BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION BIMESTRIELLE
sciences de la terre
56
N» 397 JUILLET-AOUT 1976
BULLETIN
du
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Pr M. Vachon.
Comité directeur : Pra J. Dorst, C. Lévi et R. Laffitte.
Rédacteur général : Dr M.-L. Bauchot.
Secrétaire de rédaction : M me P. Dupérier.
Conseiller pour l’illustration : Dr N. Halle.
Le Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle, revue bimestrielle, paraît depuis
1895 et publie des travaux originaux relatifs aux diverses branches de la Science.
Les tomes 1 à 34 (1895-1928), constituant la l re série, et les tomes 35 à 42 (1929-1970),
constituant la 2® série, étaient formés de fascicules regroupant des articles divers.
A partir de 1971, le Bulletin 3 e série est divisé en six sections (Zoologie — Botanique —
Sciences de la Terre — Sciences de l'Homme — Sciences physico-chimiques — Écologie
générale) et les articles paraissent, en principe, par fasoicules séparés.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’His¬
toire naturelle, 38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 75005 Paris (C.C.P.,
Paris 9062-62) ;
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International Standard Serial Number (ISSN) : 0027-4070.
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
3 e série, n° 397, juillet-août 1976, Sciences de la Terre 56
Un deuxième Arehanthropien
à la carrière Thomas III (Maroc)
Étude préliminaire (5 juin 1972)
par Emile Ennouchi *
Résumé. — La carrière Thomas, près de Casablanca, avait déjà donné une mandibule d’Atlan-
thrope 1 , Dans une carrière voisine, de la même exploitation, à environ 700 m au sud, de nouveaux
restes humains ont été mis nu jour. I nc série complète de dents supérieures et des fragments de
crâne encore inconnus, ainsi que des ossements de Mammifères, se trouvaient lixés par de Ja cal-
eile blanche sur le paléosol d’une petite grotte (‘reusée dans un calcaire gris. La stratigraphie et
l’examen de ces pièces semblent attribuer un âge amirien à ce gisement, correspondant à la période
glaciaire de Mindel, (tu à riolcrglariaire Mindel-Riss.
I. CONDITIONS ET GISEMENTS
La présence de LÀtlantbrope dans la carrière qui se trouve à l’entrée de l’exploitation,
que nous appelons « Thomas I ». nous encourageait, depuis la découverte de 19159, à pour¬
suivre nos ell'orls eu suivant l'extraction de la pierre dans cette carrière et dans les autres
de la même exploitai ion : deux grandes appelées «Thomas 11 » et « Thomas Itl » qui ont donné
des résultats palénnlnlngiqiirs, et une plus petite, entre II et III, qui par son développe¬
ment sera rattachée à l’une d’elles.
Ce sont les carriers qui ont découvert l’ouverture de la grotte qui s’est révélée hori¬
zontale, très Lasse 50 cm), longue (10 m) et étroite (2 m en moyenne . Le paléosol était
tapissé de caleite blanche (fui fixait les ossements des Mammifères. C'est dans la partie
la plus liasse, inaccessible, que se trouvaient les restes humains, mis au jour accidentelle¬
ment, et recueillis fin mars 1972 par P. Beriro qui nous les a remis.
Situation et stratigraphie générales
La carrière Thomas fait partie d’un ensemble de carrières du sud-ouest de Casablanca
dont la plus connue est celle de Sidi-Abderrahman, L’entreprise Schneider est à l’origine
de l’exploitation de la pierre à bâtir en vue de la construction el du développement du port
de Casablanca et de l'édification de la villa, en rapide expansion, qui abrite plus d’un mil-
* Lahoriituir« de. paléontologie des Vertébrée et i(e t'atèonlolu^ie Humaine de lu Faculté des sciences. Uni¬
versité Parie 1 1. U, t/iini Snint-Hernant, 7601)5-Paris,
1, Lu nouvel A reliant liro|»ioii no Maroc, ton- Fnténni. I cri, , 57 : 95, ! 97e.
3117, 1
EMILE ENNOUCHI
274
lion d’habitants. L’exploitation de la pierre a donc commencé depuis longtemps, et les
découvertes de fossiles et d'industries lithiques qu’elle renfermait ont attiré l’attention des
chercheurs.
Les travaux de R. Neuville et A. Rtmilmanm ont fait de la carrière de Sidi-Abder-
rahman un site remarquable du Quaternaire, si bien que le front de taille principal a été
conservé longtemps et préservé comme monument historique. Les membres du XIX e Con¬
grès International de Géologie en 1952, et ceux des Congrès Panafricains de Préhistoire
en 1953 et 1966 ont pu apprécier une telle présentation.
Fig. 1. — Carte de répartition des Hommes fossiles au Maroc.
L’extension de cette carrière et l’ouverture de nombreuses autres ont attiré des pré¬
historiens, M. Antoine et P. Biberson, ainsi que de nombreux géologues. De nouvelles
richesses paléontologiques et préhistoriques ont permis de préciser les données stratigra-
phiques de Sidi-Abderrahman, lesquelles, étendues aux autres carrières et raccordées à
celle de Rabat, ont contribué à l’élude d’un Quaternaire atlantique marocain complet.
Les carrières au voisinage de Casablanca sont nombreuses. Les principales sc trouvent
dans le sud-ouest de la ville. Ainsi, sur la roule d Azemmour. entre El llank et Aïn-Diab,
s’ouvrent les carrières Martin d’un coté, et Racine de l’autre, et au-delà d’Aïn-Diab et
d’Anfa la fameuse carrière de Sidi-Abderrahman dont le prolongement nord est connu
sous le nom de « La Cunette » et celui du sud sous celui de « La Nouvelle Extension ». Plus
à l’est, la S.T.I.C. est repérable de loin par son installation mécanique majestueuse, des¬
tinée à la fabrication de matériaux agglomérés. Elle diffère de toutes les autres par sa grande
UN DEUXIÈME ARCHANTHROPIEN À LA CARRIÈRE THOMAS IIT
275
profondeur à travers les formations quaternaires et crétacées pour atteindre les quartzites
du Primaire, ces mêmes quartzites que l'on rencontre en affleurement au bord de l'océan,
vers Casablanca, prés du phare d’EI Harde. Enfin, plus à l'est, au bord de la route de Sidi-
Douchaïb et A/.emmour s'ouvre la carrière Thomas qui a eu plusieurs extensions vers le
sud, le nord étant limité et bloqué par In roule.
Pour compléter l'ensemble stratigraphique, il est bon d’indiquer encore sur le chemin
de Moulay Thauti, au Maarif, d’un côté la carrière Tarit, de l'autre celle de l’acroport ;
plus à l'est, près de la roule de Mazagati, les carrières Heu Saila, llaj Salait et Khalifa ;
enfin, sur la roule de Houskourti près de Sidi-Messaoud, celles de Gaudin et Porta mi le
niveau rnariu a atteint la cote 100 rn.
