Source : MNHN, Paris
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
ADANSONIA
TRAVAUX PUBLIÉS
AVEC LE CONCOURS
du Centre National de la Recherche Scientifique
SOUS LA DIRECTION DE
A. AUBRÉVILLE
Membre de l'Institut
Professeur
Nouvelle Série
Tome VIII
FASCICULE 3
1968
PARIS
LABORATOIRE DE PHANÉROGAMIE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
16, rue de BufTon, Paris (5 e )
Source : MNHN, Paris
COMITÉ DE RÉDACTION
Président
A. Aubréville : Membre de l’Institut
Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle.
Membres
E. Boureau : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
F. Demaret : Directeur du Jardin Botanique national de Belgique.
A. Eichhorn : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
P. Jaeger : Professeur à la Faculté de Pharmacie de Strasbourg.
J. Leandri : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
J. F. Leroy : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Letouzey : Maître de Recherches au C.N.R.S.
J. Miège : Directeur des Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève.
R. Portères : Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle.
R. Schnell : Professeur à la Faculté des Sciences de Paris.
M. L. Tardieu-Blot : Directeur de laboratoire à l’E.P.H.E.
J. Trochain : Professeur à la Faculté des Sciences de Toulouse.
M. Van Campo : Directeur de Recherches au C.N.R.S.
RECOMMANDATIONS AUX AUTEURS
Les manuscrits doivent être accompagnés de deux résumés, placés en tête d’article,
l’un en français, l’autre de préférence en anglais; l’auteur ne doit y être mentionné
qu’à la troisième personne. Le texte doit être dactylographié sur une seule face, avec
un double interligne et une marge suffisante, sans aucune indication typographique.
L’index bibliographique doit être rédigé sur le modèle adopté par la revue.
Ex. : Aubréville, A. — Contributions à l’étude des Sapotacées de la Guyane française.
Adansonia, ser. 2, 7 , 4 : 451-465, tab. 1 (1967).
Pour tous les articles de taxinomie il est recommandé aux auteurs de préparer
leur index en indiquant les synonymes en italiques, les nouveautés en caractères
gras et les noms d’auteurs des différents taxa.
Le format des planches doit être de 16 x 11 cm après réduction. Les figures dans
le texte sont acceptées.
Les auteurs reçoivent gratuitement vingt-cinq tirés à part; le supplément qu’ils
doivent indiquer s’ils le désirent sera à leurs frais.
Toute correspondance ainsi que les abonnements et les manuscrits doivent être
adressés à :
ADANSONIA
16, rue Buffon, Paris V« — Tél. : 402. 30-35
Prix de l’abonnement 1968 : France et Outre-Mer : 40 F
Étranger : 50 F
C.C.P. Paris 17 115 84
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 8 (3)
SOMMAIRE
Leandri J. — Les botanistes américains et la construction de la
Galerie de Botanique du Muséum national d’Histoire natu¬
relle . 261
Jaeger P., Halle N., Adam J. G. — Contribution à l'étude des
Orchidées des monts Loma (Sierra Leone). 265
Heine H. — « Pseudopteridophyta ». Deux cas exceptionnels de
plantes valablement décrites dans un embranchement
impropre du règne végétal. 311
Yakovlev G. P., Yatsenko-Khmélévsky A. A., Zoubkova J. G.
— Taxinomie et phylogénie du genre Angylocalyx et de la
tribu des Angylocalyceae . 317
Metcalfe C. R., Lescot M., Lobreau D. — A propos de quelques
caractères anatomiques et palynologiques comparés
d’Allanlospermum borneense Forman et d’ Allantospermum
multicaule (Capuron) Nooteboom. 337
Amshoff G. J. H. — Un nouvel Eugenia du Gabon (Myrtacée)... 353
Capuron R. — Sur le genre Physena Noronh. ex Thouars. 355
— Sur les Prolium (Burséracées) de Madagascar. 359
— Sur le Prockiopsis Hildebrandlii Bâillon (Flacourtiacées)... 365
Halle N. — Monosalpinx N. Hallé, nouveau genre de Gardéniées
d’Afrique, voisin de Didymosalpinx Keay emend. N. Hallé
(Rub.) . 367
Bosser J., Van Bruggen H. W. F. — A propos d’Aponogelon
Decaryi Jum. 373
Cavaco A. — Notes sur quelques Rubiacées de Madagascar et des
Comores. 379
Keraudren-Aymonin M. —- Contribution à l’étude des Cucurbita-
cées du Gabon. 389
Raynal J. — Notes cypérologiques XIII. Variation curieuse
d’un Mapania africain. 411
Lorougnon G. et Raynal J. — Notes cypérologiques XIV.
Mapania rhynchocarpa, nouvelle espèce ouest-africaine.... 417
Raynal J. — Notes cypérologiques XV. Les Hypolylrum « mapa-
nioïdes » d’Afrique équatoriale. 423
— Une nouvelle espèce de Senecio à feuilles unifaciales. 431
Rédacteur Principal
A. Le Thomas
La publication d’un article dans Adansonia n'implique nullement
que celle revue approuve ou cautionne les opinions de l'auleur.
Date de publication du fasc. 1, 1068 : 11 juin 1968.
fasc. 2, 1968 ; 17 septembre 1968.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansoni/
r. 2, 8 (3) 1968
LES BOTANISTES AMÉRICAINS
ET LA CONSTRUCTION DE LA GALERIE
DE BOTANIQUE
DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
par J. Leandri
Trois botanistes et un mécène des États-Unis sont parmi les bien¬
faiteurs de l’Herbier du Muséum : E. B.Babcock (1877-1954); H. M. Hall
(1874-1932); E. D. Merrill (1876-1956); John D. Rockefeller Ju.
(1874-1960).
L’Herbier de Paris et le Laboratoire de Phanérogamie forment
une partie du Muséum national d’Histoire naturelle, et c’est la nation
française tout entière qui contribue à son entretien. Cette assurance que
possède notre Établissement de pouvoir compter sur la bienveillance et
le soutien des pouvoirs publics qui le couvrent de leur égide ne doit pas
nous empêcher de garder une reconnaissance profonde à tous les bien¬
faiteurs dont les dons à différentes époques nous ont permis de main¬
tenir nos travaux à un niveau élevé et de consacrer un effort plus effi¬
cace à notre Science de prédilection.
Dans des notules antérieures, nous avons évoqué la mémoire de
trois grands donateurs : Ernest Cosson (1819-1889), Emmanuel Drake
del Castillo (1855-1904) et Achille Finet (1863-1913). Nous voudrions
évoquer dans les lignes suivantes quelques citoyens des États-Unis, qui,
directement ou non, ont apporté à notre maison une contribution maté¬
rielle du même ordre de grandeur.
Le fronton du pavillon de Phanérogamie de la nouvelle Galerie de
botanique porte sculptée dans la pierre à peu de distance à gauche de la
porte principale, l’inscription suivante :
CE BATIMENT
A ÉTÉ ÉDIFIÉ
AVEC LE CONCOURS DE LA
FONDATION ROCKEFELLER
1930-1935
C’est en effet la Fondation Rockefeller qui a fourni les cinq premiers
millions (au cours de l’entre-deux guerres) pour la construction de la
nouvelle Galerie de botanique. La contribution de l’État français s’est
trouvée en fin de compte beaucoup plus élevée (30 millions environ) mais
la généreuse initiative de nos amis américains a déclenché l’engrenage
Source : MNHN, Paris
— 262 —
qui devait aboutir au relogement des collections botaniques du Muséum
dans des conditions honorables.
A côté de celui qui a fourni les fonds, John D. Rockefeller, mem¬
bre d’une famille qui a consacré au progrès social et à la culture les immen¬
ses richesses qu’elle avait accumulées dans les affaires, nous ne man¬
querons pas de rendre hommage aussi à trois éminents botanistes dont
les initiatives et les interventions répétées ont décidé de l’attribution par
le Comité de la Fondation Rockefeller de cette très importante somme.
Deux d’entre eux étaient des adeptes des nouvelles disciplines dynamiques
de la botanique, qui avaient reconnu le caractère indispensable de la
systématique traditionnelle et des collections.
John Davison Rockefeller Jr. (1874-1960) était le fils unique de
John D. Rockefeller, fondateur de la Standard Oil. Diplômé de l’Uni¬
versité Brown (1897) il avait collaboré avec son père d’abord dans les
affaires, mais surtout dans les entreprises civiques et sociales de la famille.
Avec son père, mort en 1937, il avait créé successivement le Rockefeller
Institute for medical Research, le General and International Education
Board et enfin la Rockefeller Foundation et le Laura Spelman Rocke¬
feller Memorial dédié à la mémoire de sa mère. Il s’est distingué dans la
lutte pour la conservation des ressources naturelles et des reliques histo¬
riques. Nous ne donnerons pas d’autres détails sur une personnalité
encore présente à la mémoire de tous. Un volume consacré spécialement
à l’histoire de la Rockefeller Foundation a été publié par R. B. Fosdick
en 1952. Cet auteur a écrit aussi une biographie du grand philanthrope
(1956).
E. B. Babcock (1877-1954) a acquis une réputation universelle par ses
recherches sur le genre foisonnant Crépis, dans lesquelles il a utilisé, avec
différents collaborateurs, toutes les ressources des disciplines modernes
qui ont permis de faire de si grands progrès dans la connaissance de la
formation et de l’évolution des espèces et des unités infra-spécifiques.
Il n’a pas négligé les questions de nomenclature et de phylogénie clas¬
sique, et a travaillé surtout à l’Université de Berkeley, en Californie, où il
était Professeur de Génétique, bien qu’il ait aussi publié à Washington.
Très connu du monde savant dès 1928, il a continué ses travaux jusque
bien après la seconde guerre mondiale. Il a été l’un des premiers, avec
Harvey Monroe Hall, à intervenir auprès du Comité de la Fondation
Rockefeller et à plaider auprès des sociétés scientifiques américaines
l’idée d’une action en vue du meilleur logement des inestimables collec¬
tions de Paris *.
1. Une biographie d’E. B. Babcock a été publiée dans la Revue « Madrono » (13-3,
pp. 81-112, 1955) par son ami et collaborateur G. L. Stebbins. Nous remercions
M. le Prof. L. Constance d’avoir bien voulu nous communiquer une copie. Merci
également à M. le Professeur J. Miège, Directeur des Conservatoire et jardin bota¬
niques de Genève.
Source : MNHN, Paris
— 263 —
Harvey Monroe Hall (1874-1932) est, parmi les défenseurs de
l’idée d’une action pour le relogement des herbiers parisiens, celui qui n’a
pas eu le bonheur de voir réaliser le projet auquel il avait consacré tant
d’efforts. C’est seulement l’année de sa mort que commençaient les tra¬
vaux de construction de la nouvelle Galerie de botanique pour lesquels
on avait dû attendre la consolidation d’un terrain fraîchement remué.
Mais l’œuvre était lancée et depuis plusieurs années déjà, la Fondation
Rockefeller avait donné son concours et l'État français l’avait accepté.
H. M. Hall a été un des botanistes les plus marquants des États-
Unis. Il est connu au Muséum par l’article qu’il a donné en 1930 au Bulle¬
tin de notre Établissement national sur les méthodes expérimentales
en taxonomie végétale. Il s’y montre un digne émule de Lamarck et de
ses continuateurs, et nous renverrons à cet article les lecteurs qui vou¬
draient revivre les débuts de cette discipline qui a été cultivée avec bon¬
heur par les successeurs de Hall et a pu parvenir à des résultats de pre¬
mier ordre. Hall est aussi un précurseur de l’idée d’un Bureau interna¬
tional pour la taxinomie des plantes, qui devait conduire à l’établisse¬
ment du Bureau qui fonctionne aujourd’hui à Utrecht.
Docteur en philosophie depuis 1906, expert de la flore californienne,
Hall appartenait à la Carnegie Institution de Washington, fondée en
1902 grâce à la générosité d’un autre mécène, A. Carnegie (1835-1919)
le richissime philanthrope américain d’origine écossaise.
Outre son intervention auprès de la Fondation Rockefeller pour
une subvention en faveur de l’Herbier du Muséum, Hall nous avait
fourni un rapport détaillé et illustré de photographies, basé sur l’étude
des installations mondiales les plus récentes, qui apportait des idées
précieuses pour l’aménagement de la nouvelle galerie.
Elmer Drew Merrill (1876-1956), professeur de l’Arnold Arboretum
est, de ces trois botanistes américains, le plus connu des systématiciens
français en raison de son œuvre colossale en botanique descriptive sur
l’Asie orientale et indonésienne et en particulier sur les Philippines. Il
descendait d’une famille protestante d’Auvergne, les Merle, nom
devenu Merrill après leur émigration en Amérique. Il était lié d’amitié
avec F. Gagnepain, le rédacteur principal de notre « Flore générale de
l’Indochine », et très peu de temps après la fin de la guerre, il avait été un
des premiers à reprendre le chemin de Paris. Une petite réception, bien
modeste en raison du rationnement strict qui régnait encore, avait été
organisée par le Professeur H. Humbert et Gagnepain dans la salle
que ce dernier occupait alors, l’annexe de la salle Finet, face à l'ancienne
galerie, pour le remercier de sa constante amitié pour notre Herbier et
de sa coopération aux efforts visant à obtenir de la fondation Rockefeller
la précieuse subvention.
Merrill a aussi beaucoup publié sur des questions historiques
(Blanco, Loureiro, Rafinesque), sur les techniques de la taxinomie,
sur la nomenclature (définition des types et de leurs satellites, etc.),
et sur la bibliographie des flores qu’il avait le plus étudiées. Ses princi¬
pales publications s’échelonnent de 1903 à 1957 (posthume).
Source : MNHN, Paris
— 264 —
En conclusion de cet hommage rendu aux bienfaiteurs étrangers
de l’Herbier, qu’il nous soit permis de dire que leur intervention montre
combien les collections de notre Établissement se révèlent indispensa¬
bles non seulement aux adeptes de la systématique classique, mais aux
généticiens et aux chercheurs en taxinomie expérimentale, ou caryolo-
gique, pour lesquels les anciennes collections, avec leurs types historiques
constituent la base du matériel de référence et de contrôle sans lequel
leurs travaux perdraient toute leur valeur.
Source : MNHN, Paris
Adansoni
r. 2, 8 (3) 1968.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DES ORCHIDÉES DES MONTS LOMA
(SIERRA LEONE)
P. Jaeger, N. Halle, J. G. Adam
Dessins de M lle K. Watré
Résumé : Dans les monts Loma les Orchidées se rencontrent à toute altitude et
en tout milieu. Les espèces terrestres habitent la forêt dense, les savanes, les galeries
forestières et les prairies d'altitude, les marécages...; elles s'installent sur les rochers
ombragés ou ensoleillés; les épiphytes constituent environ 50% de l’ensemble des
espèces inventoriées. Les endémiques sont peu nombreuses; plus important est le taux
des espèces à aire disjointe; le gros de l’effectif appartient à l’élément forestier guinéo-
congolais.
Summary : ln the Loma mountains, Orchids, are to be found at ail altitudes and
in ail soils. Terrestrial species inhabit dense forests, savannas, forest galleries, high
altitude meadows, bogs..., they abide shady as well as sunny rocks. The epiphytes form
about flfty per cent of ail inventorized species. Endémie plants are few in numbers;
more important is the amount of species with disjoined area; the main part of the
effective belongs to the Guinean-Congo forest element.
I. — INTRODUCTION
En 1948, après deux séjours consécutifs dans les monts Loma (octo¬
bre-novembre 1944 et août-septembre 1945), il nous a été possible,
grâce à la précieuse collaboration de V. S. Summerhayes, d’énumérer
l’ensemble des Orchidées récoltées : 35 espèces dont trois nouvelles pour
la science, à savoir : Brachycorylhis paucifolia Summerh., Habenaria
Jaegeri Summerh. et Polyslachya Bequaertii Summerh.
Aux prospections de 1944 /45 devait succéder celle de janvier-février
1952; elle nous permit de passer trois semaines dans le seul massif du
Pic Bintumane ; en dépit de la durée apparemment très courte, ce séjour
devait néanmoins nous fournir la preuve de l’immense intérêt que pré¬
sentait pour le biologiste l’étude du comportement des espèces altitudi¬
nales en cours de saison sèche. Aussi, dans le but de connaître le cycle
annuel de la végétation montagnarde du Loma avons-nous pris la réso¬
lution d’y passer un temps suffisamment long pour connaître les oscilla¬
tions annuelles des facteurs climatiques et, partant, les modifications
correspondantes du tapis végétal. Ce projet, ayant reçu l’approbation
de M. J. S. Sawyerr, Conservateur en chef des Eaux et Forêts du Sierra
Leone, il nous fut possible d’effectuer deux nouveaux séjours dans ce
Source : MNHN, Paris
— 266 —
massif montagneux : le premier (juillet-octobre 1964) coïncidait avec la
saison pluvieuse, le deuxième (novembre 1965 à avril 1966) couvrait
l’ensemble de la saison sèche et des saisons intermédiaires précédant
et terminant les pluies.
II. - LE CADRE PHYSIQUE
Orientée Sud-Sud-Ouest — Nord-Nord-Est, comprise entre le
9°00' et le 9°17' L.N., le 11°02' et le 11<>12' Lg.W, longue d’une tren¬
taine de kilomètres et large, par endroits, de 18 à 20 km, la chaîne du
Loma, essentiellement granitique, surgit brusquement d’un pays de
plaines et de plateaux évoluant entre 300 et 600 m.
Des lignes de fracture orientées à peu près normalement par rapport
à l’axe permettent de subdiviser le massif en quatre secteurs se succédant
du Nord au Sud.
Au Nord de l’entaille orientée sensiblement NO-SE que drainent
en sens inverse les eaux torrentielles du Néji (versant Est) et du Kong-
bundu (versant Ouest), se dresse la puissante pyramide du Pic Bintu-
Source : MNHN, Paris
— 267 —
mane (1 924 m); son sommet tronqué est occupé par un plateau minus¬
cule légèrement creusé en auge et bordé, principalement à l’Ouest et au
Sud, par d’imposants escarpements taillés dans une coulée doléritique.
Le versant Nord de la pyramide est drainé par les eaux du Denkali;
Source : MNHN, Paris
— 268 —
très raide et coupé de replats, il domine presqu’à pic la plaine de pied-
mont dont il est cependant séparé par une série de hauteurs; celles-ci,
alignées Est-Ouest, forment une véritable façade Nord, légèrement
incurvée et marquée par des sommets tel le Fikong (1 200 m) dont la
calotte granitique en pain de sucre se dresse face au hameau de Bindi-
koro.
Au Sud de la fracture Néji Kongbundu s’étale un vaste haut plateau
doucement incliné en direction méridienne (1 650 mal 450 m) et limité
de part et d’autre par des versants coupés de replats. Dans le sens Nord-
Sud ce « Plateau » est drainé par une série de ruisselets grossièrement
parallèles entre eux et n’entaillant que faiblement le substrat; leur
régime est torrentiel en saison pluvieuse; en saison sèche, par contre, ils
sont à sec ou réduits à un mince filet d’eau; ils sont bordés par un rideau
d’arbres dont le vert-foncé tranche singulièrement sur les tons éminem¬
ment changeables de la vaste prairie qui occupe la presque totalité
du « Plateau ». A travers le « Plateau » on voit éparpillés des blocs grani¬
tiques résiduels, hauts parfois de plusieurs mètres; isolés ou le plus sou¬
vent groupés, ils donnent asile à une végétation saxicole et arbustive
des plus typiques.
Au « Plateau » succède vers le Sud le secteur le plus tourmenté du
massif; du manteau forestier qui couvre presqu’entièrement cette région
on voit émerger des surfaces rocheuses sous la forme de pitons grani¬
tiques (Serelen-Konko 1 500 m, Sarabaldou 1 320 m) ou de crêtes rocheuses
(Da-Oulen 1 470 m, Fuen-Koli 1 400 m)...; un ensemble de stations iso¬
lées, retranchées et par là éminemment aptes à la différenciation d’es¬
pèces endémiques ou à la survie d’une flore sèche rélictuelle essentielle¬
ment saxicole.
Au Sud de la vallée du Wuliko, le massif des monts Loma s’achève
en un appendice qui culmine au Perankonko (860 m), lourde calotte
granitique pratiquement dénudée qui se dresse à l’extrémité Ouest d’un
plateau boisé orienté SO-NE, dont les pentes méridionales dominent
la plaine de piedmont où se situe le village de Perankoro (440 m).
Bien que la chaîne des monts Loma soit située en pays de savane au-
delà de la limite actuelle de la forêt dense, celle-ci couvre néanmoins près
des 3 /4 de la superficie du massif ; le 1/4 restant revient aux formations
herbacées et aux groupements saxicoles héliophiles. C’est dans la fraction
NE la plus élevée et partant la plus exposée à l’harmattan, que les for¬
mations herbacées sont les plus étendues, la forêt y est réduite à l’état
de lambeaux centrés sur les bassins de réception des cours d’eau (Néji,.
Sonfon, Denkali) qui, vers le haut, se résolvent en une série de digita¬
tions, disposées en éventail; ce sont les galeries forestières d’altitude qui
s’élancent en direction des hauteurs en empruntant le tracé des ravins ou
des thalwegs humides.
La forêt du Loma, loin de constituer un tout homogène, est formée
par la juxtaposition, l’interpénétration en une mosaïque infiniment
variée de toute une série de groupements qui s’ordonnent en fonction,
de l’altitude, de l’exposition, de la nature du sol... : forêts primaires
Source : MNHN, Paris
— 269 —
sempervirentes ou semi-décidues à Tarrielia utilis, Guarea cedrala, Tri-
plochilon scleroxylon, forêts secondaires à divers stades de leur évolution
progressive ou régressive à Euphorbiacées dominantes, forêts monta¬
gnardes à Parinari excelsa, bush montagnard à Dissotis leonensis, forêts
marécageuses à Mitragyna ciliala, Bequærliodendron magalismonianum,
forêts claires sèches à Gaerlnera paniculala, à Xylopia æthiopica, des
Bambusaies...
En dehors du massif, la forêt dense semi-décidue se retrouve dans la
région comprise entre le pied du versant Ouest du Loma et le cours Nord-
Sud de la Bagbé. Cette forêt est pratiquement d’un seul tenant, du moins
dans la fraction Nord de ce couloir que domine la partie septentrionale
la plus élevée de la chaîne. C’est là au pied du versant Ouest, dans la
région la plus humide de notre dition et à l’abri des vents desséchants,
que s’est conservé un lambeau de forêt primaire à Tarrielia utilis, Cephælis
biaurita, Mapania sp., Guaduella oblonga, Hypolyplrum africanum...
Au pied des versants Nord et Est du massif s'étale la savane gui¬
néenne banale à Mana (Lophira lanceolala) sillonnée de galeries fores¬
tières; l’une et l’autre de ces deux formations sont profondément modi¬
fiées par l’homme.
III. — LES ORCHIDÉES DU LOMA
Les lignes qui vont suivre correspondent à une synthèse de l’ensem¬
ble de nos connaissances actuelles des Orchidées du Loma, les acquisi¬
tions récentes venant compléter utilement celles obtenues au cours de
voyages antérieurs. Nous sommes cependant persuadés que la liste qui
termine ce travail est loin d’être complète et qu’un nouveau séjour,
éminemment souhaitable, permettrait de combler de nombreuses lacunes.
Nous abordons cette étude en considérant les Orchidées du Loma
en fonction de leurs exigences écologiques, ce qui nous amène à exami¬
ner successivement les épiphytes, les saxicoles et les terrestres; parmi les
dernières, une place importante est réservée à celles inféodées à la prai¬
rie d’altitude. Dans le chapitre consacré à la phytogéographie, on cherche
à établir et à interpréter les aires de répartition qu’occupent les Orchidées
du Loma; et ainsi sera soulevé le problème des endémiques, des orophytes,
celui des aires disjointes et des migrations.
Le travail se termine par la mise sur pied d’un inventaire compre¬
nant l’ensemble des espèces d’Orchidées actuellement connues des monts
Loma.
A. ÉTUDE ÉCOLOGIQUE
I — LES ÉPIPHYTES
Parmi l’ensemble des Orchidées récoltées dans les monts Loma,
les épiphytes représentent sensiblement la moitié du contingent : sur
70 espèces identifiées 34 sont des épiphytes; cette proportion doit cepen-
Source : MNHN, Paris
— 270 —
dant être considérée comme inférieure à la réalité en raison de la diffi¬
culté d’accès vers celles qui végètent dans la couronne des arbres de la
forêt dense sempervirente ou semi-décidue. Il est d’ailleurs établi que
chez les Orchidées, le nombre des espèces épiphytes l’emporte de beau¬
coup sur celui des espèces terrestres.
Nous étudierons successivement les Orchidées épiphytes de la forêt
montagnarde, puis celles des forêts de moyenne et de basse altitude,
enfin celles des galeries forestières de plaine et de la savane guinéenne
limitrophe. C’est dans les ravins boisés et dans les galeries forestières
d’altitude, principalement dans celles du « Plateau » au niveau des impo¬
santes couronnes, toujours feuillées, du Parinari excelsa, du Syzygium
Slaudtii... que la végétation épiphytique déploie une exubérance qui n’est
atteinte nulle part ailleurs dans le massif ; elle y est favorisée par une humi¬
dité atmosphérique élevée, due essentiellement aux brouillards qui, en
saison pluvieuse et pendant des mois, soustraient les hauts sommets aux
regards. Lichens et Mousses gorgés d’eau forment d’épaisses mottes accro¬
chées aux rameaux et parfois même les enveloppent complètement comme
de véritables manchons qui servent de support à des Lycopodes (Lycopo-
dium Mildbrædii, Uroslachys Jægeri...), des Fougères (Arlhropleris
orienlalis, Asplénium dregeanum, Nephrolepis cordifolia, Loxogramme
lanceolala, Pleopellis Preussii...), des Pipéracées (Peperomia Slaudtii,
P. reflexa...), des Orchidées. Parmi celles-ci Bulbophyllum cochlealum et
Tridaclyle Iridaclyliles sont de beaucoup les plus abondantes, allant
parfois jusqu’à former de véritables peuplements sur les grosses branches
à l’intérieur de la couronne. La première est reconnaissable à ses pseudo¬
bulbes longuement cunéiformes-étirés, parfois striés de rouge (antho-
cyane) et surmontés chacun d’une paire de feuilles étroites et crassules-
centes; la hampe, filiforme et dressée-droite, porte de nombreuses fleurs
petites, d’un pourpre-foncé, épanouies en saison sèche (janvier-février).
Le Tridaclyle Iridaclyliles, avec ses longues racines étirées à la surface
des grosses ramifications et ses nombreuses tiges feuillées dressées, droites,
hautes de 25 à 35 cm, envahit parfois de vastes étendues à l’intérieur de
la couronne; ses fleurs petites, d’un brun-jaunâtre, sont épanouies en
saison sèche. Des conditions stationnelles semblables sont recherchées par
le Tridactyle armeniaca qui se distingue de l’espèce précédente par la
forme de l’éperon. Dans le même biotope, implanté à même les rameaux
ou les grosses branches, on observe : Rangæris brachyceras, Polyslachya
laxiflora, Calyplrochilum sp...; Polyslachya Dalzielii, P. aff. dolichophylla
se remarquent parfois sur le tronc ou les rameaux de petits arbres ou
arbustes disposés en bordure des galeries forestières d’altitude tels :
Ilex milis, Eugenia Pobeguini, Cralerispermum laurinum...
En forêt dense de moyenne et de basse altitude les Orchidées épi¬
phytes, pour des raisons déjà citées, n’ont pu être inventoriées qu’en
proportion infime; le plus souvent on a dû se contenter de débris ramassés
par terre. Ainsi, dans la forêt dense sempervirente du versant ouest entre
Sini-Koro et le rebord ouest du « Plateau » vers 700 m, des feuilles mar¬
brées d’ Eulophidium maculalum furent trouvées par terre. Sur la rive
Source : MNHN, Paris
— 271 —
droite du Denkali, en forêt dense du versant Nord à quelques pas en amont
des chutes, autour de 800 m, l’un de nous (J. G. A.) a trouvé en octobre
1944 le très rare Ancislrochilus Rolhschildianus, épiphyte sublianescent
aux fleurs roses du plus bel aspect; cette plante ne devait plus être retrou¬
vée lors de nos prospections ultérieures ; non loin de là dans la même forêt,
mais vingt ans plus tard, ce même botaniste devait récolter Calyptro-
chilum Christyanum, épiphyte à aire de dispersion très vaste.
heDiaphananlhe pellucida frappe par ses fleurs luisantes presque trans¬
lucides; leurs couleur et leur consistance rappellent la cire; groupées en
inflorescences pendantes elles caractérisent les forêts humides des basses
pentes du versant Ouest; cette Orchidée est loin d’être rare sur le tronc
et les basses branches des arbres ou arbustes jalonnant le cours des tor¬
rents et rivières entre Sini-Koro et Kondembaya.
Dans un bas-fond humide près de Sini-Koro, au pied du versant
Ouest vers 300 m, la présence d’un peuplement très abîmé à base de
Uapaca Heudelolii, Hexalobus crispiflorus, Pseudospondias microcarpa,
Plerocarpus sanlalinoides, Nauclea sp... témoigne de l’emplacement d’une
ancienne forêt ripicole; le tronc et les basses branches des arbres sont
chargés d’épiphytes comme Cerceslis Afzelii, Raphidophora africana,
Bégonia sp., Vittaria guineensis, Culcasia angolensis, Urera sp., Rhipsalis
cassulha..., en fait d’Orchidées épiphytes mêlées aux espèces précédentes
citons : Ancislrorhynchus recuruus, Bulbophyllum oreonastes sur Hexalobus
crispiflorus... ; Bulbophyllum recurvum sur Uapaca Heudelolii. Dans
l’immense massif forestier qui s’étale dans la région centrale des monts
Loma entre la pente Nord du Serelen-Konko et les abords du Da-Oulen,
on traverse au moins deux enclaves de forêts basses, claires et sèches :
les Gærtneraies. Dans ces forêts Bolusiella Talbolii, Tridaclyle anthomanica,
Angræcum dislichum... se remarquent assez souvent, sur les troncs et les
basses branches du Gærtnera paniculala ou d’autres essences de ces
forêts.
En dehors du massif, dans les galeries forestières de la région de
Kimadugu en piedmont Nord vers 400 m, caractérisées par des arbres ou
buissons comme Carapa procera, Elæis guineensis, Samanea dinklagei,
Spondianthus Preussii, Uapaca somon, Alchornea cordifolia... par des
lianes comme Clemalis grandiflora, Gouania longipetala, Landolphia sp...,
on trouve Vanilla imperialis, épiphyte lianescent aux tiges et feuilles
épaisses, charnues et glabres. Angræcum dislichum s’installe assez souvent
sur les troncs.
Enfin, en savane guinéenne, à la périphérie du massif, dans la région
de Sekurela et de Kondembaya, on peut observer Eulophiopsis lurida
sur des arbres comme Terminalia glaucescens; en février-mars cette
Orchidée épanouit ses fleurs jaunâtres peu voyantes. Cette même espèce
se retrouve avec Plalycerium angolense sur Lophira lanceolala dans une
vaste savane, enclave située vers 550 m sur le versant occidental du mas¬
sif, environ à mi-chemin entre Sini-Koro et le rebord Ouest du « Plateau ».
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — 1 : Pic Bintumane, Kundu Konko et abord Sud du ■ Plateau », vus du sommet du Serelen-
Konko, 1 500 m. — 2 : Rebord oriental du • Plateau » vu de la pente Sud du Pic Bintumane; au
centre la galerie forestière du Miramira au sein de la prairie d’altitude ; au fond, la crête rocheuse
du Da-Oulen, 1 470 m. — 3 : Amoncellement de blocs granitiques résiduels en prairie d'altitude du
• Plateau» vers 1600 m; le sommet des blocs est occupé par une colonie de Butbophyllum scariosum
Summerh. —• 4: Blocs granitiques résiduels vers la bordure O du • Plateau •; le sommet de ces
blocs convient à une végétation xérophile à base de lichens, de Bulbophyllum scariosum Sum¬
merh.— 5 : Brachycorylhis paucifolia Summerh. en prairie d'altitude du « Plateau », vers 1550 m,
en bordure d'une dalle suintante. — 6 : Podangis daclgloceras Schlecht., saxicole, bordure Est
du • Plateau » en prairie d'altitude vers 1 550 m.
Source : MNHN, Paris
— 273 —
2. — LES SAXICOLES
Toutes les fois qu’il est question de végétaux saxicoles, il y a lieu de
faire la distinction entre saxicoles héliophiles et saxicoles sciaphiles. Les
premiers vivent sur des rochers souvent nus, aux parois raides où l’eau
ne peut être retenue et où la pédogénèse s’avère difficile; ce sont des sta¬
tions qui toute l’année durant sont exposées aux méfaits du climat :
aux vents, à la pluie, à l’insolation...; dans des biotopes d’une sécheresse
aussi extrême, seules peuvent survivre des plantes étroitement adaptées
au milieu : des xèrophyles.
Les seconds, par contre, habitent des rochers placés en milieu ombragé
et humide : en forêt, à l’entrée des grottes, dans les ravins et thalwegs...;
la surface rocheuse se couvre, au moins partiellement, d’un tapis muscinal
qui sert de support à diverses espèces, adaptées à la vie en milieu faible¬
ment éclairé et à forte humidité atmosphérique : ce sont des sciaphiles.
a) Les saxicoles héliophiles, en raison de la sévérité de leurs
conditions stationnelles, se rapprochent des épiphytes installées à la
périphérie de la couronne des arbres. Dans les deux biotopes, c’est le
problème de l’approvisionnement en eau et l’absence de sol qui se pose
avec le plus d’acuité. Aussi la presque totalité de ces plantes aux exigences
écologiques quasi identiques, occupent-elles indifféremment l’une ou
l’autre de ces deux stations. Parmi l’ensemble des Orchidées saxicoles
héliophiles inventoriées dans le massif du Loma, nous n’en connaissons
qu’une seule, le Polyslachya Bequaertii, qui n’ait jamais été observée en
dehors du milieu rocheux; de même Bequaert, qui a eu le mérite de décou¬
vrir cette espèce dans l’Ouest du Libéria, au sommet du mont Mpaka
Fossa (588 m) près Kolahun, la signale végétant sur rochers nus ( 54 ).
Quant au Podangis daclyloceras qui ne fut rencontré qu’une seule fois au
cours de nos prospections, il serait hasardeux d’après cette unique obser¬
vation d’affirmer son exclusivité saxicole, d’autant plus que A. Cheva¬
lier, en observant cette espèce au Fouta Djalon, rapporte qu’elle vit en
épiphyte sur divers arbres.
Quant aux autres, à savoir Polyslachya Dalzielii, Bulbophyllum lupu-
linum, B. cochlealum, B. recurvum..., on les rencontre indifféremment
soit à l’état d’épiphytes, soit à l’état de saxicoles, observation qui milite
en faveur de l’hypothèse émise par A. F. W. Schimper ( 48 ) suivant
laquelle les épiphytes se seraient diversifiées à partir d'espèces terrestres
de régions sèches : « Nur die Wahrscheinlichkeit, dass die Epiphyten sich
aus Bodenpflanzen trockener Gebiete entwickelt haben, kann hier betont
werden »; cette hypothèse est proche de celle de Ule ( 48 ) : « ... oder hat
sie sich (die epiphytische Genossenschaft) aus trockenen, dem Urwald
angrenzenden Formationen, wie Gebirge, Felsspalten oder Savannen
herausgebildet? » ( 48 ). De plus, ce rapport d’origine entre épiphytes
et saxicoles a été clairement mis en évidence par H. Walter : « Auch
Felspflanzen kônnen zu Epiphyten werden; denn in beiden Fàlle fehlt
ja der Boden, und es besteht eine Austrocknungsgefahr. Umgekehrt
bewachsen die Epiphyten dort, wo Baüme fehlen, oft Felsen » ( 61 );
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
— 275 —
et ce même auteur de rappeler que la famille des Broméliacées n’est
constituée pratiquement que d’épiphytes et de saxicoles.
Particulièrement suggestif est le mode de vie du Polyslachya Dalzielii
(PI. 3 fig. 4). Epiphyte en galerie forestière d’altitude où la plante s’installe
sur les basses branches ou même sur le tronc de 1 ’llex mitis, du Syzygium
Slaudtii..., épiphyte aussi sur les arbustes ou buissons (llymenodiclyon
/loribundum, Nuxia congesla, Memecylon fasciculare, Cralerispermum
laurinum, Dissotis leonensis...) groupés autour des blocs granitiques
épars en prairie d’altitude, notre Orchidée se trouve sur ces mêmes blocs
aux parois verticales dans des conditions stationnelles incompatibles
avec la constitution d’un sol ou la retenue de la moindre quantité d'eau;
l’aridité de ces milieux est encore accentuée, en saison sèche, par la rigueur
de l’harmattan et l’intensité de l'insolation. Le Polyslachya Dalzielii
est une herbe haute de 5 à 15 cm dont la tige dressée, droite, souvent tache¬
tée de violet (anthocyane) surmonte un pseudobulbe minuscule d’environ
1 cm de diamètre; quelques feuilles longues de 2 à 3 cm, minces, non
crassulescentes, sont dressées et appliquées contre l’axe; celui-ci se ter¬
mine par une inflorescence voyante d’une trentaine de fleurs blanches-
lilacées bordées de rose, à centre jaune et longues chacune de 2 cm envi¬
ron; leur odeur rappelle celle du Loroglossum hircinum.
L’appareil radiculaire, particulièrement développé, comporte un
nombre considérable de racines toutes disposées dans un plan et rayon¬
nant autour du bulbe; elles se présentent comme autant de cordons
blanc-grisâtre épais de 3 â 4 mm peu ou pas ramifiés, à surface lisse; elles
atteignent une longueur de 10 à 20 cm et leur trajet est faiblement
sinueux.
Dans le cas des épiphytes ces racines sont appliquées à la surface
des branches ou rameaux, et souvent elles sont masquées par un revê¬
tement de Mousses. Dans le cas des individus à vie saxicole, l’appareil
radiculaire, entièrement visible, s’étale à même la dalle rocheuse à laquelle
il est solidement amarré ; ce substrat est dépourvu de la moindre trace de
sol, tout au plus est-il, suivant les cas, couvert d’une mince couche de
Lichens. En dépit de l’extrême aridité du biotope, c'est en pleine saison
sèche, en janvier-février, que cette Orchidée épanouit ses fleurs.
Un mode de vie en tout semblable se retrouve chez le Podangis
daclyloceras (PI. 1 fig. 6 ), saxicole héliophile d’une dizaine de centimètres
de haut, aux feuilles distiques, équitantes, charnues, lisses et dressées en
éventail. Le système radiculaire comme chez l’espèce précédente est
étalé à même le roc. L’inflorescence, une grappe axillaire d’une vingtaine
de fleurs blanches inodores (v. fig. 3), s’épanouit en saison sèche (février-
mars); contrairement au Polyslachya Dalzielii , qui est fréquent dans le
massif, le Podangis daclyloceras ne fut rencontré qu’une seule fois dans
les monts Loma.
La hampe dressée, droite, du Polyslachya Bequaerlii, mesure 15 à
40 cm de haut et 1 à 2 mm de diamètre; elle est garnie de quelques feuilles
réduites à leur gaine et se termine par une inflorescence pauciflore de
quelques fleurs d’un rose-pêcher. L’axe s’élargit à la base en un pseudo-
Source : MNHN, Paris
— 276 —
bulbe conique-ovoïde d’environ 1 cm de diamètre; à ce niveau la plante
s’encastre dans les moindres fissures de la roche nue qu’elle est parfois
seule à coloniser. Cependant, quand les conditions sont moins extrêmes
(fentes plus larges et moins sèches), l’Orchidée s’associe à des Mousses
permettant souvent l’installation d’autres espèces comme Eragrostis
Glanvillei, Panicum pusillum, Scleria sp., Swerlia Mannii, Nerophila gen-
tianoides...
Pour ce qui est de ses aptitudes à résister à la sécheresse, le Bulbo-
phyllum scariosum est à même de rivaliser avec le Polyslachya Dalzielii.
L’organisation de l’appareil végétatif est commun à l’ensemble des
espèces du genre; un rhizome étalé à même la dalle rocheuse porte de
place en place un pseudobulbe cunéiforme (haut de 1 à 2 cm), surmonté
chacun d’une paire de feuilles courtes et trapues (4 à 6 cm x 1 cm).
L’adhérence au substrat est assurée par une touffe de racines nées sur le
rhizome en face du pseudobulbe. Rhizomes et racines plaqués à même le
roc disparaissent le plus souvent sous une couche de Lichens d’où émer¬
gent les feuilles, le sommet du pseudobulbe et un axe non ramifié long de
10 à 15 cm ; celui-ci prend naissance à la base du pseudobulbe, et se redresse
aussitôt perpendiculairement par rapport au substrat; il est constitué
dans sa moitié inférieure d’une douzaine de nœuds et d’autant de feuilles
réduites chacune à sa gaine dont la longueur est celle d’un entre-nœud,
soit de 1 cm en moyenne; l’extrémité supérieure, non ramifiée, corres¬
pond à une inflorescence formée d’une demi-douzaine de fleurs voyantes
d’un blanc-crème épanouies dès le mois de novembre.
Cette plante est capable de vivre en épiphyte dans la couronne des
arbres des galeries forestières d’altitude (Parinari excelsa, Syzygium
Slaudtii...), mais plus souvent encore on la remarque disposée en taches
ou traînées au front des corniches granitiques ou des escarpements dolé-
ritiques du Pic Bintumane où elle fait face à tous vents.
Le Bulbophyllum cochlealum n’a été trouvé que rarement à l’état de
saxicole; la plupart du temps, cette Orchidée vit à l’état d’épiphyte dans
la couronne des arbres en galerie forestière d’altitude où, à la surface des
grosses ramifications, elle constitue parfois de véritables peuplements.
Ce n’est qu’exceptionnellement que nous l’avons observée sur les blocs
granitiques du « Plateau » ou sur ceux de la crête du Da-Oulen où, sur des
parois rocheuses verticales ou subverticales, B. cochlealum vit côte à côte
avec Afrotrilepis Jaegeri, Cypéracée endémique des monts Loma, elle
aussi remarquablement outillée pour faire face à la sécheresse.
Le Bulbophyllum lupulinum avec ses pseudobulbes massifs de sec¬
tion quadrangulaire surmontés de deux feuilles crassulescentes (10 cm X
2,5 cm), semble préadapté à la vie saxicole; en réalité nous l’avons ren¬
contré, en xérophyte atténué, sur des rochers en lisière de la forêt vers
1 300 m, et plus souvent encore en épiphyte en pays de piedmont à basse
altitude sur Ficus congensis, Mitragyna ciliala, Ceiba penlandra...
b) Les Orchidées saxicoles sciaphiles. — s ur * es rochers ou dalles
rocheuses moussues éparpillés en forêt ou en lisière de la forêt, soit en
Source : MNHN, Paris
— 277 —
milieu humide ombragé ou semi-ombragé, on peut observer au-delà de
1 000 m des Orchidées comme : Habenaria leonensis, Disperis thomensis.
Malaxis Maclaudii, Polyslachya laxiflora, P. leonensis... Or, parmi toutes
ces espèces, il n’y en a pas une qui soit exclusivement saxicole; toutes se
retrouvent ailleurs soit épiphytes, soit terrestres. Si Habenaria leonensis,
reconnaissable à ses fleurs blanches longuement éperonnées, a été remar¬
quée maintes fois sur substrat rocheux en milieu humide et ombragé
(chutes du Denkali vers 800 m, ravin rocheux du versant Nord du Fuen-
Koli (1 200 m), crête du Da-Oulen (1 400 m...), cette espèce fut aussi
observée en épiphyte sur un tronc de Pseudospondias microcarpa, dans
un bas-fond humide et ombragé au pied du versant Ouest du Loma vers
300 m. R. Schnell signale cette même plante dans la prairie des crêtes du
Nimba. Et il en est de même du Disperis Ihomensis, herbe grêle dressée
haute de 5 à 20 cm dont la tige aqueuse ne porte qu’une paire de feuilles
de taille fort inégale et à face inférieure d’un rouge lie-de-vin. Cette Orchi¬
dée se remarque dans les forêts denses du centre au-delà de 1 000 m sur
rochers moussus humides en association avec Asplénium Dregeanum,
Arlhropleris orienlalis... Mais on l’observe aussi dans ces mêmes forêts
au ras du sol dans une maigre strate herbacée ou en épiphyte sur la partie
inférieure du tronc des arbres.
Le Malaxis Maclaudii, herbe haute de 15 à 20 cm remarquable
par ses fleurs translucides brunâtres disposées en corymbe et épanouies
en saison pluvieuse (juillet-août), a été récolté en forêt vers 1 100 m sur
des rochers moussus et humides où la plante vit en association avec Pilea
sublucens, Asplénium anisophyllum, A. megalura, Arlhropleris orien¬
lalis...
Le Polystachya laxiflora, caractérisé par le noircissement des feuilles
et des fleurs en cours de dessication, peut coloniser les rochers semi-
ombragés qui jalonnent la lisière des galeries forestières vers 1 600 m.
R. Schnell signale cette même espèce au Nimba N-E vers 1 500 m et
sur la crête Sud-Ouest du même massif où la plante vit en épiphyte.
3 - LES TERRESTRES
Parmi le lot des Orchidées terrestres, il y a lieu de distinguer celles
qui vivent à l’ombre de la voûte forestière et celles qui habitent les forma¬
tions herbacées, telles les prairies d’altitude, les savanes submontagnardes,
les savanes de piedmont.
a) Les Orchidées de la forêt
Elles sont peu nombreuses à la fois comme espèces et comme indi¬
vidus. On les rencontre rarement et leur participation à la constitution
de la strate herbacée forestière est pratiquement nulle. Exceptionnelle¬
ment elles se présentent en individus isolés (Eulophia), plus souvent
elles se groupent par taches ou colonies (Malaxis) ne comportant en
général qu’un nombre réduit d’individus. Dans l’ensemble elles parais-
Source : MNHN, Paris
PI. 3. — 1 : Calotte granitique du Serelen-Konko, 1 500 m; au premier plan, la prairie d'altitude.
— 2 : Versant Sud du Pic Bintumane; au premier plan, la prairie d'altitude couvrant la bordure
Est du ■ Plateau * vers 1 600 m. — 3 : Arête Est de la pyramide du Pic Bintumane qui se pro¬
longe vers l’Est par le Kundu-Konko (non visible); au fond, le Pic Bintumane avec les escarpe¬
ments doléritiques ; sur le versant N-E du Pic, on remarque le tracé de galeries forestières abi-
mées, occupées par une végétation secondaire. — 4 : l'olystachya Dalzielii Summerb., épiphyte
sur Hymenodiclyon floribundum (Rubiacée); bordure Est du - Plateau * vers 1 550 m. — 5:
Polyslachya microbambusa Kraenzl., sur dalle granitique de la crête du Da-Oulen vers 1 400 m.
— 6 : Bulbophyllum lupulinum Lindl., saxicole à la lisière de la galerie forestière Néji vers
Source : MNHN, Paris
— 279 —
sent liées à un type de forêt, voire à une catégorie déterminée de sol forestier.
Ainsi, le Manniella Guslaui, une herbe dressée haute de 40 à 50 cm,
caractérisée par ses feuilles marbrées et ses fleurs brunâtres à éperon
soudé au gynostème, est une humicole affectionnant les forêts denses â
allure marécageuse. Dans un peuplement pur (ou presque) de Cyathea
Manniana vers 1 100 m, au pied du Da-Oulen, nous avons observé quel¬
ques pieds peu nombreux de cette Orchidée installée sur un sol humide,
noir, riche en matières organiques et encombré d’une litière abondante
formée de débris de frondes de Fougère en voie de décomposition; elle fut
retrouvée dans un biotope analogue vers 300 m en piedmont Ouest, à
proximité d’une forêt rélictuelle à Tarrielia utilis dans un bas-fond humide
comportant : Cyathea Manniana, C. camerooniana, Marallia fraxinea,
Asyslasia Vogeliana, Bufforeslia imperforala, Endosiphon primuloides,
Elylraria marginala, Polyspalha paniculala, Crinum sp., Bégonia quadria-
lala. Ilalopegia azurea, Selaginella Vogetii... Au Gabon, l'un de nous
(N. H.) la signale en milieu moins riche, en forêt sur sol nu en pente
entre 900 et 1 000 m.
Le Malaxis Maclaudii signalé précédemment affectionne aussi
l’humus forestier. Dans ce milieu nous l’avons rencontré vers 1 250 m,
dans le secteur Nord-Est du massif dans la galerie forestière du Néji,
où la plante forme des taches couvrant plusieurs mètres carrés.
