BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
sciences de la terre
55
N* 396 JUILLET-AOUT 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Prs J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Hallé.
Le Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2 e série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l’Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fascicules séparés.
S’adresser :
— pour leB échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His-
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
— pour les abonnements et les achats au numéro, à la Librairie du Muséum,
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Sciences de la Terre : France, 110 F ; Étranger, 120 F.
Botanique : France, 80 F ; Étranger, 90 F.
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International Standard Serial Number (ISSNJ : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 396, juillet-août 1976, Sciences de la Terre 55
Sédimentation dans l’océan Indien central
Les faciès associés aux nodules polymétalliques
par L. Leclaire, P. J. Giannesini, J. P. Caulet et M. Clocchiatti *
Résumé. — L’étude des échantillons récoltés au cours de la campagne Transindil., dans la
zone équatoriale de l’océan Indien central, montre i’exislence de trois types de dépôts Lien dis¬
tincts qui sont autant de faciès sédiment aires différents : les boues calcaires à Loeeolithes et Fora-
minifères, les boues siliceuses à Diatomées cl Radiolaires, encore appelées < diatomites brunes »,
les « boues rouges » à zéolithps, oxydes et. pnJagonitr.
Les boues calcaires sont d’âge très récent I PJeistoeèuc supérieur et Holocène et ne se trouvent
que sur les structures élevées dont la profondeur est inférieure à 4 001) ni;. L’Age des diatomites
brunes va du J'lejsloeénr inférieur à l'Holocène, Les boucs rouges, pratiquement azoiques, n’ont
pu être datées. Les deux derniers faciès iront été rencontrés que dans le bassin Indien central,
par des profondeurs supérieures à 4 000 m.
Les taux apparents de sédimentation des boues siliceuses sont très faibles : de l’ordre d'un
à deux mètres par million d’armées, l’ourlant, fies houes calcaires se déposent dans la même zone
à des vitesses moyennes de l’ordre «le dix à vingt mètres par million d’années. Par rapport à ces
dépôts calcaires, les diatomites brimes du même Age sont disposées en séries d’épaisseur anormale¬
ment réduite, encore appelées « séries condensées », Les restes de la mtertdlore calcaire qui sub¬
sistent dans les diatomites brunes portent les traces d’une dissolution intense. Les très faibles
teneurs en calcaire de ce faciès résulteraient d’une dissolution îles Forum in itères et île la quasi¬
totalité des Loeeolithes, Par ailleurs, la non représentation, dans certaines carottes, de plusieurs
biozones do (Quaternaire, laisse supposer que la série lithologique à diatomites brunes est interrom¬
pue par des hiatus ou de véritables lacunes stratigraphiques. Les discontinuités sont attribuées,
ici, à une érosion mécanique des dépôts par des courants de fond, La dissolution de la phase ear-
bonatéc et l’érosion intermittente des fonds seraient ainsi à l’origine du phénomène de « conden¬
sation », c’est-à-dire de réduction d’épaisseur, qui caractérise les diatomites brunes et aussi, très
vraisemblablement, les boues rouges,
Les boues calcaires et les diatomites ont en commun bien que dans des proportions diffé¬
rentes - une même fraction siliceuse (à Radiolaires, Diatomées, Silieoflagellés; qui est lim des
produits habituels de la sédimentation en zone équatoriale. Les diatomites brunes apparaissent
ainsi, dans une certaine mesure, comme l'équivalent, ihearhonaté des boucs calcaires et les boues
rouges comme le résultat de la dissolution de la silice des diatomites. On pourrait donc considérer
boues rouges et diatomites brimes comme des faciès résiduels, Cependant, ces sédiments ne sont
pas uniquement des résidus de dissolution car ils renferment des minéraux et des substance» mit hi-
gènes : zéolitbes. oxydes et produits si lie» l.éa ferrugineux, amorphes et très complexes, En première
analyse, la concentration importante de ces parageuèses lie peut s'expliquer uniquement par la
disparition d'un ou de deux constituants majeurs, Eu fait, ces faciès résiduels seraient aussi le siège
d’une authigeuèse non négligeable.
En conclusion, ori no peut manquer de constater que les concentrations de nodules polymé-
talliques observées au cours de la campagne Transîndîk se trouvent associées à ees faciès résiduels,
disposés en séries condensées.
* Laboratoire de Géologie du Muséum national d’Iiistoire naturelle , 43, rue de Bufjon, 75005 Paris.
396, 1
242
LECLAIRE, GIANNESINI, CAULET ET CLOCCHIATTI
Fig. 1. — Localisation dns stations : 1 : VA 07-44 ; 2 : VA 07-45 ; 3 : VA 07-46 ; 4 : VA 07-50 ; 5 : VA07-55 ;
6 : VA 07-60 i 7 : VA 07-60 ; 8 : VA 07-80 ; 9 ; VA 07-84 ; 10 : VA 07-85 ; 11 : VA 07-98 ; 12 : VA 07-102 ;
13 : VA 07-94 ; 14 : VA 07-110.
Le fond de carie batliyrjiélrique est de Heezen cl Tuakp (1965).
Introduction
Les matériaux étudiés ont été prélevés, dans l'océan Indien central, au cours de la
campagne Transindik du navire « Va ldi via » l . Cette campagne s'est déroulée du 14 décembre
1973 au 23 janvier 1974, entre Beira (Mozambique) el Singapour via Port-Louis (île Maurice).
1. Cette étude a été publiée avec l’accord du CNKXO et de Preitssag. La 7 e campagne Transindik
du navire « Valdivia » a clé entreprise sous l'égide du AMU et du Ministère de la Recherche et de la Techno¬
logie de la République Fédérale Allemande. Les échantillons ont été prélevés à bord par M. Y. Morei.
du COP (voir note n° COP/274 001) et nous ont été transmis par M. Lenoble (CNEXO) le 21 juin 1974.
SÉDIMENTATION DANS L’OCÉAN INDIEN CENTRAL
243
Les prélèvements ont été effectués à l'occasion de 14 stations disposées selon un profil
sensible ment Ouest-Est, qui suit approximativement le 15 e parallèle (Sud) ; ce profil va
du plateau des Mascareignes au bassin Indien central.
L’étude préliminaire présentée dans cette note a été réalisée dans le cadre des recherches
concernant la genèse et la diagenèse des dépôts océaniques des zones centrale et australe
de l’océan Indien (Laboratoire de Géologie du Muséum — RLE 212), et au titre de la con¬
vention CÎSEXO n° 74/1017. Les données recueillies constituent un premier complément
aux résultats de la campagne Osiris (TAAF) concernant les relations entre morphostructure
et sédimentation et, plus particulièrement, la nature et. l'âge des dépôts associés aux concré¬
tions métallifères.
I. MÉTHODOLOGIE
A. — Rappel des modes de prélèvement
Tous les prélèvements ont été effectués à l’aide de divers carottiers ne permettant pa-
une grande pénétration, le but étant l’obtention d’échantillons non perturbés de l’inters
face eau-sédiment. Les carottiers utilisés sont de trois types :
7.5Y3/Z
10YR6 / 3
I0YR5/6
10YR6'3
7.5YR3/2
Fig. 2. — Disposition des échantillons SMC dans la carotte VA 07-85.
390 , 2
244
LECLAIRE, GIANNESINI, CAULET ET CLOCCHIATTI
— le carollier boîte qui pénètre en moyenne de deux mètres et prélève des carottes de
grande section : 30 X 30 cm ; son système d'obturation esL du type à volets escamotables ;
— le carollier Heinecke qui est un earottier boite de moindre pénétration (30 cm) et dont
le système de fermeture est constitué par une pelle basculante qui sectionne la base de la
carotte et, en outre, maintient en place la carotte lors de la remontée ;
— le carollier à piston , du type Kullenberg à piston double, dont la tête peut recevoir
indifféremment les tubes cylindriques de petite section ou une boîte de grande section;
son déclenchement au fond est assuré par un petit earottier « tâteur », qui peut prélever
50 cm de carotte de petite section.