Telles sont les carrières les plus connues «lu sud-ouest de Casablanca. Chacune a donné
des documents palénntillogiques et préhistoriques qui ont permis d’étudier et d'établir le
Quaternaire marocain. Celui-ci repose, en général, sur des formations crétacées et celles-ci
sur une plateforme paléozoïque rigide, comme sous le nom de « Meseta marocaine ». Des
plages surélevées pendant le Quaternaire montrent la hauteur des transgressions marines.
La plateforme a subi des mouvements eusLaliques se traduisant par une série de pulsations
marines de moins en moins hautes. I.es transgressions suivies de régressions sont considérées
comme des cycles marins. Certains rappellent les étages de Ch. IIkckhkt déterminés sur
les contours méditerranéens. Ces cycles continentaux dans les intervalles correspondraient
aux glaciations centro-européennes. Des traces de formations glaciaires (Raynal, Dresch,
Joly, 11)53) ont été retrouvées dans le Moyen-Atlas septentrional et le Haut-Atlas oriental,
mais dans le reste du pays, surtout sur le littoral, les cycles continentaux correspondraient
plutôt tune faible variation des climats dont les épisodes de pluies, ou Pluviaux, onl été
parfois exagérés on généralisés.
La plupart des loponymes des cycles marocains proviennent de localités de la région
de Casablanca et de Rabat ; les autres, de régions plus éloignées. Ils onl. été donnés par des
géologues, géographes et. préhistoriens du Maroc 1 , Reprenant la coupe classique, de R. Neu¬
ville et A. Ruhi.m ann à Sidi-Abderralimatt, P. Hiueuson l’a complétée par l’adjonction
de sites fossilifères de Mollusques continentaux déterminés par P. Jooor, allant de (a)
le plus ancien nu Salétien, à (i) ou Présollatiieti, avec un sens climatique, et par l'adjonction
des Industries lithiques échelonnées du Stade 1, à Pehhlc culture ancienne du Moidouyen
ou Yillafranchicn inférieur, ait Stade VIH à Levailoîsicn avec Aeheuléen très évolué, du
Présoltanien allant jusqu'à l'Aténen au Soltanien. Ces documents viennent donc renforcer
les données de la Paléontologie des .Mammifères et permettent d'établir une stratigraphie
du Quaternaire marocain dont une récente géochronologie parlait la précision.
La disposition du tableau I est schématique. Pour la commodité de la présentation,
elle ne répond pas à une échelle absolue des valeurs chronologiques : les cycles sont, en
général, de plus en plus longs considérés du sommet vers la base. Celle-ci n’est d’ailleurs
pas définitive : les restes d’hominidé du Kenya remonteraient à 6 millions d’années
(Pattehson et al., 197(1 ; IIomjer et Maglio, 1973), les premiers Eléphants à 4,5 m a.,
coexistant d’ailleurs avec les derniers Mastodontes* Les géologues accordent une durée
1. Pour les cycles marins voir : M. Gir.orr, 1949 (Ouljicn), G. Choobert et H. Ambroggi, 1953 (Mdghré-
bion), P. BiueiisoN, 1958 (autres cycles). Pour les cycles continentaux voie : G. Ciioubert et al., 1950.
Tableau I.
Etages marins
Glaciations
Âge 1
Cycles marins
Hauteur
Cycles continen-
Industries
Humanité 3
MÉDITERRANÉENS
EUROPÉENNES
MAROCAINS 2
(en m)
TAUX MAROCAINS
Versilien-Flandrien
10
Mellahien
2
Ibéromaurusien
H. de Meclita
Wurm sup.
Soltanien
Atérien
sup.
Wurm inf.
100
Ouljien
5-10
Présoltanien
Moustérien
Néanderthaliens
Tyrrhénien '
| moy.
Riss
200
Harounien
18-20
Tensiftien
Acheuléen évolué
inf.
270
Anfatien
28-35
|
Mindel
500
Amirien
Acheuléen ancien
Atlanthropes
Sicilien
sup.
600
Maarifien
55-60
inf.
Gunz
i 300
Salétien (Nil. sup.)
Pebble culture évoluée
t sup.
’ moy.
1 800
Messaoudien
90-100
Australopithèques
Ealabrien
1 )onan
2 500
Moulouven (Vil. inf.)
Pebble culture ancienne
' inf.
4 500
Moghrébien
150-200
1. Âge indiqué en milliers d’années.
2. L’alternance des cycles marins et continentaux est simplifiée volontairement dans ce tableau.
3. Les cycles, les industries et l'humanité se développent sans discontinuité.
UN DEUXIÈME ARCHANTHROPIEN À LA CARRIÈRE THOMAS III
277
de 4,5 ni. a. à 5 ni. a. au Quaternaire (Arambourg et al., 1969), alors qu'il y a 25 ans ils lui
attribuaient moins de I ni. a. Il est vrai que, depuis, le Vdlafranchien et le Calabrien
ont été détachés du Pliocène et incorporés au Pléistocènc inférieur. La glaciation de
Günz qui semblait la première aurait commencé il y a 1,3 ni. a. : elle est précédée par
la glaciation du Danube (2,5 m. a.), elle-même venant, selon certains auteurs, après celle de
la Biber. Les niveaux marins signalés par les plages fossiles Sont de plus en plus élevés en
allant vers Ja base ; les chiffres sont indiqués comme ordre de grandeur. Ainsi, les diffé¬
rents gisements fossilifères, grâce aux stades d’évolution des Vertébrés, des Invertébrés
cl; de l’Industrie lithique, et malgré la lenteur de l’évolution dans une ère aussi courte,
vont donner une précision appréciable dans une stratigraphie difficile à établir en raison
de la complexité de la sédimentation sous l’effet des mouvements eustatiques.
La carrière Thomas
Certaines lacunes stratigraphiques de la célèbre coupe de Sidi-Abderrahman sont
comblées grâce aux carrières Tarit et Thomas. Dans la première on a recueilli des Mollusques,
278
ÉMILE ENNOITCHI
site (a), appartenant à la régression messaoudienne, le niveau de la transgression de 100 m
se situant à Sidi-Messaoud avant le- poudingue du Maarifien régressif de Sidi-Ahderrah-
inan. Dans la deuxième carrière le site (g) est- antérieur aux lumae.lieIles de la partie infé¬
rieure des grès dtinaires.
La carrière Thomas if[ a une forme suhcireulaire et est entourée d'un front de taille im¬
portant sauf sur un point, au sud-ouest, près du chemin général d’exploitation d’où part la piste
d'accès des camions, qui descend de 7 m pour atteindre le sol de la carrière. Celui-ci est
entamé et creusé en un endroit, près du centre, et présente un nouveau front de taille de
3 m de haut.
