ISSN 0181-0626
BULLETIN
du MUSÉUM NATIONAL
d’HISTOIKE NATURELLE
PUBLICATION TRIMESTRIELLE
SECTION
4* SERIE T. 6 1984 N° 4
zoologie
biologie et écologie
animales
Octobre-Décembre 1984
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
57, rue Cuvier, 75005 Paris
Directeur : Professeur E. R. Brygoo
Section A : ZOOLOGIE
Directeurs : Pr E. R. Brygoo et M. Vachon.
Rédaction : P. Dupérier.
Comité scientifique : R. C. Anderson (Guelph), M. L. Bauchot (Paris),
J. Carayon (Paris), A. Chabaud (Paris), A. M. Clark (London), Y. Coi-
neau (Paris), B. Collette (Washington), J. Daget (Paris), C. Delamaiie
Deboutteville (Paris), J. Dorst (Paris), C. Dupuis (Paris), N. Halle
(Paris), C. Heip (Gent), R. Killick-Kendrick (Ascot), Y. Laissus (Paris),
R. Laurent (Tucuman), C. Lévi ( Paris), H. W. Levi (Cambridge, USA),
C. Monniot ( Paris), G. Pasteur (Montpellier), R. Paulian (Ste Foy-la-
Grande), P. Pesson (Paris), J. Vacelet (Marseille), A. Waben (Gôteborg),
P. Whitehead (London).
Un Comité de lecture examine tous les manuscrits reçus et nomme des
rapporteurs.
Fondé en 1895, le Bulletin du Muséum d’Histoire naturelle est devenu à partir de 1907 :
Bulletin du Muséum national d’Histoire naturelle. Des travaux originaux relatifs aux diverses
disciplines scientifiques représentées au Muséum y sont publiés. Il s’agit essentiellement
d’études de Systématique portant sur les collections conservées dans ses laboratoires, mais
la revue est également ouverte, depuis 1970 surtout, à des articles portant sur d’autres
aspects de la Science : biologie, écologie, etc.
La l re série (années 1895 à 1928) comprend un tome par an (t. 1 à 34), divisé chacun en
six fascicules regroupant divers articles.
La 2 e série (années 1929 à 1970) a la même présentation : un tome (t. 1 à 42), six fasci¬
cules par an.
La 3 e série (années 1971 à 1978) est également bimestrielle. Le Bulletin est alors divisé
en cinq Sections et les articles paraissent par fascicules séparés (sauf pour l’année 1978
où ils ont été regroupés par fascicules bimestriels). Durant ces années chaque fascicule est
numéroté à la suite (n 03 1 à 522), ainsi qu’à l’intérieur de chaque Section, soit : Zoologie
n 08 1 à 356 ; Sciences de la Terre, n 08 1 à 70 ; Botanique, n 08 1 à 35 ; Écologie générale,
n 08 1 à 42 ; Sciences physico-chimiques, n 08 1 à 19.
La 4 e série débute avec l’année 1979. Le Bulletin est divisé en trois Sections : A : Zoolo¬
gie, biologie et écologie animales ; B : Botanique, biologie et écologie végétales, phyto¬
chimie (fusionnée à partir de 1981 avec la revue Adansonia) ; C : Sciences de la Terre, paléon¬
tologie, géologie, minéralogie. La revue est trimestrielle ; les articles sont regroupés en
quatre numéros par an pour chacune des Sections ; un tome annuel réunit les trois Sec¬
tions.
S’adresser :
— pour les échanges, à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’Histoire naturelle,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24; 331-95-60.
pour les abonnements et achats au numéro, au Service de vente des Publications du
Muséum, 38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris, tél. 331-71-24 ; 331-95-60.
C.C.P. Paris 9062-62.
pour tout ce qui concerne la rédaction, au Secrétariat du Bulletin, 57, rue Cuvier,
75005 Paris, tél. 587-19-17.
Abonnements pour l’année 1984 (Prix h.t.)
Abonnement général : 1200 F.
Section à : Zoologie, biologie et écologie animales : 740 F.
Section B : Botanique, Adansonia : 340 F.
Section C : Sciences de la Terre, paléontologie, géologie, minéralogie : 240 F.
Numéro d'inscription à la Commission paritaire des publications et agences de presse : 1403 AD
BULLETIN DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
4 e série, 6, 1984, section A (Zoologie, Biologie et Écologie animales), n° 4
SOMMAIRE — CONTENTS
G. Chekbonnier et J.-P. Feral. — Les Holothuries de Nouvelle-Calédonie.
Deuxième contribution (Deuxième partie : Stichopodidae, Cucumariidae, Phyl-
lophoridae et Synaptidae) . 827
The Holothurians from New Caledonia. Second contribution. (Second part : Stichopo¬
didae, Cucumariidae, Phyllophoridae et Synaptidae).
G. Chekbonnier. — Redescription et nouvelle position générique de l’Holothurie
dendrochirote Euthyonidiella atlantica (Ludwig et Heding).
Redescription and new generic position of the Holothurian Dendrochirota Euthyonidiella
atlantica (Ludwig et Heding).
M. Jangoux et A. Aziz. — Les astérides (Echinodermes) du centre-ouest de l’océan
Indien (Seychelles, Maldives et îles Mineures).
The asteroids (Echinodermata) of the central-west part of the Indian ocean (Seychelles,
Maidive Archipelagoes).
F. Monniot. — Ascidies littorales de Guadeloupe. VIII. Questions de systéma¬
tique évolutive posées par les Didemnidae. 885
Littoral Ascidians from Guadeloupe. VIII. Questions about the evolutionary systematics
stated by the Didemnidae.
J.-L. ü’Hondt et T. J. M. Schopt. — Bryozoaires des grandes profondeurs recueillis
lors des campagnes océanographiques de la Woods Hole Oceanographic Insti¬
tution de 1961 à 1968. 907
Bathyal and abyssal Bryozoa dredged during the 1961-1968 oceanographic cruises of the
Woods Hole Oceanographic Institution.
J . Renaud-Mornant. — Nouveaux Arthrotardigrades des Antilles. 975
New Arthrotardigrada from the West Indies.
4, 1
853
857
5'BL.Cn
V tSF ' ‘'A
PAR
826 -
J. I. Saiz Salinas. — Types et description ignorées de Sipunculiens (Sipuncula) de
la collection de Rochebrune (1881).
Type specimens and ignored descriptions of Sipunculans (Sipuncula) of the de Roche-
brune's collection ( 1881 ).
C. Lèbre et A. J. Petter. — Cucullanus campanae n. sp. (Cucullanidae, Nematoda),
parasite de la Sole : Solea vulgaris vulgaris (Pleuronectiformes). 999
Cucullanus campanae n. sp. (Cucullanidae, Nematoda), a parasite of the common sole,
Solea vulgaris vulgaris (Pleuronectiformes).
J.-P. IIugot. — Sur le genre Trypanoxyuris (Oxyuridae, Nematoda). II. Sous-
genre Hapaloxyuris parasite de Primates Callitrichidae. 1007
The genus Trypanoxyuris (Oxyuridae, Nematoda). II. Sub-genus Hapaloxyuris para¬
site of Primates Callitrichidae.
R. Legendre et R. Calderon-Gonzalez. — Liste systématique des Araignées
mygalomorphes du Chili. 1021
Systematic list of the Araneae Mygalomorphae from Chile.
J.-F. David et T. Couret. — La fin du développement post-embryonnaire en condi¬
tions naturelles de Polyzonium germanicum (Brandt) (Diplopoda, Polyzoniida). 1.067
End of post-embryonic development in the field of Polyzonium germanicum (Brandt)
(Diplopoda, Polyzoniida).
B. Casanova. — Phylogénie des Euphausiacés (Crustacés Fucarides)
Phylogeny of the Euphausiaceans (Crustacea Eucarida).
1077
R. Paulian et D. Pluot-Sigwalt. — Les Canthonines de Nouvelle-Calédonie
(Coleoptera, Scarabaeidae). Etude systématique et biogéographique. 1091
The New Caledonian species of Canthonines (Coleoptera, Scarabaeidae). Taxonomie and
biogeographic study.
L. F. Mendes. — Sur quelques Lepismatides (Zygentoma, Insecta) du Sahara algé¬
rien. Notes et description d’une nouvelle espèce du genre Hyperlepisma Silv.,
1932 ... 1135
On some Lepismatids (Zygentoma, Insecta) from the algerian Sahara. Notes and descrip¬
tion of a new species of the genus Hyperlepisma Silv., 1932.
E. R. Brygoo. — Systématique des Lézards Scincidés de la région malgache. XVI.
Les Amphiglossus du groupe ornaticeps . 1153
Taxonomie studies on the Lizards Scincidae from Malagasy region. XVI. The Amphi¬
glossus belonging to the ornaticeps group.
B ull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6, 1984
section A, n° 4 : 827-851.
Les Holothuries de Nouvelle-Calédonie
Deuxième contribution
(Deuxième partie : Stichopodidae , Cucumariidae , Phyllophoridae et Synaptidae) 1
par Gustave Cherbonnier et Jean-Pierre Feral
Stichopus variegatus Semper
(Fig. 17, A-M)
Stichopus variegatus Semper, 1868 : 73, pl. 16, pl. 30 fig. 1, 6, pl. 31 fig. 2, 3, 6, 9, pl. 32 lig. 1, 3
5, pl. 33 fig. 4, 5, 6, 9, 17, pl. 35 fig. 1, 11, 12, 13, pl. 36 fig. 1, pl. 38 fig. 10 ; Lampert, 1885
105 ; Théel, 1886 : 162, pl. 7 fig. 7 ; Ludwig, 1883 : 164 ; Bell, 1887 : 140 ; Ludwig, 1887
1224 ; Sluiter, 1887 : 196 ; Lampert, 1889 : 814 ; Sluiter, 1894 : 104 ; Koehler, 1895a
384 ; Sluiter, 1901 : 52 ; Koehler et Vaney, 1908 : 23 ; Pearson, 1903 : 205 ; Pearson, 1910
173 ; Sluiter, 1914 : 6 ; H. L. Clark, 1921 : 186; H. L. Clark, 1922 : 67 ; Engel, 1933
11, fig. 11-12, pl. 1 fig. 4 ; Domantay, 1933 : 79, pl. 2, fig. 1 ; Ohshima, 1935 : 151, fig. 10
H. L. Clark, 1938 : 513 ; Heding, 1940a : 124 ; Heding, 1940ft : 116 ; Panning, 1944 : 31
fig. 4 ; Cherbonnier, 1947 : 187, fig. a-d ; Domantay, 1953 : 124 ; Tortonese, 1955 : 46
Domantay, 1963 : 99, fig. 19, a-g ; Halstead, 1965 : pl. 33 fig. 5 ; Gillett, 1968, pl. 57
Burton et Burton, 1970 : 2058, fig. couleur ; Clark et Rowe, 1971 : 178, pl. 27 fig. 20 ; Liao
1975 : 204 ; Gibbs, Clark et Clark, 1976 : 139 ; Anonyme, 1975 : 18, fig. ; A. M. Clark, 1977
fig. couleur ; Anonyme, 1979 : 17, fig. ; Catala, 1980 : 245, phot, couleur 92.
Stichopus variegatus hermanni Semper, 1868 : 73, pl. 17, pl. 30 fig. 2.
Stichopus variegatus trepangi Domantay, 1936 : 12, pl. 1 fig. 26-27.
Stichopus cylindricus Haacke, 1880 : 47.
Stichopus hirotai Mitsukuri, 1912 : 161, fig. 28.
Stichopus levis Sluiter, 1887 : 198 pl. 1 fig. 6.
Stichopus oshimae Mitsukuri, 1912 : 171, fig. 30.
Stichopus vastus Sluiter, 1887 : 198, pl. 2 fig. 46-48.
Origine : Sud-ouest de Pilot Redika (22°31 / S-166°36' E), 15 m, 1981, 1 ex.
L’unique exemplaire en notre possession, très contracté, très plissé, bombé dorsale-
ment et à ventre aplati, mesure 215 mm de long sur une largeur moyenne de 50 mm. La
bouche, ventrale, est entourée d’un cercle de papilles coniques de 4 à 5 mm de long ; l’anus
est terminal. La face ventrale, jaune clair, est parsemée de petits podia, au nombre de six
à dix par cm 2 ; leur ventouse, marron foncé, est soutenue par un disque calcaire de 380
à 420 p.m de diamètre. La face dorsale est marron foncé, parsemée de taches jaunâtres et
de points noirs ; les papilles sont de deux tailles : de grosses fia pilles d’au moins 10 mm de
1. La première partie de cette étude concerne les Synallactidae et les Holothuriidae (cf. Bull. Mus.
natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6, 1984, section A, n° 3 : 659-700, 16 fig., 4 pl.).
— 828 -
haut, disposées apparemment sur huit rangs, et, parmi elles, de petites papilles de 2 à 4 mm.
Sur les flancs, les papilles, longues de 7 à 15 mm, sont jaunes du côté ventral, marron clair
du côté dorsal.
Fig. 17. - — Stichopus variegatus Semper : A, tourelles du tégument à disque à bord ondulé ; B, tourelles
du tégument à disque à bord dentelé ; C, grandes tourelles ; D, tourelles vues de profil ; E, F, tou¬
relles des papilles ; G, rosettes du tégument ; H, corps en C du tégument ; I, corpuscules des tentacules ;
.1, couronne calcaire ; K, plaque des podia ventraux ; L, bâtonnets des podia ventraux ; M, bâtonnets des
tentacules.
(J = éch. 1 ; K, L, M = éch. 2 ; A-I = éch. 3.)
— 829 —
Vingt tentacules jaunâtres. Couronne calcaire à très larges radiales, à étroites inter¬
radiales (fîg. 17, J). Ampoules tentaculaires de 3 à 4 mm de long. Une vésicule de Poli
de 17 mm. Deux canaux hvdrophores accolés, peu calcifiés, de 3 mm. Muscles longitudi¬
naux larges de 10 à 12 mm, bifides, à bords épaissis en bourrelet. Gonades ? Poumons
très feuillus, le droit remontant jusqu’à la couronne calcaire, le gauche à mi-corps. Pas de
tubes de Cuvier. Cloaque de 45 mm.
Spicules : Les tourelles du tégument ont un disque à bord ondulé, percé de huit à
vingt trous (fig. 17, A), ou un disque à bord dentelé percé de quatre trous centraux et d’un
nombre variable de trous périphériques (fig. 17, B) ; leur flèche, à quatre piliers et une
entretoise, est surmontée d’une couronne perforée plus ou moins épineuse (fig. 17, D). De
rares tourelles ont un grand disque d’où s’élève une flèche à couronne irrégulière ou rudi¬
mentaire (fig. 17, C). Les tourelles des papilles ont un très grand disque multiperforé à
flèche de hauteur moyenne couronnée d’épines (fîg. 17, E) ; vues de profil, ces tourelles
présentent une flèche massive à une entretoise, terminée par de longues épines émoussées
(fig. 17, F). Les rosettes du tégument sont cruciformes à branches ramifiées (fig. 17, G)
et les corps en C de trois tailles différentes (fig. 17, H). Les bâtonnets des podia ventraux
sont épineux (fig. 17, L) et sont accompagnés de grandes plaques à bords déchiquetés et
nombreux trous en majorité pentagonaux (fig. 17, K). Les bâtonnets des tentacules sont
longs, étroits, épineux (fig. 17, M), et leurs corps en C, en S ou en X sont de petite taille
(fig. 17, I).
Observations : Stichopus variegatus, espèce à coloration très variable, a donné lieu
à la création de nombreuses espèces ou variétés ; en effet, il peut avoir une face dorsale
jaunâtre avec, en nombre variable, de grosses verrucosités rougeâtres à marron foncé,
ou être entièrement de couleur rouille.
Ecologie : St. variegatus est très abondant, généralement dans des endroits peu agi¬
tés, dans tout le lagon sud de l’îlot Redika, entre 12 et 18 m, sur les fonds de sable coquillier
avec phanérogames ; il est commun dans le lagon sud-ouest, entre Saint-Vincent et l’île
Ouen, dans la zone soumise aux apports terrigènes, et dans le nord de la Nouvelle-Calédonie,
de Poum aux îles Belep. Cette espèce se lance parfois, à l’approche des plongeurs, dans des
contorsions et des reptations effrénées aboutissant parfois à l’autotomie transversale médiane
de l’animal.
Répartition géographique : Mer Rouge, côte est d’Afrique, Madagascar, île Mau¬
rice, et depuis le golfe Persique jusqu’au nord de l’Australie, les côtes de Chine, du Japon,
les îles Philippines, Palau et des Navigateurs.
Thelenota ananas (Jaeger)
(Fig. 18, A-J)
Trepang ananas Jaeger, 1833 : 24, pl. 3 fig. 1.
Holothuria ananas : Quov et Gaimard, 1833 : 110, 116, pl. 6 fig. 1-3 ; Selenka, 1867 : 322.
Stichopus ananas : Théel, 1886 : 196 ; Sluiter, 1901 : 30, pl. 2 fig. 1 ; Mitsukuri, 1912 : 150, text-
fig. 25, pl. 1 fig. 6-8.
Fig. 18. — Thelenota ananas (Jaeger) : A, corps branchus ; B, plaquettes ; C, pseudo-tourelles ; D, corps
cruciformes du tégument ventral ; E, spicule branchu ; F, spicules branchus du tégument anal et des
papilles ; G, bâtonnet ; H, « rosace » des tentacules ; I, plaque des podia ventraux ; J, couronne cal¬
caire.
— 831 —
Thelenota ananas : H. L. Clark, 1921 : 184, pi. 18 fig. 2 ; Panning, 1944 : 26, fig. 1-2 (synonymie) ;
Clark et Spencer Davies, 1965 : 600, 603 ; Clark et Rowe, 1971 : 178, pi. 27 fig. 17 ; Ano¬
nyme, 1975 : 12, fig. ; Liao, 1975 : 204, fig. 2 (1-3) ; Rowe et Doty, 1977 : 227, fig. 2b, 5e ;
Anonyme, 1979 : 12, fig. ; Sloan, Clark et Taylor, 1979 : 124 ; Conand, 1981 : phot. A, AC
Origine : Récif lo (22°30,2' S-166°26,6' E), 8 m, 111-1982, 1 ex.
L’unique spécimen, juvénile, à dos bombé et ventre aplati, ne mesure que 11 cm de
long et 5 cm de large, alors qu’à l’état adulte l’animal peut mesurer au moins 60 cm sur 15 cm.
La face dorsale est marron clair à marron foncé, avec des zones interstitielles noires entre
les papilles ; celles-ci, de même couleur que le tégument, sont foliacées et couvrent entière¬
ment le bivium. La face ventrale est rouge orangé ; les podia ventraux, gros, courts, marron
clair, sont répartis sur tout le trivium, cependant plus nombreux sur les radius que sur les
les interradius. La bouche, ventrale, est entourée d’un cercle de papilles dont les dorsales
sont au moins deux fois plus grandes que les ventrales. L’anus est terminal.
Vingt grands tentacules bruns. Couronne calcaire à larges radiales et interradiales
étroites (fîg. 18, J). Courtes ampoules tentaculaires. Un court canal hydrophore. Deux
vésicules de Poli partant d’un canal commun : une grosse en forme d’outre et une petite
digitiforme. Les autres viscères ont été rejetés lors de la capture.
Spicules : Les spicides du tégument ventral sont essentiellement des corps cruciformes
ou dérivés de cette forme (fig. 18, D), accompagnés de corps branchus plus ou moins épi¬
neux, surmontés parfois d’un assez haut pilier central (fig. 18, À), se transformant en
plaquettes largement percées (fig. 18, B) ; on y trouve aussi des pseudo-tourelles dont la
flèche, formée de trois à quatre longues baguettes pointues, repose sur une base à deux
ou quatre piliers (fig. 18, C), ainsi que de très nombreux petits grains calcaires. Ces mêmes
spicules se retrouvent dans le tégument dorsal et dans les papilles où les corps branchus
deviennent plus grands (fig. 18, F). Les podia ventraux, dont la ventouse est soutenue
par un disque calcaire de 390 à 410 pan de diamètre, possèdent des spicules branchus
(fig. 18, E), de longs bâtonnets (fig. 18, G), ainsi que de grandes plaques treillissées (fig. 18, I).
Les corps branchus des tentacules, à très nombreux rayons, ont leur centre percé de grands
trous irréguliers (fig. 18, II).
Ecologie : Th. ananas est présent, entre 5 et 30 m, tout autour de la Nouvelle-Calé¬
donie, généralement sur des fonds durs de dalles indurées, d’éboulis et de gros débris coral¬
liens, exceptionnellement sur les fonds meubles avec débris coquilliers et Sargasses ; abon¬
dant aussi sur certains plateaux à proximité des passes du grand récif.
Répartition géographique : Seychelles, îles Mascareignes, îles Maldives, Java,
Nouvelle-Calédonie, nord de l’Australie, Chine, Japon, îles Guam et des Navigateurs.
Thelenota anax H. L. Clark
(Fig. 19, A-F)
Thelenota anax H. L. Clark, 1921 : 185, pi. 18 fig. 3 ; Yamanouti, 1939 : 633 (table 17) ; IL L. Clark,
1946 : 420 ; Clark et Rowe, 1971 : 178 ; Liao, 1975 : 205, fig. 6 (8-10 ?) ; Rowe et Doty,
1977 : 227, fig. 5 f ; Cherbonnier, 1979a : 9, fig. 5, A-N ; Anonyme, 1979 : 15, fig.
Origine : Passe de Boulari (22°31' S-lfiô^ô' E), 15 m, 1981, 1 ex.
832
L’animal, vivant, peut mesurer 75 cm de long sur 16 cm de large ; la face dorsale est
crème avec des zones plus ou moins grandes, brunes à orangées ; la face ventrale est jaune
crème. Ces couleurs, d’autant plus vives que l’exemplaire est plus jeune, sont partielle¬
ment conservées en alcool.
Fig. 19. — Tlielenota anax H. L. Clark : À, corps branchus du tégument ; B, plaque rare dans le tégument
mais abondante dans les tentacules ; C, bâtonnets des podia ventraux ; D, spicules des tentacules ;
E, bâtonnet des papilles dorsales ; F, couronne calcaire.
(F = éch. 1 ; A-E = éch. 2.)
Notre spécimen, fortement contracté et plissé, mesure environ 20 cm de long sur 10 cm
de large. Les podia ventraux, tous rétractés, se disposent en grand nombre et très serrés
sur tout le trivium ; leur large ventouse est soutenue par un disque calcaire de 580 à 600 |xm
de diamètre. Les papilles dorsales, coniques, sans ventouse ni disque calcaire, sont égale¬
ment fort nombreuses et réparties, sans ordre, sur tout le bivium ; parmi elles se trouvent,
— 833 —
dispersées, de grosses verrucosités de 4 à 5 mm de haut et de 6 à 8 mm de diamètre à la
base, ou qui forment une bordure continue d’une quarantaine de verrucosités à la limite
du bivium et du trivium.
Dix-huit tentacules. Couronne calcaire à larges radiales, à interradiales étroites, à
base assez fortement ondulée (fig. 19, F). Très longues ampoules tentaculaires. Une touffe
de six vésicules de Poli inégales partant d’un gros tronc commun. Un minuscule canal
hydrophore. Gonades faites d’un très grand nombre de tubes simples, très fins et courts.
Poumons marron violacé, peu ramifiés, remontant jusqu’à la couronne calcaire. Muscles
longitudinaux très larges, bifides. Intestin contenant un sable coquilber grossier. Pas de
tubes de Cuvier. Vaste cloaque. Tégument interne violet foncé.
Spicules : Les spicules sont des corps branchus, souvent à nombreuses ramifications
et perforations polygonales (fig. 19, A), ou en forme de pseudo-rosaces, à contours et trous
dentelés (fig. 19, B), ces derniers spicules surtout abondants dans les tentacules : ceux-ci
ont, en plus, des bâtonnets droits, arqués ou en X (fig. 19, D). La paroi des podia ventraux
est soutenue par quelques courts bâtonnets lisses ou un peu noduleux (fig. 19, C), celle
des papilles dorsales par de rares très longs bâtonnets épineux (fig. 19, E).
Ecologie : T. anax est présent tout autour de la Nouvelle-Calédonie, dans le lagon
et dans les passes, entre 12 et 30 m, sur des fonds de sable corallien pur ou coquilber. Trois
spécimens, présentant des papilles très développées, auraient été vus sur la pente externe
du récif barrière sud.
Répartition géographique : Nord-est de l’Australie, Nouvelle-Calédonie, îles Xisba,
Guam, atoll Eniwetok, îles Glorieuses (nord de Madagascar).
Pentacta australis (Ludwig)
(Fig. 20, A-K)
Colochirus australis Ludwig, 1875 : 88, pl. 6 fig. 15 ; Sluiter, 1888 : 205, pl. 2 fig. 20-22.
Pentacta australis : H. L. Clark, 1938 : 445.
Ilolothuria pentagona Quoy et Gaimard, 1833 : 135.
Pentacta pentagona : Cherbonnier, 1952 : 33, textfig. 12, 13, pl. 3 fig. 7.
Origine : Ile des Pins, récif Tiaré (22°31,1 / S-167°24' E), 3 à 20 m, récolte de nuit, 1981,
9 ex.
Tous les spécimens sont pentagonaux, le radius ventral médian étant peu proémi¬
nent. Leurs tentacules sont étalés ou invaginés ; dans ce dernier cas, la bouche, terminale,
est fermée par cinq grandes valves triangulaires. Le plus grand exemplaire mesure 30 mm
de long sur 7 mm de large, le plus petit 18 mm sur 9 mm. Ils ont un tégument épais, coriace,
brun noir sur la face dorsale, jaunâtre sur la face ventrale sauf aux extrémités où il est gris
foncé ; les tentacules ont le tronc noirâtre, les ramifications blanches tachetées de jaune.
Les podia ventraux longs, gros, sont disposés, très serrés, en double rang sur chaque radius.
Les papilles dorsales, portées par de faibles verrucosités, minuscules, de même couleur que
le tégument et donc difficiles à discerner, semblent peu nombreuses et réparties en deux
Fig. 20. — Pentacta australia (Ludwig) : A, B, corbeilles du tégument ; G, boutons noduleux du tégu
ment ; D, E, plaques des podia ; G, J, bâtonnets, ; F, K, plaques ; H, rosette des tentacules ; I, cou
ronne calcaire.
(I = éch. 1 ; A, B, C, J = éch. 2 ; D-H, K == éch. 3.)
— 835 —
rangs alternes par radius. L’anus, légèrement dressé vers le haut, est armé de cinq petites
dents calcaires.
Dix tentacules, dont deux ventro-médians très petits. Couronne calcaire à radiales
encochées au sommet, à interradiales pointues (fig. 20, I). Une grosse vésicule de Poli et
un court canal hydrophore terminé par un madréporite sphérique. Gonades faites de très
gros tubes assez courts. Muscles rétracteurs s’attachant, au quart antérieur du corps, à
des muscles longitudinaux larges et plats. Poumons très ramifiés remontant jusqu’à la
couronne calcaire.
Spicules : Les spicules du tégument sont de deux sortes : des corbeilles percées de
quatre à six trous, dont quatre grands centraux, à surface et bords ornés de gros nodules
(fig. 20, A), ainsi que de nombreuses corbeilles en voie de formation (fig. 20, B), des bou¬
tons irréguliers (fig. 20, C) qui se transforment peu à peu en nodules épais, ronds ou ovoïdes,
ayant 600 à 700 pm de diamètre et 200 à 300 |xm d’épaisseur. La paroi des poclia est sou¬
tenue par des bâtonnets (fig. 20, D) et de petites plaques (fig. 20, E). Les tentacules pos¬
sèdent des bâtonnets mesurant jusqu’à 500 pm (fig. 20, J), de petits bâtonnets (fig. 20, G),
des plaquettes (fig. 20, K), de nombreuses rosettes (fig. 20, H), ainsi que de grandes plaques
dérivées des rosettes (fig. 20, F).
Écologie : P. australis a été observé de nuit, en grande quantité, sur un récif proche
de l’île des Pins, riche en organismes fixés, ainsi que sur une pente récifale exposée au
vent dominant et aux courants.
Répartition géographique : Ile Billiton (mer de Java), Australie, Nouvelle-Calédonie.
Cladolabes acicula (Semper)
(Fig. 21, A-G)
Cucumaria acicula Semper, 1868 : 54, pl. 15 fig. 11.
Pseudocucumis acicula : Ludwig, 1875 : 90 ; Haacke, 1880 : 46, 47 ; Théel, 1886 : 125 ; Domantay,
1936, 84, pl. 2 fig. 5.
Cladolabes aciculus : Heding et Panning, 1954 : 130, fig. 56 (synonymie) ; Liao, 1975 : 200, fig. 1
Cladolabes acicula : Clark et Rowe, 1971 : 182, fig. 95 c (comme aciculus), pl. 30, fig. 6 (comme
acicula).
Origine : Ile des Pins, récif Tiare (22°31,U S-167°24' E), 6 m, récolte de nuit, 27-VI1-1981,
1 ex.
Dans son milieu, C. acicula a une face dorsale brun rouge à brun noir, une face ven¬
trale un peu plus claire, et des tentacules brun chocolat. L’unique exemplaire en notre
possession, assez contracté et plissé mais à tentacules dévaginés, mesure 80 mm de long
sur 20 mm de large ; en alcool, son tégument, lisse, est brun rouge sauf à l’extrémité orale
où, sur une hauteur d’environ 10 mm, il est brun chocolat. Les podia, à tige jaunâtre et
large ventouse marron clair soutenue par un disque calcaire de 480 à 520 pm de diamètre,
sont gros et courts, la plupart étant rétractés ; par suite de la forte contraction de l’animal,
leur répartition est difficile à saisir ; ils semblent disposés en deux rangs serrés sur chaque
radius, sans podia interradiaires.
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Fïg. 21. — Cladolabes acicula (Semper) : A, B, pseudo-tourelles du tégument ; C, pseudo-tourelles de
l’introvert ; D, corpuscules crépus ; E, plaque des podia ; F, couronne calcaire ; G, bâtonnets des ten¬
tacules.
(F = éch. 1 ; autres figures = éch. 2.)
- 837 —
\ ingt tentacules brun chocolat répartis en trois cercles : dix grands sur un cercle
externe, cinq deux fois plus petits sur un cercle intermédiaire et cinq très petits sur un
cercle interne. Couronne calcaire à larges radiales prolongées postérieurement par deux
étroits rubans calcaires les unissant à de hautes et étroites interradiales lancéolées (fig. 21, F).
Très nombreuses vésicules de Poli ainsi que beaucoup de canaux hydrophores à madré-
porite sphérique minuscule. Muscles rétracteurs minces s’attachant, vers le milieu du corps,
à des muscles longitudinaux étroits et plats. Poumon gauche atrophié, le droit remontant
jusqu à la couronne calcaire. Gonades faites de gros tubes courts, simples, blanc laiteux.
Grand cloaque noir.
Spicules : Les spicules du tégument se présentent comme de pseudo-tourelles à base
étroite, circulaire ou non, perforée ou digitée, surmontée d’un long bâtonnet simple (fig. 21, A)
ou fourchu (fig. 21, B). Les spicules de l’introvert (fig. 21, G) sont nettement différents
de ceux du tégument. Les podia possèdent de grandes plaques à contours irréguliers, à
surface percée d’un nombre variable de trous inégaux (fig. 21, E). Les bâtonnets des ten¬
tacules, le plus souvent multiperforés aux extrémités ou sur leur totalité (fig. 21, G), sont
accompagnés de très nombreux corpuscules crépus dont certains d’une grande taille (fig. 21,
D), corpuscules que l’on retrouve en abondance dans le péristome.
Écologie : Cette espèce, présente, entre 3 et 8 mètres, dans tout le lagon Calédonien,
se voit surtout la nuit grâce à ses tentacules épanouis ; elle vit sur des fonds durs, souvent
dans les cavités des blocs détritiques des zones proches du littoral.
Répartition géographique : Ile Maurice, îles Andaman, Indonésie, nord de l’Aus¬
tralie, Nouvelle-Calédonie, îles Xisha, Philippines, Hawaii, Fidji et Tonga.
Euapta godeffroyi (Semper)
(Fig. 22, A-G)
Synapta gudefjroyi Semper, 1868 : 231, pl. 39 fig. 13 ; Haacke, 1880 : 46 ; Ludwig, 1883 : 156 ;
Lampert, 1885 : 218 ; Théel, 1886 : 22 ; Sluiter, 1894 : 105 ; Sluiter, 1901 : 123.
Euapta godeffroyi : Ostergren, 1898 : 113 ; Fisher, 1907 : 721 ; H. L. Clark, 1907 : 72 ; H. L.
Clark, 1921 : 158 ; H. L. Clark, 1924 : 462, pl. 1 fig. 1-4 ; Heding, 1928 : 137, fig. 8 (3-4),
9 (2), 10 (1-2) ; Domantay, 1936 : 85, pl. 2 fig. 9 ; Cherbonnier, 1955 : 172, pl. 48 fig. A-J ;
Clark et Spencer Davies, 1966 : 600 ; Clark et Rowe, 1971 : 184, pl. 30 fig. 8 ; Rowe et
Doty, 1977 : 235, fig. 5 c, 8 h.
Origine : Dans le lagon, 5 m, 4-IX-1978, 1 ex.
L’unique spécimen mesure 25 cm de long sur 2 cm de large. Dans son milieu, l’animal
peut atteindre 1,50 m sur 7 cm de large ; il est de couleur blanche, avec des anneaux noir
bleuté espacés de 1 à 3 cm, coupant cinq doubles bandes longitudinales jaune vif ; ces
couleurs sont partiellement conservées en alcool.
Quinze tentacules à digitations unies par une membrane sur à peine la moitié de leur
longueur. Couronne calcaire vert très pâle, non enrobée dans une couronne cartilagineuse ;
ses interradiales ont le sommet épaissi en un assez gros nodule (fig. 22, F). Très nombreuses
- 838 -
et longues vésicules de Poli. Un canal hydrophore tortillé dans le mésentère dorsal, à
madréporite lenticulaire. Gonades faites de très nombreux tubes simples ou plusieurs
fois ramifiés. Muscles longitudinaux larges, peu épais. Très nombreuses urnes ciliées grou¬
pées en bouquets sur les mésentères.
Fig. 22. — Euapta godeffroyi (Semper) : A, bâtonnet des tentacules ; B, bâtonnet du peristome ; C, ancre ;
D, plaque anchorale ; E, bases des plaques anchorales ; F, couronne calcaire ; G, corpuscule crépu du
tégument et des tentacules.
(F = éch. 1 ; C, D, E = éch. 2 ; A, B = éch. 3 ; G = éch. 4.)
Spiculés : Les ancres et les plaques anchorales sont de même forme el de même taille dans
tout le tégument. Les ancres, à bras lisses, ont leur vertex occupé par trois à six dents, la base
de la manivelle ramifiée et épineuse (fig. 22, C). Les plaques anchorales sont allongées, un
peu rétrécies à la hauteur du pont, percées de sept trous principaux, de deux grands trous sous
un pont très simple, généralement de un à trois trous à la base qui prend souvent une forme
irrégulière (fig. 22, D, E). Les corpuscules crépus, tous de même forme, sont extrêmement
nombreux dans tout le tégument (fig. 22, G) ; on les retrouve dans les tentacules dont les
bâtonnets (fig. 22, A), ainsi que ceux du péristome (fig. 22, B), sont finement rugueux.
- 839 —
Écologie : Espèce présente tout autour de la Nouvelle-Calédonie, sur les platiers ou
sur les fonds de sable blanc ou coquillier du lagon, entre 1 et 12 m.
Répartition géographique : Mer Rouge, côte est d’Afrique, Madagascar. îles Mal¬
dives, Indonésie, nord de l’Australie, Nouvelle-Calédonie, îles Philippines, Guam et Hawaii.
Opheodesoma spectabilis Fisher
(Fig. 23, A-G)
Opheodesoma spectabilis Fisher, 1907 : 723, pl. 66, pl. 80 fig. 1 a-d, pl. 81 lig. 2 ; H. L. Clark, 1924 :
467, pl. 2 fig. 7-9 ; Heding, 1928 : 120, fig. 4 (6), fig. 5 (1,14, 15) ; Clark et Rowe, 1971:186 ;
Cherbonnier, 1975 : 1445, fig. 1.
Opheodesoma spectabilis puertogalerae Domantay, 1933 : 86, pl. 2 fig. 10 ; Domantay, 1936 : 399,
pl. 6 fig. 68 ; Domantay, 1953 : 127.
Origine : Poindimié, tombant de l’ilôt de sable (21°38' S-165°20,5' E), 10 m, 13-1-1982,
2 ex.
L’un des spécimens a une longueur de 192 mm, l’autre de 100 mm, et tous les deux
une largeur moyenne de 40 mm. Vivants, ces animaux peuvent atteindre une longueur
de 800 mm et une largeur de 40 mm ; leur corps est orné de grosses protubérances alignées
en cinq rangées longitudinales radiaires simples ; ces protubérances sont peu visibles chez
les animaux en alcool qui ont, cependant, conservé partiellement leur couleur originelle :
dorsalement jaune orangé avec des anneaux rouges ou brun rouge, ventralement jaunâtre.
Dix à quinze tentacules à 30-35 paires de digitations unies par une membrane sur
la moitié de leur longueur. Couronne calcaire blanche enrobée dans une assez forte cou¬
ronne cartilagineuse ; les radiales sont largement percées, les interradiales ont leur partie
antérieure rectangulaire (fig. 23, E). Très nombreuses vésicules de Poli filiformes, de 15
à 20 mm de long, très nombreux canaux hydrophorcs. Muscles longitudinaux larges et
épais. Sur les mésentères, très grande quantité d’urnes ciliées en forme d’entonnoir. Ani¬
maux totalement éviscérés.
Spicules : Les ancres et les plaques anchorales sont de taille et de forme identiques,
quelle que soit la région du corps. Les ancres ont la base de la manivelle ramifiée, épineuse,
le sommet de l’arc à bras lisses orné de quelques nodules centraux (fig. 23, C) ou répartis
en deux groupes de chaque côté de la ligne médiane (fig. 23, F). Les plaques anchorales,
percées de six grands trous périphériques et d’un trou central, ont la partie principale
séparée de la base par un fort étranglement (fig. 23, A) ; cette base, dotée d’un pont très
simple, est, le plus souvent, percée de cinq trous (fig. 23, A), plus rarement de trois à quatre
trous (fig. 23, B). Les spicules des tentacules sont uniquement de petites rosettes (fig. 23, D),
alors qu’en plus de ces rosettes on trouve, dans le péristome, de nombreux bâtonnets à
extrémités noduleuses ou épineuses (fig. 23, G).
Observations : Opheodesoma spectabilis est très proche de O. glabra (Semper), dont
les spicules ont une forme et une répartition semblables à ceux de l’espèce de Fisher.
O. spectabilis se distingue essentiellement de glabra par sa couronne calcaire, son corps
- 840 —
orangé cerclé de rouge plus ou moins sombre, alors que glabra est entièrement brun rouge
à noirâtre, ainsi que par la présence de protubérances réparties en cinq rangs simples sur
chaque radius, alors qu’elles sont disposées en cinq doubles rangs chez glabra.
Fig. 23. — Opheodesoma spectabilis Fisher : A, plaque anehorale ; B, bases des plaques anchorales ; C, ancre ;
D, rosette des tentacules et du péristome ; E, couronne calcaire ; F, sommet d’une ancre ; G, bâton¬
nets du péristome.
(E — éch. 1 ; A, B, C, F = éch. 2 ; G = éch, 3 ; I) = éch. 4.)
Ecologie : O. spectabilis se trouve, entre 5 et 15 m, sur des fonds de sable plus ou moins
vaseux, dans les baies calmes du sud et le long du littoral de la côte est. Elle est active
de nuit ; dans la journée, on la trouve sous les blocs de coraux morts. Les exemplaires
de couleur rouge orangé vivent dans les baies dont le sédiment est constitué, en grande
partie, de latérite.
Répartition géographique : Côte est d’Afrique (Zanzibar), îles Philippines, Guam
et Hawaii.
Polyplectana kefersteini (Selenka)
(Fig. 24, A-N)
Synapta kefersteini Selenka, 1867 : 360, pl. 20 fig. 120-121 ; Semper, 1868 : 14, pl 5 fie 24 pl 39
11 ; 'iZ'^ 188 , 5 jj? 25 5 ÏHéEL ’ 1886 : 19 î LuDWI <h 1888 : 818 ; Bedford, 1898 : 847 ;
Fisher, 1907 : 719, pl. 30 fig. 2.
— 841 -
Chondrocloea kefersteini : Ostergren, 1898 : 114.
Polyplectana kefersteini : H. L. Clark, 1908 : 16 et 17 ; H. L. Clark, 1921 : 159 ; H. L. Clark,
1924 : 468, pi. 1 fig. 8-12 ; Heding, 1928 : 143, fig. 11 (9-10), fig. 12 (3), fig. 13 (9-10), fig. 14
(7-8) ; Domantay, 1933 : 88, pi. 2 fig. 8 ; H. L. Clark, 1946 : 449 ; Clark et Rowe, 1971 :
186, pi. 31 fig. 1 ; Liao, 1975 : 222, fig. 25.
Synapta kallipeplos Sluiter, 1888 : 217, pi. 2 fig. 41-43.
Origine : Lagon sud-ouest (22°22 r S-lôô 0 ^' E), 28 m, 21-VIII-1981, 2 ex.
Les deux spécimens, de taille égale, ont une longueur de 350 mm et une largeur de 10
à il mm. Dans leur milieu, ils sont rouge foncé à brun chocolat, avec cinq bandes longi¬
tudinales noirâtres, et des tentacules marron clair. En alcool, le dos est uniformément
brun chocolat, le ventre marron clair ; le tégument, mince, est très rugueux.
Quinze et seize tentacules marron clair, longs de 20 mm, possédant 40 à 45 paires de
digitations non unies par une membrane ; les organes sensoriels ne sont pas visibles sur
leur face ventrale. L’épaisse couronne cartilagineuse, percée de trous à la base, enrobe
une couronne calcaire blanc pur, à radiales perforées, à interradiales un peu plus courtes
(fig. 24, M). Une cinquantaine de vésicules de Poli de 15 à 18 mm de long ; un canal hydro-
phore de 2 mm. Gonades marron clair, faites de longs tubes plusieurs fois ramifiés, bourrés
d’œufs. Muscles longitudinaux étroits, bifides, à bords ourlés. L’intestin forme une large
boucle vers le milieu du corps. Les urnes ciliées, de couleur orange, sont très nombreuses
sur les mésentères (fig. 24, 1).
Spicules : Les plaques anchorales du tégument oral, plus hautes ou aussi hautes que
larges, sont percées de sept trous dentelés centraux, et possèdent un pont étroit à bord
antérieur dentelé ; leur base est percée de cinq à six petits trous (fig. 24, A) ou de trous
plus nombreux, irrégulièrement répartis (fig. 24, B) ; l’ancre correspondante a les bras
lisses, le sommet orné de quelques granules, la base de la manivelle ondulée (fig. 24, E),
souvent aussi épineuse (fig. 24, D). Les plaques anchorales du tégument médian sont de
forme similaire à celles du tégument oral, mais leur base est généralement percée de trois
trous (fig. 24, F), exceptionnellement de 8-10 trous (fig. 24, H) ; l’ancre correspondante
est un peu plus courte que celles du tégument oral (fig. 24, K), mais l’ornementation de
leur base est identique (fig. 24, G). En revanche, les plaques anchorales du tégument anal
sont plus trapues, à base uniperforée (fig. 24, J) ou à trois trous (fig. 24, N), les ancres
ayant les bras plus courts et plus arqués (fig. 24, L). Dans le tégument, surtout dans les
bandes radiaires, se trouvent de petits spicules branchus, très caractéristiques de l’espèce
(fig. 24, C). Il n’y a pas de spicules dans les tentacules, le péristome et les gonades.
Observations : Les espèces du genre Polyplectana ont normalement 25 tentacules,
mais ce nombre n’est pas constant, variant de 15 à 27, notamment chez kefersteini ; nos
spécimens, à 15 et 16 tentacules, sont cependant facilement identifiables, notamment par
la forme de la couronne calcaire et, surtout, par celle, si particulière, des petits spicules
branchus (fig. 24, C).
Ecologie : P. kefersteini vit, entre 15 et 30 mètres, dans la région de Nouméa, dans
une zone du lagon proche du littoral, sur un fond de sahle coquillier assez vaseux, avec
algues.
4, 2
B
Fig. 24. — Polyplectana kefersteini Selenka : A, plaques anchorales du tégument oral ; B, base d’une plaque
anchorale du tégument oral ; C, spicules branchus du tégument et des bandes radiaires ; D, base d’une
ancre du tégument oral ; E, ancre du tégument oral ; F, plaque anchorale du tégument médian ; G, base
d’une ancre du tégument médian ; H, base d’une plaque anchorale du tégument médian ; I, urne
ciliée ; J, plaque anchorale du tégument anal ; K, ancre du tégument médian ; L, ancre du tégument
anal ; M, couronne calcaire ; N, hase d’une plaque anchorale du tégument anal.
(M = éch. 1 ; A, B, E, F, H, J, K, L, M, N = éch. 2 ; D, G, I = éch. 3 ; C = éch. 4.)
- 843 -
Repartition géographique : Baie de Batavia, Amboine, nord de l’Australie, Nouvelle-
Calédonie, îles Xisha, Philippines, Samoa, Rotuma et Hawaii.
Synaptula media nov. sp.
(Fig. 25, A-F; pi. IV, A-B)
Origine : Lagon sud-ouest (22°19,2' S-166°26' E), 20 m, 24-IV-1982, 1 holotype -f- 23 para-
types, EcHh 3064.
Fig. 25. — Synaptula media nov. sp. : A, B, plaques anchoralcs ; C, rosettes du tégument et des tenta¬
cules ; D, base d’une plaque anchorale ; E, ancre ; F, couronne calcaire.
(A, B, D, E — éch. 1 ; C = éch. 2 ; F = éch. 3.)
L’holotype mesure 35 mm de long sur 4 mm de large, les paratypes entre 10 et 40 mm
sur 2 à 4 mm. Les animaux, vivants, ont une couleur très caractéristique : leur tégument,
fondamentalement gris à gris rosé, est parcouru longitudinalement par une vingtaine de
minces lignes mauves à violacées, lignes continues ou discontinues qui se prolongent sur
les tentacules ; en alcool, les spécimens ont presque intégralement conservé leur couleur.
Dix tentacules avec quinze à vingt paires de digitations unies par une fine membrane.
Couronne calcaire blanche à base ondulée, à radiales largement percées (fig. 25, F).
— 844 —
Assez épaisse couronne cartilagineuse. Dix à douze vésicules de Poli. Un minuscule canal
hydrophore è petit madréporique sphérique. Gonades faites de quelques tubes ramifiés.
Muscles longitudinaux étroits, épais. Intestin droit, sans boucle. Urnes ciliées peu nom¬
breuses, disposées sur les mésentères.
Spicules : Les plaques anchorales, percées de cinq grands trous, ont leur base, géné¬
ralement percée de cinq à sept trous, surmontée d’un pont dentelé (fig. 25, A, D) ; les
plaques à base triperforée sont rares, quoique plus fréquentes dans le tégument anal
(fig. 25, B). Les ancres correspondantes ont leur sommet orné de quelques granules et
la base de la manivelle finement épineuse (fig. 25, E). Les rosettes du tégument et des ten¬
tacules sont formées de granules isolés disposés en cercle (fig. 25, C).
Observations : Les Synaptula possédant dix tentacules à digitations unies par une
membrane se différencient essentiellement par leur couleur, la couronne calcaire, le nombre
de perforations de la base des plaques anchorales, la forme des granules miliaires réunis
ou non en rosettes. Les différences sont parfois si minimes qu’il semble difficile de consi¬
dérer certaines de ces espèces comme différentes. Quoi qu’il en soit, media présente, par
sa coloration, des affinités surtout avec S. reticulata (Semper) dont le corps, violet à pourpre,
est orné d’un quadrillage brun sombre, alors que celui de media, gris à gris rosé, est par¬
couru longitudinalement par de minces lignes violacées. De plus, les deux espèces ont des
rosettes et des plaques anchorales bien différentes, celles de media ressemblant bien plus,
dans leur majorité, aux plaques anchorales de S. lamperti et S. purpurea Ileding, dont les
couronnes calcaires ne semblent pas tellement différentes de celles de reticulata et de media.
Écologie : S. media se trouve essentiellement, parfois par centaines, sur la grosse
éponge Ircinia gigantea, entre 8 et 25 m sur fond de sable coquillier vaseux ; on la trouve
aussi, mais en moins grand nombre, sur d’autres éponges et sur les algues.
REMARQUES
Le tableau I donne la liste des Holothuries actuellement signalées en Nouvelle-Calé¬
donie. Ces espèces sont pour la plupart communes dans tout le domaine tropical de l’Indo-
Pacifique. Parmi les espèces nouvelles 11. (Thymiosycia) altaturricula est également pré¬
sente en Polynésie et II. (Thymiosycia) conusalba en mer de Java et dans la Grande
Barrière australienne.
Il faut souligner que notre connaissance des Holothuries de Nouvelle-Calédonie est
pratiquement limitée aux espèces de grande taille. Ceci est dû aux buts des récoltes qui
sont traditionnellement la fabrication du trépang 1 d’une part, et la recherche et l’extrac¬
tion de substances d’intérêt pharmacologique d’autre part. Ces raisons expliquent en grande
„ l ,\ ^'l on C - CoNAN ® une dizaine d’espèces d’Holothuries pourrait être pêchée en Nou-
velle-C.alédome pour préparer le trépang, parmi lesquelles Holothuria (Microthele) nobilis, H (Metriatula)
scabra et Actmopyga echmitrs. 1 y '
845
Tableau I. — Liste récapitulative des espèces d’Holothuries signalées en Nouvelle-Calédonie.
EcHh 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13
3043
3112
3094
3077
3276-3277-3279
3109
3107
ASPIDOCHIROTIDA
SYNALLACTIDAB MaothuAia. iu^lava Cherbonnier et Ferai
HOLOTHURIIDAH Actôiopijga albcnig/ia Cherbonnier et Ferai
cAaiia Panning
ecfuJtcteA (JSger)
Çlaimea Cherbonnier
<u.sca Cherbonnier (-mitiaAii)
tecancia (Jager)
mouA-cioana (Quoy et Gaimard)
mitiaAii (Quoy et Gainard)
pataucni-ii Panning
Apcnea Clierbonnier
6c had s ch ia aAgas Jager
gaae (Semper)
macui.i.6paA.ia Cherbonnier et FCral
maAinc lata Jager
iùnctci (Semper)
tcnutiiima (Semper)
vÂtiouis (Semper)
HoCothuAia {AcanthotAapeza] coiubcA Semper
(Cyitipui) Ai.gi.da (Selenka)
(Hatodcima) atna JSger
cdutii Lesson
( LdionothuAia] ueAAucoia Selenka
I McAtciuiothuAia ) attcmii Cherbonnier et Ferai
fuAcocineAea JSger
tcucoipilota (Brandt)
pcivicax Selenka
|M itAia-ùita) vc.Ma.ta (Jiigcr)
ical-Aa Jiigcr
lUicAothcZcl axiologa il.L.Clark (=iuicopunciaXa)
Çu&copuncXata JSger
juicogiiva Cherbonnier
nobiZii (Selenka)
[ScmpcAothuaia] £lavomaculata Semper
céneoaicenA Brandt
(Stichothutial coAonopcAbua Cherbonnier
[T hcelo thu-iia) macuiaa Pearson
tuAAiccZia Chei'bonnier
IThimio iijcia) aZ.tatuAAicuta Cherbonnier et Ferai
kilZa Lesson 0
impaticui (Forskal)
conuiaiba Cherbonnier et Ferai
ST1ÜOPODIDAH Stichopui chZoAcnotui Brandt
hoAACiu Selenka
iwctivagiLb Cherbonnier
picu.dhoAie.ni Cherbonnier
vaAiegatui Semper
Tfiete.no.ta ananas (JSger)
anax H.L.Clark
543
3117
X X
3078
3100
3084
3091
542
3065
3073
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X
DEN0R0CHIR0TIDA
CUCUMARIIDAE
PentacXa auitAaZii (Ludwig)
= PentacXa p cntagona (Quoy et Gaimard)
PHYLLOPHORIDAE CtadoZabci acicuZa (Semper)
Neothijonidium magnum (Ludwig)
OhihimcCZa coi tança Cherbonnier
3217
3287
3044
AP0D1DA
SYNAPTIDAE Buapta gode&iAoyi (Semper)
Ûphcodaoma auitAaCicniii Héding
ipectabitii Fisher
PoùjpZectana kc&eAiteini (Selenka)
Synapta maculata (Chamisso et Eysenhardt)
Synaptuta media Cherbonnier et Féral
X
X
X
X
3064 X
X
X
X
X
X
X
X
1 — Intes et Menou, 1979 ; 2 — Anonyme, 1979 ; 3 — Cherbonnier, 1979 ; 4 — Cherbonnier, 1980 ;
5 — présent travail ; 6 — Conand, 1979 ; 7 — Conand, 1981 ; 8 — Conand, 1982 ; 9 Conand, 1983 ,
10 — Laboute et Magnier, 1978 ; 11 — Catala, 1980 ; 12 — Clastres et al ., 1978 ; 13 Feral et
Cherbonnier, sous presse. , . .
EcHh : numéro d’inventaire du matériel-type conservé au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
X? : non défini au niveau spécifique dans la publication.
- 846 —
partie la pauvreté apparente en Dendrochirotes et en Synaptidae semblant caractériser la
faune de Nouvelle-Calédonie.
Les espèces les plus répandues sont Holothuria (Halodeima) atra et H. (H.) edulis,
Stichopus varie gains et S. chloronotus, Thelenota anax et T. ananas, et également très fré-
quemment Bohadschia argus, B. graeffei et Holothuria ( Acanthotrapeza) coluber.
Les Holothuries sont réparties, pour la plupart, tout autour de File. Les facteurs les
plus importants influençant cette distribution semblent être l’hydrodynamisme (courants,
action des vagues) lié à la morphologie du récif, la turbidité liée aux apports terrigènes,
la dessalure à l’embouchure des rivières, la nature du substrat pour certaines espèces.
L’écologie et la répartition des Holothuries de Nouvelle-Calédonie sont développées
dans J.-P. Féral et Cf. Cherbonnier ( sous presse) : Holothuries, in « Guide des étoiles
de mer, oursins et autres échinodcrmes du lagon de Nouvelle-Calédonie », A. Guille,
P. Laboute et J.-L. Menou (eds.), publication ORSTOM.
Remerciements
Nous remercions F. Laboute et j.-L. Menou, ainsi que P. Bouchet et C. Conand pour les
informations qu’ils nous ont transmises. Nous exprimons notre reconnaissance à M. \ an Beveren
et à A. Foubf.rt pour l’aide qu’ils nous ont apportée pour la dactylographie et l’illustration photo¬
graphique du manuscrit.
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PLANCHE IV
A _ , Synaptula media nov. sp. sur l’éponge Ircinia gigantea. B — Synaptula media nov. sp
(Photos P. Laboute). 1
(détail de A).
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6, 1984,
section A, n° 4 : 853-856.
Redescription et nouvelle position générique
de l’Holothurie dendrochirote
Euthyon id iella atlantica (Ludwig et Heding)
par Gustave Ciierbonnier
Résumé. — Redeseription de Euthyonidiella atlantica (Ludwig et Heding), espèce intégrée
maintenant dans le genre Neocucuniis Deichmann.
Abstract. — Euthyonidiella atlantica (Ludwig et Heding) is redescribed and now placed in the
genus Neocucumis Deichmann.
G. Ciierbonnier, Muséum national d’Histoire naturelle, Laboratoire de Malacologie, 55, rue Buff on, 75005
Paris.
Euthyonidiella atlantica n’était connue, jusqu’ici, que par un unique spécimen récolté
au cap Bojador, par 146 m de fond, et considéré, par Ludwig et Heding, comme appar¬
tenant au genre Pseudocucumis Ludwig, 1875, et intégré ensuite par Heding et Panning
(1954) dans leur nouveau genre Euthyonidiella.
Nos spécimens correspondent en tous points à la description et aux spicules de l’holo-
type, sauf en ce qui concerne la couronne calcaire, malheureusement non figurée ni par
Ludwig et Heding, ni par Heding et Panning, mais que ces trois auteurs décrivent
comme ayant les radiales prolongées par deux courtes queues qui correspondraient peut-
être au mince ruban brisé unissant les radiales aux interradiales de nos trois exemplaires
(fig. 1 H). Cette erreur est d’une grande importance ; en effet, Heding et Panning, tenant
compte de la description originale de atlanticus, considèrent cette espèce comme devant
prendre place dans le genre Euthyonidiella , dont les radiales de la couronne calcaire sont
prolongées par d’assez longues queues d’un seul tenant. Si l’on tient compte notamment
de la forme des radiales unies aux interradiales par un étroit ruban comme chez certaines
espèces du genre Neocucumis Deichmann, 1954 [espèce-type N. marioni (Marenzeller)j et
de la forme de certains spicules semblables mais non identiques à ceux de l’espèce de
Marenzeller, atlanticus doit prendre place dans le genre Neocucumis. D’ailleurs, Lud¬
wig et Heding signalent les étroites affinités existant entre atlanticus et marioni. Si, comme
ce fut mon cas, en 1969, pour un exemplaire récolté par la « Thalassa », les tourelles à haute
flèche (fig. 1 G) sont très rares ou ont l’extrémité brisée, alors que la couronne calcaire
n’est pas celle décrite pour les espèces du genre Euthyonidiella , la confusion entre atlanticus
et marioni est à peu près inévitable.
— 854 -
Neocucumis atlanticus (Ludwig et Heding)
(Fig. 1 A-O)
Pseudocucumis atlantica Ludwig et Heding, 1935 : 212, pi. 11, lig. 50-62.
Euthyonidiella atlantica : Heding et Panning, 1954 : 115, fig. 44.
Neocucumis marioni : Chehbonnier, 1969 : 344, 345 [Non N. marioni (Marenzeller, 1877)].
Origine : Expédition de la « Thalassa », octobre 1970, entre 44° N-S^ff W et 44° N-4°34 \\,
440 à 725 m, 2 ex. ; côtes d’Espagne, mer d’Alboran, 1983, A. Lopez-Ibor, don., 1 ex.
Les trois exemplaires ont un aspect absolument semblable : leur corps, fusiforme,
s’effile progressivement du milieu jusqu’à la partie anale ; les podia ventraux, gros et longs,
à ventouse soutenue par un disque calcaire de 190 à 210 (im de diamètre, sont disposés
en deux rangs serrés sur chaque radius ; les podia dorsaux, plus courts et plus minces,
à ventouse soutenue par un disque calcaire de 140 à 150 fxm de diamètre, sont également
répartis en deux rangs peu serrés sur chaque radius. L’un des spécimens récoltés par la
« Thalassa » mesure 7,5 mm de long et est marron grisâtre, l’autre, de 8 mm de long, est
grisâtre ; celui des côtes d’Espagne, uniformément marron clair, atteint une longueur de
11 mm. Tous ces animaux ont un tégument mince, légèrement rugueux, et l’anus armé de
cinq minuscules dents rectangulaires.
Vingt tentacules disposés en deux cercles. Couronne calcaire à hautes et larges radiales
unies à des intcrradiales par un étroit ruban ; leur base est fortement ci.cochée (fig. 1 H).
Une grosse vésicule de Poli cylindrique, attachée au canal oral par un très mince et court
canal. Un canal hydrophorc très court, terminé par un madréporite sphérique minuscule.
Gonades faites de deux toulïes formées chacune d’une dizaine de tubes gros et courts, en
forme de boudin. Muscles rétracteurs très fins, s’attachant au tiers antérieur du corps à
des muscles longitudinaux minces et étroits. Poumons remontant jusqu’à la couronne cal¬
caire, formés de tubes très fins échelonnés sur le tronc. Intestin vide ou contenant de la
vase.
Spiculés : Cette espèce est caractérisée par la présence, dans les podia, de tourelles
à base étroite, allongée, arquée, percée d’une dizaine de trous inégaux (fig. 1 I), dont la
haute flèche, à deux piliers, percée à la base d’un trou ovale plus ou moins régulier, se
termine le plus souvent en une pointe émoussée (fig. G), plus rarement par deux cornes
(fig. 1 J) ou même par quatre cornes (fig. 1 K) ; sous le disque calcaire des podia se trouvent
de petites plaques multiperforées (fig. 1 L).
Le tégument ventral possède de petites tourelles à base ovale percée le plus souvent
de quatre trous disposés en croix, accompagnés parfois de quelques petits trous supplé¬
mentaires (fig. 1 A), d où s élève soit une courte et large flèche à deux piliers terminés
par de petites dents (fig. 1 O), soit une flèche plus haute, plus gracile, terminée souvent
par deux cornes à sommet plus ou moins épineux (fig. 1 C).
Le tégument dorsal se différencie du tégument ventral par la présence de tourelles
à grande base multiperforée (fig. 1 D), dont la flèche s’effile régulièrement pour se terminer
par une petite touffe de dents (fig. J. F). Le tégument anal possède, en plus des tourelles
précédemment décrites, des tourelles à base vaguement carrée, à bord assez fortement
ondulé, percée de trous inégaux, toujours à flèche à deux piliers (fig. 1 E).
- 855 -
Fig. 1. — Neocucumis atlanticus (Ludwig et Heding) : A-C, tourelles du tégument ventral vues du dessus
et de profil ; D-F, tourelles du tégument dorsal vues du dessus et de profil ; E, tourelle du tégument
anal ; G, I, tourelles des podia vues de profil et du dessus ; H, couronne calcaire ; J-K, flèches des
tourelles des podia à deux cornes et à quatre cornes ; L, plaque du sommet des podia ; M, O, bâtonnet
et plaques du tronc des tentacules ; N, petite plaque des ramifications des tentacules. (H = échelle 1 ;
autres figures = échelle 2.)
- 856 -
Le tronc des tentacules a de longs bâtonnets (fig. 1 M), des baguettes et de pseudo-
plaques (fîg. 1 O) ; de petites plaques, aux formes bizarres et fort diverses, occupent les
ramifications (fig. 1 N).
Ecologie : En Atlantique, N. atlanticus vit, entre 140 et 725 m, sur un fond de sable
vaseux supportant des cailloux, des graviers, des poudingues et des roches calcaires friables ;
en Méditerranée (mer d’Alboran) dans du coralligène, entre 40 et 100 m.
'
Répartition géographique : Au large des côtes de Bretagne et de celles de La Galice,
cap Bojador ; mer d’Alboran.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Cherbonnier, G., 1969. — Échinodermes récoltés par la « Thalassa » au large des côtes ouest de
Bretagne et du golfe de Gascogne (3-12 août 1967). Bull. Mus. natn. Ilist. nat., Paris, 2 e sér.,
41 (1) : 343-361, 6 fig.
Deichmann, E., 1944. -—- Urodemas bifurcatum, a new Holothurian from South africa, with a Revi¬
sion of the genus Urodemas Selenka. Ann. Mag. nat. Hist., (11), 11 : 731-737, 2 fig. ( Neocu-
cumis, p. 736).
Heding, S. G., et A. Panning, 1954. — Phyllophoridae. Eine Bearbeitung der Polytentaculaten
dendrochirotiden Holothurien des Zoologischen Museums in Kopenhagen. Spolia zool. Mus.
haun., 13 : 5-209, 102 fig.
Ludwig, H., et S. Heding, 1935. — Die Holothurien der Deutschen Tiefsee-Expedition. I. Fusslose
und dendrochirote Formen. IFiss. Ergebn. dt. Tiefsee-Exped. « Valdivia », 24 : 123-244 65 fig
pi. I II.
Marenzeller, E. von, 1877. — Beitràge zur Holothurien. Fauna des Mittelmeeres. Verb. K. K.
zool.-bot. Ges. Wien, 24 : 117-122, pi. V.
I
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6, 1984,
section A, n° 4 : 857-884.
Les astérides (Echinodermes)
du centre-ouest de l’océan Indien
(Seychelles, Maldives et îles Mineures)
par Michel Jangoux et Aznam Aziz
Résumé. — Diverses missions de prospections faunistiques effectuées aux Seychelles et aux
Maldives ont permis la récolte de 39 espèces d’astérides parmi lesquelles deux sous-espèces nou¬
velles pour la Science ( Nardoa lemonnieri platyspina nov. subsp., Acanthaster brevispinus seychel-
lesensis nov. subsp.) et 14 espèces nouvelles pour la région des Seychelles. A ce jour, 48 espèces
d’astérides littoraux ont été recensées dans le centre-ouest de l’océan Indien.
Abstract. — 39 shallow-water species of asteroids have been collected during several scientific
missions in the Seychelles and Maidive Archipelagoes. They include two new subspecies (Nardoa
lemonnieri platyspina nov. subsp., Acanthaster brevispinus seychellesensis nov. subsp.) and 14 species
new for the Seychelles area. A total of 48 shallow-water species of asteroids are known presently
from the central-west part of the Indian ocean.
M. Jangoux, Laboratoire de Biologie marine, Université Libre de Bruxelles, 1050-Bruxelles, Belgique.
A. Aziz, Boursier A GCD (Belgique), Zoologiste attaché à V Institut national d’Océanologie de Jakarta, Indonésie.
Introduction
Notre connaissance de la faune astéroïdienne du centre-ouest de l’océan Indien résulte
essentiellement des récoltes effectuées au début du siècle par J. S. Gardiner. Les asté¬
rides recueillis par Gardiner furent étudiés par Bell (1902, 1909) qui identifia quelque
vingt-cinq espèces, identifications partiellement revues par A. M. Clark et Davies (1965).
Comme le montrent les tables de distribution dressées par A. M. Clark et Rowe (1971) et
la très récente revue publiée par A. M. Clark (1984), la faune d’astérides de cette région
ne s’est guère enrichie depuis en nouvelles signalisations d’espèces.
La présente note se fonde sur les collections d’astérides rassemblées lors de missions
scientifiques effectuées aux Seychelles et aux Maldives entre 1966 et 1980. La collection
la plus importante est celle réalisée à l’occasion de la campagne seychelloise du navire
océanographique « Coriolis » en septembre 1980 (campagne REVES II ; voir Marchal
et al., 1981). Il s’agit pour l’essentiel de spécimens récoltés par dragages entre 30 et 70 m
de profondeur. Cette collection est déposée au Muséum national d’Histoire naturelle de
Paris et nous a été confiée pour étude par le Dr Alain Guille. Plusieurs espèces d’asté¬
rides ont été également récoltées lors de missions scientifiques aux îles Seychelles, mis¬
sions réalisées conjointement par le Musée Royal d’Afrique Centrale à Tervuren, Belgique
(MRAC) et l’Université Libre de Bruxelles (ULB) en juillet-septembre 1966, juin-septembre
4. 3
- 85»
1972 et janvier 1974. Ces astérides sont conservés au Musée Royal d Afrique Centrale.
Enfin, quelques spécimens ont été récoltés aux îles Maldives à l’occasion d’une mission
effectuée sous l’égide de l’Institut Royal des Sciences naturelles de Belgique (IRSNB) en
janvier 1976.
En fin d’article le lecteur trouvera un tableau de distribution (tabl. II) de l’ensemble
des astérides du centre-ouest de l’océan Indien (fig. 1). Ce tableau résulte d’une part des
collections étudiées dans la présente note et des indications trouvées dans la littérature,
d’autre part d’un réexamen des spécimens de Gardiner. Ces spécimens sont conservés
pour partie au British Museum (natural History) à Londres (Miss Ailsa Clark, conserva¬
teur des Échinodermes, nous en a aimablement communiqué une liste revue), pour partie
à l’University Museum of Zoology à Cambridge, U.K., où l’un d’entre nous (M. Jangoux)
a effectué un court séjour d’étude. En outre, certains des spécimens du Musée de Cambridge
nous ont été prêtés par le Dr Goodhart, conservateur des Invertébrés ; nous tenons ici
à l’en remercier.
- 859
Liste des stations à astérides
Campagne du N.O. « Coriolis »
Station C 1 : 02.09.1980, 5*24 S. 57*01 E, 55 m
Station C 3 : 02.09.1980, 5*13,3 S, 56*40 E, 50 m
Station C 4 : 02.09.1980, 5°08,5 S, 56*35 E, 32 m
Station C 6 : 04.09.1980, 4*58,9 S, 56*12,7 E, 40 m
Station C 7 : 03.09.1980, 4*52,8 S, 56*01,4 E, 57 m
Station C 9 : 07.09.1980, 4*56,5 S, 55*33,9 E, 48 m
Station C 11 : 07.09.1980, 5*04,9 S, 55*53,2 E, 55 m
Station C 13 : 04.09.1980, 5*20 S, 56*20 E, 53 m
Station C 14 : 04.09.1980, 5*27,6 S, 56<>34,6 E, 30 m
Station C 16 : 05.09.1980, 5*35.9 S, 56*55,6 E, 55 m
Station C 17 : 05.09.1980, 5°42,7 S, 56*38,9 E, 58 m
Station C 18 : 05.09.1980, 5*44,9 S, 56*35,5 E, 50 m
Station C 21 : 06.09.1980, 5*21,8 S, 56*10,4 E, 55 m
Station C 22 : 06.09.1980, 5°16,2 S, 55°56,8 E, 60 m
Station C 25 : 08.09.1980, 4*53,2 S, 55*19,7 E, 60 m
Station C 26 : 08.09.1980, 4*57,5 S, 55*10,6 E, 63 m
Station C 27 : 08.09.1980, 4*55,6 S, 54*58,5 E, 52 m
Station C 28 : 09.09.1980, 4*47,2 S, 54*49,2 E, 48 m
Station C 31 : 09.09.1980. 4*36,3 S, 54*20 E, 38 m
Station C 32 : 09.09.1980, 4*23,3 S, 54*16,2 E, 51 m
Station C 33 : 10.09.1980, 4*25 : 2 S, 54*38,4 E, 50 m
Station C 34 : 10.09.1980, 4*25 S, 54*53,2 E, 60 m
Station C 37 : 10.09.1980, 4*35,2 S, 55*12,2 E, 65 m
Station C 38 : 13.09.1980, 5*02,6 S, 56*49 E, 44 m
Station C 39 : 13.09.1980, 4*50,4 S, 56*35 E, 45 m
Station C 42 : 13.09.1980, 4*30,8 S, 56*08.8 E, 52 m
Station C 46 : 14.09.1980, 4*08 S, 56*07 E, 62 m
Station C 50 : 15.09.1980, 3*54,7 S, 55*40 E, 45 m
Station C 51 : 15.09.1980, 3*51,7 S, 55*37,5 E, 55 m
Station C 59 : 19.09.1980, 4*14,8 S, 54*54 E, 50 m
Station C 62A : 20.09.1980, sans indication d’origine, 32 m
Station C 63 : 20.09.1980, sans indication d’origine
Station C 64 : 20.09.1980, sans indication d’origine, 50 m
Mission MRAC-ULB aux Seychelles
Station SI : juillet-septembre 1966, île Mahé (côte ouest), sur le récif
Station S2 : juillet-septembre 1972, île Mahé (côte ouest), platier, lagon et récif d’Anse à la Mouche
Station S3 : juillet-septembre 1972, île Mahé (côte ouest), dragage au large de Beau Vallon 20-
40 m
Station S4 : juillet-septembre 1972, île Praslin, sur le récif
Station S5 : janvier 1974, île La Digue, sur le récif
Mission IRSNB aux Maldives
Station Ml : janvier 1976, île Barros (atoll Male), platier et récif
- 860 —
Liste des espèces récoltées
En caractères gras : espèces nouvelles pour l’archipel granitique des Seychelles ; a . ' oh notes taxono
iniques et zoogéographiques ; b : espèces récoltées uniquement aux Maldives. ,
Le chiffre entre parenthèses après la station d’origine indique le nombre de spécimens reeo Us.
Luidiidae
'
Luidia prionota Fisher. — Cl (1), C3 (1), C22 (2), C46 (2).
Luidia savignyi (Audouin). — C4 (1), C7 (1).
Astro pectin idae
Astropecten exilis M ortensen a . — C6 (1), C14 (2), C22 (2), C31 (1), C63 (3), C64 (1), S3 (1).
Astropecten hemprichi Müller & Troschel. — Cl (1), Cil (3), C13 (14), C16 (1), C22 (15), C38 (3),
C39 (1), C42 (5), C46 (7), C59 (1), C63 (5), C64 (4).
Astropecten phragmorus Fisher a . — C26 (3).
Astropecten polyacanthus Müller & Troschel. —- C7 (1), C9 (2), C14 (1), C22 (10), C 31 (3), C37 (1),
C38 (1), C46 (2), C55 (2).
Astropecten pugnax Koehler a . — C6 (1).
Goniasteridae
Siraster tuberculatus II. L. Clark a . — C38 (2).
AsTERO DISCI DI DAE
Asterodiscides elegans belli Rowe . — C25 (2), C39 (1), C64 (1), S3 (1).
Oreasteridae
Choriaster granulatus Lütken. — SI (2), S2 (1), Ml (1).
Culcita schmideliana (Relzius). — SI (8), S2 (8), Ml (1).
Halityle regularis Fisher a . — C14 (1), C27 (1).
Pentaceraster horridus (Gray). — SI (1), S2 (2).
Protoreaster lincki (de Rlainville). — C21 (1), SI (1), S2 (5).
Ophidiasteridae
Andora faouzii (Macan) a . -—- S4 (2).
Dactylosaster cylindricus (Lamarck). — SI (2).
Fromia indica (Perrier) b . — Ml (8).
Fromia milleporella (Lamarck). — Cl (3), C14 (1), C17 (1), C18 (2), C21 (1), C38 (3), C55 (2), SI
(7), S2 (13), S5 (4), Ml (2). \ h \ h \ h
Fromia nodosa A. M. Clark. — C42 (1), SI (3), S2 (1), Ml (8).
Gomophia aegyptiaca (Gray) b . -— Ml (5).
Heteronardoa carinata (Koehler). — Cl (1), C21 (1), C26 (1).
Leiaster coriaceus Peters. — C18 (2), C33 (1), C34 (1), C50 (1).
Linckia guildingi Gray. — SI (6), S2 (17), S4 (1).
- 861
Linckia laevigata (Linné). — C62 (1), SI (3), S5 (1).
Linckia multifora (Lamarck). — SI (10), S5 (1).
Nardoa frianti Koebler b . — Ml (1).
Nardoa lemonnieri platyspina subsp. nov. a , — C28 (1).
Nardoa sphenisci À. M. Clark a . — C32 (1), SI (1).
Nardoa variolata (Retzius). — S'l (4), S2 (14), S5 (4), Ml (3).
Neoferdina offreti (Koehler) a . — C21 (2), C31 (1), C51 (1), SI (3), S2 (3), S5 (4), Ml (2).
Ophidiaster hemprichi (Müller & Troschel). — C27 (1), SI (4).
Tamaria lithosora IL L. Clark. — C7 (1).
Asteropseidae
Asteropsis carinifera (Lamarck). — SI (3), S5 (1).
Asterinidae
Asterina burtoni Gray. — C38 (1), S2 (2), Ml (1).
Echinasteridae
Echinaster purpureus (Gray). — C16 (1), C28 (1), C42 (1)
Acanthasteridae
Acanthaster planci (Linné). — SI (1).
Acanthaster brevispinus seychellesensis subsp. nov. a . — C26 (1,.
Mithrodiidaf.
Mithrodia clavigera (Lamarck). — SI (1).
REMARQUES TAXONOMIQUES ET ZOOGÉOGRAPHIQUES
Astropecten exilis Mortensen
(PI. II, A-C)
Astropecten exilis Mortensen, 1933 : 234, textfigs 1-2, pl. 8 fig. 1-2 ; A. M. Clark et Courtman-
Stock, 1976 : 49.
Matériel examiné : Station C6, 1 ex. (r/R mm : 3/18) ; station C14, 2 ex. (r/R mm : 5/35,
5/—) ; station C22, 2 ex. (r/R mm : 6/50, 5/—) ; station C31, 1 ex. (r/R mm : 4/24) ; station C63 :
3 ex. (r/R mm : 4/30, 4/32, 5/40) ; station C64, 1 ex. (r/R mm : 5/36) ; station S3, 1 ex. (r/R mm :
7/53).
L’espèce n’était connue que par l’holotype qui est de grande taille (R = 70 mm) et
dont l’origine géographique est imprécise (probablement originaire des côtes du Natal ou
862 —
du Mozambique, selon Mortensen). Astropecten exilis se caractérise par des bras parti¬
culièrement minces (largeur des bras à leur base : 7 mm chez le type, 6 mm chez le spéci-
ment de la station S3). On note de sept à dix rangées longitudinales de paxilles à la base
des bras (pour des individus de R > 35 mm). Les paxilles carinales de la base des bras
présentent une, voire deux épines centrales entourées d’un cercle de huit à dix épines
périphériques plus minces. Les plaques supéromarginales sont parfaitement verticales et
n’entrent quasiment pas dans la composition de la face abactinale ; elles sont toutes inermes.
Les inféromarginales les plus proximales portént de deux à trois piquants élargis, aplatis
et pointus, disposés en une rangée transversale, le piquant le plus développé étant le plus
externe. Les autres inféromarginales ne portent qu’un seul piquant élargi, toujours en
position externe. Chaque plaque adambulacraire porte deux rangées de piquants : trois
piquants adambulacraires et trois piquants subambulacraires, les piquants médians étant
quelque peu plus longs que les autres et les piquants latéraux plus aplatis. Mortensen
distingue sur l’holotype une troisième rangée composée de deux piquants ; cette rangée
manque sur les spécimens examinés, encore que certaines plaques possèdent parfois un
ou deux piquants subambulacraires supplémentaires en position tout à fait externe.
A. exilis présente de nettes affinités avec Y Astropecten eucnemis Fisher des Philippines
(et non avec Astropecten eremicus Fisher comme le prétend, à tort, Mortensen). Ces deux
espèces se distinguent par un certain nombre de détails squelettiques, principalement par
l’architecture paxillaire (paxilles carinales plus larges avec plus de cinq épines centrales
chez A. eucnemis), par la disposition des plaques supéromarginales (elles empiètent nette¬
ment sur la face abactinale chez A. eucnemis) et par l’armature des plaques inféromarginales
(bien plus développée chez A. eucnemis).
Astropecten phragmorus Fisher
(PL I, A-B ; pi. II, D-E)
Astropecten acanthifer phragmorus Fisher 1913a : 604.
Astropecten phragmorus ; Doederlein, 1917 : 178; Fisher, 1919 : 65, pl. 11 fig. 5, pi. 14 fig. 1 :
Mortensen, 1940 : 61 ; A. M. Clark & Rowe, 1971 : 30, 44.
Astropecten polyacanthus phragmorus ; A. M. Clark, 1974 : 433, pl. 1 fig. 2, pl. 2 fig. 1 ;
A. M. Clark & Courtman-Stock, 1976 : 51 ; Price, 1982 : 6 ; Aziz & Jangoux, 1984 : 130
(citée).
Matériel examiné : Station C26, 3 ex. (r/R mm : 5/14, 6/18, 10/43).
Le statut de cette espèce a été discuté par A. M. Clark (1974) qui, confirmant les
observations de Mortensen (1940), estime qu’elle présente des affinités étroites avec A.
polyacanthus Müller & Troschel et propose en conséquence de considérer A. phragmorus
comme une sous-espèce d’A. polyacanthus. L’argumentation développée par A. M. Clark
se fonde exclusn ement sur le fait que certains individus d’A, polyacanthus ont des séries
complètes de piquants supéromarginaux et ne possèdent donc pas de plaques supéromar¬
ginales interradiaires réduites et inermes. La collection seychelloise réunie par le « Coriolis »
renferme cependant des individus aux caractères bien tranchés et qu’on est en droit de
- 863 -
considérer comme appartenant à deux espèces proches mais distinctes. Ces caractères sont
rassemblés dans le tableau 1. Ils sont, nous semble-t-il, suffisamment marqués pour per¬
mettre de ramener A. phragmorus au rang d’espèce à part entière.
Tableau I. — Morphologie comparée d 'Astropecten polyacanthus (station C31) et AAstropecten
phragmorus (station C26) (voir pi. I, A-D, pl. Il, D-G).
Caractères
examinés
A. polyacanthus
A. phragmorus
Mensurations
(r/R mm)
Paxilles
abactinales
Plaques supéro-
marginales (SM)
Plaques inféro-
marginales (IM)
Armature adam-
bulacraire
10/45
10/43
Tabulum large, losangique.
Paxilles discales : 4-6 épines centrales,
15-20 épines périphériques.
Paxilles brachiales : 2-4 épines cen¬
trales, 10-12 épines périphériques.
Epines centrales plus courtes que les
périphériques.
21 plaques SM par bras.
Plaques armées (1 fort piquant abac-
tinal) diminuant régulièrement de
taille ; présence de 2 à 3 plaques SM
interradiaires typiquement réduites
et inermes.
Longueur du piquant abactinal :
0,55 mm (plaques interradiaires) ;
0,30 mm (plaques médiobrachiales).
Épines SM courtes, cylindriques et
renflées en massue à leur extrémité.
3-4 piquants primaires formant une
rangée transversale, le piquant le
plus externe étant le plus long.
3-5 piquants secondaires entourant
le piquant primaire externe.
Épines IM cylindriques, plus longues
que les épines SM.
3 piquants adambulacraires ; 1-2 pi¬
quants subambulacraires internes ;
2-3 piquants subambulacraires ex¬
ternes ; tous ces piquants sont cylin¬
driques et effilés.
Tabulum étroit, circulaire.
Paxilles discales : 3-4 épines centra¬
les, 8-10 épines périphériques.
Paxilles brachiales : 2-4 épines cen¬
trales, 8-10 épines périphériques.
Epines centrales aussi longues que
les périphériques.
24 plaques SM par bras.
Plaques armées (1 fort piquant abac¬
tinal) diminuant régulièrement de
taille, pas de plaques SM interra¬
diaires typiquement réduites et iner¬
mes.
Longueur du piquant abactinal :
0,20 mm (plaques interradiaires) ;
0,10 mm (plaques médiobrachiales).
Épines couvrant les SM courtes et
squamiformes.
2 piquants primaires superposés, le
piquant le plus externe étant le plus
long.
Pas de piquants secondaires.
Épines LM aplaties, très nettement
squamiformes.
3 piquants adambulacraires aplatis
transversalement ; 2-3 piquants sub¬
ambulacraires internes et 2-3 pi¬
quants subambulacraires aplatis lon¬
gitudinalement.
— 864 -
Astropecten pugnax Koehler
Astropecten pugnax Koehler, 1910 : 55, pi. 4 figs 4-7 ; Mortensen, 1940 : 63 ; A. M. Clark &
Rowe, 1971 : 30, 45 ; Prise, 1982 : 6.
Matériel examiné : Station C6, 1 ex. (r/R mm : 8/31).
L’ Astropecten pugnax n’a été signalée, jusqu’à présent, que dans le Golfe Persique.
Dans la description originale de l’espèce, Koehler (1910) souligne qu elle présente de nettes
affinités avec Y Astropecten scoparius Müller et Troschel, astéride commun des côtes du
Japon. L’unique individu récolté aux Seychelles paraît visiblement être une forme de
transition entre ces deux espèces. Il s’en distingue par l’absence totale de piquants supéro-
marginaux. En outre, si on le compare aux spécimens-types d’yl. pugnax, le spécimen
seychellois se caractérise par des paxilles moins armées (tout au plus 10-12 épines centrales
entourées de 18-20 épines périphériques pour les paxilles les plus grandes, contre 25 épines
centrales et de nombreuses épines périphériques chez les spécimens-types).
Siraster tuberculatus H. L. Clark
(PI. IV, A-B)
Siraster tuberculatus H. L. Clark, 1915 : 86 ; A. M. Clark & Rowe, 1971 : 32, 40, 49.
Stellaster squarnulosus ; Koehler, 1910 : 81, pl. 10 fig. 5, pi. 13 fig. 2 (non Stellaster squamulosus
Studer, 1885).
Stellaster incei ; Bell, 1902 : 227 ; Bell, 1904 : 143 (non Stellaster incei Gray, 1847).
Stellaster equestris ; A. M. Clark & Davies, 1966 : 598.
Matériel examiné. : Station C38, 2 ex. (r/R mm : 11/27, 5/13).
Le type de l’espèce n’a malheureusement pas été figuré par H. L. Clark lors de la
description originale. Le plus grand des deux spécimens seychellois correspond d’une manière
générale à la description de IL L. Clark, encore que quelques différences doivent être
signalées. Les plaques abactinales sont recouvertes d’une granulation moyennement dense,
les granules centraux étant nettement plus gros que ceux de la périphérie. Entre les gra¬
nules on note la présence de corpuscules vitreux (« crystal bodies ») très apparents et de
diamètre sensiblement égal à celui des granules. Aucune plaque abactinale ne porte de
tubercule élargi. Les papules sont principalement distribuées dans les zones radiaires et
s’observent tout le long des bras, les zones interradiaires en sont toutes dépourvues dans
leur région médiane. Chaque orifice papulaire est entouré de trois à quatre granules nette¬
ment élargis. L’architecture squelettique des plaques marginales est conforme à la des¬
cription de H. L. Clark : les granules centraux des supéromarginales sont élargis alors
qu’au niveau des inféromarginales ce sont les granules du bord abactinal des plaques qui
sont les plus dé\eloppés , on ne distingue pas de corpuscules vitreux sur les plaques mar¬
ginales. La granulation recou\ rant les plaques actinales intermediaires est assez uniforme 5
certaines de ces plaques portent de un a trois pédicellaires bivalves. Les plaques adambula-
craires sont armées d une rangée de six a huit piquants adambulacraires disposés en une
demi-couronne et réunis à leur base par une palmure. Le centre de ces plaques est dépourvu
— 865 -
de piquants et de granules ; leur bord externe est garni d’une rangée de trois à cinq gros
granules, certains étant parfois remplacés par un pédicellaire bivalve.
Le statut du genre Siraster et ses relations avec le genre voisin Stellaster mériteraient
d’être reconsidérés à l’occasion d’un travail plus ample. On est en effet en droit de se deman¬
der si la distinction entre ces deux groupes de goniastérides ne serait pas plutôt de niveau
subgénérique.
Halityle regularis Fisher
Halityle regularis Fisher, 1913è : 211 ; Fisher, 1919 : 362, pl. 94 figs 7-7a, pl. 95 fig. 10, pl. 98
fig. 1, pl. 99 figs 1-2, pl. 100 figs 1-2 ; Baker & Marsh, 1976 : 108, pl. 1 figs a-d (synonymie
complète).
Matériel examiné : Station C14, 1 ex. (r/R mm : 49/75) ; station C27, 1 ex. (r/R mm : 52/78).
Dans une note relativement récente, Baker & Marsh (1978) ont montré que cette
astérie, connue jusque-là essentiellement des Philippines, avait une aire de répartition
beaucoup plus vaste puisqu’on la trouvait à la fois à Madagascar, le long des côtes du
Kenya et sur la côte ouest de l’Australie. Sa présence aux Seychelles n’est donc pas éton¬
nante et comble une lacune dans la distribution géographique de l’espèce.
Andora faouzii (Macan)
(Pl. Ill, E)
Nardoa faouzii Macan, 1938 : 407, pl. 1 figs 8-9.
Nardoa (Andora) faouzii-, A. M. Clark, 1967 : 187.
Nardoa (Andora) fouzii ; James, 1973 : 553.
Andora faouzii ; Rowe, 1977 : 237, figs la-lc ; A. M. Clark, 1984 : 99.
Matériel examiné : Station S4. 2 ex. (r/R mm : 12/79, 11/73).
A. faouzii paraît être assez rare. On la connaît des côtes d’Arabie (holotype) et de
Mandapam (golfe de Mannar) (un spécimen récolté par James, 1973). A. M. Clark (1984)
la signale aux Seychelles, sans donner de localisation plus précise. Le squelette abactinal
de la base des bras est formé de rangées longitudinales de plaques (9 rangées chez l’indi¬
vidu de R = 79 mm, 7 rangées chez l’autre). Ces plaques sont nettement plus larges que
longues, leur contour est quadrangulaire à triangulaire. Chaque rangée compte cinq pla¬
ques ; au-delà d’elles l’organisation du squelette abactinal devient très irrégulière, parti¬
culièrement dans la région médiane des bras. On note également la présence éparse, entre
les plaques abactinales primaires, de quelques petites plaques secondaires. Les aires papil¬
laires abactinales renferment jusqu’à dix-huit papules ; on compte parfois vingt papules
dans les aires intermarginales et jusqu’à quinze dans les actinolatérales. La formule adam-
bulacraire correspond à celle de l’holotype : quatre piquants adambulacraires formant
éventail, trois piquants subambulacraires trapus, deux à quatre granules subambulacraires
élargis en position externe.
