces quatre pôles ligneux, se trouvent quatre massifs de
phloème.
Dans les plantules âgées, les pôles ligneux cotylédonaires dévelop¬
pent un métaxylème intermédiaire et superposé abondant à tous les
niveaux de la plantule. Au contraire, les pôles ligneux intercotylédonaires
ne se développent pas et restent à l’état de protoxylème. Au sommet
de l’hypocotyle, le protoxylème intercotylédonaire est absent, le protoxy¬
lème cotylédonaire est peu développé, les métaxylèmes intermédiaire
et superposé prennent toute leur importance.
2. Dans les cotylédons.
Dans le genre Opuntia, les cotylédons possèdent une nervation
semblable à celle des cotylédons ou des feuilles des autres Dicotylé¬
dones : une nervure centrale principale et une nervation secondaire,
réticulée. La nervure principale, à la base de chaque cotylédon, se scinde
en deux faisceaux qui, dans l’hypocotyle, forment les quatre massifs
de xylème superposé. Entre ces deux faisceaux, le protoxylème, peu
développé, est difficilement discernable.
Dans le genre Cereus, par contre, le cotylédon est parcouru par un
seul faisceau qui s’épaissit dans sa partie sub-terminale. Ce faisceau
présente chez Cereus jamacaru, des ramifications, ébauches d’une nerva¬
tion secondaire. Les aréoles cotylédonaires, ou bourgeons cotylédonaires
possèdent, en outre, une vascularisation rejoignant celle des cotylédons.
Elle consiste en un cordon de trachéides très courtes, différencié à partir
d’un point nodal propre.
Dans les genres Aslrophylum et Echinocaclus, chez lesquels les
cotylédons sont réduits, il n’y a pas de ramification, mais il existe un
amas de trachéides. Cet amas terminal ou sub-terminal peut être inter¬
prété comme représentant une vascularisation réticulée très contractée,
due à la condensation du cotylédon lui-même. Cependant chez Echino¬
caclus ingens, chaque cotylédon est parcouru par trois files distinctes
de trachéides : une centrale se développant la première, et deux laté-
Source : MNHN, Paris
637 -
raies. La file centrale représente le pôle ligneux de protoxylème et ne
s’épaissit pas. Les deux files latérales représentent les deux métaxy-
lèmes superposés qui s’accroissent beaucoup. Cette constitution se
retrouve dans toute la plantule. De plus, un cordon vasculaire, externe
par rapport au faisceau cotylédonaire existant, se différencie et le rejoint
dans le haut de l’hypocotyle. Il présente une structure superposée.
Dans les formes plus globuleuses des genres Mamillaria et Cory-
phanlha, les amas cotylédonaires de trachéides n’existent plus ou sont
très réduits.
La vascularisation de chaque cotylédon est assurée par un conver¬
gent, structure comparable au « double bundle » des auteurs anglo-
saxons. Elle serait l’homologue de la structure cotylédonaire de type A
décrit par Boureau. Cependant, chez Echinocaclus ingens, le fait que
trois files de trachéides se différencient simultanément dans le cotylé¬
don, donnant d’emblée une structure superposée semblent en faveur
de la présence de deux cotylédons de type B. Dans cette même espèce,
le faisceau cotylédonaire externe, de structure superposée, venant
s’insérer dans le convergent, peut être homologué à un cotylédon subsi¬
diaire correspondant au type D. Enfin chez les Mamillaria la phase
superposée, seule visible dans le cotylédon, semblerait soutenir la présence
d’un cotylédon de type C. Cependant, la structure de l’hypocotyle ne
semble pas correspondre à un tel cotylédon.
3. Dans l’épicolyle.
En général, la différenciation des trachéides dans les mamelons
ou feuilles coïncide avec l’apparition des poils aréolaires. Une trachéide
d’abord, puis plusieurs apparaissent dans la partie supérieure du mamelon
et constituent le premier point de lignification du cordon vasculaire
foliaire. Simultanément apparaissent, dans le haut de l’hypocotyle,
près du cordon cotylédonaire, une ou deux trachéides formant un second
point de lignification. Le faisceau foliaire s’ébauche donc par la diffé¬
renciation de deux points nodaux un initial dans la partie supérieure
du mamelon et un de relai dans la région supérieure de l’hypocotyle.