B. — Méthodes d'étude au laboratoire
L’étude au laboratoire a été précédée d’une description visuelle effectuée à bord, com¬
portant une détermination des couleurs du sédiment (à l’aide de la « Rock Color Chart »,
voir fig. 2) et un repérage des structures sédimentaires.
J. Analyses lithologiques
Elles ont pour but la détermination de la nature et des proportions des constituants
majeurs entrant dans la composition du sédiment, l’objectif final étant l’identification des
principaux faciès sédimentaires.
Elles comportent des calchnétries — effectuées par volumétrie du C() 2 dégagé par
al laque acide - d’une précision de l’ordre de 0,5 %. Les teneurs en CaC() 3 ainsi obtenues
servcnl ensuite de repère pour les estimations des proportions des différents constituants,
estimations qui dérivenl d’une observation visuelle de frottis du sédiment au microscope
optique. Si le besoin s’en fait sentir, des observations complémentaires sont menées au
microscope électronique, couplé h un micro-analyseur (spectrométrie d’émission Xj,
La dénoniinulioii des matériaux étudiés résulte en partie de l’application d’une classi¬
fication triangulaire du même Ivpe. que celle de la ligure .3, il partir des données de l'esti¬
mation quantitative évoquée précédemment. Un précise ensuite en ajoutant le nom des
minéraux ou des squelettes d’organismes dominants, exemple : boue calcaréo-siliceuse à
Discoasters et Diatomées.
2. Stratigraphie
Elle a été établie à l’aide des échelles biostratigrapbiqiies déjà existantes (tabl, 1)
et publiées ( Brrgoheîs, 1072, 1973; Marti.m et Worslev, 1970; Petrusuevskaya,
1972). Elle tient compte des observations récemment effectuées sur le matériel de la cam¬
pagne Osiris (voir p. 259). Seules les échelles basées sur la îiamiotlore calcaire cl les Radio¬
laires ont été utilisées ; la dissolution ou l'âge trop récent des dépôts ij ont pas permis d’appli¬
quer simultanément l’échelle fondée sur les Foraminitères. L’âge des différentes limites
de zones a été estimé en fonction des données publiées dans la littérature et d’après les résul¬
tats de l’étude de la carotte subéquatoriale MD 73 004. Celte carotte a permis de comparer
245
SÉDIMENTATION DANS L’OCÉAN INDIEN CENTRAL
trois types de zonation du Quaternaire et de situer leurs limites par rapport aux « cycles »
climatiques obtenus par analyse factorielle des populations de Foraminifères (Segouein
et LeO.aire, 1975),
La détermination dos espèces résulte d’observations faites conjointement aux micros¬
copes optique et électronique (MEB).
Tableau I. — Zonation s tratigraphique du Pléistocène.
Etage
Age
în m.a.
Zones à
Foraminifères
Zones à
nannoplancton calcaire
Zones à
Radiolaires
SUPE¬
RIEUR
0,18 .
N 23 : zone à
Pulleniatina
NN 21
: zone à Emiliana
huxleyî
Rla
: zone à Buccisnos-
phaera invaginata
UJ
Z
UJ
0,40 .
obliquiloculata dextres
et â rares
NN 20
; zone à Gephyro-
capsa oceanica
Rlb
: zone à Collospha-
era tuberosa
Z
O
Sphaeroidinella dehiscens
O
O
1'-
c
R2
: zone à Stylatrac-
tus universus
U1
1,1 .
H 22 ; zone â
Globorotalia
NN 19
: zone à Pseudo-
UJ
_l
Q_
ce
r>
Ll_
1,6 .
truncatulinoides
et à Sphaeroidinella
dehiscens abondantes
emiliana
1acunosa
R3
: zone J Lophophaena
hispida
1,8
R4
: zone à Pterocanium
prîsmatium
ff. CADRE MORPHOSTRUCTURAL
Les stations de prélèvement ont été réalisées le long d’un profil qui chevauche quatre
structures principales caractérisant celle zone centrale de l’océan Indien (lig. 1).
On distingue d’Ouest en Est ;
— La structure ascismique taillée du plateau des Mascareignes, qui se prolonge au
Nord par les des Seychelles et au Sud par les des volcaniques de la Réunion et Maurice
(stations VA 07 44, VA 07-45, VA 07-46) ; certaines parties de ce plateau ont du être sou¬
mises à d’importants mouvements verticaux, comme semble en témoigner le fragment de
récif éocène arraché h 1Tb*. Agaléga, par 2 600 mètres de fond, pendant la campagne Osiris.
— La dorsale médio-indiemtè qui, plus au Nord, est encore appelée dorsale de Carls-
berg, et qui se divise au Sud en deux branches nu niveau de la zone fracturée de l'îlc Rodri¬
guez (stations VA 07-50 et VA 07-55 sur le flanc occidental, station VA 07-60 sur le rjft
médian, station VA 07-69 sur le flanc oriental). La structure très complexe de cette dorsale
à faible taux d’expansion est essentiellement caractérisée par une intense fracturation en
relation avec le jeu de failles transformantes de direction NE-SW.
246
LECLAIRE, GIANNESINI, CAULET ET CLOCCHIATTI
— T/extrémité sud do la ridé aséismiquc dos Chagos-Eaquédivos (station VA 07-80),
jalonnée de systèmes coralliens, qui serait une ancienne faille de transformation le long
de laquelle le sous-eontinent indien aurait coulissé au cours de sa dérive vers le nord, pen¬
dant le Crétacé et le Paléogène (Mc: Krnzie et Sci.atkk, 1073). Par endroits, cotte ride inac¬
tive se serait affaissée de plus de 2 000 m depuis le Paléocène (Wiutm \ nsn. Weser et al.,
1973).
•— l.e bassin Indien central où les profondeurs avoisinent 5 000 m (stations VA 07-84
et VA 07-85 au pied de la ride des Chagos-Caqnédivos, stations VA 07-98, VA 07-102,
VA 07-94 et VA 07-110 dans le centre du bassin), Selon Mo Keiszie et Sclateu (1973),
Soi. A ri a et Fischer (1974). les sédiments de la zone prospectée par le « Valdjvia » repose¬
raient sur un plancher océanique d’àge vraisemblablement éocène. l'anomalie magnétique 23
ayant été repérée légèrement plus au Nord.
Rappelons que ce bassin a été créé par la subsidence du liane nord-est de la dorsale
est-indienne et que, par conséquent il est le symétrique du bassin de Crozet.
En résumé, la campagne Transitulik a recueilli des échantillons à la surface de sédi¬
ments situés, d’une part, sur des zones hautes (rides et dorsales centre-indiennes) dont la
profondeur est comprise entre 2 500 et 3 500 m et, d’autre part, dans un bassin dont le fond
est à plus de 4 500 m de profondeur.
III. NATURE ET ÂGE DES DÉPÔTS
A. — Etude systématique des prélèvements
Afin de faciliter, dans la mesure du possible, la lecture des données essentiellement
descriptives concernant la composition et l'âge des matériaux recueillis, les résultats d’ana¬
lyses joints à d'autres paramètres (localisation, couleur, etc.) ont été résumés sous la forme
d’un tableau (tabl, fl),
Le lecteur y trouvera donc tous les éléments lui permettant de situer géographique¬
ment l'échantillon étudié, de même que la profondeur de prélèvement et la localisation de
F échantillon dans les carottes, avec référence à la numérotation codifiée propre à la cam¬
pagne Transindik. U pourra prendre connaissance de détails relatifs à Ja nature ou à l’âge
des dépôts, données parfois fragmentaires qui ont été rassemblées dans la colonne « Obser¬
vations ».
