ISSN 0181-0626
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIRE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION A
zoologie
biologie et écologie
animales
4" SERIE T. 5 1983 N° 4
Octobre-Décembre 1983
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Professeur E. R. Brycoo
Section A : ZOOLOGIE
Directeurs : Pr E. R. Brygoo et M. Vachon.
Rédaction : P. Dupérier.
Comité scientifique : R. C. Anderson (Guelph), M. L. Bauchot (Paris), J.
Carayon (Paris), A. Chabaud (Paris), A. M. Clark (London), Y. Coineau
(Paris), B. Collette (Washington), J. Daget (Paris), C. Delamare Debout-
teville (Paris), J. Dorst (Paris), C. Dupuis (Paris), N. Hallé (Paris),
C. Heip (Gent), R. Killick-Kendrick (Ascot), Y. Laissus (Paris), R. Lau¬
rent (Tucuman), C. Lévi (Paris), H. W. Levi (Cambridge, USA), C. Mon-
niot (Paris), G. Pasteur (Montpellier), R. Paulian (Ste Foy-la-Grande),
P. Pesson (Paris), J. Vacelet (Marseille), A. Waren (Gôteborg), P. White-
head (London).
Un Comité de lecture examine tous les manuscrits reçus et nomme des
rapporteurs.
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d'Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La J re série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
six fascicules regroupant divers articles.
La 2 e série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six
fascicules par an.
La 3 6 série (années 1971 h 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicides séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n 08 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie,
n 08 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n os 1 à 70 ; Botanique, n 08 1 à 35 ; Écologie générale,
n 08 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n 08 1 à 19.
La 4 e série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales ; B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie (fusionnée à partir de 1981 avec la revue Adansonia) ; C : Sciences de la Terre, paléon¬
tologie, géologie, minéralogie. La revue est trimestrielle ; les articles sont regroupés en
quatre numéros par an pour chacune des Sections ; un tome annuel réunit les trois Sec¬
tions.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24 ; 331-95-60.
— pour les abonnements et achats au numéro, au Service de vente des Publications du
Muséum, 38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24 ; 331-95-60.
C.C.P. Paris 9062-62.
— pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue Cuvier,
75005 Pans, tél. 587-19-17.
Abonnements pour l'année 1983 (Prix h.t.)
Abonnement général : 1080 F.
Section A : Zoologie, biologie et écologie animales : 670 F.
Section B : Botanique, Adansonia : 300 F.
Section C : Sciences de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie : 195 F.
Numéro d’inscription à la Commission paritaire des publications et agences de presse : 1403 ATI
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
4 e série, 5, 1983, section A (Zoologie, Biologie et Lcologie animales), n° 4
SOMMAIRE — CONTENTS
C. Lévi et P. Lévi. — Démosponges bathyales récoltées par le N/0 « Vauban »
au sud de la Nouvelle-Calédonie. 931
Bathyal Demosponges collected by the N/O ‘Vauban south of New Caledonian coasts.
F. Monniot. — Ascidies littorales de Guadeloupe. V. Polycitoridae. 999
Littoral Ascidians from Guadeloupe. V. Polycitoridae.
C. Monniot. — Ascidies littorales de Guadeloupe. VI. Pyuridae et Molgulidae. . . . 1021
Littoral Ascidians from Guadeloupe. VI. Pyuridae and Molgulidae.
A. K. DattaGupta. — Echiurians collected during the SAFARI 1 cruise in the
Indian ocean, south of Madagascar. 1045
Echiuriens récoltés au cours de la mission SAFARI 1 dans l’océan Indien, au sud de
Madagascar.
C. Erséus. — Two new species of Aktedrilus (Oligochaeta, Tubificidae) from the
West Atlantic. 1051
Deux espèces nouvelles d’ Aktedrilus ( Oligochaeta , 7 ubificidae) de V Atlantique Ouest.
V. ViTALi- Di Castri. — Chthoniidae et Cheiridiidae (Pseudoscorpionida, Arach-
nida) des Petites Antilles. 1059
Chthoniidae et Cheiridiidae ( Pseudoscorpionida , Arachnida) from the Lesser Antilles.
E. R. Brygoo. — Systématique des Lézards Scincidés de la région malgache. XL Les
Mabuya de Madagascar. 1079
Taxonomie studies on the Lizards Scincidae from Malagasy region. XI. The Mabuya
from Madagascar.
4 , 1
- 930 -
C. A. Domergue. — Notes sur les Serpents de la région malgache. III. Description
de trois espèces nouvelles rapportées au genre Liophidium Boulenger, 1896. . . . 1109
Notes on the snakes from Malagasy region. III. Description of three new species referred
to the genus Liophidium Boulenger , 1896.
M. L. Bauchot et R. Bauchot. — Les Pagellus de l’océan Indien (Pisces, Perci-
formes, Sparidae). 1123
The Pagellus from Indian ocean ( Pisces , Percif ormes, Sparidae ).
J. T. Williams and L. A. Maugé. — Cirripectes chelomatus, a new species of salarine
fish (Pisces, Blenniidae). 1139
Cirripectes chelomatus, nouvelle espèce de blennie ( Pisces , Blenniidae).
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 5, 1983,
section A, n° 4 : 931-997.
Démosponges bath y ales récoltées par le N/O « Vauban »
au sud de la Nouvelle-Calédonie
par Claude Lêvi et Pierrette Lévi 1
Résumé. - Dans cette troisième note sur les Éponges bathyales du sud de la Nouvelle-
Calédonie, nous décrivons quarante espèces, pour la plupart nouvelles, dont deux sont les types
de genres nouveaux : Heterocornulum et Tylaspis. Nous proposons la création de la nouvelle famille
des Cornulidae.
Abstract. - Forty species of bathyal Demosponges collected south of New Caledonian coasts
are described ; most of them are new. Two new genera, Heterocornulum and Tylaspis, and a new
family, Cornulidae, are established here.
C. Lévi et P. Lévi, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d'His¬
toire naturelle, 57, rue Cuvier, 75005 Paris (E.R.A., CNRS, 957). Centre ORSTOM, Nouméa.
Cette troisième note sur les Spongiaires bathyaux du sud de la Nouvelle-Calédonie
concerne des espèces massives ou encroûtantes, pour la plupart encore inconnues. Il est vrai
que les comparaisons avec les échantillons de référence des espèces supposées congénériques
ne sont pas toujours possibles. Néanmoins, nous avons procédé à l’examen d’éponges ou
de préparations de spicules conservées à Paris, à Londres, Amsterdam, Washington, Franc¬
fort, Strasbourg, Stockholm, Uppsala et Sydney et nous tenons à remercier collectivement
tous les Conservateurs de ces collections. Les travaux les plus importants pour l’étude
critique de cette collection sont ceux de Ridley et Dendy (1887), Dendy (1921, 1924),
Burton (1928), Wilson (1925) et Topsent (1904, 1928). Bien que les mémoires relatifs
à la faune des Spongiaires bathyaux des marges indopacifiques soient encore très peu nom¬
breux, nous n’avons pas découvert d’espèces tout à fait originales. Toutefois, plusieurs
espèces décrites dans cette note alimenteront de nouvelles discussions taxinomiques sur
les éponges fistulaires pour lesquelles nous proposons de distinguer la nouvelle famille
des Cornulidae, que nous séparons des Coelosphaeridae Hentschel. Cette collection apporte
aussi des documents intéressants sur les Petrosida et sur un ensemble d’éponges pierreuses
appartenant à des ordres divers.
Les travaux si riches et si exceptionnels de Topsent sur la faune bathyale des Açores
et des îles du Cap Vert permettent de constater de nombreux points de convergence dans
la composition des faunes d’éponges profondes de l’Atlantique et du Pacifique sud-ouest.
Une prospection plus systématique au large de la Nouvelle-Calédonie montrera certaine¬
ment des parentés multiples entre les espèces encroûtantes actuelles de ces deux océans.
On en trouvera déjà quelques exemples ici.
1. Avec la participation de M lle J. Parétias (dessins) et M. A. Foubert (photographies).
- 932 -
Il est également très intéressant de noter dans cette collection la présence d ’ Ircinia
aligera (Burton), espèce si caractéristique décrite d’après un spécimen des îles Mergui,
et celle d’autres espèces déjà signalées en toute certitude par Dendy dans l’océan Indien.
Nous signalons encore l’identification très probable dans cette collection de Parahig-
ginsia phakellioides Dendy, Orina regia (Brondstedt) et Plocamilla novizelanica Ridley,
déjà signalées à l’extrême nord de la Nouvelle-Zélande.
Plusieurs espèces nouvelles de cette collection posent de très difficiles problèmes taxi¬
nomiques, comme Prostylyssa (?) radiata, Rhizoniera strongylata, Spongosorites bubaroides,
Raspailia pachysclera. Leur statut sera certainement révisé à l’avenir. Des espèces soi-
disant cosmopolites, comme Plakortis simplex Schulze, Aaptos aaptos (Schmidt) ou Sube-
rites caminatus Ridley et Dendy, seront également à revoir. 11 est néanmoins utile de les
signaler ici.
LISTE DES ESPÈCES
DEMOSPONGIAEA
HOMOSCLEROMORPHA
HOMOSCLEROPHORIDA
Plakinidae Schulze, 1880
Plakortis simplex Schulze
Plakina corticolopha n. sp.
Corticium bargibanti n. sp.
TETRACT1NOMORPHA
HADROMERIDA
Suberitidae Schmidt, 1870
Suberites caminatus Ridley et Dendy
Clionidae Gray, 1867
Alectona triradiata n. sp.
Tethyidae Gray, 1867
Aaptos aaptos (Schmidt)
EPIPOLASIDA
Epipolasidae Sollas, 1888
Tylaspis topsenti n. g., n. sp.
AXINELLIDA
Trachycladidae Kallmann, 1917
Trachycladus digitatus Lendenfeld
- 933 -
Axinellidae Ridley et Dendy, 1887
Axinella lifouensis n. sp.
Phakellia columnata (Burton)
Phakellia plumosa n. sp.
Raspailiidae Hentschel, 1923
Raspailia pachysclera n. sp.
Lithoplocamia dolichosclera n. sp.
Hemectyonilla gardineri (Dendy)
Desmoxyidae Hallmann, 1917
Parahigginsia phakellioides Dendy
Agelasidae Verrill, 1907
Agelas novaecaledoniae n. sp.
CERACTINOMORPHA
POEC1LOSCLERIDA
Mycalidae Lundbeck, 1905
Mycale myriasclera n. sp.
Hamacanthidae Gray, 1872
Hamacantha sp.
Coelosphaeridae Hentschel, 1923
Phlyctaenopora bocagei n. sp.
Coelodischela massa n. sp.
Esperiopsidae Hentschel, 1923
Esperiopsis macrosigma Stephens f. novaezelandiae Dendy
Myxillidae Topsent, 1928
Lissodendoryx bifacialis n. sp.
Lissodendoryx stylophora n. sp.
Crellidae Hentschel, 1923
Yoesia acanthosclera n. sp.
Hymedesmiidae Topsent, 1928
Hymedesmia brachyrhabda n. sp.
Hymedesmia spiniarcuata n. sp.
Ci.athriidae Hentschel, 1923
Plocamilla novizelanica (Ridley)
Cornulidae n. fam.
Heterocornulum virguliferum n. g., n. sp.
HAL 1CHONDRID A
Hymeniacidonidae Laubenfels, 1934
Prostylyssa (?) radiata n. sp.
H alichondriidae Vosmaer, 1887
Spongosorites bubaroides n. sp.
- 934 -
PETROSIDA
Petrosiidae Van Soest, 1980
Strongylophora mamillata n. sp.
Petrosia pluricrustata n. sp.
Petrosia punctata n. sp.
Oceanapiidae Van Soest, 1980
Foliolina (?) peltata Schmidt
HAPLOSCLERIDA
Renieridae Ridley, 1884
Cladocroce incurvata n. sp.
Rhizoniera (?) strongylata n. sp.
Gelliidae Ridley et Dendy, 1887
Gellius anatarius n. sp.
Orina regia (Brondsted)
DICTYOCERATIDA
Spongiidae Gray, 1867
Ircinia aligera (Burton)
Famille Plakinidae Schulze, 1880
Genre PLAKORTIS Schulze, 1880
Plakortis simplex Schulze
(PI. I, 1 ; fig. 1)
MNHN D.CL 2949.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°20' S — 167°10' E ; 175-200 m.
Petite éponge revêtante fixée sur une éponge Dictyocératide. Elle mesure 2-3 mm
d’épaisseur ; sa surface est lisse et ses nombreux spicules sont disposés sans ordre appa¬
rent.
Spicules
— Diactines plus ou moins sinueux et centrotylotes : 80-130 p.m/3-5 p,m. Abondants.
— Triactines réguliers ou irréguliers, avec actines de 40-50 p.m/3-5 p,m ; souvent
une des actines est courte et obtuse. On trouve aussi quelques sphérules de 12-13 p.m de
diamètre.
Distribution : Cosmopolite (par absence d’étude comparative critique).
- 935
Fig. 1. — Plakortis simplex Schulze : diactines et triactines X 330.
Genre PLAKINA Schulze, 1880
Plakina corticolopha n. sp.
(Fig. 2)
Holotype : MNHN D.CL 2969 ; paratype : MNHN D.CL 2970.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°46'S — 167°14' E ; 400-410 m.
Petites éponges en coussin convexe ; de couleur grise, à surface lisse sans protubé¬
rance, avec quelques orifices isolés, de moins d’un millimètre de diamètre. Les trois spé¬
cimens mesurent 13/7/8 mm, 5/4/2 mm et 6/4/2 mm.
Le squelette se compose surtout d’une masse d’acantholophocalthropes et d’une couche
superficielle de lophocalthropes.
Spiculés
— Acantholophocalthropes de type 4-0 ou 3-1, c’est-à-dire à 4 ou 3 actines longues
avec fortes épines basales.
— Lophocalthropes ectosomiques avec une actine principale bifide ou trifide et 3
actines subdivisées à deux reprises, la deuxième division étant presque apicale.
Remarque : Par la structure de ses lophocalthropes superficiels, cette éponge ressemble
à Corticium topsenti Pouliquen, C. versatile Schmidt et Plakina corticioides Vacelet et al.
Elle se distingue notamment de cette dernière par ses acanthocalthropes principaux.
— 936 —
Fig. 2. — Plakina corticolopha n. sp. : 1, acantholophocalthropes X 480 ; 2, lophocalthropcs X 480.
Fig. 3. — Corticium bargibanti n. sp. : 1, acanthocalthropes X 480 ; 2, candélabres x 480.
Genre CORTICIUM Schmidt, 1862
Corticium bargibanti n. sp.
(PI- 1,2; fig. 3)
Holotype : MNHN 1J.CL 2967 ; paratypes : MNHN D.CL 2968.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°46' S 167°14' E ; 400-410 m.
Petites éponges de couleur jaune-gris clair, assez fermes, à surface très finement sil¬
lonnée, mais égale. Massives, en forme de gâteau convexe, elles mesurent respectivement
- 937 -
23/12/15 mm, 15/8/8 mm, 22/12/20 mm. Au sommet de la surface convexe une dizaine
de petites protubérances sont percées d’orifices aquifères exhalants. L’éponge est soutenue
par une masse de tétractines épineux ; en surface, une couche de candélabres couvre toute
l’éponge.
Spicules
— Acanthocalthropes (tétractines) ayant généralement 3 actines longues et une actine
courte ; chacune porte un bouquet de grosses épines à la base.
— Candélabres à 3 actines courtes, divisées en 2 ou 3 épines ; une actine en candé¬
labre à 10-12 branches à fines épines.
Remarque : Deux autres espèces de Corticium possèdent des acantholophocalthropes
(tétractines épineux) : C. bowerbanki Sara et C. acanthastrum Thomas. Cette dernière espèce
est la plus voisine, mais elle a des calthropes de type 2 actines longues, 2 actines courtes ;
elle provient de la zone récifale de l’océan Indien.
Famille Suberitidae Schmidt, 1870
Genre SUBERITES Nardo, 1833
Suberites caminatus Ridley et Dendy
(Fig. 4)
MNHN D.CL 2964.
Localité : Nouvelle-Calédonie ; entre File des Pins et le sud du Grand Récif.
Eponge hémisphérique de 5 mm de diamètre, fixée par une base circulaire, frangée,
à charpente radiaire, composée de faisceaux principaux de tylostyles et d'une palissade
de petits tylostyles qui s’élève en formant une sorte de manchon autour de l’oscule apical
de 300-400 pm de diamètre. La surface est égale et lisse. La couleur est ocre brunâtre.
Spicules
— Tylostyles rectilignes principaux à renflement basal ou subterminal ; 800-1 450 pm/
10-13 pm.
— Tylostyles palissadiques : 130-300 pm/5-10 pm.
Des spicules de taille intermédiaire entre les deux catégories (500/10 pm).
Remarque : Par sa morphologie et sa structure, cette éponge est proche de Suberites
caminatus Ridley et Dendy, éponge trouvée dans l’Antarctique et l’Atlantique.
— 938 —
Famille Ceionidae Gray, 1867
Genre ALECTONA Carter, 1879
Alectona triradiata n. sp.
(Fig. 5)
Holotype : MNHN D.CL 2950.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°33' S —- 166°25' E ; 290-350 m.
Fig. 4. ■— Suberites caminatus Ridley et Dendy : tylostyles X 220.
Fig. 5. — Alectona triradiata n. sp. : 1, triactines X 240 ; 2, amphitriaenes X 240.
Fig. 6. •— Aaptos aaptos (Schmidt) : styles X 46.
- 939 -
Éponge probablement incomplète, constituée d’une masse ovoïde ferme, mais sans
squelette, à l’exception d’amphitriaenes dispersés ; la couleur est jaune-ocre clair. A la
partie supérieure de l’éponge sort un tube blanchâtre presque rigide, dont la paroi est sou¬
tenue par des mégasclères triactines à fortes épines.
Spicules
— Triactines à actines souvent un peu courbées, portant de fortes épines sur toute
leur longueur. Certains spicules ont leurs actines à surface presque lisse, sans épines et leurs
extrémités sont toujours obtuses. Actines de 100pm/30pm environ.
— Amphitriaenes caractéristiques des Thoosides, avec épines terminales et deux
verticilles presque jointifs ; les uns courts à fines épines terminales, en mélange dans la
paroi du tube avec les triactines : 25-30 pm ; les autres dans la masse molle de l’éponge,
à actines de 30-40 pm et diamètre de 30 pm.
Remarques : Cette éponge est manifestement une Alectona sortie d’un conglomérat
calcaire et dont la masse ovoïde est enfermée dans le substrat d’où émerge la cheminée
apicale à triactines. Aucune autre Alectona actuellement décrite n’a de triactines, mais
une autre espèce à triactines épineux a été trouvée dans une collection des Açores. De plus,
l’espèce décrite par Topsent (1920) sous le nom de Thoosa arnphiasterina possède des micro-
sclères très semblables et il n’est pas exclu qu’il s’agisse d’une espèce à mégasclères de même
type que les triactines de A. triradiata.
Famille Tethyidae Gray, 1867
Genre AAPTOS Gray, 1867
Aaptos aaptos (Schmidt)
(PI. ï, 3 ; fig. 6)
MNHN D.CL 2971.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°48' S — 167°09' E ; 355-360 m.
Éponge de couleur brun-rouge, en forme de coussin surélevé au centre, mesurant
30/30/7-12 mm. La surface est rugueuse. Le squelette est radiaire, presque parfait à partir
du centre. Il existe une palissade de tylostyles externes ; la charpente principale est composée
de styles fusiformes.
Spicules
— Styles fusiformes légèrement courbés, parfois tylostyles ou subtylostyles : 600-
3 000 pm/18-70 pm.
— Styles ou tylostyles périphériques : 420-700 pm/6-12 pm.
— 940 -
Remarque : L’identification spécifique de cet Aaptos est provisoire. On peut seule¬
ment remarquer la longueur assez grande des styles principaux de ce spécimen. Hoshino
(1981) en décrivant Aaptos niger a rappelé l’existence de nombreux Aaptos de couleur
brun-rouge, rougeâtre ou noirâtre. Il a souligné également les grandes différences de lon¬
gueur des mégasclères entre les spécimens connus. Parmi eux, l’éponge qui paraît être la
plus proche est un spécimen de Nouvelle-Zélande (Bergquist, 1968). Bergquist y signale
trois catégories de tylostyles. Il est en effet possible de trouver dans l’éponge de Nouvelle-
Calédonie des spicules de 500 à 800 pm, mais ils ne paraissent pas constituer une catégorie
de spicules jouant un rôle particulier dans l’architecture du squelette.
Distribution : Cosmopolite (sous réserve).
Famille Epipoi.asidae Sollas, 1888
TYLASPIS n. g.
Jaspidae dont le squelette de mégasclères se compose essentiellement d’oxes en charpente
désordonnée, auxquels s’ajoutent des tylostyles.
Espèce-type : Tylaspis topsenti n. sp.
Tylaspis topsenti n. sp.
(PI. I, 4 ; fig. 7)
Holotype : MNHN D.CL 2920; paratypes : MNHN D.CL 2917-2918-2919.
Localité : Nouvelle-Calédonie, Havannah : 22°17' S — 167°12' E ; 390-400 m.
Eponges massives, amorphes, mesurant en général 40/30/30 mm à 40/25/20 mm.
Elles sont très nombreuses dans la collection. Fixées sur le substrat par une sole basale,
elles sont à ce niveau imprégnées de globigérines. Aucun orifice n’est visible. La surface
a une couleur beige ; elle est presque lisse, mais irrégulière. Le choanosome est soutenu
par une charpente d’oxes entrecroisés. La consistance est solide, mais l’éponge reste friable.
En surface, on observe quelques spicules plus courts. Des oxyasters de dimensions homo¬
gènes abondent dans toute l’éponge, comme chez les Jaspis.
Spicules
— Oxes courbes : 2 500-2 900 pm/45-55 pm (avec canal axial).
— Oxes courbes, avec souvent une courbure accentuée, subterminale ; en position
superficielle : 800-1 500 pm/12-20 jim.
— Tylostyles ou subtylostyles : 1 100-1 900 pm (1 800 pm)/25-35 pm.
— Oxyasters polyactines lisses, à actines de 25-40 pm et diamètre de 60-80 pm. D’autres
oxyasters ou sphéroxyasters sont sans doute des formes dérivées des précédentes.
- 941 —
Fig. 7. — Tylaspis topsenti n. g., n. sp. : 1, oxyasters X 330 ; 2, bases des tylostyles X 330 ; 3, oxes X 66.
Fig. 8. - —- Trachycladus digitatus Lendenfeld : 1, strongyles X 330 ; 2, spinispires X 600.
Remarque : Cette espèce a une spiculation très voisine de celle d’Halicnemia duplex
Topsent ; mais, outre les différences morphologiques entre ces éponges, les oxes à' II. duplex
ont tous un léger renflement annulaire en leur milieu et les subtylostyles y ont à peu près
le même diamètre que les oxes. L’annellation médiane des oxes a encouragé Topsent à
placer cette espèce dans le genre Halicnemia, après qu’il l’eut auparavant attribuée au genre
Jaspis (Topsent, 1904). La présence de tylostyles dans ces éponges des Açores et de Nou¬
velle-Calédonie est incompatible avec la définition de Jaspis. De Laubenfels (1936) a
créé le genre Najax pour des éponges ayant des oxes principaux dont certains peuvent
être centrotylotes et d’autres, modifiés en styles. Les microsclères y sont des euasters.
- 942 —
Le type de ce genre est H. duplex Topsent. Une autre espèce, N. solida Laubenfels, a une
architecture nettement différente, radiaire, avec des oxes occasionnellement modifiés
en styles. Il nous semble que le genre Najax doit être abandonné car il est fondé seulement
sur la transformation occasionnelle d’oxes en styles.
Dans l’éponge de Nouvelle-Calédonie, comme chez H. duplex, la présence simultanée
d’oxes et de tylostyles est constante et les tylostyles ne sont pas des oxes modifiés par une
augmentation de l’épaisseur du spicule corrélative d’une diminution de la longueur, comme
c’est souvent le cas chez diverses Démosponges. Chez II. duplex Topsent, que nous pla¬
çons dans le genre Tylaspis, Topsent indique clairement qu’il n’existe pas d’intermédiaires
entre les oxes et les subtylostyles ; ces deux catégories de spicules ont le même diamètre
et se remplacent indifféremment dans les couches superficielles.
Famille Trachycladidae Hallmann, 1917
Genre TRACHYCLADUS Carter, 1879
Trachycladus digitatus Lendenfeld
(PI. I, 6 ; fig. 8)
MNHN D.CL 2947.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°39' S — 167°07' E ; 170-190 m.
Eponge dressée, composée d’une tige principale mesurant environ 90 mm de long
et 2-3 mm de diamètre, avec rameaux secondaires de même diamètre, peu nombreux,
perpendiculaires à la tige principale au niveau de leur base. La couleur de l’éponge est
crème jaunâtre. La surface est très finement mamelonnée et un peu hispide.
Le squelette axial de la tige et des rameaux comporte une spongine assez dense englo¬
bant des mégasclères tassés les uns contre les autres. Le squelette périphérique est plus
lâche et se compose de faisceaux de mégasclères groupés par 3-5, divergents et légèrement
anastomosés.
Spiculés
— Strongyles à pointes émoussées, très irrégulières ; ils sont donc souvent oxoïdes
ou styloïdes : 290-380 pim/5-7 pim (360 pim).
— Spinispires : 7-10 pim/1-2 pim.
Remarques : Le genre Trachycladus Carter, revu par Hallmann (1916), groupe des
espèces ramifiées à mégasclères diactines, oxes à strongyles associés à de la spongine ; les
microsclères spinispires sont accompagnés souvent de microstrongyles lisses.
Dendy (1924) a décrit un T. stylifer du nord de la Nouvelle-Zélande, qui a le même
aspect que celui des espèces australiennes, mais dont les mégasclères sont tous des styles ;
- 943 —
et Burton (1959) va jusqu’à attribuer au genre Trachycladus une autre espèce à styles
et une espèce à tylostyles. Cependant, lorsqu’on examine les préparations des Trachycladus
conservées à F Australian Museum à Sydney, on constate la présence fréquente de styles
parmi les oxes ou les strongyles à extrémités polymorphes. Hallmann lui-même les a
signalés et figurés. Cette variabilité morphologique des mégasclères diactinaux ou monacti-
naux plaide en faveur de la position du genre Trachycladus dans les Axinellida.
A première vue le spécimen de notre collection s’apparente à T. digitatus Lendenfeld,
var. strongylatus Hallmann, originaire des côtes de Melbourne. Mais il existe un certain
nombre de différences de détail qui ne paraissent pas cependant plus grandes que les diffé¬
rences signalées par Hallmann entre toutes les formes de T. digitatus. Notre identification
reste provisoire.
Distribution : Australie sud-est et sud.
Famille Axinellidae Ridley et Dendy, 1887
Genre AXINELLA Schmidt, 1862
Axinella lifouensis n. sp.
(PI. Il, 6 ; fig. 9)
Holotype : MNHN D.CL 2943.
Localité : 20°30' S — 166°48' E ; 375-385 m.
Éponge dressée fixée par un pédicelle de 12 mm de long et 1 mm d’épaisseur, qui
s’élargit en lame plane de 0,8-1 mm d’épaisseur et 21 mm de largeur maximum. La hauteur
totale est de 22 mm. Les deux faces sont également hispides ; les spicules saillants ont
environ 2 mm de long. La lame est perforée par quelques canaux transversaux de 0,5 à
1 mm de diamètre, disposés en deux rangées concentriques. La charpente axiale est très
dense, occupant presque toute l’épaisseur de l’éponge ; elle est composée surtout d’oxes
longitudinaux. Des styles sont hérissants, un peu obliques vers le haut. D’autres sont
périphériques, tangentiels à l’axe.
Spiculés
— Oxes d’épaisseurs variées et de longueurs très inégales : 300-1 100 g.m/20-35 pm.
Souvent les oxes courts sont épais, mais il n’y a pas de corrélation inverse entre longueur
et épaisseur. La courbure est souvent médiane, mais elle peut être plus proche d’une pointe
et certains oxes sont aussi flexueux.
— Styles d’hispidation : 2,3-2,5 mm/25-35 |im.
— Styles périaxiaux un peu courbés à la base : 400-750 (j.m/12-25 p.
944 —
Fig. 9. — Axinella lifouensis n. sp. : 1, oxe X 138 ; 2, style X 138.
Fig. 10. — Phakellia columnata (Burton) : 1, styles X 138 ; 2, strongyles X 138.
Genre PHAKELLIA Bowerbank, 1862
Phakellia columnata (Burton, 1928)
(PI. II, 7; fig. 10)
MNHN D.CL 2934.
Localité : Sud du Banc de la Torche : 300 m.
Éponge constituée de deux feuilles courbes, de 15 mm d’épaisseur, de couleur jaune
paille (en alcool) ; ces feuilles sont soudées sur une grande partie de leurs faces convexes.
— 945 —
Elles mesurent 100/80 et 100/90 mm d’envergure et sont un peu macérées et frottées.
Sur la face concave, le squelette est longitudinal. 11 se compose de colonnettes ascendantes
de 500 à 800 p.m d’épaisseur ; elles s’anastomosent par endroits et se divisent à plusieurs
reprises en colonnettes divergentes qui se terminent sur les deux faces. Une fine membrane
sans spicules persiste sur les deux faces, malgré la dessiccation. Chaque colonnette se com¬
pose d’un axe solide de strongyles sinueux où se trouvent implantés les styles hérissants
formant de forts bouquets sur toute la longueur de chaque colonne.
Spiculés
— Strongyles sinueux d’épaisseurs variées : 400-900 p.m/10-25 p.m.
— Styles dont la plupart ont une base un peu recourbée : 400-1 000 fxm/20-40 p,m.
La longueur des plus longs styles correspond à l’écartement des colonnettes.
Remarque : La structure du squelette de cette éponge est identique à celle de Plia-
kellia ventïlabrum (L.), type du genre Phakellia Bowerbank. L’espèce qui offre avec
elle le plus de ressemblances paraît être Bubaris columnata Burton, 1928. Les spicules
ont des dimensions semblables et la charpente est également faite de colonnettes de
strongyles hérissées de styles dont les plus petits ont une base très courbée. Burton (1928)
distingue deux catégories de styles hérissants, ce qui n’est pas le cas ici, mais il s’agit
d’une distinction sans grande signification spécifique.
Distribution : Mer d’Andaman, 164 m.
Phakellia plumosa n. sp.
(PI. VII, 1, 2, 3; fig. 11)
Holotype : MJNHN D.CL 2972; paratypes : MNHN D.CL 2973-74.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°46' S — 167°14' E ; 400-410 m.
Eponges lamellaires, à bords recourbés, ayant tendance à devenir infundibuliformes,
notamment près de la base pédonculée. Elles mesurent 90 à 100 mm de haut et 60-80 mm
de plus grand diamètre. Leur épaisseur est de 3-4 mm environ. Le pédoncule de fixation
est court et rigide et mesure 5 à 10 mm de diamètre. La couleur est jaune grisâtre. La face
externe, légèrement ou fortement convexe, est osculaire. Les orifices de 1 mm de diamètre
sont espacés environ tous les 4-5 mm. La face concave est inhalante. La charpente se com¬
pose de colonnes ascendantes et divergentes multispiculées. Elles sont longitudinales près
de la face inhalante puis se recourbent et se ramifient. Les oxes y sont très tassés ; d’autres
oxes constituent, soit isolément soit en petits paquets, des liaisons entre les colonnes. Celles-
ci mesurent 400 p.m d’épaisseur. Elles dérivent des grosses colonnes du pédoncule.
Spicules
— Oxes courbes de longueurs variant entre 80 et 400 p.m/8-12 p.m. Ces oxes paraissent
répartis en deux groupes, 80-150 p.m et 250-400 p.m, de même épaisseur. Beaucoup n’ont
4 , 2
- 946 —
pas les deux extrémités dans le même plan et pourraient correspondre aux spicules de
liaison entre les colonnes.
Remarques : Contrairement à l’espèce précédente, cette éponge n’a pas un squelette
comparable à celui du type du genre. La charpente, composée de colonnes d’oxes, ascen¬
dantes, à peine associées latéralement par l’intermédiaire de spicules transverses, a certaines
analogies avec celle des Haplosclérides du genre Cladocroce. Mais il n’existe pas ici de sque¬
lette intercalaire isodictyal. Il s’agit bien d’une Axinellide. Or, peu d’Axinellides ont leur
charpente composée exclusivement d’oxes et les genres Axinyssa Lendenfeld et Pseudaxi-
nyssa Burton rassemblent un groupe d’espèces assez hétérogènes et ne sont pas très clai¬
rement définis. Nous placerons cette intéressante espèce dans le genre Phakellia, tout
aussi hétérogène que les précédents, mais qui a du moins le mérite provisoire de regrouper
des éponges Axinellides foliacées.
Fig. 11. — Phakellia plumosa n. sp. : oxes X 330.
Fig. 12. — Raspailia pachysclera n. sp. : 1, styles ectosomiques X 330 ; 2, acanthostyles X 330 ; 3, style
principal X 330.
- 947 -
Famille Raspailiidae Hentschel, 1923
Genre RASPAILIA Nardo, 1833
Raspailia pachysclera n. sp.
(PI. I, 5 ; fig. 12)
Holotype : MNHN D.CL 2948.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°46' S — 167°14' E ; 400-410 m.
Eponge de couleur jaune, ramifiée, arbusculaire, se ramifiant presque dans un plan.
Le spécimen, incomplet, mesure 50 mm de haut ; la tige et des rameaux mesurent 4-3 mm
de diamètre. Les rameaux tendent à se souder en formant un grillage à mailles larges de
15/7-9 mm. Les orifices ne sont pas visibles ; la surface est finement hispide et striée lon¬
gitudinalement. Un des rameaux montre d’assez nombreux gros spicules saillants, espacés
et perpendiculaires à la surface. La striation longitudinale apparente correspond à la structure
de la charpente, composée de colonnettes ascendantes, accolées, contenant dans leur axe
quelques longs styles principaux entourés d’une nappe de courts acanthostyles trapus
perpendiculaires ou dirigés vers l’apex. Le rameau avec grands styles saillants est également
recouvert en partie par un velours de styles à base épineuse.
On trouve dans l’axe de la tige et des rameaux quelques tylostyles ou styles princi¬
paux masqués par une « spongine » abondante, en strates concentriques où sont fixées les
bases d’acanthostyles très nombreux.
Spiculés
— Tylostyles lisses principaux dans l’axe et dans les colonnettes.
— Acanthostyles : base globulaire avec épines basales épaisses : 180-210 p.m/20-40 p.m.
Un canal axial est fréquemment visible.
— Styles avec épines basales, eetosomiques : 125-140 p.m/5 p.m et 190-500 p.m/9-
10 p.m.
Remarque : Après une très longue hésitation, nous avons choisi de classer cette éponge
dans le genre Raspailia. La charpente et la composition spiculaire (colonnes de styles
principaux axiaux et saillants, acanthostyles hérissants et styles eetosomiques) en font
évidemment une Raspailiidae. Mais deux détails sont importants. Les acanthostyles sont
beaucoup plus abondants que les spicules principaux qu’on a du mal à observer au pre¬
mier examen ; ce n’est pas la structure normale des Raspailia où le rapport des deux caté¬
gories de mégasclères est inverse. D’autre part, il n’existe pas de styloxes eetosomiques :
les spicules superficiels en bouquets sont présents sur une très faible portion de la surface,
mais ils ressemblent beaucoup plus aux spicules correspondants des Plocamione ( Dirrho-
palum). La base de ces spicules est ovoïde et finement épineuse (cf. Duncan, 1881, pl. 29).
— 948 —
Les Plocamione Topsent ont par ailleurs une strate basale d’acanthostrongyles ou acan-
thostyles, qui ne correspond pas vraiment aux strates d’acanthostyles de cette nouvelle
Raspailia dont le statut sera à réviser ultérieurement.
Genre LITHOPLOCAMIA Dendy, 1921
Lithoplocamia dolichosclera n. sp.
(PI. II, 1 ; fïg. 13)
Holotype : MNHN D.CL 2946.
Localité : Passe de la Havannah, 22°17' S — 167°12' E ; 390 m.
Eponge massive reposant probablement sur une base de 22/20 mm, à peine fixée
sur le fond. Sa couleur est jaune-gris clair. Elle ressemble à une Lithistide par sa consistance
solide due à l’existence d’un réseau irrégulier et dense de longs spicules à fortes épines.
L’essentiel de la masse de l’éponge est constitué par ce squelette d’où s’élèvent des tylostyles
lisses courbes. En surface, on observe de nombreux oxes fasciculés. Tout le squelette de cette
éponge est donc celui d’une Raspailiidae.
Spicules
— Acanthostrongyles courbes, à fortes épines sur toute la tige qui est anisodiamé-
trique : 450-700 p.m/14-18 p,m. Certaines de leurs épines atteignent 20 p.m de long.
— Styles à élargissement annulaire sous-basilaire, courbes : 800-1 100 p.m/20 p.m.
— Styloxes ectosomiques souvent anisodiamétriques : 300-380 p.m/2 p,m.
Remarque : Cette espèce est assez proche de Lithoplocamia lithistoides Dendy, 1921,
récoltée dans l’océan Indien. Elle en a le squelette massif d’acanthostrongyles, les styles
principaux et les spicules ectosomiques qui sont des oxes de 400/4 p.m dans un spécimen
provenant de l’île Maurice. L. dolichosclera n. sp. est bien caractérisée par ses acanthostron¬
gyles très allongés. Ceux de L. lithistoides Dendy mesurent seulement 170 p.m/20 p.m. Le
genre Lithoplocamia Dendy se distingue d ’Endectyon Topsent par sa structure massive
et non ramifiée, qui se traduit par un squelette compact d’acanthostrongyles. Chez Endec-
txjon ces spicules hérissent les colonnes plumeuses des styles principaux comme les acan-
thostyles des Raspailia. Lévi et Vacelet (1958) ont créé le genre Monectyon pour M.
atlanticus à squelette d’acanthostrongyles, sans autres mégasclères présents. Il est possible
qu’on observe ultérieurement des styloxes ectosomiques dans d’autres spécimens de Monec-
lyon qui deviendrait alors synonyme de Lithoplocamia.
- 949 -
Fig. 13. — Lithoplocamia dolichosclera n. sp. : 1, acanlhostrongyles X 275 ; 2, style X 275.
Fig. 14. — Iiemectyonilla gardineri (Dendy) : 1, oxe X 275 ; 2, acanthorhabdostyles 1 X 300 ; 3, acan-
thorhabdostyles 2 X 300.
Fig. 15. — Parahigginsia phakellioides Dendy : 1 oxe X 300 ; 2, acanthoxe X 300.
- 950 -
Genre HEMECTYONILLA Burton, 1959
Hemectyonilla gardineri (Dendy)
(= Plumohalichondria g.)
(PI. II, 2, 3, 5 ; fig. 14)
MNHN D.CL 2940 et D.CL 2941.
Localité : Havannah, 22°17' S — 167°14' E ; 425-430 m ; Havannah, 22°19' S —167°11' E ;
300-315 m.
Éponge massive, tubéreuse, de couleur ocre-brun un peu rosâtre, assez friable, avec
une face d’attache mesurant environ 15/20 mm de diamètre. Quatre spécimens existent
dans la collection, dont les deux plus grands mesurent 35-50 de haut et 35/25 et 35/30 mm
d’envergure au sommet.
Il existe en surface quelques gros mamelons coniques creusés chacun par un oscule
terminal. La surface est égale et finement hispide. Les orifices des canaux inhalants sont
assez nombreux et visibles. Le squelette principal est très dense. Les acanthostyles sont
groupés en paquets, avec leurs pointes divergentes, ou en faisceaux entremêlés. Des petits
acanthostyles hérissent la base des faisceaux principaux. On observe en surface des éven¬
tails de mégasclères ectosomiques qui forment le feutrage d’hispidation.
Spicules
— Oxes ectosomiques : 475-550 pm/8 pm.
— Acanthorhabdostyles courbés, presque lisses, avec seulement quelques épines
distales : 275-400 p.m (350 pm)/22-24 pm.
— Acanthorhabdostyles hérissants : 115-165 pm (130 pm)/10 pm.
Remarque : Cette éponge ressemble d’assez près au type décrit par Dendy (1921) :
même spiculation, morphologie un peu plus compacte. La synonymie plusieurs fois pro¬
posée entre cette espèce et la Stylostichon irwolutum Kirkpatrick du Natal n’est pas évi¬
dente.
Distribution : Océan Indien.
- 951 -
Famille Desmoxyidae Hallmann, 1917
Genre PARAHIGGINSIA Dendy, 1924
Parahigginsia phakellioides Dendy
(PI. Il, 4; fig. 15)
MNHN D.CL 2866 et D.CL 2867.
Localité : Sud de la Nouvelle-Calédonie, Havannah, 22°16' S — 167°17' E.
Le fragment le plus grand de cette collection mesure 20/30/2 mm. C’est une éponge
de couleur ocre paille, lamellaire. Une face est perforée de petits orifices de 100 pm de dia¬
mètre, sans doute inhalants ; l’autre montre des ouvertures de 300 pm. Mais l’éponge est
perforée d’autre part par de très nombreuses cavités remplies de débris calcaires (tubes
d’inquilins ?).
Le squelette se compose d’un réseau d’oxes courbes, groupés par 2-4 de type isodic-
tyal, sans organisation axiale ou radiaire évidente. De petits acantboxes interstitiels sont
dispersés aussi bien dans le choanosome qu’à la surface de l’éponge.
Spicules
— Oxes courbes : 350-420 pm (400 pm)/18-25 |xm (20).
— Acanthoxes un peu fusiformes courbes à fines épines : 100-120 pm/2-3 pm.
Remarque : De.ndv (1924 : 375) donne une description de l'espèce qui s’adapte bien
à l’éponge de Nouvelle-Calédonie. Les dimensions des spicules sont presque semblables
(oxes : 340-22 pm ; aeanthomicroxes : 88pm/2pm). La charpente y paraît un peu plus
confuse : réseau assez dense d’oxes groupés en tractus irréguliers, sans fibres distinctes.
Distribution : 7 miles E. off North Cape, New Zealand : 127 m.
Famille Agelasidae Verrill, 1907
Genre AGELAS Ducb. et Mich., 1864
Agelas novaecaledoniae n. sp.
(PL III, 1, 2; fig. 16)
Holotype : MNHN D.CL 2958.
Localité : 167012' E — 22°49' S ; 390-395 m.
— 952 —
Éponge ocre brunâtre, en lame épaisse, mesurant 180 mm de haut, 125 mm de large
et 10-40 mm d’épaisseur ; elle est un peu courbée, très élastique. La face convexe, régulière,
est osculaire, percée d’orifices nombreux de 2-3 mm de diamètre et espacés tous les 3-8 mm.
On voit quelques stries rayonnantes autour de chaque orifice. La face concave est très
irrégulière, avec des sortes de bosses et cuvettes ; elle est bordée par un bourrelet de 10
à 20 mm de large. La charpente est très dense dans le plan axial et la base. Elle se compose
de fibres de « spongine » laminaire et très finement fibrillaire, avec quelques rares spicules
hérissants. Vers les surfaces, les spicules sont beaucoup plus nombreux et hérissent des
fibres qui vont en s’amincissant de 100 à 20 p.m de diamètre. Les acanthostyles verticillés
de tailles différentes sont parfois groupés en paquets. En surface, on voit des spicules libres,
acanthostyles et acanthoxes.
Fig. 16. — Agelas novaecaledoniae n. sp. : 1, acanthostyles X 480 ; 2, acanthoxe X 480.
Spicules
— Acanthostyles verticillés rectilignes ou peu courbés, à 12 à 17 verticilles de petites
épines : 100-190 pm/5-8 pm (7-10 pm épines comprises).
— Acanthoxes un peu courbés, à 12-18 verticilles, avec de très petites épines : 120-
250pm/5pm (les plus fréquents sont les plus longs) ; ces spicules sont relativement peu
nombreux.
- 953 -
Remarque : Bien caractérisée par ses deux faces différentes, cette espèce est bien dis¬
tincte des A gelas de la zone récifale et des espèces géographiquement proches. La présence
d’acanthoxes a déjà été constatée chez d’autres espèces, en particulier chez A. axifera
Hentchel.
Famille Mycalidae Lundbeck, 1905
Genre MYCALE Gray, 1867
Mycale myriasclera n. sp.
(PI. VII, 6; fig. 17)
Holotype : MNHN D.CL 2966.
Localité : Sud du Banc de la Torche, environ 300 m de profondeur.
Eponge jaune-ocre clair, à charpente principale composée de fortes fibres spiculaires
se ramifiant plusieurs fois au cours de leur trajet ascendant. Les dernières ramifications
constituent des faisceaux saillants qui traversent la surface ; d’autres mégasclères se dis¬
posent tangentiellement à la surface. Dans cette région, l’éponge contient des rosettes de
grands anisochèles et quelques rosettes, plus rares, d’anisochèles moyens. L’éponge pro¬
duit en toutes régions des milliards de rhaphides. Le spécimen holotype mesure environ
30/25/15 mm.
Spicules
— Styles légèrement fusiformes, peu courbés : 750-900 pm.
— Anisochèles 1 arqués, à grandes ailes courtes : 85-90 p.m.
— Anisochèles 2 : 20-25 p.m.
— Rhaphides : environ 120 p.m.
Remarque : Cette espèce de Mycale (Aegagropila ) a une structure fibreuse semblable
à celle de M. acerata Kirkp. et leurs spicules ont des dimensions comparables ; mais les
mégasclères de l’espèce antarctique sont des oxes.
- 955 -
Famille Hamacanthidae Gray, 1872
Genre HAMACANTHA Gray, 1867
Hamacantha
(Fig. 18)
sp.
MNHN D.CL 2963.
Localité : Nouvelle-Calédonie. Localité incertaine (Havannah ?).
Très petit fragment de 1 mm d’épaisseur.
Spicules
— Styles : 600-700 p.m/10 p.m.
— Diancistres 1 : 140-170 p.m/10 p.m : largeur : 40 p,m.
— Diancistres 2 : 30 p.m.
— Sigmas, rares : 20 p.m.
Remarque : Il est seulement intéressant de signaler la présence du genre Hamacantha
dans cette région géographique. L’espèce dont la spiculation est la plus proche est H. espe-
rioides (R. et D.), dont Wilson (1925) a décrit une forme mindanaensis. Il est certain que
le genre Hamacantha est aussi répandu dans le Pacifique que dans l’Atlantique.
Famille Coelosphaehidae Hentschel, 1923
Genre PHLYCTAENOPORA Topsent, 1904
Phlyctaenopora bocagei n. sp.
(PI. VII, 7 ; VIII, 9 ; fig. 19)
Holotype : MNHN D.CL 2865 ; paratypes : MNHN D.CL 2862-63-64.
Localité : Nouvelle-Calédonie, Havannah ; 22°16' S — 167°17' E ; 585-600 m.
Éponges massives, pierreuses, en coussins hémisphériques de 15-25 mm de diamètre
et 10 mm de hauteur au centre. Elles se composent d’un choanosome soutenu par un fort
squelette de gros oxes entremêlés et d’un ectosome assez facile à détacher, se prolongeant
- 956 -
en papilles aquifères molles, de 7 mm de long et 2-3 mm de diamètre à la base. Le squelette
ectosomique est composé d’une part d’oxes plus petits que ceux du choanosome ; ils for¬
ment des alignements longitudinaux associés par des spicules transverses. A la surface,
on observe d’autre part une couche de styles de type Mycale et de très nombreux aniso-
chèles palmés. On peut évidemment penser qu’il s’agit de deux éponges étroitement super¬
posées, dont l’une serait une sorte de Petrosia et l’autre une Mycale ; pourtant, il est impos¬
sible d’observer une séparation nette des deux squelettes dans la paroi des papilles, pas
plus que dans l’ectosome interpapillaire.
Spicules
— Oxes épais du choanosome, à courbure assez forte, souvent irrégulière : 1 050 pm/
80 [xm.
— Oxes de l’ectosome et des papilles : 300-350 fi.m/15 (im.
— Styles superficiels un peu fusiformes, courbes : 300-400 p.m/10-15 p.m.
— Anisochèles palmés : 18-20 pm.
— « Oxydiscorhabdes » à tige de 25-30 pm/2 pm, avec deux verticilles d’épines de
10 pm de large. Ces spicules sont peu nombreux, toujours présents dans la partie super¬
ficielle mycalienne de l’éponge.
Remarques : Ces éponges de Nouvelle-Calédonie ressemblent beaucoup aux Barbozia
prirnitiva Dendy, récoltées au large des îles Amirautés entre 36 et 155 m de profondeur
et à file Maurice par plus de 180 m de fond (Dendy, 1921). Les microsclères sont très sem¬
blables, mais les mégasclères sont assez différents. Les spicules principaux sont ici de gros
oxes aux extrémités obtuses, alors que ceux de B. prirnitiva sont des strongyles isodiamé-
triques. Les mégasclères superficiels sont, en revanche, assez proches, bien qu’ils soient
plus courbés chez P. bocagei que chez B. prirnitiva.
La position systématique du genre Barbozia (Dendy, 1924) est très difficile à établir.
Dendy le considère comme un genre de Spirastrellinae, avec aires porifères situées au
sommet de papilles, avec squelette réticulé, à mégasclères diactines, oxes et strongyles,
et microsclères anisochèles palmés et discorhabdes non alignés en revêtement superficiel.
Dendy suggère une parenté entre Barbozia, Latrunculia et Sceptrella et suppose que les
Barbozia avec anisochèles sont plus primitives que les Latrunculia. Topsent (1928) consi¬
dère que Barbozia est un genre de Poecilosclerides Mycalinae à cause de la présence des
anisochèles. Il pense que les oxydiscorhabdes seraient dans ce cas des isancres amphiaste-
riformes. Enfin, de Laubenfels (1936) place le genre Barbozia dans la famille des Desma-
cidonidae, ce genre étant pour lui caractérisé par la présence d’anisochèles palmés, de sig¬
mas ? et de ce qu’on peut considérer avec doute comme des discorhabdes.
Il faut reconnaître que le squelette de ces éponges est assez déroutant et qu’on pour¬
rait, comme nous l’indiquons ci-dessus, considérer qu’il s’agit d’une superposition de deux
espèces, ce qui n’est pourtant pas le cas. Or, Topsent (1904) a décrit des Açores (599 m)
une éponge très semblable aux Barbozia, à l’exception de l’absence de microsclères « oxy¬
discorhabdes ». Il s’agit de Phlyctaenopora bitorquis, éponge en plaque épaisse portant une
dizaine de papilles, dont l’architecture est identique à celle des Barbozia. Il nous paraît
évident que les deux genres Barbozia et Phlyctaenopora doivent être mis en synonymie,
— 957 —
car tous les caractères squelettiques sont semblables, exception faite des « oxydiscorhabdcs »
dont la signification et l’origine restent problématiques.
Genre COELODISCHELA Vacelet et al.
Coelodischela massa n. sp.
(PI. III, 6, 7; VIII, 1-5; fig. 20)
Holotype : MNHN D.CL 2921 ; paratypes : MNHN 2860.
Localité : Entre l’île des Pins et la corne sud du Grand Récif, 22°47' S — 167°13 'E ; 410-
415 m ; 22°50' S — 167°16' E ; 480-505 m.
Ce sont des éponges extrêmement dures et rigides, d’un gris un peu verdâtre, qui mesu¬
rent 60/100/140 mm et 80/40/120 mm. Leurs bases d’attache respectives mesurent 45/
40 mm et 55/30 mm. La charpente est réticulée, composée de très puissants tractus inul-
tispiculés ; on observe dans les mailles du réseau un choanosome charnu, mou, contenant
des sigmas et des discochèles. En surface, un ectosome cortical contient des spicules tan-
gentiels, entrecroisés par paquets et disposés concentriquement autour des pores. La sur¬
face paraît marbrée, par transparence des faisceaux principaux les plus périphériques
mesurant 1 mm de diamètre ou plus. Des fistules osculaires de 3 à 5 mm de diamètre sont
brisées à leur base et mesurent 2 à 10 mm de long seulement.
Spicules
—- Strongyles courbes : 220-260 pm/20-24 pm.
— Tylotes rectilignes ; 250-280 pm/8 pm.
— Sigmas de plusieurs tailles : 65 pm, 90-100 pm, 190-200 pm/6 pm.
— Dischèles de deux tailles : 50 et 25 pm.
Remarque : La seule espèce connue du genre Coelodischela, et type du genre, C diato-
morpha Vac. et al., 1976, a été trouvée à Madagascar dans une cavité semi obscure à — 9 m.
Il s’agit de tubes très fins de 1 mm de diamètre. C. massa s’en distingue aisément par sa
forme et sa structure et par les dimensions des spicules qui sont, tous, deux fois plus longs.
L’aspect de cette éponge rappelle celui de nombreuses Petrosida fistulaires.
- 959 -
Famille Esperiopsidae Hentschel, 1923
Genre ESPERIOPSIS Carter, 1882
Esperiopsis macrosigma Stephens f. novaezealandiae Dendv
(Fig. 21)
MNHN D.CL 2952.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°32' S — 166°26' E ; 250-375 m.
Très fine pellicule revêtante, englobant de nombreux grains de sable, mesurant à peine
1 mm d’épaisseur.
Spicules
— Styles rectilignes, très légèrement fusiformes : 370-490 p.m/7-8 pm.
— Sigmas en C, de grande taille : 350-400 p.m/250-300 p.m/15 p.m.
— Sigmas : 50-60 pm à 130-140 p.m/2-5 p.m.
