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Muséum national d’Histoire naturelle,
4e série, section C, Sciences de la Terre.
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Microstructures des zones calcitiques et
aragonitiques des rostres de Goniocamax
(Cephalopoda, Belemnitida), du Turonien de
Sibérie du Nord
Igor S. BARSKOV
Laboratory of Cephalopods, Paleontological Instituts of the Russian Academy of Sciences,
Moscow V-321. 117647 (Russla)
Serguei I. KIYASHKO
Institute of Marine Biology, Far East Branch of the Russian Academy of Sciences,
Vladivostok 690041 (Russia)
Yannicke DAUPHIN & Alain DENIS
Laboratoire de Paléontologie, URA 723, Bât. 504, Université Paris XI,
F-91405 Orsay cedex (France)
Barskov I. S., Kiyashko S. !., Dauphin Y. & Denis A. 1997. — Microstructures des zones
calcitiques et aragonitiques des rostres de Goniocamax (Cephalopoda, Belemnitida), du
Turonien de Sibérie du Nord. Geodiversitas 19 (4) : 669*680.
MOTS CLÉS
Cephalopoda,
Coleotdca,
naicrostrucrures.
rostres.
RÉSUMÉ
Des rostres de Belemnitida Goniocamax du Crétacé supérieur de Sibérie ont
une composition mixte : la partie antérieure e.st aragonitique, la partie posté¬
rieure calci tique. Les microstructurcs sont mieux préservées dans les zones
aragonitiques, mais la comparaison avec d'autres mollusques du même site
montre que Taragonite n‘est pas exempte de diagenèse. D’un point de vue
phylérique, il apparaît que les Belemnitida pouvaient mettre en place de l’ara¬
gonite dans leur rostre, comme les Sepiida et les Aulacocerida. Comme ces
derniers, certaines zones présentent une structure complexe avec des secteurs
radiaires. Le rostre des Bclcinnilida et le telum des ScpÜda semblent donc
homologues.
KEYWORDS
Cephalopoda,
Coleoidca,
microstructures,
rostra.
ABSTRACT
The posterior part of the rostra of Goniocamax (Belemnitida, Late Creta-
ceous, Siberia) is calciric, the anterior part being aragonitic. Microstructures
arc best preserved in the aragonitic parc of ihc rostra, but examination of
other Mollu-scan shclls from the .samc site show.s rhat the aragonite is slightly
altered by diagenetic changes. Goniocaynax shows a complex structure with
sectors in the aragonitic part, similar to those observed in TAulacoenas
and lertury Belopterina. l’hus the calciric rostrum of Belemnitida and the
aragonitic telum of Sepiida seem to be homologous.
• 1997 • 19 ( 4 )
669
Barskov I. S., Kiyashko S. I., Dauphin Y. & Denis A.
INTRODUCTION
L’identification des homologies des différentes
parties des coquilles des céphalopodes, caractère
essentiel pour la phylogénie du groupe, a d’abord
été fondée sur des critères comme les positions
relatives des divers éléments (rostre, cloisons...),
et leur morphologie. Puis ont été prises en comp¬
te la microscructure et la minéralogie. Il était
alors admis qu’à l’excepcion des rostres de
Belemnitida, tous les éléments coquilliers des
céphalopodes actuels et fossiles étaient initiale¬
ment aragonitiques. L.i nature minéralogique du
rostre demeure très importante puisqu’une étude
bibliographique montre que toutes les bélemnires
dont le rostre contient de Taragonîte ont été
exclues des Belemnitida, et que des ordres parti¬
culiers ont été créés pour ces taxons (Makowski
1952 ; Engeser &c Reirner 1981, 1983 ;
Reitner &c Hngeser 1982). Dans une seconde
phase, rhypothèse a été avancée que les rostres
embryonaires et/ou juvéniles étaient en aragonite
primaire, et les rostres adultes en calcite primaire
(Bandel et ai 1984 ; Bandcl & Kulicki 1988).
La description de rostres d'Aulacoccrida calci-
tiques ou aragonitiques par felerzky (1966) na
pas modifié cette conception puisque ces taxons
ont été classés, notamment à cause de cette parti¬
cularité minéralogiqucv dans un ordre séparé : les
Aulacocerida. Cette conception d’un rostre en
calcite primaire chez les « vraies » bélemnites, et
d’un telum en aragonite primaire clie/. les Sepiida
a conduit à considérer que ce « rostre » était
apparu à plusieurs reprises au cours de révolu¬
tion. Ceci ne représente d’ailleurs qu’une partie
du problème posé par la reconnaissance des
homologies entre les éléments coq ailiers des
céphalopodes à coquille interne et ceux à coquille
externe (cf Dauphin 1984 ; tableau 1 ).
L’hypothèse de l’origine primaire de la calcite des
rostres repose notamment sur r-affirmation
qu’une diagenèse aiagonite-calcitc détruit obliga¬
toirement les structures initiales. Cependant, des
cas de te.sts dont la mitrostructure esr identifiable
malgré de.s modification.s minéralogiques sont
connus dan.s divers groupes z.oologiques
(Grandjean et al, 1964 ; Land 1967 ; Voss-
Foucart ^ Grégoire 1971). À l’inverse, une
minéralogie stable ne garantit pas l’absence de
modifications mlcrostructuralcs (Srivastava
1975 ; Buchardt & Weincr 1981).
Un examen détaillé de la structure de rostres de
divers Aulacocerida triasique.s, certains aragoni-
tiques, d'autrcs calcifiques, a confirmé que la dia¬
genèse aragoniie-caldte ne détruisait pas toutes
les structures (Dauphin & Cuîf 1980 ; Dauphin
1982, 1988). Un exemple similaire a été observé
chez des Belopterina (Dauphin 1986a, 1988).
Cependant, dans ces deux exemples, les rostres
étaient soit aragonitiques, soit calcltiques. En
outre, IcvS aulacoceridés ne sont pas, selon certains
auteurs (Jdetzkv 1966), de « vraies » bélemnites
(Bclernnitida), et les Belopterina sont des Sepiida.
Les niveaux crétacés du nord de la Sibérie ont
livré de vraies » bélemnites dont une partie du
rostre est aragonitique, FaUtre étâni calcitique.
L’analyse mjcrostructuralc étant fondamentale
dans la détermination de la composition initiale
des coquilles, diftérents spécimens de bélemnites
et d'autres mollusques en provenance du site
sibérien sont étudiés de ce point de vue.
1RAVAUX ANTÉRIEURS
Les nodules contiennent des bélemnites
{Go?iioramax), mais aussi d’autres fragments de
mollusques, les plus abondants étant des inoce-
rame.s, des tests de gastéropodes et d’ammonites
{P/aeenticeras, Scaphires) (Te.ys et ai 1978 ;
NaydineZ/i/. 1987).
La composition minéralogique des rostres de
Goniocamax et des autres mollusques a été déter¬
minée aux RX (Teys et al. 1978 ; Naydin et al.
1987). Les parties antérieures du rostre sont ara-
Fie 1. — Structure du rostre de Goniocamax. A. coupe longitu¬
dinale polie montrant la zone aragonitique (a) avec les stries de
croissance conservées, et la zone calcitique (c) avec un dia¬
mètre supérieur. Acide acétique 5 %. 15 s. Échelle : >«: 14.
B. coupe transversale polie montrant une zone de » passage »
aragonite (a) cslctte (c). l es slries de croissance 8 onr vi-siples
dans la zone aragonitique. HjPO^ 1Û %. Écholte ; - 143.
C. coupe IransvofsalP. couches de croissance dans unn zone
aragoniilqui? MAima ftf>écirnen que B 10 %, 5 b, Échelle :
X 545. D. détail de ta précodenle. Échelle : 1090. ê. coupe
longliudinato de la partie postérieure. dôtAit de la morphoiogie
de.^ Ilhree (l'MragorMto, pau bolidaiias lr ?5 unes des autres.
Meme specimen que A. Êcholle . - 8000. autre aspect des
fibres aragonitiques du rostre. Même spécimen que B. H 3 PO 4
10%, 5 s. Échelle :x 8800.
670
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Zones calcitiques et aragoniciques des rostres de Goniocamax
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
671
Barskov I. S., Kiyashko S. L, Dauphin Y. ÔC Denis A.
gonitiques, les pariie.s postérieures étant translu¬
cides et calcitiques.
D'après leur composition isotopique en les
fossiles de ce site peuvent être séparés en deux
groupes : les béletnnites et les bivalves (sauf les
inocérames) ont les valeurs les plus élevées, les
gastéropodes et les inocérames étant appauvris
(Teys et ai 1978). Les valeurs du des inocé¬
rames, des Placentiveras et des béleranites sont
généralement positives- Chez GoyiincamaXy les
compositions des zones calcitiques et aragoni-
ciques different en ce qui concerne le mais
sont similaires pour le La calcife de remplis¬
sage des loges des coquilles d^ammonites du
même site, dont Taspect est similaire à celui de la
calcite des rostres de Goniocamax, a des valeurs
isotopiques très différentes pour le (Naydin
et al. 1986, 1987). Les zones calcitiques ont des
valeurs intermédiaires entre l’aragonite des
rostres et la calcite secondaire de remplissage des
loges d'ammonites (Naydin et al. 1987).
MATÉRIELS ET MÉTHODES D’ÉTUDE
MATf.Rll-1
Les bélemnites attribuées au genre Goniocamax,
proviennent de nodules calcaires du Turonien de
la Sibérie du Nord (rivière Piasina, péninsule du
Taymyr occidental, Teys et al. 1978). Cinq frag¬
ments, dont un comporte le phragmocône, ont
été étudiés. Ces fragments sont de faibles dimen¬
sions puisque le diamètre maximal est inférieur à
1 cm, et la longueur maximale disponible pour
les observations n atteint que 2 cm.
La validité du genre Gomocamax 2 . été contestée
par certains auteurs (Ernst & Schtilz 1974 ;
Christensen 1982). Les spécimens étudiés, déjà
sciés en deux parties (Pune délies ayant été utili¬
sée pour des études isotopiques, cf. Travaux anté¬
rieurs), sont enrobés dans le sédiment. Compte
tenu de leur petite taille et de leur fragilité, ils
nont pu être dégagés de la gangue afin d'obser¬
ver la morphologie externe du rostre. Ces échan¬
tillons ne permettent donc pas d’observer les
paramètres nécessaires à une étude morpholo¬
gique détaillée qui pourrait être à la base d'une
discussion systématique : ornementation externe
(présence et disposition de sillons sur le rostre),
forme de l’alvéole, aplatissement de l'alvéole...
Aucune donnée nouvelle ne pouvant être appor¬
tée en faveur de l’une ou l’autre proposition sys¬
tématique existante, le terme Goaiocamax sera
utilisé dans ce texte, afin de respecter une certai¬
ne homogénéité avec les travaux déjà publiés sur
le.s bélemnites de ce site attribuées à ce « genre »>.
Méthodes d’etude
Des sections longitudinales ont été polies avec
des pâtes diamantccs de plus en plus fines. Le
traitement mettant en évidence les microstruc¬
tures a été modulé selon les spécimens. En effet,
les comportements de la calcite et de l’aragonite
biogéniques pendant une attaque acide diffèrent.
Par exemple, sur une coquille comportant une
couche prismatique calcitique et une couche
nacrée aragonitique, 11 est nécessaire de faire deux
préparations successives pour observer convena¬
blement l ultrastructure des deux couches. La
nacre est trop attaquée lorsque les structures pris¬
matiques apparaissent clairement ; à finveTse. les
structurés calcitiques ne sont pas assez attaquées
lorsque la nacre est bien préparée. Dans la mesu¬
re ou les zones calcitiques et aragonitiques des
rustres étaient identifiables après le ptdissage, les
surfaces polies ont été attaquées au H^PO^ dilué
à 10 % ou à l'acide formique à 5 % pour des
durées de 5 à 20 secondes pour les zones aragoni¬
tiques, de 33 à 60 secondes pour les zones calci-
tiques. Les autres mollusques ont été étudiés sur
des fractures ou des surfaces naturelles, sans
polissage. Afin de rafraîchir et de nettoyer les sur¬
faces, une très faible attaque acide (acide for-
Fia. 2. — Structure du rostre de Goniocamax. A. cassure ferigi-
tudinale d'une zone aragonitique montrant les secteurs longitu¬
dinaux réguüèrement parallèles Acide formique 5 %. 15 s.
Échelle -■ y. 143. B. détail de la précédente, montrant l'affronte¬
ment des fibres le long des limites des secteurs longitudinaux.
Échelle ; x C7G. C. coupe irartsversale polie montrant ’eo stries
de croissance curvilignes et la ülsposlllon radiatre des fibres
dans un «ecteur noinp>ireî avec Daufjhin & Cuif (1980 pi. 2
tig. 7, pl, 0 tigs 2, 3), Môme spèomen que A. llchelle : / 545.
D . cassure tengentlelle e ta surface du rostre dans la zone des
secteurs longiludmenv. Ceux-ci sont c^nifjosôs d‘e'ernent>i plus
petits. Comparer avoc Dauphin (1986 . (ig, 4). Même specitnen
que A. Rebelle r 5?5 détail de prncôdénto tchpKe :
X 2110. F. coupe transversale montrant ta disparition progres¬
sive des secteurs. Acide formique 5 %, 5 s. Échelle : x 570.
672
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Barskov I. S., Kiyashko S. 1., Dauphin Y. & Denis A.
mique 1 %, 20 secondes) été réalisée. Les
échantillons ont été métallisés à l’or palladium, et
observés au microscope électronique à balayage
SEM 505 Philips (URA723 du CNRS).
OBSERVATIONS : Goniocamax
Sur une coupe longitudinale donnée, la zone cal-
citique du rostre a un diamètre supérieur à celui
de la zone aragonitique (Fig. lA). La zone caici'
tique est toujours postérieure, la zone aragoni¬
tique, antérieure, mais la limite est brutale,
souvent perpendiculaire à l’axe longitudinal. Elle
ne suit p-is les lignes de croissance du rostre. Ces
lignes de croissance, généralement visibles dans la
zone aragonitique. disparaissent le plus souvent
dans la zone calcirique (Fig. lA, B).
Les zones ARAGONri'iguES
Les zones de croissance des parties aragonitiqties
ont des épaisseurs variables (Fig. IC, D). Elles
sont marquées par des alternances de couches en
creux et en relief, celles-ci étant souvent plus
épaisses. Une couche épaisse peut d'ailleurs se
subdivise!. Aucune couche calciiique imernié-
diaire n apparaît. Les fibres aragoniriques sont
fines (diamètre inférieur à 0,50 pin, Fig. 1 E. F).
Lun des fragments comporte la zone alvéolaire
dépourvue de phragmocône. La surface interne
du rostre, aragonitique, est donc visible. Cette
surface est ondulée et divisée en bandes longitu¬
dinales régulières (Fig. 2A, B). En coupe trans¬
versale, ces bandes forment des secteurs
(Fig. 2C)> dans lesquels les lignes de croissance
curvilignes sont visibles. Labrasion de la surface
externe d'une bande parallèlement à l’axe longi¬
tudinal du rostre montre que ces bandes se sub¬
divisent (Fig. 2D, li).
Lépaisseur de la zone a secteurs est difficile à pré¬
ciser, à cause des changements d’aspect entre les
zones calciciques et les zones aragonitiques.
Toutefois, le décapage naturel des couches
internes du rostre autour de la zone alvéolaire
montre que ces secteurs s'atténuent progressive¬
ment et quils n’atteignent pas la périphérie. Cette
transition n'est cependant pas toujours régulière
(Figs 2F, 3A, B), comme le montrent certaines
coupes transversales dans la zone alvéolaire.
Les zones calci tiques
Le passage aragonite-calcite est toujours brutal
(Figs IA, B, 3A-C) et de géométrie variable. On
n’observe pas de structure calcitique qui aurait
conservé une structure en secteurs, l-a calcite
apparaît généralement juxtaposée, plaquée sur
Faragonite (Fig. 3C, D), sans transition, et la
limite ne suit pas une structure biologique (les
lignes de croissance par exemple).
Les stries de croissance rendent à disparaître dans
les zones calcitiques (Fig. 3E), mais elles subsis¬
tent parfois (Fig. 3F)- Par contre, les mâcles
deviennent visibles. Le.s prismes calcitiques sont
beaucoup plus gros que les prismes aragoni-
tiques, y compris dans les zones ou les stries de
croissance sont conservées, et leur aspect est simi¬
laire à celui des rostres des bélemnites entière¬
ment calcitiques (Fig. 3E).
AiiTR£.S MOELUSQUE.S
Inocèmmes
Seule la couche nacrée des inocérames a pu être
observée, la couche prismatique externe étant tota¬
lement absente. La structure de la nacre est plus
aisément identifiable en coupe verticale que sur les
Mirlaces rangentielle.s. Son état de conservation
varie beaucoup à l’intérieur d’un spécimen donné.
Les tablettes de nacre sont localement traversées
par une couche prismatique d’une épaisseur
d’environ 35 pm. Celte couche prismatique pré¬
sente des zones dans lesquelles des cristaux assez
fins coexistent avec des cristaux de forme irréguliè¬
re, manifestement recrisiallisés. 1^ nacre située de
part et d’autre de celte couche prismatique (myos-
tracum ?) est assez mal conservée (Fig. 4A).
R 6 - 3. — Struciure du rostre de Goniocamax, A. cassure du
rostre montrant une zone aragonitique avec des secteurs longi*
tudinaux (a) e1 une zone probablement calcttique (c) Même
spécimen que figure £F. Échelle . 75. B. zone sans secteurs
(calcitique ? c) avec des lignes de croissance conservées,
s'appuyant sur une zone aragonitique (ai. H 3 PO 4 lû %. entre 7
et 2& s. Échelle : v 40. C. cassure mor^ran un autre type de
relation topographique enlrn tes zones calanques (cf ftt aragoni*
tiques (a), ainsi que leurs dîffêranuvs micrûSliuClureleis. Même
spécimen que B. Échelle : 340. D. coupe transversale mon¬
trant la calcite sans sinos de croissance rocouvrarrl (os fibres
aragoniriques- Même spéciinwri que figure ?F Èoliellh* x 230.
E. coupe transversale montrarn de gros prismes calcitiques dont
i aspéci est similaire d eaux des rostres de bôiemnltos ontiCre-
meni calcliiques. Même spécimen que figure 1 B. Echelle :
X 285. F. zone calcitique dans laquelle les stries de croissance
sont conservées. Détail de B. Échelle : x 610.
674
GEOOIVEHSITAS • 1997 • 19 (4)
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Barskov I. S., Kiyashko S. I., Dauphin Y. 6c Denis A.
Gastéropodes
Les gastéropodes sont très altérés, et une grande
épaisseur de la coquille a été détruite.
Localement, la structure lamellaire croisée arago-
nitique est identifiable, bien que nettement diagé-
nisée. Les unités de premier et de deuxième ordre
sont parfois conservées (Pig. 4B). mais les cristaux
composant ces unités sont disjoints et ont perdu
leur orientation régulière initiale (Fig. 4C).
Aucune autre structure na été identifee.
Ammonites
La structure la plus fréquente dans les fragments
d’ammonites est la couche nacrée. Celle-ci est
plus ou moins bien conservée, mais elle n’est
jamais intacte. Sur les coupes verticales, la super¬
position des tablettes en piles, t) pique des cépha¬
lopodes et des gastéropodes, est localement
visible (Fig. 4D), Les tablettes de nacre om par¬
fois tendance à fusionner Une autre modifica¬
tion aboutit à simuler, à faible grandissement,
une structure iamcilairc-croiséc et le litage régu¬
lier des tablettes est presque invisible (Fig. 4E).
Sur les coupes tangentiellcs (parallèles à la surface
des tablettes), la structure nacrée n’est pas tou¬
jours idcnrifiablc.
L’épaisse couche nacrée (66 pm) est recouverte de
deux couches prismatiques, d’épaisseur inégale
La couche la plus épaisse (50 pm) montre des
traces de diagcnèsc et est localement divisée en
deux nisneaux. Le plus interne (côté nacre), épais
de 32 pm environ, est composé de prismes ou
fibres probablement aragonitiques d’environ
3 pm de diamètre (Fig. 4F). Le niveau externe
(côté remplissage des loges) est épai.s de 18 pm.
On y reconnaît les « gros » prismes du niveau
interne, mais subdivisés en de très fines aiguilles
dont le grand axe est parallèle à celui des prismes.
DISCUSSION
StrUCTURF. du ros i RF. ÜF. Goniocamax
L’existence de seetcuns est assez répandue dans le.s
rostres de céphalopodes coléoides, puisqu'elle a
été décrite dans des taxons ausii variés que les
Aulacoceracida et des Sepiida. Cependant, une
différence majeure existe. Chez les Aulacocerida
(Prographulariay Atractites, Aulacoceras)^ la zone
post-alvéolaire commence par des couches régu¬
lièrement concentriques, qui se modifient pro¬
gressivement pour constituer des secteurs dans la
partie externe (Dauphin &C Cuif 1980 ; Dauphin
1982). Dans la zone alvéolaire, les secteurs
s’appuient directement suc le phragmocône. et
persistent jusqu’à la périphérie du tostre. Dans
les Sepiida du lériiaire (Belosepta^ Belùptera,
Belopteriua et Vasscuria)^ les couches du rostre
sont d'abord concentriques, puis évoluent en sec¬
teurs plus ou moins bien formée (Dauphin 1984,
1985, 1986a, b). Chez Coniaianiaw les .secteurs
s’appuient directement sur le phragmocône. puis
s’estompent et disparaissent. L'évolution est donc
inversée. Ces scctcuns ont une structure voisine
de celle décrite chez les Atducoceras du Trias
(Dauphin 6c Cuif 1980), ou chez Belopierina
(Dauphin 1986a). Toutefois, alors que chez
Belffpterina les secteurs sont agencés en replis très
complexes donnant des motifs en « feuilles de
chêne chez Goniocamax ils demeurent recti¬
lignes, parallèles à Taxe longitudinal du rostre
(Fig. 2A, B).
PrLskncp: simultanée de calcite et
n'ARAr.ONlTf-,
La présence simultanée de calcitc et d’aragonite
dans les rostres de céphalopodes est assez rare. Il
s’agit le plus souvcni d’alternances de couches
caJcitiques et aragonitiquc.s, ou d’un rostre pri¬
mordial en aragonite suivi d’un rostre adulte en
calcitc {cf. Introduction). Dans les divers spéci¬
mens de Goniocamax examinés, il n’y a pas
d’altcrtiance : la zone aragonitique ne montre pas
de fines couehes calciriques qui auraient pu rem-
Fig. 4. — Microstrucîures aragonitiques d'autres mollusques.
A, couche prismatique (myosiracum ?) dans la nacre (n)
d’inocérames. Acide tormique i %. 20 s. Échelle a 1150. B,
couche lamellaire croisée de gastéropode Acide formique 1 %,
20 s. Echelle : x 2300. C, même spéctmen que B, monlrani la
couche lamellaire crottée dans un autre plan do coupe. Les
cnsiaux sont disjoints ot la structuro mêdlocromcnt consorvée.
Échelle : X 2300. D. couche pri!^>atiqup (p) et n«cfH (n) fîançt un
tesi d ammonite La dieposiiion en piles des îaolefto» de nacre
est conservée Acide formique I 20 s. Échelle 2000. L-, la
diegenèse masqua la disposition des fatiiencts dP naerp dans ce
test d'ammqnite. H 3 PO 4 10%. entre 7 Ht 25 a ÉûhêllH x 1530.
F, couche prismatiquü tiubdivlwc en deur. conws par la diage^
nèse dans un test d’ammonite. Acide formique 1 %, 20 s.
Échelle : x 2150.
676
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Zones calcitiques et aragonitiques des rostres de Goniocamax
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Barskov I. S., Kîyashko S. I., Dauphin Y. & Denis A.
placer d’éventuelles couches organiques initiales.
La zonation se traduit par de légères différences
de relief comme dans les rostres aragonitiques de
Belopterimt ou certaines zones des rostres arago¬
nitiques d’Aulacocerida,
La similitude de struaure des zones aragoni-
dqucs de Goniocamax avec l'aragonite des rostres
de Sepiida> actuels et fossiles, est remarquable.
Tout aussi remarquable esc la similitude des
divers aspects des zones calciciqucs de ces rostres
avec ceux observés sur les rostres entièrement cal-
citiques. Le mécanisme qui a produit cette répar¬
tition aragonice-calcite et les aspects micro¬
structuraux examinés n'est actuellement pas
expliqué.
VARIABIMTÉ de CtTXV DE CONsE.RVA'nON
Un examen détaillé de la structure de la nacre des
inocérames ou de la nacre et des couches prisma¬
tiques des ammonites monrre que» dans un spéci¬
men donné, la qualité de la conservation x'arie.
Ce phénomène n’est pas caractéristique de ce
site. Des observarions similaires ont été réalisées,
notamment chez IcvS céphalopodes du Trias de
Turquie (Dauphin &C Cuif 1980), chez les mol¬
lusques du Callovien de Lukow (Dauphin &
Denis 1990).
Degré de diagenLse de [.aragonite
La qualité de la conservation des microstructures
dans les zones aragonitiques des rostres ne per¬
met pas d’exclure une certaine diagenèse de cette
aragonite. D’une part, la structure lamellaire
croisée des gastéropodes est nettement altérée.
D*autre part, les couches nacrées des bivalves et
des ammonites asscïciccs ne sont pas intactes. La
comparaison des couches prismatiques et de la
nacre dans les ammonites de oe site tend à mon¬
trer que les couches prismatiques sont moins
modifiées que les tablettes de nacre. Un phéno¬
mène identique a été observé sur les coquilles
d’ammonires du Callovien de Lukow, en Pologne
(Dauphin & Denis 1990), et de TAlbien de
Bully, en France (Dauphin 1989). Les analyses
de la composition des couches nacrées aragoni-
riques de ces ammonites ont mis en évidence
que, malgré une bonne conservation de la micro-
structure, les teneurs en éléments mineurs pou¬
vaient être largement modifiées (Dauphin 1989).
Ainsi la nacre des ammonites du Jurassique de
Madagascar est nettement enrichie en Sr par rap¬
port au nautile actuel, celle de Bully étant au
contraire appauvrie en Sr et enrichie en Mg.
L’cxistcncc de la diagenèse, même sur les couches
aragüiiiriques, et sa variabilité à rinccricur d’un
même spécimen, ne sont pas sans conséquences
sur les mesures isotopiques réalisées sur les divers
mollusques de ce .site. Elles expliquent au moins
partiellement les différences observées entre les
divers taxons.
Cependant, la microstructure demeure un critère
primordial pour la compréhension de la diage¬
nèse. Il est classiquement admis que la calcitc à
faible teneut en Mg est plus stable et moins
sohihlc que l'aragonite. La calcire hautement
magnésienne serait par courre moins stable que
Faragonite. Cependant, toutes les aragonites ne
présentent pas la même réactivité à la dissolu¬
tion. Walter (1985) a demonne expérimentale¬
ment que la rapidité de dissolution de faragonite
dépendait très largement de sa structure " « The
results indicate that wkrostructuml co7npl^xity cnn
cautro! the relatwe reactivities of carbonate grains
and oocrrldc differentes in minéralogie stability.
Aragonite grains baving more complex microstruc¬
tures can diswbe more rapidly than the reportedly
less stable magnesian calcites. »
Les différences observées dan.s l’érat de conserva¬
tion des couches nacrées des ammonites et des
inocérames d'une part, et la couche lamellaire
croisée des gastéropodes d'autre part, illustrent
clairement que la seule minéralogie ne contrôle
p;is le comportement diagénétique des bioctis-
taux. Un fait important allant egalement dans ce
sens est la di.sparition des couche.s prismatiques
calcitiques de.s inocérames, alors que hi couche
nacrée aragonitique, théoriquement moins
stable, est présente.
Un autre facteur dont le rôle est encore loin
d’être élucidé est l’abondance, la répartition et la
composition de la matrice organique.
CONCLUSION
Que faragonite du rostre des Goniocamax ait
subi ou non une diagenèse, son origine biogé¬
nique ne semble pas pouvoir être contestée. Ceci
678
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Zones calcitiques et aragonitiques des rostres de Goniocamax
remet en cause l’hypothèse de Jeletzky (1966)
selon laquelle le rostre des béicmnites ne peut
dériver des rostres d’Aulacocerida, le rostre des
Sepiida de celui des Belemnitida, l’argument
majeur étant la nature minéralogique de ces
rostres. Comme BeUninitclh} et Hibolithes,
Goniocamax est une vraie » bclomnitc. Toutes
trois sont capables de mettre en place un rostre
aragonitique (Sultanov et al. 1968). 11 napparait
donc plus nécessaire de créer de nouveaux taxons
pour ces spécimens, attitude qui était la consé¬
quence logique des propositions de Jeletzky
(1966).
Enfin, ces rostres aragonitiques confirment les
homologies des divers éléments coquUlicrs des
coquilles internes et externes des céphalopodes
telles qu’elles ont été proposées par Barskov
(1972, 1973), et riiomogenéité de ce groupe.
Remerciements
Cette recherche a été financée par le programme
INTAS n° 93-1494. Nous remercions pour la
révision de ce manuscrit MM. J. W. M. Jagt et
H. Bocherens,
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680
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Révision des Aspidorhynchidae
(Pisces, Actinopterygii) du Mésozoïque :
ostéologie, relations phylogénétiques,
données environnementales
et biogéographiques
Paulo M. BRITO
Département de Biologie Animale et Végétale, Université d’État de Rio de Janeiro
et Chercheur du CNPq,
rua Sâo Francisco Xavier 524, Rio de Janeiro, 20559-900 (Brésil)
Brito P. M. 1997. — Révision des Aspidorhynchidae (Pisces, Actinopterygii) du
Mésozoïque : ostéologie. relations phylogénétiques, données environnementales et biogéo¬
graphiques. Geodiversitas 19 (4) : 681-772.
MOTS CLÉS
Pisces.
Aspidorhynchidae,
taxonomie,
systématicjue,
bioecograpnie,
Mésozoïque.
RÉSUMÉ
Le présent travail a pour but l’étude anatomique, systématique et phylo¬
génétique des poissons Aspidorhynchidae, famille ubiquiste connue du
Jurassique moyen au Crétacé supérieur. La première partie de ce travail est
consacrée à k description détaillée du .squelette, crânien cr post-crânien, des
trois genres d’Aspidorhynchidac : Aspiiiorhynchus, Belonostomus et Vinctifer.
La description de chaque genre, fondée sur l'espèce-rype, est introduite par
un bref historique et par l’énoncé de sa di.siribution spatio-temporelle. Elle
est suivie d’une revue des autres espèces avec mise en évidence des caractères
originaux qui permettent de préciser la définition du genre et de justifier la
validité des espèces. Cet inventaire détaillé conduit à recenser les espèces
valides* les espèces mises en synonymie et les espèces exclues du genre. La
seconde partie est consacrée â une analyse phylogénétique des
Aspidorhynchidae. Ceux-ci lormcnt, au sein des Teleostei, un groupe mono-
phylétiquc où Belonouomus et Vinctifer sont réunis dans un groupe niono-
phylétique. Les J cleosrei sont considérés comme formanr un cladc bien
différencié dont les Aspidorhynchidae sont le taxon le plus basal. En
revanche, les relations de parenré entre les lignées majeures de Neopterygii ne
sont pas résolues. Une analyse de la biogeographie historique des
Aspidorhynchidae indique une répartition palcogéographiquc pangéenne,
qui remonte au moins au Jurassique inférieur.
681
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Brito P. M.
KEYWORDS
Pisces,
Aspidorhynchidae,
laxonomy,
systematic,
biogeography,
Mcsozüic,
ABSTRACT
The aim of this work is the anatomical, systemaric and phylogenetic study of
the Aspidorhynchidae» which is a widespread Family known from the Middle
Jurassic until the Uppcr Cretaceous. The first part oF this work is de\'oted to
the detailcd description oF the crantai and posr-cranial sskeleton oF the three
généra of Aspidorhynchidae: Aspidorhyju'lms^ Belomstomus and Vinctifer, The
description of cach gciius, bascd on ihc type spccics, starts with a bricfhisto-
rical revievv and the spario-remporal distribution. Follows a review of the
other spccics with a diagnosis bascd on characicrs that dctlnc chc genus and
justify the validity oFrhe spccics. This dcrailcd inventory Icads to a ccnsus of
valid spccics, synonymous spectcs as well as to spccies cxcluded Froin the
genus. The second part is concerned with the phylogenetic analysis of the
Aspidorhynchidae. These form a monophyletic group within the celeosts,
whereby Belomstomus and Vinctifer are affirmed as a monophyletic group,
l'he celeosts arc considered as a diiïerentiated clade in which rhe aspidorhyn-
chids form the basal taxa. On the other hand, the interrelationships among
the major lineages of Neopterygii (halecomorphs, semionotiforms sensu
Olscn & MeCune 1991, pachycormids and celeosts) arc unresolvcd. Finally,
the historical biogeographtc analysis of rhe aspidorhynchids indicates a
Pangeal-type relationship, dating as far back as the Lower Jurassic.
PALAVRAS CHAVE
Pisces,
Aspidorhynchidae,
taxonomia,
sistematica.
RESUMO
O présenté trabalho tem por fmalidade o escudo anatômico, sistematico e
filogenético dos peixes da familia Aspidorhynchidae, conhecidos do Jurâssico
médio zté o Cretaceo superior, em todos os continentes. A primeira parte do
trabalho se consacra à descriçao detaJhada do esqueleto craniano e pos-cra-
niano dos très gcncros da fami'lia: Aspidorhynclms. Belonostomus c Vinctifer.
Esta descriçao é baseada na espece ripo de cada género e nela sâo dados um
breve historico e umu sinopse da disiribuiçâo e5p,açO'temporal. Esta descriçao
é seguida de uma revisao das outras especes onde .se destacam os caractères
que permitem prccisar a dcHniçâo do gcncro c de jusrificar a validade das
diversas espèces. Este invcntirio nos conduz a confirmât as cspc'ces validas,
colocar algumas especes em sinon/mia assim como excluir espécies dos gene-
ros. A segunda parte do trabalho se consagra a uma an^lise filogcnérica dos
Aspidorhynchidae. Estes formam, no interior do Clado Teleosiei, um grupo
monofiiético onde Belonosîomus c Vinctifer formam um grupo irrnao. Os
Teleosreus por sua vez sâo considerados como um clado bem definido do
quai a fiimnia Aspidorhynchidae représenta o taxon basal. Por outro lado, as
relaçôes filogcnéticas entre os grandes grupos de Neopterygii
{cf. Halccomorfes, Semionotiformes sensu Olsen &c MeCune 1991,
Pachycormidae e Teleostcos) nao estâo resolvidas. Uma anâlise da biogeogra-
Fia historica dos Aspidorhynchidae indica uma rclaçâo do tipo “Pangea”
remontando, pcio menos, ao Jurâssico inferior.
682
GEODIVERSITAS « 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
AVANT-PROPOS
La première partie de ce travail est consacrée à
Pétude anatomique et systématique des genres et
espèces d’Aspidorhynchidae, en axant la descrip¬
tion sur le genre Vinctifer qui provient essentiel¬
lement de PAIbien du nord-est brésilien. Au
cours des dernières années, de nombreux spéci¬
mens de cc genre maJ defini sont venus enrichir
les collections du monde entier. Souvent conser¬
vé en trois dimensions, Vinctifer se prête particu¬
lièrement bien à la préparation à facidc, ce qui a
permis de compléter utilement nos connais¬
sances, voire de décrire des structures inconnues
jusqu ici.
La seconde partie de ce travail est consacrée à
une analyse phylogénétique des Aspidorhynchi-
dac à Laide des méthodes de la systématique
phylogénétique. Elle met en évidence les carac¬
tères prouvant la munophylie et les relations
phylogénétiques du groupe au sein des
Neopterygii sensu Patterson (1973).
MATÉRIEL ET MÉTHODES
Les spécimens étudiés appartiennent aux institu¬
tions suivantes :
AMNH American Muséum ofNatural
History, New York ;
BHN2P Musée d^Hisroire naturelle de
Roulogne-sur-Mer (France) ;
BMNH Nacural History Muséum,
l.ondres ;
DGM Departamento Nacional de
Procluçâo Minerai, Rio de
Janeiro :
FMNH Field Muséum ofNatural History,
Depanmenc of Geology, Chicago ;
JM Jura Muséum, EichstUti ;
LHN Musée d’Histoirc naturelle, Lyon
(France) :
MACN Division de Paleontologia de
VertebradoN, Mu.sco de Cicncias
Naturales Bemardino Rivadavia,
Buenos Aires ;
MNHN Muséum national d’Hrsroire
naturelle, Paris ;
NR Baverische vSraarssammIung für
Palaeontologie und historiscfie
Géologie, Munich ;
PMB-UERJ matériel en cours de dégagement,
Universidade do Estado do Rio
de Janeiro.
UERJ Universidade do Estado do Rio
de Janeiro ;
USNM Division of Paleontology, National
Muséum of N-arural Hisrory,
Smithsonian Institution,
Washington D. C.
La partie du matériel étudié provenant d’une
gangue calcaire (Formation Santana, Brésil ;
Foimation Morclos, Mexique ; Province de Pinar
del Rio, Cuba ; Solnhofen, Allemagne) a été pm-
parée chimiquement avec une solution d'acide
formique à 10 % (Rixon 1976). Cette solution a
été saturée par du phosphate tricalcique, limicant
ainsi le risque de perte du matériel. Quelques
spécimens ont été ainsi préparés après inclusion
dans une résine polyester (méthode de
Toombs 6c Rixon 1959). Le reste du matériel a
été dégagé au marteau-piqueur d air comprimé
ou à faiguille montée sous la loupe binoculaire.
Les os ont été coHvSolidés par imprégnation d’une
colle soluble dans Facétare d éthyle ou Lacétonc
(plexigum ou paraeloïde).
Pour mettre à jour les moulages naturels des neuro¬
crânes, sur les spécimens de Vinctifer comptoni
qui iy prêtaient, les os dermiques et endocrâ-
niens ont été éliminés avec une aiguille montée.
La surface externe de la ganoïne des écailles et
des o.s dermiques a été observée au microscope
électronique à balayage. Les tubercules de ganoï¬
ne ont ensuite été mesurés scion la méthode de
Gayet 6c Meunier (1986). Des coupes transver¬
sales de 150 mm d’épaLsseur ont été réalisées
dans les écaille-s de diverses espèces selon la
méthode de Malrajc et al. (1967), modifiée par
Meunier & Castanet (1978).
Pour chaque photographie, les pièces ont été
recouvertes de vapeur d'oxyde de magnésium
pour donner un meilleur contraste et mettre en
évidence certains détails qui n'apparaîtraient pas
sans cette technique.
Lorsqu'ils s'y prêtaient, les fossiles ont été photo¬
graphiés sous lumière UV pour mettre en éviden¬
ce le contraste entre la gangue et les os.
La méthode de l’analyse phylogénétique ou cla-
distique (Hennig 1966) a été appliquée pour
l’analyse des caractères. Elle comprend plusieurs
phases organisées telles que : (1) la détermination
GEODIVERSITAS - 1997 • 19(4)
683
Brito P. M.
des extra-groupes ; (2) la détermination des rela¬
tions topographiques entre les structures compo¬
sant les complexes morphologiques choisis ;
(3) l’établissement de la distribution, au sein des
Neoptc.rygii et des groupes externes, des états
présents pour chacun des caractères : (4) la
construction d’une matrice de caractères fondée
sur les informations de l’analyse des caractères ;
(5) l’analvsc de parcimonie utilisant la ver¬
sion 3.1 du programme PAUP (Swofford 1993) ;
(6) la construction des arbres phylogénétiques
qui représentent les hypothèses sur la phylogénie
du groupe étudié.
Pour l’évaluation des arbres les plus parcimo¬
nieux» les options « cxhausthfe » et « hranch tvid
hound » du programme PAUP 3-1 (Swofford
1993) ont été retenues. La matrice de caractères a
été analysée utilisant le « accelerated transforma¬
tion optirnization » = ACCT RAN.
INTRODUCTION
Les Aspidorhynchidae constituent un groupe
monophylétique, comprenant les trois genres
Aspidorhynchus, Belonostomm et Vincüfer. Ils sont
connus dan.s des dépôts marins et continentaux
du jurassique moyen au Crétacé supérieur, avec
une citation douteuse au Paléocène (Bryant
1987), en Europe, en Amérique du Nord, en
Amérique du Sud, en Afrique, en Asie, en
Australie et en Antarctique (I igs 1,2).
Les membres de cette famille sont aisément
reconnaissables à leur long rostre formé par l’éti¬
rement des prémaxillaires ci celui plus ou moins
prononcé de la mandibule. Celle-ci comprend un
os supplémentaire, le prédentaire, dont I allonge¬
ment est caraciéristii:|ue de chaque genre : court
chez Aspidorhynchus et ViPictifer^ aussi long que le
rostre, ou presque, chez Belonostomiis, Les écailles
des flancs sont rectangulaires, plus hautes que
larges. La position des nageoires dorsale et anale
est très reculée, dans le quart postérieur du corps.
La famille Aspidorhynchidae a été créée par
Nicholson et Lydekker en 1889 pour des pois¬
sons décries par Agassiz en 1833 {Aspidorhyncims)
et en 1834 {BelonosUnnus) comme des ga-
noïdes » et considérés plus tard comme des
Teleostei par Thiollière (1854, 1858). Woodward
(1895) les rangea dans un nouveau sous-ordre.
Fig. 1. — Répartition géographique des genres de la famille des Aspidorhynchidae. •, Aspidorhynchus, ■, Belonostomus,
Vinctifer. Fonds cartographique d'après Owen 1983.
684
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Fig. 2. — Répartition stratigraphique des genres de la famille
des Aspidorhynchidae.
celui des Acthospondyli (Aspidorhynchidae +
Lepisosteidae). Par la suirei les Aspidorhynchidae
furent tour à tour classés parmi les Paleoniscidae
(Selezneva 1985), les Holostei (Berg 1940 ;
Bardack 1968) ou les FlalecostomP (Saint-Seine
1949 ; Arambourg & Bertin 1958 ; Santos
1985a, b). Patterson (1973), qui les considérait
comme des Teleostei, a noté que « there are no
ural centra and îhe paired ural neural arches are
1. Le terme •< Hatécostome » prâte à confusion car II n'est pas
utilisé dans le même serrs par les differents auteurs. Regan
(1923), Sainl'Seine (19491, Arambourg & Bertin (1958) et
Santos ( 1985c) l'opposent au terme ** Holo&téen •* et l'emploiont
pour réunir des formes infermédiaires entre ces derniers et les
Teleostei vrais Patterson (i973i Introduit un© nouvelle accep¬
tion ou terme et l’utilise pour rassembler Amia et formes affines
(= Haiecomorphi) et Teleostei. C'est dans ce sens précis que ce
terme est aujourd'hui utilisé, exception faite de Santos (1985c).
elongated into rudimentary uroneurals ufhich do
not extend anteriorly on thepre-ural centra [...] v et
que « the pre-uraL centra are chordal [...] ».
Patterson (1977) confirme leur position au sein
des Teleostei et les identifie au groupe-frère de
l’ensemble ; Pleurophoüdae + ïchthyokenterna +
Pholidophoridac + auta's Iclcoscci. Par la suite,
divers auteurs ont placé les Aspidorhynchidae
parmi les Teleostei primitifs (Patterson & Rosen
1977 ; Mainwaring 1978 ; Richter & Thomson
1989 ; Maisey 1991 ; Brito 1992, 1995a, b ;
Pinna 1996). Wenz & Brito (1990) mettent en
doute la validité de certaines des synapomorphies
qui seraient patiagées par les Aspidorhynchidae
et les Teleostei et considèrent le groupe comme
des Maiccosromi incertae sedis.
Santos (1990) crée une nouvelle famille, celle des
Vinciiferidae, pour le seul genre Vinctifer.
Cependant, la diagnose proposée est un mé¬
lange :
1. De synapomorphies des Aspidorhyncliidae ;
« présence d'un rostre allongé f...] qui dépasse la
limite anterieure du prédentairo » et « absence
d’interopercule ».
2 . De caractères mineurs trouvés au mtiins chez
deux des genres d’Aspidorhynchidae : « petites
dimensions des os circumorbitaires et grandes
des postorbicaires f...], os dermiques du crâne et
écaillez avec ganoïne [...], prcopercule avec le
bord inférieur étendu vers l’avanr et vers l'arrière
[...], rayons branchiosrèges courts er larges » et
« dents uniformes de raille variée sur les os maxil¬
laires er mandibulaires »,
3. De caractères propres au genre Vinctifer :
« grand maxillaire avec l’extrémité postérieure
tr^ élevée, et qui recouvre la région coronoïde de
la mandibule » et « trois séries d’écailles, hautes,
sur les flancs du corps ».
4- D'autres également probablement mal inter¬
prétés, par exemple : « présence d’un supramaxil-
laire ».
Après examen, les deux caractères qui ne sont pas
plcsiomorphcs ou partages par au moins un autre
Aspidorh)mchidae (« maxillaire caractérisé par la
présence d’une grande plaque postérieure qui
recouvre la région coronoïde de la mandibule » er
« trois séries d'écallles, hautes, sur les flancs du
corps ») ne justifient pas une coupure systéma¬
tique à un niveau plus élevé que générique.
GEODIVERSITAS » 1997 • 19 (4)
685
Brito P. M.
SYSTÉMATIQUE PAT.ÉONTOLOGIQUE
Classe OSTEICHTHYES
Sous-classe ACl'lNOPTERYGII
Division HAIXCOSTOMI
{sensu Patterson, 1973)
Subdivision TELEOSTEI
{semu Patterson, 1973)
Famille AsPUXIRHYNCHIDAE
Nicholson et Lydekker, \ 889
Rhynchodonridae Heineke, 1906 : 18*5.
Vinctileridae Sancos, 1990 : 252.
Genres ïNCI.US. — Aspidorhynchus Agassiz, 1833 ;
Belonostoimis h^s\7-^ 1834; VV^tt/yèr Jordan, 1919.
DiAGNO.Si- ÉWENUïîi:^ — Halccostomi caracttfrisés par
quatre synapomorphics non-anibigues : prtsence d un
prémaxillaire en forme de uibc rostral allongé, dcnic,
s’encastrant vers l’arrière dans la région ethmoïdicnne
du neurocrâne ; prédeniaire denté ; un processus occi¬
pital du neurucrâne forme par l’inrercalaire tî lauto-
ptérotique et une noMiion très postérieure du canal
prcopcrcuiairc, et la combinaison des caractères .sui-
vants : absence d’interoperculc ; présence ou non d*un
supramaxillaire ; forme triangulaire du préopercule ;
position très reculée des nageoires doisalc et anale ;
taille réduire de la nageoire caudale ; présence d’au
moins quatre hyptltaux, les deux premiers infradiasté-
miques ; trois paires d’uroncuraux ; présence de trois
rangées longitudinales d'écaillcs hypertrophiées beau¬
coup plus hautes que larges ; os du crâne recouverts de
ganoïne : présence ou absence de ganoïne sur la sur¬
race des écailles.
Genre Vinctifer jord^n^ 1919
AspidoriTynchus 1841 : 83.
Belonostomus'^ooà^^rzid^ 1890a : 630.
EspËCE-TYPE. — Aspidorbynchus comptoni Agassiz,
1841.
Espèces incluses. — Vinctlfer comptoni (espèce-
type), 17 bnirostrisy V. sweetici V, araripensis.
Diagnose Amendée, — Aspidorhynçhidae au pré-
maxillaire édenté chez les Individus adultes ; maxillaire
muni d'une gra/idc plaoLie postérieure, longue et
haute ; supmmaxillaire aoseni ; liaison manaibnle-
palatocarré assurée par le carré et par le symplectique ;
parasphénoïde dépourvu de denrs ; prédentaire court.;
axonostes des nageoires dorsale et anale longs, attei¬
gnant les centres vertébraux ; écailles de la ligne laté¬
rale principale plus hautes que celles des rangées
immédiatement inférieures et supéricure.s ; présence
de ganoïne sur les écailles ; hypuraux 1 et 2 fusionnés
par leurs extrémités proximales et appendus à un
centre ural unique.
Introduction
Le genre Vtnetifer est l'un des poissons fossiles les
plus connus du Crétacé d’Amérique du Sud.
jusqu’à présent, Vinctifer a été trouvé dans les
bassins du Crétacé inférieur du nord-est du Brésil
(? Barrémicn-Albicn), du Venezuela er de
Colombie (Aptien-Albien), du Mexique
(Albien), d'Argentine (Campanien terminal) et
d’Australie (Albien). D’autres Aspidorhynçhidae,
signalés sous le nom de Belonostornus sp. Taverne,
1969 ; Aspidurhynvhus sp. Richter et Thomson,
1989 ; Belonostornus sp. Leanza et Zeiss, 1990,
sont également connus des continents de Thémi-
sphère Sud. Ces déterminations sont sujettes à
caution et, dans Tétai actuel de nos connais¬
sances, rien ne s’oppose au rattachement de ces
formes au genre Vinctifer.
I. M* Brito (1984) a défini une biozone à
Vinctijer, marquant le passage entre TAlagoano^
et un probable Aptien supérieur. Martill (1988)
doute de la validité de cette biozonc tandis que
Maisey (1991)5 après Ta'Vüir lui aussi mise en
doute, en accepte Texlsicnce mais la date du pas¬
sage Aptien-Albien (Maisey 1992 , Moody &
Maisey 1994). D’après les nouvelles données
strafigraphiques et palynologiques sur le Crétacé
inférieur brésilien, en particulier telles sur la
Formation Santana (Pons et cil. 1990), les âges de
dépôt de divers bassins et Formations, autrefois
considérés comme identiques, sont actuellement
reconnus tomme différents (cf. Formations
Codo, Santana, Marizal, Muribeca) ; la biozone à
Vinctifrr semble alors difficile à utiliser. Ceci est
confirmé par le manque de fiabilité des informa¬
tions biostratigraphiques fournies par les pois¬
sons mésozoïques.
L’espèœ-rype, Vinctifer comptoni^ provient de la
Chapada do Araripe, plateau de 120 km de long
situé à la limite des Etats de Cearà, Pernambuco
2. L'étage Alagoano est un étage local qui marque la phase de
sédimentation salitère lors de la formation des bassins sédimen-
taires et de l'ouverture de l’Atlantique Sud.
686
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
et Piau! (NE Brésil). Les nodules ayant livré ces
restes de poissons proviennent de la partie infé¬
rieure du Membre Romualdo de la Formation
Santana (= Albien : Lima 1979 ; Pons et al.
1990). Aujourd'hui Vinctifer esc également
connu des schistes de la partie inférieure du
Membre Romualdo (Viana et aL 1989) ainsi que
de la Formation Missao Velha (Briio et ai 1994).
La première citation d’un probable Vinctifer a été
donnée par Spix üé Ma/cius (1823), qui le consi¬
dèrent comme un serpent fossile. Postérieure¬
ment, V. compîoni a été sonunairemeni décrit par
Agassiz (1841) sous le nom à^Aspidorhynchus
comptoni. Woodward (189Ua) complète la des¬
cription et estime qu'il s'agit d'un Beloriostomus^
Jordan (1919) propose pour cene même espèce
la création d'un nouveau genre» Vinctifer^ en se
fondant sur la forme des écailles de la ligne laté¬
rale et sur la robustesse des mâchoires. D'Erasmo
(1938) confirme les observations de Jordan mais
estime qifil ne s'agit pas de différences d'ordre
générique ; il n’admet donc pas la validité de
Vinctifer et replace l'espèce dans le genre
Belonostomus. Santos (1945) note que le museau
est plus allongé que la mandibule chez fcspece
de la Chapada do Araripe, alors qu’ils sont sub-
égaux chez IcvS Belonostomus, et qu’il existe trois
séries d’écailles principales sur les Bancs et non
deux comme l’avait décrit D'Erasmo. Pour ces
raisons, Santos considère faspidorhynchidé de la
Chapada comme un Aspldorhynchus. Par la suite,
Santos (1985c) admet la validité du genre
Vinctifer et en donne une diagnose dont l'élé¬
ment essentiel est la forme du maxillaire. Dans
un autre travail, le même auteur (1985b) crée
une seconde espèce, V. pum tatus.. pour des pois¬
sons de la Formation Muribeca (Sergipe) et
signale, sans la nommer» une troisième espèce
dans la Formation Marizal (Bailla) ; ces deux der¬
nières espèces seraient d’âge aptien. À partir des
données du suspensorium et des mâchoires de
fespèce-type. Brito (1988) confirme la-validité
du genre Vinctifer. Santos (1990) nomme l’cs-
pèce de la formation Marizal, 14 longirostris.
Maisey (1991) tente une révision du genre
Vinctifer et laisse les Aspidorhynchiformes dans
une position incertae sedis au sein des Teleostei.
j’ai décrit le neurocrâne et le moulage endo-
crânien de Vinctifer, analysé les synapomorphies
des Aspidorhynchidae et des Teleostei recensées
par Patterson (1977) et réfuté une partie d’entre
elles mais, en attendant une révision de
Pensemble de ces problèmes, j’ai laissé provisoire¬
ment les Aspidorhynchidae dans la position ba¬
sale que leur avait attribué Patterson (Brito
1992). I.CS relations phylogénétiques de Vinctifer
et celles des Aspidorhynchidae au sein des
Neopter>'gii ne sont pas encore élucidées.
Les distriburions géogiapliique et straiigraphique
de Vinctifer sont élargies par les récentes décou¬
vertes dans la Formation Missao Velha,
Barrémicn de la Chapada do Araripe (Brito et al.
1994), dans la Formation Apon, Apüen/Alltien
du Venezuela (Maisey 1992 ; Moody Vlaisey
1994) ; dans la Province de Villa de Leiva,
Aptien de Colombie (Schulize & Stôhr 1996) ;
dans les carrières de Tlayüa, Formation Morelus,
Albien de Puebla, Mexique (Applegate 1996 »
Brito üsc Grande en prép.) et dans le Canipanien
terminal de Patagonie (Brito en prép.), alliées à la
nouvelle interprétation de Belonostomus sufeeti,
connu dans la Formation Rolling Dawn» Albien
d'Australie et rapporté à Vinctifer (Bartholomai
comm. pers.).
Vinctifer comptoni (Agassiz, 1841)
Synonymie^ :
Aspidorbynebus comptoni Agassiz. 1841 : 83. — Santos
1945 : l. - Santos & Valença 1968 : 349.
Belonostomus comptoni Woodward, 1890a : 629. —
D’Fa-jsmo 1938 : 5. — Estes 1964 ; 27. — Taverne &
Ross 1973 : 102.
Vinctifer comptoni — Jordan 1919 ; 210. - Santos
1985a : I4L-Santos 1985c: 151.
Belonosmnus sp. Taverne, 1969 : 263.
Vinctifvt punctauis Ssaxios, 1985b ; 147.
Néotype. — BMNH P-47892 (Fig. 3).
Localité-type. — Jardim, Ceard, Brésil.
Formation-type. — Membre Romualdo, partie
supérieure de la Formation Santana, Crétacé inférieur,
Albien.
Distribution (localité et âge). — V. comptoni a
3. J’ai limité la synonymie à une version résumée dans laquelle
je présente seulement la première mention de l’espèce et les
auteurs qui ont modifié la nomenclature du taxon.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
687
Brito P. M.
Fig. 3. — Vinctifer compîoni. BMNH 47892 (néotype).
été découvert dans la Formation Santana, Albien du
bassin d’Araripe ; Formation Codé, Aptien/Alhien du
bassin du Farnafba ; Formation Muribeca (Aptien) et
Formation Riachuelo (Albien) des bassins de Sergipc
et Alagoas ainsi que dans la Formaiioti Apon, Aptien
du Venezuela et dans la Formation Morclos. Albien
de Tepexi de Rodriguez, Fucbla, Mexique.
Diagnosk l-MENDl-K. — Vimtîfèr atteignant une lon¬
gueur d’environ yO cm •. préinaxillaires allongés cor¬
respondant environ au tiers de la longueur totale du
crâne, édenics chez, les individus adultes ; prédentaire
court, A peine plus long que haut, repnêsentant un cin¬
quième de la longueur cfu dencalosplénial ; dents très
petites ; ornementation des os dermiques et des
écailles variable, formée de stries, rides et tubercules.
Générai.itFs
La forme générale du corps est allongée, sub-
cylindriqiic (Fig. 4A, B) ; la longueur standard ne
semble pas dépasser 80 cm. Le tronc diminue
graduellemenr de hauteur jusqu’au pédoncule
caudal (ce dernier représentant environ 25 % de
la hauteur maximale, elle-même atteinte juste en
arrière de la tête).
La tête est très longue et étroite. Elle se prolonge
par un rostre efïîlé, formé à la fois par rallonge¬
ment des prémaxillaires et des mandibules, les
premiers seirsiblcment deux fois et demie plus
longs que les secondes. La longueur dc la tête
représente environ le tiers de la longueur du pois¬
son, mesurée jusqu'à la nageoire caudale. Sans le
rostre, la tête est deux fois plus longue que sa
hauteur maximale qui est atteinte au niveau de
l'opcrcule. L’articulation quadrato-mandibulaire
est située au niveau du milieu de Torbite. Les
écailles sont ganoïde.s, celles des flancs étant plus
hautes que les autres. On peut compter soixante-
huit rangées transversales d’écailles depuis le bord
postérieur du supracleithrum jusqu'au bord pos¬
térieur du pédoncule caudal. La nageoire pel¬
vienne commence avec la vingt-huitième rangée
transversale d'écailles, l'anale avec la quarante-
cinquième, la dorsale avec la quarante-septième,
la caudale avec la soîxante-et-unième. La formule
ptérygienne (Westoll 1944 ; Ffeyler 1968) est la
suivante :
47
_ 68
28 45 61
688
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
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Fig. 4. — Vinctifer comptoni : A. reconstitution du corps d'après divers exemplaires ; B, vue générale du corps d’un individu adulte
(FMNH-10380a).
Les nageoires sont, d’une façon générale, très
reculées. La nageoire pelvienne est peu dévelop¬
pée et s’insère au milieu du corp.s, légèrement
plus près de l’anale que de la pectorale. Les
nageoires dorsale et anale sont presque opposées
et très reculées elles sont insérées sur le quart
pt)Stérieur du corps. La nageoire caudale est pe¬
tite et fourchue.
Les mensurations des trois spécimens les plus
complets sont indiquées à la figure 5.
Dfscription du squelette crânien
Rortre
Long et effilé îl est formé du prémaxillaire pair,
du roscral impair et d’une seule paire de nasaux.
La narine est située à la base du rostre juste en
avant de l’orbicc. Le rostre n’est pas sujet à varia¬
tions.
Prémaxillaires (Prnx), Constituant ressentiel du
rostre, ils sont formés de deux régions : l'une,
superficielle, est ornementée de petites stries lon¬
gitudinales (Pig. 6A-C) î Tautre, profonde, lisse,
recouverte par les os dermiques adjacenrs, forme
le « tube rostral » (Brito 1992), qui s’encastre
dans la masse ethmoïdienne endocrânienne
(m.eth, Figs 6B, 7D, E).
Les extrémités effilées des prémaxillaires sont join¬
tives le long de la ligne médiodorsale, donnant
l’impression d’une ossification impaire (Bnto
1988, fig. 1 ; 1992), En réalité elles sont distinctes
sur toute leur longueur (Fig. 7A-E). Ventralcmenr,
les prémaxillaires reposent sur le vomer, impair,
court, correspondant environ au tiers antérieur du
rostre, puis sur le parasphénoïde. Vers l’arrière ils
encadrent le rostral, surmontenr les marges dor¬
sales des maxillaires et atteignent le nasal, C’est à
ce niveau que chaque prémaxillaire se prolonge
par le rubc rostral, prolond, recouvert par le ros-
rral, les extrémités antérieures du frontal et le
nasal. Un tel prémaxillaire est fixe.
Les prémaxillaires sont édentés chez les individus
adulte.s de toutes les espèces de Vmetifer que j’ai
pu examiner. Chez, le spécimen PMB-UF.RJ 07,
un juvénile de 12 cm de longueur standard, j'ai
observé des dents sur le bord oral de l'os (Fig. 8).
Ce caractère onrogénique, retrouvé chez le.s indi¬
vidus adultes des deux autres genres, sert à pola¬
riser ce caractère lors de l’analyse phylogénétique
au sein de la famille.
Les rapports du prémaxillaire avec les os voisins
GEODIVERSITAS • 1997 ■ 19(4)
689
Brito P. M.
1
2
3
4
5
6
6’
7
7’
8
8’
g
10
11
V, comptoni (USU 49)
75,0
70,0
19,0
13,0
8.0
55,0
49.0
54,6
48,6
47,0
41.0
3,6
4,0
1.4
V. comptoni (USU 07)
12,0
11,6
5,0
1,6
0,9
8.7
5.3
8.4
5.4
7
7
7
7
7
l/. compton/(FMNH PF 13486)
27,0
26,0
8,8
?
1.5
21.5
?
21,3
?
16,6
7
1.7
1.9
7
V. longirostns (USU 47)
9.8
8,0
3,9
2.2
0,7
6,8
5.1
6.6
4.9
5.3
3.6
7
7
7
V. longirostns (DGM 462 P)
?
?
11,0
6.0
2.0
?
?
?
?
7
7
7
7
0.9
A, acutirosths (MNHN R.350-b)
68,0
60,0
13,6
9.6
6.0
50.5
46.5
48,2
44,2
38,6
34,6
9.3
7
1.7
B. tenuirostris (MNHN CRN 7)
34,0
31,0
9,5
/.
2,1
26,0
/.
25,7
/.
19,7
/.
2,4
2.6
0,8
Fig. 5. — Représentation hypothétique d'un poisson aspidorhyn-
chidé, avec ses valeurs morphométriques en centimètres.
sont illustrés par la série de coupes sagittales de la
figure 7. Celle-ci montre que la partie superfi¬
cielle et la partie profonde de l’os sont consti¬
tuées d’une plaque basale osseuse recouverte par
une couche de ganoïnc pluristratifiée. Cette
couche superficielle est traversée par des canali-
cules de Williamson (Fig. 7P), demontrant ainsi
le caractère dermique de Tos.
Rostral (Ro). (Figs 6A. 9A, C) Impair, forte¬
ment convexe et deux fois plus long que large, il
s’insère entre les branches postérieures des pré-
maxillaires et recouvre très largemenr la marge
antérieure des frontaux. Le canal infraorbiraire
pénètre l'o.s au niveau de son tiers antérieur pour
former la commissure ethmoïdietme. Cette der¬
nière est convexe vers Lavant et envoie une dizai¬
ne de petits canalicules simples (BCH 342) ou
plus ou moins divisés (?MB'UERJ-P.5), qui
s’ouvrent en avant de la commissure.
Nasal (Na), (Fig. 6 A, B) Ce petit os est limité
dorsalemenr par le rostral et le frontal, antérieu¬
rement par l'extrémité postérieure de la partie
superficielle du prcniaxillaire et poscérieuremem
par le premier infraorbitaire et le supraorbitaire.
l.e nasal est traversé par le canal infraorbitaire en
avant de la narine et, en arrière d’elle, par Lextré-
mité anrérieure du canal supraorbitaire. 11 n’y a
pa.s de connexion préorbitaire des canaux supra-
ci infraorbitaire.
Cecre interprétation du rostre diffère des précé-
dente.s- Pour Santos (1945), le rostre est formé
dans sa totalité par un o-s rostral, d'avantage
nommé d’après la topographie du rostre que
d'après ses rapports avec la commissure cthmoï-
dienne. Sancos (1985c) considère que le rostre est
formé de quatre unités : (1) un os allongé for¬
mant l’essentiel du rostre, qu'il appelle rostral
(= prémaxillaire du présent travail pro parte) ; (2)
un os traversé par la commissure ethmtndienne
(= mstral du présent travail) appelé soji méseth-
moïde (-Santos 1985c, pl. 1, fig. 2) soit rostral
(Santos 1985c, pl. 1, fig. 3) : (,3) un petit pré-
nia.xillairc denté situé à la base du rostre (= ecto-
ptérygoïde pro parte du présent travail) ; (4) un
grand anténasal (probablement la partie profon¬
de du prémaxillaire du présent travail). Il est très
fréquent que, par suite de la fragilité du rostre,
les os .soient dissociés et déplacés de sorte que la
partie prolondc du prcmaxillaire et/ou Lectopté-
rygoïde sont accidentellement exposes. Ceci
Fig. 6. — YmclUer comploni A, reconstitution de (a lête en vue
latérale d'apres tes spécimens MNHN BCE-240,
FMNH Tlayua 1 e! FMNH 10380 , B, vue latérale droite du neu-
rocràne où une partie de la région ethmoïdienne el du prootique
a été enlevée (MNHN BCE 331 ) ; C, vue générale de la tête et
de la pfeiie anreiieure du corps {f\" provisoire FMNH Tiayua i).
Ang, anguUira : Ch2. céraiohyal dtsial ' Cl. cteithrum ;
D«p d«tntAiospléniâl : Dsph dermosphénotîque . Exsc. extra-
buapularre , Fr-Pa-Dpt, fronto-panétO-dermoptéroUque ,
Hymd, hyoTTiandibulaire : lo. mtraorbiîarre ; m.eth. masse
ethrnoïclienno Mx maxillalne . Na. nasal ; Op. opercule :
Pdl. prédenieir^ : Pmx. prèmaxillaire ; Po. posioibiïaire :
Pop. prûopûrcula : Posi. post temporal : Rart. reiroarticulaire ;
Ro, rostral ; Sel, anneau sclérotique ; S.clt, supracleithrum ;
Soc. supraoccipital : Sop, sousopercule.
690
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
• 1997 • 19 (4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Fig. 8. — Vinctifer comptoni. PMB-UERJ 07 face externe du
prémaxillaire gauche o'un individu jeune. Pmx, prémaxillaire.
semble être le cas du spécimen figuré par Santos
(1985c) ; le prémaxillaire correspondrait à Fecto-
ptérygoïde et l’anténasal très probablement au
tube rostral.
Maisey (1991), d’apres Vinctlfcr comptom> a
considéré là partie antérieure du toit crânien des
Aspidorhynchidae comme un roscroderrneth-
moïde, (]u*il a comparé à celui des Fachy-
corniidae, et la partie profonde du prémaxillaire
comme la paroi extérieure de l'ethmoïdc latéral,
ce qui est démenti par ta structure histologique
de Fos. Ces mêmes os ont été interprétés par
laverne (1981) comme des mésethmoïdes chez
Belonostomus helgolandicus.
Toit crânien
Uexamen d'un nouveau matériel permet de com¬
pléter et de modifier les descriptions de Santos
(1945, 1985c) et de Maisey (1991). On observe
de très nombreuses variations d’un individu à
Fautre, voire d'un côté â Fautre d’un meme indi¬
vidu. La distribution la plus générale se présente
comme suit : un rostral impair, de* fronto-pariéto-
dermoptérotiques, une paire d’cxtrascapulaires et
une paire de post-temporaux, tous individualisés
(Fig. 9A, B, D).
Fronto-pariéto-dennoptërotîqucs (Fr-Pa-Dpt).
(Figs 6A, 9A. B, D, 10) Ce sont les plus grands
os du toit crânien. Ils s’étendent du rostral à
Fextrascapulaire, donc jusqu’au niveau du pre¬
mier tiers de Fopcrculc. Leur largeur esr prati¬
quement constante, s’élargissant légèrement en
arrière de Forbitc en une apophyse postorbitaire.
Fig. 7. — Vinctifer comptoni : A-E, coupe du prémaxillaire
d’après le spécimen PMB-UERJ 66 ; F, détail de la coupe C.
c.W. canal de Williamson ; Fr, frontal ; m.eth, masse ethmoï-
dienne : Pmx. prémaxillaire ; Psp. parasphénoïde , Ro, rostral.
Ils sont nettement asymétriques, la suture étant
située à droite ou à gauche de la ligne médio-
dorsale du crâne.
La soudure des frontaux avec les pariétaux et les
dermoptérotiques a déjà été notée chez Besania
(Brou^ 1939), Pitrasemiouoiiis (Lehman 1952)
et Daptdmm (Wenz 1968 ; Thics 198S).
Canid supraorbicuire (css). (Fig. 10) Il longe Je
bord latéral de Fos et s'incurve au niveau de
Fapophyse postérieure pour rejoindre le canal
infraorbitairc. Je n'ai pas observe de branche
anréricure du canal supraoxbitaire pénétrant le
rostral et atteignant la commissure ethmoï-
dienne, ni d'anastomose posiorbitairc, entre ce
canal et le canal infraorbitairc. .sur le frontal,
comme l’a Figuré Santos (1985c),
Extrascapulaires (£xsc). (Figs 6A, 9A-D)
K, comptoni, comme tous les autres Aspido-
rhynchidac, comporte une seule paire d’extrasca-
pulaircs. Ils sont jointifs sur la ligne médiodor-
salc, un peu plus longs que Larges et asymétriques
comme les fronto-pariéto-dermopterotiques. La
portion postoibiniire du canal infraorbitairc et la
portion céphalique de la ligne latérale principale
suivent le bord latéral, la commissure extrascapu¬
laire longe le bord antérieur.
Post-temporaux (Post). (Figs 6A, 9A-D, 11) Ils
sont traités avec le toit crânien, car ils en sont
indissociables, et non avec la ceinture pectorale.
Ce sont de grandes plaques plus ou moins rec¬
tangulaires, très asymétriques, au moins aussi
longues, voire même plus longues, que les extra¬
scapulaires, jointives sur la ligne médiane. Les
post-temporaux reposent .sur l'intercalaire mais
leur face Inférieure est dépourvue du processus
interne caractéristique des Tclcostei et de certains
Halccomorphi. La ligne latérale céphalique suit
le bord latéral.
Variiitiom du toit crânien
Elles sont très fréquentes et affectent le nombre
des composants osseux, le tracé des surures, la
forme et/ou l'extension de chaque os.
Les frontaux peuvent être individualisés
(Figs 9C, II) et limités, vers Farrière, par des
pariéfo-dermoptérotiques (Pa-Dpt), Je n'ai
jamais observé d’individualisation du pariétal et
du dermoptérotique.
La suture séparant les éléments droit et gauche
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
693
Brito P. M.
C
Fr-Pa-Dpt
--Fr
Pa-Dpt
. Exsc —
Post
1 cm
1 cm
Fig. 9. — Toit crânien de Vinctifer compîoni : A, MNHN-BCE 342 ; B, MNHN-BCE 240 ; C, MNHN-BCE 5b, toit crânien ; D. MNHN-
BCE 6a, toit crânien. Exsc, extrascapulaire ; Fr-Pa-Dpt, fronto-pariéto-dermoptérotique ; Pa-Dpt, pariéto-dermoptérotique ;
Pmx, prémaxillaire ; Post, post-temporal ; Ro, rostral.
694
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
du toit crânien est décalée par rapport à la ligne
médiodorsale du crâne indifféremment vers Tun
ou Tautre côté» ce qui entraîne la dissymétrie fré¬
quemment observée chez Vinctifer et les
Aspidorhynchidae en général.
La suture médiane est le plus souvent rectiligne
dans la moitié antérieure et sinueuse vers l’arrière.
Dans cette région» elle présente de grandes varia¬
tions d'un individu à l'autre, avec trois à cinq
profondes indentations.
Le plan des ossifications décrit ici pour le toit
crânien de K cornptoni est le même chez les
autres Aspidorhynchidae. Les proportions rela¬
tives de divers os sont comparables chez
Aspidorhynchm, Belonostomus et Vinctifer.
Dans sa reconstitution, Sancos (1985c, fig. 1) pré¬
sente les pariétaux et les dermopréroriques sépa¬
rés» disposition que je n’ai jamais observée.
MaLsey (1991) présente une fusion entre le parié¬
tal et le dermopterotique chez Vinctifer en se fon¬
dant sur Taj-rangement du canal sensoriel. Des os
pariétaux et dermopréroriques ont été illustrés par
Taverne (1981) chez Belonostomus helgolandicus.
Joue
Uorbite est encerclée par la série infraorbitaire, le
dermosphénotique et le supraorbitaire. L’anneau
sclérotique (Sel) comprend deux plaques.
Fig. 10. — Vinctifer comptoni : vue générale de la tête (MNHN-BCE 1b). cio, canal infraorbitaire ; com.et, commissure
ethmoïdienne ; epop. canal préoperculaire : css. canal sensoriel supraorbitaire ; Dsp, dentalosplénial ; Fr-Pa-Dpt, fronto-pariéto-
dermoptérotique ; Po, postorbitaire ; Ro, rostral.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
695
Brito P. M.
Post Fr
Pmx
Fig. 11. — Vinctiter comptoni : vue générale de ia tète (PMB-UERJ 07). Fr, frontal ; Hycnd. hyomandibulaire ; Mx. maxillaire ;
Op, opercule ; Pdt, prédentaire : Pmx, prémaxHIaire ; Post, post-temporal ; Vom. vomer.
Série iofraorbitairc (lo)* (Figs 6A, 12) Elle
comprend cinq à sept élémenrs, perits en recran-
gulaires. Le premier et le dernier sont tes plus
allongés (troi.s ou quatre foi.s plus hauts que
larges). L'antérieur atteint vers l'avant le nasal et
le supraorbitairet surmonte le maxillaire et
constitue la région antéro-inférieure de Torbite.
Les suivants (lo 2-6) contournent l’orbite, sur¬
montant le maxillaire et recouvrant les postorbi¬
taires. Le postérieur est l’os le plus allongé et le
plus étroit de toute la .série.
Canal tnfraorbltaîre (cio). (Fig. 10) Il présente
un grand nombre de canallcules plus ou moins
divisés. U traverse la série inlraorbitaire à la suite
de l'os nasal er pénètre le dermosphénocique dans
son tiers antérieur où il se joint au canal supraor-
bi taire.
Supraorbitaîre (So)» (Fig. 6A) Trois fois plus
long que haut, U forme la marge antéro-supérieu¬
re de Forbirc et longe le bord latéral du frontal
entre le nasal et le dermosphénotique.
Dermosphénodque (Dspb). (Figs 6A, 12) Il est
remarquablement long vers Pavant, où il atteint
le supraorbitaîre au niveau du milieu de Porbite,
et vers l'arrière, avec un long processus effilé
entre le frontal et le postotbitaire supérieur
jusqu’à la branche verticale du préopercule.
Il existe une liaison posrorbitaire entre les canaux
infra- et supraorbitaîre située, soit sur le dermo¬
sphénotique, soit sur le frontal. La profusion de
canalicules secondaires au niveau de la courbure
du canal infraorbitaire interdit d'être plus précis.
Maisey (1991) considère que le dermospheno-
tique de Vinctifer er AspidorhynchttSy sépare du
préopercule par le postorbitaire supérieur, repré¬
sente la disposition primitive qii'il relève égale¬
ment chez Lepisostcus:, Amia^ Pachycormus et
Ilukttiih La disposition de Belo7iosto}7Uis, dont le
dermosphénotique atteint le prcopcrcule (Saint-
Seme 1949 , Taverne 1981), a été retrouvée chez
Vinctifirj au moins chez certains individus ; il
s’agirait donc là d’une variation individuelle.
Plaques postorbîtaires (Po). (= suborbitaires)
En général deux grandes plaques postorbitaires
recouvrent la marge anterieure du préopercule
(Fig. 6A). La forme des plaques varie d'un indivi¬
du à l'autre et plus rarement leur nombre. Il peut
exister trois plaques au lieu de deux (Fig. 12),
disposition variant parfois même d’un coté à
l’autre du même individu. Une variation simi¬
laire a été observée sur Amin catva (Shufeldt
1883 ; Moy-Thomas 1938 ; Jain 1985), Amia
mivjieri (Dcchascaux 1937) et Pachycorrntis cur-
tus (Wenz 1968).
Préopercule (Pop). (Figs 3, 6A, C, 10, 12) Très
développe, il est triangulaire. Cette forme se dis¬
tingue nettement de la forme en croissant de la
plupart des Halecomorphi er ressemble plus au
préopercule à deux branches des Teleosxei.
Canal préoperculaire (epop). (Fig. 10) Il longe
696
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
S.clt Op Dsph Sel lo Pmx Mx
Sop Pop Po Rbr Ch2
Fig. 12. — Vinctiferœmptoni : vue générale de la télé (MNHN-BCE 240). Ch2. céralohyal distal : Dsp, dentalosplénial : Dsph. der-
mosphénotique ; Hlh, hypohyal ; lo, Intraorbitaire ; Mx, maxillaire ; Op. opercule ; Pmx, prémaxillaire ; Po. postorbitaire ;
Pop, préopercule ; Rbr, rayon branchiostège ; Sel, anneau sclérotique ; Sxlt, supracleithrum ; Sop, sousopercule.
les bords inférieur ei postérieur de Tos en for¬
mant un angle de 90^' ; cette position semble être
une autapomorphie pour les Aspideirhynchidae
(Maisey 1991). Le canal donne de parc et d'autre
de nombreux canalicules très ramifiés (plus de
trois fois) et ouverts à l’extérieur par un bouquet
de pores. Cette disposition n’est pas un caractère
lié à Tâge car on trouve la même ramification
chez des individus de tailles différentes. Chez les
autres genres de la famille^ les canalicules du
canal préoperculaire sont simples.
Série operadaire
Elle est caractérisée par l’absence d’interopercule.
Opercule (Op). (Figs 3, 4A, B, 6A, C, 11, 12) Il
est presque une fois et demie plus haut que large,
avec le bord ventral plus long que le dorsal et le
bord postérieur fortement convexe.
Sousopercule (Sop). Petit et triangulaire, il est
coincé entre le préopercule et Topcrcule qui le
recouvrent largement (Figs 6A, 12).
Interopercule. Je nai jamais observe celui décrit
par Jordan (1921) malgré le grand nombre de
spécimens examinés. Je considère que Tinteroper-
cule est absent chez Vinctifer comme chez cous
les Aspidorhyndiidae, et quil s’agit d’une dispa¬
rition secondaire propre à la famille.
Rayons branchîostèges (Rbr). (Fig. 12) On en
compte treize, entre le sousopercule et l’angle
postéro-inlérieur de la mandibule. Il n’existe
aucune plaque gulaire.
Canaux semoriels
Ces canaux sont remarquables par la profusion
de petits canalicules dont la division est poussée à
l’extrême, noramment .sur le préopercule
(Figs 6A, 10). Je n’ai jamais observe d’invasion
par les canalicules des os normalement dépour¬
vus de canaux.
Mâchoire supérieure (Figs 6A, C, 11, 13)
Maxillaire (Mx). Il est formé d’une partie anté¬
rieure, longue et effilée, et d’une grande plaque
postérieure dont la massivité est accentuée par
une courbure du bord oral dirigée vers le bas et
vers l’arricrc (Fig. 13). La pointe effdcc double la
moitié postérieure du prémaxillairc. elle est
dépourvue de processus anterieur s’articulant sur
la face interne du prémaxillaire, ce qui limite la
mobilité de l’ensemble. Le maxillaire est libre
vers l’arrière, il atteint les postorbitaires à peu
près au niveau du milieu de l’orbite, mais est net-
lecnent séparé du préopercule. Il recouvre large¬
ment la partie postérieure de la mandibule. Le
bord oral du maxillaire est denté sur presque
toute sa longueur.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
697
Brito P. M.
Supramaxillaire. Il nV a pas. Santos (1945,
pl. 1, fig. 1 ; 1985c, pl. 1. fig. 2) figure un supra¬
maxillaire chez Vinctifer coni/Honi, occupant
Tangle postéro-supérieur du maxillaire. Par la
suite, Santos (1990) cite comme caractère dia¬
gnostique de la famille o Vinctileridae » la pré¬
sence d'un supramaxillaire et figure chez
K longirostris un supramaxillaire avant la forme,
l’extension et la position de celui figuré chez
V. comptoni. L’examen des espèces de Vinctifer ne
m’a jamais permis de mettre en évidence un
supramaxillaire indépendant. En revanche, il
apparaît fréquemment qu’à la suite de la fossilisa¬
tion, les os de la région palato-carrée sc sont
déplacés les uns par rapport aux autrCvS. Le supra¬
maxillaire décrit par Santos est en fait, au moins
dans certains ca.s, la partie po.vtérieure de l’ecto-
ptéiygoïde (obs. pêr^.). Le supramaxillaire est
présent chez les autres genres d’A.spidorhyn-
chidae. Son absence ainsi que la grande plaque
postérieure du maxillaire sont des caractères auta-
pomorphiqiies du genre Vinctifer (Brito 1988 ;
Maisey 1991).
Mâchoire inferieure
Prédentairc (Pdt). (Figs 6A, C, II, 13) Cet os
médian coiffe les extrémités antérieures des deux
Pmx
Fig. 13. — Vinctifer comptoni : mâchoires en vue latérale
d'après le spécimen MNHN BCE-240. Ang, angulaire ;
cmd, canal mandibulaire : Den, dentalosplénial ; Mx, maxillaire :
Pden, prédentaire ; Pmx. prémaxillaire ; Part, rétroarticulaire.
mandibules. Il est denté, court) triangulaire, avec
un bord oral à peine plus long que le bord posté¬
rieur. En dehors des Aspidorhynchidae, le pré-
dentaire n'est présent que chez les Xiphiidae,
Tetrapturidae (Firestone 6c Applegate 1968), et
chez richthiodectidae Saurodtm.
Mandibule. (Fig. 13) Elle est caractérisée par
une symphyse tclailvcment élevée, unie au pré¬
dentaire par une suture verticale, un processus
coronoïde peu développé et situé en position
reculée. Le dentalosplénial (Dsp) forme la majeu¬
re partie de la face latérale, l'angulaire (Ang,
Fig. 14A, B) est réduit> le susangulaire n a pas été
observé et ne devait pas se présenter comme un
élément indépendant. La fossette d’articulation
pour le carré et pour le symplectique est située
sur le bord supérieur de la mandibule à la base
du processus coronoïde. Elle est limitée latérale¬
ment par l’iingulaire et formée médialement par
Tarticulaire (Art). Un court processus prolonge la
mandibule en arrière de la fossette : il est formé
p-ar l'articuJaitc et le rétroarticulaire (Rart,
Fig. 14A, B). Ce dernier est également visible en
vue latérale sous forme d’une mince lamelle dou¬
blant le bord postéro-inférieur de l’angulaire.
Dentalosplénial et angulaire sont traver.sé.s par le
canal mandibulaire qui sort à l’angle postéro-
médian de l’angulaire.
Ornementation des os dermiques
Elle varie d’un os à l’autre et même d’un individu
à l’autre ; elle est formée de ridc.s et/ou de tuber¬
cules.
À part le rostral qui semble lisse, les os du toit
crânien peuvent être ornementés par des stries
bien marquées {cf prémaxillaires) ou par de
fortes ridés ondulantes et convergentes, surtout
sur les os postérieurs {cf. cxtrascapulaires et post¬
temporaux).
L’opercule présente des tubercules épars sur toute
sa surface et des stries sûr les bords postérieur et
inférieur qui se terrouvent sur le sousopcrcule. Le
préopereuk porte des stries très marquées, sur¬
tout sur les bords postérieur et ventral ; elles se
mélangent aux canalicules du canal prcopcrcu-
laire, donnant un aspect rugtieux à l’os.
Dans Térat actuel de nos connaissances, compte
tenu des variations dues à l’âge et/ou aux varia-
698
GEODIVERSITAS - 1997 - 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
tions individuelles, l'omementation des os der¬
miques et des écailles de Vinctifer ne peut être uti¬
lisée comme caractère diagnostique de lespèce.
Denture
La denture de marginale est très discrète. Lextré-
mité postérieure des prémaxillaires et les maxil¬
laires sont garnis d’un seul rang de très petites
Sy Qu Rart Ang
Qu Sy Rart Rbr Ang
Fig. 14. — Vinctifer comptoni, rapports carré-symplectique
A. DGM-1279-P ; B. PMB-UERJ 05. Ang. angulaire
Ou. carré ; Rart. rétroarticulaire : Rbr, rayon branchiostège
Sy, symplectique.
dents, fines et pointues, dépourvues de capuchon
d’acrodinc. Le dcntalosplénial et le prédentaire
portent des dents un peu plus fortes. Une telle
denture ne se retrouve que chez l’espèce K sweeti
de l'Albien d’Australie.
Suspensorium et arc hyoïde
La liaison mandibule-neurocrâne est assurée par
Thyomandibulaire, le carré et le symplectique
(Figs 14, 15).
