ISSN 0181-0642
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION C
sciences de la terre
paléontologie
géologie
minéralogie
4 e SÉRIE T. 16 1994 (1995), N os 2-4
Avril-Décembre 1994
Éditions scientifiques du Muséum, Paris
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Section C : SCIENCES DE LA TERRE
Directeur : L. Ginsburg.
Rédacteur : P. Dupérier.
Comité de rédaction : H. Lelièvre, E. L. Perseil, F. Popun, J. M. Rouchy,
S. Sen (Univ. PARIS VI), P. Tassy.
Comité scientifique : C. Babin (Lyon), Chang Mee Man (Pékin, Chine), J. Der-
court (Paris), C. Devii.lers (Paris), M. Durang-Delga (Toulouse), J. H. Fran-
zen (Frankfurt-am-main. Allemagne), Z. Kielan-Jaworowska (Oslo, Dane¬
mark), J. P. Laveine (Lille), M. Novacek (New York, USA), G. Nelson
(New York, USA), C. Patterson (Londres, Angleterre), J. L. Sanz (Madrid,
Espagne), H. P. Schultz (Lawrence, USA), P. Taquet (Paris).
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur. les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La l re série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
fascicules regroupant divers articles.
La 2 e série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six fasci¬
cules par an.
La 3 e série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n os 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie,
n os 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n os 1 à 70 ; Botanique, n os 1 à 35 ; Écologie générale,
n os 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n os 1 à 19.
La 4 e série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales ; B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie (fusionnée à partir de 1981 avec la revue Adansonia) ; C : Sciences de la Terre, paléon¬
tologie, géologie, minéralogie. La revue est trimestrielle ; les articles sont regroupés en
quatre numéros par an pour chacune des Sections ; un tome annuel réunit les trois Sec¬
tions.
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BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
4' série, 16, 1994 (1995), section C (Sciences de la Terre : Paléontologie, Géologie, Minéralogie), n° 2-4.
SOMMAIRE — CONTENTS
S. Freneix. — Bivalves crétacés du bassin de Tarfaya (Maroc méridional atlantique) :
signification écologique et importance paléobiogéographique. 243
Crelaceous bivalves from the Tarfaya Basin ( South Western Morocco) : ecological significance
and palaeobiogeographical impact.
T. Tong-Dzuy, Ph. Janvier & T. Doan-Nhat. — Première découverte d’un
placoderme (Vertebrata) dans le Dévonien du bloc Indochinois (Trung Bo,
Viêt-nam central)..... 259
First discovery of a Placodermi ( Vertebrata) in the Devonian of the Indochina Black (Trung
Bo, Central Vietnam).
N. Jalil. — Étude morphologique et signification phylogénétique de la boîte
crânienne d’un Archosauriforme (Diapsida, Archosauromorpha) du Trias de la
Série de Zarzaïtine (Algérie). 281
Morphological study and phylogenetic significance of the braincase of an archosauriform
(Diapsida, Archosauromorpha) from the Triassic of the Zarzaitine sériés (Algeria).
D. Sigogneau-Russell. — Further data and reflexions on the tribosphenid mammals
(Tribotheria) from the Early Cretaceous of Morocco. 291
Données et considérations nouvelles sur les mammifères tribosphéniques (Tribotheria) du
Crétacé inférieur du Maroc.
L. Ginsburg & M. Bonneau. — La succession des faunes mammifères miocènes de
Pontigné (Maine-et-Loire, France). 313
The succession of the Miocene mammal faunas of Pontigné (Maine-et-Loire, France).
V. Eisenmann & G. F. Baryshnikov. — Equus cf. taubachensis et E. hydruntinus de
la grotte de Prolom 2 (Crimée, Ukraine). 329
Equus cf. taubachensis and E. hydruntinus from the Prolom 2 cave ( Crimea, Ukraine).
— 242 —
J.-Ph. Brugal. — Le bison (Bovidae, Artiodactyla) du Pléistocène moyen ancien de
Durfort (Gard, France). 349
The bison (Bovidae, Artiodactyla) from the Early Middle Pleistocene of Durfort (Gard,
France).
E.-A. Perseil, R. Giovanoli & A. Voda. — Les concentrations ferro-manganésifères
des Carpates orientales : le gisement de Oi(a (Roumanie). 383
The Ferromanganese formations in the Eastern Carpathians : the ore deposits of Oifa
( Romania).
Bull. Mus. natl. Hist. nal., Paris, 4 e sér., 16, 1994 (1995),
section C, n° 2-4 : 243-258.
Bivalves crétacés du bassin de Tarfaya
(Maroc méridional atlantique) :
signification écologique et importance paléobiogéographique
par Suzanne Freneix
Résumé. — La faune de Bivalves du bassin de Tarfaya (50 espèces, 33 genres) se répartit en biofaciès
successifs : biofaciès initial à Plicatula (Plicatula) inflata-Neithea (Neithea) syriaca, infralittoral, de
l’Aptien supérieur ; biofaciès à Cucullaea (Idonearca) chouberti, Lopha syphax, Ptychomya salvani (avec
deux niveaux), circalittoral, de milieu calme, à haute diversité dans les calcaires de l’Albien supérieur, en
alternance avec divers biofaciès à huîtres (à Lopha syphax , à Amphidonie obliquata, à Pycnodanle vesi-
cularis vesicutosa ou à Gyrostrea delettreî) ; biofaciès identiques dans le Cénomanien mais à diversité
décroissante ; biofaciès èpibathya! à circalittoral, à très faible diversité dans le Turomen et le Sénonien :
lumachelles à Crassaiella (Rochella) et marnes à Pycnodonte vesicularis, dans des conditions confinées de
plate-forme Les relations palèobiogcographiques de la faune, à partir d'affinités étroites avec la province
nord-européenne, deviennent principalement méditerranéennes.
Mots-clés. — Bivalves, Crétacé, Maroc, écologie, palèobiogèographie.
Abstract. — Cretaceous bivalves frnm ilie Tarfaya Basin (South Western Morocco) : ecological
significance and palaeobiogeographical impact. The Bivalve fauna (50 species, 33 généra) can be divided
into successive biofaciès; infralittoral initial Plicatula inflata-Neithea syriaca biofaciès in Lfpper Aptian ;
circalittoral Cucullaea (Idonearca) chouherti. Lopha syphax. Ptychomya salvani biofaciès (with two levels),
in quiet water, of high diversity in the calcareous beds of Üpper Albtan with diverse altemate oyster
biofaciès (Lopha syphax, or Amphidonie obliquata, or Pycnodonte vesinilaris vesicutosa, or Gyrostrea
delettreî biofaciès) ; satne biofaciès in the Cenomanian, but of decTeasing diversity ; epibathyal to
circalittoral biofaciès of very low diversity ; Crassatella (Rochella) shell-beds and marly Pycnodonte
vesicularis biofaciès, in shelf restricled conditions. The palèobiogèographie relationships of this bivalve
fauna, from close affinities to the North-European Province tend to be predominantly Mediterranean.
Keywords. — Bivalvia, Cretaceous, Morocco, ecology, palaeobiogeography.
S. Freneix, Laboratoire de Paléontologie du Muséum national d'Histoire naturelle et URA 12 du CNRS, 8, rue Buffon
F-75005 Paris.
Cette note a pour but premier de réexaminer, à la lumière de travaux effectués sur des
malacofaunes du Crétacé d’Afrique et plus particulièrement sur des Ammonites du Crétacé du
bassin côtier de Tarfaya, la faune de Bivalves dans un contexte paléoécologique plus précis, et,
secondairement, de tenter de mettre en évidence et d’illustrer les relations prépondérantes de
cette faune dans le cadre de Y Atlas Paléobiogéographique établi par Kauffman (1973 ; 1975)
d’après les Bivalves crétacés et en palèogéographie mobiliste selon Smith & Briden (1979).
Le Crétacé moyen-supérieur de Tarfaya suscite toujours un grand intérêt dans la commu¬
nauté géologique internationale. Il s’agit en effet d’affleurements où l’on peut étudier dans
— 244 —
d’excellentes conditions les faciès anoxiques du Crétacé dont l’importance est considérable
depuis que l’on sait leur extension globale dans tous les océans. Tout élément permettant de
mieux comprendre les conditions de genèse de ces faciès particuliers sont donc les bienvenus.
Il en est ainsi de l’inventaire détaillé des bivalves présents dans les séries allant de l’Aptien supé¬
rieur au Campanien, ainsi que d’une étude de la signification environnementale de ces faunes.
CADRE GÉOLOGIQUE ET PARTICULARITÉS DE LA FAUNE DE BIVALVES
La faune analysée provient de récoltes effectuées par Choubert et ses collaborateurs dans
19 coupes du Crétacé et de quelques sites fossilifères isolés (Choubert, Faure-Muret &
Hottinger, 1966). Les coupes et gisements cités dans la présente étude proviennent de ce
travail (ibid . s fig. hors-texte), auquel le lecteur est invité à se reporter. Le bassin côtier de
Tarfaya. situé au sud du Maroc, s’étend sur 10 000 km’ de la région nord du cap Dra jusqu’au
Sahara occidental (anciennement Rio de Oro), limité à l’ouest par l'océan Atlantique, à l’est
par F Anti-Atlas. La série fossilifère, de l’Aptien supérieur au Campanien supérieur, a été datée
par des Ammonites (Collignon, 1966) à l’exception du Campanien supérieur daté par des
Foraminifères. Une étude pins récente due à Wiedmann et al. (1978a) n’a pas apporté de modi¬
fications fondamentales à l’échelle stratigraphique établie par Collignon. Le Crétacé marin
Fig. 1 — Bassin côtier de Tarfaya. Position des coupes et des gisements fossilifères ayant livré des Bivalves dans les
affleurements du Crétacé, d’après Choubert et al., 1966. Dessin S, Vrain.
Coastal Basin of Tarfaya. Locations of lhe stratigraphical sections and fossiliferous localities which yielded
Cretaceous bivalves (front Choubert et al., 1966).
Bivalves du Crétacé du Bassin côtier de Torfoya
Espece s
Pycnodonte (Phygc) Flicki. Pervinq.
Pycnodonte ( Phygr) vesicularis vesicularis
Mesocallista (L) pseudundosa Fren.
Crassatella (R.) diourii rhouibana Fren.
Mesocallista (M.) euglypha (Woods)
Pycnodonle (Phygr.) vesicularis subvesiculosa
Crassatella diourii diourii Fren.
Paraesa faba (Sow.) subtoba (d'Orb.)
Rhynchostreonsuborblculatum suborbiculatuml
Mesomiltha (?) amranica Fren.
Lucina, (L)nailana Fren.
Plicatula auressensis Coq.
Plicotula cf balnensis Coq.
Rhynchostreon suborbiculatum mermeti (Coq.)
Gyrostrea delettrei (Coq) tarfayensis
Rostrocardia papieri (Coq.)
Ceratostreon flabellalum (Goldf.)
Costagyra olïsiponensis (Sharpe)
Trigonarca lecointrei Fren.
Phelopleria marocana Fren.
Neitheo fauremuretae Fren.
Crassatella (Subi.) ennadifii Fren.
Cyprimeria paraconcenlrica Fren.
Platymyoidea africana Fren.
Crassatella (R)seguenzoi (Th.et Per.)
Maghrebella nicaisei (Coq)
Amphidonte obliquoto (Pult.)
Lopha syphax ( Coq)
Cucullaea (I.) chouberti Fren.
Ptychomya. solvani Fren.
Pycnodonte (Phygr.)vesicularis vesiculosa
Nucula (N.) tarfayensis Fren.
Pseudoptera anomala (Sow) tarfayensis
Pterotrigonia (PI) holtingeri Fren.
Trigonocrassatella pallai Fren.
Protocardia (P) chebeikana Fren.
Acila. (T.) bivirgata (Sow)
Grammalodan (N.) carinatus (Sow)
Limopsis (L) attantica Fren.
Mediraon undulatum Fren.
Crassatella ( Pdchythaerus) collignoni Fren.
Callucino esbedensis Fren
Paraesa foba fabo (Sow)
Cyprimeria sp
Plicatulo inflata (Sow.)
Neithea syrioca (Conr.)
Seendio droensis Fren.
r 9-2 Distribution stratigraphique dons les principales coupes , fre'que
abondance! Qlô5j(J6ôl5;{frl6q30i^plus de 30spe'cimens
stratigraphique dans lesprincipales coupes , fréquence (F),
Fig. 2 — Bivalves du Crétacé du bassin côtier de Tarfaya. Distribution stratigraphique des espèces dans les principales
coupes. Fréquence et abondance. Dessin S. Vrain
Cretaceous bivalves from llw Coastal Basin of Tarfaya. Straligraphical distribution of species in the main sections
(frequency and number).
— 246 —
affleure largement et s'observe dans les falaises côtières, les escarpements des Hammadas et
dans les oueds. D'est en ouest les terrains observés sont de plus en plus récents : Aptien supérieur
dans la région du cap Dra, Coniaden et Campanien supérieur dans la Sebkha Tah (fig. 1).
Les séquences, d’une épaisseur totale de près de 400 m, sont principalement constituées
jusqu’au Cénomanien par des marnes ou argiles sableuses plus ou moins gypsifères alternant
avec des bancs calcaires où se concentre la faune ; le Turonien est principalement calcaire ; le
Coniaden et le Santonien sont à alternance marnes-calcaires ; le Campanien est marno-calcaire.
Il y a deux niveaux repères à miches calcaires et siliceuses dans le Turonien moyen et à la base
du Santonien. Les sédiments sont souvent chargés en chlorure de sodium et en gypse et à taux
élevé de matière organique.
La faune de Bivalves compte une cinquantaine d’espèces réparties en trente-trois genres
(Inoeérames exclus, étudiés par Sornay, 1972). Pauvre dans l’Aptien supérieur avec trois
espèces, la faune atteint un maximum de diversité dans l’Albien supérieur avec trente et une
espèces ; puis, moins riche dans le Cénomanien avec onze espèces, elle se raréfie dans le
Turonien (cinq espèces) et n'en contient plus que trois dans le Coniaden, deux dans le
Santonien et deux dans le Campanien (fig. 2).
Wirdmann et al. (1978 b) estiment qu’un “upwelling” était à l’origine de l’invasion de
faunes d’Ammonites boréales dans le bassin de Tarfaya à partir du Cénomanien supérieur et
jusqu'au Coniacien ainsi que de l’absence de faune téthysienne nord-africaine. La faune
benthique de Bivalves n'accuse pas de renouvellement à base d’éléments boréaux ; en fait, il est
incontestable que des conditions évaporitiques et hypoxiques ou anoxiques qui ont pu régner
dans les tranches d’eau inférieures des milieux marins peuvent être pour une grande part
responsables de l’appauvrissement de la faune du Cénomanien au Sénonien. Ces particularités
purement locales ont été signalées par Choubert et ai (1966 : 56) et évoquent les dépôts
confinés de plates-formes dont des modalités de formation et de sédimentation ont fait l’objet
de recherches de Busson (1978 ; 1984).
Nous examinerons la succession des divers assemblages et biofaciès dans la série
stratigraphique à partir des espèces prédominantes dans les associations (leur abondance et
leur fréquence sont indiquées sur la figure 2). Les caractéristiques écologiques sont dégagées et
plus particulièrement comparées dans les deux niveaux successifs reconnus dans l’Albien
supérieur d’après les faunes d'Ammonites (Cûllignon. 1966). Sont utilisées des données
autécologiques relatives aux pourcentages des deux groupes trophiques (suspensivores et
dépositivores). Ce sont les pourcentages de l’épifaune et de ses composants (byssifères épi- et
endobyssaux, cémentés, vagiles) et ceux de l’endofaune et de ses constituants siphonés ou
asiphonés. fouisseurs superficiels ou plus endogés, mobiles ou peu mobiles (capables de
s’enfouir rapidement après avoir été délogés). Ces données, figurant sur un tableau (fig. 3), sont
accompagnées d’un schéma des espèces dans leur position de vie présumée, ainsi que
d’indications sur leurs dimensions moyennes et leur abondance relative. Les principaux
ouvrages consultés sont ceux de Stanley (1968 à 1977), Roger (1977), Fürsich (1977) et
Heinberg (1979).
Conjointement à cette analyse, les relations faunistiques entre la palèoprovince de Tarfaya
et les divers grands domaines d’échanges (le domaine tempéré du nord avec la région
euraméricaine, le domaine tropical-subtropical de la Téthys et le domaine tempéré du sud
(province de l’Atlantique Sud)] seront brièvement revues d’après l’étude systématique de la
faune antérieurement réalisée (Freneix, 1972).
Bivolves de l'Albien supérieur
Groupe
:pi (Oune
Endofaune
Dimension (D]
Abondance(A)
du bassin oe larraya
\^Carcc1eristiques écologiques
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Nucula (Nuculo) larfayensis Fren.
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Acila (Truncacïla) bivirgalo Sow.
X
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X
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PA RALLELONDONTIDAE
Grommotodon (Nononovis) corinatus
X
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CUCULLAEIDAE
Trigonorca lecointrei Fren.
s
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Cucullaea (toonecrca) chouberti
s
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LIMOPSIDAE
Limopsis (Limopsis) ollantica Fren.
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X
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BAKEVELUIDAE
Phelopleria morocana Fren.
s
X
X
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Pseudoptero anomolo tartoyensrs
X
X
PECTINIDAE
Neithea (Neilhea) fauremureioe Fren
s
X
X
mm*
PLICATULIDAE
Plicafula (Plicotulo) inflota Sow.
i
X
i
GRYPHAEIDAE
Amphidonte obliquofa (PultenJ
vesîcutorïs
Pycnodonle (Phygroea) vesiculoso
s
X
X
X
X
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m
0STREID4E
Lopha syphax (Coq)
s
X
X
TRIGONIIDAE
Plerolrigonia (Pt ) hottingerl Fren.
s
M
X
X
X
X
LU Cl N 1 D A E
Collucma esbedensis Fren.
1
X
X
X
X
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CARDITIDAE
Moghrebella nicoisei (Coq}
T
m
s
X
X
X
X
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MM
CRASSATELLIDAE
Crassatella (Rochello) seguanzai
X
X
X
X
Crossotella (Sublandinia) ennadifii
s
X
X
X
X
Crossotella (Pochylhaerus) collignonl
Trigonocrossoteilo po 1 loi Fren.
X
X
X
X
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X
,\ir/ I
ASTARTIDAE
Ptychomya solvoni Polio
s
X
X
X
X
1
Mediroon undulatum Fren.
X
X
X
X
ü) ,
m
CARDIIDAE
Protocordia (P) chebeiKona Fren.
i
X
X
X
X
DICERO CARDIIDAE
Rosfrocordia papieri (Coq)
s
X
X
X
X
W: : s
VENERiDAE
§mm ;
Poraesa fobo foba (Sow.)
X
X
X
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Cyprimeria sp.
X
X
X
X
Wfc .
Cyprimtria paroconcentr ica
s
X
X
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X
WW* *
. 3 — Faune de Bivalves des niveaux inférieur (I) et supérieur (S) de l’Albien supérieur. Caractéristiques écologiques
et position de vie présumée. Dimension moyenne et abondance de chaque espèce. Dessin S. Vrain.
Bivalves fauna of the tower (I), and upper levels (II), Upper Albion. Ecological caracteristics and assumed
position of life. Average dimensions and number are given for each species.
248 —
CARACTÉRISTIQUES ÉCOLOGIQUES
ET SIGNIFICATION PALÉOBIOGÉOGRAPHIQUE DES ASSEMBLAGES
ET BIOFACIÈS
1. Assemblage de PAptien supérieur du nord-est du bassin, région du cap Dra, gisement
d’Aoreora (F. 125). Daté par l’Ammonite Nolaniceras nolani Seunes et associé à des lithofaciès
transgressifs de grès grossiers ou à des marno-calcaires, l'assemblage comprend les trois
espèces: Plicatula inflata Sow., Neithea syriaca (Conrad) (= N. morrisi Pict. et Ren.),
Seendia draensis Freneix.
Caractéristiques écologiques
Avec l’espèce prédominante, PI, inflata, il s’agit d’un biofaciès infralittoral (0-50 m),
composé d’épifaune fixée ( Plicatula) et vagile ( Neithea ) et d’endofaune avec le fouisseur
superficiel Seendia , évoquant un milieu de chenaux dans un ensemble considéré comme
lagunaire, selon Wiedmann et al. (1978 b).
Signification paléobiogéographique
Ces quelques espèces donnent déjà un aperçu de ce que sera la composition des faunes plus
diversifiées de l'Albien. Les corrélations de la paléobioprovince de Tarfaya, appendice
sud-occidental de la province maghrébine, sont évidemment prépondérantes avec la région
indo-méditerranéenne, mais elles sont souvent importantes avec l’Europe occidentale. Les voies
de migration, toujours hypothétiques, sont difficiles à préciser : Plicatula inflata , à large
répartition de l’Aptien au Cénomanien, depuis l’Europe de l’ouest jusqu’en Crimée-Caucase,
serait issue de PL radiola (Lmk), connue dès l’Hauterivien au Maroc. Neithea syriaca (révisée
par Dhondt, 1973), probablement originaire d'Europe (Barrèmien de Haute-Savoie), se trouve
à l’Aptien aussi bien dans les régions nordiques (Angleterre) que dans la Méditerranée orientale
(Liban) et a acquis à l’Albien une dispersion circum-africaine, en atteignant Madagascar et le
domaine sud-atlantique (Zoulouland, Angola) peut-être par la voie orientale africaine ou bien
par la marge ouest-africaine du proto-Atlantique, bien ouvert à cette époque. Quant à l’espèce
locale, S. draensis , elle représente un genre peu répandu, d’origine septentrionale au
Néocomien, connu à l’Albien dans le domaine euraméricain (Europe occidentale, Arizona).
2. Assemblage de l’Albien supérieur (base) de la région de l’oued Chebeika, dans des bancs
calcaires, datés par Dipoloceras cristatum Brgt Êtagement circalittoral (50 m-200 m), de pente
interne de plate-forme (selon Wiedmann et al., 19786). Il comprend 31 espèces et sous-espèces,
appartenant à 27 genres, distribuées en deux niveaux (fig. 3).
A — Niveau inférieur (à Dipoloceras bouchardi d'Orb), dans la coupe 31 d’Hassi-Oum-
Esbed (gisements T. 10-11, T. 14, T. 15) ayant livré 21 espèces de Bivalves, dont la moitié sont
localisées dans le bassin et qui représentent autant de genres et de sous-genres. 11 faut préciser
que cet endémisme apparent peut être d’ordre taxinomique pour une certaine part, car
— 249 —
l’excellente conservation des Hétérodontes a permis l’identification de genres et d’espèces,
certainement présents dans des contrées voisines, mais où, habituellement préservés en moules
internes, ils sont restés inexploités. La liste des espèces est la suivante : Nucula (Nucula)
tarfayensis Fren., Acila (Truncacila) bivirgata (Sow.), Grammatodon (Nanonavis) carinatus
(Sow.), Cucullaea (Idonearca) chouberti Fren,, Limopsis (Limopsis) arluntica Fren., Pseudo-
ptera anomala (Sow.) tarfayensis Fren., Plicatula inflata (Sow.), Amphidonte obliquata
(Pulteney) (= A, conica (Sow.)), Lopha syphax (Coq.) ’. Pycnodonte (Phygraea) vesicularis
(Lmk) vesiculosa (Sow.), Pterotrigonia (Pterotrigonia) hottingeri Fren., CaUucina esbedensis
Fren., Maghrebella nrcaisei (Coq ), Crassatcdla (Rochella) seguenzai (Thomas et Péron),
Crassatella (Pachythaerus) collignom Fren. et sous-espèce subtealli Fren., Trigonocrassatella
pallai Fren., Mediraon undulatwn Fren., Ptychomya salvani Palla, Protocardia (Protocardia)
chebeikana Fren., Paraesa faba faba (Sow.), Cyprimeria sp.
Les espèces dominantes définissent un biofaciès à Amphidonte obliquata, Pterotrigonia
hottingeri, Maghrebella nicaisei, Trigonocrassatella pallai : les espèces exclusives sont Limopsis
atlantica, Mediraon undulatum , Protocardia chebeikana.
Caractéristiques écologiques
Les espèces (à l’exception des huîtres à test calcitique mieux préservé) ont en général un
test épais recristallisé en calcite.
Le fait que les deux valves soient souvent restées en connexion laisse présumer qu’il n’y
a pas eu de transport notable au-delà de leurs biotopes, bien que les lumachelles correspondent
à des thanatocénoses. C’est une faune de profondeur modeste qui ne devait guère excéder
50 m, composée en grande majorité de suspensivores (90 %), d’une minorité de dépositivores
(10 %) ; les épibiontes (28 %) sont en proportion inférieure à celle des endobiontes (72 %).
Parmi ces derniers, des fouisseurs superficiels (80 %) sont nettement plus abondants que les
fouisseurs profonds (20 %) qui s’enfoncent dans les sédiments bien au-dessous de l’interface
sédiments-eau (fig. 3-4). Les huîtres, Lopha et Amphidonte , sont des genres euhalins, dont les
morphotypes spécifiques caractérisés, chez l’une (L. syphax ) par des expansions aliformes et des
épines développées et chez l’autre (A. obliquata ) par une taille géante, évoquent une adaptation
au substrat meuble que devaient constituer les boues calcaires ainsi qu’un biotope favorable à
ces huîtres. La présence d’épibiontes peu nombreux, la supériorité en nombre de fouisseurs
lents (67 %) sur les fouisseurs plus agiles (33 %) dénotent des fonds calmes.
Signification paléobiogéographique
La faune peut être répartie en trois stocks selon l'origine probable des espèces connues en
dehors du bassin et celle des espèces, ou groupes d’espèces, les plus étroitement apparentées
lorsqu’il s'agit d’espèces localisées dans le bassin Selon cette estimation très approchée, on
obtient les pourcentages suivants, que nous reportons sur une carte paléogéographique (schéma
fig. 5, d’après Kauffman, 1973 et Smith & Briden, 1979).
Stock euraméricain, essentiellement nord-européen (55 %) comprenant d'une part, les
espèces d’origine européenne suivantes : Acila bivirgata, Grammatodon carinatus, Pseudoptera
1. Stenzel (1971) et Malchus (1990) ont modifié la taxinomie de cette espèce, ainsi que d’autres dans ce travail.
Notre opinion sur les conceptions taxinomiques de ces auteurs sera discutée dans un travail en cours.
— 250
90%_Su spensivore s_93%
10 % ___ D é p o s i 1 i v o r e s_ 7 %
72% .
80%
20 %
67%
33%
2 8 %
67%
33%
0 %
__^Endofoun e N —71%
Fouisseurs superficiels (FS) 90%
profonds(FP) 10%
" peu mobiles(pM) 80%
" mobiles (Ml 20%
— .Epi foun e\- 29 %
Cém e nté e (C) 50%
Fixée par un byssus(B) 25%
Vogile (V) 25%
Fig. 4 — Comparaison des caractères écologiques des assemblages de Bivalves des niveaux inférieur (I) et supérieur (S)
de l’Albien supérieur. Dessin S. Vrain.
Comparions of lhe ecolagical features of lhe bivalves assemblages (lower (I), and upper levels (II), Upper
Albian. Drawings by S. Vrain.
anomala, Plicatula inflata, Paraesa faba faba et, d’autre part, les espèces à affinités
septentrionales : Limopsis atlantica . Callucina esbedensis, Crassatella (P.) collignoni.
Stock téthysien indo-méditerranéen (30 %), principalement maghrébin, avec Crassatella
(R.) seguenzai, Maghrebella mcaisei, Lopha syphax (à large distribution téthysienne jusqu’au
Pérou) et les espèces locales : Mediraon undulatum (voisine d'une espèce libanaise de l’Aptien),
Protocardia cbebeikana (rappelant certaines espèces de l’Aptien-Albien du Liban et du Sinaï).
Stock téthysien américain (15%) : Cucidlaea (I.) chouberti (voisine de C. brevis d’Orb. du
Crétacé inférieur de Colombie) ; Pterotrigonia hottingeri (de la lignée de Pterotrigonia
tocaimana du Crétacé inférieur de la province des Caraïbes), Ptychomya salvani (voisine de
Pt. mexicana Muellerried de l’Aptien du Mexique).
B — Niveau supérieur (à Mortoniceras inflation Sow.) de la coupe 28 de l’oued Chebeika
(niveau T. 113 ou 249) et gisement T. 481, avec 14 espèces dont 8 du niveau précédent (fig. 3-4) :
Nucula tarfayensis, Cncullaea chouberti. Amphidonte obliquata, Lopha syphax, Pterotrigonia
hottingeri, Maghrebella nicatsei, Trigonocrassutella pallai, Ptychomya salvani et les espèces
251 —
locales Trigonarca lecointrei, Phelopleria marocam , Crassatella (S.) ennadifii, Cypritne-
ria paraconcentrica , et 2 espèces nord-africaines Nelihea fauremuretae et Rostrocardiu papieri.
Les espèces dominantes définissent un biofaciès à Cucullaea (I.) choiiberti, Ptychomya
salvani, auxquelles viennent s'associer les espèces exclusives Trigonarca lecointrei et Phelopteria
marocana (fig. 3).
Caractéristiques écologiques
Les suspensivores sont encore abondants (93 %) alors que les dépositivores (7 %) sont
réduits à une seule espèce ; les proportions d’endofaune (71 %) et d’épifaune (29 %) sont très
voisines des précédentes : 90 % d’endogès superficiels pour 10 % d’endogés profonds. On peut
estimer qu'il existe des différences plus tangibles dans la proportion plus importante de
fouisseurs peu mobiles (80 %) par rapport à celle des fouisseurs très mobiles (20 %). Sans
doute peut-on conclure que. dans le secteur correspondant, l'hydrodynamisme tendait à être
encore plus réduit Par contre, dans des régions très voisines où ne subsistent que certaines
huîtres agglomérées, l’agitation des fonds devait être plus grande.
Signification paléobiogéographique
Le stock euramêricain ne comprend plus qu’une espèce A. obliquata ; son pourcentage est
faible (10 %), tandis que le stock indo-méditerranéen est majoritaire (60 %), avec L. syphax,
M. nicaisei, R. papieri , N. fauremuretae et les espèces locales Crassatella ennadiffii rappelant
baudeti, et T lecointrei proche de T. parallela Coq., espèces du Cénomanien d’Algérie. Le stock
téthysien américain (30 %) est identique au précédent.
Remarque
La plupart des espèces nord-africaines apparaissent plus tôt (à l’Albien supérieur) dans le
bassin côtier de Tarfaya que dans les autres bassins d’Afrique du Nord où elles ne sont
généralement signalées qu’à partir du Cénomanien. Certaines pourraient prendre souche dans
la Téthys américaine comme, par exemple Maghrebella nicaisei semblant proche de Venericardia
subparallela (Gerhardt) du Crétacé inférieur de Colombie ou Phelopteria marocana. peut-être
issue de Pli. (?) bosei Perkins du Crétacé inférieur du Mexique (Indidura Formation) et à
l’origine de Ph. kitsoni Cox du Cénomanien de Gold Coast, du Niger, du Turonien du Nigeria.
Neithea fauremuretae paraît plus proche de N. occidentalis Conrad de l'Albien de la côte du
golfe du Mexique ou de N. hahiensis Brito de l’Aptien (Formation Algodoès, état de Bahia) du
Brésil que de N. alpina d’Orb. de l'Albien-Sénonien d’Europe, d’Afrique... très largement
répandue (= N.ficalhoi Choffat de l’Albien d’Angola in Dhondt, 1973).
On peut en conclure que la paléoprovince de Tarfaya, tout en s’intégrant dans la partie
nord-africaine de la région indo-méditerranéenne reste encore soumise à des influences
importantes de la Tèthys américaine
C — Assemblages et biofaciès oligo ou monospécifiques de l’Albien supérieur
a) Gisement de oued Chebeika (T. 250), avec seulement 2 espèces : Amphidonte obliquata
et Platymoidea africana Fren. Cette dernière est à affinités européenne et nord-africaine.
— 252 —
b) Biofaciès à huîtres du pied sud-est de la Hammada des sources de l’oued Ougnane
Ted-Li (coupe 30), Des grés (T. 120) à Costagyra olisiponensis (Sharpe) et Gyrostrea delettrei
(Coq.) tarfayensis Fren. précèdent des marnes épaisses à Lopha syphax (T. 119) que surmontent
des calcaires marneux (T. 118) à Ceratostreon flabellatum (Goldf.).
Caractéristiques écologiques
Ces biocénoses à huîtres peuvent évoquer des oscillations marines, la présence de hauts-
fonds ou de barrières facilitant l’installation de bancs d’huîtres euryhalines comme ceux, très
probablement, à G. delettrei (espèce proche des Crassostrea ) associée à des faciès détritiques,
ou indiquer des substrats meubles plus profonds propices aux Lopha ou aux Pycnodontes
préférant des salinités normales.
Des niveaux salés apparaissent dès l’Albien supérieur et se développeront au cours des
étages suivants. Des bancs d’huîtres pouvant atteindre plus de 20 m d’épaisseur succèdent
généralement à des marnes à gypse et à huîtres plus disséminées.
3. Assemblages dans les bancs calcaires et biofaciès détritiques à huîtres du Cénomanien
A — Argiles sableuses à gypse et à huîtres du bord nord de la Hammada Tassagdelt
(coupe 28, T. 248) à Gyrostrea delettrei tarfayensis et Rhynchostreon suborbiculalum (Lmk)
mermeti (Coq.) et bancs à Gyrostrea delettrei de l'oued El-Amra (T. 130). Dans la partie ouest
du bassin, des grès du Cénomanien inférieur à Euturrilites scheuhzerianus Bosc de la base de
la coupe (11, T. 71) d’Ed-Dzeroua, en bordure de la Sebkha Houiselgua, sont riches en
Pycnodonte (Phygraea) vesicularis (Lmk) vesiculosa (Sow.) et passent à des bancs calcaires.
B — Bancs calcaires qui viennent d’être évoqués à Crassatella (Rochella) seguenzai et
Rostrocardia papieri. Bancs lumachelliques du Cénomanien moyen (à Calycoceras cf. newboldi
et Acanthoceras) dans le sud-est du bassin, coupe 29 (T, 117, pied sud-est de la Hammada des
sources de l'oued Ougnane Tel-Li), coupe 28 plus au nord (T. 247, Hammada Tassagdelt, bord
nord) et coupe 27 (T. 234, Ougnane Tel-Li, amont), où ont été récoltées : Cucullaea (I.)
chouberti, Plicatula cf. batnensis Coq., Lopha syphax , Ptychomya salvani. Lumachelles
cénomano-turoniennes de i’oued Chebeika (T. 111, 112, éperon sud-est de la Hammazda
Tassegdelt) à Plicatula auressensis Coq., Amphidonte obliquata, Lopha syphax , Crassatella (R.)
seguenzai.
Signification paléoécologique
Les biofaciès à huîtres appellent les mêmes remarques que précédemment. Les bancs
calcaires lumachelliques sont, par contre, beaucoup moins diversifiés que ceux de l'Albien et
tendent vers des biofaciès oligospécilîques qui caractériseront les peuplements en bivalves des
fonds marins du Turonien et du Sénomen.
Signification paléobiogéographique
Les quelques espèces qui font leur apparition au Cénomanien dans le bassin de Tarfaya
sont à large distribution indo-méditerranéenne ; ce sont Plicatula auressensis , PL batnensis et
— 253 —
Rh. suborbiculütum mermeti. Bon nombre d’espèces nord-africaines étendront leur aire de
dispersion lors de la grande transgression mésocrétacée pèri-africaine et transafricaine de
l’océan Atlantique et de la Méditerranée (Busson, 1972 : 326). Panafricaines, certaines d’entre
elles gagneront aussi bien le domaine tempéré du nord, comme Gyrostreu delellrei et Costagyra
olisiponensis connues en Touraine et en Vendée (France), que le domaine téthysien occidental,
G. delettrei, C. olisiponensis et Rhynchostreon suborbiculütum se propageant en Téthys
américaine (Pérou, Colombie),
4. Biofaciès à Crassatella [Rochelia) oligospécifiques des calcaires du Turonien et du
Sénonien
Étagement épibathyal (200 m ?- 400 m) de pente externe de plate-forme, puis de pente
interne, circalittorale (50 m-200 m), selon Wiedmann et al. ( I 978/j, fig. 1). Les Bivalves
accusent une très grande raréfaction avec deux ou trois espèces seulement par gisement. Les
causes en sont multiples : approfondissement, confinement plus long accompagné de conditions
sapropéliques et anoxiques dans le corps d’eau inférieur.
A — Turonien à Crassatella ( Rochella) seguenzai (Thom. et Pér.)
a) Turonien inférieur, barre marno-calcaire de base à Mammites nodosides et Selwynoceras
zeharense Coll., de la Sebkha En-Naila (coupe 19, T. 128) à Lucina (Lucina) nailana Fren. et
Crassatella (R.) seguenzai (Thomas et Péron).
b) Turonien moyen, niveau repère inférieur à miches, à Benuites : sud de l’oued Ougnane
Tel-Li (coupe 26, T. 122, T. 411), avec Mesomiltha (?) amranica Fren. et Crassatella (R.)
seguenzai. Bordure ouest de la Sebkha Houiselgua (coupe 8, T. 61) avec Crassatella (R.)
seguenzai.
c) Turonien supérieur de la falaise de la Hammada Ed-Dzeroua, sous le replat de 120 m
(coupe 9, T. 430), marnes à Rhynchostreon suborbiculatum suborbiculütum. Crassatella (R.)
seguenzai. Paraesa faba Sow. subfaba d’Orb. et coupe 10 (T. 62), Alfaze, près de la piste de
Tarfaya, avec Crassatella (R.) seguenzai.
Caractéristiques écologiques
Les conditions sont peu favorables aux Bivalves, l’espèce qui les tolère le mieux s’avère être
Crassatella (R.) seguenzai. suspensivore, fouisseur superficiel, à laquelle s’associent des Lucines
( Lucina, Mesomiltha ?), dépositivores et fouisseurs profonds, bien connues pour s'adapter à des
paléoenvironnements anaérobies (Jackson, 1977). Crassatella seguenzai , formant des bancs
repères sur plus de 100 km (Choubert et al., 1966 : 50), apparaît comme une espèce
opportuniste colonisante, eurytope, caractéristique de ces paléocommunautés confinées,
anormales du Turonien supérieur, la présence d’Exogyres (groupe ex columba) laisse présumer
une profondeur modérée, un retour à une oxygénation normale.
B — Sénonien à Crassatella (Rochella) diourii Fren.
a) Coniacien inférieur (à Prionocycloceras guyabanum) constitué de bancs de calcaire
marneux à Inocérames de la Sebkha Tembaga, coupe 17 (T. 104), avec Cr. (R.) diourii ; bancs
— 254 —
de même type au sud de la Gara Toukdem (coupe 9, T. 75), à Cr. (R.) diourii accompagnée
de Mesocallista ( Mesocallisla) euglypha (Woods), alternant avec des couches marneuses
salifères, parfois imprégnées de matière organique.
b) Biofaciès à Pycnodonte (Phygraea) vesicularis Lmk subvesiculosa (Renngart.) des
marnes de l’oued Es-Achar, près de Hassi Bou-Emgara, du Coniacien inférieur (coupe 20,
niveau T. 223).
c) Coniacien supérieur (à Peroniceras), couche de marno-calcaire salifère compact, chargée
de matières organiques de la Sebkha Tah, bord nord (coupe 5, niveau T. 28) à Crassatella (R.)
diourii diourii,
d) Lumachelles à Inocérames et à Crassatella (R.) diourii rhouibana Fren. du Santonien
moyen (à Texanites texanum Roem.) coupe 16, niveau T. 83 et, parmi une série marneuse,
calcaire caverneux (niveau 82) n’ayant livré qu’une seule espèce, Mesacallista (Larma)
pseudundosa Fren.
Caractéristiques écologiques
Le biofaciès à Crassatella (Rochella) persiste, avec toutefois une espèce nouvelle issue de
la précédente et un changement d'espèces accompagnatrices, des Veneracea remplaçant les
Lucinidae. Des Inocérames de petite taille viennent s’y associer. Certains appartiennent au
groupe de I. labiatus qui serait endobyssal (« endobyssate » : Stanley, 1972).
Signification paléobiogéographique
Parmi les deux espèces de Veneracea, l’une est d'affinité européenne ; l’autre
(M. englypha), originaire de l’Atlantique sud, fait preuve d’une large répartition dans les
bassins de l’ouest africain du Turonien ou Maastrichtien.
5. Marnes à gypse ou marno-calcaires à Pycnodonte (Phygraea) vesicularis vesicularis
(Lamarck)-_/Kdfci Pervinquière du Campanien supérieur (daté par des Foraminifères du bord
nord de la Sebkha Tah). La coupe 1 (niveaux T. 461, T. 462) et la coupe 4 (niveau T. 46) n’ont
fourni que P. flicki, tandis que les deux espèces sont associées dans la coupe 1 (niveaux T. 41,
T. 43, T. 42) ; parmi elles, P. flicki est dominante.
Caractéristiques écologiques
Ces Pycnodontes indiquent des conditions normales de salinité, mais la grande réduction
du corps de l’animal chez P. flicki (écomorphe de P. vesicularis ?) est encore significative de
milieu probablement peu oxygéné.
CONCLUSIONS
Les restes fossilisés de la faune de Bivalves reflètent des variations des paléomilieux et leurs
récurrences sur les fonds marins durant près de 40 millions d’années, de l’Aptien supérieur au
— 255 —
Campanien supérieur, sur cette marge de plate-forme correspondant au bassin côtier de
Tarfaya. Cette faune, en étroite dépendance avec l’évolution du bassin et des lithofaciès, fait
preuve d’une très grande raréfaction au cours des épisodes hypoxiques ou anoxiques qui
affectèrent les corps d'eau inférieurs des fonds marins à partir du Cénomanien principalement
et jusqu’au Campanien supérieur. Les marnes plus ou moins gypsifères n'ont livré que des
huîtres. Aux calcaires sont associés des biofaciès à Bivalves, polyspécifiques dont la diversité
est optimale à l’Albien supérieur et qui indiquent un milieu circalittoral calme, dans les régions
de l’embouchure de l’oued Chebeika et du bord nord de la Hamraada Tassegdelt. Cependant
cette diversité varie localement et dans le temps. Les biofaciés à huîtres sont multiples et
significatifs, tantôt de salinité normale (vases à Lopha syphax), tantôt de milieu saumâtre
(bancs à Gyrostrea delettref). Dans les calcaires, la diversité des biofaciès décroît au cours du
Cénomanien et apparaissent des lumachelles à Crassatella (Rochella) seguenzai , espèce déjà
présente, mais sporadique à l’Albien supérieur. Au Turonien, seules se manifesteront ces
paléocommunautés à Crassatella (Rochella) seguenzai, espèce opportuniste, parfois associée à
des Lutines et à des Inocérames dans les régions de la Hammada des sources de l’oued
Ougnane Tel-Li à l’est, de la Sebkha en-Naila au centre, de la Sebkha Houiselgua au sud. Cette
paléocommunautè se retrouve au Coniacien, observable dans la Sebkha Tembaga au centre et
dans la Sebkha Tah au sud, avec toutefois un changement d’espèce, et elle se renouvelle au
Santonien moyen dans la Hammada Er-Rhouiba. Les marnes à huîtres ne conserveront que la
lignée de Pycnodonte (Phygraea) vesicularis, espèce cosmopolite, déjà présente à l’Albien
supérieur dans le bassin ; ce sont les marnes coniaciennes à P. (Ph.) vesicularis suhvesiculosa
de la région d’Hassi Bou-Emgara et les marnes et mamo-calcaires du Campanien supérieur à
P. (Ph.) vesicularis vesicularis et P. (Ph.) flicki du rebord nord de la Sebkha Tah.
Au plan paléobiogéographique, à l’Albien supérieur, le nombre élevé d’espèces locales qui
apparaissent fait du bassin de Tarfaya un centre d’endémisme. C’est aussi le berceau d’origine
de nombreuses espèces africaines. Par sa situation géographique à un carrefour de voies
d’échanges nord-sud, ouest-est et est-ouest, le bassin de Tarfaya offre d’étroites affinités
faunistiques avec la province nord-européenne de la région euramèricaine, domaine tempéré du
nord (reconstitution globale de Kauffman) , il reçoit des influences de la Téthys américaine,
mais s’intégre dans la région indo-méditerranéenne du domaine téthysien tropical et plus
particulièrement dans la paléobioprovince du Maghreb du Crétacé moyen à laquelle il
appartient, malgré son isolement relatif.