B. — Définition des principaux faciès sédiment aires
Les informations contenues dans le tableau 11 suffiraient, seules, à déterminer les
principaux types de sédiments échantillonnés au cours de la campagne du « Valdivia ».
Cependant, dans un souci de précision, les valeurs obtenues par l'estimation quantitative
ont été reportées sur un diagramme triangulaire (tig. 3). Sur ce diagramme, Jes points repré¬
sentatifs des échantillons analysés se regroupent très nettement en trois ensembles bien
Tabt.eau II.
STATION
ECHANTILLON
COULEUR
% CaC0 3
LITHOLOGIE
AGE
OBSERVATIONS
VA 07-44
BOUE
NN 21
Boue calcaire à coccolithes et Fora-
T = 15°43 S
5MC 1
10 YR 7/4
88,7
minifêres - Présence d'organismes
G = 61°48 E
(0-10 cm)
CALCAIRE
< 0,18 m.a.
siliceux (Diatomées. Radiolaires,
spiculés d'éponges, Silicoflagellês)
et d’oxydes métalliques en micro-
Profondeur =
2.895 in
grains.
(Carottïer bùltt)
SMC 2
10 YR 7/2
89,2
La carotte esl très homogène ; c'est
(0-10 cm)
une boue calcaire a coccolithes (55 à
SMC 3
(20-23 cm)
II
91,3
60 /,) et Foraminîfêres (25 à 30 >)avec
organismes siliceux (- S ï ; Diatomées
Radiolaires, spiculés d'éponges, Sili-
SMC 4
92,8
BOUE
NN 21
coflagellês) plus abondants vers le
VA 07-46
(30-33 cm)
sommet.
T = 14°29 S
SMC 6
II
91,4
Les oxydes et parfois la palaqcnite
G = 61°22 E
(40-43 cm)
sont présents sous forme de micro-
Profondeur =
SMC 6
91,1
grains.
2.971 m
(50-53 cm)
Présence, au sommet de ia carotte,
SMC 7
(60-63 cm)
SMC 8
(70-73 cm)
91,7'
CALCAIRE
< 0,18 m.a.
d'un ''coin” de 2 cm d'épaisseur,
constitué par un matériel gris vert
(5 Y 6/1)
(Carotticr bcZtz)
SMC 9
(80-83 cm)
11
91,4
SMC 10
(90-93 cm)
92,8
Longueur de la carotte : 40 cm
VA 07-46
T = 14°20 S
SMC 11
(0-3 cm)
10 YR 6/4
82,5
Carotte homogène : boue calcaire à
coccolithes (60 â 70 *) et forais!-
86,5
BOUE
niferes (15 à 25 *) avec organismes
SMC 12
"
NN 21
siliceux (S à io % : Diatomées, Ra-
G = 62°17 E
(10-13 cm)
ditilaircs, spiculés d'éponges) plus
abondants au sonnet - Présence d'oxy-
Profondeur *
SMC 13
»
88,2
3.724 m
(20-23 cm)
CALCAIRE
< 0,18 m.a.
des et Je paiagonite en micro-grains.
Le sgàlaent renferme des espèces
SMC 14
"
88,4
remaniées de la nonnoflore de la
(30-33 cm)
zone WN 19 (SMC 12) et du Tertiaire
supérieur (SMC 13)
(Carotticr HziMche.)
Carotte homogène : boue calcaire a
coccolithes (60 à 70 X) et ForïmT^
VA 07-50
T - 14°15 S
SMC 15
(0-3 cm)
SMC 16
(10-13 cm)
SMC 17
10 YR 6/3
89,1
nifêres (20 â 30 X) avec organismes
si liceux (« 5 f). oxvdes et pala-
"
88,1
BOUE
NN 21
gonite (?) en micro-granules (- 5 %).
Cette station correspond à un petit
G = 63°12 E
bassin de 1 mille de large, situé :u
Profondeur =
88
CALCAIRE
< 0,18 m.a.
sommet d'un haut fond de 400 m, au
3.400 m
(20-23 cm)
dessus d'une plaine abyssale, à ssdl-
SMC 18
»
89,1
ments nettement stratifiés (sismique).
(30-33 cm)
Présence de nannofossiles remaniés de
la zone NN 19 (dans SMC 17 et 1?) et
du Tertiaire Supérieur (dons SMC 15).
(Carottier Rêx. necfec)
896 , 3
248
LECLAIRE, GIANNESINI, CAULET ET CLOCCHIATTI
Tableau II (suite!
STATION
ECHANTILLON
COULEUR
% CaC0 3
LITHOLOGIE
AGE
OBSERVATIONS
SMC 13
10 VR 6/4
87,6
Carotte homogène ; boue cataire à
(0-3 cm)
coccDlithes (--■ 60 “,) et Faraminifères
NN 21
30 F), avec présence d'organismes
VA 07-55
SMC 20
"
87,7
BOUE
Siliceux et d'oxydes en micro-granules
H> = 14°03 S
(10-13 cm)
La topographie, peu accidentée, cor-
G = 64°3I E
W. ?1
88,3
respond a une pente douce en situa-
Profondeur =
(20-23 cm)
CALCAIRE
< 0,18 m.a.
tion de piedmont.
3.070 m
(Carottier fteinecfec)
SMC 22
(27-29 cm)
M
91,1
SMC 30
10 YR 6/3
87,2
Longueur de la carotte : 30 cm
VA 07-60
(0-3 cm)
BOUE
NN 21
Carotte homoqêne : boue calcaire à
= 13 n 55 S
coccolithos (65 %) et Foratninifêres
G = 65°38 E
SMC 31
"
86,6
(2b à 30 *). avec organismes siliceux
Profondeur =
2.883 m
(Rift médian)
(10-13 cm)
CALCAIRE
< 0,18 m.a.
(r 5 “ : Diatomées. Radiolaires, spi¬
culés d'éponges) et micro-granules
SMC 32
(20-23 cm)
II
88,4
d'oxydes et de pal agoni te (?) (< 5 %) .
(Carottier K&üie.ei:e)
SMC. 33
(32-40 cm)
10 YR 7/3
86,7
Longueur de la carotte : 1,50 n
SMC 34
(40-50 cm)
10 YR 8/2
87,3
Carotte homogène : boue calcaire â
cnccolitties (60 à 65"N) et Forami-
10 VR 7/3
nifères (25 â 30 '£} ; présence d'or-
SMC 35
89,9
ganismes siliceux (principalement
VA 07-69
(55-60 cm)
BOUE
NN 21
Diatomées) et d'oxydes en micro-
f = 13°46 S
SMC 35
■'
90,3
granules.
G = 66°30 E
(71-76 cm)
Remaniements de ccccolithes prove-
Profondeur =
3.856 m
SMC 37
(81-86 cm)
SMC 38
(92-97 cm)
10 YR 7/2
10 YR 7/3
89,1
86,6
CALCAIRE
< 0,18 m.a.
nant du Néogène et du Quaternaire
inférieur (NM 19).
(Carottier pi&toii)
SMC 39
II
88,7
(120-130 cm
SMC 40
W
90,1
(130-140 cm
SMC 41
10 YR 7/3
88,9
Boue calcaire homogène â coccolithos
(0-3 cm)
(55 à 65 %) et Foraminifères (25 à
VA 07-80
SMC 42
89,4
BOUE
NN 21
30 %), avec organismes siliceux
( - 5 % : Diatomées, Radiolaires).