— 866 —
Dans son travail sur le genre Andora, Rowe (197/) décrit trois nouvelles espèces dont
J Andora bruuni (1 spécimen connu ; localité-type : dans le canal de Mozambique). Les
différences entre A. faouzii et A. bruuni résident dans des détails du squelette, comme
par exemple la compacité du squelette abactinal et les tailles respectives des plaques le
composant. Il n’est pas impossible qu’il s’agisse de différences liées à des variations indi¬
viduelles.
Nardoa lemonnieri platyspina subsp. nov.
(PI. Ill, A-D)
Matériel examiné : Station C28, 1 ex. (r/R mm : 10-96) ; réf. MHNH Paris ECAS 2969,
holotype.
Diagnose : Nardoa lemonnieri dont les plaques abactinales diminuent progressivement de
taille de la base à l’extrémité des bras et dont les piquants adambulacraires sont en forme de prisme
déformé au sommet terminé en biseau.
Description
Le squelette abactinal est formé de plaques disposées de façon régulière sauf dans
les régions latérales des bras, où les plaques longeant la ceinture marginale forment une
rangée assez distincte, et dans la région distale, où elles sont plus ou moins disposées en
chevron. On distingue deux types de plaques abactinales : des plaques primaires, quadran-
gulaires à hexagonales, et des plaques secondaires, intercalaires et nettement plus petites.
Les plaques abactinales diminuent progressivement de taille de la base à l’extrémité des
bras. Les granules qui les recouvrent sont nettement plus gros que ceux qui tapissent les
aires situées entre les plaques. Les aires porifères abactinales comptent de huit à quinze
papules. Les plaques supéro- et inféromarginales se superposent exactement ; il n’y a pas
de plaques intermarginales. On distingue une rangée de plaques actinolatérales qui court
jusqu’à l’extrémité du bras. La granulation marginale et actinolatérale est assez uniforme ;
les granules recouvrant les plaques sont à peine plus développés que ceux situés à leur
périphérie. Les aires porifères intermarginales proximales renferment de seize à vingt
papules ; les aires actinales en comptent jusqu’à seize. Plaques adambulacraires pourvues
de trois rangées de piquants ou de granules élargis : trois ou quatre (généralement 4) piquants
adambulacraires déprimés, en forme de prisme modifié, terminé en biseau, le piquant le
plus proximal étant particulièrement aplati ; trois ou quatre piquants subambulacraires
internes prismatiques ; une rangée de trois ou quatre granules subambulacraires externes à
peine plus gros que ceux recouvrant les plaques actinolatérales.
Discussion
L individu de la station C28 se distingue nettement de l’espèce Nardoa variolata par
plusieurs caractères, particulièrement par 1 allure générale du spécimen (bras beaucoup
moins trapus que chez A. variolata ) et par 1 architecture du squelette abactinal (les pla¬
ques primaires de N. variolata sont à la fois plus larges et plus tumescentes). Les affinités
— 867 —
avec N. lemonnieri Koehler (espèce qui est vraisemblablement un synonyme junior de
Nardoa galatheae, Rowe, comm. pers.) paraissent plus évidentes (voir Koehler, 1910 :
161, pl. 18 figs 1-2) encore que l’individu seychellois s’en distingue à la fois par le fait
que les plaques abactinales brachiales diminuent progressivement de taille — et non de
façon abrupte — lorsqu’on s’éloigne du disque, et par l’aspect des piquants adambula-
craires, en forme de prisme modifié.
Nardoa sphenisci A. M. Clark
Nardoa sphenisci A. M. Clark, 1967 : 173, pl. 3 figs 1-3.
Ma tériel examiné : Station C32, 1 ex. (r/R mm : 11/106) ; station SI, 1 ex. (r/R mm : 12/
103.)
Cette espèce n’était connue que de deux localités du nord-ouest de l’Australie (Holo-
thuria Bank ; Parry Shoal au nord-ouest de Darwin). Un léger bombement affecte la majo¬
rité des plaques abactinales, certaines d’entre elles, surtout au centre du disque et dans la
région médiodorsale des bras, sont élargies et très nettement convexes. Les plaques les
plus convexes ont à leur base un diamètre de 2,5 à 3 mm et peuvent atteindre une hauteur
de 1,5 mm. Le squelette abactinal est plus serré que chez la plupart des autres espèces
du genre et les aires papillaires sont relativement étroites. Les plaques supéromarginales
montrent une nette tendance à l’alternance de taille : plaques larges et bombées alternant
avec des plaques étroites et plates. La rangée intermarginale est très apparente et atteint
à peu près la moitié des bras. Dans l'angle interradiaire on peut remarquer jusqu’à trois
étages d’intermarginales, l’étage médian correspondant à la rangée qui longe le bras, les
deux autres étant limités à la région interradiaire. Il n’y a pas d’aires papulaires sous les
plaques inféromarginales, contrairement à ce qui s’observe chez l’holotype. Armature
adambulacraire : trois ou quatre piquants adambulacraires, trois forts piquants subambu-
lacraires internes, une rangée de cinq à sept granules subambulacraires externes semblables
à ceux couvrant les plaques actinolatérales et marginales.
Neoferdina offreti (Koehler)
Ferdina offreti (pars) Koehler, 1910 : 114, pl. 7 figs 2-3 (non figs 4-5, = Fromia nodosa selon
A. M. Clark, 1967 : 191).
Neoferdina offreti ; Livingstone, 1931 : 307 ; Jangoux, 1973 : 778, textfig. 2, pl. 4 figs 2-6 (syno¬
nymie).
Neoferdina mahei Jangoux, 1973 : 784, pl. 4 fig. 1.
Matériel examiné : Station C21, 2 ex. (r/R mm : 7/22, 8/26) ; station C31, 1 ex. (r/R mm :
9/31) ; station C51, 1 ex. (r/R mm : 9/27) ; station SI, 3 ex. (r/R mm : 7/22, 7/22, 8/25) ; station S2,
3 ex. (r/R mm : 7/24, 8/26, 9/31) ; station S5, 4 ex. (r/R mm : 5/19, 6/24, 7/23, 13/50) ; station Ml,
2 ex. (r/R mm : 5/21, 6/22).
L’examen comparatif des seize spécimens récoltés a permis de mettre en évidence
une très grande variation dans l’organisation du squelette abactinal et marginal, tout
- 868 -
particulièrement dans le nombre et la taille des plaques dénudées. 11 ressort en conséquence
que l’espèce Neoferdina mahei Jangoux, 1973, n’est vraisemblablement pas valide et qu elle
peut être considérée comme une forme extrême de la variation de JS eoferdina offreti Koehler.
Acanthaster brevispinus seychellesensis subsp. nov.
(PI. IV, C-D)
Matériel examiné : Station C26, 1 ex. (r/R mm : 62/99) ; réf. MNHN Paris EGAS 2968,
holotype.
Diagnose : Acanthaster brevispinus du centre de l’océan Indien, caractérisé par un nombre
relativement élevé de piquants adambulacraires (3 à 5) et dépourvus de piquants suboraux sur
les pièces buccales.
Description
Treize bras, cinq plaques madréporiques. Face abactinale du disque recouverte d’un
épiderme épais d’où émergent de nombreux piquants courts et coniques (longueur : 1,5
à 2,5 mm ; densité : 20 à 25 piquants par cm 2 ). Les piquants de la face abactinale des bras
sont un peu plus longs (longueur : 3 à 5 mm) et nettement plus espacés que ceux observés
sur le disque. Les piquants du disque et des bras s’articulent sur une colonne très courte ;
ils sont recouverts de peau sur leur moitié inférieure. De petits granules coniques sont dis¬
tribués de façon éparse entre les piquants abactinaux ; dans certains cas ils recouvrent
aussi la base des piquants. On note la présence de pédicellaires abactinaux bivalves. Leurs
valves sont épaisses, élargies à la base et arrondies au sommet (hauteur des valves : 0,6
à 0,8 mm).
Piquants marginaux et. actinolatéraux de 4 à 6 mm de long, recouverts de peau incrus¬
tée de granules sur leurs deux tiers inférieurs. Plaques adambulacraires porteuses de trois
à cinq (généralement 4) piquants adambulacraires, les piquants médians étant les plus
développés (longueur approximative : 2 mm) mais n’étant jamais plus longs que la plaque
qui les supporte. Un fort piquant subambulacraire en retrait (longueur : 5 à 7 mm) et, en
principe, un pédicellaire bivalve attaché à la paroi du sillon ambulacraire et situé sous le
piquant adambulacraire le plus adorai. Pièces buccales bordées de six ou sept piquants
marginaux ; on ne distingue pas de piquant suboral.
Discussion
Les affinités avec les spécimens d’Acanthaster brevispinus Fisher des Philippines sont
incontestables (v oir Fisher, 1919 : 442, pl. 117, pi. 118 fig. 1, pl. 131 figs 6, 6a-6d), parti¬
culièrement au niveau du squelette abactinal. Les différences essentielles résident dans la
formule adambulacraire (3-5 piquants adambulacraires pour R = 99 mm chez le spéci¬
men des Seychelles, contre 2-3 piquants adambulacraires pour R = 90 mm chez ceux
étudiés par I'isher) et dans l’absence de piquants suboraux sur les pièces buccales du
specimen se^chellois. Ces deux différences ainsi que l’origine du spécimen (au centre de
1 ocean Indien) autorisent selon nous 1 etablissement d’une sous-espèce nouvelle.
- 869 -
Madsen (1955) doutait de la validité de l’espèce A. breoispinus, validité récemment
confirmée par Lucas et Jones (1976). A. brevispinus est connue des Philippines (Fisher,
1919) et des côtes du Queensland (Bennett, 1958 ; Endean, 1961 ; Lucas et Jones, 1976).
Sa biologie est sensiblement différente de celle à 1 Acanthaster planci (Linné) : elle vit plus
profondément et se nourrit principalement de mollusques bivalves (selon Lucas et Jones).
LES ASTÉRIDES DU CENTRE-OUEST DE L’OCÉAN INDIEN
Le tableau II donne la liste de tous les astérides littoraux (0-100 m) signalés dans le
centre-ouest de l’océan Indien (des îles Amirantes et du groupe d’Aldabra à l’ouest, aux
îles Maldives à l’est). Ce tableau résulte en partie d’un réexamen des spécimens de la col¬
lection Gardiner étudiés par Bell et appartenant aux collections du British Museum
(natural History) de Londres et de l’University Museum de Cambridge (U.K.). Lorsque
cela se justifie — par exemple lorsque l’identification spécifique originale diffère de celle
présentée dans le tableau — un commentaire est donné sous formes de notes explicatives
(voir ci-après).
a) Identification supposée par Bell (1884 ; Seychelles) et confirmée par A. M. Clark ( comrn.
pers.). La collection Gardiner à Cambridge renferme plusieurs spécimens originaires de Saya
de Mallia (47-125 brasses), alors que Bell (1909) indique uniquement une profondeur de 125
brasses.
b) Hughes et Gamble (1977) signalent cette espèce à Aldabra, identification contestée par
Si.oan et al. (1979) pour qui il s’agirait plus vraisemblablement d’une Astropecten polyacanthus.
c) Espèce identifiée Archaster typicus par Bell (1884 ; Seychelles). Les spécimens des Mal¬
dives identifiés Pentagonaster sp. par Bell (1902), puis Archaster typicus par A. M. Clark et
Davies (1965) seraient, selon Sukarno et Jangoux (1977), des juvéniles d 'Archaster lorioli.
d ) Les spécimens des Maldives (récoltes de Gardiner) ont d’abord été identifiés Stellaster
incei par Bell (1902), puis Stellaster equestris par A. M. Clark et Davies (1965) pour être finale¬
ment attribués à l’espèce Siraster tuberculatus (voir A. M. Clark et Rowe, 1971).
e) Tous les spécimens récoltés par Gardiner ont été identifiés Asterodiscus elegans par Bell,
(1909). La sous-espèce belli a été récemment érigée par Rowe (1977a).
f) Le spécimen identifié Culcita coriacea par Bell (1909) n’a pas été retrouvé dans les collec¬
tions de Londres et de Cambridge (il s’agit vraisemblablement d’une Culcita schmideliana). Trois
des spécimens de Gardiner étiquetés Pentagonaster sp. et Culcita (young) par Bell et originaires
de Salomon et d’Egmont (Chagos) sont en réalité des C. schmideliana.
g) Le réexamen du spécimen identifié Pentaceros gracilis par Bell (1909 ; Saya de Malha)
a montré qu’il s’agit d’un Pentaceraster horridus. Il est vraisemblable que le Pentaceros affinis
de Moebius (1859 ; Seychelles) appartient également à cette espèce.
h) Identifiée Pentaceros muricatus par Perrier (1875) (voir Doederlein, 1936b
i) Identification confirmée après examen du spécimen (coll. Musée de Cambridge) ; c’est la
signalisation la plus occidentale de l’espèce.
j) Espèce décrite par A. M. Clark en 1967 à partir du matériel récolté par Gardiner ; les
spécimens avaient été identifiés Scytaster variolatus par Bell (1902, 1909).
k) Identifié Narcissia mohamedi nov. par Macan (1938) (voir Rowe, 19776).
/) Le spécimen des Amirantes avait été identifié Leiaster leachi par Bell (1909) (A. M. Clark,
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V
873 -
comm. pers.). La collection de Cambridge renferme sept specimens en alcool non répertoriés par
Bell (1909) et originaires de Saya de Malha.
m) Les spécimens récoltés par Gardiner aux Maldives ont été identifiés Linckia laevigata
par Bell (1902) (voir A. M. Clark et Davies, 1966) ; ceux des Chagos ont été repris par Bell
(1909) sous l’appellation Linckia diplax (A. M. Clark, comm. pers.).
n) Identifiée Linckia miliaris par Perrier (1875).
o) Les spécimens de Gardiner ont été identifiés Scytaster variolatus ou Scytaster luberculatus
par Bell (1902, 1909).
p) Bell (1902) et A. M. Clark et Davies (1966) signalent la présence aux Maldives de l’espèce
Nardoa novaecaledoniae. Ces spécimens présentent, selon Rowe (comm. pers.), des caractères inter¬
médiaires entre N. variolata et N. lemmonnieri. Leur statut spécifique est donc douteux, raison
pour laquelle nous ne les avons pas repris dans la liste.
q) L’espèce Neoferdina mahei Jangoux, 1973 (Seychelles) doit être considérée comme syno¬
nyme de N. ofjreti.
r) Identifiés Ophidiaster purpureus et Ophidiaster pustulatus (= purpureus) par Perrier
(1875; Seychelles) et Ludwig (1899; Seychelles et Aldabra), respectivement.
s) Identifiés Linckia marmorata par Bell (1909).
t) Le spécimen identifié Asterina exigua par Bell (1909 ; Salomon, Chagos) n’a pas été retrouvé
dans les collections.
u) Identifiés Asterina cepheus par Bell (1902, 1909). La collection Gardiner à Cambridge
renferme deux spécimens étiquetés Asterina elegans nom. nud. (Salomon, Chagos) qui appar¬
tiennent également à l’espèce A. burtoni.
v) Identifié Echinaster purpureus par Bell (1884) (A. M. Clark, comm. pers.).
w) Identifiés Acanthaster echinites et Acanthaster mauritiensis par Bell (1902, 1909).
x) Identifié Mithrodia fisheri par Jangoux (1974).
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PLANCHE I
A-B : Astropecten phragmorus Fisher.
C-D : Astropecten polyacanthus Müller & Troschel.
PLANCHE
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B/9L.0U
MUSEUM
w
2 cm
2 cm
- 878 -
PLANCHE II
A-C : Astropecten exilis Mortensen : A, face aborale ; B, détail de la face abactinale d un bras ; C, détail
de la face actinale d’un bras.
D-E : Astropecten phragmorus Fisher : détails des faces abactinale (D) et actinale (E) d un bras.
F-G : Astropecten polyacanthus Müller & Troschel : détails des faces abactinale (F) et actinale (G) d un bras.
PLANCHE II
- 880 -
PLANCHE III
A-D : Nardoa lemonnieri platyspina nov. subsp. : A, face aborale ; B, face orale ; C, détail de la face acti-
nale d’un bras ; D, détail de la face abactinale d’un bras.
E : Andora faouzii (Macan).
PLANCHE III
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3 cm
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882
PLANCHE IV
A-B : Siraster tuberculatus H. L. Clark.
C-D : Acanthaster brevispinus seychellesensis nov. subsp. : C, face abactinale I profil) ; E, détail de 1 ai mature
adambulacraire.
883 -
PLANCHE IV
Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6, 1984,
section A, n° 4 : 885-905.
Ascidies littorales de Guadeloupe
VIII. Questions de systématique évolutive
posées par les Didemnidae
par Françoise Monniot
Résumé. — De nouvelles récoltes en Guadeloupe ont permis de décrire quatre espèces nou¬
velles et une nouvelle forme de Didemnidae. La systématique de cette famille est rendue difficile
par la proche parenté de certaines espèces, une variabilité intraspécifique, l’absence de valeur
phylogénique de certains genres comme Polysyncraton. La présence d’algues symbiotes complique
encore les problèmes posés. Les caractères anatomiques des zoïdes et des larves sont envisagés
en fonction de leur utilisation possible en systématique évolutive.
Abstract. — New collectings in Guadeloupe give us the opportunity to describe four new
species and one new form of Didemnidae. Systematics in this family is difficult because of the close
relationship of some species, intraspecific variability and the absence of phylogenetic value in
some genera such as Polysyncraton. The presence of symbiotic algae complicates the question.
The anatomical characters of zooids and larvae are considered because of their possible significance
in evolutionary systematics.
F. Monniot, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d’Histoire
naturelle, 55, rue Buff on, 75005 Paris.
Dans une première publication à propos des ascidies de Guadeloupe (F. Monniot,
1983), dix-neuf espèces de Didemnidae ont été décrites. Une carte indique l’emplacement
des stations de collecte en plongée. Deux autres séjours aux Antilles (avril et août 1983,
programme Cordet B 47, 1982) ont permis de retrouver les espèces déjà décrites, d’élargir
leur répartition et d’y ajouter d’autres formes dont quatre espèces nouvelles. L’inventaire
des Didemnidae de Guadeloupe n’est pas complet, plusieurs milieux n’ont pas été explorés,
et certaines colonies n’étaient pas en nombre ou en état suffisant pour permettre une iden¬
tification et une description correcte.
Les Antilles montrent dès à présent une grande richesse de Didemnidae, contraire¬
ment à ce qui était admis jusque-là. Les habitats littoraux diversifiés (récifs, herbiers,
mangroves, cayes, îlets, ports, etc.) abritent des formes appartenant à tous les grands
genres avec une bonne diversité spécifique. Certaines espèces ne posent pas de problèmes
taxonomiques ; d’autres, qui vivent en abondance dans une même station, appartiennent
à des espèces distinctes mais très difficilement reconnaissables, parce qu’elles ne diffèrent
que par des caractères anatomiques discrets. Ces espèces ne montrent pas de spécialisa¬
tions particulières pour le groupe, qu’il s’agisse de l’organisation des colonies, de leur mode
de croissance, de leur régime alimentaire ou de leur reproduction.
- 886 -
Plusieurs facteurs interviennent dans les difficultés rencontrées dans la classification
des Didemnidae :
— les élevages sont rarement possibles : ces animaux ne sur\i\ent pas suffisamment
bien en aquarium pour envisager des croisements ou une expérimentation ,
— de nombreuses espèces hébergent des algues symbiotes, diversifiées et mal con¬
nues ;
— la faible diversité des caractères et leur variabilité rendent délicate 1 attribution
d’un type d’organe à une espèce, voire à un genre ; les relations phylogénétiques des genres
sont difficiles à établir ;
— il existe des espèces jumelles ;
— certains genres couramment employés, comme Polysyncraton, n ont qu une jus¬
tification pratique et non systématique.
Ces différents points seront développés après la description des espèces.
I. DESCRIPTION DES ESPÈCES
Les descriptions des Didemnidae de la note 1 (Monniot F., 1983), dont la liste suit,
ne sont pas reprises ici : Trididemnum cyanophorum Lafargue et Duclaux, 1979 ; T. hians
Monniot, 1983 ; T. orbiculatum (Van Name, 1902) ; Leptoclinides latus Monniot, 1983 ;
L. torosus Monniot, 1983 ; Didemnum conchyliatum (Sluiter, 1898) ; D. cineraceum (Sluiter,
1898) ; D. duplication Monniot, 1983 ; D. halimedcie Monniot, 1983 ; D. inauratum Monniot,
1983 ; D. ligulum Monniot, 1983 ; D. perlucidum Monniot, 1983 ; D. psammathodes (Sluiter,
1895) ; Lissoclinum abdominale Monniot, 1983 ; L. fragile (Van Name, 1902) ; L. perfo¬
ratum (Giard, 1872) ; L. verrilli (Van Name, 1902) ; Diplosoma listerianum (Milne-Edwards,
1841) ; D. glandulosum Monniot, 1983.
La répartition de ces espèces et des autres ascidies de Guadeloupe fera l’objet d’une
publication ultérieure.
Trididemnum savignyi (Herdman, 1886)
Station : Baille argent sud, 8 m.
Une seule colonie a été récoltée en avril. Épaisse, elle avait une couleur brune, une
surface lisse et translucide. La partie superficielle de la tunique ne contient pas de spicules,
mais on retrouve ceux-ci, de grosse taille, en couche dense, au niveau des thorax des zoïdes.
Ils sont plus clairsemés dans les couches profondes de la tunique. La tunique est molle
mais très résistante ; elle contient d abondantes cellules pigmentaires brunes. Les zoïdes
possèdent aussi un pigment foncé sur le thorax.
Le pédoncule œsophago-rectal est très long et porte un appendice fixateur très long
également, inséré à sa base.
— 887
Les larves sont incubées dans la partie profonde de la tunique ; elles sont très grosses
(jusqu’à 2 mm pour le tronc). Elles ont huit à dix papilles épidermiques de chaque côté
des ventouses, l’ozoïde porte trois et jusqu’à quatre bourgeons.
L’espèce ne semble pas très commune en Guadeloupe, mais il est possible aussi qu elle
ait un développement saisonnier.
Trididemnum palmae n. sp.
(Fig. 1 C, D, E, F ; pi. I A)
Stations : Ilet Pigeon, 20 m ; Bouillante, 12 m ; Vieux Fort, 18-20 m.
Type : MNHN A2 TRI 32.
Les colonies se présentent en croûtes relativement minces (5 mm d’épaisseur au maxi¬
mum) et dures, formant une sorte de palmure entre les branches des massifs de coraux
« Porites ». Ces palmures se situent à une dizaine de centimètres environ au-dessous de l’extré¬
mité libre des branches digitiformes du corail. L’extension de ces croûtes peut atteindre
une quinzaine de centimètres, les dimensions exactes étant difficiles à préciser car les colo¬
nies moulent les branches de corail et dépendent essentiellement de la forme du support.
La couleur est variable du blanc au vert olive ou au brun-vert, selon la répartition des
algues symbiotes ; elle est marbrée. On ne distingue pas les canaux cloacaux en surface.
La partie superficielle des colonies est très lisse, formée d’une sorte de cuticule mince, sans
spicules. Cette partie peut être facilement arrachée. Immédiatement sous cette couche
résistante mais parfaitement translucide, se situe une couche de tunique envahie d’algues
unicellulaires symbiotes qui contient de plus en plus de spicules calcaires (pi. I A) vers
l’intérieur de la colonie et de moins en moins d’algues. Les zoïdes ne se distinguent en sur¬
face que par le pointillé régulier mais très discret que forment les siphons buccaux. Les
cloaques communs ne sont pas visibles.
En dehors de la pellicule transparente de surface, la colonie ne peut se délaminer,
les zoïdes sont totalement inclus dans la masse de la tunique et les canaux cloacaux sont
très fins. Les zoïdes, extrêmement petits, sont perpendiculaires à la surface de la colonie.
La partie inférieure des colonies ne contient pas de zoïdes. Les larves se développent dans
l’épaisseur de la tunique et il n’est pas possible de les repérer sans dissection.
Les zoïdes ont un siphon buccal étroit, assez court et bordé de six lobes arrondis peu
individualisés (fig. 1 C). Les tentacules coronaux sont de deux ordres. Le siphon cloacal
forme un tube très court, plus court que le siphon buccal et souvent plus large. Il forme
un angle qui varie de 90° à 120° avec celui-ci (fig. 1 C). La branchie compte sept ou au
plus huit stigmates par demi-rang en son milieu. Les organes thoraciques latéraux sont
circulaires et situés au-dessus du deuxième rang de stigmates au milieu du thorax (fig. 1 C).
Je n’ai pas vu d’appendice fixateur, sauf sur deux zoïdes, parmi des centaines, provenant
de plusieurs colonies : l’un avait un appendice fixateur microscopique situé juste sous
l’endostyle, l’autre un très petit appendice également mais contre l’abdomen. Le pédon¬
cule œsophago-rectal est entouré des cellules épithéliales saillantes qui sont normalement
développées sur l’appendice fixateur.
- 889 -
L’abdomen est plus volumineux que le thorax (fig. 1 C). La boucle digestive est large,
repliée sur elle-même ; les gonades sont donc situées sous les zoïdes. L’estomac est arrondi,
petit, très antérieur (fig. 1 C, D). Le post-estomac conique, court, est prolongé par un
intestin antérieur un peu renflé, tubulaire ; l’intestin moyen forme une ampoule ; l’intes¬
tin postérieur isodiamétrique est mince. Ces différentes parties ne sont pas toujours nette¬
ment individualisées.
Le testicule unique, sphérique, est nettement saillant dans l’abdomen (fig. 1 C, D).
Il est entouré de quatre à cinq spirales du spermiducte, peu serrées, dont le premier tour
est toujours lâche et le dernier plus épais et courbé à angle droit en quittant le testicule.
Le spermiducte est enroulé dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. L’ovaire est
peu ou pas développé. Les animaux doivent être hermaphrodites successifs, car les colonies
récoltées en août contiennent à la fois des testicules bien développés et des têtards. La
glande pylorique est répartie en deux massifs symétriques de chaque côté du post-estomac.
Les larves (fig. 1 E, F) sont de taille très variable selon leur état de maturité ; elles
mesurent en moyenne 1,5 mm. Elles contiennent une grande abondance d’algues symbiotes
réparties en deux massifs, un de chaque côté du corps. Au cours du développement, la
masse des organes reste localisée très postérieurement près de l’insertion de la queue, dans
la partie centrale du tronc, entre les deux massifs d’algues vertes. Les papilles adhésives
sont alignées et entourées de chaque côté du corps par une rangée de papilles épider¬
miques. En vue frontale les papilles forment des sortes de corolles autour des ventouses
(fig. 1 F). Il y a un ocelle et un otolithe. Au-dessus de la région nerveuse et sensorielle,
la tunique est parfaitement translucide et les tissus ne contiennent pas d’algues symbiotes.
Au moment de l’émission des larves, le tronc subit une contraction antéro-postérieure
rapprochant la masse viscérale des papilles de fixation ; les deux masses contenant des
algues symbiotes deviennent saillantes et plus individualisées et restent externes par rap¬
port au thorax et à l’abdomen embryonnaires.
Remarques : Cette nouvelle espèce présente à première vue une grande ressemblance
avec Trididemnum solidum par l’extension des colonies, leur consistance et leur couleur,
mais elle ne vit pas dans le même milieu. T. solidum encroûte des coraux plus massifs,
des éponges, des algues calcaires, mais pas les Porites. Les différences morphologiques des
zoïdes sont nombreuses (fig. 1) : elles portent sur la taille, la longueur du siphon buccal et
la forme de ses lobes, la longueur du siphon cloacal, la présence constante d’un appendice
fixateur, le tube digestif en boucle non tordue, le nombre de tours du spermiducte plus
élevé, l’organisation des papilles des têtards et la taille de la larve.
Trididemnum solidum (Van Name, 1902)
(Fig. 1 A, B ; pi. I B)
Stations : Grande Anse, 8 m ; Baille argent, 8 m ; Sainte-Anne (Vacelet coll.) ; Pointe du
Carénage, 5 m.
Le type de l’espèce conservé au Peabody Museum de l’Université de Yale a été revu.
11 s’agit d’une colonie de petite taille ne contenant pas de larves. Les zoïdes sont assez
mal conservés mais correspondent bien à ceux des colonies vertes de Guadeloupe, et aux
4, 5
— 890 —
colonies de Curaçao qui ont servi aux études biologiques de Bak, \ an Dlni. et S\ besma
( 1981) et dont ils nous ont envoyé quelques échantillons. Trididemnum solidutn diffère
de T. palmae par la taille des zoïdes, la longueur des siphons, la présence d un appendice
fixateur, un pédoncule œsophago-rectal plus long, la boucle intestinale à simple courbure,
le nombre de tours du spermiducte plus élevé (6 à 9) et une organisation différente des
papilles du têtard. Ces caractères étant figurés (fig. 1 A, B), nous n en refaisons pas la
description détaillée.
Par contre, aucun de ces caractères ne peut différencier 7. solidum de T. cyanophorum
Lafargue et Duclaux, 1979. Pourtant, la couleur des colonies n est pas la même à 1 état
vivant puisque T. solidum est d’un vert olive plus ou moins intense et plus ou moins mar¬
bré de blanc ou de brun ; la disposition des zoïdes est régulière et uniforme dans les colonies
de T. solidum et l’on n’observe pas d’anneaux blancs autour des orifices buccaux comme
chez T. cyanophorum ; T. solidum a en moyenne une proportion plus grande de spicules
réguliers à rayons plus longs (pi. I B) que T. cyanophorum qui avait, au moins au centre
des colonies, des rayons plus fibreux et plus irréguliers (pi. I D). Dans les deux cas, les
deux formes de spicules existent et elles sont d’ailleurs très proches l’une de l’autre (pi. I B,
D, voir Lafargue et Duclaux, 1979, fig. 3).
Il y a donc ici un problème systématique. On pourrait considérer que T. solidum et
T. cyanophorum ne forment qu’une seule espèce puisque aucun caractère anatomique ne
peut les séparer ni chez les adultes, ni chez les larves. (T. solidum aurait priorité.) Les
formes vertes et les formes violacées à points blancs ne seraient dues qu’à des algues sym¬
biotes différentes pour des populations allopatriques d’une même espèce. Ces algues sym¬
biotes provenant de stations différentes peuvent provoquer par leur métabolisme légère¬
ment différent des réactions de l’hôte au niveau de la tunique. Cela pourrait donc facile¬
ment expliquer de légères différences des spicules ou de positionnement des zoïdes les uns
par rapport aux autres au moment du bourgeonnement. Il faut signaler aussi que des larves
de T. solidum, comme celles de T. cyanophorum, portent des algues rouges.
Malgré ces arguments, il semble préférable de garder provisoirement les deux espèces,
plutôt que deux formes d’une seule, pour les raisons suivantes :
1. Le nombre de caractères sur lesquels est fondée la classification des Didemnidae
et du genre Trididemnum est très réduit. Il s’agit le plus souvent de caractères variables,
du rapport de taille des organes ou du développement plus ou moins grand d’un organe
par rapport à un autre. T. cyanophorum par son aspect externe se distingue sans difficultés
en plongée. Il n’a été récolté que dans une station alors que T. solidum ne semble pas pré¬
sent à cet endroit. D’autres récoltes aux Antilles pourront permettre de préciser si les
deux formes ne cohabitent jamais et si T. cyanophorum peut être retrouvé dans un autre
milieu. Il serait intéressant d’observer ses limites de variation.
2. La biologie de T. solidum a été étudiée de façon approfondie par Back, Van Duyl
et Sybesma. Lne étude de même type pour T. cyanophorum pourrait mettre en évidence
des différences éventuelles dans la croissance, 1 émission des larves, le comportement des
têtards, le taux de reproduction, etc.
3. Ivott (1982 . 120), dans un article à propos de la symbiose entre les Didemnidae
et lis algues dans le 1 aeilique Ouest, indique « 7. solidum T. cyanophorum » mais ne
precise pas davantage sa position quant à la valeur des espèces à son sens.
891
4. Des analyses biochimiques des colonies ont été entreprises ainsi que l’étude des
algues symbiotes. Les résultats permettront peut-être d’aider à résoudre ce problème
taxonomique.
A notre sens il s’agit ici soit d’une spéciation en cours, soit d’une spéciation récente.
Le terme parfois commode d’espèce jumelle ne peut s’appliquer ici puisque les deux formes
sont tout à fait reconnaissables à l’état vivant. Une expérimentation sur les ascidies est
toujours difficile car ces animaux survivent très peu en aquarium, mais la transplantation
croisée de T. solidum à proximité immédiate des T. cyanophorum, et inversement, devrait
être réalisable et pourrait très utilement contribuer à résoudre le problème systématique
posé.
Trididemnum cyanophorum Lafargue et Duclaux, 1979
(PI. I D)
Station : I let Pigeon, de 8 à 40 m (abondance maximum entre 20 et 30 m).
La description originale de l’espèce et la figuration sont suffisantes et il n’est pas
nécessaire d’y revenir ici. Les discussions systématiques et les restrictions quant à la vali¬
dité de l’espèce sont données à propos de Trididemnum solidum.
Les colonies vertes de petite taille identifiées T. cyanophorum en 1983 devant Sainte-
Anne et à la Pointe du Carénage sont à placer dans l’espèce T. solidum puisque T. solidum
a bien été retrouvé en abondance en Guadeloupe et comparé à l’exemplaire-type.
Eidemnum calliginosum n. sp.
(Fig. 2 A, B, C ; pi. I C)
Stations : Ports de plaisance de Rivière Sens, 2 m, et de Saint-François, 2 m.
Type : MNHN A2 DID-C 67.
Les colonies sont encroûtantes, molles, de forme irrégulière mais ne dépassent pas
quelques centimètres d’envergure ; leur épaisseur est de 2 à 3 mm pour les plus petites
et peut atteindre 1 cm quand les colonies deviennent plus grandes, lobées et repliées sur
elles-mêmes. La coloration est terne, allant du gris au noir, parfois violet foncé ; elle s’atté¬
nue après conservation. Les spicules sont petits (pi. I C), peu abondants et irrégulièrement
répartis, ce qui provoque des marbrures plus claires sur les colonies. Le pigment sombre
est lui beaucoup plus uniformément disposé. L’aspect des colonies est tout à fait semblable
à celui de Didemnum cineraceum (Sluiter, 1898), aussi bien en ce qui concerne la couleur
que l’épaisseur ou la consistance. Nous n’avons pas observé la répartition des orifices
cloacaux, difficiles à discerner des déchirures accidentelles de la tunique. Les zoïdes sont
très faciles à extraire. Les canaux cloacaux sont difficilement repérables dans la masse
gélatineuse des colonies ; ils s’étendent dans la couche située à la base des thorax et con¬
tiennent de nombreuses larves.
- 892 -
Les zoïdes sont disposés en une seule couche et serrés les uns contre les autres. Le
siphon buccal est court, à six lobes peu profonds. Le siphon cloacal forme une très large
ouverture découvrant une grande partie de la branchie (fig. 2 A, B). Il n y a pas de lan¬
guette cloacale. Les organes thoraciques latéraux sont proches de 1 endostyle au ni\eau
du troisième rang de stigmates et saillants (fig. 2 A). La branchie compte quatre rangs de
stigmates difficiles à compter, mais avec environ dix stigmates de chaque côté pour le
deuxième rang.
Le pédoncule œsophago-rectal est large, plus ou moins long selon l’état des zoïdes.
L appendice fixateur, souvent plus long que l’abdomen, s’insère au milieu du pédoncule
œsophago-rectal c est-a-dire nettement au-dessous du thorax (fig. 2 A, B). Les zoïdes pré¬
sentent à la fois des bourgeons, des gonades et des larves mûres.
L’abdomen est nettement plus volumineux que le thorax (fig. 2 A, B). Le tube digestif
a un large diamètre sur toute sa longueur. L’estomac est à peu près sphérique, l’intestin
ne présente pas de régions bien marquées, la boucle intestinale est repliée sur elle-même.
- 893 -
Du côté gauche de l’intestin une structure glandulaire en forme de croissant est nette¬
ment individualisée (fig. 2 A).
Le testicule unique, sphérique ou lenticulaire, peut aussi s’allonger un peu dans la
boucle intestinale (fig. 2 A, B). Le nombre de tours du spermiducte varie entre six et sept.
L’ovaire est situé entre le testicule et l’estomac ; il y a un seul gros ovocyte à la fois (fig. 2 B).
Les larves (fig. 2 C) sont de petite taille (600 [im pour le tronc). La branchie y est
déjà bien développée avec trois rangs de stigmates. Elles possèdent ocelle et otolithe. Les
trois papilles adhésives sont grosses et bordées par quatre papilles épidermiques de chaque
côté. La queue ne fait pas un tour complet de la larve (fig. 2 C).
Cette espèce ressemble énormément à Didemnum cineraceum (voir Monniot, 1983),
par l’aspect des colonies, leur consistance, leur couleur, la forme et la taille des spicules
et leur faible abondance dans la colonie. Les zoïdes sont également très semblables avec
une large ouverture cloacale, un organe thoracique latéral placé de façon similaire, un long
appendice fixateur inséré en position basse et un gros testicule lenticulaire. Seule, la larve
diffère par le nombre de papilles épidermiques plus élevé chez D. cineraceum et surtout
la présence d’un bourgeon.
Des ressemblances existent aussi avec D. perlucidum mais les colonies de cette espèce
sont plus minces et de couleur claire. Les spicules ont une structure différente. Les zoïdes
diffèrent par la structure des organes thoraciques latéraux, les proportions respectives
du thorax et de l’abdomen et la forme des diverses parties du tube digestif. La larve, par
contre, est très semblable à celle de D. calliginosum.
Polysyncraton louminae n. sp.
(Fig. 3 A, B, C, D ; pi. I E)
Stations : Est du Sec à Cabrit, 3 m ; devant Petit Bourg, 3 m.
Type : MNHN A2 Pol 16.
L’espèce se présente sous forme de grandes plaques encroûtantes, cassantes, ayant
au plus 5 mm d’épaisseur, la plus grande longueur pouvant atteindre 30 cm. Les colonies
se trouvent sous le corail mort à l’abri de la lumière. La couleur générale est grise, avec
des plages plus ou moins foncées. Elle est due à des mouchetures noires formées par des
accumulations de cellules pigmentaires à la surface de la colonie. Les pigments sont très
dispersés ou absents dans les autres parties de l’animal. En dehors de la couleur, l’aspect
et la consistance des colonies rappellent Trididemnum solidum. Les spicules sont denses
dans toute l’épaisseur de la colonie (pi. I E).
Les orifices cloacaux communs sont peu nombreux, irrégulièrement dispersés, de
petite taille, plus ou moins lobés. Les zoïdes sont perpendiculaires à la surface de la colonie
et très denses.
Les siphons buccaux sont de grande taille (fig. 3 A, B) par rapport au thorax. Ce carac¬
tère est dû à l’épaisseur relativement grande de la couche tunicale superficielle. Le siphon
cloacal est énorme (fig. 3 A) ; la totalité de la branchie est à découvert dans le vaste sys¬
tème de canaux cloacaux développé autour des thorax. La languette cloacale a une Ion-
- 894 -
gueur variable selon l’emplacement des zoïdes : elle peut être courte et arrondie (fig. 3 A),
longue et terminée en spatule, ou encore plus grande et élargie à son ( xtrémité en deux
lobes (fig. 3 B). .
Les organes thoraciques latéraux, de petite taille, sont saillants au niveau du deuxième
sinus interstigmatique (fig. 3 A). La branchie est haute et étroite, avec huit stigmates dans
chacun des trois premiers rangs, sept dans le quatrième (fig. 3 A).
Fig. 3. — Polysyncraton louminae n. sp. : A et B, zoïdes ; C, abdomen d’un zo'ide avec gonades ; D, larve.
L’appendice fixateur s’insère très bas sur le pédoncule œsophago-rectal (fig. 3 A).
L’abdomen est en général plus petit que le thorax. La boucle digestive comprend un
estomac sphérique de petite taille, antérieur et un intestin formant une boucle large, sans
régions nettement délimitées (fig. 3 B, C). L’estomac et l’intestin sont colorés en rouge
vermillon.
La gonade mâle comprend deux testicules sphériques (fig. 3 A, C), entourés dans
leur partie extreme de quatre (de 3 a 5) tours laches du spermiducte, enroulés dans le
sens contraire des aiguilles d une montre. L ovaire est situé contre les testicules, du côté
interne de la boucle intestinale ifig. 3 C). Lorsque les testicules sont très développés et
- 895 -
très serrés l’un contre l’autre, il est extrêmement facile de croire qu’il n’existe en fait qu’un
lobule. Seules, des dissections répétées dans certaines parties des colonies ont pu nous
confirmer la présence constante de deux lobules.
Les larves sont de grande taille. Le tronc mesure de 0,9 à 1 mm en moyenne. La queue
ne décrit pas un tour complet autour du tronc. Les trois papilles adhésives sont larges.
Elles sont entourées par de nombreuses papilles en couronne (jusqu’à 12 de chaque côté),
certaines en cours de dédoublement (fig. 3 D). Ocelle et otolithe sont présents ; la larve
n’est pas gemmipare.
Cette nouvelle espèce se différencie de Polysyncraton amelhysteum Van Name, 1902,
par son grand siphon buccal, par la présence de deux testicules seulement et par l’abon¬
dance des papilles épidermiques de la larve disposées en anneau.
L’espèce n’a été récoltée que dans le petit Cul-de-Sac marin, en faciès très battu,
sous de gros blocs de corail mort. Elle porte le nom du bateau obligeamment prêté pour
faire ces récoltes.
Diplosoma tritestis n. sp.
(Fig. 4 A, B, C, D)
Stations : Vieux Fort, 15 m ; Portes d’Enfer, 2 m.
Type : MNHN A2 DIP A 28.
Cette nouvelle espèce, à première vue, ne se distingue pas de Diplosoma listerianum.
Il s’agit de colonies glaireuses à tunique transparente, très lâche, contenant des zoïdes
peu denses, fixée au substrat (corail, ascidies simples) par de nombreuses brides tunicales.
Les zoïdes possèdent des cellules pigmentaires sombres dans la partie supérieure du thorax
et sur le tube digestif, mais l’estomac est orange. La densité des pigments est variable.
Il existe aussi des grains pigmentaires moins dispersés dans la tunique. Thorax et abdo¬
men sont sensiblement de même taille et suspendus dans des brides tunicales.
Les six lobes buccaux sont grands, triangulaires, bien individualisés. L’échancrure
cloacale ne découvre pas toute la branchie (fig. 4 A). Le manteau contient six fibres mus¬
culaires fortes autour du siphon cloacal, ce qui n’a pas permis de compter les stigmates
dans chacun des quatre rangs. Le manteau, à la base de l’endostyle, se prolonge en un
appendice fixateur aussi long que l’abdomen (fig. 4 A).
L’abdomen est replié sous le thorax. L’œsophage mince donne dans un estomac cylin¬
drique volumineux très antérieur (fig. 4 B, C). Après un post-estomac conique, l’intestin
moyen se renfle sur une courte portion (fig. 1 B) ; après une constriction, l’intestin pos¬
térieur devient très long et reste épais jusqu’à l’anus dont les deux lèvres sont peu mar¬
quées.
La gonade mâle est formée de trois testicules piriformes, disposés en trèfle, qui débou¬
chent dans un spermiducte commun droit (fig. 4 B, C). Ces testicules sont déplacés vers
la portion rectale de l’intestin par le développement d’une grosse glande formée d’ampoules
serrées les unes contre les autres. Cette structure ressemble aux vésicules d’accumulation
des Ascidiidae (fig. 4 C) et à ce qui a été décrit chez Diplosoma glandulosum Monniot,
1983.
- 896 -
L’ovaire situé contre le spermiducte contient plusieurs ovocytes en maturation. Les
ovocytes grossissent en faisant hernie sur 1 abdomen jusqu à se trouver dans un< poche
pédonculée. Il est curieux de remarquer que l’ovaire se situe du côté rectal de 1 abdomen
par rapport au spermiducte.
Les colonies récoltées en août ne contenaient pas de têtards très développés. L embiyon
le plus avancé que nous ayions trouvé (fig. 4 D) portait trois ventouses et deux papilles
épidermiques. Il n’a pas de bourgeon, mais peut-être est-il trop jeune. Ocelle et otolithe
sont présenls.
Fig. 4. Diplosoma tritestis n. sp. : A, thorax cl un zoïde ; B, abdomen d’un zoïde avec poclie incuba-
trice en formation (la glande abdominale n’est pas figurée) ; C, abdomen montrant l’emplacement
de la glande abdominale ; D, stade jeune d’une larve.
Cette espèce diffère de tous les Diplosoma connus par la présence de trois testicules.
Sa ressemblance superficielle avec Diplosoma listerianum l’a certainement fait confondre
souvent avec cette espèce. La répartition de D. tritestis est certainement large aux Antilles
puisque les deux stations où elle a été récoltée sont en Guadeloupe au nord de Grande-
- 897 -
Terre et au sud de Basse-Terre, deux stations très éloignées. Il ne s’agit pas d’une espèce
importée récemment, les stations de récolte étant éloignées des ports.
La présence en Guadeloupe d’un Diplosoma à trois testicules montre bien que ce genre
peut contenir des espèces à petit nombre de testicules et à testicules plus nombreux dans
les différents océans et à différentes latitudes (Kott, 1969 ; Sluiter, 1909). Le nombre
de testicules chez les Diplosoma comme chez les Polysyncraton-Didemnum ne peut être
utilisé comme critère majeur d’une phylogénie.
Lissoclinum fragile (Van Name, 1902) forme hospes n. f.
(Fig. 5 A, B, C ; pi. I F)
Type : MNHN A2 Liss 18.
Une seule colonie lobée de plus de dix centimètres dans sa plus grande longueur a été
récoltée à Filet Pigeon par 20 mètres de profondeur. La colonie avait une couleur brune,
due à l’abondance d’algues symbiotes qu’elle contient dans les canaux cloaeaux d’une
part, et, d’autre part, dans des poches tunicales au niveau de l’abdomen. Enfin, les algues
sont très abondantes dans le manteau autour des gonades de chaque zoïde.
Fig. 5. — Lissoclinum fragile forme hospes : A, thorax ; B, zoïde (les symbiontes ne sont pas figurés) ;
C, larve.
- 898 -
La partie superficielle de la tunique où sont insérés les siphons buccaux et les lan¬
guettes cloacales ne contient que très peu de spicules (pi. I F). Elle est translucide. La tunique
qui enrobe les abdomens jusqu’à la base de la branchie reste molle mais contient des spi¬
cules denses de toutes tailles (pl. 1 F). Cette couche basale est plus épaisse que la hauteur
des zoïdes et contient des amas d’organites unicellulaires vert-noir.
Les zoïdes se différencient peu de ceux des Lissoclinum fragile récoltés à quelques
mètres de profondeur seulement. Le thorax est moins allongé, plus trapu (fig- 5 A). La
languette cloacale a une forme de spatule mais reste courte (fig. 5 A, B). L organe thora¬
cique latéral est arrondi, d’un diamètre inférieur à la longueur d un stigmate et situé un
peu au-dessous du deuxième sinus interstigmatique (fig. 5 A, B). L anus est libre dans
la cavité cloacale et souvent bilabié. Le pédoncule œsophago-rectal est large mais pas très
long ; il porte des bourgeons mais pas d’appendice fixateur (fig. 5 B). L abdomen est nette¬
ment plus petit que le thorax. La boucle digestive est simple, non tordue sur elle-même,
mais peut être repliée sous le thorax. L’estomac ovoïde est peu volumineux. L intestin
présente trois renflements dont les limites ne sont pas nettes (fig. 5 B). L’ensemble de
l’abdomen contient de nombreux organites unicellulaires vert bronze ou brun foncé, très
denses surtout autour des gonades et qui ne sont pas des xanthelles.
Les deux testicules piriformes (fig. 5 B) sont invisibles si la masse de cellules algales
n'a pas été enlevée par dissection. Les ovocytes qui se développent en faisant saillie à
l’extérieur de l’abdomen sont eux aussi entourés d’algues denses qui persistent pendant
tout le développement embryonnaire. Les têtards à l’éclosion sont entourés sous leur épi¬
derme d’une couche unistratifiée d’algues unicellulaires.
En dehors des cellules algales superficielles, la structure de la larve est tout à fait
semblable à celle des spécimens moins profonds de Lissoclinum fragile. Avec une seule
colonie il n’est pas possible d’étudier la variabilité des caractères morphologiques. Les
spicules (pl. I F) sont un peu différents, mais il est certain que la présence d’algues sym¬
biotes dans l’animal peut modifier la composition chimique de la tunique et par consé¬
quent la forme des spicules. Nous laissons donc pour le moment les deux formes dans une
même espèce. 11 est vrai aussi que la répartition cosmopolite de L. fragile montre que
cette espèce est susceptible d’adaptations diverses, d’où l’existence possible de plusieurs
formes.
Cette colonie brune rappelle les colonies de Lissoclinum fragile pigmentées de brun,
présentes dans la mangrove de File Fajou (Monniot, 1983) mais qui ne possédaient pas
les mêmes organites symbiotes.
IL TAXONOMIE SPÉCIFIQUE
ET ORGANISMES UNICELLULAIRES SYMBIOTES
De nombreuses Didemnidae hébergent des algues symbiotes en Guadeloupe. Ce sont
des organismes unicellulaires procaryotes pour la plupart, à pigments verts ou rouges,
diversement répartis selon les animaux. Leur présence est souvent facultative (algues
vertes à la surface de certains Lissoclinum et Didemnum), mais elle peut devenir constante
899 -
chez quelques espèces ( Trididemnum palrnae , T. cyanophorum, T. solidum). Quand la sym¬
biose est réalisée de façon permanente, la densité des algues dans la tunique de l’hôte reste
pourtant variable selon les colonies et les diverses parties d’une même colonie, comme
cela a été signalé dans les descriptions spécifiques.
D’autres organismes unicellulaires, qui ne semblent pas être des Procyanophytes,
peuvent également s’associer en symbiontes à l’espèce Lissoclinum fragile forme hospes,
mais cette fois ils envahissent les tissus de l’hôte. Plusieurs types d’organismes unicellu¬
laires peuvent envahir une même colonie hôte, en même temps. J’ai constaté au cours
de quelques dissections la présence d'une couche d’algues unicellulaires vertes à la surface
des colonies, des organismes verts et d’autres bruns dans la tunique superficielle et des
cellules vert-noir en amas dans la couche basale des colonies.
La présence d’algues symbiotes contribue à augmenter les difficultés taxonomiques
dans la famille des Didemnidae. Il est certain que le métabolisme des algues influe sur le
métabolisme des hôtes (Lewin et Pardy, 1981 ; Pardy et Levvin, 1981 ; Johns et al.,
1981). Les changements qui surviennent dans le milieu intérieur des ascidies peuvent
affecter plusieurs organes dont la tunique, sa composition, sa consistance et par conséquent
l’abondance, la forme des spicules qu’elle contient (Monniot F., 1970). Les modifications
de la tunique peuvent également avoir une influence sur la disposition des zoïdes au moment
du bourgeonnement et pendant leur croissance, sur le développement des canaux cloacaux,
de l’appendice fixateur, etc.
Dans les stations différentes, même très proches, il est difficile d’attribuer à une espèce
ou seulement à une forme écologique les variations de couleur, de forme, de taille, de con¬
sistance d’une Didemnidae. Seule, une expérimentation pourrait aider à résoudre ce pro¬
blème, mais les symbiontes sont difficiles à garder au laboratoire. Cette question est celle
que je me pose à propos de la validité de l’espèce T. cyanophorum par rapport à T. solidum.
Toutes les Didemnidae qui hébergent des symbiontes dans leur colonie n’ont pas for¬
cément de tels organismes dans leur larve. Pour les Didemnidae dont les larves possèdent
des algues symbiotes, celles-ci sont toujours placées sous le chorion, mais dans une couche
très superficielle. Elles ne s’enfoncent pas entre les organes embryonnaires et, à la méta¬
morphose, ces organites sont rejetés à l’extérieur des zoïdes, dans la tunique commune.
Chez la forme de Lissoclinum décrite ici, les symbiontes sont présents dans les zoïdes
entre les gonades et le tube digestif et autour des bourgeons, mais il n’est pas possible de
dire si cette position provient de la structure larvaire ou si la colonisation est secondaire,
puisque je n’ai récolté qu’une colonie.
La présence d’algues symbiotes semble n’avoir aucun rapport avec la phylogénie des
animaux. Elles ont été signalées dans tous les grands genres de Didemnidae (Kott, 1982),
soit en surface des colonies, soit dans les canaux cloacaux, soit encore dans la tunique.
Des organismes ressemblant aux Procyanophytes ont été décrits dans l’ascidie Ciona intes-
tinalis par De Léo et Patricolo, 1980. On peut trouver étrange de rencontrer chez les
Prochordés des organismes supposés aussi primitifs que les « Prochloron ». Cette symbiose
entre algues et ascidies a pu se réaliser à plusieurs époques de l’évolution des deux groupes
d’organismes. Elle a pu rester durable une fois établie ou bien être apparue à plusieurs
reprises, de façon discontinue au cours des périodes géologiques. Aucune preuve paléon-
tologique ne peut être apportée puisque les tissus des Didemnidae n’ont jamais été signalés
à l’état fossile.
- 900 -
Ce même type d’association avec des algues Procyanophytes existe aussi chez les
éponges (Vacelet, 1971) considérées comme des métazoaires plésiomorphes. Il serait
intéressant de rechercher si une même algue peut vivre à la fois dans une éponge et dans
une Didemnidae. Il est possible que des Prochlorophytes existent en dehors d une asso¬
ciation avec des animaux, peut-être dans des sécrétions muqueuses.
Il n’a pas encore été possible de dire si dans les trois / ridideninum décrits ici les algues
symbiotes appartiennent aux mêmes espèces ou non. Des études en microscopie électro¬
nique sont en cours (G. Duclaux) ; elles devraient permettre de savoir s il existe une
spécificité des symbiontes.
Une approche biochimique est également tentée pour comparer 7. cyanophorum ,
T. solidum et T. palmae. Des extraits à l’acétate d’éthyle de colonies lyophilisées ont été
comparés en chromatographie. Des différences très faibles apparaissent entre 7. solidum
et T. cyanophorum et faibles mais un peu plus nettes entre les deux premières espèces et
T. palmae (M. Guyot, comm. pers.). Des études plus poussées sont en cours et devraient
déterminer si les différences observées sont dues aux symbiontes ou aux ascidies elles-
mêmes, les algues ne pouvant être extraites des tuniques pour une analyse directe.
III. ESPÈCES JUMELLES ?
J’ai signalé dans la description de Didemnum calliginosum, ci-dessus, sa très grande
ressemblance avec D. cineraceum. Les espèces sont tellement proches qu’en l’absence de
larves il est pratiquement impossible de les reconnaître, la variabilité intraspécifique étant
du même ordre que les variations observées d’une espèce à l’autre. Les deux espèces sont
sympatriques, ce qui est un argument supplémentaire pour les séparer. Enfin, les périodes
de reproduction ne coïncident pas. Ceci pourrait faire considérer les deux Didemnum comme
des espèces jumelles. Ce terme n’est pas vraiment utilisable puisque la morphologie des
larves diffère. Dans la plupart des publications faisant mention d’espèces jumelles, seuls
les adultes sont considérés. Il y a certes un problème de définition. Le terme d’espèces
« jumelles » n’a pas de valeur systématique à mon sens mais il permet au moins d’attirer
l’attention des taxonomistes ; Bernardi (1980 : 382) a bien montré comment on pouvait
utiliser ce terme. Van Soest (1975) pose le problème de la spéciation sympatrique des
Salpes (Tuniciers pélagiques) et signale que les « variétés ou sous-espèces » décrites sont
le plus souvent de vraies espèces ; il n’emploie pas le terme d’espèces jumelles. Les exemples
étant peu fréquents dans la littérature pour les animaux marins, j’ai pensé qu’il était bon
d’en citer un ici.
D. cineraceum et D. calliginosum sont très proches : tous les caractères morphologiques
des colonies adultes sont les memes ainsi que tous les caractères anatomiques des zoïdes,
siphons, branchie, tube digestif, gonades, etc. Cependant, quand les larves sont présentes
dans les colonies, leur examen montre qu’elles sont nettement différentes. Chez D. cine¬
raceum (Monniot, 1983, fig. 7 C), la larve est gemmipare et possède au moins six papilles
épidermiques de chaque côté des trois papilles adhésives. Chez D. calliginosum, la larve n’est
pas gemmipare et n a que quatre papilles de chaque côté des « ventouses » (fig. 2 C).
901 -
Il semble alors normal de se demander si les deux espèces sont des espèces sœurs ou
s’il s’agit de la convergence de deux formes paraphylétiques.
Les possibilités de modifications anatomiques au cours de l’évolution dans le genre
Didemnum peuvent porter sur plusieurs caractères : cellules pigmentaires et spicules dans
la tunique, nombre de perforations branchiales, emplacement des organes thoraciques
latéraux, longueur et insertion de l’appendice fixateur, forme de l’ouverture cloacale,
nombre de testicules et de tours du spermiducte, etc. L’identité de tous les caractères,
dont les petites variations interspécifiques ne sont pas plus grandes que les variations
intraspécifiques, fait penser que la parenté des deux formes ne peut être éloignée. Mais
puisque la structure des larves semble contredire cette hypothèse, il est nécessaire d’envi¬
sager la valeur phylogénique des caractères ontogéniques qui diffèrent.
1 — La multiplication des papilles épidermiques autour des papilles adhésives
Ce caractère est sujet à des variations dans une même espèce et dans une même colonie.
La plupart des espèces de Didemnum ont comme D. calliginosum quatre papilles de chaque
côté. Chez ces espèces, exceptionnellement, on voit apparaître un dédoublement d’une ou
plusieurs de ces papilles. Chez Didemnum cineraceum , les quatre papilles peuvent se dédou¬
bler, ou bien deux ou trois seulement, parfois une seule, cela dans une même colonie. Cela
montre que le caractère est génétiquement mal fixé.
Ces papilles ne représentent de toutes façons qu’un organe tout à fait transitoire puis¬
qu’elles disparaissent à la métamorphose et ont apparu tardivement au cours du dévelop¬
pement de l’embryon. Il me semble donc difficile d’accorder aux papilles épidermiques
larvaires une valeur taxonomique supraspécifique.
2 — La gemmiparité des larves
Dans une même espèce de Didemnidae, il est vrai que foozoïde commence à bour¬
geonner à un stade qui est toujours le même, soit chez le têtard avant son émission dans
l’eau de mer, soit immédiatement après la fixation sur le substrat. Le bourgeon peut appa¬
raître selon les espèces avant ou après la différenciation complète des organes de l’oozoïde.
Le comportement de la larve n’a pas de rapport avec l’organogénèse. Il arrive que la larve
se développe au contact de la colonie mère sans stade nageur.
Par contre, j’attache plus d’importance au rapport entre le début du bourgeonnement
et l’état de différenciation des organes de foozoïde. Si le bourgeonnement se produit quand
la branchie est déjà bien développée et perforée, et le tube digestif différencié, celui-ci
est tout à fait équivalent au bourgeonnement ultérieur des blastozoïdes. C’est cette situa¬
tion qui existe chez D. cineraceum et D. calliginosum. Par contre, chez d’autres Didemnidae
il y a une accélération du développement, les bourgeons apparaissent (et parfois nombreux)
alors que le tube digestif de foozoïde n’est pas encore différencié (par exemple Polysyn-
craton canetense : voir Lafargue, 1975, fig. 5, certains Diplosoma ). Cette fois il y a une
condensation du développement qui pourrait être considérée comme une stade évolutif
plus avancé.
Chez D. cineraceum , le premier blastozoïde apparaît avant la métamorphose, mais
cette accélération du développement est indépendante du mécanisme même de la fixa¬
tion sur le support ou de la régression de la queue du têtard. De toutes façons le bourgeon
- 902 -
apparaît à partir d’un oozoïde bien formé et différencié, la régression des organes transi¬
toires restant indépendante.
Le bourgeonnement précoce ne me semble donc pas avoir une importance réelle sur
la suite du développement de la colonie. Il ne doit donc pas être décisif pour évaluer un
degré de parenté.
11 n’est pas possible de vérifier si les espèces sont potentiellement interfécondes. On
remarque seulement :
— que les deux espèces sont sympatriques : D. cineraceum est largement réparti tout
autour de la Guadeloupe et dans les ports, D. calliginosum n’a été trouvé que dans les
ports, donc un habitat très protégé et riche en éléments nutritifs ;
— que la période de reproduction sexuée des deux espèces ne coïncide pas.
Ces deux arguments n’apportent aucune information sur la parenté plus ou moins
proche des deux espèces.
En conclusion ce sont les caractères anatomiques identiques des adultes qui priment
et me font considérer D. cineraceum et D. calliginosum comme des espèces sœurs.
IV. REMARQUES SUR LE GENRE POLYSYNCRATON
ET SES RELATIONS PHYLOGÉNÉTIQUES
Le genre Polysyncraton est très mal défini car en réalité il ne possède aucun carac¬
tère qui lui soit propre. 11 a été créé par Nott (1892) pour une espèce néozélandaise mais
aucune diagnose de genre n’a été précisée. Nott (1892 : 328) insiste sur la présence de quatre
rangs de stigmates, d’une languette cloacale, d’un spermiducte spiralé, de spicules étoilés
et d’un siphon buccal à six lobes, en remarquant que ce sont tous des caractères du genre
« Leptoclinum » (devenu Didemnum). Seul, le testicule multilobé justifie la création du
genre.
Conscient de la faiblesse des arguments permettant de conserver le genre Polysyn-
craton, Van Name, en 1921 et 1945, en fait un sous-genre du genre Didemnum.
Par la suite, tous les auteurs ont repris Polysyncraton en tant que genre, mais sans
préciser de diagnose, pour des espèces ayant à la fois deux lobules testiculaires ou plus et
une languette cloacale présente ; les autres caractères étant ceux des Didemnum. C’est
en suivant cette « habitude » que je place P. louminae dans le genre Polysyncraton. il s’agit
ici d’une facilité de classement et non d’un taxon dont la monophylie a été discutée. Je
n’accorde pas de valeur réelle à ce genre ; en voici les raisons :
pour la morphologie du thorax, rien ne permet vraiment d’isoler les genres Didem¬
num et Polysyncraton : les deux contiennent des espèces dont les canaux cloacaux sont
larges et qui ont des zoïdes à très grand siphon cloacal, ce qui est le cas de P. louminae n. sp.
mais également de Didemnum conckyliatum, D. perlucidum ou encore des Lissoclinum et
Diplosoma ; une languette cloacale équivalente à celle de P. louminae est présente chez
— 903 —
Didernnum ligulum (comme chez Lissoclinum fragile), ces exemples étant pris en Guade¬
loupe même.
— pour les gonades, la situation est la même : le spermiducte est enroulé en un nombre
variable de spires selon les espèces, autour de lobules testiculaires en nombre tout aussi
variable. Chez les Didemnum avec un testicule, il arrive de trouver quelques zoïdes avec
deux lobules ou un lobule partiellement divisé. Les Didemnum à deux testicules existent :
par exemple D. duplicatum en Guadeloupe. Dans d’autres genres, Diplosoma par exemple,
il peut y avoir un ou deux testicules (jusqu’à huit chez P. antarcticum Kott, 1969, et D. mul-
tifidum (Sluiter, 1909)), les espèces à un ou deux testicules étant les plus nombreuses. Les
Lissoclinum ont aussi un nombre variable de testicules selon les espèces. Tous les caractères
morphologiques présents chez Didemnum le sont aussi chez Polysyncraton qui n’est défini
que par une combinaison particulière choisie arbitrairement.
Les larves ne permettent pas de mieux caractériser les deux genres. En effet, dans les
deux genres il existe des espèces à oozoïde simple et d’autres à larves gemmipares. Une
discussion sur la validité de ce caractère a d’ailleurs été donnée à propos de Didemnum
calliginosum. Les oozoïdes des Didemnum comme des Polysyncraton ont trois rangs de
stigmates seulement, le quatrième rang n’apparaissant que chez les blastozoïdes, tout au
moins chez toutes les espèces où ils ont été décrits ou figurés. Ce caractère est très impor¬
tant pour différencier les Polysyncraton des Leptoclinides qui ont également plusieurs tes¬
ticules, un spermiducte spiralé et quatre rangs de stigmates chez les blastozoïdes, mais
toujours aussi quatre rangs de stigmates chez les oozoïdes (Brewin, 1958 : 450 ; Millar,
1975 : 238 ; Kott, 1962 : 289 ; Monniot, 1983 : 18). Ce caractère ontogénique permet de
dire que les Lissoclinum forment une lignée évolutive distincte de celle des Didemnum-
Polysyncraton.
La présence d’un siphon cloacal tubulaire chez les Leptoclinides ne les rapproche pas
vraiment des Trididemnum. 11 est certain que tous les oozoïdes et les bourgeons au début
de leur développement ont un siphon cloacal étroit, tubulaire, dans tous les genres, ce qui
suggère qu’il s’agit d’un caractère primitif. Mais L. latus Monniot, 1983, avec ses deux types
de zoïdes, les uns à large échancrure et languette cloacale, les autres à siphon tubulaire,
montre que la potentialité d’un large siphon cloacal existe aussi chez les Leptoclini¬
des.
11 n’est donc pas possible à mon sens d’envisager une évolution linéaire des Didem-
nidae selon Lafargue et Laubier (1980), c’est-à-dire Trididemnum —> Didemnum —>
Polysyncraton —> Lissoclinum. Leur opinion sur la non-validité du genre Leptoclinides
(p. 24) ne peut pas non plus être retenue.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Le premier article de la série « Ascidies littorales de Guadeloupe » (Monniot F., 1983) contenait
une bibliographie concernant les Didemnidae. Les titres qui y figurent ne sont pas répétés ici.
Bernardi, G., 1980. — Les catégories taxonomiques de la systématique évolutive. In : Les pro¬
blèmes de l’espèce dans le règne animal. III. Mém. Soc. zoo/. Fr., 40 : 373-425.
Brewin, B. I., 1958. — Ascidians of New Zealand. Part XII : Ascidians of the Uauraki gulf part III.
Trans. R. Soc. N. Z., 85 (3) : 455-458.
- 904 -
De Leo, G., & E. Patricolo, 1980. — Blue-green algalike cells associated with the tunic of Ciona
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Johns, R. B., P. D. Nichols, F. T. Gillman, G. J. Perry & J . K. \olkman, 1981. Lipid
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B, 69 (4) : 843-849.
Kott, P., 1962. — The ascidians of Australia. III. Aplousobranchiata Lahille : Didemnidae Giard.
Aust. J. mcir. Freshwat. Res., 13 (3) : 265-334.
— 1969. — Antarctic Ascidiacea. Antarct. Res. Ser., 13 : 1-239.
— 1982. — Didemnid-algal symbioses : host species in the western Pacific with notes on the
symbiosis. Micronesica , 18 (1) : 95-127.
Lewin, R. A., & R. L. Pardy, 1981. — Photosynthetic activity of Prochloron and translocation
of metabolites to its ascidian host. Phycologia, 20 (2) : 109.
Millar, R. H., 1975. — Ascidians from the Indo-West Pacific region in the zoological Museum.
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Monniot, F., 1970. — Les spicules chez les tuniciers Aplousobranches. Arehs Zool. exp. gén., Ill :
303-311.
— 1983. — Ascidies littorales de Guadeloupe : I. Didemnidae. Bull. Mus. natn. Hist, nat.,
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Nott. J. T., 1892. — On the composite ascidians of the North Shore Reef. Trans, zool. N. Z. : 305-
' 334.
Pardy, R. L., & R. A. Lewin, 1981. — Colonial ascidians with Prochlorophyte symbionts. Evi¬
dence for translocation of metabolites from alga to host. Bull. mar. Sci., 31 (4) : 817-823.
Sluiter, C. Ph., 1909. — Die Tunicaten der Siboga-Expedition. 11. Die Merosomen Ascidien.
Siboga Exped., 56 B : 1-112.
Vacelet, J., 1971. — Etude en microscopie électronique de l’association entre une Cyanophycée
Chroococcale et une éponge du g. Verongia. J . Microbiol., 12 : 363-380.
Van Soest, R. W. M., 1975. — Zoogeography and spéciation in the Salpidae (Tunicata, Thaliacea).
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Wilkinson, C. R., 1980. — Cyanobacteria symbiotic in marine sponges. Proc. int. colloquium
endosymbiosis cell. Res. Tutingen.
PLANCHE I
Spicules (échelle = 15 pm) : A, Trididemnum palmae n. sp. ; B, Trididemnum solidum (Van Name, 1902)
C, Didemnum calliginosum n. sp. ; D, Trididemnum cyanophorum Lafargue et Duclaux 1979 • E Polu
syncraton loummae n. sp. ; F, Lissoclinum fragile (Van Name, 1902) forme hospes n f
BHmKË
Bull. Mus. natn. Hist, nut., Paris, 4 e sér., 6, 1984,
section A, n° 4 : 907-973.
Bryozoaires des grandes profondeurs
recueillis lors des campagnes océanographiques
de la Woods Hole Oceanographic Institution de 1961 à 1968
par Jean-Loup d’Hondt et Thomas J. M. Schopf
Résumé. — L’étude des Bryozoaires bathyaux et abyssaux dragués lors des campagnes océa¬
nographiques 1961-1968 de l’Institut Océanographique de Woods Hole a permis d’y dénombrer
106 espèces et formes, dont 14 espèces et 2 sous-espèces nouvelles. Description des nouveaux
genres Allantocallopora gn. nov., Semidendrobeania gn. nov., Scrupocellarinella gn. nov., Dubio-
cellaria gn. nov., Cuneiforma gn. nov. (Cheilostomes) et Protobenedenipora gn. nov. (Cténostomes),
et des nouveaux sous-genres Himantozoumella subgn. nov., Bisclerodomus subgn. nov. et Pseudo-
sclerodomus subgn. nov. (Cheilostomes).
Abstract. — Study of the bathyal and abyssal Bryozoa, dredged during the 1961-1968 oceano¬
graphic cruises of the Woods Hole Oceanographic Institution : 106 collected species and forms,
of which 14 new species and 2 new subspecies. Description of the new genera Allantocallopora
gn. nov., Semidendrobeania gn. nov., Scrupocellarinella gn. nov., Dubiocellaria gn. nov., Cunei¬
forma gn. nov. (Cheilostomida) and Protobenedenipora gn. nov. (Ctenostomida), and of the new
subgenera Himantozoumella subgn. nov., Bisclerodomus subgn. nov. and Pseudosclerodomus subgn.
nov. (Cheilostomida).
J. L. d'Hondt, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, Muséum national d’IIistoire
naturelle, 55, rue Buffon et 57, rue Cuvier, F-75005 Paris.
T. J. M. Schopf, Department of Geophysical Science, University of Chicago, 5734 South Ellis Avenue, Chi¬
cago, Illinois 60637, USA.
Torn Schopf
In Memoriam
Ce travail était achevé et prêt pour V impression lorsque nous est parvenue la triste nouvelle de la
brutale disparition, le 18 mars 1984, dans sa quarante-cinquième année, de notre ami Thomas Joseph
Morton Schopf, Professeur au Department of Geophysical Sciences de V Université de Chicago et Cor¬
respondant du Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Torn encadrait cdors sur le terrain,
au Texas, un stage cl'étudiants de son Université. Nous évoquerons plus longuement par ailleurs la
mémoire d'un homme qui fut un ami réel et sincère de la France et de la culture française, et auquel
le Muséum de Paris est redevable du don de collections du plus haut intérêt, mais nous nous devions
de lui rendre d'ores et déjà ici hommage.
J.-L. d’H.
Les Bryozoaires récoltés en milieu bathyal et abyssal lors des campagnes océanogra¬
phiques de la Woods Hole Oceanographic Institution ont fait l’objet de nombreuses publi-
- 908 -
cations. Mais si des mémoires détaillés ont été consacrés aux résultats des expéditions
récentes (d’Hondt, 1978a, 1981a, 1983a et b ; d Hondt et Harmelin, 1982; d IIondt
et Hayward, 1981), le matériel collecté lors des premières missions n’avait jusqu’ici été
abordé que lors de publications préliminaires ou ponctuelles (Schopf, 1965, 1969, 1973,
1976; d’IIondt, 1975). Au cours de ces différentes études, 99 espèces appartenant à 73
genres avaient été passées en revue, dont 33 espèces et 10 genres nouveaux.
Le présent mémoire, qui conclut ce programme de recherche, est voué à 1 étude détaillée
du matériel dragué lors des premières campagnes de la Woods Hole Oceanographic Insti¬
tution. Cette collection renferme 106 espèces et formes (4 Cténostomes, 87 Cheilostomes,
14 Cyclostomes et 1 Entoprocte).
Deux des espèces récoltées appartiennent à des genres ( Cheilonella , Prostomaria) qui
n’étaient jusqu’à présent connus qu’à l’état fossile. Elles ont toutes deux été draguées
dans des eaux froides, l’une en milieu abyssal, l’autre à l’étage bathyal en un lieu où la
température moyenne annuelle à la profondeur de récolte est de 4,1°C.
Au terme de cette série de douze publications, la récapitulation des Bryozoaires recueil¬
lis lors des campagnes de la Woods Hole Oceanographic Institution pourra s’établir comme
suit :
— Cténostomes : 21 espèces appartenant à 18 genres (7 espèces et 5 genres nou¬
veaux) ;
— Cheilostomes Anascina : 85 espèces appartenant à 52 genres (27 espèces et 8 genres
nouveaux) ;
— Cheilostomes « Ascophorina » ( sensu lato) : 36 espèces appartenant à 23 genres
(12 espèces et 2 genres nouveaux) ;
— Cyclostomes : 29 espèces appartenant à 15-20 genres (certains n’ayant pu être
identifiés, dont au moins une espèce nouvelle — mais en fait peut-être une dizaine) ;
— Entoproctes : 1 ou 2 espèces indéterminables.
Soit, sans tenir compte des Cyclostomes et des Entoproctes dont le mauvais état de
conservation ou la petite taille des fragments recueillis a limité l’étude, l’ensemble du
matériel (Eurystomes) comporte 142 espèces dont 46 nouvelles (41 seulement ont été nom¬
mées) et 95 genres dont 15 nouveaux. Les types en sont conservés dans les collections du
Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie du Muséum national d’His¬
toire naturelle, à Paris.
Ainsi, les 3/5 e des espèces et plus des 4/5 e des genres de Bryozoaires connus du milieu
abyssal ont-ils été collectés lors de ce programme de recherche, ce qui explique l’intérêt
tout à fait exceptionnel de ce matériel. Le Muséum national d’Histoire naturelle de Paris
abrite maintenant la plus riche collection de référence pour les Bryozoaires profonds de
1 Atlantique. La diversité spécifique et bathymetrique de ce materiel a déjà permis l’exploi¬
tation des résultats sous la forme de travaux synthétiques dévolus à la biogéographie
l’écologie et la biologie de ces organismes (Schopf, 1969; d’Hondt, 19786 et 19816 ■
Hayward, 1981).
Outre les publications citées ci-dessus, la connaissance des Bryozoaires des grandes
profondeurs de l’Atlantique est tributaire des études de Busk (1884), Calvet (1896 1906
1931), Harmelin (1975, 1976, 1977, 1979), Harmer (1926, 1957), Hastings (1943)’
- 909 -
Hayward (1978a, b et c, 1979, 1981), Hayward et Ryland (1978), d’Hondt (1973,
1975a et b, 1978, 19816, 1983a et b), Jullien (1882), Jullien et Calvet (1903),
Lagaaij (1963), Menziès (1963).
La classification utilisée dans ce travail a été discutée et révisée dans un mémoire de
l’un d’entre nous (d’Hondt, sous presse, 2).
Nous avons à cœur de témoigner notre sincère gratitude à M. le Pr. H. Sanders et au Dr.
J. Hampson qui nous ont aimablement confié l’étude de ce matériel, à la collecte duquel l’un
d’entre nous (T. J. M. S.) avait participé sur les navires océanographiques de la Woods Hole Oceano¬
graphic Institution. Les photographies réalisées en microscopie électronique à balayage sont
l’œuvre de M mes I). Guillaumin et M. André (Laboratoire d’Évolution des Êtres Organisés,
Université Pierre et Marie Curie, Paris) ; les clichés macrophotographiques ont été effectués par
M. K. Kaufmann (Department of Geophysical Sciences, University of Chicago) ; les tirages défini¬
tifs étant dus à M. À. Foubf.rt (Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie,
Muséum national d’Histoire naturelle, Paris). Nous leur adressons nos très vifs remerciements.
Notre gratitude ira aussi à Miss Patricia L. Cook (British Museum, Natural History) pour le prêt
de spécimens de référence et à M lle F. Bigey (Université Pierre et Marie Curie) pour son aide
logistique.
Liste et coordonnées des stations
1. Bermuda Spring, 1960, Fall 1961 (13 avril 1960-5 septembre 1961).
St. 7 : 32015' N, 64032,6' W. 2 500 m.
2. Atlantic Spring 1961 # 264 (21-25 mai 1961).
St. Il # 1 : 37059' N, 69032' W. 3 742 m.
3. Spring cruise « Atlantis » # 277 (23-27 mai 1962).
39054,5' N, 70O35' W. 466-508 m.
4. « Atlantis » Summer cruise 283 (28 août 1962).
Slope 3 : 39058,4' N, 70o40,3' W. 300 m.
Slope 4 : 39o56,5' N, 70°39,9' W. 400 m.
5. « Atlantis » cruise # 298, Fall 63 (4-8 septembre 1963).
St. 55 : 40°27,2' N, 70«57,5' W. 75 m.
St. 58 : 38034,3' N, 72o55,0' W. 200 ± 75 m.
6. « Atlantis II » cruise 12, Fall 1964 (20-25 août 1964).
St. 64 : 38o46' N, 70o06' W. 2 886 m.
St. 65 : 38046,8' N, 76o6,8' W. 2 891 m.
St. 66 : 30°46,7' N, 70°8,8' W. 2 802 m.
St. 70 : 36023' N, 67o58' W. 4 680 m.
St. 72 : 38ol6' N, 71»47' W. 2 864 m.
St. 73 : 19046,7' N, 70o32,5' W. 1 197-1 390 m.
7. « Gosnold » cruises.
GOS 1320 (14 octobre 1963). 39o20,4' N, 73°15,5' W. 55 m.
GOS 2138 (17 août 1964). 39o55,0' N, 70o51,9' W. 500 m.
GOS 2166 (21 août 1964). 38°51,5' N, 67o52,0' W. 3 820 m.
GOS 2340 (20 août 1965). 31o29,0' N, 77°20,0' W. 1 029 m.
GOS 2370 (25 août 1965). 29«31,0' N, 79o00,l' W. 787 m.
GOS 2388 (28 août 1965). 31°32,0' N, 78o58,0' W. 494 m.
GOS 2390 (28 août 1965). 3iol2,8' N, 78o29,0' W. 648 m.
GOS 2743 (16 août 1968). 40°16,0' N, 67o39,0' W. 1 640 m.
— 910 —
GOS ? (? juin 1968). 40°17' N, 64°31,50' W. 1600 in. (coordonnées fausses ?).
GOS 3166 (23 juillet 1969). 42°24,3' N, 70o29,l' W. 78 m.
8 . « Chain » cruises 50-51 (29 juin-6 juillet 1965).
St. 76 : 39038,3' N, 67o57,8' W. 2 862 m.
St. 80 : 34049,8' W, 66o34' W. 4 970 m.
St. 81 : 34041' N, 66«28' W. 5 042 m.
St. 83 : 34046' N, 66«30' W. 5 000 m.
St. 84 : 36«24,4' N, 67«56' W. 4 749 m.
St. 85 : 37059,2' N, 69026,2' W. 3 834 m.
St. 87 : 39«48,7' N, 70°40,8' W. 1 102 m.
9. « Atlantis II » cruise 17 (10-19 décembre 1965).
St. 92 : 36°20' N, 67o56' W. 4 694 m.
St. 93 : 34039' N, 66026' W. 5 007 m.
St. 95 : 38«33' N, 68«32' W. 3 753 m.
10. « Chain » cruise 58 (27 avriI-5 mai 1966).
St. 96 : 39055,2' N, 70039,5' W. 498 m.
St. 100 : 33056 , 8 ' N, 65047' W. 4 892-4 743 m.
St. 105 : 39056,6' N, 71°03,6' W. 530 m.
11. « Atlantis II » cruise 23 (6-10 août 1966).
St. 106 : 32010,5' N, 64o40,7' W. 2 291 m.
St. 113 : 39o43,0' N, 70°46' W. 2 110 m.
12. « Atlantis II » cruise 24 (15-25 août 1966).
St. 118 : 32«19,00 à 19,4' N, 64«34,8 à 34,9' W. 1 135-1 153 m.
St. 119 : 32015,8 à 16,1' N, 64o31,6 à 32,6' W. 2 095-2 223 m.
St. 120 : 34o43,0 à 40,5' N, 66«32,8 à 35,0' W. 5 018-5 023 m.
St. 125 : 37°24 à 26' N, 65»54 à 50' W. 4 825 m.
St. 126 : 39037 à 37,5' N, 66»44 à 47' W. 3 806 m.
13. « Atlantis II » cruise 30 (15-19 décembre 1966).
St. 127 : 39047,3' N, 70°48,0' W. 1 421 m.
St. 131 : 39038,5 à 39' N, 70°36,5 à 37,1' W. 2 778 m.
14. « Atlantis II » cruise 31 (2-23 février 1967).
St. 142 : 10°30'N, 17o51,5' W. 1 624-1 796 m.
St. 145 : 10°36,0' N, 17o49,0' W. 2 185 m.
St. 149 : 10°30,0' N, 18ol8,0' W. 3 861 m.
St. 150 : 10025,0' N, 18018,0' W. 3 795 m.
St. 152 : 10ol5,0' N, 18o20,0' W. 3 850 m.
St. 155 : 00°03,0' S, 27«48,0' W. 3 730-3 783 m.
St. 156 : 00046,0' S à 46,5' S, 29o24,0' à 29,28' W. 3 459 m.
St. 159 : 07o58,0' S, 34o22,0' W. 834-939 m.
St. 162 : 08o02,0' à 07O56 S, 34O03 à 09' W. 1 493 m.
St. 165 : 07043,0 à 47,0' S, 33°58,0 à 59,0' W. 3 909 m.
St. 167 : 07O50 à 58' S, 34ol7,0' W. 943-1 007 m.
St. 169 : 08°02 à 03' S, 34»23 à 25' W. 587 m.
15. « Verrill » cruise 67-53 (31 juillet-l er août 1967).
St. 5 : 42029,5' N, 69«48,9' W. 239 m.
16. « Atlantis II » cruise 40 (27 novembre-2 décembre 1967).
St. 175 : 36«36' N, 68029 à 31' W. 4 667-4 693 m.
- 911 -
17. « Atlantis II » cruise 42 (15-23 mai 1968).
St. 180 : 22054,5' S, 13°32' E. 205 m.
St. 181 : 22053' S, 13°31' E. 220 m.
St. 182 : 22«53' S, 13o23' E. 307 m.
St. 187 : 22053' S, 13o01' E. 626-631 m.
St. 188 : 23°00' S, 12058' E. 1 007-1 014 m.
St. 189 : 23°00' S, 12045' E. 1 007-1 014 m.
St. 192 : 13°02' S, 12019' E. 2 117-2 154 m.
St. 194 : 22°54' S, 11<>55' E. 2 864 m.
St. 195 : 14°40 à 49' S, 9°54 à 56' E. 3 797 m.
St. 197 : 10029' S, 09°04' E. 4 595-4 597 m.
St. 198 : 10°24 à 29' S, 09o04 à 09' E. 4 559-4 566 m.
St. 200 : 09«41 à 43,5' S, 10°55 à 57' E. 2 644-2 754 m.
St, 201 : 09«25 à 29' S, II 034 à 35' E. 1 964-2 031 m.
St. 202 : 08°56' à 09°05' S, 12°15 à 17' E. 1 427-1 643 m.
St. 203 : 8046 à 48' S, 12<>47 à 52' E. 527-542 m.
18. Récoltes aux coordonnées insuffisamment précises :
« Chain » 43, D 113, Mid Atlantic Ridge
St. 43A et 47A, 24 juin 1961, 43°10' N, 67°45' W (coordonnées fausses ?).
SIO BS # 30 St. 10, 30^0,05' N, 165° (ou 156°)10,3' W. 6 065-6 079 m.
BS # 16
H #3
H #5.
Liste systématique des espèces déterminables
Phylum ECTOPROCTA Nitsche, 1869
Ordre Ctenostomida Busk, 1852
Famille Benedeniporidaf. Delage et Herouard, 1897.
Protobenedenipora labiostomelloides n. gn., n. sp. AU 42 (St. 182). 307 m (fig. 1, 2).
Famille Arachnidiidae Hincks, 1880
Nolella monniotae d’Hondt, 1975. Ail 42 (St. 195). 3 797 m.
Nolella sp. (indéterminable). Ail 42 (St. 203). 527-542 m.
Famille Immergentiidae Silén. 1946 (?)
Immergentia (?) sp. AU 42 (St. 180). 205 m. Mal conservée.
Ordre Cheilostomida Busk, 1852
Infra-ordre Malacostegita Levinsen, 1902
Famille Membraniporidae Busk, 1854
Membranipora tuberculata (Bosc, 1802). AU 12 (St. 70), Ail 23 (St. 106), All 30 (St. 131).
2 291-4 680 m (?!).
- 912 —
Membranipora tenuis Desor, 1848. All 31 (St. 155). 3 /30-3 783 m (?!).
Quadricellaria caraibica Canu et Bassler, 1928 (incertae sedis). All. 31 (St. 109). .>8/ m.
Infra-ordre Pseudomalacostegita d Hondt, 1977
Famille Alderinidae Canu et Bassler, 1927
Amphibleslrum pustulatum Canu et Bassler, 1928. GOS 2 390. 648 m.
Alderina smitti Osburn, 1950. All 42 (St. 180). 205 m.
Allantocallopora cassidaeforma n. gn., n. sp. All 31 (St. 162, 167). 943-1 493 m (pi. 1, 1-3).
Parellisina curvirostris (Hincks, 1862) (?). GOS 2 340. 1 029 m.
Valdemunitella berrnudae n. sp. All 23 (St. 106), All 24 (St. 119). 2 095-2 291 m (pi. \, 1-2).
Famille Flustridae Smitt, 1867
Carbasea sp. All 42 (St. 180). 205 m.
Famille Setosellinidae Hayward et Cook, 1979
Setosellina elegantula n. sp. All 31 (St. 159, 169). 587-939 m (pi. 1, 1-6 ; IX, 4).
Setosellina goezi Silén, 1942. All 24 (St. 119) ; All 30 (St. 127) ; All 31 (St. 159,162, 167,169).
587-2 150 m.
Infra-ordre Pseudostegita Levinsen, 1909
Famille Farciminariidae Busk, 1884
Columnella brasiliensis (Busk, 1884). All 12 (St. 70) ; All 24 (St. 120, 123 ? ; 125, 126) ;
GOS 2 166 ; « Chain » 50 (St. 80, 81, 83 ?, 84) ; « Chain » 58 (St. 100). 3 806-5 042 rn
(pi. IX, 5).
Columnella gracilis (Busk, 1884). All 31 (St. 156) ; All 42 (St. 200, 201). 1 964-3 459 m.
Columnella delicatissima (Busk, 1884). All 31 (St. 155). 3 730-3 783 m.
Famille Cellariidae Hincks, 1880
Formosocellaria magnifica (Busk, 1884). All 12 (St. 70) ; GOS 2 166 ; « Chain » 50 (St. 76,
84); All 31 (St. 150, 159, 162, 167, 169); All 24 (St. 126); All 17 (St. 92, 95). 587-
4 789 m (pi. IX, 6).
Cryptostomaria cylindrica (Harmer, 1926). All 31 (St. 162, 167, 169). 587-1 493 m.
Euginoma vermiformis Jullien, 1882. All 31 (St. 162, 167). 943-1 493 m.
Euginoma duplex n. sp. All 31 (St. 155, 156, 167, 169 ?). 587 m ?, 943-3 783 m (fig. 5).