— Isochèles à ailes longues mesurant 60-80 p.m/15-20 p.m.
— Isochèles palmés plus courts et plus rares : 15 pm.
Remarque : Cet échantillon concorde entièrement avec celui décrit par Dendy (1924)
que cet auteur considère comme une forme géographique de Esperiopsis macrosigma trouvée
au large de l’Irlande par J. Stephens (1921). D’autres espèces analogues ont été récoltées
dans l’étage bathyal : E. decora Topsent, E. strongylophora Vacelet.
Distribution : Nouvelle-Zélande, Three Kings Islands, 182 m (forme type : Atlan¬
tique 50° N, 11° W : entre 450 et 1 325 m.
Famille Myxillidae Topsent, 1928
Genre LISSODENDORYX Topsent, 1892
Lissodendoryx bifacialis n. sp.
(PI. VI, 1 ; fig. 23)
Holotype : MNHN D.CL 2961.
Localité : Sud de la Nouvelle-Calédonie : 22°47' S — 167°13' E ; 410-415 m.
- 960 -
La collection contient plusieurs grands fragments de cette éponge brun rougeâtre,
en lames de 8-12 mm d’épaisseur, mesurant 100/65 mm, 70/80 mm, 70/90 mm, etc.
Ces plaques épaisses ont deux faces différentes. La face osculaire, convexe, est uni¬
forme, avec une hispidation à peine visible, seules les pointes de quelques spicules étant
saillants. Les oscules espacés tous les 5-6 mm environ sont souvent obturés par une mem¬
brane et sont légèrement en entonnoir. La membrane est striée par des faisceaux de tylotes
ectosomiques qui rayonnent autour de l’orifice. Les oscules ont environ 1 mm de diamètre.
La face opposée est lisse et couverte par une très fine membrane tendue et plissée,
contenant peu de spicules ectosomiques. Cette membrane couvre des canaux exhalants
dont le tracé est à l’origine de la striation superficielle.
Le squelette est caractéristique, avec un réseau dont les mailles sont limitées par
1 à 2 acanthostyles par côté.
Spicules
— Acanthostyles un peu courbés, à épines obtuses, peu nombreuses mais bien réparties
autour du spiculé : 350-450 p,m/17-20 fxm.
— Tylotes, légèrement anisodiamétriques, lisses, faiblement polytylotes : 250-300 pm/
5-7 pm.
— Isochèles arqués de deux tailles : les plus grands de longueurs variées entre 33 et
40 pm, le maximum à 38 pm ; les plus petits souvent à 15 pm, avec d’autres intermédiaires
entre 20 et 23 pm.
— Sigmas, peu nombreux, grêles : 25 pm.
Remarque : Cette espèce de Lissodendoryx avec acanthostyles, tylotes et isochèles
arqués est caractérisée par ses deux faces exhalante et inhalante, et sa spiculation rappelle
un peu celle de Myxilla fusca R. et D., espèce de l’Antarctique. Myxilla novaezelandiae
Dendy, 1924, a une morphologie semblable, mais les deux faces sont équivalentes et les
microsclères sont des isancres.
Lissodendoryx stylophora n. sp.
(PL VI, 2 ; VIII, 6 ; fig. 22)
Holotype : MNHN D.CL 2871 ; paratypes : MNHN D.CL 2870-72-73.
Localité : Nouvelle-Calédonie, Havannah, 22°16' S — 167°18' E ; 510-525 m.
La collection contient plusieurs échantillons.
L’éponge est polymorphe et sa description est très difficile ; elle est massive mais
très irrégulière, un peu foliacée, avec nombreux canaux et cavités séparés par des trabé¬
cules de 0,5-1 mm de diamètre. La surface est tourmentée ; elle est percée de petits oscules
espacés mesurant 1 mm de diamètre au plus. Toute l’éponge est hispide. La consistance
est très friable, mais solide, sans spongine. La charpente assez typique se compose d’un
réseau très dense de faisceaux de 4-5 styles courbes recouvert par un fin ectosome chargé
de sigmas, contenant aussi des isochèles arqués et des faisceaux espacés de petits styles
auxiliaires.
- 961 -
Fig. 22. — Lissodendoryx stylophora n. sp. : 1-2 : isochèles arqués 1 et 5
ectosomique X 265 ; 5, style principal X 288.
Fig. 23. — Lissodendoryx bifacialis n. sp. : 1, isochèles arqués X 275 ;
X 275 ; 4, tylote X 275.
Fig. 24. — Yvesia acanthosclera n. sp. : 1, style X 275 ; 2, acanthoxes X
4, isochèles arqués X 275 ; 5, sigmas X 275.
X 275 ; 3, sigmas X 275 ; 4, style
2, sigmas X 275 ; 3, acanthostyle
275 ; 3, acanthostyle court X 275 ;
4 , 3
— 962 —
Spicules
— Styles ectosomiques à base enflée : 300-320 |xm.
— Styles principaux lisses, courbés, 700-800 pm/30-40 pm.
— Isochèles arqués 1 : 38-40 pm/25 pm, rhabde de 10 pin.
— isochèles arqués 2 : 20 pm.
— Sigmas : 30-60 pm (très abondants), 20 pm (rares).
Remarque : Cette espèce diffère de toutes les Lissodendoryx à longs styles lisses prin¬
cipaux, par la forme des isochèles ou la présence de styles ectosomiques. Parmi les espèces
à styles ectosomiques, L. slyloderma Hentschel, 1914, est très distincte. Lissodendoryx poly-
morpha Topsent ( Esperiopsis polymorpha -f- Echinostylinos reticulatus ) a une spiculation
plus comparable.
Famille Crellidae Hentschel, 1923
Genre YVESIA Topsent, 1890
Yvesia acanthosclera n. sp.
(PI. Ill, 3 ; fig. 24)
Holotype : MNHN D.CL 2944.
Localité : Sud de la Nouvelle-Calédonie, passe de la Havannah, 22°17' S — 167°14' E ; 425-
430 m.
Eponge en plaque molle de 5-7 mm d’épaisseur, mesurant environ 40/30/20 mm d’enver¬
gure. Elle est fixée sur un caillou qu’elle entoure presque complètement. La surface est
lisse, égale, mais plissée. Elle forme quelques plis convergents autour d’oscules légèrement
surélevés. Cette strate plissée forme une pellicule épaisse détachable d’un choanosome à
squelette assez fragile. Couleur gris clair.
La pellicule de surface est remplie d’acanthoxes et de quelques styles tangentiels.
Le choanosome est traversé par des colonnettes de 3-6 styles d’épaisseur ; il contient aussi
de nombreux acanthoxes. Les sigmas sont abondants en surface. Des petits acanthostyles
sont dispersés dans le choanosome.
Spicules
— Styles ou tylostrongyles légèrement anisodiamétriques : 550-620 pm/12-13 |im.
— Acanthoxes de tailles variées : 350-420 pm/10 pm et 180-220 pm/7 pm.
— Petits acanthostyles à base tronquée : 20-55 pm/5 pm.
— Isochèles arqués, peu nombreux : 18 pm.
— Sigmas, abondants : 36-50 pm.
- 963 -
Remarque : Yvesia acanthosclera n. sp. se caractérise surtout par ses petits acanthostyles
et se différencie aisément de toutes les autres Crellidae actuellement connues. Elle pré¬
sente des analogies superficielles avec les Ectyomyxïlla Lundbeck, mais les squelettes de
ces deux genres sont très différents.
Famille Hymedesmiidae Topsent, 1928
Genre HYMEDESMIA Bowerbank, 1864
Hymedesmia brachyrhabda n. sp.
(Fig. 25)
Holotype : MNHN D.CL 2951.
Localité : Sud de la Nouvelle-Calédonie.
Petite éponge revêtante de 1 mm d’épaisseur et 1 cm 2 de surface ; sa surface est légè¬
rement hispide, avec isochèles superficiels très abondants et mégasclères devenant tangen-
tiels et radiaires autour de deux oscules ponctuels. Un des oscules est un peu surélevé et
bordé par quelques languettes convergentes. Acanthostyles fréquemment fixés sur grains
de sable.
Spicules
— Tornotes ou tornostrongyles faiblement polytylotes : 220-260 pm/8 pm.
— Acanthostyles avec épines sur presque toute la tige, plus fortes à la base : 190-
220 pm/20-22 |i.m.
— Acanthostyles épineux : 90-110 pm/8-12 pm.
— Isochèles arqués à rhabde élargi porteur d’épines marginales et dorsales : 35 [un/
18/15 [im.
Remarque : Cette espèce a une certaine analogie avec //. serrulata Vacelet, éponge
de Méditerranée bathyale, dont les isochèles un peu arqués ont une tige très élargie, légè¬
rement serrulée sur la face externe. Dans l'éponge de Nouvelle-Calédonie, les tiges des iso¬
chèles sont également très aplaties. Le reste de la spiculation est assez voisin de celui de
H. serrulata.
Hymedesmia spiniarcuata n. sp.
(PI. VIII, 7; fig. 26)
Holotype : MNHN D.CL 2956.
Localité : 22°32' S — 166026' E ; 250-375 m.
- 964 -
Fig. 25. — Hymedesmia brachyrhabda n. sp. : 1, tornote X 432 ; 2-3, acanthostyles 1 et 2 X 432 ; 4, iso-
chèles arqués X 330.
Fig. 26. — Hymedesmia spiniarcuata n. sp. : 1, style X 225 ; 2-3, acanthostyles 1 et 2 X 225 ; 4, isochèles
arqués X 330.
- 965 -
Très petite éponge encroûtante, à surface hispide, d’un millimètre d’épaisseur envi¬
ron.
Spicules
— Styles ectosomiques, rectilignes, un peu fusiformes, à base lancéolée, étroite :
420-500 pm/10 pm.
— Acanthostyles 1, courbés, à base bosselée ou épineuse et tige lisse ou portant quel¬
ques petites épines : 400/15 à 1 500/23 pm.
— Acantbostyles 2, courbés, à base et tige épineuses : 170-180 pm/10 pm ; épaisseur
de la base : 20 pm, épines comprises.
— Isochèles très arqués : 40 pm. Corde : 25 pm, épaisseur de la tige : 10 pm. Ces iso-
chèles ont quelques épines très aiguës sur le côté convexe médian de la tige.
Remarque : Cette Hymedesmia à isochèles arqués, ornés d’épines, est caractérisée
par les dimensions des mégasclères, la forme des isochèles et la présence de styles ectoso¬
miques. Elle se distingue aisément des autres espèces à isochèles ornés, notamment de H.
uchinourensis Hoshino, 1981, et H. serrulata Vacelet, 1969.
Famille Clathriidae Hentschel, 1923
Genre PLO CAMILLA Topsent, 1928
Plocamilla novizelanica (Ridley)
(Fig. 27)
MNHN D.CL 2953.
Localité : 22°29'7 S — 166°24' E ; 250-350 m.
Très petite éponge, grisâtre dans l’alcool, encroûtant un fragment de madrépore mort ;
elle mesure 1 mm d’épaisseur.
Spicules
— Acanthostyles principaux : 220-700 pm/8-20 pm ; les plus longs sont presque
lisses, avec petites épines basales ; la base est un peu rétrécie.
— Acanthostyles courbes : 130-140 pm/10 pm.
— Styles auxiliaires : 370-320 pm/2-5 pm.
— Toxes : 50-60 pm.
— Isochèles palmés : 20 pm.
Les acanthostyles courbes à pointe obtuse forment un réseau entre les acanthostyles
principaux en rangée simple et les acanthostyles secondaires dressés.
- 966 —
Remarque : Nous plaçons cette espèce dans le genre Plocamilla Topsent à cause de
la présence de deux catégories de mégasclères principaux et accessoires. Elle a des spicules
de dimensions comparables à ceux de P. (. Dirrhopalum ) novizelanica (Ridley), où les acan-
thostyles réticulés ont plus la forme d’acanthostrongyles. Cette éponge correspond à la
Plocamilla coriacea (Bow.) des côtes européennes.
Distribution : Bay of islands, extrémité nord-est de la Nouvelle-Zélande.
Cornuliuae n. fam.
Demospongia Ceractinomorpha, Poecilosclerida massives ou insinuantes, fistulaires, à cor¬
tex spiculaire tangentiel ; microsclères s’ils sont présents : isochèles palmés et toxes.
Genre-type : Cornulum Carter.
Autres genres : Cornulella Dendy, Cornulotrocha Topsent, Acheliderma Topsent, Astylinifer
Topsent, Fusifer Dendy, Paracornulum Hallmann, Xytopsene Laubenfels = Cornulum Carter ;
Cornulacantha Lévi = Paracornulum Hall., Amphiastrella Dendy, Heterocornulum n. gen.
HETEROCORNULUM n. g.
Cornulidae dont le squelette comporte des styles et des microstrongyles réniformes semblables
à ceux des Petrosiida.
Espèce-type : Heterocornulum virguliferum n. sp.
Heterocornulum virguliferum n. sp.
(PI. Ill, 4, 5 ; fig. 28)
Holotype : MNHN D.CL 2925 ; paratypes : MNHN D.CL 2924-26-27.
Localité : Nouvelle-Calédonie, Havannah ; 22°17' S — 167°14' E, 425-430 m ; 22°20' S — 167°
10' E ; 175-200 m.
Éponges fistulaires dont les fistules lisses émergent d’un grand Foraminifère de 20-
30 mm de diamètre. Les fistules sont de couleur jaunâtre ; elles mesurent 5-10 mm de long
et 2-3 mm de diamètre. Leur paroi parcheminée est soutenue par un grillage dense et irré¬
gulier de mégasclères et de microstrongyles très abondants. La pulpe molle de l’éponge
qui occupe certaines des cavités du substrat contient les mêmes spicules, mais des toxes
y sont aussi présents. L’éponge tapisse les surfaces convexe et concave des loges du Fora¬
minifère.
Spicules
— Tylotes courbes avec petites épines apicales groupées en 2-3 verticilles : 300-360 pm/
12-15 p.m.
- 967 -
— Styles brusquement courbés et ellilés : corde : 120-170 (xm/10-15 qm.
— Microstrongvles réniformes avec courbure symétrique ou non : 30-35 p.m/14-15 qui.
— Toxes : 120-150 qm/5-7 qm, à faible courbure, et 80-90 qm/3 qm plus arqués.
— Isochèles palmés dont les ailes sont souvent perpendiculaires entre elles comme
chez Cornulum strepsichela ; ils sont très nombreux dans un des spécimens, rares dans
certains autres.
Fig. 27. — Plocamilla novizslanica (Ridley) : 1, toxe X 225 ; 2, isochèle palmé X 375 ; 3, acanthostyles
courbes X 225 ; 4, style ectosomique X 125 ; 5-6, acanthostyles 1 et 2 X 125.
Fig. 28. — Heterocornulum virguliferum n. g., n. sp. : 1, styles virgulaires X 288 ; 2, micros trongyles X 300 ;
3, isochèles palmés X 300 ; 4, toxes X 300 ; 5, tylotes X 300.
Fig. 29. — Prostylyssa (?) radiata n. sp. : 1, oxe X 58 ; 2, style X 58.
Remarques : La diversité de spiculation des éponges classées jusqu’à présent parmi
les Coelosphaeridae est encore très surprenante, même si nous ne considérons que les espèces
à isochèles palmés et toxes. La présence simultanée de ces microsclères de type Clathriidae
— 968 —
et des microstrongyles si semblables à ceux de certaines Petrosia ou Strongylophora est assez
déconcertante. La famille de Coelosphaeridae Hentschel, 1923, est fondée sur des caractères
anatomiques ; elle groupe des espèces à fort cortex spiculaire tangentiel entourant un
choanosome à squelette réduit. Ces éponges ont généralement des fistules aquifères. Elles
sont massives ou insinuantes dans les cavités d’un substrat. De Laubenfels (1936) a
placé dans cette famille la plupart des genres à isochèles arqués ou sans microsclères, mais
il y a ajouté les Oceanapia et Rhizochalina. En revanche, il a placé les espèces à isochèles
palmés, telles que Cornulum, dans la famille des Desmacidonidae. Quelles que soient les
affinités à préciser entre toutes ces éponges, il nous a paru indispensable de séparer nette¬
ment les espèces à isochèles arqués de celles à isochèles palmés en conservant les premières
dans la famille des Coelosphaeridae 1 lentschel et en plaçant les autres dans la nouvelle
famille des Cornulidae.
La diversité des mégasclères d ’ Heterocornulum virguliferum pose une nouvelle fois
la question de l’affinité des Coelosphaeridae, des Cornulidae et des Petrosida.
Famille Hymeniacidonibae Laubenfels, 1934
Genre PROSTYLYSSA Topsent, 1925
Prostylyssa (?) radiata n. sp.
(PI. IV, 1, 2, 3 ; fig. 29)
Holotype : MNHN D.CL 2954; paratypes : MNHN D.CL 2955.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°45' S — 167°06' E ; 320-325 m.
Le spécimen holotype, qui semble complet, est une éponge massive en cylindre à
large base de 70 mm de diamètre et de 30 mm de haut. Sa couleur est ocre clair ; la surface
est hispide et régulière. A la surface du plateau distal, on voit de nombreux orifices de canaux
aquifères ascendants, de 2 mm de diamètre au plus, espacés de 5 en 5 mm. Vue par la face
inférieure, la charpente apparaît parfaitement radiaire. Elle est exclusivement composée
de grands oxes courbes fasciculés. Au sommet des faisceaux d’oxes, se dressent des petits
bouquets de styles.
Spiculés
— Oxes courbes : 1 500-2 100 pm/15-40 pm.
— Styles : 400-1 100 p.m/15 pm.
Remarque : La charpente de P. radiata n. sp. n’est pas conforme à celle du genre
Prostylyssa Topsent, dont le type, P. siarnensis, a une charpente halichondrioïde avec des
petits styles dressés sur des oxes superficiels. Il n’existe en fait aucune éponge dont la
charpente soit comparable à celle de cette nouvelle espèce que nous plaçons, à titre pro-
- 969 —
visoire, dans le genre Prostylyssa, en attendant que soient réexaminées toutes les éponges
non axinellides à charpente mixte de styles et d’oxes.
Famille Halichondriidae Vosmaer, 1887
Genre SPONGOSORITES Topsent, 1896
Spongosorites bubaroides n. sp.
(PI. V, 6, 7 ; fig. 30)
Holotype : MNHN D.CL 2932 ; paratypes : MNHN D.CL 2933.
Localité : Nouvelle-Calédonie ; 22°50' S — 167°16' E ; 480-505 m.
La collection contient plusieurs spécimens de cette espèce. Il s’agit d’éponges mas¬
sives, pierreuses, jaune grisâtre un peu plus foncé à l’extérieur. Subglobulaires elles ont
une base de fixation aplatie. Du côté apical elles sont convexes et se prolongent en petites
digitations aquifères mesurant 10 à 20 mm de long et 1 à 2 mm de diamètre. Elles mesurent
pour la plupart 30/30/25 ou 30/20/25 mm d’envergure.
Leur surface est égale ; les digitations ont une hispidation un peu plus saillante que
le reste de la surface. Le squelette principal se compose de gros oxes courbes, parfois modi¬
fiés en styles, disposés en tous sens ou groupés en faisceaux radiaires. Des petits oxes sont
également nombreux dans cette masse dense de grands oxes. A la surface, les petits oxes
abondent et on y voit également des styles courbes. Certaines digitations sont creuses ;
leur paroi contient des styles longitudinaux divergents et saillants et des petits oxes abon¬
dants. D’autres ont un axe de grands oxes semblables à ceux du choanosome. Ces digita¬
tions exhalantes drainent plusieurs canaux exhalants. Il existe par endroits des espaces
aquifères sous-ectosomiques. Il existe à la base de l’éponge un tapis d’oxes sinueux irré¬
guliers, bubaroides.
Dans plusieurs digitations on observe quatre cavités longitudinales autour d’un axe
spiculaire, séparées par des cloisons transverses.
Spicules
— Oxes principaux : 800-2 400 p.m/25-70 p.m.
— Oxes : 150-220 p m/4-5 y,, très abondants.
— Oxes flexueux : 350-1 200 p.m/25-50 p.m, avec souvent deux points d’inflexion.
— Styles courbes : 900-2 000 p.m/18-22 p.m.
Remarque : L’espèce déjà décrite apparemment la plus proche est Spongosorites
topsenti Dendy, 1905, qui a la même morphologie générale. Mais Dendy n’y signale ni
styles, ni oxes basaux flexueux. On pourrait également rapprocher cette espèce des Ciocalypta
qui ont des digitations aquifères semblables mais qui n’ont pas d’oxes flexueux basaux.
- 970
I n’est pas exclu que cette espèce s’apparente plus aux Bubaridae qu’aux Halichondri
dae.
Famille Petrosiidae Van Soest, 1980
Genre STRONGYLOPHORA Dendy, 1905
Strongylophora mamillata n. sp.
(PI. V, 4, 5 ; fig. 31)
Holotype : MNHN D.CL 2939; paratype : MNHN D.CL 3151.
Localité : Nouvelle-Calédonie ; sud du Grand Récif, 22°47' S —• lfi7°13' E ; 410-415 m.
Fig. 30. — Spongosorites bubaroides n. sp. : 1, oxes X 55 ; 2, oxe flexueux X 55.
Fig. 31. — Strongylophora mamillata n. sp. : 1, strongyles X 288 ; 2, strongyles réniformes X 288.
Fig. 32. — Petrosia pluricrustata n. sp. : oxes X 275.
- 971 —
Les deux spécimens récoltés mesurent 35/25/25 mm et 35/30/30 mm. L’éponge est
très dure ; sa base est plane et sa surface apicale est convexe, avec une vingtaine de mame¬
lons aquifères percés d’un étroit orifice. Chaque mamelon mesure 3 mm de diamètre et
2 mm de haut. La couleur de l’éponge est jaune-ocre. La surface est égale mais rugueuse.
La charpente est très dense avec nombreux microstrongyles dans les faisceaux de mégasclères
qui sont réticulés. En surface, de petits oxes sont associés en réseau irrégulier. Des canaux
aquifères ascendants verticaux traversent la masse pierreuse de l’éponge.
Spicules
— Strongyles principaux, courbés : 320-360 p.m/25-30 p.m et 130-220 p.m/15-20 p.m.
— Strongyles courbes et réniformes : 25-60 p.m/8-15 pm.
— Oxes superficiels : 110-180 pm/5 p.m (max. : 120-150 pm).
Remarque : Les éponges pierreuses avec microstrongyles en saucisse ou réniformes
ont été classées soit dans le genre Petrosia Vosmaer, soit dans le genre Strongylophora Dendy.
La distinction de ces deux genres est assez difficile. Si nous comparons la charpente de
Petrosia ficiforinis (Poiret) (= P. dura Nardo) et celle de Strongylophora , nous n’observons
pas de différence essentielle. Les oxes épais à pointes courtes de P. ficiformis sont rempla¬
cés chez Strongylophora par des strongyles vrais. C’est sur ce caractère que Van Soest
(1980) distingue les deux genres. On peut l'accepter pour des raisons de commodité. 11
y a certainement plus d’hétérogénéité dans le genre Petrosia que de différences entre Petrosia
et Strongylophora.
Genre PETROSIA Vosmaer, 1887
Petrosia pluricrustata n. sp.
(PI. V, 1, 2, 3 ; fig. 32)
Holotypc : MHNN D.CL 2928; paratypes : MNHN D.CL 2929-30-31.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°46' S — 167°12' E ; 390-400 m.
L’éponge, en forme de coupe, est de couleur ocre-beige à jaune-marron. La collection
en contient de nombreux exemplaires. Les plus petits sont presque cylindriques et leur
cavité est bien creusée. Plus les éponges sont grandes, plus les parois de la coupe s’évasent ;
dans tous les cas, la face interne concave est osculaire et la face externe ostiolaire. Les
dimensions des coupes sont les suivantes : 25/25/8 mm, 35/55/8-10 mm, 60/80/60 mm, etc.
La base de presque toutes les coupes a 20 à 35 mm de diamètre.
La structure de l’éponge est du type accrétif, c’est-à-dire qu elle se compose d’une
enveloppe grillagée très dure, composée d’un réseau très serré de gros faisceaux d’oxes.
Ce grillage périphérique est lui-même couvert par une couche soutenue par un petit réseau
d’oxes, isodictyal, lui-même recouvert par un autre réseau superficiel de petits oxes. Sous
- 972 —
le grillage périphérique, on voit, un réseau lâche d’oxes principaux groupés en petits fais¬
ceaux ou en alignements avec anastomoses.
La croissance de l’éponge se traduit par la formation périodique de grillages périphé¬
riques qui se superposent. Le grillage le plus jeune se détache facilement du reste de l’éponge.
La face interne, osculaire, de l’éponge est percée d’orifices de 1-2 mm de diamètre,
espacés tous les 5 à 12 mm. Elle est légèrement annelée. La face externe ostiolaire est irré¬
gulièrement bosselée.
Spicules
— Oxes principaux : 240-300 pm/15-22 pm.
— Oxes moyens : 140-150 pm/7-10 pm.
— Oxes petits, toxoïdes : 50-80 pm/2-4 pm.
Petrosia punctata n. sp.
(PL IV, 5, 6 ; fig. 33)
Holotype : MNHN D.CL 2922 ; paratype : MNHN D.CL 2923.
Localité : Nouvelle-Calédonie, llavannah, 22°16' S — 107°17' E ; 465-495 m.
Le spécimen holotype est une éponge massive, dure, de couleur gris-jaune, formée
de deux parties soudées latéralement et à base commune ; l’une d’elle est cylindrique et
mesure 30/35/35 mm, l’autre à section elliptique de 50/35 mm mesure 20-30 mm de haut.
Le sommet de chaque partie de l’éponge est en plateau légèrement concave, criblé de petits
orifices aquifères.
Le paratype mesure 20/20/40 mm ; sa forme est subcylindrique. La dépression apicale
est plus creusée, 10 mm environ, et mesure 11/12 mm de diamètre.
La surface externe est régulière, un peu rugueuse. Le squelette réticulé se compose
de tractus multispiculés d’oxes avec microstrongyles réniformes. Il existe en surface des
oxes plus grêles. Au niveau du plateau criblé apical, le squelette se compose de colonnettes
plumeuses.
Spicules
— Oxes principaux : 300 à 400 p.m/20-25 p.m (max. : 350 pm).
— Oxes grêles : 270-300 pm/7 pm.
— Oxes : 50-100 pm/3 pm.
— Microstrongyles : 25-60 pm/5-15 pm.
— 973 —
Famille Oceanapiidae Van Soest, 1980
Genre FGLïOIJNA Schmidt. 1870
Foliolina (?) peltata Schmidt
(PI. VI, 5, 6 ; fig. 34)
MNHN D.CL 2935-36.
Localité : Nouvelle-Calédonie, entre l’île des Pins et la corne sud du Grand Récif, 22°50' S
167<>16' E ; 480-505 m.
IG. 33. — Petrosia punctata n. sp. : 1, oxes X 300 ; 2, microstrongyles X 420 ; 3, microxes X 270.
Fig. 34. — Foliolina (?) peltata Schmidt : oxes X 330.
Fig. 35. — Cladocroce incurvata n. sp. : oxes X 330.
- 974 -
La collection contient divers fragments et quelques spécimens presque complets.
L’éponge la mieux conservée se compose d’une masse basale en large coussin fixé sur le
substrat. Il s’en élève, par places, des fistules qui émettent vers l’extrémité apicale des
spatules latérales, à face supérieure convexe, qui forment de petites ombrelles à bords
laciniés. Les fistules mesurent 4-6 mm de diamètre et leur paroi très mince mesure moins
d’un millimètre d’épaisseur. Elles mesurent 30 à 70 mm de long. Les spatules convexes
ont la même finesse et leur forme est hémicirculaire. Elles mesurent 25/10 mm, 30/20 mm,
20/20 mm environ. Leur squelette se compose de fibres, parallèles à leur base, puis diver¬
gentes en éventail.
La charpente de l’éponge est dense, avec un réseau très irrégulier d'oxes dans la paroi
du choanosome et avec une croûte de grands et petits oxes en surface et dans la paroi des
fistules et des spatules.
La base se stratifie comme si la croissance se faisait par accrétion.
Spicules
— Oxes principaux : 300-350 [.’.m/15-18 p.m.
— Oxes ectosomiques avec presque 2 courbures et pointes brèves : 100/9-10 p.m.
Remarques : Le genre Foliolina Schmidt, 1870, caractérise des éponges à tige creuse,
avec prolongements foliacés horizontaux. L’extrémité du tube est fermé. La consistance
est molle. Les oxes sont groupés en tractus polysériés entrant dans les expansions. Entre
ces tractus, les spicules forment un réseau. 11 n’y a pas de pellicule ectosomique. Cette
diagnose est commune au genre et à l’espèce F. peltata dont le type a été pêché par 85 m
de fond, au large de la Floride. Wilson (1902) identifie 7 autres spécimens de F. peltata
provenant du large de Porto Rico sur fond corallien (175-215 m). Il précise que la tige a
6 mm de diamètre, que les expansions foliacées, convexes, ont 7 à 10 mm de long, qu’elles
sont creuses et prolongent bien la tige. Les oxes mesurent 320/10 pm. Dans le spécimen
étudié par Lévi (1960), les oxes mesurent 250-260 p.m et quelques-uns 100-130 p.m. Nous
ne voyons pas actuellement de caractères permettant de distinguer les Foliolina de Nou¬
velle-Calédonie de Foliolina peltata Schmidt.
Distribution : Floride, Cuba, golfe du Mexique, Sénégal, Afrique occidentale.
Famille Renieridae Ridley, 1884
Genre CLADOCROCE Topsent, 1892
Cladocroce incurvata n. sp.
(PI. IV, 4 ; fig. 35)
Holotype : MNHN D.CL 2942 ; paratype : MNHN D.CL 2945.
Localité : Nouvelle-Calédonie, entre l’île des Pins et la corne sud du Grand Récif, 22°39' S —
167°07' E ; 170-190 m et, au large de Chepenhehe Lifou, 400 m.
- 975 -
Le spécimen holotype mesure 110mm de haut; 130mm de large, en extension, et
2-3 mm d'épaisseur. C’est une éponge lamellaire, fixée par un court pédoncule qui mesure
7/5 mm de diamètre et 15 mm de long. La lame est recourbée en demi-entonnoir ; sa cou¬
leur est ocre-jaune olivâtre. Les deux surfaces sont égales, sans oscules de grand diamètre.
La lame paraît traversée par de multiples canaux transverses dont les ouvertures sont
apparentes sur la face convexe et sont masquées du côté concave par un eetosome à peine
hispide. La lame est marquée par des bourrelets concentriques. Le squelette, très dense
dans le pédoncule, se compose dans l’axe de la lame (d'ailleurs un peu excentré vers la
face convexe) d’un réseau dense de fibres multispiculées de 200-300 p.m de diamètre et
sur les deux faces d'un réseau isodictyal plurispiculé avec des alignements ascendants à
5-7 spicules.
Le squelette de la face convexe, plus hispide, est plus solidaire des fibres axiales que
le squelette de la face concave.
Spiculés
— Oxes, courbes, assez homogènes : 180-220 p.m (200 p.m)/8-10 pm.
Le paratype, qui provient de Lifou, est en forme de chausse-pied et mesure 120 mm
de long, 22 mm de large seulement et 1 à 2,5 mm d’épaisseur.
Remarques : Cette espèce s’apparente à un groupe d’espèces trouvées dans l’océan
Atlantique : Reniera parenchyma Lundbeck, Reniera folium Lundbeck, Reniera aentila-
brum Fristedt, Cladoeroce spathiformis Topsent et Cladocroce osculosa Topsent. C. incur-
çala n. sp. ressemble à C. spathiformis mais ses spicules sont plus courts.
Genre RHIZONIERA Griessinger, 1971
Rhizoniera (?) strongylata n. sp.
(PI. VII, 4; fig. 36)
Holotype : MNHN D.CL 2960; paratypes : MNHN D.CL 3152.
Localité : Nouvelle-Calédonie : 22°49' S — 167°12' E ; 390-395 m.
Éponges de couleur ocre-jaune, assez souples, massives, fixées par une base pédon-
culée, s’élargissant en massue mesurant 20-30/15 mm de diamètre et 40-66 mm de haut.
La base pédonculée mesure environ 20 à 30 mm de haut. Il existe en surface une très fine
strate ectosomique parcheminée, si détachable qu elle manque fréquemment, et qui a
l’épaisseur d’un spicule (10 p.m).
La charpente principale se compose, à la base, de nombreux faisceaux spiculaires
ascendants multispiculés, de 350 p.m d’épaisseur environ. Ces lignes multispiculaires se
ramifient en charpente plumoréticulée ; les plus distales mesurent seulement 30 p.m d’épais¬
seur.
— 976 —
Spicules
— Strongyles courbés légèrement, parfois rectilignes : 250-320 pm/5-7 pm ; les extré¬
mités sont parfois rugueuses.
Remarques : 11 est très difficile d attribuer cette espèce à un genre connu. On pour¬
rait penser à Calyx Vosmaer, Rhizoniera Griessinger, si les spicules étaient des oxes et s’il
existait un réseau réniéroïde intermédiaire entre les fibres multispiculées, ce qui n’est pas
le cas. Par ses fibres multispiculées de strongyles, elle pourrait s’apparenter aux Stron-
gylacidon Lendenfeld ou Batzella Topsent mais Strongylacidon a des microsclères et la
charpente de Batzella est nettement différente. Reste Inflatella dont les spicules sont très
semblables et qui a une couche superficielle de spicules juxtaposés, notamment I. pelli¬
cula Lundbeck, 1910. Mais chez Inflatella, le squelette principal est réduit, bien qu’il existe
des faisceaux dispersés, sans spongine, et, d’autre part, les Inflatella sont plutôt vésiculaires
et produisent des papilles.
11 est donc impossible actuellement de conclure et nous plaçons très provisoirement
cette éponge dans le genre Rhizoniera.
Famille Gelliidae Ridley et Dendy, 1887
Genre G ELU US Gray, 1867
Gellius anatarius n. sp.
(Fig. 37)
Holotype : MNHN D.CL 2965.
Localité : 22°32' S — 166°25' E ; 430-500 m.
Cette petite éponge de couleur gris clair mesure 2 à 4 mm d’épaisseur ; elle occupe
une grande partie de la face interne d’une valve de Bivalve. La surface est d’aspect alvéo¬
laire, av ec des cavités nombreuses dont les plus périphériques, très petites, ont 0,5 mm
de diamètre et les plus larges et centrales ont jusqu’à 2 mm de diamètre. L’architecture
générale est ainsi réticulée ; quelques canaux exhalants convergent de la périphérie de la
coquille vers le centre. La consistance est ferme mais l’éponge est friable.
Le squelette est un réseau irrégulier d’oxes entrecroisés ; les sigmas sont nombreux.
Spicules
— Oxes courbes : 650-800 pm/25-30 [un.
— Sigmas normaux, en C, avec souvent un ou deux points de courbure : 100-120 pm/
2-3 jim.
— Sigmas très arqués dont les extrémités sont différentes ; l’une d’elles est plus longue,
flagellée et toujours courbée en tète de canard : 125-130 pm/70-85 pm. Peu nombreux.
- 977 -
Remarque : Cette nouvelle espèce est caractérisée par ses deux types de sigmas, comme
il en existe chez G. flagellifer R. et D., G. hamatus Thiele, G. incrustans Hentschel, G.
raphidiophorus Brondsted, etc., mais la forme très particulière et constante des sigmas,
la longueur des oxes et la morphologie générale suflisent à la distinguer.
Genre ORINA Gray, 1867
Orina regia (Brpndsted)
(PI. VI, 4; fig. 38)
MNHN D.CL 2937-38.
Localité : Nouvelle-Calédonie, Havannah, 22° 17' S — 167°14' E ; 425-430 m.
Petites éponges en forme de galette de couleur gris-jaune clair, par endroits un peu
translucides, mesurant 35/30/4 mm, 40/20/4 mm, 10/15/2 mm. Une des faces, un peu
convexe, présente quelques oscules dispersés, mesurant 1 mm de diamètre. La consistance
est fragile et friable. La surface est régulière sans hispidation. La charpente se compose
d’oxes organisés en réseau isodictyal très irrégulier avec un peu de spongine aux unions
spiculaires. Nombreux microsclères toxes et sigmas. Les chambres choanocytaires isolées
mesurent 20 p.m de diamètre.
Spiculés
— Oxes courbes : 650-730 p.m/15 p.m.
— Sigmas avec une petite bosse centrale fréquente : 15 [Am/1 [im ; quelques sigmas
plus longs et plus grêles : 25 p.m/0,5 p.m.
— Toxes à angles obtus, mais inflexion brusque : 50-90 p.m/1-2 p.m.
Remarque : Cette éponge partage la plupart des caractères de Gellius regius Brpndsted
mais les mégasclères y sont un peu plus longs et le squelette est un peu mieux réticulé
ici que chez le type où la charpente est halichondrioïde, sans trace de spongine. Il s’agit
en tous cas d’éponges très allines.
Distribution : Nouvelle-Zélande. Three Kings : 118 m, fond dur.
4 . 4
- 978 -
Fig. 36. — Rhizoniera (?) strongylata n. sp. : strongyles X 330.
Fig. 37. — Gellius anatarius n. sp. : 1, oxe X 270 ; 2, sigmas X 432 ; 3, sigmas X 432.
Fig. 38. — Orina regia (Brdndsted) : 1, oxe X 165 ; 2, toxe X 432 ; 3, sigmas X 432.
Famille Spongiidae Gray, 1867
Genre IRCINIA Nardo, 1833
Ircinia aligera (Burton)
(PI. VII, 5)
MNHN D.CL 2868-69.
Localité : Nouvelle-Calédonie, entre File des Pins et le sud du Grand Récif, et Havannah ;
22°20' S — 167°10' E, 175-200 m ; 22°17' S — 167°12' E, 390 m.
- 979 -
La collection contient plusieurs exemplaires de cette éponge très caractéristique,
en forme de massue. D’abord étroite, 7 à 8 mm de diamètre, elle s’épaissit et atteint 20-
25 mm de diamètre avant de se rétrécir vers un sommet conique où s’ouvre un oscule apical.
La couleur est ocre-jaune. La surface est plissée, conuleuse, coriace. L’éponge porte des
expansions foliacées latérales dont le nombre est variable suivant les spécimens ; elles
mesurent 10-15 mm de long et 5-10 mm de large et 2 mm d’épaisseur ; elles sont légère¬
ment recourbées vers la base de l’éponge. Leur face inférieure concave est ostiolaire.
La charpente se compose de fibres ascendantes de 150 p.m de diamètre et de fibres
secondaires de 50 à 80 pm. Les fibres ambrées ont une moelle. Les filaments sont très abon¬
dants et mesurent 1 à 3 p.m d’épaisseur.
Remarque : Cette éponge a été décrite par Burton (1928) sous le nom de Stenospongia
aligera. C’est en fait une Ircinia. Bergquist (1980) a placé en synonymie Stenospongia
et Sarcotragus Schmidt, ce qui signifie que Stenospongia aurait des fibres principales fasci-
culées. Dans sa description, Burton mentionne seulement des fibres primaires reliées par
intervalles par des fibres secondaires, ce qui n’est pas équivalent. La charpente des spéci¬
mens de Nouvelle-Calédonie est d’ailleurs dendro-réticulée : les fibres principales ascendantes,
simples, entourant une colonne ou cavité centrale, se ramifient et les fibres secondaires
qui montent vers la surface perpendiculairement à l’axe se subdivisent plusieurs fois et
établissent des anastomoses.
Distribution : Archipel Mergui, 13°4'30" N — 96°44' E ; 138 m.
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- 982
PLANCHE I
Plakortis simplex Schulze (revêtante sur Ircinia) ; 2 : Corticium bargibanti n. sp. ; 3 : Aaptos aaptos
(Schmidt) ; 4 : Tylaspis topsenti n. g., n. sp. ; 5 : Raspailia pachysclera n. sp. ; 6 : Trachycladus digi-
tatus Lendenfeld. (Echelle : 1 cm.)
PLANCHE I
- 984 -
PLANCHE II
1 : Lithoplocamia dolichosclera n. sp. ; 2, 3, 5 : Hemectyonilla gardineri (Dendy) ; 4 : Parahigginsia phakel-
lioides Dendy ; 6 : Axinella lifouensis n. sp. ; 7 : Phakellia columnata (Burton).
PLANCHE II
PLANCHE III
1, 2 : A gelas novaecaledoniae n. sp. ; 3 : Yoesia acanthosclera n. sp. (revetante) ; 4 : Heterocornulum virgu-
liferum n. g., n. sp., fistules ; 5 : Heterocornulum virguliferum n. g., n. sp., dans les loges du foramini-
fère ; G, 7 : Coelodischela massa n. sp.
PLANCHE III
— 988 -
PLANCHE IV
1, 2, 3 : Prostylyssa (?) radiata n. sp. ; 4 : Cladocroce incurvata n. sp. ; 5, 6 : Petrosia punctata n. sp.
PLANCHE IV
- 990 -
PLANCHE V
1 : Petrosia pluricrustata n. sp., coupe transversale ; 2 : Petrosia pluricrustata n. sp., face
Petrosia pluricrustata n. sp., face convexe ; 4, 5 : Strongylophora mamillata n. sp. ; G, 7 :
bubaroides n. sp.
concave ; 3 r
Spongosorites
PLANCHE V
- 992 -
PLANCHE VI
1 : Lissodendoryx bifacialis n. sp. ; 2 : Lissodendoryx stylophora il. sp. ; 3 : Gellius anatarius n. sp. ; 4 : Orina,
regia (Brandsted) ; 5 : Foliolina (?) peltata Schmidt, folioles osliolaires ; <i : Folioliria (?) peltata Schmidt,
base et fistules.
PLANCHE VI
5
- 994 -
PLANCHE VII
1-3 : 1‘hakellia plumosa n. sp. ; 4 : Rhizoniera (?) sirongylata n. sp. ; 5 : Ircinia aligera (Burton) ; 6 : Mycale
myriasclera n. sp. ; 7 : Phlyctaenopora bocagei n. sp.
PLANCHE VII
- 996
PLANCHE VIII
1-5, Coelodischela massa n. sp. : 1-3, dischèles, 4, spicules, 5, microstructure des dischèlcs ; 6 : Lissodendo
ryx stylophora n. sp., isochèles arqués ; 7 : Hymedesmia spiniarcuata n. sp., isochèles arqués ; 8 : Phlyc
taenopora bocagei n. sp., anisochèle et « oxydiscorhabde ».
PLANCHE VIII
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 5, 1983,
section A, n° 4 : 999-1019.
Ascidies littorales de Guadeloupe
V. Polycitoridae
par Françoise Monniot
Résumé. — Douze espèces de Polycitoridae seulement ont été récoltées à faible profondeur
autour de la Guadeloupe, dont une nouvelle : Distaplia crassa. Parmi ces espèces, six sont connues
aux Bermudes.
Abstract. — Only twelve species of Polycitoridae have been collected in shallow water around
Guadeloupe island, and one of them, Distaplia crassa, is a new species. Six of them live in the
Bermuda waters too.
F. Monniot, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, 55, rue Buffon, 75005 Paris.
Au cours de notes précédentes, d’autres familles d’Ascidies de Guadeloupe ont été
étudiées, provenant de 27 stations littorales. Une carte des stations a été publiée dans le
premier travail (Monniot F., 1983). Nous rappelons que les stations étudiées sont toutes
situées à très faible profondeur, une majorité concerne les ports et la mangrove 1 .
Les Polycitoridae ne sont pas très variées sur le littoral de Guadeloupe puisque nous
n’avons trouvé que douze espèces. Une seule est nouvelle : Distaplia crassa. La plupart
des espèces qui étaient déjà signalées dans les eaux caraïbes ont été retrouvées.
Six des espèces de Guadeloupe sont présentes aux Bermudes. Nous retrouvons une
espèce décrite aux Açores, Distaplia corolla, qui était très localisée dans le port de Horta
et que nous supposions importée. En Guadeloupe, cette espèce figure dans plusieurs sta¬
tions ; il s’agit donc probablement d’une espèce caraïbe.
Clavelina puertosecensis Millar et Goodbody, 1974
Station : 20, îlet Pigeon, 10 m, sur corail.
Nous n’avons trouvé qu’une unique colonie formée de deux zoïdes nettement dis¬
tincts l’un de l’autre et entourés chacun de quelques bourgeons. L’animal vivant est très
transparent et d’une coloration verdâtre. La colonie a été récoltée avec son support mais
l’ébranlement provoqué par la cassure du corail mort, massif, sur lequel elle était fixée,
a provoqué la rétraction des thorax dans la tunique.
1. Travail effectué dans le cadre de l’action concertée DGRST « Mangrove et zone côtière ».
1000
Malgré sa contraction, le thorax est long par rapport à l’abdomen. Les siphons très
contractés étaient situés nettement sur la partie dorsale du thorax et le ganglion nerveux
se trouvait dans une dépression située entre eux. La marge des deux siphons est lisse ; le
siphon cloacal contracté apparaît nettement bilobé en sifflet.
Les tentacules, une dizaine de grands, sont situés très en avant dans le siphon buccal.
Le bourrelet péricoronal est éloigné à la fois du cercle de tentacules et de la branchie. Sur
le plus grand spécimen, on compte quatorze rangées de stigmates séparées par des sinus
transverses surmontés d’une membrane élevée. Les languettes du raphé sont grandes et
deviennent de plus en plus longues et pointues vers l’entrée de l’œsophage. Nous n’avons
pas observé le pli situé sous le raphé, que signale la description originale. L’estomac est
situé très bas dans l’abdomen. Il est lisse, verdâtre, et n’est marqué (pie par la typhlosole.
Dans l’un des spécimens, la partie mâle des gonades était bien développée et le spermi-
ducte plein ; l’ovaire ne contenait que des ovocytes de petite taille. Deux œufs non seg¬
mentés se trouvaient dans l’oviducte, à droite de l’entrée de l’œsophage, et un autre, lui
aussi non segmenté, dans la cavité cloacale à gauche du raphé.
Malgré les quelques différences que nous avons signalées, dues probablement en grande
partie à la contraction de nos spécimens, il est probable que nos exemplaires appartiennent
à l’espèce de Millau et Goodbody.
C. puertosecensis n’était connue que de la Jamaïque, de la pente extérieure des récifs,
de 15 à 60 m de profondeur.
Clavelina oblonga Herdman, 1880
Synonymie : Voir Van Name, 1945 : 136 ; Millar, 1958 : 500 ; Almeida Rodrigues, 1962 :
196 ; Rodrigues da Costa, 1969 : 277 ; Monniot F., 1970 : 961 ; 1974 : 1299.
Stations : 12, 18.
L’espèce est transparente et contient quelques pigments blancs. Les zoïdes sont dis¬
posés en petits bouquets mais isolés dès leur base, ou ont une partie de l’abdomen enrobée
dans une tunique commune.
Les exemplaires de Guadeloupe sont tout à fait semblables à ceux des Bermudes,
localité du type.
L’espèce s’étend de la Floride au sud du Brésil. Elle a été signalée aux îles du Cap
Vert (Hartmeyer, 1912), à Dakar (Monniot F., 1969) et aux Açores (Monniot F.,
1974).
Distaplia bermudensis Van Naine, 1902
(Fig. 3 B)
Synonymie : Voir Van Name, 1945 : 146 ; Pérès, 1957 : 227 — Baléares ; Millar, 1958 :
500 — Brésil ; 1962a : 68 — Curaçao ; Rodrigues da Costa, 1969 : 279 — Brésil ; Monniot F.,
1972 : 960 — Bermudes ; Millar, 1977 : 188 — Brésil ; 1978 : 100 — Guyana.
Stations : 13, 27.
1001 -
Les colonies ont une couleur et un aspect variable, ce qui a toujours été signalé. Les
animaux sont encroûtants ; ils peuvent être légèrement incrustés de sable, mais les par¬
ticules sédimentaires sont peu nombreuses à l’intérieur de la tunique. La couleur sur le
vivant va du rose au violet foncé, souvent répartie de façon inégale. Dans le formol la
coloration devient vert-bleu plus ou moins intense, avant de disparaître à la longue.
Les zoïdes, quand ils sont bien développés, sont disposés en systèmes arrondis ou
ovales, centrés autour d’un cloaque commun largement ouvert. Les systèmes sont jointifs
et leurs limites ne sont visibles que lorsque les zoïdes sont visibles par transparence. La
tunique contient de nombreuses collides vésiculaires, des organites symbiotes unicellu-
laires et des cristaux de carbonate de calcium de petite taille qui opacifient la tunique
(fig. 3 B). Les poches des cavités cloacales contiennent des accumulations d’organites
unicellulaires symbiotes qui ne sont pas des algues.
Les zoïdes correspondent aux descriptions antérieures. Les larves sont incubées en
petit nombre (2 à 3) dans les poches incubatrices reliées aux zoïdes par un pédoncule long
et fin.
Cette espèce n’a été rencontrée, parmi les stations prospectées en décembre en Gua¬
deloupe, que dans le petit cul-de-sac marin au sud de l'îlet à Cochons, à très faillie pro¬
fondeur jusqu’à 5 m.
L’espèce est largement répandue sur la côte est-américaine, depuis la Caroline du
Nord jusqu’au Brésil, aux Bermudes et aux Antilles.
Distaplia corolla Monniot F., 1974
Stations : 7, 13, 19, 21, 27.
Les colonies sont encroûtantes, formées de rosettes de petite taille, plus ou moins
isolées les unes des autres et colorées en rose pâle ou rose vif à l’état vivant. La tunique est
transparente et laisse voir les zoïdes. Dans le formol, la coloration disparaît complètement.
Quand les colonies atteignent quelques centimètres de diamètre, les systèmes devien¬
nent coalescents mais sont toujours séparés par un sillon en surface de la colonie. Les ouver¬
tures des cloaques communs sont petites et circulaires. La tunique ne contient pas de cris¬
taux mais un grand nombre d'organismes symbiotes unicellulaires.
Les cavités cloacales communes contiennent des amas d’organismes symbiotes uni¬
cellulaires bruns ; ce ne sont pas des algues (R. A. Lewin, comm . pers.).
Les zoïdes ont une taille variable : dans les colonies jeunes ils sont petits et le siphon
cloacal forme un tube simple. Les zoïdes plus âgés ont une languette eloacale tridentée.
Les caractères des zoïdes qui distinguent D. corolla de D. bermudensis sont :
— les stigmates très courts du coté du raphé :
— un testicule en rosette très régulière ;
— un ovocyte en maturation dans une poche de l’ovaire, qui est suspendue sous la
boucle intestinale et est reliée par un pédoncule au centre de la rosette testiculaire ;
— les larves isolées dans la tunique, dans une zone externe à la rosette des zoïdes
pour chaque système.
— 1002 —
Les zoïdes ont bien une poche incubatrice appendue au côté droit du thorax, mais
nous l’avons toujours trouvée vide et peu développée. Les têtards sont bien inclus indi¬
viduellement dans une poche mais celle-ci n’est pas reliée par un pédoncule aux zoïdes.
La taille des zoïdes, même bien développés, est plus petite que chez D. bermudensis.
L’espèce est présente sur la côte caraïbe et dans le petit cul-de-sac marin à très faible
profondeur. Elle peut facilement être confondue avec D. bermudensis, les deux espèces
vivant dans les mêmes stations côte à côte.
D. corolla est ici signalée pour la première fois en dehors de la station type aux Açores.
Distaplia crassa n. sp.
(Fig. 1)
Station : 18.
Cette espèce se présente sous forme de coussinets ou de croûtes épaisses (2 cm), d’où
son nom, de couleur rose pâle. La coloration disparaît dans le formol. Les zoïdes sont dis¬
posés sous la surface des colonies en systèmes méandriformes, ce qui donne un aspect de
Polvclinidae. La couche basale de la colonie est dense, sans zoïdes et sans incrustation
de sable. Nous n’avons pas trouvé d’organismes symbiotes chez cette espèce dans la marina
de Saint-François.
Les zoïdes sont de grande taille (jusqu’à 6 mm) (fig. 1 A), les poches incubatrices
également (jusqu’à 4 mm de long). Le siphon buccal est large, court et à bord ondulé.
Le siphon cloacal très largement ouvert est prolongé par une grande languette dont l’extré¬
mité est (ou non) étirée en pointe selon l’emplacement des zoïdes. L’anus et la papille
mâle sont libres dans la cavité cloacale.
La branchie comprend quatre rangs de stigmates, très réguliers, avec environ vingt
stigmates par demi-rang en moyenne, traversés d’un sinus parastigmatique. La muscu¬
lature est fine et régulière sur le thorax.
L’abdomen est plus petit que le thorax sans caractères particuliers ; l’estomac est
lisse ; l’intestin tubulaire ne présente aucune différenciation morphologique le long de son
trajet. L’anus est généralement bilabié ; la boucle digestive est ouverte.
Le testicule est formé d’une rosette de nombreux lobules à droite de l’abdomen (fig. 1 A).
Le spermiducte part du centre de la rosette et se dirige en droite ligne vers l’anus pour
s’ouvrir nettement au-dessus de celui-ci par une papille longue (fig. 1 C).
L’ovaire est situé au centre de la rosette testiculaire (fig. 1 A). Les ovocytes effec¬
tuent leur maturation sur place. Les gonades restent donc entièrement contenues dans la
boucle digestive. La poche incubatrice située à droite des zoïdes peut être très longue mais
son pédoncule reste, lui, très court (fig. 1 A). Elle contient un nombre variable de larves
mais j’en ai compté fréquemment huit par zoïde dans la colonie-type. Le têtard (fig. 1 D)
a la structure typique des larves de Distaplia.
Cette espèce se distingue de D. bermudensis par la taille des zoïdes, l’allure des colo¬
nies, l’absence de cristaux dans la tunique, l’absence de symbiontes, le nombre de larves
incubées, la forme de la poche incubatrice et par la papille mâle située nettement au-dessus
de l’anus.
— 1004 —
Distaplia crassa n. sp. ne montre pas après fixation au formol la couleur bleu-vert
que l’on constate pour Distaplia bermudensis.
Cystodytes dellechiajei (Della Valle, 1877)
Synonymie : Voir Van Name, 1945 : 133, puis dans les eaux Atlantiques tropicales amé¬
ricaines ; Rodrigues da Costa, 1969 : 278 — Brésil ; Monniot F., 1972 : 960 — Bermudes ; Mil¬
lar, 1977 : 188 — Brésil; 1978 : 99 — Guyana.
Stations : 4, 13, 27.
L’espèce n’a été trouvée que sous la forme de petites colonies et seulement dans le
petit cul-de-sac marin, ce qui est certainement dû à la saison de récolte.
Pour les zoïdes il est intéressant de noter que le diverticule situé dans la partie posté¬
rieure de la cavité cloacale, et que nous avions signalé en 1972 à propos des exemplaires
des Bermudes, de la côte d’Afrique et de Méditerranée, se trouve bien dans les échantillons
de Guadeloupe. Ce caractère nous semble très utile pour identifier l’espèce C. dellechiajei
qui a bien peu de caractéristiques originales et est, de plus, très cosmopolite.
Les animaux ne présentent aucun caractère nouveau par rapport aux descriptions
précédentes. Leur présence en Guadeloupe n’étend pas l’aire de répartition de l’espèce.
Cystodytes sp.
(Fig. 2, 3 A)
Stations : 27, au sud de l’îlet à Cochons.
La seule colonie récoltée mesure 2,5 cm X 2 cm, sur 4 mm d’épaisseur. Elle est encroû¬
tante, de consistance dure, incolore et transparente. Les zoïdes, surtout visibles grâce à
la capsule blanche autour des abdomens, sont formés de petits spicules sphériques ou len¬
ticulaires denses (fig. 3 A). Des cristaux irréguliers sont répartis dans la tunique, surtout
dans sa portion superficielle. Les zoïdes sont disposés en une seule couche ; ils forment des
systèmes en rosettes irrégulières et peu apparentes. Les siphons cloacaux débouchent
individuellement à l’extérieur. Les zoïdes ont des tailles très diverses selon leur état de
développement, les plus grands mesurent 2,2 mm. Le siphon cloacal est un peu plus long
que le siphon buccal ; tous deux sont bordés de six lobes arrondis.
La paroi du manteau est mince et transparente ; elle porte de nombreuses fibres mus¬
culaires longitudinales fines, régulièrement espacées, et des fibres transversales également
très fines. La branchie est nettement visible par transparence à travers le manteau. Les
tentacules coronaux sont de deux ordres, généralement au nombre de seize disposés sur un
seul rang. La branchie s’insère très haut dorsalement (fig. 2 A) et le premier rang de stig¬
mates est un peu infléchi vers le ganglion nerveux. Le nombre de stigmates par demi-rang
est variable selon l’état de développement du zoïde, et cela indépendamment de la présence
des gonades. J’ai compté au maximum, à gauche, au 1 er rang : 22 stigmates ; aux 2 e , 3 e
et 4 e rangs : 20. Il y a généralement deux stigmates de moins à droite qu’à gauche. Les
- 1005 -
languettes du raphé sont de la longueur des stigmates, extrêmement minces, filiformes
et décalées à gauche. Les sinus transverses sont surmontés d’une lame tissulaire élevée.
Il existe un espace imperforé d’une hauteur égale à celle d’un rang de stigmates, à la base
de la branchie.
Fig. 2. — Cystodytes sp. : A, zoïde entier immature, face gauche ; B, abdomen d’un zoïde mûr, face droite.
L’abdomen de longueur égale au thorax est nettement plus mince. L’œsophage est
mince et aplati. L’estomac, également aplati, a une forme carrée ; le cardia est opposé
au pylore ; il est situé au milieu de l’abdomen ou plus antérieurement. L’intestin se divise
en une première partie mince, cylindrique, qui s’élargit en anneau avant la première cons¬
triction. La deuxième portion intestinale est courte et séparée de l’intestin postérieur par
un élargissement brusque au départ de ce dernier, sans que l’on puisse vraiment dire qu’il
existe des cæca. Cet élargissement est situé au fond de la boucle intestinale. L’intestin
1006
postérieur ne présente aucune différenciation spéciale. 11 croise l’œsophage en son milieu.
L’anus bilabié est placé au milieu du 3 e rang de stigmates.
Les gonades (fig. 2 B) sont disposées à côté de la boucle intestinale, sous le niveau de
l’estomac. Le testicule forme une rosette plate de six à sept lobules réguliers, au centre
de laquelle part un spermiducte droit. L’ovaire est situé un peu au-dessus des testicules,,
contre le spermiducte.
Dans la seule colonie à notre disposition, les zoïdes sont à tous les stades, depuis les
bourgeons dont certains ont déjà des testicules avant que le thorax et le tube digestif ne
soient bien développés, jusqu’aux zoïdes incubateurs. Je n’ai trouvé qu’une larve à la fois,
en incubation, dans la cavité cloacale. Les têtards sont peu développés mais petits. Ils ont
trois ventouses de fixation, un ocelle et un otolithe mais n’ont pas encore acquis d’autres
différenciations.
La cavité cloacale ne présente à sa base aucun diverticule comparable à celui de C.
dellechiajei.
Les spicules (fig. 3 A) sont très différents de ceux de Cystodytes dellechiajei récoltés
à la même station. Ils sont, en revanche, très semblables à ceux de C. roseolas de la côte
d’Afrique.
Fig. 3. — A, Cystodytes sp., spicule. B, Distaplia bermudensis, concrétion de calcite dans la tunique. (Échelle :
10 pm.)
1007 —
Ne possédant qu’une colonie de cette espèce, nous ne voulons pas créer une espèce
nouvelle dans un genre où les caractères spécifiques sont mal définis. Il est certain que
Cystodytes sp. n’appartient pas à l’espèce C. dellechiajei. Elle en diffère par la structure
de la colonie, la disposition des zoïdes, l’absence du diverticule cloacal, la taille des zoïdes
■et des larves et par la forme des spicules.
Par l’allure des colonies, la structure des spicules en pelotes d’aiguilles sphériques
à l’état jeune et devenant discoïdaux, Cystodytes sp. pourrait se rapprocher de C. roseolus
Ilartmeyer, 1912, d’Afrique du Sud, retrouvée par Michaelsen (1915), Pérès (1949) puis
Millau (1962Ù) et Monniot F. (1969) sur la côte ouest-africaine. La similitude concerne
à la fois les spicules en rosettes, formant des capsules autour de l’abdomen des zoïdes, et
les « formations calcaires anormales » dispersées dans la tunique. Les zoïdes sont tout à
fait semblables en ce qui concerne la taille, la forme générale et la musculature. Cependant,
nous avons compté jusqu’à trente-cinq tentacules coronaux chez les exemplaires de C.
roseolus de Dakar, disposés en deux cercles nets (même chez de jeunes zoïdes). En revanche,
dans cette espèce nous avons compté tout au plus quinze stigmates par demi-rang bran¬
chial, donc nettement moins que pour les zoïdes de Guadeloupe. Cystodytes roseolus incube
généralement une larve dans la cavité cloacale, rarement deux. Ce caractère et la struc¬
ture comparée des têtards pourraient être utilisés dans le cas de récoltes ultérieures.
La seule espèce de Cystodytes ayant été signalée dans l’Atlantique ouest est C. delle-
elnajei. 11 serait intéressant de regarder avec attention les Cystodytes d’autres îles des Antilles,
qui peut-être appartiennent à des espèces aussi variées que sur la côte ouest-africaine.
Genre EUDISTOMA
De nombreuses espèces ont été décrites dans la zone tropicale ouest-atlantique, mais il
est bien difficile de les identifier. Les Eudistoma présentent une grande variabilité de formes
et de couleurs, que l’on constate chez les espèces abondantes, mais cela ne présente pas
de difficultés réelles pour leur détermination, comme E. olivaceum. Ces variations indivi¬
duelles ajoutées à la contractibilité extrême des animaux compliquent très sérieusement
l'identification de certaines espèces. La forte musculature longitudinale qui parcourt
toute la longueur du corps des zoïdes déforme par contraction tous les organes, et la mus¬
culature transverse, forte au niveau du thorax, contribue à gêner l’observation de la bran-
cliie. L’anesthésie est difficile à réaliser et n’est possible que lorsque les colonies n’ont subi
aucune lésion. Dès que la collecte est effectuée à partir d’un bateau, il n’est plus possible
d’obtenir des animaux en extension.
Le manteau des Eudistoma, en plus de sa forte musculature, possède le plus souvent
des pigments foncés qui limitent beaucoup l’observation par transparence. Il devient
alors nécessaire de pratiquer des dissections délicates pour utiliser les caractères anato¬
miques indispensables à l’étude morphologique.
Il faut bien reconnaître qu’en présence d’animaux dont l’allure externe ne donne pas
ou peu d’indications et dont la contraction et la pigmentation masquent l’anatomie interne,
il devient difficile de mettre en évidence de petits détails de structure permettant d’isoler
— 1008 -
avec certitude les espèces. C’est probablement la raison pour laquelle les spécialistes ont
souvent négligé ce groupe dans leurs études faunistiques, ou ont trouvé plus simple de créer
des espèces nouvelles pour des localités géographiques différentes, la variabilité indivi¬
duelle ou géographique étant dillicile à cerner.
La comparaison d’échantillons ne comprenant qu’une ou deux colonies, contractées
et à des stades divers de maturité, ne peut raisonnablement pas aboutir à une systématique
valable, surtout si un matériel abondant et en bon état n’a pas été étudié préalablement
dans la même région. En effet, des caractères qui chez les Aplousobranches ont une valeur
spécifique, la perdent dans le genre Eudistoma ; citons, par exemple, le nombre de rangs
de stigmates, la paroi stomacale, la disposition des gonades, etc. Les caractères utilisés
au niveau de l’espèce sont relatifs, difficilement quantifiables et sujets à une interprétation
personnelle. Par exemple :
— La longueur du siphon cloacal et son orientation : bien sur, certaines espèces ont un
siphon très long, d’autres très court, mais entre ces deux extrêmes il existe un grand nombre
d’espèces à siphon un peu allongé, variable selon la contraction, la position dans la colonie,
l’âge du zoïde, etc.
— Le nombre de stigmates par rang et leur disposition : la contraction empêche souvent
d’analyser la structure branchiale ; cette étude nécessite de toutes façons l’observation
d’un grand nombre de zoïdes provenant de plusieurs colonies afin de connaître les limites
de variabilité dans une même espèce ce qui suppose à la fois un matériel abondant, uni¬
forme, et un temps très long consacré aux dissections et colorations ; il faut aussi consi¬
dérer des branchies bien développées et non celles de bourgeons qui, cependant, ont déjà
des gonades.
— Les proportions des différentes parties du tube digestif par rapport à la taille du zoïde
et leur forme : ceci ne peut être utilisé que pour des spécimens non contractés, ce qui est très
rare ; en réalité, les mesures ne sont valables que dans des cas très particuliers.
— La structure des tubules pyloriques : ce caractère, qui me semble très fiable, est par¬
ticulièrement dillicile à observer. Il nécessite dans la plupart des cas d'enlever le manteau
au niveau de l'estomac et de colorer les portions à étudier, or la glande pylorique est par¬
ticulièrement peu colorable, moins que le tissu du tube digestif, ce qui ne facilite pas les
choses. D'assez bons résultats ont été obtenus pour certaines espèces en utilisant de l’hema-
lun qui colore intensément le tube digestif et les portions des canaux pyloriques se raccor¬
dant à l’estomac ; les tubules pyloriques clairs apparaissent sur un fond plus sombre et leur
trajet peut être suivi. Chez certaines espèces, le bleu alcian à pli 2,5 a donné de bons résul¬
tats en colorant la glande pylorique. Cette méthode appliquée au tube digestif in loto a
l’inconvénient de colorer très intensément les tissus péridigestifs et nécessite donc une
dissection très délicate, qui n’est pas toujours réalisable. L’intérêt de cette technique,
difficile à mettre en œuvre, est cependant certain ; jusqu’à présent, en dehors de variations
minimes, la disposition des tubules pyloriques, concentrés sur une petite portion de l'intes¬
tin proche de l’estomac chez les Eudistoma, s’est révélée constante dans une même espèce.
Pour mettre en évidence la glande pylorique, il est nécessaire de dégager toute la base de
la boucle digestive et d’enlever les gonades par la dissection. Cela permet alors de détermi¬
ner le dessin précis des différentes portions intestinales dans la partie postérieure de l’abdo¬
men ; celles-ci sont parfois caractéristiques. L’emplacement de la glande pylorique par
1009 -
rapport à l’estomac peut être déterminé ainsi que le point où débouche le canal pylo¬
ri que.
— Les gonades : les variations de la forme et du nombre de lobules testiculaires sont
telles que j'accorde très peu de valeur aux gonades. La forme des lobules mâles dépend de
leur taille et de leur nombre, variables d’un zoïde à l'autre. La structure des gonades devrait
être précisée avec les limites de variation observées.
— Les larves : elles ne sont pas toujours présentes mais peuvent aider à la détermi¬
nation. Leur taille, souvent utilisée, dépend malheureusement de leur stade de développe¬
ment et est sujette, même à maturité, à des variations individuelles. Cependant, les larves
peuvent aider à isoler des espèces qui se caractérisent mal par ailleurs ; la disposition des
ventouses et des vésicules épidermiques est stable. Malheureusement, encore, les têtards
sont souvent très peu transparents et dilïiciles à observer.
— La grande variabilité des cellules pigmentaires dans la tunique et le manteau : on
constate à la fois des différences dues à l’habitat, mais aussi des variations individuelles
plus difficiles à expliquer ; il en va de même pour les espèces incrustées de sable qui peuvent
contenir des proportions très diverses d’éléments minéraux. Cependant, quelques espèces
possèdent des taches pigmentaires constantes sur le thorax, par exemple E. olivaceum,
ce qui est fort utile.
— La musculature : les différents auteurs ont tenté de décrire les faisceaux muscu¬
laires longitudinaux ; le nombre de fibrilles qu’ils contiennent et leur disposition sont
tellement variables d’un zoïde à l’autre que nous n’avons pas réussi à les chiffrer utile¬
ment.
En conclusion, si tous les caractères que l’on peut décrire en morphologie externe ou
interne sont utiles, ceux qui nous paraissent les plus décisifs sont ceux qui, malheureuse¬
ment, sont les moins accessibles : la disposition des stigmates dans la branchie ; la forme
et la couleur des éléments de la boucle digestive ; la disposition des tubules pyloriques
et leurs rapports avec l’estomac ; la structure des larves prêtes à être pondues.
Les éléments qui sont dénombrés ou ceux qui font intervenir des proportions ne sont
utilisables que s’ils sont accompagnés des limites de leurs variations.
11 est certain que pour les espèces de Eudistoma des études biochimiques pourraient
apporter des éléments constructifs permettant d’étayer la systématique du groupe.
Eudistoma capsulatum (Van Name, 1902)
(Fig. 4 A, B)
Synonymie : Voir Van Name, 1945 : 118 et synonymie ; Monniot F., 1972 : 960 — Bermudes ;
Gaili. F., 1972 : 303 — Bermudes.
Station : 13.
Une seule colonie de cette espèce a été récoltée dans une anfractuosité à la face infé¬
rieure d’un massif de corail. Toujours densément ensablée et enfoncée dans des fissures,
cette espèce encroûtante est très discrète ; c’est probablement pourquoi elle doit passer
inaperçue. Elle est signalée ici pour la première fois loin de la région d’où elle a été décrite :
4, 6
— 1011
Les deux siphons sont courts, profondément 6-lobés. Je n’ai pu compter le nombre
de stigmates par rang de la brancbie, les animaux contractés ayant une musculature forte.
L’abdomen est très long et très étroit, sauf dans la partie post-stomacale. L’estomac est
plus long (|ue large avec un cardia de petit diamètre, dorsal, et un pylore très large. La
première partie de l’intestin est cylindrique ; la deuxième forme le fond de la boucle diges¬
tive ; l'intestin postérieur n’est pas très élargi à son origine.
La glande pylorique (fig. 4 B) est disposée de chaque côté de l’intestin en un bouquet
de tubules élargis assez courts et entremêlés. Les tubules pyloriques sont serrés les uns
contre les autres et peuvent parfois devenir visibles par transparence, sans coloration.
La région des tubules pyloriques est située antérieurement par rapport à l’estomac (fig. 4 B)
mais à une très courte distance de celui-ci (inférieure à sa longueur). Le canal pylorique
est plus court ou aussi long que l’estomac et bien visible ; il débouche un peu au-dessous
du cardia (fig. 4 B). La disposition de la glande pylorique correspond bien a ce qui a été
figuré par Gaill (1972) pour des spécimens des Bermudes. Les gonades sont situées dans
la boucle digestive ; les testicules sont nombreux et font saillie dans l’abdomen, la boucle
digestive étant assez peu ouverte.
Eudistoma carolinense Van Name, 1945
(Fig. 4 C-F)
Van Name, 1945 : 123 — Caroline ; Millar, 1977 : 176 — Nord Brésil.
Stations : 7, 9, 13, 27, et en Martinique à la plage de Sainte-Anne et à la pointe Caravelle.
Les colonies sont totalement incrustées de sable et formées de lobes allongés, réunis
à leur base par une tunique commune, attachée sur le substrat. Les lobes sont très irré¬
guliers par leur longueur ou leur diamètre comme le figure Millar. La longueur des lobes
ne dépasse pas 25 mm. La tunique contient tellement de sable qu’il est dillicile de con¬
naître la disposition des zoïdes qui ne sont pas forcément parallèles entre eux.
Les zoïdes sont courts (max. 5 mm) et très minces (fig. 4 C). Les deux siphons, très
nettement 6-lobés, sont très courts. Le thorax est relativement large par rapport au reste
du corps, surtout quand les zoïdes sont incubateurs. La musculature thoracique trans¬
versale (15 à 20 fibrilles) est plus dense que la musculature longitudinale (5 à 6 fibrilles
de chaque côté). Elle est bien visible dans le manteau qui est mince et non pigmenté. Les
tentacules coronaux sont assez nombreux mais disposés en deux rangs seulement et de
deux ordres. La branchie comprend trois rangs de stigmates bien parallèles, non inter¬
rompus sur la ligne dorsale. On remarque simplement une diminution de longueur des
stigmates dorsaux du 3 e rang. Les sinus transverses sont peu élevés. Les languettes du
raphé, très courtes, sont très peu décalées à gauche. On compte au maximum vingt et un
et dix-huit stigmates par demi-rang pour les deux premiers, mais souvent douze. L’abdo¬
men est très long, élargi au niveau de l’estomac et des gonades et prolongé par un très
long appendice vasculaire. Œsophage et intestin postérieur sont de même diamètre. L’esto¬
mac (de couleur jaune orangé) est aussi haut que large, avec une dépression dorsale au
niveau du cardia. La partie pylorique est tronquée et rectiligne. La première partie de l’intes¬
tin est nettement plus longue que l’estomac et cylindrique. Elle est séparée par une cons-
— 1012 —
trietion nette d’une deuxième portion cylindrique en arc de cercle qui forme le fond de la
boucle digestive (fig. 4 C). Cette partie est d’abord large puis plus mince dans son parcours
ascendant. La troisième portion intestinale débute par un renflement brusque puis s’amin¬
cit jusqu’en face de l'estomac où elle s’aplatit et devient isodiamétrique. L’anus débouche
au niveau du 3 e rang de stigmates.
La glande pylorique (fig. 4 D) est entièrement située au-dessus du niveau de l’esto¬
mac, à une distance au moins égale à sa hauteur, et s’étend sur une portion assez longue
de 1 intestin postérieur. Les tubules pyloriques ont un trajet complexe assez variable d’un
zoïde à l'autre. Il y en a six en moyenne, anastomosés et bifurqués. Ils ont toujours un
parcours extrêmement contourné et sont renflés en ampoules sur toute la première partie
de leur parcours, formant un manchon dense autour de l’intestin (fig. 4 D). Ils apparaissent
donc plutôt comme des ampoules jointives sur les zoïdes contractés. Un long canal pylo¬
rique commun débouche à mi-hauteur dans l’estomac (fig. 4 D). Certaines ramifications
des tubules peuvent se diriger vers les gonades mais elles sont alors très courtes et fines.
Les gonades (fig. 4 E) sont logées dans la boucle intestinale, sous l’estomac. Les lobules
mâles sont arrondis, piriformes et peu nombreux (maximum 12). Les ovocytes sont cen¬
traux. Le spermiducte est droit. Les têtards sont incubés dans la cavité cloacale, en petit
nombre (1 ou 2). Ils mesurent environ 400 pm pour le tronc; les ventouses de fixation
sont séparées par une courte papille de chaque côté ; la larve porte une dizaine de grosses
papilles irrégulières (fig. 4 F). Ocelle et otolithe sont présents. La queue de la larve décrit
un tour complet.
Eudistoma carolinense vit dans les eaux littorales du sud des Etats-Unis (Caroline
du Sud, Floride) et au Brésil. Il est donc normal de la trouver aux Antilles où elle n’avait
pourtant pas encore été signalée (Pérès, 1949 : 170, signale sur la côte occidentale d’Afrique
une colonie immature que Millar, 1953, pense pouvoir attribuer plutôt à Eudistoma ramo-
sum).
En dehors de l’aspect des colonies, les principaux caractères de l’espèce sont les deux
siphons très courts et profondément 6-lobés, le développement de la musculature trans¬
verse plus important que celui de la musculature longitudinale thoracique, la forme de la
partie postérieure du tube digestif, la forme et l’emplacement de la glande pylorique par
rapport à l’estomac, le petit nombre de lobules testiculaires, la structure du têtard.
Remarques
E. capsulatum se rapproche par de nombreux caractères de E. carolinense : incrusta¬
tion de la tunique, zoïdes longs et minces, glande pylorique en avant de la région stoma¬
cale formée de tubules élargis, canal pylorique s’ouvrant au milieu de l’estomac.
Les différences entre les deux espèces me paraissent cependant suffisantes pour con¬
server deux espèces distinctes. Chez E. carolinense la colonie toujours lobée à tunique
très dure est très caractéristique. Les zoïdes sont dans l’ensemble plus petits, les testicules
moins nombreux. La branchie a des stigmates moins allongés mais un plus grand espace
entre les tentacules et le sillon péricoronal. La musculature thoracique longitudinale est
plus faible.
La glande pylorique de E. capsulatum est également différente : les tubules ne sont
pas parallèles à l’intestin postérieur comme chez E. carolinense où ils se prolongent anté-
1013 —
rieurement par des tubules plus fins. Ici, ils forment plutôt des ampoules allongées trans¬
verses ou obliques. Dans les deux cas, des tubules fins se dirigent vers le fond de la boucle
digestive. Le canal pylorique commun est plus long chez E. carolinense que chez E. capsu¬
lation, la glande pylorique étant située plus antérieurement, mais dans les deux cas il débou¬
che au milieu de la paroi stomacale et il a un parcours rectiligne.
Les larves de E. capsulation n’étaient pas complètement développées mais n’avaient,
dans la colonie de Guadeloupe, qu’un otolithe et pjas d’ocelle. Ce caractère ne peut être
valablement retenu puisque nous n’avons qu’une colonie et que cette anomalie se produit
quelquefois chez les Aplousobranches. L’absence constante d’ocelle pourrait, si elle était
confirmée, constituer un caractère systématique valable.
Eudistoma clarum (Van Name, 1902)
(Fig. 5)
Synonymie : Voir Van Name, 1945 : 122 ; Pérès, 1949 : 168 — Sénégal ; Millar, 1962a :
68 — Curaçao ; Monniot F., 1972 : 959 — Bermudes ; Gaill F., 1972 : 304 ■— Bermudes.
Stations : 13, 27.
Fig. 5. — Eudistoma clarum : A, zoïde entier ; B, partie postérieure d'un autre zoïde ; C, détail de la glande
pylorique ; D, larve.
- 1014 -
Colonies en coussinets plats blanchâtres ou gris, transparentes. La consistance est
molle. Les colonies adhèrent au substrat par toute leur base. Leur extension ne dépasse
pas 3 cm, mais elles sont souvent beaucoup plus petites. L’épaisseur maximum est de
8 mm. Les zoïdes les moins contractés ne dépassent pas 5 mm de longueur totale. Le siphon
cloacal est placé en haut du thorax, il est donc un peu, ou pas, plus long que le siphon buc¬
cal. Tous deux ont six lohes. Le manteau contient une musculature forte. Des cellules pig¬
mentaires sombres, dispersées, sont parfois présentes au niveau du thorax et dans la tunique.
Les tentacules coronaux très nombreux sont de quatre ordres de taille, disposés sur quatre
rangs et s’insèrent jusqu’au sillon péricoronal qui est circulaire. Le tubercule vihratile est
petit, en bouton. La branchie n’a pas de sinus transverses très élevés. Le premier rang
de stigmates est droit, même dans la région dorsale, le 2 e rang compte environ dix-huit
stigmates de chaque côté sans diminution de taille ni espace interstigmatique accru au
niveau de la ligne dorsale. Le troisième rang de stigmates est interrompu dorsalement
et les perforations sont de taille décroissante. 11 existe un espace imperforé post-bran¬
chial.
Les languettes du raphé sont petites, leur longueur est très inférieure à celle d’un
stigmate, et elles sont très décalées sur la gauche. L’abdomen est très large par rapport au
thorax. L’œsophage est très aminci avant son entrée dans l’estomac. L’estomac a une forme
allongée et est marqué dorsalement par une forte dépression à l’entrée de l’œsophage,
au tiers de sa hauteur (fig. 5 A, B). Sa partie pylorique la plus large est tronquée selon
une ligne droite. La première portion intestinale est cylindrique et à peu près de même
longueur que l’estomac. Une constriction la sépare d’une deuxième portion en olive. La
constriction qui suit est située exactement au point de rebroussement de la boucle intes¬
tinale (fig. 5 A, B). L’intestin postérieur débute par une partie large, s’amincit et s’aplatit
progressivement jusqu’à l’estomac et forme ensuite un ruban. L’estomac, sur le vivant,
a une couleur orange pâle.
La glande pylorique (fig. 5 C) est formée de trois tubules au moins, de chaque côté,
parallèles, sinueux et anastomosés ; le canal pylorique, court, se jette au niveau du pylore.
La glande pylorique se trouve en face de l’estomac et un peu au-dessous. Les gonades sont
situées dans la boucle intestinale, dans toute la portion sous l’estomac. Les testicules peuvent
être nombreux (jusqu’à 30 lobules), l’ovaire est central. Le spermiducte est épais et droit.
Les têtards sont incubés dans la partie basale du thorax ; nous n’en avons pas trouvé dans
l’oviducte au niveau de l’abdomen.
Le têtard mesure 500 p.m. 11 a trois ventouses larges à pédoncule très court, et deux
à trois papilles épidermiques courtes entre les ventouses (fig. 5 D). La branchie montre
déjà trois rangs de stigmates. La queue du têtard ne fait pas un tour complet autour de
la larve.
L’espèce n’a été trouvée que dans le petit cul-de-sac marin.
Eudistoma hepaticum (Van Name, 1921)
(Fig. 6 A-D)
Synonymie : Voir Van Name, 1945 : 119 ; ? Rodrigues da Costa, 1969 : 279 — Brésil.
Stations : 20, 27.
— 1015
Les colonies forment des coussinets aplatis, plus ou moins lobés, de couleur brun-
rouge, fixés par la plus grande partie de leur base. La tunique est opaque, de consistance
assez molle, sans incrustation de sable sauf à la base, mais elle contient de très nombreuses
cellules vésiculaires. Les zoïdes semblent disposés en petits systèmes circulaires. Les colo¬
nies récoltées mesurent jusqu’à 4 cm dans la plus grande largeur.
Les zoïdes (fig. 6 A) peuvent atteindre une grande taille (10 mm), rarement observée
à cause de leur contraction. La musculature longitudinale est très forte sur tout le corps.
Au niveau du thorax, les bandelettes musculaires sont réunies en faisceaux qui se prolon¬
gent et se rejoignent sur l’abdomen. Les deux siphons sont courts, à six lobes ; le siphon
cloacal est un peu plus long. Les tentacules sont variables selon les zoïdes, au nombre de
douze à dix-huit en deux ou trois ordres, souvent irréguliers. La branchie comprend trois
rangs de stigmates très allongés, sans interruption ni diminution de taille sur la ligne dor¬
sale pour le rang médian. Le nombre de stigmates par demi-rang atteint vingt-deux dans
la partie postérieure de la branchie. Il existe un espace imperforé, net, entre la branchie et
l’entrée de l’oesophage. Le raphé est formé de deux languettes décalées sur la gauche, nette¬
ment plus courtes que les stigmates. L’abdomen est très long ; le rectum croise l’œsophage.
L’estomac est allongé avec un cardia étroit et dorsal et un large pylore (fig. 6 A-D). Sa paroi
est lisse ; cependant, il existe chez certains individus une sorte de pli longitudinal sur la
face externe de l’estomac, partant du milieu de l’estomac vers le pylore. L’intestin post-
stomacal est long et cylindrique ; la portion moyenne séparée de la précédente et de l’intes¬
tin postérieur par des constrictions est cylindrique et fortement courbée. L’intestin posté¬
rieur n’a pas de différenciations particulières.
La glande pylorique (fig. 6 B, C) est entièrement localisée sur la portion intestinale
qui est en face de l’estomac. Elle est formée de tubules parallèles entre eux et à l’axe de
l’intestin dans la partie antérieure, puis ces tubules s’élargissent et deviennent contour¬
nés et irrégulièrement dilatés, pour s’orienter ensuite perpendiculairement à l’axe intesti¬
nal. Ils convergent sur la face interne de l’intestin postérieur pour déboucher en un canal
commun très long, contourné, logé entre l’intestin et l’estomac (fig. 6 B). Ce canal se jette
au milieu de la paroi stomacale du côté interne de la boucle digestive. Des canaux plus fins
semblent issus de la branche postérieure de la glande pylorique et se dirigent vers le pylore.
Il n’a pas été possible de vérifier si ces canaux débouchent dans le tube digestif ou s’ils
sont aveugles. La glande pylorique forme un manchon dense sur l’intestin, qui apparaît
nettement par transparence même sur les zoïdes, sans coloration, avec un aspect nacré.
Les gonades sont situées dans la boucle digestive ouverte (fig. 6 A) ; les testicules
sont très nombreux, plus de vingt-cinq, petits et sphériques ; l’ovaire est central par rap¬
port aux testicules. L’une des colonies contient des larves. Nous n’avons vu qu’un embryon
à la fois dans la cavité eloacale.
Les têtards sont allongés avec trois ventouses alignées : deux plus rapprochées dor-
salement et une plus ventrale. Il y a de nombreuses papilles épidermiques. La queue du
têtard est courte et ne décrit qu’à peine les trois quarts du tour du tronc. Ocelle et otolithe
sont présents.
1017 —
Eudistoma olivaceum (Van Name, 1902^
(Fig. 6 E-G)
Synonymie : Voir Van Name, 1945 : 120 — Bermudes, Caraïbes, Floride ; Millar, 1962a :
67 — Caraïbes ; Rodrigues da Costa, 1969 : 279 — Brésil ; Monniot F., 1972 : 959 — Bermudes ;
Gaill F., 1972 : 306 (E. violaceum ) — Bermudes.
Stations : 2, 6, 18, 20, 24, 27.
Les colonies peuvent atteindre une très grande taille, une dizaine de centimètres.
Elles sont constituées de lobules serrés les uns contre les autres, formant des coussinets.
La coloration varie du jaune pâle au vert sombre ; elle est parfois masquée par un peu de
sédiment aggloméré en surface de la tunique. Les zoïdes sont rarement visibles par trans¬
parence. La consistance des colonies est molle, souvent gluante. La tunique est translu¬
cide mais contient de très nombreuses cellules pigmentaires réparties de façon variable
selon les stations et les colonies. Les zoïdes (fig. 6 E, G) possèdent toujours au moins deux
taches vert-noir, le plus souvent quatre, qui persistent dans les iixateurs : une sur le gan¬
glion nerveux, une autre à l’extrémité antérieure de l’endostvle, une du côté dorsal du
siphon buccal, une du côté dorsal du siphon cloacal. Ils mesurent jusqu'à 15 mm en exten¬
sion mais ils sont le plus souvent contractés. L’estomac et l’intestin moyen sont colorés
en orange. Les deux siphons sont tubulaires à six lobes ; le siphon cloacal est un peu plus
long. Les tentacules (plus de 40), de quatre ordres, sont insérés sur quatre niveaux. L’espace
entre le bourrelet péricoronal et le premier rang de stigmates est grand. Sous le ganglion
nerveux, le tissu branchial s’invagine en une poche qui pénètre un peu dans le siphon cloa¬
ca! ; le premier rang de stigmates s’y engage.
Les trois rangs de stigmates portent de moins en moins de perforations d’avant en
arrière, par exemple pour une même colonie : 1 er rang à gauche de 24 à 27, à droite de 24
à 27 ; 2 e rang à gauche de 17 à 22, à droite de 21 à 24 ; 3 e rang à gauche de 15 à 20, à droite
de 15 à 23. Il n’y a pas de perforations sous la ligne dorsale. Les deux languettes du raphé
sont très courtes, la deuxième est deux fois plus grande que la première ; les sinus trans¬
verses forment des lames saillantes dans la branchie.
La musculature thoracique forme un quadrillage régulier de libres longitudinales
et transversales ; les muscles longitudinaux se prolongent jusqu’au coeur en restant régu¬
lièrement espacés.
L’œsophage et l’intestin postérieur sont particulièrement allongés. L’estomac a une
forme assez constante (fig. 6 E-G) ; le cardia est très étroit appliqué contre la branche
ascendante de l’intestin ; le pylore est au contraire très large et son ouverture est perpen¬
diculaire à l’axe du corps. La première partie de l’intestin forme un court entonnoir, elle
est séparée par un étranglement d’une deuxième portion renflée qui atteint le fond de la
boucle intestinale. L’intestin postérieur débute au fond de la boucle digestive avec un
diamètre circulaire, puis s’amincit et s’aplatit progressivement pour former une sorte de
ruban à partir de l’estomac. L’anus a un bord entier ; il est situé au niveau du deuxième
espace interstigmatique.
La glande pylorique (fig. 6 G) est constituée de tubules rectilignes parallèles entre
eux, rarement anastomosés ou bifurqués, qui s’étendent sur une distance assez longue
- 1018 -
sur chaque face de l’intestin aplati. Les tubes pyloriques sont irrégulièrement renflés.
Ils se réunissent en trois tubes de chaque côté, qui se courbent en direction de la base de
l’estomac. Ils donnent naissance à trois canaux de chaque côté, qui convergent vers un
court canal commun se jetant dans l’estomac, à sa limite avec l’intestin. Un tubule ou
deux se dirigent vers le fond de la boucle intestinale parmi les lobules testiculaires, mais
ne l’atteignent pas.
Les gonades sont massées entre l’estomac et le cœur. Les lobules testiculaires, très
nombreux (plus de 20), sont arrondis ou piriformes. L’ovaire est situé contre l’intestin
au fond de la boucle intestinale. Le spermiducte droit suit le rectum et débouche juste
au-dessus de l’anus.
Les larves sont incubées en petit nombre dans la cavité cloacale. Elles sont peu déve¬
loppées dans le matériel récolté en décembre en Guadeloupe.
L’espèce est caractérisée par sa colonie de couleur jaune-vert à vert sombre, divisée
en lobules serrés les uns contre les autres, par ses zoïdes présentant quatre taches foncées
antérieures, et par l’estomac orange. De plus, l’estomac est placé très au fond de la boucle
digestive. Les testicules sont nombreux. La glande pylorique est formée de tubules rec¬
tilignes parallèles entre eux et à l’intestin situé en face de l’estomac et sur une por¬
tion assez longue de l’intestin postérieur. Le canal pylorique débouche au niveau du
pylore.
Répartition
En Guadeloupe, E. olivaceum est une espèce commune à très faible profondeur. Elle
est présente dans la mangrove sur les racines de palétuviers mais aussi sur toutes sortes
de supports durs. En revanche, cette espèce ne semble pas supporter la proximité immé¬
diate du sédiment. Elle est extrêmement abondante dans la marina de Saint-François.
La présence de E. olivaceum est normale en Guadeloupe, son aire de répartition comprend
la Floride, les Bermudes, les Antilles et le Brésil.
Remarques
Par rapport aux espèces signalées aux Antilles ou à proximité, il manque dans nos
récoltes de Guadeloupe :
— Clavelina picta (Verrill, 1900), décrite des Bermudes et présente en Caroline du Sud,
Floride, Porto-Rico et Brésil.
— Clavelina gigantea Van Name, 1921, connue seulement de la côte ouest de Floride
dans le golfe du Mexique.
— Distaplia stylifera (Kowalevsky, 1874), décrite de mer Rouge mais retrouvée un
peu partout dans le monde et présente sur la côte ouest de Floride, la Jamaïque et sur la
côte caraïbe de Colombie.
— Eudistoma obscuratum (Van Name, 1902), qui vit aux Bermudes, aux îles Vierges
et en Floride.
— Eudistoma tarponense Van Name, 1945, de Floride.
— 1019 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Ascidies littorales de Guadeloupe
VI. Pyuridae et Molgulidae
par Claude Monniot
Résumé. — Dix espèces de Pyuridae et une de Molgulidae sont mentionnées ici. Deux sont
retrouvées pour la première fois depuis leur description. Les exemplaires américains décrits sous
le nom de Pyura vittata sont répartis entre cinq espèces distinctes qui sont redéfinies. La synonymie
de P. lignosa est éclaircie.
Abstract. — Ten species of Pyuridae and one of Molgulidae are present here. Two are
found again for the first time since their description. The American specimens described under
the name Pyura vittata are distributed in five distinct species which are redefined. The syno¬
nymy of P. lignosa is clarified.
C. Monniot, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d'Histoire
naturelle, 55, rue Buffon, 75005 Paris.
A la fin de l’année 1980, au cours d’une mission en Guadeloupe réalisée dans le cadre
de l’action concertée DGRST « Mangrove et zones côtières » (contrat Claude Bernard —
EPHE Salvat n° 79.7.0453), nous avons prospecté intensivement les ports, les mangroves
et certaines zones récifales. Ces récoltes ont été complétées par quelques prélèvements
effectués au cours d’une escale du N.O. « Jean Charcot » en Martinique à l’occasion de la
campagne océanographique DEMERABY. Les stations prospectées ont été décrites dans
la première note de cette série : Monniot F., 1983.
La famille des Pyuridae est bien représentée aux Antilles françaises, dix espèces ont
été identifiées. Plusieurs d’entre elles avaient été confondues sous les noms de Pyura vittata
et de Microcosmus exasperatus. L’identification des espèces a nécessité le recours aux échan¬
tillons-types des espèces de Sluiter, conservées au Zoological Museum d’Amsterdam,
et de Traustedt, au Museum de Copenhague. La famille des Molgulidae n’est représentée
que par une seule espèce.
Le travail de Van Name (1945), ouvrage de référence sur les Ascidies américaines,
est pour les Pyuridae peu satisfaisant ; aussi avons-nous redécrit complètement chaque
espèce. La synonymie des Pyura confondue avec P. vittata sera donnée après la description
des espèces.
1022 —
Famille des Pyuridae
Pyura momus (Savigny, 1816)
(Fig. 1 A)
Synonymie : Voir Herdmania momus : Van Name, 1945 : 341, fig. 225-226.
Références additionnelles
Herdmania momus : Gravier, 1955 : 625 — Fort-de-France ; Millar, 1958 : 509 — Ubatuba (Bré¬
sil) ; Almeida Rodrigues, 1962 : 205 — Sào Sebastiao ; Rodrigues da Costa, 1969 : 325,
fig. 3, a-b — Brésil ; Millar, 1977 : 215 —- Itaparica — Baia de Salvador (Brésil).
Pyura momus : Monniot C., 1970 : 48 — Ilha Grande (Brésil).
Stations : 2-5, 7, 10-14, 16, 18, 20, 23-25 et anse de Sainte-Anne, Martinique.
Les siphons sont grands, largement ouverts. Ils ont une coloration nacrée qui persiste
dans les fixateurs et qui est due à la décomposition de la lumière. Cette coloration n’est
visible qu’en lumière réfléchie et disparaît en lumière transmise ; elle est limitée à la tunique
réflexe des deux siphons et à un champ dorsal sur la Franchie.
On compte environ vingt-cinq tentacules irréguliers dont les plus grands, qui attei¬
gnent 6 à 7 mm, portent des ramifications de deux ordres. Les tentacules sont disposés
en trois ou quatre ordres peu nets. Le bourrelet péricoronal has forme un V marqué. Le
tubercule vibra tile est saillant en U à cornes enroulées, ouvert vers l’avant. Il devient
souvent irrégulier. Le raphé, court, est formé de languettes qui ne sont pas en relation
avec les sinus transverses.
La branchie est fine et formée d un nombre variable de plis : au moins huit de chaque
côté. On compte dans la partie moyenne :
G.R. 3 15 3 19 3 21 3 22 3 18 3 15 3 12 3 10 2 3 2 E.
Les plis se recouvrent les uns les autres. Les trois sinus entre les plis sont en réalité
les sinus des plis qui se sont étalés sur l’espace entre les plis. Le premier de ces sinus appar¬
tient au pli dorsal, les deux autres au pli ventral. Entre les sinus n° 1 et n° 2, la branchie
est moins régulièrement perforée ; cet espace marque l’interpli. Dans la partie antérieure
de la branchie, les plis s’écartent et les sinus de la base du pli viennent se disposer entre
les plis. Les stigmates sont assez variables surtout entre les plis et l'on observe de nom¬
breuses divisions. On peut observer des restes de spirales au sommet des plis.
Le tube digestif (fig. 1 A) est inclus dans l’épaisseur des tissus. L’estomac est recouvert
d’une vaste glande hépatique saillante formée de petites papilles serrées, parfois ramifiées à
leur extrémité. L’intestin est isodiamétrique ; sa paroi est transparente et laisse voir le cor¬
don alimentaire. L’anus s’ouvre loin du siphon cloacal. Il est à bord lisse, très peu festonné.
Les gonades (fig. 1 A) sont elles aussi incluses dans le manteau ; il y en a une de chaque
côté. Elles sont constituées d’un ovaire central flanqué de deux rangées d’amas testiculaires.
Les amas ne s’étendent pas ou peu sur le côté et sont jointifs. Oviducte et spermiducte
s’ouvrent ensemble par une papille plate. Dans l’ovaire et à l’extrémité des lobes testicu¬
laires, il y a des amas de granulations rouges.
— 1023 —
Il n’y a pas de tentacules cloacaux ; le velum cloacal est formé de lobes arrondis plus
ou moins subdivisés à leur sommet. Tous les tissus contiennent des spicules caractéris¬
tiques. Un exemplaire de la station 16 ne possédait pas de spicules.
Fig. 1. — A : Pyura momus ; B : Pyura munita.
Pyura munita (Van Name, 1902)
(Fig. 1 B)
Synonymie : Voir Monniot C., 1972 : 637, fig. 8, C, D et fig. 9 —- Bermudes.
Stations : 4, 6, 7, 9, 25, et plage de Sainte-Anne, Martinique. C’est la première fois que cette
espèce est trouvée ailleurs qu’aux Bermudes.
Cette espèce dont la taille n’excède pas 3 cm est entièrement couverte de sable. Les
deux siphons sont dissimulés dans une fente formée par des replis de la tunique. Les siphons
sont colorés en vert. Cette coloration est due à la décomposition de la lumière par des gra¬
nules disposés dans la tunique réflexe. Elle est toujours visible quelque soit le liquide
conservateur. La tunique est incrustée de sable dans toute son épaisseur. Le manteau
est mince et incolore. La musculature est moyennement puissante. On compte une tren¬
taine de tentacules de trois ou quatre ordres, très branchus, portant des ramifications de
trois ordres. Le bourrelet péricoronal forme un U au niveau du tubercule vibratile ; celui-ci
est en forme de fer à cheval ouvert vers l’avant, à cornes un peu enroulées. Le raphé est
formé de languettes allongées plus nombreuses que les sinus transverses de la branchie.
La branchie est formée de six plis élevés dont les plus dorsaux se recouvrent les uns
les autres.
G.R. 3 16 4 13 6 17 5 17 5 16 3 9 2 E.
Au niveau de l’entrée de l’œsophage, les plis diminuent progressivement ; les sinus
transverses se terminent avant l’extrémité du pli. Entre les plis, les mailles transverses
1024 -
contiennent jusqu’à une dizaine de stigmates allongés régulièrement recoupés par des
sinus parastigmatiques. La tunique réflexe du siphon cloacal s’étend sous le raphé et se
soude à toute la partie antérieure et ventrale de celui-ci.
Le tube digestif (fig. 1 B) forme une boucle un peu ouverte. L’estomac est recouvert
d’une glande hépatique pédonculée en chou-fleur. Il existe quelques petits lobes antérieurs
et un gros lobe postérieur. L’intestin a une paroi fine transparente qui, surtout au niveau
de la branche descendante, laisse voir le contenu du tube digestif. Le rectum, qui n’est
soudé ni au manteau ni au raphé, se termine par un anus béant à bord lisse.
Les gonades (fig. 1 B) sont formées par une double rangée de lobules alignés de part
et d’autre des canaux génitaux. Le nombre des lobules varie avec la taille des échantillons.
Les canaux génitaux se prolongent loin au-delà des derniers lobules et viennent se terminer
au niveau du siphon cloacal par des papilles en forme de fer à cheval.
11 n’y a aucun endocarpe ni sur les gonades ni sur le tube digestif. Le velum cloacal
est très fin et ne porte aucune protubérance. Au niveau du débouché des canaux génitaux
et de l’anus, la marge postérieure du siphon cloacal se soulève pour former une lame trans¬
versale.
P. munita possède des spicules calcaires en « bois de cerf ». Ces spicules se rencontrent
dans les tentacules, dans certains sinus longitudinaux de la branchie et dans le manteau,
spécialement dans la région dorsale. Ils sont moins nets et moins abondants que chez les
spécimens des Bermudes.
Pyura vittata (Stimpson, 1852)
(Fig. 2)
Stations : 2-5, 7, 9, 11, 12, 15, 17, 19, 20, 22, 23, 25, et plage de Sainte-Anne, Martinique.
La taille peut atteindre 8 cm. La tunique peut être nue ou en partie couverte d’algues.
Elle est généralement lisse sur le corps et tuberculée près des siphons. La coloration varie
du brun clair au brun foncé. Certains exemplaires sont rouges. La tunique, épaisse de 1
à 2 mm, est coriace et blanche intérieurement. Les siphons sont couverts de petits spinules
qui décomposent la lumière et qui ainsi paraissent verts ou rouges. Nous avons observé,
lorsque la population est dense, des plaques de spécimens de cette espèce qui se touchent ;
parfois alors les tuniques peuvent se souder.
Le manteau n’est pas très épais et la musculature est forte. Tube digestif et gonades
sont visibles par transparence. Les siphons sont colorés en brun ou en rouge et le foie eu
vert. On compte vingt-cinq à cinquante tentacules grands et moyens séparés par deux
ordres de tout petits. Les tentacules sont plutôt petits (3 à 5 mm) et peu branchus, avec
des ramifications trapues de premier et second ordres. Le bourrelet péricoronal forme des
anses au niveau des plis et s’éloigne dorsalement du cercle de tentacules. 11 forme un V
prononcé qui contient un tubercule vibratile en fer à cheval ouvert vers l’avant, peu sail¬
lant ou à cornes enroulées. Le raphé est formé d’une série de grandes languettes décalées
vers la gauche. A droite, il existe une aire imperforée parcourue de crêtes irrégulières.
Il y a six plis branchiaux élevés mais qui ne se recouvrent qu’à peine les uns les autres.
Chez un exemplaire de 6 cm on compte :
- 1025 -
D.IL 5 28 8 25 8 25 11 25 9 23 10 18 9 E.
Entre les plis, les mailles sont allongées transversalement et contiennent de cinq à
sept stigmates moyennement allongés, recoupés par un sinus parastigmatique. Les sinus
transverses sont en général épais ; ils peuvent atteindre un très grand développement et
recouvrir plus de la moitié de la surface de la branchie. Les sinus transverses sont parti¬
culièrement développés chez les animaux vivant dans les zones de mangrove. Au niveau
de l’entrée de l’œsophage, les sinus longitudinaux des plis se terminent par une papille
pointue.
Fig. 2. — Pyura vittata : A, exemplaire vu par la face droite ; B, face gauche, C, ouvert, branchie enle¬
vée.
7
- 1026 -
Le tube digestif (fig. 2 B-C) forme une boucle fermée. L’intestin postérieur et le rec¬
tum sont élargis et contiennent toujours une quantité importante du cordon alimentaire.
Cet élargissement est visible dès les plus jeunes stades. L’œsophage débouche dans un esto¬
mac un peu élargi. La glande hépatique est divisée en plusieurs parties : les 3 à 5 antérieures
sont très peu développées ; la plus postérieure, en forme de chou-fleur, est très saillante.
L’anus à lobes retournés s’ouvre à l’extrémité d’un rectum soudé au manteau.
Les gonades (fig. 2) sont formées de nombreux lobes (de 30 à 40) disposés en deux
rangées de part et d’autre d’une partie centrale en boudin. Le spermiducte est visible sur
la face interne et l’oviducte sur la face externe. Chaque lobe des gonades est surmonté
d’un ou plusieurs endocarpes. Les canaux génitaux débouchent ensemble dans le siphon
cloacal au même niveau que l’anus. La gonade gauche est pincée en son milieu par le déve¬
loppement de l’intestin. A ce niveau, les lobules latéraux disparaissent et il ne reste plus
que les canaux génitaux et quelques ovocytes. Le tube digestif est couvert d’endocarpes.
Il n’en existe aucun sur le manteau. Le velum cloacal est bien développé ; son implan¬
tation n’est pas circulaire et décrit de larges orbes. Nous n’avons pas vu de tentacules
cloacaux.
Pyura torpida (Sluiter, 1898)
(Fig. 3 A-B)
Stations : 9, 22, et plage de Sainte-Anne, Martinique.
Cette espèce mesure habituellement de 2 à 4 cm. Elle vit fixée sur le rocher par toute
sa face ventrale. La coloration est crème, un peu plus foncée au niveau des siphons. Ceux-
ci sont entourés de tubercules ; l’ouverture elle-même est peu visible. L’épaisseur de la
tunique est de 1 à 2 mm ; sa coloration intérieure est blanche. Le manteau est assez fin :
les gonades et le tube digestif sont nettement visibles par transparence. La partie interne
des siphons est colorée en rouge.
On compte une trentaine de tentacules de trois ou quatre ordres assez régulièrement
disposés sur un bourrelet peu net. Les tentacules sont trapus ; ils portent des ramifica¬
tions de deux ordres, ces dernières étant courtes. Le bourrelet péricoronal est formé de
deux lames égales. Il forme un V peu prononcé au niveau du tubercule vibratile ; celui-
ci est saillant, régulier et s’ouvre vers l’avant. Le raphé est formé de languettes longues
et fines.
La branchie est formée de six plis de chaque côté.
D.R. 8 18 8 22 9 27 7 25 7 23 9 15 5 E.
Les plis sont élevés et se recouvrent les uns les autres. Les mailles entre les plis sont
allongées longitudinalement. Elles contiennent quatre à six stigmates allongés régulièrement
recoupés par un sinus parastigmatique. Au niveau de l’entrée de l’œsophage, les sinus
longitudinaux des plis se terminent par de longues papilles identiques aux languettes du
raphé.
Le tube digestif (fig. 3 A) fait une boucle ouverte ; sa paroi mince laisse voir son con¬
tenu. Il débute par un œsophage long et mince, peu courbé. L’estomac n’est pas élargi
1027 —
et est recouvert d’une vaste glande hépatique jaune pâle, à aspect de chou-fleur, formée
de lobules arrondis. La paroi de l’intestin postérieur est épaissie et sa surface divisée en
lobules comme des endocarpes. L’anus s’ouvre à l’extrémité d’un très court rectum soudé
au manteau. 11 possède deux lèvres non lobées.
Les deux gonades (fig. 3 A) sont formées de lobules hermaphrodites disposés en deux
rangées autour des canaux génitaux. Les lobules sont peu nombreux, de huit à quatorze
de chaque côté. Chaque lobule est surmonté de nombreux endocarpes. La gonade gauche
est située dans la boucle intestinale mais elle ne la remplit pas en entier. Elle se dispose
au contact de l’intestin postérieur. Les canaux génitaux s’ouvrent ensemble au bord du
siphon cloacal.
Il n’y a d’endocarpes qu’autour des gonades et de l’intestin. Nous n’avons pas observé
de tentacules cloacaux. Le siphon cloacal est fermé par un velum lisse à marge épaissie.
Un très grand spécimen de 6 cm a été trouvé à Bouillante. Sa tunique était en partie
couverte de sable et d’algues calcaires. Les siphons étaient entièrement rétractés dans une
sorte de cavité formée par des expansions tunicales. Les lobules des gonades (fig. 3 B)
sont beaucoup plus nombreux (on en compte plus de vingt de chaque côté) ; certains lobules
étaient non fonctionnels. Il semble que de petits lobules se forment continuellement dans
la région la plus ventrale des gonades et que le nombre de lobules puisse augmenter avec
la taille et l’âge des individus. Sur le tube digestif, les endocarpes sont plus nombreux
et recouvrent la totalité de l’intestin postérieur et une bonne partie du reste du tube diges¬
tif.
Nous avons réexaminé le type de cette espèce. Le flacon contenait deux spécimens
appartenant à deux espèces différentes. L’exemplaire décrit et figuré pi. II, fig. 25 à 28
a pu être identifié et doit être considéré comme le type de l’espèce. Le second exemplaire
à tunique plus foncée porté sur un petit pédoncule n’appartient pas à la même espèce et
correspond à un jeune de Pyura vittata.
Sluiter commence la description de Cynthia torpida par : « La taille de Tunique indi¬
vidu obtenu... » et la termine par « habite Santa-Marta, Colombie, deux exemplaires ».
Nous pensons que le second exemplaire est l’un des spécimens décrits sous le nom de Cyn¬
thia laevigata. Sluiter, à propos de cette espèce, signale que la face droite du corps « peut
quelquefois se prolonger en un pédoncule court et peu distinct ». Aucun des quatre exem¬
plaires de C. laevigata conservés à Amsterdam ne présente ce caractère. La localité Santa-
Marta est la même. Il est possible que l’exemplaire pédonculé de C. torpida soit l’exem¬
plaire pédonculé signalé dans la description de C. laevigata.
Pyura discrepans (Sluiter, 1898)
(Fig. 3 C)
Cette espèce n’a pas été trouvée en Guadeloupe, nous redécrivons ici l’holotype provenant
de Santa-Marta.
L’aspect externe de la tunique et du manteau est bien décrit par Sluiter. On compte
vingt-cinq tentacules courts, trapus et aplatis transversalement, de trois ordres mais dont
les tailles sont voisines. Les ramifications de premier ordre sont longues et celles du second
1028 —
ordre sont très nombreuses. Le sillon péricoronal est proche du cercle de tentacules. Le
tubercule vibratile est conforme à la description. Le raphé a de nombreuses languettes
trapues.
La branchie est formée de six plis peu élevés et qui ne se recouvrent pas les uns les
autres. On compte :
G.R. 3-5 31 4 18 5 22 4 18 3 10 4 5 2 E.
Fig. 3. — A, B : Pyura torpida : A, grand exemplaire de « Bouillante» ; B, exemplaire normal. C : Pyura
discrepans spécimen type. D : Pyura sp.
Bien qu’ayant un nombre important de sinus, les plis sont peu élevés. Les stigmates
sont irréguliers dans toute la branchie et pas seulement dans la partie postérieure comme
le décrit Sluitek.
— 1029 —
Le tube digestif (fig. 3 C) forme une boucle presque fermée. L’œsophage débouche
dans un estomac peu élargi, recouvert d’une vaste glande hépatique formée de plusieurs
lobes pédonculés. Les lobes antérieurs sont petits et nombreux ; le lobe postérieur très
développé s’étend jusque sur l’intestin postérieur. La boucle intestinale ne s’étend pas
vers l’avant : elle reste postérieure au siphon cloacal et à l’anus. La branche descendante
de l’intestin est gainée par une très grande quantité d'endocarpes. Le rectum est long,
soudé au manteau et se termine par un anus rétréci non lobé.
Les gonades (fig. 3 C) ne correspondent à la description de Sluiter que pour les lobules
les plus apicaux de la gonade droite. Il n’est même pas certain que cet aspect ne soit pas
dû à la perte de lobules au moment de l’ouverture de l’animal. Les lobules ne sont que
faiblement attachés au manteau, alors qu'il existe de nombreux ponts qui les retiennent
à la branchie. Les lobules sont nombreux (au moins 37) à droite et disposés de part et d’autre
des canaux génitaux en deux rangées peu nettes. A gauche, la gonade est un peu plus petite
car son développement est limité par la boucle intestinale. Les canaux sont longs et s’ouvrent
à proximité de l’anus, au bord du siphon cloacal.
Tube digestif et gonades n’occupent que la moitié postérieure du manteau. Toute
la partie antérieure est occupée par des endocarpes. Il en existe aussi sur les gonades et
autour du tube digestif.
Pyura sp.
(Fig. 3 D)
L’unique exemplaire a été trouvé fixé sur du corail mort près de Filet Fajou. Fixé
par toute sa face ventrale, un peu recouvert d’algues et de byssus, il mesure 5 cm de long.
La tunique est claire, relativement épaisse (2 à 3 mm) et molle. Les siphons sont saillants,
écartés l’un de l'autre et couverts de tubercules. Leur orifice est marqué par des spinules
colorés et des taches bleu verdâtre, analogues à celles que l’on observe chez P. momus
et P. munita. Les spinules sont ici beaucoup plus pâles que chez P. vittata. Le manteau
peu épais laisse voir les gonades par transparence. 11 est un peu rosé au niveau des
siphons.
Les tentacides, au nombre de dix, sont grands (5 à 6 mm) et portent des ramifica¬
tions primaires larges et des secondaires très courtes. Entre les grands tentacules on trouve
en général quatre ou cinq ordres de plus petits, assez régulièrement disposés. Les derniers,
très petits, sont de même taille que les ramifications secondaires des grands tentacules ;
ils sont implantés très près du bourrelet péricoronal. Celui-ci décrit de vastes orbes au niveau
de chaque pli et un U prononcé au niveau du tubercule vibratile. Le tubercule vibratile
peu saillant possède deux ouvertures parallèles longitudinales. Le raphé est formé de lan¬
guettes pointues, serrées, plus nombreuses que les sinus transverses. Il y a à droite du
raphé une zone imperforée parcourue de crêtes transverses.
Il y a six plis de chaque côté, élevés et se recouvrant les uns les autres.
D.R. 3 20 3 25 3 24 5 24 5 17 8 15 3 E.
Les mailles entre les plis sont allongées transversalement et contiennent jusqu à dix
stigmates régulièrement recoupés par un fin sinus parastigmatique. Au niveau de l’entrée
— 1030 -
de l’œsophage, les plis s’abaissent brusquement et les sinus se soudent les uns aux autres
pour former un bourrelet qui termine le pli.
Le tube digestif (fîg. 3 D) forme une boucle fermée. L’œsophage, relativement court,
débouche dans un estomac peu élargi. La glande hépatique est constituée de cinq lobules :
quatre petits antérieurs et un grand postérieur. Les deux branches de l’intestin sont paral¬
lèles. L’anus béant, à bord lisse, s’ouvre à l’extrémité d’un rectum non soudé au manteau.
Il y a une gonade de chaque côté (fîg. 3 D) formée de quatorze lobules à droite et de
treize à gauche. Les lobules hermaphrodites sont sphériques et souvent surmontés d’un
endocarpe. Les canaux génitaux sont longs et s’ouvrent très près Lun de l’autre au niveau
de l’anus.
Il y a une rangée de petits endocarpes le long de la branche descendante de l’intes¬
tin. Le siphon cloacal est entouré par un vélum très court dont la marge porte quelques
tentacules minuscules. Ce velum décrit trois anses : une antérieure et deux latérales. La
tunique réflexe, colorée avec des taches blanc verdâtre, forme deux expansions antérieure
et postérieure. L’extension antérieure est soudée au raphé. Nous n’avons pas trouvé de
spicules.
Cet échantillon est troublant car il représente un intermédiaire pratiquement parfait
entre P. munita et P. vittata. Il sera nécessaire de trouver d’autres exemplaires de cet animal
avant de pouvoir lui fixer un statut taxonomique.
Synonymies des espèces confondues avec Pyura vittata
Nous avons examiné des échantillons et l’ensemble des descriptions des espèces qui
ont été, à un moment ou à un autre, confondues avec P. vittata. Bien que le type de Pyura
vittata ne soit pas disponible, nous avons gardé ce nom et l’avons attribué à l’espèce qui
semble la plus abondante dans les eaux atlantiques américaines.
1. Pyura vittata (Stimpson, 1852) a pour synonymes certains :
Cynthia laevigata Heller, 1878 1 : 93, pi. 2, fig. 11 —- Jamaïque ; Sluiter, 1898 1 : 20, pi. 2, fig. 24 —-
Santa-Marta, Colombie.
Cynthia Riiseana Traustedt, 1883 1 : 118 (43), pi. 5, fig. 13, pi. 6, fig. 19. — Saint-Thomas.
Cynthia chazaliei Sluiter, 1898 1 : 22, pi. 2, fig. 29-30 — Santa-Marta.
part de Pyura vittata : Van Name, 1921 : 446, fig. 113 ; 1945 : 321, partie supérieure de la fig. 213.
Pyura vittata ? : Millar, 1977 : 216, fig. 33 — Brésil.
Toutes les autres références des eaux américaines sont recopiées de Van Name (1921)
ou non accompagnées de descriptions permettant l’identification de l’espèce.
Il est probable que Pyura curvigona de l’ouest du Pacifique est identique à P. vittata.
Les trois descriptions citées ci-dessous font mention des spinules colorés sur les siphons,
de l’élargissement du tube digestif et de la disposition des endocarpes.
Pyura curvigona Tokioka, 1950 : 147, fig. 22, pl. 10, fig. 4-6 — Iles Palao ; 1967 : 199, fîg. 88-89 —
Iles Palao ; Tokioka et Nishikawa, 1975 : 339, fig. 37-40 — Okinawa.
1. Types ou échantillons réexaminés.
- 1031 —
Il est possible que l’espèce australienne P. albanyensis Michaelsen, 1927, soit proche
sinon identique à P. vittata. Kott (1975 : 80) dresse la liste des synonymes de cette espèce.
Nous ne pouvons l’accepter dans son ensemble. Les descriptions originales de Michael¬
sen (1927 : 193 — Albany) et de Michaelsen et Hartmeyer (1928 : 435, fig. 53) corres¬
pondent bien, en particulier par la forme du tube digestif et la position des endocarpes.
Les autres synonymes sont soit inacceptables [P. jacatrensis (Kott, 1952 : 273, fig. 111)
a un tube digestif sans dilatation], soit insuffisamment décrits pour pouvoir être identifiés
(c’est le cas de P. vittata : Millar, 1960 : 126 — fie de l’Ascension ; Kott, 1964 : 142 ;
1966 : 300 ; 1972a : 37 ; 1972è : 243, et 1975 : 80). La P. vittata de Tokioka (1952 : 134,
lig. 27 — Mer d’Arafura), bien qu’immature, est probablement synonyme de P. albanyen¬
sis. En revanche, nous ne pouvons admettre la synonymie de la P. vittata de Tokioka
des îles Palao (1967 : 202, fig. 90).
2. Pyura torpida (Sluiter, 1898) a pour synonymes certains :
Cynthia torpida Sluiter, 1898 1 : 21, pl. 2, fig. 25-28 — Santa-Marta, Colombie.
Halocynthia rubrilabia Verrill, 1900 : 589, fig. 7 —■ Bermudes ; Van Name, 1902 : 373, pl. 56, fig. 83,
pl. 57, fig. 86-90, pl. 62, fig. 133, pl. 64, fig. 150-152 — Bermudes,
part de Pyura vittata : Van Name, 1921 : 446, fig. 118 — Bermudes ; 1945 : 321.
Pyura vittata : Monniot C., 1972 : 635, fig. 8, A-B — Bermudes.
P. torpida semble avoir des rapports avec un certain nombre d’individus décrits par
Tokioka sous le nom de P. vittata et qui sont caractérisés par une boucle intestinale ouverte
et une gonade avec peu de lobes :
Pyura vittata : Tokioka, 1960 : 213, pl. 28, fig. 27-34 — Japon ; 1967 : 202, fig. 90 — Iles Palao.
3. Pyura discrepans (Sluiter, 1898)
Cynthia discrepans Sluiter, 1898 1 : 23, pl. 2, fig. 31-34, pl. 3, fig. 44 — Santa-Marta, Colombie.
Pyura sp. aff. vittata Tokioka, 1972 : 399, fig. 7, 37-48, fig. 8, 49-50 — Côte pacifique du Costa
Rica.
4. Pyura munita (Van Name, 1902)
Halocynthia riiseana : Verrill, 1900 : 590 — Bermudes.
Halocynthia riiseana munita Van Name, 1902 : 394, pl. 56, fig. 84, pl. 57, fig. 85 et 87, pl. 63, fig. 141
— Bermudes.
part de Pyura vittata : Van Name, 1921 : 446, fig. 114 — Bermudes ; 1945 : 321, partie inférieure
de la figure 213.
Pyura munita : Monniot C., 1972 : 637, fig. 8, C-D, fig. 9.
5. Pyura karasboja (Oka, 1906)
Cette espèce du Japon ne possède pas d’élargissement du tube digestif. En 1932, Oka,
au vu de la description de P. vittata de Van Name (1921), a mis son espèce en synonymie.
Cette synonymie n’a pas été contestée, mais l’espèce de l’ouest du Pacifique qui ressemble
énormément à P. vittata s. str., P. curvigona, était considérée comme distincte par Tokioka.
1. Voir note 1, p. 1030.
— 1032 —
Malheureusement, nous n’avons pas de renseignements précis sur la disposition des endo¬
carpes de P. karasboja.
Halocynthia karasboja Oka, 1906 : 48 — Misaki, Japon.
Cynthia vittata : Oka, 1932 : 259, fig. A, B — Japon ; 1935 : 439, fig. 8-9 — Japon.
Pyura vittata : Tokioka, 1949 : 59, fig. 13 — Japon ; 1950 : 146, fig. 21 — Ile Palao ; 1952 : 134,
fig. 27 — Japon ; 1953 : 273, pl. 3, fig. 3-4, pl. 46, fig. 1-5 — Japon ; part 1960 : 213, pl. 29,
fig. 35-37 — Japon.
6. Pyura jacatrensis (Sluiter, 1890)
Cette espèce dont nous avons redécrit le type (Monniot C. et F., 1974) est très diffé¬
rente. La gonade est formée d’un ovaire en boudin plus ou moins lobé et il n’existe aucun
endocarpe.
Cynthia jacatrensis Sluiter, 1890 : 331, pl. 1, fig. 8-9 — Java.
Halocynthia jacatrensis : Sluiteb, 1904 : 47 — Indonésie.
Tethyum {Pyura, Halocynthia) jacatrensis ; Sluiter, 1913 : 66, fig. 1-3 — Iles Aru.
Pyura jacatrensis : Hartmeyer, 1919 : 8, pl. 1, fig. 1-3 — Nord de l’Australie ; Michaelsen et
Hartmeyer, 1928 : 431 ; Kott, 1975 : 81.
7. Pyura pilosa Monniot C. et F., 1974
C’est une espèce subantarctique totalement dépourvue d’endocarpes et à boucle intes¬
tinale ouverte.
Pyura jacatrensis : Kott, 1954 : 127, fig. 4 — Kerguelen et Macquarie ; Millar, 1960 : 125, fig. 51
— Iles Marion.
Pyura vittata : Kott, 1969 : 138, fig. 190-191.
Pyura pilosa Monniot C. et F. Monniot, 1974 : 722, fig. 2, A — Kerguelen.
Un certain nombre d’espèces ont été citées sous le nom de P. vittata :
P. vittata : Pérès, 1947 : 93 ; 1949 : 195 ; 1951 : 1060 — Dakar [= P. hupferi],
P. vittata : Pérès, 1959 : 150 — Marseille [= P. dura],
P. vittata : Bermudèz et Grimaldi de Jiménèz, 1975 : 41, pl. 4, fig. 1-5 — Venezuela [= P. lignosa].
Pyura lignosa Michaelsen, 1908
(Fig. 4)
Pyura lignosa Michaelsen, 1908 : 256, pl. 1, fig. 9, pl. 2, fig. 20-21 — Côte Pacifique du Costa Rica ;
Van Name, 1945 : 336, fig. 222 — Golfe de Californie ; Tokioka, 1972 (pro parte) : 403, fig. 9,
52-54 et 58-64, fig. 10, 65-70 — Côte Pacifique du Costa Rica.
? Halocynthia rubrilabia : Rennie et Wiseman, 1906 : 904, pl. 44, fig. 1-6 et 8 — Iles du Cap Vert.
Pyura vittata : Bermudèz et Grimaldi de Jiménèz, 1975 : 41, pl. 4, fig. 1-5 — Venezuela.
Stations : 20, 21, 25.
Cette espèce peut mesurer jusqu’à 5 cm. Les deux siphons sont éloignés l’un de l’autre.
La tunique est assez épaisse (2 mm) mais sa consistance n’est pas très dure. La surface
de la tunique est divisée en champs polygonaux irréguliers marquant des épaississements
1033 -
de la partie la plus externe. Ces « plaques » ne sont pas plus marquées que chez la plupart
des Pyuridae à tunique coriace. Le corps peut être recouvert d’épibiotes, Halimeda et épon¬
ges. La coloration est à dominance rouge le plus souvent vif, parfois foncé de teinte brique.
Le manteau est pourvu d’une musculature très forte, surtout développée au siphon cloacal.
Les bandelettes musculaires se désorganisent au niveau de l’endostyle et du tube digestif
et laissent voir des gonades par transparence.
Fig. 4. — Pyura lignosa : A, exemplaire vu par la face droite ; B, face gauche ; C, ouvert, branchie enlevée.
On compte une quarantaine de tentacules disposés régulièrement en trois ordres.
Ils sont longs, jusqu’à 5 mm, et portent des ramifications de trois ordres. 11 peut en exister
de très petits non ramifiés entre les grands. Le bourrelet péricoronal est proche du cercle
de tentacules. 11 forme un U au niveau du tubercule vibratile. Celui-ci est en forme de U
dont la corne gauche seule est enroulée. Le raphé ne débute pas contre le tubercule vibra¬
tile. La crête postérieure du bourrelet péricoronal s’étend, sur environ 1,5 mm, vers le siphon
cloacal avant que ne commencent les papilles du raphé. Le long de cette crête viennent se
terminer de chaque côté les sinus du premier pli. Le raphé est formé de papilles coniques fines,
recourbées vers la droite.
La branchie est formée de six plis élevés se recouvrant les uns les autres.
G.R. 2-3 17 6 20 6 19 7 20 7 17 8 14 3 E.
1034 -
A l’entrée de l’œsophage, les plis se terminent brusquement et les sinus longitudinaux
se transforment en papilles pointues. Entre les plis, les mailles sont allongées transversale¬
ment et contiennent de quatre à sept stigmates peu allongés, parfois recoupés par un sinus
parastigmatique.
Le tube digestif (fig. 4 B, C) forme une boucle presque fermée, l’entrée de l’œsophage
et l’anus se trouvant au même niveau. L’œsophage est peu allongé. Le foie est divisé ; il
présente plusieurs petites masses sur l’œsophage et la première partie de l’estomac et une
grosse glande un peu pédonculée sur l’estomac. La partie descendante de la boucle intesti¬
nale est élargie. 11 existe un court rectum, pas plus long que large, non soudé au manteau
et qui s’ouvre par un anus béant, bordé de lobes aplatis non retournés.
Les gonades (fig. 4) sont formées d’une double rangée de petits lobes génitaux situés
de part et d’autre des gonoductes. La gonade droite est pratiquement située sous l’endostyle,
presque au contact de l’intestin. La gauche est située dans la boucle intestinale mais son
apex ne se trouve pas au fond de la boucle comme d’ordinaire chez Pyura. Les lobules ne
sont pas réduits au niveau de l’élargissement de l’intestin.
Les endocarpes sont présents sur les lobules, sur l’intestin et en bordure de la boucle
intestinale. En outre, il existe uniquement sur la face droite une série de grands endocarpes
indépendants des gonades. Le velum cloacal forme de larges ondulations. Il n’y a pas de
tentacules cloacaux.
P. lignosa est une espèce dont la position taxonomique est douteuse. La description
originale n’est accompagnée que de dessins fragmentaires. Van Name (1945) redécrit l’espèce
sur des exemplaires beaucoup plus petits. Là encore, la forme du tube digestif et des gonades
n’est pas précisée. L’espèce est donc définie par la présence de six plis branchiaux et un
aspect réticulé de la surface tunicale. Ce n’est qu’en 1972 que Tokioka, de la côte pacifique
du Costa Rica, redécrit valablement l’espèce. Sur les quatre spécimens de Tokioka, le
plus petit (11,5 mm, fig. 9, 51, 55, 56, 57, 61) nous paraît appartenir à une espèce diffé¬
rente. C’est un spécimen anormal beaucoup plus proche de P. discrepans (P. sp. aff. vittata
de Tokioka, 1972) que de Pyura lignosa. Or, c’est le seul exemplaire à avoir nettement
une tunique à caractère réticulé. Le spécimen de 33 mm est lui aussi anormal (fig. 9, 53,
59, 63 et fig. 10, 67, 68). Nous ne pouvons donc nous fonder que sur les deux autres spé¬
cimens qui sont d’ailleurs passablement différents. C’est à ces spécimens que l’espèce de
Guadeloupe peut être comparée. La forme du tube digestif, la disposition très ventrale
des gonades et celle des endocarpes sont identiques, compte tenu du caractère schéma¬
tique des dessins de Tokioka. Les exemplaires du Pacifique ne semblent pas présenter
l’élargissement de l’intestin postérieur que nous observons ici.
Pyura lignosa a été citée dans d’autres régions du monde :
— Pyura lignosa cerastes Millar, 1953, de la Côte de l’Or, décrite sur un spécimen imma¬
ture, n’est pas reconnaissable.
— Pyura lignosa ?, Monniot C. et F. Monniot, 1967, des îles du Cap Vert n’appar¬
tient pas à cette espèce.
— Pyura sp. aff. lignosa , Tokioka, 1970 : 103, fig. 11 — Philippine, et P. lignosa,
Nishikawa et Tokioka, 1976 : 398, fig. 7, 50-52 — îles Anami, Japon, appartiennent à
— 1035 -
une toute autre espèce caractérisée entre autres par une boucle intestinale ouverte et une
branchie à sept plis.
Microcosmus exasperatus Heller, 1878
(Fig. 5 A)
Synonymie et distribution : Voir Van Name, 1945 : 347, pl. 16, fîg. 3, fîg. 230-231.
Stations : 1, 3-6, 11-15, 17-19, 22-25, et plage de Sainte-Anne, Martinique.
Cette espèce, que l’on rencontre dans presque toutes les mers tropicales, est très bien
décrite dans le travail de Van Name ; nous ne la redécrirons pas.
Fig. 5. — A : Microcosmus exasperatus . B-C : Microcosmus goanus , B, exemplaire ouvert, branchie enlevée ;
C, face gauche. D-E : Microcosmus anchylodeirus , D, exemplaire vu par la face gauche ; E, ouvert,
branchie enlevée.
- 1036
Mil: roc os mus goanus Michaelsen, 1918
(Fig. 5 B-C)
Synonymie (pour les eaux américaines seulement)
Microcosmus helleri : Van Name, 1921 : 463, fig. 145-146 — Porto Rico ; 1924 : 31 ; 1930 : 503,
lig. 69-70 — Curaçao ; Milear, 1977 : 215, fig. 32 —■ Récife-Suape, Brésil.
Microcosmus goanus : Monniot C., 1965 : 49, fig. 9, C — Brésil.
Stations : 3-9, 11-17, 20, 24, 25, et plage de Sainte-Anne, Martinique.
Cette espèce est très abondante en Guadeloupe. Elle vit souvent au contact du sédi¬
ment, fixée à la base des coraux morts, des algues et sur des coquilles. La tunique possède
de nombreuses villosités qui agglomèrent les particules les plus diverses. Les siphons sont
saillants et moins recouverts de sédiment. Ils ont une coloration violette. Le manteau
est relativement transparent et l’on distingue tube digestif et gonades. Le ganglion ner¬
veux, long, est très visible. On compte une trentaine de tentacules disposés en quatre ordres
au moins et portant des ramifications de trois ordres. Ils sont longs (4 à 5 mm) et très bran-
chus. Le bourrelet péricoronal forme un V peu accentué au niveau du tubercule vibratile.
Celui-ci est très saillant, en forme de cœur dont les deux cornes sont enroulées vers l’inté¬
rieur. L’espace situé entre le bourrelet péricoronal et le cercle de tentacules est couvert
de petites papilles. Le raphé lisse est peu élevé.
La branchie est formée de six plis élevés se recouvrant les uns les autres.
G.R. 3 20 2 16 3 18 2 18 3 14 4 11 1 E.
Les plis se terminent brusquement au niveau de l’entrée de l’œsophage. Les sinus
longitudinaux se soudent entre eux et forment une lame peu dentée. Entre les plis et sur
eux, les mailles sont allongées transversalement ; elles contiennent en moyenne trois à
sept stigmates sur les plis et de six à dix entre les plis. Il v a des sinus parastigmatiques.
Très souvent la branchie est un peu irrégulière entre les plis où l’on observe l’épaississe¬
ment des sinus transverses. La lame fondamentale peut même être gaufrée comme chez
les Ascidiidae.
Le tube digestif (fig. 5 B, C) forme une boucle fermée, l’espace entre les deux branches
de l'intestin étant réduit. La glande est étroitement appliquée à l’estomac. Extérieure¬
ment, elle apparaît rayée. Elle est formée de feuillets plats, disposés côte à côte, et dont
la marge porte de petites papilles. Le rectum est indépendant du manteau mais soudé
au raphé. L’anus a un bord lisse retroussé.
Il y a une gonade de chaque côté (fig. 5 B), la gauche croisant le tube digestif. Les
gonades sont enrobées dans un vaste endocarpe. Il y a une tendance à la division en lobules.
Les papilles génitales sont courtes ; chez la femelle, elles sont entourées de six à neuf lobes,
chez le mâle de deux à trois lobes. Ces lobes conservent dans le formol une coloration jaune
d’or. La partie de la gonade gauche située dans la boucle intestinale peut être réduite et
même parfois disparaître.
L’ensemble du manteau et des endocarpes sont couverts de petits boutons vivement
colorables. Le velum cloacal est muni de quelques tentacules très fins.
- 1037 -
Cette espèce a été signalée pour la première fois dans l’Atlantique par Van Name
(1921) sous le nom de M. helleri en se référant à Hartmeyer (1919). Elle a été ensuite
signalée de Curaçao par Millar (1962) mais la forme de la gonade gauche fait douter de
cette identification. Monniot C. (1970) a retrouvé cette espèce sur la côte du Brésil et
l’a nommée M. goanus. Enfin, Millar (1977), également au Brésil, décrit cette espèce
et la nomme avec doute M. helleri en faisant remarquer qu’il était peu probable que l’exem¬
plaire unique, type de M. helleri , appartienne à la même espèce.
La description de IIerdman (1882) est très incomplète, en particulier la forme du tube
digestif et des gonades est inconnue. L’unique exemplaire provenait de la Nouvelle-Guinée.
Michaelsen, en 1918, décrit du Mozambique M. goanus couvert de sédiment, à boucle
intestinale étroite, la plus grande partie de la gonade gauche étant située en dehors de la
boucle intestinale. 11 estime probable une synonymie entre M. goanus et M. helleri. Hart¬
meyer (1919) retrouve au nord de l’Australie l’espèce de Michaelsen et déclare que les
deux espèces sont synonymes. Depuis, Hastings (1931) et Kott (1952 à 1975) ont retrouvé
cette espèce tout autour de l’Australie.
Tokioka (1952 puis 1955) redécrit un M. helleri de la mer d’Arafura. Ce sont des exem¬
plaires dressés, nus ou couverts d’épibiotes, dont la boucle intestinale est plus marquée
et les gonades divisées en lobes nets. 11 est peu probable qu’il s’agisse de la même espèce.
Le M. helleri sensu Tokioka correspond plus au type de l’espèce que le M. goanus. C’est
pourquoi, nous utilisons le terme de M. goanus pour les populations américaines.
Microcosmus anchylodeirus Traustedt, 1883
(Fig. 5 D, E)
Microcosmus anchylodeirus Traustedt, 1883 : 121, pl. 6, fig. 18 —- Saint-Thomas.
Microcosmus multitentaculatus : Monniot C., 1965 : 69, fig. 21 — Rade de Fort-de-France.
Stations : Plage de Sainte-Anne, Martinique et baie de Fort-de-France (collection Lescure).
Les exemplaires, dont la taille peut atteindre 8 cm, vivent fixés sur des roches. La
tunique est épaisse, coriace, souvent complètement recouverte d’algues calcaires ou d’autres
algues, d’éponges ou d’autres Ascidies. La région dorsale et les siphons sont colorés en brun
violacé. 11 existe souvent une crête entre les siphons. Le manteau est brun avec des fibres
musculaires très marquées. La forme caractéristique des gonades et du tube digestif est
visible à travers le manteau.
Les tentacules sont très grands, plus d’un centimètre, au nombre de trente à qua¬
rante, de trois à cinq ordres régulièrement disposés. Ils sont aplatis transversalement et
leurs bases sont jointives. H y a de nombreuses ramifications de trois ordres. Chez les plus
grands tentacules, les ramifications de premier ordre ont tendance à devenir bifides. Le
bourrelet péricoronal forme un V très marqué au niveau du tubercule vibratile. Celui-ci
est gros, saillant, à cornes enroulées. L’espace entre le bourrelet péricoronal et les tenta¬
cules est couvert de petites papilles vivement colorables. Le raphé, lisse et peu élevé, est
flanqué à sa droite d’une zone imperforée.
11 y a de chaque côté sept plis élevés qui se recouvrent les uns et les autres.
G.B. 3 24 3 26 3 28 3 28 3 26 5 20 5 18 3 E.
- 1038 -
Au niveau de l’entrée de l’œsophage, les plis sont coupés brusquement et les sinus
longitudinaux forment des papilles courtes. Le long de l’endostyle existe une bande cou¬
verte de petites papilles. Entre les plis et sur les plis, les mailles sont allongées transver¬
salement et contiennent un grand nombre de stigmates très fins (souvent plus de dix)
souvent recoupés par des sinus parastigmatiques.
La forme du tube digestif n’est clairement visible qu’à travers le manteau (fig. 5 D).
La glande hépatique est massive et étroitement appliquée à l’estomac ; à sa surface externe,
on trouve des petites papilles longues et fines, en doigt de gant, disposées sans ordre.
Les gonades ont une disposition très particulière (fig. 5 D, E). La gonade femelle est
formée des deux côtés d’une masse arrondie, recouverte sur sa face interne d’acini testi¬
culaires. A gauche, les testicules s’étalent sur toute la face interne du tube digestif. L’ovi-
ducte, assez long et très large, est accompagné par un spermiducte plus court qui s’ouvre
en retrait par une petite papille. 11 existe des endocarpes sur les gonades ainsi que sur le
manteau, surtout dans la partie antérieure de la face droite. Il existe un très grand velum
cloacal très fin, couvert de petites papilles digitiformes.
L’exemplaire de Traustedt que nous avons réexaminé est juvénile. Van Name (1945),
qui n’a jamais trouvé cette espèce, estime qu’il peut s’agir d’un exemplaire anormal de
M. exasperatus. En 1965, j’ai examiné un individu isolé de cette espèce que j'avais iden¬
tifié à l’espèce japonaise M. multitentaculatus Tokioka, 1953. La collection de la plage
de Sainte-Anne est très abondante et en état de maturité sexuelle. La ressemblance entre
M. anchylodeirus et M. multitentaculatus est très grande : la forme et la structure parti¬
culière des gonades sont identiques dans les deux espèces. Elles ne diffèrent que par la
coloration et le nombre de sinus branchiaux, sur et entre les plis, un peu plus nombreux
chez les exemplaires des Antilles.
Halocynthia microspinosa (Van Name, 1921)
(Fig. 6)
Tethyum microspinosum Van Name, 1921 : 441, fig. 107-111 — ? Bahamas.
Halocynthia microspinosa : Millar et Goodbody, 1974 : 159 — Jamaïque.
Stations : 4 (2 spécimens), 7 (1 spécimen).
La taille des deux spécimens de la station 4 (25 mm) correspond à la taille moyenne
des individus examinés par les auteurs précédents. Celui de la station 7 atteignait, con¬
tracté, 35 mm et, étant recouvert d’algues et d’éponges, n’avait pas l’allure caractéris¬
tique de l’espèce. L’espèce vit dressée et fixée entre les branches des coraux ou sur les rochers.
La tunique est recouverte de petites épines plus ou moins ramifiées qui font ressembler
sa surface à celle de certaines éponges dont les spicules dépassent. Les siphons s’ouvrent
au milieu d’une touffe d’épines raides, de 2 à 5 mm de long, portant de courtes ramifica¬
tions latérales. La coloration de toute la partie libre du corps est rouge. Les épines de l’exem¬
plaire de Baille Argent (st. 7) sont beaucoup plus trapues, moins ramifiées et moins
nombreuses. La tunique, épaisse de 1 à 2 mm, est plutôt molle et non nacrée intérieure¬
ment.
- 1039 —
On compte une vingtaine de tentacules de deux ou trois ordres, de tailles presque
identiques chez le plus grand spécimen et très différentes chez les petits. Ils portent des
ramifications peu nombreuses de deux ou trois ordres. Le bourrelet péricoronal, situé
très près des tentacules, forme un V prononcé au niveau du tubercule vibratile. La forme
de ce dernier est variable. Le raphé est formé d’une série de languettes coniques allongées.
A sa droite, il existe une zone imperforée. A ce niveau, les sinus transverses de la face droite
se terminent par des papilles identiques aux papilles du raphé. Il semble exister un double
raphé. L’entrée de l’œsophage est entourée par une membrane circulaire.
Fig. 6. — Halocynthia microspinosa : A, exemplaire contracté de la station 7 ; B, exemplaire étalé de la
station 2 ; C, détail de la gonade gauche antérieure de l’exemplaire B.
1040 -
Chez un exemplaire de 2,5 cm, on compte sept plis à gauche et huit plis à droite.
G.R. 3 13 1 16 4 17 4 14 3 15 3 13 2 10 1 E.
D.R. 3 15 1 15 3 15 3 15 3 15 3 14 2 13 2 7 1 E.
Chez un autre exemplaire de même taille, le pli le plus ventral étant incomplet, il
existe huit plis à gauche et neuf à droite. Chez l’exemplaire de 3,5 cm, il existe huit [dis
à gauche et neuf à droite ; le nombre de sinus par pli dépasse vingt. Les mailles sont allon¬
gées transversalement entre les plis et carrées sur les plis. On compte de huit à onze stig¬
mates entre les plis et une moyenne de cinq à sept sur les plis selon la taille des individus.
Le tube digestif (fîg. 6 A) forme une boucle ronde fermée. L’œsophage est long et
débouche dans un estomac recouvert d’une glande hépatique divisée en deux parties :
l'antérieure rayée comme un estomac de Styelidae, la postérieure munie de plis en ailette,
recouverts d’une rangée de papilles. Le rectum, long, est indépendant du manteau mais
soudé au raphé et se termine par un anus à quatre lobes (fig. 6 B), ou à nombreux lobes
peu nets (fig. 6 A).
Chez tous nos exemplaires nous avons trouvé quatre gonades à gauche, disposées
parallèlement à cheval sur la boucle intestinale (fig. 6). Les ovaires en boudin, parallèles,
sont entourés de lobes testiculaires répartis sur l'intestin. Les canaux mâles ont une dis¬
position caractéristique. Sur les deux gonades antérieures, ils rassemblent les spermato¬
zoïdes des lobules mâles situés antérieurement (fig. 6 C), alors que sur les deux gonades
postérieures les canaux proviennent des lobules postérieurs. Les papilles mâles sont plus
longues que les papilles femelles. L’exemplaire de grande taille (fig. 6 A) possédait en
outre une gonade à droite.
11 y a de nombreux endocarpes situés sur tout le manteau.
Famille des Molgulidak
Molgula contorta Sluiter, 1898
(Fig- 7)
Molgula contorta Sluiter, 1898 : 28, pl. 2, fig. 39-40 — Colombie.
Station : 14.
Cette espèce, la seule de la famille identifiée en Guadeloupe, n’avait pas été retrouvée
depuis sa description originale qui est non seulement incomplète mais fausse : cette espèce
a six plis branchiaux et non sept.
M. contorta a été trouvée à la pointe sud-ouest de l’îlet à Cochons, sous des pierres,
par 50 cm à l m de fond. Elle vit fixée, entièrement recouverte de sable et pratiquement
indiscernable de la forme couverte de sable de Styela partita et d ’ Eudistoma capsulatum.
La tunique est très fine. Les siphons portent des lobes subdivisés. Sa taille ne dépasse pas
6 mm.
Le manteau est fin mais la musculature (fig. 7 A) est bien marquée. Il existe sur tout
le corps des papilles dermato-tunicales. Les tentacules, au nombre d’une vingtaine d’au
1041
moins trois ordres, sont très branchus et portent des ramifications de deux ordres. Le bour¬
relet péricoronal est formé de deux lames inégales. La postérieure est plus développée.
Le bourrelet forme un V peu prononcé au niveau du tubercule vibratile. Ce dernier est
un peu saillant et son ouverture en forme de fente. La branchie ne débute qu’à une distance
assez importante du bourrelet. Les plis se terminent par des triangles (fig. 7 B). Le raphé
présente un aspect tout à fait particulier. Il est formé d’une lame élevée à marge lisse,
décalée vers la gauche et recouvrant la première rangée d’infundibula monospiralés. A la
droite du raphé, il y a une lame imperforée correspondant au sinus sanguin sous-raphéen.
Cette lame est un peu saillante.
Fig. 7. — Molgula conforta : A, face droite ; 15, face gauche (la musculature n’a pas été figurée) ; C, ouvert,
branchie enlevée.
La branchie est formée de six plis. Chez le type on compte :
G.R. 0 4 0 4 0 4 0 3 0 3 0 2 0 E.
Chez les exemplaires de Guadeloupe, (pii sont en général plus petits, on compte :
G.R. 030303020201I2 0E.
Il existe, entre l'endostyle et le pli n° 6, une rangée longitudinale d’infundibula bien
développés chez le type de l’espèce, moins nets chez les exemplaires de Guadeloupe, rangée
8
1042 -
qui vue au travers du manteau fait croire à l’existence d’un septième pli. Les infundibula
pénètrent dans les plis et se divisent en deux. Ces infundibula secondaires sont monospi¬
ralés. Il n’y a pas d’exo-infundibula entre les plis.
Le tube digestif (fig. 7 C) forme une boucle très fermée à courbure secondaire très
accentuée. L’œsophage est très court. L’estomac est recouvert d’une glande hépatique
peu saillante, dont la limite postérieure n’est pas nette. L’anus est lobé.
Les gonades (fig. 7) sont formées d’un ovaire en boudin, entouré sur sa face ventrale,
aveugle, d’amas testicidaires ; ceux-ci s’ouvrent par un nombre variable de petites papilles
mâles. L’oviducte est externe ; la papille femelle n’est pas du tout saillante et son ouver¬
ture est béante.
Le rein est plus court que l’ovaire et bien saillant. L’espèce est incubatrice ; les larves
sont urodèles.
Cette espèce, très discrète, n’avait jamais été retrouvée depuis sa description. La famille
des Molgulidae est très mal représentée dans cette collection. En particulier, nous n’avons
pas trouvé la M. occidentalis commune dans la plupart des mangroves des autres îles. Les
fonds de sable propre ou les zones sédimentaires situées dans les passes n’ont pas été explo¬
rés, ce qui explique peut-être la rareté des échantillons de Molgulidae.
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section A, n° 4 : 1045-1050.
Echiurians collected during the SAFARI 1 cruise
in the Indian ocean, south of Madagascar
by A. K. DattaGupta
Résumé. — Quatre espèces d’Eehiuriens, Arhynchite arhynchite (Ikada), Nellobia eusoma
Fisher, Eubonellia longistomum DattaGupta et Prometor benthophila Fisher, récoltées, dans
l’océan Indien, au cours de la mission SAFARI 1 organisée par le Muséum national d’Histoire
naturelle, sont décrites. Elles proviennent des grands fonds et sont pour la première fois signalées
de l’océan Indien.
Abstract. — Four species of Echiura namely, Arhynchite arhynchite (Ikeda), Nellobia eusoma
Fischer, Eubonellia longistomum DattaGupta, and Prometor benthophila Fisher, collected by the
Muséum national d’Histoire naturelle, Paris, from the Indian ocean and sorted by the CENTOB
in France, have been listed here together with descriptive notes on the species. All four species
have been lifted from deep waters and this is the first record of their occurrence in the Indian
ocean.
A. K. DattaGupta, Zoology Department, Kurukshetra University, Kurukshelra 132 119, India.
Introduction
The four species of Echiura of the present report were collected by the Muséum natio¬
nal d’Histoire naturelle, France, from the Mozambique and the Crozet basins of the Indian
ocean during the SAFARI 1 cruise in the region, between August 20 and September 26,
1979. The author received the material through the courtesy of Centre national de tri
d’océanographie biologique (CENTOB), France, for the purpose of identification. These
four species represent four genera, one of which belong to the family Thalassematidae
and the three others to Bonellidae.
There are a few accounts on the echiuran animals from this part of the Indian ocean
and these are largely from the coastal waters of the South African mainland and the islands
of the vicinity (Studer, 1879 ; Greeff, 1879 ; Fischer, 1892, 1922c ; Sluiter, 1898 ;
Lanchester, 1905 ; Stephen and Robertson, 1952 ; Jones and Stephen, 1955 ; Wesen-
burg-Lund, 1959 ; Zenkevitch, 1966, and DattaGupta, 1974). Seven of these echiuran
species belong to the family Thalassematidae and two to Bonellidae. The animals of the
present report have been lifted from great depths and Choanostomellia bruuni (fam. Bonel-
lidae) is the only echiuran of the earlier reports which was lifted front a comparable depth
(4 360 m, off Durban : Zenkevitch, 1966). All four species of this account are being
reported for the first time from the Indian ocean.
1046 —
List of the species of the present report
Thalassematidae
Thalassematinae
Arhynchite Sato : A. arhynchite (Ikeda, 1924)
Bonelt.idae
Bonellinae
Nellobia Fisher : N. eusoma Fisher, 1946
Eubonellia Fisher : E. longistomum, DattaGupta, 1981
Prometor Fisher : P. benthophila Fisher, 1948.
Arhynchite arhynchite (Ikeda, 1924)
(Fig. 1 A, B)
Material : 1 female, SAFARI CP 03; collected 24.VIII.1979 : locality Mozambique basin,
coordinates 30°30' S 39°59' E, depth 4 912 m.
Description
The preserved specimen is small sausage shaped and deep pinkish brown in colour
with its anterior tip caved in forming a cup and posterior tip damaged. The animal could
nevertheless be of the order of 27 mm in length and 10 mm across the broadest part. A
proboscis is absent and mouth opens at the anterior tip in the centre of the cup like depres¬
sion. Closely ventral to the mouth spatulate golden yellow tips of two ventral hooks
emerge through the body wall (fig. 1 A) ; the latter is generally thick but more so at the
anterior end. Papillae are conspicuous and dense at the anterior end only ; the rest of
the body wall appears smooth and devoid of papillae.
Internally, except a small part of the foregut the digestive and the vascular systems
are disintegrated and washed away. The shafts of the two ventral hooks have been found
broken and twisted yet connected by a strong interbasal muscle, also radiating muscles
from the bases of the shafts to the ventral body wall. Two gonoducts containing ova,
located posterior to the ventral hooks, are thin walled and cucumber shaped (fig. 1 B).
Gonostome is thin and leaf like, proximal in position, and found delicately attached to
the gonoduct of the right side only. A gonostome could not be located in the left gono-
duct, in all probability lost.
The specimen is badly damaged and the author arrived with difficulty at his conclu¬
sion with regard to its identity. The original description of the species (Ikeda, 1924 :
41-42) “ is based on the numerous specimens preserved in the Fisheries School at Sapporo ”
in Japan. After the second report on the species from Japan (Sato, 1937) this is the
first record of its occurrence in the Indian ocean.
- 1047
Fig. 1. — A-B, Arhynchite arhynchite : A, anterior tip of female X 2, polar view ; B, gonoducts ; C, Eubo-
nellia longistomum, proboscis X 4 ; D-E, Prometor benthophila : D, ventral view of female X 2 ; E,
gonoducts.
gd, gonoduct ; gp, genital pore ; mo, mouth ; pr, proboscis ; vh, ventral hooks ; vn, ventral nerve
cord.
Nellobia eusoma Fisher, 1946
Material : 1 female, SAFARI CP 03 ; collected 24.VIII.1979 : locality Mozambique basin,
coordinates 30°30' S 39°59' E, depth 4 912 m.
Description
The preserved specimen is greyish pink in colour, cylindrical in shape and measures
about 25 mm in length and 6 mm across the broadest part. Mouth opens at the ante-
riormost tip of the body and the body wall surrounding the mouth dorsally forms a slightly
elevated semicircular ring. The specimen is somewhat shrivelled and the body wall is
— 1048 -
tough and thick with scattered irregular papillae at the anterior end. Ventral hooks
are absent. Genital aperture is a transverse opening located about 3 mm away from
the mouth. Internally, single gonoduct is flask shaped and located on the left side of
the ventral nerve cord. The rest of the internal organs are poorly preserved.
Compared with the holotype, on the basis of which the species has been described
(Fisher, 1946 : 257-259) the present specimen is smaller in size. Nellobia eusoma of the
present collection is the second record of its occurrence and first record from the Indian
ocean.
Eubonellia longistomum DattaGupta, 1981
(Fig. 1 C)
Material : 4 females, SAFARI CP 15 ; collected 12-13. IX.1979 : locality Crozet basin, coor¬
dinates 31°23' S 61°35' E, depth 5 595-5 610 m ; 5 females, SAFARI CP 16 ; collected 29.IX.1979 ;
locality Crozet basin, coordinates 24023' S 58°21' E, depth 4 890-5 043 m.
Description
The preserved specimens are of pale flesh colour. Morphology of the proboscis of
the species could not be given in the original description as the proboscides of the holotype
and the paratypes were found broken and lost. In the present collection in one specimen
of SAFARI CP 16 the proboscis has been found complete though contracted which mea¬
sures 8 mm in length and 3.5 mm in breadth, the length of the trunk being 40 mm. The
proboscis is of uniform width and its anterior tip is truncated (fig. 1C). In one specimen
the broken proximal part of the proboscis measures about 16 mm in length and 4.5 mm
in breadth ; the proboscis is thick and stout at the base, gradually thin anteriorly. The
genital aperture is a transverse slit located 5-8 mm away from the mouth ; the rim of the
slit is slightly raised and devoid of papillae.
Internally, single gonoduct with terminal gonostome is located on the right side of
the ventral nerve cord. In one specimen the pear shaped gonoduct measures 17 mm
in length, which is nearly 1/3 of the length of the body.
Eubonellia longistomum of the present collection is the first record of its occurrence
in the Indian ocean.
Prometor benthophila Fisher, 1948
(Fig. 1 D, E)
M ate rial : 1 female, SAFARI SI 12 ; collected 6.IX.1979 : locality Crozet basin, coordinates
32°41' S 50046' E, depth 4 283 m.
Description
The body and the proboscis of the preserved specimen are uniformly pinkish brown
in colour and the animal measures 57 mm in length of which the proboscis alone is 20 mm.
— 1049 —
The maximum breadth of the cylindrical trunk is 8 mm. Body wall is thick and covered
anteriorly with papillae of irregular outline which are antero-posteriorly elongated at the
posterior end. Single round genital pit is located about 6 mm away from the junction
of the proboscis and the trunk. Body wall is devoid of papillae around the genital and
the cloacal apertures. Two ventral hooks are anterior to the genital pit ; the hooks are
golden yellow in colour with dark brown spatulate tips, each measuring about 8 mm in
length.
Internally, two gonoducts are transparent thin walled sacs with long neck (fig. 1 K).
Gonostomal funnel is borne on a stalk which emerge laterally from the junction of the
neck and the sac. Thin radiating muscles connect the hook shafts with the ventral body
wall ; interbasal muscle is short. The rest of the internal organs have not been preserved
well.
The present specimen is smaller than the holotype or the paratype collected from
the Pacific ocean (off San Diego) at a depth of 1 955 m. Since its discovery Proinetor
benthophila of the present collection is the second record of its occurrence and first record
from the Indian ocean.
Acknowledgements
Grateful acknowledgements are made here to the biological team of the Muséum national
d’Histoire naturelle, Paris, who collected the material in inclement weather conditions ; and to
M. Michel Segonzac, Chief of the CENTOB, Brest, France, for the loan of the specimens of this
report.
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Two new species of Aktedrilus
(Oligochaeta, Tubificidae)
from the West Atlantic
by Christer Erséus
Abstract. — Aktedrilus dentatus sp. nov. and A. martiniquensis sp. nov. are described from
Brazil and Martinique/Guadeloupe, respectively. Both species are littoral marine and intersti¬
tial. A. dentatus is provided with tooth-shaped, highly cuticularized penes, and it is the first
species of Aktedrilus with the spermatheca located in segment IX. A. martiniquensis is closely
related to the North Pacific A. longitubularis Finogenova and Shurova, 1980, but differs from
that species in having single-pointed (not bifid) posterior setae, pharyngeal glands extending into
segment VII or VIII (into VI only in A. longitubularis), and spermatozoa partly embedded in
the spermathecal wall. A slightly modified definition of Aktedrilus is provided.
Résumé. — Description de deux espèces nouvelles interstitielles et littorales : Aktedrilus
dentatus n. sp. du Brésil et A. martiniquensis n. sp. de la Martinique et de la Guadeloupe. A. dentatus
possède un pénis très cuticularisé et en forme de dent ; c’est la première espèce à'Aktedrilus dont
les spermathèques sont situées au segment IX. A. martiniquensis est très voisine de A. longitu¬
bularis Finogenova et Shurova, 1980, du Pacifique Nord, mais en diffère par des soies postérieures
simples (non bifides), des glandes pharyngiennes s’étendant dans les segments VII ou VIII (en
VI seulement chez A. longitubularis) et des spermatozoïdes partiellement enrobés dans la paroi
de la spermathèque. Une définition légèrement modifiée A'Aktedrilus est donnée.
C. Erséus, Department of Zoology, University of Gôteborg, Box 25059, S-400 31 Goteborg, Sweden (postal
address) ; and Swedish Museum of Natural History, Stockholm, Sweden.
Introduction
The marine genus Aktedrilus Knôllner, 1935, comprises a number of meiobenthie,
littoral species of Tubificidae. A. monospermathecus Knôllner, 1935, was long the only
known member of Aktedrilus, but during the last few years, the number has increased to
twelve species (Erséus, 1980a, in press ; Erséus and Kossmagk-Stephan, 1982 ; Finoge¬
nova, 1976 ; Finogenova and Shurova, 1980 ; Strehlow, 1982). The species are known
from the Atlantic, the Mediterranean and Caspian seas, and the North and South Pacific.
While studying oligochaete material received from the Muséum national d' Histoire
naturelle (MNHN), Paris (courtesy of J. Renaud-Mornant), two new species of Akte¬
drilus were found. One of them had heen collected near Buzios, Brazil, the other species
at Martinique and Guadeloupe in the West Indies. Both are described in the present,
paper, which also contains a slightly modified definition of the genus.
— 1052 —
The specimens had been fixed in formalin by the collectors. They were all stained
in paracarmine and mounted whole in Canada balsam by the author. The type series
of both species are deposited in the MNIIN.
Abbreviations in the figures
a, atrium ; c, collar ; mp, male pore ; p, penis ; pr 1, anterior prostate ; pr 2, posterior prostate ;
ps, penial sac ; s, spermatheea ; vd, vas deferens.
SYSTEM AT IC DESC li IPTIONS
Genus AKTEDRILUS Knôllner, 1935
Definition (slightly modified after Erséus, 1980a.)
A group of meiobenthie, commonly littoral, marine tubificids. Hair setae absent. Modified
genital setae absent. Male pores paired, located in line with ventral setae in posterior part of
segment XI. Spermathecal pore unpaired, mid-dorsal, located in posterior-most part of IX (in
A. dentatus sp. nov.), or in anterior-most part of X. Coelomocytes, if present, small and sparse,
not of the “ Rhyacodriline-type ”.
Normal alimentary canal present. Male efferent ducts paired in XI. Vasa deferentia cilia¬
ted and narrow, joining entai ends of atria. Atria slender, but clearly wider than vasa deferentia.
Prominent penes present, with or without euticular sheaths. Two pairs of prostate glands pre¬
sent. Anterior pair attached to entai end of atria, at entrances of vasa deferentia. Posterior
pair either discretely attached to most ectal end of atria or more broadly attached to bases of penes
and/or walls of penial sacs. Spermatheea unpaired. Spermathecal ampulla smaller than duct
in many species. Sperm random in spermatheea ; in some species partly embedded in sperma¬
thecal wall. Spermathophores absent.
Type species : Aktedrilus monospermathecus Knôllner, 1935.
Aktedrilus dentatus sp. nov.
(Figs. 1-2)
IIolotype : MNHN 11 ° AS 716, from Juan Faema beach, near Buzios, Brazil, 22°10' S, 40°
45' W, mineral medium sand at 30 cm depth, mid-intertidal (coll. J. Renaud-Mornant ; 15 Oct.
1976).
Paratype : MNHN n° AS 717, from northern side of Juan Faema beach, upper intertidal
(coll. J. Renaud-Mornant ; Nov. 1976).
Description
Length (fixed specimens) 2.4 mm, 35-36 segments. Diameter at XI (slightly com¬
pressed, fixed specimens), 0.07-0.16 mm. Prostomium spherical, conspicuous. Epidermal
— 1053
adhesive glands not observed. Clitellurn extending over 1/2X-XII. Setae bifid, with
upper tooth thinner and shorter than lower (fig. 1 A). Bifids 25-35 pm long, about 1.5 pm
thick at node, 3-4 per bundle anteriorly, (1)2-3 per bundle posteriorly. Spermathecal
pore located immediately anterior to intersegmental furrow IX/X.
Fig. 1. —- Aktedrilus dentatus sp. nov. A, free-hand drawing of seta ; B, lateral view of spermatheca and
male genitalia (holotype).
Pharyngeal glands present in IV-VII1. Male genitalia (all structures paired) (fig. 1 B,
2) : vas deferens about 7 pm wide, length unknown ; atrium cylindrical, slender, 10-15 pm
wide, about 100 pm long (exact length difficult to establish), and consisting of very thin
outer lining of muscles and granulated inner epithelium ; anterior prostate gland large,
attached to entai end of atrium; penis highly cuticularized, resembling a curved tooth
(hence the name dentatus, Latin : provided with teeth) ; penis 30-35 pm long, basally
10-14 pm wide, ectally only 3-4 pm wide, narrow ectal part distinctly set off from wider
entai part ; an irregular collar of thickened cuticle surrounding base of penis (best shown
in fig. 2 B) ; penis enclosed in deep penial sac opening to exterior through inconspicuous
pore ; posterior prostate compact and small, broadly attached to elongated papilla in pos¬
terior wall of deep penial sac. Spermatheca (fig. IB, s ) slender, straight, about 20 pm
wide, 90-105 pm long, lacking distinct duct ; sperm peripheral in spermatheca and partly
embedded in spermathecal wall.
Habitat and distribution : Marine, intertidal sand ; known only from the type
locality (SE Brazil).
1054 —
Remarks : Aktedrilus dentatus sp. nov. is unique within the genus in having the sper-
mathecal pore in (most posterior part of) segment IX, not anteriorly in X as in the other
species. The morphology of the penes is also quite distinct. Small, strongly cuticula-
rized penes are present also in A. oregonensis Strehlow, 1982, but they are evenly tapering
and curved in that species, not abruptly narrowing at middle as in A. dentatus.
B
25 jum
j
Fig. 2. — Aktedrilus dentatus sp. nov. A, parts of male genitalia (paratype) ; B, penis sheath of other side
of worm (paratype).
Aktedrilus martiniquensis sp. nov.
(Fig. 3)
Holotype : MNHN n° AS 718, from Grande Anse, le Carbet, Martinique, 14°42.4' N, 61°
11.3' W, high energy beach with steep slope, volcanic sand, mid-intertidal (coll. J. Renaud-Mor-
nant and N. Gourbault ; 17 Feb. 1981).
Paraty'pes : MNHN n° AS 719-720, two specimens from the type locality.
Other material (author’s collection) : Two specimens from the type locality; and one spe¬
cimen from beach at Porte d’Enfer, Grande-Terre, Guadeloupe, 16°29.6' N, 61°26.2' W, medium
coralline sand with algal debris, intertidal (coll. J. Renaud-Mornant and N. Gourbault ; 17 Apr.
1979).
Description
Length (fixed specimens) 3.2-4.0 mm, 49-61 segments. Diameter at XI (slightly
compressed, fixed specimens), 0.09-0.23 mm. Prostomium longer than wide, conspi¬
cuous. Epidermal adhesive glands not observed. Clitellum extending over 1/2X-XII.
— 1055 —
Anterior setae bifid, with upper tooth thinner and shorter than lower (fig. 3 A). Poste¬
rior setae sharply single-pointed, with strongly curved tips (fig. 3 B). In mid-body, dor¬
sal setae of single-pointed, ventral setae of bifid type. Setae 20-40 (Am long, 1-2 [Am thick
at node, 3-4 per bundle in pre-clitellar segments, generally 3 per bundle in segments imme¬
diately posterior to clitellum, 2 per bundle thereafter. Spermathecal pore located imme¬
diately posterior to intersegmental furrow IX/X.
Fig. 3. — Aktedrilus martiniquensis sp. nov. A, free-hand drawing of anterior seta ; B, free-hand drawing
of posterior seta ; C, lateral view of spermatheca and male genitalia (holotype).
Pharyngeal glands well developed, extending into VII or VIII. Male genitalia (paired
in most specimens ; those of one side not developed in two specimens examined) (fig. 3 C) :
vas deferens not observed ; atrium tubular, bipartite ; entai part of atrium 60-90 (Am long,
about 14 (tm wide, with thick muscular lining, but without granules in inner epithelium ;
ectal part of atrium 60-80 [Am long, about 27 [Am wide, with very thin outer lining, and
granulated inner epithelium ; anterior prostate gland compact and large, attached to
entai end of atrium ; penis curved and elongated funnel-shaped, with cuticular sheath ;
penis 80-105 (Am long, diameter 14-20 [Am at base, 6-8 (Am at middle, 7-12 [Am at tip ; inner
end of cuticular sheath forming an asymmetrical collar at base of penis ; penis enclosed
in penial sac opening to exterior through inconspicuous pore ; posterior prostate small,
as a glandular pad in anterior wall of penial sac, immediately ventral to base of penis.
Spermatheca (fig. 3 C, s) large and slender, indistinctly divided into a duct-like ectal por¬
tion, and an entai ampulla ; spermatheca totally about 150 [Am long, duct 33-40 [Am wide,
ampulla 28-31 [Am wide ; sperm loose and scattered in duct, dense and partly embedded
in wall of ampulla.
— 1056 —
Habitat and distribution : Marine, intertidal sand ; Martinique and Guadeloupe
(West Indies).
Remarks : Aktedrilus martiniquensis sp. nov. is closely related to A. longitubularis,
which was described from the sea of Japan by Finogenova and Shurova (1980) ; the
male ducts and penes are virtually identical in the two species. However, although the
type series of A. longitubularis has not been accessible for my examination, the available
information strongly suggests that the new form is a separate species. Firstly, the cha¬
racteristics, single-pointed posterior setae (fig. 3 B) found in A. martiniquensis are not
present in A. longitubularis (Finogenova, pers. comm.). Secondly, the pharyngeal glands
are extending into VII or VIII in A. martiniquensis, but into VI only in the other species.
The spermatheca of A. longitubularis was depicted by Finogenova and Shurova (op. cit. :
fig. 8), but the illustration neither reveals the inner morphology of the ampulla, nor does
it show the nature of the sperm. However, Dr. Finogenova (pers. comm.) has confirmed
that the spermatheca of A. longitubularis is different from that shown for A. martiniquen¬
sis in fig. 3 C ; e.g., sperm are not embedded in the spermathecal wall in A. longitubularis.
DISCUSSION
By definition, tubificids have their (generally paired) spermathecae in segment X.
However, as now shown for a number of marine species of the family, there are deviations
from this rule. Phallodrilus postspermathecatus Erséus, 1980, and IIeterodriloules qua-
drithecatus Erséus, 1981, have spermathecae in segment XII, i.e. posterior to the segment
bearing the male ducts (Erséus, 19806, 1981), U niporodrilus granulothecus Erséus, 1979,
possesses an unpaired spermatheca opening mid-ventrally in the most posterior part of
segment IX (Erséus, 1979), and finally, in Aktedrilus dentatus sp. nov., the spermatheca
is mid-dorsal, with its pore in the most posterior part of IX. In the case of the latter
species, the deviating location of the pore is merely a slight forward shift from the posi¬
tion found in the other species of Aktedrilus, in which the opening is immediately poste¬
rior to the intersegmental furrow between IX and X (cf. fig. 3 ; Erséus, 1980a : figs. 1,
3-5, 7-9).
The species of Aktedrilus are typical members of the subfamily Phallodrilinae in that
they possess two “ prostate glands ” per male duct. A prostate gland in the strict sense
is lump of glandular elements, which are the outer parts of elongated cells of the inner
atrial epithelium (cf. Fleming, 1981). In most of the biprostate phallodrilines, there
is an anterior prostate attached to the entai end (or anterior face) of the atrium, and a
posterior, similar prostate connected hy a stalk to the ectal end (or posterior face) of the
atrium proper. This is the case in, for instance, Aktedrilus soetlooi Finogenova, 1976,
A. floridensis Erséus, 1980, A. locyi Erséus, 1980, A. parviprostatus Erséus, 1980, and
A. sphaeropenis Erséus and Kossmagk-Stephan, 1982. However, in the remaining Akte¬
drilus species, including the two described in the present paper, the posterior “ prostate ”
is in one way or another attached to, and communicating with, the base of the penis and/
1057 -
or the wall of the penial sac. In these latter cases, the term “ prostate ” is somewhat
stretched, as the glands are no longer strictly confined to cells emerging from the inner
epithelium of the atrium. Instead they appear to comprise elements also from the epi¬
thelium of the penial sac. The ontogenetic events leading to the formation of these (pos¬
sibly mixed) posterior glands have not yet been studied, but some authors (Knôllner,
1935 ; Finogenova and Shurova, 1980) have suggested the term “ pseudoprostates ”
for them.
Acknowledgements
I am very much indebted to Dr. Jeanne Renaud-Mornant (MNHN, Paris), for placing
the material of Aktedrilus at my disposal and for valuable information about the sampling loca¬
lities.
REFERENCES
Erséus, C., 1979. — Uniporodrilus granulothecus n. g., n. sp., a marine tubilicid (Oligochaeta)
from Eastern United States. Trans. Am. micros. Soc., 98 : 414-418.
— 1980a. — Taxonomic studies on the marine genera Aktedrilus Knôllner and Bacescuella
Hrabë (Oligochaeta, Tubificidae), with descriptions of seven new species. Zool. Scr., 9 :
97-111.
— 19806. — New species of Phallodrilus (Oligochaeta, Tubificidae) from the Arctic deep
sea and Norwegian fjords. Sarsia, 65 : 57-60.
— 1981. — Taxonomic revision of the marine genus Heterodrilus Pierantoni (Oligochaeta,
Tubificidae). Zool. Scr., 10 : 111-132.
— in press. — Interstitial fauna of Galapagos XXXIII. Tubificidae (Annelida, Oligochae¬
ta). Mikrofauna marina, 91.
Erséus, C., & K.-J. Kossmagk-Stephan, 1982. A new species of Aktedrilus (Oligochaeta,
Tubificidae) from the North Sea coast of the Federal Republic of Germany. Zool. Anz.,
209 : 91-96.
Finogenova, N. P., 1976. — New species of Tubificidae (Oligochaeta) from the Caspian Sea.
Zool. Zh., 55 : 1563-1566. (In russian, with english summary.)
Finogenova, N. P., & N. M. Shurova, 1980. — A new littoral species of Aktedrilus (Oligochaeta,
Tubificidae) from the Sea of Japan. Pribrezhnyi Plankton i Bentos Severnoi Chasti Yapons-
kogo Morya. Vladivostok : 65-69. (In russian.)
Fleming, T. P., 1981. — The histochemistry and ultrastructure of the glandular vas deferens
of Tubifex tubifex (Annelida : Oligochaeta). ,/. Zool., 195 : 311-330.
Knôllner, F. H., 1935. — Okologische und systematische Untersuchungen iiber litorale und
marine Oligochâten der Kieler Bucht. Zool. Jb., Syst., 66 : 425-512.
Strehlow, D. R., 1982. —- Aktedrilus locyi Erséus, 1980 and Aktedrilus oregonensis n. sp. (Oli¬
gochaeta, Tubificidae) from Coos Bay, Oregon, with notes on distribution with tidal height
and sediment type. Can. J. Zool., 60 : 593-596.
4, 9
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 5, 1983,
section A, n° 4 : 1059-1078.
Chthoniidae et Cheiridiidae
(Pseudoscorpionida, Arachnida)
des Petites Antilles
par Valeria Vitali-di Castri
Abstract. — Six new species of Pseudoscorpions belonging to the families Chthoniidae and
Cheiridiidae are described from the Lesser Antilles, namely from the Guadeloupe, Marie-Galante,
Dominique and Martinique Islands.
V. Vitali-di Castri, Attachée au Muséum national d’ Histoire naturelle, Laboratoire de Zoologie (Arthro¬
podes), 61, rue Buffon, 75005 Paris.
La faune des Pseudoscorpions des Petites Antilles a été étudiée par plusieurs auteurs,
depuis les anciennes études de Balzan et de Banks jusqu’aux publications très récentes
de Muchmore et de Dumitresco et Oiîghidan. A la fin de cette note, une bibliographie
complète est donnée non seulement sur les Antilles, mais aussi sur les espèces tropicales
voisines de celles qui sont décrites dans ce travail. Cependant, cette faune est loin d’être
bien connue. En fait, sur une centaine de spécimens étudiés, appartenant aux familles
Chthoniidae et Cheiridiidae, il nous a été possible d’isoler et de décrire les nouvelles espèces
suivantes : Pseudochthonius thibaudi, Tyrannochthonius guadeloupensis, T. ovatus , Lechy-
tia martiniquensis, L. delamarei (Chthoniidae) et Cheiridium insulare (Cheiridiidae).
Les spécimens, dont la taille est d’environ un millimètre, proviennent des îles Gua¬
deloupe, Marie-Galante, Dominique et Martinique, baignées à l’ouest par la mer des Caraïbes
et à l'est par l'océan Atlantique.
Le matériel a été recueilli par le Pr. Claude Delamare Deboutteville et par MM. Jean-
Marc Thibaud, Jean-Paul Mauriès et Joël Jérémie.
Les types et les paratypes seront déposés au Laboratoire de Zoologie (Arthropodes)
du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
Pseudochthonius thibaudi n. sp.
Matériel-type : 1 $ holotype, 1 $ paratype, 1 Ç allotype, 1 tritonymplie paratype, Guade¬
loupe, sous falaises, vers Pointe le Gouffre, dans la litière, le 31 mai 1978, Thibaud coll., (G 62) ;
3 Ç$ paratypes, 1 tritonymphe paratype, Guadeloupe, vers 130 m d’altitude sur les monts Caraïbes,
dans la litière, le 31 mai 1978, J.-M. Thibaud coll., (G 63).
Je dédie la présente espèce à mon collègue, le Dr. J.-M. Thibaud, qui a effectué plusieurs
collectes dans les Petites Antilles.
Les mensurations de ces spécimens sont données dans le tableau I.
— 1060 —
Description du mâle holotype
Céphalothorax (fig. 1) un peu plus long que large, rétréci vers l’arrière avec une paire
d’yeux à lentilles convexes. Bord antérieur sans épistome, légèrement concave en sa partie
médiane et denticulé sur presque toute sa longueur. Présence de 18 soies : 6 antérieures,
4 oculaires, 4 médianes, 2 intermédiaires et 2 postérieures.
Tergites (fig. 6) III à VI avec une tache médiane foncée. Chétotaxie : 4.4.4.4.6.6.6.
Chélicères (fig. 4) : 5 soies sur la main, dont la dorsale terminale et la dorsale basale
sont longues. Soie galéale longue et dans la moitié basale du doigt. Sept dents sur le doigt
fixe, 10 dents sur le doigt mobile. Présence d’un petit tubercule fileur.
Hanches des pattes (fig. 7) : 4 soies distales aux hanches des pattes I ; une épine coxale
sur le côté droit de l’animal, 2 sur le côté gauche ; 4 soies distales et 4 épines coxales den¬
telées sur la hanche droite de la patte 11 ; 8 soies en deux rangées sur la hanche III, au côté
gauche ; hanches des pattes IV avec 8 soies chacune, en deux rangées.
Région génitale (fig. 9) avec 8 soies sur la plaque génitale antérieure ; 12 soies sur le
bord de l’ouverture génitale, dont 2 opposées, situées dans une petite concavité et 5 autres
soies de chaque côté. Sternite IV avec une rangée de 6 soies plus 2 microchètes supra-stig-
matiques de chaque côté.
Pattes-mâchoires (fig. 3) élancées ; fémur plus gros en sa partie distale, avec 2 rangées
de soies internes : une marginale de 5 soies et une dorsale de 6. Le bord externe possède
6 courtes soies. Pinces (fig. 2) très élancées ; doigts recourbés. Doigt fixe avec environ
25 dents pointues ; suivant l’orientation de la pince, on observe une alternance de dents
longues et de dents plus courtes. Doigt mobile avec environ 22 dents aplaties vers l’arrière.
Disposition des trichobothries (fig. 2) typique du genre, mais ist est presque à égale dis¬
tance de est et de esb.
Description de la femelle allotype
La femelle ressemble beaucoup au mâle ; elle en diffère par un tubercule fileur un peu
plus développé et par des dimensions plus grandes.
La région génitale présente 6 soies au bord de la plaque génitale postérieure et 7 sur
la plaque génitale antérieure. Le doigt fixe de la pince montre environ 25 dents. Les ché¬
licères présentent 6 dents au doigt fixe et 10 au doigt mobile.
Différences entre les types et les paratypes
Les paratypes récoltés dans d’autres biotopes et dans d’autres îles diffèrent essen¬
tiellement de l’holotype par l’absence quasi totale de tubercule fileur chez les mâles.
La trichohothrie sb du doigt mobile est parfois plus proche de b chez ces paratypes
que chez l’holotype. Les taches médianes foncées sur les tergites des mâles ne sont pas tou¬
jours présentes.
Les caractéristiques d’un mâle paratype provenant de la Martinique sont présentées
dans les figures 11 à 17. Outre les différences signalées ci-dessus, ce spécimen possède un
Fig. 1-10. — Pseudochthonius thibaudi n. sp. : 1, céphalothorax du holotype ; 2, pince du holotype ;
3, patte-mâchoire du holotype ; 4, chélicère du <J holotype ; 5, galéa de la $ paratype ; 6, tergites
du <$ holotype ; 7, région coxale du <J holotype ; 8, région coxale de la $ paratype ; 9, région génitale
du (J holotype ; 10, patte IV du (J holotype.
1063 -
Tableau I. — Pseudochthonius thibaudi n. sp.
Mensurations (en mm) et rapports morphométriques.
Holo-
type
G 62
<?
Para-
type
G 62
<?
Allo¬
type
G 62
$
Para-
type
G62
tn
Para-
type
G 63
$1
Para-
type
G 63
92
Para-
type
G 63
93
Para-
type
G 63
tn
Para-
type
G 63
dn
Corps :
Longueur sans chélicères
1,372
1,184
1,447
1,128
1,466
1,504
1,128
Céphalothorax :
longueur
0,439
0,446
0,432
0,288
0,453
0,460
0,381
0,288
0,252
largeur antérieure
0,396
0,374
0,446
0,360
0,440
0,453
0,432
0,252
0,216
largeur postérieure
0,288
0,345
0,432
0,324
0,432
0,396
0,288
0,216
0,180
Chélicères :
longueur
0,309
0,309
0,360
0,252
0,345
0,360
0,374
0,216
0,180
largeur
longueur du doigt
0,158
0,158
0,180
0,129
0,165
0,172
0,172
0,108
mobile
0,136
0,144
0,180
0,129
0,172
0,165
0,180
0,086
0,086
Pattes-mâchoires :
fémur, longueur (1)
0,518
0,518
0,633
0,360
0,597
0,612
0,612
0,302
0,280
fémur, largeur (2)
0,108
0,108
0,129
0,086
0,115
0,122
0,129
0,072
0,064
rapport 1/2
4,80
4,80
4,88
4,16
5,18
5,00
4,72
4,20
4,33
tibia, longueur
0,216
0,180
0,244
0,144
0,216
0,244
0,252
0,122
tibia, largeur
pince avec pédoncule,
0,108
0,108
0,129
0,093
0,129
0,129
0,129
0,072
longueur (3)
0,734
0,720
0,808
0,172
0,792
0,792
0,827
0,482
0,396
pince, épaisseur (4)
rapport 3/4
main avec pédoncule,
0,115
6,37
0,115
6,25
0,144
5,61
0,093
0,129
6,11
0,144
5,50
0,151
0,079
5,90
0,079
5,00
longueur (5)
doigt mobile, longueur
0,216
0,216
0,252
0,129
0,244
0,266
0,288
0,137
0,108
(6)
0,446
0,446
0,540
0,352
0,518
0,525
0,561
0,288
0,252
rapport 5/6
0,48
0,48
0,46
0,36
0,47
0,50
0,51
0,42
Pattes IV :
fémur entier, longueur
0,504
0,504
0,583
0,360
0,540
0,576
0,576
0,288
0,216
fémur, largeur
0,201
0,223
0,230
0,144
0,237
0,244
0,252
0,129
0,108
tibia, longueur
0,302
0,302
0,331
0,223
0,345
0,352
0,360
0,180
0,144
tibia, largeur
0,072
0,079
0,086
0,079
0,129
0,086
0,057
0,043
basitarse, longueur
0,187
0,180
0,223
0,129
0,201
0,216
0,216
0,100
0,079
basitarse, largeur
0,057
0,057
0,064
0,064
0,064
0,064
0,043
0,028
télotarse, longueur
0,288
0,324
0,302
0,223
0,345
0,352
0,360
0,180
0,151
télotarse, largeur
0,028
0,036
0,036
0,028
0,036
0,036
0,028
0,028
1064
fémur des pattes-mâchoires relativement plus long. Cependant, ces différences ne justi¬
fient pas actuellement la création d’une nouvelle espèce.
Position taxonomique de P. thibaudi
Parmi les Pseudochthonius sud-américains, la nouvelle espèce se rapproche de Pseu-
dochthonius insularis Chamherlin, de Saint-Vincent, par les caractères suivants : la tri-
chohothrie ist presque en position intermédiaire entre esb et est ; le doigt mobile de la pince
avec les dents aplaties vers l’arrière ; les quatre premiers tergites avec 4 soies ; les dents
du doigt fixe de longueur inégale.
P. thibaudi se différencie de l’espèce de Chamberlin par le nombre de soies des ché-
licères ; en effet, la nouvelle espèce possède seulement 5 soies au total (fig. 4) alors que
P. insularis a 5 soies accessoires (Chamberlin, 1929 : 177, fig. C).
Nous voudrions, à propos des dents inégales — caractère sur lequel on a fondé la diffé¬
renciation de P. homodentatus et P. heterodentatus — faire remarquer que, suivant l’orien¬
tation de la pince, la longueur de ces dents apparaît quelquefois égale ou inégale. Ces deux
espèces doivent donc être individualisées sur la base d’un autre caractère.
Tyrannochthonius guadeloupensis n. sp.
Matériel-type : 1 holotype, 1 Ç allotype, Guadeloupe, route forestière de Douville à 6 km
au nord-ouest de Goyave, litière en forêt, le 2i avril 1979, J.-M. Thibaud eoll., (G 134).
Description du mâle holctype
Céphalothorax (fig. 18) rétréci vers l’arrière, avec deux paires d’yeux à lentilles con¬
vexes, les antérieurs plus développés que les postérieurs. Epistome très petit avec, de chaque
côté et à la hase, deux soies robustes.
Chétotaxie : au total : 18 soies, soit 4 + 2 (microchètes), 4.4.2.2.
Les deux premiers tergites avec 2 soies seulement. Formule tergale : 2.2.4.4.6.6.6.6.
Chélicères (fig. 19) avec 5 soies, dont une seule est accessoire, dans le prolongement
de dt, dst. Doigt fixe avec environ 8 dents. Absence de tubercule fileur.
Hanches des pattes (fig. 20) : 2 longues soies au processus maxillaire ; 3(4) soies sur
les hanches des pattes-mâchoires ; hanches I avec un appendice conique antérieur robuste
et 3 soies ; hanches II avec 3 soies + 5 (4) épines coxales longues et divisées distalement ;
hanches III avec 5 soies ; hanches IV avec 5 (6). Tubercule intercoxal absent.
Opercule génital avec 10 soies ; ouverture génitale avec environ 9+11 soies margi¬
nales et 4-5 soies latérales.
Formule sternale : 4.6.6.6.
Pattes-mâchoires à fémur légèrement dilaté distalement. Pince (fig. 21) avec une
épine robuste à l’intérieur de la main. Doigt mobile avec 14 petites dents espacées. Doigt
fixe avec 16 dents aiguës et espacées. Entre les dents distales seulement, après la tricho-
bothrie it, on observe la présence d’une très petite dent intermédiaire. Disposition des
1065 -
triehobothries typique du genre, sb étant légèrement plus proche de b que de st. Les trois
trichobothries eb, esb, ist sont alignées verticalement.
Pattes ambulatoires : patte IV (fîg. 22) à fémur assez gros, muni de deux longues soies
sur le bord externe ; basitarse et télotarse avec une longue soie tactile.
Description de la femelle allotype
Très semblable au mâle, mais de taille légèrement supérieure.
Céphalothorax, tergites et chélicères avec la même ehétotaxie que le mâle ; doigt
mobile de la chélicère avec 10 petites dents s’arrêtant à la hauteur de la soie galéale ; doigt
mobile avec 9 dents, dont les 3 distales plus grandes. Absence de tubercule fileur.
Fig. 18-23. — Tyrannochthonius guadeloupensis n. sp. : 18, céphalothorax, chélicères, tergites I et II du j
hololype ; 19, chélicères de la Ç allotype ; 20, hanches des pattes ambulatoires, région génitale, sternite
IV de la Ç allotype ; 21, pince du $ holotype ; 22, patte IV du holotype ; 23, pince de la Ç allotype.
1066
Hanches des pattes II avec 5 et 6 épines coxales. Chétotaxie comme chez le mâle.
Région génitale avec 8 courtes soies. Sternite IV avec 7 soies.
Pince (fig. 23 et 24) plus large que chez le mâle ; doigt fixe avec 19 dents ; doigt mobile
avec 12 dents pointues plus 7 dents arrondies. Sur la partie distale des deux doigts seule¬
ment, on observe une petite dent intermédiaire entre les grandes dents.
Tableau II. — Mensurations (en mm) et rapports morphométriques
chez Tyrannochthonius guadeloupensis n. sp. et T. ovatus n. sp.
T. guadeloupensis
(G 134)
s $
holotype allotype
T. ovalus
(M 69)
<? ?
holotype allotype
Corps :
Longueur sans chélicères
0,733
0,996
0,958
1,034
Céphalothorax :
longueur
0,316
0,360
0,309
0,360
largeur antérieure
0,280
0,403
—
0,302
largeur postérieure
0,259
0,345
—
0,259
Chélicères :
longueur
0,280
0,324
0,252
0,295
largeur
0,136
0,180
0,115
0,151
longueur du doigt mobile
0,144
0,180
0,136
0,158
Pattes-mâchoires :
fémur, longueur (1)
0,367
0,432
0,381
0,432
fémur, largeur (2)
0,086
0,108
0,079
0,086
rapport 1/2
4,25
4,00
4,81
5,00
tibia, longueur
—
—
0,158
0,187
tibia, largeur
—
—
0,086
0,100
pince avec pédoncule, longueur (3)
0,540
0,633
0,568
0,684
pince, épaisseur (4)
0,108
0,154
0,108
0,151
rapport 3/4
5,00
4,19
5,26
4,52
main avec pédoncule, longueur (5)
0,194
0,252
0,230
—
doigt mobile, longueur (6)
0,331
0,388
0,345
0,367
rapport 5/6
0,58
0,64
0,66
—
Pattes IV :
fémur entier, longueur
0,295
0,396
fémur, largeur
0,144
0,158
tibia, longueur
0,237
0,259
tibia, largeur
0,057
0,072
basitarse, longueur
0,108
0,129
basitarse, largeur
0,043
0,050
télotarse, longueur
0,230
0,244
télotarse, largeur
0,028
0,036
- 1067 -
Position taxonomique de Tyrannochthonius guadeloupensis : Par la chétotaxie
des tergites I et II, Tyrannochthonius guadeloupensis ne se rapproche que de T. ecuado-
ricus, espèce dont il diffère surtout par le nombre de soies sur le bord antérieur du cépha¬
lothorax.
Tyrannochthonius ovatus n. sp.
Matériel-type : 1 g holotype, 1 Ç allotype, Martinique, montagne Pelée, plateau des Pal¬
mistes (vers 1 000 ni), sous les mousses, le 14 novembre 1978, J.-M. Thibaud coll. , (M 69).
Les mensurations (en mm) et les rapports morphométriques sont donnés dans le tableau II.
Description du mâle holotype
Céphalothorax typique du genre, avec un épistome petit et 18 soies : 4 -(- 2 (micro-
chètes). 4.4.2.2. Yeux au nombre de 4, les antérieurs à lentilles très convexes, les posté¬
rieurs sous forme de taches.
Les deux premiers tergites avec seulement 2 soies ; formule tergale : 2.2.4.4.6.
Chélicères : main avec 5 soies, dont les 3 dorsales sont alignées verticalement. La
soie galéale est placée dans la moitié distale du doigt. Flagelle avec 8 ou 9 soies. Doigt fixe
avec 2 dents, dont la distale est plus grande ; doigt mobile avec 8 dents ; serrule à 17 lamelles.
Hanches des pédipalpes et des pattes I avec la chétotaxie typique du genre ; hanches
II avec 3 (4) soies -f- 5 épines coxales ; hanches III et IV avec 5 soies.
L’état de la préparation ne permet pas de décrire la région génitale.
Pattes-mâchoires élancées. Fémur à peine élargi dans sa partie distale. Pince i fig. 25)
avec des formations chitineuses à la base du doigt mobile ; sur ce doigt, la trichobothrie
sb est nettement plus proche de b que de st. Sur le doigt fixe, les trois trichobothries basales
sont presque alignées, esb étant légèrement basale par rapport à eb. Nombre de dents diffi¬
cilement observable sur la préparation : i 13 pour le doigt fixe, 8 pour le doigt mobile.
Description de la femelle allotype
Dimensions supérieures à celles du mâle.
Chétotaxie du céphalothorax, des tergites et des hanches comme chez le mâle, sauf
pour les hanches II qui présentent 4 soies -f 6 épines, et 3 soies -f- 5 épines coxales. Ché¬
licères comme chez le mâle ; tubercule fileur absent.
Pattes-mâchoires plus robustes que chez le mâle. Pince (fig. 25) ovoïde, bien renflée
en son milieu. Sur le doigt mobile, la trichobothrie sb est nettement plus proche de b que
de st (distance sb-st presque égale au double de sb-b). Trichobothries à la base du doigt
fixe presque alignées, esb légèrement basale par rapport à eb. Trichobothries t, st au niveau
de it, est. Doigt fixe avec 15 dents aiguës et 4-5 dents intermédiaires. Doigt mobile avec
8 dents aiguës -f 4 dents arrondies à la base.
Position taxonomique de T. ovatus : La nouvelle espèce se distingue parfaitement
des autres espèces du genre par la présence de 2 soies seulement sur les deux premiers ter-
1068 -
gites, caractère que présentent T. ecuadoricus Beier et T. guadeloupensis n. sp. De ces
dernières espèces, elle se différencie par les formations chitineuses à la base du doigt mobile,
par la forme ovale de la main de la femelle et par la position relativement proximale de
la trichobothrie sb.
Fig. 24-25. — Pinces de Tyrannochthonius : 24, T. guadeloupensis, $ allotype ; 25, T. ovatus, $ allotype.
Lechytia martiniquensis n. sp.
Matériel examiné : 1 Ç holotype, Martinique, 500 m à l’ouest de la station thermale d’Agsa-
lon (vers 530 m d’altitude), dans la litière, forêt primaire dégradée à châtaigniers, le 14 avril 1979,
J.-M. Thibaud coll.
Les mensurations de ce spécimen sont données dans le tableau III.
Description de la femelle holotype
Céphalothorax (fig. 26) légèrement rectangulaire, un peu plus long que large, arrondi
aux coins antérieurs. Bord antérieur légèrement saillant en sa partie médiane, où il est
denticulé. Présence d’une paire d'yeux à lentille peu développée et à pigmentation mar¬
quée. On observe seulement 16 soies : 6 antérieures, 4 oculaires, 4 médianes, 2 intermédiaires.
Les deux soies postérieures ne sont pas visibles sur la préparation.
- 1069 -
Tergites avec 6 soies.
Chélicères (fig. 27) relativement grosses et trapues, avec des doigts courts. Main avec
5 soies ; le bord du doigt fixe est très saillant au niveau de la soie dt. La soie accessoire
est aussi longue que la dorsale basale et elle est alignée horizontalement avec cette der¬
nière et la soie ventrale terminale. Le doigt mobile possède un petit tubercule fileur, une
soie galéale située distalement et trois petites dents distales. Le doigt fixe possède une
seule dent. Le flagelle semble être formé par 8 soies, les basales plus courtes que les dis¬
tales.
Fig. 26-31. — Lechytia martiniquensis n. sp., $ holotype (M lit) : 26, céphalothorax ; 27, chélicère ; 28,
patte-mâchoire ; 29-30, pinces ; 31, patte IV.
1070 -
Tableau III. — Mensurations (en mm) et rapports morphométriques
de Lechytia martiniquensis n. sp., L. delamarei n. sp. et Cheiridium insulare, n. sp.
L. martini¬
quensis
$ holotype
(M 111)
L. delamarei
$ holotype
C. insulare
(J holotype
(G 223)
Corps :
Longueur sans chélicères
1,259
0,846
Céphalothorax :
longueur
0,432
0,367
0,309
largeur antérieure
—
—
0,237
largeur postérieure
0,360
0,331
0,417
Chélicères :
longueur
0,230
0,230
—
largeur
0,129
0,129
—
longueur du doigt mobile
0,122
0,122
—
Pattes-mâchoires :
fémur, longueur (1)
0,324
0,324
0,237
fémur, largeur (2)
0,093
0,079
0,093
rapport 1/2
3,48
4,1
2,55
tibia, longueur
0,201
0,180
0,230
tibia, largeur
—
0,108
0,108
pince avec pédoncule, longueur (3)
0,504
0,496
0,374
pince, épaisseur (4)
0,129
0,136
0,136
rapport 3/4
3,9
3,64
2,75
main avec pédoncule, longueur (5)
0,223
0,216
0,201
doigt mobile, longueur (6)
0,288
0,280
0,194
rapport 5/6
0,77
0,77
1,03
Pattes IV :
fémur entier, longueur
0,324
0,338
0,208
fémur, largeur
0,144
0,180
0,057
tibia, longueur
0,208
0,216
0,144
tibia, largeur
0,064
0,061
0,050
basitarse, longueur
0,122
0,122
0,144
basitarse, largeur
0,036
0,043
0,028
télotarse, longueur
0,165
0,180
—
télotarse, largeur
0,028
0,025
— 1071 —
Pattes-mâchoires (fig. 28) plutôt trapues. Face « intérieure » du fémur creuse, pour
que le tibia puisse s’y insérer. Pince (fig. 29-30) typique du genre ; doigt fixe avec 5 petites
dents triangulaires 2 dents aplaties de l’avant vers l’arrière ; doigt mobile avec 3 dents
triangulaires et 2 arrondies. Sur ce doigt, les trichobothries st et sb sont très rapprochées
et situées dans la moitié distale du doigt. La distance b-sb est pratiquement double de la
distance sb-t. Sur le doigt fixe, est est deux fois plus éloignée de ist que de it. Ces trois tri¬
chobothries sont situées dans la moitié basale du doigt.
La chétotaxie des régions coxale et génitale n’a pu être étudiée en détail.
Pattes ambulatoires : le fémur de la patte IV (fig. 31) présente une légère proéminence
dans la partie basale externe. On n’observe qu’une séparation partielle entre basifémur
et télofémur.
Position taxonomique de Lechytia martiniquensis : La nouvelle espèce appartient
au groupe à trichobothries st-sb rapprochées. A l’intérieur de celui-ci, elle se caractérise
surtout par la position des soies sur la main des chélicères.
Lechytia delamarei n. sp.
Matériel examiné : 1 Ç holotype, Guadeloupe, Trace des Contrebandiers, environ 400 m
d’altitude, sous écorces, le 7 avril 1977, C. Delamare Deboutteville coll.
Je dédie cette espèce avec ma reconnaissante amitié à M. le Pr. Claude Delamare Debout¬
teville qui a organisé plusieurs missions dans la région des Antilles.
Les mensurations de ce spécimen sont données dans le tableau III.
Description de la femelle holotype
Céphalothorax (fig. 32) presque carré, légèrement rétréci vers l’arrière, avec une paire
d’yeux à lentille petite et tache pigmentaire sombre. Bord antérieur saillant en sa partie
médiane qui est denticulée. Présence de 18 soies : 6 antérieures, dont les 4 centrales longues,
4 oculaires, 4 médianes, 2 intermédiaires et 2 postérieures.
La chétotaxie des tergites, des stérilités et de la région génitale ne peut être décrite
d’après la préparation.
Hanches des pattes : seules les hanches du côté droit de l’animal ont été étudiées.
La hanche I, pourvue d’une protubérance antérieure, possède 3 soies. Flanche II avec
5 soies, hanche III avec 6, hanche IV avec 7 soies.
Chélicères (fig. 33) trapues, avec 5 soies sur la main dont 3 sont longues. La soie insérée
entre les soies ventrales et les soies dorsales n’est pas alignée horizontalement avec celles-
ci. Le doigt fixe de la chélicère possède un bord droit près du doigt mobile. Distalement,
on observe une grosse dent suivie d’une plus petite. Doigt mobile avec la soie galéale implan¬
tée distalement près de 2 petites dents et avec un tubercule fileur petit.
Pattes-mâchoires (fig. 34). Elles ne sont pas très trapues. La face interne du fémur
présente des cavités permettant aux proéminences internes du tibia de s’y insérer. Pince
(fig. 35, 36) typique du genre, avec 4 trichobothries sur la main. Sur le doigt fixe, 3 tri¬
chobothries sont situées dans le tiers basal, alors que et se trouve dans le tiers distal. Le
tiers médian est dépourvu de trichobothries. Présence de 3 petites dents distales de forme
1072 —
triangulaire suivies de 4 dents aplaties vers l’arrière. Doigt mobile avec les trichobothries
st-sb rapprochées et situées dans la moitié basale du doigt. Distalement, on observe 2 petites
dents triangulaires -f- 2 dents arrondies.
Pattes ambulatoires : paires de pattes III et IV avec un fémur très trapu. Ce dernier
(fîg. 37) montre une ébauche de séparation très courte entre basi- et télofémur. Cette ébauche
est très proximale et parallèle au bord basal du fémur. Le basitarse est muni d’une longue
soie en sa partie proximale.
Fig. 32-37. — Lechytia delamarei n. sp., $ holotype : 32, céphalothorax ; 33, chélicère ; 34, pattes-mâchoires ;
35-36, pinces ; 37, patte IV.
1073 —
Position taxonomique de Lechytia delamarei
Comme la nouvelle espèce de Martinique, cette espèce de Guadeloupe appartient
au groupe à trichobothries st-sb très rapprochées. Elle se distingue des autres espèces du
genre, en particulier par la forme et les dimensions du fémur de sa patte IV.
Les caractères les plus évidents pour séparer entre elles les espèces de Lechytia des
Antilles sont les suivants : chélicères à soie interne en position distale ; fémur des pattes-
mâchoires à face interne très excavée ; longueur du fémur de la patte IV supérieure à deux
fois sa largeur (fig. 31) (Lechytia martiniquensis ) ; soie interne des chélicères en position
médiane ; fémur de la patte IV (fig. 37) moins de deux fois aussi long que large (L. delama¬
rei) .
C'est la première fois que nous proposons pour le genre Lechytia une définition de l'iden¬
tité des trichobothries du doigt fixe et de la main (fig. 29, 30, 35, 36). Cette identification
se fonde sur l'étude de tous les stades nymphaux et des adidtes de deux espèces chiliennes,
matériel que nous possédons dans notre collection.
Cheiridium insulare n. sp.
Matériel examiné : 1 (J holotype, Guadeloupe, Coreil, maison Jérémie, fourré à Acacia
et à Tibaume, vers 40 m d’altitude, terre noire, le 9 février 1981, J.-M. Thibaud coll., (G 223).
Les mensurations de ce spécimen sont données dans le tableau III.
Description du mâle holotype
Céphalothorax presque triangulaire, avec un profond sillon semi-circulaire, à con¬
vexité postérieure. La région antérieure, portant 2 petits yeux à lentille fortement con¬
vexe, est prolongée en un cucullus court et simple. On observe des soies plates et élargies
distalement. Le tégument présente de gros granules dont les prolongements forment un
ensemble étoilé. Région postérieure avec une dépression médiane cpii atteint le bord du
céphalothorax. Dépressions latérales absentes. Tégument de la dépression médiane à gra¬
nules polygonaux. Il y a 6 soies recourbées, pointues et apparemment simples. Le bord
postérieur présente des petits granules proéminents.
Tergites tous séparés en hémitergites. Tégument (fig. 38) à structure radiaire ; marge
postérieure des premiers tergites pourvue de granules proéminents. Le nombre de soies
par tergite est le suivant : I, 4 —(— 4 ; II, 5 —)— 5 ; III, ? —(— 5 ; IV, 6 6 ; V, 6 -T 7 ; VI,
6 + 6 ; VII, 6 + 6 ; VIII, 5 + 4 ; IX, 3 + 3.
Hanches des pattes 1, II et III séparées sur la ligne médiane ; celles de la IV e paire
(fig. 39) réunies en une plaque unique montrant dans sa zone médiane supérieure un ves¬
tige de séparation. Marge postérieure fortement recourbée.
Chélicères avec 4 soies sur la main + la soie galéale. Galéa longue et simple.
Pattes-mâchoires (fig. 40) à tégument très ouvragé. Fémur relativement court et tibia
élargi. Pince (fig. 41) avec 7 trichobothries sur le doigt fixe, 4 externes et 3 internes ; 2
trichobothries sur le doigt mobile. Main conique, tronquée obliquement à son extrémité
proximale.
Pattes ambulatoires très chitinisées et granulées. Division du fémur non visible sur
la patte IV (fig. 42). Fémur plus long que le tibia.
4, 10
1074 -
Fig. 38-42. — Cheiridium insulare , holotype (G 223) : 38, tégument des tergites II et III ; 39, hanches
IV et région génitale ; 40, patte-mâchoire ; 41, pince ; 42, patte IV.
Position taxonomique de Cheiridium insulare
La nouvelle espèce de Cheiridium se différencie nettement de toutes les autres espèces
déjà connues par les dimensions du fémur des pattes-mâchoires. Cet article est, en effet,
très réduit ; le rapport longueur/largeur est 2,5 ; il est donc inférieur à celui de toutes les
autres espèces de Cheiridium.
Ce rapport fémoral faible serait plutôt caractéristique du genre Cryptocheiridium.
Cependant, notre espèce ne semble pas pouvoir appartenir à ce genre, non seulement à
cause du nombre des tergites (10) visibles dorsalement, mais aussi par la distribution des
thrichobothries externes du doigt fixe et la forme de la quatrième paire de coxae, qui pré¬
sente un début de séparation. Ces caractères correspondent plutôt au genre Cheiridium.
1075 -
Pour la détermination des trichobothries internes du doigt fixe de la nouvelle espèce (fig. 41),
nous avons suivi la nomenclature donnée par Mahnert, 1982.
Conclusion
Les genres dont nous avons décrit des espèces nouvelles avaient déjà été signalés
des Grandes et des Petites Antilles.
Il s’agit dans tous les cas de genres très anciens à très vaste distribution géographique.
Le genre Pseudochthonius (dont nous avons trouvé une seule espèce : P. thibaudi)
présente une distribution nettement tropicale, qui semble actuellement limitée à l’Afrique
et aux Amériques, y compris les Antilles (Jamaïque, Saint-Vincent, Trinidad, Aruba).
Le genre Tyrannochthonius (dont nous avons décrit les espèces T. guadeloupensis
et T. ovatus ) montre une distribution typiquement gondwanienne. 11 a été trouvé dans
des zones tropicales d’Afrique, d’Asie, du Mexique, d’Amérique centrale et méridionale,
ainsi que dans des îles du Pacifique, y compris aux Galapagos. D’autres espèces australes
ont été décrites en Nouvelle-Zélande et Australie. Le genre avait déjà été signalé aux Antilles,
avec plusieurs espèces, en Jamaïque, à Trinidad et à Curaçao.
Le genre Lechytia (dont nous avons décrit les deux espèces L. martiniquensis de Mar¬
tinique et L. delamarei de Guadeloupe) est aussi un genre très ancien, avec une distribu¬
tion de type gondwanien. 11 avait déjà été trouvé dans les Grandes Antilles (Jamaïque)
ainsi qu’en Asie, Afrique, Amérique du Nord et du Sud, le plus souvent dans des régions
tropicales ou subtropicales.
Le genre Cheiridium (dont nous avons créé la nouvelle espèce Ch. insulare) avait déjà
été signalé des Grandes Antilles. Sa distribution mondiale s’étend à l’Amérique du Nord
et du Sud, à l'Europe, à l’Afrique, aux îles Hawaii. Line espèce fossile a été trouvée dans
l’ambre de la Baltique.
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Systématique des Lézards Scincidés
de la région malgache.
XI. Les Mabuya de Madagascar
par Edouard R. Brygoo
Résumé. — Le genre Mabuya comprend, à Madagascar, cinq espèces valides : M. graven-
horstii, M. elegans, M. madagascariensis, M. aureopunctata et M. boettgeri. M. sakalava est syno¬
nyme de M. elegans. L’origine malgache et la validité de l’espèce M. betsileana, connue par le seul
holotype et dont les affinités avec M. perroteti, d’Afrique occidentale, sont très grandes, restent
à confirmer par de nouvelles récoltes. Une sous-espèce nouvelle, M. elegans delphinensis, est décrite.
Des lectotypes sont désignés pour M. elegans elegans et M. madagascariensis. La répartition des
différentes espèces est précisée et une clef de détermination proposée.
Abstract. — The genus Mabuya contains five valid species : M. gravenhorstii, M. elegans,
M. madagascariensis, M. aureopunctata et M. boettgeri. M. sakalava is a synonym of M. elegans.
The judgement on the right place of M. betsileana, known only by the holotype, is to be postponed
until new collections are made. A new subspecies, M. elegans delphinensis, is described. Lecto¬
types are chosen for M. elegans and M. madagascariensis. Distribution maps and a key to the
species of Mabuya from Madagascar are given.
E. R. IlitVGoo, Laboratoire de Zoologie, Reptiles et Amphibiens, Muséum national d’ Histoire naturelle, 25,
rue Cuvier, 75005 Paris.
Ainsi que le soulignait récemment D. G. Broadley (1977 : 45), le genre Mabuya Rafi-
nesque, 1815, l’un des rares genres cosmopolites de Scincidés (Lygosominés), n’a pas été
réétudié dans son ensemble depuis la publication, en 1887, du troisième volume du Cata¬
logue des Lézards de G. Boulenger. D. R. Horton avait bien, en 1973, annoncé qu’il
entreprenait cette révision mais ce travail n’a apparemment pas encore vu le jour.
Des études de groupes d’espèces, considérées sous un angle régional, ont heureusement
commencé à mettre de l’ordre dans une systématique et une nomenclature particulièrement
complexes. Ainsi, M. S. Hoogmoed (1974) a étudié les Mabuya du Ghana tandis que Broad¬
ley consacrait plusieurs études (1974, 1975, 1977) à ceux de l’Afrique du Sud-Est. Nous
avons récemment (1982) revu les Mabuya des Comores, d’Europa et des Séchelles.
LES ESPÈCES MALGACHES DU GENRE MABUYA
F. Angel, dans sa révision de 1942, admet la présence à Madagascar des sept espèces
de Mabuya, toutes endémiques, déjà retenues dans le synopsis de Mocquard (1909 : 29).
1080 -
Ce sont, par ordre chronologique de leur description : M. gravenhorstii (Duméril et Bibron,
1839), M. elegans (Peters, 1854), M. aureopunctata (Grandidier, 1867), M. sakalava (Gran-
didier, 1872), M. boettgeri. Boulenger, 1887, M. betsileana Mocquard, 1906, M. madagasca¬
riensis Mocquard, 1908.
De ces sept espèces l’une, M. betsileana, n’était (et n’est encore) connue que par son
holotype tandis qu’ANGEL soulignait que quatre autres, M. gravenhorstii, M. elegans,
M. sakalava et M. madagascariensis, avaient entre elles les plus grandes affinités. En 1959,
sur de nouvelles récoltes, G. Pasteur confirme la validité de l’espèce M. madagascariensis.
Ce sont ces sept espèces endémiques du genre Mabuya, dont Ch. P. Blanc retenait encore
l’existence à Madagascar en 1971, que nous allons étudier maintenant.
1. Gongylus (Euprepes) gravenhorstii Duméril et Bibron, 1839
(Erp. génér., V : 686-688).
Historique
En 1831, Gray (Synopsis : 70) créa l’espèce Tiliqua bistriatus, sans indication d’ori¬
gine du spécimen étudié, alors qu’il signalait lui-même, à la page précédente, une espèce
Tiliqua bistriatus créée comme Scincus bistriatus par Spix en 1825 pour un Lézard du
Brésil. L’année suivante, Graveniiorst nomma Scincus vittatus un Lézard dont il envoya
à Cocteau dessin et description.
En 1839, Gray mentionne dans un catalogue (p- 289) l’espèce de 1831, mais sous un
nom altéré, Tiliqua bistrigata, et avec une indication complémentaire : Madagascar.
La même année 1839, Duméril et Bibron (V : 686) décrivent, dans le genre Gongylus,
Euprepes gravenhorstii et placent dans sa synonymie le Scincus vittatus : « nom... qui a
déjà été employé plusieurs fois pour spécifier des Sauriens de cette famille et en particu¬
lier l’Euprepes d’Olivier. ». A ce propos ils ne considèrent pas l’espèce de Gray qu’ils trai¬
tent (V : 643) comme un synonyme de celle de Spix sans s’arrêter au fait que la première
concerne un animal de Madagascar et la seconde un du Brésil.
La synonymie vittatus = gravenhorstii est admise par Graveniiorst lui-même puisqu’il
cite (1851 : 335) le binôme Euprepes gravenhorstii et donne une figure du spécimen, d’ori¬
gine inconnue, dont il disposait.
En 1845 (p. 115), Gray garde « The Madagascar Euprepes : Euprepis bistriatus » avec,
dans sa synonymie, vittatus et gravenhorstii tandis qu’en 1851 (p. 162), les Duméril placent
bistriatus dans la synonymie de gravenhorstii.
En 1863 (p. 334, 342), Pollen utilise encore le binôme Scincus vittatus tandis que
Bocage (1866 : 44) emploie Euprepes gravenhorstii, mais pour désigner des Mabuya d’Angola
qu’il reconnaîtra ultérieurement (1872 : 75) comme appartenant à une espèce distincte,
M. bayoni.
En 1869, Alfred Grandidier décrit Euprepes bilineatus qui, dès l’année suivante,
est signalée par Güntiier dans le Zoological Record (1870 : 112). L’espèce ne sera cepen¬
dant mentionnée par Boulenger que dans une note infrapaginale (1887 : 150) à propos
du genre Mabuia, et omise dans l’index.
1081 —
Dès 1895 au moins, Mocquard considérait E. bilineatus comme synonyme de AI.
gravenhorstii, ainsi qu’il ressort de l’examen du catalogue des collections où l’on trouve
en 1895, écrite de la main de Mocquard, la ligne suivante : « 199. Mabuia gravenhorstii
D. et B. côte S.O 1869. Type de Euprepes bilineatus Grand. » Cette synonymie ne fut, sem¬
ble-t-il, pas publiée avant la révision des Lézards de Madagascar par Angel (1942 : 108).
Peters (1880 : 510 ; 1882 : 69, 74) et Boettger (1881 : 445) utilisent encore le nom
spécifique bistriatus, mais ils ne seront pas suivis et, en 1887, Boulenger fixera la nomen¬
clature de cette espèce ; le nom de gravenhorstii n’a plus été discuté depuis.
En 1941, Angel et Rochon-Duvigneaud, dans leur étude sur les divers types de pau¬
pière des sauriens, ont utilisé M. gravenhorstii pour illustrer le cas d'une paupière infé¬
rieure mobile avec disque transparent précornéen, constitué par l’amincissement des deux
lames de la paupière.
Synonymie
Tiliqua bistriatus Gray, 1831.
Scincus vittatus Gravenhorst, 1832.
Tiliqua bistrigata (sic) Gray, 1839.
Euprepis bistriatus : Gray, 1845.
Tiliqua bistriata : Gray, 1845.
Gongylus ( Euprepes ) gravenhorstii Duméril et Bibron, 1839.
Euprepes gravenhorstii (D. et B.) : Gravenhorst, 1851.
Euprepes bilineatus A. Grandidier, 1869.
Euprepes bistriatus (Gray, 1831) : Peters, 1880.
Mabuia gravenhorstii (D. et B.) : Boulenger, 1887.
Eupsepes bistriatus : Boettger, 1913 : 300.
non Euprepes gravenhorstii D. et B. sensu Bocage, 1866.
Matériel examiné
MHNP 1 2948 et 2815, syntypes de Gongylus (Euprepes ) gravenhorstii . BM XV.113A, type
de Tiliqua bistriatus. MHNP 95.199-202, syntypes de Euprepes bilineatus.
MHNP A370, 1251 (6 individus), 7794, 8203-4, 86.29-30, 89.635-6 (2 ind.), 92-291-2, 99.369-372,
00.8-9, 01.21, 01.160-162, 07.87, 24.88-89 (2 ind.), 29.139-140 (9 ind.), 29.141-143 (2 ind.), 29.144,
30.312 (2 ind.), 30.314-15 (3 ind.), 30.317-18 (11 ind.), 33.222, 33.226 (2 ind.), 38.232-235, 38.253,
50.321-22, 56.64-5, 61.38-41, 65.294, 70.336-37, 74.130-48, 79.7901-3. — RNH 19651 (8 ind.),
19658 ; Turin, R 434 : MSNG 27888 ; ZMA 14535 ; Gôteborg 512, 1429 ; MHNG 279.56 ; f.NHM/
FMNH 79.947-9.
Soit 136 individus.
1. Le matériel-type
a — Les syntypes de Gongylus ( Euprepes) gravenhorstii
A la fin de leur description, Dumérii. et Bibron écrivaient : «Nous possédons de cette
espèce deux individus seulement, l’un vient de Madagascar, et l’autre du cap de Bonne
Espérance. »
1. MHNP : Muséum d’Histoire naturelle, Paris ; BM : British Museum (Natural History) ; MSNG :
Museo di storia naturale, Genova; ZMA : Zoôlogisch Museum, Amsterdam; MHNG : Musée d’Histoire
naturelle, Genève ; MCZ : Museum of comparative zoology, Harvard ; ZMB : Zoologish Museum, Berlin ;
CNHM/FMNH : Field Museum, Chicago ; Turin ; Musée de l’Université de Turin ; Gôteborg : Naturhisto-
riska Museet ; Pasteur : collection Georges Pasteur, Montpellier ; RNH : Rijksmuseum, Leiden.
- 1082 —
11 s’agissait donc de syntypes et c’est abusivement que Guibé (1954 : 79) a fait du
spécimen MIINP 2948, en provenance de Madagascar, l’holotype d’Euprepes gravenhorstii.
On peut admettre qu’il a alors désigné le lectotype de l’espèce. Quant au spécimen MHNP
260, considéré comme du cap de Bonne Espérance, il avait été rangé comme Mabuya bayoni
Bocage, 1872. Les caractères de morphologie externe de gravenhorstii et de bayoni sont
si proches qu’il est vain d’espérer les séparer dans l’état actuel des connaissances. Bou-
lenger (1887 : 201) ne les distinguait que par la taille des lobules auriculaires ! ce que con¬
firmait Bocage (1895 : 39) en écrivant que les deux espèces se « ressemblent, tant sous le
rapport de l'écaillure comme sous le rapport des couleurs, M. bayonii différant à peine de
M. Gravenhorstii par le plus grand développement des lobules de l’ouverture auriculaire
et peut-être aussi par des membres proportionnellement plus courts ». Si l’on tient compte
du fait que M. bayoni ne fait pas partie de la faune d’Afrique du Sud (Fitzimons, 1943),
il est selon nous légitime d’admettre que l’erreur portait non sur l’identification de l’animal
mais sur son lieu présumé de récolte. Cependant, l’attribution spécifique du spécimen
MHNP 260 reste incertaine car s’il possède bien une frontopariétale unique, caractère
inconnu des différentes espèces de Mabuya d’Afrique du Sud, il diffère des M. gravenhorstii
s.s. par le fait que l’écaille sousoculaire n’atteint pas le rebord labial.
Fig. 1. — Apex et profil de la tête du MHNP 2948, lectotype de Mabuya gravenhorstii.
Fig. 2. — Apex et profil de la tête du MHNP 95.199, lectotype de Euprepes bilineatus.
b — Le spécimen BM XV.113 A, type de Tiliqua bistriatus Gray, 1831
En nous adressant ce spécimen A. F. Stimson, du British Museum (Natural History),
précisait : « All we known about it is that it was presented to us by Gray himself prior
to 1840 and bears the locality Madagascar. It may well have been in his possession at
the time he described Euprepis bistriatus and therefore could easily be the type specimen,
— 1083 -
although I cannot be absolutely certain ». Ce spécimen de 181 mm, dont 112 pour une queue
partiellement régénérée, est en excellent état de conservation, ce qui permet de le compa¬
rer utilement à la description donnée par Gray en 1845. On retrouve ainsi les quatre séries
de taches blanches dorsales et les deux bandes claires latérales, l’inférieure étant la plus
large tandis que la supérieure se prolonge jusqu’à la racine de la cuisse. Or, il se trouve
que ces deux caractères de coloration ne se rencontrent qu’exceptionnellement avec cette
intensité chez M. gravenhorstii ; peu de spécimens ont à ce degré le caractère « bistriatus ».
Cela nous autorise à conclure que ce spécimen est certainement celui qui a servi à la des¬
cription de 1845. Mais s’agit-il de l’holotype de Tiliqua bistriatus Gray, 1831 ? C’est très
probable mais ne pourra sans doute jamais être démontré.
Les observations complémentaires suivantes peuvent être notées : de chaque côté,
entre les deux lignes blanches, 4 à 6 petits points blancs ; le membre antérieur mesure
18 mm, le postérieur 29 ; une seule frontopariétale, 3 susoculaires à gauche, le caractère
n'étant pas net à droite ; 3 surciliaires, la deuxième nettement plus longue ; 4 labiales
supérieures avant la sousoculaire, celle-ci avec un bord inférieur réduit ; 36 rangs d’écailles
autour du corps, 65 entre le menton et l’anus ; 12 écailles sous le quatrième doigt, 19 sous
le quatrième orteil.
c — Les syntypes de Euprepes bilineatus A. Grandidier, 1869
Décrivant la nouvelle espèce, dont il précise l’habitat — « Fierin », région du sud-
ouest de Madagascar, au nord de Tuléar — A. Grandidier n’indique pas le nombre de
spécimens dont il dispose. Guibé (1954), dans le catalogue des types, indique l’existence
de cinq syntypes, mais ne mentionne que quatre numéros (95.199-202). Le bocal contient
cinq spécimens attachés ensemble, dont un juvénile, le 95.203 ; or, le registre d’entrées
ne signale comme types que les quatre premiers. Ce sont ceux que nous retenons comme
syntypes encore que le juvénile 95.203 appartient selon toute probabilité à la même série.
Nous désignons ici comme lectotype de Euprepes bilineatus le spécimen MHNP 95.199,
le plus grand des syntypes, qui mesure 233 mm dont 150 pour la queue.
2. Autres spécimens (cf. tabl. I, II, III)
Taille : Douze spécimens dépassent 80 mm pour la tête et le corps, le plus grand étant
le MHNP 7794 avec 94 mm, sans localité d’origine précise ; sa queue, partiellement régé¬
nérée, ne fait que 102 mm. Celui dont la longueur totale est la plus élevée, 251 mm dont 161
pour la queue partiellement régénérée, est le MHNP 30.314 provenant d’Antanimora
(sud de File). La moyenne des N/2 (68) plus grands spécimens est, pour la tête et le
corps, de 66,14 mm.
Coloration : Le polymorphisme relatif de la coloration de M. gravenhorstii résulte
des variations d’un certain nombre d’éléments que nous considérerons par ordre de leur
fréquence dégressive. Les flancs portent une large bande brun foncé qui commence en
arrière de l’œil pour se terminer sur la racine de la queue. Cette bande est séparée en deux
parties inégales par une ligne blanche qui prolonge les marques claires des labiales supé¬
rieures pour passer par l’oreille et se continuer jusqu’à la queue. Bande brune et ligne blanche
sont les deux éléments colorés les plus constants. Dans la partie supérieure de la bande
brune on peut observer une série longitudinale de taches, points ou tirets blancs, dont
1084 -
la présence et la taille sont des plus variables. A la limite du dos et des flancs, une ligne
claire peut border la bande brune ; elle n’est souvent marquée que sur le tiers antérieur
du corps. La coloration de la tète et du dessus du corps varie du gris au brun jaunâtre,
oliv âtre ou bronzé. Des marques brun sombre peuvent s’aligner sur quatre rangs parallèles.
Ces taches sont parfois flanquées d’une marque claire plus petite. La face inférieure, du
menton à la racine de la queue, est uniformément claire. Deux spécimens font exception,
l’un et l’autre de grande taille, en présentant un piqueté brun au niveau de la gorge : le
premier est même le plus grand spécimen connu (MHNP 30.314), le second (MHNP 50.322)
provient de l’Andringitra et mesure 187 mm dont 105 pour une queue partiellement régé¬
nérée.
Tableau I. — Caractères de l’éoailbire céphalique des Mabuya de Madagascar.
Espèces
Forme
de la
sousoculaire
Nbre fronto-
L pariétales
N lire
susoculaires
Nbre
supraciliaircs
gravenhorstii T
elegans elegans + sakalaaa T
elegans delphinensis T
madagascariensis T
a ureo punctata H
boettgeri R
betsileana R
1
4 (3)
3-4
2
4 (3)
3-4
2
3 (4)
3
3-4
2
3 (4)
2
4
5-6
2
3
3
2
4
6
1. T, trapézoïdale, ou R, rectangulaire, selon que le bord inférieur de l’écaille est plus petit ou de même
taille que le supérieur.
2. Entre parenthèses, les exceptions ou variations observées.
Tableau 11 . — Variations du nombre des écailles susoculaires
chez les Mabuya de Madagascar.
Espèces
N 4/4 1 4/3 3/3
Groupe elegant
graaenhorstii
elegans elegans
elegans delphinensis
madagascariensis
Groupe aureopuna
aureopunctata
boettgeri
(sousoculaire trapézoïdale)
136 132 4
83 76 7
36 14 4
9 0 0
(sousoculaire rectangulaire)
37 37 0
14 0 0
(i
0
18
9
0
1. 4/4 : quatre susoculaires des deux côtés ; 4/3 : quatre d’un côté, trois de l’autre...
Tableau III. — Autres caractères des Mabuya de Madagascar.
Nombre d’écailles Taille (en mm)
moyenne
Espèces
N
autour
du corps
entre menton
et anus
sous
le 4 e doigt
SOUS
le 4 e orteil
maximale
T -(- C queue
des N/2
plus
grands
T + C
Rapport
T + C/MP
gravenhorstii
lectotype
1
36
64
14
19
57
27
A
2
autres
135
30 ( 34 ) 36
53 ( 60 ) 67
10 ( 12 ) 15
15 ( 18 ) 22
94
161
66,1
( 2 , 5 )
elegans elegans
syntypes
3
30
52-56
10-12
18-20
44
117
—
—
autres
80
28 ( 30 ) 34
50 ( 56 ) 64
10 ( 12 ) 13
16 ( 19 ) 23
59
125
51,4
(1,9)
sakalctva
1
32
60
12
18
48
77
R
—
2
elegans delphinensis
36
28 ( 32 ) 34
52 ( 56 ) 60
10 ( 11 ) 13
16 ( 17 ) 19
60
145
55,0
( 2 , 0 )
madagascariensis
syntypes
2
34-36
67-69
11
17-18
66
112
R
—
3 , 0 - 3,1
autres
7
32-36
65-73
11-12
15-18
69
106
68,0
2 , 8 - 3,1
aureopunctata
holotype
L
34
62
13
22
38
37
A
—
2,7
autres
3 B
35 ( 36 ) 37
53 ( 56 ) 60
12 ( 13 ) 15
15 ( 18 ) 20
75
117
60,0
( 2 , 6 )
boettgeri
holotype
i
32
58
11
16
44
19
—
2,6
autres
13
30-32
53-60
9-13
14-18
55
88
50,2
2 , 6 - 2,9
betsileana
holotype
1
34
73
12
15
117
A
—
3,1
T + C, tête + corps ; MP, membre postérieur ; R, queue régénérée ; A, queue amputée.
Entre parenthèses, un mode ou une moyenne.
- 1086 -
Écaillure céphalique : Nous avons retenu, comme critère de diagnostic spécifique,
la coexistence d’une frontopariétale unique et d’une sousoculaire de forme trapézoïdale,
à bord inférieur beaucoup plus court que le supérieur. L’écaillure céphalique des Mahuya
de Madagascar qui ont ce double caractère présente un certain nombre de variations. Ainsi
que l’ont relevé Ch. et F. Blanc (1967 : 68), les rapports entre les préfrontales varient sou¬
vent en fonction de l’âge des individus, le contact entre les deux écailles, important chez
les jeunes, peut ne plus exister chez les vieux sujets. L’interpariétale, petite, sans rapport
avec les susoculaires en avant, ne sépare pas complètement en arrière les pariétales qui se
rejoignent en une courte suture. Il y a très habituellement deux nuchales ; celles-ci ont
toutefois été trouvées fusionnées en une seule chez trois individus : MHNP 00.9 du pays
Mahafaly (Sud), 29.140D de Janzamaly (Sud-Ouest) et 30.318A de localité inconnue. Le
lectotype a, de chaque côté, quatre susoculaires, quatre surciliaires et quatre labiales avant
la sousoculaire. Nous avons étudié les variations de ces trois types d’écailles. Sur 137 indi¬
vidus, 133 ont quatre susoculaires de chaque côté et quatre (dont BM XV 113A) une
formule asymétrique avec trois d’un côté et quatre de l’autre ; aucun n’a la formule 3/3.
La variation est plus importante au niveau des surciliaires. Si sur 100 individus 74 ont
la formule 4/4, on observe aussi les formules 2/2 : 1, 3/3 : 12, 3/4 : 11, 4/5 : 1 et 5/5 : 2. Quant
au nombre des labiales avant la sousoculaire, pour 83 individus il est de quatre de chaque
côté et, pour les autres, on observe les formules 3/3 : 1, 4/3 : 1, 4/5 : 12, 5/5 : 3 et 4/6 : 1.
Ecaillure corporelle : Compté sur 120 spécimens, le nombre de rangs d’écailles autour
du corps varie de 30 à 36, le maximum de fréquence étant de 34 (47 individus) ; 95 indivi¬
dus en ont 32 ou 34. Entre le menton et l’anus le nombre des écailles peut varier de manière
importante : pour 118 comptages, les extrêmes sont 53 et 67, le maximum de fréquence
est de 60 (22 individus), 106 individus en ont de 56 à 63. Chez les sujets adultes le nombre
des carènes des écailles dorsales varie de 3 à 5, mais il n’est souvent que de 2 chez les juvé¬
niles et il en a été compté 6 chez un des plus grands sujets. Comptés chez 100 individus,
le nombre des écailles sous le quatrième doigt varie de 10 à 15, 91 sujets en ont de 11 à 13,
42 en ont 12 ; le nombre des écailles sous le quatrième orteil varie de 15 à 22, 90 sujets
en ont de 17 à 20, le maximum de fréquence étant de 18 (29 individus).
4. Répartition géographique (carte 1)
En 1942, Angel écrivait : « Cette espèce, très commune, se rencontre dans toutes les
régions de Madagascar, sauf cependant dans l’extrême Nord et Nord-Est, d’où elle paraît
n’avoir jamais été signalée. » L’absence de cette espèce dans le Nord-Est ne sera vraiment
établie que lorsque des prospections spéciales auront permis de contrôler le fait, d’autant
que le très petit nombre de récoltes de Mabuya de toutes espèces en provenance de ces
régions trahit plutôt une insuffisance de prospection. Sauf indication complémentaire,
la liste des localités ci-dessous correspond à des récoltes de la collection du Muséum de
Paris.
Nord-Ouest . Nossi Be (MHNP + Peters, 1880, Boettger, 1893, ZMA 14535, Gôteborg
512) ; Nosy Faly (RNH 19651) ; Maromandia, Analalava ; Sainte-Marie de Marovoay (Ander¬
son, 1910, Kaudern, 1922) ; Majunga (Boettger, 1913) ; Amparihingidro, près de Majunga.
Sud-Ouest : Ambohimahavelona (CNHM 79447); Belo ; Tuléar ; Saint-Augustin ; Tsivono - T
Janzamaly ; lac Tsimanampetsoa ; Betioky ; Ambolisatra.
- 1087 -
Cartes 1-4. — Répartition des récoltes de Mabuya : 1, M. gravenhorstii ; 2, M. elegans elegans et de M. e.
delphinensis n. subsp. ; 3, M. sakalava, M. betsileana et M. madagascariensis ; 4, M. aureopunctata et
M. boettgeri.
Sud : Pays mahafaly ; Antandroy nord ; Antanimoro ; Ankodabe, Befotaka ; Ambovombe ;
Ampanihy ; Behara.
Sud-Est : Fort-Dauphin (MHNP + CNHM 79948-9) ; Midongy du Sud ; Ikongo ; Andrin-
gitra.
1088 —
Est : Betampono ; Ambila Lemaitso ; Andevoranto ; Vatomandry (Gôteborg 1429) ; Tamatave
(MHNP + Boettger, 1913, Methuen et Hewitt, 1913) ; Ilot Prune (MHNP -f- Boettger, 1913) ;
Sainte-Marie (MHNP + Boettger, 1913) ; Perinet (MHNP + RNH 19658) ; Analamazotra
(Methuen et Hewitt, 1913) ; Anevoka (Boettger, 1913) ; Ambavaniasy ; lac Alaotra (Boettger,
1913).
Centre : Tananarive (MHNP + Boettger, 1893, Methuen et Hewitt, 1913) ; Betsiléo (MSNG
27888) ; Fianarantsoa (Boettger, 1913) ; riv. Sahambavy ; Andrangoloka (Turin R 434).
2. Euprepes elegans Peters, 1854
Mber. dt. Akad. Wiss. Berl. : 619
Validité du nom spécifique
Un problème de nomenclature aurait pu se poser du fait de l’existence d'un Mabouya
elegans Gray, 1845, nom considéré comme synonyme de Riopa punctata (Gmelin, 1799),
lézard indien. Selon Alain Dubois, que nous remercions d’avoir accepté d’examiner ce
point litigieux, Mabuya elegans (Peters) et Mabouya elegans Gray ne sont pas des homo¬
nymes primaires car le nom de Gray correspond non à une orthographe incorrecte mais à une
émendation injustifiée. Aussi Mabouya elegans Gray, 1845, qui n’a pas été transféré dans le
genre nominal Mabuya Rafînesque, 1815, n’est pas homonyme de Mabuya elegans (Peters,
1854).
Décrite dans le genre Euprepes, l’espèce elegans a été placée dans le genre Scincus
par Pollen (1863), puis mise en synonymie avec E. bistriatus (Gray) par Boettger (1881),
avant d’être confirmée comme Euprepes ( Euprepis ) elegans par Peters (1882 : 73). Trans¬
férée dans le genre Mabuya par Boulenger (1887), sa place n’a plus été discutée depuis.
Matériel examiné
ZMB 5526 (syntypes).
MHNP 1414 et A, 8322 ; 91.349-50 ; 93.200-202 ; 95.204 ; 99.222 ; 99.374 ; 01.21-25 ; 01.164-
5 ; 06.293 ; 24.85-86 ; 29.145-150 ; 29.153 + A et B ; 30.325-27 ; 30.331 ; 33.69-70 ; 33.224 ; 38.
223-31; 38.236-9; 48.21-23; 50.313-20; 50.327; 50.394; 56.26-29; 65.298; 70.282; 74.319-21;
79.7904 ; MCZ 37193 ; RNH 19648-9 ; 19651C 19661 ; CNHM 72.901.
Spécimens de la région de Fort-Dauphin, extrême sud-est de l’île : MHNP 8220 (3 ex.), 01.166-
8, 30.328 (6 ex.) ; CNHM 79946, 79952-71.
Au total 119 spécimens.
1. Le matériel-type
La description originale ne fait pas mention du nombre des spécimens utilisés, mais
Peters précisa ultérieurement (1882 : 74) qu’il s’agissait d’une récolte de trois spécimens.
Ce sont d’ailleurs trois individus qui sont rangés sous le n° ZMB 5526. Nous désignons ici
comme lectotype le plus grand des trois spécimens (161 mm dont 117 pour la queue) qui
a vraisemblablement servi à la description de Peters puisque c’est le seul à avoir quatre
supraciliaires, les deux paralectotypes, ZMB 5526 A et B, n’en ayant que trois, la première
nettement plus longue que les autres. Le chiffre de 28 écailles sous le 4 e orteil correspond
probablement à une erreur de copiste car, pour les trois spécimens, le nombre est de 18
— 1089 -
à 20. Le paralectotype 5526B présente à droite cinq labiales supérieures avant la sousocu-
laire alors que le nombre usuel est de quatre. La description originale signale des tacbes
blanches sur la ligne brune latérale mais elles ne sont pas mises en évidence sur la figure
publiée en 1882 (pi. XI, fig. 1). Le matériel type est signalé comme provenant de la baie
de Saint-Augustin ; celle-ci se trouve sur la côte sud-ouest, au sud de Tuléar.
Fig. 3. — Apex et profil de la tête du ZMB 5526, lectotype de Mabuya elegans elegans.
Fig. 4. — Apex et profil de la tête du MHNP 30.328 I), holotype de Mabuya elegans delphinensis n. subsp.
2. Autres spécimens (cf. tabl. I, II, III)
Nous utilisons pour cette description 83 spécimens en provenance de l’ensemble de
l’île à l’exception de la région de Fort-Dauphin.
Taille : Le plus grand spécimen pour la tète et le corps (MHNP 38.223, de localité
inconnue) mesure 59 mm ; sa queue est amputée. Seize individus égalent ou dépassent
55 mm pour la tête et le corps. La moyenne des N/2 plus grands spécimens s’établit
à 51,4 mm. Le plus grand spécimen, queue comprise, mesure 176 mm dont 121 mm pour la
queue (MHNP 91.349 de Nosy Miandroka). Pour quelques spécimens dont la queue ne
semble pas régénérée la longueur de la queue peut dépasser celle du reste de l’ani¬
mal.
Coloration : Les éléments de base dont l’association détermine la coloration des M.
elegans sont les mêmes que pour M. gravenhorstii. La teinte générale est souvent plus claire,
grise ou beige ; la série longitudinale de taches blanches, au milieu de la bande latérale
brune, est à la fois plus fréquente, sans être constante, et mieux marquée. La face infé¬
rieure du corps est uniformément claire, sans tache.
4, il
- 1090 -
Ëcaillure céphalique : Elle ne diffère de celle de M. gravenhorstii que par un caractère
constant : l’existence de deux écailles fronto-pariétales au lieu d'une seule. L’étude des
variations des autres écailles permet les constatations suivantes : soixante-seize spécimens
ont, de chaque côté, 4 susoculaires ; sept en ont 3 d’un côté et 4 de l’autre ; aucun n’a la
formule 3/3. Le nombre des surciliaires est de 4/4 pour 43 spécimens, 3/3 pour 34 ; on observe
aussi les formules 3/2 pour un et 3/4 pour cinq. D’une manière très générale, il y a 4 labiales
supérieures, de chaque côté, avant la susoculaire ; trois individus font exception, deux
avec 3/4 et un avec 5/4.
Ëcaillure corporelle : 73 individus ont de 30 (40) à 32 (20) rangs d’écailles autour du
corps ; les extrêmes sont de 28 (7) et de 34 (8). La variation du nombre des écailles entre
menton et anus s’étend de 50 à 64, mais 62 individus ont un nombre compris entre 53 (9)
et 58 (8), le maximum de fréquence observé étant de 14 individus à 56. Le nombre des
carènes des écailles dorsales varie de 3 à 6, avec une fréquence maximale de 4. Le nombre
des écailles sous le quatrième doigt varie de 10 à 13, avec un maximum de fréquence de
12 (39) ; sous le quatrième orteil la variation s’étend de 16 à 23, mais 70 sujets en ont de
18 à 21.
3. Les spécimens de la région de Fort-Dauphin. Description d’une sous-espèce
nouvelle : Mahuya elegans delphinensis n. subsp.
L’existence, parmi les spécimens récoltés dans la région de Fort-Dauphin en 1901,
1926 et 1948, d’individus ayant un nombre réduit d’écailles susoculaires (trois au lieu
de quatre de chaque côté) pose un problème qui ne pourra être entièrement résolu que par
des recherches complémentaires effectuées sur de nouvelles récoltes et sur du matériel
vivant, mais qu’il n’est pas possible d’éluder. Dix-huit spécimens, sur les trente-six en pro¬
venance de cette région, ont en effet une formule 3/3, formule qui n’a été observée chez
aucun des 83 individus provenant des autres régions de l’île (cf. tabl. 11).
Nous avons essayé d’associer cette réduction bilatérale du nombre des susoculaires
à un autre caractère morphologique permettant de séparer ces individus des M. elegans
typiques de Fort-Dauphin. L’échec est complet, dans la limite des investigations à notre
portée. Pas de différence significative pour le nombre des autres écailles céphaliques ni
pour celui des écailles corporelles ou sous-digitales. La taille est comparable, de même
cpie le rapport entre la longueur du membre postérieur (MP) et celle de la tête et du corps
(T -j- C) qui permet d’apprécier l’importance relative du MP. Pour dix M. elegans s.s.
de Fort-Dauphin ayant une formule 4/4 pour les susoculaires, la moyenne du rapport
T -j- C/MP est de 1,98 avec une erreur-type de 0,3, tandis que pour treize spécimens, avec
une formule 3/3, la moyenne est de 2,11 avec une erreur-type de 0,4. L’importance rela¬
tive des MP est donc tout à fait comparable dans les deux séries. Le point est intéressant
puisque le caractère « trois susoculaires » peut être considéré comme plus évolué. Il est possible
que nous nous trouvions en présence d’espèces jumelles que des recherches ultérieures
permettront de séparer. Dans l’état actuel des récoltes et des éléments disponibles, on peut
aussi envisager l’existence dans la région de Fort-Dauphin, géographiquement bien isolée,
d’une sous-espèce ayant une tendance marquée à la réduction du nombre de ses écailles
susoculaires. Les spécimens de cette région présentent fréquemment des ponctuations
1091 -
sombres sous la gueule tandis que les points blancs de la région latérale du cou sont à la
fois plus importants par leur taille et moins régulièrement arrondis.
Nous proposons de nommer cette sous-espèce delphinensis pour rappeler son origine
géographique.
L’holotype de Mabuya elegans delphinensis n. subsp. est le MHNP 30.328 D récolté
par 11. Decary, en juin 1926, sur les rochers de la zone littorale de Fort-Dauphin. 11 mesure
128 mm dont 86 pour la queue. Le nombre des susoculaires et des surciliaires est de trois
de chaque côté, celui des labiales avant la sousoculaire trapézoïdale de quatre ; trente-deux
rangs d’écailles autour du milieu du corps, cinquante-deux écailles entre menton et anus,
douze écailles sous le quatrième doigt, dix-sept sous le quatrième orteil. La gorge est ponc¬
tuée de noir.
Dimensions des paratypes : MHNP 8220 : 85 (54) mm ; 8220A : 50 mm queue tronquée ; 8220B :
89 (53) mm (récoltés par Humbert sur la plage de Fort-Dauphin « se nourrissant de crustacés
marins vivant au ras des flots ») ; MHNP 01.166-8 ; 30.328 (5 ex.). — CNHM 79956 : 144 (90) mm ;
79955 : 107 (50) mm ; 144 (90) mm ; 79962 : 66 mm queue tronquée ; CNHM 79946, 79952-54,
79957-61 (récoltés le 27 décembre 1948 sur sol forestier par H. Hoogstraal et R. Alison, à Beman-
gidy, poste Manantenina, 72 km au nord de Fort-Dauphin) ; CNHM 79963 : 144 (90) mm ; 79964 :
138 (78) mm ; 79965 : 148 (94) mm ; 79966 : 196 (145) mm ; 79967 : 151 (97) mm ; CNHM 79968-71
(récoltés en novembre et décembre 1948 par Hoogstraal et Alison, à Tanosy, station forestière,
10 km au nord-est de Fort-Dauphin).
4. Rapports entre Mabuya gravenhorstii et Al. elegans
La description originale de M. elegans ne comporte pas de diagnostic différentiel mais,
à l’occasion d’une redescription, Peters (1882 : 74) écrit : « Die Art hat Àhnlichkeit mit
E. bistriatus Gray ( E. Gravenhorstii Dum. Bibr.), weleher aber sogleich das einfache Fron-
toparietale zu unterscheiden ist. ». Boulenger, dans sa clef (1887 : 154), utilise ce carac¬
tère pour séparer ces espèces mais sans autrement les comparer l’une à l’autre. F. Angel,
lui (1942 : 109, 115), aborde, en détail, les rapports entre ces deux espèces : « La parenté
de Al. gravenhorstii et de AI. elegans est très grande. La première se distingue de la seconde
par la fusion fréquente des plaques frontopariétales, par la longueur des membres posté¬
rieurs et, en général, par le nombre plus élevé des écailles autour du corps. La taille, chez
l’adulte, est aussi plus grande que celle de AI. elegans. » et « Dans le Nord et le Nord-Est,
11 (Al. elegans) paraît remplacer Al. gravenhorstii , forme très voisine, qui prend sa place
dans le Centre et le Sud Central. »
Nous allons examiner successivement ces différents points afin de savoir s’il convient
ou non de séparer ces deux espèces.
a — La frontopariétale simple de M. gravenhorstii : Ce caractère est bien souligné,
dès la description originale, par Duméril et Bibron : « une seule fronto-jiariétale sub-
cordiforme... Cette espèce, ..., se distingue de toutes celles que nous venons de décrire,
en ce qu’elle n’offre qu’une seule plaque fronto-pariétale. » Boulenger (1887 : 200) con¬
firme : « fronto-parietales fused to single shield. » Un élément de trouble est introduit par
Boettger, d’abord en 1893 lorsqu’il signale que sur quatre spécimens de M. gravenhorstii
de Nossi Bé un juvénile a deux frontopariétales, puis lorsqu’en 1913, examinant 32 spé¬
cimens de cette espèce en provenance de Tamatave, il écrit : « Einmal zeigten sich die Fron-
— 1092 —
toparietalen getrennt !. » Angel (1931 : 520), de son côté, signale que sur 11 spécimens
de Ianzamaly (prov. de Tuléar) qu’il identifie comme des M. gravenhorstii deux individus
ont une double frontopariétale. Aussi comprend-on mieux qu’il ait pu écrire (1942 : 108) :
« Frontopariétales, accidentellement séparées, presque toujours fusionnées... » Four la
présente étude nous n’avons considéré comme appartenant à l’espèce M. gravenhorstii
que les seuls spécimens ayant une seule frontopariétale.
b — Importance relative des membres postérieurs : Pour M. elegans la moyenne du
rapport T -fi- C/MP, calculée pour dix individus parmi les plus grands (44-56 mm), est de
1,90 (extrêmes : 1,8-2,0). Pour dix grands M. gravenhorstii (58 à 87 mm), ce rapport est
de 2,53 (extrêmes : 2,3-2,8). Lorsque ce rapport est calculé pour des M. gravenhorstii de
taille comparable aux plus grands M. elegans (44 à 56 mm), la moyenne est de 2,26 (extrê¬
mes : 2,0-2,5). Le membre postérieur de M. gravenhorstii est donc, d’une manière signifi¬
cative, relativement plus petit que celui de M. elegans , ce qui confirme entièrement l’obser¬
vation d’ANGEL. Cette réduction des membres postérieurs ne s’accompagne pas de l’aug¬
mentation du nombre des vertèbres présacrées, qui est de 26 pour l’une et l’autre espèce.
Les individus ayant une double écaille frontopariétale se distinguent donc de ceux
qui n’en ont qu’une par un autre caractère : l’importance relative du membre posté¬
rieur.
c — Tailles comparées : Comme nous l’avons déjà vu, la taille des N/2 plus grands
M. gravenhorstii a une moyenne de 66,14 mm, alors qu’elle n’est que de 51,4 mm pour
M. elegans, ce qui confirme encore l’observation d’ANGEL. Etant donné la vaste répar¬
tition géographique des récoltes pour l’une et l’autre espèce, nous avons cherché à alfiner
la comparaison en ne prenant en compte que des spécimens provenant d’une même région
climatique, le Sud-Ouest et le Sud, région chaude et sèche. Sur 25 spécimens de M. gra¬
venhorstii en provenance de cette région, la taille moyenne des N/2 plus grands (13) est
de 68,5 mm, donc supérieure ou égale à celle de la moyenne générale (66,14) ; en revanche,
pour 30 spécimens de M. elegans la moyenne est de 47,0 mm et est donc inférieure à la
moyenne générale (51,4). La différence de taille entre les deux espèces se trouve ainsi con¬
firmée et soulignée.
d — Comparaison des écailles corporelles : Des différences au niveau des écailles peuvent
être relevées à condition d’examiner un nombre suffisant d’individus ; mais si elles con¬
firment la valadité des taxons elles ne peuvent servir à un diagnostic pratique en présence
d’un individu unique. Le nombre des écailles autour du corps est plus grand pour M. gra¬
venhorstii (maximum de fréquence 34) que pour M. elegans (max. 30) mais un certain nombre
d’individus des deux espèces ont 32 rangs. De même, le nombre des écailles entre menton
et anus est un peu plus grand chez M. gravenhorstii ■ en revanche M. elegans a un nombre
plus important de spécimens avec la formule 3/3 pour les surciliaires. Le nombre des écailles
sous les quatrièmes doigts et orteils est du même ordre dans les deux espèces. En ce qui
concerne l’écaillure, au niveau individuel, le seul caractère fiable reste donc la fronto¬
pariétale, unique ou divisée.
e — Comparaison des aires géographiques : Globalement, elles se superposent dans leur
plus grande partie et nombre de récoltes ont mis en évidence des sympatries ; deux exemples
sont significatifs : M. gravenhorstii a été récolté à Saint-Augustin, terra typica de M. de¬
dans, et M. elegans dans le bas Fiherena, terra typica de Euprepes bilineatus.
1093 -
Bien que morphologiquement proches, M. gravenhorstii et M. elegans sont deux espèces
valides dont les études ultérieures permettront de préciser les affinités et l’ancienneté
de l’isolement spécifique.
5. Répartition géographique de M. elegans (carte 2)
La forme nominale de cette espèce, dont la terra typica est la haie de Saint-Augustin,
au sud-ouest de l’île, a une vaste répartition qui couvre la presque totalité de Madagascar
à l’exception de la région de Fort-Dauphin, domaine de la sous-espèce delphinensis. Si
Angel (1942 : 115) ne cite comme localité que Majunga (d’après Boettger, 1913), il indique
que l’espèce « se rencontre dans toutes les régions de Madagascar » et ajoute « dans le Nord
et le Nord-Est, il paraît remplacer M. gravenhorstii, forme très voisine, qui prend sa place
dans le Centre et le Sud-Central. N’est pas signalé de Nossy Bé ni de l’île Sainte-Marie. »
Or, nous avons un spécimen de Nossy Bé et un de Nossy Faly, île proche de Nossi Bé, ainsi
que des récoltes du Centre et du Centre-Sud.
Sauf indication complémentaire, la liste des localités ci-dessous correspond aux récoltes
de la collection du Muséum de Paris.
Nord : Diego-Suarez (MHNP + RNH 19648).
Nord-Est : Mahanara.
Nord-Ouest : Nossi Bé ; Nosy Faly (RNH 19651 C) ; Nosy Lava ; Ambilobe ; Maromandia ;
Kandani (Boettger, 1913) ; Majunga (MHNP + Boettger, 1913 -f Kaudern, 1922) ; Ampa-
rinhingidro ; Sainte-Marie de Marovoay (Anderson, 1910 -f- Kaudern, 1922) ; Beronono ; Ampi-
joroa ; Nosy Makamby (Kaudern, 1922) ; lac Kinkony (Boettger, 1913) ; Soalala (Boettger,
1913).
Ouest : Antsingy Nord ; Antsingy Sud, forêt de Bekopaka ; Miandrivazo ; Morondava ; Malain-
banda (terra typica de M. sakalava) ; Nosy Miandroka.
Sud-Ouest : Baie de Saint-Augustin, Peters (terra typica) ; Antsepoka ; Bas Fiherena ; Oni-
lahy (MHNP + Methuen et Hewitt, 1913) ; Bevato ; Lavenombato ; Tsivono ; Àndranohinahy
(Boettger, 1913) ; Tuléar (Boettger, 1913 + Methuen et Hewitt, 1913).
Sud : Beheloka ; Andranomby ; Ampanihy ; Ambovombe (MHNP + RNH 19649 et 19661) ;
Andrahomanana ; Ampalaza ; Antanimora ; Antandroy Nord, Behara ; Tsimanampetsoa (Boett¬
ger, 1913).
Est : Ambila.
Centre-Est : Est de Fianarantsoa ; Andringitra.
Centre : Ambatofinandrahana ; Itremo.
La sous-espèce M. elegans delphinensis a pour domaine la région géographique de
Fort-Dauphin, à l’extrême sud-est de l’île, soumise au régime des alizés. Il est à noter que
les limites de la région administrative pdrtant le même nom ont varié, débordant souvent
celles de la zone géographique. La terra typica est la zone littorale de la localité de Fort-
Dauphin, les paratypes proviennent de Bemangidy et de Tanosy. Boettger (1913) signa¬
le une récolte de M. elegans de Fort-Dauphin que nous n’avons pu examiner.
Les données sur la biologie de M. elegans se résument pour le moment aux rares pré¬
cisions sur les conditions de capture. L’espèce présente des capacités d’adaptation à des
biotopes variées.
1094 -
3. Euprepes sakalava Grandidier, 1872
(.Annls Sci. nat., Zook, 5 e sér., 15 (20) : 8.)
Matériel examiné
L’holotype par monotypie (MI1NP 1895.205) est en excellent état de conservation mais n’a,
semble-t-il, jamais été représenté. Le Muséum de Paris possédait dans ses collections, en 1982,
en plus de l’holotype, 19 spécimens rangés comme M. sakalava. L’examen attentif de ce matériel
montra que deux des spécimens appartenaient à l’espèce M. gravenhorstii tandis que les autres
pouvaient être identifiés à M. elegans. Le Field Museum nous a envoyé, sous le nom de M. sakalava,
trois spécimens : deux (CNHM 72899-900), dont la sousoculaire est rectangulaire avec trois susocu-
laires de chaque côté, sont des M. boettgeri et le troisième (CNHM 72901 ) est un M. elegans.
1. Holotype (fig. 5-6)
La description originale porte essentiellement sur la coloration du spécimen, appa¬
remment unique ; les seules autres données concernent le nombre des carènes des écailles
(six), la taille (10 cm dont 6 pour la queue) et la terra typica (Malaimbandy, pays des Saka-
laves).
Km. 5-6. — MHNP 1895.205, holotype de Mabuya sakalava : 5, aspect général ; 6, apex et profil de la tête.
- 1095 -
L’holotype mesure 125 mm dont 77 pour une queue partiellement régénérée. Les
caractères particuliers de l’écaillure céphalique sont deux frontopariétales et, de chaque
côté, quatre susoculaires, quatre surciliaires, quatre labiales avant la sousoculaire qui est
de forme trapézoïdale. Les écailles dorsales portent de quatre à cinq carènes. Soixante
écailles séparent le menton de l’anus et il y en a trente-deux rangs autour du milieu du
corps ; douze écadles sous le quatrième doigt, dix-huit sous le quatrième orteil. Le membre
postérieur mesure 24 mm, soit un rapport T -)- C/MP de 2. Le dos montre quatre lignes
de points bruns, les flancs une ligne blanche et une bande brune tachetée de blanc, le dessous
du corps est blanc ivoire.
2. Rapports avec M. elegans
Décrite dans le genre Euprepes, l’espèce E. sakalava a été placée dans le genre Mabuya
par Boulencek (1887 : 150), qui sans autre indication cite l'espèce dans une note infra-
paginale à propos du genre. Mocquard (1909 : 29) adopte cette attribution générique
et présente une clef qui devait, selon lui, permettre de séparer M. sakalava de M. elegans.
Le premier est indiqué comme n’ayant que trois surcibaires dont l’antérieure très longue,
ce qui ne correspond pas à ce que l’on peut observer sur l’holotype qui en possède quatre ;
le membre postérieur de sakalava serait aussi plus long car, dirigé en avant, il atteindrait
le coude alors que celui d’elegans n’atteindrait que l’aisselle. Nous avons vu que la lon¬
gueur du membre postérieur de l’holotype de M. sakalava correspond à celle que l’on observe
chez M. elegans.
Après avoir identifié (1931 : 521) comme M. sakalava trois exemplaires récoltés par
G. Petit à Ampalaza (prov. de Tuléar), F. Angel revint en 1942 sur la validité de l’espèce,
tout en indiquant une nouvelle localité, Ambatomainty (Ouest) ; il écrit en effet : « Cette
espèce est très voisine de M. elegans, dont elle ne représente peut-être qu’une variété, à
la queue et à membres plus courts et de coloration un peu différente. » En 1949, à propos
de trois spécimens de M. elegans, il revient sur le sujet : « Ces caractères rappellent la colo¬
ration de Mabuya sakalava et militent en faveur de l’opinion que nous avons émise en
1942 que cette dernière espèce pourrait bien ne représenter qu’une variété de M. elegans. »
M. sakalava est cependant encore considérée comme valide par Blanc (1971 : 109) dans
sa révision des reptiles de Madagascar, alors qu’il avait lui-même (1967£>) rappelé les affi¬
nités entre les deux espèces.
Compte tenu des variations observées chez M. elegans, aucun caractère morpholo¬
gique de l’bolotype de M. sakalava ne permet de le séparer valablement de cette espèce
ni même de maintenir ce taxon au rang de sous-espèce ou de « variété ». Nous proposons
la mise en synonymie de M. sakalava avec M. elegans.
4. Mabuya madagascariensis Mocquard, 1908
[Bull. Mus. Hist, nat., Paris, 14 (6) : 260.)
Longtemps connue par les deux seuls syntypes, l’espèce M. madagascariensis a heu¬
reusement donné lieu à deux intéressantes séries de récoltes : tout d’abord celle de J. Mil-
— 1096 —
lot, aux environs d’Ambatolampy et sur le Tsiafanjavony (massif de l’Ankaratra) (les
spécimens de cette dernière localité ont fait l’objet d'une étude importante par G. Pas¬
teur en 1959) ; puis celle de Ch. P. et F. Blanc, sur le mont Bity (étudiée par eux en 1967).
Une récolte de ce lézard à Marovoay est signalée par Arnoult et Bauchot (1963 : 225),
mais cette localisation ne peut être retenue, les conditions d’identification du spécimen
n’ayant pas été précisées et le matériel lui-même n’ayant apparemment pas été con¬
servé.
Matériel examiné
MUNP 07.85-6, 2 syntypes; MHNP 1965.300; MCZ 67.956; CNHM 72.902; Pasteur 39-40
et 172-3/59 ; soit 9 spécimens. Ch. P. Blanc n’a pas été en mesure de nous communiquer ses récoltes.
1. Le matériel-type
Les deux spécimens sur lesquels repose la description originale font partie d’un don
de la section Madagascar de l’Exposition coloniale de Marseille en 1906. Sans localité d'ori¬
gine, ils portent les n os M1INP 0785-86 et sont rangés dans le bocal Sc 428. Mocquard
termine sa description par la phrase suivante : « Cette espèce a de grandes affinités avec
M. sakalava Grandidier et M. elegans Peters. Elle s’en distingue surtout par le nombre
plus élevé des séries d’écailles, la brièveté plus grande des membres et trois susoculaires
au lieu de quatre. » L’année suivante, dans son Synopsis, Mocquard utilise ces trois carac¬
tères différentiels. Angel (1942 : 113-114) reprend, à peu de choses près, la description
originale mais en corrige une erreur en indiquant que quatre ou cinq labiales précèdent
la sousoculaire. Il termine sa description en reprenant textuellement la phrase de Mocquard
citée plus haut et qui, malheureusement, insiste trop sur les allinités avec M. elegans et
ne souligne pas assez ce qu’a d’original le « pattern » des deux spécimens étudiés. La pre¬
mière représentation que donne Angel (pi. XVIII, fig. 2 et 2a) de cette espèce est, de ce
point de vue, fort imparfaite.
Fig. 7. — Aspect général du MHNP 07.85, lectotype de Mabuya madagascariensis.
- 1097 —
2. Autres spécimens (tabl. I, II, III)
Coloration : Malgré les grandes variations de coloration observées chez les Mabuj/a
les plus communs de Madagascar, M. gravenhorstii, M. elegans et M. aureo punctata, il
est possible de reconnaître un M. madagascariensis du fait de son seul « pattern ». Si les
deux syntypes sont dans l’ensemble très sombres (accident de conservation ?) on y observe
encore ce qu’avait noté Mocquard, l’opposition entre un abdomen clair et l’existence
sur le dos et les lianes de raies longitudinales parallèles. Pour notre description nous uti¬
lisons les spécimens récoltés par J. Millot au Tsiafajavona. De la pointe du menton à
la base de la queue, le dessous du corps est blanc bleuté, le reste du corps vert olive avec
des lignes brunes et blanches. Sur le dos, quatre lignes brunes dont les deux médianes
limitent un espace clair, central, large de deux écailles et les deux latérales bordent, vers
l’extérieur, la ligne blanche supérieure des flancs. Dans les deux champs dorsaux, entre
ligne médiane et ligne latérale, on note une ligne interrompue d’écailles sombres à centre
clair. Sur chaque flanc, trois lignes latérales blanches : la supérieure commence aux écailles
surciliaires et se termine à la racine de la queue, la moyenne part du museau pour s’arrê¬
ter à la queue, l’inférieure, dont les limites sont parfois peu nettes, est interrompue par
l’insertion du bras.
Taille : Le plus grand spécimen, une femelle (Pasteur 40.59), mesure 69 mm pour
la tète et le corps. Chez un autre de 67 mm, la queue atteint 106 mm ce qui montre qu’elle
peut largement dépasser la longueur du reste du corps. La moyenne des N/2 plus grands
spécimens est de 68,0 mm. Chez ces cinq individus, le rapport T C/MP varie de 2,8 à
3,1.
Écaillure céphalique : Tous les spécimens ont deux frontopariétales et, de chaque côté,
trois susoculaires ; la sousoculaire est de forme trapézoïdale. Sept fois sur neuf il y a, de
chaque côté, trois surciliaires, la première étant nettement plus longue que les autres ;
les formules 3/4 et 4/4 ont été observées une fois chacune. Cinq fois sur neuf, il y a quatre
écailles avant la sousoculaire de chaque côté, mais on note aussi deux fois la formule 4/3,
et 4/5, 5/5 une fois chacune.
Ecaillure corporelle : Le nombre des rangs d'écailles autour du milieu du corps varie
de 32 à 36 (4 sujets à 32, 3 à 34, 2 à 36), celui des écailles entre menton et anus de 65 à
73. Chez les adultes, la grande majorité des écailles porte cinq carènes. Sous le quatrième
doigt, il y a de 11 à 12 écailles et sous le quatrième orteil, de 15 à 18 (5 fois 17).
3. Validité de l’espèce
Mocquard (1908 : 260) retenait trois critères pour justifier la création de l’espèce
M. madagascariensis : 1) le nombre des susoculaires (trois au lieu de quatre) ; 2) la brièveté
plus grande des membres ; 3) le nombre plus élevé des séries d’écailles. Si le premier carac¬
tère ne prête pas à discussion et se trouve entièrement confirmé, les deux autres doivent
être examinés de plus près. Avec un rapport T C/MP de 3, les représentants de l’espèce
M. madagascariensis ont en effet les membres les plus courts du groupe d’espèces malgaches
gravenhorstii-elegans-madagascariensis. Chez elegans la longueur du membre postérieur n’est
1098
comprise que deux fois dans la longueur de la tête et du corps tandis qu’avec un rapport
de 2,5 gravenhorslii tient une place intermédiaire. La critique de C. et F. Blanc (1967 :
68), selon laquelle le caractère basé sur le nombre des séries longitudinales d’écailles « doit
être abandonné comme critère commode de distinction spécifique entre ces trois espèces »,
est justifiée. Mais les autres caractères de la pholidose autant que ceux de la coloration
de cette espèce permettent de la bien séparer des autres Mabuya de Madagascar.
4. Désignation d’un lectotype
Nous désignons pour lectotype le spécimen MHNP 0785 qui mesure 178 mm dont
112 pour une queue partiellement régénérée. Le paralectotype mesure 107 mm ; sa queue
de 42 mm présente une régénération bifide. Les deux spécimens ont trois lobules auricu¬
laires et la majorité de leurs écailles dorsales porte cinq carènes. Le lectotype a cinq labiales
avant la sousoculaire et trois surciliaires. Les membres postérieurs mesurent respective¬
ment 22 et 20 mm d’où des rapports T -j- C/MP de 3 et 3,1.
5. Répartition géographique (carte 3)
La localité d’origine des deux syntypes est inconnue. Nous connaissons actuellement
quatre lieux de récolte : les environs d’Ambatolampy (Millot, I X-1953), le Tsiafajavona,
Ankaratra (Millot, 1X-1959), le mont Bity, 25 km au sud d’Antsirabe (Blanc, 1967)
et Loharano (Karl L. Koch, 1-1953). Si les trois premières localités sont bien groupées
dans le centre de Pile, au sud de Tananarive, la quatrième semble correspondre à un vil¬
lage de la côte est. 11 peut évidemment s’agir soit d’une erreur de localité, soit d’une homo¬
nymie comme il en existe de nombreuses à Madagascar, mais nous ne pouvons, pour le
moment, qu’enregistrer cette discordance et constater qu’il est trop tôt pour désigner
une terra typica restricta.
Nous avons, pour cette espèce, un certain nombre d’observations biologiques faites
soit sur des animaux en captivité (Pasteur, 1959), soit dans la nature (Ch. P. et F. Blanc,
1967).
5. Euprepes aureopunctatus A. Grandidier, 1867
[Rev. Mag. Zool., (3) : 234.)
Placée en 1887 par Boulenger dans le genre Mabuya, l’attribution générique de cette
espèce n’a pas été remise en question depuis.
Matériel examiné
Holotype : MHNP 1456.
MHNP 1413, 1714 et A, 91.347-8, 95.206-7, 99.373, 00.10, 01.169, 05.131, 24.87, 29.151-2,
30.323-4, 33.71-2, 38.260-1, 50.323-26, 50.395, 50.421 et A, 56.67-8, 1970.281, 1970.330-35.
MC Z 33.527.
Soit 37 spécimens.
1099 -
t. Le matériel-type
La description originale, qui ne repose apparemment que sur un spécimen de 8 cm
pour le corps et la queue, indique d’une manière claire : « Hab. Saloube, in media insula
Madagascar. » C’est donc à tort que Mocquard (1895 : 8) signale comme types deux spé¬
cimens (l'un de Tuléar l’autre de Moroundava), ce que reprend Angel (1942 : 112), tandis
que Guibé (1954 : 80) fait état de svntypes avec les mêmes localités. Les dimensions du
spécimen de Moroundava, MHNP 95.207, 54 -f- 65 mm, sont d’ailleurs nettement supé¬
rieures à celles qu’indique Grandidier. L’origine de l’erreur est facile à retrouver. Le
registre des entrées pour 1895 signale, dans un lot donné par Grandiluer, deux Mabuya
aureopunctata, n° 95.206 et 207, provenant respectivement de Tuléar et de Moroundava
et récoltés en 1867. Mais Mocquard négligeait ainsi l’existence d'une autre entrée, en 1867,
sous le n° 63 bis (n° ancien 2808a, n° nouveau 1456), qui porte l’indication « Grandidier,
Saloubé. » Le village de Saloubé se trouvait situé sur l’Onilaby, à l’est de Tuléar, entre
Tongonbory et Benenitra, donc nettement à l’intérieur des terres d’où : « in media insula. »
Fig. 8. — Apex et profil de la tête du MHNP 1456, holotype de Mabuya aureopunctata.
Fig. 9. — Apex et profil de la tête du MHNP 50.326, Mabuya aureopunctata de l’Antsingy, forêt de Beko-
paka.
2. Autres spécimens (cf. tabl. I, il, 111)
Taille : Quatre spécimens dépassent 70mm pour la tête et le corps; le plus grand,
de ce point de vue, avec 75 mm, est le MHNP 1714A, sans localité d’origine connue ; sa
queue, régénérée, ne mesure que 75 mm. En longueur totale, le plus grand spécimen est
1100 -
le MHNP 50.326, de la forêt de Bekopaka (Antsingy), il mesure 186 mm dont 117 pour
la queue. Chez aucun spécimen la longueur de la queue n’atteint le double de celle du reste
du corps. La moyenne de la taille des N/2 (19) plus grands spécimens est 60,05 mm pour
la tète et le corps, soit une taille intermédiaire entre celle de M. graoenhorstii et celle de
M. elegans. Le rapport T -f- C/MP, établi pour les dix plus grands spécimens, a une moyenne
de 2,65. L’importance relative des membres est donc encore plus réduite que chez M. gra-
venhorstii (2,53).
Coloration : La coloration de cette espèce peut être tout à fait caractéristique : un
semis de taches rondes, jaune doré ou blanches, sur un fond très sombre, parfois noir,
recouvre la partie antérieure du corps y compris le dessus de la tête et le dessus des bras.
Cet aspect peut s’observer chez des individus très jeunes, ne mesurant pas plus de 24 mm
pour la tête et le corps. Parmi ces taches, une série plus large, sur les côtés du cou, prolonge
les marques claires des labiales supérieures. L’opposition entre la partie antérieure sombre
tachetée et le reste du corps cuivré est particulièrement nette. Mais chez certains individus
cette coloration très spéciale fait défaut. Ces variations ont été notées par Boettger (1913)
et par Methuen et Hewitt (1913) ; ces derniers écrivaient : « A half-grown example is
uniformly olive-coloured above, with only the faintest indication of yellow spots over
the neck. » Chez les exemplaires non typiques domine la couleur bronzée, cuivrée, avec
des taches sombres irrégulières. L’élément constant est la présence d’une série de taches
claires latéro-cervicales. Si l’abdomen est blanc, sans tache, la gueule présente, dans envi¬
ron un tiers des cas, des séries de fines lignes sombres longitudinales.
Ecaillure céphalique : Tous les spécimens attribués à cette espèce ont en commun :
une sousoculaire rectangulaire, une double frontopariétale, quatre susoculaires de chaque
côté et une petite interpariétale qui ne sépare pas complètement en arrière les pariétales.
Methuen et Hewitt (1913 : 188-189) avaient déjà noté les variations des rapports entre
les deux préfrontales. Les variations au niveau des autres écailles sont peu importantes.
Tous les sujets ont, de chaque côté, quatre labiales avant la sousoculaire, 33 sur 36 ont
cinq surciliaires de chaque côté, les autres formules étant 4/4 1, 6/5 1 et 6/6 1.
Ecaillure corporelle : Comptées sur 24 individus, les écailles corporelles présentent
les variations suivantes : le nombre des rangs d’écailles autour du corps varie de 35 à 37
pour 23 sujets, 10 en ayant 36 (une seule exception, le MHNP 29.151 de Lavenombato,
avec 32 rangs) ; il y a de 53 à 60 écailles entre menton et anus, 19 individus en ont de 56
à 59 dont 6 à 57 ; on compte de 12 à 15 écailles sous le quatrième doigt (15 individus avec
13), et sous le quatrième orteil, de 15 à 20 écailles (19 individus en ont de 17 à 19) ; le nombre
des carènes des écailles dorsales est de 3 ou de 4.
3. Répartition géographique (carte 4)
Sauf indication contraire, les localités correspondent à des récoltes de la collection
du Muséum de Paris.
Ouest : Morondava ; Antsingy, forêt de Bekopaka ; Menabe (Boettger, 1913).
Sud-Ouest : Saloube (terra typica) ; riv. Onilahy (Methuen et Hewitt, 1913) ; Tuléar (MHNP
-\- Boettger, 1913) ; Fiherena ; Eferty ; Tsivono ; Lavenombato ; Ianzamaly ; Bevato ; lac Tsi-
nianampetso ; Andranohinaly (Boettger, 1913).
— 1101 -
Sud : Pays mahafaly ; Behara ; Antanimoro ; Tsiombe ; Amboasary.
Sud-Est : Fort-Dauphin; Andohahelo (nord-nord-ouest de Fort-Dauphin, 1 800m ait.).
Les deux localisations, Est Betsileo et Sud-Est Betsileo, données par Boulenger (1887 :
163) doivent être, pour le moment, considérées comme douteuses ; Angel (1942) ne les
avaient d’ailleurs pas retenues.
La simple comparaison des listes de localités de récoltes met en évidence de nombreuses
sympatries entre M. gravenhorstii, M. elegans et M. aureopunctata. Seule une étude de
l’écologie comparée de ces espèces permettra de dire si elles sont concurrentes ou si elles
occupent simplement des niches voisines.
6. Mabuya boettgeri Boulenger, 1887
(Cat. of the Lizards., Ill : 152 et 173 ; pi. X, fig. 3 et 3a.)
Matériel examiné
BM 1946.8.19.1920,holotype.
MHNP 06.168, 33.73, 33.225, 36.14, 50.328, 65.296-7, 80.1202.
Turin R 426; Bale 5619; CNHM 72.899, 72.900, 72.904.
Soit quatorze individus.
1. L’holotype
Les principaux caractères retenus par Boulenger lors de la description originale
de l’holotype par monotypie étaient : 3 susoculaires au lieu de 4, 3 supraciliaires (la pre¬
mière étant nettement plus grande), deux frontopariétales, une sousoculaire unique dont
le bord inférieur est de même longueur que le supérieur et située entre la quatrième et la
cinquième labiale supérieure, 32 rangs d’écailles autour du corps, plus de trois carènes
pour les écailles dorsales. L’examen de ce spécimen montre qu’il a subi une certaine réduc¬
tion de taille, il ne mesure plus que 63 mm au lieu de 67, dont 19 pour une queue régénérée.
Le membre antérieur mesure 12 mm et le postérieur 17. Nous avons compté 58 écailles
entre menton et anus, 11 écailles sous le quatrième doigt et 16 sous le quatrième orteil.
Si à droite la sousoculaire se situe bien entre la quatrième et la cinquième labiale, à gauche
elle est entre la cinquième et la sixième.
2. Autres spécimens
Taille : Le plus grand spécimen (R 426) mesure 55 mm pour la tête et le corps avec
une queue de 84 mm. La moyenne des N/2 plus grands spécimens est de 50,2 mm; pour
ces sept individus le rapport T -|- C/MP varie de 2,6 à 2,9.
Écaillure céphalique : Chez tous les sujets de la série examinée on observe deux fron¬
topariétales et trois susoculaires tandis que la sousoculaire a un bord inférieur peu réduit
par rapport au supérieur. Le nombre des labiales précédant la sousoculaire est moins cons¬
tant : neuf fois la formule est de 4/4 mais elle est aussi trois fois de 3/4 et une fois 3/3 et 4/5.
1102
I It même, au niveau des surciliaires, si huit fois il y en a trois de chaque côté (la première
étant nettement plus grande que les autres), on a aussi six fois la formule 3/4.
Ecaillure corporelle : Le nombre des rangs d’écailles autour du milieu du corps, comptés
sur 13 individus, est six fois de 30 et sept fois de 32 ; le nombre des écailles entre menton et
anus varie de 53 à 60, 9 sujets sur 13 en ayant de 54 à 56. Le nombre des carènes des écailles
dorsales oscille entre 3 et 5, celui des écailles sous le quatrième doigt de 9 à 13 et sous le
quatrième orteil de 14 à 18.
Coloration : D’une teinte générale brune à vert olive ou vert bronzé, M. boettgeri est
blanc bleuté en dessous avec quatre lignes sombres dorsales et une bande brune latérale
bordée de deux lignes claires, l’inférieure allant de l’œil à la queue.
3. Valeur de l’espèce, diagnose
Ce petit Mabuya, dont la taille est proche de celle de M. elegans , est facilement iden¬
tifiable par la coexistence de deux caractères des écailles céphaliques : une sousoculaire
rectangulaire et seulement trois susoculaires. D. IL Horton (1972 : 18), à propos de Mabuya
ivensii (Bocage, 1879) qu’il place dans un nouveau genre Lubuya, écrivait : « This species
differs from all species of Mabuya, except M. boettgeri of Madagascar in the possession
of only 3 supraocular scales instead of 4, the first 2 having presumably fused to form the
enlarged first supraocular. » C’était ignorer l’existence de M. madagascariensis.
4. Repartition géographique (carte 4)
Créée pour un spécimen provenant du Betsiléo (région centrale de Madagascar) l’espèce
a été récoltée depuis dans les localités suivantes : Betafo (alt. 1 300 m), est de Fianarantsoa
(alt. 1 400 m), Mandjakatompo (1 400 m), Andringitra, cascade de la Biambavy (2 000 m),
Mangerano (1 800 m) et Ambohimahasoa (1 300 m). Nous connaissons par ailleurs les
récoltes signalées en 1913 par Methuen et Hewitt, à Analamazotra (1 000 m).
11 s’agit donc d’une espèce dont le domaine s’étend au Centre et à l’Est et dont aucune
récolte n’a, pour le moment, été effectuée au-dessous de l’altitude de 1 000 m.
7. Mabuya betsileana Mocquard, 1906
(Bull. Mus. Hist, nat., Paris, 12 (7) : 465.)
1. Le matériel-type (fig. 10, tabl. I, 11, III)
L’holotype, par monotypie (MHNP 1906.169), arrivé au Muséum de Paris le 14 avril
1906, n° 38 du livre des entrées, a été enregistré le 19 octobre 1906. Il est signalé comme
provenant de Betafo, province du Betsiléo (région centrale de Madagascar, cf. carte 3),
d’un expéditeur anonyme, ainsi que huit autres reptiles et batraciens malgaches dont un
Charnaeleo minor, endémique de cette région, et un Mabuya boettgeri (MHNP 1906.168).
La description originale a été reproduite par Angel (1942 : 109-110) qui a cependant
omis le rapprochement fait par Mocquard avec M. perroteti d’Afrique occidentale. Angel
a donné une vue dorsale de l’animal (pi. XVII, fig. 4).
1103 -
Fig. 10. — Apex et profil de la tête du MHNP 1906.169, holotype de Mabuya betsileana.
Le spécimen unique de M. betsileana se distingue immédiatement des autres Mabuya
de Madagascar par son aspect lourd et sa coloration monochrome, sans dessin. 11 mesure
117 mm pour la tête et le corps et non 177 comme indiqué par erreur dans la description
originale, erreur reprise par Ancel (1942 : 109-110) et par Guibé (1954 : 81) ; sa queue
est amputée. Le membre postérieur mesure 37 mm ce qui donne un rapport T ~|- C/MP
de 3,1. L’écaillure céphalique comprend 2 frontopariétales, 4 susoculaires, 6 surciliaires,
4 labiales avant la sousoculairc (de forme rectangulaire), 4 écailles dans la lumière auri¬
culaire ; l’interpariétale sépare complètement en arrière les deux pariétales. Les écailles
du corps portent trois ou quatre carènes ; il y a 34 rangs d’écailles autour du corps et 73
entre menton et anus. La coloration est un brun olive sombre uniforme au-dessus, blanc
rosé, sans tache, au-dessous ; rostrale et labiales sont marquées de clair.
2. Discussion
Selon une annotation du Catalogue du Muséum de Paris et une note collée sur le bocal
de l’holotype, ce spécimen aurait été déterminé par S. Hyddmark, en 1957, comme un
Mabuya perroteti h Cette détermination ne peut être acceptée qu’avec réserves. D’une
part l’origine du matériel est nettement indiquée, d’autre part aucun lot de reptiles du
Sénégal n’a été reçu au Muséum de Paris en 1906. D’ailleurs, dans la description originale,
1. Aucune publication de Hyddmark ne figure au Zoological Record pour les années 1951 à 1977
inclus.
— 1104 —
Mocquard écrivait : « Cette espèce ne semble différer de M. Perroteti, D. B., qui habite
l’Afrique occidentale, que par une frontonasale plus large relativement à sa longueur,
une plus longue suture des préfrontales, par les frontopariétales plus grandes que l’inter-
pariétale et par des membres plus courts. » Pour Mocquard, l’argument principal était
bien l’origine malgache du spécimen.
Le fait que l’espèce n’a plus été récoltée à Madagascar ne peut être un argument valable
quand on connaît les caractères particuliers de la faune malgache et les dillicultés rencon¬
trées pour son étude.
Autre élément à prendre en considération, l’extraordinaire convergence morpholo¬
gique que peuvent présenter certaines espèces de Mabuya dont l’identification est quasi
impossible sans connaître leur origine géographique, par exemple l’africain Mabuya bayonii
Bocage et le malgache Mabuya gravenhorstii.
Une erreur d’enregistrement du matériel étant toujours possible, un doute sur la vali¬
dité de cette espèce subsistera tant qu’une nouvelle récolte ne sera pas venue confirmer
l’origine malgache de M. betsileana.
CLEF POUR LES MABUYA DE MADAGASCAR
Des six espèces retenues, l’une, M. betsileana, n’est connue que par son holotype et
sa présence à Madagascar demande à être confirmée. Ce serait le plus grand des Mabuya
de Madagascar (117 mm pour la tête et le corps). Il y a une sousoculaire rectangulaire, deux
frontopariétales, quatre susoculaires et six surciliaires.
Les cinq autres espèces qui sont de répartition et de fréquence inégales forment deux
groupes selon le type de l’écaille sousoculaire. Celle-ci se présente sous deux aspects dis¬
tincts, sans forme intermédiaire. Elle est soit sensiblement rectangulaire soit, au contraire,
avec un bord inférieur beaucoup plus court que le supérieur. Boulenger (1877 : 151) avait
mis en valeur l’importance taxinomique de ce caractère et l'utilisait pour sa clef de l’ensemble
du genre Mabuya. Cet élément de diagnose fut repris par Mocquard (1909) et par Angel
(1942) pour les Mabuya de Madagascar. Les Mabuya à sousoculaire rectangulaire y sont
représentés par M. aureopunctata et M. boettgeri, ceux à sousoculaire trapézoïdale par
M. gravenhorstii, M. elegans et M. madagascariensis. Ces cinq espèces se séparent de la
manière suivante :
1 — Sousoculaire de forme trapézoïdale. 2
1 — Sousoculaire de forme rectangulaire. 4
2 — Une seule frontopariétale. M. gravenhorstii
2 — Deux frontopariétales. 3
3 — Quatre susoculaires. M. elegans elegans 1
3 — Trois susoculaires. 5
4 — Quatre susoculaires. M. aureopunctata
4 — Trois susoculaires. M. boettgeri
5 — Des lignes régulières brunes et blanches sur le dos et les flancs. M. madagascariensis
5 — Une large bande brune avec une ligne de points blancs sur chaque flanc.
M. elegans delphinensis
1. Ou M. elegans delphinensis (cf. tab!. II).
1105 -
LES MABUYA DE LA RÉGION DU SUD-OUEST DE L’OCÉAN INDIEN
La centaine d'espèces de Scincidés du genre Mabuya, placé par Greer (1970a) dans
la sous-famille des Lygosominés, se répartit d’une manière inégale dans son aire géogra¬
phique. Il n’v a qu’une dizaine d’espèces en Amérique du Centre et du Sud pour vingt
à vingt-cinq en Asie-Indes-Australie, tandis que soixante prospèrent en Afrique et sur les
îles voisines. L’évolution du genre et des taxons dérivés a fait l’objet d’une étude par Greer
(1977 : 531-532). Le genre, d’origine asiatique, aurait d’abord gagné l’Afrique avant de
coloniser les îles de locéan Indien et l’Amérique.
Dans la partie africaine riveraine de l’océan Indien Jselon Fitzsimons (1943) pour
l’Afrique du Sud et Loveridge (1957) pour celle de l’Est], dix espèces se rencontrent ;
certaines sont représentées par plusieurs sous-espèces. Ce sont :
M. bayonii (Bocage, 1866). Est
M. brevicollis (Wiegmann, 1837). Est
M. capensis (Gray, 1830). Sud
M. homalocephala (Wiegmann, 1828). Sud
M. irregularis Lônnberg, 1922. Est
M. maculilabris (Gray, 1845). Est
M. planifrons (Peters, 1887). Est
M. quinquetaeniata de Jeude, 1895. Sud, Est
M. striata (Peters, 1844). Sud, Est
M. varia (Peters, 1867). Sud, Est
Pour le seul domaine insulaire océanique, et sans tenir compte des espèces ou sous-
espèces qui peuplent les îles proches de la côte d’Afrique comme Zanzibar, Pemba, Mafia,
Casuarina..., le genre n’étant pas représenté aux Mascareignes, nous avons dix espèces,
toutes endémiques, qui se répartissent ainsi :
— deux aux Séchelles : M. sechellensis (Duméril et Bibron, 1839) et M. wrightii Boulenger,
1887 ;
— une aux Comores : M. comorensis (Peters, 1854) ;
— une à Europa : M. infralineata (Boettger, 1913) ;
— six à Madagascar que nous venons de passer en revue.
Si l’on admet pour ces îles un peuplement d’origine africaine, il est intéressant de pré¬
ciser les rapports que présentent les espèces insulaires avec les représentants continentaux
du genre. Nous avons déjà traité (Brygoo, 1982) des allinités que pouvaient avoir les espèces
des Séchelles, des Comores et d’Europa entre elles d’une part et avec la continentale
M. maculilabris d’autre part.
Si l’on attribue une valeur systématique et phylogénétique au caractère de la forme
de l’écaille sousoculaire, on retiendra que le peuplement de Madagascar a dû se faire à
une époque où la séparation en deux groupes était déjà intervenue puisque la Grande Ile
a reçu des représentants de chacun. Les affinités africaines des espèces du premier groupe
4, 12
1106 —
(sousoculaire trapézoïdale) semblent reposer sur des bases solides du fait de l’homologie
entre M. gravenhorstii et M. bayonii, cette dernière espèce étant représentée de l’autre
côté du canal de Mozambique, au Kenya et au Tanganyika, par la sous-espèce M. bayonii
keniensis Loveridge, 1956. Mais ces deux espèces portent un caractère évolué, la fusion
en une seule des deux frontopariétales. Il serait donc particulièrement intéressant de pré¬
ciser leur degré de relation biochimique (et enzymatique) afin de savoir si une très étroite
parenté rend probable la colonisation de Madagascar après acquisition du caractère ou
si ce dernier est apparu indépendamment de chaque côté du canal de Mozambique.
Les relations africaines des deux espèces du second groupe (sousoculaire rectangulaire)
ne sont pas aussi évidentes, du moins dans l’état actuel des connaissances. Des recherches
complémentaires sont indispensables. On retiendra cependant que ces deux espèces appar¬
tiennent au même groupe que M. maculilabris.
Il n’est pas sans intérêt de noter que chacun des deux groupes possède à Madagascar
une espèce présentant la réduction du nombre des écailles susoculaires (. M. rnadagasca-
riensis dans le premier groupe, M. boettgeri dans le second) caractère qui, selon Hornton
(1972 : 18), ne s’observerait que chez une espèce africaine que cet auteur a d’ailleurs, pour
d’autres raisons, placée dans un genre nouveau [Lubuya ivensi (Bocage, 1879)]. Cette même
réduction chez des spécimens de M. elegans de Fort-Dauphin nous a conduit à créer une
sous-espèce nouvelle.
Remerciements
Je remercie très vivement Miss A. G. C. Grandison et M. A. F. Stimson du British Museum
(Natural History), M me le Dr. Lilia Capocaccia du Museum Storia naturale, Genova, C. Unter-
nàhrer du Musée d’Histoire naturelle de Bâle, Orsetta Elter du Musée de Zoologie systématique
de Turin, Miss Birgitta Hanson du Musée de Gôteborg (Suède), MM. G. Peters du Zoologisches
Museum de Berlin, D. Hili.f.nius et A. Ameling du Zôologisch Museum d’Amsterdam, V. Mahnert
et J. L. Perret du Musée d’Histoire naturelle de Genève, Pere Alberch et J. P. Rosado du Museum
of comparative Zoology, Harvard, R. F. Inger et A. Resetar du Field Museum of natural History,
et G. Pasteur de Montpellier d’avoir mis à ma disposition le matériel indispensable pour cette
étude. Je remercie également Alain Dubois et Georges Pasteur pour leurs critiques ainsi que
pour les améliorations proposées lors de la préparation de ce travail.
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Notes sur les Serpents de la region malgache
III. Description de trois espèces nouvelles
rapportées au genre Liophidium Boulenger, 1896 1
par Charles A. Domergue
Résumé. — Après un rappel des connaissances sur les genres Herpetodryas, Enicognathus,
Polyodontophis et Liophidium, l’auteur décrit trois espèces nouvelles rapportées à ce dernier genre :
L. apperti proche de L. trilineatum Boulenger, L. therezieni proche de L. vaillanti (Mocquard)
et L. chabaudi. Les hémipénis des deux premières nouvelles espèces sont décrits ainsi que ceux de
L. trilineatum et L. vaillanti.
Abstract. — Historical review of Herpetodryas, Enicognathus, Polyodontophis and Liophi¬
dium genera with description of three new species : Liophidium apperti near L. trilineatum Bou¬
lenger, L. therezieni near L. vaillanti (Mocquard) and L. chabaudi. The hemipenis from L. apperti,
L. therezieni, L. trilineatum and L. vaillanti are described.
C. A. Domergue, Laboratoire des Reptiles et Amphibiens, Muséum national d’ Histoire naturelle, 25, rue
Cuvier, 75005 Paris, et Institut Pasteur de Madagascar, B.P. 1274, Antananarivo, Madagascar.
En 1958, J. Guibé, dans son travail sur les Serpents de Madagascar, reconnaissait
quatre espèces malgaches du genre Liophidium Boulenger, 1896 : L. rhodogaster (Schlegel,
1837), L. lorquatus (Boulenger, 1888), L. (= Idiophis) vaillanti (Mocquard, 1901), et
L. trilineatum Boulenger, 1896.
La récolte de plus de quarante spécimens que nous rapportons au genre Liophidium
tel que l’a conçu Guibé nous a permis non seulement de retrouver les quatre espèces déjà
connues, mais aussi de reconnaître l’existence de sujets qui représentent trois espèces nou¬
velles :
— un spécimen de petite taille, mais que nous considérons comme adulte, voisin de
l’espèce L. trilineatum dont il diffère par l’hémipénis ;
— deux spécimens d’une espèce dépourvue de loréale, dont la pholidose est compa¬
rable à celle de L. vaillanti mais qui en diffèrent par l’hémipénis et par la coloration ;
— deux spécimens dont la pholidose correspond à celle de L. trilineatum Boulenger,
mais qui en diffèrent par une taille plus grande, la coloration, la disposition des yeux et
1. Les deux précédentes notes de cette série n’avaient pas été numérotées. Ce sont : 1) Lycodryas macu-
latus (Günther, 1858), espèce des Comores. Description de deux femelles. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris ,
2 e sér., 1970, 42 (3) : 449-451. 2) Étude de trois Serpents malgaches : Liopholidophis lateralis (D. & B.),
L. stumpffi, (Boettger) et L. thieli n. sp. Ibid., 3 e sér., 1972, n° 103, Zool. 77 : 1397-1412.
1110 —
la forme de la tête. A ces deux spécimens s’en ajoute un troisième qui figure dans les col¬
lections du Muséum de Paris et qui jusqu’alors avait été déterminé comme L. trilineatum.
Historique nu genre Liophidium
1837 : Schlegel décrit Y Herpetodryas à ventre rouge, H. rhodogaster, d’après l’unique
spécimen du Muséum de Paris, rapporté de l’Ile de Madagascar par MM. Quoy et Gai-
mard (spécimen de 40 -j- 13 cm, 17 dorsales).
1854 : Duméril et Bibron complètent la description d’H. rhodogaster qu’ils rangent
dans le deuxième sous-genre de leur genre Ahlahes, septième genre de la famille des Iso-
dontiens. Le genre Ablabes (« innocent, qui ne nuit à personne ») comprenait deux sous-
genres : Ablabes et Enicognathus, ce dernier caractérisé par la disposition des dents sur
le dentaire.
1863 : Jan classe II. rhodogaster dans sa série à 17 dorsales et 8 labiales supérieures
du sous-genre Enicognathus Duméril et Bibron, qu’il porte au rang de genre.
1873 : Peters décrit une variété mayottensis à 19 dorsales de l’espèce rhodogaster ,
mais la classe dans le genre Ablabes.
1888 : Boulenger décrit Coronella torquata, Serpent nouveau provenant de Mada¬
gascar.
1890 : Boulenger crée le genre Polyodontophis pour des Serpents d’Amérique et
d’Asie, genre qui regroupe une partie des genres Herpetodryas Schlegel, Enicognathus
D. & B. et Ablabes D. & B.
1893 : Boulenger donne un synopsis du genre Polyodontophis et revient sur la des¬
cription des trois espèces malgaches qu’il inclut dans ce genre.
1896 : Boulenger crée le genre Liophidium d’après le spécimen unique d’un petit
Serpent du sud de Madagascar, caractérisé par l’os dentaire séparé de l’articulaire.
1901 : Mocquard décrit deux Serpents du sud-est de Madagascar et crée le genre
Idiophis et l’espèce vaillanti.
1902 : Mocquard reprend à peu de choses près sa description de 1901.
1909 : Mocquard, dans son synopsis, admet le genre Liophidium auquel il ajoute
une espèce nouvelle à 19 dorsales : L. gracile ; il conserve Idiophis et Polyodontophis rhodo¬
gaster Schlegel et P. torquatus Boulenger.
1913 : D’après deux spécimens que Voeltzkow a rapportés de l'ouest de Madagascar,
Boettger décrit une variété extensa d’Idiophis vaillanti Mocquard, variété caractérisée
essentiellement par un plus grand nombre de taches ventrales.
1915 : Boulenger donne une liste des Serpents de Madagascar, liste complétée par
des synopsis. Il maintient les espèces rhodogaster, torquatus et mayottensis dans son genre
Polyodontophis et fait mention d’Idiophis comme d’un genre à part, monotypique, et sans
retenir la variété extensa.
1929 : Werner mentionne Idiophis oaillanti en faisant remarquer que cette variété
pourrait donner lieu à une bonne espèce : « diirfte wohl Ansprucht auf artliche Abtrennung
haben ».
- 1111 -
1956 : Leviton et Musterman révisent le statut de la sous-famille des Sibynophinés
et étudient les relations entre les genres et espèces américaines, asiatiques et malgaches.
En conclusion, pour les espèces malgaches Polyodontophis rhodogaster et P. torquatus, ils
proposent le genre Parasibyriophis.
1958 : Guibé ne suit pas ses prédécesseurs. En fait, il ne retient que le genre Liophi¬
dium avec comme seule justification ce commentaire (en note infrapaginale) : « Dans un
travail en cours de publication 1 , fait en collaboration avec mon collègue et ami le Dr. Hoge,
nous donnons les raisons qui nous ont amenés à inclure les genres Idiophis et Sibynophis
dans le genre Liophidium. » Par ailleurs, Guibé place Liophidium gracile Mocquard en
synonymie avec Liopholidophis lateralis et ne tient pas compte de la variété extenso Boettger
de Idiophis vaillanti bien qu’il en fasse mention dans le texte.
Description des nouvelles espèces
Liophidium apperti n. sp.
(Fig. 1)
Matériel : Holotype mâle, spécimen unique, MNHNP 1982-442 (= n® 873/S coll. Domer¬
gue). Capturé par l’auteur alors qu’il traversait rapidement le layon forestier le 17 novembre
1968 vers 10 h.
Aspect général et pholidose semblables à ceux de L. trilineatum Boulenger. Longueur
totale : 238 mm dont 188 mm pour le corps (tète comprise) et 50 mm pour la queue. Rap¬
port caudal (RC) : 10/37.
Ecailles dorsales sur 17 rangs, dépourvues de fossettes apicales. 145 ventrales, normales ;
anale divisée ; 52 sous-caudales, toutes divisées. 8 labiales supérieures, les 4 e et 5 e en con¬
tact avec l’œil ; 9 labiales inférieures dont 4 sont en contact les gulaires antérieures qui
sont à peu près égales aux postérieures, boréale petite, subcarrée. Une seule préoculaire
fortement encochée par la loréale et nettement séparée de la frontale. Nasale divisée, grande.
Rostrale assez forte, visible en vue dorsale.
Œil plutôt petit avec pupille ronde ; l’iris est jaune clair dans sa partie supérieure,
fortement pigmenté de noir dans sa partie inférieure (sur le vivant).
La denture maxillaire comprend 27 dents courtes, serrées, en série continue, les der¬
nières légèrement plus grandes ; la denture mandibulaire, 25 à 30 dents courtes, serrées,
subégales.
Le cœur se situe entre les 28 e et 31 e ventrales, la vésicule biliaire entre les 104 e et 106 e
ventrales.
Hémipénis (fig. 2) profondément dédoublé ; le pédoncule est plutôt court, les branches
sont longues et minces, d’aspect filiforme, épineuses sur toute leur surface ; le sillon, bien
marqué sur le pédoncule et sur les branches en position sub-sternale, atteint l’apex qui
est épineux. Les deux branches sont de longueurs égales. L’organe mesure 13 mm, soit
1 /14 e de la longueur du corps du spécimen.
1. Ce travail n’a pas été imprimé.
1113 —
Fig. 2. — Hémipénis de l’holotype de L. apperti n. sp.
Fig. 3. — Hémipénis de L. trilineaturn Boulenger, spécimen MNHNP 1982-443.
Coloration (in vivo) dorsale : fond gris brun clair avec 5 lignes longitudinales sombres,
formées d’une succession de points plus ou moins jointifs ; la ligne vertébrale est parti¬
culièrement nette sur la moitié antérieure du corps. La tête porte une tache foncée. Colo¬
ration ventrale : fond jaune citron clair ; les ventrales du tiers antérieur sont marquées par
des ponctuations fines mais nettes qui s’estompent progressivement pour disparaître dans
la région abdominale et sous la queue ; la gorge est jaune ponctuée de noir.
La langue était rose dans les régions proximale et moyenne, blanche dans la région
distale.
Terra typica : Forêt caducifoliée à 7 km au nord de la petite ville de Befandriana-
sud, 2 km à 1 est de la route nationale n° 9, Tuléar-Morombe. Sol de sables roux. Aujour¬
d’hui, il serait vain de rechercher la forêt de Befandriana ; elle a disparu, et seuls subsistent
quelques baobabs, kily et sakoas.
Justification
La création de la nouvelle espèce se justifie essentiellement par la conformation de
l’hémipénis qui, rappelons-le, est caractérisé par deux longues branches égales, tandis
que chez l’espèce L. trilineaturn la branche interne est plus courte que la branche externe.
Nous sommes ainsi conduit, pour permettre la comparaison, à donner la description de
- 1114
l’hémipénis de L. trilineatum Boulenger (fig. 3), faite d’après le spécimen MNHNP 1982-
443 (= n° 287/S coll. Domergue) capturé à Benonoka, petite localité de la région de Faux-
Cap, Androy, extrême sud de Madagascar, le 14 novembre 1961.
Ce spécimen mesure 301 mm de longueur totale, dont 230 mm pour le corps (tête comprise)
et 71 mm pour la queue ; l’hémipénis mesure 9 mm, soit 1 /25 e de la longueur du corps du sujet.
L’hémipénis est long, profondément divisé (bifurqué), entièrement épineux ; le sillon, en posi¬
tion ventrale, également profondément divisé, aboutit au pôle de l’apex. Le pédoncule, assez long,
est épineux, peu différencié des branches ; la branche externe est près de deux fois plus longue que
l’interne ; les deux branches sont recouvertes de petites épines régulières. L’apex, indifférencié
est épineux.
Notons que, si la coloration dorsale des deux espèces est similaire et pourrait prêter
à confusion, la face ventrale de L. trilineatum est rose saumon, celle de L. apperti jaune
citron clair.
Nous dédions la nouvelle espèce au R. P. Otto Appert, paléontologue et ornithologue, qui
nous a initié il y a quelque vingt ans aux mystères des forêts du Bas-Mangoky et en particulier
de cette forêt de Befandriana aujourd’hui disparue.
Liophidium therezieni n. sp.
(Fig. 4)
Matériel : Holotype mâle, MNHNP 1982-444 (= n° 679/S coll. Domergue) ; capturé vivant
le 14 février 1966 par Yves Therezien. 1 paratype mâle, MNHNP 1978-1425 (= n° 920/S coll.
Domergue) ; capturé en janvier 1969 par Roland Albignac, professeur à l’Université de Mada¬
gascar ; spécimen remis en alcool.
Description de l’holotype
L’aspect général est celui de L. vaillanti Mocquard, y compris les caractères généraux
de l’écaillure, mais on remarque le profil déprimé de la tête. Longueur totale : 726 mm
(613 + 113). RC : 10/54.
Ecailles dorsales sur 17 rangs, sans fossettes. 230 ventrales ; anale divisée ; 57 sous-
caudales, toutes divisées. 7 labiales supérieures (3.4) ; 9 labiales inférieures à droite, 10 à
gauche, dont 4 sont en contact avec les gulaires antérieures qui sont à peu près égales aux
postérieures. Une préoculaire, largement séparée de la frontale. 2 postoculaires. 1 —(— 2
temporales. Nasale divisée. Loréale absente. Rostrale visible en vue dorsale.
Œil plutôt petit ; l’iris est pigmenté de noir sauf dans sa couronne supérieure qui est
jaune orangé. Pupille ronde.
Le cœur se situe entre les 50 e et 53 e ventrales.
Hémipénis (fig. 5A) profondément divisé ; le pédoncule est court, les branches sub¬
cylindriques sont bien développées, l’interne légèrement plus courte que l'externe, couvertes
d’épines assez fortes et disposées en rangs ordonnés ; le sillon, fortement prononcé et bifurqué,
aboutit au sommet de l’apex qui est épineux. La longueur de l’organe est de 13 mm soit
1 /47 e de la longueur du corps du sujet.
— 1115 -
Fig. 4. — Holotype de L. therezieni n. sp. : A, apex de la tête ; B, profil droit ; C, face inférieure.
— 1116 -
Coloration (in vivo) dorsale : fond brun clair avec 5 lignes longitudinales foncées, cha¬
cune de la largeur d’une écaille ; ces lignes, la vertébrale en particulier, sont formées par
une série de V à pointe antérieure, encastrés les uns dans les autres. Les grandes plaques
céphaliques sont noires ; la région postoculaire est marquée par une tache claire, jaunâtre,
qui forme un demi-collier clair suivi par un second demi-collier noir, d’où partent les lignes
longitudinales. Les labiales supérieures sont blanchâtres avec quelques taches foncées
ou noires. Coloration ventrale : gorge blanchâtre ; dans la partie antérieure, les plaques
ventrales sont marquées de points noirs, d’aspect écrasé, qui s’élargissent progressivement
vers barrière ; les sous-caudales sont marquées chacune par deux taches noires.
Paratype
L’aspect général est absolument semblable à celui de l’holotype. Longueur totale :
560 mm (469 + 91). RC : 10/51.
Ecailles dorsales sur 17 rangs, sans fossettes ; 233 ventrales ; anale divisée ; 56 sous-
caudales, toutes divisées ; 7 (3.4) labiales supérieures ; 9 (4) labiales inférieures. Gulaires
postérieures un peu plus longues que les antérieures. Une préoculaire largement séparée
de la frontale. 2 postoculaires. 1 —j— 2 temporales. Loréale absente.
Coloration en tous points semblable à celle de l’holotype.
Terra typica : Forêt d’Anatelo, en bordure du massif calcaire de l’Ankarana (sous-
préfecture d’Ambilobe).
Justification
L. therezieni diffère foncièrement de L. vaillanti (Mocquard) par la coloration, plus
exactement par le dessin des lignes longitudinales dorsales et par les larges ponctuations
des plaques ventrales. Elle en diffère aussi par la morphologie de l’organe copulateur, ce
qui nous conduit à donner ici, à titre de comparaison, et pour la première fois, la description
— 1117 -
de l’hémipénis de L. çaillanti (Mocquard) (fig. 5B), description faite d’après les spécimens
MNHNP 1978-73 et 1978-29-12 (—- n os 259/S et 1023/S coll. Domergue) provenant res¬
pectivement d’Analamisaka (extrême-sud, 20 km au nord du Cap Sainte-Marie) et de
Befandriana-Sud.
L’hémipénis est profondément divisé ; les branches sont massives, épineuses ; l’apex est hémi¬
sphérique, globuleux, glabre. Le pédoncule est court, légèrement renflé, en majeure partie glabre.
Les branches sont fortement dilatées à leur extrémité distale ; les épines sont moyennes dans la
région proximale, fines dans la région distale. L’apex est glabre, avec une dépression centrale.
Le sillon est marqué légèrement, tout en étant bien visible ; il se termine confusément dans la
dépression apicale.
Nous dédions la nouvelle espèce à Yves Thf.rezien qui a capturé le spécimen holotype.
Liophidium chabaudi n. sp.
(Fig. 6)
Matériel : Holotype femelle, MNHNP 1978-2789 (= n° 730/S coll. Domergue) ; capturé
par l’auteur, un quart d’heure après la tombée de la nuit, pendant une légère pluie, alors qu’il se
déplaçait malaisément sur le goudron mouillé. Deux paratypes : 1 femelle, MNHNP 1978-2788
(= 918/S coll. Domergue), capturée par A. Chabaud en février 1969 ; 1 femelle probable, MNHNP
1970-292, portant l’étiquette Liophidium trilineatum, récolté par Koechlin et remis au Muséum
en 1970.
Description de l’holotype
Aspect général corpulent. La tête, non distincte du tronc, est remarquable par son
museau acuminé qui suggère l’idée d’une forme fouisseuse. Longueur totale : 446 mm
(367 + 79). RC : 10/46.
Ecailles dorsales sur 17 rangs au milieu du corps, lisses, sans fossettes apicales ; 154
ventrales normales, anale divisée. 46 sous-caudales, toutes divisées. 8 (4.5) labiales supé¬
rieures. 10 (4) labiales inférieures. Gulaires postérieures près de deux fois plus longues
que les antérieures, l’ensemble des 4 gulaires n’occupe qu’une petite surface de l’ensemble
des plaques infra-mandibulaires. 1 préoculaire, en léger contact avec la frontale. 2 postocu¬
laires. Nasale grande, divisée, la partie antérieure subcarrée, la postérieure subtriangulaire.
1 + 2 temporales, l’antérieure allongée. La rostrale est visible en vue dorsale. Loréale
présente, très petite.
L’œil est petit ; son diamètre est compris trois fois dans la distance qui sépare le bord
antérieur de l’orbite de l’extrémité du museau ; la pupille est ronde ; l’iris est fortement
pigmenté de noir dans la partie inférieure de la couronne tandis que la partie supérieure
est jaune orangé. L’œil n’est pas situé franchement sur le côté de la face, mais occupe une
position tangentielle, c’est-à-dire que l’axe oculaire est légèrement dirigé vers le haut et
non latéralement.
La denture maxillaire comprend, à droite, 25 dents courtes, subégales, légèrement
plus longues en arrière, à gauche, 28 dents ; la denture mandibulaire comprend des dents
nombreuses, courtes et serrées.
Le cœur se situe entre les 27 e et 30 e ventrales.
— 1118 —
Fig. 6.
face
918-s
40
— Paratype de L. chabaudi n. sp. (MNHNP 1978-2788) : A, apex de la tête ; B, profil gauche ; C t
inférieure.
— 1119 —
Coloration (in vivo) dorsale : fond gris beige avec une bande vertébrale foncée large
de 4 écailles (1/2 -|- 3 -f- 1/2) ; cette bande devient plus étroite au niveau de la queue sur
laquelle elle disparaît ; on observe aussi une ligne costale foncée large d’une écaille et demie ;
la bande dorsale est renforcée sur ses bords par une mince ligne noire formée d’une succes¬
sion de points. Coloration ventrale : la face inférieure est blanc rosé, marquée par des ponc¬
tuations noires, disposées sur le bord externe de chaque plaque ventrale, parfo's au milieu
de la plaque ; vers la région anale, les ponctuations disparaissent ; le dessous de la queue
est blanchâtre, dépourvu de ponctuations.
Te hua TYPiCA : Village d’Ankorongo, non loin de l’aérodrome de Tuléar. Il s’agit
d’une plaine sublittorale dont les sols sont salés, semi-marécageux ; la nappe phréatique
est sub-affleurante.
Paiîatype femelle
Spécimen très voisin de l’holotype par son aspect général et sa coloration, avec toute¬
fois une queue plus courte. Longueur totale : 490 mm (424 -j- 66). RC : 10/64.
Ecailles dorsales sur 17 rangs, sans fossettes. 151 ventrales ; anale divisée ; 34 sous-
caudales, toutes divisées. 8 (4.5) labiales supérieures ; 10 (4) labiales inférieures. Écailles
infra-mandibulaires semblables à celles de l’holotype. 1 préoculaire largement séparée
de la frontale. 2 postoculaires. 1 —(— 2 temporales, l’antérieure grande, allongée. Nasale
divisée. Loréale très petite, allongée.
La denture maxillaire comprend 19 dents courtes, serrées, croissant progressivement
vers l’arrière, les dernières étant un peu plus fortes ; la denture mandibulaire, environ
25 dents subégales, serrées.
Le cœur se situe entre les 23 e et 26 e ventrales.
La coloration est semblable à celle de l’holotype.
Spécimen récolté entre les villages de Belalanda et Tsongoritela, à une dizaine de
kilomètres au nord de Tuléar ; zone littorale en arrière du cordon dunaire ; sols salés, nappe
phréatique sub-allleurante, nombreux trous d’eau salée.
Paratype, femelle probable
Spécimen très semblable aux précédents. Initialement préparé au formol, probable¬
ment concentré, il est devenu rigide, contracté. La queue est complète, mais en partie
brisée ; la tête est en partie mutilée. Longueur totale : 407 mm (350 4- 57). RC : 10/61.
Écailles dorsales sur 17 rangs, sans fossettes. 150 ventrales ; anale divisée ; 38 ou 40
sous-caudales, toutes divisées. Écaillure céphalique identique à celle de l’holotype et du
précédent paratype.
La coloration est conforme elle aussi aux descriptions précédentes ; notons qu’il existe
en arrière des pariétales une large tache claire, presque blanche, avec au centre une tache
brun noir.
Ce spécimen provient de la presqu’île de Bevato, qui est située au sud de Morombe.
- 1120 -
Justification
Par sa formule d’écailles, L. chabaudi se rapproche de L. trilineatum Boulenger à tel
point que les deux espèces sont pratiquement inséparables par la pholidose. L’hémipénis
n’étant pas connu, la nouvelle espèce se distingue de L. trilineatum par sa taille beaucoup
plus grande mais avec une queue en moyenne plus courte, la disposition particulière de
l’œil, la forme acuminée du museau et par la coloration, en particulier la large bande dorsale
et une ligne costale continue.
L’espèce est dédié à M. le Pr. Alain Chabaud, directeur du Laboratoire des Vers au Muséum
national d’Histoire naturelle de Paris.
Synopsis des espèces malgaches
du genre Liophidium Boulenger, 1896
Rappelons que l’examen des hémipénis est indispensable pour une détermination rigoureuse, au moins
en ce qui concerne les espèces L. trilineatum et L. apperti.
a. — 17 dorsales (espèces malgaches)
A. -— Plus de 220 ventrales, loréale absente :
a) large bande dorsale. L. vaillanti
b) 3 lignes longitudinales dorsales. L. therezieni
B. — Moins de 200 ventrales, loréale présente :
a) large bande vertébrale continue
— abdomen mauve ou rouge violacé, plus de 170 ventrales. L. rhodogaster
— abdomen blanchâtre, moins de 160 ventrales. L. chabaudi
b) ligne vertébrale étroite, plus ou moins discontinue, ou parfois absente
— abdomen jaune, longueur totale maximale connue 238 mm. L. apperti
— abdomen rose, pouvant se décolorer après une longue conservation.
• 3 lignes longitudinales dorsales nettes, longueur totale maximale 330 mm L. trilineatum
• lignes longitudinales costales absentes ou vaguement esquissées par
des ponctuations éparses, longueur totale maximale 670 mm. L. torquatus
p. — 19 dorsales (espèce des Comores). L. mayottensis-
Remarques sur les espèces du genre Liophidium
Rappelons tout d'abord que l’espèce-type du genre Liophidium est, par monotypie,.
L. trilineatum Boulenger. Avec l’addition des trois espèces nouvelles que nous venons de
décrire, le nombre des espèces malgaches du genre passe de quatre à sept et le genre en
comprend lui-même de cinq à huit si l’on compte l’espèce comorienne L. mayottensis (Peters).
La denture reste le point commun de tous ces animaux. L’os dentaire séparé de l’arti¬
culaire qui, suivant les auteurs depuis Duméril et Bibron (1854), caractérise le genre est
connu avec certitude chez L. rhodogaster, L. torquatus et L. trilineatum. Nous reconnais¬
sons avoir jusqu’ici reculé devant la mutilation de nos rares spécimens et avouons ainsi
ignorer encore ce qu’il en est pour L. (= Idiophis) vaillanti et pour nos nouvelles espèces-
- 1121 -
que nous ne tarderons pas à étudier sur ce point précis et important dès que nous en aurons
les moyens.
La diversification des hémipénis est remarquable et l’on ne peut réprimer un certain
étonnement en constatant que l’organe de L. apperti (de structure analogue à celle de
L. trilineatum ) est identique à celui d’une forme ophidienne, combien éloignée tant dans
la classification que dans la géographie, le Crotaliné Trimeresurus albolabris Gray, 1842 1 .
La différence de taille entre l’hémipénis de L. therezieni, qui n’atteint que 1 /47 e de la lon¬
gueur du corps de l’animal, et celui de L. apperti où ce rapport atteint 1 /12 e est un fait
qui ne manque pas d intérêt. Nous ne pouvons que regretter de n’avoir disposé jusqu’ici
que de sujets femelles de l’espèce L. chabaudi.
Par ailleurs, en ce qui concerne la répartition géographique, si /•. rhodogaster et L.
torquatus apparaissent comme des espèces des régions humides de la côte Est et du Sam-
birano, sans omettre le fort bel exemplaire de L. torquatus que nous avons eu la surprise
de rencontrer dans la forêt-galerie du fleuve Mangoky, les espèces L. trilineatum et L. apperti
habitent les régions arides au sud du fleuve Onilahy (L. trilineatum) ou au sud du Man¬
goky (L. apperti) et sont sabulicoles ; quant à L. chabaudi dont l’habitat connu jusqu’ici
est compris entre Tuléar et Morombe, nous le voyons comme un fouisseur des zones maré¬
cageuses sub-littorales.
L. vaillanti était connu du sud-est, de Maevatanana et de la région de Majunga ; nous
l’avons retrouvé dans l’extrême sud et dans la région de Befandriana-sud. Son proche
parent, son sosie presque, L. therezieni, est du nord, cette remarquable région zoogéogra¬
phique de Diego-Suarez (Antsiranana) et d’Ambilobe.
Remerciements
M. le Pr. E. R. Brygoo et mes collègues Roger Bour et Jean-Jacques Morère ont bien voulu
consacrer une partie de leur temps aux critiques et corrections de cette note et m’ont fait béné¬
ficier de leur expérience des problèmes de recherches bibliographiques.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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des Reptiles. Paris, Roret. 7 : 328-330 ; 332-333 ; atlas, pl. 80, fig. 2.
1. Ces diversités dans la morphologie de l’hémipénis chez Liophidium conduisent à souhaiter une
révision du genre.
4, 13
— 1122 —
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— 1909. ■— Synopsis des familles, genres et espèces des Reptiles écailleux et des Batraciens
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Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 5, 1983,
section A, n° 4 : 1123-1138.
Les Pagellus de l’océan Indien
(Pisces, Perciformes, Sparidae)
par Marie-Louise Bauchot et Roland Bauchot
Résumé. — En utilisant l’analyse en composantes principales, faite à partir de dix carac¬
tères numériques et métriques, les auteurs étudient des populations de Pagellus do l’océan Indien
ouest et les comparent à une population de P. bellottii, espèce atlantique taxinomiquement proche.
P. affinis, distribuée du golfe Persique au nord de la Somalie, semble assez isolée, notamment par
le nombre élevé d’écailles sur l’opercule, pour garder son statut spécifique ; en revanche, P. nata-
lensis des côtes d’Afrique du Sud et de Madagascar est beaucoup plus proche de l’espèce atlan¬
tique P. bellottii que de P. affinis et peut être considérée comme une sous-espèce de celle-là : P.
bellottii natalensis.
Abstract. — Principal component analysis has been applied to ten meristic counts and
morphological characters of populations of Pagellus from West Indian Ocean in order to compare
them with a population of P. bellottii, the atlantic species taxonomically very close. P. affinis,
from Persian Gulf to north of Somalia, seems to be distinguishable enough, specially by the high
number of scales rows on opercle, to retain its specific status ; P. natalensis, from South Africa
coast and Madagascar, is more closely related to atlantic species than to North Indian Ocean
species and can be considered as a subspecies : P. bellottii natalensis.
Dr M. L. Bauchot, Laboratoire d’ichtyologie générale et appliquée, 43, rue Cuvier, 75231 Paris cedex 05.
Pr R. Bauchot, Laboratoire d’Anatomie comparée, Université Paris VII, 7, quai Saint-Bernard, 75005
Paris.
Le genre Pagellus Valenciennes, 1830, in Cuv. Val. (espèce-type : Sparus erythrinus
Linnaeus, 1758) regroupe des Sparidés caractérisés par leur denture constituée de dents
antérieures pointues, disposées en carde, la rangée externe étant la plus forte, et de dents
postérieures molariformes en 2 ou 3 (4) rangées. Ce genre comprend un petit nombre d’espèces
vivant dans les eaux tempérées et chaudes de Méditerranée, de l’Atlantique est et de
l’océan Indien ouest, au-dessus de fonds variés de la marge et de la pente continentales,
généralement jusqu’à 150 ou 200 m, mais parfois à des profondeurs pouvant atteindre
700 m, les jeunes se tenant dans des eaux plus superficielles et plus près du rivage.
Sur treize espèces nominales décrites de l’Atlantique et de la Méditerranée, quatre
sont reconnues valides :
— P. erythrinus (Linnaeus, 1758), P. acarne (Risso, 1826) et P. bogaraveo (Brünnich,
1768) distribuées dans toute la Méditerranée et dans l’Atlantique est, de la Scandinavie
aux côtes de Mauritanie ;
— P. bellottii Steindachner, 1882, le long des côtes ouest-africaines, de l’Algérie en
Méditerranée occidentale au sud de l’Angola dans l’Atlantique sud.
— 1124 —
Dans l’océan Indien ouest, deux espèces ont été décrites :
— P. affinis Boulenger, 1887, du golfe d’Oman et du golfe d’Aden ;
— P. natalensis Steindaclmer, 1902, des côtes d’Afrique du Sud, du Natal à Mossel
Bay (Province du Cap), et du sud de Madagascar (Banc de l’Étoile).
Lors de l’étude des Sparidae de l’océan Indien ouest, en vue de la préparation des liches
FAO pour Faire 51, nous avons examiné des exemplaires de Pagellus de diverses provenances
(golfe Persique, golfe d’Aden, côtes de Somalie, côtes sud-africaines, sud de Madagascar).
Leur identification nous a conduits d’une part à préciser et compléter les informations
données dans la description originale des espèces connues de l’océan Indien, P. affinis et
P. natalensis, afin de mettre en évidence leurs caractères distinctifs, d’autre part à les
comparer à l’espèce atlantique géographiquement et taxinomiquement la plus proche,
P. bellottii.
P. affnis a été décrite par Boulenger (1887 : 659) à partir d’un exemplaire sec, long
de 1 pied 2 inches, originaire de Muscat (golfe d’Oman). Boulenger rapporte à cette espèce
nouvelle un second spécimen sec — en peau — du cap de Bonne Espérance, spécimen que
Günther avait mentionné dans son catalogue (1899, vol. ! : 474-475) sous le nom de
P. erythrinus avec l’annotation « appartient probablement à une nouvelle espèce ».
Dans une publication relative aux poissons du sud de l’Arabie et de Socotra, Stein¬
dachner (1902 : 124) rapporte deux exemplaires de Socotra et un de Gishin à P. affnis
et en complète la description ; en particulier il indique 6 rangées d’écailles sur les joues,
entre le préorbitaire et l’angle du préopercule, caractère déjà mentionné par Boulenger,
et il ajoute 11 rangées d’écailles sur l’opercule ; il précise également les différences entre
P. affnis et l’espèce atlantico-méditerranéenne P. erythrinus : P. affnis a plus de rayons
mous à la nageoire anale (10 contre 8-9), le museau plus long, le profil dorsal moins courbé
sur le museau, l’oeil plus petit, des écailles plus petites et plus nombreuses sur l’opercule.
Steindachner poursuit : « je n’ai pas trouvé ces caractères chez 2 exemplaires de
Port-Natal ; ces exemplaires sont tout à fait semblables à P. erythrinus mais ont 10 rayons
mous à l’anale. Je crois qu’ils sont intermédiaires entre erythrinus et aff nis ; peut-être
doit-on les regarder comme une espèce nouvelle (P. natalensis ) ».
La présence d’une espèce de Pagellus dans l’océan Indien sud sera mentionnée plus
tard : sous le nom de P. affnis par Gilchrist et Thompson (1909 : 232), Von Bonde (1923 :
21) et Fowler (1925 : 238) sur les côtes du Natal et au sud du Mozambique (Delagoa Bay) ;
sous le nom de P. erythrinus par Pellegrin (1914 : 226) au sud de Madagascar (Fort Dau¬
phin) ; enfin sous le nom de P. natalensis par Barnard (1927 : 707) et Smith (1938 : 274)
de Delagoa Bay jusqu’à Mossel Bay et à Madagascar ; ces deux derniers auteurs complètent
la description originale de Steindachner, très succincte.
Aucun des auteurs cités n’a établi de comparaison entre les populations de Pagellus
de l’océan Indien et l’espèce sud-atlantique P. bellottii, ni entre les populations du nord
et du sud de l’océan Indien. Gilchrist et Thompson, en mentionnant sous le nom de P.
affnis deux exemplaires de 93 et 146 mm capturés au Natal, avaient seulement émis l’opi¬
nion qu’ils semblaient être la forme immature de P. affnis.
Fowler (1933 : 172) est le premier et, à notre connaissance, le seul auteur à avoir
comparé les deux espèces de Pagellus de l’océan Indien, mais alors qu’il semble avoir exa¬
miné plusieurs exemplaires de P. natalensis, il ne dispose pour P. affnis que des descrip-
- 1125 -
tions de Boulenger et de Steindachneb, et il inlroduit une erreur en indiquant 8 rangées
d’écailles sur les joues (au lieu de 6 d’après Boulenger et Steindachner). 11 indique
comme caractère distinctif entre les deux espèces le nombre de rangées d’écailles sur l’oper¬
cule : 6 chez natalensis, 11 chez affinis. Ce caractère distinctif, nous le verrons, est essen¬
tiel mais la valeur 6 indiquée pour natalensis est fausse. Smith indique 7-8 et nous n’avons
jamais trouvé moins de 8, la 8 e rangée étant, il est vrai, souvent réduite à 2 ou 3 écailles.
P. bellottii Steindachner, 1882, fut décrite (avec la mention « n. sp. (?) ») pour deux
exemplaires du Musée de Milan, originaires des côtes des îles Canaries et de Gorée, distincts
de P. erythrinus par la longueur du museau considérablement moindre et par l’anale plus
longue avec 10 rayons mous (9 chez erythrinus).
Cette espèce atlantique fut mentionnée sous le même nom par Osorio (1893 : 131 ;
1898 : 196) pour des exemplaires d’Angola et de San Thomé, et il faut attendre Poll (1954 :
332) pour en retrouver une bonne description à partir de nombreux exemplaires (150)
des côtes du Congo et de l’Angola, de 0°63 S à 17° S.
Bauchot, Hureau et Miquel (1981) établissent la synonymie entre P. coupei Dieu-
zeide, 1960, et P. bellottii, ce qui élargit la distribution de l’espèce des côtes algériennes
à l’Angola.
Pour ces auteurs, cette espèce est très proche de P. erythrinus par l’écaillure dorsale
de la tète terminée en avant du milieu de l’œil, ce qui les oppose à P. bogaraveo et P. acarne
chez lesquelles l’écaillure se termine en arrière du milieu de l’œil ; ils utilisent pour séparer
P. erythrinus et P. bellottii les caractères relatifs au nombre de rayons mous à la nageoire
anale (8-9 chez erythrinus, 10 chez bellottii) et un caractère retenu par Dieuzeide : le rap¬
port A/MO liant la longueur de la base de l’anale à la distance qui sépare le bout du museau
du bord postérieur de l’œil ; le rapport serait supérieur à 1 chez bellottii, inférieur à 1 chez
erythrinus.