T = 13°16 S
G = F
(10-13 cm)
Présence de Quaternaire inférieur
Profondeur =
3.382 m
SMC 43
(20-23 cm)
"
86,8
CALCAIRE
< 0,18 m.a.
(NN 19) remanié dans SMC 42 et SMC 44.
(Carottier Raineefee.)
SMC 44
(30-32 cm)
91,2
Tableau II (suite)
STATION
ECHANTILLON
COULEUR
% CaC0 3
LITHOLOGIE
AGE
OBSERVATIONS
"Diatomite brune" î Radiolaires, avec
VA 07-84
SMC 45
(0-3 cm)
SMC 46
(3-9 cm)
5 YR 3/4
12,3
17,5
DIATOMITE
BRUNE
NN 21
R 1 a
< 0,18 m.a.
débris de Foraminifères et d? cocco-
1 ithés ; présence de verre volcanique,
d'oxydes et de paîagonite en m'crn-
granules 10 %).
Remaniements de microfaune et micro¬
flore provenant de dépôts d’âge néo-
gène et quaternaire inférieur (NN 19
R 2)
T = 12°54 S
G = 72°24 E
Profondeur =
4.935 m
SMC 47
5 YR 3/3
a 0
"Boue rouge" â paîagonite et zéolithes
(10-11 cm)
SMC 48
(11-13 cm)
»
»
BOUE
ROUGE
?
(phi 11 ipsi te). avec quelques frag¬
ments d'organismes siliceux dans
SMC 43.
(Carottier Re.cml0.tc)
SMC 49
(20-22 cm)
SMC 50
(30-32 cm)
Verre volcanique avec figures de
corrosion tout, au long de ïâ carotte.
SMC 51
(0-3 cm)
5 YR 3/4
c.r. (°)
15,1
DIATOMITE
Boue brune à Diatomées (30 â 50 î) et
Radiolaires U 25 X), à débris de Fo-
raminifëres, avec granules d'oxydes et
de paîagonite (- 20 % pour 5MC 51).
SMC 52
(19-21 cm)
.
10 YR 5/4
c.r. n
a 5
BRUNE
NN 21
Remaniements NN 19 et Tertiaire supé¬
rieur pour 5MC 51 et R 2 pour SMC 52.
VA 07-85
SMC 53
(24-28 cm)
10 YR 7/4
bariolé
c.r. («)
a 5
DIATOMITE
BEIGE
Boue beiqe i Diatomées (55 ) et
12°42 S
G a 73°10 E
Profondeur *
5.038 m
R 1 a
Radiolaires [25 ï), avec quelques
tfëbrfs de Eoraminnëres et présence
de micro-granules d'oxydes et de
paîagonite.
Radiolaires remaniés de R 2
Voir fig. 2)
< 0,18 m.a.
..
SMC 54
entre
= 10
DIATOMITE
Boue brune â Diatomées (45 à 50 £) et
(15-20 cm)
5 YR 4/4
.
Radiolaires (15 â 25 %) avec fraqments
SMC 55
(30-31 cm)
et
5 YR 3/4
c.r. («)
= 5
BRUNE
R 1 b (?)
de Foraminifères ; présence d 1 oxydes
et de paîagonite en micro-grains,
Radiolaires de R 2 et R 3 remaniés.
SMC 56
(23-24 cm)
10 YR 6/6
= 10
DIATOMITE
BEIGE
NN 21
ou
NN 20 ?
Boue beige â diatomées t= 35 t) et
Radiolaires (3b « Y- âvéc débris de
Foraminifères.
réduit
(Carottier ReÂnccfce.)
Tableau II ( fin )
SÉDIMENTATION DANS L’OCÉAN INDIEN CENTRAL
251
IOO%CaCOs
Fig. 3. — Importance relative des constituants majeurs des échantillons SMC.
distincts qu'on peut aisément délimiter et qui correspondent, en définitive, à trois faciès
sédimentaircs différents :
Les boues calcaires à Coccolith.es et Foramimifères : Leurs teneurs en carbonate de
calcium sont, en moyenne, voisines de 90 %. Los Coecolithes entrent pour 50 à 60 % dans
la composition du sédiment total et les Foraminifères en constituent 20 à 30 % (en poids).
La fraction siliceuse formée par les Diatomées et les Radiolaires n'est pas négligeable et
représenterait de 5 à 10% du sédiment brut. Ce faciès n’est pas totalement dépourvu
d’oxydes, qui se présentent généralement en micro-granules. Des traces de palagonite
ont aussi été observées. Les remaniements de microfaune et de microflore sont fréquents
et traduisent, vraisemblablement, des phénomènes de redéposition.
— Les boues siliceuses à Diatomées et Radiolaires : Il s'agit d'un dépôt composé de
50 à 60 % de Diatomées, L5 à 30 % de Radiolaires et contenant aussi des spiculés d’éponges
et des Silicoflagellés. Ce sédiment est fortement coloré en brun-rouge, très vraisemblable¬
ment par des oxydes métalliques présents en micro-granules et sous la forme d’amas de
252
LECLAIRE, GIANNESINI, CAULET ET CLOCCHIATTI
nature complexe. On y trouve de la palagonile cl du verre volcanique sous forme d’éclats
qui moni.renl parfois des figures de corrosion. Les zéoliilies y sont relativement abondantes.
Ces diatmnites renferment, par place, des enclaves souvent de couleur pins claire, carac¬
térisées par la présence dune fraction carbnnalée (15 % maximum de CaC0 8 ) constituée
par des débris de Fora min itères, des C.ocenlil lies et des I tiscoasl ers eu voie de dissolution.
Les micro-nodules de manganèse sont abondants dans ce sédiment. Des nodules d’une
taille atteignant le centimètre ont aussi été observés, notamment en surface.
— Les boues rouges à zéolithes : Fncore improprement appelées « argiles rouges »,
elles ne sont représentées nue dans la carotte VA 07-84, où elles sont recoincries d'une mince
couclie de diatnrnites brunes. Leur composition est dillicile, sinon impossible, ii déterminer
par simple observation au microscope optique. Cependant, on petit observer que dans un
fond tle nature vraisemblablement argileuse (mais à silicates amorphes ou très mal cris¬
tallisés) se trouve tic la palagonile abondante sous forme de fragment* plus ou moins dévi¬
trifiés dans lesquels l’argile commence à apparaître. De plus, au contact immédiat, de ces
fragments, on observe fréquemment des minéraux zéolil biques ; phillipsile) en longues
baguettes parfois mâclées, dont les faces cristallines apparaissent corrodées. Ces zéolithes
constituent parfois plus de 50 % du sédiment total. Les micro-nodules sont aussi très
abondants (jusqu’à 20 %) et forment l’un des éléments caractéristiques de ce faciès. De
plus, on observe de rares éléments détritiques comme du quartz cl des feldspaths.
C. — Nannoflohe et mickofaune
1. La nannoflore calcaire
a — Age
L’étude des nannufossiles calcaires a permis la datation des boues calcaires et de
quelques niveaux des diatomites brunes. La zonation adoptée est celle proposée par Mah-
tixi et Wohsi.fy (1970) (labl. I) ; l’âge des limites des zones a été réajusté en tenant compte
des résultats de l'élude de la carotte VI F) 73 004 (campagne Osiris, 1973).