Remerciements
L’auteur souhaite exprimer sa gratitude envers le Pr G. Busson du Laboratoire de Géologie du
Muséum national d’Histoire naturelle de Paris ainsi qu’envers le Dr A. Dhondt de l’Institut royal des
Sciences naturelles de Belgique, Bruxelles, pour leur lecture et les améliorations apportées à son manuscrit.
Ses remerciements s’adressent également aux dessinatrices du Muséum, S. Vrain et F. Ph.ard.
— 256 —
Fig. hors-texte — Relations paléobiogéographiques de la faune de Bivalves de l’Albien supérieur du bassin côtier
de Tarfaya (flèches). (Trait plein : niveau inférieur ; trait pointillé : niveau supérieur) selon l’importance des affi¬
nités avec la province nord-européenne du domaine tempéré, la région indo-méditerranéenne et la province
Caraïbe du domaine téthysien. Schéma selon Kauffman (1973), Smith & Briden (1979). Dessin S. Vrain.
Paleobiogeographical relations of the bivalves faurn from the upper Albian of the Coastal Basin of Tarfaya
(arrows). (plain line : lower level ; dotted line : upper level) according to the affinities with the North-European
Province of the temperate domain, the Indo-Mediterranean région and the Caribbean Province of the Tethysian
domain. From Kauffman (1973), Smith & Briden (1979). Drawing by S. Vrain.
— 257 —
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Première découverte d’un Placoderme (Vertebrata)
dans le Dévonien du bloc Indochinois
(Trung Bo, Viêt-nam central)
par Tong-Dzuy Thanh, Philippe Janvier et Doan-Nhat Truong
Résumé. — Un nouvel Arthrodire Phlyctaenioïde, Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp. est décrit
dans les Grès de Ly Hoa (province de Quang Bioh, Viêt-nam central), d’âge probablement dévonien
moyen. Il s'agit de la première découverte d’un Vertébré identifiable dans des sédiments terrigènes du
Dévonien du Viêt-nam central donc associés au bloc tectonique Indochinois. Cet Arthrodire est très
probablement un Phlyctaeniide. mais présente un profond sinus postéro-latéral de la cuirasse thoracique
et un court processus latéral de la plaque spinale.
Mots-clés. Vertebrata, placoderme, Dévonien, Viêt-nam, bloc Indochinois, paléobiogéograhie.
Abstract. First discovery of a Placodermi (Vertebrata) in the Devonian of the Indochina Black
(Trung Bo, Central Vietnam). Â new phiyctaenioid arthrodire, Lyhoalepis duckhoai n.g, n.sp. is described
from the presumably Middle Devonian Ly Hoa Sandstone (Quang Bmb Province, Central Vietnam). It
represents the fiTst discovery of a determinable vertebrate in the lerrigenous faciès of the Devonian of
Central Vietnam, thus associated to the Indochina block. This arthrodire îs most probably a phlyctaeniid,
although its thoracic amour displays a very deep postérolatéral embayment and a very short latéral
process of the spinal plate.
Keywords. Vertebrata, placodermi, Devonian, Vietnam, Indochina Block, palaeobiogeography.
Tôm tât. Dang rnefi cùa hôa thach câ Da phién thuôc nhôm Arthrodire
Phlyctaenioide - Lyhoalepis duckhoai n. gen., n. sp. - mô tà trong bài bâo này, da dirçrc
phât hiên trong cât két tuèi ti> Devon trung dén Frasni (?). à Dâ Nhày gàn dèo Lÿ Hôa,
tinh Quàng Bînh, ViêtNam. Dây là làn dàu môt bôa thach câ cô thè xâc dinh, dirgc
phât hiên trong tràra tich lue nguyên tuôi Devon à Mièn Trung Viêt Nam, vè mât dia
chlt thuôc dia kh6i Dông Duomg (Block Indochinois). Dang Arthrodire diroc mô tà thuôc
Phlyctaeniid, nhung cô duômg sinus sâu (V na sau cùa giâp nguc và màu ngang ngân cùa
tlm séng Iung. Vrfi nhffng dfte tioh dô, hôa thach này là môt dang riêng, không thuôc vè
môt giông loài nào da diroc mô tà cùa Phlyctaeniid. Không cô di tich cùa Galeaspid
hoâc Youngolepiforme - hai thành phàn kinh dièn cùa hôa thach câ Devon à Hoa Nam -
diroc tïm thay cùng vôi dang m&i này cùa câ Da phién do dô nô không cho phép giài
quyét van dè dja lÿ sinh v$t cùa dja khéi Dông Duong trong Devon.
Tong-Dzuy T., Département de Géologie, Université de Hanoï, 90 rue Nguyên Trai, Dong Da, Hanoï, Viêt-nam.
Ph. Janvier, Laboratoire de Paléontologie du Muséum national d'Histoire naturelle et URA 12 du CNRS, 8, rue Buffon
75005 Paris, France.
Doan-Nhat T., Institut de Géologie et des Ressources Minérales, Dong-Da, Hanoï, Viêt-nam.
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INTRODUCTION
La plupart des restes de Vertébrés dévoniens découverts à ce jour dans la péninsule
indochinoise proviennent des riches gisements des Formations de Si Ka et surtout de Bac Bun
(Dévonien inférieur, Praguien) du nord du Viêt-nam (Bac Bo, autrefois le Tonkin), dont la
composition faunique est très semblable à celle des gisements contemporains du Yunnan et du
Guangxi en Chine (ToNG-Dzuy & Janvier, 1987, 1990; Tong-Dzuy et ai, sous presse;
Janvier et al., 1993). Il s’agit donc de la faune endémique du bloc Sud-Chinois (ou bloc du
Yangtze). Sur le bloc tectonique Shan-Thai (ou bloc de Sibumasu), deux écailles isolées mal
conservées (d'un Thélodonte et d’un Acanthodien) ont été décrites dans le Dévonien inférieur
du nord-ouest de la Thaïlande (Blieck & Goujet, 1978 ; Blieck et al., 1984) et, dans la même
région, des écailles et des dents isolées d’Actinoptérygiens et de Chondrichthyens ont été
décrites dans le Famennien marin (Long & Bijrrett, 1989; Long, 1993). Sur le bloc
Indochinois (ou bloc de Kontum), Long (1993) mentionne des fragments indéterminables
d’écailles de Dipneustes et d'Actinoptérygiens, ainsi que, peut-être, des fragments indétermi¬
nables de plaques de Placodermes, dans la Formation de Quy Dat (Givétien) du Viêt-nam
central (Trung Bo), non loin de la localité d'où provient le matériel décrit ici. Des Antiarches
ont également été décrits dans les Grès de Dô Son. d’âge givétien-frasnien (Janvier et al.,
1989; Long et al, 1990), dont la position géographique (proche de Haïphong) permet de
supposer qu’ils sont associés au bloc Sud-Chinois [les relations tectoniques des Grès de Dô Son,
ennoyés dans la plaine alluviale du delta du fleuve Rouge, restent obscures].
Les restes de Placodermes décrits ici représentent la première découverte de ce groupe dans
une formation associée au bloc Indochinois proprement dit. au sud du complexe d'accidents
tectoniques du fleuve Ma (Song Ma), qui est supposé marquer la limite entre le bloc
Sud-Chinois et le bloc Indochinois. En outre, ces restes sont associés à des fragments de
lingules et de plantes qui suggèrent un environnement marin très marginal et, par conséquent,
leur confère potentiellement une signification paléobiogéographique quant à la position du bloc
Indochinois au Dévonien
Ce matériel est déposé au Musée Géologique du Service Géologique du Viêt-nam (Bao
Tang Dia Chat, abrégé ici en BT), 6, rue Pham Ngu Lao, Hanoï.
CADRE GÉOLOGIQUE
(T.-D. T & D.-N. T.)
Ces restes de Placodermes ont été découverts dans les grès massifs qui affleurent au bord
de la mer au niveau de la face nord du cap de Ly Hoa, entre Ha Tinh et Dong Hoi (fig. 1, A),
à l’extrémité sud de la plage de Ly Hoa (à environ 500 m au sud de l’hôtel de la plage) et au
bas de la pente du col de Ly Hoa, Ils n’apparaissent que dans une petite lentille de grès clair,
bioturbé, qui surmonte un épais banc de grès rose à pendage sud-est. Cette lentille, qui
disparaît rapidement sous le sable, est bien visible lorsque l’on se place dans la petite grotte
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Fig. 1 . — A, position géographique de la localité ; B, plan à main levée indiquant la position de la lentille à Placodermes
dans les rochers du cap de Ly Hoa (la position de la Da Nhay, ou « roche dansante » est indiquée par une esquisse
en haut à droite).
A, geographicalposition of the locality ; B,free-hand map of the rocks at Ly Hoa Cape, showing the position of
the placoderm-bearing lens (the location of the Da Nhay, or « dancing rock » is indicated by a sketch in the upper right
side).
— 262 -
Fig. 2. — Carte géologique de la région de Ly Hoa. 1, Formation de Dai Giang (Silurien supérieur-Dévonien inférieur),
grés à grain fin, schistes à Graptolites et Brachiopodes. 2, Formation de Rao Chan (Dévonien inférieur), schistes
et grès, marnes et grès carbonaté à grain fin, calcaires gris sombres contenant des Coraux, Brachiopodes et
Crinoïdes. 3, Formation de Ban Giang (Eifélien). grès et schistes gris sombre-, marnes à Calceola sandalina,
Hexarrinile.ii Immilicarinatus, etc. 4, Formation de Mue Bai (Givèlien-Frasnien inférieur ?), partie inférieure (20 in) :
marnes et calcaires gris-sombre, avec abondants Coraux et Brachiopodes; partie moyenne (110 m) : grés gris à
jaunâtres, alternance de bancs de schistes avec abondants Brachiopodes; partie supérieure (100 m) ; marnes et
calcaires gris-sombre avec abondants Coraux et Brachiopodes, 5, Formation de Dong Tho (Givétien-Frasnien
inférieur ?), grès avec rares lentilles de marnes à la base, plantes ( Protolepidodendron sp., Lepidodendropsis sp.),
Placoderme ( Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp.). 6, Carbonifère, calcaires gris, 7, Tnas. 8, granités
antè-Carbonifêre inférieur. 9, alluvion quaternaire. 10, failles 15, route 15.
Geological map of lhe Ly Hoa area. 1 , Dai Giang Formation (Upper Siluriari-Louer Devrmian). fine-grained
sandstone, graptolite and brachtopod-bearing s haie s. 2. Rao Chan Formation (Lower Devonian). thaïes and
sarubslones, mari and fine-grained. carbonaceaus sandslane, dark grey limestone with corals, brachiopods and crinoids.
J, Ban Giang Formation (EifeTtan), dark grey sandstones and thaïes, maris with Calceola sandaljna, Flexacrinites
hutniücarinatus, etc. 4. Mue Bai Formation I Givetian-Lower Frasnùm ?) ; lower part f20 m) : maris and dark grey
limestones, with obundant corals and brachiopods ; middle pari (110 m) . grey lu yellowish sandstone, alternating
shales with abondant brachiopods ; upper part ( 100 m) : maris and dark grey limestones with abundant corals and
brachiopods. 5, Dong Tho Formation (Givetian-Lower Frasnian ?), sandstones with rare mari lenses rtear the base,
plant fossils (Protolepidodendron sp., Lepidodendropsis sp.) and placoderms f Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov.
sp.). 6, Carboniferous grey limestones. 7 , Triassic. 8, pre-lower Carboniferous granité. 9, Qualernary. lO.faults. 15,
road nr 15.
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creusée par la mer et qui fait face à la mince colonne de grès nommée « la roche dansante »
(la « Da Nhay », monument naturel local, fig. 1, B). Là, la lentille à Placodermes affleure au
toit de la grotte puis s’étend sur la gauche au-delà de l’entrée de celle-ci. La plupart des pièces
ont été trouvées à quelques décimètres au-dessus du point où la lentille plonge dans le sable.
Les restes de Placodermes de Ly Hoa semblent malheureusement appartenir à une forme
unique à bien des égards, et par conséquent assez difficiles à utiliser à des fins stratigraphiques.
Cependant, comme nous le verrons plus loin, il est peu probable qu'il s'agisse d’une forme du
Dévonien supérieur.
Il semble que tes Grès de Ly Hoa représentent un faciès très marginal et terrigène de la
Formation de Dong Tho (5, fig. 2), qui passe vers le nord-ouest au faciès détritique de la
Formation de Mue Bai (4, fig. 2). L’âge de cette dernière est bien établi comme givétien (et
peut-être aussi frasnien inférieur) grâce à une faune benthique abondante (Tong-Dzuy et al.,
1986, Tong-Dzuy, 1993).
Les végétaux fossiles Protolepidadendron sp. et Lepidodendropsis sp. se rencontrent aussi
dans les lentilles de marne intercalées dans les grès de la Formation de Dong Tho à Hoi Da,
près de la gare de Minh Le, à l’ouest du col de Ly Hoa (fig. 2). Selon le Professeur Cai
Chong-yang (Institut de Géologie et de Paléontologie de Nanjing, Chine), ces végétaux
seraient plutôt d'âge dévonien moyen (probablement givétien).
Ces données paléontologiques et stratigraphiques concernant cette région ont conduit l’un
des auteurs (Tong Dzuy, 1993) à considérer la Formation de Dong Tho, incluant les Grès de
Ly Hoa, et la Formation de Mue Bai comme deux unités lithostratigraphiques de faciès diffé¬
rent mais de même âge givétien, avec peut-être un prolongement dans le Frasnien inférieur.
ÉTUDE SYSTÉMATIQUE
(Ph. J.)
PLACODERMI McCoy, 1848
ARTHRODIRA Woodward, 1891
Phlyctaenioidei Miles, 1973
LYHOALEPIS nov. gen.
Diagnose. — Identique à celle de l’espèce-type (par monotypie).
Espèce-type. — Lyhoalepis duckhoai nov. sp.
Origine du nom. — De Ly Hoa, nom de la localité et lepis, du grec, écaille.
Lyhoalepis duckhoai nov. sp.
(Fig. 3-7, pl. I-III)
Diagnose. — Arthrodire Phlyctaenioïde non-Brachythoracide de taille moyenne et possédant une
courte plaque spinale rectiligne ainsi qu’une cuirasse thoracique aux flancs très courts. Toutes les plaques
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de la cuirasse thoracique et probablement celles du toit crânien sont étroitement fusionnées, ne lais¬
sant apparaître aucune suture. Les plaques antérolatérales et intérolatérales présentent une large
lame postbranchiale qui est très inclinée vers l’avant et ornementée de denticules triangulaires.
L’ornementation externe est constituée de gros tubercules arrondis, étroitement accolés et parfois dis¬
posés en rangées.
Holotype. — Une cuirasse thoracique incomplète mais articulée (BT180, fig. 5-7, pl. 1-11).
Localité-type. — Cap de Ly Hoa, au nord de Dong Hoi, province de Quang Binh, Viêt-nam.
Niveau-type. — Grès de Ly Hoa, probablement Dévonien moyen (Givétien à Frasnien inférieur ?).
Origine du nom. — Espèce dédiée à notre collègue, le Dr Nguyên Duc Khoa, de l’Institut de
Géologie et des Ressources Minérales, Hanoï.
Matériel. — Une plaque paranuchale (BT181, fig. 3, A, pl. III, 2) ; un fragment de la partie latérale
gauche du toit crânien (BT182, fig. 3, B, pl. III, 1) ; une plaque rostro-pinéale incomplète (BT183, fig. 4,
pl. III, 3) et un fragment possible d’une plaque ventrolatérale antérieure (BT184, pl. III, 4).
Remarques
Lyhoalepis duckhoai possède une plaque paranuchale large, percée par le foramen
endolymphatique (fend, fig 3, Al) et les quelques sillons sensoriels observables à la surface des
plaques dermiques sont ouverts et bordés de rangées de tubercules. 11 s'agit donc d’un
Arthrodire. En outre, sa cuirasse thoracique montre clairement un condyle articulaire allongé
transversalement (cd, fig. 5, A), dont la forme correspond bien à celle de la fosse articulaire de
la plaque paranuchale (art, fig, 3, A3). Il s'agit donc d'un Arthrodire Phlyctaenioïde sensu
Goujet (1984). II est en revanche plus difficile de déterminer s'il s’agit d’un Phlyctaeniide ou
d’un Brachythoracide. Il présente une majorité de caractères qui évoquent plutôt les premiers,
comme les tubercules étroitement accolés (surtout sur la cuirasse thoracique , pl, I, 1), l'absence
de sutures visibles entre les plaques de la cuirasse thoracique et du toit crânien, l’absence de
quille ventrale marquée sur la plaque médiane dorsale (fig. 6, B), la fenêtre pectorale très petite
(fpec, fig. 5B), l’absence d’un large épaississement postérieur sur la face ventrale de la
paranuchale (epnu, fig. 3, A2 ; Lelièvre et al., 1990), la position du foramen endolymphatique
très antérieure par rapport à la région articulaire de la paranuchale (fend, fig. 3, Al), les
Fig. 3, — Lyhoalepis duckhoai nov. gen, nov, sp„ Dévonien moyen ?, Grès de Ly Hoa, cap de Ly Hoa, province de
Quang Binh, Viêt-nam. A, plaque paranuchale gauche (BT 131) en vue dorsale (Al), ventrale (A2) et postérieure
(A3), dessin à la chambre claire. B, fragment présumé de la partie gauche d’un toit crânien (BT 182) en vue ventrale
(Bl) et dorsale (B2), dessin à la chambre claire, epl, épaississement latéral; art, fosse articulaire; epnu,
épaississement nuchal ; feu, fosse euculliiire fend, foramen endolymphatique ; llp, sillon de la ligne latérale
principale, occ, sillon de la commissure occipitale ; prpart, processus para-articulaire ; sc, sillon central.
Lyhoalepis duckhoai nov. gen.. nov. sp. Middle Devonian ?, Ly Hou Sandsrone, Ly Hoa Cape. Ho Quang Binh
Province. Vietnam. A. left paranuchal plate (BTI81) in dorsal (Al), ventral (A2) and posterior (A3) views,
camera-lucida drawing. B, presumed fragment of the left side of the skuli-roof (BT182) in ventral (Bl) and dorsal
(B2) views, camera-lucida drawings. art, articular fossa ; epnu, posterior nuchal tliickening ; feu, cucullar fossa ; fend,
endolymphatic foramen ; llp, groove of the main latéral line ; occ, groove of the occipital cross-commissure ; prpart,
para-articular process ; .Vf. central sensory-line groove
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A
B
Fig. 4. — Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp., Dévonien moyen?. Grès de Ly Hoa, cap de Ly Hoa, pro¬
vince de Quang Binh, Viêt-nam. Fragment de plaque rostro-pinéale, peut-être associée à la plaque postnasalc.
(BT183); dessin à la chambre claire en vue ventrale (A) et dorsale (B) et section parasagittale (C). orb, bord
orbitaire.
Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp. Middle Devonian ?, Ly Hoa sandstone, Ly Hoa cape, Quang Binh
Province, Vietnam. Fragment of the rostropineal plate, possibly associated with the postnasal plate (BT183) ;
camera-lucida drawing in ventral (A) and dorsal view (B) and parasagittal section (C). orb, orbital margin.
condyles articulaires allongés transversalement et assez proches de l’axe de la cuirasse
thoracique (cd. fig, 5, A) et, enfin, le bord antérieur plongeant de la plaque rostropinéale
(fig. 4, C). Cependant, quelques caractères évoquent plutôt les Brachythoracides. Ce sont, par
exemple, le processus latéral de la plaque spinale assez court et rectiligne (SP, fig. 5. A), la lame
postbranchiale large et ornementée (pbr, fig. 5, A) et la plaque paranuchale large, sans
décrochement marqué au niveau du sillon pour la ligne latérale principale (fig. 3, Al). Le
caractère le plus singulier de cette espèce est la profondeur du sinus latéral du bord postérieur
de la cuirasse thoracique (sinp, fig. 5 et 6). En effet, celui-ci atteint presque le niveau de la
fenêtre pectorale, tandis que les bords postérieurs dorsaux et ventraux (plaques médiane
dorsale et ventrolatèrales postérieures principalement) s'étendent relativement loin vers l’arrière
(fig. 6, A et 8, C). Cette morphologie de la cuirasse thoracique rappelle celle du
Brachythoracide Gemuendenaspis des Schistes de l’Hunsrück (Emsien) d’Allemagne (Miles,
1962) et des Brachythoracides en général, mais on la trouve aussi, à un moindre degré, chez
quelques Phlyctaeniides typiques du Dévonien inférieur.
Description
Les quelques plaques isolées découvertes dans la même lentille que la cuirasse thoracique
désignée comme holotype sont attribuées à la même espèce sur la base de leur ornementation
Fig. 5. — Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp., Dévonien moyen?, Grès de Ly Hoa, cap de Ly Hoa, province de
Quang Binh, Viêt-nam. Cuirasse thoracique incomplète (holotype, BT180) en vue dorsale (A) et ventrale (B) ; dessin
à la chambre claire, sections et parties manquantes hachurées, cd, condyles articulaires ; fpec, fenêtre pectorale ;
pbr, lame postbranchiale ; psbgl, processus subglénoidien ; sav, sillon antéro-ventral ; sinp, sinus postéro-latéral ;
SP, plaque spinale.
Lyhoalepis duckhoai nov. gen.. nov. sp., Midtlle Devonian ?, Ly Hoa sandstone, Ly Hoa Cape, Quang Binh
Province, Vietnam. Incomplète thoracic armour (holotype, BT180) in dorsal (A) and ventral (B) views ; camera-lucida
drawing, broken and missing areas hatched. cd, articular condyle ; fpec, pectoral fenestra ; pbrl, postbranchial lamina ;
psbgl, subglenoid process ; sav, anteroventral transverse groove ; sinp, postérolatéral embayment ; SP, spinal plate.
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A
Fig. 6. — Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp.. Dévonien moyen ?, Grès de Ly Hoa, cap de Ly Hoa, province de
Quang Binh, Viêt-nam. Cuirasse thoracique incomplète (holotype, BT 180) en vue latérale sans la plaque spinale (A)
et section verticale oblique de l'exosquelette (hachuré) visible sur la surface postérieure du spécimen (B) ; l'angle
que forme cette surface par rapport au plan sagittal est visible sur la figure S ; dessin à la chambre claire,
emv, épaississement médian ventral de la plaque médiane dorsale ; fpec , fenêtre pectorale ; sinp, sinus postéro¬
latéral.
Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp. Middle Devonian?, Ly Hoa sundstone, Ly Hoa Cape. Quang Binh
Province, Vietnam. Incomplète thoracic armour (holotype, BT ISO) in right latéral view without spinal plate (A) and
vertical, oblique section of the exoskeleton (hatched) as it appears on the posterior surface of the specimen (B ; for
the angle of this surface relatively to the sagittal plane, see figure 5) ; camera-lucida drawing. emv, médian ventral
thickening of the médian dorsal plate : fpec, pectoral fenestra ; sinp, postérolatéral embayment.
très similaire (grands tubercules tendant à former des rangées) ainsi que de la compatibilité de
leur taille.
1. Toit crânien
La plaque du toit crânien la mieux conservée est une paranuchale (ftg. 3, A, pl. III, 2),
dont les sutures avec les plaques adjacentes sont toutefois indistinctes. Cette plaque est assez
large et les bords postérieur et obstantique forment entre eux un angle très ouvert (environ
130°). Son ornementation externe est constituée de tubercules assez gros et alignés en rangées
parallèles au bord obstantique. Le foramen endolymphatique (fend, fig. 3, Al) est situé assez
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loin du processus para-articulaire. La fosse articulaire (art, fig. 3, A3) est allongée trans¬
versalement et son rebord dorsal est plus développé que son rebord ventral. Le processus
para-articulaire (prpart, fig. 3, Al-3) est bien marqué et a la forme d'une languette en gouttière,
dont un bord prolonge latéralement le rebord ventral de la fosse articulaire et l'autre bord
prolonge le rebord dorsal. Le bord obstamique présente une étroite surface de recouvrement
pour le bord obstantique de la plaque antérolatérale. La face ventrale de la plaque montre une
fosse cucullaire peu profonde (feu. fig 3, A2) et un très léger épaississement nuchal postérieur
(epnu, fig. 3, A2), qui borde ventralement la fosse articulaire. Peu de sillons sensoriels sont
visibles, à l'exception de la crosse postérieure de la ligne latérale principale (llp, fig. 3, Al) et de la
commissure occipitale transverse (occ, fig. 3, Al) qui se dirige vers la plaque nuehale adjacente.
Un fragment attribué à la partie antéro-latérale gauche du toit crânien (fig. 3, B, pl. 111, 1)
montre un sillon sensoriel rectiligne qui est probablement le sillon central (sc, fig. 3, B2) et une
petite portion du bord postérieur du processus postorbitaire dermique En vue ventrale, ce
fragment montre une légère crête longitudinale (epl, fig. 3, Bl). correspondant à l’épaississe¬
ment longitudinal latéral.
Enfin, une plaque rostropinéale incomplète, peut-être associée à la plaque postnasale
gauche (fig. 4, pl. 111, 3) possède un rebord antérieur presque rectiligne en vue dorsale et
plongeant postéro-ventralement (fig. 4, C). En vue ventrale, ce fragment montre une partie du
toit orbitaire et du bord antérieur de l’orbite (orb, fig. 4, A).
2. Cuirasse thoracique
L’holotype de L. duckhoai est une cuirasse thoracique incomplète et légèrement écrasée
dorso-ventralement (fig. 5 et 6, pl. I et II) mais qui en a permis une reconstitution (fig. 7).
Seules la pointe postérieure de la plaque spinale et les limites postérieures des faces dorsales et
ventrales de la cuirasse sont inconnues L’ornementation de cette cuirasse est très semblable à
celle des os dermiques du toit crânien et consiste en gros tubercules qui tendent à former des
rangées dans les régions dorso-latèrales et ventro-latérales. Aucune suture n’est observable avec
certitude, à l’exception peut-être du bord dorsal de la plaque antérolatérale (fig. 5, A). Toutes
les autres lignes de discontinuité observées, en particulier sur la face ventrale, sont
vraisemblablement des cassures, comme l’a montré une radiographie.
Seul le condyle articulaire gauche est complet (cd, fig. 5, A). Il est allongé transversalement
et bordé ventro-latéralement par un petit processus subtrochléaire ou subgléno’idien (psbgl,
fig. 5, A). Le bord dorsal des condyles est prolongé médialement par une fine lame qui s’étend
peut-être jusque sur la plaque médiane dorsale. En vue dorsale, cette, cuirasse frappe par
l’extension antérieure de la région subcéphalique, qui ne semble pas être uniquement due à
l’effet de l'écrasement dorso-ventral. Celle-ci est bordée latéralement et antérieurement par une
large lame postbranchiale (des plaques antéro-latérales et intéro-latérales) ornementée de
rangées de tubercules triangulaires dont la pointe est dirigée vers l’extérieur (pbr, fig. 5, A). En
vue ventrale, un sillon transversal longe le bord antérieur de la région subcéphalique,
approximativement à la limite entre ies plaques intêrolatèrale et ventrolatèrale antérieure (sav,
fig. 5, B).
Le processus latéral de la plaque spinale (SP, fig. 5, A) est court, bien que son extrémité
postérieure ne soit pas conservée, et il a un bord latéral rectiligne qui se prolonge
antérieurement vers l’angle de la région subcéphalique. La fenêtre pectorale n’est bien
7. — Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp., essai de reconstitution de la cuirasse thoracique en vues dorsale (A),
ventrale (B) et latérale (C).
Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp., attempted reconstruction of the thoracic armour in dorsal (A), ven¬
tral (B) and right latéral (C) views.
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observable que sur le côté droit (fpec, fig. 5, B) en raison du léger déplacement de la région
correspondant approximativement à la plaque ventrolatèrale antérieure du côté gauche, Elle est
assez petite et fermée postérieurement. Bien que la limite postérieure précise des régions
médianes dorsale et ventrale de la cuirasse ne soit pas conservée, celle des flancs est nettement
visible sur le côté droit et montre une profonde èchancure arrondie, ou sinus, qui s'étend vers
l’avant jusqu'à une courte distance de la fenêtre pectorale (sinp, fig. 5 B ; 6 A).
La section postérieure de la pièce (oblique par rapport au plan sagittal de la cuirasse)
montre que la plaque médiane dorsale ne présente pas de quille ventrale, même dans sa partie
postérieure. Seul est visible un léger épaississement de l’os (emv, fig. 6, B), correspondant à une
crête médiane basse.
Comparaison
Comme cela a été souligné plus haut, L. duckhoai évoque les Phlyctaenii par l’étroite
fusion de ses plaques dermiques de la cuirasse et du toit crânien, mais la plupart des autres
ressemblances avec ce groupe (position et forme des condyles articulaires, ornementation,
forme de la plaque spinale, forme de la rostro-pinéale) sont probablement des caractères
généraux de Phlyctaenioidei. Parmi les Phlyctaenii du Dévonien inférieur, certains présentent
des proportions voisines de celles de Lyhoalepis, en particulier Arctaspis holtedahli Heintz, du
Dévonien inférieur du Spitsberg, qui possède un sinus postéro-latéral assez profond et un
processus latéral de la plaque spinale assez court (Heintz. 1929, fig. 22). Son ornementation
est cependant bien différente celle de Lyhoalepis. D’autres Phlyctaenii à plaque spinale courte,
comme Huginaspis (Heintz, 1929), sont également connus dans l’Emsien-Eifélien du Spitsberg,
mais leur cuirasse thoracique demeure très allongée, Nous avons mentionné plus haut une
ressemblance entre Lyhoalepis et le Brachythoracide primitif Gemuendenaspis angusta
(Traquair) (Miles. 1962) en particulier par le profond sinus postéro-latéral de la cuirasse
thoracique. Comme chez Lyhoalepis, on y trouve un foramen endolymphatique en position très
antérieure, une commissure occipitale complète et une plaque spinale courle. En revanche, les
plaques de Gemuendenaspis ne sont pas fusionnées et présentent de larges surfaces de
recouvrement. Toutefois, cette comparaison doit être assortie d'une grande prudence, car les
reconstitutions de Guemuendenaspis sont fondées sur un seul exemplaire très déformé.
Aucun Arthrodire comparable à Lyhoalepis n’est connu dans le Dévonien de Chine, à
l’exception peut-être de « Parawilliamsaspis » yujiangensis Liu (1980), du Dévonien moyen du
Guangxi dont le plastron ventral (seul matériel connu) semble également présenter des plaques
fusionnées.
CONCLUSION
Lyhoalepis présente donc un assemblage de caractères généraux pour les Phlyctaenioïdes
ou les Phlyctaeniides et de caractères uniques, ce qui le rend difficilement comparable à d’autres
Phlyctaenioïdes particuliers. De ce fait, il n’apporte que peu d’indications d’ordre biostrati-
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graphique ou biogéographique. On peut se limiter à souligner le fait qu’aucun Arthrodire
présentant une telle fusion des plaques thoraciques ne passe la limite Givétien/Frasnien et que,
en outre, les Arthrodires Phlyctaenioïdes non-Brachythoracides (c’est-à-dire les Phlyctaeniides,
si l’on admet leur monophylie) sont extrêmement rares au-delà du Givétien (Groenlandaspi-
didés, Neophlyctaemus ). Par ailleurs, la brièveté de la cuirasse thoracique de Lyhoalepis , en
particulier au niveau des flancs, ainsi que le processus latéral de sa plaque spinale assez court,
évoqueraient plus les Phlyctaeniides de la base du Dévonien moyen ou du sommet du Dévonien
inférieur (notamment Phlyctaemus, Young, 1983, ou Huginaspis, Hfintz 1929) que ceux de la
base du Dévonien inférieur (Goujet, 1984), chez qui la plaque spinale et la cuirasse thoracique
sont généralement longues (à l’exception d Arctaspis holtedahH). La valeur slratigraphique de
cette appréciation demeure néanmoins extrêmement ténue et ne peut être prise en compte pour
une datation des Grès de Ly Hoa.
Le même problème se pose quant aux affinités biogèographiques de cette nouvelle espèce.
S'il est probable qu’elle était inféodée aux milieux marginaux du bloc Indochinois, il est en
revanche difficile de préciser ses affinités biogéographiques. A première vue, elle ne semble pas
présenter d’affinités particulières avec des Arthrodires du Dévonien de Chine. Il faut aussi
noter que ce premier gisement de poissons dévoniens du Trung Bo n'a livré aucun des taxons
classiques endémiques au bloc Sud-Chinois (Galéaspides, Youngolépidès, Yunnanolépiformes).
Il s’agit là, bien entendu, d’un argument négatif qui ne permet pas d’avancer une hypothèse
quant à la position relative du bloc Indochinois au Dévonien.
Remerciements
Ce travail a été réalisé dans le cadre du Programme de Recherches Fondamentales en Sciences
Naturelles (KT 04) du Viêt-nam et avec l’aide du Grant 5089/93 de la National Géographie Society
(USA). Les photographies sont de D. Serrette (Paris).
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Manuscrit reçu le 13 juin 1994.
Manuscrit révisé reçu le 2 août 1994.
Planche I
Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp.. Dévonien moyen ?, Grès de Ly Hoa, cap de Ly Hoa, province de Quang
Binh, Viêt-nam. Cuirasse thoracique incomplète (holotype, BT180). 1, vue dorsale (x 3) ; 2, vue latérale droite (x 3).
Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp., Middle Devonian ?, Ly Hoa sandstone, Ly Hoa Cape, Quang Binh Province,
Vietnam. Incomplète thoracic armour (holotype, BTI80) : 1, dorsal view (x 3) ; 2, right latéral view ( x 3).
PLANCHE I
Planche II
Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp., Dévonien moyen ?, Grès de Ly Hoa, cap de Ly Hoa, province de Quang
Binh, Viêt-nam. Cuirasse thoracique incomplète (holotype, BT180). 1, vue ventrale (x 3) ; 2, vue postérieure montrant
la section oblique de la cuirasse ( x 3).
Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp., Middle Devonian ?, Ly Hoa sandstone, Ly Hoa Cape, Quang Binh Province,
Vietnam. Incomplète thoracic armour (holotype, BT180). 1, ventral view ( x 3) ; 2, posterior view showing the oblique
section of the armour (x 3).
— 278 —
Planche III
Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp., Dévonien moyen ?, Grès de Ly Hoa, cap de Ly Hoa, province de Quang
Binh, Viêt-nam. 1, fragment présumé de la partie latérale gauche d’un toit crânien (BT182) en vue dorsale (x 3);
2, plaque paranuchale gauche (BT181) en vue dorsale (x 3); 3, portion gauche d’une plaque rostropinéale (BT183),
peut-être associée à la plaque postnasale, en vue dorsale ( x 3) ; 4, portion latérale présumée d’une plaque ventrolatérale
antérieure (BT184) en vue latérale (x 3).
Lyhoalepis duckhoai nov. gen., nov. sp., Middle Devonian ?, Ly Hoa sandstone, Ly Hoa Cape, Quang Binh Province,
Vietnam. 1, presumed fragment of the left side of a skull-roof (BT182) in dorsal view (x 3) ; 2, left paranuchal plate
(BTI81) in dorsal view ( x 3) ; 3, left portion of a rostropineal plate (BT 183) and possibly associated postnasal plate in
dorsal view ( x 3) ; 4, presumed latéral portion of an anterior ventrolateral plate (BT184) in latéral view ( x 3).
Bull. Mus. natl. Hist. nat., Paris, 4 e sér., 16, 1994 (1995),
section C, ri' 2-4 : 281-289.
Étude morphologique
et signification phylogénétique de la boîte crânienne
d’un Archosauriforme (Diapsida, Archosauromorpha) du Trias
de la Série de Zarzaïtine (Algérie)
par Nor-Eddine Jalil
Résumé. — La boîte crânienne d’un Archosauriforme du Trias de la Série de Zarzaïtine ( Algérie) est
décrite. Plusieurs caractères, notamment sa crête prootique bien développée, sa paroi latérale bien ossifiée,
sa fenêtre métotique divisée et la présence du foramen pour la carotide interne à la base du corps du
basisphénoïde, latéralement au processus basisphénoïdien, ont permis de l’attribuer au clade Archo-
sauria + Proterochampsidae.
Mots-clés. — Archosauria I Proterochampsidae (Vertebrata), Trias, Algérie, boîte crânienne, ana¬
tomie.
Abstract. — Murphulogical sludy and phylogenetic significunce Of lhe bruineuse of an archosauriform
(Diapsida , Archosauromorpha) front lhe Triassic of the Zarzaitine sériés (Algeria). Abundant, but
fragmentary material was collected from the Triassic of the Zarzaitine sériés (Triassic, Algeria), in 1957
by Lapparent and Busson, and then by Busson in the beginning of the 196Û’s. The archosauriform
braincase described here belongs to this material and is deposited in the Laboratoire de Paléontologie of
the Muséum national d’HistoiTe naturelle, Paris, under the number ZAR 20. This braincase is attributed
to a clade Archosauria + Proterochampsidae on lhe basis of four characler-states. Ils well developed crista
prootica, lhe extensive participation of the para-basisphenoid in the well ossilïed latéral wall, the
occurrence of a metotie fenestra divided into two openings (for the vagus (X) and aecessory (XI) nerves
on the one hand and for the passage for the glossopharyngeal nerve (IX) and the perüymphatic duel on
the other), and the foramen for the internai carotid artery which enters the body of the basisphenoid
laterally to the basipterygoid process constitute those characters.
Keywords. — Archosauria + Proterochampsidae (Vertebrata), Triassic, Algeria, neurocranium, ana-
tomy.
N.-E. Ialil, Laboratoire de Paléontologie, Muséum national d’Histoire naturelle. 8, rue Buffon F-75005 Paris.
La Série de Zarzaïtine affleure dans le sud-est algérien, près de la frontière avec la Libye.
Elle surmonte la Série de Tiguentourine datée du Carbonifère supérieur au Permien inférieur
(Attar et al., 1981 ; Lefranc & Guiraud, 1990) et est surmontée par la Série de Taouratine
du Jurassique moyen à supérieur (Lefranc & Guiraud, 1990) ou Crétacé supérieur (Busson
& Cornée, 1989).
Un matériel abondant mais fragmentaire fut récolté dans la Série de Zarzaïtine par
Lapparent et Busson en 1957 (Lapparent, 1958), puis par Busson au début des années
— 282 —
soixante (comm. pers.). De nombreux travaux ont montré la diversité des vertébrés de cette
série (Lehman, 1957, 1965, 1971 ; Coudron, 1961 ; Jalil, 1990, 1994 ; J alu, et al ., sous presse ;
Welles, 1993). La boîte crânienne décrite ici fait partie de ce matériel. Elle est conservée au
Laboratoire de Paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, sous le numéro
ZAR 20.
DESCRIPTION
La boite crânienne ZAR 20, presque complète, est étroite en vue axiale (fig. 2 ; pl. I, 1 et
2). La face occipitale est plate. Le condyle occipital, en forme de croissant, est petit par rapport
à la grande taille du foramen magnum ovoïde (pl. 1, 1).
Le basioccipital forme une grande partie du condyle occipital. Sa participation au foramen
magnum et au plancher de la cavité céphalique est réduite à une étroite bande ümitèe
latéralement par les deux exoccipitaux (pl. I, 1). Une profonde dépression ventrolatérale du
basioccipital sépare le condyle occipital de la base des tubercules sphénoccipitaux. Une crête
latérale s’étend de la base du tubercule sphènoccipital gauche vers l’extrémité antérieure de
l’exocdpital et pourrait correspondre à la limite entre le basioccipital et le basisphénoïde
(pl. I, 7).
Les exoccipitaux forment les deux branches dorsolatérales du condyle occipital. Ils sont
triangulaires en vue latérale et sont percés par le foramen de sortie du nerf hypoglosse (XII)
(fig. 1 ; pl. I, 6 et 7). Antérieurement, ils forment avec le basioccipital le bord postérieur de la
fenêtre métotique où sont individualisés deux foramens. Le plus postérieur, antérodorsal au
foramen du nerf hypoglosse, correspond au foramen des nerfs vague (X) et accessoire (XI). Le
deuxième foramen, qui est plus antérieur et ventral, correspond au foramen de sortie du nerf
glossopharyngien (IX) et à l’ouverture du conduit périlymphatique (fig. I ; pl. I, 6 et 7).
Seul l'emplacement du processus paroccipital gauche est visible. Les processus paroccipi-
taux semblent faire partie du contour du foramen magnum (pl. I, 1).
Le supraoccipital forme le bord dorsal du foramen magnum et plus du tiers supérieur de
la hauteur conservée de la face occipitale (pl. I, 1). Ses limites antérolatérales avec le prootique
et l’opisthotique ne sont pas visibles.
Le basisphénoïde forme le plancher de la cavité encéphalique en avant du basioccipital. Ses
limites avec le parasphénoïde ne sont pas visibles. Seule la base du processus cultriforme du
parasphénoïde semble être conservée (fig. 1, 2 ; pl. I, 2, 6 et 7). Le parabasisphénoïde participe
de façon importante à la paroi latérale bien ossifiée de la boîte crânienne (fig. 1 ; pl. I, 6 et 7).
Les processus basiptèrygoïdiens sont plus allongés ventralement et sont situés latéralement par
rapport aux tubercules sphénoccipitaux. Comme ces derniers, ils sont orientés ventrolatérale-
ment et postérieurement (fig. 1,2 ; pl. I, 4, 6 et 7). Deux profondes fosses médianes pour la
musculature hypaxiale séparent chacun des tubercules sphénoccipitaux et processus basiptéry-
goïdiens à leurs bases (pl. I, 4). Cette organisation du basisphénoïde de ZAR 20 rappelle celle
des Prosauropodes Coloradia, Plateosaurus et Thecodoniosaurus (Bonaparte, 1978 ; Galton,
1984 ; Galton & Bakker, 1985). La boîte crânienne de Plateosaurus engelhardti (Galton,
1984, fig. 4) présente en plus la même compression latérale que ZAR 20. Toutefois, les
— 283 —
Fig. 1. — Archosauria + Proterochampsidae gen. et sp. indet. du Trias de la Série de Zarzaïtine (Algérie) : boîte
crânienne en vue latérale droite. Échelle : 1 cm.
Abrév. : bo, basioccipital ; bt. c. car. int.. branche cérébrale de l'artère carotide interne; c. e., cavité encé¬
phalique ; c. i.. crista interfeneslralis ; c. p.. conduit përilymphatique ; c, pro.. crête prootique ; c. U, canal
tympanique ; d. s., dorsurn sellae , f. m., fenêtre méiotique ; f. o„ fenêtre clique, f. p,, fosse pituitaire ; f. s., fosse
subareuate; op, opisthotique , pii ant,, pila an loties ; pr. bsph , processus basisphénoïdien ; ?pr. cuit, processus
cultriforme du parasphénoïde ; pr. sph. occ., processus sphènocapital ; pro, prootique ; so, supraoccipital ; s. t„ selle
turcique ; V, nerf trijumeau ; VI, nerf abducens ; br. pal. VII et br. hyo. VII, branches palatine et hyomandibulaire
du nerf facial ; IX, nerf glossopharyngien ; X, nerf vague ; XI, nerf accessoire ; XII, nerf hypoglosse.
Arcbosauria + Proterochampsidae gen et sp. indet. J rom the Triassic of fhe Zarzaitine sériés (Algeria) ; braincase
in right latéral view. Seule bar : J cm.
Abbr. : ho, basiocciptal ; br. c. car. int., cérébral branch of the internai carotid artery ; c. e., brain cavity ;
c. i., crista interfeneslralis ; c. p., perilymphatic duct ; c. pro., crista prootica ; c. t., tympanic canal; d. s., dorsum
sellae ; f. m., metntic fenestra ; f. a., otic fenestra ; f. p., pituitary /orra; f. s., subareuate fossa ; op, opsithotic ;
pii. ant., pila antolica ; pr. bsph., basisphenoid process ; ?pr. cuit., cultriform process ; pr. sph. occ., sphenoccipital
process ; pro, prootic ; so, supraoccipital ; s. t., sella turcica ; V, trigeminal nerve ; VI, abducens nerve ; br. pal. VII
and br. hyo. VU, palatal and hyomandibular branches of the facial nerve ; IX, glossopharyngeal nerve ; X, vagus nerve ;
XII, hypoglosse nerve.