Le premier front correspond aux formations de Thomas I avec de légères variantes
dues aux micro-faciès : au sommet une croûte calcaire île quelques centimètres reposant
sur des sables et calcaires durcis (1,50 m) passant par endroits à une forte couche (7 m)
de grès compacts de couleur jaune clair, constituant la majeure partie de l’exploitation.
Le nouveau front de taille commence donc à la base des grès (lunaires compacts, jaune
clair (30 à 40 cm), reposant sur une lumachelle anfatienne (20 à 30 cm) et surmontant
une couche épaisse de calcaire gris (2,50 m). C'est à la hase do cette couche que s’est pré¬
sentée la petite grotte si difficile à explorer en raison de sa faible hauteur. La calcite qui
la tapissait soudait les ossements au sol (Mammifères et Atlanthropc). Au plafond étaient
fixés quelques pièces lithiques et des graviers entraînés par l'eau qui a karlsiûé ces calcaires.
Une autre petite grotte, découverte en notre présence plus récemment, à quelques
mètres à l'ouest et au même niveau, n’a pas donné de matériels.
Fig. 3. — Coupe du front de taille de la grotte. La grande masse de grès exploités se trouve au-dessus,
en retrait de trente mètres. 1, niveau du sol de la carrière ; 2, grès (lunaire (30 à 40 cm) ; 3, lumachelle
anfatienne (20 à 30 cm) ; V grès amiricn et la grotte (250 cm).
UN DEUXIÈME ARCH ANTHROPIEN À LA CARRIÈRE THOMAS III
279
Paléontologie
Les Invertébrés
Les Invertébrés, en particulier les llélieidés, recueillis à la carrière Thomas ont été
étudiés par P. Jodot et publics par P. Bibebson et P. Jodot (1965)»
Le ealcaire tendre du gîte (g) ( — Aniirîen supérieur) est caractérisé par Euparypha
pisana Midi., Euparypha pimna M. var. pimnopsis Serv. et ('ochlicella conoidea Dr. var.
occidentalùt Pall. Le grès calcaire rosé du site /i) [ — Présoltanien), termine par la croûte
calcaire, renferme aussi des Mollusques continentaux tels que : LerliiUclioni iiiikiwloe Pall.
Enfin, le calcaire brunâtre supérieur, sous la croûte, contient Euparypha bibersoni Jod.
Ces espèces, retrouvées à Létal vivanl sous d’autres eieux, sont surtout l'indice de
climats tempères ou assez chauds.
Les niveaux marine, bien que moins développés, sont plus riches en fossiles. Ils ont
donné de nombreux Lamellibranches et Gastéropodes, Les plus caractéristiques pour
servir à la stratigraphie semblent être Acanihina crassUabrum, et TrorltakUa trochifarniis
pour le site Mita ri fie il inférieur ; Purpura lupilluii, Eillorinit llltorea et Purpura hetaailoma
pour le Mayrjfien moyen, retrouvées dans les Irais bimaclielles qui divisent les grès de la
partie inférieure de la grande dune. Acanthina et Trochatella représentent aussi des espèces
de région chaude tandis «pie Littorina provient d’une faune nordique, plus froide.
Les Vertébrés
Les principaux éléments de la faune marocaine ont été publiés par C. Au \m bourg,
en 1938, sous le titre : « Mammifères fossiles du Maroc s. Ils provenaient eu majeure partie
de la carrière de Tit-Mellil, an nord de Casablanca, certains de llabnt. L'ouvrage compre¬
nait aussi un tableau comparatif avec d’autres gisements, Nous avons eu l'occasion de
compléter une première fois l , en 1948, la liste de la faune marocaine et surtout de celle
de Rabat puis, les années suivantes, d'y apporter de nombreux documents supplémentaires.
Cette faune constitue une collection importante réunie dans la salle de Paléontologie des
Vertébrés de la Faculté des Sciences de Rabat. Pour fixer les idées, tout en évitant de fas-
t idieuses répétitions, mms nous servirons de la faune de Rabat comme type de comparaison avec
les principales faunes de Casablanca notamment de celles des carrières Thomas laid. II).
La faune de Rabat est plus complète parce que prélevée pendant plus de temps dans
les différents niveaux des grès calcaires et de grès Itréelioïdes roses durcis. Celle de Sidi-
Abderrahman est représentée par le site (g) de la (lunette, dans la grotte des Durs, et les
sites (li) et (i) présoltaniens, des calcaires bréelniïdes roses de la Cunette. La S.T.I.C. corres¬
pond au site ;e) amiiien, el les carrières Thomas I et fil aux niveaux amirieus de le) h (g).
La présence de IHippopotame un peu partout prouve que le Maroc était verdoyant
et riche en pièces d’eau ; celle des Eléphants témoigne d’un climat assez chaud et humide
dans un environnement «le forêts et savanes. Les Ruminants prédominent : la plupart
1. Los Vertébrés «lu Quaternaire «le Rabat, C. r. soium. Séanc. Soc. giol. Fr., 19'«8.
280
EMILE ENNOUCHI
Tableau II.
Faune des grès calcaires de Rabat
Atlunlhropus mauritaniens Aramb.
Elephas atlanlicus Pom.
E. iolensis Para.
Dicerorhinus niercki Kaup
(eralotherium sinmm Burch.
El/uns mauritaniens Pom.
Canin anthus F. Cuv.
Ili/acna eranita spelaea Gobi.
Hi/aena striata, Zim.
I rsus aretos hibersoni Emi.
Ursus aretos larteti Bourg.
IlystrLv iristata Lîn.
Lepus kabijlirus Duv.
11ippopotamas amphibius Lîn.
Pkcwachnerus africanus Gm.
Cornus rnoguceroides algériens Lyd.
lias prirnigeni.us Boj.
Habillas unlit/aus Duv.
Ammntragus lervia Pall.
Ceraieapra redunea maupasi Pom.
(in-ella allantictt Bourg.
Cazella dorons Lin.
Cazella rwi’iori Ogî
1 leelaphus Imbalis Pall.
Habatierrns (trambourgi Enn,
Ç'onnoi'lioetM taurinus prognu Pom.
ffippotragus equinus I )esm.
Tcturotmgus d.erbyanus tnaroccanus Aramb.
B (dama sp.
Strutluo sp,
Testudo ibera Lin.
Trionyx sp.
Sidi Abder-
RAMMAN
S. T. I. C.
Thomas I
Thomas
+
+
+
+
+
+
+
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+
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+
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f
+
+
+
ont disparu pour se retrouver, ainsi que les Phacochères, dans les savanes du Sénégal ou
du Soudan.
L'iniluence des climats froids est surtout sensible dans les régions élevées (pas de traces
de Mammouths, mais on dénote la présence d’Ours, notamment d’un Ours primitif : U.
areloti hibersoni Emu).