Ceci a été montré nettement chez Aslrophylum ornalum, Cereus peru-
vianus, Echinocaclus ingens. A partir de ces deux points, par différen¬
ciation nodifuge, le cordon foliaire s’élabore, parcourt le mamelon,
descend dans l’hypocotyle et s’immisce dans le cordon cotylédonaire,
contribuant à l’épaississement du métaxylème dans l’hypocotyle. La
jonction entre les éléments basipètes initiaux et basifuges de relais se
fait, en général, par l’intermédiaire d’un maillon transversal d’une à
trois trachéides. Les trachéides foliaires sont annelées et surtout spira¬
lées. Elles sont toujours très courtes et de grand diamètre. A partir
de ce stade, des trachéides réticulées et des vaisseaux spiralés se diffé¬
rencient dans l’hypocotyle. Les perforations sont toujours simples. Le
cordon foliaire s’épaissit et peut donner, dans certains genres, une nerva¬
tion réticulée.
Dans le genre Opuntia, les petites feuilles succulentes sont vascula-
Source : MNHN, Paris
- 638 —
risées par un cordon central de trachéides. Dans des plantes adultes
de divers Opuntia, les feuilles possèdent une nervation réticulée, épaissie,
formée de trachéides courtes. A l’aisselle de chaque feuille se trouve une
aréole et sous celle-ci existe un amas de trachéides rejoignant le cordon
foliaire.
Dans le genre Cereus, les feuilles sont remplacées par les mame¬
lons qui portent les aréoles à leur face interne, dans la région subtermi¬
nale. La vascularisation est assurée par un cordon de trachéides, ramifié
sous l’aréole, représentant une nervation atrophiée.
Dans les genres Aslrophytum et Coryphanlha, la vascularisation
se condense, au-dessous de l'aréole, en un amas de trachéides disposées
plus ou moins en éventail. Il semble que les points nodaux se différen¬
cient alors très proches les uns des autres.
La même structure existe dans le genre Echinocaclus. Cependant,
chez Echinocaclus ingens, la nervation des mamelons est plus complexe
et rappelle une nervation réticulée. Des points nodaux d’ordre deux
et trois donnent naissance à des files de trachéides reliées entre elles
par des files transversales. Un seul cordon de trachéides, homologue
d’une nervure principale, rejoint le cordon cotylédonaire.
Dans le genre Mamillaria, la vascularisation des mamelons est
réduite à un cordon vasculaire unique, assez épais, s’arrêtant sous l’aréole.
Des anastomoses peuvent se produire entre les cordons vasculaires
foliaires et les deux cordons cotylédonaires. Nous l’avons noté chez
Alrophylum ornalum.
Dans le genre Aslrophytum, il existe quatre faisceaux qui se différen¬
cient très tôt, peu après les cordons cotylédonaires alors que nulle ébauche
foliaire n’est visible. Us se terminent à la partie supérieure dans la zone
sub-apicale et rejoignent les cordons cotylédonaires sous les cotylédons.
Les faisceaux foliaires se différencient ultérieurement et viennent s’im¬
miscer entre eux. Ils sont déjà différenciés dans l’embryon sous forme
de quatre cordons procambiaux de part et d’autre de chaque cordon
foliaire. Leur situation d’une part, leur différenciation d’autre part,
contribuent à les rapprocher des faisceaux stipulantes; on sait que des
stipules existent chez les Pereskia, où ils sont représentés par deux
aiguillons à la base de chaque feuille. Ici les stipules auraient disparu
et il n’en subsisterait que les faisceaux. Des faits semblables ont été
signalés par Boureau à propos des faisceaux foliaires existant chez
certaines plantes xérophytes.