— 284 —
i .j
Fig. 2. — Archosauria + Proterochampsidae gen. et sp. indet. du Trias de la Série de Zarzaïtine (Algérie) : boîte
crânienne en vue antérieure. Échelle : 1 cm.
Archosauria + Proterochampsidae gen. et sp. indet. from the Triassic of the Zarzaitine sériés (Algeria) : braincase
in anterior view. Scale bar : 1 cm.
Prosauropodes se distinguent de ZAR 20 par la position beaucoup plus ventrale des processus
basiptérygoïdiens et du processus cultriforme par rapport au condyle occipital (Galton, 1990).
Par ailleurs, Plateosaurus se distingue en plus par une crête transversale et des sillons
longitudinaux sur la surface ventrale du basisphénoïde.
La branche cérébrale de l’artère carotide interne pénètre le basisphénoïde par un foramen
latéral situé à la base du processus basiptérygoïdien (fig. 1 ; pl. 1, 6). Ce trajet de la carotide
interne est un caractère dérivé chez les Archosauriformes, caractérisant les Archosauria et les
Proterochampsidae, par rapport à l’état plésiomorphe chez les autres amniotes où la carotide
interne pénètre le basisphénoïde ventralement entre les deux processus basiptérygoïdiens
(Parrish, 1993).
La selle turcique creusée dans le basisphénoïde est visible en vue antérieure (fig. 2 ; pl. I,
2, 3 et 5). Sa paroi postérieure, la dorsum sellae, porte une faible crête osseuse longitudinale
médiane qui sépare deux compartiments pour l’insertion des muscles bursalis et retractor bulbi
des yeux (Sâve-Sôdbrbergh, 1946). Deux paires de foramens creusent le plancher de la selle
— 285 —
turcique. Il s'agit des foramens pour les nerfs crâniens abducens (VI) postérolatéralement, et
les branches cérébrales des artères des carotides internes antéromédialement (fig. 2 ; pl. I, 2, 3
et 5). Très antérieurement se trouve la fosse pituitaire pour l’hypophyse. Dorsalement le
basisphénoïde est séparé du prootique par un petit espace, occupé par du sédiment, qui était
certainement rempli par du cartilage.
En vue latérale, le prootique est traversé par la crête prootique bien développée et orientée
postérodorsalement (fig. 1 , pl. I, 6 et 7). Cette dernière, qui est absente chez le Thérapside
Placerias, le Captorhinomorphe Captorhitms, les Diapsides Petrolacosaurus , Youngina et
Sphenodon (Price, 1935 ; Camp & Welles, 1956 ; Evans, 1986, 1987 ; Reisz, 1981), caractérise
certains Lépidosauriens avancés et les Archosauromorphes. Le prootique émet un processus
dorsal, la pila antotica, qui forme la limite antérieure de l’incisure prootique pour le nerf
trijumeau (V) (fig. I ; pl. I, 6 et 7). La pila antotica bien développée et les surfaces rugueuses
sur les bords dorsaux des pro- et opislhotiques, pouvant correspondre à des surfaces
articulaires avec le latérosphénoïde, laissent supposer que ce dernier était bien ossifié chez
ZAR 20. Un latérosphénoïde bien ossifié est une caractéristique des Archosauriformes (Clark
et al., 1993). Chez les Archosauromorphes primitifs : les Rhynchosaures et Prolacerta
dépourvus d’un latérosphénoïde bien ossifié, la pila antotica reste discrète et étroite
(Chatterjee, 1974 ; Gow, 1975 ; Benton, 1983 ; Evans, 1986). Les deux pila antotica sont
reliées par un pont osseux vertical, le dorsum sellae Un fin sillon sur le bord antérieur de la
pila antotica trace le trajet du nerf abducens à l’extérieur de la selle turcique (fig. 1,2; pl. I,
2 et 6). Le foramen pour le nerf facial (VII) creuse la paroi latérale du prootique juste en
dessous de la crista prootica. Un sillon longitudinal part de ce foramen et creuse le prootique
et le basisphénoïde. Il correspond au trajet de la branche palatine du nerf facial. Le trajet de
la branche hyomandibulaire du nerf facial semble être indiqué par un sillon qui creuse le
basisphénoïde ventralement le long du bord postérieur du processus basiptérygoidien (fig. 1 ;
pl. I, 6).
La fosse subarcuate, qui accueillait la portion latérale du cerebellum, le fiocculus, est
visible sous forme d’une dépression sur le côté médian de la paroi latérale du prootique
(fig. 2 ; pl. I, 2, 3 et 5).
Une fine ligne postérodorsale part du bord postérodorsal de la fenêtre otique et pourrait
correspondre à la limite entre le prootique et l’opisthotique. Le bord dorsal et la moitié
antérieure de la capsule otique seraient ainsi constitués par le prootique, avec une faible
contribution ventrale du basisphénoïde. Lu cavité vestibulaire contenant l’utricule et le saceule
est arrondie antérieurement et est légèrement comprimée latéralement. Dorsalement à cette
cavité et sur le côté médian des parois latérales, se trouvent deux renflements formant un V à
pointe postérieure. Ils correspondent certainement à l’emplacement des canaux semi-circulaires
de l’oreille interne
L’opisthotique forme le bord postérieur de la fenêtre otique, Il émet un processus ventral
en forme de massue qui, avec un prolongement dorsal du basisphénoïde et probablement aussi
du basioccipital, forment la crista interfenestralis séparant la fenêtre otique de la fissure
métotique (fig. 1 ; pl. I, 6 et 7). Ce processus ventral de l’opisthotique est très semblable à celui
décrit chez Prolacerta, Euparkeria , Proterosuchus et Mesosuchus (Cruikshank, 1970, 1972;
Evans, 1986). Le canal tympanique, orienté postérolatéralement, creuse l’opisthotique en un
fin canal qui s’étend du bord postérodorsal de la fenêtre otique jusqu’à la base du processus
paroccipital (fig. 1).
— 286 —
DISCUSSION
La présence d’une crête prootique et d’une pila antotica bien développées, l'importante
participation du para-basisphénoïde à la paroi latérale de la boîte crânienne, qui est bien
ossifiée, le processus ventral de l’opisthotique en forme de massue et la fenêtre métotique
divisée suggèrent d’attribuer ZAR 20 aux Archosauromorphes. Par ailleurs, ZAR 20 partage
un caractère dérivé avec le clade Archosauria + Proterochampsidae (le foramen pour la carotide
interne qui pénètre le corps du basisphénoïde latéralement aux processus basiptérygoïdiens)
(Parrish, 1993). Les autres caractères utilisés dans la recherche des relations phylogénétiques
des Archosauriformes entre eux ne concernent pas la boîte crânienne et sont par conséquent
hors de propos dans cette analyse (Benton, 1985, 1990; Benton & Clark, 1988; Novas,
1992). Par ailleurs, et en dépit des ressemblances entre ZAR 20 et la boîte crânienne de certains
Prosauropodes notamment Plateosaurus engelhardti (compression latérale, orientation posté-
roventrale des processus basiptérygoïdiens), il serait préférable de limiter l’attribution de
ZAR 20 au clade Archosauria + Proterochampsidae car, pour le moment, il n’existe aucun
caractère dérivé permettant de l’attribuer avec certitude à aucun des deux taxons Archosauria
ou Proterochampsidae, ni au groupe des Prosauropodes.
Remerciements
L’auteur remercie M. le Pr. Ph. Taquet pour lui avoir permis d’étudier le matériel de la Série de
Zarzaïtine, MM. Ph. Janvier et H.-D. Sues pour leurs conseils et critiques à la lecture du manuscrit
préliminaire ainsi que Mme F. Pilard et Mlle N. Kinefuchi pour leur aide dans la réalisation des
planches. Les photographies ont été réalisées par MM. D. Serrette et L. Merlette.
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Manuscrit reçu le 19 août 1994.
Manuscrit révisé reçu le 10 septembre 1994.
Planche I
Archosauria + Proterochampsidae gen. et sp. indet. de la Série de Zarzaïtine (Trias, Algérie) : boîte crânienne en
vues postérieure, (1) ; antérieure, (2) ; antéro-dorsale, (3) ; ventrale (4) ; dorsale, (5) ; latérale droite, (6) ; et latérale
gauche (7). Échelle : 1 cm.
Archosauria + Proterochampsidae gen. et sp. indet., from the Zarzaitine sériés (Algeria, Triassic) : braincase in
posterior, (1) ; anterior, (2) ; anterodorsal, (3) ; ventral, (4) ; dorsal, (5) ; right latéral, (6) ; and left latéral (7) views.
Scale bar : 1 cm.
PLANCHE I
Bull. Mus. natl. Hist. nat., Paris, 4 e sér., 16, 1994 (1995),
section C, n° 2-4 : 291-312.
Further data and reflexions
on the tribosphenid mammals (Tribotheria)
from the Early Cretaceous of Morocco
by Denise Sigogneau-Russell
Abstract. — In this paper are described 11 new teeth or fragments of teeth from the ?Berriasian of
the Haut Atlas Oriental of Morocco, belonging to primitive tribosphenid mammals. The new material
increases significantly our knowledge of the previously de sert bed taxa : Tribolheriwn africanum
Sigogneau-RusseJl, 1991 and Hypumylos phelizoni Sigogneau-Russell, 1992, and permits the récognition of
a third one for a very small form, H. micros sp. nov. It appears more and more probable that the
metatherian and eutherian lines were only two among the several lines that evolved from the earliest
tribosphenids, themselves conceivably differentiated at the end of the Jurassic.
Keywords. Tribosphenic mammals, Early Cretaceous, Morocco, metacristid, évolution.
Résumé. — Données et considérations nouvelles sur les mammifères tribosphéniques (Tribotheria) du
Crétacé inférieur du Maroc Cet article décrit 11 nouvelles dents ou fragments en provenance du Haut
Atlas oriental marocain, ayant appartenu à des mammifères tribosphéniques de niveau primitif, Ces
nouvelles pièces accroissent notablement notre connaissance des taxons antérieurement définis Tribothe-
rium africanum Sigogneau-Russell, 199) et Hypomylosphelisopi Sigogneau-Russell, 1992, et permettent de
proposer un troisième taxon pour une très petite forme, H micros nov. sp Enfin cinq spécimens restent
de position systématique incertaine, L’étude de ces nouveaux échantillons est aussi l’occasion de retracer,
dans la lignée prètribosphénique, l’évolution de la partie postérieure du trigonide des molaires inférieures
(en rapport avec le retrait du paracone, le développement du métacone et l’amorce du protocone des
molaires supérieures) depuis le Jurassique moyen jusqu'à la fin du Crétacé inférieur. L’âge de cette faune
marocaine reste imprécis, mais la persistance de la mètacristide et l'absence d'un talonide tricupside sur
les molaires tribosphéniques inférieures récoltées dans ce gisement parlent en faveur d'un âge crétacé tout
à fait inférieur. Enfin les caractères dérivés présents sur ces dents (étroit plateau labial aux molaires
supérieures, très petit paraconide aux molaires inférieures) pourraient être invoqués pour placer les taxons
correspondants à la base de-la lignée euthèrienne ; mais il n’est pas exclu non plus qu’il s’agisse en fait
d’une branche latérale de Tribosphenida, groupe qui ne se réduit certainement pas aux seuls Euthèriens
et Mètathériens. Il semble en effet de plus en plus probable que de nombreux rameaux, dont ces deux
lignées, se soient rapidement différenciés à partir des premiers mammifères tribosphéniques, eux-mêmes
vraisemblablement apparus dès la fin du Jurassique.
Mots-clés. — Mammifères tribosphéniques, Crétacé basal, Maroc, mètacristide, évolution.
D. Sigogneau-Russeu., Laboratoire de Paléontologie du Muséum national d’Histoire naturelle et URA 12 du CNRS,
8, rue Buffon, F-7SQ05, Paris.
The Early Cretaceous Moroccan locality of Anoual, discovered by the author and
colleagues during a systematic prospection through the High Atlas Mountains in 1983, and
— 292 —
exploited in 1986 and 1988, has yielded a rich microveriebrate fauna which has already given
rise to 9 publications since 1988 (see in particular Sigogneau-Russell et al., 1990, for geology
and stratigraphy). As the sorting of the acid-desaggregated matrix slowly proceeds, new
éléments appear that slowly increase our knowledge of the tribosphenid mammals thriving in
that part of Gondwana at the beginning of the Cretaceous : since the 1991-1992 publications,
we hâve 11 additional tribosphenic teeth or fragments, 4 uppers and 7 lowers, which are
presented and commented upon. The following descriptions are based on views from the teeth
as inserted in the upper, or lower, jaws.
DESCRIPTION
Infraclass TRIBOTHERIA Bütler, 1978
Order and family indet.
Tribotherium africanum Sigogneau-Russell, 1991
This taxon, the first tribosphenic mammal to be described from the Mesozoic of Africa,
was until now known only by the type tooth (Sigogneau-Russell, 1991), an upper molar
crown (SA 39) lacking in the antero-labial corner. SA 72 (fïg. 1) is an almost complété right
crown (? Ml/) with the antero-labial corner intact but with a damaged posterior border;
moreover, the lingual root is preserved. It thus very appropriately allows the original
description to be completed ; the comparison with the other Early Cretaceous Tribosphenida
is also made clearer.
The size of SA 72 is very close to that of the type specimen SA 39 : length = 1.42 (1.19
for SA 39 but incomplète) ; width = 1.91 (SA 39, 1.80?)
The height and width of the paracone relative to the metacone are similar to those of SA
39 ; the same is true for the height and width of the protocone relative to the paracone ; and
also for the position of the paraconule relative to the protocone. Again the para- and metacone
are aligned longitudinally, but their latéral crests form a steep angle between them on the labial
side. The absence of an ectoflexus is confirmed. The labial cingulum follows approximately the
same course as in SA 39 with a slightly bigger bulge between stylocone and metastyle.
A first différence lies in the possibly smaller metaconule, and a much higher paraconule ;
cusp “ c ” appears also to hâve been smaller, more labial than posterior relative to the
metacone, and less protruding ; metastyle 1 is not preserved, but metastyle 2 is slightly more
prominent. The protocone does not lean so much forwards, the paracone-metacooe are flatter
lingually, while the metacone is more convex in labial view
Among the characters not observable on the type tooth are the great compression of the
lingual root corresponding to the narrowness of the protocone, the great development of the
stylocone labially and of the parastylar wing anteriorly ; the latter is indeed situated not only
anterior but lingual to the paracone, an unusual situation. The continuation of the paraconular
crest to the base of the parastyle in a very faint and low crest (anterior cingulum of Fox, 1975)
barely délimités a ledge anterior to the paracone.
— 293 —
D
Fig. 1. — Tribotherium africanum SA 72, right upper molar. A, occlusal view ; B, labial view ; C, anterior view ; D, the
same, with wear facets. ac, anterior cingulum ; “ c ”, cusp “ c ” ; m, metacone ; ms, metastyle ; mu, metaconule ;
p, paracone; pr, protocone : pu, paraconule; ps, parastyle : st, stylocone. I, 5, wear facets according to the
numérotation of Crompton. 1971, Hatching, wear surfaoes ; dots and cross-hatching, broken edges and surfaces.
Tribotherium africanum SA 72, molaire supérieure droite. A, vue oeelusale , B, vue labiale ; C. vue antérieure ;
D, la même, avec les facettes d'usure, ac, cingulum antérieur ; "c", tubercule "c” ; m, métaentte ; ms, màtastyle ;
mu, métacortule , p, paracone ; pr, protocone ; pu, paraconule ; ps, parastyle ; st, stylocone. 1,5, facettes d'usure selon
la numérotation de Crompton, 1971. Hachures, surfaces d’usure ; pointillés et contre-hachures, bords et surfaces brisés.
The central crests of the paracone and metacone (postparacrista and premetaensta) hâve
been lightly abraded ; so hâve the anterior crest of the paracone and that linking the latter to
the stylocone (preparacrista) ; the latter cusp has been strongly hollowed by wear. A wear facet 5
(Crompton, 1971) is discemible on the anterior side of the protocone, but not the facet 6,
which was identifiable on the type tooth. Facet 1, though very faint, ex tends low toward the tip of
the paracone ; finally, the cingulum has been touched by wear at the level of the paraconule.
Two left (SA 71) and right (SA 56) labial fragments appear to be attributable to the same
taxon. On SA 71 (fig. 2) (1g = 1.10) are preserved the paracone, metacone and the anterior
labial corner. The metacone is slightly shorter relative to the paracone than in the two previous
teeth, but the ensemble made by the two cusps is almost as concave labially as on the type. Still
labially, the cingulum is not irregular in its preserved part. The preserved crista remain very
fresh, but clear wear facets are visible on the posterior face of the paracone and apparent but
less clearly on the anterior face of the metacone ; the stylocone is again hollowed by wear.
— 294 —
B
D
Fio. 2. — Tribotherium africanum SA 71, labial part of a left upper molar. A, lingual view ; B, anterior view ; C, labial
view; D, occiusal view. (Abbr. as in fig. 1.)
Tribotherium africanum SA 71, partie labiale d’une molaire supérieure. A, vue linguale ; B, vue antérieure ;
C, vue labiale ; D, vue occlusale. (Abrév. voir fig. 1.)
SA 56 (fig. 3) (lg = 0.80) has the paracone, metacone and the postero-labial corner
preserved : the development of “ c " appears very similar to that of the type ; this cuspule is
again situated on the crest ascending from the metacone, halfway between it and the metastyle 1 ;
the latter, if correctly interpreted, is indeed situated upwards, Jabially and slightly anteriorly to
the level of cusp " c ” while in Pappotherinm and in Prokennolesles it is directly posterior to
it and hence posterior to the level of the metacone, it thus forms the postero-labial angle of
the tooth. Here this metastyle 1 is even more discrète than on the type tooth ; so is metastyle 2,
wbich is less bulbous (two metastyles are also identified as such in Pappoihenum by Crompton
and Kjelan-Jaworowska, 1978). This fragment, SA 56, is even fresher in préservation than
the previous one and wear has just started to show on the anterior sides of the paracone and
metacone.
Altogether, the primitive status of Tribotherium, recognized in 1991, is confirmed : the
small height and the narrowness of the protocone, in addition to its cylindrical shape, are more
primitive than even in deltatheridiids and quite different from that of ail placentals including
Prokennalestes. Other characters of similar significance are : the higli twinning of the para- and
metacone (only a very shallow valley is formed between the two lingually, instead of a deep V
as in Prokennalestes for example), and the smallness of the latter ; the small or inconstant
development of the unwinged conules ; the height of the stylocone, its situation in front of the
paracone, and the extension of the parastylar wing ; and finally the situation of cusp “ c ”, on
the ascending crest emanating from the metacone.
The alleged resemblances (Skïogneau-Russell, 1991) with the two Texan Albian généra,
Pappotherium and Holoclemensia, ail lie in primitive characters ; Tribotherium appears even
more primitive in the antenor cingulum being narrower and not so everted ; in fact the anterior
wall of the paracone remains the most anterior part of the tooth : this character places
Tribotherium just after the State represented by Potamoteises , which does not hâve a complété
295 —
Fig. 3. — Tribotherium africanum SA 56, labial part of a right upper molar. A, lingual view : B, posterior view ; C, labial
view; D, occlusal view. (Abbr. as in fig. 1.)
Tribotherium africanum SA 56, partie labiale d’une molaire supérieure droite. A, vue linguale ; B, vue
postérieure ; C, vue labiale ; D, vue occlusale. (Abrév. voir fig. I.)
anterior cingulum but only an anterior flange at the level of the parastyle, (and supposedly
Aegialodon Fox, 1975), and before that of these Albian généra; Tribotherium is also more
primitive than the latter in the flatter lingual face of the paracone and metacone (which recalls
the situation in Dellalheridium). Finally, the extension of the vvear surface on the vvhole height
of the anterior face of the paracone seems to attest to an intermediate stage of évolution
between the single rank and double rank shear (Fox, 1975). The large paraconule (in fact small
on the type) does not contradict that primitive State : in the process described by Fox, such a
cusp is initially a piercing device subsidiary to the protocone, as long as it remains unwinged
and close to that cusp.
But Tribotherium is at the same time more and differently denved than Potamotelses and
the Albian généra (fig. 4C) in the conical shape of the protocone (labially concave in the latter),
in the antero-lingual situation of the parastyle relative to the paracone (even if one interprets
SA 72 as an anterior molar), in the absence of an ectoflexus and the narrowness of the labial
shelf. These four character States defïnitely place the African genus on another line than that
leading to the Albian généra, contrary to what I pi oposed m 1991 ; perhaps doser, as suggested
by Kielan-Jaworowska (1992) to the base of the eutherian line (see fig. 4B comparing the
upper molar of Prokennalestes and Tribotherium ) but certainly not on il Prokennalestes is not
as specialized with respect to the labial shelf or the réduction of cusp “ c
This derived State of Tribotherium especially regarding the labial shelf has raised doubt as
to the Berriasian âge of the Anoual fauna. But, granted the fact that this âge is not defïnitely
founded, this State could also simply testify to the antiquity of the tribosphenic specialization,
as well as to the diversification which very soon followed this specialization.
In this perspective Peramus , hardly older than Tribotherium or Aegialodon but with only
an incipient (or vestigial ?) lingual cingulum, certamly represents a relict form. Confirmation
of this point is found in Palaeoxonodon Freeman, 1976, from the Bathonian of Kirtlington
(England), at least 30 millions years older than Peramus , and which has been defined on a
lower molar whose talonid is almost as developed as that of Peramus , only lacking the
hypoconid (or hypoconuüd).
— 296 —
Fig. 4. — A, Tribotherium africanum, reconstruction of an upper molar in occlusal view, from SA 39 and SA 72 ;
B, comparisoir between the upper molar of Tribotherium africanum and Prokennaiesles trofimovj (in dotted line) ;
C, comparison between (he upper molar of Tribotherium africanum and Holoclemensia texana (in dotted line). The
arrow is orienled towards the front.
,4. Tribotherium africanum. reconstitution d'une molaire supérieure en vue occlusale. ci partir de SA 39 et
SA 72 ; B, comparaison entre la molaire supérieure de Tribotherium africanum et Prokennalcstes trofïmovi (en
pointillés) ; C, comparaison entre la molaire, supérieure de Tribotherium africanum et Holoclemensia texana (en
pointillés). La flèche est orientée vers T avant.
Emended diagnosis of Tribotherium africanum : Tribotherian mammal whose upper molars are
provided with a somewhat anteriorly curved protocone, well individualized but remaining lower than the
metacone. Paracone much higher than the metacone. Conules small and unwinged. Cuspule “ c ” well
demarcated and situated high on the postmetacrista. Very narrow labial shelf, and reduced metastyles ;
no cusp C. No posterior cingulum (sensu Fox, 1975). Anterior cingulum joins the parastyle. Stylocone
prominent and anteriorly situated ; parastyle wide, and lingual to the level of the paracone. No ectoflexus.
TTribotherium africanum
We tentatively assign to this genus and species SA 74, a left lower molar, complété but for
the two talonid cusps which hâve been truncated ; the tip of the paraconid has also been broken
ofï, and the enamel has been badly eroded, which renders difficult the identification of the wear
facets (fig. 5).
The tooth (lg = 1.68 ; la = 0.90) is shorter than the type tooth (SA 54) of Hypomylos
phelizoni Cigogneau-Russell, 1992 (lg = 2.1 ; la = 1.0), and quite different morphologically.
The trigonid is more compact, with the protoconid being situated more directly labial to the
metaconid : the protoconid, then, does not hâve this long fiat lingual face, but a shorter one,
somewhat convex and posteriorly inclined anteriorly at the top ; it is consequently much more
compressed labially. In fact the metaconid is wider at the base than the protoconid, a reverse
situation with respect to that of SA 54 ; but, above ail, it stands much more vertically ; however
the posterior wall of the trigonid remains oblique. Though the para- and metaconid hâve the
same relative proportions as on SA 54, they are almost aligned lingually and practically meet
at their base. Finally, the antero-labial cuspule is here better individualized as a crest.
— 297 —
md
pi-d £
Fig. 5. — ?Tribotherium africanum. left lower molar SA 74. A, lingual view ; B, anterior view ; C, labial view ;
D, posterior view : E, occlusal view, ec, entocristid ; eu. a. la, antero-labial cuspule ; hu, hypoconulid ;
hy, hypoconid ; md. meiacomd : med, distal metacristid ; pd, paraconid , prd, protoconid ; ta, talonid. Hatching,
wear surfaces ; dots and eross-hatching, broken edges and surfaces.
?Tribotherium africanum. molaire inférieure gauche SA 74. A, vue linguale ; B, vue antérieure : C, vue labiale ;
D, vue postérieure : E. vue acclusale. ec. entocrislide ; cu.a.la. cuspule antéro-labial : hu, hypoconulide , hy. hypo-
conide ; md, mélaconide , >m:d, rnétacristlde distale , pd. puraconide ; prd, protoconide ; ta, talonide. Hachures, surfaces
d’usure ; pointillés et contre-hachures, bords et surfaces brisés.
The talonid is also relatively shorter than on SA 54. The lingual border is intact and shows
a clearer entocristid, with no protrusion at the level of the entoconid (but an incipient
protrusion may hâve been worn away ?). The talonid basin is clearly less inclined lingually than
on the type tooth of Hypomylos (and of Trinititherium , the only Texan genus with only two
talonid cusps). The labial part consists of a single large circuiar section interpreted as raainly
representing the hypoconid, protruding strongly labially, and supposedly a narrow and close
hypoconulid (though the anterior indentation of the trigonid suggests a salient hypoconulid on
the adjacent tooth) ; on the contrary, these two cusps are well separated on SA 54 and the
situation here would thus be doser to that of Trinititherium. There may hâve been a small step
between metacristid and “ cristid obliqua ” (which would hâve been secondarily flattened) such
as that seen in that position in Hypomylos and Trinititheriiun. The distal metacristid itself has
been eroded as has been the protocristid, but it is surprising how the posterior face of the
— 298 —
Fig. 6. — A, attempl of occlusion between the upper raolar of Tribotherium africanum and the lower molar SA 74,
attributed to this taxon ; B, attempt of occlusion between the upper molar of Tribotherium africanum and the lower
molar of Hypomylos phelizoni. The arrow is oriented towards the front.
A, tentative d'occlusion entre la molaire supérieure de Tribotherium africanum et la molaire inférieure SA 74,
attribuée à ce taxon : B. tentative d'occlusion entre ta molaire supérieure de Tribotherium africanum et la molaire
inférieure de Hypomylos phelizoni. La flèche est orientée vers l'avant.
protoconid and anterior Face of the metaconid reroain more round t.han fiat or even concave
as is usual in ail the other therian lower molars observed.
A wear surface is détectable on the top of the anterior face of the protoconid. but the
remaining surface is not well preserved ; as already mentioned, the poslerior crest of this cusp
and the labial face of the metaconid hâve been abraded. As for the talonid basin, there seems
to hâve been two distinct wear surfaces, one labially and another one lingually, situated at a
deeper level.
In summary, SA 74 is quite different from the type of Hypomylos phelizoni (even if one
takes into account a possible different position in the dental sériés, SA 54 representing
probably a first molar), without being doser to the lower molars attributed to the Albian
généra , the one mentioned resemblance with Trinititherium at the level of the hypoconulid is
counterbalanced by notable différences at the level of the talonid basin and of the trigonid.
lt was thus appropriate to envisage the possible attribution of SA 74 to Tribotherium. Now
that we can reconstruct the complété upper molar of this genus, we hâve again attempted to
occlude Hypomylos SA 54 with it. This attempt confirais the distinction of the two généra,
while showing the existence of a possible association between Tribotherium and SA 74 (fig. 6).
It is true that a facet 6 on the type upper molar supposes the presence of an entoconid on its
lower counterpart (though no facet 6 was found on the second upper molar SA 72), but in fact
this facet is low situated and could hâve been caused by the anterior wall of the paraconid of
the next tooth. Secondly, the presence of a complété “ anterior cingulum ” on the upper molar
of Tribotherium implies, if one follows Fox (1975) the absence of a distal metacristid on the
corresponding lower molar : such a metacristid was présent on SA 74, but it is wom ; such wear
is unexpected since that crest is precisely the limit of the wear surface formed by the paracone
and is usually exaggerated by this wear ; it could then hâve been produced by the incipient
anterior ringulum and the paraconule of the upper molar (which also show some wear on
— 299 —
SA 72) : we may hâve here the stage preceding the disappearance of this cristid. It must be
remembered that, on the upper molar of Tribotherium, the anterior face of the paracone îs as
extensively attacked by wear as in Potamotelses (Fox, 1975, fig. IB), testifying to a primitive
mode of shear in spite of the presence of a complété anterior cingulum. Finally the presence,
still met in SA 74 (fig, 7). on the posterior face of the trigonid, of a triangle (between the
metacristid and a more or less well defined entocristid), mostly corresponds to the small size
of the protocone ; wben the latter increases relatively to the paracone, this cusp retreats, leaving
room for the sliding of the protocone on the posterior face of the metaconid ; the distal
metacristid then disappears, and the crista obliqua abuts directly on the metaconid : at that
stage the triangle becomes a rectangle SA 74 is thus at a stage directly preceding, in this
respect, the lower molars of Potamotelses , where the distal metacristid and the crista obliqua
no longer follow each other, the latter being slightly displaced labially relatively to the
metacristid. The next stage is represented by the lower teeth from Texas.
In summary, this peculiar condition of SA 74, with a persisting distal metacristid, hence
of a posterior triangle on the trigonid and a still oblique posterior trigonid wall (though more
transverse than on SA 54), may thus be functionally compatible with the peculiar morphology
of the upper molar of Tribotherium, which possesses a well developed paraconule nearly aligned
with the anterior face of the protocone (somewhat like on the hypothetical upper molar of
Aegialodon , Crompton, 1971), a very narrow anterior cingulum, and a very lingual and
anterior parastyle. Tins again would represent the very first step in the élaboration of a second
rank shear, close to but differently approached than that of Potamotelses. It should be added
that in Potamotelses , upper molars also possess cuspules on the preprotocrista and
postprotocrista, but Fox does not consider them to be conules ; there is also an anterior labial
shelf, but it stops at the level of the paracone Finally, the protocone of Potamotelses is larger
relatively than that of Tribotherium (Potamotelses was included in the metatherians by Butler,
1978 and 1990, and Marshall & Kielaîn-Ja\vorowska, 1992).
This attribution of SA 74 to Tribotherium , if confirmed, attests to the position of the latter
as slightly more evolved than HypoMylos (the upper molar of which would hâve had no conules
and no anterior cingulum) and fills one more gap in the morphological sériés represented in
figure 7. In this sériés the distal metacristid can be followed from Palaeoxon-
odon, where it makes its first certain appearance, accompanied by an oblique posterior trigonid
wall. In the known tinodontids ( sensu Fox, 1984) the crest descending ventro-labially from the
apex of the metaconid is inconsistent Fox (1975) mentions its presence in. “ two unworn
molars of Kuehneotherium " from Wales, but it could be detected in only two of the
Kuehneotherium specimens from France and none exists in Tinodon ; there is one in Woutersia
Sigogneau-Russell, 1983 ; but whether this crest is homologous to the distal metacristid is
uncertain, if it is, then the appearance of the pretribosphenid line is to be sought within the
early Theria : the presence of a distal metacristid (which, as has been already noted, signifies
the retreat of the paracone from the most lingual part of the posterior face of the trigonid) is
indeed a major step in the initiation of the tribosphemd line. Anyway there is a true distal
metacristid in Amphithenum (in fact there may be a close relationship between this form and
Palaeoxonodon). On the contrary, its unequivocal absence is to be noted in Spalacotherium as
well as in dryolestids where the posterior wall of the trigonid is transverse (the ridge mentioned
by Prothero as “ possibly homologous to the cristid obliqua ” in Dryolestidae is clearly not
functionnally so ; the presence of a crest has also been noted in the paurodont Tathiodon (Fox,
— 300 —
Fig. 7. — Evolutionary stages of the posterior part of the trigonid and of the talonid from the middle Jurassic forms
to the Albian généra of Texas. The metaconid and talonid are seen in occluso-posterior view and the distal
metacristid is shown as a heavy line (the area represented is liatched on the mode! tooth on the top left).
A, Palaeoxonodon ; 8, Peramus ; C, Kielantherium ; D, Trinililherium : E, Aegialodon ; F, Hypomylos phelizoni ;
G, ?Trihotherium ; H, Holoclemensia, AU approx. x 50 except F, G, H, x 25, La, labial. Li, lingual ; c o, cristid
obliqua ; en, entoconid ; ta b, talonid basin. The arrow is oriented towards the front. (Other abbr. as in fig. 5.)
Etapes évolutives de la partie postérieure du trigonide et du lalonide depuis les formes du Jurassique moyen
Jusqu'aux genres albiens du Texas. Le métaeonide et le lalonide sont figurés en vue occluso-postérieure et la
métacrislide distale est dessinée en trait fort ( la surface étudiée est hachurée sur la dent modèle figurée dans l'angle
supérieur gauche). A, PaJaeoxonodon ; B, Peramus. C, Kielantherium,' D, Trinititherium . E. Aegialodon ;
F, Hypomylos phelizoni ; G, ?Tribotherium ; H, Holoclemensia. Tous x 50 env. exceptés F, G, H, x 25.
La. labial ; Li, lingual ; co, crête oblique ; en, entoamide ; ta b, bassin du talonide. (Autres abrév. voir fig. 5.) La flèche
est orientée vers l’avant.
— 301 —
1975), but none appears to exist in the paurodont Foxraptor Bakker & Carpenter, 1990). From
Palaeoxonodon or Amphitherium then, we pass to Peramus , where the posterior triangle
remains very narrow, to Kielantherium where the posterior wall of the trigonid is not oblique
as in Peramus 1 and the triangle is better expressed ; then to Aegialodon and Hypomylos, where
the latter has notably increased, finally to ? Triboiherium SA 74, with a last presence in
Potamoîelses : the lower molars attributed to the Albian généra Pappotherium and Holocle-
mensia no longer hâve a distal metacristid, the crista obliqua only reaches the level of the
posterior limit of the metaconid, and the posterior wall of the trigonid is fully transverse (there
is no need to emphasize that the succession presented here is purely morphological, various
specializations in the invoked taxa excluding any ancestral-descendant relationships). It is thus
clear that the tribosphenic line was well on its way as early as the middle Jurassic : at that time,
then, three diverging lines (symmetrodont, dryolestid and pretribosphenid) had already
emerged from an early tinodontid stock.
Fig. 8 . — TTribotherium africanum, left talonid SA 79. A, lingual view ; B, posterior view ; C, labial view ; D, occlusal
view. (Abbr. as in fig. 5.)
TTribotherium africanum, talonide gauche SA 79. A. vue linguale ; B, vue postérieure ; C, vue labiale ; D, vue
occlusale. ( Abrév. voir fig. 5.)
1. To be noted is the variation in the inclination of this posterior trigonid wall along the jaw in Peramus as well
as in Kielantherium , the only généra where several molars are preserved in a row, the first molar being much more
vertical than the last.
— 302 —
SA 79 (fig. 8) is a right talonid bordered by two closely appressed cusps, one being more
labial and one more distal. The basin is distinctly concave and non-inclined lingually ; the
lingual border is irregular, the most anterior ‘peak’ possibly representing an incipient
entoconid, There apparently was a step at the base of the distal metacristid. The enamel is very
fresh and no wear surface is détectable. Totally different from the talonid of Hypomylos
phelizoni by the shape of the hypoconid and its closeness to the hypoconulid, SA 79 may very
well hâve belonged to the same taxon as SA 74, on which we hâve noted the relative shortness
of the talonid, and for which we hâve suggested the proximity of the two cusps ; the posterior
position of the hypoconid would fit with the short posterior wall of the melacone of
Tribotherium, the genus to which we hâve tentatively attributed SA 74. The other characters
mentioned do not oppose this rapprochement between the latter and SA 79.
Infraclass TRIBOTHERIA Butler, 1978
Order and family indet.
Genus HYPOMYLOS Sigogneau-Russell, 1992
Hypomylos micros n. sp.
SA 76 (fig. 9) is a small lower right molar (1g = 1,22 ; la = 0,62) which has lost the tips
of the paraconid and the metaconid, part of the hypoconid and the extreme point of the
hypoconulid. It is considerably smaller (3/5th) than the type tooth of Hypomylos phelizoni , SA
54 (about the size of a lower molar of Peramus). However, the general resemblance to SA 54
is quite remarkable : sarae proportions of the trigomd cusps, same posterior position of the
metaconid relative to the protoconid, same lingual séparation of the para- and metaconid not
quite aligned lingually and same lingual slope of the latter ; this cusp is however flatter
labio-lingually and less conical. The antero-labia! cuspule is reduced to a slight bump, as in SA
54. But the protoconid is somewhat narrower, hence less curved labio-lingually, it is also
sowewhat shorter, hence less expanded distally. The différence with SA 54 is more marked at
the level of the talonid the entocristid (here again devoid of an entoconid) is somewhat more
clearly marked and delimits a less lingually inclined basin ; the hypoconid is more pinched ; the
hypoconulid certainly had the tubular shape preserved on SA 54 while being perhaps less
proéminent. Above ail, the labial încisure between the trigonid and talonid is deeper and
longer, while the hypoconulid-hypoconid ensemble is shorter and perhaps more round in
occlusal view. Wear has slightly affected the anterior face of the protoconid and more deeply
the lingual half of its posterior face. The distal metacristid is extreinely sharp, and lacks
a step at its base (contrary to SA 54) ; it de lim its the very wom labial face of the metaconid
from the protocona) triangle priented more directly posteriorly ; like the latter, the talonid
basin has clearly undergone the attack of a protocone, but, possibly due to the small
size of this tooth, I was not able to recognize two wear facets. Finally facet 4, corresponding
to the metacone, is very clearly delimited from that, more anterior, resulting from the para-
cone.
- 303
D
E
Fig. 9. — Hypomylos micros sp. nov., type specimen SA 76. A, lingual view ; B, anterior view ; C, labial view ;
D, posterior view ; E, occluso-labial view, es, contact surface. (Other abbr. as in fig. 5.)
Hypomylos micros sp. nov., spécimen type SA 76. A, vue linguale ; B, vue antérieure ; C. vue linguale ; D. vue
postérieure, E. vue occluso-labiale. es. surface de contact, (Autres abrév. voir fig. 5.)
We fïrst thought that this small tooth could represent the last molar of Hypomylos
phelizoni, in spite of its quite considérable différence in size (from 3 to 5 as against 4 to 5
between M/2 and M/4 of Kielantherium) ; but the almost certain presence of a contact facet at
the rear of the talonid infirms this view and the morphological différences between the two
specimens well seem to attest that SA 76 represents a distinct taxon,
With the lower molar SA 74 attributed above to ?Tribotherium africanum, the différences
at the level of the trigonid are the same as those separating this tooth from the type molar of
Hypomylos phelizoni : in particular the lingual flattening of the protoconid, the labio-lingual
narrowness of the metaconid and its lingual slope in SA 76 ; but tnere is no step at the base
of the distal metacristid, which is as acute as in SA 54. On the contrarv the talonid, as well as
each of its two cusps, would hâve proportions doser to those of SA 74 and the slope of the
basin is quite similar. But in general, the evolutionary stage of SA 76, such as testified by the
derived characters. seems doser to that of SA 54 than to SA 74 ; hence its inclusion in the genus
— 304 —
Hypomylos , which in addition does not involve an important modification of the diagnosis of
the latter.
The différences from Trinititherium, which also has only two talonid cusps, résidé in the
very compressed trigonid of that genus with a more vertical metaconid ; the hypoconulid is also
largcr In Kermackia, where the metaconid is labio-lingually compressed somewhat like that of
SA 76, again the trigonid is more compressed and the talonid more excavated and equipped
with an entoconid. As for Slauyhteria , besides its three talonid cusps, it can be immediately
distinguished by the disappearance of the distal metacristid With Kielanlherium finally, the
différence is considérable : in that genus. the tngonid is more compact with a paraconid equal
ta or bigger than the metaconid, and the talonid is shorter and inclined in the opposite
direction. These comparisons confirm the distinctiveness of the genus Hypomylos , which
certainly represents one of the most precocious steps in the tribosphenic différenciation.
Emended diaGNOSIS of the genus Hypomylos : tribosphenic mammals with lower molars eharacterized
by the long protoconid fiat lingually, the réduction of the paraconid. by the flatness of the metaconid
strongly inclined lingually, by the long and very narrow talonid inclined lingually and lacking an
entoconid, and by a persistent metacristid ; the hypoconid and hypoconulid are not closely approached
to each other.
Emended diagnosis of H. phelizoni : large size, very long hypoconid, talonid basin strongly inclined
lingually.
Diagnosis of H. micros : size 3/5th of H. phelizoni. Protoconid narrower ; relatively shorter, flatter
metaconid and a wider and somewhat shorter talonid with a basin less inclined lingually ; hypoconid
narrower and more pinched.
?Hypomylos sp.
1 — SA 82 (fig. 10) is a complété right lower molar, undamaged but for the very tips of
the protoconid and hypoconid (lg = 1.48 ; la = 0.96).
It is eharacterized again by a completely asymetrical trigonid, with a very reduced
paraconid barely protruding above the paralophid ; a protoconid compressed labially but fiat
lingually ; a strong metaconid posteriorly situated relative to the protoconid, convex lingually
and sliglitly inclined posteriorly ; a V-shaped crest, supporling a slight bump under the
paraconid, connects both lingual cusps which are situated on about the same lingual level. The
metacristid is transversely oriented and is not followed by a step. An anterior cuspule is well
defmed at the labial base of the protoconid.
The talonid is compact, with the hypoconid and hypoconulid subequal and the hypoconid
remaining entirely labial ; there is no entoconid but for a very slight bump on the entocristid.
The basin is only moderatelv inclined lingually. The two roots are subequal, with a slight
preeminence of the posterior root ; this tact and its inclination towards the rear may suggest
a last molar.
Wear is slight and manifested as a very faint elongated facet on the posterior face of the
protoconid ; the same face of the metaconid is wom concave ; the anterior face of the
hypoconulid also shows some wear.
The size is close to that of SA 74, referred to ?Trihotherium ; moreover it shares with the
— 305 —
Fig. 10. — ?Hypomylos sp., right lower molar SA 82. A, lingual view ; B, anterior view ; C, labial view ; D, posterior
view ; E, occlusal view. (Abbr. as in iïg. 5.)
?Hypomylos sp., molaire inférieure droite S/4 82. A, vue linguale ; B, vue antérieure ; C, vue labiale ; D, vue
postérieure ; E, vue occlusale. (Abrév. voir fig. 5.)
latter the wide talonid basin and the anterior configuration of the trigonid ; but it differs from
that tooth by a smaller paraconid, a fiat lingual face of the protoconid, a more convex lingual
face of the metaconid ; the latter is set more posteriorly and is more inclined lingually at the
top ; finally, the greatest différence lies in the talonid, in which a wide sulcus between
metaconid and hypoconid does not occur.
By ail these characters, SA 82 is doser to Hypomylos phelizoni, SA 54 ; but the protoconid
is much more compressed, the metacristid is more directly transverse, and the antero-labial
cuspule is better defined. Even if these characters could be attributed to a different position in
the row, there remains a notable différence in size ; but mostly the talonid basin is relatively
wider and not so inclined lingually. SA 82 certainly does not represent the same species as
SA 54 ; but whether it should be referred to Hypomylos remains uncertain.
2 — SA 83 (lg = 1.38 ; la = 0.80) (fig. 11) is a right lower tooth with very peculiar
characteristics. The protoconid is very long antero-posteriorly, slightly convex lingually and
shows labially a strong vertical ridge bordered by two concave “ wings ”. The medio-labial base
— 306 —
Fig. 11. — ?Hypomylos sp., right lower ?premolar SA 83. A, lingual view ; B, anterior view ; C, labial view ; D, posterior
view ; E, occlusal view. (Abbr. as in fig. 5.)