Dans les monts Loma, le Corymborlcis corymbosa semble rechercher
l’humus des forêts de Samba (Triplochiton scleroxylon) ; celles-ci se
remarquent aux deux extrémités Nord et Sud du massif. Non loin de
Kimadugu, sur un replat de la façade Nord vers 700 m, un peuplement
important de cette Sterculiacée a pu se constituer en contrebas d’un
puissant escarpement rocheux le mettant à l’abri de l’harmattan; à
l'extrémité opposée, sur les basses pentes encombrées de blocs rocheux
du Perankonko, le Samba s’associe à Cordia plalylhyrsa, Pycnanthus
kombo, Hannoa Klaineana , Terminalia superba, Chlorophora excelsa ,
Parkia bicolor, Cola Maclaudii, Cola nilida, Albizzia ferruginea... L’Or¬
chidée qui n’a jamais été trouvée ni en fleurs ni en fruits frappe par ses
feuilles larges et parallélinerviées, rappelant celles de certaines Graminées
forestières telle 1 ’Olyra lalifolia... L’appareil souterrain est un rhizome
placé horizontalement dans les couches superficielles du sol ; il montre
serrées les unes contre les autres, de nombreuses cicatrices ou moignons
d’anciens chaumes, disposition qui permet de comprendre l’abondance
de cette Orchidée dans les forêts où nous l’avons observée.
Le Schwarlzkopfia pumilio est une herbe comprenant une tige dres¬
sée, haute de 5 à 10 cm; elle est d’aspect brunâtre, crassulescente et gar¬
nie de 3 à 4 feuilles réduites à leurs gaines. L’inflorescence terminale,
paucitlore, se compose de 5 à 7 fleurs roses-lilacées épanouies fin mars.
Cette plante à allure de saprophyte ne fut remarquée qu’une seule fois
au cours de nos prospections dans les monts Loma; l’unique station
connue de nous se situe dans une forêt ripicole sur sables alluvionnaires,
à proximité d’un torrent, vers 720 m dans le massif forestier couvrant le
versant Ouest du massif.
Source : MNHN, Paris
— 280 —
Dans les forêts denses des basses pentes des secteurs Ouest (région
de Sini-Koro) et Sud-Est (région de Mansonia), on rencontre des pieds
isolés A' Eulophidium Saundersianum, herbe dressée haute de 80 cm environ
aux fleurs grandes d’un rouge brun épanouies en février.
Dans les forêts semi-décidues à Afzetia africana, Erythrophlæum gui-
neense, Slerculia tragacantha, Ficus mucuso, Albizzia zygia, Antidesma
lacinialum... que l’on remarque entre 500 et 700 m sur les basses pentes
des secteurs Nord oriental et septentrional du Loma, on rencontre parfois
Nervilia alT. Afzelii, Orchidée à feuille unique dont le limbe cordé-réni-
forme (5 cm diam.) et aux bords crénelés est appliqué à même le sol;
l’appareil radiculaire long, filamenteux, comporte un ou plusieurs tuber¬
cules de la grosseur d’un petit pois.
Les galeries forestières, généralement très dégradées des piedmonts
Est et Nord, hébergent à l’état toujours très disséminé, un certain
nombre d’Orchidées ; au hasard de nos investigations, nous avons pu noter
des espèces comme llabenaria Engleriana, Eulophia longifolia, Cyrlor-
chis cf. arcuala, Phyllomphax helleborina, Hæleria occidenlalis..., persua¬
dés qu’une nouvelle prospection allongerait d’une façon sensible les
colonnes de l’inventaire.
La première, une herbe densément feuillée haute de 60 à 80 cm dont
la station la plus occidentale connue se situait au Togo, frappe par ses
fleurs blanches au labelle trilobé-cilié; l’éperon, long de 16 à 18 cm, se
distingue par une extrémité élargie légèrement teintée de vert. La pré¬
sence de cette Orchidée dans une galerie forestière près de Kimadugu
mérite d’être retenue. Là aussi, dans un bas-fond humide, fut récolté
VEulophia longifolia, herbe haute de 1 à 1,10 m; rarement rencontrée
dans le massif elle couvre, contrairement à l’espèce précédente, une aire
de répartition qui s’étend à une grande partie de l’Afrique tropicale.
Toujours dans ces mêmes galeries de la région de Bumbukoro-Kimadugu
au N-E du Loma, nous avons remarqué vers la fin octobre, entre les
contreforts d’un Fromager (Ceiba penlandra), un pied de Cyrlorchis
arcuala aux fleurs épanouies, odorantes, blanches ou jaunes suivant le
stade de l’anthèse. Enfin dans une galerie forestière à proximité de
Perankoro, vers 400 m en piedmont Sud-Est non loin de l’extrémité
méridionale du massif, furent récoltés le 11 février 1966, quelques échan¬
tillons A'Hæleria occidenlalis; cette herbe haute de 20 à 30 cm se dis¬
tingue, entre autres, par la présence de poils glanduleux au niveau de
l’ovaire.
b) Les Orchidées de la Prairie d’Altitude
La prairie d’altitude (1 400-1 700 m) est le domaine des Orchidées
terrestres; au plus fort de l’hivernage, en juillet-août, elles émaillent le
gazon de leurs fleurs blanches, blanc-verdâtres, blanc-jaunâtres, roses ou
rouges.
Il est étonnant que cette éclosion se fasse à une période de l’année
où les conditions climatiques semblent, au premier abord, les plus défa-
Source : MNHN, Paris
— 281 —
vorables : les pluies sont fréquentes, parfois intenses et torrentielles; de
la mi-juillet à la mi-septembre 1964 il n’y a pas eu un seul jour sans
pluie; les hauteurs sont presque continuellement enveloppées dans un
épais manteau de nuages; l’humidité atmosphérique est à saturation ou
proche de la saturation; la quantité d’eau évaporée à l’évaporomètre
de Piche est pratiquement nulle. L’amplitude des oscillations thermiques
est de 5° à 6°, certains jours elle n’est que de 4°; les maximums n’attei¬
gnent ou ne dépassent qu’exceptionnellement 20°, le minimum se mainte¬
nant autour de 14° à 15°. Le soleil ne perce que rarement l’écran nuageux;
vers le milieu du jour, on le remarque parfois sous la forme d’un disque
laiteux sans éclat.
Parmi les Graminées qui constituent le fond de la végétation prai-
riale, seul le Loudetia kagerensis est en fleur dès la mi-juillet; les autres
se présentent à l’état de touffes feuillées denses mais dépourvues de chau¬
mes. C’est à ces touffes graminéennes que la prairie d'altitude doit en
période d’hivernage sa couleur vert franc qui la distingue du vert sombre
de la forêt. Dans ces vastes étendues herbacées dont la monotonie et
l’inhospitalité, encore accentuées par les facteurs climatiques, évoquent
celles d’une lande nordique, les espèces herbacées fleuries sont excep¬
tionnelles. Par-ci par-là cependant on aperçoit, isolé, un capitule blanc-
vif de Prolea angolensis, les fleurs rouges du Dissotis pobeguini que l’on
suit depuis la savane de piedmont, celles jaunes du Commelina africana
étalées au ras du sol, et vers la mi-août les inflorescences lilacées du Cyn-
notis longifolia commencent à se montrer.
C’est dans ces étendues monotones, dès 1 200 à 1 300 m, en savane
submontagnarde du versant Est à Kolschya lutea que l’on voit briller les
fleurs blanches du Habenaria Jægeri ; elles possèdent un labelle trifide
aux lobes latéraux profondément divisés; l’éperon, long de 4 à 5 cm, est
souvent entamé à sa base. Cette herbe d’un vert clair, plus ou moins
flasque, haute de 60 à 80 cm parfois même de 1 m, est loin d’être rare
dans les prairies d’altitude du Pic Bintumane et du « Plateau »; elle affec¬
tionne particulièrement les abords des galeries forestières d’altitude,
soit des stations où la végétation herbacée est plus luxuriante.
L 'Eulophia propinqua est une herbe haute de 50 à 80 cm, dont
l’inflorescence voyante et trapue est formée d’une trentaine de fleurs
jaunâtres ou blanc-crème virant au rouge vineux, ramassées à l’extré¬
mité d’une hampe dressée droite qui affleure au niveau des panicules du
Loudelia kagerensis. Les feuilles, en nombre réduit, dressées aussi longues
que la hampe, sont larges de 1,5 à 2 cm; des feuilles réduites à l’état de
gaine entourent étroitement la hampe. Vers la mi-avril, VEulophia cucul-
lala se remarque à sa hampe rouge-brunâtre, cylindrique, lisse et glabre;
elle est haute de 50 cm à 1,20 m et se termine par une inflorescence pauci-
flore ne comportant que 3 à 10 fleurs; celles-ci sont grandes, voyantes,
inodores, mais vivement colorées en lilas-violacé; l’éperon est large, obtus
et jaunâtre. Les feuilles apparaissent après la floraison. Cette Orchi¬
dée est assez parcimonieusement répandue en prairie d’altitude où
nous l’avons trouvée entre 1 400 et 1 550 m, à proximité de dalles ou amas
Source : MNHN, Paris
— 282 —
rocheux. La même plante se retrouve en savane de piedmont (Sekurela,
Sanbanian) où elle vit en association avec Smilax Kraussiana, Sculel-
laria paucifolia, Dissotis grandiflora...
Liparis rufina est une herbe feuillée haute de 10 à 30 cm, formant
parfois des taches en prairie d’altitude sur sol caillouteux en associa¬
tion avec Loudelia kagerensis. La plante fleurit au plus fort de l’hivernage,
en juillet-août, montrant ses fleurs de dimension réduite et d’un jaune
verdâtre. Dans ce même milieu, caché par les Graminées, Platycoryne
sp., herbe haute de 25 à 30 cm aux feuilles minces non crassulescentes,
épanouit en juillet-août ses fleurs violacées à éperon massif et au labelle
étroit. Dans la prairie couvrant le sommet du Pic Bintumane, les fleurs
d’un rose intense du Disa sculellifera sont déjà sur le déclin vers la mi-
août. Dans les bas-fonds marécageux de la prairie du « Plateau », vers
1 550 m, on est frappé en juillet-août par le Disa Welwilschii, herbe de
30 à 40 cm de haut dont l’inflorescence rouge vif rappelle notre Anacamp-
tis pyramidalis. Dans ces mêmes stations caractérisées par Scirpus
angolensis, Bulboslylis lanipes, Mesanlhemum Prescollianum..., on voit
aussi Salyrium Alherslonei, herbe dressée de 25 à 30 cm aux bractées et
aux fleurs d’un blanc sale.
En bordure des dalles rocheuses suintantes, dans leurs fissures ou
crevasses ou sur les mottes moussues les couvrant, on trouve par-ci par-là
en prairie d’altitude Habenaria chlorolica, H. sp. (§ Bilabrella), H. genu-
flexa, H. malacophylla, Disa Welwilschii...-, c’est aussi la station de
prédilection du Brachycorylhis paucifolia ; cette dernière, une endémique
de la dorsale Loma-Man, se remarque en juillet-août à ses fleurs voyantes,
dont le labelle d’un violet pourpre contraste singulièrement avec le blanc
vif des autres pièces du périanthe, ramenées vers le haut sous forme de
casque. La plante est dressée droite, haute de 20 à 55 cm.
Au pied des versants Est et Nord du Loma, dans la savane guinéenne
banale périodiquement incendiée à Lophira lanceolala, Cussonia Barleri,
Terminalia glaucescens, Plerocarpus erinaceus, Crossopleryx febrifuga,
Hymenocardia acida..., Chasmopodium caudalum, Bolbœllia exallala,
Andropogon Gayanus, Hyparrhenia diplandra, Bekeropsis unisela..., les
Orchidées se sont avérées peu communes. De temps à autre on peut cepen¬
dant remarquer, étalées au ras du sol, la feuille de deux espèces de Nervi-
lia : N. aff. Afzelii déjà citée, des forêts semi-décidues des basses pentes
et .V. purpurala au bord foliaire entier, non lobé; celle-ci, très répandue
en Afrique tropicale, a été observée en pays de piedmont (région de
Kimadugu, de Sekurela...) ainsi que sur le versant N-E du massif jusque
vers 1 000 m, zone où la savane guinéenne passe progressivement à la
savane submontagnarde à Kolschya lutea. En savane de piedmont Est,
entre Sekurela et Sanbanian, on remarque aussi, fleurie en mars-avril,
YEulophia cucullala, espèce soudano-zambésienne qu’on retrouve en
prairie d’altitude vers 1 500 m.
Source : MNHN, Paris
— 283 —
B. ÉTUDE PHYTOGÉOGRAPHIQUE
Parmi les Orchidées du Loma, il y en a qui couvrent une aire très
vaste; certaines se rencontrent dans une grande partie de l’Afrique tro¬
picale. Ce sont principalement des espèces terrestres; elles ne sont pas
nécessairement liées à l’altitude, et on peut les remarquer dans les savanes,
dans les forêts claires et basses comme dans les forêts sèches ou maréca¬
geuses; sont dans ce cas : Eulophia cucullata, E. Horsfallii, Nervilia
purpurala, N. Afzelii, Salyrium Alherslonei, Habenaria macrandra, H.
zambesina, Liparis guineensis...; certaines comme Malaxis Maclaudii
recherchent la forêt dense; d’autres sont inféodées aux mares tempo¬
raires, aux dalles rocheuses suintantes comme Habenaria chlorolica, II.
malacophylla...', d’autres enfin comme Bulbophyllum cochlealum, Rangæris
muscicola, Calyplrochilum Chrislyanum, mènent une vie épithytique. La
plupart des Orchidées du Loma font partie de l’élément forestier guinéo-
congolais; elles fournissent ainsi un argument de poids en faveur de
l’état rélictuel des forêts du Loma, actuellement isolées en pays de savane
et coupées du reste du bloc forestier Ouest africain.
La moitié de ces Orchidées sont des épiphytes comme : Eulophidiurn
maculalum, Polyslachya laxiflora, Ancislrochilus Bolschildianus, Dia-
phananthe pellucida, Ancistrorhynchus recurvus, Bulbophyllum oreonasles,
Angræcum dislichum, Graphorlcis lurida, Tridaclyle anlhomanica, Tri-
daclyle tridactylites, Vanilla imperialis.
Ce lot guinéen-congolais comprend, en plus des saxicoles comme
Bulbophyllum bifarium, B. lupulinum ; des terrestres comme Corym-
borkis corymbosa, Liparis guineensis, Habenaria genuflexa, II. procera,
Eulophidiurn Saundersianum, Manniella Guslavi... Cet état de choses
rejoint les observations de J. L. Guillaumet effectuées dans la forêt dense
du Bas-Cavally (Côte d’ivoire) où, sur un ensemble de 38 Orchidées récol¬
tées, 34 sont propres à l’ensemble de la région guinéo-congolaise,
Tranchant avec les espèces précédentes à large répartition géogra¬
phique, quelques autres, peu nombreuses, occupent une aire de superficie
réduite. Notons cependant l’absence dans le massif des monts Loma de
tout genre et même de toute espèce endémique. Une endémicité très faible
apparaît néanmoins à l’échelle de la dorsale Loma-Man; ainsi, à notre
connaissance, Brachycorylhis paucifolia n’a pas été signalé en dehors
des prairies altimontanes du Loma et du Nimba, et il en est de même de
Y Habenaria Jægeri, connu exclusivement du Loma, du Fon et du Fouta-
Djallon (J. Félix). Le Polyslachya Bequaerlii, saxicole héliophile aux
fleurs rose-pêcher épanouies en saison sèche, ne fut récolté jusqu’à ce
jour que sur les dalles rocheuses, arides et sèches du Loma et dans les sta¬
tions analogues de l’Ouest libérien.
Plus vaste mais limitée à l'Afrique Occidentale est l’aire occupée par
Habenaria leonensis ; cette Orchidée aux fleurs blanches longuement
éperonnées (4 à 5 cm), a été récoltée dans la plupart des massifs monta¬
gneux guinéens : au Fouta-Djallon (Dalaba-Diaguissa). au Nimba, au Loma,
au Tonkoui, au Sugar-Loaf près de Freetown... Habenaria Engleriana,
Source : MNHN, Paris
— 284 —
par contre, signalé dès 1908 par A. Engler au Togo (Bismarcksburg), n’a été
signalé à l’Ouest de ce point qu’en 1945, dans une galerie forestière en
piedmont Nord du Loma (région de Kimadugu). Le Polyslachya micro-
bambusa, habituellement épiphyte sur les racines de YAfrolrilepis pilosa,
Source : MNHN, Paris
— 285 —
est connu de la région forestière de l’Ouest africain; il ne paraît pas
atteindre le Ghana.
Toujours est-il que les recherches de A. Chevalier en Guinée,
celles de R. Schnell au Nimba et les nôtres au Loma ont permis de recu¬
ler la limite occidentale de l'aire de dispersion de certaines Orchidées,
dont les stations les plus avancées se situaient soit dans les îles du Golfe
de Guinée, soit à la longitude du Togo-Nigéria : c’est le cas du Disperis
thomensis, herbacée grêle, haute de 10 à 20 cm, des forêts montagnardes
du Loma, du Nimba, du Sugar-Loaf près de Freetown et qui, il y a une
vingtaine d’années, n’était pas connue à l’Ouest de San-Thomé. C’est le cas
aussi du Satyrium Atherstonei, herbe aux fleurs d’un blanc sale inféodée
aux mares temporaires de l’étage culminai du Loma. Avant sa décou¬
verte par A. Chevalier en 1907 au plateau de Dalaba-Diaguissa, entre
1 000 et 1 300 m (Fouta-Djallon), et celle de R. Schnell sur la crête du
Fon, la station la plus occidentale connue fut celle de Bum près Bamenda,
en Nigéria méridional. C’est le cas aussi de 1 ’Habenaria chlorolica et de
VHabenaria tnalacophylla, espèces largement répandues en Afrique tropi¬
cale mais inconnues autrefois à l’Ouest du Nigéria. Rappelons à ce sujet
que Habenaria Engleriana, découvert au Togo en 1908, fut récolté près
de 40 ans plus tard au pied du versant Nord du Loma.
Parmi les espèces des prairies altimontanes de la dorsale, il y en a
qui sont communes au Loma, au Nimba et au Fon; ce sont : Habenaria
zambesina, Disa subæqualis, Eulophia shupangae... ; d’autres existent au
Loma et au Fon mais font défaut au Nimba : Habenaria Jægeri, Satyrium
Atherstonei... ; d'autres enfin, communes au Loma et au Nimba, n’ont pas
été signalées au Fon : Brachycorylhis pauciflora , Habenaria leonensis,
H. anaphysema... En dépit de l’état encore fragmentaire de notre connais¬
sance de la flore de ces régions, on remarque que parmi les Orchidées
prairiales signalées au Nimba ou au Fon par R. Schnell, il n’y en a pas
une qui ne soit au Loma ; pour ce qui est des Orchidées prairiales, cette
montagne est donc de beaucoup la plus riche de la dorsale.
Parmi les Orchidées du Loma, certaines, et ce sont généralement des
saxicoles ou des espèces de prairie, occupent les postes les plus avancés
vers l'Ouest d’une aire fortement disjointe, dont le centre de gravité se
trouve dans les montagnes de l’Est africain. Ainsi, \’Eulophia shupangae
des prairies altimontanes de la dorsale se retrouve dans l’Est africain, au
Kénia et sur les monts Virunga. Habenaria Jægeri , une endémique de la
dorsale, connue du Loma et du Fon, est étroitement affiliée à trois autres
espèce de cette même section des Multipartitæ d'origine Est africaine;
ce sont : Habenaria macrantha de l’Abyssinie, H. splendens du Kénya et
H. præslens, dont l’aire s’étend du Rouwenzori au Mozambique. Jus¬
qu’à ce jour, aucun relais n’a été signalé entre les massifs Est africains et
ceux de l’extrême fond du cul-de-sac Ouest africain. Disa Welwitschii
habite les prairies d’altitude de la dorsale (Loma, Nimba et Fon) et les
montagnes de l’Afrique Orientale (Kénya, Ouganda), le massif du Bau-
chi en Nigéria septentrional faisant fonction de relais. Polyslachya Bequærlii
des dalles rocheuses sèches du Loma, est étroitement alliée aux sections
Source : MNHN, Paris
— 286 —
des Dendrobianthe et des Isochiloïdeæ, connues seulement de l’Est et de
la partie tropicale de l'Afrique Australe.
D’autres, par l’intermédiaire du Cameroun et des îles du Golfe de
Guinée, atteignent l’Angola et par-delà la Rhodésie et l’Est africain.
Ainsi, jusqu’au jour de sa découverte au Nimba, au Loma et au Sugar-
Loaf près de Freetown, Disperis thomensis possédait sa station la plus
occidentale dans l’île de Sao-Thomé; de là, son aire embrasse le Gabon,
l’Angola et s’avance vers l’Est jusqu’aux confins de la Rhodésie. Le
Brachycorythis paucifolia, endémique de la dorsale (Loma, Nimba), est
étroitement apparenté au B. angolensis et au B. basifoliala, ce dernier
n’étant pas connu à l'Ouest de l’île de Principe (V. Summerhayes).
Podangis daclyloceras, saxicole héliophile des hauteurs du Loma, se trouve
à l’état disséminé depuis le Fouta-Djallon jusqu’en Angola, et entre ces
deux points extrêmes, la plante fut signalée au Togo, au Nigéria méri¬
dional et au Cameroun. Habenaria genuflexa possède une aire très
vaste, s’étalant sur tout l’Ouest africain depuis la Guinée jusqu’en Angola.
Non moins vaste est celle du Tridactyle Iridaclyliles, que l’on suit depuis
la Guinée et la Sierra Leone jusqu’en Angola et de là au Mozambique;
au passage, elle empiète sur le Cameroun et les îles du Golfe de Guinée.
Pour d’autres, l’aire de distribution centrée sur l’Afrique Orientale se
raccorde aux montagnes guinéennes par deux voies de migration, contour¬
nant par le Nord et par le Sud le massif forestier centre africain. Ainsi
V. Summerhayes, en 1948 déjà, signale que la colonie Ouest africaine de
YEulophia guineensis se raccorde en direction Est au Kénya et à l’Abys¬
sinie et par le Sud à l’Angola et au Tanganyika. « From Gambia eastwards
to Kenya Colony and Abyssinia, southwards to Angola and Tanganyika
Territory »; des espèces comme Eulophia longifolia, Bangæris muscicola
et Satyrium Alherslonei occupent June aire dont les contours sont sensi¬
blement superposables à celle de YEulophia guineensis. Pour ce qui est du
Liparis rufina qui en juillet-août fleurit dans la prairie d’altitude du
Loma, V. Summerhayes rapporte que cette plante est connue « east¬
wards to Uganda and Tanganyika and then around the Congo Forest
basin through northern Rodesia to Angola ».
L’étude chorologique des Orchidées du Loma est susceptible de nous
renseigner à plus d’un titre sur l’histoire de la flore de la Dorsale. Les
espèces forestières, pour la plupart à vie épiphytique, se rattachent en
bloc à l’élément guinéo-congolais et par là, plaident en faveur d’une dislo¬
cation récente de ce massif forestier autrefois d’un seul tenant.
Parmi les espèces prairiales, certaines, par une aire fortement dis¬
jointe, se rattachent à l’élément Est africain; un long isolement au fond
du cul-de-sac Ouest africain a été favorable à une diversification spéci¬
fique; c’est le cas, entre autres, de Y Habenaria Jægeri, espèce endémique
de la Dorsale.
Les Orchidées de la prairie d’altitude du Loma viennent ainsi s’inté¬
grer au cortège des orophytes et s’associent à : Loudelia kagerensis,
Monocymbium ceresiiforme, Cyperus margarilaceus, Psorospermum aller-
nifolium, Prolea angolensis, Eupatorium africanum, Vernonia nimbaensis,
Source : MNHN, Paris
— 287 —
Euphorbia depauperata, Phyllanlhus alpeslris, Eriosema parviflorum,
Sopubia AI art ni i, Thesium lenuissimum, Leocus lyralus, Swerlia Alannii,
Àristea djalonis, Coreopsis camporum, Ilelichrysum nudifolium, Vernonia
gerberiformis, Sonchus rarifolius, Hypoxis djalonensis, Gladiolus unguicti-
lalus, Dipcadi sp., Ilelichrysum mechovianum, Cyanotis cæspitosa, C. lon-
gifolia var. Deighlonii... Cet élément prairial montagnard mis en place à
une époque ancienne a été dilué ultérieurement, principalement grâce
aux feux, par l’apport d’espèces banales originaires des savanes gui¬
néennes de piedmont : Andropogon gayanus, Hyparrhenia diplandra,
Schizachyrium plalyphyllum...
D’un intérêt phytogéographique tout particulier sont les saxicoles
héliophiles inféodées à l’étage culminai du Loma. Contraintes à vivre en
altitude, dans un microclimat fortement contrasté, elles répondent à des
types biologiques étroitement adaptés au milieu. Ce sont ces plantes —
Cypéracées, Graminées, Orchidées, Eriocaulacées, Fougères... — que l’on
Source : MNHN, Paris
— 288 —
trouve bien au-delà de la limite de la forêt, au sommet même des cou¬
poles granitiques du Serelen-Konko et du Sarabaldou, sur les blocs
rocheux jalonnant la ligne de crête du Da-Oulen et du Fuen-Koli, dans les
falaises doléritiques tombant à pic du sommet du Bintumane ou sur ces
amoncellements rocheux, parfois imposants, éparpillés à travers la prai¬
rie d’altitude; toutes stations éminemment xériques où le substrat rocheux
nu, dépourvu de toute trace de sol, souvent même relevé à la verticale,
est incapable, même en saison pluvieuse, de retenir la moindre goutte
d’eau. Ces biotopes ne profitent en effet que très peu des eaux de ruissel¬
lement précipitées au cours des averses; mais durant les longs mois de
l’hivernage, ces hauteurs baignent dans l’atmosphère humide des brouil¬
lards et des nuages qui les enveloppent presque sans discontinuité. En
revanche, en saison sèche, ces sommets sont soumis jour et nuit, pendant
de longs mois, aux rigueurs de l’harmattan; et à ce souffle d'une sécheresse
extrême ne peuvent résister que les plantes qui, d’une façon ou d’une
autre, ont su s’adapter à la sévérité de ces conditions de vie.
Parmi les végétaux répondant à ces exigences, citons en premier lieu
les Lichens, qui de leur thalle grisâtre couvrent une surface parfois impor¬
tante de la dalle ; dans les fentes les plus minuscules viennent s’encastrer
les bulbes du Polystachya Bequærtii ; le P. Dalzielii étale son système radi¬
culaire à même la surface rocheuse dépourvue de sol, et plusieurs espèces
de Bulbophyllum comme B. bifarium, B. scariosum... se groupent en taches
ou traînées au sommet des parois rocheuses souvent face à l’Est, dans
des stations recevant l’harmattan de plein fouet; et, chose étrange, ces
Orchidées fleurissent pendant la période la plus défavorable, au cours
même de la saison sèche. Dans ces biotopes, les Orchidées citées vivent
côte à côte avec Afrolrilepis pilosa, une endémique montagnarde Ouest
africaine, avec Afrolrilepis Jægeri et Mesanlhemum Jægeri, saxicoles
endémiques des monts Loma; on y remarque des espèces reviviscentes
comme Cheilanlhes farinosa, Nolholæna inæqualis..., Fougères xéro-
phytes à aire très vaste, des Graminées endémiques ou à aire disjointe
comme Lepargochloa glabra, Penniselum monostigma...
Nous sommes là en présence d’une végétation résiduelle, témoin d’une
époque ancienne sèche ; sur ces hauteurs du Loma qui, comme autant d’îles,
émergent de l’océan forestier, ces plantes d’un autre âge ont réussi à sur¬
vivre comme accrochées à un radeau de sauvetage.
C. FLORULE DES ORCHIDÉES DU LOMA
Liste des Orchidées récoltées dans le massif des monts Loma.
La liste qui suit totalise 70 espèces d’Orchidées pour près de 200 numé¬
ros d’herbier. Cette liste comprend tout d’abord les 35 espèces déjà signa¬
lées en 1948 et celles récoltées au cours de notre prospection de janvier-
février 1952, déterminées ou vérifiées par V. S. Summerhayes. Sont
nouvellement consignées toutes nos récoltes de 1964, 1965 et 1966 dont
les déterminations ou vérifications ont été faites par N. Halle.
Les numéros d'herbiers s’échelonnent de 171 à 2040 pour les récoltes
Source : MNHN, Paris
— 289 —
de 1944-1945; ceux compris entre 3901 et 4312 se rapportent à la collec¬
tion de 1952; entre 6768 et 9926 nous avons affaire aux prospections de
1964; enfin les numéros supérieurs compris entre 21895 et 23727 corres¬
pondent à des échantillons récoltés dans les monts Loma par les soins de
J. G. Adam, en 1965 ou 1966.
A chaque numéro d’herbier cité dans la liste font suite les notes de
localisation, de conditions stationnelles, et d'époques de floraison ou de
fructification; pour chaque espèce sont signalées quelques données ou
particularités biologiques. Enfin sont indiquées les grandes lignes de la
répartition en Afrique tropicale ou plus particulièrement dans la dorsale
guinéenne d’Afrique occidentale.
1. Ancistrochilus Rotchschildianus O’Brien
271, forêt dense versant Nord Loma non loin du sommet de la cascade du Den-
kali vers 800 m; fl. oct.
Biol. : épiphyte remarquable par ses belles fleurs roses, trouvée une
seule fois au cours de nos prospections dans les monts Loma.
Distrib. : Libéria, Côte d'ivoire (entre Man et Touba, Miège et Aké
Assi), Sud Nigéria, Cameroun, Centrafrique, Ouganda.
2. Ancistrorhynchus clandestinus (Lindl.) Schlecht.
9019, sur tronc de Pycnanlhus kombo à 4-5 m du sol; forêt dense à l’Ouest de
Bandakarfaïa; vieilles infl. janv. — 9043, sur Hexalobus crispiflonis ; bas-fond humide
à Uapaca Heudelotii au pied du versant Ouest du Loma près de Sini-Koro vers 300 m;
0. et fr. janv. — 23282, même biotope que le précédent; fr. janv.
Biol. : épiphyte sur troncs; feuilles de 30-50 x 1,5 cm, minces, non
crassulescentes, avec végétation épiphylle.
Distrib. : Côte d’ivoire (forêt de Taï, Aké Assi), Sud Nigéria, Came¬
roun, Gabon, Congo.
3. Angræcum distichum Lindl.
1808, galerie forestière entre Kruto et Sini-Koro, pied du versant Ouest des monts
Loma, et bas-fond près de Sini-Koro vers 300 m sur Uapaca Heudelotii; fl. oct.
Biol. : épiphyte sur troncs ou grosses branches, parfois en touffes
épaisses.
Distrib. : NE Nimba (R. Schnell); de la Guinée au Gabon, Centra¬
frique, Congo, Sao Tomé, Principe, Ouganda.
4. Bolusiella Talbotii (Rendle) Summerh.
1377, sur Gærlnera paniculala en forêt basse claire au pied du N-0 du Da-Oulen;
fl. sept.
Biol. : épiphyte de troncs ou rameaux de petits arbres ; feuilles équi-
tantes longues de 5-10 cm.
Distrib ; de la Sierra Leone au Congo.
Source : MNHN, Paris
290 —
e partie du gynostème. -
Source : MNHN, Paris
— 291 —
5. Brachycorythis paucifolia Summerh. (fig. 1).
405, sommet du Pic Bintumane; fr. nov. —- 975, prairie d'altitude, dalle rocheuse
suintante; massif du Pic Bintumane, versant N-O vers 1 500 m; il. août. — 1027,
faciès identique sur versant N.-E vers 1 600 m; fl. août. — 1132, idem versant N.-O;
11. août. — 1278, clairière marécageuse en forêt secondaire au pied du Da-Oulen vers
1 100 m; fl. août. — 1327, crête sommitale du Da-Oulen; dalle rocheuse suintante
vers 1 400 m; fl. août. — 6947, prairie d’altitude du « Plateau » vers 1 600 m; dalle
suintante; il. juill. — 7099, idem; il. août. — 22193, prairie d'altitude du Pic Bintu¬
mane vers 1 800 m; fr. déc. — 22503, Da-Oulen vers 1 500 m; fr. déc. — 22676, prairie
d'altitude du Serelen-Konko; dalle suintante vers I 200 m; fr. déc.
Biol : terrestre; herbe dressée de 20-40 cm. L’appareil souterrain
comprend 5-7 tubercules cylindriques divergents. Labelle violacé ponctué ;
fleurit sur roches humides en saison pluvieuse.
Djstrib. : endémique de la dorsale. Prairie des crêtes du Nimba
N.-E. (R. Schnell).
6. Brachycorythis alï. tenuior Reichb. f.
6935, prairie d’altitude 1 600 m; fl. juill.
7. Bulbophyllum bifarium Hook. f.
8552, corniche granitique exposée à l’Est dominant le cirque de Mansonia vers
1 100 m entre le Da-Oulen et le Serelen-Konko; restes d'infl. déc. — 22591, rochers verti¬
caux, ait. 1 120 m, Loma-Daoulé.
Biol. : saxicole héliophile, xérophyte de taille réduite, 5-10 cm,
fixé à même la paroi rocheuse verticale en association avec quelques
Lichens et Mousses, sans trace de sol; station recevant l’harmattan de
plein fouet.
Distrib. : Des sommets de Guinée jusqu’à ceux de la Côte d’ivoire
occidentale.
8. Bulbophyllum cochleatum Lindl. (fig. 2).
294, en galerie forestière d’altitude du versant NE du Pic Bintumane entre 1 500
et 1 600 m; fl. nov. — 4132, en galerie forestière d'altitude du versant N.-O du Pic
Bintumane (bassin du Denkali) vers 1 500 m; infl. passées janv. — 4261, en galerie
forestière d'altitude du versant N.-E du Pic Bintumane vers 1 550 m; 11. janv. — 4229',
sur basses branches ombragées à l'intérieur de la couronne avec Peperomia Slaudlii
en galerie forestière d'altitude du versant N.-E du Pic Bintumane entre 1 600 et 1 700 m;
inll. fév. — 4232, même biotope; fl. fév. — 7169, sur liez milis en galerie forestière
d’altitude du a Plateau • vers 1 600 m ; racines souvent violacées plaquées contre l’écorce
de l'arbre. — 7175, sur Ilex milis en galerie forestière d’altitude du « Plateau » vers
1 600 m (bordure). — 7179, même biotope que 7175. — 7189, sur Syzygium Slaudlii
en galerie forestière d’altitude du « Plateau » vers 1 600 m. —- 7979, sur un tronc de
Cyalhea avec Peperomia Slaudlii, Lycopodium Mildbrædii, en bordure d'une galerie
forestière d’altitude du versant N.-E du Pic Bintumane vers 1 550 m. — 8370, sur rochers
granitiques épars en prairie d’altitude du « Plateau » vers 1 600 m, en association avec
Lichens, Mousses, Hépatiques (Frullania) ; infl. déc. -— 8765, 8768, sur blocs grani¬
tiques à Afrolrilepis Jægeri avec tapis de Mousses et Lichens de la crête du Da-Oulen
vers 1 450 m; inll. passées janv. — 9492, sur Polyscias / erruginea en galerie forestière
d’altitude du « Plateau » vers 1 600 m; 11. mars. — 22347, sur Parinari excelsa en gale¬
rie forestière d’altitude du « Plateau » vers 1 500 m.
Source : MNHN, Paris
— 292
Source : MNHN, Paris
— 293
Biol.. : généralement épiphyte en forêt montagnarde, moins souvent
saxicole; se rencontre au-delà de 1 000 m et affectionne plus particuliè¬
rement Parinari excelsa, Syzygium Slaudlii; s’installe le plus souvent
en peuplement sur les grosses branches du centre de la couronne ; acces¬
soirement on l’observe sur Polyscias ferruginea, Ilex mitis, Cyathea Dregei.
Les racines étalées sont souvent masquées par une couche de Lichens et
de Mousses. Pseudobulbe étiré, atténué, verdâtre, souvent marqué de
traînées d’un rouge violacé. Fleurs petites, nombreuses, d’un rouge
pourpre. Fréquent.
Distrib. : large répartition de la Guinée au Gabon et jusqu’en
Rhodésie.
9. Bulbophyllum Josephii (Kuntze) Summerh. (= B. auranliacum
Hook. f.)
1191, sur Eugenia Pobeguini; ravin d'altitude du Pic Bintumane vers 1 900 m;
vieux rachis d’infl. août. -— 4127, galerie forestière d’altitude; vieux rachis d’infl.
janv. — 8767, sur rocher à Afrolrilepis Jægeri, Da-Oulen 1 450 m; fr. janv. — 9397,
saxicole; prairie d'altitude vers 1 600 m; vieux rachis d’infl. fév. — 9851, galerie fores¬
tière d’altitude 1 550 m; vieux rachis d’infl. avril. — 9926, forêt dense Fuen-Koli
vers 1 000 m; vieux rachis fév.
Biol. : Souvent épiphyte, parfois saxicole.
Distrib. : Espèce citée du Mont Cameroun.
10. Bulbophyllum lupulinum Lindl.
3902, sur tronc de Fromager (Ceiba penlandra) près du village de Kamaron près
de la frontière guinéenne orientale. — 6800, sur Ficus congensis en galerie forestière
dégradée, piedmont Est Loma près de Sekurela vers 550 m. — 8833, saxicole en lisière
de la galerie forestière d’altitude du Néji, versant Est du massif du Pic Bintumane vers
1 300 m; fl. janv. —- 9501, même biotope que 8833; jeunes fruits mars. — 23726, sur
Milragyna ciliala ; forêt marécageuse au pied du versant Est du Loma vers 420 m non
loin de Mansonia.
Biol. : Épiphyte ou saxicole subsciaphile ; remarquable par ses
pseudobulbes massifs, quadrangulaires, carénés; fleurit et fructifie en
saison sèche ; assez fréquent.
Distrib. ; De la Guinée au Cameroun.
11. Bulbophyllum oreonastes Reich b. f.
1507, pente S.-O du Fuen-Koli. — 23281, sur Hexalobus crispiftorus ; bas-fond
humide au pied du versant O. du Loma près de Sini-Koro; infl. janv.; spécimen géant
portant 55 bractées florales le long du rachis. — 7358', sur Uapaca Heudelotii, bas-
fond inondé, piedmont O. Loma 300 m; jeune infl. sept.
Distrib. : De Guinée au Gabon et jusqu’en Rhodésie du Nord.
12. Bulbophyllum congolanum Schlecht.
23625, épiphyte; Perankoro vers 400 m; fr. fév.
Source : MNHN, Paris
294 —
13. Bulbophyllum recurvum Lindl.
7385, sur troncs d 'Uapaca Heudelolii à 8 m du sol; bas-fond humide au pied du
versant O du Loma près de Sini-Koro vers 300 m. — 22591, paroi rocheuse verticale
à A/rolrilepis Jægeri; crête du Da-Oulen vers 1 470 m; fr. déc.
Biol. : Épiphyte ou saxicole héliophile; pseudobulbe finement crispé
ridé à sec, caractère commun à B. Josephii (Kuntze) Summerh.
14. Bulbophyllum scariosum Summerh.
568', colonies sur blocs granitiques épars à travers la prairie d'altitude du « Pla¬
teau • vers 1 600 m; boutons (loraux nov.fcotype de l’espèce (type : Jones 64, face N-.E
du Pic Bintumane 1 620 m). — 4145, épiphyte trouvé par terre dans une galerie frores-
tière d’altitude du versant N-O. du Pic Bintumane vers 1 500 m; 11. janv. — 7192,
galerie forestière d’altitude du « Plateau » vers 1 600 m; sur Syzygium Slaudlii avec
Peperomia Slaudtii. — 8293, sur parois de rochers granitiques épars à travers la prai¬
rie d’altitude du « Plateau » vers 1 600 m; 11. nov. — 8371 (0. déc.), 9854 (fin de fl.
avr.) et 9866 (fin de 11. avril), même biotope que 8293. — 22346, sur Parinari excelsa
vers 1 500 m. — 22219, même biotope que 8293; 11. nov.
Biol. ; Saxicole héliophile ou épiphyte; xérophyte adapté à des
biotopes d’une sécheresse extrême; le système radiculaire est étalé à
même la paroi rocheuse granitique ou doléritique, parfois en association
avec des Lichens et des Mousses, en l’absence de sol. Pseudobulbe tur¬
gescent en saison sèche, ratatiné dès avril. Fleurs blanc-crème épanouies
de nov. à fév. ; assez fréquent.
Distrib. : Guinée (Ziama) et Sierra Leone.
15. Bulbophyllum velutinum Reichb. f.
23624, épiphyte; Perankoro vers 400 m; fr. fév.
Distrib. : Sierra Leone, Liberia, Côte d’ivoire et Cameroun.
16. Calyptrochilum Ghristyanum (Reichb. f.) Summerh.
23010, forêt semi-décidue d’un replat du versant N. du Loma vers 800 m à proxi¬
mité de Denkali.
Biol. : Épiphyte commune en Afrique, à des altitudes variées et dans
des conditions écologiques peu strictes.
Distrib. : du Mali (massif de Kita 13°04 lat. N.) jusqu’au Gabon,
Congo et Angola.
17. Chamæangis vesicata (Lindl.) Schlecht. (= Listrostachys
vesicala Reichb. f.).
7291, sur tronc de Carapa procera; marigot Kasiama au pied du versant du Loma
près de Kimadugu vers 350 m; 11. août.
Biol. : Épiphyte; fleurs verdâtres, peu nombreuses, en grappes pen¬
dantes, éperon à extrémité renflée. Feuilles coriaces, d’un vert cendré,
de 30-35 X 1-2 cm.
Distrib. : De la Guinée au Gabon et jusqu’au Kénya.
Source : MNHN, Paris
Fig. 5. — Eulophia sp. (P. Jaeger 9410) : tu
18. Corymborkis corymbosa Thou.
7244,\!orèCà'TripIochilon scleroxylon, versant Nord Loma vers 680 m près Kima-
dugu. — 8942, même station. — 9299, forêt à Triplochilon ; basses pentes du Peran-
konko, extrémité Sud du Loma. — 23083, même station et même date que 8942.
Biol. : Terrestre, 0,50-1 m; souche rhizomateuse; feuilles larges
simulant celles de certaines Graminées de forêt (Olyra lalifolia...);
croit par taches; toujours rencontré à l’état stérile.
Distrib. : Connu du Nimba au Gabon et jusqu’en Afrique orientale
et australe.
19. Cyrtorchis arcuata (Lindl.) Schlecht. subsp. Whytei (Rolfe)
Summerh.
171, sur tronc de Ceiba penlandra coupé à 1 m du sol; galerie forestière près de
Boumboukoro, env. 5 km extrémité N.-E du Loma; il. oct.
Biol. : Épiphyte à feuilles crassulescentes ; fleurs à odeur de miel,
variables de blanches à jaunes suivant le stade de l’anthèse.
Distrib. : Guinée, Ghana, Centrafrique et jusqu’au Cap de Bonne
Espérance.
Source : MNHN, Paris
— 296 —
20. Cyrtorchis ringens (Reichb. f.) Summerh.
7358, dans la couronne et les hautes branches de Uapaca Heudelotii, bas-fond
près de Sini-Koro, pied du versant Ouest du Loma, vers 300 m; fl. sept.
Biol. : Épiphyte. Fleurs blanches à odeur de Jasmin, et éperon
d’env. 2 cm.
Distrib. : Sierra Leone, Côte d’ivoire, Congo.
21. Diaphananthe pellucida (Lindl.) Schlecht.
1815 et 2040, forêt humide ripicole du Kemberi près de Sini-Koro au pied du
versant Ouest du Loma vers 350 m; (1. sept. — 7374, bas-fond humide près de Sini-
Koro vers 300 m, sur tronc d’un Pseudospondias microcarpa. — 7566, galerie forestière
du Seyi près de Kondembaya; 11. sept. —- 23454, région de Sini-Koro; fr. janv.
Biol. ; Épiphyte assez fréquent en forêt humide ripicole au pied
du versant Ouest du Loma, se maintient dans la strate buissonnante de
la forêt; feuilles souvent couvertes de végétation épiphylle; inflorescences
pendantes à fleurs couleur de cire.
Distrib. : De la Guinée au Gabon et jusqu’en Ouganda.
Nota : Le Diaphananthe bidens (Afz. ex Schlecht.) Pers., largement
répandu de la Guinée au Congo, n'a pas été trouvé au Loma bien qu’il
soit par ailleurs connu du Nimba et de Sierra Leone.
22. Disa scutellifera A. Rich.
1042, prairie d'altitude du plateau sommital du Pic Bintumane vers 1 900 m; fin
de fl. août.
Biol. : Terrestre; 20-25 cm; sol pierreux doléritique. Fleurs roses à
labelle filiforme.
Distrib. : Nimba, Sierra Leone, Cameroun, Abyssinie.
23. Disa Welwitschii Reichb. f.
6985, « Plateau » vers 1 558 m, station marécageuse à Scirpus angolensis; fl. août. —
6951, prairie d’altitude vers 1 600 m, dalle rocheuse à A/rolrilepis pilosa; fin de 11.
juillet.
Biol. : Terrestre 20-40 cm; inflorescence dense d’un rouge vif;
labelle filiforme; fleurit en saison pluvieuse, fleurs inodores.
Distrib. : Nimba (prairies de crêtes jusqu’à 1 700 m) et Fon
(Schnell); Sud Nigeria, Centrafrique, Ouganda, Kénya.
24. Disperis thomensis Summerh. (fig. 3, 4).
273, rochers humides semi-ombragés du lit du Denkali, versant Nord Loma vers
800 m; fr. fin oct. — 629, rocher humide moussu ombragé en forêt dense, versant Nord
du Da-Oulen vers 1 100 m; fr. sept. — 1289, strate herbacée en forêt secondaire, pied
de versant, même station; fl. août. — 7755, rocher moussu en ravin boisé du versant
Nord du Fuen-Koli; fr. fin sept. — 7779, rocher moussu ombragé en forêt dense entre
Fuen-Koli et Da-Oulen vers 1 000 m; fr. début oct.
Source : MNHN, Paris
— 297 —
Biol. : Épiphyte sur troncs, saxicole ou terrestre orophyte sciaphile;
5-20 cm; appareil souterrain à tubercules; tige aqueuse avec une paire
de feuilles opposées inégales à face inférieure d’un rouge vineux; petites
fleurs blanches.
Distrib. : Fouta-Djalon; basses crêtes du Nimba (Schnell); Sierra
Leone (Sugar Loaf, Milne-Redhead); Sao Tomé; Angola.
25. Eulophia alta (L.) Fawc. et Rend.
9112, marécage ombragé entre Kania et Sini-Koro au pied du versant Ouest des
monts Loma vers 400 m; 11. janv.
Biol. : Terrestre; hampe de 1,75 m; fleurs vert-rougeâtre.
Distrib. : Sénégal...
26. Eulophia cucullata (Sw.) Steud.
9770, prairie d’altitude du « Plateau » vers 1 450 m; fl. avr. — 9850, même biotope
vers 1 550 m; 11. avr. — 9888, savane guinéenne incendiée à Lophira, avec Dissolis
grandiflora, Sculellaria pauci/olia et Smilax Kraussiana, piedmont Est Loma entre
Sekurela et Sanbanian vers 500 m; fl. avril.
Biol. : Terrestre, géophyte à tubercules; hampe aphylle pauciflore
de 0,50 à 1,20 m se développant après les premières pluies en fin mars
début avril, avant les feuilles. Fleurs grandes, par 3-10, voyantes et lilas-
violacé, inodores; éperon court et obtus. Peu fréquent.
Distrib. : Du Sénégal au Gabon, jusqu’à Zanzibar et l’Afrique
australe.
27. Eulophia gnineensis Lindl.
1749, forêt près de Perankoro, pied du versant S.-E du Loma vers 440 m; fl. sept.
Fig. 6. — Graphorkis lurida (Sw.) O. Ktze (2 ù 4, P. J. 9218) : 1, pseudobulbe, pédoncule
infloresccntiel et racines (N. H. 3542) : 2, bouton juvénile; 3, fleur épanouie; 4, sections
de l'éperon montrant le double canal.
Source : MNHN, Paris
— 298 —
Biol. : Terrestre, peu fréquent.
Distrib. : Du Sénégal à l’Abyssinie et jusqu’en Angola.
28. Eulophia Horsfallii (Batem.) Summerh.
9112, marécage ombragé entre Sini-Koro et Kania au pied du versant occidental
du Loma vers 450 m; (1. janv. — 23391, même station; il. janv.
Biol. : Terrestre, hygrophile; hampe de 1,75 m.
Distrib. : Du Sénégal au Gabon et jusqu’au Mozambique.
29. Eulophia longifolia (H.B.K.) Schlecht.
177, galerie forestière près de Kimadugu au pied du versant Nord des monts Loma
vers 400 m; 0. oct.
Biol. : Terrestre; rhizome tubéreux; hampe de 1,10 m. Peu fré¬
quent.
