LABORATOIRE DE CRYPTOGAMIE
MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
12 RUE DE BUFFON, 75005 PARIS
PUBLICATION TRIMESTRIELLE SUBVENTIONNÉE PAR LE CENTRE NATIONAL DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
SOMMAIRE
M. DECHARME & M. ISSALY. — Contribution à l'étude du champignon
symbiote de quelques fourmis de la tribu Aftini................. il
M. BATCHO & C. CARDON. — Présence d'enzymes, d'acides aminés
libres et protéiques dans le milieu de culture de l'Ustilago violacea
(Pets us PL EE 19
M. LOCQUIN-LINARD. — Kernia setadispersa, nouvelle espèce de la
famille des Microascaceae (Ascomycétes). .................... 29
G. DURRIBU, — Urédinales du Népal 0. 9*9 19 999 33
F. GOURBIERE & M. MORELET. - Le genre BEA L Ve et
Hariot. 2. R. pini, R. kobayashii et R. kalkhoffii. 2e Up
J.-M. YEN & G. LIM. — Étude sur les champignons parasites du Sud-Est
asiatique. XXIX. Les Corynespora de Malaisie. ................ 83
Analyses bibliographigues «9:990 nen 91
Les manuscrits doivent être adressés à Madame M.F. ROQUEBERT, Laboratoire de
Cryptogamie, 12 rue de Buffon, 75005 Paris.
Source : MNHN. Paris
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
TOME 1 Fascicule 1.1980
Ancienne Revue de Mycologie. Dirigée par Roger HEIM
COMITÉ DE LECTURE
MM. BOIDIN J. (Lyon), CAILLEUX R. (Paris), Mme CHARPENTIE M.J. (Paris)
MM. GAMS W. (Baarn, Hollande), JOLY P. (Paris), MANGENOT F. (Nancy)
MOUCHACCA J. (Paris), Mme NICOT J. (Paris), M. PEGLER D.N. (Kew, G.B.), Mme
PERREAU J. (Paris), Mme ROQUEBERT M.F. (Paris), M. SUTTON B.C. (Kew, G.B.)
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION: Madame J. NICOT.
ADMINISTRATION : Mme LOCQUIN-LINARD M. et M. ZAMBETTAKIS Ch
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION: Mme M.F. ROQUEBERT. ÉDITEUR: A.D.A.C
Bibliothéque Centrale Muséum
3 3001 00227789 4
Source : MNHN, Paris
Copyright O 1980. Cryptogamie Mycologie
CRYPTOGAMIE
MYCOLOGIE
CONTENTS
(Tome I, Fasc. 1, 1980)
M. DECHARME & M. ISSALY. - Contribution to the knowledge of the
symbiotic fungus of some species of Attini tribes ants............. 1
M. BATCHO & C. CARDON. — Enzymes, free and protein bound amino
acids in culture filtrates of Ustilago violacea (Pers.) Rouss. ......... 19
M. LOCQUIN-LINARD. — Kernia setadispersa, a new species of the
Microascacea (Ascomycetes). 29
G. DURRIEU. — Uredinales from Nepal. ...................... 33
F. GOURBIERE & M. MORELET. — The genus Rhizosphaera Mangin et
Hariot. 2. R. pini, R. kobayashii and R. kalkhoffii. . . 69
J.-M. YEN & G. LIM. — Study on parasitic fungi from South East Asia.
XXIX. Corynespora from Malaysia. ........................ 83
COLARE cab IRR TT 91
Source : MNHN, Paris
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DU CHAMPIGNON SYMBIOTE
DE QUELQUES FOURMIS DE LA TRIBU ATTINI
par H. DECHARME et M. ISSALY*
RÉSUMÉ. - Une étude cytologique du champignon symbiote de trois espèces de fourmis
attines, Atta sexdens, Atta cephalotes, Atta octospinosus, est effectuée en microscopie
optique. Les champignons des trois origines présentent les mêmes caractéristiques, qu'ils
soient observés en culture ou en place sur les fragments végétaux du nid. Les hyphes sont
constituées d'articles de 6 à 74m de diamètre comportant de nombreux noyaux. Les gongy-
lidia se constituent à l'extrémité de ramifications d'hyphes non séparées du filament d'ori
gine par une cloison et sont plus ou moins vacuolisés suivant leur degré d'évolution. Les
gongylidia sphériques les plus évolués ont un diamètre de l'ordre de 454m, leur lumière est
occupée par une énorme vacuole plaquant contre la paroi de nombreux noyaux. L'étude de
PARN montre que la plupart des gongylidia développés à la surface des fragments végétaux
de la meule sont des structures jeunes. Les noyaux de petites dimensions présentent 4
chromocentres. Le matériel de réserve constitué par du glycogène est abondamment mis
en évidence et pose le problème de sa dégradation au sein du tractus digestif de la fourmi.
ABSTRACT. - A cytological study of the symbiotic fungus of three species of ants, Atta
sexdens, Atta cephalotes, Atta octospinosus, is made with a light microscope. The fungus
from those three species shows the same characteristics in vitro or in situ. Hyphae have a
6-7 microns diameter with a lot of nuclei. The gongylidia are produced at the end of the
hyphae which have not been separated from the originel filament and are more or less
vacuolised, according to their degree of evolution. The most evoluated spherical gongylidia
are about 45 microns in diameter, and their whole part is filled with an enormous vacuole
rejecting a lot of nuclei against the wall-cell. The study of RNA shows that most of the
gongylidia, which have developed on the surface of vegetal material in the garden, are young
structures. The smaller nuclei have 4 chromocenters. We can see that we have brought
to light the importance of the storage made up of glycogen; it raises the problem of its
degradation in the alimentary canal of the ant.
* École Nationale Supérieure d'Horticulture, Versailles.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. mycol.) TOME 1 (1980).
Source : MNHN. Paris
2 M. DECHARME & M. ISSALY
INTRODUCTION
Les fourmis champignonnistes appartiennent toutes à la tribu Attini (Formi-
cidae) dont l'aire de répartition se situe dans les zones tropicales et subtropicales
américaines. Leur particularité est de vivre en association symbiotique avec
un champignon dont l'entretien, à l'intérieur du nid, est l'une de leurs activités
principales. La nature du substrat fourni au champignon varie avec le degré
d'évolution des fourmis. Si les genres les plus primitifs utilisent divers débris
végétaux ou animaux tels que des fèces ou des carcasses d'insectes, les genres
les plus évolués Atta et Acromyrmex entretiennent exclusivement leur cham-
pignon sur des fragments de végétal frais. Les fourmis découpent, nettoient
le végétal, implantent des touffes de mycélium à sa surface (WEBER, 1957)
et agencent l'ensemble en une structure spongiforme, couramment appelée
meule ou jardin à champignon, qui abrite la vie de la société.
C'est MOLLER qui, le premier, décrit le champignon rencontré dans les
nids d'Acromyrmex discigera (= Atta discigera) au Brésil en 1893. Il en précise
les caractères microscopiques et décrit sa forme parfaite sous le nom de Rozites
gongylophora Môller.
Dans les nids en activité, le champignon n'existe que sous sa forme végétative
constituée uniquement de mycélium dont certaines extrémités portent des
protubérances globuleuses. En fonction de leur forme, celles-ci ont été nommées
«tête de chou-rave» (Kolrabiknópfe) ou gongylidia (yoyyvAwdn = chou-rave)
par MOLLER, ou encore mycotêtes, vraisemblablement par analogie aux struc-
tures de champignon observées dans les galeries des termitières; elles sont grou-
pées en amas denses ou staphylae( oTagu\n = grappe de raisin) au sein du my-
célium.
L’enchevétrement mycélien assure la cohésion des fragments végétaux entre
eux et le maintien de la structure du nid. Pendant longtemps, le champignon
a été considéré comme l'élément nutritif unique de la fourmi mais l’on sait
maintenant que cette source alimentaire est complétée par un apport de sub-
stances végétales ingérées lors du découpage des fragments de plante (LITTLE-
DYKE, CHERRET, 1975). L'analyse chimique du champignon d'Atta colom-
bica tonsipes Santschi (MARTIN et al., 1969) montre que 56% du poids sec du
champignon sont utilisables comme éléments nutritifs; 27% de ce poids sec
sont constitués par des glucides solubles, 13% par des acides aminés liés aux
protéines, 4,5% par des acides aminés libres et 0,2% par des lipides.
Bien que des inconnues subsistent, l'étude de la symbiose attines-champignon
(MARTIN, 1970) met en évidence une interdépendance des cycles de l'azote
et du carbone des deux partenaires. Ainsi, le champignon assure une partie
de la nutrition carbonée de la fourmi, mais celle-ci favorise la pénétration et
l’activité cellulolytique du mycélium au sein des tissus végétaux par l'apport
d'excrétions fécales (WEBER, 1941) contenant des systèmes enzymatiques
actifs dans la dégradation de certains composés de la paroi cellulaire (MARTIN
et al., 1973, 1975).
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNON SYMBIOTE DE FOURMIS 3
Le cycle de l'azote n'est encore que très partiellement élucidé. En effet,
dans un premier temps, MARTIN (1970) a montré que l'utilisation des substrats
azotés par le champignon est limitée à l'utilisation des acides aminés et des
polypeptides de faible poids moléculaire et conclut que le liquide rectal de la
fourmi, riche en acides aminés et protéinases, constitue précisément l'élément
complémentaire du métabolisme déficient du champignon.
Or, récemment, MARTIN et al. (1975) montrent l'identité des protéinases
du champignon et de la fourmi; il suggère, contrairement aux conclusions
antérieures, qu'au sein de l'association mutualiste la fourmi ne ferait qu'assurer
le transport des enzymes du champignon des zones de la meule denses en fila-
ments mycéliens vers les zones de construction récente nouvellement implantées
en mycélium.
Les formes végétatives des champignons cultivées par les différentes fourmis
attines sont morphologiquement semblables, mais leur identification reste liée
à l'observation de leur forme parfaite. Or, la formation rarissime du stade
sexué dans la nature, sa constitution sur des nids abandonnés, la difficulté
de son obtention in vitro (WEBER, 1957) font que sa détermination et son
appartenance à une même espèce restent l'objet de discussions. Ainsi, selon
HEIM (1957), le Rozites gongylophora Möller renommé Leucocoprinus gongy-
lophorus par cet auteur serait le seul symbiote possible des fourmis de la tribu
Attini et selon WEBER (1966), il se pourrait qu'il ne soit que l'un des parte-
naires possibles de l'alliance mutualiste parmi d’autres champignons susceptibles
d’être domestiqués par les fourmis de la tribu.
Aussi, dans une étude préliminaire du champignon symbiote des fourmis
attines évoluées Atta et Acromyrmex, il nous a paru intéressant de reprendre
l'observation des caractères morphologiques de la forme végétative du crypto-
game, d'en entreprendre l'étude cytologique in vitro et in situ en microscopie
optique et de préciser les étapes de sa croissance.
MATÉRIEL
Nos études ont porté sur le champignon cultivé par Acromyrmex octospino-
sus (Reich), Atta sexdens (L.) et Atta cephalotes (L.). Le nid d’Acromyrmex
octospinosus est originaire de Guadeloupe, celui d'Atta sexdens de Guyane et
celui d'Atta cephalotes de Trinidad.
Le champignon est observé sur son support naturel ou à partir de cultures
conduites sur milieu nutritif.
Les isolements sont effectués sur bouillon de carottes (400g de carottes pour
11 d'eau) gélosé à 2%, enrichi en hydrolysat de caséine Difco (5g), en glucose
(30g), en extrait de levure Difco (1g), auquel on ajoute stérilement après auto-
clavage 200 unités de pénicilline et 200ug de RSR En par ml de milieu.
Les cultures sont maintenues entre 26°C et 28°C. Les cultures d'entretien
sont conduites sur milieu solide ou liquide statique, ne contenant pas d’anti-
Source : MNHN. Paris
4 M. DECHARME & M. ISSALY
biotique.
Quelques observations sont effectuées sur cultures sur lame réalisées dans une
goutte de milieu carotte liquide ou gélosé.
Les prélèvements sont réalisés de façon à permettre l'observation de toutes
les zones de culture.
TECHNIQUES
Outre l'observation vitale, l'essentiel des observations s'effectue sur coupes
de matériel inclus dans la paraffine selon la technique classique que nous ne
détaillerons pas. Nous insisterons sur les méthodes de fixation et de coloration
choisies.
1. - Observation vitale :
Le montage dans le rouge neutre à 1 p. 1000 dans l'eau physiologique ou le
liquide de Ringer rend aisée l'observation du matériel vivant, en particulier
cela permet de noter l'aspect morphologique général et d'enregistrer ses mensu-
rations sans qu'il y ait de perturbations par les fixateurs. À cette concentration,
le rouge neutre se fixe électivement au niveau des vacuoles et permet de distin-
guer les régions peu vacuolisées en voies d'expansion, des régions riches en
vacuoles de grande taille ayant terminé leur phase de croissance.
- Mise en évidence des noyaux :
Les réactions obtenues après application de la réaction nucléale de Feulgen
sur divers cryptogames sont très variables selon les auteurs. Si HEIM P. (1971)
utilise avec succès cette technique pour l'étude des noyaux des principaux
groupes systématiques de champignons, d'autres auteurs obtiennent des colo-
rations hétérogènes, négatives ou trop pales: (DOGUET, DEFRANCE, SCAN-
NERIN cités par SCHRANTZ, 1970).
La réaction de Feulgen est négative sur notre matériel, tant après fixation
par le liquide de Navachine que par le liquide de Helly, et quel que soit le temps
d'hydrolyse. L'hématoxyline de Regaud donne de bonnes colorations après
fixation au liquide de Navachine. Une hydrolyse de 10 minutes par l'acide
chlorhydrique normal à 60°C permet d'améliorer le contraste en réduisant
la capacité de coloration du cytoplasme. Les meilleures préparations sont obte-
nues en appliquant la coloration au «nuclear fast red» extraite de la technique
de BENES et KAMINECK (1973) utilisée par ailleurs pour la mise en évidence
de l'ARN et détaillée ci-dessous. Le matériel est traité au glutaraldéhyde à 3%
selon le procédé de fixation habituellement destiné à la microscopie électro-
nique. Les réactions positives du cytoplasme sont éliminées par un traitement
à la RNase d'une durée de 60 minutes à 40°C.
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNON SYMBIOTE DE FOURMIS 5
3.- Mise en évidence de l'ARN :
La méthode de Brachet au vert de méthyle pyronine contrôlée par la RNase
classiquement utilisée après fixation au F.A.A. (formol, alcool 90°, acide acé-
tique) pour mettre en évidence la richesse en ARN, ne peut être retenue pour
ce champignon car les structures sont mal conservées par le fixateur.
La méthode au «nuclear fast red» et bleu alcian de BENES et KAMINECK
(1973) utilisée avec succès par SCHRANTZ sur le Xylaria polymorpha (Pers.)
Grev. donne des préparations satisfaisantes, sur échantillons fixés au glutaral-
déhyde à 3%.
Selon les auteurs, le «nuclear fast red» colore les noyaux en rouge, le cyto-
plasme en rose pâle et le bleu alcian teinte les parois en bleu. Bien que cette
coloration ne soit pas spécifique de l'ARN, SCHRANTZ constate que les régions
méristématiques du Xylaria polymorpha riches en ARN et à parois minces
sont fortement teintées en rouge, le bleu des parois passant inaperçu chez les
cellules jeunes, tandis que les hyphes âgées à parois épaisses et à faible teneur
en ARN présentent une teinte bleue dominante. La technique est la suivante :
après un passage dans l'eau acétique à 3%, les préparations sont colorées une
heure au bleu alcian en solution à 0,1% dans de l'eau acétique, rincées à l'eau
acétique et colorées 10 minutes au «nuclear fast red» à 0,1% dans du sulfate
d'aluminium à 5%. Un contrôle est effectué en traitant les préparations à la
RNase dans les conditions déjà indiquées.
4. - Mise en évidence du glycogène :
La recherche du glycogène peut être réalisée simplement par montage entre
lame et lamelle des structures à observer dans une goutte de Lugol. Le cyto-
plasme prend alors une teinte brun acajou plus ou moins intense et plus ou
moins homogène selon la densité et la répartition du glycogéne.
Le glycogène est aussi localisé, après fixation par le mélange de Gendre
(solution saturée d'acide picrique dans l'alcool à 90° : 80ml - formol: 15ml -
acide acétique: 5ml), par la réaction de Bauer qui le colore en rose vif.
La solubilité du glycogène justifie aussi son traitement en milieu anhydre.
Nous avons pour cela partiellement suivi le procédé Mancini cité par LISON.
Les coupes fixées au liquide de Gendre et déparaffinées au xylène sont recou-
vertes d’une solution saturée à froid d’iode métalloïdique et observées dans le
liquide de montage. Après macération pendant 6 heures, nos coupes présentent
une coloration brune dont la localisation est similaire à celle obtenue avec les
autres techniques.
5.- Mise en évidence de la métachromatine :
Plusieurs colorants sont susceptibles de révéler la métachromasie des poly-
phosphates vacuolaires, en particulier le bleu de toluidine et l'azur Il. Les images
les plus contrastées sont obtenues après fixation au mélange de Zenker (chlorure
Source : MNHN Paris
6 M. DECHARME & M. ISSALY
mercurique: 0,5g - bichromate de potassium: 0,25g - sulfate neutre de sodium:
0,1g - acide acétique cristallisable: 0,05ml - H5O: 10ml), et d'une coloration
à l'azur H à 0,05% dans du tampon à pH 4 dilué au 1/5 dans l'eau.
Les inclusions métachromatiques sont rouge sombre alors que le cytoplasme
et les parois sont bleues.
6. - Mise en évidence des lipides :
Une coloration au rouge Soudan III ou au noir Soudan B en solution saturée
dans l'alcool à 70°, est appliquée sur échantillon fixé au formol-calcium de
Baker (formol à 4075: 1ml - CaCly à 10%: 1ml - H20: 8ml) pendant 24 heures.
L'observation est faite directement sur un écrasement monté entre lame et
lamelle dans le colorant.
RÉSULTATS
Dans cette étude, nous nous sommes attachées à décrire les caractères morpho-
logiques et cytologiques du champignon symbiote des trois espèces de fourmis
déjà citées, sans considérer la dynamique de la colonisation du végétal par le
champignon.
1.- Étude in vitro du champignon :
a) Étapes de la croissance du champignon et étude morphologique
L'aspect cultural des divers isolats de ces champignons est tout à fait compa-
rable. Quel que soit l'âge de la culture, toutes les colonies développées sur
milieu gélosé présentent un aspect en oeuf sur le plat. Le mycélium est blanc,
dense et d'aspect velouté. Dans la partie superficielle, on distingue la masse
compacte blanche des staphylae jeunes qui naissent isolément ou en plaques.
Le revers de la zone mamelonnée centrale devient rapidement beige ou brun
et de consistance coriace. Dans nos conditions de cultures, la vitesse de crois-
sance varie de 0,2 à 0,7mm par jour, en étant située, pour la majorité des colo-
nies, aux environs de 0,4 à 0,5mm par jour (celle-ci pouvant varier d'un isolat
à l'autre pour le champignon d'un même nid). Ces chiffres sont du même ordre
que ceux cités par WEBER (1972) qui, en fonction des isolats et des milieux
de culture, note une vitesse de croissance de 0,1 à 0,67mm par 24 heures.
Les cultures en milieu liquide se développent strictement en surface, formant
des plaques blanches mamelonnées à revers coriace plus ou moins foncé, dont
l'aspect général rappelle celui des cultures sur milieu gélosé.
On peut aisément définir les étapes de la croissance du champignon en obser-
vant l'évolution dans le temps d'une colonie sur milieu gélosé. On définit ainsi
5 zones que l'on désigne A, B, C, D, E (Fig. 1).
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNON SYMBIOTE DE FOURMIS 7
Fig. 1. — Schéma d'une colonie du champignon symbiote d'Acromyrmex octospinosus,
d'un mois sur milieu gélosé (F ).
Mycélium du front de culture : zone A: colonisation du milieu, zone B: croissance du
mycélium aérien. Zone C: couche superficielle de différenciation des gongylidia. Zone D
couche médiane d'empilement et d'entassement des structures. Zone E: couche pseudo-
stromatique.
- La zone A, de 0,5 à 1mm de large, représente le front de culture sensu stric-
to. Elle est constituée d'hyphes à croissance radiale développées dans la couche
superficielle du milieu. Leur étude sur les coupes est délicate car leur fréquence
est peu élevée et elles n'apparaissent que sous forme de tronçons dont la locali-
sation par rapport à l'apex est difficilement repérable. Les cultures sur lames
montrent que ce sont des hyphes fines de section régulière de 3 à 4um, à cyto-
plasme dense.
- La zone B, située immédiatement en arrière de la zone A, s'étend sur 3 à
5mm. Elle diffère de la précédente par le développement d'hyphes aériennes sur
une épaisseur de 1 à 2mm. Elle est constituée de l'enchevêtrement lâche de
filaments fins et d’une proportion plus importante de filaments à divers stades
de vacuolisation au cheminement irrégulier et coudé. Ces derniers présentent
des épaississements ou des boursouflures localisés ou non au niveau des grosses
vacuoles, leur section moyenne de 6 à 84m peut atteindre 10 à 124m au niveau
des hypertrophies.
- La zone C est la zone de différenciation des staphylae. Elle est formée
d'une couche de mycélium densément enchevétré, surmontée d'une couche
plus lâche où se constituent en abondance les gongylidia (PI. II). Ceux-ci se
forment sur des diverticules d’hyphes plus ou moins longs qui naissent perpendi-
culairement au filament d'origine et n'en sont jamais séparés par une cloison.
Certains articles terminaux portent ainsi plusieurs gongylidia. Un gongylidium
se constitue par une dilatation progressive de l’apex d’un diverticule. En effet,
toutes les formes intermédiaires entre une ramification en massue courte et
une dilatation apicale sphérique située à l'extrémité d’un long filament grêle
ou irréguligrement renflé, sont visibles sur les préparations microscopiques.
La vacuolisation évolue vers la constitution d'une unique vacuole occupant
toute la lumière de la partie sphérique (Fig. 2). Quelle que soit l'origine du
champignon, le diamètre des gongylidia sphériques s'étend de 35 à 60um avec
une dimension moyenne de 45um. Les staphylae n'ont pas de structure organisée
Source : MNHN. Paris
8 M. DECHARME & M. ISSALY
comparable à celle des formes conidiennes de certains champignons. Appa-
remment, les gongylidia sont seulement groupés dans l'espace en régions privi-
légiées de différenciation. Parmi ces gongylidia à divers stades d'évolution,
on peut également observer en abondance les formes mycéliennes déjà décrites.
50 pm
Fig. 2. Fragment d'un staphylae en cours de formation présentant du mycélium méristé-
matique (mm), du mycélium vacuolisé (mv) ayant terminé sa phase d'expansion, des
gongylidia à divers stades d'évolution (g1, g2, g3) dont le stade ultime (gs) présente
une vacuole sphérique occupant toute la lumière de la partie apicale.
- Le mamelon central présente une partie superficielle homologue de la
zone C. La partie sous-jacente ou zone D présente un lacis plus ou moins lâche
de mycélium âgé et de gongylidia ovoïdes ou sphériques. Cette partie centrale
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNON SYMBIOTE DE FOURMIS 3
de la culture semble donc formée de la superposition de diverses couches dues
au tassement progressif des structures sans cesse recouvertes par des structures
jeunes.
- Dans la zone E, ou couche inférieure de la colonie, l'imbrication et le
tassement des structures sont tels que l'on ne différencie pas les gongylidia
aplatis des hyphes.
b) Étude cytologique :
Le mycélium est divisé en articles de dimensions variables de l'ordre de
40 à 100um, les cloisons étant plus fréquentes dans le mycélium âgé. Comme
pour beaucoup de champignons, les articles apicaux sont longs et peuvent
atteindre 180 à 200um.
Divers colorants se fixant en particulier sur les constituants protéiques tels
que l'hématoxyline de Regaud, le «nuclear fast red», l'azur II, font apparaître
au centre de la cloison une formation lenticulaire fortement colorée à l'empla-
cement des dolipores caractéristiques des Basidiomycétes (BECKETT et al., 1974).
Ces formations ont été récemment mises en évidence sur des coupes ultrastruc-
turales du champignon symbiote d'Acromyrmex octospinosus, par ANGELI-
PAPA (1979). Au niveau des cloisons, aucune anse d'anastomose n'est observée
comme c'est le cas chez de nombreux Basidiomycétes. WEBER (1972) les a
observées en abondance chez le champignon d'une fourmi inférieure Aptero-
stigma, mais exceptionnellement chez les champignons d'autres fourmis. Par
contre, des anastomoses entre fragments d'hyphes paralléles sont fréquentes;
elles s'effectuent par un pont perpendiculaire aux hyphes sans formation de
cloison.
Les articles mycéliens et les gongylidia contiennent de nombreux noyaux
(Pl. 1, fig. 1). Sur les quelques articles du mycélium visibles sur toute leur lon-
gueur dans les coupes, nous avons pu en compter de 8 à 12. Dans les gongylidia,
les noyaux trés nombreux se répartissent dans la partie filamenteuse et dans
la partie dilatée (Pl. I, fig. 2). Dans celle-ci, ils sont plaqués le long de la paroi
par la vacuole centrale et situés dans les régions basale et apicale.