Les faisceaux de l’épicotyle ont une structure superposée et sont
formés de quelques trachéides. Ils sont réduits, sans formations secon¬
daires. A côté de ces trachéides de très petit diamètre, des trachéides
spiralées, de diamètre beaucoup plus grand, se différencient ultérieure¬
ment dans le mameelon, à l’extérieur des faisceaux. Nous les avons
signalées chez Coryphantha erecla et Aslrophytum ornalum. Il semble
qu’elles constituent le « parenchyme ligneux » de Van Tieghem. Il est
à noter que nous n’avons pas trouvé de vrais vaisseaux dans l’épicotyle,
seulement des trachéides.
Source : MNHN, Paris
- 639 -
4. Les faisceaux libéro-ligneux et l’évolution.
La structure des faisceaux observées dans ces différents genres
semble en accord avec l’évolution admise en général dans la famille
des Cactaceae. En effet, les Opuntia, considérés comme les plus primi¬
tives des Cactacées, possèdent une structure tétrarche, structure consi¬
dérée par Tronchet comme antérieure à la structure diarche. Leur
accélération basifuge est peu importante puisque l’on retrouve les phases
alternes et intermédiaires à tous les niveaux de l'hypocotyle et des cotylé¬
dons. Par contre, les Mamillaria, qui constituent le summum de l’évolu¬
tion de la famille, ont une structure diarche et les cotylédons possèdent
d’emblée une structure superposée. L’accélération basifuge est donc
suffisamment forte pour escamoter les phases alternes et intermédiaires.
Des structures intermédiaires existent entre ces deux extrêmes. Nous
avons noté chez Cereus jamacaru et Astrophylum ornalum, l’existence
anormale de pôles ligneux intercotylédonaires et chez Echinocaclus
ingens, la différenciation de la phase superposée en même temps que la
phase alterne. On retrouve, à travers la famille plusieurs étapes de l’accé¬
lération basifuge; très faible chez les Opuntia, elle atteint un maximum
chez les Mamillaria, genre plus évolué.
4. CONCLUSIONS
Nous pouvons dire que la vascularisation dans les plantules de
Cactacées et dans les mamelons s’effectue à partir de points nodaux
et que le mécanisme de la vascularisation est identique à celui décrit
par Pellissier chez des Dicotylédones non crassulascentes. Mais chez
les Cactacées, par suite de la non-élongation des mamelons et de leur
taille restreinte, les points nodaux se différencient très près les uns des
autres et forment des amas de trachéides. Une nervation réticulée existe
cependant dans les cotylédons et feuilles d’Opunlia, dans les mamelons
d’Echinocaclus ingens et dans ceux des Cereus, mais le réseau, chez ces
derniers, y est très atrophié. Il semble donc que, parallèlement à la
contraction de la plantule, il y ait une contraction du système vasculaire.
Enfin, nous retrouvons, à travers les différents genres étudiés, des
restes de structures considérées comme plus primitives, tel l’apparition
des pôles ligneux intercotylédonaires, ou le dédoublement des cotylé¬
dons, ou des restes d’organes qui se sont atrophiés comme les feuilles
ou les stipules et dont il ne subsiste que des traces vasculaires.
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
ROBERT WILLMANN
1896-1966
Le 14 septembre dernier s’est éteint doucement après une maladie
brève, mais sans espoir, un des meilleurs collaborateurs de la Chaire de
Phanérogamie du Muséum, Robert Willmann. Ses grandes connaissances
sur la classification et la culture des plantes supérieures, son application,
ses qualités d’ordre et de méthode, avaient fait de lui le digne successeur
de René Metman, qu’il avait remplacé depuis 1942, et auquel il n’a survécu,
hélas, que bien peu de temps.