Distrib. : De la Guinée au Gabon jusqu’en Angola et Rhodésie du
Sud. Cité d’Amérique tropicale.
30. Eulophia shupangae (Reichb. f.) Kraenzl. (fig. 4).
971 et 989, prairie d’altitude du versant NE du Pic Bitumane vers 1 550 m;
fl. août. — 6923 et 6936, « Plateau», prairie d’altitude à Loudetia kagerensis vers 1600 m;
fl. juill. — 22167, même localité vers 1 550 m; fr. nov.
Biol. : 40-80 cm; appareil souterrain comportant deux tubercules
globuleux. Feuilles peu nombreuses, insérées sur un tubercule, dressées
parallèlement à la hampe et aussi longues qu’elle, larges de 1 cm. Inflo¬
rescence dense d’une vingtaine de fleurs jaunâtres avec des traînées pour¬
pres. Fleurit en saison pluvieuse; fréquent en prairie d’altitude.
Distrib. : Nimba et Côte d’ivoire jusqu’au Kénya.
31. Eulophia sp.
9410, « Plateau », prairie d’altitude vers 1 480 m dans le groupement à Hypar-
rhenia; fl. fév.
Biol. : Terrestre; tubercules souterrains disposés en série; hampe de
50-60 cm; inflorescences lâches à quelques fleurs grandes, voyantes, bru¬
nâtres et inodores, à éperon en crochet. Peu fréquent.
Distrib. : De la Guinée au Gabon.
Biol. : Terrestre; tubercules souterrains disposés en série; hampe
de 50-60 cm; inflorescences lâches à quelques fleurs grandes, voyantes,
brunâtres et inodores, à éperon en crochet. Peu fréquent.
32. Eulophidium maculatum (Stein) Pfitz (= E. Ledienii (St.)
De Wild.).
7438, épiphyte ramassée au sol en forêt dense du versant Ouest du Loma vers
700 m. Feuilles marbrées.
Source : MNHN, Paris
— 299 —
Distrib. : Du Sierra Leone au Gabon et jusqu'à Zanzibar.
33. Eulophidium Saundersianum (Reichb. f.) Summerh.
4311, en forêt, basses pentes du versant occidental du Loma près de Sini-Koro
vers 400 m; il. fév. (première récolte en Sierra Leone). — 9327, forêt dense des basses
pentes du versant oriental à l’Ouest de Mansonia, ravin vers 500 m; fl. fév. — 8042,
forêt dense, 600 m. — 23556, Nikidu Hill, 425 m, près de Kondembaîa, piedmont Ouest
du Loma.
Biol. : Terrestre ou semi-terrestre; hauteur 60-80 cm. Racines
longues, épaisses, blanchâtres, peu ou pas ramifiées; hampe dressée
pauciflore; tleurs rouge-brun à labelle rouge-brun bordé de jaune sale;
feuilles longuement pétiolées, 15 cm, à limbe de 60 X 6 cm.
Distrib. : De la Guinée au Gabon.
34. Graphorkis lurida (Sw.) O. Ktze.
6768, savane de piedmont Est entre Sekurela et le massif vers 600 m; sur tronc de
Terminalia glaucescens vers 2,5-3 m du sol. — 9218, basses branches d’un arbre de
savane, piedmont Ouest Loma vers 290 m; 11. et fr. fév. — 9597, sur Lophira lanceolala
avec Plalycerium angolense; enclave du versant Ouest forestier du Loma vers 600 m;
fr. mars.
Biol. : Épiphyte plus ou moins élevé sur arbre de savane; pseudo¬
bulbe conique jaunâtre. Plante remarquable par ses radicelles ascendantes
effilées. Fleurs jaunâtres (ou plus ou moins rougeâtres) ; sommet de l’éperon
divisé en deux canalicules par une cloison longitudinale.
Distrib. : Guinée portugaise jusqu’au Gabon, Centrafrique, Congo
et jusqu’en Ouganda.
35. Habenaria genuflexa Rendle f.
1552, base d’une coupole granitique du massif du Serelen-Konko sur mottes de
Mousses d 'Eriospora pilosa; 11. sept. — 7620, corniche granitique, versant Ouest du
massif du Serelen-Konko vers 600 m, sur sol noir marécageux à A/rotrilepis pilosa,
Scirpus brizi/ormis, Bulbostylis congolensis, Scleria melanoiricha, Ulricularia sp.;
11. sept. — 7814, crête sommitale du Da-Oulen vers 1 470 m; dalle rocheuse humide
avec Mousses, Aleclra sessiliflora var. senegalensis ; 11. oct. — 21896, Kamabaï.
Biol. : Terrestre de 25-40 cm, hygrophile; inflorescence lâche; fleurs
blanc-verdâtre au labelle divisé en lobes linéaires; éperon incurvé à 90°
et à bout renflé. Marécages de rochers et prairies des crêtes du Nimba
N-E, 1 600 m (Schnell).
Distrib. : Du Sénégal au Gabon et en Angola.
35 bis. Habenaria alï. anaphysema Reichb. f. (vid. Summerhayes)
1663, massif du Serelen-Konko; 11. sept.; terrestre.
36. Habenaria chlorotica Reichb. f.
578, prairie d'altitude; dalles rocheuses suintantes vers 1 600 m; fl. nov.
Biol. : Terrestre grêle de 20 cm; éperon de 2 cm.
Distrib. : Sierra Leone, Nord Nigeria, Ouganda, Kenya et jusqu’au
Transvaal et Natal.
Source : MNHN, Paris
— 300 —
37. Habenaria Engleriana Kraenzl.
933, galerie forestière près de Kimadugu; piedmont Nord Loma vers 400 m; fl.
août.
Biol. : Terrestre de 80 cm, densément feuillée; inflorescence pauci-
flore (6-8) ; fleurs blanches inodores ; labelle à deux lobes latéraux ciliés-
frangés; éperon long de 16-18 cm, à extrémité élargie verte.
Distrib. : de Guinée jusqu'au Sud Nigéria.
38. Habenaria Jægeri Summerh. (fig. 3, 1-3).
976, prairie d'altitude, versant Nord-Est du Pic Bintumane vers 1 500 m; fl. août
(type). — 6919, savane submontagnarde vers 1 200 m versant Est Loma; fl. juillet.
Biol. : Terrestre, parfois jusqu’à 1 m de hauteur; appareil souter¬
rain à deux tubercules. Fleurs blanches à labelle trilobé; lobes latéraux
profondément divisés; éperon de 4-6 cm, souvent entamé à l’extrémité
inférieure. Fleurit en saison pluvieuse; abondant en prairie d’altitude. La
plante noircit à la dessiccation.
Distrib. : Cette espèce est endémique de la dorsale guinéenne
(Dalaba, Fon, Loma). Elle est la plus occidentale de la section Mullipar-
tilæ qui compte 12 espèces d’Afrique tropicale, connue principalement
du Mont Cameroun (H. Mannii Hook. f.), d’Abyssinie et du Kénya.
Source : MNHN, Paris
— 301 —
D’autres espèces de cette section atteignent l’Indomalaisie d’après
SUMMERHAYES.
39. Habenaria leonensis Kraenzl. ex Dur. et Schinz.
246, Forêt du versant Nord du Loma vers 800 m. Rochers de la rive du Denkali;
nombreux fruits et quelques fleurs oct. — 1279, clairière humide ombragée, versant
Nord du Da-Oulen vers 1 100 m; fl. août. — 1353, crête sommitale du Da-Oulen vers
1 450 m, rochers; fl. août. — 1393, clairière humide ombragée, massif du Fuen-Koli;
fl. sept. — 1427, Monts Loma, région du centre; fl. sept. — 1478, versant Nord du Fuen-
Koli, ravin vers 1 300 m, rochers ombragés humides; fl. sept. — 1949, forêt du versant
Nord vers 800 m, rives rocheuses du Denkali; fl. sept. — 7365, épiphyte sur tronc de
Pseudospondias microcarpa; bas-fond humide près de Sini-Koro; piedmont Ouest
Loma vers 300 m; fl. sept.
Biol. : Terrestre, rarement épiphyte, de 25 à 40 cm; affectionne les
stations humides ombragées souvent rocailleuses ; fleurs blanches inodores ;
éperon atteignant 10 cm à extrémité renflée; fleurs en saison pluvieuse.
Distrib. : Guinée, Sierra Leone, Nimba et Tonkoui.
40. Habenaria macrandra Lindl.
23217 bis, forêt près de Bandakarfala, piedmont Ouest Loma vers 400 m; fr.
déhiscents janv.
Biol. : Terrestre.
Distrib. : Liberia, Nimba, Côte d’ivoire jusqu’au Gabon, Centra-
frique et jusqu’au Kivu et Tanganyika.
41. Habenaria malacophylla Reichb. f.
1424, Fuen-Koli, au pied d'un à-pic granitique; fl. sept., terrrestre.
Distrib. : Sierra Leone et Nigeria jusqu’en Abyssinie, Kénya et
Afrique australe.
42. Habenaria procera Lindl.
1816, forêt piedmont Ouest Loma (Sini-Koro) vers 350 m; fl. sept. — 22126,
massif du Pic Bintumane (versant Est); galerie forestière d'altitude du Néji vers
1 250 m.
Biol. : Épiphyte; fleurs blanches à éperon long de 8 à 10 cm.
Distrib. : De la Guinée au Gabon; île Principe.
43. Habenaria zambesina Reichb. f.
894, savane arborée entre Masadu et Kamaro, à l'Est près de la frontière guinéenne;
fl. août. — 7106, savane arborée près de Kimadugu, piedmont Nord Loma vers 400 m;
fl. août.
Biol. : Terrestre, 1-1,20 m. Fleurs blanches groupées en inflores¬
cence terminale dense; éperon de 2-3 cm; système radiculaire fasciculé.
Distrib. : Nimba, prairies arborées entre 900 et 1 000 m et prairies
des crêtes du Fon (R. Schnell). Afrique tropicale à l'exception selon
Summerhayes du Tanganyika et d’une grande partie du Kénya.
Source : MNHN, Paris
— 302 —
44. Habenaria sp. (sect. Bilabrella).
429, pentes du Bintumane dans une touffe d 'Eriospora. — 1984, versant NE du
Pic Bintumane; mottes de Mousses sur dalles inclinées humides vers 1 500 m; terres¬
tre; 11. sept. — 7877, prairie d’altitude vers 1 600 m; station marécageuse. — 7892,
sommet du Pic Bintumane, zone marécageuse. — 7992, prairie d’altitude 1 600 m.
45. Liparis guineensis Lindl.
719, rocher granitique, formation à Dissolis leonensis, crête du Da-Oulen vers
1 450 m; fr. nov. — 1344, crête sommitale du Da-Oulen, vers 1 470 m, en contrebas
d’un bloc granitique; 11. août.
Biol. : Terrestre ou saxicole haut de 10 à 15 cm, à tubercules souter¬
rains; feuilles basales larges; fleurs blanc-verdâtre épanouies en saison
pluvieuse.
Distrib. : Plante commune largement répandue en Afrique tropi¬
cale, en altitude ou non. De la Guinée au Gabon et jusqu’au Nyassaland.
46. Liparis rufina (Ridl.) Reichb. f. ex Rolfe.
6950, prairie d'altitude du * Plateau », faciès à Loudelia kagerensis vers 1 600 m;
il. juillet. — 6986 et 7097, même station; fl. août. — 22605, prairie sur dalle rocheuse
du Da-Oulen.
Biol. : Terrestre, haut de 10-35 cm; souvent par taches en prairie
d’altitude. Appareil souterrain à deux tubercules. Fleurs jaune clair
épanouies en saison pluvieuse, peu voyantes.
Distrib. : De Sierra Leone au Gabon.
47. Malaxis Maclaudii (Finet) Summerh.
6840, galerie forestière du Néyi vers 1 250 m versant Est Loma, massif du Pic
Bintumane; fl. juillet. — 7747, forêt dense, massif du Serelen-Konko vers 1 100 m;
rocher moussu ombragé avec Asplénium Dregeanum ; fr. sept.
Source : MNHN, Paris
— 303 —
Biol. : Terrestre, haut de 10-15 cm, parfois saxicole sciaphile, humi-
cole; grégaire en forêt; souche rhizomateuse. Fleurs brunâtres, épanouies
en saison pluvieuse ; peu fréquent.
Distrib. : De la Guinée au Gabon et jusqu’au Soudan oriental.
48. Manniella Gustavi Reichb. f.
7529, forêt rélictuelle à Tarrielia ulilis, piedmont Ouest Loma vers 300 m. — 8776,
forêt marécageuse ripicole, au pied„Nord-Ouest du Da-Oulen vers 1 100 m avec Cyalhea
Mannii; fl. janv.
Biol. : Terrestre humicole atteignant 40-50 cm de hauteur. Appareil
souterrain ramifié d’aspect velu; feuilles panachées de petites taches
blanchâtres; fleurs brunâtres; peu fréquent.
Distrib. : De la Guinée (Loffa) et au Gabon et jusqu’en Ouganda.
49. Nervilia Afzelii Schlecht.
22028, Sekurela (feuilles non lobées).
Distrib. : Guinée, Côte d’ivoire, Centrafrique, Cameroun et Ouganda.
50. Nervilia purpurata (Reichb f. et Sond.) Schlecht.
6819, savane submontagnarde à Cyperus angolensis, versant Est Loma vers
F100 m. — 7305, savane arborée à Lophira près de Kimadugu, piedmont Nord Loma
vers 400 ra.
Biol. : Terrestre, feuille unique étalée à même le sol; appareil sou¬
terrain à 1 ou 2 tubercules globuleux d’env. 1 cm de diamètre.
Distrib. : Sénégal, Mali, Haut-Dahomey, Haute-Guinée et Congo-
Kinshasa.
51. Nervilia sp. aff. reniformis Schlecht. vel Afzelii Schlecht.
965, forêt secondaire versant Nord du Loma vers 800 m en bordure du Denkali. —
2034, forêt secondaire des basses pentes du Fikong, versant Nord Loma vers 600 m. —
6815, forêt secondaire des basses pentes du versant Est du Loma vers 700 m, région de
Sekurela. — 7296, savane arborée à Lophira.
52. Phyllomphax helleborina Schlecht.
6759, galerie forestière en piedmont Est entre Kurubonla et Sekurela vers 500 m;
11. juillet. — 6841, galerie forestière d’altitude, versant Est. — 22168, prairie d’altitude
vers 1 550 m; fr. mûr nov. de détermination ± douteuse.
Biol. : herbe terrestre de 50-60 cm de hauteur; fleurs grandes peu
nombreuses, faiblement odorantes. Peu fréquente.
Distrib. : De la Guinée au Cameroun et Centrafrique.
53. Platylepis Gilgiana Krænzl. (= Hæleria occidenlalis Summ.j.
9306, galerie forestière piedmont Sud-Est Loma près de Perankoro; fl. fév. — 23680,
même localité, ait. 500 m, forêt.
Source : MNHN, Paris
— 304 —
Biol. : Terrestre dressée de 20-30 cm, à base rampante. Ovaire et
axe d’inflorescence garnis de poils glanduleux; peu fréquent.
Distrib. : Guinée, Côte d’ivoire, Cameroun, Centrafrique, Mayombe.
54. Podangis dactyloceras (Reichb. f.) Schlecht. (= Lislroslachys
daclyloceras (fig. 3, 3).
9524, rochers épars en prairie d’altitude près du rebord Est du « Plateau », 1 550 m;
fl. et fr. mars. Récolte unique.
Biol. : Saxicole héliophyle de 10-15 cm à feuilles équitantes, charnues.
Inflorescences à 15-20 fleurs blanches, inodores.
Distrib. : Non signalé dans la dorsale en dehors du Loma. Fouta-
Djalon, Sierra Leone, Togo, Nigeria, Cameroun, Angola.
55. Polystachya Bequærtii Summerh.
660, crête rocheuse sommitale du Da-Oulen, 1 450 m; fl. nov. — 8553 et 8775,
même station; fl. déc. et janv. — 22591 bis, même station, ait. 1 120 m, rochers verti¬
caux. — 22218, Bintumane » Plateau », 1 600 m.
Biol. : Strictement saxicole héliophile adapté à un microclimat sec.
Pseudobulbes encastrés dans la moindre fente rocheuse, parfois en asso¬
ciation avec des Lichens et des Mousses. Fleurs roses épanouies en saison
sèche. Assez fréquent en altitude.
Distrib. : Endémique; Sierra Leone et Liberia. Cette espèce de la
section Dendrobianihe est isolée en Afrique occidentale ; ses affinités sont
en Afrique orientale et australe selon Summerhayes.
56. Polystachya Dalzielii Summerh. (fig. 7).
4249, « Plateau » vers 1 600 m, galerie forestière; épiphyte sur basses branches de
Syzygium Slaudlii en lisière; fl. fév. — 8765', crête sommitale du Da-Oulen, 1 470 m;
saxicole sur blocs granitiques à A/rolrilepis Jægeri ou épiphyte sur buissons avoi¬
sinants; boutons janv. — 8852, « Plateau » vers 1 550 m, galerie forestière; épiphyte sur
branches basses; fl. janv. — 9383, même station, 1 600 m, sur Memecylon fasciculare
en lisière; fl. fév. — 9483, sur dalle granitique affleurante en prairie d’altitude du « Pla¬
teau » vers 1 600 m, fl. mars.
Biol. : Épiphyte ou saxicole héliophile de 5-15 cm de hauteur;
appareil radiculaire étalé à même le substrat. Fleurs très belles, couleur
de lilas, inodore ou rappelant l’odeur du Loroglossum hircinum, épanouies
en saison sèche; grégaire.
Distrib. : Afrique occidentale.
57. Polystachya aiï. dolichophylla Schlecht.
7169’, « Plateau », galerie forestière d'altitude vers 1 600 m; sur liez milis. —
9497, même station; fl. mars. — 9682, même station; fl. mars; sur Parinari excetsa
et Nuxia congesla.
Source : MNHN, Paris
— 305 —
Biol. : Lpiphyte en forêt montagnarde; hauteur 5-10 cm; racines
étalées et souvent enchevêtrées dans un manchon de Lichens et de Mousses.
Pas de tubercule ; feuilles non crassulescentes. Fleurs roses odorantes.
58. Polystachya laxiflora Lindl.
1253, massif du Pic Bintumane, galerie forestière vers 1 500 m; fr. août. — 4236,
même station; il. fév. — 7635, massif du Sarabaldou vers 1 320 m, lisière de galerie
forestière, sur rocher moussu avec Utricularia; fr. sept. — 9500, versant Est du massif
du Bintumane vers 1 300 m, lisière de galerie forestière du Néji; avec Bulbophyllum
luputinum ; il. mars. — 9710, forêt secondaire au pied du Da-Oulen vers 1 100 m, sur
tronc de Ficus mucuso; 11. avr. — 22132, galerie forestière d'altitude du Néji vers
1 250 m ; sur Parinari excelsa. — 22536, forêt dense au pied du Da-Oulen vers 1 050 m,
sur Parinari excelsa.
Biol. : Orophyte, sciaphile; épiphyte ou saxicole. Appareil radiculaire
étalé à même le substrat. Feuilles légèrement crassulescentes. Fleurs
blanches à odeur de salicylate de méthyle, épanouies en saison sèche. La
plante noircit au cours de la dessiccation.
Source : MNHN, Paris
— 306 —
Distrib. : Nimba SW, en forêt montagnarde (R. Schnell). Mont
Tonkoui (Mangenot et Aké Assi). De la Guinée au Gabon et jusqu’en
Ouganda.
59. Polystachya leonensis Reichb. f.
9567, galerie forestière d’altitude 1 600 m « Plateau »; rocher demi-ombragé en
lisière; fl. mars.
Biol. : Saxicole de 20-25 cm de hauteur; feuilles équitantes non char¬
nues; racines étalées à même le substrat. Pseudobulbes en série. Grappes
de fleurs jaune-verdâtre, odorantes, dépassant les feuilles.
Distrib. : Connue comme épiphyte en forêt basse du Nimba vers
1 500 m (R. Schnell). Guinée, Sierra Leone, Liberia, Côte d’ivoire,
Nigéria.
60. Polystachya microbambusa Kraenzl. (= Nienokuea micro-
bambusa (Kr.) A. Chev.) (fig. 9).
382, Prairie d’altitude du Pic Bintumane; milieu rocheux avec association à Afro-
Irilepis pilosa; fr. nov. — 977, même station versant NE vers 1 900 m; même biotope;
11. août. — 1046, plateau sommital doléritique vers 1 900 m; même association; 11.
août. — 1676, à-pic granitique du Kukunia, massif du Serelen-Konko, vers 1 300 m;
même association; 11. sept. — 6918', prairie d’altitude du « Plateau », 1 600 m, faciès à
Loudetia kagerensis associé à A/rolrilepis pilosa; 11. juillet. — 6978, même localité vers
1 550 m, dalle affleurante avec A/rotrilepis pilosa ; 11. août. — 7621, corniche granitique
du versant Ouest Loma vers 650 m, massif du Serelen-Konko; même association; 11.
sept. — 8716, même station; fr. déc.
Biol. : Épiphyte sur touradons d’Afrotrilepis pilosa. Fleurs jaunes
épanouies en saison pluvieuse dès mars-avril. Orophyte.
Distrib. : Montagnes de l’Afrique occidentale : Monts Nzo, Niéno-
koué, Dou (A. Chevalier), Nimba (R. Schnell).
61. Polystachya Pobegnini (Finet) Rolfe (det. V. Summerhayes)
4185, sur blocs granitiques épars en prairie d'altitude du Kundu-Konko, 1 680 m;
dépendance Est du Pic Bintumane; 11. janv.
Biol. : Saxicole héliophile adapté à un milieu d’une sécheresse extrê¬
me; rappelle par ses affinités et sa biologie le P. Dalzielii.
Distrib. ; Fouta-Djalon, NE du Nimba vers 1 600 m (R. Schnell).
62. Polystachya puberula Lindl.
1778, épiphyte sur Parkia près de Kruto, piedmont Ouest Loma; avec Plalyce-
rium angolense.
Distrib. : Guinée, Sierra Leone, Liberia, Cameroun.
63. Rangæris brachyceras (Summerh.) Summerh.
1178, en ravin boisé, versant NE du Pic Bintumane vers 1 600 m; fl. août. —
4274, sur Eugenia Pobeguinii, aux extrémités des branches, en ravin boisé, versant NE
Source : MNHN, Paris
— 307 —
du Pic Bintumane vers 1 700 m; avec Lichens et Mousses; 11. et fr. fév. — 8006, sur
Cralerispermum laurinum, basses branches, en ravin boisé du versant NE du Pic
Bintumane; 11. et fr. oct.
Biol. : Épiphyte montagnarde. Racines longues verdâtres chemi¬
nant dans un revêtement de Mousses et de Lichens. Fleur orodante
blanc-crème.
Distrib. : Fouta-Djalon (A. Chevalier), Nimba NE 1 400 m
(R. Schnell), Tonkoui (Aké Assi). Jusqu’au Congo et Ouganda.
64. Rangæris muscicola (Reichb. f.) Summerh.
1181, ravin boisé du versant NE du Pic Bintumane vers 1 700 m; fl. août. — 4003,
par terre en forêt semi-décidue, replat du versant du Loma vers 800 m sur la rive gau¬
che du Denkali.
Biol. ; Épiphyte. Feuilles équitantes noircissantes en cours de dessic¬
cation. Fleurs blanches à éperon de 4-5 cm.
Distrib. : De la Guinée au Cameroun et jusqu’en Angola et Afrique
orientale.
65. Satyrium atherstonei Reichb. f.
1049, marécage de rocher à sol noir, sommet du Pic Bintumane vers 1 900 m;
11. août. — 6982, « Plateau » vers 1 550 m, marécage à Scirpus angolensis, Bulbostylis
lanipes; fin de fl. début août.
Biol. : herbe terrestre hygrophile. Appareil souterrain à tubercules.
Bractées et fleurs d’un blanc sale, inodores; fleurs non résupinées.
Distrib. : Crêtes du Fon, 1 600 m (R. Schnell); Fouta-Djalon,
1 000 à 1300 m (A. Chevalier). Sierra Leone, Nigeria, Cameroun,
Centrafrique et jusqu’en Rhodésie du Sud.
66. Schwartzkopffla pumilio (Lindl.) Schlecht.
9606, versant Ouest forestier des monts Loma vers 720 m sur sables alluvion¬
naires en forêt ripicole; 11. mars.
Biol. ; petite herbe terrestre à hampe aphylle charnue dressée de
5-10 cm, à allure de saprophyte. Appareil souterrain à 2 ou 3 tubercules.
Fleurs roses peu nombreuses. Récolte unique.
Distrib. : Sierra Leone, Liberia, Côte d’ivoire et Togo.
67. Tridactyle armeniaca (Lindl.) Schlecht. (det. V. Summer-
hayes)
4283, épiphyte sur basses branches de Syzygium Slaudlii, ravin boisé du versant
NE du Pic Bintumane vers 1 700 m; 11. fév.
Distrib. : Forêt de Nion (R. Schnell). Afrique occidentale.
68. Tridactyle anthomanica (Reichb. f.) Summerh.
7785, épiphyte sur basses branches de Gærlnera paniculala en forêt claire, pied du
versant NW du Da-Oulen vers 1 100 m.
Source : MNHN, Paris
— 308 —
Distrib. : De la Guinée au Gabon, Centrafrique et jusqu’en Ouganda.
69. Tridactyle tridactylites (Rolfe) Schlecht. (fig. 8).
7191, sur Syzygium Slaudlii. Galerie forestière d’altitude du « Plateau » vers
1 600 m. — 8766, touffes de 20 à 30 cm de hauteur sur blocs granitiques de la crête du
Da-Oulen, 1 470 m, associées à des mousses et A/roIrilepis Jægeri. —• 9396, sur Hyme-
nodiclyon (loribundum ou sur rochers granitiques épars à travers la prairie d'altitude du
« Plateau » vers 1 600 m; fl. fév. — Autres spécimens stériles ± douteux : 1190, sur
Eugenia Pobeguinii, ravin boisé du versant NE du Pic Bintumane vers 1 700 m. —
7189', sur Syzygium Slaudlii, galerie forestière d’altitude vers 1 600 m.
Biol. : Épiphyte ou saxicole, dressé à 25-30 cm ; petites fleurs brunes
épanouies en saison sèche.
Distrib. : Nimba NE (R. Schnell), mont Dou (R. Portères).
De la Guinée au Gabon et jusqu’en Angola et Afrique orientale.
70. Vanilla imperialis Kraenzl.
8946, galerie forestière près de Kimadugu, piedmont Nord Loma vers 400 m. —
23118, même station.
Biol. : Liane à épaisses tiges charnues cylindriques de 2-3 cm de
diam. Feuilles glabres charnues de 20-25 X 10-12 cm.
Distrib. : Ghana, Cameroun, Congo, Angola.
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« PSEUD OPTERID OPHYTA »
DEUX CAS EXCEPTIONNELS DE PLANTES VALABLEMENT DÉCRITES
DANS UN EMBRANCHEMENT IMPROPRE DU RÈGNE VÉGÉTAL
par H. Heine
Gustav Kunze, grand ptériodologue de Leipzig de la première moitié
du xix e siècle, publie en 1836, dans un inventaire des Ptéridophytes de
l’Afrique du Sud qu’il rédigea, l’identification de deux échantillons de la
collection Drège, appartenant apparemment à une fougère. Il les rattache
alors à une espèce déjà décrite depuis quelque temps, Lomaria coriacea
Schrad. L’identification été effectuée sur du matériel stérile — deux
frondes ne montrant aucune fructification — et Kunze, au moment de
l'étude de ce matériel, ne disposait pas des échantillons authentiques de
Schrader : ces circonstances l’incitent à ajouter à son identification et
aux références bibliographiques correspondantes une courte description
et un commentaire. Peu après, il a l’occasion de voir les échantillons de
Schrader, et s’aperçoit ainsi que ceux qu’il a rapportés à Lomaria
coriacea Schrad, appartiennent en réalité à une nouvelle espèce pour
laquelle il propose le nom de Lomaria eriopus, sans en donner de descrip¬
tion; il se rapporte seulement à celle déjà publiée antérieurement sur la
plante qu’il a rattachée à L. coriacea Schrad. dans son travail de 1836.
En 1853, Th. Moore, dans un supplément à une liste de fougères
du Natal, de la collection de R. W. Plant, décrit un plante étrange pour
laquelle il établit un nouveau genre : Slangeria. Il remarque que ce genre
est « of dubious affinity »... « either a fern-like Zamia, or a zamia-like
Fern ». Le nom générique commémore le nom du Dr. William Stanger,
Surveyor-General du Natal; celui-ci, en 1851, avait envoyé, du Natal
au Jardin botanique de Chelsea, la plante étudiée par Th. Moore. En
raison de son affinité douteuse, la seule espèce connue de ce nouveau genre
reçut l’épithète paradoxa.
Dans la publication originale, Th. Moore indique que cette plante a
déjà été « referred to Lomaria , under the name of Lomaria lagopus (sic!
voir plus loin), by Kunze », et il laisse entendre que cette conspécifité lui
a été communiquée. Comme il est question de John Smith dans le même
paragraphe de cette publication, de l'époque « Curator » des Jardins bota¬
niques royaux de Kew, il est fort probable qu’il ait été l'auteur de ce ren-
Source : MNHN, Paris
— 312 —
seignement. J. Smith publie en effet un an après, et dans le même pério¬
dique, un article intitulé : « Observations on a remarkable Cycadaceous
Plant from Port Natal » où il précise toute l’historique taxinomique de
cette plante « paradoxale », avec des mises au point nécessaires en ce qui
concerne la publication originale de Th. Moore : eriopus au lieu de
« lagopus »; indication correcte du collecteur Drège des deux échantil¬
lons vus et décrits par Kunze (Moore avait indiqué, par erreur, « Guein-
zius »), etc... De plus, Smith corrige l’auteur du Slangeria paradoxa en ce
qui concerne 1’ « inventeur » de cette plante (Moore avait parlé de Dr. Stan-
ger comme « its enterprising discoverer ») ; il précise que Stanger n’était
rien d’autre que l’introducteur, tandis qu’elle avait été découverte long¬
temps auparavant par Drège et par Gueinzius. C’était d’ailleurs ce
dernier qui, d’après Smith, avait trouvé, en 1849, un cône mâle de cette
plante curieuse qu’il avait rattachée, à juste titre, à la plante originale¬
ment décrite par Kunze sous le nom de Lomaria eriopus. L’échantillon
correspondant avait été mis à la disposition de Smith par le Dr. Balfour,
d’Edimbourg; il porte l’indication suivante sur son étiquette : « Lomaria
eriopus, Knz. in Linnæa, vol. XII. p. 152. Fructificationem detexi anno
1849, W. Gueinzius, Port Natal. » Ni Moore, ni Smith n’avaient vu,
au moment de leurs publications respectives, les plantes $ ou <$ avec
leurs cônes : tous les deux se sont basés sur la précision fournie par l’éti¬
quette de Gueinzius; Smith, de plus, a été guidé par son flair de jardinier
très érudit x . Dans la session de la Société Linéenne de Londres du 7 novem¬
bre 1854, Samuel Stevens, F.L.S., exposa des cônes $ et $ de Slangeria
paradoxa (ainsi que des cônes d’Araucaria Cookii, de la Nouvelle-Calé¬
donie), et J. D. IIooker rapporta, en 1859, que des cônes $ et avaient
été obtenus entre-temps à partir de plantes cultivées à Kew.
« Slangeria paradoxa » est désormais une curiosité très appréciée des
jardins botaniques et son histoire semblait parfaitement connue. La
description comme fougère a été considérée comme « imperfect » (Hooker
fil., Iqc. cit. 1859), et malgré sa priorité, on n'a pas voulu en tenir compte
pour la nomenclature de l’espèce. De plus, la fameuse « Kew rule »,
d’après laquelle le nom valable d’une plante est celui qui lui est donné
pour la première fois dans le bon genre, en dépit de l’existence éventuelle
d’un binôme antérieur valablement publié dans un genre « impropre »,
n’a pas du tout incité les botanistes à mettre la nomenclature de « Slan¬
geria paradoxa » au point. Mais la « Kew rule » est abandonnée depuis
longtemps; elle est contraire aux principes du Code international de la
nomenclature botanique, conçu par A. De Candolle en 1867.
La nomenclature de la Cycadée « paradoxale » a alors été révisée par
Bâillon en 1892, dans le chapitre des Cycadées de son « Histoire des
Plantes », où le binôme « S. eriopus » est publié, très modestement, dans les
1. < It however appeared to me just such a cône (= le cône de l'échantillon de
Gueinzius qui n’est pas accompagné d'une fronde) as might, from analogy, be expected
to be produced by a plant like that at Chelsea. » (Smith, 1. c., p. 89, 1854).
Source : MNHN, Paris
— 313 —
notes relatives au genre Slangeria. Le basionyme est clairement indiqué,
avec la référence bibliographique, et « Slangeria paradoxa » (également avec
la référence bibliographique correcte) est cité en synonymie. Ce binôme
valablement publié par Bâillon a échappé aux réalisateurs de l’Index
kewensis, et jusqu’à ce jour il n’est utilisé nulle part dans le monde bota¬
nique avec la référence correcte à son auteur primitif.
Nash, qui a cru, en 1909, être le premier à effectuer le transfert taxi¬
nomique, s’est trompé a cet égard, et de même tous les auteurs qui l’ont
suivi, y compris l’Index kewensis qui n’indique d’ailleurs « Slangeria
eriopus (Kunze) Nash » que dans son neuvième supplément (1938), c’est-à-
dire presque trente ans après sa publication. Les présentes lignes rendent
donc justice à un des grands botanistes français du xix e siècle pour son
travail méticuleux et consciencieux au sujet de l’histoire taxinomique
d’une plante d’un très grand intérêt scientifique.
Publiée dans une revue de vulgarisation et d’horticulture, la note
de G. V. Nash sur le Slangeria eriopus (Kunze) Nash cultivé au jardin
botanique de New York a été portée bientôt à la connaissance des bota¬
nistes et des horticulteurs.
Malgré tout, on trouve encore, dans la monographie des Cycadacées
dans le « Pflanzenreich » de 1932, ainsi que dans beaucoup de jardins
botaniques et d’ouvrages d’horticulture, le nom illégitime de Stangeria
paradoxa. La plante, elle-même, est maintenant bien connue à tous les
points de vue; elle se trouve dans tous les jardins botaniques importants,
et l’auteur de ces lignes fut particulièrement enchanté d'admirer un très
beau groupe de cette Cycadacée au port de fougère, lors d’une visite au
jardin botanique de Lisbonne, en septembre 1960. On y trouve, en pleine
terre, des touffes magnifiques avec des cônes Ç et <J. Le Dr. R. A. Dyer,
de Pretoria, a donné dans son beau traité des Cycadacées de l'Afrique du
Sud (1965) beaucoup de détails botaniques qui concernent cette espèce.
Mais comme cet auteur ne cite que le nom correct et son basionyme l 2 , et que
les synonymes et les références bibliographiques ne sont pas données de
manière très satisfaisante dans la monographie de Schuster (1932),
il semble utile d’en présenter ici de nouveau les détails les plus importants,
qui illustrent si bien les vicissitudes que cette espèce a subies, tant dans
sa position systématique que dans sa nomenclature.
Stangeria eriopus (Kunze) Baill., Histoire des Plantes 12 : 68
(1892).
Slangeria eriopus (Kunze) Nash, Journ. New York Bot. Gard. 10: 164, pl. 62
(1909); J. Hutchinson et G. Rattray, in A. W. Hill*, Fl. Capensis 5, 2, suppl. :
26, fig. 3 (1933); A. W. Hill et collaboratores, Index Kewensis, suppl. 9 : 266 (1938);
Royal Botanic Gardens, Kew, Hand-List of Conifers and other Gymnosperms in thc
1. Il n'était pas dans le but de son travail de donner les synonymies et références
bibliographiques complètes; celles-ci feront partie du traitement des Cycadacées pour
la > Flora of Southern Africa » du même auteur, actuellement en préparation.
2. Synonymie et références bibliographiques très complètes.
Source : MNHN, Paris
— 314 —
Royal Botanic Gardens, Kew, and the National Pinetum, Bedgebury, ed. 5 : 33 (1961);
R. A. Dyer, Bothalia 8 : 429, fig. 18-20 (1965).
Lomaria coriacea auct. : G. Kunze, Linnaea 10 : 506 (1836), non L. coriacea Schra-
der, GOttinger gelehrte Anzeigen 1818,1, (92) : 916 (1818).
Lomaria eriopus Kunze, Linnaea 13: 152 (1839); L. Pappe et R. W. Rawson,
Synopsis Filicum Africæ australis : 53, 54 (1858); M. Kuhn, Kilices africanæ : 203
(1868); Th. R. Sim, Ferns of South Africa : 124 (1892), ibid., ed., 2 : 188, 345, 374
(1915); C. Christensen, Index Filicum : 403 (1906)*.
Stangeria paradoxa Th. Moore, in Hooker's Journal of Botany and Kew Gar-
den Miscellany 5 : 228 (1853); J. Smith, ibid. 6: 88-90 (1854); S. Stevens, Proceed.
Linn. Soc. London 2 : 340 (1854); L. Pappe et R. W. Rawson, Synopsis Filicum Afri¬
cæ australis : 53, 54 (1858); J. D. Hooker, Bot. Mag. 85, t. 5121 (1859); A. De Can-
dolle, Prodr. 16, 2 : 530 (1868); Bentham et Hooker fil., Gen. PI. 3: 446 (1880);
A. W. Eichler, in Engler et Prantl. Natürl. Pflanzenfamilien II, 1 : 22 (1889),
R. Pilger, ibid., ed. 2, 13: 75 (1926); J. Schuster, POanzenreich IV. 1 (Heft 99) :
103, fig. 15, t. 3 (1932).
Ce cas exceptionnel du transfert d’un taxon d’un embranchement du
règne végétal dans un autre est, maintenant, assez bien connu dans le
monde botanique (sauf pour des détails qui concernent la bibliographie
et la priorité du transfert qui sont mis au point dans les lignes précé¬
dentes) ; il a été rappellé ici surtout à cause d’un deuxième cas tout à fait
analogue, mais qui jusqu’à ce jour a échappé à l’attention des botanistes
en application des règles du Code international de la nomenclature bota¬
nique.
Lors de la préparation et des révisions pour une adaptation fran¬
çaise du « Manual of Aquarium Plants » de C. D. Roe (l re édition Shirley,
Solihull, 1960), le présent auteur a eu l’occasion de réviser, dans les her¬
biers du Laboratoire de Phanérogamie du Muséum National d’Histoire
Naturelle de Paris, deux isotypes de Salvinia lævigata Humb. et Bonpl.
ex Willd. — L’un d’eux se trouve dans l’herbier de Humboldt et Bon-
pland, l’autre dans l’herbier général. Le premier montre, sur son éti¬
quette originale, l’inscription « Salvinia lævigata — Sta Fé », de la main
d’Aimé Bonpland; le deuxième, muni d’une étiquette de 1’ « Herbier de
l’Amérique équatoriale donné par A. Bonpland », ne porte pas d’inscrip¬
tion originale. Les deux échantillons ont été annotés, par une autre main
(qui n’a pu être identifiée) avec la référence à la publication originale de
Willdenow : « Salvinia lævigata Willd. Sp. pl. V. 537 » (l’échantillon
de l’herbier de Humboldt et Bonpland avec la citation légèrement modi¬
fiée « H. B. Willd. », au lieu de « Willd. »), la localité « Sta Fé », et la
remarque « est Limnobium, teste Cl. Triana ». — De plus, l’échantillon
de l’herbier général montre, dans une autre écriture, l’identification
suivante (nettement postérieure à l’inscription citée ci-devant) « Limno¬
bium » et « Trianea bogolensis Karst. »; le premier nom se trouve écrit
au-dessus de « Salvinia lævigata », le binôme au-dessous.
Au prime abord, il est évident que cette « Salvinia » n’est, en effet,
1. Toutes les références données ici à partir de Pappe et Rawson indiquent ce
binôme comme appartenant à la synonymie de « Slangeria paradoxa ».
Source : MNHN, Paris
— 315 —
rien d’autre que le Limnobium sloloniferum (G. VV. F. Mey.) Griseb.,
petite Hydrocharitacée d’Amérique tropicale, au port de morène ou de
grande lentille d’eau plutôt que de Salvinia. Par ailleurs, le binôme « Tria-
nea bogolensis », indiqué sur l’étiquette, fait allusion à la même localité
que celle du type de Salvinia lævigata et figure depuis longtemps dans la
synonymie de Limnobium sloloniferum. La capitale de la Nouvelle-Gre¬
nade (dont l’appellation changea, en 1861, en « États-Unis de Colombie »
et en 1886 en « République de Colombie ») était autrefois appelée Santa
Fé de Bogota; c’est donc de cette localité dont il est question sur les éti¬
quettes des deux échantillons de la collection de Humboldt et Bon-
pland, ainsi que dans la description originale de Salvinia lævis de Will-
denow.
Quand Willdenow décrivit, en 1810, cette nouvelle espèce de
« Salvinia », il ne connaissait que trois autres espèces de ce genre avec
des feuilles « supra fasciculato-setosis » ( Salvinia nalans L., S. rolundifolia
Willd., S. auriculata Aubl. ; Willdenow, /. c. : 436, 537, 1810). Salvinia
lævigata, dont l’épithète est empruntée à Humboldt et Bonpland, était
donc la seule espèce du genre à feuilles glabres, et le nom semblait parfai¬
tement bien choisi. L’holotype de cette espèce se trouve dans l’herbier
Willdenow *.
L’identité de Salvinia lævigata Humb. et Bonpl. ex Willd. a été
reconnue il y a plus d’un siècle, par Alexander Braun, en 1865. Celui-ci
indique, dans le « Prodomus Floræ Novo-Granatensis », publié par J. Tria-
na et J.-F. Planchon : « Salvinia lævigata W., Spec., V., p. 537; Kunth
in Humb. Bonpl., Nov. Gen. I, p. 44; Syn., p. 101; Schlecht., Linn. V,
624, delenda est; specimina Humboldtiana Trianeam bogotensem Karst.,
Linn., XXVIII, p. 424, 425; mexicana Lemnam sistunt. »
Tous les auteurs postérieurs ont accepté la détermination d’A. Braun,
mais personne n’a envisagé les conséquences résultant de la priorité de la
publication de Willdenow sur celle de Hydromyslra stolonifera, effectuée
par G. F. W. Meyer dans ses « Primitiæ Floræ Essequebonensis » (1818),
et considérée, à tort jusqu’à ce jour, comme la description originale de la
petite Hydrocharitacée en question.
La conspécifité de « Salvinia lævigata » et de « Trianea bogolensis »
est donc un fait établi depuis longtemps; pourtant, le transfert inévi¬
table de ce deuxième « Pseudoptéridophyte », qui est le Salvinia lævigata,
dans les Phanérogames n’a jamais eu lieu. Il est réalisé maintenant, dans
le tableau suivant qui donne la synonymie et les références bibliogra¬
phiques les plus importantes de cette espèce.
Limnobium lævigatum (Humb. et Bonpl. ex Willd.) Heine, comb.
nov.
Salvinia lævigata Humb. et Bonpl. ex Willd., Sp. pl. 5: 537 (1810); Humboldt,
Bonpland et Kunth, Nov. Gen. et Sp. Pl. 1: 44 (1816); Kunth, Syn. pl. itin. Humb.
1. Cet herbier contient 3360 spécimens de la collection de Humboldt et Bon¬
pland; cf. I. Urban, Beih. Bot. Centralbl. 34 : 414 (1917).
Source : MNHN, Paris
— 316 —
et Bonpl. 1: 101 (1822); A. Braun, in J. Triana et J.-E. Planchon, Ann. Sci. Nat.,
5° sér., Bot. 3 : 311 (1865); J. G. Baker, Journ. Bot. 24 : 99 (1886); C. Christensen,
Index niicum : 615 (1906) '.
Hydromyslria slolonifera G. F. W. Meyer, Prim. Fl. Esseq. : 152 (1818); Ascher-
son et Gürke, in Engler et Prantl, Natürl. Pflanzenfam. 11. 1 : 258 (1889);
P. A. Rydberg, Fl. N. Am. 17 (1) : 74 (1909); L. Hauman *, Anales Mus. Nac. Hist.
Nat. Buenos Aires 27 : 325-331 (1915); I. Urban, Symb. Antill. 8: 10 (1920).
Jalambicea repens Cervantes ex La Llave et Lexarza, Nov. Veg. Descr. 2 :
12 (1825);
Trianea bogolensis Karsten, Linnæa 28: 424 (1857); W. Neubert, Deulscli.
Mag. f. Garten- u. Blumenkunde 1879 : 194, cum fig. (1879); E. Regel, Gartenflora 28 :
194, t. 980 (1879);
Limnobium stoloni/erum (G. F. W. Mey.) Griseb., Fl. W. lnd. Islands : 506 (1862);
W. B. Hemsley, Biol. Centr.-Am., Bot. 3: 196 (1883);
Hydrocharis slolonifera (G. F. W. Mey.) O. Kuntzb, Rev. Gen. 3: 297 (1893).
1. Les trois dernières références (1865, 1886, 1906) indiquent le binôme Salvinia
lævigala comme étant un synonyme de « Trianea bogolensis Karst. ».
2. L. Hauman : description et discussion les plus détaillées en français qui
existent.
Source : MNHN, Paris
Adansokia, ser. 2, 8 (3), 1968.
TAXINOMIE ET PHYLOGÉNIE DU GENRE ANGYLO-
CALYX ET DE LA TRIBU DES ANGYLOCALYCEAE
par G. P. Yakovlev 1 , A. A. Yatsenko-Khmélévsky 2 et I. G. Zoubkova 3
La présente note est consacrée à un petit genre de Légumineuses
d’Afrique Tropicale : Angylocalyx, décrit par Taubert en 1896. Ce
genre a attiré très peu l'attention des botanistes et on peut citer seule¬
ment quelques travaux sur cette question (voir la synonymie du genre
aux pages suivantes). Parmi ces travaux, les plus importants sont l’étude
de Baker (1), dans sa monographie sur les Légumineuses tropicales et
une révision de Toussaint (2) pour le Congo-Kinshasa. Il faut citer aussi
une note de Harms (3), où cet auteur a proposé un essai de division
du genre en question en deux sections, Euangylocalyx Harms et Neoan-
gylocalyx Harms. Baker considérait déjà cette division comme artifi¬
cielle, car les représentants de ce genre représentent une ligne ininter¬
rompue de l’évolution morphologique. En ce qui concerne la phylogénie
du genre, il n’existe aucune étude spéciale à ce sujet. D’après Taubert,
ce genre doit être rapproché du genre Sophora. Cette idée a été reprise par
Hutchinson (4). Néanmoins, la question est plus compliquée et doit
être envisagée d’une part, en relation avec le problème de la démarcation
des familles des Fabacées et des Césalpiniacées et, d’autre part, de la
position taxinomique d’un petit nombre de genres formant transition
dans le groupe des Sophoreæ.
En somme, on connaît pour l'ensemble des Légumineuses trois types
fondamentaux de la disposition de la corolle en préfloraison (PI. 1, fig. 1-3).
Le premier type, caractéristique des Mimosacées, n’est pas envisagé ici.
Les Césalpiniacées et les Fabacées ont les pétales imbriqués, mais leurs
dispositions relatives sont différentes. On reconnaît que dans la fleur des
Césalpiniacées le pétale supérieur appartient au cercle intérieur, tandis que
les autres pétales peuvent prendre des positions différentes. Par contre,
le pétale supérieur des Fabacées, l’étendard, est toujours extérieur et
recouvre dans la préfloraison les quatre pétales intérieurs. Chez presque
toutes les Fabacées (à une seule exception près, le genre Amorpha L.)
deux de ces derniers forment la figure caractéristique de la carène, tandis
que les deux autres, voisins de la carène, portent la dénomination d’ailes.
On suppose alors que tous les pétales intérieurs portent à la base du
limbe une partie saillante, l’oreillette (auricule). La partie opposée
du limbe porte alors une gibbosité, souvent réduite. L’auricule est connue
chez toutes les Fabacées, à l’exception de 4-5 genres de la tribu des
1. Institut Chimico-Pharmaceutique de Léningrad;
2. Institut botanique Komara à Léningrad;
3. Académie Forestière Kirov à Léningrad.
Source : MNHN, Paris
— 318 —
Sophoreæ et de 7-8 genres de la tribu des Cadieæ, dont la position taxi ¬
nomique est encore incertaine. Les pétales des Césalpiniacées ne
portent pas d’auricules, à l’exception du genre Cercis L., et le limbe
passe peu à peu à un onglet (PI. 1, fig. 4-5).