Les noyaux colorés à l’hématoxyline de Regaud ou au «nuclear fast red»
ont une forme ovale et des dimensions équivalentes de l'ordre de 3,5 x 4,2um.
Dans les parties méristématiques, de petits noyaux mesurant 1,8 x 2,4um et
fréquemment associés deux à deux représentent vraisemblablement les noyaux
fils issus de divisions nucléaires récentes. Le «nuclear fast red» donne une colo-
ration uniforme des noyaux, l'hématoxyline de Regaud permet de déceler un
réseau de chromatine plus ou moins diffus, mais seules les coupes colorées à
l'hématoxyline de Wittmann et observées en contraste de phase nous ont permis
d'évaluer le nombre de chromocentres à 4.
La coloration de Benes et Kamineck met en évidence le passage de l'état
méristématique à l'état de sénescence. Cette évolution est visible dans la partie
superficielle de la culture; elle s'effectue, en se basant sur la vitesse de croissance
du champignon, en 3 à 8 jours. Seules quelques structures au cytoplasme rose
Source : MNHN. Paris
10 M.DECHARME & M. ISSALY
vif et aux parois peu distinctes, manifestent une activité méristématique impor-
tante: ce sont essentiellement les articles apicaux des hyphes rencontrées dans
les zones A, B et C et les gongylidia en cours d'évolution. Les articles mycéliens
apicaux, refoulés par le processus de croissance terminale des filaments, perdent
rapidement leur caractère méristématique.
Le cytoplasme, d'abord riche en ARN, se vacuolise progressivement tandis
que les parois s'éapississent et prennent une coloration bleue accentuée. L'évo-
lution des gongylidia est similaire. L'augmentation de volume s'accompagne
d'une intense activité cytoplasmique révélée par la capacité de coloration du
cytoplasme, puis d'une vacuolisation importante alors que les parois deviennent
bleues. La phase de stabilisation des formes ovoïdes ou sphériques fortement
vacuolisées s'accompagne d'une perte de l'aptitude du cytoplasme à se colorer;
ainsi, les gongylidia déjà recouverts par une nouvelle vague de mycélium appa-
raissent bleus.
Le matériel de réserve est essentiellement constitué chez ce champignon
par du glycogène. En effet, la richesse en lipides est très faible;seulement quel-
ques fins granules chromophiles apparaissent dispersés au sein du cytoplasme
du mycélium et des gongylidia. En revanche, le cytoplasme apparaît rempli
de granules de glycogène et bien que la coloration de Bauer ne révèle pas les
parois, la densité des granules est suffisante pour que l'on retrouve aisément
la silhouette du mycélium et des gongylidia qui les contiennent (PI. III, fig. 1
et 2). L'agglomération du glycogène la plus intense s'effectue dans la couche
superficielle du mycélium qui précède l'élaboration des gongylidia, alors que
la coloration plus pâle des zones profondes laisse supposer que le mycélium
se vide en partie au cours du processus de sénescence (PI. II). Cependant, la
capacité de coloration des ébauches des gongylidia met en évidence l'élaboration
du glycogène, ou son transfert des zones sous-jacentes vers les zones jeunes,
dès les premiers stades de la croissance végétative.
On notera également la présence des polyphosphates, révélés par leurs pro-
priétés métachromatiques, renfermés en abondance dans tout le système vacuo-
laire et dont les granules occupent fréquemment toute la lumière des vacuoles
(PI. III, fig. 3 et 4). Ces polyphosphates, dont le rôle n'est pas totalement élu-
cidé, peuvent cependant être considérés comme des matériaux en attente sus-
ceptibles de participer à certaines synthèses cellulaires.
Il apparaît donc qu'en culture, les gongylidia se constituent toujours à une
courte distance du front de culture sur du mycélium jeune, lui-même développé
à la surface des premières couches de filaments sénescents. Le développement
d'une certaine masse mycélienne, correspondant vraisemblablement à l'élabora-
ration d'une quantité suffisante de réserves nutritives, semble donc précéder
nécessairement la constitution des formes en massue.
2. - Étude in situ du revêtement mycélien de la meule :
L'interprétation des coupes pratiquées in situ est moins aisée que celle des
coupes réalisées sur les cultures en boîte de Pétri, en raison de l’activité de ré-
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNON SYMBIOTE DE FOURMIS 11
colte des fourmis et du remaniement continuel du champignon dans la meule,
Dans les zones actives d'une meule, le champignon est constitué d'un réseau
dense de mycélium unissant les fragments végétaux entre eux et comportant
de place en place des zones de différenciation des gongylidia (Pl. IV, fig. 1 et 2).
L'essentiel de la masse mycélienne se développe à la surface des fragments
végétaux, les hyphes ne paraissant coloniser les tissus qu'à partir d'un certain
stade de dégradation du végétal. Les caractéristiques morphologiques, cytolo-
giques, les dimensions du mycélium et des gongylidia sont, à stades évolutifs
équivalents, comparables à celles des mêmes structures observées en culture
in vitro.
La trame mycélienne traitée par la coloration de Benes et Kaminek réagit
par une coloration bleu quasi-générale, traduisant une activité cytoplasmique
restreinte, seules quelques structures de surface présentent localement un carac-
tère méristématique. La coloration de Bauer montre que la teneur en glycogène
de cette couche de mycélium est variable au sein de ce revêtement mycélien.
Cet ensemble de caractères suggère qu'il se produit, comparativement à l'évolu-
tion des colonies cultivées in vitro, un vieillissement de la couche profonde
de mycélium et une régénération de surface.
Les zones de différenciation des gongylidia sont essentiellement des zones
de structures juvéniles dont le caractère est illustré par la vacuolisation non
achevée et la forte concentration en ARN de la plupart des filaments mycéliens
et des gongylidia.
Les gongylidia, jeunes, sont riches en glycogène. Les gongylidia les plus évo-
lués, à tête sphérique, semblent moins fréquents qu'en culture in vitro. Ce
dernier point peut laisser supposer qu'il existe un stade de récolte préférentiel
de la part des fourmis.
Cette hétérogénéité du développement du champignon au niveau du substrat
peut vraisemblablement s'expliquer par l’activité de récolte de la fourmi dont
les incessants prélèvement sont suivis d'une phase de régénération superficielle
du cryptogame au niveau des sites de récolte.
DISCUSSION
Nos observations montrent la correspondance des renseignements recueillis
au niveau de la meule sur le support naturel du champignon et dans nos condi-
tions de culture. Elles mettent aussi l'accent sur la similitude des caractères
culturaux, morphologiques, cytologiques étudiés, malgré l'origine différente
des champignons. Nos observations sont en accord avec celles de MOLLER
(1893) réalisées sur le champignon d’Acromyrmex discigera et celles de WEBER
(1972) effectuées sur le champignon symbiote de nombreuses fourmis attines
de niveaux évolutifs différents, et se trouvent confirmées par l'étude ultrastruc-
turale du champignon d’Acromyrmex octospinosus réalisée par ANGELI-PAPA
(1979).
Source : MNHN, Paris
12 M. DECHARME & M. ISSALY
Bien que la détermination des champignons soit basée sur les caractères
de la forme parfaite et tienne rarement compte de ceux de la forme végétative,
la concordance de nos observations morphologiques et cytologiques nous amène
à penser que le champignon entretenu par les trois espèces d'attines étudiées,
appartient à la même forme parfaite. Notons que le nombre de chromocentres
correspond au nombre chromosomique du genre Lepiota, 2n = 8 étudié par
P. HEIM (1971).
Nos observations ne permettent pas d'attribuer aux gongylidia un rôle parti-
culier dans le cycle du champignon. Ils ne semblent pas représenter l'ébauche
de spores car ils ne comportent aucun détail anatomique permettant d'assurer
leur dispersion. Par contre, leur forme générale, leur taille, la présence de nom-
breux noyaux dans la partie apicale peuvent évoquer les basides avortées d'un
hyménium rudimentaire.
La mise en évidence du glycogène est en désaccord avec les résultats de l'ana-
lyse du champignon réalisée par MARTIN et al. (1969) qui ne révèle que la
mise en réserve de sucres simples. Cependant, la présence de ce polyoside vient
s'inscrire dans le schéma général des relations symbiotiques dont certaines
étapes ont été élucidées par ce même auteur et selon lesquelles, rappelons-le,
le champignon constituerait la source d'alimentation essentielle de la fourmi.
L'ingestion de glycogène, en revanche, pose le problème de sa dégradation enzy-
matique dans le système digestif de la fourmi. Or, selon MARTIN et al. (1975),
les enzymes actives sur les polysaccharides mises en évidence dans l'intestin
des fourmis n'auraient aucun rôle de digestion interne; évacuées dans le liquide
rectal, elles n'auraient qu'un rôle externe préparatoire à la colonisation du
végétal par le champignon. La présence de a.1.4. glycosidase dans l'intestin
moyen de la fourmi n'est pas suffisante pour expliquer la dégradation du glyco-
gène; d'autres études enzymologiques sont donc nécessaires pour éclairer la
métabolisation de ce composé.
En contribuant à une meilleure connaissance générale du champignon cultivé
par quelques fourmis attines, nos travaux permettent aussi d'orienter, vers des
voies nouvelles, la réflexion sur les relations fourmi-champignon.
REMERCIEMENTS
Nos remerciements vont à Monsieur SCHRANTZ, Maitre Assistant à la Faculté des
Sciences de Paris dont les conseils ont guidé notre choix des techniques cytologiques; à
Monsieur KERMARREC, Directeur de la Station de Zoologie et de Lutte Biologique de
l'Institut National Agronomique des Antilles et de la Guyanne pour l'envoi des nids d'Acro-
myrmex et la participation financière qu'il nous a prodiguée; à Madame BAZIRE-BENAZET
qui nous a permis d'isoler de ses élevages le champignon symbiote d'Atta sexdens et d'Atta
cephalotes.
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNON SYMBIOTE DE FOURMIS 13
BIBLIOGRAPHIE
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Source : MNHN. Paris
14 M. DECHARME & M. ISSALY
LÉGENDES DES PLANCHES
Planche 1
Fig. 1: Noyaux des articles mycéliens du champignon symbiote d’Atta sexdens. Fixation
au glutaraldéhyde, Coloration au «nuclear fast red». x 1750. — Fig. 2: Noyaux plaqués
contre la paroi d'un jeune gongylidium du champignon d'Atta sexdens. Fixation au gluta-
raldéhyde, coloration au «nuclear fast red». x 3000.
Planche II
Aspect général d'une coupe effectuée dans la couche superficielle d'une culture du
champignon symbiote d'Acromyrmex octospinosus montrant la localisation du glycogène.
Noter la concentration du glycogène dans la zone C (ZC) en particulier dans la couche
mycélienne de base (M) et dans les gongylidia (g) en cours de formation. Les derniers
étages de la zone D (ZD), réagissant peu à la coloration de Bauer, manifestent l'épuisement
de la couche profonde en substances de réserve. Fixation de Gendre, coloration de Bauer;
X195.
Planche HI
Fig. 1 et 2: Détails de gongylidia du champignon d'Acromyrmex octospinosus montrant
que la concentration en corpuscules de glycogéne est dense dés les premiers stades de la
formation des gongylidia (fig. 1) et qu'elle s'estompe au cours de la vacuolisation (fig. 2).
Fixation de Gendre, coloration de Bauer; x 1200, — Fig. 3 et 4: Corpuscules métachroma-
tiques présents en abondance dans le systéme vacuolaire du mycélium (fig. 3) et d'un
gongylidium (fig. 4) du champignon symbiote d'Acromyrmex octospinosus. Fixateur de
Zenker, coloration à l'Azur II, Fig. 3: x 1400; Fig. 4: x 1200,
Planche IV
Coupes dans une meule d'Atta cephalotes. — Fig. 1: Trame de mycélium (m) ayant
envahi les interstices entre les fragments végétaux (v). — Fig. 2: Site de développement
des gongylidia (g). Fig. 1 et 2: Fixation au glutaraldéhyde, coloration de Benes et Kaminek,
x 350. Cette coloration ne permet pas de distinguer sur les photographies en noir et blanc
les filaments et les gongylidia à caractère méristématique des filaments âgés constituant
l'essentiel de la masse de mycélium.
Source : MNHN Paris
Planche I
Source : MNHN. Paris
M.DECHARME & M. ISSALY
Planche H
Source : MNHN. Paris
CHAMPIGNON SYMBIOTE DE FOURMIS 17
, "PU.
y >
Planche III
Source : MNHN, Paris
M. DECHARME & M. ISSALY
18
Planche IV
Source : MNHN. Paris
19
PRÉSENCE D’ENZYMES, D’ACIDES AMINÉS LIBRES
ET PROTÉIQUES DANS LE MILIEU DE CULTURE
DE L’USTILAGO VIOLACEA (PERS.) ROUSS.
par M. BATCHO* et C. CARDON**
RÉSUMÉ. — Nous avons déterminé la nature de certains produits d’excrétion de l'Ustilago
violacea. Quatre enzymes : la phosphatase acide, la phosphatase basique, la phospho amidase
et l'esterase lipase ont été mis en évidence dans le filtrat de culture. La concentration des
protéines totales excrétées dans le filtrat évolue en fonction de la croissance de la souche.
Les acides aminés libres et protéiques ont été identifiés.
SUMMARY. — We have determined nature of some excretion produces of Ustilago violacea,
Four enzymes, acid phosphatase, alkaline phosphatase, phosphoamidase and esterase lipase
were found in culture filtrates. Excreted proteins rate vary with the fungus growth; free
amino acids and protein bound amino acids are identified.
Parmi les troubles métaboliques provoqués par le parasitisme, certains auteurs
ont signalé des modifications quantitatives et qualitatives au niveau des acides
aminés (HRUSHOVETZ, 1954; SHAW et COLOTELO, 1961; BARBARA et
BOONE, 1963; VAN ANDEL, 1966; ARJUNAN et coll., 1966; CLITON et
PHILIP, 1977).
Dans un travail précédent, (LEGRAND et coll., 1977), nous avons montré
que l'Ustilago violacea, parasite de Silene dioica, modifie les acides aminés et
les peroxydases de l'hôte. De même, en cultivant sur un méme milieu, l Ustilago
violacea et les tissus isolés de Silene alba, sans contact apparent entre les deux
* Laboratoire de physiologie végétale, Université des Sciences et Techniques de Lille 1,
59655 Villeneuve d'Ascq Cedex.
** Laboratoire de Biochimie, Université des Sciences et Techniques de Lille 1, 59655
Villeneuve d'Ascq Cedex.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., mycol.) TOME 1 (1980)
Source : MNHN. Paris
20 M. BATCHO & C. CARDON
organismes, nous avons constaté que la prolifération des tissus était inhibée
(BATCHO et DUBOIS, 1974).
De plus, certains champignons parasites cultivés en dehors de leur hôte,
libèrent dans le milieu différents composés, en particulier des acides aminés
(REDDY et RAO, 1975; VIJAYA KUMAR et RAO, 1976 et 1977) et des
enzymes (HANSSLER et coll., 1977).
Il nous a donc semblé intéressant de détecter dans le milieu de culture d'Us-
tilago violacea les acides aminés libres et protéiques et certains enzymes libérés
au cours de la croissance du champignon.
MATÉRIEL ET MÉTHODE
Trois souches d’Ustilago violacea ont été étudiées: deux clônes compatibles
isolés au laboratoire (B 874 et B 974) et une souche provenant de la mycothèque
de Baarn (438-34). 0,1ml d’une culture de 15 jours de chaque souche est repiqué
dans une fiole de 500ml contenant 200ml de milieu de Lescure auquel on ajoute
106 gl-1 de vitamine Bj. Les cultures sont placées dans une pièce obscure à
21°C + 1 sur une table d'agitation qui assure l'aération.
Tous les cing jours, trois fioles de chaque souche sont prélevées, centrifugées
à 3500 tours minute pendant 30 minutes à 15°C, le culot sert à la mesure
du poids frais du champignon, le poids sec est déterminé après un séchage de
48 h au four à 100°C. Une partie du surnageant sert à doser les protéines totales
par la méthode de LOWRY et coll. (1951), une partie à rechercher différentes
activités enzymatiques par la méthode API ZYM et une troisième partie à
déterminer les acides aminés libres et protéiques selon le protocole suivant :
surnageant
concentration (10 fois sous vide à 50°C)
précipitation à l'acétone (1 v + 3 v d’acétone)
Y
décantation à 4^C pendant 4 h
Se.
culot surnageant
séchage 48h à 100°C CSO
ser (auto-analyseur d'acides aminés)
hydrolyse acide due vide de 3507
acides aminés protéiques
(auto-analyseur d'acides aminés)
Les résultats sont exprimés en nanomoles d’acides aminés pour une prise
d'essai de 0,1 ml. Toutes les expériences sont renouvelées trois fois.
Source : MNHN. Paris
USTILAGO VIOLACEA 21
RÉSULTATS
1. - Évolution des protéines excrétées au cours de la croissance
Pour les trois souches d'Ustilago violacea, la croissance est active les 10
premiers jours de culture (fig. 1). L'optimum pondéral se situe entre le 15e
tt le 20e jour, celui de la souche de Baarn (438-34) étant le plus élevé.
A ce stade, la souche de Baarn est constituée de filaments isolés dont les
cellules mycéliennes sont apparemment dépourvues de globules lipidiques.
Les souches B 874 et B 974 de forme levuroïde sont rarement bourgeonnantes
et renferment chacune une énorme vacuole.
À partir du 15e jour, la diminution du poids sec des trois souches indique
le début de lyse des cellules (fig. 1).
Parallèlement, la libération des protéines dans le milieu est d’abord lente
du ler au 5e jour (fig. 2), puis s'accélère activement entre le 5e et le 10e jour
pendant la phase active de croissance: elle s'arrête plus tôt pour les souches
B 874 et B 974 que pour la souche de Baarn (438-34) qui excrète encore jus-
qu'au 15e jour. A partir de ce temps, le taux de protéines dans le milieu baisse
pour les trois souches puis augmente à nouveau fortement à partir du 25e jour.
DÀ. diminution momentanée de la teneur en protéines peut s'expliquer soit
par leur hydrolyse, soit par leur réutilisation par les cellules sénescentes. L'aug-
Dien considérable observée au 25e jour est sans doute liée à l'autolyse
accélérée des cellules en fin de culture (fig. 2).
D'ailleurs à ce stade, les souches manifestent des modifications morpholo-
giques qui se traduisent pour la souche de Baarn par des filaments mycéliens
fortement agglutinés présentant de nombreuses ramifications riches en lipides.
Les souches levuroides B 874 et B 974 s'agglutinent également et méme, dans
certains cas, prennent un aspect filamenteux.
Il est probable que le milieu, devenu défavorable, entraîne la formation d'élé-
ments de conservation caractérisés par une paroi épaissie (BATCHO, 1973).
2.- Acides aminés libres
Dans le filtrat de culture des trois souches, on trouve les mémes acides aminés
libres: acide aspartique, glycocolle et alanine. Ils sont en quantité trop faible
pour pouvoir être dosés par notre technique. Les souches compatibles B 874 et
B 974 en contiennent toutefois un peu plus que celle de Baarn (438-34).
Dans les trois filtrats, il n'y a ni acide aminé basique, ni acide aminé cyclique.
3.- Acides aminés protéiques
L'arginine, la lysine, l'histidine et la valine sont en faible quantité dans le
filtrat des trois souches (tableau 1); pour ce qui concerne les autres acides
aminés et particulièrement la tyrosine et la phénylalanine, la souche B 974 en
renferme une quantité supérieure à celle des deux autres.
Source : MNHN. Paris
S
M. BATCHO &
[200 mı
84
Fig. 1.
3 D E
et B 874. PF: poids frais. PS: poids sec.
25
35 ours
Croissance en milieu liquide de trois souches d'Ustilago violacea : 438-34, B 974
Source : MNHN, Paris
USTILAGO VIOLACEA 23
mp dm
5 10 15 20 25 30 35 JOURS
Fig. 2. — Évolution des protéines totales excrétées au cours de la croissance de trois sou-
ches d'Ustilago violacea : lecture de la densité optique (D O), 750nm.
Source : MNHN. Paris
24
M. BATCHO & C. CARDON
violaci
++, signe
non dosables
Les chiffres
B 874 B 974 438-34
Acides aminés Libres Protéiques | Libres Protéiques | Libres Protéiques
Croate +H n8 ++ 7,00 + 3,78
Alanine ++ 2,28 +H 5,60 + 2,52
Valine + x +
Neutres | Leucine 1,20 4,09 2,46
Isoleucine 0,66 2,35 1,79
Serine 3,45 10,75 5.02
Thréonine 2,36 7,48 4,29
We Acide Aspartique + 4,21 + 10,6 + 6,83
Acide glutanique 3,67 10,07 5,83
lysine E + “
Basiques | Arginine b x A
Histidine E + +
Cycliques | Thyrosine + 4,06 +
Phenylala + 4,00 +
GLeN 3,76 7,78
Tableau |! Teneur en acides aminés libres et protéiques exerétés par 1"
dans son milieu de culture
arbitraire pour évaluation approximative des quantités
par l'autoanalyseur
sont exprimés en nanomoles.
Les analogies entre la souche de Baarn (438-34) et B 874 suggèrent qu'elles
sont peut être de même signe et de ce fait B 974 et 438-34 devraient être compa-
tibles, parce que de signe contraire. Toutefois, la souche de Baarn, isolée depuis
de nombreuses années (1934) a perdu tout pouvoir de conjugaison, ce qui ne
permet pas de vérifier cette hypothèse.
En résumé, les trois souches excrètent les mêmes acides aminés protéiques,
et parmi ceux-ci les acides aminés acides (acides glutaniques, acide aspartique)
sont les plus importants (tableau 1).
Source : MNHN. Paris
USTILAGO VIOLACEA 25
4.- Détermination des enzymes libérés dans le milieu
Parmi les vingt enzymes identifiables par la méthode de microdosage semi-
quantitative d’API-ZYM, seulement quatre ont été trouvées dans les filtrats
d'Ustilago violacea. Ce sont la phosphatase alcaline, la phosphatase acide, la
phospho-amidase et l'estérase lipase (tableau 2). La phosphatase alcaline est
plus importante dans le 438-34 que dans les deux autres, alors que la phospha-
tase acide quantitativement la plus importante des enzymes est excrétée de
façon équivalente par les trois souches. L’estérase lipase est la plus faiblement
représentée.
Pour les deux souches compatibles B 874 et B 974, le rapport quantitatif
des quatre enzymes est identique.
B 874 B 974 438-34
Phosphatase alcaline + + d
Phosphatase acide d ++ HE
Phosphoamidase + + +
Estérase lipase + + +
Tableau 2 : Identification et dosage des activités enzymatiques dans
le filtrat de culture de l'Ustilago violacea.
+, ++, +H, signe arbitraire pour l'évaluation de l'activité
enzymatique.
CONCLUSION
Les filtrats de culture de l'Ustilago violacea sont pauvres en acides aminés
libres; l'acide aspartique, le glycocolle et l'alanine ont été mis en évidence dans
les trois souches.
Cette carence en acides aminés libres se retrouve dans le filtrat de culture d’Al-
ternaria solani (Ell. et Mart.) N. qui n'en renferme qu'un seul (arginine) (VI-
JAYA KUMAR et RAO, 1977) et dans celui d’Alternaria alternata (Fr.) K.
qui n'en contient aussi qu'un seul à l'état libre (BINOD et coll., 1976). Cepen-
dant, la souche virulente de Rhizoctonia solani (Kühn. et R.) excréte dans son
milieu de culture la sérine, la thréonine, l'histidine, la tyrosine et la valine,
alors que la souche non virulente n’excrète que la thréonine et la tyrosine
(REDDY et RAO, 1975).
Dans notre cas, la détermination de la nature des produits excrétés par
l'Ustilago violacea pourrait permettre de préciser leur rôle soit dans la compta-
bilité des cellules du champignon, soit dans la réduction de la croissance des
tissus de Silène leur hôte naturel, soit dans les troubles métaboliques provoqués
par sa présence lorsqu'il vit en parasite aux dépens des Caryophyllacées.
Source : MNHN. Paris
26 M. BATCHO & C. CARDON
C'est au cours de la phase active de croissance et en fin de culture que l'excré-
tion des protéines est la plus importante; les phosphatases (acide et basique),
la phosphoamidase et la lipase estérase ont été identifiées dans le filtrat des
trois souches. Ces enzymes ont été également trouvées dans le milieu de culture
des suspensions cellulaires de Silene alba; elles ne sont donc pas responsables
de l'inhibition de croissance des tissus isolés de silènes lorsqu'ils sont cultivés
en présence du champignon (BATCHO, 1973).
L'identification des acides aminés protéiques montre que les mêmes composés
sont excrétés par les trois souches. Seuls les acides aminés acides (acide aspar-
tique, acideglutamique) produits en plus grande quantité pourraient éventuelle-
ment jouer un rôle dans l'inhibition de la conjugaison des clônes compatibles :
des travaux antérieurs (DUBOIS et coll., 1977) ayant montré que les pH acides
sont défavorables à la conjugaison.