Il I aut remarquer, à la suite de la révision des Eléphants établie par C. Arambourg
(1060), que le Quaternaire marocain, si riche en diverses espèces, n’en conserve que cinq
de cette famille :
lilephas africanus Lin., Holocène ; très répandu au Maroc ;
E. iolensis = E. pomeli, Pléistocène sup., niveau sup. des grès de Rabat ;
E. atlanlicus Pom., Pléistocène moyen ; niveau inf. des grès de Rabat ;
UN DEUXIÈME ARCHANTHROPIEN À LA CARRIÈRE THOMAS III
281
E. reçki — E. meridianalis, Villafranchicn sup. : caillou lis de Sale, à la sortie de Rabat ;
E. africanavus Aramb., Villafranchicn inf. ; Fouarat et Oued el Akrech.
D'autre part, dans le Pléistocène inférieur ou Moghrébien de la région de Rabat, nous
avions signalé : A liant' us as iris Arainb. 1 ; Elephas afrit'unaaus Aramb. 2 ; Stylohipparion
lybicuw Aramb. 8 ; Omnchurrus rnarocranus Enn. 4 .
Les deux premiers ont été recueillis ensemble, dans les travaux de captation du Fouarat,
à 38 km au nord de Rabat et au même niveau, ce qui prouve la coexistence du dernier
Mastodonte el du premier Eléphant, comme dans l’Omo.
Les deux autres indiquent la survivance d’un genre voisin d’Ilipparion à la ballastière
d’Oued el Akrech, et d’un gros Suide, dans la ferme Guyot, à Sidi Abdallah, à 10 km au
nord de Rabat,
Nous avions découvert, par ailleurs, des restes d’un Homme de Médita (1952) dans
les limons décolorés qui recouvrent les grès de Rabat. L'abbé J. Roche en a retrouvé abon¬
damment a Taloralt, près d’Oujda.
Enfin, pour compléter l’étude de la faune du Quaternaire de la région île Rabat, on
pourrait ajouter celle des limons rouges wurmiens reposant sur les calcaires à Donax de
Bou-Knadel, à 13 km au nord de Rabat, recueillie en 1952-1958. Elle est abondante et
variée mais ne possède ni restes humains ni industrie lithique. Elle correspond, à peu près,
à celle du Je bd Irhnud (1992-69), mais celle-ci, indépendamment de sa richesse, comprend
plusieurs Néanderlhaliens accompagnés d’une industrie Irvallnisn-moustériemie impor¬
tante 5 et d’un foyer.
La région de Rabat présente ainsi la synthèse d'un Quaternaire pourvu d’une faune
de Vertébrés comparable à celle de Casablanca, en particulier celle de Thomas 1 et III qui,
parla présence de Ursus a-rctos bibersoni, se situeraient dans l’Amirien ou la fin du Tensiftien.
IL LE FRAGMENT CRANIO-FACIAL
Description
C'est la première fois que cette partie du crâne et une série complète de dents supé¬
rieures d’Atlanthrope sont signalées. C. Auambouiu; avait découvert un pariétal, deux
dents supérieures el trois mandibules, et J. Marçaik une série dentaire d'un adolescent
dépourvu de M 3 ,
Il s’agit ici de plusieurs fragments de la face : un de la hase de l'arcade sourcilière
droite, trois autres plus petits, et surtout, pièce principale, un fragment cranio-
facial gauche comprenant le frontal avec l'arcade sourcilière, rattaché au sphénoïde et aux
extrémités de l’ethmoïde, du temporal et, du pariétal.
En Hanau facialis, bien que les sutures soient encore cachées par la couche de ealeite,
le frontal rejoint par la facette latérale gauche une pointe du pariétal.
1. Sur la présence de trois espèces de Mastodontes. ( . r. Suc. Sci. nul. Maroc , 7-5 v 1946.
2. Longévité de l'nrdrc des Prohoscidieus. Bull. Soc. Sci. nul. Maroc , 1948.
3. Üé.etm verte d'un Hîppariori dans les environs «le Rabat , .\oles .Ment., Scrc. Mines Carte géol. ^ïaroc ,
n° 85, 1951.
4. Oraochoeruà ni a r océan us nov. sp., nouveau Suidé marocain. Bull. Soc. Géol. Fr,, 1953.
5. l'n gisement do Néanderlhaliens nord-africains. 88 e Cou;?, natn, «les soc. sav. Clcrmont-Perrand, 1963.
282
EMILE ENNOÜCHI
Il est relié aussi dans la région plérique au sphénoïde et au temporal. Dans sa partie
inférieure il dessine une arcade sourcilière saillante, sous laquelle se trouve la cavité orbitaire.
Celle-ci est limitée par la crête latérale, l'ethnioïde et la racine supérieure de l'os malaire.
La base du frontal se termine au centre par l'échancrure nasale sous laquelle subsistent
l’os nasal jusqu’au rhinion, l’apophyse montante, le lacrymal et une faillie portion de
l’ethmoïde. Le frontal est brisé verticalement à droite, au-delà de la ligne métopique, et
Fig. 4-5. — Fragment cranio-facial en partie recouvert de caicite (réd. à 750/1000) : \ (en haut ),
vu do face ; 5 (en bas à gauche), vu de profil.
Fig. 6 (en bas à droite). — Vue de rendoerâne et du sinus frontal.
UN DEUXIÈME ARCHANTHROPIEN À LA CARRIÈRE THOMAS III
283
coupe le sinus fronlal droit. Le bourrelet sourcilier déborde sur le côté droit avec mie légère
dépression de la glabelle. L arcade sourcilière descend à gauche, au-delà de l'apophyse
orbitaire externe. Knlin, le mil de la cavité orbitaire, voûté, porte l’encoche orbitaire, repré¬
sentée par une goullièrc à la suite d'un accident. L'arcade orbitaire est plus haute du côté
interne que du côté externe.
Kn minuit lateralis, l'impression majeure s'arrête à la forte proéminence du torus supra-
orbitaire, bien qu’une écaille ait été sectionnée au moment de l’extraction. Le frontal, bas
cl fuyant, semble encore plus accentué en raison du rendement de l’arcade sourcilière. La
partie externe de celle arcade se poursuit par l’apophyse zygomatique, et eu haut par une
crête latérale peu marquée. La cassure droite montre une coupe verticale du sinus frontal
droit aux dimensions exceptionnelles : h = 33 mm et I — 25 mm (chez nu homme moderne,
la moyenne est respectivement de 20 et JO mm). Le fond forme le septum sinusal de sépa¬
ration avec l'autre sinus. Par la fenêtre accidentelle on aperçoit toute la cavité du sinus
gauche dont l’étendue et le volume sont très grands. Sous le sinus, l'épine nasale et l'os nasal
se trouvent inclinés presque dans le prolongement du frontal, sans tenir compte du torus
supra-orbitaire. L’épaisseur du frontal varie : '* à 5 mm au-dessus du sinus et 7 mm près
de la région ptérique.