Les Cneeolilbes contenus dans les caroM.es de la campagne Transiodik. sont essentiel¬
lement d'âge quaternaire récent. L’espèce caractéristique de la zone NN 21, Emiliania
huxleyi, a toujours été observée. Les sédiments ont donc été déposés depuis moins de
180 000 ans environ.
b — Remaniements
Des remaniements de nannoflore calcaire ont été observés dans toutes les carottes
se situant au-delà de 3 070 m. Les formes remaniées proviennent soit du Quaternaire ancien
(zones : NX 20, NN 19), soit du Néogène (zones ; NN 18 à NN 14). Ces formes sont cepen¬
dant bien conservées.
e — Dissolution
Le problème de l’abondance des nannofossiles calcaires observés et celui de leur état
de conservation sont étroitement liés dans le cas des matériaux étudiés. Dans toutes les
SÉDIMENTATION DANS L’OCEAN INDIEN CENTRAL
253
carottes situées à une profondeur inférieure a 4 000 ni, la nannnllore est très abondante
et bien conservée. Deux carottes, VA 07-84 et VA 07-85, renferment une nannoflore raré-
fiée et en voie de dissolution : elles ont été prélevées à des profondeurs respectives de 4 935
et 5 038 m. Il y subsiste encore un certain nombre d'espèces déterminables (tomme limi-
liania lnurleyi (pl. II. 2), Gcphyrncupm océan im (pl. Il, I b-e), Pscudoemiliania Inrunosa,
Ceratolithus cristatus, G yclococeolithw < leploporua (pl. fl, 3 b) et de nombreux Discoasters
remaniés «pii semblent particulièrement résistants à la dissolution. Ces observations rejoi¬
gnent celles de Mo Inivrr et Mc Intyiih (1071), qui ont: noté l’apparition dns traces de
dissolution de la nantiollore vers 4 000 m et sa réduction à l étal de débris non détermi¬
nables i« partir de 5 400 m environ.
2. Les Foraminifères planctoniques
L'élude des Foraminifères planctoniques contenus dans les sédiments prélevés au
cours de cette campagne se situe dans le cadre d’une analyse de la répartition des espèces
en fonction de la latitude, des grands courants géostrophiques et des discontinuités hydro-
logiques de I océan Indien central.
Cette analyse, qui ne fait que débuter, sera conduite parallèlement aux recherches
des modifications du paléo-environnenrrenl par le traitement mathématique des populations
de Foraminifères planctoniques (Séoul fin et Leclaihe, 1075).
Les Foraminifères planctoniques ne sont, ici, d’aucune utilité pour la stratigraphie
des carottes, en raison de l'âge trop récent des dépôts ou de la dissolution. Tous les dépôts
calcaires recueillis sont caractérisés par la présence des espèces de la zone N 23 ( Globigerina
calida, rares Spluieruidinella déhiscents et Pulleniaùna, dextres dominantes), Les sédiments
(base de VA 07-08, VA (17-102, VA 07-94) dont l'âge a été estimé, par ailleurs, à plus de
700 000 ans (limite inférieure de la zone N 23, selon Bkriïcren, 1074) ne contiennent pas
de Foraminifères.
Les premiers résultats de cotte analyse micropalcontologiquc portent sur la compo¬
sition de la microfaime «le Foraminifères dont la taille est supérieure à 175 p. L'exemple
présenté dans le tableau III montre, à l'évidence, l'influence nette de la zone équatoriale
sur la sédimental ion. Les Glohigerinoïdes, avec notamment G. mcculi/nr et <1. cuber, sont
abondants et accompagnés de Glnborotsdi.a menardU, PiUlenialina obliquilonidnto et finnlis,
et de (iloboquudrina conglomerata, L’ensemble des Foraminifères planctoniques représente
de 20 à 30 % do sédiment total. Les espèces lient biques sont très rares ou absentes.
Le problème de l’inlliienec indirecte de la profondeur sur la composition de ces lliaaa-
toeénoses a été abordé (tubl. IV), Bien que le nombre d'échantillons étudiés (sommet
des carottes) soit restreint, on peut considérer, en première analyse, que la variation des
proportions relatives des espèces résistantes à la dissolution — essentiellement G. menardii
et Pidleniaiina nblii/uilurnlata : Parker et Bkiigeh, 1971) - est significative. Il apparaî¬
trait donc que l'importance des formes résistantes augmente légèrement avec la profondeur
et «pie le phénomène de dissolution sélective commence à se faire sentir dès les profondeurs
de l’ordre de 3 500 m (Lysooline de Bercer,
Interprétation
Si l’on compare ces résultats avec ceux provenant de l’étude partielle des carottes
MD 73004 et MD 73005 (campagne Osiris, 1973) prélevées par 5° de latitude Sud environ,
Ta b leau III. —- Exemple de la composition spécifique de la microfaune de Foraminifères (échan¬
tillon SMC 30) entrant dans la constitution des boues calcaires. Les Foraminifères ont été
extraits à l’aide de tamis à maille de 175 et 400 p,.
Nom des espèces rencontrées
Pourcentages
relatifs
Globigerinoides ruber (A)
6,6
Globigerinoides ruber (B)
19,1
Globigerinoides sacculifer
17,7
Globigerinoides trilobus
4,9
Globigerinoides conglobatus
5,2
Globorotalia truncatulinoides (D)
0,1
Globorotalia truncatulinoides (G)
0,2
Globorotalia menardii (s.l.)
5,6
Globorotalia scitula
0,8
Globoquadrina dutertrei
9,0
Globoquadrina hexagona
1,9
Globoquadrina conglomerata
0,5
Globigerina pachyderma (D)
0,2
Globigerina calida
1,1
Globigerinita glutinata
5,1
Globigerina bulloides
1,1
Orbulina uni versa
2,1
Pulleniatina obliquiloculata
5,7
Pulleniatina finalis
0,6
Sphaeroidinella dehiscens
0,6
Hastigerinella aequilateralis
11,6
Tableau IV. — Variations relatives des groupes d’espèces résistantes et moins résistantes à la
dissolution, en fonction de la profondeur, dans les échantillons de surface (sommets des
carottes).
Echantillons
Importance relative
des deux groupes (%)
Profondeur
en mètres
espèces
résistantes
espèces moins
résistantes
SMC 30
13,8
86,2
2 883
SMC 02
11.1
88,9
2 971
SMC 19
13,8
86,2
3 070
SMC 41
14,1
85,9
3 382
SMC 15
15,0
85,0
3 400
SMC 11
16,5
83,5
3 724
SMC 33
16,1
83,9
3 856
SÉDIMENTATION DANS L’OCÉAN INDIEN CENTRAL
255
on s’aperçoit < 11 ■ à profondeur égale, la compusition «les I hamtlooénoses île Eoraminifères
planctoni«|ues est sensiblement, différente. Dans ces deux carottes, les espèces résistantes
à la dissolution sont plus abonda nies ; leur teneur moyenne, de l’ordre de 25 à 30 %, peut
atteindre 50 % cl plus dans les niveaux anciens, Par ailleurs, la microfaune la plus typi¬
quement équatoriale, celle qui est apparemment ta moins alTecléc par la dissolution sélec¬
tive, se trouve dans les échantillons de la campagne Transindik, sous des latitudes de l’ordre
de 15° Sud.
Si l'on admet avec Oi.ai sson (1071) que la productivité de la zone tropicale est maxi¬
mum au niveau des divergences équatoriales et notamment aux abords de la divergence
sud-équatoriale, on peut, penser que les effets de la dissolution à la verticale de cette discon¬
tinuité hydrnJogique sont plus modérés qu ailleurs. Dans cel te hypothèse, et compte tenu
des résultats sommairement exposés ci-dessus, l'équateur hydrologique de l'océan Indien
central serait plus proche de 15° de latitude Sud que de i’équal.enr géographique. Cette
supposition est en accord avec l’hypothèse iCOlausson (1971) qui, dans la même région,
situe l’équateur bydrologique approximativement entre 8 et 12° de latitude Sud. Le dépla¬
cement île celte discontinuité hydrologique au cours du Quaternaire et du Pliocène supé¬
rieur fait l’objet d’une, étude en cours.