Euginoma reticulata d’Hondt, 1981. All 40 (St. 175); All 12 (St. 72); All 24 (St. 119);
All 31 (St. 142, 155, 156) ; All 42 (St. 197, 198, 200, 201) ; All 17 (St. 95) ; « Chain « 50-
51 (St. 83, 84, 85). 1 624-5 000 m.
Euginoma reticulata d’Hondt, 1981 subsp. gracilis, subsp. nov. All 17 (St. 92, 93) ■ All 24
(St. 120) ; All 31 (St. 156). 3 459-5 020 m (pi. Ill, 1-4).
Euginoma reticulata d’Hondt, 1981 subsp. angulata, subsp. nov. All 31 (St. 142 156 159
167, 169). 587-3 459 m (fig. 4).
Euginoma biseriata d’Hondt, 1981. AH 31 (St. 156, 162). 1 493-3 851 m.
Euginoma biseriata d’Hondt, 1981 (forme). All 31 (St. 149, 162). 1 493-3 861 m.
Euginoma cavalieri Lagaaij, 1963. All 31 (St. 142, 156, 162, 167) ; All 12 (St. 72) ; All 17
(St. 95) ; All 24 (St. 126) ; « Chain » 50 (St. 87) ; « Chain » 58 (St. 96, 105). 498-3 806 m.
Euginoma cavalieri Lagaaij, 1963 subsp. dorsalis, subsp. nov. AH 31 (St. 167 1691. 587-
1 007 m (pi. Ill, 5-6 ; VII, 4).
Euginoma tenella n. sp. All 31 (St. 142) ; Atlantic Spring 1961 (St. II # 1) • All 17 (St 931
1 624-5 007 m (fig. 6). f v
Euginoma sp. 1 All 12 (St. 64, 65, 66, 72, 73) ; All 31 (St. 142, 145, 149) ; All 24 (St. 126) ;
« Chain » 50-51 (St. 85, 87). 1 102-3 851 m. (pi. VII, 5-6). ;
Euginoma sp. 2. All 31 (St. 162, 165, 167). 943-3 909 m
Dubiocellaria biaviculata n. gn., n. sp. All 31 (St. 169). 587 rn (pi. IV, 1-3).
Infra-ordre Cellulariita Smitt, 1868
Famille Bicellariellidae Levinsen, 1909
Cornucopina navicularis (Busk, 1884). All 31 (St. 169). 587 m (pi. IX, 3).
Cornucopina moluccensis (Busk, 1884) subsp. brevirostrata , subsp. nov. A 11 31 (St. 167). 943-
1 007 m (pi. V, 3-4).
Famille Sadkoidae Kluge, 1962
Nordgaardia cornucopioides d’Hondt, 1983. All 31 (St. 159, 167, 169) ; GOS 2 138. 587-1 007 m.
Nordgaardia pusilla (Nordgaard, 1907). « Chain » 58 (St. 96, 105) ; Spring cruise 277, Summer
cruise 283, slope 4. 300-530 m.
Famille Bugulidae Gray, 1848
Dendrobeania formosissima d’Hondt, 1983. Spring cruise 277. 466-508 m.
Dendrobeania obtusa (Hastings, 1943). Sans indications de localité.
Dendrobeania margaritifera (Busk, 1884). All 31 (St. 155-156). 3 459-3 783 m.
Dendrobeania variabilis (Kluge, 1914). All 12 (St. 70). 4 680 m.
Himantozoumella amaltheae n. subgn., n. sp. All 12 (St. 70) ; All 17 (St. 92 ?) ; All 24
(St. 125 ?) ; « Chain » 50 (St. 84) ; « Chain » 58 (St. 100). 4 680-4 892 m (pi. II, 1-3).
Kinetoskias cyathus (Wyville Thomson, 1873). All 12 (St. 70) ; All 31 (St. 150, 169) ; « Verrill »
(St. 5). 239-4 680 m.
Kinetoskias pocillum Busk, 1884. « Chain » 50 (St. 81) ; All 42 (St. 187, 188, 189, 203) ; All 31
(St. 159, 167, 169, 192 ?) ; Bermuda Spring (St. 7) ; « Atlantis » 283 (Slope, 3) : « Atlantis »
298 (St. 55, 58 ?). 75-5 042 m.
Bugula turrita (Desor, 1848). All 24 (St. 118). 1 135-1 153 m.
Bugula decipiens Hayward, 1981. All 31 (St. 167). 943-1 007 m.
Bugula sp. aff. B. gracilis (Busk, 1858). All 42 (St. 180). 205 m.
Bugula sp. 1. « Chain » 50 (St. 84). 4 749 m.
Bugula (?) sp. All 24 (St. 118). 1 135-1 153 m.
Bugula sp. « Atlantis » 298 (St. 58). 200 m.
Camptoplites reticulatus (Busk, 1884). All 31 (St. 149 ?, 156). 3 459-3 861 m.
Camptoplites tricornis (Waters, 1904). All 31 (St. 156). 3 459 m.
Camptoplites sp. All 31 (St. 155). 3 730-3 783 m.
Semidendrobeania versicolor fBusk, 1884), gn. nov. All 31 (St. 159, 162, 167, 169). 587-1 493m
(pi. II, 4-6).
Famille Scrupocellariidae Levinsen, 1909
Scrupocellarinella rostrata n. gn., n. sp. All 31 (St. 167, 169). 587-1 007 m (pi. VII, 1-3).
Menipea pacifica n. sp. SIO BS 30 (St. 10). 6 065-6 079 m (fig. 3).
Menipea sp. All 31 (St. 167). 943-1 007 m.
Notoplites marsupiatus (Jullien, 1882). All 24 (St. 126), All 31 (St. 155). 3 730-3 806 m.
Notoplites evocatus (Jullien, 1882). All 24 (St. 126) ; « Chain » 58 (St. 100) ; All 17 (St. 92 ?)
3 806-4 892 m.
Notoplites damicornis Hayward et Ryland, 1978. All 31 (St. 156, 169). 587 et 3 459 m.
Notoplites sp. aff. N. cymbalicus d’Hondt, 1981. All 42 (St. 194, 202). 1 427-2 864 m.
Notoplites (?) sp. All 24 (St. 126). 3 806 m.
Ilalophila (?) sp. All 12 (St. 70). 4 680 m.
Menipea (?) sp. 2. All 42 (St. 180). 205 m.
Incertae sedis
Cuneiforma asymetrica n. gn., n. sp. All 24 (St. 119) ; All 31 (St. 167). 943-2 223 m (pi. IX,
— 914 —
« Sous-ordre » Cribrimorphina Lang, 1916
Famille Cribrilinidae Hincks, 1880
(Espèce érodée indéterminable). GOS 2 390. 648 m.
« Sous-ordre » Ascophorina Levinsen, 1909
Famille Vittaticellidae Harmer, 1957
Orthoscuticella problematicum d’Hondt, 1981. ÀII 31 (St. 150, 159, 162, 167, 169). oh7-3 795 m.
Orthoscuticella problematicum d’Hondt, 1981 (forme). AII 31 (St. 159, 162, 167, 169). o8t-
1 493 m.
Famille Phyllactelliporidae Bassler, 1953
Cheilonella bathyalis n. sp. AII 31 (St. 159, 167). 834-1 007 m (pl. N I, 5).
Famille Celleporariidae Harmer, 1957.
Celleporaria aperta (Hincks, 1882) ?. AII 42 (St. 181). 220 m.
Tegminula cogitata n. sp. AII 31 (St. 159, 167). 587-839 m (pl. VI, 3-4).
Famille Escharellidae Levinsen, 1909 (?)
Incertae sedis afî. Escharella laqueata (Norman, 1864). GOS 2 390. 648 m.
Famille Pasytheidae Davis, 1934
Gemellipora eburnea Smitt, 1873. AII 24 (St. 118). 1 135-1 153 m.
Famille Lekythoporidae Levinsen, 1909
Lekythopora (?) sp. AII 31 (St. 162) ; Blake Plateau 2 340. 1 029-1 493 m.
Famille Orbituliporidae Canu et Bassler, 1923
Sphaerulobryozoon pedunculatum d’Hondt, 1981. AII 31 (St. 162, 169). 587-1 493 m.
Famille Prostomariidae MacGillivray, 1895
Prostomaria cyclostomata n. sp. « Chain » 58 (St. 100). 4 743-4 892 m (pl. VIII, 1-2).
Famille Gigamtoporidae Bassler, 1935
Tessaradoma boreale (Busk, 1860). All 31 (St. 169). 587 m.
Famille Schlzoporellidae Jullien, 1903
Schizomavella (?) sp. AII 42 (St. 181). 220 m.
Famille Mucronellidae Levinsen, 1902
Porella (?) sp. AII 23 (St. 113). 2 110 m (localité erronée ?).
Smittoidea (?) sp. cf. Parasmittina aegyptiaca (Waters, 1909) sensu Canu et Bassler, 1928.
GOS 2 743. 1 640 m.
Smittina sp. (S. remotorostrata (Canu et Bassler, 1928) ?). AII 42 (St. 181). 220 m. Spécimen
érodé.
Codonellina sp. alf. C. gemelliporoides (Calvet, 1904). AII 42 (St. 180). 205 m.
Famille Bifaxariidae Busk, 1884
Espèce érodée indéterminable. AII 24 (St. 119). 2 095-2 223 m.
Sclerodomus reticulatus (Busk, 1884). All 31 (St. 155, 156, 162). 1 493-3 783 m.
Sclerodomus corrugatus (Busk, 1884). All 31 (St. 156). 3 459 m.
Sclerodomus auriculatus n. sp. AII 24 (St. 126) ; AII 31 (St. 150, 156, 159, 167) • GOS 2 166 •
AII 17 (St. 95). 834-3 820 m (pl. IV, 4-6). ’ ' ’
Sclerodomus minutus (Busk, 1884). All 31 (St. 150, 159, 162, 167). 834-3 795 m.
- 915 -
Sclerodomus (?) lagaaiji /d’Hondt, 1975). All 31 (St. 156). 3 459 m.
Bifaxaria submucronata Busk, 1884. All 31 (St. 159, 167, 169). 587-1 007 m.
Urceolipora redieri (d’Hondt, 1975). All 31 (St. 155). 3 730-3 783 m (pi. VI, 1-2).
Urceolipora pseudoreticulata n. sp. SIO H3 (coordonnées inconnues). BS# 30 (St. 10), 6 065-
6 079 m (pi. V, 5-6).
Infra-classe Cyclostomata Busk, 1852 1
Crisia aculeata Hassall, 1841 (?). All 31 (St. 167, 169). 587-1 007 m.
Crisia tenella Calvet, 1906 (?). All 42 (St. 202). 1 427-1 643 m.
Crisia sp. « Verrill » 67-53 (St. 5). 239 m (pi. VIII, 4).
Idrnidronea sp. (I. atlantica Forbes in Johnston, 1847 ?). All 31 (St. 167). 943-1 007 m.
Idmidronea (?) sp. BSH 30 (St. 10). 6 065-6 079 m (pi. VIII, 6).
Incertae sedis afT. « Filiparsa profunda » Harmelin et d’Hondt, 1982 (sans gonozoécies). All
31 (St. 167). 943-1 007 m.
Platonea (?) sp. (échantillons sans gonozoécies simplement étiquetés 43 A et 47 A).
Plagioecia (?) sp. All 31 (St. 162). 1 493 m (toute jeune colonie).
Incertae sedis n° 4. Harmelin et d’Hondt, 1982. All 31 (St. 155, 156, 167). 943-3 783 m (pi. VIII,
5).
Incertae sedis n° 1. Harmelin et d’Hondt, 1982. All 24 (St. 126). 3 806 m.
Incertae sedis (Lichenoporidae ?). All 31 (St. 159). 834-939 m (pi. VI, 6).
Indéterminables : SIO BS 10 (St. 16), BSH 30 (St. 10), All 31 (St. 162), All 24 (St. 119),
« Chain »> 58 (St. 108), BS 16 (St. 10) (pi. VIII, 3).
Phylum ENTOPROCTA Nitsche, 1869
Famille Loxosomatidae Hincks, 1880.
Loxosoma sp. afT. L. annulatum Harmer, 1915. All 42 (St. 201). 1 694-2 031 m.
NOTES SUR QUELQUES ESPÈCES
1. Protobenedenipora labiostomelloides n. gn., n. sp.
Diagnose générique. — Cténostome Benedeniporidae à orifice porté axialement par l’extré¬
mité supérieure de l’autozoécie. Ramification et bourgeonnement sans l’intermédiaire d’une struc¬
ture en forme de godet, mais directement issus de coénozoécies circulaires portées par la région
apicale de la face dorsale. Le genre étant monospécifique, la diagnose de l’espèce-type, P. labio¬
stomelloides n. sp., se confond avec la diagnose générique.
Description. — Non calcifiées, les autozoécies claviformes, pédonculées, ont de 900
à 1 400 pin de long et sont issues, d’abord en couronne périphérique, puis de la totalité
1. Les spécimens étant pour leur très grande majorité érodés et non situables avec précision, nous
n'entrerons pas ici dans le détail de la classification de ce taxon.
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Fig. 1-2. — Protobenedenipora labiostomelloides n. gn., n. sp., holotype (in toto ) : 1 (à gauche ), zoarium
(échelle : 500 pm. a : ancestrula ; z : autozoécie) ; 2 ( à droite), quelques autozoécies (échelle : 200 pm).
de la surface, d’une ancestrula discoïde de 120 à 150 pm de diamètre ; une ancestrula peut
ainsi porter jusqu’à une quinzaine de loges-fdles. Chaque autozoécie comprend trois par¬
ties : 1) la partie proximale effilée du pédoncule, longue d’environ 500 pm, large de 20 à
50 pm, ne contenant qu’un cordon funiculaire ; 2) la partie distale du pédoncule, déli¬
mitée en général par une discontinuité dans le diamètre, qui y passe (généralement brus¬
quement) de 50 à 80-90 pm ; le cordon funiculaire s’élargit, des muscles issus du polypide
(dont le grand rétracteur, court, qui s’implante sur la paroi très peu après le niveau de
l’extrémité du cæcum) viennent s’insérer sur la paroi, et des éléments germinaux y sont
reconnaissables ; 3) la région polypidienne, longue de 400 à 500 pm, presque isodiamétrique,
large de 140 pm dans sa partie médiane (plus renflée) et qui prolonge sans discontinuité
la partie distale du pédoncule. Le polypide fonctionnel a 350 pm de long ; le lophophore
(environ 15 tentacules) a 200 pm de long, tout comme l’ensemble fusiforme et étroit cons¬
titué par l’estomac, le cæcum et le pylore ; le rectum, grêle et allongé, mesure 100 pm de
long. La partie distale de l’autozoécie est largement ouverte en entonnoir circulaire, long
et profond de 100 pm. La gaine tentaculaire débouche au centre de cet entonnoir, soutenue
par une abondante musculature à orientation radiaire, sans différenciation de dispositif
d occlusion de type pseudo-operculaire. Le bourgeonnement polypidien s’effectue près de
l’orifice.
La ramification zoéciale s effectue sur la face interne (= dorsale) de l’autozoécie, et
presque à son extrémité supérieure ; rarement limitée au bourgeonnement d’une seule
loge, elle est parfois binaire, très généralement trinaire. Chaque bourgeon d’autozoécie-
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fille est issu du centre d’une minuscule coénozoécie arrondie (20 pin de diamètre) ; géné¬
ralement deux coénozoécies sont contiguës au même niveau, la troisième leur étant proxi¬
male. Le pédoncule s’insère directement sur la coénozoécie circulaire, sans différenciation
d’un godet articulaire comme chez les Benedenipora, et sans région articulaire au diamètre
rétréci. Le funicule se prolonge de la zoécie-mère à la zoécie-fille au niveau de la coéno¬
zoécie arrondie.
Discussion. — La non-calcification et l’absence d'opercule, même primitif, indiquent
que cette espèce appartient à l’ordre des Cténostomes. Le port zoécial constaté est carac¬
téristique de la famille Benedeniporidae, considérée comme la plus primitive des Cténos¬
tomes, car très affine du Cheilostome indiscutablement le plus primitif connu, le genre
Labiostomella. La diagnose du genre Benedenipora (seul représentant des Benedeniporidae)
publiée par Delage et Hérouard (1897) a été complétée par Prenant et Bobin (1956) ;
à l’exception du caractère qui stipule que tous les orifices autozoéciaux sont situés sur la
même face de la colonie, la diagnose de Prenant et Bobin s’applique aux deux échan¬
tillons étudiés ici (ils y sont toujours distaux), mais ce critère ne nous paraît pas détermi¬
nant pour justifier la création d’une famille nouvelle ; en revanche, l’établissement d’un
nouveau genre s’avère nécessaire, et la définition des Benedenipora par rapport à lui sera
la suivante : Benedenipora, Cténostome Benedeniporidae à orifice décalé vers la face fron¬
tale de l’autozoécie. Ramification et bourgeonnement au niveau d’un godet porté par la
région apicale de la face dorsale.
Les Labiostomella, étudiées par Silén (1941, 1942, 1944) se différencient des Benede-
niporidae par leur calcification, la genèse d’une aréa frontale, et l’existence d’un dispo¬
sitif d’occlusion simulant une lèvre et non encore différenciée en opercule. Leur mode
d’insertion sur l’ancestrula est identique à celui de Protobenedenipora, ce qui est un argu¬
ment en faveur de la proximité de ces deux taxons de la souche commune des Eurystomes.
Enfin, chez Labiostomella, c’est le pédoncule de la zoécie-fille qui s’élargit en disque au
niveau de son insertion sur la zéocie-mère, alors que chez Protobenedenipora il existe une
minuscule coénozoécie discoïde intermédaire tandis que la base du pédoncule ne subit
aucun élargissement. Le niveau d’insertion des zoécies-filles sur la zoécie-mère est le même
chez Labiostomella et Protobenedenipora.
Bassler (1953) indique que le bourgeonnement s’effectue sur la face frontale chez
Labiostomella. L’imprécision de cette remarque peut être à l’origine d’erreurs d’interpré¬
tation ; en effet, comme Mawatari (1973) l’avait déjà reconnu, Silén (1944) avait bien
pris le soin de préciser que c’est le bourgeonnement à partir de l’ancestrula qui s’effectue
sur la face frontale de celle-ci (cas exceptionnel chez les Eurystomes), et que le bourgeon¬
nement des autozoécies non directement issues de l’ancestrula procéderait de la partie
distale de leur face basale ; il en est de même chez Protobenedenipora. Bassler (1953) a
aussi cru bon de réunir les Labiostomellidae aux Scrupariidae dans une division unique,
les Scrupariina ; outre le fait que les Scrupariina constituent déjà un taxon hétérogène
(d’Hondt, 19776), les particularités du bourgeonnement et de l’occlusion autozoéciale
nécessitent à notre avis la restauration des Protocheilostomata créés par Silén (1942) en
une catégorie de rang taxonomique équivalent (celle de « Division » laissant passablement
à désirer; voir d’Hondt, sous presse) à celui des Scrupariina émendées, ce qui semble
aussi être la nouvelle opinion de Ryland (1982).
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Quant à la ressemblance morphologique que présentent les zoaria de La b Los to niella
et de Bugulella, elle ne pourra être discutée que lorsque les problèmes de la validité et de
l’hétérogénéité possible du taxon Bugulella auront pu être résolus, ha description de l espèce
Bugulella mollis (Harmer, 1926) étant imprécise, l’hypothèse qu’il s’agirait en fait d’une
Benedenipora avait été émise (d’Hondt et Geraci, 1975) ; postérieurement à la rédaction
de ce dernier travail, nous avons reçu une publication deMAWATARi (1973) qui, ayant retrouvé
cette espèce, y a constaté la présence d’ün opercule ; il s agit donc bien d un Cheilostome
que, sans préjuger de son appartenance générique, son mode de ramification permet de
situer à proximité du groupe-souche de l’ordre. Aucune des Bugulella décrites ne présentant
de bourgeonnement frontal, leur classement parmi les Scrupariina est de toute façon
complètement injustifié ; mais la méconnaissance de leurs larves ne permet pas de dire
s’il convient de les classer parmi les Malacostèges, les Pseudomalacostèges, ou un nouveau
taxon indépendant.
Station-type. — 22°53 / S, 13 0 23 , E. 307 m de profondeur.
2. Membranipora tuberculata Bosc, 1802
Prenant et Bobin, 1966 : 115-118.
Fixés sur des fragments de Sargasses, les échantillons étudiés ont très vraisembla¬
blement été captés en surface, lors de la remontée de la drague (depuis 2 291, 2 778 et
4 680 ni). Une semblable « contamination » de la part de cette même espèce a déjà été
envisagée (d’Hondt, 1981).
3. Allantocallopora cassidaeforma n. gn., n. sp.
(PI. I, 1-3)
Diagnose générique. — Alderinidae monosériée aux autozoécies sensiblement orthogo¬
nales, sans aviculaires, à large termen vertical. Quatre épines antérieures, la paire la plus distale
étant incurvée vers l’axe longitudinal au-dessus duquel elles entrent en contact.
La diagnose spécifique se confond pour l’instant avec la diagnose générique.
Description. — Le zoarium encroûtant est unisérié, chaque autozoécie émettant deux
autozoécies-filles qui lui sont orthogonales ou formant avec elle un angle un peu inférieur
(entre 45 et 90°) ; ce n’est que très exceptionnellement qu’une autozoécie est approxi¬
mativement dans le prolongement de la zoécie-mère. Chaque autozoécie est en forme de
cylindre aplati, haut de 300 pm, long de 600 pm, large de 350-380 pm ; elle porte quatre
épines distales (persistant en présence d’ovicelle) dont les deux antérieures sont presque
verticales, les deux autres étant courbées l’une vers l’autre et entrant en contact à leur
extrémité. L’ovicelle, en forme de mitre, à fine carène axiale, a 250-350 pm de long et 250-
2/0 pm de large a la base ; la face supérieure est occupée en totalité par une dépression
triangulaire peu profonde, délimitée par un bourrelet périphérique (très développé sur
le bord apertural de 1 ovicelle). Le termen est large et obliquement redressé, formant un
lobe périphérique - sauf antérieurement et jusqu’au niveau des épines, ce qui fait que
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chaque autozoécie présente l’aspect d’un Coléoptère Chrysomelidae du genre Cassida
observé en examen frontal (d’où le nom spécifique très évocateur proposé pour cette
espèce). Il existe trois à cinq diételles distales.
Discussion. — Certaines Alderinidae sont unisériées, comme les Marsonnopora Lang,
1914 (fossiles) à partie proximale étroite et longuement ellilée (ce qui n’est pas le cas ici)
ou les Allantopora Lang, 1914. L’espèce décrite ici présente en commun avec les Allan-
topora un grand développement de la surface frontale (mais un large gymnocyste proxi¬
mal, égal à la moitié de la largeur de la frontale), l’absence d’aviculaires et une ovicelle
hyperstoiniale. Les Allantopora ont toutefois de nombreuses épines préaperturales et
n’ont pas le termen caractéristique de cette nouvelle espèce ; par ailleurs, elles possèdent
une morphologie zoariale piriforme. La forme de Povicelle, la présence, la disposition et
le nombre des épines auraient par ailleurs nécessité le classement de cette espèce dans le
genre Callopora. La morphologie du termen est unique chez les Alderinidae, et l’originalité
du type de ramification n’était par ailleurs pas connue dans cette famille ; ces caractères
nous paraissent de nature à justifier la création d’un nouveau genre.
Station-type. — 08°02'S et 34°24' W, par 587 m de fond (holotype) ; 07°54' S et
34°17' W, 1 000 ni de profondeur (paratype). Limites bathymétriques : 587-1 007 m.
4. Alderina smitti Osburn, 1950
Osburn, 1950 : 59-60 ; Prenant et Bobin, 1966 : 212-213.
La longueur autozoéciale est de 450-600 q.m, la largeur de 400 p.m ; Povicelle n’est pas
close par l’opercule de l’autozoécie ; celle-ci est de forme ovale. L’ovicelle élargie, de forme
plus ou moins rectangulaire, a 250 [im de long et 300 q,m de large ; elle présente sur son
disque une aréa membraneuse frontale, de 200 |im de large et 70-90 qm de long. Le bord
du gymnocyste est marqué de tubercules, celui du cryptocyste denticulé. Il n’existe pas
d’aviculaires. Les échantillons correspondent au dessin d’un spécimen provenant de Flo¬
ride publié par Smitt (1873, pi. II, fig. 63).
Le pilulier contenant cet échantillon (Ail 42, St. 180) correspond à une récolte sud-afri¬
caine ; s’il n’y a pas eu d’interversion d’échantillon lors du tri préalable à l’envoi du maté¬
riel aux déterminateurs, cette espèce américaine serait nouvelle pour la faune africaine.
Néanmoins, une incertitude demeure sur la provenance du spécimen, puisque le pilulier
voisin (GOS 7166, correspondant au Blake Plateau, au large de la Floride) de la même
boîte, étiqueté Amphiblestrum sp., était vide ; le spécimen n’aurait-il pas été rangé par
erreur dans un récipient différent lors de l’emballage de la collection ?
5. Valdemunitella bermudae n. sp.
(PI. V, 1-2)
Diagnose. — Valdemunitella à dépressions ovicellaires inconstantes, caractérisée par le déve¬
loppement d’un large cryptocyste. Ovicelle globuleuse. Pas d’umbo. Une huitaine d’épines, dont
la plus distale est étroitement accolée à l’ovicelle.
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Description. — Le zoarium encroûtant est formé d autozoécies ovales, longues de
700 [ini, larges de 400 jim. Ces loges ont une opésie ovalaire a agilement en forme de 8,
longue de 250 fini et large de 150 jim, un peu plus large à 1 arrière qu à 1 a\ant ; elles pré¬
sentent quelques diételles et dix ou onze épines périphériques courtes et fines persistant
en présence d’ovicelle. L’aréa a une longueur de 400 fini et une largeur de 300 fini ; le gym-
nocyste proximal est réduit, le gymnocyste latéral presque inexistant. L ovicelle est longue
de 200 fini et large de 230 fim ; la paire de dépressions triangulaires existant de chaque
côté de la carène est située près de l’orifice ; elle est parfois inexistante et, lorsqu elle existe,
sa longueur ne dépasse pas 60 (im. La paire d épines distales est étroitement accolee a
l’ovicelle. Il n’existe pas d’aviculaires.
Discussion. — Les espèces rangées dans le genre Pyrulella Harmer, 1926, où cette
espèce aurait parfaitement trouvé place, ont été réparties par Brown (1952) dans deux
genres préexistants, Crassimarginatella Canu, 1900, et Valdemunitella Canu, 1900. Les
dimensions plus réduites de l’opésie, le grand nombre des épines frontales, la réduction du
cryptocyste et la présence d’une ovicelle hyperstomiale présentant deux dépressions trian¬
gulaires nous amènent à classer cette espèce dans le deuxième genre cité ; celui-ci ne réunissait
que deux espèces lors de la révision de Brown et ne paraît pas s’être accru depuis. Ces
deux espèces présentent des aviculaires vicariants, qui n’existent pas chez les spéci¬
mens étudiés ici ; dans aucun des deux cas, l’accolement à l’ovicelle des deux épines les
plus distales n’a été signalé ni figuré par les auteurs. L’opésie de V. valdemunita (Hincks,
1885), espèce néozélandaise, est plus large et son cryptocyste est plus réduit que chez
V. bermudae ; elle possède, en outre, un umbo sur le gymnocyste et sept paires d’épines
distales. V. pyrula (Hincks, 1881), espèce de l’hémisphère sud et uniquement connue à
l’époque actuelle des eaux péri-australiennes, présente une huitaine d’épines, un peu moins
que chez V. bermudae , mais se distingue de cette espèce par le faible développement de son
cryptocyste, la largeur de son opésie et une ovicelle très allongée. Chez V. bermudae , les
dépressions ovicelliennes sont inconstantes, ce qui pourrait entraîner des erreurs sur l’attri-
bution générique ; elles existent néanmoins dans certains cas, et l’espèce appartient donc
bien au genre Valdemunitella. Une ressemblance pourrait être trouvée avec « Pyrulella »
corbula (Hincks, 1881), qui a des autozoécies ovales, mais l’absence d’aviculaires et la forme
globuleuse de l’ovicelle ne permettent pas l’homologation des deux formes ; P. corbula a
des ovicelles en forme de pain de sucre et une plus grande opésie, allant jusqu’à l’arrière
de l’aréa.
Station-type. — 32°10,5' N, 64°40,7' W (holotype), 2 291 m. 32°16' N, 64°32' W
(paratvpe), 2 095-2 223 m.
6 . Carbasea sp.
Le zoarium, Instratifié, est dressé et de morphologie flustroide. Il n’existe ni coéno-
zoécies marginales (d où la détermination générique), ni ovicelles, ni épines, ni aviculaires.
Les autozoécies sont fusiformes ou plus ou moins nettement hexagonales, longues de 900-
1 000 fini et larges de 300-400 fim.
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7. Quadricellaria caraïbica Canu et Bassler, 1928
Canu et Bassler, 1928 : 17-18 ; Osburn, 1940 : 354.
L'unique fragment recueilli correspond à la description originale; ses ramifications
présentent des joints chitmeux enveloppés dans un lacis de rhizoïdes. Les autozoécies
mesurent 750 pm de long dont 350-380 pour l’opésie ; la largeur zoéciale est de 100 pm
Il n y a ni ovicelles ni aviculaires.
Cette espece ne paraît avoir été jusqu’ici récoltée qu’à deux reprises, toujours dans
la zone caraïbe (Canu et Bassleb, 1928 ; Osbuun, 1940), à des profondeurs de 95 et 55 m ■
le present materiel a été dragué par 587 m de fond, dans la zone équatoriale au large dj
Brésil, hale est la seule représentante actuelle d’un genre fossile.
8 . Setosellîna elegantula n. sp.
(PI. I, 1-6; IX, 4)
^ Diagi ^? s e. — Setosellîna à zoarium monosérié non discoïde ; la zoécie vibraculaire est Dortée
pai la partie distale de 1 autozoecie à l’extrémité d’un pédoncule. ^
Description - Le zoarium monosérié et non discoïde est formé d’autozoécies de
400 pm de long (dont 200 pour l’opésie) et 250 pm de large (dont 90 pour l’opésie). Les
oges forment,deux ra "> ,ficat > OI H; se développant symétriquement par rapport à l’axe lon-
gi u mal de 1 ancestrula, selon deux arcs de cercle. Il n’a pas été observé d’ovicelles La
zoecie vibraculaire, onentee distalement et axiale par rapport à l’axe longitudinal de l’auto-
» v 'îrn lorme t d , e , cham P>g"on ; elle est constituée d’un pédoncule à côtés parallèles
de 100 X 100 pm, et d une partie renflée globuleuse de 100 pm de long et 150 pm de large.
Discussion. - Le port zoarial et la pédiculisation de la zoécie vibraculaire typiques
de cette espece n ont jamais été décrits dans le genre Setosellina.
Station-type. - 08°02' S, 34°23' W. 587 m de profondeur.
9. Bugula sp. aff. B. gracilis (Busk, 1858)
Chez la forme récoltée, les autozoécies (dépourvues d’ovicelles) portent une grosse
epine externe et une fine epine interne. Les aviculaires ont la morphologie présentée par
ceux de B. gracilis selon la redescription de Ryland (1960), mais leur longueur est de 300 pm
chez nos échantillons au lieu de 150 pm environ (cf. fig. 1 D de Ryland) ; ils sont insérés
typique q d ‘ Sta d<! aUt0Z0écle> dont le bord externe ert recourbé comme chez la forme
aire de rétaTc^ f ^ ^ ^ régi °" de Walwis étend considérablement son
Indiet P tltl0n ’ eSpeCe n ayant ete s >gnalée que des eaux européennes et de l’océan
4 , 7
10. Bugula sp.
Aucun aviculaire ni aucune ovicelle n’ont été conservés sur le matériel étudié. Les
autozoécies portent trois épines distales (une interne, une externe, une termino-distale
décalée vers l’extérieur). L’état de conservation de ce spécimen est insuffisant pour qu il
soit possible de le déterminer ; néanmoins, les caractères observés ne correspondent à
aucune des Bugula jusqu’à présent connues de profondeurs supérieures à 1 000 m réca¬
pitulées par Hayward (1981).
11. Menipea sp.
Le fragment bisérié de colonie étudié a le mode de ramification typique du genre.
Les épines sont en nombre variable selon les autozoécies ; en bas de la colonie, on en compte
six f dorsales) autour de l’orifice et orientées vers le haut, en plus d une épine latéro-proxi-
male verticale. Il existe un aviculaire triangulaire latéral externe et de nombreux rhi-
zoïdes.
12. Menipea sp. 2
La ramification est du type 22 de Farmer (1923). Mais les deux échantillons bisériés
étant dépourvus d’épines, d’ovicelles, d’aviculaire frontal externe et d’aviculaires internes,
et ne portant (fréquemment) qu’un minuscule aviculaire triangulaire axillaire, il n’a pas
été possible de les rattacher à une espèce déjà connue. La longueur autozoéciale est de
650 |xm dont 500 pour l’opésie, la largeur maximale étant de 200 qm.
13. Menipea pacifica n. sp.
Diagnose. — Menipea bisériée à ramification en U ouvert et sans vrais joints chitineux.
Une épine aiguë et une épine bifide plus proximale à chaque angle distal. Pas d’aviculaires et d’hété-
rozoécies basales. Ovicelle à surface irrégulièrement réticulée.
Description. — Bisérié, le zoarium dressé est nettement aplati dorso-ventralement ;
fixé au substrat par des rhizoïdes issus latéralement de la partie effilée proximale, le zoa¬
rium, dépourvu de joints, se ramifie symétriquement en forme de U. En examen frontal,
la zoécie E (cf. typologie de Harmer, 1923), axiale, émet une loge F à droite et deux loges C
et G à gauche ; la zoécie B prolonge la série autozoéciale sous-jacente. Les parties élargies
des autozoécies situées de part et d’autre de l’axe zoarial ont toutefois une disposition
parfaitement symétrique. A chaque angle distal existe une épine simple dirigée vers l’avant et
(proximalementà elle) une épine bifurquée (côté externe) ou deux épines simples (côté interne)
dressées près de sa base ; toutes ces épines sont habituellement constantes, même en pré¬
sence d OA icelle. Les autozoécies sont longues de 350 à 400 qm, larges de 150 p.m au maxi-
— 923 -
muni (partie distale) ; leur opésie est ovale, longue de 130 p,m et large de 50 pm. Le crypto-
cyste granuleux est déprimé vers l’opésie, et sa forme rappelle celui de Notoplites cymbalicus
d’Hondt, 1981. Il existe habituellement trois perforations basales antérieures, la plus
grande à l’angle distal externe, les deux autres plus petites agencées en diagonale vers
l’axe zoécial (la plus petite est axiale). Les ovicelles circulaires de 300 pm de diamètre
ont leur surface ornée de travées irrégulières peu saillantes convergeant vers l’orifice. Il
n’y a pas d’aviculaires, ni de vibraculaires, ni de scutum.
Fig.
3. — Menipea pacifica n. sp., holotypc : A, ramification zoariale (échelle : 400 pm) ; B, zoécie ovi-
cellée (échelle : 320 pm), aréa enlevée.
Discussion. — Le type de ramification décrit ci-dessus n’appartient qu’à la famille
Scrupocellariidae. Quatre genres de Scrupocellariidae sont dépourvus de joints : Hoplitella
(multisérié et dépourvu d’ovicelles, ce qui n’est pas le cas ici), certaines espèces de Canda
(mais dont les branches sont réunies par des travées anastomotiques, contrairement à la
— 924 -
nouvelle espèce décrite ici), Amastigia et Menipea chez quelques espèces. Nous classons
cette espèce parmi les Menipea en fonction de la redéfinition, par rapport aux Amastigia,
de ce genre (Hayward, 1981). Les types de bifurcation indiqués par cet auteur, les types 17
et 18 de Harmer (1923) ne sont caractéristiques que chez les espèces bisériées sans vrais
joints chitineux ; il nous semble que ce soit le caractère « largeur du cryptocvste » (étroit
chez les Amastigia, très développé chez les Menipea) qui soit le seul fiable pour 1 identi¬
fication de ces genres, tous les autres critères étant sujets à une plus ou moins grande
variabilité à l’intérieur des deux taxons. Sur la foi de ces remarques, la nou\ elle espèce
décrite est bien une Menipea.
Aucune des espèces de Menipea décrites ou redécrites par IIarmer (1923, 1926) et
Hastings (1943) ne correspond à l’espèce décrite ici : 1) l’ovicelle est rudimentaire ou
absente chez les espèces bisériées de Menipea dont la trisériation se limite à une zoécie
axillaire ; ce n’est pas le cas ici ; 2) chez les espèces bisériées à opésie réduite et chez les
espèces trisériées, il existe toujours un aviculaire, frontal ou marginal ; ce n est pas non
plus le cas chez Menipea pacifica. En examen frontal, le type de ramification correspond
à celui récemment décrit par Hayward (1981) pour une nouvelle espèce sans joints chi¬
tineux qui provient, comme M. pacifica, du Pacifique : M. ignota. Chez M. ignota, la rami¬
fication est moins symétrique et l’angle formé par les branches y est aigu ; il n’existe qu’une
seule épine aiguë à chaque angle et le cryptocyste est dressé presque verticalement.
Station-type. — Les coordonnées (la longitude) diffèrent suivant l’origine des
informations relatives à ce matériel : 30°0,05' N, 165° (ou 156° ?) 10,3' W. 6 065-6 079 m.
14. Dendrobeania formosissima d’Hondt, 1983
d’Hondt, 19836 : 78-79.
C’est à cette espèce que doit être rapporté l’échantillon non décrit rapporté par l’un
d’entre nous (Schopf, 1965) au genre Corynoporella lors du tri, préliminaire à son étude,
de la collection déterminée ici.
15. Dendrobeania (Himantozoum) margaritifera (Busk, 1884)
Busk, 1884 : 41-42.
Selon les autozoécies sur le même zoarium, les deux épines portées par les angles dis¬
taux sont parfois très réduites, et dans quelques cas même presque indiscernables à l’angle
interne. La morphologie zoéciale rappelle alors celle à'H. macilentum Hayward, 1981 ; les
deux especes ont pratiquement la meme longueur autozoéciale (2,1 mm au maximum chez
les spécimens étudiés d H. margaritifera, 1,8-2,1 chez II. macilentum). Les deux espèces
apparaissent en définitive comme très proches. D. margaritifera, signalée ici de la région
atlantico-équatoriale par 3 459 m de fond, était connue de l’Atlantique Sud par 3 475-
4 024 m ; H. macilentum a été décrit des Seychelles par 3 310 m de profondeur.
— 925 —
16. Dendrobeania (Himantozoum) obtusa (Hastings, 1943)
Hastings, 1943 : 424-425 ; d’Hondt, 1977a : 160.
Le fragment étudié est trisérié, non ramifié, dépourvu d’ovieelles, aviculaires et épines.
Les autozoécies latérales, plus ou moins rectangulaires, ne se rétrécissent que peu vers
l’arrière ; les autozoécies axiales sont losangiques à extrémités arrondies. Le mode d’inser¬
tion d’une zoécie-fille à une zoécie-mère présente la bifurcation typique des Dendrobeania,
ce qui confirme l’attribution générique de l’espèce. La longueur autozoéciale est de 1 100 pm ;
la largeur maximale est de 250 pm pour les loges marginales, de 350 p.m pour les loges
axiales.
17. Himantozoumella amaltheae subgn. nov., n. sp.
(PL II, 1-3)
Diagnose sub-générique. —- Dendrobeania à aviculaires du type Himantozoum , portés
proximalement par le bord latéral autozoécial.
Espèce-type : H. amaltheae n. sp. La diagnose spécifique se confond momentanément avec
la diagnose subgénérique.
Description. — Le zoarium est dressé, monosérié et aplati dorso-ventralement. Il
passe progressivement sur chaque branche d’un port bisérié à la base à un port quadri-
sérié à l’extrémité. La région trisériée intermédiaire est formée d’autozoécies fusiformes,
arrondies à leur partie antérieure ; les autozoécies marginales, linguiformes, arrondies ou
tronquées à leur extrémité, portent un ou deux aviculaires latéraux pédonculés de la mor¬
phologie présentée par ceux des Himantozoum (sous-genre de Dendrobeania ; cf. d’Hondt,
1977a), mais avec une forme de corne d’abondance plus accentuée. Les autozoécies ont
950-1 300 pm de long ; leur largeur est de 450 pm pour les loges fusiformes, de 350 pm
pour les autres loges. L’aviculaire est implanté latéralement, sur l’arête extérieure du
cadre zoécial, dans le premier tiers (ou exceptionnellement la première moitié) proximal
de la zoécie ; il mesure 200 pm de long, et s’élargit progressivement vers le sommet où son
diamètre maximal est de 100 pm ; la mandibule, triangulaire, a une longueur de 60 pm.
Le mode de ramification et le type d’agencement des autozoécies (bifurcation de la partie
proximale d’une zoécie-fille autour de la région disto-basale cunéiforme de la zoécie-mère)
sont typiques des Dendrobeania.
Discussion. — L’implantation latérale de l’aviculaire, unique chez les Dendrobeania
et parfois dédoublé ici, concomitant d’une morphologie témoignant d’une évolution par¬
ticulière, justifie l’isolement de cette espèce dans un sous-genre distinct.
Station-type. — 36°23' N, 67 0 58 / W, par 4 680 m de profondeur.
Bathymétrie et biogéographie. — 4 680-4 892 m de profondeur, dans l’Atlantique
Nord au large des côtes des U.S.A. en particulier autour des Bermudes.
- 926 -
18. Semidendrobeania versicolor (Busk, 1884)
(PI. II, 4-6)
Busk, 1884 : 38 ; Harmer, 1926 : 453-454 ; Hastings, 1943 : 423.
Semidendrobeania gn. nov.
Diagnose. — Bugulidae à zoarium branchu et bisérié, en forme de candélabre, à ramifications
sans joints a la base, sans aviculaires, ni épines ; ramification en forme de L. Zoécie impaire pré¬
cédant la ramification complètement entourée par les zoécies voisines et sans présenter de bord
libre. Portions reproductrices trisériées, les ovicelles endozoéciales étant localisées dans une série
zoéciale axiale. L’autozoécie faisant suite à une zoécie ovicellée, celle qui contient l’ovicelle dans
sa partie proximale, est élargie et de contours piriformes. Parties proximales des autozoécies non
fourchues. Pas d’épines.
Discussion du genre. — Cette espèce avait été décrite comme Bugula par Busk,
puis classée par les auteurs ultérieurs, lors du démembrement des Bugula, dans le genre
Dendrobeania. Harmer (1926) et Hastings (1943) ont cependant exprimé des réserves
sur cette assignation générique, plusieurs caractères écartant cette espèce des autres Den¬
drobeania. Effectivement, en dépit de multiples ressemblances, ce classement est incorrect ;
les zoécies de la base des ramifications ne forment pas un tube récurrent ; les parties pro¬
ximales des autozoécies ne sont pas fourchues, en examen basal, au contact du prolonge¬
ment cunéiforme de la zoécie précédente dans la même file autozoéciaie ; les ovicelles,
même atrophiées, sont hyperstomiales chez les Dendrobeania, contrairement à l’espèce de
Busk. Aussi nous a-t-il paru nécessaire d’isoler cette espèce dans un genre distinct.
Le genre Semibugula Kluge, 1929, présente aussi quelques ressemblances avec cette
espèce ; mais sa diagnose implique la présence d’une épine à l’angle antérieur de l’auto-
zoécie ; son mode de ramification diffère car l’autozoécie axiale impaire a un bord libre ;
aussi ne peut-on pas l’y rattacher.
Remarques. — L’ancestrula fusiforme, non épineuse, a 200 pm de long et 80 pm de
large, et est prolongée par des rhizoïdes. Les autozoécies, de forme irrégulière, ont une
longueur de 800 pm et une largeur de 200-300 pm. La ramification zoariale est symétrique,
en forme de U très élargi. Les loges reproductrices ont 800 pm de long et 300 pm de large,
l’ovicelle 450 pm de large et 350 pm de long, la zoécie renfermant cette dernière ayant
700 pm de long et 550 pm de large dans sa partie la plus élargie. Les autozoécies qui enca¬
drent la loge renfermant l’ovicelle ont 1 000 pm de long et 200 pm de large. Certaines colo¬
nies sont brunes, les autres bleutées.
Cette espèce était jusqu’ici connue de l’Atlantique Nord ; elle a été trouvée ici au large
des côtes brésiliennes. Sa bathymétrie varie de 587 à 1 493 m.
19. Cornucopina moluccensis (Busk, 1884) subsp. brevirostrata subsp. nov.
(PI. V, 3-4)
Diagnose. — Cornucopina moluccensis à rostre court (50-100 pm) et mal individualisé pro¬
longeant un renforcement de la face dorsale de l’autozoécie, et portant deux (s’il est très court)
- 927 —
ou trois (s’il est plus long) épines terminales. Deux autres épines sont insérées sur le renforcement
dorsal au niveau de l’opésie, et une à mi-distance entre l’opésie et l’aviculaire typique.
Description et discussion. — Chez cette forme de Cornucopina rnoluccensis, la
longueur autozoéciale (processus compris) est de 750 p.m, la largeur maximale de 400 p,m.
Le polypide comporte une quinzaine de tentacules. L’aviculaire pédonculé, de la morpho¬
logie typique de l’espèce, est grêle et sa longueur atteint 2,05 mm. Le processus spinigère
est plus court et moins bien individualisé par rapport à la partie élargie de la loge que
chez la forme typique ; il n’apparaît que comme une apophyse issue d’un renforcement
axial de la partie élargie de l’autozoécie, en en débordant de 50 à 100 pun. En fonction
de sa longueur, ce processus porte deux ou trois épines terminales ; deux autres épines sont
implantées sur la partie du renforcement situé au niveau de Fopésie, tandis qu’une dernière
épine se situe sensiblement à mi-distance entre l’opésie et l’aviculaire. La partie élargie
s’étend perpendiculairement à l’axe autozoécial et l’aréa déborde frontalement sur le rostre
spinigère, beaucoup plus nettement que chez la forme typique.
Station-type. — 7°54' S, 34°17' W par environ 1 000 m de fond. La forme typique
est connue des régions australienne, néo-zélandaise, malaise, et de différents points de
l’océan Indien, par 281-2 050 m de profondeur ; cette récolte étend donc à l’Atlantique la
distribution de l’espèce. La sous-espèce brevirostrata est d’ailleurs même à la limite du niveau
taxonomique de l’espèce.
20. Nordgaardia pusilla (Nordgaard, 1907)
Hayward, 1978 : 214-217.
Les spécimens étudiés sont conformes à la redescription par Hayward (1978) de cette
espèce qui n’était jusqu’ici connue que des mers septentrionales et des eaux tempérées de
l’Europe occidentale, sans atteindre la latitude de la Méditerranée ; ces récoltes montrent
sa présence le long des côtes atlantiques nord-américaines. La longueur zoéciale varie de
550 à 1 200 pim, et l’aviculaire atteint une longueur de 1 050 pim.
21. Scrupocellarinella rostrata n. gn., n. sp.
(PI. VII, 1-3)
Diagnose générique. — Scrupocellariidae à zoarium monosérié, à entre-nœuds monozoé-
ciaux et autozoécies claviformes. Présence d’un rostre dorso-ventral, du type rappelant celui des
Cornucopina, et portant 5-6 longues épines. Scutum frontal constant, abondamment ramifié.
La diagnose spécifique se confond pour l’instant avec la diagnose générique.
Description. — Le zoarium est dressé et monosérié, les autozoécies étant alternati¬
vement dirigées vers la gauche et vers la droite en examen frontal ; chaque autozoécie
constitue un entre-nœud, étant séparée de la loge précédente et de la suivante par un
joint chitineux. Les autozoécies, longues de 800 p.m, larges au maximum (partie distale)
de 170 pim, sont claviformes et incurvées vers l’extérieur ; leur tiers proximal étant étroit
et sensiblement isodiamétrique, les deux autres tiers étant plus renflés avec un élargisse-
- 928 —
ment progressif vers le côté distal. Un rostre de 90 [i.m de long et de 60 fxm de diamètre
est porté presque distalement par la partie dorsale de 1 autozoécie, et rappelle par sa mor¬
phologie celui des Cornucopina ; il porte quatre longues épines distales et 1-2 épines sub¬
distales. L’autozoécie porte un aviculaire distal externe et un a\iculaire frontal axial à
mandibule dirigée vers le bas, longs de 80 [im. Il n a pas été obser\é d o\ icelle. L opésie,
longue de 200-250 [xm et large de 100 ftm, est complètement dissimulée par un scutum
dont les contours généraux s’inscrivent dans un cercle ; le pédoncule de ce scutum est
subdivisé en quatre ramifications principales, elles-mêmes bifurquées, chaque bifurcation
étant ramifiée dichotomiquement.
Discussion. — Le port zoanal rappelle celui des Xlaplestoma , Scrupocellariidae carac¬
térisées comme ici par une succession d’entre-nœuds monozoéciaux. Mais dans ce genre,
dont la diagnose implique l’absence d’aviculaires, il n’y a pas de scutum ni d épines. Le
rostre dorso-distal semble exclusif, dans les Scrupocellariidae, de la nouvelle forme décrite
ici ; l’importance de ce caractère nous paraît justifier la création d un genre nouveau.
Station-type. — 7°50 à 58' S, 34°17' W. 943-1 007 m de profondeur.
22. Camptoplites tricornis (Waters, 1904)
Waters, 1904 : 23 ; Hastings, 1943 : 451-452.
Le zoarium bisérié et dressé est formé d’autozoécies dont la partie distale détermine
un angle de 120 à 160° avec la partie frontale. Il n’existe pas de branches secondaires.
L’ovicelle est globuleuse, de 360 pm de diamètre, et non striée. L’aviculaire a un pédon¬
cule de 200 pim de long, et une « tête » de contours presque hémicirculaires (cf. fig. 42 c
de Hastings, 1943) de 70 (xm. La largeur zoéciale maximale est de 250-300 [xm, la longueur
de 800-1 200 [xm (200-600 pour la partie effilée, 600 pour la partie élargie distale). L’ori¬
fice autozoécial a 70 |xm de long. Chaque autozoécie porte trois longues épines distales
(une axiale, une à chaque angle) orientées vers l’arrière.
La présence à la latitude de l’équateur d’une espèce jusqu’à présent connue comme
exclusivement antarctique (d’Hondt, 19786) aurait paru des plus surprenantes si la bathy¬
métrie de la récolte n’était pas de 3 459 m, soit une profondeur où la température de l’eau
ne peut être qu’extrêmement basse ; cette espèce remonterait-elle, à grande profondeur
où les températures demeureraient faibles, jusqu’à la latitude des régions intertropicales ?
23. Notoplites damicornis Hayward et Ryland, 1978
Hayward et Ryland, 1978 : 148-149; d’Hondt, 19836 : 83.
Les specimens de la station lo6 (Atlantis II 31, 3 459 m de profondeur, près de la
dorsale médio-atlantique) correspondent à la description originale (matériel dragué au
large des côtes européennes par 511-4 249 m de profondeur). Le matériel de la station 169
(Atlantis II 31, 587 m de fond) a le scutum ramifié figuré par d’Hondt (1983) ; il s’agit dans
- 929 -
les deux cas de spécimens provenant du large du Brésil, et sans grandes différences bathy-
métriques (770-805 m pour le matériel de d’Hondt, 1983). Les différences constatées seraient
peut-être à envisager en relation avec la latitude plutôt qu’avec la bathymétrie.
24. Notoplites evocatus (Jullien, 1882)
Hayward et Ryland, 1978 : 149-150.
Chez les spécimens étudiés, l’aviculaire latéral, qui est constant et situé à l’angle auto-
zoécial distal externe chez la forme typique, fait tout à fait défaut. Les autres caractères
concordent avec ceux de la forme typique : morphologie de l’aviculaire tubulaire implanté
proximalement à l’opésie et la surmontant, présence d’épines latéro-distales très longues
(habituellement au nombre de quatre) et d’une épine latérale verticale, portée par le termen
sur le côté de l’opésie.
Cette espèce des mers boréales et de l’Atlantique Nord, qui paraît aussi exister au large
de l’Afrique du Sud (d’Hondt, sous presse 3) a été collectée ici dans la région des Bermudes.
25. Notoplites (?) sp. (Station 126)
Les zoécies axillaires n’entrant pas en contact sur la ligne axiale du zoarium à l’empla¬
cement des bifurcations, une incertitude subsiste sur l’appartenance générique. Les auto-
zoécies, longues de 850 |xm dont 250 |xm seulement pour l’opésie, n’ont pas de scutum,
et présentent un aviculaire latéral, trois épines distales externes, et une épine située très
proximalement sur le bord externe de l’opésie, presque axialement. Il n’existe pas d’avi-
culaire frontal. Les joints interrompant sur chaque ramification les deux files autozoé-
ciales sont situés à grande distance de la bifurcation (500 pm).
26. Columnella brasiliensis (Busk, 1884)
Busk, 1884 : 50.
L’ovicelle est longue de 800 à 900 pm, large de 580 à 620 pm, et sa surface verruqueuse
présente de multiples aspérités. Le cadre frontal s’élève généralement en lobe de part et
d’autre de l’opercule apertural des loges ovicellées. La présence de l’aviculaire proximal
est très inconstante ; cette structure fait parfois défaut dans la totalité d’une colonie, ou
y étant parfois limitée à quelques autozoécies isolées.
27. Columnella delicatissima (Busk, 1884)
Busk, 1884 : 51 ; Hayward, 1981 : 30.
Le cadre zoécial est légèrement saillant au niveau de l’orifice, là où la largeur auto-
zoéciale est maximale (400 pm, contre 300 à mi-longueur et 250 proximalement). L’ovi-
- 930 -
celle globuleuse a 500 pm de long et 550 pm de large. Il n existe pas d aviculaircs. Le bord
proximal déborde typiquement de 120 fxm.
28. Cuneiforma asymetrica n. gn., n. sp.
(PI. IX, 1-2)
Diagnose générique. — Cellularine arborescente unisénee et linéaire, sans joints entre les
autozoécies successives. Pas d’aviculaires. Présence d’épines. En examen frontal, les autozoécies-
filles sont issues du côté droit de la face basale. Ovicelles inconnues.
La diagnose spécifique se confondra pour l’instant avec la diagnose générique.
Description. — Le zoarium, dressé, est arborescent, unisérié et linéaire ; aucun joint
ne sépare les autozoécies successives, en forme d’épingles ; elles sont très longuement et
finement effilées, à l’exception d’un élargissement en raquette de la partie distale. Cet élar¬
gissement, comprimé dorso-ventralement, atteint 300 |xm de long et 150 [xm de diamètre,
la partie effilée mesurant 400 [xm de long et s’implantant axialement sur la face basale
de la partie élargie. Celle-ci bourgeonne disto-latéralement sur sa face ventrale une unique
zoécie-fille ; celle-ci s’insère toujours, en examen frontal, sur le côté droit de cette face
basale, proximalement à l’opercule ; le cloisonnement s’effectue au niveau d’une cons¬
triction de la partie effilée située au niveau de l’opercule. L’opercule hémicirculaire a 70 [xm
de long et 100 fxm de large. Le pédoncule de l’autozoécie de la base de la colonie s’achève
au contact du substrat par deux ou trois rhizoïdes. Il n’a pas été observé d’ovicelles, d’avi¬
culaires et de ramifications zoariales ; il existe une courte épine à chaque angle autozoécial
distal.
Discussion. — Les caractères observés ne permettent pas de déterminer la famille
à laquelle appartient cette espèce dont le port zoarial présente toutefois de nombreuses
ressemblances avec celui du genre Leiosalpinx (famille Bicellariellidae). Il en diffère fon¬
damentalement par deux caractères : l’absence d’épines chez les Leiosalpinx (caractéris¬
tique générique inscrite dans la définition du genre) et le lieu de bourgeonnement (axial
chez les Leiosalpinx) des zoécies-filles.
Une ressemblance peut également être trouvée avec les Bugulella, dont le cloisonne¬
ment entre zoécies-mères et zoécies-filles a la même morphologie que dans le cas présent.
L’aréa y est aussi terminale, avec un opercule distal, et les Bugulella sont toutes épineuses
(leur bourgeonnement n’est toutefois pas dissymétrique). Dans ce genre, les ovicelles et les
aviculaires sont inconnus : Bugulella cornigera (Busk, 1884) qui lui ressemble le plus présente
un nombre d’épines plus élevé, et le passage du pédoncule à la région élargie est graduel.
Si la dissymétrie du bourgeonnement est caractéristique et nous paraît devoir jus¬
tifier la création d’un nouveau genre, sa position systématique est incertaine.
Station-type. — 32°16' N, 64°32' W. 2 150 m de profondeur.
29. Kinetoskias pocillum Busk, 1881
Busk, 1881 : 7 ; Hayward, 1981 : 36.
- 931
Dans un zoarium inerme, de rares loges isolées peuvent présenter une imperceptible
épine à l’angle distal externe, bien que beaucoup moins développée que chez l’espèce voi¬
sine C. cyathus.
30. Formosocellaria magnifica (Busk, 1884)
Busk, 1884 : 93-94 ; d’Hondt, 1981 : 20-21 (sous le nom de F. abyssicola).
L’obtention d’un matériel abondant, bien que non ovicellé, a permis l’étude plus
complète de l’espèce décrite dans un précédent travail sous le nom de Formosocellaria
abyssicola, et de mettre en évidence la présence de deux paires de condyles aperturaux,
très discrets, dans l’orifice autozoécial. L’une de ces paires est proximale, la seconde latéro-
distale. Ces nouvelles observations nous ont permis de mettre cette espèce en synonymie
avec une forme très mal décrite par Busk (1884), ce qui nous a été confirmé par la consul¬
tation du matériel-type. Le caractère « présence d’une paire de condyles aperturaux proxi¬
maux et d’une paire de condyles aperturaux distaux » doit être inclus dans la diagnose
générique (1981). La clé des genres de Cellariidae donnée par d’Hondt (1981) doit donc
être partiellement modifiée :
4 — Pas de denticules aperturaux. 5
— Présence de denticules aperturaux ; branches zoariales cylindriques plus ou moins nettement
segmentées, mais sans joints.. 6
5 — Zoécies isolées au fond de profondes dépressions délimitées par de hautes murailles verti¬
cales provenant de la transformation du termen. Atelestozoum Harmer. 1926
— Pas de murailles isolant les autozoécies les unes des autres ; zoarium à surface régulièrement
convexe... Pseudocellaria Livingstone, 1928
6 — Orifice distal. Habituellement deux paires de condyles aperturaux, proximale et distale
(la paire distale peut faire défaut chez quelques espèces de Melicerita) . 7
— Orifice central, exceptionnellement distal. Une seule paire de condyles aperturaux, proxi¬
male . 11
7 — Ovicelle non visible extérieurement ; pore ovicellien perforant la partie distale de l’auto-
zoécie reproductrice. Orifice en forme de croissant, beaucoup plus large que haut.
Melicerita Milne Edwards, 1836
—- Ovicelle réticulée visible extérieurement ; pore ovicellien large et trifolié, bien visible à l’avant
de l’autozoécie reproductrice. Orifice presque hémicirculaire, un peu plus large que haut.
Formosocellaria d’IIondt, 1981
31. Euginoma reticulata d’Hondt, 1981
d’Hondt, 1981 : 16.
Les autozoécies sont groupées sur trois faces du zoarium, la face dorsale ne portant
aucune autozoécie.
- 932 -
32. Euginoma reticulata d’Hondt, 1981, subsp. gracilis subsp. no\ .
(PI. Ill, 1-4)
Diagnose. — Euginoma reticulata à frontale ovale très allongée et rétrécie \ ers l arrière ;
autozoécies petites (0,45 mm de long), zoarium étroit.
Description. — Le zoarium est très étroit et les loges plus petites que chez la forme
typique (450 jxm de long, 200 p.m de large). Au lieu d être régulièrement o\ ale et symé¬
trique tant par rapport à ses axes longitudinal que transversal comme chez la forme typique,
la partie de la frontale délimitée par le cadre autozoécial est longuement ovale, longue
de 300 jim ; elle est large de 100 jim dans son tiers distal, le tiers proximal se rétrécissant
progressivement vers l’arrière pour atteindre proximalement la largeur de 50 [xm. Le zoa¬
rium présente parfois une tendance à la bisériation alternée, comme E. biseriata , mais
l’absence de l’ornementation frontale et latérale permet de l’en distinguer.
Station-type. — OO^G" N, 29°24 / à 24°28 / W. 3 459 m.
32. Euginoma reticulata d’IIondt, 1981, subsp. angulata subsp. nov.
Diagnose. — Euginoma reticulata à régions aperturale et préaperturale distale formant un
long lobe triangulaire libre aplati, débordant largement au-dessus de l’autozoécie suivante.
B
t iG. i. Euginoma reticulata subsp. angulata subsp. nov., liolotype ; A., portion de zoarium (échelle r
500 |im) ; B, quelques autozoécies.
Description. Le zoarium, de contours très noueux, beaucoup plus étroit que la forme
^ è pique, présente une disposition autozoéciale rappelant celle figurée par Lagaaij (1963)
pour E. cavalieri, mais 1 ornementation de la surface frontale ne laisse aucune ambiguïté
sur l’assignation spécifique. Les autozoécies sont longues de 400 [xm, dont les 100 fxm les
— 933
plus distaux forment un lobe triangulaire, mince, libre, pointu à son sommet, débordant
au-dessus de l’autozoécie distale ; chez la forme typique, cette région distale est arrondie
et saillante au plus de 20 pm.
Station-type. — 08°02 à 03' S, 34°23 à 25 / W. 587 m.
33. Euginoma duplex n. sp.
Diagnose. — Euginoma formée de couples successifs d’autozoécies orientées vers les deux
faces opposées du zoarium, en délimitant deux faces latérales sans orifices autozoéciaux.
Deschiption. — Le zoarium est bisérié, les autozoécies étant disposées sur les deux
faces opposées du zoarium, qui portent donc les péristomes ; les deux faces latérales ainsi
délimitées ne portent pas d’orifices. Ovicelles inconnues. L’orifice hémicirculaire a 80 pin
de long ; il n’y a pas de condyles aperturaux. Les parois latérales et frontale de l’auto¬
zoécie sont ponctuées. Chez quelques jeunes colonies, la régularité n’est pas parfaite, et
les couples de zoécies sont orientés selon deux directions constantes, d’orientation ne diffé¬
rant que de quelques degrés.
Fig. 5. — Euginoma duplex n. sp., holotype : fragment de zoarium (échelle : 500 pm).
Discussion. — Cette espèce se différencie des autres espèces connues par la dispo¬
sition de ses loges, en couples successifs alternants ; l’espèce la plus proche est E. bise-
riala d’blondt, 1981, seule autre espèce où les autozoécies sont aussi agencées par couples
réguliers et symétriques, mais alternants et orthogonaux par rapport au précédent et au
suivant ; la surface frontale est presque lisse chez E. biseriata , alors que chez E. duplex
elle est grossièrement ponctuée.
Station-type : 00°46 à 46,5' S ; 29°24 à 28' W. 3 459 m.
934 —
34. Euginoma biseriata d’Hondt, 1981 (forme)
Forme typique : d’Hondt, 1981 : 16-17.
Cette forme, à orifice un peu plus arrondi et à paroi plus lisse que la forme typique,
s’en différencie essentiellement par la présence d une paire de condyles proximaux (absents
chez la forme originale).
35. Euginoma cavalieri Lagaaij, 1963
Cette espèce présente une importante variabilité individuelle dans une même station,
et il serait intéressant d’en rechercher le déterminisme (génétique .’). Les primes parties
basales des zoaria sont tantôt bisériées, tantôt trisériées avec absence de la rangée zoéciale
dorsale, tantôt quadrisériées (trois rangées frontales, une rangée dorsale), ces morphologies
étant acquises d’emblée dès la partie inférieure de la colonie.
36. Euginoma cavalieri Lagaaij, 1963, subsp. dorsalis subsp. nov.
(PI. III, 5-6; VII, 4)
Diagnose. — - Euginoma cavalieri à zoarium hémicylindrique, à orifices autozoéciaux présen¬
tant une paire de condyles aperturaux proximaux. Les quatre séries autozoéciales sont portées
par la face bombée, la face dorsale plane n’en portant aucune.
Prescription. — Le zoarium est de section hémicylindrique, avec une face plane dor¬
sale ne portant pas d’orifices autozoéciaux, et une face bombée portant quatre séries de
loges alternantes. La longueur autozoéciale est de 600 pm, la largeur 400-450 pm (dont 200
entre les deux arêtes longitudinales du cadre frontal). La morphologie autozoéciale est
la même que celle d’E. cavalieri , de même que la forme de l’orifice ovicellien (130 pm de
long, 160 pm de large). L’orifice autozoécial hémicirculaire a 120 pm de large et 110 pm
de haut ; le bord proximal porte deux condyles aperturaux latéraux.
Discussion. — Parmi les différentes formes proches de Y Euginoma cavalieri typique,
celle-ci est la seule à présenter des condyles aperturaux, ce qui nous a amené à créer pour
elle un taxon distinct.
Remarque. — La clé de détermination des genres de Cellariidae établie par d’Hondt
(1981) ne tient pas compte des Euginoma à condyles aperturaux, encore inconnues à cette
époque. I our ces formes, 1 emploi de cette clé conduirait à déterminer ces Euginoma comme
des Larvapora Moyano, qui en different considérablement par ailleurs. Aussi, le deuxième
membre de 1 alternative 10 (« denticules aperturaux proximaux») de la clé correspondante
doit-il être complété en ces termes :
— Aviculaires à longue mandibule styliforme
— Pas d’aviculaires.
Gn. Larvapora Moyano, 1970
Gn Euginoma Jullien, 1882 (pars)
- 935 -
Station-type. — 07°50-58' S, 34°17,0' W, par 943-1.007 m de fond (holotype).
08°02-03' S, 34°23-25' W, par 587 m (paratype).
37. Euginoma tenella n. sp.
Species incertae sedis (Cellularina) : d’Hondt, 1982 : 85.
Diagnose. — Euginoma à cadre zoécial faiblement marqué et limité à la partie distale ; pas
d’ornementation frontale ni latérale, la ponctuation étant même absente. Calcification extrêmement
réduite.
Fig. 6. — Euginoma tenella n. sp., holotype : fragment de zoarium (échelle : 400 pm). a : ancestrula ;
t : tube chitineux.
Description. — Les échantillons, non ramifiés, sont formés de quelques autozoécies
disposées sur deux files enroulées en hélice l’une autour de l’autre ; dans quelques cas, les
loges peuvent être disposées en couples contigus, à orifices dirigés vers la même face, et
- 936 -
orthogonaux d’un couple à l’autre ; une face dorsale sans orifices est alors ainsi déterminée.
Le zoariurn est fixé au substrat par un tube souple, terminé par des rhizoïdes, et tout à
fait comparable à celui qui fixe habituellement au substrat les colonies de. Cellariidae pro¬
fonds. L’aneestrula est claviforme comme il est habituel chez les Euginoma ; elle a 900 pm
de long et 70 pm de diamètre sur la plus grande partie de sa longueur. L orifice ovale a
90-100 pan de large et 00-80 pm de haut. L’autozoécie a 400 pm de long et 180 pm de large ;
une ébauche de cadre zoécial, très peu marqué, n est visible que dans la région pré- et péri-
operculaire ; toutefois, chez les autozoécies âgées, le cadre zoécial est continu et limite
une zone ovale de 250 pm de long et 90 pm de large. Les parois latérales et frontale sont
absolument lisses, même dépourvues de ponctuation. Il n a pas été observé d ovicelles ni
d'a vieulaires.
Discussion. — Cette espèce se différencie de toutes les Euginoma connues par l’absence
d’ornementation superficielle, l’extrême réduction de la calcification et un cadre zoécial
habituellement peu marqué.
Station-type. - 10°30' N, 17°51,5' W; 1 624-1 796 m (holotype) ; 34°39' N,
66°26' W, 5 000 m (paratype).
38. Euginoma sp. 1
(PI. VII, 5-6)
Le zoarium a une section presque cylindrique et ne présente que quatre rangées de
zoécies portées par trois côtés du zoarium ; la face dorsale, sans orifices zoéciaux, est presque
plane et seulement parcourue par les limites autozoéciales. L’orifice a 100 pm de large
et 70 pm de haut. La morphologie et l’ornementation zoéciales sont celles d'E. cavalieri ;
l’orifice est dépourvu de condyles. Les loges en reproduction ont un plus large orifice
(200 pm de large et 150 pm de haut) de forme ovale ; le pore ovicellien, en croissant, a 150 pm
de large et 70 pm de haut.
39. Euginoma sp. 2
Les autozoécies ont un bord libre saillant, débordant de 70-80 pm au-dessus de la
frontale, et incliné à 45° par rapport au plan de la surface antéro-zoéciale. La morphologie
de la loge rappelle celle d'E. cavalieri, mais elle est plus élargie à sa base. La largeur zoariale
est de 280-300 pm ; la largeur est de 200 pm dans la partie moyenne, de 300 pm dans la
partie élargie proximale. Le port zoarial est celui d'E. sp. 1. Il n’y a pas de condyles aper-
turaux.
Cette forme, comme la précédente, présente d’indéniables affinités avec E. cavalieri.
Leurs particularités nécessitent néanmoins de les classer dans des taxons indépendants:
m* pouvant situer, dans J état actuel de nos connaissances, le niveau hiérarchique de ces
taxons et notamment par rapport à E. cavalieri , nous préférons momentanément ne pa-
les nommer.
- 937 -
La richesse du genre Euginoma a été révélée par l’étude des collections de la Woods
Hole Oceanographic Institution. Le genre est resté monospécifique durant 80 ans, puis
bispécifique pendant une vingtaine d’années. Quatre espèces nouvelles ont été décrites
en 1981, et sept nouvelles formes et espèces sont décrites dans le présent travail, à partir
des récoltes du « Chain », de L « Atlantis II » et du « Knorr ». Ces découvertes nous amènent
naturellement à reconsidérer à nouveau la systématique de ce genre, déjà revu en 1981.
Aussi, la nouvelle clé de détermination que nous proposons ci-après se substituera-t-elle
à celle que nous avions proposée dans notre précédent travail. Cette étude confirme la
remarque publiée par Sciiopf (1976) lors du tri de ce matériel ; en efîet, il lui était apparu
qu’aux deux seules espèces de ce genre alors connues, E. vermiformis et E. caaalieri, « 11
others as yet unnamed ».
La répartition géographique des nouvelles formes décrites dans ce travail étant rap¬
pelée dans les pages précédentes, et celle des espèces déjà connues ayant été précédemment
récapitulée (d’Hondt, 1981), nous nous abstiendrons de la reprendre ici.
Nouvelle clé de détermination du genre Euginoma
Ce genre comporte actuellement huit espèces, deux formes de statuts incertains, et trois
sous-espèces.
1 — Surfaces frontale et latérales lisses. E. lenella n. sp
— Surfaces frontale et latérales présentant des ornementations (ponctuations, crêtes, sil¬
lons) . 2
2 — Surface frontale parcourue par de grosses rides longitudinales plus ou moins sinueuses
reliées par de fines anastomoses transversales. E. crispa d’Hondt, 1981
—■ Surface frontale granuleuse, ou ponctuée, ou parcourue par un fin et discret réseau serré
de fines rides anastomosées. 3
3 — Parois latérales des autozoécies finement réticulées, paroi frontale et cadre ponctués ;
orifice autozoécial presque carré à bord distal arrondi. (E. reticulata J 4
— Parois zoéciales complètement granuleuses ou ponctuées. 5
4 — Bord antérieur de l’autozoécie court et arrondi, ne débordant en vue de profil que d’envi¬
ron 20 p.m. 13
— Bord antérieur de l’autozoécie formant, distalement à l’orifice, un long lobe libre et aplati
triangulaire d’une centaine de p.m de longueur. subsp. angulata, subsp. nov.
5 — 6 rangées d’autozoécies situées sur toute la périphérie du zoarium ; orifice à bord proximal
droit, incisé à ses extrémités ; bord distal de l’orifice régulièrement hémicirculaire. Zoécies
granuleuses. E . cylindrica d’Hondt, 1981
— 2 ou 4 rangées d’autozoécies 'zoarium quadrisérié). 6
6 — Zoarium bisérié ; autozoécies disposées par couples successifs, les orifices n’étant portés
que par 2 faces opposées du zoarium ; zoécies granuleuses. E. duplex n. sp.
—■ Autre disposition zoéciale. 7
7 — Autozoécies granuleuses disposées selon des verticilles, formés de couples successifs ortho¬
gonaux de loges l’un par rapport à l’autre. E. biseriata d Hondt, 1981 : 8
— Autre disposition zoéciale. 9
8 — Pas de condyles aperturaux. forme normale
— Deux condyles aperturaux. forme à statut indéterminé
4 . 8
- 938 -
9 — Zoarium aplati ... K vermiformis Jullien, 1882
— 4 rangées d’autozoécies à partie proximale saillante, dont la disposition contribue à donner
à la colonie un aspect noueux ; orifices autozoéciaux portés sur les i faces selon _ axes
orthogonaux.*.
10 — Des condyles aperturaux proximaux ; zoarium hémicylindrique, la partie bombée portant
les faces frontales des 4 séries de loges, l’autre partie étant plane ; surface autozoeeiale
oranuleuse. £■ cavalieri subsp. dorsalis, subsp. nov.
— Pas de condyles aperturaux, sauf chez quelques loges isolées d E. sp. 2 où quelques zoéeies
isolées en ont de rudimentaires. H
11 — Pas de long bord antérieur libre et saillant, incliné à 45° par rapport au plan de la fron¬
tale . 12
— Un bord distal libre et saillant, incliné à 45° par rapport au plan de la frontale. E. sp. 2
12 _ 4 rangées d’autozoécies saillantes, dont 3 frontales et une dorsale dans les parties jeunes
non basales. E. cavalieri Lagaaij, 1963
— 4 rangées d’autozoécies portées sur 3 faces, la quatrième (dorsale) ne portant pas d’ori¬
fices autozoéciaux... E. sp. 1
13 — Zoarium robuste à grandes autozoécies (660 pm de long) à frontale de contours ovales et
aussi large à l’avant qu à l’arrière. E. reticulata d Hondt, 1981 (forme typique)
— Zoarium étroit, à petites zoéeies (450 pm de long) à frontale ovale longuement allongée,
et deux fois plus étroite proximalement que distalement...
E. reticulata subsp. gracilis, subsp. nov.
40. Bubiocellaria biaviculata n. gn., n. sp.
(PI. IV, 1-3)
Diagnose générique. — Cellariidae aux ramifications sans joints chitineux, à autozoécies
alternantes dans le sens longitudinal, à orifice hémicirculaire sans denticules ni incisions. Avicu-
laires interzoéciaux arrondis. Zoarium de section circulaire. Présence d’un cadre frontal, compris
à l’intérieur des limites interzoéciales. Base zoariale formée d’une succession de nodules d’orienta¬
tion alternante, chacun émettant une ou plusieurs branches zoariales.
La diagnose spécifique se confond momentanément avec la diagnose générique.
Description. — Le zoarium est dressé et de type cellariiforme, sans joints inter-
nodaux, de section arrondie ou ovalaire (et alors aplatie transversalement) ; aucune rami¬
fication n’a été observée sur les branches dressées, bisériées dans les parties basales, deve¬
nant quadrisériées dans les parties âgées. Dans les parties jeunes, les zoéeies sont rangées
sur deux files alternantes opposées ; dans les parties âgées, chacune des quatre séries de
loges est portée par l’une des quatre faces de zoarium. Les autozoécies, longues de 600 pm
et larges au maximum de 200 pm, de forme hexagonale, présentent un cadre zoécial frontal ;
leur orifice, distal, est hémicirculaire et mesure 120 pm de large et 110 pm de long ; son
bord proximal est faiblement concave, et ne présente ni incisions ni denticules. Les régions
reproductrices du zoarium sont un peu renflées ; les orifices autozoéciaux y sont sur¬
montés d’un pore ovicellien en croissant, de même largeur que l’orifice, et haut de 20 pm.
La partie disto-latérale de chaque autozoécie est surmontée par deux aviculaires hénn-
circulaires symétriques, de 50 pm de haut, portés par des zoéeies aviculanennes inter¬
zoéciales; très exceptionnellement, l’un de ces aviculaires peut faire défaut. La partie
basale du zoarium est noduleuse ; elle est constituée par une succession de trois à cinq
939
loges globuleuses, comprimées latéralement et orientées successivement selon des directions
diamétralement opposées, qui contribuent à lui donner l’aspect d’une portion de cha¬
pelet ; chacun de ces nodules a 400 pm de haut et 300 pm de large ; il est issu de chacun
d’entre eux de une à trois branches zoariales confondues à leur hase, et non séparées du
nodule ni les unes des autres par des joints chitineux.
Discussion. — La conformation très particulière de la hase de la colonie est unique
chez les Cellariidae. Aucun genre connu ne présente par ailleurs simultanément des rami¬
fications sans joints, des files longitudinales d’autozoécies alternantes et des orifices auto-
zoéciaux hémicirculaires sans denticules. Il existe un cadre zoécial frontal semblable à
celui des Cellaria , mais ceux-ci possèdent des joints. L’ovicelle ne détermine pas une forte
convexité comme chez les Cryptostomaria qui possèdent comme ici un orifice distal sans
denticules ni incisures et sont dépourvues de pore ovicellien externe. Les limites inter-
zoéciales ne forment pas de hautes murailles saillantes comme chez les Syringotrema à
orifice également distal, mais arrondi. 11 existe des aviculaires, contrairement aux Eugi-
noma, bien que ce dernier genre soit caractérisé par un cadre zoécial (un peu différent)
et l’absence d’incisures aperturales. Cette espèce nous paraît donc bien justifier la création
d’un nouveau genre.
Station-type. — 08°03 / S, 34°24' W. 587 m de profondeur.
41. Orthoscuticella problematicum d’Hondt, 1981
d’Hondt, 1981 : 42-44.
La forme typique est exclusive de certaines localités des deux côtés de la dorsale
médio-atlantique, tandis qu’une autre forme rencontrée uniquement en certaines stations
à l’ouest de la dorsale (159, 162, 167, 169) est caractérisée par la possession d’un ou (géné¬
ralement) deux petits aviculaires antérieurs, de contours ovalaires, de 50 pan de long.
42. Sclerodomus auriculatus n. sp.
(PI. IV, 4-6)
Diagnose. — Sclerodomus au zoarium aplati latéralement, aux autozoécies alternantes, aux avi¬
culaires uniquement pairs et distaux, pointus et dirigés vers l’avant. Nombreux pores frontaux. Ovi-
celle et surface autozoéciale présentant une longue carène axiale très marquée ; ovicelle pourvue d’une
aréa cordiforme peu calcifiée.
Description. — Aplati latéralement, le zoarium dressé et ramifié sans joints est
formé d’autozoécies alternantes longues de 1 200-1 300 pm, larges de 450-500 pm, et pro¬
fondes de 400 (tm ; chacune d’entre elles a un orifice de 350 pm de large et 100 pin de haut,
et présente une carène longitudinale. La surface est ornée de nombreuses perforations de
20-30 [im de diamètre ; la carène interzoéciale est saillante. L’ovicelle, lisse à carène axiale,
a 550 [tm de profondeur, 800 pm de long et 700 pm de large. Il n’existe pas d’autres avicu¬
laires que deux aviculaires frontaux, pointus, constants, situés distalement à l’orifice de
— 940 -
part et d’autre de son bord, longs de 200 jxm (dont 150 jj.m pour la mandibule) ; saillants
en vue latérale, ils forment une indentation au-dessus de 1 orifice. De profil, la loge paraît
presque plate, de contours très légèrement sinueux en raison de la présence d un léger
bombement proximal à l’orifice, la base de la loge étant à peine déprimée. Il n y a pas
de lèvre aperturale proximale. On reconnaît de chaque côté 5-6 pores aréolaires. L ovicelle
achevée est piriforme et présente une aréa cordiforme frontale peu calcifiée ornée de quel¬
ques petites perforations, traversée par la carène, à pointe orientée vers 1 orifice, et longue
et large de 500 p.m.
Discussion. — Aucune des espèces de Sclerodomus actuellement connues ne présente
d’aviculaires oraux dirigés vers l’avant. Seul S. rugatus flarmer, 1957, présente comme
ici une telle densité de pores frontaux et des aviculaires oraux situés aux angles de l’ori¬
fice, mais ils sont chez cette espèce dirigés latéralement et vers l’arrière.
Station-type. — 39°37' N, 66°44' W. 3 806 m.
43. Sclerodomus minutus (Busk, 1884)
Busk, 1884 : 81.
L’orifice autozoécial, presque circulaire, a un diamètre de 100 p.m ; il est surmonté
latéralement par deux petits aviculaires arrondis de 50 p.m de long, sessiles, à mandibule
arrondie, dirigés vers la face frontale. La longueur autozoéciale est de 750 p,m, la largeur
de 150 fxm, l’épaisseur de 150-200 p,m. La frontale est lisse et présente 5-8 pores aréolaires
de chaque côté.
Les fragments étudiés n’étaient pas ramifiés ; cette espèce est considérée ici comme
Sclerodomus sur la foi des observations de Busk (1884) qui avait vu des ramifications sans
joints.
44. Sclerodomus reticulatus (Busk, 1884)
Busk, 1884 : 82 ; d’Hondt, 1975 : 583-584 (ces deux auteurs sous le nom générique de Bifaxaria ).
De rares autozoécies présentent un ou deux minuscules aviculaires circulaires latéraux
à l’orifice. L’ovicelle hyperstomiale globuleuse a 350 p.m de large et 250 p.m de long ; elle
est ornée de fines rides et présente une carène longitudinale. Nous n’avons jamais observé
de spécimens ramifiés ; Busk (1884) classant cette espèce parmi ses Bifaxaria non articulées,
elle devrait donc en fait être rangée parmi les Sclerodomus conformément à l’opinion de
Habmer (1957).
45. Sclerodomus (?) lagaaiji (d’Hondt, 1975)
d Hondt, 1975 : 584-o8o (sous le nom générique de Bifaxaria ).
— 941
Cette espèce a été décrite comme Bifaxaria , sans qu’il ait jamais pu en être étudié
de spécimens ramifiés. Étant affine de S. reticulatus dont les branches possèdent le même
habitus, il nous semble plus logique qu’elle doive trouver place parmi les Sclerodomus.
Remarques sur le genre Sclerodomus
Ayant pu examiner aux musées de Paris, Londres et Leiden la plupart des espèces
rangées dans le genre Sclerodomus, nous en considérons comme valables la définition publiée
par Harmer (1957) et la discussion qu’il en donne par rapport aux Bifaxaria. Dans la
pratique toutefois, ce genre s’avère hétérogène et comprend notamment deux groupes
d’espèces nettement individualisés, que nous considérerons comme sous-genres (cf. d’Hondt
sous presse 2) ; en effet, il existe toujours des espèces intermédiaires entre deux taxons
subgénériques, ce qui est effectivement le cas ici. En effet, S. inornatus Hayward, 1981,
S. giganteus Harmer, 1957, S. cylindraceus Harmer, 1957 et S. abyssicolus (Busk, 1884)
présentent un zoarium bisérié portant les orifices autozoéciaux sur deux faces opposées
d’un zoarium de section sensiblement circulaire. Les deux sous-genres considérés sont les
suivants :
— Colonies bisériées sur toute leur hauteur, très aplaties latéro-latéralement, les
orifices autozoéciaux n’étant portés que sur les deux arêtes opposées du zoarium ; Sous-
genre Bisclerodomus, subgn. nov. Espèce-type : S. denticulatus (Busk, 1884) — orthogra¬
phié « articulatus » à la suite d’une « coquille » dans un précédent travail (1975) —. Autres
espèces : S. corrugatus (Busk, 1884), S. papillatus (Busk, 1884), S. rugatus Harmer, 1957,
S. tenuis Harmer, 1957, S. minutus (Busk, 1884), S. pauciporosus Harmer, 1957.
— Colonies de section sensiblement circulaire, trisériées ou quadrisériées, dont les
orifices autozoéciaux sont portés sur toute la périphérie du zoarium (à l’exception éven¬
tuelle et tout à fait exceptionnelle d’une face dorsale dépourvue d’orifices) et rappelant
davantage le port zoarial des Bifaxaria que celui des Bisclerodomus : Sous-genre Pseudo-
sclerodomus subgn. nov. Espèce-type : S. reticulatus (Busk, 1884). Autres espèces : S. auricu-
latus n. sp., et peut-être (s’il s’agit d’un Sclerodomus !) S. lagaaiji (d’Hondt, 1975).
Sous-famille Urceoliporidae Bassler, 1936
Harmer (1957) n’avait pas admis la création de ce nouveau taxon, proposé pour
désigner une famille ne se différenciant des Bifaxariidae que par la présence d’une épithèque.
La découverte de nouvelles espèces présentant ce caractère, et s’opposant de ce fait aux
Sclerodomus, nous a conduit à proposer la restauration de ce taxon, auquel nous n'accor¬
dons personnellement qu’une valeur de sous-famille. Chez l’une des espèces étudiées, Urceo-
lipora pseudoreticulata, l’épithèque est tellement résistante qu’elle n’est qu’à peine altérée
par un séjour de dix heures dans l’eau de Javel concentrée. Les Urceolipora jusqu’ici iden¬
tifiées comme telles sont bisériées ; les espèces prises ici en considération ont un zoarium
de section circulaire, ce qui n’est pas sulïisant pour proposer la création de deux genres
distincts mais pourra peut-être ultérieurement justifier (cf. les Sclerodomus ) la création
de deux sous-genres.
— 942 —
46. Urceolipora pseudoreticulata n. sp.
(PL V, 5-6)
Diagnose. — U rceohpora à zoarium aplati dorso-ventralement, a contours très noueux.
Autozoécies sans pores aréolaires, mucron et aviculaires. Orifice rectangulaire à bord distal
arrondi.
Description. — Le zoarium est aplati dorso-ventralement, ménageant une face dor¬
sale dépourvue d’orifices autozoéciaux ; monosérié à la base, il est trisérié à 1 extrémité
de ses ramifications ; les ramifications, dépourvues de joints, sont en l très ouvert. L orne¬
mentation autozoéciale dessine frontalement des hexagones réguliers ; longues de 950 pm,
larges de 400 pm, elles ne possèdent pas de pores aréolaires ni de mucron pré-apertural.
L’orifice ovale, de 200 pm de long et 170 pm de large, a la forme de celui de Sclerodomus
reticulatus (Busk, 1884), de forme rectangulaire mais arrondi distalement. L’ovicelle est
aplatie et a un diamètre de 300 pm. Les orifices sont disposés très irrégulièrement ; le
zoarium a des contours noueux du fait de la disposition alternée des autozoécies. Pas
d’aviculaires.
Discussion. — Cette espèce présente superficiellement une grande ressemblance avec
Sclerodomus reticulatus (Busk, 1884) dont elle se différencie néanmoins par l’absence de
perforations latérales, de mucron, l’irrégularité de la disposition des autozoécies et la plus
grande homogénéité de l’ornementation de la frontale. Aucune des Urceolipora actuelle¬
ment décrites ne présente le port zoarial caractéristique de cette espèce. Les autres Urceo¬
lipora à zoarium non comprimé latéralement ont une ornementation différente de la sur¬
face frontale, une morphologie aperturale différente, des pores aréolaires, et un aviculaire
préoral porté par une protubérance de la frontale.
Station-type. — 30°0,05' N, 165 (ou 156)°10,3' W. 6 065-6 079 m.
d’Hondt, 1975 : 584.
47. Urceolipora redieri (d’Hondt, 1975)
(PI. VI, 1-2)
La longueur autozoéciale est de 1 300 pm, la largeur de 350 pm. L’orifice est long
de 160 pm et large de 150 pm ; plus étroit proximalement que distalement, il est de forme
presque pentagonale, avec un côté proximal droit, deux côtés latéraux obliques vers l’exté¬
rieur, deux côtés distaux un peu incurvés réunis par un « angle » axial arrondi. Le péristome
est fin et très discret. La surface frontale présente une ornementation polygonale, trian¬
gulaire ou carrée, dont les plus grands carreaux ont 50 pm de long ; il existe 6-/ paires de
pores aréolaires. La saillie avicularienne pré-aperturale mesure 150 pm de long.