?Hypomylos sp,, ?'prémolaire inférieure droite SA 83. A, vue linguale ; B, vue antérieure ; C, vue labiale ;
D, vue postérieure ; E. vue occlusale. (Abrév. voir fig. 5.)
of the protoconid is underlined by a well defîned cingulum. The paraconid is barely indicated
(there is of course no anterior cuspule) and the metaconid remains low (hence no lingual
inclination at the top). Following the lingual base of the paraconid is a very slight bump, as
in SA 82, but the paraconid rim does not join the metaconid, unlike SA 82 and like SA 54,
type-specimen of Hypomylos phelizoni. This tngonid is somewhat reminiscent of the trigonid
attributed to Picopsis Fox, 1980, but for the less detached para- and metaconid.
The talonid of SA 83 is short and bears only one large and high labial cusp ; the basal
lingual rim of the talonid basin is well rounded, the “ basin ” itself being of course very inclined
lingually. The postprotocristid is not transverse but oblique and extended longitudinally
(forming the edge of the concave wing) recalling again the State in SA 54, and the metaconid
labial sulcus (paracone sulcus) is narrow and deep.
As already mentioned, by many of these characters, the tooth evokes SA 54 of Hypomylos
phelizoni, while being much less molariform. It is also reminiscent to a lesser degree of SA 82
(to which it is doser in size). In fact, the main différences with these two teeth (longer
protoconid, lower para- and metaconid, talonid shorter and unicuspid) might be attributed to
the possibility that SA 83 would represent a last premolar. This would imply a premolarization
of the last premolar, in the tribotherian genus concerned, much more pronounced than in
— 307 —
Prokennalestes (Kielan-Jaworowska & Dashzeveg, 1989 ; Sigogneau-Russell et al., 1992),
but it would recall the situation in Peramus, where the nature of the 5th lower postcanine has
long been disputed, due to its high degree of molarization. Such a situation for SA 83, if
^orrectly interpreted as a last lower premolar of Hypomylos sp., would confirm that
molarization of the last premolar îs nol only a eutherian character. It could also
suggest that the presence of molariform premolars in the Albian of Texas (Slaughter, 1971 ;
Butler, 1978) does not necessarily plead in favor of the presence of eutherians at that time in
North America. (Even the situation of the genus Slaughteria , included in the eutherians by Fox
(1980), Butler (1990) and Marshall & Kielan-Jaworowska (1992) on the basis of the
replacement of more than one milk-molar, remains, in our opinion, uncertain.)
A B C D
Fig. 12. — '/Hypomylos sp., right trigonid SA 45. A, lingual view ; B. anterior view ; C, labial view ; D, posterior view ;
E, occlusal view. eu. a. li, antero-lingual cuspule. (Other abbr. as in (ïg. 5.)
?Hypomylos sp., trigonide droit SA 45. A, vue linguale : B, vue antérieure ; C, vue labiale ; D, vue postérieure ;
E, vue occlusale. eu. a. li, cuspule antéro-lingual. (Autres abrèv. voir fig. 5.)
3 — SA 45 (fig. 12) is a right, incomplète trigonid, of a size similar to that of H. phelizoni
SA 54 (lg = 1.11 ; la = 0.88) ; it is reminiscent also of that tooth at the level of the protoconid,
long and fiat lingually, even concave ; the paraconid shows the same réduction , furthermore,
the para- and metaconid do not touch each other at their base either. But the antero-labial
cuspule is better detached than on SA 54 (ail the while being more modest than on SA 74), and
there exists a discrète lingual cuspule at the base of the paraconid ; moreover the anterior and
posterior faces of the protoconid are flatter ; the para- and metaconid seem to hâve been afmost
aligned lingually (but the body of the metaconid is not preserved). The anterior and posterior
crests of the protoconid hâve been slightly abraded ; the anterior face of the protoconid has
undergone slight wear, the posterior face more intensive wear which made it flatter and which
has strongly hollowed the labial face of the metaconid ; the latter seems to hâve been very
inclined lingually as in H phelizoni.
From SA 82 it differs by its larger size and the relatively wider protoconid, which keeps
the para- and metaconid lingually separated ; the other peculiarities are similar in both teeth.
— 308 —
Tribotheria, gen. and sp. indet.
1 — SA 55 (fïg. 13) (1g = ab. 1.0 ; la = ab. 1,0) is a left trigonid very different from the
preceding one by the proportions of the cusps, the paraconid attaining the same size while the
metaconid and especialty the protoconid are relatively smatler ; the latter is aiso more
compressed ; its lingual face is fiat (but not concave) but the para- and metaconid touch each
other at their base and both cusps are defmitely on the same lingual level ; the metaconid is
only slightly inclined lingually. There exists here a strong antero-labial cuspule. The posterior
face of the trigonid is wide and diagonally disposed ; there was a distal metacristid. Clearly, it
is a taxon different from SA 45.
1mm
D E
Fig. 13. — Tribotheria gen. and sp. indet., left trigonid SA 55. A, lingual view; B, anterior view; C, labial view;
D, posterior view ; E, occlusal view. (Abb. as in fïg. 5.)
Tribotheria gen. et sp. indet., trigonide gauche SA 55. A, vue linguale ; B, vue antérieure ; C, vue labiale ; D, vue
postérieure ; E, vue occlusale. (Abrév. voir Jîg. 5.)
Wear has abraded the tip of the paraconid, the summit of the protoconid, overlapping
even somewhat labially on this cusp, the labial top of the metaconid as well as the posterior
crest of the protoconid A wear surface may be détectable on the anterior face of the proto-
and paraconid. and of course, the posterior face of the protoconid and the labial face of the
metaconid are entirely striated.
With respect to H phelizoni SA 54, the protoconid is more compressed, and there is a
lingual contact of the para- and metaconid ; added to this is the grealer development of the
antero-iabial cusp. Moreover the distal metacristid seerns to hâve been less oblique on SA 55.
On the contrary, by the proportions of the cusps, the shape of the protoconid and its slope
towards the rear, by the lingual contact between the para-metaconid and the development of
the antero-labial cusp, this trigonid evokes that of SA 74 aîtributed to ITribotherium africanum,
but the lingual face of the protoconid was there rounded and the posterior face of the two
trigonids is very different, with a wider and more transverse metaconid in SA 55. The lack of
knowledge conceming tooth variability along the jaw prohibits the attribution of this trigonid
with sufficient assurance to one or another of the species recognized above ; but the différences
observed between the various specimens permit one to suspect that a diversity of tribosphenic
forms existed as early as the Early (earliest ?) Cretaceous.
— 309 —
Table 1. — Comparison of the main characters in the lower teeth discussed in this paper.
SA 54
SA 74
SA 79
SA 76
SA 82
SA 83
SA 45
SA 55
md/pr
post
+ ling
post
post
post
+ ling ?
post
pr
lg fiat
conv
shorter
fiat
shorter
fiat
shorter
long
long fiat
long fiat
md
incl
vert
incl
slight incl
vert
vert ?
slight incl
pd/md
ling
aligned
slight ling
aligned
slight ling
aligned ?
aligned
pd-md
meet
not
almost
meet
not
meet
not
not
meet
a-lab eu
reduce
crest
reduced
strong
none
moder
strong
ta
lg
shorter
short ?
shorter
shorter
shorter
(hu only)
basin
incl
less incl
not incl
less incl
less incl
very incl
hu-hy
far
close ?
close
doser
doser
step on md
step
step
step ?
none
none
a-lab eu, antero-labial cuspule ; hu, hypoconulid ; hy, hypoconid ; md, metaconid ; pd, paraconid ; pr, protoconid ;
ta, talonid.
align, aligned ; conv, convex ; incl, inclined ; lg, long ; ling, lingual ; moder, moderate ; post, posterior ; slight,
slightly ; vert, vertical.
D
Fig. 14. — Tribotheria gen. and sp. indet., upper left labial fragment SA 4. A, lingual view ; B, labial view ; C, anterior
view ; D, occlusal view. (Abbr. as in fîg. 1.)
Tribotheria gen. et sp. indét., fragment labial d’une molaire supérieure gauche SA 4. A, vue linguale ; B, vue
labiale ; C, vue antérieure ; D. vue occlusale. (Abrév. voir. 1.)
— 310 —
2 — An upper left labial fragment, SA 4 (fig. 14) (1g = 1.97), has suffered extreme wear ;
in particular the anterior face of the paracone has been heavily abraded and the lingual face
of the stylocone has been deeply hollowed by the protoconid. The tooth was very slightly
longer than the other upper specimens studied above, but the details of the cingulum are
roughly similar to those of the latter, with a modest but double metastyle, a small cuspule at
the base of the paracone and a large stylocone. A small cusp “ c ” was apparently présent. Two
unequal labial roots are preserved, the anterior one being longer and slightly higher ; both are
fiat lingually and the posterior one is also fiat labially. An important différence with the
previously studied upper teeth lies in the parastyle, which was situated anterior to but at the
same level as the paracone and not lingual to it. There also seems to hâve been less angulation
labially between the paracone and metacone ; but this may be due to wear. Finally, the fact that
the base of the parastyle joins the base of the paracone by a crest must indicate that a complété
anterior cingulum (sensu Fox, 1975) was not présent, which would suggest a less evolved stage
than that of Tribotherium africanum ; just lentatively it could be suggested that we hâve here
part of an upper molar of Hypomylos phelizoni ?
CONCLUSION
Altogether one finds, in these Early Cretaceous sédiments, a vaned tribosphenic fauna
represented by two taxa for the lower molars and at the very least a third one for the upper
molars. A first constatation is that no lower molar with a three-cusped talonid has so far been
found ; this would confirm, for the Anoual locality, an older âge than that of Texas Secondly
these Moroccan teeth, both uppers and lowers, while mostly exhibiting a very primitive
tribosphenic State, seem to share derived characters with the eutherians : the narrow upper
labial shelf (in fact narrower here than in most Cretaceous eutherians), the absence of an
ectoflexus, the small and more or less labially placed paraconid The oldest eutherian known
so far is the Asiatic Aptian-Albian Prokennalestes (Kielan-Jaworowska & Dashzeveg,
1989) ; thus these Afncan discoveries may lead us to reconsider the time and locus of the
eutherian individualization. It could even be advocated that the metatherian line, if first
represented by Aegialodon and Kielantherium (Marshall & Kielan-Jaworowska, 1992) and
the eutherian line, if first represented by these Early Cretaceous Moroccan forms, could hâve
had an independent origin from very early tribosphenic forms, and from there from the so
poorly known “ peramurids "
But on the other hand, it seems to me rather vain and sjmplistic to try to refer ail known
tribosphenic teeth to either metatherians or eutherians, while it becomes clearer and clearer
that the tribosphenic innovation opened a wide new field of diversification. Thus the labial
shelf specialization of the upper molars of Tribotherium on the one hand, the non-tw'inning of
hypoconulid and entoconid of the deltatheridiids (Kielan-Jaworowska & Nessov, 1990) on
the other hand may simply mean that these two taxa do not represent either early eutherians
or metatherians respectively, but that they illustrate two other indépendant branches of
tribosphenic mammals. It is also to be depiored that attributed opposite teeth of generic or
spécifie taxa are too often used in discussing the affmities of these taxa without due
acknowledgment to their attributed, hence taxonomically uncertain, State.
— 311 —
These considérations clearly illustrate the pressing need for more fossils ; it is indeed more
urgent to look for new material (even if it will admittedly raise new questions) lhan, using an
architectural analogy, to try over and over again to put the fairly solid roof of the Late
Cretaceous mammals on the unstable foundations of unknown upper Triassic cynodonts, by
means of the isolated wall stones that are our few Mesozoic mammals, Pr, Kjelan-
Jaworowska (1992) was kind enough to acknowledge mv own search of fossils in this
domaine, but one should even more strongly render hommage to geologists or non-professional
paleontologists like, among others, P. Ensom, of York, who built an imposing new collection
of Purbeckian mammals, or D. Delsate, from Belgium, who made and acquired a massive
collection of Triassic mammals from Saint-Nicolas (France), which he moreover generously
donated to the Muséum national d’Histoire naturelle of Paris.
Acknowledgments
The author is particularly grateful to Dr P. M. Butler and Pr R. C. Fox for having read and
commented upon earlier versions of this paper.
REFERENCES
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of the Morrison Formation at Como Bluff, Wyoming. Hunteria, 2 (6) : 5-19.
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Albian of Texas. Breviora , 446 : 1-27
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Crompton, A. W., 1971. — The origin of the tribosphenic molar. /« : Early Mammals, (D. M. Kermack
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Manuscrit reçu le 11 avril 1994.
Manuscrit révisé reçu le 11 juillet 1994.
Bull. Mus. nall. Hist. nat., Paris, 4' sér., 16, 1994 (1995),
section C, n° 2-4 : 313-328.
La succession des faunes de mammifères miocènes
de Pontigné (Maine-et-Loire, France)
par Léonard Ginsburg et Michel Bonneau
Résumé. — Dans le cadre de l'élaboration d’une échelle biochronologique continentale du Néogène
européen, basée sur l’évolution des Mammifères, nous sommes amenés à établir la liste des mammifères
provenant des faluns de Touraine et d’Anjou, gisement par gisement. Nous donnons ici celle de
Pontigné-les-Buissonneuux qui est l’un des plus riches et présente l’avantage d’éviter des mélanges
possibles entre les faunes du falun d’âge miocène moyen et celui d'âge mtocène supérieur, les deux niveaux
ayant été longtemps confondus. De plus, sous le falun langhien à faune tnammalogique d'âge MN5 se
trouvent deux niveaux continentaux qui ont livré aussi des restes de mammifères, l’un d'âge MN3 inférieur
et l’autre, intermédiaire dans la stratigraphie, d’âge MN3 supérieur (MN3b) à MN4 inférieur (MN4a).
Cette étude a aussi permis de montrer que le Lagopsis du niveau MN3 inférieur (les Beilleaux, la Brosse)
était L. spiracensis.
Mots-clés. Miocène, mammifères, France, biochronologie.
Abstract. The succession of mammal faunas jrom the Miocène of Pontigné (Maine-et-Loire, France).
In order to élabora te an European Neogene Mammals chronology we hâve established the list of
mammals of the Anjou faluns. There are about two dozen localities, displayed along 35 km. In some of
them, especially around Savigné-sur-Lathan, fossils front the Upper Miocene falun were for a longtime
mixed in the collections with the Middle Miocene ones. So, in order to avoid any confusion and to be
more précisé, we study hère a locality where only the Laghian lâlun is occurring. This locality is
Pontigné-les-Buissonneaux, at the western end of the basin. In this locality, the falun overlies two small
continental fossiliferous sandy levels. The upper one yielded mammals remains from the end of MN3
(MN3b) or the beginning of MN4 (MN4a); while the lower one yielded mammals of the basis of MN3
(MN3a), équivalent to La Brosse and Les Beilleaux (Ginsburg, 1989). This review of the Pontigné
mammals led to consider the Lagopsis occurring in the MN3 level of faluns (Les Beilleaux, La Brosse) as
L. spiracensis.
Keywords. — Miocene, Mammals, France, biochronology.
L. Ginsburg, Laboratoire de Paléontologie du Muséum national d'Histoire naturelle et URA 12 du CNRS, 8, rue Buffon
F-75005 Paris.
M. Bonneau, Département de Géotechnique, Université de Paris-VI. 4, place Jussieu, F-75005 Paris.
Dans le contexte de l’établissement d’une échelle biochronologique continentale au
Néogène basée sur l’évolution des mammifères (Mein, 1975, 1989 ; Fahlbusch, 1976, 1991 ; de
Bruijn et al., 1992), nous avons été amenés à établir les listes fauniques des principaux
gisements à mammifères des contrées que nous étudions en France. Les faluns de Touraine et
d’Anjou revêtent dans ce cadre un intérêt particulier car les restes de mammifères étant déposés
dans des terrains marins, des corrélations directes peuvent être établies entre l'échelle
— 314 —
géologique marine et l’échelle continentale. Jusqu’à ce jour, les listes données pour les faluns
d'Anjou au nord de la Loire (Ginsburg, 1972, 1989) ne furent que des listes générales,
englobant les fossiles provenant de différentes localités (une trentaine). 11 apparaît aujourd’hui
que des listes gisement par gisement sont préférables. Aussi, dans cet inventaire détaillé des
gisements angevins nous commençons par celui de Pontigné, qui est un des plus riches du
bassin (fig. 1).
CADRE GÉOLOGIQUE ET PALÉONTOLOGIE
La mer a envahi au Langhien la dépression aujourd’hui occupée par la Loire en aval
d’Orléans (dite dépression ligérienne) jusqu'aux environs de Blois et a laissé des dépôts marins
riches en coquilles, dits faluns du Blésois, de Touraine et d’Anjou. Ces faluns contiennent aussi
de nombreux restes de mammifères, certains marins (Ginsburg & Janvier, 1971), d'autres,
beaucoup plus nombreux, continentaux (Ginsburg, 1989a). En Touraine au sud de la Loire,
les mammifères trouvés dans le falun langhien sont tous de cet âge (Mayet & Lecointre,
1909). Au nord de la Loire, dans le bassin de Baugé-Savigné, la mer a transgressé sur des sables
continentaux dont elle a remanié les couches supérieures riches en restes de vertébrés terrestres
d’âge MN3a et MN3b-MN4a, I) y a ainsi un mélange dans la faune retrouvée dans le falun
langhien. L’incursion marine langhienne a été brève, mais la mer est revenue au début du
Miocène supérieur déposant des faluns (d’âge serravalien terminal) dans la région de
Doué-la-Fontame (Ginsburg et al., 1979) et le bassin de Noyant-sous-le-Lude/Savigné-sur-
Lathan (Ginsburg, 1990).
Depuis une trentaine d'années, de nombreux chercheurs (amateurs et professionnels)
ont récolté des mammifères dans les faluns mais n’ont pas toujours noté avec un soin suffisant
l’exact niveau de leurs découvertes dans chaque carrière. Aussi on a pu attribuer au Langhien
des formes plus récentes. C'est le cas de Conohyus simorrensis , que l’un d’entre nous (L. G.)
crut être présent au Langhien (Ginsburg, 1977) mais qui n’apparaît que plus tard et est, dans
les faluns ligériens, cantonné au niveau supérieur du Serravalien terminal. Aussi, pour établir
des listes plus exactes des mammifères du Langhien d’Anjou, nous étudierons ici une localité
où il n’y a pas de dépôt serravalien. Par chance, c’est une des localités les plus riches du bassin.
Il s’agit du gisement de Pontigné-les-Buissonneaux (fig. 2). Sur le territoire de la même
commune se trouvent aussi deux carrières de falun, que nous étudierons succinctement.
Carrière de Pontigné-les-Buissonneaux
Pontigné se trouve à l’extrémité occidentale du bassin falunien du nord de la Loire. La
carrière des Buissonneaux est située à 400 m à l’est du village ; on y accède par un chemin de
terre donnant sur la D 141 (en direction de Chavaignes). La partie SE de la carrière, où
affleurait la succession complète, a été comblée en 1970 (fig. 3). Reposant directement sur des
argiles verdâtres associées aux « calcaires lacustres de l’Anjou » attribués au Bartonien, nous
trouvons successivement, de bas en haut :
— 315 —
Fig. 1. — Formations marines et continentales du Miocène du bassin de la Loire : 1) sables continentaux ; 2) falun marin
langhien.
Marine and continental Formations from the Miocene of the Loire basin : 1) continental sands ; 2) langhian
marine falun.
A : Artenay ; Av : Avaray ; B : Baigneaux-en-Beauce ; Be : Beaugency ; Bo : Bossée ; C : Chevilly ;
Ch : Chilleurs-aux-Bois ; Cht : Chitenay ; D : Dénezé-sous-le-Lude ; Ma : Manthelan ; Mi : Mirebeau ;
N : Neuville-aux-Bois ; P : Pontigné ; Pt : Pontlevoy-Thenay ; Sa : Savigné-sur-Lathan ; Se : Selles-sur-Cher ;
Su : Suèvres ; T : Tavers.
1 — Des sables gris, relativement grossiers, sans stratification visible, avec quelques
pélites jaunes. Ces sables sont identiques à ceux de la Brosse et des Beilleaux. Ils nous ont livré
la faune suivante :
Lagopsis spiracensis (Baudelot et Crouzel, 1974)
Prolagus vasconiensis Viret, 1930
Steneofiber depereti janvieri Ginsburg, 1988
Amphicyon bohemicus (Schlosser, 1899)
Pseudocyon sansaniemis Lartet, 1851
Ictiocyon socialis (Schlosser, 1904)
Haplocyonoides mordax Hurzeler, 1940
Proluceratherium mtnutum (Cuvier, 1822)
Diuceratherium aurelumensis (Nouel, 1866)
Xenohyus venitor Ginsburg, 1980
Aureliachoenis aurelianensis (Stehlin, 1900)
Brachyodus intermedius Mayet, 1908
Cainotherium lintillae (Baudelot et Crouzel, 1974)
Andegameryx andegavtemis Ginsburg, 1971 (dont l’holotype)
Lagomeryx praestans Stehlin, 1937
Oriomeryx willii Ginsburg, 1985
— 316 —
Fig. 2. — Carte des environs de Pontigné. Map of the surroundings of Pontigné.
la Lucq : la Lucquetière ; le Gd Trouvé : le Grand Trouvé. D 766 : route départementale de Baugé à
Château-la-Vallière (roadfrom Baugé to Château-la-Vallière).
Fig. 3. — Coupe de la carrière de Pontigné-les-Buissonneaux en 1986.
1) Calcaires et marnes du Bartonien. 2) Sables continentaux gris, MN3a à la base, MN3b au sommet. 3) Sables
calcareux indurés (MN3b-MN4a ?). 4) Falun marin langhien. 5) Terre arable.
Section of the quarry of Pontigné-les-Buissonneaux in 1986.
1 ) Limestone and clays of the Bartonian. 2) Grey continental sands, dated as MN3a at the base, MN3b at the top.
3) Hardened limy sands (MN3b-MN4a?). 4) Langhian marine falun. 5) Arable soil.
— 317 —
Ajoutons que le spécimen type d’ Andegameryx andegaviensis (une hémimandibule gauche
avec P 4 -M 3 trouvée par M. Bonneau) provient de ce niveau. Cette faune est, à quelques
présences et absences près, la même que celle des sables continentaux de la Brosse et des
Beilleaux. Au premier abord, le Lagopsis est différent. En effet, Collier & Huin (1979) ont
signalé L. perîai aux Beilleaux par assimilation à l’espèce décrite et figurée par Roman & Viret
(1930, 1934) à Estrepouy sous le nom de L, cadeoti nov. sp., puis attribuée à L, penai par
Janvier (1971). Collier et Huin n’ont pas figuré leur matériel, mais écrivent que les trois Pt
des Beilleaux à leur disposition présentent « toutes les trois un lobe médial sans repli accessoire
et de forme elliptique ». Nous pensons qu’ils n'ont eu pour comparer que les figures données
par Roman & Viret (op. cit.). Mais sur la forme d’Estrepouy, le lobe médial (antéroconide) est
nettement marqué par des replis accessoires, quoique faibles, alors qu’il ne l’est ni chez le
L. spiracensis type d’Espira-du-Conflent (Baudelot & Crouzel, 1974), ni sur la forme de la
Brosse, ni sur celle de Pontigné-les-Buissonneaux, ni sur celle, d’après Collier & Huin, des
Beilleaux. Nous estimons donc que la forme des sables continentaux du synclinal d’Esvres
retrouvée à Pontigné, la Brosse et les Beilleaux est différente de celle d’Estrepouy et doit se
rapporter à Lagopsis spiracensis. Ces sables gris, par l’ensemble de leur faune, appartiennent
à l’horizon le plus bas de la MN3.
2 — Au-dessus de ces sables se trouve un petit niveau discontinu d’environ 30 cm
d’épaisseur de sable calcareux durci, blanc, contenant des petits galets de calcaire massif blanc
ou jaune. Le calcaire blanc encroûte souvent les fossiles. La surface supérieure, très durcie, est
souvent tapissée de colonies de Bryozoaires appartenant à l’unité supérieure. Les derniers
décimètres des sables gris précédents et nos sables calcareux durcis nous ont livré la faune
suivante :
Amphicyon bohemicus (Schlosser,1899)
Cynelos helbingi welcommi nov. ssp.
Pseudaelurus iorieti Gaillard, 1899
Zygolophodon (uricensis (Schinz, 1824)
Plesiaeeratherium cf. platyodon (Mermier, 1895)
Diaceratherium aurelianensis (Nouel, 1866)
Brachyodns onoideus (Gervais, 1869)
et, sans doute remaniés du niveau précédent, Steneofiber depereti janvieri et Lagomeryx
praestans. L’association de Plesiaeeratherium platyodon, Brachyodus onoideus et de Probosci-
diens indique un âge MN3 supérieur à MN4 inférieur (Bulot & Ginsburg, 1993).
3 — Falun blond à roux, de type savignéen, très riche en coquilles marines et bryozoaires,
3 à 4 m d’épaisseur. Il contient des restes de mammifères dont on peut faire trois lots :
a) les fossiles remaniés arrachés aux sables inférieurs gris :
Steneofiber depereti janvieri Ginsburg, 1988
Cynelos helbingi welcommi nov. ssp.
Ictiocyon sociaiis (Schlosser. 1904)
Haplocyonoides mordax Hurzeler, 1940
Hemicyon hareni Ginsburg. 1989
Plithocyon bruneti Ginsburg, 1980
— 318 —
Phoberocyon dehmi (Ginsburg, 1955)
Ursavus elmensis Stehlin, 1917
Amphiciis aff. antiquus Pomel, 1853
Plesiogale angustifrons Pomel, 1847
Stromeriella franconica Dehm, 1950
Paratapirus intermedius (Filhol, 1885)
Brachyodus intermedius Mayet, 1908
Xenohyus venitor Ginsburg, 1980
Andegameryx andegaviensis Ginsburg, 1971
Lagomeryx praestans Stehlin, 1937
Oriomeryx willii Ginsburg, 1985
Procervulus dichotomus praelucidus Obergfell, 1956
b) les fossiles remaniés de l’horizon moyen (la partie supérieure des sables gris et les sables
calcareux) d’âge MN3b-MN4a :
Steneofiber depereti depereti Mayet, 1908
Trochictis artenensis (Ginsburg, 1968)
Brachyodus onoideus (Gervais, 1869)
Un lot flottant correspond à des fossiles remaniés, mais pouvant provenir de l’un ou
l’autre des deux niveaux précédents, à savoir :
Cainotherium lintillae (Baudelot et Crouzel, 1974)
Plesiaceratherium platyodon (Mermier, 1895)
Protaceratherium minimum (Cuvier, 1822)
Diaceratherium aurelianensis (Nouel, 1866)
c) les formes contemporaines du dépôt falunien :
Proscapanus cf. sansaniensis (Lartet, 1851)
Pliopithecus piveteaui Hurzeler, 1954
? Prolagus oeningensis (Koenig. 1925)
Steneofiber depereti carnutense Ginsburg, 1971
Anchitheriomys wiedemanni (Roger, 1885)
Megamphicyan giganteus (Schinz, 1825)
Amphicyon bohemicus (Schlosser, 1899)
Pseudocyon sansaniensis Lartet, 1851
Pseudaretos bavaricus pontignensis Ginsburg, 1992
Hemicyon sansaniensis parvus Antunes et Ginsburg (sous presse)
Ursavus brevirhinus (Hofmann, 1887)
Viretius goeriachensis (Toula, 1884)
Martes cf. sansaniensis (Lartet, 1851)
Potamotherium miocenicum (Peters, 1868)
Phocanella couffoni (Friant, 1947)
Pseudaelurus turnauensis (Hoemes, 1882)
Pseudaelurus lorteti Gaillard, 1899
Zygolophodon turicensis (Schinz, 1824)
Gomphotherium sublapiroides (Schlesinger, 1917)
cf. Gomphotherium angustidens (Cuvier, 1817)
Deinotherium bavaricum H. v. Meyer, 1831
Metaxytherium medium (Desmarest, 1822)
Anchitherium aurelianense (Cuvier, 1825)
Plesiaceratherium lumiarense Antunes et Ginsburg, 1983
— 319 —
Prosantorhinus douvillei (Osborn, 1900)
Lartetotherium sansaniensis (Lartet, 1851)
Chalicotherium grande (Blainville, 1849)
Taucanamo sansaniensis (Lartet, 1851)
Aureliachoerus aurelianensis (Stehlin, 1900)
Hyotherium soemrneringi H. v. Meyer, 1834
Bunolistriodon lockharti (Pomel, 1848)
Dorcalherium peneckei Pomel, 1848
Dorcalherium crassum (Lartet, 1851)
Amphimoschus pontileviensis Bourgeois, 1873
Palaeomeryx lathanensis Ginsburg, 1985
Procervulus dichotomus dichotomus (Gervais, 1859)
Dicrocerus elegans parviceras Ginsburg, 1967
Schizodelphis sulcatus (Gervais, 1857)
Nannolithax cf. gracilis Kellogg, 1937
Cette faune est d’âge MN5.
Fig. 4. — Lagomorphes de Pontigné-les-Buissonneaux. Lagomorphs from Pontigné-les-Buissonneaux
Lagopsis spiracensis : A, P 3 d Fs 6384 ; B, P 3 g Fs 6385 ; C, P 3 d Fs 6386. Prolagus vasconiensis : D, P 3 d Fs 6389.
Prolagus oeningensis : E, P 3 d Fs 2063.
A, B, C, D proviennent des sables continentaux inférieurs, E provient probablement du falun du même
gisement (x 20).
A, B, C, D from the lower continental sands, E probably from the falun of the same locality (x 2).
Carrière de la Lucquetière
A 1,2 km au SSE du village, à la Lucquetière, un petit affleurement de falun nous a livré
quelques dents d'Aureliachoerus aurelianensis (Stehlin, 1900) et, remanié, l’holotype de
Plithocyon bruneti Ginsburg, 1980.
— 320 —
Carrière du Grand-Trouvé
A 2 km au sud du village, la carrière du Grand-Trouvé montre plusieurs mètres de falun
roux savignéen surmontés par environ 2 m de falun blanc à Area turonica, d’âge miocène
supérieur. Le falun langhien a livré des fossiles pouvant se rapporter à trois niveaux ; d’une part
des fossiles remaniés identiques à ceux des Buissonneaux :
Cynelos cf. helbingi (Dehrn, 1950)
Phoberocyon dehmi (Ginsburg, 1955)
Paratapirus intermedius (Filhol, 1885)
Protaceralherium minutum (Cuvier, 1822)
Plesiaceratherium platyodon (Mermier, 1895)
Brachyodas onaideus (Gervais, 1869)
Cainotherium lintillae Baudelot et Crouzel, 1974
Andegameryx andegaviensis Ginsburg, 1971
Oriomeryx willii Ginsburg, 1985
un deuxième lot, remanié manifestement de MN3b-MN4a :
Palaeomeryx kaupi H. v. Meyer, 1834
et enfin une faune typiquement langhienne, d’une part la même qu’aux Buissonneaux :
Anchitheriomys windemanni (Roger, 1885)
Pseudaelurus turnauensis (Hoernes, 1882)
Pseudaelurus lorteti Gaillard, 1899
Prosantorhinus douvillei (Orsborn, 1900)
Anchitherium aurelianense (Cuvier. 1825)
Chalicoiherium grande (Blainville. 1849)
Deinotherium bavaricum H. v. Meyer, 1831
Metaxytherium medium (Desmarest, 1822)
Aureliachoerus aurelianertsis (Stehlin, 1899)
Hyotherium soemmeringi H. v. Meyer, 1834
Dorcatherium peneckei Hofmann, 1892
Dorcatherium crassum (Lartet, 1851)
Amphimoschus pontileviensis Bourgeois, 1873
Palaeomeryx lathanensis Ginsburg, 1975
Dicroceros elegans parviceros Ginsburg, 1967
Schizodelphis sulcalus (Gervais, 1857)
mais aussi, complétant la faune langhienne des Buissonneaux :
Euroxenomys minutum sansaniense (Lartet, 1851)
Agnotherium grivensis (Viret, 1929)
Pseudaelurus cf. romieviensis Roman et Viret, 1934
Dorcatherium guntianum H. v. Meyer, 1847
(?) Lagomeryx minimus (Toula, 1884)
Eotragus sansaniensis (Lartet, 1851)
Hadrodelphis poseidon Ginsburg et Janvier, 1971
Au-dessus, le falun blanc miocène supérieur nous a livré seulement deux dents attribuables
à Protragocerus chantrei Depéret, 1887.
— 321 —
IMPLICATIONS STRATIGRAPHIQUES
La mise au point de la liste des mammifères trouvés en place dans les sables inférieurs
continentaux de la carrière des Buissonneaux à Pontigné nous incite à préciser la position
stratigraphique de cette faune par rapport aux autres faunes d’âge similaire ou voisin :
Chitenay (Ginsburg, 19906), Chilleurs-aux-Bois (Ginsburg, ihid ), Navère, Marsolan, Saint-
Vincent-de-Lamonjoie (Bulot & Ginsburg, 1993), Espira-du-Conflent (Baudelot &
Crouzel, 1974), Estrepouy (Ginsburg, 1974; Hugueney & Ringeade, 1990), Wintershof-
West (Dehm, 1950 ; de Bruijn et al., 1992).
LA FAUNE DES SABLES CONTINENTAUX SOUS-JACENTS
AUX FALUNS D’ANJOU
Il convient d’abord d’établir une liste complète des mammifères des sables inférieurs
continentaux sous-jacents aux faluns d’Anjou. Ces sables ont livré une faune en place à
Pontigné-les-Buissonneaux, mais aussi à la Brosse (Ginsburg, 19906) et aux Beilleaux
(Ginsburg, 1989, 19906). Les sables continentaux sous-jacents aux faluns affleurent rarement,
le plus souvent à la faveur d'un été exceptionnellement sec, où la nappe phréatique descend plus
bas que la base des faluns. L’an dernier, un nouvel affleurement est apparu dans la carrière dite
« la Termelière » à Channay-sur-Lathan, où l’un de nos correspondants, M. Bruno Guével, a
récolté, dans la moitié supérieure des sables continentaux :
Prolagus vasconiensis Viret, 1930
Lagopsis spiracensis (Baudelot et Crouzel, 1974)
Eucricetodan infralactorensis (Viret, 1930)
Melissiodon dominons Dehm, 1950
Palaeaseiurus fissurae (Dehm, 1950)
Heteroxerus \ireii Black. 1965
Cynelos helbingi welcommi nov. ssp.
Cephalogale sp.
Diuceruiherium aurelianensis (Nouel, 1866)
Ptotacerathenum minutum (Cuvier, 1822)
Aureliachoerus aurelianensis (Stehlin, 1900)
Cainolherium lintillae (Baudelot et Crouzel, 1974)
Andegameryx andegaviensts Ginsburg, 1971
Lagomeryx praestans Stehlin, 1937
Procervulus dichotomus praelucidus Obergfell, 1957
Tous ces fossiles sont bien d’âge MN 3a. Ils devaient provenir d’une même nappe
d’épandage, limitée dans l’espace et le temps, car après des récoltes assez riches, rien,
brusquement, n’a plus été trouvé.
Des formes provenant du même horizon, non en place mais remaniées dans le falun marin
— 322 —
sus-jacent, ont été trouvées depuis. Certaines ont déjà été publiées (Ginsburg, 1972, 19906).
Parmi les plus imprévues et inédites, se trouve un Cephalogale, représenté par deux P 4 de même
taille et même morphologie, provenant de deux carrières différentes de Savigné-sur-Lathan, et
par une M 3 typique provenant de Noyant-sous-le-Lude.
D. H arène nous a récemment amené, provenant des sables inférieurs continentaux des
Beilleaux, un lot d'ossements que nous avons pu déterminer ainsi :
Plesiaceratherium cf, ptalyodon (Mermier, 1895)
Diaceratherium aurelianensis (Noue!, 1866)
Brachyodus inlermedius Mayet, 1908
Xenohyus venu or Ginsburg, 1980
Procervulus dichotomus (Gervais, 1859) ssp. indet.
Lagomeryx praestans Stehlin, 1937
Dans cette liste, Plesiaceratherium est un élément nouveau pour les sables des Beilleaux.
Ce Rhinocerotidae est représenté par un semi-lunaire complet, la moitié distale d’un McII, la
moitié distale d’un McIV et un MtH privé seulement de son extrémité distale. Ces restes sont
difficiles à déterminer, par manque principalement de matériel de comparaison de Plesiacera-
thenurn, Nous avons cependant pu les comparer directement à du matériel inédit de
Plesiaceratherium retrouvé ces dernières années à Pellecahus et attribué à Plesiaceratherium
lumiarense Antunes et Ginsburg, 1983, au matériel publié de la même espèce de Bézian
(Ginsburg & Bulot, 1984) et aux moulages des pièces-types de l'espéce-type du genre :
Plesiaceratherium gracile Young 1937, de Shanwang (Chine) La morphologie détaillée du
semi-lunaire ainsi que les proportions élancées des métapodes en font sans conteste un
Plesiaceratherium. La taille, plus petite que celle des formes de Pellecahus et de Bézian,
s’accorde bien à ce qu’on pouvait attendre pour la forme plus primitive de l’Orléanien inférieur :
Plesiaceratherium platyodon.
Par ailleurs, certaines formes déjà citées méritent un réajustement taxonomique. Une M,
de Broiliana nobilis a été retrouvée et décrite aux Beilleaux (Ginsburg et al. 1981). Une autre
espèce, Broiliana dehmi a été créée par Beaumont et Mein (1973) sur une M, et une M 2
trouvées à Serre-de-Vergés dans les Pyrénées-Orientales. Les deux espèces sont très voisines et
l’un d’entre nous (L. G.) a déjà proposé de les réunir en une seule espèce, ne retenant à la forme
des Pyrénées que la valeur de sous-espèce particulière. Les mensurations des dents montrent
que le forme angevine est intermédiaire entre tes deux autres formes, mais peut se rattacher plus
aisément à Broiliana dehmi. En effet, la M, des Beilleaux a 6.7 mm de long, celle de
Serre-de-Vergés 6.4, tandis qu’à Wintershof-West, 9 M, mesurent de 6,9 à 7,6 mm, avec une
moyenne de 7,2mm, La M! des Beilleaux n’entre pas dans l’ellipse des variations de la
population de Wintershof-West, tandis que sa différence de taille avec Broiliana dehmi est du
même ordre que la plupart des spécimens de Wintershof-West entre eux. Notre forme des
Beilleaux portera donc le nom de Broiliana nobilis dehmi.
Un Cynelos de grande taille a été retrouvé aux Beilleaux, signalé d’abord sous le nom de
Cynelos helbingi (Ginsburg et al., 1981) puis sous celui de Cynelos lemanensis var. (Ginsburg,
1989). Les considérations sur la taille et les proportions des différentes dents (P 4 , M,, M 2 ) entre
elles ne permettent pas de trancher vraiment entre les deux espèces. Nous avons revu le
matériel. Les tailles indiquent seulement que la forme d’Anjou est légèrement plus petite tant
de Cynelos lemanensis que de Cynelos helbingi. La morphologie semble aujourd’hui pouvoir
— 323 —
donner des indications plus précises. Sur la M, du Cynelos lemcmensis de Saint-Gérand-le-Puy,
le talonide montre soit un sillon talonidien médian, bordant une région entoconidienne large
et peu accidentée, soit un sillon talonidien plus rejeté lingualement, bordant un entoconide fort.
Sur le Cynelos helbingi de Wintershof-West, le sillon talonidien est toujours en position plutôt
linguale et l’entoconide est très faible. Sur les trois M, des Beilleaux, ainsi que sur les
retrouvées remaniées dans le falun, le sillon talonidien est déporté lingualement et l’entoconide
est faible, voire inexistant. Les affinités vont donc avec Cynelos helbingi, dont nos M ] partagent
aussi mieux les proportions. Pour marquer à la fois ces affinités et ces particularités, nous
nommerons la forme des Beilleaux Cynelos helbingi welcommi nov. ssp. avec la diagnose
suivante : « Cynelos helbingi légèrement plus petit que la forme type de Wintershof-West ». Le
type sera la plus belle hémimandibule trouvée par D. HarènE aux Beilleaux et donnée au
Muséum où elle porte le numéro Fs 5864. Elle est figurée in Ginsburg, 1989 : 107. fig. 5. Elle
est dédiée à M. Jean-Loup Welcomme, paléontologue brillant qui nous a beaucoup aidés dans
nos recherches sur les faluns. Dans cette même sous-espèce peuvent entrer la P 4 des Beilleaux
signalée (Ginsburg et al., 1981) sous la dénomination de ŸCynelo schlosseri, et celle, toujours
des Beilleaux, désignée (Ginsburg, 1989) comme Cynelos aff. rugosidens.
La révision des Carnivores et des Ruminants a amené en revanche à englober diverses
formes considérées jusque-là comme taxonomiquement différentes. On aura ainsi :
Phoberocyon dehmi Ginsburg, 1955 (= Phoberocyon hurzeleri Ginsburg, 1955)
Cainotherium lintillae Baudelot et Crouzel, 1974 ( = Cainotherium laticurvatum ligericum
Ginsburg et al., 1985).
Finalement la liste des sables inférieurs continentaux du synclinal d’Esvres vus en place
aux Beilleaux, à la Brosse, la Termelière et à Pontigné-les-Buissonneaux est actuellement la
suivante :
Lagopsis spiracensis (Baudelot et Crouzel, 1974)
Prolagus vasconiensis Viret, 1930
Amphilagns ulmensis Tobien, 1974
Melissiodon dominons Dehm, 1950
Eucrieetodon in/ralactorensis (Viret, 1930)
Eucricetodon quadrants (Viret, 1930)
Ligerimys antiquus Fahlbuseh. 1970
Eomys cf. rhodaniens Hugueney et Mein, 1968
Peridyrornys occitanus Baudelot et de Bonis, 1966
Myomimus cf. aquaiilis de Bruijn, 1974
Paraglis sp.
Heteroxerus vireti Black, 1965
Palaeosciurus fissurae (Dehm, 1950)
Steneofiber depereti janvieri Ginsburg, 1988
Megamphicyon giganteus (Schinz, 1825)
Cynelos helbingi welcommi ssp. nov.
Ictiocyon socialis (Crusafont, Villalta et Truyols, 1955)
Haplocyonoides mordax Hurzeler, 1940
Hemicyon hareni Ginsburg, 1989
Plithocyon bruneti Ginsburg, 1980
Phoberocyon dehmi Ginsburg, 1955
Cephalogale sp.