Ces produits d’excrétion (acides aminés, protéines et enzymes) sont vraisem-
blablement des déchets métaboliques éliminés au cours de la croissance des
souches d'Ustilago violacea. Aucun d'eux ne semble responsable ni de la compa-
tibilité des souches du champignon, ni de la réduction de croissance des colonies
tissulaires des silènes. Par contre, leur éventuelle excrétion dans la plante hôte
pourrait être à l'origine de troubles métaboliques.
Il faut signaler toutefois que le mycélium dicaryotique d'Ustilago violacea,
qui vit en parasite dans les Caryophyllacées, pourrait libérer des produits autres
que ceux de la forme levuroïde cultivée en milieu artificiel; mais le fait que
l'on retrouve les mêmes enzymes, les mêmes acides aminés libres et protéiques
dans tous les filtrats de culture constitue un caractère commun qui pourrait
être spécifique de l'Ustilago violacea.
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Source : MNHN. Paris
Source : MNHN. Paris
29
KERNIA SETADISPERSA, NOUVELLE ESPECE
DE LA FAMILLE DES MICROASCACEAE (ASCOMYCETES)
par M. LOCQUIN-LINARD*
RÉSUMÉ. — Description d'une nouvelle espèce : K. setadispersa, caractérisée par ses poils
dispersés sur un carpe globuleux. Tableau des caractères distinctifs des genres placés dans
la famille des Microascaceae Luttrell ex Malloch.
SUMMARY. — A new species K. setadispersa is described. It is caracterized by its dispersed
hairs upon a sphaerical carp. A table is given for the distinctive characters of genera included
in the family Microascaceae Luttrell ex Malloch.
Le genre Kernia Niewlend (1916), a fait l'objet d'une monographie rédigée
par MALLOCH et CAIN (5), dans laquelle ils décrivent trois nouvelles espèces
glabres, élargissant ainsi la conception du genre qui, jusqu'à cette date, ne conte-
nait que des espèces à carpes garnis de poils. De plus, ils admettent dans le genre
des espèces à ascospores pourvues de 1 ou de 2 pores germinatifs, donnant
K. nitida, espèce type du genre, comme ayant 2 pores. Tous les auteurs ne sont
pas d'accord sur le nombre de pores, ce qui s'explique par le fait que ce carac-
tère est très difficile à observer, le ou les pores étant minuscules. D'après nous,
il y aurait un ou deux pores germinatifs.
KERNIA SETADISPERSA LOCQUIN-LINARD N.SP.
Diagnose latine
Cleistocarpis atris, globosis, 180-300 um, pilis atris, dispersis, laevibus, septa-
tis, adornatis. Peridio pseudoparenchymatico. Ascis octosporis 13-19 x 9-14um,
* Laboratoire de Cryptogamie du M.N.H.N., 12,rue Buffon, 75005 Paris. L.A. n° 257
(C.N.R.S.).
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., mycol.) TOME I (1980).
Source : MNHN. Paris
30 M. LOCQUIN-LINARD
evanescentibus. Ascosporis juvenilibus hyalinis ac dextrinoides, maturis auran
unicellularibus, laevibus, ovatis, poro germinativo unico, 5-6 x 3,54 Sum. In
fimo caprino. Sigus, Algérie, Afrique. Typus: P. C.
ascocarpes 180-300um
asques 13-19 x 9-14um ou 13-14um de diamètre
ascospores — 5-6 x 3,5-4,5um
poils 4-6um de diamètre
Sur les crottes de chèvre, les cleistocarpes sont épars ou grégaires, non stro-
matiques, d'abord immergés puis superficiels, globuleux, sans ostiole, noirs,
généralement ornés de 10 à 30 poils noirs plus ou moins dressés répartis sur
K. setadispersa. — A, carpe adulte; B, formation des asques en bouquets; C, asques, le
Supérieur contient de jeunes ascospores à sporoderme épais; D, ascospores; E, germi.
nation d'une ascospore; F, péridium; G, poils : base, extrémité, coude.
Source : MNHN, Paris
KERNIA SETADISPERSA 31
leur surface (fig. A). Ces poils peuvent atteindre, en longueur, huit fois le dia-
mètre du carpe, ceux d'un même carpe ayant à peu près la même dimension.
Ils sont flexueux, parfois coudés, simples, rarement fourchus à l'extrémité,
septés, à diamètre généralement constant sur toute la longueur, à extrémité
légèrement effilée et arrondie, à base bulbeuse, à paroi lisse et épaisse (fig. G);
parfois, ils peuvent être atrophiés, voire même absents. Le péridium, pseudo-
parenchymateux, a plusieurs couches de cellules polyédriques. Les 2 ou 3
couches externes sont brun foncé, les couches internes sont hyalines. La paroi
des cellules de la couche externe est épaisse (fig. F).
Les asques (fig. C), nombreux, octosporés, formés en bouquets (fig. G)
sans ordre apparent dans l’ascocarpe, subglobuleux ou oblongs, ont une paroi
mince et évanescente.
Les ascospores (fig. D), unicellulaires, lisses, ovoïdes, à un pore germinatif,
ont, au début de leur formation dans l’asque, un sporoderme épais (fig. C)
qui s'amincit par la suite. Jeunes, elles sont hyalines et dextrinoides; mûres,
elles apparaissent jaune orangé (aurantiacus E7h) (2) par transparence et rousses
(russus V3g) en masse. Elles peuvent avoir 2-3 petits globules et des petites
bulles gazeuses ou «de Bary bubbles».
L3
genres Sla E
a| a ss a
ee | Sipe ME TES b
DESEE E E
ma nale E
malo 5/9|«|8
SONSTIGES SES
caractères distinctifs Se ess eR enn EN
ES) 6 od alale
slElalSs|al£|&
confluents en croûte H
D
9 |capillitium interne
fe
§ | péridium plectenchymateux +
ostiolés ZEE EXE:
sans pore *
1 pore 5 +
ü |2
È pores + + + *
à |symétriques ou presque fe eres
9 " T
9 | asymétriques oe Le jp E
S = ?
jaunâtre, orangé ou roux Sch ir
brun rouge + +
Ls
Source : MNHN. Paris
32 M. LOCQUIN-LINARD
Sur milieu gélosé à 1% de malt, entre lame et lamelle, à la température
de la pièce, un germe apparaît au niveau du pore germinatif après environ
36h, sur un nombre très limité de spores. C'est une petite sphère qui s'allonge
(fig. E) donnant un mycélium septé et ramifié. Ces conditions étant proba-
blement défavorables, le développement s'est vite arrêté. Actuellement, nous
n'avons pas obtenu le champignon en culture.
Le type de l'espèce a été isolé de crottes de chèvres (lot 309) récoltées en
1976, près de Sigus, Algérie, Afrique, par Mmes JOVET et BISCHLER que
nous remercions.
Les caractères que nous avons décrits montrent la proche parenté de ce
champignon avec certaines autres espèces de Kernia; il en diffère principalement
par la présence de longs poils dispersés sur le carpe.
Pour situer le genre Kernia au sein de la famille des Microascaceae Luttrell
ex Malloch (4), nous donnons un tableau des caractères distinctifs des genres,
caractères qui sont liés, comme on peut le constater, aux carpes, à la forme,
à la couleur et au nombre de pores des ascospores.
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w
Source : MNHN. Paris
33
URÉDINALES DU NÉPAL
par G. DURRIEU*
RÉSUMÉ. — Les matériaux pour une flore urédinologique du Népal sont présentés sous
forme d'une liste de plus de 150 espéces dont un grand nombre n'étaient pas encore connues
dans l'Himalaya. Plusieurs espèces nouvelles sont décrites : un Hapalophragmium, un Phrag-
midium, deux Ravenelia, Un nouveau binome est proposé : P. emodentis (=P. nitida Barcl.
non Rohl.).
Cette flore est constituée de trois grands ensembles biogéographiques trés distincts
par l'origine de leurs éléments constitutifs : l'un est tropical, le second, de moyenne altitude,
correspond aux étages subtropicaux et tempérés, le troisième à la haute montagne.
SUMMARY. — Material for a flora of Uredinales of Nepal are presented as a list of more
than 150 species, a great number of which was still unknown in Himalaya. Several new
species are described : one Hapalophragmium, one Phragmidium, and two Ravenelia. A new
name is proposed : P. emodentis (=P. nitida Barcl. non Rohl.).
‘This flora is constituted of three important biogeographical sets very different by the
origin of their constitutive elements : the first is tropical, the second, hills-inhabiting fits
with subtropical and temperate stages, the third occupies high mountains.
Les espèces signalées dans cet article ont été récoltées au cours de quatre
missions réalisées en mai-juin 1974, septembre à novembre 1976, septembre-
octobre 1977 et février-mars 1979 (1). Les régions visitées sont les suivantes
(l'indication entre parenthèses est celle, abrégée, qui sera utilisée ultérieurement
dans le texte).
- Teraï central dans le district de Bara, et oriental y compris les Siwaliks
(Bara, Ilam)
(1) Ces missions ont été réalisées et partiellement financées par le CNRS dans le cadre de
la RCP 253 puis du GRECO Himalaya Karakorum (CNRS).
* Laboratoire de Botanique, Université P. Sabatier, 39 Allée J. Guesde, 31000 Toulouse.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog., mycol.) TOME 1 (1980)
Source : MNHN. Paris
34 G. DURRIEU
- Dépression de la Rapti dans sa partie orientale: Hitauda, et dans le parc
national de Chitwan (Rapti)
- Chaînes du Mahabarat entre la route Kathmandu-Inde et la bordure sud
du bassin de Kathmandu (Mahabarat)
- Bassin de Kathmandu (Kathmandu)
- Vallée de la Trisuli et Bhote Kosi depuis Trisuli Bazar jusqu'au confluent
avec le Langtang (Trisuli)
- Vallée du Langtang (Langtang)
- Bassin de Pokhara (Pokhara)
- Versant sud du massif des Anapurna depuis la région de Pokhara jusqu'à la
vallée de la Kali Gandaki (Sud Anapurna).
- Vallée supérieure de la Kali Gandaki en amont de Ghasa jusqu'à Kagbeni
et Muktinath (Kali Gandaki)
- Vallée de la Marsyandi depuis ses sources jusqu'à sa basse vallée (Marsyandi).
Ces régions présentent une grande diversité de climats de sorte que les forma-
tions végétales rencontrées sont très diversifiées allant des forêts tropicales
aux pelouses alpines sans oublier les zones semi désertiques de la haute Kali
Gandaki. Pour plus de détail sur la végétation phanérogamique on se reportera
aux ourvrages et cartes de DOBREMEZ.
La liste présentée est évidemment encore très incomplète, seule une faible
portion du territoire népalais a été explorée; de plus l'étage alpin est très mal
représenté, les périodes de visites ont été ou trop précoces ou trop tardives
pour en permettre une étude convenable. Toutefois avec plus de 150 espèces
signalées, c'est de loin la première contribution importante à la mycoflore
phytopathogène du Népal. Il est ainsi déjà possible de faire une analyse succinte
de la composition biogéographique de cette flore et d'en dégager quelques
caractéristiques particulièrement nettes.
Dans les zones de basse altitude : Teraï, Siwaliks, bassin de la Rapti dont la
végétation est tropicale, la flore urédienne montre les mêmes affinités tropicales
et se compose d'espèces connues dans le reste du sous continent indien comme :
Hemileia holarrhenae Ravenelia tandonii
Kernkampella emblicae Scopellopsis dalbergiae
Ravenelia clemensiae Puccinia heterospora
Ravenelia evernia Puc. shiraiana. . .
1l est difficile de dire si les nouvelles espéces découvertes dans cette région :
Hapalophragmium nepalense, Ravenelia microcephala, R. pennatae, sont endé-
miques; il est trés possible qu'elles existent aussi en Inde, loin du Terai népalais.
Si l'on considére la flore des moyennes montagnes, correspondant aux étages
de végétation subtropicaux et tempérés, le tableau est alors totalement différent.
On trouve tout d'abord un contingent important d'espéces que l'on peut consi-
dérer comme endémiques himalayennes :
Melampsora ciliata Phragmidium rosae-moschatae
Melampsora sancti-johannis Puccinia ainsliaeae
Source : MNHN, Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 35
Thekopsora gaultheriae
Coleosporium himalayense
Coleosporium nepalense
Hamaspora nepalensis
Hamaspora dobremezii
Hamaspora viennotii
Phragmidium octoloculare
Phragmidium quinqueloculare
Puccinia commelinae
Puccinia emodensis
Puccinia heraclei-nepalensis
Puccinia holboelliae-latifoliae
Puccinia mallae
Puccinia pilearum
Puccinia saxifragae-ciliatae
auxquelles on peut rajouter quelques «Himalayennes» au sens large, répandues
jusque dans les montagnes du Yunan :
Chrysomyxa dietelii
Puccinia leucophaea
Phakopsora punctiformis
Coleosporium leptodermidis
Mais un phénomène également très frappant est la grande richesse de cette
flore en espèces dont la répartition s'étend sur une grande partie de l'Est Asia-
tique : Chine et Japon, en particulier :
Hyalospora hakodatensis
H. japonica
H. yamadana
Melampsora itoana
M. yoshinagai
Milesina coniogrammes
Pucciniastrum boehmeriae
P. aceris
P. corriarae
P. geranii-nepalensis
P. hydrangeae-petiolaris
P. miyabeanum
Thekopsora rubiae
Pucciniostele clarkiana
Uredinopsis intermedia
Phakopsora artemisiae
Coleosporium asterum
Coleosporium plectranthi
Blastospora smilacis
Hamaspora rubi-sieboldii
Miyagya anaphalidis
Pileolaria klugkistiana
Puccinia calumnata
Pucc. colletiana
Pucc. fagopyri
Pucc. polliniae
Pucc. roscoeae
Uromyces valerianae-wallichii
Ce contingent, particulièrement riche en Melampsoracées, voit son impor-
tance encore accrue si l'on remarque que certaines des espèces de la liste des
«endémiques» présentent des affinités systématiques trés marquées avec des
taxons extréme-orientaux. Par exemple Phragmidium quinqueloculare se rat-
tache au sous genre Phragmotelium dont les espèces voisines sont sino-japonaises
ou sud-est asiatiques.
Ce caractère «sino-japonais» résulte évidemment en grande partie d'une méme
richesse en éléments sino-japonais de la flore vasculaire. Mais il est confirmé
par l'examen comparatif de la répartition des hótes de certains de ces parasites :
leur aire s'étend vers l'ouest sur toute l'Europe tandis que l'Himalaya marque
la limite occidentale de l'extension du parasite, c'est par exemple le cas de :
Melampsora itoana sur Oxalis acetosella
Pucciniastrum aceris sur Acer.
P. corriarae sur Corriaria
Source
MNHN, Paris
36 G.DURRIEU
Phakopsora punctiformis sur Galium
Blastospora smilacis sur Smilax
Uromyces valerianae-wallichii sur Valeriana.
Par contre on ne peut relever la présence d'aucune espèce pour laquelle
on puisse considérer le rattachement à un cortège floristique plus occidental.
Celles qui sont communes avec les flores européennes ou moyen-orientales
comme :
Puccinia argentata Puccinia chrysosplenii
Puccinia chaerophylli Coleosporium campanulae
ont une répartition largement eurasiatique ou même circumboréale.
En ce qui concerne la flore de la haute montagne (étages subalpins et alpins)
les données beaucoup plus succintes ne permettent pas, pour le moment des
conclusions très nettes.
En plus de quelques endémiques, ou supposées telles : Puccinia anapurnae,
Puccinia manangensis, Puccinia nepalensis, Puccinia taylorii, Phragmidium
cinnamomeum, Melampsora ribis, on trouve des espèces arctico-alpines : Puccinia
albulensis, Puccinia gibberulosa, Puccinia septentrionalis, Uromyces hedysari-
obscuri ou boréo-alpines : Puccinia gentianae, Uredo alpestris. Tandis que Pucci-
nia thuemeniana qui était considéré jusqu'à présent comme eurosibérienne serait
plutôt un élément d'affinité centre-asiatique. On ne peut guère noter, comme
espèce d'affinité orientale, que Hyalopsora japonica.
On ne semble donc pas retrouver la remarquable richesse en espèces sino-
japonaises observée pour la flore de moyenne altitude. Toutefois il est possible
qu'une connaissance plus poussée de ces régions de haute altitude vienne modi-
fier cette première esquisse.
Il n'est, pour le moment, pas possible de différencier clairement les zones
xériques à climat de type thibétain, des zones plus humides des vallées internes
ou des versants sud, sur la seule composition des flores urédinologiques (excepté
Puccinia thuemeniana). Par contre la différence ressort d'une étude globale de
la végétation phytopathogène par une plus grande richesse relative en Erysi-
phacées sous climat sec.
On peut conclure qu'il est possible, dans l'état actuel de nos connaissances,
de distinguer dans la flore des Urédinales népalaises trois grands ensembles
biogéographiquement bien distincts :
- Celui des basses altitudes, tropicales, à affinités surtout indiennes.
- L'ensemble des basses et moyennes montagnes subtropicales et tempérées
marqué d'un fort endémisme et très riche en éléments sino-japonais.
- Un ensemble de hautes montagnes encore mal connu mais qui pourrait
se caractériser par ses endémiques et des espèces arctico-alpines.
Source : MNHN. Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 37
MELAMPSORACÉES (s. l.)
Hyalopsora bakodatensis Hirats. f.
sur Athyrium acrostichoides (Sw.) Diels. — Kathmandu, butte de Gongabu,
27/9/76.
Urédospores 24-32 x 12-18um, à surface finement verruqueuse. N'était
connu qu'en Extréme Orient: Formose, Japon, Corée, Ussuri (HIRATSUKA,
1958).
Hyalopsora japonica Diet. (= Uredo kaikomense Hirats. f.)
sur Crypsinus malacodon (Hook.) Copel. — Langtang : près de Kiagjin Gom-
ba, 3800 m, 5/10/76.
C'est la première fois que cette rouille est signalée hors de sa localité type
(au Japon). La récolte ne contient que des amphispores, elles sont anguleuses,
souvent atténuées à la base, elles mesurent 37-50 x 18-29um, leur paroi lisse est
épaissie à l'apex (jusqu'à 84m) et à la base (jusqu'à 134m) ailleurs son épaissis-
seur est comprise entre 1,5 et 3um.
Hyalopsora yamadana Hirats. f. (= Uredo yamadana Hirats. f.)
sur Coniogramme affinis (Wall) Hiron. — Marsyandi: entre Bagarchap et
Chame, 2200-2600 m, 4/10/77.
Urédospores ovoïdes: 23-35 x 16-214m, paroi mince, verruqueuse, n'était
encore connue qu'en Chine et au Japon.
Melampsora ciliata Barcl.
sur Populus ciliata Wall. — Marsyandi : autour de Chame 2600 à 3000 m, 3
et 4/10/77.
Espèce connue dans tout l'Ouest de l'Himalaya du Cachemire au Kumaon. Au
Népal je ne l'ai pas observée dans la haute vallée de la Kali Gandaki au climat
beaucoup plus sec que celui de la Marsyandi.
Melampsora euphorbiae Cast.
sur Euphorbia hypericifolia L. — Rapti: près d'Hitauda 17/2/79 — Kath-
mandou, 15/10/77.
sur Euphorbia wallichii Hook. f. — Marsyandi : amont de Chame, 2900m,
3/10/77.
Melampsora itoana Hirats.
sur Oxalis acetosella L. subsp. griffithii (Edg. et Hook. f.) Hara — Sud Ana-
purna: crête sud du Machapuchare, 2250 à 2800m, 23 et 25/10/76; Ulleri,
2200m, 24/9/77.
Espèce microcyclique dont les télies de petites dimensions sont réunies en
grand nombre et couvrent une bonne partie du limbe.
Source : MNHN. Paris
38 G. DURRIEU
Sa répartition connue se limitait au Japon et à l’Ussuri.
Melampsora kusanoi Diet. (= Uredo hyperici - mysorensis Petch?)
sur Norysca urala (Buch-Ham.) K. Koch (= Hypericum patulum Thunb) —
Trisuli: près de Ramche, 1600 m, 23/5/74.
sur Hypericum japonicum Thumb et Murray (= Sarothra laxa (Blume)
Kimura) — Pokhara : Hyengja, rizières, 1100m, 22/10/76.
Urédospores échinulées mesurant 22-23 x 18-21um dans la première récolte
et 18-22 x 15-19um dans la seconde. Paraphyses claviformes ou capitées attei-
gnant 704m de long et 14 à 201m de diamètre au sommet avec une paroi
épaisse (jusqu'à 104m).
Je n'ai pu comparer avec les échantillons originaux de ces deux espèces mais
d'après les descriptions la synonymie paraït vraisemblable. M. kusanoi est connu
sur divers Hypericum en Asie orientale et centrale, l'Uredo dans le Sud de
l'Inde, Sri Lanka et a déjà été signalé au Népal (BALFOUR-BROWNE, 1968).
N. urala est un hôte nouveau.
Melampsora ribis Durr.
sur Ribes takara Hora — Sud Anapurna : crête sud du Machapuchare, 3200m,
24/10/76.
Cette espèce microcyclique récemment décrite (DURRIEU, 1979) a des
téliospores sous épidermiques, longues de 30 à 53um sur 8 à 16m de diamètre,
à parois minces sans épaississement apical. Elle s'apparente à M. ribesii-epitea
macrocyclique, hétéroxène.
ii-
Melampsora sancti-joabnnis Barcl. (= Chnoopsora s.-j. (Barcl.) Diet.)
sur Norysca urala (Buch.-Ham.) K. Koch - Trisuli : Grang, 1900 m; Thare,
2000m, 24/5/74 — Langtang: près de Syarpagaon, 2700 m, 25/5/74 — Maha-
barat: entre Daman et Symbhanjyang, 2300-2400 m, 15/10/76; Phulchaucki
Danda, 2000m, 31/10/76.
Toutes les récoltes printanières ne comportent que des téliospores dévelop-
pées sur des pousses souvent très déformées. Les écies n'ont été observées qu’au
mois d'octobre. Déjà connu dans une grande partie de la chaine himalayenne
depuis Simla jusqu’en Assam.
Melampsora yosbinagai Henn
sur Wikstroemia canescens Meissn. — Mahabarat : entre Daman et Symbhan-
jyang, 2300 m, et crête à l'Est du Symbhanjyang, 2400m, 15/10/76; Chandragiri
Danda, versant sud du col de Thankot, 2000-2300m, 17/10/76 — Sud Anapurna:
Ulleri, 2200m, 24/9/77 — Kali Gandaki: Kalo Pani, 2500m, 27/9/77.
Ce parasite semble aussi largement répandu que son hôte, déjà connu dans
l'Ouest de l'Himalaya. Sa répartition atteint le Japon vers l'Est.
Melampsora sp.
sur Salix calyculata Hook. — Langtang : Kiangjing Gomba vers le glacier du
Source : MNHN Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 39
Langtang, 4000m, 6/10/76 — Marsyandi : vallée de la Jangena Khola, en amont
de Manang, 4100-4200 m, 1/10/77.
sur Salix daltoniana Anders. — Langtang: environs de Kiangjing Gomba,
3700 m, 2/10/77.
sur Salix sp. — Mahabarat: Symbhanjyang, 2400m; Thankot, Chandragiri
Danda, 17/10/76.
La systématique des Rouilles des Saules himalayens n'est pas encore bien
établie et pour le moment je ne me risque pas à donner des déterminations
spécifiques.
Milesina carpatbica Wrobl.
sur Dryopteris sp. — Sud Anapurna : Naudanda, 1400 m, 22/9/77. Espèce
eurasiatique nouvelle pour le sous-continent indien.
Milesina coniogrammes Hirats. f.
sur Pteris cretica L. — Langtang: fond de la vallée, vers 2000m, 9/10/76.
L'Inde et le Népal représentent la limite ouest de l'aire du parasite, alors que
l'hôte atteint le bassin de la Méditerranée.
Milesina philippinensis Syd. (= Uredo tenuis (Faull.) Hirats.)
sur Nephrolepis cordifolia Presl, — Sud Anapurna : entre Khare et Birethanti,
1600m, 23/9/77.
Cette Urédinale est rapportée au genre Milesina, mais n'est connue que sous
la forme urédo. Elle est nouvelle pour l'Asie continentale, jusqu'à présent elle
n'était signalée que de la bordure insulaire du Pacifique: Ryu-Kyu, Formose,
Philippines.
Pucciniastrum aceris Syd.
sur Acer cappadocicum Gled. — Marsyandi: entre Thonje et Chame, 2400m,
4/10/77.
sur Acer pectinatum Wall. — Sud Anapurna: forêt de Ghorepani, 2400 à
2700 m, 24/9/77.
sur Acer sterculianum Wall. — Marsyandi: en aval de Chame, 2600m, 4/10/77.
Cette rouille découverte d'abord dans l'Himalaya existe également au Japon,
sa présence en Chine paraît tout à fait vraisemblable. Elle ne couvre donc qu'une
partie réduite de l'aire du genre Acer.
Pucciniastrum agrimoniae (Diet.) Tranzs.
sur Agrimonia pilosa Ledeb. — Kathmandou: Balaju 19/9/77; forêt de
Gorkana, 13/10/77.
Pucciniastrum boebmeriae Syd.
sur Boehmeria macrophylla Don. — Ilam : Siwaliks au Nord de Sanichare,
500 m, 1/3/79.
sur Boehmeria platyphylla Don. — Sud Anapurna : au-dessus d’Ulleri, 2100m,
Source : MNHN. Paris
40 G. DURRIEU
24/9/77. Ilam : Siwaliks au Nord de Sanichare, 300m, 28/2/79.