Kn Minuit, superior , sous l’aile frontale, resserrée au-dessus de l’arcade, le torus orbi¬
taire parait plus en relief malgré une légère dépression de la glabelle. La partie gauche dont
une écaille est tombée reste néanmoins proéminente. L’arcade zygomatique qui débute
dans la partie externe de l’arcade sourcilière aurait été largement débordante si elle n’avait
disparu.
En Mirutii hasil.arin, nous voyons d’une part I rndocràue délimité par la crête ethmoïde
et les sinus frontaux, et une ouverture sous l'épine nasale qui donne sur le sinus gauche ;
d’autre part, la voûte de l'arcade orbitaire qui s'étend sur une profondeur de 26 mm du côté
externe et de 22 mm vers l’intérieur, à la hauteur du canal figurant le trou orbitaire. L’orbite
est donc profonde ; mais dans le centre de la cavité, la petite aile et. la grande aile du sphé¬
noïde ne sont pas restées intactes : le trou optique et: la fente sphénoïdale sont absents,
ainsi que la partie inférieure de la cavité orbitaire gauche,
MetisitraiwnK (ni tutu)
Longueur du fragment, du sinus droit à l'extrémité du pariétal : 116.
Hauteur du fragment, du rhiniun à l'extrémité du frontal : 68.
Largeur de l’orbite, du dncrion à l'ortho-fronto-malaire : 38.
Largeur de l'arcade, du rhinion au lemporo-fronto-malaire : 53.
Proéminence île la glabelle prise à la cassure du sinus droit : 11.
Rapport et différences
La première observation est la faible taille du crâne par rapport à un Néanderthalien
ou à un Homme moderne, à en juger par le diamètre de l'arcade sourcilière et surtout par
la largeur du frontal. La disposition inclinée de cet os rappelle le diagramme de profil du
Pithécanthrope ou île l’Ilominidé 9 d’OIdoway plus que celui du Sinanthrope. Mais il en
diffère par l’absence de carène sagittale ou, du moins, de la naissance do cette carène, car
nous n'avons que la partie basse du frontal. Les crânes de Chine et d'OIdoway en sont
284
ÉMILE ENNOUCHI
Porion
Fig. 7. — Profil comparatif des diagrammes sagittaux superposés au porion : du Pithécanthrope (trait fin
continu), du Sinanthrope (trait épais continu), de l’Homimdé 9 d’Oldoway (tiretés), do l’Atlanthrope de
Thomas III (points et tiretés confondus, en partie, avec le trait du Pithécanthrope). (D'après K. Gknet-
Varcin.)
bien pourvus ; chez ce dernier, même, les arcades sourcilières se rejoignent sur le frontal en
dessinant un angle dont la bissectrice supérieure, dirigée vers le vertex, soulèvera la voûte
crânienne pour donner une carène, en forme de toit.
Il est difficile de mesurer l’angle en l’absence du bregma et de billion. Le torus supra-
orbitaire se poursuit sur l’autre arcade avec une faible dépression, alors qu’elle est nette¬
ment accusée dans le Sinanthrope. Là encore, elle se rapproche davantage du Pithécan¬
thrope. ou de I Ihtminidé n° 9 d’Oldoway. D’autre part, la plus grande épaisseur de l’arcade
sourcilière se trouve sur l’angle extérieur du crâne d’Oldoway (12 mm), et sur le milieu
supérieur de l’arcade du Sinanthrope (13,5 mm) ; ici, elle affecte l’angle intérieur de l’arcade
(14 mm). De même, la partie la plus saillante se situe dans l’angle extérieur de l’arcade
d’Oldoway (22 mm) ; ici, elle paraît être au milieu de l’arcade ; la cassure limitant son
relief, une mesure exacte ne peut être, donnée niais elle doit être assez élevée. La glabelle
du crâne marocain est large et renflée.
UN DEUXIÈME ARCHANTHROPIEN À LA CARRIÈRE THOMAS III
285
La moitié gauche du frontal a une largeur de 55 mm soit, pour le frontal entier, 90 mm
vers la ligne temporale et plus haut 60 mm : c’est la constrictiôn post-orbitaire caractéris¬
tique des Archanthropiens et des Néanderthaliens. Le crâne diffère de ces derniers, en
particulier des crânes du Jebel Irhoud, par sa faible taille, le gros renflement de la glabelle
avec, au-dessus, une forte dépression du frontal qui se poursuit dans une forme plus fuyante.
Empreintes endocriniennes
Lu partie endnerânienno qui nous intéresse part de la base de l'encéphale, limitée en
Las par la crête orbitaire au-dessus de l'arcade sourcilière, à droite par la circonvolution
frontale de l'hémisphère droit, à gauche par le lobe temporal au-delà de la scissure de Syl-
vius, et plus haut, par une faible partie de la pariétale ascendante.
Les reliefs, séparés par les sillons frontaux (inférieur, moyen précentral et fronto-
orbitaire) marquent les circonvolutions dans la zone préfrontale, la moitié inférieure du
lobe frontal, où I on peut distinguer Fl , F2, F3 et F asc. ; dans le lobe temporal, Tl, et dans
le lobe pariétal P asc., cl cela au-delà du complexe de Svlvius dont les lèvres béantes sont
un indice d'antiquité.
Fig. 8. — Empreinte endocrânionne (réd. à 750/1000).
On discerne nettement la présence du cap de Broca et du renflement voisin, appelé
pied de F3.
Enfin, l'artère méningée moyenne est. représentée par une fraction de la branche
bregmatique qui se subdivise pour irriguer la région frontale. Dans la dépression de Syl-
vius, à gauche, on aperçoit un important vaisseau, interrompu accidentellement, il doit
correspondre au départ de la branche lambdatique. Ces deux branches séparées sont issues
ÉMILE ENNOUCHI
286
de points voisins (la branche bregniatique devait donner le rameau obélique irriguant la
région fronto-pariétale).
Comparée au pariétal droit de l'Allanthrope de Ternifine, l’artère méningée et la
pariétale ascendante n’ont qu’un rapport limité puisqu’il ne subsiste, ici, qu’une toute
petite partie du lobe pariétal, dans la région du ptérion au milieu de la suture sphénoïde,
entre le pariétal et le temporal : le rameau Irontn-pariéta) de la branche bregniatique se
ramifie de la même façon en s'étendant après, sur le frontal, presque horizontalement, se
rapprochait ainsi plus des Ponginés que des Sinanthropes.
Nous avons voulu comparer celle empreinte à celle du pariétal du Lazaret ; là encore,
le résultat est très limité, en raison de la faible portion de pariétal de la forme marocaine.
Nous avons donc diï la comparer aux moulages endocriniens des Pithecanthropus
«reclus et des Sinunthropm pekinensis.
Dans le moulage de P. e-ruclus, le troue commun de l’artère méningée est visible au-delà
de la scissure de Sylvius ; il se divise peu après, donnant la branche bregniatique ou fronto-
pariétale ressemblant à celle de PÂtlanthrope marocain, et la branche lambdatique ou
rameau temporal. On retrouve aussi l'empreinte des circonvolutions frontales, en relief
dans les moulages superposés de P. «reclus I et II, étudiés par Ariens Kappers, et aussi
une fissuration du lobe frontal ressemblant à notre échantillon.
Selon P. V. Tobias (1967) les six pithécanthropes ont, en moyenne, un volume de
848 cm®, avec un maximum de 975 cm® (P, V.) et un minimum de 750 cm* (P. II), On
avait hésité à juger leur psychisme en raison de l'absence d’industrie. La découverte par
vox Koemcswald d’un outillage rappelant le Claolonien d’Europe a été depuis confirmée
pour les autres Archanthropiens : Sinanthropes et Atlanlhrope».
Comparaison avec les Sinanthropes : lu capacité cérébrale du Sinanthrope peut varier,
selon Tobias, entre 780 cm* (Lantian) et 1 225 cm® (Sin, X), la moyenne étant de 936 cm®
donc supérieure à celle des Pithécanthropes. Malgré ce progrès volumétrique et la tendance
vers l'Homme moderne, il ne semble pas qu’il y ait une différence caractéristique avec les
empreintes endocriniennes des Pithécanthropes : les branches bregniatique et lambdatique
partent du même tronc de l'artère méningée, près de la scissure de Sylvius. D’autre part,
comme dans le Sinanthrope, le liée encéphalique est peu saillant.
En prenant pour base la longueur du frontal, entre la crête inlerhémîsphérique et la
scissure de Sylvius, du sujet de la carrière Thomas, cl celle des Néanderthaliens du Jebel
Irhoud (la différence en moins étant de 14 %), le volume obtenu par extrapolation est de
953 cm® ce qui entrerait dans la marge des Pithécanthropes et des Sinanthropes, même
lorsqu’il s’agit d'un sujet très jeune (M® intacte, en fin d’éruption).
Eu lin, la comparaison avec les empreintes des deux crânes néantl erthaliens marocains
donne quelques résultats : les circonvolutions frontales du 2 e crâne ont un pli supplémentaire,
tandis que F3 du premier crâne est plus voisine par les renflements du eap de Broca et
du pied de F3. Ee bec encéphalique est moins prononcé dans la forme de la carrière Tho¬
mas ; quant à ta conformation de l’artère méningée elle paraît voisine : la bifurcation est
plus basse et plus ouverte ici.
L’empreinte du fragment cranio-facial marocain, malgré la netteté des reliefs, ne
permet pas de tirer des conclusions sérieuses quant au psychisme qui paraît élevé. Certains
caractères sont en rapport avec les formes archanthropiennes ou néandertlialiennes.
UN DEUXIÈME ARCHANTHROPIEN À LA CARRIÈRE THOMAS III
287
Fig. 9. — De haut en bas et de gauche à droite : incisive, canine, prémolaires supérieures de gauche (pro¬
fil en gr. nat.). — Canine, prémolaires et molaires de droite (profil en gr. nat.j. — Molaires supérieures
de gauche (profil en gr. nat.).
288
ÉMILE ENNOUCHI
III. ÉTUDE DES DENTS
Description
Il n’y a que des dents supérieures isolées et au nombre de onze, I 2 g, 2C, 4P, 2M 1 , M 2 g,
M 3 g. En fa il, il subsista un fragment de mâchoire gauche portanl I 2 cl G cl une partie
des alvéoles de P 3 et P 4 . Toutes les dents sont saines, doue pas de caries, ni traces destries
horizontales de l'émail ou périkyrnutie, Elles paraissent appartenir à un sujet très jeune.
Les incisives : nous n’avons récupéré que 1* gauche, qui est longue, droite et robuste.
Ta couronne est lisse, renflée du côté vestibulaire et taillée en biseau creusé en forme de
pelle triangulaire, s’élargissant et s’affinant pour donner un tranchant sur la lace opposée.
L'émail est 1res épais et ridé en éventail. Au collet la couronne se rétrécit en arc sur les
côtés, alors que sur les faces elle s’élargit et s’arrondit. Elle devrait être plus petite et bien
moins large que I 1 , absente. La racine donne un cône aplati sur les côtés mésial et distal.
Mensurations 1 ; 9,2 X 8,2 X 28.
Les canines : elles sont plus droites et plus robustes que les incisives. La partie supé¬
rieure de la couronne s’élargit et s'élève en pointe mousse dans sa face vestibulaire. Du
côté opposé le biseau forme des replis d’émail renflés à la base et deux digitations s’ét alant
en éventail jusqu'aux extrémités. La couronne est plus haute sur les faces : I I mm), malgré
l’usure, que sur les côtés. Le collet s'arrondit un peu. La racine est colloïde, légèrement
aplatie sur les côtés où elle dessine même une faible dépression verticale. Le fragment de la
mâchoire est renflé à l'extérieur, le long de l’alvéole correspondant.
Mensurations moyennes : 9,2 X 9,9 X 30.
Les prémolaires : elles sont bicuspides : le tubercule vestibulaire ou amphicône et le
lingual ou prolocônr. Le premier, le plus Fort, est taillé eu biseau relevé du côté vestibulaire
en formant un angle émoussé. Le second, relativement plat, possède un contour arrondi.
( n sillon sépare ees deux euspides. Il rejoint les lovées antérieure et postérieure et repart,
à angle droit, dans la direction vestibulaire. La couronne est donc allongée et basse (bra-
chyodontie). Le frottement contre les dents voisines est marqué par des facettes d’usure.
La muraille labiale montre sur chaque côté une dépression verticale. Elle est convexe et
inclinée vers l’axe oce]usai, ce qui donne un diamètre de la couronne plus grand au collet.
I.es prémolaires ont deux racines (celles de certains Australopithèques en ont trois et celles
des Hommes modernes, en général, une seule). Ici, elles sont, distinctes du côté mésial,
coalescentes du côté opposé, ne se séparant que vers l’apex (forme de Tome).
Les prémolaires P 8 et P 4 se ressemblent, pourtant P 3 a un tubercule vestibulaire moins
important que P 4 , D’autre part, P 3 se distingue de P 4 par les sillons mésial et vestibulaire,
le long de la racine labiale. I .es racines de P 4 sont plus longues et les couronnes à peine
plus robustes qu’en P 3 .
Mensurations moyennes : P 3 = 8,2 X 11 X 23,5 ; P 4 = 8,4 X 11,3 X 25.
i. Les mesures sont en millimètres et dans l’ordre : mésio-distal, vestibulo-lingual et hauteur totale.
UN DEUXIÈME ARCIIANTHROPIEN À LA CARRIÈRE THOMAS III
289
Les molaires : ou y retrouve les quatre tubercules : le paracône et le méLaoône du côté
vestibulaire, et le protocône et l’hypocône du côté lingual. La couronne subrectangulaire
est dissymétrique. Le côté le plus fort correspond à la largeur vesl.ibulo-liuguale, caractère
général des molaires supérieures. C’est l'inverse pour les molaires inférieures. Ces molaires
se reconnaissent à leur degré d'usure : M 1 apparaissant avant M* est la plus usée, L'érosion
se produit surtout au centre ; les tubercules \eslibulaires sont moins atteints que les lin-
gaux. Leur différenciation est marquée sur la muraille de la couronne par une dépression
verticale vers le milieu de chaque face. Sur les fanes mésiale et distale on remarque une
facette de frottement avec la dent voisine. La faible atteinte du côté distal en M 2 prouve¬
rait que M 3 était en voie d’éruption. Le côté distal de M a est plus court que le mésial, les
sillons qui séparent les tubercules sont plus apparents qu'en M 1 et les paracône et proeône
plus forts. Les tubercules lin gaux renflés à la base donne à la couronne un diamètre plus
grand vers le collet.
Enfin, M 3 a sa couronne intacte. Elle se distingue des autres par sa forme allongée.
Sa table d’abrasion montre deux fovéas avec des sillons et ridules qui se poursuivent jus¬
qu’à la muraille. Elle était pourvue de trois racines, l’une est brisée, les deux autres, en
Fig. 10-11. — Séries dentaires de gauche (10), face d’abrasion (X 1,5)
et de droite (11), face d’abrasion ( X 1,5). (Disposition parabolique imaginée.)
290
EMILE ENNOUCHI
partie coalescentes, largement ouvertes aux extrémités, montrent aussi que la dent est
en cours d'achèvement et d’éruption. A peine entrée en fonctions, elle appartient donc à un
adulte très jeune. Chez le Sinanthrope et le Télanthrope, M 3 n’a qu’une racine ; l’Atlan-
thrope de Terni fine possède une troisième molaire inférieure avec quatre racines (la M 3
d’Atlanthrope n’existe pas ailleurs). Mais la question du nombre des racines ne semble pas
primordiale, comme d’ailleurs chez l'Homme moderne où il petit exister des variations.
Les racines de M 1 et M* sont divergentes et an nombre de trois. Les deux vestilmlaires,
aplaties dans le sens mèdio-dislal, sont inégales : la troisième linguale, beaucoup plus forte,
aplatie dans le lingo-vestibolaire est remarquable par une dépression verticale do cote
lingual et un double sillon médian à l’opposé. Sur les deux autres racines de M 2 , on note
un sillon longitudinal moins perceptible en M 1 .
Mensurations : M 1 = 12,5 X 14 X 22 ; M 2 = 11,3 X 13,6 X 22 : M 3 = 9.2 x 13,2 X 19.
Table ai III. — Comparaison des dents supérieures d’Arehanthropiens
(mesures en mm).
Dents
Atlanthrope de la
Longueur carrière Thomas III Pituëcan-
Largeur gauche droite tiiropeIV
Mens. Robust. Mens. Robust.
Sinan¬
thrope
(moyenne)
Mandibule de la
carrière Thomas I
Mens. Robust.
1-1
MD
10,3
VL
7,7
1-2
MD
9,3
10
8,2
VL
8,2
17,5
10,4
8,1
C
MD
9,2
9,2
9,5
9,5
VL
9,8
19
10
19,2
11,8
10,2
P-3
MD
8,2
8,2
8,3
8,3
VL
11
19,2
11
19,2
12,4
11,9
P-4
MD
8,3
8,5
8.3
7,9
9,3
VL
11,2
19,5
11,5
20
12.2
J 1,4
11
20,3
M-l
MD
12,5
12,5
12,3
10,9
14,2
VL
14
20,5
14
26,5
13,6
12,5
13,2
27,4
M-2
MD
11,3
13,6
10.9
15
VL
13,6
24,9
15,2
12,7
13,3 1
28,3
M-3
MD
9,2
10,8
9,6
12,5
VL
13,2
22,4
14
11,5
10,2 1
22,7
MD : longueur inésio-distale ; VL : largeur vestibulo-linguale.
L’idée de robustesse peut, être donnée par : la taille absolue =1:2 de MD — VI. : la robustesse =
Ml) + VL ; l’indice de robustesse = MD x VL. Pour la simplicité, nous avons choisi la 2 e manière de rendre
la robustesse.
1. Après le dégagement total de la mandibule les largeurs ont apparu plus faibles : 13,3 au lieu de
13,7 et 10,2 au lieu de 1 1.
Rapports et différences
De l’examen du tableau III on peut tirer les comparaisons de tailles et de robustesse
suivantes (A = Atlanthrope; P = Pithécanthrope ; S = Sinanthrope) :
UN DEUXIÈME ARCIIANTHROPIEN À LA CARRIÈRE THOMAS III
291
I- : S < A < P .VI 1 : S < P < A
C : S < A < P M 2 : S < A < P
P 3 : A < S < P M 3 : S < A < P
P 4 : S < A < P
Eji résumé, chez l’Allanl hrope les incisives, canines, P 4 , M 2 , M 3 ont des valeurs intermé¬
diaires, tandis (|ne M 1 est la plus robuste et P 3 la plus faible.
En prenant la taille globale des prémolaires et des molaires, on aurait : A = 56,25 ;
S = 53,8(1 : P 60,35 ; soit S<A< P. Là encore, valeur intermédiaire pour PAtlanthrope,
plus voisin du Sinanthrope que du Pithécanthrope: en général, les dents de ce dernier
sont les plus robustes.
A defaut de I 1 . il est dillicile de faire le rapport des dents coupantes aux broyeuses,
mais en n'utilisant que I 2 et C, on obtient : A = 18,5:S= 17,îl : P = 20,85 ; «oit S < A < P.
Pour fixer les idées, ou peut supposer MD pour l 1 = 11, on aurait, pour la longueur des
dents coupantes 29.5, pour les broyeuses, 49,5, soit au total 79; et le rapport des dents
coupantes sur la série dentaire : 29,5/79 = 37 %. Ce pourcentage doit être réduit si l’on
fait entrer en ligne île compte les dents inférieures dont les molaires sont plus longues :
61 au lieu de 49,5 ce qui ramènerait le pourcentage de 37 à 32. Chez les Auslralopithé-
ciens, le chiffre est très lias (23 à 28 %) eu raison du développement des dents broyeuses.
Ordre d apparition des dénis permanentes
Dans l'élude de la mandibule néanderlbalieiine de reniant du Jebol Irhoud, nous avions
remarqué, par la position des germes dans le sein de la mandibule, que l’ordre de l’appari¬
tion différait do celui de l’Homme moderne et se rapprochait davantage de celui indiqué
par Virchow et P cm:, à savoir : M 1 l 1 I 2 C M 2 P 1 P 2 M 3 . Selon Weidenreich. chez les
Sinanthropes il serait : M 1 I 1 I 2 M 2 P 1 C P 2 M 3 , alors que chez l’Homme actuel il est. : M 1
ji j 2 pi (; p 2 \|2 \|3 || ar( .; ve parfois que \I 2 surgisse, alors que les molaires et canines de
lait sont encore en place, et seront remplacées bien après L’éruption M 2 ; ce qui rappelle¬
rait un vestige ancestral.
A S HE CT RADIOGRAPHIQUE
Les rayons X traversent facilement les tissus organiques mous et composés d’élé¬
ments chimiques légers en poids atomique. Mais plus les tissus contiennent de minéraux
lourds, plus les rayons rencontrent de difficultés, ne qui se traduit par une opacité accrue.
Ainsi, la cavité pulpaire, remplie du tissu nourricier, des réseaux vasculaires, et d’un
lacis plexiforme de ramifications nerveuses (ce qui explique l'extrême sensibilité et la
douleur en eas de carie) donnera line impression de transparence, l e cément de la racine
contenant encore 40 % île matière animale, mais 56 % de phosphate de chaux el 4 % de
carbonate de chaux, sera moins transparent. L'ivoire, qui ne renferme que 28 % de tissu
organique (65 % de phosphate de chaux et, 7 % de carbonate de chaux) sera plus opaque.
Enfin, pour l'émail, composé surtout de sels minéraux : 88 % de phosphate de chaux et
de fluorure de calcium, 8 % de carbonate de chaux, 2,5 % de phosphate de magnésie et
autres sels (il ne reste que 1 % de matière organique), l'opacité csl forte.
292
EMILE E1VNOUCHI
C’est pourquoi, lorsque ces quatre corps différents sont soumis aux rayons X, il en
résulte toute une gamme allant de la clarté à la densité, de la transparence à l’opacité.
Dans l’incisive, le canal pulpaire est vertical ; il va en s'élargissant vers la couronne.
I 2 est usée dans la partie tranchante de la couronne et l’ivoire apparaît sous l’émail, tandis
qu'il protège la couronne par aillems.
Les canines montrent un canal pulpaire droit avec un léger rétrécissement vers le
collet ; il se termina en pointe dans la couronne. L’émail enveloppe l'ivoire : on aperçoit
la pointe émoussée jusqu’à la couche d’ivoire.
Les prémolaires indiquent la présence de deux racines où les canaux pu (paires rejoi¬
gnent la cavité pulpaire entourée de cément et recouverte d’ivoire. La cavité dentaire suit
la conformation de la couronne. Celle-ci est protégée par une couche notable d’émail sous
laquelle l’ivoire est épais.
Fig. 12-14. — Radiographies de l'incisive et de la canine de gauche (x 1,33) (fig. 12, à gauche) ; de la
canine, des prémolaires et de la molaire de droite (X 1,33) (fig. 13, en haut) ; des molaires de gau¬
che (x 1,33) (fig. 14, en bas).
Les molaires ont à peu près la même disposition que les prémolaires, avec la différence
que la couronne possède quatre tubercules et qu’elles ont trois racines dont les canaux
aboutissent à la cavité pulpaire. La troisième molaire possède une cavité dentaire plus vaste
que les deux autres molaires ; ses canaux aboutissent vers l’apex, à un portais largement
ouvert ; l’épaisseur notable de l’émail montre que cette dent n’a pas été entamée. Ces trois
caractères prouvent bien que cette molaire provient d’un individu encore jeune.
UN DEUXIÈME ARCHANTHROPIEN À LA CARRIÈRE THOMAS III
293
L’émail s’use par frottement sans se reproduire, aussi bien dans les facettes de contact
que sur la table d'abrasion. Les M 1 et M 2 malgré leur degré d'usure ne peuvent être attri¬
buées à une personne âgée, car avec l’âge les couches osseuses finissent par réduire et
obstruer la cavité dentaire. Enfin, on pourrait noter un certain degré de. taurodontie mar¬
qué par une importante cavité pulpaire par rapport à la paroi, surtout dans les racines
vestibulaires.
CONCLUSIONS
Ce fragment cranio-facial, par la forme du frontal, la forte proéminence de l’arcade
sourcilière, l’importance des sinus frontaux, l’examen endocrànien, la position stratigra-
phique, la faune qui l’accompagne, appartient bien à un Archanthropien. En outre, la
comparaison des dents à celles des formes de .lava, de Chine ou d’Alrique, par les mensura¬
tions, la morphologie ou l'examen radiographique, aboutit à la même constatation. Il y a
pourtant des différences : Initiât avec les unes, tantôt avec les autres ; de sorte qu’il devient
difficile d’admellre un genre el une espèce sans réserve. Malgré cela, nous pensons qu’il
s’agit de la forme nord-africaine A liant lira pas maurUanims Aramh, D'autres documents
pourraient conduire à la ramener dans un genre commun : Pithecaruhropm , ou mieux à un
genre et à une espèce communs pour les Archanthrnpiens : Homo credo,x, avec la sous-
espèce locale ; ici, rntmritanicnx Aramh.
D’autre part, la faibli 1 épaisseur des ossements, la présence d’une \1 3 à peine en place,
permettent de penser qu’il s’agit d’un jeune homme nu plutôt d'une jeune femme si l’on
peut tirer parti des contours arrondis de I arcade sourcilière et de l'orbite.
Enfin, malgré des allinités néandertItaliennes évidentes des sujets de Sidi-Abderrah-
inan, de Rabat el de Tamara dont les niveaux slraligrapbiques sont voisins les uns des
autres, il semble qu’ils appartiennent à Allnnlhropus mauritaniens avec des formes de plus
en plus évoluées de l’Amirien au Tensiltien, ce qui rapprocherait les Néanderthaloïdes
des derniers Archanlhrnpiens, en les enracinant davantage. Ici, la présenta 1 d’une petite
M 3 plaiderait pour une forme allanthropienne évoluée.
RÉFÉR ENCES lîIBL IGG RA P11 HR ES
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Achevé d’imprimer le 30 décembre 1976.
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« auteurs secondaires » en taxionomie. Bull. Mus. Hisl. nat., Paris, 2 e sér., 42 (2) : 301-304.
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