Les autozoécies sont recouvertes d une épithèque, qui avait disparu sur l’échantillon ori¬
ginal, ce qui montre que 1 assignation de cette espèce au genre Bifaocaria est incorrecte ; parmi
les genres voisins, seul l rceolipora présentant une épithèque épaisse, il semblerait logique
— 943 -
de l’y classer ; mais les Urceolipora ont leurs orifices autozoéciaux disposés sur les arêtes
opposées d’un zoarium comprimé latéralement, alors que le zoarium de « B. » (?) redieri
est de section presque circulaire (ce cas n’est pas sans suggérer celui de l’hétérogénéité
des Sclerodomus décrits ci-dessus !). Aussi un doute continue-1-il à subsister sur la posi¬
tion générique de cette espèce (d’où l’emploi des guillemets). Sur l’échantillon original,
correspondant à une extrémité de branche zoariale, les autozoécies étaient disposées sur
quatre rangs ; dans le cas présent, il s’agit d’une base de colonie, trisériée.
Le spécimen-type ayant été détruit en cours d’étude, l’échantillon décrit ici consti¬
tuera un néotype. Le premier venait de 38°12' N et 28°15' W, par 1 810 m de profondeur ;
celui-ci a été récolté à 00°03,0' S et 27°48,0' W par 3 730-3 783 m, ce qui étend notable¬
ment sa distribution géographique et bathymétrique connue.
48. Bifaxariidae incertae sedis (indéterminable)
L’unique fragment étudié, érodé, appartient peut-être à une espèce nouvelle, mais
qu’il n’est pas possible de décrire ni de nommer à partir des seuls caractères observés. 11
s’agit d’une base de colonie trisériée, ovicellée, le disque de l’ovicelle présentant quelques
perforations. Les limites interzoéciales sont bordées de pores aréolaires. La section zoa¬
riale est cylindrique. De part et d’autre de l’orifice, le péristome s’élève pour former deux
hauts lobes latéraux arrondis, verticaux, ne ménageant qu’une échancrure proximale réduite.
Proximal à l’orifice, un petit aviculaire unique et axial est implanté au niveau de cette
échancrure dans laquelle il est partiellement enchâssé.
49. Cheilonella bathyalis n. sp.
(PI. VI, 5)
Diagnose. — Cheilonella caractérisée par la présence de pores sur la totalité de la surface
frontale. Autozoécie ovalaire, la partie proximale n’étant pas brusquement rétrécie. Péristome
peu épais.
Description. — Le zoarium est encroûtant et monosérié ; le bourgeonnement n’est
pas distal, mais latéro-distal, pair et symétrique ou impair. Les autozoécies sont ovales,
bombées, à frontale lisse et peu calcifiée perforée sur tout sa surface de séries de fins pores.
11 n’existe pas d’aviculaires. L’orifice arrondi, d'un diamètre de 180 pin, est porté distale-
ment par un court péristome ; un denticule triangulaire, inséré sur le bord proximal de
l’orifice, surmonte l’aperture en examen frontal. Les dimensions autozoéciales sont les
suivantes : longueur : 850-950 pm ; largeur : 620-700 pm. L’ovicelle, généralement globu¬
leuse mais parfois de forme un peu irrégulière, est lisse et appendue au flanc antérieur
du péristome ; son diamètre est de 250 pm. L’orifice ne présente ni cardelles, ni lyrule.
Discussion. — Cette espèce prend parfaitement place dans la famille Phyllactelli-
poridae Bassler, 1953, issue du démembrement des Phyllactellidae. Un seul de ses genres
est monosérié et dépourvu de cardelles et de lyrule, le genre Cheilonella Koschinsky, 1885,
uniquement connu à l’état fossile (de l’Éocène allemand), et qui ne paraît pas avoir été
— 944 —
retrouvé depuis sa description. En dépit des quelques différences que présente cette nou¬
velle espèce avec l’espèce-type du genre, Cheilonella gigas Koschinsky, nous la classons
dans le même genre. C. bathyalis s’en différencie par la présence de pores sur toute la lace
frontale, ainsi que par le non-rétrécissement de la partie proximale de 1 autozoécie. Ee
péristome semble plus épais que chez C. gigas, qui présente le meme denticule apertural,
mais dont l’ovicelle est inconnue.
Station-type. —^ 0/°54 / S, 34°17 / W, par 970 m de profondeur.
50. Tegminula cogitata n. sp.
(PI. VI, 3-4)
La diagnose originale du genre Tegminula Jullien, 1882, est très incomplète, et plu¬
sieurs caractères de l’échantillon qui a servi de base à sa description sont passés inaperçus
au descripteur. Aussi, vu leur importance, donnerons-nous tout d’abord une redéfinition
plus satisfaisante du genre.
Diagnose générique. — Zoarium celleporiforme, constitué d’autozoéeies lagémformes dres¬
sées à orifice primaire holostome entouré par un péristome tubulaire. Orifice secondaire arrondi,
dans certains cas ouvert en avant. Parfois un aviculaire axial impair, tubulaire et inconstant,
peut être porté par le bord distal du péristome. Pas de cardelles ; parfois des aviculaires inter-
zoéciaux. Frontale de type olocyste. Ovicelle plus longue que large, à disque plan et non calcifié
délimité par un sillon en forme de U, qui détermine un bourrelet périphérique plus calcifié.
Diagnose spécifique. — Tegminula à ovicelle en forme de pain de sucre, orné d’un sillon
axial et d’une cannelure elliptique à boucle distale. Pas d’aviculaires.
Description. — Le zoarium est formé de loges lagéniformes, à péristome libre et
obliquement dressé ; la jeune colonie est encroûtante sur le substrat, bombée, mais prend
en s’accroissant une morphologie columniforme ; la croissance se fera en hauteur à partir
d’une partie basale limitée à quelques autozoécies. Les autozoécies ont une longueur de
850 pm (dont à 100 à 150 pm pour le péristome) pour une largeur maximale de 600 pm
au niveau de la partie basale renflée. Il n’existe pas d’aviculaires. L’orifice primaire est
de type holostome, généralement circulaire, parfois ébauchant une sorte de très large sinus
très peu distinct. L’orifice secondaire arrondi est porté par le sommet du péristome, non
évasé distalement, souvent obliquement tronqué du côté frontal. L’ovicelle appendue au
bord distal du péristome est en forme de pain de sucre (rarement globuleuse), de 250 pm
de long et 200 pm de large ; sa surface est plane sans perforations, ornée d’un sillon axial
et d une cannelure en U dont la boucle est située au bord distal, et qui délimite un bour¬
relet périphérique ; la région circonscrite par ce bourrelet est peu calcifiée, longue selon les
ovicelles de 140 à 240 pm.
Discussion. Deux formes de Tegminula, toutes deux décrites de l’Atlantique Nord
à partir chaque fois d'un seul spécimen et provisoirement rattachées à la même espèce,
étaient jusqu ici connues. L’examen de ce nouveau matériel nous a conduit dans un premier
temps à réexaminer ces deux échantillons et à les assigner en fait à deux espèces différentes.
- 945 -
Le spécimen-type de Tegminula venusta a un orifice primaire de type fiolostome,
généralement arrondi, mais pas toujours contrairement à ce qu’a écrit Jullien (1882),
parfois rétréci proximalement sans former réellement de sinus différencié. L’orifice secon¬
daire est porté par un péristome de 200-350 p.m de long et de 350 pan de diamètre ; la lon-
longueur autozoéciale totale est de 700 p,m, le diamètre de la partie basale renflée de 500
à 700 [xm. II n’existe ni aviculaires interzoéciaux, ni ovicelles, ni pores aréolaires. Le péris¬
tome tubulaire, évasé à son extrémité, porte parfois un petit aviculaire columniforme sur
son bord distal, dont la mandibule hémicirculaire a 30 p.m de diamètre. Il n’y a pas de
cardelles. La morphologie aperturale incite à classer cette espèce plutôt dans les Cellepo-
rariidae, conformément à l’opinion de Pouyet (1973), que parmi les Celleporinidae, ces
dernières ayant un sinus net échancrant l’orifice primaire ; en revanche, les Cellepori¬
nidae portent généralement deux aviculaires tubuleux accolés à un manchon périapertural
qui n’est pas un véritable péristome, et leur ovicelle présente une aréa frontale plane
ou une fissure radiale ou une simple rangée de petits pores.
La forme décrite par d’Hondt (1975) se différencie de T. venusta par un péristome
plus long (plus de 600 |xm de longueur), la présence de nombreux aviculaires spatuliformes
interzoéciaux, et l’absence d’aviculaires tubulaires péristomiaux ; contrairement à T. venusta ,
l’échantillon possède des ovicelles (de contours ovalaires) ; ceux-ci présentent des canne¬
lures longitudinales, séparant des crêtes dont chacune est ornée d’un alignement de pores
longitudinaux. L’orifice a la même forme que celui de T. venusta. Ces différences nous amè¬
nent maintenant à considérer cette forme comme une espèce distincte, dont nous donnerons
une diagnose sous le nom de T. azorensis n. sp. : Tegminula à aviculaires interzoéciaux et
à ovicelles ornées de cannelures longitudinales déterminant des carènes dont chacune porte
un alignement de petites perforations.
T. cogitata se différencie des deux précédentes par l’absence complète d’aviculaires,
de T. azorensis par la morphologie et l’ornementation de son ovicelle, et de T. venusta par
la forme de son péristome. Les trois espèces se distingueront donc comme suit :
1 — Grands aviculaires spatuliformes interzoéciaux. Ovicelle portant quelques séquences de
perforations alignées sur des carènes longitudinales. Péristome évasé. T. azorensis n. sp.
— Pas d’aviculaires spatuliformes interzoéciaux. 2
2 — Petits aviculaires inconstants, portés par un avicellaire axillaire distal. Ovicelle inconnue.
Péristome évasé. T. venusta Jullien, 1882
— Pas d’aviculaires. Ovicelle non porée ornée d’un sillon axial et d’une cannelure en U délimi¬
tant un bourrelet périphérique, à boucle dirigée distalement. T. cogitata n. sp.
Remarque. — Sans avoir vu les types, ni de Tegminula venusta Jullien, 1882, ni de
Temachia opulenta Jullien, 1882, Harmer (1957) les a imprudemment mises en synonymie
avec Lagenipora lepralioides Norman, 1868, espèce à péristome évasé, pourvue de pores
aréolaires et aux autozoécies de très petite taille (0,3-0,4 mm). Temachia opulenta , dont
le type est ( comme celui de Tegminula venusta) conservé au Muséum national d’Histoire
naturelle de Paris, a un orifice secondaire ovale, allongé transversalement, large de 200 p.m
et long de 90 p,m ; le péristome ne s’évase pas à son extrémité, et l’ovicelle globuleuse sans
cannelure, longue de 300 p,m et large de 400 p.m, est ornée de nombreuses et minuscules petites
aspérités serrées ; il n’y a pas d’aviculaires et il existe de nombreux petits pores aréolaires.
L’examen des types de Temachia opulenta et de Tegminula venusta confirme bien leur
— 946 -
appartenance non seulement à des espèces, mais aussi à des genres différents. Les genres
Lcigempora et Tegminula ne différencient en outre par une structure difféiente de la frontale.
Station-type. — Ail 31, Station 159 (holotype) : 07°58,0 S, 3t°22,0 W , 834-939 ni.
Station 169 (paratype) : 08°02 / S, 34°23 à 25 \V ; 587 m.
51. Smittoidea (?) sp. cf. Parasmittina aegyptiaca (Waters, 1909)
sensu Canu et Bassler, 1928
La longueur autozoéciale est de 1 000-1 550 fxm, la largeur de 600-900 ;xm. L ovicelle,
très peu saillante, présentant quelques perforations frontales, a 250 fxm de long et 400 ;xm
de large. 11 existe de très gros pores aréolaires, mais pas de pores frontaux ; la surface
autozoéciale est très faiblement calcifiée. L’orifice présente une très large lyrule (120 (xm
de large) à bord rectiligne, très courte et généralement dissimulée par f aviculaire en examen
frontal. L’unique aviculaire autozoécial est situé sur le bord proximal de 1 orifice, où il
fait légèrement saillie.
Cheetham et Sandberg (1964) ont décrit du Quaternaire de Louisiane une nouvelle
espèce de Mucronellidae, Parasmittina anderseni, à laquelle appartiendrait selon ces auteurs
le matériel du golfe du Mexique signalé par Canu et Bassler (1928) sous le nom de Mucro-
nella aegyptiaca Waters, 1909. La mise en synonymie de Cheetham et Sandberg peut
être discutée, puisque Canu et Bassler ont signalé que leur espèce avait une lyrule large
et peu saillante (il en est de même des spécimens présentement étudiés) ; or, Cheetham
et Sandberg ont figuré une lyrule étroite qui ne correspond pas à celle de nos échantil¬
lons, aussi ne pouvons-nous pas les rapporter à P. anderseni. L’aviculaire n’étant pas latéral
à l’orifice, il ne s’agit pas d’une Parasmittina ; l’ovicelle peu saillante et la modicité de la
calcification frontale pourraient faire penser à une Smittina, mais ce genre n’a pas de pores
aréolaires bien différenciés. La face basale ne présentant pas de « pore chambers » et l’ovi-
celle étant percée de plusieurs perforations, ce n’est pas non plus une Porella. L’ovicelle
n’étant pas totalement engagée dans le péristome, c’est finalement avec le genre Smittoidea
que ces échantillons paraissent les mieux compatibles.
Les échantillons étudiés se différencient de la forme décrite par Canu et Bassler
par la taille (plus de deux fois supérieure) de leurs autozoécies et par l’absence complète
d’aviculaires autres que suboraux (ceux-ci étant même inconstants chez la forme décrite
par ces auteurs).
52. Incertae sedis aff.
Escharella laqueata (Norman, 1864)
Le zoarium est monosérié sur une grande partie de sa longueur. Les autozoécies, peu
bombées et bordées de pores aréolaires très visibles, ont 720-800 jxm de large et 850-1 000 (xm
de long, hiles présentent un péristome à orifice ovale; l’olocyste est finement granuleux.
11 n a pas été observé d ovicelles ; il n existe pas d’épines ; la lyrule correspond à la figure
donnée par Rv land (1963) et est surmontée par un aviculaire péristomial oral.
947 -
Cette espèce ressemble de manière frappante à Escharella laqueata (Norman, 1864), mais
la non-observation des caractères ovicelliens ne nous permet pas d’argumenter la discussion.
E. laqueata est par ailleurs une espèce plutôt septentrionale, tandis que le présent matériel
provient d’eaux nettement plus chaudes, et par ailleurs dans une région très éloignée des
localités à E. laqueata jusqu’ici connues. Les Escharellidae sont par ailleurs dépourvues
d’aviculaires.
53. Porella (?) sp.
Les autozoécies bombées ont 1 100 jxm de long et de large ; de contours sensiblement
ovalaires ou pentagonaux, elles sont plus saillantes à leur partie distale. L’olocyste est très
calcifié, les parois interzoéciales bordées de pores aréolaires. Un petit aviculaire ovale est
enchâssé dans la partie proximale du péristome ; celui-ci est profondément incisé du côté
frontal, et les lobes latéraux ainsi déterminés se rejoignent presque, vers l’avant, sur la
ligne médiane ; l’aviculaire apparaît alors presque comme situé au fond d’un spiramen.
L’orifice secondaire a 150 jxm de long, dont 70 p.m pour fincisure frontale, sa largeur étant
de 140 fxm. Il existe des diételles, et il n’a été observé ni ovicelles, ni aviculaires.
54. Codonellina sp. aff. C. gemelliporoides (Calvet, 1904)
D’après Miss Cook (Bristish Museum) qui a bien voulu examiner ce matériel dou¬
teux, il paraît s’agir d’une population intermédiaire entre deux taxons de rang spécifique
décrits sous les noms de C. gemelliporoides (Calvet, 1904) et C. galeata (Busk, 1884), espèces
qui contrairement à l’opinion de Harmer (1957) ne sont pas synonymes et se différencient
par le nombre de rangées de pores. Mais, dans le matériel étudié ici, le nombre de ces rangées
varie de façon importante.
La longueur autozoéciale est de 700-800 p.m, la largeur de 400 |xm ; l’orifice a 180 [xm
de large, 150 jxm de long, et est dépourvu de sinus. Il n’a pas été observé d’ovicelle. La
surface frontale est ornée de grosses perforations, qui ne font défaut que dans une région
triangulaire préaperturale de la largeur de l’orifice et de 250 (xm de long. Il existe un avi¬
culaire axial de 60 (xm de long, à mandibule ovalaire, inséré sur le bord proximal de l’ori¬
fice. Les condyles aperturaux sont peu marqués.
55. Prostomaria cyclostomata n. sp.
(PI. VIII, 1-2)
Diagnose. — Prostomaria à zoécies régulièrement alternantes sans différenciation de faces
zoariales frontale et dorsale.
Description. — Le zoarium unisérié et arborescent est constitué de deux séries auto-
zoéciales alternantes, tubulaires, de 850-950 |im de long et 300-350 [xm de diamètre. L’ori¬
fice circulaire a 140 [xm de diamètre, et présente sur son bord proximal la cicatrice arrondie
- 948 -
d’un aviculaire (qui n’a jamais été conservé). La paroi est finement ridée. Il n a pas été
observé d’ovicelle. Quatre paires de grosses perforations aréolaires.
Discussion. — Le port de la colonie est conforme à la diagnose donnée par Bassler
(1953) pour le genre Prostomaria McGillivray, 1895, décrit du Tertiaire australien et qui
semble être demeuré monospécifique. La morphologie zoéciale est presque identique dans
les deux cas mais, chez l’espèce-type P. gibbericollis McGillivray, les zoécies présentent
une partie proximale d’une largeur plus réduite qui fait défaut ici. La surface frontale
de P. gibbericollis est porée, ces perforations (qui peuvent n être visibles que chez les spé¬
cimens érodés ?) étant séparées par de fines rides comparables à celles observées dans le
cas présent. Chez P. gibbericollis , la limite interzoéciale forme un filet saillant sur la face
dorsale ; le bord de l’orifice secondaire, cassé, pourrait avoir une section ovale chez cette
espèce. Le péristome de l’espèce australienne présente une calcification très accentuée,
inexistante chez l’échantillon étudié ici, mais est en revanche cannelé longitudinalement
comme lui. Chez P. gibbericollis, les faces frontale et dorsale sont bien différenciées, alors que
dans le cas présent les orifices autozoéciaux sont situés en alternance sur les deux faces
opposées du zoarium.
Station-type. — 33°56,8 r N, 65°47' W. 4 743-4 892 m de profondeur.
56. Lekythopora (?) sp.
Toutes les colonies étudiées étaient détériorées. Le zoarium est de monosérié à tri-
sérié, encroûtant, formé de loges lagéniformes ; la surface frontale est un olocyste ; l’ovi-
celle est inconnue. Il existe au moins deux épines distales. Les aviculaires proximal (lon¬
guement) et distal (très brièvement) sont tubulaires, pénétrant le long du bord interne
du péristome.
57. Schizomavella (?) sp.
Les zoécies ont 350 à 400 pm de long et 300 pm de large. Le diamètre de l’orifice
arrondi est de 120 pm ; le poster est peu marqué. Il existe un aviculaire frontal axial de
500 pm de long, inséré au bord de l’orifice. Il n’y a pas d’ovicelles. En périphérie de la fron¬
tale (usée) sont discernables quelques gros pores aréolaires.
58. Celleporaria aperta (Hincks, 1882) ?
En 1 absence d’ovicelles, cette détermination ne peut être certifiée. L’orifice a 150 pm
de large et 120 pm de long ; la longueur autozoéciale est de 300-450 pm, la largeur de 250-
300 pm. La surface est verruqueuse. Il existe quatre épines orales et un aviculaire proximal
inconstant dirigé latéralement, implanté sur la partie latérale d’un mucron, et opposé à
un minuscule sinus.
- 949 -
59. Crisia aculeata Hassall, 1841 ?
Le zoarium varie de hi- à trisérié, et est formé d’autozoécies alternantes atteignant
2,5 mm de long. Les joints internodaux sont de couleur brun clair ; il n’a pas été observé
de gonozoécies. Une épine est parfois insérée sur la paroi autozoéciale, proximalement
à l’orifice. L’espèce est donc proche de C. aculeata , ce que l’insuffisance des caractères dis¬
criminates ne permet pas de mieux préciser. Les entre-nœuds sont longs, ce qui permet
d’exclure l’appartenance de ce matériel à l’espèce voisine de la précédente, C. edward-
siana d’Orbigny, 1831.
60. Crisia sp. (du « Verrill »)
(PI. VIII, 4)
Les entre-nœuds peuvent comporter plus d’une quinzaine d’autozoécies. Le zoarium
quadrisérié peut temporairement s’élargir pour comporter jusqu’à 5-6 rangées au niveau
de la gonozoécie. Celle-ci est assez régulièrement claviforme, d’une largeur maximale (dis-
talement) de 400 p.m, d’une longueur de 1 000 pm. L’oeciostome oral a 100 pm de large
et 50 fxm de long ; il est porté par un tube droit de 100 pm de long. Les entre-nœuds sont
presque rectilignes, très faiblement incurvés seulement vers la face frontale, contraire¬
ment à la morphologie présentée par l’espèce « classique » C. eburnea.
61. ? Crisia tenella Calvet, 1906 (sensu Harmelin et d’Hondt, 1982)
Harmelin et d’Hondt, 1982 : 5-6.
Cette espèce est représentée dans le matériel étudié par de nombreux minuscules
fragments. L’un d’entre eux porte une ovicelle dont la morphologie correspond au schéma
publié par LIarmelin (1968) pour la forme qu’il avait désignée sous le nom de Crisia sp. IL
L’oeciostome mesure ici 50 [xm de diamètre et est porté par un tube oeciostomial de 100 pm
de haut. L’ooécie mesure 400 fi,m de long et autant (dans sa partie la plus renflée) de large.
La forme de l’ovicelle écarte donc cette espèce de C. fistulosa LIeller, 1867, dont elle se
rapproche par la morphologie générale.
62. Cyclostome indéterminé
(PL VIII, 3)
Le fragment étudié, rétréci à sa base et de bi- à quadrisérié, est aplati latéralement ;
les péristomes sont portés par l’une des arêtes, l’autre présentant sur chaque autozoécie
un long (jusqu’à 1,5 mm) tube calcifié, fixé au substrat. Les péristomes sont tous cassés
sur l’échantillon. La surface est ornée de quelques ponctuations. Les autozoécies, tubu¬
laires, ont 2,5 mm de long et 140-150 jim de large.
- 950 -
Ce spécimen pourrait correspondre à un entre-nœud. Il appartient très \ raisembla-
blement à un nouveau genre, mais qui ne peut être ni décrit ni nomme à partir d un frag¬
ment aussi incomplet. Sans doute cette espèce repose-t-elle sur le substrat à la façon de
b Euginoma sp. figurée par Schopf (1976, fig. 1).
63. Incertac sedis n° 4 Harmelin et d’Hondt, 1982
(PI. VIII, 5)
Harmelin et d’Hondt, 1982 : 13.
Sur le nouveau matériel obtenu ici, les épines autozoéciales atteignent 1,2 mm de
long et les péristomes 1,1 mm.
64. Incertae sedis (Lichenoporidae ?)
(PI. VI, 6)
Le zoarium, cupuliforme, a ses péristomes portés par la face supérieure ; son diamètre
est de 850-900 pm. La partie centrale du disque apical est occupée par deux gonozoécies
triangulaires opposées, de 350 pm de long, de 350 pm de large à la base, et portant à leur
angle externe un orifice arrondi de 90 pm de diamètre. Autour de ces gonozoécies existent
trois rangées concentriques de péristomes alternants ; un sur deux des péristomes du
cercle intermédiaire est plus élevé que les autres du même et des deux autres cercles, d’où
notre proposition de classer cette forme parmi les Lichenoporidae. Les grands péristomes
portent des orifices sensiblement quadrangulaires, de 80 pm de large et 150 pm de long ;
les orifices portés par les autres péristomes sont plus petits et de contours presque circulaires.
ANNEXES
1. Addendum aux « Bryozoaires Eurystomes abyssaux » (d’Hondt, 1981)
Le présent travail nous permet d’apporter un certain nombre de compléments et modi¬
fications à un travail synthétique publié en 1981 par l’un d’entre nous, et donc de réactua¬
liser les connaissances actuelles sur les Bryozoaires abyssaux.
a Espèces à ajouter à la liste des Bryozoaires abyssaux :
Famille Farciminariidae
Columnella brasiliensis (Busk, 1884) G 58-5 042 m.
Famille Bugulidae
Dendrobeania (Himantozoumella) amaltheae n. sp. G 4 680-4 892 m.
Bugula sp. 1 G 4 749 m.
- 951 -
Camptoplites tricornis (Waters, 1904) G 33-3 459 m.
Camptoplites sp. G 3 730-3 783 m.
Famille Scrupoceleariidae
Notoplites sp. G 3 806 m.
Notoplites sp. aff. N. cymbalic.us d’Hondt, 1981 II ? 1 427-2 864 m.
Halophila sp. G 4 680 m.
Famille Cellariidae
Dubiocellaria biaviculata n. sp. G 587 m.
Euginoma tenella n. sp. G 1 624-2 853 et 5 007 m.
Euginoma sp. 1 G, H 1 102-3 851 m.
Famille Bifaxariidae
Sclerodomus auriculatus n. sp. G, H 834-3 820 m.
(t Bifaxaria » redieri d’Hondt, 1975 G, H 1810 ; 3 730-3 783 m.
Famille Prostomariidae
Prostomaria cyclostomata n. sp. G 4 743-4 892 m.
b — Compléments bathymétriques et biogéographiques (les numéros entre paren¬
thèses précédant les noms des espèces correspondent à leur numéro d’ordre dans la publica¬
tion citée en référence) :
(5) Nolella monniotae d’Hondt, 1975 3 797-5 875 m.
(22) Setosellina goezi Silén, 1942 (environ) 0-4 690 m.
(34) Euginoma reticulata d’Hondt, 1981 H 1 427-5 000 m.
(36) Euginoma cavalieri Lagaaij, 1963 360-4 597 m.
(50) Columnella gracilis (Busk, 1884) 640-3 477 m.
(67) Dendrobeania margaritifera (Busk, 1884) 3 459-4 026 m.
(76) Kinetoskias cyathus (Wyw. Thomson, 1873) 239-5 340 m.
(80) Kinetoskias pocillum Busk, 1884 57- 1102 et 2 970-3 953 m.
(84) Bugula decipiens Hayward, 1981 G, H 943-1 007 et 4 670-5 110 m.
(104) Notoplites evocatus (Jullien, 1882) 184-4 892 m.
(122) Sclerodomus (?) lagaaiji (d’Hondt, 1975) 3 360-3 459 m.
(124) Sclerodomus minutus (Busk, 1884) 834-1 493 ; 3 795 m.
(125) Sclerodomus reticulatus (Busk, 1884) 1 493-4 270 m.
(126) Sclerodomus submucronatus (Busk, 1884) 587-3 620 m.
(127) Sclerodomus corrugatus (Busk, 1884) 650-1 595 ; 3 459 ; 4 382-4 410 m.
(152) Orthoscuticella (?) problematicum d’Hondt, 1981 (forme typique) H 770-3 795 m.
2. Remarques sur quelques espèces de Bryozoaires précédemment signalées du milieu
profond
a — Les espèces suivantes, mentionnées lors de la publication des résultats préli¬
minaires du tri du matériel de Woods Hole, sont à supprimer des listes :
Corynoporella sp. : Dendrobeania formosissima d’Hondt, 1973.
Uschakovia sp. A : Nordgaardia pusilla (Nordgaard, 1907).
Alcyonidium sp. cf. A. mamillaium : ponte indéterminée (non Bryozoaire).
b — Considérations sur quelques espèces de Cellariidae :
Les deux échantillons assignés par Calvet (1906) à Cellaria biseriata Maplestone,
1900, conservés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, sont très aplatis dorso-
- 952 —
ventralement ; l’orifice autozoécial est hémicirculaire avec deux condyles proximaux et
deux condyles distaux, et il est parfois orienté très obliquement par rapport à 1 axe longi¬
tudinal de l’autozoécie. La frontale est nettement déprimée à mi-longueur autozoéciale.
Aucune ramification n’a été conservée ; les limites interzoéciales sont saillantes, mais il
n’y a pas de cadre autozoécial ; aussi n’est-ce donc pas une Cellana. Ties échantillons ne
portent ni aviculaires, ni ovicelles entières. Les autozoécies sont alternantes ; deux rangées
en sont visibles en examen frontal. La forme du pore ovicellien n a pas pu être déterminée
en raison de l’état de conservation de l’échantillon (allongée transversalement, en croix ?).
Seuls trois genres de Cellarndae présentent deux paires de condyles aperturaux : Cel-
lariaeforma Rogick, 1956, Formosocellaria d’Hondt, 1981, et (chez certaines espèces seule¬
ment) Melicerita Milne Edwards, 1836.
Les caractères observables ne permettent de classer cette forme, qui ne correspond
à aucune autre espèce signalée de l’Atlantique, que dans le genre Cellariaeforma. Elle est
bisériée comme Formosocellaria magnifica (Busk), (voir plus haut), mais la disposition des
autozoécies n’y est pas alternante et les deux séries autozoéciales ne sont pas toutes deux
entièrement visibles en examen frontal comme ici. Aucune des Cellariaeforma décrite jus¬
qu’ici ne présente toutefois d’orifice hémicirculaire ; par ailleurs, cette espèce ne corres¬
pond pas à la Cellaria biseriata de Maplestone, puisque l’auteur ne signale que deux
condyles aperturaux (il n’est d’ailleurs pas certain qu’il s’agisse aussi dans ce cas d’une
véritable Cellaria). L’espèce de Calvet, bien que sa position systématique demeure incer¬
taine, constitue néanmoins un taxon nouveau. Nous proposerons donc de la nommer Cel¬
lariaeforma calveti, n. sp., définie comme étant une Cellariaeforma à orifice autozoécial
régulièrement hémicirculaire. Ceci aura pour conséquence une émendation de la diagnose
générique de Rogick (1956) « zoecial orifice hemicircular in some species ».
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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PLANCHE I
1 — Allantocallopora cassidaeforma. Zoarium. X 20.
2 — Allantocallopora cassidaeforma. Disposition des épines autozoéciales. X 160.
3 — Allantocallopora cassidaeforma. Ovicelle. X 85.
4 — Setosellina elegantula. Portion de zoarium. X 30.
5 — Setosellina elegantula: Quelques zoécies (face frontale). X 85.
6 — Setosellina elegantula. Quelques zoécies (face dorsale). X 50.
PLANCHE I
O CM
- 958 -
PLANCHE II
1 — Himantozoumella amaltheae. Fragment de zoarium. X 30.
2 — Himantozoumella amaltheae. Disposition des aviculaires. X 125.
3 — Himantozoumella amaltheae. Aviculaire. X 190.
4 — Semidendrobeania versicolor. Zoarium. X 17,5.
— Semidendrobeania versicolor. Ramification zoariale. X 50.
— Semidendrobeania versicolor. Orifice autozoécial. X 160.
- 959 -
PLANCHE II
- 960 -
PLANCHE III
1 — Euginoma reticulata subsp. gracilis. Portion de zoarium. X 42.
2 — Euginoma reticulata subsp. gracilis. Détail de la surface frontale. X 300.
3 —• Euginoma reticulata subsp. gracilis. Orifice autozoécial. X 300.
4 — Euginoma reticulata subsp. gracilis. Ornementation latérale. X 400.
5 — Euginoma cavalieri subsp. dorsalis. Portion de zoarium. X 36.
6 — Euginoma caoalieri subsp. dorsalis. Une zoécie. X 125.
- 961 -
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PLANCHE III
962 -
PLANCHE IV
1 ™ Dubiocellaria biaviculata. Bases de colonies. X 30.
2 — Dubiocellaria biaviculata, Jeune branche (de profil). X 60.
3 — Dubiocellaria biaviculata. Aviculaire. X 300.
4 —- Sclerodomus aurieulatus. Ramification, x 33.
5 —- Sclerodomus aurieulatus. Autozoécie, surmontée de deux aviculaires, vue de face. X 65.
6 — Sclerodomus aurieulatus. Ovicelle. X 45.
963 -
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PLANCHE IV
- 961 -
PLANCHE V
— Valdemunitella bermudae. Zoarium, X 30.
— Valdemunitella bermudae. Zoécie ovicellée. x 60.
— Cornueopina moluccensis subsp. brevirostrata. Zoarium. X 24.
— Cornueopina moluccensis subsp. brevirostrala. Face dorsale d’une zoécie. X 60.
— Urceolipora pseudoreticulata. Portion de zoarium (épithèque partiellement enlevée). X 60.
— Urceolipora pseudoreticulata. Orifice autozoécial. X 190.
- 965
PLANCHE V
Cl Ol ^ CO bO
- 966 -
PLANCHE VI
— Urceolipora redieri. Portion de zoarium. X 45.
— Urceolipora redieri. Une zoécie. X 125.
— Tegminula cogitata. Zoarium. X 20.
— Tegminula cogitata. Orifice autozoécial. X 125.
— Cheilonella balhyalis. Une autozoécie. X 60.
— Cyclostome indéterminé (Lichenoporidae ?). X 60.
— 967 -
PLANCHE VI
«rH CO
Pïffl!
- 969
4. 10
- 970 -
PLANCHE VIII
1 — Prostomaria cyclostomata. Zoarium. X 30.
2 — Prostomaria cyclostomata. Orifice. X 180.
3 — Cyclostome indéterminé. Fragment étudié. X 17,5.
4 — Crisia sp. (« Verrill »). Ooécie. X 25.
5 —■ Incertae sedis n° 4. Fragments zoariaux. X 12,5.
6 — Idmidronea sp. x 28.
- 971 -
PLANCHE VIII
cr> en
- 972 -
PLANCHE IX
1 — Cuneiforma asymetrica. Zoarium. X 30.
2 — Cuneiforma asymetrica. Deux autozoécies. X 60.
3 — Cornucopina navicularis. Zoécie ovicellée. X 12,5.
— Setosellina elegantula. Zoarium. X 16.
— Columnella brasiliensis. Autozoccie ovicellée. X 12,5.
— Formosocellaria magnifica. Fragment zoarial ovicellé. X
PLANCHE IX
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Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6, 1984,
section A, n° 4 : 975-988.
Nouveaux Arthrotardigrades des Antilles
par Jeanne Renaud-Mornant
Résumé. — Les stades larvaires de Parastygarctus sterreri Renaud-Mornant, 1970, sont décrits
des sables littoraux de la Guadeloupe, ainsi que la nouvelle espèce Tanarctus helleouetae n. sp.
La sous-espèce nouvelle Iialechiniscus remanei antillensis n. ssp. est présente en Guadeloupe,
Martinique et Floride. Les genres concernés sont signalés pour la première fois dans les Antilles
Françaises, ainsi que Renaudarctus psammocryptus Kristensen et Higgins, 1984.
Abstract. — Parastygarctus sterreri Renaud-Mornant, 1970, larval stages and the new species
Tanarctus helleouetae n. sp. are described from Guadaloupe littoral sand. A new subspecies Hale-
chiniscus remanei antillensis n. ssp. occurs both in Guadaloupe and Martinique Islands, and Florida.
The above genera, together with Renaudarctus psammocryptus Kristensen and Higgins, 1984, are
reported from F.W.I. for the first time.
J. Renaud-Mornant, Laboratoire des Vers, associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 61, rue
Buffon, 75231 Parix cedex 05.
Quelques Tardigrades marins des îles Antillaises ont fait l’objet des travaux de Renaud-
Debyser (1959), Bois-Reymond-Marcus (1960), Van der Land (1968), McGinty (1969)
et Pollock (1975, 1983).
Les missions Muséum-Antilles en Guadeloupe (Renaud-Mornant & Gourbault,
1981) et en Martinique (Renaud-Mornant, Gourbault & Helléouet, 1983) ont permis
de récolter des Tardigrades marins (Renaud-Mornant, 1981a), notamment dans l’inter-
tidal sableux. Les méthodes de récolte, la description des stations, leurs coordonnées,
ainsi que les caractéristiques granulométriques et méiofaunistiques sont données dans
Renaud-Mornant & Gourbault (op. cit.) et Renaud-Mornant, Gourbault & Hel¬
léouet (op. cit.). Récemment, de nouvelles prospections dans le cadre des missions du
Ministère de l’Environnement ont permis des récoltes d’individus assez nombreux pour
pouvoir décrire des taxons nouveaux.
Sous-ordre ARTHROTARDIGRADA Marcus, 1927
Depuis la mise au point de Renaud-Mornant (1982) et étant donné le travail récent
de Kristensen et Higgins (1984) sur la nouvelle famille des Renaudarctidae, la posi¬
tion phylogénique des Stygarctidae semble pouvoir se situer à la base du sous-ordre des
Arthrotardigrada. Cette position lui est assignée en raison des nombreux caractères
- 976 -
considérés comme plésiomorphes, à la lumière des connaissances acquises récemment sur
N eosty garctus Grimaldi de Zio et al., 1982, et sur Renaudarctus Kristensen et Higgins, 1984.
En conséquence, nous suivons dans l’étude ci-dessous la nouvelle réorganisation des
familles proposée par les descripteurs de Renaudarctus, et 1 ordre phylogénique qui en
découle.
Famille Stygarctidae Schulz, 1951, emend. McKirdy et al., 1976
Diagnose. — Arthrotardigrade avec cirre médian et cinq paires d’appendices céphaliques.
Clavas antérieures allongées ou modifiées en structures hémisphériques. Cuticule formant trois
plaques dorsales et une caudale. Pattes sans doigt. Trois ou quatre griffes sur chaque patte, ou
seulement deux à la patte IV.
Genre-type : Stygarctus Schulz, 1951.
La famille comprend le genre Stygarctus dont deux espèces sont connues surtout de
la région paléarctique et deux de la région néotropicale, les genres Pseudostygarctus et
Megastygarctides, décrits des Galapagos par McKirdy, Schmidt & McGinty-Bayly (1976),
enfin Mesosty garctus Renaud-Mornant, 1979, de Madagascar. Le genre N eosty garctus Gri¬
maldi de Zio, d’Addabbo Gallo, Morone de Lucia, 1982, est transféré dans la famille Renau-
darctidae Kristensen et Higgins, 1984, par les auteurs. Enfin, le genre Parastygaretus
Renaud-Debyser, 1965, décrit de Madagascar vient d’être trouvé aux Antilles et étudié
ci-dessous.
Genre PARASTYGARCTUS Renaud-Debyser, 1965
Diagnose : Stygarctidae avec cuticule dorsale formant trois plaques s’étendant latéralement
en larges piquants. Tête divisée en deux parties : antérieure portant les cirres médians internes
et le cône buccal, et postérieure formant une plaque profondément incisée en lobes portant les
cirres médians internes avec clavas secondaires, les cirres A et clavas latéraux, et, en arrière,
le cirre médian. Clavas secondaires allongées en massue. Chaque patte avec quatre doigts, les médians
portant un filament accessoire. Piquants caudaux absents.
Espèce-type : Parasty garctus higginsi Renaud-Debyser, 1965.
Parastygaretus sterreri Renaud-Mornant, 1970
(Fig. 1, A, B, C)
Diagnose : Parastygaretus avec une seule expansion en forme de piquant de chaque côté
des trois plaques dorsales.
Cette espèce décrite sur un seul exemplaire de l’Adriatique, puis retrouvée aux Ber¬
mudes en un spécimen unique (Renaud-Mornant, 19706), a été récoltée en quinze exem-
977 -
plaires aux Galapagos (McKirdy et al., 1976). Les auteurs donnent les mesures de leurs
spécimens. Celles-ci, comparées aux individus récoltés à Madagascar (Renaud-Mornant,
19796) et aux Antilles, permettent de rattacher ces spécimens à l’espèce Parastygarctus
sterreri. Une cinquantaine de représentants de cette espèce proviennent des stations sui¬
vantes antillaises.
Localités : Guadeloupe : Grand Cul-de-Sac marin, îlet à Fajou (St. 1), sable corallien. Ile de
la Désirade : 16°20' N-61°05'9 W, anse Petite Rivière, sable grossier. Martinique : Anse Figuiers
(St. 11), sable fin corallien.
Description des stades larvaires (fig. 1, A et B)
A côté des adultes mâles et femelles obtenus, quelques larves ont été découvertes ; il
est intéressant de les décrire ici, étant donné que seules celles de Stygarctus bradypus sont
connues dans cette famille (Renaud-Mornant & Anselme-Moizan, 1969).
La plus petite larve mesurait 70 p,m de long sur 25 de large, et la deuxième 88 p.m
de long sur 28 de large. Ces deux stades comprennent uniquement des individus à deux
griffes. Ils possèdent des caractères communs, qui sont les suivants : tête déjà découpée
en lobes et dont la largeur atteint celle des plaques corporelles ; plaques dorsales non déli¬
mitées mais portant latéralement des piquants plus courts que chez l’adulte et plus brus¬
quement effilés ; cirres céphaliques et cirres E semblables à ceux de l’adulte ; absence de
gonopore ; anus peu distinct ; clavas primaires et clavas secondaires différentes de celles
de l’adulte : au lieu d'être en massue, leur partie distale est ovoïde et reliée à un fin pédon¬
cule inséré sur le lobe céphalique ; de plus, leur cuticule est deux fois plus épaisse que celle
qui recouvre le corps et qui ne présente d’ailleurs aucun épaississement même à l’empla¬
cement des futures plaques dorsales.
Les papilles P4 subsphériques n’ont pas été vues chez le stade le plus petit, mais
existent chez le second. Chez ce dernier également, on peut apercevoir sous la cuticule
pédieuse les futures pattes à quatre griffes, qui donneront celles du stade préadulte. Ceci
nous amène à considérer cette dernière forme (68 p.m) comme le stade larvaire II de la
classification de Renaud-Mornant et Anselme-Moizan (1969) établie pour Stygarctus
bradypus — et la larve précédente de 70 p.m serait alors en conformité avec le stade 1 de
cette même espèce. Il est d’ailleurs frappant de constater à quel point l’allure générale
des stades I et II est semblable chez Stygarctus et chez Parastygarctus, à l’exception des
lobes portant les clavas secondaires et la forme de celles-ci, et les épines dorsales présentes
chez Stygarctus au stade II. En revanche, au stade suivant, l’allure générale d’adulte est
déjà atteinte et les différences morphologiques s’établissent plus franchement entre les
deux espèces.
La comparaison des premiers stades larvaires I et II et leur quasi-conformité chez
Parastygarctus démontrent l’existence d’une très proche parenté entre les deux genres
qui seraient issus d’un même rameau. L’étude des organes sensoriels des larves amène aux
considérations suivantes.
Chez le genre primitif Parastygarctus, la morphologie de base des clavas larvaires
montre qu’elles sont constituées d’un pédoncule portant une partie distale subsphérique,
et ceci aussi bien pour les clavas primaires que secondaires, rappelant la forme des papilles P4.
A l’état adulte, cette forme disparaît pour faire place à deux paires de clavas en massue.
- 978 -
Cependant, la configuration avec pédoncule est conservée en totalité chez les adultes d’un
Parastygarctus nouveau (Kristensen, comm. pers.) et également chez Stygarctus granu-
latus Pollock, 1970. Elle ne concerne plus que les clavas primaires chez les autres
espèces de Stygarctus, chez Pseudostygarctus, Mesostygarctus , et chez les Renaudarctidae,
pour lesquels les clavas secondaires prennent des formes très variées. Chez les Parasty¬
garctus actuellement décrits, la forme en massue supplante la forme pédonculée pour les
deux paires de clavas. Ces quelques remarques indiquent l'importance de l’étude des stades
larvaires dans la compréhension des relations entre genres et espèces.
Fie. 1. — Parastygarctus sterreri : A et B, stades larvaires à deux doigts : stades I (A) et II (B) ; C, partie
postérieure de la femelle adulte : conduits génitaux avec entonnoirs cuticulaires et réceptacles sémi¬
naux.
979 -
Femelle adulte (fig. 1, C)
J1 est intéressant, à la suite des remarques de Renaud-Mornant (1970c) concernant
les conduits génitaux femelles annexes chez les Stygarctidae, de préciser la morphologie
de ceux que l’on a vus chez les femelles de la Guadeloupe, (fig. 1, C). Ici, la partie proxi¬
male des conduits est entourée d’une gaine cuticulaire bien visible s’ouvrant en entonnoir
en direction du gonopore. Une configuration semblable existe chez les femelles de Mada¬
gascar, mais n’a pas été notée sur celles des Galapagos.
Les réceptacles séminaux sont en forme de poire chez les femelles immatures, ils sont
subsphériques lorsque des spermatozoïdes y sont inclus.
Le sex-ratio est en faveur des femelles, puisque nous n’avons trouvé que 23 mâles
sur 53 individus examinés.
Ecologie : Aux Antilles, l'espèce se rencontre dans le sable corallien (dm 200 à 520 pin),
en profondeur entre 35 et 65 cm dans l’intertidal, ou en surface dans le subdital (—2 m
sous l’eau), quelquefois accompagnée dans l’intertidal par Stygarctus gourbaultae Renaud-
Mornant, 1981, et Renaudarctus psammocryptus Kristensen et Higgins, 1984, ce dernier taxon
récemment décrit de Floride étant signalé pour la première fois en dehors de sa localité-
type.
Famille Halechiniscidae Tliulin, 1928
Diagnose : Arthrotardigrada sans plaques, appendices céphaliques complets ; adultes avec
pattes terminées par quatre doigts, chacun portant une griffe.
Genre et espèce-types : Halechiniscus guiteli Richters, 1908.
Sous-famille Tanarctinae Renaud-Mornant, 1980
Diagnose : Halechiniscidae avec pattes possédant un tibia lancéolé suivi d’une région tar¬
sienne conique dont les sommets opposés forment un poignet étroit. Griffes simples avec calcar
externe, épine accessoire parfois présente sur griffes médianes. Papille de la P4 modifiée en
longue épine caudale, simple ou ramifiée. Epicuticule interne soutenue par des piliers de taille
élevée et croissant du centre vers la périphérie du corps.
Genre-type : Tanarctus Renaud-Debyser, 1959, emend. Lindgren, 1971 ; Renaud-Mornant,
1975.
Diagnose : Assortiment complet d’appendices céphaliques, clavas secondaires réduites à
des plaques, clavas primaires dépassant la longueur du corps. Papille de la P4 pouvant être très
longue et hautement modifiée. Griffes simples avec calcar externe. Souvent une épine accessoire
sur griffes médianes.
Espèce-type : Tanarctus tauricus Renaud-Debyser, 1959.
Ce genre décrit des Bahamas est présent sur la côte atlantique des USA (Lindgren,
1971) et du Brésil (Renaud-Mornant, 1980) et en mer profonde de l’Atlantique Nord
- 980 -
(Renaud-Mornant, 1975, 1980). Une espèce proche de celle décrite ci-dessous a été décou¬
verte aux Galapagos (McKirdy et al., 1976).
Tanarctus helleouetae 1 n. sp.
(Fig. 2, A, B, C ; 3, A, B, C)
Diagnose : Appendices céphaliques complets, clavas secondaires vestigielles, réduites à des
plaques. Appendices P4 à 6 branches formant des raquettes membraneuses comprenant un tube
central granuleux. Soies sensorielles présentes sur toutes les pattes.
Holotype : Une femelle adulte à maturité génitale, déposée au MNHN Paris sous le numéro
AX 86.
Paratypes : Un mâle adulte, à maturité génitale, déposé au MNHN Paris sous le numéro
AX 57 ; deux juvéniles : n os AX 83 et AX 90 ; plusieurs adultes : n os AX 87 à 98.
Localité : Guadeloupe : Anse de la Gourde (St. 6). KC — 70 cm de profondeur, sable corallien ;
Renaud-Mornant et Gourbault coll., 1979 et 1983.
Description de l’holotype (fig. 2, A)
Corps ovale (L = 105 p.m ; 1 = 55 p.m à la hauteur de l’insertion des P2), légèrement
bombé, avec de faibles lobes arrondis entre l’insertion des trois premières paires de pattes.
Lignes cuticulaires formant de faibles plis au-dessus des pattes. Cuticule à ponctuations
faibles, très fines sur les coxas et sur le ventre ; correspondant aux piliers épicuticulaires,
elles sont disposées régulièrement en quinconces, mais forment des cercles de huit à qua¬
torze éléments, localisés à la base du cirre médian, et des cirres A et E.
La tête, grossièrement trapézoïdale, possède un lobe antérieur frontal soutenu laté¬
ralement par les socles et les scapus des cirres médians internes reliés entre eux par un
corps membraneux transparent. Scapus des cirres céphaliques légèrement renflés à leur
base, puis peu marqués, flagellum régulièrement effilé. Cirre médian court (9 p.m), inséré
nettement en arrière des cirres médians internes (39 (xm). Cirres médians externes (20 p.m)
s’élevant ventralement en avant du bouclier buccal. De part et d’autre de l’ouverture
buccale, légère nervure circulaire représentant vraisemblablement les clavas secondaires
vestigielles. Cirres A très petits (15 p.m), accolés par un faible socle à la clava primaire.
Celle-ci, de grande taille (150 p.m), est issue d’un socle épais, avec organite réfringent à
double corpuscule.
Pattes construites selon le type habituel au genre : tarse triangulaire très mince.
Doigts externes (10 fxm) avec attache basale perpendiculaire et en baguette et doigts médians
(12 p.m) avec partie basale cordiforme. Doigts simples sans pédoncule longitudinal, seul
un épaississement cuticulaire est visible en vue latérale (fig. 2 C). Griffes simples, en demi-
cercle, rétractables dans des gaines, avec fort calcar externe à bord arrondi et ligaments
basaux ; épine accessoire sur griffes médianes.
Coxas des PI, P2 et P3 avec soies simples semblables aux cirres céphaliques, mesu¬
rant respectivement 10, 11 et 9 (xm. Cirre E (35 p,m) inséré sur un socle antérieur mais
1. Dédiée à M.-N. Helléouet.
- 981 -
Fig. 2. — Tanarctus helleouetae n. sp. holotype : A, vue dorsale, expansions aliformes représentées à gauche
seulement, pattes à droite ; B, appareil buccal ; C, grille médiane sortie de sa gaine. (Échelle pour A.)
contigu à celui de la papille P4, et composé d’un piédestal, un faible scapus, puis d’un
manchon à cannelures de 5 pm de long, auquel fait suite le flagellum.
Papilles P4 insérées sur socle avec organite réfringent rectangulaire, composées d’une
tige rectiligne basale de 9 pm, puis divisées en deux branches principales : une antérieure
avec quatre raquettes et une postérieure avec deux raquettes. Ces formations ovales, de
- 982 -
100 pmi de long, comprennent deux lames cuticulaires membraneuses réunies en leur partie
médiane et sur toute leur longueur par un tube rectiligne, ouvert distalement et dans lequel
s’observent des corpuscules de 1 à 2 pmi.
Anatomie : Cerveau portant quelques granules réfringents. Bouche à orifice étroit.
Stylets et tube buccal très fins (12 pim de long), supports de stylets courbes rattachés au
tube à 2 p.m au-dessus du bulbe, celui-ci (dm 8 pim) avec trois apophyses courbes et bifides
à leurs extrémités (fig. 2, B).
Estomac à larges cellules et faibles diverticules, anus en fente ondulée.
L’ovaire s’étend dorsalement sur 50 pmi. Ovule mûr de 28 pmi de diamètre. Gonopore
à six plaques, avec repli cuticulaire circulaire. Conduits des réceptacles séminaux, courbés
ventralement, décrivant un arc de cercle, puis brusquement contournés au voisinage des
réceptacles séminaux de forme allongée, dorso-latéraux, situés sous l’insertion des papilles
P4 (fig. 2, A).
Description du mâle
Corps de 80 p.m de long sur 50 pim de large. Appendices céphaliques et leur implanta¬
tion semblables à ceux de l’holotype, et de tailles suivantes : cirre médian = 15 pim ;
c.m.i. = 30 ; c.m.e. = 20 ; cirre A = 10 pmi ; clava — 180 pmi. Soies coxales de PI, P2
et P3 mesurant respectivement 9, 8 et 7 pim. Cirre E (30 pim) présentant la même morpho¬
logie que chez la femelle. Papilles P4 semblables à celles de l’holotype. Testicule dorsal
s’étendant au-delà des P2. Gonopore arrondi s’ouvrant sous une avancée de la cuticule
proche de l’anus.
Description des larves
Larve à deux doigts (fig. 3, A, B) : Corps ovoïde de 60 pim de long sur 30 de large. Cuti¬
cule ponctuée. Cirre médian : 8 pmi ; c.m.i. = 18 ; c.m.e. - Il ; cirre A = 5 ; clava (sur
socle avec organites réfringents) = 110. Soies coxales de PI, P2 et P3 mesurant respec¬
tivement 7, 6 et 8 pmi. Cirre E (20 pim) avec socle, scapus annelé et manchon à cannelures
(4 pim) ; flagellum = 11 pim. Papille P4, avec socle muni de l’organite réfringent, composée
seulement d’une palette ovale, transparente, de 4 pim de long sur 2 pim de large. Une seule
paire de doigts avec deux petits lobes basaux, griffes simples avec calcar. Anus présent,
gonopore absent.
Larve à quatre doigts (fig. 3, C) : Corps atteignant 60 pim de long sur 40 de large. Cirre
médian = 10 pim ; c.m.i. = 20 ; c.m.e. = 15 ; cirre A = 8 pim ; clava = 100 pim. Soies
coxales de PI, P2, P3 mesurant respectivement 8, 7 et 7 pim. Cirre E semblable au précé¬
dent. Papille P4, avec partie proximale simple allongée (9 pim), puis branche antérieure
à deux raquettes et branche postérieure à une seule raquette ; celles-ci piriformes, de 60 pim
de long sur 35 de large, avec tube cylindrique central où s’observent des granula¬
tions.
Pattes porteuses de quatre doigts (médians = 11 pim ; externes = 9 pim) semblables
à l’adulte. Anus présent. Gonopore absent.
- 983 -
Fig. 3. — Tanarctus helleouetae n. sp. : A, jeune larve à deux doigts ; B, extrémité de la patte à deux doigts ;
C, stade préadulte à trois paires de raquettes.
Discussion
L’espèce décrite ci-dessus évoque T. velcitus McKirdy et al., 1976, décrite des Gala¬
pagos. Cependant elle s’en éloigne par des traits qui nous paraissent des critères de valeur
spécifique. Les raquettes de la papille P4 ne sont pas ici constituées d’un voile simple mais
de deux couches cuticulaires avec conduit rectiligne contenant de nombreux corpuscules.
De telles formations n’auraient pu échapper aux descripteurs de l’espèce T. velatus. 11 est
bien admis également que les organes sensoriels coxaux et le cirre E ont une valeur taxo¬
nomique reconnue chez les Tardigrades marins (Kristensen, 1977 ; Kristensen & Renaud-
Mornant, 1983). Or, la nouvelle espèce se différencie par la présence d’une soie coxale
sur la P3, et par la structure avec manchon du cirre E, formations absentes chez T. velatus.
Chez la larve à deux doigts examinée, la papille P4 ne se différencie presque pas des
autres papilles correspondantes observées chez les Stygarctidae ou certains Halechinisci-
dae. Le stade à quatre doigts, mais sans gonopore, ne possède pas encore le nombre complet
de raquettes de l’adulte. L’acquisition des six paires ne se fera donc qu’à la fin de la vie
larvaire, démontrant ainsi le dimorphisme existant entre jeunes et adultes.
- 984
Remarques écologiques : Les animaux proviennent d’une plage battue et à forte
pente de la côte nord de la Grande Terre. Ils se trouvaient en profondeur (45 à 70 cm)
dans un sable peu tassé et bien drainé.
Sous-famille Halechiniscidae Thulin, 1928
Diagnose : Halechiniscidae à tibia rectiligne, légèrement élargi en tarse peu marqué. Griffes
simples ou à éperon supplémentaire. Clavas secondaires vestigielles. Papille P4 courte et non
ramifiée.
Genre-type : Halechiniscus Richters, 1908.
Halechiniscus remanei Schulz, 1955
Diagnose : Halechiniscus avec clavas secondaires vestigielles, soies sensorielles sur pattes PI
à P3 et papille sur P4 portée par un large socle. Expansion cuticulaire en piquants entre chaque
patte et à la base de la tête.
Halechiniscus remanei antillensis n. ssp.
(Fig. 4)
Diagnose : Halechiniscus remanei avec expansion cuticulaire au-dessus des P4 portant un
piquant supplémentaire proximal, le piquant principal étant légèrement courbe.
Holotype : Une femelle à maturité génitale, déposée au MNHN Paris sous le numéro AX 144.
Paratypes : Un mâle à maturité génitale, déposé au MNHN Paris sous le numéro AX 145 ;
autres spécimens : n os AX 74, AX 81, AX 140 et AX 158.
Localité : Guadeloupe : Anse de la Gourde (St. 6) (Gourbault coll.).
Autres localités : Martinique : Anse Figuiers (St. 11), sable corallien (dm 200 pun) bien
classé, peu tassé (Gourbault et Renaud-Mornant coll.). Côte de la Floride (R. M. Kristensen
coll.).
Description (fîg. 4)
Les individus mâles et femelles se rapportent bien à l’espèce de Schulz, notamment
en ce qui concerne l’allure générale, les proportions entre la taille du corps et les appen¬
dices céphaliques. On constate cependant que les spécimens des Antilles, bien que de
taille plus faible (72 pm pour les mâles et 82 pour les femelles) que les spécimens-types
(86 à 120 pm), possèdent des piquants au-dessus des P4 de taille plus grande que celle
qui est. représentée par Schulz (1955). De plus, ces expansions ne forment pas un piquant
simple, mais possèdent un éperon proximal, dorsal, bien marqué au-dessus de la pointe
principale (fig. 4, flèche). Ce caractère, présent chez tous les spécimens des Antilles et ceux
de la Moride, les distingue nettement de la forme-type, mais ne justifie pas la création
d’une espèce nouvelle. En revanche, la comparaison avec d’autres individus de régions
différentes (fig. 5), chez lesquels ce caractère n’existe pas, plaide en faveur d’une sous-
espèce antillaise.
- 985 -
Nous représentons sur la figure 4, concernant l’holotype, la morphologie des conduits
et des réceptacles séminaux, structures non encore étudiées chez ce genre, bien que Renaud-
Mornant (1979a) ait indiqué leurs orifices chez H. tuleari.
Fig. 4. — Halechiniscus remanei antillensis n. ssp., vue dorsale de l’holotype femelle. L’épine supplémen¬
taire sur le piquant P4 est indiquée par une flèche. Conduits et réceptacles séminaux de part et d’autre
du gonopore.
Discussion
L’espèce H. remanei est considérée comme cosmopolite : connue de la Méditerranée,
de l’Atlantique Nord oriental et occidental, de l’océan Indien et du Pacifique (voir revue
de Renaud-Mornant, 1970a), son aire de répartition s’étend jusqu’à l’Australie (Renaud-
Mornant, 1981 b). Des spécimens de la Méditerranée, de l’Atlantique Est et de l’Australie
4, il
- 986 -
ont été réexaminés (fig. 5, A, B) : tous possédaient un piquant P4 semblable à ceux qui ont
été figurés par Schulz (1955) pour l’espèce-type de Naples, ou par McGinty (1969) pour la
forme californienne (fig. 5 C). Seules les formes de l’Atlantique Est (Floride) portent un
piquant semblable à celui des spécimens antillais. Le spécimen australien montre une expan¬
sion du piquant P4 portant une saillie nette dans sa partie proximale (fig. 5, B) ; cette
dernière annoncerait, par sa position identique, l’éperon plus fort rencontré chez les indi¬
vidus antillais. Nous assistons donc chez l’espèce cosmopolite H. remanei remanei à une
particularité géographique indiquant un début de spéciation, encore faible en Australie,
et plus accentué dans la région Caraïbe.
Fig. 5. — Partie postérieure avec piquant au-dessus de P4 chez Halechiniscus remanei remanei : A, forme
méditerranéenne ; B, forme d’Australie (la flèche indique la saillie sur le piquant P4) ; C, forme cali¬
fornienne d’après McGinty, 1969 (piquant simple comme celui de l’espèce-type.)
- 987 -
Remerciements
Nos recherches ont été effectuées avec la collaboration technique de Marie-Noëlle Helléouet
et subventionnées en partie par la mission Muséum-Antilles et par le protocole Muséum — Minis¬
tère de l’Environnement (1982) — Laboratoire d’Évolution des Systèmes naturels et modifiés.
Je remercie R. M. Kristensen d’avoir bien voulu me confier les II. remanei qu’il avait récoltés
en Floride, ainsi que R. P. Higgins, Smithsonian Institution, Washington D.C., qui a mis le type
de T. velalus à ma disposition.
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Types et descriptions ignorées de Sipunculiens (Sipuncula)
de la collection DE ROCHEBRUNE (1881)
par José Ignacio Saiz Salinas
Résumé. — Les exemplaires-types de Sipunculiens (Sipuncula) de la collection de Roche-
brune ont été retrouvés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Leurs descriptions demeu¬
rèrent ignorées des auteurs suivants parce que les travaux de de Rochebrune (1881, 1882) n’avaient
pas été mentionnés dans la bibliographie sur les Sipunculiens. Des quatre noms créés par lui,
Phascolosomum variolosum (de Rochebrune, 1881) est considéré comme un synonyme de Phasco-
losoma (Satonus) pectinciturn (Keferstein, 1866), Aspidosiphon Vaillantii (de Rochebrune, 1881)
comme un synonyme de Aspidosiphon (Paraspidosiphon) laevis (de Quatrefages, 1865) et les deux
autres, Phymosomum cornigerum (de Rochebrune, 1881) et Phymosomum paleicinctum (de Roche¬
brune, 1881), comme synonymes plus anciens de Phascolosoma (Phascolosoma) stephensoni. (Ste¬
phen, 1942). Cependant, dans ce dernier cas, P. (P.) stephensoni doit être considéré comme le nom
valide pour ce taxon en application des règles internationales de nomenclature zoologique.
Abstract. — The type specimens of Sipunculans (Sipuncula) of the du Rochebrune’s collec¬
tion have been found in the Muséum national d’Histoire naturelle de Paris. Their descriptions
remained ignored by the more recent authors, because de Rochebrune’s papers (1881, 1882)
had not been compiled in the Sipunculan literature. Of the four names proposed by him, Phasco¬
losoma variolosum (de Rochebrune, 1881) is proposed as a junior synonym of Phascolosoma (Sato¬
nus) pectinatum (Keferstein, 1866), Aspidosiphon Vaillantii (de Rochebrune, 1881) as a junior
synonym of Aspidosiphon (Paraspidosiphon) laevis (de Quatrefages, 1865) and the other two
names, Phymosomum cornigerum (de Rochebrune, 1881) and Phymosomum paleicinctum (de Roche¬
brune, 1881), as senior synonyms of Phascolosoma (Phascolosoma) stephensoni (Stephen, 1942).
However in this last case, P. (P.) stephensoni must be considered as the valid name for this taxon,
according to the rules of the International Code of zoological nomenclature.
J. I. Saiz Salinas, Muséum national d’Histoire naturelle, Laboratoire des Vers, associé au CARS, 61, rue
Buffon, F-75231 Paris cedex 05. Adresse actuelle : Departamento de Biologia, Facultad de Ciencias,
Universidad del Pais VascojEuskal Herriko Unibertsitatea, Bilbao, Apdo. 644, Espagne.
En 1881, le naturaliste de Rochebrune publia les résultats de son étude faunistique
de l’archipel du Cap-Vert dans son œuvre : « Matériaux pour la faune de l’archipel du
Cap-Vert ». Dans ce travail fut rassemblé un total de onze espèces de Sipunculiens, dont
Phascolosomum variolosum, Phymosomum cornigerum, Phymosomum paleicinctum et Aspi¬
dosiphon Vaillantii qui furent décrites comme espèces nouvelles. En 1882, les diagnoses
des espèces nouvelles furent publiées pour la seconde fois, dans une communication pré¬
sentée au Bulletin de la Société philomathique de Paris. Cependant, toutes ces données
demeurèrent inconnues, oubliées ou ignorées n’apparaissant dans aucune des monographies
sur les Sipunculiens (Selenka et al., 1883-1884 ; Stephen & Edmonds, 1972). L’unique
- 990 -
mention du premier travail de de Rochebrune se trouve dans la liste bibliographique de
Hérubel (1907), sans autres renseignements et, d’après lui, à titre documentaire.
Lors de la réalisation d’un inventaire des Sipunculiens déposés au Laboratoire des
Vers, quatre tubes furent trouvés avec les noms originaux utilisés par de Rochebrune.
Parallèlement, le fait de retrouver les travaux de cet auteur (de Rochebrune, 1881 et
1882), contenant les descriptions détaillées de ces espèces, nous a permis d’avoir la certi¬
tude de posséder les exemplaires-types sur lesquels ce naturaliste avait fondé ses nouveaux
taxons. L’ancienneté du matériel et son bon état de conservation confirment son intérêt
zoologique ; c’est pourquoi, pour pallier l’insuffisance des descriptions originales, nous pro¬
posons des redescriptions permettant de clarifier la position taxinomique de ces exem¬
plaires.
Phascolosomum variolosum de Rochebrune, 1881
(Fig. 1 A, B)
Matériel étudié : Un tube, bocal V. 24, un exemplaire, trois étiquettes, avec textes sui¬
vants : sur les deux premières : « Phascolosomum variolosum Rochbr. St. Vincent (Cap Vert), Coll.
Bouvier », et sur la troisième : « Phascolosomum variolosum, St. Vincent (Cap Vert), M. Bouvier ».
Localité-type : Rade de Saint-Vincent.
Redescription : Longueur du tronc 31 mm et diamètre entre 3 et 5,5 mm. Introvert
de 53 mm de longueur et de 2 à 2,5 mm de diamètre. Couleur jaune blanchâtre avec petits
points vitreux. Tronc cylindrique avec l’introvert fixé en courbe. Peau épaisse et opaque.
De nombreux plis cutanés donnent à la peau un aspect rugueux. Papilles éparses, mieux
visibles à la base de l’introvert et à l’extrémité postérieure. Diamètre des papilles de 0,14
à 0,76 mm. Au microscope les papilles sont cupuliformes avec une petite pointe en haut,
entourée de petites plaquettes polygonales. Taches pigmentaires non observées. Seize anneaux
de crochets, parmi lesquels existent des papilles de 0,011 à 0,016 mm de diamètre. Cro¬
chets (fig. 1 B) longs, minces, pâles, courbés, avec 7 denticulations à leur base. Hauteur
de 0,045 à 0,052 mm et largeur de 0,05 mm. 35 tentacules disposés en deux cercles concen¬
triques, parmi lesquels semble se trouver la bouche. A l’intérieur (fig. 1 A), la muscula¬
ture longitudinale est cassée en deux moitiés. 23 bandelettes ont été observées sur une
surface de 4 mm de chaque côté de l’anus, et sont séparées à l’extrémité postérieure du
tronc, le reste étant continu. Bandelettes inégales et anastomosées. Quatre rétracteurs à peu
près égaux, les deux ventraux vont de la 3 e à la 5 e bandelette et les deux dorsaux de la 2 e
à la 4 e . Muscles aliformes présents, un muscle fixateur cassé. Muscle de la spire unique¬
ment inséré au-dessus de l’anus. Vingt tours simples de la spire. Œsophage rattaché aux rétrac¬
teurs ventraux à 2 mm de leurs bases. Rectum de 3 mm. Cæcum rectal présent. Vaisseau
contractile peu visible. Deux néphridies bilobées de 7 à 10 mm de longueur, tout à fait
libres, et avec lobes de 2 mm. Néphridiopores 1 mm en avant de l’anus. Frange génitale
observée à la base du rétracteur ventral droit.
Discussion : L’étude de cet exemplaire montre qu’il s’agit d’une forme du genre
Phascolosoma avec vaisseau contractile simple et muscle de la spire non fixé à l’extrémité
D ' ri -T
1mm
Fig. 1. — A, B : Phascolosomum variolosum de Rochebrune ; A, dissection de l’exemplaire-type ; B, cro¬
chet. avec denticulations à sa base (même échelle que K) ; C-F : Phymosomum cornigerum de Roche-
brune ; C et D, deux crochets de l’introvert ; E et F, structures coniques à la base de l’introvert et à
la partie postérieure du tronc ; G : Partie inférieure d’un crochet de Phymosomum paleicinctum de Roche-
brune ; H-M : Aspidosiphon Vaillantii de Rochebrune ; H, I et J, boucliers anaux des trois exemplaires
(J même échelle que H) ; K et L, deux crochets de l’introvert ; M, détail de la dernière partie du
rectum.
— 992 -
postérieure du tronc, et qui appartient au sous-genre Satonus (Stephen & Edmonds, 1972).
La forme des crochets et la présence de néphridies bilobées caractérisent cet exemplaire
et les données de la littérature permettent de le rattacher à Phascolosoma (Satonus) pecti-
natum (Keferstein, 1866), unique représentant de ce sous-genre d’après la révision publiée
récemment par Cutler & Cutler (1983). Puisque les deux noms sont synonymes, mais
que celui de Keferstein a été publié auparavant, Phascolosoma variolosum doit être consi¬
déré comme un synonyme plus récent de celui-là. En ce qui concerne la distribution géo¬
graphique, P. pectinatum est signalé pour la première fois dans les eaux de l’archipel
du Cap-Vert.
Phymosomum cornigerum de Rochebrune, 1881
(Fig. 1 C à F)
Matériel étudié : Un tube, bocal V. 22, 21 exemplaires et quatre étiquettes, avec les textes
suivants : première : « Phymosomum cornigerum Rochbr. St. Vincent (Cap Vert). Coll. Bouvier »,
deuxième : « Phymosomum cornigerum », troisième : « Phymosomum cornigerum Rochbr. St. Vin¬
cent » et quatrième : « Phymosomum asper Vaill. Cap Vert, St. Vincent, Mr. Bouvier ».
Localité-type : Rade de Saint-Vincent.
Redescription : Longueur du tronc de 9 à 32 mm, diamètre entre 3 et 9 mm. Intro¬
vert de 7 à 31 mm de long et de 2 à 3 mm de diamètre. Longueur de l’introvert de 0,50
à 1,23 fois celle du tronc. Couleur du tronc jaune blanchâtre, avec base de l’introvert, côté
dorsal du tronc, et partie postérieure de celui-ci plus pigmentés en brun foncé. Partie dor¬
sale de l’introvert avec semi-bandes dorsales foncées et parfois, dans la partie dorsale du
tronc, des taches irrégulières sombres. Tronc cylindrique ou sacciforme. Peau, avec nom¬
breux sillons superficiels, épaisse et opaque. A la moitié du tronc on observe des sillons
irréguliers parmi lesquels sont disposées des papilles ovales de 0,05 à 0,19 mm de diamètre ;
de plus, des structures coniques allongées, plus pigmentées en brun foncé et avec un cercle
clair en haut, sont visibles à la partie postérieure du tronc et à la base de l’introvert (fig. 1
E, F). La plus grande hauteur est de 0,48 mm et le diamètre à la base est de 0,15 à 0,37 mm.
Au miscroscope on observe, sur les papilles de la moitié du tronc, un cercle clair avec un
orifice central entouré de petites plaquettes polygonales très serrées puis légèrement épar¬
pillées à la périphérie. Tentacules présents. Deux taches oculaires chez quelques exem¬
plaires. De 16 à 50 anneaux de crochets, les derniers incomplets. Parmi ceux-ci on observe
des papilles de 0,009 à 0,016 mm de diamètre. Au microscope (fig. 1 C, D), les crochets
sont légèrement courbes avec une petite pointe secondaire parfois peu prononcée. Base
des crochets avec petites plaques rectangulaires et une petite barre basale allongée ; à
l’intérieur, on observe un triangle clair, une ligne claire centrale et une aire en demi-lune.
Hauteur des crochets de 0,056 à 0,10 mm et largeur à la base de 0,047 à 0,084 mm. Deux
exemplaires sans crochets et les quatre autres avec crochets épars et de forme irrégulière.
De 17 à 27 bandelettes anastomosées de musculature longitudinale sous le tronc. Muscu¬
lature circulaire continue. Quatre rétracteurs, les deux ventraux occupent de six à huit
bandelettes et s étendent de la i re à la 9 e , et les dorsaux de trois à cinq bandelettes, de la
5 e à la 10 e . La distance entre la base des ventraux et l’extrémité postérieure du tronc
- 993 -
représente 23 à 46 % de la longueur du tronc. La distance entre la base des ventraux et
des dorsaux est de 1 à 4 mm. Les dorsaux se rattachent aux ventraux à 4-7 mm de la base
de ceux-ci. Longueur des ventraux de 6 à 21 mm. Muscles aliformes présents, un muscle
fixateur. Muscle de la spire s’insérant au-dessus de l’anus et à l’extrémité postérieure du
tronc. Sept à seize tours de spire simples. Œsophage rattaché à 4-7 mm de la base des ven¬
traux. Rectum de 5 à 7 mm. Cæcum rectal présent chez dix exemplaires. Vaisseau contrac¬
tile simple. Deux néphridies, dont la longueur représente de 37 à 82 % de celle du tronc.
Surface de rattachement des néphridies de 40 à 83 % de celle des néphridies. Néphridio-
pores au même niveau que l’anus. Frange génitale présente dans quelques exemplaires.
Discussion : Phymosomum cornigerum de Rochebrune fut le nom proposé par ce natu¬
raliste au moins pour un de ces 21 exemplaires conservés au Muséum dans le même tube.
Le texte de la quatrième étiquette indique un nom amendé de Sipunculus asper (Vaillant,
1871 et 1875), inclus dans l’ouvrage de de Rochebrune (1881). Cependant, la présence
de cette étiquette dans ce tube est d’interprétation douteuse et difficile. L’étude de ces
exemplaires montre une forme du genre Phascolosoma avec le vaisseau contractile simple
et le muscle de la spire fixé à l’extrémité postérieure du tronc, et appartenant au sous-
genre Phascolosoma (Stephen et Edmonds, 1972). La forme des crochets et des papilles
caractérise ce taxon et concorde avec les données de la littérature qui permettent de le
rattacher à Phascolosoma (Phascolosoma) stephensoni (Stephen, 1942). Puisque les deux
noms sont synonymes, et bien que celui de de Rochebrune ait été publié auparavant,
les dispositions actuelles des articles 23 (a-b) et 79 (b) du Code international de nomencla¬
ture zoologique obligent à maintenir l’usage existant de P. stephensoni pour ce taxon.
Un cas semblable, celui de Sipunculus (Phymosomum) spinicauda (de Quatrefages, 1865)
synonyme plus ancien de ce taxon, a été soumis récemment à la Commission internationale
de nomenclature zoologique (Saiz Salinas, sous presse a).
P. stephensoni n’avait pas encore été signalé dans les eaux de l’archipel du Cap-Vert
(v. Saiz Salinas, 1983).
Phymosomum paleicinctum de Rochebrune, 1881
(Fig. 1 G)
Matériel étudié : Un tube, bocal V. 22, un exemplaire et trois étiquettes, avec textes sui¬
vants : première : « Phymosomum paleicinctum. St. Vincent (Cap Vert). Coll. Bouvier », deuxième :
« Phymosomum paleicinctum. St. Vincent (Cap Vert). Bouvier », la troisième illisible.
Localité-type : Sainte-Lucie.
Redescription : Longueur du tronc 25 mm et diamètre entre 4 et 5 mm. Introvert
de 18 mm et de 2 à 3 mm de diamètre. Couleur du tronc jaune blanchâtre avec la partie
postérieure pigmentée en brun. A la base de l’introvert on observe des ponctuations de la
même couleur. Côté dorsal de l’introvert avec demi-bandes décolorées. Tronc cylindrique,
peau épaisse et opaque. Surface du tronc avec des sillons irréguliers transversaux parmi
lesquels se disposent des papilles ovales de 0,06 à 0,13 mm de diamètre. Vers la partie
postérieure du tronc et à la base de l’introvert on observe des structures coniques, plus
- 994 -
denses et pigmentées en brun avec un cercle clair central en haut. Hauteur maximale
de 0,22 mm et diamètre maximal à la base de 0,27 mm. Au microscope on observe sur les
papilles de la moitié du tronc un cercle clair avec un orifice central entouré de petites pla¬
quettes polygonales très serrées puis s’éparpillant légèrement à la périphérie. De vingt à
vingt-deux tentacules. Taches oculaires non observées. Quatorze anneaux de crochets
parmi lesquels on observe des papilles de 0,016 mm de diamètre. Au microscope, les cro¬
chets (fig. 1 G) sont pâles, peu pigmentés, courbés, sans présence de pointe secondaire,
avec de petites plaques rectangulaires et une petite barre basale allongée ; à l’intérieur,
un triangle clair, une ligne claire centrale et une aire en demi-lune sont présents. Hauteur
des crochets de 0,079 à 0,097 mm, et largeur à la base de 0,066 à 0,083 mm. Musculature
longitudinale séparée du tronc et ayant par contraction une longueur de 15 mm. De vingt-
deux à vingt-cinq bandelettes anastomosées. Quatre rétracteurs, les deux ventraux occupent
de quatre à six bandelettes et vont de la 2 e à la 8 e , les deux dorsaux occupent trois bande¬
lettes et vont de la 5 e à la 8 e . Distance entre base des ventraux et extrémité postérieure du
tronc (partie musculaire) : 5 mm. Distance entre base des ventraux et des dorsaux : 2,5 mm.
Longueur des ventraux : 26 mm. Muscles aliformes présents. Un muscle fixateur. Muscle de la
spire s’insérant au-dessus de l'anus et à l’extrémité postérieure du tronc. Douze tours de
spire intestinale simples. L’œsophage se rattache à 10 mm de la base des ventraux. Rectum :
6 mm. Cæcum rectal présent. Vaisseau contractile simple. Deux néphridies de 7-8 mm de
longueur avec première moitié rattachée au tronc. Néphridiopores au même niveau que
l’anus. Frange génitale non observée.
Discussion : L’étude de cet exemplaire montre une forme du genre Phascolosoma,
sous-genre Phascolosoma , avec des caractères permettant de la rattacher à P. stephensoni
(Stephen, 1942). Bien qu’étant un synonyme plus ancien de ce dernier taxon, les règles
mentionnées dans la discussion de Phymosomum cornigerum s’appliquent aussi à P. palei-
cinctum.
Aspidosiphon Vaillantii de Rochebrune, 1881
(Fig. 1 H à M)
Matériel étudié : Un tube, bocal V. 20, trois exemplaires et trois étiquettes, avec les textes
suivants : première : « Aspidosiphon Vaillantii Rochbr. Ste. Lucie. Cap Vert. M. Bouvier », deuxième :
« Aspidosiphon Vaillantii Rochbr. Cap Vert. St. Vincent. M. Bouvier », et troisième : « Aspido.
klunzingeri Sel. et Bülow. Leroy det. 1937. Cap Vert ».
Localité-type : Sainte-Lucie.
Redescription : Longueur du tronc de 34 à 49 mm et diamètre entre 4 et 9 mm.
Introvert 19 à 23 mm de long et 2 à 3 mm de diamètre. Longueur de l’introvert de 0,46
à 0,58 fois celle du tronc. Couleur du tronc jaune clair avec les extrémités plus foncées,
brunes. Tronc cylindrique allongé, fixé en U. Surface cutanée lisse, sauf les deux extrémités
du tronc qui sont plus granuleuses, épaisses et opaques. Dans la région centrale du tronc
on observe par transparence les bandelettes de la musculature longitudinale. Bouclier
anal différent selon les exemplaires : dans le premier exemplaire (v. fig. 1 I) il est semi-
- 995 —
circulaire avec un rebord défini ; quinze sillons avec le sillon central plus long, lequel tra¬
verse toute la surface. A côté du bouclier on observe une rangée d’unités quadrangulaires
plus ou moins allongées et de disposition radiale. Dans les deux autres exemplaires (v. fig. 1
H, J) on n’observe pas ce type de constitution du bouclier anal, les rebords en sont mal
définis, sans la rangée d’unités quadrangulaires et avec un faible nombre de sillons. La
surface du bouclier est recouverte de plaques disposées d’une manière dense, quelques-
unes avec un point clair. Bouclier caudal conique, avec rebords bien définis et avec 25 à
28 sillons radiaires. Entre le bouclier caudal et le tronc on observe un anneau d’unités
quadrangulaires plus ou moins allongées. Sur la surface de la plus grande partie du tronc,
des petits corps cutanés ovales de 0,08 à 0,12 mm de diamètre, sans plaquettes polygonales.
De plus, sur un de ces exemplaires on observe des petits corps pigmentés de 0,05 à 0,08 mm
de diamètre. A côté des boucliers, de nombreuses papilles arrondies ou ovales avec 1-3 pores,
de 0,1 à 0,66 mm de diamètre, et couvertes de plaquettes polygonales. De 30 à 32 tenta¬
cules filiformes. Jusqu’à 60 anneaux de crochets sont disposés sur le premier tiers de l’intro-
vert, parmi lesquels se trouvent des papilles tubuliformes de 0,012 mm de hauteur. Les
derniers anneaux sont incomplets, un peu désordonnés et avec des crochets déformés. Au
microscope les crochets (fig. 1 K, L) sont courbes et possèdent une petite pointe. Hauteur
des crochets de 0,033 à 0,052 mm et largeur à la base de 0,036 à 0,056 mm. On observe
des crochets plus larges à leur base que hauts ou l’inverse. Aire claire de grande taille à
l’intérieur du crochet. Dans les deux tiers postérieurs de l’introvert ont été observées des
petites papilles cupuliformes ou digitiformes mesurant jusqu’à 0,016 mm de hauteur et
0,008 mm de diamètre. De 27 à 39 bandelettes très anastomosées sous le tronc. Muscula¬
ture circulaire en bandelettes. Un rétracteur avec une courte fente à la base, qui le divise
en deux racines qui occupent de sept à treize bandelettes et vont de la i re à la 13 e . La
distance entre la base du rétracteur et l’extrémité postérieure du tronc représente de 24
à 35 % de la longueur du tronc. Les prolongations des muscles aliformes arrivent jusqu’à
la chaîne nerveuse au-dessus des néphridiopores. Muscle fixateur non observé. Muscle de
la spire présent (fig. 1 M), inséré sur la paroi du tronc par un point situé au côté gauche
du rectum et à 5-7 mm au-dessous de l’anus par son extrémité antérieure, et au bouclier
caudal par son extrémité postérieure. Ce muscle émet de nombreuses et petites ramifica¬
tions vers la partie intérieure de la spire intestinale. Dernière partie ventrale du rectum
unie à la paroi du tronc par brides mésentériques ; dorsalement à cette partie du rectum
et à l’anus on observe un muscle mince qui s’unit à la paroi du tronc au-dessus de l’anus.
46 tours de la spire simples. Œsophage se rattachant à une distance de la base du rétrac¬
teur qui représente 42 à 63 % de sa longueur. Rectum de 6 à 11 mm. Cæcum rectal présent
(à l’exception d’un exemplaire qui a cette région de l'intestin détériorée). Vaisseau contrac¬
tile simple. Deux néphridies, dont la longueur est de 0,3 à 0,44 fois celle du tronc. Leur
surface de rattachement est de 33 à 66 % de celle des néphridies. Néphridiopores au-dessous
de l’anus. Frange génitale observée dans un exemplaire.
Discussion : Aspidosiphon Vaillantii de Rochebrune fut le nom proposé par ce natu¬
raliste au moins pour un des trois exemplaires conservés au Muséum à l’intérieur de ce
tube. Le texte de la 3 e étiquette précise qu’au moins un de ces trois exemplaires fut étudié
par P. Leroy en 1937, date postérieure à la publication de son travail sur les Sipunculiens
de Paris en 1936 (Leroy, 1936), ceci expliquant pourquoi cette donnée n’a pas pu être
- 996 -
connue par la littérature. L’étude de ces exemplaires permet de caractériser cette forme
comme appartenant au genre Aspidosiphon, sous-genre Paraspidosiphon, avec crochets
sans pointe secondaire et absence d’appendices dans le rectum. La présence des caracté¬
ristiques suivantes : [1] un point de fixation du muscle de la spire au-dessous et à gauche
de l’anus, [2] prolongations latérales des muscles aliformes, [3] cæcum rectal, [4] introvert
dont la longueur est à peu près la moitié de celle du tronc, [5] néphridies dont la longueur
est plus courte que la moitié du tronc et dont la surface de rattachement va du premier
tiers aux deux premiers tiers et [6] nombre de bandelettes, rattache le taxon de de Roche-
brune à Aspidosiphon (Paraspidosiphon) laeois (de Quatrefages, 1865) d’après la discus¬
sion proposée par Saiz Salinas (1983 : 76-81) et Saiz Salinas ( sous presse b). Puisque les
deux noms sont synonymes, et que celui de de Quatrefages a été publié auparavant, Aspi¬
dosiphon Vaillantii est considéré comme un synonyme plus récent. Les différences dans le
nombre d’anneaux de crochets et dans le nombre de tentacules ne sont pas considérées
comme des caractères spécifiques valables, étant données les variations présentes chez
les autres espèces de Sipunculiens. En ce qui concerne les différences dans la construc¬
tion du bouclier anal chez les trois exemplaires, elles peuvent être expliquées comme résul¬
tant d’un processus de formation ou de régénération auxquelles ces structures ont pu être
soumises.
A. laevis est signalé pour la première fois en dehors de sa localité-type (v. Saiz Sali¬
nas, 1983).
Remerciements
L’auteur est reconnaissant à M me Renaud-Mornant (Laboratoire de Zoologie (Vers), MNHN)
pour son assistance et obligeance lors de son séjour à Paris. Ce travail a été réalisé dans le cadre
d’une aide financière du Département d’Éducation, Université et Recherche du Gouvernement
Basque.
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—- Sous presse a. — Request for the suppression under the plenary powers of four names of
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— Sous presse b. — Aspidosiphon (Paraspidosiphon) major (Vaillant, 1871) : a sipunculan
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section A, n° 4 : 999-1005.
Cucullanus campanae n. sp. (CucuUanidae, Nematoda),
parasite de la Sole :
Solea vulgaris vulgaris (Pleuronectiformes)
par Catherine Lèbre et Annie J. Petter
Résumé. — Description de Cucullanus campanae n. sp., parasite de la Sole, Solea vulgaris
vulgaris, en Méditerranée, dans l’océan Atlantique et dans la mer Adriatique ; l’espèce diffère
de C. heterochrous principalement par la position de la paire latérale de papilles ad-cloacales, située
plus antérieurement, en avant de la 3 e paire ad-cloacale sub-ventrale.
Abstract. — Cucullanus campanae n. sp. ( CucuUanidae , Nematoda), a parasite of the common
sole, Solea vulgaris vulgaris (Pleuronectiformes). — Description of Cucullanus campanae n. sp., a
parasite of the common sole Solea vulgaris vulgaris, from the Mediterranean Sea, the Atlantic
Ocean and the Adriatic Sea. The species differs from C. heterochrous mainly by the fact that
the lateral adanal papilla pair is located more anteriorly, in front of the third sub-ventral adanal
pair.
C. Lèbre, Laboratoire de Parasitologie comparée, USTL, place E. Bataillon, 34060 Montpellier cedex.
A. J. Petter, Laboratoire des Vers associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle, 61, rue Buffon,
75231 Paris cedex 05.
La Sole, Solea vulgaris vulgaris Quensel, 1806, est citée par plusieurs auteurs (en par¬
ticulier Tôrnquist, 1931, et Campana-Rouget, 1957) comme hôte de l’espèce Cucullanus
heterochrous Rud., 1802. Cependant, Campana-Rouget et Chabaud (1956) décrivent chez
une Solea solea (espèce mise en synonymie avec Solea vulgaris vulgaris Quensel) 1 récoltée
à Banyuls (Pyrénées-Orientales) une femelle de Cucullanus qui leur paraît présenter quel¬
ques différences avec les femelles de C. heterochrous ; ils supposent qu’il s’agit d’une espèce
distincte, mais préfèrent la laisser en species inquirenda jusqu’à la découverte du mâle.
Nous avons pu étudier des spécimens mâles et femelles de Cucullanus trouvés chez
des Solea vulgaris vulgaris de diverses provenances (océan Atlantique, mer Méditerranée,
mer Adriatique) et nous pouvons confirmer que ce Poisson est parasité par une espèce
particulière.
Cucullanus campanae n. sp.
( = Cucullanus sp. Campana-Rouget et Chabaud, 1956)
Matériel-type : 1 S holotype, 1 $ allotype et 4 Ç paratypes n° MNHN (Muséum national
d’Histoire naturelle, Paris) 364 BB.