Il apparaît donc que les caractères utilisés par les auteurs pour distinguer les espèces
de Pagellus n’ont pas été les mêmes pour les espèces atlantiques et indiennes ; ce sont
essentiellement le nombre de rangées d’écailles sur les joues et sur l’opercule pour les espèces
indiennes, et, pour les espèces atlantiques, le nombre de rayons mous de l’anale, les limites
de l’écaillure céphalique et le rapport A/MO.
Notre propos était de comparer l’ensemble de ces caractères chez les deux espèces
indiennes et chez l’espèce atlantique P. bellottii, les trois ayant en commun d’avoir 10
rayons mous à l’anale et l’écaillure dorsale de la tête dépassant le niveau du diamètre ver¬
tical de l’œil.
Les caractères numériques utilisés sont les suivants (tab!. I) :
— nombre de rangées d’écailles sur les joues,
— nombre de rangées d’écailles sur l’opercule,
— nombre d’écailles en ligne latérale,
— nombre de branchiospines sur la partie inférieure du premier arc branchial.
Les caractères numériques sont des rapports liant à la longueur standard LS :
— la longueur de la tête T,
— la hauteur du corps H,
— le diamètre oculaire O,
©COOO<lCT>m£>G0tOM‘©C0OO<IO}Cn^WCO>->.©cOOO<IOiC7lrf*COtO>-L
Tableau I. — Données métriques (en mm) et numériques des 66 exemplaires étudiés.
Longueur Longueur Hauteur Diamètre
STANDARD TÊTE CORPS ŒIL
Haut.
péd.
CAUDAL
Long.
BASE
Anale
Dist. Écailles Rangées
MUSEAU- EN d’ÉCAILLES
BORD LIGNE T ^
Joues Opercule
POST. ŒIL LAT.
Branchio-
SPINES
INFÉRIEURES
174
62,2
67,9
17,5
15,7
39,2
36,9
60
6
9
11
147,9
48,3
51,7
14,7
12,9
83,3
29,2
60
5
8
12
103,8
36,3
37
10,3
10,2
24,5
21,2
61
6
8
12
98,9
32,6
31,1
8,6
9,5
22,6
18,7
61
6
9
12
125,8
43,2
44,5
11,2
12,1
29,1
24,7
62
6
9
12
97,6
33,5
31
9,5
8,9
23
19,6
62
6
9
11
76,5
26,4
22,6
7,9
6,8
16,7
15,3
62
6
9
11
156,7
51,8
52,9
14,6
15
34,8
29,8
60
6
9
11
130,1
46,8
46,6
14,2
11,5
28,2
27,8
61
5
8
11
126,7
41
42,9
10,7
11,7
28,6
23,2
62
5
9
12
105,9
33,9
35,1
9,9
10
23,7
20,1
60
5
9
12
165,3
56,1
59,6
14,7
15.1
37
32,5
62
6
8
il
136,8
43,8
45,5
12,9
12,2
29,7
26,3
60
7
9
11
175
61,6
65,4
15,8
16,1
36,8
33,8
60
6
9
11
150,9
52,3
52,8
14,8
12,5
33,2
29,8
60
6
9
12
127,1
42,6
43
13,2
11,6
28,7
25
62
5
9
12
114,2
38,2
35,2
10
10
25,5
21,3
60
6
9
11
165,2
54,5
56,7
15,1
14,9
35,9
32,1
60
6
9
12
139,1
46,2
46,8
13
12,7
30,6
26,8
62
6
9
12
158,1
53,7
53,7
14,5
13,9
33,6
31,4
59
5
9
11
139
48,2
47,2
13,7
11,4
29,6
27,9
60
6
9
11
112,6
36
39,9
10,5
10,7
25,8
21,2
61
6
9
12
113
37,2
37,8
11,5
10,7
24
22
61
6
8
12
107
36,6
35,5
11,1
10,3
22,2
21,4
60
6
8
11
130
43
46,5
13,2
10,2
28,5
27
61
7
8
12
130
43,5
43
12,2
11,3
27,9
26,4
60
6
8
11
128
43,1
48
13,1
11,5
28
27,5
59
7
9
12
267
86
119
20
25,2
66,2
49,2
60
7
11
10
270
86
104,5
20
24,5
64,6
48,1
61
7
10
9
235
75
88
20
21
55,5
42,5
61
7
11
9
31
230
75,7
88,5
18,5
20,9
52,5
42
59
7
10
9
32
207
67,5
75
17,5
17,9
46,1
37
61
7
10
11
33
148
50
49,7
15
11,5
30
29,8
63
7
10
10
34
128
43
45,6
13
10
27,6
25,2
61
7
11
10
35
183
61,6
71,7
15,7
17,5
43,7
37
54
7
8
9
36
146
47,8
54,8
15,1
13,8
34,8
30
56
6
8
9
37
170
54,8
67,2
15
15,5
38,1
33,5
57
6
9
10
38
240
78,3
91,6
20
21,6
55,5
44,2
59
6
8
9
39
255
83,3
103,5
21,7
24,5
57
50,7
55
6
8
10
40
217
70
87,2
16,8
20,2
51,8
39,8
59
6
8
10
41
180
58,1
67
15,8
16,8
40,5
36
58
6
8
9
42
157
49,8
59,5
14,6
13,7
34,2
31,1
57
6
8
9
43
163
53,3
62
16,5
14,3
36,6
34,5
56
6
8
9
44
143
50
54,2
14
12,5
33,2
29,6
54
6
8
9
45
149
49
58
14,7
13
36
31
59
6
8
9
46
137
44
43,8
13
11,1
30
27
58
6
8
9
47
213
65,9
79,5
16,7
19
50
38
58
6
8
9
48
235
75,5
96
19,5
21,2
54,2
45,9
58
6
8
10
49
230
75,5
94
19
21,9
53,3
45,2
58
6
9
9
50
162
54,8
56,5
14,1
14,5
36
31,2
57
6
8
9
51
222
71,5
83,5
18,5
20,5
52,7
43,2
58
6
8
9
52
235
76
98,7
20
22,8
58,2
46
57
6
8
9
53
158
56,8
64,2
19
16
35,8
34,6
59
6-7
8
11
54
158
54,8
58
16,2
14,5
35
32,8
56
6
8
10
55
158
53,8
61,4
15,9
13,3
37,3
33,4
54
6
7-8
9
56
185
62,5
69,5
17,4
17
44
36,5
56
6
8
10
57
169
56,9
65,7
16
14,5
42,1
34,5
56
6
7
9
58
154
51,8
58,6
15,5
13,8
34,6
31,1
55 +
6
8
9
59
270
85,5
107,6
21,2
24
61,7
51,1
59
6
8
10
60
130
43
47
11,9
11,4
30
25,7
59
6
8
10
61
118
40,4
42,1
12
10,1
27,1
23,4
57
6
8
10
62
139
47,2
52,3
14,5
11,8
31,5
29,3
59
5
7
10
63
109
36,9
39,9
11,6
9,5
25,4
22,7
59
6
8
10
64
115
38,3
41,7
11,5
9,7
26,5
22,7
58
6
8
10
65
144
48,6
53,5
15
12,6
33,8
29,7
58
6
7
9
66
162
54,5
60,6
16,2
14
35,2
33,6
61
7
8
9
1128 —
— la hauteur du pédoncule caudal Pc,
— la longueur de la base de l’anale A,
— la distance du museau au bord postérieur de l'œil MO.
Matériel utilisé
(Fig- 1)
L’ensemble des caractères retenus a pu être fourni par 66 exemplaires.
Côtes d’Afrique du Sud
N os 1 à 3 : RUSI 11619, 3 ex., LS 103,8-174 mm, Port Elizabeth.
Nos 4 à 7 : RLTS1 2813, 4 ex., LS 76,5-125,8 mm, Knysna.
Nos 7 à 11 : RUSI 11726, 5 ex., LS 105,9-156,7 mm, Knysna.
NO 12 : RUSI 10448, 1 ex., LS 165,3 mm, Durban.
N° 13 : RUSI 13550, 1 ex., LS 136,8 mm, Durban.
N° 14 : RUSI 15224, 1 ex., LS 175 mm, Port Élizabeth.
N° 15 : RUSI 13555, 1 ex., LS 150,9 mm, Durban : Vetch’s Pier.
N° 16 : RUSI 2635, 1 ex., LS 127,1mm, Storms River Mouth.
N» 17 : RUSI 11724, 1 ex., LS 114,2 mm, Swartvlei.
Nos 18 à 22 : RUSI 11725, 7 ex., LS 112,6-165,2 mm, Durban.
Nos 23 et 24 : NMW 77528, 2 ex., LS 107 & 113 mm, Natal.
Fig. 1 . — Lieux de capture des exemplaires de Pagellus étudiés.
— 1129 —
Madagascar
N os 25 et 27 : MNHN 1981-813, 2 ex., LS 128 & 130 mm, 25°29' S-46°37' E, 120 m.
N° 26 : MNHN 1981-1282, 1 ex., LS 130 mm, Fort Dauphin.
Océan Indien nord
N° 28 : BMN1I 1887-11.4.44, Holotype de P. a/finis, LS 267 mm, Muscat, golfe d’Oman.
N°s 29 à 32 : BMN1I 1888-12.29.66 à 69, 4 ex., LS 207-270 mm, Muscat, golfe d’Oman.
N« s 33 et 34 : BMNII 1945-12.31 & 34, 2 ex., LS 128 & 148 mm, golfe d’Aden.
I ex., FAO Cochin, LS 213 mm, 15°51' N-52<>20'E.
1 ex., FAO Cochin, LS 135 mm, 10059' N-51°ll' E.
1 ex., FAO Cochin, LS 106 mm, 14° N-48°01'E, 45-50 m.
Ces trois derniers exemplaires examinés par l’un de nous à Cochin n’ont pu être inclus dans
l’étude quantitative, certains caractères n’ayant pas été notés.
Atlantique, côtes ouest-africaines
N° 35 : MNHN 1981-1296, 1 ex., LS 183 mm, Côte d’Ivoire, 5°07' N-3°42' W, 30 m.
N® 36 : MNHN 1981-1297, 1 ex.. LS 146 mm, Côte d’ivoire, 5000'N-3°24,5'W, 70 m.
NO 37 : MNHN 1978-110, 1 ex., LS 170 mm, Agadir.
N 0 38 : MNHN 1978-113, I ex., LS 240 mm, Cap Blanc.
N° 39 : MNHN 1978-665, l ex., LS 255 mm, Dakar.
N° 40 : MNHN 1978-112, 1 ex., LS 217 mm, Port Étienne.
Nos 41 à 45 : MNHN 1967-880, 5 ex., LS 143-180 mm, Dahomey.
NO 46 : MNHN 1971-115, 1 ex., LS 137 mm, golfe de Guinée.
N° 47 : MNHN 1978-111, 1 ex., LS 213 mm, côtes du Sénégal.
N°s 48 et 49 : MNHN 1978-664, 2 ex., LS 230 & 235 mm, Abidjan.
N»s 50 à 52 : MNHN 1978-667, 3 ex., LS 162-235 mm, Casablanca.
N° 53 : NMW 61094, Holotype de P. lippei, LS 158 mm, Fernando Po.
Nos 54 à 58 : ISNB 13601, 5 ex., LS 154-185 mm, 16°10' S-II 04 O' E, baie des Tigres, Angola,
50 m.
N os 59 à 66 : ISNB 9838, 8 ex., LS 109-270 mm, 12°12' S-13°27' E, 10 miles NW Lobito, 100 m.
RÉSULTATS
L’étude des exemplaires de l’océan Indien et des côtes africaines a montré le danger
qu’il y avait à utiliser le rapport liant la longueur de la base de l’anale à la distance du
museau au bord postérieur de l’œil. La mesure est souvent entachée d’erreur par suite de
la plus ou moins grande projection des mâchoires protractiles, mais même en prenant comme
limite antérieure du museau une partie fixe, le bord antérieur du nasal, ce caractère n’a
aucune valeur car la relation A/MO est allométrique (oc = 1,12) et le rapport varie en pra¬
tique de 1 chez les individus les plus petits à 1,35 chez les plus grands (fig. 2). De plus, si
l’on fait le diagramme des valeurs de ce rapport en fonction des diverses origines géogra¬
phiques des spécimens examinés (fig. 3), on constate que cette variation a les mêmes limites
inférieures et supérieures si les échantillons sont assez nombreux et comprennent des indi¬
vidus de tailles variées. Autrement dit, la valeur de ce rapport ne peut en aucun cas être
un caractère spécifique.
A l’exclusion du nombre de rangées d’écailles sur l’opercule, apparemment toujours
10-11 dans l’océan Indien nord et 8-9 partout ailleurs, les autres caractères, tant numé-
— 1130 -
riques que métriques, sont peu tranchés. Aussi, avons-nous tenté une analyse en compo¬
santes principales des 66 individus pour lesquels nous avions dix caractères définis ci-
dessus, puis un calcul de la distance (de Mahalanobis) pour le tracé des dendrogrammes
possibles.
Fig. 2.J —-jRelation longueur de la base de la nageoire anale (A)/distance du museau au bord postérieur
de l’œil (MO) en coordonnées logarithmiques.
O : Afrique du Sud ; • : Madagascar ; □ Océan Indien nord ; : Atlantique, côtes ouest-afri¬
caines.
I. Analyse en composantes principales
Chacun des dix caractères a été pondéré de sorte que la moyenne des 66 valeurs soit
de 100 d; 20. Pour les caractères numériques, nous avons procédé simplement par ajuste¬
ment de la moyenne et de l’écart-type. Pour les caractères métriques, nous avons tout d’abord
réalisé une étude de l’allométrie de chacune des mesures utilisées rapportées à la longueur
standard. Les résultats sont les suivants :
1131 -
Relation T-LS H-LS Pc-LS O-LS MO-LS A-LS
Coefficient d’allométrie a 0,958 1,229 1,044 0,806 0,953 1,065
Nous avons ensuite calculé l'indice i = x/LS a , puis ajusté les valeurs ainsi obtenues,
de façon à avoir pour chaque caractère une moyenne des 66 valeurs de 100 dz 20.
Atlantique
Océan Indien Nord
Madagascar
Afrique du sud
U
1,2
Ensemble des
_j populations
1,4
Fig. 3. — Diagramme de distribution du rapport A/MO chez les diverses populations.
La figure 4 donne la projection des 66 individus sur le plan des deux premières com¬
posantes principales. Nous avons matérialisé sur ce plan les origines géographiques de ces
individus ; on voit que les populations d’Afrique du Sud -)- Madagascar, d’Atlantique et de
l’océan Indien nord constituent trois ensembles assez homogènes mais qui s’interpénétrent.
La figure 5 donne la projection sur le plan des 3 e et 4 e composantes principales ; elle
isole très nettement les individus de l’océan Indien nord alors que les individus sud-afri¬
cains et atlantiques sont en partie mélangés.
IL D ENDROGRAMMES
La distance inter-individus est la distance de Mahalanobis et nous avons utilisé huit
algorithmes différents dont cinq ont permis de construire des dendrogrammes : simple lin¬
kage, mean linkage avec ou sans pondération, Ward, Lance et William.
1132 —
Fig. 4. — Projection des 66 individus étudiés sur le plan des deux premières composantes principales.
(Les signes utilisés sont les mêmes que pour la figure 2.)
Nous donnons à titre d’exemple le dendrogramme fourni par l’algorithme de Ward
(fig. 6). Il met en évidence, à côté d’ensembles correspondant à des origines géographiques
communes, des réunions qui correspondent aux intrications que nous avaient fournies
l’étude des projections sur les plans définis par les quatre premières composantes.
Comme il n’y a pas de raison objective de privilégier un algorithme plutôt qu’un autre,
nous avons opéré d’une autre façon, en recherchant les groupes communs à plusieurs algo¬
rithmes et nous avons obtenu les résultats suivants :
— groupes communs à 6 algorithmes : 1-9 ; 2-16 ; 3-5-6 ; 10-11-22 ; 15-21 ; 23-24 ;
25-27 ; 28-34 ; 37-42 ; 38-47-50 ; 40-48-59-60 ; 41-49-51 ; 61-64 ;
— groupes communs à 5 algorithmes : 4-7-17-19 ; 13-32 ; 29-30-31 ; 33-66 ; 36-52 ;
44-54-55-56 ; 45-62-63 ; 57-65.
12 individus restent isolés.
1133 -
Fig. 5. — Projection des 66 individus étudiés sur le plan des 3 e et 4 e composantes principales. (Les signes
utilisés sont les mêmes que pour la figure 2.)
Nous avons recherché quelles étaient les liaisons les plus fréquentes de ces groupes
élémentaires entre eux et obtenu les regroupements suivants (fig. 7) :
A : 28-34 + 29-30-31
B : 25-27 + 33-66
C : 13-32 + 23-24
D : 1-9 + 15-21
E : 2-16 + 10-11-22
F : 3-5-6 + 4-7-17-19
G : 36-52 + 37-42 + 41-49-51
H : 44-54-55-56
J : 45-62-63 + 57-65 + 61-64
K : 38-47-50 + 40-48-59-60
- 1135
Fig. 7. — Disposition des groupes communs à plusieurs algorithmes en fonction de leur proximité et de
leur origine géographique. Les droites joignant les divers groupes sont proportionnelles aux distances
euclidiennes. (Les nombres renvoient à la liste du matériel examiné et au tableau I.)
Nous avons calculé les distances euclidiennes séparant ces différents groupes les uns
des autres (tabl. II).
Tableau II. — Distances euclidiennes intergroupes.
A
B
C
D
E
F
G
H
J
K
A
25
21
32
30
24
26
34
33
24
B
25
20
19
32
28
26
27
25
25
C
21
20
24
19
15
21
30
28
17
D
32
19
24
28
25
27
27
23
26
E
30
32
19
28
U
24
34
28
21
F
24
28
15
25
U
22
29
27
19
G
26
26
21
27
24
22
18
15
11
H
34
27
30
22
34
29
18
13
21
J
33
25
28
23
28
27
15
13
19
K
24
25
17
26
21
19
11
21
19
— 1136 —
Un individu (53), holotype de P. lippei Steindachner, 1894, originaire de Fernando
Po, est dans tous les cas isolé de tous les autres, quelle que soit leur origine géographique.
Ainsi, se trouve de nouveau posé le problème du statut de ce taxon, mis en synonymie
avec P. bellottii par Bauchot, Hureau et Miquel (1981). Un autre individu (66), origi¬
naire de l’Angola, a une position aberrante puisqu’on le retrouve au voisinage d’un exem¬
plaire de l’océan Indien nord (33) ; il semble que le nombre élevé d’écailles de la ligne laté¬
rale et de rangées d’écailles sur les joues en soient responsables.
On voit que la population d’Afrique du Sud comporte quatre sous-groupes proches ;
toutefois, notons d’une part qu’un individu des côtes sud-africaines (12) est proche d’un
des groupes de l’Atlantique, d’autre part que l’un d’entre eux contient un individu de
l’océan Indien nord (32) dont la position aberrante s’explique par la présence de 11 bran-
chiospines au lieu de 9-10 chez les autres exemplaires de l'océan Indien nord.
La répartition des individus de l’Atlantique, également en quatre groupes, proches
2 à 2, ne traduit aucune répartition géographique nette du nord (Casablanca) au sud (Angola,
16° S) de l’aire d’origine de nos exemplaires. En effet, les groupes voisins H et J, qui réu¬
nissent des exemplaires de l’Angola et du Dahomey, sont plus éloignés des groupes d’Afrique
du Sud que ne le sont les deux autres groupes voisins G et K qui réunissent des exemplaires
provenant de toutes les côtes africaines de l’Angola au Maroc.
Il semble logique de proposer une zone de dispersion de l’espèce souche située dans
l’océan Indien sud (dans les eaux côtières de l’Afrique du Sud), d’une part vers l’Atlan¬
tique, d’autre part vers l’océan Indien nord jusqu’au golfe Persique.
Il est regrettable qu’aucune capture n’ait été signalée sur les côtes est-africaines entre
le Natal et le nord de la Somalie. Lors d’une campagne récente dans cette région, aucun
Pagellus n’a été pris, en dépit des recherches attentives de notre collègue de la FAO,
G. Biaischi-Schmidt, qui y participait.
Dans l’état actuel de nos connaissances, et avec le matériel limité dont nous avons
pu disposer, nous pouvons conclure à la présence de trois populations :
Pagellus affinis dans l’océan Indien nord, du golfe Persique au golfe d’Oman et au nord
de la Somalie, semble assez homogène pour garder un statut spécifique ; elle se distingue
d’emblée par le nombre plus élevé de rangées d’écailles sur l’opercule (10-11). Remarquons
toutefois que le nombre d’exemplaires examinés est trop faible pour que l’on puisse écar¬
ter la possibilité d’une variabilité plus importante du nombre d’écailles.
Pagellus natalensis, distribuée en océan Indien sud le long des côtes d’Afrique du
Sud, de Mossel Bay au Natal, et au sud de Madagascar, et Pagellus bellottii, connue de
l’Angola aux côtes algériennes, semblent beaucoup plus proches l’une de l’autre qu’elles
ne le sont de P. affinis et peuvent être considérées comme deux sous-espèces géographiques.
La population sud-africaine, Pagellus bellottii natalensis Steindachner, 1902, représente¬
rait probablement l’espèce-souche [9 (8) rangées d’écailles sur l’opercule, 59-62 écailles
en ligne latérale] ayant donné naissance à la population atlantique Pagellus bellottii bel¬
lottii Steindachner, 1882, par réduction du nombre d’écailles [8 (9) sur l’opercule, 54-59
en ligne latérale], et à la population de l’océan Indien nord par augmentation du nombre
d’écailles [10-11 sur l’opercule, 59-63 en ligne latérale].
1137 -
Remerciements
Nous sommes reconnaissants à plusieurs collègues de l’aide qu’ils nous ont apportée en nous
fournissant du matériel ou des renseignements divers : G. Bianchi-Schmidt et W. Fisher, FAO,
Rome ; J. P. Gosse, Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique, Bruxelles ; Ph. Heemstra
et M. M. Smith, JLB Smith Institut, Rhodes University, Grahamstown ; C. Karrer, Zoologisches
Institut urid Zoologisches Museum, Hamburg ; P. J. P. Whitehead, British Museum (Natural
History), London.
Nous remercions particulièrement notre collègue S. Hazout, Université PARIS VII, qui nous
a fourni le programme nécessaire au traitement mathématique des données, et le Pr. J. Daget
qui a bien voulu lire notre texte et nous faire des critiques ou suggestions utiles.
La reproduction des graphiques est due à la plume de M. Opic, que nous remercions sincère¬
ment.
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section A, n° 4 : 1139-1149.
Cirripectes chelomatus ,
a new species of salarine fish
(Pisces, Blenniidae)
by Jeffrey T. Williams and Louis André Maugé
Abstract. — A new species of blenniid fish, Cirripectes chelomatus , is described from eastern
Australia, Papua-New Guinea, Fiji Islands, Tonga Islands, Vanuatu, Loyalty Islands, New Cale¬
donia, and Lord Howe Island. It is distinguished from other species of Cirripectes by a combi¬
nation of the following major characters : a unique color pattern consisting of small spots (about
i.O mm diameter, purplish-red to dark brown in life) on posterior two thirds of body ; slight notch
in membrane between spinous and segmented-ray parts of dorsal fin ; pelvic-fin elements 1,4 ;
dorsal-fin rays 14-16 (mode 15) ; anal-fin rays 15-17 (mode 16) ; lateral line incomplete ; caudal
vertebrae 19-21 (mode 20) ; and a reduced number of cephalic sensory pores.
Résumé. — Cirripectes chelomatus , nouvelle espèce de blennie, est décrite d’Australie orien¬
tale, de Papouasie et Nouvelle-Guinée, des îles Vanuatu, Fidji, Tonga, Loyauté et Lord llowe.
Elle se distingue des autres espèces de Cirripectes par la combinaison des caractères majeurs sui¬
vants : un seul type de livrée formé par de petits points (environ 1,0 mm de diamètre, de colora¬
tion rouge pourpre à brun foncé sur le vivant) sur les deux tiers postérieurs du corps ; une légère
encoche à la membrane entre les parties épineuse et molle de la nageoire dorsale ; nageoire pel¬
vienne 1.4 ; rayons de la nageoire dorsale 14-16 (mode 15) ; rayons de la nageoire anale 15-17 (mode
16) ; ligne latérale incomplète ; vertèbres caudales 19-21 (mode 20) ; et un nombre réduit de pores
sensoriels céphaliques.
J. T. Williams, Florida State Museum and Department of Zoology, University of Florida, Gainesville, FI
32611, USA. — Present address : Div. of Fishes, Natural History Building, Smithsonian Institution,
Washington, DC 20560, USA.
L. A. Maugé, Ichtyologie générale el appliquée, Muséum national d’Histoire naturelle, 43, rue Cuvier, 75231
Paris cedex 05.
Introduction
The salarine genus Cirripectes comprises a group of herbivorous fishes found on coral
reefs and rocky bottoms throughout the tropical Indo-Pacific region. Although speci¬
mens of Cirripectes are relatively common in museum collections, the genus has not been
revised, and numerous taxonomic problems exist (see Carlson, 1981, for a review' of pre¬
vious literature). While working on a revision of the genus, the first author learned of
the second author’s intention to describe a new species of Cirripectes. Since we were
both working on the same species, we decided to jointly describe the new form, the result
being the description of C. chelomatus herein.
— 1140 —
Methods
Counts generally follow Smitii-Vaniz and Springer (1971). In addition, the counts
of nasal, supraorbital and nuchal cirri include all free tips on both sides on each specimen.
Counts of lip crenulae (papillae) and predorsal commissural pores follow Springer (1967).
Abbreviations for the cephalic sensory pore system (fig. 1) are : IFO, infraorbital ; MD,
mandibular ; POP, preopercular ; SO, supraorbital (includes the supraorbital [interorbital]
commissural pore and the pores on the left side to and including the pore beneath the
anterior nostril) ; and ST, supratemporal (those pores above the dorsalmost POP pore
and the first lateral-line (LL) pore, to and including the predorsal commissural pores).
The first LL pore is the one immediately above the upper end of the gill opening. The
first ventrally directed branch of the LL is referred to herein as the supracleithral branch
(SB) canal. The number of LL tubes includes only unconnected, bipored tubes on the
left side (tubes begin at about mid-length of body and at the end of the continuous part
of the LL canal). The position of the end of the LL is given relative to the base of the
dorsal-fin spine or segmented ray above, or immediately anterior to (if the tube is between
two elements), the last LL tube, or the end of the continuous LL canal if there are no
distinct tubes.
The position of the last three anal-fin pterygiophores is given as a formula represen-
tating the number of pterygiophores occupying the last three pterygiophore-occupied
interhemal spaces (1-1-2 means that there is one pterygiophore in each of the two ante¬
rior of the spaces and two in the last space). Pterygiophore arrangement together with
vertical fin-ray, vertebral, and rib counts were taken from radiographs.
All measurements were taken using needle-point dial calipers and recorded to the
nearest 0.1 mm and generally follow Springer (1967). In addition, height of the mem¬
brane under the dorsal notch is the distance between the base of the last dorsal spine and
the point of attachment of the fin membrane to the anterior edge of the first segmented
dorsal ray. Care must be taken to avoid tearing the membrane.
The following institutional abbreviations are used to indicate the location of mate-
tial examined : AMS, Australian Museum, Sydney (catalog numbers with the prefix I) ;
ANSP, Academy of Natural Sciences of Philadelphia ; BMNH, British Museum (Natural
History), London ; BPBM, Bernice P. Bishop Museum, Honolulu ; CAS, California Aca¬
demy of Sciences, San Francisco ; LACM, Natural History Museum of Los Angeles County ;
MNHN, Muséum national d’LIistoire naturelle, Paris ; ROM, Royal Ontario Museum,
Toronto ; UF, Florida State Museum, Univ. of Florida ; USNM, National Museum of
Natural History, Washington, D.C. ; WAM, Western Australian Museum, Perth (catalog
numbers with the prefix P).
Cirripectes chelomatus n. sp.
(Figs. 1, 2)
Holotype : AMS 1.21495 -— 027 (male), Lady Muserave Reef, Queensland, Australia, 23°55' S,
152°24 'E, 20 Feb. 1980.
- 1141 -
Fig. 1. — Semi-diagrammatic illustration of the cephalic sensory pore series of Cirripectes chelomalus.
Abbreviations : AN, anterior nostril ; IFO, infraorbital series ; MD, mandibular series ; PC, predorsal
commissural pores ; PN, posterior nostril ; POP, preopercular series ; SB, supracleithral branch ; SO,
supraorbital series ; ST, supratemporal series. First and last pores in each series are indicated.
Paratypes : Australia, Oueensland (localities arranged from north to south) : Sir Charles
Hardy Island, Tl°55' S, 143°27' E, 0-6 m : AMS 1.20770-071 (4) ; Lizard Island : ROM 40368 (2) ;
Lizard Island, 14°40' S, 145°27' E, 2-7 m : AMS 1.19473-205 (13) ; Eagle Island, 14°42' S, 145°24' E,
3-5 m : AMS 1.19444-036 (1) ; Endeavour Reef, 1.5-4.5 m : ANSP 109717 (6) ; Endeavour Reef,
1.2-2.5 m : ANSP 147659 (1) ; Halifax Reef, 6 m : AMS 1.21490-032 (1) ; Heron Island, 23°30' S,
152°05' E (last lot collected at 7.5-9 m, other collection depths unkown) : BPBM 28196 (1), 28197
(2), AMS 1.15482-011 (2), USNM 228298 (3), 228300 (1), 228301 (5), 228302 (11), 228303 (4), 228306
3 , 228308 (9), 228309 (2) ; One Tree Island, 23°30' S, 152°05' E : AMS 1.15634-029 (1), 1.17109-
015 (1), 1.17445-150 (1), 1.19338-008 (4), 1.20205-005 (3), 1.20210-016 (1), 1.20213-007 (1), 1.20464-005
1142 —
(2), 1.20560-014 (1), BMNH 1982.11.3.1 (1), BPBM 14449 (2), 15024 (1), CAS 13832 (10), LACM
33723-20 (1), UF 35398 (2), USNM 228299 (4), 228305 (2), 228310 (44), WAM P.27754-001 (2) ;
Lady Musgrave Reef, 23°55' S, 152°24' E (collected with holotype) : AMS 1.21495-056 (1). Lord
Howe Island : Comet’s Hole Lagoon, 31°32' S, 159°04' E, 1-1Ô m : AMS 1.17362-037 (1). New
Caledonia : MNHN 1983-257 (1), USNM 195783 (1) ; Noumea, Ducos peninsula : CAS 48957 (1),
48958 (1). Loyalty Islands : Maré Island : USNM 228274 (3), 228304 (3). Tonga Islands : Neiafu
Island, 18°39' 00"S, 174°00'30" W, 0-16 m : USNM 228291 (4). Vanuatu (= New Hebrides) : Efaté
Islands, Vila Harbor, 17°44'03" S, 168°18'36" E : CAS 48903 (1). Papua-New Guinea : Milne Bay
District, Basilaki Island, north point, 0 -6m : USNM 228307 (1).
Additional material examined (not types) : Fiji Islands : Viti Levu, Cagilai Island : ROM
40207 (3) ; reef north of Yuro Island, Great Astrolabe, 18°52' S, 178°20.5' E : USNM 228277 (1),
Cagilai, south of Moturiki Island : USNM 235727 (2) ; Malolo Lailai, 17°47' S, 177°13' W, 0-0.3 m ;
USNM 235731 (2) ; reef north-northeast of Malamala Island, 17°44' S, 177°17' W, 0-7.5 m : USNM
235735 (2).
Fig. 2. — Cirripectes chelomatus holotype (AMS 1.21495-027, male, 65.7 mm SL).
Diagnosis : A species of the genus Cirripectes (sensu Smith-Vaniz and Springer, 1971) dis¬
tinguished by a combination of the following characters : cephalic sensory system with 1 or 2
pores at each position ; LL incomplete, usually ending beneath segmented dorsal-fin ray 4 or 5
(range from spine XII to ray 10) ; pelvic fin 1,4; typically 15 segmented dorsal-fin rays (range
14-16) ; usually 16 segmented anal-fin rays (range 15-17) ; dorsal-fin membrane not deeply notched
between spinous and soft parts (membrane usually with very slight notch) ; adult males with
first dorsal spine developed into a long, slender filament (females with first spine slightly longer
than subsequent spines) ; relatively few nuchal cirri, mode 29 (range 22-45), with some middle
cirri frequently arising directly from skin and not connected basally ; last pleural ribs on verte¬
bra 11 ; last epipleural rib(s) on vertebra 16 modally (range 15-18) ; caudal vertebrae 20 modally
(range 19-21).
— 1143 —
Description
See also table 1. Dorsal fin XII-XII1, 14-16 (mode XII, 15 ; only 2 specimens with
XIII, both of which have only 14 rays) ; anal fin II, 15-17 (mode II, 16) ; segmented caudal-
fin rays 7 —6 = 13 ; branched caudal-fin rays of adults 4 -|- 5 = 9 (damaged rays generally
regenerated without branching, counts from specimens with this condition not included) ;
dorsal + ventral (= total) procurrent caudal-fin rays 10-14 (mode 12) ; pectoral fin 14-16
(mode 15) ; pelvic fin 1, 4 ; precaudal vertebrae 9-11 (only 1 specimen with 9 and 2 with 11 ,
out of 136 specimens x-rayed) ; caudal vertebrae 19-21 (mode 20) ; last pleural ribs on ver¬
tebra 11 ; last epipleural rib(s) on vertebra 15-18 (mode 16) ; anal-fin pterygiophore arran¬
gement 1-1-2 ; 1-2-1 ; or 2-1-1 (mode 1-2-1).
The following counts are based on a sample of 74 specimens : nuchal cirri 22-45 (mode
29) ; left ~ right supraorbital cirri 3-12 (mode 8 ; 2 New Caledonia specimens exhibiting
abnormal branching with 22 and 93) ; nasal cirri 6-22 (mode 10 ; 2 New Caledonia speci¬
mens with 25 and 82) ; 0-8 LL tubes (mode 2) ; LL ends beneath dorsal element XII — 10
(mode 5 ; one specimen with a widely disjunct tube under ray 15) ; upper lip papillae 29-
43 (mode 40) ; lower lip plicate laterally, entire mesially ; total gill rakers on first arch
20-28 (mode 26) ; pseudobranchial filaments 6-10; 1 canine tooth present posteriorly on
each dentary (sometimes broken off at base) ; premaxillary incisiform teeth approximately
200-231 (based on 18 adults) ; dentary incisiform teeth approximately 93-120 (based on
19 adults) ; pharyngeal teeth on each side caniniform, in two rows, outer row with 7 teeth,
inner row with 3 slightly larger teeth (based on 5 adults).
Fig. 3. — General appearance of nuchal cirri of Cirripectes chelomalus.
Transverse row of nuchal cirri divided into four groups, two groups on each side of
head (fig. 3). Lower group on each side with cirri connected basally hy a membrane for¬
ming a small flap. Each upper group with row of cirri either arising directly from skin
of nape, connected basally by a very narrow membrane, or a combination of these condi¬
tions where only a few cirri are connected basally. Groups of cirri are separated from
each other by gaps, usually 1 mm or less in length (one gap dorsally, another gap about
halfway down length of row on each side). Gaps correspond with presence of branches
of ST sensory canal.
Cephalic sensory pore system (fig. 1) relatively simple for Cirripectes ; each pore posi¬
tion with 1 or 2 pores (except uppermost POP position that usually has 3) ; predorsal
commissural pores 2-4 (usually 1 pore in front of and 2 pores behind nuchal cirri row ; SB
— 1144 —
canal with 1-7 pores (mode 2) ; number of pores along sensory canals variable (except
for MD canal that always has 6) ; SO canal with 6 pore positions, frequently lacking pores
at position in middle of snout (second position from front of canal) ; POP with 6 positions.
Dorsal fin with slight notch in membrane above twelfth spine, height of membrane
under notch expressed as percent of length of first dorsal ray, for specimens over 30 mm
SL 51.3 — 96.3 (mean 66.3, N = 71), and for specimens under 30 mm SL 44.3 — 52.7
(mean 51.3, N = 5). Adults with dorsal-fin membrane connected to dorsalmost caudal
elements for a distance of about 3 mm beyond base of caudal rays (distance increases with
size).
Rugosities on the two anal spines of adult males each consist of about 10-15 heavily
folded, irregular fleshy ridges. Young males have smaller rugosities with straight ridges
that become irregular with increasing standard length (SL). The urogenital orifice of
mature males is located basally between two slender, closely appressed filaments (less than
1 mm long) perched on a fleshy swelling behind the anus.
Secondary sexual dimorphism was noted only in the length of the first dorsal-fin
spine : spine usually extending 10-15 mm beyond the interspinous membrane of adult males,
and typically only 1-5 mm in adult females.
The largest male and female examined are 93.7 and 89.8 mm SL, respectively. No
ophioblennius (pelagic stage) postlarvae are known for Cirripectes chelomatus, but, since
ophioblennius postlarvae have been found for most other species of Cirripectes ( pers. observ.
by J. T. W.), it is likely that this species has such a larva. Based on the smallest speci¬
men of C. chelomatus examined (19.8 mm SL) it is probable that the ophioblennius stage
is not much larger, if any.
Color pattern in alcohol : Cirripectes chelomatus males and females have the same color
pattern. Head : brown with diagonal streak of tiny (about 0.2 mm diameter), sharply
defined, cream-colored spots (sometimes connected to form a narrow line) extending from
postorbital area to dorsal edge of upper lip beneath anterior margin of orbit ; remainder
of cheek usually uniform brown, but some specimens have tiny, sharply defined, cream-
colored spots randomly scattered over the cheek ; underside of head uniformly brown
or tan ; nasal and supraorbital cirri brown or tan ; nuchal cirri dark brown or black. Body :
brown with cream-colored spots of about 1 mm diameter extending across middle third
of body, dorsal-most spots on basal third of dorsal fin, ventralmost near anus and on mem¬
branes of lower third of anal fin, spots gradually darken posteriorly, becoming dark brown
on last third of body ; belly and anterior part of body above, behind, and in front of pec¬
toral-fin base uniform brown. Pectoral fins dusky. Pelvic fins brown. Caudal fin dark
brown with transluscent, triangular wedge located dorsoposteriorly on fin ; similar but
smaller wedge usually present ventroposteriorly. Dorsal fin with outer margin translus¬
cent, remainder of fin dark brown with a few light spots (see above) basally. Anal fin
dark brown with indistinct spots (see above) on membranes of basal third of fin. Rugo¬
sities on anal spines of adult males light tan.
Color in life : Based on color slides, taken by Victor G. Springer, of an adult male
collected at One Tree Island, Australia. Head : brown ; spots behind eye and on cheek
red ; nasal and supraorbital cirri yellowish ; nuchal cirri black basally and at tips, with
short, yellowish section located in middle of each cirrus ; branchiostegal membranes yel¬
lowish ; iris of eye red. Body : brown with purplish-red spots on middle third ; spots
1145
gradually darkening to dark brown posteriorly. Pectoral fin with yellow membranes
and tan rays. Caudal fin dark-brown, with yellow, triangular wedge over outer margin
of upper and lower rays. Dorsal-fin outer margin, including filamentous dorsal spine,
orange-yellow, remainder of fin dark-brown with purplish-red spots on basal third of mem¬
branes. Anal fin dark-brown with purplish-red spots. Rugosities on anal spines a dirty-
yellow color.
Reproductive biology : The presence of gravid females in collections made in dif¬
ferent months of the year, suggests that the species spawns year-round. At 20 mm SL,
small granular ovaries are present, by 32 mm SL, individual eggs are discernable in the
ovaries, and gravid females are found at 40 mm ST. (0.5 mm diameter eggs).
Distribution : Cirripectes chelomatus is known to occur on coral reefs and rocky
bottoms off eastern Australia from Lady Musgrave Reef (latitude 23°55' S), north to Sir
Charles Hardy Island (latitude 11°55' S) ; Lord Ilowe Island ; Loyalty Islands ; Tonga
Islands ; Fiji Islands ; Vanuatu ; and Rasilaki Island (Papua-New Guinea) (fig. 4). It
is represented in collections made at depths of zero to a maximum of 16 m (Tonga Islands),
but most specimens were collected shallower than 7 m.
Geographic variation : Although frecjuency distributions (table 1) suggest that
there may be geographic differences among different populations, particularly in the
number of LL tubes and the location of the end of the LL, the small sample sizes from all
but the eastern Australian population make these apparent differences suspect. Addi¬
tional material is needed to determine how much intrapopulational variation exists before
accurate comparisons can be made among populations. Specimens of Cirripectes chelomatus
Table 1. — Frequency distributions for selected characteristics of Cirripectes chelomatus.
Segmented
Segmented
Vertebra bearing
Precaudal
Caudal
dorsal-fin
rays
anal-fin
rays
last epipleural rib
vertebrae
vertebrae
14
15
16
15
16
17
15
16
17 18
9 10 11
19 20
21
Great Barrier Reef
7
109
2
2
104
8
19
54
32 3
1 108 2
2 1 106
3
Lord Howe Island
1
1
1
1
1
New Caledonia
2
1
2
1
1
2
3
2
1
Loyalty Islands
5
1
5
1
3
2
1
6
5
1
Tonga Islands
4
4
1
3
4
4
Fiji Islands
1
9
2
8
2
5
3
10
10
New Guinea
1
1
1
1
1
Total
8
131
4
4
125
10
26
65
39 3
1 133 2
2 129
5
22
23 24
Nuchal cirri
25 26 27 28 29
(number of free
30 31 32 33
tips)
34 35 36
37
38 39
Anal-fin
pterygiophore positions
1-1-2 1-2-1 2-1-'
Great Barrier Reef 2
2
5
14
15
6
5 5
3
2
1
25
79 6
Lord Howe Island
1
1
New Caledonia
1
1
1
2 1
Loyalty Islands
1
1
1
2
1
1
5
Tonga Islands
1
1
1
1
4
Fiji Islands
2
2
1
1
3
1
1
9
New Guinea
1
1
Total
1
2
2
7
17
18
8
1
8 5
7
2
2
1
1
27
101 7
Nasal cirri (total number of free tips on both sides)
Supraorbital cirri
(total number of free tips on both sides)
6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Great Barrier Reef
Lord Ilowe Island
New Caledonia 3
Loyalty Islands
Tonga Islands
11 12 19 10 2 4
1
1 1 1
4
Islands
Guinea
1
1
2
i
2 1
1 1
1
1 4 2 1
1
Total
5
6
8 6
10 8 9 6 5
7 4 I
S 2 2
1 1
1 18 16 23 11
2
Lateral
line
tubes
Lateral line
ends
under dorsal
spine or ray
0
1
2
3
4
5 6 7
8 XII
1 2
3
4
5 6
7
8 9 10
Great Barrier Heel 1 2 3 4
3
17
15
12
5 3 3
1
5
15
21 7
8
1 1
Lord Howe Island
1
1
New Caledonia
2
1
1
2
Loyalty Islands 5
1
2
2
1
Tonga Islands
1
2
1
2
1
2
Fiji Islands
1
1
4
4
1 2
5
2
New Guinea
1
1
Total
2
7
23
21
16
5 3 3
1 1
1 4
11
20
26 8
8
1 1
Upper lip papillae
29
30
31
32 33
34 35 36
37 38
! 39
40 41 -
42
43
Great Barrier Reef
Lord Howe Island
New Caledonia
Loyalty Islands
Tonga Islands
Fiji Islands
New Guinea
1
1
l 2
6 4 7
1
2
1
1 1 2
4 8 5
1 1
1
1 1
1
1
9 5
1
1
1
I 1
4
I
4
Total
3 17 6 12
6 10 811
8 5 4
1. Specimens with 11 precaudal vertebrae instead of the usual 10.
2. One specimen with 45 nuchal cirri not included.
3. Three specimens with 22, 25, and 82 nasal cirri, respectively, and two specimens with 22 and 93 supraorbital cirri, respectively,
not included.
4. One specimen with the last tube (widely separated from the preceding ones) under ray 15, not included.
5. Three small specimens (19.8-20.8 mm SL), two with one CL tube, and one with no !,!. tubes. All have LL ending under dorsal
spine X, not included.
1148 —
collected in the Fiji Islands have a more uniform body coloration than specimens from
other localities. The body spots are poorly defined on the Fiji specimens, and cannot
be discerned on small specimens. Since the size and shape of spots on the cheeks, and
other characteristics of these specimens fall within the range of variation for the species,
the Fiji population is considered to represent a geographic variant with respect to body
color pattern. For this reason, these specimens are not designated as types.
Etymology : Derived from the Greek cheloma, meaning notch, in reference to the
slight notch in the dorsal-fin membrane above the twelfth spine ; here used as a noun in
apposition.
Comments
Cine of the three specimens from New Caledonia (CAS 48958) exhibits extreme bran¬
ching of the cirri. The number of free tips on the nuchal cirri were too numerous to count ;
thus only the bases were counted for this specimen. Each nuchal cirrus is tree-like in
shape, having a stout base with a crown of branches. The nasal and supraorbital cirri
have more free tips than any other member of the species (i.e. total cirri counts of about
82 and 93, respectively). This specimen also has a high number of dorsal rays (16), anal
rays (17), and caudal vertebrae (21), but each of these counts is within the range of varia¬
tion for the species. Because its color pattern and all other characteristics are typical
for Cirripectes chelomatus, this specimen is assigned to C. chelomatus.
Unlike Springer’s (1967) findings for Entomacrodus, most of the diagnostic charac¬
ters recognized in this study are size independent, but three exceptions should be noted.
The number of LL tubes and the position of the end of the LL continue to change until
the individuals reach a size of approximately 35 mm SL. The three smallest specimens
(19.8-20.8 mm SL) have fewer LL tubes (0-1) and a more anterior termination of the LL
(beneath dorsal spine X) than most of the other specimens (see footnote 5 of table 1). Also
the color pattern changes from a relatively indistinct spotting pattern on individuals smaller
than about 35 mm SL, to the distinctive adult pattern on larger individuals.
Comparisons : Cirripectes filamentosus (Alleyne and Macleay) is the only species of
Cirripectes that is easily confused with C. chelomatus. These species apparently occur
sympatrically at Sir Charles Hardy Island, Australia (11°55' S, 143°27' E), where both
species were taken in a collection made at a depth of 0-6 m. In the area of sympatry,
C. filamentosus is easily distinguished from C. chelomatus by its pelvic-fin formula of 1,3
and its uniform brown body with spotting restricted to cheeks, as compared to the 1,4
count and to the distinctive spotting pattern on the body of C. chelomatus. The cheek
spots of C. filamentosus also differ from those of C. chelomatus in being larger, tear-shaped,
and poorly defined compared to the tiny, round, sharply defined spots of the latter.
Acknowledgments
We thank the curators and staff of the institutions that generously lent material. Special
thanks are given to Victor G. Springer for providing color slides of the new species, workspace
1149 -
for the senior author during a 10-week residence at the Smithsonian, and stimulating discussions
of blenniid taxonomy and systematies. Victor G. Springer and Carter R. Gilbert reviewed
an early draft of the manuscript, and suggested changes that improved the paper. We thank
Ginnie Lawman for her careful preparation of the typescript and table. During the course of this
study, the first author was supported in part by a Smithsonian Institution 10-week fellowship,
a visiting scientist stipend from CAS, and National Science Foundation Grant DEB-8207313.
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tion of five new genera and three new species (Pisces : Blenniidae). Smithson. Contr. Zool.,
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dae : Salariinae). Proc. U.S. natn. Mus., 122 (3582) : 1-150, 30 pi.
Le Comité de Rédaction du Bulletin du Muséum remercie les spécialistes qui ont bien voulu prêter
leur concours pour le choix et l’examen critique des manuscrits reçus pour publication dans la sec¬
tion A au cours de l’année 1983 :
J. Anthony, Laboratoire d’Anatomie comparée, MNHN, 55, rue Bufïon, 75005 Paris.
M.-L. Bauchot, Laboratoire d’ichtyologie générale et appliquée, MNHN, 43, rue Cuvier, 75005
Paris.
G. Bellan, Station marine d’Endoume, rue de la Batterie-des-Lions, 13007 Marseille.
G. Bernardi, Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée, MNHN, 45, rue Billion, 75005
Paris.
F. de Broin, Paléoanatomie et Paléobiogéographie, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue
Bubon, 75005 Paris.
E. R. Brygoo, Laboratoire des Reptiles et Amphibiens, MNHN, 25, rue Cuvier, 75005 Paris.
J. Carayon, Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée, MNHN, 45, rue Buffon, 75005 Paris.
A. Chabaud, Laboratoire de Zoologie (Vers), MNHN, 61, rue Bufïon, 75005 Paris.
Y. Coineau, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), MNHN, 61, rue Bufïon, 75005 Paris.
A. Crosnier, Laboratoire de Carcinologie et d’Océanographie biologique, École Pratique des
Hautes Études, MNHN, 61, rue Bufïon, 75005 Paris.
J. Daget, Laboratoire d’ichtyologie générale et appliquée, MNHN, 43, rue Cuvier, 75005 Paris.
S. Dallot, Station Zoologique, B.P. 28, 06230 Villefranche.
J.-M. Démangé, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), MNHN, 61, rue Bufïon, 75005 Paris.
A. Dinet, Station marine d’Endoume, rue de la Batterie-des-Lions, 13007 Marseille.
A. Dubois, Laboratoire des Reptiles et Amphibiens, MNIIN, 25, rue Cuvier, 75005 Paris.
C. Dupuis, Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée, MNHN, 45, rue Bufïon, 75005 Paris.
M. Emer it, Laboratoire de Zoologie, Université des Sciences et Techniques, pl. Eugène-Bataillon,
34060 Montpellier cedex.
J. Forest, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), MNHN, 61, rue Bulïon, 75005 Paris.
A. Guille, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, MNHN, 55, rue Bufïon,
75005 Paris.
P. J. Hayward, Department of Zoology, University College of Swansea, Swansea SA2 8 PP,
Wales U.K., Grande-Bretagne.
Lasserre, Station Biologique, 33120 Arcachon.
R. Laurent, Fundacion Lillo, Miguel Lillo 205, 4000 Tucuman, Argentine.
M. Ledoyer, Station marine d’Endoume, rue de la Batterie-des-Lions, 13007 Marseille.
R. Legendre, Laboratoire de Zoologie (Morphologie et Écologie), LIniversité des Sciences et
Techniques du Languedoc, pl. Eugène-Bataillon, 34060 Montpellier cedex.
C. Lévi, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, MNHN, 57, rue Cuvier,
75005 Paris.
R. H. Millar, Dunstafïnage Marine Research Laboratory, Scottish Marine Biological Associa¬
tion, P.O. Box 3, Oban-Argyll, Scotland.
C. Monniot, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, MNHN, 55, rue
Bufïon, 75005 Paris.
G. Pasteur, Laboratoire de Zoologie, Morphologie et Écologie, VSTL, 36060 Montpellier cedex.
Ritter, INRA, Station de Recherches sur les Nématodes, 123, bd Francis-Meilland, B.P. 78,
06602 Antibes cedex.
J. Vacelet, Station marine d’Endoume, rue de la Batterie-des-Lions, 13007 Marseille.
M, Vachon, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), MNHN, 61, rue Bufïon, 75005 Paris.
Van Waerebeke, Laboratoire de Zoologie (Vers), MNHN, 61, rue Bufïon, 75005 Paris.
Achevé d’imprimer le 29 février 1984.
Le 3 e trimestre de l’année 1983 a été diffusé le 26 janvier 1984.
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T. 111 — Heim (Jean-Louis). — Les squelettes de la sépulture familiale de Bufîon à Montbard (Côte d’Or).
Étude anthropologique et génétique. 1979, 79 p., 22 tabl., 19 fig., 8 pl. h.-t.
T. 112 — Guinot (Danièle). — Données nouvelles sur la morphologie, la phylogenèse et la taxonomie
des Crustacés Décapodes Brachyoures. 1979, 354 p., 70 fig., 27 pl. h.-t.
T. 113 — Bayssade-Dufour (Christiane). — L'appareil sensoriel des Cercaires et la systématique des
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poda, Cyclopoida), with descriptions of new species. 1980, 193 p., 62 fig.
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fig., 6 pl.
T. 119 — Golvan (Yves), Combes (Claude), Euzeby (Jacques) et Sai.vat (Bernard). — Enquête d’épi¬
démiologie écologique sur la schistosomose à Schistosoma mansoni en Guadeloupe (Antilles françaises.)
1981, 229 p., fig., 3 pl.
T. 120 — Munoz-Cuev as (Arturo). — Développement, rudimentation et régression de l’oeil chez les
Opiliens (Arachnida). Recherches morphologiques, physiologiques et expérimentales. 1981, 117 p.,
fig., 10 pl.
TL 121 — IIuoot (Jean-Pierre). — Les Syphaciinae (Oxyuridae) parasites de Sciuridés. Évolution des
v* genres Syphalineria et Syphabulea. 1981, 64 p., fig.
T. 122 — Felice (Suzanne). — Étude anthropologique des quatre squelettes de Kader des monts
Anémalé (Inde). 1981, 65., fig.
T. 123. — Deuxième Symposium sur la spécificité parasitaire des parasites de Vertébrés. 1982, 326 p.,
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T. 124 — Paulian (Renaud). — Révision des Cératocanthides (Coleoptera, Scarabaeoidea) d’Amérique
du Sud. 1982, 110 p., fig., 18 pl.
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