Ursavus elmensis Stehlin, 1917
— 324 -
Amphictis aff. aniiquus Pomel, 1853
Palaeogale hyaenoides Dehm, 1950
Broilianu nobilis dehmi de Beaumont et Mein, 1973
Stromeriella franconica confluensis Baudelot et Crouzel, 1974
Martes laevidens Dehm, 1950
Dehmictis rorax (Dehm, 1950)
Semigenetla elegans Dehm, 1950
Pseudaelurus turnauensis (Hoernes, 1882)
Paratapirus intermedius (FilhoL, 1885)
Protaceratherium minutum (Cuvier, 1822)
Plesiacerutherium cf. plat y o don (Mermier, 1895)
Diaceratherium aurelianense (Noue). 1866)
Aureliachoerus aurelianensis (Stehlin, 1900)
Xenohyus vend or Ginsburg. 1980
Brachyodm intermedius Mayet, 1908
Cainotherium lintillae Baudelot et Crouzel, 1974
Andegameryx andegaviensis Ginsburg, 1971
Pomelomeryx houlangeri (Pomel, 1853)
Lagomeryx praestans Stehlin, 1937
Procervulus dichotomus praelucidus Obergfell, 1957
Oriomeryx willii Ginsburg, 1985
La faune d’Espira-du-Conflent
A Espira-du-Conflent près de Prades (Pyrénées-Orientales), un petit bassin sédimentaire a
livré à Baudelot & Crouzel (1974) une petite faune d’âge voisin de celle d’Estrepouy. Dans
la liste donnée par ces auteurs, à côté d’espèces d’âge conforme à celui d’Estrepouy (Prolagus
vasconiensis, Lagopsis penai, Sleneofiber depereti caliodorensis) est cité un Dorcatherium, ce qui
est parfaitement incompatible. L. Ginsburg a revu la pièce attribuée à Dorcatherium, une
mandibule avec D r M,. La M, parfaitement bien conservée, vierge encore et non encore
complètement sortie de son alvéole ne peut absolument pas appartenir à un Dorcatherium, mais
convient parfaitement à Andegameryx. Le métaconide et l’entoconide bien arrondis et bombés
du côté lingual, l’absence totale de métastylide et de pli palaeomeryx, la présence du pli caprin
et, accessoirement, d’un petit ectostylide sont les caractéristiques des molaires du genre
Andegameryx, tant par rapport à Dorcatherium qu’à Dremotherium ou Amphitragulus. La taille
de la M, d'Espira-du-Conflent, ainsi que celle des trois prémolaires lactéales conservées,
concorde avec les mesures correspondantes de l 'Andegameryx laugnacensis du Laugnac décrit
par Ginsburg & Morales (1989). A côté, Baudelot & Crouzel ont déterminé comme
Amphitragulus aurelianensis un maxillaire avec M'-M 3 , une hémimandibule avec une
M, et une P 4 isolées, tout en reconnaissant que leur taille était un peu supérieure à celle du
matériel décrit par Mayet (1908), donc provenant d’Artenay, la localité type de l’espèce. En
fait, les mesures de toutes les pièces citées d’Espira-du-Conllent conviennent parfaitement avec
celles d 'Andegameryx laugnacensis, sauf la M 3 qui semble un peu plus grande à Espira-du-
Conflent. Mais la mesure de la longueur de cette dent était problématique (les auteurs mettent
un point d’interrogation à la suite du chiffre donné) ; il est possible que la pièce ne soit pas en
parfait état et que la mesure de la largeur soit ainsi quelque peu imprécise. On peut s’étonner
que Baudelot & Crouzel n’aient pas vu les différences existant entre les dents à.'Amphitra¬
gulus et celles d 'Andegameryx, mais lorsqu’ils ont décrit le matériel d’Espira-du-Conflent la
— 325 —
seule pièce alors connue d 'Andegameryx était la mandibule type d'Andegameryx andegaviensis
Ginsburg, 1971 qui est une forme de bien plus petite taille que Andegameryx laugnacensis,
décrite plus tard, en 1989.
Par ailleurs, Baudelot & Crouzel attribuent une P 2 isolée à Lagomeryx meyeri. Jusqu’à
plus ample informé, cette espèce apparaît plus tardivement et la détermination de cette dent,
toujours très rare dans les gisements, n’ayant été faite que sur des considérations de
dimensions, nous contesterons aussi cette attribution. Il paraît plus simple de rapprocher cette
pièce de Pomelomeryx boulangeri, forme citée communément dans les gisements de l’Agénien
supérieur et se prolongeant dans la base de l’Orléanien.
Pour les rongeurs, Baudelot & Crouzel déterminent des restes de Castoridés comme
Steneofiber depereti caliodorensis tout en soulignant que leur matériel est plus petit que les
matériaux types de caltodorensis (provenant de Chilleurs), ce qui devrait lui conférer un âge un
peu plus ancien. Cela est exact et le Castoridé d’Espira-du-Conflenl entre exactement dans les
limites de mensurations du Steneofiber depereti janvieri, créé depuis (Ginsburg, 1988) sur des
matériaux de la Brosse.
Pour le reste de la faune, Beaumont (1976) a remis en cause la détermination du petit
carnivore désigné comme Broiliana nobilis confluensis nov. ssp. par Baudelot & Crouzel. Il
le rapproche de Stromeriella frcmconica Dehm (1950) mais lui reconnaît des caractères plus
primitifs. Bien qu’il ne l’écrive pas expressément, on peut voir par là qu’il reconnaît la validité
de la sous-espèce.
Enfin, Bûcher ( 1982) a révisé les Lagomorphes. A la suite des considérations précédentes,
nous pensons pouvoir donner pour Espira-du-Conflent la liste faunique suivante :
Lagopsis spiracensis (Baudelot et Crouzel, 1974)
Prolagus vasconiensis Virel, 1930
Amphilagus ci. ulmensis Tobien, 1974
Palaeosciurus cf. fssurae Dehm, 1950
Steneofiber depereti janvieri Ginsburg, 1988
Amphicyonidae indet cf. Megamphicyon gigantens (Schinz, 1825)
Stromeriella franconka confluensis (Baudelot et Crouzel, 1974)
Coinatherium lintiilae (Baudelot et Crouzel, 1974)
Andegameryx laugnucyttsis Ginsburg et Morales, 1989
? Pomelomeryx boulangeri (Pomel, 1853)
Corrélations des faunes
De tous les gisements de la MN3, les sables des Beilleaux (et des gisements équivalents
d’Anjou) sont les plus anciens. Us renferment des formes héritées de l’Agénien et qui ne
monteront pas plus haut, à savoir Perïdyromys mur inus, connu à Laugnac (MN2b), Paratapirus
intermedius, défini à Selles-sur-Cher (MN2b), Cephalogale, genre connu depuis les pbosphorites
du Quercy, Haplocyonoides mordax , connu dans l’Aquitanien de Hessler (bassin de Mayence)
et sans doute à Laugnac, Xenohyus venitor et Andegameryx andegaviensis , retrouvés à Loranca
del Campo et Valquemado (province de Cuenca, Espagne) dans des niveaux plus anciens
que les Beilleaux (Morales et al., 1986; Ginsburg et ai, 1987). Il contient aussi Lagopsis
spiracensis, qui sera remplacé dans les niveaux plus élevés par des espèces plus évoluées,
ainsi que Cynelos helbingi welcommi, Broiliana nobilis dehmi et Stromeriella frcmconica
confluensis, remplacées aussi plus haut par des sous-espèces plus progressives.
— 326 —
La faune d’Espira-du-Conflent apparaît de même âge que celles des sables des Beilleaux :
le Lagopsis est le même (L. spiracensis), la sous-espèce de Slromeriella franconica est la même
et il y a aussi un Andegameryx. L’espèce n’est pas la même, mais les deux sont contemporaines.
Andegameryx laugnacensis a été défini à Laugnac, tandis que Andegameryx andegaviensis est
connu dans la région toulousaine à Grépiac (NM2a, Duranthon, 1990 et communication
orale) et en Espagne à Loranca, gisement estimé comme d’un âge intermédiaire entre Laugnac
et les Beilleaux, et plus bas encore à Valquemado, d’âge intermédiaire entre Saint-Gérand-le-
Puy (MN2a) et Laugnac (MN2b). Les deux espèces, jamais retrouvées dans un même gisement,
doivent sans doute s'exclure écologiquement, mais coexistent dans le temps. Elles doivent
disparaître pour une même raison, sans doute par la concurrence de quelque(s) nouvel(aux)
arrivants). En tout cas, les Beilleaux est un des gisements les plus récents à A. andegaviensis
et Espira-du-Conflent le gisement le plus récent à A. laugnacensis.
Plus récente que les faunes des Beilleaux, la Brosse, les Buissonneaux, Chitenay et
Espira-du-Conflent apparaît la faune d’Estrepouy, où le Lagopsis cadeoti remplace Lagopsis
spiracensis. Estrepouy est aussi le dernier gisement à Andegameryx. En effet, les spécimens de
cette localité déterminés comme Amphnragulus aurelianensis par Roman & Viret (1930, 1934)
doivent être rapportés à Andegameryx andegaviensis
Plus haut encore, Lagopsis cadeoti , Steneofiber depèreii janvieri et Brachyodus intermedius
sont remplacés par des formes plus évoluées : Lagopsis penai, Steneofiber depereti caliodorensis
et Brachyodus onoideus. En même temps apparaissent les premiers Proboscidiens (Bulot &
Ginsburg, 1993).
On aura ainsi comme subdivisions principales de la MN3 :
— MN3 supérieure : faune à Lagopsis penai, Steneofiber depereti caliodorensis, Brachyodus
onoideus et Zygolophodon turicensis.
— MN3 inférieure : faune sans Proboscidiens, avec Steneofiber depereti janvieri et derniers
Andegameryx.
niveau haut : faune à Lagopsis cadeoti
niveau bas : faune à Lagopsis spiracensis.
CONCLUSION
Cette étude a permis d’établir des listes précises des mammifères d’âge MN5 du falun
langhien de Pontigné et des mammifères trouvés en place dans les couches continentales
inférieures d’âge MN3a à (?)MN4a, et de montrer que le Lagopsis des sables inférieurs était
L spiracensis , ce qui confirme l'âge plus ancien des sables continentaux des Beilleaux-
Pontigné-la Brosse par rapport à Estrepouy '.
1. Il serait du plus haut intérêt, vu la richesse du gisement insuffisamment fouillé quand il était accessible, qu’un
déblaiement soit opéré sur le site de Pontigné-les-Buissonneaux, afin de recueillir de nouveaux documents parfaitement
localisés dans la coupe. La baisse du niveau phréatique depuis la fermeture de la carrière devrait faciliter une nouvelle
fouille.
— 327 —
Remerciements
Nous tenons à remercier ici tous ceux qui nous ont donné ou prêté leurs collections du falun de
Pontigné et d’autres gisements ayant ainsi facilité notre étude : MM. E. Creton, B. Guével, Ph. Janvier,
B. Loiret, J.-P. Malfay, J.-L. Welcomme, L. Faillie, J. Mornant, D. Pouit, J.-M. Sinturet et
le Dr. J. Levé. Nous remercions aussi P. Mein et P. Tassy qui ont déterminé l’un les petits rongeurs,
l’autre les mastodontes.
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Equus cf. taubachensis et E. hydruntinus
de la grotte de Prolom 2 (Crimée, Ukraine)
par Véra Eisenmann et Gennady F. Baryshnikov
Résumé. — La grotte de Prolom 2 est une station moustérienne pluristratifiée datée de la première
moitié du Würm. Dans la liste faunique prédominent des espèces steppiques et de steppe boisée dont
certaines d'affinités boréales. Parmi les 10 000 restes déterminables de grands Mammifères, le Saïga
domine (54 %), suivi par les Équidés (14 %). Equus cf. taubachensis et E. hydruntinus sont représentés par
un riche échantillon de dents jugales isolées et quelques os des membres. Les fossiles de Chevaux ont été
comparés avec ceux des travertins supérieurs d’Ehringsdorf, de Burgtonna 1 et 2, Taubach, Weimar,
Roterberg, Remagen (Allemagne), de Kiskevely, Dorog et Tokod (Hongrie), de Bourgeois-Delaunay et
Mauran (France) et de Kostenki (Russie), Les restes à'E. hydruntinus ont été comparés avec ceux de
Staroselie (Ukraine). Binagady (Azerbaïdjan), Roterberg (Allemagne) et Lunel-Viel (France).
Mots-clés. — Biométrie, Equus cf. taubachensis, E. hydruntinus, Mammalia, Perissodactyla, Crimée,
Ukraine, Würm inférieur.
Abstract. — Equus cf. taubachensis and E. hydruntinus front the Cave of Prolom 2 (Crimea, Ukraine).
The Prolom 2 Cave is a multilayers Mousterian site dated front the first half of the Würm. In the faunal
list, steppe and arboreal steppe species predominate, several of them having boréal affinities. Among the
10 000 determinable fossils of large Mammals, 54 % belong to saiga ; the frequency of equids (14 %) is
just after. Equus cf taubachensis and E hydruntinus are represented by a numerous sample of isolated
jugal teeth and a few limb bones. Prolom horses hâve been compared to samples front the Upper
Travertines of Ehringsdorf, Burgtonna 1 et 2, Taubach. Weimar, Roterberg, Remagen (Germany), from
Kiskevely. Dorog and Tokod (Hungary), from Bourgeois-Delaunay and Mauran (France), and Trom
Kostenki (Russia). E. hydruntinus has been compared to samples from Staroselie (Ukraine). Binagady
(Azerbaïdjan), Roterberg (Germany), and Lunel-Viel (France).
Keywords. Biometry, Equus cf. taubachensis, E. hydruntinus, Mammalia, Perissodactyla, Crimea,
Ukraine, Lower Würm.
V. Eisenmann, Laboratoire de Paléontologie du MNHN et URA 12 et 1415 du CNRS, 8, rue Buffon, F-75005-Paris.
G. F. Baryshnikov, Zoologicheskii Institut Academii Nauk, 199034, Sanct-Peterburg, Russie.
Les ossements de Chevaux et d’£. hydruntinus étudiés ici proviennent de la station
moustérienne pluristratifiée de la grotte de Prolom 2. Cette grotte est située sur la rive gauche
de la rivière Kuchuk-Karasou, dans les environs de Belogorod en Crimée. Elle se rattache à un
fragment de la deuxième terrasse de la rivière (Kolosov, 1986 : 75). La station fut découverte
par l’archéologue ukrainien lu. G. Kolosov en 1978. Elle a été fouillée en 1981-1982. Quelques
compléments de fouilles pour recherche de microvertébrés ont été effectués en 1985. avec la
participation de G. Baryshnikov.
330 —
La grotte se trouve au pied d'un escarpement calcaire, environ 22 mètres au-dessus de l’eau.
Elle regarde à l’est. Actuellement, seule est conservée la paroi postérieure qui entoure en demi-
cercle une petite plate-forme. Cette plate-forme est actuellement à ciel découvert mais était à l’ori¬
gine entièrement recouverte d’un surplomb rocheux, effondré depuis. La profondeur de la grotte
est de 6 à 8 mètres, la largeur atteint 11-12 mètres et la surface de fouilles est d’environ 40 m 2 .
STRATIGRAPHIE
Sept horizons lithologiques ont été distingués. Leur description est donnée par Kolosov
(1986 : 78-79).
1. Humus actuel de 0,05 à 0,2 mètre avec inclusions de cailloutis. Quelques rares
trouvailles de silex et d’animaux pléistocènes.
2. Argile marron-clair de 0,2 à 0,5 mètre d’épaisseur avec un peu de cailloutis. Sa
concentration augmente avec la profondeur.
3. Gros blocs du surplomb rocheux effondré, de 0,5 à 1,45 mètre d’épaisseur.
4. Argile marron-clair avec inclusion de gros fragments de calcaire, de 1,45 à 1,8 mètre
d’épaisseur.
5. Argile marron-clair avec une forte concentration de cailloutis de taille moyenne.
Épaisseur de 1,8 à 2 mètres. Les cailloutis sont souvent légèrement roulés.
6 . Couche de 2 à 2,22 mètres d’argile marron-clair fortement caillouteuse. Présence de
fragments de calcaire de faible et moyenne dimensions.
7. Argile gris-clair de 2,2 à 2,38 mètres d’épaisseur. Faible concentration en fragments.
Quatre couches culturelles d’époque moustérienne ont été distinguées. La couche 1
commence avec la surface et va juqu’aux gros blocs effondrés. La couche 2 comprend l’hori¬
zon 4 ; la couche 3, l’horizon 5 et la couche 4, l’horizon 7.
Dans les dépôts de la grotte ont été trouvés de nombreux outils et produits de débitage
en très bon silex et des ossements d’animaux avec traces d’élaboration ainsi que des artefacts
osseux. Parmi les outils en silex, les racloirs typiques et les racloirs dèjetés sont habituels, ainsi
que les couteaux typiques et bilatéraux à méplats. La station de Prolom 2 appartient à la
culture moustérienne akkaienne à laquelle se rattachent aussi d’autres sites de Crimée orien¬
tale : Zaskalnaia 5, Zaskalnaia 6, Krasnaia Balka, Chokurcha 1, Volchii grot (Kolosov, 1986).
Tous sont disposés à la limite entre la vallée steppique et le pied des massifs montagneux. Au
Pléistocène, cette région était favorable à la vie de grands troupeaux d’Ongulés qui étaient
activement recherchés par les chasseurs moustériens.
FAUNE ASSOCIÉE
Des déterminations préliminaires ont déjà été publiées (Baryshnikov, 1986, 1987 ;
Baryshnikov & Potapova, 1988, 1992). On a trouvé des restes d’Amphibiens, d’Oiseaux et
— 331 —
de Mammifères. 11 ne semble pas y avoir de différences significatives dans la composition
spécifique et la fréquence relative des fossiles de Mammifères mais les restes d’Oiseaux
d’espaces ouverts semblent plus fréquents dans les couches 3-4 tandis que les espèces forestières
prédomineraient dans les couches 1-2 (Baryshnikov & Potapova, 1988 : 59). La liste faunique
est la suivante :
Amphibia
Bufo viridis
Aves
Casarca ferruginea, Cerchneis tinnunculus, Erythropus vespertinus, Perdix perdix, Columba
livia, Columba palumbus, Columba sp., Nyctea scandiaca, Lullula arborea, Alauda arvensis,
Luscinia sp., Chloris chloris, Pica pica, Corvus monedula, Corvus frugilegus, Corvus corax.
Mammalia
Marmota hobac, Allaciaga jaculus, Ellobius cf. talpinus, Lagurus lagurus, Eolagurus luteus,
Cricetus cricetus, Microtus cf. gregalis, Microtus cf. agrès ris, Microtus arvalis, Vulpes corsac,
Ursus spelaeus crimaeus , Putorius eversmanni , Crocuta spelaea, Panthera spelaea , Mammuthus
primigenius , Coelodonta antiquilatis, Rangifer tarandus , Cervus elaphus, Megaloceros giganteus,
Bison priscus, Saiga cf. borealis).
On constate une prédominance d’espèces steppiques et de steppe boisée. On remarque
aussi la présence de formes boréales parmi les Oiseaux ( Nyctea scandiaca ) et les Mammifères
(Microtus cf, gregalis, Rangifer tarandus, Saiga cf. borealis).
D’après la composition de la faune et d’après les mensurations des dents jugales des grands
Carnivores (Ursus spelaeus crimaeus, Crocuta spelaea) le site de Prolom 2 peut être daté de la
première moitié du Würm. Les sites de Zaskalnaia 5 et Zaskalnaîa 6 ont probablement un âge
voisin.
Dans les couches de la grotte de Prolom 2, près de dix mille fragments déterminables de
grands Mammifères ont été récoltés. Les restes de Saïga (54 %) dominent ; les restes d’Équidés
(14 %) occupent la deuxième place. Comme le Saïga, le Cheval sauvage et E. hydruntinus
constituaient des proies importantes pour les anciens habitants du site.
LES RESTES D’ÉQUIDÉS
Les fossiles étudiés sont surtout composés d’incisives et de dents jugales isolées, définitives
et lactéales. Les autres éléments du squelette sont rares et en général sous forme de petits
fragments. Ils appartiennent le plus souvent aux parties distales des membres. Quelques
métapodes entiers d’un grand Cheval font figure d’exception. Ils proviennent de l’accumulation
osseuse tout près de la paroi postérieure de la grotte au niveau de la couche 2 (« ossuaire »).
Là a été mis au jour un amoncellement de divers os de grands animaux qui reposaient en arc
de cercle le long de la paroi. Sur certains carrés on a trouvé jusqu’à trois étages d'os, sur
332 —
d’autres, un seul (Kolosov, 1986 : 88). A la différence d’autres emplacements de la grotte où
tout le matériel est fragmenté, « l’ossuaire » comprend des os entiers ou de grands fragments
osseux.
Les os de Chevaux et d’Asiniens sont de couleur marron-clair et sont bien conservés.
Certains ont été rongés par de grands Carnivores (Hyène des cavernes).
L’accumulation de restes osseux d'Équidés dans la grotte de Prolom 2 est d’abord liée à
la chasse pratiquée par les anciens Hommes. Quelques os ont pu être apportés par des Hyènes
des cavernes, qui se fixaient souvent dans des grottes ou y habitaient durant les périodes où
les Hommes quittaient le site ou ne le visitaient que de façon épisodique.
La présence simultanée d’un grand Cheval et d’un E. hydruntinus est caractéristique
des « monuments » moustériens non seulement en Crimée, mais aussi dans le Caucase
septentrional (Ilskaya 1) et dans les régions arides de Transcaucasie (Tsopi, Erevanskaya).
Dans les régions plus occidentales, une association semblable s’observe en bordure de la mer
Méditerranée.
Le système de mesure a été publié précédemment (Eisenmann, 1986). Les dents jugales
sont mesurées au niveau de leurs surfaces occlusales quand elles sont moyennement usées ; les
dents peu usées et les M 3 sont mesurées à mi-hauteur, les dents très usées ne sont pas prises
en compte. Un article précédent (Eisenmann et al., 1993) explique pourquoi les mesures au
point P préconisées par Prat (1968) ne sont pas appliquées.
E. cf. taubachensis
Les variations individuelles des Chevaux fossiles sont grandes par rapport aux variations
entre les sites. C’est spécialement net pour les dimensions dentaires qui restent en moyenne
assez stables pendant la plus grande partie du Quaternaire. Dans la mesure où presque
n’importe quelle dent peut entrer dans l’écart de variation de presque n'importe quel
échantillon, les comparaisons ne sont intéressantes que lorsqu’elles concernent un matériel
suffisamment riche, comprenant non seulement des dents mais aussi des métapodes. Comme
ces conditions sont rarement réunies, les Chevaux quaternaires sont encore mal systématisés,
notamment les formes dont l’âge est supérieur à 30 000 ans.
Les Chevaux de Prolom 2 ont été comparés avec ceux des travertins supérieurs
d’Ehringsdorf, de Burgtonna 1 et 2, Taubach, Weimar, Roterberg (Allemagne), ceux de
Kiskevely, Dorog et Tokod (Hongrie) et ceux de la grotte Bourgeois-Delaunay et de Mauran
(France). P s’agit souvent de vieilles collections où les mélanges de niveaux (Burgtonna 1 et 2)
et même de gisements (Taubach et Weimar) ne sont pas exclus. En outre, certains échantillons
sont pauvres (Mauran, Burgtonna, Tokod) ou d'âge imprécis (Hongrie).
Les travertins supérieurs d’Ehringsdorf ont été datés de 100 à 130 000 ans (Hausmann &
Brünnacker, 1988), les travertins de Burgtonna 1 sont également d’âge éemien, ainsi que
probablement Taubach et Weimar (Heinrich, 19906 : 187). Burgtonna 2 et Roterberg sont
rapportés au début du Weichsel (Heinrich, 1990a : 176), Les couches 8 à 10 de la grotte
Bourgeois-Delaunay rapportées au Würm 1 sont comprises entre deux travertins datés de 100
et 112 000 ans (Blackwell et al ,, 1983), Mauran est aussi rapporté au Würm I et serait
contemporain du stade isotopique 5b (David et al., 1994). Kiskevely, Dorog et Tokod sont
rapportés au Würm ancien (Janossy, 1986).
— 333 —
Description du matériel
Une région symphysaire avec des grandes canines de mâle et des incisives extrêmement
usées (cornets invisibles sauf sur la 13 droite) mesure 67 mm de large au bord postérieur des
13. La largeur minimale hors tout au niveau du rétrécissement est de 51 mm et la longueur de
la symphyse de 94 mm. Comme ce fragment ne comporte pas les P2, il est difficile d’en évaluer
la longueur. 11 semble toutefois que cette symphyse appartenait à un cheval à museau court et
large (Eisenmann et ai, 1985),
Sur les dents jugales supérieures (tabl. 1) le parastyle est large mais rarement dédoublé sur
les P3 et P4, étroit et simple sur les molaires. Le mésostyle est large et souvent dédoublé sur
les P3 et P4, étroit et simple sur les molaires. L’émail des dents est assez plissé : 4 à 10 plis. Le
pli caballin est bien développé.
Les dimensions des dents jugales inférieures sont moyennes (tabl. II). La forme de la
double boucle est caballine. Le sillon vestibulaire est court sur les prémolaires, long sur les
molaires, il n’est pas très profond.
Tableau I. — Mesures en millimètres des dents jugales supérieures d 'E. cf. taubachensis de
Prolom 2.
Upper cheek teeth of E. cf. taubachensis from Prolom 2 : measurements in millimeters.
n
x
s
P 2
Lo
40,4
38,0
42,5
1,64
LP
9,9
8,6
11,1
8,44
lo
26,5
24,6
1,43
5,41
IP
24,6
20,4
Issai
1,95
7,93
P 3p4
41
29,9
25,7
33,3
1,94
6,49
LP
40
14,5
10,8
17,4
1,39
9,61
lo
29,5
26,5
31,9
1,38
4,69
IP
19
48,8
35,1
5,71
M‘M 2
Lo
Esm
1,32
4,77
LP
pTîrl
11,1
16,8
1,38
9,62
lo
32
15,1
31,3
2,69
9.84
IP
32
5.00
9,63
M 3
Lmiht
14
30,3
26,7
33,0
1,88
6,22
LP
14
15,7
11,5
18,8
1,88
11,99
lmiht
14
24,8
22,0
27,0
1,45
5,85
IP
14
50,3
24,9
58,8
8,64
17,17
n : nombre de spécimens, x : moyenne, min : valeur minimale observée, max : valeur maximale observée, s : écart type,
v : coefficient de variation (v = 100 s / x). Lo : longueur occlusale. LP : longueur du protocone. lo : largeur
occlusate. IP : indice protoconique (100 LP / Lo). Lmiht : longueur à mi-hauteur de la couronne, lmiht : largeur
à mi-hauteur de la couronne.
n : number of specimens. x . mean. min : minimal observed value, max : maximal observed value, s : standard déviation,
v : coefficient of variation (v = 100 s / x ). Lo ; occlusal length. LP : protocone length. lo : occlusal width. IP :
protocone index (100 LP / Lo). Lmiht : length al mid-crown. lmiht : width at mid-crown.
— 334 —
Tableau II. — Mesures en millimètres des dents jugales inférieures d'E. cf. taubachensis de
Prolom 2.
Lower cheek teeth of E. cf. taubachensis from Prolom 2 : measurements in millimeters.
n
x
min.
max.
s
v
P2
Lo
mm
E2X3
37,6
1,93
5,58
LF
km
NBH
17,7
0,62
3,74
LDB
wm
llFftïï
■ma
lo
lia
15,14
14,8
16,2
0,52
3,38
IDB
mm
44,7
41,2
2,83
6,33
1F
H
48,2
46,2
51,3
3,95
P 3 P 4
Lo
32
29,5
27,5
32,2
1,38
4,70
LF
32
13,6
9,7
17.0
1,47
10,82
LDB
32
17,6
14,8
19,7
1,16
6,58
lo
32
17,6
15,8
19,1
5,35
IDB
32
60,0
46,8
67,2
8,48
1F
32
46,0
35,3
54,8
3,91
8,51
Mj M 2
Lo
17
27,4
25.1
29,8
1,23
4,50
LF
16
10,3
9,1
13,0
1,11
10,76
LDB
17
15,3
13,1
18,7
1,53
9,96
lo
17
16,5
15,9
18,4
0,66
4,00
IDB
17
56,0
49,4
67,7
4,65
8,32
1
1F
16
37,7
34,7
46,4
3,25
8,62
Lo
34,9
31,0
36,2
1,86
5,33
LDB
14,7
12,8
17,5
1,63
11,07
lo
14,4
12,0
1,31
9,15
IDB
41,4
35,6
5,08
12,28
n : nombre de spécimens, x : moyenne, min : valeur minimale observée. ma\ : valeur maximale observée, s ; écart type,
v : coefficient de variation (v = 100 s / x). Lo longueur occlusale. LF : longueur du postflexidc. LDB : longueur
de la double boucle, lo ; largeur occlusale. IDB ; indice de la double boucle (IDB = 100 LDB / Lo). IF : indice
postflexidique (IF = 100 LF / Lo).
n number of specimens. x mean. min : minimal observée! value, max ; maximal observed value, s : standard déviation.
v .' coefficient of variation (v = 100 s / x). Lo occlusal length. LF : postjiexid length. LDB : double knot length.
lo occlusal width. IDB : double knot index (IDB =100 LDB j Lo). 1F : postflexid index (IF = 100 LF / Lo).
Les métapodes (tabl. III et IV) sont grands et trapus ; au niveau de l’extrémité distale, les
largeurs articulaires sont plus grandes que les largeurs sus-articulaires ; les diamètres
antéro-postérieurs (DAP) ne sont pas très développés. Une première phalange est relativement
petite : 86 mm de long, avec des largeurs proximale, diaphysaire et distale sus-articulaire de
53 mm, 37 mm et 45,5 mm respectivement. Une autre est plus grande : 58 et 38,4 mm pour les
largeurs proximale et diaphysaire. Un radius mesure 364 mm de long, les largeurs proximale
articulaire, diaphysaire et distales maximale et articulaire sont respectivement de 89. 49, 82 et
67,5 mm. Pour un autre radius, les deux largeurs distales sont de 82 et 69,5 mm. La diaphyse
d’un troisième radius est large de 49,6 mm. Les diamètres de trois cavités cotiloïdes pelviennes
sont de 81,5 mm, 78 et 73,3 mm. Trois extrémités distales de tibia mesurent 82,5 mm, 78 mm
et 74,5 mm de large pour des DAP de 52 mm, 50 mm et 47,5 mm ; le DAP distal d’un
quatrième tibia est de 45 mm.
Les astragales (tabl. V) sont grands et larges.
Tableau III. — Mesures en millimètres des troisièmes métacarpiens (MC III) et troisièmes
métatarsiens (MT III) d’£. cf. taubachensis de Prolom 2.
Third metacarpals (MC III) and third metatarsals (MT III) of E. cf. taubachensis
from Prolom 2, measurements in millimeters.
1 : longueur maximale. 3 : largeur au milieu de la diaphyse. 4 : diamètre antéro-postérieur (DAP) au milieu de la
diaphyse. 5 : largeur proximale. 6 : DAP proximal. 10 : largeur distale sus-articulaire. 11 : largeur distale articulaire.
12 : DAP de la quille. 13 : DAP minimal du condyle interne. 14 : DAP maximal du condyle interne. 7 : diamètre
de la facette pour le magnum (MC III) ou pour le grand cunéiforme (MT III). 8 : diamètre de la facette antérieure
pour l’unciforme (MC III) ou pour le cuboïde (MT III).
1 : maximal length. 3 : width al mid-diaphysis. 4 : depth al mid-diaphysis. S : proximal width. 6 : proximal deplh. 10 :
distal supra-arlicular width. 11 : distal articulât width. 12 - depth of the distal keel. 13 : minimal deplh of rite médial
condyle. 14 : maximal deplh Of the médial condyle. 7 tliameter of the facel J'nr the magnum ( MC 111) or for the hig
cuneiform (MT 111). S diameter of the anterior facet for the unciform (MC 111) or for the euhoid (MT 111).
Tableau IV. — Mesures en millimètres des troisièmes métacarpiens (MC III) et troisièmes
métatarsiens (MT III) d ’E. cf. taubachensis de Prolom 2.
Third metacarpals (MC III) and third metatarsals (MT III) of E. cf. taubachensis
from Prolom 2 : measurements in millimeters.
mc ni
n
X
max.
s
V
î
1
248,0
248,0
248,0
-
-
2
46,3
44,5
48,0
2,47
5,35
2
31,9
31.7
32,0
0,67
3
58,6
57,5
60,0
1,29
2,20
3
36,6
35,0
37,8
1,44
3,94
10
5
55,9
51,6
59,1
5,01
11
5
57,0
52,8
59,5
4,56
12
5
42,0
39,7
43,9
1,96
4,67
13
5
33,5
31,5
35,0
1,36
4,05
14
4
34,9
32,0
37,0
5,99
7
2
48,0
48,0
48,0
0,00
8
2
17,0
17,0
17,0
0,00
mt ni
n
X
min.
max.
s
V
1
4
276,8
272,0
282,0
4,27
1,54
3
6
39,8
38.0
41,5
1,44
3,62
4
6
37,8
36,0
41,0
1,94
5,13
5
10
57,5
53,5
61,0
2,62
4,56
6
10
48,5
45,0
52,0
2,55
5,26
10
7
56,1
52,0
59,0
2,59
4,62
11
6
56,8
53,5
60,0
2,58
4,54
12
7
41,5
37,5
44,5
2,72
6,56
13
6
31,3
30,0
34,5
1,67
5,33
14
6
32,8
30,5
38,0
2,96
9,02
7
9
53,9
51,0
58,0
2,20
4,09
8
9
14,2
10,0
19,0
3,15
22,17
n : nombre de spécimens, x : moyenne, min : valeur minimale observée, max : valeur maximale observée, s : écart type.
v : coefficient de variation (v = 100 s / x). (Définition des mesures 1 à 14 : voir tabl. III.)
n number of spécimens, x ; mean. min : minimal observed value, max : maximal observed value, s : standard déviation.
v ; coefficient of variation (v = 100 s / x). 1 : maximal length. 3 : widlh at mid-diaphysis. 4 : depth at mid-diaphysis.
5 : proximal width. 6 :proximal depth. 10 : distal supra-articular width. Il : distal articular width. 12 : depth of the
distal keel. 13 : minimal depth of the médial condyle. 14 : maximal depth of the médial condyle. 7 : diameter of the
facetfor the magnum (MC III) or for the big cuneiform (MT III). 8 : diameter of the anterior facet for the unciform
(MC III) or for the cuboid (MT III).
— 337 —
Tableau V. — Mesures en millimètres des astragales d'E. cf. taubachensis de Prolom 2. n :
nombre de spécimens.
Astragali of E. cf. taubachensis from Prolom 2 : measurements in millimeters. n :
number of specimens.
n
X
min.
max.
S
V
1
10
66,3
63,0
71,0
2,44
3,68
2
10
67,1
65,0
70,5
2,09
3,11
3
10
69,3
63,5
75,0
4,14
5,97
4
10
37,1
35,0
39,0
1,48
3,99
5
10
61,9
56,0
68,5
4,40
7.11
6
10
40.0
35,0
43,0
2,37
5,93
7
10
58,1
52,0
63,5
3,66
6,30
x : moyenne, min : valeur minimale observée, max : valeur maximale observée, s : écart type, v : coefficient de variation
(v = 100 s / x). 1 : hauteur maximale. 2 : hauteur de la lèvre interne de la poulie. 3 : largeur maximale. 4 : largeur
de la poulie. 5 : largeur articulaire distale. 6 : diamètre antéro-postérieur articulaire distal.
x : mean. min : minimal observed value, max : maximal observed value, s : standard déviation, v ; coefficient of variation
(v — 100 s / x). 1 : maximal height. 2 : maximal diameter of the media! condyle. 3 : maximal width. 4 width of
the truchlea fat the apex of each condyle). 5 : distal articular width. 6 : distal urticular deplh. 7 ; maximal médial
depth.
Comparaisons
La plupart des dents jugales supérieures de Taubach et Weimar (Eisenmann, 1991 : tabl. 2)
ont des dimensions voisines de celles de Prolom. Toutefois, le diagramme de dispersion des
longueurs du protocone en fonction des longueurs occlusales (fig. 1) montre que les dimensions
des M1M2 et des P3P4 se chevauchent plus qu’à Taubach, et que les M1M2 ont parfois des
protocones plus courts.
Le matériel de Dorog, Kiskevely et Tokod présente aussi de grandes ressemblances avec
celui de Prolom ainsi que les deux dents de Mauran.
En revanche, les longueurs d’une série supérieure peu usée provenant des travertins
supérieurs d’Ehringsdorf (n° 8868) sont voisines, mais les protocones sont nettement plus
longs : près de 19 et 20 mm sur les P3 et P4, 17 et 17,7 mm sur les Ml et M2. Avec un
protocone long de 16 mm pour une longueur de 29 mm, la P3 ou P4 isolée (6732) entre mieux
dans l’intervalle de variation observé à Prolom 2.
Une des trois jugales supérieures censées provenir de Burgtonna 1 s’inscrit dans le cadre
de variation de Prolom 2. Les deux autres sont plus petites et ont des protocones plus courts,
comme celles du crâne type d’£. germanicus de Remagen, dont l’âge est malheureusement
inconnu. Les quelques dents de Roterberg paraissent également plus petites. D’après les
données de Prat (1968), les dents de la couche 9 de la grotte Boutgeois-Delaunay sont aussi
en moyenne plus petites, avec des protocones plus courts.
Dans l'ensemble, les métapodes provenant des gisements allemands et hongrois ressem¬
blent à ceux de Prolom. Il faut cependant noter que les métatarsiens de Dorog, Burgtonna 1
et 2, Taubach, Roterberg, et certains MT III de Weimar ont des largeurs distales articulaires
— 338 —
Fig. 1. — Diagramme de dispersion des longueurs des P3P4 et M1M2 supérieures et de leurs protocones à Prolom 2
(Ukraine) et à Taubach (Allemagne).
Scatter diagram of occlusal and protocone lengths of P3P4 and M1M2 from Prolom 2 (Ukraine) and Taubach
(Germany).
relativement petites. Par ailleurs, les MT III de Prolom ont des diamètres antéro-postérieurs
distaux assez faibles. D’après les mesures publiées par Prat (1968), l’unique MC III de la
couche 10 de la grotte Bourgeois-Delaunay entre dans l’écart de variation de Prolom. En
revanche, les métapodes de Mauran (Eisenmann & David, 1994), en principe du Würm ancien
eux aussi (David et al., 1994), sont plus petits et se rapprochent de ceux qu’on trouve dans des
niveaux plus récents, comme à Arcy-sur-Cure.
Pour le reste du squelette post-crânien, les dimensions sont également voisines de celles
rencontrées dans les gisements éemiens et du Würm inférieur.
Typologie et chronologie
Des travaux précédents (Eisenmann, 1988, 1991 ; Eisenmann & David, 1990 ; Eisenmann
et al., 1993) ont conduit à proposer une typologie des Chevaux quaternaires fondée sur les
rapports entre certaines dimensions des métapodes et des dents jugales supérieures. Techni¬
quement, elle repose sur une comparaison des dimensions à l’aide de diagrammes de Simpson
(1941) où les logarithmes décimaux des mesures du Cheval de Prjewalski actuel servent de ligne
de référence (ligne zéro).
Le Cheval de Prolom présente un profil (fig. 2) voisin de celui de VE. taubachensis éemien
de Burgtonna 1, Weimar et Taubach. Il en diffère par des métapodes plus massifs, des largeurs
— 339
0,120
0,100
0,080
0,060
0,040
0,020
0,000
Fig. 2. — Diagramme des rapports (Simpson) comparant les proportions squelettiques et dentaires d'£. taubachensis
(Allemagne), des Chevaux de Prolom 2 (Ukraine), Kiskevely (Hongrie) et d ’E. przewalskii actuels (ligne de
référence). MT1 et MCI : longueurs moyennes des troisièmes métatarsiens et métacarpiens. MT10 et MC10 :
largeurs moyennes distales sus-articulaires. MT11 et MC11 ; largeurs moyennes distales articulaires. Plong et
Pprot : moyennes des longueurs et des longueurs des protocones des P3 et P4 supérieures. Mlong et Mprot
moyennes des longueurs et des longueurs des protocones des MI et M2 supérieures.
Ratio diagram comparing skcletal and dental proportions ofb. taubachensis ( (jerrrumy). H or ses frtim Prulom 2
(Ukraine) and Kiskevely ( Hangar y). and modem E, przewalskii (reference line). MTJ and MCI : average lengths
of third metatarsals and metacarpals. MT10 and MC 1(1 . average distal supra-articular widths. MT1J and MC II
average distal arlicular widths. Plong and Pprot . average accltisal and protocone lengths of upper P3 and P4 . Mlong
and Mprot : average occlusal and protocone lengths of upper Ml and M2.
— E. taubachensis : Burgtonna 1, Taubach, Weimar
Prolom 2 . Kl s Kevelyl
Différences logarithmiques
avec E. przewalskii
__
1 BP
\
i K
\
\
\
/
//
i
S
»
I
k
\
t
l
1
MT1 MT 10 MT 11 MCI MC10MC11 Plong Mlong Pprot Mprot
distales articulaires plus grandes surtout sur les MT III, des P3 et P4 plus petites, et
des protocones plus courts sur les Ml et M2. Le Cheval du Würm ancien de Kiskevely
ressemble en plus trapu à la forme de Prolom, mais présente des proportions dentaires
semblables à celles d ’E. taubachensis. Ce type de dentition où les protocones sont relati¬
vement plus longs sur les M1M2 que sur les P3P4 est très répandu. On le retrouve notam¬
ment il y a environ 30 000 ans chez E. gerntanicus de Jaurens et, d’après les données de
Kuzmina (1980), chez E. latipes de l’humus supérieur de Kostenki (fig. 3). Au contraire, les
Chevaux qui, comme celui de Prolom, présentent des protocones plus longs sur les MIM2 que
sur les P3P4 sont souvent anté-würmiens. Encore imparfaitement connus, ils semblent se
distinguer du Cheval de Prolom par des métapodes plus graciles et/ou des P3P4 plus grandes
(fig- 4).
Dans l’état actuel de nos connaissances, il semble que les protocones soient plus longs chez
les formes « froides », notamment sur les P3P4. D’après ce caractère, le Cheval de Prolom serait
peut-être plus adapté au froid qu’C. latipes, E. germanicus, ou E. taubachensis.
— 340 —
Fig. 3. — Diagramme des rapports (Simpson) comparant les proportions squelettiques et dentaires d'E. cf. taubachensis
de Prolom 2 (Ukraine), d'E. latipes de Kostenki (Russie), d’E. germanicus de Jaurens (France) et d’£. przewalskii
actuels (ligne de référence). (Abrév. : voir fïg. 2.)
Ratio diagram comparing skeletal and dental proportions of E. cf. taubachensis from Prolom 2 (Ukraine),
E. latipes from Kostenki ( Russia), E. germanicus from Jaurens (France) and modem E. przewalskii (reference line).
(Same abbr. as in Jîg. 2)
Equus hydruntinus
Le matériel comprend essentiellement des dents jugales et un très petit nombre d’os des
membres. Comme chez tous les E. hydruntinus, les dents jugales sont petites et évoquent par
certains caractères celles des E. stenonis : sur les dents supérieures les protocones sont très
courts, sur les dents inférieures les doubles boucles sont slénoniennes et les sillons vestibulaires
des molaires pénètrent profondément à l’intérieur du pédicule de la double boucle. Les données
statistiques concernant les dents jugales supérieures et inférieures sont dans les tableaux VUI
et IX. Il existe en outre un fragment distal de MC III et un de MT III dont les largeurs
sus-articulaires sont de 37,5 et 35,5, les largeurs articulaires de 37,3 et 35, les DAP de la quille
de 28,4 et 24, les DAP minimaux du condyle interne de 23,8 et 20 et les DAP maximaux du
même condyle de 25,5 et 21,5 mm. Une deuxième phalange mesure 37,9 mm de haut, 32,8 mm
de large au milieu et 33,5 mm de large distalement. L’unique astragale mesure 45,5 de haut et
44 de large ; les dimensions de la facette articulaire distale sont de 42 mm sur 26,5.
En association avec les caractères dentaires cités plus haut, E. hydruntinus présente des
métapodes graciles dont les diaphyses ont toujours un diamètre antéro-postérieur très
développé, caractère qui les distingue bien des Hémiones (fig. 5). La position systématique
d’E. hydruntinus n'est pas encore parfaitement établie (Forsten, 1990; Bonifay, 1991) mais
il est clair qu’il ne ressemble ni aux Anes, ni aux Hémioniens actuels. Un abondant matériel
Tableau VIII. — Mesures en millimètres des dents jugales supérieures A'E. hydruntinus de
Prolom 2.
Upper cheek teeth of E. hydruntinus from Prolom 2 : measurements in millimeters.
n
X
max.
s
V
Lo
8
27,3
32,8
6,39
LP
8
KæSI
4,7
7
13,04
lo
7
20,6
17,2
22,5
1,66
8,06
IP
8
18,3
15,1
21,3
2,18
11,91
p3p4
Lo
13
24,4
22,3
26,2
1,15
4,71
LP
13
8,5
6,0
10,0
1,32
15,53
lo
13
23,7
21,9
25.9
1,14
4,81
IP
13
34,7
25,2
43,5
5,95
17,15
M 1 M 2
Lo
26
21,1
19,0
23,6
1,13
5,36
LP
26
7,8
5,8
11,3
1,30
16,67
lo
26
21,3
19,2
22,9
0,95
4,46
IP
26
37,2
26,9
52,6
6,32
16,99
M 3
Lmiht
13
22,1
19,5
24,5
1.39
6,29
LP
13
9,3
8,0
11,1
0,88
9,46
lmiht
13
19,0
16,4
21,4
1,18
6,21
IP
13
42,1
36,1
46,6
3,37
8,00
n : nombre de spécimens, x ; moyenne, min : valeur minimale observée, max : valeur maximale observée, s : écart type,
v : coefficient de variation (v = 100 s / x). Lo : longueur occlusale. LP : longueur du protocone. lo : largeur
occlusale. IP : indice protoconique (100 LP / Lo). Lmiht : longueur à mi-hauteur de la couronne, lmiht : largeur
à mi-hauteur de la couronne.
n : number of specimens. x mean. min : minimal observée! value, max : maximal observeJ value, s : standard déviation.
v : coefficient of variation (v = 100 s / x). Lo : occlusal length. LP : protocone length. lo : occlusal width. IP :
protocone index (100 LP / Lo). Lmiht : length at mid-crown. lmiht ; width at mid-crown.
décrit par Marin (1987) provenant du Pléistocène inférieur de Venta Micena (Martinez
Navarro, 1992) représente un Équidé très proche d’£. hydruntinus par la plupart de ses
caractères mais de grande taille.
E. hydruntinus est connu depuis le Mindel-Riss à Lunel-Viel dans le sud de la France, où
l’échantillon, particulièrement riche, a été attribué à la nouvelle sous-espèce E. hydruntinus
minor (Bonlfay, 1991) à cause de la petite taille des os de son squelette. A Binagady
(Azerbaïdjan), dans des dépôts dont l’âge pourrait être rissien, un matériel très riche montre
aussi la présence d'un E. hydruntinus de petite taille (Vereschagin & Baryshnikov, 1980) mais
plus svelte que celui de Lunel-Viel. Dans les Loess Anciens Inférieurs d’Achenheim (Riss), un
MT III de très petite taille et très svelte, décrit par Prat (1968) sous le nom A'E. wernerti,
appartient probablement aussi à une forme d’ E. hydruntinus. Tsoukala (1991) a attribué à une
nouvelle espèce, E. petralonensis, un Équidé récolté dans le Pléistocène moyen de Grèce qui
ressemble à un grand E. hydruntinus mais n’atteint pas la taille de la forme de Venta Micena.
Il faut attendre le début du Würm, à Roterberg en Thuringe, pour trouver à nouveau des
échantillons relativement riches A'E. hydruntinus. A Roterberg les dents jugales sont à peine
plus grandes qu’à Lunel-Viel alors que les métapodes sont beaucoup plus longs, d’où
— 342 —
Tableau IX. — Mesures en millimètres des dents jugales inférieures d ’E. hydruntinus
de Prolom 2. n : nombre de spécimens.
Lower cheek teeth of E. hydruntinus from Prolom 2 : measurements in millimeters.
n
X
min.
max.
s
V
P2
L
19
26,6
22,1
28,8
1,82
6,84
LF
19
11,6
6,8
14,7
1,76
15,17
LDB
18
12,2
10,1
13,0
0,82
6,74
1
19
12,5
9,7
14,2
1,08
8,65
IDB
18
45,7
40,4
50,0
2,58
5,64
1F
19
43,5
30,8
56,5
5,42
12,48
P3 P4
L
22
23,4
20,9
25,7
1,51
6,44
LF
22
10,0
6,9
13,5
1,66
16,60
LDB
21
14,1
12,0
15,5
1,07
7,61
1
22
13,8
12.0
15,7
0,94
6,82
IDB
21
60,2
52,2
66,0
3,73
6,20
1F
22
42,7
32,4
54,7
5,71
13,38
Mj M 2
L
21
21,6
18,3
24,0
1,35
6,24
LF
21
6,8
5,2
9,2
0,89
13,12
LDB
21
11,9
10,6
13,2
0,64
5,40
1
21
12,3
10,7
13,6
0,76
6,13
IDB
21
55,5
49,2
63,4
3,72
6,71
1F
21
31,5
26,7
43,4
3,69
11,73
m 3
L
10
25,8
22,0
28,2
2,02
7,84
LDB
10
10,8
9,3
11,9
0,90
8,31
1
10
11.1
8,5
13.0
1,24
11,16
IDB
10
41,9
35,8
53,2
4,48
10,67
x : moyenne, min : valeur minimale observée, max : valeur maximale observée, s : écart type, v : coefficient de varia¬
tion (v = 100 s / x). Lo : longueur occlusale. LF : longueur du postflexide. LDB : longueur de la double boucle,
lo : largeur occlusaie. IDB : indice de la double boucle (IDB = 100 LDB / Lo). IF : indice postflexidique (IF =
100 LF / Lo).
n : number of specimens. x .• me an. min : minimal observed value max : maximal observed value, s : standard dévia¬
tion. v : coefficient of variation fv = 100 six). Lo occlusal length. LF : postflexid length. LDB : double knot
length. lo : occlusal width. IDB : double knot index (IDB =100 LDB / Lo). IF : postflexid index (IF = 100 LF /
Lo).
l’impression de microdontie relative considérée comme typique de l’espèce (Stehlin &
Graziosi, 1935). Il faut noter que cette microdontie est absente chez E. hydruntinus minor de
Lunel-Viel et peu marquée à Binagady (autant qu’on puisse en juger par le petit nombre de
dents mesurées) mais présente à Petralona et Venta Micena.
D'abondants échantillons d’E. hydruntinus ont été récoltés dans le Paléolithique moyen de
Crimée (Batyrov & Kuzmina, 1991), notamment à Staroselie, dont nous avons pu examiner
une partie du matériel.
Le diagramme de Simpson (fig. 5) établi à partir des données des tableaux VI et VII illustre
nos observations. On y voit que les métapodes à'E. hydruntinus sont en général plus sveltes
(rapports entre MC ou MT 1 et MC ou MT 11) que chez l'Onagre qui sert de ligne de
référence, et qu’ils ont des diamètres antéro-postérieurs relativement plus forts (MC et MT 4).
— 343 -----
Fig. 4. — Diagramme des rapports (Simpson) comparant les proportions squelettiques et dentaires d ’E. cf. taubachensis
de Prolom 2 (Ukraine), des Chevaux rissiens des Loess Anciens Inferieurs d’Achenheim et d'Orgnac 3 (France) et
d’£. przewalskii actuels (ligne de référence). (Abrév. : voir fig. 2.)
Ratio diagram comparing skeletal and dental proportions of E. cf. taubachensis from Prolom 2 (Ukaine). of
Rissian Hor ses from the Lower Old Loess of Achenheim and from Orgnac 3 ( France), and modem E. przewalskii
(référencé Une). MTI and MCI . average lenglhs of third metatarsals and metacarpals. MTJO and MCW : average
distal supra-articular widths. MT 11 and MC II : average distal articular widths. Plong and Pprot : average occlusal
and protocone lengths of upper PS and P4. Mlong and Mprot : average occlusal and protocone lengths of upper Ml
and M2. (Same abht. as in fig. 2.)
Tableau VI. — Mesures moyennes en millimètres des troisièmes métacarpiens (MC) et
métatarsiens (MT) d ’E. hemionus onager actuels et de divers E. hydruntinus.
Third metacarpah (MC III) and metatarsals (MT III) of modem E. hemionus onager and
various E. hydruntinus ; average measurements in millimeters.
D
MC (11)
n
MC (4)
D
D
MT (11)
n
MT (4)
n
E. hem. onager
16
38,5
16
21,1
16
247,5
16
37,4
16
25,3
16
Lunel Viel
8
33,6
10
21,0
8
228,7
14
33,6
15
24,8
14
Achenheim LAI
-
-
-
-
-
-
235,0
1
33,0
1
-
-
Binagady
5
34,8
5
20,8
5
235,6
34,3
5
24,4
5
Roterberg
216,9
6
36,7
7
22,3
4
36,0
6
26,8
2
Prolom 2
-
-
37,3
1
-
-
35,0
1
-
-
Staroselie
214,1
21
_
37,7
21
22,0
21
36,7
7
27,0
5
n : nombre de spécimens. 1 : longueur. 11 : largeur distale articulaire. 4 : diamètre antéro-postérieur au milieu de la
diaphyse.
n : number of spécimens. 1 : length. 11 : distal articular width. 4 : depth at mid-diaphysis.
— 344 —
Fig. 5. — Diagramme îles rapports (Simpson) comparant les proportions squelettiques et dentaires d‘£. hydruntinus de
Roterberg (Allemagne), Staroselie et Prolom 2 (Ukraine), de Binagady (Azerbaïdjan), Lunel-Vicl et Loess Anciens
Inférieurs d’Achenheim (France) et d ’E. hemionus onager actuels (ligne de référence). (Abrév. : voir fig. 2.)
Ratio diagram comparing skeletal and dental proportions of E. hydruntinus front Roterberg (Germany),
Staroselie and Prolom 2 (Ukraine), Binagady ( Azerbaïdjan), Lune! Viel andLower Old Loess of Adtenheim (France)
and of modem E. heraionus onager (réference line), (Same abbr. as in fig. 2.)
Tableau VII. — Mesures moyennes en millimètres de P3P4 et M1M2 supérieures d 'E.
hemionus onager actuels et de divers E. hydruntinus.
Upper P3P4 and M1M2 of modem E. hemionus onager and various E. hydruntinus :
average measuremenls in millimeters.
P (L+l)/2
D
D
D
M prot.
n
E. hem. onager
25,6
48
ES
11,0
48
Lunel Viel
23,4
11
22,2
14
11
8,3
14
Binagady
23,2
6
6
9,4
6
8,8
6
Roterberg
24,3
18
22,1
27
8,2
18
9,0
28
Prolom 2
24,1
13
21,2
26
8,5
13
7,8
26
Staroselie
23,0
... . 1
11
7,5
5
8,4
11
n : nombre de spécimens. P (L+T)/2 et M (LH-l)/2 : pour diminuer les effets de l'usure dentaire spécialement sensibles
sur les petits échantillons, on a retenu comme mesures occlusales les moyennes des longueurs et largeurs. Pprot et
Mprot : longueurs des protocones des P3P4 et M1M2.
n numher of specimens. P (LA-1)12 and M (L + l)/2 ; in order to attenuate the influence of dental wear, specially
pronouneed in small samples, ocdusal size is estimated by averaging occlusal lengtits and mdths. Pprot and Mprot :
prolocone lengths of P3P4 and M1M2.
— 345 —
Les formes würmïennes (Roterberg et Staroselie) ont en moyenne des métapodes plus grands
que les formes plus anciennes (Lunel-Viel, Binagady, Loess Anciens Inférieurs d’Achenheim).
On remarque enfin que les protocones des P3 et P4 sont en moyenne plus courts que ceux
des Ml et M2 à Lunel-Viel, Roterberg et Staroselie, alors que c’est l’inverse à Binagady et
Prolom 2. Étant donné la pauvreté des échantillons, les différences ne sont sûrement pas
significatives. Il est toutefois intéressant de noter que par ce caractère, les deux Équidés de
Prolom 2 (E. cf. laubachensis et E. hydruntinus) semblent être des formes plutôt froides.
CONCLUSIONS
L’association d’un grand Cheval et d’un E. hydruntinus n’a rien de rare (Forsten, 1986).
Mais à l’exception du Mindel-Riss de Lunel-Viel (Bonifay, 1980 et 1991), les deux espèces sont
rarement bien représentées. En ce qui concerne le Würm inferieur, Prolom 2 constitue un
gisement exceptionnel par l’abondance des restes des deux espèces.
Un autre point mérite d’être signalé. En Europe occidentale, E. hydruntinus est parfois
associé à Saiga : Riss III de l’Abri Suard, gisement de la Chaise en Charente (Prat, 1968 : 276,
575), Magdalénien de Saint-Germain-la-Rivière, de Fontamaud (Prat, 1968 451, 470, 620,
625-627), du Roc de Marcamps (Prat, 1968 : 467, 621-625; Slott-Moller, 1988) mais
l’association est rare (Stehun & Graziosi, 1935 ; Bonifay & Lecourtois-Ducgoninaz,
1976; Bonifay, 1991). Il en a été conclu qu’E. hydruntinus marque une préférence, non
seulement pour les climats secs mais aussi tempérés. Toutefois les deux espèces sont présentes
à Prolom 2 où Saïga constitue même le fossile prédominant. Le couple E, hydruntinus-Saiga est
en tête de liste faunique à Staroselie (Vereschagin & Baryshnikov, 1980) mais l’espèce
prédominante est celte fois E. hydruntinus (plus de 17 000 restes) suivi par Saiga (plus de
400 restes). Les deux espèces sont moins fréquentes mais quand même présentes aussi dans le
Moustérien de Chokurcha (Vereschagin & Baryshnikov, 1980). Il n’y a donc pas de réelle
incompatibilité écologique entre les deux espèces, tout au moins au Paléolithique moyen en
Crimée.
Remerciements
Nos remerciements vont d’abord à lu Kolosov de l’Institut d’Archéologie de Kiev, pour nous avoir
confié l’étude de son matériel d’Équidés provenant de la grotte de Prolom 2.
Nous sommes aussi heureux de pouvoir exprimer notre reconnaissance à tous ceux qui ont accueilli
et aidé l’une d'entre nous (VE) en lui donnant accès aux collections lors de ses visites d’étude en Allemagne
à Berlin (Paiàontologisches Muséum) et Weimar (Institut für Quartarpalâontologie), en Espagne à Orce
(Museo Paleontologico) et Sabadell (Institut M Crusafont), en France à Marseille (Laboratoire de
Géologie du Quaternaire), en Hongrie è Budapest (Musée d’Histoire Naturelle) et en Russie à Moscou
(GTN et PIN), et tout particulièrement à Mesdames M.-F, Bonifay. 1, A. Dubrovo, T. Kuznetsova et
E. A. Vangenheim et à Messieurs A. K. Agadjanian, K. H. Fischer. J. Gibert, D. Janossy, H. D. et
R. D. Kahlke, B, Martinez Navarro et L. Maul. Nous remercions aussi sincèrement Madame
E. Tsoukai.A pour nous avoir communiqué ses données en partie inédites sur E. petralonensis ainsi que
Madame A. Forsten et Monsieur Prat pour leurs corrections, suggestions et compléments d’information,
notamment en ce qui concerne la coexistence de Saiga et de E hydruntinus.
— 346 —
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Le bison (Bovidae, Artiodactyla)
du Pléistocène moyen ancien de Durfort (Gard, France)
par Jean-Philip Brugal
Résumé. — Le gisement de Durfort (Gard, France) est célèbre pour la découverte d'un squelette entier
d’éléphant méridional, associé à d’autres mammifères et à des restes de flore, daté du Pléistocène moyen
ancien. L’étude des restes de bison porte sur cinq individus des deux sexes et une description
morphométrique détaillée est présentée. Les caractéristiques des chevilles osseuses, mandibules et
métapodes permettent une attribution à Bison schoetensacki. Une comparaison élargie, regroupant les
derniers Leptobos villafranchiens et les premiers Bison prisais, ainsi que les divers spécimens de
B. schoetensacki connus en Europe occidentale est donnée. Elle permet une meilleure définition
taxonomique et chronologique du groupe schoetensacki, et soulève des problèmes de systématique et de
phylogénie sur certaines populations du sud de l'Europe.
Mots-clés. — Mammalia, Bovidae, Pléistocène, France, morphologie, biométrie.
Abstract. — The bison (Bovidae. Artiodactyla) front lhe Early Middle Pleistocene of Durfort (Gard,
France). The site of Durfort in Southern France (Gard) became famous at the end of the last century with
the discovery of a complété skeleton of Manmtuthus meridionalis. This specimen was associated with others
large mammals (hippopotamid, rhinocerotid, bovid, equid, cervid, canid) and numerous plant remains.
The whole material. mammals and plants, is assignable to an Early Middle Pleistocene âge, during a
climatic temperate episod (interglacial). The study of the remains of this bison population is presented
together with a morphometric analysis of ali the preserved skcletal éléments for the five individuals of both
sexes. Their taxonomie assignaient is possible considering the morphologica! characters of the hom-cores,
the mandibles and the metapodials. They suggest a systematic position of the Durfort specimen near lhe
Bison schoetensacki 'group\
A large comparative analysis is conducted between the last Villafranchian Leptobos (Early
Pleistocene), the first populations of Bison priscus (Middle Pleistocene) and the diverse but scarce éléments
of Bison schoetensacki from Western Europe. This analysis allows a better taxonomie and chronologie
définition of the B. sckitetensacki group. Bison schoetensacki is a characteristic species of tbe Middle
Pleistocene and disappeared at the end of this time. The taxonomie position of some populations cannot
be determined with certainty, they are probably intermediate between Leptobos and the B. schoetensacki
group. Leptobos coud hâve survived until the beginning of the Middle Pleistocene in some endemte areas
as in Spain (Venta Micena ?), in Southern (Venosa ?) and northem Italy (upper Valdarno), and in Southern
France (La Sartanette). The systematic position of the specimens from Pirro Nord (Italy) and Sanzeilles
(France), usually referred to the genus Bison, is now questionable owing to their intermediate size. These
small populations are tentatively referred to the sub-genus Eobison. The populations of Bison
schoetensacki seem synchronous with the large outstanding turnover of the end of the Early Pleistocene.
It is at that time that true quaternary association of mammals are considered to occur in Western Europe.
Keywords. — Mammalia, Bovidae, Pleistocene, France, morphology, biometry.
J.-Ph. Brugal, Laboratoire de Géologie du Quaternaire, CNRS, Campus de Luminy, Case 907, 13288 Marseille
CEDEX 9. France.
— 350 —
Le gisement de Durfort, situé à Sauve dans le Gard, a été inventé en 1869 par Cazalis
de Fondouce qui effectua des fouilles dans les couches Limoneuses de cet ancien lac ou
marécage (Cazalis de Fondouce, 1870, 1900). Celles-ci amenèrent en particulier la découverte
d’un squelette complet, en connexion anatomique, d’un éléphant méridional qui devint
rapidement une « vedette » (Torrevico, 1873 ; Garrigou, 1874) et qui est depuis presque un
siècle, exposé dans la galerie de Paléontologie et d’Anatomie comparée du Muséum national
d’Histoire naturelle (Gaudry, 1893). Les fouilles, poursuivies de 1873 à 1875 (Gervais, 1874,
1875, 1877) dans les couches ligniteuses intercalées dans les limons (Sa port a, 1894),
apportèrent de nouveaux éléments : six autres espèces de mammifères et de nombreux restes
d’ampinbiens, poissons (brochet), mollusques, ainsi que des éléments de flore (troncs d’arbres,
fruits, empreintes de feuilles)
Le remplissage sèdimentaire de Durfort a fait l’objet d'un sondage en 1969 qui a atteint
21,70 m et permis de préciser la stratigraphie et l’âge du gisement (Bonifay & Pons, 1972). Une
succession de marnes plus ou moins riches en débris organiques (végétaux) et en apport sableux
ou argileux résultent d’une action fluviatile et marécageuse ; ce milieu a constitué un piège
naturel pour les mammifères dont certains squelettes se retrouvent en connexion anatomique.
Le cachet tempéré des faunes et des flores, leurs caractéristiques, désignent une période
nettement interglaciaire attribuée au Pléistocène ancien.
CONTEXTE FAUNIQUE ET FLORISTIQUE : CHRONOLOGIE
A côté du fameux squelette, trois autres individus de Mammuthus meridionalis furent
trouvés, ainsi qu’un hippopotamidé (NMI = 4), un rhinocérotidé (NMI = 1), un équidé
(NMI — 1), un cervidé (NMI = 4), un canidé (NMI = 1) et enfin un boviné (NMI = 5).
Jusqu’à présent seuls les restes de proboscidiens, rhinocérotidés et hippopotamidés ont fait
l’objet de travaux récents qui ont permis de préciser leur statut taxonomique ainsi que la
position chronologique du gisement. L’éléphant représente la première espèce eurasiatique de
la lignée évolutive du genre Mamnuthus qui fait son apparition au Pléistocène inférieur :
M. meridionalis (Osborn, 1942 ; Beden, 1976). Les sujets de Durfort correspondent à un stade
évolué (chronosub-species ou chronodème ?) comparable à celui des sites de Malouteyre, Saint-
Prest... Un autre stade, plus ancien, regroupe les spécimens de Saint-Vallier, Chilhac, Senèze
(tous ces sites se trouvent dans le Massif central). L’espèce disparait un peu avant le Cromèrien
(Beden, 1976). Les quelques restes de rhinocéros ont été rapportés à Dieerorhinus etruscus
brachycephalus (Guérin. 1980). Cette sous-espéce apparaît dans la zone 20, première biozone
du Pléistocène moyen, et disparaît dans la partie supérieure de la zone 22 (biozonation de
Guérin. 1982). Le gisement de Durfort appartient à la zone 20 avec les gisements de Sainzelles,
Soleilhac, Saint-Prest, Le Vallonnet, Valdarno terminal (ou supérieur) et la partie inférieure de
Mosbach (Guérin, 1980 : 613). L’hippopotame de Durfort, connu par de nombreux restes
d’adultes et de jeunes, a été décrit initialement comme H. amphibius major puis, après révision,
a été rapporté à H. incognitos (Faure, 1985) ; cette espèce est présente depuis le Pléistocène
moyen (Mosbach 1, Le Vallonnet, Isernia-la-Pineta, Venosa-Loreto...) jusqu’au Pléistocène
supérieur (début du dernier glaciaire; Barrington, Grimaldi...). Les autres mammifères n’ont
— 351 —
jamais été étudiés auparavant, notamment les restes de grands bovidés qui font l’objet de ce
travail.
La paléoflore de Durfort, macrorestes et microrestes, présente une dominante arbustive
avec Zelkova ungeri, Z. ultima, Parrotia pristina, Quercus farnetto, Q. lusitanica, Q. pseudo-
suber, Pinus sp , Fagus microphylla, Carya, Pterocarya, Tsuga (Saporta, 1894 ; Bonifay &
Pons, 1972 4 Suc, 1976). Cette végétation est celle d'un climat de type interglaciaire pour
toute l’épaisseur du dépôt. Le climat était donc tempéré humide avec des influences méditerra¬
néennes (Pinus, Quercus). L’absence d’éléments tertiaires (i.e. taxodiacés) et la présence des
trois derniers taxons exotiques indiquent un âge Pléistocène inférieur (« gunz-mmdel »).
Le gisement de Durfort constitue un gisement de référence important en Europe méri¬
dionale, utilisé dans différentes échelles biostratigraphiques. Les associations fauniques et floris¬
tiques permettent de le situer dans la période de transition du Pléistocène inférieur au Pléistocène
moyen, qui voit la disparition des éléments villafranchiens au profit d’espèces plus typiquement
pléistocènes. Cette période, située entre 1 et 0,5 M.a., correspond aux zones 20 et 21 de Guérin
(1982), aux faunes de transition selon Bonifay (1980), ou au « end-villafranehian dispersai
event », soit le début des faunes galériennes ( = cromériennes) suivant Azzaroli (1983). Le gise¬
ment de Durfort se placerait dans la première partie de cette période appelée Pléistocène moyen
ancien, avec les sites du Vallonnet et de Soleilhac (France), de Mauer, Mosbach I, Voigstedt
et Süssenbom (Allemagne), du Cromer Forest bed (Angleterre) et de Venosa-Loreto (Italie),
MATÉRIEL ÉTUDIÉ
Le matériel conservé au Muséum national d’Histoire naturelle comprend 115 restes
essentiellement post-crâniens regroupant un nombre minimal de cinq individus, dont un jeune
adulte (chevilles osseuses) ; tous ont le sigle de DL1R- pour Durfort (tabl. I). Les ossements sont
bien fossilisés avec une minéralisation donnant une couleur gris-violet sombre à noirâtre
(« bitumineux ») avec des imprégnations d’oxydes ( 1 er, manganèse...) ; ces données correspon¬
dent bien à un milieu réducteur, riche en matière organique, tel que l’on peut se représenter un
marécage. Beaucoup de pièces squelettiques sont marquées « Durfort ? » mais leur apparte¬
nance ne fait aucun doute eu égard à la fossilisation, la coloration et les remontages effectués ;
il faut cependant signaler des éléments paraissant moins fossilisés, de couleur plus claire qui ne
s’intégrent pas dans ce matériel (métacarpe gauche DUR-118 ; astragale droit DUR-047 ; tibia
gauche DL1R-109). De même, il existe sept spécimens (2 astragales, 2 calcanéums, 1 cubo-
naviculaire, 1 tibia, 1 humérus) de plus petite taille que l'ensemble et de morphologie différente
(qui rappelle celle d'un cervidé).
Les restitutions articulaires (élément d’un même côté) et les appariements (éléments des
deux côtés) ont été effectuées, en particulier pour les os du membre antérieur. Les mesures sur
les os longs prennent en compte la totalité du matériel, même s’il s’agit d’un élément droit et
gauche d’un même individu. Toutefois, cela n’a pas été fait pour les phalanges que nous avons
pu apparier entre latérales et médiales (14 appariements) et seules les mesures d’une phalange
dans les couples constitués seront données. La connexion avec les métapodes n’a pas été tentée,
Les ossements sont en excellent état, généralement entiers, et il a été possible de distinguer cinq
individus, classés en deux mâles, deux femelles et un indéterminé. U y a presque deux fois plus
Tableau I. — Inventaire descriptif du matériel du bison de Durfort.
NR
G
D
NMI
Descriptif (G ; D)
Chevilles osseuses
4
2
2
2
1 adulte (n° 002;001) et 1 jeune (n° 228
Hémi-mandibules
2
1
1
2
003) ; 2 adultes âgés (n° 160;235)
Mâle
Mâle
Femelle
Femelle
Radius
3
2
1
2
103 ;014
241;-
Ulna
1
1
0
1
242;-
Scaphoïde
7
3
4
4
085;082
086;017
091;078
- ;080
Semi-lunaire
5
2
3
3
079;084
089,077
- ;090
Pyramidal
4
2
2
2
087; -
088;081
- ;092?
Capitato-trapézoïde
7
2
5
5
062:064
065;016
- :059
- ;070
Unci forme
7
3
4
4
069;-
067:068
063;058
066;-
Pisiforme
1
0
1
1
Métacarpe
6
4
2
4
105;104
107;010
7106;-
7108;-
Total antérieur
41
Tibia
3
2
1
2
Astragale
6
3
3
3
-:044
- ;045
Calcanéum
6
4
2
4
- ;041
- ;042
Cubonaviculaire
4
1
3
3
- ;046
- ;048
Métatarse
4
3
1
4
G, M =n° 009, 008/G,F= n° 007/D,F=040
Total postérieur
23
Sous-total
70
35
35
Phalange 1
14
4 appariements et 6 Ph isolées
Phalange II
15
5 appariements et 5 Ph isolées
Phalange III
16
5 appariements et 6 Ph isolées
TOTAL
115
5
M — mâle ; F = femelle ; NR = nombre de restes ; G - gauche ; D = droite ; NMI = nombre minimal d'individus.
d’éléments du membre antérieur que du postérieur, mais les phalanges n’ont pas été distinguées
suivant ce critère. Il semble évident, également à partir des observations faites autrefois (Gervais,
op. cit.) que les animaux étaient complets. Cependant, des marques de griffures sont visibles sur
quelques os (mandibule DUR-160; phalange I DUR-73, 015; phalange II DUR-049) ; une
désorganisation postmortem due à un prédateur charognard n’est pas à écarter.
DESCRIPTIONS ET COMPARAISONS
Les grands bovidés de Durfort appartiennent au genre 1 Bison H. Smith, 1827, et avant
d’aborder la description de ce matériel, nous rappellerons brièvement les différences mor¬
phologiques avec le genre voisin Bos Linné, 1758 (Brugal, 1983 ; 1984-85) pour les principales
1. Certains auteurs (Gentry, Groves...) considèrent Bos et Bison (avec Bibos et Pocphagus) comme des sous-genres
d’un genre unique Bos ; les critères d’ordre sérologique, caryologique, mixiologique et morphologique d’espèces actuelles
semblent conforter ce point de vue (cf. Brugal, 1984-85), qui exigerait cependant une discussion plus poussée. Pour des
raisons à la fois phylètiques et de commodité de langage, nous parlerons ici des genres Bos et Bison.
— 353 —
pièces. Les chevilles osseuses sont courtes, ne décrivent pas une courbe hélicoïdale et leur
section n’est pas pleinement circulaire comme on l’observe chez Bos. L’extrémité proximale du
radius présente une morphologie caractéristique de Bison : relief latéral d’insertion moins
développé et en position plus basse que chez Bas, faible rentrant concernant la soudure avec
l"ulna, bord médial épais surplombant, une cavité étendue du muscle biceps brachial ; les crêtes
antéro-distales sont bien marquées et délimitent des sillons d'extension larges. Les métapodes
présentent une morphologie distale typique de Bison avec des tubercules sus-articulaires
développés créant des bords sub-paraUèles pour les condyles distaux ; ils n’ont pas l’aspect
divergent des extrémités de Bos. Les surfaces d’articulation proximale du métacarpe n’ont pas
l’allure quadrangulaire comme chez Bos ; la crête séparant les deux surfaces se poursuit
postérieurement, La zone située juste sous la surface médiale, face postérieure, présente une
concavité bien marquée alors qu’elle forme un méplat continu chez Bos. Les facettes antérieures
de l’extrémité proximale du métatarse sont confluentes et possèdent un bord commun allongé,
alors que ces facettes sont séparées et ne se touchent que rarement chez Bos. L'extrémité distale
du tibia montre des facettes articulaires malléolaires largement séparées ; la facette antérieure
est circulaire et bombée, souvent rejetée vers la face antérieure ; elle domine la facette
postérieure. Ces surfaces sont le plus souvent confluentes et d’égale hauteur chez Bos. Nous
citerons pour finir la tonne du sillon séparant les surfaces articulaires postérieures de l’astragale
qui est régulièrement concave et typique de Bison ; sur le calcanéum le sustentaculum tali est
allongé et courbe alors qu’il est court et comprimé chez Bos ; il n’y a pas de méplat postéro¬
latéral comme on l’observe sur les calcanéums de Bos.
Une caractéristique importante des bovinés concerne l’existence d’un dimorphisme sexuel
très prononcé : les différences métriques entre mâles et femelles sont souvent statistiquement
hautement significatives (i.e. Brugal, 1984-85 : tabl, 7). Cette observation prend toute sa
valeur quand il s’agit de comparer des populations, et en fait plus fréquemment quelques
individus, issus de divers gisements. Il convient de garder une certaine prudence interprétative
lorsqu’il n’est pas possible de quantifier ce dimorphisme (i.e. différence mâle / femelle), ni de
fixer l’âge des individus.
Le cadre systématique général pour les bisons actuels et pour les genres fossiles du
Pléistocène d'Europe occidentale est le suivant :
Ordre ARTIODACTYLA Owen, 1848
Sous-ordre RUMINANTLA Scopoli, 1777
Super-famille Bovoidea Simpson 1931 (= Tauroidea Frechkop, 1955)
Famille Bovidae Gray 1821 (= Cavicornia Illiger, 1811)
Sous-famille Bovinae Gill, 1872
Tribu Bovini Simpson, 1945
Genre BISON H. Smith, 1827
L’origine et l’histoire évolutive du genre Bison sont encore peu connues, notamment en ce
qui concerne les premiers peuplements en Europe de l’Ouest. Les plus vieux représentants
— 354 —
proviennent du Pliocène terminal d’Asie : B. sivalensis (Pinjor, Inde) et B. paleosinensis
(Nihowan, Chine) et du Caucase : B. tamcmensis ; ceux-ci ont été regroupés dans le sous-genre
Eobison (Flerow, 1979), Par la suite deux lignées évolutives de bison vont se succéder en
Europe occidentale. La première est caractérisée par des animaux de taille modeste présentant
encore des caractères crâniens primitifs avec des chevilles osseuses courtes et massives ; il s’agit
du type schoetensacki Freudenberg. 1910 regroupant B. voigtstedtensis (Pléistocène ancien final
de Voigtstedt en Allemagne ; Cromer Forest bed anglais), B. schoetensacki lagenocornis et
B. s. schoetensacki (sous-espèces chronologiques du Pléistocène moyen, respectivement des sites
de Süssenborn et de Mauer en Allemagne). Les différences morphologiques entre ces espèces/
sous-espèces reposent essentiellement sur les crânes et la taille relative (Flerow, 1979) ; si
B. voigtstedtensis paraît plus primitif et de plus petite taitle, la différence entre lagenocornis et
schoetensacki (taille petite à grande !) ne nous semble pas convaincante et la séparation
sous-spécifique ne sera pas prise en compte ici. L’autre groupe représente la lignée évolutive du
bison des steppes, B. priscns Bojanus, 1827, différent par sa taille et ses chevilles osseuses plus
longues que celles du groupe précédent et qui est mieux connu ; trois chrono-sous-espèces ont
été distinguées durant le Pléistocène moyen et supérieur, couplées avec l’existence de deux
écotypes (Brugal, 1984 ; 1991) ; B, priscus est l’ancêtre de l’actuel bison européen B, bonasus
et du bison américain B. bison.
11 faut signaler la découverte de restes de grand bovidés dans des dépôts du Pléistocène
inférieur final d’Italie : Pirro Nord (De Gculi et al., 1986 ; 1990), et d’Espagne : Venta Micena
(Mova-Sola, 1987). Ce matériel de petite taille, est rapporté à un Bison archaïque peut-être
proche d 'Eobison et constitue la première apparition du genre en Europe occidentale. Ces
gisements à Allophaiomys pliocaenicus, espèce donnant son nom à la biozona lion établie sur les
microfaunes (cf. Chaune, 1972), sont antérieurs aux gisements cités plus haut (Agusti et al.,
1987) ; ils correspondent d la première manifestation du grand changement faunique
(«turnover») marquant la fin du Villafranchien (De Giuli ei a!., 1990) qui serait compris
entre environ — 1,4 et — 1 M.a. Les sites de Sainzelles et de Peyrolles (Massif central)
pourraient appartenir à la même période.
L’intérêt du matériel de Durfort, sa relative richesse, la bonne conservation des spécimens
ainsi que son âge ancien, m’ont incité à fournir une description morphologique, métrique et
iconographique la plus complète possible. Les populations de Bison du Pléistocène inférieur et
moyen sont rares en Europe et les éléments de comparaison désignent des séries souvent peu
nombreuses, limitant d’autant les interprétations ; seuls les chevilles osseuses, la mandibule et
les métapodes peuvent actuellement faire l’objet de comparaisons.
Chevilles osseuses (tabl. II, fig. I, pl. I)
Quatre chevilles correspondent à deux individus. La première paire (DUR-001, DUR-002)
est celle d’un sujet adulte. Elles conservent une partie du pédicule avec le col du processus
comual ; la présence d’une gouttière située à la base inférieure de ce col, longeant la ligne
temporale, permet de positionner les deux chevilles suivant le côté. Ce sont des chevilles
massives, relativement courtes et peu courbées, dont les pointes manquent mais qui ne devaient
pas dépasser 300-320 mm de long. Elles présentent de forts sillons longitudinaux ou cannelures,
profonds et déterminant des bords aigus, accusés dans le dernier tiers inférieur ou ventral
— 355 —
Tableau II. — Dimensions (en mm) des chevilles osseuses du bison de Durfort (numéros de
A. von den Driesch, 1976).
N° Driesch] Chevilles osseuses
n° 002 - G
n° 001 - D
n° 228 - G 7
n° 003 - D ?
IL. courbure sup.
>230
>220
255
>220
47 L. courbure inf.
>290
>270
±350
>270
i L. bord ant.
>280
>255
-
-
IL. bord post.
>280
>260
±285
>225
44 Circonférence min. :
i pédicule
260
260
-
-
l à la base
270
275
-
-
à 10 cm
210
210
195
190
l à 20 cm
185
190
130
125
45 'Diamètre ant.-post. :
pédicule
83,50
79,00
-
-
I à la base
89,50
88,50
-
-
1 àlOcm
74,00
75,50
68,50
67,00
i à 20 cm
59,00
57,50
43,00
43,00
46 I Diamètre dors.-ventr. :
pédicule
74,50
73,50
-
-
I à la base
80,00
86,30
-
-
l à 10 cm
56,50
56,50
51,00
52,50
[ à 20 cm
55,00
50,00
34,00
34,50
INDICES :
46/45 à la base
89,39
97,51
-
-
46/45 à 10 cm
76,35
74,83
74,45
78,36
46/45 à 20 cm
93,22
86,96
79,07
80,23
(environ 8 grosses cannelures) ; la zone immédiatement antérieure, faces inférieure et supé¬
rieure, montre une plage lisse. En vue frontale, le départ des chevilles est plus ou moins
rectiligne ; elles se renflent légèrement pour se rétrécir par la suite et subissent une torsion aux
deux tiers (« twist ») vers l’avant, puis la fin semble à nouveau s'orienter vers l’arrière. En vue
postérieure (nuchale), elles se dirigent légèrement vers le bas pour se redresser aux deux tiers
et se recourber vers le haut et l’arrière. Un rétrécissement important est visible au tiers,
particulièrement net sur la face inférieure qui marque une légère concavité. Les bords des
chevilles, vers le pédicule, montrent un relief en surplomb ; la section à ce niveau décrit un ovale
dissymétrique : légèrement convexe sur la face supérieure, un peu plus aplati face inférieure,
large et convexe vers l’arrière et, étroit avec un léger pincement sur le bord antérieur, Vers la
moitié des chevilles, la section devient plus triangulaire avec le bord postérieur qui s’aplanit ;
vers le 2/3 distal, la section est sub-circulaire avec les profondes cannelures découpant sa face
postérieure et semble de nouveau s’aplatir à sa terminaison (elliptique).
La deuxième paire, DUR-003 et DUR-228 (pl. I, 2) diffère considérablement par sa très
forte courbure : nous l’interprétons comme les chevilles d’un sujet plus jeune, n’ayant
pas encore atteint son plein développement. Ces chevilles ont cependant des longueurs
similaires, sinon plus fortes, que l’individu précédent : peut-être s’agit-il d’un jeune mâle alors
— 356 —
que l’autre sujet appartient à une femelle adulte qui possède généralement des chevilles osseuses
plus réduites. Les pointes sont présentes et semblent se diriger vers l’arrière ; mais la cassure
de ces chevilles, au ras du processus comual, empêche de fixer précisément le côté. La morpho¬
logie (direction, section, cannelures) est comparable dans ses grandes lignes à la description
donnée auparavant, excepté l’absence de véritable torsion, confirmant la jeunesse de cet individu.
Les dimensions des quatre chevilles sont données dans le tableau IL Les indices concernant
les diamètres sont homogènes entre les paires et les deux individus lorqu’ils sont pris à 10 cm
de la base des chevilles, alors qu'ils sont très différents pour le même individu adulte à la base
et, dans une moindre mesure, à 20 cm de celle-ci.
50 60 70
80
90
100
indice 46/45 à 10 cm
a Steinheim □ Durfort
* Isernia (n
= 25)
* Mauer (n = 8)
* Cromer Forest bed
• Soleilhac
o 6. priscus
Fig. 1. — Comparaison des indices de chevilles osseuses de differentes populations de Bison (données : tabl. III).
Le bison de Durfort présente par ses chevilles osseuses toutes les caractéristiques du type
schoetensacki , telles que Flerow (1975 ; 1979) les a décrites : chevilles relativement courtes et
massives, se rétrécissant de la base vers les pointes (parfois en forme de « bouteille » chez
B. s. lagenocomis ) ; elles sont fortement aplaties à la base (plus nettement chez les mâles) et
présentent un diamètre circulaire dans les 2/3 distaux ; faiblement spiralées, la courbure est
faible dans le tiers inférieur, elles s'orientent vers l’avant puis vers le haut ; le dernier tiers est
légèrement dirigé vers l’arrière ; les cannelures sont marquées surtout ventralement. Les autres
caractères sont décrits en fonction du crâne occipital qui manque sur les pièces de Durfort,
comme sur de nombreuses autres séries (Cromer Forest bed, Soleilhac, Sainzelles...). Les
chevilles osseuses de B. priscus sont plus longues et un peu plus graciles, avec une base plus
ovalaire (mâle) à circulaire (femelle), sans rétrécissement vertical et sans amincissement brusque
— 357
selon la longueur ; les cannelures, quoique variables en nombre et profondeur, sont plus lon¬
gues et réparties sur toute la surface. La morphologie des chevilles osseuses de Durfort est com¬
parable à celle du matériel que nous avons pu examiner : de Soleilhac (bien que la base, incom¬
plète, semble sub-circulaire), de Voigstedt, Mauer (certains spécimens ont une face inférieure
avec une concavité marquée), de Steinheim, du Cromer Forest bed, et correspond bien à la des¬
cription donnée par Sala (1987) sur le matériel d'Isemia-la-Pineta ; notons que cette morpho¬
logie n’est pas sans rappeler les chevilles osseuses de bovinés asiatiques ( Bibos. Poephagus).
Les variations de courbure, de direction et de longueur sont trop importantes selon le sexe
et l’âge, et entre les différentes espèces de Bison, pour être utilisées dans les diagnoses. La
section des chevilles osseuses (fig. 1) paraît plus pertinente car elle montre l’aplatissement plus
prononcé chez B, schoetensaçki comparée à des spécimens de B. priscus d’âge analogue
(Mosbach I : Pléistocène moyen ancien), ou plus récent (Steinheim : Pléistocène moyen récent ;
San Lorenzo : Pléistocène supérieur) (tabl. 111). Il faut noter que les indices des chevilles
osseuses de Durfort s’accordent bien avec ceux des pièces de Soleilhac, Mauer et Steinheim,
alors que les indices obtenus sur la population d’Isernia ont des valeurs nettement plus faibles
(fig. 1) ; ces différences sont suffisantes pour être d’ordre sous-spécifique.
Tableau III. — Indices des chevilles osseuses de Bison (indice 46/45 : voir tableau II).
1
base
MDICE 46/45
10 cm
20 cm
Institut/auteur
B. schoetensacki
Durfort-002
89,39
76,35
93,22
MNHN Paris
Durfort-001
97,51
74,83
86,96
MNHN Paris
Durfort-228
-
74,45
78,36
MNHN Paris
Durfort-003
-
79,07
80,23
MNHN Paris
Solellhac-87
89,1 5"
87,82
78,43
MNHN Paris
Steinheim
83,05
79,27
90,36
MNL Stuttgart
Voigtsted-2478 D.
89,65
-
-
d’après Fisher, 1965
Voigtsted-2478 G.
87,50
-
-
d’après Fisher, 1965
Isernia (n=25)
63,43+10,85
64,16110,73
93,6118,55
d’après Sala, 1987
Mauer (n=8)
83,21±7,58
78,4218,96
90,7418,53
d’après Sala, 1987
CFb-M17242
95,45
100,00
/
d’après Sala, 1987
CFb-6160
69,91
68,64
88,57
d’après Sala, 1987
* « à 5 cm de la base
B. priscus
Steinheim
98,52
96,36
97,61
MNL Stuttgart
Steinheim
89,39
98,19
93,68
MNL Stuttgart
Mosbach-1911
102,32
108,65
108,33
FSP Frankfurt
Mosbach-4166
89,83
92,78
103,18
FSP Frankfurt
Mosbach-1917
81,95
87,20
-
FSP Frankfurt
San Lorenzo
100,00
82,20
100,00
d’après Sala, 1987
San Lorenzo
77,98
87,62
98,48
d’après Sala, 1987
San Lorenzo
86,48
91,83
102,63
d’après Sala, 1987
MNHN = Muséum national d’Histoire naturelle, Paris ; MNL = Muséum fur Naturkunde am Lôwentor, Stuttgart ;
FSP = Forschungsinstitut Senkenberg, Palàozoologie, Frankfurt.