1. D’après Clofnam I., J. C. Hureau et Th. Monod, édit., 1973.
- 1000 -
Hôte : Solea vulgaris vulgaris Quensel, 1806.
Origine géographique : Sète (France), mer Méditerranée.
Date de récolte : 26.XI.1982.
Autre matériel : Tous les spécimens ont été récoltés chez le même hôte : Solea vulgaris
vulgaris. Mer Méditerranée : Sète (France) : 4 et 5 Ç, n os MNHN 365 BB, 366 BB, 367 BB, 368 BB,
369 BB, novembre et décembre 1982, récoltes C. Lèbre 1 $ et 4 $ n° MNHN 215 BA, 2.VI.1969,
16 (J et 15 $ n° MNHN 91 BB, novembre et décembre 1980, 2 £ et 3 $ n° MNHN 124 BB, 18.111.
1981, récoltes C. Maillard 1 . Banyuls (France) : 6 $ et 2 $ n° MNHN 354 E, 18.IX.1958, récolte
A. G. Ch a baud. — Océan Atlantique : 1 $ n° MNHN 524 F, Arcachon (France), 7. VIII.1962,
récolte A. G. Chabaud ; 1 et 1 $ n° MNHN 640 Q, Le Croisic (France), 24.VI.1969, récolte
A. J. Fetter. — Mer Adriatique : 3 et 1 $ n° MNHN 164 BB, Kotor (Yougoslavie), 27.VII. 1979,
récolte B. Radujkovic 2 .
Description
Cucullanus de taille moyenne (mâles longs de 3 à 7 mm, femelles longues de 4 à 9 mm) ;
corps robuste, non aminci à l’extrémité antérieure ; cuticule relativement épaisse (10 à
20 jim suivant les niveaux), à striation transversale peu marquée.
Extrémité antérieure présentant l’aspect habituel (fig. 1, H) ; pièces chitinoïdes atta¬
chées au cadre péribuccal très peu développées, invisibles en vue apicale superficielle et
en vue latérale ; collerette membraneuse denticulée bien développée.
Œsophage court et d’aspect massif, renflements antérieur et postérieur de tailles à
peu près égales en vue latérale (fig. 1, A, D) ; renflement antérieur légèrement plus large
en vue médiane (fig. 1, B, C). Deirides situées suivant les spécimens soit légèrement en avant
de l’extrémité de l’œsophage (fig. 1, C, D), soit au niveau de cette extrémité (fig. 1, B),
soit même, dans quelques cas, postérieurement à celle-ci ; pore excréteur le plus souvent
situé nettement en dessous de l’extrémité de l’œsophage (fig. 1, A), mais pouvant être
situé au niveau de cette extrémité (fig. 1, D). Petites post-deirides visibles.
Femelle
Corps légèrement enflé ventralement en avant de la vulve ; vulve à lèvres légèrement
saillantes, située entre le milieu et les deux tiers du corps ; ovéjecteur impair dirigé vers
l’avant, long d’environ 300 à 400 p.m, divisé à son extrémité en deux utérus opposés ;
œufs ovales, non embryonnés au moment de la ponte (fig. 1, I).
Queue longue, terminée par une pointe conique (fig. 1, E, F).
Mâle (fig. 1, J à O)
Ventouse pré-cloacale présente ; corps brusquement rétréci en dessous du cloaque ;
queue terminée comme chez la femelle par une pointe conique ; lèvre antérieure du cloaque
formant une membrane qui surplombe l’ouverture et présente en vue latérale l’aspect d’une
épine ; lèvre postérieure du cloaque munie d’une formation cuticulaire papilliforme plus
ou moins développée suivant les spécimens.
1. Nous exprimons tous nos remerciements à M. C. Maillard qui nous a confié ses récoltes.
2. Récolte effectuée dans le cadre du Programme franco-yougoslave de Recherches parasitologiques
et pathologiques sur les Poissons de l’Adriatique.
Fig. 1. — Cucullanus campanae n. sp. A à D, régions antérieures : A, $ allotype, vue latérale ; B, $ allo¬
type, vue médiane ; G, spécimen provenant d’une Sole de la mer Méditerranée, vue médiane ; D, spé¬
cimen provenant d’une Sole de la mer Adriatique, vue latérale ; E, $, queue, vue médiane ; F, Ç,
queue, vue latérale ; G, déiride ; H, vue apicale ; I, région vulvaire, ovéjecteur ; J à 0 : extrémités
postérieures : J, spécimen provenant d’une Sole de la mer Adriatique, vue ventrale ; K, spécimen
provenant d’une Sole de l’océan Atlantique, vue latérale ; L, £ type, vue latérale ; M, type, vue
ventrale ; N, O, spécimen provenant d’une Sole de la mer Méditerranée : N, vue ventrale ; O, vue
latérale.
4, 12
1002 —
Trois paires de papilles pré-cloacales, la plus antérieure située en avant de la ventouse ;
quatre paires ad-cloacales : trois paires sub-ventrales et une latérale située suivant les
spécimens au niveau de la 2 e paire sub-ventrale (fig. 1, J, K, M) ou entre la 2 e et la 3 e
(fig. 1, N, O) ; chez un seul spécimen sur environ trente examinés, elle se trouvait au niveau
de la 3 e paire sub-ventrale ; quatre paires post-cloacales (2 sub-ventrales et 2 latérales)
disposées comme l’indiquent les figures ; la paire latérale la plus antérieure (correspondant
aux phasmides) est très petite et peut être située soit immédiatement en avant, soit immé¬
diatement en arrière (fig. 1, J) de la paire sub-ventrale la plus antérieure.
Spicules robustes, ailés ; gubernaculum peu visible.
Mensurations du mâle holotijpe : long. 7,5 mm; larg. maximale 250 pm ; œsoph. 800 pm ;
anneau nerveux, deirides et pore excréteur situés respectivement à 375 pm, 800 pm et 950 pm
de 1 extr. ant. ; milieu de la ventouse, post-deiride gauche et post-deiride droite situés respecti¬
vement à 950 pm, 1 800 [im et 3 200 pm de l’extr. post. ; spicules 900 pm ; queue 200 pm.
Mensurations de la femelle allotype : long. 8,2 mm ; larg. maximale 275 pm ; œsoph. 825 pm •
anneau nerveux, deirides, pore excréteur et vulve situés respectivement à 400 (im, 800 pnq 1 050 pm
et 5 mm de 1 extr. ant. ; post-deirides gauche et droite situées respectivement à 2 15 et 3 8 mm
de 1 extr. post. ; queue 275 pm ; œufs 65/40 pm.
Mensurations de dix males de différentes origines
Long, (mm)
Œsoph. (pm)
Distance 1
, , I p. excret.
a extr. >5 •
. / \ \ deirides
ant. (pm) )
Spicules (pm)
Queue (pm)
Mer méditerranée
5,4 5,1 4,0 5,7 3,0 4,4
700 650 550 675 460 550
Océan
atlantique
6,9 4,9
700 580
Mer
860 750 600 750 490 630 920 675
700 580 500 560 410 610 725 580
680 800 800 850 600 680 800 800
200 170 150 180 120 150 160 180
Mensurations de dix femelles de différentes origines
Long (mm)
Œsoph. (pm)
Distance i p. excrét. (pm)
à extr. deirides (pm)
ant. ^ vulve (mm)
Queue (pm)
Œufs (pm)
Mer méditerranée
6,8
7,9
5,7
6,6
6,2
5,5
6,4
750
800
650
760
800
680
780
920
875
700
900
850
900
850
750
725
600
725
650
760
740
3,8
4,5
3,3
4,0
3,6
3,5
4,0
250
225
240
275
250
180
260
70/50 75/50 65/40
65/40 70/50
65/40 70/50
4,0
2,5
adriatique
3,6
5,3
550
650
550
800
400
625
680
875
170
225
Océan
Mer
atlan¬
adria¬
tique
tique
9,0
4,2
800
560
1150
650
875
500
5,7
2,4
275
210
70/50
absents
Discussion
La description ci-dessus correspond parfaitement aux femelles de Cucullanus sp
décrites par Lampana-Rouget et Chabaud en 1956.
1003 —
L’espèce Cucullanus heterochrous Rud., 1802, dont l’hôte-type est Platichthys flesus
(Linné, 1758) a été bien décrite par Gendre (1927) et Berland (1970) sur des spécimens
récoltés chez Pleuronectes platessa Linné, 1758, et par Tôrnquist (1931) qui l’a trouvée
chez P. platessa, Platichthys flesus et Hippo glossoides platessoides (Fabricius, 1780).
Campana-Rouget et Chabaud indiquent comme caractères différenciant leurs spéci¬
mens de C. heterochrous : 1) un œsophage plus massif avec renflements antérieur et posté¬
rieur à peu près égaux ; 2) des deirides et un pore excréteur situés plus postérieurement,
respectivement au niveau de la fin de l’œsophage et en arrière de celui-ci ; 3) une queue
légèrement plus longue ; 4) des œufs un peu plus petits.
Nous avons vu dans la description de notre espèce que les positions des deirides et
du pore excréteur étaient variables selon les individus et qu’elles pouvaient être semblables
à celles de C. heterochrous ; ces caractères ne sont donc pas valables pour opposer les espèces.
De même, la taille des œufs est variable selon les individus ; elle est en moyenne
dans notre matériel de 70/50 p.m, ce qui entre presque dans l’intervalle de variation indiqué
par Berland pour les œufs de C. heterochrous (72-91/42-49 p.m).
En revanche, les deux autres caractères différentiels (aspect de l’œsophage et longueur
de la queue) sont confirmés par l’examen de notre matériel (si l’on compare la longueur
des queues chez des femelles de longueurs totales voisines).
En outre, l’étude de notre matériel nous a permis de trouver quelques autres caractères
différentiels dont le plus important est la position de la paire latérale de papilles ad-cloa-
cales : dans les descriptions de C. heterochrous de Gendre, Tôrnquist et Berland, celle-ci
est située postérieurement à la 3 e paire ad-cloacale sub-ventrale, alors que chez tous les
mâles que nous avons examinés, elle est située plus antérieurement ; la constance de ce
caractère chez des spécimens parasites de Solea vulgaris vulgaris de diverses provenances
nous paraît suffisant pour affirmer que les Cucullanus de la Sole appartiennent à une espèce
distincte de C. heterochrous.
De plus, l’espèce présente une cuticule plus épaisse (10 à 20 ^.tn) que C. heterochrous
(3 à 8,4 |xm, d’après Berland et Tôrnquist), et elle paraît en moyenne de plus petite
taille, l’intervalle de variation étant pour les mâles de 3 à 7 mm et pour les femelles de 4
à 9 mm, alors que chez C. heterochrous, les intervalles de variation indiqués sont pour les
mâles de 5,3 à 9 mm et pour les femelles de 7,5 à 11,1 mm.
En dehors de C. heterochrous, trois espèces appartenant au genre Cucullanus sensu
stricto (espèces dépourvues de cæcum intestinal) sont connues chez les Pleuronectiformes :
C. antipodeus Baylis, 1932, parasite de Rhombosolea sp. en Nouvelle-Zélande, se dis¬
tingue de notre matériel par ses spicules beaucoup plus courts (450-500 (j,m) pour des mâles
plus longs en moyenne (6 à 8,7 mm).
C. annulatus Margolis, 1960, parasite de Parophrys vetulus 1 en Colombie britannique,
se distingue de notre matériel par une cuticule plus mince (2 à 8 p,m), et qui présente des
striations transversales très marquées dans la région ventrale antérieure du corps, donnant
en vue latérale un aspect en dent de scie ; de plus, l’œsophage est de forme différente, avec le
renflement antérieur plus prononcé que le renflement postérieur, et la vulve est surplombée
par une lèvre antérieure très proéminente.
1. Nous exprimons tous nos remerciements au Dr Margolis qui a bien voulu nous confier des spéci¬
mens de C. annulatus.
- 1004 -
C. gendrei Campana-Rouget, 1957, parasite de Syacium micrurum de la côte ouest-
africaine semble très voisine de notre espèce ; l’étude d’un plus grand nombre de spécimens
de C. gendrei serait nécessaire pour comparer vraiment les deux espèces ; cependant, nous
avons relevé quelques caractères différentiels qui nous paraissent valables : l’œsophage
est légèrement plus long chez C. gendrei pour des spécimens de tailles comparables ; le
renflement œsophagien postérieur est plus marqué que l’antérieur ; le pore excréteur appa¬
raît, sur la figure, antérieur à l’extrémité de l’œsophage, cas que nous n’avons jamais observé
dans notre matériel.
Il semble donc que les Solea vulgaris vulgaris soient parasités par une espèce particu¬
lière ; le problème se pose alors de savoir quel nom doit être attribué à cette espèce.
Nous trouvons dans la littérature deux taxons attribués aux Cucullanus de la Sole,
et mis ultérieurement en synonymie avec C. heterochrous : Cucullanus soleae Rud., 1819,
est cité par Rudolpiii comme inscrit dans le Catalogue du Musée de Vienne ; la seule
mention qui accompagne le nom de l’espèce dans ce Catalogue est le nom de l’hôte : Pleu-
ronectes soleae ; d’après les lois de la nomenclature, le nom de l’hôte, non accompagné de
la mention d’une localité ou d’un numéro de référence à des spécimens en collection, n’est
pas suffisant pour désigner une espèce ; ce taxon est donc un nomen nudum et ne peut être
réutilisé.
En 1845, Dujardin décrit Dacnitis esuriens n. sp. en indiquant que le parasite est
fréquent chez la Sole mais qu’il se trouve également chez Pleuronectes latus ; assez curieu¬
sement, en 1920, Stiles et Hassall (p. 79) choisissent Pleuronectes latus comme hôte-
type de Dacnitis esuriens, ce qui du point de vue de la nomenclature correspond au choix
d’un lectotype ; ces auteurs paraissent donc choisir parmi les syntypes de Dujardin un
spécimen provenant de Pleuronectes latus et non de la Sole ; ce choix est un acte conforme
aux lois de la nomenclature qui ne peut être remis en cause.
Les Cucullanus de Pleuronectes latus (espèce synonyme de Pleuronectes platessa d’après
Clofnam I, J.-C. Hureau et Th. Monod, 1973), étant bien connus et appartenant à l’espèce
C. heterochrous, il en résulte que Dacnitis esuriens doit bien être considéré comme un syno¬
nyme de cette espèce.
Un nouveau nom doit donc être attribué à notre espèce : Cucullanus campanae n. sp.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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nat. Hist., sér. 10, 9 : 174-177.
Berland, B., 1970. — On the morphology of the head in four species of the Cucullanidae (Nema-
toda). Sarsia, 43 : 15-63.
Campana-Rouget, Y., 1957. — Parasites de Poissons de mer ouest-africains récoltés par J. Cade-
nat. Nématodes (4 e note). Sur quelques espèces de Cucullanidae. Révision de la sous-famille.
Bull. Inst. fr. Afr. noire, sér. A, 19 : 417-465.
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trois espèces de Cucullanus (Camallanoidea, Nematoda) parasites de Poissons. Vie Milieu.
7 : 267-279.
Dujardin, F., 1845. — Histoire naturelle des Helminthes. Paris, Roret, 654 p.
1005 —
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de Mauritanie. Deuxième note. Bull. Corn. Étud. hist, scient. Afr. occid. fr., 9 : 472-486.
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est et de la Méditerranée. Unesco Paris, 1973. Presses Universitaires de France, Vendôme,
677 p.
Margolis, L., 1960. — A new nematode of the genus Cucullanus (Camallanata : Cucullanidae)
from a flounder, Parophrys vetulus Girard, 1854, with notes on the species from Pleuronec-
tiformes. Can. J. Zool., 38 : 839-849.
Rudolphi, C. A., 1819. — Entozoorum synopsis cui accedunt mantissa duplex et indices locu-
pletissimi. Berolini, 811 p.
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Subjects : Roundworms (Nematoda, Gordiacea, and Acanthocephali) and the diseases they
cause. Hygienic Laboratory, bull. n° 114, Government Printing Office, Washington, 886 p.
Tornquist, N., 1931. — Die Nematodenfamilien Cucullanidae und Camallanidae nebst weiteren
Beitragen zur Kenntnis der Anatomie und Histologie der Nematoden. Gôteborgs K. Vetens
K. — o VitterhSamh. Nandi., Femte Fôljden, sér. B, 2 : 441 p.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6, 1984,
section A, n° 4 : 1007-1019.
Sur le genre Trypanoxyuris (Oxyiiridae, Nematoda)
II. Sous-genre Hapaloxyuris
parasite de Primates Callitrichidae
par Jean-Pierre Hugot
Résumé. — Redescription des quatre espèces connues dans le sous-genre Hapaloxyuris Inglis
et Cosgrove, 1965.
Abstract. — Redescription of Trypanoxyuris (Hapaloxyuris) tamarini (Inglis & Dunn, 1964),
T. (H), oedipi Inglis & Cosgrove, 1965, T. (H.) goeldii Inglis & Cosgrove, 1965, and T. (H.) cal-
litricis (Solomon, 1933).
J.-P. Hugot, Laboratoire de Zoologie (Vers), associé au CNRS, Muséum national d’Histoire naturelle,
61, rue Bufjon, F-75231 Paris cedex 05.
Le genre Trypanoxyuris Vevers, 1923, a été subdivisé par Inglis et Cosgrove (1965)
en deux sous-genres : s.g. Trypanoxyuris sensu stricto, parasite de Primates Cebidae et
Atelidae, et s.g. Hapaloxyuris Inglis et Cosgrove, 1965, parasite de Primates Callitrichi¬
dae.
Dans un travail précédent (Hugot, 1984), nous avons adjoint au genre Trypanoxyu¬
ris un troisième sous-genre : s.g. Rodentoxyuris Quentin et Tenora, 1975, parasite de Ron¬
geurs sciuridés bolarctiques.
Nous redécrivons ci-dessous les quatre espèces connues dans le sous-genre Hapa¬
loxyuris.
Étude morphologique
Trypanoxyuris (Hapaloxyuris) tamarini (Inglis et Dunn, 1964)
Matériel étudié : 2 $ et 6 $ collectés dans la cæcum d’un Tamarinus nigricollis (Spix) pro¬
venant du Pérou ; 3 Ç provenant d’un autre hôte de la même espèce et dans la même région. Collec¬
tions du British Museum, n os 1963 (644-658) et 1963 (661-664).
Description
Caractères céphaliques : Dans les deux sexes, ouverture buccale petite, papilles cépha¬
liques disposées en « carré », vésicule céphalique simple. Chez la femelle, les lèvres sont
développées et la lèvre dorsale est hypertrophiée (fig. 1 B et 2 C).
Tableau I. — Mensurations, en p.m, des spécimens représentés sur les figures. Chaque espèce est désignée par les trois pre¬
mières lettres de son nom.
<?
$
JAM OED GOE CAL TAM OED GOE CAL
Longueur du corps
Largeur du corps
Écarts des pores
amphidiaux
Longueur de l’oesophage
total
Dimensions du bulbe
œsophagien
Distance apex :
anneau nerveux
pore excréteur
vulve
Longueur du spicule
Longueur de la queue
Longueur de la pointe
caudale
Dimensions des œufs
2 010
1 990
90
90
16
14
310
300
110 x 50
110 x 50
110
120
520
500
57
48
25
23
18
14
1 200
1 960
300
370
110 x 70
130 X 90
100
150
310
570
48
50
20
24
10
15
3 000
6 240
120
400
28
28
310
500
110 X 55
160 X 120
140
200
720
1000
1 100
1 650
600
1 370
75 x 35
70 X 32
4 560
6 000
230
400
28
20
480
400
170 x 110
150 x 90
210
150
600
1320
900
1800
950
950
80 x 35 90 x 45
1. — Trypanoxyuris (Hapaloxyuns) tamarim (Inglis et Dunn, 1964), A, vue latérale droite ;
B, tête, vue apicale ; C, id., coupe optique en vue ventrale ; D, spicule, vue latérale gauche ; E, bourse
caudale, vue latérale gauche ; F, id., vue ventrale ; G, détail de la précédente ; H, coupe transversale
dans la région postérieure du corps ; I, coupe transversale de l’aile latérale au milieu du corps. (Valeur
de l’échelle : A, 500 um, ; B, C, D, E, G et I, 50 um ; F et H, 100 urn.)
FlG - Z7JZZZ yUriS ( IIa P al ° x y uris) tarnarini llnglh et Dunn, 1964), Ç. A, vue latérale droite ; B, id.,
F id ailp 1 ? cervicale > C > tete > v ^ e apicale ; D, œuf ; E, coupe transversale au milieu du corps •
F, id., aile latérale, detail. (Valeur de l’echelle : A, 800 p.m ; B et E, 250 p ; C, D et F, 50 [im/
1011 —
Caractères mâles : Bulbe œsophagien très allongé, aile latérale simple et peu développée
(fig. 1 A et 1 I) ; bourse caudale caractérisée par la présence d’expansions membranaires
latérales très développées soutenues par la première paire de papilles caudales très forte¬
ment pédonculées (fig. 1 A, F et G) ; dans la moitié postérieure du corps, les stries cuti-
culaires ventrales sont très espacées et la cuticule ventrale est légèrement épaissie dans sa
partie médiane (fig. 1 F et H).
Caractères femelles : Ailes latérales dédoublées en deux crêtes parallèles (fig. 2 E et F) ;
œuf de grande taille (fig. 2 D).
Discussion : Nos spécimens sont identiques à ceux décrits par Inglis et Dunn (1964)
chez le même hôte et dans la même région, et nous les identifions à T. tamarini.
Trypanoxyuris (Hapaloxyuris) oedipi Inglis et Cosgrove, 1965
Matériel étudié : Nombreux spécimens des deux sexes collectés par W. N. Smith au Brésil,
dans le tube digestif d’un Oedipomidas oedipus (L.). USDA 69/316.
Description
Caractères mâles : La bourse caudale ne montre pas d’expansions membraneuses aussi
développées que dans l’espèce précédente (fig. 3 II et J) ; l’ornementation cuticulaire ventrale
est limitée au quart postérieur du corps : l’épaississement très marqué de la cuticule dans
cette région forme une véritable crête sagittale dont la surface est finement striée trans¬
versalement (fig. 3 A, J et K) ; les phasmides ne débouchent pas entre les deux dernières
paires de papilles caudales comme dans toutes les autres espèces du genre : leur conduit
a un trajet récurrent et vient s’ouvrir entre la 2 e et la 3 e paire caudale (fig. 3, G, H, J).
Caractères femelles : L’ouverture buccale est plus petite et les lèvres moins développées
que dans l’espèce précédente ; la lèvre dorsale n’est pas hypertrophiée (fig. 4 C) ; l’appareil
génital présente les caractéristiques observées dans toutes les autres espèces du genre
(fig. 4, A, D, E, F, I et J).
Discussion : Les caractères et les mensurations de nos spécimens correspondent à
ceux décrits chez le même hôte par Inglis et Cosgrove (1965), et nous les identifions à
T. oedipi.
Trypanoxyuris (Hapaloxyuris) goeldii Inglis et Cosgrove, 1985
Matériel étudié : 1 <$ et 5 $ collectés chez un Callirnico goeldii (Thomas). Collections du
British Museum, n° 1965 (331-336).
Description
Caractères mâles : Expansions cuticulaires caudales réduites ; ornementation cuticu¬
laire ventrale analogue à celle décrite chez T. oedipi, mais plus courte et divisée en deux
crêtes sagittales successives (fig. 5 A et B) ; phasmides récurrentes (fig. 5 C).
Fig.
4. — Trypanoxyuris (Hapaloxyuris) oedipi Inglis et Cosgrove, 1965, 9. A, vue latérale gauche;
B, région cervicale, détail de la précédente ; C, tête, vue apicale ; D, détail de l’ovéjecteur d’une femelle
adulte gravide, vue latérale gauche ; E, id., coupe transversale à la limite du vagin épithélial et de la
trompe utérine ; F, même région, vue latérale ; G, œuf ; H, coupe transversale au milieu du corps ;
I, jeune femelle inséminée, vue latérale droite ; J, id., détail de l’appareil génital en vue ventrale.
(Valeur de l’échelle : A, 1 600 pim ; B et H, 500 pim ; C et G, 50 pun ; D et J, 250 pim ; E et F, 100 pim.)
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de l’échelle : A, 500■BC, et D, ïo’àt) ^ ' °’ V “« l “ ,érale (V.l«i
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7. 1 rypanoxyuris (Hapaloxyuris) callithricis (Solomon, 1933), A. A, vue latérale eauche ■ R hnnrw
Set'„ l '; U a!e la s , u e r r t e Ba o^ h D : ; t C ' ^ “ «-che ; 'b°
vEUS A, 500 ^ ; B C P , D e.X?0 ;» ) °° rPS 1 ' aile laWrale ’ C0UP<! tran! — le - ( Val ™ r d *
1017 -
Caractères femelles : Extrémité céphalique identique à celle décrite chez T. tamarini
(hg. 6 B).
Discussion : Les spécimens que nous avons étudiés font partie du matériel type décrit
par Inglis et Cosgrove et correspondent à leur description.
Fig. 8. — Trypanoxyuris (Hapaloxyuris) callithricis (Solomon, 1933), $. A, vue latérale gauche ; B, tête
vue apicale ; C, id., coupe optique en vue ventrale ; D, id., vue latéral gauche ; E, aile latérale coupe
transversale ; F, œuf. (Valeur de l’échelle : A, 1 600 pm ; B, C, D, E et F, 50 pm.) ’
4, 13
1018 -
Trypanoxyuris (Hapaloxyuris) callithricis (Solomon, 1933)
Matériel étudié : Quelques spécimens <$ et $ collectés par W. N. Smith au Brésil chez un
Callithrix jacchus (L.) : ÜSDA 69/306. Quelques spécimens mal conservés provenant d’un hôte
de la même espèce, capturé au Brésil : MNHN 157 U.
Description
Caractères mâles : Les mâles de cette espèce sont très proches de ceux de T. goeldii,
mais le trajet des phasmides n’est pas récurrent (fig. 7 B).
Caractères femelles : Les femelles de cette espèce se distinguent de toutes les autres
espèces du sous-genre par leurs ailes latérales réduites formées par deux petites crêtes
parallèles et très rapprochées.
Discussion : Les caractères et les mensurations de nos spécimens correspondent à
ceux décrits par Solomon (1933) et nous les identifions à T. callithricis.
CONCLUSION
La répartition du sous-genre Hapaloxyuris est en accord avec la règle de Cameron
(1929), selon laquelle, chez les Oxyures de Primates, une espèce parasite est spécifique
de chaque genre hôte.
Remerciements
Nous remercions le Dr. D. I. Gibson, du Parasitic Worms section du British Museum, et le
Dr. R. L. Lichtenfels, de l’Animal Parasitology Institute de Beltsville, qui nous ont permis
d’étudier les spécimens provenant de leurs collections.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Cameron, T. W. M., 1929. — The species of Enterobius Leach in primates. J. Helminth., 7 : 161-
182.
Hugot, J.-P., 1984. — Sur le genre Trypanoxyuris (Oxyuridae, Nematoda). I. Parasites de Ron¬
geurs Sciuridés : sous-genre Rodentoxyuris. Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6 ,
A, (3) : 711-720.
Inglis, W. G., et G. E. Cosgrove, 1965. — The pin-worm parasites (Nematoda : Oxyuridae) of
the Hapalidae (Mammalia : Primates). Parasitology, 55 : 731-737.
Inglis, W. G., et h. L. Dunn, 1964. — Some Oxyurids (Nematoda) from Neotropical Primates.
Z. Parasitenk., 24 : 83-87.
Quentin, J. C., et F. Tenora, 1975. — Morphologie et position systématique de Lemuricola
(Rodentoxyuris) sciuri (Cameron, 1932) nov. comb. nov. subgen., et Syphacia (Syphati-
— 1019 —
neris) funambuli Johnson, 1967. Oxyures (Nematoda) parasites de Rongeurs Sciuridés. Bull.
Mus. natn. Ilist. nat., Paris, 3 e sér., n° 256, Zool. 178 : 1525-1535.
Solomon, S. G., 1933. — On a new species of Enterobius from the Marmoset ( Callithrix jacchus).
J. Helminth., 11 (2) : 95-100.
Vevers, C. M., 1923. — Some new and little known helminths from British Guiana. J. Helminth.,
1 : 35-45.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6, 1984,
section A, n° 4 : 1021-1065.
Liste systématique des Araignées mygalomorphes du Chili
par Roland Legendre et Raul Calderon-Gonzalez
Résumé. — Nous présentons pour la première fois une liste systématique des Araignées myga¬
lomorphes du Chili ; actuellement ce taxon y est représenté par 26 espèces appartenant à 6 familles
(Theraphosidae, Migidae, Pycnothelidae, Dipluridae, Hexathelidae, Ctenizidae). Au cours de ce
travail une nouvelle espèce est décrite (Tryssothele campanae n. sp., holotype Ç et paratype <$),
et plusieurs mâles et femelles encore inédits sont eux aussi décrits pour la première fois ( Paraphysa
manicata Ç; Paraphysa phryxotrichoides Lycinus gajardoi $; Tryssothele pissii $ ; Scotinoecus
cinereopilosus <$).
Abstract. — We present, for the first time, a systematic list of the Araneae Mygalomorphae
from Chili. This taxon is actually represented by 26 species belonging to 6 families (Theraphosi¬
dae, Migidae, Pycnothelidae, Dipluridae, Hexathelidae, Ctenizidae). In this paper a new species
is described ( Tryssothele campanae n. sp., holotype $ and paratype <$) and some unpublished males
and females are for the first time described ( Paraphysa manicata Ç ; Paraphysa phryxotrichoides ;
Lycinus gajardoi Ç ; Tryssothele pissii $ ; Scotinoecus cinereopilosus $).
Resumen. —- Presentamos por primera vez une lista sistemética de las aranas migalomorfas
de Chile. Actualmente, este taxon esta representado allî por 26 especies partenecientes 6 familias
(Teraphosidae, Migidae, Pycnothelidae, Dipluridae, Hexathelidae, Ctenizidae). En este trabajo
une nueva especie es descrita ( Tryssothele campanae n. sp., holotipo Ç y paratipo tf) y la descrip-
cién de machos y hembras aün desconocidas ( Paraphysa manicata Ç ; Paraphysa phryxotrichoides ;
Lycinus gajardoi Ç; Tryssothele pissii $ ; Scotinoecus cinereopilosus <$).
R. Legendre, Laboratoire de Zoologie, Université de Montpellier II, place Eugène Bataillon, 34060 Mont¬
pellier et Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), Muséum national d'Histoire naturelle, 61, rue Buffon,
75005 Paris.
R. Calderon-Gonzalez, Museo de Hisloria natural, Valparaiso, Chili.
Introduction
Actuellement vingt-cinq espèces d’Araignées mygalomorphes, se rcpartissant en six
familles, sont connues du territoire du Chili ; dans ce travail nous rajoutons une espèce
nouvelle, ce qui porte le total à vingt-six espèces.
Jusqu’ici aucun travail exhaustif sur les mygales chiliennes n’a été réalisé. Profitant
de récoltes réalisées au Chili et surtout de la possibilité de pouvoir consulter certains types,
nous nous proposons de reprendre la description de ces mygales, car les espèces ont très
souvent été décrites fort sommairement avec une iconographie réduite, sinon absente.
Certaines espèces ne sont connues que par un exemplaire isolé (le type) et on ne sait presque
rien sur l’écologie, l’éthologie, le cycle de développement ou l’action du venin de ces mygales.
Ces Araignées n’ont pas été récoltées, ni étudiées, d’une façon systématique sur l’ensemble
— 1022 —
du territoire chilien, qui s’étend des parallèles 18° à 56° de latitude Sud (fig. 1) ; les seules
zones relativement bien prospectées correspondent respectivement aux parallèles 30°-36° et
52°-56° Sud.
En ce qui concerne la systématique, il existe de nombreux travaux chiliens et étran¬
gers qui lui sont consacrés à partir de 1788.
La première espèce connue est Aranea scrofa (Molina, 1788), nom spécifique qui est
encore en vigueur.
Nicolet (1849) décrit dix espèces de mygales, dont une est restée valide : Tryssothele
subcalpetana. 11 est regrettable que, du fait de la disparition des collections (en parti¬
culier de certains types) et de la brièveté des descriptions de l’époque, cette œuvre ne puisse
être utilisée à sa juste valeur.
A la fin du siècle dernier, Simon décrit six espèces ( Tryssothele pissii, Scotinoecus cine-
reopilosus, Paraphysa mcmicata, Calathotarsus coronatus, Stenoterornmata guttulatum, Stenote-
rommata segne ) à partir d’envois faits par des naturalistes chiliens ou des vracs d’expéditions
scientifiques. Tous ces types sont déposés au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.
Au début du xx e siècle, Tullgren (1901) décrit Scotinoecus fasciatus, Simon (1902)
Tryssothele latastei et T. fuegiana, Pocock (1903) Phrixotrichus parvulus, Simon (1905)
Tryssothele patagonica et Strand (1907) Paraphysa phryxotrichoides. Bien que non illus¬
trées, ces descriptions sont plus détaillées que les précédentes.
Par la suite, Chamberlin (1917) décrit Grammostola cala , Eurypelrna aherrans et Trys¬
sothele australis, Mello-Leitâo Masteria australis (1939), Lycinus gajardoi (1940a) et Ceno-
biopelma argentinensis (1941). Ces dernières descriptions sont brèves et peu illustrées mais,
grâce à des redescriptions postérieures, Gerschman de Pikelin et Schiapelli (1965,
1973) ont éclairci quelques points de systématique.
En 1961, Zapfe décrit deux nouvelles Migidae : Migas vellardi et Heteromigas bonneti.
Schiapelli et Gerschman de Pikelin, entre 1963 et 1975, ont redécrit plusieurs
genres communs à l’Argentine et au Chili, ce qui constitue un important travail.
Enfin, Raven et Platnick (1978) décrivent Mediothele australis (Dipluridae).
A partir du moment où les genitalia ont été extensivement utilisés en systématique,
les auteurs ont pensé à étudier les bulbes et éperons du mâle ; Schiapelli et Gerschman
de Pikelin (1962) ont utilisé les spermathèques de la femelle et ont découvert une coapta¬
tion entre la forme de celles-ci et celle du bulbe copulateur des mâles.
Notre contribution aux descriptions systématiques antérieures se traduit par un effort
d’illustrations portant sur le sternum, les « spinules » du labium et des coxas des palpes,
la disposition des dents chélicériennes, l’éperon tibial et le bulbe copulateur du mâle, les
spermathèques des femelles. Le présent travail ne porte pas uniquement sur du matériel
déjà connu, puisqu’il contient des descriptions inédites d’individus mâles et femelles, non
réalisées à ce jour, et d’une espèce nouvelle. Nous souhaitons qu’il serve de point de départ
à des études ultérieures de collections encore indéterminées existant au Chili. Il pourra
également s’intégrer à des études biogéographiques, auto- et synécologiques, de certaines
régions données du Chili et de toute la région néotropicale.
Plusieurs espèces ne sont pas reprises dans ce travail, ce sont :
— Mediothele australis Raven et Platnick, 1978 (Dipluridae), dont la description
récente n’a aucun besoin d’être complétée.
1023 —
— Stenoterornmata guttulatum Simon, 1886, et S. segne Simon, 1886 (Ctenizidae),
dont les types ne se trouvent plus dans les collections du Muséum d’Histoire naturelle de
Paris, où il n’y a aucun autre exemplaire de ces deux espèces. La description originale
se trouve dans Simon (1886). Nos propres collections ne renferment aucune Ctenizidae.
— Certaines mygales appartenant au genre Tryssothele (T. australis, T. fuegiana,
T. latastei, T. patagonica) dont nous n’avons pu examiner les types et dont nous n’avons
trouvé aucun exemplaire dans nos collections.
Ces Araignées, non étudiées ici, sont marquées d’un astérisque dans la liste que nous
donnons ci-après.
Liste des mygales chiliennes
Famille des Theraphosidae
Paraphysa manicata Simon, 1892
Paraphysa phryxotrichoides Strand, 1907
Grammostola spathulata (Pick. -Cambridge F., 18971
Grammostola cala Chamberlin, 1917
Phrixotrichus scrofa (Molina, 1788)
Phrixotrichus parvulus Pocock, 1903
Eurypelma aberrans Chamberlin, 1917
Cenobiopelma argentinensis Mello-Leitâo, 1941
Famille des Migidae
Migas vellardi Zapfe, 1961
Heterormgas bonneti Zapfe, 1961
Calathotarsus coronatus Simon, 1903
Famille des Pycnothelidae
Lycinus gajardoi (Mello-Leitâo, 1940)
Lycinus longipes Thorell, 1894
Famille des Dipluridae
Tryssothele pissii (Simon, 1889)
Tryssothele subcalpetana (Nicolet, 1849)
Tryssothele campanae n. sp.
* Tryssothele latastei Simon, 1902
*Tryssothele fuegiana Simon, 1902^
* Tryssothele patagonica Simon, 1905
* Tryssothele australis Chamberlin, 1917
Masteria australis (Mello-Leitâo, 1939)
*Mediothele australis Raven et Platnick, 1978
Famille des Hexathelidae
Scotinoecus cinereopilosus (Simon, 1889)
Scotinoecus fasciatus Tullgren, 1901
Famille des Ctenizidae
* Stenoterornmata guttulatum Simon, 1886
* Stenoterornmata segne Simon, 1886
1024 —
Matériel utilisé et méthodes de mensurations
En dehors des types examinés, nous avons travaillé sur cent vingt-cinq exemplaires
de mygales chiliennes appartenant aux familles des Theraphosidae, Migidae, Pycnothe-
lidae, Dipluridae et Hexathelidae. Tout ce matériel provient de récoltes réalisées à la main
et s’étalant sur quinze ans de prospection (R. Calderon-Gonzalez) ; d’autres échantil¬
lons ( Scotinoecus fasciatus et Lycinus gajardoi) ont été obtenus par piégeage suivant la
méthode de Barber et conservés dans l’alcool à 70° (MHNV 1 ).
Les mensurations ont été effectuées de la manière suivante :
1) Longueur totale : du bord antérieur du céphalothorax (chélicères exclues) jusqu’à
l’extrémité postérieure de l’abdomen (filières exclues).
2) Céphalothorax : longueur : du bord antérieur (sans chélicères) à l’échancrure posté¬
rieure ; largeur : la largeur maximale est prise en considération.
3) Aire oculaire : hauteur : distance d’un œil antérieur à l’œil postérieur du même
côté, diamètre compris.
4) Abdomen : longueur : maximale selon la ligne médio-dorsale, pédicule et filières
non compris ; largeur : maximale en vue dorsale.
5) Sternum : longueur : du bord antérieur à la pointe supérieure, selon la ligne médiane ;
largeur : dans sa partie la plus large.
6) Labium : hauteur : du bord antérieur au bord postérieur selon sa ligne médiane ;
largeur : dans sa partie la plus large.
7) Coxa du palpe : longueur : maximale, en vue ventrale, d’une extrémité à l’autre ;
largeur : dans sa partie la plus large.
8) Pattes : longueur maximale des articles en vue dorsale.
9) Filières supérieures : longueur de l’axe médio-ventral d’une extrémité de l’article
à l’autre.
L = longueur ; 1 = largeur ; H = hauteur.
DESCRIPTION DES ESPÈCES
Paraphysa manicata Simon, 1892
(PI. I)
(Simon, E., 1892, Hist. nat. Araign., 1 (1) : 164, 166.)
Matériel étudié : £ holotype n° 17.714, Chili (collecteur et date inconnus), MNHN 1 Paris ;
$ n° 001, M. Ricci rec., 22.1V.1977, Chili (6 e région, Rengo : 70°50' long. W, 34°24' lat. S), MHNV.
La femelle n’avait, jusqu’ici, pas été décrite.
1. MNHN, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris; BMNH, British Museum (Natural History),
London ; MCZ, Museum of Comparative Zoology, Harvard (USA) ; NMB, Naturhistorisches Museum, Bâle
MNHNS, Museo nacional de Historia natural, Santiago ; MHNV, Museo de Historia natural, Valparaiso.
1025 —
Mâle
Longueur totale : 30,7 mm.
Céphalothorax : L 18,6 mm et 1 18,6 mm ; bas, carré ; fovea grande, droite et profonde.
Yeux (pl.I, 1) : le groupe oculaire est hétérogène et proéminent; aire oculaire deux fois
plus large que haute ; yeux antérieurs en ligne procurvée ; yeux postérieurs en ligne récur-
vée ; les MA avec un disque central ; les LA et LP presque égaux. Sternum (pi. I, 2) :
L 11,0 mm et 1 8,5 mm ; rectangulaire avec trois paires de sigillés latérales et enfoncées ;
la taille de ces sigillés va en croissant du labium à l’abdomen tout en s’éloignant progres¬
sivement du bord du sternum. Labium (pi. I, 3) : 1 3,5 mm et H 2,1 mm ; 25 spinules situées
dans la moitié apicale. Coxa du palpe droit (pi. I, 4) : L 7,5 mm et 1 3,5 mm ; munie de
85 spinules dans l’angle inféro-interne ; le bord antérieur présente une touffe de soies cui¬
vrées. Chélicères : chacune possède 8 dents sur la marge interne et une touffe de soies cui¬
vrées sur le bord extérieur ; entre les dents et la touffe il y a 13 denticules pour la chéli-
cère gauche et 11 denticules pour la chélicère droite.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
17,5
20,8
12,1
7,8
58,2
II
17,6
20,0
11,1
7,5
56,2
III
14,8
18,3
12,5
8,3
53,9
IV
17,3
20,6
16,6
9,3
63,8
Les bords inférieurs (antérieur et postérieur) de chaque coxa ont de nombreuses spi¬
nules courtes et aiguës ; les mêmes spinules sont présentes dans le bord inféro-postérieur
de la coxa du palpe. Tibia I (pi. I, 5 et 6). Métatarse : les scopulas des pattes 1 vont jusqu’à
la partie proximale de l’article ; les scopulas des pattes II jusqu’aux deux tiers apicaux;
les scopulas des pattes III jusqu’au tiers apical ; les scopulas des pattes IV jusqu’au tiers
apical. Tarses avec deux griffes nues. Palpe (pl. 1, 7). Bulbe (pi. I, 8, 9 et 10).
Abdomen : L 20,5 mm et 1 16,8 mm. Longueurs des articles des filières supérieures :
proximal, 2,5 mm ; médian, 1,5 mm ; distal, 2,1 mm.
Femelle
Longueur totale : 33,2 mm.
Céphalothorax : L 16,0 mm et 1 14,1 mm ; bas, rectangulaire et couvert d’une pubes¬
cence jaune abondante ; fovea grande, droite et profonde. Yeux (pl. I, 11) comme chez
le mâle. Sternum (pl. I, 12) : L 9,7 mm et 1 9,1 mm ; comme chez le mâle. Labium (pl. I,
12) : 1 3,8 mm et H 2,9 mm ; avec 32 spinules dans la moitié apicale. Coxa du palpe droit
(pl. I, 13) : L 8,5 mm et 1 3,7 mm ; bord intérieur avec scopula cuivrée ; munie de 155 spi¬
nules dans l’angle inféro-interne. Chélicères : chacune possède 9 dents sur la marge
interne et aucune sur le bord externe ; entre les deux il y a 11 denticules.
1026 —
I
II
III
IV
Mensurations des
pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
15.6
14,2
11.6
14,6
19.1
17.5
14.2
17.6
10,0
8,6
9,1
12,8
7,0
6,6
6,6
7,5
51,7
46,9
41.5
52.5
Coxas (pi. 1, 14) comme chez le mâle. Métatarse : les scopulas sont comme chez le
male. Tarse avec deux griffes nues. comme chez le
nrn Abdo ™ en : L 15,5 mm et 1 10,1 mm. Longueurs des articles des filières supérieures •
proximal, 2,9 mm ; méd.an, 1,0 mm ; distal, 1,7 mm. Spermathèque, (p, 115) '
Répartition géographique : Chili, Mexique, Argentine.
— 1027 —
Remarque : En dehors des caractères spécifiques liés à l’appareil génital, nous consi¬
dérons que la spinulation du labium et celle des coxas des palpes et des pattes tout comme
la configuration de l’éperon du tibia I sont des caractères taxonomiques importants.
Paraphysa phryxotrichoides Strand, 1907
(PI- II)
(Strand, E., 1907, Z. Naturw., 79 : 221-225.)
Matériel étudié : $ n° 002, R. Calderon-Gonzalez rec., 12.V.1978, Chili (5 e région, Hor-
con : 71031' long. W, 32«43' lat. S), MHNV ; $ n° 003, J. C. Ortiz rec., 12.IX.1972, Chili (5e région,
Isla Pichidangui : 71°33' long. W, 32°06' lat. S), MHNV.
Une femelle immature a été décrite sous le nom de P. manicata. La description du
mâle est originale.
Mâle
Longueur totale : 39,5 mm.
Céphalothorax : L 20,8 mm et 1 17,7 mm ; noir, aplati ; avec quatre stries de chaque
côté, prolongées jusqu’à la fovea ; couvert d’une pubescence abondante, jaune cuivré ;
soies dans la région céphalique et sur le pourtour du prosoma ; fovea courte, droite et pro¬
fonde. Yeux (pi. II, 1) : groupe oculaire hétérogène et surélevé ; aire oculaire deux fois
plus large que haute ; ligne antérieure légèrement procurvée ; ligne postérieure récurvée ;
LP et LA de taille presque égale. Sternum (pi. II, 2) : L 10,8 mm et 1 9,1 mm ; trois paires
de sigillés latérales et superficielles dont la taille augmente du labium à l’abdomen tout
en s’écartant du bord du sternum. Labium (pi. II, 2) : 1 4,2 mm et H 2,4 mm ; muni de
12 spinules dans la moitié apicale. Trois autres mâles étudiés présentent respectivement
7,8 et 11 spinules. Coxa du palpe droit : L 10,0 mm et 1 4,1 mm ; 153 spinules dans l’angle
inféro-interne (pi. II, 3) ; le bord antérieur porte une touffe de soies cuivrées. Chélicères :
chacune est munie de 8 dents sur la marge interne, aucune dent sur la marge externe ;
entre les deux marges il y a 22 denticules pour la chélicère droite (pi. II, 4) et 26 denticules
pour la gauche. Un autre mâle étudié présente 9 dents sur chaque rangée.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
15,5
22,0
10,6
7,9
56,0
II
15,4
20,3
11,0
7,8
54,5
III
13,9
19,3
13,2
7,3
53,7
IV
16,5
21,0
16,4
8,5
62,4
Coxas dépourvues de spinulation (contrairement à celles de P. manicata). Tibia I :
l’éperon terminal est constitué par deux protubérances plus courtes, plus fortes et plus
émoussées que chez P. manicata ; la plus longue protubérance est externe (pi. II, 5 : tibia
1028 —
droit). Palpe gauche (pi. II, 6). Bulbe gauche (pi. II, 7 et 8) : son flagelle est différent de
celui de P. maniccita (style droit chez P. manicata, courbe chez P. phryxotrichoides).
Abdomen : L 17,2 mm et 1 10,2 mm.
Pl. II. — Paraphysa phryxotrichoides Strand, 1907. 1-8 : 1, groupe oculaire; 2, sternum et labium
(spinules) ; 3, coxa du palpe droit (spinules) ; 4, chélicère droite (dents et denticules) ; 5, éperon (tibia I
droit) ; 6, palpe gauche (vue externe) ; 7, bulbe gauche (vue externe) ; 8, bulbe gauche (vue interne).
$ 9-13 : 9, groupe oculaire ; 10, sternum et labium (spinules) ; 11, coxa du palpe droit (spinules) ;
12, chélicère droite (dents et denticules) ; 13, spermathèques. (Échelles — 1 mm.)
Femelle
Longueur totale : 46,5 mm.
Céphalothorax : L 19,8 mm et 1 16,6 mm ; cuivré, aplati ; alors que le mâle présente
une quatrième strie profonde, postérieure, la femelle n’a que trois stries ; couvert d’une
pubescence noire et jaune ; soies à la périphérie du céphalothorax ; fovea courte, droite
et profonde. Yeux (pl. Il, 9) comme chez le mâle. Sternum (pl. II, 10) ; L 10,2 mm et
1 9,3 mm ; comme chez le mâle, mais les trois paires de sigillés sont peu profondes. Labium
(pl. II, 10) : I 4,3 et H 3,0 mm ; muni de 15 spinules dans la moitié apicale. Deux autres
femelles étudiées ont respectivement 9 et 20 spinules. Coxa du palpe droit (pl. II, 11) i
1029
L 9,4 mm et 1 4,1 mm ; 148 spinules dans l’angle inféro-interne. Chélicères munies de 8 dents
sur la marge interne et d’aucune sur la marge externe ; entre les deux marges il y a 21 denti-
cules pour la chélicère droite (pi. II, 12) et 13 pour la gauche.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
14,4
19,5
9,3
6,0
49,2
II
13,3
17,4
8,9
5,9
45,5
III
12,1
15,7
10,1
6,0
43,9
IV
14,5
19,5
14,7
7,1
55,8
Coxas dépourvues de spinules courtes et aiguës (présentes chez P. rnanicata). Méta¬
tarses : même distribution des scopulas que chez P. rnanicata. Tarses : chacun avec deux
griffes nues.
Abdomen : L 24,7 mm et 1 18,6 mm. Longueurs des articles des filières supérieures :
proximal, 5,2 mm ; médian, 2,5 mm; distal, 2,5 mm. Spermathèques (pl. Il, 13).
Répartition géographique : Chili, Argentine.
Remarque : Strand (1907), lors d’une description d’une femelle immature de P. mani -
cata (en provenance de Valparaiso), constate qu’il n’existe aucune description de femelle
adulte de P. rnanicata et pense que si sa femelle appartient à une nouvelle espèce elle devrait
être nommée P. phryxotrichoides. C’est ce que nous faisons ici. Schiapelli et Gerschman
de Pikelin (1963) ont décrit la femelle de P. phryxotrichoides sous le nom de P. rnanicata.
Ce sont les caractères dus à la spinulation des coxas des appendices, ainsi que l’habitus des
exemplaires qui nous incitent à rectifier cette attribution. A Valparaiso, les exemplaires de
Paraphysa (<£ et Ç), récoltés en grand nombre, appartiennent exclusivement à l’espèce
P. phryxotrichoides ; l’espèce P. rnanicata n’a jusqu’ici jamais été signalée de cette région.
Nous n’avons pu étudier le type de Strand, vraisemblablement disparu.
Grammostola spathulata (Pickard-Cambridge F., 1897)
(PL III et IV)
(Pickard-Camrridge, F., 1897, Arachnida, Araneida. Jn : Biology Centr. Am., 2 : 24.)
Matériel étudié : $ holotype n° 850, Mexique, BMNH ; $ n° 004, P. Neira rec,, 29.IX.
1976, Chili (5 e région, El Salto : 71°34' long. W, 32°02' lat. S), MHNV.
Mâle
L’état de conservation du matériel ne permet pas de mesurer la longueur totale du
corps, ni celle de chaque article des pattes.
Céphalothorax : L 23,8 mm et 1 21,6 mm ; large, presque carré, un peu plus étroit
dans sa partie antérieure. Sur l’exemplaire type, il y a des traces d’une abondante pubes¬
cence rougeâtre (cette couleur est très nette près des yeux ; elle s’observe bien chez des
1030 -
Pl. III. — Gramrnostola spathulata (Pick.-Cambr. F., 1897). <$ : 1, groupe oculaire ; 2, sternum et labium ;
3, labium avec spinules ; 4, coxa du palpe droit (spinules) ; 5, chélicère gauche (dents et denticulcs) ;
6, tibia I droit ; 7, éperon (tibia I droit) ; 8, palpe gauche (vue interne) ; 9, bulbe gauche (vue externe) ;
10, bulbe gauche (vue interne). (Échelles = 1 mm.)
exemplaires mâles plus frais de notre propre collection). Des soies plus longues se trouvent
sur le bord postérieur. La partie céphalique n’est que très médiocrement surélevée. Fovea
grande, droite et profonde. Yeux (pl. Ill, 1) : le groupe oculaire est surélevé ; aire oculaire
presque deux fois plus large que haute ; ligne antérieure procurvée, les MA plus éloignés
entre eux qu’avec les LA ; ligne postérieure récurvée, les MP sont les plus petits et sont
très proches des LP. Sternum (pl. III, 2) : L 10,0 mm et 1 9,8 mm ; allongé, et s’élargissant
dans le tiers postérieur ; trois paires de sigillés dont la taille augmente du labium à l’abdo¬
men tout en s’écartant progressivement du bord du sternum. Labium (pl. III, 3) : 1 4,3 mm
et H 3,3 mm; présente 148 spinules à pointe arrondie. Coxa du palpe droit (pl. Ill, 4)
munie de 310 spinules arrondies situées dans l’angle inféro-interne ; le bord antérieur porte
une touffe de soies brunes qui, chez les exemplaires récemment capturés, est de coloration
cuivrée. Chélicères (pl. III, 5) : chacune a 10 dents sur la marge interne et une touffe de
soies cuivrées sur le bord extérieur ; entre les deux, il y a 9 denticules à la base de la rangée
des 10 dents.
- 1031 —
Pattes : Métatarses : les scopulas des pattes I et II s’étendent jusqu’à la partie proxi¬
male de l’article ; les scopulas des pattes III s’étendent jusqu’à la moitié apicale de l’article ;
les scopulas des pattes IV s’étendent jusqu’au quart apical de l’article. Tarses avec deux
griffes ; chaque griffe est munie de 5 ou 6 denticules. Tibia I : l’éperon (pi. III, 6 et 7) est
constitué par deux protubérances : l’externe est plus grande avec une épine courte et
trapue sur le côté intérieur de l’apex ; l’interne est plus courte, avec une épine située à la
base, côté extérieur. Bulbes (pi. III, 8,9 et 10).
Femelle
Longueur totale : 47,5 mm.
Pl. IV. — Grarnmostola spathiilata (Pick.-Cambr. F., 1897). Ç : 1, groupe oculaire ; 2, sternum et labium ;
3, labium avec spinules ; 4, coxa du palpe gauche (spinules) ; 5, chélicère gauche (dents et denticules) ;
6, spermathèques. (Échelles = 1 mm.)
Céphalothorax : L 19,6 mm et 1 18,1 mm : la forme générale est comme chez le mâle ;
la pubescence est constituée par des poils brun sombre et des poils jaunes plus longs et
moins abondants. Yeux (pl. IV, 1) comme chez le mâle. Sternum (pl. IV, 2) : L 12,5 mm
et 111,1 mm ; comme chez le mâle. Labium (pl. IV, 3) : 1 5,0 mm et H 3,5 mm ; avec 160 spi¬
nules arrondies situées dans la moitié apicale. Coxa du palpe gauche (pl. IV, 4) avec 333 spi¬
nules dans l’angle inféro-interne ; la scopula est cuivrée. Chélicères : la gauche (pl. IV, 5)
a 11 dents sur la marge interne et une touffe de soies cuivrées sur le bord extérieur ; entre
les deux il y a 8 denticules en même position que chez le mâle ; la droite a 12 dents et 7 den¬
ticules.
1032 -
Mensurations des pattes (en mm).
F émur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
17,1
21,8
10,4
6,4
55,7
II
15,0
19,3
10,0
6,4
50,7
III
13,0
16,8
10,6
6,4
46,8
IV
16,2
20,6
14,4
7,4
58,6
Métatarse : les scopulas sont comme chez le mâle. Tarses : chacun avec deux griffes,
chaque griffe avec cinq courts denticules. Spermathèques (pi. IV, 6).
Répartition géographique : Néotropicale.
Remarque : F. Pickard-Cambridge (1897) a décrit cette nouvelle espèce sous le
nom de Eurypelma spatulatum n. sp. C’est Simon (Hist. nat. Araignées, II : 935) qui l’a
assignée au genre Grammostola.
Grammostola cala Chamberlin, 1917
(PI. V)
(Chamberlin, R. V., 1917, Bull. Mus. comp. Zool., 61 (3) : 47-49.)
Matériel étudié : $ holotype n° 39, Hassler Exped. rec., Chili (8 e région, Talcahuano :
73°10' long. W, 36°40' lat. S), MCZ.
Longueur totale : 38,0 mm.
Céphalothorax : L 18,5 mm et 1 16,0 mm ; rectangulaire, aplati ; fovea droite et pro¬
fonde. Yeux (pl. Y, 9) : le groupe oculaire est situé sur une bosse de la région céphalique ;
aire oculaire deux fois plus large que haute ; ligne postérieure légèrement récurvée, les MP
proches des LP et plus petits que ces derniers ; ligne antérieure procurvée, les MA plus
éloignés entre eux que les LA. Sternum (pl. V, 1) ; L 9,5 mm et 1 9,0 mm : légèrement plus
long que large ; trois paires de sigillés dont la taille va en croissant du labium à l’abdomen
tout en s’écartant progressivement du bord du sternum ; le sternum est séparé du labium
par un sillon. Labium (pl. Y, 2) : 1 3,8 mm et II 2,7 mm ; 128 spinules dans la moitié api¬
cale. Coxa du palpe gauche (pl. V, 3) rectangulaire, avec l’angle supéro-interne étiré ;
336 spinules situées dans l’angle inféro-interne. Chélicères : le bord extérieur de la gout¬
tière qui loge le crochet de chaque chélicère présente une touffe de soies cuivrées ; la chéli-
cère droite a 9 dents sur le bord interne, la gauche 10 (pl. Y, 10).
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
18,0
22,0
10,5
8,0
58,5
II
16,5
20,0
11,0
8,0
55,5
III
14,0
17,0
12,0
7,5
50,5
IV
16,5
20,0
15,0
9,0
60,5
1033 -
Tibias, basitarses et tarses portent une abondante pilosité jaune brun, parfois des
épines et de nombreuses trichobothries. Poils claviformes uniquement sur le tarse. Coxa 1
gauche avec 47 poils stridulatoires. Tibia I : l’éperon (pl. Y, 7 et 8) avec deux protubérances,
l’externe est plus grande avec une épine vers le haut, l’interne est plus courte avec une
épine à la base. Métatarses : les scopulas des pattes I et II vont jusqu’à la moitié proxi¬
male de l’article, les scopulas des pattes III vont jusqu’au tiers apical de l’article, les
scopulas des pattes IV vont jusqu’au quart apical de l’article. Palpe muni de 29 poils stri¬
dulatoires sur la coxa droite. Bulbe (pl. V, 4,5 et 6) très semblable à celui de G. spathulata.
Pl. V. — Grammostola cala Chamberlin, 1917. : 1, sternum et labium ; 2, labium avec spinules ; 3, coxa
du palpe gauche (spinules) ; 4, palpe gauche ; 5, bulbe gauche (vue interne) ; 6, bulbe gauche (vue
externe) ; 7, éperon (tibia I gauche) ; 8, tibia I gauche ; 9, groupe oculaire ; 10, chélicère gauche (dents).
(Échelles = 1 mm.)
Répartition géographique : Brésil, Chili.
Remarque : Après l’examen des deux mâles holotypes de G. spathulata et de G. cala,
il nous apparaît que certaines structures sont fort semblables, par exemple : 1) la structure
des bulbes copulateurs ; 2) les éperons des tibias de la première paire de pattes ; 3) la spi-
nulation du labium et de la coxa du palpe ; 4) la dentition des chélicères ; 5) la disposition
des sigillés sternales. Il paraît vraisemblable que les deux espèces s’avèrent identiques ;
dans ce cas, ce serait le nom d’espèce de G. spathulata qui aurait la priorité. La femelle
de G. cala est encore inconnue.
4, 14
1034 —
Phrixotrichus scrofa (Molina, 1788)
(PI. VI)
(Molina, J. I., 1788, Compend. Hist, geogr. nat. civ. Reino Chile, 1 : 236.)
Matériel étudié : $ (Boc. 250), Chili, MNHN.
Pl. VI. — Phrixotrichus scrofa (Molina, 1788). c? : 1, groupe oculaire; 2, sternum et labium; 3, labium
avec spinules ; 4, coxa du palpe gauche (aire des spinules) ; 5, coxa du palpe gauche (spinules) ; 6, ché-
licère gauche (dents et denticules) ; 7, éperon (tibia I droit) ; 8, palpe droit (vue externe) ; 9, bulbe
gauche (vue externe) ; 10, bulbe gauche (vue interne). (Échelles = 1 mm.)
Longueur totale : 31, 5 mm.
Céphalothorax : L 19,0 mm et 1 18,0 mm ; aplati, présentant de chaque côté quatre
stries prolongées jusqu’à la fovea ; partie céphalique noire et légèrement surélevée ; partie
thoracique plus basse et de coloration brun obscur. Yeux (pl. VI, 1) : groupe oculaire élevé ;
ligne antérieure légèrement procurvée, MA avec un disque central plus chitinisé ; ligne
postérieure récurvée, les MP sont plus petits et plus réduits par une chitinisation posté¬
rieure. Sternum (pl. VI, 2) ; I- 10,0 mm et 1 10,0 mm ; trois paires de sigillés latérales dont
la taille augmente du labium à 1 abdomen tout en s’éloignant progressivement du bord
du sternum. Labium (pl. VI, 3) : 1 4,7 mm et H 3,1 mm ; 7 spinules dans la partie apicale.
Coxa du palpe gauche (pl. VI, 4 et 5) : L 10,0 mm et 1 5,0 mm ; le bord antérieur porte
une touffe de soies cuivrées ; l’angle inféro-interne présente 115 spinules. Chélicères : le
bord extérieur de la gouttière qui loge le crochet de chaque chélicère présente une touffe
- 1035 -
de soies cuivrées ; la marge interne a 7 dents (et 3 dentieules entre les deux bords) dans
la chélicère gauche (pi. VI, 6) et 8 dents (et 6 dentieules entre les deux bords) dans la ché-
licère droite.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
22,0
11,0
17,0
9,0
79,0
II
18,5
26,0
14,0
7,5
66,0
III
16,0
20,0
14,0
8,0
58,0
IV
17,0
23,0
16,0
8,5
64,5
Tibia I (pi. VI, 7). Métatarses : la scopula de la patte 1 s’étend jusqu’à la moitié api¬
cale de l'article ; la scopula de la patte II s’étend jusqu’au tiers apical de l’article ; la sco¬
pula de la patte III s’étend jusqu’au quart apical de l’article; la scopula de la patte IV
va jusqu’au sixième apical de l’article. Palpe (pi. VI, 8). Bulbe (pi. VI, 9 et 10).
Répartition géographique : Chili.
Remarque : Le type, décrit par Molina (1788), a disparu. La femelle est connue.
Phrixotrichus parvulus Pocock, 1903
(PI. VII)
(Pocock, R. I., 1903, Ann. Mag. nai. Hist ., (7), 11 : 107.)
Matériel étudié : holotype n° 1897.7.18.16, Colonel Hayes Sadler ree., Chili (5 e région,
Valparaiso : 71°40' long. W, 33°05' lat. S), BMNH.
Longueur totale : 17,0 mm.
Céphalothorax : L 10,4 mm et 1 9,6 mm ; aplati et couvert d’une pubescence jaune
et noire, la pubescence noire dominant ; partie céphalique un peu plus surélevée que la
thoracique ; la fovea est écrasée. Yeux (pi. VII, 1) : groupe oculaire élevé ; ligne antérieure
procurvée, MA petits et plus éloignés entre eux qu’avec les LÀ ; ligne postérieure récurvée,
les MP proches des LP et plus petits que ces derniers, les MP ont le bord postérieur un peu
chitinisé. Sternum (pi. VII, 2) : il est détruit dans son tiers postérieur ; sa longueur et sa
largeur approximatives sont respectivement de 4,5 et 4,0 mm ; il présente trois paires de
sigillés dont la taille augmente du labium à l’abdomen tout en s’éloignant progressivement
du bord du sternum. Labium (pi. VII, 3) : 1 1,8 mm et H 1,1 mm ; 18 spinules arrondies
dans la moitié apicale. Coxa du palpe (pi. VII, 4) : le bord antérieur présente une touffe
de soies cuivrées à la base et jaunes au sommet ; il y a 68 spinules dans l’angle inféro-interne
sur la coxa gauche (pi. VII, 4) et 60 sur la droite. Chélicères : le bord extérieur de la gout¬
tière qui loge le crochet de chaque chélicère a une touffe de soies cuivrées ; le bord inté¬
rieur a 8 dents (et 5 dentieules entre les deux bords à proximité de la grande dent basale)
pour la chélicère gauche (pi. VII, 5) et 9 dents (et 4 dentieules) pour la chélicère droite.
1036 -
Pl. VII. — Phrixotrichus parvulus Pocock, 1903. : 1, groupe oculaire ; 2, sternum (tiers supérieur) ;
3, labium avec spinules ; 4, coxa du palpe gauche (aire des spinules) ; 5, chélicère gauche (dents et
denticules) ; 6, tibia I gauche ; 7, éperon (tibia I gauche) ; 8, bulbe droit (vue externe) ; 9, bulbe droit
(vue interne) ; 10, palpe gauche (vue externe). (Échelles = 1 mm.)
Pattes : toutes sont séparées du céphalothorax ; le créateur de l’espèce indique dans
sa description originale : « longueur des pattes, 4, 1, 2, 3 (28, 24, 23, 20 mm). Tibia et méta¬
tarse de III et 1Y ainsi que tibia de I et II portent de fortes épines. Métatarses I et II
munis d’une épine apicale par dessous, II avec une seconde épine basale. Les métatarses I
et II sont couverts sur leur moitié distale par une scopula, qui est strictement apicale sur
le métatarse IV.» Tibia I : éperon (pl. VII, 6 et 7) avec deux protubérances, l’externe plus
grande avec trois épines, l’interne plus courte avec une épine. Tarses munis de deux griffes
nues. Palpe et bulbe (pl. VII, 8, 9 et 10).
Abdomen très déformé sur l’échantillon : L 10,3 mm et 1 5,1 mm.
Répartition géographique : Chili.
Remarque : La femelle est encore inconnue.
Eurypelma aberrans Chamberlin, 1917
(Pl. VIII)
(Chamberlin, R. V., 1917, Bull. Mus. comp. Zool., 61 (3) : 51-52.)
Matériel étudié : $ holotype n° 52, Chili (5 e région, Casablanca : 71°25' long. W, 33 ô 20'
lat. S), MCZ.
1037 -
Longueur totale : 48,0 mm.
Céphalothorax : L 24,7 mm et 1 22,5 mm ; aplati ; fovea grande, droite et profonde.
Yeux (pi. VIII, 1) : aire oculaire presque deux fois plus large que haute ; ligne antérieure
procurvée, MA avec disque central plus chitinisé ; ligne postérieure récurvée, MP avec
bord postéro-externe anguleux. Sternum (pi. VIII, 2) : L 10,8 mm et 1 9,6 mm ; forme
allongée ; avec trois paires de sigillés dont la taille augmente du labium à l’abdomen tout
en s’éloignant progressivement du bord du sternum. Labium (pi. VIII, 3) : 1 4,0 mm et
H 3,0 mm ; il n’y a pas de spinules, mais il est possible de compter 26 cupules (les spinules
ont dû tomber). Coxa du palpe gauche (pi. VIII, 5) : L 9,5 mm et 1 5,1 mm ; le bord anté¬
rieur présente une touffe de soies cuivrées ; 125 spinules dans l’angle inféro-interne. Chéli-
cères : une touffe de soies cuivrées sur le bord extérieur de la gouttière de chaque chéli-
cère ; chélicère gauche (pi. VIII 4) avec 8 dents sur la marge inférieure et 16 denticules
entre les deux marges ; 9 dents et 14 denticules pour la chélicère droite.
Pl. VIII. — Eurypelrna aberrans Chamberlin, 1917. $ : 1, groupe oculaire; 2, sternum et labium;
3, labium avec spinules ; 4, chélicère gauche (dents et denticules) ; 5, coxa du palpe gauche (spinu¬
les) ; 6, filières (vue ventrale). (Échelles = 1 mm.)
Mensurations des
Fémur
Tibia et patella
I
14,2
20,0
II
13,0
18,0
III
12,0
16,1
IV
15,5
20,0
pattes (en mm).
Métatarse
Tarse
Total
9,1
6,2
49,5
9,1
6,8
46,9
11,0
7,0
46,3
15,0
8,0
58,5
— 1038 —
Métatarses : la scopula de la patte 1 s’étend sur tout l’article ; celle de la patte II
jusqu’au deux tiers apical, celle de la patte III jusqu’à la moitié et celle de la patte IV
jusqu’au sixième apical de l’article. Tarses avec deux grilles nues.
Abdomen : L 16,0 mm et 1 17,0 mm. Filières (pi. VIII, 6).
Répartition géographique : Chili.
Remarque : Chamberlin (1917) a décrit ce type comme étant une femelle adulte.
L’examen attentif de la région génitale montre qu’il n’y a pas de spermathèque et que
l’ouverture génitale est fermée. Nous concluons qu’il s’agit d’un mâle immature et rectifions
en conséquence. La femelle est encore inconnue tout comme le mâle adulte.
Cenobiopelma argentinensis Mello-Leitâo, 1941
(PI. IX)
(Mf.llo-Leitâo, C. F., 1941, Revta Mus. La Plata, 2 : 104.)
Matériel étudié : $ n° 005, R. Calderon-Gonzalez rec., 28.IV.1980, Chili (7 e région,
40 km à l’ouest de Curico : 71°30' long. W, 35°02' lat. S), MHNV. Holotype non examiné.
Longueur totale : 17,0 mm.
Céphalothorax : L 7,8 mm et 1 6,6 mm ; jaune obscur, partie céphalique un peu plus
surélevée que la thoracique ; fovea grande, transversale et légèrement récurvée. Yeux
(pi. IX, 1) : groupe oculaire peu surélevé, 1 1,2 mm et H 0,9 mm ; ligne antérieure pro-
curvée, MA plus petits que les LA et plus éloignés entre eux que les LA ; ligne postérieure
presque droite, les MP très proches des LP. Sternum (pi. IX, 2) : L 3,7 mm et 1 3,6 mm ;
trois paires de sigillés dont la taille augmente du labium à l’abdomen tout en s’écartant
progressivement du bord du sternum ; il y a un grand sillon entre le sternum et le labium.
Labium (pi. IX, 2) : 1 1,4 mm et H 0,7 mm ; sans spinule. Coxas des palpes : bord antérieur
avec une touffe de poils cuivrés et muni de 17 spinules arrondies dans l’angle inféro-interne
des coxas droite (pi. IX, 3) et gauche (pi. IX, 4). Chélicères : les deux bords portent une
touffe de poils cuivrés ; la marge interne de la chélicère gauche a 9 dents et, entre les deux
bords, 7 denticules (pi. IX, 5) ; chez la droite il y a 9 dents et 6 denticules.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
6,0
6,3
2,8
2,1
17,2
II
5,0
5,0
2,5
2,1
14,6
III
5,0
5,0
3,3
2,5
15,8
IV
6,6
7,5
6,8
3,3
24,2
Tarses et métatarses présentent des scopulas dont la partie médiane est occupée par
des rangées de longues épines séparant la scopula en deux parties. Métatarses : les scopulas
des pattes I, II et III vont jusqu’à la moitié apicale de l’article, la scopula de la patte IV
- 1039 -
se présente comme deux rangées de poils des deux côtés de la ligne médiane d’épines et
va jusqu’aux deux tiers apical de l’article. Tarses : I et II sont divisés par 3 rangées de soies,
III et IV par 4 à 5 rangées de soies (pi. IX, 6) ; chaque tarse avec deux griffes sans dents.
Trichobothries : tibias : 2 rangées ; métatarses : le IV a une rangée de 11 trichobothries et
une zone latérale proximale de 10 trichobothries ; tarses : le IV avec trichobothries et poils
claviformes (pi. IX, 7 : tarse IV droit).
J L.
IX — Cenobiopelma argentinensis Mello-Leitâo, 1941. $ : 1, groupe oculaire ; 2, sternuin et labium ;
Ü5 t Æï ÏZ& œ» ««SS- u si
poils claviformes (.)) ; 8, spermatheques. (Echelles — 1 mm.)
Abdomen : L 9,1 mm et 1 5,0 mm ; étroit et long, couvert de poils noirs abondants,
parsemé de quelques poils clairs. Longueurs des articles des filières supérieures : prox.mal,
12,5 mm ; médian, 7,5 mm ; distal, 15,8 mm. Spermatheques (pi. IX, 8).
Répartition géographique : Argentine, Chili.
Remarque : L’espèce est signalée ici pour la première fois du Chili. Mello-Leitao
(1941) a décrit l’espèce sur des exemplaires originaires d’Argentine.
1040 —
Migas vellardi Zapfe, 1961
(PL X)
(Zapfe, H., 1961, Investîtes zool. chil., 7 : 153-155.)
Matériel étudié : £ holotype n° 3637, H. Zapfe rec., Chili (4 e région, La Herradura : 71°51'
long. W, 30°00' lat. S), MNHNS.
Longueur totale : 7,5 mm.
Céphalothorax : L 4,6 mm et 1 4,0 mm (pi. X, 1) ; de configuration presque ovale ;
tronqué vers l’avant et vers l’arrière ; la moitié antérieure légèrement surélevée ; s’aplatit
progressivement vers l’arrière à partir de la fovea ; brun rougeâtre, sans poils ; fovea grande,
superficielle, récurvée. Yeux (pi. X, 2) : 1 1,8 mm et H 0,7 mm ; ligne antérieure procurvée,
LA sont les plus grands de tous les yeux, MA plus petits et plus proches entre eux qu’avec
les LA ; ligne postérieure récurvée, LP très petits, MP un peu plus grands et plus proches
des LP qu’entre eux. Sternum (pi. X, 3) : L 2,8 mm et 1 2,2 mm ; plus large dans le tiers
postérieur ; les sigillés ne sont pas apparentes. Labium (pi. X, 3) : 1 0,7 mm et H 0,5 mm ;
sans spinules. Coxas des palpes (pi. X, 4) avec une petite scopula grise dans le bord anté¬
rieur ; sans spinules. Chélicères (pi. X, 5) : chaque bord de la gouttière qui loge le crochet
a quelques poils (très peu) et porte 4 dents ; dans la gouttière de la chélicère droite il y a
14 denticules et 7 dans la chélicère gauche.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
4,5
5,6
2,7
1,1
13,9
II
3,8
5,0
2,5
1,1
12,4
III
3,3
4,0
2,4
1,1
10,8
IV
4,1
5,7
3,3
1,3
14,4
Tibia I (pi. X, 7) et II : patellas et fémurs I et 1 1 avec de fortes épines, fémurs III et IV
sans épines. Palpe (pi. X, 8). Bulbe (pi. X, 9 et 10). Métatarses : I et II aplatis, sans sco¬
pula, mais avec quelques poils longs au-dessous et une rangée d’épines fortes à chaque bord
latéral (comme chez C. coronatus) ; III sans scopula ; IV avec une scopula jusqu’à la moitié
apicale de l’article. Tarses munis d’une scopula et de trois griffes ; les griffes supérieures ont
une rangée de dents, l’inférieure est nue (pi. X, 6).
Abdomen : L 3,3 mm et 1 3,0 mm ; jaune avec une tache grise au-dessus d’après la
description originale ; actuellement, sous l’effet du liquide conservateur, gris avec une
tache claire ; pilosité fine et courte. Filières : 4 filières situées presque à la même hauteur,
les deux antérieures sont fines et plus courtes que l’article basal des filières extérieures,
les articles moyens et apicaux sont très courts.
Répartition géographique : Chili.
Remarque : La femelle de l’espèce est inconnue.
1041 —
Pl. X. — Migas vellardi Zapfe, 1961. £ : 1, céphalothorax (yeux et fovea) ; 2, groupe oculaire ; 3, ster¬
num et labium ; 4, coxa du palpe gauche (pas de spinules) ; 5, chélicères droite et gauche (dents et
denticules) ; 6, tarse I droit (griffes) ; 7, tibia I gauche (épines) ; 8, palpe gauche (vue externe) ;
9, bulbe gauche (vue interne) ; 10, bulbe gauche (vue externe). (Échelles = 1 mm.)
Heteromigas bonneti Zapfe, 1961
(Pl. XI)
(Zapfe, H., 1961, Investnes zool. chil., 7 : 152-153.)
Matériel étudié : $ holotype n° 3636, H. Zapfe rec., Chili (4 e région, La Herradura : 71°51'
long. W, 30°00' lat. S), MNHNS.
Longueur totale : 11,6 mm.
Céphalothorax (pl. XI, 1) : L 5,8 mm et 1 5,4 mm ; brun sombre, sans pilosité, excepté
quelques soies dans l’aire oculaire ; plus large dans le tiers antérieur, se rétrécit dans la
partie postérieure ; le pourtour présente un rebord ; la région thoracique est aplatie alors
que la céphalique est très surélevée ; entre ces deux régions se trouve une fovea, large,
profonde et procurvée. Yeux (pl. XI, 2) : 1 2,4 mm et H 0,7 mm ; ligne antérieure légère¬
ment procurvée, MA plus proches entre eux qu’avec les LA ; ligne postérieure récurvée,
MP sont les plus petits et sont plus proches des LP qu entre eux. Sternum (pl. XI, 3) :
1042 —
L 4,5 mm et 1 2,5 mm ; plus large dans la moitié postérieure avec trois paires de sigillés
proches de la ligne médiane. Labium (pi. XI, 3) : 1 1,3 mm et H 1,0 mm ; sans spinules.
Coxas des palpes (pi. XI, 4) : elles ont une petite scopula jaune sur le bord antérieur ;
sans spinules. Chélicères (pi. XI, 1) longues avec des soies sur le bord antérieur ; il y a peu
de poils sur les bords de la gouttière qui loge le crochet ; la chélicère gauche (pi. XI, 6)
a 6 dents sur le bord interne, 3 sur l’externe et 7 denticules au centre ; la chélicère droite
(pi. XI, 5) a 7 dents sur le bord intérieur, 3 sur l’extérieur et 7 denticules au centre.
Pl. XI. — Heteromigas bonneti Zapfe, 1961. <$ : 1, céphalothorax (chélicères, yeux et fovea) ; 2, groupe
oculaire ; 3, sternum et labium ; 4, coxa du palpe gauche (pas de spinules) ; 5, chélicère droite (dents
et denticules) ; 6, chélicère gauche (dents et denticules) ; 7, tarse I droit (griffes) ; 8, tibia I gauche
(épines) ; 9, tibia I gauche (épines apicales) ; 10, palpe gauche (vue externe) ; 11, bulbe gauche (vue
externe) ; 12, bulbe gauche (vue interne). (Échelles = 1 mm.)
Mensurations des
Fémur
Tibia et patella
I
4,3
5,0
II
3,9
4,3
III
4,0
3,5
IV
4,9
5,0
pattes (en mm).
Métatarse
Tarse
Total
2,8
1,8
13,9
2,7
1,7
12,6
2,6
2,4
12,5
3,5
2,5
15,9
— 1043 -
Tibia I (pi. XI, 8 et 9) : deux épines fortes dans la zone apicale ventrale interne. Tibias
et métatarses munis d’épines, spécialement au-dessus de la patella III, quelques-unes sur
la IY ; métatarses sans scopulas. Tarses avec scopulas discrètes et trois griffes avec une
rangée de dents chacune (pi. XI, 7). Palpe gauche (pi. XI, 10). Bulbe (pi. XI, 11 et 12).
Abdomen : L 6,0 mm et 1 4,9 mm ; brun sombre (rouge dans la description originale) ;
présente un dessin blanc en V inversé sur le dos. Filières : quatre fdières situées presque
à la même hauteur ; les deux intérieures sont fines et plus courtes que l’article basal des
filières extérieures ; les articles moyens et apicaux sont très courts.
Répartition géographique : Chili.
Remarque : La femelle de l’espèce est inconnue.
Calathotarsus coronatus Simon, 1903
(PI. XII)
(Simon, E., 1903, Annls Soc. ent . Belg ., 47 : 21.)
Matériel étudié : Ç n° 006, R. Calderon-Gonzalez rec., 26.VIII.1981, Chili (5 e région,
Cerro La Campana : 71°06' long. W, 32°58' lat. S), MHNV.
Longueur totale : 17,0 mm.
Céphalothorax : L 6,5 mm et 1 5,2 mm ; large, presque carré, avec quelques poils dans
l’aire oculaire et sur son pourtour ; région céphalique très surélevée et région thoracique
aplatie ; la fovea, située entre ces deux régions, est profonde et récurvée. Yeux (pi. XII, 1) :
ligne antérieure légèrement récurvée, MA ronds et plus petits que les autres yeux, LA sont
les plus grands ; ligne postérieure très récurvée, les MP plus grands que les LP. Sternum
( P l. XII, 2) : L 6,9 mm et 1 4,5 mm ; plus long que large, s’élargissant dans le tiers médian ;
les sigillés ne sont pas caractéristiques ; deux zones plus claires et enfoncées au tiers posté¬
rieur et près de la ligne médiane ; 5 à 6 petits renfoncements (à bord chitinisé) de chaque
côté. Labium (pl. XII, 2) : 1 1,7 mm et H 1,4 mm; muni de 6 spinules dont chacune a la
forme d une pointe de flèche. Coxas des palpes : scopula abondante, jaune rougeâtre sur
le bord antérieur ; 16 spinules sur la coxa gauche (pl. XII, 3) et 24 sur la droite. Chélicères :
article basal fort ; le bord interne supérieur présente une rangée de longues épines, plus
fortes et pointues près du bord antérieur (pl. XII, 4) ; présence d'un rateau difficile à voir
chez les jeunes ; le bord extérieur de la gouttière a une abondante scopula rouge-jaune et
4 grandes dents, le bord intérieur présente une scopula moins abondante et 4 dents un
peu plus petites, entre les deux bords on dénombre 9 denticules (pl. XII, 5) ; crochet :
le bord supérieur porte deux arêtes longitudinales.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
5,3
5,8
2,6
1,1
14,8
II
4,6
5,3
2,5
1,1
13,5
III
4,0
5,0
3,3
1,6
13,9
IV
5,3
7,6
4,5
1,8
19,2
1044 -
Pl. XII. — Calathotarsus coronatus Simon, 1903. $ : 1, céphalothorax (chélicères, yeux et fovea) ; 2, ster¬
num, labium et coxas des palpes ; 3, coxa du palpe gauche (spinules) ; 4, chélicère gauche (zone apicale
interne de l’article basal) ; 5, chélicère gauche (dents et denticules) ; 6, pattes I (tibia, métatarse et
tarse : vue latérale) ; 7, métatarse I (vue dorsale : trichobothries apicales) ; 8, trichobothries du tarse
et métatarse I (l’état de conservation du matériel nous a permis de reconstituer les articles « éclatés ») ;
9, spermathèques ; 10, filières (vue ventrale) ; 11, trichobothries du tibia I. (Échelles = 1 mm.)
Fémurs : ils présentent sur le dessus une ou deux rangées d’épines fines et courtes ;
le palpe, les pattes I et II ont en dessous des épines plus longues et disposées sans ordre.
Patellas : le palpe est muni de deux fortes épines sur le bord antérieur ; le palpe, les pattes I
et II ont deux rangées d’épines longues et fines en position dorsale, sur la patte III le
nombre d’épines va en augmentant de la partie proximale à la partie distale, les parties
proximales et antéro-dorsales ont toutes des épines solides, courtes et abondantes, remplacées
dans la partie distale par des épines plus longues et fines. Tibias : le palpe possède une épine
longue et forte sur le bord antérieur et d’abondantes épines courtes et fortes sur la région
dorsale ; les pattes I (pl. XII, 6) et II sont aplaties avec 6 fortes et grandes épines sur le
bord antérieur et 10 sur le bord postérieur ; les trichobothries sont disposées sur 2 rangées,
une antérieure avec 2 trichobothries et une postérieure avec 3 trichobothries (pl. XII, 11) ;
la patte III est normale, avec d’abondantes épines fines et 9 trichobothries sur la ligne
1045 -
antérieure et 3 sur la ligne postérieure ; la patte IV est sans épines, deux trichobothries
sur la ligne antérieure et 4 sur la ligne postérieure. Métatarses : pattes I et II, même spinu-
lation que pour les tibias I et II (pi. XII, 6), trichobothries uniquement sur la partie api¬
cale (pi. XII, /) ; patte III avec d’abondantes épines courtes, trichobothries sur deux
rangées, un peigne apico-ventral ; patte IV presque sans spinulation, une rangée de tricho¬
bothries et un peigne apico-ventral. Tarses : le palpe, les pattes I et II ont des épines sur
les bords antérieur et postérieur ; les pattes I, II et III présentent une disposition des tri¬
chobothries fort différente des autres mygalomorphes néotropicales : elles sont regroupées
en une zone au lieu d’être en lignes (pi. XII, 8) ; la patte IV a des trichobothries en deux
rangées.
Abdomen : L 7,8 mm et 1 5,6 mm. Spermathèques (pi. XII, 9). Filières : les antérieures
à un seul article (0,8 mm), les postérieures à trois articles (proximal, L 1,0 mm ; moyen,
L 0,7 mm ; distal, L 0,4 mm).
Répartition géographique : Chili.
Remarque : Le type décrit par Simon (1903) est un immature. Schiapelli et Gersch-
man de Pi kelin (1973 et 1975) ont décrit une nouvelle espèce, C. simoni , de la région
de Buenos Aires avec des types mâle et femelle. Il est fort vraisemblable que le type femelle
de C. simoni soit synonyme de C. coronatus ; dans ce cas ce serait la première femelle adulte
décrite de cette espèce. Il en est de même du type mâle ; en effet, les mâles de C. coronatus
sont encore inconnus.
Lycinus gajardoi (Mello-Leitâo, 1940)
(PI. XIII)
(Mello-Leitâo, C. F., 1940a, Revta chil. Hist, nat., 44 : 233-234.)
Matériel étudié : $ n° 007, L. Le Fort rec., 26.VI.1976, Chili (5 e région, Dunas Concon,
71°30' long. W, 32°52' lat. S), MHNV ; £ n° 008, E. Lineros rec., 16.III.1967, Chili (5 e région,
Dunas Concon : 71°30' long. W, 32<>52' lat. S), MHNV.
Femelle
Longueur totale : 20,0 mm.
Céphalothorax : L 8,0 mm et 1 6,6 mm ; jaune, rectangulaire, aplati dans la région
thoracique et très surélevé dans la céphalique ; fovea transversale et procurvée. Yeux
(pi. XIII, 1) : groupe oculaire (1 1,3 mm et H 0,9 mm) peu élevé ; ligne antérieure pro¬
curvée, MA plus grands et plus éloignés entre eux que les LA ; ligne postérieure légèrement
procurvée, MP plus petits et très près des LP. Sternum (pi. XIII, 2) : L 3,7 mm et 1 3,6 mm ;
de forme ovale, il a trois paires de sigillés qui augmentent de taille du labium à l’abdomen
tout en s’écartant progressivement du bord du sternum. Labium (pi. XIII, 2) : 1 1,7 mm
et H 0,7 mm, sans spinules. Coxas des palpes : bord antérieur avec une touffe de soies
cuivrées, la coxa droite (pi. XIII, 3) a 15 spinules arrondies, la coxa gauche en possède 4.
Chélicères : le bord extérieur avec une scopula cuivrée ; la chélicère gauche (pi. XIII, 4)
— 1046 -
présente sur le bord intérieur quelques poils et une rangée de 7 dents (12 denlicules
entre les deux bords) ; la chélicère droite a 7 dents (14 denticules entre les deux bords) ;
la marge antérieure a des soies rigides qui deviennent plus courtes et épaisses vers l’inté¬
rieur et sur la partie dorsale (caractéristique des mygales maçonnes).
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
5,8
6,6
4,1
3,3
19,8
II
5,3
5.6
3,6
3,1
17,6
III
4,5
4,6
5,3
4,1
18,5
IV
5.5
6,6
7,5
5,0
24,6
Tibias : deux lignes de trichobothries. Métatarses : 1 et 11 avec une scopula s’étendant
sur tout l’article, III jusqu’au tiers apical, IY jusqu’au cinquième apical ; il y a un ver-
ticille d’épines dans la partie apicale des métatarses III et IV ; une ligne de trichobothries.
Tarses : III et IV avec scopulas divisées par 2 à 3 rangées de soies ; chaque tarse présente
2 griffes pectinées et une ligne de trichobothries.