Les graines des Légumineuses, selon les travaux de Martin (7) et
de Corner (2) sont caractérisées par des types d'embryon très bien déli¬
mités dans les trois familles de l’ordre des Fabales. Parmi ces dernières,
les Fabacées seules possèdent un embryon recourbé, tandis que les Césal¬
piniacées et le Mimosacées ont l’embryon spatulé. Chez ces dernières,
l’arille en cercle (« rim aril » des auteurs anglais), commun chez les Faba¬
cées, n’existe pratiquement pas. La suture (raphé) est égale à l’anti-
raphé, ou plus longue (chez les Bauhiniacées), mais elle n’est jamais plus
courte.
En comparant ces caractères essentiels des deux familles : Césalpi¬
niacées et Fabacées, avec les caractères morphologiques du genre Angy-
localyx (tableau 1), on est amené à conclure que ce genre possède des
caractères intermédiaires entre les deux familles et peut être considéré
comme une Césalpiniacée plutôt qu'une Fabacée, comme il est générale¬
ment admis.
PI. 1. — Schéma de l'organisation du bourgeon dans les diflérentes familles de l'ordre des
Fabales : 1, Mimosacées; 2, Césalpiniacées; 3, Fabacées. — Types des pétales intérieurs :
4, Césalpiniacées; 5, Fabacées. — Sections transversales des pétioles : 6, Angulocalyx
Pynærlit De Wild.; 7, .4. Braunii Harms; 8, A. Bouliqueanus Toussaint; 9, A. oligopltyl-
lus (Bak.) Bak. f.
Source : MNHN, Paris
— 319 —
Le tableau 1 nous indique qu’il n’existe qu’un seul caractère, qui
permette de rapprocher le genre Angylocalyx des Fabacées : c’est la posi¬
tion extérieure de l’étendard. Le dessin de la carène est très indécis et
la position des pétales dans la carène n’est pas aussi fixée que chez les
Fabacées. L’absence constante de l’auricule dans le genre Angylocalyx
est un argument contre le rapprochement entre les Angylocalyx et les
Fabacées. Notons que l’auricule est aussi constamment absente chez les
espèces des genres Podopelalum, Alexa, Caslanospermum et Bowdichia.
Par le type de leurs graines, les Angylocalyx doivent être rapprochés
des Césalpiniacées, bien que certains caractères indiquent que ce genre
peut être regardé comme une forme plus évoluée que les membres de
la famille des Césalpiniacées. Le raphé et l’antiraphé sont égaux, comme
chez les Césalpiniacées.
L’arille des Angylocalyx est identique à l’arille des Césalpiniacées.
La radicelle des Angylocalyx ressemble à celle des graines des membres
de la tribu des Amherslieæ, mais une certaine asymétrie indique chez elle
une position plus évoluée. Nous avons noté une asymétrie semblable
dans les graines de quelques groupes, proches de VAngylocalyx : Podope¬
lalum, Alexa, Caslanospermum, Bowdichia.
TABLEAU 1. — CARACTÈRES DISTINCTIFS DU GENRE ANGYLOCALYX
ET DES FAMILLES CÉSALPINIACÉES ET FABACÉES
Caractères
Angylocalyx
Cæsalpiniaceæ
Fabaceæ
Position du pétale
supérieur
extérieure
intérieure, rarement
extérieure
toujours (exté-
Auricule des pétales
absente ou très
peu dévelop-
absente (à l’excep-
présente (à l'ex¬
ception du gen¬
re Amorpha)
du genre Cercis)
Carène
indécise
absente (à l'excep¬
tion des espèces
du genre Cercis)
présente
Radicule de l’em-
droite
droite
courbée, rare -
ment droite
Proportion du raphé
et de l'antiraphé
égele
égale, ou raphé plus
long que l’anti-
raphé
raphé plus court
que l'antira -
p hé
Arille en cercle
absent
absent
présent
Gousses
non déhiscentes
le plus souvent non
déhiscentes
le plus souvent
déhiscentes
En somme, nous devons conclure que les Angylocalyx (de même que
les genres Podopelalum, Alexa, Caslanospermum et Bowdichia) dont
Source : MNHN, Paris
— 320 —
l’étude systématique fera l’objet d’une note spéciale des auteurs, doi¬
vent être transférés dans la famille des Césalpiniacées, où ils forment
une tribu à part, les Angylocalyceæ.
ANGYLOCALYCEAE Yakovl., Irib. nov.
Petalum superius (vexillum) exterius, petalis interioribus carinam typi-
cam non formantibus, auriculis nullis ; arillus circa hylum obsoletus vel desti-
tutus.
Typus : Angylocalyx Taub.
Le pétale supérieur est extérieur, la carène présente un dessin indé¬
cis; le hile est sans arille annulaire; la radicelle de l’embryon est courte,
droite, en position un peu asymétrique par rapport à l’axe de la graine.
La tribu comprend, outre le genre Angylocalyx, les genres Podope-
laluin, Alexa, Caslanospermum et Bowdichia.
La tribu des Angylocalyceæ doit être rapprochée de la tribu des
Amherslieæ, mais peut être considérée comme une des tribus les plus
évoluées dans la famille des Césalpiniacées. Quelques caractères qui la
rapprochent de la famille des Fabacées ne sont pas les signes d’une posi¬
tion intermédiaire entre ces deux familles, mais sont le résultat d’une évo¬
lution convergente selon la loi des séries homologiques de Vavilov (12).
Parmi les genres mentionnés plus haut, le genre Angylocalyx doit
être considéré comme le plus évolué, car il est caractérisé par l’organisa¬
tion pseudo-papilionacée plus constante de la corolle et par une diffé¬
renciation plus complète des pétales.
ANGYLOCALYX Taub.
Bot. Jahrb. 23: 172 (1896); Hutch. & Dalz., Fl. W. Trop. Afr., ed. 1, 1: 37
(1928); Baker f., Legum. Trop. Afr. 2 : 586 (1929); Pellegr., Légum. Gabon. 1:
262 (1948); Toussaint, Fl. Congo Belge & Ruanda-Urundi 4 : 35 (1953); Hutch. &
Dalz., Fl. W. Trop. Afr., ed. 2,1, 2 : 509 (1954).
Arbres ou arbustes; feuilles imparipennées, folioles alternes. Le
pétiole glabre, est arrondi en section transversale ou, parfois aplati dans
le sens adaxial le contour est ondulé ou denté; les parois extérieures des
cellules épidermiques sont peu épaissies ; dans la partie corticale de
pétiole le sclérenchyme forme des bandes, ou bien est représenté par des
cellules éparses; le parenchyme de la partie corticale est riche en cristaux;
les faisceaux fibro-vasculaires sont entourés par une bande continue de
sclérenchyme, large de 5-6 assises de cellules. Le système libéro-ligneux
du pétiole est formé, en une bande continue ; le phloème contient souvent
des poches sécrétrices et des cellules cristallifères ; le xylème est composé
d’un xylème primaire et d’un xylème secondaire, fortement développé,
comprenant des fibres, à paroi épaisse et à petit lumen ; des vaisseaux assez
grands, répartis en petits groupes ou en files, nombreux surtout dans le
métaxylème. La partie centrale du pétiole (la moelle) est composée de
grandes cellules, parfois cristalifères.
Source : MNHN, Paris
PI. 2. — Epidermes inférieurs des feuilles : 1, Angylocalyx Pynaerlii De Wild.; 2, A. Braunii
Harms; 3, A. Bouliqueanus Toussaint; 4, A. oligophyllus (Bak.) Bak. f.; 5, A. Schuman-
nianus Taub. var. Schumannianus; 6, A. Schumannianus Taub. var. Vermeulenii (De
Wild.) Yakovl.; 7, A. sp.
Source : MNHN, Paris
— 322 —
L’épiderme inférieur est toujours différent de l’épiderme supé¬
rieur; seul l’épiderme supérieur porte des stomates. Les cellules épider¬
miques sont, comme c’est la règle, arrondies; l’appareil stomatique est
« encyclocytique » (selon Schtromberg, 1956) ou « paracytiques ». Dans le
cas du type encyclocytique les cellules annexes, formant le cercle, sont au
nombre de 3, plus rarement 4-5; elles sont en général plus petites que les
cellules épidermiques, et, sur les préparations microscopiques colorées,
sont nettement de teinte sombre.
Inflorescences en panicules ou en racèmes, le plus souvent cauli-
flores, plus rarement aux aisselles des feuilles. Réceptacle obliquement
conique ou tubulaire, renflé à la base. Étendard extérieur, dessin de la
carène indécis, auricule et bosse indécises chez les pétales intérieurs.
Étamines 10, libres. La gousse monoliforme, non déhiscente, à paroi
charnue ou sèche.
Type : A. oligophyllus (Baker) Baker f.
CLÉ DES ESPÈCES
1. Nervures latérales du premier ordre 10-12. 7. A. sp.
1'. Nervures latérales du premier ordre 5-8 :
2. Cupule du calice plus ou moins incisée d’un côté. 4. A. Talbotii Baker
2'. Cupule du calice entière :
3. Réceptacle courbé sous un angle important vers la cupule et
très distinct de la cupule :
4. Un renflement à la base du réceptacle.
. 6. A. Schumannianus Taub.
4'. Pas de renflement à la base du réceptacle.
. 4. A. oligophyllus (Baker) Baker f.
3'. Réceptacle non courbé ou très peu courbé :
5. Ovaire glabre :
6. Inflorescences caulinaires, longues de 3-5 cm; arbustes.
. 3. A. Boutiqueanus Toussaint
6'. Inflorescences axillaires, plus rarement caulinaires,
longues de 6-18 cm; arbres. 1. A. Pynærtii De Wild.
5'. Ovaire pubescent. 2. A. Braunii Harms
L’évolution phylogénétique des caractères principaux du genre
Angylocalyx est pour nous la suivante. Port ; Arbres ->■ arbustes (A. Py¬
nærtii -> A. Braunii —»- A. Vermeulenii) . — Inflorescences : axillaires ->
caulinaires (A. Pynærtii -> A. spp.). — Réceptacle : Degrés de diffé¬
renciation du réceptacle : faiblement différencié dans la cupule -»■ diffé¬
renciation de la cupule nette (A. Pynærtii -» A. Braunii -»• A. oligo¬
phyllus —*■ A. Schumannianus var. V ermeulenii ) ; réceptacle ne s’élargis¬
sant pas après la fécondation -»■ réceptacle s’élargissant après la fécon¬
dation (A. Pynærlii -»• A. Braunii -*■ A. oligophyllus -> A. Schuman¬
nianus var. Vermeulenii). — Pétales peu différenciés -*■ plus différenciés
(la limite entre l’onglet et le limbe est nette, l’auricule est plus distincte)
Source : MNHN, Paris
PI. 3. — Angylocalyx Pynaertii De Wild. (isotype de .1. Gossweileri Bok. f., Gossweiler
mu. non.
Source : MNHN, Paris
— 324 —
(A. Pynærlii -*■ A. spp. -*■ A. Schumannianus var. Vermeulenii). —■
Gousses charnues —► sèches (A. Pynærlii —>-^4. spp. -*■ .4. Schumannianus
var. Vermeulenii).
Dans les pages suivantes nous donnons une révision critique de
toutes les espèces connues du genre Angylocalyx. Outre la donnée de la
synonymie et des brèves descriptions, sont cités les échantillons étudiés
que nous avons reçus des différents herbiers d’Europe. Ces herbiers
sont désignés par des abréviations d’usage général. L’ordre des échan¬
tillons cités correspond à la direction du Nord au Sud, et de l’Ouest à
l’Est, comme c’est l’usage dans les publications taxinomiques russes.
A côté des descriptions morphologiques, nous donnons aussi pour une
partie des espèces des descriptions anatomiques, concernant l’épiderme
des feuilles, le pétiole et le bois secondaire.
1. Angylocalyx Pynærtii de Wild.
Mus. Congo Belge, Bot., ser. 5, 3: 196 (IX. 1910); id., Bull. Jard. Bot. Etat Brux.
4: 93 (1914); Staner, Ann. Soc. Sci. Brux. 44 : 369 (1924); Baker f., Legum. Trop.
Afr: 2 : 598 (1929); Toussaint, Fl. Congo Belge et Ruanda-Urundi 4 : 38 (1953).
— Angylocalyx Zenkeri Harms, Bot. Jahrb. 45 : 305 (XII. 1910); Baker F., 1. c. 2: 597
(1929); Hutch. & Dalz., Fl. W. Trop. Afr., ed. 2, 1, 2 : 510 (1954).
— Angylocalyx Gossuieileri Bak. f., Journ. Bot. 66 : 133 (1928).
— Angylocalyx Zenkeri var. Gossweileri, Peli.egr., Légum. Gabon : 262 (1948). — PI. 3.
Arbre atteignant 35 m de hauteur, folioles au nombre de 5-9; de
6-17 cm de longueur et 3-6 cm de largeur, à limbe elliptique, en coin
arrondi-obtus à la base, acuminées au sommet, épaisses, presque coriaces.
Le pétiole en section transversale (PI. 1, fig. 6) montre dans la par¬
tie corticale des ilôts de cellules sclérenchymateuses ; les cellules cristal-
lifères sont relativement rares. L’appareil stomatique de la feuille est
encyclocytique (PI. 2, fig. 1).
Inflorescences caulinaires ou axillaires, longues de 5-18 cm, glabres
ou un peu pubescentes. La cupule du calice passe graduellement au récep¬
tacle; cupule : 0,4-0,6 cm de longueur; réceptacle concave ou conique,
long de 0,7 cm. Limbe de l'étendard largement ovale ou largement ové,
long de 0,5-0,8 cm. Ovaire glabre. Gousses glabres, péricarpe charnu;
restes du réceptacle près des gousses coniques longs de 0,4-0,5 cm.
Holotype : Eala (1907), Pynaerl 1112 (BR).' — PI. 4 C.
Distribution (PI. 8, 4) :
S. Nigeria : Sapoba, Kennedy 675, 1641, 2284 (BR).
Cameroun : Bitye, Ebolowa, Baies 1960 (BR, COI); Bipindi, Urwalagebiet (1908),
Zenker 3435 (BR, COI, K); Molundu, Bumba (1911), Mildbraed 4498, 4810 (H).
Gabon : Lastoursville (1932), Le Teslu 7885 (BR, P); entre Ogooué et Cameroun
(1932), Le Teslu 9447 (P).
Congo-Bas-Congo : Kisantu (1932), Vanderysl 34007 (BR); Forestier Cen¬
tral : Terr. Bomongo (1959), Evrard 5896 (BR); Bambesa (1942), Dubois 931 (BR);
ibid. (1954), Gérard 1812 (BR); Boom, Lakulu (1930), Brand 335 (BR); Nouvelle-
Anvers, De Giorgi 286 (BR); Bokakata (1896), Dewèvre 801 (BR); Eala (1907), Pynaerl
1112 (holotype-BR); Likimi (1910), Malchair, 174 (BR); Yangambi (1935), Louis 439
(BR); ibid. (1937), Louis 1427, 2442, 3081, 3188, 3274, 6532, 6049, 6097, 6481, 7825
Source : MNHN, Paris
- 325 —
,4. — A, Angylocalyx oligophyllus (Bak). Bak. f. var. congolensis Yakovl. (Gulzwiller
2072, BR); B, A. Braunii Harms (Semsei 1849, BR; C, A. Pynaertii De Wild. (holotype :
Punaert 1112, BR); D, A. oligophyllus (Bak.) Bak. f. (holotype de A. Wellensii De Wild.,
Wellens 433, BRJ.
Source : .MNHN, Paris
— 326 —
(BR); ibid. (1938), Louis 7985, 8581, 11458, 13766 (BR); ibid. (1941), Louis 6504
(BR); ibid. (1943), Louis 16692 (BR); ibid. (1947), Gilbert 7646 (BR); ibid. (1948),
Gilbert 9147 (BR); ibid. (1949), Gilbert 9554 (BR); ibid. (1950), Donis 2811 (COI);
ibid. (1952), Donis 3552, 3651 (BR); ibid. (1955), Maudoux (BR); ibid. (1956), Mau-
doux (BR); ibid. (1957), Maudoux 1197 (BR).
Angola : Majombe, Cuvaftda-Zaiia, Lufo (1919), Gossweiler 7776 (COI).
2. Angylocalyx Braunii Harms
Bot. Jahrb. 45 : 307 (1910); Baker f., Legum. Trop. Air. 2 : 598 (1929); Dale
& Greenway, Kenya trees & shrubs : 355 (1961). — PI. 4 B.
Petits arbres ou arbustes, de 10 m de hauteur (peut-être lianes?);
folioles 3-7, oblongues, elliptiques ou oblongue-obovales, arrondies ou
en coin à la base, longuement acuminées, rarement obtusément acumi-
nées au sommet, longues de 8-15 cm, larges de 4-8 cm, assez épaisses
avec des nervures saillantes. Le pétiole en section transversale est un peu
aplati (PI. 1, fig. 7), les îlots sclérenchymeteux dans la partie corticale
rares. L’appareil stomatique de la feuille est d’un type encyclocytique
peu prononcé, le cercle est composé de 3-4, plus rarement de 5 cellules
annexes; les stomates sont groupés par 5-7; la cuticule est lisse ou un peu
ondulée (PI. 2, fig. 2).
Inflorescences jusque 13 cm de longueur, caulinaires (pouvant être
parfois axillaires). Cupule du calice non nettement distincte du récep¬
tacle, incisée d’un côté, de 0,5-0,6 cm, de longueur; réceptacle largement
conique, long de 0,3 cm, ne s’accroissant pas après la floraison. Limbe de
l'étendard courbé arrondi ou largement ové, long de 0,8 cm. Ovule densé¬
ment pubescent. Gousses densément pubescentes, péricarpe charnu, les
restes du réceptacle près des gousses, coniques.
Type : Conservé à l’herbier de Berlin-Dahlem, il a été perdu durant
la guerre; isotype au BM, mais nous ne l’avons pas vu.
Affinité : l’espèce la plus proche est A. Pynærlii, mais A. Braunii
est caractérisé par la cupule incisée.
Distribution (PI. 8, 4) :
Kenya : (1953), Drummond & Hemsly 1145 (K, BR); Elliol 1550 (K).
Tanganjika : Tanga distr. (1917), Peter 337 (K, BR); Prov. Pangani (1950),
Faulkner 695 (K, BR); (1958), Tanner 3973 (US, BR); Morogoro distr., Mtibura (1954),
Semsei 1849 (K, BR).
3. Angylocalyx Boutiqueanus Toussaint
Bull. Jard. Bot. Etat Brux. 23: 380 (1953); id., Fl. Congo Belge et Ruanda-Urundi
4 : 38 (1953);
—■ Angylocalyx ramiflorus auct., non Taub. : Miciiemi, in Th. Dur. et De Wild.,
Bull. Soc. Roy. Bot. Belge 37 , 1 : 52 (1898); De Wild., Ann. Mus. Congo Belge, Bot.,
ser. 3 : 71 (1901); Toussaint, 1. c. : 37, p. p. (1953).
Arbuste de 1-6 m de hauteur; folioles 5-7, ovales, plus' rarement
ovales-elliptiques, arrondies ou triangulaires à la base, acuminées ou lon¬
guement acuminées au sommet, longues de 9-17 cm, larges de 5-9 cm.
Le pétiole en section transversale est arrondi, le sclérenchyme de la
Source : MNHN, Paris
PI. 5. — Angrylocalyx Boutiquænus Toussaint (holotype : Louis 14122, BR).
Source : MNHN, Paris
— 328 —
partie corticale du pétiole en bandes assez longues, les cellules cristalli-
fères assez rares (PI. 1, fig. 8). L’appareil stomatique de la feuille para-
cytique; les stomates en groupes de 5-6 (PI. 2, fig. 3).
Inflorescences caulinaires, glabres, courtes, de 1-4 cm de longueur.
Cupule du calice assez nettement distincte du réceptacle; cupule longue
de 0,3-0,5 cm; réceptacle largement conique ou cylindrique, égal ou
presque égal à la cupule, ne s’accroissant pas. Limbe de l’étendard arrondi
ou largement ové, long de 0,6-0,8 cm, ovule glabre. Gousses glabres,
péricarpe charnu, les restes du réceptacle sous les gousses cylindriques,
ont 0,5 cm de longueur, 0,2 cm de largeur.
Holotype : Yapehe (1939), Louis 14127 (BR). — PI. 5.
Affinités : Espèce intermédiaire entre A. Braunii et A. oligophyl-
lus. Diffère de la première par l’ovule glabre et la cupule intacte, de la
seconde par le réceptacle et le calice qui ne s’accroissent pas après la
floraison.
Distribution (PI. 8, 3 ) :
Congo-Forestier Central : LoUolenge (1931), Ghesquière 98 (BR); Yapehe
(1939), Louis 14127 (holotype-BR); Yambuya (1952), Toussaint 904 (BR); Jsangi,
Yabwesu-Ogeto (1956), Germain 8768 (BR); lamosunga (1953), Germain, 8265 (BR);
Kaniama, Lomami (1947), Mullenders 1238 (BR); Yobahondo, Isangi-Ligasa (1948),
Germain 4529 (BR); Stanleyville-Ponthierville (1929), Sleyaert 43 (BR); Biondo (1959),
Bamps 85 (BR); Lokandu (1896), Dewèwre 1134 (BR); Kindu (1910), Clæssens 593
(BR); Kasongo, Mobangam (1952), Germain 7870 (BR); ibid. (1959), Léonard 5681
(BR). — Bas-Katanga : Katundu (1952), Gilbert 13117, 13121 (BR); ibid. (1952),
Delvaux 447 (BR).
4. Angylocalyx oligophyllus (Baker) Baker f.
Cat. Talbot. Nig. PI. : 26 (1913); Legum. Trop. Afr. 2 : 597 (1929); Pellegr.,
Légum. Gabon : 263 (1948); Hutch. & Dalz., Fl. Trop. W. Afr., ed. 2,1,2:510 (1954).
—• Sophora oligophylla Baker, in Oliver, Fl. Trop. Afr. 2: 254 (1871).
— Angylocalyx ramiflorus Taub., Bot. Jahrb. 23 : 172 (1896).
— Angylocalyx Clæssensi De Wild., Ann. Soc., Sci. Brux. 44 : 367 (1924); Baker f.,
Legum. Trop. Afr. : 597 (1929).
— Angylocalyx Wellensii De Wild., PI. Bequaert. 4 : 38 (1926); Baker f., I. c. :
597 (1929). — PI. 4 D.
— Angylocalyx tri/olialus Baker f., Cat. Talbot. Nig. PI. : 26 (1913).
Arbustes ayant jusqu’à 5 (6) m de hauteur; folioles 3-7 ovales, ovées
ou oblongues-ovées, longues de 9-21 cm, larges de 6-9 cm, plus ou moins
longuement acuminées au sommet, largement en coin, rarement presque
arrondies à la base.
Le pétiole en section transversale est arrondi, un peu aplati dans la
partie adaxiale; dans la partie corticale on trouve de rares îlots de sclé-
renchyme; dans le phloème on remarque parfois des poches sécrétrices
(PI. 1, fig. 9). L’appareil stomatique est du type encyclocytique peu
prononcé, le cercle étant formé surtout de 3 cellules (PI. 2, fig. 4). Les
deux variétés ne peuvent être distinguées par les caractères anatomiques.
Inflorescences caulinaires, longues de 3-6 cm, glabres. Cupule du
calice assez nettement distincte du réceptacle courbé; cupule longue de
0,5, 0,6 cm, réceptacle presque cylindrique, au début égal à la cupule,
Source : MNHN, Paris
— 329 —
mais commençant assez vite à s’accroître jusqu’à 0,8-1,2 cm de longueur
et se renflant en sac. Limbe de l’étendard ovale, auriculaire des deux côtés
à la base, de 1,3-1,7 cm de longueur. Ovule pubescent. Les gousses pubes-
centes, à péricarpe charnu. Les restes du réceptacle près de la gousse
cylindriques, ayant jusqu’à 1,0-1,2 cm de longueur et 0,5 cm de largeur.
Holotype : Cameroun, Urwald zwischen Victoria und Bota, Preuss
1374 (BM).
1. Folioles en coin ou arrondies à la base. var. oligophyllus.
1'. Folioles largement en coin, presque rectilignes ou cordées à la
base. var. congolensis Yakovl.
Affinités : L’espèce peut être apparentée à A. Bouiiqueanus,
mais en diffère en premier lieu par les modifications qui peuvent être
notées dans le développement du calice. Ces deux espèces ne peuvent prati¬
quement pas être distinguées par les feuilles. Par ailleurs, A. oligo¬
phyllus est proche de A. Schumannianus var. Vermeulenii. L’espèce
présente des variétés distinctes par la forme des folioles à leur base et à
leur sommet.
Distribution (PI. 8, 1) :
Nigeria : Ikorodu, Yorubaland (1899), Schlechter 12994 (BR); Lagos, Moloney
(BM); near Ibadah (1950), Meikle 1265 (BR); Oban, Talbot 74 (BM); Old Calabar,
Mann 2232 (BM, BR).
Cameroun : Gross-Batanga (1891), Dinklage 837, 1312, 1389 (H); Ebea (1890),
Dinklage 870 (H); Kribi, Fenda, Mildbraed 5869 (H); Bipindi (1913), Zenker 281,
4493, 4988 (BR, LE, P).
Gabon : Ogooué, Thollon 473 (P).
Congo-Mayombe : Vaku (1923), Wellens 433 (BR); Luki (1947), Donis (BR);
Toussaint 61, 2477 (BR); ibid. (1948), Maudoux 73, 123 (BR); Tshela (1951), Beleve 40
(BR); — Bas-CoNGO : Borna (1921), Ctaessens (BR).
Angola : Panga Mungo, Subluali-Majombe (1916), Gossiveiter 6116 (COI); Buco-
zau-Majombe (1916), Gossiveiter 6539 (COI).
Var. congolensis Yakovl., var. nov.
A typo foliolis ovatis vel cordatis differt.
Typus : Congo, Bunyakiri, Terr. Kalehe (24. IX. 1957), Gutzwiller,
2072 (BR). — PI. 4 A.
Diffère de la variété typique par les foliolules ovales ou cordées.
5. Angylocalyx Talbotii Baker f. ex Hutch. & Dalz.
Fl. W. Trop. Afr., ed. 1, 1 : 371 (1928), Baker f., Kew Bull. 1928 : 402 (1927);
id., Legum. Trop. Afr. 2. 598 (1928).
Holotype : Oban, Talbol 239 (BM).
Nous n’avons pas vu les échantillons de cette espèce. Nous admet¬
tons la possibilité que ce soit une forme ou une déviation individuelle
de F Angylocalyx oligophyllus.
Source : MNHN, Paris
— 330 —
Source : MNHN, Paris
— 331
6. Angylocalyx Schumannianus Taub.
Bot. Jahrb. 26 : 278 (1899).
Arbuste de 3-5 m de hauteur, folioles 5-7, ovales à largement ovales,
plus ou moins longuement acuminées au sommet, plus rarement obtusé-
ment acuminées, en coin à la base, plus rarement arrondies, épaisses,
presque coriaces de 12-25 cm de longueur, 8-12 cm de largeur. L’appareil
stomatique est du type composé, dans la plupart des cas paracytique,
parfois encyclocytique, formé par un cercle de 3 cellules (PI. 2, fig. 5-6).
Inflorescences courtes, caulinaires, longues de 1-3 cm, glabres.
Le calice est nettement distinct du réceptacle, la cupule du calice longue
de 0,4-0,6 cm. Réceptacle formant avec le calice un angle voisin de 90°,
cylindrique, renflé à la base du côté intérieur, s’accroissant plus tard
jusqu’à 0,7-0,9 cm de longueur et 0,3-0,4 de largeur. Limbe de l’étendard
presque arrondi ou ovoïde, long de 1,2 cm. Ovaire pubescent, rarement
glabre. Gousses courtement pubescentes ou presque glabres, péricarpe
sec, les restes du réceptacle cylindriques unilatéralement renflés à la
base, de 0,7-0,9 cm de longueur et 0,3-0,4 cm de largeur.
Holotype : Stanley-Pool, Congo, Capt. Camps (BR).
1. Ovaire glabre, gousses presque glabres. var. Schumannianus.
1'. Ovaire pubescent, gousses courtement pubescentes.
. var. Vermeulenii (De Wild.) Yakovl.
Affinités : L’espèce est très proche de VA. oligophyllus, dont elle
diffère par la présence constante d’un réceptacle incliné par rapport au
calice sous un angle voisin de 90°, et par le renflement de la base du récep¬
tacle. Les folioles de cette espèce sont plus denses et vernissées.
a. Var. Schumannianus.
Type cité plus haut, seul échantillon connu.
b. Var. Vermeulenii (De Wild.) Yakovl., comb. nov.
— Angylocalyx Vermeulenii De Wild., Ann. Mus. Congo Belge, Bot., ser. 5, 1: 251
(1906); Baker p., Legum. Trop. Afr. 2 : 597 (1929);
— Angylocalyx Schumannianus auct., non Taub. : De Wild., Ann. Mus. Congo Belge,
Bot., sér. 5,1: 131 (1904); Tu. & H. Dur., Syll. : 169, p.p. (1909).
Holotype : Sanda (1903), Vermeulen 3434 (BR). — PI. 6.
Distribution (PI. 8, 2) :
Gabon : Ngounyé, Le Teslu 2092 (P); Nyanga Biloukou, Tchibanga, Le Teslu 1141
(P)-
Congo : Bas-Congo : Laubofo (1964), Bouquet 684 (P) Moabi (1964), Bouquet
740 (P); Sanda (1903), Vermeulen, herb. Gillet, 3434 (holotype BR); Sanga, terr. Thys-
ville (1960), Compère 1721 (BR); Kisantu, Kinkasi, Callens 2140 (BR); Lukulela,
Mompoto (1959), Toka 187 (BR). — Forestier Central : Elua, lac Tumba (1946),
Léonard 662 (BR); Yongo, Yenge (1958), Evrard 4703 (BR); Limbutu (1906), Laurent
1801 (BR). — Kasai : Bena-Dibele (1904), Claessens 238 (BR).
Source : MNHN, Paris
332 —
Source : MNHN, Paris
— 333 —
7. Angylocalyx sp.
Arbuste de 3 m de hauteur, folioles 11-17, alternes, longuement
ovales ou longuement obovales, en coin à la base, cuspidées au sommet,
papyracées, avec 9-11 nervures du second ordre très distinctes, formant
des nœuds, et des nervures supplémentaires ne formant pas de nœuds
entre les premières; pétiole long de 25-35 cm, pubescent sur toute sa
longueur, brun-grisâtre, pétiolule de 0,3 cm de longueur, aplati.
En section transversale, le pétiole montre une bande presque inin¬
terrompue de sclérenchyme, tandis que la gaine sclérenchymateuse
bordant le système libéro-ligneux est formée par des îlots rapprochés
de cellules. En outre, dans la partie abaxiale il existe un faisceau supplé¬
mentaire, cas extrêmement rare chez les Fabales. L’appareil stomatique
est d’un type particulier — diencyclocytique, le cercle des cellules entou¬
rant le stomate est double, formé par 5, plus rarement par 4, cellules dans
chaque cercle (P. 2, fig. 7). Inflorescences en racèmes, longs de 20 cm, pou¬
vant être caulinaires, plutôt multiflores. Fleurs...? Gousses moniliformes,
glabres, à 1-3 graines, longues de 2-4 cm, larges de 1,3-1,7 cm; graines
presque sphériques, radicelles courtes, droites.
Congo, Kiyaka Kwango (13. VII. 1955), Devred 2171 (BR).
Nous avons eu à notre disposition un seul échantillon de cette plante
intéressante qui, d’après ses gousses, doit être rapprochée du genre Angy¬
localyx, mais dont les parties végétatives en diffèrent sensiblement.
Néanmoins, nous sommes obligés de considérer cette espèce comme un
Angylocalyx.
Nous n’avons pas pu étudier les bois de la plupart des espèces du genre
Angylocalyx, car nous n’avons eu à notre disposition qu’un seul échantil¬
lon du bois adulte — celui d’A. Pynærlii. Le bois de presque toutes les
Légumineuses est très uniforme, ce qui permet de penser que la structure
du bois que nous avons étudié peut caractériser le genre entier.
Angylocalyx Pynærlii: Bois gris-jaunâtre ou jaune, dense, demi dur,
aubier et duramen non différenciés. Couches annuelles indistinctes. Fibres
simpliciponctuées, formant la masse du bois, à parois assez épaisses;
les ponctuations sont nombreuses, à lumen à angle étroit. Pores rarement
solitaires, plus souvent en files courtes, de deux jusqu’à cinq ou six pores,
les derniers pores dans la file généralement plus petits que les premiers
(PI. 7, fig. 1). Éléments des vaisseaux à perforations simples, disposées
à angle droit par rapport à l’axe du vaisseau ; les ponctuations latérales
en disposition alternée, très nombreuses sur les parois tangentielles,
plutôt rares sur les parois radiales, obliques (PI. 7, fig. 1). Parenchyme
ligneux en files, contenant parfois jusqu’à 10-12 cellules; la disposition
du parenchyme est circumvasculaire, aliforme, parfois en bandes très
longues, représentant les ailes très allongées du parenchyme aliforme
(PI. 7, fig. 2). Les rayons médullaires sont nettement hétérogènes, les
cellules dressées disposées sur les deux bords, formant parfois des marges
Source : MNHN, Paris
— 334 —
unisériées; les rayons sont assez courts, de 15 à 20 cellules en hauteur,
pour la plupart étroits, bisériés, très rarement unisériés, et, dans ce cas
presque toujours formés de cellules palissadiques.
Cette brève description du bois d’un des représentants du genre Anrg-
localyx ne peut sûrement servir pour établir la délimination entre les
espèces de ce genre et les espèces des genres avoisinants. Comme nous
l’avons dit, le bois des Légumineuses en général est très uniforme et la
Source : MNHN, Paris
— 335 —
détermination du bois des représentants de ce groupe de familles est sou¬
vent très difficile. Néanmoins, dans le bois des trois familles, composant
l’ordre des Fabales, on peut noter des tendances dans l’organisation du
bois, qui sont souvent très précieuses pour déterminer, sinon la position
taxinomique exacte du bois étudié, du moins l’appartenance à l’une des
familles de l’ordre. Ces tendances ont été brièvement notées par Metcalfe
et Chalk dans leur ouvrage connu « Anatomy of the Dicotyledons »
(8 : 528). Selon ces auteurs, la disposition oblique des pores est très com¬
mune pour beaucoup de Fabacées, mais assez rare chez les Césalpiniacées
et les Mimosacées. Le parenchyme chez les Césalpiniacées forme souvent
une gaine ou un manchon autour des vaisseaux, sans former d’ailes. Les
files verticales du parenchyme chez les Fabacées sont pour la plupart
courtes, tandis que chez les Césalpiniacées elles sont assez longues.
Assurément, ces caractères ne doivent pas être considérés comme ayant
une signification taxinomique absolue, mais, avec les caractères morpho¬
logiques, cités plus haut, ils plaident décidément en faveur de l’idée que
le genre Angylocalyx doit être inclus dans la famille des Césalpiniacées.
La comparaison du bois d’A. Pynæriii avec le bois de quelques Césal¬
piniacées des collections de l’Institut botanique Komarov et de l’Acadé¬
mie Forestière Kirov, ainsi qu’avec les photographies figurant dans les
atlas connus des bois tropicaux [par Lindemann et Mennega (6),
Lecomte (5), Normand (9)] amène aussi à la conclusion qu’il existe une
ressemblance entre le bois d’A. Pynæriii et celui des genres Macrolobium ,
Berlinia, Crudia et de quelques autres représentants de la tribu des
Amherslieæ.
Une ressemblance très étroite du bois d’A. Pynæriii avec celui
d 'Alexa wachenheimii R. Ben. décrit par J. G. Lindeman et A. M. W. Men¬
nega (loc. cit. : 195, fig. 40) indique une liaison phylétique possible entre
ces deux genres, que nous groupons dans la tribu des Angylocalyceæ.
Bl
BMOGRAPHIE
1. Baker, E. G. — The Leguminosæ of Tropical Africa 2 : 595-599 (1929).
2. Corner, E. J. H. — Phytomorphology 1, 2 : 117-150(1951).
3. Harms, H. — Bot. Jahrb. 33 : 162-165 (1903).
4. Hutchinson, J. — The Généra of flowering plants 1: 320-334 (1964).
5. Lecomte, H. — Les Bois de l’Indochine : 271 (1926).
6. Lindeman, J. C. & Mennega, A. M. W. —- Bomenbock voor Suriname 1963 :
195 (1963).
7. Martin, II. — Amer. Midi. Natur. 36 : 8-71 (1946).
8. Metcalfe, C. & Chalk, L. — Anatomy of the Dicotyledons 1: 476-535.
9. Normand, D. — Atlas des Bois de la Côte d’ivoire 1: 328 (1950).
10. Schtromberg, A. — Sbornyk trudov Tbilisskogo Khemiko-pharmacevtishes-
kogo instituta 8: 51-67 (1956) (en russe).
11. Toussaint, L. — In Flora du Congo Belge et du Buanda-Urundi 4: 35-40 (1953).
12. Vavilov, N. J. — The law of homologous sériés in heredity, 2 ed. : 1-56 (1935)
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 8 (3) 1968.
A PROPOS DE QUELQUES CARACTÈRES
ANATOMIQUES ET PALYNOLOGIQUES COMPARÉS
D ’ALLANTOSPERMUM BORNEENSE Forman ET
T)’ALLANTOSPERMU M MULTICAULE
(Capuron) Nooteboom
par C. R. Metcalfe, M. Lescot et D. Lobreau 1 .
Résumé : L’étude comparée des 2 espèces du genre Allanlospermum Forman
montre l'existence de variations anatomiques faibles alors que la morphologie du
pollen révèle des différences manifestes.
La position systématique du genre, encore mal définie, a pu être précisée : celui-ci
se rattache aux Ixonanlhoideæ H. Winkl.
Summaky : A comparative study of two species of Allanlospermum Forman has
shown slight anatomical variations, whereas the pollen morphology reveals manifest
différences.
The systematical position of the genus, hitherto unsatifactorily deflned, could be
settled : is to be included in the Ixonanlhoideæ H. Winkl.
I. — INTRODUCTION
Le genre Allanlospermum a une position systématique encore mal
définie qui a donné lieu à des controverses fort nombreuses. Ces diver¬
gences de vue, prouvant que, seule, la morphologie florale n’avait pu
mettre les auteurs d’accord, nous ont amenés à entreprendre quelques
observations anatomiques et palynologiques aidant bien souvent à la
détermination des affinités des plantes. Ces recherches ont porté sur les
deux espèces actuellement connues d’Allantospermum.
Dès la création de ce genre les difficultés apparurent. Le 26 juillet
1965 L. L. Forman (3) publiait l’ Allanlospermum borneense, dans le
Kew Bulletin, sous le titre : « A new genus of Ixonanlhaceæ with notes
on the family ». Par un curieux hasard, le 27 juillet 1965, R. Capuron (1)
donnait, dans Adansonia, un article intitulé : « Une Irvingiacée malgache »,
avec la diagnose de Cleistanthopsis mullicaulis, type d’un genre nouveau.
1. L’étude anatomique d’Allanlospermum borneense Forman a été réalisée par
C. R. Metcalfe (M. A., D. Phil., F. L. S., Keeper, Jodrell Laboratory) et celle d'Allan¬
lospermum multicaule (Capuron) Nooteboom par M. Lescot (C.N.R.S., attachée au
Laboratoire de Phanérogamie, Muséum, Paris), l’étude du pollen par D. Lobreau
( attachée de Recherche au C.N.R.S., Laboratoire de Palynologie du C.N.R.S. Faculté
des Sciences de Montpellier).
Source : MNHN, Paris
338 —
Il s’agissait, en fait, de deux plantes appartenant à un même genre et
sur lequel les auteurs avaient effectué simultanément des recherches sans
avoir connaissance de leurs travaux respectifs. L’identité de ces deux
genres devait être établie deux ans plus tard par H. P. Nooteboom (7),
d’où la mise en synonymie de l’espèce de R. Capuron sous le nom d’Allan-
lospermum mullicaule (Capuron) Nooteboom. D’après les règles de la
nomenclature, un jour d’antériorité dans la distribution de son article
conférait la priorité au genre de L. L. Forman (fait qui est peut-être
unique dans l’histoire de la Systématique!).
Mais si l’identité des genres est bien admise le problème de la position
taxinomique des deux espèces reste entier. Pour L. L. Forman, Allan-
lospermum appartient aux Ixonanlhaceæ, contrairement à l’opinion de
R. Capuron et de H. P. Nooteboom pour lesquels il faut inclure ce genre
dans les Irvingiaceæ. Plus précisément, H. P. Nooteboom considère les
Irvingioideæ Engl, comme une sous-famille des Simaroubaceæ. L. L. For¬
man, lui, place Allantospermum dans la sous-famille des Ixonanlhoideaæ
H. Winkl. (Cyrillopsis Kuhlm., Ixonanlhes Jack, Phyllocosmus Klotzsch,
Ochtocosmus Benth.) et pense que les lxonanlhoideæ constituent avec les
Irvingioideæ (Irvingia Hook. f., Klainedoxa Pierre, Desbordesia Pierre
ex van TieghJ, la famille des Ixonanlhaceæ, proche des Linaceæ.
L’historique de la famille se révélant très complexe nous ne le retra¬
cerons pas ici et nous renverrons, pour cela, le lecteur au résumé de
H. P. Nooteboom (6), dans Flora Malesiana, et à l’article de J. R. Rojo
(8), dans Adansonia.
L’organisation florale, sur laquelle s’appuient les systématiciens,
semble impuissante à trancher, seule, la question. On est, en effet, en
présence de plantes dont les caractères s’enchevêtrent et appartiennent
à l’une ou l’autre de ces familles.
Ainsi, par certains traits, Allantospermum se rapproche des Ixo-
nanlhaceæ : fruit capsulaire s’ouvrant par cinq valves, graine à arillode,
absence de canaux secréteurs, — et, par d’autres, des Irvingiaceæ:
pétales non persistants sous le fruit, filaments staminaux libres et non
attachés au disque, ovules libres dans chaque loge, stipules intrapétio-
laires (encore que ce dernier caractère ne soit que peu apparent, ici, car
les stipules sont très réduites et très tôt caduques, ne laissant après leur
chute, qu’une petite cicatrice). Comme l’a noté P. van Tieghem (10),
chez les Irvingiaceæ, les stipules sont remarquables et « forment un double
étui conique, rigide et pointu comme une épine, souvent recourbé en corne,
qui, après leur chute, laisse sur le rameau une seule cicatrice en forme
d’anneau complet ».
Il semble donc intéressant de pousser l’analyse de la plante jusque
dans ses détails anatomiques et palynologiques. Précédemment J. R. Rojo
(8) a déjà étudié, chez ces deux espèces, l’anatomie du bois et a pu appor¬
ter des éléments de classification nouveaux.
Source : MNHN, Paris
— 339 —
II. ANATOMIE
Nous présenterons, ici, quelques coupes pratiquées au niveau de la
tige et de la feuille.
a. Allantospermum multicaule (Capuron) Nooteboom (Capuron
23640 SF, P. — PI. 1, fig. 1 à 3).
TIGE. — (Rameau jeune d’environ 3-4 mm de diamètre, fig. 1). L’épi¬
derme se desquamme et s’exfolie très précocement; la protection de la
tige se voit alors assurée par le péri derme sous-jacent. Ce périderme est
engendré par le phellogène qui différencie vers l’extérieur une zone subé-
rifiée de plusieurs assises de cellules disposées en files radiales et, vers
l’intérieur, une couche de phelloderme, sorte de parenchyme secondaire
à cellules arrondies. En dessous, s’étend le parenchyme cortical à méats
avec des cristaux prismatiques d’oxalate de calcium diffus dans son épais¬
seur. Ces cristaux, contenus dans des cellules à membranes épaissies et
lignifiées, existent aussi chez les Irvingiaceæ, mais alors ils sont nette¬
ment localisés dans la deuxième assise de l’écorce. P. van Tieghem (10)
a dénommé cristarque (terme créé pour les Ochnaceæ où il fut observé
pour la première fois), « cette assise morte, à la fois cristalligène et sclé-
rifiée, à rôle protecteur ». Nous notons donc déjà une première différence
avec les Irvingiaceæ. Plus profondément, l’endoderme n’offre rien de
particulier alors que chez les Irvingiaceæ il y a individualisation d’un
second cristarque analogue au premier.
Le cylindre central est entouré par le péricycle où se différencient
assez tôt des faisceaux fibreux qui, au cours du développement de la tige,
formeront un anneau scléro-fibreux continu. Le liber secondaire est disposé
en couronne avec, par places, des restes plus ou moins écrasés de liber
primaire et des cristaux d’oxalate dans les cellules du parenchyme libérien.
Dans la partie profonde, fonctionne la zone génératrice libéro-ligneuse,
représentée par quelques assises cellulaires aplaties et empilées radia-
lement.
Dans le bois, les vaisseaux de 8-12 n de diamètre, sont solitaires,
rarement accolés par paires ou en groupes de 6-8, arrondis ou elliptiques,
disposés radialement ou obliquement et inégalement répartis. Les per¬
forations sont simples, plus ou moins obliques. Les ponctuations vais¬
seaux-rayons circulaires, de petite taille. Les ponctuations intervascu¬
laires alternes, solitaires, petites et arrondies, ou alors fusionnées et étalées
horizontalement. Les rayons sont (l)-2-(3) sériés, généralement bisériés,
hétérogènes. Le parenchyme mal défini, en bandes par endroits, méta-
trachéal et plus ou moins diffus. Quelques trachéides juxta-vasculaires,
aplaties contre les vaisseaux. Fibres à murs très épais, à lumière étroite
et à perforations multiples. Moelle à cloisons d’épaisseur moyenne, à
cellules perforées et à membranes minces à peine épaissies par lignifi¬
cation à la périphérie. Absence totale de cellules à mucilage.
Source : MNHN, Paris
PI. 1. — Coupes transversales d'Allantospermum multicaule < apuron Nooteboom :
Capuron 23640 SI-, P. — 1, tige : per, périderme; p. cor, parenchyme cortical; c.o, cristaux
d’oxalate ; e, endoderme; p, péricycle; I, liber; p. cas, parenchyme vasculaire; r. m, rayon
médullaire; /, fibres; m, moelle; 2 , pétiole : c, grande cellule du parenchyme externe;
set, sclérenchyme; l, liber; b, bois; p, parenchyme interne. 3, nervure médiane du limbe:
p. col, parenchyme collenchymateux ; sel, sclérenchyme ; b, bois.
Source : MNHN, Paris
— 341 —
FEUILLE. — Dans la lame l’épiderme supérieur est formé de cellules
de petite taille, très faiblement cutinisées, dépourvues de stomates. Ces
cellules ne sont pas gélifiées comme chez les Irvingiaceæ, — cette gélifi¬
cation étant l’homologue, dans le limbe, des cellules à mucilage présentes
seulement dans la tige et dans l’écorce. Tissu palissadique assimilateur
formé de l-(2) couches de cellules, puis tissu lacuneux. Épiderme inférieur
à cellules irrégulières, plus petites que celles de l’épiderme supérieur, à
stomates du type paracytique.
La nervure médiane (fig. 3) est caractérisée par un renforcement des
tissus de soutien, externe et interne : parenchyme collenchymateux et
sclérenchyme, le parenchyme collenchymateux inférieur à membranes
cellulaires plus épaisses que celles du parenchyme supérieur. Le scléren¬
chyme entoure complètement les éléments conducteurs disposés dans la
région centrale. Les cristaux d’oxalate, absents du parenchyme, figurent
seulement dans le tissu libérien.
Le pétiole (fig. 2) a un épiderme à cuticule mince, non gélifié. Le
parenchyme cortical, à cellules peu épaisses, contient quelques rares
prismes d’oxalate. Le tissu de soutien, encore peu marqué, est représenté
par des amas ou des cellules isolées de fibres autour du phloème et, à la
base du bois, par deux arcs scléro-fibreux. Les cristaux d’oxalate sont
localisés dans le liber et restent rarissimes dans toute l’épaisseur de la
région corticale, alors que chez les Irvingiaceæ on assiste au prolongement
du cristarque de la tige dans le pétiole. Absence aussi de cellules à muci¬
lage (présentes chez les Irvingiaceæ et homologues de celles de la tige).
b. Allantospermum borneense Forman (A. 4162, K).
TIGE. — (Rameau jeune de 3-4 mm de diamètre). Même aspect struc¬
tural que celui d’A. mullicaule en ce qui concerne la zone corticale.
Dans le bois, vaisseaux de 14-18 (20-40) [i de large, solitaires et par
paires radiales, à distribution irrégulière (près de la moelle groupés par 6),
associés à quelques trachéides vasicentriques, l’ensemble noyé dans du
parenchyme. Ponctuations latérales variables, certaines petites, circu¬
laires et alternes, et d’autres plus allongées horizontalement ou à aper-
tures coalescentes. Ponctuations vaisseaux-rayons petites, circulaires.