Espèce nouvelle pour l'Asie continentale, qui n'était connue comme Milesina
philipppinensis que sur la bordure insulaire du Pacifique, du Japon jusqu'à la
Nouvelle Guinée et la Nouvelle Calédonie,
B. macrophylla et B. platyphylla sont des hôtes nouveaux,
Pucciniastrum circeae (Wint.) Speg.
sur Circaea lutetiana L. — Mahabarat : crête à l'Est de Symbhanjyang, 2400m,
15/10/76 — Sud Anapurna : crête Sud du Machapuchare, 2300m, 23/10/76,
Pucciniastrum coriariae Diet.
sur Coriaria nepalensis Wall — Trisuli, entre Bargu et Syapru, 2100 à 2400m,
1/10/76 Marsyandi : amont de Bulbulee, 1100m, 6/10/77; aval de Chame,
2800m, 4/10/77.
Cette Rouille connue en Extrême Orient : Chine, Japon, Formose, Philippines
est nouvelle pour l'Himalaya qui semble marquer la limite occidentale de son aire.
Pucciniastrum geranii-nepalensis Hirats. f. (= Uredo gn, Hirats. f. et Yoshinaga)
Sur Geranium nepalense Sw. — Kali Gandaki: amont de Kalo Pani, 2500m:
27/9177.
Urédosores ne s'ouvrant que Par une petite ostiole, les urédospores mesurent
26-35 x 20-25um.
Cette espèce n'était jusqu'à présent connue qu'au Japon.
Pucciviastrum hydrangeae-petiolaris Hirats. f.
sur Hydrangea aspera Don. — Mahabarat : Chandragiri Danda, 1800-2300 m,
17/10/76.
sur Hydrangea heteromalla Don. — Sud Anapurna: crête Sud du Machapu-
chare, 3200m, 25/10/76.
Encore un parasite à répartition Extréme orientale (Chine, Formose, Japon)
nouveau pour l'Himalaya. Les deux hôtes sont aussi nouveaux,
Pucciniastrum isbikariense Hirats. f. (= Uredo ish. Hirats. f.)
sur Goodyera repens (L.) R. Br. — Sud Anapurna: crête sud du Machapuchare.
Les Urédospores mesurent 18-25 x 16-20um, c'est à dire qu’elles sont nette-
ment plus courtes que celles de P. goodyerae (Tranzs.) Arth.: 23-34 x 16.21.
Cette dernière espèce est connue en Amérique du Nord et en Europe, tandis
que P. ishikariense déjà signalé au Japon et à Formose est nouveau pour l'Hima-
laya.
Pucciniastrum miyabeanum Hirats.
sur Viburnum erubescens Wall. — Sud Anapurna : crête sud du Machapuchare,
2800-2900 m, 24/10/76.
Comme les précédents, ce Pucciniastrum n'était encore connu qu'en Extréme
Orient (archipel japonais).
Source : MNHN, Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 41
Thekopsora gaultheriae Syd. (= Uredo gault. (Syd.) Hirats. f.)
sur Gaultheria nummularioides Don. — Sud Anapurna : crête sud du Macha-
puchare, 2900-3000, 24/10/76 — Marsyandi : aval de Chame, 2800m, 4/10/77.
Endémique himalayenne, décrite sur des échantillons provenant du Kumaon.
Thekopsora rubiae Kom.
sur Rubia cordifolia L. — Langtang: en aval de Gora Tabela : 2700-3000m,
4/10/76.
Espèce nouvelle pour l'Himalaya où elle suit son hôte depuis l'Ussuri, la
Corée, la Mandchourie et le Japon en passant par la Chine.
Thekopsora vaccinii (Wint.) Hirats. f.
sur Lyonia ovalifolia (Wall.) Drude — Mahabarat : Tistung 1800m, 20/2/79.
sur Pieris formosa (Wall.) Don. — Sud Anapurna : créte Sud du Machapuchare,
3200 m, 24/10/76.
Malgré sa répartition circumboréale et ses nombreux hótes cette Rouille
n'avait jamais été signalée dans l'Himalaya.
Les deux plantes citées sont également des hótes nouveaux.
Uredinopsis basbiokai Hirats. f.
sur Pteridium aquilinum (L.) Kuhn. var. wightianum Tryon. = Trisuli: entre
Grang et Thare, 1900-2100 m.
U. hashiokai décrit sur la méme variété de Pteridium en provenance de
Formose n'était connu que de cette ile. Mais à Hawai et dans l'Ouest de l'Amé-
rique du Nord se trouve U. aspera Faull parfois mis en synonymie.
Uredinopsis intermedia Kamei
sur Athyrium sp. — Mahabarat: crête à l'Est de Symbhanjyang 2400m,
15/10/76.
Espéce connue du Japon et de l'Ussuri, nouvelle pour l'Himalaya.
Uredinopsis pteridis Diet et Hol. (— U. macrosperma (Cooke) Magn.)
sur Pteridium aquilinum (L.) Kuhn. var. wightianum Tryon — Trisuli : entre
Betrawati et Manigaon, 1000m, 30/9/76.
Les urédospores sont atténuées en pointe à l'apex alors qu'elles sont arrondies
chez U. hashiokai. A la différence de ce dernier U. pteridis est une espéce à vaste
répartition : Europe, Amérique, Afrique et Asie où elle est déjà connue dans
le Sud de l'Inde.
Phakopsora artemisiae Hirats
sur Anaphalis araneosa DC. — Sud Anapurna : Armala, crête Sud du Machapu-
chare entre 1700 et 2100 m, 23/10/76.
Téliospores disposées en plusieurs couches, mesurant 21-28 x 11-164m,
paroi épaissie à l'apex (jusqu'à 54m). Ce parasite est signalé sur plusieurs genres
Source : MNHN. Paris
42 G.DURRIEU
de Composées : Artemisia, Aster, Chrysanthemum au Japon, en Chine et en
Inde (Himalaya), Anaphalis est un hôte nouveau.
Phakopsora cronartiiformis Diet.
sur Parthenocissus semicordata (Laws.) Planch. — Mahabarat: versant nord
du col de Chisapani, 1600-2000 m, 16/10/76; Phulchauki Danda, 2000m, 31/10/
76 — Trisuli: Plusieurs stations de Bargu à Dumche de 1800 à 2000 m, 1 et 2/
10/76 — Langtang: aval de Gora Tabela, 2700 à 3000 m, 4/10/76 — Sud Ana-
purna: crête sud du Machapuchare, 2300m, 23/10/76; au-dessus d’Ulleri, 2200m;
24/9/77; entre Tato Pani et Titre, 1400m, 26/9/77 — Marsyandi: en aval de
Chame 2600-2800 m, 4/10/76.
Cette espéce est trés facile à reconnaitre en raison des urédospores qui
restent aglomérées en formant un court filament. Elle est fréquente dans toutes
les zones forestières subtropicales et tempérées où abonde l'hóte.
Pbakopsora incompleta (Syd.) Cumm.
sur Microstegium ciliatum (Trin. Camus — Pokhara, 900m, 21/10/76.
Espèce paléotropicale déjà connue en Inde.
Pbakopsora punctiformis (Barcl. et Diet.) Diet.
sur Galium asperifolium Wall. — Trisuli: entre Ramche et Grang, 1900m,
1/10/76 — Marsyandi : Chame, 2800 m, 4/10/77.
Cette Rouille décrite dans l'Ouest de l'Himalaya, a été aussi rencontrée en
Chine occidentale.
Pbysopella ampelopsidis (Diet. et Syd.) Cum. et Ram.
sur Parthenocissus semicordata (Laws.) Planch. — Kali Gandaki: entre
Ghassa et Lete, 2200 m, 27/9/77; en amont de Kalo Pani, 2500 m, 27/9/77.
Cronartium quercuum (Berk.) Miy.
sur Quercus semecarpifolia Smith — Langtang, prés de Syarpagaon, 2300m,
4/10/76.
Les urédospores mesurent 20-30(33) x 14-19um, leurs dimensions sont donc
plus importantes que celles généralement observées pour cette espéce. Elles se
rapprochent de celles connues pour C. conigenum Hedgc. et Hunt. ou C. strobi-
linum Hedge. et Hahn, espèces uniquement répandues en Amérique centrale,
Mexique et Sud des USA. D'autre part, C. quercuum a déjà été signalé en Assam
oü il se développe sur le couple d'hôtes Pinus insularis Engl. et Quercus griffi-
thii Hook. f. (BAGHEE, 1950). Ici le seul Pin croissant à proximité immédiate
est P. excelsa Wall. (à 5 feuilles) or la forme écienne n'est jusqu'à présent connue
que sur des Pins à 2 feuilles. A quelques kilomètres de là à vol d'oiseau, et
300 mètres plus bas en altitude, existe aussi P. roxburghii Sarg. (à 3 feuilles).
Cronartium ribicola Fries
sur Ribes luridum. — Marsyandi: vallée du Jargena Khola, 4100-4200 m,
1/10/77; amont de Manang, 3800 m, 2/10/77.
Source : MNHN, Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 43
sur Ribes takara. — Sud Anapurna : crête sud du Machapuchare, 2800-2100m
et 3200 m : 24/10/76.
sur Ribes sp. — Sud Anapurna : au-dessus d'Ulleri, 2300m, 24/9/77.
Dans la seule récolte contenant des urédospores (Jargena Khola) celles-ci
sont de grandes dimensions: 24-34 x 15-21 4m, comme cela a déjà été constaté
sur d'autres échantillons provenant de l'Himalaya. D'autre part la forme écienne
correspondante semble être Peridermium indicum Colley et Taylor sur Pinus
excelsa Wall. nettement différente de celle de Cronartium ribicola. Il est donc
fort probable que l'on soit en présence d'un taxon distinct comme PETERSON
en a émis l'hypothèse.
Coleosporium asterum (Diet.) Syd.
sur Aster tricephalus Clarke — Mahabarat: Chandragiri Danda, 1800-2300m,
17/10/76; à l'Est du col de Symbhanjyang, 2400m, 16/10/76. — Sud Anapurna:
entre Tato Pani et Titre, 1300m, 26/9/77.
sur Aster trinervius Roxb. — Kali Gandaki: entre Ghasa et Lete, 2200m,
27/9/77. — Marsyandi: amont de Chame, 2900m, 4/10/77.
sur Aster sp. — Langtang: entre Bargu et Syapru, 2300m, 3/10/76.
Cette Rouille dont la répartition était connue en Extrême Orient depuis
Sakhaline jusqu'en Chine est nouvelle pour l'Himalaya.
Coleosporium bletiae Diet.
sur Habenaria pectinata Don. — Trisuli: en aval de Bargu, 1800 m, 2/10/76.
MUNDKUR et THIRUMALACHAR ont décrit un Coleosporium satyrii
qui se distingue des autres espèces décrites sur Orchidacées par des télies amphi-
gènes contenant des téliospores à apex non épaissi. Ici les sores sont hypophylles
et la paroi des téliospores est nettement épaissie à l’apex. C. bletiae est nouveau
pour l'Himalaya.
Coleosporium campanulae (Pers.) Lev.
sur Campanula canescens Wall. — Kathmandou, 28/9/76. — Trisuli: en aval
de Bargu, 1800m, 2/10/76; entre Grang et Thare, 2000m, 1/10/76. — Langtang:
entre Bargu et Syapru, 2300m, 3/10/76. — Pokhara: Balichaur, 1000m, 10/5/
74. Sud Anapurna entre Tato Pani et Titre, 1400m, 26/9/77. — Kali Gandaki:
entre Larjung et Marpha, 28/9/77. — Marsyandi: en aval de Thonje, 1800m,
5/10/77.
sur Campanula colorata Wall. — Mahabarat: entre Daman et Symbhanjyang,
2300m, 15/10/76; crête à l'Est de Symbhanjyang, 2400m, 16/10/76; Phul-
chauki Danda, 2500m, 31/10/76. — Trisuli: entre Ramche et Grang, 1900m,
1/10/76. — Langtang : crête au Sud Ouest de Syarpagaon, 25/5/74; fond de la
vallée de 2700 à 3300m, 4/10/76. — Sud Anapurna : crête sud du Machapuchare
de 1700 à 3000m, 23 et 24/10/76; Ulleri, 2200m, 24/9/77; versant ouest du
col de Ghorepani, 2400 à 2800m, 25/9/77. — Kali Gandaki : en aval de Larjung,
27/9/77.
sur Campanula silvatica Wall. — Trisuli: en aval de Bargu, 1700 m, 24/5/74.
Source : MNHN. Paris
44 G. DURRIEU
sur Lobelia pyramidalis Wall. — Mahabarat: crête à l'Est de Symbhanjyang,
2400 m, 16/10/76. — Langtang: près de Syapru, 2000 m, 16/10/76. — Sud Ana-
purna: Ulleri, 2200m, 24/9/77.
sur Pratia anummularia (Lam.) A. Br. et Asch. Kathmandou: entre Batgaon
et Changu, 1300-1400 m, 3/10/76. Pratia est probablement un hóte nouveau.
Coleosporium clematidis (Thum.) Barcl.
sur Clematis connata DC. — Sud Anapurna : au-dessus d'Ulleri, 2100 à 2300m,
24/9/77.
sur Clematis gouriana Roxb, — Rapti: parc de Chitwan prés de Dumara,
26/2/79. llam: Badamptar, 400m : 1/3/79,
sur Clematis grata Wall. — Sud Anapurna: aval des gorges de la Kali Gandaki,
1500m, 26/9/77.
sur Clematis grewiaeflora Dc. — Kathmandou: entre Batgaon et Changu,
1300-1400m, 30/10/76, Budanilkantha, 1500m, 24/3/75; Sundarijal, 18/3/75.
— Sud Anapurna: Seti Khola en amont de Barbaree, 1400m, 11/5/74; Chitre,
2100-2300m, 25/9/77. — Kali Gandaki: entre Ghasa et Lete, 25/9/77.
sur Clematis montana Buch.-Ham. _ Mahabarat: crête à l'Est de Symbhan-
jyang, 2400m, 15/10/76; Phulchauki Danda, 2000 à 2500m, 31/10/76. Trisuli:
en amont de Thare, 2000m, 24/5/74. — Sud Anapurna: crête sud du Macha-
puchare, 3200m, 25/10/76. — Marsyandi: Chame, 2600 à 2800m; 4/10/77.
sur Clematis buchananiana De. — Mahabarat: Phulchauki, Danda, 2600m,
31/10/76. — Trisuli: entre Grang et Thare, 2000m, 1/10/76. — Kali Gandaki:
entre Ghasa et Lete, 2000-2300m, 27/9/77.
L'aire de cette Rouille s'étend sur P
Est et le Sud Est Asiatique et sur l'Afrique
du Sud. L’Himalaya marque la limite
de son extension vers l'Ouest en Eurasie.
Coleosporium inulae (Kunze) Rab.
sur Inula cappa Dc. — Trisuli: Ramche, 1400 à 1700m, 1/10/76: en aval e
Bargu, 1800m, 2/10/76. - Sud Anapurna: Armala, 1700-2100 m, 23/10/76;
Gorges de Bhurungdi près de Bhiretanti, 1100-1300m, 23/9/77; entre Tato
Pani et Titre, 1300m, 26/9/77.
Coleosporium leptodermidis (Barcl.) Syd.
sur Leptodermis lanceolata Wall. _ Mahabarat: à l'Est du Symbhanjyang,
2400m, 15/10/76. — Trisuli: de Ramche à Thare, 1400 à 2000m, 1/10/76. —
Langtang: en amont de Gora tabela, 3300m, 4/10/76. — Sud Anapurna: Ulleri,
2200m, 24/9/77; Chitre, 2200m, 25/9/77. Gorges de la Kali Gandaki, 1500m,
26/9/77. — Kali Gandaki: entre Ghasa et Lete, 2000-2300m, 27/9/77; entre
Jharkot et Muktinath, 3600m, 29/9/77. _ Marsyandi: amont de Chame, 2900m,
3/10/77; en aval de Thonje, 1700m, 5/10/77.
Coleopsorium myriactidis Syd.
sur Myriactis nepalensis Lass
URÉDINALES DU NÉPAL 45
Mahabarat: entre Daman et Symbhanjyang; 2300-2400m, 15/10/76; Phul-
chauki Danda, 2600m, 31/10/76. — Langtang: fond de la vallée, 2200-2500m,
4/10/76. — Sud Anapurna : Ghorepani, 2400-2800m, 25/9/77.
Coleosporium nepalense Durrieu (1979)
sur Thunbergia cf. lutea Anders. — Trisuli: entre Thare et Dunche, 2000m,
2/10/76.
Coleosporium pedicularidis Tai
sur Pedicularis bifida (D. Don.) Pen
Trisuli: entre Thare et Dunche, 2000m, 2/10/76; — Langtang: entre Bargu
et Syapru, 2300m, 3/10/76. — Kali Gandaki: entre Ghasa et Lete, 2200m,
27/9/77. = Marsyandi: en aval de Thonje, 1800 m, 5/10/77.
sur Pedicularis gracilis Wall.
Mahabarat: à l'Est de Symbhanjyang, 2400m, 16/10/76; Kulikhani, 1600m,
17/10/76; Phulchauki Danda, 2500m; 31/10/76. — Trisuli: entre Grang et
Thare, 2000m, 1/10/76; Langtang: entre Bargu et Syapru, 2300m, 3/10/76; en
amont de Langtang, 3400-3600m, 5/10/76. — Marsyandi: amont de Chame,
2800m, 3/10/77; aval de Thonje, 1800m, — 5/10/77.
Coleosporium pedicularidis a souvent été confondu avec C. euphrasiae (Schum.)
Wint. (= C. rhinantacearum Lev.) si les différences morphologiques semblent
peu importantes la distinction est nette sur le plan biologique et biogéogra-
Phique : Dans l'Himalaya les nombreux Euphrasia qui croissent souvent au voisi-
nage immédiat de Pedicularis ne sont pas infectés, alors que l'on a le phénomène
inverse en Europe. La carte montre que l'aire de cohabitation des champignons
est assez réduite.
d Il faut noter que la différence essentielle se trouve peut-être au niveau des
Stes écidiens: pour C. euphrasiae, il s'agit de Pinus silvestris et P. montana.
Or ces Pins, ni aucun autre Pin à deux aiguilles, n'existent au Népal.
Coleosporium plectranthi Barcl.
Sur Plectranthus striatus Benth. (= Rabdosia lophanthoides Hara). — Maha-
barat: à l'Est de Symbhanjyang, 2400m, 15/10/76; Kulikhani, 1500-1600m,
17/10/76; Phulchauki Danda, 2000m, 31/10/76. — Kathmandou; vers Dakshin-
kuli, 1600m, 12/10/76. — Trisuli: de Ramche à Thare, 1900-2000m, 1/10/76;
anigaon, 1200m, 30/9/76. — Langtang: entre Bargu et Syapru, 2300m,
3/10/76, — Sud Anapurna: entre Lachok et Armala, 1500-1700m, 22/10/76,
crête sud du Machapuchare, 2100m, 23/10/76. — Pokhara: rives du lac, 900m,
28/10/76. — Marsyandi: en amont de Jagat, 1500m, 5/10/77.
sur Plectranthus ternifolius D. Don (= Rabdosia tern. Hara). — Mahabarat:
Phulchauki Danda, 1600m, 31/10/76. — Kathmandou: vers Dakshinkuli, 1600m,
12/10/76, _ Langtang: entre Bargu et Syapru, 2300m, 3/10/76. — Sud Ana-
Purna: Armala, de 1500 à 2100m, 23/10/76.
b Les diverses espèces de Coleosporium décrites sur Labiées vivent toutes à
exception d'une, sud-américaine, en Asie orientale et l'Himalaya marque la
46 G. DURRIEU
limite de leur extension vers l'Ouest.
Coleosporium senecionis (Pers.) Fries
sur Senecio acuminatus Wall. — Marsyandi: Thonje, 1900-2100m, 4/10/77.
sur Senecio alatus Wall. — Langtang: aval de Gora Tabela, 2700-3000m,
4/10/76. — Sud Anapurna: crête sud du Machapuchare, 2900-3000m, 24/10/
76; forêt de Ghorepani, versant Ouest, 2400-2800m, 25/9/77.
Sur Senecio candolleanus Wall. — Langtang: aval de Gora Tabela, 2700-
2900m, 4/10/76. — Marsyandi: en amont de Chame, 2800-3000m, 3/6/77.
Sur Senecio chrysanthemoides De. — Sud Anapurna: forêt de Ghorepani,
2500m, 24/9/77.
Sur Senecio diversifolius Wall. — Langtang: aval de Gora Tabela, 2700-
3000m, 4/10/76. - Sud Anapurna: crête sud du Machapuchare, 2900-3000m,
24/10/76. — Kali Gandaki: en amont de Kalo Pani, 2500m, 26/9/77. Marsyandi:
en amont de Chame, 2900m, 3/10/77.
BAGCHEE (1950) a décrit Coleosporium barclayense sur le couple d'hôte
P. excelsa - Senecio rufinervis dans l'Ouest de l'Himalaya. La distinction morpho-
logique avec C. senecionis me semble difficile.
Coleosporium bimalayense Durrieu
sur Pinus excelsa Wall.
Depuis sa découverte dans la vallée de Langtang (DURRIEU, 1977), je n'ai
pas retrouvé cette rouille microcyclique. Cela provient très probablement de ce
que sa période de développement est brève, débutant un peu avant le début
de la mousson. Mes visites ultérieures se sont déroulées après la période de
mousson, époque oü le parasite n'est plus visible.
Coleosporium sp. (forme Peridermium)
sur Pinus roxburghii Sarg. — Mahabarat: Tistung, 1800m, 20/2/79. — Trisuli:
entre Dumche et Barghu, 1900m, 24/5/74; entre Mangal et Khangjung, 1800m,
25/5/74.
Les éciospores mesurent 25-30 (40) x 19-254m; on ne peut les rattacher
à aucune des espèces pour lesquelles on connait bien les écies. Les formes
urédotéliennes rencontrées dans les environs de ces stations sont très nom-
breuses: C. bletiae, C. campanulae, C. clematidis, C. inulae, C. leptodermidis,
C. plectranthi, C. pedicularidis. . .
Chrysomyxa dietelii Syd.
sur Rhododendron arboreum Smith. — Mahabarat, col de Symbhanjyang,
2400m, 7/10/76. — Trisuli, près de Bokhajunda, 2000m, 24/5/74. — Vallée
du Langtang, 2100m, 7/10/76. — Sud Anapurna: crête sud du Machapuchare,
2200 à 2800m, 23-25/10/76.
Les urédos sont d’abord protégés par un péridium hémisphérique, fragile,
assez difficile à déceler sur les sores plus âgés. Les télies ont également une
forme hémisphérique.
Source : MNHN, Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 47
Carte 1, — Répartition de Coleosporium sur Euphrasia (+) et Pedicularis (o).
Chrysomyxa rbododendri de By?
sur Rhododendron barbatum Wall. — Langtang, en aval de Gora Tabela,
2700-3000m, 26/5/74 et 4/10/76. — Sud Anapurna, crête Sud du Machapu-
chare, 3200m, 24/10/76. Se distingue parfaitement du précédent par l'absence
de péridium autour des urédos et des télies applaties très petites: 0,1 à 0,3 mm
de diamètre. Il ressemble beaucoup aux spécimens européens de la Rouille
des Rhododendrons.
Chrysomyxa sp.
sur Rhododendron campanulatum D. Don. — Langtang, près de Kiangjin
Gomba, 4200m, 5/10/76.
sur Rhododendron lepidotum Wahl. — Langtang, de Gora Tabela à Kiangjin
Gomba, 3000 à 4000m, 27/5/74, 4 au 6/10/76.
sur Rhododendron setosum D. Don. — Langtang, près de Kiangjin Gomba,
3800m, 5/10/76.
Source : MNHN. Paris
48 G. DURRIEU
Ces récoltes, toutes dépourvues de télies, appartiennent à plusieurs espèces.
En particulier celle sur Rh. campanulatum pourrait être identique à Aecidium
rhododendri Barcl., mais l'absence de spermogonies permet de penser qu'il
s'agit en fait d'un stade urédo.
PUCCINIACÉES (s. l.)
Blastospora smilacis Diet.
sur Smilax menispermoidea DC. — Mahabarat: Chandragiri Danda, 1800-
2300m, 17/10/76; Pulchauki, 2500m, 31/10/76, col de Symbhanjyang, 2300m,
16/10/76. — Trisuli: Bokhajunda, 2000 m, 24/5/74; entre Bargu et Syapru,
2300m, 3/10/76. — Sud Anapurna: Ulleri, 2200m, 24/9/77. — Kali Gandaki:
Ghasa, 1800m, 26/9/77. — Marsyandi: Thonje, 1900-2100m, 4/10/77.
sur Smilax glaucophylla Klotz. — Mahabarat: entre Symbhanjyang et le col
de Chisapani, 2400m, 16/10/76. — Sud Anapurna; au-dessus d’Armala, 1700-
2100m, 22/10/76. — Kali Gandaki entre Ghasa et Lete, 2200m, 27/9/77.
sur Smilax lancaefolia Roxb. — Sud Anapurna: crête sud du Machapuchare,
2200 à 2500m, 23/10/76.