Pl. XIII. — Lycinus gajardoi (Mello-Leitâo, 1940). Ç 1-6 : 1, groupe oculaire ; 2, sternum et labium ;
3, coxa du palpe droit (spinules) ; 4, chélicère gauche (dents et denticules) ; 5, filières (vue ventrale) ;
6, spermathèques. 7-14 : 7, groupe oculaire ; 8, sternum et labium ; 9, coxa du palpe gauche (spi¬
nules) ; 10, chélicère droite (dents et denticules) ; 11, tibia I gauche (épines apicales) ; 12, palpe droit ;
13, bulbe gauche (vue externe) ; 14, bulbe gauche (vue interne). (Échelles = 1 mm.)
- 1047 -
Abdomen : L 10,5 mm et 1 6,6 mm ; jaune, avec une ligne brune médiane dorsale ;
de cette ligne sortent de chaque côté 6 lignes transversales et dans la partie tout à fait
postérieure 4 petites lignes. Filières (pi. XIII, 5). Spermathèques (pi. XIII, 6).
Mâle
Longueur totale : 24,1 mm.
Céphalothorax : L 11, 6 mm et I 10,1 mm ; en comparaison avec la femelle, la région
céphalique est tout aussi relevée alors que la région thoracique l’est davantage ; ovoïde,
brun obscur; fovea transversale et procurvée. Yeux (pi. XIII, 7) comme chez la femelle ;
aire oculaire : 1 1,6 mm et H 1,2 mm. Sternum (pi. XIII, 8) : L 5,2 mm et 1 5,0 mm ; comme
chez la femelle. Labium (pi. XIII, 8) : 1 1,9 mm et H 1,1 mm; sans spinulation. Coxas
des palpes : le bord antérieur a une scopula cuivrée, clairsemée ; le bord inféro-interne de
chaque coxa possède 18 soies rigides, sombres, fort différentes des spinules arrondies de la
femelle et des autres espèces (pi. XIII, 9 : coxa gauche). Chélicères comme chez la femelle,
mais la chélicère droite a 6 dents et 12 denticules entre les deux bords (pi. XIII, 10) et
la chélicère gauche 12 dents et 13 denticules ; les soies du bord antérieur sont moins rigides
et moins abondantes.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
11,8
11,6
10,8
8,6
42,8
II
11,0
11,1
10,8
8.6
41,5
III
10,1
9,6
13,8
10,0
43,5
IV
12,8
12,6
15,8
11,3
52,5
Métatarses : I et II avec scopulas s’étendant jusqu’à la moitié de l’article; III sco¬
pula jusqu’au quart apical et IV jusqu’au sixième apical de l’article ; les scopulas des
métatarses III et IV sont légèrement divisées par une ligne de soies rigides. Tarses (pi. XIII,
11). Palpe (pi. XIII, 12). Bulbe (pi. XIII, 13 et 14).
Abdomen : L 10,3 mm et 1 6,3 mm ; sur le dos il y a six lignes transversales brunes,
larges dans la partie antérieure et étroites vers la partie postérieure ; soies jaunes et longues.
Répartition géographique : Chili.
Remarque : C’est la première fois que la femelle de L. gajardoi est décrite. Les exem¬
plaires étudiés ici proviennent de pièges de Barber, placés à proximité de la mer. Mello-
Leitâo (1940a) avait créé un nouveau genre pour cette espèce ( Parachubutia ) mais Schia-
pelli et Gerschman de Pikelin (1967) l’ont mis en synonymie avec le genre Lycinus
Thorell, 1894. Depuis la création de l’espèce, d’autres exemplaires mâles ont été signalés
du Chili. Zapfe (1963) a décrit cette espèce sous le nom de Levina epipiptusa ; la synonymie
de cette nouvelle espèce, appartenant à un nouveau genre, avec L. gajardoi a été reconnue
par Schiapelli et Gerschman de Pikelin (1973).
1048 -
Lycinus longipes Thorell, 1894
(PL XIV)
(Thorell, T., 1894, Bih. k. Svenska Vetensk. Akad. Handl., 20 (4) : 37.)
M atériel étudié : $ n° 009, E. Lineros rec., 16-111.1967, Chili (5 e région, Dunas Concon :
71°30' long. W, 32°52 / lat. S), MHNV.
Longueur totale : 25,3 mm.
Céphalothorax : L 11,6 mm et 1 10,1 mm ; ovoïde, hrun obscur, plus élevé dans la
région céphalique ; fovea transversale, profonde et procurvée. Yeux (pi. XIV, 1) : groupe
oculaire (1 1,9 mm et H 1,4 mm) peu élevé ; ligne antérieure très procurvée, MA sont les
plus grands, plus éloignés entre eux qu’avec les LA ; ligne postérieure procurvée, MP plus
petits et proches des LP. Sternum (pi. XIV, 2) : L 5,3 mm et 1 5,2 mm ; ovoïde avec trois
paires de sigillés qui augmentent de taille de l’avant à l’arrière tout en s’éloignant du bord
du sternum. Labium (pi. XIV, 2) : 1 2,0 mm et H 1,0 mm ; sans spinules. Coxas des palpes :
le bord antérieur a une scopula cuivrée, pas de spinules ni de soies rigides sur le bord inféro-
interne (pi. XIV, 3). Chélicères : le bord extérieur de la gouttière logeant le crochet a une
scopula cuivrée ; le bord intérieur a quelques poils, 5 dents et 20 denticules pour la ché-
licère droite (pi. XIV, 4), 5 dents et 15 denticules pour la gauche (pi. XIV, 5).
Pl. XI\ . — Lycinus longipes Thorell, 1894. £ : 1, groupe oculaire ; 2, sternum et labium ; 3, coxa du
palpe droit ; 4, chélicère droite (dents et denticules) ; 5, chélicère gauche (dents et denticules) ; 6, filières
(vue ventrale) ; 7, palpe droit (vue externe) ; 8, bulbe gauche (vue externe) ; 9, bulbe gauche (vue
interne). (Échelles = 1 mm.)
1049 -
Pattes : toutes très longues et séparées du prosoma sur notre échantillon ; il est très
dillicile de les identifier. Tarses munis de 2 griffes bipectinées. Palpe (pi. XIV, 7). Bulbe
(pi. XIV, 8 et 9).
Abdomen : L 14,0 mm et 1 8 mm ; brun, couvert de poils jaunes, fins et courts. Filières
(pi. XIV, 6).
Répartition géographique : Chili, Argentine.
Remarque : La femelle de cette espèce est inconnue.
Tryssothele pissii (Simon, 1889)
(PI. XV)
(Simon, E., 1889, Annls. Soc. ent. Fr ., (6) 8 : 221.)
Matériel étudié : $ syntype n° 9587, Chili, MNHN ; $ n° 010, R. Calderon-Gonzalez
rec., 31.III.1978, Chili (5« région, Granizo : 71«08' long. W, 33°07' lat. S), MNHV.
Femelle
Longueur totale : 27,0 mm.
Céphalothorax : L 13,6 mm et 1 11,3 mm ; ovoïde, aplati ; fovea courte, légèrement
procurvée et profonde, avec une petite échancrure perpendiculaire sur la marge posté¬
rieure. Yeux (pi. XV, 1) : groupe oculaire 1 2,0 mm et H 1,0 mm ; ligne antérieure pro¬
curvée et ligne postérieure récurvée. Sternum (pi. XV, 2) : L 6,7 mm et 1 5,5 mm ; ovoïde
avec trois paires de sigillés augmentant de taille vers l’arrière tout en s’éloignant du bord
du sternum. Labium (pi. XV, 2) : 1 2,1 mm et II 1,1 mm, sans spinules. Coxas des palpes
(pl. XV, 3) : bord antérieur avec une épaisse scopula rouge-jaune ; 14 spinules sur l’angle
proximal et antérieur de chaque coxa. Chélicères : le bord extérieur de la gouttière pré¬
sente une épaisse scopula cuivrée ; le bord intérieur a quelques poils et 11 dents entre les
deux bords ; il a 16 denticules sur la chélicère droite et 22 sur la gauche (pl. XV, 4).
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
10,0
13,3
6,3
5,1
34,7
II
9,6
13,0
6,6
5,1
34,3
111
7,5
11,0
7.6
5,3
31,4
IV
11,3
15,0
11,6
6,6
44,5
Métatarses : I et II avec scopula s’étendant sur tout l’article, III jusqu’au quart api¬
cal de l’article et IV avec quelques poils sur la partie apicale de l’article. Tarses : chaque
tarse présente deux griffes bipectinées ; il y a 22 poils dans la ligne médiane de la scopula
du tarse IV mais celle-ci n’est pas totalement séparée comme chez les Pycnothelidae.
Abdomen : L 15,5 mm et 1 10,0 mm. Longueurs des articles des filières supérieures :
proximal, 2,3 mm ; médian, 1,6 mm ; distal, 2,4 mm. Spermathèques (pl. XV, 5 et 6).
4, 15
— 1050 —
Pl. XV. — Tryssothele pissii (Simon, 1889). $ 1-6 : 1, groupe oculaire ; 2, sternum et labium ; 3, coxa
du palpe gauche (spinules) ; 4, chélicère gauche (dents et denticules) ; 5, spermathèques ; 6, sperma-
thèque gauche. £ 7-14 : 7, sternum et labium ; 8, coxa du palpe gauche (spinules) ; 9, tibia et méta¬
tarse I gauche ; 10, tibia I gauche (épines apicales) ; 11, palpe droit (vue externe) ; 12, bulbe droit
(vue interne) ; 13, bulbe droit (vue externe) ; 14, abdomen et filières supérieures (vue latérale). (Echelles
= 1 mm.)
Mâle
Longueur totale : 22,0 mm.
Céphalothorax : L 12,5 mm et 1 10,5 mm ; brun rougeâtre, pubescence formée de longs
poils bruns-jaunes ; la région de la fovea est plus élevée que chez la femelle et la fente per¬
pendiculaire est un peu plus longue. Yeux : aire oculaire plus large que haute ; ligne anté¬
rieure procurvée, MA plus petits et plus éloignés entre eux qu’avec les LA ; ligne postérieure
récurvée, MP triangulaires et plus petits que les LP. Sternum (pl. XV, 7) : L 6,2 mm et
1 5,0 mm, comme chez la femelle. Lahium (pl. XV, 7) ; 1 1,7 mm et H 0,9 mm ; avec deux
spinules sur la moitié apicale (chez un autre exemplaire étudié, il n’y a pas de spinules).
Coxas des palpes : le bord antérieur a une épaisse scopula rouge-jaune ; munis de 15 spi¬
nules sur l’angle proximal et antérieur de la coxa gauche (pl. XV, 8) et 11 spinules sur la
coxa droite. Chélicères comme chez la femelle, mais le bord intérieur a 9 dents (et 25 denti-
1051 —
cules entre les deux bords) dans la ehélicère droite et 10 dents (27 denticules entre les
deux bords) dans la ehélicère gauche.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
9,1
11,1
10,0
7,5
37,7
II
8,5
10,1
8,8
7,0
34,4
III
8,0
9,5
10,1
7,0
34,6
IV
10,6
12,6
15,0
8,3
46,5
Métatarse et tibia I (pi. XV, 9), tibia I (épines apicales : pi. XV, 10). Métatarses : I
et II avec scopula sur tout l’article, III jusqu’au tiers apical de l'article, IV pas de scopula.
Palpe droit : vue extérieure (pi. XV, 11). Bulbe : vue extérieure (pi. XV, 12), vue inté¬
rieure (pi. XV, 13).
Abdomen (pi. XV, 14) : L 13, 3 mm et 1 7, 1 mm. Longueurs des articles des filières
supérieures : proximal, 2,1 mm ; médian, 1,8 mm ; apical, 2,o mm.
Répartition géographique : Chili, Argentine.
Remarque : Le mâle de cette espèce a été décrit en 1978 (R. Calderon-Gonzalez).
Tryssothele subcalpetana (Nicolet, 1849)
(PI. XVI)
(Nicolet, H., 1849, Hist. fis. pel. Chile, Zool., 3 : 334.)
Matériel étudié : $ n° 9586, Chili, MNHN.
Pl. XVI — Tryssothele subcalpetana (Nicolet, 1849). : 1, groupe oculaire ; 2, sternum et labium ; 3, coxa
du palpe gauche (zone proximale) ; 4, ehélicère gauche (dents et denticules) ; 5, spermatheques ; 6, sper-
mathèque gauche. (Échelles = 1 mm.)
1052 -
Longueur totale : 27,0 mm.
Céphalothorax : L 13,5 mm et 1 11,1 mm ; ovoïde, bas ; fovea courte, transversale
et légèrement procurvée ; région céphalique un peu plus élevée que la région thoracique.
Yeux (pi. XVI, 1) ; aire oculaire presque deux fois plus large que haute ; ligne antérieure
droite, LA presque le double des MA, ceux-ci sont séparés entre eux par un espace moindre
que leur diamètre ; ligne postérieure légèrement récurvée. Sternum (pi. XVI, 2) : L 6,5 mm
et 1 5,7 mm ; ovoïde, avec trois paires de sigillés qui augmentent de taille du labium à l’abdo¬
men tout en s’écartant progressivement du bord du sternum. Labium (pi. XVI, 2) : 1 2,2 mm
et H 1,4 mm ; deux spinules sur la moitié apicale. Coxas des palpes : le bord antérieur a
une épaisse scopula rouge-jaune ; 27 spinules sur l’angle proximal et antérieur de la coxa
gauche (pi. XVI, 3). Chélicères : le bord extérieur de la gouttière a une épaisse scopula
cuivrée ; le bord intérieur a quelques poils et 12 dents (29 denticules entre les deux bords)
pour la chélicère droite et 15 dents et 35 denticules pour la gauche (pi. XVI, 4).
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
11,0
14,1
7,3
5,6
38,0
II
9,6
12,8
7,0
5,3
34,7
III
8,8
11,0
7,0
5,0
31,8
IV
11,6
15,0
11,1
6,1
43,8
Métatarses : I et II avec scopula s’étendant sur tout l’article, III jusqu’au sixième
apical de l’article, IV pas de scopula. Tarses : chaque tarse présente deux griffes bipectinées ;
I et II avec scopula homogène, III avec scopula homogène légèrement séparée en deux
par quelques soies, IV scopula totalement séparée en deux par 4 rangées de soies.
Abdomen détérioré ; il est donc impossible de donner des dimensions. Longueurs des
articles des filières supérieures : proximal, 2,8 mm ; médian, 2,0 mm ; apical, 2,3 mm.
Spermathèques (pi. XVI, 5 et 6).
Répartition géographique : Chili, Argentine.
Remarque : Le mâle a été récemment décrit (Gerschman de Pikelin et Sciiiapelli,
1968) mais l’attribution spécifique est peut-être douteuse et demande à être confirmée.
Nicolet (1849) décrit l’espèce en l’attribuant au genre Mygale ; Simon (1902) crée le
genre Tryssothele et prend pour type subcalpetana.
Tryssothele campanae 1 n. sp.
(PI. XVII)
Matériel étudié : Ç holotype n° Oil, R. Calderon-Gonzalez rec., 23. II 1.1980, Chili (5 e région,
Granizo : 71008' long. W, 33°07' lat. S), MHNV ; paratype n° 012, R. Calderon-Gonzalez
rec. (même date, même localisation que la femelle), MHNV.
1. Le nom d’espèce se réfère au site de capture : La Campana.
1053 —
Femelle
Longueur totale : 23,0 mm.
Céphalothorax : L 11,6 mm et 1 9,1 mm; ovoïde, brun sombre; pubescence moins
abondante que chez T. pissii ; fovea courte, légèrement procurvée et moins profonde que
chez T. pissii. Yeux (pi. XVII, 1) : aire oculaire 1 1,5 mm et H 1,1 mm ; ligne antérieure
droite, MA plus petits et plus éloignés entre eux que les LA ; ligne postérieure récurvée,
MP presque carrés. Sternum (pi. XVII, 2) : L 5,2 mm et 1 4,5 mm ; trois paires de sigillés
qui augmentent de taille d’avant en arrière tout en s’écartant légèrement du bord du
sternum. Labium (pi. XVII, 2) : 1 1,8 mm et H 1,0 mm; sans spinules. Coxas des palpes :
le bord antérieur a une épaisse scopula cuivrée ; la coxa du palpe droit (pi. XVII, 3) a
19 spinules arrondies sur l’angle proximal antérieur. Chélicères : le bord extérieur de la
gouttière a une scopula longue, étroite et cuivrée ; le bord intérieur a quelques poils et
11 dents (18 denticules entre les deux bords) à la chélicère gauche (pi. XVII, 4), et 9 dents
(18 denticules) à la droite.
Mensurations des pattes (en mm).
F émur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
1
7,1
8,8
3,6
3,0
22,5
II
6,8
7,3
3,6
3,0
20,7
III
5,8
6,5
5,0
3,6
20,9
IV
8,5
9,5
8,3
4,5
30,8
Pattes III et IV plus épineuses que I et II ; la disposition des trichobothries est iden¬
tique à celle de T. pissii. Métatarses : 1 avec scopula s’étendant sur les trois quarts api¬
caux de l’article; II jusqu’à la moitié apicale; III et IV sans scopulas. Tarses : chaque
tarse muni de trois griffes ; les griffes paires sont bipectinées ; tous les tarses sont munis
d’une scopula, moins épaisse sur les III et IV; ces derniers ont leur scopula divisée par
trois rangées de soies.
Abdomen : L 17,5 mm et 1 10,3 mm ; grand, ovoïde ; jaune sombre, avec une faible
quantité de poils en comparaison de T. pissii ; sur la couleur jaune de fond, il y a une série
de zones pigmentées en brun : sur la ligne médiane dorsale et en cinq lignes obliques de
part et d’autre de cette ligne. Longueurs des articles des filières supérieures : proximal,
2,2 mm; médian, 2,0 mm; distal, 1,8 mm. Spermathèques (pi. XVII, 5).
Mâle
Longueur totale : 18,3 mm.
Céphalothorax : L 8,8 mm et 1 6,9 mm ; comme chez la femelle mais la fovea est plus
profonde. Yeux (pi. XVII, 6) : aire oculaire 1 1,2 mm et H 0,9 mm ; hétérogènes ; ligne
antérieure légèrement récurvée et ligne postérieure récurvée ; MP réniformes, concaves
vers l’extérieur. Sternum (pi. XVII, 7) : L 4,2 mm et 1 3,4 mm; sigillés comme chez la
femelle. Labium (pi. XVII, 7) : 1 1,2 mm et H 0,6 mm ; sans spinules. Coxas des palpes :
le bord antérieur a une épaisse scopula cuivrée ; la coxa du palpe droit (pi. XVII, 8) pos-
1054 —
sède 15 spinules arrondies sur l’angle proximal et intérieur. Chélicères comme chez la
femelle ; la chélicère droite présente cependant 9 dents et 19 denticules (pi. XVII, 9) et
la gauche 9 dents et 18 denticules.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
6,6
7,6
3,6
3,5
21,3
II
6,0
6,5
3,6
3,3
19,4
III
5,8
5,8
5,0
4,1
20,1
IV
7,3
8,6
7,3
4,1
27,3
Pl. XVII. — Tryssothele campanae n. sp. $ 1-5 : 1, groupe oculaire ; 2, sternum et labium ; 3, coxa
du palpe droit (spinules) ; 4, chélicère gauche (dents et denticules) ; 5, spermathèques. £ 6-14 : 6, groupe
oculaire ; 7, sternum et labium ; 8, coxa du palpe droit (spinules) ; 9, chélicère droite (dents et denti¬
cules) ; 10, tibia et métatarse I gauche ; 11, tibia I gauche (épines apicales) ; 12, palpe droit (vue
interne) ; 13, bulbe droit (vue interne) ; 14, bulbe droit (vue externe). (Échelles = 1 mm.)
Les trichobothries sont disposées comme chez la femelle. Tibia I avec une paire d’épines
rigides sur le bord apical antérieur (pl. XVII, 10 et 11 : tibia gauche). Métatarses : I avec
scopula s’étendant sur la moitié apicale de l’article ; II jusqu’au tiers apical ; III et IV
- 1055 -
sans scopulas mais plus épineux que I et II. Tarses munis de trois griffes comme chez la
femelle ; tous les tarses ont une scopula, mais I sans soies sur la ligne médiane, II avec une
rangée de soies sur la ligne médiane, Ill et IV avec 3 rangées de soies sur la ligne médiane
de la scopula. Palpe (pi. XVII, 12). Bulbe (pi. XVII, 13 et 14).
Abdomen : L 8,5 mm et 1 4,6 mm ; même coloration que chez la femelle ; couvert
de deux types de poils (brun sombre et rigides -f- jaune sombre et fins). Longueurs des
articles des filières supérieures : proximal, 1,7 mm ; médian, 1,5 mm ; distal, 1,7 mm.
Remarques : Les types sont déposés au Museo de Historia Natural de Valparaiso
(Chili) sous les n os 011 et 012. Nous avons également rencontré et récolté des immatures
de cette nouvelle espèce. T. campanae n. sp. diffère des autres Thryssothele connues actuelle¬
ment par la structure des spermathèques et des bulbes copulateurs, l’habitus général et
surtout le type de coloration. Le genre Tryssothele (créé par Simon en 1902) a des repré¬
sentants au Chili et en Argentine. Nicolet (1849) a décrit Mygale brunnea et Mygale
splendens que Simon (1902) attribue, sans avoir vu les types, au genre Tryssothele. Simon
(1902) décrit T. fuegiana et T. latastei et Chamberlin (1917) T. australis. L’espèce T. pata-
gonica a été redécrite d’Argentine par Mello-Leitâo (19406) sous le nom de Chubutia
notata ; Gerschman de Pikelin et Sciiiapelli ont établi la synonymie en 1970. Nous
n’avons rencontré aucune de ces espèces dans les exemplaires que nous avons pu examiner.
Il est certain qu’une révision du genre Tryssothele serait hautement souhaitable.
Masteria australis (Mello-Leitâo, 1939)
(PI. XVIII)
(Mello-Leitâo, C., 1939, Revue suisse Zool., 46 : 43-44.)
Matériel étudié : Ç holotype n° 121, Dr A. Masarey rec., Chili (région Metropolitana,
Santiago : 70°40' long. W, 33°30' lat. S), NMB.
Longueur totale : 7,6 mm.
Céphalothorax (pi. XVIII,1) : L 2,8 mm et I 2,3 mm ; jaune, bas, rectangulaire ; fovea
courte et droite. Yeux (pi. XVIII, 2) : groupe oculaire (1 0,3 mm et H 0,2 mm) de 6 yeux ;
latéraux presque égaux, plus grands que les médians, ces derniers sont plus éloignés entre
eux qu’avec les latéraux. Sternum (pi. XVIII, 3) : L 1,5 mm et 1 1,1 mm ; pas de sigillés.
Labium (pi. XVIII, 3) : 1 0,5 mm et H 0,2 mm ; pas de spinules ; moitié apicale plus claire
que la proximale. Coxas du palpe droit (pi. XVIII, 4) : le bord antérieur a une scopula
plus sombre que le tégument ; pas de spinules sur l’angle proximal et antérieur ; le tiers
proximal plus clair que les deux tiers distaux. Chélicère droite vue interne (pi. XVIII, 5) ;
vue ventrale (pi. XVIII, 6) ; le bord extérieur a une scopula avec de longs poils, 12 dents
sur le bord interne ; 3 dents entre les deux bords.
L’état du matériel empêche de donner les mensurations des pattes ; les tibias et méta¬
tarses III et IV (pi. XVIII, 7) présentent de nombreuses épines longues et courbes ; les
griffes paires ont une rangée de 13 dents, la griffe impaire une rangée de 5 dents (pi. XVIII, 8).
Abdomen : L 4,6 mm et 1 3,6 mm. Filières supérieures égales à la moitié de l’abdomen
en longueur, écartées par plus de quatre fois leur diamètre ; article proximal plus long et
— 1056 —
plus gros que le médian, celui-ci plus gros et plus long que le distal ; article proximal deux
fois plus long que les filières inférieures. Spermathèques (pi. XV111, 9).
Remarque : Le mâle est inconnu, le type est le seul exemplaire connu de l'espèce.
Certaines particularités (zone oculaire, etc.) laissent à penser que cette mygale pourrait
être troglobie. Mello-Leitâo (1939) a décrit cette espèce sous le nom générique d 'Accola
australis ; le genre Accola Simon, 1889, a été mis en synonymie avec le genre Masteria
L. Koch, 1873, par Raven (1979).
Pl. XVIII. — Masteria australis (Mello-Leitâo, 1939). $ : 1, céphalothorax (yeux et fovea) ; 2, groupe
oculaire ; 3, sternum et labium ; 4, coxa du palpe droit (sans spinules) ; 5, chélicère droite (vue externe) ;
6, chélicère droite (dents) ; 7, patte IV gauche (désarticulée sur l’échantillon) ; 8, griffes patte IV ;
9, spermathèques. (Échelles 1,3-7,9 = 1 mm.)
Seotinoecus cinereopilosus (Simon, 1889)
(PI. XIX)
(Simon, E., 1889, Annls Soc. ent. Fr., (6), 8 : 222.)
Matériel étudié : $ holotype n° 8854, Chili (10 e région, Valdivia : 73°15' long. W, 39°46'
lat. S), MNHN ; A n ° 013, R. Calderon-Gonzalez rec., 7.IV.1971, Chili (5 e région, Quebrada
Verde : 71°41' long. W, 33°05' lat. S), MHNV.
- 1057 —
Femelle
Longueur totale : 8,4 mm.
Céphalothorax : L 3,3 mm et 1 2,3 mm ; partie céphalique un peu plus haute que la
thoracique ; fovea courte, profonde et récurvée. Yeux (pi. XIX, 1) : ligne antérieure légè¬
rement procurvée et ligne postérieure presque droite (très légèrement récurvée). Sternum
(pi. XIX, 2) : L 2,4 mm et 1 2,4 mm ; il y a trois paires de sigillés qui au fur et à mesure
que l’on s’approche de l’abdomen augmentent de grandeur mais sans s’écarter du bord
du sternum. Labium (pi. XIX, 3) : 1 1,1 mm et II 0,5 mm ; muni de 82 spinules. Coxas
des palpes : le bord antérieur a une scopula rouge-jaune ; la coxa gauche (pi. XIX, 4)
a 72 spinules pointues sur l’angle proximal et antérieur. Chélicères : scopula discrète sur
le bord extérieur, très peu de soies sur le bord intérieur ; celui-ci a 9 dents (16 denticules
entre les deux bords) à la chélicère gauche (pi. XIX, 5) et 8 dents (21 denticules) à la droite.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
2,0
3,0
1,4
0,8
7,2
II
2,0
2,6
1,2
0,8
6,6
III
1,8
2,3
1,4
0,8
7,3
IV
2,5
3,1
2,0
1,0
8,6
Métatarses : sans scopula ; IV droit avec un peigne de 4 épines sur le côté intérieur
distal ; IV gauche avec un peigne de 5 épines sur le même côté.
Abdomen : L 5,6 mm et 1 4,0 mm. Longueurs des articles des filières supérieures :
proximal, 0,9 mm ; médian, 0,7 mm ; apical, 0,9 mm ; des filières médianes : un article
de 0,6 mm ; des filières inférieures : deux articles pour 0,2 mm de longueur totale. Sperma-
thèques (pi. XIX, 6).
Mâle
Longueur totale : 10,0 mm.
Céphalothorax : L 5,0 mm et 1 4,0 mm ; même forme que chez la femelle ; fovea courte
profonde et droite, avec une petite fente perpendiculaire. Yeux (pi. XIX, 7) : ligne anté¬
rieure légèrement récurvée, ligne postérieure récurvée. Sternum (pi. XIX, 8) : L 3,1 mm
et 1 2,9 mm ; trois paires de sigillés, la paire postérieure plus grande que les deux paires
antérieures ; celles-ci sont de tailles presque égales. Labium (pi. XIX, 9) : 1 1,1 mm et
H 0,6 mm ; muni de 71 spinules. Coxas des palpes : le bord antérieur a une scopula rouge-
jaune ; la coxa droite (pi. XIX, 11) a 96 spinules pointues sur l’angle proximal, antérieur.
Chélicères : le bord extérieur a une scopula rouge-jaune, plus fournie que chez la femelle ;
le bord intérieur a une scopula clairsemée et une rangée de 9 dents sur chaque chélicère ;
entre les deux bords il y a 40 denticules sur la chélicère gauche (pi. XIX, 10) et 35 denti¬
cules sur la chélicère droite.
— 1058 —
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
5,0
5,1
3,6
2,5
16,2
11
4,1
4,1
3,3
2,5
14,0
III
4,0
3,8
3,6
2,5
13,9
IV
5,0
5,1
5,5
2,6
18,2
Pattes très épineuses, spécialement les tibias et métatarses III et IV. Tibia I avec
une paire d’épines rigides sur le bord apical ventral (pi. XIX, 13 et 14). Métatarses : sans
scopula ; IV droit (pi. XIX, 12) et gauche avec un peigne de 5 épines sur le côté intérieur
distal. Palpe gauche (pi. XIX, 15). Bulbe droit : vue extérieure (pi. XIX, 16), vue intérieure
(pi. XIX, 17).
Pl. XIX. — Scotinoecus cinereopilosus (Simon, 1889). $ 1-6 : 1, groupe oculaire ; 2, sternum et labium ;
3, labium avec spinules ; 4, coxa du palpe gauche (spinules) ; 5, chélicère gauche (dents et denticules) ;
6, spermathèques. d* 7-18 : 7, groupe oculaire ; 8, sternum et labium ; 9, labium avec spinules ; 10, ché¬
licère gauche (dents et denticules) ; 11, coxa du palpe droit (spinules) ; 12, métatarse IV droit (vue
interne : peigne) ; 13, tibia et métatarse I (vue ventrale) ; 14, tibia I (épines apicales ventrales) ;
15, palpe gauche (vue externe) ; 16, bulbe droit (vue externe) ; 17, bulbe droit (vue interne) ; 18, filières.
(Échelles 1-5, 7-11, 13-15 = 1 mm.)
1059 -
Abdomen : L 5,8 mm et 1 4,3 mm. Longueurs des articles des filières (pi. XIX, 18)
supérieures : proximal, 1,6 mm ; médian, 1,1 mm ; distal, 1,9 mm ; des filières médianes :
un article de 0,8 mm ; des filières inférieures : deux articles de 0,4 mm de longueur totale.
Répartition géographique : Chili.
Remarque : Le mâle de cette espèce a été décrit en 1973 (R. Calderon-Gonzalez).
Simon, après avoir attribué cette espèce au genre Ilexathele, l’a assignée au nouveau genre
Scotinoecus créé par lui (Simon, Hist. nat. Araignées, 1, 1892). Raven (1980) transfère ce
genre à la nouvelle famille des Hexathelidae.
Scotinoecus fasciatus Tullgren, 1901
(PI. XX)
(Tullgren, A., 1901, Svenska Exped. Magellan, 2 (10) : 183.)
Matériel étudié : n° 014, D. Lanfranco rec., piège Barber, entre novembre 1977 et mars
1978, Chili (12 e région, Puerto Espora : 69°22' long. W, 52°29' lat. S), MHNV ; $ n° 015, D. Lan¬
franco rec. (même méthode, même lieu, même date que le mâle), MHNV. Le type de l’espèce
n’a pas été examiné.
Mâle
Longueur totale : 10,0 mm.
Céphalothorax : L 4,5 mm et 1 3,7 mm ; région céphalique plus haute que la thora¬
cique ; fovea courte, profonde et droite. Yeux (pi. XX, 1) : groupe oculaire élevé et tout
près du bord du céphalothorax ; ligne antérieure légèrement procurvée et ligne postérieure
récurvée. Sternum (pi. XX, 2) : L 2,5 mm et 1 2,4 mm ; trois paires de petites sigillés presque
égales en dimension ; les postérieures s’écartent légèrement du bord du sternum. Labium
(pi. XX, 2) : 1 0,8 mm et H 0,5 mm ; avec 30 spinules pointues. Coxas des palpes : le bord
antérieur a une scopula jaune rougeâtre ; le coxa gauche (pi. XX, 3) a 54 spinules pointues
sur l’angle proximal et antérieur. Chélicères : le bord extérieur est muni d’une scopula
discrète, rouge-jaune ; la chélicère gauche a très peu de poils et 10 dents sur le bord inté¬
rieur ; entre les deux bords il y a 12 denticules (pi. XX, 4).
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
3,0
3,7
2,9
1,9
11,5
II
2,9
2,7
2,4
2,0
10,0
III
2,3
2,7
2,5
2,0
9,5
IV
3,0
3,3
3,0
2,0
11,3
Tibias très épineux ; tibia 1 avec une grande épine sur le bord apical ventral interne
(pi. XX, 5). Métatarses très épineux, sans scopulas, sans peignes, mais avec un verticille
de 5 à 7 épines dans la partie distale du métatarse IV. Palpe gauche (pi. XX, 6). Bulbe
gauche : vue extérieure (pi. XX, 7), vue intérieure (pi. XX, 8).
1060 —
Abdomen : L 6,0 mm et 1 4,1 mm. Longueurs des articles des filières supérieures :
proximal, 1,1 mm ; médian, 0,7 mm ; distal 0,8 mm ; des filières médianes : un article
de 0,7 mm ; des filières inférieures : deux articles de 0,3 mm de longueur totale.
Pl. XX. — Scotinoecus fasciatus Tullgren, 1901. 1-8 : 1, groupe oculaire ; 2, sternum et labium (spi-
nules) ; 3, coxa du palpe gauche (spinules) ; 4, chélicère gauche (dents et denticules) ; 5, tibia I gauche
(vue ventrale) ; 6, palpe gauche (vue externe) ; 7, bulbe gauche (vue externe) ; 8, bulbe gauche (vue
interne). $ 9-14 : 9, groupe oculaire ; 10, sternum et labium (spinules) ; 11, coxa du palpe gauche (spinu¬
les) ; 12, chélicère gauche (dents et denticules) ; 13, filières (vue ventrale) ; 14, spermathèques. (Echelles
1-6, 9-14 = 1 mm.)
Femelle
Longueur totale : 15,6 mm.
Céphalothorax : L 6,1 mm et 1 5,1 mm ; région céphalique plus élevée que chez le
mâle ; fovea profonde, procurvée et plus grande que chez le mâle. Yeux (pl. XX, 9) : groupe
oculaire élevé, proche du bord du céphalothorax ; ligne antérieure légèrement récurvée et
ligne postérieure plus récurvée. Sternum (pl. XX, 10) : L 3,6 mm et 1 3,2 mm ; trois paires
de sigillés qui augmentent de taille d’avant en arrière. Labium (pl. XX, 10) : 1 1,3 mm
et H 0,8 mm ; avec 70 spinules arrondies, alors qu’elles sont pointues chez le mâle. Coxas
des palpes : le bord antérieur a une scopula jaune rougeâtre ; la coxa gauche (pl. XX, 11)
— 1061 —
a 92 spinules, comme celles du labium, sur l’angle proximal et antérieur. Chélicères : le
bord extérieur a une scopula discrète, rouge-jaune ; le bord inférieur a très peu de poils
et 9 dents, plus 5 denticules (entre les deux bords) sur la chélicère gauche (pi. XX, 12),
8 denticules sur la droite.
Mensurations des pattes (en mm).
Fémur
Tibia et patella
Métatarse
Tarse
Total
I
4,0
3,5
2,8
2,0
12,3
II
3,7
3,4
2,6
2,0
11,7
[II
3,2
2,9
2,5
1,6
10,2
IV
3,9
3,8
3,3
1,8
12,8
Abdomen : L 8,8 mm et 1 6,5 mm. Longueurs des articles des filières (pi. XX, 13)
supérieures : proximal, 1,1 mm ; médian, 0,6 mm ; distal, 1,0 mm ; des filières médianes :
un article de 0,7 mm ; des filières inférieures : deux articles de 0,3 mm de longueur totale.
Spermathèques (pi. XX, 14).
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE
DES ARAIGNÉES MYGALOMORPHES CHILIENNES
11 est très difficile de donner la répartition géographique des mygales chiliennes, car
de grandes régions n’ont pas encore été systématiquement prospectées : ce sont les régions
désertiques du Nord (entre les latitudes 18° et 27° S) et la région de l’extrême Sud du Chili
(à partir de la latitude 42° S).
Dans la région désertique du Nord (qui est le désert le plus sec du globe), il doit y
avoir des mygales dans la zone côtière, dans la zone des hauts plateaux et près des cours
d’eau. Quant à la région du Sud, l’absence de voies praticables a rendu jusqu’ici sa pros¬
pection fort difficile.
La région la mieux prospectée se situe entre le 30° et le 42° lat. S ; cependant, la région
côtière et la pré-Cordillière recèlent certainement encore de nouveaux taxons. Les études
réalisées jusqu’à présent permettent certaines constatations.
Les Theraphosidae sont plus fréquentes et de taille plus grande au Chili central (entre
les latitudes 30° et 42° S) ; ici se trouvent les Paraphysa , Grammostola et Phrixotrichus.
Les cinq genres ne sont pas propres au Chili, cependant Paraphysa et Phrixotrichus sont
plus abondants au Chili que de l’autre côté des Andes, alors qu’au contraire Cenobiopelma
et Grammostola sont plus abondants en Argentine.
Les Migidae ont été trouvées dans une zone bien définie du Chili, entre le 30° et le
34° lat. S. C’est la seule région du continent où se rencontrent les genres Migas et Hete-
romigas ; par contre, des représentants du genre Calathotarsus viennent d’être découverts
en Argentine près de Buenos Aires.
Les Pvcnothelidae se rencontrent essentiellement dans la région côtière, entre le 26° et
le 34° lat. S.
Carte géographique du Chili.
- 1063 -
La répartition des Dipluridae chiliennes est plus vaste. Les représentants du genre
Tryssothele sont fréquents au Chili mais se retrouvent également en Argentine (Schiapelli
et Gerschman de Pikelin, 1965). L’exemplaire type du genre Mediothele, récemment
créé, provient de Concepcion (36°45' lat. S) ; quant au type de Masteria australis, il pro¬
vient de Santiago (33°30 r lat. S). Le genre Masteria présente une répartition géographique
intéressante, qui vient d’être examinée par Raven (1979).
Les Hexathelidae, avec le genre Scotinoecus, ont une répartition assez vaste puisqu’on
les trouve aux latitudes 33°, 40° et 53° S ; le genre est également présent en Argentine.
Les Ctenizidae chiliennes ont été décrites de Valdivia (40° lat. S).
La répartition des représentants des sous-familles Grammostolinae et Pycnothelinae
est purement néotropicale. Les Dipluridae sont pantropicales ; quant aux Hexathelidae
et aux Migidae, elles présentent une répartition typiquement australe (Zapfe, 1961 ;
Schiapelli et Gerschman de Pikelin, 1965 ; Legendre, 1979).
Remerciements
Nous tenons à remercier les conservateurs des différents musées qui ont eu l’obligeance de
nous confier du matériel pour étude : les Drs Hillvard et Wanless, British Museum (Natural
History), London (Grande-Bretagne), et Hubert, Muséum national d’Histoire naturelle, Paris
(France), le Pr Levi, Museum of Comparative Zoology, Harvard (USA), les Drs Sutter, Natur-
historisches Museum, Bâle (Suisse) et Zapfe, Museo nacional de Historia Natural, Santiago
(Chili), ainsi que tous nos collègues du Museo de Historia Natural, Valparaiso (Chili).
Ce travail a été mené à bien grâce à l’obtention d’une bourse d’études du gouvernement
français (Ministère des Relations Extérieures) octroyée à l’un de nous (R. Calderon-Gonzalez) ;
il fait l’objet d’un chapitre d’une thèse de Doctorat de Sciences naturelles soutenue devant l’Uni¬
versité de Montpellier II le 1 er mars 1983.
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La fin du développement post-embryonnaire
en conditions naturelles
de Polyzonium germanicum (Brandt) (Diplopoda, Polyzoniida)
par Jean-François David et Thierry Couret
Résumé. — L’analyse du développement de P. germanicum est poursuivie au-delà du stade V,
à partir duquel les chevauchements de formules segmentaires deviennent très importants. Une
simplification des résultats, statistiquement contrôlée, est effectuée. L’ensemble du développe¬
ment comprend une dizaine de stades chez la majorité des animaux, et au minimum treize stades
chez les plus grands (qui atteignent 55 anneaux pédifères). Les femelles ont généralement plus
d’anneaux apodes que les mâles, ce qui entraîne un léger décalage entre les sexes. Parmi les Colo-
bognatha, le développement des Polyzoniidae diffère notablement de celui des Platydesmidae.
Abstract. — The analysis of the development of P. germanicum is continued beyond sta¬
dium V, from which onwards the overlaps of segmental formulae get very numerous. A simpli¬
fication of results, statistically controlled, is effected. The whole development includes about
ten stadia in most animals, and at least thirteen stadia in the biggest ones (reaching as many as
55 podous rings). Females generally have more apodous rings than males, which involves a
slight shift between sexes. Among Colobognatha, the development of Polyzoniidae rather differs
from that of Platydesmidae.
J.-F. David et Th. Couret, Laboratoire d’Écologie animale, UEB Sciences, Université d'Orléans, 45046
Orléans Cedex, et Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), Muséum national d’Histoire naturelle, 61, rue
Buff on, 75005 Paris.
Dans une précédente publication nous avons décrit comment le classement des for¬
mules segmentaires permet de définir les limites des cinq premiers stades de développe¬
ment de P. germanicum (David et Couret, 1983). Dans ces stades jeunes il y a peu de « che¬
vauchements », c’est-à-dire de formules segmentaires identiques susceptibles d’appartenir
à plusieurs stades successifs ; et, en ne tenant pas compte des plus rares (formules dont la
fréquence est inférieure à 1 % du stade auquel elles appartiennent), il a été possible de
dresser un tableau de croissance segmentaire sans chevauchements, permettant de déter¬
miner le stade d’un individu d’après le nombre de ses anneaux, et applicable à la quasi¬
totalité des jeunes Polyzonium (cf. tableau V in David et Couret, 1983).
Au-delà du stade V les variations individuelles du développement rendent les chevau¬
chements très nombreux, et il ne faut plus espérer aboutir à la connaissance précise du
stade de la plupart des animaux d’après leur formule segmentaire. Cependant, les résultats
que nous publions ici présentent au moins 1 intérêt de donner une estimation statistique¬
ment satisfaisante des limites de chaque stade, et d’obtenir une image approchée de l’en¬
semble du développement de P. germanicum.
- 1068 -
I. RAPPEL RE LA MÉTHODE
1. Détermination des stades
L’analyse du développement est fondée sur le fait que la règle de l’anamorphose
s’applique chez P. germanicum : après chaque mue, le nombre d’anneaux pédifères est
égal à la somme des nombres d’anneaux pédifères et apodes existant avant la mue, à condi¬
tion de compter comme apode l’anneau demi-apode qui porte toujours la dernière paire
de pattes. Cette règle apparaît évidente lors de l’observation des tout premiers stades lar¬
vaires : par exemple, tous les stades 1 ont 4 anneaux pédifères — collum compris —, et 2
anneaux apodes — telson non compris — (formule segmentaire : 4/2). Par suite, tous les
stades II ont 4 + 2 = 6 anneaux pédifères. Leurs formules segmentaires, qui vont de
6/2 à 6/5, donnent à leur tour des stades III ayant de6 + 2 = 8à6 + 5 = ll anneaux
pédifères, etc. De plus, nous avons suivi le déroulement de la mue chez plusieurs dizaines
d’individus en élevage, et dans tous les cas la règle de l’anamorphose a été respectée
(Couret et David, en préparation).
En conséquence, lorsque l’on connaît une formule segmentaire x/y d’un stade, on en
déduit que toutes celles ayant x + y anneaux pédifères peuvent appartenir au stade sui¬
vant. Les plus petites valeurs prises par x et y dans un stade (formule limite inférieure),
et les plus grandes (formule limite supérieure), conduisent respectivement aux plus petit
et plus grand nombres d’anneaux pédifères pouvant être rencontrés dans le stade suivant.
Cette méthode n’est applicable que si toutes les formules segmentaires sont effective¬
ment recensées, ce qui implique deux impératifs : a) examiner un grand nombre d’ani¬
maux ; b) examiner des animaux récoltés tout au long de l’année, car certains stades peuvent
n’être représentés qu’à certaines saisons.
A la suite des 3 472 jeunes des cinq premiers stades, nous avons examiné 2 852 ani¬
maux supplémentaires, appartenant surtout aux stades plus âgés, c’est-à-dire ayant au
moins 22 anneaux pédifères b Ils proviennent, comme les précédents, de la pinède n° 740
de la forêt d’Orléans, près de Vitry-aux-Loges (Loiret). Ils ont été récoltés pour la plus
grande part par extraction au Tullgren d’échantillons de litière et de sol prélevés tout au
long de l’année, et pour une autre part au moyen de pièges Barber.
2. Simplification des résultats
Cette méthode de détermination des stades conduit à des chevauchements, qui sont
d’autant plus nombreux que la diversité des formules segmentaires est plus grande. Au
contraire, si nous négligeons les formules les plus rares et ne conservons que les plus fré¬
quentes, le nombre de chevauchements diminue et nous obtenons une image simplifiée
du développement.
1. Quelques animaux des stades I à V faisaient également partie de ce nouveau lot, et ont été ajoutés
aux chiffres donnés dans la précédente publication.
1069 -
Nous mettrons ce fait à profit pour reprendre, en les simplifiant, l’ensemble des résul¬
tats obtenus à partir des deux échantillons (soit 7 324 P. germanicum , tous stades confondus).
Le problème est de déterminer quelles formules segmentaires écarter. Plus nous en écarterons,
plus clair apparaîtra le développement de la majorité de la population, mais plus nous
nous éloignerons de la réalité en gommant des possibilités de chevauchement qui existent
dans la nature.
Nous avons adopté une solution telle que l’image du développement que nous don¬
nons s’applique au moins à 95 % de la population. Statistiquement parlant ce sera une
image significative, puisque la probabilité pour qu’un animal de formule segmentaire
donnée ait un stade différent de celui (ou de ceux) que nous indiquons restera inférieure
ou égale à 0,05.
En repartant du stade I, nous définissons successivement les limites de chaque stade
en écartant à chaque fois les formules segmentaires limites dont la fréquence est inférieure
à 1 % du stade auquel elles appartiennent. Puis nous calculons à quel pourcentage de la
population s’appliquent les formules restantes.
Le calcul des pourcentages est fondé sur l’hypothèse qu’une formule segmentaire ayant
une faible fréquence dans un stade, conduit après la mue à une formule segmentaire ayant
la même faible fréquence dans le stade suivant. Ceci revient à supposer que tous les ani¬
maux ont des chances égales de survie dans la nature, quelle que soit leur formule segmen¬
taire. C’est sans doute inexact, mais c’est l’hypothèse de travail la plus simple, et la seule
possible en l’état actuel de nos connaissances. Le calcul des pourcentages se fait de la manière
suivante :
— Le stade 1 n’a qu’une seule formule segmentaire : 4/2. Le pourcentage de la popu¬
lation ayant cette formule au stade I est évidemment de 100 %.
— Le stade Ha quatre formules segmentaires : 6/2, 6/3, 6/4 et 6/5. Les formules limites
6/2 et 6/5, qui représentent chacune moins de 1 % du stade, peuvent être écartées. Ensemble,
elles atteignent juste 1 %, et le pourcentage de la population ayant les formules segmen¬
taires 6/3 ou 6/4 au stade II est de 99 %.
— Le stade III a onze formules segmentaires, mais celles qui sont issues des stades II
6/2 et 6/5, écartés précédemment, ne sont pas prises en compte. On admet que le pour¬
centage des animaux qui se développent en ayant au stade III une formule segmentaire
issue de 6/3 ou 6/4 (9/3, 9/4, 9/5, 9/6 et 10/3, 10/4, 10/5, 10/6) reste égal à 99 % 1 . Mais
parmi ces dernières, la formule limite 10/6 ne représente que 0,3 % et peut être écartée.
Finalement, le pourcentage des animaux ayant au stade III une formule segmentaire
allant de 9/3 à 10/5 est : 99 % X 99,7 % = 98,7 %.
La poursuite de cette méthode, menée séparément chez les mâles et chez les femelles
à partir du stade IV, permet de modifier le pourcentage chaque fois qu’une formule rare
est éliminée, tout en veillant à ne pas franchir le seuil des 95 %.
1. A ce stade, exceptionnellement, il serait possible de calculer le pourcentage réel : 99,2 %. Mais
nous conservons les 99 % déduits du stade précédent, pour montrer comment sont menés les calculs dans les
stades suivants.
- 1070 -
IL RÉSULTATS
1. Caractéristiques du nouvel échantillon
L’examen sommaire des récoltes d’animaux possédant au moins 22 anneaux pédi-
fères montre (fig. 1) :
— qu’elles sont suffisantes pour permettre l’analyse du développement, car chaque
nombre d’anneaux pédifères est bien représenté, au moins jusqu’à 45 ; au-delà de ce nombre,
la faiblesse des effectifs peut correspondre à une rareté réelle dans la population ;
— qu’il y a moins d’animaux avec une vingtaine d’anneaux pédifères qu’avec une
trentaine, mais ceci n’est pas un paradoxe : l’efficacité de l’extraction et du piégeage n’est
pas la même pour tous les animaux ni pour toutes les périodes de l’année ;
— qu’à partir de 22 anneaux pédifères, les femelles représentent 42 % des effectifs
et les mâles 58 %.
Effectifs
Fig. 1. — Effectifs des P. germanicum récoltés possédant au moins 22 anneaux pédifères.
2. Classement brut des formules segmentaires au-delà du stade V
Dans ce classement aucune formule segmentaire recensée n’est écartée afin d’appré¬
hender le développement dans toute sa complexité. Nous prenons comme point de départ
les limites approchées du stade V qui comprend essentiellement les formules segmentaires
1071 -
allant de 16/3 à 21/6 dans les deux sexes (cf. tableau IV in David et Couret, 1983). Le
stade VI comprendra donc celles allant de 19/y à 27/y. Tous les animaux récoltés ayant
de 19 à 55 anneaux pédifères sont dénombrés formule segmentaire par formule segmentaire
dans le tableau I, et les stades auxquels ils peuvent théoriquement appartenir sont indiqués
chez les mâles et les femelles. Ce classement pourrait évidemment subir des modifications
mineures si d autres formules segmentaires très rares étaient recensées ultérieurement,
particulièrement en ce qui concerne les plus grands animaux ; mais l’ensemble peut être
considéré comme proche de la réalité.
Tableau I. — A partir du stade VI, effectifs de chaque formule segmentaire dans l’échantillon
de P. germanicum récolté à Vitry, et stades pouvant leur être attribués par déduction.
Pf.difères
2 3
Apodes
4 5
6
Stades
possibles
Pédifères
2
Apodes
3 4
5
Stades
possibles
19(3
2
28
84
10
V-VI
37(3
6
33
21
2
VIII à XI
?
12
67
19
«
9
1
11
25
8
«
20(3
26
66
6
V-VI
38,3
34
15
3
VIII à XI
?
16
87
29
«
9
2
15
20
1
«
21(3
12
36
3
V-VI
39(3
2
37
11
1
IX à XII
?
1
45
5
«
9
2
27
36
5
((
22(3
6
14
1
VI-VII
40(3
1
24
11
2
IX à XII
?
4
2
VI
9
2
24
25
5
«
23 <3
9
25
3
VI-VII
41 (3
4
26
6
IX à XIII
?
3
8
7
«
9
13
16
«
24(3
14
33
5
VI-VII
42(3
4
24
8
IX à XIII
9
3
22
11
«
9
1
16
12
«
25(3
6
26
2
VI-VII
43(3
1
7
1
IX à XIV
9
5
23
12
«
9
3
9
6
IX à XIII
26(3
1
9
29
8
VI à VIII
44(3
1
11
1
X à XIV
9
3
14
3
VI-VII
9
1
9
3
«
27 (3
11
16
1
VI à VIII
45 (3
7
X à XV
9
3
7
3
«
9
4
7
3
X à XIV
28 c3
1
23
17
1
VII-VII1
46(3
3
4
X à XV
9
1
2
6
1
«
9
4
2
((
29 $
50
25
VII à IX
47(3
2
X à XV
9
3
8
3
VII-VIII
9
5
«
30(3
3
48
24
VII à IX
48(3
4
3
2
XI à XVI
9
2
17
28
2
VII-VIII
9
2
XI à XV
31 (3
5
48
17
VII à IX
49(3
2
1
XI à XVI
O
-h
1
19
22
2
((
9
1
2
«
32 (3
9
52
9
VII à IX
50(3
3
1
1
XI à XVII
9
1
15
23
«
9
2
XI à XVI
33(3
13
59
9
VII à X
51 (3
1
1
XII à XVII
9
4
30
7
VII à IX
9
1
1
((
34(3
21
55
8
VIII à X
52 (3
1
XII à XVIII
9
1 3
40
7
«
9
1
XII à XVII
35 (3
17
49
2
VIII à X
9
4
54
11
«
53 Ç
1
XlIIàXVIII
36 (3
20
28
3
VIII à XI
54 J
1
XII à XIX
9
10
46
18
«
55 9
1
XIII à XVIII
1072 -
Le tableau I montre que le chevauchement est quasi général au-delà du stade V, et
qu’il est important : de nombreux animaux peuvent être classés dans plus de quatre stades
différents. Par ailleurs, les chevauchements sont un peu plus importants chez les mâles
que chez les femelles.
En ce qui concerne les nombres d’anneaux apodes, deux faits apparaissent :
— Le nombre d’anneaux apodes tend à diminuer du stade VI aux stades les plus éle¬
vés. Les formules segmentaires à 6 anneaux apodes disparaissent au-delà de 31 anneaux
pédifères, et celles à 5 anneaux apodes au-delà de 40 anneaux pédifères.
— Le nombre d’anneaux apodes est, dans l’ensemble, plus faible chez les mâles que
chez les femelles. Dans le tableau I, les animaux à 2, 3 et 4 anneaux apodes sont plus fré¬
quents chez les mâles, alors que les animaux à 5 et 6 apodes sont plus fréquents chez les
femelles. Ces différences entre les sexes — significatives au seuil 95 %, sauf en ce qui con¬
cerne les animaux à 2 anneaux apodes — sont illustrées figure 2. En outre, la fréquence
modale est de 4 anneaux apodes chez les mâles, alors qu’elle est de 5 chez les femelles.
Ces faits justifient que l’on considère séparément le développement dans les deux sexes.
Fig. 2. — Fréquences de chaque nombre d’anneaux apodes chez les mâles et chez les femelles à partir
du stade VI.
2. Ensemble simplifié du développement de P. germanicum
En regroupant maintenant les résultats obtenus à partir du premier échantillon
(stades I à V, in David et Couret, 1983) et ceux obtenus à partir du second (stades VI
et suivants), nous pouvons dresser un tableau d’ensemble de la croissance segmentaire
de P. germanicum. Les limites de chaque stade de développement, simplifiées selon la méthode
décrite plus haut, sont données dans le tableau IL
Les premiers chevauchements apparaissent toujours entre les stades V et VI dans
les deux sexes, mais ils sont notablement réduits, et quelques formules segmentaires supplé¬
mentaires peuvent être attribuées à un seul stade (avec un risque inférieur à 5 %). Il
s’agit :
1073 -
Tableau IL — Développement complet de P. gerrnanicum à Vitry. Les limites de chaque stade
sont données avec un risque estimé < 5 %.
Stade
Formules
LIMITES
Anneaux
(et leur %
APODES
respectif)
Paires de
pattes
AMBULATOIRES
% DE LA
POPULATION
REPRÉSENTÉ
PAR CES
FORMULES
I
4/2
2 (100)
4
100,0
II
6/3 à 6/4
3 (24)
4 (75)
8
99,0
III
9/3 à 10/5
3 (7)
4 (78)
5 (14)
14
à
16
98,7
IV
12/4 à 15/6
3 (3)
4 (39)
5 (53)
6 (5)
18 à
24
98,7
$
12/4 à 15/6
3 (5)
4 (28)
5 (53)
6 (14)
20
à
26
97,7
V
â
16/4 à 21/5
4 (28)
5 (65)
6 (6)
26
à
36
97,4
$
16/5 à 21/6
4 (11)
S (71)
6 (16)
28
à
38
97,1
VI
â
20/4 à 26/6
4 (24)
4 (67)
6 (8)
34
à
46
97,4
$
21/5 à 27/6
4 (10)
5 (66)
6 (23)
38
à
50
96,6
VII
ë
24/4 à 32/5
3 (4)
4 (53)
5 (40)
6 (3)
42
à
58
97,4
$
26/4 à 33/5
3 (4)
4 (40)
5 (50)
6 (6)
48
à
62
96,6
vin #
28/4 à 37/4
3 (18)
4 (64)
5 (17)
50
à
68
97,0
$
30/4 à 38/4
3 (11)
4 (59)
5 (28)
56
à
72
95,9
IX
ë
32/3 à 41/4
3 (39)
4 (52)
5 (7)
58
à
76
97,0
$
34/4 à 42/4
3 (27)
4 (59)
5 (12)
64
à
80
95,0
X
ë
35/3 à 45/3
2 (4)
3 (57)
4 (36)
5 (3)
64
à
84
97,0
$
38/2 à 46/4
2 (5)
3 (46)
4 (45)
5 (4)
72
à
88
95,0
XI
ë
38/3 à 48/3
2 (8)
3 (69)
4 (21)
70
à
90
96,2
?
40/2 à 50/2
2 (8)
3 (51)
4 (38)
76
à
96
95,0
XII
ë
41/2 à 51/3
2 (18)
3 (67)
4 (15)
76
*
a
96
96,2
?
42/2 à 52/3
2 (14)
3 (59)
4 (27)
80
à
100
95,0
XIII £
43/2 à 54/3
2 (27)
3 (64)
4 (9)
80
à
102
96,2
9
44/2 à 55/2
2 (20)
3 (64)
4 (16)
84
à
106
95,0
— chez les mâles, des formules 22/y et 23/y au stade VF, et des formules 27/y au
stade VII ;
— chez les femelles, des formules 22/y à 25/y au stade VI, et des formules 28/y et 29/y
au stade VII.
Au-delà, il y a toujours chevauchement.
Le nombre d’anneaux apodes augmente du stade I au stade IV, passe par un maxi¬
mum jusqu’au stade VI, et décroît ensuite à partir du stade VII ; c’est un schéma désormais
classique chez les Diplopodes. On vérifie à nouveau que, le plus souvent, les femelles sont
majoritaires pour les nombres d’anneaux apodes les plus élevés, et les mâles pour les plus
bas. Ceci est à l’origine du décalage, qui se fait jour à partir du stade V, entre le développe¬
ment des mâles et des femelles.
On remarque enfin qu’il faut un minimum de treize stades dans les deux sexes pour
inclure toutes les formules segmentaires de notre échantillon. Ce nombre est suffisant, mais
1074 —
ne représente pas nécessairement la limite supérieure absolue du développement, et l’on ne
peut pas exclure que les plus grands animaux aient subi une ou plusieurs mues supplémen¬
taires pour atteindre 54 et 55 anneaux pédifères. Toutefois, même si certains individus
atteignent au moins le stade XIII, cela ne semble pas être le cas de la majorité. La baisse
des récoltes au-delà de 41-42 anneaux pédifères, et plus encore au-delà de 45-46 (fig. 1),
incline plutôt à penser que la plupart des animaux ne dépassent pas le stade X. Ce point
ne pourra être définitivement précisé qu’à la suite d’une analyse quantitative de l’abon¬
dance relative de chaque stade dans la population.
III. CONCLUSIONS
1. Le développement post-embryonnaire de P. germanicum peut s’étendre sur au
moins treize stades en conditions naturelles.
Le dimorphisme sexuel est apparent au stade IY avec la transformation des P 9 et
P 10 des mâles en bourgeons gonopodiaux. A partir de ce stade il est possible de mettre
en évidence un autre caractère lié au sexe, à savoir la tendance des femelles à acquérir
plus d’anneaux apodes que les mâles ; de la sorte, le développement n’est pas rigoureuse¬
ment parallèle dans les deux sexes quant à l’évolution du nombre des anneaux.
2. Le développement de P. germanicum suit la règle de l’anamorphose. Cette règle
a été définitivement établie chez les Iulida (e.g. Sahli, 1969), puis Blower (1978) a démon¬
tré qu’elle s’applique également chez les Craspedosomatida (= Nematophora). Chez les
Polyzoniida (= Colobognatha), on a supposé l’existence d’un mode de croissance diffé¬
rent après les travaux de Murakami (1962a, 1962&, 1963) sur Bazillozonium nodulosum :
chez cette espèce les stades I, de formule segmentaire 4/2, muent en stade II dont les prin¬
cipales formules segmentaires sont 10/2 et 11/2 (soit un accroissement de 6 à 7 anneaux
pédifères à partir de 2 anneaux apodes) ; puis au stade III les principales formules segmen¬
taires sont 17/2, 18/2 et 19/2 (soit à nouveau un accroissement de 6, 7 ou 8 anneaux pédi¬
fères à partir de 2 anneaux apodes). Mais le cas de P. germanicum rapproche le développe¬
ment des Colobognatha de celui des autres ordres, tout comme les données partielles de
Brôlemamn (1935) sur Hirudisoma latum (tabl. III).
Tableau III. — Les formules segmentaires des premiers stades de H. latum (F : Polyzoniidae)
d’après Brôlemann (1935).
Stade
Nbre anneaux
( telson compris)
Nbre anneaux
APODES
(telson compris)
Nbre paires
DE PATTES
(33/??)
x /y
CORRESPONDANT
II
10
4
8
6/3
III
13
4
14
9/3
IV
16
4
18/20
12/3
V
19
4
24/26
15/3
VI
21
3
30/32
18/2
VII
23
3
34/36
20/2
1075 —
La filiation des formules segmentaires chez H. latum, ainsi que chez P. gerrnanicum,
permet d’admettre que, chez les Colobognatha, la règle de l’anamorphose s’applique au
moins à la famille des Polvzoniidae, et que seul B. nodulosum, représentant de îa famille
des Platydesmidae, possède un mode de croissance singulier.
3. Comme nous l’avons signalé, nous comptons comme apode l’anneau demi-apode
qui suit les anneaux pédifères. Cet anneau peut correspondre à la coexistence, dans un
même diplo-segment, d’un métamère antérieur développé et d’un métamère postérieur
non développé (Démangé, 1967).
il est remarquable que chez les Polyzoniidae l’existence du demi-apode est une cons¬
tante, que I on retrouve à tous les stades de développement. Chez les Craspedosomatida,
au contraire, il n’apparaît qu’à partir du stade III, tandis que chez les Iulida le demi-
apode n’existe pas. Cette particularité des Polyzoniidae implique que leurs stades I ont
4 paires de pattes (la 4 e appartenant au demi-apode), et que tous les individus, sans excep¬
tion, ont un nombre pair de paires de pattes ambulatoires (contrairement aux Iulida).
Scu i* b art (1934) attribue des nombres impairs de paires de pattes à P. gerrnanicum, mais
il est probable que cet auteur les a simplement déduits du nombre d’anneaux pédifères,
en oubliant d’ajouter la paire de pattes du demi-apode. Nous n’avons, quant à nous, jamais
observé un nombre impair de paires de pattes ni dans le genre Polyzonium, ni dans le genre
Hirudisoma, conformément d’ailleurs aux données de Brôleman.
Mais chez B. nodulosum, si les stades I ont également la 4 e paire de pattes du demi-
apode, l’existence de ce dernier est ensuite très fluctuante, puisque des individus de même
stade (et de même sexe) possèdent soit un nombre pair, soit un nombre impair de paires
de pattes ambulatoires (Murakami, id.).
Ceci confirme que des mécanismes assez différents semblent régler la croissance chez
les Platydesmidae et chez les Polyzoniidae.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
Blower, J. G., 1978. — Anamorphosis in the Nematophora. Abh. Verh. Naturwiss. Ver. Hamburg ,
21-22 : 97-103.
Brôlemann, H. W., 1935. — Myriapodes Diplopodes (Chilognathes I). Faune Fr., 29 : 369 p.
David, J. F., et T. Couret, 1983. — Le développement post-embryonnaire en conditions natu¬
relles de Polyzonium gerrnanicum (Brandt) (Diplopoda, Polyzoniida). Les cinq premiers
stades. Bull. Mus. nain. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 5, sect. A, (2) : 585-590.
Demange, J. M., 1967. — Recherches sur la segmentation du tronc des Chilopodes et des Diplo¬
podes Chilognathes. Mém. Mus. natn. Hist, nat., Paris, sér. A, 44 : 188 p.
Murakami, Y., 1962a. — Post-embryonic development of the common Myriapoda of Japan (XI) :
Life-history of Bazillozonium nodulosum (1). Zool. Mag., Dobutsugaku Zasshi, 71 (8) :
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— 19626. — Post-embryonic development of the common Myriapoda of Japan (XII) : Life-
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— 1963. — Post-embryonic development of the common Myriapoda of Japan (XIII) : Life-
history of Bazillozonium nodulosum (3). Zool. Mag., Dobutsugaku Zasshi, 72 (2) : 40-47.
1076 -
Sahli, F., 1969. — Contribution à l’étude du développement post-embryonnaire des Diplopodes
lulides. Annls Univ. sarav 7 : 154 p.
Schubart, O., 1934. — Tausenfübler oder Myriapoda. I. Diplopoda. In : Dahl, Tierwelt Dtl.
28 : 318 p.
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6 , 1984,
section A, n° 4 : 1077-1089.
Phylogénie des Euphausiacés
(Crustacés Eucarides)
par Bernadette Casanova
Résumé. — Ce premier schéma des relations phylogénétiques entre les différents genres de
l’ordre des Euphausiacés est fondé sur l’examen de nombreux caractères touchant à la morpho¬
logie et à la reproduction. C’est le genre Bentheuphausia qui apparaît comme le plus archaïque.
A partir des Thysanopoda, première étape parfaitement euphausiacéenne, se différencient quatre
grandes radiations : celle des Euphausia, celle des Meganyctiphanes, Nyctiphanes et Pseudeu-
phausia, à partir de laquelle une branche conduit aux Thysanoessa, celle de Tessarabrachion, et
celle aboutissant d’une part aux Nematoscelis et d’autre part aux Nematobrachion et Stylocheiron.
Abstract. — This first diagram of phylogenetic relationships in the Euphausiacean Order
is based on the examination of many generic characters dealing with morphology and reproduc¬
tion. The genus Bentheuphausia seems to be the most archaic. From Thysanopoda which repre¬
sents the first really euphausiacean step, four radiations may be distinguished : one of Euphausia,
one of Meganyctiphanes, Nyctiphanes and Pseudeuphausia from which a branch leads to Thysa¬
noessa, one of Tessarabrachion, and the last which leads on the one hand to Nematoscelis and,
on the other hand, to Nematobrachion and Stylocheiron.
B. Casanova, Biologie animale (Plancton), Université de Provence, 3 place Victor-Hugo, 13331 Marseille
cedex 3, et Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), Muséum national d’Histoire naturelle, Paris.
Cette première tentative d’établissement de relations phylogénétiques au sein de
l’ordre des Euphausiacés a pour but de mettre en évidence les interrelations entre les
différents genres du phylum 1 , fondées sur l’ensemble des caractères génériques touchant
à la morphologie, principalement celle des thoracopodes, et à la reproduction. Elle se limite
aux Euphausiacés actuels.
Une étude de ce type est d’autant plus intéressante qu’il s’agit d’un groupe zoologique
relativement peu nombreux, comprenant 84 espèces, réparties en il genres bien définis,
strictement limitées au domaine marin (salinité d’au moins 28 °/ 00 ) et pélagique. Cette
homogénéité dans l’habitat et le mode de vie, qui a un retentissement sur l’aspect morpho¬
logique faciès purement « caridoïde » (Calm an, 1904) pour l’ensemble du groupe —
permet plus facilement que chez les Mysidacés et les Décapodes, auxquels on les compare,
de comprendre quel a été le sens et la forme de la pression évolutive.
Hormis cet aspect de « crevette », dû à une carapace céphalothoracique recouvrant
dorsalement les huits segments thoraciques et à un abdomen allongé, quels sont les carac-
1. La succession des genres dans les principales clés de détermination (Mauchline et Fisher, 1969 ;
Brinton, 1975) indique la tendance évolutive générale.
1078 -
tères propres aux Euphausiacés ? Tout d’abord, le telson terminé en pointe et flanqué
de deux languettes latérales (épines modifiées) qui se retrouve dans l’ensemble de l’ordre.
Ensuite, la présence d’une seule série de branchies épipodiales, non recouvertes par la cara¬
pace, portées latéralement par les coxae des thoracopodes. Ces derniers sont typiquement
biramés ; aucun n’est transformé en maxillipède. L’endopodite comprend généralement
cinq articles et l’exopodite, bisegmenté, est en forme de rame natatoire frangée de soies.
Les Euphausiacés archaïques
C’est indiscutablement le genre Bentheuphausia G. O. Sars, 1885, qui apparaît comme
le plus archaïque de l’ordre des Euphausiacés. L’ensemble des caractères indique, par rap¬
port aux autres, un organisme primitif : présence de huit paires de thoracopodes biramés
et pédiformes ; endopodites des deux paires de maxilles comportant deux ou trois articles
alors qu’il n’en comporte qu’un seul dans tous les autres genres ; pléopodes des deux pre¬
mières paires chez les mâles non différenciés en organes copulateurs avec, cependant, un
caractère sexuel secondaire consistant en une rangée de petites épines portées par le basis
de PI 1 (fig. 1 A) ; enfin, absence de photophores.
Cet ensemble a été jugé suffisamment caractéristique pour que soit créée la famille
des Bentheuphausiidae Colosi, 1917, dont la seule espèce, Bentheuphausia amblyops, est
cantonnée dans les eaux profondes des trois océans. Cette forme, que l’on peut considérer
comme relicte, ne constitue vraisemblablement pas la forme-souche dont sont issus les
autres Euphausiacés, mais appartient probablement à une radiation collatérale dont le
rayonnement a pu être beaucoup plus important au cours des ères géologiques antérieures
et dont elle serait actuellement le seul représentant.
Le genre Bentheuphausia, bien que sensiblement différent et original par rapport aux
autres, n’en constitue pas moins un authentique représentant de l’ordre des Euphausiacés,
dont il possède les principales caractéristiques (aspect du telson, branchies épipodiales
libres, thoracopodes biramés pédiformes à exopodite en rame natatoire, épine préanale).
Un point particulier, cependant, mérite d’être souligné : c’est la présence d’une suture
transversale (ou diérèse) sur l’uropode externe, qui n’existe pas chez les autres Euphau¬
siacés. Or, on la retrouve chez les Mysidacés Lophogastridae ( Gnathophausia , Eucopia) et
certains Décapodes Reptantia et Natantia. Cette diérèse représente-t-elle un caractère
primitif, comme le dit Burkenroab (1981), ou seulement une disposition permettant d’équi¬
librer la nage chez des animaux qui ont des contacts épisodiques avec le fond ? On ne le
sait, mais on peut remarquer qu’elle est inconstante chez les Mysidacés (très imparfaite
chez les Siriella, elle n’existe pas chez certains autres genres, comme Petalophthalmus et
Anchialina par exemple) et que parmi les Décapodes, elle est peu marquée chez les Gen-
nadas et absente chez les Parapenaeus. Aussi, on peut dire avec quasi-certitude que Ben¬
theuphausia apparaît comme le genre le plus proche de ce qu’on a appelé la « souche schi-
zopodienne ».
- 1079 -
Fig. 1 . — Premier pléopode mâle de Bentheuphausia (A). Endopodite seul (petasma) chez les autres
espèces : B, Thysanopoda ; C, Nyctiphanes ; D, Pseudeuphausia ; E, Tessarabrachion. ai : appendix
interna (= lobe additionnel), b : basis, e : épines du basis, endo : endopodite, exo : exopodite ; li, lm,
1s : lobes interne, médian, setigère ; pa, pe, pl, pp, pt : processus additionnel, en épine, latéral, proxi¬
mal, terminal.
La radiation principale
La lignée qui donne naissance à la deuxième famille, celle des Euphausiidae Dana,
1850, se signale par l’acquisition d’un petasma et de photophores, tandis que la 8 e paire
de thoracopodes (P8) devient rudimentaire. L’atrophie de la 8 e paire de thoracopodes
ne s’effectue pas de façon uniforme au sein de la radiation principale : l’endopodite dis¬
paraît (tendance qui se dessine déjà chez les Bentheuphausia puisque cette rame ne corn-
1082 —
porte plus que quatre articles au lieu des cinq habituels) ; c’est le maintien ou la réduc¬
tion plus ou moins prononcée de l’exopodite qui va permettre de distinguer cinq modalités
différentes (fig. 2) dont certaines caractérisent des radiations rassemblant des genres
ayant en commun d’autres caractères morphologiques (fig. 3).
Première modalité
L’exopodite bisegmenté de P8 reste intact, par comparaison avec les exopodites des
appendices précédents qui conservent tous, en outre, un endopodite à cinq articles. C’est
ce que l’on observe dans le genre Thysanopoda Milne-Edwards, 1830 (fig. 2). Les yeux
sont sphériques ; les œufs sont pondus librement en mer ; le petasma des mâles, comme
le thelycum des femelles, est complexe (fig. 1 B). Ce genre, bien représenté dans la faune
profonde, comprend treize espèces dont la plupart évoluent dans les zones profondes des
eaux subtropicales et tropicales des deux hémisphères.
Deuxième modalité
L’exopodite de P8, petite lame aplatie, frangée de soies, est très réduit. Cette dispo¬
sition s’observe dans le genre Euphausia Dana, 1850 (fig. 2), qui perd, en outre, totalement,
l’endopodite de P7 (fig. 3). Chez certaines espèces, le pédoncule de l’antennule présente
des ornementations différentes selon le sexe. Il existe trente et une espèces à'Euphausia
connues de l’épi- et du mésoplancton, qui peuplent la quasi-totalité des zones océaniques
du globe.
Troisième modalité
L’exopodite de P8 est transformé en un appendice styliforme glabre (fig. 2). Elle est
commune à quatre genres constituant une radiation (fig. 3) où le développement larvaire
offre la particularité de comporter tout au long de la phase furcilia une grande variabilité
dans l’aspect morphologique des stades (c’est-à-dire qu’à un stade furcilia donné corres¬
pondent plusieurs variations morphologiques entre lesquelles se répartissent diversement
les larves), dont les plus nombreux sont dits « dominants », alors que les moins nombreux
sont accessoires ou « variants ». Ce type de développement est « très diversifié », par oppo¬
sition à celui « peu diversifié » des genres dont les étapes sont fixes (obligatoires), comme
chez les Nematoscelis, ou relativement fixes (choix restreint) comme chez les Thysanopoda ,
les Stylocheiron et la plupart des Euphausia 1 (B. Casanova, 1974) ; le développement des
Nematobrachion et de Bentheuphausia reste inconnu.
A la base de cette radiation se situe le genre Meganyctiphanes M. Sars, 1856, dont
l’endopodite de P7 ne comporte plus que deux articles. Il est représenté par une seule espèce,
M. norvégien , qui occupe le pourtour nord de l’Atlantique et de la Méditerranée.
Le genre Nyctiphanes G. O. Sars, 1853, lui fait suite ; dans les deux sexes, les endopodites
de P7 sont à deux articles et ceux de P6 à cinq articles, mais chez les femelles leurs exopo-
1. Sur les 24 espèces d’ Euphausia dont les séries larvaires sont connues, quatre présentent un déve¬
loppement « très diversifié ».
1083 —
dites disparaissent. Ici, les œufs ne sont pas émis en mer mais portés dans deux sacs ovi-
gères, sécrétions membraneuses transparentes et temporaires, maintenues sous le thorax
par les endopodites de P6 et P7 ; c’est une disposition que l’on observe chez certains Copé-
podes (où les ovisacs sont fixés à l’abdomen), tout à fait différente de la formation d’oosté-
gites par les épipodites des thoracopodes que l’on rencontre chez les Mysidacés, et de l’accro¬
chage des œufs aux pléopodes chez la plupart des Décapodes. Les quatre espèces de ce
genre se localisent dans quelques secteurs néritiques des trois océans.
Nous plaçons le genre Pseudeuphausia Hansen, 1910, près de Nyctiphanes, au contraire
de tous les auteurs qui le rapprochent d ' Euphausia comme l’indique son appellation. Les
arguments en sont les suivants : exopodite de P8 représenté par un appendice styliforme
glabre; morphologie voisine des thelycum (Guglielmo et Costanzo, 1983) et perte del’appen-
dix interna sur le petasma (fig. 1 C, D) ; partie frontale de la carapace des larves et des
adultes incurvée entre les yeux, comme chez les larves de Nyctiphanes et Meganyctiphanes ;
présence de deux ovisacs ; enfin, comme chez Nyctiphanes, caractère néritique des deux
espèces. Deux faits caractérisent les Pseudeuphausia : la perte de l’exo- et de l’endopodite
de P7 et la réduction de longueur de l’endopodite de P6 (qui conserve cependant cinq arti¬
cles), tandis que l’absence de palpe sur la mandibule n’affecte que Pseudeuphausia sinica
et l’existence de variations infraspécifiques n’a jusqu’à présent été observée que chez
P. latifrons.
Chez la plupart des Thysanoessa Brandt, 1851, les yeux deviennent bilobés et les endo¬
podites de la deuxième paire de thoracopodes s’allongent x , sans réelle transformation de
leurs extrémités qui portent de longues soies serrulées le long du propode et du dactyle
(fig. 4). Les endopodites de P7 ont un ou deux articles chez les femelles ; ils manquent
chez les mâles, alors que les exopodites subsistent dans les deux sexes. Six espèces de Thy¬
sanoessa se localisent dans les zones néritiques de l’hémisphère Nord, deux dans la région
antarctique et deux, mésopélagiques, dans les zones subtropicales et tempérées des deux
hémisphères.
Quatrième modalité
La morphologie de P8 est très proche des Thysanopoda, avec un basis encore seti-
gère du côté interne (celui-ci est peu développé et inerme dans les autres radiations) et
un exopodite à peine réduit, quoique insegmenté. Il s’agit de Tessarahrachion Hansen,
1911 (fig. 2), genre monospécifique dont le petasma est original dans la famille des Euphau-
siidae par l’absence de processus et la fusion des lobes interne et médian (fig. 1 E). T. ocu-
latum a des yeux bilobés et le pédoncule antennulaire différent selon le sexe ; c’est une
espèce mésopélagique cantonnée dans le Pacifique Nord. Il est intéressant de souligner
qu’elle a des affinités, d’une part, avec le genre Thysanoessa — même allongement de P2,
s’accompagnant en outre d’un allongement de P3, et même réduction de P7 — d autre
part, avec le genre Nematoscelis — même morphologie de la partie antérieure de la cara¬
pace larvaire (En do, 1980).
1. On notera que chez les trois espèces de Thysanoessa, dont les yeux sont sphériques ou légèrement
ovales, l’endopodite de P2 est peu ou pas allongé.
— 1084
Cinquième modalité
L’exopodite de P8 subit une réduction plus prononcée que dans le cas précédent
(fig. 2). Elle caractérise une radiation où l’on observe, en outre, d’une part, la présence
d’yeux bilobés et, d’autre part, l’allongement et la modification de l’extrémité d’une paire
de thoracopodes (fig. 4). Cet allongement porte sur l’endopodite de P3 chez Nematobra-
chion Caïman, 1896, de P2 chez Nematoscelis G. O. Sars, 1883, mais leur terminaison reste
sensiblement identique : un bouquet de longues épines striées, issues soit du dernier, soit
des deux derniers articles. Alors que la partie supérieure de l’œil bilobé prédomine sur
l’inférieure chez le premier, le contraire se produit chez le second. Ces divers traits montrent
que les deux genres, bien qu’issus d’une branche commune, ont évolué indépendamment.
Seuls, les N ematoscelis portent leurs œufs dans un ovisac 1 . Chez les Nematobrachion, l’endo-
podite de P7 a cinq articles et certaines espèces n’ont pas de pseudexite 2 sur la maxillule.
Chez les Nematoscelis, l’endopodite de P7 ne comporte plus que deux articles chez la femelle ;
certaines espèces perdent, en outre, le palpe de la mandibule et le pseudexite de la maxil¬
lule ; par ailleurs, des variations infraspécifiques sont reconnues (Gopalakrishnan, 1974),
indice de réactions adaptatives aux différentes conditions de milieu. Les Nematoscelis ont
donc subi une pression évolutive plus marquée que les Nematobrachion. Ce dernier genre,
encore relativement primitif, ne regroupe que trois espèces vivant entre 40° N et 40° S
dans les couches moyennes des trois océans. Le genre Nematoscelis en compte huit ayant
sensiblement la même répartition : deux formes sont indo-pacifiques, les autres étant cos¬
mopolites et mésopélagiques dans les zones tempérées et tropicales.
Les Stylocheiron s’individualisent également à partir de cette radiation, puisqu’ils
présentent l’exopodite de P8 légèrement réduit. Mais le fait que certains caractères aient
évolué de façon originale nous incite à les traiter séparément.
La radiation des Stylocheiron G. O. Sars, 1883
Ce genre se distingue des autres par différents points :
— s’ils sont munis de photophores comme les autres Euphausiidae, leur nombre est
sensiblement réduit : ils font défaut sur la 2 e paire de thoracopodes, ainsi que sur les 2 e ,
3 e et 4 e somites abdominaux ; cette réduction du nombre des photophores (de 10 à 5)
résulte sans doute d’une disparition secondaire ; en effet, celui de P2 existe chez Stylo¬
cheiron suhmii au cours du développement larvaire (B. Casanova, 1974) ;
— une régression affecte également l’épine préanale présente chez les autres Euphau-
siacés, mais une gradation existe au sein même du genre puisque Stylocheiron carinatum
en possède une petite, les autres espèces n’en ayant qu’un rudiment, visible seulement
après ablation des uropodes.
1. Ici, comme chez les Stylocheiron, l’ovisac, impair, est moins caractérisé que chez les Nyctiphanes
et les Pseudeuphausia ; cependant la masse des œufs, de forme constante, suggère l’existence d’une enve¬
loppe. '
2. Il correspond au pseudo-exopodite des auteurs.
- 1086 —
En outre, on peut différencier des groupes d’espèces de Stylocheiron par la variation
de certains caractères qui sont constants dans tous les autres genres. Il s’agit, d’une part,
de la terminaison de P3 qui s’organise de trois façons différentes selon la disposition des
épines striées issues du propode dilaté et du dactyle, et, d’autre part, de l’organisation des
ommatidies dans le lobe supérieur des yeux bilobés.
On reconnaît donc trois groupes d’espèces selon le mode de terminaison de P3 (fig. 4) :
chez S. carinatum, ces épines sont implantées latéralement sur la moitié distale du pro¬
pode et le long du dactyle ; chez les sept espèces du groupe « longicorne », ces épines, recour¬
bées distalement, sont implantées à l’extrémité apicale du propode et sur le dactyle ; chez
les trois espèces du groupe « maximum », deux épines, l’une courte, l’autre longue et striée,
issues de la partie apicale du propode viennent en opposition avec le dactyle porteur de
dents, ce qu’on peut considérer comme une terminaison chéliforme. Cette disposition, qui
rappelle la « pince » des premiers péréiopodes 1 des Décapodes, semble être davantage le
résultat d’une convergence qu’une marque de parenté phylétique puisqu’elle est réalisée
sur l’appendice qui correspond à la 3 e paire de maxillipèdes.
Selon la morphologie des yeux, il n’y a plus que deux catégories d’espèces, S. cari¬
natum rejoint le groupe « longicorne » à grandes ommatidies orientées de façon à capter
la lumière en provenance des couches supérieures, le groupe « maximum » à ommatidies
identiques dans les deux lobes de l’œil. On rappellera ici que c’est S. carinatum, apparte¬
nant à l’un ou l’autre groupe selon le caractère retenu, qui porte l’épine préanale la plus
prononcée du genre.
Par ailleurs, tous les caractères dont nous avons suivi le devenir dans les différents
genres des autres radiations se retrouvent au maximum de leur évolution chez les Stylo¬
cheiron : la mandibule est dépourvue de palpe et la première maxille de pseudexite ; les
œufs sont portés dans un ovisac ; enfin, des variations infraspécifiques sont mentionnées
chez plusieurs espèces du groupe « longicorne » (Brinton, 1962 et 1975). Mais une étape
supplémentaire est franchie dans ce genre puisque la diminution du nombre des articles
de l’endopodite concerne la 6 e paire de thoracopodes et atteint également, à une exception
près (5. maximum), la 5 e paire. C’est donc le genre qui paraît avoir atteint le niveau d’évo¬
lution le plus poussé.
Ainsi, par la réduction du nombre des photophores et de l’épine préanale, celle du
nombre d’articles de l’endopodite de P6 et même de P5, et la réalisation d’une terminaison
chéliforme sur P3 chez certaines espèces, les Stylocheiron se démarquent nettement des
autres genres de la famille des Euphausiidae. En raison de la position qu’ils occupent au
sommet de la ligne évolutive des Euphausiacés, on peut considérer qu’ils constituent une
entité systématique où la pression évolutive est particulièrement nette.
La famille des Euphausiidae semble donc s’être différenciée à partir du genre typique
« Thysanopoda », qui apparaît comme la forme-souche à partir de laquelle se sont détachées
quatre radiations donnant naissance aux autres genres. L’appellation Thysanopodidae de
Gerstaecker et Ortmann (1901) eut été, de ce fait, plus appropriée si celle des Euphau¬
siidae n’avait pas été antérieurement utilisée (Dana, 1850).
1. Les péréiopodes, chez les Décapodes, correspondent aux cinq derniers thoracopodes à fonction
locomotrice.
- 1087 -
Les niveaux d évolution des différents genres
Au terme de cette analyse où nous avons suivi l’évolution de quelques caractères mor¬
phologiques d un genre à 1 autre, il est possible de déterminer quels sont les principaux
niveaux d évolution par lesquels est passé le phylum des Euphausiacés actuels.
L une des principales cibles de la pression évolutive a été les thoracopodes, en parti¬
culier la réduction des dernières paires, de la 8 e à la 5 e . Cette réduction a affecté l’ensemble
du phylum à partir des 7 hysanopoda, genre le plus primitif après Bentheuphausia , puisque
seule la 8 e paire est concernée.
En revanche, l’allongement d’une ou deux paires de thoracopodes (P2 ou P3), avec
différenciation de leurs extrémités, qui apparaît conjointement avec la formation d’yeux
bilobés, n’est le fait que de quelques genres : Thysanoessa (chez sept espèces sur dix), Tes-
sarabrachion, Nematoscelis, Nematobrachion et Stylocheiron.
L ne autre caractéristique évolutive importante est l’acquisition d’un ou deux ovi¬
sacs protégeant la ponte, les larves n’étant libérées qu’au stade métanauplius, ce qui s’effec¬
tue avec une diminution considérable du taux de fécondité (Brinton, 1966) due à la réduc¬
tion des risques de mortalité des nauplii. L’acquisition de cet organe se fait au sommet de
certaines branches de l’arbre évolutif : Nyctiphanes et Pseudeuphausia d’une part, Nenia-
toscelis et Stylocheiron d’autre part.
En outre, l’existence de variations infraspécifiques permettant de reconnaître certaines
« formes » au sein des espèces rend compte de la possibilité de spéciation, signe d’une
pression sélective s’exerçant encore actuellement dans des groupes aussi divers que les
Chaetognathes ou les Crustacés Décapodes (J.-P. Casanova, 1977). De telles variations
sont connues chez Pseudeuphausia, Nematoscelis et Stylocheiron, aux extrémités des branches
précitées.
A ces caractères principaux s’en ajoutent d’autres, moins importants. Il s’agit de :
— la perte du palpe de la mandibule et du pseudexite de la maxillule chez quelques
espèces de Pseudeuphausia et de Nematoscelis et chez tous les Stylocheiron (certaines espèces
de N ematobrachion ne perdent que le pseudexite de la maxillule) ;
— l’apparition d’un dimorphisme sexuel sur le pédoncule de l’antennule pour quel¬
ques espèces d’ Euphausia et chez les Nyctiphanes, Tessarabrachion, Nematoscelis et Stylo¬
cheiron.
Si l’on récapitule dans un tableau (tabl. 1) les observations qui ont été faites concer¬
nant l’évolution des Euphausiacés, en ne tenant compte que de la présence, la réduction
ou l’absence des caractères considérés sans établir de hiérarchie entre eux, on exprime
ainsi, d’une autre manière, le classement des différents genres de l’arbre phylogénétique
tel que nous l’avons présenté. Thysanopoda et Stylocheiron se placent aux extrémités de
la famille des Euphausiidae, le premier genre étant la première étape parfaitement « euphau-
siacéenne » ; Bentheuphausia est le représentant le plus primitif de l’ordre reflétant encore
l’organisation schizopodienne.