Perforations simples, très obliques. Parenchyme localement abondant,
paratrachéal et aliforme à bandé, les bandes individuelles de 1 à 3 cellules
de largeur. Quelques cellules parenchymateuses diffuses ou éparpillées
dans tout le tissu fibreux. Rayons généralement unisériés, rarement 2-3
sériés, profondément hétérogènes. Fibres à lumière étroite et à cloisons
très épaisses, pourvues de nombreuses perforations plus ou moins visibles.
Cellules de la moelle à membranes de moyenne épaisseur, perforées.
Cristaux prismatiques présents dans le phloème et agglomérats cristallins
disséminés dans la moelle.
FEUILLE. — Stomates paracytiques confinés sur la face abaxiale.
Tissu assimilateur constitué par deux couches de cellules palissadiques
et par une zone abaxiale de tissu lacuneux d’environ de la même hauteur.
Source : MNHN, Paris
— 342 —
Source : MNHN, Paris
— 343 —
Nombreux faisceaux vasculaires traversés verticalement par des bandes
de sclérenchyme, les unes abaxiales et larges, les autres adaxiales et beau¬
coup plus étroites. Gros faisceaux vasculaires complètement entourés
par une zone de libres à cloisons très épaisses. Bande vasculaire de la
nervure médiane très semblable à celle du pétiole, mais avec l’arc de
xylème plus continu. Le pétiole, en section transversale, dans la partie
distale, présente un grand arc abaxial de massifs de xylème et de phloème
avec une rangée de trois massifs inversement orientés. Tout le système
vasculaire du pétiole plus ou moins complètement entouré par une zone
étroite de fibres à cloisons épaisses, le sclérenchyme, du côté adaxial du
système vasculaire, tendant à former des bandes séparées plutôt qu’une
zone continue de fibres.
Anatomiquement les deux espèces sont donc très proches et leur
appartenance à un même genre ne semble pas pouvoir être mise en doute.
Nous retrouvons sensiblement les mêmes résultats que J. P. Rojo en ce
qui concernait le bois. Plan d’ensemble analogue pour les deux plantes à
quelques variations près qui constituent, sans doute, autant de caractères
d’espèces et que nous énumérerons ci-dessous :
— Vaisseaux : plus grands et moins nombreux chez A. borneense. —
Rayons : chez A. borneense, généralement unisériés, rarement 2-3 sériés;
1-2-3 sériés chez A. mullicaule, principalement bisériés. —- Paren¬
chyme : chez A. borneense paratrachéal et aliforme avec tendance à for¬
mer un parenchyme confluent et, en d’autres endroits, plus ou moins
diffus; chez A. mullicaule, métatrachéal-diffus, plus ou moins en aggré-
gats, ou ondulé, d’une cellule de large et discontinu. —■ Dépôts (cf. J. P.
Rojo) : présence dans la lumière des cellules des rayons d’A. borneense,
de silice, et d’A. mullicaule de cristaux d’oxalate de calcium.
PI. 2. — Pollen X 1 000 : Allantospermum multicaule (Capuron) Nooteboom : Capuron
66666 S F, P, Madagascar, Faralangana, 1964 : 1, mésocolpium : exine scabre-fovéolée ;
2, vue du sillon et de l’exine; 3, vue de l’endoaperture et des cost ; 4, coupe méridienne
au niveau des apertures, mise en évidence des épaississements de l'endexine; 5, vue
polaire : le triangle et l’exine; 6, coupe optique équatoriale; 7 et 8, cas exceptionnel :
granules occupant la lumière de l'endoarperture; 7, vue de face; 8, vue en coupe. — Allan-
tospermum borneense Forman : SAU 6666, P, Bornéo, Sarawak, Kuching, 1961 ;
9 à 11, variations du mésocolpium : 9, exine sacbre-Iovéolée à l'équateur, devenant rugulée
aux pôles; 10 , exine entièrement scabre-Iovéolée; 11 , exine rugulo-Iovéolée à l'équateur
devenant striée aux pôles; 12, vue de l'exine et du sillon en surface; 13, vue de l'exine et
du sillon sur un plan inférieur; mise en évidence des grands bacules; vue de l'endoaperture;
14 à 16, vue de trois-quart : 14, vue de l'exine fovéolée à striée; 15, coupe optique méri¬
dienne au niveau des apertures; mise en évidence des costae; 16, coupe optique méridienne
latéralement aux apertures, mise en évidence des grands bacules. — Irvingia gabonensis
(Aubry-Lecomte) Baill. IIruingiaceæ) : Le Teslu 8767, P, Gabon, Lastoursville, 1932 :
17, vue polaire : exine fovéolée; 18, coupe optique équatoriale : pas d'épaissement de
l'endexine; 19, coupe optique méridienne au niveau des apertures montrant l’amincisse¬
ment de l'ectexine; 19, coupe optique méridienne au niveau des apertures montrant
l'amincissement de l'ectexine et l’épaisseur constante de l'endexine; 20 , grain bréviaxe
montrant le sillon et partiellement 1 endoaperture. — Irvingia malayana Oliv. ex Benn.
(Iruingiaceæ) : Le Fiure 386, P, Cochinchine, Tay Ninh, 1864 ; 21, vue de face du système
apertural et de l’exine scabre-fovéolée; 22, mésocolpium; 23, coupe optique équatoriale;
24, coupe optique méridienne.
Source : MNHN, Paris
344 —
Source : MNHN, Paris
— 345 —
COMPARAISON AVEC LES IBVINGIACEAE : C. R. METCALFE, en
comparant A. borneensee t les Ixonanthaceæ aux Irvingiaceæ, s’il a noté, il
est vrai, quelques analogies a surtout constaté les différences suivantes :
— A. borneense diffère d ’Irvingia et de Klainedoxa à la fois par
l’absence de canaux secréteurs, par les ponctuations vaisseaux-rayons et
par la moindre taille des rayons. Seule apparaît semblable la distribution
du parenchyme et des vaisseaux;
—- la structure vasculaire du pétiole d ’Irvingia et de Klainedoxa
est beaucoup plus complexe (cylindre de xylème et de phloème, plages
subsidiaires adaxiales) que celle des Ixonanthaceæ, bien qu’il existe une
certaine ressemblance avec le système vasculaire pétiolaire d’Ochtho-
cosmus Horaimæ Benth.
COMPARAISON AVEC LES IXONANTHACEAE' C. R. METCALFE a pu
observer qu’Æ borneense avait une structure caulinaire et foliaire tout à
fait comparable à celle d’ Ixonanlhes et d’Ochlhocosmus à cette différence
que :
— les perforations latérales des vaisseaux d’A. borneense sont plus
fines que celles des deux autres genres;
— les perforations vaisseaux-rayons d’^4. borneense sont plus fines
et contrastent fortement avec les perforations larges et allongées d’Ixo-
nanlhes et d’Ochlhocosmus ;
— comme chez les Ixonanthaceæ absence de canaux secréteurs et
présence de cristaux diffus.
Ixonanlhes, Ochlhocosmus et Cyrillopsis présentent un même plan
d’ensemble à deux exceptions près : 1) /. parvifolia Merr. (Balansa
1137) diffère des autres Ixonanthaceæ ; — 2) O. Roraimæ Benth. diffère
des deux autres espèces par la présence de cellules scléreuses dans le méso-
phylle de la feuille et une structure pétiolaire très complexe.
PI. 3. — Pollen photographié x 1 000 : Desbordesia insignis Pierre (Irvingiaceæ) : Klaine
405, P, Gabon, Ogooué, 1900 : 1, aperturcs vues de face : membrane aperturale scabre-
granuleuse; 2, limites du sillon, endoaperture; 3, mésocolpium scabre; 4, coupe optique
méridienne; 6 et 6, grain vu de trois-quart : 6, ectexine scabre recouvrant le pore; 6, coupe
optique méridienne au niveau des apertures : endexine montrant un faible épaississement
au niveau du pore; 7, vue polaire : triangle et exine scabre; 8, coupe optique équatoriale.
— Klainedoxa gabonensis Pierre var. microphylla Pellegrin ( Irvingiaceæ) : Le Teslu
1823, P; 9, mésocolpium : ornementation de l'exine : scabre au centre, rugulo-fovéolée
à la périphérie; 10, vue polaire : triangle polaire et exine montrant une ornementation
scabre au centre et rugulée sur les côtés du triangle; 11 , coupe optique équatoriale : au
niveau des pores l'ectexine est épaissie et les bacules sont plus grands; 12 , cndoapertures
de face et extrémités du sillon ; 13, pollen vu de trois-quart montrant les bandes d'ectexine
épaissie à ornementation réticulo-fovéolée; 14, coupe optique du grain précédent, montrant
l'endexinc et l'ectexine épaissie au niveau des pores : les grands bacules pendent librement
dans la lumière des pores; 15 et 16, coupes optiques méridiennes : ectexine avec ses grands
bacules recouvrant les pores. — Klainedoxa gabonensis Pierre var. oblongifolia Engl.
(Irvingiaceæ) : Le Teslu 3071, P, Haut Oubangui, Yalinga, 1923 : 17, coupe optique méri¬
dienne : structure de l'ectexine au niveau des pores : présence de grands bacules. — Pollen
schématisé x 1 500 : Klainedoxa gabonensis Pierre var. micropbyUa Pellegrin (lrvin-
giaceæ) : Le Testu 1823, P ; 18, mésocolpium : ornementation de l'exine : rugulé à la péri¬
phérie et scabre au centre; 19, vue polaire : ornementations de l'exine; 20, apertures de
face et ornementations de l'exine.
Source : MNHN, Paris
- 346 —
III. PALYNOLOGIE
L’étude du pollen des deux espèces Allanlospermum mullicaule
(Capuron) Nooteboom (= Cleislanlhopsis multicaulis Capuron) et Allan-
losperrnum borneense Forman a été entreprise au Laboratoire de Palyno¬
logie du C.N.R.S. à la Faculté des Sciences de Montpellier. L’examen des
pollens ne permet pas d’apporter d’arguments décisifs pour conclure à la
synonymie, au niveau générique, des deux taxa ; ils n’apportent cependant
pas la preuve du contraire. Suivant la conception de H. P. Nooteboom
(7) (1967), dans les descriptions on ne parlera que du genre Allanlosper-
rnum. Ce travail consiste donc à apporter une documentation pollinique
sur les espèces en question.
Dans chaque espèce, le pollen est homogène malgré quelques varia¬
tions de détails portant sur l’ornementation réduite de l’exine et la forme
du pollen.
Les grains des deux espèces sont tricolporés, ellipsoïdaux, longi-
axes, isopolaires. La coupe optique équatoriale est sub-triangulaire à plus
ou moins sub-circulaire et, en vue méridienne, le contour est sub-losan-
gique à faiblement sub-elliptique ; au niveau des pores, l’exine est proé-
minante; sous les sillons, l’endexine présente des épaississements, c’est-à-
dire des costae. L’ornementation de l’exine est fovéolée à faiblement
rugulée.
La description rapide des deux espèces successives est donnée dans
ce qui suit. Elle permet alors de tenter d’établir la place du genre parmi
les Irvingiaceæ ou les Ixonanlhaceæ.
Allantospermum multicaule ( Capuron 23640 SF, P. — PI. 2,
fig. 1 à 8; PI. 4, fig. 1 ; PI. 5, fig. 1 à 3)
Forme : le pollen est longiaxe et il mesure : pour P, de 21 à 24 [x,
le plus fréquemment 22 [x et pour E de 17 à 18,5 jx et le plus souvent 18 p.
Apertures : les apertures sont représentées par trois sillons étroits
de 0,2 à 0,5 [x de large, à bords réguliers, à extrémités distinctes; la
membrane aperturale est scabre, le triangle polaire réduit (2 à 3 |x). Sous
les sillons, l’endexine présente des épaississements. Les endoapertures,
au nombre de trois, ont une forme sub-rectangulaire ; elles sont allongées
perpendiculairement à l’axe polaire; chaque pore mesure environ 4 à
4,5 |x de long sur 3 (x de large; parfois, il présente une petite constriction
médiane : le pore ne mesure plus alors que 2,5 jx de large à ce niveau.
Parfois, des petits granules obstruent la lumière des pores.
Exine : l’exine, toujours très fine, mesure 0,5 [x environ. L’ornemen¬
tation est réduite : scabre à fovéolée, parfois faiblement rugulée. Les
bacules mesurent environ 0,2 jx. L’endexine, toujours épaisse, mesure
0,9 (x environ dans les mésocolpiums ; sous les sillons, l’endexine forme des
costae surtout au niveau des pores.
Allantospermum borneense (SAR 3360, P. — PI. 2, fig. 9 à 16;
PI. 5, fig. 4 à 8).
Source : MNHN, Paris
1 000 : Allantospermum multicaule (Capu:
>e optique ni
: pas d'épaississement
weæ) : Le Testu 6391,
4, système apertural
.-.— - épait.
(Aubry-Lecomte) Baill. (lrvingiaceæj : 2, c<
de l'endexine. — Ochthocosmus airicanua noua. i. t uunui
P, Gabon, Haute Ngounyé, 1927; 3, mésocolpium : exine tovéo;
vu en surface; 5, système endoaperturaï ; pore et épaississement ue i enaexine; o, coupe
optique méridienne des apertures ; mise en évidence des épaississements. — Ixonanthes
icosandra Jack (Ixonanlhaceæ) : Boschwezen 765, P, Sumatra, 1921 ; 7, vue polaire : exine
échinulée, les épines appartiennent 5 un tectum qui repose sur des bacules; 8, coupe
optique équatoriale montrant les épaississements de l'endexine; 9, vue en surface du sys¬
tème apertural; 10 , vue du système endoaperturaï : pore et épaississements.
Source : MNHN, Paris
— 348 —
Forme : le pollen est fortement longiaxe et mesure 32 p environ pour
P et 19 (x pour E. Les grains présentent quelques faibles variations de
forme (PI. 2, fig. 9 à 11).
Apertures : les ectoapertures sont nettes surtout à l’équateur et
diffuses aux extrémités. Les trois sillons sont très étroits et mesurent
0,5 à 0,7 [x au niveau des pores; la membrane aperturale est scabre;
l'endexine s’épaissit sous les ectoapertures et forme des costae. Les
ectoapertures, au nombre de trois, ont une forme sub-rectangulaire et
sont allongés perpendiculairement à l’axe polaire; les limites latérales
des endoapertures sont souvent peu distinctes.
Exine : l’ectexine, toujours très mince, ne mesure que 0,6 à 0,8 jx
au niveau des pôles et dans les mésocolpiums ; les bacules mesurent
alors 0,3 p environ de haut; de chaque côté des sillons, de part et d’autre
des endoapertures, les bacules deviennent plus grands et peuvent attein¬
dre 0,5 à 0,7 g. Le pollen présente une ornementation très fine : souvent
fovéolée, parfois rugulo-striée à l’équateur, rugulée à striée dans le trian¬
gle polaire. Certains grains sont entièrement rugulo-striés. L’endexine
mesure 1 jx aux pôles et dans les mésocolpiums. Sous les sillons et surtout
de part et d’autre des pores, l’endexine est fortement épaissie.
Les dimensions différentes des pollens plus ou moins longiaxes,
celles des bacules, l’ornementation fovéolée à rugulo-striée font que ces
deux plantes appartiennent à deux espèces très différentes.
La comparaison avec les pollens des Irvingiaceæ et des Ixonanlhaceæ
a conduit aux conclusions suivantes.
L’observation des Irvingiaceæ porte essentiellement sur le pollen
d’Irvingia gabonensis (Aubry-Lecomte) Baill. (Le Teslu 8787, P. — PI. 2,
fig. 17 à 20; PI. 4, fig. 2; PI. 5, fig. 9) et d’Irvingia malayana Oliv. ex
Benn. (= I. Oliveri Pierre) (Le Fèvre 386, P. — PI. 2, fig. 21 à 24), de
Desbordesia insignis Pierre (Klaine 405, P. — PI. 3, fig. 1 à 8) et de Klaine-
doxa gabonensis Pierre ex Engler var. microphylla Pellegrin (Le Teslu
1823, P. — PI. 3, fig. 9 à 16 et 18 à 20) et Klainedoxa gabonensis Pierre
var. oblongifolia Engl. (Le Teslu 3071 , P. — PI. 3, fig. 17). La famille
présente un pollen très homogène dans la plupart de ses caractères (forme,
apertures, exine). Il n’est généralement possible d’établir un rapproche¬
ment qu’avec les grains d ’Allanlospermum multicaule. En effet, si les
grains ont là aussi une coupe optique équatoriale triangulaire, une orne¬
mentation fine, scabre à fovéolée, des dimensions parfois identiques
(P = 20 (x et E = 18 |x pour Irvingia malayana), une première différence
essentielle porte sur les apertures : les ectoapertures sont très élargies
à l’équateur (1 à 3 p), le triangle polaire, grand par rapport aux dimensions
du pollen, les endoarpertures de très grande taille; l’endexine ne s’épais¬
sit que rarement sous les sillons de part et d’autre du pore et lorsque ce
cas est réalisé (Desbordesia), l’épaisseur est très faible. Les autres dissem¬
blances concernent la forme sub-sphérique des grains généralement
équiaxes ou bréviaxes et le contour sub-circulaire des coupes optiques
Source : MNHN, Paris
PI. 5. — Pollen (dessins x 1 500): Allantospermum multicaule (Capuron) Nooteboom :
1, vue de face; 2, vue de trois-quart : épaississements de l'endexine; 3, vue polaire. —
Allantospermum borneense Forman : 5, schéma montrant la place des coupes figurées
dans les figures 4 et 6 respectivement en A et B; 4, vue de trois-quart : en A, coupe mon¬
trant les grands bacules; 6, vue de trois-quart : en B, coupe montrant les épaississements
de l'endexine; 7, vue de face; 8, vue polaire. — Irvingia gabonensis (Aubry-Lecomte)
Bail!. (Irvingiaceæ ); 9, vue de face : par les grandes dimensions du porc, la coupe est
identique û celle qui passerait exactement au milieu du sillon. — Ochtbocoamus africa-
nus Ilook. f. ( Ixonanlhaceæ) ; : 10, vue de trois-quart.
Source : MNHN, Paris
— 350 —
méridiennes (PI. 4, fig. 1 et 2). Toutefois un rapprochement entre A. bor-
neense et K. gabonensis doit être envisagé : l’exine de ces deux grains
présente des grands bacules au niveau des apertures (PI. 3, fig. 11 et 14
à 17).
Dans la famille des Ixonanlhaceæ, l’étude porte principalement sur
Ochlhocosmus africanus Hook. f. (Le Teslu 6391. — PI. 4, fig. 3 à 6; PI. 5,
fig. 10) et sur Ixonanlhes icosandra Jack (Boschwezen 765, P. — PI. 4,
fig. 7 à 10). Comme dans le cas des grains dAllantospermum, les ectoa-
pertures sont peu élargies à l’équateur ou même plus étroites, le triangle
polaire ainsi que les endoapertures sub-rectangulaires, relativement petites
par rapport aux dimensions des grains; l’endexine s’épaissit sous les
sillons et surtout au niveau des pores. Dans l’espèce Ochlhocosmus afri¬
canus, le pollen est longiaxe (P = 39 g et E = 26 g) l’ectexine est très
mince, scabre-fovéolée à faiblement rugulo-fovéolée et les bacules petits.
Malgré l’insuffisance de matériel, il semble que le genre Allanlo-
spermum se rattache plutôt aux Ixonanlhaceæ qu’aux Irvingiaceæ.
Un tel rapprochement a d’ailleurs été remarqué par G. Erdtman en
1965 dans une note citée par L. L. Forman (3). De plus, il faut noter
que le pollen d’Allanlospermum mullicaule ressemble à celui des Ana-
cardiaceæ.
L’étude des pollens, en particulier de l’exine et surtout des apertures,
conduit également à établir que le genre Allanlospermum et les familles
des Ixonanlhaceæ et des Irvingiaceæ sont beaucoup plus proches des
grains des Simaroubaceæ que ceux des Linaceæ.
En résumé, contrairement aux résultats fournis par l’anatomie où
les variations sont faibles au niveau spécifique, il apparaît en palynolo¬
gie, des caractères très distincts et bien marqués pour chaque espèce
(dimensions du pollen et des bacules, ornementation).
IV. CONCLUSIONS
Les observations relatées ici montrent que :
— dans le genre Allanlospermum les caractères anatomiques sont
relativement constants à quelques irrégularités près, alors que les carac¬
tères des pollens sont différents (forme, exine : présence de grands
bacules) ;
— par l’absence de canaux secréteurs et d’un cristarque continu
surtout, et par tous les autres caractères de sa structure anatomique,
Allanlospermum se rattache à Cyrillopsis, Ixonanlhes et Ochlhocosmus.
Ces genres appartiennent bien à un même groupe naturel. La présence
d’épaississements de l’endexine dans les pollens d 'Allanlospermum,
Ixonanlhes et Ochlhocosmus pourrait également confirmer cette appar¬
tenance.
Mais ainsi constitué, quelle place faut-il accorder dans la Classi¬
fication, à ce groupe de genres affines? Dans le cadre de notre travail
il n’est pas possible de répondre complètement à cette question étant
Source : MNHN, Paris
— 351 —
donné l’intrication des caractères (à la fois proches de ceux des Sima-
roubaceæ et de ceux des Linaceæ par l’anatomie et proches de ceux des
Simaroubaceæ par le pollen) et la nécessité de recherches comparées plus
étendues.
En attendant de nouvelles données sur les affinités si problématiques
de ce genre, nous pensons que la structure anatomique et celle du pollen
nous autorisent à confirmer la liaison d’Allanlospermum aux Ixonan-
Ihoideæ H. Winkl.
Bibliographie
1. Capuron, R. —- Une Irvingiacée malgache, Adansonia, ser. 2, 5, 2 : 213-216 (1965).
2. Erdtman, G. —• Pollen Morphology and Plant Taxonomy. Angiosperms. An intro¬
duction to Palynology, Stockholm 1: 1-539 (1952).
3. Forman, L. L. —-A new genus of Ixonanthaceæ with notes on the family, Kew
Bull. 19 , 3 : 517-526 (1965).
4. Jadin, F. — Contribution à l’étude des Simarubacées, Ann. Sc. Nat., ser. 8, 13 :
201-303 (1901).
5. Metcalfe, C. R. and Chalk, L. — Anatomy of the Dicotyledons, Oxford (1950).
6. Nooteboom H. P. — Simaroubaceæ, Fl. Males., ser. 1,6: 193-226 (1962).
7. —- The taxonomie position of Irvingioideæ, Allanlospermum Forman and
Cyrillopsis Kuhlm., Adansonia, ser. 2, 7, 2 : 161-168 (1967).
8. Rojo, J. P. — The wood anatomy of Allanlospermum borneense Forman and
Allanlospermum mullicaule (Capuron) Nooteboom, Adansonia, ser. 2, 8,
1 : 73-83 (1968).
9. Saad, S. I. — Palynological studies in the Linaceæ, Pollen et Spores 4, 1 : 65-84
(1962).
10. Van Tieghem, P. — Sur les Irvingiacées, Ann. Sc. Nat., ser. 9, 1: 247-320 (1905).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
A dans onia, ser. 2, 8 (3) 1968.
UN NOUVEL EUGENIA DU GABON (MYRTACÉE)
par G. J. H. Amshoff
Eugenia imbricato-cordota Amsh., sp. nov.
Frutex vel arbor parva 3-5 m alta, ramulis glabris novellis lævibus
cito decorticantibus. Folia subsessilia, ovato-lanceolata, fere triangularia
basi alte et late cordata, basim folii oppositi obtegentia vel ab ea obtecta,
apice obtusa vel acutiuscula, glabra, 7-13 cm longa, 4-7 cm lata, Costa supra
plana vel subimpressa, subtus prominente, nervis lateralibus cire. 14, supra
inconspicuis, subtus prominulis, in nervum marginalem arcuato-conjunctis.
Flores axillares, fasciculati, pedicellis 5-7 mm longis, glabris, apice bibrac-
teolatis. Alabastra tantum adsunt. Sepala rotundata. Ovarium glabrum.
Fructus subglobosa, sepalis persistentibus fere 3 mm longis coronata. Embryo
indivise.
Holotype : Gabon, N. Hallé 3981, bord de l’Ivindo à Bélinga, fl. 20-
VI-1966. Fleurs roses à pétales de 4 mm de diam., (P.); isotype : N.
Hallé et Le Thomas 564, ibidem., fr. 17-VIII-1966, fruits verts globuleux
de 9 mm diam. à pedicelle de 5-6 mm (WAG).
L’espèce est parmi les Eugenia de l’Afrique tropicale remarquable
par ses feuilles profondément cordées à la base, de sorte que les feuilles
opposées de chaque paire se couvrent par leurs bases. C’est un phénomène
qu’on peut aussi observer, bien que moins marqué, chez une autre Myrta-
cée africaine, le Syzygium cordatum Hochst., arbre de l’Afrique méri¬
dionale et orientale. Plus voisin est YEugenia yangambensis Amsh. du
Congo ex-belge, avec les feuilles seulement légèrement cordées, les pédi-
celles longs de 2 mm, et les fleurs plus petites.
Dans la clef du genre Eugenia de la « Flore du Gabon », vol. 2, la
nouvelle espèce doit être placée à côté de YEugenia gabonensis Amsh.
Cette dernière espèce a des feuilles beaucoup plus longues et subcordées
à la base.
Source : MNHN, Paris
— 354 —
PI. 1. — Eugenia imbricato-cordata Ainsi). : a, rameau llorifère; b, bouton lloral : c, éta¬
mine: d, coupe transversale de l'ovaire (N. Halte 3981); e, fruit; I, graine (N. Haiti
et Le Thomas 564).
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 8 (3) 1968.
SUR LE GENRE PHYSENA Nobonh. ex Thouars
par R. Capuron
(C. T. F. T. — Madagascar)
Les botanistes sont très hésitants sur la place à donner au genre
Physena Nor. ex Thouars, propre à Madagascar et dont deux espèces sont
connues. Thouars l’avait mis dans les Apelalæ Incerlæ sedis. Bentham
et Hooker, Bâillon, Metcalfe (cité par Hutchinson), Hutchinson
le placent dans les Passifloracées ; Hallier, Pax et Hoffman dans les
Capparidacées; Gilg le met à la suite des Flacourtiacées dans les genres
de place incertaine; Perrier de la Bathie le place, à titre de « genre
tout à fait aberrant », dans les Flacourtiacées et propose même une tribu
des Physénées. Erdtman signale aussi qu’il a été placé dans les Théacées.
Nous pouvons ajouter que certains caractères séminaux peuvent faire
penser aux Sapindacées.
Il faut bien reconnaître que dans toutes ces familles les Physena
font vraiment figure d’intrus et qu’aucune des attributions proposées
n’est bien satisfaisante.
Nous laisserons de côté ces considérations, n’ayant aucune solution
à proposer qui puisse paraître meilleure que celles qui ont été envisagées;
nous nous contenterons simplement d’attirer l’attention sur quelques
caractères qui ont parfois été signalés par certains auteurs mais qui
semblent avoir été perdus de vue par d’autres.
Les feuilles ont un pétiole articulé (vers le milieu dans le P. madagas-
cariensis Tul., un peu plus bas dans le P. sessili/lora Tul.) ; après la chute
des feuilles la partie basale du pétiole persiste sur les rameaux. Il n’y a
pas de stipules.
La placentation a été considérée par les botanistes comme pariétale;
l’observation d’un jeune ovaire montre qu’en réalité il est à deux loges,
complètes dans la moitié inférieure, incomplète dans la moitié supérieure ;
les ovules, au nombre de deux par loge, sont insérés sur la cloison dans la
partie où les loges sont complètes; cette zone banale ne s’accroît pratique¬
ment pas au cours de la transformation de l’ovaire en fruit alors que la
zone supérieure se développe considérablement : sur la face interne du
péricarpe les cloisons sont visibles sous la forme de deux carènes longitu¬
dinales qui ont été prises pour des placentas.
Précisons que dans les fleurs mâles le nombre d’étamines peut s’éle-
vers jusqu’à 25; les filets staminaux paraissent insérés autour d’un dis¬
que très mince qui tapisse le réceptacle floral.
Source : MNHN, Paris
— 356 —
Dans les fruits non mûrs Perrier signale l’existence, sous le péri¬
carpe d’une « pulpe spongieuse qui disparaît à maturité en laissant un
vide autour de la graine ». Cette interprétation est erronée et c’est celle
de Gilg qui s’avère exacte. La partie pulpeuse appartient en réalité à la
graine et à aucun moment elle n’a de rapports avec le péricarpe. Ce der¬
nier se développe très rapidement après la fécondation des ovules et le
fruit atteint sa taille définitive alors que la jeune graine (une seule se
développe par fruit) commence à peine à se développer. Alors que la
graine n’a que 1 ou 2 mm de diamètre on peut déjà voir, sur ses flancs,
une plage de teinte différente de celle du reste des tissus. Au fur et à
mesure que la graine s’accroît on voit sur ces plages se former un revête¬
ment très dense de poils qui finissent par atteindre 1-2 mm de longueur.
Ces poils constituent un arillode, blanc sur le frais, un peu muqueux au
toucher. Dans le Physena sessiliflora l’arillode paraît envahir toute
la surface de la graine; dans le P. madagascariensis une partie des
téguments reste nue, constituant une bande de 1-3 mm de large environ
et occupant à peu près la moitié du pourtour de la graine, à l’opposé
du hile. Par dessiccation l’arillode se réduit à un feutrage sans épais¬
seur mais il reprend son aspect primitif après trempage dans l’eau
chaude.
Le tégument séminal proprement dit est mince, de couleur acajou.
L’embryon, totalement dépourvu d’albumen, est constitué de deux
cotylédons plus ou moins inégaux. La radicule se situe à peu près à mi
hauteur de la graine, à 90° du hile.
Dans le Physena madagascariensis la radicule est punctiforme; le
cotylédon supérieur est beaucoup plus gros que l’inférieur et constitue
la quasi totalité de l’embryon. Le cotylédon inférieur, libre du supérieur
est plus ou moins enchâssé dans une gouttière de ce dernier; il peut ne
mesurer que 3 mm de longueur alors que le gros cotylédon en mesure 17
et il pourrait alors être pris pour une radicule (méprise qui est arrivée à
Thouars et à Perrier de la Bathie); dans la majorité des cas il est
cependant plus développé et mesure 5-10 mm.
Dans le Physena sessiliflora les embryons que nous avons observés
avaient deux cotylédons beaucoup moins dissemblables, l’inférieur un
peu plus petit simplement que le supérieur. De plus ces cotylédons, libres
dans leur moitié apicale, sont soudés l’un à l’autre dans leur moitié basale
(en section verticale la suture entre les deux cotylédons est bien percep¬
tible). La radicule (2,5 mm de longueur sur 1,5 mm de large, obtuse au
sommet) est bien saillante et s’applique sur le dos du cotylédon inférieur;
elle est en outre, comme cela se passe dans les Sapindacées, enchâssée
dans un repli du tégument séminal.
Le P. madagascariensis Tul. est une espèce propre à la Région Orien¬
tale (Domaine de l’Est, du Centre et du Sambirano) où on la trouve
depuis le bord de la mer jusqu’aux environs de 1 600 m d’alt. C'est un
arbuste ou un petit arbre à feuilles alternes, non groupées en bouquets.
Il est connu sous les noms de Resonjo, Ramangaoka, Fanavy mangaoka,
Tangentoloho.
Source : MNHN, Paris
— 357 —
Le P. sessiliflora Tul. est au contraire une espèce de la Région Occi¬
dentale, connue depuis l’extrême Nord de l’Ile jusqu’aux confins orien¬
taux du Domaine du Sud où il est particulièrement commun. Il se dis¬
tingue aisément du précédent par ses fleurs sessiles, non en grappes,
et ses feuilles en partie groupées en bouquet sur des rameaux courts.
Il est connu généralement sous le nom de Fandriandambo.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 8 (3) 1968.
SUR LES PROTIUM (BURSÉRAGÉES)
DE MADAGASCAR
par R. Capuron
(C. T. F. T. — Madagascar)
Deux espèces, P. Beandou (L. March.) Engler et P. madagascariense
Engler représentent le genre Protium Burm. f. qui groupe plus de 80espèces
en majeure partie américaines.
Avec le P. obtusifolium (Lamk.) L. Marchand de l’Ile Maurice, les
deux espèces malgaches constituent la section Marignia (Comm. ex
Kunth) Engler. Bien que les deux espèces malgaches soient largement
répandues et parfois très communes, les fleurs étaient restées inconnues
des botanistes qui ont eu à étudier ces plantes, Perrier de la Bathie
en particulier.
D’assez nombreuses récoltes nous permettent aujourd’hui de combler
cette lacune.
Les inflorescences, de petite taille, toujours nettement plus courtes
que les feuilles, sont des grappes simples ou à peine ramifiées portant le
long de leur axe des cymules presque toujours uniflores. Les inflorescences
sont axillaires des feuilles, le plus souvent isolées, parfois groupées par
deux ou trois et paraissant alors naître sur un très court ramule axillaire
complètement défeuillé.
Le pédicelle floral est court (au plus 4 mm) et naît à l’aisselle d’une
petite bractée triangulaire légèrement cilicée; un peu au-dessus de sa
base le pédicelle est muni de deux bractéoles plus petites que la bractée
axillante.
Les fleurs (4-5) (exceptionnellement 6-) mères, sont unisexuées,
dioïques, celles d’un sexe conservant des rudiments bien développés de
l’autre sexe.
Le calice, un peu pubescent extérieurement, de 2-2,5 mm de dia¬
mètre, est bordé par (4-) 5 (-6) lobes peu élevés, séparés par des sinus
très largement arrondis; il est ouvert de très bonne heure et il ne m’a pas
été possible de voir des boutons assez jeunes pour noter sa préfloraison.
Les pétales, munis dorsalement de quelques cils peu visibles, sont
ovales-triangulaires, aigus au sommet, et mesurent 2,5 X 1,3 — 1,7 mm;
ils sont valvaires dans le bouton sauf parfois à la base où ils sont à peine
imbriqués.
Les étamines, en nombre double des pétales, mesurent environ
Source : MNHN, Paris
— 360 —
1,5 mm de longueur (les oppositipétales sont un petit peu plus longues que
les alternipétales) ; les filets, aplatis antéro-postérieurement, se rétrécis¬
sent régulièrement de la base au sommet; les anthères des étamines
oppositipétales sont brièvement oblongues tandis que celles des étamines
alternipétales sont ovales-triangulaires. Dans les fleurs femelles les sta-
minodes sont à peine réduits par rapport aux étamines mais leurs anthères
sont dépourvues de sacs polliniques.
Le disque atteint environ 1,8 mm de diamètre; il est en forme
d’anneau surbaissé, nettement lobulé par les impressions des filets
staminaux.
L’ovaire des fleurs femelles, d’à peine 1 mm de hauteur totale,
est largement ovoïde conique et s'atténue au sommet en un robuste et
très court style qui se divise en 4-5 (-6) branches très courtes et tron-
quées-stigmatiques à leur extrémité; les loges sont oppositipétales et
contiennent chacune, vers leur mi-hauteur deux ovules collatéraux.
Dans les fleurs mâles le pistillode, haut de 0,5 mm environ, est en forme
de cône 4-5 lobulé à son sommet; il possède 4-5 loges contenant chacune
deux ovules très réduits. Ovaire et pistillode sont pubescents dans la
partie ovarienne proprement dite.
Les fruits, apiculés au sommet par le style persistant, ont géné¬
ralement un ou deux noyaux développés; les fruits à trois et quatre
noyaux sont beaucoup plus rares; je n’ai jamais observé de fruit à
5 noyaux. Les fruits uniséminés ont été décrits par Perrier; les fruits
2-séminés sont en général nettement bilobés par deux sillons longitu¬
dinaux assez profonds qui séparent les carpelles fertiles; dans les fruits
à 3 ou 4 graines, ces sillons sont peu marqués et les fruits sont presque
globuleux.
Au moment de la maturité le péricarpe du fruit se divise en un cer¬
tain nombre de panneaux et cette déhiscence est assez particulière pour
que nous l’examinions un peu en détail. Nous examinerons d’abord ce
qui se passe dans les fruits à 4 noyaux développés; sur ces fruits mûrs
on voit se former cinq fentes longitudinales qui vont de la base du style
jusqu’à la base du fruit; deux de ces fentes sont très rapprochées l’une de
l’autre et l’espace étroit qu’elles limitent correspond au carpelle avorté
(en supposant l’ovaire initial à 5 loges); ces fentes en s’approfondissant
finissent par intéresser toute l’épaisseur du péricarpe qui se trouve ainsi
divisé en quatre panneaux plus ou moins losangiques; ces panneaux
charnus-coriaces tombent et mettent ainsi à nu la paroi dorsale des
noyaux; ces derniers sont fixés à l’axe du fruit vers le milieu de leur face
ventrale par un ombilic déjà décrit par Perrier; ils sont entièrement
entourés, sauf au niveau de l’ombilic, d’une couche épaisse (1 mm envi¬
ron) d’un tissu charnu, arilliforme (mésocarpe?) de belle couleur rouge,
analogue sans doute au tissu de même consistance et couleur qui entoure
partiellement ou totalement les noyaux des Commiphora. Après la chute
des noyaux on constate que l’axe du fruit (entouré à sa base par le calice
et le disque, apiculé au sommet par le style) persiste sur le pédoncule du
fruit et que, de plus, de cet axe divergent, radialement quatre cloisons
Source : MNHN, Paris
— 361 —
verticales dont trois, très minces, correspondent au feuillet médian sépa¬
rant les carpelles fertiles, la quatrième, nettement plus épaisse, corres¬
pondant dans sa plus grande partie au carpelle demeuré stérile (on peut,
avec un peu de chance, retrouver dans ce carpelle la loge ovarienne et les
deux ovules demeurés dans leur état primitif).
Dans les fruits à deux noyaux développés il ne se forme que deux
panneaux et après chute des noyaux il persiste deux cloisons épaisses,
l’une correspondant à un carpelle avorté, l’autre à deux carpelles. Quant
aux fruits uni-séminés la partie qui persiste sur leur pédoncule correspond
aux quatre carpelles demeurés stériles.
En somme dans ces Protium il subsiste sur le pédoncule, après
déhiscence du fruit, une columelle en tous points semblable, à la consis¬
tance près, à celle des Boswellia ou des Aucoumea.
Les deux Protium malgaches sont extrêmement voisins l’un de l’autre
et peut-être conviendrait-il mieux de les considérer comme des variétés
d’une même espèce. Les caractères des fleurs et des fruits sont iden¬
tiques dans les deux espèces et le nombre des folioles, caractère utilisé
par Perrier pour les séparer s’avère sans valeur : les deux possèdent
des feuilles à (3-) 5-7 (-9-11) folioles. On peut retenir, comme caractères
distinctifs :
P. Beandou L. Marchand ex Engler : Feuilles dépassant rarement
12 cm de longueur. Folioles, souvent obovales, peu coriaces, ne dépas¬
sant que très exceptionnellement 5 cm de longueur. Articles du rachis
souvent assez nettement rebordés-ailés. Inflorescences ne dépassant pas
4 cm de longueur. Arbuste ou petit arbre, exceptionnellement arbre de
10-15 m.
P. madagascariense Engler : Feuilles normales (c’est-à-dire à 5 folioles
et plus) ayant souvent 10-25 (-35 cm). Folioles le plus souvent epifitiques
ayant en règle générale 6-10 (-16) cm de longueur. Rachis non ou à peine
marginé, plus robuste. Inflorescences atteignant parfois jusqu’à 10 cm
de longueur. Arbre de moyenne, grande ou très grande taille.
Si le P. Beandou est, dans l’ensemble, une espèce relativement rare,
le P. madagascariense est en revanche une espèce parfois très commune
(forêt de Lokobe dans l’île de Nossibe, forêts littorales entre Vohémar et
le Cap Est, etc.). La première paraît localisée dans les zones littorales
alors que la deuxième pénètre dans l’intérieur des terres (vallée de l’An-
droranga, abords du lac Aloatra etc.).
Aux deux espèces nous rapportons les échantillons suivants, non
vus par Perrier de la Bathie ou non cités par cet auteur :
1. Protium Beandou
Est : Ambohitralanana, au Sud d'Antalaha, 8875 RN (Fl., 6/111/1957, Tsirami-
ramy); Environs du Gap Est, 27783 SF (Fr., 19/IV/1967); Varingohitra, près de Soa-
nierana, à l’Ouest de Maroantsetra, 21500 SF (Fl., 5/XI1/1963, Soretry); Forêts litto¬
rales et sublittorales, sur sables, à Antoraka, à l'Ouest de Maroantsetra, 18268 SF
Source : MNHN, Paris
— 362 —
(Fr., 14/IX/1957); Forêt sublittorale, aux environs d’Anandrivola, au Sud de Rantabe
(Maroantsetra), 8923 SF (Fr., 1/1954, Tsiramiramy) ; Forêt sublittorale, sur sables, à
Tampolo, au N. de Fénérive, 12507 SF (Fl., 21/1/1955, Tsiramiramy), 15611 SF (Fl.,
16/111/1956, Tsiramiramy mena), 15902 SF (Fr., 21/V/1956, id.); Ambila-Lemaitso,
8306 SF (Fl., 7/1/1954, Masonambatsy), 9654 SF (Fr. imm, 26/1V/1954, Voamatata);
Ankazondratana, près de Nosy Varika, 19524 SF (Fr., 30/V/1959,Sondramy); Ampan-
galana Nord, Mananjary, 14716 SF (Fr., 16/VI/1954, Tsiramiramy); Mananjary, zone
côtière, Geay 7429, 7430, 7793 (Fr., 3/1V/1909); Ampandinana, près de Mananjary,
19680 SF (Fr., 25/111/1960, Sandramy); Ampangalana Sud, près de Mananjary,
9502 SF (Fl., 23/11/1954, Sandramy), 19539 SF (Fr., 14/IX/1959, Sandramy); Saka-
rivo, au Nord de Namorona, Mananjary, 5641 SF (Fr., 23/111/1952, Tsiramiramy);
Analamboapaka, Tohakandro, Farafangana, 6038 SF (Fr., Bois, 3/X/1952, Sandela),
16053 SF (Fr., 19/XI/1955, Sandela); Mandena, au N. de Fort-Dauphin, 7423 SF (Fr.,
18/V/1953, Sandelo).
2. Protium madagascariense
Sambirano : Forêt, sur grès, aux environs d'irano, vallée de l'ifasy, 3074 SF
(Fr., 111/1951 ); Nossibe, forêt de Lokobe, 11421 SF (Fr., 2/1V/1954, Sandramiramy),
8326 UN (Fr., 12/VII/1956, Tsiramiramy); Benavony, près d’Ambanja, 2569 SF (Fr.,
24/IX/1950, Tsiramiramy), 10272 SF (Fl., 8/VI/1954, Sandramiramy); Beandrona,
Ambanja, 4143 SF (Fr., 4/VI1I/1951, Sandramiramy); Massif gréseux de Bekaka, au
N. de Benavony, Ambanja, 9292 SF (Fr., 25/III/1954, Sandramiramy); Maevadoany,
à 4 km au S. O. de Marovato (vallée du Sambirano), 7383 SF (Fl., 2/VI/1953, San¬
dramiramy); Environs de Beangona, vallée du Sambirano, 3 F 183 (Fr., 24/IX/1950,
Tsiramiramy), 1452 UN (Fl., 3/VI11/1948, Sandramiramy), 2244 RN (Fr., 28/VIII/1950,
Tsiramiramy), 7909 RN (Fr., 2/II/1956, Tsindramiramy); Djangoa, au Sud d'Ambanja,
3095 SF (Fr., 28/VII/1950, Tsiramiramy); Presqu’île d'Anorotsanga, à Tanamboa,
près de Marotony, 2959 SF (Fr. imm., 30/111/1951, Ramitsitsy); Massif du Maro-
miandra, à l'Est d’Ankaramy, Ambanja, 5827 SF (Fr., 10/X/1952, Sandramiramy ou
Tsiramiramy): Maromandia, basse Andranomalaza, 4059 SF (Fr., 31/X/1951, Tsira¬
miramy).
Est : Forêt d’Ampanefera, au Sud de Vohémar, 9308 SF (Fr., 18/111/1954, Tsira¬
miramy), 9745 SF (Fr., 21/IV/1954, id.); Bords de marais à raphia, sur bois littoraux,
au Nord de Sambava, Humbert et Capuron 24412 (Fr., 28/XI/1950); Base de l’Ambato-
biribiry, au N. de Sambava, vers 50 m d’alt., 874 SF (Fr., 30/XI/1950); Vallée de
l’Androranga, près d'Antongondriha, 740 SF (Fr., 3/X1/1950, Ramy tsitsv) et Hum¬
bert et Capuron 23975 (id.); Versant Sud du massif de l’Anjenabe, au N. d’Anton-
gondriha, vers 500 m d’alt., 785 SF et Humbert et Capuron 23982 (Fr., 8/XI/1950,
Tsiramiramy); Lohanantsahabe, à l'Ouest de Sambava, 6418 SF (Fr., 2/1/1953, Tsira¬
miramy); Maroamhihy, dans la vallée de la Lokoho, 11962 RN (Fl., 30/1/1962, Tsira¬
miramy); Sambava, 7975 SF (Fr., 8/V/1956, Tsiramiramy); Forêt d’Anteviala, aux
environs Ouest d'Antalaha, 14957 SF (Fr., 25/VI/1955, Ramintsitsihy) ; Dunes litto¬
rales à Antalaha, Perrier 6309 (Fr., XI/1912); Farankaraina à l'Est de Maroantse¬
tra, 10835 SF (Fr., 20/IX/1954, Tsiramiramy), 14207 SF (Fr., 2/VI/1955, id.), 15525 SF
(Fr., 14/XI1/1955, Soretra), 17728 SF (Fl., 2/X/1957, Tsiramiramy); Colline latéri-
tique à l’Ouest de Nantoraka (Maroantsetra), 22859 SF (Fr., 5/XI/1953); Environs du
col d'Antandrokolaka, entre Morafeno (bassin de la Fananehana) et Antsambalahy
(b. de la Rantabe), vers 600 m d’alt., 9032 SF (Fr., 15/11/1954, Tsiramiramy); Forêt
sublittorale, sur sables à Tampolo, au N. de Fénérive, 14182 SF ( Fr., 20/V1I/1955),
Tsiramiramy), 15110 SF (Fr., 10/IX/1955, Tsiramiramy), 15785 SF (F., 7/X/1955,
Ramy mena), 18160 SF (Fr., 28/VIII/1957, Tsiramiramy à grandes feuilles); Foul-
pointe, Dupelit Thouars s. n.; Réserve Naturelle n° 1, Ambodiriana, Tamatave,
5886 RN (Fr., 14/XI/1953, Ramy); Andriantantely, Lahariandava, Brickaville, 12630
SF (Fr., 22/X/1954, Tsiramiramy); Belambo, au N. de Manakara, 15248 SF (Fr.,
29/IX/1955, Hazombato); Entre Manakara et Vohipeno, 10131 SF (Fr., 20/IV/1954);
Elandy, Mahatalaky, Fort Dauphin, 10854 SF (Fl., Fr. imm., 15/X/1954, Sokia fotsy),
10857 SF (id.); Fort Dauphin?, Flacourl s. n. (116, Arindranto; Hist. p. 139).
Source : MNHN, Paris
— 363 —
Est (Confins du Centre) : Antetezanambo, Vohimena, Ambatondrazaka, 9643 SF
(Fr., 30/III/1954, Lanary); Didy, Ambatondrazaka, 98 R 175 (F., Bois, Fanazava).
Observations : Perrier de la Bathie a déjà fait remarquer
l’extraordinaire ressemblance de l’appareil végétatif du Protium mada-
gascariense et d'une Anacardiacée qui croît dans la Région Orientale,
le Poupartia Chapelieri (Guillaumin) H. Perr. Cette ressemblance est telle
que des échantillons de cette dernière espèce ont été décrits par Guillau¬
min comme Protium Chapelieri Guill. et qu’un échantillon de Sainte Marie
a été considéré par Engler comme une variété ( ellipticum Engl.) du Pro¬
tium madagascariense.
Sur le terrain la distinction des deux espèces est très aisée : le Pro¬
tium madagascariense, en particulier son écorce, a une odeur très pro¬
noncée de térébenthine qui rappelle beaucoup celle du Ramy ( Canarium
madagascariense Engler); on retrouve d’ailleurs, dans les noms vernacu¬
laires du Protium, le nom de Ramy (Tsiramiramy, Ramytsitsihy etc.).
Le Poupartia, en revanche, est pratiquement inodore.
Les échantillons en fruits, même immatures, se distinguent assez
aisément : Dans le Protium le style (lobulé à son sommet) est apical,
tandis que dans le Poupartia il y a 5 très courtes protubérances dispo¬
sées au-dessous du sommet, sur le pourtour du fruit. A maturité il ne peut
guère y avoir de confusion.