Hyomandibulaire (Hytnd), Il est redressé, sa
fossette d’articulation sur l’endocrâne étant hori¬
zontale et son extrémité distale légèrement orien¬
tée vers l’avant. La face latérale est parcourue par
une crête saillante qui limite vers l’avant une
grande lamelle antérieure (la) contre laquelle
s’appuie le métaptérygoïde. Le bord postérieur
porte un processus operculaire (pr.op) court et
haut placé. Le corps de l’os est percé par le grand
foramen livrant passage au tronc hyoïdeomandi-
bulaire du nerf facial. L’extrémité distale présence
une surface dirigée vers Tavani et le bas, sur
laquelle s’appuient, d’avant en arrière, le carré et
le symplectique, et une surface dirigée vers
ratricrc. en contact avec le cératohyal proximal
(Chl, Fig. 15A). L’interhyal n’a pas été observé
jusqu’iei, il pourrait avoir été cartilagineux. Le
cératohyal distal (Ch2) est allongé et aplati laté¬
ralement, environ trois fois plus long que haut. Il
est dépourvu de lenêtre, de canal ou de sillon
pour le passage de l’artère efférente hyoïdienne.
A l’avant, il s'articule avec l’hypohyal (Hih,
Fig. 12).
Hypohyal (Hih). Un seul est présent. Sa taille
diminue et il semble être accolé â son symé¬
trique. Dorsalementj il présente une rainure sur
sa partie supéro-médiane.
Aucun basihyal na été observé
Carré (Qu). {Figs \4, 15) Triangulaire, il est
dépourvu de processus postéro-ventral.
ParcieUemenr séparé du corp.s de l’os, il dépasse
son bord supérieur tel qu’on le connaît chez les
Teleosrei. Langle antéro-supérieur -s’encastre dans
une profonde encoche de Fectoptérygoïde.
Dorsalemenc, l’os est en contact avec le métapté-
rygoïde et fhyomandibulaire. Le bord postéro-
inférieur du carré se recourbe vers l’extérieur et
forme un mur contre lequel bute le symplec-
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
699
Brito P. M.
Hymd pr.b
Fig. 15. — Vinctifer compîoni : A, suspensorium en vue latérale
d'après les spôctnitftTE PMB-UERJ 03 et PMB-UERJ 63 :
B, région ptérygo carrôo tPMB-UERj 03} . C. région ptérygo
carrée (PMB-UFRJ G3). Aup, autopalatin : Chl. cêratohyat
proximal , Ecpt. 6CtûplérygoYdfi . Enpi. entoptérygoïde ;
îfn, fosse nasale . Hymd, hyomandibulaire . la. lamelle anté¬
rieure de l'hyorriandibulaire : Mptg, métapteryqoïde : Pmx, pré-
maxillaire . pr.b, processus bosAlls du môtaptérygoîde :
pr.mtgl, processus métaplérygoïdien laleralis , prop, processus
operculaire ; Qu, carré ; Sel, anneau sclérotique : Sy, symplec¬
tique ; VU jugm, tronc jugulohyomandibulaire du nerf facial.
tique. Le condyle articulaire est orienté vers le
bas et vers Tavanr.
Symplectique (Sy), Complètement indépendant
du carré, il occupe une situation postéro-infé¬
rieure par rapport a ce dernier. C’est une fine
tigelle élargie à l’evtrémiré qui atteint Tliyoman-
dibulaire et dont la longueur rfexcède pas celle
du bord postérieur du carré (Fig. 1 SA).
Carré et symplectique s'^articulent tous deux
directement sur la mandibule {çontra Gardiner et
al. 1996), le premier dans la fossette d’articula¬
tion de la mandibule délimitée latéralement par
l’angulaire et médialement par rarficulairc, le
second immédiatement en arrière de la fo.ssette à
la limite de l’articulaire et du réiroarticulaire
(Fig. 14).
Autopalatin (Aup). (Fig. ISA, B) Situé à la base
du rostre, il est allongé et effilé vers l avant avec
un bord postérieur concave à peine plus élevé
que le re.ste de Tos. Emboîté dan.s le bord dorsal
de la branche antérieure de l’ectoptérygoïde, il
est à peine plus court que cette dernière. Uaüto-
palatin est caraaérisé par un méplat de son bord
dorsal sur lequel reposent la « masse ethmoï-
dienne >> et le tube prémaxillaire. J’ai indiqué la
présence d’une surface articulaire pour le palatin
située à la base de l’ethmoïde latéral (Brito 1992 :
135, pl. T, fig. 1). L’âucopalatin tel qu’il vient
d'étre décrit confirme cette interprétation et la
po.sition reculée, à la base du rostre, de l'articula¬
tion palatine.
Ectoptérygoïde (Eept)» (Figs 15, 16) Il com¬
prend deux branches formant entre elles un angle
d’environ 90*^ à 110'', la branche antérieure, légè¬
rement plus allongée, se prolonge au-delà de
Fautopalatin. La branche postérieure recouvre
rentoptérygoïde ce est recouverte par le bord
antérieur du carré. L’ectoptérygoïde porte des
dents sur sâ face interne. Un tel ectopterygoïde
en deux branches, allongé et denté, est présent
chez les autres Aspidorhynchidae.
Métapterygoïde (Mptg). (Figs 15A, B, 16) À
peine plus long que haut, il est formé d’une
plaque latérale, s’appuyant sur le carré, la lamelle
antérieure de l’hyomandibul.aire et Fencoptéry-
goïde, et d'une lamelle réfléchie, toutes deux
séparées par une profonde encoche par laquelle
passe le nerf trijumeau. Cette encoche délimite
vers l’avant le processus basalis (pr.b) et vers
700
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
l’extérieur le processus mécaptcrygoïdien lateralis
(pr.mtgl). Une disposition semblable est trouvée
chez les autres Aspidorliynchidae, chez
Australosomusy Pachycormus^ Lepidotes^ Leptolepis
coryphaenoides, Ascalabos, Leptolepides^ Elops er
quelques Osteoglossomorpha actuels (Arratia &
Schultze 1991). Je conviens avec Maisey (1991)
que Tos figuré d’après un matériel restreint (Britu
1988, fig. 2), a été déplacé de sa position origi¬
nelle.
Entoptérygoïde (Enpt), IJ double le bord dorsal
de l’ectoptéry^goïde sans atteindre son extrémité
antérieure et dépasse son bord postérieur. II est
appliqué contre la face interne du métaptérygoïde
et, à un moindre degré, contre celle du carré.
Postérieurement, il atteint Tangle antéro-inférieur
du corps de l’hyomandibulaire (Fig. 15Aj B). Au
contraire des autres Aspidorhynchidae, la face
interne de l’entoptérygoïde de Vifictifer semble
être dépourvue de dents. Cfiez les actinoptéry-
giens, des encoptérygoïdes dépourvus de dents
n’existent que chez les Acipensériformes et chez
les Teleostei évolués (Arratia & Schultze 1991).
Arc branchial. Sa forme de panier bien dévelop¬
pé suggère qu’il s’agissait d'un organisme filtrant.
Neurocrâne
L’endocrâne et le moulage endocrânien de
Vmetifer comptoni ont été publiés (Briro 1992).
Sur le neurocrâne, j’ajouterai que selon des spéci¬
mens où le « rostre » est préservé, le parasphé-
noidc est plus allongé vers l'avant que celui décrit
précédemment (Fig. 17).
IJendocrâne de cette espece, âu même titre que le
neurocrâne des autres Aspidorhynchidae, est for¬
tement ossifié, les sutures n’étant visibles que
chez les jeunes individus. Dans ce cas, l’endo-
crâne comprend les unités suivantes : cthnrioïdcs
latéraux, ptérosphénoïdes, autosphénotiques,
prootiqiies, opisthotiques, autoptéroiiques, inter¬
calaires, épiotiques et exoccipitaux pairs, orbito-
sphénoïde, basisphénoïde, basioccipital et
supraoccipical impairs.
La morphologie de la cavité endocrinienne est
préservée grâce au remplissage naturel de cette
cavité par la gangue calcaire.
L’étude de ce complexe permet d’analyser les
relations phyletiques de Vinctifer et des
Aspidorhynchidae au sein des Actinopterygii. Les
résultats de ce travail posent certains problèmes
quant aux interprétations des synapomorphks
Eept
Mptg Qu Hymd C! 1ère vert. Sca-t-Cor
Fig. 16. — Vinctifer comptoni : vue générale du neurocrâne, région ptérygo-carrée et endosquelette de la nageoire pectorale (DGM-
1234-P). Cl. cleithrum ; Eept, ectoptérygoïde : Et.l, ethmoïde latéral ; Hymd. hyomandibulaire ; Mptg, métaptérygoïde ; Psp, para-
sphénoïde ; Ou. carré ; Sca-«>Cor. scapulo * coracoïde ; 1ère vert., première vertèbre.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
701
Brito P. M.
téléostéenaes relevées par Patterson (1977) chez
les AspidorhynchiformeSi tels que les rapports
entre la carotide interne et le parasphénoïde ainsi
que Timporcance d’un vomer impair. Toutefois»
quelques caractères confirmés par Brito (1992)
permectentj au moins en utilisant le complexe
neurocrânien, de laisser les Aspidorhynchiformes
parmi les Teleosrei primitifs.
Squelette post'Crânien
Colonne vertébrale. Elle comprend en tout
soixante-cinq à soixante-douze vertèbres
(Fig. 18A-C), en comptanr les vertèbres dissimu¬
lées par l’opercule (t 4) et les centres participant
au soutien de l'exosquelette caudal (cinq centres
préuraux et trois centres uraux). Ces derniers
seront traités avec l’endosqucletre de la nageoire
caudale.
L’écart entre les nombres minimum et maximum
de vertèbres peut sembler anormalement élevé,
représentant une variation de 9 à 10 % du
nombre total de vertèbres. Une telle variation est
comparable à celle de certains Telcostci primitifs
tels <\\x Angîtilla anguilla chez lequel le nombre
des vertèbres varie de 110 à 119 (Schmidt 1914).
Les centres sont entièrement ossifiés, plus hauts
que longs, en forme de sablier, et présentent une
très petite perforation notochordale (Fig. 18D).
La paroi externe du centre vertébral est lisse,
dépourvue de quilles longitudinales (Fig. 18E).
Chez les adultes, une vertèbre anrérieure du tronc
présente des arcs neuraux soudés au centre verté¬
bral, consrituanr ainsi un canal neural fermé. Ce
dernier supporte des épines neurales doubles,
fines et allongées. Elles restent doubles jusqu’au
Fig. 17. — S/înctiler compiom : neurocràne en vue ventrale
d’après le spécimen PMB UERJ O-t. a.o. foramen pour l’artère
orbitaire ; ape, foramen pour l'artère pseudo-branchiale effé¬
rente ; Apto. âutoptérotique ; art. int, zone articulaire pour le
premier iniraphafyngobranchial ; Aspo, âutosphénotique ;
Boc, basioGcipitai . c.i, foramen pour l'artère carotide interne ;
d.j. dépression lugulaire : Et.l, ethmoïde latéral, f.ot.oc, fissure
oticO'OccipitHin , le. inieicniaire , Nerfs : III. nerf moteur occulai*
re commun . V, nort Irijunieau : VII. nerf facial ; VII jugm, tronc
jugulohyomandihulairo du nerf facial ; IX, nerf giossopharyn-
gien ; X. nerf vague . OpO. • 0 |)isthatiquK ; Ors. orbitosphénoi'de ;
Pmx, prémaxillairo ; ppt», pédicule du ptérosphénoi'de :
pr.asc. proccsatjff ascendant du parasphénoïde ;
Pro, prooîique . Psp, parasphénoïde . Pts, ptérosphénoïde ;
s.l, zone ü’iityenion d'un septe intermusculaire ; vca, foramen
pour la veine cérébrale antérieure : v.ju, foramen pour la veine
jugulaire : Vom, vomer.
niveau de la nageoire dorsale, soit jusqu’à environ
la quarante-cinquième vertèbre. Chaque arc
hémal est distinct du corps vertébral, double
702
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Fig. 18. — Vinctifer œmptoni : A, vue générale du corps (AMNH 12868) ; B, vue générale du corps (AMNH 12827) ; C, vue générale
du corps (AMNH 12392) ; D. vertèbre antérieure du tronc, vue frontale ; E, vertèbre antérieure du tronc, vue latérale.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
703
Brito P. M.
toute la base de ce dernier, et porte en son milieu
un fort processus sur lequel s'articule la côte dont
la longueur n’a pu être précisée. Chez les jeunes,
le canal neural reste ouvert vers le haut.
Je n’ai jamais observé d’épineuraux ou d’épipleu-
raux.
Nageoires paires
Nageoires pectorales. Outre le post-temporal,
traité avec le toit crânien, la ceinture dermique
de la nageoire pectorale comprend le supraclei-
thrum et le dehhrum.
Supracleithrum (S.cit). (Figs 6A, 1 2) C’est un
grand os triangulaire. La portion céphalique de la
ligne latérale traverse la moitié dorsale, tous les
pores s’ouvrant au-dessus du canal. Il est orné de
stries parallèles à son bord postérieur.
Cleithrum (Cl)- (Fig. 6A, C) 11 comprend deux
branches formant entre elles un angle d'environ
90°. La branche verticale est courte et étroite. La
branche horizontale est longue, atteignant le
niveau du préopercule ; elle est munie d'une
forte lame réfléchie formant la paroi postérieure
de la cavité branchiale. La portion exposée à
rextérieur est étroite et ornée de stries parallèles à
son bord externe.
Lendosquelette de la ceinture scapulaire est très
ossifié. Il est formé d’une seule pièce chez les
adultes (Fig. 19A) ; en re\'anchc on observe, chez
les individus jeunes, trois ossifications indépen¬
dantes ; la scapula, le coracoïde et le mésocora-
coide.
Scapula (Sca). (Fig. 19B) Petite, massive, elle est
rétrécie en son milieu. Le bord antérieur est
échancrc par le foramen scapulaire qui reste
ouvert vers l’avant. Los entre en contact anté¬
rieurement avec le coracoïde à l’endroit où passe
le foramen pour le.s rameaux nerveux de la région
moyenne de la nageoire pectorale. Postérieure¬
ment, la scapula sen de point d’attache à la
nageoire pectorale.
Coracoïde (Cor). Os le plus massif de l’endo-
squelette, il est accolé à la paroi interne de la
branche horizontale du cleithrum et présente,
vers l’avant, un long processus antérieur. Vers
l’arrière, le coracoïde entre en contact avec le
bord inférieur du mésocoracoïde.
Mésocoracoïde (Mcor). (Fig. 19C) Rectangu¬
laire, il est appliqué ventralement au coracoïde. Il
Fig. 19. — Vinctifer comptoni : A, scapulo-coracoïde droite
(PMB-UERJ 05) ; B, vue interne de la scapula droite {PMB-
UERJ 64b) : C, vue externe du mésocoracoïde droit (PMB-
UERJ 64b). Cor, coracoïde ; Mcor mésocoracoïde ;
Sca, scapula.
entre en contact antéro-dorsalement avec le clei¬
thrum et postérO'dorsalement avec la scapula
pour former l'acc mésocoracoïde, sous lequel pas¬
sait le muscle dorsal de la nageoire pectorale.
Proptérygiujn (Propt). Avec quatre radiaux
(Rd) en forme de petit sablier allongé, un propté-
rygium libre assure rarticulation des lépido-
triches de la nageoire pectorale. Patterson (1977)
704
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Rd Propt _0,5 cm
Fig. 20. — Vincîifer comptoni, photo stéréoscopique : proptérygium et radiaux de la nageoire pectorale droite (PMB*UERJ 64d).
Propt, proptérygium ; Rd. radial.
a indiqué que le proptérygium de la pectorale des
Aspidorhynchidae est fusionné au premier rayon
de cette nageoire. Sur le spécimen PMB-
UERJ 64 (Fig. 20), on remarque que le proptery-
gium est libre comme chez les Halecomorphii et
les Pachycormidae (Jessen 1972. pl. 25, fig. 2 ;
Arratia & Lambers 1996).
Rayons de la nageoire pectorale. Relativement
courte, la nageoire peaorale est formée de sept
rayons, dont l’antérieur est le plus robuste. Le
bord d’attaque de la nageoire est dépüur\m de
fulcres. Les rayons sont contigus sauf à leur extré¬
mité tout à fait distale. Ils sont segmentés uni¬
quement sur le tiers distaJ de leur longueur. La
première division longitudinale apparaît dans la
région dorsale du rayon et divise le ra}^n primai¬
re en deux rayons secondaires, Pun dorsal et
étroit, Tautre ventral et plus large. Iæs divisions
longitudinales successives, au moins quatre, sont
très rapprochées et n’mcércssent que les rayons
larges.
Nageoire pelvienne. Petite et fragile, elle s'insère
au niveau de la vingt-huitième rangée transversa¬
le d’écailles, un peu plus proche de l’anale que de
la pectorale.
Ceinture pelvienne. Présentant une grande
complexité dans sa forme et son relief, elle est
composée d’une baguette proximale allongée,
fine, de section arrondie, et d’une partie distale
élargie en éventail avec un relief complexe du
bord postérieur sur lequel les lépidotriches s’insè¬
rent directement. La baguette proximale est
dépourvue des ailes aplaties que Ton observe sur
la plupart des plaques pclvienne.s. La partie disra-
Ic est traversée par une crête longitudinale située
dans le prolongement de la baguette osseuse. Lin
processus ovale latéral et un long proces.sus inter¬
ne SC détachent de l'os, à la limite de ses deux
composants (Fig. 21).
Il n’y a pas de métaprérygium ; tous les lépido¬
triches, au nombre de six, s’insèrent directement
Sûr la plaque pelvienne.
Nageoires impaires
Nageoire dorsale. De forme triangulaire, elle
comporte quinze lépidotriches dont les deux pre¬
miers ne sont ni articulés, ni dichotomisés.
Quatre dichotomies successives de type classique
(division du lépidotriche en deux parties équiva¬
lentes) s’observent à partir du troisième lépido-
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
705
Brito P. M.
triche. Les troisième et quatrième lépidotriches
sont les plus longs, les suivants diminuant pro¬
gressivement de longueur jusqu’au dernier.
Ûendosquelette comprend deux séries d’élé¬
ments, les axonostes, longs et effilés, et les
baséostes, petits, en forme de sablier et formant
entre eux un angle obtus. Les axonostes de
Vinctifer sê .signalent par leur longueur : ils dou¬
blent les courtes épines neurales et atteignent
presque les centres vertébraux.
Nageoire anale. Egalement de forme triangulai¬
re, elle compte seize lépidotriches. La longueur
maximale de la nageoire est atteinte par le cin¬
quième d’entre eux, elle décroît à partir du sep¬
tième. On dénombre quatre dichotomies
successives pour les lépidotriches de la région
antérieure, de même type que celles de la dorsale.
Les éléments endosqiielettiques de la nageoire
anale sont comparables à ceux de la nageoire dor¬
sale, également avec des axonostes particulière¬
ment allongés.
Nageoire caudale
Elle est petite, nettement fourchue avec les deux
lobes égaux (Fig. 4). Le lobe supérieur est com¬
posé d’avant en arrière de trois courts rayons
insegmenté.s, de quatre rayons segmentés, le qua¬
trième atteignant la longueur maximum, et de
neuf rayons segmentés et dichotomisés. Le lobe
inférieur comprend quatre rayons non segmen¬
tés, cinq segmentés, le cinquième atteignant la
longueur maximum et dix segmentés et dichoto¬
misés. Les vingt et un rayons signalés par
Richter & Thomson (1989) comme caractéris¬
tiques de V. comptoni correspondent aux deux
rayons segmentés transversalement et atteignant
le maximum de longueur {- rayons marginaux
de Richter & Thomson) plus les dix-neul rayons
dichotomes. Chez V''. comptoni le nombre des
lépidotriches principaux de la caudale semble
effectivement fixe.
L’endo,squelctte de la nageoire caudale de
Vinctifer, et des autres Aspidorhynchidae, est peu
connu, soit à cause de la mauvaise conservation,
soit parce que les fulcres et la hase des rayons
cachent les cléments endosquelettiques. La pré¬
sente réinterprétanon de l’endosquelette caudal
est fondée sur quatre spécimens préparés à
l’acide, et dont les lépidotriches d’un côté ont été
Fig. 21. — Vinctifer comptoni : ceinture pelvienne d’après le
spécimen BHN2P-2.
enlevés. L’endosquelette caudal comprend huit
centres distincts, cinq préuraux (Pu 5-1) et trois
centres iiraux, les deux premiers (Ul + U2) étant
fusionnés, ce qui n’est pas le cas des individus
jeunes où les centres Ul et U2 sont individuali¬
sés. La flexion dorsale du rachis est nette à partir
de U1.
Vertèbres préurales. En règle générale, les
centres préuraux (Pu) sont ossifiés, les arcs neu¬
raux et hémaux leur étant alors fusionnés
(Figs 22, 23). E)ans ce cas, ces centres décroissent
en dimension et en degré d’ossification vers
Lextrémitc caudale (Fig. 23A, B). Toutefois, un
nombre non négligeable de spécimens présentent
des centres vertébraux préuraux non ossifiés et
cela indépendamment de Tâge.
Il existe cinq paires d’arcs neuraux et d’arcs
hémaux correspondant aux centres préuraux, que
ceux-ci soient ossifiés ou non (Figs 22, 23).
lx>r.sque ces derniers existent, les arcs neuraux et
hémaux leur sont fusionnés. Tous les centres pré¬
uraux supportent des épines neurales (n.Pu)
complètes mais diminuant progressivement vers
rarrière. Les épines hémales (h.Pu) sont élargies
par rapport aux épines libres qui les précèdent, et
deviennent progressivement plus courtes.
Vertèbres urales. Comme les vertèbres préurales,
elles peuvent être bien ossifiées ou pas du tout.
Ces centra sont orientés vers le haut, à partir de
Ul. Les centres uraux 1 et 2 sont Risionnés. La
706
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Fig. 22. — Vinctifer comptoni : A, B. enclosquelette de la
nageoire caudale (spécimen PMB-UERJ 50). En, épine neu¬
rale ; H, hypura) ; h.Pu, épine hêmale d'une vertèbre préurale ;
n.Pu, épine neurale d'une vertèbre préurale ; Pu, vertèbre pré¬
urale : U> vertèbre urale ; Un, uroneurai
première vertèbre urale supporte un arc neural
plus étroit que ceux qui le précèdent, développé
seulement au-dessus de U1 et prolongé par un
épine neurale allongée (Enl), complète, sem¬
blable à celles des vertèbres préurales. La deuxiè¬
me vertèbre urale (U2) ne supporte pas d’épine
neurale.
Hypuraux. Le nombre total d’hypuraux atteint
quatre (H 1-4), le premier et le second occupant
une position infradiastémique et étant associés au
même centrum (Ul i- U2). Cette disposition est
un caractère typiquement téléosiéen (Patterson
1968). L’h}qîiir;d h le plus robuste (Hl), est tri¬
angulaire et possède une extrémité distale très
élargie ; Fhypural 2 (H2) est moins développé.
L’hypural 3 (H3) diminue de longueur et
d’épaisseur et est fusionné avec le centre ural 3 ;
et Fhypural 4 (H4) est le plus petit et n’est, appa¬
remment, associé à aucune ossification urale.
Uroneuraux. Trois paires d'uroneuraux (Unl-3)
sont présentes. L’uroneural J (Uni), fin et étiré,
atteint le centrum de la première vertèbre pré¬
urale. Le second uroneurai (Un2), aussi long que
le premier, ne dépasse pas le bord antérieur de
Ul + U2. L’uronêural 3 (Un3), nettement le plus
étroit et le plus court» atteint le bord postérieur
de Ul t- U2.
De petites baguettes incomplètes (les extrémités
ne sont pas conservées) et impaires, associées aux
extrémités distales des épines neurales de la ver¬
tèbre préurale 4 et des vertèbres qui lui font
suite, pourraient être interprétées comme des
épuraux (Ep, Fig. 23A, B). Je rrai jamais observé
plus de deux de ces éléments sur un même spéci¬
men mais Comme ils sont associé.s au moins aux
épines neurales 2 à 4, leur nombre a pu monter à
trois, voire plus.
Dans Fensemble, à quelques détails près, l'endo-
squelette caudal est proche de ce que Maisey
(1991) a figuré (nombre des éléments épi- et
hypochordaux, développement des épines neu¬
rales et hémales). Les différences portent sur le
degré d'ossificâiion des centres veriébrau-x (varia¬
tions individuelles), la fusion des arcs neuraux et
hémaux avec les centres, la forme et Fextension
des uroneuraux. Par la prc.scnce d’uroneuraux
pairs, cette disposition de Fendosqueleite caudal
est n'^piquement téléostécnne.
Écailles
Disposées en rangées longitudinales (Figs 3, 4),
elles sont épaisses, recouvertes de ganoïne, lisses
ou ornementées de rides et de stries suivant les
régions du corps considérées. Chaque écaille
s’articule, par un processus de son bord dorsal,
dans une dépression du bord ventral interne de
l’écaille qui lui est supérieure (articulation ^ peg
and Socket »> ou << renon et mortaise w en français).
Chaque écaille recouvre fortement les écailles qui
lui sont postérieure et inférieure.
Les flancs sont couverts de trois rangées longicu-
dinale.s d'écai]le.s hypertrophiées. La rangée
médiane est la plu.s importante, formée d’écailles
quatre à cinq fois plus hautes que larges, qui sont
traversées par la ligne latérale principale dans leur
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
707
Brito P. M.
A
1 cm
quart supérieur. Ces écailles diminuent de hau¬
teur vers rarrière. Au niveau du pédonaile cau¬
dal. elles sont à peine plus hautes que large.s.
Les rangées immédiatement supérieure et infé¬
rieure sont formées d'écailles deux fois plus
hautes que larges dans la région antérieure du
corps. Elle.s diminuent de hauteur de favant vers
l^arrière, si bien qu’elles sont aussi hautes que
larges dans la région caudale.
La région dorsale est couverte de deux rangées de
petites écailles h peine plus hautes que larges> et
de la rangée d’écailles faîtières. Ces dernières sont
hexagonales, à bord postérieur arrondi et articu¬
lées sur les rangées d’écailles droite et gauche par
Lintermédiaire de la pointe caractéristique de
rariltulaTion « peganeiaoeket ».
Dans la région ventrale, on trouve cinq rangées
de petites écailles rectangulaires plus larges que
hautes. La rangée d'écailles faîtières ventrales n a
pa.s été observée.
L’ornementation des écailles est très variable.
Celles du flanc peuvent être lisses ou ornées de
rides parallèles au bord postérieur de récaille
et/ou de tubercules dispersés sur toute la surface.
Les écailles plus dorsales ainsi que les écailles faî¬
tières portent des rides ondulées tandis que les
écailles ventrales sont lisses. Les variations de
Tornenientation sont liées à la position de
l’écaille sur le corps et à des variations indivi¬
duelles indépendantes de Page du spécimen.
Un spécimen (collection privée) montre de.s ano¬
malies concernant la forme et la disposition des
écailles. La régularité des trois rangées longitudi¬
nales du flanc, celle de la ligne latérale principale
et de deux rangées immédiatement supérieures et
inférieures, est perturbée juste en avant de la
nageoire anale. Sur une longueur correspondant
à cinq ou six rangées transversales d’écailles, on
observe une multiplication et une distribution
chaotique des écailles, alors de forme irrégulière
et plus petites, la hauteur de chacune d’entre elles
représentant un huitième à deux tiers de celle
d’une écaille non modifiée de la ligne latérale
principale. Il semble qu’il s’agisse là d’un phéno-
Fig. 23. — Vinciifef comptoni. endosqueletie caudal : A. B. spé¬
cimen PMB-UERJ 51 : C. spécimen BHN2P-2. En, épine neu¬
rale -, Ep. épura» . H, hypural : h.Pu, épine hémale d'une
vertèbre préurale ; n.Pu, épine neurale d'une vertèbre préurale ;
Pu, vertèbre préurale ; U, vertèbre urale ; Un, uroneural.
708
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
mène pathologique avec reconstitution des
écailles du vivant de l'animal à la suite d’un choc
ou d’une morsure,
Microstructiixe des écailles. En coupe sagittale,
Jes écailles sont constituées d’une plaque basale
osseuse recouverte par une couche de ganoïne
pluristratifiée, toutes deiix traversées par des
canaliculcs-de Williamson (Fig. 24A). Elles sont
donc de type Icpisosté^ude (Schültze 1966). La
couche la plus profonde (plaque basale) est épaisse,
pratiquement avasculaire et constituée d’os cellu¬
laire. La couche superficielle, pluristratifice et
accllulaire, est constituée de ganoïne. Une struc¬
ture histologique identique a été retrouvée chez
les autres espèces de Vinettfer et chez BelonoS'
tomui {B t€'nu7rostrî^^ B, mi^nsteri) t Schulczc
(1966) a noté l’absence de ganoïne sur les écailles
à^Aspidorhynchus, Ce caractère, ultérieurement
utilisé par divers auteurs (Richter & Thomson
1989 ; Maisey 1991), a été ici confirmé,
l’étude de la surface externe de la ganoïne au
microscope électronique à balayage montre la
présence, classique pour tes écailles du type
ganoïde, de tubercules microscopiques (Fig. 24B,
C) qu’il ne faut pas confondre avec les tubercules
d’ornementation. Chez Vinctifer^ les tubercules
sont très petits (environ 4,0 pm) et les espaces
relativement grands (environ 7,0 pm).
Ces caractéristiques morphologiques ont été pro¬
posées comme des caractères utilisables pour la
définition des familles, des genres et même des
espèces (Gayct Bc Meunier 1986 ; Gayet et al,
1988 ; Meunier & Gayet 1992). JVi essayé d'uti¬
liser ces caractères de la ganoïne pour l’identifica¬
tion spécifique de Vhictifer (V^. comptoni et
K. longirostris). Les mesures relevées sur des
écailles de la meme région du corps (écailles de la
ligne latérale principale correspondant à la troi¬
sième ou à la quatrième rangée transversale
d’écailles) chez les deux espèce.s sont comparables
et, dans ce cas précis, ne peuvent être utilisées
(Fig.24B,C).
Une caractéristique importante de V. comptoni
concerne la présence d*un grand nombre d’odon-
rodes implantés sur la .surlace externe et le long
des bords libres des écailles, au moins dans la
région caudale (Fig. 24D). Ces odontodes,
minuscules (0,1 à 0,3 mm) et en forme de cro¬
chets, tous dirigés vers Tarrière, s’articulent à la
g pb c.W
Fig. 24. — A. (ame mince d'une tMDQille de YiocWlm coo\f)tonK en
lumière B. V coonytooi déîail des tubercules de
ganoïne de la surface d une écaïUe latérale rtu tronc au micro¬
scope ôloctfonique â balayage ; C V /ongïroarw, détail des
tubefCi.'liJÿ de de la surface d’una êcaiMe latérale du
tronc au microscope électronique a balayage , D, V'. comptoni,
détail des odontodes de la surtace d'une écallte latârein de la
paitifSt povtérièuré trorui: au oiiuroBcope électronique à
balayage. c.W, canal de Williamson ; g, ganoïne ; pb, plaque
basale osseuse.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
709
Brito P. M.
surface des écailles dans de petices cupules arron¬
dies, auxquelles Us devaient être reliés par des
ligaments. Des odontodes similaires sont connus
sur les bords postérieurs des écailles des
Polyptéridae actuels et sur la surface externe des
écailles chez les individus jeunes de Lépisostéidae
actuels (Meunier 1995, comm. pers.) ainsi que
sur d’autres Actinopterygii primitifs (Schultze
1992, comm. pers.).
Espèce mise en synonymie avec V. comptoni
VincHfèrpunctatm 1985b
Vinctifer vSantos, 1976 : 788.
Vinctifer longirostris Brito, 1984 : 289 (nommé seule¬
ment).
Vinctiferpunctatus 1985b : 147, pl. 1, figs 1-3.
Holotyte. — DBAV-UERJ, PZ 20 a, b.
Distribution (localité et âge). — Formation
Muribeca, Crétacé inférieur, Aptien/Albien, Etat
d’Alagoas, Brésil.
Discussion
Despèce V. punctatus a été fondée par Santos
(1985b) pour un exemplaire unique donc le
rostre et la partie caudale du corps ne sont pas
conservés.
La diagnose présentée par cet auteur concerne :
1. Des caractères trouvés chez Tespèce-type du
genre tels que : orbite petite, située au milieu de
la longueur de la tête, sans le rostre ; opercule
occupant le quart de la longueur de la tête mesu¬
rée jusqu'au bout de ia mandibule ; mandibule
robuste, avec des dents minuscules disposées en
une série unique, simple ; origine des nageoires
pelviennes située au début du troisième tiers de
la région thoracico-abdominale : origine de la
nageoire dorsale au niveau de celle de Banale ;
écailles de la série centrale des flancs du corps
hautes (trois lois plus hautes que les écailles de la
série inférieure).
2- Des caractères mineurs : os de la tête ornés
essentiellement de petits tubercules dispersés ou
disposés sur la ligne de crois.sance des os ; les
écailles des trois séries principales des flancs éga¬
lement ornées de tubercules minuscules appa¬
remment disposés en rangs dans le sens de la
hauteur de Bécaille.
3. Un caractère non observé ( « rostre apparem¬
ment court »).
Remarques
Dans sa conclusion, Santos (1985b) con.sidère
que V. punctatiis est aisément reconnaissable à
romementaiion en petits tubercules des os de la
tête et des écailles de5 flancs du corps (Santos
1985b, pL l, fîg. 2). En raison des grandes varia¬
tions de rornementation des os dermiques et des
écailles de V. comptoni^ ce caractère ne me semble
pas déterminant.
Le rostre « apparemment court » décrit et figuré
par bamus (1985b, pl. l, fig. la et Fig. 25A du
présent travail) nest pas un caractère distinctif
puisque cette région nest pas conservée
(Fig. 25B). En l’absence d’autapomorphies, je
considère que V, pumratiis Santos,. 1985b est
synonyme de V. comptonù De plus, V. punctaîm
de la Formation Muribeca est associé à des
taxons caractéristiques du Crétacé inférieur du
Brésil et communs à tous les Bassins {Clüdocydus,
Dasùlbe, Clupéomorphes). La Formation
Riachoelo, du même Bassin de Sergipe-Alagoas, a
fourni une faune identique à celle du Bassin
d’Araripe (déjà citée par Santos 1985a), et elle est
apparemment très proche de celle de la
Formation Muribeca, voire identique. Il ne faut
donc pas s’étonner de la mise en synonymie de
V. punctatus et V, comptoni.
Autres espèces de Vinctifer
Vinctifer longirostris Szntosy 1990
Vinctifir longirostns 1972 : 33, nomen midum ;
1990 : 251,% l.pis 1, 2.
Vinctifer Viana, Brito et Silva-Telles, 1989 : 210,
fig. 4.
HolotyI'E. — Numéro 460-P DGM.
Distribution (localité et Age). — Formation
Marizal (Aptien) du bassin de Tucano, Etat de Bahia,
cc dans les argiles noires de ta partie inférieure de la
Formation Santana (Albien) du bassin d*Araripe.
Diagnose émendée. — Vinctifer de taille moyenne
atteignant une longueur d’environ 45 cm ; prcmaxil-
710
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Pmx
Fr-Pa-Dpt
Pmx
Fig. 25. — A, vue générale du corps de Vinctiferpunctatus (DBAV-UERJ, PZ 20a) figurée par Santos (1985b, pl. 1, fig. la) ; B, vue
générale du corps du même spécimen (DBAV-UERJ, PZ 20a) ; C. D, Vinctifer longirostris, vue générale de la tête (DGM-462-Pa, b).
Dsp, dentalosplénial ; Fr-Pa-Dpt, fronto-pariéto-dermoptérotique ; Mx, maxillaire ; Op, opercule ; Pdt, prédentaire ; Pmx, prémaxil¬
laire ; Po, postorbitaire ; Pop, préopercule ; So, supraorbitaire.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
71 1
Brito P. M.
laires très allongés, correspontlanr à la moitié de la
longueur totale du crâne ; predentaire allongé, deux
fois et demi plus long ouc haut, représentant un tiers
de la longueur du dcntalosplénial ; prcmaxillairc éden¬
té ; dents maxillaires et mandibulaircs fortes, celles du
prédentaire plus importantes que les autres ; os der¬
miques et écailles lisses.
Discussion
Tous les spécimens de cette espèce étant incom¬
plets, la description de ce taxon est essentielle¬
ment fondée sur des caractères crâniens.
V. longirostm se différencie des autres espèces de
Vinctifer par U présence : (1) d’un rostre très
allongé (Fig. 25D) ; (2) d'un grand prédentaire,
de longueur équivalente au tiers de celle de la
mandibule ; (3) de dents fortes et par les dents
du prédentairc, plus développées que celles des
autres os des mâchoires (Fig. 25C, D). L’exosque-
lette de la nageoire caudale nVst connu que sur
un spécimen. La nageoire, fourchue et équilobie,
est composée de vingt rayons principaux (les
deux marginaux compris). L'endosquelette n’est
pus connu. Alors que Santos (1990 : 252 et fi¬
gure du texte 1) signale la présence d’un supra-
maxillaire, je n'ai jamais observé de suture à
l’angle pustéro-.supérieur du maxillaire, isolant
un supramaxillaire. Comme chez V. coniptoni le
maxillaiie présente une plaque postérieure élevée
(autapomorphie du genre) correspondant au
maxillaire isolé figuré par Santos (cf. pl. 1, fig. 2
de son article) et à l’ensemble maxillaire plus
supramaxillaire indiqué par son dessin.
Rkmarques
Moody dfC Maisey (1994) ont signalé V. loTigiros-
tris dans les argiles noires de la partie inférieure
de la Formation Santana. Le spécimen figuré par
Viana et al. (1989 ; Fig. 26 du présent travail)
Fig. 26. — Vinctifer longirostris : vue générale du corps (DGM-1332-P). Dsp, dentalosplénial ; Hymd, hyomandibulaire ; Mx, maxil¬
laire ; Pmx, prémaxillaire.
712
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
sans détermination spécifique, est ici rapporté à
V. longirostris dont il présente les caractères du
prédentairc et de la dentition.
Vinctifer sweeti (Etheridge é-rWoodward, 1892)
Erheridge Woodward, 1892 : 1,
pi. 1, figs 1-7.
« Btlonostomus w sweeti Maisey, 1993 : 439. —
Moody 6c Maisey 1994 : 4.
Vinctifer sweeti l urner 1993 : abstract.
Holotype. — BMNH P-62533.
Distribution (locAEirt et âge). — Formation
Rolline Downs, Crétacé inférieur, Albien,
Queensland, Australie.
Remarques
L’espèce australienne, rapportée lors de sa créa¬
tion au genre Belonostomusy est aujourd’hui
considérée comme un Vinctifer (Barrholomaî
comm. pers. ; Turner 1993). Uérude de V. sweeti
est le sujet d’un travail en préparation mené par
le Dr. Alan Bartholomai du Queensland
Museoim en Australie, qui m’a aimablement four¬
ni les photographies présentées ici (Fig, 27).
Woodward (1895) a déjà- noté la grande similitu¬
de dans la forme et les proportions de l’espèce
australienne avec Vinctifer comptoni. Toutefois, il
Fig. 27. — Vinctifer sweBti spécimen Rb 7321-2 : A, toit
crânien ; B, ^ue ventrale du neurocrâne, d.j, dépression jugulai¬
re ; Fr-Pa-Dpl, fromo-parièto-dermoplérotique : Nerfs : V+VII+
v.jU4.ao, nerf trijumeau nerf facial 4 foramen pour la veine
jugulaire + foramen pour ('artère orbitaire , VII jugm. tronc jugu-
lohyomandibulaire du nerf facial ; IX, nerf glossopharyngien ;
X, nerf vague : Ors, orbitosphénoïde ; Psp, parasphénoïde ;
1ère vert., première vertèbre.
a admis la validité de Fespèce fondée uniquement
sur rornementation des écailles. J’ai examiné le
neurocrâne de V. sweeti (Brifo 1992, pl. 2, figs 4,
5), ainsi qu’une partie des os dermiques du crâne
et le suspensorium. A part scs plus grandes pro¬
portions. je nai trouvé aucune différence avec
V. comptoni et, à plus forte raison, aucune auta-
pomorphie permettant la séparation des espèces.
Vinctifer araripetisis 1994
Vinctifer longirostris Santos, 1972 : 34, figs 3, 4,
pis 1-3. nomen nudttm.
Holotype. — Numéro 811-P, DGM.
Distribution (localité et âge). — Formation
Sanrana (Albien) du bassin d’Araripe.
Discussion
Comme je n ai examiné aucun spécimen de cette
espèce, les commentaires suivant.s s’appuient sur
les seules données is.sues de la littérature. Dans sa
description de V. araripensisy Santos (1994)
indique comme caractères diagnostiques : (1)
petite taille (22 cm de longueur totale) ; (2) tête
d’environ un tiers de la longueur totale du
corps i (3) rostre fin et allongé, .se prolongeant
très en avant de la symphyse inandibulaire ; (4)
longueur du rostre une Ibis ce demie supérieure à
celle de la mandibule ; (5) predentaire deux Ibis
et demie plus petit que le dentaire ; (6) os du
crâne (à l’exception de la série operculaire et du
rostre) sans ornementation , (7) opercule avec
stries parallèles aux bords ; (8) rostre avec des
stries longitudinales ; (9) grandes dents, recti¬
lignes et pointue.s ; (10) dents du prémaxillaire
davantage développées ; (II) deux rangées
d’écailles hautes sur les flancs* celles de la rangée
inférieure correspondant au riers de la hauteur
des écailles de la rangée -supérieure ; (12) écailles
latérales du corps avec le bord postérieur sans
striation ; (13) ornementation des écailles consti¬
tuée de lignes concentriques avec une crête
médiane verticale dirigée vers le processus supé¬
rieur de l'articulation (.« peg^>).
On constate que :
1 , Les caractères 2, 3, 7 et 8 sont des caractères
génériques de Vinctifer.
2. Les caractères 11 et 12 semblent être d’impor-
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
713
Brico P. M.
tance mineure Les deux rangées d^écailles hautes
correspondent à la rangée de la ligne latérale
principale et à la rangée longitudinale qui lui est
immédiatement inférieure. Chex les autres
espèces du genre, comme rrès probahlemenr chez
V. araripemisy la rangée immédiatement supé¬
rieure est elle aussi élevée. Je con.sidère donc que
le caractère 11 est lui aussi propre à Vinctifer.
3. Les caractères 1, 4, 5. 6, 9, 10 et 13 justifient
la création du nouveau taxon. Deux d’entre eux,
les caractères 10 et 13 (présence de dents sur les
prémaxiUaires et présence d’une crête médiane
verticale dirigée vers le processus supérieur de
Larticulation), pourraient être des caractères
juvéniles. En effet, ils sont également connus
chez des individus jeunes de V. comptont attei¬
gnant 12 cm de longueur standard.
L’endosquelette de la nageoire caudale, présenté
par Santos. {op. r//.), .semble tràs proche de celui
de V. comptoni, la seule différence étant la présen¬
ce d’un cinquième hypural (Santos 1994, fig. 4).
Rb:MARQUl-
11 est difficile d’interpréter les figures de Santos
(1994) compte tenu des importantes retouches
faites sur les figures.
Autres restes attribues à Vinctifer
Taverne (1969) a décrit un Belonostomns .sp. pro¬
venant du Crétacé de Guinée Equatoriale. Ce
spécimen est connu uniquement par la région
postérieure du coips avec des nageoires dorsale,
1 cm
Fig. 28. — « Aspidorhynchus » sp. « 1 », BMNH BAS P1001, du
Jurassique d'Antarctique : partie médiane du tronc.
anale et caudale incomplètes. La disposition des
écaille.s du flanc (troi.s rangées longitudinales
d'écailles plus hautes que large.s, la rangée de la
ligne latérale principale beaucoup plus haute que
les deux autres) e.st du type rencontré chez
Belonostomns er Vinctifer. En accord av^ec Maisey
(1991), je pense qu’il s’agit bien d’un Vinctifer.
Pour les mêmes raisons, un spécimen, attribué à
Aspidorhyjichus sp. par Richtcr Thomson
(1989) et récolté dans les terrains jurassiques de
la Formation Nordenkjold, Antarctique
(Fig. 28), pourrait être un Vinctifer.
Des prédentaires et des écailles istilées. plus
hautes que larges, notamment celles de la ligne
latérale principale, ont été découverts dans la
Formation Missao Velha (? Ba/rémicn) de la
Chapada do Araripc (Brito et al. 1994) et attri¬
bués à Vinctifer sp.
Un ncurocrânc très ossifié, comparable à ceux de
V. coniptoni et de V. sweeti, a été découvert dans
le Campanien terminal de Patagonie (Brito en
prép.) et attribué a Vinctifer (Fig. 29A, B).
Ces découvertes prouvent Fexiscence du genre
Vinctifer prohablcmcnc dès le Jurassique
(Antarctique) et, en tout cas^ du Barrémien
(Brésil) au Campanien terminal (Patagonie).
Elle.s ont donct en plus de leur signification bio-
géographique> une importance stratigraphique
puisqu’elles éliminent définitivement l’utilisation
de Vinctifer comme fossile marqueur du passage
Aptien-Albien et infirment la validité de la bio-
zone à Vinctifer.
Données environnemen tales
( iiABiTAr et nutrjtion)
À l’exception de Vinctifer sp. provenant du
Barrémien de la Forrnation Missâo Velha, NE
Brésil (Brito et ni 1994), Vinctifer unique¬
ment connu de dépôts marins.
Tous le.5 Vinctifer isowx issus de localités gondwa-
niennes sauf le Vinctifer comptoni d\x Mexique.
Jusqu’au début des années 1980, Vinctifer été
considéré comme restreint au Crétacé inférieur
du NE du Brésil et plus récemment de l’Afrique
de rOuest- Santos (1991a, b) affirma l'existence
d^une série de connection.s marines, durant le
Crétacé inférieur, reliant les bassins du
Reconcavo-Tucano-Jatobâ, Sergipe-Magoas, les
bassins intérieurs (= Araripe) et Parnaiba, expli-
714
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
B X
1 cm
Fig. 29. — VincUter sp.. neurocrâne du Campanien lerminal de
Patagonie : A. vue anWiieuro B, vue latérale gauche (s/n").
Aspo, autosphénotique . Bvp, basisphénoïde ; fhm. fosse arti¬
culaire pour l'hyomandibulaire ..Nerfs : I, nerf olfactif ; 11, nerf
optique ; III, nerf moteur oculaire commun ; V-fVlUv.ju-fao. nerf
trijumeau nerf laclal * for«meii pour la veina jugulaire fora¬
men pour rarttre orbitaire ; X. nerf vague ;
Ors, orbitosphênoide ; Pts. ptèrosphènoîde.
quant ainsi la distribution de ce genre en relation
avec l’ouverture de l'Atlantique Sud. La partie la
plus méridionale de cet ensemble supposé marin
étant la plus ancienne.
Des objections à ce schéma biogéographique
peuvent être forrnulées pour des raisons stratigra-
phiques et/ou paléontologiques. Beurlen &
Mabesooue (I%9), suivis par Bcrthou (1990),
ont démontré le caractère marin du bassin
d’Araripe et sa connexion avec l’Atlantique Nord
par Touest, à travers le bassin du Parnaiba.
La découverte ultérieure de Vhicttfer au
Venezuela (Moody & Maisey 1994), en
Colombie (Schultze & Stôhr 1996) et au
Mexique offre un nouveau scénario dans lequel
une connexion marine a existé entre la Téthys et
les bassins intérieurs et marginaux du Brésil
durant TAptien et peut-être également TAlbien.
Cette hypothèse est confirmée par les données
fournies par les foraminilères suggérant un
échange des eaux superficielles entre le bassin du
Sergipe et la « Téthys centrale nord-Atlantique
(Koücsoukos 1992 ; Moody 6c Maisey 1994).
La présence de Vmetifer au Queensland (Australie)
constitue la première citation Pacifique de ce pois*
son. Cette donnée, complétée par la présence de
Vinctifir dans le Crétacé supérieur d’Argentine,
confirme l’idée de Moody éc Maisey (1994) en
suppo.sant une di.stribuiion étendue tout autour
des limites du continent gondwanien.
Les dents de Vinctifer sont minuscules et dispo¬
sées sur une seule rangée. Maisey (1994) consi¬
dère Vinctifer comme un organisme filtreur se
nourrissant de plancton. Cette interprétation est
fondée sur les comparaisons avec les Actino-
pterygii modernes, tels que Polyodon, qui,
comme Vinctifer-y présentent des prémaxillaires et
des maxillaires peu mobiles, une denture réduite,
un .système de fentes branchiales bien développé
et dont les différentes régions de la bouche ne
sont pas proiraciiics. Wilby 6c Marrill (1992) ont
signalé la présence d'un poisson désarriciilé dans
la région viscérale d’un Vinctifer. Le contenu sto¬
macal de Pun des spécimens que j’ai observé
comportait des restes d’un ou de plusieurs petits
poissons désarticulés (essentiellement os der¬
miques, vertèbres et écailles d'un petit téléostéen
indéterminé). Ceci confirme l’observation de
Wilby & Martin et indique un régime piscivore
comme celui des autres membres de la famille.
Famille ASPIDORHYNCHIDAE
Nicholson cr Lydckker, 1889
Aspidorhynchus 1833
TîavBlainville» 1818 : 332.
AspidoriTynihus Agissiz, 1833 : 14.
Agassiz, 1844 : 122 (nommé seulement).
Phalidopho7'Uî 1871 ; 180.
Belonostornus (^) Phillips, 1871 : fig. 3.
EspËCE-TYTE, —Blainville, 1818.
Espèces INCEUSES, *— Aspidorhynchus acutirostris
(espèce-type). A, euodusy A. ftsheriy A- ernssus^ A. sphe~
koaesyA. iinMrctiçH5t:tAspuwrhynch'Ussp. « 1 ».
Diagnose êmendée. — Aspidorhynchidae caractérisé
par les dents bien développées sur les prémaxillaîres ;
un supramaxillaire présent ; le maxillaire effilé avec
GEODIVERSITAS * 1997 • 19(4)
715
Brito P. M.
une expansion lamellaire émise par le bord dorsal : les
os du neurocràne non fusionnés ; Je parasphénoïde
denré ; le lobe inférieur de la nageoire caudale plus
long que le supérieur ; les etntres uraux 1 et 2 inaivi-
dualisés ; les hypuraux 1 et 1 indépendants, appendus
chacun à un centre vertébi*îtl ; les écailles de la ligne
latérale principale de même dimension que celles des
rangées immédiatement supérieure et inférieure ;
l’absence de ganoïne sur les écailles.
Introduction
Le genre Aslfidorhynt'hns fait partie des plus
anciens poissons fossiles décrits, puisqu il a été
figuré par Knorr (1775, pl- XXIIL XXIV). Ce
genre, connu dans les couches datées du Barho-
nien jusquau Tichonien d’Europe, de Cuba et
d’Antarctique, a été égalemenr signalé dans le
Crétacé inférieur d'Australie (Erheridge 1872),
bien que cette indication, sans desicription ni figu¬
ration, nécessite d'èrre confirmée. Le genre
Aspidorhymhus fin créé par Agassiz (183.3) pour
désigner le poisson du Tithonien de Soinhofen en
Bavière, décrit précédemment comme Esox acuti-
rostris par Blainville (1818) et Kruger (1823). Les
Aspidorhynt'fms de Sotnhofen ont déjà fait robjet
de nombreu.ses études et ont été signalés à diverses
reprises avec diftérents noms d’espèce ; A. longnsi^
mus par Munster (1842) ; A. speciosus par Agassiz
(1844a) ; A. mandibularis par Agassiz (1844b) et
par Wagner (1863) ; A. ormtissimMs par Agassiz
(1842-1844) et par Winkler (1871) ou confondus
avec une espèce du genre Bvlonostomus^ B. microce-
phalus Winkler (1861). Egerton (1845) a décrit
A. eodus du Callovien de Grande-Bretagne. Puis,
deux autres espèces furent signalées en Angleterre :
A.fisheri Egerton (1854) du Putbeckien etzL cras^
sus Woodward (1890b) du Bathonien, donc le
plus ancien Aspidorhyncliidac. Par la suite,
Sauvage (1893) décrivit A. sphekodes du
Kimméridgien de FAin, France. Une bonne mise
au point des connaissances acquises au XDC .siècle
peut être consultée dans le Catalogue of Fossil
Fishes de Woodward (1895).
En 1906, Assmann a efieccué une révision anato¬
mique de A. acutirostris de Soinhofen ; la même
année, Heineke (1906) signale la présence de
cette espèce dans les calcaires de Nüspiingen,
Allemagne. Quelques années plus tard,
Woodward (1916) a révisé les Aspidorhynchidae
du Wealdien et du Purbeckien anglais. Dans le
même travail il décrit le neurocrane d^un poisson
considéré par lui comme un Aspidovhynchus sp.,
spécimen qui sera postérieurement étudié par
Rayner (1948). Patterson (1975) a démontré
qu’il .s’agissait d’un Caturidae. Whire (1942) a
signalé la présence Aspidorlrynchus à Cuba. Ce
matériel sera di.scuté plus loin. Saint-Seine
(1949) a démontré à Cerin la présence
à'Aspidorhynchus acutirostris et de Belonostomus
tcuuirostris en les comparant avec les faunes de
Soinhofen. Schultze (1966) a décrit l’histologie
des écailles à'Aspidorhynchus et de Belonostomus
et a signalé l’absence de ganoïne chez le premier.
Richrer & Thomson (19S9) ont décrit deux
Aspidorhynchidae de l'îlc James Ross en
Antarctique. Le premiev, Uii spécimen incomplet,
a été désigné comme Fholocype àlA. antarcticus^
en se fondant es.sendellement sur la forme et
Fhi.siologie des écailles. Le .second a été rapporté
à Aspidorhynchs sp. d’après riiistologic des écailles
(absence de ganoïne) .
Aspidorhynchus acutirostris (Blainville, 1818)
Figuré seulement, Knorr 1775 ; 38, pis XXIIJ, XXIV.
£îü.v dt'Kmwmïf Blainville, 1818 : 332.
Aspidorhyndnis acutirostris 1833 : 478 ; 1844 :
136. p[. Xl.Vi. - Wagner 1863 : 680.— Verter 1881 :
83. — W(îodw.ird 1895 : 4Pl. fig. 42.
Aspidorhym hus hngssinnu Müii.siei, 1842 : 44.
Aspjdorhymims speemus 1844 : 137, pl. XLV.
ÂspUiorhvoihus Agassiz, 1842-1844 : 138,
pl. XLVil. - Wirtklcf 1871 : 183, figs 11. 12.
Aspidorhynchtes mandibîilarh Agassiz, 1844 : 138. -
Wàgncr‘l863: 684.
Belonostomus mkrocephalus Winkler, 1861 : 26, fig. 4.
Aspidorhynchus Rcis 1887 : 151, pl. l, fîgs 1-3, 6, 7 ;
pl. II, figs \A, 7.
MoiüTyPB. — As.V.509a, b. NR.
FüR.MATION et LOCALfTÉ-TYrE. — Tithonien de
Soinhofen, Bavière, Allemagne.
DiSlKIBUTlON (LOCALnÉ EJ Ace). — Calcaires litho¬
graphiques de l’Ain, France (Kimméridgien supé¬
rieur), de Soinhofen (Tithoniem de Bavière) er de
Nüspiingen.
4. À l'ongine, le lerrne correciement uiiiisé pour le siraiorype est
le Ponlandien (Grande-Bretagne), mais ce stratotype, incom¬
plet. entraîne de grandes difficultés d’interprétation avec les ter¬
rains d'Allemagne et de France. Le terme de Tlthonique »
employé par les Allemands sera remplacé par celui de
« Tithonien », actuellement en cours de validation par le UISG.
716
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : oscéologie et relations phylogénétiques
Fig. 30. — Aspidorhynchus acutirostris : A. reconstitution du corps d’après le spécimen FMNH-UC2033 ; B, vue générale du corps
(MNHN R-350b).
Diagnose I^.MENDËE, — Aspidôrfyynchus de grandes
dimensions» atteignant une fongueur d’environ 1 m ;
hauteur maximum du corps, au niveau de l’opercule,
correspondant à environ un huitième de Ja longueur
standard ; prèmaxillaires correspondant approximatif
vcmenc au quart de la longueur totale du crâne ; pré-
dentaire, cinq fois plus long que haut, représentant le
quart de la longueur du dentalosplénia] ; dents du
maxillaire petites ; lobe inférieur de la nageoire cauda¬
le de 5 à 15 % plus allongé que le lobe supérieur ;
ornementation des os dermiques et des écailles discrè¬
te, formée de stries chez les Individus adultes.
Mensurations. — Les mensurations prises sur le
spécimen le plus complet d'A. acutirostris sont indi¬
quées dans le tableau de la figure 5.
Gf.NËRAlITÉS
Aspidorhynchus acutironris (Fig. 30) est le plus
grand représentant de la famille des Aspidorhyn¬
chidae. Le rostre est relativement court par rap¬
port à ceux de Vinctifer ou de Belonostornus. Il
atteint une longueur totale équivalant au quart
de la longueur de la tête. Cette dernière représen¬
te. elle-même» environ un quart de la longueur
du poisson mesurée depuis l'èxacmité du rostre
jusqu à la nageoire caudale.
Les écailles de la ligne latérale ont une taille iden¬
tique à celles des rangées immédiatement supé¬
rieure er inférieure, l,es écailles sont disposées
selon approximativement soixante-dix rangées
transversales depuis le bord postérieur du supra-
cleithrum jusqu'à l’origine de la caudale. La
nageoire pelvienne s’insère au niveau de la trente
et unième rangée transversale d’écailles, la
nageoire anale correspond à la quarante-neuvième
rangée et la nageoire dorsale à la cinquante-
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
717
Brito P. M.
deuxième rangée. La formule ptérygienne est la
suivante :
52
_70
31 49 64
Le lobe inférieur de la nageoire caudale est de 5 à
15 % plus long que le lobe supérieur.
Description
A. acutirostris a fait Tobjet de nombreux travaux
(Reis 1887 ; Zittel 1887 ; Woodward 1895 ;
Assmann 1906). Pour cette raison, la présente des-
criprion se concentre sur les différences d'interpré¬
tation entre ces aureujs. Elle est comparative afin
de préciser les caractères autapomorphes du genre
et de l’espèce, afin également de discuter les carac¬
tères partagés au minimum avec un autre taxon
appartenant à la même famille.
DEScRirrioN du squelette crânien
Os du toit crânieft
Le crâne d’>l. acuttwstris présente la même dispo¬
sition et les mêmes variations que chez les autres
Aspidorhjmchidae.
Assmann (1906, fig. 5) a discuté et présenté une
reconstitution du toit crânien à'A. acutirostris,
bien que les sutures du spécimen étudié soient
difficilement discernables. Il a admis la présence
d’un rostral, d’une paire de frontaux, d’un parié¬
tal impair, et d'une paire d’« occipii^lia superio-
ra ». Le moulage du spécimen (n“ ASI1242,
Bayerisclie Staatssammlung fur Palaeontologîe
und historLsche Géologie, Munich) et la majorité
des spécimens que j’ai observés révèlent que la
disposition la plus fréquente dM. iX^utirostiis est
identique à celle de V. compwrü, avec en particu¬
lier une paire d’extrascapulaires et une paire de
post-temporaux (respectivement « pariétal
impair » et « occipltalia superiora » de Assmann).
Prémaxillaires. Ils se présentent sous forme des
tubes rostraux. un peu plus petits que chez
Vinctifer et munis de dents bien développées sur
presque Coure leur longueur.
Je n’ai jamais observé le petit os appelé « pré¬
maxillaire » par Assmann (1906) et placé latérale¬
ment à la base du rostre. Maisey (1991) a noté
l’absence de prémaxillaire libre chez A. acutiros-
tris et B, leniarostris et suggéré l’éventuelle fusion
de cet os avec le rostre, formé lui-même par le
rostral, les dermoethmoïdes latéraux et le vomer.
Il signale, en effet, la présence de dents sur le
rostre qui pourraient impliquer l’existence d’un
composant prémaxillaire, tout en envisageant
que ces dents soient portées pai le vomer ou les
dermoethmoïdes latéraux. Que le prémaxillaire
soit libre (Assmann 1906), fusionné au rostre
(Maisey 1991 ; Lambers 1991) ou éventuelle¬
ment absent (possibilité envisagée par Maisey), sa
parriciparion à la formation du rostre était acces¬
soire selon tous ces auteurs. Pour moi, chez
Aspidorhynchus comme chez Vinctifer, le rostre
est es.sentiellement formé par les prémaxillaires,
le rostral étant court et indépendant.
Os de la joue
La série des infraorbitaux (lo, Fig. 31) comprend
cinq os, le premier (lo 1) et le dernier (lo 5)
étant les plus allongés comme chez Vinctifer.
L’infraorbitaire antérieur (lo 1) entre en contact
ventralement avec l’expansion lamellaire du
maxillaire qui est située à mi-longueur de l’os et
s’accole au nasal antéro-dorsalement. La partie
postéro-inférieure de l’os et le second infraorbi-
taire (lo 2) doublent le bord dorsal de l’entopté-
rygüïde. Les infraorbitaux 3, 4 et 5 recouvrent,
comme chez les auttes Aspidorhynclùdae, le bord
antérieur des postorbitaux.
Les os dfcumorbitaires sont complété.s au-dessus
de rorbite par un supraorbital et un dermosphé-
notique dont U forme et l’extension sont compa¬
rables à celles de V. compttmi.
Il existe deux grands postorbitaux recouvrant le
bord antérieur du préopercule.
Reis (1887): Zittel (1887) et Woodward (1895)
orn indiqué l’existence d'un os supplémentaire,
de forme triangulaire, situé entre le postorbitaire
supérieur et le préopercule (l’os X de Reis 1887).
Woodward (1918) n admet pas son existence,
estimant qu’il .s’agit d’une cassure et non d’une
suture. J’ai observé que la branche verticale du
préopercule était toujours exposée à l’extérieur,
ce qui donne raison à Woodwârd.
Le dermosphenotique (Fig. 31) atteint le pré-
operculc vers l’arrière, contrairement à l’opinion
de Maisey (1991).
Le rameau horizontal du préopercule semble plus
718
GEODIVERSITAS ■ 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
F»G. 31. — Aspfdorhynchus âcutirostns : roconMituhon du crâne
d'après MNHN R*350b, Ang, afflulâlr#? . CI. dêittirum ;
Dsp. dentalosplènf.11 ; Dsph. dermosphénotiquc : Exsc. extra¬
scapulaire Fr-po-Opt. -fronlO'portôto-dcrmQptèrotique ;
lo, infraorbitaireMx, iriaxillaire . Na. tmal , Op. opercule :
Pdl. prédentaire ; Pmx, prômaxiila<re : Po, poslorbilaire ;
Pop. préopercula : Posl. post temporal ; Ro. rostral ;
S.clt, supraclelîhrum ; Smx, supramaxHlaire ; So, supraorbi*
taire ; Soc. supraoccipital.
court que chez Vinctifer. Contrairement h
V. comptoniy le canal preoperculaire envoie des
canalicules relativement peu nombreux et simples.
Série operculaire
Uopercule et le sous-opercule se rapprochent
beaucoup de ce qui a été décrit chez Vinctifer
comptoni.
Mâchoire supérieure
Maxillaire (Mx), (Figs 31? 32) Plus court que la
mandibule, il a une hauteur constante, exception
faite d’une expansion lamellaire arrondie émise
par le bord dorsal de Tos à mi-longueur. En
coupe transversale, Fos est comprimé latérale¬
ment dans sa partie postérieure et dofso-ventrale-
menr dans son tiers antérieur. Le bord oral est
muni d’une rangée de petites dents de mêmes
dimensions.
Supramaxillaire (Smx). (Fig. 31) Unique, il est
ovale, sa longueur correspond au quart de celle
du maxillaire ; il est situé au-dessus de l'angle
postéro-supérieur du maxillaire. Chez
Aspidorhynchus et Belonostomus, Fos con.sidéré
comme un supramaxillaire ne se trouve pas dans
la même disposition que chez les autres
Actinopterygii. Je le considérerai donc comme
étant homologue au supramaxillaire A^Atnia et
des Teleostei, d’autant plus que cette homologie
reste à prouver.
La mâchoire supérieure se distingue donc de celle
de Vinctifer par l’absence de grande plaque posté-
Fig. 32. — Aspidorhynchus acutirosths ; reconstitution du maxil¬
laire.
rieure au maxillaire et par la présence d’un supra-
maxillairc.
Mâchoire inférieure
Le prédentaire (Fig. 31), comme chez Vinctifer
çomptoniy est beaucoup plus court que les pré¬
maxillaires. 11 est cinq fois plus long que haut et
sa longueur est égale au quart de celle du dentalo-
splénial. Il est triangulaire et uni au reste de la
mandibule par une suture verticale. Les bords
oraux du prédentaire sont munis d'une rangée de
dents de grandes dimensions alternant avec des
dents plus petites. Le dentalo^sp^én!al est bas au
niveau de la symphyse, il .s’accroît vers l’arrière
pour former le processus coronoïde, peu marqué
mais plus développé que celui de Vinctifer comp-
toni. Les dents sont toutes de mêmes dimensions,
grandes, bien que légèrement plus petites que
celles du prédentaire. L'angulaire est réduit, il est
semblable h celui de K comptoni. Je nai pas dis¬
tingué d’os susangulaire comme Assmann
(1906). L'articulaire est en forme de cheville et
forme avec l’angulaire la fossette d’articulation
pour le carré. Contrairement à Vinctifer
comptoni, le rétroarticulairc n a pu être observé et
semble être fusionné à Farticulaire.
Omernenlalion
Uornementation de la surface des os crâniens est
beaucoup plus discrète que chez Vinctifer, bien
que des .stries puissent être présentes notamment
chez les plus grands individus.
Denture
On distingue deux sortes de dents : les grosses
dents, alternant avec des dents de petites dimen¬
sions et visibles sur le bord oral du dcntalosplé-
nial, du prédentaire et du prémaxillaire et les
dents plus faibles, de même dimension et dispo¬
sées sur les maxillaires, le vomer et les palatins.
\ VU (lIM WlWÎ (/'(iWitilf
1 cm
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
719
Brito P. M.
Ce type de denture se retrouve chez les autres
espèces A'Aspidorhynchm et chez Belonostornus
(exception bite de B. helgolamUcus). 11 est très
difFérenr de celui de Vinctifvr dont les dents sont
toutes semblables et très faibles, y compris celles
du dentalosplénial.
Stispemorium et arc hyoïde
Le carré, triangulaire et dépourvu de processus
postero-ATntral, est caractérise par un épaississe¬
ment de son bord postérieur contre lequel
s’appuie le symplectique. L’extrémité distale de ce
dernier n atteint pas la mandibule, seul Je carré
assure l’articulation quadrato-mandibulaire.
Cette disposition, trouvée également chez
Belonostornus^ est dilLércnte de celle de Vimtifer
(double aniculacion).
Je n ai pas obse-tvé l’autopalatin. L’ectopiérygoïde
est moins trapu que celui de Vinctifer^ il com¬
prend une branche antérieure et une branche
postérieure un peu plus courte qui recouvre
Tentoptérygoïde et est recouverte partiellement
par le carre. Le métaptery^goïde est très semblable
à celui de Vhiciifer. Contrairement à ce dernier,
l’entoptérygoïdc est entièrement couvert de dents
minuscules comnie celles de l'ectoptérygoïde.
Lhyomandibulaire est trapu, moins haut que
celui de V. camptoni, et présente une lamelle
antérieure très développée, presque aussi large
que le corps de l’os. Le cératohyal proximal, le
cératohyal distal et Thypohya) sont comparables à
ceux de Vinctifer. Linterhyal na pas été observé.
On peur compter treize rayons branchiostèges,
semblables à ceux de Vinctifer,
Neurocrâne
Le modèle d’ossification neurocranien (Fig. 33)
est identique a celui décrit chez Vinctifer et
Belonostornus (Brito 1992). Les. différence.s
concernent le degré d’ossification. Chez A. amti-
rostris, comme chez YAspidorhynchus arawaki du
Jurassique de Cuba, les os de l’enducrâne ne sont
jamais fusionné.s, même chez les individus de
grande taille (BMNH P.972b, P.37777).
Le parasphénoïde (Fig. 33) est fin, fragile, il a
une section transversale en forme de « T » en
arrière de la région ethmoïdienne. Vers favant,
au-delà de la région ethmoïdienne, fos, fourchu,
est aplati dorso-ventralement. Comme chez
Hymd Psp
Fig. 33. — Aspidorhynchus acutirostris spécimen BMNH
972-P : vue générale du neurocrâne. Ch1, cératohyal proximal :
Ch2. cératohyal distal ; Eept, ectoptérygoïde ; Hymd. hyoman-
dibulaire : Pmx. prémaxillaire ; Psp. parasphénoïde.
V. cornptoni îl porte une seule paire de processus
ascendants avec, à mi-longueur de chacun, un
foramen pour l'artère pseudo-branchiale efFêien-
le. Contrairement au parasphénoïde de V. comp-
tonij. celui de A. acutiroiris présente une plage
dentée au niveau du processus a.scendant.
je ifai pas observé le vomer, mai.s Assniann
(1906) l’a décrit chez une espèce « proche » du
Lias*’. Il s'agir d’un vomer impair, en forme de
baguette très fine et fragile, mesurant 12 mm de
longueur et présentant un grand nombre de
dents. Chez fespèce ^Aspidarhynebus du
Jurassique de Cuba que j’ai examinée (Fig. 34), le
vomer est massif trois fois plus long que large,
arrondi vers l'avant. Il est garni de nombreuses
dents minuscules et présente latéralement un
bord déprimé net correspondant aux zones
recouvertes par les extrémités du parasphénoïde.
Stjuelctte post-crânien
Nageoires paires
La ceinture scapulaire est identique à celle de
cornptoni. Les nageoires pectorales, bien déve¬
loppées, comprennent dix lépidotriches donc le
premier esc dichotomisé dans sa région distale et
les suivants segmentés quatre fois longitudinale¬
ment, Les pelviennes sont plus grandes que celles
5. Le vomer semble bien appartenir â un A. acutirostris. Un
doute subsiste quant à l'exactitude de l'âge du spécimen en
question.
720
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Op Pop Smx Mx Vom Dsp Pdt
Fig. 34. — Aspidorhynchus arawaki n.sp. n'^ USNM-018648. holotype du Jurassique de Cuba : crâne et partie antérieure du corps.
Bsp, basisphénoïde ; Dsp, dentalosplènial ; Fr, frontal ; Hymd ; hyomandlbulaire ; Mx, maxillaire : Op, opercule ; Pdt, prédentaire ;
Pmx, prémaxillaire , Pop. préopercule ; Psp, parasphénoïde ; Pts. ptérosphénoïde ; Ro, rosirai ; Smx, supramaxillaire ;
Vom, vomer.
de V. comptoni. Elles comptent neuf lépido-
triches. Les nageoires pectorales et pelviennes
sont garnies de nombreux petits fulcres.
Nageoires impaires
Iriangulaixes, elles sont placées très en arrière du
corps.
La nageoire dorsale est composée de quinze lépi-
dütriches dont les deux premiers ne sont pas
bifurqués. La nageoire anale compte seize lépido-
triches ; comme chez Vinclifer, la longueur maxi¬
male de la nageoire est atteinte par le cinquième
lépidotriche.
A cause de la conser\'’ation imparfaite de l’endo-
squelette, les éléments endochondraux du sque¬
lette des nageoires dorsale et anale sont très
difficiles à mettre en évidence. Les axonostes sont
allongés mais, contrairement à Vinctifer, n attei¬
gnent pas les centres vertébraux.
Nageoire caudale
Le lobe inférieur est de 5 % à 15 % plus long
que le supérieur (Richrer &c Thomson 1989). Ce
dernier est composé d’avanr en arrière de trois
rayons courts et non segmentés, de quatre rayons
segmentés transversalement, le quatrième attei¬
gnant la longueur maximale, et de huit ou neuf
rayons segmentés et dichotomes. Le lobe infé¬
rieur comprend environ quatre rayons non seg¬
mentés, quatre ou cinq rayons segmentés
transversalement, le quatrième ou le cinquième
atteignant la longueur maximale et neuf à onze
rayons segmentés et dichotomes. Ces observa¬
tions confirment celles de Richter fic Thomson
(1989) qui ont admis une variation de dix-neuf à
vingt-et-un du nombre des y< rayons principaux
de IVspèce de Solnhofen.
De nombreux spécimens liront pas de centres
uraux, parfois même de centres préuraux, ossi¬
fiés. Les quatre éléments préuraux (Eig. 35A, B)
sont des arcs neuraux et des épines neurales com¬
plètes et des arcs hémaux et des épines hémales a
peine modifiées par rapport à celles qui les précè¬
dent.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
721
Brico P. M.
Éléments uraux. Il y a deux centres uraux
(Fig. 35A, B). La flexion dorsale du rachis esc
nette à partir du premier (Ul) au-dessus duquel
je n’ai pas vu d'arc neural, mais cela peut être une
question de conservation. Contrairement à
Vinctifer, les centres uraux 1 et 2 ne sont pas
fusionnés.
Fig. 35. — Aspidorhynchus acutfrostris, A. endosqueletîe caudal
{FMNH 25074) . B. reconstitution simplifiée do l’endosquelette
de la nageoire caudale d’après les spécimens FMNH 25074 et
FMNH 25304 ; C. endosqueletîe caudal (FMNH 25304).
H, hypural ; PU, vertèbre préurale ; U, vertèbre urale ; Un, uro-
neural.
Les hypuraux (Fig. 33A-C) sont au minimum au
nombre de quatre, les deux premiers étant infra-
diastémiques. Lhypur.il 1, triangulaire, est élargi,
les suivants diminuent régulièrement de lon¬
gueur et de largeur. La présence d'un éventuel
hypural 5 est possible mais non prouvée, Félé-
ment ainsi intetpréte étant à la fois discret et
recouvert par la base des rayons dermiques. Les
deux premiers hypuraux sont indépendants Lun
de l'autre, y compris dans leur région proximale.
Contrairement à Vini^ifer où ils sont fusionnés et,
lorsque les centres vertébraux sont ossifiés,
appendus à un centre unique (= Ul + U2).
Uroneuraux. Trois paires d'uroneuraux sont pré¬
sentes (Fig. 33A- C). Luroneural 1 (Uni) atteint
le premier centre pféural (FUI), le deuxième
(Un2), de même dimension, ne dépasse pas le
bord postérieur du premier centre préural. Le
troisième est cassé vers l'avant.
Arratia &c Lambers (1996) ont figuré le complexe
caudal d'Aypfdorhyrtchus sp. Ces auteurs ont
décrit, chez les Fachycormidae, des « uroneu-
raux » impairs et médians correspondant à une
épine neurale complète -r un arc incomplet d’une
vertèbre préurale ou urale. l,es guillemets indi¬
quent qu’ils ne sont pas les homologues des uro¬
neuraux des leleostei ; cette hypothèse ne
pourrait être confirmée que par l'ontogénie.
Arratia 6c Lambers (1996) ont appliqué cette
interprétation aux Aspidoihyncliidac en rcinter-
piéiant Fillustration de la nageoire de V. coynpto-
ni présentée par Maisey (1991). F.n outre, pour
ces auteurs, le parhypural serair fusionné aux
hypuraux 1 et 2, l’arc et l épine neurale du centre
ural 1 [sensu Maisey 1991) seraient alors ceux du
centre préural 1.
Mes observations sur la disposition des éléments
caudaux à'A. acutirostris montrent que celle-ci est
très semblable à celle de Vincüfir, l’unique diffé¬
rence étant la non-fusion des hypuraux I et 2 et
leur attachement à deux centres uraux indépen¬
dants. Mon interprétation diffère donc de celle
d’Arraria & Lambers (op. dr.) par la présence
d'uroneuraux pairs comparables aux uroneuraux
des Teleostei (Patterson 1968, 1973 ; Arratia
1991). Elle est proche de l’intetprétacion de
Vlaisey dont elle ne diffère que par l’aspect de la
région proximale des hypuraux 1 et 2. Je nai pas
observé d’arc neural et d’épine neurale complète
722
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologîe et relations phylogénétiques
au-dessus du centre ural 1 chez Aspidorhynchus^
structure qui existe chez les autres genres. 11 peut
s’agir là d’une question de fossilisation.
Ecailles
Les écailles sont de type « ganoïde », très épaisses,
et montrent bien l’articulation « pegand socket ».
Les écailles du flanc du corps sont formées de
trois rangées de mêmes dimensions- Elles sont
ornées de tubercules et/ou de rides suivant les
spécimens. Dorsalcmenij par rapport aux écailles
du flanc, on trouve deux rangées de petites
écailles ornées de tubercules er l’écaille feîtière
portant des stries parallèles longitudinales serrées.
Plus ventralement on compte cinq ou six rangées
de petites écailles rectangulaires er lisses, iden¬
tiques à celles de VhKtifer.
Microstructure des écailles. En microscopie
électronique à balayage, la surface externe des
écailles diffère de celle de Vinctifer par l'absence
de petits tubercules de ganoïne Schulrze (1966,
fîg. 46d) a observé que les écailles à'Aspidorhyn-
chus sont dépouAmes de ganoïne et sont formées
d’une plaque basale constituée d os cellulaire et
traversée par de nombreux canalicules de
Williamson. Sur les écaille.s de la ligne latérale
principale d’un individu juvénile, j’ai observé la
présence d’une fine couche superficielle très sem¬
blable à de la ganoïne (Fig. 36). Il en ressort que
la présence de ganoïne sur les écailles d’individus
jeunes et sur les os dermique.s à'Âspidorhynchus
rend difficile Tutilisation de ce caractère pour la
systématique.
pb g
Fig. 36. — Aspidorhynchus acutirostris : lame mince d’une
écaille en lumière naturelle. c.W, canal de Williamson ; g, ga¬
noïne ; pb, plaque basale osseuse.
Autres espèces d" Aspidorhynchus
Aspidorhynchus euodus Egerton, 1845
Aspidorhynchns euodus Lgenon, 1845 : 431.
Hoeotyfe. — BMNH. P-40518.
FOKMAI ION KT I.OCAI.ITÉ-TYPE. — Callovien de
Christian Melford. Wiltshire et de Peterborough,
Cambridgeshire, Angleterre.
DiacîNOSE Emf.NOÈE. — Aspidorhynchus de nïaycnncs
dimensions, atteignant une longueur d’environ
40 cm ; prémaxillaires correspondant environ au tiers
de la longueur totale du crâne ; dents du maxillaire
grandes ; prédentairc trois fois plus long que haut ;
une grande dent médiane à la partie postérieure du
prédentaire ; os du crâne et écailles ornementés de
petites rugosités.
Description
A. euodus (Fig. 37) est une espèce dont la nageoire
caudale reste inconnue.
Le rostre représente un tiers de la longueur tncaie
du crâne ; le prédenraire est allongé, sa longueur
étant égale à trois fois sa hauteur maximale. Cet
os présente une grande dent médiane localisée à
sa partie postérieure. Les os crâniens sont ornes
de granulations et de rugosités. Les écailles pré¬
sentent une forte rugosité (Richter & Thomson
1989).
Les différences significatives vis-à-vis des autres
espèces du genre sont : (1) la présence d’une
grande denr médiane localisée dans la partie pos¬
térieure du prédetitaine, ne différant de celle de
l’espèce du Jurassique de Cuba que par sa taille
plus importante ; (2) les grandes dimensions des
dents du maxillaire ; (3) rornementarion des
écailles.
Aspidorhynchus fisheri Egerton, 1854
Aspidorhynchus fisheri Egerton, 1854 i 434, pl. VI.
HolOTYPE. — Dorchester Muséum.
ForMA I ION et LOCALriÉ-T\TE. — Kimméridgien de
Swanage, Dor.sct.shire, Angleterre.
Dlagnose ÉMENDÉE. — Aspidorhynchus de moyennes
dimensions, atteignant une longueur d’environ
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
723
Brito P. M.
Fig. 37. — Aspidorhynchus euodus BMNH 40518-P : crâne et partie antérieure du corps. Fr-Pa-Dpt, fronto-pariéto-dermoptéro-
tique ; Op. opercule ; Pmx. prémaxiliaire ; Pop, préopercule ; Qu, carré.
40 cm ; hauteur maximum du corps, au niveau de
l’opercule, correspondant à environ un septième de la
longueur standard ; prémaxillaires correspondant
environ au tiers de la longueur totale du crâne ; dents
du maxillaire petites ; prédentaire petit, aussi long que
haut, représentant un septième de la longueur du dcn-
talosplénial ; os dermiques ornés de tubercules minus¬
cules ; écailles ornées de stries perpendiculaires au
bord postérieur.
Description
Cette espèce différé de Tespèce-type par la forme
plus allongée de .son corps et ses dimensions infé¬
rieures. Le ro.stre (= prémaxiliaire, Fig. 38) repré¬
sente environ le tiers de la longueur du crâne. Le
prédentaire, de très petites dimensions, aussi long
que haut, représente un septième de la longueur
du denralosplénial.
La formule ptérygienne est la suivante :
50
34 47 63
Les écailles du flanc sont ornées de stries déve¬
loppées sur le bord postérieur (Woodward 1895 ;
Richeer & Thomson 1989).
Remarque
L'espèce a fait l’objet d’une excellente redescrip-
tion par Woodward (1918) sur laquelle il nest
pas nécessaire de revenir, exception faite de
l'interprétation du toit crânien. Woodward esti¬
me que ce dernier est compose d’un rostral
impair, d’une paire de grands frontaux, d’une
paire de pariétaux, petits et larges, parcourus pos-
Fig. 38. — Aspidorhynchus fisheri BMNH 28621-P ; crâne et partie antérieure du corps. Cl, cieithrum ; Dsp, dentalosplénial ;
Fr-Pa-Dpt. fronto-pariéto-dermoptérotique ; Mx. maxillaire : Op, opercule ; Pdt, prédentaire : Pmx, prémaxillaire ; Po, postorbitaire ;
Pop, préopercule ; Smx, supramaxillaire.
724
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
térieuremenr par le « canal transversal » et suivis
d’une masse osseuse écrasée représentant proba¬
blement les épiotiques fusionnés. Je pense plutôt
que, comme chez les autres Aspidorhynchidae, le
spécimen en question présente des fronto-pariéto-
dermopcérotiques, suivis d'une paire d’cxtrasca-
pulaires traversés par la commissure supra-
remporale, et d'une paire de post-temporaux,
mal conservés. L'ensemble du crâne est ainsi
comparable â celui d’yl. acutirostris,
Aspidorhynchus crasstis Woodward, 1890b
Sauropsis mordax 1844 : 122 (nommé seule¬
ment).
Pholidophorus minar'^ VW\\\\ps^ 1871 : 180.
Belonostomitsflcxuoiis Phillips, 1871 : fig. 3.
Aspidorhyncbtis Woodward, 1888 ; 355.
Aspidorhynchus cnissus Woodward, 1890b : 295.
S^-NTYPES, — BMNH. P-39199 et P-39200 ; P-877a,
b ; P-4274 ; P-8594 : P-3720a-f ; P-11095 ;
P-11184 ; 1M1294 ; P-45483 ; P-45484 ; P-45485 ;
P.45486 ; P-45487 ; P-45488P-45489 : P-99901.
Formation h iocaiii'é-tvpe. — Bathonien
d’Oxfbrdshirc, Angleterre.
Description
Cette espèce, connue par son squelette crânien,
est la plus ancienne de la famille des
Aspidorhynchidae.
Le crâne a une longueur totale de 3»5 cm ; le
rostre (Fig. 39), formé par les prémaxillaires, est
égal aux deux tiers de la longueur totale du
crâne. Compte tenu des proportions du crâne, et
par comparaison avec ce que Pon connaît des
autres Aspidorhynvhui, on peut admettre
qu’yî. crasstis ne dépassait pas 20 cm de longueur
totale. Ces mesures comparatives sont proches de
celles d’autres espèces A'Aspidorhynchus
Pmx
Fig. 39. — Aspidorhynchus crassus BMNH-P-39199 : prémaxil¬
laire en vue latérale. Pmx. prémaxillaire.
d'Angleterre {A. euodus et A. fishej'i) et de Pespèce
connue en France (^. sphekodes). Les dents mar¬
ginales sont disposées selon une rangée unique.
Celles du prémaxillaire sont grandes, diminuant
de longueur vers Pavant. Les dents du maxillaire
sont plus petites. Les dents du dentalosplénial
sont grandes, trapues et décroissent vers Pavant.
ReMvNRQUES
Le fait que l’espèce A. crasstis soit découverte au
Bathonien ne paraît pas constituer un argument
pour la validité de ce taxon. Aucune autapomor-
phie n’ayant encore été retenue pour cette espèce,
la validité taxinomique A'A. crassus me paraît
donc douteuse et nécessite une confirmation.
Aspidorhynchus sphekodes Sauvage, 1893
Aspidorhynchus sphekodes Sauvage, 1893 : 431,
pl. Vin, fig. 1.
Hoi.OTYTE. — Numéro 1224 de la collection Roche
du Muséum d’Histoire naturelle d*Aucun.