Le genre Blastospora ne possède que deux espèces, parasitant toutes deux
les Smilax (Mains). Il n'était jusqu'à présent connu qu'au Japon. Son abondance
au Népal laisse penser qu'il existe également dans les montagnes d'Asie Orien-
tale.
Gerwasia rubi Racib.
sur Rubus lanatus Wall., R. paniculatus Sm., R. reticulatus Wall, et R. treut-
leri Hook. f. Nombreuses localités dans le Mahabarat, la Trisuli, le Langtang et
Sud Anapurna (DURRIEU, 1977) de l'étage subtropical à la base du monta-
gnard.
Cette Rouille dont la répartition s'étend de l'Indonésie à la Chine était déjà
connue dans l'Himalaya sous la forme urédo (Phragmidium incompletum Barclay).
Hamaspora
Les diverses espèces népalaises d'Hamaspora (H. dobremezii, H. nepalensis,
H. rubi-sieboldii, H. viennotii) ont été décrits dans une publication antérieure
(DURRIEU, 1977).
Hapalopbragmium nepalense n. sp. (fig. 1)
sur Derris cuneifolia Benth. — Rapti: forêt, près de Sauraha, dans le parc
national de Chitwan, 180m, 25/2/79.
Les urédos sont peu nombreux, dispersés à la face inférieure des feuilles
de petite taille: 0,2-0,5mm, entourés par l'épiderme éclaté, leur couleur est
canelle clair. Les urédospores, ovoïdes, mesurent 25-31 x 21-254m, leur paroi
Source : MNHN, Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 49
Fig. 1. : Hapalophragmium nepalense n. sp., téliospores. — Fig. 2 : Phragmidium cinnamo-
meum n. sp., téliospores.
est régulièrement échinulée, mince: 1-2um. Il y a 2 pores germinatifs peu dis-
tincts. Je n'ai pas observé de paraphyses.
Les télies ont le même aspect que les urédos, excepté pour leur couleur
brun sombre. Les spores restent souvent agglomérées en quantité importante
autour du sore. Les téliospores tricellulaires mesurent 38 à 504m de long,
35 à 40pm de large et 20 à 25um d'épaisseur (les 3 cellules étant disposées
dans un même plan). Elles sont ornées d’appendices cylindriques qui mesurent
jusqu'à 10um de long sur 24m de diamètre, ils sont disposés de façon très dense
autour des pores germinatifs et plus dispersés sur le reste de la surface. La paroi,
de couleur brune, est mince: 2um, légèrement plus épaisse (3 à 4um) autour
des pores germinatifs. Le pédicelle hyalin mesure 10 à 15um de diamètre vers
le point d'insertion, sa longueur varie entre 25 et 554m. 3
Source : MNHN. Paris
50 G. DURRIEU
Par son ornementation cette espèce se distingue très nettement de tous
les autres Hapalophragmium connus. Celui qui s'en rapprocherait le plus serait
H. ornatum Cumm. d'Afrique, mais dont les appendices sont beaucoup plus
courts: 3 à Bum seulement, d'autre part les dimensions des urédospores et
des téliospores de cette espèce sont beaucoup plus réduites (CUMMINS, 1960).
Uredia hypophylla, minuta: 0,2-0,5 mm, epiderme rupta cincta, dilute cinna-
momea. Uredosporae ovoideae, 25-31 x 21-25 um, echinulatae, epispora 1-2um
crassa, pori 2.
Telia urediis conforma, brunnea, teliosporae 3-cellulares, 38-50 um longae,
35-40um latae, 20-25um crassae, appendiculis usque 10um longis ornatae,
epispora 2um crassa, ad poros leniter incrassata (3-4um), pedicellus hyalinus
25-55 x 10-15um.
Habitat in foliis Derridis cuneifoliae Benth, in Nepalia (Chitwan). Typus in
TLA (DURRIEU 79059); isotypus in KTH.
Hemileia bolarrbenae Syd.
sur Holarrhena antidysenterica Wall. — Ilam: forêts des Siwaliks (400m)
et de piedmont (250m) au nord de Sanichare, 1 et 2/3/79. — District de Morang:
près de Khane Pokhare, 3/3/79. Ce parasite est connu dans diverses régions de
l'Inde : Bombay, Maharashtra, Assam.
Kernkampella emblicae (Syd.) Laund.
sur Phyllanthus emblica. — Rapti: Hitauda, 20/2/79; Dumara près de Sau-
raha, (parc de Chitwan), 26/2/79.
Kernkampella kirganellae (Mundk. et Thirum.) Laundon.
sur Breynia rhamnoides (Willd.) Mull.-Arg. — Kali Gandaki: Ghasa, 1800m,
26/9/77. Sud Anapurna: entre Tato Pani et Titre, 1400m, 26/9/77.
D. Kirganellae a été décrit sur Kirganella reticulata Baill. en Inde, alors
que sur Breynia rhamnoides est aussi connu Kern. breyniae (Syd.) Laund.
Cette dernière espèce se distingue trés facilement de la précédente dont
les expansions des téliospores périphériques sont simples, coniques, alors que
celles de K. Kirganellae se terminent par un double crochet.
Sur la séparation du genre Kernkampella de Ravenelia voir LAUNDON
(1975).
Miyagya anapbalidis Miyabe
sur Anaphalis araneosa Dc. — Sud Anapurna, au-dessus de Tato Pani, 1500m,
25/9/77.
Espèce nouvelle pour l'Himalaya, connue en Asie orientale.
Ocbropsora ariae (Fuck.) Rams.
sur Anemone rivularis Buch. Ham. — Langtang: en aval de Gora Tabela,
2700-3000m, 26/7/74; autour de Langtang, 3300-3500m, 27/5/74.
sur Sorbus cuspidata (Spach) Hedl. — Sud Anapurna: crête sud du Machapu-
Source : MNHN Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 51
chare, 2600-2800m, 25/10/76.
sur Sorbus foliolosa Wall. — Sud Anapurna: crête sud du Machapuchare,
3200m, 24/10/76.
Déjà signalé dans l'Ouest de l'Himalaya.
Olivea colebrookiana Tirum. et Yadav. (= Uredo colebrookiae Barcl.)
sur Colebrookia oppositifolia Sm. — Kathmandou: forêt de Balaju, 1500m,
8/5/74; forêt de Gorkana, 1500m, 13/10/77. — Rapti: Hitauda, 300m, 17/2/79:
Sauraha (parc national de Chitwan), 150m, 24/2/79. — Bara: près du pont sur
la Bake Khola, 120m, 19/2/79. — Ilam: au nord de Sanichare, 200m, 1/3/79.
Sud Anapurna: Bhurungdi Khola près de Bhiretanti, 1100m, 23/9/77. —
Pokhara: Seti Khola vers Kadarjung, 1300m, 11/5/74; près du confluent Seti
et Mardi Khola, 1300m, 22/10/76. — Marsyandi: en amont de Bulbulee, 1200m,
6/10/77.
Cette Rouille presque aussi répandue que son hôte, a toujours été rencontrée
sous la forme urédo.
Phragmidium cinnamomeum n. sp. (fig. 2)
sur Rosa sericea Lindl, — Kali Gandaki: en aval de Muktinath, 3500-3700m,
29/9/77. — Marsyandi: vallée du Jargena Khola, 4100-4200m, (Type) 1/10/77;
entre Braga et Ghyaru, 3500m, 2/10/77. Langtang: Gora Tabela, 3000-3300m,
4/10/76; en amont de Langtang, 3500-3600m, 5/10/76.
sur Rosa macrophylla Lindl. — Langtang, forêt de Betula près de Kiangjin
Gomba, 3800m, 5/10/76.
Les spermogonies, sous cuticulaires et de petite taille (environ 1004m de
diamètre) sont disposées à la face supérieure des feuilles sur certaines des taches
éciennes.
Les écies sont situées à la face inférieure des feuilles, de couleur jaune, elles
forment de petits coussinets généralement circulaires de 0,3 à 1 mm de diamètre.
Les éciospores sont subsphériques ou ovoïdes, elles mesurent 20-26 x 18-22um,
leur paroi de 2um d'épaisseur est densément couverte de petites verrues arron-
dies et percée de 5 à 7 pores germinatifs d'environ 34m de diamètre. Elles sont
accompagnées de nombreuses paraphyses cylindriques, légèrement courbées,
qui mesurent 50 à 701m de long et 5 à 9am de diamètre. Leur paroi hyaline,
mince, est assez souvent légèrement épaissie à l'extrémité: jusqu'à 54m.
Je n'ai pu observer d’urédospores qui semblent totalement absentes du cycle
de ce parasite: en effet, dans certains cas on observe encore quelques éciospores
à la périphérie de certaines télies. D'autre part, l'absence de spermogonies sur
un grand nombre de taches permet de penser qu’elles correspondent à des écies
répétitives.
Les télies sont hypophylles, petites mais souvent confluentes et formant
alors des amas de 2 à 3mm de large. Leur couleur est brun assez clair ce qui
permet de distinguer facilement cette espèce des autres Rouilles des Rosa hima-
layens. Les téliospores cylindriques, arrondies aux deux extrémités sont brun
Source : MNHN. Paris
52 G. DURRIEU
cannelle clair. Leur longueur varie de 47 à 92um augmentée d’un mucron
apical, hyalin, de 8 à 20um de long. Leur diamètre est compris entre 32 et
40um. Le nombre de cellules d'une téliospore est le plus souvent de 4 à 6,
mais il peut varier entre 1 et 8. On observe des variations nettes entre les deux
groupes de récoltes étudiées: région Kali Gandaki-Marsyandi d’une part, vallée
du Langtang de l’autre comme le montre le tableau ci-dessous :
Nombre de cellules % RC Si i ts
Rosa sericea
Muktinath 1 4 10 61 24
Jargena Khola 1 5) 430 E
Braga 1 39 60
Gora Tabela E slo
Langtang 180870081801
Rosa macrophylla
Kiangjin 22 TAI
On remarque toutefois que l'échantillon sur Rosa macrophylla occupe une
position intermédiaire entre ces deux groupes. Comme par ailleurs tous les
autres caractères sont très semblables il n'y a pas lieu de marquer une distinction
taxonomique.
La paroi de ces téliospores a 4 à 6àm d'épaisseur, elle est percée de 3 pores
germinatifs par cellule, sa surface est densément verruqueuse. Le pédicelle en
général plus long que la téliospore (jusqu'à 120um) est hyalin et renflé dans
sa moitié ou ses deux tiers inférieurs.
Deux autres espèces de Phragmidium parasites de Rosa sont caractérisés
par la couleur claire de leurs télies. Ce sont Ph. rosae-pinpinellifoliae Diet. en
Europe et Ph. rosae-rugosae Kasai en Asie orientale. Toutes deux sont macro-
cycliques, c'est à dire possèdent écies, urédo et télie. La première se distingue
par la forme conique de l'apex des téliospores qui sont arrondies dans l'espèce
himalayenne. La seconde possède des téliospores nettement plus longues: jusqu'à
1284m dont le nombre de cellules est plus élevé: 6 à 11, le plus souvent 8; leur
apex n'est pourvu que d'une papille obtuse, mesurant au plus 6um de long et
parfois même absente, Cela contraste très nettement avec le long mucron de Ph.
cinnamomeum.
Il est intéressant de constater que cette rouille semble confinée aux hautes
altitudes, dans l'étage subalpin.
Spermogonia epiphylla, in greges maculicoles disposita, minuta.
Aecia in pustulas hypophyllas, 0,3-1 mm diametro. Aeciosporae ovoideae aut
subglobosae, 20-26 x 18-22Um, epispora 2um crassa, hyalina dense verruculosa,
pori 5-7. Paraphyses hyalinae, cylindricae, leniter curvatae, 50-70 x 5-9 um.
Telia hypophylla, minuta confluent, cinnamomea. Teliosporae cylindraceae
utrinque rotundatae, 47-92 x 32-40 um, apice apiculo 8-20 um acutae, cellulae
1-8, plerumque 4-6; epispora 4-6 crassa, dilute cinnamomea, dense verrucosa;
pedicellus hyalinus, teliosporam superans: usque 120 um, parte basali incrassatus.
Source : MNHN, Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 53
Habitat in foliis Rosae sericeae et R. macrophylla in Emodi montibus (Nepal).
Typus: TLA 77212 (DURRIEU); isotypus KTH.
Phragmidium octoloculare Barcl.
sur Rubus lasiocarpus Sm. — Mahabarat: Phulchauki Danda, 2000 à 2500m,
31/10/76.
sur Rubus pentagonus Wall, — Langtang, en aval de Gora Tabela, vers 2800m,
4/10/76.
sur Rubus sp. — Marsyandi, autour de Chame, 2700 à 2800m, 4/10/77.
Cotte espèce a déjà été étudiée dans un article précédent (DURRIEU, 1977).
Phragmidium potentillae (Pers.) Karst.
sur Potentilla cf. sericea L. — Marsyandi: Jargena Khola, 4100m, 1/10/77;
entre Braga et Ghyaru, 3500m; 2/10/77.
sur Potentilla sieversiana. — Langtang: près du village de Langtang, 3400m,
5/10/76; en aval de Kiangjing Gomba, 3700-3800m, 5/10/76.
Phragmidium quinquelo culare Barcl.
sur Rubus biflorus Ham. — Trisuli: entre Bargu et Syapru, 2400m, 7/10/76.
sur Rubus lasiocarpus Sm. — Kali Gandaki: Kalo Pani, 2500m, 27/9/77.
sur Rubus sp. — Marsyandi: en aval de Chame, 2700m, 4/10/77.
Ces deux derniéres récoltes viennent confirmer les caractéres de cette espéce
précisés précédemment (DURRIEU, 1977), en particulier le nombre des cellules
des téliospores est trés constant :
nombre de cellules dc um om. M
R. lasiocarpus 16% 78% 6%
Rubus sp. 1% 27% 65% 2%
Phragmidium quinqueloculare Barcl. var. triseptatum Durr. (1977)
sur Rubus biflorus Ham. — Langtang, en amont de Gora Tabela, 3200m,
4/10/76.
sur Rubus foliolosus Don. — Mahabarat: Phulchauki Danda, 2600m, 31/10/
76.
Pbragmidium rosae-moscbatae Diet.
sur Rosa moschata Mill. — Sud Anapurna: Ulleri, 2200m, 24/9/77. — Mar-
syandi, entre Chame Bagarchap, 2200-2600m, 4/10/77.
Ce Phragmidium semble assez voisin de Ph. mucronatum (Pers.) Schlecht;
mais il s'en distingue par le plus grand nombre de cellules des téliospores: le
plus souvent 7 à 10 (au lieu de 6 à 8) et leur apex plus obtus dont la papille
est en général très courte.
Phragmidium tuberculatum J. Mull. (= Ph. butleri Syd.?)
sur Rosa macrophylla Lindl. — Langtang, 3400m, 6/10/76. — Marsyandi :
Source : MNHN. Paris
54 G. DURRIEU
Jargena Khola, 4100-4200m; 1/10/77; vers Pisang, 3200m; 3/10/77.
sur Rosa sericea Lindl. — Marsyandi, en amont de Manang, 3800m, 2/10/77.
sur Rosa sp. — Marsyandi, en amont de Chame, 2800-3000m, 3/10/77.
Toutes ces récoltes sont très voisines d’échantillons européens de P. tubercu-
latum; pour les téliospores, même cellule apicale arrondie et surmontée d'une
longue pointe hyaline, même verrucosité; pour les urédospores, mêmes pores
germinatifs de grande dimension (51m de diamètre) et faisant saillie à l'intérieur
de la paroi.
Les dimensions aussi bien des téliospores que des urédospores sont très
comparables. La seule différence que l'on puisse noter porte sur le nombre de
cellules des téliospores qui en moyenne est plus élevé que sur le type européen.
Les fréquences les plus élevées correspondent à des spores pourvues de 6 à 8
cellules, comme le montre le tableau ci-dessous, au lieu de 4 à 6. Toutefois
méme en Europe on trouve des populations à nombre de cellules aussi élevé
(voir tableau). Dans ces conditions il ne me paraît pas possible de séparer spéci-
fiquement les récoltes himalayennes des européennes. Reste à connaître l’iden-
tité exacte de Ph. butleri Syd., dont je n'ai pu examiner le type. D'après les
descriptions il s'agirait d'une espèce dont les téliospores seraient un peu plus
courtes que celles de Ph. tuberculatum : 55-90um d'après SYDOW, 60-80um
d'après RAGUNATHAN et RAMAKRISHNAN (au lieu de 60 à 110um).
Des échantillons déterminés comme Ph. butleri et provenant des herbiers
de Royal Botanic Gardens, Kew (K) et du Commonwealth Mycological Institute,
Kew (CMI) rentrent dans le cadre des variations normales de Ph. tuberculatum.
Nombre de cellules 4 5 6 tà 8 9:
Rosa macrophylla
Langtang 2% 275 65% 6%
Jargena Khola 1% 4% 31% = 47% 16% 1%
Pisang 1% 7% 36% 49% 6% 1%
Kayarval. (K) 3% 9% 53% 34% 1%
Nathia Gali (CMI.115.692) 176 14% 43% 36% 6%
Rosa sericea, Manang 2% 22% 31% 38% 7%
Rosa sp., Chame, 4% 16% 51% 27% 2%
Rosa sp., Issoudun (France) 4% 60% 33% 3%
Pileolaria klugkistiana Diet.
sur Rhus javanica L. — Mahabarat: Chandragiri Danda, 1800-2300m, 17/10/
76. — Langtang: entre Bargu et Syapru, 2300m, 3/10/76.
sur Rhus punjabensis Stew. — Marsyandi, entre Chame et Bagarchap, 2300m,
4/10/77.
Pileolaria sbiraiana (Diet. et Syd.) Ito.
sur Rhus succedanea L. — Sud Anapurna: créte sud du Machapuchare, 2300m,
Source : MNHN. Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 55
26/10/76; Ulleri 2100m et Tirkedunga, 1700m, 24/9/77. — Kali Gandaki:
entre Ghasa et Lete, 2200m, 27/9/77.
Ces deux Pileolaria qui sont connus depuis longtemps en Chine et au Japon
sont apparemment nouveaux pour l'Himalaya. Ils se distinguent très facilement
l'un de l'autre aussi bien par les téliospores (brun foncé à surface irrégulièrement
réticulée pour P. shiraiana, brun noir presque opaque couverts de verrues co-
niques pour P. Klugkistiana) que par les urédospores: ornées de crêtes ailées,
régulières, réunies par des anastomoses (à peine visibles en microscopie photo-
nique) chez le premier, de verrues soudées entre elles et formant des lignes
spiralées chez le second.
Pucciniaabsintbii (Hedw. f.) DC.
sur Artemisia sp. — Kali Gandaki entre Marpha et Jomosom, 2700m, 28/9/77.
Puccinia adjuncta Mitter
sur Artemisia sp. — Marsyandi: près de Braga, 3500m, 2/10/77. Espèce
découverte et décrite du Kumaon
Puc
sur Ainsliaea pteropoda De. — Trisuli: Dunche, 1600m, 2/10/76. — Sud
Anapurna: créte sud du Machapuchare, 2300m, 26/10/76.
ia ainsliaeae Syd.
Puccinia albulensis Magn.
sur Veronica cf. alpina L. — Base est du col de Thorung, 4400m, 1/10/77.
Cette Rouille à distribution circumarctique alpine est nouvelle pour l'Hima-
laya. Comme dans la forme des montagnes d'Europe centrale et méridionale,
on n'observe qu'un seul type de téliospores, caduques et dormantes (fa. fragili-
pes). Tandis qu'il existe une forme nordique, leptosporée où certaines télies
en coussinets compacts sont constituées de téliospores à germination immédiate.
Puccinia anapurnae Durrieu (1979)
sur Polygonum polystachyum Wall. — Sud Anapurna: crête sud du Macha-
puchare, 2900-3200m; 24/10/76.
Puccinia arenariae (Schum.) Wint.
sur Stellaria monosperma Buch.-Ham. — Langtang: en aval de Gora Tabela,
2200-2500m, 4/10/76.
Puccinia argentata (Schultz) Wint.
sur Impatiens div. sp. — Langtang: près de Gora Tabela, 2700-3000m, 4/10/
76. — Sud Anapurna, 2200m, 24/9/77. — Marsyandi: près de Thonje, 1700m,
5/10/77; en aval de Chame, 2200-2600m, 1-4/10/77.
L'hôte écien, Adoxa moschatellina ne semble pas être connu dans la flore
népalaise, sa présence est toutefois possible, les stations où la Rouille a été
trouvée lui semblent favorables, et d'autre part il existe au Cachemire.
Source : MNHN. Paris
56 G. DURRIEU
Puccinia arthraxonis-ciliaris Cumm.
sur Arthraxon lancifolius (Trin.) Hochst. — Marsyandi, amont de Bulbulee,
1100m, 6/10/77.
Puccinia bebenis (Oc.) Otth.
sur Silene nigrescens (Edgw.) Majumdar. — Langtang, près du village, 3400-
3600m, 5/10/76.
Puccinia calumnata Syd.
sur Polygonum polystachyum Wall. — Trisuli: Khangjung, 2000m, 25/5/74.
Cette espèce est très reconnaissable grâce à la forme particulièrement allongée
de ses téliospores: 32-44 x 15-20um, surmontées d'une papille hyaline de 3 à
4mm.
Elle n'était jusqu'à présent connue que de l'archipel japonais et de la Chine
continentale (HIRATSUKA et KANEKO).
Puccinia chaerophylli Purt.
sur Chaerophyllum villosum Purt. — Trisuli: pont de Dumche, 1700m,
24/5/74.
Puccinia chrysosplenii Grev.
sur Chrysosplenium sp. — Sud Anapurna: versant ouest du col de Ghorepani,
2700m, 25/9/77.
Nouveau pour l'Himalaya.
Puccinia circaeae Pers.
sur Circaea repens Wall. — Langtang: en aval de Gora Tabela, 2200-2500m,
4/10/76. — Sud Anapurna: crête sud du Machapuchare, 2300-2500m, 23/10/76.
- Marsyandi: en aval de Chame, 2400m, 4/10/77.
Puccinia cirsii Lasch.
sur Circium verutum (Don) Spreng. - Trisuli: pont de Dumche, 1700m,
24/5/74; entre Mangal et Khangjung, 1900m, 25/5/74. — Langtang: en aval de
Kiangjin Gomba, 3600m, 6/10/76; entre Bargu et Syapru, 2300m, 3/10/76.
Kali Gandaki: en amont de Kalo Pani, 2500m, 27/9/77.
Puccinia collettiana Barcl.
sur Rubia cordifolia L. - Mahabarat: à l'Est du Symbhanjyang, 2300m,
16/10/76; Kulikhani, 1500-1600m, 17/10/76. — Langtang, fond de la vallée,
vers 2000m, 3/10/76. - Kali Gandaki, entre Ghasa et Lete, 2000-2300m, 27/9/
hha
Puccinia commelinae Durrieu (1979)
sur Commelina benghalensis L. — Mahabarat: crête à l'Est du Symbhanjyang,
2300-2400m, 16/10/76.
Source : MNHN Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 57
Puccinia congesta Berk. et Broom. (= P. solmsii P. Henn.)
sur Polygonum chinense L. Mahabarat: Chandragiri Danda, 2000m, 17/10/
76.
sur Polygonum microcephalum (D. Don) Gros. — Mahabarat: à l'Est du
Symbhanjyang, 2300m, 16/10/76. — Langtang, bas de la vallée, 1900 à 2100m,
3/10/76. — Pokhara, 900m, 21/10/76.
sur Polygonum sp. — Mahabarat: entre Daman et Symbhanjyang, 2300-
2400m, 15/10/76. — Sud Anapurna: crête sud du Machapuchare, 2300 à 2800m,
23 et 25/10/76, forêt de Ghorepani, 2400-2700m, 24/9/77.
Puccinia duthiae Ell. et Tr.
sur Dichanthium annulatum (Fords.) Stapf. — Marsyandi: vers Dumre, 600m,
5/10/77.
Puccinia emodensis, nom. nov. (= P. nitida Barcl. non Rohl)
sur Polygonum amplexicaule D. Don. — Mahabarat: à l'Est du Symbhan-
jyang, 2400m, 16/10/76; Phulchaiki Danda, vers 2000m, 31/10/76. — Langtang:
plusieurs récoltes dans la vallée entre 2200m et 3300m, 4/10/76. - Kali Ganda-
ki, en amont de Kalo Pani, 2500m, 27/9/77.
Le nom donné par BARCLAY (1890) a déjà été attribué à une rouille para-
ite d’Aethusa cynapium et de Petroselinum sativum : P. nitida (Str.) Rohl 1813
= P. aethusae Mart, 1817 = P. petroselini (DE..) Lindr. 1902). Il était donc
nécessaire de trouver un nouvel épithète.
Cette espèce est incontestablement voisine de P. bistortae (Str.) DC., mais
ven distingue facilement par ses téliospores entièrement lisses.
Puccinia fagopyri Barcl.
sur Fagopyrum dibotrys (D. Don.) Hara. — Langtang: aval de Gora Tabela,
2700-3000m, 4/10/76. — Sud Anapurna: près de Naudanda, 1200m, 22/9/77;
entre Khare et Birethanti, 1500-1700m, 23/9/77; vallée du Bhurungdi près de
Thirkedunga, 1400m, 23/9/77. — Marsyandi: vers Chame, 2800m, 4/10/77.
Puccinia gentianae (Str.) Mart.
sur Gentiana tibetica King. — Marsyandi: vallée du Jargena Khola, 4100m,
1/10/77; vers Ghyaru, 3000m, 2/10/77.
Puccinia gibberulosa Schrot. (= P. blyttiana Lagh.)
sur Ranunculus brotherussi Freyn. — Marsyandi: vallée du Jargena Khola,
4200m, 1/10/77.
Le type morphologique présenté par les téliospores est trés voisin de celui
des échantillons d'autres provenances. En particulier la surface irrégulièrement
bosselée est trés caractéristique. La seule différence réside dans le diamétre
un peu plus réduit de ces spores :30-47 x 15-20 Um au lieu de 29-45 x 20-27um
pour un échantillon des Pyrénées et 33-50 x 17-25 pour un autre du Wyoming.
Source : MNHN Paris
58 G. DURRIEU
Cette rouille nouvelle pour l'Himalaya a une très vaste répartition arctico-
alpine, en Europe: Alpes, Pyrénées, Scandinavie, Spitzberg; en Amérique: Nord
Canada, rocheuses de l'Alaska à l'Arizona, Mexique et Andes de l'Argentine.
En Asie, P. gibberulosa est connu dans les montagnes du Tadjikistan et dans la
région du lac Baikal, Mais toutes les stations semblent toujours très disjointes.
Puccinia beraclei-nepalensis Durrieu (1979)
sur Heracleum nepalense D. Don. - Trisuli: entre Grang et Thare, 2000m,
1/10/76. — Sud Anapurna: entre Ulleri et Ghorepani, 2100m, 24/9/77.
Puccinia beterospora Berk et Curt.
sur Sida veronicaefolia Lam. - Trisuli: entre Betrawati et Manigaon, 1000m,
30/9/76. Marsyandi: près de Tarhugat, 600m, 9/10/77.
Dans la seconde récolte la plus grande part des téliospores sont unicellulaires.
Puccinia bolboelliae-latifoliae Cumm.
sur Holboellia latifolia Wall. — Langtang: fond de la vallée vers 2000m,
3/10/76.
Cette espèce ne semble pas avoir été retrouvée depuis sa description par
CUMMINS (1943) sur des échantillons provenant de Musoorie.
Puccinia iridis (DC.) Wallr.
sur Iris decora Wall. — Mahabarat: col de Chisapani, 2100m, 16/10/76.
Puccinia kraussiana Diet. (= P. prainiana Barcl.)
sur Smilax aspera L. — Trisuli: Bokhajunda et Thare, 2000m, 24/5/74.
Langtang, fond de la vallée vers 2000m, 3/10/76. — Marsyandi: Thonje, 1900
2100m, 5/10/77. — Kali Gandaki, prés de Ghasa, 1800m, 26/9/77.
sur Smilax menispermoidea DC. — Sud Anapurna: crête sud du Machapu-
chare, 2600-2800m, 25/10/76.
Déjà connue dans plusieurs localités himalayennes, cette Rouille est large
ment répandue dans le Sud de l'Asie autour de l'Océan indien et sur la bordure
Ouest du Pacifique.
Puccinia kweichowana Cumm.
sur Polygonum campanulatum Hook. — Sud Anapurna: forêt de Ghorepani,
2400-2700m, 24/9/77.
Cette espèce du groupe du P. mammillata se distingue par ses téliospores de
dimensions relativement importantes: 30-43 x 22-27 ( —) 33)um, et la dispo-
sition du pore germinatif de la cellule inférieure situé près de la cloison. P.
kweichowana a été décrit sur un échantillon chinois
Puccinia leucophaea Syd. et Butl.
sur Colquhounia coccinea Wall, — Trisuli: entre Thare et Dunche, 2000m,
2/10/76. — Langtang: entre Bargu et Syapru, 2300m, 3/10/76. — Sud Anapurna:
Source : MNHN Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 59
Chitre, 2200m, 25/9/77. — Marsyandi: Thonje, 1900-2000m, 4/10/77. — Kali
Gandaki; près de Ghasa, 1800m, 26/9/77.
Puccinia mallae Durrieu (1979)
sur Clematis barbellata Edgw. — Marsyandi: entre Chame et Bagarchap,
2400 à 2800m, 4/10/77.
Puccinia mammillata Schrot.
sur Polygonum cf. viviparum L. — Marsyandi: en amont de Manang, 3800m,
2/10/77.
Puccinia manangensis Durrieu (1979)
sur Clematis cf. orientalis L. — Marsyandi: entre Braga et Ghyaru, vers
3500m, 2/10/77.
Puccinia melanocephala Syd.
sur Saccharum rufipilum Steud. — Langtang: Syapru, 1800m, 7/10/76.
Puccinia menthae Pers.
sur Micromeria biflora Benth. — Sud Anapurna: entre Thirkedungha et
Ulleri, 1600m, 24/9/78
sur Micromeria nepalensis Kitam et Mur. — Kali Gandaki: en amont de
Kalopani, 2500m, 27/9/77.
sur Micromeria sp. — Kali Gandaki: entre Marpha et Jomosom, 2700m,
28/9/77.
sur Origanum vulgare L. — Kali Gandaki: entre Gasa et Lete, 2000-2300m,
27/9/77; en amont de Kalopani, 2500m, 27/9/77. — Marsyandi: vers Pisang,
3200m, 3/10/77; entre Bagarchap et Chame, 2200-2600m, 4/10/77.
Puccinia nakanisbikii Diet
sur Bothriochloa intermedia (R. Br.) A. Cam. — Pokhara, 900m, 21/10/76.
Kathmandou: Changu Narayan, 1600m, 30/10/76.
sur Andropogon tristis Nees Mahabarat: Phulchauki Danda, 2500m,
31/10/76.
sur Cymbopogon microtheca (Hook. f.) Camus — Sud Anapurna: Khare,
1600-1700m, 22/9/77.
Puccinia nepalensis Barcl. et Diet.
sur Rumex nepalensis Spreng. — Marsyandi: Jargena Khola, 4200m, 1/10/77.
Puccinia picridis Hazler
sur Picris hieracioides L. Trisuli: entre Mangal et Khangjung, 2000m,
25/5/74.
Puccinia pilearum Durrieu 1979.
sur Pilea umbrosa Wedd. — Mahabarat: Pulchauki Danda, 2000 4 2500m,
Source : MNHN. Paris
60 G. DURRIEU
31/10/76. — Kali Gandaki: entre Ghasa et Lete, 2200m, 26/9/77.
sur Pilea scripta Wedd. — Trisuli: près de Dunche, 1600m, 2/10/76. Lang M
tang: fond de la vallée vers 2000m, 3/10/76. — Sud Anapurna: entre Tato Pani
et Titre, 1400m: Kali Gandaki: près de Ghasa, 1800m, 26/9/77.
Puccinia poae-nemoralis Otth.
sur Poa sp. — Marsyandi: base Est du col de Thorung, 4400m, 1/10/77:
vallée du Jargena Khola, 4100m, 1/10/77; en amont de Chame, 2800m, 3/10/77.
Puccinia polliniae Barcl.
sur Pteracanthus wallichii Nees — Sud Anapurna; Armala, 2000m, 23/10/76.
sur Aechmanthera gossypina Nees. — Mahabarat: Kulikhani, 1500m, 17/
10/76.
sur Strobilanthes sp. — Sud Anapurna: Titre, 1300m, 26/9/77. Kali Gandaki,
entre Ghasa et Lete, 2000-2300m, 27/9/77. Mahabarat: Pulchauki Danda.
2500m, 31/10/76.
Il s'agit pour toutes ces récoltes de la forme écienne, les urédos et télies
se développent sur la graminée Microstegium nudum.
Puccinia polygoniamphibii Pers. var polygoni-caespitosi Hirats. f. et Kaneko
(1973)
sur Fagopyrum dibotrys (D. Don.) Hara. — Trisuli entre Ramche et Grang,
1900m, 1/10/76. Langtang: plusieurs stations entre 2100 et 2500m. 4 et 7/10/76.
sur Polygonum capitatum (Ham.) Gross. — Mahabarat: entre le col de Chisa
pani et Kulikhani, 1500-2000m, 16/10/76. Trisuli: près de Manigaon, 1200m,
22/5/74 et 30/9/76. Pokhara: Hyengja, 1100m, 21/10/76. Sud Anapurna:
Khare, 1700m, 22/9/77; entre Tatopani et Titre, 1400m, 26/9/77. Secteur de
la Bheri: Jajarkot, 800m, 18/6/74 (DOBREMEZ).
sur Polygonum chinense L. — Mahabarat: Phulchauki Danda, 2000m, 31/10/
76. — Sud Anapurna: Ulleri, 2200m, 24/9/77.
sur Polygonum runcinatum Buch-Ham. — Mahabarat: entre Daman et
Symbhanjyang, 2300m, 15/10/76; crête à l'Est du Symbhanjyang. 2400m,
15/10/76; Phulchauki Danda, entre 2000 et 2600m, 31/10/76. Trisuli: entre
Thare et Dunche, 2000m, 2/10/76; Ramche, 1900m, 1/10/76. Langtang:
entre Bargu et Syapru, 2300m, 3/10/76. — Sud Anapurna: Armala, 1700 à
2100m, 23/10/76; entre Tirkedunga et Ulleri, 1500-1800m, 24/9/77; forêt de
Ghorepani, 2400-2700m, 24/9/77. — Kali Gandaki: amont de Kalo Pani, 2500m,
27/9/77.
sur Polygonum nepalense Meissn. — Mahabarat: col de Chisapani, 2100m,
16/10/76. — Sud Anapurna: entre Khare et Birethanti, 1500-1700m, 23/9/77;
vallée du Bhurungdi Khola prés de Thirkedunga, 1400m, 23/9/77. - Marsyandi:
plusieurs stations de Chame en aval de Thonje, 1800-2600m, 4 et 5/10/77.
Cette variété trés abondante au Népal, et qui semble être la seule présente,
se distingue par les pores germinatifs des urédospores, au nombre de deus,
et situés prés du point d'insertion du pédicelle.
Source : MNHN. Paris!
URÉDINALES DU NÉPAL 61
Puccinia punctata Link.
sur Galium acutum Edgw. = Trisuli: entre Grang et Thare, 2100m, 23/5/74.
Sud Anapurna: crête sud du Machapuchare, 3200m, 24/10/76. — Kali Gandaki:
entre Larjung et Marpha, 28/9/77. — Marsyandi: entre Braga et Ghyaru, 3500m,
2/10/77.
sur Galium asperifolium Wall. = Mahabarat: à l'Est du Symbhanjyang,
2400m, 15/10/76. - Trisuli: pont de Dunche, 1700m, 24/ 5/74.
sur Gulium hirtiflorum Req. — Trisuli: entre Syabrubensi et Mangal, 1600m,
25/5/74.
Puccinia romagnoliana Maire et Sacc.
sur Cyperus flavidus et C. iria. = Marsyandi: en amont de Bulbulee, 1100m,
510/77.
Puccinia roscoeac Barcl
sur Roscoca purpurea Sm. - Mahabarat: à l'Est du Symbhanjyang, 2400m,
16/10/76. Trisuli: entre Thare et Dunche, 2000m, 2/10/76: autour de Bargu,
800 à 2300m, 2 et 3/10/76
‘uccinia saxifragae-ciliatae Barcl.
sur Bergenia ciliata (Haw.) Stern. — Mahabarat: à l'Est du Symbhanjyang.
400m. 16/10/76. Trisuli: pont de Dumche, 1700m, 24/5/74. Langtang:
irès de Syapru, 2300m, 3/10/76.
Ce Puccinia parait assez voisin de P. asiatica (Kom. Syd. connu sur Mitella
n Sibérie orientale. Parmi les autres espèces parasites des Saxifragacées elles
+ distinguent par leurs télies compactes et leurs téliospares longues et étroites
»ourvues d'une pointe apicale trés importante
Puccinia septentrionalis Juel.
sur Polygonum sphacrostachyum Meissn. = Kali Gandaki: Muktinath, montée
vu col de Thorung, 4200m, 30/9/77.
sur Polygonum viviparion L. Langtang: plusieurs stations autour de Kiang
in Gomba, 3700-3800m. 5/10/76. Marsyandi: vallée du Jargena Khola. 4100
1200m, 1/10/77.
Cette espèce à répartition arctico-alpine est nouvelle pour l'Himalaya. Dans
outes les stations. Thalictrum alpinum, l'hôte écien, était aussi présent.
Puccinia shiraiana Syd.
sur Justicia simplex D. Don, Marsyandi, en aval de Jagat. Ï 100m, 6/10/77
Puccinia silvaticella Arth. et Camm.
sur Taraxacum sp. Langtang: Syarpagaon, 2700m, 28.5.74.
Cette rouille microcyelique n'avait. pas été retrouvée depuis sa découverte
au Cachemire (ARTHUR ct CUMMINS).
Puccinia sorghi Schw
sur Zea mays L. = Kali Gandakizentre Ghasa et Lete, 2000-2300m, 27.9.77.
Source : MNHN. Paris
62 G. DURRIEU
Puccinia tanaceti DC.
sur Tanacetum nubigenum Wall. — Kali Gandaki: en aval de Larjung, 2500m,
28/9/77. — Marsyandi: entre Braga et Ghyaru, 3500m, 2/10/77.
D. tanaceti, sensu stricto, n'était pas connu de l'Himalaya, et T. nubigenum est
un hôte nouveau.
Puccinia taraxaci Plowr.
sur Taraxacum sp. — Kali Gandaki: entre Larjung et Marpha, 2600m, 28/9/77.
Jarkhot près de Muktinath, 3300-3400m, 29/10/77. — Marsyandi: entre Braga
et Ghyaru, 3500m, 2/10/77.
Puccinia taylorii Bale-Browne.
sur Polygonum polystachyum Wall. — Langtang: en amont de Gora Tabela,
3000-3300m, 4/10/76.
Cette espèce se distingue de P. mammillata par ses téliospores nettement
plus petites et dont le pore germinatif de la cellule inférieure est situé près de
la cloison transversale.
Puccinia thuemeniana Voss.
sur Myricaria rosea Smith. — Marsyandi: entre Braga et Ghyaru, 3500m,
2/10/77.
La Rouille des Myricaria, eurosibérienne (Alpes orientales, Carpathes, Si
Tien Shan) n'était pas connue dans l'Himalaya. M. rosea est un hôte nouveau.
Puccinia violae DC.
sur Viola serpens Wall. — Mahabarat: crête à l'Est du Symbhanjyang, 2400m,
15/10/76. — Trisuli: Ramche, 1900m, 23/5/74; pont de Dumche, 1700m,
24/5/74. — Langtang: entre Bargu et Syapru, 2300m, 3/10/76; fond de la vallée
vers 2000m, 3/10/76. — Kali Gandaki: entre Ghasa et Lete, 2000-2300m,
2719/77.
Puccinia wattiana Barcl.
sur Clematis buchananiana DC. — Langtang: plusieurs stations entre 2000
et 3000m, 3 et 4/10/76. — Marsyandi: entre Chame et Bagarchap, 2400m,
4/10/77.
sur Clematis connata DC. — Marsyandi: Chame, 2700m, 4/10/77.
Puccinia xanthosperma Syd.
sur Arundinaria maling Gamble. — Mahabarat: Phulchauki Danda, 2000m,
31/10/76.
Pucciniostele clarkiana (Barcl.) Diet.
sur Astilbe rivularis Buch.-Hamil. — Mahabarat: crête à l'Est du Symbhan-
jyang, 2400m, 16/10/76; Phulchauki Danda, 2000m, 31/10/76; Chandragiri
Danda, 1800-2300m, 17/10/76. — Marsyandi: en amont de Chame, 2800-
Source : MNHN Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 63
3000m, 3/10/77.
Ravenelia clemensiae Syd.
sur Albizzia procera Benth. = Bara: Tamagali, 140m, 18/2/79. Déjà connu
dans la zone himalayenne à Dehra Dun.
Ravenelia evernia Syd.
sur Mimosa rubicaulis Lam. — Rapti: Hitauda, 17/2/79. — llam: Siwaliks au
Nord de Sanichare, 500m, 1/3/79.
Ravenelia japonica Diet. et Syd.
sur Albizzia chinensis (Osb.) Mer. — Marsyandi: en amont de Jagat, 1600m,
5/10/77.
Ravenelia macrocapitula Tai?
sur Indigofera pulchella Roxb. — Mahabarat: Phulchauki Danda, 2000m,
31/10/76. — Trisuli: entre Ramche et Grang, 1900m, 1/10/76. — Langtang:
ravin en amont de Syapru, 1800m, 3/10/76.
Les têtes téliosporifères ornées de petites papilles mesurent de 85 à 140um
de diamètre, ce qui permet le rapprochement avec l'espèce chinoise. Mais je
n'ai pu observer que de très rares urédospores et ne peut done conclure défini-
tivement.
Ravenelia mitteri Syd.= R. laevis Diet. et Holway?
sur Indigofera pulchella Roxb. — Kali Gandaki, vers Ghasa, 1800m, 26/9/77.
Se distingue très facilement du précédent par ses téliospores lisses. Les dimen-
sions des têtes téliennes qui atteignent 1404m de diamètre sont supérieures
À celles données dans les descriptions de R. mitteri. La différence avec R. laevis
n'est donc pas évidente. Cette dernière espèce, décrite au Mexique a été plus
récemment signalée en Chine par TAI.
Ravenelia microcephala n. sp. (fig. 3)
sur Acacia concinna DC. — Sauraha dans le Parc National de Chitwan, 180m,
25/2/79. — Bara: Tamagali, 140m, 18/2/79.
Les urédos, observés seulement en petit nombre, sont épiphylles, entourés
de débris d'épiderme éclaté, leur couleur est jaune cannelle. Les urédospores
sont généralement ovoïdes, tronquées à la base (large insertion du pédicelle)
et mesurent 19 à 25um de long et 15 à 17 ym de diamètre. Leur paroi mince,
2um, légèrement épaissie à l'apex, 4um, est percée de 4 ou 5 pores germinatifs,
le plus souvent en disposition équatoriale; la surface est très finement verru-
queuse. Les paraphyses sont renflées en tête à leur sommet, leur longueur
varie de 25 à 40um et le diamètre des têtes de 12 à 174m, leur paroi, mince,
s'épaissit à l'apex (jusqu'à 64m).
Les télies, petites, (0,2-1mm) sont dispersées sur les deux faces des limbes.
Les tétes téliennes, subhémisphériques, mesurent 55 à 75m de diamètre et 40
Source : MNHN. Paris
64 G.DURRIEU
à 50um de haut. Elles sont composées de 5, ou le plus souvent de 6 téliospores
périphériques doublées chacune à leur face inférieure d'un cyste hygroscopique,
elles entourent 3 à 6 téliospores centrales.
Fig. 3: Ravenelia microcephala n. sp., téliospores, urédospores et paraphyses. — Fig, 4
Ravenelia pennatae n. sp., téliospores, urédospores et paraphyses.
Ces téliospores sont unicellulaires; leur paroi externe est épaissie, 4 à Gum,
et ornée d'un nombre variable d'épines hyalines (5 à 11) de 4 à Sum de haut
et 2um de diamètre à la base. Les pédicelles, caducs, sont formés de 2 hyphes
hyalines accolées.
Parmi les Ravenelia parasites du genre Acacia cette espèce est très bien
caractérisée par le nombre réduit des téliospores par tête et par leur ornemen-
tation.
Uredia epiphylla, subepidermica, luteo-cinnamomea, Uredosporae ovoideae,
basi saepe truncatae, 19-25 x 15-17 um, epispora tenuis: 2um, apice incrassata:
4um, 4-5 poris acquatorialibus aperta, subtiliter verruculosa, Parapliyses capita-
tae, 25-40 x 12-17 um, apice membrana incrassata: 6 um
Telia amphigena sparsa, minuta: 0,5-1mm. Capitulae teliosporarum subhemi-
sphaericae, 55-75 um diametro, 40-50 um altae, ex 5, plerumque 6 sporis margi-
nalibus, 3-6 centralibus compositae. Sporae singulae. continuae, 5-11 aculeis,
4-5 um altis ornatae, epispora apice 4-6 um crassa. Cystidiae globosae, in eodem
numero quo sporis marginalibus. Pedicellus deciduus, ex hyphis duabus compo-
situs.
Habitat in foliis vivis Acaciae concinnae, Nepalia. Typus in TLA (DURRIEU
79.016); isotypus in KTH.
Source : MNHN, Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 65
Ravenelia ornata Syd.
sur Abrus precatorius L. — Pokhara, 900m, 21/10/76. — Bara: Tamagali,
18/2/79.
Ravenelia pennatae n. sp. (fig. 4)
sur Acacia pennata (L.) Willd. — Bara: Tamagali, 140m, 18/2/79 (Type) —
Ilam: dans les Siwaliks au Nord de Sanichare, 400m, 1/3/79.
Les urédos subcuticulaires sont petits, épiphylles, de couleur cannelle clair.
Les urédospores ovoïdes, mesurent 18-20 x 10-13um, elles possèdent 4 pores
erminatifs équatoriaux et leur surface est finement verruqueuse. La paroi
"st mince: 1,5um. On trouve mêlées aux urédospores de trés nombreuses para-
>hyses constituées d'un pédicelle fin de 15 à 35 mm de long portant une tête
sphérique de 9 à 13mm de diamètre dont la paroi est très fortement épaissie
lans la moitié supérieure: jusqu'à 114m.
Les télies subcuticulaires sont le plus souvent épiphylles, nombreuses et
ouvent confluentes.
Les têtes téliennes ont un contour général ovale, elles mesurent 60 à 85um
uivant le plus grand diamètre, 52 à 60um suivant le plus petit. Elles sont
légèrement convexes à la face supérieure et mesurent 30 à 40 jim de haut (cystes
xclus). Le plus souvent elles sont constituées de 10 à 13 cellules périphériques
t de 8 à 11 cellules centrales simples. Il y a autant de cystes que de cellules
»ériphériques. La paroi externe des téliospores est épaissie (4 à 54m) et porte
ne ornementation composite:
Les cellules centrales sont couvertes de nombreuses papilles hyalines presque
ontigués de 2 à 3um de diamètre. Les téliospores périphériques portent des
ointes hyalines de 6 à Oum de long, souvent renflées à leur extrémité. Elles
ont disposées au nombre de 3 à 5 vers la partie supérieure des cellules et des-
sinent ainsi une couronne autour des capitules téliens.
Les pédicelles, hyalins, constitués de plusieurs hyphes sont caducs.
La forme et l’ornementation des têtes de téliospores caractérisent très bien
ette espèce.
Uredia epiphylla, subcuticulares, dilute cinnamomea. Uredosporae ovoideae,
18-20 x 10-13um, epispora tenuis: 1,5um, verruculosa, 4 poris aequatorialibus
aperta. Paraphyses capitatae, 2448 x 9-13 um, apice valde incrassatae (11 um).
Telia plerumque epiphylla, subcuticulares, saepe confluentes. Capitulae
teliosporarum ovatae, leniter convexae, 60-85 x 52-60um, 30-40um altae.
Ex 10-13 teliosporis marginalibus, cum eodem numero cystidiarum et 8-11
interioribus compositae. Epispora apice incrassata: 4-5 um, in cellulis interioribus
numerosis papillis hyalinis copiosissime tecta, in cellulis exterioribus 3-5 aculeis
hyalinis apice inflatis, 6-Qum altis ornata. Pedicellus compositus, hyalinus,
deciduus.
Habitat in foliis vivis Acaciae pennatae, in Nepalia. Typus in TLA (DURRIEU
79019), isotypus in KTH.
Source : MNHN, Paris
66 G. DURRIEU
Ravenelia tandonii Syd.
sur Acacia catechu Willd. — Rapti: Hitauda, 17/2/79.
Cette rouille qui parasite un arbre très répandu le long des cours d'eau du
piedmont himalayen ne semble avoir été observée que très rarement.
Scopellopsis dalbergiae Ramakr. T.S. et K.
sur Dalbergia paniculata Roxb. — Bara: Simra, 19/2/79. N'était jusqu'à
présent connu que dans le Sud de l'Inde.
Trochodium sampathense Thirum.
sur Argyreia hookeri Clarke. — Trisuli: en aval de Manigaon, 1200m, 30/9/76.
— Pokhara: près du Phewatal, 900m, 28/10/76; Hyengja, 1100m, 22/10/76.
Marsyandi: en aval de Thonje, 1700-1800m, 5/10/77.
Cette espèce est connue dans différentes régions du sous-continent indien:
Assam, Madras, Mysore, Bangalore.
Les autres espèces du genre Trochodium (parfois mis en synonymie avec
Uromyces) toutes sur Convolvulacées sont soit indiennes (T. ajrekari Gharse),
soit africaines: T. ipomoeae (Thum.) Syd., Uromyces greenstockii Doidge
en Afrique du Sud et Uromyces pieningii Cumm. au Ghana. Ce type de répar-
tition pose un problème biogéographique particulièrement intéressant puisque
les hôtes : Ipomaea et genres voisins ont une extension pantropicale.
Uredo alpestris Schrot.
sur Viola biflora L. — Langtang: en aval de Gora Tabela, 3000m, 4/10/76.
Déjà signalé au Népal dans la vallée de Rolwaling (GJAERUM et STEINEGER).
Uredo gompbrenae Barcl.
sur Cyathula tomentosa (Roth) Moq. — Mahabarat: Chandragiri Danda,
versant sud du col de Thankot, 2000-2300m, 12/10/76. — Trisuli: entre Thare
et Dumche, 2000m, 2/10/76; Syabrubensi, 1500m, 28/5/74. Sud Anapurna:
entre Tirkedungha et Ulleri, 1500-1800m, 24/9/77. — Kali Gandaki: dans les
gorges, 1500m, 26/9/77; prés de Ghasa, 1800m, 26/9/77. — Marsyandi: en aval
de Thonje, 1700m, 5/10/77.
sur Cyathula capitata Moq. — Langtang, en aval de Gora Tabela, 2200-
2500m, 4/10/76.
Uredo sissoo Syd.
sur Dalbergia sissoo Roxb. — Rapti: Hitauda, 17/2/79.
Ce parasite se maintient sans difficultés à l'état urédo, les échantillons récol-
tés proviennent en effet de quelques vieilles feuilles de l'année précédente
qui subsistaient encore alors que commengaient déjà à apparaître les nouvelles.
Uromyces amoenus Syd.
sur Anaphalis semi-decurrens. — Trisuli: en aval de Baren, 1800m, 2/10/76.
Cette rouille est nouvelle pour l'Himalaya. Sa distribution connue s'étend
Source : MNHN, Paris
URÉDINALES DU NÉPAL 67
sur le Nord Ouest de l'Amérique du Nord et l'archipel japonais.
Uromyces bedysari-obscuri (DC.) Car. et Picc.
sur Hedysarum campylocarpon Ohashi. — Langtang: au-dessus de Kiangjin
Gomba, 4100m, 6/10/76. — Marsyandi: près de Ghyaru. 3500m, 2/10/77.
sur Hedysarum cf. Kumaonense Benth. — Marsyandi: vers Pisang, 3200m,
3/10/77.
sur Hedysarum sp. — Marsyandi: en amont de Chame, 3000m, 3/10/77.
Cette espèce arctico-alpine a déjà été signalée au Cachemire (ARTHUR).
Uromyces inayati Syd.
sur Apluda mutica L. — Langtang: ravin en amont de Syapru, 1800m, 7/10/76.
Déjà connu dans le Kumaon.
Uromyces loculiformis Ramakr. T.S. et K.
sur Chlorophytum nepalense (Lindl.) Baker. — Sud Anapurna: Chitre, 2100m,
25/9/77. — Langtang, vers Gora Tabela, 3000-3300m, 4/10/76.
Ce parasite a été découvert et décrit dans le Sud de l'Inde. A ma connaissance,
lest nouveau pour l'Himalaya.
Uromyces nerviphilus (Grogn.) Hots.
sur Trifolium repens L. — Mahabarat: Phulchauki Danda, 2500m, 31/10/76.
Ces dernières espèces, à très vaste répartition, ne semblaient pas avoir été
ncore signalées dans l'Himalaya.
Jromyces punctatus Schrot.
sur Oxytropis mollis Royle. — Kali Gandaki: en aval de Larjung, 27/9/77:
n amont de Jomosom, 2800m, 29/9/77.
Iromyces strobilanthis Barcl.
sur Strobilanthes sp. — Mahabarat: Phulchauki Danda, 2500m, 31/10/76. —
sud Anapurna: Ulleri, 2200m, 24/9/77.
Cette espèce dont on connaît plusieurs stations à l'Ouest du Népal est semble-
il une endémique himalayenne.
Uromyces valerianae-wallichii Arth. et Cumm.
sur Valeriana hardwikiî Wall. — Mahabarat: entre Daman et Symbhanjyang,
2300-2400m, 15/10/76.
Espèce décrite de l'Himalaya, où elle paraît assez répandue, mais également
onnue à Formose.
Uromyces viciae fabae (Pers.) Schrot.
sur Vicia faba L. — Kathmandou, 6/5/74.
Source : MNHN. Paris
68 G. DURRIEU
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Source : MNHN. Paris
69
LE GENRE RHIZOSPHAERA MANGIN et HARIOT
2. R. PINI, R. KOBAYASHII et R. KALKHOFFII
par F. GOURBIERE* et M. MORELET**
RÉSUMÉ. — Description de Rhizosphaera pini (Cda) Maublanc, R. kobayashii (Morelet)
Morclet et R. kalkhoffii Bubak (Deuteromycotina, Coelomycétes) colonisant les aiguilles
Ho conifères, En culture pure sur PDA, R. kalkhoffii présente un mycélium conidio-
gene de type Hormonema, alors que R. pini et R. kobayashii produisent des pycnides
Du ou moins rudimentaires, Discussion sur le développement et la variabilité de la structure
des pycnides dans le genre Rhizosphaera.
SUMMARY. — Description of Rhizosphaera pini (Cda) Maublanc, R kobayashii (Morelet)
Ze and R. kalkhoffüi Bubak (Deuteromycotina, Coclomycetes) colonizing conifer
needles. In pure culture on PDA, R. kalkhoffii gives an Hormonema like state, R. pini
ind R. kobayashii produces more or less rudimentary pycnidia. Discussion on the develop-
ment and variability in the structure of pycnidia in the genus Rhizosphaera.
Nous poursuivons dans cette note l'étude critique du genre Rh
commencée précédemment (GOURBIERE et MORELET, 1979), qui vient
compléter la monographie de KOBAYASHI (1967), en particulier par la descrip-
tion des stades culturaux.
De récentes récoltes nous ont permis d'isoler R. pini (Cda) Maublanc dont
aucune culture n'était disponible et, grace à l'obligeance de T. KOBAYASHI,
nous avons pu étudier un échantillon et une culture de R. kobayashit (Morelet)
+ Laboratoire d'Écologie Végétale, Université Lyon I, Bat. 741, Bd du 11 novembre 1918,
69621 Villeurbanne, France.
++ Laboratoire de Pathologie Forestière, ONRF, Champenoux, 54280 Seichamps, France.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. mycol.) TOME I (1980)
Source : MNHN. Paris
70 F. GOURBIERE & M. MORELET
Morelet. Pour être complets nous y joignons une description de R. kalkhoffii
Bubak, bien que cette espèce ait déjà été décrite en culture par WATERMAN
(1947).
Des six espèces décrites à ce jour, seule R. media Morelet n'a pu être cultivée,
faute de récoltes récentes.
1. MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les coupes de pycnides sont effectuées au microtome (104m) après fixation
des aiguilles au mélange de Bouin-Hollande et inclusion dans la paraffine. Les
colorations sont réalisées par la méthode acide périodique-Schiff (PAS). Les
spores sont mesurées après montage des pycnides ou de fragments de cultures
dans le lactophénol, cinquante conidies sont dessinées à la chambre claire et
mesurées sur le dessin. Dans chaque cas nous donnons la moyenne et les valeurs
maximales (sans tenir compte des valeurs extrêmes isolées).
Les cultures de R. pini et R. kalkhoffii ont été obtenues par repiquage de
pycnides entières sur PDA, l'identité des cultures obtenues étant vérifiée par la
formation de pycnides sur aiguilles stérilisées d’Abies alba Mill. (voir GOUR-
BIERE et MORELET, 1979), pycnides toujours semblables à celles d'origine.
Les cultures sont décrites sur PDA «Difco», à 20°C, à l'obscurité, en boîte de
Pétri plastique de 90mm de diamètre scellées avec du parafilm pour éviter
la dessication. L'observation microscopique a souvent été faite sur le même
milieu dilué au 1/2 ou au 1/4 (réajusté à 15g par litre d'agar), la croissance
moins dense rendant alors l'observation plus aisée.
L'observation en microscopie optique ne nous ayant pas permis d'identifier
de façon certaine le mode de formation (holo ou entéroblastique) des conidies,
nous en publierons prochainement une étude en microscopie électronique.
2. STRUCTURE DES PYCNIDES EN NATURE
Dans notre première note nous avions rappelé les caractéristiques générales
de cette structure bien typique du genre. Nous voudrions revenir ici sur quelques
détails, en particulier de la paroi, car les observations des différents auteurs
ne sont pas en parfait accord à ce sujet. Peut être cela tient-il à la difficulté
d'obtenir de bonnes coupes d'aiguilles sans détériorer ces fragiles structures
superficielles. Ces observations portent surtout sur R. pini dont nous avons pu
étudier de nombreuses récoltes.
La paroi est formée dans tous les cas d'une seule assise de cellules; ceci
est très net sur les coupes minces parfaitement diamétrales, mais des coupes
épaisses ou mal orientées peuvent donner l'impression de plusieurs couches.
MANGIN et HARIOT (1907) décrivent et figurent cette paroi continue, régu-
lièrement celluleuse. Par contre MAUBLANC (1907), confirmant une obser-
Source : MNHN. Paris
LE GENRE RHIZOSPHAERA 2. 71
vation antérieure de VUILLEMIN (1896), la décrit discontinue, des plages
non celluleuses étant seulement limitées par un dépôt amorphe brunâtre, dépôt
d'ailleurs bien décrit et figuré par MANGIN et HARIOT à l'extérieur de la paroi
pycnidienne. Ces auteurs avaient également observé que le sommet de la pyc-
nide portait l'empreinte du bouchon cireux du stomate, nous avons constaté
(fig. 1) que cette structure est entièrement formée par ce dépôt.
Fig. 1. — Rhizosphaera pini, pycnide et conidies sur Abies alba.
A la suite de ces observations et de celles concernant R. oudemansii et R.
macrospora (GOURBIERE et MORELET, 1979), où la paroi celluleuse est
encore plus réduite, il nous paraît difficile de ne voir dans ce dépôt que le
produit de la gélification des parois externes des cellules de la paroi comme
le font MANGIN et HARIOT. Nous verrons que l'observation des cultures
permet de formuler une autre hypothèse. Signalons enfin que KOBAYASHI
n'a pas décrit ni figuré ces structures.
Un autre détail sujet à controverse est la présence à l'intérieur de la pycnide,
de filaments (conidiogènes comme la paroi) libres, d'abord considérés comme
Source : MNHN. Paris
72 F. GOURBIERE & M. MORELET
des conidiophores. Cette observation entraïna la création du genre Rhizophoma
par PETRAK et SYDOW (1927) pour R. kalkhoffii dépourvus des soit disant
conidiophores. KOBAYASHI a montré que ce caractère n'avait en fait que
peu d'importance, les filaments internes ayant méme valeur que ceux formant
la paroi. Si nous les avons observés en grande abondance chez R. oudemansii
et R. macrospora, nous ne les avons pas retrouvés chez les trois espèces étudiées
ici, oà pourtant KOBAYASHI les avait figurés. Tout au plus observons nous
une sorte de coussinet conidiogène à la base de la pycnide: le caractère est à
l'évidence trés variable chez ces espèces. Là aussi le comportement en culture
a apporté quelques explications.
Le développement méme de la pycnide est décrit différemment par les diffé-
rents auteurs. MANGIN et HARIOT observent d'emblée la formation d'une
cavité creuse par les filaments issus du stroma sous stomatique, alors que WA-
TERMAN et KOBAYASHI décrivent une pycnide d'abord remplie de tissu
pseudoparenchymateux qui se désagrége ensuite.
3. RHIZOSPHAERA PINI (CORDA) MAUBLANC
Bull. Soc. Mycol. Fr. 23:171, 1907.
a) Matériel étudié. — Herbier F. Gourbiére (Lyon) n° 7, rameau désséché
d'Abies alba Mill., 10.7.1977, environs du Lac Chalain, Jura, France, altitude
540 m. Coll. Gourbiére.
b) Stade pycnidien en nature (fig. 1). — La structure des pycnides ayant
été décrite ci-dessus et ne différant pas chez les trois espèces étudiées, nous ne
donnerons que la biométrie des spores. Celles-ci sont unicellulaires, hyalines,
elliptiques cylindriques, à bords sub parallèles et extrémités arrondies. Sur
l'échantillon n97 elles mesurent 19,3 (17-22) x 9 (7-10)um. Les conidies des
pycnides obtenues in vitro sur aiguilles à partir de la culture B1 décrite ci-
dessous mesurent 17,3 (15-21) x 7,8 (6-10) um.
€) Stade mycélien en culture. — La culture B1 décrite a été obtenue à partir
de la récolte n? 7.
Croissance lente sur PDA à 20°C, les colonies n’atteignant que 25mm en
21 jours.
Aspect: partie centrale élevée, duveteuse, brun noir, marge cohérente appli-
quée, jaunâtre sur quelques millimètres.
Microscopie (fig. 2). Le mycélium submergé est peu différencié, formé
d'hyphes de 5-15um de large, hyalines, trés contournées et ramifiées, à paroi
souvent épaissie, Mycélium aérien formé d'hyphes de méme largeur mais brunies
et souvent incrustées de granulations sombres (a). Les extrémités sont recouver-
tes d'une gaine de mucilage et leurs cellules terminales s'élargissent (b). A partir
de là deux évolutions sont possibles. Soit les parois s'épaississent et brunissent,
les cellules prenant alors un aspect de chlamydospores (c-d). Soit (e, f, g) on
Source : MNHN. Paris
IZOSPHAERA 2.
Source : MNHN. Paris
74 F. GOURBIERE & M. MORELET
assiste à la formation de. courts rameaux qui produisent très tôt des conidies,
l'ensemble restant inclus dans le mucilage (cette évolution peut aussi se produire
à partir de cellules intercalaires (h)). Les filaments en se développant tendent à
épouser le contour de la gouttelette de mucilage, délimitant ainsi une cavité
interne (i) contenant les conidies et qui est déjà une ébauche de pycnide. Sou-
vent à ce stade la prolifération conidienne rompt la pycnide (j) qui prend alors
un aspect de stroma conidiogène. Cependant la structure close est parfois bien
conservée (k en coupe) et ressemble alors tout à fait à une pycnide naturelle, les
conidies étant produites par les cellules de la paroi.
Conidies semblables à celles des pycnides naturelles (i), beaucoup plus abon-
dantes sur PDA dilué au 1/4 où le mycélium aérien moins développé est envahi
par le mucilage conidien.
Biométrie. Sur culture jeune (15 jours) : 17,8 (15-21) x 8,3 (7-11)um
Sur culture âgée (28 jours) : 18,0 (12-23) x 8,1 (6-11)um.
4. RHIZOSPHAERA KOBAYASHII (MORELET) MORELET
Bull. Soc. Sci. nat. Archeol. Var. 29:8, 1973.
a) Matériel étudié. — TMF-FPH-3088, sur Pinus pumila Regel, Mt. Koma-
gatake, Miyata-mura, Nagano Prefecture, Japon, Septembre 1966, Coll. Tetsu-
shige Kubo. Culture correspondante R2-4.
Fig. 3. — Rhizosphaera kobayashii, pycnide et conidies sur Pinus pumila.
Source : MNHN. Paris
LE GENRE RHIZOSPHAERA 2. 75
Fig. 4. — Rhizosphaera kobayashii, culture sur PDA (voir texte pour le détail)
b) Stade pycnidien en nature (fig. 3). Très semblable aux pycnides de R.
pini, les différences figurées ne sont certainement pas significatives car nous
n'avons pu étudier qu'un échantillon de R. kobayashii.
Source : MNHN, Paris
76 F. GOURBIERE & M. MORELET
Sur cet échantillon les conidies mesurent 28,4 (20-36) x 10 (8-12)um. Sur
les pycnides obtenues in vitro sur aiguilles stérilisées d’Abies alba Mill., à partir
de la souche R2-4, nous avons trouvé des conidies un peu plus larges: 27,9 (23-
34) x 12,6 (11-15)um. Elles sont unicellulaires, hyalines, ovoïdes allongées,
nettement tronquées à la base. Ce dernier détail, déjà noté par KOBAYASHI
(1967), n'a jamais été retrouvé chez R. pini malgré la similitude de formation
des conidies.
c) Stade mycélien en culture. — Croissance sur PDA à 20°C lente, un peu
moins cependant que R. pini, colonies de 37mm de diamètre après 21 jours.
Aspect: colonie jeune (7-15 jours) duveteuse, gris brun sale, à marge cohé-
rente appliquée un peu duveteuse blanche. Ensuite la partie centrale s'élève,
s'ondule et s'assombrit, puis le mycélium aérien est envahi par un mucilage
clair (conidies) rendant la surface brun noir luisante, sauf à la marge restée
claire. Cette description correspond bien aux quelques indications données
par KOBAYASHI (1967).
Microscopie (fig. 4): Mycélium submergé très semblable à celui de R. pini:
hyphes hyalines de 5-154m de large, contournées ramifiées, stériles, à paroi
souvent épaissie. Mycélium aérien présentant des différenciations semblables
à celles de R. pini: hyphes larges de 5-15um, avec des dépots granuleux (a)
et des gaines de mucilages annelées selon les cloisons (b, c), extrémités élargies
très mucilagineuses (d) mais n'évoluant guère en chlamydospores. La cellule
terminale se divise (e) pour donner un petit massif cellulaire qui produit aussitôt
des conidies dans le mucilage. Cette structure peut se rompre prématurément
(g) ou évoluer (h, i) en pycnide. L'abondance du mucilage permet de l'observer
très nettement autour des pycnides. Nous pensons que c'est à ce mucilage,
après dessication, qu'il faut attribuer la couche amorphe observée sur les pyc-
nides en nature. Le stade cultural sur PDA produit donc, comme chez R. pini,
des pycnides frustres, mais assez proches des pycnides naturelles, comme l'avait
déjà noté KOBAYASHI (1967).
Conidies semblables à celles des pycnides en nature, mais toutefois plus
larges, parfois presque en citron (j), toujours tronquées à la base.
Biométrie. Sur culture jeune (15 jours) : 26,1 (22-33) x 13,7 (12-16)um.
Sur culture âgée (28 jours) : 25,4 (20-29) x 12,5 (10-15)um.
5. RHIZOSPHAERA KALKHOFFII BUBAK
Ber. Deut. Bot. Ges. 32:190, 1914.
Cette espèce est la mieux connue et nous ne la décrivons ici qu'à titre de
comparaison.
a) Matériel étudié. — Herbier Gourbière n° 11, sur Picea glauca (Moench)
Voss. 9.12. 1977, Arboretum d'Amance, Nancy, France. Coll. Morelet.
Source : MNHN. Paris
LE GENRE RHIZOSPHAERA 2. 77
Fig. 5. — Rhizosphaera kalkhoffii, pycnide et conidies sur Picea glauca.
b) Stade pycnidien en nature (fig. 5). — Nos observations sont en accord
avec celles des auteurs: WATERMAN (1947), KOBAYASHI (1967), compte
tenu des mémes remarques que précédemment sur les variations de détail.
Sur notre échantillon les conidies mesurent 6,6 (5-8) x 3,2 (2,5-4)um. Sur
les pycnides réobtenues en culture sur aiguilles d’Abies alba nous avons trouvé
6,7 (6-8,5) x 3,6 (2,5-4,5)um. Les conidies sont unicellulaires, elliptiques ovoi-
des, hyalines. Elles se distinguent tout de suite de celles des autres Rhizosphaera
par leur petite taille.
c) Stade mycélien en culture. — La culture B4 décrite provient de l'échan-
tillon n9 11 et correspond parfaitement aux descriptions des cultures de R.
kalkhoffii données précédemment par WATERMAN (1947) et KOBAYASHI
(1967).
Croissance assez rapide (55mm en 21 jours), plus que R. pini et R. kobaya-
shiî, moins que R. oudemansii et R. macrospora.
Aspect. Pas de mycélium aérien, mycélium superficiel et submergé finement
radié d'abord trés clair (MUNSELL 2.5 Y 6/6, 7/6, 8/6) puis noircissant avec
une nuance brun verdâtre (5Y 6/6, 6/6, 6/8, 7/6, 7/8). Le centre se recouvre
d'une masse gluante (conidies) qui noircit ensuite et se dessèche en donnant
une croute noir mate.
Source : MNHN, Paris
78 F.GOURBIERE & M. MORELET
Microscopie (fig. 6). Mycélium submergé hyalin peu sporifère. Mycélium
superficiel formé d'hyphes de 5-15um de large, hyalines dans les cultures jeunes,
produisant des conidies sur toute leur longueur (a). Cellules conidiogènes indif-
férenciées, le plus souvent intercalaires, mais parfois terminales sur de courts
rameaux latéraux (b). Conidies à développement blastique. Dans les parties
âgées le mycélium brunit, par endroit les cellules se recloisonnent transversa-
lement et longitudinalement, brunissent et se séparent plus ou moins en libérant
dans la masse gélatineuse (formée par les conidies qui peuvent elles aussi brunir)
des éléments uni, bi ou pluricellulaires (g) à allure de chlamydospores. Ces
cellules peuvent encore produire des conidies en petit nombre. Nous n'avons
pas observé les endospores signalées par KUMI et LANG (1979).
Fig. 6. — Rhizosphaera kalkhoffii, culture sur PDA (voir texte pour le détail),
Conidies semblables à celles des pycnides.
Biométrie. Sur culture jeune (7 jours) : 7,1 (5-10) x 3,3 (2,5-4)um
Sur culture âgée (28 jours) : 8,5 (7-10,5) x 3,5 (3-4,5)um.
Nous avons observé des bourgeonnements secondaires sur les conidies (d).
En milieu liquide c'est la seule espèce à prendre un aspect entièrement levuri-
forme.
Source : MNHN. Paris
LE GENRE RHIZOSPHAERA 2. 79
EI
E2
Fig. 7. — Développement et variations des pycnides de Rhizosphaera. Diagramme schéma-
g ppi P pl e
tique (voir texte).
Source : MNHN, Paris
80 F.GOURBIERE & M. MORELET
Comme celles de R. oudemansii et de R. macrospora, les cultures sur PDA
de R. kalkhoffii sont du type Hormonema.
6. DISCUSSION ET CONCLUSIONS
Nous avons essayé dans la figure 7 de regrouper et d'ordonner les différentes
structures observées en nature et en culture par les auteurs antérieurs et nous-
mêmes en partant de deux hypothèses :
- les conidies sont produites par des cellules indifférenciées, sur des filaments
dont la disposition peut varier,
- dans le cas de formation de pycnides, un mucilage sert d'abord de matrice
pour l’organisation des filaments, puis comme revêtement externe de la paroi.
A. - stade hyphomycéte de type Hormonema: R. kalkhoffi, R. oudemansii
et R. macrospora en culture sur PDA.
B.- stades primordiaux des pycnides chez R. pini et R. kobayashi en culture
sur PDA. Les hyphes ne sont conidiogènes que dans certaines zones associées
au mucilage.
C.- identique à B mais plus évolué, tous les filaments fertiles sont enfermés
dans le mucilage dont la zone externe se condense et brunit.
D.- un certain nombre de filaments viennent se coller contre la paroi mucila-
gineuse et y déterminent des plages celluleuses : R. oudemansii et R. macrospora
en nature, R. pini et R. kobayashi en culture.
E.- tous les filaments sont intégrés à la paroi: R. pini, R. kobayashii et R.
kalkhoffii en nature (et parfois en culture pour les deux premiers).
EI. - paroi incomplète par disparition secondaire de certaines cellules dont
l'empreinte est encore visible dans le revêtement mucilagineux. C'est le cas le
plus fréquent pour les trois espèces étudiées dans cette note (fig. 1, 3, 5).
E2.- cas intermédiaire avec persistance de filaments internes et d'une paroi
quasi complète (KOBAYASHI, fig. 5, 7; MANGIN et HARIOT, fig. 5).
E3.- correspond à la figure 6a de KOBAYASHI où l'on voit une paroi
complète associée à une cavité remplie de filaments. L'auteur donne cette
pycnide pour immature, ce qui pourrait correspondre au stade à prosenchyme
signalé par cet auteur et aussi par WATERMAN (pseudoparenchyme).
On connaît peu de choses sur le développement des pycnides (SUTTON,
1973; MAIELLO et PETERSON, 1976). L’ontogénie chez Rhizosphaera semble
"être méristogène (à partir d'une seule hyphe) dans les cultures de R. pini et R.
kobayashii. Pour les pycnides en nature une origine symphogène (à partir de
plusieurs hyphes se réunissant) est toutefois possible. La paroi à une seule
couche de cellules délimitant d'emblée une cavité apparaît propre au genre
Rhizosphaera.
Source : MNHN. Paris
LE GENRE RHIZOSPHAERA 2. 81
Dans notre prochaine note nous donnerons une synthèse sur le genre Rhizo-
sphaera et nous examinerons la distribution géographique et botanique de ses
différentes espèces, en France principalement.
Nous remercions T. KOBAYASHI pour ses échantillons et cultures, et Mmes Jacqueline
HAURAT et Colette MOULIN pour leur collaboration technique.
BIBLIOGRAPHIE
GOURBIERE F. et MORELET M., 1979 — Le genre Rhizosphaera Mangin et Hariot. 1.
R. oudemansii et R. macrospora sp. nov. Rev. Mycol. 43: 81-95.
KOBAYASHI T., 1967 - Critical revision on the genera Rhizosphaera Mangin et Hariot
and Rhizophoma Petrak et Sydow, a little-known fungous group associated with needle
disease of conifers. Bulletin of the Government Forest Experiment Station 204: 91-
107, Tokyo, Japan.
KUMI J. and LANG K.J., 1979 = The susceptibility of various spruce species to Rhizo-
sphaera kalkhoffii and some cultural characteristics of the fungus in vitro. Eur. J. For-
Path. 9: 35-46.
MAIELLO J.M. and PETERSON J.L., 1976 — Pycnidium ontogeny in Phyllosticta antirrhi-
ni, Mycologia 68: 1121-1125.
MANGIN L. et HARIOT P., 1907 — Sur la maladie du rouge du Sapin pectiné dans la forêt
de la Savine (Jura). Bull. Soc. mycol. Fr. 23: 53-68.
MAUBLANC M.A., 1907 — Sur la maladie des Sapins produite par le Fusicoccum abie-
tinum. Bull, Soc. mycol. Fr. 23: 160-173.
MUNSELL BOOK OF COLOR, 1954 — Munsell Color C9, Baltimore, Maryland, USA.
PETRAK F. et SYDOW H., 1927 — Die Gattungen der Pyrenomyzeten und Melanconieen
ï Teil. Die phaeosporen Sphaeropsideen und die Gattung Macrophoma. Rept. Spec.
Nov. Regni Veg. Beih. 42: 472-474.
SUTTON B.C., 1973 — Coelomycètes. pp. 513-582. In: G.C. AINSWORTH, F.K. SPAR-
ROW and A.S. SUSSMAN Eds., The Fungi: an advanced treatise. Vol. IV a, Academic
Press, New York and London.
VUILLEMIN M.P., 1896 — Quelques champignons arboricoles nouveaux ou peu connus
Bull. Soc. mycol. Fr. 12: 33-44.
WATERMAN A.M., 1947 — Rhizosphaera kalkhoffü associated with a needle cast of
Picea pungens. Phytopathology 37: 507-511.
ERRATUM
Rev. de Mycologie 43 .
p. 89: Dans la diagnose latine de R. macrospora une erreur a été commise quant à la
Ge Lues © Chalain, (ra, du lic de Tana e
p. 94: Modifier ainsi la légende de la planche 1: E : mycélium et spores de R. oudemansii
en Bata = F: mycélium et spores de R. oudemansii en culture (coloration au bleu coton)
— G: mycélium et spores de R. macrospora en culture.
Source : MNHN. Paris
82
COMITÉ DE NOMENCLATURE POUR LES CHAMPIGNONS FOSSILES
L'Association Internationale de Mycologie, en vue de la préparation du
troisième Congrès International de Mycologie, qui aura lieu à Kyoto (Japon),
en 1983, vient de compléter ses comités de nomenclature par la création d'un
comité pour les Champignons fossiles. Il est composé de MMrs :
M. LOCQUIN : Laboratoire de Micropaléontologie, E.P.H.E., 8 rue Buffon,
75005 Paris, France;
K.A. PIROZYNSKI: Paleobiology division, National Museums of Canada,
Ottawa K1A OM8 Canada.
D.R. REYNOLDS : Natural History Museum, Los Angeles County, 900 Expo-
sition Blvd. Los Angeles, Calif. 90007 U.S.A.
P.H. SMITH : Department of Botany, Birbeck College, University of London,
Malet Street, London WC1E 7HX, Grande Bretagne.
L.K. WERESUB: Paleobiology Division, National Museums of Canada,
Ottawa KIA OM8 Canada.
Les comités de Nomenclature, qui sont autrement les mémes que pour le
précédent Congrès, sont présidés par le Dr. K.T. van WARMELO, Rand Afri-
kaans University, Johannesburg 2000, Afrique du sud.
Source : MNHN. Paris
83
ÉTUDE SUR LES CHAMPIGNONS PARASITES
DU SUD-EST ASIATIQUE
XXIX.- Les CORYNESPORA de Malaisie
par Jo-Min YEN* et G. LIM
RÉSUMÉ. — Le présent mémoire décrit trois espèces nouvelles de Corynespora récoltées
à Singapour par le Dr. G. Lim. Les espèces étudiées sont: Corynespora eranthemi Yen et
Lim du Eranthemum wattii; C. hemigraphidis Yen et Lim, sur Hemigraphis alternata, et
C. ruelliae Yen et Lim, sur Ruellia macrophylla.
Corynespora eranthemi Yen et Lim, nov. sp. (fig. 1)
Sur les feuilles de l'Eranthemum wattii (Acanthacée), à Singapour, avril
1970, leg. G. Lim (S. U. N° 53).
Description du champignon
Macules amphigènes, distinctes à deux faces du limbe, brun grisâtres au
centre, avec une bordure saillante et brun noir, irrégulièrement arrondies, disper-
sées, de 1-3mm de diamètre (très rarement confluentes). Mycélium interne
immergé au-dessous de l'épiderme du limbe, composé par les hyphes brun
olivâtre, large de 3-6um (Fig. 1, A). Fructifications amphiphylles, invisibles à
l'oeil nu, mais laissant voir, à la loupe, des petits poils noirs qui correspondent
à des conidiophores du champignon; stromas absents. Conidiophores amphi-
phylles, brun foncé, solitaires ou groupés par 2 ou 3 individus en fascicules,
sortant par l'ostiole des stomates (Fig. 1, B), simples, érigés, cylindriques, parfois
légèrement flexueux, cloisonnés, à membrane lisse; ils ont un apex arrondi
(4 Gum de large), une base plus épaisse (12-164m de large), munis de 0-8 proli-
erations successives et oblongues et mesurent 35-210 (224) x 7-94m (Fig. 1, ©).
+ Laboratoire de Cryptogamie, M.N.H.N., 12 rue de Buffon, 75005 Paris.
CRYPTOGAMIE, MYCOLOGIE (Cryptog. mycol.) TOME I (1980)
Source : MNHN. Paris
84 J.-M. YEN & G. LIM
Fig. 1. — Corynespora eranthemi Yen et Lim: A, Mycélium interne et conidiophores; B,
Fascicule des conidiophores; C, Conidiophores et proliférations; D, Conidie; E, Germi.
nation des conidies et formation du stroma superficiel.
Source : MNHN, Paris
LES CORYNESPORA DE MALAISIE 85
Conidies toujours terminales, sortant par un trou de l'extrémité des conidio-
phores et des proliférations successives, brun olive pâle et plus foncé à la base,
obclaviformes, droites ou légèrement arquées, divisées par 5-25 fausses cloisons
transversales; elles ont un apex arrondi (large de 4-6um), une base tronquée et
ornée d'une grande (5-7 um de diam.) cicatrice brun noir et mesurent 65-176 x
11-14um (Fig. 1, D).
Germination des conidies
La germination des conidies s'observe en général sur place, à la surface des
feuilles parasitées. Chaque spore émet un ou deux tubes germinatifs qui s'al-
longent et forment superficiellement un stroma arrondi, composé des cellules
polygonales et de teinte brun olive ou brun pâle (Fig. 1, E). Toutefois, les
Ponidies ne donnent pas directement des conidies secondaires.
Caractères taxinomiques
Aucune espèce de Corynespora n'ayant encore été décrite, à notre connais-
sance, sur les plantes-hôtes du genre Eranthemum, nous considérons donc ce
champignon comme nouveau, avec la diagnose suivante :
Corynespora eranthemi. Maculis amphigenis, distinctis, zona lata atro-
brunnea restrictis, centro brunneo-griseis irregulariter orbicularibus, dispersis,
1-3mm diam. Mycelium in substrato immersum, ex hyphis ramosis, septatis,
pallide olivaceo-brunneis vel olivaceo-brunneis, levis, 3-6 um crassis compositum;
Promatibus nullis; caespitulis amphiphyllis. Conidiophoris amphiphyllis, solita-
riis vel 2-3 fasciculatis, ex apice lateralibusque hyphis oriundis, erectis vel leniter
flexuosis, cylindraceis, septatis, levis, atro-brunneis, simplicibus, ad apicem
rotundatis (4-6um cr.), cellulis basali globosis (12-16 um diam.) 35-210 (224)um
longis, 7-9um crassis, per 0-8 proliferationes successivas oblongas. Conidiis
singulis, primo in apice conidiophoris et dein proliferationis cujusque successivae
oriundis, rectis vel leniter curvatis, obclavatis, pallide olivaceo-brunneis, levis,
5-25 pseudo-septatis vel septatis, ad apicem rotundatis (4um cr.), inferne obcla-
vato-attenuatis, cellulis basali in hilum truncatum et atro-brunneum, 65-176um
longis, 11-14um crassis.
Habitat in foliis vivis Eranthemi wattii, Singapora, Apr. 1970, ad G. Lim
(S. U. No 53).
Corynespora hemigraphidis Yen et Lim, nov. sp. (Fig. 2)
Sur les feuilles de l'Hemigraphis alternata (Acanthacée), à Singapour, avril
1970, leg. G. Lim (S. U. No 55).
Description du champignon
Macules amphigènes, plus distinctes à la face inférieure du limbe, brun noir
ou noires, très irrégulidres, de 25mm de diamètre, mais souvent confluentes
Source : MNHN. Paris.
J.-M. YEN & G. LIM
Fig. 2. — Corynespora hemigraphidis Yen et Lim; A, Germination des conidies et forma-
tion du stroma superficiel; B, Conidiophore et formation des conidies; C, Conidiophore
et prolifération; D, Conidie; E, Mycélium interne; F, Formation des conidiophores
secondaires sur le stroma superficiel.
Source : MNHN. Paris
LES CORYNESPORA DE MALAISIE 87
et atteignant 20mm de longueur. Mycélium interne immergé au-dessous de
l'épiderme du limbe, composé par les hyphes brun olive pâle, ramifiés, cloison-
nés, à membrane lisse, large de 4-94m (Fig. 2, E). Fructifications amphiphylles,
invisibles à l'oeil nu, mais laissant voir, à la loupe, des fins poils noirs qui corres-
pondent à des conidiophores du champignon; stromas absents. Conidiophores
amphiphylles, brun foncé, solitaires ou groupés par 2 ou 3 en fascicules, sortant
par l'ostiole des stomates, simples, érigés, cylindriques, parfois légèrement
flexueux, cloisonnés (0-3 cloisons transversales), à membrane lisse; ils ont
un apex arrondi de 7um de large, une loge basale plus épaisse (12-16um), avec
0-3 proliférations successives cylindriques et mesurent 50-244 x 7-9um (Fig.
2, B et C). Conidies terminales, sortant par un trou de l'extrémité des conidio-
phores et des proliférations cylindriques, brun olive pâle et plus foncées vers
la base, obclaviformes, droites ou légèrement arquées, divisées par 6-15 fausses
cloisons transversales; elles ont un apex arrondi et conique-arrondi (3-5um de
large), une base tronquée et ornée d'une cicatrice brun noir, assez grande (5-74m
de diam.) et mesurent 72-218 x 12-15um (Fig. 2, D).
Germination des conidies
La germination des conidies s'observe généralement sur place, à la surface
des feuilles parasitées. Les spores ne donnent pas directement des conidiophores
secondaires, mais émettent, à leurs extrémités, des tubes germinatifs qui s'allon-
gent et forment superficiellement un stroma arrondi sur lequel s'accroissent
des conidiophores secondaires (Fig. 2, F). Certainement ces derniers peuvent
donner immédiatement des conidies secondaires de forme normale (Fig. 2, A
et F).
Caractéres taxinomiques
Aucune espèce de Corynespora n'a encore été décrite, à notre connaissance,
sur les plantes-hótes du genre Hemigraphis. En outre, il diffère de Corynespora
eranthemi Yen et Lim par son mycélium interne plus épais et moins riche en
proliférations. Nous considérons donc ce champignon comme nouveau, avec
la diagnose suivante :
Corynespora bemigraphidis. Maculis amphiphyllis, atris vel atro-brunneis,
in hypophyllo margis distinctis, irregulariter polygonalis, dispersis, 2-5mm
diam., saepe confluentibus, ad usque 20mm longis. Mycelium internalis in
substrato immersum, ex hyphis ramosis, septatis, olivaceo-brunneis vel pallide
olivaceo-brunneis, levis, 4-9um crassis compositum; stromatibus nullis; caespi-
tulis amphiphyllis. Conidiophoris amphiphyllis, solitariis vel 2-3 fasciculatis,
ex apice lateribusque hyphis oriundis, erectis, simplicibus, cylindraceis, rectis
vel leniter flexuosis, septatis (0-3), levis, atro-brunneis, ad apicem rotundatis
(um cr.), cellulis basali globosis (12-16um cr.), 50-244um longis, 7-9um crassis,
per 0-3 proliferationes successivas cylindricas elongascentias. Conidiis singulis,
prime in apice conidiophoris et dein proliferationis cujusque successivae oriun-
dis, rectis vel leniter curvatis, obclavatis, pallide olivaceo-brunneis, levis, 5-25
Source : MNHN. Paris
88 J.-M. YEN & G. LIM
pseudo-septatis vel septatis, ad apicem rotundatis vel conico-rotundatis (3-5um
cr.), inferne obclavato-attenuatis, cellulis basali in hilum truncatum et atro-
brunneum, 72-21 8um longis, 12-1 Sum crassis.
Habitat in foliis vivis Hemigraphidis alternatae, Singapora, Apr. 1970, ad
G. Lim (S. U. No 55).
Corynespora ruelliae Yen et Lim, nov. sp. (Fig. 3)
Sur les feuilles du Rullia macrophylla (Acanthacée), à Singapour, 11 mars
1970, leg. G. Lim (S. U. No 41); sur les feuilles du Ruellia dipterocanthus, à
Singapour, 11 mars 1970, leg. G. Lim (S. U. No 42).
Description du champignon
Macules amphigènes, plus nettes à la face inférieure du limbe, brun noir,
irréguligrement arrondies, 1-12mm de diamètre. Mycélium interne immergé
au-dessous de l'épiderme, composé d'hyphes brun olive ou brun olive pile,
ramifiées, cloisonnées, à membrane lisse, large de 3-6um (Fig. 3, A). Fructifi-
cations hypophylles, invisibles à l'oeil nu, mais laissant voir, à la loupe, des
petits poils noirs qui correspondent aux conidiophores du champignon; stromas
absents. Conidiophores strictement hypophylles, brun foncé, solitaires ou
groupés par 2 ou 3 en fascicules, sortant par l’ostiole des stomates, simples,
érigés, cylindriques, rarement flexueux, cloisonnés (0-3), à membrane lisse;
ils ont un apex arrondi (large de 4-7um), une loge basale plus épaisse (11-12um),
avec 0-14 proliférations successives et ovoïdes et mesurent 65-140 x 7-9um
(Fig. 3, A et B). Conidies terminales, se formant par un trou à l'extrémité des
conidiophores proprement dits et des proliférations ovoïdes de conidiophores,
brun olive pâle, obclaviformes, droites ou légèrement arquées, divisées par 5-16
fausses cloisons transversales; elles ont un apex arrondi ou conique-arrondi,
une base tronquée et ornée d'une cicatrice brun noir, et mesurent 60-150 x 12-
15um (Fig. 3, D).
Germination des conidies
La germination des conidies s'observe en général sur place, à la surface
des feuilles parasitées. Chaque conidie produit habituellement, à l'extrémité
basale, un conidiophore secondaire de forme normale qui donne immédiatement
des conidies secondaires également de forme normale (Fig. 3, F et G). En outre,
elle peut donner soit à la base, soit à son apex, un tube germinatif qui s'allonge
et forme une masse globuleuse, composée des cellules irrégulières, brun olive
pâle (Fig. 3, E), ressemblant exactement à un stroma superficiel qui donne
naissance également à des conidiophores et des conidies secondaires (Fig. 3, H).
Caractères taxinomiques
Aucun Corynespora n'a encore été décrit, à notre connaissance, sur les
Source : MNHN, Paris
LES CORYNESPORA DE MALAISIE 89
Fig. 3. — Corynespora rulliae Yen et Lim : A, Mycélium interne et conidiophore; B, Forma-
tion de conidies; C, Formation des proliférations; D, Conidies; E, Formation de stroma
superficiel; F et G, Germination des conidies et formation des conidies secondaires;
H, Conidiophore provenant du stroma superficiel.
Source : MNHN. Paris
90 J.-M. YEN & G. LIM
plantes-hôtes du genre Ruellia. En outre, il diffère des deux espèces précédentes
par ses fructifications strictement hypogènes et ses proliférations ovoïdes. Nous
considérons donc ce champignon comme nouveau, avec la diagnose suivante :
Corynespora ruelliae. Maculis amphigenis, atro-brunneis, in hypophyllo
margis distinctis, irregulariter rotundato-polygonalis, 1-12mm diam. Mycelium
in substrato immersum, ex hyphis ramosis, septatis, pallide olivaceo-brunneis
vel olivaceo-brunneis, levibus, 3-6 Um crassis compositum; stromatibus nullis;
caespitulis hypophyllis. Conidiophoris restricte hypophyllis, solitaris vel 2-3
fasciculatis, ex apice lateribusque hyphis oriundis, erectis, simplicibus, erectis
vel leniter flexuosis, cylindraceis, septatis, levibus, atro-brunneis, 65-145um
longis, 7-9um crassis, ovoidas. Conidiis singulis, primo in apice conidiophoris,
dein proliferationes cujusque successivae oriundis, rectis vel leniter curvatis,
obclaviformibus, pallide olivaceo-brunneis, levibus, 5-16 pseudo-septatis vel
septatis, ad apicem conico-rotundatis, inferne obclavato-attenuatis, cellulis
basali in hilum truncatum et atro-brunneum, 60-150um longis, 12-1 Sum crassis.
Habitat in foliis vivis Ruelliae macrophyllae (No 41), Rulliae dipterecanthi
(No 42), Singapora, 11 mar. 1970, ad G. Lim (S. U. No 41 & 42).
Source : MNHN Paris
91
ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
BURNETT J.H., TRINCI A.P.J., 1979 — «Fungal walls and hyphal growth».
Mycological Society Symposium 2. Cambridge University Press. 417 p.
La croissance des champignons et l'évolution des parois hyphales qui lui est
associée sont, depuis les quinze dernières années, l'objet de recherches nom-
breuses qui se matérialisent sur des organismes divers, dans des optiques diffé-
rentes et par des techniques variées. Il en résulte un grand progrès dans la con-
naissance, qui ne se livrait, en raison de ses multiples facettes, que sous forme de
publications dispersées dont il était parfois difficile de faire une synthèse.
Une trentaine de chercheurs spécialistes en la matière, viennent de la réaliser.
L'ouvrage qu'ils nous proposent à l'issu du deuxième symposium de la «British
Mycological Society» sur ce thème, constitue une oeuvre collective qui n'a pas
le défaut qu'ont fréquemment les ouvrages de ce type et présente certaine homo-
généité, malgré l'étendue du domaine couvert.
La structure, la composition chimique, la biogénèse des parois des proto-
plastes, des hyphes végétatives (libres ou agrégées) et des conidies constituent
les six premiers chapitres. La deuxième partie de l'ouvrage est plus particulière-
ment consacrée aux études sur le plan enzymatique. Les problèmes de la chitine
et des glucanes, de leur synthèse et de leur métabolisme enzymatiques, objets
de recherches plus modernes apparaîtront sans doute plus originales.
La dynamique des parois (croissance, ramification...) constituent la troi-
sième partie que complète un important chapitre sur l'analyse mathématique
de la croissance mycélienne.
Tous les aspects de la connaissance actuelle des parois hyphales fongiques
et de leur développement sont ainsi abordés et traités de façon rigoureuse,
quoique très claire, grâce à de nombreuses illustrations souvent originales.
Avec J.H. BURNETT nous regrettons cependant l'absence de données précises
sur la cytologie de la croissance hyphale.
Chercheurs et enseignants pourront sans aucun doute, en consultant cet
ouvrage, avoir une vue aussi complète et actuelle que possible de l'état des
connaissances sur le sujet fondamental que constitue la paroi des champignons.
M. F. Roquebert
Source : MNHN. Paris
92 ANALYSES BIBLIOGRAPHIQUES
R.W.G. DENNIS, 1978 — British Ascomycetes. 2e Edition, Cramer Ed.
Édition entièrement revue avec adjonction de planches nouvelles (77 espèces
et 36 genres supplémentaires), mise à jour de la nomenclature et description
d'espèces nouvellement rencontrées en Grande Bretagne.
DEIGHTON F.C., 1979 - Studies on Cercospora and allied genera. VII. New
species and redispositions. Mycological Papers n° 144, C.M.I., Kew.
56 pages, 28 figures, 3 planches. Dernier fascicule de la série consacrée aux
Cercospora et genres voisins. 3 espèces nouvelles de Pseudocercospora et Phaeo-
ramularia y sont décrites. Discussion sur ces genres ainsi que sur Mycovelosiella.
Création d'un genre nouveau : Paracercospora.
MUSHROOM SCIENCE X., 1979. Édité par J. Delmas, Bordeaux.
Cet ouvrage, abondamment illustré, renferme l'ensemble des 158 communi-
cations (lectures ou posters), présentés en juin 78 à Bordeaux et à Paris au cours
du Xème Congrès International sur la Science et la Culture des Champignons
Comestibles.
On ne peut que conseiller l'acquisition de cet ouvrage tant aux mycologues
et à tous les biologistes (particulièrement le tome I réservé aux communications
du Symposium scientifique qui précéda le Congrès sensu stricto) qu'aux produc-
teurs de champignons désirant améliorer leurs techniques et à tous ceux que la
culture des différentes espèces de cryptogames intéresse,, cultivateurs en puis-
sance ou simples amateurs désirant éclairer leurs connaissances.
L'ensemble de l'ouvrage est expédié franco de port au prix de 480 francs français (les
deux tomes) ou 275 francs français (chaque tome séparément).
Les commandes sont à adresser à : Xème CONGRES CHAMPIGNONS
INRA Bordeaux
33140 Pont de la Maye (France)
Commission paritaire 13-9-1976 N° 58611
Dépôt légal n* 10459 - Imprimerie de Montligeon
Sorti des presses le 15 avril 1980
Source : MNHN. Paris
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NO 2 (1942). Les matières colorantes des champignons, par I.
Pastac. 88 pages : 15 F.
NO 3 (1943). Les constituants de la membrane chez les champignons
par R. Ulrich. 44 pages : 15 F.
NO 6 (1958). Essai biotaxonomique sur les Hydnés résupinés et les
Corticiés par J. Boidin. 390 pages, pl. et fig. : 70 F.
NO 7 (1959). Les champignons et nous (Chroniques) (II), par G.
Becker. 94 pages : 25 F.
NO 8 (1966). Catalogue de la Mycothèque de la Chaire de Crypto-
gamie du Muséum National d'Histoire Naturelle. (I) Micro-
mycétes, Macromycètes (première partie). 68 pages : 25 F.
NO 9 (1967). Table des Matières (1936-1965) 85 p. 20 F. - (1966-
1975) 40 p. 10 F.
N° 10 (1969). Le genre Panacolus. Essai taxinomique et physiolo-
gique, par G.-M. Ola'h. 273 pages, pl. et fig. : 75 F.
FLORE MYCOLOGIQUE DE MADAGASCAR ET DÉPENDANCES,
publiée sous la direction de M. Roger HEIM.
Tome I. Les Lactario-Russulés, par Roger HEIM (1938) (épuisé).
Tome Il. Les Rhodophylles, par H. Romagnesi (1941), 164 pages,
46 fig. : 60 F.
Tome Ill. Les Mycènes, par Georges Métrod (1949). 144 pages,
88 fig. : 60 F.
Tome IV. Les Discomycètes de Madagascar, par Marcelle Le Gal
(1953). 465 pages, 172 fig. : 90 F.
Tome V. Les Urédinées, par Gilbert Bouriquet et J.P. Bassino
(1965). 180 pages, 97 fig., 4 pl. hors-texte : 60 F.
Règlements :
— par virement postal au nom de Cryptogamie - Revue de Mycologie
12, rue de Buffon, 75005 PARIS, C.C.P. PARIS 6 193 02 K;
— par chèque bancaire établi au même ordre.
Source : MNHN. Paris
COLLOQUE INTERNATIONAL
du CNRS N° 258
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KE IONIQUES TRANSMEMBRANAIRES
CHEZ LES VÉGÉTAUX
| TRANSMEMBRANE TONIC EXCHANGES IN PLANTS
32 etg, à G. Ducet, R. Heller, M. Thellier z
_ Universités de Rouen et Paris VII - 5-11 juillet 1976
È . saaly se dei "Qu NICE @ recherche des couplages métaboliques ou autres
® études électrophysiologiques @ cas purticulier des transferts d'anions et de molècules
. organiques € localisation d'ions et aspects structuraux et moléculaires & intervention
d'échanges ioniques dans «es régulations intercellulan es
€ kinetic and thermody hamic considerations, model ystems —-
| € metabolic and othe couplings, ATPases ;
= 9 particular features of anionic transfers y
= © electrophysiology of the ionic transfer 4 n
€ adsorptian of organic mol iécutes V
- @ localization, molecular and structural aspect of the transfers
€ interference of the transmembrane transfers in other processes than absorption
@ inn exchanges in cell organites
(69 communications dont 64 en anglais et $ en français)
439, 7 : 608 pages - broché ` >> 180 F
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ISBN 2:222402021-2 = ni
po édition CNRS-U miversité de Rouen)
Editions du CNRS
5 Quai Anatole France. 75700 Paris
CCP Paris 9061-11 - Tel 555 9225
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