Cet arbre phylogénétique est limité aux Euphausiacés actuels, aucun Crustacé fossile
ne pouvant leur être rattaché avec certitude. Malgré son nom, le genre Anthracophausia
(Peach, 1908), datant du Carbonifère, qui leur avait anciennement été rapporté, a été
1088
Tableau I. — Caractères évolutifs des Euphausiacés. (+ : présence chez toutes les espèces ;
/+ : présence chez quelques espèces.)
Acquisition petasma et photophores
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
Réduction P8 +
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
Réduction P7
+
+
+
+
+
+
+
+
Réduction P6
+
+
+
Réduction P5
/+
Yeux bilobés P2 et/ou P3 allongés
/+
+
+
+
+
Dimorphisme sexuel Al
/+
+
+
+
+
Perte palpe Md
/+
/+
+
Perte pseudexite Mxl
/+
/+
/+
+
Réduction épine préanale
+
Réduction nombre photophores
+
Ovisacs
+
+
+
+
Variations infraspécifiques
4-
+
+
Nombre de caractères 1
2
3
4
4
4
5
6
8
9
13
inclus, avec d’autres Eumalacostracés paléozoïques, dans l’ordre primitif des Eocarida
(Brook, 1962). Ces Crustacés à faciès caridoïde seraient en fait les précurseurs des Péra-
carides et des Eucarides, ce que confirmeraient les travaux récents (Schram, 1979, 1981).
Le principal enseignement que l’on puisse tirer de cette étude est que les Euphausiacés
ont évolué indépendamment des ordres voisins, Mysidacés et Décapodes, « empruntant »
des caractères aux uns et aux autres. Comme les premiers, certaines espèces incubent leurs
œufs sous le thorax, mais de manière différente ; d’autres ont acquis des yeux bilobés, à
l’instar de certains Mysidacés ( Euchaetomera , par exemple). Comme les seconds, les Penaeidea
tout au moins, ils ont vu se modifier le premier pléopode des mâles en petasma et l’aire
génitale des femelles en thelycum, et apparaître une terminaison chéliforme sur une paire
de thoracopodes chez les plus évolués ; en outre, les deux ordres ont un développement
larvaire homologue (Calyptopis = Protozoea, Furcilia = Zoea ; Gurney, 1942).
Il reste que les Euphausiacés forment un groupe bien homogène, dû principalement à
l’unité de son mode de vie dans la série des Eumalacostracés où ils occupent une position
charnière particulièrement intéressante.
Remerciements
Je remercie le Dr. E. Brinton pour ses intéressantes remarques ainsi que les Dr. Y. Endo
et R. Wang pour leur envoi de Tessarabrachion oculatum et Pseudeuphausia sinica.
— 1089 —
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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section A, n° 4 : 1091-1133.
Les Canthonines de Nouvelle-Calédonie
(Coleoptera, Scarabaeidae)
Etude systématique et biogéographique
par Renaud Paulian et Dominique Pluot-Sigwalt
Résumé. — La révision des Canthonines néocalédoniens conduit à proposer, d’après les carac¬
tères morphologiques donnés par les pièces buccales et les glandes tégurnentaires abdominales,
quatre genres nouveaux ( Caeconthobium, Paronthobium, Anonthobium et Pseudonthobium ) et
neuf espèces nouvelles sur les dix-sept décrites dans ce travail. Toutes les formes appartiennent
à la lignée des Mentophilines et sont apparentées au groupe primitif australien ; elles ont sans
doute été mises en place au Crétacé.
Abstract. — A revision of the New Caledonian species of Canthonines using morphological
data, obtained from the mouthparts and the integumentary glandular system, proposes four new
genera ( Caeconthobium, Paronthobium , Anonthobium and Pseudonthobium) and describes seventeen
species of which nine are new. All these forms belong to the Mentophiline group and are allied
to the primitive Australian stock. They may be considered to be of early Cretaceous origin.
R. Paulian, La Rouvière, Port Sainte-Foy, 33220 Sainte-Foy-La-Grande.
D. Pluot-Sigwalt, Laboratoire d' Entomologie économique , École Pratique des Hautes Études, 45, rue Buffon,
75005 Paris.
Introduction et remerciements
Le présent travail est né de l’étude d’une petite série de Canthonines récoltés par
P. Cochereau, du Centre ORSTOM de Nouméa, lors d’une campagne de piégeage aux
assiettes de couleur menée en Nouvelle-Calédonie.
Il n’a pu prendre la forme d’une révision des Canthonines néocalédoniens que grâce
à la générosité de notre collègue et ami le Pr. H. F. Howden de l’Université Carleton
d’Ottawa (Canada) qui, lorsqu’il a appris que nous travaillions sur ce groupe, a mis à notre
disposition plusieurs centaines d’exemplaires obtenus par lui de S. et J. Peck et récoltés,
au piège, en juillet-août 1978. Il nous a aussi offert des exemplaires de Cryptocanthon,
de Canthochilum et de Canthonella , nous permettant ainsi d'en étudier les glandes tégu-
mentaires abdominales.
De son côté, le Dr. Kuschel, du D5IR d’Auckland Nouvelle-Zélande), nous a commu¬
niqué pour étude un matériel d’une importance équivalente, mais encore plus varié, récolté
par lui-même et par Watt, tant par tamisage de litière que par piégeage, en automne
1978.
- 1092 -
Nous devons au Dr. Monteith, du Queensland Museum, le don d’exemplaires de Cepha-
lodesmius australiens dont nous avons ainsi pu étudier le système glandulaire abdominal.
Nous avons, d’autre part, pu voir tous les types des espèces actuellement décrites.
Les types — syntypes — et tout le matériel de la collection Fauvel nous a obligeamment
été communiqué par l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Bruxelles. Le Musée de
Dresde a bien voulu nous confier le type unique de YIgnambia fasciculata Heller, 1916.
Enfin, notre ami André Descarpentries a retrouvé au Muséum de Paris, dans la collec¬
tion Perroud, in collection M. Pic, le matériel que nous considérons comme formant la
série typique de la première espèce décrite du groupe, YOnthobium macleayi Montrouzier,
1860. '
L’aide amicale et dévouée de Y. Cambefort nous a enfin permis de disposer de dissec¬
tions fines des pièces buccales des représentants de tous les genres intéressés.
A tous, nous sommes heureux d’exprimer notre très sincère gratitude pour une si
généreuse coopération.
Historique
Le premier Canthonine de Nouvelle-Calédonie a été décrit en 1860 par le R. P. Mon¬
trouzier, un des premiers missionnaires français en terre canaque, pour une espèce qu’il
désignait sous le nom spécifique de macleayi et pour laquelle L. Reiche créait, en note
infrapaginale du même travail, le genre Onthobium. Montrouzier indiquait que son espèce,
qui provenait de l’île d’Art (îles Belep), était rare.
En 1903, Fauvel, dans une étude d’ensemble sur les Coléoptères de Nouvelle-Calé¬
donie, et apparemment sans avoir vu de spécimens de l’espèce de Montrouzier, ratta¬
chait au genre Onthobium cinq espèces nouvelles.
En 1916, Heller, dans le travail général consacré à l’étude des Coléoptères du voyage
de Sarrazin et Roux, décrivait un nouveau genre, Ignambia, pour le seul exemplaire de
Canthonine devant lui.
En 1935, l’un de nous (R. P.) dressant, sur la base des matériaux de la collection
R. Oberthür et de ceux du Muséum de Paris et du British Museum de Londres, une
esquisse des Canthonines australiens, établissait un nouveau tableau des deux genres
néocalédoniens, en y ajoutant deux nouvelles espèces et une nouvelle variété.
Enfin, en 1974, dans une révision détaillée des Canthonines australiens, Matthews
décrivait d’Australie continentale deux espèces nouvelles qu’il rattachait au genre Ignam¬
bia, considéré jusque-là comme un endémique strict de la Nouvelle-Calédonie.
Les huit taxons néocalédoniens ainsi nommés au niveau spécifique, difficiles à étudier
du fait de leur rareté apparente et de leur sculpture et pubescence complexe retenant des
particules terreuses en un enduit plus ou moins continu, n’ont donc qu’une littérature
très réduite.
Biologie
Nous ne savons pratiquement rien de la biologie des Canthonines néocalédoniens, si
ce n’est qu’ils se rencontrent dans la nature sous les morceaux de bois humide, dans la
- 1093 -
litière forestière et qu ils peuvent se capturer en nombre dans des pièges appâtés pour la
capture des nécrophages et des coprophages.
L étude de leur comportement présenterait pourtant un intérêt tout particulier depuis
que les recherches de Matthews ont établi que les mœurs des Canthonines australiens
sont très diversifiées et que les Mentophilines australiens, considérés comme un élément
archaïque dans le peuplement de P Australie, ne roulent pas de pilules pour approvisionner
leurs nids, contrairement a ce que pratiquent les autres Canthonines australiens. Cepen¬
dant, d après F. G. Matthews (in litt., 29.6.1984), des observations inédites de Store y
sur le genre Aulacopris, qui est un Menthophiline, établissent que celui-ci est un couleur.
Le caractère éthologique n’aurait alors pas une valeur systématique absolue.
1. SYSTÉMATIQUE
par Renaud Paulian
Catalogue des Canthonines néocalédoniens
Onthobium asperatum Fauvel. — Nouvelle-Calédonie : Nouméa, Ouan Toro, Sarraméa.
Onthobium gutierrezi n. sp. — Nouvelle-Calédonie : Sarraméa.
Onthobium howdeni n. sp. — Nouvelle-Calédonie : Koumac.
Onthobium kuscheli n. sp. — Nouvelle-Calédonie : mont Mou.
Onthobium lerati Paulian. — Nouvelle-Calédonie : de la Foa à Canala ; Sarraméa ; col d’Amieu.
Onthobium macleayi Montr. — Ile d’Art.
Onthobium montrouzieri n. sp. — Nouvelle-Calédonie : col des Roussettes.
Anonthobium fauveli n. sp. — Nouvelle-Calédonie : col d’Amieu.
Anonthobium micros n. sp. — Nouvelle-Calédonie : mont Kogui.
Anonthobium moui n. sp. — Nouvelle-Calédonie : mont Mou.
Anonthobium muticum (Fauvel). — Nouvelle-Calédonie, sans précision.
Anonthobium tibiale (Fauvel). — Nouvelle-Calédonie : mont Kogui.
Paronthobium simplex (Fauvel). — Nouvelle-Calédonie : mont Kogui ; mont Mou ; col des Roussettes ;
col d’Amieu ; Sarraméa.
Pseudonthobium fracticolle (Fauvel). — Nouvelle-Calédonie : mont Kogui ; Yahoué.
Pseudonthobium fracticolloides n. sp. — Nouvelle-Calédonie : mont Kogui.
Caeconthobium parvulum n. sp. — Nouvelle-Calédonie : col des Roussettes.
Ignambia fasciculata Heller. — Nouvelle-Calédonie : mont Ignambi ; col d’Amoa près Poindimié.
lgnambia var. laeois Paulian. — Nouvelle-Calédonie : Hienghene.
La lecture de cette liste appelle un certain nombre de remarques. Tout d’abord, la
richesse de la faune néocalédonienne est remarquable, avec les dix-sept espèces actuelle¬
ment connues sur les 17 000 km 2 de surface ; d’autant que tout permet de supposer que
nous ne connaissons encore qu’une faible partie de la faune, ne serait-ce que compte tenu
des formes nouvelles que les récoltes, pourtant très localisées, des collections Howden et
Kuschel ont permis de découvrir.
Si nous comparons les faunes de Canthonines d’Australie, de Madagascar et de
Nouvelle-Calédonie, faunes sans doute étudiées de façon assez comparable, nous obtenons
en effet le tableau ci-après.
- 1094 -
Territoire
Nombre
d’espèces
Nombre
de genres
Surface
en km 2
Australie
94
16
7 700 000
Madagascar
150
10
600 000
Nouvelle-Calédonie
17
6
17 000
A s’en tenir aux chiffres bruts, la Nouvelle-Calédonie serait plus riche en Canthonines
que les autres régions. 11 ne faut cependant pas oublier que la surface de l’île était sans
doute de près de 200 000 km 2 il y a 40 000 ans et que cette surface s’est réduite progressi¬
vement par un lent affaissement.
La forte diversité générique de la faune néocalédonienne doit aussi se rattacher à la
surface ancienne de l’île.
Il faut ensuite noter que les espèces connues ne proviennent que d’un très petit nombre
de stations (fig. 1).
Ceci tient, pour partie, à ce que l’ampleur des destructions de la couverture végétale
originelle par les feux de brousse et par les exploitations minières et la grande difficulté de
pénétration dans les zones encore relativement intactes, dès que l’on s’écarte des quelques
routes, ont pour effet de concentrer les efforts des collecteurs occasionnels, toujours pressés par
le temps, sur des localités classiques où existe, au moins, la certitude de faire de bonnes
récoltes : le mont Kogui, le col d’Amieu, le col des Roussettes en sont de bons exemples.
Cependant, les listes des stations de l’expédition Dugdale, Kuschel et Watt en
octobre 1978 indiquent que des tamisages ont été effectués sur les monts Panié, Do, Rembai,
Ouenarou et Dore, et sur la rivière Bleue, sans fournir de Canthonines, alors que les récoltes
en étaient importantes, au même moment, dans d’autres stations.
On ne peut cependant en conclure que ces Insectes manquent dans ces stations car
l’expédition néo-zélandaise n’a pas non plus trouvé de Canthonines à Yahoué et à Nouméa,
d’où provenait une partie du matériel de Fauvel, trois quarts de siècle plus tôt, et où
Cochereau avait retrouvé des Canthonines récemment.
11 est donc impossible d’établir actuellement une carte de la répartition des divers
Canthonines en Nouvelle-Calédonie et il faut regretter que les orientations de la recherche
entomologique dans ce Territoire, depuis 1946, n’ait pas permis aux chercheurs de l’ORSTOM
de développer méthodiquement l’étude de l’inventaire de la faune, comme ce fut si heureu¬
sement le cas pour la flore. Des recherches toutes récentes de R. Dechambre viennent
de montrer, sur un autre groupe de Scarabaéoides, celui des Dynastidae, les étonnantes
richesses insoupçonnées de l’Fmtomologie calédonienne.
Nous pouvons cependant faire quelques observations sur ce catalogue :
— D’une part, certaines stations comme le mont Kogui présentent une exceptionnelle
richesse. On peut s’interroger sur les conditions écologiques qui permettent la coexistence,
en une localité restreinte, d’un tel nombre d’espèces apparentées entre elles et d'éthologie en
apparence comparable. Pas moins de cinq espèces de Canthonines ont été récoltées au Kogui
à ce jour, soit près du tiers de la faune d’ensemble. Des observations comparables ont été
faites à Madagascar où quelques stations privilégiées, comme le fond de la baie d’Antongil,
abritent de longues séries d’espèces affines. Nous ignorons encore tout des conditions qui
aboutissent à de tels résultats, dont Bernardi a, à plusieurs reprises, après Jeannel et
d'autres, souligné l’intérêt théorique.
- 1095 -
Fig. 1. — Carte des principales stations de Nouvelle-Calédonie avant fourni des Canthonines.
— D’autre part, les Onthobium ne semblent guère coexister avec les autres genres
du groupe. On peut penser, d’après les stations connues, que cela tient à ce que le premier
genre s’adapte à des stations plus xérophiles (encore que la présence d’une espèce d 'Ontho¬
bium sur le mont Mou ne paraisse pas confirmer cette interprétation) ; toujours est-il que
jusqu’ici le mont Kogui, si riche par ailleurs, n’a pas fourni d 'Onthobium.
Parmi les autres espèces, deux, déjà représentées dans le matériel de Fauvel, Anon-
thobium tibiale et Paronthobium simplex , sont bien représentées dans les chasses de S. et
J. Peck et de Kuschel et Watt. Une espèce nouvelle, C aeconthobium parvulum, a été
collectée en nombre tant par S. et J. Peck que par Kuschel.
Le genre Ignambia, qui paraît rare dans toutes les collections, a fourni un exemplaire
unique à Sarrazin et Roux et un petit nombre d’exemplaires tant à Miss Cheesman
qu’à Kuschel ; il semble caractériser les hauts sommets et le versant oriental particu¬
lièrement hygrophile.
Quatre espèces enfin ne sont connues que par des exemplaires uniques. 11 est remar¬
quable que Paronthobium muticum Fauvel, décrit sur un seul spécimen en 1903, n’ait à ce
jour pas été retrouvé.
— 1096 -
Tableau des genres de Canthonines néocalédoniens
1. Yeux invisibles d’au-dessus, sauf sous forme d’une étroite lame accolée au bord postéro-latéral
de la tête. Palpes labiaux à deux premiers articles très fortement dilatés en travers, le troi¬
sième très petit (fig. 8 f, 9 f). 2
— Yeux visibles d’au-dessus sous forme d’un segment en croissant ou amygdaliforme, limité en
dehors par un long canthus libre à l’extrémité. Palpes labiaux cylindriques ou légèrement
renflés..... 3
2. Base du pronotum en courbe régulière, au plus un peu concave au milieu. Pas de pinceaux
de soies dressées sur la face dorsale. 6. Caeconthobium n. gen.
— Base du pronotum très profondément échancrée en courbe en arrière au milieu (fig. 8 k), les
côtés de l’échancrure fortement saillants vers l’arrière en lobes arrondis. 5. Ignambia Heller
3. Pseudépipleures avec une strie longitudinale, parfois fourchue en arrière. Des pinceaux de
soies spiniformes, courtes, sur la face dorsale. 1. Onthobium Reiche
— Pseudépipleures avec deux stries longitudinales. Dessus plus ou moins pubescent, mais sans
pinceaux de courtes soies dressées........ . 4
4. Stries élytrales simples. Griffes tarsales simples à la base. 2. Paronthobium n. gen.
—-Stries élytrales géminées. Griffes tarsales toujours dentées. 5
5. Base du pronotum profondément échancrée au milieu, les côtés de l’échancrure saillant vers
l’arrière en lobes arrondis. Griffes tarsales avec une très forte dent au milieu du bord inférieur.
4. Pseudonthobium n. gen.
— Base du pronotum en courbe régulière, parfois un peu concave au milieu en arrière (fig. 5 a).
Griffes avec une forte lame basale dentée, la partie apicale de la griffe coudée vers le bas (fig. 5 e).
5. Anonthobium n. gen.
Genre ONTHOBIUM Reiche
Onthobium Reiche, 1860 : 266, note. Fauvel, 1903 : 360. R. Paulian, 1935 : 121.
Espèce-type du genre : Onthobium macleayi Montrouzier, 1860, par monotypie.
Corps de taille moyenne, orbiculaire, peu convexe, brun ou noir terne ou à reflets
verdâtres, portant des soies couchées et des pinceaux de soies dressées, plus fortes. Les
téguments souvent avec un revêtement terreux.
Tête transverse ; clypéus bi- ou quadridenté en avant, l’angle clypéo-génal parfois
également un peu saillant en denticule ; canthus oculaire long, libre à l’apex. Partie des
yeux AÛsible d’au-dessus en amande ou en croissant, l’œil non coupé en arrière par le can¬
thus. Pas de reliefs sur la tête.
Antennes de neuf articles, à funicule relativement allongé. Palpes maxillaires à articles
allongés, le dernier article longuement fusiforme. Labium à bord antérieur droit, parfois
avec une étroite encoche médiane, avec une rangée de longs macrochètes ; palpes labiaux
à article I cylindrique, plus long que le II qui est un peu épaissi et plus long que le III,
celui-ci assez étroit. Épipharynx 1 à corypha dépassant légèrement le prosthiocheile et
1. L’étude des épipharynx, dont nous avons proposé l’emploi en 1942 pour caractériser les divisions
génériques et subgénériques des Aphodiides africains, a été trop souvent négligée. Cet organe semble fournir
— 1097 -
portant de courtes et fortes épines ; chaetopedia avec de courtes épines sur fond d’apo-
phobes, crépis avec une pièce dirigée obliquement de gauche à droite.
Pronotum transverse, à base régulièrement arrondie, parfois un peu en courbe concave
au milieu. Flancs du prosternum, parfois avec une petite carène longitudinale latérale.
Angles postérieurs et région postérieure du rebord latéral plus ou moins doublés d’une
carène ou d’une rangée de granules en dessus.
Pattes relativement longues, à tibias postérieurs grêles ; griffes tarsales avec une petite
dent subbasale, parfois précédée d’une très courte lame.
Elytres à stries géminées plus ou moins distinctement ; pseudépipleures avec une
strie longitudinale externe entière et parfois une strie interne incomplète. Tibias anté¬
rieurs avec trois dents marginales externes, la proximale parfois un peu séparée des deux
distales et nettement plus faible qu’elles.
(J. Tibias antérieurs un peu élargis à l’angle apical interne. Tibias postérieurs géné¬
ralement fortement élargis en talon à l’apex en dedans.
Edéage fortement asymétrique, les paramères droits bien plus longs et en général
plus dilatés à l’apex que les paramères gauches (caractère qui se retrouve chez les Men-
thophilines australiens et chez les Sphaerocanthon malgaches).
$. Tibias antérieurs et postérieurs simples dans la région apicale.
Le genre Onthobium est propre à la Nouvelle-Calédonie et aux îles Belep, situées plus
au nord et qui en sont géologiquement solidaires.
Les espèces ont été récoltées sous des morceaux de bois humide, et dans des assiettes
jaunes remplies d’eau et de teepol.
Clé des espèces d ’Onthobium
1. Flancs du prosternum avec une carène longitudinale latérale ; pseudépipleures avec une carène
longitudinale interne incomplète ; clypéus simplement bidenté en avant, sans échancrure au
bord externe des dents médianes. 2
— Flancs du prosternum sans carène longitudinale latérale ; pseudépipleures avec une seule strie
longitudinale entière ; dents médianes du clypéus flanquées en dehors d’une nette échancrure
à la base. 3
2. Disque du pronotum à ponctuation serrée. 7. O. kuscheli n. sp.
— Disque du pronotum à ponctuation écartée. 6. O. gutierrezi n. sp.
3. Clypéus relativement large en avant, quadridenté . 4
— Clypéus nettement rétréci vers l’avant ; les deux denticules médians simplement flanqués en
dehors d’une échancrure à angle externe marqué. 5
4. Disque du pronotum à points en fer à cheval, serrés, obliques de dehors en dedans.
1. O. macleayi Montrouzier
— Disque du pronotum à points ombiliqués, polygonaux. 2. O. howdeni n. sp.
5. Rebord latéral du pronotum doublé en dessus, sur les 2/3 postérieurs, par une carène longitu¬
dinale, lisse, qui atteint l’angle latéral. 4. O. asperatum Fauvel
— Rebord latéral du pronotum sans carène lisse doublant, en dessus, ses 2/3 postérieurs. 6
de bons caractères aussi chez les Scarabaeidae. Nous suivrons ici la terminologie proposée par Dellacasa
(1978) d’après Bôving, pour le genre Aphodius. Nous désignerons sous le nom de « prosthiocheile » la
partie centrale du rebord antérieur.
4, 18
1098 -
6. Base du pronotum échancrée en courbe en dehors bien avant les angles postérieurs.
5. O. montrouzieri n. sp.
— Base du pronotum avec une très courte échancrure juste avant les angles postérieurs sur les côtés.
5. O. lerati R. Paulian
Onthobium kuscheli n. sp. et O. gutierrezi n. sp. sont très nettement isolés des autres
espèces du genre Onthobium par la carène des flancs du prosternum, par la double strie
cariniforme des pseudépipleures et par la forme de la tête ; il sera sans doute nécessaire
de les isoler dans un genre distinct. Elles ne présentent pas l’élargissement en talon des
tibias postérieurs du mâle des autres espèces.
Onthobium macleayi Montrouzier
(Fig. 2 f à h)
Onthobium macleayi Montrouzier, 1860 : 266. [Lectotype $ : Nouvelle-Calédonie, île Art (île Belep)
(R. P. Montrouzier), coll. Perroud > coll. Pic > coll. MNHN, Paris, présente désignation ;
l’étiquette de la main de Montrouzier porte le numéro manuscrit 1658. Néallotype d :
Nouvelle-Calédonie, île Art (R. P. Montrouzier), co\\. Lemoult > coll. IRSN, Belgique, présente
désignation b] Reiche, 1860 : 266, nota. Fauvel, 1903 : 361. R. Paulian, 1935 : 121.
Longueur 5 mm. Corps pas très convexe, noir bronzé à pubescence jaune, couchée,
et soies dressées en pinceaux sur les élytres.
Tête transverse ; clypéus quadridenté en avant, les deux denticules médians moyens
et séparés par une échancrure en U ; les dents latérales obtuses ; un angle très obtus marque
la jonction clypéogénale ; angles externes des joues complètement arrondis ; partie visible
1. Nous avons pu disposer de six exemplaires d 'Onthobium macleayi Montrouzier, en provenance de
la localité typique, l’île d’Art (aujourd'hui désignée sous le nom d’îles Belep) et faisant partie des récoltes
de Montrouzier comme l’attestent les étiquettes manuscrites de la main de cet auteur. Montrouzier,
on le sait, envoyait à ses correspondants européens les Insectes de ses récoltes, enroulés dans des morceaux
de papier portant le nom de l’espèce.
De ces six exemplaires, trois actuellement au Muséum de Paris y sont parvenus par l'intermédiaire
de la collection M. Pic et faisaient partie de la collection de B. P. Perroud, dont on sait les liens étroits qui
Punissaient au missionnaire mariste, puisqu’il a décrit certains Hétéroptères publiés dans le travail de ce
dernier. Les trois autres, à l’Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, y sont parvenus par l’inter¬
médiaire de Lemoult et proviennent sans doute, via Deyrolle, du matériel que le R. P. Montrouzier avait
adressé à Doué qui prépara le manuscrit pour les Annales de la Société Entoniologique de France. Ils ont
reçu une étiquette imprimée avec la mention « Syntypes ».
Peut-être existe-t-il d’autres exemplaires des récoltes originales de Montrouzier, ayant passé par
la collection de L. Reiche, qui révisa la description originale de l’espèce et décrivit le genre, ou par la col¬
lection Janson qui acquit les Coprophages de la collection Doué.
Il nous a cependant paru possible de choisir les deux types dans le matériel devant nous car celui-ci
est indiscutablement pris dans les récoltes personnelles de Montrouzier. Un doute subsiste cependant
car ni Montrouzier, ni surtout Reiche n’ont décrit la forme particulière de l’apex des tibias postérieurs
du mâle et Reiche précise la forme de ce tibia. On doit donc considérer que la série dont a disposé Reiche
ne comportait que des femelles. C’est ce qui nous a amené à choisir le lectotype dans cette série. S’y ajoute
le fait que la fdiation Montrouzier, Perroud, Pic, Muséum de Paris est assurée en parfaite continuité,
tandis qu’un doute subsiste sur la filiation du matériel vendu par Lemoult au Musée de Bruxelles. De
plus, Montrouzier signale, dans la description originale, que cette espèce est rarissime, ce qui s’accorde¬
rait mal avec la capture d’une série de six individus.
Nous considérons donc la série du Muséum de Paris, ex Perroud, comme constituant la série originale,
et celle du Musée de Bruxelles comme provenant de récoltes ultérieures.
- 1099 -
des yeux d en dessus en ovale assez allongé. Clypéus largement déprimé, la dépression
limitée en arrière par un léger bourrelet semi-circulaire, une trace de court relief longitu¬
dinal médian sur le vertex. Téguments chagrinés ; ponctuation moyenne, uniforme et très
serrée.
Fig. 2. — Genre Onthobium, détails. O. howdeni n. sp. : a, tête d’au-dessus ; b, apex du libia postérieur du ;
c, édéage en vue dorsale ; d, édéage de profd ; e, grifïe. — O. macleayi Montr. : f, tête d’au-dessus ; g, apex
du tibia antérieur ; h, apex du tibia postérieur d 1 . — O. asperalum Fauvel : i, apex des paramères
en vue dorsale. — O. kuscheli n. sp. : j, grifïe. — O. gutierrezi n. sp. : k, tête d’au-dessus ; 1, apex des
paramères en vue dorsale ; m, apex du tibia antérieur ; n, apex du tibia postérieur — O. lerati R. Pau-
lian : o, tête d’au-dessus ; p, apex du tibia antérieur ; q, apex du tibia postérieur ; r, apex des para¬
mères en vue dorsale ; s, grifïe.
Pronotum très transverse ; base en courbe régulière mais échancrée en courbe en dehors
bien avant les angles postérieurs qui sont droits ; pas de rebord antérieur ; une très faible
dépression sur les angles antérieurs, une dépression plus étendue médio-basilaire ; côtés
en courbe faible et régulière, sans angle externe ; angles antérieurs aigus. Téguments cha¬
grinés ; ponctuation formée de points en fer à cheval, moyens, serrés, obliques, plus ou
moins fermés, effacés sur la dépression basale et plus serrés sur les côtés de la base.
Élytres un peu plus larges que le pronotum à la base, à carène latérale nette, entière,
mais pas très relevée. Stries géminées. Téguments chagrinés. Interstries un peu convexes,
surtout en dehors et vers l’apex, avec une ponctuation médiocre, plus ou moins alignée
le long des stries et plus marquée vers l’arrière, et une rangée de granules lisses, plus ou
moins interrompue.
Prosternum à flancs un peu convexes, sans carène longitudinale latérale, à assez dense
ponctuation moyenne.
1100 -
Pseudépipleures avec une strie longitudinale médiane.
Fémurs à face sternale à grande ponctuation serrée.
Pygidium à grands points ocellés assez serrés.
3 . Tibias antérieurs à dents marginales externes fortes, séparées par des crénulations ;
bord apical interne un peu prolongé en dedans en talon arrondi. Tibias postérieurs arqués,
grêles, mais élargis à l’apex en un brusque talon intérieur.
Ç. Tibias des paires antérieure et postérieure simples, sans élargissement apical
interne.
L’espèce n’est connue à ce jour que de l’île d’Art (îles Belep) ; les citations de la Grande
Terre doivent se rapporter à O. howdeni n. sp.
Onthobium howdeni n. sp.
(Fig. 2 a à e, 3)
Holotype $ et allotype $ : Nouvelle-Calédonie : Koumac, grottes de Koumac, 20 m, 4.VIII.
1978 (S. et J. Peck), piégeage à l’excrément en forêt, collection H. F. Howden. Paratypes : 32 exem¬
plaires de mêmes provenance et date, collection H. F. Howden et MNHN Paris.
Longueur 7 mm. Corps court, suborbiculaire, un peu convexe ; brun noir luisant,
à courtes soies jaunes couchées et avec, sur les élytres, des pinceaux de soies dressés et
alignés.
Fig. 3. — Onthobium howdeni n. sp. : a, épipharynx ; b, palpe maxillaire ; c, labium.
Tête transverse ; clypéus avec deux forts denticules médians, largement séparés,
flanqués en dehors d’une échancrure assez courte, à angle externe dentiforme; bord externe
du clypéus à double sinuosité ; angle clypéogénal saillant en fin denticule ; bord externe
des joues en courbe continue ; partie des yeux visible d’au-dessus en ovale assez large ;
bord postérieur de la tête nettement échancré au milieu, avec un petit cal. Clypéus un peu
déprimé ; jonction clypéogénale relevée. Téguments finement chagrinés, à ponctuation
superficielle, moyenne et très serrée.
- 1101
Pronotum très transverse, à base faiblement concave vers l’arrière au milieu ; angles
postérieurs à sommet droit ; base courtement échancrée en courbe de chaque côté avant
ces angles ; côtés en courbe régulière et angles antérieurs droits. Surface à fine chagrina-
tion isodiamétrale et à forte ponctuation ocellée, pas très régulière, plus ou moins nette¬
ment polygonale, un peu écartée par endroits ; bord antérieur non rebordé.
Élytres à arête externe lisse, atteignant les 9/10 postérieurs ; stries assez fines, gémi¬
nées, ponctuées ; interstries à fine chagrination isodiamétrale et à points épars, en outre
quelques granules alignés et portant des pinceaux de soies.
Flancs du prosternum sans carène longitudinale latérale ; à points ocellés, peu serrés,
médiocres.
Pseudépipleures finement chagrinés, à courtes rides transverses ; une strie longitudi¬
nale entière ; une fine carène double en dessous la carène latérale sur son second quart
et est suivie en dedans, en avant, d’une seconde petite carène.
Métasternum plan à strie supplémentaire rectiligne et entière ; disque simplement
chagriné, la partie postérieure avec, sur les côtés, des points moyens et un peu serrés en
une bande transverse.
Pygidium à dense ponctuation rugueuse.
Fémurs à face sternale à ponctuation superficielle, assez peu serrée, en fer à cheval.
cL Tibias antérieurs relativement grêles, à angle apical interne un peu étiré en dedans,
à sommet vif.
Tibias postérieurs longs et grêles, élargis à l’apex en talon en dedans.
L’espèce n’est connue que par la série locotypique.
Onthobium montrouzieri n. sp.
Holotype : Nouvelle-Calédonie, col. de (sic) Roussettes, 5-600 m, 31.VIII. 1978 (S. et J. Peck).
Pluvisilva, pièges à l’excrément ; collection H. F. Howden ; sexe non vérifié. Paratypes : 63 spé¬
cimens de mêmes provenance et date, collection H. F. Howden et MNHN Paris.
Longueur : 6,5-7 mm. Corps orbiculaire, un peu convexe, brun bronzé à pubescence
jaune, courte et couchée sur le pronotum, en partie relevée en pinceaux sur les élytres.
Tête transverse. Clypéus rétréci en avant en courbe régulière prolongeant la courbure
des joues, sans indication de l’angle clypéogénal ; bord antérieur avec deux grands denti-
cules médians, parallèles, contigus à la base, suivis en dehors par une faible échancrure
dont l’angle externe est bien marqué ; suture clypéogénale marquée par un assez net bour¬
relet, sans carène ; bord postérieur de la tête droit, avec un petit cal lisse au milieu de la
base ; angle externe des joues arrondi, bord postérieur presque rectiligne, oblique, attei¬
gnant le bord postérieur de l’œil ; partie des yeux visible d’au-dessus en large amande.
Clypéus déprimé. Toute la surface de la tête dorsalement à ponctuation simple, assez forte,
très serrée, l’espace entre les points chagriné.
Pronotum très transverse ; angles antérieurs vifs ; côtés élargis en ligne droite der¬
rière ces angles ; angles externes effacés ; côtés très faiblement élargis vers l’arrière en
ligne presque droite jusqu’aux angles postérieurs droits ; base en courbe continue, à peine
un peu concave au milieu en arrière, faiblement échancrée en courbe sur les côtés avant
1102 —
les angles postérieurs ; côtés de la base doublés, en dessus, par un bourrelet transverse
marqué d’une série de callosités, le relief ne se prolongeant pas sur les angles postérieurs
et sur la partie postérieure des côtés. Ponctuation serrée, formée de points simples, pas
très réguliers, l’espace entre les points aciculé ou vaguement chagriné. Disque avec deux
rangées transverses arquées, concentriques, de six légères callosités plus ou moins réduites
en granules. Une faible dépression longitudinale médiane sur le disque.
Élytres à stries géminées, ponctuées. Interstries un peu convexes, à téguments irré¬
gulièrement aciculés, à ponctuation sétigère irrégulière assez forte ; en outre avec des gra¬
nules espacés, plus marqués, parfois presque en cals, sur les interstries impairs, porteurs
d’un pinceau de soies dressées.
Flancs du prosternum sans carène longitudinale sur le tiers postérieur des côtés ; à
ponctuation ocellée, moyenne et très serrée, disposée en lignes transverses.
Pseudépipleures chagrinés, à points moyens et rides transverses ; avec une strie longi¬
tudinale entière.
Métasternum à strie supplémentaire entière ; partie antérieure du disque lisse, le reste
de la surface à ponctuation régulière, serrée, progressivement plus forte vers l’arrière.
Tibias antérieurs élargis en dedans avant l’apex et courtement tronqué en dedans.
Tibias postérieurs sans élargissement interne apical en talon.
L’espèce n’est connue que par la série locotypique, je n’ai pu y distinguer des mâles.
Onthobium asperatum Fauvel
(Fig. 2 i, 4)
Onthobium asperatum Fauvel, 1903 : 361. (Lectotype : Nouvelle-Calédonie, Nouméa, bois de la
baie des Colons, IRSN, Belgique, présente désignation, sexe non vérifié.) R. Paulian, 1935 :
121 .
Longueur : 7 mm. Corps orbiculaire, convexe, dessus cuivreux verdâtre, à pubescence
jaune couchée et à pinceaux de soies dressées sur les élytres.
Tête transverse. Clypéus fortement rétréci vers l’avant en courbe convexe en dehors,
quadridenté en avant, les dents médianes obtuses, séparées par une échancrure en U ;
jonction clvpéogénale marquée par un angle à peine visible ; côtés élargis un peu moins
fortement en arrière jusqu’à l’angle externe des joues qui est marqué ; bord postérieur
des joues rectiligne ; partie des yeux visible d’au-dessus en ovale assez grand, fortement
rebordé. Clypéus un peu déprimé, la dépression limitée en arrière par un relief courbe,
en partie lisse ; bord postérieur de la tête avec un petit cal médian. Toute la surface à
ponctuation ombiliquée, moyenne, peu profonde, serrée, à peine plus fine et plus effacée
vers l’avant du clypéus ; téguments aciculés.
Pronotum très transverse, à base en courbe régulière et peu marquée, un peu accentuée
avant les angles postérieurs qui sont obtus ; rebord antérieur présent, effacé étroitement
au milieu ; côtés en ligne droite vers l’avant sur les 2/4 basilaires ; angle externe effacé ;
région antérieure fortement rétrécie jusqu’aux angles antérieurs qui sont droits. Sur les
2/3 postérieurs, le rebord latéral est doublé en dedans, au-dessus, par une carène longitu¬
dinale, obtuse, proche du bord. Une double fossette de chaque côté du milieu du disque
- 1103 -
au milieu de la longueur. Sculpture à très dense et assez forte ponctuation ombiliquée,
1 espace entre les points un peu relevé et aciculé ; les points plus forts sur les côtés du disque
qui portent une callosité transverse sinueuse.
Fig. 4. — Onthobium asperatum Fauvel.
Élytres un peu plus larges que le pronotum à la base ; à stries géminées, fines et très
étroites, paraissant superficiellement simples par endroits ; à points fins et écartés. Inter¬
stries plans, à fond chagriné ; ponctuation moyenne, éparse et très irrégulière ; interstries
externes, à partir du III, avec chacun une rangée plus ou moins interrompue, réduite et
irrégulière, de granules luisants, lisses.
Flancs du prosternum déprimés en travers, sans carène longitudinale latérale ; ponc¬
tuation ombiliquée, moyenne, superficielle, transverse.
Mésosternum un peu gihbeux en avant, au milieu. Métasternum à strie supplémentaire
entière, mais très peu visible ; ponctuation moyenne, dense et sensiblement uniforme.
Pseudépipleures à surface densément chagrinée, plissée en travers, à points et
granules peu serrés ; une strie longitudinale entière, un peu élargie vers l'apex, avec une
carène longitudinale au milieu de la face sternale.
Pas de dimorphisme sexuel.
1104 —
Nouvelle-Calédonie : baie des Colons ; Ouen Toro, VII.1971 (P. Cochereau) ; Sarraméa,
V.1972 (P. Cochereau ) ; 20 exemplaires.
Fauvel (1903) et R. Paulian (1935) indiquent que les stries élytrales sont simples.
L’examen du type montre que ces stries sont en réalité géminées mais très étroites. La
gémination est beaucoup moins distincte que ne l’est celle des Anonthobium.
Onthobium lerati R. Paulian
(Fig. 2 o à s)
Onthobium lerati Paulian, 1935 : 121. [Holotype Ç : Nouvelle-Calédonie, de la Foa à Canala ( Lerat ),
MNHN, Paris. Néallotype $ : Nouvelle-Calédonie, Sarraméa, IV.1968 (P. Cochereau ), MNHN,
Paris.]
Longueur : 7 mm. Corps un peu convexe, orbiculaire, brun bronzé, à dense pubes¬
cence jaune couchée et pinceaux de soies dressées sur les élytres.
Tête aussi longue que large, à côtés arrondis et rétrécis vers l’avant ; deux forts denti-
cules médians rapprochés, suivis en dehors par une faible échancrure à bord externe arrondi ;
jonction clypéogénale indistincte ; suture clypéogénale en léger relief oblique ; une forte
carène arquée domine le bord interne des yeux ; partie visible de ceux-ci en amande à
pointe postérieure. Ponctuation très dense, fine, uniforme.
Pronotum transverse ; côtés rétrécis en courbe peu marquée de la base aux angles
externes sur le quart antérieur, puis fortement courbés vers les angles antérieurs qui sont
un peu aigus ; angles postérieurs arrondis, mais marqués, la base très courtement échan-
crée avant ces angles ; rebord externe sillonné au niveau des angles postérieurs, le sillon
parfois effacé. Base doublée, sur les côtés, d’une ligne d’assez gros granules brillants qui se
prolonge plus ou moins sur le bord externe. Disque avec un sillon longitudinal médian
entier, peu marqué ; avec un arc de quatre petites plages de granules saillants au tiers
antérieur et un arc plus visible de six plages de granules bien saillants au tiers posté¬
rieur ; le reste de la surface à dense et assez fine ponctuation ocellée. Bord antérieur non
rebordé.
Élytres à arête externe simple, vive. Stries fines, étroites, géminées, à ponctuation
écartée et très fine. Surface à fine chagrination. Interstries un peu convexes, à ponctuation
moyenne et peu dense, avec chacun une rangée de granules espacés. Les pinceaux de soies
dressées sont plus développés sur les interstries impairs.
Prosternum sans carène longitudinale latérale ; flancs à ponctuation serrée, assez
forte, râpeuse.
Mésosternum à ponctuation ronde, moyenne et assez serrée. Métasternum à ponc¬
tuation moyenne et assez serrée ; strie supplémentaire entière.
Pygidium à forte et dense ponctuation sétigère transverse.
Fémurs à ponctuation fine, uniforme, peu serrée.
Pseudépipleures un peu ridés en travers, avec une strie longitudinale entière.
cL Tibias antérieurs relativement grêles, à apex un peu élargi en dedans et trois assez
fortes dents marginales externes. Tibias postérieurs longs et grêles, avec un fort talon
rectangulaire élargi à l’apex en dedans.
— 1105 -
?• Tibias antérieurs plus courts, simples en dedans à l’apex ; avec trois fortes dents
marginales externes. Tibias postérieurs simples à l’apex.
Nouvelle-Calédonie : de la boa à Canala ( Lerat ) ; col d’Amieu, MeOngue, nord de la
Foa, 30.VII.1978-9.VII 1.1978 [S. et J. Peck)-, Sarraméa, XII.1967 ; IV.1968, assiettes
jaunes (P. Cochereau) ; 77 exemplaires.
Onthobium gutierrezi n. sp.
(Fig. 2 k à n)
Holotype $ : Nouvelle-Calédonie, Sarraméa, IV.1968 (P. Cochereau ), MNHN, Paris. Para-
types : 3 exemplaires de même provenance, récoltés par P. Cochereau, XII.1967, dans une plan¬
tation de Caféiers, dans des assiettes jaunes.
Longueur : 7 mm. Corps relativement peu convexe, brun bronzé, à dense revêtement
de soies jaunes courtes et épaisses et soies en pinceaux dressées sur les élytres.
lête arrondie, rétrécie vers l’avant; clypéus avec deux très forts denticules médians
rapprochés et saillants ; côtés en courbe régulière et concave en dehors, en avant, faible¬
ment marqués par un très léger angle rentrant à la jonction clypéogénale ; joues en courbe
régulière, l’apex du canthus oculaire n’atteignant pas le milieu des yeux vers l’arrière ;
partie des yeux visible d’au-dessus en très étroite languette presque verticale bordée en
dedans par une carène très relevée. Clypéus déprimé. Toute la surface de la tête à dense
et assez forte ponctuation, plus fine vers l’avant, très forte sur le vertex, mêlée de quelques
granules lisses.
Pronotum très transverse, déprimé sur les côtés, à rebords latéral et basilaire nette¬
ment relevés ; bord antérieur non rebordé ; angles antérieurs vifs ; côtés en courbe concave
en dehors derrière ces angles, nettement sinués en courbe concave en dehors au milieu ;
angles postérieurs complètement arrondis ; base et partie postérieure du rebord latéral
doublés d’une rangée de gros cals lisses, tuberculiformes, plus gros le long de la base, plus
ou moins soudés en bourrelet, délimitant un espace rugueux parallèle au bord. Un sillon
longitudinal médian très marqué vers la base. Surface à très dense et fine chagrination
isodiamétrale, ponctuation sétigère moyenne et écartée et granules lisses et espacés.
Élytres un peu plus larges à la base que le pronotum ; rebord latéral très marqué,
relevé, limitant une zone déprimée bordant l’élytre en dehors, à arête à crénulations noires,
arrondies et espacées, doublée en dessous par une carène semblable ; les deux carènes se
rejoignant au quart apical et limitant un sillon entre elles. Stries géminées, étroites, à points
fins et espacés. Interstries plans, finement chagrinés, à points sétigères moyens et écartés
et (sauf sur le suturai) avec une ligne médiane de petits granules espacés.
Flancs du prosternum avec une forte carinule longitudinale sur le tiers postérieur,
parallèle au bord externe mais bien écartée ; ponctuation râpeuse, moyenne et écartée.
Pseudépipleures rugueux, avec une strie longitudinale très marquée ; ponctuation
assez fine et assez serrée.
Pygidium finement et densément rugueux.
g. Tibias antérieurs peu dilatés en triangle en dedans vers l’apex dont l’angle interne
est obtus, le bord apical droit et le bord externe armé de trois petites dents marginales
— 1106 —
très espacées, crénelés fortement entre ces dents. Tibias postérieurs étroits, régulièrement
et faiblement élargis vers l’apex ; pas de talon apical.
L’espèce n’est connue que de la localité typique, en 4 exemplaires.
La forme du pronotum et de la tête, la présence d’une petite carène longitudinale
sur les flancs du prosternum séparent cette espèce des deux Onlhobium précédents ; elles la
rapprochent de l’espèce suivante et justifieront sans doute leur isolement générique, mais
la forme de la carène latérale de l’élytre diffère dans ces deux dernières espèces.
Onthobium kuscheli n. sp.
(Fig- 2 j)
Holotype : Nouvelle-Calédonie, mont Mou, 900 m, 2.XI.1978, sur le sol (J. Johnson ), collec¬
tion Entomology Division, DSIR, Auckland, Nouvelle-Zélande (exemplaire unique non disséqué).
Longueur : 8 mm. Corps court et large, suborbiculaire, peu convexe, brun-noir, à denses
et courtes soies jaunes couchées et des rangées de soies dressées en pinceau sur les élytres,
particulièrement sur les intervalles impairs.
Tête aussi large que longue ; clypéus rétréci vers l’avant en courbe concave, avec
deux denticules médians courts, rapprochés à la base et un peu divergents ; angle clypéo-
génal à peine indiqué ; angle externe des joues marqué ; carène clypéogénale bien marquée ;
clypéus déprimé ; vertex et front avec une très légère carène longitudinale médiane mousse.
Ponctuation uniforme, très serrée, seulement un peu plus forte vers l’arrière, formée de
points ocellés, subcontigus. Partie des yeux visible d’au-dessus en petit ovale large, forte¬
ment rebordé.
Pronotum très transverse, non rebordé au bord antérieur ; base un peu concave en
arrière au milieu ; les côtés de la base remontant en courbe concave vers le dehors et l’avant ;
l’angle externe marqué et droit ; côtés presque rectilignes sur les 3/4 postérieurs, puis large¬
ment courbes vers l’angle antérieur qui est droit ; le rebord latéral à grandes et courtes
soies épineuses très serrées ; une carène longitudinale parallèle au bord et proche de lui
sur les 3/4 postérieurs. Disque avec un léger sillon longitudinal médian postérieur. Sculp¬
ture formée de points ocellés, superficiels, médiocres, très serrés, devenant plus forts sur
les côtés du disque où ils sont accompagnés de granules irréguliers ; téguments aciculés.
Angles postérieurs obtus.
Élytres à rebord latéral très marqué, un peu relevé, simple ; disque à stries étroites,
géminées, presque simples, assez peu marquées, à ligne de points moyens, serrés. Inter¬
stries plans sur le disque, légèrement convexes sur les côtés, à fond très finement et incom¬
plètement chagriné, aciculé, à points fins et épars ; une rangée de granules lisses, écartés,
accompagnés d’un pinceau de soies dressées sur chaque interstrie, plus marqués sur les
interstries impairs.
Flancs du prosternum avec une forte carène longitudinale latérale ; ponctuation dense,
ocellée, superficielle.
Mésosternum à points moyens et peu serrés. Métasternum à ponctuation assez forte
et serrée, bombé au milieu en avant ; la strie supplémentaire est abrégée en avant.
- 1107
Pseudépipleures finement et densément chagrinés, légèrement plissés en travers ; une
forte strie longitudinale et l’indication d’une strie interne.
Fémurs à face sternale à ponctuation moyenne, serrée.
(non vérifié par dissection). 1 ibias antérieurs dilatés à l’apex en triangle, à angle
apical interne obtus ; bord apical droit ; marge externe à deux assez fortes dents suivies
vers la base d une troisième dent aussi lorte mais écartée ; arête externe lisse. Tibias
postérieurs allongés, à peine un peu élargis vers l’apex, sans talon.
L’espèce n’est connue que par le type. Le mont Mou est une localité d’accès relative¬
ment difficile mais qui semble d’un puissant intérêt.
Genre ANONTHOBIUM n. gen.
Espèce-type du genre : Onthobium tibiale Fauvel, 1903.
Corps de taille médiocre, en ovale large et pas très convexe, noir ou brun luisant ;
pubescence des élytres formée en général de fines et courtes soies alignées le long des stries ;
pas de pinceaux dressés.
Tête à clypéus allongé vers l’avant, bidenté ou mutique au sommet, sans denticules
à la jonction clypéogénale. Partie des yeux visible d’au-dessus en croissant ou en amande,
allongée ; canthus long et libre à l’apex ; pas de reliefs sur la face dorsale. Antennes à articles
du funicule longs et grêles, le premier plus court que le second. Maxilles à palpes à article I
long et grêle, Il et 111 plus courts et sensiblement élargis, IV fusiforme et robuste, mais
allongé. Labium droit en avant, avec une nette, profonde et étroite incision au milieu du
bord antérieur, celui-ci avec quatre grands macrochètes de chaque côté de l’incision ; palpes
labiaux à articles cylindriques et grêles, le I plus court que le II, le III court et très grêle.
Mandibules à partie apicale membraneuse relativement courte. Epipharynx à corypha
dépassant le prosthiocheile et à assez courtes épines, fortes ; épitorma grêle ; chaetopedia
à épines assez peu nombreuses et apophobes abondantes ; prosthiocheile avec d’assez courtes
soies pas très serrées.
Pronotum transverse, à base en courbe régulière.
Élytres à stries nettement géminées ; à pubescence disposée sur deux rangs sur chaque
interstrie et obliquement vers l’arrière et le milieu de l’interstrie. Pseudépipleures avec
deux nettes stries longitudinales, généralement confluentes vers l’apex.
Tarses terminés par un bouquet d’épines et de longues soies sur le bord apical supé¬
rieur ; griffes avec une forte lame basilaire, dentée, la région apicale de la griffe coudée.
g. Tibias antérieurs relativement grêles, fortement élargis à l’apex en dedans, avec
une forte échancrure en dedans un peu avant l’angle apical interne ; avec deux dents mar¬
ginales externes suivies d’une dent basale écartée et plus ou moins distincte.
$. Tibias triangulaires, tridentés, simples.
Édéage à paramères asymétriques, assez courts, à apex plus ou moins tronqué ou denté.
Genre propre à la Nouvelle-Calédonie, connu seulement des régions montagneuses
centrales.
— 1108 -
Clé des espèces d 'Anonthobium
1. Clypéus mutique à l’apex. 5. A. muticum Fauvel
— Clypéus toujours au moins légèrement bidenté. 2
2. Interstries élytraux à fond lisse.. 3
— Interstries élytraux à fond chagriné. 4
3. Interstries discaux à ponctuation éparse ou nulle, au moins dans la région antérieure.
1. A. tibiale Fauvel
— Interstries discaux à ponctuation relativement dense. 3. A. moui n. sp.
4. Fond des interstries à chagrination très dense, pas trace de points. ... 4. A. fauoeli n. sp.
—-Fond des interstries à chagrination mêlée de points. 2. A. micros n. sp.
Anonthobium tibiale (Fauvel)
(Fig. 5)
Onthobium tibiale Fauvel, 1903 : 363. L Lectotype $ : Nouvelle-Calédonie ( Deplanche ), IRSN, Bel¬
gique, présente désignation.] R. Paulian, 1935 : 122.
Longueur : 5 mm. Corps en ovale régulier, convexe, noir luisant, à pubescence jaune,
éparse sur le pronotum, très régulièrement disposée sur deux lignes longitudinales sur
chaque interstrie.
Tête un peu plus longue que large ; clypéus avec deux denticules antérieurs grands,
séparés par une échancrure en U ; côtés en courbe régulière et continue jusqu’à la base ;
partie des yeux visible d’au-dessus atteignant juste le bord postérieur du canthus oculaire
en arrière ; ponctuation forte, régulière et serrée.
Pronotum transverse ; déprimé sur les côtés, surtout en avant, étroitement au milieu
de la base et avec une dépression longitudinale marquée sur les angles postérieurs ; côtés
rétrécis légèrement vers l’avant, en ligne droite sur les 3/4 postérieurs et rebord sillonné
sur cette longueur, puis en courbe (mais sans angle externe marqué à ce niveau) jusqu’aux
angles antérieurs qui sont un peu aigus à sommet émoussé ; angles postérieurs droits à
sommet vif. Téguments finement et éparsément pointillés sur les intervalles séparant les
points qui sont profonds, assez forts et serrés ; dépression basilaire étroitement à points
plus grands, superficiels et subcontigus. Bord antérieur non rebordé.
Élytres un peu plus larges que le pronotum à la base, à angle huméral obtus, carène
latérale entière, peu saillante ; stries géminées, fines et nettes, avec une ligne médiane de
points fins, pas très écartés. Interstries à peine convexes sur le disque, un peu convexes
vers l’apex et l’extérieur, le suturai un peu plus convexe ; téguments presque lisses, avec
la trace d’une très faible chagrination, à ponctuation médiocre, peu distincte, alignée le
long des stries et avec des points semblables, irréguliers et épars, sur le reste de la surface,
un peu plus serrés vers l’apex.
Flancs du prosternum convexes, sans carène longitudinale latérale ; à points moyens
et assez serrés.
- 1109 -
Mésosternum à ponctuation semblable. Métasternum à strie supplémentaire entière ;
disque presque lisse au milieu en avant, ponctuation progressivement plus forte et plus
serrée vers barrière.
Pseudépipleures aciculés, à points peu distincts et épars ; le rebord caréniforme de
bélvtre est doublé en dessous d’une fine carène.
Fig. 5. — Anonthobium tibiale (Fauvel) : a, articulation thoraco-élytrale ; b, tibia antérieur du $ ; c, griffe ;
d, épipharynx et détails ; e, palpe maxillaire ; f, mandibule ; g, labium ; h, paramère de profil.
Tibias antérieurs longs et grêles ; arête marginale externe avec deux petites dents
marginales externes écartées ; les tibias élargis en dedans vers b apex, cette zone précédée
d’une profonde échancrure à fond arrondi.
$. Tibias antérieurs tronqués droit à l’apex, avec trois dents marginales externes
assez fines, écartées, la basilaire à peine indiquée.
Nouvelle-Calédonie : mont Kogui, X.1978 (J. C. Watt), pièges appâtés ; mont Kogui,
VI1-VI 11.1978 (S. et J. Peck), pièges appâtés.
L’espèce a été décrite sur un mâle unique, sans provenance précise. La femelle est
décrite ici pour la première fois. Elle paraît très commune au mont Kogui où elle a été
trouvée à partir de 500 m (auberge du mont Kogui), à 650 m, à 700 m, et jusqu’à 800 m,
dans les piégeages systématiques, appâtés, de J. C. Watt, en 200 exemplaires. Elle n’a
jusqu’ici pas été retrouvée en d’autres stations.
— 1110
Anonthobium micros n. sp.
Holotype (non disséqué) : Nouvelle-Calédonie, mont Kogui, 700 m, 5.X.1978 (G. Kuschel),
tamisage de litière et de bois pourri, collection Entomology Division, DSIR, Auckland, Nouvelle-
Zélande. Paratype, un exemplaire de même date et de même provenance, MNHN Paris.
Longueur : 3,5 mm. Corps en ovale régulier, pas très convexe, brun-noir luisant, à
fine pubescence jaune.
Tête aussi longue que large ; clypéus à deux forts denticules antérieurs séparés par
une échancrure en V ; côtés en courbe régulière et pas très marquée des denticules au bord
postérieur des yeux ; base sans relief médian ; clypéus déprimé. Téguments chagrinés, à
ponctuation moyenne, uniforme, assez serrée.
Pronotum transverse, à rebord antérieur étroitement interrompu au milieu ; base en
courbe continue ; côtés faiblement rétrécis en courbe à peine un peu plus indiquée vers
Pavant ; angles antérieurs vifs ; angles postérieurs obtus ; côtés un peu déprimés ; rebord
latéral sillonné sur les 2/3 postérieurs ; base un peu déprimée, la dépression ponctuée,
limitée vers Pavant par une ligne transverse de points sétigères sur les côtés ; au milieu
la base est lisse et Paire lisse déprimée est limitée vers Pavant par un fin trait transverse
en double accolade. Téguments aciculés, surface à moyenne ponctuation serrée, devenant
plus fine vers Pavant.
Élytres à stries géminées nettes, assez étroites, avec une ligne longitudinale de points
assez fins. Interstries faiblement convexes, chagrinés, à ponctuation sétigère peu déve¬
loppée, alignée de chaque côté des stries, plus marquée vers l’arrière. Carène latérale avec
un large et fort sillon longitudinal.
Flancs du prosternum avec une courte carène longitudinale sur le quart postérieur ;
téguments chagrinés, à assez gros points pas très serrés.
Métasternum à strie supplémentaire entière. Ponctuation fine et peu serrée sur le
disque, plus forte vers l’arrière.
Tibias antérieurs à troncature apicale un peu oblique, avec trois dents marginales
externes assez petites et écartées.
L’espèce n’est connue que de la localité type, en 3 exemplaires.
Elle est proche de tibiale, mais en diffère, outre la taille et la sculpture des élytres,
par la forme de la base du pronotum. Par ce caractère, elle évoque un peu Pseudonthobium
fracticolle (Fauvel), connu de la même localité. Les exemplaires de cette dernière espèce
sont tous des femelles comme le montre la forme de leurs tibias antérieurs. Mais ils diffèrent
de O. micros par la profonde échancrure de la base du pronotum et par la forme générale
du corps, plus court et plus large. Il semble difficile de considérer qu’il puisse s’agir là de
caractères sexuels secondaires et il semble donc pleinement justifié de considérer A. micros
comme une bonne espèce, en attendant qu’un matériel plus abondant permette d’en décrire
le mâle avec certitude.
mi
Anonthobium moui n. sp.
Holotype (non disséqué) : Nouvelle-Calédonie, mont Mou, 2.XI.1978 (G. Kuschel), tamisage
de litière et de bois pourri, collection Entomology Division, DSIR, Auckland, Nouvelle-Zélande.
Longueur : 2,75 mm. Corps en ovale régulier, assez large, convexe ; brun-noir luisant,
à fine pubescence jaune écartée.
Tête aussi large que longue, déprimée sur le clypéus ; celui-ci avec deux forts denti-
cules antérieurs séparés par une échancrure en V ; côtés en courbe régulière jusqu’au bord
postérieur des yeux, faiblement interrompue par un léger angle rentrant à la jonction
clypéo-génale. Téguments aciculés ; ponctuation moyenne, régulière, pas très serrée.
Pronotum transverse, déprimé sur les côtés et au milieu de la base ; côtés parallèles
sur les 2/3 postérieurs où ils portent un sillon externe ; rétrécis en courbe vers l’avant
ensuite, et à angles antérieurs vifs ; base arquée, régulière ; rebord antérieur étroitement
incomplet au milieu ; la dépression basilaire transverse est lisse et limitée en avant par
une ligne transverse faiblement arquée, formée de points sétigères. Téguments lisses, à
assez forte et très dense ponctuation sur le reste de la surface.
Elytres un peu plus larges que le pronotum à la base ; à stries géminées, assez étroites,
nettes, à fins points écartés et plus ou moins alignés ; interstries à peine convexes, aciculés,
à ponctuation médiocre, écartée mais présente sur toute la surface. Carène latérale à net
et fin sillon longitudinal.
Flancs du prosternum déprimés en arrière, sans carène longitudinale latérale ; surface
aciculée, à points assez gros et pas très serrés.
Mésosternum à strie supplémentaire entière ; ponctuation moyenne et assez serrée,
plus réduite vers l’avant.
Pseudépipleures aciculés.
Tibias antérieurs à troncature apicale arrondie en dehors, avec une seule petite dent
marginale externe.
L’espèce n’est connue que par le type.
Espèce proche de A. tibiale et A. micros, mais les interstries élytraux ne sont pas
chagrinés et sont beaucoup plus ponctués que chez micros. A. moui diffère de A. tibiale,
outre la taille, par la densité bien plus forte de la ponctuation élytrale.
L’aspect des tibias antérieurs suggère qu’il s’agit d’un mâle, mais sans l’échancrure
subapicale interne qui caractérise A. tibiale et A. fauveli.
Anonthobium fauveli n. sp.
, - (Fig- 6 c )
Holotype A '■ Nouvelle-Calédonie : table Unio, 800 m, près du col d’Amieu, 16.X.1978 (G. Kus¬
chel), tamisage de bois pourri et litière, collection Entomology Division, DSIR, Auckland, Nouvelle-
Zélande.
Longueur : 5 mm. Corps en ovale assez large, peu convexe ; brun bronzé ; face dorsale
glabre sauf les côtés du pronotum avec des poils écartés et très courts (l'exemplaire type,
seul connu, serait-il frotté ?).
1112
Tête transverse ; clypéus non étiré vers l’avant, à deux forts et assez courts denticules
médians séparés par une échancrure en U, pas d’échancrure à l’extérieur de ces denticules ;
côtés en courbe régulière jusqu’à la base, l’angle gênai externe peu distinct ; partie des
yeux visible d’au-dessus très petite, en amande. Clypéus déprimé, la dépression limitée
en arrière par un léger bourrelet arqué effacé au milieu, pas de relief clypéogénal. Surface
à très dense et fine chagrination ; ponctuation fine et écartée, plus dense et un peu plus
forte vers l’arrière. Base arrondie et sans callosité médiane lisse.
Pronotum très transverse ; base presque rectiligne ; angles postérieurs obtus ; côtés
légèrement rétrécis vers l’arrière sur les 3/4 postérieurs en ligne presque droite, à peine
un peu concave en dehors ; angle latéral largement arrondi ; partie antérieure des côtés
droite et angles antérieurs vifs ; les côtés avec une dépression parallèle au bord en arrière
et une légère explanation des angles postérieurs. Téguments à chagrination très effacée ;
ponctuation fine et assez peu serrée, devenant plus forte vers l’arrière et sur les côtés.
Milieu de la base avec une aire triangulaire à très gros points ocellés pas très serrés. Bord
antérieur entièrement rebordé.
Élytres à peine plus larges que le pronotum à la base, élargis en courbe en dehors ;
arête externe vive et lisse, atteignant les 5/6 de la longueur ; disque peu convexe ; les inter¬
stries à peine convexes, plus relevés sur les côtés et, un peu, en arrière ; interstrie suturai
non relevé. Stries assez larges, géminées ; indistinctement ponctuées ; toute la surface à
dense et fine chagrination, sans trace de points.
Flancs du prosternum sans carène longitudinale latérale en arrière ; un peu convexe,
à surface irrégulière, chagrinée et avec de gros points écartés.
Mésosternum à grosse ponctuation transverse, assez serrée.
Métasternum à strie supplémentaire limitée à un court segment le long de l’arrière
des hanches intermédiaires ; disque pratiquement lisse, l’arrière à ponctuation assez fine,
transverse, peu serrée.
Pseudépipleures chagrinés et à points fins, écartés, plus visibles vers l’extérieur. Strie
externe entière et bien marquée ; strie interne peu distincte.
Pygidium à points moyens et écartés.
Tibias antérieurs triangulaires, fortement échancrés en dedans peu avant l’apex ;
bord apical droit ; arête externe très marquée, crénelée, avec deux nets denticules dans
la région distale, bien séparés par de fines crénulations, suivis vers la base par un petit
denticule. Tibias postérieurs grêles et simples.
L’espèce, bien isolée par sa sculpture, n’est connue que par le type.
Anonthobium muticum (Fauvel)
(Fig. 6 a)
Onthobium muticum Fauvel, 1903 : 363. Lectotype : Nouvelle-Calédonie (sans autre précision),
IRSN, Belgique ; le type, seul exemplaire connu, est mutilé, frotté et n’a pas été disséqué.]
R. Paulian, 1935 : 121.
Longueur : 5,5 mm. Corps en ovale un peu convexe, noir luisant, avec des traces de
soies jaunes.
— 1113 -
Tête un peu plus longue que large ; clypéus longuement étiré vers l’avant où il est
un peu anguleusement arrondi, pas de denticules ou d’angles divergents au milieu du bord
antérieur ; angle clypéogénal sans aucune indication ; angle externe des joues complète¬
ment arrondi ; partie des yeux visible d’au-dessus médiocre ; milieu de la base sans callo¬
sité ; clypéus, vertex et joues un peu déprimés. Téguments lisses à ponctuation moyenne,
uniforme et assez serrée ; une trace de carène transverse, clypéofrontale, bien indiquée de
chaque côté.
Pronotum très transverse, largement déprimé sur les angles postérieurs et faiblement
au milieu de la base ; base en courbe plate, à peine atténuée vers le milieu, marquée d’une
ligne de petits points peu serrés ; angles postérieurs droits à sommet émoussé ; côtés rétrécis
en ligne droite vers l’avant sur la moitié postérieure, puis fortement convergents en courbe
Fig. 6. — Genres Anonthobium, Pseudonthobium et Paronthobium, détails. Anonthobium mulicum (Fauvel) :
a, tête. — Pseudonthobium fracticolle (Fauvel) : b, articulation thoraco-élytrale. — Anonthobium
fauveli n. sp. : c, tibia antérieur — Paronthobium simplex (Fauvel) : d, tibia antérieur $ ; e, palpe
maxillaire ; f, griffe ; g, épipharynx ; h, labium.
jusqu’aux angles antérieurs qui sont arrondis ; la partie postérieure du rebord latéral sil¬
lonnée en long ; bord antérieur rebordé. Téguments lisses, à moyenne ponctuation assez
serrée, plus forte et plus serrée sur les angles antérieurs, étroitement effacée sur la petite
dépression basale.
Élytres convexes, à carène latérale vive et relevée ; tous les interstries plans, un peu
convexes vers l’apex ; stries géminées, assez étroites et assez fines, avec une ligne longi¬
tudinale de points très petits et écartés ; la surface des interstries très vaguement aciculée
et à points assez fins et écartés.
Pseudépipleures apparemment lisses ; une fine carène double l’arête externe en des¬
sous.
Tibias antérieurs tronqués droit à l’apex, avec deux dents marginales externes médio¬
cres, bien séparées, et une très fine crénulation.
Le type seul est connu, sans autre précision que Nouvelle-Calédonie. Cet exemplaire
4, 19
- 1114 -
porte une étiquette manuscrite blanche, de la main de Fatjvel : « Nelle Calédonie », collée
sur une étiquette rose I.R.Sc.N.B., avec la mention dactylographiée : « Nouvelle Calé¬
donie, ex. coll. Fauvel », et la mention manuscrite « rec. Deplanche ». Aucune des récoltes
ultérieures ne renferme d’individus de cette espèce.
Genre PSEUDONTHOBIUM n. gen.
Espèce-type du genre : Pseudonthobium fracticolloides n. sp.
Corps ovalaire, convexe, de taille moyenne.
Tête aussi large que longue, rétrécie vers l’avant en courbe régulière concave, avec
deux forts denticules médians séparés par une échancrure en U. Canthus oculaire libre
à l’apex ; partie visible d’au-dessus des yeux en ovale allongé et assez grand. Antennes
très allongées, l’article 1 du funicule bien plus court que le II qui est très grêle et subégal
au III. Palpes maxillaires longs et grêles, les articles II et III presque cylindriques. Labium
échancré en courbe profonde et large au milieu, avec une rangée de macrochètes sur le
bord antérieur de chaque côté du milieu ; palpes labiaux à article I très long, assez grêle,
avec une ligne de fortes soies sur le bord interne ; article II plus court. Epipharynx à épi-
torma relativement large, simple ; corypha élargie et saillante en avant en dehors du pro-
sthiocheile, avec des épines et des soies terminales ; prosthiocheile avec de longues et denses
soies très serrées ; chaetopedia à épines assez nombreuses et apophobes. La base de l’épi-
torma est élargie et dentée en son milieu.
Pronotum transverse, à base profondément échancrée en son milieu, les côtés de la
base saillants en courbe plate ; angles postérieurs obtus mais marqués ; bord externe en
courbe, avec un sillon longitudinal jusqu’au niveau des angles latéraux ; bord antérieur
rebordé sur les côtés.
Élytres à stries géminées nettes ; arête externe relevée, surtout vers la base, forte,
simple, lobée en dehors avant l’apex et s’effaçant au niveau de la 5 e strie, doublée en
dessous par une fine carène définissant un sillon longitudinal qui atteint le bord antérieur
du lobe subapical. Base des élytres creusée en courbe de chaque côté, les angles huméraux
saillants vers l’avant en dents ou en languettes.
Prosternum long, à carène transversale entière et forte et carène longitudinale latérale
sur le tiers postérieur.
Pseudépipleures avec deux stries longitudinales, confluentes vers l’arrière et formant
la bordure apicale externe de l’élytre.
Tibias des paires postérieures grêles, à arête externe simple, avec une carène longitu¬
dinale doublant le bord interne ; éperons typiques des Canthonines. Tarses assez grêles,
à articles subégaux. Griffes fortement dentées vers le milieu. Dernier article des tarses
avec un pinceau apico-dorsal de longues soies.
<§. Tibias antérieurs grêles, un peu arqués, en triangle allongé ; bord antérieur un peu
lobé à l’angle interne, puis droit ; arête externe avec trois dents médiocres et très écartées,
séparées par de fins denticules ; arête interne avec une double échancrure peu profonde.
1115 -
Édéage à paramères grêles, simples, subégaux et relativement courts.
$• Tibias antérieurs grêles, en triangle allongé et simple ; trois dents marginales externes,
très écartées, les deux distales séparées par des denticules fins, fortes.
Le genre n est connu que de la Nouvelle-Calédonie. La forme de la base du pronotum
de 1 espèce type du genre évoque celle des Jgnambia ; elle est cependant un peu atténuée
chez P. fracticolle (Fauvel).
Clé des espèces de Pseudonlhobium
1. P. fracticolloides n. sp.
2. P. fracticolle (Fauvel)
1. Ponctuation du pronotum très serrée.
— Ponctuation du pronotum assez serrée
Pseudonthobium fracticolloides n. sp.
(Fig- 7)
Holotype et allotype $ : Nouvelle-Calédonie, mont Kogui, 800 m, 7-23. X.1978 (J. C. Watt),
piégeage appâté au sol, collection Entomology Division, DS1R, Auckland, Nouvelle-Zélande.
Paratype £ de mêmes provenance et date, MNHN Paris, ainsi qu’une petite série de 24 individus
des deux sexes dans ces deux collections.
Longueur : 7 mm. Corps en ovale un peu allongé, convexe, noir bronzé luisant, à
assez dense et fine pubescence couchée jaune.
Tête aussi longue que large, sensiblement rétrécie vers l’avant où le clypéus porte
deux denticules obtus séparés par une courte échancrure en V ; angle clypéogénal non
marqué ; angle externe des joues arrondi ; partie des yeux visible d’au-dessus en grande
amande à pointe postérieure. Clypéus un peu déprimé ; un léger relief transverse devant
chaque œil. Téguments lisses, à dense ponctuation, assez fine en avant, plus forte vers
la base, celle-ci sans calus médian.
Pronotum transverse ; les angles postérieurs obtus, reportés vers le milieu de la lon¬
gueur ; côtés fortement échancrés en courbe derrière ces angles et devant le milieu de la
base, faisant saillie, de chaque côté du milieu, en un large et fort lobe postérieur ; côtés
rebordés, faiblement rétrécis en ligne droite vers l’avant jusqu’aux angles latéraux qui sont
effacés, puis en ligne droite jusqu’aux angles antérieurs aigus ; côtés déprimés en arrière,
délimitant un fort calus sur les côtés du disque ; angles antérieurs un peu explanés.
Téguments pointillés, à ponctuation très serrée, moyenne en arrière, plus fine en avant,
beaucoup plus forte, ombiliquée, allongée et moins serrée sur les côtés.
Élytres très profondément échancrés en courbe de chaque côté de la suture à la base ;
carène latérale à arête vive, relevée, n’atteignant pas l'apex. Stries géminées, assez étroites ;
interstrie suturai non relevé ; les autres interstries un peu convexes sur le disque, plus
relevés sur les côtés. Téguments aciculés et à ponctuation assez fine et peu serrée, séti-
gère.
Flancs du prosternum concaves, à longue carène longitudinale latérale, à fine ponctua¬
tion peu serrée.
Mésosternum à grosse ponctuation transverse serrée. Métasternum à strie supplémen-
1116 -
Fig. 7. — Pseudonthobium fracticolloides n. sp. : a, tête d’au-dessus ; b, épipharynx ; c, antenne ; d, man¬
dibule ; e, palpe maxillaire ; f, labium ; g, griffe ; h, tibia antérieur <$ ; i, pseudépipleure ; j, articula¬
tion thoraco-élytrale ; k, paramères en vue dorsale et valve droite de profil.
taire entière, un peu sinueuse. Disque à fine ponctuation écartée, devenant un peu plus
forte en arrière.
Pseudépipleures chagrinés, la partie externe à assez forte ponctuation un peu serrée ;
la partie interne à ponctuation fine et écartée. Les deux stries confluentes près de l’apex.
<$. Tibias antérieurs assez grêles, à trois petites dents marginales externes très écartées
et séparées par de fines crénulations ; bord interne avec une double et forte sinuosité.
Tibias postérieurs simples et grêles.
Pseudonthobium fracticolle (Fauvel)
(Fig. 6 b)
Onthobium fracticolle Fauvel, 1903 : 363. (Lectotype : Nouvelle-Calédonie, mont Kogui, V, feuilles
mortes humides, IRSN, Belgique, présente désignation.) R. Paulian, 1935 : 121.
Longueur : 3,5 mm. Corps en ovale large, un peu convexe, la plus grande largeur un
peu avant le milieu des élytres ; brun rougeâtre à fine pubescence jaune écartée.
Tête aussi longue que large ; clypéus avec deux denticules médians, courts et larges,
séparés par une échancrure en Y ; côtés en courbe continue de ces denticules jusqu’aux
yeux dont la partie visible d’en dessus est assez petite, en amande. Téguments aciculés,
ponctuation assez forte, uniforme, pas très serrée.
1117 -
Pronotum transverse, un peu déprimé sur les côtés ; rebord antérieur très incomplet ;
côtés très faiblement rétrécis en ligne droite sur les 2/3 postérieurs, après les angles posté¬
rieurs qui sont droits ; puis convergents en ligne droite vers les angles antérieurs aigus ;
la partie postérieure des côtés avec un sillon longitudinal bien marqué ; base échancrée
largement en dehors avant les angles postérieurs, puis saillante vers barrière en un ample
lobe obtus, un peu relevé, situé au milieu de la largeur de chaque côté de Taxe médian ;
le milieu de la base fortement échancré en courbe. Téguments acieulés, ponctuation forte,
un peu serrée en arrière, plus fins vers l’avant.
Élytres un peu plus larges que le pronotum à la base ; fortement creusés pour recevoir
les saillies postérieures du pronotum ; carène latérale vive et un peu relevée. Interstries
à peine convexes, un peu plus relevés vers l’extérieur et à l’apex. Surface aciculée-chagrinée,
à ponctuation médiocre, éparse et très peu distincte. Stries géminées, assez fines et assez
étroites, à points très fins et indistincts.
Flancs du prosternum sans carène longitudinale latérale, à grossière ponctuation un
peu serrée.
Métasternum à strie supplémentaire entière ; disque lisse en avant, à ponctuation
médiocre et peu serrée en arrière.
Tibias antérieurs en triangle grêle, tronqués droit à l’apex, à trois petites dents margi¬
nales externes, la basilaire à peine distincte, bien séparées.
Nouvelle-Calédonie : mont Kogui, 550 m, 5.X.1978 (G. Kuschel), tamisage de litière;
Yahoué.
L’espèce est connue par la série typique de la collection Fauvel, au Muséum de Bruxel¬
les, avec deux individus du mont Kogui et un individu de Yahoué, et par un unique des
récoltes de G. Kuschel. Elle doit donc être relativement rare, même au mont Kogui.
Le sexe des individus devant nous est inconnu, mais les tibias antérieurs ne montrent
pas de caractères sexuels.
Genre PARONTHQBIUM n. gen.
Espèce-type du genre : Onthobium simplex Fauve], 1903.
Corps de taille médiocre, en ovale large et assez peu convexe, noir luisant à assez
fine pubescence couchée.
Tête un peu étirée vers l’avant qui porte deux denticules médiocres ; pas de denti-
cule à la jonction clypéogénale. Partie des yeux visible d’au-dessus en croissant allongé.
Antennes grêles, articles du funicule allongés. Labium échancré en large courbe au bord
antérieur, avec trois macrochètes en ligne le long du bord de chaque côté du milieu ; palpes
labiaux à article I assez allongé et cylindrique, un peu plus long que le II qui est fortement
renflé et porte sur le bord apical interne des épines et des soies ; III allongé et grêle. Épi-
pharynx à épitorma relativement large, à côtés sinués et base arrondie et simple ; corypha
dépassant le prosthiocheile vers l’avant et portant des épines assez nombreuses ; prosthio-
cheile à longues épines greles, hyalines, arrondies au sommet. Palpes maxillaires relative¬
ment courts et à articles II et III assez épais.
— 1118 —
Pronotum à hase en courbe plate, régulière en arrière, un peu concave au milieu.
Élytres à stries simples, assez fortes. Pseudépipleures avec, le long de la carène mar¬
ginale de l’élytre, en dessous, une strie doublée en dehors par une fine carène ; deux stries
longitudinales, unies en arrière.
Grilles simples, le talon à angle vif.
g. Tibias antérieurs assez grêles, faiblement élargis vers l’apex en dedans et avec
une forte et courte échancrure en demi-cercle derrière l’angle apical interne ; trois dents
marginales externes aiguës, écartées, la basale plus petite.
Edéage à paramères subégaux, simples et grêles.
Ç. Tibias antérieurs simples.
Genre propre à la Nouvelle-Calédonie.
Paronthobium simplex (Fauvel)
(Fig. 6 d à h)
Onthobium simplex Fauvel, 1903 : 362. (Lectotype : Nouvelle-Calédonie, mont Kogui, feuilles
mortes humides, V, IRSN, Belgique, présente désignation.) R. Paulian, 1935 : 121.
Onthobium caledonicum R. Paulian, 1935 : 121. [Holotype <$, Nouvelle-Calédonie, mont Mou,
606 m [Montague), BMNH, Londres, N. syn. 1 ],
Longueur : 3,5 mm à 4 mm. Corps suborbiculaire, pas très convexe, noir luisant.
Tête légèrement transverse ; base sans cal médian ; échancrure séparant les denti-
cules médians en U ; côtés bien rebordés, la jonction clvpéogénale à peine indiquée et l’angle
externe des joues peu distinct ; suture clypéogénale fine ; téguments finement chagrinés ;
ponctuation ombiliquée, uniforme, médiocre et serrée.
Pronotum très transverse ; angles postérieurs obtus ; côtés rétrécis en ligne droite
vers l’avant jusqu’aux angles externes qui sont arrondis, puis courtement en courbe avant
les angles antérieurs qui sont droits à sommet vif ; bord antérieur entièrement rebordé ;
bords latéraux et basilaire un peu relevés, le bord basilaire faiblement crénelé de gros
points ; une fossette latérale sur le disque et le bord latéral déprimé. Sculpture à fond
chagriné et à ponctuation assez fine et serrée. Milieu de la base avec un petit espace déprimé
portant quelques gros points alignés.
Élytres à peine plus larges que le pronotum à la base ; intervalle suturai tectiforme en
arrière, les autres interstries légèrement convexes, densément et finement chagrinées, à
points indistincts et quelques petites plages lisses plus ou moins relevées. Carène margi¬
nale vive, entière, atteignant presque la strie pseudépipleurale qui borde l’élytre à l’apex.
Flancs du prosternum sans carène longitudinale latérale ; surface chagrinée et à points
indistincts.
Mésosternum à points moyens et assez serrés. Métasternum à strie supplémentaire
entière et à points moyens et peu serrés sur le disque.
1. En 1935, l’un de nous avait suivi Fauvel et donné valeur spécifique au caractère tiré des tibias
antérieurs (qui a valu à l’espèce, connue de Fauvel par une femelle, son nom spécifique). Depuis, l’examen
d’une longue série d’individus des deux sexes et de plusieurs stations nous a convaincu de l’identité spéci¬
fique des deux taxons.
1119
Pseudépipleures chagrinés, à ponctuation indistincte.
G- 1 ibias antérieurs à bord interne avec une forte échancrure subapicale.
$. Tibias antérieurs simples.
Nouvelle-Calédonie : mont Kogui, sous les feuilles mortes humides, en mai (selon
Fauvel), capturé au piège appâté en octobre (J. C. Watt) ; col des Roussettes, tamisage
de litière, octobre (G. Kuschel) ; tamisage, juillet-août (S. et J. Peck) ; mont Mou, mars
(P. D. Montague) ; Sarraméa, avril, assiettes jaunes (P. Cochereau) ; 12 km de Poya, grottes
d'Adio, août, 200 m, excréments en forêt (S. et J. Peck) ; en tout 110 exemplaires.
C’est de toütes les espèces étudiées ici, celle qui a la plus vaste distribution dans P île ;
elle a été observée d’avril à octobre. Au col des Roussettes, les exemplaires sont constam¬
ment de taille plus faible, à interstries plans et pronotum à ponctuation plus écartée. S’agi¬
rait-il d’une espèce distincte ?
Genre IGNAMBIA Heller
Ignambia Heller, 1916 : 354. R. Pauli an, 1935 : 121.
Espèce-type du genre : Ignambia fasciculata Heller, 1916, seule espèce décrite.
Corps relativement court, arrondi, convexe, de taille relativement faible, noir, à pubes¬
cence couchée et pinceaux de soies dressés plus épaisses.
Tête aussi large que longue, rétrécie en courbe concave, vers l’avant, régulière, avec
deux très forts denticules médians, très rapprochés à la base. Yeux invisibles d’en dessus,
sauf sous forme d’une très courte lame accolée au bord postérolatéral de la tête. Antennes
longues et grêles. Palpes maxillaires longs et grêles, les articles II et III bien plus longs
que larges. Labium court, profondément échancré en courbe au milieu en avant, le bord
antérieur avec une dense toison de longues soies très fines, sans macrochètes ; palpes labiaux
à articles I et II très transverses, dilatés en travers, avec une dense toison de longs poils
sur le bord interne du I et tout autour du II ; article III très petit, courtement conique,
ne dépassant pas l’article II et inséré au milieu de sa largeur. Epipharynx à corypha n'attei¬
gnant pas de loin le prosthiocheile ; le tylus nettement articulé ; apophobes très réduites ;
chaetopedia avec quelques très rares soies épineuses ; prosthiocheile avec une très longue
et très dense toison de poils fins. Mandibules à partie membraneuse apicale relativement
très longue.
Pronotum transverse, à base profondément échancrée au milieu, les côtés de la base
saillant vers l’arrière en lobes arrondis ; angles postérieurs très obtus ; côtés concaves en
dehors en avant, à angles antérieurs aigus et saillants ; rebord externe avec un fin sillon
longitudinal de la base à l’angle latéral.
Élytres en ovale régulier ; base échancrée en courbe pour recevoir les lobes basilaires
du pronotum. Stries géminées, assez fines ; angle huméral saillant et aigu ; arête externe
vive, effacée en arrière au niveau de la fin de la strie 5.
Flancs du pronotum larges, à carène transverse entière et sans carène longitudinale
sur le tiers postérieur.
1120 -
Pseudépipleures larges, la carène externe doublée en dessous par une fine strie rebordée
en dedans par une fine carène. Une strie longitudinale entière, qui rejoint la carène externe
peu avant l’apex et la remplace le long du bord à ce niveau ; une trace postérieure d’une
seconde strie longitudinale confluente en arrière avec la strie principale.
Pygidium triangulaire, transverse, à peine un peu incliné vers l’avant.
Tibias des paires postérieures grêles, un peu aplatis et élargis régulièrement vers l’apex,
sans éperons terminaux ; arête externe avec un sillon entier.
Tarses postérieurs relativement courts, à articles aplatis, subégaux ; dernier article des
tarses avec une brosse apicale dorsale de longues soies ; griffes avec une petite dent sub¬
basilaire.
(J. Tibias antérieurs grêles, recourbés en dedans à l’apex, avec une forte dent sur la
courbure externe, sans denticules.
$. Tibias antérieurs un peu élargis en spatule vers l’extrémité, à base étroite ; angle
apical arrondi, bord antérieur en faible courbe convexe en dehors ; arête externe à denti¬
cules aigus et serrés dont deux un peu plus marqués dans la région apicale. Face dorsale
concave en avant, une arête longitudinale part de l’angle apical externe, longe le bord
externe et atteint le milieu de la base. Pas d’éperon terminal.
Le genre n’est connu que de Nouvelle-Calédonie, les deux espèces australiennes qui
lui ont été rattachées par Matthews appartiennent à un genre bien différent.
La figure du type, donnée par IIeller, indique la présence d’yeux visibles dorsale-
ment, en minces croissants limités en dehors par un canthus interrompu en arrière ; l’exa¬
men du type permet d’affirmer que les yeux sont invisibles d’au-dessus, sauf sous la forme
d’une très courte lame accolée au bord postérolatéral de la tête.
Ignambia fasciculata Heller
(Fig. 8)
Ignambia fasciculata Hciler, 1916 : 354. [Holotype $ : Nouvelle-Calédonie, Ignambi Gipfel (Drs. Sara-
zin et Roux), Musée de Dresde. Néallotype : Nouvelle-Calédonie, pic d’Amoa, près Poin-
dirnié, 16. IX. 1978 (G. Kuschel), collection Entomology Division, DS IR, Auckland, Nouvelle-
Zélande.] R. Paulian, 1935 : 121.
Longueur : 3,5-5 mm. Corps noir à pubescence jaune.
Tête à forte ponctuation ombiliquée, serrée ; des pinceaux de soies dressées, plus épaisses
que les soies de la pubescence couchée, de chaque côté de la base, sur les angles externes,
arrondis des joues et sur les dents clypéales.
Pronotum à fond tégumentaire finement chagriné et ponctuation ombiliquée forte
et serrée. Disque avec un sillon longitudinal médian terminé par une nette dépression
basilaire médiane, cette dépression à peu près lisse et flanquée de soies épaissies. Côtés un
peu déprimés. Dix pinceaux de soies dressées, jaunes, épaisses ; un sur les angles latéraux
et deux proches du milieu formant une ligne arquée tranverse, un pinceau de chaque
côté sur le milieu du disque, un pinceau en arrière de celui-ci, plus proche du milieu, enfin
un pinceau de chaque côté au milieu de la largeur un peu en avant de la base.
Élvtres à stries géminées, peu marquées, étroites ; interstries plans ou à peine convexes,
U
- 1121 -
chagrinées et à gros points ombiliqués serrés et très superficiels. Pubescence double, fine
et couchée d une part, formée de hautes soies épaisses, dressées en lignes longitudinales
interrompues au milieu des interstries, de l’autre. Carène latérale à longues et fortes soies
un peu arquées.
Fig. 8. — Ignambia fasciculata Heller : a, tête d’au-dessus ; b, épipharynx ; c, antenne ; d, mandibule ;
e, palpe maxillaire ; f, labium ; g, tibia antérieur $ ; h, tibia antérieur ; i, griffe ; j, paramères en vue
dorsale ; k, articulation thoraco-élytrale.