Principal technicien de l’herbier du Muséum pendant vingt ans, ses
fonctions faisaient de lui une des meilleures ressources des visiteurs
français et étrangers qui venaient travailler au Laboratoire et avaient
bien souvent recours à lui pour retrouver une plante égarée, identifier une
écriture, les aider à se reconnaître au milieu des collections particulières
ou des séries parallèles. Ayant travaillé pendant près de trente ans dans
les services de culture du Muséum, il possédait ce sens de la plante vivante
indispensable même dans un herbier, et qu’apprécient tant les nombreux
botanistes anglais et américains qui viennent travailler chez nous, et qui
gardent de lui un excellent souvenir.
Robert Willmann était un homme cultivé et avait publié des notes
personnelles dans les domaines de la culture des plantes et de l’histoire de
la botanique. En collaboration avec P. Jovet, il avait écrit la biographie
de Trécul, botaniste et voyageur en Amérique du Nord. Il avait eu
bien des initiatives heureuses, comme par exemple le fichier des collec¬
teurs ayant contribué à l’enrichissement de l’herbier avec le détail de leurs
envois.
Il avait pris sa retraite depuis cinq ans, mais n’avait pas abandonné
le Muséum : il s’était consacré au rangement de l’herbier de France.
Il laisse d’unanimes regrets parmi ses collègues et les très nombreux
botanistes qui le connaissaient et l’estimaient beaucoup.
J. Léandri.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, sér. 2, 6 (4) 1967.
INFORMATIONS
CONGRÈS DE L’A.E.T.F.A.T.
La sixième réunion plénière de l’A.E.T.F.A.T. s’est tenue à Uppsala
(Suède) du 12 au 16 septembre 1966. Vingt-six pays y ont été représentés,
dont 13 pays africains, avec la participation de 80 membres.
Les rapports habituels sur les progrès accomplis dans la rédaction
des Flores d’Afrique ont encore montré cette année que l’étude de la
flore africaine est toujours dans sa phase analytique et descriptive et
que par conséquent il est actuellement beaucoup trop tôt pour entre¬
prendre la publication d’une Flore générale de l’Afrique.
Flores ou monographies? tel était le deuxième sujet de discussion
où les botanistes se sont accordés à reconnaître l’utilité des unes et des
autres.
Plusieurs problèmes de cartographie ont été abordés :
— Carte de l’exploration botanique de l’Afrique.
— Fond de carte international pour les aires de répartition des
taxa en Afrique.
— Carte de la végétation de l’Afrique.
Le principal sujet à l’ordre du jour pendant ce congrès a été la
Conservation de la végétation en Afrique. La liste des stations à protéger
pour chaque pays africain sera publiée intégralement afin d’en faire part
aux gouvernements locaux et aux institutions internationales intéressées.
Au cours du meeting général, les membres de l’A.E.T.F.A.T. ont
adressé de vifs remerciements à M. le Professeur Hedberg et Madame,
pour la charge de secrétaire général qu’ils ont assumée pendant ces
trois dernières années et ils ont élu à l’unanimité leur nouveau secré¬
taire, M. le Professeur Merxmuller de Munich où se tiendra le prochain
congrès en 1970.
FLORE DU GABON
Vol. 12 : N. Hallé, Rubiacées (l re partie); 4 tribus, 26 genres,
99 espèces. — 278 p., 54 pl. — 50 F.
Vol. 13 : H. Heine, Acanthacées; 32 genres, 80 espèces. —
250 p., 50 pl. — 51 F.
Source : MNHN, Paris
ÉDITIONS DU CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
C.C.P. PARIS 9061-11
15, quai Anatole-France — PARIS 7 e
Tél. : 705.93.39
SERVICE DE LA CARTE DE LA VÉGÉTATION DE LA FRANCE
Directeur P. REY
Carte au 1 /200 000
81 -82-CORSE
par G. DUPIAS, H. GAUSSEN, M. IZARD et P. REY
75 x 106 . 30 F
21-BREST
par R. CORILLON
75 X 106, une notice de 30 pages. . . 30 F
Source : MNHN, Paris
■-- Imprimé en France --
IMFRIMKRIK FIRMIN-DIDOT. - PARIS - MKSNIL - IVRY - 3680
Dépôt légal : 1" trimestre 1067.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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