La distinction des échantillons en fleurs est plus délicate. Dans
le Poupartia les pétales sont un peu losangiques et imbriqués, dans le
Protium ils sont plus triangulaires et valvaires. La disposition des stig¬
mates dans les fleurs femelles permet également une distinction assez
facile des deux genres. Dans les fleurs mâles le pistillode du Poupartia
est glabre, celui du Protium est pubescent.
Quant aux échantillons stériles leur distinction est bien délicate,
sinon impossible; lorsque des feuilles présentent 13 folioles ou plus
l’échantillon est à rapporter au Poupartia. Dans le cas contraire on peut
peut-être noter que dans les Protium les nervures secondaires forment,
près des marges, des arcs d’anastomose plus réguliers que dans les Pou-
parlia; c’est là un caractère d’appréciation fort sujet à caution.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 8 (3) 1968.
SUR LE PROCKIOPSIS HILDEBRANDTII Bâillon
(FLAG OURTIACÉES)
par R. Capuron
(C. T. F. T. — Madagascar)
Le Prockiopsis Hildebrandlii Baill. est la seule espèce décrite jusqu’à
ce jour d’un genre endémique malgache rattaché à la fois à la famille des
Flacourtiacées (tribu des Oncobeæ ). Bien que cette espèce soit largement
répandue (nous la connaissons, dans la Région Occidentale, depuis Vohé-
mar jusqu’à Belo sur Tsiribihina, et dans le Domaine du Sambirano)
elle demeure assez mal connue. C’est le cas, d’une part, des fleurs, d’autre
part des fruits.
Les fleurs, très fragiles et fort éphémères sont dites hermaphrodites
par Perrier, hermaphrodites ou polygames par Gilg; je ne dispose pas
d’assez de matériel pour confirmer l’existence de fleurs unisexuées. Le
calice m’a paru constitué d’une seule pièces calyptriforme et non de trois
sépales imbriqués comme l’indique Perrier; il tombe après s’être déchiré
plus ou moins irrégulièrement. Les pétales sont très caducs.
L’ovaire posséderait 2-3 placentas pariétaux, selon Gilg, 4-5 selon
Perrier; nos observations, sur des ovaires après chute du périanthe,
nous ont toujours montré 4 placentas; il y en a probablement parfois 5 car
nous avons vu des fruits à 5 valves.
Les fruits, dits à tort indéhiscents par Perrier sont en réalité,
comme l’indique Gilg, des capsules. Leur taille est très variable suivant
le nombre de graines développées qu’elles contiennent (de 1 à 8 dans les
fruits observés; ils sont ovoïdes ou subglobuleux et mesurent, sur le
frais de 15x 12 mm (pour un fruit à 2 graines) jusqu’à 26 X 20 mm (pour
un fruit à 8 graines) ; la capsule, assez souvent un peu dissymétrique, est
couronnée à son sommet par le style persistant. A maturité ses parois se
divisent, à partir du sommet, en 2-4 (-5) valves (épaisses de 2 mm envi¬
ron, coriaces, nettement chagrinées sur la face externe à l’état sec) ;
le nombre des valves paraît être en relation avec le nombre des placentas
ayant porté des graines fertiles (c’est ainsi que lorsque trois placentas
portent un ou deux graines fertiles la capsule se divise en trois valves
dont l'une possède à la fois un placenta fertile et un placenta stérile).
Les graines sont plus ou moins globuleuses lorsqu'il ne s’en développe
qu’une seule, plus ou moins hémisphériques quand il s'en développe
deux, plus ou moins ovoïdes et déformées par pression mutuelle lors¬
qu’il s’en développe plusieurs.
Source : MNHN, Paris
— 366 —
Le style se divise longitudinalement en autant de segments qu'il y
a de valves au fruit.
Les graines mesurent environ 9-10 mm de longueur, 7-8 mm de lar¬
geur et 5-6 mm d’épaisseur. Elles sont complètement entourées, sur le
frais, d’un arillode charnu, translucide blanchâtre, épais d’environ 1 mm ;
cet arillode adhère à toute la surface du testa séminal. Celui-ci est crus¬
tacé, plus ou moins rugueux ou largement fovéolé superficiellement, et
il est doublé intérieurement d’un tégument interne papyracé, très mince,
plus ou moins rougeâtre. L’albumen, très copieux, est riche en goute-
lettes d’huile.
L’embryon, droit, possède des cotylédons foliacés largement ovales
ou presque orbiculaires (environ 2,5-3 mm de longueur sur presque autant
de largeur), largement arrondis ou presque cordiformes à la base, très
obtus au sommet; la radicule est cylindrique, très robuste et mesure
environ 2,5 mm de longueur.
Dans le matériel de Prockiopsis dont nous disposons il semble possi¬
ble de distinguer diverses formes qui, lorsqu’elles seront mieux connues,
mériteront peut-être d’être décrites comme sous-espèces ou espèces dis¬
tinctes.
Nous signalerons très rapidement leurs caractères :
Le P. Hildebrandlii possède des feuilles presque toujours dentées;
les bractées de l'inflorescence sont aciculaires, très aiguës. Le calice est
glabre ou presque extérieurement (sauf près du sommet) et les filets
staminaux ne portent que quelques longs poils. Cette forme est largement
répandue depuis Vohémar jusqu’à Belo sur Tsiribihina.
Dans la région de Majunga et de Mitsinjo existe une forme (18444 SF
et 5400 SF) à feuilles obovales, à bords entiers; les bractées de l’inflo¬
rescence sont petits, suborbiculaires ou largement obovales, très concaves.
Dans la forêt orientale (11659 RN, provenant de la Réserve Natu¬
relle n° 1, Ambodiriana) existe une forme à feuilles entières, elliptiques,
atténuées en coin aux deux extrémités; les bractées de l’inflorescence sont
semblables à celles de la forme précédente. Le calice est très pubescent
extérieurement et les filets staminaux sont très laineux.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 8 (3) 1968.
MONOSALPINX N. Halle,
NOUVEAU GENRE DE GARDÉNIÉES D’AFRIQUE,
VOISIN DE DIDYMOSALPINX Keay emend.
N. Halle (RUB.) 1
par N. Halle
Résumé : Description d'un nouveau genre monospéciflque découvert en Côte
d’ivoire, remarquable par son anisophyllie et par ses fleurs axillaires solitaires.
Summary : Description of a new monospecilic genus, indigenous in Ivory Coast,
very typical with anisophyllous leaves, axillary and solitary llowers.
Le genre Didymosalpinx créé par R. W. J. Keay en 1958, peut se
caractériser par les données morphologiques suivantes.
Fleurs axillaires toujours solitaires, disposées par paires supra-
axillaires. Appareil végétatif entièrement glabre ; stipules à acumen subulé ;
présence de rameaux latéraux modifiés en épines. Pédicelles floraux
dépourvus de préfeuilles. Corolle à limbe mince et transparent après
réhydratation, à tube infundibuliforme grand et fortement nervuré
longitudinalement suivant les axes pétalaires et jusqu’aux sommets
aigus des lobes. Anthères sessiles entièrement incluses, brièvement api-
culées, submédifixes. Style légèrement renflé au sommet et fendu en deux
lèvres; ovaire uniloculaire renfermant deux placentas pariétaux affron¬
tés. Fruit globuleux ou fusiforme à limbe calycinal persistant, à paroi
mince et crustacée à sec. Graines 8-16 par fruit, enrobées dans un plec-
tenchyme placentaire feutré, et formant toutes ensembles une masse
compacte; cette dernière se détache aisément de ses attaches pariétales.
La graine est irrégulièrement ovale-lenticulaire, d’env. 1 cm, à testa
extrêmement ténu; albumen renfermant un embryon à radicule droite.
Cette nouvelle description, réduite à l’essentiel, nous donne l’occa¬
sion d'éliminer quelques caractères erronés de la diagnose originale et
qui se référaient à l’espèce Didymosalpinx paroiflora Keay. Le spécimen
Brenan 9425 (P ex K) nous permet d’aflirmer que cette espèce est en
effet à écarter du genre Didymosalpinx; elle s’en éloigne par de nombreux
caractères : pubescence notable de l’appareil végétatif (feuilles juvéniles
et stipules) et de la fleur (sépales et marges des pétales). Présence de pré¬
feuilles ovées pubescentes sur les pédicelles floraux; fleurs parfois fasci-
1. = Didymosalpinx Keay ex parte (quoad D. parvivolia Keay).
Source : MNHN, Paris
— 368 —
Source : MNHN, Paris
— 369 —
culées par 2 ou 3; anthères en partie exsertes, fortement acuminées;
sitgmate subulé légèrement pubescent.
Cette espèce parviflora dont la position reste à préciser, pourrait
s'apparenter plutôt aux Tricalysia ; malheureusement le matériel disséqué
ne permettait pas l’étude du pollen ni l'examen des ovules.
Une plante nouvelle découverte en Côte d’ivoire, d’abord récoltée en
fruits par J.-L. Guillaumet, puis mise en culture jusqu’à la floraison par
F. Hallé au laboratoire de botanique d’Adiopodoumé (O.R.S.T.O.M.)
et reconnue par nous comme très proche des Didymosalpinx, n’a pu
trouver place en ce genre : parmi ses plus remarquables caractères on
peut souligner l’extrême et très constante anisophyllie des rameaux
latéraux.
MONOSALPINX N. Hallé, gen. nov. (Fig. 1 à 3).
Gen. Didymosalpinx valde aff. sed inermis; foliis insigniter anisophyllis,
floribus unilateralibus solitariis haud oppositis, supra-axillaribus, pedicello
duobus prefoliis oppositis connatis linearibus munito, stigmate haud incras-
sato, valde differt. Genus monotypicus.
Monosalpinx GuiUaumettii N. Hallé, sp. nov.
Frutex parvus, 30-70 cm altus, subglaber, pilis parvis in lineis rectis
supra insertiones florales in internodiis dispositis. Stipula; basi marginorum
petiolorum connatæ, apice filiformes, 3-9 mm longæ. Folia opposita, æqualia
solum in caule orthotropo, in ramis lateralibus semper valde anisophylla.
Laminæ, basi cuneatæ, apice subacuminatæ vel lanceolatæ, in sicco oliva-
ceæ, maximæ 8-13 X 2,5-4,5 cm, minimæ 1-2 X 0,5-1 cm; nervi secundarii
utrinque (5) 6-9; domatia parva aperta pilis rarissimis.
Flores glabri virideo-flavi, cernui, solitarii, supra-axillares, unilatérales
e foliorum majorum axillis in ramis plagiotropis. Pedicellus in apice duobus
præfoliis subulatis, 2-3 mm longis, paulum connatis præditus. Ovarium
5-sulcatum, uniloculare, duobus placentis parietalibus pluriovulatis. Calyx
viridis, breviter tubulosus (2 mm), in fructu leviter accrescens, 5-lobatus,
lobis filiformibus, 12 mm longis. Corolla flavo-pallida, tubo 35 mm longo,
infundibuliformi, intus leviter puberulo, 5-lobata, lobis 23 X 10 mm, vena
media valde conspicua. Antheræ sessiles inclusse, oblongæ, 10 X 2,3 mm,
apice mucronulafæ, basi breviter emarginatæ, submedifixæ, rimis 2 longitu-
dinalibus. Pollen simplex 3-brevicolpoidatum, fere spbæroideum, subobla-
tum (P = 27-28,5 p; E = 27,5-35,5 p) 1 ., subangulapertum; exina reticulata,
rugulosa. Discus subannulatus 1 mm in diam. Stylus 33 mm longus in parte
inferiore leviter puberulus, stigmate obscure spathulato, margine bilabiato.
Fructus aurantiacus, oblongo-fusiformis, 30-50 X 12-15 mm, calice
persistenti, in sicco 10-nervatus et tenuiter crustaceus, pulpa placentæ plec-
1. Exine = 2,4 n; I > 18 a; mailles = 1,5 a (mensurations prises sur préparations :
méthode d'ERDTMAN). L'étude du pollen a pu être faite grâce à M. G. Cremers et
M lle M. Malplanche.
Source : MNHN, Paris
— 370 —
Fig. 3. — Monosalpinx GuillaumeUi N. Hallé : photo du type (F. Hallé 1442)
Source : MNHN, Paris
— 371 —
tenchymatosa. Semina cric. 10, grosse lenticulata, in medio incrassata,
10-15 mm in diam., 4-5 mm crassa, testa tenuiter membranacea, albumine
duro, embryone albo, cotyledonibus cordatis, radicula recta.
Typus : F. H allé 1442 (holotypus P), fl. 8. IV. 1968, fl. in hort.
Adiopodoumé, Côte d’ivoire. — Isopotypi : J.-L. Guillaumet 755 , lr.
25.VII. 1961, forêt très humide sur argile, nord de la route de Tabou,
5 km env. à l’Est de Pata-Idié sur le Cavally; 1218, fr., même localité.
Plante grégaire très localisée.
La parenté de cette nouvelle Gardéniée avec les Didymosalpinx ne
fait aucun doute; c’est pourtant, semble-t-il, le seul argument sûr en
faveur de l’interprétation des fleurs comme axillaires. Les fleurs (ou
inflorescences) disposées de cette façon, sont dans tous les autres cas
interprétées comme faussement axillaires, c’est-à-dire comme morpho¬
logiquement terminales (Sherbournia, Aidia, Morelia, Porlerandia,
etc.). C’est probablement l’interprétation que nous eussions suggérée
î
/•X. î
\ 1 \ 2
3
4
5 /
Fig. 4. — Schéma montrant quelques types de disposition des fleurs ou des inflorescences parmi
les Rubiacécs : 1, Didymosalpinx; 2, Monosalpinx; 3, Pseudosabicea anisophylle (Ps.
Balesii); 4, Pseudosabicea non anisophylle (Ps. proselula); 6, Penlaloncha. — Nota :
les spirales foliaires sont arbitrairement déroulées vers la droite.
s’il n’existait le genre Didymosalpinx. Ce genre à fleurs clairement axil¬
laires a été très judicieusement relégué par Keay à la fin des anciens
« Randia et Gardénia » (p. 22, 1958), ce caractère étant atypique chez les
Gardéniées.
Il semble que Monosalpinx dérive des Didymosalpinx par une réduc¬
tion rythmique alternée de potentialité de ses deux hélices foliaires. Dans
chaque hélice deux feuilles réduites et dépourvues de produit axillaire
font suite à deux feuilles développées à fleur axillaire (fig. 4). Le genre
Monosalpinx a résolu de ce fait, et d’une façon similaire à celle des
Source : MNHN, Paris
— 372 —
Pseudosabicea anisophylles, le problème de l’étalement des surfaces
foliaires dans un plan horizontal, à cette différence près que chez Pseudo¬
sabicea c’est la feuille réduite ou virtuelle qui axille l’inflorescence.
Cette nouvelle espèce est dédiée à notre ami J.-L. Guillaumet,
botaniste et explorateur du Sud-Ouest ivoirien.
Références bibliographiques
N. Hallé. — Rubiacées l re partie, Flore du Gabon, vol. 12 (1966), Pseudosabicea :
199-220 et Penlaloncha: 226-229.
J.-L. Guillaumet. — Recherches sur la végétation et la flore de la région du Bas-
Cavally (Côte d’ivoire), Mémoires ORSTOM 20: 1-250 (1967).
R. W. J. Keay. — Randia et Gardénia in West Africa, Bull. Jard. Bot. Brux. 28 :
15-72 (1958), Didymosalpinx : 61-65, tab. V.
Source : MNHN, Paris
Adanson
r. 2, 8 (3) 1908.
A PROPOS D ’APONOGETON DECARYI Jum.
par J. Bosser 1 et H. W. E. van Bruggen 1 2
Résumé : L’espèce malgache Aponogelon Decaryi était considérée jusqu’ici comme
étant hermaphrodite. C’est en réalité une plante dioïque et les auteurs en donnent une
nouvelle description.
Summary : The species Aponogelon Decaryi Jum., endémie of Madagascar, was
first described as having bisexual flowers. But it is in tact a dioicous plant ot which
the authors give a new description.
Cette espèce endémique de Madagascar a été décrite en 1936, sans
diagnose latine, dans la « Flore de Madagascar » du Pr. H. Humbert,
par H. Jumelle. La diagnose latine n’en a été publiée qu’en 1943 dans
« Notulæ Systematicæ ».
De cette description et de cette diagnose il ressort que Jumelle
considérait la plante comme étant hermaphrodite. Le type, Decary 9400,
est constitué par un échantillon composite, mal récolté, comprenant un
tubercule, de nombreuses feuilles dont quelques-unes seulement appar¬
tiennent au tubercule, et quelques inflorescences isolées. Une étude de
ces inflorescences montre qu’elles sont unisexuées. Les échantillons récol¬
tés récemment prouvent qu’il s’agit bien d’une plante dioïque et il devient
alors nécessaire d’en reprendre la description.
Aponogeton Decaryi Jum. emend. Bosser et van Bruggen
Planta haud hermaphrodita sed dioïca.
Plante herbacée, aquatique, pérenne, dioïque, à tubercule globu¬
leux ou ovoïde, petit, de 1-1,5 cm de diamètre sur les pieds 0,5-1 cm
sur les pieds Ç.
Feuilles radicales, toutes du même type, à long pétiole grêle de 1 mm
de diamètre, dont la longueur varie avec la hauteur d’eau ; limbe flottant,
étalé en surface, de 4-7 cm de long sur 1,5-3,5 cm de large sur les pieds <?,
1,5-4 cm de long sur 1-1,5 cm de large sur les pieds Ç (quelquefois même
plus étroites), de forme variable, étroitement oblongue ou presque linéaire
à largement ovée (par ex. : 7 cm de long sur 1,2 cm de large, 5,5 cm/
0,4-0,5 cm, 6 cm/2,5 cm, 4,5 cm/3 cm, 4 cm/2 cm, 2 cm/1,2 cm), sommet
1. Directeur de Recherches à l’O.R.S.T.O.M.
2. Rijksherbarium Leiden, Hollande.
Source : MNHN, Paris
— 374 —
Source : MNHN, Paris
— 375 —
arrondi, parfois apiculé ou aigu sur les feuilles étroites, base arrondie,
parfois faiblement cordée ou cunée, 5-7 nervures longitudinales fines,
nervures transversales nombreuses, un peu ascendantes, visibles surtout
sur la face inférieure; face supérieure verte, face inférieure vert pâle.
Inflorescences unisexuées, s’épanouissant au-dessus de la surface,
odoriférantes, à pédoncule long et grêle (ayant à la base 0,5 mm et, sous
l'inflorescence, 1 mm de diamètre), ressemblant au pétiole des feuilles.
Épis géminés, grêles, atteignant 9 cm de long sur les pieds 3,5 cm sur
les pieds Ç, symétriques (fleurs insérées tout autour de l’axe), sous-tendus
à la base par une bractée spathacée membraneuse, lancéolée ou ovée, de
1 cm de long et 0,4 cm de large sur les pieds (J, 7 mm de long sur 2 mm de
large sur les pieds Ç, tôt caduque. Fleurs sessiles lâchement disposées.
Fleur <$ à 2 tépales latéraux blancs, suborbiculaires ou largement
ovés, arrondis au sommet, cochléaires, uninervés, finement membraneux,
jusqu’à 2 mm de long sur 1,75 mm de large; 6 étamines à filets finalement
allongés, dépassant la longueur des tépales, anthères nettement exsertes,
oblongues ou subglobuleuses, de 0,4-0,5 mm de long, jaune verdâtre;
pistillode représenté par 3 carpelles vestigiaux très petits, sessiles.
Fleur $ nue, sans tépale, formée de 3, rarement 2 ou 4, carpelles
sessiles, utriculiformes, biovulés, base renflée, de 2,25-2,5 mm de long,
atteignant 3,5 mm à maturité, surmontée d’un bec aigu de 2,5 mm de
long.
Infrutescence atteignant 6 cm de long. Graines oblongues, lisses,
de 3 mm de long et 0,75 mm de large. Embryon sans plumule (un épaissis¬
sement marque seulement l’endroit où se développera, par la suite, la
première feuille).
C’est le seul Aponogeton malgache ayant des feuilles flottantes,
connu jusqu’à présent. Il est assez peu commun et a surtout été récolté
au Sud-Est et au Centre Sud de l’île, où il occupe de petites mares tempo¬
raires. Une récolte provient du Centre-Ouest (Kianjasoa, district de
Soavinandriana, Itasy). Il est donc probable que l’aire de l’espèce s’étend
plus au Nord, le long d’une bande, dans la partie Ouest plus sèche des
plateaux.
Par son port elle rappelle une espèce également dioïque d’Afrique
de l’Est : Aponogeton nudiflorus Peter. Mais le nombre d’ovules des
carpelles diffère : 2 pour la plante malgache, 4 pour la plante africaine.
De plus l’espèce africaine a des limbes foliaires plus grands quoique de
forme analogue, et des épis plus denses et plus larges.
Notons enfin que la flore malgache comprend 2 Aponogeton dioïques,
le deuxième étant A. diœcus Bosser, qui se distingue facilement de
A. Decaryi par ses épis solitaires et ses feuilles filiformes non flottantes.
L’un de nous a eu récemment la possibilité de cultiver A. Decaryi,
ayant reçu de Mr. R. Capuron, botaniste au C.T.F.T. à Tananarive,
environ 45 tubercules récoltés dans une petite mare située entre Amboa-
sary (basse vallée du Mandrare) et Bevilany (à l’Est de la précédente
localité). La plante a manifesté une rapidité de développement étonnante.
Les tubercules reçus le 23 novembre, avaient déjà, le 4 décembre, donné
Source : MNHN, Paris
PI. 2. — Aponogeton Decaryi :
femelle); en bas, inflorescenc
pieds mâles (è droite, une inflorescence
Source : MNHN, Paris
— 377 —
PI. 3. — Aponogeton Decaryi : inflorescence femelle. (Photo II. W. E. van Bruggen.)
Source : MNHN, Paris
— 378 —
28 inflorescences ainsi que de nombreuses feuilles flottantes. Le 10 décembre
les premières graines étaient mûres. Autre fait remarquable digne d’être
noté, parmi les 45 pieds reçus, 5 seulement étaient femelles. Ce qui con¬
corde avec l’observation faite par l’un de nous à propos d 'A. diœcus,
chez lequel la proportion des pieds mâles aux pieds femelles est aussi de
10 contre 1.
Bibliographie
Bosser J. et Raynal J. — Sur deux Aponogelon diolques d’Afrique et de Mada¬
gascar. Adansonia, ser. 2, 6, 1 : 153-159 (1966).
Jumelle H. — « Aponogétonacées » in Humbert H., Flore de Madagascar, 23 e feuille,
15 p. Tananarive (1936).
— Un Aponogelon nouveau de Madagascar. Not. Syst. 11, 1-2; 1 (1943).
Peter A. — Flora von Deutsch Ost-Afrika, Repert Spec. Nov. Beihefte 40, IA :
116-117 et Anhang : 10 (1938).
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 8 (3) 1968.
NOTE SUR QUELQUES RUBIÂGÉES
DE MADAGASCAR ET DES COMORES
par A. Cavaco
Summary : Bâillon described flve Cremaspora from Madagascar, 4 from which
must be transposed into the genus Polysphæria by reason of the ruminate endosperm
of their seeds. So we establish four new combinations. Besides, two new species are des¬
cribed. Consequently this genus is represented in Madagascar by 6 species. We complété
Baillon’s description of Cremaspora comorensis. About the genus Alberta, it is repre¬
sented in Madagascar by 5 species. In this paper, we study the variability of the leaves
of Alberta loranlhoides, in regard to the shape, the sizes and the trichomes. We also
study the variability of the following species : A. Humblolii, A. minor and A. sambira-
nensis. About the genus Danois, we study the variability of the D. pubescens Bak. and
we describe a new species. Finally we give the latin diagnosis of the D. comorensis Dr.
Cette note a simplement pour but de signaler quelques faits d’ordre
taxinomique concernant les Alberlées et les Cinchonèes. Elle fait suite à
une série d’articles parus dans cette Revue et dans le Bulletin du Muséum
de Paris A
I. TRIBU DES ALBERTÉES
A côté de cette tribu se rangent les Cinchonèes et les Vanguériées.
Elle diffère des Cinchonèes surtout par son ovaire à loges 1-ovulées et
des Vanguériées par sa corolle à préfloraison tordue. Ces tribus font partie
de la sous-famille : Cinchonoideæ.
A Madagascar les Alberlées sont bien représentées par les genres
Cremaspora, Polysphæria et Alberla sens. lat. (incl. Nematostylis Hook.
f.). Les deux premiers genres se distinguent aisément du troisième par
leurs fleurs munies de bractéoles, soudées en coupe ou libres, sous le calice.
Les Alberla en sont dépourvus. Quant aux Cremaspora et Polysphæria,
ils sont très proches l’un de l’autre, mais les premiers ont des graines à
albumen non ruminé, tandis que l’albumen est ruminé dans les seconds.
Bâillon 2 a décrit 5 Cremaspora de la Grande Ile. Ces Cremaspora
malgaches ne sont que des Polysphæria sauf un, le C. comorensis H. Bn.
dont l’abumen des graines n’est pas ruminé.
Nous avons eu plus de matériel pour cette étude, et plus complet
aussi, que Bâillon, ce qui explique cette divergence.
1. Bull. Mus. Nat. Hist. Nat., Paris 36 : 699-702 (1964); 37 : 717-723 (1965);
38 : 700-702 (1966); 39 : 1015-1019 (1967).
2. Bâillon, H. — Adansonia, ser. 1, 12 : 234-236 et 283-284 (1876-1879).
Source : MNHN, Paris
— 380 —
Ces taxa de Bâillon transposés dans le g. Polysphæria doivent s’appe¬
ler :
1. Polysphæria grandis (H. Bn.) Cavaco, comb. nov.
— Cremaspora grandis H. Bn., Adansonia, ser. I, 12 : 235 (1876-1879).
Holotypus : Boivin 2074 bis (P), Nossy-bé.
Matériel étudié (P) :
Boivin s. n., île Ste-Marie, domaine de l'Est; Perrier 3837, Boivin 2074 bis, Boivin
s. n., Nossy-bé, bords des rivières et des ruisseaux; Perrier 3532, Ankitokazo (Ifasy),
dans le domaine du Sambirano.
2. Polysphæria congesta (H. Bn.) Cavaco, comb. itou.
— Cremaspora congesla H. Bn., op. et lom. cil. : 283.
Lectotypus : Boivin 3175 (P), des Comores (Mayotte).
Noms vernac. : Kafeala, Fatskahitsy.
Matériel étudié (P) :
Madagascar : Bosser 1710, Moral 933, Capuron 13031 SF, Maevatanana; Capuron
9730-SF, Decary 14535, Perrier 3862, 14826, forêt d'Ankara; Decary 15730, 35734,
15811, Réserve Naturelle n» 8; Perrier 15913, 15916, Antanimena; Capuron 5388 SF,
Tsilaiza; Capuron 24280 SF, au S. de Katsepa (Majunga); Capuron 5516 SF, Ankoby;
Perrier 33, 145, Ambodiroka; Capuron 37-SF, 58-SF, Ankarafantsika (7° Réserve);
Perrier 3862, 3863, 3867, Ambongo; Capuron 24447 SF, massif de l'Ambongoabo;
Capuron 24731, calcaires de l'Ankarana; Capuron 10774 SF, 15089 SF, Ananalava;
llomolle 327, Ankarana; Humbert 19068, forêt d'Analamahitso; Capuron 15048 SF,
Analamandriana ; Perrier 18822, rivière de Makys.
Comores : Boivin 2419, 3175, Mayotte; Richard 281, 298, 239, 375, 658, Boivin
s. n., Mohilla; Boivin s. n., Grande Comore; Boivin s. n., Lavanchie s. n., Capuron
16662-SF, Anjouan
3. Polysphæria maxima (H. Bn.) Cavaco, comb. nov.
— Cremaspora maxima H. Bn., op. et lom. cil. : 236.
Holotypus : Bichard 208 (P), Nossy-bé (domaine du Sambirano).
Matériel étudié (P) : Richard 171, 208, Nossy-bé.
4. Polysphæria tubulosa (H. Bn.) Cavaco, comb. nov.
— Cremaspora lubulosa H. Bn., op. et lom. cil. : 234.
Holotypus : Bernier 130 (P), de l’île Ste-Marie.
Nom vernac. : Simamassa-souqui.
Matériel étudié (P) : Richard 354, Bernier 130, île Ste-Marie; Perrier 3964,
rivière Fandraragana; Capuron 18261 SF, environs de la baie d’Antongil, colline
d’Ambpdiatafana.
Nous donnons ci-dessous la diagnose latine de deux nouveaux
Polysphæria. Ce genre est donc représenté à Madagascar par 6 espèces
dont 1 se retrouve aux Comores.
Source : MNHN, Paris
— 381 —
Source : MNHN, Paris
— 382 —
Polysphæria grandiflora Cavaco, sp. nov.
Arbor parva vel frutex insignis; ramulis compressiusculis glabratis.
Folia opposita, breviter (ad 1 cm) petiolata, oblongo-acuminata (10-18,5 cm
X 3,6-7 cm) vel late oblanceolata (16,5-24 cm X 8-11 cm), basi attenuata
raro obtusata, apice brevissime acuminata, coriacea, glabra in sicco nigres-
centia, integra. Stipulæ interpetiolares, oblongo-acuminatæ, integræ, 1,6 cm
longæ; nervis secundariis 7-9, arcuatis. Flores in cymas pedunculatas axillares
dispositi, 4-meri ; bracteolis sub floribus 2 infra medium connatis. Calyx late
tubulosus, 10-13 mm, longus 5 mm latus. Corolla hypocrateriformis tubo
15 mm longo, lobis 10 mm longis, 2 mm latis, intus pilosis, lanceolatis, fauce
hispida. Stamina sessilia, antheris elongatis subexsertis apiculatis, 5 mm
longis; stylo recto, ad apicem sigmatosum conicum superneque breviter
2-lobum, incrassato. Fructus ovoidei, ad 12 mm X 10 mm, glabri (siccitate
nigrescentes), semine descendente, albumine valde ruminato.
Holotypus : 11., Rakoloniaina 7042-RN (P); paratypus : fr., Capuron
6472-SF (P).
Noms malgaches : Taholanosy, Kafeala.
Matériel étudié (P) : Ampitambarimena, Antalaha, Rakoloniania 7042 RN ;
Tampina-Ambila-Lemaitso, Capuron 6472 SF, domaine de l'Est.
Obs. — Le spécimen fructifère Capuron 18315 SF, récolté aux envi¬
rons de la baie d’Antongil, appartient vraisemblablement à cette espèce,
mais ses feuilles sont subarrondies à la base et ses fruits sont légèrement
côtelés.
Affinités. — Voisin du P. tubulosa cité plus haut, dont il diffère
surtout par son épicalice formé de 2 bractéoles soudées seulement dans
le 1/3 inférieur, par ses fleurs grosses (15 mm x 5 mm) et ses feuilles plus
grandes atteignant 25 cm x 11 cm.
Polysphæria ovata Cavaco, sp. nov.
Frutex (?); ramis angulosis, glabris. Folia opposita, petiolata, ovata
(6-11 cm X 3,5-6,5 cm) basi brevissime cuneata, apice breviter acuminata,
glabra lucida; nervis secundariis 5-7, arcuatis ad margines anastomosantibus.
Petiolus robustus, 10-12 mm longus. Stipulæ brèves acutæ, in vaginam
brevem connatæ. Flores axillares in axi longi glomerulati, 4-meri, bracteis 2 in
calyculum brevem sub flore connatis. Calyx 5 mm longus, obtuse dentatus ;
corolla in alabastro conico acutato torta, 7 mm longa; fauce villosa. Stamina
inclusa; stylo erecto superne conico incrassato integro. Fructus ignotus.
Holotypus : Baron 6034 (P); isotypus K).
Matériel étudié : Baron 5995, 6034, Madagascar, sans localité.
Affinités. — Voisin du P. tububosa, mais à des feuilles bien distinctes.
Source : MNHN, Paris
— 383 —
Les Alberta qui sont des arbres moyens et des arbustes crassulents
ou non, ont des fleurs 5-mères démunies de bractéoles; leur calice aussi
est très différent de celui des genres précédents. Il est accrescent à lobes
foliacés colorés (au moins 1 lobe foliacé, quelquefois tous).
Ils habitent l’Afrique australe (1 espèce : A. magna E. Mey.) et Mada¬
gascar. Dans la Grande Ile, ce genre est représenté par 5 espèces et 5 varié¬
tés qui font défaut dans le domaine de l’Ouest; elles sont considérées
endémiques dans l’état actuel de nos connaissances.
Une seule espèce, Alberta loranthoides (Hook. f.) Cavaco l , a des
rameaux aqueux et des feuilles semi-succulentes. Celles-ci présentent une
grande variabilité en ce qui concerne la forme, les dimensions et la pilo¬
sité. Elles sont généralement elliptiques, oblancéolées ou ovales, glabres,
moins souvent poilues, de 3, 5-7 cm x 1,5-4,5 cm. Les différences foliaires
ne se manifestent pas seulement d'un rameau à l’autre; elles peuvent se
trouver réunies sur un même rameau. Par ailleurs, sur un spécimen on
peut trouver des feuilles adultes de formes diverses elles-mêmes difiérentes
des feuilles plus jeunes. De même, des feuilles jeunes pubescentes et
glabres peuvent coexister sur un échantillon ( Humberl 6817 bis). La pubes¬
cence peut persister sur les feuilles adultes qui sont rarement veloutées
(Bosser 17632). Quand les feuilles jeunes sont pubescentes, la pilosité
disparaît généralement sur les feuilles adultes. Ces variations de pilosité
s’observent dans des spécimens récoltés dans la même localité, sans chan¬
gement de milieu.
La pubescence des axes de l’inflorescence et du calice ainsi que les
dimensions des pièces florales subissent aussi de petites variations.
On reconnaît néanmoins deux formes bien distinctes :
1. fa. latisepala Cavaco, fa. nov., dans les régions les plus humides
du massif du Marojejy, dans la sylve à Lichens, de 1 000-1 800 m., carac¬
térisée par ses feuilles largement elliptiques, très coriaces, d’un vert très
sombre, luisantes au-dessus, de 5-6 cm x 3-4 cm, et par le sépale accres¬
cent du calice qui est très large. Elle est représentée par les échantillons :
Humberl 22611, 22866 , 23540, 23711, Cours 3443.
2. fa. linearifolia Cavaco, fa. nov., elle se trouve à des altitudes
plus élevées, 2 000-2 400 m, sur des rochers du Massif d’Andringitra et
du pic d’Ivohibe — dans le domaine des hautes montagnes; elle a des
feuilles linéaires ou étroitement elliptiques, de 3-4 cm x 0,5-0,8 cm, et
le lobe accrescent du calice est étroitement oblancéolé. A cette forme
appartiennent les spécimens suivants : Bosser 19517, Cours 5170, Moral
1323, Humberl 3338 (celui-ci est le seul à avoir été récolté sur le pic
d'Ivohibe).
1. Adansonia, ser. 2, 8 : 517 (1965).
Source : MNHN, Paris
— 384 —
Alberta Humblotii Dr. est une espèce variable. Nous lui rattachons
les variétés suivantes, dont une (var. acuminala) la relie à A. minor
H. Bn. :
—- var acuminata Cavaco, var. nov.
Foliis brevioribus et angustioribus usque ad 10 cm longis et 4,5 cm latis,
acuminatis, a var. Humblotii recedens.
Typus varietatis : Perrier 3577 (P).
Nom malg. : Menavony.
Matériel étudié (P) : Perrier 3577, 16274, Humbert 18328, cimes à Lichens,
Mt Tsaratanana, ait. 2400 m; Humbert 25699, massif de Marivorahona, ait. 2 000 m,
district d'Ambilobet, forêt embrophile et sylve à Lichens; Sajy 5737 BN, Réserve
Naturelle n° 4, Ain banjo ; Homolle 1172, sans localité. Domaine du Centre.
— var. obovata Cavaco, var nov.
Foliis obovatis, muticis, brevioribus et angustioribus (7-12 cm X 3-6 cm)
a var. Humblotii recedens.
Typus varietatis : Perrier 6902 (P).
Noms malg. : Paidaka, Valotra, Hetatra-lahy.
Matériel étudié (P) : du domaine de l’Est, Perrier 6902, Forêt d’Analama-
zaotra, ait. 800 m; Perrier 6922, Ambatovola; Capuron 9074 S F, environs de Beanana;
du domaine du Centre : Perrier 6901, Louvel 252, environs d’Analamazaotra, ait.
1 000 m; Cours 2285, massif de l’Andringitra ; Capuron 9281 SF, Andapa; Capuron
10634 SF, Ambatondrazaka; Armand 80, Invohibe; Capuron 24401 SF, 2899 SF,
2636 SF, entre Moramanga et Anosibe; Capuron 6042 SF, 2502 SF, Perinet; Cours
2369, de Nonokambo à Varaina; Alphonse 8657 BN, Ambanja
L'Alberta minor H. Bn. comporte plusieurs formes, de peu de valeur
systématique, plus faciles à observer qu’à décrire, que l’on ne peut pas
établir solidement car il n’y a pas de véritables caractères propres de
chaque forme.
Nous distinguons la variété suivante, localisée dans l'Isalo, à feuilles
étroitement et longuement oblancéolées qui se relie à la var. acuminala
de l’espèce précédente :
— var. isalœnsis Cavaco, var. nov.
Foliis longioribus et angustioribus usque ad 10 cm longis et 3 cm latis,
auguste oblanceolatis a var. minor recedens.
Typus varietatis : Capuron 10187 SF (P).
Nom malg. : Tapialahy.
Matériel étudié : Keraudren 1122, Humbert 2892, 5010, Capuron 10187 SF,
10645 SF, 13746 SF, 14332 SF, 14484 SF, Cours 5102, Perrier 3887, Baza/uidrakoto
10695 BN, Homolle s. n., Basse s. n., dans l’Isalo, ait. 800-1 000 m, domaine du Centre.
Source : MNHN, Paris
— 385
Source : MNHN, Paris
— 386 —
Alberta sambiranensis Hom. ex Cavaco est assez variable. Nous
lui rattachons les variétés suivantes :
— var. coriacea Cavaco, var. nov.
Foliis subtus praesertim Costa nervisque sparse pilosis, limbus majis
coriaceus a var. sambiranensis recedens.
Typus varietatis : Ilumberi 23427 (P).
Nom malg. : Voapaka.
Matériel étudié (P) : Capuron 8711 SF, Mahalevona; Humbert 23427, vallée de
la Lokoho; Humbert 24302, Capuron 836 SF, massif du Betsomanga; Humbert 6636,
massif du Beampingaratra ; Capuron 10818 SF, Ambohitseheno.
— var. australis Cavaco, var. nov.
Foliis majoribus usquc ad 21 cm longis et 8 cm latis subtus praesertim
Costa nervisque pilosis, dentibus calycis obovatis (in var. sambiranensis
dentes lineares) a var. sambiranensis recedens.
Typus varietatis : Capuron 3793 SF (P).
Nom malg. : Lona.
Matériel étudié : Capuron 10260 SF, 3793 SF, environs de Fort-Dauphin.
Enfin, on doit compléter la description donnée par Bâillon, du
Cremaspora comorensis (Adansonia, ser. 1,12 : 234, 1876-79) en signa¬
lant l’existence de fleurs à style long (18 mm), exsert et de fleurs à style
court (10 mm), inclus, mais ce dimorphisme ne porte pas sur les étamines
qui sont toujours sessiles. Les dimensions de la corolle sont sensiblement
les mêmes et la gorge est toujours glabre. Seul le calice varie un peu : de
4,5 mm de long à lobes linéaires-lancéolés dans les fleurs brévistyles;
de 7 mm de long à lobes effilés dans les fleurs longistyles.
2. TRIBU DES CINGHONÉES
Certains échantillons d’herbier déterminés comme Danois pubescens
Bak. ne répondent pas à la diagnose originale et diffèrent du type par des
caractères indiqués ci-dessous. Nous en faisons une espèce nouvelle :
Danais argentea Cavaco, sp. nov.
Frutex volubilis altc scandens 5 m altus ramulis dense tomentosis.
Folia breviter (5-10 mm) petiolata, rotundata, petiolo excluso, 6 cm X 4,5 cm,
utrinque pubescenti subtus cinerescenti-velutina; nervis secundariis ad 5 sub¬
tus prominulis; stipulis minimis lanceolatis pilosis. Inflorescentia pilosæ
in cymas pedunculatas dispositæ; cymarum bracteis minimis linearis. Flores
5-meri. Calyx glabrescens, tubo 1,5 mm alto, lobis anguste lanceolatis 1 mm
longis ciliolatis ; corolla glabra, tubo 4 mm alto, distincte lobata, lobis anguste
oblongis 3 mm longis; stamina inclusa; Stylus 4 mm longus, 2-fidus, ramis
3 mm longis, exsertis. Capsula globosa (6 mm diam.) brunnea, glabra; semina
rubescens, alata, alis plus minusve erosis.
Source : MNHN, Paris
— 387 —
Holotypus : Perrier 18341 (P).
Matériel étudié (P) : du domaine de l’Est : Homolle s. n., Herbier du Jardin
Botanique de Tananariue 3867, lac Alaotra; Humbert 5900 ter, environs de Fort-Dau¬
phin, Pic St-Louis, ait. 500-600 m; du domaine du Centre : Perrier 18341, d'Alleizette
895, Keraudren 1191, Bosser 14249, Herbier du Jardin Botanique de Tananarive 2544,
3344, 3696, forêt de Mandraka, ait. 1 200 m; Capuron 1732 SF, Ambatondrazaka.
Affinités. — 11 ressemble au D. pubescens Bak. dont il diffère sur¬
tout par ses feuilles pubescentes au-dessus, veloutées à poils argentés
en dessous, plus longues et plus larges, suborbiculaires, et par ses fleurs
plus petites.
Danais pubescens Bak. présente deux formes :
fa. glabra Cavaco, fa. nou. — Diffère du type par ses feuilles
glabres, axes et pédoncules des inflorescences glabrescents, calice glabre à
lobes ciliés, et enfin corolle glabre extérieurement.
Centre : Imerina, Hildebrandt 3809.
fa. brevipetiolata, Cavaco, fa. nou. — Se distingue du type par ses
feuilles oblongues à pétiole de 4-5 mm, son calice faiblement pubescent
et par sa corolle glabre extérieurement.
Centre : Moramanga, Decary 6967 ; entre Anonohambo et Manah, Cours 2659;
forêt d’Analamihilana, ait. 850 m, Cours 2010; massif de l’Andringitra, forêt d'Ambo-
dipaiso, près d’Antsirabe, ait. 1 200 m, Cours 2330 ; entre Andapabc et Anosivola,
ait. 900 m, Cours 4449 ; sans indication de localité, Homolle 802.
Nous validons ici une espèce de Drake restée inédite jusqu’à
ce jour :
Danais comorensis Dr. ex Cavaco, sp. nou.
Frutex (?), rami griseo-brunnei vel brunnei, teretes, dense pubescentes.
Folia opposita, in petiolum 1-1,5 cm attenuata; lamina late elliptica, apice
breviter acuminata, 10-14 cm longa, 4-5,5 cm lata, basi attenuata, papyracea
supra glabra, subtus dense pilosa; vagina stipularis 2 mm alta, integra,
glabra; Costa supra basin versus impressa, subtus prominula, nervis utroque
latere costæ 8-10, utrinque distinguendis, venulis indistinguendis. Infloresen-
tiæ pedunculatæ (pedunculo 2,5-3 cm longo), terminales, pubescentes, in
cymas pedunculatas dispositæ; bracteæ oblongo-lineares, 3 mmlongæ, pilosæ.
Flores nondum visi. Capsula coriacea, breviter pedicellata, globosa, 4 mm alta,
brunnea, ecostata, primum puberula deinde glabra; semina alata.
Holotypus : Boiuin 3194 (P), des Comores.
Comores : Mayotte, Boiuin 3194.
Madagascar : sans indication de localité, Homolle 1733.
Affinités. — Proche du D. longipedunculala Hom. (Not. Syst. 5,
4 : 285, 1936) mais à feuilles elliptiques et non oblancéolées ; l’axe de
l’inflorescence est beaucoup moins long.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 8 (3) 1968.
CONTRIBUTION A L’ÉTUDE
DES CUCURBITACÉES DU GABON
par Monique Keraudren-Aymonin
Summary : The Cucurbilaceæ of Gabon are still poorly known and it would be
hardly necessary to complété the collections. 15 généra and 28 species are recognized
from the territory, and the important characteristics are mentionned here.
Notre but était, primitivement, de réaliser pour la Flore du Gabon
une synthèse comparable à celles menées à bien dans le cadre de la Flore
du Cameroun et celui de la Flore de Madagascar.
Il s’est avéré rapidement que, malheureusement, ce projet ne pouvait
être actuellement maintenu car le résultat ne rendrait vraisemblable¬
ment compte des faits de diversification de la famille dans ce pays que
d’une manière beaucoup trop approximative. En effet, alors que le
regroupement des diverses collections déposées à l'Herbier du Muséum
de Paris et dans les principaux Instituts botaniques européens nous
permit de rassembler près de 500 exsiccata pour le Cameroun et
750 environ pour Madagascar, les recherches poursuivies à propos du
Gabon n’ont abouti au recensement que d’un faible nombre de prélève¬
ments : moins de 80 au total.
Comparativement à ce que nous connaissons des pays voisins, ce
nombre nous a paru nettement insuffisant; d’autre part, bien que l’effort
de prospection poursuivi présentement au Gabon soit susceptible d’appor¬
ter un complément sérieux de matériel, de nombreuses années seraient
incontestablement nécessaires afin que le quadrillage d’investigations
apporte des spécimens assez nombreux et complets pour qu’un inventaire
substantiel puisse apparaître dans le cadre de la Flore. On ne doit pas
oublier en effet que, pour cette famille des Cucurbitacées, plusieurs faits
compliquent considérablement la tâche du collecteur qui veut amasser
un matériel analysable avec une certaine sûreté : beaucoup, sinon la
grande majorité des plantes, sont dioïques, les individus sont affectés
d’un polymorphisme foliaire parfois déconcertant, l’appareil végétatif,
souvent issu d’organes souterrains volumineux et peu accessibles, est lui
même sujet à une grande variabilité, spécialement lorsqu’il s’agit d’espèces
à amplitude écologique assez large pouvant se maintenir aux limites
forêts-savanes ou subsister dans les savanes brûlées.
La publication de la Flore aurait été d’autant plus prématurée que,
précisément, les prospections en savanes, au Gabon, n’ont été qu'infini-
ment peu nombreuses et que l’enseignement acquis pour les pays limi-
Source : MNHN, Paris
— 390 —
trophes nous a appris que la flore de Cucurbitacées n’y comptait guère
de plantes forestières.
Il nous a paru néanmoins instructif de faire une courte mise au
point pour le Gabon qui n’est pas inclus dans Flora of West Tropical
Africa, car il n’existe pas d’inventaire récent de cette région, pas plus
que pour l’ensemble du Bassin Congolais, de Pointe Noire au Katanga et
aux limites des hautes montagnes centre-africaines.
On doit cependant noter que les travaux de M me R. Fernandes,
ceux de C. Jeffrey, A. D. J. Meeuse, G. Cufodontis ont apporté de
nombreux documents pour une grande partie de l’Afrique.
Les indications réunies ici tiendront compte, dans un certain nom¬
bre de cas, de résultats relatifs au bassin congolais et permettront donc de
combler en partie l’absence d’inventaire exhaustif pour les pays de l’Afri¬
que équatoriale occidentale et centrale.
Nous rappellerons donc tout d’abord quelques caractères généraux
des Cucurbitacées, suivis des descriptions sommaires et des précisions
chorologiques concernant les espèces reconnues au Gabon. Les critères
permettant de reconnaître immédiatement certains taxons seront spéciale¬
ment soulignés.
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Plantes annuelles ou vivaces, les Cucurbitacées possèdent un appa¬
reil végétatif aérien souvent herbacé et fugace; néanmoins, certaines
plantes peuvent acquérir des tiges lignifiées, pérennes; il n’existe qu'un
seul représentant arborescent ( Dendrosicyos , île de Socotra) et fort peu
de sous-arbrisseaux ( Acanlhosicyos , Angola et sud-ouest africain). La
plupart des espèces sont des lianes à tiges relativement grêles, grimpantes
ou rampantes, presque toujours issues, chez les plantes vivaces, d’organes
souterrains très développés.
Les feuilles, la plupart du temps simples, plus rarement digitées ou
plus ou moins biternées, affectent les formes les plus variées, depuis le
limbe simple jusqu'au limbe tri ou multilobé, ou même tri ou palmatifide.
Le polymorphisme foliaire est très accentué, aussi bien au sein de l’espèce,
d’un individu à l’autre (et, presque toujours, totalement indépendamment
de la dioécie) que sur un même individu. Le limbe peut être totalement
glabre, et même un peu charnu (Gerrardanlhus) ou pubescent à des
degrés très divers, mais il s’agit généralement de poils scabres, plus ou
moins épars, entourés à leur base de concrétions donnant au limbe chez
quelques espèces, un aspect ponctué-blanc.
La présence de vrilles est un caractère constant chez les Cucurbitacées
gabonaises; il n’y a d’ailleurs que fort peu d’espèces de la famille où cet
organe soit absent (les vrilles sont remplacées par des épines chez VAcan¬
lhosicyos). Ces vrilles sont toujours placées un peu latéralement à la
feuille ou à l’inflorescence, mais sont issues d'un même ensemble de bour¬
geons que ces organes (existence d’un complexe axillaire), c’est-à-dire
que jamais la vrille ne sera opposée au pétiole ou à l’inflorescence, ce qui
Source : MNHN, Paris
— 391 —
permet de distinguer immédiatement les Cucurbitacées des autres familles
lianescentes à vrilles : Vitacées, chez lesquelles la vrille est opposée aux
autres organes au niveau d’un même nœud, Légumineuses où la vrille,
quand elle existe, prolonge le rachis ou les nervures des feuilles, Dionco-
phyllacées où l’on observe une structure semblable.
Presque toutes les Cucurbitacées ont des fleurs groupées en inflores¬
cences d’aspects très variés, mais de type racémiforme. Ces inflorescences
peuvent être soit assez développées, soit contractées et ne groupent que
des fleurs mâles, dans beaucoup d'espèces, les fleurs femelles étant plus
généralement solitaires ou réunies seulement en très petit nombre; chez
les plantes bisexuées, une fleur femelle solitaire existe fréquemment à la
base d’une inflorescence mâle. Dans la plupart des cas, les bractées
d’inflorescence sont inexistantes ou inapparentes, mais, par contre, elles
sont caractéristiques dans le genre Momordica chez lequel la taille et la
position relative de la bractée interviennent comme bons critères de dis¬
tinction des espèces.
Les fleurs des Cucurbitacées africaines sont pentamères, la tétramérie
n’étant de règle que chez deux genres malgaches, Xerosicyos et Zygosicyos.
Ces fleurs ont des teintes pâles, jaunes ou blanches ; la plupart du temps
elles sont petites, mais quelques exceptions existent : Telfairia , Luffa,
Lagenaria, par exemple, ont des fleurs de plus de 20-30 mm. Les fleurs,
mâles ou femelles, comprennent une coupe florale plus ou moins développée
dont les bords portent les sépales et, en alternance, les pétales. Les parti¬
cularités les plus marquantes sont d’une part la présence de pétales
fimbriés chez quelques espèces (spécialement genre Telfairia) et d’autre
part l’existence, chez les Momordica, d’une écaille très typique en onglet,
à la base de deux ou trois des cinq pétales de la fleur mâle; ce critère
permet de classer immédiatement un spécimen dans ce genre si l’échantil¬
lon possède des fleurs <?.
L’androcée par contre est très complexe : il se compose de 3 ou
5 étamines à filet nuis ou bien développés, ou encore unis en une colonne
centrale ; ces filets sont insérés à la gorge, au fond de la coupe florale ou
entre ces deux niveaux. Les anthères libres, soudées ou simplement
cohérentes entre elles, peuvent être mono ou dithèques (à une ou deux
loges polliniques apparentes). Les loges ont des formes variées : droites
(verticales ou horizontales), courbées jusqu’à former un S renversé (tri-
pliquées), ou très sinueuses (condupliquées). Très rarement l'une des
anthères est stérile ( Gerrardanlhus) et chez deux genres africains (Cyclan-
thera et Cyclanlheropsis) les loges sont soudées ou unies en un anneau.
On trouve dans une même fleur des anthères mono ou dithèques mais les
caractères des loges sont constants pour une espèce donnée.
Le fond de la coupe florale peut être occupé, chez les fleurs par
un pistillode nectarifère.
Si le périanthe des fleurs $ et Ç ne diffère pratiquement pas, par
contre le gynécée confère à ces dernières une morphologie particulière
puisqu’il est infère chez toutes les Cucurbitacées africaines; à Madagascar
les genres endémiques Xerosicyos et Zygosicyos ont un ovaire semi-infère.
Source : MNHN, Paris
— 392 —
L'ovaire jeune possède 3 loges (plus rarement 1 ou 6), mais sa struc¬
ture se complique très tôt et au cours du développement, par suite de
l’extension de nombreuses membranes placentaires ou de cloisons secon¬
daires; l’ovaire se transforme généralement en un fruit bacciforme. Par
contre, la position des ovules (horizontaux, pendants ou dressés) reste
constante au cours du développement de l’ovaire. Il n’existe habituelle¬
ment qu’un style mais dans la sous-famille des Zanonioideæ (deux genres
africains, Gerrardanlhus et Cyclanlheropsis) la présence de trois styles
constitue un caractère très important. Chez quelques espèces, le style est
entouré à la base par un anneau nectarifère ou par des glandes séparées;
bien souvent des staminodes occupent sur la coupe florale la place des
étamines chez la fleur
Les fruits se présentent le plus souvent en baies indéhiscentes, à
pulpe plus ou moins développée mais certains libèrent leurs graines à
l’aide d’un opercule ou par des valves. Le péricarpe peut, extérieurement,
être orné d’aspérités verruqueuses, d’épines assez grosses, de poils fins
de longueur variable, ou bien devenir lisse à maturité. Les fruits renfer¬
ment des graines dans la plupart des cas assez nombreuses et horizontales ;
chez les 3 genres Gerrardanlhus, Cyclanlheropsis et Sechium les ovules
sont pendants, dressés chez les Cayaponia.
De ces généralités sommaires nous pouvons extraire quelques parti¬
cularités qui permettent de classer au rang générique des échantillons sans
faire intervenir les critères tirés des structures complexes et significatives
de l’androcée et du gynécée.
— Appareil végétatif :
— présence de glandes au sommet du pétiole des feuilles : Lagenaria;
— présence de glandes circulaires à la base du limbe : Cayaponia
(pas encore récolté au Gabon mais présent au Cameroun et en
Angola) ;
— présence d'une bractée stipuliforme chez le Clenolepis cerasiformis
(Stocks) Hook. f. (pas encore récolté au Gabon, car c’est une
espèce de régions sèches; il a été récolté dans le nord du Came¬
roun) ;
— feuilles à 9 folioles : Momordica enneaphylla Cogn.
— Fleurs :
— très grandes et nettement gamopétales : Cucurbila;
— écailles à la base de certains pétales : Momordica ;
— bractées d’inflorescences très développées : Momordica;
— pétales fimbriés sur une grande longueur : Trichosanlhes (pas encore
récolté au Gabon mais cultivé au Cameroun) et sur une courte
longueur : Telfairia.
— Fruits :
— secs et renfermant 2 à 3 graines dressées : Cayaponia ;
—- secs et renfermant des graines pendantes, ailées : Gerrardanlhus ;
Source : MNHN, Paris
— 393 —
— charnus ou secs, renfermant de nombreuses graines horizontales :
+ non déhiscents :
. de petite taille à graines lisses : Zehneria;
.. de petite taille à graines scrobiculées : Mukia;
... de taille supérieure à 2 cm : Cogniauxia, Ruthalicia, etc.
+ + déhiscents à maturité :
. par un opercule distal peu visible : Luffn;
.. par valves : Momordica, Raphidiocyslis ;
— charnus et renfermant une seule graine pendante, graine com¬
mençant son développement et sa germination dans le fruit :
Sechium.
Du point de vue systématique nous ne pouvons pas classer ces genres
selon des critères uniquement tirés de la morphologie externe, mais ces
quelques particularités peuvent rendre service pour une détermination
rapide; il ne faut pas perdre de vue qu’il existe de nombreux autres
genres.
Nous donnons une étude sommaire des espèces collectées, en indi¬
quant les caractères discriminatifs essentiels et les localités.
La famille des Cucurbitacées est représentée en Afrique et à Mada¬
gascar par environ une quarantaine de genres groupant plus de 150 espèces.
L’inventaire de nos collections du Gabon permet de reconnaître la pré¬
sence certaine de 15 genres avec 28 espèces. Nous sommes loin de la
richesse en Cucurbitacées de l’Afrique équatoriale (28 genres, 64 espèces)
et de celle du Cameroun (26 genres, 58 espèces). Cette pauvreté n’est
sans doute qu’apparente et due au manque de prospections. Il faut
espérer que les prochaines récoltes riches en fleurs $ et fruits, per¬
mettront ainsi d’augmenter nos collections et les connaissances de la
famille des Cucurbitacées en Afrique équatoriale.
1. BAMBEKEA Cogniaux, Bull. Jard. Bot. Brux. 5 : 116 (1916).
Bambekea racemosa Cogn., loc. cil. : 116 (1916).
Plante dioïque à petites fleurs, à grandes feuilles membraneuses et
à vrilles bifides. Les 3 étamines insérées au fond de la coupe florale ont
des filets bien développés et des anthères (deux dithèques, une mono-
thèque), à loges sinueuses (condupliquées). Les fruits bacciformes sont
groupés en racèmes, les graines petites.
Syntypes : Morlehan 832,888 (BR!); Lemaire 360 (BR!); Reygaerl
1368 (BR!); E. Luja 20 (BR!), tous du Congo-Kinshasa.
Nigeria, Cameroun, Gabon, Congo-Brazzaville, Congo-Kinshasa.
Matériel gabonais :
Klaine 91 (11. 5), 2756 (11. $ févr.) environs de Libreville.
2. COCCINIA Wight et Arnott, Prodr. Fl. Ind. Or. 1 : 347 (1834).
Coccinia Barteri (Hook. f.) Keay, Kew Bull. 23 : 82 (1953).
Source : MNHN, Paris
— 394 —
= Slaphylosyce Barleri Hook. f., Fl. Trop. Afr. 2: 554 (1871).
Plante dioïque à grandes feuilles coriaces plus ou moins profondément
3-5 lobées, vrilles le plus souvent bifides. Les fleurs souvent gamopétales,
à androcée formé de 3 étamines (2 dithèques, 1 monothèque), se distin¬
guent par les filets soudés en une colonne centrale. Les fruits en baies
lisses contiennent de nombreuses petites graines.
Type : Barler 1525 (K), Nigeria.
Du Sénégal à l’Angola, au Congo-Kinshasa, en République Centra¬
fricaine et en Afrique orientale.
Matériel gabonais :
Klaine 414 (11. S. et n - 9. sept.), 2718 (fl. Ç, janv.) environs de Libreville.
Coccinia gabonensis Keraudren, Adansonia, ser. 2, 8: 40 (1968).
Cette plante monoïque à feuilles papyracées et à vrilles simples a la
particularité d’avoir des fleurs nettement dialypétales mais toutefois
en cloche à l’anthèse.
Holotype : N. Hallé 3018 (PI), Gabon.
Gabon.
Matériel gabonais :
N. Hallé 2305 (fl. 5 juin), 3018 (fl. <J, $, nov.) Bélinga.
Coccinia racemiflora Keraudren, Adansonia, ser. 2, 8 : 41 (1968).
Ce Coccinia dioïque à feuilles également papyracées a des vrilles
bifides et des inflorescences tj et $ en racèmes.
Holotype : N. Hallé 2425 (P!), Gabon.
Gabon.
Matériel gabonais :
Dybowski 47, Kopo (?), en forêt, région de Petit Loango (11. S, janv.). —
N. Hallé 2305 (fl. $, juin), 2425 (11. <j, juin), Abanga, chantier CEFA.
3. COGNIAUXIA Bâillon, in Bull. Soc. Linn. Paris 1 : 423 (1884).
Gogniauxia pololæna Bâillon, loc. cil. : 423 (1884).
Plante dioïque à tiges grêles grimpantes mais devenant robustes,
à vrilles bifides. Les feuilles ovales-cordées de grande taille (8-18
X 10-15 cm) ont un limbe parcheminé à coriace, entièrement glabre.
Les inflorescences <J se présentent en longs racèmes pluriflores. Ces
fleurs J, de couleur jaune, ont une coupe florale bien développée et dilatée
à la base qui ressemble beaucoup à l’ovaire infère des fleurs $. Les 3 éta¬
mines subsessiles s’insèrent sur la gorge de la coupe florale (2 dithèques,
1 monothèque), le connectif épais porte des loges très sinueuses. Le fruit
lisse, ovale-elliptique a un péricarpe durci, il peut atteindre 15 cm de
long et contient de nombreuses graines de 20-15 mm, presque bilobées à
la base.
Source : MNHN, Paris
— 395 —
Type : Duparquel s. n., Gabon, 1883 (P!).
Cameroun, Gabon, bassin congolais, Angola.
Matériel gabonais :
Billtner 20, Sibange (cité par Cogniaux, Pilanzenreich IV. 275. 2 : 199 (1924)
comme type du Cogniauxia ampla Cogn. unique échantillon de l’espèce et disparu à
Berlin mais que nous devons vraisemblablement considérer comme synonyme de
C. podolæna d’après la description). — Duparquel s. n. (11. <?) type. — Fleury in Cheva¬
lier 26266, environs de Lambaréné sur l'Ogoué (11. <J, août); 26324, environs de Atsié
sur l’Ogooué, près du lac Zilé (11. S, août); s. n., environs de Egolami sur le lac Oghe-
moné (fl. <J, sept.). — Uladik s. n., Makokou (fr., nov.). — N. Hallè 1627, 10 km au
SW de Ndjolé (11. $ avr.); 3493, Bélinga ait. 1 000 m (11. Ç, fr., déc.). — N. Hallè et
J. F. Villiers 5404. monts de Cristal (fl. c?, févr.). — Jeffrey el Davies 238, SW de Me-
douneu ‘(11. S, juil.). — Klaine 43, plaine du Gabon (fl. avr.); 309,938 (11. <?.
mai), 1298 (fl. <?, août), 2443 (fl. <J, juin), 3540 (11. <J, juil.) environs de Libreville. —
Le Thomas 6, environs de Libreville (11. <j, juin). — Thollon 260, Ogooué (11. S, déc.);
265,333, Ogooué (st.); 360 cité par Cogniaux (1924) comme Cogniauxia Brazzei Cogn.
synonyme de C. podolæna mais non retrouvé dans nos Herbiers; 453, Ogooué (11. cj,
mars). — Walker s. n. Haute Ngounyé 1939 (11. <?, juil.).
Nom vernaculaire « Osso osso » en Bakota.
4. GUCUMEROPSIS Naudin, Ann. Sc. Nat., ser. 5, 5 : 30 (1886).
Cucumeropsis Mannii Naudin, loc. cil. : 30 (1886).
Plante monoïque à feuilles membraneuses assez grandes, pentago¬
nales et vrilles simples. Les fleurs petites ont des étamines sessiles insérées
sur la coupe florale (2 dithèques, 1 monothèque), à loges droites puis
courbées au sommet. Les fruits ovoïdes oblongs peuvent atteindre jusqu'à
30 cm de longueur et renferment de nombreuses graines (PI. 1, 2).
Syntypes : Mann s. n., plantes obtenues à Paris à partir de graines
provenant du Nigéria (P!); Aubry le Comte, s. n., Gabon.
Espèce largement répandue et souvent cultivée dans toute l’Afrique
sauf l’Afrique australe, les régions sèches (Soudan, Ethiopie).
Matériel gabonais :
Aubry le Comle s. n., Gabon (non retrouvé). — N. Halle 3397, Bélinga (11. <J, $,
déc.). — N. Hallè et J. F. Villiers 4929, Efout, à 11 km à l’E. de Médouneu (fl. <?,
févr.). — Klaine 1265, environs de Libreville (11. S, $, jeunes fr., janv.). — Walker
s. n. (février 1937), Ngounyé (graines).
Note : les graines du Cucumeropsis Mannii Naud. se consomment
écrasées et cuites.
5. GERRARDANTHUS Hooker fil., Gen. PI. 1 : 840 (1867).
Gerrardanthus paniculatus (Mast.) Cogniaux, Pflanzenr. IV. 275.
1 : 20 (1916).
= Alheranlhera paniculata Masters, Fl. Trop. Afr. 2 : 519 (1871).
Cette plante dioïque est caractérisée par des fleurs légèrement
zygomorphes à 4 étamines fertiles, une stérile, des loges droites, un ovaire
infère triloculaire et 3 styles (particularités de la sous-famille des Zano-
nioideæ). Les fruits secs renferment de longues graines ailées pendantes.
Source : MNHN, Paris
— 396 —
PI. 1. — 1, fruit de Momordica cissoïdes Planch ex Benth. (Kodachrome N. Hallé,
Abanga, Gabon, 1963); 2, fruits de Cucumeropsis Mannii (Ektachrome R. Letouzky,
Cameroun, I960); 3, fruit de Lagenaria breviflora (Bcntli.) Roberty (Kodachrome
N. Hallé, Abanga, 1963): 4, fruits de Lagenaria siceraria (Mol.) Standl. (Ektachrome
R. Letouzey, Cameroun, 1964).
Source : MNHN, Paris
— 397 —
Type : Welivilsch 861, Angola (holo-, BM).
Du Ghana à l’Angola.
Matériel gabonais :
Le Teslu 8599, région de Lastoursville (fl. <J).
6. LAGENARIA Seringe, Mém. Soc. Genève 3 (1) : 25 (1825).
Lagenaria breviflora (Benth.) Roberty, Bull. Inst. Fr. Afr. Noire,
ser. A, 16 : 795 (1954).
= Adenopus brevi/lorus Bentham, in Hooker, Niger FI. : 372 (1849).
Cette plante dioïque se reconnaît aisément grâce à la présence de
glandes coniques au sommet du pétiole et par ses fruits ovoïdes (7-10 cm)
vert vif marbrés de blanc, renfermant de nombreuses graines bidentées
au sommet. Les étamines à filets courts sont insérées sur la coupe florale
et les anthères (2 dithèques, 1 monothèque) ont des loges très sinueuses
et cohérentes au centre du périanthe en une masse anthérale oblongue
(PI- 1,3).
Type : Barler 710, Nigeria (holo-, K).
Espèce répandue du Sénégal à l’Afrique orientale.
Matériel gabonais :
Debeaux 433, Cap Lopez (fl. J, juin). — Duparquel s. n., Côte occidentale du Gabon
(il. (J). — Fleury in Chevalier 26331, village de Atsié sur l’Ogoué, environs de Lamba-
réné (fr., août). — N. Halle 2407, Abanga, chantier CEFA (fr., juin). — Klaine 1433,
Libreville (11. <?, mai).
Lagenaria siceraria (Molina) Standley, Publ. Field Mus. Nat.
Hist. Chicago, Not. 3 : 435 (1930).
= Cucurbila siceraria Molina, Sagg. Chil. : 133 (1782).
Ce Lagenaria monoïque diffère du précédent par ses fleurs soli¬
taires et longuement pédicellées.
Les fruits du Lagenaria siceraria (Mol.) Standl. sont très connus en
Afrique et dans les zones chaudes du monde entier, on les utilise pour
faire des récipients appelés « calebasses ». (PI 1, 4).
Type : la description de Molina était fondée sur un matériel origi¬
naire d’Amérique mais nous n’avons pas retrouvé d’échantillon se rap¬
portant à cette étude, toutefois le binôme Lagenaria siceraria est actuel¬
lement considéré et admis comme valable.
Toutes les zones chaudes du monde entier où il est cultivé.
Matériel gabonais :
N. Halli 3627, Bélinga (fl. <?, $, jeune fr., déc.).
7. LUFFA Miller, Gart. Dict. Abridg., ed. 4 (1754).
Lufîa cylindrica (L.) Rcemer, Syn. Mon. 2 : 63 (1846).
= Momordica cylindrica L., Sp. PL, ed. 1 : 1009 (1753).
Plante monoïque à grandes feuilles scabres sur les deux faces et vrilles
Source : MNHN, Paris
398 —
PI. 2. — Momordica Cabræi (Cogn.) Jeffrey : 1, fleur $; 2, inflorescence <J (remarquer
les ailes latérales des pédicelles se prolongeant sur la coupe florale); 3, fruit (calice persis¬
tant). Ces clichés ont été tirés de diapositifs appartenant à la collection photographique
du Professeur De Wit de Wageningen qui nous les a aimablement communiqués. Nous
sommes particuliérement heureux de le remercier pour son étroite collaboration. Ces fleurs
et fruits proviennent du développement, dans les serres de Wageningen, de graines récoltées
en Côte d'ivoire; la photographie 4 représente une fleur de Luffa cylindrica (L.)
M. J. Roem. (Photo M. Keraudren, Madagascar 1962).
Source : MNHN, Paris
— 399 —
le plus souvent bi- ou trifides. Les fleurs en longs racèmes atteignant
15 cm de longueur, sont jaunes et assez grandes. Les 3 étamines (2 dithè-
ques, 1 monothèque) ont des anthères très séparées dans les étamines
dithèques, ce caractère leur donne parfois l’apparence d’être au nombre
de 5. Les loges sont sinueuses mais libres. Le fruit bien connu sous le
nom « d’éponge végétale » est oblong-fusiforme, très fibreux intérieurement
et déhiscent par un opercule apical pas toujours nettement visible; il
peut atteindre 20 cm de longueur et il contient de nombreuses graines
brunâtres (PL 2, 4).
Type : échantillon originaire de l’Inde sous le nom de Momordica
luffa L. (holo-, LINN; photo., P!)
Toutes les régions tropicales de l’Ancien Monde d’où il est originaire
mais largement répandu en Amérique tropicale et subtropicale où il a été
naturalisé. Cette espèce est cultivée pour son fruit « l’éponge végétale ».
Matériel gabonais :
Fleury in Chevalier 26179, environs de Adouma sur alïluent de l’Ogooué; 26253,
environs de Lambaréné sur l’Ogooué (il. S, $> fr., août).
8. MOMORDICA L., Gen., ed. 1 : 296 (1737).
Momordica Cabræi (Cogn.) C. Jeffrey, Kew Bull. 15 (3) : 356
(1961).
= Dimorphochlamys Cabræi Cogn., Ann. Mus. Congo, ser. 2, 1: 24 (1899).
Cette liane herbacée dioïque est caractérisée par des feuilles entières
ovales-cordées presque coriaces, scabres sur les deux faces, assez grandes
(8-15 X 5-9 cm) et par des vrilles bifides. Les fleurs (J, fasciculées, sont
blanc rosâtre et se reconnaissent facilement grâce à la présence de deux
ailes latérales sur le pédicelle se prolongeant sur la coupe florale. Comme
chez tous les Momordica, trois pétales se terminent à leur base par une
écaille en forme d’onglet et cette espèce s’ornent de poils épais. Les
3 étamines (2 dithèques, 1 monothèque) à loges tripliquées s’insèrent par
un filet assez court sur la gorge de la coupe florale. Le fruit sphérique de
la taille et de la couleur d’une orange, porte à son sommet les restes du
calice et renferme de nombreuses graines noires (PL 2, 1, 2, 3).
Type : Cabra 61, Congo-Kinshasa (holo-, BR!).
Espèce répandue de la Guinée au bassin congolais.
Matériel gabonais :
lilaine 397 (fr.), 2371 (11. <J, sept.), Libreville.
Momordica Charantia L., Sp. PL, ed. 1 : 1009 (1753).
Parmi les Momordica, c’est l’espèce la plus commune car son fruit
est souvent utilisé dans l’alimentation. Liane herbacée annuelle et monoï¬
que à feuilles membraneuses découpées en 3-7 lobes, les vrilles sont simples.
Les fleurs et Ç solitaires ont un pédicelle assez long portant une
bractée foliacée environ vers la moitié de la longueur. Les fleurs petites
Source : MNHN, Paris
— 400 —
PI. 3. — Momordica Charantia L. ; 1, Heur $; 2, fleur c? avec sa bractée sur le pédicelle;
3, fruit avant l’éclatement des valves; 4, fruit lors de la déhiscence, on aperçoit les graines.
(Photos M. I<eraudren1965.)
Source : MNHN, Paris
— 401 —
ont un androcée à loges tripliquées. Le fruit (6-20 cm) rouge vermillon
à maturité et couvert d’aspérités verruqueuses, s’ouvre par 3 valves. Les
graines comme celles de nombreux Momordica sont crénelées sur les bords
(PI. 3, 1-4).
Lectotype : spécimen provenant d’une plante cultivée dans un jar¬
din à Hartekamp, en Hollande (BM).
Espèce spontanée dans l’Ancien Monde tropical actuellement intro¬
duite dans toutes les zones tropicales et intertropicales du monde entier.
Matériel gabonais :
Duparquet s. n., Gabon (il. (J, $). — N. Hallè 2062, Lébamba, rivière Bicaudou
(fl. (î, mai). — Klaine 1182, environs de Libreville (fr., févr.). — Thollon 460, Gabon,
Ogooué (fl. <J, Ç, fr., oct.) = type de Momordica Thollonii Cogn.
Momordica cissoides Planchon ex Bentham, in Hooker, Niger
Fl. : 370 (1849).
Ce Momordica possède des feuilles à 3-5 folioles membraneuses et
des vrilles simples ou bifides. Les fleurs groupées en ombelles à l’extrémité
d’un long pédoncule sont incluses dans une grande bractée foliacée.
L’androcée est semblable à celui de l’espèce précédente mais il y a un
pistillode au fond de la coupe florale. L’ovaire d’abord, puis le fruit, sont
recouverts de gros poils souples, le fruit ovoïde (4 X 2,5 cm) contient de
nombreuses graines.
Type : Vogel 33 a, Nigeria (holo-, K).
Afrique tropicale de la Guinée à l'Angola, en Afrique orientale et dans
le bassin congolais.
Matériel gabonais :
Thollon 448, Ogooué (fl. <J).
Momordica enneaphylla Cogniaux, Bull. Acad. Belg., ser. 3, 16 :
238 (1888).
Par ses feuilles composées de 9 folioles, cette espèce est tout à fait
particulière. Les fleurs $ solitaires ou par 2-3 sont protégées par une
bractée sessile qui peut se trouver également un peu en dessous des fleurs
sur le pédoncule commun. Les étamines insérées à la gorge de la coupe
florale ont des loges droites à connectif assez épais (2 dithèques, 1 mono-
thèque). Le fruit est encore inconnu.
Type : Thollon 448, Gabon (holo-, P!).
Gabon, Cameroun, Bassin congolais.
Matériel gabonais :
Thollon 154, Lambaréné (fl. (J); 448, Ogooué (fl. J).
Momordica fœtida Schumacher, Beskr. Guin. PI. : 426 (1827).
Très abondante en Afrique, cette liane herbacée a des tiges grêles
et des feuilles parfois assez grandes, membraneuses, largement ovales-
cordées, à bords finement crénelés-dentés. Les pédoncules des inflores-
Source : MNHN, Paris
— 402 —
cences portent dans leur partie inférieure une petite bractée. Le périanthe
possède des sépales caractéristiques et facilement reconnaissables parce
que nettement ciliés sur les bords, verts à la base, noirs au sommet et les
pétales sont tâchetés de noir à leur base. Les loges des 3 étamines (2 dithé-
ques, 1 monothèque) sont tripliquées. Les fleurs $ solitaires se transfor¬
ment en fruits bacciformes ovoïdes ou ellipsoïdes, couverts de longs poils
(atteignant 6 mm de long) et renferment de nombreuses graines scrobi-
culées aux deux extrémités. Ces graines de couleur brun-foncé, sont
entourées d’une pulpe rouge.
Type : Thonning 85, côte guinéenne (holo-, C).
Afrique tropicale et australe.
Matériel gabonais :
Bültner 16, Gabon (cité par Cogniaux, Pflanzenreich IV.275.2 : 43 (1924). — N. Hallè
3989, Bélinga, bord Invindo (fl. $, fr., juin). — Jolly 113, environs de Libreville (fr.). —
Klaine 817 (fr., févr.), 853 (fl. 8, $, mars), 1173 (fl. 8, $, nov.), environs de Libreville.
— Soyaux 11, Munda (fl. 8 août) PI Kl LE1 — Thollon 844, Gabon (fl. <J, $, juil.).
Momordica Gilgiana Cogniaux, Bull. Jard. Bot. Brux. 4 : 221
(1914).
Autre Momordica à feuilles trifoliolées, celles-ci sont papyracées.
Les ombelles de 15-30 fleurs sont portées par un long pédoncule (6-13 cm)
orné à son sommet de deux ou trois grosses glandes. Les bractées de petite
taille sont à la base des pédicelles. Les loges des anthères (2 dithèques,
1 monothèque) sont tripliquées. Le fruit obovale et légèrement rostré,
s’orne de tubercules coniques groupés en crêtes et pouvant avoir 18 mm
de hauteur, crêtes séparées par des tubercules plus petits; il renferme de
nombreuses graines obovales.
Type : Deistel s. n., Cameroun (holo-, B, delet. ; iso-, BM!)
Gabon, Cameroun.
Matériel gabonais :
N. Hallt 2800, Bélinga (fr., oct.).
Momordica multiflora Hooker fil., Fl. Trop. Afr. 2 : 540 (1871).
Liane grêle à grandes feuilles membraneuses ovales-cordées et petites
fleurs groupées en racèmes, sans bractée. Les fleurs, petites, se distinguent
par des pétales blancs tachetés de noir ou de violet ou de bleu sombre à
la base. Les 3 étamines à loges droites bordées de poils (2 dithèques,
1 monothèque), se trouvent réduites bien souvent à deux, l’étamine mono¬
thèque étant parfois soudée à l’une des deux autres et pouvant même dis¬
paraître. Le fruit en baie ovoïde lisse, à péricarpe durci, vert maculé
de gris ou de jaune, pend à l’extrémité d’un pédoncule court et épais et
contient de nombreuses graines brun-verdâtre tachetées de brun plus
foncé, à contour crénelé et terminées par 1 ou 2 pointes.
Syntypes : Mann 1019 (K!); Vogel 173, Fernando Po (K!); Wel-
witsch 843, Angola (BM; iso-, K!).
Source : MNHN, Paris
— 403 —
Ghana, Nigeria, Fernando Po, Cameroun, Gabon, République Cen¬
trafricaine, Congo-Kinshasa, Angola, Tanzanie.
Matériel gabonais :
N. Hallé 3797, Bélinga (fl. <?, juin); 3946, mémo lieu, Babiel. — N. H allé et Le
Thomas 336, Mékambo (fl. <?, août). — Klaine 13, Libreville (fl. <?). — Mann 1019,
Gabon (H. <J) K ! — Thollon 853, Ogooué (fl. g),
Momordica parvifolia Cogniaux, Bull. Jard. Bot. Brux. 5 (2) :
110 (1916).
Cette espèce très proche de la précédente en diffère par ses fleurs
entièrement blanches et les loges des étamines repliées au sommet. Le
fruit en baie oblongue-fusiforme est orné de fines côtes saillantes de 2 mm
de hauteur.
Type : De Giorgi 1090, Congo-Kinshasa (holo-, BR!).
Gabon, Cameroun, Congo.
Matériel gabonais :
N. Hallé 2295, Abanga (fl. <J, juin); 4191, 4193, Bélinga (fl. <î, juin).
9. MUKIA Arnott, Madras Journ. Lit. Soc. 12 : 50 (1840).
Mukia maderaspatana (L.) M. J. Roemer, Syn. Mon. 2 :47 (1846).
= Cucumis maderaspalanus L., Sp. PL, ed. 1 : 1012 (1753).
Liane herbacée monoïque à tiges rampantes ou grimpantes forte¬
ment scabres ainsi que les feuilles, celles-ci plus ou moins 3-5 lobées,
ou subdeltoïdes, acuminées au sommet. Les fleurs petites et fasciculées
s’insèrent sur un pédicelle très court, elles possèdent un androcée formé
par 3 étamines subsessiles (2 dithèques, 1 monothèque) à loges droites, le
connectif est prolongé par un appendice au-dessus des loges. Les fruits à
pédoncule très courts sont sphériques, lisses ou finement échinulés et ren¬
ferment des graines épaisses, nettement marginées, verruqueuses ou
scrobiculées, caractère qui permet sur un échantillon fructifère de déter¬
miner avec certitude l’appartenance au genre Mukia.
Type : il n’y a aucun spécimen portant le nom de C. maderaspalanus
dans l’herbier de Linné et l’on est donc amené à considérer le dessin cité
par Linné comme type de cette espèce : Plukenel, Almagest : t. 170, f. 2
(1696).
Espèce largement répandue dans toute l’Afrique tropicale et inter¬
tropicale, l’Asie du sud-est, l'Inde; Malaisie, Viêt-Nam et jusqu’en Aus¬
tralie.
Matériel gabonais :
Duparquel s. n., Gabon (fl. $, $).
10. PEPONIUM Engler, in Engl, et Prantl, Nat. Pflanzenfam.
Nachtr. : 318 (1897).
Source : MNHN, Paris
404 —
Peponium Vogelii (Hooker) Engl., in Engler et Prantl, Pflanzenf.
Nachtr. : 318 (1897).
= Peponia Vogelii Hook. f., Fl. Trop. Afr. 2 : 526 (1871).
Grimpantes ou rampantes, les tiges sont fortement velues ainsi que
les feuilles. Il y a une « probractée » à la base des pétioles, à leur insertion
sur le nœud et des bractées ovales, cucullées, à la base de chaque pédicelle.
Les fleurs <? parfois solitaires se trouvent le plus souvent groupées en
longs racèmes pouvant atteindre 20 cm de long. Les filets des 3 étamines
(2 dithèques, 1 monothèque) s’insèrent sur une coupe florale très allongée
(15-30 mm) et les anthères à loges tripliquées, également très longues,
forment par leur coalescence, une masse staminale au centre de la coupe
florale. Le fruit bacciforme, longuement pédonculé, se présente sous des
formes variées (ellipsoïde-allongé, ovoïde ou sphérique) ; il contient de
nombreuses graines elliptiques lenticulaires.
Type : Bojer s. n., Zanzibar (holo-, K).
Afrique occidentale, équatoriale (Congo) et orientale (Kenya, Mozam¬
bique) ; en Ethiopie et en Angola.
Un échantillon récolté par Thollon porte une indication Gabon-
Congo, sa présence sur le territoire gabonais peut donc être mise en doute.
11. RAPHIDIOGYSTIS Hooker, in Benth. et Hook. f., Gen. Plant.
1 : 828 (1867).
Raphidiocystis Jeffreyana R. et A. Fernandes, Bol. Soc. Brot.
ser. 2, 36 : 143 (1962).
C’est une plante monoïque à tiges grimpantes hérissées de poils roux
soyeux, poils que l’on retrouve également sur les nervures des feuilles.
Les fleurs $ et $ ont des lobes du calice étroitement pinnatifides et
subulés et les lobes de la corolle soudés à leur base. Les 3 étamines toutes
dithèques s’insèrent par des filets grêles sur la coupe florale (loges tripli¬
quées). Les fruits en baies ellipsoïdes entièrement couverts de poils fins,
roux, soyeux, renferment de nombreuses graines ellipsoïdes (PI. 4, 1).
Type : Gossweiler 8137, Angola (holo-, COI).
Cameroun, Gabon, Congo-Brazzaville, Angola, Congo-Kinshasa.
Matériel gabonais :
N. H allé 2625, à 6 km de Mékambo (fr., oct.); 3181, 3396, Bélinga (11. $, fr. déc.). —
N. Hallé et G. Cours 5396, Ovala, près d'Etéké (fr., mai). — Le Teslu 7332, région de
Lastoursville (11. <J, mai).
12. RUTHALICIA C. Jeffrey, Kew Bull. 15 (3) : 360 (1962).
Ruthalicia longipes (Hook. f.) C. Jeffrey, loc. cil. : 361 (1962).
= Physedra longipes Hook. f., Fl. Trop. Afr. 2: 553 (1871).
Liane dioïque à tiges assez robustes et feuilles profondément décou-
pées-palmées, lobes subfalciformes, les pétioles sont glabres et les vrilles
Source : MNHN, Paris
— 405 —
PI. 4. — 1, fruits do Raphidiocystis Jeffreyana H. et A. Fernande* ; kodachrome N. Hallé
Etéké-Ovala, Gabon 1963); 2, fruit de Telfairia occidentalis Hook. f. (kodachrome
N. Hallé, Mbei-Komo, Gabon 1968).
Source : MNHN, Paris
406 —
simples. Les fleurs (J et Ç en racèmes, ont des pétales assez longs (1,5 cm)
et des sépales dentiformes très petits. L’androcée se compose de 3 étamines
à filets insérés sur la coupe florale, les anthères (2 dithèques, 1 monothèque)
ont des loges en S renversé, le fruit bacciforme oblong, lisse, glabre, ren¬
ferme de nombreuses graines très plates, horizontales.
Syntypes : Vogel s. n., Fernando Po (K!); Mann s. n., monts de
Cristal (K!).
Du Liberia à l’Angola, espèce très abondante.
Matériel gabonais :
Duparquel s. n., (1863) (fl. $, fr.).— Griffon du Bellay 120, Gabon (st.). —Jolly 69,
173, Libreville (fr., avr.). — Klaine 638 (fl. <J, nov.), 739 (fl. S, nov.), 2465 (fl. <?)
2466 (fl. $, sept.), 2466 bis (fl. <J, nov.), Libreville. — Mann s. n., monts de Cristal
(fl. (J, $) K! — Mgr. Leroy 54, route de Sibange (fr.). — Descoings 6487, vallée de la
Ngounyé, environs de Ndendé (fl. <?, oct.).
13. SECHIUM P. Browne, Nat. Hist. Jam. : 355 (1756).
Sechium edule (Jacq.) Sw., Fl. Ind. Occ. 2 : 1150 (1800).
Des tiges grimpantes et monoïques s’échappent de gros tubercules,
elles portent des feuilles palmatilobées, des vrilles 3-5-fides et des fleurs
de petite taille. Les fleurs <$ groupées en racèmes à l'extrémité d’un axe
pouvant atteindre 10-15 cm de long ont 3 étamines à filets partiellement
soudés en colonne, les anthères (2 dithèques, 1 monothèque) portent des
loges sinueuses. Les fleurs $, solitaires, ont un ovaire uniloculaire dans
lequel se développe un seul ovule pendant; le fruit charnu contient une
seule graine, celle-ci pouvant commencer son développement dans le
fruit.
Originaire d’Amérique tropicale où il est très répandu, le Sechium
edule est cultivé dans de nombreuses régions chaudes pour son fruit
consommé comme légume.
Matériel gabonais :
N. Dallé et Le Thomas 385, Mékambo (fl. S, fr., août).
14. TELFAIRIA Hooker, Bot. Mag. 54 : t. 2751, 2752 (1827).
Telfairia occidentalis Hooker f., Fl. Trop. Afr. 2 : 524 (1871).
Cette liane herbacée grimpante ou rampante, dioïque, porte des
feuilles 3 puis 5 foliolées puisque les deux pétiolules latéraux se divisent
et l’ensemble de la feuille comprend alors 5 folioles oblongues, acuminées
au sommet. Les vrilles sont bifides et il y a souvent une probractée. Les
fleurs (J et ? à pétales plus ou moins longuement fimbriés se recon¬
naissent très facilement; de plus, les sépales crénelés leur donnent un aspect
particulier. L’androcée est formé d’une masse staminale (3 étamines à
filets libres mais à anthères cohérentes, 2 tétrathèques, 1 dithèque). Le
fruit volumineux (40-60 cm de long) s’orne de 10 côtes saillantes et ren¬
ferment sous le péricarpe très épais et dur, de nombreuses graines volu¬
mineuses (3 cm de long et de large) contenant des réserves huileuses.
(PI. 4, 2).
Source : MNHN, Paris
— 407 —
Syntypes : Barler s. n., Sierra Leone (K); Welwitsch 823, Sierra
Leone; Mann 233, Fernando Po (K); Iruing s. n., Nigeria (K).
Cette espèce se développe dans la végétation secondaire, elle peut être
cultivée et naturalisée près des villages. Afrique tropicale occidentale de
la Sierra Leone à l’Angola et l’Uganda.
Matériel gabonais :
N. Halle et Le Thomas 388 route de Mékambo (fr., août). — N. Halli et J. F. Vil-
liers 4333, bords du Komo, près de Mbel (fr., janv.).
15. ZEHNERIA Endlicher, Prodr. Fl. Norf. : 69 (1833).
Zehneria capillacea (Schumach.) C. Jeffrey, Kew Bull. 15 (3) : 366
(1962).
= Bryonia capillacea Schumacher, in Schum. et Thonn., Beskr. Guin. pi. :
430 (1827).
Liane herbacée monoïque à tiges très fines, à feuilles triangulaires
deltoïdes membraneuses, et vrilles fines et simples. Les fleurs très petites
sont solitaires et portées par un long pédicelle (1-2 cm) grêle beaucoup
plus long chez les fleurs $ puisqu’il peut atteindre jusqu’à 6 cm. Les
étamines au nombre de trois s’insèrent à la base de la coupe florale autour
d’un pistillode glanduleux, les filets bien développés portent des anthères
toutes dithèques à loges droites. Chez les fleurs Ç le style est entouré de
3 glandes nectarifères. Le fruit est une petite baie subsphérique (6-9 mm
de diamètre), glabre et renfermant de nombreuses petites graines aplaties
non marginées.
Type : Thonning, Ghana (holo-, LE).
De l’Afrique occidentale (Sierra Leone) à l’Afrique centrale (Congo-
Kinshasa, Angola, Uganda).
Matériel gabonais :
Fleury in Chevalier 26642, environs de Lambaréné (11. $, $, fr., août). — Griffon
du Bellay 99, côte occidentale du Gabon (fr.). — N. Halle 2001, Matadi à 10 km au sud-
ouest de Lambaréné (11. S, $, fr. mai). — Klaine 1761, 1762, environs de Libreville
(fl. <?, $, fr., déc.).
Zehneria Gilletii (De Wild.) C. Jeffrey, Kew Bull. 15 : 366 (1962).
= Melolhria Gillelii De Wild., Ann. Mus. Congo, ser. 5, 3:140. t. 13, f. 4-6 (1907).
Petite liane monoïque, à tiges très grêles, à feuilles subtriangulaires.
Cette espèce diffère de la précédente par des étamines insérées sur la
coupe florale et des fruits ovoïdes pendant à l’extrémité de pédoncules
courts ne dépassant pas 2 cm de long.
Type : Gillet 3179, Congo Kinshasa (holo-, BR!)
Ghana, Nigeria, Gabon, Congo Kinshasa.
Matériel gabonais :
Chevalier 4309. Cap Lopez (11. J, $, fr., juil.). — Debeaux 406, Cap Lopez (fl. <J,
$, fr., juil.). — Duparquel s. n. (1863) (11. <J, $, fr.). — N. Halli et J. F. Villiers 5542,
Source : MNHN, Paris
— 408 —
pointe Denis (11. $, jeune fr. févr.). — Mann s. n., Gabon (K.) — Thollon 42, Cap Lopez
(fl. <J, $, sept.).
Zehneria minutiflora (Cogn.) G. Jeffrey, Kew Bull. 15 (3) : 366
(1962).
= Melothria minutiflora Cogniaux, in DC., Mon. Phan. 3: 611 (1881).
Petite liane grêle mais dioïque. Les fleurs très petites ont des étamines
à filets bien développés insérés à la base de la coupe florale; les fruits
fusiformes et glabres contiennent de nombreuses graines obovoïdes.
Type : Mann 2010, Cameroun (holo-, K!).
Cameroun, Gabon, Fernando Po. Congo, Angola, Rhodésie, Afrique
orientale et australe.
Matériel gabonais :
Klaine 2688, environs de Libreville (fr., janv.).
Zehneria Thwaitesii (Schwein.) C. Jeffrey, Kew Bull. 15 (3) : 371
(1962).
= Melothria Thwaitesii Schweinfurth, Reliq. Kotsch : 44, t. 29 (1868).
Liane grêle monoïque à feuilles deltoïdes mais très polymorphes. Les
étamines toutes dithèques sont insérées sur la partie supérieure de la
coupe florale par un filet très court. Le fruit est nettement plus fusiforme
que chez l’espèce précédente, il renferme de nombreuses graines aplaties.
Syntypes : Harnier s. n., Soudan (holo-, B, delet.); Thwailes 1610,
3128 (holo-, B, delet. : iso-, BM) et 2581 (holo-, B, delet.; iso-, BM, K),
Ceylan.
Espèce répandue dans toute l’Afrique tropicale, Madagascar, Ceylan
et dans la péninsule indienne.
Matériel gabonais :
Duparquel s. n., Gabon (fl. <J, 9).
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Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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NOTES GYPÉROLOGIQUES :
XIII. VARIATION CURIEUSE
D'UN MAPANIA AFRICAIN
par J. Raynal
Résumé : Description d'une variété nouvelle de Mapania a/ricana Bôck., remar¬
quable par ses épis solitaires ou par 2 au sommet des pédoncules. A l’occasion de
ce travail, deux stal. nov. sont établis, ainsi que plusieurs synonymies.
Summary: Description of a new variety of Mapania a/ricana BOck., outstanding
by its solitary or paired spikes at the end of the peduncles. Two sial. nov. and a few
synonymies are established in connection with the présent work.
Le Gabon est sans conteste le pays d’Afrique qui héberge le plus
grand nombre d’espèces du genre Mapania Aubl. Cette richesse découle
directement de la liaison absolue de ces Cypéracées avec la forêt dense
humide équatoriale non dégradée.
Jusqu’à ce jour, huit espèces étaient connues du Gabon, sur les
17 taxa africains que nous reconnaissons (la révision de l’ensemble de ces
taxa fera l’objet d’une étude détaillée ultérieure) : M. amplivaginala
K. Schum. 1 , M. macranlha (Bôck.) Pfeiff., M. Mannii C.B.C1., M. pubis-
quama Cherm., M. purpuriceps (C.B.C1.) J. Rayn. 2 , M. Soyauxii (Bôck.)
K. Schum. 3 , M. sylvalica Aubl. 4 et M. Teslui Cherm.
Une neuvième espèce, M. africana Bôck., récoltée par Mann sur le
1. = M. oblonga C.B.Cl., syn. nov. [établie par Nelmes in sched. herb. Kew.)
= M. monosperma (Jac.-Fél.) Maguire & Koyama, Mem. New York Bot. Gard. 17
(1) : 51 (1967), syn. nov.
11 est regrettable que les auteurs de cette dernière combinaison n’aient pas eu
connaissance de la note rectificative publiée par Jacques-Félix aussitôt après la
description de son Langevinia monosperma (Bull. Mus. Hist. Nat. Paris 19 (5) : 417
(1947).
2. Mapania purpuriceps (C.B. Clarke) J. Raynal, stal. nov. s M. subcomposila
C.B.Cl. var. purpuriceps C.B. Clarke, in This.-Dyer, Fl. Trop. Afr. 8:491 (1902).
Type : Baies 526, Gabon, Mfoa (K, BMI)
3. = M. dwanensis Cherm., syn. nov.
4. = M. gabonica Cherm., syn. nov.
Nous fondant sur l’examen d’échantillons plus nombreux que ceux dont disposait
Chermezon, nous n’avons pu trouver aucune différence significative entre la plante
du Gabon et celle de Guyane. C'est le seul cas, dans le genre Mapania, d’aire franchissant
un océan. Une introduction récente en Afrique (où cette espèce est beaucoup plus rare)
parait difficilement vraisemblable; ce Mapania fournit un argument de plus aux parti¬
sans de contacts continentaux directs anciens entre les socles brésilien et ouest-afri-
Source : MNHN, Paris
— 412 —
« 1° lat. N », provient vraisemblablement du Rio Muni, mais tout près du
Gabon; il fallait donc s’attendre à l’y rencontrer un jour.
C’est cette espèce, mais sous une forme extraordinaire, qu’ont
récoltée N. Halle et J. F. Villiers au cours de leur récente tournée
dans les Monts de Cristal. Ce matériel paraissait à première vue si différent
de M. africana Bock, que nous avons failli le décrire comme bonne espèce,
distincte à la fois par des inflorescences toujours réduites à un épi et par
des feuilles plus étroites. Mais une seconde récolte de la même plante,
parvenue tout dernièrement du Cameroun, s’est révélée moins éloignée
du type pour l’un et l’autre des caractères ci-dessus : ses feuilles ont une
largeur tout à fait normale, et ses inflorescences sont composées soit d’un,
soit de deux épis. Le port, le grand nombre de pédicelles arqués-retom-
bants, filiformes, demeurent cependant dans ce second spécimen tout à
fait conformes à l’échantillon gabonais; s’il eût été téméraire de maintenir
à la plante un statut spécifique, elle n’en constitue pas moins une très
remarquable variété.
Mapania africana Bôck. var. filipes J. Raynal, var. nov.
A M. africana Bock. var. africana pedunculis numerosis setaceis deflexis,
et præcipue spicis constanter singulis vel binis distinguenda.
Herba perennis circa 50 cm alta. Caulis erecta vel adscendens, brevis,
ima parte subterranea vel paullo epigea, foliis mortuis destituta et reliquiis
vaginarum incrassata, radices numerosas Urinas recte descendentes gerens;
pars superior caulis folia viva numerosa gerens, vaginis imbricatis. Folia
40-70 cm longa, vaginis apertis dilatatis carinatis, margine scariosis rufescen
tibus, basi 10-15 mm latis, 5-6 cm longis, in pseudo-petiolum angustum valde
plicato-canaliculatum circa 5 cm longum, et 3-8 mm latum desinentibus.
Lamina subplana (sed transverse formam litteræ M revocans, ut aliæ species),
late linearis, 20-65 cm longa, 15-39 mm lata, ad basin attenuata, ad apicem
acuta, marginibus apice et nervis majoribus scabris. Surculi latérales brèves
intravaginales interdum producti ad axillam foliorum inferiorum.
Inflorescentiæ in axillis foliorum inferiorum ortæ, ad basin denudatam
caulis post exuviationem foliorum persistentes. Pedunculi numerosi (5-) 10-20
filiformes, arcuati vel deflexi, ad 15 cm longi, basi vaginati prophyllis rubcs-
centibus cylindricis 10-15 mm longis. Spicæ singulæ vel binae, ovoideo-lanceo-
latæ, 8-12 mm longæ, 3-4 mm in diametro, fulvæ. Bractea ima glumacea
concava brunnea vacua, circa 4-6 X 2-2,7 mm, margine ad apicem brevissime
ciliata, circa 9-nervia; bracteæ sequentes similes, spiraliter dispositæ, nervis
minus obviis, spiculas partiales (aut « flores »?) foventes. Spicula partialis
4,5 mm longa; squamæ exteriores 3 connatæ, 2 latérales carinatæ, carina
longe ciliato-scabra. Squamæ interiores 3 ut videtur liberæ, exteriores æquan-
tes, membranaceæ, subplanæ, latérales postica angustiores. Stamina 3, anthe-
ribus linearibus albidis 2-2,4 mm longis. Stylus paullo exsertus apice trifidus.
Achœnium maturum obovoideum, 1,8-2 X 1,2-1,5 mm, brunneo-nigrescens,
costis 2 Iateralibus et 1 anteriore, superficie tuberculata, apice breviter coni-
Source : MNHN, Paris
— 413 —
Source : MNHN, Paris
V * 1
— 414 —
cum. Achænium ante maturitatem albidum vel viridescens, quam maturitate
minus turgidum et costis magis alatis, tuberculis ut videtur paucioribus.
Holotypus : N. Hallê & J. F. Villiers 5431, sub sylva æquatoriali densa
humida prope amnem Balakabo dictum, ad pedem Montium Crystallinorum
Reipublicæ Gabonicæ, 20.2.1968, P !
Specimen alterum nobis cognitum : Letouzey 9188, in vicinitate pagi
Camerounensis Campo vulgo dicti, 26-3-1968, P !
On pourrait considérer que les épis solitaires de M. africana var. filipes
ne sont qu’un indice de vigueur réduite, comme il arrive très souvent chez
de nombreuses Cypéracées : ainsi Cyperus puslulatus, Fimbrislylis dicho-
loma et bien d’autres peuvent voir leur inflorescence réduite à un épillet
unique, dans des positions écologiquement marginales. Cependant,
il n’arrive jamais, à notre connaissance, qu’une population soit entière¬
ment composée d’individus à ce point appauvris; or, nous l’avons dit, le
matériel de la var. filipes est très homogène, et l’on n’observe jamais plus
de deux épis par pédoncule; d’après les indications données par N. Hallé,
la population rencontrée était elle-même très homogène. D’autre part,
les individus récoltés ne montrent aucun signe d’appauvrissement, bien
au contraire : ces plantes petites sont néanmoins vigoureuses, leur flo¬
raison est très abondante, la réduction de chaque inflorescence paraissant
« compensée » par un nombre de pédoncules nettement supérieur à ce
qui s’observe normalement chez M. africana. Dans chaque épi, les akènes
bien mûrs ou en bonne voie de maturation sont nombreux. La taille même
de la plante, celle des feuilles, caractères éminemment plastiques, dont les
valeurs s’étaleraient à coup sûr largement dans le cas d’un milieu écolo¬
gique défavorable, sont au contraire très constantes ici.
Enfin, il est à remarquer que le caractère « épis solitaires ou réunis
en têtes » a jusqu’à présent été considéré comme taxinomiquement
important dans le genre Mapania, alors que le nombre d’épis dans une
tête l’est beaucoup moins ; ce caractère en apparence quantitatif peut en
effet être traité aussi comme qualitatif : ramification du pédoncule possi¬
ble (2 -n épis) ou impossible (un seul épi). Pourtant, il semble ici que ce
caractère perde beaucoup de son importance, puisqu’un même spécimen
offre des épis solitaires ou par paires. Peut-être la variété filipes constitue-
t-elle un cas exceptionnel? Sinon il faudra réviser sérieusement le décou¬
page en sections actuellement admis pour Mapania, et qui repose en
partie sur ce caractère. C’est là un point intéressant soulevé par la nou¬
velle variété.
Comme nous l’avons dit, l’aspect de la var. filipes est très parti¬
culier, mais se trouve entièrement dû à la gracilité des pédoncules et à la
réduction des inflorescences, ces deux traits n’étant en outre, à notre avis,
que l’expression d’un seul et même phénomène. La différenciation des
deux taxa var. africana et var. filipes implique très probablement une
divergence génotypique, mais celle-ci peut être très limitée. Aussi, malgré
notre tendance première, avons-nous voulu éviter de faire, au lieu d’une
1. J. Raynal, Adansonia, ser. 2, 5 (2) : 277-279 (1965).
Source : MNHN, Paris
— 415 —
variété remarquable, une espèce faiblement définie. Il faut noter en effet
que les deux variétés, auxquelles il faudra sans doute adjoindre M. doli-
choslachya K. Schum., qui représente la variation inverse, à pédoncules
robustes et inflorescences fournies, possèdent en commun quantité de
caractères qui ne manifesteraient sans doute pas l’uniformité observée
si ces taxa constituaient de bonnes espèces.
En ce qui concerne le reste du genre, nous avons dû, ces dernières
années, adopter une tendance inverse ; en effet, notre conception initiale des
espèces africaines de Mapania 1 était trop large ; dans notre optique
actuelle, nos sous-espèces de 1965 doivent passer au rang d’espèces très
affines, vicariantes mais bien distinctes; une étude plus approfondie des
caractères différentiels en a mis de nouveaux en évidence. De la sorte, il ne
demeure aucune espèce de Mapania commune aux deux massifs forestiers
d’Afrique occidentale et centrale. Les simples couples vicariants, tels
M. ivorensis (J. Rayn.) J. Rayn. 1 — M. macrantha (Bôck.) Pfeiff., ou
M. Mangenoliana G. Lorougnon —- M. africana Bôck., sont rendus plus
complexes aujourd’hui par les découvertes respectives de M. africana var.
filipes et de M. rhynchocarpa (cf. note suivante).
Notons enfin la possibilité pour Mapania africana var. filipes, à crois¬
sance monopodiale, de produire néanmoins des pousses végétatives
axillaires intravaginales. Cette possibilité n’est pas exceptionnelle : deux
des cinq pieds récoltés par Hallé & Villiers en possédaient. La repro¬
duction végétative n’est donc pas exclue chez certains au moins des
Mapania monopodiaux, comme on le croyait jusqu’à une date récente;
cette prétendue impossibilité les opposait aux Mapania sympodiaux, chez
lesquels la reproduction végétative par stolons plus ou moins longs est la
règle, chaque pousse ne produisant alors qu’un seul pédoncule inflores-
centiel terminal.
Déjà Lorougnon (Bull. Jard. Bot. État Bruxelles 34 : 298 (1964) a
signalé de telles pousses axillaires chez une autre espèce africaine mono¬
podiale, M. Mangenoliana ; nous avons constaté le même fait sur des
échantillons de M. Linderi Hutch. ex Nelmes, et chez plusieurs espèces
indonésiennes. Il ressort de cela que la différence entre Mapania mono-
ou sympodiaux réside dans la relative rareté, non dans l’absence de
pousses latérales végétatives. Cette rareté découle vraisemblablement
de ce que la production de telles pousses n’intervient en général, chez les
monopodiaux, qu’à un âge avancé de la tige, quand le point végétatif
s’épuise; une levée d’inhibition doit s’effectuer, autorisant le départ des
bourgeons latéraux; ainsi, dans une population, seuls quelques pieds
en sont à ce stade. Au contraire, chez les Mapania sympodiaux, cette
inhibition ne semble pas exister, des stolons étant produits dès le jeune
âge; de toute façon l’inhibition serait levée dès l’émission de l’unique
inflorescence terminale.
1. Mapania ivorensis (J. Raynal) J. Raynal, sial. nov.
ss M. macrantha (Bôck.) Pfeiff. subsp. ivorensis J. Raynal, Adansonia, ser. 2,
5 : 278 (1965).
Type : Lorougnon 1247, Côte d’ivoire, Yapo, P.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Adansonia,
NOTES CYFÉROLOGIQUES :
XIV. MAP AN IA RHYNCHOCARPA,
NOUVELLE ESPÈCE OUEST-AFRICAINE
par G. Lorougnon et J. Raynal
Résumé : Description d'un nouveau Mapania, affine des M. macrantha (BOck.)
Pfeiff. et M. ivorensis (J. Rayn.) J. Rayn., récolté en Côte d’ivoire et en Sierra Leone.
Summary : Description of a new Mapania from Ivory Coast and Sierra Leone;
the new species is related to M. macrantha (BOck.) Pfeiff. and M. ivorensis (J. Rayn.)
J. Rayn.
En deux stations de la forêt dense ivoirienne, l’un de nous (G. L.)
a récolté, en 1964 et 1967, un Mapania offrant à première vue une grande
ressemblance avec M. ivorensis (J. Rayn.) J. Rayn., espèce assez répandue
en Côte d’ivoire; quelques caractères bien marqués l’en distinguaient
cependant; certains de ces caractères le rapprochent plutôt de M. macran-
Iha (Bôck.) Pfeiff., espèce du massif forestier d’Afrique équatoriale; un
caractère, le bec de l’akène, semble très particulier — en Afrique — à la
nouvelle espèce, à laquelle nous donnons pour cette raison le nom de
Mapania rhynchocarpa.
Dans l’herbier du Muséum de Paris, un spécimen récolté au pied des
monts Loma (Sierra Leone) par le Pr. P. Jaeger, que l’un de nous (J. R.)
avait d’abord rapproché de M. ivorensis, s’est révélé exactement semblable
au nouveau matériel ivoirien.
Cette découverte nous a amené à reprendre l’étude d’ensemble des
trois taxa précités, ce qui nous a conduit à les considérer comme bonnes
espèces, malgré l’apparente finesse des critères distinctifs; cette situation
reproduit exactement celle créée par la découverte de M. africana var.
filipes J. Rayn. (cf. note précédente). La conception initiale 1 de simples
couples de sous-espèces géographiquement vicariantes, différenciées par
suite de la disjonction de l’aire forestière au niveau du hiatus dahoméen,
se trouve mise en défaut par la découverte de M. rhynchocarpa d’une
part (s’ajoutant au « couple » macranlha-ivorensis) et M. africana var.
filipes d’autre part (s’ajoutant au « couple » africana-Mangenoliana 2 ).
Les deux nouveaux taxa, en effet, ne sont pas des vicariants
géographiques (ils coexistent respectivement avec l’un des composants
du couple), et, en outre, présentent chacun une différenciation dans une
direction autre que celle reconnue dans le couple. Ceci n’enlève rien au
rôle qu’a dû jouer la ségrégation des aires forestières ouest-et centre-
africaine, rôle évident, ne serait-ce que par l’absence de tout Mapania
1. Raynal, J. — Notes cypérologiques : III. Sur quelques Mapania Aubl. ouest-
africains, Adansonia, ser. 2, 5: 277-279 (1965).
2. Lorougnon, G. — Une nouvelle espèce de Mapania (Cypéracées) de Côte d’ivoire,
Bull. Jard. Bot. Et. Bruxelles 34 (2) : 296-300 (1964).
Source : MNHN, Paris
— 418 —
Source : MNHN, Paris
— 419 —
commun aux deux massifs — mais semble prouver que d’autres phéno¬
mènes s’y sont ajoutés, rendant la situation plus complexe, et n’autori¬
sant plus un traitement des taxa au niveau subspécifique.
La première récolte en Côte d’ivoire de Mapania rhynchocarpa
provient des environs de Mabéhiri, village au SE de Soubré; le Mapania
s’y rencontre en population pure dans un îlot de forêt sempervirente
entouré de forêt décidue à Triplochilon scleroxylon et Ceiba penlandra.
La seconde station ivoirienne se trouve à environ 70 km ESE de la
première, dans la forêt de Lagako (environ à mi-chemin entre Sassandra
et Lakota). Cette station se situe sensiblement à la limite septentrionale
de la forêt sempervirente. Le Mapania y est associé à quelques Hypo-
lylrum pœcilolepis Nelmes.
Enfin la station de Sierra Leone est une forêt d’apparence relictuelle
au piedmont ouest des Monts Loma. La nouvelle espèce coexiste là avec
M. Linderi Hutch. ex Nelmes. Cette dernière localité se trouve isolée du
massif forestier ouest-africain et constitue à notre connaissance le point
le plus septentrional atteint par le genre Mapania en Afrique.
La localisation des trois stations connues semble indiquer :
— que l’aire occupée par M. rhynchocarpa doit être assez vaste;
l’espèce sera vraisemblablement retrouvée entre les localités extrêmes;
— que M. rhynchocarpa se localise dans les forêts denses semper-
virentes les moins humides, en contact avec la forêt décidue, et qu’ainsi
elle se situe à la bordure nord de l’aire fréquentée par les Mapania en
Afrique occidentale.
Mapania rhynchocarpa G. Lorougnon & J. Raynal, sp. nov.
M. macranthœ (Bock.) PfeifF. affinis, squamis albis, stigmatibus albidis,
achænio brunneo-violaceao paullo majore et præcipue styli basi conica
luteola persistente distinguenda.
Herba perennis, rhizomate lignoso brevi adscendenti, stolones extra¬
vaginales nonnullos emittens. Caulis centralis trigonus 40 cm altus, 4 mm
latus, sub inflorescentia paullo incrassatus, angulis lævibus vel sursum sca-
briusculis. Folia circa 100 cm longa, plana, late linearia, 3-5 cm lata, basin
versus plicata et paullo attenuata, apice attenuata, marginibus nerviisque
scabris. Bracteœ sub inflorescentia patulæ foliaceæ, ima ad 33 cm longa,
35 mm lata. Inflorescentia in capitem perdensam sphæricam congesta, 5-6 cm
in diametro, e spicis numerosissimis constituta. Spicœ 1,5-2 cm longæ, lan-
ceolato-ovatas, albidæ. Squamœ bracteales lineares, albidæ, circa 7-10 mm
longæ, apice obtusæ, tenuiter scabriusculæ. Squamœ interiores 4, latérales
2 carinatæ, carina sursum scabro-ciliata, médianes 2 paullo longiores, tenuio-
res, planæ, apice tantum scabriusculæ. Stamina 2 latérales, antheris linearibus
circa 3,5 mm longis. Ovarium centrale, breviter stipitatum, stylo exserto,
5-9 mm longo, stigmatibus 2 (interdum 4) deflexis, 2,2-2,7 mm longis, albidis.
Achœnium vix stipitatum, obovoideo-compressum, brunneo-violaceum,
2-vel 4-costatum, tuberculatum, basi styli persistente conica lutea turgida
lævi nitida. Vid. tab. 1.
Source : MNHN, Paris
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Holotypus : G. Lorougnon 1112, in sylva propre pagum Soubré dictum
Reipublicæ Oræ Eboris, 29 april. 1964, P!
Specimina altéra : G. Lorougnon 1108, iisd. loc. et dat., P!; 3705, in
sylva propre Lagako, ABI. — P. Jaeger 7461, in sylva densa ad radiées occi¬
dentales Montis Loma, Sierra Leone, 14 septembr. 1964, P!
La ressemblance de AI. rhynchocarpa avec M. iuorensis, qui possède
le même type d’appareil végétatif et la même structure d’épillet, est
renforcée par la coloration des glumes à l’anthèse, d’abord blanches, puis
virant à un roux plus ou moins clair à maturité. Comme M. iuorensis,
AI. rhynchocarpa possède un akène à tubercules punctiformes, mais la
persistance de la base du style en un bec conique lui confère un aspect
très particulier. Les autres différences sont plutôt d’ordre quantitatif,
M. rhynchocarpa ayant une tête inflorescentielle plus grosse; les pièces
de l'épillet et de la fleur sont également plus grandes que chez M. iuoren¬
sis; les feuilles sont longuement atténuées au sommet, et non brusque¬
ment rétrécies en pointe courte.
Par la taille de l’inflorescence et des pièces florales, ainsi que par la
forme des feuilles, M. rhynchocarpa se place près de AI. macranlha, qui,
néanmoins, reste bien distinct par ses glumes et ses stigmates colorés et
son akène sans bec.
Ces trois espèces, auxquelles s’ajoutent AI. ferruginea Ridl., endé¬
mique des îles de Saô Tomé et Principe, et M. purpuriceps (C.B.C1.)
J. Rayn., seulement connue de rares récoltes gabonaises, forment un groupe
homogène, dans lequel les différences spécifiques sont faibles quoique
constantes, et témoignent peut-être d’une différenciation relativement
récente. Il est certain qu’une investigation cytotaxinomique dans ce
groupe serait la bienvenue, et permettrait peut-être d’éclaircir certaines
relations.
Grâce à la mise en culture, à l’I.D.E.R.T. d’Adiopodoumé (Côte
d’ivoire), de pieds prélevés à Mabéhiri, les stades jeunes de AI. rhyncho¬
carpa ont pu être observés.
Comparativement aux autres espèces étudiées à Adiopodoumé (Alapa-
nia Linderi, M. Baldwinii, AI. Coriandrum...) la germination chez M. rhyn¬
chocarpa est relativement précoce, survenant après un mois, alors qu’il
en faut 2-3 pour M. Linderi, et au moins 6 pour AI. Coriandrum. La pre¬
mière racine r 1 apparaît d’abord (pl. 2,1), puis le coléoptile (g) verdâtre,
qui protège les ébauches des feuilles assimilatrices. La première racine est
rapidement remplacée par des racines fonctionnelles issues de l’axe épico-
tyle (r 2 ).
L’appareil végétatif des Alapania se caractérise par un développe¬
ment extrêmement lent; ainsi le cycle de développement chez AI. iuo¬
rensis est de l’ordre de 3-4 ans; en élevant AI. rhynchocarpa dans des
conditions très favorables (sur sol prélevé dans la station d’origine, avec
arrosage abondant et régulier) la plante a fleuri au bout de 2 ans 5 mois.
Une autre illustration de cette lenteur de développement a été obser¬
vée dans les serres de la Faculté des Sciences d’Orsay, où est cultivé
Source : MNHN, Paris
— 421 —
depuis 1965 un Mapania Mannii C.B.C1. ramené du Cameroun. Ce pied,
qui a parfaitement repris et fait preuve d’une vigueur végétative très
normale, a donné des inflorescences dont l’anthèse s’est étalée sur de
nombreux mois, progressant très lentement le long des épis.
Pour en revenir au développement de M. rhynchocarpa, il faut signa¬
ler l’intérêt que présente l’observation de la naissance des stolons : à
Source : MNHN, Paris
422 —
partir du 8 e ou 10 e mois, certains bourgeons axillaires de la base de l'axe
épicotyle se développent en fins stolons orthotropes (pl. 2, 3) ; dès que ces
stolons atteignent 1-3 cm de longueur, leur méristème apical cesse de
fonctionner; ces stolons ont une vie brève, et il est intéressant de noter
qu’ils apparaissent et disparaissent bien avant toute différenciation du
méristème apical principal en inflorescence. Cependant si ce méristème
apical de l’axe épicotyle est détruit précocement, il est relayé par l’un des
stolons, dont le développement se poursuit et donne un second axe végé¬
tatif (pl. 2, 3). Il y a donc bien une inhibition par le méristème apical
de premier ordre, mais celle-ci n’est pas totale puisque les bourgeons
subissent un début de développement. Le développement n’a pas encore
été observé aux stades suivant l’épanouissement de l’inflorescence,
mais il est bien évident, d’après l’observation de tous les Mapania sympo-
diaux, que l’inhibition des stolons est normalement levée par la cessation
du développement végétatif du méristème apical principal, après forma¬
tion de l’inflorescence. Nous avons dit dans la précédente note qu’il sem¬
blait en être de même, mais après un cycle plus long, chez certains au
moins des Mapania monopodiaux.
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 3, 8 (3) 1968
NOTES GYPÉROLOGIQUES :
XV. LES HYPOLYTRUM « MAPANIOIDES »
D’AFRIQUE ÉQUATORIALE
par J. Raynal
Résumé : Révision de Hypolylrum monopodiaux à inflorescences capitées d’Afri¬
que; trois espèces seulement sont retenues, H. Pynaerlii (De Wild.) Nelmes, H. sca-
berrimum Bôck. et H. secans (K. Schum.) J. Rayn., comb. nov. Elles cohabitent dans
une aire restreinte essentiellement à la forêt du Cameroun méridional et du Gabon.
Summary : Révision of the African monopodial Hypolylrum with capitate inflo¬
rescences; only three species are maintained, H. Pynaerlii (De Wild.) Nelmes, H. sca-
berrimum BOck. and //. secans (K. Schum.) J. Rayn., comb. nov. They live together in
a relatively restrictcd area, mainly the S. Cameroun and Gabon rain forest.
En 1882, Bôckeler (1) décrivait, du Gabon, Hypolylrum scaberri-
mum. D’après son assez brève description, l’inflorescence était une tête
compacte portée par un scape axillaire; l’épillet élémentaire, outre la
glume, ne contenait que les deux écailles latérales, ciliées sur la carène,
qui, en l’absence de pièces plus internes caractérisent le genre Hypoly¬
lrum. 11 est à noter que dans le même article Bôckeler décrit également
les H. Aschersonianum Bôck. et H. Soyauxii Bock., qui, eux, appartien¬
nent au genre Mapania (tous deux correspondant à Mapania Soyauxii
(Bôck.) K. Schum.).
A l’occasion de l'énumération des Cypéracées africaines dans le
Conspectus Floræ Africæ de Durand, Clarke (5) transfère Hypoly¬
lrum scaberrimum Bôck. au genre Mapania, sans commentaire. En 1901
l’explication apparaît dans la Flora of Tropical Africa (Clarke, 6 :
267); dans sa clef des genres de Cypéracées, l'auteur ne distingue les
deux genres que par l’inflorescence : en ombelle chez Hypolylrum, capitée
chez Mapania.
La même année, K. Schumann (11) décrit plusieurs Mapania afri¬
cains, dont M. secans K. Schum., qui fait l’objet d’une discussion parti¬
culière; en effet, K. Schumann a bien analysé l’épillet, dans lequel man¬
quent les pièces stériles situées entre étamines et pistil, normalement
présentes chez les Mapania. Sa nouvelle espèce, d’après lui, ne partage¬
rait ce caractère anormal qu’avec Mapania macrophylla (Bôck.) K. Schum.,
espèce américaine *. Il émet en conséquence des doutes sur la valeur de la
distinction entre les deux genres Mapania et Hypolylrum.
1. M. macrophylla (BOck.) K. Schum., Notizbl. Bot. Gart. Berl. 3 : 106 (1901).
La combinaison est généralement attribuée à Pfeiffer (1925). Quant à la structure
anormale signalée par K. Schumann pour cette espèce, il semble bien qu’il s’agisse
d’une observation erronée.
Source : MNHN, Paris
— 424 —
En 1902, lorsque paraît la suite du volume 8 de la Flora of Tropical
Africa, Clarke (6 : 492) ne mentionne M. secans K. Schum. que comme
espèce insuffisamment connue, en fin de genre, ceci faute sans doute
d’avoir eu le temps de l’étudier.
Six ans plus tard paraît à titre posthume la classification générale
des Cypéracées établie par Clarke (7) ; la priorité donnée à l’aspect
superficiel de l’inflorescence apparaît plus clairement : ainsi, dans le genre
Hypolylrum figurent quelques espèces (sect. Pseudo-Mapania C.B.C1.)
qui auraient des pièces stériles entre étamines et pistil 1 ; par contre ses
Mapania comprennent toujours M. scaberrima (Bock.) C.B.C1. et M. secans
K. Schum., cette dernière toujours parmi les espèces résiduelles insuffisam¬
ment connues.
Il est étonnant que la structure anormale de Mapania secans, pour¬
tant clairement exposée par son auteur, ait échappé à l’attention des
auteurs ultérieurs; l’espèce est tombée dans l’oubli, peut-être à cause de sa
relégation par Clarke dans les taxa mal connus. Nous verrons plus loin
que son nom doit aujourd’hui être rétabli.
En 1910, De Wildeman (8) décrivait enfin Mapania Pynaerlii,
du Congo, considéré comme affine de M. scaberrima (Bôck.) C. B. Cl.
De 1910 à 1955, les Mapania scaberrima, secans et Pynaerlii n'ont
guère été mentionnés; cependant, la prospection floristique du Gabon
avançait, grâce surtout à G. Le Testu, et les nombreuses récoltes nou¬
velles donnaient à Chermezon l’occasion de décrire plusieurs espèces
d 'Hypolylrum à inflorescence capitée : H. gabonicum en 1930, complété
par une var. plicalum en 1936, H. rhizomalanlhum en 1933, auquel s’ajoute
une var. elalum en 1936. Toutes ces Cypéracées ont en commun des
inflorescences en têtes portées par des pédoncules axillaires; ce sont
donc des plantes dont l’appareil végétatif est monopodial, comme les
Mapania africana, M. Linderi, etc.
Dès la description de H. gabonicum, il est clair que Chermezon (2)
considère cette fois la structure interne de l’épillet comme le caractère
générique essentiel, la forme extérieure de l’inflorescence ne montrant
qu’une convergence avec les Mapania. Il suit en cela l’opinion de Pfeif¬
fer (10).
Nelmes devait, en 1955 (9) donner une révision de tous les Hypo¬
lylrum africains. Sa conception de la distinction générique est la même
que celle de Pfeiffer et Chermezon ; il admet sans ambiguïté l’existence
d'Hypolylrum à inflorescence capitée. Il est d’autant plus aisé d’admettre
cette idée que la contraction des inflorescences chez Hypolylrum est un
phénomène graduel : il n’y a aucune différence profonde entre la structure
d’une panicule diffuse (comme chez H. africanum Nees ex Steud.) et
celle d’une tête compacte, si ce n’est l’effet d’un raccourcissement extrême
des rameaux; ceux-ci demeurent toutefois distincts, et jamais la tête ne
devient capitule. En outre, chez certaines espèces, la contraction en tête
1. L'existence de pièces internes aux étamines dans ces espèces américaines a été
récemment contestée (cf. Koyama, Mem. N. Y. Bot. Gard. 17 : 71 (1967).
Source : MNHN, Paris
— 425 —
n'est pas parfaite, et varie suivant les individus. Un caractère montrant
une telle série continue de degrés ne peut sérieusement être maintenu
comme critère générique, bien que quelques auteurs récents l’aient encore
fait figurer dans des clefs. Il faut reconnaître à leur décharge que l’exis¬
tence de ces Ilypolylrum « mapanioïdes » africains est peu connue. Il
faut aussi dire que la convergence d’aspect extérieur entre ces espèces
et les vrais Mapania est telle que, sur le terrain, la distinction des deux
genres est quasi-impossible, à moins d’en bien connaître chaque espèce.
Nelmes distinguait quatre Hypolylrum à inflorescence capitée :
H. scaberrimum Bôck., //. Pynaerlii (De Wild.) Nelmes, H. rhizomatan-
Ihum Cherm. et H. elalum (Cherm.) Nelmes, ancienne variété du précé¬
dent élevée au rang spécifique. La synonymie de H. gabonicum Cherm.
avec H. Pynaerlii est établie. Aucune mention n’est faite de Mapania
secans K. Schum.
Malgré les nouveaux matériaux récoltés, des incertitudes subsistent :
l’un des rares échantillons de H. rhizomalanlhum a tous ses fruits déformés
par une attaque d’insectes; l’akène mûr de H. scaberrimum est inconnu,
et Nelmes suppose cette espèce très proche de H. Pynaerlii, sans doute
à la suite de l’observation de De Wildeman (8).
A la faveur de récoltes nouvelles, abondantes, du Cameroun méri¬
dional et du Gabon, nous avons pu reprendre l’étude de ces Cypéracées.
Elle nous amène à préciser certains points, à mettre en évidence des
critères spécifiques utiles, autorisant la détermination de matériel imma¬
ture, à réduire enfin le nombre d’espèces à trois; en effet H. elalum, dis¬
tingué spécifiquement par Nelmes de H. rhizomalanlhum, à juste titre,
n’est, par contre, pas séparable de //. scaberrimum Bôck.
D’autre part, l’étude du matériel-type de Mapania secans K. Schum.
a prouvé sa conspécificité avec Hypolylrum rhizomalanthum Cherm. Une
nouvelle combinaison, rétablissant l’épithète prioritaire, est nécessaire.
Enfin, nous considérons la var. plicatum de H. Pynaerlii comme
une simple variation ne méritant pas le statut de taxon distinct. Le
type de cette variété provient du même endroit que certains échantillons
de la variété typique; il a cependant été récolté à une autre saison, et son
aspect particulier provient à notre avis d’une variation des conditions de
milieu (baisse des eaux, probablement).
Nous donnons ci-après la clef, la synonymie et la répartition de ces
trois espèces, dont les descriptions détaillées figureront dans les Flores
du Cameroun et du Gabon, actuellement en préparation.
Source : MNHN, Paris
— 426 —
PI . I. Hypolytrum Pynaertii (I)e Wild.) Nelmes (J. & A. Raynal 10375) : 1, plante
entière x 1/15; 2, inflorescence X 1 ; 3, fleur, écailles écartées, X 20;4,akène x 15.-—H.
scaberrimum UOck. (J. A. Ilaijnai 13474) : 5, plante entière X 1/15; 6, inflores¬
cence x 1 ; 7, fleur entourée de ses écailles x 20; 8, akène x 15. Dessin de A. Baynal.
Source : MNHN, Paris
— 427 —
CLEF DES HYPOLYTRUM « MAPANIOIDES » AFRICAINS
Scapes finement striés de côtes longitudinales très scabres, surtout
sous l’inflorescence; feuilles vernissées un peu coriaces, larges de
23-34 mm. Inflorescence en tête compacte très fournie ± lobée,
brun-foncé. Akène ovoïde comprimé, de 2,2-3 X 1-1,3 mm, mon¬
trant deux zones distinctes, la supérieure spongieuse en dôme jau¬
nâtre arrondi, saillant hors de l’épi à maturité; zone inférieure
ligneuse, brune, ornée de lignes longitudinales i sinueuses.
. H. scaberrimum.
Scapes lisses ou (rarement) à peine scabriuscules au sommet; faces des
scapes parcourues de sillons longitudinaux de profondeurs inégales.
Inflorescence de teinte claire. Akène ne présentant pas deux zones
dissemblables.
Akène globuleux, 2,0-2,9 X 1,2-1,9 mm, à base en coin com¬
primé, entièrement ligneux, noir à maturité, orné de tubercu¬
les punctiformes. Inflorescence parfois moins compacte, lais¬
sant alors voir la ramification. Bractées involucrales ± vio¬
lacées . H. secans.
Akène turbiné, sommet atténué en long bec aigu égalant le corps
de l’akène, long en tout de 3,5-4,5 mm, large de 1,0 X 1,3 mm,
jaunâtre ou brunâtre, avec souvent de petites macules viola¬
cées, presque lisse ou faiblement orné de quelques lignes longi¬
tudinales et points en relief. Inflorescence toujours en tête
sphérique compacte, hérissée à maturité par les becs des akè¬
nes; bractées vertes. H. Pynaertii.
SYNONYMIE ET RÉPARTITION
Hypolytrum Pynaertii (De Wild.) Nelmes, Kew Bull. 10 : 81
(19K>). PI. 1, 1-4.
incl. var. plicalum (Cherm.) Nelmes, loc. cil.: 82 (1955).
— Mapania Pynaertii De Wildeman, Ann. Mus. Congo, ser. 5, 3: 166, lab. 28, 12-17
(1910).
— Hypolytrum gabonicum Cherm., Bull. Soc. Bot. Fr. 77 : 277 (1930).
— H. gabonicum var. plicalum Cherm., Bull. Soc. Bot. Fr. 83: 494 (1936).
Cameroun : Breteler & al. 2552, bords du Nyong, 40 km S E de Yaoundé, 22. 1.
1962; J. & A. Raynal 9670, Nkoemvone, 12 km S d’Ebolowa, forêt marécageuse rive
droite de la Seing, 14.2.1963; 10375, Ebemwok, forêt marécageuse des bords de la
Biwoumé, 11.3.1963. — Gabon : Le Testu 5150, entre Mouila et Ndendé, galerie fores¬
tière, 22.12.1924 (type de H. gabonicum ); 8896, Kemboma,, bords et bancs de la
l.iboumbé, 16-9.1932; 8901, eod. loc., 17.9.1932; 9070, Evorombil, bords inondables
du Ntem, 1.4.1933; 9253, eod. loc., 21.8.1933 (type de H. gabonicum var. plicalum);
9241, Bilo, bord du Nkom, 17.8.1933. — Congo-Kinshasa : Pynaert 1592, Eala
7.1906, type, BR.
Source : MNHN, Paris
— 428 —
Source : MNHN, Paris
— 429 —
Hypolytrum scaberrimum B5ck., Flora 65 : 26 (1882). PI. 1, 5-8.
— Mapania scaberrima (Bock.) C.B.Cl., in Dur. & Schinz, Consp. Fl. Afr. 5 :
667 (1895)
— Hypolytrum rhizomalanlhum var. elalum Cherm., Bull. Soc. Bot. Fr. 83 : 494 (1936).
— H. elalum (Cherm.) Nelmes, Kew Bull. 10 : 80 (1955).
Cameroun : J. & A. Raynal 10393, Njabilobé, sous-bois de forêt primaire, dans
la pente douce d’un thalweg, 12.3.1963; 13474, eod. loc., 18.2.1965. — Gabon : Soyaux
153 b, Sibang, 7.1.1881, type, B, delet.; iso-, ZI Le Teslu 9344, Amvéné, bords escarpés
de l’Okano, 26.10.1933 (type de H. rhizomalanlhum var. elalum)-, N. Halli 1705, Ayem,
forêt dense, 17.4.1963; N. H allé in G. Cours 6005, Etéké, 18.5.1963; N. Hallé &
J. F. Villiers 4376, Mbel, bord de rivière, 13.1.1968; 4442, chute de Kinguélé, 15.1.
1968; 4493, route de Kinguélé, 16.1.1968; 4876, Rue Essia, 10 km S Mêla, bord de
rivière, 2.2.1968. — Congo-Brazzaville : Lecomle D. 8, bord de la Loukhoumba,
19.1.1894.
Hypolytrum secans (K. Schum.) J. Rayn., comb. nov. PI. 2.
— Mapania secans K. Schum., Notizbl. Bot. Gart. Berl. 3: 105 (1901).
— Hypolytrum rhizomalanlhum Cherm., Bull. Soc. Bot. Fr. 80: 508 (1933).
Cameroun : Slaudl 266, Lolodorf, 1896 (type, B, delet., iso-, PI); Lelouzey 8424,
colline Ngoa, 16 km SSE Djoum, sous-bois de forêt primaire, 20.11.1966 .—Gabon :
Le Teslu 8619, Mt. Iboundji, 1000-1100 m, 27.12.1930 (type de H. rhizomalanlhum );
9214, forêt au N de Mvini, 2.8.1933; N. Hallé & J. F. Villiers 4298, Mbel, saxicole
sur paroi gréseuse verticale en forêt ripicole, 10.1.1968; 4590, route de Kinguélé,
épiphyte sur vieux tronc au-dessus de la rive du torrent, 19.1.1968.
L’aire totale du groupe est étroitement liée à la forêt dense humide
équatoriale; elle ne dépasse pas le Nyong au N, le Mayumbe au S; vers
l’est, la quasi-totalité des récoltes ne dépasse pas la frontière orientale
du Gabon; seul fait exception H. Pynaerlii, dont le type vient sensible¬
ment de l'intersection de l’équateur et du Ileuve Congo.
Les trois espèces n’ont pas la même écologie : II. Pynaerlii semble
exclusivement lié aux zones de forêt inondable longeant les cours d’eau ;
nous l’avons nous-même récolté dans le sous-bois de telles forêts, où il
croît sur un sol vaseux mouvant et asphyxique. Les deux autres espèces,
par contre, préfèrent les sols drainés, même si, comme pour certains échan¬
tillons de H. scaberrimum, ceux-ci se situent à proximité de cours d’eau :
la plante croît alors sur des talus plus ou moins abrupts. C’est sans doute
II. secans qui craint le plus les sols asphyxiques; il semble croître toujours
sur sol sec, parfois même en saxicole ou épiphyte.
Les affinités taxinomiques de ces trois espèces semblent difficiles à
préciser aujourd’hui. Sont-elles réellement affines entre elles, comme
leur aspect général très semblable, leur aire commune pourraient le
laisser supposer? sont-elles au contraire le résultat d’une convergence
remarquable (convergence commune vers le port des Mapania monopo-
diaux), comme tendrait à le faire croire la diversité vraiment accentuée
qu’offrent leurs akènes? Seule une étude d’ensemble du genre Hypoly-
Irum, débordant du continent africain, pourrait peut-être permettre de
conclure sur ce point intéressant; mais une telle révision reste encore à
faire.
Source : MNHN, Paris
- 430 —
Bibliographie
1. Bôckeler O. — Neue Cyperaceen, Flora 65: 1-31 (1882).
2. Chermezon H. — Cypéracées nouvelles du Gabon, Bull. Soc. Bot. Fr. 77 : 275-279
(1930).
3. — Cypéracées nouvelles du Gabon. II, ibid. 80: 506-509 (1933).
4. —- Cypéracées nouvelles du Gabon, III, ibid. 83: 492-496 (1936).
5. Clarke C. B. — Cyperaceæ, in Durand Th. & Schinz H., Conspectus Floræ Afri-
cæ 5 : 526-692 (1894).
6. — Cyperaceæ, in Thiselton-Dyer W. T., Flora of Tropical Africa 8 : 266-524
(1901-02).
7. —- New généra and species of Cyperaceæ, Bull. Mise. Inf., add. ser. 8, 200 p.
(1908).
8. De Wildeman E. — Etudes de systématique et de géographie botaniques sur la
flore du Bas- et du Moyen-Congo, Ann. Mus. Congo 3, 540 p., 68 pl. (1909-
12 ).
9. Nelmes E. — Notes on Cyperaceæ : XXXIII, The African species of Hypolylrum,
Kew Bull. 10 : 63-82 (1955).
10. Pfeiffer H. — Vorarbeiten zur systematischen Monographie der Cyperaceæ-
Mapanieæ, Botanisches Archiv 12 : 446-472 (1925).
11. Schumann K. — Einige neue Arten der Gattung Mapania aus Afrika, Notizbl. Bot.
Gart. Mus. Berlin 3: 104-107 (1901).
Source : MNHN, Paris
Adansonia, ser. 2, 8 (3) 1968.
UNE NOUVELLE ESPÈCE DE SENECIO
A FEUILLES UNIFACIALES
par J. Raynal
Résumé : Description d’un nouveau Séneçon crassulescent endémique de Mada¬
gascar, dont les feuilles au limbe vertical offrent un nouvel exemple de structure uni-
faciale.
Summary : Description of a new Senecio from Madagascar; its succulent leaves
with a vertical limb give one example more of unifacial structure.
Récemment, Monsieur J. Marnier-Lapostolle, savant amateur
et fervent collectionneur de plantes crassulescentes, nous a fait parvenir
un Senecio provenant de son magnifique jardin botanique des « Cèdres »
à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Le regretté Pr. H. Humbert avait récolté cette
plante en 1961 dans l’extrême sud de Madagascar, au Cap Sainte-Marie;
cultivée depuis au jardin des Cèdres, elle a fleuri pour la première fois cette
année.
L’appareil végétatif de ce Séneçon est très semblable à celui, si
remarquable, de S. crassissimus H. Humb. : les feuilles charnues ont leur
limbe dissymétrique disposé dans un plan vertical; la structure anato¬
mique de ce limbe est identique à celle de S. crassissimus, décrite en détail
par H. Humbert 1 : la nervure médiane longe le bord inférieur du limbe ;
les 2-3 paires de nervures latérales se font face de chaque côté du limbe
jusqu’au bord supérieur, la face supérieure étant totalement inexistante;
cette structure, qui pourrait correspondre à un phyllode, a été interpré¬
tée différemment par H. Humbert : à la lumière d’études sur les autres
espèces du groupe, il a mis en évidence des séries évolutives dans lesquelles
se produirait progressivement, à partir d’un limbe normal, une disparition
de la face supérieure au profit de l’inférieure, ceci suivant diverses moda¬
lités; dans le cas de S. crassissimus et de notre nouvelle espèce, la struc¬
ture serait assimilable à celle d’une feuille pliée le long de sa nervure
médiane, dont les deux moitiés de la face supérieure sont totalement
soudées le long du plan sagittal.
Le Senecio du Cap Sainte-Marie avait donc les mêmes feuilles, quoi¬
que plus courtes, que S. crassissimus. C’est ce qui détermina sans doute
H. Humbert à ranger dans cette espèce un échantillon d’herbier stérile
provenant de la même localité. Mais la floraison survenue cette année
1. Sur deux types de structure unifaciale de la feuille chez des Senecio malgaches,
C.R. Ac. Sc. 184: 42-44 (1927).
Source : MNHN, Paris
— 432
Senecio Cedrorum J. Raynal : 1, rameau fleuri X 2/3; 2, coupe schématique de feuille dans
sa partie moyenne, montrant la disposition des faisceaux cribro-vasculaires, x 5; 3, capi¬
tule X 5; 4, fleuron ligulé logé dans sa bractée X 5; B, fleuron tubuleux X 5; 6, anthère
X 10; 7, jeune stigmate X 10 (d'après le matériel-type; 1 en partie d’après une photo¬
graphie J. Marnier-Lapostolle). Dessin de A. Raynal.
Source : MNHN, Paris
— 433 —
n’est pas celle de S. crassissimus : les caractères distinctifs sont nombreux
et bien tranchés; il s’agit bien d’une espèce nouvelle, et nous sommes très
heureux de pouvoir, en la nommant, honorer celui qui a su non seulement
détecter cette nouvelle plante, mais encore mener à un si bon résultat sa
culture, certainement délicate, dans ce paradis du botaniste, mondiale¬
ment connu, qu'est le jardin des Cèdres.
Senecio Cedrorum J. Raynal, sp. nov.
S. crassissimo H. Humb. affinis, sed foliis brevioribus nervis magis
reticulatis, cuticula crassiore glauca, et præcipue capitulis longioribus 5-floris,
bracteis 5 angustioribus margine haud scariosis valde distincta.
Suffrutex carnosus ramosus 60 cm altus; caulis ramique cylindrici,
5-10 mm crassi, violacei, pruinosi, basi denudati cicatricibus foliorum ornati,
suprema parte 10-15 cm longa tantum foliati. Folia alterna vel subopposita
breviter petiolata, carnosa, 3 mm crassa. Lamina plana verticaliter evoluta,
obovata, 25-45 X 15-25 mm, haud symmetra, margine superiore magis
arcuata quam inferiore, griseo-glaucescens cuticula cerosa crustata, apice
obtusa sed minute apiculata. Petiolus subcylindricus, propter dispositionem
anomalam laminæ obtortionem simulans, 5-10 mm longus. Nervi a basi
usque ad apicem plus minusve paralleli, médius præter oram inferiorem
laminæ transiens, secundarii 2-3 in quoque latere, cursu irregulari, nerviis
tertiis reticulatis prominentibus connexi.
Inflorcscentia terminalis corymbosa densa, supra plana, circa 6 cm in
diametro, 9 cm alta, e 4-5 pedunculis primo ordine constituta, apice in corym-
bos partiales e 6-15 capitulis compositos desinentibus. Pedicelli basi tenues,
sub receptaculo incrassati, circa 1 cm longi, bracteas nonnullas minutas
distantes gerentes; bractea suprema ad basin capituli inserta, ergo bracteo-
lam unicam capituli constituens. Capitulum 5-florum angustum cylindricum
15 mm longum, basi 2 mm latum, apice ad 3 mm in diametro ampliatum.
Bracteæ involucri 5 lineares uniseriatæ subcarnosæ læte virides 10 mm longæ
acutæ canaliculatæ, apice mucronato minute scabro introrsum arcuato.
Flores semper 5, aut omnes tubulosi hermaphroditi, aut 1-2 ligulati fœminei.
Flores tubulosi 13 mm longi. Pappus e circa 60 setis hyalinis uniseriatis
8-9 mm longis parum antrorsum scabriusculis compositus. Corolla aurea
cylindrica, 0,6-0,8 mm in diametro, quarta parte superiore paullo inflata
(ad 1 mm in diametro) ; lobi 5 subobtusi triangulares 0,8 mm longi, margine
leviter incrassati. Antheræ lineares luteæ 2,5 mm longæ apice subacutæ.
Lobi stigmatici 3 mm longi subfusci, arcuatim divergentes, apice truncati
breviter pilosi. Ovarium prismaticum 2-2,5 mm longum, tomentosum. Flores
ligulati tubo 8 mm longo, ligula plana excurva aurea oblonga 5 X 1,7 mm,
apice truncata breviter tridentata.
Holotypus : Planta in horto botanico « Cedrorum » (gallice « Les Cèdres »)
culta, e promontorio meridionali extremo insulæ Madagascar Sancta Maria
dicto, a cl. Professore H. Humbert viva collecta (3. 1. 1961), deinde missa
ad peritissimum J. Marnicr-Lapostolle, scientiæ amabilis tantum sagacissi-
Source : MNHN, Paris
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mum amatorem, qui cura intentissima ad florem hanc plantam conducit.
Fragmenta hujusdem plantæ in liquore conservata, P!
Specimen altcrum : H. Humbert 20342 bis, ex eodem loco, febr. 1947,
exemplar stérile cum S. crassissimo adhuc confusum, P!
L’espèce nouvelle s’insère très aisément dans la clef des Senecio
malgaches (H. Humbert, Flore de Madagascar 189 (2) : 777 (1962), au
prix de la légère modification suivante :
Feuilles à structure unifaciale par aplatissement bilatéral; limbe
subvertical à contour largement obovale, présentant la même ner¬
vation de chaque côté.
Feuilles oblancéolées, atteignant jusqu’à 10 X 3 cm, vertes, à
nervures latérales 3-4 sur chaque flanc, bien parallèles, peu
proéminentes. Capitule de 8 X 6 mm, pluriflore; involucre
d’une douzaine de bractées de 6 X 1,7 mm, scarieuses sur les
bords. 75. S. crassissimus.
Feuilles obovales fortement dissymétriques, ne dépassant pas
4,5 X 2,5 cm, très glauques, à nervures latérales 2-3 sur chaque
flanc, à tracé irrégulier, reliées par des anastomoses réticulées
proéminentes sur le sec. Capitule étroit, 13-15 X 2-3 mm,
5-flore; involucre de 5 bractées de 8 X 0,5 mm, non sca¬
rieuses. 75 bis. S. Cedrorum.
Le domaine très sec du Sud de Madagascar est remarquablement
pauvre en espèces de Senecio: sur les 86 espèces aujourd’hui connues de
la Grande Ile et des Comores, dont 81 y sont endémiques, seulement 5
sont recensées de ce domaine méridional (S. Cedrorum inclus). Deux de
ces cinq espèces ont une répartition sud-africaine assez large : trois seule¬
ment y sont donc endémiques, en regard des dizaines de Senecio endé¬
miques que compte le domaine du Centre. De ces trois endémiques,
deux sont connues jusqu’ici du seul Cap Sainte-Marie : Senecio Boileaui
H. Humb., et S. Cedrorum; ces deux espèces, quoique toutes deux crassu-
lescentes, n’ont pas d’affinité immédiate, semble-t-il; quant au S. crassis¬
simus, proche parent de S. Cedrorum, il est endémique des confins des
domaines Centre et Ouest, depuis le Betsileo jusqu’au N de Fort Dau¬
phin; sa localité la plus méridionale est distante de près de 200 km du
Cap Sainte-Marie, et jouit d’un climat bien différent. Senecio Cedrorum
revêt de ce fait un intérêt phytogéographique particulier, en tant qu’irra-
diation très différenciée, à partir du Centre, « réservoir » des Senecio
malgaches, vers un domaine écologiquement très sévère, d’où le genre est
presque absent.
Source : MNHN, Paris
ACHEVÉ D’IMPRIMER LE 6 NOVEMBRE 1968
SUR LES PRESSES DE L’iMPRIMERIE
FIRMIN-DIDOT- PARIS - MESNIL - IVRY
Dépôt légal : 4 e trimestre 1968. — 986
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHI'l, Paris