3. Les Radiolaires et la datation des diatomites brunes
Plusieurs échelles stratigraphiques selon les Radiolaires ont été proposées pour diffé¬
rentes latitudes et régions. La plus élaborée concerne la zone tropicale de l’océan Paci¬
fique (Hiedei. et Sanfimfpo, 1970). Mais on peut l’utiliser pour les sédiments de l’océan
Indien car les populations sont à peu près semblables. Le seul inconvénient de cet te échelle
tient au fait que le Quaternaire n’y est pas découpé en plusieurs zones. Seule la limite Plio-
Pleistocèue est bien marquée par l’extinction de Plerocaniurn pristrnalitwt.
Pour combler celte lacune, trois spécialistes ont récemment recherché si on pouvait
définir plusieurs niveaux à Radiolaires dans le Quaternaire. Le premier, J. IIavs iI9H5),
découpe le Quaternaire en Irais zones qu'il rattache aux variations do champ magnétique.
Mais, son échelle n’esL valable que pour les hautes latitudes. Dans les sédiments pleisto-
cèries du Pacifique équatorial, G. NtoittM (1971) définit quatre zones, mais sans dater les
limites de ces zones. Plus récemment, M. Petkusiiev skaa a i 1972) propose un autre décou¬
page du Pleislocène pour les sédiments récents de l’océan Indien. Elle rejoint les conclusions
de Haas pour fixer, toujours par le paléomagnétisme, l’extinction de Stylatractus univers us
(pi. I, 3) à environ 400 000 ans. Elle propose ainsi trois zones à Radiolaires pour la zone
sub-tropicaie :
— zone 1 : 0 à 0,4 m.a. (million d’années),
— zone II : 0,4 m.a. à 1 ou 1,1 m.a.,
— zone III : 1,1 m.a. à 1,6 m.a.
La limite entre la zone I et la zone II est définie par l’extinction de Stylatractus uni-
cersus. La limite entre les zones 1I et 111 est marquée par l’extinction de Pterocorys campa-
nula (pl. 1, 4) et l’apparition de Pterocorys hertwigii. La base de la zone 111 et le passage
au Pliocène se marquent par l’extinction de P. prismatium et l’apparition de Lophophaena
hispida.
256
LECLAIRE, GIANNESINI, CAULET ET CLOCCHIATTI
I . examen eu cours <L 11 matériel prélevé dans l'océan Indien lors de la campagne Osiris
(1973) permet de compléter les observations précédentes, du moins pour la zone soi»-tro¬
picale. ce (pii est justement le cas des matériaux examinés Ici.
L’échelle « liai)iolaires » obtenue a été testée par rapport à celle des Fnrammifères
et des Loee.olil lies. Ces premiers résultats permet lent de dater avec une assez bonne approxi¬
mation les diatomites brunes récoltées par le navire « Valdivia ».
L’échelle adoptée est la suivante :
— zone K 1 a ; de 0 à 0,175 m.a., zone à Buccinosphaeara irwaginala (pl. 1, 2)
— zone R 1 b : de 0,175 à 0,4 m.a., zone à Collasphaeara tuberosa (pl. I, 6)
— zone R 2 : de 0,4 à 1,1 m.a., zone à Slylalrwtus univers us
■— zone R 3 : de 1,1 à 1,6 m.a., zone à Laphophaena hispida
Les zones R 1 a et R 1 b correspondraient approximativement aux zones NN 21 et
NN 20 de l’échelle biostratigraphique établie grâce aux nannofossiles calcaires.
IV. PHÉNOMÈNES SÉDIMENTAIRES OBSERVÉS
A. — Répartition CKOOKAi’inqtiK des faciès sédijikistaires
Du point de vue de la nature des sédiments déposés, le profil Transindik met en évi¬
dence deux zones géographiques bien distinctes dans cette partie de l’océan Indien central
(fig. I, 6 et 7).
La région occidentale, caractérisée par la présence du plateau des Mascareignes, de
la dorsale médîo-indienne et du prolongement de la ride des Chagos-Laquédives, semble
recouverte de boues calcaires qui sont le produit typique de la sédimentation pélagique,
en zone équatoriale, pendant le Quaternaire récent.
La région orientale, constituée par le fond du bassin Indien central, serait tapissée de
houes siliceuses nu a diatomites brunes ». En bordure du bassin, au pied du prolongement
de la ride des Chagos-Laquédives, les influences d’une sédimentation calcaire se font encore
sentir.
Des boues rouges à zéolithes n’ont, été observées qu’à la station VA 07-84, sous une
pellicule de diatomile (10 cm) très faiblement calcaire.
Ces deux régions diffèrent aussi par leur profondeur moyenne : dans la première, les
fonds se trouvent entre 2 500 et 4 000 m environ, alors que dans la seconde ils se situent
à plus de 5 000 m en moyenne. Il apparaît donc (pie la nature des sédiments déposés dans
cette partie de l’océan Indien central est étroitement dépendante de la profondeur. La
sédimentation pélagique V serait ainsi directement contrôlée par les morphoslnicl (ires.
La présence de boues rouges sous une couverture de diatomites, phénomène apparem¬
ment très localisé, laisse cependant supposer des variations verticales de faciès, c’est-à-dire
des modifications de la sédimentation au cours du temps.
SÉDIMENTATION DANS L’OCÉAN INDIEN CENTRAL
257
B. — Dissolution du calcaire
Le diagramme de la figure 4 montre la répartition des teneurs en carbonate de calcium
des sédiments de la surface (sommet des carottes) en fonction de la profondeur ; la figure 5
illustre la distribution de ces teneurs le long du profil batbymélrique.
A des profondeurs supérieures à 5 100 m environ, les sédiments (diatomites brunes)
sont totalement dépourvus de calcaire. Vers 5 000 m. la fraction carbonatée qui subsiste
est constituée par des débris de Foraminifèrcs planetnniques i U. rnenardii) et par des Cocco-
lithes fortement corrodés, Ainsi, le « pont » de Gephi/roca.pan ureanirn (pl. Il, 1 b-c) a disparu
et il y a fragmentation du disque proximal de C. leptoporus tpi. H, 3 b), etc.
Il est évident qce cette corrosion ne peut avoir pour origine qu’une dissolution des
carbonates par les eaux de fond, phénomène qui est certainement la cause de la « décalci¬
fication » totale des sédiments de fond de bassin.
S’il est relativement aisé de déterminer la profondeur à laquelle celte décarbonatation
est totale (environ 5 100 m), il est plus dillicile de localiser la profondeur où commence
la dissolution.
L’analyse de la composition des tlianaloeénoses de Forain in i lères planetoniques voir
p. 253) semble indiquer que les premiers effets de la dissolution seraient perceptibles dès
3 400 m de profondeur. Ce premier résultat, qu’il sera nécessaire de confirmer par d’autres
analyses, laisse penser qu’à partir de cette profondeur, la dissolution du carbonate de cal¬
cium a lieu au contact d’une tranche d’eau de 1 700 à 2 000 m d'épaisseur.
Ainsi, ce que l’on appelle habituellement la profondeur de dissolution des carbonates
(matérialisée dans le cas présent sur la figure 4). et qui correspond à la « carbonate compen-
2000 —,
£ 3000-1
|
4000-1
% /
a
TJ
limite de dissolution CaC03
“1
IOO%CaCOï
Fig. 4. -— Distribution des teneurs en CaCÜ 3 des échantillons de surface.
A : boues calcaires ; B : diatomites el boues rouges.
800 distance (milles)
Répartition des teneurs en CaC0 3 des échantillons de surface
le long du profil bathymétrique.
VA07-45
VA 07-46
VA07-85
DISTANCE Ef4 U ILLES
Fig. 6 . — Constituants majeurs des sédiments de surface (profil W-E).
A : Foraminifères ; R : Nannofossîles calcaires ; C : Diatomées ;
D : Radiolaires ; E : argiles ; F : oxydes métalliques.
SÉDIMENTATION DANS L’OCÉAN INDIEN CENTRAL
259
sation deptli » des auteurs anglo-saxons, n’est qu’une profondeur moyenne. En fait, entre
la profondeur du début de la dissolution et celle où le calcaire a totalement disparu, il doit
exister un passage progressif el continu,
C. — Discontinuités sthatiohxpiiiques
Aflirmer que la détection des discontinuités stratigraphiques et l'estimation de leur
ampleur dépendent de la densité d'échantillonnage de la série, de la précision des échelles
hiostratigraphiques et de l'usage que l’on eu fait est, certes, un truisme. Mais, étant donné
l’intérêt que présente le phénomène, il convient de rappeler que l'on ne peut conclure à
l’existence d’une discontinuité, notamment lorsqu’elle n’affoote qu’un très bref intervalle
de temps, qu’au lerme d’une analyse critique des données micropalcontologiques,
Dans le eas présent, l'échelle biosLratigraphique selon les Radiolaires est seule appli¬
cable ;’i tous les niveaux de diatuniites brunes en raison de la dissolution des microfaunes
et micro flores calcaires. Celle échelle, établie pour la zone équatoriale, a été testée au préa¬
lable à l'occasion de l’étude de la carotte MD 73004 (campagne Osiris, 1973), datée avec
grande précision par les Eoraminifères et la nannollore.
1. Les lacunes stratigraphiques
Il résulte de l'élude des Radiolaires des carottes de la campagne Transindik que seules
les diatuniites brunes du bassin Indien central présentent des lacunes de sédimentation.
On peut même préciser que, pour VA 07-98, où il manque une zone (R I b, voir tahl. I et
lig. 7), il s'agiI d'une véritable lacune stratigraphique, conformément à la nouvelle défi¬
nition proposée par Moore à l’occasion du congrès de Kiel (1974).
En tête des carottes VA 07-94 el VA 07-102, respectivement deux et trois biozones
ne sont pas représentées, ee qui correspond à des lacunes de sédimentation de l’ordre de
0,4 et 1,1 million d’années environ, Par contre, les carottes VA 07-44 à VA 07-80 ne pré¬
sentent aucune anomalie': le dépôt des sédiments boues calcaires) qu’elles contiennent
s’étant effectué il y a moins de 0,18 million d’années.
La première conclusion qui s’impose est donc que les fonds du bassin Indien central,
le long du profil Transindik. n’ont, apparemment pas le même âge et qu’ils sont partielle¬
ment constitués par des affleurements de matériaux anciens.
2. Les couches à très faibles taux de sédimentation
Dans les cas examinés ei-dessus. il manque une ou plusieurs biozones et il est donc
permis de conclure à l’existence de lacunes stratigraphiques, Cependant, Il existe d autres
eas (\ A 07-94, \ A 07-98) où la succession stratigraphique de plusieurs zones semble nor¬
male mais où l’épaisseur des sédiments est anormalement faible. Les taux apparents de
sédimentation sont de l’ordre d’un à deux mètres par million d’années. S’il s’agissait de
boues rouges, on pourrait penser que ces faibles valeurs sont en relation avec une dissolu¬
tion extrême : mais ces valeurs sont obtenues ici pour des boues siliceuses. On est donc
amené à supposer l'existence de lacunes de sédimentation, non immédiatement perceptibles,
Longueur des carottes cm
LECLAIRE, GIANNESINI, CAULET ET CLOCCHIATTI
SÉDIMENTATION DANS L’OCÉAN INDIEN CENTRAL
261
parce que l'intervalle de temps apparent qu’elles représentent esl inférieur à celui des zones
bioslratigraphiqUes.
Ces diseoiilinuités stratigraplûques et le phénomène de dissolution des carbonates
peuvent expliquer la faible épaisseur des sédiments déposés dans le bassin Indien central
(Ewini; i'I ni., I ! Ifif) . Les séries lilhologiques ainsi réduites sont encore appelées séries
condensées.
D. — Nature et âge des sédiments associés aux nodules de manganèse
Alors qu’il n est pas rare de rencontrer, dans les boues calcaires, des nmas vraisembla¬
blement enrichis en oxyde de fer, voire des micro-nodules, les concrétions de dimension
centimétrique sont localisées dans les carottes de diatomitefl brunes et, plus particuliè¬
rement. à leur sommet rf. les observations faites k boni du <( Valdivia »),
On constate que les bancs de nodules échantillonné» ail cours de fa campagne reposent
sur des sédiments d'âges différents, ce qui ne présume, en aucun cas, de leur vitesse de
croissance. Dans deux carottes, VA 07-94 et VA 07-102 (fig. 7), ces nodules reposent au
voisinage immédiat d une lacune de sédimentation ou soulignent une lacune stratigraphique.
Dans un autre eas, ils sont associés k une couche de sédiment d'épaisseur 1res réduite
(VA 07-98).
Dans la carotte VA 07-84, l'âge du contact entre boues ronges et diatomil.es brunes
est incertain. La biozone NN 21 n’a pas été identifiée et la composition de la microfaune
siliceuse (Radiolaires), sans permet Ire de. conclure définitivement, laisse supposer la pré¬
sence de la zone H I b. De bons indices existent doue à nouveau en faveur de la présence
d’une lacune de sédimentation. Les boues rouges sont relativement riches en micro-nodules.
Le cas de la carotte VA 07-85 rst comparable au précédent. Sans qu'il soit possible
de conclure, notamment en raison de. la dissolution et des remaniements, il est probable
que la base de celte carotte se situe dans les zones NN 20 et R J b. C’est à ce niveau que
l'on a observé quelques nodules polymétalliqiics.
Seule la carotte VA 07-110 ne semble, pas présenter d’« anomalies » de sédimentation ;
il convient de noter qu’un nodule se trouvait, à son sommet.
En règle générale, il apparaît que les bancs de nodules échantillonnés dans le bassin
Indien central sont étroitement associés à un faciès sédimeutaire qui, au moins partielle¬
ment, résulte de la dissolution des carbonates, Les boues siliceuses, qui constituent ce faciès,
sont, en outre, généralement disposées en séries lithologiques condensées présentant de
nombreuses discunlinuités stratigrapHiques.
V. INTERPRÉTATIONS
A. — Origine des diatomites brunes et des boues rouges
Du point de vue de la sédimenlologie, ce qui caractérise la zone équatoriale de l’océan
Indien, comme celle du Pacifique, c’cst une forte productivité organique au niveau des
262
LECLAIRE, GIANNESINI, CAULET ET CLOCCHIATTI
grandes discontinuités hydrologiques que sont les divergences nord et sud-équatoriales.
Dans l’océan Indien, la divergence sud-équatoriale est sans doute plus importante, à cet
égard, que la divergence nord-équatoriale qui est perturbée par la mousson pendant une
moitié de l’année.
C’est à ce niveau que sont précipités, en abondance, du carbonate de calcium sous
forme île lests de Fora mini fères et de Coccolil lies, et de la silice à l'état de squelettes de
Radiolaires et de frustules de Diatomées. Par des profondeurs moyennes de l’ordre de
2 000 à 3 000 m, on constate que celte productivité équatoriale aboutit à la constitution
de sédiments dont la composition s'établit comme suit :
Calcaire : 80% (Fora mi ni fères, 20%; Coccolil lies, 60%)
Silice ; 15% (Diatomées, 10%; Radiolaires, 5%)
Argiles : 5 %
Dans l'ensemble, ces proportions sont respectées, quelle que soit la longitude, tant
que la profondeur de dépôt n’est pas supérieure à 3 000 m. On peut considérer que ces
proportions sont le reflet, plus ou moins déformé, de la contribution des nannoflores et
niicrofaunes planetoniqiies à l'édification de la couverture sédimnntaire pour toute la zone
équatoriale comprise entre le plateau des Mascareignes et la ride du 90 e parallèle Est.
Dr. on a pu constater que. dans cette mémo zone, mais par fonds supérieurs à 5 000 m,
il ne reste plus que la fraction siliceuse constituée par des Diatomées et des Radiolaires
dont les proportions relatives ne semblent pas avoir changé.
Lorsqu'une fraction calcaire subsiste, les particules qui la composent sont fortement,
corrodées. Celle corrosion témoigne en faveur d’une dissolution dont l’intensité relative
semble croître avec la profondeur pour aboutir, finalement, à la disparition totale du car¬
bonate de calcium par des fonds de l’ordre de 5 000 ni.
Ces considérations nous amènent à penser que les dialomUes brunes de l’océan Indien
central, formées sous le système hydrologique équatorial, sont en quelque sorte le résidu
de la dissolution des boues calcaires déposées par moindre profondeur. En outre, si pour
des raisons encore indéterminées, la silice des diatoniites passe à son tour en solution dans
les eaux interstitielles par exemple, il est très probable qu’il ne subsiste plus que les consti¬
tuants des boues rouges, lii phénomène de celte nature est peut-être à I origine de la super¬
position diatoniites hrunes/bones rouges observée dans la carotte VA 07-84. Dans celte
hypothèse, les deux faciès peuvent être qualifiés de résiduels ; leur développement est
étroitement dépendant îles phénomènes contrôlant la dissolution de la silice et des car¬
bonates. Cependant, la présence en quantité non négligeable de minéraux aulbigèiies Comme
la phillipsite (très abondante dans les boues rouges) et d’amas plus ou moins amorphes
de composés métallifères ne peut s’expliquer uniquement par une concentration en relation
avec le phénomène de dissolution. On serait donc enclin à considérer ces faciès résiduels
comme le siège d’une authigenèse très active.
En résumé, les boues rouges et les diatoniites brunes résulteraient donc à la fois d’une
dissolution plus ou moins poussée du calcaire et de la silice et d’une diagenèse propre aux
grands fonds océaniques,
SÉDIMENTATION DANS I/OCÉAN INDIEN CENTRAL
263
B. — Quelques propriétés
DES MILIEUX FAVORABLES A LA CROISSANCE DES NODULES
Les nodules prélevés au cours de la campagne Trnnsiudik sont, à l'évidence, associés
aux faciès résiduels du bassin Indien central, Le fait signifie que l’un au moins des facteurs
favorables à leur genèse pourrait être la dissolution des carbonates.
Bien (pie les mécanismes contrôlant ce phénomène soient encore 1res mal connus,
un certain nombre d'observations montrent que, de nos jours, dans l'Atlantique (Bercer,
1968) et dans le Pacifique (Edmond et al., 1971), la dissolution des carbonates est, peut-être
liée à la remontée vers l'Equateur des eaux de fond antarctiques. Ces eaux sont caracté¬
risées par des températures très basses de l’ordre de 0°C et des teneurs en oxygène cl gaz
carbonique dissous relativement élevées. Elles sont donc potentiellement agressives vis-à-
vis du calcaire et, en raison de leur teneur en oxygène dissous, elles doivent aussi être favo¬
rables à la précipitation de métaux comme le fer, le manganèse, etc. (In n’a pas encore la
preuve directe que ce type de circulation méridienne des eaux de fond en provenance de
l’Antarctique affecte le bassin Indien central. Cependant, une circulation analogue a été
mise en évidence dans le bassin des Mascareignes (Warren, 1971) et tout porte à croire
qu'elle se fait aussi sentir dans d'antres bassins (Leclaire, 1974).
Les faciès résiduels du bassin Indien central présentent la particularité d’être dîposés
en séries condensées à lacunes de sédimentation. Ces lacunes semblent le plus souvent assi¬
milables à des lacunes stratigraphiques. L’origine supposée de ces discontinuités strati-
graphiques est l’érosion localisée et intermittente des dépôts par les courants de fond.
Cette hypothèse est basée sur des travaux très récents portant sur le Pacifique, notamment
ceux tic C. B. Uollister Cf ( kl , (1974).
Quelle est la relation entre ces courants de fond et la remontée des eaux antarctiques ?
Les deux phénomènes semblent être liés, de nos jours, dans Je Pacifique. On présume qu’il
en est de même dans l'océan Indien central,
Ainsi, les nodules semblent, particulièrement abondants au sein de milieux où disso¬
lution et érosion réduisent le volume des dépôts de matériaux cl amincissent les cou cl tes
préalablement déposées. En définitive, ces deux phénomènes, là où ils existent, concourent à
maintenir pendant plus longtemps qu’ailleurs des particules (germes ?) en contact avec
l’interface eau/sédimenl.
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Manuscrit déposé le 10 septembre 1975.
PLANCHE T
1. — Pterocorys herlsvigii (Haeckel) Petrushcvskaya. ElccUornicrographie .J. C. n° 775 X 530.
2. — Buccinospbaera itwaginaUi (Haeckel). Klecti’Omicrographie J. C. n° 740 x 590.
3. — Stylairaclus unH'er.sus (Hays)+ K locl ni micrographie .1, C. n° 3 983 x 840.
4. — Desmoftyris stabiloidcs (Petrushcvskaya).. Klcctnimicrographip .1. C. n° 4 305 X 980.
5. — Pterocorys campa nul a (Haeckel). KieeLru micrographie J. C. n° \ 319 x 560.
6. — Collasphùera lubcrosa (Haeckel). Electromicrographie •). C. n° 807 X 620.
266
LECLAIRE, GIANNESINI, CAULET ET CLOCCHIATTI
PLANCHE II
1. — Gephyrocapsa oceanica (Kamptner). a, spécimen pratiquement intact, seule la grille centrale est bri¬
sée. X 20 000 env. Electromicrographie M. C. n° 1 976 ; b, dissolution assez avancée. X 13 500 env.
Électromicrographie M. C. n° 3 555 ; c, dissolution très poussée, l’espèce devient difficilement recon¬
naissable. x 13 500 env. Électromicrographie M. C. n° 3 556.
2. — Emiliania huxleyi (Lohmann). Individu partiellement dissous. X 18 000 env. Électromicrographie
M. C. n° 3 460.
3. — Cyclococcolithus leploporus (Murray et Blackmann). a, spécimen intact. X 8 200 env. Électromicro¬
graphie P.-.T. G. n° 11 ; b, exemple de dissolution très avancée. X 10 800 env. Électromicrographie M. C.
n° 3 553.
SÉDIMENTATION DANS I/OCÉAN INDIEN CENTRAI,
267
PLANCHE U
IMPRIMERIE
Achevé d’imprimer le 30 décembre 1976.
NATIONALE
6 564 003 5
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Muséum national d'Histoire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris. Ils seront accompa¬
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et d’espèee* soulignés d’un trait).
Il convient de numéroter les tableaux et de leur donner un titre ; les tableaux compli¬
qués devront être préparés de façon à pouvoir être clichés comme une figure.
Les références bibliographiques apparaîtront selon les modèles suivants :
Bauchot, M.-L., J. Daget, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1970. — Le problème des
« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hist. nat., Paris, 2 0 sér., 42 (2) : 301-304.
Tinbergen, N., 1952. — The study of instinct. Oxford, Clarendon Press, 228 p.
Les dessins et cartes doivent être faits sur bristol blanc ou calque, à l’encre de chine.
Envoyer les originaux. Les photographies seront le plus nettes possible, sur papier brillant,
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