Distribution (locali iI ev âge). — Kimméridgien
supérieur des calcaires d’Orbagnuux, Ain, France,
DlAGNO.SE EMENOft- — Aspidorhynchus de petites
dimensions, atteignant une longueur d'environ
27 cm j corps très effilé dont la hauteur maximale, au
niveau de Poperculc, cora*spond à environ un treizième
de la longueur standard ; prémaxillaircs eorrc-spondaru
environ à la moitié de la longueur rocale du crâne ;
dents des os maxillaires et mandibulaires petites, de
memes dimeirsions ; ornementation des os dermiques
et des écailles formée de tubercules et de stries.
Discussion
L'espèce A, sphekodes ,t été créée par Sauvage
(1893) pour un spécimen unique, caractérisé par
ses faibles dimen-sion.s et un rapport entre la hau¬
teur maximale du corps et la longueur .standard
d’environ un douzième. Ce spécimen (Fig. 40)
est presque complet. Seuls manquent le préden-i
taire, une partie de la nageoire pectorale, la
nageoire anale et le lobe supérieur de la nageoire
caudale. La tète est très longue et étroite et repré¬
sente environ le quart de la longueur totale du
poisson ; le rostre lui-mème (prémaxillaires + ros-
tral) atteint une longueur totale équivalente à la
moitié de la longueur de la tête. Le maxillaire est
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
725
Brito P. M.
Fig. 40. — Aspidorhynchus sphekodes n® 1224 du Muséum d'Autun ; vue générale du corps. Dsp, dentalosplénial ; Mx, maxillaire ;
Op, opercule ; Pmx, prémaxillaire ; Smx, supramaxillaire.
long et présente, comme Tcspèce-type, une
expansion lamellaire arrondie émise par le bord
dorsal de los. Le supramaxillaire, petit, corres¬
pond a environ iin cinquième de la longueur du
maxillaire. La partie postérieure des prémaxil¬
laires, les maxillaires ainsi que le dentalosplénial
portent des dents marginales très discrètes de
mêmes dimensions et semblables à celles de
Vinctifer, Les écailles du flanc sont disposées sur
trois rangées de mêmes dimensions. Elles sont
lisses et dépourvues de ganoïne.
A. sphekodes se différencie par son corps très
allongé et effilé. Toutefois, c’est la petite taille des
dents maxillaires et mandibulaircs qui semble
être rautapomorpbic la plus marquante.
Remarques
Les formes associées à A. sphekodes sont les
mêmes que dans le gisement de Cerin, et la
forme effilée du coq^.s de cette espèce peut abou¬
tir à une confusion avec Belonastovins (enuirostris^
l’une des espèces les plus communes à Cerin. Il
est possible qu’un examen attentif de certains
spécimens attribués à E. tenuirQstrh. examen por¬
tant sur la denture, la forme et les proportions
relatives des écailles des rangées principales du
flanc, ainsi que sur la microstructure des écailles,
permettra de reconnaître la présence d'A. sphe-
kodes à Cerin.
Aspidorhynchus antarcticus
Richter er Thomson, 1989
Aspidorhynchîis antarcticus K\Q\\tcï et T\\or(\sor[, 1989 :
57, fig. 4.
Holotype, — BAS P. lOOOa et b, BMNH
(ex D.841170 Briri.sh Antarcdc Survey).
Distribution {locmeït! et âiüi). — Le bloc renfér-
niant le poisson possède les caractéristiques lilholo-
giques de la Formarion Nortlcnlcjold (Jurassique
supérieur) j il a éré découvert dans la Formation
Whisky Biy (Albien), au nord de Fumbledown Cliffs,
dans PiledeJamevS Ross, péninsule Anrarcciqur.
DlAGNO.SE CMENdCE. — Aspidorhynchus de moyennes
dimensions, atteignant 22 cm du bord antérieur des
pelviennes à l’extréiniié de la nageoire caudale ; lobe
inférieur de la nageoire caudale environ 24 % plus
.allongé que le lobe supérieur ; écailles lisses.
DFJsCRil'IlON
Le spécimen (Fig. 4l) est représenté par la région
postérieure d’un individu isolé mesurant 22 cm,
du bord antérieur des pelviennes à rexirémité de
la nageoire caudale. Compte tenu des données
726
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Fig. 41. — Aspidorhynchus antarcticus BMNH BAS PI 000 : partie postérieure du corps.
méristiques et par comparaison avec A. actUiros-
tris, on peut admettre antarcticus ne dépas¬
sait pas 50 cm de longueur totale.
La nageoire pelvienne est incomplète et seuls
quatre rayons ont pu être dénombrés. La nageoi¬
re anale possède quinTe rayons dichotomisés et la
dorsale onze. La nageoire caudale est fourchue.
Le lobe inférieur dépasse d'environ 24 % le lobe
supérieur. Celui-ci compte d’avant en arrière buit
rayons non dichotomes, le huitième atteignant la
longueur maximale, et huit rayons segmentés et
dichotomes. Le lobe inférieur comprend sept
rayons non dichotomes. le septième atteignant la
longueur maximale et huit rayons segmentés et
dichotomes (= les dLx-huit rayons principaux de
Richfer & Thomson). Je n’ai pas pu faire de dif¬
férence entre les rayons segmentés ou non. Cinq
arcs hémaux préuraux et deux uroneuraux consti¬
tuent les seuls éléments préservés de Pendosque-
leue caudal.
Il existe trois rangées d’écailles longitudinales
plu.s hautes que larges ; les deux supérieures .sont
comparables ; la rangée inférieure est nettement
plus petite ce à peine pluvS haute que large. Plus
dorsalement» on trouve quatre ou cinq rangées de
petites écailles plus une d’écailles faîtières.
Venrralement on compte six rangées de petites
écailles rectangulaires. Toutes les écailles sont
lisses et dépourvues de ganoïne.
Rf.MAR(2üES
L'espèce a été créée sur la base de la morphologie
des écailles, de l'inégalité des lobes de la nageoire
caudale ain.si que vsur le nombre de rayons de cette
nageoire, t.'ensemble de ces caractères semble être
suffisant pour la création d’un taxon. Un second
spécimen, attribué à Aspidorhynchus sp,, sur des
critères histologiques (absence de ganoïne), a été
récolté in situ dans la Formation Nordenkjold
(Rjchter & Thomson 1989). Ce spécimen est ici
considéré comme un probable Vinctifer.
Aspidorhynchus arawaki n.sp.
HoLOIYPE. — Individu conservé à la Smithsonian
In.stitution de Washington, .sous le numéro
USNM 018648 (Fig. 34).
MaTEkiKL.— En plus de rholotype, 3 spécimens sont
conservés à la Smithsonian Institution :
USNM 018645, USNM 018647 et USNM 018653.
Formation et localité-type. — Oxfordien supé¬
rieur, Basin de Vinales, Province de Pinar del Rio,
Cuba.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
727
Brito P. M.
Derivatio nominis. — Ârawak’h rtMcrcncc au peuple
qui vécu originellcmcnr dans la région . les Arawaks.
Diagnose. — Aspîdorhynchus de dimensions
moyennes (longueur du crâne d’environ 14 cm) ; le
prémaxillaifc correspond environ aux deux tiers de la
longueur du crâne : les dents maxillaires sont grandes,
presque autant développées cjue celles des autres os
maxillaires et rnandibiitaircs ; le prédentaire, trois fois
plus long que représente le fiers de la longueur
du denialüspiénial ; présence d'une grande dent
médiane dans la parne postérieure du prédentaire^
beaucoup plus marquée que chez les autres espèces du
genre.
Remarque
White (1942) a été le premier à signaler la présen¬
ce ^Aspîdorhynchus à Cuba. Cette espèce, connue
jusqua présent pat* des crânes associés à la région
antérieure du corps, se distingue de routes les
autres espèces du genre par la longueur impor¬
tante du rostre, par des dents de mêmes dimen¬
sions sur les os maxillaires et mandibulaires, cl par
la présence d’une grande dent médiane dans la
partie postérieure du predencaire
Il s’agit du plus occidental des Aspidorhynchus
connu avec certitude et précision car identifié sur
la base des synapomorpliies du genre.
Données environnementales
(habitat et nutrition)
Aspidorhynchus est connu uniquement de dépôts
marins.
Selon Viohl (1994) qui a discuté la taphonomie
des poissons de Solnliofcn (d’où provient
fespèce-rype A. actiîirostris)^ le milieu de depot a
été caractérisé par une tranche d’eau inférieure,
hypersaline, mal oxygénée et azoïque et une
tranche d eau supérieure moins salée et aérée.
L’activité de courants étant minimale sur le fond,
ce fut probablement faction des tempêtes qui fut
responsable de la mort brutale des poissons.
La présence dM. acutirostris (ainsi que d’autres
taxons dont des Aspidorhynchidae) en divers
gisements du Jurassique supérieur de Bavière
(Solnhofen, Eiebstatt, etc.), de l’Ain (Cerin) et
de Nüsplingcr (Württemberg), permet de dispo¬
ser d’une base de comparaison solide pour certe
faune durant le Jurassique européen.
Aspidorhynchus arawaki de Cuba représente le
témoignage le plus occidental de ce genre dans la
Térhys. La majorité des autres espèces restent
limitées aux bras de mer épicontinentaux de la
Téthys en France, en Allemagne et en Angleterre.
Seule l’espèce antarcticus^ connue dans la partie
la plus méridionale du Gondwana, montre que la
distribution de ce genre pouvair être cosmopolite.
Un certain nombre de ces compo^santcs fauniques
ont eu leur mouvement limité, vraisemblable¬
ment par des barrières biologiques, et un rayon
d’action plus restreint (especes endémiques de
divers gisements) ; d’autre-s (tels les Aspidorhyn¬
chidae) étaient capables de grands déplacements
tout en restant dépendants des côtes (Wenz et ai
1994). Ceci devait probablement erre le biotope
des autres espèces d'Aspidorhynchus
Des spécimens d’.d. acutirosp'ts ont été découverts
avec, dans l’appareil digestif des restes de proies
rapportés â ? Annethaliou wnyri^ PhoUdophorus
macYQcephahis^ Anaetimlion sp., confirmant ainsi
le mode de vie prédateur et le régime piscivore de
cette espèce (Viohl 1987). Ccci devait être le
régime alimentaire des autres espèces du genre, y
compris d'yl. sphekodes dont les dents mandibu-
laircs sont de petites dimensions.
Famille ASRIDORHYNCHIDAE
Nicholson er Lydekker, 1889
Genre Belonostomus 1834
Aspidorhynchus Agassiz, 1833.
Bebfîostomus Agas.siz, 1834.
Ophirachh Costa, 1856 : 13.
nemirhymhiis)kx\<Xy 1867 182.
Dïphyodus — Lambe 1902'30.
EspÊCE-TVPP. — Aspidorhynchus tenuirostris
1833-
LspECES incluses. — Belonoslomm tenuirostris
(espèce-type), B. müyisterU B. cinctus^ B. crosstrostrisy
B. dorsetenslsy B. lonj^irostrisy B. hooîey^ B. hdgolondicuSy
Bflonostamus sp. « 1 », Belonosiomus sp. m 2 et
Bdonostomus sp. « 3 ».
D[AGN(3.Si: ÉMFNDÉE. — Aspidorhynchidc caractérisé
par la présence de dents sur les prémaxillaircs ; pre-
dentatre de taille identique ou légèrement inferieure à
celle du prémaxillaire ; un supramaxillaire présent ;
maxillaire effilé avec une expansion lamellaire émise
par le bord dorsal ; os du neurocrâne fusionnés ;
728
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
écailles de la ligne latérale principale plus liantes que
celles des rangées immédiatement inlérieiire et supé¬
rieure ; présence de ganoïne sur les écailles ;
hypuraux 1 et 2 fusionnés par leurs extrértïités proxi¬
males et appendusà un centre ural unique.
Introduction
Le genre Beloriostomus est très largement distri¬
bué du Kimméridgien au Maastrichtien et avec
des citations au Tiffanien (Paléocène inférieur).
Connu en Europe cc en Amérique du Nord, il est
également signalé avec doute en Inde et en
Amérique du Sud. Btlonostomus se distingue aisé¬
ment des autres genres de la famille par son corps
plus effilé, la présence d’un prédentairc aussi
long, ou presque, que les prémaxillaires et celle
de dents sur toute la longueur des prémaxjllaires,
ainsi que par trois séries d’écailles hautes, sur les
flancs, comme Vinctifer.
La première mention de Beloriostomus est celle de
Baicr (1757 : 10, pl. Vl, fig. 4). Il figure un spé¬
cimen de Solnhofen qu’il considère comme un
Serpens rndtifius. Il est amusant de noter que,
comme le premier Vinctîfer\ Belonostormis a été
confondu avec un serpent.
Le genre Behnostomus a été créé par Agassiz
(1834) pour une espèce du Tithonicn de
Solnhofen qu'il avait signalée une année plus toc
sous le nom Aspidorhynchus tenuirosim. Agassiz
a décrit, également en 1834. deux autres espèces
Ai Aspîdorhynchits : A. mümteii et A. leptums pro¬
venant des mêuïes calcaires de Solnhofen. Les
deux espèces ont été placées ultérieurement par le
même auteur dans le genre Bekniostorntis comme
B. münsteri (1837) et B. kochi (1834). Agassiz
(1837) a ajouré une quatrième espèce pour le
Tirhonien de Solnhofen appelée B. sphymenoides
et créé en 1844 l’espèce B. cinctus du Luronicn
anglais. Postérieurement, Münster (1842),
Giebel (1848), Winkler (1861), Wagner (1863),
Vetter (1881) et Walther (1904) ont étudié les
espèces de BeUmostfimtis du Jurassique de Bavière.
Costa (1853, 1856) a décrit B. crassirostris du
Cénomanien de Dalmatie en Italie. Plus tard,
Bassani (1882) a décrit B. tesinaensis pour le
taxon antérieurement placé par Kncr (? 1867)
dans le genre Hernirlyynchus (Woodward, 1895).
Félix (1891) nomme B. ornatus, une espèce du
Crétacé mexicain, en se fondant sur des os isolés
de la mandibule, du maxillaire et sur quelques
écailles. Woodward (1895) ajouta une espèce
supplémentaire du Kimméridgien d’Angleterre,
appelée B. dorsetensis.
Lamhe (1902) a décrit un fragment de rostre de
la Formation (31d-maa, T^Jherta. sous le nom de
Diphyodiis longirostris. Ce matériel sera par la
suite attribué au genre Belonostonms par Estes
(1964). Woodward décrivit B. cinctus (1908) du
Turonicn et créa, en 1916, B. hooley du-
Néocomicn de Grande-Bretagne. En 1949,
Saint-Seine effectua une réAtsion de B. longirostris
de Cerin, décrit précédemment avec d’autres
espèces (cf. B. miinsten et B. sphyracnoülcs) par
ThioJlière (1849, 1850, 1873), puis par Eastman
(1914). Arambourg (1954) signale la présence
d’un B. aff. crassirostris dans des couches de Jehel
Tsclfat (Crétacé du Maroc), espèce précédem¬
ment connue des’ gisements du Cénomanien de
Dalmatie. Gardiner (I960) a discuté et présenté
une reconstitution du crâne de B. tmuirostris et
atrité l’attention sur les ressemblances existant
entre les Aspidorhynchidae et les Pholido-
phoridae.
Ultérieurement, beaucoup de spécimens ftag-
mentaire.s de Bclonostomus ont été décrits
et considérés comme des Beloriostomus sp-,
en Amérique du Nord (Bardack 1968 i
Thutmond 1974 ; Whctstonc 1978) et en
Eurtipe (Dumuniec dc Wenz 1979).
À partir des dtmnées crâniennes. Taverne & Ross
(1973) créent l’espèce B. helgolundicus de
l’Aptien inférieur de Tôck. Taverne (1981) redé¬
crit avec plus de details le dermocranc et |e neuro¬
crâne de ce taxon, confirmant ainsi la validité de
Fespèce. Bryant (1987, 1989) signale la présence
de Behnostonuis sp. au Tiffanien (Paléocène infé¬
rieur) dans la Formation Tongue River au nord
du Dakota. S’il s’agit de spécimens en place, la
famille serait donc présente au Cénozoïque infé¬
rieur,
Belonostornus tenuirosti'îs (Agassiz, 1833)
Aspidorhynchus tenuirostris 1833 : 1. H, 14.
Bclonostomus tenuirostris Agassiz, 1834 : 388 ; 1844 :
143, 297- - Wagner 1863 : 69L
Bclonostomus tubulatus Agassiz, 1837 : 127 ; 1844 :
143, 297.
Bclonostomus shyraenoides (?) Thiollière, 1849 : 43.
GEODiVERSITAS • 1997 • 19(4)
729
Brito P. M.
Fig. 42. — Belonostomus tenuirostris MNHN CRN-7 : vue générale du corps.
Formation et localité-type. — Tkhonien de
Solnhofen, Bavière, Allemagne.
Distribution (localité et Âge). — Calcaires litho¬
graphiques de l’Ain, France (Kimméridgien supérieur)
et de Solnhoieii, Bavière (Tiihonicn).
Diagnose émlndéE. — Belonosiomtis de petites
dimensions, atteignant une longueur standard d’envi¬
ron 30 cm ; hauteur maximale du corps, au niveau de
l’opercule, conespondant à environ un quinzième de
la longueur standard \ crâne occupant environ un tiers
de la longuctir standard ; rostre 25 % plus long que la
mandibule ; prémaxilLiires coiresponaant approxima¬
tivement à la moitié de la longueur totale du crâne ;
prédenrairc dix Fois plus long que haut et représcncanr
65 % de la longueur de la mandibule ; dcntalo.splénIal
articulé avec le prédentaire par une surface convexe ;
dents du maxillaire petites ; dents mandibulaires
grandes.
Généraeités
B. tenuirosty'is est une petite espèce, au corps très
allongé (Fig. 42) et plus effilé que ceux
dÜAspid4)rhynchus et de Vinctifèr.
Les écailles des flancs sont plus hautes que l.es
autres et disposées selon trois séries longitudi¬
nales ; celles de la ligne latérale principale, quatre
à cinq fois plus hautes que larges, sont nettement
plus hautes que les autres.
La formule ptérygienne s’établit donc comme
suit :
51
_ 75
32 49 70
Les nageoires sont très reculées et peu dévelop¬
pées et semblent plus réduites que chez les autres
espèces de la famille.
DFSÇRIP'noN
Belonostomus tenuirosti'is, connu depuis les tra¬
vaux d’Agassiz (1833, 1834, 1837 et 1844) et de
Thiollière (1849, 1850), a fait l’objet de diverses
descriptions anatomiques, telles que celles de
Wagner (1863), Vêtter (1881), Woodward
(1895)i Eastman (1912, 1914) et Saint-Seine
(1949). Ainsi, la présente description est-elle
essentiellement comparative avec les interpréta¬
tions des auteurs précédents.
DESCRIKEION UU SQUEl K ri’E CRÂNIEN
Os dermiques du crâne
Bien que les sutures des os dermiques soient dif¬
ficiles à observer, le toit crânien de B. tenuirostris
présente le.s mêmes dispositions et variations que
chez les autre.s A.spidofhynchidae.-
Saint-Seine (1949) a discuté et présenté une
reconstitution de la partie postérieure du toit crâ¬
nien, cette interprétation étant surtout fondée
sur le trajet des canaux sensoriels. Pour cet auteur
(Saint-Seine 1949, fig. 11 ) le toit crânien est
formé, en arrière du rostre, par des frontaux
allongés, des pariétaux trè.s réduit.s, un supra-
temporal étroit et allongé antéro-posterieure-
ment, qui « inclut probablement, sans suture
visible, un élément dermosphénotique... » et un
post-temporal allongé.
730
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Fig. 43. — Belonostomus tenuirostris, vue générale de la lêle : A. B, spécimen n** MNHN CRN*7 : C, spécimen n” MNHN CRN-8.
Ang, angulaire ; Ci, cleithrum ; Dsp, dentalospiéniai ; Dsph, dermosphénotique , Exsc, extrascapulaire ; Fr-Pa-Dpt, fronto-pariéto-
dermoptérotique ; lo, infraorbitaire : Mx, maxillaire : Na, nasal ; Op, opercule ; Pdt, prédentaire : Pmx, prémaxillaire : Po. postorbitai¬
re ; Pop. préopercule . Post. post-temporal ; Ro. rostral : Sel, anneau sclérotique ; S.cit, supracleithrum ; Smx, supramaxillaire ;
So, supraorbitaire ; Sop, sousopercule.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Fr-Pa-Dpt
Brito P. M.
Pour Gardiner (I960), la région postorbicaire du
toit crânien de B, tetmirostm est constituée d'une
paire de fa'inraux, des éléments dits « infraorbito-
dermosphénotiques » latéraux par rapport au toit
crânien (= postorbitaire supérieur de Saint-
Seine), des pariétaux, des dcrmoptéroiiques et
des post'Cemporaux,
Je suis d'accord avec Gardiner (1960) concernant
l’interprétation du dermospfiénotique. En
revanche, j’ai obsei'vé la présence d un os rosttal
court Cl indépendant comparable à celui des
autres Aspidorhynchidac. De plus, à la düTércticc
des auteurs précédents., je pense que, chez le spé¬
cimen examiné par Saint-Seine (1949), le frontal
est fusionné au pancto-dermoptérorique et que le
« dermoprérotique y* et le « pariétal sont en fait
des extrascapulaires.
Les prémaxillaires de B. tenuirostris dépassent la
mandibule sur environ un tiers de leur longueur et
sont munis de dents sur leurs deux tiers posté¬
rieurs.
Os de la joue (Fig. 43A-C)
Il existe cinq ou six infraorbitaux (lo), dont le pre¬
mier est le plus allongé et le dernier le plus éle\^é,
et deux plaques postorbicaires. Les infra-orbitaux
situés eu arrière de Toeil et les postorbicaires ne
sont pas fusionnés, au moins sur certains indivi¬
dus. Saint-Seine (1949) et Gardiner (1960) oni
figuré une seule série en arrière de l’œil traversée
par le canal iafraotbi-taire ; il s'agit de circumorbi-
taux pour Saint-Seine et d’un élément correspon¬
dant à la fusion des sousorbitaux + des
infraorbitaux postérieurs pour Gardiner. La pré¬
sence d’une série unique en arrière de l’œil chez
certains individus n'esi pas exclue mais n a pu être
prouvée. Néanmoins une telle fusion existe au
moins chez, les espèces de Belomistomus du Crétacé
inférieur mexicain et du Crétacé supérieur d’Israël.
L’anneau circumorbiraire est complété au-dessus
de l’orbite par un supraorbitaire et un dermosphé-
nocique (circumorbital supérieur de Saint-Seine
1949) identiques à ceux des autres Aspidorhyn-
chidae.
Les deux postorbiraires atteignent le bord anté¬
rieur du préopercule, formant une couverture
dermique complète. Le préopercule ressemble à
celui ÿAspidorhynchus par sa forme grêle et par la
disposition du canal préoperculaire.
Série operculaire
La série operculaire est très semblable à celles de
Vinctifer et Aspidorhynebus. Un interopercule a
été figuré, sans discussion, par Gardiner (1960,
fig. 76). Il s’agit là du seul interopercule observé
chez les Aspidorhynchidac.
Mâchoire supérieure
Le maxillaire (Mx) est comparable à celui
àéAspidorhynebus^ il garde la meme hauteur sur
toute sa longueur, sauf au niveau de l’expansion
lamellaire qui est plus basse et étendue que celle
^Aspidorhynchus, Il porte une rangée de dents
marginales petites, pointues, et de meme taJilc.
Il existe un s'jprnmaxillairc à l’angle postéro¬
supérieur. Il a une forme ovale et sa longueur
correspond au quart de celle du maxillaire.
Mâchoire inférieure
Le prédentaire est dix fois plus long que haut,
plus long que le dentalospléniaJ et plus court que
les prémaxillaires. 11 est muni d’une rangée de
grandes dents médianes encadrées par une rangée
latérale de petites dents implantées sur les bords
de l’os.
Les dentalospléniaux sont bas au niveau de la
symphyse prédentaire et forment, vers l’arrière,
un processus' coronoïde peu élevé comparable à
celui à^Aspidorhynchus. Ils portent de grandes
dents, de même caille, légèrement plus petites
que celles du prédentaire. Au niveau de la sym¬
physe, les dcntalospléniaux droit et gauche for¬
ment une surface convexe unique qui s’engage
dans la concavité postérieure du prédencaire.
Les autres os dermiques de la mandibule (angu¬
laire et articulaire) semblent identiques à ceux
décrits chez les autres membres de la tàmille. Le
rérroarticulaire na pu être observé et devait être
fusionné à l’articulaire,
Ornernaitatian des os dermiques
Les os dermiques sont remarquablement bien
ornévS, d’une manière qui semble très constante
d’un individu à fautre pour un même os. Des
ride.s très fortes s’ob.serveni sur les prémaxillaires.
Les extra-scapulaircs et les poscorbitaux présentent
des rides très marquées, surtout le long des bord.s
postérieurs.
Les fronto-pariéto-dermoptérotiques et les os de
732
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Hymd El.l Pmx Pdl
Sy Ou bcpt 0!;p
Fig. 44. — Belonostomus tenuirostris. spécimen n° JM 2844 : vue générale de la tête. Dsp. dentalosplénial ; Ecpt, ectoptérygoïde ;
Et.l, ethmoïde latéral ; Hymd, hyomandibulaire ; Pdt, prédentaire ; Pmx. prémaxillaire : Qu. carré : Sy, symplectique.
la joue présentent des tubercules épars sur toute
leur surface ainsi que Topercule. Le rostral, les os
maxillaires et mandibulaires sont lisses.
Denture
On distingue deux sortes de dents : les dents
robustes, visibles sur le bord oral du dcntalosplé-
niai, sur la série médiane du prédentaire et sur le
prémaxillaire et les dents plus ténues, routes de
même dimensioti, sur les maxillaires, les bords du
prédentaire er les palatins. Ce type de denture se
retrouve che^ presque toutes les autres espèces du
genre (exception faite de B. helgoland/cm, B. Ion-
girostris et l’espèce <• 3 » de PAlbien du Mexique).
Susperisonu7?2 et arc hyoïde
L’articulation de la mandibule est assurée unique¬
ment par le carré (Lig- 44), le symplectique
s’appuyant contre le bord po.s'térieur du carré
sans atteindre le niveau de l’articularion.
Il m’a été impossible d’identifier fautopalarin.
IJectoptérygüïde, comme celui A'Aspidorhynchus,
comprend une branche antérieure allongée et
une branche postérieure qui recouvre l’entoptér)"-
goïde et est partiellemenr recouverte par le carré.
Il porte une plage dentée sur toute sa fiice interne.
Bien que ses limites soient difficiles à observer, le
métaptérygoïde semble très proche de celui de
Vinctifer.
Lentoptérygoïde ressemble également à celui des
autres Aspidorhynchidae. Contrairement à
Vinctifer-, et comme citez Aspidorhynchus, sa face
mésiale est encièreinenr couverte de dents minus¬
cules comme rectopccrygoïdc.
L’hyomandibulaire de B. tenuirostris esc trapu,
moins haut que celui de Vinctifer présente une
lamelle antérieare très développéet aussi large que
le corps de l'os.
Les autres composants de l’arc hyoïde identifiés
(cératohyal proximal et ccratohyaJ distal), ainsi
que les treize rayons branchiostèges, sont iden¬
tiques à ceux décrits chez Virwtijrr.
Neurocrâne
Le neurocrâne est comparable dans ses grandes
lignes à celui de Vinctifer^ notamment par son
degré d’ossification (Brito 1992).
Le parasphenoïde, fin et fragile, esr proche de
ceux de Vinctifer a A'Aspidorhyndms, Il esr four¬
chu cl aplati dorso-ventralemcnt au niveau de la
région etlimoïdienne. Postérieurement il esr plus
trapu et présente une section transversale en
forme do T w. Je n’ai pas pu observer les proces¬
sus ascendants. Comme chez Aspidorhynchus et
contrairement à Vinctifer-, l'os présente une plage
dentée au niveau du processus ascendant.
Le vomer n'est pas visible.
Description du squelette post-crânien
Le nombre total des vertèbres oscille autour de
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
733
Brito P. M.
soixante-dix-huit, en comptant les trois ou
quatre vertèbres dissimulées par l’opercule, ainsi
que les quelque cinq centres préunmx qui partici¬
pent au soutien de la nageoire caudale et deux
éléments uraux.
Les centres vertébraux sont plus hauts que longs,
avec une grande lumière uotochordale. D’après
Saint-Seine (1949) les vertèbres laissent entre
elles un espace « apparemment dépourvu de cal¬
cification Ce degré d'ossification a été utilisé
comme caractère diagnostique pour distinguer
B. tenuirostru des autres formes de Solnhofen.
Nageoires paires
L’endosquelctte scapulaire na pas etc observe. Le
supracleithrum bien do^cloppc et le clcithrum à
deux branches sont comparables à ceux de
Vinctifer et A'Aspidorhynchus. Au contraire, la
nageoire pectorale est moins développée. Elle
comprend .sept lépidotriches insegmentés à la
base, le premier esc segmenté longitudinalement
dans sa région distale et les -suivants sont quatre
fois dichotomes.
La nageoire pelvienne est beaucoup plus réduite
que la pectorale et située au niveau de la trente-
quatrième rangée verticale d'écailles. On compte
environ six lépidotriches de même type que ceux
de la nageoire pectorale.
Nageoires impaires
Les nageoires impaires sont moins développées
que celles de VmctifereK A'Aspidorhynchas.
La nageoire dorsale est composée d'environ neui
lépidotriches dont les deux premiers ne sont pas
bifurques ; le troisième et le quacrième sont les
plus longs et les suivants diminuent de longueur
Jusqu’au dernier
La nageoire anale compte au moins dix rayons.
Comme chez Vinctifer et AspidmhynchitSy la lon¬
gueur maximale de la nageoire est atteinte dès le
troisième lépidorriche et décroît ensuite.
Les quelques axonostes observés de ces deux
nageoires sont allongés mais, comme ôxertAspido-
rhynchus^ n'atteignent pas le^ centres vertébraux.
La nageoire caudale (Fig. 42A, B) est moins
grande que celles de Vinctifer et A'Aspidorhyn-
chus. Les deux lobes sont égaux. Le lobe intérieur
est constitué de trois rayons non segmentés,
quatre rayons segmentés, le quatrième atteignant
la longueur maximale, et de sept rayons bran-
chus. Le lobe supérieur est constitué de trois
rayons non segmentés, trois ou quatre rayons
segmentés et de sept rayons branchus. La nageoi¬
re caudale est soutenue par cinq centres préuraux
et par deux cléments uraux (Fig. 4S). Les ver¬
tèbres prcuralcs sont ossifiées. Chaque vertèbre
supporte un arc neural et une épine neurale com¬
plète ainsi qu’un arc bernai et une épine hémale,
cette dernière peu modifiée par rapport à la pré¬
cédente. Les deux premiers centre.s uraux .sont
rusionnc.s. Je n'ai pas observé d’arc neuraux ni
d’épuraux : il s’agit d’artéfacts de fossilisation.
On trouve quatre hypuraux identiques à ceux de
Vinctifer Cl AÜAspidorhyncbus : Thypural 1, le plus
grand, a une forme triangulaire, les suivants
diminuent rcgulicrcmenc de largeur (Fig. 45A,
B). Les hypuraux l et 2. infradiastemiques, sont
associés au même centre vertébral. Les deux
autres {H3 et Fl4) .sont fusionnés à leur base ; la
présence d’un second centre ural individualise est
problématique. Les trois paires d'tironcuraux
(Un 1-3) sont courtes et ont l'extrémité distale
élargie. L^es uroneuraux ont donc une forme dif¬
férente de ceux de Vinctifer et Aspidorhynchus.
lAironeural 1 atteint le bord postérieur du centre
préural 3 ; Turoneural 2 atteint le centre pré-
ural 2 et ruroncural 3 n atteint que la marge pos¬
térieure du centre préural 2 (Fig. 45).
Trois séries longitudinales d’écailles, plus hautes
que les autres, recouvrent les lianes. Celle de la
ligne latérale principale est composée d écailles
quatre à cinq fois plus hautes que larges. Celles
des rangées supérieure et inférieure sont approxi-
mat'ivement deux fois plus hautes que larges.
Toutes diminuent de hauteur de l'avant vers
l'arrière, de\'enant aussi hautes que larges dans la
région caiuLile, La région dorsale est couverte de
trois rangées de petites écailles, écailles faîtières
comprises ; les écailles de la région ventrale sont
formées par cinq rangées de petites écailles rec¬
tangulaires.
Les formes et les dispositions des écailles sont les
mêmes que chez Vinctifer.
Microstructure des écailles. La ganoïne, au
microscope électronique à balayage, présente de
minuscules tubercules comme chez Vinctifer. En
734
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiqi
U1+U2
Fig. 45. — Belonostomus tenuirostris, spécimen n° NR 1964.XXIil.518 : A, B, nageoire et endosquelette caudal. H, hypural
Pu, vertèbre préurale : U, vertèbre urale ; Un, uroneural.
GEODIVERSITAS » 1997
Brito P. M.
Fig. 46. — Belonostomus münsteh, MNHN SLN-174 ; joue. Pdt, prédentaire ; Pmx. prémaxillaire.
coupe sagittale, les écailles présentent une plaque
basale osseuse épaisse recouverte par une couche
de ganoïne pluristratifiée ; les deux couches sont
traversées par de nombreux canalicules de
Williamson (Schultze 1966).
Autres espèces de Bebmstomus
Belonostomus mümtei'i (Agassiz, 1834)
Aspidorhynchus mumteti Agassiz, 183'i : 70 (nommé
seulement).
Belonostomus Agassiz, 1837 : 127 (nommé
seulement) ; 1844 ; 141, pl. XlVlIa, llg. 2.
Belonostomus spedosus^^gucT^ 1863 : 689.
Belonostomus w/rmYrr/ Woodward, 1895 : 429.
Hüloivfk — BMNH P-5n5.
Distribution (localité et âge). — Calcaires litho¬
graphiques de SoInhoFcn (Tîihonicn), Bavière,
Allemagne.
Diagnose éMF.NDÉE. — Belonostomus de moycnnc.s
dimensions, d'environ 40 cm de longueur standard ;
hauteur maximale du corps, au niveau de Toperculc,
correspondant à environ un quinzième de la longueur
standard ; crâne occupant environ un quart de la lon¬
gueur standard ; rostre aussi loitg que la mandibule ;
prémaxillairc correspondant approxim-avivemcni aux
trois cinquièmes de la longueur totale du crâne ; pré'
dentaire douze fois plus long que haut t-t représentant
60 % de la longueur de la mandibule ; denralosplcnial
s’articulant avec le prédentaire par une surface
convexe ; dents maxillaires petites ; dents mandibu-
laires grandes.
Discussion
Très fréquente dans le calcaire lithographique de
Solnhofen, cette espèce se différencie de
Tespèce-iype par sa taille, sa morphologie (plus
robuste que B, tenuirostris), et par la longueur
.subégalc des prémaxillaires et des mandibules,
l.es prémaxillaires sont grêles, avec une seule ran¬
gée de dencs sur toute là longueur de leur bord
oral (Fig. 46), Le prédentuire présente une conca¬
vité du bord postérieur dans laquelle sVncastre la
convexité des dentalospléniaux. Les autres carac¬
tères crâniens sont très proches de ceux de
Pespèce-type. Par rapport à B. tenuitosttis, les
nageoires pectorales sont plu.s grandes et les
écailles de la ligne latérale principale sont moins
hautes (trois fois plu.s hautes que larges) ci celles
des rangées supérieures et inférieures sont deux
fois plus hautes que larges. La nageoire anale et
les nageoires impaires sont comparables à celles
décrites chez rcspècc-cype.
Remarques
Les deux autres espèces, décrites à Solnhofen,
.semblent très proches de B. münsteri : B. kochii,
créée par Agassiz (1834) comme une « espèce
voisine à cenains égardvS du B. mltnsteri mais
moins allongée... » ; et Ô. sphymerwidcs, créée par
cc menie auteur (1837) sur la base de la robus¬
tesse de la mâchoire. Ces données méristiques
semblent èrte beaucoup trop faibles pour atmeté-
riser des taxons distincts. L’absence d’autapomor-
phies pour le maintien de ces espèces me fait
736
GEOOIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie ei relations phylogénétiques
mettre en doute leur validité. Par ailleurs, seule
une révision complète des taxons de Solnhofen
permettrait d’établir des synonymies.
Belonostomus cinctus Agassi?., 1837-1843
Belonostornus cinctus Agassiz. 1837 t pl. IXVl,
figs 10-13 ; 1843 : Puiss. Foss. V. lï, 142. —
Woodward 1888 : 145, pl. Vl[, llgs 7-13.
Belonostomus attennatus Dixoti, 1850 : 367,
pL. XXXV, fig. 4.
Holotype. — BMNH P-4266.
Distribution (localité et âge). — Turonien du
Sussex et du Kent, Angleterre.
DiAtiNOSK ÉMENDÉE. — Bthnosfomus de grandes
dimensions, prémaxillaircs atteignant une longueur
d'environ 20 cm i rostre aussi long que la mandioulc i
prédcnuürvdc section triangulaire, environ quinze fois
plus long que h.uit et représentant 65 % de la lon¬
gueur de la mandibule, avec une gouttière longitudi¬
nale sur les parois latérales du prédentaire ;
dentalovSplénial s'articulant avec le prédentaire par une
suture en biseau.
Discussion
S. cinctus a été créée par Agassiz (1837-1843)
pour d’« énormes écailles, ayant un pouce de
long et au-delà, sur un quart de pouce de
large... » (Agassiz 1843 : 142), associées à des
fragments de mandibule et de mâchoire. Sa des¬
cription est donc es.senticllement fondée sur des
caractèrc.s de la mandibule (Dixon 1850 ;
Woodward 1888, 1895).
Woodward (1908) a proposé une diagnose spéci¬
fique fondée sur : (l) l'allongement du rostre,
probablement pas moins de 24 cm : (2) la forme
très allongée de la inandibiilc. recouvrant la sym¬
physe mandibulairc avec une suture oblique ;
(3) rornementadon en forme de fines gouttières
longitudiaale^ des prémaxillaires {= rostre) et du
prédenraite ; (4) la présence de grandes dents
pointues, coniques et bien espacées Sut la .série
médiane du prédentaire et sur le bord oral des
prémaxillaife.s ; (5) la présence de dents obtuses et
mamelonnées sur la surface orale du splénia! et
d’autres os ; (6) les écailles des flancs lisses, celles
de la région dorsale marquées de stries longitudi¬
nales ; (7) les écailles de la ligne latérale tronquées
sur leur face inférieure et dépassant en profondeur
la série située plu^s bas ; (8) celles de la portion
antérieure de la région abdominale environ quatre
fois plus profondes que larges.
Toutefois sur cette diagnose :
1 - Les caractères 3, 7 et 8 et une partie des autres
caiactères sont des* caraaères génériques.
2. Seule la combinaison des caractères U 2, 4, 5
et 6 ipro parte), auxquels il faut ajouter la présen¬
ce d'une gouttière longitudinale dans la paroi
latérale du prédencaire. justifient le maintien de
cette espèce.
Remarque
B. cinctus se différencie des espèces jurassiques du
genre par sa suture en biseau entre le prédentaire
et le dentaJosplénial. Ce caractère semble être un
caractère commun à toutes les espèces de
Belonostomiu du Crétacé.
Belonostomus crassirostris 1853
Belonostomus crassirostris Costa, 1853 : 29, pl. 2,
figs 1,2.
Belonostomusgracilis dosiAy 1853 : 31, pl. 2, fig. 3.
HolOTVEE. — Muséum de Funiversité de Naples.
Distribution (localité et âge). — Cénomanien
inférieur de Pietraroia, Italie et de Jebel Tselfat,
Maroc.
Diagnose éMENOéE. — Belonostomus de grandes
dimensions, arteignant une longueur srandard d'envi¬
ron 55 cm ; hauteur maximale du corps, au niveau de
l'opcicule, correspondant à environ, un quinzième de
la longueur standard ; tràne occupant environ un cin¬
quième de la longueur standard ; rostre dépassant la
mandibule sur environ un cinquième de sa fongueur ;
predenuire dix fois; plus long que haut ci représentant
45 % de la longueur de la mandibule ; dentalosplénial
arriculé avec le prédenraite par une suture en biseau ;
os maxillaires et matulibulaires garnis de dents de
petites dimensions, identiques.
Costa (1833. 1856) a décrit B. crassirostris sur la
b;ise d'un spécimen complet d'environ 60 cm de
longueur totale dont Lï description a été complé¬
tée par Bassani (1882) et D’Erasmo (1911,
1915), Arambourg (1954) décrit B, aff. crassiros¬
tris (Fig. 47) du Cénomanien du Maroc en utili¬
sant comme caractères d’identification la hauteur
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
737
Brito P. M.
Fig. 47. — Belonostomus crassirostns. T. 114g : crâne et partie antérieure du corps figurée par Arambourg (1954, pi. 1, tig. 1). Cl,
cleithrum Osp, dentalosplénlal ; fn, fosse nasale , Op. opercule ; Pdt, prédentaire ; Pmx, prémaxillaire ; Po, postorbilaire : Pop,
préopercule ; Post, post-temporal ; So. supraorbilaire ; Sop. sousopercule.
des écailles du flanc, Tabsence d'ornementation
des écailles ainsi que le faible développement du
« rostre ».
Description
En plus des caractères diagnostiques, la tête est
courte, le rostre, formé par des prémaxillaires
relativement courts, représente la moitié de la
longueur totale du crâne. Le prédentaire, pjcsque
aussi long que le rostre, représente environ le
quart de la longueur totale de ce dernier.
La nageoire pectorale, bien développée, fait envi¬
ron le sixième de la longueur standard du pois¬
son. Elle est formée par huit rayons, ramifiés
dans leur partie distalc (Arambourg 1954).
Les écailles du flanc sont distribuées selon trois
rangées. Celles de la ligne latérale principale, les
plus développées, sont environ cinq fois plus
hautes que larges. Les écailles et les os dermiques
ne présentent pas d'ornementation.
Remarques
B. lesinaensis a été créée par Bassani (1882) pour
une espèce de petites dimcn.sions (d'environ
30 cm), très proche de B. crassirostris et antérieu¬
rement placée dans ce taxon (Bassani 1879).
Je n’ai pas examiné le type de l'espèce et, pour
cette raison, les commentaires suivants sont uni¬
quement fondés sur les données bibliographiques,
Dans sa de.scription originale, Ba-ssatii (1882) a
indiqué que cette espèce se différenciait de l’espè¬
ce B. crassirostris par la robustesse du corps, ainsi
que par des différences au niveau de la nageoire
pectorale, de la forme des écailles et de la nageoi¬
re caudale. En observant la figure du type
(Bassani 1882, pl. 1, flg. 10) je ne peux pas faire
la différence entre les écailles de cette espèce et
celles de B, crassirostris. La petite dimension des
nageoires pectorale et caudale me semble plutôt
être un problème de conservation. À mon avis, ce
taxon doit être un synonyme de B. crassirostris,
Belonostomus dorsetensis Wbodward, 1895
Belonostomus dorsetensis Woodward, 1895 : 433,
pl. XIV, fig. 2.
Holoiv^pe. — BMNH P-6175.
Formation et LoCAi.riT.-TYf*F.* — Kimmcridgicn de
Dorsetshire, Angleterre.
DlAiiNOSE ÉMENDÉE. — Belonostomus de moyennes
dimensions, !c rostre atteignant une longueur d'envi¬
ron 10 cm cl dépas.sant la mandibule sur environ
20 % de sa longueur ; prédentaire cinq fois plus long
que haut et représentant 50 % de la longueur de la
mandibule ; dcntalosplénial articulé avec le prédentai-
rc par une surface convexe ; prcnuixillairc et os maudi-
bulaires garnis de grandes dents.
Descripiion
Espèce connue par des os isolés, maxillaires et
lnandibu!ai^e^s bien préservés (Fig. 48A-C).
Les prémaxillaires sont plus allongés que le pré-
dentaire. Ils sont dentés sur les trois quarts po.sté-
rieurs de leur longueur et présentent des dents de
grandes dimensions diminuant de taille vers
738
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Fig. 48. — Belonostomus dorsetensis, BMNH P.6175 : A, mandibule ; B, ectoptérygoïde gauche ; C, prémaxillaires en vue ventrale.
D, B. longirostris, AMNH 11601 : prémaxillaires en vue ventrale. Dsp, dentalosplénial ; Pdt, prédentaire ; Pmx, prémaxillaire.
l'avant. Iæ prédentaire est de même longueur que
le dentalosplénial. Il présente une rangée média¬
ne de grandes dents qui diminuent de taille vers
l'avant. Cette rangée médiane est encadrée,
comme chez les autres espèces, par une rangée
latérale de petites dents» Le dentalosplénial porte
des dents de même taille, légèrement plus petites
que celles du prédentaire, Contrairement aux
observations de Estes (1964), la surface articulai¬
re du prédentaire est concave, celle du dentalo¬
splénial convexe, comme chez les autres espèces
du Jurassique.
Woodward (1895, pl. XIV, fïg. 2a) signale et
figure un ectoptérygoïde gauche mal préservé ou
l’on note Texistence d'une rangée unique de
petites dents diminuant de taille vers ratrière.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Belonostomus longirostris Lâmbcy 1902
Diphyodtis lomirostris Lambe, 1902 : 30.
Belonostomus longirostris Estes, 1964 : 22, Figs 12-14.
Formation et Localité-type. — Cénomanien
d'Amérique du Nord.
DiaüNOSE ÉMtNDÉE. — Belonostomus de grandes
dimensions, prémaxillaires atteignant une longueur
d'environ 15 cm ; rostre aussi long que la mandibule ;
prédenraire ellipsoidal en coupe transversale, environ
vingt Fois plus long que haut et représenuni 65 % de
la longueur de la mandibule ; dcnialosplcnial s'articu¬
lant avec le prédentaire par une suture en biseau ;
canal longitudinal dans la paroi latérale du prcdcntaire.
En 1902, Lambe a Fondé le genre monospéci-
739
Brito P. M.
fique Dipiyyodtis hri^rostris sur du matériel frag¬
mentaire, sans discuter de ses affinités. Par la
suite, Harches (1905), Brown (1907) et
Cockerell (1908, 1919) ont signalé la présence
de cette espèce au Crétacé supérieur des
Etats-Unis. Estes (1964) complète sa description
et la place dans le genre Belonostomus.
Description
Cette espèce n'est connue que par des spécimens
fragmentaires (os isolés du crâne, notamment
prémaxillaircs, prédentaires ei écailles) avec très
peu d'éléments articulés tels que la mandibule.
Les prémaxillaites et le prédentaire sont subégaux
et, au moins chez lès individus de grande taille^
couverts de ganoïne (Eig. 48D)- Comme che'/:
tous les Aspidorhynchidae. les prémaxillaires ont
une partie superficielle, nettement ornementée
de sillons subparallèks, et une partie profonde,
identifiée par Estes (1964) comme des « paired
tubular 'ethwoid'' ossifia^tion ». Leur^ dents sont
disposées sur une seule rangée (contrairement à
la description de Estes), sur les deux tiers posté¬
rieurs de leur longueur, et sont plus petites que
celles du prédentaire
Le prédencairc est un os grêle, ellipsoïdal en
coupe transversale, qui présente, comme chez les
autres espèces, une rangée médiane de dents
larges et pointues, encadrées par des petites dents
marginales. Los présente une gouttière longitudi¬
nale visible à mi-hauceut de la face latérale sur les
deux tiers postérieurs, connue cliez B. dnetus. Li
suture entre le prédentaire et le dentalosplénial
est en biseau comme chez B. cnuszrostrtSi B. hel~
golandiciis et B. cinctus et contrairement aux
espèces du Jurassique.
Les écaille.ç de la ligne latérale principale sem¬
blent être trois fois plus hautes que les autres
écailles des lianes selon Estes (1964). Il m'a été
difficile de vérifier l’exacrirude de ce caractère sur
des écailles isolées.
Les écailles et les os dermiques du crâne sont
couverts de ganoïne mais ne présentent aucune
ornementation.
Remarques
Les éléments rapportés à B, lon^rostru semblent
être très proches de ceux de B. cinctus : présence
d’une gouttière longitudinale sur la paroi latérale
du predentaire, forme en biseau de la suture
entre predentaire et dentalosplénial et dents seu¬
lement sur les deux tiers postérieurs du prém:ixil-
lairc. Les deux espèces se différencient par la
forme ellipsoïdale du predentaire en coupe et
l’absence d’ornementation sur les écailles.
Par ailleurs, des restes attribués à Behtmtomiis sp.
sont très communs dans le Crétacé supérieur
d'Amérique du Nord (Bardack 1968 ; Whetstone
1978 ; Bryant 1987, 1989 ; Wilson & Chalifa
1989) ; ils se distinguent de B. longirostm soit par
la pré.scnce de dents sur toute la longueur des pré-
maxillaires, soit par la forme du predentaire en
coupe. Les dimensions de ces restes isolés, notam¬
ment celles des prémaxillaires et du prédentaire
sont comprises- entre 3 et 15 cm. Il est possible
que la forme du prédentaire en coupe comme la
longueur du bord oral denté dépendent de l’âge
du spécimen considéré, ce qui jette un doute sur
la validité spécifique de tels caractères.
; f ■
Fig. 49. — Belonostomus hooley, BMNH P-28419 : vue ventrale
du neurocrâne.
740
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4}
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Belonostomtis hooley^ooà^zxài 1916
Bebnostomus hooley Woodward, 1916 : 100, pl. XVI,
figs 1-7.
Paraiype. — BMNH P-28419.
Formation et LocaLITE-TYPE. — Néocomien de Pîle
de Wight, Angleterre.
Description
Cette espèce est connue par des neurocrânes
(Fig. 49), des fragments d^os crâniens, des ver¬
tèbres et des écailles articulées ou isolées.
Les neurocrânes sont fortement ossifiés en une
boîte endücrânienne .sans sutures et de même
raille que celles de Vinctifer. Compte tenu de ces
données, on peut estimer la longueur standard de
cette espèce à environ 60 cm.
Le premier centre vertébral est fusionné au neuro-
crâne. Les centres vertébraux, entièrement ossi¬
fiés, sont plus hauts que longs et semblent
identiques à ceux de Vinctifer. I.es restes d'os der¬
miques du toit crânien sont ornés de rides irrégu¬
lières et de tubercules allongés. Les écailles de la
ligne latérale principale sont plus hautes que
leurs voisines : elles sont lisses et présentent un
bord postérieur crénelé, caractère utilisé par
Woodward (1916), avec le degré d'ossification
des vertèbres, pour établir cette nouvelle espèce.
En lait, cette crénelure semble être la seule auta-
pomorphie de cette espèce, mais ce caractère ne
constitue pas un argument suffisant pour a.ssurer
la validité de Belonostomus hooley.
Belonostomus helgolandicus
Taverne et Ross, 1973
Belonostomus helgolandicus Taverne et Ross, 1973 :
100, fig. 2, pl. LfigsL2.
HolotypE. — Geologish Institut der Universitât Kiel
s/n°.
LoCALITE-TYPE. — Aptien inférieur (Tôck),
Hcligoland, Allemagne.
Diagnose émenuEE. — Belonostomus de grandes
dimensions dont le crâne atteint environ 19 cm de
long ; rostre aussi long que la mandibule ; prémaxil¬
laire correspondant approximativement à la moitié de
la longueur torale du crâne ; préderuaire dix fois plus
long que haut, représentant environ 50 % de la lon-
Pdt Pmx Dsp fn Na
Fk3. 50. — Belonostomus helgolandicus, holotype vue généra¬
le de la tête figurée par Taverne (1973, pl. 1, fig. 1). Dsp. denta-
losplénial , fn. fosse nasale ; Na. nasal ; Pdt, prèdentaire ;
Pmx, prémaxillaire,
gueur de la mandibule ; dentalosplénial s'articulant
avec le prèdentaire par une suture en biseau ; dents
maxillaires et mandlbuiaires discrètes.
Descjuption
Je n’ai examiné aucun spécimen de cette espèce,
et mes commentaires s'appuient donc -sur les
données issues de la littérature.
L’espèce a été fondée par Taverne et Ross (1973)
pour un spécimen dont seuls le crâne et la partie
antérieure du corps sont préservés (Fig 50).
Taverne (1981) revient sur la description et la
figuration originale grâce â la découverte de deux
nouveaux spécimens.
En plus de ses caracrères diagnostiques, B. hclgo-
Ltndkus se différencie des autres espèces par ses
grandes proportions et la possession de dents de
merne^ dimensions sur les os mandibulaires et
maxillaires. l,a mandibule occupe 74 % de la lon¬
gueur torale du crâne et le prèdentaire de 9 cm de
longueur correspond à 64 % de la longueur de la
mandibule. L'endocrâne est formé d'une .seule
ossification massive. Contrairemcni aux autres
espèces, la dentition de B. helgolandicus est discrè¬
te. Les os maxillaires et mandibulaires sont garnis
de petites dents fines' et pointues distribuées, au
moins pour le prémaxillaire, le maxillaire et le
dentalosplénial. sur une seule rangée. Les écailles
de la ligne latérale principale sont plus hautes que
les écailles supérieures et inférieures. Elles ne pré¬
sentent aucun type d’ornementation.
Remarques
Les reconstitutions faites par Taverne (1981) sem-
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
741
Brito P. M.
Fig. 51. — Belonostomus sp. « 1 «. MNHN 1990*4-6a : vue générale du corps. Op, opercule ; Pdt. prédentaire ; Pmx. prémaxillaire :
Po, postorbiîaire ; Pop. prèopercule : Ro. rostral.
blent crcs proches des dispositions des Aspi-
dorhynchidae que j’ai examines, les seules diffé¬
rences étant la présence d’un processus quadra-
tojugal et la présence d’un mésethmoïde allongé.
Comme l’absence de quadrJtojugal semble être
un caractère de la famille et que Taverne {op. dt,
fig. 5) représente cet os très postérieurement au
carré et attaché à cc dernier uniquement par la
base, je suppose qu’il s’agir là d’un symplectique
déplacé. Le mésetlnnoïdc représente, quant à lui,
la partie profonde du prémaxillaire comme je
l’avais déjà discuté (Brito 1992).
NouvEli ESPt.CFS DF Behnostomm
Les trois espèces suivantes sont en cours d’étude
en collaboration avec Lance Grande. J’en donne
ici une brève description sans les nommer.
Toutes les trois présentent des caractères signifi¬
catifs du genre Belonostorntis : forme du maxillai¬
re et présence d’un supramaxjllaire, écailles de la
ligne latérale beaucoup plus hautes que celles des
rangées immédiatement supérieure et inférieure
et hypuraux 1 et 2 fusionnés à leurs bases.
Belonostomus sp. « 1 »
Matériel examiné. — MNHN 1990-4-6 (3 exem^
plaires).
ForMAI'ION Kl' I.OCALITÉ-TYPE. — Crétacé supérieur,
Nammoura, Liban.
DeSC]IUFIUTN
Ce Belonostomus est plus petit que les autres
espèces (14 cm de longueur). Le corps est très
efïllc, la longueur standard représentant dix-sept
fois et demie la hauteur maximum du corps,
atteinte au niveau de l’opercule. La tête représen¬
te environ la moitié de la longueur standard. Le
rostre, formé par des premaxtllaires très longs,
correspond aux deux tiers de la longueur de la
tête er est deux fois et demie plus long que la
mandibule. Il s’agit là de la plus grande différen¬
ce entre les extrémités dti rostre et de la mandi¬
bule qui ait été observée che? Beloimstomus. Le
prédentaire, grêle et court, environ dix fois plus
long que haut, s’articule avec le dentalosplénial
par une .suture en biseau Le prémaxillaire est
garni de dents, fortes, présentes seulement sur les
deux tiers postérieurs de fos Prémaxillaire et os
mandibulutres sont également garnis de grandes
dents, celles du dentalosplénial étant plus petites
que celles du prédentaire. Le.s dents du maxillaire
sont plus faibles (Hg. 51).
Comme chez les autres espèces, les écaillc.s du
flanc forment trois rangées, plus hautes que les
autres, celles de la ligne latérale étant les plus
742
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
hautes. La formule ptérygienne est la suivante :
70
>
2 67 88
La colonne vertébrale comprend un nombre total
de quatre-vingt-douze ou de quatre-vingt-treize
vertèbres, en comptant les quatre vertèbres dissi¬
mulées par l’opercule et les centres participant au
soutien de l’cxosquelette caudal (quatre centres
préuraux et deux ou trois éléments uraux).
La nageoire caudale est comparable à celle de
B. lenuiroslris. Les deux lobes sont égaux. Le lobe
supérieur est constitué de six rayons non segmen¬
tés, le sixième atteignant la longueur maximale,
et de cinq ou six rayons dichotomisés. Le lobe
inférieur est constitué de sept rayons non seg¬
mentés, le .septièrne atteignant la longueur maxi¬
male, et de six rayons dichotomisés. La nageoire
caudale est soutenue par quatre centres préuraux
et par deux ou trois éléments uraux. Chaque ver¬
tèbre préurale supporte un arc neural et une
épine neurale complète ainsi qu^un arc hémal et
une épine hémale, cette dernière peu modifiée
par rapport à celle qui précède. Comme chez
B. tenuirostris, les deux premiers centres uraux
semblent être fusionnés. On peut observer quatre
hypuraux identiques ainsi que trois paires d’uro-
neuraux (Un 1-3) courts, avec leurs extrémités
Fig. 52. — Belonostomus sp. « 2 », FMNH-13883 : vue générale
du corps.
distales élargies. Ces éléments sont très sem¬
blables à ceux de B. tenuirostris.
Rfm.arquhs
Même s’il s’agit d’une forme juvénile (les rap¬
ports crâne/longueur standard et rostrc/crâne
semblent proches de ceux décrits sur les indivi¬
dus jcunCvS de V. corripto^i. atteignant 12 cm de
longueur .standard), les caractètes évoques plus
haut justifient la séparation de la forme du Liban
des autres espèces.
Belonostomus sp. « 2 »
MatÉBJKL. — Numéros FMNH-PF 13880, FMNH-
PF 13881. FMNH-PF 13882 et FMNH-PF 13883.
DlSlKIBUrioN (lOCAi.lTf. El ÂGE). — Formation
Amminadav, Crétacé supérieur. Cénomanien, Ein-
Yabrud, 20 km au nord de Jérusalem, Israël.
DKSCRIP'riON
Cette petite espèce (environ 36 cm de longueur
standard) se différencie des autre.s especes du
Crétacé par sa forme plus trapue et par ses pro¬
portions (Fig. 52). La longueur standard corres¬
pond i environ douze fois la hauteur maximum
du corps au niveau de Popercule, Le crâne oc¬
cupe environ le quart de la longueur statidard ; le
rostre (= prcmaxillaircs) occupe environ la moitié
de la longueur totale de la tête. Le prédentaire est
long et représente 60 % de la longueur totale de
la mandibule. Il s'articule avec le dentalosplénial
par une suture en biseau.
Il y a environ soixante-neuf vertèbres, sans comp¬
ter les trois ou quatre vertèbres dissimulées par
Popercule et les vertèbres participant au soutien
de Pexosquelette caudal, qui ne sont pas visibles
ou conservées.
Ces éléments permettent de différencier Pespèce
israélienne de toutes les autre.s espèces du
Crétacé. Les écailles du flanc sont ornées de rides
parallèles au bord postérieur des écailles. La
constance de ce caractère pourrait constituer une
différence supplémentaire avec les autres espèces.
Belonostomus sp. a 3 »
Matériel examiné. — Numéro provisoire FMNH
(voir appendice 2).
GEODIVERSITAS ‘ 1997 • 19(4)
743
Brito P. M.
Distribution (localité et âge). — Formation
Morelos. Crétacé inférieur, Albien, « 1 layua Quarry »,
Tepexi de Rodriguez, Puebla, Mexique.
DESCRimON
Applegate (1996) signale la présence de
Belonostnrnus dans la Formarion Morelos, mais
sans donner explicitement de caractères séparant
la forme mexicaine des autres espèces. Cette espè¬
ce, très fréquente dans le calcaire de la Formation
Morelos, est actuellement en cours de description
par Brito Grande. Je peux indiquer ici que
l’espèce mexicaine se différencie des autres espèces
nord-américaines par scs faibles dimensions (lon¬
gueur standard d’environ 25 cm). Le crâne oc¬
cupe environ un tiers de la longueur totale du
corps (Fig. 53A) ; le rostre occupe environ la moi¬
tié de la longueur totale de la tctc ; le rostre et la
mandibule sont subégaux. Le prémaxlllairc, grêle,
correspond à la moitié de la longueur totale du
crâne. Le maxillaire est identique à celui décrit
cher les autres espèces. Le supramaxillaire, dont la
longueur correspond au quart de celle du maxil¬
laire, est situé à Tangle postéro-supérieur de ce
dernier et est de forme ovale. Contrairement aux
autres espèces, le supramaxillaire est perpendicu¬
laire à Taxe postérieur du maxillaire (Fig. 53B, C).
Le prédentaire est environ deux fois plus court
que la mandibule, il est quinze fois plus long que
haut et vs'arriculc avec le dentalosplénial par une
suture en biseau.
Comme ZL helgolandicus et ZL longirostris, la
forme mexicaine présente une denture très dis¬
crète formée de petites dents fine.s, distribuées
«ur une seule rangée sur le bord oral des os
maxillaires er mandibulaires.
Les trois rangées d’écaillcs principales du flanc
sont pliLs hautes que les autres ; celles de la ligne
latérale étant les plus hautes. On compte environ
soixante-douze ou soixante-treize rangées verti¬
cales d’écaille.s depuis le bord postérieur du
Fig. 53. — Belonostomus sp. « 3 » : A. vue générale du corps (FMNH 13483) : B. vue générale du corps (FMNH 13484) ; C. vue
générale du crâne (FMNH 13489). Dsp, dentalosplénial ; Mx, maxillaire ; Pdt, prédentaire ; Pmx, prémaxillaire ; Smx, supramaxil¬
laire.
744
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
supracleithrum dont huit ou neuf estimées juste
en avant de la caudale. La nageoire pelvienne
débute avec la vingt-huitième rangée verticale
d’écailles, l’anale avec la quarante-cinquième et la
dorsale avec la quarante-huitième.
Les caractères qui viennent d’être évoqués ici jus¬
tifient la séparation de la forme mexicaine de
toutes les autres espèces du genre.
Remarques
Une autre espèce, B. orrjatm {Félix, 1891), a été
signalée dans le Ncocomicn du Mexique à partir
d’un matériel fragmentaire. Cetre grande espèce
partage un caractère avec B. chicms et B. hngiros'
tris (le prédentaire présentant une gouttière lon¬
gitudinale visible à mi-hauteur de la face latérale
et sur ses deux tiers postérieurs) et ne peur en
aucun cas être confondue avec Belono-
stomiis sp. « 3 » de l'.^lbicn du Mexique.
La localité d'où proviennent les spécimens de
B. ornatus n’a pas été retrouvée (Applegate
comm. pers. 1993).
Autres restes a'itribués à Belonostomus
Des restes attribués à Belonostomus peuvent être
classé.s en quatre catégories.
La première est constituée par de.s restes isolés (os
maxillaires et mandibulaires, écailles) rapportés
au genre BdonostomxiSy sans dérermination spéci¬
fique. Elle inclut le taxon décrit du
Kimméridgien du Havre (Dumonter & Wenz
1979) ainsi que tous les restes attribués à ce genre
découverts en Amérique du Nord (Bardack
1968 ; Wietstonc 1978 j Bryanr 1987, 1989 ;
Wilson & Chalifa 1989)
La deuxième categorie groupe des espèces nomi¬
nales créées à partir d’un matériel fragmentaire.
Connu par un fragment de mandibule. (?) B. lep-
tosteus du Baihonien d'Oxfbrdshirc, Angleterre,
nommée par Agassi/. (1844) et postérieurement
décrire et figurée par Phillips (1871). doit très
probablement appartenir à Aspidorhynchus
crassîts. fi. Pictet (1850) du Néocomien
de Suisse a été fondée sur la base d’un tronc mal
préservé et fi. ornatus Félix (1891) du
Néocomien du Mexique a été nommée à partir
d’os isolés : maxillaires, prédentaires et dentalo-
spléniaux, écailles et vertèbres. Ces deux der¬
nières espèces .sont des Belonostomus incontes¬
tables d’après la forme des écailles (fi. genamisis
et fi. Ofiiatus) et celle du prédenrairr (fi. ornatus).
Aucun élément ne permet d’en assurer la déter¬
mination spécifique, fi. ornatus^ qui présente la
gouttière longitudinale connue chez fi. cînetus et
fi. longirostriSf pourrait tomber en synonymie
avec ce dernier.
La troisième catégorie groupe des espèces mal
définies et qui devraient tomber en synonymie
telles que fi, pygrnaeus Winkler, 1871, fondée sur
un exemplaire immature des calcaires lithogra¬
phiques de Solnhofen et que rien ne distingue de
fi tenuirostns ou de fi. mUnsteri. B. rnatteuzi et
B. dalrxjaticus du (?) Cénomanien de Croatie
(Kramberger-Gorjanovic 1895). sont probable¬
ment synonymes de B. crassirostris Costa (1856).
La quatrième concerne des restes attribués à
Belonostomus maïs que, pour des raisons paléo-
bïogéographiqucs, je rapporte au genre Vinctifer.
11 s’agit de Belonostomus sp. du Kimméridgien
d’Argentine (Leanza et Zeiss, 1990) et de
Belonostomus sp. du Crétacé de Guinée Equato¬
riale (Taverne, 1969).
Espèce retirée du genre Belonostomus
« Belonostomus » carinatus
Mawson Woodward, 1907
Holotyit. — BMNH 10062-P.
Formation f.t Localité-type. — Formation
Candeias, Groupe Bahia, (?) Barrémien, Salvador,
État de Bahia, Brésil.
Mawson ôc Woodward (1907) ont rapporté des
écailles atticulces provenant du Crétacé inferieur
de Bahia. Brésil, à l’espèce « Belonostomus « cari¬
natus-, qu'ils ont comparées à celles de fi. siuetii
(= Vinctifir sweeti). B. carinatus fut, par la suite,
citée par de nombreux auteurs comme une espè¬
ce valide de Belonostomus (voir Carvalho 1982).
Les écailles de la région postérieure du corps
(Fig. 54) sont de grandes dimensions avec une
carène simple et aiguë émergeant aux alentours
du centre et s’étendant postérieurement par une
épine proéminente. Le reste de la surface exposée
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
745
Brito P. M.
Fig. 54. — « Belonostomus » carinatus, BMNH 10062-P :
écailles.
est lisse ou marqué par des rides très fines.
D’après mes ob.servations, ces écailles sont très
différenres de celles des Aspidorhynchidae et
peuvent plutôt être rapportées à de nombreux
groupes d« Holoscécris ».
D(_)NNËI:S HNVIRüNNKMENTALKS
(habitat RT NUTRITION)
La plupart des espèces de Belonostomus ont été
trouvées dans des couches d’origine marine. Seul
Belonostomus bmirosttis du Maastrichtien d’Amé-
tique du Nord er le l^rWrÿrrsp. du Barrémien de
la Formation Missio Velha (NE Brésil) provien¬
nent de sédiments réputés d’eau douce. 11 est pro¬
bable que ces formes ont été capables d’incursions
en eau douce ou étaient meme adaptées à une vie
franchement dulçaquicole.
Belonostomus a occupé, très probablement, les
mêmes biotopes cosmopolites Aspidorhynchtts.
Des spécimens de B. tenuirostris comportent des
restes de proies dans l'appareil digestif :
cf. Leptolepides sp., Notagogus sp., et même un
Rhynchocépbalc appartenant probablement à
Homoeositurus (Eastman 1914 ; Saint^Seine
1949). Ceci confirme le mode de vie prédateur et
le régime piscivore de cette espèce^ comme ceux
des autres espèces du genre.
ANALYSE PHYLOGÉNÉTIQUE
L’objectif de cette deuxième partie est de fournir
une hypothèse sur les relations phylogénétiques
des Aspidorhynchidae au sein des Neopcerygii,
en se fondant sut les données morphologiques
extraites de divers complexes ostéologiques. Ces
relations seront analysées en utilisant la méthode
cladistique de Henntg (1966).
Choix des GRouPES-rREuEs
Suivant les auteurs, les Aspidorhynchidae ont été
diversement classés à l’intérieur des Actino-
pterygii. Les interprétations de Patterson (1973,
1977), Patterson & Rosen (1977) et Mainwaring
(1978) sur les Aspidorhynchidae, en tant que
Tcleostei primitifs, restent les plus reconnues
actuellement.
Établir le groupe-frere primitif des Tcleostei
(dont les Aspidorhyndiidae semblent faire par¬
tie) est problématique, car il n existe pas de
conscn.sus sur la phylogénie des Neopcerygii.
Fondamentalement, il existe deux points de vue
divergents concernant le groupe-frère des
Tcleostei La ptemière hypothèse, proposée par
Patterson (1973, 1975, 1977), Wiley (1976),
Schultxe & Wiley (1984) et résumée par
Laudcc Ôc Licm (1983), considère les
Halecomorphi (Amiiformes, Caturidae,
Ophlopsidae, Patasemionotidac) comme le
groupe-frère des Tcleostei, ces^ deux taxons tor-
mant le cladc des Halecostomi : les Ginglymodi
(= Lepiso.stidae) soin considérés comme le
groupe-lrèrc des Halecostomi (Fig. 55A).
Des idées differentes ont été proposées par OIsen
(1984), Véran (1988) et Olscn & MeCune
(1991). Les premiers considèrent les
Semionotiformes (clade lormé par les
Semionotidae + Lepisosteidae + MacroscmÜdae)
comme le groupe-frère des Tcleostei ; les
Halecomorphi comme le groupe-frère des
Semionotiformes + Tcleostei , les Parasemio-
notidae forment le groupe-frère des (Haleco¬
morphi (Semionoiifortnes + Tcleostei)), l’en¬
semble formatir les Neopicrygii (Fig. 55B).
La Seconde, Vénui (1988) s'oppose à l'interprcta-
tion d’Olsen (1984). OIseit & MeCune (1991),
et n’accepte pas les Lepisosteidae comme le
groupe-frère des Macrosêmiidac et des
Semionotidae. Dans cette interprétation, les
Lepisosteidae (Ginglymodi sensu Patterson 1973)
représentent le clade de Neopterygii le plus pri¬
mitif et seraient donc le groupe-frère de
746
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
rensemble (Parascmionotidac + (Halccomorphi
+ (Macrosemiidae + (Scmionoridac + leleosrei)))).
Les deux points de vue diftereut sur l’interpréta¬
tion de l’articulation de la mâchoire. Chez les
Teleostei et les Scniionotidae, le symplectique se
termine directement avec le carré, ce qui est
considéré comme une synapomorphie des
Teleostei. Chez les Halccomorphi, par contre, le
symplectique fait partie de Tarticulacion de la
mâchoire, ce qui est considéré comme l'état pri¬
mitif par \'éran (1988), mais comme état dérivé
par Olsen (1984) et Olscn & MeCune (1991).
Les relations phylogénétiques entre les
Neopterygii sont donc controversées. Afin
d’avancer une hypothèse quant à ces relations,
j’ai été conduit à faite établir une matrice de
données concernant la définition de l’intra-
groupe (appendice 1) et à l’analyser tous PAU P.
I HALECO-
I STOMI
Parasemionotidae
Caîurus ] HALECO-
Amia J MORPHES
Lepisosteidae
Macrosemiidae
Semionotidae
Teleostei
I SEMIONOTI-
1 FORMES
Caîurus
Amia
Lepisosteidae '
Macrosemiidae ^
Semionotidae
Teleostei
SEMIONOTI-
FORMES
Fig. 55. — Résumé des relations phylogénétiques des
Neopterygii proposés par A, Patterson (1973) : B et C, Olsen &
MacCune (1991).
Choix dks fxtra-orouprs
J’utiliserai plus d'un exrni-groupe afin de réduire
la possibilité qu’une synapomorphie du premier
cxfr.i-groupe soit plésiomorphe (Watrous &
WTieeler 1981 ; Maddison et ai 1984).
Les extra-groupes ont été choisis sur la base des
analyses cladistiques précédentes des Actinopte-
rygii fossiles (Olsen 1984 ; Gardiner & Schaeffer,
1989 ; Olsen & MeCune 1991.) et des connais¬
sances .inatomiques les plus complètes possibles
en s’adressant à des espèces spécialement bien
conservée.s * cf. PteronisciUus (Nielsen 1942) et
Watsofiidm (T-ehman 1952 ; Olscn 1984).
Choix des taxons ‘i i'RjViinaux
Pour Tanalyse des Neopterygii, j'ai pris en compte
un certain nombre de taxons (12) dans le but de
tester la monophylie des Neopterygii. La raison
pour laquelle j'utili.se ces taxons (sauf les excep¬
tions mentionnées auparavant) au niveau géné¬
rique est liée aux limites opérationnelles trouvées
pour cette analyse. Le choix du genre en tant
qu’unité de base de mon analyse est donc un
choix méthodologique qui permettra d’offrir un
plus large éventail de.s variations morphologiques.
Série he transformations dfs caractères
Cette analyse phylogénétique repose sur trente-
sept caractères anatomiques, pris de différents
complexes, et deux caractères hi.stologiques. La
correspondance topographique entre les unités
osseuses est utilisée comme première évidence
d’homologie. La polarisation londéc sur fextra-
groupe ou sur l’ontogénie est utilisée comme
deuxieme pas dans cette même analyse. Pour les
états de caractères, voir fappcndicc 1 (matrice de
caractères).
Seules les analyses qui ont résulté d’un test de par¬
cimonie peuvent supporter l'état de monophylie
défini par les synapomorphles (Hennig 1966 ;
Patterson 1982 ; Rieppel 1988 ; Pinna 1991).
De nombreux caractères sont extraits de la litté¬
rature comme indiqué ci-après. Dans la liste qui
suit, les caractères 4, 6, 8 et 14 sont ordonnés.
Liste de caractères
1 . Rapport entre les os du neurocràne chez les
individus adultes :
0 - oblitération des sutures.
GEODiVERSITAS • 1997 • 19(4)
747
Brito P. M.
1 - OS non fusionnés.
2> Myodome antérieur :
0 - présent.
1 - absent.
3. Région ethmoïdienne (modifié d’après
Olsen & McCune 1991) ;
0 - ossifiée.
1 - ossification réduite.
2 - type Téléostéen (avec au moins crois ossifica¬
tions : un supraethmoïde et une paire d’eth-
moïdes latéraux).
Selon Olsen & McCune (1991)» la réduction de
l’ossification ethmoïdienne est une synapomor-
phie des Semionotidae + Macrosemiidae +
Lepisosteidae Elle peut être expliquée par
l’absence de myodome antérieur. Ce caractère
homoplasique est aussi présent chez AmiUy où
seuls les ethmoïdes latéraux et les pré-ethmoïdes
sont connux, Chez les Teleosiei, en plus des eth¬
moïdes latéraux, tl y a une série d’os supplémen¬
taires, parmi lesquels le supraethmoïde médian
(Patterson 1973, 1975).
4. Myodome postérieur :
0 - présent, confiné au prootique,
1 - présent, pénétrant dans le basioccipital.
2 - absent.
La présence d’un myodome postérieur pair est
un caractère primitif des Actinopterygii. L’aug¬
mentation de taille de ces myodomcs a entraîné
leur confluence, provoquant egalement la migra¬
tion postérieure de la fissure ocico-ventrale. Chez
les Teleostei, le myodome traverse la fissure
otico-ventralc et pénètre dans le basioccipital.
5. Fosse de Bridge (Olsen & McCune 1991) :
0 - présente.
1 - confluente avec la fosse post-temporale.
6. Fosse post-temporale :
0 - absente.
1 - présente.
La fermeture de la fissure crânienne provoque des
changements concomitants dans le neurocrâne.
Les caractères suivants (7, 8, 9 et 11) concernent
cette fermeture. En vue dorsale, le supraoccipital
et l’épioccipital s’étendent vers l’avant dans la
région otique, fépioccipiral déplaçant le ptéro-
tique de sorte que ce dernier s’ossifie â partir
d’un centre situé au-des.sus de la facette hyoman-
dibulaire et du canal scmicirculairc externe. En
vue latérale, les régions subvagale et siipravagale
de l'cxoccipital s'étendent dans la région otique,
avec perte, d'abord de l’opisthorique, puis de la
partie cndochondraJe de rintcrcalaire.
7* Opisihotique (Olsen & McCune 1991) :
0 - individualisé.
1 - absent.
8. Supraoccipital :
0 - absent.
1 - présent et dans la région occipitale.
2 - présent et dans la région otique,
9. Intercalaire enchondral (Olsen & McCune
1991) :
0 - présent.
I - absent,
La présence d'un intercalaire enchondral situé
posféro-dorsalement par rapport au foramen du
vague, et qui se développe comme un composant
latéral de Tare occipital est l'état primitif chez les
Actinopterygü.
10. Intercalaire de type Aunüdae :
0 - présent.
1 - absent.
11. Position du foramen du nerf vague (X) par
rapport à l’exoccipiral (Olsen & McCune 1991) :
0 - situe d;ms la fente.
1 - inclus dans l’exoccipital.
12. Processus occipital du neurocrâne formé par
fincercalaire et l’autoptérotique :
0 - absent.
1 - présent.
13. Vomer.
0 - (plaque osseuse) indifférencié.
1 - pair.
2 - impair.
Il n’y a pas de vomer chez Polypterus ni chez les
chondrostéens actuels. La structure paire nom¬
mée « vomer » chez Pteronisculus semble tout
748
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
simplement être une plaque osseuse située entre
Tentoptérygoïde et le parasphénoïde.
14. Extension du parasphénoïde sous la fissure
otico-ventrale :
0 - atteint la fissure odeo-ventrale.
1 - s'étend au-delà de la fissure orico-ventrale,
sous la moitié antérieure du ba.sioccipital.
2 - s'étend au-delà de la fissure otico-ventrale,
jusqu à la partie postérieure du basioccipital.
Le caractère l4 a été ordonné comme suit.
L’allongement progressif de la partie postérieure
du parasphénoïde forme une série de transforma¬
tions morphologiques évidentes :
— chez quelques Paleoniscidae du Dévonien, le
parasphénoïde se termine posterieurement, au
niveau de la fissure otico-ventrale située immé¬
diatement en arrière de la fosse hypophysaire ;
— chez d'aucies Paleoniscidae et un certain
nombre d’Actiiioprerygii plus évolués, le para¬
sphénoïde se termine également au niveau de la
fissure odco-ventrale mais celle-ci est située plus
en arrière que chez les formes precedentes ;
— chez Pholidophonts hcchei^ le parasphénoïde se
termine sous la moitié antérieure du basioccipi¬
tal. à mi-chemin entre les foramens des nerfs
glossopharyngien et vague ;
— chez tous les autres Accinopterygii, le parasphé¬
noïde s’étend jusqu'à la partie postérieure du
basioccipital, au-delà du foramen du vague.
15. Dents du parasphénoïde ;
0 - parasphénoïde denté en avant du processus
ascendant.
1 - plage dentée sur la partie postérieure du para¬
sphénoïde.
2 - parasphénoïde édenté.
16. Position du foramen de la carotide interne
(Patterson 1977) :
Ü - situé dans une encoche du parasphénoïde.
1 - inclus dans le parasphénoïde.
17. Prémaxillaire :
0 - fixe, présent en dessous du rostral.
1 - fixe en forme de rubc rostral qui s’insère dans
la région erhmoïdiennc du neurocrâne.
2 - mobile, présent latéralement par rapport au
rostral.
3 - se situe latéralement ou en dessous du rostro-
dermcthinoïdc.
Ce caractère n a pas été ordonné en raison du fait
que fétat (2) ou l’état (3) ne sont vraisemblable¬
ment pas dérivés de l’état (1), mais que tous trois
dérivent de fétat (0).
18. Maxillaire :
0 - fixe.
1 - mobile.
19. Supramaxillaire :
0 - absent.
1 - un.
2 - deux.
La présence d’un .supramaxillaire est considérée
comme une .synapomorphie des Halecostomi
(Patterson 1973). La présence de deux supra-
maxillaires est un caractère dérivé des Teleostei.
20. Extrascapulaires :
0 - plusieurs paires.
1 - une paire.
Ce caractère a été considéré par Olsen &
MeCune (1991) comme une synapomorphie des
Lepisosteidae + Macrosemüdae. En réalité, ce
caractère n’est pas exclusif de ce groupe car il est
également retrouvé chez de nombreux
Paleoniscidae, chez quelques Amiidae, chez
Dapediîim et chez quelques espèces de Lepidotes
(Wenz ÔC Brito 1996).
21. Préopercule :
0 - en forme de croissant.
1 - à deux branches.
22. Position du canal préopcrculaire :
0 - parallèle au bord antérieur.
1 - proche du bord postérieur.
23. Interopercule :
0 - absent.
1 - présenr
Olsen & MeCune (1991) ont proposé comme
caractère « interopercule réduit ou absent ».
Depuis Patterson (1973), la présence d’un inter¬
opercule e.st considérée comme une synapomor¬
phie des Halecostomi. Etant donné que la
réduction de f interopercule est un caractère difFi-
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
749
Brito P. M.
elle à définir, deux ciacs peuvent exister : la pré¬
sence et l’absence. Un espace séparant la mâchoi¬
re de l'interopercule est observé chaque fois que
la mandibule est de petite taille comme chez les
Teleostei et les Macrosemiidae.
24. Prédentaire :
0 - absent.
1 - présent.
25. Processus coronoïde :
0 - absent.
1 - présent,
26. Susangulaire :
0 - présent.
1 - absent.
27. Gulaire :
0 - présente.
1 - absente.
28. Forme du suspensorium :
0 - facette d’articulation pour Fhyomandibulaire
inclinée.
1 - facette d’articulation pour fhyomandibulaire
horizontale.
29. Articulation entre le symplectique et la man¬
dibule (Patterson 1973 ; Véran 1988) :
0 - le symplectique s’articule avec la mandibule.
1 - le symplectique ne s’articule pas avec la man¬
dibule.
30. Articulation entre le symplectique et fhyo¬
mandibulaire (Véran 1988) :
0 - s’articule directement.
1 - un joint de tissu fibreux remplace farticula-
tion.
31. Processus postéro-ventral du carré :
0 - absent.
1 - présent.
32. Quadratojugal ;
0 - présent,
1 - absent.
Chez les Actinopterygii primitifs, le quadratojugal
est un petit os dermique situé ventralement par
rapport à la branche verticale du préopercule et
supportant une ligne sensorielle verticale. Chez
Lephosteus^ le quadratojugal apparaît latéralement
comme un petit élément (Wiley 1976 ; Arnuia &
Schulrze 1991). Une épine indépendante interpré¬
tée comme un quadratojugal est mentionnée chez
Semionotus, Dapedhim, Tetmgonolepis, Hulletia et
Prohalecites {cfl Lambers 1992) et citez les
Macrosemiidae (Véran 1988, fig. 28e).
Le quadratojugal est perdu chez les Haleco-
morphi et les Teleostei (Patterson 1973). Chez
ces derniers, le processus postéro-ventral situé sur
le carré était habituellement interprété comme
un quadratojugal, Comme ce processus ne pré¬
sente pas de canal sensoriel vertical, et comme il
n’y a pas de preuve otuogénétique d’une liomolo-
gie entre le processus membraneux du carré et le
quadratojugal, cette structure ne peut ccre définie
comme un quadratojugal {cf. Arratia & Schultze
1991 pour la discussion). C’est le cas
fX'ichthyokentema (Griffith & Patterson 1963),
des Pachycormidae (Lambers 1992), des
Pholidophoridae (Patterson 1973), des Lepto-
Icpidae et des Teleostei évolués.
33. Clavicule :
0 - présente.
1 - absente ou réduite.
Chez les chondrosréens, il existe de grandes clavi¬
cules qui précèdent les cleithrums et qui s’affron¬
tent médianement. Chez les Actinopterygii les
plus évolués, les clavicules sont absentes ou
réduites.
34. Propterygium de la nageoire pectorale
(Patterson 1977) :
0 - libre.
1 - fusionné avec le premier rayon de la nageoire,
35. Arcs uraux neuraux (Patterson 1977) :
0 - non modifiés.
1 - modifiés en uroneuraux.
Les arcs uraux neuraux modifié.s en uroneuraux
de type Teleostei ont été considérés comme
homologues des « uroneuraux de type
particulier » des Pachycormidae et de P. bechei
(Patterson 1973, 1977). Cette homologie est
mise en douce par Arratia ÔC Lambers (1996),
lesquels estiment que ces structures ont des ori-
750
GEODIVERSITAS * 1997 • 19 (4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
gines différentes. Le problème est loin d’être
résolu, toutefois mon analyse considérera les
« uroneuraux » des Pachycormidae, de P. bechei
ainsi que de Belonostomus comme étant differents
de ceux du type Teleostei.
36. Présence de liaison « peg-and-socket » sur les
écailles :
0 - présente.
1 - absente.
37. Canalicules de Williamson :
0 - présents.
1 - absents.
Les tissus osseux des « sub-holostéens » et des
holostéens sont caractérisés par la présence de
structures qui nexisterit pas dans les os des autres
poissons et des tétrapodes ; les canalicules de
Williamson. Ces canaux contiennent des proces¬
sus cytoplasmatKpjes des cellules situées à la sur¬
face de Tos qui ne sont pas incluses dans les tissus
durant la croissance.
38. Type d’écaille :
0 - ganoïde.
1 - élasmoïde.
2 - cycloïde.
39. Hypuraux 1 et 2 des individus adultes
(Arratia 1991) :
0 - a.ssociés aux centres uraux 1 et 2 séparés.
1 - associés à un composant ural unique (centres
uraux 1 et 2 fusionnés).
Résultats
Les résultats de cette analy.se utilisant Toption
« Bmneh-and-hound search » du programme
PALJP 3.1 (Swofford 1993) ont généré trois
arbres également parcimonieux; (Fig. 56A-C),
d’une longueur de soixante-dix-neuf pas (ci =
O, 60, ri = 0,70). Carbre de consensus strict de ces
trois topologies (Fig. 57) retient un total de huit
noeuds poui' quatorze t.a\ons terminaux.
iVlONOPHYI.IÉ DKS NF.OKrÉKYGII
Les résultats obtenus confirment la monophylic
des Neopterygii. Ceux-ci constituent un clade
monophylétique fondé sur les cinq synapomor-
phies suivantes :
1, L'état (1) du caractère 33 (clavicule ab.senie ou
réduite).
2. Lceât (2) du caraaère 14 (extension du para-
sphénoïde âu-delà de la fissure otico-ventrale,
sous la partie postérieure du basioccipiral),
P. bechei présente l’état (1) de ce caractère
Pîeronisculus
Watsonulus
Amia
Caturus
Lepisosteus
Macrosemiid
Semionotus
Pachycormid
îchthyokentema
L. coryphaenoides
R bechei
Aspidorhynchus
Belonostomus
Vinctifer
Pteronisculus
C
Pteronisculus
Watsonuius
X
Watsonulus
Amia
//y
Amia
Caturus
///
Caturus
Lepisosteus
// 3/
U 2A ^
Lepisosteus
Macrosemiid A
Macrosemiid
Semionotus /
/ \
Semionotus
lchîhyokentema\/
Pachycormid
Ph^ bechei ^ \
Q /
Ichthyokentema
/_ coryphaenoides
\ y/
\
L. coryphaenoides
Aspidorhynchus
P. bechei
Belonostomus
7X
Aspidorhynchus
Vinctifer
10V
Belonostomus
Pachycormid
Vinctifer
Fig. 56. — Les trois arbres les plus parcimonieux. Longueur de 79 pas (ci, 0,60 ; ri, 0,70).
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
751
Brito P. M.
3 U
.J
1
Fig. 57. — Arbre de consensus strict.
comme chez Textra-groupe Vfiitso^uius.
3. L’état (I) du caractère !5 (présence d’une
plage denrée sur la partie postérieure du para-
sphénoïde)» avec une réversion chez Caturus et
Ichthyokcrnetmi (= étal (0) denté sur toute sa lon¬
gueur, à partir du processus asceJidant), et chez
Vinctifer i- état (2) parasphénoïde édenté).
4. Uérar (!) du caractère 21 (préoperculc en deux
branches) avec une réversion chez Amia.
5. L’état (1) du caractère 32 (absence de quadraro-
jugal) avec une réversion chez les Semionoti-
formes.
Dans la topologie 2, Tétât (1) du caractère 1 (os
du neurocrâne non fusionnés) est, lui aussi, une
apomorphie des Neopterygü ; dans cette topolo¬
gie, ce caractère suhir.iit donc une réversion chez
CaturiiSy P. hecheiy L, corhypbaenoides et
Belonostornus t Vitictifer,
Dans la topologie 3, Tétat (1) du caractère 29 (le
symplectique ne s'articule pas avec la mandibule)
étaye, lui aussi, le nœud 1. Ceci pourrait impli¬
quer une double réversion chez les Haleco-
morphi et chez Vinctifer, où l'articulation mandi-
bulaire est assurée par le carré et par le symplec¬
tique.
Relations phyiocu-nëtiques entre
LF^ NEOETERYt^.I!
La première grande différence structurale
(= topologique) intert'ieru au niveau des relations
entre les trois groupes majeurs de Neopterygü
{cf, Halecomorphî, Semionotiformes sensu
Olsen & MeCune 1991, et Teleostei) et la posi¬
tion des Pachycormidae parmi eux. Trois hypo¬
thèses concurrentes se dégagent :
1. Dans la première topologie (Fig. 56A), les
Teleostei constituent le groupe-frère des
Pachycormidae ♦ Semionotiformes.
2. Dans la deuxième topologie (Fig. 56B), les
Pachycormidae forment le groupe-frère des
Teleostei + Semionorifbrines.
3. Dans la troisième topologie, les
Pachycormidae sont le groupe-frère des
Halecomorphi + Semionotiformes (ces derniers
constituanr les llolosrei, nœud .3) (Fig. 56C)^
L’existence de trois hypothèses de relations de
parenté à ce niveau basal serait liée aux diffé¬
rences d’inierprétation.s des séries de transforma¬
tions des étais des caractères 1, 7^ 9, 27 et 29.
Dans la première topologie (Fig. 56A), le
noeud 3 ( lèleoscci (Pachycormidae + Semionoti-
fbrmes)) est étayé par Térat (1) du caractère 29
(le symplectique ne s'articule pas avec la mandi¬
bule) qui présente une réversion chez Vinuiifer.
Les Pachycormidae et Semionotiformes forment
un groupe monophylétique sur la base de Tétat
(1) du caractère 1 (os du neurocrâne non fusion¬
nés), homoplasique chez h'htlyyokentema et
Aspidorhynchiis ; et de Tétat (1) du caractère 9
(absence d’iniercalaire eiichondral) codé « ? »
pour les Pachycormidae, et homoplasique chez
Amia et L, co^yphaenoides.
Dans cette top*:>logie, le caractère 7 étaye séparé¬
ment la monophylie des Halecomorphi (nœud 2)
et celle des Semionotiformes (nœud 5). Le carac¬
tère 27 étaye seulement celle des Semionotiformes
et est homoplasique chez les Aspidorhynchidac
(nœud ] 0) et chez khïhyokentenuL
Dans la deuxième topologie (Fig. 36B), le
nœud 3 (Pachycormidae (Teleostei + Semiouoti-
formes)) est, comme dans Tarhre précédent, étayé
par Térat (I) du caractère 29 (le symplectique ne
s'articule pas avec la mandibule) réversé chez
Vinctifer. La monopliylle des (Teleostei +
Semionotiformes) est étayée par Tétat (1) du
caractèœ 27 (absence de gulaire) avec une réver¬
sion chez- P hechei et L. coryphaeifoides.
Dans cette topologie, le caractère I se trouve à
un niveau plus basal (nœud I ) et est considéré
comme une réversion chez Caturus^ le nœud 9
752
GEODIVERSITAS ‘ 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
{P. hechei + L. corhyphaenoules) et le noeud 11
{Belonostonius + Vinctifer) ; le caractère 7 étaye
séparément les monophylies des Semionoti-
formcs et des Halecomorphi mais est homopla-
sique chez. L. coryphaenoides \ le caractère 9 étaye,
lui aussi, le ntjeud homoplasique chez Arnia et
L. coryphaenoUles.
Dans le troisième arbre (Fig. 56C), le nœud 2
(Pachycormidac (Halecomorphi t Semionoîi-
Formes)) est soutenu par Tétât (J) du caractère 1
(os du neurocrâne non fusionnés), homoplasique
chez Ichthyokcnteniii et Aspidorhynchiis et avec
une réversion chez Cantrus ; et par Tétât {1 ) du
caractère 9 (absence d'interc'alaire euchondral),
douteux chez les Pachycormidae et homoplasique
chez L. coryphaenoides. Cacurus présente une
réversion pour ce caractère. Le nœud 3
(Halecomorphi + Semionotiformes) est défini
par l’état (1) du car;icrère 7 (opischotit|ue
absent), homoplasique chez L. coryphaenoides.
Dans cette topologie, le caractère 27 étaye la
monophylie des Semionotiformes (tnais il est
homoplasique chez Ichthyokentema et chez les
Aspidorhynchidae) et le caractère 29 soutient le
nœud 1 (niveau basal des Neopterygii) avec une
réversion chez les Halecomorphi et chez Vincti^t.
Les trois groupes majeurs de Neopterygii
{cf. Halecomorphi, Semionotiformes sensu
Olsen & MeCune 1991, et Teleostei) apparais¬
sent bien comme des clades sur les trois topolo¬
gies obtenues.
Les Halecomorphi forment un groupe monophy-
létique fondé, au moins, sur les trois synapomor-
phies communes aux trois topologies ; ce sont ;
1. L’état (1) du caractère 10 (présence d’interca¬
laire de type Amiidc).
2. L’état (I) du caractère 36 (absence de liaison
« peg-arid-sockeî » sur les écailles), homoplasique
chez les Halecomorphi et chez L. cotyphaenoides
(et tous les feleostei plus ticrivés).
3- L’état (1) du caractère 38 (type éla.smoïde des
écailles).
Dans les topologies 1 et 2 (Fig. 36A, B), Tétat
dérivé du caractère 7 (absence d’opisthotique)
définit les Halecomorphi, il est par contre homo¬
plasique chez les Semionotiformes et chez
L. coryphaenoides.
Dans la topologie 3, Tétat plésioniorphe du
caractère 29 (double articulation de la mandibu¬
le) est une réversion qui étaye la monophylie des
Halecomorphi ; cet état de caractère est égale¬
ment présent chez Vinctifer.
Les Semionotiformes sensu Olsen & MeCune
(J991) sont considérés comme un groupe mono-
phylétiquc sur la base de quatre autapomor-
phies :
1. L’état (l) du caractère 2 (absence de myodome
antérieur).
2. I-étai (l) du caractère 3 (réduction des ossifi¬
cations de la région ethmoïdienne).
3. L’état (1) du caractère 11 (foramen du nerf
vague dans TexoccipitaT), ce dernier caractère
étant homoplasique car on le retrouve chez
L. coryphaenoides.
4. L’étai pJésiomorphe du caractère 32 ( présence
de quadraiojugal) considéré comme une réver¬
sion.
L’état (1) du caractère 7 étaye la monophylie des
Semionotiformes sur les topologies 1 et 2, étant
homoplasique chez les Halecomorphi er chez
L, coryphaenoides. Sur la topologie 2, Tétat (1) du
caractère 9 est une synapomorphie au niveau du
dade Scmionotifornae.s, il esc homoplasique pour
Amia et L. coryphaenoides ; finalement, sur les
topologies 1 et 3, Tabsence de giilaire (état (I) du
caractère 27) définir, elle aussi, la monophylie
des Semionotiformes et est une homoplasie pour
Ichthyokentema cc les Aspidorhynchidae.
Les Teleostei forment un groupe monophylé-
tique incontestable sur la base de cinq synapo-
morphies ;
1. La présence de supraoccipitaL.
2. L'état (2) du caractère 13 (vomer impair).
3- L’étar (2) du caractère 17 (prémaxillaire mobi¬
le) postérieurement transformé chez les
Aspidorhynchidae (état (1) ; prémaxillaire fixe,
en forme de tube rostral).
4. L'état (l) du caractère 31 (présence d’un pro¬
cessus postéro-vcntral du carré),
5. L’état (1) du caractère 33 (arcs uraux neuraux
modifiés comme des uroncuraux).
Un autre état de caractère étaye, lui aussi, dans la
deuxième topologie, la monophylie des Teleostei.
11 s’agit de :
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
733
Brito P. M.
6. La présence de susangulairc, qui présente une
réversion chez P. bechei et L. coryphaenoides.
Une analyse phylogénétique qui utilise la biolo¬
gie moléculaire (r RNA) cr concerne proparte les
Actinopceiy-gii, a etc présentée par Patterson au
Symposium Phylogenetic problème concerning
major groupe offish à Copenhague (août 1994).
Ses résultats admettent l'existence du cladc
{Lepisostein + Ar/rLi), correspondant à la seconde
topologie présentée ici.
Relations phylogénétiques entre
LES Teleostki
Deux niveaux de résolution sont présentés pour
les Teleostei. L’arrangement trouvé chez les
topologies I et 3 est le suivant : ({(/chthyo-
kentenia i. corhyphaenoides) P. bechei) +*
(Aspidorhynchus (Belonotomus + Vinctifey-)))
(Fig. 56A, C).
L’arrangement du deuxième arbre présente :
({(P. bechei + L. corhyphaeaoides) Ichthyo-
kentema) + {Aspidorhynchus {Belonotomus +
Vinctifet))) (Fig. 56B)
Dans les topologies 1 et 3, fehrhyakentema et
L. corhyphaerundes forment un groupe monophy-
létiqtie dont la définition repose sur quatre syna-
pomorphies :
1 . L’état (2) du caractère 8 (supraoccipital pré¬
sent et dans la région otique).
2. L’état (2) du caractère 38 (type d’écaille cycloï-
de).
3. L’état (i) du caractère 5 (fosse de Bridge
confluente avec la fosse post-temporale, homo-
plasique avec Pachycarmus).
4. L’état (1) du caractère 39 (hypuraux 1 et 2
associés h un composant u/al unique chez les
individus adultes). Ce caractère est, en réalité
codé « ? » chez Jrhthyokenterna. De ce fait, pour
Ichthyokentema, l’état de ce caractère est équi¬
voque. Je ne considère pas qu’il soit valable de
discuter en dérail les résolutions potentielles de
ce caractère ; le plus économique est de supposer
qu îchthyokef/tema présente l’état dérive (1) de ce
caractère. Si tel est le cas, ce caractère serait res¬
treint à une apparition indépendante au niveau
de ce clade et à une autre, homoplasique, au
niveau du clade 11 {Belonostomus + Vinctifer).
Le clade 8, correspondant au nœud
{{ïchthyokentema t L. corhyphaenoides) +
P. bechei), est étayé par six synapomorphies ;
1. L’état (2) du caractère 3 (région cthmoïdienne
de type Téléostéen).
2. L’état (I) du caractère 16 (foramen de la caro¬
tide inclus dans le parasphénoïde).
3* L’état (1 ) du caractère 34 (propterygium de la
nageoire pectorale fusionné avec le premier rayon
de la nageoire), homoplasique chez les
Macrosemiidae,
4, l'état (2) du caractère binaire 19 (présence de
deux supramaxillaires), avec une réversion à l’état
« 1 « (présence d’un seul supramaxillaire) chez
ïchthyokentema.
5* L’état (1) du caractère 4 (myodome postérieur
pénétrant dans le basioecipital), avec une réver¬
sion chez le taxon terminal ïchthyokentema.
6. L'état (2) du caractère 17 (prémaxillaire mobi¬
le, présent latéralement par rapport au roscral).
Dans la deuxième topologie (Fig. 56B), le clade 9,
correspondant au nœud {P. bechei + L. corhyphae-
naides), est étayé par les cinq synapomorphies sui¬
vantes ;
1, L’état picsiomorphe du caractère 1 (oblitéra¬
tion des sutures des os du neutocrâne).
2. Uctat (1) du caractère 4 (myodome postérieur
pénérrant dans le basioecipital).
3- L'érat (2) du caractère 19 (présence de deux
siipramaxillaires).
4. L’absence de susangulaire (état (1) du
caractère 26), ici interprété comme une réversion
au sein des Iclcostci.
5. L’état (Ü) du caractère 27 (présence de gulaire),
homoplasique chez les Halecomorphi et les
Pachycormidae.
Sur cette topologie, le clade 8 {{P. bechei +
L,. corhyphaenoides) + ïchthyokentema) est étayé
par six s)mapomorphies :
L L’état (2) du caractère 3 (région cthmoïdienne
de type Téléosiéen),.
2, L’état (1) du caractère 5 (fosse de Bridge
confluente avec la fosse post-temporale), homo-
plasiquc avec Pachycormus et avec une réversion
chez P. bechei.
3. L’état (2) du caractère 8 (supraoccipital pré-
754
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
sent, dans la région orique), avec une réversion à
l’état (1) chez P. bechei.
4. L’état (l) du caractère 16 (foramen de la caro¬
tide inclus dans le para.sphénoïde).
5. L'état (2), du caractère 17 (prémaxillaire mobi¬
le, présent latéralement par rapport au rostral.
6. L’état (2) du caractère 3S (type d'écaille cycloï-
de) avec une réversion chez P, bechei,
La topologie de l'arbre 2 est identique à celle des
résultats précédents (Patterson 1977 ;
Patterson & Rosen 1977 ; Mainwaring 1978).
Münophylic dus Aspidorhynchidak
Les Aspidorhynchidae forment un groupe mono-
phylétique, défini dans les trois arbres par quatre
synapomorphies non-ambiguës, qui sont :
1. L’état (1) du caractère 12 (présence d’un pro¬
cessus occipital du neurocrâne formé par l’inter¬
calaire et l’auToptérorique)-
2. Létar (1) du caractère 17 (prémaxillaires fixes
en forme de tube rostral qui s^’insère dans la
région ethmoïdienne du neurocrâne).
3. L’érat (I) du caractère 22 (position postérieure
du canal préoperculaire)-
4. L’état (1) du caractère 24 (présence du préden¬
taire).
Trois autres synapomorphies étayent les
Aspidorhynchidae :
5. L’état (0) du caractère 23 (absence de l’intcr-
opercule), caractère qui est une réversion chez les
Aspidorhynchidae et chez l.elyisosteiis.
6- L’état plésiomnrphe du caractère 26 (présence
de susangulaire), homoplasique avec les
Halecomorphi et avec ïchthyokentema (topo¬
logies 1 et 3).
7. L’état (l) du caractère 27 (absence de giilairc),
homoplasique avec les Semionotiformes et avec
ïchthyokentema (arlîte.s 1 et 3).
MonopH'V'I.IE de Belononomm + Vinctifer
Elle est étayée par les synapomorphies suivantes :
l. Létal (1) du caractère 39 (hypuraux 1 et 2
associés à un coiripusant ural unique, chez les
individus adultes), homoplasique au moins avec
L. corhyphaenoules.
Belonostomus et Vinctifer sont différents
Aspidorhynchus et ressemblent à L. coryphae-
noid^s par la présence d’une fusion des deux pre¬
miers centres oraux (U1 et U2), qui supportent
les deux premiers hypuraux. La présence d’un
composant ural unique supportant deux hypu¬
raux peut être due, soit à la fusion des centres
uraux 1 et 2, soit, chez quelques Tcleostei, à la
perte de n’importe lequel des centres uraux
(Schultze èc Arraria 1988, 1989 ; Arrafia 1991),
Un seul centre ural composé (1 et 2), portant
deux hypuraux et deux arcs hémaux, est présent
chez quelques spécimen.s de L, vmyphaenoides^ le
« Teleostei sp. 1 Ùnneyko^^, ÎAisiichthys et
Pachythrissnpi Lievis selon Arratia (1991).
Deux centres uraux distincts, non fusionnés <t
portant chacun un liypural, sont présents chez
Aspidorhynchïis ainsi que chez le juvénile de
Vinctifer (état plésiomorphc du caractère). Les
deux centres uraux se sont donc fusionnés au
cours de l’ontogénie produisant le composant ural
unique Ul c U2. Chez les Halecomorphi, les
Pachyctirmîdae et les Pholîdoplioridac, les centres
uraux I et 2 ne sont pas fusionné.s (Arratia 1991).
2, Dans le deuxième arbre, l'état plésiomorphc
du caractère 1 (fusion et même oblitération des
sutures des os neurocrânieas chez les individus
adultes) .subit, dans cette topologie, une réver¬
sion. 11 est homoplasique, chez les Caturidac et le
cladc 9 {P> bechei + Z., corhyphaenoides).
La monophylic du cladc confirme la lion-validité
de la famille des Vinctiferidae proposée par Santos
(1990). Toutefois, une diagnose pour ce clade
demanderait la découverte de nouveaux caractères
et une meilleure résolution des relations de paren¬
té entre les cspèce.s de Belonostomus et de Vinctifer^
dont quelques-tmes .sont très mal conservées.
Finalement, Vinctifer présente trois aurapomor-
phics qui sont :
1. L’état (2) du caractère 15 (parasphénoïde
édenté).
2. L’état plésiomorphc du caractère 19 (absence
de supramaxillaire). Depuis le travail de
Patterson (1973)» la présence d’un supramaxil-
laiie a été considérée comme unesynapomorphie
des HalecosiomL (Halecomorphi + Tcleostei).
L'absence de supramaxillaire chez Vinctifer est
hctmoplasjquc chez Lepisosteus et les
Macrosemiidae, et chez les Actinopterygii primi¬
tifs {Pteronisculus). Cet état de caractère chez
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
755
Brito P. M.
Lepisosteus + Macroscmiidae peut ne pas avoir
exactement la même valeur phylogénétique que
chez les formes plus primitives (Wenz & Brito
1996) ; chez Vmetifer, l’absence de supramaxil-
laire est plutôt une autapomorphic liée au fait
que le maxillaire se projette vers farricre par sa
grande plaque postérieure.
3. La réversion du caractère 29 (double articula¬
tion symplectique/carré avec la mandibule).
Chez les Neopterygü, la double articulation a été
considérée comme la principale synapomorphie
des Halecomorphi (Patterson 1973). Vmetifer
présente une réversion de ce caractère, homopla'
sique chez les Halecomorphi et chez les
Actinopccrygii primitifs. Cette observation prou¬
ve, du moins pour les Aspidorhynchldae, la pos¬
sibilité de réversion d'un caractère au sein d’une
même famille. Une autre solution pour l'inter¬
prétation de ce caractère a été donnée par Véran
(1988), qui estime qu’il présente un degré de
généralité plus élevé.
Discussion
Les seuls résultats publiés dans une optique cla-
distique sur la phylogénie des Aspidorhynchidae
au sein des Actinopccrygii sont ceux de Patterson
(1973, 1977), de Patterson & Rosen (1977) et
de Maisey (1991 ).
Patterson (1973) a le premier placé les
Aspidorhynchidae dans la subdivision des
Tcleostei, même s'il ne discurte pas de manière
approfondie le problème de la famille au sein des
Teleostei. Il justifie ce rapprochement par la
structure de l'endosquclctte caudal. Comme chez
les Pholidophoridae sensu stricto^ les centres pré-
uraux sont chordaux et les centres uraux* non
ossifiés, présentent des arcs neuraux pairs, allon¬
gés et modifiés en uroneuraux rudimentaires qui
ne s’étendent pas vers Pavant sur les centres pré-
uraux. 11 conclut que la famille représente un
groupe monophylétique et utilise la présence
d’uroncuraux rudimentaires pour montrer que
Saint-Seine (1949) a correctement envisagé la
place des Aspidorhynchidae avec les Pholido¬
phoridae et les Leprolepidac. LdtérieuremenCj
Patterson (1977) propose une phylogénie pour
les Teleostei où les Aspidorhynchidae sont placés,
après les Pachycormidae, à la base de ce clade.
Cet auteur dénombre cinq synapomorphies pour
les Aspidorhynchidae dont un certain nombre
mérite d’être commenté.
1. Arcs uraux neuraux modifiés en uroneuraux au
lieu d’être non-modifiés. Comme il a été moutré
précédemment, les uroneuraux des Aspidorhyn-
cliidae (cf. BeUmoitumus et VincSifir) sont homo¬
logues de ceux de I.epîolcpis cnryphaenoides.
Arraiia Sc Lambers (1996) ont montré que la
morphologie des uroneuraux » des Pachj cor-
midac diftere de celle des uroneuraux des
Teleostei par le fait que, chez les Pachycormidae,
ces éléments seraient impairs et médians.
2. PrémuxilUire mobile et petit, on position laté¬
rale par rapport au rostral, au lieu d’être fixe, et
situé en dessous du rostral. Le.s prémaxillaires des
Aspidorhynchidae sont allongé.s, situés en avant
et en dessous du rostral, fixes et forment des
tubes qui s’eniboîient dans la région ethmoï-
dienne (Brito 1992). Chez les Pacltycormidae, les
prémïcxillaires se sKueni latéralement ou en des¬
sous du rostrodermethmoïde (Lambers 1992),
c'est cette disposition qui permettrait probable¬
ment au maxillaire d’être légèrement mobile. Un
prcmaxillaire mobile e.st observé chez les
Pholidophoridae ainsi que chez LepîûUpis cory-
phftenoïdes. Le maxillaire des A.spidorhynchidae
n'est pas mobile.
3- Foramen de la carotide interne inclus dans le
parasphénoïde, au lieu d'être représenté par une
encoche dans le bord du parasphénoïde. En réali¬
té, la carotide interne pa.s-se dans une encoche du
bord du parasphénoïde (Brito 1992). Cette dis¬
position, qui est une synapomorphie, est incon¬
nue chez presque tous les Pachycormidae
(Arratia & Lambers 1996). Ce caractère c.st, de
observé chez certains poissons non-
d'eleo.stei tels que ïlulettia-i Dapedium^
Tetragontdepis ainsi que d’autres Actinopterygii
(Arratia & Lambers op. vit.).
4. Propferygiuni de la nageoire pectorale fijsion-
né avec le premier rayon de la nageoire, au lieu
d’être libre. Le propterygium est libre chez les
Aspidorhynchidae ainsi que chez les
Pachycormidae (Jessen 1972. p). 25, fig. 2 ;
Arratia & L.ambers 1996).
5. Sept épuraux, au lieu de huit ou plus. Même
s'ils sont difficiles à trouver, il semble y avoir
moins de sept épuraux chez les Aspidorhynchidae.
756
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
À ces cinq caractères, il faut ajouter le problème
posé par le vomer (caracrère 8 de Patterson
op, cit.^ vomer impair médian au lieu de vomer
pair). Patterson a décrit la présence d’un vomer
impair à partir du cJade Ichthyokentenm, En réali¬
té, il existe un vomer impair chez tous les
Aspidorhynchidae (Briro 1992) À l'exception
à Hiodon et ^ÏOsmeruSi un vomer médian est
connu chez tous les Tcicostei à partir du grade
Pholidophofidae. Un vomer impair est égale¬
ment connu chez d autres Actinoprerygii comme
Lepidotesy Dapedumiy les Pyenodontidae et
Bobasatrania, Une telle disposition est probable¬
ment liée ù une alimentauon de type broyeur
(Patterson 1975 t Brito 1992). Bien que la pré¬
sence d’un vomer impair soit reconnue comme
un caractère partagé par la majorité des Teleosrei,
il existe chez les Aspidorhynchidae et pourrait
être lié à la forme allongée du museau.
géré par la morphologie de la nageoire caudale ;
cette position ne correspond pas aux autres carac¬
tères cladistiqucment primitifs du groupe) ».
Dans le même article, Maisey a présenté le pre¬
mier cladogramme fondé sur les caractères des
différents genres d’Aspidorhynchidae, clado¬
gramme qui ne diffère topologiquement pas du
cladogramme obtenu dans mon analyse.
DISTRIBUTION DES
ASPIDORHYNCHIDAE ET REMARQUES
PALÉOBIOGÉOGRAPHIQUES
Notre érude des Aspidorhynchidae, d’après des
données essentiellement morphologiques, pro¬
duit un cladogramme de taxons (Fig. 58A) à par¬
tir duquel on peut construire un autre
Dans un autre travail, Patterson &r Rosen (1977)
avaient retenu seulement trois synapomorphies
pour les Teleosrei (les caractères 1 et 2, ci-dessus,
plus la présence de « plaques basihranchiales den-
tigères impaire.s »). Ce dernier caractère est
inconnu chez les Aspidorhynchidae. Comme il a
été indiqué précédemment, seul l’iin des carac¬
tères, invoqué par Patterson (1977) et
Patterson &C Rosen (1977) pour regrouper les
Aspidorhynchidae avec les autre.s Leleostei
(cf. caractère J), peut être retenu.
Bien quelle repose sur une seule synapomorphie,
la monophylie des Teleostci {sensu Patterson
op. cit.) reste l’hypothèse la plus acceptable dans
l’état actuel de nos connaissances.
Dans son travail sur Vinctifer\ Mai.scy (1991)
assure, lui aussi, que les Aspidorhynchidae sont
des Teleostci primitifs. Il propose trois hypo¬
thèses pour leurs relations phylogénétiques : (1)
« les Aspidorhynchidae représentent le groupe-
frère de cous les autres Teleostci (incluant les
Pachycormidac, les « Pholidophoridae » et les
« Leptolepidae ») *> ; (2) « les Aspidorhynchidae
représentent le groupe-frère des Pachycormidac
(d’après la morphologie du rostre) » ; (3) « les
Aspidorhynchidae occupent une position phylo¬
génétique plus évoluée par rapport aux
Pachycormidac et aux « Pholidophoridae » (sug-
B Rangée Laurasie Gondwana
Jurassique moyen Jurassique supérieur Crétacé inférieur ou
(?) Jurassique supérieur
Fig. 58. — Relations phylogénétiques et biogéographiques des
Aspidorhynchidae. A, cladogramme des relations phylogéné¬
tiques des genres d'Aspidorhynchidae ; B, cladogramme précé¬
dent avec la distribution géographique et l'âge minimal pour
chaque genre.
GEODIVERSITAS • 1997 * 19 (4)
757
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
10°E
Fig. 60. — Distribution des Aspidorhynchidae. A. au Crétacé moyen (Aptien. Albien), carte modifiée d'après Owen (1983)
(Hauterivien) : 1, Belonostomus sp. « 3 » ; 2, B. helgolandicus ; 3 , Vincîifer comptoni ; 4, V. arahpensis ; 5, V. longirostris ;
6. Vinctifersp. ; 7. V. sweetL B. au Crétacé supérieur (Cénomanien à Maastrichîien), carte modifiée d’après Owen (1983)
(Turonien) : 1 , Belonostomus crassirostris : 2 . B. cinctus ; 3 . Belonostomus sp. : 4 , Belonostomus longirostris ;
5, Belonostomus sp. « 1 »► ; 6. Vinctifersp. ; 7, Belonostomus sp. «2 ».
GEODIVERSITAS • 1Ô97 • 19(4)
759
Brico P. M.
cladogramme d’aires de repartirion et de distri¬
bution spatio-temporelle. Ceci s’efiêctue en rem¬
plaçant les taxons terminaux par les aires de
répartition de ces mêmes taxons (Fig, 58B). Uâge
minimal pour chacun d'entre eux a été également
précisé sur le cladogramme d aires de répartition.
Le remplacement des taxons terminaux par leurs
aires de répartition conduit à une distribution de
vicariance stricte (ex. Vinettfer pour les terrains
d’origine gondwanienne, d’âge Jurassique supé¬
rieur minimum). Cette disposition suppose qu’il
n y a pas eu ou qu’il y a eu très peu de dispersion,
ce qui est une situation de départ favorable pour
la biogéograpliie historique analytique, qui
nenvisage qu’un minimum de suppositions pour
les données prises en compte.
En terme de présence ou absence de données, la
biogéographie historique des Aspidorhynchidae
peut erre résumée comme suit : les restes
d’Aspidorliynchidae sont connus sur presque
tous les continents (Europe, Amérique du Nord,
Amérique du Sud. Afrique, Antarctique et
Australie). Aspïdorhynchus est connu au
jurassique moyen/Ju rassi que supérieur d’Europe,
de Cuba et de l’Antarctique. Belonostonnis est
connu du Jurassique supérieur au Crétacé supé¬
rieur (Paléotène î) d'Europe, du Moyen-Orient
et d’Amérique du NoaJ. Des restes attribués au
genre Belvnostomus sont signalés en Amérique du
Sud, en Afrique et en AiivStralie (voir discussion
suivante). Finalement, Vinctlfcr est connu sans
doute à partir du Jurassique supérieur
d’Antarctique et du Créntcé inférieur d’Amérique
du Sud, d’Afrique et d’Australie. La famille
indique donc une répartition de type Pangea,
remomant au moins au Jurassique inférieur.
Des restes d’Aspidorhynchidae sont connus
depuis le jurassique moyen (Fig. 59A). Il s’agit
6!Aspidorhynchus vrassus Woodward {lS90h),
jusqu’à présent le plus ancien représentant de la
famille (Bathonien d’Angleterre) et d’ A, etwdus
Egerton (1845) du Callovien anglais.
Depuis le Junissique supérieur (Fig. 59B), les
Aspidorhynchidae .sont abondamment distribués
en Europe, à Cuba, en Amérique du Sud et en
Antarctique, Dès celle époque, des Aspido-
rhynchus et des Belonostomus sont connus. Au
Kimméridgien sont connus A. fisheri
d’Angleterre, A. spekodes de France, /I. acutirostris
de Bavière. On connaît Aspidorhynchus arawaki
de Cuba et A, arnarciieusy au Portlandien
d'Antarctique. Les plus anciens représentants du
genre Belmostomiis sont datés du Kimméridgien
d’Angleterre {B, dQrsetends)^ de Bavière (ô. sphy-
menoïdesy B. rntm^teri^ B kavhi et B. temùrostris)
et de France {B, tenuirmms). Un sp.
est également signalé en Argentine (Lean/a &
Zci.ss 1990) ; mais sa détermination est sujette à
caution. Belonostomus est signalé au Crétacé infé¬
rieur (Fig. 60A) : à rAptien d’Allemagne {B. hel-
golandscus) et à l’Albien du Mexique
( Bclouostormi^ sp. ).
En revanche, dans les terrains d’origine gondwa-
nicime, ne sont trouvés que les représentants du
genre Vïnctifer : w Aspidorhynchus *> sp.
(* Vinctifer .sp.) du Jurassique supérieur
d’Antarctique ; Vinctifer du (?) Barrémicn du
Brésil ; à l’Aptien le genre est connu du nord-est
brésilien (V" tongirostiîs) ; de l^Albicn (V. compta-
ni au Brésil, au Venezuela et au Mexique ;
V. siueeti en Australie et Vinctifer sp. en Guinée
équatoriale).
A partir du Crétacé supérieur (Fig. 60B), la situa¬
tion des .Aspidorhynchidae se maintient, avec un
nombre moindre d’espèces. Belonostomus est
connu du Cénomanien d’Italie cc du Maroc
(fi. cnissirostris). du Turonicn de Grande-
Bretagne (fi. cimtus): du Coniacien du Texas
{Belonostomus sp.) et du Maastticluien d'Alberta,
du Wyoming et du Montana (fi. longirostris).
Vinctifer sp. n’est connu jusqu’à présent que du
Campanicn d’Argentine.
CONCLUSION
Cette étude des éléments anatomiques montre
que le plan d’ossification est, dans son ensemble,
le même chez les trois genres, Aspidorhynchus,
Belonostomus et Vinctifer.
Les principaux résultats concernent :
1. Les prémaxillalres, qui sont formés de deux
régions. L’une, superficielle, forme l’essentiel du
rostre et l’autre, profonde, lisse et recouverte par
les os dermiques forme le tube rostral qui
760
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
s’encastre vers l’arrière, dans la masse ethmoï-
dienne.
2. Les différences de forme du maxillaire au sein
de la famille. Chez Aspidorhynchus et chez
Belonostomus, le maxillaire est allonge, gardant la
meme hauteur sur coure sa longueur, exception
faite d’une expansion lamellaire arrondie émise
par le bord dorsal de l’os, 11 est surmonté à vson
angle postéro-supérieur par un supramaxillaire.
Chez Vinctif€i\ le maxillaire est forme d une par¬
tie antérieure, longvie et effilée, et cl’une grande
plaque postérieure, sans supramaxillaire.
3. Le plan d’ossificaLion des os du neurocrâne est
le même. Aspidorhynchus se distingue par le faible
degré d’ossification. Ce complexe osseux présente
chez les Aspidorhynchidae une auiapomorphie
(la participation de fintercalaire formant avec
l’autoprérotique le processus occipital de Tendo-
crâne), ainsi que deux caractères mal interprètes
jusqu’à présent : (1) le foramen de la carotide
interne, situé au bord du parasphenoïde et non
percé à travers ce dernier cl (2) la présence d’un
vomer im|'>air.
4. Larticulation quadrato-mandibulaire (sym¬
plectique exclu de l arcicularion) chez Aspido¬
rhynchus et chez Betonostomiis ; et double (carré
et symplectique s'articulant avec la mandibule)
chez VincTifer.
5. I.'endosquelette caudal (présence de trois
paires d’uioneuraux). Ce caractère qui représente
une apomorphie des Teleostei, coexiste avec la
double articulation mandibulaire chez Vinctifer.
Les résultats systématiques ont porté sur :
- la reconnaissance de Belonostomus sweeti
comme espèce du genre X^incHfer ;
— la mise en synonymie de l’espèce Vinctifer
pioictatus avec V. comptoni ;
— la mise en synonymie de Belonostomus sphyrae-
rioides et de B. kochii avec S. münsteriy et de
8- lesinaensis avec B. crassirostris ;
- l’exclusion de « Belonostomus » carinatus de la
famille des Aspidorhynchidae.
De l’analyse phylogénétique, retenons que :
Les Aspidorhynchidae forment un groupe mono-
phylétique au sein des Teleostei [Aspidorhynchus
(Belonostonms + Vinctifer)] (Fig. 61). Ce groupe
est défini sur les synapomorphtes suivantes : la
prévsence d’un processus occipital du neurncrànc
formé par l intercalaire et Fauioprérotique ; la
forme de tube rosirai des prémaxillaires, fixes,
s’insérant dans la région ethmoïdienne du neuro¬
crâne ; la position postérieure du canal preoper-
cuiairc ; la présence d'un prédencalre denté ainsi
que l’absence de l’inferopercule.
Belonostomus et Vinctifer sont réunis en un
groupe monophylérique, topologie qui dément la
validité de la famille des Vinctiferïdae.
Les Teleostei forment un clade bien différencié
dont les Aspidorhynchidae constituent le groupe-
frère du cladc 8 (Fig. 61).
Les Pachycormidae sont exclus des Teleostei, fai¬
sant quand même parue des Ncopterygü.
Les trois grands groupes de Ncopterygü [cest-à-
dire le.s Halecomorphi, les Semionotiformes
sensu C^lscn At McCiine (1901) et les Teleostei]
forment, avec les Pachycormidae, un groupe
monophylérique (fes Ncopterygü).
Les relations de parente entre les lignées de
Neopterygii ne sont pas résolues. Irois résultats
s’opposent : le premier place les Iclcostci comme
le groupe-frère des Pachycormidae -t- les Semio¬
notiformes, le second regroupe le.s Teleostei et les
Semionotiformes dans un groupe monophylé-
tique, groupe-frère des Pachycormidae et le troi¬
sième place les Pachycormidae comme le
groupe-frère das Halecomorphi + les Semionoti-
formes (ces derniers formant les Holostéen.s).
La biogéographie historique des Aspidorhyn¬
chidae peut être résumée comme suit : les restes
d’Aspidorhynchidae sont connus sur presque
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
761
Brito P. M.
Aspidorhynchus
Belonostomus
Vincîifer
Fig. 62. — Affinités phylogénétiques des Aspidorhynchidae.
tous les contincijts (Europe, Amérique du Nord,
Amérique du Sud, Afrique, Antarctique et Aus¬
tralie). Aspidorhynchus est connu du Jurassique
moyen/jurassique supérieur d’Europe, de Cuba
et dAntarctique ; Belonostormis du Jurassique
supérieur au Crétacé supérieur (Faléocène ?)
d’Europe et d’Amérique du Nord ; Vinctifer à
partir du Jura.ssique supérieur d’Antarctique et
du Crétacé inférieur d’Amérique du Sud,
d’Afrique et d’Australie.
La famille indique donc une relation de parenté
de type Pangea, remontant au moins au
Jurassique inférieur.
Remerciements
À Sylvie Wenz, qui a accepté de diriger mon tra¬
vail de doctorat et m’a consacré beaucoup de son
temps, j’exprime toute ma reconnaissance.
Je tiens à exprimer mes plus sincères remercie¬
ments à Gloria Arratia, Cécile Poplin et Hervé
Lelièvre qui, pour leurs conseils et leurs critiques
constructives, m’ont permis d’améliorer ce travail.
Cette rccbcrche a bénéficié du support financier
du CNPq (Conselho Nacional de desenvolvi-
mento cientifico e tecnologico do Btasil) qui, en
m’attribuant la bourse n“ 201493-90.2, m'a
donné l’opportunité de faire mon doctorat en
France, au laboratoire de Paléontologie du
Muséum national d’Histoire naturelle-URA 12
du CNRS, et de celui du laboratoire d’ichthyo-
logie générale et appliquée du Muséum national
d’Histoire naturelle qui m'a oflFerr deux finance¬
ments successifs (poste temporaire de professeur
associé en janvier-février 1996 et 1997).
J’associe dans une même reconnaissance tous
ceux qui ont aidé à la réalisation .scientifique ou
matérielle de ce travail : Wilson Araüjo, Rcinaldo
Bcriini; Roland Billard, Ignacio Brîto, Diogenes
Campos, PavScal Deynat, Didier Dutheil, Peter
Forcy, Daniel Goujet, Lance Grande, Anwar
« Dodo » Janoo, Philippe Janvier, Hervé Lelièvre,
John Maisey, Michel Martin, François Meunier,
Colin Patterson, Mario Pinna, Leandro Salles,
Hans-Perer Schultze, Bernard Seret, Philippe
Taquet, Louis Taverne, James Tyler, Gunter
Viohl et Peter Wellnhofer.
Je riens également à remercier Denis Serrette et
Lionel Mcrlette (MNHN), Francisco Figueiredo
(IJERJ), C. Tarka (AMNH), rhe Natural History
Muscum, the British Antarctic Survey, er le
Baycrischc Staatssammlung für Palaeontologie
Lind hi.storiscbe Géologie pour les photographies,
ainsi qu’Elizabcrh Liebmani Françoise Püard
pour les dessins, Christiane Weber pour les pho¬
tographies MEB et Elyane Molin pour son assis¬
tance pratique.
762
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
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accepté le 7 avril 1997.
768
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
APPENDICE 1
Taxons
1
2
3
4
5
6
7
8
Caractères
9 10 11
12
13
14
15
16
17
18
19
20
Pteronisculus
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
Waîsonulus
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
1
1
0
0
0
1
1
1
Amia
1
0
0
0
0
1
1
0
1
1
0
0
1
2
1
0
0
1
1
1
Caturus
0
0
0
0
0
1
1
0
0
1
0
0
1
2
0
0
0
1
1
1
Lepisosteus
1
1
1
2
0
0
1
0
1
0
1
0
1
2
1
0
0
0
0
0
Macrosemiidae
1
9
?
0
7
7
1
7
1
0
1
0
1
2
7
7
0
1
0
0
Semionotus
1
i
1
0
?
1
1
0
1
0
1
0
1
2
1
0
0
1
1
1
Ichthyokentema
1
?
2
0
1
1
0
2
0
7
0
0
2
2
0
1
2
1
1
1
P. bechei
0
0
2
1
0
1
0
1
0
0
0
0
2
1
1
1
2
1
2
1
Pachycormidae
1
0
0
0
1
1
0
0
7
7
0
0
1
2
1
0
3
1
1
1
L coryphaenoides
0
0
2
1
1
1
1
2
1
0
1
0
2
2
1
1
2
1
2
1
Aspidorhynchus
1
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0
0
0
1
0
1
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0
1
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2
1
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1
1
Belonostomus
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0
1
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0
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1
Vinctifer
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0
1
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0
0
1
2
2
2
0
1
1
0
1
Taxons
21
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23
24
25
26
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28
Caractères
29 30 31
32
33
34
35
36
37
38
39
Pteronisculus
0
0
0
0
0
1
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
0
Waîsonulus
0
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1
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1
1
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1
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1
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7
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0
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0
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0
Am/a
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1
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Caturus
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Lepisosteus
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1
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0
0
0
Macrosemiidae
1
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1
1
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Semionotus
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0
Ichthyokentema
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1
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1
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0
2
7
P. bechei
1
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1
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1
1
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1
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7
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0
0
0
Pachycormidae
1
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1
1
0
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1
1
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1
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?
0
0
0
0
L- coryphaenoides
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0
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1
1
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1
1
1
2
1
Aspidorhynchus
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1
1
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1
1
1
1
1
1
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1
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0
0
0
Belonostomus
1
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1
1
1
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0
0
0
1
Vinctifer
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1
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1
1
0
1
1
0
1
1
1
1
0
1
0
0
0
1
APPENDICE 2 : matériel étudié
ASPIDOR! iynchidae
Aspidorhynchtis sp.
Oxford clay.
BMNH, P-6818 ; P-12531 ; P-12532.
Oxfordicn supérieur de Pinar del Rio, Cuba.
USNM. 018645 ; 018647 ; 018648 ; 018653.
Créât Odii formarion.
BMNH. P-9844.
Fithonicn de Bavière. Alletnaene (Solnhofeti).
AMNH. 3153 ; 7395 ; 12484
JM. 6-19 ; 1935-94 ; 1938-98a, b ; 1949-28 ; 2297,
2638 ; 2727 ; 2728 ; 2730 ; 2733 ; 2734 ; 2736 ;
2801 ; 2802 ; 2804 ; 2805 ; 2806 ; 2807 ; 2808 ;
2821 ; 2822a, b ; 2824 ; 2825 ; 2826 ; 2827a, b ;
2829 : 2832 ; 2833 ; 2834 2835 2836 ; 2837 ;
2838 2840 ; 2848u, h ; 2850 ; 2852 ; 2854 ; 2855 ;
2857 ; 2858 ; 3033 ; 3180a ; 318.1 ; 3182 ; 3260 ;
3261 ; 3270 i 3355.
NR. 1885.40a. b ; 1885.lX.505a-c ; I885.IK.506 ;
1951.J.97 ; 1953.1.127 ; I960.XVIII.66 : 1960.
XVIII.85 ; 1960.XV1II.120 ; 1 960.XVII1.1 21 ;
1960.XV11I.I22; 1960.XVin.I25 : 1960.XV1!I.117 ;
196U.XVïII.n8; Î960.XV1II.119; 1964.XX1I1.165;
1964.XXllI.527a, b ; 1964.XXllt.528a, b ; 1964
XXIII.536 : 1964.XXin.579 ; 1969.1.73 ; 1975.1X.2 ;
1987,1.1.
Aspidorhynchtis acutirostris
Tithonien de Bavière, Allemagne, et de PAin, France.
GEODIVERSITAS • 1&97 • 19(4)
769
Brito P. M.
AMNH. 3160 ; 3175 ; 7403 ; 8769 ; 8770 ; 12482.
BMNH. P-941 ; P-970 ; P-972a. b ; P-973 ; P-2001 ;
P-2055 ; P'2061 ; r-2858 ; P-36014 ; P-3777 ;
P-3805 ; P-3807 ; P-10912 ; P-36013 ; P-37068 ;
P-37802 ; P-37803 : P41937.
FMNH. UC2033 > UC2048 ; UC2050 ; P25069 ;
P25072 ; P2S074, P25Û92 ; P253Ü1 ; P25304.
JM. 540 , î 957^51 ; 2255 :2804 ; 3465 ; 4418.
LHN, 15058 ; 15060 i 15061 ; 15062 ; 150826 ;
150885; 150S94.
MNHN. R-350b ; SLN-I38.
NR. As.l.l24l ; As.I.1242 ; As.V.509a, b (holotype) ;
As.VU.1106 î As.VÎI.l!07 ; As.VII.1108 ;
As.VII.1109 ; 1954.1.230 ; 1964.XVII.3 ;
1972.XX.53.
Aspidorhynchm antarcticus
Jurassique supérieur. Formation Norclenkjôld,
Antarctique.
BMNH. BAS P-lOOOa et b (holotype).
Aspidorhynchus arawaki
Oxfordicn supérieur. Basin de Vinales, Cuba.
USNM, Ü18648 (holotype) ; 018645 ; 018647 ;
018653.
Aspidorhynchm crassus
Bathonien d’Oxfordshire, Angleterre.
BMNH. P-39199 ei P-39200 (synty^^es) ; P-877a, b ;
P-4274 ; P-859'1 ; P-3720a-f ;P-n095 ; P-11184 ;
P-41294 ; P45483 i P-45484 ; P-45485 ; P-45486 ;
P-45487 ; P-45488 ; P-45489 ; P-99901.
Aspidorhynchus euodus
Callovien d’Angleterre.
BMNH. P-967a-c j P-5147 : P-7575 ; P-2l430a-c ;
P-24076 ; P-24676 ; P-29042 ; P-29043 ; P-29044 ;
P-29045 : P-29047 : P-37319 ; P-40518 (holotype) ;
P40519 : P40649 ; P4l 147 ; P41296 ; P42181 ;
P42182 : P42295 ; P46345 ; P46350 ; P46412 ;
P-61499.
Aspidorhynchus fisheri
Kimméndgien du Dorsetshire, Angleterre.
BMNH. P* 6380 ; P-17317 ; P-28621.
Aspidorhynchus numdibularis
Tithonien de Bavière, Allemagne (Solnhofen).
NR. 1954.1.529.
Aspidorhynchus sphekodes
Kimméridgicn supérieur d’Orbagnoux, Ain, France.
Muséum d^Histoirc naturelle d’Autun. Holotype
n** 1224.
Belonostomus sp.
Cambridge Greensand.
BMNH. P-3545 ; P-7234 ; P-7235 ; P-35462.
Stonesficld State
BMNH, P-958 ; P-5109 ; P41152 ; P-20607 ;
P45490.
Tithonien de Bavière, Allemagne (Solnhofen).
AMNH. 6860, 6861 ; 12483.
BMNH. P4283 ; P-12762 i P49080 ; P49081.
JM. t953/l!aa. b ; 2518 ; 2800a, b ; 2841 ; 2842a,
b ; 2843 ; 2845 ; 2849 ; 2850 ; 2851a. b ; 2854 ;
2995a, b ; 4445.
NR. As.VU.I070 : 1956.1.422 ; 1960.Vlll.47 ;
1960.VIII.I14 ; I960.Vïir.n5 ; I960.vni,n6 ;
1960.vrn.117 ; 1960.Vin.118 ; 1960.VII1.119 ;
1964.XXI1I.518 ; 1964.XX111.519 ; 1964.XXII1.520 ;
1964.XXJIi.521a, b ; 1964.Xin.522 ; 1967.1.304 ;
1967.IV,I0; 1968.1.10.
Belonostomus ** 1 »
Crétacé supérieur, Nammoura, Liban.
MNHN. 19904-6 (3 exemplaires).
Belonostomus sp « 2 »
Oéracé .supérieur, Formation Amminadav, Ein-
Yibrud. Israël.
FMNH. 13880 ; 13881 ; 13882 et 13883.
Belonostomus sp. « 3 »
Albien. Formation Mordos, Puebla, Mexico.
FMNH. PF 13483 : PF 13484 ; PF 13485 ;
PF 13486 ; PF 13487 ; PF 13488 ; PF 13489 ;
PF 1349U ; PF 13491 ; PF 13492 ; PF 13493 ;
PF 13494 : PF 13495 ; PF 13496 ; 1991 ASZ/HP
302.
« Belonostomus » carinatus
Grupc Bahia, Barrcmicn de l’État de Bahia, Brésil.
BMNH. 10062-P (type).
Belonostomus cinctus
Turonien du Sussex et du Kent, Angleterre.
BMNH, P4266 (holotype).
Belonostomus dorsetensis
Kimméridgien du Dorsetshire, yVngleterre.
BMNH. P-6l75a, b (holotype) ; P-41129 ; P41229 ;
P-'îl401 i P41879 ; P41880 ; P-42365 ; P42368 ;
P43565:P43568;P44]89.
Belonostomus booley
Néücoinicn de l’îlc de Wight, Angleterre.
BMNH. P.28419 (paratype) ; P-13255 ; P47358.
Belonostomtis kocki
Tiihoaien de Bavière, Allemagne (Solnhofen).
BMNH. P49I36 (moulage).
NR. As.VII.1068 (holotype).
770
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Aspidorhynchidae : ostéologie et relations phylogénétiques
Belonostomus lon^rostris
Cénonicn d'Amérique du Nord.
AMNH, 1115 : 1116 ; 8609 ; 10601 ; 10111 ;
10112.
Belonostomus niufisterî
Tithonicn de ïl:ivière, Allemagne, et de l'Aui, France.
BMNH. P-503 (halotype) : P-3801 : P-3802 ;
P-37796 ; P-37797 ; P-37798 : P-37799 ; P-37801.
JM, 3340.
MNHN. SLN-174.
NR. As.Vll.l067 ; A.s.VIT.1069 ; 1957.1.339a, b »
1960.XVI1I.60.
Belonostomus novaki
Tithonicn de Bavière, Allemagne (Solnhofen).
NR. 1902.11.13 (holotypc).
Belonostomus sphyraenoides
Tithonicn de Bavière, Allemagne (Solnhofen).
AMNH. 4315.
BMNH. IM9129 (moulage du type) ; P-3800 ;
P-7576 ; P-37800.
NR. As.VII.1066.
Belonostomus tenuirostris
Tithonicn de Bavière, Allemagne, et de l’Ain, France.
AMNH. 3142.
BMNH. P^143 ; P-962a, b ; P-2001 ; P-3802 ;
P- 4690 ; P-7661 ; P-12763 ; P-35014 ; P-36029.
JM, 2844.
LHN. 15042 : 15043 ; 15047 i 15049 ; 15050 ;
15051 ; 15052 ; 15053 ; 15054 ; 15055 ; 15056 ;
15057 ; 15059 ï 15315 ; 15335 ; 15336 ; 15468 ;
15520 ; 150910 ; ; K334 ; K356 ; K392 ;
K426 : K442 ; K465 ; K466 ; K467 ] K554 ; K644 ;
K658 K748 ; k'820.
MNHN. CRN-7;CRN-S.
NR. As.1.1207 : 1961.1.212 ; 1964.XXIII.518 ;
1986.XV.122; 1986.XV.123.
Belonostomus ifcntralis
Tithonicn de Bavière, Allemagne (Solnhofen).
BMNH. P-7577.
Vinctifer sp.
Campanien terminal d’Argentine.
MACN. s/n"
Vinctifer comptoni
Albien. Partie supérieure de la formation Santana,
nord-est du Brésil.
AMNH. 11922 ; 12392 ; 12827 12867 ; 12868 ;
13603r;19137-
BHN2P, 2 ; 3,4 ; 5 ; 6 : 7.
BMNH. P-47892 (néotype) ; P-975a ; P-975b ;
P-975C ; P-975d ] P-975e ; P-975f ; P-3809 ;
P-3810a, b ; P-3811a, b ; P-5269 ; P-15494 ;
P-14495a ; P-15495b ; P-15495c ; P-20135 ;
P-28616a ; P-28616b : P-28899a : P-45931a, b ;
P-47S93 ; r-47894 P-47895 ; P47896 ; P-50S12 ;
P-54591a, b ; P-54592a, b ; P-54679 ; P-5468Ü ;
P-54886a,b;P-62703a, b.
DGM. 1275-P ; 1278-P ; 1279-P ; 1281-P.
FMNH. PF8330a. b ; PF8331. PF8332a, b ;
PF8333a, b ; PF9605 ; PF9669 : PF9778 ; PF9779 ;
PF9780 ; PF10267 ; PF103S0a. b ; PF10749 ;
Pfl0750a. b ; PF10751 ; PF10752 ; PF10753 ;
PF10734 : PFl0755a. b ; PF]Û756a. b ; PF10757a,
b ; PF 10758a, b ; PF 10759 ; PF 10760 ; PP 10761 ;
PF10762 ; PFi0764 ; TIavua 1 ; Tlayua 2.
MNHN. BCE la, b ; BCE 2a, b ; BCE 3a-c ;
BCE 6a-c ; BCE 11 ; BCE 14 ; BCE 40 ; BCE 63a,
b ; BCE 240 ; BCE 259a, b ; BCE 325 : BCE 331 ;
BCE 359 : BCE 374 ; BCE 375 ; BCE 378 ;
BCE 379 ; BCE 380 ; BCE 381 ; BCE 382 ;
BCE 383.
NR. 1971.1.169a. b; 1972.T.14 ; 1972.1.28.
PMB-UERJ. P.l ; P.2 ; P.3 ; P.4 ; P.5 ; P.6 ; P.49 ;
P.50 ; P.51 ; P.52 ; P.53 ; P.54 ; P.60 ; P.6I ; P.62 ;
P.63;P.64;P.65;P.66;P.80.
Vinctifer longirostris
Aptien. Formation Marizal, Etat de Bahia, Brésil.
DGM. 460-P (liolocype) ; 461-P ; 462-P ; 463-P ;
538-P ; 988-P ; 990-P er 991-P.
Aptien. Partie inférieure de la formation Santana,
nord-est du Brésil.
DGM. 1332-P.
MNHN. BCE 537*
PMB-UERJ. P.47 ; P.48.
Vinctifer punctatus
Crétacé inférieur. Formation Muribeca, Etat de
Sergipc/Alagoas^ Brésil.
UERJ. DBAVPZ 20.
Vinctifer sweed
Albien. Formation Rolling Downs, Queensland,
Australie.
BMNH. P 62533.
Amiidae
Amia calva
PMB-UERJ. 4.PA ; 66-PA ; 67'PA.
Enneles audax
PMB-UERJ. P.188;P.189.
Lepisosteidae
Lepisosteus platyrlrynchus.
PMB-UERJ, 83-PA ; 84-PA ; 99-PA.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
771
Brito P. M.
Obaichthys decoratus
DGM. 1336-P.
Obaichthys laevis
DGM. 1155-P.
Pachycormidae
Pachycormus macropterus
MNHN. 1887-24-1 ; 10529.
Pachycormus curtus
MNHN. 1872-493.
Saurostomus esocinus
MNHN. 1897-13-6 ; 1955-1-18.
Halecostomii incertae sedis
Callovian Pholidophorus
BMNH. P.32579.
Pholidophorus bechei
BMNH. P.500b ; P.51682.
Teleostei incertae sedis
Leptolepis dubia
BMNH. P. 919 ; P. 3582a ; P. 51759.
Leptolepis coryphaenoides
BMNH. Collection du Natural History Muséum.
772
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Nitellopsis (Tectochara) du groupe menanii
(Charophyta) : les populations de la molasse
suisse (types) et du gisement miocène
de Li Mae Long, Thaïlande, biostratigraphie
et paléoécologie
Jean-Pierre BERGER
Institut de Géologie, Université de Fribourg,
CH-1700 Fribourg (Suisse)
Berger J.-P. 1997. — Nitellopsis {Tectochara) du groupe mehanii (Charophyta) : les popu¬
lations de la molasse suisse (types) et du gisement miocène de Li Mae Long,Thaïlande.
biostratigraphie et paléoécologie. Geodiversnas ^9 {A) ; 773-781.
MOTS CLÉS
MiocènCt
charophytes,
Thaïlande,
molasse suisse,
taxinomie,
paléoécologie.
RÉSUMÉ
Les charophytes du gisement miocène de Li appartiennent toutes au même
taxon : Nitellopsis {Tectochara) du groupe merianii. Les caractères morpho¬
logiques et statistiques de ces gyrogonites permettent de les comparer à celles
des gisements de l'Oligo-Miocène européen, parmi lesquelles la population-
type de l'espèce meriani, provenant de la molasse suisse. Bien qu’elles n'auto¬
risent qu’une interprétation stratigraphiqiie peu précise (Oligocène-Miocène)
dans le problème des corrélation.s bit>sirArigraphique.s entre l'Europe et l’Asie,
ces charophytes n*en représentent pas moins un jalon intéressant au point de
vue palcogéographiquc, confirmant qu’uti même groupe de charophytes
vivait en Europe et en Asie à la fin du Miocène inférieur.
KEYWORDS
Miocène,
charophytes,
Thailand,
Swiss molasse,
Taxonomy,
Paleoecolügy.
ABSTRACT
The charophytes of the Miocene deposits from Li belong to the same taxon:
Nitellopsis ( Tectochani) merianii group. The morphologie and statistic charac-
ters of rhese gyrogonites are compared wirh rhosc from rhe European depo¬
sits, induding ihc type population ol the Swiss molasse. The use of ihese
tharophyics i.s still qucstîonabic for stratigraphie purposc (only Oligo-
Miocene) but they represent a good palcogeographic step for the compréhen¬
sion of rhe charophyte common évolution hetween Europe and South Asia.
SITAS • 1997 • 19(4)
773
Berger J.-P.
INTRODUCriON
En raison de son intérêt paléontologique, le bas¬
sin de Li a récemment fait l’objet de plusieurs
publications à but essentiellement biostratigra-
phique. Le lecteur en trouvera un résumé dans
les récents travaux de Soulié et ai (1997) et de
Mein & Ginsburg (1997» ce volume). Les charo-
phytes étudiées ici ont été découvertes lors des
lavages-tamisages cflectucs pour la recherche des
micromammiftres (Mein & Ginsburg 1997) et
proviennent d*unc argile fossilifère de la région
SW du bassin, appelé a Mae Long Sub-Basin •>
(Fig. 1). Elles sont teprc5enrécs dans l’échantillon
par quelques centaines de gyrogonltcs (= parties
calcifiées de la fructification) qui appartiennent
toutes au même groupe taxinomique : Nitellopsis
[Tectochara) groupe meriâmi. Avant de discuter
des caractères permettant celte attribution et des
conséquences en découlant, il nous paraît utile
de rappeler ici quelques principes de base de la
systématique des charophytes.
Fig. 1 . — Le bassin de Ü et te sous-tjassin de ü Mae Long : les
niveaux antétertiaires sont en pointillés ; les quatre souS'
bassins tertiaires en noir. M = Mae Long.
PROBLÈMES DE DÉTERMINATION DES
CHAROPHYTES FOSSILES
La détermination des charophytes nécessite sou¬
vent un matériel important (100 gyrogonires ou
plus par espèce) afin d'en reconnaître les varia¬
tions morphologiques intraspécifiques. Dans cer¬
tains cas, cc sont même des caractères exclu¬
sivement biométriques qui permettent d’attri¬
buer une population à une espèce plutôt qu à
une autre. Or les études fondées sur les popula¬
tions actuelle.s (SouÜé-Marsche 1989) montrent
bien que les charophytes présentent à la fois les
deux difficultés majeures de la taxinomie, à
savoir :
K Des phénomènes de convergence très forte
entre les gyrogonites d’espèce.s différentes (par
exemple dans le genre Chara) qui rendent impos¬
sible leur disrinction. Résultat dans le fossile : des
gyrogonites semblables peuvent avoir appartenu
à plusieurs espèces.
2. Une très forte variation individuelle (une seule
plante peur produire plusieurs centaines de gyro¬
gonires), marquée sur les gyrogonites par une
forte variabilité de certains ctracières (notamment
concavité des cellules et taille). Résultat dans le
fossile : des formes apparemment différentes peu¬
vent avoir appartenu à une .seule espèce.
En outre, le degré de calcification des gyrogo¬
nites peur modifier certaines caractéristiques
morphologiques (rapport longueur/largeur,
convexité des cellules, etc.) et conduire à donner
des noms différents à ce qui ne représente en fait
qu’une seule espèce.
LE CAS DE Nitellopsis {Tectochara) merianii
EN EUROPE
Nitellopsis ( Tectochara) merianii
(Alex. Braun ex Unger)
Gramba.st e/Soulié-Marsche, 1972
Le genre Nitellopsis n’est plus représenté actuelle¬
ment que par une seule espèce, Nitellopsis obtusa.
Dans le fossile, quatre sous-genres {Nitellopsisy
TectocharUy Campaniella, Microstomella) et de
774
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Nitellopsis ( Tectochara) du groupe merianii
nombreuses espèces ont été créées, A l’exception
de certaines espèces bien typées par leur orne-
mentation [N. ( T) îhaleri ou N, ( T) giNshurgi,
par exemple] ou par leur raille [N. (T*) nmjon N.
(T,) Umpîra]i la majorité des taxons sont très dif¬
ficiles à distinguer les uns des autres. Soulié-
Mârsche (1975) a proposé d*utiliser les caractères
du pore basal pour séparer des populations du
Miocène moyen au Pliocène. La méthode ne
fonctionne malheureusement pas pour des âges
antérieurs au Miocène moyen, ce qui rend toute
séparation de population impossible, malgré le
nombre élevé de gyrogonites découvertes (sou¬
vent plusieurs milliers par échantillon).
Les premiers auteurs sétaieni très tôt rendu
compte du problème et la quasi-totalité des gyro-
gonices attribuées plus tard à NitcUopsis étaient
alors séparées en « Cham helicteres » et en « Chara
meriani » (les charophytes étaient à l’époque
toutes attribuées au genre Cham). Par la suite,
différences sous-espèces de merianii ont etc
créées, puis éiigées en espèces (« Tectochara »
merianii, T. gtobula, T hnangi, T helvetica,
cf notamment Grambasc & Soullé-Marsche
1972). Nous y avons nous-mêmes contribué
(Berger 1983) en proposant deux nouvelles com¬
binaisons : yV, ( 7^) rneriani octospirae et
N, {T,) merianistipitata.
Le créateur de l’espèce merianii reste une énig¬
me : la première diagnose connue est due à
Unger (1850 : 34) dans son Généra et species
Plantarum FossiliuWf m.iis l'espèce est notée
« Chara meriani Alex. Braun Manuscr. »>. Tl
semble qu’Unger ait eu en main un manuscrit
écrit par Alex. Braun et concernant plusieurs
espèces de charophytes fossiles (meriani^ escheri^
inconspicua). Quoiqu’il en soie, ce manuscrit
n’ayant jamais été publié, l’espèce est générale¬
ment attribuée à Unger, 1850. Cet auteur n’en
donne hélas pas do Figure, ni de dessin. 11 le fera
quelques années plus tard, mais à tort : en effet,
et comme le remarque très )usccmcnt Hccr
(1855), les gyiogonites figurées par Unger (1852)
dans son lamographm Plantarum Fossllinm (Tafel
XXV/10-12) ne correspondent pas à la descrip¬
tion du « Chara meriani >y. La première Ülastra-
tion fiable de l’espèce est donc due a Heer (1855)
(Flora I, p. 24 Taf IV/3). Ce dernier la signale
dans de nombreux gisements suisses et alle¬
mands, mais ses figures ne proviennent que de
trois d’entre eux, tous en provenance de la molas¬
se suisse : Solitude, près de Lausanne (a, b, c, d,
? f et g), Belmonr près de Lausanne (e) et Basel
St Jakob (h, i, ? k) . Nous avons retrouvé les spé¬
cimen de la Solitude et de Belmont au musée
cantonal de Géologie de I.ausanne.
- MGL 7187 Solitude = Orig. OH. l’af lV/3 a, b, c,
d : i! s’agir d'une plaque de marnes calcaires portant
uciqufs Nitellopsis qui paraissent corresponare aux
essins de Hccr. fin plus de cct échantillon se trouve
le MGL 7188, en provenance du même gisemem. et
qui résulté certainement d'un lavage des marnes de la
même couche. Il s'agit en effet d’une éprouvette
contenant plusieurs centaines de gyrogonites, que Ton
pcul considérer comme loporypes.
- MGL 3191 Belmonr = Orig. OH. Taf. IV/3 e : il
s'agir d’une éprouvette contenant une trentaine de
g;\Tûgoniies du groupe meriani.
N. (T.) nierianii a été désignée comme
cspèce-iype du sous-genre Nitellopsis (Teitochara)
par Grambast & Soulié-Mârsche (1972), mais
sans qu’un holotype ou une population-type ne
soit décrite ou figurée : les auteurs se réfèrent à
Unger et è Hecr pour l’holoiype.
Cette lacune sera comblée sous peu, du fait que
des gyrogonites des échantillons MGL 7188
(Solitude) er MGL 3191 (Belmont) ont été choi-
sie.s- pour figurer Fespèce-type du sous-genre
NitelLopsb (Tectochara) dans le futur volume
« Charophyre » du Treatise.
Nitellopsis ( Tectochara) groupe merianii
En examinant les riches populations récoltées
dans divers gisements oligo-miocènes d’Europe,
nous sommes constamment confrontés à la ques¬
tion ; y a t-il une ou plusieurs espèces de
Nitellopsis dans nos populations ? Dans la quasi
totalité des cas, nous avons retrouvé toutes les
« espèces » ensemble : aux côté de typiques
« merianii » se trouvaient des formes plus globu¬
leuses (« gkhuli »}, ou plus petites (« helvetica »)
nu plus allongées avec une base légèrement étirée
(w huangi »). De plus, ces memes « espèces » se
retrouvent aussi dans la population-type de
merianii (MGL 7188).
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
775
Berger J.-P.
En conséquence, il nous semble clair qui! est
inutile de séparer les populations « meria-
nisantes '> de TOligo-Miocène : toutes les formes
SC retrouvent ensemble quelle que soit leur posi¬
tion stratigtapliique. Ainsi, bien qu il paraisse pro¬
bable que nous soyons en présence de plusieurs
espèces, il est impossible, à partir des seules gyro-
gonites, de distinguer entre variation spécifique et
variation individuelle ou entre convergence de
forme et caractères phénotypiques. C’est pourquoi
nous avons réuni toutes ces gyrogonites en un seul
groupe, le M groupe rnerianii » (Berger 1992).
Cette notion de « groupes morphologiques m ne
représente probablement qu’une entité artifi¬
cielle, mais elle a au moins le mérite de clarifier la
situation et de permettre une détermination ra¬
pide, fiable et utilisable par le géologue (Berger
1994).
Au total, nous avons étudié et attribué à N.( T)
groupe mertunii des chatophyie.s provenant de
plus de 500 gisements de la molasse suisse, près
de 100 gisements de l’Oligo-Miocène de France,
Fig. 2. — NiîellOf}sis (Tectochara} groupe marianii de Li : A, profil, forme à cellules convexes noter tapes et le base légèrement
tronquée , B. profil, (orme globuleuse à cellules plan-convexes C. profil, forme à cellules plan-concaves al à sutures marquées,
noter les nodules apicaux proéminents et la base légèrement étirée ; D. vue apicale, noter le très tort rétrécissement oes cellules
apicales et les nodules proéminents ; E, vue ap»cale, noter le (rès fort rélrécissemenl, bien visible grâce à la partie manquanie : F,
vue basale, noter le pore basal dans un entonnoir pentagonal ; G, vue basale, noter te pore basal de grande taille dans un entonnoir
pentagonal ; H, plaque basale pentagonale, très mince, vue de l’apex. Échelles : 100 pm.
776
GEODiVERSITAS • 1997 • 19(4)
Nitellopsis ( Tectochara) du groupe merianii
ainsi que divers gisements d’Allemagne,
d’Angleterre, d’Autriche, d’Espagne, d’Italie, de
Tchécoslovaquie et de Turquie (Berger 1992).
LES Nitellopsis ( Tectochara) groupe merianii
DU GISEMENT DE LI
Les charophytes figurées dans cet article sont
conservées à rinstirut de Géologie de Tuniversité
de Fribourg (coll. Berger : gisement Li).
Les charophytes du gisement de Li sont consti¬
tuées de plusieurs centaines de gyrogonites
ovoides présentant 8-10 tours, généralement
convexes, rarement plans (Fig. 2A-C). L’apex est
typique du genre Nitellopsts, montrant un très
fort amincissement et un net rétrécissement des
cellules (Fig. 2D, E). Les nodules apicaux sont
généralement proéminents \Fig. 2C, D). La base
est tronquée (Fig. 2A), parfois légèrement étirée
(Fig. 2C), avec un pore basal intégré dan.s un
entonnoir bien marqué (Fig. 2E G). La plaque
basale très mince est typique de Nitellopsis
(Fig. 2H).
Au niveau des railles, la population de Li se
trouve entre 960 et 1240 pm de long (moyenne
1106 pm) pour 860 à 1080 pm de large (moyen¬
ne 978 pm). Le rapport longueur/largeur est de
1,04 à 1,22 (moyenne 1,13). Les histogrammes
des longueurs, largeurs et du rapport L/l sont
donnés dans la figure 3.
Les caractères morphologiques (forme, apex) de
ces charophytes ne laissent aucun doute quant à
leur appartenance au .sous-genre Nitellopsis
[Tectochara), Grambasi et .Soulié-Marsche, 1972.
De même, les ca/actères morphométriques joints
à Fabscncc totale d'ornementation permettent
d’attribuer ces gyrogonites au Nitellopsis
(Tectochara) groupe 77iertanii. On y retrouve
d’ailleurs tous les intermédiaires entre les petites
formes (andcnncmcnL « helvetka il) et les formes
plus globuleuses (m glohula ») et à ba.se plus étirée
(« huangi »), confirmant 1 impossibilité de séparer
ces « espèces ».
700 800 900 1000 1100 1200 1300 1400 1500
longueur (^m)
700 800 900 1000 1100 1200 1300 1400 1500
largeur (pm)
!SI = Longueur/Largeur
Fig. 3. — Nitellopsis {Tecîoehara) groupe merianii. gisement Li
(Thaïlande) ; A, histogramme des longueurs ; B, histogramme
des largeurs : C, histogramme ISI du rapport longueur/largeur.
Mesures (en pm) effectuées sur 100 gyrogonites. Programme
Statview 4.02 (Macintosh).
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
777
Berger J.-P.
BiOS'rRA'ÎIGRAPHIE
Depuis de nombreuses années, et malgré les difFi-
cultés mentionnées plus haut, les charophytes se
sont révélées être un outil excellent pour la bio-
stratigraphie du Tertiaire, et plus particulière¬
ment du Paléogène. En effet, et jusqu’au
Miocène au moins, de nombreux taxons bien
différenciable.s ont pu être créés, permettant l’éla¬
boration d’une biostratigraphie fine
(GEC 1992 ; Riveline et al. 1996). La situation
semble se détériorer à partir du Miocène moyen
et jusqu’à l’acluel : durant cette période, la majo¬
rité des g)TOgünites rencontrées sont morpholo-
giquemenr si proches que Ton arrive à peine a
distinguer deux ou trois formes différentes. La
raison en est inconnue pour l’insiant, mais une
hypothèse peut être formulée : les convergences
de formes ont fortement augmenté à partir du
Miocène en raison de la prédominance du genre
Chara (genre actuellement bien connu pour la
difficulté de détermination de ses gjTogonites) et
de genres dont les gyrogonites ne calcifient pas
{Nitella par exemple). L’apparente uniformité des
charophytes fossiles post-miocènes est donc peut-
être simplement due à la disparition des genres et
espèces bien reconnaissables, notamment de
toutes les espèces ornées.
Les Nitcllopsis du groupe rnerianii ne sont pas
considérées comme de bons marqueurs stratigra-
phiques ; elles débutent dans la zone à
Vasiforrnh-tuberculatü (Eoccnc supérieur) et se
poursuivent probablement jusqu au Miocène
supérieur (Fig. 4). Si l’apparirion de ces formes
paraît clairement établie en Europe, la date pré¬
cise de leur extinction reste incertaine :
— Elles .sont encore abondantes au Miocène
moyen (MN6-MN8, Berger 1992), où elles
coexistent avec N. (7*.) ginsburgî (facilement
reconnaissable à son ornementation) et avec
N. (T.) etriiscii (qui sc distingue des rnerianii par
sa grande taille et le faible rétrécissement des cel¬
lules apicales).
— Elles semblent disparaître entre la fin du
Miocène moyen (MN9) et le début du Pliocène
(MN13). où ne .subsistent plus que N. (T.) etrus-
ca et les espèces du sous-genre Nltellopsis
{Nitellopsis)y qui reste le seul représentant du
genre Nitcllopsis au Plio-Pléistocène (Riveline et
ai 1996).
Il faut également rappeler ici un problème plus
général : les zones de charophytes du Tertiaire
ont été établies et corrélées sur la base des don¬
nées connues en Europe, et leur application à la
stratigraphie de l’Asie est encore à l’état
d’ébauche. Les nombreu.ses études de charo¬
phytes tertiaires publiées par les paléontologues
de Chine ou d’Inde ne .sont pas toujours corré¬
lées avec des données bio- ou chrqnostraiigra-
phiques précises. Dans cette optique, le gisement
de Li, bien daté par les mammifère.s. représente
un jalon supplémentaire dans la comparaison
entre les biozones des deux conunenls.
PALÉOÉCOLOGIE
La paléoécologie de toutes les Nitellopsis fossiles
esc généralement déduite de l écologie de la seule
espèce du genre encore vivante, Nitellopsis ohtusa.
Celle-ci ne vit que dans les milieux strictement
dulcicoles, sous quelques mètres d'eau seulement
(Corillion 1957). Encore fautai! que ce seul
représentant actuel du genre soit considéré
comme représentarif des quatre soits-genres et
des dizaines d’espèces connues dans le fossile ! Il
faut toutefois noter que les Nitellopsis tertiaires
sont très fréquentes dans les dépôts attribués à
des milieux palustres de faible profondeur et
strictement dulcicoles.
Pic, 4 — RépanitioP straligrapbJque cte A/ (T.) groupe m<^rianii
selon les diozones de charophytes et de mafrimrtères. Les cor¬
rélations enire magnétostratigraphie. biostratigraphie, chionos-
iraligraphte et géochronologie soni reprises de la synthèse
slratigraphique de rOligo-Miocéhe de Berger (1996).
A. Steininger, Bernor & Fahlbusch 1990 (Néogêne) :
0. Legendre S Bachelet 1993 (Paléogène. - nuroeocal ag^^s ») ;
C. ntveau suisco A mammiteres. corrélé avec les études biostra-
llgraphiquAf^. radroméiriques at mognétostrailgraphiques
fécenies. cf Bergér i996 0, biozonéâ d'après Riveline ei ai
1996. corrolécs avec la colonne A/0 ; t. btozones d'après
Rivéïrne ot al. 1096, cormièes avec la cotonnn C F. Harund et
al 1Q89 . O. Odin & Odin 1990 in Odin & Luterhach4ir 1992
(Paleogone) ; H. en accord avec les deux échelles différentes
publiées par Riveline. Berger et al. 1996 ; l, berggren, Kent,
Aubry & Hardenbol 1995. ■ = GSSP.
778
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Magnetostratigraphy
(CANDE&KE?^ 1992.1995}
3Afit
Mammal Zones and Levels
C
Charophyte Zones
D E
Nitellopsis { Tectochara) du groupe merianii
Mediterranean
Stages S®"®®
F G/A H/l A G/A
5r2 5,
, 5r3 _
nAB MN7
SAC
Charmoilles
Nebelberg
Anwil
oo
5Br
.
5C n
1 mN5
5C r
5Dn
MN4 MN4
MN3b
6 n
6
6r
MN3
MN3a
6An
6AÀT~*>AA -
- MN2b
6Crii
^^-n 2 6C n MN2a
_ 6C
ECr _
-V- — 7^- MN1
7 n 2 ' ^ -, MP-îfi
8 MP28
—|mP27
Vermes 2-
Tobol Hombr
Vermes 1 -
Martinsbrunne^l
Bnjlteler
Goldingerlobel 1
Vuiiy 1
La Chaux
Boudry 2
Brochene Ruh
KOtliOttn
Ricfcenbacb
Nitellopsis
frec^ocftaraj
ginsburgi
BURDIGALIANI
srephanocrtwa AQUITANIAN
£>wdb(era«
I_
n;?iiW *—1_
- Chara
noâfa
/7ant:«n>eAl8
ntaaa
Ctiëfâ
notaia Stef^anoch.
Stepnanocba/a <
ungsn
ongen CHATTIAN
Chara miaocsra
11 MP24
12 MP23
MP24 Grenchen 1
MP23 Lovagny
MP22 Balm
13n
MP21
13r
MP20
15r 15
MP19
16 n 1
- 16n
16n2 16
MP18
1
16f
17n1 17n 17
MP17
S/^hanocrtara fwjgwrs
Staplianocf^afa vectensis
Hamsicnara _I _| Z
i/as/torm/s-luOercu/iara LU LU
- PRIABONIAN O
Gyrogona fubarosa ^ O
- —* LU
Psilochara raparca
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Répartition stratigraphique de N. {T.) groupe merianii
Berger J.-P.
RÉPARTITION PALÉOGÉOGRAPHIQUE
DE N, ( 7.') groupe merianii
DANS ÉOLIGO-MIOCÉNE
En plus des nombreuses découvertes euro¬
péennes, N. (7'.) groupe merianii été abondam¬
ment décrite en Asie du Sud-Esr. Le récent
article de Soulié-Marsche et al. (1997) en donne
une excellente synthèse, montrant la présence de
ce taxon dans divers bassins chinois et thaïlan¬
dais. Lanalyse de ces populations pourtant géo¬
graphiquement très éloignées ne montre pas de
différences significatives. Bien que les corréla¬
tions stratigraphiques entre gisements' asiatiques
et européens soient encore trop peu fiables, tant
pour discuter de Totigine de cette espèce que
pour en reconstituer l'évolution biogéogra-
phique, Ü est frappant de constater le succès
quont connu les Nitellopsis du groupe meriiUtii
au cours de TOligo-Miocène. Dès leur appari¬
tion, elles semblent coloniser tout le continent
eurasiacique, et ceci dans un laps de temps qui
échappe à la résolution straiigraphique tradition¬
nelle. Elles dominent la charoïlore durant tout
rOligo-Mioccnc puis diminuent brusquement
sans raison évidente. Seule une analyse détaillée
de l’Éocène supérieur et de POligocène inférieur
des divers bassins eurasiatiques (er notamment de
Turquie, d'Ukiainc, du Ka?akhstan, d'Inde, de
Thaïlande et de Chine) permettrait de mieux
comprendre l’origincv les directions des migra¬
tions et les raisons du succès de ce groupe durant
une grande partie du Tertiaire.
CONCLUSION
La présence simultanée de charophytes er de
mammifères dans un même gisement est tou¬
jours d'un grand intérêt pour les corrélations
stratigraphiques en milieu non marin. Bien que,
dans le cas précis, les charophytes récoltées
appartiennent à un groupe dont l'intérêt strati-
graphique reste mineur, elles démontrent néan¬
moins la présence simultanée, à la fin du
Miocène inférieur (MN4), de N. {T.) groupe
meriani depuis EEurope occidentale jusqu’en
Asie du Sud-Est. Il s’agit donc bien d’un nouveau
jalon dans la compréhension des phénomènes de
colonisation et de « migration » des charophytes.
Remerciements
Je remercie P. Mcin (Lyon) et L. Ginsburg (Paris)
de m'avoir fait part de l'exi-Stence des charophytes
de Li er de m'avoir donné l'occasion de publier
les résultats de leur étude. Je remercie également
1. Soulié-Marsche (Monipellier) et C. Martin-
Closas (Barcelone) de leurs remarques construc¬
tives lors de la révision du présent manuscrit.
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Soumis pour publication le 14 janvier 1997;
accepté le 17 avril 1997.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4}
781
Les mammifères du gisement miocène inférieur
de Li Mae Long, Thaïlande : systématique,
biostratigraphie et paléoenvironnement
Pierre MEIN
Département des Sciences de la Terre et URA 11 CNRS, Université Lyon I,
27-42 boulevard du 11 novembre 1918, F-69622 Villeurbanne (France)
Léonard GINSBURG
Laboratoire de Paléontologie, Muséum national d’Histoire naturelle,
8 rue de Buffon, F-75231 Paris cedex 05 (France)
Mein P. & Ginsburg L. 1997. — Les mammifères du gisement miocène inférieur de Li Mae
Long,Thaïlande : systématique, biostratigraphie et paléoenvironnement. Geodiversitas
19(4) : 783*844.
MOTS CLÉS
mammifères,
Miocène,
Asie,
systématique,
biostratigrapnic,
paléoenvironnement.
RÉSUMÉ
La faune de Li Mae Long (Province de Lamphun, Thaïlande) comprend
trente-trois espèces de mammifères placentaires : cinq Insectivores
{Thaiagymnura equilateralis n.g. n.sp., Hylomys engesseri n.sp., Neotetracus
butleri n.sp., Erinaccidae inder. cf. Minechinns^ Scapariulus
lampounemh n.sp.), neuf chiroptères (? Taphozom sp.. Megaderma sp.,
Rhinolophus yongyuîhsi n.sp., Hipposideroi [BmchipposicUros) khengkuû n.sp.,
Hipposideros felix n.sp., Rhinolophoidea indet., la lanna n.sp., Rhizomops
mengraii n.sp., Vespertilionidea indci.), un Scandenria (Tupaia
yniocenica n.sp,)> deux primates (.^ Nycticebus linglom n.sp. et l'arsim thaflan-
dica)y huit rongeuns (Rahifa maelongensis, ? Atlantoxerus sp., Diatomys liensisy
Democricetodon kaonou n.sp., Spanocricetodon janpieri n.sp., Prokanisamys
benjatmni, Potwanmis thaUandicus^ Neocometes orientalis), deux carnivores, un
proboscidien, un périssodactyle et quatre artiodactyles {Conobyns sindiemhy
Siamotragulus huripounchai n.sp., SuphacernOi rucha et ? liornoiodorcas sp.).
Le genre Diatomys ne montre aucune adaptation au saut et constitue le type
d’une nouvelle famille, les Diaiomyidae nov. Le genre Fallomtis appartient
peut-être à cette famille. 11 constitue en tout cas une forme ancestrale très
possible au genre Diatomys. L’âge de cette faune est discuté ; il est à placer à
la base de la MN4, vers - 18 Ma. L’environnement du gisement de Li Mae
Long est analysé. Il s’agir d’une forêt tropicale au bord d’une étendue d’eau
très peu profonde.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
783
Mein P. & Ginsburg L.
ABSTRACT
The fauna of Li Mac Long (Lamphuii district. Thailand) includes thirty-
three Placcntal M:\mmals, with flvc Inscctivora (Thaiagymmira
equilateralis n.g. n.sp., Hylomys engesseri n.sp., Neotetractis hutleri n.sp.,
Erinaceidac îndet. cf, MioechimiSy Scapanulus lanipoun^mh n^sp.), ninc Bats
(? Taphomms sp., Megademiu sp., Rlûnolophus yongyulhsi n.sp., Hipposideros
[Brachipposlderos) khengkao n.sp,, Hipposidt-ros Jdix n.sp,, Rliinolophoidea
iiidet., la (anna n.sp., Rhtzomops mengraii n.sp.. Vespertîlionidca indet.), one
Scandenria { Tupahi mtvcenica n.sp,), r\vo Primates (? Nycritebus Unglom n.sp.
and Tatsiiis thtùldndh'n), cight Rodcnvs (Ralnfd maelongensis^
? Atlanioxeriis sp.t Diaiomys liensis^ Democrivttodon knonou ri.vSp.»
SpamcrketodoH jumneri n.sp., Prokanisamys henjapimi^ Poîwannm tfunbindi-
CHS, Neocomrles orienialis)^ iwo Carnivorc.s, oiic Broboscidean, one
Pcrissûdactyl and four Arriodatiyls [Conohym dndimsh, Sùmoiragulm hark
pouncha't n.sp., Stephanocrmas rucha and ? Homotitdon'ax sp.). Ihc gcnus
Diatomys does noi show any adaptation for jumping. It is dctiniiivcly not a
Pedetid and con.stitutes the type of a ncw family, thc Diacomyidae nov. The
gcnus Falhmus belongs purhaps to this Family. Ncvcitheless it présents a
good plau.sihic ancestor for Diatomys. The age is thc heginning of MN4. The
environment of Li Mac Long is discussed. It was a tropical forest ncar a very
shallow lake.
INTRODUCTION décrivit facilement quelques restes du rongeur le
plus abondant du gisement et établit pour ce der-
Le premier paléontologue français à travailler en nier une nouvelle espèce, qu’il nomma Antemus
Thaïlande fur P Janvier qui, dès 1976, y recher- thailaifdifus (jaeger et /d, 19B5). Par ailleurs, la
cha des poissons paléozoïques. Si ses espérances richesse en micromammifêres du sédiment étudié
ne furent pas comblées de ce côté, d fut rapide- à lyon fut le prétexte d'une autre expédition. En
ment conscient de la richesse de ce pays en resres novembre et décembre J9B4, B. Ratanasthien,
d’autres groupes de vertébrés fiassiles et organisa, R Mein et L. Ginsburg exploitèrent le gisement,
en 1980, une tournée de prospection dans le P Mein distingua deux niveaux à rongeurs, sépa-
nord, avec quelques collègues français et thaïlan- rés par environ 1 m. Le niveau supérieur fut à
dais et l'aide du Deparhnent of Minerai Resources peine exploité. Il renfermait principalement des
de Thaïlande (DMU). L. Ginsburg participa à restes d'oiseaux (Chencval et <//. 1984. 1991). Les
cette expédition, avec charge d'étudier les éven- années suivantes:, L. Ginsburg retourna seul à Li,
tuels mammifères découverts au cours de cette d'où il préleva, en cinq campagnes d'un mois et
mission et de celles à venir. En 1982, demi chacune, environ seize tonnes d'argiles du
Y. Ukkakimapan, géologue au DMR, prospec- niveau inférieur, qui furent lavées dans les locaux
tant dans le .sud de la province de Lamphun, du DMR au campus universitaire de Clùangmai
découvrit à Li Mae Long quelques restes de ver- et triées à Lyon. Quelques notes préliminaires
tébrés dont un bois de cervidé assez complet ont été publiées (Mein & Ginsburg 1985 ;
pour être déterminé (Ginsburg &: Ulckaldmapan Ginsburg Mein 1987 ; Ginsburg 1988 ; Mein
1983). La visite du gisement amena la dccou- et ai 1990 ; Ginsburg et aL 1991). Nous don-
verte d’une incisive de rongeur {cf. Ginsburg et nons ici les résultats complets de nos recherches.
al. 1991). Cette découverte incita Ginsburg à L'abréviation T Li qui précède les numéros de
récolter quelques kilogrammes de sédiments qui collection signifie Thaïlande Li ; les micromam-
furent confiés à R Mein. Jaeger, par ailleurs, mifères sont en dépôt temporaire à Luniversité
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4}
KEYWORDS
Mammals,
Miüccfiic,
Asia.
.systemarici»,
bio.stratigraphy,
paleoenviroiimeni.
Mammifères miocènes de Li
Claude Bernard, Lyon I ; les macromammifères
sont en dépôt temporaire au laboratoire de
Paléontologie du MNHN.
Classe MAMMALIA Linné, 1758
InfracW MF.TATHCRJA 1 luxley, 1880
Ordre MARSUPIALIA Illiger, 1811
Famille DlOKLPI IIDAL Gray, 1821
Genre Siamoperadectrs
Ducrocq, Buffetaut, Buffetaut-Tong, Jaeger,
Jongkanjanasoonthorn er Sutteethorn, 1992
EspËCE-ITPB. — Siamoperadt^ctes minutîis Ducrocq et
aL 1992.
Siamoperadectes minuUa Ducrocq et aL, 1992
(Fig. 1)
Matériel. — Mesures en millimètres :
Ml g {T Li 99) - 1,50 X L78 (Fig. 1).
Fragment lingual de molaire supérieure.
Descriflion
La Ml complète est une dent typique de
Marsupial. Elle montre la dilambdodontie mar-
sLipiale caractérisée par un paracône et un méta-
cône en position relativement centrale dans la
dent. Le méracône est un peu plu.s haut que le
paracône. Les sry!e.s labiaux .sont nuis ou indis¬
tincts ; à la limite on devine l’cmplaccmenr des
trois cuspides stylaires (antéticurc, médiane et
postérieure), mais elles ne sont pratiquement pas
renflées. Il n’y a pas non plus de coniiles (paraco-
nule et métaconule) individualisés. Nous inter¬
prétons cette dent comme une Ml en raison de
sa relative grande longueur par rapport à .sa lar¬
geur, et de ses bords antérieur et postérieur dissy¬
métriques, le mérastyle étant plus pointu que le
parascyle.
Contrairement à la dent-rype de l’espèce, une
M3 (Ducrocq et uL 1992), notre Ml est dépour¬
vue de cingulum distal. Les dimensions sont
compatibles avec l'espèce déjà décrite.
Discussion
Cet animal ressemble effectivement à un
Didelpbidae et, comme l'ont noté Ducrocq et al.
(op. dt.), se distingue des formes déjà connues
par la faiblesse des .styles vesiibulaircs. Le fait que
le métacône soit plus haut que le paracône et que
la ccntrocrista ne soit pas rectiligne tend à souli¬
gner que Siamoperadeetes est bien à rattacher à la
famille des Didelpbidae et non au groupe
archaïque dcvS Fcdiomyidae.
On peut rappeler qu'avant cette découverte, les
marsupiaux iFétaicnt connus au Cénozoïque en
Asie que par une dent provenant de l'Oligocène
de ZaLssan au Kazakstan (Gabunia et al. 1985,
1990) et nommée Asiadidelphis zaissaaemis.
Infraclasse EUTHERIA Gill, 1872
Ordre INSECTIVORA Bodwich, 1821
Famille Erinaceidae Bonaparte, 1828
Sous-famille ECHINOSORIt:iNAE Cabrera, 1925
Genre Thaiagymnura n.g.
Diagnose. — Celle de l’espèce-rype, Thaiagy
equiUteralis n.sp.
rnnura
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
785
Mein P. & Ginsburg L.
Thaiagymnura equilateralis n.sp.
(Fig. 2)
Type. — M3 (T Li 104).
Niveau-type. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
Localité-type. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Thaïlande).
Derivai io NOMINIS. — En raison du profil occlusal
bien rectangulaire des deux premières molaires supé¬
rieures.
Matériel. — Mesures en millimètres :
Cl d (T Li 100) L X I X h = 1,74 x 0,84 x 1,81
(Fig. 2A).
Ml d (TLi 101) = 2,56x2.96.
Ml d (T Li 102) = 2,80 x 3,06 (Fig. 2B).
M2 g (T Li 103) = 1,99 x 2,60 (Fig. 2C).
M3 g (T Li 104, holotype) = 1,63 x 1,92 (Fig. 2D).
m2 g (T Li 105) = 2,59 x 1,73 (Fig. 2E).
Diagnose. — M3 de grande taille, en forme de tri¬
angle équilatéral, et totalement dépourvue d’hypo-
cône. Sur le* molaires supérieures Ml er M2, le
métaconule est incorporé dans la postprotoconecrista
et l'hypocône est relié k cette postprotoconecrista k un
niveau rclativcmcnr lingual ; une ébauche de posthy-
pocônccri.sta rejoint le cingulum basal. Vlolaîrcs infé¬
rieures à cingulum postérieur réduit ne dépassant pas
le milieu de la dent et n'atteignant pas l’hypolophide.
Diagnose d)feéRJ:mïp.lle. — l.a M3 se distingue de
celles de Galerhc et de Schizogalerixy en forme de tri¬
angle beaucoup plus resserre ; de celles à'Hylomys stàllus
et de Neotetrams dotées d'un hypocône confluant avec
le métacône ; enfin, de celle aer Lanthanotherium à
l’hypocône bien individualisé ci bien séparé du méta¬
cône. Elle sc distingue également à'Eeninosorex chez
qui on observe une multiplication du nombre des
cuspides discales et qui est beaucoup plus grand.
Fig. 2. — Thaiagymnura equilateralis n.sp. : A, C1 droite {T Li 100), face linguale ; B, Ml droite (T Li 102) ; C, M2 gauche (T U 103) ;
D, M3 gauche (T Li 104, holotype) : E, m2 gauche (T ü 105). Sauf indication contraire, toutes les figures sont en vue occlusale.
786
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
Descrip'Hon
La canine supérieure esr biradiculée, simple, sans
cuspide accessoire, ctroire, relativement haute. Ses
racines semblent être implantées verticalement.
La Ml montre un contour octlusal presque rec¬
tangulaire, où le diamètre vestibulo-lingual
n’excède que de peu le diamètre mésio-disial.
Cependant, le contour de la dent est légèrement
trapézoïdal car la face vestîbulaire est légèrement
plus longue que la face linguale. Le métasrylc est
court, légèrement saillant.. L.e paracône et le
métacône sont de même hauteur et séparés Pun
de l’autre par une vallée relativement profijndc
où court une centrocrista faible et rectiligne, l.a
région parastylaire iVest pas soulevée en cuspides.
L’hypocône est plu.s bas et moins volumineux
que le protocône. Une posthypocônecrisia distale
très faible rejoint le cingulum distal. Le cingulum
vescibulaire et le cingulum mésial sont larges et
continus. 11 existe enfin un petit cingulum lin¬
gual entre le protocône et Thypocône.
La M2, de contour plus rectangulairc que la Ml,
montre des faces vestibulaire, distale et linguale
concaves. Elle diffère de la Ml par la présence
d’un parastyle soulevé er par Pindividualisation
d’un renllemeni paniconulaire. Le mécaconule
est. comme sur la dent précédente, pyramidal et
relié à la fois au protocône et au paracône. Le
bord distal de la dent est plus court que son bord
proximal. Contrairement à la Ml, Thypocône
n’émet pas de posthypocônecrisra. Par contre,
l’hypocône rejoint le méralophe (= postprotoeô-
necrista) presque au niveau du métaconule. Le
cingulum mésial et le cingulum distal sont pré¬
sents mais très effacés. En revanche il n'y a pas de
cingulum vestibulaire.
La M3 a la forme d’un triangle équilatéral. Elle
comprend les trois cuspides cKissiques ainsi qu’un
petit parastyle et un cingulum mésial. Un petit
cingulum descend du métacône .sur la lace disto-
linguale. Contrairement aux autres M3
d’Echinosoricinac du meme gisement, cette dent
est dépounme d’hypocône.
Les molaires supérieures ont toutes trois racines.
La racine linguale n’est pas divisée, mais présente
néanmoins un sillon médian sur sa face linguale,
sillon qui annonce une subdivision prochaine en
deux racines.
La m2 a la structure banale d’un Echinosorici-
nae. Le paraconide est presque transverse, le iii-
gonidc très étroit, le cingulum vestibulaire très
faible, tandis que le cingulum postérieur est
court et s’arrête au milieu de la face distale de la
dent sans atteindre l’hypolophide.
Discussion
Le genre le plus proche de notre nouveau genre
Thatagymmira paraît être Hylomys^ donc il se
sépare principalement par : (1 ) la non-bifurcation
de la racine linguale des molaires supérieures ; (2)
le parastyle non .saillant, à peine ébauché, de
Ml ; (3) le non-creusemeni d'une fosse discale à
l’arrière du métalophe ; (4) l'absence d'hypocône
sur M3.
Ajoutons que les dents rapportées à
Thaiagymnura equilateralis sont toutes d’une
taille nettement supérieure à toutes les autres
dents d’Echinosoricinae du gisement de Li.
Genre Hylornys Muller, 1839
Espèce-type. — Hylomyssuilius Muller, 1839.
Hylornys engesseri n.sp.
(Figs 3, 4)
Tm’E. — M3 droite (T Li 113).
Niveau-type. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
LocalI'IT-TYPE. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Thaïlande).
DF.RlVA'^i'IO NOMINIS. — En Thonneur du grand
paléontologue bâlois Burkart Engesser qui a beaucoup
travaillé sur les Echinosoricinac et qui nous a toujours
enchanté par l’aboiidancc et la splendeur de son ico¬
nographie
Materu-X. — Mesures en millimètres ;
Cl d (TLi 106) = > 1,16 X 0,57 X 1,06.
CI g (T Li 106) = t,45 X 0.56 x 1,20 (Fig. 3A).
PI g (T Li 107) = 079 X 0,52 (Fig. 3B).
P2 d (T Li 108) r 1,10 X 074 fFîg. 3C).
P2g(Tli 108)= 1.10X0,67
P3 g n' Li 109) = 1.11 X 0,80 (Kig. 3D).
3 P4 d ("J^ Li 110) incomplètes (panies linguales), lon¬
gueurs linguales : 1,28, 1.34, 1,51.
4 P4 g (T Li 110) incomplètes (parties linguales), lon¬
gueurs linguales : 1,28, 1,29 (Fig. 3H), 1,34, 1,39.
Ml d{TLi 111) = 2,30x2,67.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
787
Mein P. & Ginsburg L.
Ml d (T Li 111 ) = 2,37 X 2,47 (Fig. 3G).
Ml d{TLi 111) = 2,49x2,54.
Ml g (T Li 111) =2,32x2,60.
M2 d (T Li 112) = 2,02 x 2.36 (Fig. 3F).
M2g(TLi 112) =2,01 X 2,40.
M2g(TLi 112)= 1,94x2,26.
M2g(T Li 112) = 2.03x2,05.
M3d(TLi 113, holotype) = 1,26x1,61 (Fig. 3E).
M3g(TLi 114)= 1,36x 1,70.
M3g(TLi 114)= 1,43x 1,80.
M3g(1 Li 114)= 1,50x1,54.
p2 g (T Li 115) = 1,55 X 0,72 (Fig. 31).
p3 d (T Li 116)= 1.53 X 0,91 (Fig. 3J).
p4 d (T Li 117) (à hypoconide brisé) = 1,75 x 0,98
(Fig. 3K).
p4d(TLill7) = ;xO,91.
p4 g(TLi 117) = ?x0.94.
p4g(TLi 117) = ?x0,97.
ml d (T Li 118) = 2,64 x 1,47 (Fig. 4A).
m2d(TLi 119) = 2,17 x 1,43.
m2 d (T Li 119) = 2,31 x 1,47 (Fig. 4B).
m2d(TLi 119) = 2,36 X 1,48.
m2d(T Li 119) = 2,28x.>.
m2g(TLi 119) = 2,37 X 1,50.
m3d(T Li 120) = 1,78 x 1,14.
m3d (TLi 120) = l,87x 1,02.
m3 g (T Li 120) = 1,82 x 1,10 (Fig. 4C).
m3g(TLi 120) = 1,87 X 1,05.
DP3g(T Li 121)= 1.62 X 1,02.
DP3g(TLi 120= 1,71 X 0,87 (Fig. 4D,E).
DP3gCl'Li 121) = ?x 0.88.
dp3d(TLi 122) = 1,19x0,58.
dp3g(TLi 122)= 1.10x0,57.
dp3 g (T Li 122) = ! ,22 x 0,53 (Fig. 4F).
dp4 g (T Li 123) = 1,73 x 0,85 (Fig. 4G).
dp4g(TLi 12,3) = ?x0,88.
fragment mandibulaire droit ( F Li 124) avec sept
alvéoles cotre,spondanl aux iroi;. molaires : hauteur
sous la ml = 2.25 ; longueur alvéolaire ml-m3 = 6,35.
Diagnose. — Hylomys plus petit que Hylomys suillus.
Molaires supérieures et P4 n’ayant qu’une seule racine
linguale ; P3 réduite mais ayant conservé trois racines.
M3 en forme de triangle dont le plus petit côté corres-
Fig. 3. — Hylomys engessori n.sp. : A, Cl gauche (T U 106), face linguale : B, PI gauche (T Li 107) ; C, P2 droite (T Li 108) ; D, P3
gauche (T Li 109) ; E, M3 droite (T Li 113, holotype) ; F. M2 droite (T Li 112) ; G, Ml droite (T Li 111) ;
H, P4 gauche (T Li 11 0) ; I, p2 gauche (T Li 11 5) ; J, p3 droite (T Li 11 6) : K. p4 droite (T Li 117),
788
GEODIVERSITAS ■ 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
pond à la face postcro-linguale. L’hypocône est séparé
du mécacône par une petite vallée. Les prémolaires
inferieures sont biradiculées.
Diagnose DiPt'iiRLN iii-iLE. — Hyiomys engesseri se
distingue aisément de Lanthanotherium par le fait que
Ml et M2 ont un métaconule bien inséré sur la post-
proiocbnecrista au lieu d’érre isolé.
DESCiRIiniON
La canine supérieure est simple, légèrement
recourbée en arrière et biradiculcc, La racine
antérieure esr verric'ale tandis que la racine posté¬
rieure est plus inclinée vers l’arrière^ La pointe se
trouve au milieu de la dent. Le flanc postérieur
de la dent esc plus abrupt que raniérieur, entraî¬
nant un petit replat distal plus important que le
replat mésial. Sur la face antérieure de la dent,
une petite surface d'usure cornespond à raction
de la dent antagoniste (la canine intérieure). Par
contre, sur un spécimen, une petite facette
d’usure à la base de la dent correspond a une sur¬
face de contact. Sur le plus petit des deux spéci¬
mens, un léger bombement, plus important sur
une face (rexterne a priori) que sur rnutre, per¬
met de déterminer une canine droite. L’autre spé¬
cimen, trop symétrique, ne permet pas la
distinction.
La PI est une dent simple, basse, et présente un
léger soulèvement cingulaire à l’arrière ; elle est
biradiculcc.
La P2 droite est un peu plus grande, mais s’en
distingue surtout par Lt présence supplémentaire
d’un soulèvement cingulaire antérieur, [.a dent
est légèrement élargie â rarricre, Lllc présente un
petit cingulum sur la face linguale qui est marqué
par deux facettes d’usure superposées. L’autre
spécimen attribué à une P2 en diffère par une
parfaite symétrie entre ta face interne et la face
externe. De même, les soulèvements cingulaircs
antérieur et postérieur sont parfaitement
médians, si bien qu’il ne nous a pas été possible
de savoir s’il s’agissait d’une dent droite ou d’une
dent gauche. K la limite, il est possible que ce
spécimen soit une DP2.
Une petite dent triangulaire munie de trois
racines semble bien être une P3. La couronne se
termine en avant par un petit cingulum anterieur
décomposé en une partie linguale et une partie
labiale. La dent possède, en arrière de la pointe
principale et réunie à elle par une crête coupante,
une petite cuspîde accessoire postérieure se pro¬
longeant du côté postéro-lingual par une crête
cingulaire.
Aucune V4 entière ne nous est parvenue.
Cependant quinze portions linguales, dont sept
ont pu être mesurées, montrent un hypocône et
un protocone et doivent appartenir à des IM. Le
protocône est plus gros et légèrement plus lingual
que l'hypocônc. On obscr\T un cingulum distal
en arrière de l’hypocône. Le protocone et Phypo-
cône peuvent être réunis par une petite crête
basse et rectiligne Lfn petit cingtilum mésial relie
aussi la base du protocone au paracône.
La MI est représentée par sept spé-cimens plus ou
moins complets, dont quatre ont pu être mesurés.
Une certaine variabilité existe entre ces dent,s.
Toutes présentent, à la différence de Thaiagym-
nura equdnternlis^ un petit para.style bien saillant
et un métaconule toujours réuni nu protocone et
au métacône par une petite crête ; en revanche, ce
métaconule est presque conique sur trois spéci¬
mens et plutôt pyramidal sur trois autres ; quatre
spécimens ont un paraconule tandis que trois n’en
ont même pas trace. Le protocone est très haut et
en position bien antérieure. La crête antérieure de
riiypocône rejoint toujours le rnétalophe (= post-
protocônecrista). Un .spécimen montre une post-
hypocônecrista très fine ; les autres en sont
totalement dépourvus. Le bord vestibulaire est
légèrement concave et un peu plus long que le
bord lingual. Les formations cingulaircs sont
toutes présentes, mais courtes et très faibles. Læ
mét.a.stsdc est bien saillant et relativement long.
La M2 est représentée par cinq Spécimen.s dont
quatre mesurables. L.a face vestibulaire est conca¬
ve. le parostyle légèrement saillant tandis que le
métastyle est court et très recourbé. La preproto-
cônecrista peut s’élargir en véritable paraconule.
Le métaconule est toujours net, plutôt conique et
situé sur la po.stprotocônecrista. L’hypocône est
plus bas que le protocone et rejoint la po.stproto-
conecrista. Une dent montre une ébauche post-
hypocônccrisia.
Lt M3 est bien triangulaire avec un protocone
très pmcé. Il y a un parastyle saillant, prolongé
par un cingulum mésial, et rarracHé d'autre part à
la base du paracône. Une profonde vallée sépare
le paracône du métacône. Le paracône esc bien
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
789
Mein P. & Ginsburg L.
plus haut que le métacône. En arrière du méta-
cône et en position plus linguale se trouve une
cuspide supplémentaire que Storch &C Qiu
Zhuding (1991) interprètent comme un hypo-
cône. Cette cuspide a une hauteur égale ou légè¬
rement supérieure à celle du métacône. La
préprotocônecrista esr haute et aboutit sur la base
du prococône tandis que la postprotocônecrista
est basse et aboutit sur la cuspide supplémen¬
taire. Bien que voisins, le métacône et l’hypocône
sont séparés par une vallée comme chez Larnha-
notherimn et contrairement à XHylomys suillus
actuel Cl à Neoieimais, chez qui ces cuspides sont
coalesccntes.
Toutes nos molaires supérieures ont trois racines,
la racine linguale n'étant jamais dédoublée.
La p2 est une dent biradiculée, érroite et allon¬
gée, montrant en avant de la pointe principale
un paraconidc vestigial et un cingulum discal à
peine indiqué.
La p3 est biradiculée, bâtie comme la précédente,
mais le paraconide est plus important et plus
long. De la pointe principale descend vers Tarrière
et lingualement une petite crête et il y a un cin¬
gulum distal renflé dans sa partie médiane.
La p4, biradiculée comme la p3, présente une
pointe pyramidale, élevée et placée au milieu de
la dent. Une crête en descend vers l’avant et se
soulève en un paraconide pointu et bas, plus long
que sur p3. Du côté lingual une crête descen¬
dance marque à ml-haureur un replat qui semble
remplacer le métaconide. Cette crête continue
ensuite sa descente presque à l.i verticale er sc ter¬
mine vers l’arrière de la dent sur le bord lingual.
La partie distale de la dent est légèrement soule¬
vée en une crête angulaire. Cette crête cingulaire
est élevée dan.s sa partie médiane et se rattache à
la base du protoconide.
La m l est une dent allongée, au paraconide petit,
peu oblique et peu recourbé. Comme sur les
autres molaires inférieures, le métaconide est
antérieur au protoconide. Le calonide est plus
long que le trigonide et la crista obliqua est en
position très labiale. Le paraconide est la plus
Fig. 4. — Hylomys engesseri n.sp. : A, m1 droite (T Li 1 18) ; B, m2 droite (T Li 119) ; C, m3 gauche (T Li 120) ; D, E, DP3 gauche
(T Li 121), faces occlusale et linguale, respectivement ; F, dp3 gauche (T Li 122) ; G, dp4 gauche (T Li 123).
790
GEODIVERSITAS « 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
basse des trois cuspides antérieures, tandis que le
métaconide est la plus haute. La face labiale est
occupée par un cingulum continu mais peu
épais. Le cingulum postérieur est court dans la
partie moyenne de la dent, et bas. Il ne rejoint
pas rhypolophide (contrairement à Neotetracus
chez qui ce cingulum rejoint fhypolophidc).
La m2 se différencie de la ml par la forme du
paraconide qui est plus b.ts et plas tran.sversaJ, et
elle ne s’élargit pas au niveavi du ralonide qui est
plus étroit que le irigonide. Le métaconide est
légèrement plus en avant que le pn)roconide. Il y
a toujours un cingulum continu sur la face la¬
biale. La longueur du talonidc est nettement plus
grande que celle du trigonide. Lentoconide est
plus haut que fhypoconide et le cingulum posté¬
rieur est toujours limité à la région moyenne de
la dent et n’atteinl pas rhypolophide.
Cependant, il semble l’avoir atteint sur les dents
à forte usure.
Sur m3 le paraconide est très bas, très arqué, le
métaconide est au même niveau que le protoco-
nide, mais reste plus haut. Le ralonide est long,
étroit, et même plus étroit que le trigonide. Il n'y
a pas de cingulum postérieur et fhypoconide est
situé à l’angle vestibulo-distal de la dent et est
donc légèrement saillant. La distance entre
fhypoconide et fcntoconidc est un peu plus
grande que la largeur de l’avant du ralonide.
Dents lactéales supérieures
Irois dents, également munies de trois racines et
beaucoup plus allongées que les P3, ont été inter¬
prétées comme des DP3. Elles présentent, en
arrière de la pointe principale (paracône) haute,
une pointe secondaire (méiacône), et encore plus
en arrière une petite pointe cingulairc postérieure
basse (métastylc). Ces trois pointes sont réunies
par une crête coupante. L’avant montre un para-
style minuscule. Un petit bombement lingual
correspond h un protocane sur un spécimen alors
que sur les deux autres il n'y a à cet emplacement
qu un léger cingulum. N’ayant jam^i'i cu à notre
disposition de dents latérales supérieures
d'Echino-soricinae, c'est la comparaison avec le
riche materiel de DP3 de Galcrix du gisement de
la Grivc-Saint-Alban qui nous a permis cette
détermination. La dent correspondante de
Galerix est simplement un peu plus large propor¬
tionnellement mais montre les mêmes éléments,
particulièrement l’étonnante pointe accessoire
poscérolabiale (mctacône), ainsi qu’un petit bom¬
bement lingual (protocône). La DP3 du genre
voisin Delnogalerix a été figurée par Butler
(1980, fig. la).
Dents lactéales inférieures
La dp2 est une petite dent biradiculée, simple,
dépourvue de crête métaconidienne et de crête
cingulaire distale. Seul un petit renflement
l'indique au milieu de la dent.
La dp3 e.st biradiculée comme dp2. Elle est légè¬
rement plus grande et très étroite à favani. Le
paraconide est rectiligne. L’arrière de la dent est
un peu élargi et occupé par un cingulum bas et
légèrement renflé en son milieu. La pointe prin¬
cipale SC trouve légèrement décalée dans la partie
antérieure de la dent. Comme sur la p2, il n’y a
pas trace décrète métaconidienne.
La dp4 a une .structure comparable à celle de p4,
mais en phis gracile et au contour occlusal plus
sigmoïde, Pextremité du paraconide érant légère¬
ment oblique lingualement. Le renflement du
métaconide e.st plus fort et plus net que sur la p4.
La crête descendant de la pointe du protoconide
se termine par un replat indiquant le nicraconidc
comme sur p4, mais à l’inverse de cette dernière,
elle ne se prolonge pas plus bas. Enfin le cingu¬
lum disval est plus bas.
Discussion
Cette espèce peut raisonnablement figurer dans
l’ascendance A'Hylamys suillus, seule espèce
actuelle connue du genre et déjà présente dans le
Miocène supérieur de Lufeng (Storch &: Qiu
Zbuding 1991). Elle s’en distingue en elfet par
des caractères qui tou.s semblent plésiomorphes.
La tendance chez les Echinosorietnac est dans la
réduction des prémolaires et Paugmcntaiion du
volume des molaires. Or, on constate, sur la
forme actuelle par rapport à celle de Li, la simpli^
fjcacion des racines des prémolaires et> au
contraire, le dédoublement de la racine linguale
dos molaires supérieutes, l’isolement du niétaco-
mile qui n'est jamais isolé ni indépendant chez
aucune forme oligocène et le dév eloppement de
la posthypocônecrista qui rejoint le cingulum
basal. Ce caractère appartient seulement au
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
791
Mein P. & Ginsburg L.
Miocène moyen chez Lanthariotherium, au
Miocène supérieur chez Galerix et est actuelle¬
ment la règle chez Hylornys^ Neotetracus et
Neohylomys.
Neotetracus TroxicssdiTU 1909
Espèce-type. — Neotetracus Trouessart, 1909.
Neotetracus butleri n.sp.
(Fig. 5 )
Type. — M2 droite (T Li 126).
Niveau-type. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
LoCAI.!TÉ-TYPE. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Thaïlande).
1 mm
Fig. 5. — Neotetracus butleri : A, M1 gauche {T Li 125) ; B, M2
droite (T Li 126, holotype) ; C, m3 gauche {T Li 128).
DerivaTIO NOMINIS. — En l'honneur de Percy
M. Butler dont, depui.s plus d'un demi-siècle, les tra¬
vaux sur les insectivores font autorité.
Matériel. — Mesures en millimètres :
Ml g(TLi 125) = 2,23x2,40 (Fig. 5A).
M2 d (T Li 126, holotype) = 1,86 x 2,15 (Fig. 5B).
M2 g (T Li 127) (moitié pose.) = ? x 2,15.
m3 g (T Li 128) = 1,70 X 1,02 (Fig. 5C).
Diagnose. — M2 à métaconule bien relié au proto-
cône et au métacône par une crête continue et post-
hypocônccrista plus développée que chez les deux
autres Echinosoricinjc de l.i. Ml a contour moins
oblique que sur rcspèce-typc et a espace entre le méta-
conulc et le l>ofd distal plus a'duit et non creusé en
cuvette. Cinguliim labial plus faible sur M2 cl surtout
sur Ml que çhez la lor.me actuelle,
Description
La Ml a un contour rectangulaire, un parastyle
net mais non saillant, un métasryle saillant et pas
de paraconule. Le métaconule est conique, se
trouve sur le métalophc (= posthyptïcônecrisca)
et rejoint le métacône, La préhypocônecrista
rejoint aussi le métalophc, mai.s en arrière du
métaconule. La posrhypocônccrisra rejoint le cin-
gulum distal. Par rapport à la Ml de flylomys,
notre Ml se distingue par des vallées moins
larges, un métastyle plus long et une région para-
srylaire plus en relief.
La M2 montre un contour subrcctangulaire avec
un bord lingual à peine plus rétréci que le bord
labial. Il y a un paraconule faible. Le méralophe
est pratiquement parallèle au paraloplie, la cuvette
centrale est étroite et la posthypocônccrista est
bien développée et rejoint le cingulum distal.
Enfin les forniations cingulaircs sont bien déve¬
loppées sur les face.s antérieure, labiale et distale.
La m3 a un paraconide très arqué qui se referme
presque sur la base du métaconide. Le taJonide
est court, dépourvu de cingulum distal et les
deux tubercules (hypoconide et entoconide) rela¬
tivement voisins (à rencontre des gcnre.s précé¬
dents) donnent au calonido un contour occlusal
assez arrondi.
Discussion
Ces dents, homogènes par la taille, sont morpho¬
logiquement identiques à celles de Neotetracus
sinensis. On soulignera en particulier la post-
protocônecrista des molaires supérieures conti-
792
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
nue, et celle, courte et resserrée, du taJonide de la
m3. C’est donc bien au genre Neotetracus que
Ton doit attribuer notre petite forme de Li.
On remarquera enfin que chez Tetracm les molaires
sont plus rectangulaires, le paraconule plus fort, le
métaconule plus gros et plus triangulaire tandis
que les molaires inférieures n’ont pas de cingu-
lum. Il semble donc que les genres Teîmeus et
Neotetracus ne sont pas apparentés. Cette opinion
ne suit pas la révision récente de Frost et al.
(1991) qui ne considèrent qu’un seul genre
valide, Hylomys, pour les petits Echinosoricinae.
Sous-famille EriNACKINAK Gill, 1872
Erinaceinae indet. cf Mioechinus Butler, 1948
(Fig. 6)
Matériel. — Me.sures en millimètres :
P3 d (T Li 129), moitié labiale, L vestibulaire = 2,50,
L anatomique reconstituée = 2,25 (Fig. 6A).
cl g (T Li 130) - 2,30 X 1,54 (Fig. 6B-D).
ml g (T Li 131), fragment postérieur du trigonide,
1 de ce fragment = 2,46.
DF-SCRIPTION
P3 : un seul fragment vestibulaire nous est parve¬
nu. Ce fragment surprend par le parastyle extra¬
ordinairement saillant en avant. Un parastyle à
même position antérieure n'est connu que chez la
P3 de Mioechinuî sansaniensis {cf. Mein 1958,
fig. 16 oh il le figure sous le nom d'Erina-
ceinac 1) et sur le Mioechinm tobleni de Eskihîsar
(Engesscr 1980, fig. 21) ou ce parastyle est
cependant plus épais et moins détaché du reste
de la dent. En arrière, l’ensemble paracône-
métacône-métasryle est particulièrement mince
et gracile.
La canine inférieure est une dent uniradiculée
dont la racine est oblique et située très en arrière
de la dent, indiquant par là que la dent chevau¬
chait la dernière incisive. La dent est basse, cou-
Fig. 6. — cf. Mioechinus sp. : A, P3 droite (T Li 129), moitié labiale ; B-D, cl gauche (T Li 130), faces occlusale (B), linguale (C) et
labio-distale (D).
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
793
Mein P. & Ginsburg L.
chée vers l’avant. Sa seule pointe, aiguë, est située
dans le tiers antérieur de la dent. De cette pointe
descend une arête antérieure courte et une crête
postérieure longue et légèrement arquée, qui se
recourbe à l’extrémité distale en un cingulum lin¬
gual épais, mais donne aussi un cingulum labial
moins accentué. De la pointe unique descend
aussi Tébauche d’une seconde crête, plus linguale
que la précédente.
Le fragment de molaire inférieure est interprété
comme appartenant à une ml en vertu de la
position de son métaconide, légèrement décalé
en avant par rapport au protoconide ainsi que
des bords linguâl et labial de la dent qui, au
niveau con.servé de cette dent, sont rectilignes et
parallèles. Sa taille correspond exactement à ce
qu’on peut attendre de celle de la P3 et de la
canine inférieure.
Famille Talpidaü Gray, 1825
Genve ScapanulusThomzSy 1912
Espèce-type. — Scapanulus oweni Thomas, 1912.
Scapantdus lampounemis n.sp.
(Fig. 7)
Type. — M2 droite (T Li 133) = 2,15 x 2,44 mm.
NiVEAU-'nTE. — Sommer du Miocène inférieur, zone
MN4.
Localité-type. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Thaïlande).
Derivatio NOMINIS. — De Lamphun, capitale de la
province où se trouve Li.
MatéRIBI —Mesures en millimètres :
P4 d (T Li 132) = 1,93 x 1,34 (Fig. 7A).
M2 d (T Li 133, holotype) = 2,15 X 2,44 (Fig. 7B).
ml d (T Li 134) fragmentaire (reste seulement le tri-
gonide), hauteur du protoconide = 2,37, dimensions
du trigonidc, san.s les cingulums = 0>5>3 x 1,38, avec
les cingulums = 1,02 x 1,50 (Fig. 7C).
m2 d (T Li 135) privée de scs cingulums = 1,56 x
1,03.
Diagnose. — Scapanulus dont la M2 montre un pro¬
tocône pincé et à position trc.s antérieure- Les conulcs
(paraconule et métaconule) sont beaucoup plus faibles
que chez Scapanulus oweni.
Description
La P4 est une dent triangulaire, au protocône
bas, réduit et à position antérieure. Elle est trira-
diculée et dcpouiTue de tout parastyle.
La M2 (type), triradiculée, montre un très fort
parastyle, des crêtes vestibulaires bien pointues,
un métacône légèrement plus haut que le para-
cône, un mésostyle long et dédoublé mais dont la
crête médiane ne s’abaisse pas entre les deux
mé&osryle.s, une postmétacônecrista légèrement
plus petite que la prémétacônecrisca. 11 existe aussi
un petit mésoscyle. Le protocône est fortement
déplacé vers l’avant de la moitié antérieure de la
dent. Toute la partie linguale de la dent est pin¬
cée, limitée à sa moitié anrérieure. On note un
vestige de métaconule à la base du métacône, à
l’endroit où se termine la postprotocônecrista qui
C
Fig. 7. — Scapanulus lampounensis n.sp. : A, P4 droite
(T Li 132) : B. M2 droite {T Li 133, holotype) ; C, ml droite
(T Li 134} incomplète.
794
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
ne se poursuit donc pas en un métacingulum. Du
côté antérieur demeure un vestige encore plus
réduit de paraconule à la base du paracône. Enfin,
la dent est dépourvue de cingulum inésial et la
postfosse (ou fosse centrale) est uès creusée par
rapport au paraflexus et au métaflexus.
La molaire inférieure incomplète est une dent
haute, brisée juste en arrière du crigonidc. Ce iri-
gonide est très comprimé aniéro-postérieure-
ment, le paiaconide est plus bas et plus étroit à sa
base que le méiaconide, tandis que le protoco-
nide est nettement plus haut. Ce irigonidc
montre encore un cingulum mésial saillant, bas
et limité à l'angle antéro-lmgual de la dent. En
arrière, sur la paroi distaLe du trigonide* plus
exactement au flanc distal du métaconule,
cest-à-dire très lingualement, s'observe le départ
d'une crisiide oblique et basse qui est la préhypo-
conidecrisia. De l'insertion très basse de cette
crête on peut en conclure que la vallée linguale
entre le méiaconide ec rentoconidc devait être
beaucoup plus profonde que celle formée entre le
paraconide et le métaconide.
La molaire inférieure droite complète est extrê¬
mement arasée, ses cuspides sont brisées, ses cin-
gulums ont disparu, ainsi que Témail de sa face
linguale. Elle offre cependant un contour carac¬
téristique de m2 de Talpidae (trace d'un petit
hypoconulide et crista obliqua diagonale). La lar¬
geur du ralonide est équivalente à celle du trigo-
nide. En raison de l’usure des cingulums, les
dimensions réelles doivent être supérieures à
celles mesurées. Elle pourrait ainsi s’accorder,
malgré des dimensions peut-être un peu petites,
à notre Scapanulus de Li.
Rapports kt du-frrpnces
Les trois premiers restes décrits ci-dessus appar¬
tiennent a une même petite forme de Talpidae, et
même de Talpinac, en raison du protocône pincé
et de l’absence de paraconule et de métaconule
sur M2. En Pabscncc de toute formule dentaire
connue, reste la possibilité d’appartenir à deux
groupes de ‘lalpinae : les Urotrichini ou les
Scalopini.
À l’intérieur de la tribu des Urotrichini, notre
forme fossile de Thaïlande diffère A'Urotrichus
qui possède un fort protoconule sur M2, de
Neurotrichiis et de Qjania qui ont un métacingu¬
lum rejoignant le métastyle, enfin de Paratalpa
dont la crête séparant les deux raésostyles s abaisse
beaucoup plus et dont le prorocône esc très
médian, et non antérieur comme sur la M2 de
Li. Il ne s'agit donc pas d’un Urotrichini.
Chez les Scalopini, notre forme de Li diffère de
Proscapmusy Hugueneya^ YanshuelLi et Scapanus
par, entre autres caractères, l’absence du métacin¬
gulum à M2, et aussi de Yummnscaptor àoié d’un
mésosiylt simple, non dédoublé. Scapünu^ a
aussi, comme Yunnanscaptor ec a la différence de
la forme de Li, un mésostyle non dédoublé et,
comme Yanshuiila^ des conules forts, candis que
Proscapanus et Hugtieneya ont un mésostyle bien
divisé, mais dont les deux bords sont très resser¬
rés entre eux. Nous rapporterons finalement
notre forme de Li au genre Scapanultu qui partage
avec elle un niésosryle dédoublé aux bords large¬
ment séparés et l’absence de métacingulum sur
M2, un proiocôuc réduit et Tabscnce de parasry-
le sur P4, un trigonide très comprimé anrero-
postéricurement et des cingulums très réduits aux
molaires inférieures. Notre forme diffère de
l’espèce-rypc, Scapanulus oufenû qui vit actuelle¬
ment en Chine, par la position très antérieure du
prococône de M2 et la faiblesse des conules sur la
meme dent.
Une deuxième espèce de Scapanulus fossile a déjà
été décrite. Scapanulus agrarius Skoezen, 1980 du
Pliocène de Pologne, mais uniquement sur des
restes non dentaires et on ne peut donc pas la
prendre en compte.
Ordre CHIROPTERA Blumenbach, 1779
Superfamille Emballonuroidea Weber, 1928
Famille EmbalI^ONURIDAE Dobson, 1875
Genre Taphozous E. Geoffroy, 1818
EsPÈCF.-"nTF.. — Taphozousperforatus Geoffroy, 1818.
? TaphozoiiS
(Fig. 8A)
Matériel. — Mesures en millimètres :
m2 g ( r Li 136) = ? x 1,75 (largeur au ralonide).
Diagnose. — Ce fragment de molaire inférieure
comprenant le ralonide et la terminaison du trigonide
appartient à un Chiroptère entomophage de forte
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
795
Mein P. & Ginsburg L.
1 mm
Fig. 8. — fKjaphozous sp. : m2 gauche (T Li 136), talonide.
B, Megaàermas^. ; p2 droite (T U 137).
taille. Ce n’eçt pas une mî à cause de l'orienrarion
transversale de la protocrisiide, ni une ni3 à cause du
fort cingulum distal. La crête distale est transverse et
l'hypoconulide est en partie confluent avec l’enroco-
nidc (structure semi-myotodonte) ; il ne peut donc
.s’agir d’un Megadermatidac chez, qui la crête distaJe
est oblique vers l'artièrc cc riiypoconulide isolé de
l’enroconide. La cristide oblique rejoint la protocris-
tide dans la moitié linguale de la dent, moins Üngualc-
ment que chez les Megadennaudae o(i elle aboutit sur
le métaconidc- La cuvette du talonide est peu creusée
par rapport à la hauteur de la couronne.
Cette cfent semble appartenir à un Emballonuridac de
la taille de Taphtxzous incogvüü du Miocène du Kenya
(Butler & Hopwood 1957). Elle en diftetc par le très
grand développement du cingulum distal, qui surpasse
également celui des formes actuelles d’Asie T» melano-
pogon et T. Imigimanm.
SuperfamiUe Rj IINOLOPHOIDEA Weber, 1928
Famille MLGADLRMAnoAE Allen, 1864
Genre Geoffroy, 1810
Espèce-type. — Vespertilio spasma Linné, 1758.
Megadentm sp.
(Fig. 8B)
Matériel. — Mesures en millimètres :
p2 d (T Li 137) = 1,89 X 1.65 (Fig. 8B).
Descrirtion et discussion
LInc belle p2 a été rapportée au genre
Megadcrma. Par rapport aux espèces actuelles, à
Mcgiidcrma lugdunensis du Miocène de Vieux-
Col longes et à Megadenna aff. lugdmmms de la
Grivc-Saint-Alban, clic paraît un peu moins
haute et un peu plus large, étant un peu plus
développée lingualemcnt- De grosses p2 se ren¬
contrent aussi chez de grands Hipposideros du
groupe armiger qui s'en distinguent cependant
par Faspecr resserré du bord labial, plus pincé à la
taille.
Famille RhINOLOPHIDAE Bell, 1836
Genre Rfnnolophus Lacépède, 1799
Espèce-type. — Vespertilio ferram equtnum Schreber,
1774.
Rhinolophus yongyuthi n.sp.
(Fig. 9)
Type, — m2 droite (T Li 143) ^ 1,72 x 11,8.
NivraU-TYPE. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
Loc'ai.I'I'É- 1 YI'E:. — Li Mac Long (Province de
I^mphun, Thaïlande).
Dérivai iO NOMÎNIS. — En l’honneur de Yong^oith
Ukakimnpan, géologue au Department of Minerai
Resources (D.M.R.) de Bangkok, inventeur du gise¬
ment de Li Mae Long.
Matériel. —Mesures en millimètres :
Cg (T Li 138) = 1,50 X L24 (Fig. 9A, B).
IM g (T Li 139) = 0.91 x?.,
c d (T Li ] 40) = 1.18 X 1.13 X 2,40 (Fig. 9D, E).
cd(TLi 140)= L02x 1,05.
p4d(T Li 141)= 1,13X0.96.
p4drrü 141)= 1.20 X 1.08 (Fig. 9).
p4g(T Li I4I) = 1,1.3x0,93.
ml d(TLi H2) = 1,75x1,21.
m2 d n Li 143, bolotype) = 1.72 X 1,18 (Fig. 9C).
m2d (TLi 144) ^ 1,65 x 1,14.
m3d (TLi 145) = 1,69 x 1.08.
Diagnose. — Hlnmlophus voi.sinc de R. delphinensis
Cl de taille inferieure à telle du type de la Grive-Saint-
Alban, mais de la taille de la population plus ancienne
de Vieux-Cüliongcs. Deux molaires inférieures sur
quatre présentent une petite crête descendant du som¬
met de rhypoconide vers le centre du talonide.
796
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
Description
Tout ce matériel forme un ensemble homogène
tant par la taille que par la morphologie.
La canine supérieure montre une face linguale
totalement plate et un cingulum lingual épais, à
surface occliisaJe ondulée.
La canine inférieure présente un cingulum lin¬
gual se soulevant à larrière pour former une véri¬
table cuspidc cingLilaire. Les deux exemplaires de
canine inférieure de Li ont exactement la même
morphologie mais leur taille est assez différente.
Elles correspondent à ce qu on peut attendre des
différences d’ordre sexuel. Nous attribuerons
donc le fort échantillon à un sujet mâle et le plus
petit à un sujet femelle.
Les trois spécimens de p4 sont à peu près iden¬
tiques. Cependant, les deux spécimens qui ont la
même longueur sont pointus en avant tandis que
le troisième montre une face antérieure moins
oblique, et presque orthogonale à Taxe longitudi¬
nal de la dent. Ces deux types de dents se retrou¬
vent dans la variabilité des p4 de Rhhiolophus
delphimnsU de Vieux-Collonges.
La ml, comme chez mus, les Rhivolophiu, .se dis¬
tingue de la m2 et de la m3 par la position très
distale du métaconide, d’où un aspect très étroit
du trigonide. Au talonide, la crête postérieure de
l’hypoconide est de type nyctalodonte, et Tento-
Fig. 9. — Rhinolophus yongyuthi n.sp. : A, B, C1 gauche (T ü 138), faces occiusale et linguale, respectivement ; C, m2 droite
(T Li 143, holotype) : D. E, c1 droite (T Li 140), faces labiale et occiusale, respectivement ; F, G, p4 droite (T Li 141), faces labiales
et occiusale.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
797
Mein P. & Ginsburg L.
conide se relie par une crête de direction antéro-
labiale au mêtaconide.
Sur la ml et la m3, le métaconide est sensible¬
ment au même niveau que le protoconide, ce qui
entraîne un trigonide assez large.
Le spécimen de ml et un spécimen (sur deux) de
ml montrent, descendant obliquement de la
pointe de l'hypoconide, une petite crête dirigée
vers le centre du bassin talonidien.
m3 montre un cingiilum distal plus convexe,
plus arrondi que sur la ml et la ml, où il est recti¬
ligne, comme sur les autres espèces de
Rhinolophns,
Famille HiPPOSIDERlDAE Miller, 1907
Genre Hipposideros Gray, 1831
c d (T Li 151) = 0,76 x* 0.69 x 2,80 x 1,60.
c g (T Li 151) ^ 0,83 X 0,81 x 3,50 x 1,74 (L x 1 x
lîtxhc) (Fig. lOH)..
tg(T Li 151) = 0,92x0,77.
p4d (T Li 152) = 0,83 x 0.64 (Fig. lOG).
ml g (T Li 153) = 1,15 X 0,83 (Fig. lOH).
ml gCLLi 153)= 1,16X0.78.
m2d(TLi 154)= 1.12x0.75.
m2d(TLi 154) = ?x 0,85.
ni2g (TLi 154) = 1,17 x 0,84 (Fig. 101),
m2g(TLi 154)= 1.16x 0,85.
ni2-3d{TLi 155) = 1,14x0,80x0,73-
m2-3d(TLi 155) = 1,10 x 0,82 x 0,73.
m2-3d(TLi I55) = ?x0.76,
m3 g (T Li 156) = 1,09 x 0.78 x 0,68 (Fig. 10-J),
DïAGNO.SE. — Brachipposideros de taille intermédiaire
entre B. collongemis et B. aguilari. M3 ayant conservé
une petite portion de la postmétaconecrista tandis que
le paralophc est à peine perceptible.
EspÈŒ-lVPti.— Ves}iertHio speoris^chacxàcv, 1800.
Sous-genre Brachippodderos Siigé, 1968
Espèce-type. — Hipposideros collongensis Depéret,
1892.
Hipposideros (Brachipposideros)
khengkao n.sp.
(Fig. lOA-J)
Type. — M3 gauche (T Li 150).
Niveau-type. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
Localité-type. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Thaïlande).
DerivatiO NOMINIS. — Du nom thaï signifiant
chauve-souris.
Matériel. — Mesures en millimètres ;
C d (T Li 146) = 1,30 X 0,85 x 3,42 X 2,01 (L x I x
ht X hc) (Fig. lOA).
Cg(TLi 146) = 1,29x0,88.
P4 d (T Li 147) = 0,90 x 1,08 (Fig. lOB).
P4d(TLi 147)= 0,77 X 1,04.
P4g(TLi 147)= I.OOx?.
Ml d (148) = L25 X 1,46 (Fig. lOC).
Ml g (T Li 148) = ?xL50.
Mlg(TLil48) = ?x>L50.
M2d(T Li 149)= 1,13X1,44 (Fig. lOD).
M2g(T Li I49) = 5xl,50.
M3 g (T Li 150, holotype) = 0,95 x 1,40 (Fig. lOE).
cd(TLi 151) = 0,82x0,64.
Description
La canine supérieure est caractérisée par sa
grande longueur par rapport à sa largeur et par la
présence d’une pointe accessoire postérieure.
Cette pointe accessoire postérieure est plus
importance et plus détachée que chez Aselliat Le
cingulum lingual antérieur remonte presque au
niveau de cette pointe accessoire,, comme chez
Bmehipposidem et Syridesnioth ; chez Asellia il est
plus bas. La dent est relarivemeni plus longue
que chez les formes précédentes. Elle est de raille
inférieure à celle de Brachipposideros collongensis
et de caille comparable à Brachipposideros aguilari
(forme miocène minuscule décrite par Legendre
en 1982), donc elle se distingue nettement par sa
pointe principale extrêmement grêle et beaucoup
plus recourbée en arrière.
Aucune P3 n'a été retrouvée, mais il existe à la
base de la face mésiale du cingulum labial de P4
une petite fiicerte d’usure très nette qui lui cor¬
respond. On n’ohserve par contre aucune trace
de face d’usure sur la face distale de la canine
supérieure. On peut donc attester de la présence
d'une minuscule P3.
La P4 na pour ainsi dire pas de parastyle ; la
région parastylaire ne forme pas d’expansion anté¬
rieure et ne se renfle pas non plus en cuspide cin-
gulaire, contrairement à Coelops ou Hipposideros
cineraceus. Il n’existe pa.s de crête de liaison (para-
lophe) entre le protocône et la base du paracône,
contrairement à Aselliscus et Brachipposideros col-
798
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mein P. & Ginsburg L.
M3 apparaît comme plus archaïque que celle des
Brachipposideros d’Europe par rcxiscence d’une
courte postméraconecrista (qui augmente la lon¬
gueur labiale de la dent). Cette postmétacône-
crista n’cxistc pas chez les formes actuelles mais
se trouve, en plus développécj sur la population
de Bouzigues rapportée par Sigé (1968) à
Brachipposideros collongcnds. La poscprotocônc-
crista se referme sur la base du métacône et la
préprotocônecrista .se poursuit dans le cingulum
de la dent. Sur la population de Vieux-Collonges
existe une crête de liaison (paralophe) entre le
protocône et la base du paracône. A Li, cette
crête est devenue rudimentaire.
La canine inférieure montre, comme chez la plu¬
part des Rhinolophoïdes, un cingulum continu
ceinturant toute la baie de la dent, et renflé du
côté lingual en une petite cuspide accessoire. De
même, ce cingulum lingual esc dépourvu de poin¬
te mésiale mais est creusé en gouttière à Tarrière.
Les différences de raille observées entre les quatre
spécimens de Li peiivenr s'interpréter facilement
comme un effet du dimorphisme sexuel.
La p4 a un contour ocdusal triangulaire. Trois
crêtes descendent de la pointe, une mésialc, une
postérolinguale et une postérolabiate. La crête
postérolinguale rejoint le cingulum distal. Entre
les deux crêtes postérieures la surface occlusale de
la dent est légèrement concave Le cingulum lin¬
gual est limité à la partie postérieure de la dent.
Le cingulum labial se poursuit sur le-S quatre cin¬
quièmes de la lv)ngLieLir de la dent mais ne rejoint
pas le cingulum distal. Ce dernier est renflé du
côté lingual. L'avant de la dent est relativement
pointu.
Les molaires inférieures montrent toutes les
caractères suivants : la crête mésiale est de type
nycralodonre. La crête de liaison linguale entre
l’entoconide et le métaconidc est abaissée en son
centre, b crête qui descend obliquement vers le
trigonide rejoint celui-ci plus près du mctacoaide
que du protoconide, le talonide est plus long que
le trigonide et il y a un cingulum continu au pied
des faces linguale, mésiale et distale.
Nous interprétons comme des ml les dents à
métaconide légèrement plus recourbé et dont le
maximum de largeur s'observe au niveau du tri¬
gonide. Les molaires dont le métaconide est
moins reculé et dont le trigonide et le talonide
ont exactement la même largeur sont ici interpré¬
tées' comme des m2, exceptés quelques spécimens
sur lesquels le cingulum distal est arrondi (au lieu
d’être rectiligne) et qui pourraient être des rn3.
Dans ce cas les m3 ne seraient pratiquement pas
réduites.
Il est également curieux de constater que les m2
sont plus longues que les ml alors que Ton
observe Tinversc entre les Ml et les M2.
Cependam l'échantillon est trop faible pour avoir
une valeur statistique.
Hipposideros felix n.sp.
(Fig. lOK)
Type. — M3d(Tl.i 157).
NtVE/\U-TVTE. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
Localité-type. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Phaïlande).
Dr.KIVATIO NOMINl.S. — Deheureux en latin,
pour rappeler qu'en Extrême-Orient les chauves-souris
sont symboles de bonheur et de félicité.
MA'J'éIÎIEL. — Mesure.s en millimètre.s :
M3 d (T Li 157> holocvpe) = 0,S9-X 1,59 (Fig. lOK).
ml gtTLi 158) = [1.40] X [0,85].
Diagnose. — llippasieicros de petite taille. M3 sur
laquelle la crête labiale, presque réduite à un V,
montre néanmoins un vestige d’une petite pointe sup¬
plémentaire représentant le mésolophe.
Dlscripi IOM
La M3 montre une morphologie réduite dans
laquelle le mésoscyle n’est plus reconnaissable
qu'à une petite pointe se différenciant du méta¬
cône très distal, et séparé de lui par une petite
crête rectiligne, contrairement aux M3
à'Asellhcus et de Brachipposidrros qui présentent
un mésostyle bien ner et immédiatement recon¬
naissable ainsi qu’un métacône un peu long. À
l’opposé, le inésostyle est totalement fondu dans
le ïnéracône chez PseiuioThinolophus et AseUia.
La crête postérieure du paracône et la crête -.inté¬
rieure du métacône forment un V, contrairement
à Syndesmoth où elles forment un U. la crête
antérieure du protocône aboutit à la base du
paracône comme chez Psetidorhinolophus et
Aselliscus^ et contrairement à la majorité des
800
GEODIVERSITAS - 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
Hipposideridac, en particulier Asellia chez qui
cette crête passe en avant du paracône et se pro¬
longe dans le cingulum inésial. La crête posté¬
rieure du protocône se poursuit sur le flanc du
métacône et forme le rebord disral de la dent. Ce
bord distal est relevé si nettement qu'il détermine
une fosse du trigone fermée, creusée entre les
trois pointes principales. Le parastyle est recour¬
bé en crosse comme chez Asellisctis tandis qu’il
forme une ligne brisée chez Pseudorhhwlophus et
qu'il est rectiligne chez Asellia. Il existe enfin un
cingulum antérieur non continu.
La ml rapportée à la même espèce est d'une
taille supérieure à celle attribuée a Hlpposideros
(Brachipposideros) khengkao du même gisement.
Elle présente les caractères classiques des
Brachipposideros^ exceptée la position de Thypo-
conuiide qui, à l'extrémité labiale de la crête dis¬
tale, est plus éloigné de l’entoconide. Cette ml
présente enfin un cingtilum antéro-lingual très
développé.
Rhinolophoidea indet.
(Fig. lOL)
Matériel. — Mesures en millimètres :
ml g (T Li 159) ^ 1,03 X 0,60 (Fig. lOL).
m2g(TLi 160) = 1,03x0,72.
Description et disc;ussion
Ces deux dents, de morphologie semblable à
celle des Bmehipposideros^ s’en écartent par une
taille très nettement inférieure. Elles sont plus
petites que celles de tous les Rhinolophoidea fos¬
siles décrits à ce jour.
La première dent est supposée être une ml en
raison de son augmetiration de taille à l’arrière ;
son paralophide peu incliné vers l'avant inviterait
au contraire à la considérer comme une m2.
L’autre dent, attribuée à une m2, usée et légère¬
ment endommagée, ne montre rien de très carac¬
téristique.
Superfamille Vespertiuonoidra Weber, 1928
Famille Vespertilionidae Miller, 1897
Genre la lliomas, 1902
Espèce-type. — la w Thomas, 1902.
la lanna n.sp.
(Fig. 11)
Type. — M2 d (T Li 162).
Niveau-type. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
Localité-type. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Thaïlande).
Derivatio NOMINIS. — Du nom de l’ancien royaume
de Lanna, sur le territoire duquel se trouve le gisement
de Li.
1 mm
Fig. 11. — la lanna n.sp. : A. P4 droite (T Li 161), incomplète ;
B, Ml droite (T Li 162. holotype) ; C, M3 gauche (T Li 164).
801
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Mein P. & Ginsburg L.
Matériel. — Mesures en millimètres :
P4d(Tü 161)= 1,91 x?{Fig. IIA).
M2 d (T Li 162, holotype) = > 2,16 x 2,99
(Fig. IIB).
M2 g (T Li 163) = 2,36 x ?.
M3 g (T Li 164) = 1,40 X 2,63 (Fig. 1IC).
Diagnose. — la de taille significativement plus petite
que la w, l’espèce-type et unique du genre.
Description
L'unique spécimen de P4 récolté est incomplet ;
seule esc conservée la partie labiale. La dent est
relativement basse. Lin cingulum continu court
au pied de toute la face labiale. Deux autres cln-
gulums se voient aussi dans les parties conservées
de la face antérieure et de la face postérieure. La
crête mésialc du patacône rejoint l'angle antéto-
lingual de la dent sans qu’il y ait de renflement
parastylique. La face linguale du paracône
montre dans sa partie basse un repli dirigé vers
Fangle antéro-interne de la dent.
Sur M2, la préprotocrete ne rejoint pas le para-
cône mais se poursuit mcsiaJemcnt pour rejoin¬
dre le cingulum mésial ; la postprotocrête ferme
à rarrière la cuvette du trigone en arrivant sur le
métacône. Dans la partie distale de la dent existe
sur la muraille linguale un léger pli qui arrive
presque au contact du cingulum lingual. Ce cin¬
gulum lingual est très épais et s’arrête à l’aplomb
du protocône.
La M3 montre une structure identique à celle de
respèce-cype la io, avec en particulier trois crêtes
sur la lace externe et un paralophe minuscule.
Cependant, le cingulum lingual est plus faible et
la préparacônecrisca plus courte.
Discussion
Cette espèce mal représentée est rapportée au
genre la en raison de sa taille et de la structure
simplifiée de ses molaires supérieures, en particu¬
lier celle de M2 qui est lotalemeni dépourvue de
métalophe et de paralophe et donc le cingulum
lingual est épais et limité à sa portion distale.
Famille Molossidae Gill, 1872
Genre Rhizomops Legendre, 1984
Espèce-type. — Nyctinomus brasiliensis Geoffroy,
1824,
Rhizomops men^raii n.sp.
(Fig. 12)
Type. — p4 d (T Li 170).
Niveau-type. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
LocaliTÉ-TYPB. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Thaïlande).
DerivWIO NOMINIS. — Du roi Mengrai, fondateur
du royaume de Lanna, â l'extrémité méridionale
duquel SC trouve la localité de Li.
Ma l'ÉRIEl.. — Mesures en millimètre.s :
C g (T Li 165) = 0.86 x 10.5 (Fig. 12A).
P4 d (T Li 166) incomplète : 3/4 de la partie
linguale = [0,85] x [1,10].
1 mm
Fig. 12. — Rhizomops mengraii n.sp. ; A, Cl gauche (T Li 165) ;
B, Ml droite {T Li 167) ; C, M2 droite (T ü 168) ; D, M3 gauche
(T Li 169) ; E. p4 droite (T LI 170, holotype) ; F, ml droite
(T Li 171).
802
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
MI d (TLi 167) = 1,38 X 1,% (Fig. 126).
M2d(TLi 168)- 1,40x 1,90 (Fig. 12C).
M2 g (T Li 168), moitié linguale.
M3 g (T Li 169) = 0,89 x 1,69 (Fig. 12D).
p4 d (T Li 170, holotype) = 1,13 X 0,85 (Fig. 12E).
mld(TLil7l) = l34x 1,01 (Fig. 12F).
2 m d (T Li 172) incomplètes (reste le irigonide).
Diagnose. — Rlnzomops de petite taille, à p4 dotée
d’un métaconidc net et d'un tubercule accessoire
disto-lingual.
Diagnose différentielle. — Rhizomops plus petit
que R. hrasiliensis, canine supérieure dont le cingulum
basal ne se relève pas à l’angle disto-lingual.
Description
La canine supérieure a un contour basal en forme
de triangle dont Fangle labial est arrondi. Le çin-
gulum basal ne se relève pas à l angle disto-lin-
gual, contrairement à R. hrasiliensis.
La P4 n e.st connue que par sa moitié linguale,
qui montre un protocone .saillant et un para-
lophe net.
Les molaires supérieures montrent une crête
antérieure de Thypocone rejoignant la muraille
linguale en dessous de la postprotocrête. Sur
M1-M2, le métaioplie est très net et rejoint
d'une part le métacone, d'autre part le sommet
de la postprotocrête. Le paralophe est complet
sur Ml, incomplet sur Ml.
p4, biradicLiléc, est caractérisée par un très grand
développement du bord disto-lingual. Un petit
métaconidc se détache de l'arête postérieure du
protoconidc, tandis que le bord postérolingual se
soulève en une petite cupule formant une
ébauche de talonide.
ml ne diffère que par la taille de Fespèce-type
R. brasiliemh.
Discussion
Le Molossidae de Li se rapporte nettement au
genre Rhizomops en raison de la conservation
d’un métalophe aux molaires supérieures et de la
nyctalodontie des molaires inferieures.
11 se distingue de Fespèce-type Rhizomops brasi-
liensis par sa raille moindre et par les caractères
morphologiques suivants : (1) le cingulum basal
de la canine .supérieure ne se relève pas en un
début de talon à Fangle disto-lingual, contraire¬
ment à R. brasiliensis ; (2) sur M1-M2, le méta¬
lophe se termine lingualement sur le métacône
alors qui! se termine mésialcment par rapport au
métacône sur Fespcce actuelle ; (3) sur p4> le
bord disto-lingual est beaucoup plus long que le
bord disto-labiaJ et le bord postéro-labial de la
dent se soulève en une petite cupule ébauchant
un talonide, alors que chez R. brasilmnhy le bord
disto-lingual et le bord postéro-labial ont prati¬
quement le même degré de développement, et le
bord postéro-lingual ne se relève pas à l’arrière.
Des Rhizomops ont déjà été signalés dans le
Miocène, malheureusement par de.s matériaux
trop incomplets pour être déterminés spécifique¬
ment, Ce sont des pièces provenant de Venelle et
du Collet-Redon. Legendre (1985) les a désignés
comme Rhizomops cf. brasiliensis. La forme de
Venelle esc légèrement plus petite que Factuelle et
ne possède pas de paralophe aux molaires supé¬
rieures. La forme de Colier-Redon montre des
molaires supérieures plus larges qu’à Li, un méta-
conide et une cuspîde cingulaire linguale de p4
plus faibles.
Vespertilionoidea indet.
(Fig. 13A)
M.\TÉR1EL. — Mesures en millimètres :
ml d (T Li 173) = 1,69 x 0,90 (Fig. 13A).
m2g(T Li 174) = ?X0,9L
La dent complète montre une crête distale nycta-
lodonte. Le paraconide tut couché en avant, le
métaconidc est haut et Fentoconidc relativement
bas, avec les bords antérieur et postérieur s’abais¬
sant fortement par rapport à la crête relativement
élevée que Fon trouve chez les Rbinolophoïdes,
le trigonidc et le talonide ont la même largeur. Le
bord postérieur de la dent est oblique, si bien
que rhypQconulide marque le point le plus distal
de la dent. Il y a un léger cingulum labial s'effa¬
çant en dessous de Fhypoconide et se prolon¬
geant en avant en un cingulum mésial. Lin petit
cingulum distal existe aussi. La direction relative¬
ment oblique du paralophide nous incline à
considérer celte dent comme une ml.
Le non-élargissement du talonide et la position
très distale de Fhypoconulidc permettent de l’éli¬
miner des Molossidae.
La m2 fragmentaire attribuée à la même forme
GEODIVERSITAS - 1997 - 19(4)
803
Mein P. & Ginsburg L.
est large au niveau du trtgonide. Comme sur la
ml, rentocoiiide s’abaisse fortement en avant et
n’est pas relié à la crête haute du mctaconide. Le
paralophide est coudé et de direction transverse,
si bien que le trigonideest court.
Legendre et ai (1988) ont signalé à Nong lien,
près de Phitsanulok (nord de la Thaïlande), un
petit Vespertilionidae indcc. à structure nyctalo-
donte qui diffère de notre forme par la plus
grande largeur et par la hauteur de rcntoconide
de ses molaires inférieures.
Ordre SCANDENTIA
Wagner, 1855 Mac Kenna, 1875)
Famille TupaiïDAE Mivart, 1868
Genre Tupaîa Raffles, 1821
EsPÈCE-irPE. — Sorex glh Diard, 1820,
Tupaia miocenica n.sp.
(Fig. 13B)
Type (et pièce unique). — M2 gauche (T Li 175) =
3,57x4,79 mm (Fig. I3B).
Niveau-type. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
Localité-type. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Thaïlande).
1 mm
Fig. 13. — A, Vespertilionoidea indet. : Ml droite {T Li 173). B,
Tupaia miocenica n.sp. : M2 gauche (T Li 175, holotype).
DerivATIO NCIMINIS. — Du Miocène, époque dont le
Tupaia de IJ est le seul représentant.
Diagnose. — Tupaia de grande taille, à M2 dotée
d’un mésostyle simple, dépourvue de parastyle saillant
et dotée d'un hypocône bas, allongé et séparé de la
muraille distale du protocône par un petit plateau
allongé et aux bord.s distal et lingual rectilignes.
Descujpïion
La M2 est une dent dilamhdodonte au mésostyle
étendu et très labial, .si bien que le bord labial de la
dent est trèvS faiblement concave. Il n’y a pas de
parastyle. l^ dent est usée et légèrement roulée,
mais lais.se voir sur le bord labial une crête cingu-
lairc discale rejoignant la postmctaconecrista. La
portion linguale de la dent est plus étroite et
montre un protocône à position relativement
antérieure. Les deux crêtes du protocône sont
obtuses. La préprotocônecrisTa revient sur l’avant
de la base du paracône tandis que la postprotoeô-
nccrista se termine au niveau de la base du mcTa-
cône sans refermer complètement la fosse centrale.
Aucune crête issue du profocône ne .se termine en
cingulum. Le bord lingual est rectiligne et pré¬
sente à l’angle disro-lingual un petit hypocône bas
et étroit. Le.s bords lingual et distal de cet hypucô-
ne sont rectilignes et sensiblement orthogonaux
fun à l'auirc ; le bord lingual se raccorde bien tan-
gcntiellcmcnc au pied du protocône.
Discussion
Cette dent appartient au groupe des Tupaiidae à
méso.st)'le, par opposition à Ptilocercus qui en est
dépoursTi, et pour qui a été coastituée d’ailleurs
une sous-famille à pan, les Ptilocercinac. Notre
dent montre un hypocône réduit, par opposition à
UwgaU et Anaîhana qui possèdent un gros bypo-
cône et par opposition aussi à Dendrogale,
Prodendrogalc et Palcieotupaia qui n’en possèdent
pas du tout. Notre dent ne peut pas non plus
appartenir au genre Lyonogdk chez qui le mésosty¬
le esc divisé. De même, elle ne peut correspondre
au maxillaire indéierrniné PVA 15 des Middle
SivàliLs d’Inde signalé par Cbopra vt uL (1979),
maxillaire qui diffère de notre spécimen par la pré¬
sence d’un parasTyle très saillant sur M2 et une
taille bien plus modeste. C’est finalement dans le
genre Tupaia que notre spécimen de Li se range le
mieux, et plus précisément les Tupaia dont le
804
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
mésostyle est simple, comme par exemple Tupaia
glts. Notre forme différé cependant de cette der¬
nière espèce par sa plus grande largeur et la forme
de son hypocône, petit mais sépare de la muraille
distale du prorocône par un étroit couloir plat.
La présence d*un hypocône est habituellement
considérée comme une apomorphie (Qiu
Zhuding 1986). 1^ présence d’un plateau isolant
véritablement la pointe de l’hypocône de la paroi
du protocüJie peut aussi être interprétée comme
un caractère plus dérivé, par rapport aux formes
où rhypocône est plaqué contre la paroi de Thypo-
cône. Ce caractère d’individualisation de Fhypoeô-
ne ne s’observe que chez les Tupaia actuels.
Ordre PRIMATES Linné, 1758
Sous-ordre STREPSIRHINI Geoffroy, 1812
Infra-ordre LORISIFORMES Gregory, 1915
Famille LoRlSlDAE Gray, 1821
Genre Nycticebus Geoffroy, 1812
Espèce-type.— Tardigradus coucang^odfhtç^n., 1785.
? Nycticebus linglom n.sp.
(Figs 14, 15)
Hoi.OTYPE (et unique matériel). — M3 d (T Li 41) =
1,29 X 1,82 mm (Figs 14, 15).
Niveau-TY?E. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
Localité-type. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Thaïlande).
Fi<3. 15. — ? Nycticebus linglom n.sp. : M3 droite (T Li 41, holo-
type). A, face linguale ; B, face labiale.
DerIVATIÜ NOMINIS. — Du nom thaï du Loris.
Diagnose. — Lorisidae de petite taille, à M3 réduite,
simplifiée (perte de Fhypocône et des conules), à crête
parastylairt longue, protocône bombe et métacône
plu.s proche du protocône que du paracône.
Description
La M3 a un contour triangulaire. La face vestibu-
laire est très oblique par rapport h la lace mé-
siale ; la (kee linguale est réduite. Troi.s cuspides
sont bien reconnaissables ; paracône, métacône et
pfotocône reliés entre eux par une crête conti¬
nue. Le métacône, du fait de la réduction de la
face distale, est plus proche du protocône que du
paracône. Les trois cuspides sont arrondies et
1 mm
Fig. 14. — ? Nycticebus linglom n.sp. : M3 droite (T Li 41, holotype), face occlusale (en stéréo).
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
805
Mein P. & Ginsburg L.
assez basses. Le protocône est caractérisé par une
face linguale très bombée et entourée à sa base,
tant à l’avant qu'à l’arrière, d’une crête cingulaire
extrêmement fine. La dent montre en outre une
crête parastylaire allongée dans l’angle antéro-
labial et renflée localement en un véritable para-
style, petit mais net. Une légère usure est visible
sur la crête parastylaire. Une petite facette de
contact (avec M2) est discernable sur la moitié
vestibulaire de la face mésiale.
La dent ne montre qu'une seule racine, mais très
développée et sur laquelle des sillons indiquent la
fusion de trois racines.
Cette dent, réellement minuscule, est la plus
petite molaire connue de Prosimien.
Discussion
Cette dent ne peut en aucun cas appartenir à un
Tarsier dont la M3 n est pas réduite et possède
un important hypocône.
Parmi les Strepsirhini du Miocène d’Asie, les Siva-
ladapinae sont à écarter en raison de leur taille très
nettement plus grande. La comparaison anato¬
mique est de plus impossible car ils ne sont jusquà
ce jour connus que par des dentures inférieures.
Par contre, une grande ressemblance existe avec
les Lorisidae, qui montrent une M3 réduite et
triangulaire. Parmi les Lorisidae, les genres Loris
et Arctocebus sont à écarter car leur M3 possède
un hypocône. Au contraire, Nyçtiçebus et le genre
fossile Nycticeboides décrit par Jacobs en 1981 en
sont dépourvus. Le bombement lingual du pro-
tocône s’observe chez Nycticebus et non chez
Nycticeboides^ qui présente en plus des restes nets
de conulcs (protoconule et mécaconule) et un
fort cinguium disto-lingital.
À rintétieur du genre Nycticebus^ N, pygmeus
montre un hypocône et un méiaconule sur M3
alors que la M3 de N, çoucang hcngalensis
(Scliwartz & Tatrersall 1985. fig. 24 et observa¬
tion directe du spécimen 112-992 de l’American
Muséum of Natural History par Mein) est totale¬
ment dépourvue tant d’hypocône que de méta-
conule et présente une crête parastylaire allongée
et un fort protocône à face linguale très bombée,
exactement comme sur notre M3 de Li. C’est
donc de Nycticebus coucang hengaternis que notre
fossile se rapproche le plus. 11 en dilTère par sa
taille plus réduite et la coalescence de ses racines.
L’appartenance au genre Nycticebus reste cepen¬
dant un peu problématique en raison de l’insuffi¬
sance du matériel à notre disposition.
Sous-ordre HAPLORHINI Pocock, 1918
Infra-ordre TARSIIFORMES Gregory, 1915
Famille TarsuDAE Gray, 1825
Genre Tarsitis Srotu 1870
(Figs 16-21)
Espèce-type. — Simia syrkhta Linné, 1758.
1 mm
Rg. 16, — Tarsius thailandica : P2 gauche (T Li 42), A, face lin¬
guale ; B, face occlusale ; C, face antérieure ; D, face posté¬
rieure ; E, vue postéro-linguale.
806
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
Tarsius thailandica Ginsburg Mein, 1987
MatéRIFX. — Mesures en millimètres :
P2 g (T Li 42) = 1>06 X 0,93 (Fig. 16).
p3 d (T Li 43) = L25 X 1,27 (Fig. 17).
p4 d (T Li 44) = 1,27 X 1,35 (Fig. 18).
mld (T [j 45) ■= 2,43 x 1,83 x 0,89 (L rrigonide)
(Fig. 19).
m2 d (T Li 46, holorype) [figurée Ginsburg & Mein
1987. fig. 1 ; Fleagle 1988, f^s Il-I9c, d ; Gin.sburg
1988, fig. 2 ; Gin.sbiirg, Mcin 6c Tassv 1989, fig. 2] =
2,52x2.10x 1,02 (Fig. 20).
m2 d (T Li 47) sur fragment de mandibule = 2,58 x
1.83x0.89 (Fig. 21).
Diagnose. — Tarsius de la taille au Icgcremcnt plus
petit que Tarsius spectrtm. Protoconidc et métaconide
de ml Cl in2 scnsiblcrnctu de incmc hauteur et au
même niveau par rapport à Taxe longitudinal de la
dent, paraconiae de ml en position plus linguale que
chez Tarstus spectf'um^ J\ ùancanus cv T. syrichta, para-
conide de m2 en position plus avancée que chez
Tarsius bancamis et T. syrichta.
Descrifi ion
Le seul exemplaire de dent supérieure est une P2
brisée au niveau de la pointe. C’est une dent
courte, uniradiculée et presque aussi large que
longue. Descendant de la pointe principale, les
faces labiale, linguale et postérieure sont planes.
La face antéro-lingualc (ou linguale) et la face
postéro-linguale (ou distale) sont orthogonales
1 mm
l’une à l’autre. Une arête nette limite ces deux
faces. La face distale est large. Un cingulum basal
important ceinture les deux faces linguales de la
dent. Ce cingulum est plus important et plus
arrondi au pied de la face distale. La face labiale
est plane et apparemment dépourvue de cmgu-
lum. Elle diffère en cela des autres espèces de
TarsiuSs chez qui cecte face labiale est bombée et
dotée d’un léger cingulum.
Les prémolaitvs inférieures sont simples, formées
d’une pointe haute, d’une face linguale plane,
d’une face labiale plus bombée et d’un cingulum
basal important.
p3 est une dent de plus grande taille, biradiculée,
haute, eOilée, dissymétrique et pointue. La face
linguale est presque plane et fa face labiale très
bombée. Une crête postérieure et une crête anté¬
rieure descendent très lingualcment de fa pointe.
La crête postérieure esc relayée vers le bas par une
petite crête plus oblique, en position plus labiale,
et rejoint le cingulum basal qui se relève forte-
Fig. 17. — Tarsius thailandica : p3 droite (T Li 43), A, face la- Fig. 18. — Tarsius thailandica : p4 droite (T Li 44), A, face la¬
biale ; B, face occlusale : C. face linguale. biale ; B, face occlusale ; C, face linguale.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
807
Mein P. & Ginsburg L.
ment en ce point. Entre IVrrondi de la face labiale
et la crête lingiio-dLstale existe une véritable face
postérieure, concave. Eangle disto-labial de la
dent est bien arrondi. La crête antéiicure de la
pointe principale s*ouvre en avant pour donner
de chaque côté un cingulum. Ces cingulums
deviennent plus importants vers farrière et se
rejoignent sur la face postérieure de la dent. Par
sa largeur cette p3 se rapproche plus de celles de
limius bancanus et T. spectrum que de celles de
T. syrichta et T. pumilits,
La p4 e.st très proche morphologiquement de la
p3. Elle s’en distingue cependant par ses deux
racines qui sont coalescentes, par le plus grand
évasement de son aire disio-labiale, donnant une
face posténeure plus large. Les dinTéretices avec la
p3 sont du même ordre et de même amplitude
que ce que l’on peut observer entre les p3 et les
p4 des quatre espèces actuelles de Tarsïus,
Les deux premières molaires inférieures sont bira-
diculées, subrecrangulaires et d’architecture
simple. Le rrigonide est haut, avec un protoco-
nide et un méraci>nidc sensiblement de même
hauteur cr situés sur le même niveau, et un para-
conide plus petit et déporté lingualement. La
face postérieure du tngonide est plane et domine
un creux talonidien profond. Lhypoconide et
l’entoconide sont en position très arrière. La
postentoconidecrista et la posthypoconidccrista
sont obliques et se rejoignent sensiblement au
milieu de la face postérieure, ou elles forment un
angle très ouvert. La postentoconidecrista se sou¬
lève en son milieu pour individualiser un petit
bypoconulide mince. Un cingulum basal cordé
court tout le long de la face labiale et se poursuit
sur la face distale de la dent. À fangle disto-lin-
gual de la dent existe une minuscule fosse au
pied de la postentoconidecrista.
Le fragment d'os qui porte une molaire montre,
en avant de Celle-ci, un alvéole postérieur laige et
resserré au milieu, tant sur la face antérieure tjue
sur la face postérieure. Il s'agit donc de l'alvéole
postérieur d’une molaire. La dent portée est donc
une m2. Elle est identique à la molaire-type de
l’espèce.
La ml se distingue de la m2 par son paraconide
placé légèrement plus labialement et par la crête
antérieure de la dent qui est nettement plus
basse. Le protoconide et le méraconide sont aussi
beaucoup moins bombés antérieurement. Le cri-
gnnide de rn 1 est plus long que celui de m2, avec
un hypoconide et un entoconide corrélativement
plus éloignés du rrigonide.
Discussion
Les différences morphologiques et dimension-
Fig. 19. — Tarsius thailandica : ml droite (T Li 45), A, face Fig. 20. — Tarsius thailandica : m2 droite (T Li 46, holotype),
labiale ; B, face occlusale ; C, face linguale. A, face labiale : B, face occlusale ; C, face linguale.
808
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
nelles sont ia’ibJcs entre les quatre espèces
actuelles de Tarsitis. Le Tarsius miocène ne
montre pas de diftcrences plus grandes et s’insère
bien dans le genre Tarsius. Les prémolaires per¬
mettent de faire un regroupement : celles de
Tarsius spectriimy /. bancarius et T. thailandica
sont plus épaisses que celles de T syrichta et
7*. pumilus. Les molaires, par contre, ne permet¬
tent aucune séparation. Fn 1994, Reard et al. ont
fait conriaîtjpe un minuscule Tarsier de TEocène
de Chine sous le nom de Tarsius eocaenus, dont
les molaires inférieures sont une parfaite réduc-
Fig. 21. — Tarsius thailandica : m2 droite (T Li 47), A, face
labiale ; B, face occiusale ; C, face linguale.
tion des molaire.s des Tarsiers plus récents et
illustrent à la fois l’individualisation très
ancienne et la très faible évolution au cours du
temps de ce rameau de primates.
Ordre RODENTIA Bowdich, 1821
Supcrfamille SciUROIDKA GUI, 1872
Famille SciURlDAK Gray, 1821
Genre Ratufa Gray, 1867
Espèce- lYPE. — Sc'mrus indiens Erxlcben, 1777.
Ratufa maelongensis
Mcin, Ginsburg et Ratanastliien, 1990
Matériel. — Mesures en millimètres :
Ml'2 gauche (T Li 176, holotype) = 3,13 x 3,86,
figurée Mein étal. (1990, fig. 5).
Description
Cette unique molaire supérieure montre un
contour subrectangulairc à .subcarré, sensible¬
ment plus large que long, et une extrême compli¬
cation des crêtes, très peu hautes. Le protocône
est plu-s haut que l’hypocône,, l'ancérolophe est
limité à la moitié labiale de la dent, le protolophe
et le métalophe sont subparallèles, de contour
irrégulier et plus mince au contact de la muraille
linguale. Dans la vallée du rrigone se reconnais¬
sent un protolophule lingual et un mésosryle
labial. La partie distalc de la dent, à partir du
métalophe, forme une surface aplanie sur laquelle
ni vallée ni lophe ne sont plus individualisés.
Discussion
Par sa taille, son profil occlusal, sa couronne aux
vallées très peu pn)fondes, le contour irrégulier du
protolophe et du métalophe qui restent cependant
parallèles, cette dent appartient bien au genre
Ratufa. Elle sc distingue facilement des espèces
actuelles par une taille beaucoup plus petite, un
contour moins carré, des craiulations plus déve¬
loppées et un protocône plus haut que l’hypocône.
Les espèces actuelles àc Ratufa sont toutes canton¬
nées à l’Asie du Sud-Est. RiUufa maelongensis est
jusqu'à ce jour la seule forme fossile connue et ha
pas été retrouvée ailleurs. Le genre Ratufa apparaît
donc nettement comme endémique du Sud-Est
GEODtVERSiTAS • 1997 • 19(4)
809
Mein P. & Ginsburg L.
asiatique depuis au moins le Miocène inférieur. La
forme décrite par Dehm (1930a) dans le Miocène
de Winreishof-West sous le nom de Ratufa obtîisi-
dens appartient en fait à un ^rand écureuil terrestre
et mérite un autre nom générique.
Atlarttoxerus V. Major, 1893
Espèce-type. — Sciumsgetulus Linné, 1758.
? Atlantoxerus sp.
Atlantoxems sp. Mein ei Ginsburg, 1985 : fig. 9.
Matériel. — Mesures en millimètres :
p4 d (T Li 177) = 1,75 X 1,9 (figurée Mein &
Ginsburg 1985, fig. 9).
Description
Cette dent est presque ronde en profil occlusal.
Elle comprend un grand postérolophe qui va de
rhypoconide à l’enroconide qu'il englobe et, sur
la face labiale, une crête où s'individualisent,
d'avant en arrière, le paraconide, le protoconidc
et un petit mésosrylidc- En avant du postéro¬
lophe s'individualise du côté lingual le métaco-
nide.
Discussion
Wessels et al. ont décrit et figuré (1982, pl. 4,
fig. 10) une petite dent assez semblable à celle de
Li et provenant de la Formation Chlnji près de
Banda Daud Shah (loc. H-GSP 107). Dans leur
texte, ils la désignent comme « Marmotini gen..
et sp. inder. » mais comme Hrteroxerus sp. dans
la légende de la figure. La seule difTérence impor¬
tante avec la dent de Li est la présence, chez cette
dernière, d’un métaconide indépendant alors que
ce tubercule est incorpore au postérolophe dans
la dent de Banda Daud Shah. Une forme voisine
ou identique à cette dernière a été retrouvée dans
la Lower Manchar Formation et attribuée à un
Atlantoxerus (de Bruijn & Hussain 1984).
Aucune espèce actuelle du genre Atlantoxerus ne
présente de mésoscylide, formation qui est pré¬
sente dans la pièce de Li et celle de Banda Daud
Shah. Le.s deux spécimens du Miocène doivent
vraisemblablement appartenir à deux espèces voi¬
sines, voire deux genres voisins.
Superfamillc CtenodactyloideA
Tullberg, 1899
Famille DiaTOMYTDAE nov. fam.
Genre-type. —DiatomysXÀ Chuan Kuei, 1974.
Aunui GENRE INCLUS. — ? Pailomus,
DiS’î (tJBU nON. — Miocène inferieur er moyen d’Asie
orientale (Pakistan, Thaïlande, Chine, Japon).
DlA(iNOSE. — Crâne dépourvu de foramen infraorbi-
taire de type hystriconiorphe. Formule dentaire
1013/1013. Molaires relativement grandes, brachyo-
dontes, bilophüdontes, à usure plane et conservant des
racines distinctes (quatre le plus souvent). l.a m3 est la
dent la plus longue. Prémolaires sensiblement aussi
longues que les premières molaires, mais moins
larges , prémolaire inferieure rnangulaire. munie de
trois racines, présenunt cinq cuspides .sur les dents
non ou peu usées, les rroLs cuspides antérieures ftision-
narit rapidemcni en un lophide unique en forme de
V, Inci.siyes à émail de type multisérié. Coureur qua¬
drupède à membre antérieur de longueur normale et à
membre postérieur non adapté au saut.
Genre Diatomys Li Chuan Kuei, 1974
E.M'ÈCE-TypE. — Diatomys shantun^ensis Li Chuan
Kuei, 1974.
Diagnose ÉMENDêE. — Diatomyidae conservant des
dents lactéalcs persistantes. Absence de postéroconide
aux dents jugalc.s inférieures, absence d’anréro.srylc aux
dcncs jugales supérieures, absence ou extrême réduc¬
tion des cingulums antérieurs aux molaires supé¬
rieures.
Diatomys Uensis Mein ef Ginsburg, 1983
(Fig. 22)
Diatomys sp. jaeger et al.^ 1985 : pl. I, fig. f.
Diatomys liensis n.sp. Mein et Ginsburg, 1985,
figs 17-24.
T\TE. — p4 g (T Li 183) = 1,82 X 1,42 mm (figurée
par Mein &- Ginsburg 1985, fig, 20).
MatéRIEI. — Environ 500 dents jugales (P4 = T Li
179. Ml = TLi 180, M2 = TLi 181, M3 =T Li 182)
et 20 incisives (T Li 178) (Fig. 22A, B).
Humérus (T Li 188), extrémité distale.
Fémur (T Li 189), extrémité proximale.
7 astragales (T Li 190) (Fig. 22C).
810
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de U
Tableau 1. — Tableau de mesures des dents jugaies de
Diatomys liensis en millimètres.
Longueur
Largeur
n
min.
moy.
max.
mîn.
moy.
max
P4
35
1,73
2,00
2,22
1.31
1,45
1.60
M1
32
1.70
1.99
2.23
1,65
1,86
2,01
M2
28
1,94
2,12
2.26
2,03
2,24
2,42
M3
50
1.75
2,02
2,35
1,94
2,18
2,38
p4
34
1,85
2.00
2.26
1,33
1,44
1,62
m1
33
1,82
2.00
2,10
1,63
1,78
1,94
m2
50
1,96
2,17
2,39
2,01
2,19
2,44
m3
29
2.13
2,49
2,68
1,96
2,20
2,40
Diagnose. — Diatomys plus petit que l'espèce-type ;
présence d’un ectostylicle dans deux tiers des ml ;
absence ou extrême réduction du cinguluin anterieur
des P4. Absence ou extrême réduction du cinguJum
postérieur des p4.
Diagnose tnpi-ÉRENTiHi.LE. — D. liensis sc distingue
de D, shantungensis par sa raille plus faibJe, par ses pré¬
molaires supérieures au contour asymétrique dont
Tangle mésiolabiaJ est projeté en avant, par la présence
fréquente de mésost}dide. Elle se distingue de la forme
non nommée de la Murree Formation (de Btuijn et al.
1981, pl. 3, fig. 7) par Tabsciice de mésostylide et de
postéroconide aux p4. Elle différé enlln de Mega-
pedetes Maclnnes, 1957 par uue taille plus faible, par
la grande profondeur de la vallée transversale aussi
bien du côté labial que du côté lingual, par ses eus-
pides et ses racines mieux individualisées.
Description
L’incisive supérieure a pu être examinée en coupe
longitudinale au microscope électronique à
balayage ; elle montre un émail de type muJtisé-
rié. En section, le contour est triangulaire, la
bande d'émail épaisse occupe la fece antérieure et
ne revient que très légèrement sur les côtés (dia¬
mètres d’une section : 2,4 X 1,3 mm).
L’ultrastructure de Téinai! de l’incisive supérieure
a été examinée par J. Rodde, de la Faculté
d'Odontologic de Lyon, qui en a conclu au type
mulrisérié. Récemment, une étude plus complète
sur Lémail des incisives des Pedetidae et des
Ctenodaccyloidea a été publiée par Martin
(1995) qui constate la même structure mulrisé-
riée chez Diatomys^ Megapedetes et Pedetes^
confortant notre hypothèse ancienne de la déri¬
vation des Pedetidae à partir de Diatomys.
Comme on le verra plus bas, cette hypothèse est
caduque.
P4 : le bord antérieur oblique est plus développé
du côté labial , quelques spécimens montrent un
léger bourrelet basal à cet endroit, différant en
cela de D. shantiitjgctKm qui porte deux tuber¬
cules sur le cingulum basal. Sur les dents très
fraîches, le paracône apparaît rond et le proto-
cône elliptique et légèrement plus distal ; par
usure, il y a fusion progressive de ces tubercules
en un paralophe. Le méralophe, plus élevé, a une
face antérieure concave ; sur les germes dentaireSt
on peut y distinguer un hypocône plus dlsral que
le métacône et légèrement plus élevé ; on peut
même noter un reste de postérolophe labial. Le
côté labial de la dent est plus long que le côté lin¬
gual. La dent a quatre racines ; les deux racines
antérieures sonr souvent partiellement fusionnées
par leur face postérieure ; les racines antérolabiale
et postérolabiale sont les plus grosses La muraille
distale montre une facette de contact avec la Ml,
haute et étroite.
Ces dents sonr totalement dépourvues de Tenté-
rostyde présent chez Fallomus.
Notons ici que les derits qualifiées de prémolaires
sonr en réalité des dents laccéales persistances. Il
en est de même pour les p4.
Ml ! le bord antérieur n’est pas parfaitement
transversal ; sa partie labiale est légèrement plus
antérieure, montrant parfois un minuscule bour¬
relet basilaire labial, plus faible cependant que
sur la P4- Le lophe antérieur est droit. Quand les
dents sont un peu u.sées, il apparaît formé de
deux surfiices d’usure elliptiques ; une petite, en
position linguale (le protocône), l’autre plus
allongée, en position labiale (le paracône). Sur les
dents plu.s usées encore, les deux surfaces d’iusure
se fusionnent. Le lophe postérieur, plus haut, est
concave vers Lavant. Sur les dents un peu usées,
on distingue une branche linguale et une
branche labiale. Cette dernière est plus longue
que la linguale. La vallée centrale entre les deux
lüphes a la même largeur et la même profondeur
lingualement que labialemenr. Les dents sont
plus longues que large.s. La racine antérolabiale
esc la plus grosse des quatre racines.
M2 : ces dents ont une morphologie très sem¬
blable à celle des Ml, mais leur largeur dépasse
leur longueur, leur couronne est plus haute, les
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
811
Mein P. & Ginsburg L.
murailles discales plus courbes er les racines ont
une implantation légèrement oblique tandis que
celles des Ml étaient verticales. Le lophe posté¬
rieur est moins courbé que sur Ml.
M3 : sur ces dents la moitié postérieure est ré¬
duite ; le bord labial est plus long que le bord lin¬
gual. l.e premier lophe est coudé en V avec une
nette indentation au milieu de sa face postérieu¬
re ; le deuxième lophe, court, est le plus souvent
transversal. Sur les dentiî fraîches, on reconnaît le
métacôiie rond et isolé, plus petit que Thypocône.
Une dent montre une connexion linguale étroite
et haute entre les deux lophes. Les racines posté¬
rieures sont en grande partie fusionnées et diver¬
gent fortemeni vers l'arricrc. La racine
antérolabîale est la plus antérieure : elle est parfois
dédoublée. Le pourcentage des germes dentaires
est plus élevé que pour les autres dents, dénotant
un probable retard à l'irruption de M3. La varia¬
bilité de taille est considérable, rellipsc de réparti¬
tion (Lyi) englobe largement l’ellipse de M2.
il : Tincisivc inférieure a une section plus ellip¬
tique que la supérieure ; elle présente une légère
torsion longitudinale et sa bande d'émail montre
une très légère côte en relief en son milieu (dia¬
mètres d’une section : 2,0 X 1,45 mm). Lultra-
structure de son émail est identique à celle de
Tincisive supérieure.
p4 : c'e&c une dent triangulaire munie de trois
racines dont deux postérieures, la racine linguale
étant la plus grosse. Les cuspides linguales sont
plus hautes que les labiales. Sur les dents faible¬
ment dsées on peut reconnaître cinq cuspides.
Lantéroconide rond est relié au métaconidc ellip¬
tique. Le protoconiJc, également elliptique er
légèrement plus distal que le métaconide, est isolé
sur les germes dentaires : avec l'usure il rejoint
labialement l’anréroconidc (deux dents sur
quatre-vingt-dix-sept montrent une connexion
transversale entre le protoconide er le métaco¬
nide). Lmsure augmentant, ces trois cuspides
fusionnent pour former une crête en V dont la
branche labiale est légèrement plus longue. Une
grande vallée transversale sépare les trois tuber¬
cules antérieurs des deux tubercules postérieurs.
Les deux tubercules postérieurs sont toujours
reliés ; l’entoconide est plus gros et moins distal
que rhypoconide. L'usure de la dent transforme
ces deux cuspides en une crête transversale, mais
un sillon médian persiste souvent sur la Face
postérieure de ce lophide, indiquant la limite des
deux cuspide.s fusionnées. Deux dents sur quatre-
vingt-dix-sept montrent un très faible bourrelet
basal postérieur, vestige d'un cingulum. Or ce
cingulum est très nettement reconnaissable sur le
spécimen de Shanwang (l.i Chuan Kuei 1974,
fig. 1) ainsi que sur les spécimens de Shuanggu.
Une facette de contact avec la ml s observe sur la
moitié inferieure de la muraille distale. l.e proto¬
conide émet gdncralemeut une crête descendante
labiale postérieure, parfois élevée^ plus rarement
isolée sous forme d'un ectosryliJe. 11 peut y avoir
également une crête labiale antérieure du proto¬
conide, qui tend à 5e réunir à iVniéroconidc.
La dent de Murree figurée par de Bruljn et al,
(1981, pl. 111, fig. 7) sous la designarion de
<< ? Chapaiümyidae ? Crirccidae sp. » est interpré¬
tée ici comme une p4 g. Klle diffère de la dent
correspondante de Li par la présence d'un gros
mésostylide et d’un postéroconide net. La p4 de
Diaromyy liensis difftrc de celle de D. shantungen-
sis par son lophide postérieur rectiligne, la posi¬
tion non reculée et l'isolement (sur les dents peu
usées) du protoconide, ainsi que par ses dimen¬
sions plus faibles.
ml : leur largeur est plus faible que leur
longueur ; la muraille mésialc présente souvent
un léger bourrelet basal. Le lophide antérieur est
nettement recourbé sur son bord labial ; le lophide
postérieur, rectiligne, plus court, se termine avant
d’atteindre le bord labial. Sur cinquante-huit des
quatre-vingt-dix dents examinées, on trouve sur
ce bord une petite cuspide basilaire ronde (ccto-
st) lide).
Comme pour toutes les dents inférieures, les cus¬
pides linguales sont plus élevées que les cuspides
labiales. Le lophide postérieur est plus bas que
Tantérieur ^ la différence du relief diminue par
usure.
Comme pour les autres molaires inférieures, il y
a quatre racines ; les deux linguales sont plus
grosses que les labiales.
m2 : elles sc rccolinaissetit ^ leur très forte lar¬
geur. Le lophide antérieur est moins coudé sur le
bord labial ; la cuspide accessoire labiale est
moins fréquente. Souvent la racine antérolabiale
devient bifide. Les racines postérieures, surtout la
labiale, ont une implantation divergente.
812
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
Comme pour les ml. les m2 présentent une
facette de contact sur la face distale ; cette facette
est toujours située assez bas sur la couronne.
m3 : les m3 sc reconnaissent à )*absence de fa¬
cette de contact sur la face distale et à la fusion
plus ou moins prononcée des deux racines posté¬
rieures qui divergent vers Tarrière. Ces dents sont
les plus longues de la série inférieure ; leur lar¬
geur est intermédiaire entre celle des ml et celle
des m2.
Squelette
Quelques éléments du squelette appendiculaire
ont pu être attribués à Diatomys liensis, grâce à
trois arguments convergents ; (1) leur morpholo¬
gie est typiquement celle d’un rongeur ;
Fig. 22. — Diatomys Hensis ; A, 11 droite (T U 178), face in¬
terne : 0, 11 gauche (T LI 178), face externe ; C, astragale
gauche (T Li 190), tace proximale.
(2) Diatomys c$t d’une taille très largement supé¬
rieure à celle de tous les autres rongeurs du gise¬
ment et les ossements retrouvés lui corres¬
pondent dimensionnellement ; (3) la relative
abondance de ces restes osseux convient enfin à
Diatomys liemh, qui est, après Poîwanmts thaï'
lamliniSy Tanimal le plus abondant du gisement.
Humérus. Il est représenté par une extrémité
distale. Celle-ci est très aplatie antéro-postérieu-
rement comme chez de nombreux rongeurs, tels
Ctenodactylus, FeloviUn Mat-nwta^ Geomys^ Semms
ou Hypogeomys^ â l’encontre d’autres rongeurs
comme Cavia, Pedetes ou Megapedvtes, I_.a surface
d’articulation avec les os de l’avant-bras est relati¬
vement simple et allongée transversalement
comme chez Sciurus-, Ctenodactylus et les carni¬
vores ; mais moins que chez Geomyi, L’eiitépicon-
dylc est bien développé comme chez Marmota,
SciuruSs mais un peu moins que chez
Ctenodactylus et MOssouteria. Il y a une arcade
entcpjcondylienne comme chez Sciurus^ Glis et
de nombreux rongeurs, à l'encontre de Mannota,
Geomys, Pedetes^ Megapedetvs et Ctenodactylus.
L’exircmicc proximale de cette arcade est située
sur une crête qui se trouve à l'aplomb de la lèvre
interne de la trochléc articulaire. Une telle dispo¬
sition est curieusement identique à celle du rat
de Gambie (Cricetomys). Il existe un foramen
supratrochléen. La face postérieure de Tosest très
plate et la fosse olécranienne peu profonde et
allongée transvers-ilement. Cette fosse est domi¬
née proxinialement par un périt plateau marqué
par une très légère dépression qui correspond à la
surface d'insertion du muscle anconeus brevis.
Finalement rhumérus. daits sa partie distalci res¬
semble plus à celui de Sciurtu et iXffypogeomys, Tl
ressemble assez à celui de Ctenodactylus donc il se
différencie surtout par la présence d’une arcade
entépicondylienne et est par contre extrêmement
éloigné de celui de Geomys.
Fémur, Il est représenté par une extrémité proxi¬
male. La rére est relativement bien détachée du
corps de ros> le grand trochanter est sensible¬
ment plus élevé. Il est de plus use sur notre spéci¬
men et il devait être nettement plus haut. La
fosse digitale est profonde» courte, peu haute. Le
deuxième trochanter (ou trochin) est fort et bien
en relief sur la face postérieure de la diaphyse ; il
n’est absolument pas déporté médianement.
GEODIVERSITAS • 1S97 • 19(4)
813
Mein P. & Ginsburg L.
Cette disposition est rare chez les rongeurs, chez
qui, en général, le trochin est très étalé médiane-
ment (par exemple chez Felovia^ Sciurus, Geomys,
Pedetes). Il se rapproche morphologiquement
plus de celui de Cavia et des artiodactyles. Le
fémur de Ctenodactylm semble occuper une posi¬
tion incermédiaire> avec une tête articulaire
moins détachée du corps de Tos qu’à Li> une
fosse digitale assez semblable, mais un trochin
plus poussé médiaicmenr.
Astragale. Il est représenté par sept spécimens.
(Le spécimen figuré mesure : L totale =
5,33 mm ; l corps = 3,88 mm ; 1 tête navicula-
rienne = 2,23 mm). L’os est ramassé sur lui-
même et trapu. La tête est courte et non
régulièrement ronde, mais sa surface articulaire
montre,, en norma vcrticalù^ une partie antérieure
allongée transversalement et une partie interne
assez brusquement perpendiculaire à la première,
comme chez Ctenodactylus et Massouteria. Le col
est très court. Le corp.s de Tos est subcarré,
cependant plus large que long. La poulie articu¬
laire avec le tibia est profonde et la lèvre interne
étroite et très pincée. Sur la face inférieure, les
deux surfaces d’articulation avec le calcanéum
sont bien séparées, comme chez les carnivores, la
plupart des rongeurs, contrairement à
Ctenodactylîis, Felovia et Massouteria chez qui ces
deux surlaces articulaires sont fondues en une
seule. Par ses proportions générales, l’a-stragale de
Diatomyi ne diffère de celui de Geomys que par
un col plus court et une curieuse crête osseuse
reliant la partie latérale de la tête de l’astragale à
l’avant de la trochlée. Par contre, nos astragales
de Li sont très differents de ceux de Pedetes et
Megapedetes chez qui l'adaptation au saut se
marque par un extrême allongement du col, une
tête sans articulation médiane, une surface arti¬
culaire calcanéenne antérieure très étroite, aux
dépens de la postérieure, beaucoup plus large et
profonde. Cette adaptation au saut est ancienne
puisqu’elle existe déjà chez Megapedef-espentadac-
tylus du Miocène inférieur de Rusinga Island
(Macinnes 1957) et chez Parapedetés namaquen-
sis d’Elisabethfeld dont l'àge est estimé à 20 Ma
(Mouret-Chauviré ef (i/. 1996).
Discussion
Lors de la création de l’espèce D. liensis en 1985,
nous avons rapporté le genre Oiatomys aux
Pederidae en raison de la grande similitude de la
morphologie dentaire, tanr sur les prémolaires
que sur les molaires. Les Megapedetes montrent
par rapport à Diatomys un début d’hypsodonrie
qui peut être responsable de la réduction du
nombre des racines et d’une usure des lophes
produisant des surfaces planes au lieu de surfaces
obliques. Mais en l'absence d'autres arguments,
en particulier de Tadaptation au saut, si caracté¬
ristique des Pedeiidae, ces ressemblances dans la
morphologie dentaire pourraient également reflé¬
ter une simple convergence au lieu d’expliquer
une parenté phyléfique.
Lasrragale de Diatomys liensis ne montre aucun
caractère d'adaptation au saut, et la partie anté¬
rieure du squelette de Diatomys shantungensis^
trouvée en connexion avec le crâne (Li Chuan
Kuei 1974, pl. Il), montre un membre antérieur
ayant les proportions normales pour un rongeur
quadrupède non sauteur, alors qu'il est très réduit
chez les Pedetidae, qui ont acquis la bipédie par
bonds dès le Miocène inférieur. Diatomys est
d'autre part, par sa morphologie dentaire, bien
différent des Geomyidae avec lesquels Li Chuan
Kuei l’avait comparé, et différent aussi des
Chapattimyidae, à l’intérieur desquels FI)Tin et
al. (1986) placent le genre Fallomus, qui selon
nous est assez voisin de Diatomys. Aussi
concluons-nous que ces deux derniers genres, ou
tout au moins le dernier, constiiue(nt) une
famille particulière, que nous nommons les
Diatornyidae nov.
Le genre Fallomus ne semble différer de Diatomys
que par Une structure dentaire un peu plus com¬
plexe (conservation d’un mésostyle à P4 ainsi que
d’un ectostylide et d'un cingulum antérieur aux
dents jugales inférieures) et la présence de dents
laccéales soumises à remplacement. Il constitue
un bon ancêtre plausible pour Diatomys,
Superfamille MuROTDEA Miller et Gidley, 1918
Famille CricetidAE Rochebrune, 1883
Genre Democricetodon Fahlbuch, 1964
Espèce-type. — Cricetodon minor Lartet, 1851 =
Democricetodon brevis crassusVxe\xx\<iem\\A. 1969.
814
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
Democrîcetodon kaonou n.sp.
(Fig. 23A)
Democricetodon sp. — Mein étal. 1990, fig. 8.
Typk (et pièce unique). — ml d (T Li 191) = 1,41 (et
non 1,14 comme il a été écrit par erreur en 1990) X
0,85 mm (Fig. 23A).
Niveau-type. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
LocAI.ITé-TYPE. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, Thaïlande).
Derivatio NOMINLS. — De deux mots thaï : kao,
ancien et non, la souris.
Diagnose. — Democricetodon relativement grêle, à
mésolophide bien développé et entomésolophide pré¬
sent.
Description
La ml serait complète si Fémail n avait pas dispa¬
ru à l’avant du côté labial. Elle peut cependant
servir de type. Cette dent présente les caractères
du genre Democricetodon : mésolophide moyen,
sinuside médian, présence d'un ectomésolophide.
Le mésolophide est ici plutôt long. La connexion
antéroconide-protoconide est linguale et le méta-
lophulide, à orientation parfaitement transver¬
sale, rejoint l'anterolophulide. Un vestige de
cingulum basal est encore visible.
Discussion
La présence d'un ectomésolophide et l’impor¬
tance moyenne du mésolophide nexistent chez
aucune espèce actuellement connue de Demo-
cricetodoriy excepté D, kohutemis qui est cependant
d’une taille très nettement supérieure. 11 s’agit
donc d’une espèce nouvelle, qui semble bien être
l’ancêtre de D. kohatensh. Wessels et al. (1982)
ont signalé D. kohatensis dans le Chinji (localité
107. estimée à 12-13 Ma) et Lindsay (1987) Fa
retrouvée dans des niveaux datés de 16 Ma.
La présence d’un ectomésolophide aux molaires
n’est actuellement connue en Asie que sur les
deux espèces D. kaonou et D. kohatensis et en
Europe sur les espèces du groupe D. gaillardi
(D. gaillardi et D. bretns). Mais chez ces formes
européennes les dents sont larges, les lophides
épais et le mésolophide long, alors que sur
D. kohatensis et D. kaonou les dents sont plus
étroites, les lophides amincis et le mésolophide
de longueur moyenne. 11 s’agit donc nettement
de deux groupes distincts de Democricetodon^
malgré sans doute d’étroits liens de parenté.
Gmvç. Spanocricetodon Li, 1977
Espèce-type. — Spanomceiodon ninjensis Li, 1977.
Spanocricetodon janvteri n.sp.
(Fig. 23B, C)
Spanocricetodon kahni de Bruijn et al. - Mein &
Ginsburg 1985, fig. 16.
Democricetodon sp. - Mein et ai 1990, figs 6, 7, non
fig. 8.
Type. — M2 d (T Li 192) = 1,21 x 1,12.
Niveau-type. — Sommet du Miocène inférieur, zone
MN4.
Localité-type. — Li Mae Long (Province de
Lamphun, ITaïlande).
Fig. 23. — a ; Democricetodon kaonou n.sp., ml droite
(T U 191, holotype). B, C : Spanocricetodon janvieri, B, M2 droi¬
te (T Li 192, holotype) ; C, m1-2 gauche {T Li 195).
GEODIVERSITAS -1997 • 19(4)
815
Mein P. & Ginsburg L.
DerivaTTO NOMINIS. — En rhonneuc de Philippe
Janvier, qui nous a incité à aller rechercher des mam¬
mifères en T haïlande.
Matériel. — Mesures en millimètres :
M2d(T U 192, holotype) = 1,21 x 1,12 (Fig. 23B).
M2 g (’J Li 193) = 1,23 x 1,12 (Mein & Ginsburg
1985, fig. 16).
M2 g (t Li 193) = 1,35 X 1,16 (Mdn et al. 1990,
fig. 6).
M2 g n u 193)= 1,14 X [ 1 , 06 ],
M3 d (T la Î94), fragment antérolabial.
ml-2 g (T Li 195), rraginciu postérieur (Fig. 23C).
m3 g (T Li 196) = 1,19 X ? (Mein etuL 1990, tig. 7).
Diagnose. — Spa}7omcerodon de grande taille (plus
grand que toutes Ic.s e.spcccs actuellement décrites),
dont les molalre.s, principalement M2, ont des lophes
et lophides extrêmement minces tandis que les cus-
pides sont repoussées vers le bord de la dent (bord lin¬
gual pour les dents inférieures et bord labial pour les
dents supérieures) ; m3 dépour\me de mésolophidc.
Description
M2 est représentée par quatre .spécimens homo¬
gènes par leur morphologie. Les cuspides labiales
ne sont renflées que dans la portion labiale et se
prolongent par des lophes bas et cnoics. Le para-
cone est relié à la crête InnginidinaJe par un pro-
tolophule double dans trois dents sur quatre et la
connexion antérieure, qui sinsère sur la prépro-
tocônecrista, est plus haute que la connexion
postérieure reliée à la postprotoconecristâ au
point d’inflexion du sinus î cette connexion posté¬
rieure, sur une des trois dents à protolophule
double, atteint la base du mésolophidc ; la qua¬
trième dent, à protolophule simple, montre une
connexion pOvStérieure incomplète qui, partant de
la crête longitudinale, n atteint pas le protocône.
Le protolophule aniérieur et le métalophule sont
parallèles et très peu inclinés vers l'avant. Le
mésolophe est de longueur moyenne. Il peut être
aussi élevé que les lophulcs un peu plus bas. Une
dent montre deux' minuscules crêtes parallèles
dans le fond du mesosinus entre le mésolophe et
le métalophe. Le cingultim antérO'lingual est
bien développé .sur deux dents ; il est limité à sa
partie anccro-lingualc .sur la troisième et complè¬
tement atrophié sur la quatrième. Le sinus est
d’orientation transversale sur deux dents, et incli¬
né vers Lavant sur les deux autres.
La cuvette centrale du mésosinus peut renfermer
des petites crêtes supplémentaires transversales :
une en avant du mésolophe sur une dent, deux
en arrière du mésolophe sur une deuxième dent ;
les deux dernières dents n'om pas de crête sup-
plcmeruairc. Enfin, le bord labial de la dent est
légèrement relevé entre le paracône et le méta-
cône.
La structure de ces M2 est très comparable à telle
de Spanocrltrîodon khani. Elles s'en di.stinguent
néanmoins par une taille plus forte.
Le fragment de M3 est trop incomplet pour
montrer des caractères notables.
Le fragment de ml-2 consiste en un arrière de
dent montrant la portion linguale à partir du
rnétaconide et la portion labiale à partir de
Lhypoconide. Le rnétaconide sentble parfaite¬
ment transversal et la vallée postérieure (postéro-
sinuside) est beaucoup moins profonde que la
vallée centrale (= mésosinuside). L’enroconide est
renflé uniquement dans sa panie linguale et est
relié a la crête longitudinale par un bypolophu-
lidc cran.sversal et très mince abourissant en avant
à riiypoconide. Enfin, la dent est totalement
dépourvue de mésolophidc. (]e caractère Lécarte
sans conteste du genre Dernocricelaclon.
La m3 (Mein &: Ginsburg 1990, fig. 7) a la
structure de M3 de Democricetodon et de
Spniiovricetodou mais est totalement dépourvue
de mésolophidc et semble bien appartenir à la
même forme que la ml-2 précédente.
Discussion
Toutes les dents décrites ci-dessus ont en com¬
mun une forte taille et des cuspides (labiales pour
les dents supérieures, linguales pour les infé¬
rieures) renflées dans leur portion périphérique et
rdiée.s à la crête longitudinale par des lophes (et
lophules) très étroits.
La ml-2, dépourvue de mésolophide, ne peut de
ce fait être attribuée à un Dofwcricetodim. Nous
la rattacherons au genre Spanùcrkrtodari:, qui pré¬
sente ce même caractère. Les quatre M2 et la m3
ne présenteni aucun caractère qui s*oppose à
celte détermination et, tant morphologiquement
que dimensionnellemcnt. forment un ensemble
hontogène. Auà.si attribueron.s-nous l*enscmble
du materiel à Spanacrketodmi, genre actuellement
connu uniquement en Asie. Remarquons pour
finir que le Spanocricetodon de Li Mae Long, le
816
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Mammifères miocènes de Li
plus grand des Spanocricetodon connus, est à
peine plus petit que Je Demacricetodon franconi-
cuSy qui est le plus ancien (Burdigalien
d’Erkertshofen) Democricetodon d'Europe, et
dont le mésolophc est plus court.
Famille RhizomyîDAE Miller crGidley, 1918
Genre Prokanisumys
de Bruijn, Hussain Leinders, 1981
Espèce-type. — Prokanisamys arifi de Bruijn,
Hussain et Leinders, 1981.
Prokanisamys benjavunt
(Mein et Ginsburg, 1985)
(Fig. 24)
Kanisamys henjavuni n.sp. Mcin et Ginsburg, 1985,
figs 10-15.
pars ? Prokanisamys benjavuni (Mein et Ginsburg) —
Jacobs et al. 1989, non Pig. 7.
TyI’E. — m3 gauche ('I* Li 203) = 1,87 x 1,68 (figurée
Mein Ôe Ginsburg 1985, Pig. 15)-
Ma rf illM. — Dents mesurables :
19MI (TLi 197) {Fig.24A).
14 M2(TLi 198).
l4M3CPLi 199).
14 ml (TLi 200).
17 m2 (T Li 201).
8m3 (T U 202) (Fig. 24B).
m3 g (1 Li 203, holotype) (Fig. 24C).
Diagnose êmendée. — Espèce du genre
Prokanisamys différant de Pwkanisarnys arifi par des
Ml plus petites et des M3 plus grandes, une hypso-
donde plus forte tout en restant modérée, dc.s surfaces
occlusales peu concaves par suite du développement
de la lophodontie. Grande réduction de Fantéro-
lophidc qui disparaît même complètement sur m3.
Hypolophulides jarnais obliques vers l’arricrc.
Descri p'iiüN
La Ml montre une muraille linguale plus
oblique que la muraille labiale et sc poursuivant
davantage vers le bas, sî bien qu en vue distale le
bord lingual paraît bien plus développé (ce qui
est classique chez beaucoup de dents semi-hypso-
dontes). Elle est également plus haute sur les
dents non usées tant à l’arrière qu’à l’avant.
Tableau 2. — Tableau de mesures des molaires de
Prokasinamys benjavuni en millimètres.
Longueur
Largeur
n
min.
moy.
max.
n
min.
moy.
max.
M1
19
1,66
1,80
2,00
19
1,27
1,49
1,64
M2
14
1,54
1,66
1.80
13
1,47
1,58
1,72
M3
14
1.30
1,48
1,66
13
1.32
1,44
1.60
m1
13
1.65
1,83
2,00
14
1,10
1,23
1,40
m2
16
1,61
1.79
1.97
15
1,27
L49
1,63
m3
7
1,57
1,78
1,93
9
1,33
1,47
1,70
L’antérolophe forme une crête transversale relati¬
vement courte et, sur les dents non usées, on
peut y reconnaître deux petits ancérocônes faible¬
ment individualisés (un ancémcône lingual et un
antcrocône labial). La liaison antérolophe-proto-
cône est haute l.es vallées labiales présentent une
certaine tendance à s’oblitérer avec Eusure de lu
dent. Le mésosinus est généralement plus pro¬
fond que Fantérosinus. Le posterosinus, au
contraire, nest visible que sur les dents non
usées, se transforme en postérofossette sur les
dents légèrement usées et disparaît à un stade
d’usure plus avancé. La crête longitudinale e.st en
continuité directe avec le prorolophule, tandis
que la crête de liaison avec le protocône est plus
basse et plus fine. Le protocône forme une cus-
pide oblique et le sinus qu'il délimite est très pro-
verse (c’est-à-dire oblique vers l’avant). Quatre
dents présentent un mésolophe court dirige vers
l’arrière, dix-neid en sont totalement dépour¬
vues. Le métalophule se recourbe distalement et
rejoint le postérolophc. Un spécimen monrtc un
métalophule vestigial et libre ; dans ce cas, le
métacône est fortement relié au postérolophc.
Sur une dent ab.Nolurneni non usée c.<iste un
léger abaissement entre l’hypocône et le postéto-
lophc. Les dents sont triradiculces ; Ja racine lia-
guaJe, bien développée, présente un sillon sur sa
lace externe ; la racine posréro-labiale est la plus
petite ; la racine antérolabiaJe a un axe oblique.
On remarquera que les dents les plus larges sont
toujours au moins moycnnemenTusées.
M2 : les spécimens non usés ont un profil occlu-
sal rectangulaire qui tend à devenir carré avec
l’usure. On observe la même disposition relative
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
817
Mein P. &c Ginsburg L.
Fig. 24. — Prokanisarnys benjavuni : A, Ml gauche {T Li 197)
(1,87 X 1,47 mm) : B, m3 gauche (T Ü 202) (1,57 x 1,31 mm) ;
C, m3 gauche (T Ü 203, holotype) (1,87 x 1.68 mm).
des murailles externe et interne que sur Ml.
L’antérolophe, limité à sa partie labiale, est droit
et se termine liugualernent par un épaississement
(antérocôiie) qui peut se poursuivre lingualemenr
par une arête verticale plus ou moins nette. La
M2 est dépourvue d'antérolophc lingual. Le
protolophuJe> de direction transverse,, rejoint la
crête lortgicudinale à l’arrière du protocône sur la
plupart des spéciinem, à réxeeprion d’une dent
sur laquelle le proiolophe arrive face au proto-
cône ; une autre dent e.st dépourvue de proro-
lophe, montrant ainsi un paracône Isolé.
La vallée labiale antérieure (= antérosinus) esr
souvenr transformée en fo.ssetLe par fermeture
labiale sur les dents usées. La vallée médiane
(mésosinus) a une ouverture plus profonde et ne
s’obture lahialemenr que sur les dents très usées.
La vallée postérieure (postérosinus) est toujours
réduite à une fossette dans les dents non usées et
disparaît complètement dès que la dent est
moyennement usée. Le mésolophe est générale¬
ment moyen et relativement épais. Sur trois
dents, il est à peine indiqué. Les dents ont quatre
racines par dédoublement complet de la racine
linguale. De toutes les dents de Prokanrsamys
benjavunis les M2 sont celles qui montrent la
variabilité dimensionnelle la plus faible.
M3 est une dent arrondie, rétrécie en arrière et,
comme la M2. dépourvue d’antcrolophc lingual.
Elle montre une petite arête verticale descendant
de f antérocône. Il y a une tendance générale pré¬
coce à la lermcture linguale du .sinus, par une
crèce descendant de l’hypocône et déterminant
une fossette linguale. La vallçe. antéro-exterpe. est
tOLiiours translormée en los.sette. Le protolophe
aboutit le plus souvent à l’avant du protocône. Il
existe gcncralcmcnt un mésolophe épais qui peut
atteindre le bord lingual ; Ü est très court sur une
dent, très bas et mince sur une autre et a totale¬
ment disparu sur une troisième. La vallée labiale
médiane ne s’ouvre à rextérieur que sur deux
dents non usées ; partout ailleurs elle est transfor¬
mée en une ou deux fossettes selon l’impoitance
du mésolophe. La vallée postéro-labiale est égale¬
ment refermée en fo.ssette, sr bien que la plupart
des dents montrent de quatre à cinq fossettes. Il
y a trois racines ; la racine linguale, en position
antérieure, est souvent partiellement fiisionnée
avec la racine antéro-labiale.
ml est Une dent allongée, rétrécie à l’avant, avec
une muraille labiale plus oblique et plus haute
que la muraille linguale. Sur les dents non usées
l’arrière est plus haut que l'avant.
L’antéroconide forme une crête très peu renflée.
Il jouxte toujours le métaconide en position
haute. Cet antéroconide est également relié, dans
la plupart des cas, au proroconide par une petite
crête (antérolophulide) de position médiane.
Dans quatre dents, cet antérolophulide nexiste
pas ou esc incomplet. Il existe un petit dngüium
antéro-labial descendant de Tantéroconide et
ahoutissant sur la base antéro-labiale du protoco-
nide. Le métalophulide, transverse, rejoint
rantérolophulide juste en avant du protoconide.
Par usure, deux fossettides peuvent se former
dans la partie antérieure de la dent, de part et
d’autre de l’antérolophulide. Le métaconide est
très allongé et se poursuit par une crête linguale,
diminuant ainsi l’ouverture du mésositurside. Il
existe toujour.s un mésolopliide de longueur
moyenne à courte. Ce mésolophide peut, à son
extrémité linguale, se recourber vers l’avant ; sur
818
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mein P. & Ginsburg L.
un spécimen cette partie recourbée rejoinr
Fantérolophulide, isolant ainsi une fos.serride
entre le mésolophidc et le protoconide. Le sinu-
side est toujours très diss}^métrique et tourné vers
Tarrièrc. Lhypolophulidc est transversc. Il rejoint
la crête longitudinale juste à ravanc de riiypoco-
nide. Cet hypoconidc se poursuit à l’arrière en
un postcrolophide qui s’abaisse lingualemenr
avant de se retermer sur l’enioconide. La paroi
labiale de Thypoconide se poursuit en avant par
une crête labiale descendante se refermant sur la
base du protoconide. Cette dent est biradiculée ;
la racine postérieure est toujours plus large que
Tantérieure.
ml est une dent rectangulaire, élargie selon les
spécimens soit à l’avant, soit à l’arrière. La lace
labiale, bombée, a une hauteur latérale plus
grande que la lace linguale. Cependant, la cou¬
ronne étant légèrement soulct'cc du côte lingual,
c’est le niétaconide qui se trouve le plus élevé sur
les dents fi^îcbes. Il existe un petit antérolophide
labial formant une crête descendante et se reliant
à mi-hauteur à la ba.se du protoconide. Sur les
dents plus usées, la vallée comprise entre l’antéro-
lophide labial et le protoconide est transformée
en une pente antétofossette qui disparaîtra à son
tour sur les dents encore plus Usées. Du côté lin¬
gual, U dent est généralement occupée par le
métaconide et le métalophulide. Néanmoins,
cinq dents montrent un vestige d'antérolophidc
lingual plus antérieur que le métaconide. Cet
antérolophide lingual est toujours très mince et
plus court que Lantéroconide. Une dent
(Mein 6i Ginsburg 1985, fig. 14) montre une
petite crête Une et basse reliant longitudinalê-
ment la base du métalophulide au mésolophide.
Il y a un mésolophide moyvn à court, épais, légè¬
rement oblique vers rivant en direction du méta¬
conide. Sur un spécimen, ce mésolophide est
transversal ei rejoint l'entoconide. sinuside est
fortement oblique vers l'arrière comme sur ml.
Uhypolophulide est transvense et rejoint la crête
longitudinale en avant de l’hypoconide. Ce
caractère est différent de chez Prokanisamys anfî
chez qui il est légèrement oblique vers rarrière,
contrairement à rassercion de Jacobs et al.
(1989 : 168). La crête longitudinale se rétrécit
fortement au contact de l’hypoconide ; sur une
dent l’hypoconide est même totalement isolé de
cette crête. La face labiale de l’hypoconidc peut
se poursuivre antérieurement par une crête des¬
cendante qui limite l’ouverture du sinuside.
Louverture de ce sinuside est très basse, si bien
que même sur les dents bien usées, ce sinuside
n’est jamais transformé en fosserride L'hypoco-
nide se poursuit en continuité vers l'arrière par
un posrérolopbide qui se referme à mi-haureur
sur l’entoconide , de ce fur, les dents moyenne¬
ment usées auront une postérofossecride. La m2
est biradiculée. Les deux racines sont plus déve¬
loppées transversalement que sur la m I, en parti-
culier la racine postérieure dont la largeur
dépasse même celle de la couronne.
ra3 est une dent rétrécie et moins haute à l avant
qu'à rarrière. La face labiale est très inclinée et la
lace linguale verticale. La couronne est plus
haute sur la face labiale que sur la face linguale.
Ln vue frontale, le métaconide est la tirspide la
plus haute. Il ny a aucune trace d'antérolophidc
et c’est le métalophulide transversal qui forme le
bord antérieur de la couronne. Le protoconide,
très antérieur, occupe sur tous les spécimens
l’angle antérolabial de la dent et la petite crête
longitudinale est diagonale ; elle émet un méso¬
lophide moyen dans cinq dents, court dans deux
dents et inexistant dans quatre. Sur une dent
existe une crête labiale descendant du sommet du
protoconide et aboutissant à là base de l'hypoco-
nidc. L'hypolophulide est de direction légère¬
ment posiért)-labiale et rejoint la crête
longitudinale à sa jonction avec Thypoconide.
Cette jonction est marquée par un rétrécissement
de la crête. Sur une dent le mésolophidc se courbe
et se referme sur l’hypolophulide, formant ainsi
une petite fossettide ; sur deux autres il est plus
long et atteint le bord lingual, où il se referme
sur une crête marginale rellani l’entoconide au
métaconide. Cette crête marginale est pratique¬
ment toujours présente et est parfois aussi haute
que l'entoconide, et isole une mésofossettide dès
le stade non usé. Le postcrolophide s’abaisse à
partir du postéroconide et se referme à mi-
haUteur sur l’entoconide, isolant donc sur les
dents usées une postérofosSetiide. La dent est
biradiculée. La racine postérieure, de direction
oblique, présente un sillon sur sa face antérieure
tandis que la racine antérieure est très large,
jusqu’à être aussi large que la couronne.
820
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
Discussion
En dépit d’une variabilité dimensionnelle relati¬
vement importante, en particulier celle des m3,
Tuniré morphologique ne permet pas d’envisager
la présence de plus d’une espèce de Rliizonxyidae
dans le gisement de l.i. Cette variabilité est nette¬
ment supérieure à celle de Prokamsumys artfi, ce
que Ton peut expliquer par le développement de
rhypsodoniie. En effet, Thypsodoniie a toujours
tendance, par usure, à diminuer les longueurs et
augmenter les largeurs. Il paraît de plus vraisem¬
blable qu’au coui's de la vie d'un individu. Taxe
des dents pivote, modifiant Taire de lu surface
occlusalc. Un tel phénomène est d’ailleurs connu
chez les périssodactyles semi-hypsodontes
(Rhinocerotidae).
En 1985, nous avons attribué le Rhizomyidae de
Li au genre Kanisarnys. A Tépoque, la seule m3
entière connue (et subséquemment choisie
comme holotype) avait une longueur supérieure
à celle des ml que nous possédions. Depuis,
notre échantillon s’est considérablement accru et
il s’avère que la moyenne des longueurs des m3
esc inférieure à celle des ml, ce qui correspond
bien à la diagnose du genre Vrokanisamys, Le
changement d’attribution générique s’impose
donc. Jacobs et ai (1989), disposant d'une hémi¬
mandibule avec les trois molaires consen^ées, ont
d’ailleurs déjà proposé ce changement.
À propos du rapport de raille de m3 par rapport
à ml, il nous semble qu’il serait judicieux de ne
pas envisager le simple rapport des longueurs
(Lm3/Lml), mais celui des surfaces (L X
I.m3/L X l.ml). Pour le Prokanisamys nrifj H-
GSP 111 de Banda Daud Shah au Pakistan étu¬
dié par de Bruijn et al. (1981), pour le
Prokanisamys benjavuni de 1 .\ Mac Long et pour
le spécimen GSP 26046 de la localité 640 étudié
par Jacobs étal, 1989, ce rapport est le suivant :
P. ari/j de Banda Daud Shah = 80
P. benjavuni de Li = 91
Spécimen GSP 26046 (loc. 640) = 96
La comparaison du Prokanisamys benjavuni de Li
avec le spécimen GSP 26046 peut aller plus loin.
Le degré d'hypsodnntie de la M2 peut s’exprimer
par le rapport de la hauteur sur la longueur. Pour
la M2 paratype de P. benjavuni de Li (Mein Ôe
Ginsburg 1985, fig. Il), ce rapport est de
1,45/1,70 = 0,85. La M2 du Pakistan 26042,
que nous avons pu examiner grâce à un excellent
moulage, se trouve au même stade d’usure et a
pour degré d'hysodoniie 1,75/1,60 = 1,09. La
dent du Pakistan est donc beaucoup plus hypso-
donre et Ton aurait tendance à la considérer
comme plus récente. Par contre, cette dernière
dent prés'ente une surface occlusale plus concave,
avec les cuspides nettement en saillie au-dessus
des lüphcs, tandis qu'à Li la surface est bien plus
plane, les cuspides érant déjà grandement tneor-
porée.s dans les lophes.
De même on note la persistance d’un antero-
lophidc labial sur la m3 du spécimen GSP 26046
du Pakistan (ty.’Jacobs et ai 1989, fig. 7), tandis
que cette formation a disparu à Li. Ces deux
caractères morphologique.s indiqueraient un ani¬
mal plus évolué à Li qu'au Pakistan. En présence
de ces données contradictoires, on peut, ou on
doit supposer que le.s deux Rhizomyidae considé¬
rés n’appartiennent pas à la même lignée.
De plus. Texamen des dimensions de chaque
catégorie de dents montre des diOércnces trou¬
blantes : si les m3 et la M2 du Pakistan tombent
à l'intérieur des ellipses de Li, il ncii est pas de
même pour les autres dents. Pour celles des m3
et de M3, les ellipses se chevauchent légèrement,
tandis que celles correspondanr à m2 sont très
nettement séparées. Pour ces trois dents, la
moyenne des longueurs est légèrement supérieure
au Pakistan et la moyenne des largeurs encore
plus supérieure au Pakistan. Le cas de la m2 est
particulièrement démonstratif. Les cinq dents du
Pakistan sont routes plus larges que les quinze
dents de Li. Les proportions de taille des dents
de rang différent ne sont pas les mêmes sur la
forme de Li et celle du Pakistan.
Flynn (1986) attache de Tîmporrance à la surface
occlusale des m2 pour démontrer la sta.se des dif¬
férences lignées. La surface (L X 1) de la popula¬
tion de Li vaut 2,67 mne^ tandis que celle de la
moyenne des quatre dents dont il a donné les
mensurations est de 3,54 mm^, ce qui est un
chifTre considérablement supérieur.
En conséquence, nous estimons que les spéci¬
mens étudiés par Elynn, et réunis par lui .sous la
dénomination de Prokanisamys benjavuni., non
seulement ne correspondent pas à cette e.spèce,
mais doivent appartenir à une, voire à plusieurs
lignées différentes.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
821
Mein P. & Ginsburg L.
Famille Dendr0MURIDA£ Alston, 1876
Genre Potwarrntis Lindsay, 1988
Espèce-TYPE. — Antemus primitivus Wessels et al.^
1982.
Potwamitis thailandicus
(Jaeger, Tong, BufFetaut É'ringavat, 1985)
Antemus thailandicus n.sp. Jaeger et ai, 1985 : pl. I,
fîg. a-c. — Mein àc Gmsburg, figs 1 - 6 .
Type. — Ml gauche (Jaeger et al.^ pl. I, fig. B).
Matériel. — Mesurer en millimètres :
168 MI (T Li 204), 191 M2 (T Li 205), 81 M3
(T Li 206), 187 ml (T Li 207), 208 m2 (T Li 208),
116 m3 (T Li 209) soit 951 molaires mesurables.
Seules les dents en très bon état de coiiser\'aiion ont
été mesurées.
Humérus d (T Li 210) distal, D médio-lat. = 33 O.
Cubitus g (T Li 211) proximal. D dorso-vcntral,
mesuré à la pointe de l'apophyse coronoïde = 1,35.
6 astragales d + 5 astragales g ( F Li 212), L =
2,20-2,29-2,29-2,30-2,32-2,34-2,34-2,35-2,40-2,40-
2,45.
6 calcanéums d + 2 calcanéiims g ( T Li 213), L = 3,9-
3,95-3,98-4,0-4,02-4,07-4,12-4,27.
Descri p’j'ioN
Les molaires supérieures ont trois racines ; la ra¬
cine linguale allongée mésio-distalement peut, sur
la M3, fusionner avec la racine disto-labiale. Les
fragments' de maxillaire montrent que le foramen
incisivum était mésial par rapport à l’alvéole de la
racine antérieure de la Mlj et que le palais était
creux et large par rapport à la taille des dents.
Ml a un contour arque, le bord labial étant
concave. Tous les tubercules sont inclinés vers
larrièrc. à l’exception de fentoscyle {t4) qui est
vertical. L’antérocône est bien subdivisé en deux
tubercule.s réunis par une crête basse ; sur le bord
mésial de la dent, il y a un petit bourrelet cingu-
laire. De rantérocone lingual part une crête cin-
gulaire force qui contourne le protocône et se
termine dans le sinu.s. La terminaison distale de
cette crête est géacralemeni légèrement renflée.
Quelques dents inoncreni un véritable entosryle,
seule une dent sur quarante esc totalement
dépourvue de renflement. Lhypocône est plus
distal que le métacône.
Les crêtes de liaison transversales protocône-
Tableau 3. — Tableau de mesures des molaires de Potwarmus
thailandicus en millimètres.
Longueur
Largeur
n
min.
moy-
max.
min.
moy.
max.
M1
51
L42
1.62
1,82
0.93
1,03
1,14
M2
30
1.10
1.20
1.28
0,93
1.03
1.10
M3
39
0.78
0,85
0.91
0,84
0.91
0.98
m1
39
L20
1,36
1.47
0.85
0.93
1,00
m2
33
1.12
1,22
1,29
0.90
1,01
1,08
m3
33
0,88
0,98
1,07
0,80
0,87
0,94
paracône et hypocône-méracône sont basses. Des
restes de crête longitudinale s’obsen^ent entre les
tubercules majeurs, plus rarement à la base
mésiale du protocône. Le bord labial peut pré¬
senter des petits bourrelets cingüiaircs à l'ouver-
Tiire des vallées (antérosryle, mésostyle). Le
po.stérolophe est long et bien net, jamai.s renflé
en tubercule. Ces Ml diffèrent de celles
(ÏAriCetntts chinjrensis et de Pottoarmus primitivus
par leur contour et la faiblesse du t4 qui nest
jamais isolé de la crête cingulaire linguale ; elles
difîèrent de P ininimm par la taille plus grande
et la quasi-absence de crête longitudinale.
M2 montre un antérolophe généralement isolé
des cuspides majeures ; il est continu à partir du
bord labial et se poursuit lingualement par un
cingulum lingual jusque dans le sinus. Environ la
moitié des dcjïts montrent un épaississement en
largeur et un renflement en hauteur (t4). La crête
longitudinale est plus ou moins reconnaissable
sur la moitié des dents sous la forme d’une crête
peu élevée partant de la jonction méiacône-
hypocône et atteignant la base du protocône.
Une dent montre une crête haute (antérolo-
phule) partant du bord antérieur du protocône,
atteignant l’antérolophe au milieu de la cou¬
ronne. La M2 n’offre pas de différences notables
avec celle de P. primitivus,
M3 possède un antérolophe continu sur le bord
mésial ; parfoi.s isolé (sept cas sur quatre-vingt), il
est le plus souvent connecté a fanrérolophule. Au
point de jonction avec l'anrérolophule se déve¬
loppe parfois un petit renflement (deux cas sur
quatre-vingt). Le paracône et le protocône sont
réunis par une crête haute en chevron. Chez
822
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
A. chinjiensis^ Tantérolophe ne conserve que ses
deux extrémités (linguale et labiale). Le chevron,
bien individualisé, est renflé en trois tubercules.
Wessels et al. (1982 : 350) appliquent la nomen¬
clature des Miiridae en nommant ccs tubercules
t4, t5, t6. Les spécimens de Thaïlande permet¬
tent de comprendre que le tubercule central est
de néoforrnation (antéroconc) et n'est pas un
protocône. Ce chevron pourrait se transcrire t5 -
X - t6. Larrière de la dent est très réduit en lar¬
geur ; on y reconnaît deux tubercules (hypocône
et métacône) reliés par une crête de hauteur
variable. Sept dents sur huit possèdent un court
postérolophe rattache à Thypacône. La moitié
des dents a conservé un cndolophc, réunissant le
protocône à Thypocône. Aucune ne montre
d'entosryle (t4). Une dent montre une crête cin-
gulaire linguale. La structure de cette M3 rap¬
pelle celle de P, prhnitiinis.
Toutes les molaires inférieures ont deux racines,
ml montre un antcroconidc consistant en une
crête plus ou moins basse, denticuléc, avec sou¬
vent une légère bilobation h son sommet ; parfois
cette crête se renfle en un petit tubercule. Le cin-
gulum labial est très développé, partant- presque
au contact de l’antéroconide avec une terminai¬
son légèrement renflée, et se poursuivant labiale-
ment au pcotoconide. Sur vingt-sept dents
examinées, il s'arrête sur la face antérieure de
l’hypoconide onze fois, et dans quatorze cas, il
franchit labialcment Thypoconidc pour fusionner
avec le cingulum postérieur. Ce cingulum labial
peut présenter un petit épaississement dans le
sinuside. Les cuspides antérieures {pruioconide et
métaconide) sont verticales tandis que les cus¬
pides postçricUrCvS (hypoconide et entoconide)
sont légèrement penchées vers l’avant. Les
connexions transversales entre couples de tuber¬
cules sont faibles et basses. Le métaconide n’est
pas relié à l’antcxoconidc. Le cingulum postérieur
forme une crête longue et basse. Quelques dents
montrent en outre une petite crête cingulaire lin¬
guale entre métaconide et entoconide. La forme
de rancéroconide, celle du cingulum postérieur,
la verticalité du couple protoconide-métaconide,
les vestiges de crête longitudinale distinguent
cette forme de P, pnmitivus et dA. chinjiensis.
m2 est plus large à Tarrière qu’à l’avant. L’antéro-
lophide labial est souvent isolé des cuspides
majeures et rejoint parfois le métaconide ; il se
poursuit par un cingulum labial qui contourne le
protoconidc er peur évenmcilemcnt rejoindre le
cingulum postérieur (onze dents sur trente-cinq).
Les tubercules labiaux sont ronds, les tubercules
linguaux plus allongés transversalement. Des restes
de connexion longitudinale peuvent s’observer
entre la face pttsrcricure du protoconidc et le point
de jonction hypoconidc-cntoconide, ainsi qu’à
partir du cingulum postérieur en direction de la
face linguale de l’hypocunide. Le maximum de
largeur situé à l'arrière, le grand développement de
la marge cingulaire et de son cingulum distinguent
cette forme des autres Antennis.
m3 est une dent relativement grosse, de contour
triangulaire, et à moitié postérieure très réduite.
L’antérolophidc est continu depuis la base mésialc
du métaconide sur neuf dents. Suc huit autres
dents, il est mterrompu raésialemcnr au proroco-
nide et subdivisé en une partie transversale (antc-
rolophide lingual) qui n’atteint pas le bord lingual
de la dent et une partie arquée (antérolophide
labial) qui rejoint la base labiale du protoconidc.
Dans onze dents .sur dix-sept, le cingulum labial
franchit le protoconide et atteint la hase de Thypo-
conide ; dans les six autres cas un cingulum labial
limité occupe le sinuside. l.'hypoconide est en
position médiane, raiitéroconide réduit est rejeté
sur le bord lingual en position plus mésiale : ces
deux tubercules .sont généralement unis par une
petite crête. Un Spécimen est dépourvu d’ento-
conide. Lexistence d’une portion linguale à
Tantérolophide caractérise celte espèce.
Quelques portions de mandibules ont été
recueillies, clics montrent que le diastènie est
oblique et peu profond. La crête massétérienne
supérieure est à peine indiquée : elle se termine
mésialemcnr sans renflement en dessous de la
racine antérieure de la première molaire, à la
même hauteur que le foramen mentale mais non
à son contact. L'incisive inférieure est lisse et n’esi
pas particulièrement grêle. Le foramen mentale
est légèrement visible en vue occlusale. La
branche montante de la mandibule prend nais¬
sance à la limite entre m2 et m3.
Squelette
Quelques éléments du squelette ont pu être attri-
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
823
Mein P. & Ginsburg L.
bues à Pntwarmtis thailandictis. Nous les avons
principalement comparés au Dendromurinae
Deomys ferrugineuse
Humérus. Représenté par une extrémité distale,
il est extrêmement proche de Dmnys ferrugineus •
même aplatissement dorso-venrral, même étire¬
ment transversal (ou médio-latéral) de Li l^ossc
olécranienne et de l'articularion avec l'avant-bras,
même importance de J'cntcpicondyle (= épicon¬
dyle médial) et même présence d'une arcade
entépicondylienne. Il y a cependant quelques dé¬
férences ; sur le fossile de Li Touverture du canal
de l’arcade entépicondylienne est plus large, la
lame épicondyliennc, sur laquelle s’insèrent les
muscles cxten.scurs des doigts et du métacarpe,
un peu moins développée, et le condyle articulai¬
re d’articulation avec le radius plus rond. Ce der¬
nier point suggère une facilité plus grande dans
les mouvements de pronation-suptnacion pour
ranima.1 de l.i. Un autre Dendromurinae,
Steatomys, montre par contre un humérus totale¬
ment dépourvu d'arcade entépicondylienne, mais
avec une crête épicondylienne latérale bien plus
développée que chez Deomys. L’os" complet est
aussi beaucoup plus court.
Cubitus. Représenté par une moitié proximale, il
présente le même profil latéral que Deomys fertu-
gineus^ ainsi qu'un olécrane de même proportion,
avec une face interne (ou médiale) plane et limi¬
tée de la face dorsale par une crête aiguë ; mêmes
proportions également de la grande et de la petite
cavités sigmoïdes et même carène aiguë limitant
la face latérale de la face médiale sur toute la lon¬
gueur de fos en dessous des surfaces sigmoïdes. Il
y a aussi quelques différences : notre fossile est
plus étroit laréro-médialcment, la face latérale est
creusée d’un sillon plus large et, sur la face
médiale, juste sous la grande cavité sigmoïde
existe une petite fosse nettement plus importante
et plus creuse.
Astragale. Il a les mêmes proportions générales
que celui de Deomys ferrugineus. Le corps de l'os
en a les proportions et la poulie tibiale en a les
mêmes caractéristiques, avec un axe très déplacé
médialement et une lèv're médiale étroite et ser¬
rée. La tête a aussi les mêmes proportions. Le col
a la même morphologie, avec, en particulier, la
même crête oblique rejoignant la partie plantaire
de la lèvre latérale et la poulie tibiale. Sur la face
plantaire, les deux surfaces articulaires avec le cal¬
canéum sont identiques, la médiale étroite et
allongée, la latérale large et oblique, et sont sépa¬
rées Tune de l’autre par un large sillon. La seule
différence avec l’astragale de Deomys esr un col
un peu plus court. L.a surface navicularienne
semble également montrer une facette articulaire
médiale (perpendiculaire à la facette principale
orientée distalemeut) un peu plus réduite.
Calcanéum. Il montre, par rapport à Deomys, les
mêmes proportions entre les deux surfaces articu¬
laires avec l'astragale, la même morphologie de la
surface articulaire avec le cuboïde, le même sas-
lentaculum lali mince et la même irarène aiguë
sép^ant, sur 11 face proximale, la face latérale de
la face médiale du manubrium. Si ces détails
morphologique.s sont identiqiie.s, les proportions
générales sont par contre différentes par allonge¬
ment general de la fotinc actuelle. Le manu¬
brium de la Deomys est plas allongé, ain.si i|ue la
partie située en avant de.s surfaces aru‘culaire.s
asiragaliennes. Cci allongement correspond bien
à celui observé plus haut sur le col de l'astragale.
L’allongement du calcanéum n’est cependant pas
la règle chez les Dendromurinae actuels puisque
chez Steatomys, le calcanéum est encore plus
court que chez, le Potivarmus de Li, il en est de
même pour le col de l’astragale.
Discussion
Potivamim thailandicus montre des caractères net¬
tement archaïques par rapport à Antcmm chinjten-
sis Jacobs, 1 ^)77 et Potivarmus primitiims Wessels
et ai, 1982 : vestiges des crêtes longitudinales,
grandes crêtes cingulaires très peu renflées en
tubercules, m3 et M3 comparativement moins
réduites. Cette forme peut constituer un ancêtre
plausible pour les deux especes de Chinji. De
Bruijn ôi Hussain (1984 194) mentionnent dans
le site 81.14 de la Lower Maiichar Formation un
Autemus sp. dont la description succincte semble
bien correspondre avec celle de P. thailandicus.
Jao.ibs (1977) cr Wessels et ai (1982) ont souli¬
gné les affinités <1*Antemus avec les Muridae.
Jaeger et aL (1985) ont montré les affinités
s\'Anlemtis iwcc les Dendromurinae. Il est en effet
très vraisemblable que les Dendromurinae pro¬
viennent de Potivarmus archaïques ayant gagné
l’Afrique tandis {\\£Antemus chinjiensis ayant
824
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
acquis un cl reste le meilleur ancêtre possible
pour les Muridae.
Lindsay (1988) a divisé les espèces du genre
Antemus en deux genres. Selon cet auteur, seule
l’espèce A. chinjimsis demeure dans le genre
Antemus et est considérée comme le premier
représentant des Muridae tandis que les autres
espèces, plus petites et plus archaïq^ues, sont
considérées comme les ancêtres probables du
Dendromuridae et placées dans le genre
Pûtwarmus qui renferme trois especes ; P. primP
tiims (Wessels et al.-, 1982), P, thailandîcus
(Jaeger etal.^ 1985) et P. rninimus IJndsay, 1988.
L’étude de cet auteur monrre que P. thaiLtndicus
et P. primiîivî 0 sont des formes très voisines
(sous-espèces géographiques ?), tandis que
P. minhrius serait une forme plus archaïque
d’après sa caille plus petire et la conservation, sur
les deux premières molaires, d'une crête longitu¬
dinale qui disparaît ultérieurement.
Le genre Ponvarmm existe également au Djebel
Zelten et nous avons pu en examiner dos mou¬
lages grâce à la courtoisie du Prof, O. Fcjfâr, Les
ml n’ont aucun vestige de connexion longitudi¬
nale, Tantcrolophe lingual y est plus réduit ci le
t4 plus fort. La forme du Djebel Zelten (MN5)
paraît plus évoluée que la forme de Li.
Famille PLATACANTHOMYiDAE Alston, 1876
Genre Neocometes Schaub ef Zapfe, 1953
Espèce-type. — Neocometes bnmonis Schaub et Zapfc,
1953.
Neocometes oHentalis
Mein, Ginsbtirg et Ratanasrhien, 1990
Neocometes orientalis n.sp. Mein et ai, 1990, figs 1-4.
Matériel — Mesures en millimètres ;
Ml d (T Li 214) = 1.53 x 1,09 (Mein, Ginsburg &
Ratanasthicn 1990, fig. 1).
M2 g (T Li 215) = 1,42 X 1,15 {ibid,. fig. 2).
ml d (T Li 216, holorype) = 1,65 x 1,14 {ibid.,
fig. 3).
m2 g (T Li 217) = 1,40 x 1.11 {ibid.. fig. 4).
Description
Toutes les dents sont de petite taille, à surface
occlusale faiblement concave, à couronnes basses,
présentanr six crêtes fines, peu obliques et sépa¬
rées par des vallées larges, bien développées.
Ml est une dent étroite avec un maximum de
largeur dans la partie postérieure. Elle présence
six crêtes tran.svcisales très peu obliques. Le bord
intérieur de la dent montre une tendance à la
formation d’un endolophe dont la partie ante¬
rieure va de l'anicrolophc au proiolophc et la
partie postérieure du mésolophc au postérolophe.
La partie postérieure de la dent n’est pas exacte¬
ment dans le prolongement de la partie ante¬
rieure mais U chevauche légèrement. La vallée
principale de la dent, qui la partage complète¬
ment transversalement, passe entre ces deux poi-
tions de l’endolophe.
La portion antérieure de lu dent montre une
crête acces.soire à mi-di.stance entre l’antérolophe
et le protülophe. Ces crêtes transversales ne sont
pas tcliées du côté labial si bien qu elles délimi-
rent des flcxus et non des fossettes (ces vallées
sont ouvertes du côté labial). Il y a un antéro-
flexus et un paraflexus.
La partie postérieure de la dent est formée de trois
crêtes . un mcsolophe, un métalophe et un
postérolophe. Le mésolophe dépasse à peine la
moitié de la dent> sc recourbe vers l’arrière pour
rejoindre le métalophe. La vallée coniprisc entre
le mésolophe et le métalophe est ouverte médialc-
ment (mciaflcxus). Par contre, la vallée qui existe
entre le métalophe et le postérolophe est fermée
labialemeni ; il s’agit d’une postérofossecte.
L’ensemble des vallées occupe une superficie
comparable à celle occupée par l’ensemble des
crêtes.
La dent pos.sède trois racines : une antérieure,
une püsiéro-labiale et une posiéro-linguale. La
position de la racine postéro-linguale semble déjà
très reculée par rapport à la majorité des
muroïdes, La racine postém-labiale et la racine
postéro-linguale sont au même niveau.
Certe moLiire appartient au genre Neocometes qui
est le seul genre de Platacanthomyidae à avoir des
crêtes transversales peu obliques, des endolophcs
non continus, montrant en plus des vallées larges
et ouvertes labialcment.
Les dimensions de cette dent correspondent aux
spécimens de petite taille de Neocometes similis
d’Erkertshofen. racine linguale est plus déve-
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
825
Mein P. & Ginsburg L
loppée sur Ncocometes similis que sur Tespèce de
Li. Le mctalophe se termine lingualemeni en
avant de l'hypocone, ce qui est également la dis¬
position la plus fréquente chez les Neocometes
{cf. les variations morphologiques étudiées par
Fejfar 1974). La Ml de Li est de dimensions très
inférieures 3 celles de Neocometes briinoms et la
crête accessoire antérieure, bien développée à l.i,
fait fréquemment défaut chez Ncocometes brurw-
nis.
Le genre TyphlomySy dont les molaires sont plus
concaves, plus étroites, avec des vallées très res¬
serrées et fréquemment fermées du côté labial, a
longtemps été connu par la seule forme actuelle
sud-asiatique Typbhmys chiemts Milnc Edwards,
dont les dents ont été correctement figurées par
Fejfar {opé c/V.). Récemment, plusieurs espèces
fossiles chinoises ont été attribuées à ce genre :
— Typhlamys prrmitiints Qiii Zhuding, 1989, du
gisement miocène supérieur de Lufeng, dont les
dents sont sensiblement plus petites et plus
étroites qu'à Li. De Typhlornys primitivtiSy Qiu a
étudié la variation mt)rphologique des crêtes
antérieures, la crête accessoire est normalement
développée, ou réduite, voire absente ; quand elle
existe, la vallée antérieure est toujours très fer¬
mée, contrairement à notre spécimen de Li oii
elle est absente ;
— Typhlornys hippariontim Qiu Zhuding, 1989,
du même gisement de Lufeng, est une forme très
nettement plus grande ;
— deux formes quaternaires de Chine : Typhlornys
intermeditis Zheng Shaohua. 1993 qui semble
être un jalon de Lespcce T. primitivus. et
Typhlornys macrurus Zheng Sbaohua, 1993 qui
semble appartenir à la lignée de l'cspcce T, bip-
parionum. La radiculacion de la Ml des deux
formes quaternaires a cre étudiée par Zheng
Shaohua (1993). Il y a une racine antérieure et
deux racines très postérieures, mais celles-ci ne
sont pas également développées (la postéro-
labialc est très faible).
Platacanthamys est un genre de plus grande caille
connu par une seule espèce actuelle, Platacan-
thomys lasiitrus, qui vit dans le sud de l'Inde.
Cette forme montre des crêtes transversales peu
obliques, la couronne est plate, les vallées étroites
et la crête accessoire antérieure a totalement dis¬
paru. Une espèce fossile a été décrite dans le
Miocène supérieur de Lufeng : Platacornhomys
dianensh Qiu Zhuding, 1989. Cette forme pour¬
rait très bien être considérée comme la descen¬
dante du Neocometes bmnonis du Miocène
moyen d’Europe ou d’une forme voisine.
M2 a un contour subrectangulairc légèrement
céméci à l’arrière. Hile montre, comme la dent
précédente, six crêtes et une porrion anrérieure
d’endolophe, lequel se poursuit un peu plus en
arrière que sur Ml. Ces crêtes sont également
SLibcransversales. Les deux premières crêtes sont
réunies iabialement, isolant une antérufossette.
Le protolophe, interrompu lingualement, ne
rejoint pas le protocône, de sorte que les deuxième
et troisième vallées sont ouvertes Iabialement.
Comme sur Ml, le mésolophe se coude vers
l’arrière pour rejoindre le métalophe. Ce méta-
lophe subir un important rétrécissement jusqu'à
être presque inierrompu dans b patrie médiane
de la dent. Comme sur Ml, b vallée postérieure
est fermée Iabialement, déterminant une postéro-
fossetre. Aucune racine n’a pu être observée, la
dent étant un germe dentaire dépourvu de
racines.
Les dimensions de cette dent correspondent à
celles des .sujets de Neocometes similis d’Europe.
Par contre, la crête accessoire antérieure y est
beaucoup plus développée puisqu’elle rejoint
l'antérolophe sur le bord labial. L’antérofossette
est donc longue chez Neocometes similis. La crête
antérieure accessoire étant plus courte, l’antéro-
füssÊtte est réduite à Li. tandis que chez
Ntveurnetes brimonis Pantérofossette est ou vesti¬
giale ou inexistante par absence totale de la crête
accessoire.
Chez les espèces de Typhlornys on retrouve les
memes différences que sur Ml : concavité de la
couronne, obliquité des crêtes et étroitesse des
fossettes, si bien que la M2 développe fréquem¬
ment un cctolophe.
M2 de PLttaaiuthomys est de bien plus grande
taille et est totalement dépourvue de crête acces-
.soire antérieure.
inl est une dent à peine concave, allongée et
dont le maximum de largeur sc trouve à l'arrière.
Il y à six crêtes transversales et une vallée princi¬
pale en arrière de la quafrième crête (hypoHexi-
de) qui traverse b dent de part en part. Il n’y a
donc pas d’antérolophide continu. Les crêtes
826
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
n ont pas toutes la même inclinaison. Si les crêtes
postérieures sont presque transversales, les
crêtes 2 et 3 sont relativement obliques. La crête
accessoire antérieure^ très développée, rejoint
rantéroconide sur le bord labial et la portion
antérieure de rantérolopliide sur le bord lingual
de la dent. Entre l’antérolophide et le lophide
accessoire antérieur, il existe une antérofossette
de grandes dimensions. Chypolophide rejoint à
peine le postcrolophide sur le bord lingual de la
dent, déterminant une postérofossetee bien trans¬
versale. La dent possède deux racines, relative¬
ment grêles et à section elliptique. La racine
antérieure est plu.s développée longitudinale¬
ment, la racine postérieure plus développée dans
le sens transversal. Notre dent a une longueur
plus petite que toutes les Ml de Neocometes simi¬
lis, mais sa largeur correspond à la moyenne de la
population de NecfCumetes similis ; elle est donc
plus crapuc. La crête accessoire antérieure esc plus
longue, ansi que rantérofossettide et d'une façon
générale les vallées sont plus larges chez N. orien-
talis que chez N. hrunonis.
La ml de N. brumnis est beaucoup plus grande
et a des couronnes plus concaves.
Les ml de Typhlomp ont des couronnes très
concaves, des crêtes très obliques, des vallées très
étroites doni certaines sont fermées des deux
côtés, donc transformées en fosseccides (antéro-
fossettidc, posiérofossetcidc et parfois mésofosset-
tide) et Icndolophide est continu.
Platacanthoniys montre, outre une taille bien
supérieure, un lophide accessoire antérieur plus
court (déterminant donc une antérofossettide
plus courte aussi) et des vallées plus étroites.
m2 montre un camtour subrectangulairc légère¬
ment rétréci à l'arrière. Uantérolophidc est trans¬
versal et suit le bord antérieur de la dent. La crête
accessoire anrérieure est réduite et rejoint l'antéro-
lophide dans la portion médiane de l,i dent, mais
se termine librement du côté lingual. Le proto-
lophe se referme lingualemeni et labialement sur
rantérolopliide, isolant une tossettide complexe
correspondant 1\ la coalescence de rantérofossetti¬
de et de la mesofossettide.
La couronne, relativement plane, se redresse sur
le bord lingual, montrant une concavité visible¬
ment plus nette que sur ml. À Larrière de la
dent, le postérolophide a tendance à se refermer
lingualement sur l’hypolophulide, délimitant une
postérofossettide.
Notre dent est légèrement plus petite et plus tra¬
pue que chez Neocometes similis et la concavité est
la même. Elle en dîfïere par la fermeture linguale
de l’hypollexide.
Neocometes bnwonis possède également un méso-
lophide libre, aussi bien labialement que lingua¬
lement, mais est beaucoup plus grand que
N. orientale et les vallées y sont plus étroites par
rapport aux crêtes.
Chez TyphlomySs entolophide et vallées sont
étroits, et le.s' crêtes obliques. Chez Platacan-
thornys, la taille est considérablement plus grande
et il y a un entolophide.
Discussion
Il apparaît nenement que noire animal de Li
appartient au genre Neocometes. Ce genre n’est
plus connu après le sommet du Miocène moyen
(La Grive, A.nwill). La découverte récente d'un
Plaracanthomyidae dans le Miocène supérieur de
Chine rend vraisemblable une filiation entre
Neocometes et Platacanthomys tandis que les
représentants du genre Typhlomys ont une mor¬
phologie plus éloignée (par la concavité de la
couronne, l'obliquité des crêtes, ainsi que par la
largeur anorm;dcmenc faible par rapport à la lon¬
gueur)* La séparation de Typhlo?nys par rapport à
Neocometes devrait donc être plus ancienne que
les dépôts de Li.
La répartition biochronologique des Neocotnetes
européens est la suivante :
MN6-8 : Neocometes brunonis (Anwill, La Grive
M, Neudorf-Spalte).
MN5 Neocometes aff. similis (Serido,
Scbônenberg, Eranzenbad).
MN4 : Neocometes similis (Erkertshofen, Echzell,
Dolnice, Vieux-Collonges, Oyonnax, Bézian,
Rubielos de Mora),
Le genre Neocometes semble apparaître simultané¬
ment dans toute l'Europe au début de la MN4
(Fahlbiish 1966) avec l’espèce A. similis, on ne
peut le rattacher à aucune forme européenne plus
ancienne. C’est donc un immigrant.
Par ailleurs, le Neocometes de Li montre par rap¬
port à N. similis et à N. brunonis les différences
suivantes :
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
827
Mein P. & Ginsburg L.
1. La proportion des dents évolue. Pris sur ml, le
rapport largeur sur longueur (multiplié par 100)
est de 69 à Li, 59 à Erkertshofen et 56 à
Neudorf-Spaltc.
2. La concavité de la surface occlusale. des
molaires esr très faible à Li, un peu plus forte à
Erkertshofen, encore un peu plus forte à
Neudorf
3. Pour la taille, N. similis est plus grand que
N. orientalu et plus petit que N, htunonis.
4. La morphologie de la crête accessoire anté¬
rieure et ses rapports avec Pantérolophide sont de
type plus primitif à Li que chez N. similis et
N. brunonh^
Le Neocometes de Li apparaît donc légèrement,
mais nettement, plus archaïque que N, similhs et
encore plus que N hrufionis. On doit donc
admettre qu'il est d’un âge un peu antérieur à
celui des plus anciens gisements à N, similis
d’Europe, c’est-à-dire de la base de la MN4,
sinon un peu plus ancien.
Ordre GARNIVORA Bodwich, 1821
Famille MUSTEUDAE Swainson, 1835
Sous-famille MUSTEI.INAE Gill, 1872
Genre Martes Frisch, 1775
Espèce-type. — Mmtela martes Linné, 1758.
? Martes sp.
Matériel , — Mesures en millimctres :
Scapholünaire d (T Li 48) privée de son apophyse
postéro'interne = 4,9 X 7,6.
McIV d ( T Li 49) proximal = 5,1 x 3,8.
MeV d (T Li 50) proximal = 4,8 x 4,6, D diapliyse =
2,5 X 3,1.
Description
Le corps du scapholünaire est de profil proximal
et distal rectangulaire. La surface articulaire
proximale est régulièrement bombée. L’os esr
plus mince médialemeni que latéralement. La
surface articulaire distalc est composée de trois
surfaces distinctes, séparées par des crêtes et ser¬
vant d’articulation avec le trapèze, le vrapézoïde,
le magnum et Funciforme. L’articulation avec ce
dernier os est creuse et orientée axialement. Elle
est séparée de la suivante par une crête aiguë.
Cette deuxième surface, pour le magnum, est
profonde, un peu plus large et orientée plus obli¬
quement. Elle est séparée de la surface pour le
trapèze et le trapézoïde par un ensellement
oblique, se terminant a l’avant par une crête
aiguë. La dernière surface est assez courte trans¬
versalement, indiquant un re.sserrement des deux
premiers métacarpiens.
Le MeJV et le MeV montrent des surfaces articu¬
laires identiques à celles de Afartes, En particulier
la surface articulaire entre ces deux métacarpiens
est simple, large et relativement étendue dans le
sens longitudinal. Sur le MeV, elle ne forme pas
de bec relevé médialement. Le MeV, quoique
incomplet, montre le début de la diaphysç, qui
est allongée et de diamètres faibles, indiquant un
doigt allonge comme chez les Mustelidae.
Discussion
Ces os forment un tout homogène. D'après l’état
de conservation, le scapholünaire et les deux
métacarpiens pourraient avoir appartenu à un
meme sujet. De ces trois os, le plus caractéris¬
tique est le scapholünaire, donc le dessin com¬
plexe de la surface articulaire discale se retrouve
identique chez les Mustelinac eurasiaiiqucs et est
bien différent à la fois du groupe des Mustelinae
africains (Galera, Griso}i, Lyticodon) et de celui
des Mustelinae sud-américains (Zorilla^
Poecilogale^ Poecilictis). Des formes eurasîatiques,
nous avons écarté AUistela pour la toujours petite
taille de ses représentants, cc la Vormela trop rare.
L’ensemble de notre matériel correspond à un
animal une fois et demie plus grand que Martes
foinn, la fouine d’Europe.
Famille VlV^RRlDAF Gray, 1821
Sous-famille Vr\ŒRRTNAF Gill, 1872
Genre Sernigetutta Helbing, 1 928
Espèce-type. — Semigenetta repelini Helbing, 1928.
? Semigenetta Indet.
(Fig. 26)
Matériel. — Mesures en millimètres :
p3 d (T Li 51) partie discale = ? X 2,33 (Fig. 26A, B).
DP4 d (T Li 52) = 4,2 x 5,0 (Fig. 26C, D).
dp3 d (T Li 53) = 6,05 x 2,1 (Fig. 26E, F).
828
GEODIVERSITAS » 1997 • 19 (4)
Mammifères miocènes de Li
Description
La dcmi-p3 montre la pente distale de la pointe
principale, la pointe accessoire et le cingulum
distal. La pointe principale est relativement peu
pentue à Tarrière, la pointe accessoire est petite,
bien détachée de la pointe principale et légère¬
ment déportée du côté latéral. Le cingulum pos¬
térieur est bien rond en vue occlusale. Ce sont les
caractères des Felüidea. La hne.sse de la pointe
accessoire semble devoir éliminer les Felidac,
Cette dent s’accorde bien avec les Viverridae.
La DP4 est une très belle dent triangulaire êt
légèrement dissymétrique. Son architecture esc
primitive ; elle est composée de trois pointes,
d’une fosse centrale et d’un plateau labial. Les
trois pointes sont pointues, mais peu hautes. La
fosse centrale est profonde. Le plateau labial, qui
se termine par un cingulum, est important et
plus développé à Tavam qu’à l’arrière. Le para-
cône est plus haut que le mctacône. En arrière de
la pointe du prococône descend, d'une parc, la
postprotocrista, d’autre pan une petite crête très
courte et plus médiale. Enfin un petit pointe-
ment (métaconule ?) se dessine sur la postproto¬
crista. Il ny a ni cingulum lingual ni hypocône.
Cette dent ressemble par ses propnrrions et sa
morphologie à la PD4 de Vtvenn. Elle s’en dis¬
tingue cependant par la position plus discale du
protocône, donnant à là dent un profil occlusal
un peu plus dissymétrique. Le cingulum antéro-
labial est aussi moins développé vers l’extérieur.
La dp3 est une dent gracile, étroite, allongée, for¬
mée de trois pointes alignées axialemcnt et d’un
petit talonide. La pointe principale (prococonidc)
est haute et aiguë. Le paraconide est bas, le méta-
conide est plus bas que le protoconide mais plus
haut et plus important que le paraconide. Le talo¬
nide est bien différencié, avec un hypoconide
rond, en position assez externe, une crctc à l’angle
postéro-incerne et, entre eux, un creux talonidien
bien formé et allongé transversalement. Létroites-
se, rallongement de cette dp3, Faligncmenr axial
des trois pointes principales, la forme et la posi¬
tion excentrée de l’hypoconide rappellent très for¬
tement les Vivetra. Elle s’en distingue cependant
nettement par la position de cet hypoconide,
beaucoup moins détaché du corps de la dent, et la
formation plus nette du talonide, avec une crête
postérolinguale et un creux talonidien.
Fig. 26. — ? Semigenetta sp. : A. B. p3 droite (T Ü 51). faces
labiale et occlasale, respectivement ; C, D. DP4 droite (T ü 52),
faces labiale et occlusale ; E, F, dp3 droite (T Li 53), faces lin¬
guale et occlusale.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mein P. & Ginsburg L.
Discussion
De tous les Viverridae, c’est avec les Vlverrinae,
et tout particulièrement avec le genre Viverra^
que nos deux dents lactéales de Li Mae Lx)ng ont
le plus de ressemblances. Elles s’en distinguent
cependant par quelques détails importants. Il
doit donc s’agir très vraisemblablement d’un
genre très voisin. Par leur taille, les deux dents
lactéales er la dent définitive pounaient avoir
appartenu à la même espèce, sensiblement de la
taille de la genette européenne, Geneita genetta,
ainsi que de Sernigerietîa. elegam de Wintershof-
West (Dehm 1950b) et de Semigemtta hiuiiheen-
sis du Miocène inférieur de Sihong dans la for¬
mation de Xiacaowan en Chine (Qiu
Zhanxiang &: Gu Yumin 1986). Aussi rappro¬
cherons-nous de Semigenetia notre petit
Viverridae de Li. Le nombre de formes actuelles
— et fossiles — de Viverridae en Asie du Sud-Est
interdit, sur des restes si faibles, un diagno.stic
plus précis.
Ordre PROBOSCIDEA Illiger, 1811
? Famille Stegodontidae Hopwood, 1935
Genre Stegolophodon Schlesinger, 1917
Espèce-type. — Mastodon ktidtm Clift, 1828.
? Stegolophodon sp.
Mastodontidae indet. - Ginsburg & Ukkakimapan
1983.
Matériel. — I fragment dentaire (T Li 54).
Description et discussion
Ce fragment fait partie de la première récolte
d’Ukkakimapan, en 1982. C'est un bien pauvre
fragment, mais l’épaisseur de l'émail est telle quil
ne peut s’agir que d’un proboscidien. Or, en
Thaïlande, dans les niveaux de l'âge de Li Mae
Long, seul le genre Stegolophodon a été signalé.
Dans le bassin de Li, le .sou-s-bassin de Ban Na .Sai
a livré des restes attribués par Tassy et al. (1992) à
une nouvelle espece. Stegolophodon nasstiiensis.
Stradgraphiquement, le gisement de Ban Na Sai
est immédiatement sous les dépôts de Li Mae
Long. Il est donc plausible et même très probable
que tous les restes de proboscidiens du bassin de
Li appartiennent à la même forme fossile.
Ordre PERISSODACTYLA Owen, 1848
Famille Rhinocerottdae Gill, 1872
Ri IINOCERO I IDAE inder.
MatéRIIü.. — Deux fragments dentaires (T Li 55 et
56). Deuxième phalange (7* Li 57) incomplète d’un
doigt latéral, L du bord condgu au doigt central =
22,0 mm, I de la surface articulaire distale = 26,0 mm.
Les deux fragments de dents indiquent seule¬
ment la présence d’un Rliinoccrotidae à Li. La
phalange, dont il ne reste que la moitié, est à
peine plus parlante. Sa face articulaire distale est
rclath^ement complète et indique, par sa dissymé¬
trie, qu'elle appartient à un doigt latéral. La face
jouxtant la deuxième phalange du doigt central
est en partie conservée, ainsi qu’un petit reste de
la surface articulaire proximale, La longueur de la
face latérale (ou médiale) de la phalange a ainsi
pu être mesurée. Par comparaison avec du maté¬
riel de Sansan et de Baigneâux-en-Beauce, il
apparaît qu il pourrait s'agir d'une deuxième pha¬
lange du membre postérieur, correspondant au
doigt II ou au doigt IV. À Baigncaux-en-Beauce,
il y a trois Rhinoccrotidae : un de grande taille,
Brachypotherium bmchypm, un de moyenne taille,
IHesiacemthmum lumiotense et un de petite taille,
Prosantorhinus douvillei. C’est avec la forme de
moyenne taille que notre phalange «'‘accorde le
mieux.
Mais la comparaison avec le rhinocéros actuel de
rindc. Rhinocéros indiens., montre que notre pha-
lange pourrait aussi avoir appartenu à la main ou
au pied d’un représentant de petite taille des
Rhinocerotini. Ginsburg Tassy (1985) à Mae
Moh (Thaïlande) et Ginsburg èc Thomas (1987)
a Pong (Thaïlande) ont signalé des restes as.seux
d’un Rhinocerotini proche ou identique à
Gatndatherium. Depuis, un crâne complet de
Gaindatherium ci. hrownt a été découvert a Pong,
confirmant les dcccrminacioiis des précédents
auteurs. Or, Gaindatherhim hrowni a sensible¬
ment la taille de Plesinceratherium lumiarense.
Notre plalange de Li Mae Long se rapporte donc
à un Rhinoccrotidae {Gaindathertu ?) de la taille
de Gaindatheriurn browni.
830
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
Ordre ARTIODACT\lAOwen, 1848
Sous-ordre SUlP*ORMES Jaeckel, 1911
Famille SuiDAE Gray, 1821
Sous-famille TeTRACONüDONTINAE
Lydekker, 1876
Genre Conohyus Pilgrim, 1926
Espèce-type. — Sus simorrensis Lartet, 1851.
Conohyus sîndtensis (Lydekker, 1884)
(Fig. 27)
Matériel. — Mesures en millimètres :
Astragale g (T Li 58) = 32,0 x 16,3 (Fig. 27).
Cet os est principalement caractérisé par sa hau¬
teur et sa minceur. Par ses proportions, il ne peur
appartenir ni à un Suinae, ni à un Hyotheriinae.
ni à un Lisrrîodoncinae, ni a un Tayassuidae. Il a
par contre les mêmes proportions que les astra¬
gales de Conohyussindieruü de Chinji étudiés par
Picklbrd (1988). Des six astragales mesurés par
Pickfbrd, les plus grands mesurent 41,1 x 20 et
39,9 X 20,5> tandis que le plus petit mesure 34 x
16,7 mm. Notre astragale de Li est légèrement
plus petit. Cette moindre taille s’explique aisé¬
ment par son âge un peu plus ancien.
Fig. 27. — Conohyus sindiensis : astragale gauche (T Li 58),
A, face antérieure ; B, face latérale.
Sous-ordre RUMINANTIAScopoli, 1777
Infra-ordre 4 RAGLILINA Flower, 1883
Famille Traguijdae Milne-Edwards, 1864
Genre SiiimonUgulw
Thomas, Ginsburg, Hintong et Sutteethorn,
1990
Espèce-type. — SiamogaU sanyathanai Thomas,
Ginsburg, Hintong et Suteeeeborn, 1990.
Sîamoîragulus haripounchai n.sp.
(Fig. 28)
Type. — m3 d (T Li 65) privée du lobe antérieur.
Niveau-type. — Sommer du Miocène inférieur, zone
MN4.
Localité-type. — Li Mae Long (Province de
Lamphun. Thaïlande).
Derivatio NOMINIS. — De Hariphunchai, nom
ancien de la cité de Lamphun, capitale de la province
où se trouve le gisement de Li.
Ma tériel. — Mesures en millimètres :
P2 g (T Li 59) - 6.8 x 2,99 (Fig. 28A, B).
p4d (TLi 60)-?x2,9.
m I d (T Li 61 ), fragment méskl, ! = 3,5.
m2 g (T Li 62), moitié distale, l = 4,8.
m2-3 d [T Li 63). fragment.
2 fragments de molaires inférieures (T Li 64).
m3 g (T Li 65. hoiotype), sans le lobe antérieur, 1 =
3,5 (Fig. 28C, D).
Calcanéum d (T Li 66) incomplet, I au niveau du sus-
temaculum lali = 7,7.
Diagnose. — Slamotragulus plus petit que Fespèce-
type.
Description
La P2 est une belle dent très peu usée. Elle est
étroite et allongée. Sa pointe principale (para-
cône) est haute et pointue. La face labiale du
paracône est bien arrondie. Sa face linguale
compte une partie mésiale bien arrondie et une
partie distale plane ; un sillon sépare ces deux
aires. En arrière, le style postérieur (rnetacône)
est plus bas, cfEilc et allongé ; sa face labiale est
ondulée, sa face linguale est plane comme chez
les carnassières stipérieüres des carnivores ; en
avant s’en détache cependant un pilier dont la
base, arrondie, fait saillie sur le bord lingual et
fait office de protocône. À l’avant de la dent, le
GEODtVERSITAS • 1997 • 19(4-)
831
Mein P. & Gînsburg L.
Fig. 28. — Siamoîragulus haripounchai : A, B. P2 droite
{T Li 59), faces linguale et occlusale, respectivement : C. D, m3
gauche (T Li 65, holotype), faces occlusale et labiale, respecti¬
vement.
parascyle esc bien détaché du paracône et plus bas
que lui ; il est arrondi labialement et mésiale-
nienr.
Cette dent ressemble fort à ses homologues de
Sia?770tfnguliis sanyathanai de Pong, mai.s s’en dis¬
tingue par sa taille plus réduite et par son para-
style qui est plus haut, moins détaché du
paracône. Le protocône pose un autre problème.
Sur rholotype de Sùzmot}-agttl 2 is siiuyathafniL un
palais avec la série cornplète des dents jugales
P2-M3 des deux côtés, la P2 est brisée au niveau
de l'arrière du parastyle tant sur la P2 gauche que
sur la P2 droite, et les deux spécimens montrent
un très fort protocône, bien visible sur la figure
donnée par Thomas et al. (1990, fig. lA). Mais
un fragment de maxillaire du même gisement,
trouve au même point de la carrière et faisant
manifestement partie du même ensemble, porte
une P3 complète, avec un parastyle complet et
surtout une absence totale de protocône, comme
chez les chevrotains actuels et chez Dorcaiherhmi.^
tant chez Doreâtherium naui (Kaup 1839,
pl. XXIII), que Doreâtherium rrassum (Filhol
1890, pl. XXII, fig. 10 ; Hofmann 1893, pl. XV,
fig. 2), Durcütheriurn rùgeri (Hofmann 1909,
pl. XL. fig. 4) et Dorccuheruiin chappuisi
(Whirworth 1938, fig. 3g). La dent sans protocô¬
ne de Pong est donc bien une P2 et le protocône
important du type de Siamogale sanyathanai est à
nicttre au compte de variations interspécifiques.
La p4 de Li est brisée transversalement au niveau
du proiocomde. On distingue bien le rnétaco-
nide, fin et allongé, Tarête distale du protoco-
nidc, clle-mênie fine, allongée et reliée à un
hypoconide assez court et à position très labiale.
Un sillon léger marque, sur la face labiale, la
séparation entre ces deux cuspides. Du côté lin¬
gual, une petite arête (le stylide postérieur) des¬
cend transversalement de la pointe distale de
rhypoconide. Cette dent se distingue de celle de
Siamatra^ilus sanyathanai par un rnétaconidc un
peu plus long et un stylide postérieur plus
important, donnant à la dent un profil occlusal
postérieur plus carré.
La m3 est c>'pique des Tragulidae. Uentoconide
est mince, haut, allongé, effilé en avant ; sa pointe
est en position postérieure et sa face distale est
arrondie, verticale et ne se relie à aucun élément
plus en arrière. Un sillon étroit et profond,
832
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Mammifères miocènes de Li
ouvert à Tarrièrc, sépare cc métaconide du proto-
conide. Ce tubercule est plus épais, effilé en
avant, arrondi labio-distalement. Sa crête distale
est dirigée obliquement vers le troisième lobe.
Un sillon net sépare cette crête de la lace labio-
distale arrondie du protoconidc. Le troisième
lobe est arrondi à rarrièrc et forme un V très res*
serré et ouvert linguo-distalcmcnç. La seule diffé*
rence morphologique avec la m3 de
Siamoti'agulus sanyatlMiiai est la moindre compli¬
cation de Textrémité distale de la postprotocris-
tide et la moindre grande longueur de l’aile
linguale du troisième lobe.
Discussion
Notre matériel de Li partage avec le
Siamotra^iltis sariyathanai de Pong les caractères
suivants :
— p4 très étroite, courte à l’arrière, pente distale
du protoconidc très abrupte, hypoconide bas et
bien détaché de la postprotocristide, métaconide
assez court.
— m3 très étroite, avec hypoconide très mince, à
paroi labiale à peine bombée et face postérieure
sans sillon.
Ibus ces caractères séparenr le genre Siamotra-
gulus du genre Dorc<tthf*vitim. Notre Tragulidac
de Li est donc bien un. Siamonagulus. Il se dis¬
tingue de l’espèce-type de Pong par sa taille plus
modeste, la pente postérieure du protoconidc de
p4 plus abrupte, le plus grand développement du
stylide postérieur de p4 et, sur m3, la moindre
complication de la postproto-cristide.
Famille LaGOMERYCIDAE Pilgrim, 1941
Gcnxc Stephanocemas 1936
Espèce-type. — Stephanocemas thomsoni Colbert,
1936.
Stephanocemas rucha
Ginsburge/ Ukkakimapan, 1983
(Figs 29-32)
Type. — Bois adulte du côté droit,, brisé à Farrière,
figuré Ginsburg & Ukkakimapan (1983, fig. la-d),
Ginsburg & Tassy (1991, fig. 15a-d), Ginsburg,
Mein & Tassy (1991, fig. 3).
Matériel. —Mesures en millimètres :
Buis-type (T Li 67).
4 l'r.igmcnrs de bais (T Li 68-71).
15 pointes d’andouillers ("F Li 73-86).
2 minuscules andouUlers (T Li 87).
M3 g (T Li 88) = f 15,1) x 1 (Fig. 29).
p2 d (T Li 89), parrie distale, I mesurable = 3,0.
p3 g (T Li 90), iragment anrcro-lîngual.
p3 g (T Li 90), moitié postérieure, 1= 6,4 (Fig. 30).
p4g (T Li 91 ), fragment postérieur, 1 = 7,5 (Fig. 31).
m2 g (T Li 92) = 14,4 x 10,3 (Fig. 32).
dp4 d (T Li 93), fragment posrérci-labial.
Pyramidal g ( I* Li 94) = [15,5] X [8,5].
Magnum cl (T Li 95) = 8,4 X 13,5.
Astragale g (T Li 96) = 28,2 x 17,4-
Poulie articulaire distale externe de Mt g (T Li 97).
DAP= (14,0], DT = 9,9.
Diagnose. — Stephanocemas de petite taille, à
andouillers externes plus rapprochés que sur
Fespèce-type, et à andouiller anterieur dirigé plus vers
Fintérieur et à vallée centrale plus large, surtout vers
Farrière.
DHvSCRIPTION
La molaire supérieure conservée est une belle dent
subcomplète, très fraîche, à émail chagriné et ins¬
crite sensiblemenr dans un carré. La minceur et le
moindre développement du métaoonule par rap¬
port au prorocône indiquent qu’il s’agir d’une
M3. Les cuspides .sont minces et élancées. Le
paracone et le métacône sont sensiblement aussi
développés, le paracone est cependant légèrement
plus élevé. Sur la face labiale, le pli du paracone
est bien en relief Le protocône est simple, formé
Fig. 29. — Stephanocemas rucha : M3 gauche (T Li 88), face
occlusale.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
833
Mein P. & Ginsburg L.
de deux ailes ouvertes à plus de 100 degrés. Son
aile postérieure ne rejoint pas Taile antérieure du
métaconule mais s’arrête avant. Le métaconule est
un peu plus court et plus fermé que le protocône.
Une petite crête basse se détache à Tavant de l’aile
antérieure du métaconule et rejoint le bas de la
face labiale du protocône. Un petit repli cingu-
laire est visible au pied des deux ailes du protoeô-
ne, mais s’efface au coin mésio-lingual de la dent-
Par sa structure générale, par sa ppstprotocrista
qui n atteint pas le métaconule et par la petite
crête basse qui relie favanc de la préinétaconule-
crista au milieu du prorocône, ainsi que par son
émail chagriné, certe dent ressemble plus à celle
de Lagorneryxpraestam qu'à celles de Dicrocenis er
de Procervulus.
p2 n est représentée que par le talonide. II corres¬
pond à une dent mince et plutôt basse. Uentoco-
nide (= cuspide postéro-linguale) est très court.
La pointe de l’hypoconide se trouve très en
arrière, presque au coin dîsto-labial de la dent. La
crête antérieure de Thypoconide est rectiligne et
orthogonale à Tentostylide (= styÜde postérieur)
dont Taxe est nettement perpendiculaire à Taxe
longitudinal de la dent. L'étroitesse de toute cette
partie postérieure de la p2 et Pefïacemeni de
lentoconide se retrouvent chez Lagomeryx praes¬
tam et non chez Procenmlus et Dicrocertis.
p3 est connue par un fragment antéro-labial et
une partie distale. Le premier fragment indique
une denr relativement allongée et se terminant à
l’avant par un repli individualisant ainsi un para-
conide et un parastyiide. Le fragment postérieur
indique une dent étroite, avec un métaconide
oblique et terminé en boule, un sillon labial bien
marqué, un entoconide long, oblique, atteignant
presque Tangle postéro-lingual de la dent, et un
enrostylide plus court. Le sillon sensiblement
Fig. 30. — Stephasnocemas rucha : p3 gauche (T Li 90), A, Fig. 31. — Stephanocemas rucha : p4 gauche (T Li 91), A, face
face labiale ; B, face occlusale ; C. face linguale. labiale ; B, face occlusale ; C, face linguale.
834
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
transversal, qui sépare ces deux cuspides, s’ouvre
exactement à J’angle postéro-lingual de la dent.
Par son sillon externe fort et son métaconide ren¬
flé distalement, cette demi-dent ressemble à une
p4, mais elle est nettement plus mince, et un
métaconide renflé distalement se rencontre par¬
fois sur les p3 de Lugameryx pmestans.
La p4 n’est connue que par sa partie distalc.
Comme sur la dent précédente, l’cntoconide est
plus important que renroscylide. La dent est
cependant plus force, le sillon externe plus pro¬
fond, la face labiale plus bombée à la base et
l’entocomde de direction nettement transversale.
m2 est une belle dent quadrangulairc. La
muraille externe esc moins bombée que chez
Dicrocerus et Procervulus et rappelle celle de
Fig. 32. — Stephanocemas rucha : m2 gauche (T Li 92), A, face
labiale ; B, face occlusale.
Lagomeryx pmestans. L’aile postérieure du méta-
conide ne .se termine pas par le renflement du
mérastylide comme on le voit chez Dicrocems et
Procervuliis. Sur Lagomeryx praestans, la disposi¬
tion est intermédiaire, car il y a un métastylide,
mais faible. La pointe de l’entoconide est très
repoussée en arrière, comme chez Lagomeryx
praestam et la poscentocrisiide est pratiquement
inexistante. Du côté labial, le protoconide et
Thypoconide sont formés chacun de deux crêtes
(ou deux ailes) largement ouvertes. La poseproto-
cristide n est pas reliée à la proentocriscide tandis
que la posihypocri.stide se prolonge en arrière
jusqu’à l’angle disro-lingual de la dent comme
chez Lagomeryx praestam et contrairement à
Dicrocerus. Uentostylide est haut et mince. Le pli
paleomeryx est court et épais.
L’astragale est moins haut que chez Dicrocerus et
Procervuhis et se rapproche plus par ses propor¬
tions des antilopes et des caprins actuels que des
Cervidae.
La poulie articulaire distale de mérapode a été
attribuée à un mérararsien en raison du même
resserrement et de la même dissymétrie de sa face
postérieure. La carène-guide est plus fine et plus
développée en avant que chez Dicrocerus,
Procervulus. Amphitraguhis et rappelle plus Tanti-
lope Saïga et les caprins. Peut-être Stephano¬
cemas se déplaçait-il et étaJt plus à l’aise en milieu
accidenté que les Cervidae.
DisciiSsroN
Par la morphologie de toutes les dents retrouvées,
prémolaires inférieures, molaires supérieure et
inférieure, Stephanocemas apparaît très nettement
plus proche de Lagomeryx praestam que des
autres artiodactydes Pecora du Miocène inférieur
et moyen. Il est à rattacher sans ambiguïté aux
Lagomerycidae.
Famille BoxudAE Gray, 1821
Sous-famille Bovinae Gill, 1872
Tribu BoSELAPHtNl Simpson, 1945
Genre Homoiodorcas 'Vhomds, 1981
Espèce-type. — Homoiodorcas tigenium Thomas,
1981.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4}
835
Mein P. & Ginsburg L.
? Homoiodorcas sp.
(Fig. 33)
Matériel. — Mesures en millimètres :
Ml-2 d (T Li 98), L conscn'èe = 9,0 (Fig. 33).
Description
La muraille externe n’a pas été conservée. On
voit cependant que les deux cuspides labiales
avaient un développement identique. La prépro-
tocrista est rectiligne et forme toute la face anté¬
rieure de la dent. La postprotocrista lui est
perpendiculaire. Elle est plus courte et se recourbe
à son extrémité qui devient parallèle à l'aile
postérieure du rnétaœnule qu’elle ne rejoint pas.
Le métaconule est formé de deux ailes largement
ouvertes. L’aile antérieure (pfémétaconulecri.sta)
est longue, légèrement courbe et s’arrête entre les
deux cuspides labiales (métaciine et paracône).
Une petite boursoufflure se distingue à son extré¬
mité, du côté antérieur. Uaile postérieure (posi-
métaconulecrista) est plus courte et œmposée de
deux parties plus ou moins rectilignes chacune.
La partie postérieure se dilate et donne un petit
repli accessoire comme chez Eotragus et
Muntiacm. L'ecrosryle esr plaqué contre la paroi
antérieure du métaconule et un petit repli cingu-
laire est visible sur une partie de la base de l'aile
antérieure du protocône.
Discussion
Cette dent, simple, allongée, aux deux cuspides
linguales ne se rejoignant pas, rappelle Micro-
meryx et Muntiacus. La présence d'un petit
dédoublement de l’extrémité de la postméra-
cônulecrista pourrait indiquer qui! s'agît d'une
Fig. 33. — Homoiodorcas sp. : Ml-2 droite {T Li 98), face occlu-
sale.
Ml. mais ce n’est pas absolument certain.
L’absence de cingulum lingual l’écarre de Gelocm
et Prodremotherinm. Elle s’écarte aussi de Drerno-
theriimu Amphitragulus^ Procervuliis, MicromeryXy
Andegameryx et des petits Ldgomeryx par son
allongement et (mais ces deux caractères sont
liés) par l'ouverture de son métaconule. Par
contre, elle rappelle fortement, par son allonge¬
ment et la simplicité de sa structure, la Ml para-
type de la petite antilope Elachistoctras
khaiiristanemis (Thomas 1977, pl. XV, fig. 6) du
Nagri (Miocène supérieur) des Sîwaliks au
Pakistan. Notre dent est cependant plus primiti¬
ve car l'aile postérieure du protocône ne rejoint
pas l’aile antérieure du métaconule. À l’avant de
ce dernier élément, la petite boursoufflure signa¬
lée est nettement visible sur la dent des Siwaliks,
près du point de jonaion entre la posrproiocrLsta
et la prémétaconulecrista. Le gisement de Li
étant nertemenr plu.s ancien que les localités du
Nagri, ces différences morphologiques ne sont
pas en contradiction avec une liaison phylogéné¬
tique possible entre les deux formes. En tout cas,
notre pecice dent de Li semble bien représenter le
plus ancien reste de Bovidae en Asie extrême-
orientale. Mais il existe en Afrique et en Arabie,
dans des niveaux plus proches de celui de Li, une
forme qui se rapproche encore plus de notre
Bovidae primitif. Thomas (1983) a en effet
décrit sous le nom d7 Homoiodorcas n.sp. un
petit Bovidae du Miocène moyen de la
Formation Hofuf en Arabie Saoudite. Il na pas
figuré de dents supérieures, mais il a eu en main
un très beau maxillaire avec DP2'M3 (Ay 608)
dont il nous a confié un moulage. Les molaires
sont identiques a celles figurées de l'espèce-type
du genre, Homoiodorcas tigenitm^ que Fbomas a
décrit (1981) du niveau C (fin du Vindobonien)
de la Formation de Ngorora dans le bassin de
Baringo au Kenya. La M2 de la Formation Flofuf
montre, comme la dent de Li, un protocône
ouvert et dont l’aile postérieure ne rejoint pas
l’aile antérieure du métaconule mais lui est paral¬
lèle à son extrémité et s’elfilc de même manière.
Le.s deux ailes du métaconule ont la même ouver¬
ture et l’aile postérieure comporte le même petit
pli accessoire. Enfin, à Li comme dans la
Formation Hotut et contrairement à la dent des
Siwaliks, il existe un petit pilier interlobaire lin-
836
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
Mammifères miocènes de Li
gual (entoscyle) net. De la même époque que Li,
Eotragus artenensis^ la plus ancienne antilope
d’Europe, montre des molaires .supérieures bâties
sur le meme type, mais en diffère assez forcement
par des vallées beaucoup moins profondes et
moins encaissées.
PALEOENVIRONNEMENT
Sur un prélèvement de plus de quinze tonnes de
sédiment, nous avons finalement trouvé, au
point de vue quanritarif :
Cl. MAMMALIA Nbrc spécimens
O. Marsupialia
Siamoperadectcs minutus 2
O. Insecrivora
Thaiagymnura equilateralis 6
Hylomys engesseri 50
Neotetractus butleri 4
cf. Mioechinus 3
Scapanulus lampounensis 4
O. Chiropcera
? Taphozous%^, 1
Megadermn sp. 1
Rhimiophns yoîîgyuthi 11
Hipposideros khengkao 26
Hipposideros feltx 2
Rhinolophüidea indet. 2
la lanna 4
Rhlzomops mengraii 10
Vespertilionoidea indet. 2
Vespertilionoidea indet. 2
O. Scandentia
Tupaia mîocenica 1
O. Primate
? Nycticehus linglom 1
Tarsius thad^ndica 6
O. Rodentia
Ratîifa maelongensis 1
? Atlantoxerm sp. 1
Diutomys liensis > 500
Democriceîodon kaunou 1
Spanocricetodon janvieri 7
Prokanisamys benjavuni 48
Potivarmus thailandiciis >1100
Neocometes orientalh 4
O, Carnivora
Mustela sp. 3
? Semigenetta sp. 3
O. Proboscidea
débris 1
O. Perissodactyla
débris 3
O. Artiodactyla
Conohyus sindiensis 1
Siamotragulus haripounchai 8
Stephanocemas rucha 31
? Homoiodorcas 1
Cl. AVES
O. Pelicaniformes
Ardnnga cf. Pannonica 5
O. Ciconiiformes
Proardea walkeri 1
O. Phoenicopteriformes
Phoeniconaias siamensis 24
O. Anateriformes
Anatidae indet. 2
O. Galliformes
Phasianidae indet. 1
O. Gruiformes
cf. Paràartygometra
porzanoides 4
Rallidae indet. I 1
Rallidae indet. II 2
O. Strigiformes
Strigidae indet. 2
L’analyse de Pavifaune a déjà été abordée par
Cheneval et ai (1984, 1991). Sur sept familles
d’oiseaux représentées, trois sont des familles
GEODiVERSITAS • 1997 • 19(4)
837
Mein P. & Ginsburg L.
d'oiseaux typiquement aquatiques : Anhingidac
(qui sont des pélicaniformes), Ardeidae (hérons)
et Phoenicopreridae (flamants). Deux ont un
caractère ubiquiste avec des moeurs aquatiques
ou semi-aquatiques, : Anntidae (canards) et
Rallidae (râles ce poules d’eau). Les chiffres mon¬
trent une très forte dominante pour les
Phoenicopreridae, devant les Rallidae puis les
pélicaniformes Anhingtdae, Les flamants» repré¬
sentés ici par le genre de petite caille
Phoeniconaitis, sont inféodes aux lagunes, lacs et
marais très peu profiands. Ils vivent le plus sou¬
vent par immenses colonies de plusieurs milliers
d’individus. Une importante étendue d'eau très
peu profonde était donc présente à LL Cette pré¬
sence est confirmée par la découverte de poissons
(siluriformes et perciformes) et de deux groupes
de tortues fréquentant principalement les eaux
douces (Lmyidac et Trionychidae).
Parmi la grande faune, la prépondérance des
Lagomerycidae iStephanocrm/is) et des Tragulidac
(Siamotragtihis) sur les antilopes (? Homaiodorcas)
indique un couvert forestier, confirme par la pré¬
sence d’un Phasianidae et d’un Strigidae chez les
oiseaux, de nombreux chiroptères, de primates
arboricoles {Nycneebus et Tarsim), ainsi que d’un
Ratufa et peut-être d'un autre rongeur arboricole
si Ton compte Neocomttes.
Au point de vue du climat, les chiroptères et les
primates sont représentés par des genres qui
vivent aujourd’hui dans les forêts de Thaïlande
ou d’Indonésie. Il en est de même de Ratufa^ le
seul genre de rongeur de Li qui aie encore des
représentants dans la nature actuelle.
On peut donc reconstituer renvironnemenc de
notre faune de Li Mae Long comme une forêt
tropicale (? humide) au bord d’une grande éten¬
due d’eau peu profonde. Soulignons qu’un tel
environnement, très boisé et fermé, ne peut
convenir à un Pedetidae. Il confirme que
Diatomysy très abondant dans le gisement,
n’appartenait pas à ce groupe.
ÂGE DU GISEMENT
L’âge du gisement Li Mae Long a été diverse¬
ment apprécié.
En 1983, Ginsburg & Ukakimapan lui ont
donné une fourchette d’âge allant du haut du
Miocène moyen à la base du Miocène supérieur
en se fondant sur la découverte d’un Stepha-
nocemas à Li, genre qui n’était connu jusqu’alors
que dans la partie supérieLU*e du Vindobonien et
dans le Miocène supérieur.
En 1985, Jaeger et ai l'ont situé dans |c milieu
du Miocène moyen, le paralléÜsant avec le gise¬
ment chinois de Xiacaowan, sur la base d’un
double argument . ils décrivent d’abord, sou-s le
nom de Diatomys sp.* une dent isolée qui, écti-
vcnt-ils, « pourrait être de taille similaire à celle
du Diatomys de Xiacaowan, gisenienc situé dans
le Miocène moyen et à peine plus ancien que
celui de Shanwang. Puis ils constatent, dans ce
dernier gisement et à Li, la même association des
deux genres Diatomys et Stephauocenm. L'âge des
deux gisements, concluenr-ils, ne peut être que
très voisin.
La meme année, nous avons placé le gisement de
Li bien plus, bas, dans le MN3h au sen.s de Mein
(1979), c’est-â-dire sensiblement au niveau
d’Artenay. La découverte postérieure de Deniocri-
ceîodmi à Artenay a amené Mein (1989) à placer
ce gisement â la base de la MN4 et donc d'abais-
scr légèrement la limite MN3/MN4. En 1990,
nous avons donc placé le gisement de Li à la base
de la MN4. L’âge estime alors de l’arrivée des
proboscidiens en Europe, c’est-à-dire l’âge
d’Artenay qui était censé être Je plus ancien gise¬
ment à mascodonte.s de ce continent, était de 18
à 19 Ma.
Depuis, Jacobs et al. (1989) ont étudié des
ProkuTiisamys du Pakistan et ont attribué à l’espè¬
ce Prokanisamys henjavuni différentes dents éche¬
lonnées de 16,1 à 11,6 Ma. Ils estiment que cette
durée de vie d’une espèce est suffisante et
concluent que le gisement de Li ne peut pas être
plus vieux que 16 Ma. Mais cette fourcherte d’âge
a été modifiée de 17,0 à 11,9 Ma par Flynn et al.
(1990). Nous avons montré {cf. plus haut) que le
matériel attribué par Jacobs et aes collaborateurs à
Prokanhamys benjavtmt était hétérogène, et qu’au
moiiivS trois spécimens (GSP 26042, GSP 26046
et GSP 26048) ne pouvaient avoir appartenu à
l’espèce de Li, et devaient même correspondre à
des lignées différentes. Les conclusions de Jacobs
et al. sur l’âge de LI doivent donc être considérées
comme dépassées. Plus récemment encore.
838
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Mammifères miocènes de Li
Ducrocq et ai (1994) reprennent le^ arguments
de Jaeger et ai (1985) et ceux de Jacobs et ai
(1981), mais ils ne semblent pas avoir retenu les
nôtres sur les Neocometes^ qu'ils ne discutent
même pas, et concluent à un âge miocène moyen^
vers 16,1 Ma selon leur figure 4.
Examinons les arguments de Jaeger et ai (1985).
Ces auteurs ne donnent aucunes mesures, ni de
leurs dents de L,i, ni de celles de Xiacaowan. Or,
chez DiatoinySy les différences de taille sont
importantes entre dents de rang different et pour
chaque dent les variations individuelles de raille
ont une grande amplitude (voir notre tableau 1 ).
Aussi ne peut-on pas, sur une comparaison aussi
indirecte et sans Tappui d’aucune mesure, avan¬
cer que les deux Diaiomyf sont similaires. D’autre
part, fassociation de deux genres dans un gise¬
ment suffît rarement à le dater avec précision.
Ainsi, en France, l'association des deux genres
Megacrtcetadan et Anchltherium est connue
d’Artenay (hase de la MN4) a Douc-la-Fontaine
(base de la MN9), ainsi que dans tous les gise¬
ments un peu importants d âge intermédiaire (La
Romieu dans la MN4b, CastcJnau-d’Arbieu dans
la MN3j Sansan dans La MN6, Steinheim dans la
MN7, La Grive dans la MN7'8, Anwil dans la
MN8), c'est-â-dire sur une durée d'environ 6 à
7 Ma. À Li, l’association Diatomys-Stephcinocernas
n’apporte donc aucune preuve, mais seulement
des présomptions pour un âge miocène moyen.
En 1985, ces arguments étaient justifiés pour
tenter une approche de fâge de Li, alors non pré¬
cisé à fintérieur du Miocène, mais depuis notre
note de 1990, ils sont devenus obsolètes.
Ajoutons que les restes de Diatomys n*ont pas été
trouvés à Xiacaowan même, mais dans deux gise¬
ments voisins et d’âge équivalent, Soiiglinzhuang
et Shanggou (Li Chuankei et ai 1983), que les
auteurs regroupent sous le nom de Xiacaowan,
qui est le type de la Formation de Xiacaowan (Li
Chuankei et al. 1984). Qiu Zliuding nous a
aimablement communiqué les mesures des p4 du
Diatomys de Shanggou. Deux proviennent des
récoltes d'avant 1985, elles mesurent respective¬
ment 2,75 X 2,10 Cl 2,50 X 2|0 mm. Les autres
ont 2,40 à 2,50 X 1,95 à 2,00 mm. Ces pièces
sont donc nettement plus grandes que celle de
Li Mac Long, qui apparaît donc, par le Diatornysy
plus ancien que Shanggou. Or, Qiu Zhuding et
Qiu Zhanxiang ( 1995) viennent de situer ce gise¬
ment de Shanggou dans le Miocène inférieur et
plus prédsémenc dans la MN4. Li Mac Long se
trouve donc repoussé dans un niveau très bas de
la MN4, confirmant nos conclusions en 1990
sur les Neocometes.
En effet, comme nous l'avons publié en 1990, le
Neocometes de Li est plus archaïque que les
Neocometes européens, en particulier le plus
ancien, Neocometes similis du gisement
d’Erkersbofen en Bavière qui date de la MN4.
D'autres gisements européens ont livré
Neocometes similis et tous datent de la MN4,
comme par exemple Bézîan, Vieux-Collonges et
Oyonnax en France, ainsi que Rubielos de Mora
en Espagne. Li Mae Long doit donc se placer
plus bas que ces gisements. Comme la présence
de Demncricetodon indique un âge postérieur h la
MN3, nous le placerons à la base même de la
MN4.
Quel est maintenant l'âge exact de la Formation ?
D'une pan Diatomys liensis peut être raisonna¬
blement considéré comme l’ancêtre de Diatomys
shantimgensis. Or ce dernier a été retrouvé dans
file de Kiusu au japon, dans la Formation de
Fukazuki, datée par la méthode des traces de fis¬
sion à 18,5 1 2,5 Ma (Kato & Otsuka 1995), ce
qui implique pour le D. shantugemis un âge sûre¬
ment plus ancien que 16 Ma et entraîne donc
pour D. lieiisis un âge au moins égal à 17 Ma. Par
ailleurs, ces dernières années en Europe, diffé¬
rents auteurs, par des procédés de datarîons
radiometriques et paléomagnétiques, ont essayé
de chiLLter l'âge de la limite MN3/MN4 :
Steiniger et al. (1989) la placent â 18 Ma,
Krijsman étal. (1994) entre 17,8 et 18,5 Ma,
tandis que [ilus récemment encore (1996),
Berger et Schluneger et al. la situent tous aux
alentours de 18,3 Ma.
En conclusion, nous placerons le gisement de Li
Mae Long au début de la MN4, dont la base,
d'après les données les plus récentes, est située
entre 17,8 et 18,5 Ma.
CONCLUSIONS
1. Au terme ce cette étude, nous dressons ainsi la
liste des mammifères récoltés à Li Mae Long :
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
839
Mein P. & Ginsburg L.
Classe MAMMALIA
Ordre MARSUPIALIA
Famille DIDEI.PHIDAE
Siamoperadectes minutus Ducrocq et al., 1992
Ordre INSECTIVORA
Famille EkiNACFIDAE
Thaiagymnura equilateralis n.g. n.sp.
Hylornys engesseri n.sp.
Neotetraais hutleri n.sp.
Erinaceinac indct. cf. Mioechinus
FamiUe Talpidak
Scapamdîis Uimpounensis n.sp.
Ordre CHIROPTERA
Famille Embai LONIJRIDAE
? Taphozoussp.
Famille Megaoermatidae
Megitderma sp.
Famille RhINOLOPHIDAE
Rhinolophus yongyuthi n.sp.
Famille HiPPOSIDERIDAE
HippvsuUros ( Hmehipposideros)
khengkiiii n.sp.
Hippvsideros felix n.sp.
Rhinolophoidea indet.
Famille VeSPPRTIUONIDAE
la lanna n.sp.
Famille MoLüSSIDAE
Rhizomops mengraü n.sp.
Vespcrcilionoîdca indet.
Ordre SCANDENTIA
Famille TUPAIIOAE
Tupaia m 'wcenica n.sp.
Ordre PRIMATES
Famille LüRISIDAE
? Nyctkebus linglom n.sp.
Famille T.ARSIIDAE
Tarsius thailandica Ginsburg et Mein, 1987
Ordre RODENTIA
Famille SciURJDAE
Rattifa maelongemis Mein et ai, 1990
? Atlantoxerus sp.
Famille DiATOMYlDAE nov. fam.
Diatornys liemh Mein é-t Ginsburg, 1985
Famille Cricetodontidae
Democricetodon kaonou n.sp.
Spanocricetodon janvieri n.sp.
Famille Rhi/GM>1DAF.
Prokanisamys benjavuni (Mein et Ginsburg,
1985)
Famille DENDROMURIDAE
Potwarrnus thaïUindicus (Jaeger et al., 1985)
Famille PlATACANTHOMYlDAE
Neocometes orientalis étal., 1990
Ordre CARNIVORA
Famille MUSTELIDAE
Martes sp.
Famille ViVERRIDAE
? Semigenetta sp.
Ordre PROBOSCIDEA
Famille Stec.odontidae
? Stegolophodon sp.
Ordre PERISSODACTYLA
Famille RhiNOCEROTIDAE
Rhinocerotidae indet.
Ordre ARTIODACTYLA
Famille SUIOAE
Cunohyus sirtdiemis {Lyddeker, 1884)
Famille TraGUI.IDAE
Slamotragulus haripounchai n.sp.
Famille LAÜOMERYCIDAE
Stcphaiiocetpias ntcha Ginsburg et
Ukkakimapan, 1983
Famille BoviDAE
? Homoiodorcas sp.
En plus des mammifères, le gisement de Li Mae
Long nous a livré des oiseaux étudiés par
Cheneval & Mourer-Chauviré (ChenevaJ et al.
1991). ainsi que des reptiles, des amphibiens et
des poissons non encore étudiés.
2. Les insectivores sont représentés par cinq
formes, parmi lesquelles domine un Hylornys de
petite taille : H. engesseri n.sp,
3. Les chiroptères sont représentés par neuf
formes, où domine un Hïpposideros de moyenne
taille : H. khengkao n.sp.
4. Chez les rongeurs, huit formes sont représen¬
tées. Potwarrnus thailandicus esc de loin Fespèce
840
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4}
Mammifères miocènes de Li
la plus répandue de tous les mammifères, suivie
de Diatomys liensis,
5. Diatomys liensis. donr nous avons pu caractéri¬
ser Tastragale, ne montre aucune adaptation au
saut CT ne peut donc erre rattaché aux Pedetidae,
qui, à la meme époque, montraient une adapta¬
tion à la bipédie et au saut aussi parfaite
qu'aujourd'hui. Il est par ailleurs bien différent
tant des Geomyidac que des Chappatimyidae. Il
correspond à une famille particulière que nous
nommons les Diatomyidae nov. Le genre
Fallomus, un peu plus primitif que Diatomys-, en
est fancêirc possible, on peut facilement Pinclure
dans la nouvelle famille.
6. Le milieu de vie de la faune de Li Mae Long
était une foret tropicale le long d’une (vaste ?)
étendue d’eau très peu profonde.
7. Lâge du gisement se trouve dans la partie infé¬
rieure de la MN4, soit aux alentours de - 18 Ma.
Remerciements
Nous adressons nos plus vifs remerciements à nos
amis et collègues Qiii Zhuding de Bcijmg, Hans
de Bruijn d’Utrecht, Louis L, Jacobs de Dallas,
Everett Lindsay de Tucson, Manuel Ruedi de
Zurich, Brigitte Senut et Herbert Thomas de
Paris, qui nous ont montré et/ou nous ont pro¬
cure des moulages des matériaux qifils avaient
récoltés ou donc ils avaient la charge. Nous
sommes aussi grandement redevables à ceux qui
nous ont aidés, sur le terrain, le Profe.sscur
Benjawaan Racanasthien, le Département de
Géologie de rUniversité de Chiangrnai ainsi que
le Department of Minerai Resources (D.M.R.)
de la meme ville. Nous remercions egalement
Gerhart Storch et Lawrence J, Plynn qui ont revu
le manuscrit. Les dessins ont été réalisés par
M. Gaillard et Mmes K PÜard et M.-T Mein, les
photos au microscope électronique par Mme
C. Chancogne, les tableaux par D. MoHn. Le
texte a été saisi par Mme J. Maréchal. Que tous
trouvent ici rexpression de notre gratitude.
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844
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
The Plio-Pleistocene artiodactyls (Vertebrata,
Mammalia) of Macedonia 1. The fossiliferous site
“Apollonia-1”, Mygdonia basin of Greece
Dimitris S. KOSTOPOULOS
University of Thessaloniki, Department of Geology,
54006 Thessaloniki (Greece)
Kostopoulos D. S. 1997. — The Plio-Pleistocene artiodactyls (Vertebrata, Mammalia) of
Macedonia 1. The fossiliferous site '‘Apollonia-I", Mygdonia basin of Greece. Geodiversitas
19(4) : 845-875.
KEYWORDS
Artiodacfvis,
Cerviaae,
Bovidae,
carly Pleistocene,
Apolloniâ-li
Greece.
ABSTRACT
The artiodactyls from rhe early Pleistocene locaJity of Apollonia-1 (APL) are
described and compared- The cervid Megaheeros sp., as well as the bovids
Bison {Eobison) sp.» Soergelia hrigitiae n.sp., Praeovibos sp., Pontoceros arnbi-
guus mediterraneus n.ssp. and a Caprinac indet. are recognized. A latest
Viliafranchian âge (MNQ20) could be .suggested for the locality of
Appolonia-l. The environment, during that timc> has been reconstructed as
a warm and dry period with seasonal rainfalls.
MOTS CLÉS
Artiodactyles,
Cervidae,
Bovidae,
Pléistocène inférieur,
Apollonia-1,
Grèce.
RÉSUMÉ
Les artiodactyles du Pléistocène inférieur de la localité d’Apollonia-1 (APL)
sont déterminés et discutés dans le présent article. Ce gisement a livré les
restes du cervidé Megaloceros sp. ainsi que ceux des bovidés Bison
{Eobison) sp., Soergelia brigittae n.sp., Praeovibos sp., Pontoceros amhignus
mediterraneus n.s.sp., un Caprinae indét. est présent. L’âge Villafranchien ter¬
minal (MNQ20) peut être suggéré pour ce gisement fossilifère. Pendant cette
période, l’environnement du site d’Apollonia aurait été caractérisé par la pré¬
dominance de saisons chaudes et sèches entrecoupées de violents orages.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
845
Kostopoulos D. S.
INTRODUCTION
The fossiliferous site “ApoIIonia-I” (APL), found
during the summer 1991 (Koufos et al 1992), is
situated 60 km NE co Thessaloniki, in the east-
ern part of the Mj^gdonia basin. The locality
belongs to the Platanochori Formation
(Premygdonian GroLip)j consi.sting of fliivio-
lacustrine sédiments (Koufos étal 1995).
The excellent préservation of the APL material
allows a derailed description and a précisé corn-
parison. The systemaric study of artiodactyls was
a part ol the Ph.D Thesis, completed by the
author (Kostopoulos 1996) under the scientific
supervision of ProL G. Koufos. An exiended
summary of this work, with emphasis to the new
or particulnr forms of artiodactyls, is given in the
présent article. Morcover, somc new spécimens,
colicctcd during summer 1996, are also descri-
bed and compared. The association of artiodac¬
tyls from APL provides important
palaeoccological and biochronological informa¬
tions, already discussed by Kostopoulos (1996)
and Kostopoulos & Koufos (in press).
SYSTEMATIC PALEONTOLOGY
Family CeRVIDAE Gray, 1821
Genus Brookes, 1828
Megaloceros sp.
(Fig. I, Tables 1-3)
Megaloceros {Megaceroides) sp. Kostopoulos et Koufos,
1994: 1270.
Material. — Frontlet, APL'212; proximal part of
antler, AJ*L-206, 357, 434; distal part of antler,
APL-241, 489; part of maxilla with dP2-dP4,
APL-326, 529; part of maxilla with dP3-Ml,
APL-482; part of maxilla with P2-M3» APL-243, 274,
325, 401; part of maxilla with P2-P4. APL-37; P3-P4
in situ. APl.506; M3 in sttu. API -483; P3, APL-1S2;
Ml, APL-14L
Part of maiidibular ramus with dp2-dp4, APL-36,
327, 467; part of mandibiilar ramus with dp3-dp4.
APL-507; part of mandtbular ramus with p2-m3,
APL-33, 384, 402, 491; m3 in situ. APL-28.
Distal part of humérus, APL-298; McIII + IV,
APL-334, 376, 385; radius + part of ulna, APL-576;
proximal part of McIll+lV, APL-198, 230, 231- 312,
504; astragahis, APL-359; calcanéum, APL-2I6, 217,
255. 29K 292. 359; cubonavicular, APL-219. 273,
2%, 359; MtIlifJV, AIT'199, 354; proximal part of
MtllI + lV, APL-245, 271, 359; first phalanx,
APL-253: third phalanx, APL-580.
Description
The skiül is only known by a part of the frontals
with the proximal segment of ihe antlets. The
frontal région betw'een the pediccls is fiat
(Fig. lA). The interlrontal surate is slighrly eleva-
ted in front of the antlets. In latéral view, the fron¬
çais form an angle ot about 90°. The breadeh of
the skull posierîorly to ihe antlets îs almost
120 mm. The supraorbital pits are double, situa¬
ted in shallow dépréssions of the frontals. The
pedicels are strong, cyliudrical and relativcly high.
The divergence of ilie andeni reache.s aJmosi 90°.
The proximal part of the ;imleï^ is almost stmighe,
directed latetally aJtd distally. The internai distan¬
ce hetween the antlets (between ihe burrs) is
187 mm, indicaüng a wide séparation. The burr is
rounded-oval shaped. ’l'he proximal part of the
beam, above the burrs, is cylutdrical. The beam is
sliglitly curved backwards ac the le\^el of the firsc
appeared rine. At the same level, the beam i.s com-
pressed lacerally. The firsi appeared tine is inserted
anteriorly and relatively far up to ihe burr
(7L8 mm In a young individual and 121.5 mm in
an adult one). Its section is subrounded :it the base
and becomes more compressed to the top. It is
directed anteriorly and slighdy latetally. The ante-
riot part of the first appeared tine is bifunrated in
the spccimcn APL-357, where ir is completely
preserved (Fig. IB). In the same specimen, the
maximal lengch i)f the First appeared tine is almost
24ü mm. The distance between the firsc and the
second rine exceeds 130 mm The distal part of
the beam should be partly palmate. The spéci¬
mens APL-241, 489, orlginated from the distal
part of the antlets, présent a strong latéral com¬
pression and sccondary bifurcations. The surface
of the anrler.s is well grooved by fine longitudinal
furrows.
The preorbitul foramen is situated above P2. The
length P2-M3 varies between Î34.4 mm and
157.1 mm. The premolar row is relatively elon-
846
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Fig. 1. — I
view; C, Al
lingual viev
Kostopoulos D. S.
gated comparatively to thc molars onc. The
index “LP2-IM X iaO/LMl-M3” is 69.8-76.4.
P2, 3 are molarizcd llngually. Ail the iipper pre-
molars présent a strong hypoconal fold {'"éperofi
hypoconat according to Heintz [970). The
Lipper molars hâve strong pillars and styles. The
unworn or slightly worn molars présent a proto-
conal fold (“/>// protoinnar). The M3 of the spé¬
cimen API,-141 has a strong proroconal fold, as
well as a weak anterior hypoconal fold ^pli hypo~
conaV*), *rhc éperon InpoconaV is variabl)' deve-
loped; it is présent in the specimens APL-274,
483 bur absent front the specimen APL-243.
The development of the cingulum varies also but
it is présent in the majorily of the molars.
The mandibular ramus is straight, shallow and
relatively wide (Fig. ID). fhe diastema i3-p2 is
longer than 90 mm. A secondary mental fora¬
men is sitiiaied below thc poslerior end of p2.
The length p2'm3 fr 162.7-182 mm. The index
“Lp2-p4 X 100/Lni l-m.î'* b 64-72; p2 is rclaci-
vely large. Its paraco.nld is connected with the
parastylid, while the lalotiid is closed. The para-
conid of p3 Ls distinguished froni the parastylid
in the unworn specimens. 'Fhe second valley is
open. The mccacohid is strong and sub-uiangu-
lar shaped. Thcrc is no labial furrow becwcen thc
protoconid and the hypoconid. p4 présents .some
morpholügical variations. The unworn .speci¬
mens AI^L-402, 491 hâve a closed irigonid and a
lingual!/ well curved metaconid. The specimens
APL-33. 384 hâve an open second valley and an
elongated metaconid directed distallÿ. l’hc ihird
valley is always narrow and deep but lemains
open. The proroconid is distinguished from the
hypoconid by a strong labial furrow. In general,
p4 présents a closed irigonid (50%) and a closed
talonid (100%). The lower molars hâve a strong
cingulum and a well developed anterior fold
Cpli antérieuf according ro Heintz 1970). A
siender basal pillar is also présent between the
lobcvS. Ir i.s double in ml and single in m2, 3-
The radius is elongated and relatively siender.
The coronoidal processus is nof very marked,
while the radial ruberosity is strong. The meta-
podials are extremely elongated and relatively
siender. The calcanéum is higli. The cuhonavicu-
lar présents a shallow disto-lateral projection.
The index “L metacarpal/L radius” is 0.93.
Di.sc:ussion
The origin and the systematic position of
Megacerini (= Megalocerini) among the family
Cervidae remain dcbarable. The latc Miocene
généra Pmesimmegaceros and Neomegalocvros are
considered as the fîrst represencarives of thc rribe
(Vislobokova 1990, 1992; Vislobokova
Changkang 1990),while rhe early Vilktfranchian
species Arvernoceros ardei ts considered as rhe first
occurence of the iribe in Furope (Heiniz 1970;
Vislobokova 1992). For the Fleistoccnc megalo-
cercs of Europe, the greacest probleni concerns
rhe nomenclature ofthe referred gênera and .spe¬
cies. The difrerent gcncric names, proposed for
rhe saine or simibr forms, as well as the different
systematic divisions of the group of megaceres,
provoke an incredlble confusion (see
Radulesco & Samson 1967; Az/.aroli 1979;
Vislobokova & Changkang 1990; Azzaroli &
Mazza 1992..,). Ncveitheless. thc majority of
thc researchers agrée with rhe présence of two
distinct groups within the tribe of European
mcgaccres: the group vertîcornis and the group
giganteus. In the présent .siudy, I prefer to use a
simple nomenclature, based on thc proposai of
Azzaroli (1976) (//Ve Azzaroli 1979; Ahbazzi
1991), to avoid a new confusion. Thus, 1 gene-
rally - but not dugmuiically — accepi the présen¬
ce uf a single genus Megaloccros, which is divided
in two groups; the group giganteus M.
{Megitloceros) = Megaceros = Megnloceros =
Üoiu'bodorycem] and the group verticornis [= Af.
[Megneeroides) ~ Megticeroide^^ = Praemcgaceros =
Ot'thogonoccros],
The species of Mcgaloceros aie distinguished from
EHcM4)ceros by; ( ! ) the arrangement of the ant-
lers, formlïig a divergence angle larger than 90”
{< 90’’ in Eucladnceras)', (2) the curving of the
beam, which rrends to he horizontal ahove the
second fine; (3) the absent or rudimentary First
tine in basilar position (close to the burr); (4) the
inserrion of rhe .second tine nn rhe upper surface
of the beam; (5) the larger size; (6) the more
robust metacarpals with robusticity index larger
than 18 (< 17 in EucUjdoi'eros) and (7) the low
disto-lateral projection of rhe cnbonavicular
(according to Radulesco &c Samson 1967;
Abbazzi 1991).
The morphological features of the APL cervid
848
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Plio-Pleistocene artiodactyls
Table 1. — Skull and antler measurements of several European Plpistocone Megacerini (*. measurements from Radulesco &
Samson 1967): 1. circumference ol lhe pedioel: 2, DT of pedicel: 3, OAP of pedicel: 4, internai distance between pedicels; 5, external
distance between pedicels; 6. internai distance between burrs; 7, drcumterence of burr: 8, DT of burr; 9, DAP of burr; 10. circumte-
rence ot the beam above ibe tirst üoe (poinl 1): 11. DT al point 1.12. DAP at point 1.13, distance between first and second tine; 14,
DT of the first tine. 15. DAP of the firsl fine. 1$, distance between lhe burr and lhe first tine (according Heinlz 1970); 17. distance bet¬
ween the burr and the base of the first tine (after Radulesco & Samson 1967, modified),
Antiers
Megafoceros sp.
(APL)
n (max) = 4
M. arambourgi
(Roumania)
Radulesco & Samson
1967
P. mosbachensis
(Mosbach)
Soergel 1927*
Praetnegaceros sp.
(Voigstedt)
Kahlke 1958*
1
165-170
190-199
200
171-199.8
2
47.8-54.6
64.0-66.8
68.0
63.4-70.6
3
51.3-55.4
56.5-58.0
63.0
48.1-56.8
4
175
79.5-100
140
75.0-129.8
5
250
187.5-214
252
180.0-225.3
6
187
80.0^94.0
-
-
7
200-225
230-267
-
213-255
8
58-69
70.7-80.2
-
9
64.5-73.1
74.5-85.5
-
-
10
150-160
185-205
-
175-204
11
40-47
67.5-73.8
54.5
54.0-65.0
12
48.3-59.2
48.0-56.0
59
54.0-65.0
13
>130
100
-
-
14
24-44
50
30
37.0-44,0
15
39.6-55.3
47
41
43.0-52.0
16
72-121.5
-
-
-
17
-
-
-
-
Antiers
P, cf. verîicornis *
(Suessenborn)
Kahike 1956-1959
P. soleilhacus
(Venta Micena)
Menendez 1987
Orthogonoceros
verticornis
Melentis 1967
(one frontlet)
Cervidae indet.
(Libakos)
Steensma 1988
(one frontlet)
1
203-234
160.4-187.0
180-183
_
2
70.0-81.0
53.4-60.1
-
61.5-62.2
3
55.0-79.0
48.7-64.0
-
50.0-51.0
4
114-135
148.4
-
-
5
219.5-231.0
159.8
-
-
6
102-145
100
116
7
136-268
161.5-227.3
228-236
-
8
-
51.7-75.6
-
55.5-72.0
9
-
51.1-69.5
-
46.0-70.0
10
166-212
-
-
-
11
53.0-78.0
-
60.0-62.0
49
12
47.0-61.0
-
55.0-56.0
52.5
13
-
-
450
14
20.0-47.0
-
-
-
15
34.0-63.0
-
-
-
16
-
193.4
>70
121-130
17
60.0-63.0
such as the very large size, the strong divergence
of the an tiers (90°), the relatively robust metacar-
pals (robusticicy index = 17.3-18.7) and the low
disto-lateral projection of the cubonavicular.
show great similarity with Megaloceros s.l.
The représentatives of the giganteus group are
characterized by concave frontals between the
pedicels, horizontally extended beam, palmate or
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
849
Kostopoulos D. S.
Fig. 2. — Megaloceros sp.. APL. Macedonia. Greece.
Comparison of lhe p4 structure of several Européen megaceres
(data from Abbazzi 1991 modified): A APL-491. B. APL 384;
C, APL-33; D. M. sofeilhacus, Venta M'cina VM84 C3B8.30; E.
M. soleilhacus VM84 C3L7.40. F, M. sofeilfiscus VM02 C60: G.
M. verticornls, Süssenbarn, Süss 7130; H, M, vertiaornis,
Süssenborn, Suss 1966/2430, I. Megatoceros sp. Voigstedt,
Voi.524; J. M. sussenbornis: K, M. obscurus (* “boldrinii"), Italy;
L, M. obscurus (* “boldrinir). Italy. Not to scale.
Lp2'p4
B
Lp2-m3
130 150 170
Fig. 3. — Mêgalocàros sp APL, Macedonja. Greece. Scatter
diagrams companng lhe uppa*- (A) and lower (B) toothrpw of
several Europoan megaceres (data frorrr Menendez 1987;
Abbazzi 1991, modified for A): B. Megaioceros sp. APL; O,
Megaloceros giganteus. B. /Vf g/ganfeps from Ofnet; O.
Praemegaceros soleilhacus from Venta Micena; A,
Megaceroides "boidnnr from Pietrafitta; ♦ Megaioceros sp.
from Val di Chiana; ▲, Praemegaceros sp. from Voigstedt
pteroid first tine in basal insertion (close to the
burr) and absence of ihe second tine. On the
otlier hand, the fbrms included ro rhe s^rticomis
group are charâccêrized by fiat or convex fronçais,
small or rudimentary first tine and large second
tine, descending to a proxitnal insertion, curved
and not palmate (Radulesco & .Samson 1967;
Abbazzi 1991; Azzaroli &c Mazza 1992). Tfie flat
frontal.s of API.-212 indicaie thât the studied
cervid is doser to the forms of iH'r/kornIs group.
Nevertheless, the béant ol the APL cervid is more
straigbt than chat of lhe typical fornrivS of this
group {PraemcgrU'em pcrliconns, P. soleilhacus)
and it is directed laterally and distally but not
horizonrally. Moreover, the angle of divergence is
850
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
PliO'Pleistocene ardodactyl!
Table 2. — Megaloceros sp.. APL, Macedonia, Greece. Dental measurements; Lo, occiusal length; la. breadth of anterior lobe;
Ip, breadth of posterior lobe; It, breadth of talonid; 1, maximal breadth; s, standard déviation; v, coefficient of variabiiity.
n
mean
min
max
s
V
Maxilla
LPM
4
143.20
134.4
157.1
10.80
7.5
LP
5
63.03
58.5
69.0
4.40
7.0
LM
4
85.45
78.8
95.0
7.40
8.6
P2 Lo
3
22.50
21.2
23.3
1.14
5.0
P2I
4
20.56
19.3
22.0
1.12
5.5
P3 Lo
5
22.40
20.8
23.8
1.41
6.3
P3 1
6
21.85
20.1
22.5
0.89
4.0
P4 Lo
5
20.95
20.0
23.0
1.23
6.0
P4i
6
24.65
21.2
27.0
1.98
8.0
M1 Lo
5
30.16
27.5
31.9
1.97
6.5
M1 la
5
25.34
22.2
28.9
2.43
9.6
M1 Ip
3
26.60
25.0
28.4
1.70
6.4
M2 Lo
2
32.90
32.5
33.3
-
-
M2 la
4
31.06
30.2
32.9
1.25
4.0
M2 Ip
5
29.32
28.0
30.5
1.00
3.4
M3 Lo
3
30.90
30.3
31.4
0.55
1.8
M3 la
5
30.16
29.7
31.1
0.55
2.0
M3 Ip
4
27.03
26.7
27.6
0.38
1.4
Mandible
LPM
4
168.90
162.7
182.0
9.00
5.3
LP
4
68.11
63.3
73.6
4.50
6.6
LM
4
100.40
96.1
109.5
6.20
6.1
p2 Lo
3
16.53
16.0
17.0
0.50
3.0
p2l
3
10.00
9.6
10.4
0.40
4.0
p3 Lo
4
23.10
21.9
25.0
1.34
5.8
p3l
3
13.00
12.5
13.4
0.45
3.4
p4 Lo
4
24.93
24.3
26.1
0.79
3.2
p4 1
4
14.50
13.0
15.4
1.06
7.3
ml Lo
3
28.60
27.5
30.5
1.70
5.8
ml la
4
17.80
17.0
18.9
0.80
4.5
ml Ip
4
18.10
17.2
18.7
0.66
3.7
m2 Lo
4
31.10
30.0
32.0
0.92
3.0
m2 la
4
18.70
16.7
20.2
1.74
9.3
m2 ip
3
18.10
17.5
19.1
0.88
5.0
m3 Lo
5
39.64
36.9
42.1
2.43
6.1
m3 la
4
19.06
17.6
20.4
1.22
6.4
m3 Ip
3
19.06
17.4
20.2
1.47
7.7
m3 It
4
11.50
10.8
12.0
0.50
4.3
90° in APL, while it is larger in Megaloceros s.l.
and smaller in Eucladoceros, indicating probably
an intermediate character for the APL ccrvid.
As regards to rhe antler morphology ot rhe stu-
died cervid, rhe first tine, generally siruatcd close
to the burr, is torally missing. The first appeared
tine of rhe APL anclers is strongly elongated,
directed laterally and anteriorly, while it is not
curved at its base. Moreover, it is compressed
laterally and bifurcated (APL-357). These fea-
tures are far enough from those of the verticornis
group. The bifurcation of this tine cannot be
considered as a stable character, since it is obser-
ved only in onc specimen.
Steensxna (1988) notes that the insertion of rhe
lowest tine on the anterior surface of rhe beam
and ics structure (strong, palmate) are cvidence
that it is a first tine. In Pntemegaceros
(= Megaceroides) the true First tine is rudimentary
or absent. The lowest tine of the APL cervid is
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
851
Kostopoulos D. S.
Table 3. — Megaloceros sp., APL. Macedonia. Greece. Limb*bones measuremenîs: 1. length (max); 2, DT proximal; 3, DAP proxi¬
mal; 4, DT diaphysis: 5. DAP diaphysis; 6. DT distal (articular); 7, DAP distal (arlicular).
n
mean
min
max
s
V
Radius
1
1
408.00
2
1
90.70
-
-
-
-
3
1
82.50
-
-
-
-
4
1
52.00
-
-
-
-
5
1
33.00
-
-
-
-
6
1
82.80
-
-
-
-
7
1
58.00
-
-
-
-
Mclll+IV
1
3
379.60
372.3
385.0
6.56
1.7
2
8
63.36
56.7
68.5
4.10
6.5
3
7
42.45
36.4
49.5
5.59
13.1
4
3
38.40
38.0
39.2
0.69
1.8
5
3
38.96
37.9
39.6
0.93
2.4
6
3
68.33
66.7
69.7
1.52
2.2
7
3
43.90
42.6
45.0
1.21
2.8
MtlII+IV
1
2
391.30
388.5
394.1
2
5
52.83
50.3
55.2
1.95
3.7
3
5
58.56
56.5
60.6
1.54
2.6
4
4
33.20
31.0
37.2
2.90
8.7
5
4
38-95
37.0
42.0
2.14
5.5
6
3
65.20
63.1
68.3
2.71
4.1
7
3
41.96
40.4
43.1
1.40
3.3
Phalanx I
1
1
80.20
2
1
30.00
-
-
-
-
3
1
36.90
-
-
-
-
4
1
23.25
-
-
-
5
1
23.10
-
-
-
-
6
1
27.80
-
-
-
-
7
1
26.00
-
-
-
also strong, compressecl, bifurcated and it des¬
cends to an anterior insertion, indicating that it
is the First tine but not the second one. This fea-
ture différenciâtes the APL cervid from the group
verticomis. A strong First tine, inserted antcriorly,
characterizes Eucladoceros. Moreover, several spe-
cies of the latter genus (É sedgivickh dkranitfs)
présent a bifurcated first tine as it happens in the
APL cervid.
The dimensions of the antiers show that the APL
cervid has a smaller pedicel and a more slender
beam than the spccies P. arambourgu P mosba-
chensis, P. sp. (Voigstedt), R cf. verticornis
(Süssenborn), O. verticornis (Aliakmon, Greece)
and Cervidae indet. (Libakos, Greece) (measure-
ments 1-10, Table 1). Additionally, the antiers
divergence, expressed as the distance between the
burrs (measurements 4, 6, Table 1 ) is significant-
ly larger in APL than in the orher forms*
The niorphological features of the dentition can-
not difierentiate the APL cervid from the test of
the Megalocerini, becau.se ol the grcat morpho-
logical variation, However, the p4 ol the APL
cervid présents a particular morphology with
generally advanced molari/ation, represented by
rwo types, thar of the Voigstedt megalocere and
P soleiUyacKS from Venta Micena (Spain; Fig. 2).
Moreover the structure of ihe metaconid diffé¬
renciâtes the APL p4 from the other species.
The length P2-M3 varies in APL from
852
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Plio-Pleistocene artiodactyls
134.4 mm to 157.1 mm. The maximal observed
values are 137.6 mm in P. soleilhacus from Venta
Micena and 144.6 mm in A/, '^baldrim' from
Pietrafitta (Italy), whÜe in fourteen specimens of
M. giganteus this Icngth varies bctween 140-
156 mm (data from Bonifay 1981; Menendez
1987; Abbazzi 1991). The length p2-m3 is
162.7 mm-182 mm for the APL cervid, vs
133.1-154.4 mm (ri = 9) tor P. soleilhacus from
Venta Micena, 143-5-144.2 mm (n = 2) for
P. verticornis (rom Sü-ssenborn, 149-154.4 mm
(n = 4) for /? sp from Voigstedç, 152.4-161 mm
(n = 4) for M. "‘^boldrtnr from Iialy and
155-166 mm for M. giganteus (data from
Bonifay 1981; Menendez 1987; Abbazzi 1991).
Obviously, the APL cervid has a clearly larger
toothrow than all the other known forms of
European Pleistocene Megalocerini (Fig. 3).
Similar values arc observed in the Asiatic genus
Sinofnegaccros (P2'M3 = 156 mm, p2-m3 =
171-173 mm; Sotnikova & Vislobokova 1990).
The metapodials of the API. cervid (Table 3) are
larger than rho.se of M. '^holdrinPy M. cf. "^boldri-
nt \ Praemegaceros sp. (Voigstedt). P verticornis
(Süssenborn), M. verticornis (Colle Curri, Italy),
P. gr. verticornis (Petralona, Greece) and P solei¬
lhacus (Venta Micena). The more distinctive
metrical différences concerns the length of
McITItIV and MtIII+IV as well as the height of
the calcanéum (Fig. 4). Morcover, the propor¬
tions of the APL cervid arc much larger than
chose of the known forms of European mégalo-
ceres. Neverthele.s.s, a single MtlIl+lV from
Venta Micena is close in size to that of APL.
In conclusion and according to all the available
data, the following proposai can bc made:
- The majoricy of chc morphological and metri¬
cal characcers of the APL antiers. toolhrows and
limb bones show that the APL cervid could be
aiiributed to the genu.s Megaloceros s.L Never-
theless, some plesiomorphic (?) feaiures of the
antlers indicatc affinities to Eucladoceros.
- The APL cervid is diffcrenciated from the
known species of European Megaloceros by its
much larger size, the larger distance berween the
antlers, the more slendcr beam, the .smaller pedi-
cels, the arrangement and the structure of the
fîrst tine, the larger toothrow, the moderate value
of the index ‘‘length of premolar row/length of
260 300 340 360 L
99 110 121 L
{i)1 METATARSAL C
A ■
290 330 370 L
Fig. 4. — Megaloceros sp., APL. Macedonia. Greece. Scatter
diagram companog the proportions of the metacarpals (A), nt
the cafeaneum (B) and of tho matatarsafa (C) of sevarat
European megaceres j(9(ier Ahbazzi !991; modltlod).
■, Megaloceros sp. APL ( ;in D): A. BuclBdocôrosvZ, M aton>'
bourgi from Remania; O. PrêemegooerOS ve/ticornis from
Süssenbofô; v. Pf'aemegaceros sohilhacus from Vnnla
Micena. ♦, Megacecotdes "boldrlnrC from Pl^rrHfiitai
A, M. gr. verticornis from Petralona; •, M. verticornis from Colle
Curli; x, Praemegaceros sp. from Voigstedt. Imax = maximal
large (DT); (i) = “DTdistal x lOO/L”.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
853
Kostopoulos D. S.
the molar row” il’i.l and 67.8 for the upper and
lower coorhrow respecrively) situated becween
Megaloceros and Eiicladoveros^ the particular mor-
phology ol p4 and the strongly elongated and
moderatcly rohusr merapodials and radius.
Since the systematic position of the APL cervid is
not clcar, and taking into accounr the great
confusion among the Pleistocene megaloceres, 1
prefer — for the moment — to refet the AJ^L cer¬
vid to Mtgalvccros sp., waicing for new data to
refîne its détermination. Ncverthcless> the extre-
mely large dimensions of the APL form, as well
as the particular morphology of its antiers and
teeth, could support the érection of a new taxa,
at spécifie level at least.
Family BoviDAE Gray, 1821
Subgenus Bison {Eohison) Flerov, 1972
Bison {Eohison) n.sp.
(Fig. 8, Tables 4-6)
Materiai. — Part of maxilla with dP2-M2,
APL-145; part of maxilla with dP3-M2, APL-417;
part of maxilla with dP2'ilP4, API.-19L 418, 458;
part of manilla with dP3'M I, APL-32, 488, 492; part
of maxilla wldi dP4-M2, APl.'4!6; part of maxilla
with dP4-M L APL-29; part ol maxilla with dP4.
APL-473; part of maxilla with 1*2-M3. APL-269. 419;
part of maxilla with P3-P4, APL-264; part of maxilla
with MI-M3, AlT-34. 270. 432, 433, 448, 488; part
of maxilla wjch MJ-M2, APL-505; part of maxilla
with M2-M3. API.-487; P3, APL-442, 511, 512, 513;
P4, API.-5Ü3. 510; Ml, 2, APL-399. 472, 497; M3,
APL-240, 263, 495.
Part of mandibuiar ramus with dp2-dp4, APL-240:
part of mandibiilar ramus with dp3-tip4, APL'3l, 38,
464; part of niandibular ramus with clP3-Ml,
APL'42I, 504; part oF maridîbular ramus with
dp2-ml> APL-422, 429; part of mandibukr ramus
with dp4-inl, APL-493; part of mandibular ramus
with dp4-m2, APL-456; part of mvindibular ramus
with p2'tn3, API.-478; part of mandibular ramus
with p2-mL APL-477; part of mandibular ramus
with p3-m3, APL-27; part of mandibular ramus with
p4-m3. APL-259.
Humérus, APL-575; distal part of humérus, APL-297,
501; proximal pan ot radius, APL-203, 288; distal
part of radius, ArL-373; carpaJs', AP1.-373; MclIUIV,
APL-5L 95, 96, 196, 262, 373, 414, 446; proximal
part of MdJUTV, APL-78. 144, 218. 221, 247, 279,
284, 285, 300a, 428, 455, 494; astragalus, APL'43,
46, 59, 65, 215, 273. 300b, 425, 453, 454; calca¬
néum. APL-44, 146, 499; cubonaviciilar, APL-64, 85,
205, 220, 249; MtllI+IV, APL-4L 66, 94, 97. 192,
193, 194, 200, 249, 521; proximal part of MrlIl+lV,
APL-80, 101, 107. 207, 391; distal part nf MiHI+lV,
APL-79, 208; first phalanx, APL-128, 373s, 373d;
second phalanx, APL-573s, 373d; third phalanx,
APL-373S, 373d.
Description
The teeth are moderately hypsodont with a rela-
rively .strong presence of cernent. The length
P2-M3 is 135-137 mm with index “LP2-P4 X
100/LM 1-M3'’ = 69.4-77.3- The hypsodonty
index (height of parastyle X 100/L occlusol) is
126.5 for Ml (APL-458), 144.3 for M2
(APL-505) and 136.5-153.7 for M3 (n = 3).
P2, 3 hâve a posterior hypoconal fold. The rear
cavity of P4 does not hâve indentations and
trends to form an inverse LL The enamel of the
lingual lace of the molars is wcll ripplcd, while
the base of thcîr crown is swollen. The styles are
strong. The entostyle is also strong, high and
wide; it is connecred with ihc posterior lobe. The
index "‘height of the eniostyle X lOO/height of
the parastyle" is 70-81 for M3 (n = 3). In M2, 3
there is a variably developed posterior hypoconal
fold. In M3 and in several M2 ihere is also a cen¬
tral islet.
l’he index “Lp2-p4 X lOO/Lml-m.3” is 56, indi-
caiing a short prcmolar row. p2 is small. p3 is
elongated and relatively narrow. The parastylid is
strong, wcll separated from the paraconid. The
mecaconid is elongated and subparallel to the
anteroposcerioi ;ms of the toorh. The second and
third valleys are open, filled with cernent. The
protoconid is disringuished from the hypoconid
by a shallow furrow. p4 is elongated and narrow.
It is similar ro pi but its mctacontd is more
robiist and parallel to clic anteroposterior axis of
the rooth. The .second i^lcy is deeper and nar-
rower than in p3, while ihc third valley closes in
advanced stages of wear. i'hc hypoconid is stron-
ger than in p3 and ii is separated from the proto-
conid by a vertical furrow. The lower molars are
prismatic and narrow, Fhe para-stylid and the
entosrylid are weal<. There is no goac fold. The
talonid of m3 is semiclrcular with fiat internai
Wall. The ectostylid is slcnder, high and ir is
connected with the anterior lobe.
The preserved limb bones indicate a relatively
854
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Plio-Pleistocene artiodactyls
METATARSAL
B
1 APL 1
1 1 .
1 1
1 1
1 1 " ' 1
fc-*— 1 -'
+ \ ' H 1 1
1 '
r ■ ■ T ' I - •-
18 22 26 DTdisl/L
Fig. 5. — Bison {Eobison) n.sp.. APL. Macedonifl, Greece.
Diagram comparing the distribul'on of lhe index ‘'DTdistal/L" for
the metapodiais of several earfy Pleistocene Bovini (data from
Moya-Sola 1987: Sala 1987; Masini 1989; Tsoukala 1989).
A. metacarpal. APL (n * 6); a. Bison priscus (n = 8): b. Bison
schoetensacki in = 10); c, ? Hod/sonsp.. Venta Micena (n = 13);
d, Eobison degiülii (n = 7); e. 'Leptobos" vallisarni (n * 4);
I, Laptobos etruscus (n =‘ 21) B. metatarsal: APL (n = 9):
a. Bison priscus (n = 6); b, Bison schoetensacki (n » 2);
c, Eobison dêgiuHi{n * 4); d, ? Eobison sp.. Venta Micena (n
8); e. Leptobos eîruscus (n * 2i); •. E- paiaeosinensis-, "L"
vallisarni: ■, Leptobos sp., SelveKa (llaly).
délicate bovine. The humérus is elongated and
robust. The humerai crest is well developed and
the delroid tuberosity is strong. The latéral epi-
condylar crest is weak. The cuberosities of the
teres major and minor are well marUed. The
interrubercular sulcus and the coronoid fossa are
deep. The trochlea is clearly more robust than
the condyle and mtjre elevated. The médial tube¬
rosity of lhe condyle is strong. The mctacarpals
are divided melrically in two groups, represen-
ring males and females. In several meratarsals,
the Mtlll is more developed antero-posteriorly
ihan the MtIV. The Icngth of the anterior fbot
(humeruS'third phalanx) is estimated at about
1 m.
Fig. 6. — Bison {Eobison) n.sp.. APL, Macedonia, Greecô.
Scatter diagram comparing the proportions of the proximal epi-
physis of the metacarpal (afler Moya-Sola 198Â modified):
■, Bison (Eobison) n.sp. APL; O. ? Eobison sp., Venta Micena;
□, Leptobos etruscus. Seneze; •. Bison schoetensacki, Durforl
(Brugal 1994).
Discussion
The family of Bovidae présents several taxonomi-
cal problems» concerning the phylogenetic rela-
rionships of the different forms as well as their
systematic (Moya-Sola 1987), This fecc becomes
extrcmely intense in regard to the early
Pleistocene représentatives of Bovini. Flerov
(1972) ifide Flerov 1976) divides the genus Bison
in two subgenera: Bison {Eobison) for the primi¬
tive forms and Bîson {Bison) for the advanced
forms of the genus. Masini (1989) describes the
new species Eobison degiulii from the early
Pleistocene locality of Pietrafiua (Italy), conside-
ring Eobison as a distinct genus. Neverthele.ss, the
affinicies of E. degiidU to the typical specie.s of
this genus (or subgenus), E. palneosinemis are not
so clear (Brugal pers. comm.). The absence of
skull and/or horn-cores from the studied mate-
rial does not allow an inve.stigation of the syste¬
matic position of the APL large bovid. However,
the numerous dental and postcranial remains are
suitable for detailed comparison vviih the most
common PHo-Plcistoccne généra, such as
Leptobos, Bison (Eobison)y Bison {Bison) and Bos.
The dcgrcc of hypsodonty, the important pré¬
sence of cernent, the connection of the eaostylid
with the anterior lobe of ihe lower molars, the
absente of internai basal pillars on the lower
molars, the absence of anterior constriction on
the lobes of the molars, the strong and distally
projected metastylid of m3, the strong entostylid
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
855
Kostopoulos D. S.
Table 4. — Bison (Eobison) n.sp., APL, Macedonia, Greece. Dental measurements: Lo, occlusal length; la, breadth of anterior lobe;
Ip, breadth of posterior lobe; It, breadth of talonid; I, maximal breadth.
n
mean
min
max
s
V
Maxilla
LPM
2
136.00
135.0
137.0
-
-
LP
2
57.50
57.0
58.0
-
-
LM
8
81.86
75.0
94.4
5.68
6.9
P2 Lo
2
19.35
19.2
19.5
-
-
P2I
2
13.80
13.0
14.6
-
-
P3 Lo
8
19.68
18.3
22.3
1.29
6.5
P3I
8
17.73
15.3
19.3
1.29
7.3
P4 Lo
6
17.65
16.2
18.2
1.14
6.4
P4I
7
21.13
20.5
22.0
0.61
2.9
M1 Lo
14
31.92
26.8
34.2
2.07
6.5
M1 la
20
21.75
17.8
26.8
3.53
16.2
M1 Ip
17
23.06
16.1
28.0
4.01
17.4
M2 Lo
7
32.40
29.3
34.3
1.56
4.8
M2 la
14
24.69
17.7
28.4
4.09
15.6
M2 Ip
12
24.85
17.8
29.2
3.81
15.3
M3 Lo
11
31.70
29.3
35.9
1.79
5.6
M3 la
12
25.57
21.5
27.7
1.62
6.4
M3 Ip
12
23.62
18.5
27.3
2.19
9.2
Mandible
LPM
1
143.00
-
-
-
-
LP
2
53.60
51.0
56.2
-
-
LM
2
90.75
90.5
91.0
-
-
p2 Lo
-
-
-
-
-
-
p2l
2
8.75
8.4
9.1
-
-
p3 Lo
4
19.07
18.0
20.9
1.26
6.6
p3l
4
11.20
10.7
11.6
0.40
3.5
p4 Lo
4
22.00
20.4
22.0
1.30
5.9
p4 I
5
13.36
12.5
15.2
1.10
8.3
m1 Lo
10
30.33
24.0
32.6
3.16
10.4
ml la
8
14.50
13.2
15.9
1.04
7.2
ml Ip
8
14.80
13.0
17.0
1.50
10.2
m2 Lo
3
30.50
27.2
35,5
4.36
14.3
m2 la
4
16.73
14.9
18.0
1.53
9.2
m2 Ip
4
16.93
14.9
18.6
1.90
11.2
m3 Lo
3
39.10
38.8
39.7
0.51
1.3
m3 la
3
16.70
15.0
17.7
1.53
9.1
m3 Ip
3
16.40
15.1
18.1
1.53
9.3
m3 It
3
9.86
8.0
12.6
2.42
24.5
of m3, the lacerai projection of the externaJ arti¬
culât surface of the metacarpals, the great trans¬
verse diameter of the distal epiphysis of the
metapodials and the outline of the proximal epi¬
physis of the metapodials (Fig. 8) are characccris-
tics, and differentiate the APL bovid from
L€ptobos\ they approch him to the primitive
forms of Bison (Teilhard bc Piveteau 1930;
Moya-Sola 1987; Masini 1989; Brugal 1994).
Sala (1987) and Brugal (1994) give an important
number of distinctive characters, which separate
the généra Bos and Bison. The comparison of the
APL dental and postcranial remains with both
généra indicates that the morphological features
of the studied form are doser to the genus Bison.
Thus, the basal swelling and the angular rear
caviries of the tipper molars, the presence of a
central islet, the accute angle betsveen the second
and the third lobe of m3, the liât internai wall of
rhe third lobe ol m3, the low posterior relief of
the proximal epiphysis of the radius, the lower
situation of the latéral tuberosity of the radius,
856
GEODIVERStTAS • 1997 • 19(4)
Plio-Pleistocene artiodactyls
Table 5. — Comparison of the toothrow’s dimensions of several early Pleistocene Bovini.
APL
£. degiuiii
Masini 1989
Eobison sp.
(V. MIcena)
Masini 1989
E. palaeosinensis
Teilhard & Piveteau 1930
n = 1-2
n = 2
n = 1
n = 1
Lp2-m3 (1)
143
123.2-128.0
157.0
148
Lp2-p4 (2)
51.0-56.2
46.5-49.0
57.5
58.5
LrT)1-m3 (3)
90.5-91.0
73.5-78.0
96.4
88.5
(2)/(3) xlOO
56.3
59.6-66.6
59.6
66.1
(2)/(1) x100
35.6
36.3-39.7
36.6
395
(3)/(1) X100
63.2
59.6-60.9
61.4
59.8
n = 2
n = 4
n = 3
L P2-M3 (4)
135.0-137.0
-
131-134
LP2-P4 (5)
57.0-58.0
-
54.0-60.0
LM1-M3 (6)
75.0-94.4
67.0-76.1
77.0-84.0
(5)/(6) XI00
73.3
-
61.1-72.2
(5)/(4) x100
42.3
-
40.8-41.9
(6)/(4) xlOO
57.8
-
58.0-59.1
Eobison sp.
(Soleilhac)
Masini 1989
L. etruscus
Masini 1989
L. etruscus
Duvernois 1990
Bison priscus
Tsoukala 1989
n = 1
n = 12
n > 30, mean
n = 1
Lp2-m3 (1)
148
132.5-146.0
139.8
158.6
Lp2-p4 (2)
56.0
44.0-53.0
50.9
57.1
Lm1-m3 (3)
92.0
80.2-88.6
88.5
101.8
(2)/(3) x100
60.8
53.5-65.3
57.5
56.0
(2)/(1) x100
37.8
33.0-39.7
36.4
36.0
(3)/t1) XlOO
62.1
56.2-63.4
63.3
64.2
n = 4
n > 10, mean
L P2-M3 (4)
110-128
132.9
L P2-P4 (5)
50.5
52.1
L M1-M3 (6)
76.0-78.3
79.0
(5)/(6) x100
66.4
65.9
(5)/(4) XlOO
39.4
39.2
(6)/(4) XlOO
59.3
59.4
the strong anterior crests of the distal part of the
radius diaphysis, the strongly concave proximal
articulât surface of the scaphoid, the posteriorly
projected crest whîch divides the rwo proximal
facets of the metacarpals, the concave postero-
medial surface of the metacarpal proximal epi-
physis, the dissimetrical sustenraculum cali of the
calcanéum» the shallow groove of the distal tro-
chlea of astragalus and the oblique arrangement
of the latéral borders of the metapodials arc mor^
phological features which indicatc great similari-
ty between Bison and the APL bovid.
The dimensions of the toothrow (Tables 4, 5)
show that the studied form is larger than Eohison
deghilH and Leptobos etruscm (Table 5) and doser
to jC, palacoùnemis, The lower premolar row is
51-36.2 mm in APL, similar to that of
Eohison s.l. and slightly larger than that of
Leptobos (Table 5).
The comparison of the metapodials provides
more information (Fig. 5). The index “DTdistal
X LOO/L” of the metapodials shows that the APL
bovid is situated between the samples oïLeptobos
etruscus and Bison priscus. The index seems to
increase more or less gradually from the
Villafranchian Leptobos to the late Pleistocene
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
857
Kostopoulos D. S.
Table 6. — Bison (Eobison) n.sp.. APL. Macedonia. Greece.
Limb-bones measurements; 1, lenglh (max): 2. DT proximal;
3, DAP proximal; 4, DT diaphysis; 5, DAP diapfiysis; 6, DT distal
(articular); 7, DAP distal (articular): 8 (humérus), height (min)
troclaea.
n
mean
min
max
s
V
Humérus
1 1
382.00
2
1
126.00
-
-
-
-
3
1
127.00
-
-
-
-
4
3
54.00
45.8
63.5
-
-
5
1
63.5
-
-
6
3
104.23
91.3
118.0
-
-
7
3
95.30
90.5
100.6
-
-
8
2
47.35
45.2
49.5
-
-
Radius
1
1
>300
-
-
-
-
2
2
84.30
80.6
88.0
-
-
3
2
47.80
44.8
50.8
-
-
4
2
48.00
47.7
48.3
-
-
5
2
30.75
30.5
31.0
-
-
6
1
79.70
-
-
-
-
7
1
47.00
-
-
-
-
Mclll+IV
1 7
237.60
226.0
245.6
7.06
2.9
2
11
68.05
57.7
77.5
5-85
8.6
3
10
39.65
33.9
44.5
2.95
7.4
4
10
40.40
31.7
49.1
5.61
13.9
5
10
29.14
23.4
34.1
3.16
10.8
6
8
72.44
66.5
88.5
7.19
9.9
7
9
39.66
34.4
48.2
4.10
10.3
Tibia
1
-
-
2
-
-
-
-
-
-
3
-
-
-
4
4
47.22
43.6
52.9
4.50
9.5
5
4
36.31
34.6
38.3
1.74
4.8
6
12
75.74
61.0
92.4
7.98
10.5
7
13
56.76
51.0
67.0
4.51
7.9
Mtill+IV
1
10
274.18
261.2
287.0
8.34
3.0
2
15
54.68
51.4
63.2
3.13
5.7
3
15
54.08
51 8
59.8
2.15
4.0
4
11
33.83
30.6
37.8
2.45
7.2
5
11
35.47
32.8
40.7
2.25
6.3
6
11
65.07
62.0
71.4
2.46
3.8
7
12
39.09
37.0
41.1
1.51
3.8
Bison. The estimated values for the APL bovid
are similar co those of “Leptobos^^ vallisarni,
Eobison degiulii, Eobison sp. from Venta Micena
(= Bubalus sp. according ro the révision of
DT dist
60 .
50
40
O .^9/9
•^o
•<%)
qO
6T
75
O
Oo^
oè L
Fig. 7. — Bison {Eobison) n.sp., APL. Macedonia. Greece.
Scatter diagram comparing the proportions of the astragalus of
several early Pleistocene Bovini: ■. Bison {Eobison) n.sp, APL;
O ? Eobison sp,. Venta Micena; ♦, Eobison d&giulii: ♦, Bison
schoetensacki. Mauer: O. Bison schoetensacHi, Isernia la
Pineia (datafrom Sala 1987: Moya Sola 1987: Masinl 1989),
Martinez 1992), as well as to the minimum
values of Blfon scf-metensacki (Fig. 5). In the dia¬
gram “DAP/DT” ol the proximal cpiphysis of
the meiacarpals (Fig. 6). the APL samplc is pla-
ccd along the same axis as the Venta Micena
bovid and it is divided in rwo dîmensional
groLips, which correspond to male and female
individuâls. 'Fhe dimensions of the astragalus
Icad to thesamc conclusion (Fig. 7).
According to the above mentioned data, ir is
obvious that the APL large bovid can be placed
among ihc primitive tornis of Bison, which are
gcncrally referred to as Eobison or better as Bison
{Eobijon) Flexov, 1972. The API. Eobison is .sirua-
ted berween Eobison degiulii and Bison schoeien-
sacki. Brugal (1994) notes thaï the niatecial Irom
Pirro Nord, Sairuelles, Casa Fraca and Apollonia
indicates the presence of a large sized bovid,
indermediare between Leptobos and Bison schoe¬
tensacki in Mediterranean Europe. This idea
becomes more clear after the previous compari-
son. Although the skull is absent, the APL
sample is one of the most well known, as well as
one ol the most important, in number of spéci¬
mens as' in individuâls (> 10); for these reasons it
could be considered as a distinct species.
Nevertheless, the sy.stemanc problein.s of die pri¬
mitive bisons cannot permit a précise détermina¬
tion and thus the APL form is referred at the
moment to Bison {Eobison) n.sp.
858
GEODIVERSiTAS • 1997 • 19(4)
PliO'Pleistocene artiodactyls
Fig. 8. — Bison {Bobison) n.sp., Apollonia (APL), Macedonia, Greece. A, APL-478, right mandible, occlusal view; B, APL-34, right
maxilla, occlusal view; C, APL*373. left acropode. anterior view; D, APL-26. metacarpal, anterior view; E. APL-66, metatarsal, ante-
rior view. Scate bars; A. 5 cm; B-£. 10 cm; A complété sérié of pictures isgiven by Kostopoulos (1996).
Gcnus Soergelm Schaub, 1951
Soergelia brigittae ii.sp.
(Fig. 9, Tables 7-10)
Type SPECIMEN. — Part of mandibular ramus with
P 2 -M 3 , APL-383.
Materiai.. — Pan of horn-core, APL-310; M2-M3
in sitUy APL-245P.
Part of mandibular ramus with p3'm3, APL-25, 244.
McIIl+IV, APL-246: MtlII+IV, APL-58, 356.
T>TE LOCALITY. — “Apollonia-1 ” (APL), Macedonia,
Greece.
Age. — Latest Villafranchian, Early Pleistocene.
DeRIVATIC) NOMÏNIS. — To the honour of my
mother, Brigitte.
Diagnosis. — Si/c similar to rhat of 5. elhahethae
and largcr than S. rninor. Dimensions of horn-core.s
and mctapodials bctwcen thosc of thc prcvious spc-
cies. More elongatcd toochrow than S. clmbethne. p3
with anteriorly exrended paraconid-parastylid. p4
with operi ibjrd vallcy and clused trigrmid- Third lobe
of m3 semicircular shaped. Angular palmar tuberosity
ofMtlII+IV.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
859
Kostopoulos D. S.
Description
The horn-core morpliology is known only by a
single specimen (Fig. 9G), consisting of a small
part of the frontal bone and the base of the
horn-core. The horn-core seems to be inserted
laterally on rhe frontals. Directed anteriorly and
laterally» the horn-core is slighdy torsioned in its
preserved proximal part. Its surface is well groo-
ved. The preserved pan of the frontal has sevcral
sinuses* The horn-cores dimensions at the base
are: maximum diameter = 54 mm, minimum
diameter (perpendicular to the previous one) =
47.5 mm.
The protocone of M3 is well developed, relative-
ly wide and angular lingually. As ir, the hypocone
is equally, but not angular. The metastyle is
strong, directed distally. The mesostyle is strong
and fine. The paracone and the mctacone are
slightly convex.
The length p2-m3 is 156.8 mm (APL-383) wich
short premolar row comparatively to the molars
(index “Lp2-p4 X lOO/Lml-m3” = 52.7). p2 has
a clear parastylld. The metaconid is directed dis¬
tally, while the cnroconid and the enrostylid are
well developed. The paraconid is missing and the
first and the second valleys are confused. The
tliird and the fourth valleys are clongatcd and
narrow. The présence of a rudimentary hypoco-
nid JS clear. p3 is slightly molarizcd with rudi-
mentary, angular hypoconid and slightly convex
proroconid (Fig. 10). The parastylid and the
paraconid are discinguished in the upper parc of
the Crown. However, rhey are connecced below
the middle of the crowns height, forming an
elongated sub-squarîsh srylîd, which is vertical to
the anteroposterior axis of the toorh. The first
valley îs very .shallow forming a vertical groove
berween the paraconid and the parastylid. The
metaconid is elongated, elliptical and parallel to
the anteroposterior axis of rhe toorh. It is
connccted with the cnroconid ftom the first stage
of wear. The second valley is V-shaped and closes
above the base of the crown. The entoconid and
the entosrylid are elongated and vertical to the
Table 7. — Soergelia brigittae. APL. Macedonia, Greece. Dental measurements: Lo. occlusal length: la, breadth of anterior lobe;
Ip, breadth ot posterior lobe; It. breadth of tatonid; I. maximal breadth.
n
mean
min
max
S
V
Mandible
LPM
3
149.93
143.0
156.8
6.90
4.6
LP
3
52.40
50.3
54.0
1.94
3.7
LM
3
57.36
92.6
102.5
4.96
5.1
p2 Lo
1
13.10
-
-
-
-
p2 La
1
11.40
-
-
-
-
P2I
1
9.20
-
-
-
-
p3 Lo
3
15.53
14.6
17.1
1.36
8.8
p3 La
3
15.20
14.2
16.8
1.41
9.2
p31
3
11.25
11.0
11.4
0.18
1.6
p4 Lo
3
22.03
22.0
22.1
0.06
0.2
p4 La
3
21-75
20.9
23.0
1.11
5.1
p4l
3
12.35
12.3
12.5
0.13
1.0
m1 Lo
3
23.73
21.9
27.3
3.09
13.0
ml La
3
21.88
20.2
25.1
2.78
12.7
m1 la
3
14.60
14.2
15.0
0.40
2.7
m1 Ip
3
16.36
14.6
16.2
0.77
5.0
m2 Lo
3
28.60
27.2
31.1
2.17
7.6
m2 La
3
28.40
27.6
30.0
1.38
4.8
m2 la
3
16.40
161
16.8
0.32
1.2
m2 Ip
3
16.05
15.6
16.3
0.39
2.4
m3 Lo
3
37.40
34.1
39.2
2.85
7.6
m3 La
3
40.46
40.0
41.0
0.50
1.2
m3 la
3
14.83
13.0
16.2
1.65
11.1
m3 Ip
3
14.71
13.0
16.0
1.55
10.5
m3 It
3
8.63
8.0
9.4
0.71
8.2
860
GEODIVERSITAS « 1997 • 19(4)
Plio-Pleistocene artiodactyls
anteroposcerior axis of rhe cooth, connected to
each other from ihe first stage of wear. The rhird
and fourth valleys are closed. Finally, p3 has an
open crigonid and a closcd calonid. p4 is strongly
molarized (Fig. 10) with closed trlgcmid and
talonid. The parastylid is strong» while the ento-
stylid is weak. The rhird valley' is decp and
oblique. The metaconid is well curvcd lingually.
The proroconid and che hypoconid are well
developed and they art disringui.slitd by a rclati-
vely deep vertical furrow. The lower molars arc
moderately clongated. d'he proroconid and che
hypoconid arc cqually developed and more angu-
lar in ml rhan in m3. The parascyltd is lingually
projccred and iucreases from ml ro m3. The
metaconid and the entoconid are slightly curved
lingually and they are separated by a wide central
furrow. The entostyJid is weak in ml, 2, stronger
in m3. There are no traces of metastylid in ml,
2, while in m3 the mctastylid is weak but obser¬
vable. The third lobe of m3 is semicircular with a
disto-lingual rudimentary stylid. The molars
bave a very weak goat fold in their anterior wall.
The ectostylid is absent. In occJusal view the
unworn m3 has a weak 'protoconal fold” and a
moderare “hypocon;d lold”.
The metacarpals arc short and relativcly robtisf.
The robusticity index (DI diaphysis X lOO/L) is
17 . 9 . The distal epiphysis of che metacarpal is
well developed. The groove of coossiGcation is
vet)^ weak and the intertrochlcax incision is widc.
The posterior face of the diaphysis is fiat. The
Fig. 9. — Soergelia brigittae n.sp., Apollonia (APL), Macedonia. Greece. A, APL-244, left mandible, lingual view; B, APL-25, right
mandible, labial view; C, APL-383, right mandible. labial view; D, APL-246, metacarpal, anterior view; E. APL-58, metatarsal. anterior
view; F, APL-356. metatarsal. latéral view; G, APL-310, pan of horn-core, latéral view. Scale bar: 10 cm.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
861
Kostopoulos D. S.
DTproximal is smaller than the DTdistal. The
metatarsals are robust and short, but more elon-
gated than the mecacarpaU. Their proximal epi-
physis is almost roundcd. The articulât facet for
the cubonavicular is situated higher than that for
the magnum. The palmar tubcrosivy is angular
and well devcloped. The groove of coossification
is observable but shallow and widc. The posre-
rior face of the diaphysîs is flat aiong the bone.
In the postérolatéral face of the proximal epiphy-
sis there is a clear tuberosity, corrcsponding to
the fifth metatarsal. In the proximal part ot the
diaphysis, the NltlII is more developed antero-
posteriorly rhan the MrIV. The keels of the distal
epiphysis are strong.
Discussion
The hypsodonty, the elongated lower premolars,
the elongated-stylomorph lower molars, the
absence of ecrostylid, the strongly molarized P4,
the distally projected metaconid of p3, the relati-
vely small p2 and the robust metapodials are fea-
tures regarded as tvpical for Ovibovini (Mova-
Sola 1987).
Moreover, the following morphological charac-
ters of tlie MclII^IV and MtlIl+IV are aho fca-
tures regarded as cypical for Ovibovini (De
Giuli & Masini 1983):
— rhe subparallel médial and lacerai borders of
the diaphysis in the upper third of rhe bone;
- the larger distal epiphysis comparacively to the
proximal one;
- the weak groove of coossificarion, observable in
the lower and upper ihird of the bone and
almost absent in the central parc;
- the slighily convex anterior face of the diaphy¬
sis comparativcly to the flat posterior one;
— the elliprical, nartow and closcd sinovial fossa;
- the slightly concave articulât facet of the
McIIDIV;
— the wide intertrochlear incision, especially in
the posterior surface;
— the well developed médial and latéral tuberosi-
ties.
The most common Plio-Pleistocene représenta¬
tives of medium sized Ovibovini are; Soergelia,
Megalovis, Pliotragns (= Hesperoceras -
Hesperidorcas = Deperetid^y Praeovibos 2 S\A. Ovibos
(De Giuli & Masini 1983; Moya-Sola 1987;
Duvernois & Guérin 1989). The systematic
position and the rclationships of some of ihese
généra are still discussed; several authors place
chem in Caprini {e.g. Schaub 1951). The genus
Soârgelia is described lor rhe first cime from
Süssenbom by Schaub (1951). Lacer ir is recor-
ded Iront the middle Plcistoccne ol Romania
(Radulcsco & Samson 1965), Germany (Kahlke
1969), Bulgaria (Spassov peis. comm.) and for¬
mer Soviet Union (Sher 1986). Gentry (1970)
considers Soergelia as an Ovibovini, supposing a
close lelationship between HesperidoctraSy
Deperetia, Megûlovis and Soergelia. De Giufi &
Masini (1983) Hivide rhe Ovibovini in three dis¬
tinct groups: rhe '‘geoup of Ovihos\ rhe “group
of Praeovibos^ and the “group of Megalovis'.
These authors place also in the lattcr group
Hesperidorcas and Soergelia. Duvernois àc Guérin
(1989) synonymize Depetetia^ Hesperoceras and
Hesperidoceras with Plioh-agtis.
Two species ol Soergelia are kiiown: Soergelia eli-
sabethae from rhe early-middle Pleistocene of
Central-Western Europe (Kahlke 1 969) and
Soergelia minor from rhe early Pleistocene of
Spain (Mcjya-Sola 1987).
The horn-core APL.-310 is very badly preserved
for adéquate comparison. Its insertion on the
cranial roof as well as its morphology fit well
with chose referred to Soergelia: horn cotes inser-
led laterally, robust ai cheir base and slightly tor-
sioned (Schaub 1969; Moya-Sola 1987). The
maximum diameier of rhe horn-core’s base is
73-77 mm in S. elisabethaey 43-47.5 mm in
S. mimrznd 54 mm in the APL specimen, indi-
catlng an inderraediate position (measurcments
from Kahlke 1969; Moya-Sola 1987). The index
"minimum dianietcr x 100/maximal diametcr at
the base'" is 88 for APL'31Ü, vs 73-80.5 for
Soergelia whwr, 86 for Pliotragns ardens^Axyd 62.5
for Praeovibos prisvus (measurcments from
Kahlke 1964; Moya-Sola 1987; Duvernois &
Guérin 1989), These values indicate rhat the
horn-core is less compressetl laterally in Soergelia,
Plionagiis md APL-310 than in Praeovibos.
p3 of the Apollonia bovid bas an elliprical meta¬
conid, which runs parallel ta the anccroposterior
axis of the tooth and is connected with the com-
plex entoconid + entostylid. The p3 of Soergelia
862
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Plio-Pleistocene artiodaccyls
Table 8. — Comparison of the lower toothrow’s dimensions of several eariy Pleistocene Ovibovlnl (data from Kahike 1969; Cregut &
Guérin 1979; Duvernois & Guérin 1989). *, Personal measurements on casts; partiy from photographies.
S. brigittae
APL
S. elisabethae*
S. minor*
Pliotragus**
Praeovibos
Caune d’Arago
Lp2-m3{1)
143.0-156.8
138.8
116.0
(117.4)
144
Lp2-p4 (2)
50.3-54.0
46.5
43.0
(39.9)
-
Lm1-m3 (3)
92.6-102.5
87.8
74.5
77.5
-
(2)/(3)x100
53.65
53.0
57.7
(51.5)
-
(2)/(1)x100
34.90
33.5
37.0
(34)
minor has a similar morphology (Fig. 10) but the
parastylid and the paraconid are more vertical to
the anteroposterior axis, while the hypoconid is
less developcd than in yVpoNonia. p3 of Pliotragus
has a more sqiiarish and less distally projccted
metaconid, a less dcveloped hypoconid and more
vertical situated paraconid and parastylid
(Fig. 10). The p3 oSPraeovibospriscm has a meta¬
conid vertical to the anteroposterior axis of the
tooth, while the second and third valleys are
open, indicating a more primitive morphology
than that of Apollonia.
p4 of the APL bovid is moderately elongated
with clcar parastylid, lingually convex metaco-
nid, well dcvclopcd hypoconid and deep third
valley, situated obliquely in relation to the antero¬
posterior axis of the tooth. The p4 ol 5. elisabe-
thae is shoner with less developed hypoconid
and conrinuous internai wall (closed third valley,
flat metaconid) (Fig. lÜ). p4 of Soergelia minor is
similar to ihat from Apollonia but the third val¬
ley is closed. Thus, the p4 of the APL bovid
seems to be more primitive than those of
S. minor and S. elisahethae. Pliotragns ardens has a
more similar morphology to that of the studied
bovid (Fig, 10). The p4 of Praeovibos prisais has
a shallow third valley and a rudimentary hypoco¬
nid, characters which differ from ihose of the
APL bovid.
In the APL bovid, die talonid of m3 is semicircu-
lar with fiat internai wall and a disto-lingual sry-
lid. This morphology firs well wirh that of
Soergelia, but in Soergelia minor rhe talonid is
more rounded and the stylid shoner. The talo-
nids interna] wall of PUotragus ardeus is not fiat
but clearly convex. In Praeovibos prisons from
Caune d’Arago the talonid of m3 is quadran-
gular, because of the presence of two distal stylids
(Cregut & Guérin 1979; Duvernois & Guérin
1989). The dimensions of the Apollonia m3 are
doser to those of Soergelia elisahethae. The m3 of
5. minor and Pliotragns ardeus is smaller, while
Rq. 10. — Comparison ot the p3 and p4’s morphology o! seve¬
ral Ovibovini: A-C, p4, SoergeWa bngïWae. Apollonia, Macedonia,
Greece; D, p3, iderrr, E, p4, Soergelia elisabethae: F. p4,
Praeovibos priscus-, G. p4. Pliotragus ardeus: H, p3. Soergelia
minor: I, p3, Pliotragus ardeus. Not to scale.
GEODIVERStTAS • 1997 • 19(4)
863
Kostopoulos D. S.
Table 9. — Comparison of the metacarpal’s dimensions of several Pleistocene Ovibovini; 1. length (max): 2, DT proximal; 3, DAP
proximal; 4, DT diaphysis; 5. DAP diaphysis; 6. DT distal (articuler); 7, DAP distal (articular); (data from Radulesco & Samson 1962;
Kahlke 1969; De Giuli & Masini 1963; Moya Sola 1967; Duvernois & Guérin 1969).
Mclll+IV
APL-246
S. elisabethae
Süssenborn
n = 1
S. Minor
V. Micena
mean
Pliotragus
Duvernois & Guérin 1989
n = 1
1
174.3
180.6
168.4
190
2
46
49.8
43.6
47
3
30.6
32.1
28.4
-
4
31.2
29.3
26.7
32
5
20.7
21.6
19.2
-
6
55.9
56.6
49.0
49
7
29.3
29.3
25.8
-
(2) X 100/(1)
26.4
27.6
25.9
24.7
(4) X 100/(1)
17.9
16.2
15.8
16.8
(6) X 100/(1)
32.0
31.3
29.1
25.8
(4) X 100/(6)
55.9
51.8
54.4
65.3
Mclll+IV
Mégalo vis
De Giuli &
Masini 1983
n = 6
Praeovibos
De Giuli &
Masini 1983
n = 4
Ovibos
moschatus
n = 1
cf. Praeovibos
Casa Frata
n = 1
1
190.5
(192-204)
184.1
(172-194.5)
188
188
2
55.5
(51-58.7)
53.5
(49-58.5)
61.9
61.7
3
38.0
(36.8-39.2)
35.3
(33-38.5)
36.7
36.4
4
35.5
39.4
(35.3-46)
44.0
42.9
5
24.6
(24.3-24.8)
23.4
(22.8-23.8)
22.3
27.2
6
59.5
(54-64)
65.5
(62-67.4)
69.9
66.0
7
33 4
(32.5-34.4)
35.1
(33-37)
35.2
37.0
(2) X 100/(1)
28.2
(26.5-29.4)
29.6
(26.4-31.7)
32.6
32.8
(4) X 100/(1)
18.1
(17.1-19.2)
21.3
(20.2-23.6)
23.3
22.8
(6) X 100/(1)
30.3
(28.1-33.3)
36.1
(35.3-36.5)
37.0
35.5
(4) X 100/(6)
59.9
(55.8-64.5)
57.1
(55.5-59)
62.9
65.0
that of Praeovibos priscus \s clearly largcr rhan
that from Apollonia (Fig. II).
The index “Lp2-p4 x 10()/Lml-m3” is 53.7 in
APL, similar to chat of 5. elisabethae and relacive-
ly smaller chan that of 5, minor. Nc\wheless, the
absolute dimensions of the Apollonias lower too-
throws are significantly larger than chose of
S. elisabethae. S, minor, Pliotragus ardeus and
Praeovibos (Table 8)^
As regards to che premolars, the studied bovid
differs from Praeovibos because, in the latter
genus, the index (breadth/length) is usually lar-
ger than 100, while it is smaller than 100 in
Soergelia, Pliotragus and in the APL bovid.
864
GEODIVERSITAS * 1997 • 19(4)
Plio-Pleistocene artiodactyls
lant
16
13
10
28 32 36 40 44 L
Fig. 11. — Soergelia brigittae, APL, Macedonia, Greece. Scatter
diagram companng the m3 dimensions of sevsral Ovibovinl
(after Moya-Sola 1987, modified; data froni Kahike 1964;
Duvernois & Guérin 1989): ■, Soergelia brigittae, APL: ♦.
Soergelia minor, Venta Mlcena; □, Soergelia elisabethae,
Süssenbom; 0. Praeovibos priscus', Pliotragus ardeus.
The metacarpal of the APL bovid is smaller than
chose of Megalovîsy PraeoviboSy Ovibos moschatm
and cf. Praeovibos from Casa Frara, Italy
(Table 9). Moreover, the studicd metacarpal is
shorter and less wîdened dlstally chan that of
Pliotragus (Table 9). The absolute dimensions of
the APL metacarpal are sicuared doser co
Soergelia and berween S. elisabethae and 5. mimr
(Table 9). The proportions of the rransverse dia-
merers, coniparatively te» the length of the bone>
show that the mctacarpals of Praeovibos and
Ovibos arc more robusc than chose of ihc APL
bovid, Soergeliay Pliotragus and Megalovis. The
APL metacarpal is sirtiated in the ''Megalovis
group” of De Giuli (bc Masini (1983) and close
to the représentatives of Soergelia (Fig. 12).
The morphological f^eatures of the studied meta-
tarsal are similar to those referred to Soergelia eli¬
sabethae (Schaub 1951; Samson àc Radulesco
1965). Nevertheless, the APL meutarsal has an
angular palmar tuberosity, similar to that of
S. minor (Moya-Sola 1987). The APL metatarsal
is metrically similar to that of S. elisabethae^
while its proportions are similar to those of
S, elisabethae 3nd S. w;V/yr (Table 10).
Taking into account the avaÜablc data, fhc sru-
died bovid is determined as Soergelia, Althougb
the material is not very abundant, the APL
Soergelia preserics some parricularities in body
size and teeth morphologVj wtiicli indicate a
more primitive form than S. elisabethae and a lar¬
ge r form than 5. minor. Moreover, the p4s mor-
phology of the APL Soergelia présents certain
DTdia
Fig. 12. — Soergelia brigittae. APL. Macedonia, Greece. Scatter
diagram comparing ihe proportion of metacarpals of several
Ovibovini (after De Giuti & Masini 1983. modified): ■. Soergelia
brigittae. APL; Q, S. m/nor. Venta Mlcena; S. elisabethae,
Süssenbprrt; t? n^egalovis. Seneze; O. Megalovts. Ollénie:
• . Nihowan: •, Mega/ows, Honan: B, Megalovis,
Chao Cfiuang: . Hesperoceras. Villaroya; V* Praeovibos. Bad
Frankenhausen: A. Praeovibos. Kofyma; \ Ovibos rnoschatus,
Süssenbom: •, OwOos pa//3nfts. £. Siberia; O. Ovibos mose^ia-
tus, Greenland: a , cf. Praeovibos, Casa Frata.
affinities to the earlier form Pliotragus ardeus.
-supporting the idea of a close phylogenetic rela-^
tionship berween the two généra. These considé¬
rations allow us to propose a new spécifie name
for the APL Soergelia’. S. brigittae n.sp.
GenusStaudinger, 1908
Praeovibos sp.
(Table 11)
Material. — M3, AIT-21 1 .
Description - Comparison
There is only a worn M3. The presence of
cernent is strong. The protocone is well develo-
ped, more projecred and more angular than the
hypocone. The parastyle is strong, direcred anre-
riorJy and connected wilh the paraconc at rhe
base of the crown. The p.iracone is strongly cur-
ved labially. The valley between rhe paraconc and
the mesostylc is U-shaped and not very deep,
The metastyle is strongly developcd with st]ua'
rish occlusal shapç. Ir is disully dlrectcd, forming
an extension in the disto-labial face of the tooth,
The cingulum is présent in the lingual side of the
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
865
Kostopoulos D. S.
Table 10. — Comparison of the metatarsal’s dimensions of several early Pleistocene Ovibovini; 1, length (max); 2, DT proximal:
3, DAP proximal; 4. DT diaphysis: 5. DAP dlaphysis; 6, DT distal (articular); 7, DAP distal (articular); (data from Radulesco &
Samson 1962; Kahike 1969; Moya-Sola 1987).
MtIM-f-IV
APL-58
APL-356
S. Minor
V. Micena
Praeovibos
V. Micena
1
214.1
215.3
185.3
185.5
2
44.5
44.5
34.8
41.0
3
42.4
44.5
34.7
37.7
4
28.8
29.3
23-4
30.0
5
26.5
27.4
24.2
24.7
6
58.0
58.4
45.1
51.0
7
32.2
33.7
25.8
28.3
(2) X 100/(1)
20.7
20.6
18.8
22.1
(4) X 100/(1)
13.5
13.6
12.8
16.2
(6) X 100/(1)
27.1
27.1
24.4
27.5
(4) X 100/(6)
49.6
50.1
51.8
58.8
MtlII+IV S. elisabethae
D373
Süssenborn
5. elisabethae
1965/2569
Süssenborn
S. elisabethae
Roumania
1
217.5
(210)
2
43.7
39.8
39.6
3
-
-
42.2
4
27.0
27.0
25.7
5
-
-
25.5
6
56.1
-
-
/
(2) X 100/(1)
20.1
(19)
(4) X 100/(1)
12.4
(12.8)
-
(6) X 100/(1)
25.8
-
-
(4) X 100/(6)
48.1
anterior lobe. In occlusal view, therc is a well
developed central islet, conneaed with the posre-
rior rear cavity.
The general morphological features of the stu-
died M3 are cypical for Ovibovini or Caprini.
The pre.sence of cernent, the srrong central islet
and the structure of the metastyle are different
from the tecth of Soergelia and siniilar to those of
Praeovibos and Oinbos. The morphological
(Fig. 13) and rnetrical (Table 11) comparisons
indicate chat the characters of the studied spéci¬
men approach better those of Praeovibos. For that
reason it is referred as Praeovibos sp.
Genus Veresgagin et al^ 1971
Pontoceros ambiguus Veresgagin et ai., 1971
Pontoceros ambiguus mediterraneus n.ssp
(Fig. 14, Tables 12-14)
Antilopmae gen. and sp. indet. A, Steensma 1988:
260-263.
Type specimen. — Frontlet, APL-39.
Mattirial. — Left and right horn-cores, APL-190a,
b; part of horn-core, APL-222, 305; part of maxilla
with P2-M3 dext and P3-M3 sin, APL-322; P4,
APL-515; M2, APL-126; M3, APL-7L
866
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Plio-Pleistocene artiodactyis
Table 11. — Comparison of the M3 dimensions of several Pleislocene 0\/ibovini (data from Schaub 1937; Kahike 1963.1964,1969).
M3
APL-211
Praeovibos
Frankenhausen
n = 1
Ovibos
Suessenborn
n = 3
Soergelia
elisabethae
n = 1
Megaiovis
n = 1
L occtusal
38.35
_
L alveolar
41.15
46.80
32.3-33.1
31.2
31.0
1 anterior
25.15
26.40
22.4-24.5
23.2
-
1 posterior
22.55
20.80
20.9-22.9
-
-
la X 100/La
61.12
56.40
69.3-74.0
74.6
-
Part of mandibular ramus with p3-m3, APL-35.
Distal part of humérus, APL-102, 150; radius,
APL-403; carpals, APL-540; McllI+lV, APL-99, 100,
188; proximal part of McIlI+lV, APL'335: distal part
of tibia, APL'289, 290; proximal part of MtlII+IV,
APL-106; firsc phalanx, APL^109, 110, 111, 112,
113; second phalanx, APL-114, 115, 320, 321, 490;
rhird phalanx, APL-116, 117.
Tvpe I.OCAI.ITY. — Apollonia-I, APL, Macedonia,
Greece.
Other LOCALITY, — Libakos (Grevena basin,
Greece).
Age. — Early Pleistocene (MNQ20).
Derivatio NOMINIS. — From the Latin "mediterra-
neîis\ indicating the living area of the animal.
DlAGNOSlS. - Horn-cores more mas.sive than those
of the type-sub.species, less torsioned and more strong-
ly divergent from the base ro the top. Their cross sec¬
tion is more clliptital-aïunded than that ol the typical
form. The contact between rhe horn-core ana the
pcdicel is noi observable. The kcels are less sharp than
those of the r)'|ûcal form. Presence of a main antéro¬
latéral foramen and of nvo secondary ones. Elongated
toorhrow with shorc-moUerate prcmolar row. P2, 3
and p4 strongly molarizcd. p3 with independent
metaconid, Presence of goat fold on the lower molars.
Limb bones elongated and slendcr.
Description
The anterior part of the frontals is strong with
niimerous small sinuses. The frontal bones are
slightly convex along the interfronraJ suture. The
fronto-parieral suture is Y-shaped. The posterior
face of the horn-cores Hase i.s .situated directly in
front of the fronto-parletaJ suture,
The horn-cores are situa ted above the orbits and
on the latéral borders of the frontals. Their sépa¬
ration is 37.5 mm medially and 122 mm lateral-
Fig. 13. — PraeoWtJos sp.. APL. Macedonia, Greece.
Comparison of the M3 morphology of several Pleistocene
Ovibovini: A, Praeovibos sp., APL; B, Praeovibos priscus',
C, Ovibos moschatus sussenbornensis: D, Ovibos moschatus
moschatus. Not to scale.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19 (4)
867
Kostopoulos D. S.
ly. The horn-corcs arc strotigly directed and incli-
ned backwards, i'orming an angle of about
30-40“ with thc cranial roof. The pediccis are
not observable. The horn-corcs arc elongated
enough and inverse spirailcd, forming a complète
gyre. d heir maximum length is estimated ai
about 230 mm. They présent three well develo-
ped keels: antérolatéral, anteromcdial and postero-
médial (distal) keel, according ro their
descending point. The antérolatéral keel is the
strongest one. At its base, there is a well develo-
ped foramen, associated with rwo rudimentary
ones. .Along the antérolatéral keel there is a well
marked furrow, wliich starts 50 mm above the
base and disappears 125 mm from the base of
thc horn-core. The anteromcdial keel is less
dcvelopcd than thc previous one in the proximal
part of thc horn-corc, but it bccomes stronger in
the discal part, 'fhe distal keel is weak, and asso-
ciated with a clear furrow. Ail thc keels arc not
sharp, except the antcrolateral keel, whîch is
sharply projected in thc spccimcn APL-190a.
Fine longitudinal grooves run accross the surface
of thc horn cores. The cross-section of thc
horn-cores is elliptical-suhrounded from ihc base
to the middle of rheir height (Fig. 15). The index
“DT X 100/DAP” is 90.3-94 at the base and
93-105.3 at 7 cm from the base. The internai
part of thc horn-corcs présents a porous central
région and a compact district zone. The
horn-corc dimensions are given in table 12.
The length P2-M3 îs 99.7 mm, with short to
moderate ptemolar row (index LP2-P4 X
100/LM 1-M3 = 61). The teeth axe meso-hypso-
dont with fiat enamcl. The breadth of the palace
is 53 mm between P4-M1 and 57-5 mm behiiid
M3. The prcmolars are slightly molaxizcd, especi-
ally thc P2, 3. M2 Seems to predominare bet¬
ween thc inolars. The metastyle of M3 is
directed distally. The posrerior lobe of the molars
is wider than thc anterior one. In occlusal view
there is a hypoconal fold.
The width of the mandible is 20 mm between
m2-m3. whilc irs height at the same point is
66 mm, indicating a relativcly shallow and
robust mandibukr ramus. The length p3-m3 is
90 mm. p3 has a slightly convex protoconid and
a clear but rudimentary hypoconid. The para-
stylid is separated from the paraconid and direc-
ted anteriorly. The paraconid is almost vertical to
thc anteroposterior axis of the tooth. The meta-
conid is strong, obliquely situated m comparison
to the antero-posterior axis of the tooth It is
mdependenr from the entoconid. The second
valley is V-shaped and deep. The entoconid is
elliprical and connected with the enrostylid. The
third v^alley is U-shaped, while the fourth v.alley
i.s closed. In p4 the protoconid and the hypoco¬
nid arc equiilly devcJopcd but thc flrst one is
wider. The internai wall of p4 is continuons,
with strongly projected parastylid, The entostylid
is also observable. The lower molars hâve no
parasrylid and metastylid (exçepr m3), while the
entostylid is weak. The prcsence of a goat fold is
clear in m2, 3. The talonid of m3 is semi-cinrular
shaped with a disto-lingual rudimentary srylid.
The teeth measurements are given in table 13.
The radius, McllltlV and MtlH+IV, are elonga¬
ted and siender, indicating a medium-sized. déli¬
cate “ajïtclopc’’. 1 lie limb'bones measurements
are given in table l4.
CC)MI'AR.ISON
l’he présence of the spiral horned “antilopes” in
(he carly PIcistocenc faunas is rather rare.
Morcover, thc only Pleistocene “antilope” with
inverse torsioned horn-cores is the species
Pontoceros amhigiius known from the Plio-
Pleistocene deposits of Azov Sea (Llkraine), as well
as from rhe faunal complex ot Tiraspol (Ukraina;
Vexesgagin & David 1968; Veresgagin et tz/. 1971).
Thèse discoverics were initially described as Capta
Sulcnian kiakhiemis (Pavlow 1911 ) or as Spiracertds
kjakbtensis (Veresgagin David 1968), but later
transfered to the new genus ;ind species Pontoceros
ambiguius (Vere.sg-eigin cl al. 1971). Neverihcless,
and according to my knowledge, tÜl today, only
rhe morphology of its horn-cotes is known.
The general morphological featurcs of ihe APL
horn-cores, such as the latéral insertion of the
horns in rhe cranial roof, the angle between the
horn-cores and rhe cranial roof (30-40“), the
moderaiely elongated and invet-sely torsioned
horn-cores. thc présence of three keels associated
with longitudinal furrows and rhe triangular to
elliprical cross section of rhe fiorn-cores are simi-
lar to the characters referred to Pontoceros
(Veresgagin et ai 1971).
868
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Plio-Pleistocene artiodactylj
Fig. 14. — Pontoceros ambiguus mediterraneus n.ssp., Apollonia (APL), Macedonia, Greece. A, APL-39. frontlet, anterior view;
B, APL-39, frontlet. latéral view; C, APL-322. right maxilla, labial view: D, APL-190, left horn-core, latéral view; E, APL-35. lett man-
dible, lingual view; F, APL-35, left mandible, labial view; G, APL-188, metacarpal, anterior view. Scale bars: A, B. 10 cm; C-G. 5 cm.
GEODIVERSITAS • 1997
Kostopoulos D. S.
Table 12. — Pontoceros ambiguus mediterraneus, APL, Macedonia. Greece. Horn-cores measurements and comparison with other
forms of the species (data from Veresgagin et al. 1970; Steensma 1988).
Horn-cores
L
DAP X DT base
DAP/DT base
DAP base/L
APL-39 S
205+
40.5 X 43.2
94
(20)
APL-39 d
175++
41.3 X 44.6
92.6
-
APL-190S
190++
-
-
-
APL-190d
225
-
-
APL-305 d
-
38.1 X42.2
90.3
-
Libakos
-
40.5x43.9
93.2
-
Nogaisk
297
46x48
95.8
16.1
Margaritovo
300
46x53
86.8
17.6
Tiraspol
280
42x46
91.3
16.4
Table 13. — Pontoceros ambiguus mediterraneus, APL,
Macedonia, Greece. Dental measurements: Lo, occlusaJ length;
la, breadth of anterior lobe; Ip, breadth of posterior lobe;
It, breadth of talonid; I, maximal breadth.
n
mean
min
max
s
V
Maxilla
LPM
1
99.70
-
-
-
-
LP
1
37.00
-
-
-
-
LM
2
89.95
59.6
60.7
-
-
P2 Lo
1
10.60
-
-
-
-
P2I
1
8.20
-
-
-
-
P3 Lo
2
10.92
10.7
11.2
-
-
P3I
2
9.75
9.5
10.0
-
-
P4 Lo
2
11.42
10.8
12.1
-
-
P4I
3
12.55
12.2
13.0
0.43
3.4
Ml Lo
2
18.45
18.1
18.8
-
Ml la
2
15.95
15.2
16.5
-
-
Ml Ip
2
14.90
14.8
15.0
-
-
M2 Lo
3
21.56
21.0
21.9
0.49
2.3
M2 la
3
16.46
15.6
18.0
1.33
8.0
M2 Ip
3
15.43
12.9
19.5
3.56
23.0
M3 Lo
3
20.66
19.5
22.5
1.61
7.8
M3 la
3
14.50
13.2
16.3
1.61
11.1
M3 Ip
3
11.70
9.5
14.5
2.55
21.8
Mandible
LM
1
66.00
-
-
-
-
p3 Lo
1
12.00
-
-
-
-
p3l
1
6.60
-
-
-
-
p4 Lo
1
12.90
-
-
-
-
p4 1
1
7.50
-
-
-
-
m1 Lo
-
-
-
-
-
m1 la
1
9.25
-
-
-
-
ml Ip
1
10.15
-
-
-
-
m2 Lo
1
21.00
-
-
-
-
m2 la
1
11.25
-
-
-
-
m2 Ip
1
11.20
-
-
-
-
m3 Lo
1
27.50
-
-
-
-
m3 la
1
11.20
-
-
-
-
m3 Ip
1
10.90
-
-
-
-
m3 It
1
5.50
-
-
The species Pontoceros ambiguus is characterized
by clongated spiral horn-cores> which form xnorc
ihan one complété gyxe (one and quarcer). 1 heir
cross secxion is triangular ai the base, becoming
ciliptical to the top. Thrcc wcll dcvelopcd and
rather sharp keels are présent, associared with
three srrong fucrows. The stronger keel is descen-
ding to an antérolatéral insertion, where three
weJl dcveloped foramens arc présent. The
horn-cores of Pontoceros ambiguus run parallel in
their proximal part. The frontals arc slightly
convex between the horn's bases, while the
supraorbital foramens are strong.
The morphological characters of the APL "anti¬
lope” fit well with those mentioned for
Pontoceros ambigtius (Veresgagin et al. 1971).
Nevertheless, chcre are somc secondary diffé¬
rences, which distinguish the Greck form.
1. The horn-cores of the typical P ambiguus are
more elongated than those from APL (Table 12).
2- The index "maximum diaincter at the base x
100/length of the horn-core” is about 20 for /\PL,
w 16-18 for the typical P ambiguus. These values
indicate that the APL bovid has more massive
honveores than the typical form of the species.
3. The keels of P. amhigtius arc sharp, while those
of the APL bovid axe more smooîhly developcd.
4. The torsion of the APL horn-cores forms a
complété gyre from rhe base to the top. The tor¬
sion of the typical P. ambiguus forms more than
one complété gyre.
5. Thé cross section of the horns base is more
triangular in P ambiguus^ while it is more ellipti-
cal-rounded in APL.
6. The antérolatéral keel is associated with three
870
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
PliO'Pleistocene artiodactyls
Table 14. — Pontoceros ambiguus mediterraneus, APL, Macedonia, Greece. Limb-bones measurements: 1, length (max); 2, DT
proximal; 3, DAP proximal; 4, DT diaphysis; 5, DAP diaphysis; 6. DT distal (articular); 7, DAP distal (articutar).
n
mean
min
max
s
V
Radius
1
1
237.30
-
_
-
-
2
1
42.00
-
-
-
-
3
1
21.80
-
-
-
-
4
1
23.60
-
-
-
-
5
1
16.20
-
-
-
-
6
1
34.30
-
-
-
-
7
1
21.80
-
-
-
-
Mclll+IV
1
3
224.20
216.8
229.2
6.53
3.0
2
4
36.10
34.5
37.7
1.44
4.0
3
4
25.78
22.6
27.9
2.26
8.8
4
3
20.43
19.2
22.5
1.80
8.8
5
3
19.30
17.7
21.0
1.65
8.6
6
3
36.06
33.5
38.6
2.55
7.0
7
3
24.20
22.6
25.0
1.38
6.0
MtlII+IV
1
2
1
30.00
-
-
-
-
3
1
33.50
-
-
-
-
Phalanx 1
1
5
59.22
55.3
61.6
2.40
4.0
2
6
17.41
17.0
18.0
0.34
2.0
3
6
21.50
20.4
22.0
0.58
3.0
equally developed foramens in the typical
7? ambiguîis, while it is associated widi an impor¬
tant and rwo secondary foramens in APL.
7. The horn-cores of the typical P. ambiguus are
parallel in rheir proximal part, while chose from
APL diverge from their base.
8. The contact bctween the horn-core and the
pedicel is mure clear in the typical form, while it
is not developed in APL.
The différences mentioned above are not suffi-
cienr for a spécifie distinction, but they seem to
be important to separate the rwo forms in sub-
specific level. Thus, the APL /? ambiguus was
considered as a new subspecies, named P, ambi¬
guus mediterraneus n.ssp,
The possible presence of the specics P. ambiguus
in the Mediterranean région is mentioned for the
first time by Moya-Sola (1987) and lacer by
Steensma (1988). The lattcr author has descri-
bed, from the locality of Libakos (Macedonia,
Greece), a bovid, referred to as Antilopinae gen.
and sp. indet. A, which shows great similarines
with P ambigius (Steensma 1988). The compari-
son of the Libakos sample with that from APL
(Fig. 15, Table 12) shows that the two forms are
very simÜar, in dimensions as in morphology.
Consequently, the Libakos Antilopinae is inclu-
ded to the new subspecies. The available data
allow CO révise the sysrematic of the genus
Pontoceros as following:
Genus Pontoceros étal, 1971
Type SPECIES. — Pontoceros ambiguus Veresgagin et
aL 1971.
Other REFERENCES. — Capra Suleman kiakhtemis
Pavlow, 1911; Spirocerus kjakhtensis Veresgagin et
David, 1968; Antilopinae gen. and sp. indet. A,
Steensma, 1988.
Type LüCALI rv. — Nogaisk, Azov Sea, Ukraine.
Other LOCALITIES. — Margaritovo, Tiraspol,
Apoilonia-1 and Libakos.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
871
Kostopoulos D. S.
Age. — LvUcst Pliocene-early Pleistocene.
Emended DIAGNOSIS. — Medium mcd “antclope”
(probably related lo Ovibovini) with straight spirafled
and inverse torsioned horn-cores, siruatcd above the
orbits and in liie latéral borders of the frontals. The
horn-cores are strongly incllned backwards (30-40")
and variable laterally. They hâve three well developed
kccis, associared with cqual number of furrows. In ihe
antérolatéral face of the honi’s ba^c, rhcre are ihrcc
well de\C'loped foramens of varions size. The fronto-
arietal sutnre is Y-shaped- The tccth arc rathcr mcso-
ypsodont. The premolar row is rather short
comparatively to the molars. p4 is completely molari-
zed with continous internai wail. The limb bones are
elongated and siender.
Pontoceros ambiguus ainbiguus
Veresgagin et aL, 1971
Spirocerus kjakhtensis Veresgagin et David, 1968: 391-
397.
Type LOCALITY. — Nogaisk, Azov Sea» Ukraina.
Other localities. — Margaritovo, TtraspoL
Age. — Laccst Plioccnc-Early Pleistocenc.
EMENDEU IHAGNOSIS. — Tvpiad forni of the spccies.
Horn-cores strongly incUned oackwards and parallcl to
each other in thcir proximal part. Cross-seaion of the
horn-cores, triangular ai the base to elhptical ar ihe cop.
Abrubi contact between horn-core and pedicel. Sharp
keels. Antérolatéral foramens equally developed.
Pontoceros ambiguus mediterraneus n.ssp.
Antilopinae gen. indet. sp. A. Steensma, 1988: 260-
263, fig. 81.
Pontoceros ambigtitis ambiguus Veresgagin et ai, 1971:
167-169, fig. 61.
Type locality. — Apollonia-1, APL, Macedonia,
Grecce.
Fig. 15. — Pontoceros ambiguus mediterraneus, APL, Macedonia, Greece. Comparison of the horn-core morphology and of the
transverse sections, of several forms of Pontoceros (data from Veresgagin et al. 1971 ; Steensma 1988) : A, P. ambiguus ambiguus,
Nogaisk (former Soviet Union); B, P. ambiguus mediterraneus, Libakos-Greece; C, P. ambiguus mediterraneus APL*Greece;
m, médian side; a, posterior side; I, latéral side; o, anterior side; 1, cross-section at the base; 2, id. at the middie.
872
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Plio-Pleistocene artiodaccyls
Other LOCAl.ITY. — Libakos (Grevena basin,
Greece).
Age. — Early Pleistocene (MNQ20).
Diagnosis. — Sce abovc.
Caprinae gen. etsp. indct.
Among rhe fossil matcrial from APL there is a
mandibular ramus with p2-m3j ü M3 and some
iimb bones of a mcdiuin-sized bovid, clearly dif¬
ferent from Pontoceros amhigum. The teeth are
very hypsodont with rippled enamel. p3, 4 are
molarized. The goat fold of the lower molan; is
strong. The limb bones are relatively elongated
but clearly robuster ihan diose of Pontoceros. The
robusticic)' index for die radius is 11.5, 12.7 for
the mctacarpal.
The general morphological feauires of the studi-
ed specimens are close co chose refcrrcd for
Caprini. Neverchcless, ihe scarse niaierial cannot
allow a certain détermination. The APL
Caprinae is larger ihan Capra alba Moya-Sola,
1987, Capra primaeva Aranibourg^ 1979 and
Hetnitragm hunali Harle et Siehlin, 1914, while it
shows similarities with the middle-late
Pleistocene Capra ibex.
CONCLUDING REMARKS
The study of the artiodactyl material from APL
showed the piesence of six different forms (one
cervid and five bovids). Among theni, there are
one new specics {Socrgelia brigittae)-, one new
sLibspecies (Poutocrros ambigum mediterraneui)
and a possible new species [Bison {Eobison)
n.sp.]. Socrgelia^ Pracotnbos and EobUon are des-
cribcd for the First time from Greece, while
Pontoceros is certainly occuring for the first time
in the Meditcrrancan Europe. Eobisojt and
Megaloceros from AI^L are two faunal cléments of
great interesr as regards ta the origin,^ the sysre-
matic and the palacogeography of primitive
bisons and megalocercs respectively.
The artiodaccyls from Apolloiiia-1, and especially
che primitive Bison, Soergelia, Pontoceros and
Megaloceros suggest an early Pleistocene âge for
the locality (Kostopoulos &c Koufos 1994;
Kostüpoulos 1996). This âge fits wcll with the
biochronological data obcaincd from the study of
carnivores (Koufos 1993) and equids (Koufos et
ai 1992).
The association of artiodact)4s from APL is simi-
lar to chat of Venta Micena (Spain), Farneca,
Pirro Nord (Italy) and Sainzelles (France). The
fauna of APL could be placed in the MNQ20
zone of Guérin (1990) or in the Farnera Faunal
Unit of Torre et al. (1992).
The association of artiodaccyls from APL indi-
cates a 'ksavanna grassland'^ environment
(Kostopoulos àc Koufos 1995 in press;
Kostopoulos 1996) reconstfucled as warm and
diy wirh seasonal rainfâlls. The cendancy rowards
an increase of wetness is supported by the fauna
characterizing the Platanuchori Formation in
whicli the occurrence of frcsli-waicr mollusks,
fish otolites and hippopocamids support this opi¬
nion.
Acknowledgements
Thanks are due to the Academy of Athens and
the National Scholarship Foundation for their
économie support. The author is gratefui to
Prof. G. Koufos, as well as to Dr. Ph. Brugul,
Dr. F, Ma.sini, Dr. L. Abbazzi, Dr. Moya-Sola
and Dr. S. Sen for their assistance. Dr. M. Patou-
Mathis and Dr. A. Gentry are also thanked for
reviewing rhe manuscript.
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Submitted for publication on 25 September 1996;
accepted on 18 December 1996.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
875
New excavations in the Neogene mammalian
localities of Mytilinii, Samos Island, Greece
George D. KOUFOS, George E. SYRIDES, Dimitris S. KOSTOPOULOS,
Kalliopi K. KOLIADIMOU, loanna A. SYLVESTROU,
George Ch. SEITANIDIS and Theodora D. VLACHOU
Aristotle University of Thessalontki, Department of Geology and Physical Geography,
Laboratory of Geology and Palaeonlology, 54006 Thessaloniki (Greece)
Koufos G. D., Syrides G. E., Kostopoulos D. S., Koliadimou K. K., Sylvestrou I. A.,
Seitanidis G. Ch. & Vlachou T. D. 1997. — New excavations in the Neogene mammalian
(ocallties of Mytilinii, Samos (sland, Greece. Geodiversifas 19 (4) : 877-885.
KEYWORDS
mammals,
stratieraphy,
Late Miocene,
Turolian,
Greece.
ABSTRACT
In the présent article the first data frotn the new campaign of excavations in
the Neogene mammalian localities of the Mytilinii Basin (Samos island,
Greece) aregiven. The faunal composition of five different fossiliferous sites,
as well as the First stratigraphie and biochronological data on their deposits
are al.so presented. The mammal faunas newiy collected in five sites are ail
early-middle Turolian âge.
MOTS CLÉS
mammifères,
stratigraphie,
Miocène supérieur,
Turolien,
Grèce.
RÉSUMÉ
Dans cet article .sont présentes les premiers résultats des nouvelles recherches
sur les localités de mammifères de Samos. La composition faunique de cinq
gisements fossilifères, ainsi que la stratigraphie des dépôts sédimentaires de la
région permettent de proposer des corrélations avec la biochronologie mam-
malienne de l’Europe. Les nouvelles faunes que nous avons récoltées dans
cinq sites à Samos sont datées du Turolien inférieur et moyen.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Koufos G. D., Syrides G. E., Kostopoulos D. S., Koliadimou K. K., Sylvestrou I. A., Seitanidis G. Ch. & Vlachou T. D.
INTRODUCTION
The fossiliferous deposits of the Mytilinii Basin in
Samos island were known since the second half of
the last centur)^ (Forsyth Major 1894). A great
amount of mammaliân lossils has bcen un-
earthed Irom several localities, housed now in
varions muséums of Europe and United States.
Numerous papers referrii^g co fossils; stratigraphy
and chronology of the Mytilinii Basin hâve been
publisl ied. I lowcvcr, chc main problem, whcn the
old collections arc concerned, is thac fiassils collée-
ted from different localities are mixed. As a resuit,
it is difficult, or at least doubrfull, to correlate
mammahan taxa with the localities and conse-
quently with the local sirvatigraphy. Sometimes
the number of ihe determined spccics from onc
localicy* is very high. for cxampic, the faunal list
of Quarry 1 (Ql) euumerates sixteen spccics of
bovids (Soiounias 1981), a number which is un-
usual for a single localiry In rhe l are Mîoeene
localities of Macedonia, Greece, the maximum
observed number ot bovids is seven in the locality
“Ravin des Zouaves 5” RZO (Bonis et al 1992).
Most of the old collcctors of Samos werc iiot
palaeontologists and they coUected fossils for sel-
ling them. So the informations on the exact loca-
lity whcre they hâve been fouiid remain very
poor. Browns collection has locality indications
but the teloc.ition and corrélation of the old
quarries with the récent collections are
questionablc. Solounias (1981) tried to rclocare
the old fossil quarries and ro identify the collec¬
tions and taxa related to them in different
muséums and universiries in Europe and United
States; consequenrly, he established faunal lists
for most ül fhc old tossil quarries. More receiuly
Bernor et al. (1996) used these rclocaiions to
propo.se corrélations of the Samos faunas wiih
the European Neogene mammal chronology.
Some micromammals collecied from two sites of
the basin with clear locality indications are al.so
known (Black/T t?/. 1980).
Prof. J. Melentis' cxcavared in 1963 in the
Andrianos ravine and hLs collection i.s now stured
in the Mytilinii Muséum. In ilie same locality
the first author (G. D. K.) was digging in 1986,
together with Prof. J. Melentis. Tliis locality is
named as MTLA in the présent paper.
Concerning the âge of che Samos fauna there are
also different opinions. According to Gentry
(1971) and Sondaar (1971) there are two diffe¬
rent faunas in che Samos materiah dated as carly
and late Turolian, Solounias (1981) considers
thaï the Mytilinii Formation, includmg the tbssi-
lifcroUvS laycrs, was deposited in a very short cime
intcrval and chat the faunal différences are due to
scasonal or very minor rime différences or to eco-
logical changes.
The mixing of chc Samos matcrial, the difficul-
tics in the relocacion of the old quarric.s and
consequenrly of their stratigraphie po.sition, as
wcll as their questionahJe corrclation with the
old collections, raise a sériés ol probicms, doubts
and questions related with sysiemaiics, bunal
composition, chronology and palaeoecolog^^
Considering ail che above mentioned pmblems,
it is necessary to hâve new collections from cer¬
tain fossiliferou-s lex^els which can prnvide more
précisé .strarigraphic inlormation. For thi.s reason
we decided to start our work in Samos from
"zéro point” with a new séries of excavations,
cogccher with a dctailcd siudy of chc stratigraphy.
Our field work starred in 1993 and an extensive
prospection allowed uf, to locate several fossilife-
rous sites. Duriug 1994 and 1996, excavations in
some of them were decided, while a new .srudy of
the stratigraphy was iniciated in 1996. This
paper présents new data on ihc mammal locali¬
ties and their founal content, along with some
stratigraphieal and blochroiiological observa¬
tions.
LOCALITIES
l’he localities in which excavations were carried
out are siniated NW of the village of Mytilinii
(Fig. 1). In Adrianos ravine - ravine of Stefanidis
according to Melentiîr (1969) - three different
fossiliferous sites hâve been recognized. The loca-
licy was named “Mytilinii 1", MTL and irs rhree
.sites are abhreviated as MTLA, MTLB and
MTLC. The lattcr rwo sites arc new. Their srraci-
graphical rclationships are discusscd below. Two
orher fossiliferous sites were found in the ravine
of Potamies and were named “Mytilinii 3”
(MYT) and “Mytilinii 4” (MLN; Fig. 1). Several
878
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
New excavations in the Neogene
GEODIVÊRSITAS • 1997 • 19(4)
Koufos G. D., Syrides G. E., Kostopoiüos D. S., Koliadimou K. K., Sylvestrou I. A., Seitanidis G. Ch. & Vlachou T. D.
scattered boncs have also becn fbund iii various
sites of the basin but without enough concentra¬
tion to be investigated. According to rhe reloca¬
tion of the old quarrics given by Solounias
(1981), the locality MTL is probably équivalent
to Q1 or QA, while MYT and MLN possibly
correspond to Q3 and Q4 respectively.
STRATIGRAPHY
The Neogene suaiigraphy of the M}T:ilinii Basin
was studied by several authors (Meissner 1976;
Theodoropoulos 1979; Solounias 1981;
Weidmann et ai 1984). According to the last
two papers, the Neogene deposits of the area are
divided in five formations. Fossil bones are found
in the Mytilinii Formation and more precisely in
ics two members "Ûld Mjll I^eds’’ and “Main
Bone Beds’\
Our aim is to srudy the detailed scratigraphy of
the fossiliferous area and to Incate the relative
position of rhe various fossiliferous sites from
which we collected lossils. The study of dic local
scratigraphy is very difficulc bccausc the area Ls
strongly faulted of and marked latéral faciès
changes makc difUcult to follow lithologie hori¬
zons. Moreover. rhe alternation of beds with
similar lirhology makes the conditions more
complicated. We begin to study various outerops
starting witb vhose in which the localicies
“Mytilinii 1 ' (MTL) and “Mytilinii 3” (MYT)
were found.
The “Mytilinii 1” (MTL) outerop is siruated in
Adrianos ravine about 2.5 km NW ofthe village
of Mytilinii (Fig. 1 ). Ar the base, the deposits
consist of sands and silts with lenses of rounded
pebbles front the preneogene basement, ofvolca-
nic rocks and of the older Neogene marly lime-
stones (Fig. 2). ddiis liihology is concinuing
toward the top of the outerop with several inter¬
calations of marly hmestones and volcanoclastics.
A fault eues the outerop and provides difFiculties
to follow laterally the fossiliferous level. In the
northwesîcrn bank of the ravine dte bones arc
situated near ilie botiom of the ravine (Fig. 2) in
a hard silty sandstone (MTLA). In 1996, in a
higher level about 5-6 m above MTLA, the
remains of an old excavation have been found.
from which several bones sometimes complété,
have been collected. These remains indicate that
the old excavators were only interested in collec-
ting skulls and mandiblcs, whÜc they broke and
disposed of the others; consequently, their collec¬
tions areselected and biased. In the south-eastern
Bank of the ravine, two fossiliferous sites have
been discovered: one at the hortom of rhe ravine
(MTLC) and another near the top, about 25 m
higher chan the first one (MTLB). Taking into
account ail these observations, fwo hypothèses
are possible: (I) if rhere is nor any fault along the
Andrianos ravine, rhree different fossiliferous
levels should have occured; (2) if there is a fault,
at leasL two different Icvcis can bc distinguished.
l’hi.s situation confirtns the diffîculties co correla-
te ihc old fossiliferous sires. The old marerial
lahelled as Q1 or QA was probably collected
from our locality MTL, But the question whc-
ther Q1 and QA belotig, or not, to the same
horizon is siill open. If they arc stratigraphically
LEGEND
Fig. 2. — Stratigraphie column of "Mytilinii 1”, MTL (A) and
"Mytilinii 2", MYT (B) outerops.
880
GEODIVERSITAS • 1997 « 19(4)
New excavations in the Neogene mammalian localities of Mytilinii
difFerent, which of them can be correlated with
the fossiliferous sites of MTL? In Kemikiitcpe,
Turkey, rwo fossiliferous levels with a height dif¬
férence of less than 13 m hâve bcen dated as
MN11 and MN12 rcspectively (Sen ei ai 1994).
It is also interesting to note that the localities
MTLA and MTLB yielded some cotes of land
snails (Hclicidae).
The other outcrop ‘'Mytilinii 3” (MTF) is situa-
ted in the area ol Potaniies, about 2 Ion from the
village of Mytilinii (Fig. 1). The lichology is sinii-
lar to that of MTL, with sands and silts, and
intercalations of volcanoclastics and marly lime-
stones. Howevet, the coar.se material prédomi¬
nâtes in the MYT outcrop. The horizon with
bones is situated near the bottom of the outcrop.
FAUNA
VF.RTF.BRATE TAXA
The collected and prepared material from
MTLA ineJudes complété skulls and mandibles
of rhinoccrotids, iccitheres, bovids and stiids, as
well as several complété po.stcranial éléments
allowing a quîte accurate détermination. The
sample from MYT is tioi so good, but the occu¬
rence ofsome taxa is well argued. From the other
localities found during the last field campaign,
only few specimens bave been unearthed; they
are often badly presetved becau.se of the surtacc
weathering. Thesé localities will be betrer Investi-
gated in the future. The détermination of the
available material froni each localicy gives the fol-
lowing faunal lises:
MTLA, Pseudomeriones cf. pythagorasi,
Prorndes sp., Hyaevotherium wongHy Orycteropm
gaudry 'h Ilipparion cf. probo^Cfd€Hm^ Hipparion
sp., Dicerorhinm pikemknsis^ Mkmtonyx niajofy
Samotherium Mtoîragocems monacensky
Tragoportax cf. rugoiifronSs Gûzdh sp.> Protoryx
ctiroHnae^ P<,eiidotrûgtL\ purvidnn^ Antilopinae
indet., Bovidae indet.
MTLB, Hipparion sp., Dicerorhinus cf. piber-
miensisy Samotherium hoissieri.
MTLC, Hipparion sp., Dicerorhinus sp.,
Sa motherium hoissieri.
MYT. Hipparion sp., Hipparion cf. proboscideuniy
Dicerorhinus cf. pikermiensisy Samotherium bois-
sieriy Protoryx cf. laticepSy Protoryx sp., cf.
Pseudotragus.
MLN. Hipparion sp., ? Protoryx sp., ? Tragopor-
tax sp.
The presence of Pseudomeriones in MTLA is
signifïcant betause small mammals hâve been
found together with the large ones for first time
in Samos mammal localities. This taxon is al-
ready known in Samos from the sites S2-3 from
which N. Solounias waslied sédiments (Black et
ai 1980). Our material consists of an herniman-
dible with ml-2. a right ml and a right Ml; we
pk^n to pursue washing-screening more sédiment
from MTL.A during the ncxt field season in
order ro check if there are more micrumanirnals
or if they are accidentaly occuring.
Invlktlbhai >: taxa
During the stratigraphie investigation in various
places on the field, several invertebrate fossils
hâve been collected: in the limestones of Ano
Vathy, Pkinorbis sp,, ? Melanopsidae indet. and
? Lymnaeidac indei.; in the limestones east of
Pythagorion, Melanopsidae indet; in the mam¬
mal localities M 1 lA and M LLB some cotes of
lïelicidae indet.; Brotia cf. giaeca (Stelani) jn the
lime-stones with Phragmites of Stci'am HilL near
Mytilinii; in the maris and limestones, near the
village of Mavratzei, Planorbis sp. and
Lyrnnaeidae indet.; in the grcen maris north of
Mavratzei a .sm.ill faunule Murh Bithynia sp.,
? Lymnaea sp., ? Planorbis sp. and Hydrobiidae
indet. Another .small faunule including
Hydrobiidae indet., Planorbis sp. and ostracodes
lias been found in the limestones near the
monastery of Timîou Stavrou.
COMPARISON ÜF TUE EAUNA
The MTLA collection is the tichest one and
good comparisons can be drawn with other équi¬
valent aged localities. The carnivores arc repre-
senred by a skuU and snme mandibular remains
of an ictithere refered ro as Hyaenotimium won-
gii based on the morphology and size. The skull
and mandible from MTLA is similar ro those of
“Ravin des Zouaves 5^ and Vathylakkos 2, 3 in
Axios Valley dated to early Turolian. An isolatcd
ml is reported to Promeles sp. It has the rypical
morphology of Promeles from Pikermi but it is
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
881
Koufos G. D., Syrides G. E., Kostopoulos D. S., Koliadimou K. K., Sylvestrou I. A., Seitanidis G. Ch. & Vlachou T. D.
slightly longer, The rhinocerotids are well repre-
sented in the MTLA macerial by slculls, mandi-
bular fragments and postcranial cicmencs. Their
morpholog)' shows strong resemblance ro that of
Dkerorhinus pikerrnicnsis from Pikermi. The hip-
parions are poorly represcnted and che material
consisrs of some maxillary and mandibular
remains and postcranial elernentvS. The occurren¬
ce of two species is supposed. A large one is
merrically close lo //* probomdeunh but because
of the lack of cranial remains ic is referred to as
H. cf. proboscidemn^ Some other hipparion
remains correspond ro small to middic-sized
species. They represcnt either one species wirh its
extrêmes values or cwo species. More material is
needed to check their systcmatic position, hence
their attribution to Hipparion sp Abundant
postcranial bones of giraffids hav^e been found in
MTLA, .and ail belong to Sanmtherîum boissieri^
the well-known giraffid of Samos. The bovids are
numerous and some of fhem arc reprcsenicd by
well preserved skulls and oiher cranial remains.
Their preliminary comparison with ihose from
the Lare Miocene localiiics of Axios Valley,
Macedonia, Gneece, suggesus similarities with che
early Turolian forms.
Chronoloc'.y of Samos fauna
As we mentioned above, contiovcrsial opinions
hâve been expressed about the âge and rime span
of the Samos mammal faunas. The initial opi¬
nion envi-Saged that there are two differeiu faunas
dated as early Turolian (MNl 1) and late
Turolian {MN13) respectively (Gentry 1971;
Sondaar 1971). If is ncccssary to mention here
that van Couvering & Miller (1971) hâve calcu-
lated, for the tuffs Included in che Mytilinii
Formation, an approxlmatc K/.Ai âge ot 8.5 Ma
(early Turolian). The other opinion Ls that the
Turolian mamrnals trom Samos localities might
be considered as belonging to a single fauna,
while the Mytilinii Formation which includes
the fossiliferoufi beds was accumiilated in less
than 0.5 Ma (Black et ai 1980; Soloimias 1981).
Lacer on, Wcidmann et al. ( 1984) provided seve-
ral K/Ar datings on sanidines and biotites from
different tuffaccous horizons of the Mytilinii
Formation, and chus showed that the fossilife-
rous horizons are bracketed between 8.5 and
6.2 Ma, which means a duration of more than
1.5 Ma for che Samos faunas. In the recent cali¬
bration of the MN zones (Steininger et al. 1996),
this time interv'al recovers MNll, MN12 and
che base of MN!3. The magnerostratigraphic
study of the upper part of the Mytilinii
Formation suggests that the upper mammalian
fossiliferous levels are included in the rime span
from 6.4-6.1 Ma (Sen & Valet 1986). Using the
single crystal -’^Ar/'^^Ar dating on sanidine, the
lower fossiliferoiis level (“Old Mill beds”) was
dated as 8.33 t 0.05 Ma and the upper fossilife-
roiis level (‘'Main Bonc Beds”) as > 7.1 Ma
(Swisher III 1996).
The available new material from Samos localities
is still insufticient to give complète biochronolo-
gical resulcs. However the material from MTLA
is abundant enough to be compared with other
localities and ro provide information about the
age of rhe locality. The MTLA tauna is compa¬
red at spécifie level (Table 1) with rwo sets of
(aunas, both from recent excavations and with
précise slracigraphical informations. 1 he first set
includes chc faunas of two localities in
Macedonia, Greece, “Vathylakkirs 3'\ VAT* and
‘'Ravin des Zouaves 5”, RZO; both have been
dated as early Turolian, MNl I (Bonis et al.
1988: Koufos 1990). The other sel includes the
localities "Kemiklitepe D”, KTD and
"Kemikiiccpe A-B”, KTA-B from western
Turkey; the finst one is dated as early Turolian
(MNll) while the .second as miJdle Turolian
(MN 12) (Bonis r//. 1994; Sen 1994).
The composition of the MTLA fauna présents
strong similarities with those of Kemiklitcpe
localities, suggesting an early-middie Turolian
age (Table I). Ite comparison with chat ol RZO
shows that half of the gençra recognized in
MTLA occuned also in RZO, while several
species are shared with both faunas (Table 1).
The similarity of the MTLA fauna, both at
generic and specinc levels with that of
“Vathylakkos 3” is also rcmarkable; among
others we stress the presence of Samotherium
boissieri 'ixs both localities (Table I) as démonstra¬
tive. Conseqiiently, an early Turolian age is pos¬
sible for the MTTA fauna. The material from the
locality MYT is still poor, although it shares fau-
nal similarities with MTLA.
882
GEODfVERSITAS • 1997 • 19(4)
New excavations in the Neogene mammalian localities of MytiÜnii
Table 1 . — Faunal composition of MTLA In comparison with other Turolian localities from eastern Mediterranean. The names of the
localities are abbreviated as: MTLA. Mytîlinii 1A. Samos Isiand; VAT, Vathylakkos 3, Macedonia, Greece; RZO, Ravin des
Zouaves 5. Macedonia, Greece; KTD, KTA-B. Kemiklitepe, sites D and A-B in western Turkey.
Généra
Species
MTL-A
VAT
RZO
KTD
KTA-B
Mesopithecus
delsoni
+
Mesopithecus
penîelicus
-
cf.
-
-
-
Pseudomeriones
pyîhagorasi
Cf.
-
-
-
sp.
Hysîrix
primigenia
-
-
-
-
+
? Indarctos
-
-
-
-
+
Piesiogulo
crassa
-
+
-
-
-
Promeles
sp.
+
-
-
-
-
Plioviverrops
orbignyi
-
+
-
-
-
Plioviverrops
guerini
-
cf.
-
-
-
Ictithehum
viverrinum
-
+
+
-
-
Hyaenothehum
wongii
+
+
+
-
+
Lycyaena
-
-
-
-
sp.
Adcrocuta
eximia
-
+
+
-
+
Chasmaporthetes
bonis!
-
-
+
-
-
Machairodus
aphanistus
-
sp.
sp.
+
-
Orycteropus
gaudryi
-
-
-
+
Choerolophodon
pentelici
-
+
+
+
+
Zygolophodon
turicensis
sp.
-
+
-
-
Pliohyrax
graecus
-
-
-
sp.
+
Hipparion
proboscideum
cf.
-
+
-
-
Hipparion
dieîrichi
-
+
+
-
-
Hipparion
macedonicum
-
+
+
-
-
Hipparion
mediterraneum
-
-
-
+
+
Hipparion
matthewi
-
-
-
?
+
Hipparion
sp. (small-sized)
+
-
-
+
?
Macrotherium
macedonicum
-
+
-
-
-
Ancylotherium
pentelicum
-
-
-
-
cf.
Aceratherium
-
sp.
-
-
-
ChUotherium
persiae
-
-
aff.
? sp.
Dicerorhinus
pikermiensis
+
-
-
? +
-
Ceratotherium
neumayri
-
+
+
+
+
Microstonyx
major
+
+
+
-
-
Propotamochoerus
hysudricus
-
-
+
-
-
Dorcatherium
puyhauberti
-
+
-
-
-
Palaeotragus
rouenii
-
-
+
+
+
Samotherium
boissieri
cf.
+
-
aff.
-
Samotherium
major
-
-
-
-
+
Helladotherium
duvernoyi
-
-
+
-
-
Bohlinia
atîica
-
+
-
-
-
Tragoporîax
rugosifrons
cf.
+
+
-
-
Prostrepsiceros
zitteli
-
+
+
-
-
Prostrepsiceros
rotundicornis
-
-
+
-
-
Nisidorcas
planicornis
-
+
+
-
-
Gazella
pilgrimi
-
+
+
-
-
Gazefla
sp.
+
-
+
- ■
-
? Oiceros
wegneri
-
-
-
-
cf.
Paiaeoreas
findermayeri
-
+
-
-
-
Palaeoreas
zouavei
-
-
+
-
-
Paiaeoreas
elegans
-
-
-
cf.
-
Criotherium
argalioides
-
-
-
+
-
Protoryx
carolinae
+
sp.
sp.
-
-
Protoryx
laticeps
-
-
-
-
+
Pseudotragus
parvidens
cf.
+
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Koufos G. D., Syrides G. E., Kostopoulos D. S., Koliadimou K. K., Sylvestrou I. A., Seiianidis G. Ch. & Vlachou T. D.
The material from lhe other Samos localiries,
newly discovered, is siill poor and the détermina¬
tions preliminar. Neverrhele.ss, ihey ail contain
typical Turolian taxa. In the future fieldwork, we
plan to puxsue the excavations in difiercni locali-
ties, along wirh detailed stratigraphy of the fossi-
liferous' deposits. Our main aim is to provide
rcliable fauna) associations corrcctly placcd in the
local stratigraphy in orderto establish a hiochro-
nologic scale oJ ihe fnssiliterous deposits in
Samos island.
Acknowledgem ents
The new campaign of excavations in Samos
woLild noc hâve begun without the financial sup¬
port of the Konscantinos and Maria Zimalis
Foundation; kir tins rcason we graicfully ihank
the Council of the Foundation and its president
E. Zimalis. Many ihanks to the Préfecture of
Samos and to the pretecc» Mr P. Vardikos^ for the
financial support given us in 1^96 (Project
No. 4623). Thanks ;dso co the Community of
Mytilinii» to rhe Major P Konscantinidis and to
chc former Major K. Kaplant/is for thelr help.
We wish to thank Prof. A. P.silovikos for his help
during the excavations. Thcre arc many other
persons and villagers who helped us during our
Work in the area, we thank alJ of them. Many
thanks to Dr S. Sen for the uscfull comments on
the manuscript. The firsi author wish ro express
his warmest thanks lo Mrs Stella Psilovikos and
to Christos and Eutychia Seitanidis for their
great hospitaliry during ail his visits in Samos
since the beginning of the 80 s.
REFERENCES
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884
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Submitted for publication on 19 June 1997;
accepted on 2 September 1997.
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
885
Instructions aux auteurs
La ligne éditoriale
Elle prendra en compte divers aspects de la
recherche en Sciences de la Terre, en particulier
rhistoire et le comportement des bassins sédimen-
raires, la paléobiodiversité et les paJéoenvironne-
ments. Un numéro de Geadiversitas par an pourra
être consacré, exceprionnellemenr, au débat contra¬
dictoire sur un sujet d’actualité, ou sur un thème
donné et sous la responsabilité d’éditeur(s) invitées).
Les manuscrits, dont le nombre de pages n’est pas
limité a prion, devront suivre rigoureusement les
recommandations aux auteurs (voir ci-dessous) et
seront adressés à la revue '
Service des Publications Scientifiques du Muséum,
Geodiversitas^
57 rue Cuvier»
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Tel: (33) 01 40 79 34 38
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Les chapitres de systématique devront se conformer
aux règles du Code Intmiational de Nomenclature
Zoologtque.
Tout manuscrit non conforme à ces instructions
sera retourné pour mise au point. Chaque manus¬
crit est évalué par deux rapporteurs, ou plus.
Instructions aux auteurs
Chaque manuscrit soumis (y compris les illustra¬
tions) doit être présenté en trois exemplaires (un
original et deux copies) au format A4, avec un
double interligne et des maigcs d’au moins 3 cm ;
chaque page sera numérotée. Les illustratioxis origi-
nalcs seront jointes au manuscrit définitif, ainsi
qu’une disquette 3.5” de format Apple Macintosh
ou compatible [RM (traitement de texte Word de
préférence), qui devra contenir également les
tableaux et éventuellement les illustrations (Adobe
lliustrator, Photoshop ; Deneba Canvas).
Le format
Les manuscrits, écries en français ou en anglais, doi¬
vent être structurés comme suit :
- titre si possible bref, en français et en anglais ; un
titre courant doit être proposé ;
- nom(s) ei prénom(.s) de(s) auteur(s) suivis de
leurfs) aclres.se(s) professionnellc(s), en ’mdiquant si
possible le numéro de Fax et Fadresse électronique ;
- résumés écrits en français et en anglais (800
signes au maximum chacun), suivis des mot.s clés et
« ht}' words *) ;
- dans le texte courant, utiliser les italiques pour
tous les noms en latin (taxons de rang générique et
spécifique, et al ,..) ;
- dans le texte courant, les références aux auteurs
seront en minuscules, ex. Dupont (2001), Dupont
(2001, 2002). (Dupont 2001 ; Durand 2002),
Dupont (2001 : 1), Dupont (2001, fig. 2).
- dans le texte courant, les références aux illustra¬
tions et aux tableaux de Fardcle seront présentées
ainsi : (Fig. Ij, (Fig. 2A, D), (Figs 3, fi), (Figs 3-5),
(Tableau 1) ;
- les remerciements seront placés à la fin du texte,
avant les référence^ bibliographiques ;
- les références bibliographiques doivent suivre les
exemples donnes ci-dessous ;
- indiquer dans la marge l’emplacement des illus¬
trations dans le texte definitif ;
- donner les légendes des figures sur une feuille
séparée.
Les illustrations
Une attention particulière sera portée à la qualité et
la pertinence de Pillusrration.
Les illustrations au trait doivent être réalisées à
l’cncre de Chine ou être fournies en impression
laser. Les phôtogcâphies, bien contrastées, seront
sur fond noir ou blanc. Elles pourtonr être regrou¬
pées, et dans ce cas, identifiées par une lettre en
capitales (A, B, C...). Les planches photogra¬
phiques, placées dans le corps de l’article et non
regroupées à la fin de celui-ci, doivent être traitées et
numérotées comme des figures. Les illustrations
pourront être assemblées sur une largeur de colonne
(70 X 190 mm) ou sur toute la largeur de la justifi¬
cation (144 X 190 mm). La rédaction encourage la
présentation de photographies avec tout ou partie
de leur interprétation par un ou des dessins au trait.
Aucune légende, ni lettrage ne sera placé sur les ori¬
ginaux. Ils figureront sur un calque joint avec
chaque figure, la rédacrion se chargeant de les pla¬
cer. Chaque figure doit comporter une échelle
métrique. Les tableaux et graphiques, à inclure dans
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
887
Instructions aux auteurs
le manuscrit, doivent nécessairement pouvoir être
imprimés sur une page et rester lisibles après réduc¬
tion éventuelle. Des planches en couleur pourront
être publiées moyennant une participation finan¬
cière de ou des auteurs.
R^érences bibliographiques
Denison R. H. 1978. — Placodctmi, in Schultzc
H. P. (ed.), Handbook of Paleoichtbyologyt
Volume 2. Guscav Fischer, Stuttgart, 128 p.
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derichihyid fish Elpistostege: a close relative to
tetrapods? PaleoHtolog\i 28: 293-309.
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pod limb within the rhipidistian fishes:
541-544, in Hecht M. K.* Goody P. C. &
Hecht B, C. (eds). Major Patterns in Vertebrate
Evolution. Plénum Pre^s, New York and
London.
Épreuves et tirés à part
Les épreuves seront adressées à l’auteur ou au pre¬
mier auteur (sauf indication contraire) et devront
être retournées corrigées sous huitaine. Les correc¬
tions, autres que celles imputables k k rédaction ou
à l’imprimeur, seront a la charge des auteurs. Lc(s)
auteur(s) recevront gracieiLsement vingT-cinq tirés à
part, les tirés à part supplémentaires seront à com¬
mander sur un formulaire joint aux épreuves.
Soumettre un article pour publication dan.s
Geodiversiias suppose que celui-ci ou tout article
proche dans la même langue ou une autre langue,
n’ait pas été soumis dans une autre revue, même
dans l’atrenre de son acceptation. Les droits de
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tions, sont réservés à la revue. La reproduction de
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Scope ofthe Joumal
Geodiversitiis publishes papcr.s which concern varied
aspects of Earth Sciences and particukrly history of
sedimentary basins, palaeobiodiversity and p;ilcoen-
vironmeni. A complété issue of Geodiversitas may
be devoted to several papers on a single topic under
the responsability of guest editûr(s). Papers with a
sysceniatic content should follow the International
Code of Zoologicat Nomenclature. Manuscripts,
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and will be sent to ihe Editor:
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F-75231 Paris cedex 05
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Instructions to authors
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in iriplicate (one original and two copie.s) in A4
format, douille spaced, with margins of at least
3 cm and ail pages numbered, The original figures
should bc sent with the revised manuscript. as wcll
as a 3.5” diskette Apple Macintosh or IBM-compa-
tible (Word, Word Pcrfcct...) format, which will
also contain tables and possibly figures (Adobe
Illustrator, Photoshop; Deneba Canvas).
Format
Papers arc to bc wriiten in simple and concise
Frcnch or Hnglish. They should be organized as fol-
lows:
- a brief title in French and English;
- a suggested ruiming head;
- name(s) of author(s), followcd by their full pro-
fcssional addrcss(cs) and,, if possible, Fax number
and emtail;
- ab.srracr.s (in English and French) not cxcecding
800 sign.s each, with key words and “mors clés”;
- text with iulicized words for Latin (taxa of gene-
rie and spcdfic nmks, étal, ...);
- icfcrcnces to authors in main icxi should be pre-
sented, in lower case, as follows: Smith (2001),
Smith (2001, 2002), (Smith 2001), (Smith 2001;
Cary 2002), Smith (2(){n: 1),, Smith (2001, fig. 2);
“ référencés to illustrations and tables should bc
indicated as follows: (Fig. 1), (Fig. 2A, D), (Figs 3,
6), (Figs 3-5), (Table 1);
- keep acknowledgements short and place them at
the end of che text before référencés; please do not
888
GEODIVERSITAS • 1997 • 19(4)
Instructions aux auteurs
forget the revisers;
- give captions to illustrations on a separate sheet.
Illustrations
The éditorial board will pay spécial attention to the
quality and relevance of illustration.
Line drawings naust be in Indian ink or high quali¬
ty laser printouts; high contrasr photographs, pla-
ccd on white or black backgrounds, are required.
These can be grouped into figures and identified
by letters A, B, C ... Plates are not placed at the
end of the article: they will be considered as figures
and numbered as such. Arrange figures to fit one or
two columns (70 x 190 mm or 144 x 190 mm).
Associate interprétation of photograph with line
drawing. No diagram or table îs lo exceed one
page. Letters, numbcrs, etc., for each figure, are to
be indicated on an accompanying overlay, not on
the original figure (line eut or half-tone). A scale
bar is needed for each figure.
Référencés
Denison R, H. 1978. — Placodermi, in Schultze
H. P. (ed.), Handbook of Paleoichthyology^
Volume 2. Gustav Fischer, Stuttgart, 128 p.
Marshall C. R. 1987- — Lungfîsh: phylogeny and
parsimony, in Demis W. £., Burggren W. W.
& Kemp N. E. (eds), The Biology and
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Schultze H. P. & Arsenault M. 1985- — The pan-
derichthyid fish Elpistostege‘. a close relative to
tetrapods? Paleontology 28: 293-309.
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541-544, in Hecht M. K., Goody P. C. &
Hecht B. C. (eds), Major Patterns in Vertehrate
Evolution. Plénum Press, New York and London.
Proofi and reprints
Proofs will be sent to the fîrst author for correction
and must be returned within eight days by express
mail. Authors will receive twenty-five offprints free
of charge; further offprints can be ordered on a
form supplied with the proofs.
The submission of a manuscript to Geodiversitas
implies that the paper, or a similar one, is not being
offered for publication elsewhere. Copyright of
published paper, încluding the illustrations,
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Noémie de la Selle
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Date de distribution le 23 décembre 1997
Couverture : Poteriocrinus (Carbonifère, Louisiane)
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geodiversitas
1997 » 19 ( 4 )
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669
681
773
783
845
877
Barskov I. S., Kiyashko S. I., Dauphin Y. & Denis A.
• Microstructures des zones cafcitiques et aragonitiques des rostres de Coniocamax (Cephalopoda,
Belemnitida), du Turonien de Sibérie du Nord n
Brito P. M.
• Révision des Aspidorhynchidae (Pisces, Actinopterygii) du Mésozoïque : ostéologie, relations phylogé¬
nétiques, données environnementales et biogéographiques
Berger J.-P.
• Nitéllopsis (Tectochara) du groupe mehanii (Charophyta) : les populations de la molasse suisse (types)
et du gisement miocène de Li Mae Long, Thaïlande, biostratigraphie et paléoécologie
Mein P. & Ginsburg L.
• Les mammifères du gisement miocène inférieur de Li Mae Long, Thaïlande : systématique,
biostratigraphie et paléoenvironnement
Kostopoulos D. S.
The Plio-Pleistocene artiodactyls (Vertebrata, Mammalia) of Macedonia 1. The fo ssiliferous site
"Appolonia-1 ", Mygdonia basin of Creece HHEI^
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Conception Graphique : Isabel Gautray
ISSN : 1280-9659