— 358 —
Mandibules et dentitions (tabl. IV ; pl. III, 1)
Elles correspondent à deux individus adultes assez âgés. La première (DUR-235) est cassée
juste en avant de la P2 et au niveau de la branche montante. Le corps mandibulaire est
légèrement gonflé sous M3 ; la rangée dentaire est complète. La seconde (DUR-160) est cassée
en avant du foramen mentonnier et le processus coronoïde manque ainsi que les deux premières
prémolaires. L’allure générale est assez gracile et le bord angulaire est aigu. L’alvéole de P2 est
unique (racines fusionnées). L’émail des dents est épais, simple et le cément est abondant. Les
prémolaires possèdent un parastylide et un paraconide tendant à se fusionner en s’épaississant,
notamment sur la P4. Ils sont séparés par une vallée profonde du métaconide et de l'entoconide
qui ont une base large et qui se déversent distalement pour se fusionner avec un entostylide
élargi transversalement. Le bord vestibulaire des molaires est régulièrement arrondi et ne
présente pas de pincement des lobes. Le 3 e lobe des M3 (hypoconulide) est globuleux et
légèrement déjeté du côté vestibulaire par rapport à l’axe de la dent. L’ectostylide est simple,
central et en languette pour les M2 et M3 de la mandibule DUR-160 ; il prend appui sur le lobe
distal pour les Ml et M2 de DUR-235 et il est absent sur la M3. L’ectostylide de la Ml de
DUR-160 est large, dédoublé et s’appuie sur le lobe mésial ; il existe une colonnette interlobaire
linguale, très développée et bifide, reliée à la surface occlusale. Un pilier lingual est aussi visible
sur la M2, bien individualisé (longueur env. 14,5 mm), ainsi que sur la M3, plus réduit et
empâté dans le cément ; un tel pilier n’a pu être aperçu entre les deux derniers lobes, face
vestibulaire, en raison du cément et de l’inclusion de la dent dans l’os mandibulaire. Les
dimensions des hémi-mandibules sont données dans le tableau IV, et on relèvera la différence
de massivité des corps mandibulaires. La longueur de la rangée PM représente 37 %
(DUR-160) à 41 % (DUR-235) de la rangée dentaire totale.
Tableau IV. — Dimensions (en mm) des hémi-mandibules du bison de Durfort.
Hémi-mandibules
n° 235 D
n°160 G
L. diastéme
-
±88
L. occlusale PM+M
152
-
L. occlusale PM
63
-
L occlusale M
92,30
-
L. alvéolaire PM+M
±158
160
L. alvéolaire PM
±65
59
L. alvéolaire M
97,50
105
L. x 1. P2
19,50 x 10,80
-
L x 1. P3
23,50x14,00
-
L. x 1. P4
23,00 x 16,20
22,00x15,00
L.xl. Ml
24,00 x 19,00
21,80 x 19,50
L. x 1. M2
29,30 x 18,30
30,40 x 18,00
L. x 1. M3
40,50 x 17,00
43,30 x 18,00
Ht. x Ep. corps Md. sous P2
36,00x17,70
47,50 x 22,00
Ht. x Ep. corps Md. sous limite PM/M
44,00 x 23,50
55,70 x 26,70
Ht. x Ep. corps Md. sous M3 (3è lobe)
56,50 x 28,00
73,00 x 32,50
— 359 —
La mandibule DUR-160 (pl. III, 1) est remarquable par le développement de colonnettes
accessoires sur la face linguale des molaires inférieures (entre les deux lobes) ce qui appelle
quelques commentaires sur la présence de cette formation chez les bovinés européens. Dès
1884, Depéret signale un tubercule au développement très variable sur les Ml et M2, dont la
présence est suffisamment constante pour servir à reconnaître Lepiohos elatus. La révision de
ces bovinés villafranchiens par Duvernois (1990) confirme ce caractère sur toutes les espèces
de Leptobos, excepté L, furtivus ; ce pilier médian est plus fréquent chez L. elatus et s’observe
également sur la M3. Sur cette dernière molaire, une colonnette interlobaire existe parfois entre
les 2 e et 3 e lobes, du côté vestibulaire Un pilier lingual est observable sur les molaires de
B. s. schoetensacki de Süssenborn (Flerow, 1979 : fig. 7 et 9), mais ne semble pas présent sur
les dents d’isernia (une D4 inférieure montre cependant deux piliers linguaux) ; le matériel de
B. schoetensacki n’est pas suffisant pour apprécier ce caractère. 11 est également présent sur des
populations de B. prisais : à Taubach (Plèistocène moyen récent, Allemagne) il représente 9 %
des Ml,2 (n = 33), à Coudoulous (Plèistocène supérieur ancien, France) sa fréquence est
importante avec presque 20 % des Ml,2 (n = 158,1.. max. jusqu’à 22 mm) et 30 % sur les M3
(n = 83, L. max. de 33 mm) [toutefois la moitié des M 1,2 et 6 % (des 30 %) des M3 présentent
un simple bourgeon]. Par ailleurs, il fait défaut chez d’autres populations, telles par exemple
celle de Willment’Pit (Plèistocène supérieur, Angleterre). Un pilier lingual est visible sur
quelques rares spécimens de Bos primigenius du Plèistocène moyen : Lunel-Viel (France),
Clacton-on-Sea (Angleterre) ; dans ce dernier site, une mandibule (BMNH M20064) est très
proche de la morphologie de la pièce de Durfort mais le pilier lingual de la Ml est rattaché au
métaconide. Il n’existe pas chez les autres Bos du Plèistocène moyen d’Angleterre :
Swanscombe, Ilford, Dans l’ensemble, la présence d’une telle formation face linguale semble
plus fréquente chez Bison que chez Bos.
La colonnette interlobaire entre les 2 e et 3 e lobes des M3, face vestibulaire, s’exprime par
un bourgeon ou une colonne plus affirmée ; elle s’observe de manière variable chez Bison et
Bos. Chez B. schoetensacki elle représente entre 25 et 30 % des molaires (mais aucune
colonnette sur les trois dents de Voisgtedt), et elle est encore plus fréquente sur des dents de
Bos primigenius ; elle est le plus souvent absente chez des populations de B. prisais à l’exception
toutefois de Taubach (35 % des dents) et de Coudoulous (20 %). La présence d'une telle
formation serait visible chez Bibos , mais nous ne l’avons jamais observée sur d’autres Bovini
tels que Syncerus. La signification de ce caractère, comme celle de piliers linguaux, est difficile
à interpréter dans l’état actuel des connaissances, mais semblerait correspondre à un état
archaïque ; sa fréquence entre populations pourrait se rapporter à des processus d’isolement
génétique plus ou moins marqué.
Métapodes (tabl. V, VI ; pl. II)
Les métapodes sont des éléments privilégiés du squelette post-crânien : ils sont souvent
abondants et en bon état dans les gisements en comparaison des autres os longs (comme pour
d’autre groupes : i.e. équidés). De plus, ils fournissent de bonnes indications sur le dimorphisme
sexuel ainsi que pour la reconnaissance taxonomique des différentes espèces/sous-espèces
(Schertz, 1936a et b ; Brugal, 1984-85). Selon Flerow (1979 : 57), B. schoetensacki possède
des os des membres relativement graciles et plus longs que ceux d’autres espèces de Bison,
— 360 —
particulièrement pour les métapodes ; les autres espèces ont des os plus massifs et propor¬
tionnellement plus courts.
Nous avons comparé les métapodes de Durfort à différentes séries, ou spécimens, de
métapodes de B. schoetensacki connues du Pléistocène inférieur final au début du Pléistocène
moyen (tabl. V) ; les rares métapodes attribués à Eabison ( paleosinensis et tarnanensis) ont
également été pris en considération. De plus, les données concernant B. prisais des gisements
de Mosbach 1 et de Mauer (Schertz s 1936) ainsi que celles concernant Leptobos du
Villafranchien supérieur et terminal : L. elruscus, L. furtivus (Duvernois, 1990), matériel de
Saint-Vallier (attribué à L. elatus merlai, Villafranchien moyen, ancêtre de L. furtivus
(Duvernois, 1990), matériel du Valdamo supérieur et de « L. vallisarni » (collections de
Florence), ont servi de points de comparaison dans nos analyses.
Tableau V. — Inventaire des métapodes de grands bovinés utilisés dans cette étude (les codes
sont ceux des figures 2 et 3).
Gisements / Taxons
I Code
Métacarpe
Métatarse
Musée, Ville/auteurs
Bison priscus
1
|
n. spécimens
n. spécimens
Mosbach
I Mos
16
5
Schertz, 1936
Mauer
> Mau
3
0
Schertz, 1936
Eobison/schoetensacki
1
Nihowan
i Niho
1
2
MNHN, Paris
B. tarnanensis
1 B. tam
2
0
Kairy, Kherzon Oblast
Pirro Nord
Pirro
2
0
IGF, Firenze
Venta Micena
I Venta
31
25
Moya-Sola, 1987
Sainzelles
1 Sain
1
2
MNHN, Paris
Venosa-Loretto
[ Veno
6
0
MPUR, Roma
Süssenborn
l Sus
9
5
IQ, Weimar
Mosbach
Mos
3
0
Schertz, 1936
Mauer
Mau
2
1
Schertz, 1936
Le Vallonnet
i Vall
12
3
Moullé, 1992
Cromer Forest bed :
I
Trimingham
I Trim
8
1
BMNH, Londres
Mundesley
I Mun
0
1
BMNH, Londres
Cromer
! Crom
1
0
BMNH, Londres
Sidestrand
Sid
1
0
BMNH, Londres
Ostend
I Ost
1
0
BMNH, Londres
Happisburgh
[ Happ
0
1
CM, Norwich
Palling
i Pall
1
0
CM, Norwich
Ponte Galeria
i Pont
1
0
MPUR, Roma
Durfort
Durf
6
4
MNHN, Paris
Leptobos
1
"L. vallisarni"
1 L. valli
2
IGF, Firenze
Valdarno sup.
J Val sup
10
IGF, Firenze
Saint Vallier
I St Val
6
FSL, Lyon
L. furtivus
' L.furt
16
Duvemois, 1990
L. etruscus
1 L etru
68
48
Duvemois, 1990
Nombre total de spécimens :
209
129
361
Dans l’ensemble les données sur les métacarpiens (Mec) sont presque deux fois plus
nombreuses que celles relatives aux métatarsiens (Mtt), elles regroupent aussi plus de
gisements ; on remarquera l’absence de ces pièces pour certains gisements (Voigstedt, Soleilhac)
ou leur rareté jointe à une mauvaise conservation (fragmentation) dans d'autres (sites du CFb,
Isemia...). En raison de la pauvreté de ces échantillons, et donc de la difficulté de distinguer
les mâles des femelles, nous avons préféré cumuler les données entre les sexes et ne présenter
que les moyennes, étant ainsi conscient de « fausser » certaines représentations dans le cas de
matériel les plus abondants. L’interprétation tient toutefois compte de l’importante notion de
différence sexuelle qui a entraîné un raisonnement « en groupe ». Les comparaisons ont porté
sur les moyennes de chaque série examinée pour un ensemble de mesures : longueur totale et
diamètres transversal (DT) et antéro-postérieur (DAP) des extrémités (proximale et distale) et
de la diaphyse. Les dimensions des métapodes des grands bovidés, incluant ou excluant
Leptobos ou B. priscus , montrent des fortes corrélations entre mesures, notamment entre les
dimensions transversale et antéro-postérieure (supérieures à 0,9), alors qu’elles sont plus faibles
entre la longueur et ces mêmes dimensions (0,6 à 0,8).
Métacarpiens (tabl. VI ; fig. 2a, b)
Les métacarpiens (Mcc) de Durfort correspondent à 4 individus et il est possible de
reconnaître 2 mâles (appariement, tabl, I) et 2 femelles. L’extrémité proximale a une allure
générale relativement arrondie avec des bords mousses, notamment sur le bord antérieur de la
facette pour le capitato-trapézoïde. La facette pour l’unciforme se poursuit postérieurement
vers la diaphyse et son bord marque une concavité ; elle est creusée à sa base et la facette
postéro-latérale du métacarpien V est importante et plane. La crête séparant les facettes
proximales est émoussée, sinueuse (ex. DUR-106) à plus rectiligne (ex. DUR-010), et se
poursuit sur toute la largeur. Elle jouxte la fossette synoviale sans y participer ; cette fossette
est oblique et bien délimitée, mais se ferme postérieurement (pas de canal ouvert descendant
sur la face postérieure). Sur la face postérieure, sous l’extrémité proximale, se développent de
nombreux reliefs se poursuivant sur la diaphyse par des rugosités épaisses qui encadrent une
région médiane fortement déprimée ; le tubercule médian postérieur reste fort et relativement
individualisé, bien qu’il ait tendance à fusionner avec le corps de l’os, sans pénétrer dans la
fossette synoviale ; la concavité le bordant médialement est bien visible, excepté sur le spécimen
DUR-106 où elle est moins bien délimitée. Le sillon médian dorsal est creusé tout le long de
la diaphyse, particulièrement dans le tiers distal. La section médiane de la diaphyse a une forme
régulièrement arrondie (en ‘patate’) avec des bords plus ou moins convexes ; l'angle estimé
entre les métacarpiens 111 et IV est très ouvert. L’extrémité distale présente la forme typique
de Bison avec un fort développement des tubercules sus-articulaires, les quilles-guides sont
relativement aiguës et se prolongent haut sur la face postérieure.
La taille des métacarpiens des populations de B priscus de Mosbach 1 et Mauer (fig. 2a, b)
est la plus grande. Les plus petits spécimens sont représentés par L. furtivus, «L. vallisarni» et
par la population de Venta Micena ; ceux de Pirro Nord et de Sainzelles sont relativement
proches et possèdent des dimensions transverses (DT et DAP) larges les désignant comme les
métacarpiens les plus trapus de l’ensemble étudié. Entre ces deux « extrêmes » il est possible de
reconnaître deux groupes :
— 362 —
215 220 225 230 235 240 245 250 255 260 265 270
Longueur antérieur* (mm)
Fig. 2a. — Comparaisons des moyennes (en gras) des métacarpiens de différentes populations de grands bovidés du
Pléistocène inférieur (Villafranchien) et du début du Pléistocène moyen (DT = diamètre transverse) (code :
tabl. V).
Longueur antérieur* (mm)
Fig. 2b. — Comparaisons des moyennes (en gras) des métacarpiens de différentes populations de grands bovidés du
Pléistocène inférieur (Villafranchien) et du début du Pléistocène moyen (DT = diamètre transverse) (code :
tabl. V).
— 363 —
A — Le premier, constitué par les Leptobos (L. etruscus, Saint-Vallier, Vaidamo sup.), est
caractérisé par des métacarpiens graciles de faibles dimensions transverses (DT prox, DT dia).
Les données sur les spécimens de Venosa les intègrent à ce groupe et, dans une moindre mesure,
c’est aussi le cas pour celles de B, paleostnensis de Nihowan (notamment pour le DT dia). Cette
espèce a une position intermédiaire avec le groupe suivant, alors que B. tamanensis semble plus
grand et se situe nettement dans le groupe B.
B — Le deuxième groupe rassemble tous les B. schoetensacki avec des variations suivant
la longueur et le plus ou moins grand développement des mesures transverses. Les spécimens
de Ponte Galena, d’Ostend et de Palling sont de taille particulièrement importante bien qu'ils
soient presque aussi graciles que les spécimens de Mauer. La population du Vallonné! est
également caractérisée par des dimensions importantes qui la placent dans la limite supérieure
de la distribution. Les populations de Durfort et de Trimingham restent toujours proches entre
elles et sont peu éloignées de la population de Süssenborn. Elles sont encadrées par les sujets
de B. schoetensacki de Mauer qui sont proches de ceux de B. tamanensis, et par des individus
de B. schoetensacki de Mosbach I et de Sidestrand qui possèdent les plus petits métacarpes.
Métatarsiens (tabl. VI ; fig. 3a, b)
Les métatarsiens (Mtt) de Durfort sont au nombre de quatre et appartiennent à deux
mâles et deux femelles. Us possèdent une extrémité proximale plus faible que l’extrémité
distale dont les bords convergent. Du côté distal le sillon médian antérieur est profond, avec
un gros foramen ; son trajet le long de la diaphyse s'élargit plus ou moins et s'atténue à son
extrémité proximale où s’ouvre le foramen proximal ; on observe parfois deux trous nourri¬
ciers vers le tiers proximal. Les faces latérale et médiale de la diaphyse sont convexes, sa section
est subcirculaire. L’extrémité proximale a une forme arrondie, particulièrement le bord
antérieur longeant les grandes facettes articulaires qui sont surélevées. Ces surfaces sont
confluentes et la crête les séparant est aiguë et pincée ; elles encadrent une dépression dans
laquelle un ou deux foramens communiquent avec un gros foramen postérieur. Un creux
prononcé et délimité jouxte le bord postérieur de la surface pour le grand cunéiforme. Les
reliefs d'insertion latéral et médial sont développés et descendent le long de la diaphyse, face
postérieure. La facette postérieure pour le sésamoïde peut être importante et située près du
bord postérieur (DUR-008, DUR-009) ou plus réduite et ne pas toucher ce bord (DUR-007,
DUR-040).
Les dimensions de la population de B. prisais de Mosbach I (fig. 3a, b) sont les plus
fortes et se trouvent ainsi toujours dans la partie haute des graphiques. A l’inverse, les
dimensions des métatarses de Leptobos sont situées dans la partie basse. Les populations ou
spécimens attribués à Eobison et B. schoentensacki se placent plus ou moins entre ces deux
extrêmes :
A — Les métatarsiens de Sainzelles, de Venta Micena et de Nihowan ont des longueurs
similaires à celles des Leptobos ; mais leurs diaphyses sont plus fortes, comparables à celles du
groupe suivant (B). Toutefois, les mesures des extrémités proximale et distale de la population
de Venta Micena sont plus proches des valeurs de Leptobos.
Parmi ces derniers, on remarque que les spécimens de la population de Saint-Vallier ont
une taille proche de celle de L. etruscus, alors que ceux de L. furtivus possèdent des dimensions
- 364 —
Tableau VI. — Dimensions (en mm) des métapodes du bison de Durfort.
Sexe
l^îîPM
L. ext.
DT dia. 1/2
DAP dia, 1/5
DT dist sus-art
DT dist.art
DAP dist. max.
Métacarpiens
106 G
F
239,00
229,00
69,20
41,60
42,40
28,70
66.80
69,80
(= médial)
40,80
108 G
F
246,00
235.70
70,30
41,30
42,40
28,80
66,60
67,50
38,00
010 D
M
249,50
239,70
81,30
49,50
53,00
35.00
77,50
81,00
43,40
107 G
M
249.00
238,30
80.40
50.00
52,60
34.70
77,70
81,60
42,80
105 G
M
249,50
241,20
80,20
47,50
48,00
33,20
78,00
82,30
43,30
104 D
M
250,00
242,80
81,20
47,40
48,00
33,70
76,50
80,80
43,30
Métatarsiens
009 G
M
278,00
268,60
68,00
63,00
43,50
40,00
70,50
68,50
42,00
008 G
M
286,30
279,30
66,00
60,40
42,80
41,60
71,00
71,30
43,00
007 G
F
269,00
259,70
59,30
56,40
39,20
35,50
63,40
65,30
41,00
040 D
F
-
59,50
57,5
-
-
-
-
-
M = mâle ; F = femelle ; L. max. = longueur maximale ; L. ext. = Longueur externe ; DT prox. = diamètre
transversal proximal ; DAP prox. = diamètre antéro-postérieur proximal ; DT dia. 1 /2 = diamètre transversal de
la diaphysyse au milieu ; DT dist. sus-art. = diamètre transversal proximal distal sus-articulaire ; DT dist. art. =
diamètre transversal proximal distal articulaire ; DAP dist. max. = diamètre antéro-postérieur distal maximum.
nettement inférieures. Les données sur les spécimens de Venta Micena les situent entre les deux
espèces, un peu plus proches cependant de L. furtivus ; cette espèce possède les plus petits
métatarses parmi tous les bovinés examinés. Il faut signaler que les pièces de Nihowan, bien
que citées avec Satnzelles et Venta Micena pourraient constituer un sous-groupe, intermédiaire
en taille entre les groupes A et B.
B Les sujets de Durfort sont très proches de ceux de Trimingham, avec des dimensions
égales ; ils se regroupent avec le Bison sp. de Süssenbom (Flerow, 1969) et le B. schoetensacki
de Mauer ; ces Mtt ont cependant des longueurs un peu plus grandes pour des dimensions
diaphysaires comparables. Il y a également des différences entre Süssenborn et Mauer : le
spécimen de Mauer possède des extrémités de plus petite taille qui rejoignent les valeurs
observées dans le groupe A. Enfin, les deux métatarses du CFb (Happisburgh et Mundesley)
et les spécimens du Vallonnet possèdent des longueurs supérieures ou égales, mais avec une
diaphyse et des extrémités élargies comparées à celles des spécimens de Durfort, Trimingham,
Süssenborn et Mauer Les métatarses de Mundesley et du Vallonnet sont aussi forts que ceux
de B. prisais de Mosbach I_
II existe une bonne concordance entre les métacarpiens et les métatarsiens à partir de ces
analyses préliminaires. Les diagrammes de dispersion reflètent les mêmes groupements, qui
sont confirmés par des analyses complémentaires (analyse en composantes principales,
classification hiérarchique, Brugal, en prép.). Le matériel de Durfort est proche de la
population de Trimingham d’un point de vue métrique et. morphologique (section de la
diaphyse) et doit être rapporté à B, schoetensacki, Cette espèce est constituée également par :
les sujets de Mosbach I de plus petite taille, la population de Süssenborn proche de Durfort
(Mcc) ou légèrement plus grande (Mtt), la population de Mauer plus grande. La série du
(uku) |nu|xojd 1Q O (uiui) esAqdeia iq
— 365 —
Longueur antérieure (mm)
3a. — Comparaison des moyennes (en gras) des métatarsiens de différentes populations de grands bovidés du
Pléistocène inférieur (Villafranchien) et du début du Pléistocène moyen : (DT = diamètre transverse) (code :
tabl. V).
Longueur antérieure (mm)
Fig. 3b. — Comparaison des moyennes (en gras) des métatarsiens de différentes populations de grands bovidés du
Pléistocène inférieur (Villafranchien) et du début du Pléistocène moyen : (DT = diamètre transverse) (code :
tabl. V).
— 366 —
Vallonnet comprend les plus forts représentants du groupe, notamment sur les Mtt se
rapprochant en taille de B. priscus de Mosbach 1. Les autres gisements (CFb, Ponte Galeria)
ne comportent qu’un seul élément et restent ainsi difficiles à situer. On peut signaler toutefois
le site de Mundesley contenant un métatarse particulièrement grand qui pourrait être rapporté
à B. priscus.
Les métapodes présentent une augmentation relative des extrémités et de la diaphyse
conférant une importante massivité à ces os ; celle-ci s'accentue au cours du Pléistocène chez
B. priscus par une diminution de la longueur. Leptobos possède les métapodes les plus graciles
avec une extrémité proximale plus courte dans le sens transversal. Les tubercules sus-
articulaires distaux sont peu manifestes chez B. schoetensacki alors qu’ils sont particulièrement
développés chez B. priscus.
Un groupe est nettement à part avec de plus petits éléments et représente un ensemble
taxinomique intermédiaire distinct regroupant les spécimens de Pirro Nord, Sainzelles et dans
une moindre mesure ceux de Venta Micena. Cette dernière population présente des dimensions
encore plus réduites qui semblent la rapprocher d’un ensemble Leptobos constitué de
L. vallisarni et L. furtivus. On pourrait ajouter à ce groupe de petite taille les rares éléments
provenant de Casa Frata (Italie) et Apollonia (Grèce) (Kostopoulos et Koufos. 1994). Enfin,
il faut signaler les sujets de Venosa qui pourraient également être reportés à Leptobos co mm e
L. etruscus. Rappelons que L. furtivus et L. etruscus seraient encore présents au début de la
zone 20 (biozone de Guérin), dans le Valdamo supérieur et à La Sartanette (Gard, France)
(Duvernois, 1990). On pourrait alors envisager une survivance de ce genre plus longtemps
qu’on ne le pensait dans des régions « en cul-de-sac » caractérisées par des endémismes et un
conservatisme faunique. Un crâne provenant de Pirro Nord présente plus de caractéristiques
morphologiques de bison et a été rapproché de Bison (Eobison) (De Giuli et al., 1986).
L'absence de crâne 2 dans le matériel de Venta Micena ne permet pas de trancher entre Bison
et Leptobos. Dans un travail récent, Sher (1992) reconnaît la séparation d’un groupe composé
des spécimens de Venta Micena, Pirro Nord, Casa Frata ainsi que de Nihowan, groupe
provisoirement rapproché du sous-genre Eobison. Les représentants de Eobison sont rares et,
d’après l’analyse des métapodes, ils se trouvent proches du groupe schoetensacki. On ne peut
alors que souligner le manque de données plus précises permettant de caractériser ce sous-genre
qui sert actuellement à rassembler des populations dont on ne connaît pas la position
taxinomique. Il s'agit de spécimens possédant des métapodes de petite taille et plus graciles que
les « vrais » bisons ( schoetensacki et priscus) et rappellant plus Leptobos ; pour Sher (1992), et
en comparaison avec la situation d’un groupe voisin, les ovibovinés, les caractéristiques des
métapodes de ces populations du sud de l’Europe refiètenL des caratères archaïques en relation
avec des conditions écologiques spécifiques liées à l’aridité.
2. Alors que la rédaction de cet article était terminée, un travail paru récemment (Martinez, 1992) annonce la
présence d’un matériel crânien pouvant être associé aux autres os des membres du boviné de Venta Micena. Ce nouveau
matériel, bien que fragmentaire, a été attribué au genre asiatique Bubalus sp. et semble en effet différent de Bison d’après
la brève description donnée.
— 367 —
Autres éléments squelettiques
Devant la rareté des données concernant les autres éléments du squelette appendiculaire
chez les bisons, et en particulier pour B. schoetensacki, nous donnons ci-dessous, en vue de
comparaisons ultérieures, les descriptions des traits morphologiques majeurs accompagnées des
principales mesures.
Tableau Vil. — Dimensions (en mm) des os longs du bison de Durfort.
L. max.
■sagaa
DT prox. art.
DAP prox.
DT dia
fcZJiEiüfl
EÜ2S9
DAP dist.
DT dist.art.
D AP dist.art.
Radius
(milieu)
(milieu)
014 D
388,50
106,00
96,70
55,3
58,00
36,50
96,00
65,00
92,00
43,30
103 G
-
-
-
-
61,00
37,00
101,70
70,00
89,00
38,00
242 G
373,00
107,20
99,00
±56
59,00
35,00
98,00
63,30
87,20
42,50
Tibia
(min.)
(min.)
(talus)
(talus)
011 D
-
-
-
-
58,00
40,00
81,40
66,70
55,00
54,20
039 G
-
-
-
-
55,00
41,50
84,00
68,00
54,00
57,30
013 G
-
-
-
-
54,60
42,30
-
-
-
-
D = diamètre ; dia. = diaphyse.
Membres antérieurs (tabl. VII et VIII ; pl. III, 2)
Deux radius sont complets, le troisième ne possède que les deux tiers distaux. L’extrémité
proximale présente un contour médial arrondi prolongeant un bord antérieur rectiligne à
légèrement convexe. La partie articulaire latérale est haute, bien individualisée, avec une
extrémité antérieure en pointe mousse et un revers net ; son décrochement postérieur est très
marqué, formant un V très ouvert pour les Facettes d’articulation avec l’ulna. L’autre facette
ulnaire postérieure est large avec un bord proximal aigu. Le relief latéral d’insertion est bas,
déjeté postérieurement, avec un fort bourrelet ; le bord médial est particulièrement épais
surplombant une cavité d’insertion creusée. On note l’existence d’une petite facette sur le bord
antérieur, vers le milieu de l'extrémité sur le radius DUR-014. La diaphyse possède un bord
médial, face postérieure, avec une carène épaisse au tiers médian. Un pincement du bord
latéral, côté proximal, est bien visible et forme un relief se poursuivant distalement. L’extré¬
mité distale est forte et oblique avec, sur la face antérieure, quatre crêtes épaisses et
courtes délimitant des sillons profonds (extenseur radial du carpe et pour les doigts). Le
processus styloïde radial présente de fortes insertions ligamentaires avec distalement un
« tubercule » bien exprimé. La surface articulaire du scaphoïde a un bord antérieur concave
et un creusement net ; celle pour le semi-lunaire est élargie du côté antérieur et possède des
bords postérieurs très aigus ; la surface du pyramidal est partagée avec l’ulna et montre un
sillon postérieur ouvert à moitié. L’ulna possède un bord crânial concave et sinueux, aigu
distalement et devenant épais vers la tubérosité de l’olécrane qui est double (vue de profil) ; la
surface articulaire est relativement étroite. Les carpiens sont abondants et leurs dimensions sont
données dans le tableau VIII. Il s’agit d’os massifs, généralement de forte taille avec des mesu¬
res assez homogènes; seul le scaphoïde DUR-078 présente une taille plus réduite (femelle?).
— 368 —
Tableau VIII. — Dimensions (en mm) des principaux carpiens du bison de Durfort.
Carpiens
Hauteur
DT
DAP
Capitato-trapézoïde
(ant.)
(max.)
061 D
21,50
47,00
53,00
070 D
18,70
46,20
42,00
059 D
18,80
42,50
47,00
064 D
19,60
48,70
49,50
016 D
21,60
48,70
53,30
065 G
21,70
48,80
53,20
062 G
19,50
48,40
48,50
Unciforme
(max.)
(max.)
060 D
27,50
31,70
38,50
058 D
27,10
32,50
36,50
068 D
30,30
38,00
46,00
067 G
30,50
37,20
45,00
069 G
30,50
36,50
42,80
063 G
27,30
31,70
37,70
066 G
26,50
32,50
38,00
Pyramidal
(max.)
092 D
-
26,70
-
081 D
48,30
26,30
38,80
087 G
54,00
29,70
49,00
088 G
46,70
26,50
38,80
Semi-lunaire
(max.)
090 D
35,50
47,50
32,80
084 D
38,00
51,00
34,30
077 D
±42
57,50
35,50
089 G
41,50
57,50
35,00
079 G
37,50
49,70
34,80
Scaphoïde
(max.)
080 D
39,00
31,80
51,50
078 D
34,70
29,00
50,50
082 D
40,50
35,50
55,50
017 D
-
±35
-
086 G
41,50
34,50
59,00
085 G
41,00
35,50
54,50
091 G
34,00
32,00
51,00
D = droit ; G = gauche ; DT = diamètre transversal ; DAP = diamètre antéro-postérieur.
Membres postérieurs (tabl. VII et IX ; pl. III, 3 à 5)
Deux tibias ne conservent que le tiers distal, le dernier (DUR-013) est cassé sous
l’extrémité proximale. Celui-ci a une crête tibiale s’arrêtant au 1/3 de l’os et il montre une plage
de rugosité ligamentaire sur la face médiale. Les reliefs postérieurs sont bien marqués (insertion
des muscles fléchisseurs et poplité). La diaphyse s’évase vers l’extrémité distale quadrangulaire
Tableau IX. — Dimensions (en mm) des tarsiens du bison de Durfort.
Tarsiens
L. max.
L. corps
L. corps
DT max
DAP max.
Calcanéum
(appui ST)
(perp)
(max ./min.)
(-dist.)
006 G
181,00
118,00
130,20
61,5/53,5
73,00
012 G
-
113,00
121,50
62/54,5
70,50
005 G
-
108,50
120,00
54/51
66,50
004 G
-
114,30
120,70
-/49,3
-
041 D
-
113,50
123,00
60/53,5
70,50
042 D
-
-
-
-/58,5
72,30
Astragale(=talus)
(- latéral)
L min . médian
L médiale
(prox/dist )
(Iat7méd.)
044 D
85,50
69,00
79,70
60/57,6
47,2/48,6
045 D
80,30
63,70
72,50
52.3/53,2
45/45,5
043 D
89,60
71,50
83,30
58,3/56
48,5/49
027 G
69,80
56,00
65,20
48,5/47,2
39/41,2
025 G
89,30
69,70
80,70
±58/-
47/47,5
029 G
84,00
67,00
77,50
55,5/54,3
45,8/47,3
Cubonaviculaire
046 D
(- hauteur)
67,50
/
/
77,00
68,50
048 D
56,50
/
/
67,00
64,00
026 G
58,80
/
/
66,70
63,40
028 D
-
/
/
74,50
71,00
S.T. = sustentaculum tali ; perp. = perpendiculaire.
avec une surface articulaire de l’astragale de forme carrée. Les bords antérieur et postérieur de
l’extrémité sont légèrement convexes. La malléole médiale est oblique en vue latérale et se divise
en deux plages d'insertion : une supérieure (i.e. la plus distale) bien circonscrite et en retrait
(angulation) d’une inférieure qui possède une subfacette ligamentaire importante ; la base de
cette dernière est creusée antérieurement avec des reliefs forts postérieurement. Ces reliefs
bordent une coulisse tendineuse {Jlexor digttalis longus) peu profonde qui s’estompe rapidement
vers la diaphyse. Les facettes malléolaires latérales sont séparées par une incisure fibulaire
large, à fond concave et raccourcie sur la diaphyse ; la facette médiale est rectangulaire et bien
creusée, en position basse par rapport à la facette antérieure circulaire et oblique vers l’avant.
Cette facette possède un renfort antéro-latéral développé qui jouxte, via un creux, un relief
antérieur se continuant en crête sur la diaphyse.
Les astragales (pl, III, 5) sont massifs avec une trochlée plantaire (surface articulaire du
calcanéum) concave latéralement et un bord latéral faiblement bombé. Le sillon séparant cette
trochlée de la surface articulaire du cubonaviculaire est régulièrement courbe; oblique et
présente une surface droite créant un angle marqué. La facette articulaire latérale est soit
rectiligne (2 sur 6), soit oblique vers le bas (point bas postérieur ; 4 sur 6) ; elle n’est jamais
oblique vers le haut (point haut postérieur). La ligne passant sur la terminaison de la trochlée
distale, face antérieure, est horizontale. Un relief en crête termine antérieurement la trochlée
latérale plantaire. Enfin, l’insertion distale, face médiale, est bien excavée et prend l’allure d’une
facette sur l'astragale DUR-043. Les cubo-naviculaires (pl. 111, 5b) ont un bord antérieur
— 370 —
subrectiligne (vue proximale) ; un espace synovial important partage les deux surfaces arti¬
culaires proximales. Les reliefs postéro-médiaux sont bien développés, doubles et obliques en
vue postérieure, donnant un contour sinueux en vue latérale.
Les calcanéums possèdent un tuher calcanei arrondi à l'exception de la surface de
glissement tendineux plus concave ; un creux à la base du tuber, côté médial, est visible sur
tous. Le bord postérieur du corps est légèrement resserré et il est convexe (vue de profil). Le
sustenlaculum tali est court avec une surface du sillon tendineux bombée ; un creusement
antérieur et un rentrant postérieur le délimitent. Les facettes distales sont à la même hauteur,
la zone latérale montre des insertions fortes, notamment celle située près de la surface
articulaire pour la malléole.
Phalanges (tabl. X-X1I)
Les phalanges sont nombreuses et il reste délicat de les orienter. Ce sont des os très massifs
qui présentent des insertions développées. L’extrémité proximale des Ph I montrent trois
convexités plus ou moins marquées du bord antérieur de la surface articulaire ; le bord interne
est rectiligne, ou avec une légère inflexion, et un revers net sur la face médiale. Les facettes
articulaires pour les sésamoïdes sont importantes, particulièrement la facette externe de forme
subrectangulaire. Les tubercules d'insertion, face postérieure, sont très forts et encadrent un
corps légèrement concave; le tubercule interne déborde face médiale et provoque un
décrochement net par rapport au condyle distal ; le tubercule externe fait un peu de même, et
montre deux points séparés d’insertion, l'un proximal, l'autre situé au tiers distal et formant
une angulation en vue latérale. Le condyle distal est dissymétrique et très oblique (vue
médiale) ; il se prolonge fortement sur la face antérieure et cette expansion convexe est bordée
par des bourrelets formant butoir, qui s’élèvent au-dessus des cavités d'insertion profondes
visibles sur les côtés. Les Ph I DUR-022, DUR-115 et DUR-015 sont de taille plus faible que
le reste du matériel Les Ph 11 ont également de fortes traces d’insertion : sur le bord
antéro-proximal. forte expansion du tubercule proximal-externe, gros bourrelet bordant des
fosses distales très creusées sur les côtés (notamment médial). La surface articulaire proximale
est régulièrement arrondie, plutôt en pointe vers l'avant, et aplatie sur le côté postéro-interne.
Le condyle distal est large antérieurement et se prolonge par un bord dorsal pincé. Les
spécimens DUR-055 et DUR-036 ont une taille réduite. Les Ph 1TI ont un processus extensorius
développé, non pointu, avec trois gros foramens. La surface articulaire est relativement
rectangulaire et l’angle palmaire s’étend plus ou moins. La sole présente deux morphologies :
triangulaire avec un axe droit (40 %), ou avec un axe courbe et un bord interne rectiligne à
légèrement concave (60 %). Les spécimens DUR-098, DUR-112, DUR-094 et DUR-111 sont
de plus petite taille, et correspondent à la première morphologie.
De manière générale ces ossements présentent bien les caractéristiques morphologiques du
genre Bison sans qu'il soit possible à l'heure actuelle de préciser les différences entre les espèces
ou sous-espèces. Parmi l’ensemble du matériel de Durfort, il faut noter la robustesse des os
présentant de forts reliefs musculaires, caractéristique d’animaux puissants et relativement
lourds.
— 371 —
Tableau X. — Dimensions (en mm) des phalanges I du bison de Durfort.
L. max
L lat
DT max
P R O X
DAP max.
1 MAL
DT fac.
DAP fac
DAP min fac.
DI AP
DT min
HYSE
DAP min.
DIS
DT maxi.
5 T A L
DAP maxi.
DUR-022
73.50
70,50
34,80
39,00
31,00
25,50
31,00
24,70
36,00
27,50
DUR-071
75,00
73,30
47,00
42,50
38,00
41,70
31,30
DUR-115
76,00
73,50
40,30
31,50
35,50
30,00
23,50
32,50
27,00
DUR-015
77,00
73,00
41,50
±23,3
31,70
23,00
34,50
27,00
DUR-113
77,50
74,00
48,50
-
41,00
28,50
41,50
31,50
DUR-021
77,70
75,50
40,50
45,00
38,50
42,50
34,70
37,00
26,80
40,00
30,00
DUR-076
38,50
46,30
37,00
24,50
36,50
29,70
DUR-073
81,50
78,00
37,40
43,30
34,50
±19,5
35,00
26,00
38,50
29,00
DUR-075
81,50
79,50
44,50
34,50
31,50
36,00
24,00
37,00
28,00
DUR-072
42,70
-
38,50
-
-
-
27,30
40,00
29,50
Abréviations, voir tableau VI.
Tableau XI. — Dimensions (en mm) des phalanges II du bison de Durfort.
PROXIMAL
DIAPHYSE
DISTAL
L. max.
L. min.
DT
DAP max.
DAP min.
DT fac.
DAP fac.
DT 1/2
■TJaâtlîl
DT
DAP
DUR-051
57,50
48,30
44,00
40,70
36.50
25,70
31,00
29,50
31,00
36,50
DUR-053
-
50,00
Bpful
47,00
38.50
31,50
30,70
34,00
36,50
DUR-050
58,50
48,50
39,50
44,70
42,50
36,30
30,50
28,50
31,00
35,00
DUR-056
59.00
49.00
44,50
41,50
28,50
30,70
29,50
31,00
36,50
DUR-037
60,00
47.70
RM
46,50
34,00
39,00
DUR-116
61,70
47,20
46.70
40.00
34,30
33,00
38,70
38,80
DUR-055
55,70
44,50
36,50
40,50
36,50
34,50
28,50
26,70
33,50
DUR-036
57,50
47,00
35,50
41,70
34,50
27,00
29,50
35,70
DUR-110
63,00
51,70
42,50
48,00
42,30
40,00
33,00
34,50
38,50
DUR-049
60,00
52,30
46,50
43,00
30,00
36,00
fac. = facette articulaire.
Tableau XII. — Dimensions (en mm) des phalanges III du bison de Durfort.
L. max.
L. face sup,
DT 1/2 sole
Hauteur
DT max. art.
DT surf. art.
DAP max. art
DAP surf. art.
DUR-111
> = 75
-
26,50
48,50
28,50
25,50
33,00
26,00
DUR-099
-
-
-
29,00
25,00
33,00
25,00
DUR-097
99,00
79,00
33,00
61,50
37.50
34,00
41,70
28,50
DUR-100
94,60
75,70
34,00
59,00
39,00
32,00
39,50
27,00
DUR-101
88,50
68,50
30,50
59,00
36,70
32,50
37,00
26,00
DUR-102
83,70
71,50
29,00
55,00
33,00
29,50
27,50
DUR-034
81,50
71,00
56,00
32,50
29,00
23,50
DUR-038
81,50
65,00
28,50
51,30
30,50
27,60
35,50
26,50
DUR-112
79,50
64,00
28,00
48,50
30,50
27,50
32,50
24,00
DUR-094
78,50
67,50
32,00
54,70
33,00
28,50
34,00
26,70
DUR-098
77,00
67,00
30,50
53,00
33,00
30,00
33,00
26,50
CONCLUSIONS
La population de grand bovidés de Durfort est représentée par cinq individus des deux
sexes dont les caractéristiques morphologiques (chevilles osseuses, métapodes) permettent de
les rapporter à Bison schoetensacki , espèce présente dès le début du Pléistocène moyen en
Europe (Cromer Forest bed. Süssenborn, Mauer, Mosbach I, Vallonnct). Cette espèce semble
relativement homogène et se démarque bien de B. prisais du Pléistocène moyen ancien d’une
part et de Bison plus archaïques tels ceux présents à Pirro Nord et Sainzelles d’autre part.
Cependant, il est encore délicat d'apprécier sa variabilité morphologique et taxinomique
(sous-espèces) en raison d'un échantillonnage faible, ce qui limite pour l'instant leur utilisation
biochronologique. Il faut noter que la population du Vallonnet se démarque par des
dimensions plus fortes des métapodes, alors que la population d’Isernia-la-Pineta s’en distingue
par des dimensions moindres des chevilles osseuses.
Chez les grands bovidés, les lignées évolutives se caractérisent par une tendance à la
diminution de la taille, diminution observée chez Leptobos (Duvernois, 1990) et chez B. pris¬
ais (Brugai., 1984; 1984-85). Si ce phénomène était applicable à B. schoetensacki. Le
Vallonnet serait alors le gisement le plus ancien et Isernia-la-Pineta le plus récent ; entre ces
deux se placeraient successivement, du plus vieux au plus récent, les gisements de : Süssenborn
et Mauer, puis Durfort et Trimingham et enfin Mosbach I. Ce schéma demande à être conforté
par une comparaison plus large, portant sur tous les éléments du squelette et des popula¬
tions.
Cette étude soulève un certain nombre de questions, notamment la position taxinomique
des populations de Venta Micena et de Venosa, ainsi que sur leurs affinités phylétiques. Il en
va de même pour les sites de Pirro Nord et de Sainzelles, Casa Frata et Appolonia qui
indiquent l’existence en Europe méridionale d’un groupe de grands Bovidés intermédiaires en
taille et morphologie entre le stock villafranchien Leptobos et le groupe schoetensacki. Le
matériel de Durfort est important et a permis de préciser la morphologie et la biométrie de
B. schoetensacki, espèce jusqu'à présent peu étudiée. B. schoetensacki fait son apparition en
Europe de l’ouest lors du changement faunique observé à la transition Pléistocène inférieur-
Pléistocène moyen et prend vraisemblablement son origine dans les formes encore mal définies
d 'Eobison ou des formes affines ( Probison , Protobison). Sa dernière apparition ne dépasse pas
la fin du Pléistocène moyen, avec la population d’Isernia-la-Pineta (environ 0,73 M.a.) et celle
de Steinheim (« Mindel-Riss », environ 0,5 M.a.).
Remerciements
Je tiens à remercier L. Ginsburg pour son accueil au Muséum national d’Histoire naturelle lors de
l’étude des collections de Durfort, Nihowan et Sainzelles. Que A. Azzaroli, D. Torre. F. Masini
(Museo di Geologia et Paleontologia, Firenze), C. Petronio, L. Caloi (Univers. « La Sapienza », Roma),
A. Prieur (Dept. Sciences de la Terre, Lyon), A. Gentry, A. P. Currant (Natural History Muséum,
London), Mrs. Smith (Castle Muséum, Norwich), M. Weston (Ottawa, données sur B. tamanensis),
H. D. Kahlke (Institut tür Quartarpalâontologie, Weimar), R. Ziegler (Muséum fur Naturkunde am
— 373 —
Lôwentor, Stuttgart), Mr. Plodowski (Forschungsinstitut Seckenberg, Frankfurt) soient remerciés pour
m’avoir permis de travailler sur les collections dont ils ont la charge. Je voudrais également remercier
sincèrement V. Einsenmann et J. Morales pour leur lecture attentive du manuscrit.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Manuscrit reçu le 5 novembre 1993.
Manuscrit révisé reçu le 3 juin 1994.
— 376 —
Planche I
Chevilles osseuses du Bison schoetensacki de Durfort
1. — DUR-002, gauche : a, vue supérieure ; b, vue postérieure ; c, vue inférieure.
2. — DUR-228, vue latérale (postérieure?).
— 377 —
PLANCHE I
— 378 —
Planche II
1. — Métacarpiens gauches : de gauche à droite : DUR-106, femelle ; DUR-105 et DUR-107, mâles.
2. — Métatarsiens gauches : de gauche à droite : DUR-008, mâle ; DUR-007, femelle.
PLANCHE II
— 380 —
Planche III
1. — Mandibule gauche, DUR-160, vue occlusale.
2. — Radio-cubitus gauche DUR-241 + DUR-242, mâle.
3. — Extrémité distale de tibia gauche DUR-039 : a, face antérieure ; b, vue de l’èxtrémité.
4. — Calcanéum gauche, vue interne, DUR-006.
5. — Talus droit, DUR-043 et cubo-naviculaire gauche, DUR-026.
— 381 —
PLANCHE III
Bull. Mus. natl. Hist. nat., Paris, 4 e sér., 16, 1994 (1995),
section C, n° 2-4 : 383-401.
Les concentrations ferro-manganésifères
des Carpates orientales :
le gisement de Oifa (Roumanie)
par Elena-Adriana Perseil, Rudolf Giovanoli et Alexandre Voda
Résumé. — Les concentrations ferro-manganésifères des Carpates orientales sont enfermées dans un
horizon de quartzites noirs de la série cambrienne de Tulghes. Cette série cambrienne appartient aux
formations métamorphiques de la nappe alpine sub-bucovinienne. Les corps minéralisés de forme
lenticulaire sont constitués d'une alternance de carbonates, silicates et oxydes ferro-manganésifères. La
plupart des oxydes résultent de l’oxydation des carbonates et des silicates, à l’exception des grenats qui
subissent une légère hydrolyse suivie d'un remplacement, soit par les carbonates, soit par des termes de
la série cryptomélane-hollandite. Parmi les produits d’oxydation, un oxyde identique à la phase e-Mn0 2
(utilisée dans l’industrie des piles sèches sous le nom de FARADISER M) a été découvert, les liens para-
génétiques de cet oxyde ont été mis en évidence.
Mots-clés, — Oi[a (Roumanie), Carpates orientales, concentrations ferro-manganésifères, carbonate,
silicate, birnessite, takanelite, nsutite, cryptomèlane, hollandite, e-MnO,.
Abstract. - The FerrOBiangane.se formations in the Eastern Carpathians : the ore deposits of Oi[a
(Romania). In the northeast of Romania the metamorphic formations in the alpine suh-bucovian nappe
of the Eastem Caipathians inelude ferromanganese concentrations (to which sulfides are associated) from
the Cambrian séries of Tulghes.
The ore deposit of Oija is enclosed in the horizon of black quartzites which is considered as a facial
lithologie reference. This ore deposit is part of a group of deposits in the norlh of Moldavia known
as lacobeni-Sarul Dornei. The orc bodics hâve a lenticular shape and are intercalated in black
quartzite horizons in a concordant rnanner. They consist of an alternation of carbonates, silicates, and
oxides. In the Oi[a deposit we hâve rarely found primary oxides, compared to what is known in
other deposits of that group. It consista rnainly of pyrophanite and Mn-ilmenite. The carbonate bands
at the base of the body of Oi(a shows numéro us inclusions of iron and copper as well as sulpharsenides
of cobalt and nickel. Within tbe ore. however, the content in transition éléments is low. The overall
analyses of the ore are situated in the région of hydrothermal concentration near the alpine ore bodies
in the diagram of Bonatti et al. (1972). Except for the gamets, most of the oxides of the Oifa deposit
are the result of the oxidation of carbonates and silicates. The Oi(a garnets are rather rich in iron.
Their content io almandine varies between 2 and 20 %, their content in spessartine between 70 and
87 %.
Two cases were observed : these gamets hâve undergone a slight hydrolysis that is difficult to show.
The hydrolyzed part of the garnets has been readily replaced by rhodochrosite that oxidises fast to
takanelite. in other places a network of fissures can be observed that affects the garnet planes; pure
cryptomelane enfers into these fissures and progressive^ replaces the garnet. Jntermediate members of the
cryptomelane-holiandite sériés fill the veinlets of amphibolites.
Whenever bimessite-takanelite is the product of the oxidation of a rhodochrosite rich in iron and at
the time characterized by an overgrowth of iron sulfides under way of oxidation, its transformation leads
to a particularly disordered variety of nsutite (y-Mn0 2 ) that has been named E-Mn0 2 . This phase is
hexagonal, not orthorhombic, and is produced industrially for dry battery purposes and marketed under
— 384 —
the trade name FARADISER M. y-Mn0 2 is also produced on an industrial scale and marketed under the
trade name FARADISER WS (both by Sedema Ltd., Tertre, Belgium).
Keywords. — Oija (Romania), Eastem Carpathians, ferromanganese formations, carbonates,
silicates, bimessite, takanelite, nsutite, e-Mn0 2 , cryptomelane, hollandite.
E.-A. Perseil, Laboratoire de Minéralogie du Muséum national d'Histoire naturelle, URA n° 736, 61, rue Buffon,
F-75005 Paris.
R. GlOVANOLI, Laboratorium fur Elektronenmikroskopie, Universitàt Bern, Freiestrasse 3, CH-3000 Bern 9.
A. Voda, Institutul de Géologie si Geofizica, Str. Caransebes, 1, 78344 Bucarest. Roumanie.
La nappe alpine sub-bucovinienne des Carpates orientales contient dans les formations
métamorphiques de son socle (Sandulescu, 1975, 1984; Voda & Voda 1989) (fig. 1, 2 et 3),
des concentrations ferro-manganésifères exploitées. Au sein des formations métamorphiques,
les concentrations ferro-manganésifères auxquelles sont associés des sulfures stratiformes
constituent la série cambrienne de Tulghes. Le gisement de Oija, comme tous les autres
gisements manganésifères des Carpates orientales, est contenu dans l'horizon de quartzites
noirs, qui est considéré comme un repère lithologique du faciès (Ianovici, 1956) ; ce gisement
fait partie du groupe lacobeni-Sarul Domei. De forme lenticulaire, les corps minéralisés, dont
les dimensions peuvent varier de quelques centimètres à quelques centaines de mètres, intercalés
Fig. 1. — Localisation du gisement de Oi(a.
Localisation of the ferro-manganese concentration of Oija.
— 385 —
d'une manière concordante dans l’horizon de quartzites noirs, sont constitués d’une alternance
de carbonates, silicates et oxydes. La présence de quelques sulfures associés aux paragénèses
ferro-manganésifères a été signalée (Balan, 1976).
Une texture rubanée discrète, à l'intérieur des corps minéralisés, résulte de l'alternance de
bandes rose pâle de silicates ferro-manganésifères (grenats, amphiboles, rhodonite, pyroxman-
gite) avec des bandes gris brunâtre de carbonates (kutnahorite). Des filons gris-rose de
carbonates (rhodochrosite) associés au quartz, traversent la texture rubanée.
Tra ns yl vain
, 5 ijb - bucovinien Inf rabucovinien
ifHtlUIIIJI
3 t 9 14
- 10 *
EJ 5
* * x 111 I h 2
Fig. 2. — Coupe géologique schématique avec la métallogenése de la zone cristalline-mésozoïque des Carpates orien¬
tales : en bas les successions avant les charriages mésozoïques (Voda & Voda, 1989) I , Ophiolites (dans les nappes
transylvaines) : 2 : Sédiments mésozoïques ; 3 : Série de Brelila (Br) ; 4 : Série de Tulghes (Tg) ; S : Série de
Negrisoara (N); 6 . Série de Rebra (Rb); 7 Flysch crétacé, la série de Sinaïa ; 8 : Le massif alcalin DitTau;
9 : Zones minéralisées de la métallogenése préalpine; 10 : Minéralisations manganésifères ; 11 : Barytinc ;
12 : Sulfures métalliques.
Métallogenése alpine. 1 ; Trias, sulfures métalliques triasiques. 2. Jurassique ; 2.1, le massif alcalin Ditrau ;
2.2, les gisements de birytine; 2.3, le gisement de fer et baryline de DelniU ; 2.4, les concentrations de sulfures
métalliques de Flutunca ; 2 3, les concentrations de sulfures métalliques de Bamar. 3, Crétacé ; 3 I talc sur les
dolomies de la série de Rebra ; 3.2, talc sur les dolomies de la série de Rebra.
Simpli/ied gtologiçu! section front the mcxnzoic of (he Easlem Cntpathes induding lhe metallogenesis of Ihe
cristalline zona : al the hase are figured the mesozoic overthtust (Voda A Voda, 1989). 1 : Ophiolites ; 2 : mesozoic
sédiments . 3 : Sérié of Bretila (Br) ; 4 : Série of Tulghes (Tg) ; 5 : Série of Negrisoara (N) ; 6 : Sérié of Rebra (Rb) ;
7 : cretaceous flysch front the sérié of Sinaia ; 8 : Massif of Ditrau ; 9 ; Mineralised levels of the préalpine
metallogenesis ; 10 : Manganiferous concentrations ,11: Baryline ; 12 : melal-sulphides.
Alpine metallogenesis : I : Triassic metal-sulphides ; 2, Jurassic : 2.1, massif of Ditrau ; 2.2, Baryline concen¬
tration; 2.3, Ferro-harytine concentration of Delnila; 2.4, metal-sulphides concentration of Fluturica ; 2.5 : metal-
sulphides of Bamar ; 3, Cretaceous : 3.1. steatite of the Sérié of Rebra ; 3.2. steatite of lhe Sérié of Rebra.
- 386 —
Fig. 3. — Variation de la composition des dannémorites de Oija dans le diagramme triangulaire : Mn 2+ -Mg-Fe 2+ .
Variation of the composition of dannémorite from Oija in the diagram of Mn 2 ' -Mg-Fe 2 * .
MINÉRALOGIE
Les oxydes primaires, dans le gisement de Oi(a, sont représentés seulement par des lamelles
de pyrophanite (MnTiO,, tabl. II) associées aux silicates (et notamment à la pyroxmangite), par
des inclusions de pyrophanite ferrifère (tabl. I) dans les amphiboles manganésifères. La
composition ponctuelle de ces amphiboles (tabl. III, fig. 3) permet de les classer parmi les
termes de la dannémorite (Lëake, 1978). Les lamelles de pyrophanite (associées à la
pyroxmangite) possèdent une composition qui s’inscrit dans le domaine des pyrophanites
classiques (Craig et al., 1985), alors que la composition ponctuelle des inclusions dans les
plages de dannémorite des pyrophanites ferrifères présente une large variation (fig. 4). Le
polymétamorphisme subi par les dépôts primaires manganésifères de Oi(a serait susceptible
d’expliquer cette importante variation de la composition ponctuelle (Pinet & Smith, 1985;
Smith & Pinet, 1985). Le caractère ferro-manganésifère des concentrations de Oi(a semble
ainsi exprimé à partir des dépôts initiaux. Le minerai exploité dans ce gisement, comme
d’ailleurs celui des autres gisements manganésifères des Carpates orientales, résulte de
l’altération des carbonates et silicates, quand il n’est pas étroitement lié au réseau de cassures
et de solutions tardives.
Les carbonates, dont la composition ponctuelle est variable, représentent la phase
prédominante dans la lentille manganésifère de Oija. Pour Balan 1976, les carbonates
manganésifères détenaient déjà la première place paragénétique dans les dépôts primaires des
concentrations du groupe, dont Oija fait partie. La composition ponctuelle des carbonates, en
— 387 —
Fig. 4. — Position de la composition des pyrophanites de Oi{a, dans le diagramme : Mn0-Ti0 2 -Fe0.
Position in the diagram of the composition of pyrophanites from Oi}a : MnO-Ti0 2 -FeO.
Tableau I. — Composition ponctuelle de la pyrophanite ferrifère, en inclusions.
1
2
3
4
5
6
7
Ti0 2
55.31
57.65
56.12
55.10
55.72
54.94
56.05
FeO
20.11
18.53
18.63
19.10
20.11
19.36
18.40
MnO
23.18
24.02
24.57
24.62
24.68
24.77
25.54
S
98.60
100.20
99.32
99.82
100.51
99.07
99.99
Ti
1.040
1.051
1.040
1.031
1.032
1.052
1.030
Fe 2+
0.420
0.372
0.382
0.390
0.393
0.404
0.374
Mn
0.491
0.492
0.510
0.521
0.522
0.523
0.491
Conditions analytiques pour l’analyse ponctuelle : microsonde électronique CAMEBAX du Muséum
national d’Histoire naturelle de Paris. 15kV,10nA., temps d’intégration 6s.
Standards et lignes utilisées : rhodonite (Mn K*), Fe métal (Fe Ka), Ti0 2 (Ti Ka), galène (Pb M(3),
Co métal (Co Ka), Cu métal (Cu Ka), Ni métal (NiKa), wollastonite (Si Ka), orthose (K Ka), albite (Na
Ka), barytine (Ba La), strontianite (Sr La).
388 —
Tableau II. — Composition ponctuelle de la pyrophanite en lamelles.
1
2
3
4
5
6
TiO z
53.61
54.85
54.70
54.83
51.44
52.76
FeO
4.26
2.86
4.23
3.46
3.55
3.15
MnO
40.38
40.58
40.64
41.41
42.17
42.60
Si0 2
0.36
0.90
0.66
0.00
0.81
1.01
MgO
0.00
0.00
0.00
0.00
0.00
0.00
CaO
0.06
0.11
0.06
0.08
0.03
0.06
S
98.67
99.30
100.29
99.78
98.00
99.58
Ti
1.013
1.020
1.014
1.018
0.981
0.988
Fe 2+
0.089
0.059
0.087
0.076
0.017
0.065
Mn
0.859
0.850
0.848
0.863
0.905
0.899
Si
0.008
0.022
0.016
0.000
0.020
0.025
Tableau III. — Composition ponctuelle de la dannémorite de Oi^a.
1
2
3
4
5
6
SiO z
50.76
50.20
50.35
50.43
49.91
51.50
aio 3
0.00
0.00
0.00
0.00
0.03
0.00
TiO z
0.05
0.00
0.18
0.01
0.00
0.01
FeO
28.36
29.30
26.81
27.16
27.03
26.66
MnO
9.14
9.77
10.20
10.46
10.82
10.99
MgO
8.76
7.50
7.95
7.98
8.80
8.71
Na 2 0
0.04
0.00
0.21
0.01
0.04
0.02
CaO
0.17
0.17
0.18
0.22
0.15
0.26
CoO
0.05
0.12
0.17
0.01
0.12
0.01
h 2 o
1.91
1.88
1.88
1.88
1.89
1.92
S
99.79
98.94
97.93
97.96
98.79
100.07
Si
7.960
7.982
8.018
8.021
7.913
7.985
Al
0.000
0.000
0.000
0.000
0.000
0.000
Ti
0.005
0.000
0.021
0.001
0.000
0.001
Fe 2+
3.719
3.896
3.571
3.612
3.583
3.477
Mn
1.214
1.315
1.376
1.409
1.452
1.451
Mg
2.046
1.777
1.887
1.891
2.078
2.025
Ca
0.029
0.029
0.029
0.036
0.025
0.042
Na
0.011
0.000
0.064
0.002
0.013
0.004
Ca
0.029
0.029
0.036
0.042
0.025
0.042
Co
0.017
0.015
0.021
0.001
0.014
0.001
S
7.065
7.061
6.984
6.993
7.190
7.042
— 389
Fig. 5. — Position de la composition des carbonates de Oi{a dans le diagramme triangulaire : CaC0 3 -MnC0 3 -
(Mg,Fe)C0 3 .
Position in the diagram of the composition of carbonates CaC0 3 -MnC0 3 -(Mg, Fe)CO,.
bandes, est donnée dans le diagramme triangulaire (fig. 5). De nombreux filons de
rhodochrosite et de calcite manganésifère largement cristallisées coupent la lentille de Oi(a ;
leur composition ponctuelle n’a pas été portée sur le diagramme.
Des sulfures et des sulfoarséniures ont été observés en inclusions dans les minéralisations
de Oi(a ; leurs dimensions varient entre 1 gm et 400 gm. A la base de la lentille ferro-
manganésifère, les bandes de carbonates renferment de nombreux îlots de pyrite, riche en
cobalt, en nickel et en arsenic, Cette pyrite est souvent transformée en magnétite. L’analyse
ponctuelle de ces pyrites indique des traces sensibles d’arsenic, qui peuvent atteindre jusqu’à
3 % en poids, du cobalt ou du nickel qui dépassent souvent 3 % en poids et des traces
significatives d’or, d’argent et de bismuth. Des fantômes résiduels de pyrrhotite témoignent de
la présence d’un milieu oxydant. Nous avons découvert dans le même niveau, à la périphérie
de ces îlots de pyrite transformée en magnétite, de nombreuses inclusions de sulfoarséniures de
cobalt et de nickel, ainsi que des îlots de chalcopyrite. Dans les bandes de silicates
manganésifères, les grenats sont particulièrement riches en inclusions de sulfoarséniures de
cobalt et de nickel,
De nombreuses inclusions, qui prennent parfois l’aspect de nuages opaques, perturbent la
transparence des plages de rhodochrosite, que l’oxydation n’a pas entamée. Des inclusions du
même type ont été mises en évidence à la périphérie des plages de grenats. L’analyse ponctuelle
à la microsonde (sur les plages dépassant 5 gm, tabl. IV) a révélé la présence de deux
sulfoarséniures de cobalt, la cobalt ite (CoAsS pseudo-cubique) et Valloclastite (CoAsS-
orthorhombique). Certaines inclusions présentent des formes automorphes (fig. 6). On
— 390 —
Tableau IV. — Composition ponctuelle des sulfoarséniures de Oija, en atome %
As
S
Co
Ni
Fe
Zn
Ag
Au
Bi
Sb
Mn
30.34
34.17
30.46
1.81
0.14
0.00
0.04
0.00
0.11
0.16
2.70
30.88
33.69
30.42
1.40
0.94
0.00
0.00
0.00
0.00
0.19
2.48
31.37
34.04
29.26
4.43
0.50
0.00
0.00
0.00
0.06
0.00
0.15
30.37
34.45
29.09
3.61
0.43
0.03
0.00
0.00
0.04
0.20
1.78
30.94
35.13
28.10
2.28
2.82
0.09
0.02
0.03
0.06
0.00
0.51
31.20
34.80
28.97
1.22
2.94
0.03
0.05
0.12
0.00
0.00
0.62
30.57
34.66
28.96
2.35
0.82
0.05
0.00
0.03
0.08
0.09
2.37
31.22
34.10
28.49
3.37
0.15
0.00
0.00
0.08
0.00
0.04
2.13
29.31
35.53
27.97
4.29
0.82
0.00
0.00
0.00
0.00
0.78
1.28
32.25
33.00
27.15
5.69
0.69
0.00
0.08
0.00
0.06
0.00
1.09
30.97
35.32
26.21
4.69
1.15
0.00
0.03
0.00
0.03
0.07
1.47
31.98
34.28
24.24
5.20
3.7!
0.00
0.02
0.01
0.00
0.00
0.52
31.07
33.73
24.79
6.17
1.22
0.23
0.04
0.00
0.00
0.07
2.51
31.58
33.88
23.25
7.56
1.54
0.00
0.00
0.00
0.00
0.06
2.15
31.31
33.53
23.11
8.43
0.99
0.05
0.00
0.06
0,03
0.24
2.24
31.99
33.51
23.06
6.74
1.65
0.00
0.00
0.00
0.02
0.09
2.93
31.90
33.86
22.84
8.16
1.41
0.05
0.00
0.00
0.00
0.01
1.76
33.21
31.78
22.63
8.33
2.78
0.00
0.00
0.00
0.00
0.04
1.22
32.57
32.22
18.28
10.10
5.06
0.00
0.00
0.00
0.00
0.00
0.00
32.48
31.47
13.18
13.08
5.71
0.00
0.00
0.78
0.13
0.08
3.06
33.15
31.94
11.10
16.55
5.57
0.08
0.03
0.00
0.00
0.08
1.50
32.14
33.36
10.66
14.17
8.91
0.03
0.09
0.00
0.03
0.04
0.57
33.75
31.76
9.84
17.29
5.61
0.15
0.00
0.00
0.00
0.12
1.45
33.27
32.00
8.50
16.68
8.30
0.11
0.00
0.02
0.00
0.02
1.01
36.29
28.83
8.08
21.16
4.19
0.00
0.10
0.06
0.00
0.11
1.16
31.66
32.92
7.72
18.56
6.45
0.08
0.00
0.01
0.00
0.07
2.37
32.86
32.75
7.63
16.96
8.47
0.23
0.00
0.01
0.00
0.04
0.97
34.85
30.25
7.05
20.83
4.30
0.00
0.00
0.03
0.00
0.10
2.49
remarque aussi des termes plus riches en nickel assez proches de la gersdorfïite. Nos analyses
ponctuelles attestent aussi de la présence du manganèse, qui n’a jamais été signalé dans ces
phases (jusqu'à 3 % en atome), aussi bien dans les plages d’alloclastite que dans les plages de
cobaltite, La teneur en fer de ces plages est plus importante que dans les échantillons
d’alloclastite des Hautes-Alpes (France) analysés par Maurel & Picot , 1973. Le fer et le
manganèse ont sans doute un rôle à jouer dans les possibilités de substitution. Les caractères
optiques de l’alloclastite sont assez typiques et diffèrent de ceux de la cobaltite par la couleur
blanche, l’anisotropie nette et la présence des macles polysynthétiques ; la détermination de
l’alloclastite a aussi été confirmée par un diagramme de poudre. On peut constater dans le
— 391 —
Fig. 6. — Inclusions de cobaltite automorphe (légèrement corrodée) dans une plage de rhodochrosite. Lumière naturelle
réfléchie; le tiret = 30 |zm.
Automorph inclusions of cobaltite included in rhodochrosite ; scale bar 30 jxm.
diagramme triangulaire (fig. 7), que les analyses ponctuelles de ces inclusions de sulfoarséniures
définissent un champ assez large, qui est superposable à celui des cobaltites, alloclastites et
gersdorffites analysées par Polushkina & Sidorenko (1963). par Borishanskaya et al., (1965),
et par Petruk et al., (1971), ou à celui des cobaltites et alloclastites analysées par Maurel &
Picot (1973). L'association de la cobaltite avec l’alloclastite a été signalée pour la première fois
dans les Hautes-Alpes (Maurel & Picot, 1973). L'association de ces deux variétés dimorphes
de CoAsS a été interprétée, grâce aux travaux de synthèse dans le système CoAs 2 -CoS 2 , comme
le témoignage du changement du milieu ; l’alloclastite est une phase stable dans ce système et
sa transformation en cobaltite est due à une très faible augmentation du rapport S/As, dans
ce minéral. Dans le cas présent, la coexistence de la cobaltite avec l’alloclastite indique des
variations rapides dans les conditions de formation qui ont permis la mise en place simultanée
des deux variétés dimorphes de CoAsS. L’alloclastite se forme dans un milieu riche en arsenic ;
— 392 —
Fig. 7. — Position des inclusions de sulfoarséniures de cobalt et de nickel, dans le diagramme triangulaire.
Inclusions location of Cobalt and nickel Sulpharsenid in the diagram Co-Ni-Fe.
le milieu s’enrichit ultérieurement en soufre, ce qui explique la transformation de l’alloclastite
en cobaltite.
Les formations primaires de Oi(a contenaient donc des bancs ferro-manganésifères riches
en éléments de transition. A l'échelle du minerai de Oi{a, la teneur en éléments de transi¬
tion est cependant faible ; plusieurs analyses complètes des échantillons de minerai montrent
une composition chimique comparable à celle des gisements alpins (Peters, 1984; Perseil
& Latouche, 1989). Dans le diagramme de Bonatti et al., 1972, le gisernent de Oi(a se
situe dans le domaine des concentrations hydrothermales (fig. 8) à l’intérieur des gisements
alpins.
Les grenats des formations de Oi(a apparaissent en minces intercalations ; associés le plus
souvent aux amphiboles et aux carbonates, de dimensions variables, ils sont assez riches en fer ;
leur proportion en spessartite varie entre 70 et 87 % mol. et celle en almandin entre 2 et 20 %
mol. La composition ponctuelle de ces grenats (tabl. V) apparaît cependant dans le diagramme
triangulaire (fig. 9) moins dispersée que celle des grenats des grands gisements alpins
(Mottana, 1986).
Les bandes de carbonates manganésifères sont traversées par des filons et filonets
de rhodonite associée à la pyroxmangite ; il s’agit de deux inosilicates polymorphes pour le
pôle MnSi0 3 , dont le dernier est stable à plus haute pression et plus basse température
(Akimoto & Syono, 1972 ; Momoi, 1974 ; Maresch & Mottana, 1976). La composition
de la pyroxmangite s’éloigne du pôle MnSi0 3 à température croissante (Ito, 1972) ; les
deux polymorphes deviennent plus calciques à température plus basse (Momoi, 1968). La
— 393 —
( Co *Cu + Ni ).10
Fig. 8. — La position des échantillons de minerai de Oi{a dans le diagramme de Bonatti et al., 1972. 1, pellicules ferro-
manganésifères à la surface des basaltes. 2, Nodules polymétalliques. 3, Toutes formations à partir de l’eau de mer.
4, Formations liées à l’hydrothermalisme. Les points correspondent aux échantillons de minerai de gisements
alpins ; les petits triangles aux échantillons de minerai de Oi[a.
Position of the Oija ore samples in lhe diagram of Bonatti et al., 1972. 1 ; Ferro-manganese crust on basalts ;
2, Ferro-manganese nodules ; 3, AU formations issued from sea water ; 4, Formations connected with hydrothermal
activity, Samples from alpine ore deposits (dot), samples ore from Oi}a (triangle).
Fig. 9. — Variation de la composition des grenats dans le diagramme triangulaire : Sp (Mn 2+ ) - Alm + Py (Mg + Fe 2 + )
-Gro+ And (Ca).
Variation composition of garnets in the diagram : Sp (Mn 2+ )-Alm + Py (Mg + Fe 2+ )-Gro+ And (Ca).
Tableau V. — Composition ponctuelle des grenats, dans les formations manganésifères de
04a.
1
2
3
4
5
6
7
Si 0 2
36.37
34.72
36.03
36.69
35.99
36.81
36.12
CaO
2.52
2.32
2.15
2.52
1.99
3.10
3.28
MnO
30.59
31.34
31.43
33.44
34.16
34.01
36.06
MgO
0.17
0.25
0.12
0.35
0.38
0.18
0.28
Cr 2 0 ,
0.19
0.12
0.07
0.11
0.02
0.24
0.08
FeO
8.26
8.26
7.65
6.38
5.40
3.85
1.15
Fe 2 0 3
1.21
1.21
1.16
0.00
0.05
0.30
2.54
ai 2 o 3
20.03
19.22
19.27
20.69
20.33
20.08
18.44
£
99.34
97 . 44 *
97.98
100.18
98.32
98.57
97 . 95 *
Si
5.99
5.87
6.02
5.97
5.98
6.05
6.03
Ca
0.44
0.42
0.38
0.44
0.35
0.54
0.58
Mn 2+
4.27
4.48
4.45
4.61
4.81
4.73
5.10
Mg
0.04
0.06
0.02
0.08
0.09
0.04
0.06
Cr 3 +
0.02
0.01
0.00
0.01
0.00
0.03
0.03
Fe 2 +
1.21
1.16
1.07
0.86
0.75
0.52
0.16
Fe 3+
0.06
0.15
0.14
0.00
0.00
0.03
0.31
Al
3.89
3.82
3.79
3.97
3.98
3.89
3.63
£
15.92
15.97
15.87
15.94
15.96
15.83
15.90
Al
0.20
0.19
0.18
0.14
0.12
0.09
0.02
Py
0.01
0.01
0.00
0.01
0.02
0.01
0.01
Sp
0.71
0.73
0.75
0.77
0.80
0.81
0.86
Gr
0.04
0.02
0.02
0.06
0.06
0.07
0.01
Ad
0.02
0.04
0.04
0.00
0.00
0.01
0.08
Ov
0.01
0.00
0.00
0.00
0.00
0.00
0.00
* L’état d’altération des grenats peut expliquer des £ basses .
pyroxmangite de Oi(a (tabl. VIII) est nettement moins calcique que celle des schistes lustrés de
la Haute-Maurienne (France) (Chopin, 1978). Le seul critère de distinction des deux
polymorphes est l’angle 2V (Chopin, 1978). Les caractéristiques optiques de la pyroxmangite
de Oi(a sont légèrement différentes de celles de la pyroxmangite associée à la rhodonite dans
les schistes lustrés de Haute-Maurienne (France) (Chopin, 1978). C’est ainsi que le 2V varie ici
entre 31°C et 52°C, alors que les valeurs du 2V de la rhodonite se groupent autour de 70°C.
La précocité de la pyroxmangite est évidente dans le gisement de Oi(a. Cette position
paragénétique, qui a déjà été mise en évidence dans d’autres gisements appartenant au même
groupe (Balan, 1976), correspond bien à la brusque mise sous pression au début du
métamorphisme régional.
— 395 —
Tableau VI. — Composition ponctuelle des cryptomélanes de Oifa
(Epigénie des grenats)
1
2
3
4
5
6
Mn0 2
88.99
91.12
89.32
88.12
89.83
90.76
Fe 2 0 3
0.54
1.29
1.15
1.35
0.85
0.88
k 2 o
5.41
5.52
5.59
6.00
6.27
6.36
Na 2 0
0.10
0.22
0.08
0.07
0.08
0.10
BaO
0.00
0.00
0.25
0.11
0.18
0.00
CaO
0.37
0.20
0.17
0.32
016
0.22
MgO
0.33
0.11
0.81
0.27
0.17
0.11
Si 0 2
0.43
0.42
0.29
0.59
0.35
0.96
CoO
0.00
0.04
0.12
0.03
0.13
0.14
NiO
0.09
0.00
0.16
0.00
0.13
0.00
S
96.26
98.92
98.92
96.86
98.15
99.53
Mn 4+
7.62
7.61
7.46
7.53
7.60
7.53
Fe 3+
0.05
0.11
0.10
0.12
0.07
0.07
K
0.85
0.85
0.86
0.94
0.98
0.97
Na
0.02
0.05
0.01
0.01
0.01
0.02
Ca
0.04
0.02
0.02
0.04
0.02
0.02
2
0.91
0.92
0.89
0.99
1.01
1.01
Formule sur 16/0
Processus d’altération des grenats
Dans les formations manganésifères, la constitution du minerai oxydé secondaire est
fonction à la fois de la nature minéralogique des silicates et carbonates, et de leur
environnement gèochimique et climatique (Perseil & Grandin, 1985). Dans les formations de
quartzites à grenats (spessartite), le remplacement des grenats par la cryptomélane ou par la
cryptomélane-hollandite suit généralement leur hydrolyse et leur lessivage (Perseil &
Grandin, 1985). En ce qui concerne le gisement de Oija, deux cas se présentent :
1 — Tantôt ces grenats ont subi une faible hydrolyse , qui n’est pas générale et qui est
difficile à mettre en évidence. On constate en effet que la partie hydrolysée du grenat a été
rapidement remplacée par des concrétions de rhodochrosite liée aux circulations tardives
(fig. 10), et que le remplacement par la rhodochrosite, dans la partie centrale du grenat, est lié
à un vaste réseau de fissures. Les concrétions de rhodochrosite s’oxydent rapidement en
birnessite, il s’agit de la takanelite (Ca, Na, K) (Mg, Mn) Mn 6 0, 4 ; 5H 2 0 (fig. 10), le Ca> Na.
La progression concomitante de l’hydrolyse et du remplacement par la rhodochrosite des
produits de ce processus est suivie par l’oxydation en birnessite du carbonate.
2 — Tantôt l’on observe dans le gisement de Oi(a un réseau important de cassures à
l’intérieur des grenats (fig. 11); à la faveur de ces cassures, la cryptomélane (K,_ 2 Mn 8 0 16
— 396 —
Fig. 10. — Grenat hydrolyse. La partie centrale hydrolysée du grenat a été remplacée par de fines concrétions de
rhodochrosite (R). On peut constater dans la partie centrale des concrétions (flèche) le début de l'oxydation.
Lumière naturelle transmise ; le tiret = 10 jim.
Hydrolysed garnets. The central hydrolysed part of the garnet is replaced hy rhodochrosite light concrétions
(R). A beginning of oxidation is seen in the central part of the concrétions (arrow). Transmitted natural light, scale
bar 10 pm.
Fig. 11. — Remplacement du grenat par la cryptomélane à la faveur des cassures au voisinage d’une veinule postérieure
de cryptomélane. Lumière naturelle transmise ; le tiret = 10 jim.
Replacement of the garnet by cryptomélane in the vicinity of cryptomélane fissure.Transmitted natural light,
scale bar 10 pm.
— 397 —
xH z O) s’infiltre et remplace progressivement le grenat. Ce processus est associé aux veinules
postérieures de cryptomélane. Cette cryptomélane est pure et ne renferme pas d’autres cations
dans sa structure, en dehors du potassium ; il s’agit donc du pôle potassique de la série isostructu¬
rale cryptomélane-hollandite (tabl. VI). Des termes intermédiaires de cette série (tabl. VII), pro¬
gressivement enrichis en baryum ([Ba,K],. 2 Mn s 0| 6 .xH 2 0), remplissent des filonets dans le
niveau d’amphibolites de la même série de Tulghes. Le remplacement des grenats par la birnessite
(takanelite) ou par la crvpmmé/tme-hollandite est donc le résultat de processus distincts que l’on
doit souligner : dans le premier cas, la takanelite est issue de l’oxydation d'une phase intermé¬
diaire (carbonate) qui èpigénise les produits de l'hydrolyse ; les îlots restants du grenat
faiblement hydrolysé ainsi que des carbonates qui ont épigénisé ces produits en témoignent et,
dans le deuxième cas, il s’agit d’une épigénie du grenat par le manganèse enrichi en potassium.
Tableau VII. — Composition ponctuelle des cryptomélanes-hollandites
1
2
3
4
5
6
MnO z
89.33
89.00
89.81
87.40
87.23
86.59
Fe 2 0 3
0.84
0.98
0.68
0.48
0.38
0.30
k 2 o
3.80
3.59
2.99
2.02
1.71
1.94
Na 2 0
0.10
0.28
0.06
0.12
0.05
0.08
BaO
0.35
1.02
0.39
6.63
6.17
6.43
CaO
0.59
0.64
0.85
0.76
0.73
0.78
MgO
0.78
0.68
0.58
0.45
0.56
0.48
Si 0 2
0.13
0.06
0.12
0.12
0.17
0.37
CoO
0.58
0.73
0.01
0.04
0.00
0.06
NiO
0.01
0.23
0.00
0.14
0.00
0.01
S
96.51
97.21
95.49
98.16
97.00
97.04
Mn 4 +
7.61
7.58
7.67
7.58
7.62
7.57
Fe 3 +
0.07
0.09
0.06
0.04
0.03
0.03
K
0.59
0.56
0.47
0.33
0.27
0.31
Na
0.02
0.06
0.02
0.02
0.01
0.02
Ba
0.01
0.05
0.02
0.33
0.31
0.32
Ca
0.07
0.08
0.11
0.10
0.09
0.10
S
0.68
0.75
0.62
0.78
0.68
0.75
Formule sur 16/0
Oxydation des carbonates et des silicates
La plupart des oxydes secondaires sont issus de l’oxydation des carbonates et des
inosilicates cités ci-dessus : la pyroxmangite et la rhodonite. L’analyse microscopique en surface
polie des échantillons dans la zone oxydée, confirmée par l’examen à l’aide des rayons X, a mis
en évidence la prédominance de la birnessite-takanelite (Ca, Na, K)(Mg, Mn) Mn 6 O l4 ; 5H z O.
La faible réflectance, le pléochroïsme intense et une forte anisotropie sont très caractéristiques
Fio. 12. — Concrétions de bimessite (B) et de nsutite (N) dans la zone d’oxydation de Oi(a. Lumière naturelle réfléchie ;
le tiret = 10 11 m.
Concrétions of bimessite (B) and of Nsutite (N) in the Oija level. Reflected plain light, scale bar 10 pm.
Tableau VIII. — Composition ponctuelle des pyroxmangites de Oija
1
2
3
4
5
6
SiO z
48.15
46.41
48.13
47.37
47.76
46.21
FeO
3.56
5.42
3.81
4.16
4.35
3.89
MnO
45.95
44.32
45.30
44.33
44.63
46.69
MgO
1.62
1.62
1.66
1.71
1.82
2.06
CaO
1.49
1.23
1.71
2.33
1.74
1.55
CoO
0.07
0.00
0.07
0.01
0.12
0.06
S
100.84
99.00
100.68
99.94
100.42
100.46
Si
2.030
2.007
2.030
2.016
2.019
1.975
Fe 2 +
0.125
0.196
0.134
0.148
0.153
0.138
Mn
1.641
1.624
1.618
1.598
1.598
1.690
Mg
0.101
0.104
0.104
0.108
0.114
0.138
Ca
0.067
0.056
0.077
0.106
0.078
0.071
Formule structurale sur 6/0
— 399 —
Tableau IX. — Composition ponctuelle de la takanelite (1-6) ; (7-12) birnessites (takanelites)
riches en fer évoluant en
e-MnO
2
1
2
3
4
5
6
Mn0 2
70.90
76.88
79.13
80.09
80.31
80.52
Fe 2 0 3
0.49
0.43
0.40
0.45
0.71
0.48
CaO
3.98
4.86
4.78
4.71
4.86
4.84
MgO
1.62
2.15
2.15
2.47
2.23
2.34
Na 2 0
0.18
0.10
0.19
0.12
0.13
0.04
Si0 2
10.81
3.62
2.23
0.19
1.53.
1.85
CoO
0.03
0.01
0.09
0.07
0.09
0.00
h 2 o
10.90
10.51
10.52
10.32
10.32
10.65
2
98.91
98.56
99.49
98.42
100.18
100.72
Mn 4+
5.38
6.05
6.22
6.42
6.27
6.26
Fe 3 +
0.04
0.03
0.03
0.03
0.06
0.04
Ca
0.46
0.59
0.58
0.58
0.58
0.58
Mg
0.26
0.36
0.36
0.42
0.37
0.39
Na
0.03
0.02
0.04
0.02
0.02
0.01
7
8
9
10
11
12
Mn0 2
69.84
69.70
68.93
67.84
62.79
58.47
Fe 2 0 3
7.31
7.70
9.25
10.31
16.78
22.30
CaO
7.40
7.61
7.21
6.94
4.49
4.14
MgO
1.07
1.10
1.04
0.89
0.65
0.25
Na 2 0
0.03
0.05
0.05
0.00
0.00
0.00
Si0 2
0.21
0.34
0.28
0.27
1.04
0.83
CoO
0.02
0.00
0.07
0.00
0.12
0.02
h 2 o
12.31
12.37
12.41
12.27
12.20
12.05
2
98.19
98.87
99.24
98.52
98.07
98.06
Mn 4+
5.87
5.83
5.74
5.72
5.32
5.02
Fe 3+
0.66
0.70
0.83
0.94
1.55
2.08
Ca
0.96
0.98
0.93
0.90
0.59
0.55
Mg
0.19
0.19
0.18
0.16
0.12
0.04
Na
0.01
0.01
0.01
0.00
0.00
0.00
Formule sur 14/0, 5H z O
de cet oxyde. La birnessite évolue rapidement en nsutite (y - MnO z ) ; ces deux phases forment
ensemble des concrétions (fig. 12).
Nous avons constaté, lorsque la birnessite est issue de l’oxydation d’une rhodochrosite
riche en fer et de surcroît associée à des sulfures de fer en voie d’oxydation, que sa composition
ponctuelle (tabl. IX) conserve le trait géochimique du carbonate et qu’elle évolue vers une
— 400 —
nsutitc (y - Mn0 2 ) particulièrement désordonnée; le réseau de la nsutite représente un
empilement compact hexagonal d’ions O 2 ' ; les lacunes de coordination octaédrique entre les
ions O 2- sont remplies par les ions Mn 4+ et des doubles chaînes d’octaèdres se forment ainsi,
constituant une structure de type diaspore/goethite. Les travaux de synthèse ont mis en
évidence qu’une oxydation trop rapide ne permet pas l’organisation normale des ions Mn 4t ;
sur les clichés aux rayons X des oxydes analysés ici. on remarque seulement la participation des
O 2 aboutissant à une symétrie pseudo-hexagonale identique à celle du e - Mn0 2 , (de Wolff
et al., 1978). Cet oxyde métastable est très actif comme électrode cathodique, il est utilisé dans
l’industrie des piles sèches sous le nom de Faradiser M, avec le 7 - MnO, désigné sous le nom
de FARADISER WS. L'association de ces deux oxydes dans les grands gisements ainsi que
leur conditions de formation n’ont jamais été signalées.
CONCLUSIONS
Pour Balan (1976), les dépôts cambriens, représentés essentiellement par des carbonates,
hydroxydes et sulfures, ont subi un métamorphisme successif pendant les orogenèses
baïkalienne, hercynienne et alpine. Ce polymétamorphisme est accompagné d’une métasoma-
tose sodique et d’une activité hydrothermale. L’altération des dépôts manganésifères commence
au Crétacé supérieur
Les processus de remplacement et d’oxydation des silicates et des carbonates n’apparais¬
sent pas d’une manière très nette dans les concentrations de Oija. On notera cependant que,
pour chacun de ces deux processus, nous avons pu mettre en évidence la présence d’une phase
différente de Mn0 2 : c’est ainsi qu’une cryptomèlane pure caractérise le processus de
remplacement des grenats, alors que des termes intermédiaires entre la cryptomèlane et la
hollandite remplacent des amphiboles. La birnessite (la takanelite) est le produit de l’oxyda¬
tion des carbonates et de la pyroxmangite-rhodonite. L’évolution de la birnessite à l’échelle
du gisement semble dépendre de la concentration en fer du milieu ; la présence de la phase
e - Mn0 2 correspond à l’évolution d'un produit d'oxydation des carbonates riches en fer, alors
que la prédominance de la nsutite (y - Mn0 2 ) indique l'évolution d’un produit moins riche.
La présence et l’importance des termes de la série de la cryptomélane-hollandite dans le
gisement de Oija sont liés à la circulation des solutions tardives enrichies, non seulement en
manganèse, mais aussi en potassium et en baryum.
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Manuscrit reçu le 12 avril 1994.
Manuscrit révisé reçu le 23 juin 1994.
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Systématique, biostratigraphie, biogéographie. 1982, 118 p., fig., 16 pl.
T. 49 — Colloque sur le Turonien. (Entretiens du Muséum, Paris, 26-27 octobre 1981.) 1982, 240 p., 61 fig.,
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T. 51. — Gayet (Mireille). — Ramallichthys Gayet du Cénomanien inférieur marin de Ramallah (Judée). Une
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T. 52 — Russe». (D. E.) et Zhai Ren-Jie. — The paleogene of Asia : Mammals and stratigraphy. 1987, 490 p.,
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T. 53. — Russell (D. E.), Santoro (J. P.) et Sigogneau-Russell (D.). — Teeth revisited : Proceedings of the Vllth
International Symposium on Dental Morphology. 1988, 470 p., tabl. et illustr.
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Maroc. 1990, 366 p., 160 fig., 32 tabl.. 10 pl. phot.
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