Pseudépipleures chagrinés, à grossière et peu distincte ponctuation ombiliquée, serrée.
Tibias antérieurs avec les caractères du genre.
Édéage très dissymétrique, paramère droit grêle et sinué, le gauche en courte lame
à forte dent apicale dirigée vers la base.
Nouvelle-Calédonie : mont Ignambi (type) ; pic d’Amoa, près de Poindimié, 16. IX.
1978, tamisage (G. Kuschel ) ; 5 exemplaires en tout.
Ignambia fasciculata var. laevis R. Paulian, 1935 : 121. L’un de nous a décrit sous
ce nom une forme assez peu différente de la forme type ; mais elle présente des stries ély-
trales effacées vers la base, une ponctuation plus effacée et les pinceaux de soies dressées
ont pratiquement disparu. La valeur exacte de cette forme ne pourra être assurée que par
l’étude d’un matériel plus abondant. Nouvelle-Calédonie : Hienghene, Tinchalit (Miss
Cheesman), BMNH Londres.
1122 -
Genre CAECONTHOBIUM n. gen.
Espèce-type du genre : Caeconthobium parvulum n. sp.
Corps de taille faible, noir luisant à pubescence couchée et dressée ; ovalaire, assez
convexe.
Tête moins longue que large, concave, sans carènes clypéofrontales ; clypéus rétréci
en courbe concave en dehors vers l’avant, terminé par deux denticules médians obtus, à
peine individualisés, parfois seulement subsinué en avant au milieu ; joues en courbe conti¬
nue jusqu’à la base de la tête ; partie des yeux visible d’au-dessus réduite à une courte
lame accolée au bord postérolatéral de la tête. Antennes à funicule relativement court, le
premier article bien plus long que le second. Mandibules à lame membraneuse terminale
très longue, à assez courte pubescence peu développée. Palpes maxillaires relativement
courts et épais. Labium court, très profondément échancré en courbe au bord antérieur,
celui-ci sans macrochètes, à denses et longs poils fins ; palpes à deux premiers articles très
courts, très transverses, dilatés en travers, à très dense et longue pubescence très fine ;
article III très court et grêle, inséré un peu en dedans du milieu du bord antérieur de l’ar¬
ticle II. Épipharynx à corypha n’atteignant pas le prosthiocheile, avec une plage ovale
de soies et d’épines ; prosthiocheile à très dense frange de longs poils fins ; chaetopedia
avec de rares épines dans la région basale, apophobes bien développées.
Pronotum transverse, à peine plus large que les élytres à la base ; celle-ci fortement
concave sur son bord postérieur ; angles postérieurs arrondis ; côtés parallèles sur les 3/4 pos¬
térieurs et portant un sillon en dehors sur cette région, puis rétrécis vers l’avant en ligne
presque droite, l’angle latéral obtus, l’angle antérieur droit et vif ; une impression assez
forte de chaque côté du disque vers le tiers basal ; une forte impression longitudinale par¬
tant de l’angle postérieur et s’élargissant un peu obliquement vers l’avant.
Élytres à rebord externe fortement caréniforme et relevé, bordé en dessous d’une
fine strie ; stries géminées ; interstrie suturai un peu tectiforme.
Flancs du prosternum avec une nette et assez longue carène longitudinale latérale.
Pseudépipleures à deux stries longitudinales dont l’externe est doublée, en dehors,
d'un très fin relief.
Mésosternum un peu gibbeux au milieu en avant.
Métasternum très large, la strie supplémentaire marquée par une ligne de points.
Tibias antérieurs à trois faibles denticules sur la marge externe, très écartés ; éperon
terminal fin mais présent. Tibias postérieurs un peu arqués, régulièrement et faiblement
élargis vers l’apex. Éperons forts. Tarses postérieurs à articles courts et larges, épais, les
trois premiers subégaux, à assez longue et dense pubescence. Griffes à base élargie et angu¬
leuse.
Tibias antérieurs à arête apicale tronquée obliquement en dehors sur le 1/3 apical.
$. Tibias antérieurs à troncature apicale droite.
Le genre n’est connu que par une seule espèce de Nouvelle-Calédonie.
É
- 1123 —
Caeconthobium parvulum n. sp.
(Fig. 9)
Holotype allotype $ : Nouvelle-Calédonie, col des Roussettes, 550 m, 31.X.1978 (G. Kus-
, a tamisage, collection Entomology Division, DS1R, Auckland, Nouvelle-Zélande. Paratvpe
de meme provenance et de même date, MNHN Paris.
Longueur : 2 mm. Corps noir ou rougeâtre luisant.
1 ête à ponctuation ocellée, assez superficielle, rugueuse, serrée, plus écartée sur le
ciypéus, plus forte et plus serrée sur les joues ; vertex sans épaississement médian posté-
iieur. réguments lisses entre les points. Pubescence dressée, fine sur le milieu, plus forte
sur les côtés, les soies nettement épaissies.
Fig. 9. — Caeconthobium parvulum n. sp. : a, tête d’au-dessus; b, épipharynx et détail; c, antenne ;
d, mandibule ; e, palpe maxillaire ; f, labium; g, tibia antérieur $ ; h, griffe; i, paramères en vue dor¬
sale. — Odontoloma relicta d’Orb. : j, labium ; k, palpe maxillaire.
Pronotum non rebordé en avant, à téguments lisses. Ponctuation superficielle, moyenne,
assez serrée, progressivement plus grande vers l’arrière ; milieu de la base déprimé, le bord
externe de la dépression sensiblement lisse, à points très écartés, le fond avec un groupe
très serré de points ombiliqués portant de fortes soies jaunes.
Elytres à stries géminées, très marquées, portant une rangée médiane de fins points
très écartés ; interstries, sauf le suturai, plans, à assez forte ponctuation ombiliquée assez
serrée, plus ou moins alignée en 2 à 4 rangs longitudinaux. Carène latérale atteignant
presque l’apex et réunie à ce niveau à la strie externe des pseudépipleures.
Flancs du prosternum à forte ponctuation ombiliquée, assez serrée.
Mésosternum à ponctuation semblable, un peu plus forte.
Métasternum avec une large et peu profonde fossette antérieure ; ponctuation sem¬
blable à celle des flancs du prosternum.
1124 -
Pseudépipleures à sculpture semblable, les deux stries confluentes un peu après le
milieu.
Fémurs à forte ponctuation ombiliquée assez serrée.
Tibias avec les caractères génériques.
Édéage à paramères relativement courts, le droit fortement élargi et spatulé dans la
région apicale, le gauche simple et plus court.
Nouvelle-Calédonie : col des Rousettes.
L’espèce est connue par une série de 35 individus, récoltés au col des Roussettes en
août 1978 par S. et J. Peck, et en octobre 1978 par G. Kuschel. Elle ressemble à un petit
A. tibiale (Fauv.), mais en diffère par la forme de la tête et des tibias et par la nature de
la pubescence. Les caractères tirés des pièces buccales confirment l’originalité de ce genre.
IL POSITIONS SYSTÉMATIQUE ET BIOGÉOGRAPHIQUE
DES CANTHONINES NÉOCALÉDONIENS
par Renaud Paulian et Dominique Pluot-Sigwalt
La tribu des Canthoninae réunit les formes les plus primitives des Scarabaeidae et
peuple toutes les régions tropicales ainsi que les continents austraux.
Dominante parmi les Scarabaeidae en Amérique tropicale et à Madagascar, la sous-
famille ne représente qu’à peu près la moitié des espèces connues de la famille en Australie ;
elle n’est plus que faiblement représentée dans les régions orientales, où elle remonte jus¬
qu’au Japon, et en Afrique. Dans ce dernier continent les Canthonines ne sont représentés
que par un petit nombre de genres très dissemblables. En Nouvelle-Calédonie et en Nou¬
velle-Zélande les Canthonines représentent seuls les Scarabaeidae si l’on fait abstraction
de quelques formes introduites récemment par l’homme.
Malgré les efforts de FIalffter et Martinez en Amérique tropicale et de Matthews
en Australie, la systématique interne des Canthonines reste très imprécise, sans doute
parce que trop de formes sont encore à découvrir et que, parmi les formes connues, beau¬
coup n’ont encore pu être étudiées que de façon très superficielle ; nous ne connaissons,
en particulier, que très peu de formes larvaires.
Pour Matthews il serait possible de diviser les Canthonines australiens en deux groupes
bien distincts. Le premier, le groupe des Mentophilines, serait sans doute monophylétique
et regrouperait des éléments, en place depuis le Crétacé, appartenant à la faune proto¬
australienne. Leur mise en place serait antérieure à la séparation de l’Australie d’avec
l’Antarctide. Le second, réunissant toutes les autres formes, serait hétérogène, et ses compo¬
sants ne seraient parvenus en Australie, à partir de la région orientale, que beaucoup plus
tard, après le miocène, sans doute en plusieurs vagues successives.
Les Mentophilines australiens sont caractérisés par leurs élytres repliés au bord externe
de la septième strie et formant à ce niveau une large surface horizontale entre ce rebord,
caréné et vif, et l’épipleure ; la surface ainsi repliée peut porter un nombre variable de stries.
D’autre part, les Mentophilines ont des griffes tarsales simples. Matthews considère que
- 1125 -
les deux genres néocalédoniens et les deux genres néozélandais appartiennent aux Mento-
philines ; il ne semble pas avoir noté que certaines formes de Nouvelle-Calédonie ont des
griffes tarsales dentées ou même lobées à la base.
La forme des élytres qui caractérise les Mentophilines se retrouve, en dehors de la
région australienne, en Amérique tropicale dans les genres Cryptocanthon et Canthochilum ;
en Afrique pour les genres Gyronotus et Anachalcos ; à Madagascar pour les Aleiantus,
hpactoides , Nanos et Sphaerocanthon, avec des griffes tarsales le plus souvent simples.
La valeur taxonomique exacte de la formation de pseudépipleures à l’extérieur de la
septième strie élytrale n’est pas certaine car dans certains genres, comme le genre Delto-
chilum sensu lato, l’importance et la position du repli latéral de l’élytre varient beaucoup
selon les groupes d’espèces.
Mais Matthews fait remarquer que tous les genres australiens qu’il place parmi les
Mentophilines n’ont jamais été observés en train de rouler une pilule stercoraire comme
le font tous les autres Canthonines de la région, et il accorde une réelle importance systé¬
matique à ce trait de comportement.
Les observations de Monteith et Storey sur le comportement reproducteur des
Cephalodesmius , Mentophilines indiscutables, limitent cependant la portée de cette remarque
car les C ephalodesmius, s’ils ne roulent pas de pilules, ont néanmoins un comportement
nidificateur hautement évolué puisque ces Insectes, coprophages à l’état adulte, alimentent
leurs larves avec des fragments de matière végétale, la femelle renouvelant les provisions
de ses larves tout au long de leur développement. Le passage de la coprophagie à la sapro-
phagie n’est pas, en elle-même, surprenant et nous savons depuis longtemps que chez les
Géotrupides, les deux régimes coexistent et peuvent même se substituer expérimentale¬
ment l’un à l’autre. Mais les relations de coopération prolongée entre la mère et ses larves
traduisent un haut palier d’évolution qui ne se retrouve que chez les Coprinae les plus évolués.
Examen du système glandulaire tégumentaire abdominal
Aux caractères morphologiques habituellement employés et qui ne semblent pas actuel¬
lement suffisants pour définir sans ambiguïté les Mentophilines, il est intéressant d’ajouter
l’étude du système glandulaire tégumentaire dont l’un de nous (D. P.-S.) a montré l’impor¬
tance dans la famille des Scarabaeidae.
En effet, ces Insectes possèdent, dans la paroi de la face sternale de l’abdomen, un
système glandulaire, plus ou moins complexe mais toujours bien individualisé, comprenant
selon les tribus des glandes sternales différentes chez les mâles et les femelles et des glandes
pygidiales identiques dans les deux sexes ; ces glandes s’ajoutent à un système d’unités
glandulaires dispersées sur le tégument et présentes, bien que de densité et de distribution
différentes, dans toutes les tribus.
L’étude de la distribution de ces diverses glandes dans la famille avait montré que la
plupart des sous-familles offraient des distributions caractéristiques et homogènes, à l’excep¬
tion toutefois des Coprinae Dichotomina, dont on sait qu’ils constituent un rassemble¬
ment artificiel, et des Canthonines.
Les Canthonines examinés jusqu’ici se divisaient en deux groupes, le premier rassem¬
blait des espèces à système glandulaire peu développé ne comportant que des unités glan-
1126 —
dulaires dispersées ; le second regroupait les espèces à système glandulaire développé avec
des glandes sternales et des glandes pygidiales.
Depuis cette étude, d’autres Canthonines ont pu être examinés de ce point de vue,
suggérant que le système glandulaire, très diversifié dans la sous-famille, pouvait apporter
des informations de valeur systématique. Aussi a-t-il paru utile, puisque l’état du matériel
disponible le permettait, d’étudier le système glandulaire des espèces néocalédoniennes
afin de préciser leur position dans l’ensemble de la sous-famille.
L’étude a porté sur les espèces suivantes : Onthobium howdeni n. sp., Onthobium lerati
R. Paulian, Anonthobium tibiale (Fauvel), Paronthobium simplex (Fauvel), Pseudontho-
bium fracticolloides n. sp., Caeconthobium parvulum n. gen., n. sp., Ignambia fasciculata
Heller.
Les glandes sont détectées, sur les spécimens secs, par leur canalicule qui persiste
après traitement à la potasse et peut être alors observé sur préparation microscopique
du tégument abdominal, après coloration au noir chlorazol. Tout l’abdomen est observé,
à l’exception de la face dorsale qui est uniformément tapissée d’unités glandulaires iden¬
tiques dans toutes les formes appartenant à la famille des Scarabaeidae.
Dans ce travail nous laisserons de côté divers détails morphologiques, tels que la
structure morphologique des canalicules, sans objet pour notre étude, et nous limiterons
notre examen aux caractères permettant la recherche des affinités entre les groupes consi¬
dérés.
Toutes les espèces néocalédoniennes se caractérisent par l’absence de glandes ster¬
nales et pygidiales. Leur système glandulaire ne comporte que des unités glandulaires
dispersées sur le tégument. Comme chez tous les Scarabéides, plusieurs types de canali¬
cules morphologiquement différents sont visibles ; l’un d’eux est ici nettement plus abon¬
dant que les autres et s’en distingue par ses grandes dimensions le rendant très apparent.
La répartition et la densité des canalicules est identique dans les deux sexes mais sensi¬
blement différentes d’un genre à l’autre (fig. 10).
Chez Onthobium howdeni et lerati, la presque totalité du tégument est dépourvue de
canalicules ; ceux-ci se localisent sur le sternite 8 et sur le rebord latéral des autres segments,
à la limite des pleures, ainsi que sur les rebords du pygidium. Les canalicules sont isolés
ou disposés par groupes de deux.
Chez Caeconthobium parvulum et Anonthobium tibiale, la répartition est à peu près
la même ; on note toutefois la présence de canalicules le long du sternite 7 et, par endroits,
sur les sternites 5 et 6 ainsi que dans la région basale du pygidium. Les canalicules sont
isolés ou par groupes de deux ou trois.
Chez Paronthobium simplex et Ignambia fasciculata, les canalicules sont répartis sur
la totalité du tégument de tous les sternites et du pygidium. Les canalicules sont isolés
ou par groupes de deux ou trois.
Enfin, chez Pseudonthobium fracticolloides, les canalicules sont répartis sur la tota¬
lité des téguments et beaucoup plus nombreux que dans les autres formes ; en outre, ils
sont presque toujours groupés en bouquets de deux à six canalicules, parfois même par
dix, sur les côtés.
Deux particularités caractérisent le système glandulaire de ces espèces et le distinguent
ainsi de celui des autres espèces de Scarabaeidae — tous les Onthophagini, Onitini et Oni-
ticellini en particulier — qui ne présentent aussi que des unités glandulaires dispersées.
— 1127 -
OnTHOBIUM HOWDENI paulian CaECONTHOBIUM PARVULUM paulian
PARONTHOBIUM SIMPLEX (fauvel) PSEUDONTHOBIUM FRACTI COLLOÏDES paulian
Fig. 10. — Représentation schématique du système glandulaire abdominal de quelques espèces de Nou¬
velle-Calédonie montrant les différentes répartitions des unités glandulaires dispersées sur le tégument.
L’un des types de canalicules prédomine sur les autres alors que dans les trois groupes
cités, la diversité des canalicules est la règle ; la répartition des unités glandulaires est
irrégulière et variable selon les genres, avec de grandes surfaces tégumentaires souvent
entièrement dépourvues de canalicules, ce qui n’a jamais été observé dans aucune autre
fraction de la famille.
Ces deux particularités se rencontrent, par contre, chez d’autres Canthonines.
Le tableau I rassemble, avec les genres néocalédoniens, dix-sept autres genres de
Canthonines provenant des diverses régions biogéographiques habitées par la sous-famille.
Cet ensemble de genres peut être classé, en fonction de leur richesse glandulaire, en
trois grands groupes :
Groupe I : Ce groupe rassemble, avec les genres néocalédoniens, tous les genres qui
sont dépourvus de glandes sternales et pygidiales (Bohepilissus en Afrique, Nanos à Mada-
1128 -
gascar, Cryptocanthon en Amérique du Sud) ainsi que ceux qui sont pourvus de glandes
pygidiales, mais pas de glandes sternales ( Cephalodesmius en Australie, Epactoides, Aleian¬
tus et Sphaerocanthon à Madagascar). Tous sans exception ont des unités glandulaires assez
rares, un même type de canalicule prédominant et toujours (sauf chez Cephalodesmius)
de grandes surfaces tégumentaires dépourvues de glandes. Nous avons tenté de présenter
ces genres par ordre de richesse croissante, en tenant compte de la densité des canalicules
et de leur répartition. En fait, pour certains d’entre eux au moins, ce classement est assez
incertain en raison de la difficulté qu’il y a à apprécier correctement ces critères sur un ou
deux exemplaires seulement ou du fait de la qualité parfois imparfaite des préparations.
Des doutes subsistent quant à l’existence de glandes pygidiales chez les Cephalodesmius
et les Aleiantus ; mais, si elles existent dans ces genres, ces glandes y sont certainement
très peu développées ; seules les glandes pygidiales de Sphaerocanthon sont très développées.
Groupe II : Les genres réunis dans le groupe II se caractérisent par la présence de
glandes pygidiales, de glandes sternales chez les mâles et par l’absence de glandes sternales
Tableau I. — Affinités glandulaires de quelques genres de Canthonines classés en trois groupes
d’après la richesse de leur système glandulaire abdominal.
Régions
Biogéograpniques
Genres
Nile Calédonie
ONTliOBIUN
Ethiopienne
BOHEPILISS US
Nile Calédonie
CAECON TH OBI U H
Nile Calédonie
A NON TilOB I UN
Madagascar
N A,VOS
Néotropicale
CRYPTOCANTHON
Nile Calédonie
P A RO N T HO BI UN
Nile Calédonie
IGNAMBIA
Nile Calédonie
PS EUDONTHOBIU N
Australienne
CEPHALODESMIUS
Madagascar
EPACTOIDES
Madagascar
ALEIANTUS
Madagascar
SPHAEROCANTHON
Ethiopienne
ENDROEDYANTUS
Néotropicale
CANTHONELLA
Néotropicale
CANTHOCHILUM
Madagascar
EPILISSUS
Madagascar
ARACHNODES
Néotropicale
DELTOCHILUM
Australienne
TEMNOPLECTRON
Ethiopienne
EPIRINUS
Néotropicale
CAN THON
Ethiopienne
ANACHALCOS
Glandes
pygidiales
+ (?)
+ (?)
Glandes
sternales
cf $
0
0
0
7
0
0
0
0
0
7
0
0
0
0
O
7
0
7
0
0
0
O
0
0
0
0
+
0
+
0
¥
+
+
0
Unités glandulaires
dispersées
mm i
»~~1
mm
mm
Uniformité
wm .l
des
mm î
Canalicules
mm
Un type
OM
dominant
mm
YM 1
m i
wn
mm
mm
mn
Diversité
\wsn&
des
mrm
Canalicules
nu2
mm
Pas de type
dominant
Ym/urn
WMWi
Répartition irrégulière laissant des surfaces tégumentaires dépourvues de glandes.
Répartition régulière sur tout le tégument.
Glande peu développée.
Glande très développée.
- 1129 -
CaNTHOCHILUM TAINO MATTHEWS ArACHNODES GOUDOTI (CASTELNAU)
Epi RI NUS AENEUS (wiedeman) Temnoplectron ROTUNDUM westoood
glandes sternales d |
q glandes sternales 9 V bouquet de 50 à 100 canalicules
^ glandes pygidiales /
. unité glandulaire
Fig. 11. — Schéma simplifié du système glandulaire abdominal de quelques espèces de Canthonines
appartenant aux groupes II et III.
chez les femelles (fig. il). Les unités glandulaires, dont les canalicules sont très divers,
sans qu’il y ait de type prédominant, sont relativement abondantes sur la totalité de la
surface du tégument ( Arachnodes , Epilissus de Madagascar, certains Deltochilum d’Amé¬
rique du Sud) mais peuvent être plus rares ou manquer complètement dans certaines
régions ( Endroedyantus d’Afrique et certains Deltochilum d’Amérique du Sud). On peut
semble-t-il rattacher au groupe II le genre antillais Canthochilum bien que chez celui-ci
les glandes sternales soient présentes dans les deux sexes et que les glandes pygidiales
fassent défaut.
4, 20
1130 —
Groupe III : Dans ce groupe sont rassemblés tous les genres qui possèdent simul¬
tanément des glandes sternales dans les deux sexes et des glandes pygidiales toujours
volumineuses (fig. 11). Les unités glandulaires sont réparties sur la totalité du tégument :
les canalicules, divers, ne montrent pas de type prédominant.
Le tableau I rend compte de cette distribution.
Ces trois groupes, bien distincts, diffèrent les uns des autres non seulement par leur
richesse glandulaire très inégale, mais aussi par la structure morphologique de leurs cana¬
licules montrant des caractères constants dans les groupes I et III, plus variables dans le
groupe IL
Le groupe I, qui renferme toutes les espèces de Nouvelle-Calédonie étudiées ici, apparaît
au sein des Canthonini ainsi que dans l’ensemble des Scarabaeidae comme un groupe par¬
ticulièrement remarquable par les caractères glandulaires qui lui sont propres. Son uni¬
formité, sa pauvreté et surtout la disparition d’unités glandulaires semblent le résultat
d’une évolution régressive. Au contraire, le système glandulaire du groupe III, riche et
complexe, est tout à fait comparable à celui des Gymnopleurini et Scarabaeini, comme
d’ailleurs — mais dans une moindre mesure — celui du groupe II plus hétérogène, malgré
quelques indices de régression glandulaire.
Il faut noter aussi que les représentants de chacun des trois groupes proviennent de
régions biogéographiques différentes, ce qui laisse supposer l’existence d’une évolution
glandulaire parallèle dans chaque grande région.
Discussion
Ainsi apparaît d’une part l’unité des Canthonines néocalédoniens, d’autre part le fait
qu’ils partagent un type de système glandulaire tégumentaire avec les Mentophilines aus¬
traliens connus de ce point de vue, mais aussi avec une partie importante des Canthonines
malgaches, une faible partie des Canthonines africains et un seul genre, très isolé par ail¬
leurs, de Canthonine américain, le genre Cryptocanthon Balth. (fort peu de genres néotro¬
picaux ont, il est vrai, été étudiés à ce jour de ce point de vue).
Nous reviendrons, dans un travail consacré aux Canthonines néozélandais, sur la signi¬
fication de cette répartition. Il suffit ici de remarquer que les Canthonines néocalédo¬
niens se rattachent aux Mentophilines australiens, c’est-à-dire à l’élément primitif de la
faune australienne ; on doit donc en conclure qu’ils ont atteint la Nouvelle-Calédonie
avant la séparation de celle-ci de l’Australie, à l’aube du Crétacé.
Au-delà de l’unité apportée par les caractères élytraux et par ceux des glandes tégu-
mentaires, les Canthonines néocalédoniens sont fortement diversifiés et nous sommes
amenés à y établir quatre genres aux dépens de l’ancien genre Onthobium Reiche, et à
créer un genre nouveau pour une autre espèce nouvelle.
Deux de ces six genres (/gnambia Heller et Caeconthobium n. gen.) se séparent des
autres par la forme du labium, des palpes labiaux et de l’épipharynx, ainsi que par la posi¬
tion des yeux.
Dans ces deux genres, les palpes labiaux montrent des articles I et II très fortement
dilatés en travers et pourvus d’une très dense et longue pubescence ; le dernier article est
très petit et dépasse à peine le bord apical du second article. Cette disposition (fig. 8 f, 9 f)
— 1131
est très isolée chez les Canthonines ; inconnue dans les formes australiennes, elle ne semble
se retrouver que dans le genre africain Odontoloma ( fi g. 9 j). Mais les Odontoloma sont tout
de suite séparés des formes devant nous par leurs palpes maxillaires à articles courts et
épais ; d autre part, ils ne se rattachent pas directement aux Mentophilines car leurs pseu-
dépipleures sont peu développés et subverticaux.
Le bord antérieur du labium de ces deux genres néocalédoniens est échancré en large
courbe en avant et garni au bord d’une dense et très longue frange de poils. Chez les autres
Canthonines néocalédoniens, lorsque le bord antérieur du labium est largement échancré
en courbe en avant, il porte une ligne de très forts macrochètes bien individualisés, mais
pas une frange de denses et longues soies fines. Enfin, dans ces deux genres, l’œil est prati¬
quement invisible d au-dessus et ne dépasse la tête que sous la forme d’une très courte
lame accolée au bord postéro-latéral de celle-ci.
Il est dilïicile d’apprécier la portée systématique du caractère tiré de la forme des
palpes labiaux qui pourrait être en rapport avec une éthologie particulière.
Ce caractère, sous des formes différentes dans le détail, apparaît isolément chez les
Àphodiides (sous-genre Trichaphodioides R. Paulian des Aphodius) et chez les Àulonocne-
midae (genre Manjarivolo R. Paulian) L
Le caractère tiré des yeux, qui se retrouve chez les Pseudignambia d’Australie ainsi
que chez les Cryptocanthon Ralth. d’Amérique tropicale, n’a sans doute pas non plus de
valeur phylétique et répond à une éthologie particulière.
Il n’en reste pas moins que par la combinaison de ces caractères les deux genres s’isolent
profondément de tous les autres genres néocalédoniens.
Les quatre autres genres se divisent en deux groupes sur la base de la forme du labium.
Celui-ci est échancré en forte et large courbe en avant chez Pseudonthobium et Paron-
thobium ; droit et parfois pourvu d’une étroite et profonde encoche au bord antérieur chez
Onthobium et Anonthobium.
Les deux genres du premier groupe se distinguent l’un de l’autre par la nature des
stries élytrales, simples [Paronthobium) ou très nettement géminées ( Pseudonthobium ) ;
ce dernier genre présente une très profonde échancrure au bord postérieur du pronotum,
les deux côtés de l’échancrure étant saillants en arrière en lobes arrondis (fig. 7 j), alors
que la base du pronotum des Paronthobium est en courbe plate et régulière en arrière.
Dans les deux genres, le second article des palpes labiaux est plus court que le premier
et est un peu renflé.
1. Ce caractère, mal interprété à partir de la description de Helt.eb, par Matthews, a amené cet
auteur à placer dans le genre Ignambia deux espèces nouvelles d’Australie qui, d’après les figures des palpes
labiaux données par cet auteur, n’ont rien de commun avec les Ignambia. Si elle avait existé, la parenté
entre les formes australiennes et néocalédoniennes aurait été du plus haut intérêt car il s’agit de formes assez
évoluées et dont Matthews suppose qu’elles sont myrmécophiles. En fait, le rapprochement n’existe pas.
La différence, profonde, dans le caractère essentiel, tiré des palpes labiaux, est complétée par de nombreux
autres détails distinctifs : la base du pronotum à’Ignambia est très profondément creusée en courbe concave
en son milieu, alors que chez l’une des deux espèces australiennes la base du pronotum est droite ou un
peu arquée ; l’armature des tibias antérieurs du mâle est totalement différente. La comparaison entre
Ignambia mimerops Matthews (paratype au Muséum de Paris) et Ignambia fasciculata Heller (holotype
au Musée de Dresde) ne laisse aucun doute. Les deux espèces australiennes décrites par Matthews comme
Ignambia doivent être détachées de ce genre et forment un genre nouveau auquel s’applique la description
du genre Ignambia proposée par Matthews (p. 97-98). Nous proposons de nommer ce nouveau genre,
strictement australien dans l’état actuel des recherches, Pseudignambia nov. ; l’espèce-type de ce genre
est Ignambia mimerops Matthews, 1974.
1132 —
Dans le second groupe, le genre Onthobium réunit des espèces relativement grandes,
presque orbiculaires, à pubescence comprenant des pinceaux de soies épineuses dressées ;
le second article des palpes labiaux est plus long que le premier et n’est pas renflé ; les
paramères sont fortement dissymétriques ; les tibias antérieurs du mâle ne sont qu’un peu
dilatés à l’apex à l’angle interne, mais l’apex des tibias postérieurs est souvent développé
en très fort talon saillant en dedans (fîg. 2 b) ; enfin les griffes sont presque simples, avec
une très faible dent proche de la base.
Les Anonthobium sont ovalaires, plus convexes, de petite taille, à pubescence limitée
à de petites soies couchées ; le second article des palpes labiaux est cylindrique et plus
long que le premier ; les paramères sont presque égaux ; les tibias antérieurs du mâle portent
une forte échancrure subapicale au bord interne et les tibias postérieurs n’ont pas trace
d’un talon apical ; enfin les griffes portent une très forte lame dentée sur le bord inférieur
et la partie distale de la griffe est fortement coudée vers le bas (comme chez les Ontho-
phages du groupe Macropocopris Arrow).
L’étude des spermathèques (fig. 12) permet d’y trouver des caractères de portée spé¬
cifique, mais pas, semble-t-il, de portée générique.
Fig. 12. — Spermathèques : A, Onthobium howdeni ; B, Onthobium lerati ; C, Caeconthobium parvulum ;
D, Paronthobium simplex.
A côté de ces caractères distinctifs, tous les Canthonines néocalédoniens ont en com¬
mun un certain nombre de caractères qui établissent leur profonde unité : le rebord externe
du pronotum, vu de profil, porte un sillon longitudinal ; les deux premiers articles des tarses
des paires postérieures sont subégaux, relativement courts et tous les articles des tarses
portent des soies sur la face sternale ; le mésosternum et le métasternum sont simples,
sans callosités, ni dépressions ; la suture mésométasternale est en faible courbe simple,
une ligne longitudinale oblique part du bord postérieur des hanches intermédiaires et vient
au contact de la suture mésométasternale en avant en délimitant une pièce métasternale
latérale sur le disque, cette pièce étant parfois déclive et non horizontale comme l’est la
partie médiane du disque ; le pygidium est sensiblement vertical et sans formations parti¬
culières ; les élytres ont sept stries discales, la septième étant masquée par le rebord latéral
1133 -
cariniforme de 1 élytre ; les pseudépipleures portent au moins une et parfois deux stries
longitudinales.
Nous pouvons donc considérer les Canthonines néocalédoniens comme constituant un
ensemble monophylétique (ce qui n’est le cas ni des Canthonines malgaches ni des Cantho¬
nines australiens, ni encore bien moins des Canthonines africains et américains), ayant évolué
sur place, après l’isolement de 1”île, et en profitant de l’effet de place vide en prenant des
formes très diversifiées.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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am - i
jgfttè 'Æm .f?5^f%T^|r‘
; - \ ■ • : ■
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4« sér., 6, 1984,
section A, n° 4 : 1135-1151.
Sur quelques Lepisma tides (Zygentoma, Insec ta)
du Sahara algérien
Notes et description d’une nouvelle espèce
du genre Hyperlepisma Silv., 1932
par Luis F. Mendes
Résumé. — L’auteur étudie plusieurs récoltes de Lepismatides en provenance de Beni-Abbès
et des régions voisines, à l’ouest du Grand Erg Occidental algérien. Lepismina audouini est redé¬
crite d’après le mâle. Le genre Thermobia et l’espèce T. aegyptiaca sont signalés pour la première
fois en Algérie. Hyperlepisma occidentals n. sp. est décrite et comparée aux autres espèces connues
du genre ; une clé dichotomique est présentée. Les caractéristiques les plus remarquables de la
nouvelle espèce, par rapport aux autres connues du genre, concernent la chétotaxie des uroster-
nites. La micromorphologie des sensilles spécialisées (de type poculiforme) de l’antenne de Mor-
misma peyerimhoffi, espèce rencontrée aussi dans la région, est étudiée pour la première fois au
microscope électronique à balayage et comparée à celle des sensilles de type « campaniforme »
typique de plusieurs genres comme Lepisma s.s., Ctenolepisma et Acrotelsella.
Abstract. — The author studies several samples of Lepismatids collected in and around Beni-
Abbes, southern Algeria, in the western border of the Western Great Erg. Lepismina audouini
is redescribed upon the male. The genus Thermobia and T. aegyptiaca are signalized for the
first time to Algeria. Hyperlepisma occidentals n. sp. is described and compared with the other
known species in the genus and a dichotomic key presented to Hyperlepisma. The main charac¬
teristics typical to the new species concern the urosternal chaetotaxy. The micromorphology
of the antennal specialized sensillae of Mormisma peyerimhoffi , present also in the studied material
(of the poculiform type as in Hyperlepisma ), is studied for the first time using scanning pictures
and is compared with that of the “ campaniform ” sensillae found in several genera as Lepisma s.s.,
Ctenolepisma and Acrotelsella.
L. F. Mendes, Professeur à la Faculté des Sciences de Lisboa, Département de Zoologie et Anthropologie,
Boursier de l’INIC — PL 2, Lisboa, Portugal.
Grâce à l’obligeance des Professeurs Dr. Claude Delamare Deboutteville et Jean-
Marc Thibaud (Laboratoire d’Écologie générale du Muséum national d’Histoire naturelle,
Brunoy), nous avons pu étudier un certain nombre de Thysanoures Zygentoma recueillis
au Sahara algérien, dans la région de Beni-Abbès et à Talbelbala, à l’ouest du Grand Erg
Occidental. Nous décrivons une nouvelle espèce de Hyperlepisma Silv., 1932, H. occiden¬
tals n. sp., et présentons la redescription, fondée sur l’étude d’un seul mâle, de Lepismina
audouini Lucas, ainsi que quelques notes sur la systématique des Lepismina. Thermobia
aegyptiaca est signalée pour la première fois pour l’Algérie, ainsi que le genre Thermobia.
1136 -
La plupart des exemplaires étudiés sont déposés dans la collection entomologique du Labo¬
ratoire d’Écologie générale (E.G.) ; quelques duplicata ont été déposés dans la collection de l’au¬
teur (L.M.). Nous remercions vivement les Professeurs Delamare Deboutteville et Thibaud
pour les exemplaires prêtés et les duplicata offerts. Nous sommes très reconnaissant pour l’aide
obtenue au Laboratoire de Biologie des Insectes de l’Université Paul Sabatier à Toulouse, France
(Pr. Dr. J. Bitsch) et à la Estaçâo Agronômica Nacional à Oeiras, Portugal (Eng. M. Mota) pour
la réalisation des photos au microscope électronique à balayage. Les photos 2 et 4 ont été prises
par M lle Commoit et M. Rousset et la photo 3 par M me A. M. Grimai. ; la photo 1 a été prise par
L. Mendes avec la collaboration de M. Chaveiro.
CTENOLEPISMA Escherich, 1905
Ctenolepisma albida Esch., 1905
Matériel examiné : Beni-Abbès, 15. 1 11.1947, 1 <§ (E.G.) ; ibid., sous des pierres d’un jardin,
21.111.1947, F. Pierre, 1 juv., avec 1 Ç Thermobia aegyptiaca (E.G.) ; ibid., Hamada V.D., sable
au pied d’une plante, 13.11.1948, 2 juv. (E.G.) ; ibid., ermitage, sous des pierres humides près
d’une mare, 20. II 1.1948, 1 (E.G.), Foum el Tlaïa, 11.V. 1947, 1 (L.M.). H. Carouba, 1 000 m,
sous des pierres humides près de la piste, 13. IX. 1947, 1 Ç jeune (E.G.). Talbelbala, jardins, F. Pierre,
18.V. 1947, 1 $ (E.G.).
L’espèce, connue aussi d’Egypte et de Lybie, a été signalée de l’Algérie par Wygod-
zinsky (1958) et par nous-même (Mendes, 1980).
Ctenolepisma lineata (Fabr., 1775)
Matériel examiné : Beni-Abbès, palmeraie, détritus végétaux humides dans un jardin,
15.IX.1947, 1 J 2 (E.G.).
Les deux femelles (pas le mâle) présentent trois paires de styles abdominaux, ce qui
permet de les considérer comme C. lineata pilifera. Espèce à très vaste distribution géogra¬
phique (méditerranéenne et sud et centre de l’Europe), C. lineata était déjà connue de
l’Algérie (Lucas, 1846; Wygodzinsky, 1941; Mendes, 1980).
LEPISMINA Gervais, 1844
Lepismina audouini (Lucas, 1842)
Matériel examiné : Beni-Abbès, 29.III.1947, 1 (E.G.).
L’étude systématique des Lepismina, malgré les données présentées par Wygod-
zinsky (1942) qui concernent plus particulièrement les espèces de l’Asie Mineure, reste
- 1137 -
encore très peu approfondie. Les seules espèces dont les descriptions ou redescriptions
sont plus précises sont, actuellement, L. aurisetosa Wahlgren, grâce à la redescription
de Stach (1935), et L. pluriseta Wygodz., grâce à la description originale (Wygodzinsky,
1942). 1) autre part, ce dernier travail présente des clés dichotomiques fondées sur des
caractères très précis comme la présence/absence de certaines macrochètes — et sur
des caractères très peu utilisables — comme la couleur des écailles, très fréquemment dis¬
parues par frottage. C est pourquoi en l’absence des écailles il nous est impossible d’après
ces clés, de faire distinction entre la première alternative : « 1 — Scales of dorsal and ventral
face black ... » et « 1 — Scales of the dorsal face black of ventral face bright... ». Nous
acceptons la synonymie proposée par Stach (1935) de Lepismina emiliae Esch., 1903,
avec L. audouini Lucas, 1842 — acceptée aussi par Wy'godzinsky' (1942) et par Paclt
(196/) et, en raison de l’absence d une description correcte de l’espèce malgré la note
de Stach (1935), nous présentons la redescription du mâle.
Longueur du corps : 4,3 mm ; longueur du thorax : 2,2 mm ; largeur du thorax : 2,5 mm ;
filaments terminaux cassés.
Corps moins de deux fois plus long que large, abdomen presque triangulaire. Dessin
écailleux inconnu, les rares écailles qui n’ont pas été perdues sont presque hyalines (très
long séjour dans T alcool ?) ; pigment hypodermique absent. Macrochètes pectinées, poin¬
tues ou à l’apex bifide, avec des pectinations souples et abondantes ou à pectinations beau¬
coup moins nombreuses et très marquées.
Tête beaucoup plus large que longue (fig. 1) ; 5 paires de touffes de macrochètes sur
la région frontale, 1 paire sur la région supérieure du clypéus et 1 paire sur le labre. Yeux
noirs, ronds, avec des ommatidies abondantes.
Antennes cassées, très probablement plus courtes que le corps ; chaînette la plus dis¬
tale conservée avec 5 subarticles (fig. 2) alternativement plus courts que larges et aussi
longs que larges ; chaque subarticle est pourvu d’une couronne de soies ; sur quelques
subarticles, des trichobothries (il s’agit très probablement de la région médio-distale de
l’antenne), des sensilles campaniformes arrondies et quelques rares pointes sensorielles.
Lacinia maxillaire avec 3 dents apicales foncées, une beaucoup plus courte, 7 processus
lamelleux hyalins et 8 soies robustes ; palpe (fig. 3) robuste et court, sans caractéristiques
remarquables ; dernier article pas plus aminci que les précédents et plus d’une fois et demie
plus long que l’avant-dernier. Palpe labial et labium représentés sur la figure 4 ; palpe
robuste, son dernier article un peu plus long que large et pourvu de 5 grandes papilles
disposées sur deux rangées.
Pronotum comme sur la figure 5. Bord antérieur légèrement concave, pourvu de 3 +
3 touffes de macrochètes (fig. 5 A). Marges latérales pourvues chacune de 4 groupes de soies,
nettement divergentes ; groupe le plus antérieur pourvu de 2 macrochètes et de 2-3 soies
minces et courtes (fig. 5 B) ; deuxième groupe correspondant à l’aire trichobothriale anté¬
rieure, pourvu d’une seule macrochète, de quelques poils et d’une trichobothrie (fig. 5 C) ;
troisième et quatrième groupes presque unis, composés d’une ou deux macrochètes et de
quelques poils minces et courts (fig. 5 D). Bord postérieur à peine convexe, pourvu de
1 + 1 aires trichobothriales postérieures tout près du bord du notum ; chaque aire est
composée d’une trichobothrie entourée de 5-7 petits poils, très courts et minces (fig. 5 E).
Sur le disque, près de l’angle postérolatéral du notum, une macrochète entourée par 4-
5 courtes soies (fig. 5 F). Mésonotum (fig. 6) court et large, à chétotaxie aussi réduite ; sur
- 1138 -
Fig. 1-6. — Lepismina audouini (Lucas, 1842) : 1, tête, forme et distribution des implantations des macro-
chètes ; 2, antenne, chaîne distale ; 3, palpe maxillaire ; 4, labium et palpe labial ; 5, pronotum, région
postérolatérale : 5 A, ibid., chétotaxie du bord antérieur ; 5 B, ibid., premier groupe latéral de macro-
chètes ; 5 C, ibid., aire trichobothriale antérieure ; 5 D, ibid., peignes latérodistaux de macrochètes ;
5 E, ibid., aire trichobothriale postérieure ; 5 F, macrochète isolée de l’angle postérolatéral (plage
d’insertion) ; 6, mésonotum. (Échelle : 0,1 mm.)
- 1139 -
Fig. 6 A-9 B. — Lepismina audouini (Lucas, 1842) : 6 A, mésonotum, groupe antérieur de macrochètes
latérales ; 6 B, ibid., deuxième groupe de macrochètes ; 6 C, ibid., aire trichobothriale antérieure ;
6 D, ibid., macrochète isolée de l’angle postérolatéral ; 6 E, ibid., aire trichobothriale postérieure ;
7, métanotum ; 7 A, ibid., groupe antérieur de macrochètes latérales ; 7 B, ibid., deuxième groupe
de macrochètes ; 7 C, ibid., aire trichobothriale antérieure ; 7 D, ibid., aire trichobothriale postérieure
et macrochète isolée de l’angle postérolatéral ; 8, P I ; 8 A, ibid., détail du prétarse ; 9, urotergite III ;
9 A, ibid., groupe infralatéral ; 9 B, ibid., macrochète submédiane. (Echelle : 0,1 mm.)
1140 —
les marges latérales 3 + 3 groupes de soies, sur la marge postérieure 1 + 1, et sur l’angle
postérolatéral du disque une autre paire. Groupes les plus antérieurs composés d’une
macrochète et de quelques soies minces (fig. 6 A-6 B) ; troisième groupe latéral correspon¬
dant à l’aire trichohothriale antérieure, composé de deux macrochètes (une marginale,
longue et mince, l’autre disparue), une trichobothrie courte et 4-5 soies minces et pointues
(fig. 6 C) ; groupe de l’angle postérolatéral fourni d’une macrochète et de quelques poils
minces (fig. 6 D) ; aires trichobothriales postérieures presque marginales, composées d’une tri¬
chobothrie isolée et de 3-4 soies courtes très minces (fig. 6 E). Métanotum (fig. 7) plus concave
en arrière, avec également 3 + 3 groupes de macrochètes sur les marges latérales, les deux
plus postérieurs beaucoup plus rapprochés que sur les nota précédents. Groupe le plus
antérieur composé d’une seule macrochète accompagnée d’une soie très mince et un peu plus
courte (fig. 7 A) ; deuxième groupe composé d’une macrochète, d’une soie pectinée bifur-
quée à l’apex plus longue, et de 3-5 soies minces et courtes (fig. 7 B). Troisième groupe corres¬
pondant à faire trichohothriale antérieure, pourvu de 2 macrochètes, l’externe plus longue
et plus robuste, d’une trichobothrie et de 6-7 petites soies (fig. 7 C) ; sur le bord postérieur
du notum, faire trichobothriale postérieure, composée d’une trichobothrie courte et 3 petites
soies pectinées (fig. 7 D) ; très rapprochée de ce groupe, une courte soie isolée, plus interne
(fig. 7 D).
Pattes robustes, le PI comme sur la figure 8 ; prétarse composé de 2 griffes latérales
longues et d’un empodium en griffe beaucoup plus petit et nettement plus délicat.
Urotergite I avec seulement 2 + 2 macrochètes infralatérales, accompagnées d’un ou
2 petits poils minces. Urotergites II-VIII (fig. 9) pourvus de 1 + 1 groupes infralatéraux
et de 1 + 1 macrochètes sublatérales ; groupe infralatéral composé de 3 macrochètes longues
(fig. 9 A) ; macrochète sublatérale isolée, avec seulement une petite soie mince et courte,
externe (fig. 9 B). Urotergite IX glabre et court. Urotergite X (fig. 10) beaucoup plus
large que long à sa base (près de deux fois), trapézoïdal, la région apicale à peine concave.
Fig. 10-12. — Lepismina audouini (Lucas, 1842) : 10, urotergite X ; 11, coxite IX du d 1 et genitalia ;
12, paramère. (Échelle : 0,1 mm.)
- 1141 -
ITrosternites T-\ III glabres, leur marges postérieures rectilignes. Coxites IX (fig. 11)
pourvus de styles courts et pas très robustes ; processus interne triangulaire aussi long que
large à sa base, 2-3 fois plus long que le processus externe ; des soies présentes seulement
sur la région interne du processus interne et, peu abondantes, aussi sur le style. Pénis
typique, bien développé. Paramères minces et allongés, complètement recouverts par les
coxites, pourvus de soies minces, longues et flexueuses (fig. 12).
Lepismina audouini et L. aurisetosa sont, ainsi, les deux seules espèces du genre dépour¬
vues de la paire de macrochètes submédianes (ou sublatérales) sur l’urotergite I. La pre¬
mière de ces espèces présente une distribution plus occidentale (Égypte, Lybie, Algérie)
que la deuxième (Afghanistan, URSS, Turquie, Égypte, Soudan, Lybie) quoique les deux
aires de distribution se superposent dans le nord-est de l’Afrique. Des différences entre les
deux espèces, outre la différence de proportion du corps déjà mentionnée par Stack (1935),
peuvent être signalées en ce qui concerne : 1) la chétotaxie céphalique : la touffe de macro¬
chètes oculaire et celle qui existe près du bord antérolatéral de la capsule céphalique sont
nettement différents (comparer la figure 1 avec la figure VII. 1 de Stach, 1935) ; 2) la
forme du dernier urotergite : il est nettement plus rentrant à l’apex chez L. aurisetosa,
espèce dont les marges latérales sont plus convergentes.
MORMISMA Silvestri, 1938
Mormisma peyerimhoffi Silv., 1938
Matériel examiné : Beni-Abbès 22.III.1947, 1 juv. (E.G.) ; ibid., 25. III. 1947, 1 (L.M.),
1 adulte endommagé (E.G.) ; ibid., dunes parsemées de mares, 10.IV.1947, 1 1 $ jeune (E.G.) ;
ibid., bordure de l’erg dans sable au pied de Orium, 26.XII.1947, 2 1 juv. (L.M.) ; ibid., sable
au pied d’une touffe de Orium, 27.XII.1947, 2 2 1 juv. (E.G.) ; ibid., sable au pied d’une
plante, 27.XII.1947, 1 $ (E.G.) ; ibid., près d’une mare, 28.XII. 1947, 1 $ 1 juv. (E.G.) ; Og Moham¬
med, à l’ouest de El Mesdar Srir, 28.V.1947, F. Pierre, 1 <$, avec 2 Lepismatidae spp. (E.G.).
Les exemplaires étudiés présentent la plupart des caractéristiques signalées dans la
description originale — et unique — de l’espèce (Silvestri, 1938). Toutefois, il faut remar¬
quer que, sur la région la plus postérieure de l’abdomen (sur les coxites IX, à la base des
cerques et à la base du filament terminal médian), il y a des soies très minces et allongées
qui présentent une pectination très nette, très semblable à celle que présentent les exem¬
plaires de Hyperlepisma ; cependant, toutes les vraies macrochètes sont de type non pectiné,
comme l’ont signalé Silvestri (op. cit.), puis Wygodzinsky (1957), Paclt (1967) et Men-
des (1978).
En ce qui concerne les sensilles spécialisées de l'antenne, elles sont de type poculi-
forme, comme l’a signalé Silvestri (1932) pour le genre Hyperlepisma et pour ce même
genre. Il s’agit de sensilles très aplaties, à contour subcirculaire, et limitées par un anneau
tégumentaire plus épaissi, dont la surface reste imperforée et lisse, avec une allure plus
ou moins feutrée (pi. I, 1). Ces sensilles correspondent aux sensilles globulaires dites « campa-
niformes » connues de plusieurs genres de Lepismatidae v.g. Lepisma (pi. I, 2), Cteno-
1142 -
lepisma (pi. I, 3) et Allacrotelsa (pi. I, 4) — dont quelques-unes sont très nettement per¬
forées (vide pi. I, 2 et 4). La réduction drastique de la surface exposée des sensilles poculi-
formes et l’absence (au moins apparente) de pores tégumentaires peuvent être interprétées
comme une adaptation supplémentaire de ces deux genres aux conditions extrêmes des
régions désertiques ; nous croyons, ainsi, que les sensilles poculiformes peuvent être déri¬
vées des sensilles « campaniformes » par une réduction de Faire exposée du mince tégument
de la sensille et par la disparition des pores tégumentaires.
Fig. 13. — Mormisma peyerimhoffi Silv., 1938 : tête, forme et distribution des implantations des macro-
chètes. (Échelle : 0,1 mm.)
La chétotaxie céphalique, dont la distribution des macrochètes frontales est peu visible
sur la Figure originale (Silvestri, 1938, fîg. 11.2, p. 342), est représentée sur la figure 13.
Mormisma peyerimhoffi n’est connue jusqu’à présent que de la région désertique de
l’ouest du Grand Erg Occidental, où les exemplaires-types ont aussi été recueillis ; toute¬
fois, une espèce indéterminée, dont nous n’avons pas eu la chance d’étudier des exem¬
plaires, a été signalée du Gobabeb, au Kalahari occidental namibien (Holm & Scholtz,
1979).
HYPERLEPISMA Silvestri, 1932
Hyperlepisma occidentalis n. sp.
Matériel examiné : Beni-Abbès, grande dune, versant ouest, sable au pied de plantes,
F. Pierre, 21. II 1.1947, 1 $ holotype (E.G.) 1 Ç paratype (L.M.) 4 juv. (E.G.) ; ibid., ermitage,
sous des pierres, 20.IV. 1947, 1 $ paratype E.G.) ; ibid., sable sous des pierres, 24.X. 1947, 1 $ allo¬
type (E.G.) ; ibid., 13.XII. 1947, 1 Ç paratype (E.G.).
1143 —
Longueur du corps: 5,3 mm (£), 8,0 mm ($) ; longueur du thorax: 1,7 mm (<?),
2,4 mm ($) ; largeur du thorax : 1,4 mm ($), 2,6 mm (Ç) ; longueur des antennes : maxi¬
mum conservé de 3,4 mm ; longueur des cerques : 0,9 mm (<J), 1,3 mm (?) — cassés ? — ;
longueur totale maximum : 6,9 mm (<J), 11,8 mm ($).
Corps limuloïde, abdomen pas très étroit vers l apex. Dessin écailleux inconnu. Pig¬
ment hypodermique absent. Macrochètes simples, bifurquées à l’apex ou pectinées, hyalines,
les pectinées peu abondantes. Tête à peine plus large que longue (fig. 14). Macrochètes
céphaliques abondantes, la plupart très robustes et simples, bifurquées à l’apex ; deux
paires de petites touffes marginales, une à la région interne des yeux composés, l’autre
(liée à la première par une étroite bande marginale) près de la moitié de la longueur de la
tête ; sur la région frontale 1 —f- '1 grandes régions plus ou moins triangulaires, couvertes
de macrochètes, la plupart très robustes ; sur le clypéus, 1 —1 pinceaux de macrochètes ;
sur le labre 3 touffes de macrochètes, 1 + 1 latérales et 1 sagittale. Yeux composés bien
développés, noirs, arrondis.
Antennes moyennement allongées, dépassant postérieurement la limite du métano-
tum ; articles [les plus distaux aussi longs que larges, pourvus d’une rangée de cils courts,
aussi longs que chaque subarticle, et avec quelques rares sensilles poculiformes ; articles
les plus proximaux très élargis (près de 5 fois plus larges que longs) avec des cils courts,
longs comme 2-3 fois la longueur du subarticle correspondant et avec des trichobothries
minces et courtes.
Lacinia maxillaire terminée par 3 dents, une beaucoup plus courte, suivies de 6 pro¬
cessus lamelleux hyalins et de 2-3 soies robustes (fig. 15) ; palpe maxillaire (fig. 16) mince
et court, son dernier article à peine plus allongé que les précédents. Palpe labial et labium
comme représentés sur la figure 17 ; le dernier article du palpe ovoïde, aussi long que large
ou un peu plus large que long et pourvu de 5 papilles sensorielles très nettes, petites, dis¬
posées sur une seule rangée (fig. 17 A).
Pronotum (fig. 18) avec des soies très abondantes (sur plusieurs rangées) sur le bord
antérieur et moyennement abondantes sur les marges latérales, avec 6 + 6 peignes laté¬
raux et 1 + 1 peignes postérolatéraux ; peignes pourvus de 7-9 macrochètes, les 4 e et
6 e des marges latérales correspondant aux aires trichobothriales antérieures et postérieures
(fig. 18 A et 18 B) ; la trichobothrie reste toujours plus courte que les macrochètes les
plus externes et les plus internes du peigne et elle n’est que très légèrement plus allongée
que les macrochètes les plus centrales. Mésonotum (fig. 19) comme le pronotum, les 10-11
paires de peignes latéraux avec 7-10 macrochètes, les 1+1 peignes du bord postérieur
avec 8-10 ; aires trichobothriales antérieures associées à l’avant-avant-dernier peigne de
macrochètes (fig. 19 A), aires postérieures associées à la paire de peignes la plus postérieure
(fig. 19 B). Métanotum (fig. 20) comme les nota antérieurs, les aires trichobothriales anté¬
rieures et postérieures (fig. 20 A et 20 B), associées aux deux paires de peignes latéraux les
plus distales.
Prosternum subtriangulaire, plus long que large à sa base (fig. 21), pourvu de 6 +
6 peignes de soies, les plus proximaux avec 7-8, les plus distaux avec 2-3 macrochètes.
Mésosternum (fig. 22) et métasternum (fig. 23) en demi-ovale, pourvus de 2-3 paires de
peignes, les plus distaux du métasternum peu éloignés l’un de l’autre (la distance qui les
sépare plus petite que la largeur de chaque peigne).
Urotergites I-VIII avec 3 paires de peignes, 1 infralatérale, 1 latérale et 1 submédiane,
Fig. 14-18 B. — Hyperlepisma occidentalis n. sp. : 14, tête, forme et distribution des implantations des
macrochètes ; 15, apex de la lacinia ; 16, palpe maxillaire ; 17, labium et palpe labial ; 17A, ibid.,
détail des papilles sensorielles; 18, pronotum ; 18A, ibid., aire trichobothriale antérieure; 18B, ibid.,
aire trichobothriale postérieure. (Échelle : 0,1 mm.)
Fig. 19-23. — Hyperlepisma occidentahs n. sp. 19, mésonotum ; 19A, ibid., aire tnchobothriale antérieure ;
19B, ibid., aire trichobothriale postérieure ; 20, métanotum ; 20A, ibid., aire trichobothriale antérieure ;
20B, ibid., aire trichobothriale postérieure ; 21, prosternum ; 22, mésosternum ; 23, métasternum.
(Échelle : 0,1 mm.)
24-32. — Hyperlepisma occidentalis n. sp. 24, urotergite I ; 25, urotergite VIII ; 26, urotergite
de la $ ; 27, ibid., du ; 28, urosternite III ; 29, urosternite VI ; 30, coxite VIII de la $ ; 31, coxite J
de la 2 et ovipositeur ; 32, coxite IX du $ et pénis. (Échelle : 0,1 mm.)
— 1147 —
chaque peigne pourvu de 5-7 macrochètes (fig. 24-25). Urotergite IX dépourvu de soies.
Urotergite X de la femelle (fig. 26) court, près de 2,5 fois plus court que la largeur de sa
base, à 1 apex droit, pourvu de 1 —|— 1 peignes postérolatéraux chacun avec 4-5 macrochètes ;
urotergite X du mâle plus arrondi postérieurement et moins court par rapport à la largeur
de la base (fig. 27).
Urosternites I-III (fig. 28) avec 1 peigne médian, les IV-VIII (fig. 29) avec 1 —(— 1 peignes
latéraux ; peignes médians avec 3 (I et III) ou 6 (II) macrochètes, les latéraux avec 3-7
(1 sur le VIII de la femelle). Coxite VIII de la femelle (fig. 30) nettement plus large que
long; coxite IX de la femelle (fig. 31) pourvu d’un style très latéral et avec 3 peignes de
macrochètes à distribution peu régulière et quelques soies isolées. Coxite IX du mâle (fig. 32)
comme celui de la femelle, le processus interne un peu plus élargi. Pénis de type normal,
les paramères absents. Ovipositeur court (fig. 31) complètement recouvert par les coxites IX,
les gonapophyses avec 7-8 articles et presque dépourvues de chétotaxie, seulement avec
quelques rares cils très courts et très minces.
Dérivation du nom : La nouvelle espèce est nommée Hyperlepisma occidentalis car elle est,
actuellement, l’espèce connue du genre qui présente la distribution géographique la plus à l’ouest.
Discussion
On ne connaît actuellement que trois espèces de Hyperlepisma : H. patrizii Silv. (Sil-
vestri, 1932), H. australis Wygodz. (Wygodzinsky, 1959) et H. occidentalis n. sp. H. aus¬
tralis Wygodz. n’est connue que de la Namibie d’où elle a été décrite et d’où elle a été
postérieurement signalée (Holm & Scholtz, 1979). H. patrizii Silv., décrite de l’oasis de
Cufra en Lybie, a été postérieurement signalée de l’Uadi Sofeggin, près de l’oasis de Miz-
dahe en Tripolitanie méridionale, signalée également en Lybie (Fiori et al., 1966) et trouvée
au Tibesti (Wygodzinsky, données non publiées) ; toutefois, ces derniers exemplaires,
déposés dans la collection entomologique du Laboratoire d’Ecologie générale et en très
mauvais état de conservation, ne présentent pas d’autre indication de sorte qu’il nous
est impossible de savoir s’il s’agit du Tibesti lybien ou tchadien. H. occidentalis n. sp. n’est
connue que des environs de Beni-Abbès, Algérie.
La nouvelle espèce peut être aisément séparée des deux espèces déjà décrites dans le
genre par la clé dichotomique suivante :
1. Palpe labial pourvu de 2-3 papilles sensorielles. Urotergites I et II avec 1 + 1 peignes de soies
infralatéraux en plus des 3 + 3 peignes présents aussi sur les tergites suivants (III-VIII).
Urotergite X avec 10 + 10 peignes de soies peu nombreuses, irrégulièrement disposés sur le
disque. Peigne médian sur les urosternites I-VII, 1 + 1 peignes latéraux sur les III-VII.
Coxites IX de la $ avec des macrochètes groupées en peignes irréguliers le long des bords du
coxite... H. australis Wygodz., 1959
1'. Palpe labial pourvu de 5 papilles sensorielles. Urotergites I-VIIÏ avec seulement 3 + 3 peignes
de macrochètes. Urotergite X dépourvu de peignes de soies sur le disque. Peignes des uroster¬
nites différents. Coxite IX de la $ avec des macrochètes abondantes groupées au moins sur
3 peignes transverses : 1 externe, antérieur à l’implantation du style, 2 plus internes, posté¬
rieurs ou au même niveau que l’implantation du style. 2
2. Urotergite X avec 5 + 5 peignes de macrochètes. Peigne médian sur les urosternites I-VII,
les 1 + 1 sublatéraux sur les urosternites II-VII. H. patrizii Silv., 1932
4, 21*
— 1148 —
2 '.
Urotergite X avec 1 -j- 1 peignes postérolatéraux. Peigne médian sur les urosternites I-III,
les 1 -|- 1 sublatéraux sur les urosternites IV-VII. H. occidentalis n. sp.
THERMOBIA Bergroth, 1890
Thermobia aegyptiaca (Lucas, 1842)
Matériel examiné : Beni-Abbès, sous les pierres d’un jardin, 21.III. 1947, F. Pierre, 1 $
avec 1 juv. Ctenolepisma albida (E. G.) ; ibid., Palais de la Découverte, 15.IV.1947, F. Pierre,
1 Ç (E.G.) ; ibid., ?.VIII.1947, 1 $ (E.G.) ; ibid., ?.IX. 1947, F. Pierre, 1 $ (E. G.) ; ibid., Palais
de la Découverte, ?.III.1948, 1 $ (E. G.).
C’est la première fois que le genre Thermobia est signalé de l’Algérie ; T. aegyptiaca
est cependant connue du bassin méditerranéen oriental et de l’est de l’Afrique, étant déjà
signalée de l’Afrique du Nord, d’Égypte et de Lybie.
Lkpism atiuae spp. indet.
Matériel examiné : Og Mohammed, à l’ouest de El Mesdar Srir, 28.V.1947, F. Pierre,
2 exemplaires incomplets avec 1 $ Mormisma peyerimhoffi (E.G.) ; Beni-Abbès, palmier, 2.V.1917,
Bryard, 2 exemplaires très emdommagés (E. G.).
Les exemplaires sont trop endommagés pour permettre une identification correcte
même au niveau générique.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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Lepisma aus Algier, mit Bemerkungen über einige anderen algerische Lepismen. Zool.
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da alcuni insetti subdeserticoli e deserticoli. Risultati della missione entomologiche dei
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ent. Soc. Land., B, 26 (5/6) : 89-98.
— 1150 —
PLANCHE I
1 — Mormisma peyerimhoffi Silv., 1938. Détail de la chaîne distale de l’antenne ; en
sensilles chétiformes, une sensille poculiforme.
2 — Lepisma saccharina Lin., 1758. Détail de la chaîne distale de l’antenne ; sensille
perforée par deux pores (flèche).
3 — Ctenolepisma longicaudata Esch., 1905. Détail de la chaîne distale de l’antenne ;
niforme » accompagnée d’une petite (?) basiconique.
4 —- Acrotelsella sp. Détail de la chaîne distale de l’antenne ; sensille « campaniforme »
pores (flèche) et accompagnée d’une petite (?) basiconique.
Échelle : 10 p.m. Photos au microscope électronique à balayage (1 : L. Mendes
2 et 4 : M. Commoit et L. Mendes ; 3 : A. Grimal et L. Mendes).
haut, entre deux
« campaniforme »
sensille « campa-
perforée par deux
et M. Chaveiro ;
Bull. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 4 e sér., 6, 1984,
section A, n° 4 : 1153-1160.
Systématique des Lézards Scincidés de la région malgache
XVI. Les Amphiglossus du groupe ornaticeps
par Édouard R. Brygoo
Résume. —- Révision de Sepsina ornaticeps Boulenger, 1896, d’après les vingt-quatre spéci¬
mens disponibles. Désignation d’un lectotype. Scelotes andranovahensis Angel, 1933, connu par
le seul holotype, en est très proche. Les deux espèces appartiennent au genre Amphiglossus Dumé-
ril et Bibron, 1839. Une carte de répartition est proposée.
Abstract. — Revision of Sepsina ornaticeps Boulenger, 1896, from the twenty four specimens
available. A lectotype has been chosen. Scelotes andranovahensis Angel, 1933, a very closely
related species, is until now known only by the holotype. Both species belong to Amphiglossus
Duméril et Bibron, 1839. A distributional map is given
É. R. Brygoo, Laboratoire de Zoologie, Reptiles et Amphibiens, Muséum national d’ Histoire naturelle, 25, rue
Cuvier, 75005 Paris, France.
Parmi les lézards de Madagascar naguère placés dans le genre Scelotes s. 1. deux espèces
au corps allongé et dont la tête s’orne de marques claires forment un groupe homogène,
le groupe ornaticeps.
1. Sepsina ornaticeps Boulenger, 1896
[Ann. Mag. nat. Hist., 6 e s., 17 : 448-449.)
La description originale fait état de cinq spécimens, collectés par M. Last dans le
sud-ouest de Madagascar ; elle est assez précise : après avoir signalé les affinités avec 5.
melanura, elle souligne le plus petit nombre de rangs d’écailles autour du corps et la colo¬
ration particulière de la tête : « head whitish above, with dark brown vermiculations or
wavy cross-hands descending to the lower lip ». Les syntypes portent actuellement les
n os : BM 1946.8.2.72 à 76. Nous désignons pour lectotype le spécimen 72 dont les dimen¬
sions ont été relevées dans la description originale.
Outre les cinq syntypes nous avons examiné les spécimens portant les numéros sui¬
vants : MHNP 01.171-3, 30.334, 1970.340-1, 1980.1197-8, 1980.1218, 1980.1258; SMF
1. BM : British Museum (Natural History) ; MHNP : Muséum national cl’Histoire naturelle, Paris;
SMF : Forschungsinstitut Senckenberg ; ZFMK : Museum A. Koenig, Bonn ; Oslo : Oslo Zoologisk Museum ;
ZIN : Institut de Zoologie de Leningrad ; Pasteur : collection Georges Pasteur, Montpellier.
1154 -
16042 ; Z FM K 14349 ; Oslo K 1060, trois individus ; ZIN 5503, 18862 E-F ; Pasteur 3.53.
Soit au total vingt-quatre spécimens.
Description
La couleur générale de l’animal est, au niveau du dos et de la queue, brun-gris ou
brun-roux avec un renforcement du pigment au centre de chaque écaille ; abdomen blanc
crème ; la gorge peut être ou ne pas être marquée d’un pointdlé sombre ; la région cloacale
est parfois légèrement pigmentée. La pigmentation du dessus et des côtés de la tête, bien
décrite dès la création de l’espèce par Boulenger, a pour élément le plus fréquent — mais
non constant — une bande claire transversale, légèrement sinueuse, qui va d’un gonion
à l’autre en passant au niveau de l’extrémité postérieure des pariétales. Cette ligne trans¬
versale est fréquemment doublée d’une seconde au niveau de la nuque ; parfois une troi¬
sième existe au niveau de la frontale. Les autres marques sur le dessus et les côtés de la
tête ne peuvent guère être systématisées. Angel donna (1942, pi. 4 fig. 5) un dessin d’une
vue apicale de la tête où la pigmentation caractéristique est bien représentée.
Le corps de ce lézard tétrapode pentadactyle est cylindrique, sans cou marqué ni
changement de diamètre au niveau de l’insertion de la queue.
Écaillure : Comme tous les Amphiglossus, ornaticeps a une interpariétale petite, sans
contact avec les susoculaires, celles-ci au nombre de quatre. La postnasale est située au-
dessus de la première labiale supérieure qu’elle déborde légèrement, la loréale est à cheval
sur les 2 e et 3 e labiales ; la 4 e labiale, plus grande que les précédentes, est en position de
Fig. 1. — Apex et profil de la tête à'Amphiglossus ornaticeps (Boulenger, 1896), spécimen de Périnet,
MNHP 1980.1198.
— 1155 —
sousoculaire. La présence de la postnasale est constante, des deux côtés, mais sa largeur ne
varie guère et sa hauteur peut être plus ou moins importante. Le nombre des rangs d’écailles
autour du corps varie de 22 à 24 ; 22 : 7, 23 : 2, 24 : 14 ; le lectotype en a 22 ; une seule
exception : le MHNP 1980.1198, de Périnet qui en a 28. C’est par ce seul caractère que
ce spécimen se distingue des autres, ce qui ne nous a pas semblé suffisant pour l’exclure
du groupe. Il faudra cependant attendre d’autres récoltes de cette localité pour que cette
observation prenne toute sa signification. Entre menton et cloaque le nombre des écailles
varie de /5 à 86 avec deux exceptions à 90 dont le spécimen de Périnet ; le lectotype en
a 86. Sous le quatrième doigt le nombre des écailles varie de 4 à 7 et de 10 à 15 pour le
quatrième orteil ; 7 et 12 chez le lectotype.
Nombre de vertèbres présacrées (YPS) : Le nombre des VPS, obtenu chez 23 sujets,
varie de 42 à 45 ; 42 : 11, 43 : 6, 44 : 4, 45 : 2 ; la signification de cette répartition, remar¬
quable en ce qu’elle est régulièrement décroissante à partir d’un maximum au lieu d’être
équilibrée de part et d’autre du mode, n’apparaît pas clairement, elle vaut cependant
d’être notée ; le lectotype a 44 YPS.
Dimensions : Le plus grand spécimen est le MHNP 1980.1198 qui atteint 141 mm de
longueur totale mais chez 1980.1197 la tête et le tronc seuls atteignent 62 mm. La queue
peut être plus longue que le reste du corps : elle atteint 58 % de la longueur de l’ensemble
chez MHNP 1980.1198 et 60 % chez MHNP 1980.1258. La moyenne de la longueur de la
tête et du tronc (T -j- C) chez les N/2 plus grands spécimens est de 54,0 mm ; la moyenne
de la largeur maximale (La) pour ces sujets est de 4,9 mm ; l’indice de sveltesse, T -f-
C/La, est de 11 ; l’importance relative du membre postérieur (MP) évaluée par le rapport
T + C/MP, est de 4,9.
Domaine géographique et habitat
La terra typica de l’espèce est le sud-ouest de Madagascar. Nous avons par ailleurs
connaissance des localités de récolte suivantes : Tuléar (3 récoltes), Andranohilahy, Andra-
hamanana, Betioky, Befotaka, Mananara, Périnet, Nosy Mangabe. La localisation géo¬
graphique Fort-Dauphin donnée par Angel (1931 : 114 ; 1942 : 130), bien qu’appartenant
au domaine de l’espèce, est erronée. En 1931, sur des récoltes de B. Decahy, il signale
d’une part (p. 113) Scelotes macrolepis « sur les rochers de la zone littorale à Fort-Dauphin,
juin 1926 » et, d’autre part (p. 114), Scelotes ornaticeps « sur un rocher au bord de la mer
(Fort-Dauphin, juin 1926) ». Puis s’étant aperçu 1 que le premier spécimen constituait
une espèce nouvelle, il la décrit (1930 : 506-507) sous le nom de Scelotes decaryi avec les
précisions suivantes : « Fort-Dauphin 1 ex. capturé en juillet (sic) 1926 sur les rochers
de la zone littorale, par M. Decary ». Lorsque l’on se reporte aux registres, on constate
que si un Scelotes ornaticeps est bien entré en collection (MHNP 30 : 334) à cette époque,
provenant des récoltes de M. Decary, il a pour localité d’origine Befotaka alors que le
seul spécimen du même récolteur capturé à Fort-Dauphin est le MHNP 1930-336, holo-
type de S. decaryi. Il y a donc eu confusion et rien ne permet de retenir Fort-Dauphin
parmi les localités de S. ornaticeps.
1. Par suite des délais de publication du Bulletin de l’Académie malgache, la première note rédigée
a été publiée avec un an de retard sur la seconde.
— 1156 —
Fig. 2. — Répartition géographique des récoltes à'Amphiglossus ornaticeps et d’^4. andranovahensis .
Les localités de récolte permettent de délimiter deux zones géographiquement dis¬
tinctes bien que contiguës, d’une part le Sud et le Sud-Ouest, de Andrahomanana à Tuléar,
et d’autre part la côte est de Befotaka à Nosy Mangabe. Une meilleure connaissance de
l’espèce, avec en particulier l’étude de sa biologie, permettra seule de dire s’il s’agit vrai¬
ment du même Lézard capable de s’adapter à des climats très différents ou s’il convient
de subdiviser l’espèce. La comparaison des données numériques concernant les individus
de chacune des deux régions climatiques ne met pas de différence en évidence. Une ana¬
lyse plus fine est nécessaire avant de pouvoir affirmer qu’il ne s’agit pas de la même espèce.
Le spécimen récolté par Voeltzkow à Andranohilahy l’avait été dans le bois pourri
d'un vieil arbre, celui de Ch. A. Domergue, à Nosy-Mangabe, sous des feuilles mortes.
Position taxinomique et affinités
Décrite dans le genre Sepsina, cette espèce y a été maintenue par Mocquard (1902,
1909) et Boettger (1913) ; Angel (1931, 1942) l’a placée dans le genre Scelotes. Nous
- 1157 -
considérons 1 espèce ornaticeps comme appartenant au genre Amphiglossus Duinéril et
Bibron, 1839, tel que nous l’avons redéfini en 1980.
Les rapports avec S. melanura, soulignés par Boulenger dès la description originale,
expliquent 1 erreur de détermination de Boettger (1913 : 301) qui nomme melanurus Yorna-
ticeps récolté par \ oeltzkow. Xous avons reçu des Musées d’Oslo et de Leningrad, sous
le nom de melanura, des spécimens d 'ornaticeps typiques. Angel, dans une note manus¬
crite, faisait des réserves quant à l’identité du M11NP 30.344 ; nous n’avons pas été en
mesure de le séparer des autres spécimens d 'ornaticeps. Par contre, le spécimen MHNP
A 647, rangé sous ce nom, est devenu l’holotype d ' Androngo alluaudi (Brygoo, 1981).
L élément caractéristique pour un diagnostic rapide est la coloration particulière de
la tète et de la nuque, signalée par Boulenger et reprise dans leurs clefs par Mocquard
(1909 : 32) et Angel (1942 : 122). La seule autre espèce présentant cette coloration est
andranovahensis que nous étudions plus loin.
Par la forme générale du corps autant que par la coloration dorsale, deux espèces,
partiellement svmpatriques, sont proches d’A. ornaticeps ; ce sont A. melanurus et A. poeci-
lopus (cf. Brygoo, 1984). Si, la première, par sa taille supérieure, l’importance relativement
plus grande de ses membres postérieurs ainsi que le plus grand nombre des rangs d’écailles
autour de son corps, se distingue d 'ornaticeps, il n’en est pas de même de poecilopus qui
ne s’en sépare que par l’absence d’ornementation au niveau de la tête.
2. Scelotes andranovahensis Angel, 1933
{Bull. Soc. zool. Fr., 58 : 294-295.)
L’holotype, MHNP 3375, a été récolté par G. Petit, en 1932, sur la falaise calcaire
d’Andranovaho, près d’Ampotaka, sud-sud-ouest de Madagascar. Dans la diagnose ori¬
ginale l’auteur n’individualise sa nouvelle espèce que « par l’absence de plaque postnasale,
de sorte que la supranasale est bordée inférieurement par la première labiale supérieure ».
Ni dans cette description ni dans les deux ultérieures (1934, 1942) Angel ne signale les
marques claires au niveau de la tête, très proches de celle A ornaticeps. Il ne compare
cette espèce à aucune autre. L’espèce n’est actuellement connue que par son holotype.
J J ESC RI I* I ION
En 1934, Angel donna un dessin de l’écaillure du profil antérieur de la tête qu’il
reproduisit en 1942 (pi. IV fig. 4). Forme générale et pigmentation sont très comparables
à celles d’ ornaticeps. Au niveau de l’écaillure, seul le caractère relevé par Angel, l’absence
de postnasale, sépare des autres ce spécimen. L’internasale (supranasale de Angel) est
au contact avec la première labiale supérieure, la loréale avec les labiales supérieures 1,
2, et 3. Les différentes données qui peuvent être mesurées ou comptées (cf. tabl. T) sont
du même ordre que celles concernant ornaticeps : seul le nombre des écailles sous le qua¬
trième orteil, 16, dépasse les limites de la variation observée.
1158 -
Validité du taxon
La validité d’une espèce connue par le seul holotype est toujours difficile à argumenter
lorsqu’elle ne repose que sur de faibles différences. Il est en effet toujours possible d’envi¬
sager l’existence d’un cas tératologique. Dans le cas particulier on retiendra que la présence
d’une postnasale est une constante chez les Scincinés tétrapodes de Madagascar et que ce
caractère n’est pas l’objet de variations.
Seules de nouvelles récoltes, en particulier en provenance de la localité d’origine, per¬
mettront d’établir ou d’infirmer la validité du taxon. Le fait que la terra typica d’andra-
novahensis soit proche du domaine géographique d 'ornaticeps n’étant pas en faveur d’une
éventuelle réduction au rang de sous-espèce, nous lui gardons son statut actuel mais en
rangeant l’espèce dans le genre Amphiglossus.
Place des Amphiglossus du groupe ornaticeps
Avec ses deux espèces — dont l’une n’est connue que par un spécimen — le groupe
ornaticeps forme une unité remarquablement homogène tant par sa forme et le degré de
réduction de ses membres que par son écaillure corporelle (22-24 rangs) et le nombre élevé
de ses vertèbres présacrées (42-45), que par la pigmentation très particulière de sa tête.
C’est ce dernier caractère qui les sépare des melanurus et espèces affines.
Tableau I. — Principaux caractères différentiels des Amphiglossus étudiés.
Amphiglossus
N
Dimensions 1
MAXIMALES
L T + C Q
La
Moyen
T + C
NES 2
La
Rapports 2
T+CT+C
MP La
Nbre
VPS 3
Nbre d’écailles
a.C. M.A.
3
4 e 0
ornaticeps
24
141 62 83
7
54,0
4,9
4,89 11,0
(42) 45
22 (24) 28 75 (85) 90
10 (12) 15
andranooahensis
1
70 38 32
4
4,75 9,5
42
24 85
16
1. Dimensions en mm ; elles peuvent avoir été relevées chez des individus différents.
2. Moyennes et rapports calculés sur les N/2 plus grands spécimens.
3. Mode entre parenthèses, entouré par les extrêmes.
N, nombre ; L, longueur ; T, tête ; C, corps ; La, largeur ; MP, membre postérieur ; VPS, vertèbres présacrées ; a.C. autour du
corps ; M.A., entre menton et cloaque ; 4 e O, sous le quatrième orteil.
— 1160 —
Remerciements
Nous remercions vivement les responsables de collections qui ont mis à notre disposition les
spécimens indispensables pour cette étude : A. F. Stimson du British Museum, K. Klemmer du
Senckenberg, W. Bôhme du Museum A. Koenig, Per Pethon du Musée d’Oslo, L. J. Borkin du
Musée de Leningrad et Georges Pasteur de Montpellier. Je remercie également Georges Pasteur
et Alain Dubois d’avoir accepté de relire et de critiquer le manuscrit.
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— 1909. — Synopsis des familles, genres et espèces des Reptiles écailleux et des Batraciens
de Madagascar. Noua. Archs. Mus. natn. Hist, nat., Paris, 5 e sér., 1 : 110 p.
Le Comité de Rédaction du Bulletin du Muséum remercie les spécialistes qui ont bien voulu prêter
leur concours pour le choix et l'examen critique des manuscrits reçus pour publication dans la section A
au cours de l'année 1984 :
M.-L. Bauchot, Laboratoire d’ichtyologie générale et appliquée, MNHN, 43, rue Cuvier, 75005
Paris.
G. Bernardi, Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée. MNHN, 45, rue Bufîon. 75005
Paris.
J.-M. Betsch, Laboratoire d’Écologie générale, MNHN, 4, av. du Petit-Château, 91800 Brunoy.
Bitsch, Laboratoire d’Entomologie, l T niversité Paul Sabatier, 118, route de Narbonne, 31062 Tou¬
louse cedex.
G. Boucher, Centre d’Études d’Océanographie et de Biologie marine du CNRS, 29211 RoscofT.
E. Brinton, Scripps Institute of Oceanography, P.O. Box 109, La Jolla, California 92037, USA.
F. de Broin, Paléoanatomie et Paléobiogéographie, Institut de Paléontologie, MNHN, 8, rue
Bufîon, 75005 Paris.
E. R. Brygoo, Laboratoire des Reptiles et Amphibiens, MNHN, 25, rue Cuvier, 75005 Paris.
J. Carayon, Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée, MNHN, 45, rue Bufîon, 75005 Paris.
A. Chabaud, Laboratoire de Zoologie (Vers), MNHN, 61, rue Bufîon, 75005 Paris.
A. Clark, Department of Zoology (Echinoderms), British Museum (Natural History), Cromwell
road, London SW7 5BD.
R. A. Cloney, Department of Zoology, University of Washington, Seattle, Washington 98195,
USA.
A. Crosnier, Laboratoire de Carcinologie et d’Océanographie biologique, École Pratique des
Hautes Études, MNHN, 61, rue Bufîon, 75005 Paris.
E. B. Cutler, Utica College of Syracuse University, Division of Science and Mathematics, Utica
New York 13502, USA.
J. Daget, Laboratoire d’ichtyologie générale et appliquée, MNHN, 43, rue Cuvier, 75005 Paris.
J.-M. Démangé. Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), MNHN, 61, rue Bufîon, 75005 Paris.
A. Dubois, Laboratoire des Reptiles et Amphibiens, MNHN, 25, rue Cuvier, 75005 Paris.
C. Dupuis, Laboratoire d’Entomologie générale et appliquée, MNHN, 45, rue Bufîon, 75005 Paris.
J. Forest, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), MNHN, 61, rue Bufîon, 75005 Paris.
M. Grasshoff, Natur-Museum und Forschunginstitut Senckenberg, Frankfurt-am-Main, RFA.
A. Guille, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, MNHN, 55, rue Bufîon,
75005 Paris.
D. Guinot, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), MNHN, 61, rue Bulîon, 75005 Paris.
P. J. Hayward, Department of Zoology University, College of Swansea, Swansea SA2 8 PP,
Wales U.K., England.
L. B. Holthuis, Rijksmuseum Natuurlijke Historié, Leiden, Netherlands.
J. Laborel, Station marine d’Endoume, rue de la Batterie-des-Lions, 13007 Marseille.
Y. Le Calvez, Laboratoire de Micropaléontologie, École Pratique des Hautes Études, MNHN,
8, rue Bulîon, 75005 Paris.
J.-C. Ledoux, 43, rue Paul Bert, 30390 Aramon.
J.-F. Leroy, Laboratoire de Phanérogamie, 75005 Paris.
C. Lévi, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, MNHN, 57, rue Cuvier,
75005 Paris.
R. B. Manning, Department of Invertebrate Zoology, Smithsonian Institution, Washington
DC 20560, USA.
E. G. Matthews, The South Australian Museum, North Terrace, Adelaide, South Australia,
5000 Australia.
J. Mauchline, Dunstafïnage Marine Research Laboratory, P.O. Box 3, Oban Argyll PA34 4AD,
Scotland.
C. Monniot, Laboratoire de Biologie des Invertébrés marins et Malacologie, MNHN, 55, rue BulTon,
75005 Paris.
R. H. Millar, Dunstafînage Marine Research Laboratory, Scottish Marine Biological Association,
P.O. Box 3, Oban Argyll PA34 4AD, Scotland.
G. Pasteur, Laboratoire de Zoologie, Morphologie et Écologie, USTL, 36060 Montpellier cedex.
F. Petter, Laboratoire des Mammifères et Oiseaux, MNHN, 55, rue Bufïon, 75005 Paris.
J. Renaud-Mornant, Laboratoire de Zoologie (Vers), LA 114 CNRS, MNHN, 61, rue Bufïon,
75005 Paris.
C. Roux, Laboratoire d’ichtyologie générale et appliquée, MNHN, 43, rue Cuvier, 75005 Paris.
Stockmann, Laboratoire de Physiologie des Insectes, Université Paris-VI, 7, quai Saint-Bernard,
75005 Paris.
J. Théodorides, Laboratoire d’Évolution des Êtres Organisés, 105 Bd. Raspail, 75006 Paris.
M.-T. Veneck-Peyre, Institut de Paléontologie, Paléoanatomie et Paléobiogéographie, MNHN,
8, rue Bufïon, 75005 Paris.
M. Vachon, Laboratoire de Zoologie (Arthropodes), MNHN, 61, rue Bufïon, 75005 Paris.
Achevé d’imprimer le 15 avril 1985.
Le Bulletin du 3 e trimestre de Vannée 1984 a été diffusé le l eT février 1985.
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MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Collection d périodicité irrégulière. Paraît depuis 1935. A partir de 1950, les Mémoires se subdivisent
en quatre séries spécialisées : A, Zoologie ; B, Botanique ; C, Sciences de la Terre ; D, Sciences physico-chi¬
miques. (Format in-4°).
Dernières parutions dans la série A
T. 109 — Auteurs multiples (Loïc Matile, éd.) — Faune entomologique de l’archipel des Comores 1978,
388 p., fig., pl.
T. 110 — Pelletier (Jean). — Révision des espèces du genre Marcina F. Walker (Lépidoptères, Noc-
tuidae, Ophiderinae). 1978, 143 p., 158 fig., 6 pl. h.-t.
T. 111 — Heim (Jean-Louis). — Les squelettes de la sépulture familiale de Bufïon à Montbard (Côte d’Or).
Étude anthropologique et génétique. 1979, 79 p., 22 tabl., 19 fig., 8 pl. h.-t.
T. 112 — Guinot (Danièle). — Données nouvelles sur la morphologie, la phylogenèse et la taxonomie
des Crustacés Décapodes Brachyoures. 1979, 354 p., 70 fig., 27 pl. h.-t.
T. 113 — Bayssade-Dufour (Christiane). — L’appareil sensoriel des Cercaires et la systématique des
Trématodes digénétiques. 1979, 81 p., 42 fig.
T. 114 — Boucher (Guy). — Facteurs d’équilibre d'un peuplement de Nématodes des sables sublitto¬
raux. 1980, 83 p., 18 fig., 21 tabl.
T. 115 — Auteurs multiples (Claude Combe, coordinateur). — Atlas mondial des Cercaires. 1980, 236 p., fig.
T. 116 — Betscii (Joan-Marie). — Éléments pour une monographie des Collemboles Symphypléones
(Hexapodes, Aptérygotes). 1980, 229 p., 65 fig.
T. 117 — Illg (Paul L.) A Dudley (Patricia L.). — The family Ascidicolidae and its subfamilies (Cope-
poda, Cyclopoida), with descriptions of new species. 1980, 193 p., 62 fig.
T. 118 — Tillier (Simon). — Gastéropodes terrestres et fluviatiles de Guyane française. 1980. 190 p.,
fig., 6 pl.
T. 119 — Golvan (Yves), Combes (Claude), Euzeby (Jacques) et Salvat (Bernard). — Enquête d'épi¬
démiologie écologique sur la schistosomose à Schistosoma mansoni en Guadeloupe (Antilles françaises).
1981, 229 p., fig., 3 pl.
T. 120 — Mtînoz-Cuevas fArt.uro). — Développement, rudimentation et régression de l’œil chez les
Opiliens (Arachnida). Recherches morphologiques, physiologiques et expérimentales. 1981, 117 p.,
fig., 10 pl.
T. 121 — Hugot (Jean-Pierre). — Les Syphaciinae (Oxyuridae) parasites de Sciuridés. Évolution de6
genres Syphatineria et Syphabulea. 1981, 64 p., fig.
T. 122 — Felice (Suzanne). — Étude anthropologique des quatre squelettes de Kader des monts Ané-
malé (Inde). 1981, 65 fig.
T. 123 — Deuxième Symposium sur la spécificité parasitaire des parasites de Vertébrés. 1982, 326 p., fig.
T. 124 — Paulian (Renaud). — Révision des Cératocanthides (Coleoptera, Scarabaeoidea) d’Amérique
du Sud. 1982, 110 p., fig., 18 pl.
T. 125 — Monniot (Claude) et Monniot (Françoise). — Les Ascidies antarctiques et subantarctiques
morphologie et biogéographie. 1983. 168 p., 27 fig., 5 tabl., 7 pl.
T. 126 — Clàstrier (Jean). — Ceratopogonidae des îles Seychelles (Diptera, Hematocera). 1983, 83 p.,
38 fig.
Ouvrages disponibles au Service de Vente des Publications du Muséum,
38, rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris