MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
TOME XII
FASCICULE 2
L. Berland et J. Millot
LES ARAIGNÉES
DE L’AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
L — LES SALTICIDES
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V«)
1941
Mars 1941
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL DTIISTOIRE NATURELLE
Les Mémoires du Muséum national d’Histoire natu¬
relle paraissent sans périodicité fixe. Chaque volume est formé
d’un nombre variable de fascicules, publiés isolément et ne conte¬
nant qu’un seul mémoire.
Les Mémoires sont destinés à la publication de travaux d’une
certaine étendue concernant l’Histoire naturelle. Ceux qui sont des¬
tinés à servir de thèses de doctorat peuvent être reçus aux mêmes
conditions que les travaux ordinaires.
Les auteurs reçoivent 25 tirages à part de leurs travaux, brochés
et sous couverture. Ils s’engagent à ne pas les mettre dans le com¬
merce.
Les travaux destinés aux Mémoires du Muséum national
d’Histoire naturelle doivent être remis à M. le R. Jeannel,
45 bis, rue de Buffon, Paris (5*), ou à tout autre professeur du Mu¬
séum. Dans tous les cas, leur publication est subordonnée à une
décision de l’Assemblée des Professeurs.
Le prix de l’abonnement, pour un volume, est de 230 francs.
Le montant des abonnements et les demandes de fascicules doi¬
vent être adressés au Muséum national d’Histoire naturelle, service
des ventes, 36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris (5®j.
Compte chèques postaux : Paris 124-03.
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D HISTOIRE NATURELLE
MÉMOIRES
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
TOME XII
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V®)
1941
Mars 1941
TABLE DES MATIÈRES
Fascicule 1
P. Marie. Les Foraminifêres de la Craie à Belemniiella mucronaia du
bassin de Paris, avec les planches I à XXXVIII. là 296
Fascicule 2
L. Berland et J. Millot. Araignées de l’A. O. F. — Salticides. 297 à 423
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Nouvelle série, Tome XII, Fascicule 2, pages 297 à 424
Publié le 31 mars 19il
LES ARAIGNÉES DE
L’AFRIQUE OCCIDENTALE FRANÇAISE
I. — LES SALTICIDES
PAR
Lucien Berland et Jacques Millot
A R. de Lessert, dont les travaux
sont fondamentaux pour la connaissance
de la faune arachnologique africaine.
Le travail que nous présentons ici constitue la première partie d’une œuvre
beaucoup plus étendue, destinée à taire connaître la faune arachnologique
de l’Afrique Occidentale française.
Les matériaux en sont essentiellement tournis par les chasses personnelles
des auteurs (1) qui, de juillet à octobre 1937, ont parcouru, ensemble ou
séparément, les territoires les plus caractéristiques du Sénégal, de la Côte
d’ivoire, de la Guinée française et du Soudan français. Ils ont capturé des
animaux fort variés, dont certains ont déjà fait l’objet de publications, mais,
étant l’un et l’autre arachnologistes, ce sont surtout des Arachnides qu’ils
se sont préoccupés de recueillir. Dans ce domaine, la récolte a dépassé leurs
espérances, tant par le nombre des individus que par la variété des formes.
En ce qui concerne les Araignées Salticides, seules étudiées dans le présent
travail, il n’avait été signalé dans notre Afrique Noire qu’une vingtaine d’es¬
pèces : 110 sont décrites ici, parmi lesquelles plus des deux tiers sont nouvelles.
Ce seul fait démontre à la fois la richesse faunistique de nos colonies africaines
et la négligence jusqu’alors apportée à son étude.
L’abondance des données nouvelles que l’on trouvera ici ne doit pas trop
surprendre ; elle a sa source non seulement dans l’ardeur avec laquelle les
auteurs ont poursuivi leurs investigations, mais surtout dans le fait que tout
(1) Auxquelles sont venues s’ajouter les prises faites par MM. Chopard et Grassé
au cours de leur récente mission dans le Niger et la Côte d’ivoire, ainsi qu’un envoi du
Sénégal (Bambey) dû à M. Risbec. Nous remercions vivement ces aimables collaborateurs.
Ce mémoire est le premier consacré par les auteurs aux Araignées de l’A. O. F. Un deuxième
mémoire, traitant des Araignées Gribellates, publié dans les Annales de la Société entomo-
logique de France, vol. GVIII, 1939, p. 149, a, par suite de diverses circonstances, paru
quelque temps avant le premier.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome XII.
20
298
L. BERLAND ET J. MILLOT
spécialiste, allant lui-même rechercher en Afrique son matériel d’étude, est
assuré de chasses fructueuses et de récoltes inédites. Les captures faites au
hasard par de non-initiés, par ces collaborateurs de bonne volonté à qui nous
devons la majeure partie de nos collections coloniales, sont certes précieuses
et peuvent contenir quelques pièces d’un haut intérêt. Mais, les recherches
menées sur place par des spécialistes avertis sont irremplaçables, tant par
le rendement numérique des prises, que par leur variété, par l’état des spé¬
cimens qui, conservés avec amour, arrivent en France dans les meilleures
conditions pour être étudiés, par toutes les observations, enfin (date, habitat,
conditions biologiques, etc...) faites au moment de la capture et qui, soigneu¬
sement notées, apportent des documents de plus en plus indispensables aux
recherches modernes et dont les travaux portant sur la faune exotique n’ont
été jusqu’ici que trop dépourvus.
L’itinéraire suivi par les voyageurs est schématiquement indiqué sur la
• carte ci-jointe (p. 300). On constatera qu’il traverse, et cela à plusieurs re¬
prises, les grandes aires climatiques de notre Afrique occidentale : zone gui¬
néenne en partie revêtue d’épaisses forêts, toujours chaude et humide, où la
saison des pluies atteint, par moment, à l’ampleur d’un déluge — zone sahé¬
lienne, couverte de savanes, où saison sèche et saison des pluies alternent,
bien caractérisées — zone désertique enfin, à végétation extrêmement ré¬
duite, où règne la sécheresse et que l’été transforme en fournaise. On ne sau¬
rait s’étonner qu’à des régions aussi tranchées correspondent des faunes très
différentes : sur nos 110 espèces de Salticides, réserve faite des quelques
formes cosmopolites, on n’en compte pas plus d’une dizaine qui puissent être
rencontrées indifféremment en savane ou en forêt. Dans chaque zone, on
voit prédominer certaines tribus : ainsi, Vicirieae dans la zone guinéenne (1),
Marpisseae, Aelurilleae, Bheneae dans la zone soudanienne, alors que, dans
la zone désertique, certains Aelurilleae se rencontrent exclusivement. Parmi
ceux-ci, les genres Mogrus, Naelhea, Pellenes, connus comme abondants en
Afrique du Nord et jusqu’en Syrie, n’avaient pas encore été signalés au delà
du Sud algérien. Leur existence au Nord du Soudan s’explique mieux, à notre
avis, par une présence locale antérieure à la transformation du Sahara en
désert que par une migration à travers les aires arides : le dessèchement pro¬
gressif du Sahara les aura rejetés sur le pourtour, vers le Sud comme vers le
Nord.
Instructive, elle aussi, se révèle la comparaison de la liste des Salticides
décrits ici avec celles des espèces connues des autres régions d’Afrique. Nous
n’avons retrouvé que très peu de formes de l’Angola, de l’Afrique du Sud,
ou de l’Afrique orientale, et guère plus du Congo. La faune de l’Afrique Occi¬
dentale française semble donc nettement originale. Mais nos connaissances
(1) Nous n’avons capturé en dehors de la zone guinéenne que la V. Lawrencei, qui n’est
sans doute pas une vraie Viciria.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
299
sont encore trop insuffisantes, et cela en ce qui concerne toutes les régions
tropicales ou équatoriales africaines, pour permettre dès maintenant une
étude bio-géographique précise.
La présentation de ce travail mérite quelques mots d’explication. Le lec¬
teur trouvera, peut-être, une certaine disproportion entre le texte, souvent
réduit à l’essentiel, et l’illustration, dont on ne peut contester la richesse.
Nous avons maintes fois éprouvé, en effet, en consultant les publications arach-
nologiques l’impossibilité d’utiliser pour une identification précise les des¬
criptions que n’accompagne aucune figure. Combien de soirées perdues à
analyser des textes incertains et à regretter l’absence du moindre croquis!
Nous nous sommes efforcés d’éviter ici tout reproche de cet ordre ; on ne
trouvera donc aucune espèce dont l’étude ne soit accompagnée d’un, et le
plus souvent de plusieurs dessins. Mais, en revanche, nous avons éliminé
du texte tout ce qui n’était pas véritablement utile à la diagnose ; il nous a,
entre autres, paru superflu d’insister sur des colorations banales ou variables
et de décrire les épigynes dont nous donnons l’image. Le lecteur, nous l’es¬
pérons, nous sera reconnaissant d’avoir ainsi économisé son temps avec le
nôtre.
Du fait de son homogénéité même, la famille des Salticides se prête mal
à des subdivisions rationnelles : bien des caractères de discrimination uti¬
lisés sont médiocres et incertains, bien des cadres de genre ou de sous-famille
dans lesquels devraient pouvoir s’introduire tout naturellement certaines
espèces nouvelles ne les admettent que par violence, bien des attributions
actuelles enfin restent discutables. Les difficultés de classification sont telles
que Simon, lui-même, maître incontesté de l’Arachnologie, s’est parfois trom¬
pé en répartissent les espèces à l’intérieur des subdivisions qu’il avait pour¬
tant créées. Aussi, nous ne doutons pas que certaines des dénominations pro¬
posées ici, souvent non sans hésitation, ne soient modifiées dans l’avenir ; nous
avons du moins fait de notre mieux pour faciliter, à l’aide des dessins qui
accompagnent toutes nos diagnoses, la tâche de ceux qui auront à rectifier
nos inévitables erreurs.
Dans notre exposé, nous sommes restés fidèles à la division en sous-familles,
établie par Simon ; nous avons disposé celles-ci par ordre alphabétique, en
commençant par les Unidenîati, pour terminer par les Pluridentali.
Une telle œuvre suppose le concours de bien des bonnes volontés : remer¬
cier tous ceux qui, à divers titres, nous ont apporté leur collaboration ou leur
bienveillant appui, nous est un très agréable devoir. Nous tenons particu¬
lièrement à évoquer l’aimable accueil et l’aide précieuse qui nous ont été
réservés, au cours de notre Mission, par des autorités coloniales : Gouver¬
neurs et Administrateurs, et en premier lieu le Gouverneur Général, M. de
CoppET, nous ont témoigné partout et toujours la plus efficace compréhen¬
sion. A tous, nous exprimons notre chaleureuse gratitude.
Itinémire J.MH/ot'.
Itinéraire L.Ber/ànd.
Carte schématique de l’Afrique Occidentale française.
zone saharienne ; B = zone sahélienne ; C = zone soudanienne ou de la brousse-parc ;
D = zone guinéenne ou des savanes subforestières ; E = zone de ia forêt dense.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. 0. F.
301
SALTICIDAE UNIDENTATI
Sous-famille AELURILLEAE
Genre AELURILLUS Simon, 1884
Aelurillus sahariensis, n. sp.
(Fig. 1.)
Femelle. — Élégante livrée. Le céphalothorax
rouge testacé est fortement rembruni dans la, zone,
céphalique, ainsi que dans la région miédiane du
thorax, où une large bande longitudinale brun-
marron se dessine nettement. L’abdomen, testacé,-
très clair, est orné, sur la face dorsale, de deux
larges bandes longitudinales paramédianes brun-
roux foncé, un peu éclaircies en leur milieu. Face
ventrale en entier testacé pâle, ainsi que les pièces
buccales, les filières et les pattes. Partie cépha¬
lique revêtue en son milieu de poils couchés de
couleurs diverses, en majorité roussàtres : deux
bandes de poils blancs limitent cette zone médiane
et bordent en dedans les côtés du carré oculaire.
Abdomen revêtu d’une forte pubescence couchée,
blanchâtre sur les parties claires, roux vif sur les
bandes longitudinales, foncées. Une collerette de
poils noirs entoure l’extrémité des fdières. Yeux
intermédiaires nettement plus rapprochés des pos¬
térieurs que des latéraux antérieurs. Épigyne de
couleur testacé très clair (fig. 1 B) ; il est fort
difficile à étudier sans préparation spéciale par
suite de sa très petite taille, de sa faible chitinisa-
tion et des poils blanchâtres qui le masquent plus
ou moins complètement sur le vivant.
Longueur totale : a,.ô mm.
Soudan français (zone saharienne) ; Aguelock
(Adrar des Iforhas), novembre, 1 femelle (type).
Genre HABROCESTÜM Simon, 1876
Habrocestum divers!pes, n. sp.
(Fig. 2.)
Femelle. ■—• Céphalothorax fauve ; partie céphalique noire ; partie tho¬
racique ornée de mouchetures grises et des lignes ondulées de même couleur.
302
L. BERLAND ET J. MILLOT
partant de la fossette. Chélicères rougeâtre foncé. Pièces buccales, sternum
et hanches, fauves. Pattes I et II fauve rougeâtre, ornées aux fémurs, aux
tibias et aux métatarses, de marques grisâtres en forme d’anneaux mal dis¬
tincts ; fémurs III et IV blanc testacé, avec une grosse tache brune près de
la base, et une plus petite vers l’apex ; les autres articles fauve rougeâtre,
avec des anneaux peu nets aux tibias et métatarses. Abdomen gris clair,
présentant sur la face dorsale un dessin brunâtre, dû à la pilosité, où dominent
deux bandes longitudinales festonnées ; flancs mouchetés de brun clair ; face
ventrale testacée. Filières claires, les intérieures fauves. Pilosité simple. Pas
c.
Fig. 2. — Habroceslum diversipes, n. sp., femelle.
A : vue d’ensemble dorsale ; —-B : extrémité de la chélicêre ; — G : épigyne.
d’écailles. Poils roux et blancs serrés sur la partie céphalique ; en outre, sur¬
tout en avant où ils dépassent les yeux, de nombreux poils noirs, mêlés de
crins raides, plus courts, de même couleur. Sur le bandeau, quelques poils
blancs couchés, et deux longs poils dressés, un peu courbes, presque accolés
dans leur extrémité, partant de l’espace qui sépare les yeux médians ; autour
des yeux antérieurs, une couronne de poils blancs tirant vers le roux en
dessus (cils). Chélicères courtes, sans aucune dent à la marge postérieure ; leur
angle antérieur, saillant, est surmonté d’un petit groupe de poils raides et
courts (fig. 2 B). Pattes III et IV courtes et trapues ; tibias I et II ne dépas¬
sant pas les patellas en longueur. Tibias I portant 1 épine inféro-postérieure et
2 épines apicales sur leur face inférieure ; en outre, 2 épines en ligne sur leur
face antérieure. Sur les métatarses I, on compte 2-2 épines en dessous, 1-1
sur la face antérieure et autant sur la face postérieure. Pattes II semblables à
I ; pattes III et IV revêtues d’épines fortes et nombreuses, surtout aux tibias
et aux métatarses. Abdomen globuleux presque aussi large que long ; le bord
antérieur tronqué est un peu échancré en son milieu. Épigyne en fossette
large, à contours bien nets (fig. 2 C).
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F. 303
Longueur totale : 5 mm. Céphalothorax : longueur : 2,3 mm. ; largeur ;
2 mm.
Côte d’ Ivoire : Man, septembre, 1 femelle (type).
Habrocestum nigritum, n. sp.
(Fig. 3.)
Male. — Céphalothorax très sombre, presque noir; partie céphalique noire
sur les côtés, bandeau plus clair. Chélicères fauve clair nuancé de gris.
Pattes brun noirâtre ; trochanters III et IV testacé clair ; métatarses II
et IV clairs, au moins en partie. Abdomen gris noirâtre dans son entier, sans
dessin dorsal net ; la face ventrale s’orne, de chaque côté, d’une bande longitu¬
dinale faite de points clairs ; filières fauves, teintées de gris. Chélicères dé¬
pourvues de dent à la marge postérieure ; leur angle antérieur, saillant, porte
un groupe de courts poils raides et noirs. Angle externe des lames maxillaires
aigu, formant une petite apophyse (fig. 3 C) et cerné de noir. Patte-mâchoire
caractéristique représentée (fig. 3 A et B). Tarse volumineux et remarqua-
Fig. 3. — Habrocestum nigritum, n. sp., mâle. A : bulbe, face postérieure, vu un peu de
3 /4 ; B ; tibia de la patte-mâchoire disséqué, vue latérale de 3 /4 (autre individu que le
précédent) ; G : lame maxillaire.
blement globuleux ; sa face dorsale sombre a des reflets métalliques ; bulbe
saillant, blanchâtre, plus foncé vers l’apex et à la base, sans style apparent.
Tibia muni d’une double apophyse, formée de deux branches lamelleuses
divergentes, plus ou moins recourbée ; elles sont difficiles à distinguer,
si l’on ne fait pas de préparation spéciale de l’appendice, et varient légèrement
de forme suivant les exemplaires.
Longueur totale : 3,5 mm.
Guinée française : Dalaba, août, 1 mâle (type).
CôtE d’Ivoire : Man, août, 2 mâles.
304
L. BERLAND ET J. MILLOT
Espèce certainement voisine de la précédente, mais de couleur nettement
différente. Les sexes étant, d’ordinaire, peu dissemblables dans le genre
Habroceslum, nous n’avons pas cru pouvoir considérer cet exemplaire comme
le mâle de H. diversipes.
De Lessert a donné en 1927 (p. 437) la liste des Habroceslum africains.
Genre LANGONA Simon, 1901
Langona Bristowei (1), n. sp.
(Fig. 4.)
Femelle. — Couleur générale fauve roux. Céphalothorax plus foncé, sur¬
tout entre les yeux, où il est presque noir ; des yeux de la 3® ligne partent
deux bandes claires, presque parallèles, qui atteignent le bord postérieur.
Chélicères fauve pâle ; pièces buccales, sternum et hanches jaune paille.
Pattes fauve pâle, plus claires à la face inférieure, avec des anneaux bruns,
étroits, incomplets, visibles surtout aux fémurs et aux tibias. Abdomen
fauve roux au-dessus, portant une grosse tache plus foncée, festonnée sur
Fig. 4. —■ Langona Bristowei, n. sp. A : vue d’ensemble ; B : chélicère ; G : tarse de la patte-
mâchoire ; D : tibia de la patte-mâchoire en vue dorsale ; E : épigyne; F : extrémité de
la patte I en vue ventrale.
les côtés, coupée au milieu par une bande longitudinale ; ventre et filières
testacé clair. Pilosité ; la couleur de la face dorsale est due à la pilosité faite
de poils minces, appliqués, entremêlés de poils noirs forts, longs, dressés,
nombreux surtout sur la partie céphalique. Yeux : De ligne recurvée, ceux
de la deuxième ligne à égale distance des antérieurs et postérieurs, le groupe
oculaire moitié moins long que la partie thoracique. Chélicères (fig. 4 B)
(1) Dédiée au distingué aranéidologue anglais W. S. Bbistowe.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
305
trapues, sans marge distincte, sans dent, le crochet court ; à l’emplacement
de la marge postérieure, une série de 7 poils fins et assez longs, suivie de
4 poils près de l’insertion du crochet. Sternum en écusson, beaucoup plus
long que large ; sa plus grande largeur égale à peine la longueur des hanches III,
il est rétréci en avant et les hanches I sont séparées d’à peine la largeur de
la pièce labiale. Pattes courtes et robustes ; I, II, III, IV ; III égales à IV ou
un peu plus longues. Hanches III plus longues que I ou II et égales à IV,
portant des épines fortes, nombreuses, assez longues et des trichobothries
particulièrement développées ; les fémurs ont 2 épines sur la ligne supérieure,
et, près de l’articulation patellaire, une série transversale apicale de 3 +
2 épines ; tibias I et II avec 2-2-2 épines en dessous, les deux inféro-anté-
rieures très déjetées vers la face antérieure ; métatarses I et II avec 2-2 grosses
épines (fig. 4 E). Épigyne : voir fig. 4 E.
Longueur totale : 9 mm. Céphalothorax ; longueur : 3,8 mm. ; largeur : 2 mm.
Male. — Très semblable à la femelle ; dessins plus nets, notamment les
bandes longitudinales ; chélicères de même forme et avec la même ligne de
poils réguliers, marquant l’emplacement de la marge postérieure.
Patte-mâchoire (fig. 4 C) : bulbe en forme d’olive, dont la partie inférieure
est prolongée en une petite pointe obtuse ; style peu apparent, longeant le
bord interne ; apophyse tibiale cachée par le bulbe, visible seulement du
côté supérieur (fig. 4 D).
Longueur totale : 6 mm.
Côte d’Ivoire : Ouagadougou, septembre, I femelle, type; Batié, septem¬
bre, 1 femelle.
Guinée française ; Kouroussa, août, 1 mâle (type).
Langona senegalensis, n. sp.
(Fig. 5.)
Femelle. —• Céphalothorax testacé foncé, avec partie céphalique et faces
latérales de la région thoracique presque noires.
Appendices, sternum et abdomen testacé clair ;
les pattes et la face dorsale de l’abdomen mar¬
brées de brun. Pilosité faite de poils brunâtres et
blanchâtres mêlés, ainsi que de quelques crins
noirs dressés. Les poils blancs prédominent sur la
partie thoracique du céphalothorax, où ils forment
un revêtement diffus. Marge postérieure des chéli¬
cères mutique. Pattes robustes et fortement épi¬
neuses IV = III, II = 1. Épigyne (voir fig. 5).
Longueur totale : 11 mm.
Sénégal ; Bambey, 1 femelle (type).
Nous ne connaissions, jusqu’ici, d’Afrique occidentale française, qu’une
Fig. 5. •—■ Langona sene¬
galensis, n. sp., femelle :
épigyne.
306
L. BERLAND ET J. MILLOT
seule Langona : L. Maindroni Simon, 1886. Celle-ci n’est représentée que par
deux individus provenant de Dakar ; l’un est adulte mais mâle, l’autre est
immature, si bien que toute comparaison précise avec notre exemplaire est
impossible. Nous ne croyons pas, cependant, qu’il puisse s’agir d’une seule et
même espèce, car :
1° La taille est très différente : les deux sujets de Simon ne mesurent respec¬
tivement que 5 mm. 5 et 6 mm. 5.
2“ Les poils blancs du céphalothorax forment, chez L. Maindroni, deux
larges bandes longitudinales parallèles, alors que chez L. senegalensis ils
constituent un revêtement diffus sur la partie thoracique tout entière.
3® Les épines des pattes sont plus fortes chez L. senegalensis : l’une d’elles,
située à la face interne du tibia I, dans la moitié basale de l’article, ne se
retrouve pas chez L. Maindroni.
4° Le sternum est plus étroit et plus allongé dans notre exemplaire que
dans ceux de Simon.
Genre MOGRUS Simon, 1882
Mogrus Dalmasi, n. sp.
(Fig. 6 et 7.)
générale très pâle. Céphalothorax châtain foncé ;
la partie céphalique, presque noire, est couverte
de longs poils blancs couchés, entremêlés de longs
crins noirs dressés. Chélicères châtain très foncé,
crochets de même couleur, la moitié apicale rou¬
geâtre ; pièces buccales châtain, l’apex blanc ;
sternum jaune pâle ; pattes jaune pâle unicolores.
Abdomen couvert de poils blancs entremêlés de
roux et de points gris au milieu, noirs sur les côtés,
ceux-ci incisés profondément, de sorte que le dessin
ressemble à une suite de chevrons emboîtés ;
flancs tachés de noir, face ventrale entièrement
blanche ; fllières jaune pâle. Marge inférieure des
Fig. 6. — Mogrus Dalmasi,
n. sp. femelle : vue d’ensemble.
Fig. 7. — Mogrus Dalmasi, n. sp.
A : épigyne ; B : chélicère.
chélicères munie d’une dent assez forte (fig. 7 B). Epigyne (fig. 7 A).
Longueur totale : 7 mm.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. 0. F. 307
Soudan Français : Aguelock, novembre, une dizaine de femelles (1 type
et cotypes).
Le genre Mogrüs répandu dans la région méditerranéenne, surtout en
Afrique du Nord, n’était encore pas connu au sud du Sahara. Notre espèce
est cependant très commune dans tout l’Adrar des Iforhas. C’est l’Araignée
la plus fréquemment rencontrée dans cette région : elle construit de petits
cocons-retraites dans les arbustes épineux, en général à l’intersection de deux
rameaux.
Mogrus sahariensis, n. sp.
(Fig. 8.)
Femelle. — Céphalothorax brun-marron, éclairci sur ses faces latérales,
avec pourtour des yeux noir ; poils blancs, et quelques crins noirs dans la
Fig. 8. — Mogrus sahariensis, n. sp., femelle. A : vue d’ensemble ; B : céphalothorax de face ;
G. ; épigyne.
région frontale et sur les côtés. Abdomen de couleur bis clair, orné de des¬
sins discrets formés de poils roussâtres, d’autres noirâtres. Face ventrale
tout entière jaunâtre très claire ; pattes de même couleur sur lesquelles tranche
le bandeau de poils noirs de l’extrémité des tarses. Forme générale ramassée.
Région céphalique plus large que longue ; zone oculaire un peu élargie en
arrière, où elle est aussi large que le céphalothorax. Région thoracique for¬
tement rétrécie en arrière, où elle descend en pente brusque. Sternum ovale, al¬
longé. Chélicères de petite taille à face interne un peu convexe ; dent de la
marge inférieure mince et aiguë. Leur face antérieure est, ainsi que le bandeau.
308
L. BERLAND ET J. MILLOT
recouverte de longs poils blancs. Cils denses de même couleur. Pattes portant
des épines noires et des poils blancs. III nettement plus longues que IV.
Métatarse, 6 épines apicales aux tibias III et IV, tarse IV un peu plus longs
que tibias patelle ; fémurs des deux paires antérieures dilatés et aplatis.
Epigyne à dessin net (cf. fig. 8.)
Longueur totale : 5,5 mm.
Territoire du Niger : Gangana, novembre, une femelle (type).
Nous croyons pouvoir considérer cette Araignée comme un Mogrus bien
qu’elle s’écarte des formes typiques du genre par plusieurs caractères secon¬
daires : aspect général ramassé ; céphalothorax peu atténué en avant ; partie
déclive de la région thoracique ne commençant que nettement en arrière des
yeux postérieurs ; pattes III beaucoup plus longues que les IV ; abdomen
sans bande médiane longitudinale grisâtre comme en possèdent la plupart
des Mogrus.
Genre NEAETHA Simon, 1884
Neaetha catulina, n. sp.
(Fig. 9 et 10.)
Male. — Couleur ; céphalothorax fauve clair, plus foncé à la partie posté¬
rieure et sur les côtés de la partie céphalique ; chélicères et pièces buccales
châtain foncé, presque brunes ; sternum jaune clair ;
pattes jaunes, les fémurs I entièrement bruns, les
autres tachés de brun seulement sur les faces anté¬
rieure et postérieure ; sommet des tibias I et méta¬
tarses I bruns ; abdomen blanc testacé, avec, sur la
face dorsale, deux bandes brunes, aux bords sinueux,
écartées au milieu, mais se joignant en avant et en
arrière ; flancs et face ventrale fortement tachés de gris
brunâtre, sauf autour des filières, celles-ci jaune pâle,
un peu teintées de gris. Pilosité : des écailles blanc pur,
couchées, à la partie antérieure de la tête et à la par¬
tie postérieure de l’abdomen, où elles sont mêlées
d’écailles rousses : des poils blancs sur la face supé¬
rieure du tibia de la patte-mâchoire et sur la face anté¬
rieure des chélicères ; de longs poils noirs formant
une frange aux tibias, métatarses et fémurs I (fig. 10 D).
Fig, 9, — Neaetha Céphalothorax à partie céphalique élevée. Yeux :
mâ"e*””vue d’en’ groupe plus large en arrière qu’en avant, la fossette à
semble. leur niveau. Chélicères petites, verticales, leur marge
postérieure sans dents (fig. 10 G). Lames maxillaires
tronquées droit en avant, leur angle externe bien net. Sternum large, plus large
au milieu que la longueur des hanches I, tronqué largement en avant, où il
ARAIGNÉES SALïICIDES DE L’A. O. F.
309
est plus large que la pièce labiale. Pattes I-IIl-IV-lI ; celles de la P® paire
plus fortes que les autres, et à articles élargis, surtout les fémurs ; tibias I
avec 1-1 épines inféro-postérieures noyées dans les poils ; métatarses I avec
2-2 épines en-dessous. Patte-mâchoire (fig. 10 A), apophyse tibiale plus
longue que l’article, aiguë, vue de côté (fig. 10 B) et un peu incurvée, vue de
dessous.
Fig. 10— Neaelha calulina, n. sp., mâle A : extrémité de la patte-mâchoire ;
B. ; apophyse tibiale ; G : extrémité de la chélicère ; D : patte I.
Longueur totale ; 3 mm.
Soudan français ; Kidal, novembre, 1 mâle (type).
Les Neaetha sont essentiellement méditerranéennes, et aucune espèce
n’était connue jusqu’à présent d’Afrique tropicale, saut N. calüla Simon^
1885, de Zanzibar, à laquelle notre espèce s’apparente, avec toutefois une
différence sensible dans la forme de l’apophyse tibiale. De même que les
Mogrus décrits ci-dessus, cette espèce montre les affinités méditerranéennes,
de la faune de la partie saharienne du Soudan français.
Genre PELLENES Simon, 1876
Pellenes Iforhasorum, n. sp.
(Fig. 11.)
Femelle. — Céphalothorax brun-roux foncé, coupé immédiatement en
arrière des yeux postérieurs, d’une large bande transversale pâle. Sur le fond
très clair de la face dorsale de l’abdomen, se détachent deux bandes longitu¬
dinales brun roussâtre, se rejoignant dans le tiers antérieur : elles dessinent
ainsi une sorte de fer à cheval très allongé. Palpes et pattes II, III, IV tes-
tacé clair, pattes I brun-noir. Filières brunes. Pilosité abondante sur le cépha¬
lothorax, constituée principalement de poils roux et noirâtre mêlés ; elle
comprend aussi des poils blancs, qui, d’une part, forment deux bandes trans¬
versales, l’une en arrière des yeux antérieurs, l’autre en arrière des yeux pos¬
térieurs, et qui, d’autre part, couvrent le bandeau. Les parties claires de la
face dorsale de l’abdomen sont revêtues de fins poils blanchâtres, peu visibles.
310
L. BERLAND ET J. MILLOT
semés de grands
crins noirs espacés. Les parties foncées ont une fourrure
dense de poils couchés noirs et roux. Pilosité noire assez
fournie sur les pattes I, très clairsemée au contraire sur
les autres appendices. Pattes robustes, surtout celles
des deux premières paires. Sternum ovale, relativement
peu rétréci en avant ; les hanches I étant séparées par
un espace plus grand que la base de la lèvre inférieure,
celle-ci à peu près aussi large que haute. Épigyne bien
conforme au type général du genre, et particulière¬
ment voisin de celui de P. Beanii Peckman (fig. 11 B).
Longueur totale : 4 mm.
Soudan fhançais : Aguelock (Adrar des Iforhas),
3 femelles (type et cotypes).
L’espèce ne paraît pas rare sur les confins soudaniens
du Sahara ; on la capture sur les pierresousur les bran¬
ches des arbustes épineux, où elle construit de petites
retraites soyeuses.
Genre PHLE6RA Simon, 1876
Phlegra lugubris, n. sp.
(Fig. 12.)
Male. — Couleur générale très sombre. Corps et
appendices en entier brun noirâtre, à l’exception des
tarses et des métatarses, brun testacé : deux bandes
feutrées de poils blanc sale sur les côtés de l’abdomen
constituent le seul ornement de cette triste livrée.
Patte-mâchoire (fig. 12) : tibia muni d’une apophyse
de couleur sombre, en forme de lame de poignard, dirigée en avant, vers le
bulbe, qu’elle vient presque toucher ; la face dorsale de l’article se termine,
d’autre part, par une proéminence antérieure fortement saillante, simulant
une apophyse.
Longueur totale : 7 mm.
Côte d’Ivoire (Haute Volta), septembre, 1 mâle (type).
Fig. 11. —■ Pellenes
Iforhasorum, n. sp.,
femelle.
A : vue d’ensemble ;
B : épigyne.
Phlegra lugubris, var. senegalensis, nov.
Male. — Corps et appendices en entier brun-acajou foncé, sans marques
ni dessins d’aucune sorte. Partie céphalique plus sombre et tirant sur le noi¬
râtre. Métatarses et tarses un peu plus clairs que les autres articles. Pubes¬
cence formée de poils noirâtres, assez longs, mélangés de poils plus clairs sur
ARAIGNÉES SALïICIDES DE L’A. 0. P.
311
les côtés de l’abdomen. Céphalothorax convexe : partie céphalique nettement
déclive en avant. Yeux intermédiaires à peu près à égale distance des laté¬
raux inférieurs et des postérieurs, un peu plus rapprochés de ces derniers
cependant. Carré oculaire sensiblement plus large que long, rendu légèrement
trapézoïdal par l’écartement un peu plus accentué des yeux postérieurs.
Longueur totale : 5 mm. à 5,5 mm.
La patte-mâchoire, presque identique à celle de P. lugubris,ne: permet pas
Fig. 12. — Phlegra lugubris, n. sp., mâle, A : patte-mâchoire vue du côté externe ; B ; tibia
et son apophyse ; G : bulbe en vue postérieure.
de faire de cette forme une espèce indépendante, mais seulement une variété,
caractérisée par le plus grand écartement des yeux postérieurs, et par l’ab¬
sence des bandes blanches sur les côtés de l’abdomen.
Sénégal : Dakar, août, 1 mâle (type).
Phlegra soudanica, n. sp.
(Fig. 13 A et B.)
Espèce très voisine de P. Irislis de Lessert, 1927.
Elle en diffère cependant :
1° Par la couleur. Le corps est couvert de poils brun-noir et l’abdomen
est orné, sur la face dorsale, d’une mince bande médio-longitudinale, blanche,
à l’exclusion de toute ligne noirâtre. Sur la face ventrale, on remarque deux
larges bandes claires convergeant vers l’extrémité postérieure.
2° Par la forme de l’épigyne, nettement plus longue que large, rétrécie
312
L. BEELAND ET J. MILLOT
vers son sommet, présentant deux fossettes arrondies, séparées par une
cloison saillante dont l’épaisseur n’excède pas le quart de leur diamètre.
Longueur totale : 8 à 9 mm.
Soudan français : Bamako, 1 femelle (type) ; Sangha, 1 femelle.
Fig. 13. —^ A : Phlegra snudanica, vue d’ensemble : — B : P. sniidanica, épigyne • G ;
Phlegra Tuzelae, vue d’ensemble ; —■ D : P. Tuzetae, épigyne. ’
Phlegra Tuzetae (I) n. sp.
(Fig. 13 G et D.)
Femelle. — Céphalothorax brun roussâtre foncé, revêtu, surtout dorsale-
ment, d’une pubescence couchée roux cuivré. Abdomen jaune brunâtre, sauf
dans la partie postérieure qui est noirâtre ; il est orné de trois bandes longi¬
tudinales blanches, deux latérales très nettes, et une médiane à peine dis¬
tincte, sauf en arrière, où elle se détache nettement sur le fond, plus sombre ;
face ventrale en entier jaunâtre sale. Chélicères, pièces buccales, pattes brun
roussâtre foncé, à extrémités plus claires. Pattes robustes, à fémurs dilatés,
surtout la première paire. Comme il est de règle dans le genre, la partie cépha¬
lique est beaucoup plus courte que la partie thoracique. Épigyne représentée
par une plaque testacé foncé, assez simple, plus ou moins dentelée sur son
bord antérieur (cf. fig. 13 D).
Longueur totale : 7 mm.
Guinée française ; Kouroussa, août, 1 femelle (type).
(1) Dédiée à MUo O. Tuzet, Maître de Conférences à la Faculté des Sciences de Mont¬
pellier.
ARAIGNÉES SALïICIDES DE L’A. O. F.
313
Genre STENAELURILLUS Simon; 18^:)
Stenaelurillus nigricauda Simon^
(Fig. 14.)
.S. nigricauda, mâle, Simon, 1885, p. 351.
Sénégal : Dakar, août, 3 mâles, 2 femelles, 2 impubères.
C’est également de Dakar, où elle paraît commune, que l’espèce a été dé¬
crite par Simon, qui en a fait le type du genre Stenaelurillus. Elle est carac¬
térisée par la forme relativement allongée du céphalothorax, par les bandes
blanches qui ornent le thorax et l’abdomen, et par la couleur noire de l’extré¬
mité des filières postérieures, chez le mâle : chez la femelle, ces dernières por¬
tent des poils brun foncé sur toute leur étendue.
Fig. 1 - Sienaelurilius nigricauda. : femelle adulte ; — B ; mâle adulte ; —-G : patte-
mâchoire mâle ; — D : exemplaire impubère.
Nous reproduisons ici les livrées du mâle, de la femelle et du jeune qui'
présentent de notables différences.
Sous-famille BARYPHEAE
Genre BARYPHAS Simon, 1902
Baryphas albicinctus, n. sp.
(Fig. 15 et 16.)
Femelle. — Céphalothorax brun-noir avec parfois, au milieu de la partie
céphalique, une zone rougeâtre. Chélicères rougeâtre sombre ; pièces buc-
MÉMoiRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome XII. 21
314
L. BEELAND ET J. MILLOT
cales châtain foncé, blanches à l’apex ; sternum noir ; pattes brun noirâtre,
les métatarses et tarses plus clairs, châtains. Abdomen noir, orné de bandes
transversales courbes, blanches ou café au lait clair, formées d’écailles ; par¬
fois effacées dans la zone médiane, elles sont toujours nettes sur les côtés ;
la face ventrale présente des bandes longitudinales peu distinctes, à reflets
mordorés ; filières brunes. Pilosité faite de poils noirs, pour la plupart dressés,
et d’écailles blanches, un peu nacrées, disposées en une bande, parfois incom¬
plète, entourant la partie céphalique, visibles aussi sur les côtés de la partie
thoracique, autour des yeux, sur le clypéus, sur la base des chélicères, sur les
pattes et sur l’abdomen où elles forment les dessins décrits précédemment ;
Fig. Ifj.— Baryplias alhicinclus
n. sp. : vue cl'eiiscmhle.
Fig. 16. —• Baryphas albicinrlus,
n. sp. : deux variétés d’cpigyue.
entre ces dernières, des écailles brunes, moins nettes. Chélicères robustes cl
courtes, larges à la base ; des dents de la marge antérieure part une carène,
({ui va en ligne droite et obliquement jusqu’à l’angle inféro-interne. La plus
grande largeur du sternum égale la longueur des hanches IV. Pattes courtes,
à épines nombreuses et longues. L’épigyne présente des variations indivi¬
duelles assez importantes (fig. 16).
Longueur totale : 6 mm. Céphalothorax ; longueur : 2,7 mm. ; largeur :
2 mm.
Guinée fr.vnçaise : Kankan, 2 femelles (type et cotype) ; Côte d’Ivoire ;
Man, 2 femelles.
Ces femelles ne semblent se rapporter à aucune des espèces actuellement
connues. Correspondent-elles à l’un des mâles ci-dessus décrits ? Il faut
pour en décider, attendre de nouvelles captures.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. 0. F.
315
Baryphas Michel! , n. sp.
(Fig. 17.)
Male. — Céphalothorax brun-rouge très foncé, à faces latérales noirâtres ;
celles-ci revêtues, dans leur tiers postérieur, de squamules blanches nacrées.
Abdomen noir, couvert dorsalement de poils à reflets métalliques sombres et
orné, dans son tiers postérieur, de deux petites taches latérales allongées,
formées de poils blancs. Chélicères, pièces buccales, sternum, pattes, brun
sombre : hanches, face ventrale de l’abdomen, marron plus ou moins foncé.
Bord inférieur des pattes en entier revêtu d’une frange de forts crins noirs,
particulièrement dense sur les tibias, donnant aux individus en bon état un
aspect hirsute ; squamules blanches nacrées sur les fémurs, les hanches et le
pourtour du sternum. Longs poils irisés et aplatis sur la base des chélicères
et sur le bandeau qu’ils couvrent complètement chez certains exemplaires.
Fig. 17. —■ Baryphas Micheli, n. sp., mâle. A : chélicère en vue postérieure ; —-B : patte-
mâchoire, vue ventrale ; —■ Q : céphalothorax de face.
Chélicères à tige massive, à marges réduites, à crochet robuste mais très
court ; forte dent sur la marge inférieure. Patte-mâchoire : forte et longue
apophyse tibiale, bulbe cordiforme, de la partie antérieure duquel part un
canal spermatique décrivant une sorte de crosse aortique. Style très court.
Longueur totale ; 5 à 6 mm.
Côte d’Ivoire ; Bingerville, août, 1 mâle (type) ; Man, janvier, 1 mâle
(cotype) et un autre mâle frotté.
La patte-mâchoire de cette Araignée est curieusement semblable à celle
(1) Dédié à M. l’Administrateur Michel, Chef du Cabinet du Gouverneur de la Côte
d'ivoire.
316
L. BERLAND Eï J. MILLOT
de Pellenes mfodypeala Peckam, 19B3, qui elle-même paraît peu differente
de celle de Habroceslum nibroclypealum de Lessert, 1927.
Baryphas scintillans, n. sp.
(Fig. 18.)
Male. — Couleur générale très foncée. Céphalothorax brun de poix, avec
une bande noire de chaque côté, englobant les yeux latéraux ; chélicères rou¬
geâtres ; lames-maxillaires et pièce labiale bruns, l’apex blanc ; sternum
brun ; pattes entièrement brun de poix, les hanches un peu plus claires sur
les côtés. Abdomen noir ; face dorsale et emplacement des poumons un peu
éclaircis ; filières noires. Pilosités faites de poils noirs, peu nombreux sauf à
a face inférieure des fémurs, patellas et tibias, où ils forment une brosse assez
'dense ; en outre, de larges squamules blanches, à reflets nacrés, appliquées
sur la face supérieure des articles des pattes-mâchoires — de même couleur
sur le bandeau, le sternum (sauf au milieu), et sur les fémurs — bleues à
reflets métalliques sur la partie céphalique (où elles sont peu nombreuses)
et sur l’abdomen, principalement sui'
la face ventrale. Chélicères robustes,
larges à la base, coniques ; dent de la
marge postérieure très forte, un peu
arquée. Pièce labiale trapézoïdale, plus
longue que large, large à la base (fig.
18 B). Sternum large, sa plus grande
largeur dépassant de beaucoup la lon¬
gueur des hanches IV, tronqué droit
en avant, où il est aussi large que la
base de la pièce labiale ; il est assez for¬
tement bombé au milieu ; les hanches IV
se touchent. Pattes relativement cour¬
tes, fortement épineuses : les méta¬
tarses I en particulier, ont 2-2 épines
à la face inférieure et 1-1 de chaque
côté. Les épines des pattes IV sont nom¬
breuses, robustes et très longues : celles des métatarses IV égalent presque
en longueur la moitié de l’article. Patte-mâchoire (flg. 18 A) : apophyse
externe du tibia coudée et un peu crocbue au sommet.
Longueur totale : 5 mm.
Côte d' Ivoire : Man, août, 1 mâle (type), 1 mâle (cotype).
Guinée française : Macenta, août, 1 mâle.
Cette petite espèce de couleur très sombre, rentre bien dans le genre Bary¬
phas par la forme de la tête, des chélicères, et par l’armure des pattes. Elle
ne correspond à aucune des espèces, connues dans la région (tout en étant
Fig. IS. — Baryphus scinlillans, il. sp-
mâle.
A : patte-màchoirc, vue ventrale. —
B ; sternum et pièce labiale.
ARAIGNÉES SALÏICIDES DE L’A. 0. P.
317
très voisine de B. jullieni Simon) et encore moins à celles décrites d'Afrique
du Sud. L’exemplaire que nous considérons comme cotype est identique au
type, mais il est moins foncé (sub-immature), et l’apophyse du tibia est un
peu différente, étant plus large à la base, et moins coudée.
La liste des Baryphas actuellement connus s’établit ainsi qu’il suit :
B. ahenus, $ et çj Simon 1902, Peckham 1903 Afr. du Sud.
de Lessert 1925.
B. albicinchis $ n. sp. Guinée fr.
G. d’ivoire.
B. eupogon $ Simon 1902 San Thomé.
B. Jullieni S Simon 1902 Liberia.
B. Micheli J n. sp. C. d’ivoire.
B. scintillans J n. sp. Guinée franc.
C. d’ivoire.
D’après Simon, Jasodci Woodi Peckham, 1903, serait peut-être un Bar y
phas.
Sous-famille GHRYSILLEAE
Genre COSMOPHASIS Simon, 1901
Cosmophasis albipes, n. sj).
(Fig. 19.)
Femelle. — Céphalothorax fauve très clair ; la par¬
tie céphalique couverte d'une grande tache noire qui
englobe les yeux postérieurs et s’incurve en avant de
la fossette ; sur la partie thoracique une zone transver¬
sale noirâtre, en croissant. Chélicères brunes, plus fon¬
cées que le céphalothorax ; pièces buccales fauve très
clair ; sternum et pattes blancs, y compris les pattes-
mâchoires. Abdomen blanchâtre, traversé de quatre
bandes noirâtres, mouchetées de blanc, les deux pre¬
mières interrompues au milieu, la dernière touchant
les filières ; face ventrale blanche, ainsi que les filières.
Pilosité : sur la partie céphalique des écailles blanches
(très caduques), cils et barbes blancs ; sur l’abdomen,
quelques poils noirs, en plus des bandes décrites ci-
Fig. 19. —■ Cosnvi-
phasis albipes, n.
sp. femelle.
A : vue d’ensemble ;
n : épigyiie.
dessus, qui sont tégumentaires. Pattes ; IV-III-I-II.
Tibias I avec 2 séries de 4 épines, II, 2 séries de 3 ; métatarses I et II, 2-2 épi¬
nes, plus une épine latéro-apicale de chaque côté. Épigyne à dessin peu carac¬
térisé (fig. 19) ; le bord postérieur forme une saillie chitineuse nette, en avant
318
L. BERLAND ET J. MILLOT
de laquelle transparaissent dans la profondeur deux masses quadrangulaires
sombres.
Longueur totale : 4 mm. ; céphalothorax, longueur 1,9, largeur 1,2 mm.
Guinée française : Macenta, août, 1 femelle (type).
Nous classons avec un peu d’hésitation cette espèce dans le genre Cosmo-
phasis, par suite de la présence d’épines latérales aux métatarses antérieurs ;
elle s’apparente également au genre Telamonia.
Cosmophasis Chopardi, n. sp.
(Fig. 20.)
Male. — Céphalothorax marron-rougeâtre, strié de noir ; pourtour des
yeux noirs ; zone médio-céphalique rembrunie. Abdomen allongé en forme
de cigare, de même tonalité que le céphalothorax, mais un peu plus forte-
A.
Fig. 20. —• Cosmophasis Chopardi, n. sp. mâle. A : vue d’ensemble ; — B : patte-mâchoire,
vue dorsale ; — G : la même, vue ventrale.
ment chagriné de noir et à reflets mordorés ; au milieu, un anneau blanchâtre
transversal. Sternum, lames maxillaires, pattes-mâchoires, filières, hanches
et fémurs testacés clairs ; patellas, tibias et tarses bruns, à faces latérales plus
foncées. Bandeau fort étroit, légèrement concave, dont la hauteur est très
inférieure au rayon des yeux médians ; ceux-ci sont bordés de cils orangés
dans leur moitié supérieure, de cils blanchâtres dans leur moitié inférieure.
Fémurs I aplatis et dilatés. Protarses I presque aussi longs que les tibias ;
tibias + patelles = protarses -f tarses. Pattes-mâchoires jaunâtre clair :
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. 0. F.
319
larse très allongé ; tibia muni d’une apophyse externe assez longue à pointe
noirâtre, un peu recourbée et tordue sur elle-même ; bulbe brunâtre grossiè¬
rement losangique, à fort prolongement postéro-interne ; pointe du style
très courte, noire et contournée en crochet (fig. 20 G).
Longueur totale ; 5 mm.
Côte d’Ivoire : Man, 1 mâle (type).
Nous n’hésitons pas à considérer cette Chrysillae comme un Cosmophasis
malgré son bandeau extrêmement réduit, caractère peu conforme à la défi¬
nition du genre. Mais le créateur de celui-ci, Simon, a noté que la hauteur
du bandeau est « très variable d’une espèce à l’autre » et, justement, les Cosmo-
phasis africains diffèrent des asiatiques par l’étroitesse du bandeau (cf. C.
auslralis, C. Fagei).
Cosmophasis tristis, n. sp.
(Fig. 21.)
Femelle. — Couleur générale sombre. Partie céphalique brun-noir, partie
I horacique un peu plus claire. Face dorsale de l’abdomen entièrement recou¬
verte de poils noirs avec indication de deux bandes transversales claires ;
face ventrale assez pâle, portant des poils grisâtres et mordorés. Chélicères,
pièces buccales, hanches marron ; sternum gris-marron, avec quelques squa-
mules blanches irisées ; pattes brun jaunâtre ; faces latérales des tibias et
des métatarses noirâtres ; fémurs gris foncé, aplatis et dilatés. Chélicères très
particulières. Elles sont obliquement dirigées en avant ; leur face antérieure
porte un curieux revêtement de poils noirs ; leur marge supérieure a des dents
remarquablement réduites (fig. 21 A). Bandeau très étroit, subglabre.
Épigyne : fig. 21 B.
Longueur totale : 8 mm.
Côte d’Ivoire : Man, 1 femelle (type).
3-20
L. BERLAND ET J. MILLOï
La liste des Cosniophasis africains s’établirait ainsi qu’il suit :
C. alhipes.
C. aiistralis.
C. caerUlea.
C. Chopardi.
C. Fagei.
C. lücidiventris.
C. nigrocyanea.
C. iricincta.
C. Iristis.
11 . sp.
Simon 19()’2.
Simon 1901.
n. sp.
de Lessert 192.Ô.
Simon 1909.
Simon 1886.
Simon 1909.
n. sp.
Guinée française.
Cap.
S. Leone.
Côte d’ivoire.
Kilimandjaro.
Gabon.
Abyssinie.
G. port., F. Poo.
Côte d’ivoire.
Genre CYLLOBELUS Siaion, 188.'>
Cyllobelus rufopictus Simon
(Fig. 22.)
c. riifnpicliis Simon, 1909, Ann. Mus. eiv. Genova, p. 420.
102. 22. — Cyllobelus nilopiclus Simon. A : mâle, vue d’ensemble : —-B : abdomen de la
femelle : — G : abdomen d’une femelle à taches confluentes ; —• D : pattes I du mâle ; —
E : chélicère mâle ; ^— F : patte-mâchoire mâle ; —-G ; tibia de la patte-mâchoire' mâle ;
— Il : pièce labiale et lame maxillaire ; —^ 1 : épigyne.
Guinée française : Kouroussa, 1 femelle ; Macenta, 1 femelle.
Côte d’ Ivoire : Bingerville, 1 femelle, Man, 1 mâle.
Soudan français : Bamako, 1 femelle.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. 0. F.
321
Tous capturés sur des basses branches d’arbustes.
Espèce répandue, déjà décrite de San Thomé, du Gabon, d'Afrique du Sud
(où elle semble être commune), et de Sierra Leone (collection Simon). L’ab¬
domen porte des taches d’un beau rouge, au nombre de trois chez le mâle
(fig. 22 A), plus nombreuses chez la femelle, où elles parsèment la face dor¬
sale (fig. 22 B) et peuvent confluer plus ou moins (fig. 22 G).
Genre HELIOPHANUS G. Koch, IS.IO
Au cours de notre mission, nous avons capturé un certain nombre d’Helio-
phanus : tous sont nouveaux — fait d’autant plus remarquable que la liste
des espèces africaines du genre est déjà longue ; elle est, sans doute, encore
bien loin d’être close.
Heliophanus aviculus, n. sp.
(Fig. 23.)
Male. — Géphalothorax brun de poix, presque noir. Ghélicères et pièces
buccales fauve rougeâtre, moitié basale du crochet plus sombre que la moitié
apicale. Sternum, hanches, trochanters et fémurs hrun de poix, le reste des
pattes fauve-rougeâtre ; face inférieure des patellas et tibias souvent un peu
plus foncée. Abdomen brun, y compris la face ventrale et les filières. Pilosité :
Fig. ‘^3. —■ Heliophanus aviculus, ii. sp. A : mâle : tarse de la palle-màchoirc ;— B : mâle:
fémur et tibia de la patte-mâchoire ; —■ C : femelle ; épigyne.
poils noirs, assez longs sur la partie frontale ; en outre, de fins poils blancs
couchés, nombreux sur la face dorsale de l’abdomen, qu’ils recouvrent presque
entièrement, sans former de dessins ; sur le céphalothorax ils ne sont présents
que sur les côtés. Pattes : tibias I armés de trois paires d’épines inférieures, la
médiane plus rapprochée de l’apicale que de la hasale ; tibias II, avec 2-2-2 épi¬
nes, à égale distance les unes des autres. Patte-mâchoire : apophyse fémorale
forte, longue, courbée, très rapprochée de l’article (fig. 23 B), en forme de
bec d'oiseau (d’où le nom spécifique); tibia présentant, d’une part, sur le côté>
une sorte de canine, terminée du côté inférieur par une saillie conique, et,
d’autre part, à l’angle supérieur, une apophyse grêle, aiguë ; bulbe avec deux
protubérances, une première interne très marquée, et une deuxième, infé-
3-22
L. BERLAND ET J. MILLOT
rieure, plus arrondie (fig. 23. A) ; il est prolongé par un style assez long, pres-
([ue droit.
Longueur totale : 5 mm.
Femelle. — Diffère du mâle par la couleur générale plus claire. Patte-
rnàchoire à fémur brun, sauf la face inférieure qui est claire, les autres articles
blancs. Sternum brun. Pattes : hanches et trochanters testacé clair, fémurs
bruns, les autres articles fauve clair, plus ou moins teintés de gris sur la
ligne dorsale. Pilosité blanche recouvrant tout le céphalothorax et les pattes
en grande partie, surtout les fémurs. Épigyne (fig. 23 G).
Longueur totale ; 6 mm.
Côte d’Ivoire ; Batié, 1 mâle (type), 1 femelle.
Espèce caractérisée chez le mâle par l’apophyse fémorale et le bulbe, chez
la femelle, par l’épigyne.
Heliophanus kankanensis, n. sp.
(Fig. 24.)
Male. — Céphalothorax en entier brun de poix, à reflets bronzés, plus
sombre sur la partie céphalique. Chélicères et pièces buccales jaune clair ;
sternum brunâtre, éclairci sur les bords. Hanches et trochanters testacé
clair ; patte-mâchoire brune. Pattes I brunes, éclaircies à la base des fémurs,
sur la ligne dorsale des métatarses et des tarses, ainsi qu’à,l’apex de ces der-
Fig. 24. —• Heliophanus kankanensis, n. sp. A : mâle : tarse de la patte-mâchoire ; •—^ B :
mâle : fémur et tibia de la patte-mâchoire ; — G : femelle : épigyne.
niers. Sur les autres pattes, jaune très clair, on remarque une bande noire
longitudinale, entière sur la face supérieure des fémurs III et IV, n’occupant
guère que la moitié apicale des faces postérieure et antérieure de ces mêmes
articles — une tache noire à la base et à l’apex des patellas III et IV sur la
face supérieure — une bande noire à la face postérieure des tibias et des
tarses IV. Abdomen entièrement noir, y compris la face ventrale et les filières ;
il est orné d’une mince bordure antérieure de poils blancs, et de deux petites
taches latérales de même couleur, un peu au delà du milieu. Fémurs I un peu
dilatés. Bord externe des lames maxillaires formant un cône arrondi, sans
angle saillant. Patte-mâchoire (fig. 24 A) : fémur muni d’une longue apophyse
apicale, un peu courbée, à extrémité aiguë ; tibia très court, portant une très
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
323
petite pointe à l’angle inféro-externe ; bulbe à style court prolongeant le
sommet, enroulé en tire-bouchon ; l’angle inféro-externe est terminé par une
petite pointe conique.
Longueur totale : 3 mm.
Femelle. — Céphalothorax noir foncé, traversé un peu en arrière des
yeux postérieurs, d’une bande de poils blancs ; chélicères et pièces buccales
brunes, éclaircies à l’apex ; sternum noir. Pattes entièrement blanches, y
compris les pattes-mâchoires. Abdomen brun noirâtre, moins foncé que le
céphalothorax ; il est parsemé de poils blancs, qui se réunissent pour former
une discrète bordure antéro-latérale ainsi que deux petites marques un peu
au delà du milieu ; face ventrale brunâtre, avec deux taches claires tégumen-
taires juste en avant des filières, celles-ci brunes. Épigyne (fig. 24 C) petite,
en fossette carrée, coupée par une saillie médiane qui dépasse le bord posté¬
rieur.
Longueur totale : 4 mm. (sans les filières).
Guinée fr.4nçaise : Kankan, 1 mâle (type), 1 femelle.
Cette petite espèce a tout à fait l’aspect des Heliophanus de nos pays, mais
les reflets métalliques sont peu prononcés.
Heliophanus macentensis, n. sp.
(Fig. 25.)
Femelle. — Céphalothorax en entier noir de poix, à reflets métalliques,
par endroits cuivres. Chélicères brun foncé, crochet brun
rougeâtre dans sa partie basale, plus clair dans sa moitié
apicale ; pièces buccales brunes, le bord interne blanc ;
sternum noir brillant. Patte-mâchoire et pattes I et II
entièrement jaune très pâle, une tache noire sur la face
postérieure des hanches II ; pattes III et IV, hanches,
trochanters et fémurs noirs, les autres articles jaune pâle.
Abdomen entièrement noir brillant, ainsi que les filières.
Épigyne (fig. 25) en fossette assez profonde.
Longueur totale : 4 mm.
Guinée fr.ançaise : Macenta, août, 1 femelle (type).
Fig. 25. — Helio¬
phanus macenlen-
s/s,n.sp. femelle:
épigyne.
Heliophanus robustus, n. sp.
(Fig. 26.)
Male. — Céphalothorax fauve roussâtre très foncé, presque noir ; chéli¬
cères, pièces buccales et sternum de même couleur, mais un peu plus clairs ;
crochets rouges, sauf à la base, qui est noire. Pattes fauve foncé ; tarses et
métatarses jaune clair, ainsi que la face dorsale des tibias et, au moins en
partie, celle des patellas ; pattes-mâchoires en entier fauve foncé. Abdomen
marron fauve avec macules sombres peu distinctes ; pas de reflets métal-
324
L. BERLAND ET J. MILLOT
liques. Pilosité formée de poils couchés, blancs ou jaunâtres, nombreux et
serrés sur le céphalothorax, principalement sur les côtés et le long d’une bande
englobant les yeux latéraux ; des poils semblables se retrouvent sur l’abdo¬
men, mais ils y sont moins nombreux, et mélangés de poils noirs ; barbes et
cils blancs. Patte-mâchoire (fig. 26) : fémur portant une forte apophyse
Fig. 26. — Heliophnnus robustus, n. sp. mâle. A : extrémité de la patte-mâchoire, vue laté¬
rale ; — B : patella et tibia en vue dorsale ; —■ C : fémur, patella et tibia, vue latérale.
médiane, crochue ; tibia muni, du côté externe, d’une carène, qui forme une
grosse saillie obtuse inférieure, et porte une apophyse supérieure, mince et
courte ; style long, courbe, partant de l'angle externe
du bulbe.
Longueur totale : 5 mm.
Côte-d’Ivoire : Man, septembre, 1 mâle (type).
Cette espèce, d'aspect lourd et trapu, est sensible¬
ment différente des Ileliophanus de nos pays ; elle se
rapproche beaucoup, par contre, de certaines formes
africaines, telles que H. orchestus Simon, dont elle se
distingue aisément cependant par la pilosité plus abon¬
dante, l’apophyse fémorale réduite, le t ibia et le bulbe
nettement dissemblables.
Heliophanus soudanicus. n. sp.
(Fig. 27.)
Male. — Céphalothorax brun de poi.x, la partie
céphalique noire avec des reflets métalliques. Chélicèrcs
pièces buccales, sternum et hanches bruns, les autres
hanches claires ; patte-mâchoire brune. Pattes I : tro¬
chanters et fémurs brun presque noir, l'apex du fémur
et les autres articles jaune clair un peu rougeâtres ;
lesautres pattes jaunes,avec des fémurspresque blancs.
.Abdomen brun, moucheté de blanc, orné d’une mince bordure antéro-laté-
rale blanche et d'une bande médiane claire, assez large dans sa partie posté-
Fig. 27. —• Heliophanus
soudanicus, n. sp. mâle
-A : patte-mâchoire,
vue inférieure ; — B :
sommet de la lame
maxillaire montrant
la petite dent externe.
ARAIGNÉES SALïICIDES DE L’A. O. P.
325
rieure qui atteint les filières ; bande et bordure sont couverts de pilosité
blanche ; face ventrale occupée en majeure partie par une longue bande grise
trapézoïdale encadrée de blanc sur les côtés et en arrière ; filières noires.
Lames maxillaires présentant une petite dent obtuse, près de l’angle externe
(fig. 27 B). Pattes I ; tibias avec 2-2-2 épines, la paire médiane très rapprochée
de la paire apicale ; métatarses avec 2-2 épines. Patte-mâchoire (fig. 27 A) ^
fémur mutique ; patella avec une très forte apophyse externe, coudée à som¬
met arrondi ; tibia portant une première apophyse crochue à la face intérieure,
une deuxième conique ; du côté externe, et, en dessous de celle-ci, une troi¬
sième fine, aiguë et sinueuse ; bulbe de forme tourmentée, avec un prolonge.
Jiient inférieur crochu particulièrement développé ; du sommet part un style
épais, dilaté du côté interne.
Longueur totale : 3,2 mm.
Soudan français : Bamako, septembre, 1 mâle (type).
Cette espèce appartient au groupe des Heliophanus dont le fémur est mu¬
tique, alors que la patella porte une apophyse (cf. H. eclenlulus, par exemple).
Genre OBSIMA Simon, 1901
Orsima constricta Simon
(Fig. 28.)
Oraima comlricla Si.mon ; Histoire Naturelle des Araignées, vol. Il, p 554, 1901.
Côte d’Ivoire : Bingerville, 1 mâle, capturé sur un buisson en bordure de
forêt.
Fig. 28. —• Orsimii cnnslricla mâle. A : vue d’ensomlile ; — B : chélicère de profd.
Jolie espèce, ornée de magnifiques s(iuamules irisées. Elle est caractérisée
par ses chélicères dont le bord interne est fortement concave (fig. 28 B) —
L. BERLAND Eï J. MILLOT
32(i
par son abdomen allongé et rétréci dans la région médiane — par ses fdières
longues et saillantes. Pattes I allongées chez le mâle, à fémur dilaté et com¬
primé (fig. 28 A).
Décrite du Congo, par Simon. Seul le profil de l’abdomen avait été figuré
juscfu’ici (Simon, p. 540.)
Genre TELAMONIA Thorell, 1887
Telamonia Borreyi (1), n. sp.
(Fig. 29.)
M.\le. — Svelte et élégante espèce. Le céphalothorax brun noir foncé,
présente des bandes transversales plus claires, dans la partie thoracique,
l'une en arrière des yeux de la dernière ligne, l’autre le long du bord posté¬
rieur. L’abdomen est, sur sa face dorsale, jaune clair, avec 4 minces bandes
longitudinales brun noir, la face ventrale présente une large zone médiane, mal
Fig. *29. —• Telamonia Borreyi, n. sp. mâle. A : vue d’ensemble. —■ B : patte-màchoire dt*
profil : —-G : tibia et tarse de la patte-mâchoire, vue ventrale.
limitée, gris noir. Chélicères marron foncé, pièces buccales partiellement brun
noirâtre. Sternum clair. Pattes I : hanche, fémur et patelle brun noir — tibia
et métatarse mi-partie jaune et noir — tarse jaune ; pattes III et IV en entier
jaune clair ; pattes II intermédiaires.
Lames maxillaires très développées, dilatées à leur extrémité antérieure
([ui présente une forte saillie angulaire externe.
Patte-mâchoire longue et mince ; bulbe de très petite taille, brun foncé.
(1) Dédié au D' Borrey, chirurgien consultant du Soudan.
ARAIGNÉES SALïICIDES DE L’A. O. F.
3-27
alors que les autres articles sont jaune très clair. Tibia muni d’une apophyse
unciforme, noirâtre et aiguë à son extrémité (fig. 29 G).
Longueur totale : 6 mm.
Soudan français : Bamako, 1 mâle (type), octobre 1937.
Telamonia Borreyi var. minor, nov.
(Fig. 30.)
Nous avons trouvé à Kankan (Guinée française), au mois d'août, un autre
mâle beaucoup plus petit que le précédent (4 mm.), dont les lames maxillaires
sont moins nettement dilatées et dont la patte-mâchoire n’est pas identique :
remarquer en particulier, sur la figure 30, l’insertion tout autre de l’apo-
Fig. 30. — Telamonia Borreyi var. minor- A ; patte-mâchoire mâle, vue ventrale ; —■ B :
épigyne de la femelle ; — G ; femelle, vue d’ensemble.
physe tibiale. Nous en faisons le type d’une variété, mi/ior, à laquelle il nous
paraît légitime de rattacher deux femelles, capturées dans la même
région.
Femelle. — ■ Couleur générale jaune pâle ; une bande noire entoure les
yeux postérieurs et atteint les latéraux antérieurs ; pattes sans anneaux ;
sur la face dorsale de l’abdomen, deux bandes brunâtres longitudinales, paral¬
lèles. partant du 1 /4 antérieur et atteignant presque le bord postérieur ;
de chaque côté, une mince bande brune, partant un peu en arrière des angles
antérieurs ; sternum, hanches, face ventrale de l’abdomen et filières blancs.
Pilosité blanche, peu serrée sur le céphalothorax, où elle est accompagnée de
crins bruns, surtout sur la partie céphalique, et d’un arceau de poils grisi
couchés sur la thoracique ; barbes blanches, cils blancs, mêlés de brun en
dessus ; sur la face dorsale de l’abdomen, les poils ont des reflets légèrement
328
L. BERLAND Bï J. MILLOT
jaune verdâtre et sont mêlés de crins gris. Lieux longs crins un peu en arrière
des yeux postérieurs. Pattes : tibias I avec 2-2-2 épines à la face inférieure.
1-1 à la face antérieure, 1 subapicale et à la face postérieure, métatarses 2-2
inférieures ; même disposition sur tibia et métatarses II, avec 1-1 épine à la
face postérieure.
Épigyne (fig. 30 B).
Longueur totale :5mm. Céphalothorax; longueur 2,5mm., largeur : 1,8mm.
. 80 UD.XN FRANÇAIS : Bamako, 2 femelles (type et eotype).
Bien que les épines des pattes postérieures soient un peu plus fortes que
chez certaines espèces du genre, ces Araignées, par leur aspect, par leur colo¬
ration, par leur dessin, et par la disposition de leurs yeux, sont incontestable¬
ment des Telamonia. Elles ont, d’autre part, des caractères de parenté indé¬
niables (disposition des épines et pattes, coloration, pilosité, aspect et forme
générale) avec les mâles précédents et appartiennent vraisemblablement à la
même espèce : par suite de leur taille, c’est à la forme minor que nous les
rattachons.
Sous-famille DENDRYPHANTEAE
Genre PARAMODÜNDA DE Lessert, 1925
Paramodunda thyenioides de Lessert.
P. thyenioides de Lessert, 1925, p. 409, lig. 55-57.
Gfinée fr.ançai.se : Kankan, 1 mâle.
Longueur totale ; 6 mm.
Espèce décrite, par R. de Lessert, de l’Afrique orientale (Kilimandjaro).
.Notre exemplaire est plus grand que ceux étudiés par le zoologiste suisse.
Sous-famille FLACILLEAE
Genre AFRAFLACILLA, n. g.
Céphalothorax très plat ; partie céphalique non séparée de la partie thora¬
cique ; une fossette un peu en arrière de la ligne unissant les yeux postérieurs
i-arré oculaire aussi large que long, à côtés parallèles ; bandeau presque nul :
yeux médians antérieurs contigus et touchant les latéraux. Chélicères étroites
et assez longues ; pièce labiale plus longue que large, plus large au milieu
qu’au.x e.xtrémités ; sternum plus long que large, étroit en avant, 011 sa largeur
(fig. 31 C), égale à celle de la base de la pièce labiale, est à peine le 1 /3 de
sa longueur. Pattes presque dépourvues d'épines, mais munies de longs poils
fins, dressés, peu nombreux ; pattesi plus fortes (jue les autres, même chez, la
femelle. Sur les côtés de la parl ie céiihalique, on remaïque une ligne un jieu
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
329
arquée de 7 ou 8 poils insérés chacun dans une petite cupule (trichobothries ?).
Patte-mâchoire du mâle avec un style en boucle entourant le bulbe, et une
longue apophyse tibiale.
Génotype : .4. bamakoi, n. sp.
Afraflacilla bamakoi, n. sp.
(Fig. 31.)
Male. •— Céphalothorax châtain foncé, presque noir; sur la partie cépha¬
lique, quelques lignes brunes rayonnant vers l’arrière.Chélicères pièces buccales,
et sternum châtain clair, ainsi que les pattes I, les autres pattes jaune clair,
les fémurs un peu rembrunis, au moins en leur milieu, ainsi que les tibias.
Fig. 31. — Afraflacilla bamakoi, n. sp. mâle. .A : céphalothorax de profil, montrant la ran¬
gée de poils sensoriels ; — B : pattes I, vue interne ; ■— G : sternum et pièce labiale ; —■
D : bulbe, vue ventrale ; — E : tibia de la patte-mâchoire, vue dorso-externe.
métatarses et tarses IV, à la base. Abdomen gris avec des lignes de poils
blancs sinueuses, longitudinales, une bande blanche transversale, peu nette,
vers le tiers antérieur, et une deuxième encore moins distincte vers les 2/3 ;
extrémité postérieure rembrunie ; face ventrale blanchâtre ; filières brunes,
sauf les médianes qui sont blanches. Pilosité ; poils bruns couchés sur le cépha¬
lothorax, mêlés de blanc dans la région antérieure, de roux sur les côtés ;
quelques poils blancs sur les fémurs ; en outre de longs et fins poils bruns
dressés, nombreux surtout sur les pattes I ; aux angles du bandeau, deux très
longs crins, se croisant en avant. Pattes I à articles très dilatés, surtout la
patella et le tibia, qui sont d’une grosseur anormale (fig. 31 B.). Le tibia I
porte deux courtes épines sur la face antérieure près de l’apex ; le métatarse,
1,2-2 courtes et robustes épines inférieures ; le métatarse II, 1 près de la base,
2 à l'apex ; les tibias III et VI, 1 petite épine inféro-apicale ; les métatarses III
et IV, un verticille de 4 petites épines ; sur la ligne dorsale des fémurs II, III,
IV, 3 longs poils spiniformes. Sternum et pièces buccales ; cf. fig. 31 C.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, iiouvellc série, tome Xll. 22
330
L. BERLAND ET J. MILLOT
Hanches I très grosses. Patte-mâchoire (fig. 31 D) : bulbe plus long que
large, dilaté à la partie inférieure en une grosse protubérance obtuse ; une
petits saillie conique vers le milieu ; de son angle inféro-externe part un long
style en boucle, qui fait le tour du bulbe en passant sous la protubérance infé¬
rieure ; tibia avec une longue apophyse, un peu sinueuse, aiguë à l’extrémité,
non appliquée contre le tarse, mais dirigée un peu vers le bas.
Longueur totale : 3,8 mm.
Soudan français : Bamako, 1 mâle, (type).
Cette Araignée nous paraît se rattacher etroitement au genre F/ac;//a connu
de Çeylan (F. lubrica et albofrenaiaS.), d’Indo-Chine (non décrite), et de Samoa
(F. minuta Berland). On ne connaît que des femelles, sauf pour F./ui/dca S.,
mais ce dernier mâle a un bulbe d’un type tout à fait dillerent de celui que
nous figurons. Le genre Flacilla paraît, d’ailleurs hétérogène, ses espèces sont
assez différentes entre elles, tout en ayant en commun : le céphalothorax très
plat, le sternum étroit en avant, les pattes sans épines, ou presque. Nous
crovons devoir créer un genre nouveau pour les deux formes de Bamako, qui
Fig. 32 .—■ A.similis, n. sp. mâle. A: vue d’en¬
semble ; — B : chélicères vue inférieure ; —•
G : apophyse tibiale de la patte-mâchoire; —
D : lame maxillaire schématique; — E : tarse
de la patte-mâchoire, vue ventrale.
se distinguent par les épines des
pattes, la forme des chélicères, la
patte-mâchoire du mâle, et la série
de 7 trichobotries situés sous les
yeux postérieurs (fig. 31 A), qui
constituent sans doute un organe
sensoriel spécial.
Afraflacilla similis, n. sp.
(Fig. 32.)
Male. — Très voisin du précé¬
dent, il s’en distingue par : 1° la
coloration ; de chaque côté du cé¬
phalothorax, une bande claire cou¬
verte de poils blancs ; l’abdomen,
blanc sur les côtés, présente au
milieu de la lace dorsale une bande
brune longitudinale, irrégulièrement
élargie dans la moitié postérieure ;
2° les chélicères plus étroites et à
bords parallèles (fig. 32 B) ; 3° les
lames maxillaires dilatées extérieu¬
rement (fig. 32 D) ; 4» l’épine apicale
des tibias IV, qui est antérieure et
non inférieure ; 5° la forme de la patte-mâchoire : bulbe très fortement
dilaté a 1 angle inféro-externe (fig. 31 E) — style encore plus bouclé —
ARAIGNÉES SALTICIDBS DE L’A. O. F.
331
apophyse tibiale plus longue, plus forte, et non aiguë à l’extrémité (fig. 31 G).
S0UD.4.N F’RANÇAis ; Bamako, 1 mâle (type.)
Notre e.xemplaire d’yl. similis semble être un gy-
nandromorphe mâle, présentant une patte I droite
femelle, et une patte I gauche mâle. Il ne peut s’agir
d’un cas de régénération hypotypique, car le phéno¬
mène intéresse aussi la hanche I droite qui reste
toujours en dehors de la régénération, les pattes
s’autotomisant entre la hanche et le trochanter.
Au même genre que les 2 mâles précédents appar¬
tient certainement une femelle qui nous a été'
envoyée du Sénégal par M. Risbec.
Femelle. — Céphalothorax brun rougeâtre, avec
marbrures plus claires et plus foncées. Palpes, pattes,
sternum, face ventrale de l’abdomen, jaunâtre clair.
Face dorsale de même couleur, mais ornée de 2 larges
bandes verticales convergeant en avant et en arrière,
brunes dans leur 2 ,'3 antérieurs, presque noirâtres
dans le tiers postérieur. Filières brunâtres. Revête¬
ment de poils noirs, blancs et bruns mêlés sur la
face dorsale du céphalothorax. Une ligne courbe de
8 cupules sensorielles sur les côtés de la partie cépha¬
lique. Pattes courtes et robustes : IV>III>I>*II.
Tibias I munis d’une seule épine courte et forte sur le
côté interne de l’extrémité distale. Protarsesl avec 2-2
épines. Élégante épigyn, à dessins très nets (fig.33).
Longueur totale : 5 mm.
Sénégal : Bambey, 1 femelle.
Cette Araignée appartient indéniablement au
genre Afraflacilla, et elle présente avec les 2 mâles
précédents de nets caractères de parenté. Peut-être
est-elle la femelle de l’un d’entre eux; mais il nous
est impossible de préciser lequel. Au cas où elle se révélerait appartenir à une
espèce indépendante, nous proposons de l’appeler : Afraflacilla Risbeci, n. sp.
Fig. 33. — Afraflacilla
Risbeci, n. sp. (?) fe¬
melle.
A : vue d’ensemble ;
B : épigyne.
Sous-famille HYLLÆE
Genre BRANCUS Simon, 1902
Brancus Bevisi de Ressert,
(Fig. 34 C et 35 C.)
R. Bevisi de Lessert, 1925, p. 350, fig. 17.
Guinée fr.vnç.aise : Kindia, 1 mâle.
332
L. BEKLAND BT J. MILLOT
Notre exemplaire diffère par plusieurs caractères du type décrit par de
Lessert. La coloration, en particulier (fig. 35 D), n’est pas tout à fait la
même ; ainsi la partie céphalique, entièrement noire, ne présente aucune
trace de l’hexagone jaune signalé par l’arachnologiste suisse ; la bande longi¬
tudinale jaunâtre de la face dorsale de l’abdomen, porte en son milieu une
paire d’accents noirs nette. En outre, par sa forme générale, le tarse de la
patte-mâchoire se rapproche autant de celui de Branciis mulicus que de la
ligure publiée par de Lessert. Il ne paraît, cependant, y avoir guère de doute
(juant à l’attribution spécifique, mais peut-être nous trouvons-nous ici en
Fig. 34. — Patte-mâchoires comparées. A : Brancus Blaisei, coll. Simon ; —B : B. mulicus,
coll. Simon ; —■ G. B. Bevisi, exemplaire de Kindia.
présence d’une variété géographique guinéenne ; il faudrait, pour en décider,
disposer d’un grand nombre d’exemplaires. Dans le but de faciliter les compa¬
raisons, nous figurons à côté du bulbe de notre exemplaire, celui des deux
autres espèces d’Afrique occidentale française, B. mülicus et B. Blaisei,
dessinés d’après les exemplaires de la collection Simon (fig. 34).
Longueur totale : 6,5 mm.
Brancus Verdieri (1), n. sp.
(Fig. 35.)
Male. — Céphalothorax brun foncé ; partie céphalique presque noire,
avec, de chaque côté, une bande sinueuse plus claire, séparant les yeux inter¬
médiaires des yeux postérieurs. Chélicères, pattes-mâchoires, pièces buccales
brun foncé ; sternum jaunâtre. Pattes brun foncé, à l’exception des tarses
métatarses, tibias, patelles et hanches III et IV, qui sont jaunes. L’abdomen,
de coloration générale brunâtre, est orné d’une large bande médio-dorsale
(1) Dédié au Capitaine Verdier, Commandant le Cercle de Macenta.
333
ARAIGNÉ^ES SALTICIDES DE L’A. O. F.
claire, revêtue de poils et (^e squamules jaunes; flancs assez clairs. Si la colo-
Fig. 35. —■ Brancus Verdieri, n. sp. mâle. A : vue d’ensemble ; — B : extrémité de la patte-
mâchoire, vue ventrale ; — G : tibia isolé ;■—■ D ; Brancus Bevisi mâle ; vue d’ensemble.
ration est peu originale pour un Brancus,
l’espèce est nettement caractérisée par la
patte-mâchoire : le tibia porte, en effet, une
remarquable apophyse externe, coudée à
angle droit et le bulbe présente deux lobu¬
lations internes dont la dernière fait nette¬
ment saillie lorsqu’on regarde le tarse par
sa face dorsale.
Longueur totale : 5 mm.
Guinée française : Macenta, 1 mâle (type).
Brancus viciriaeîormis, n. sp.
(Fig. 36.)
Male. — Céphalothorax brun foncé; pour¬
tour des yeux noirâtre, zone médio-thora-
cique plus claire. Abdomen jaune dans la
région médio-dorsale, gris noir surlescôtés;
face inférieure claire. Pattes I brun foncé.
Fig. 36. — Brancus viciriaeformis,
n. sp. mâle : extrémité de la patte-
mâchoire en vue ventrale.
334
L. BERLAND ET J. MILLOT
les autres un peu plus claires, avec hanches, moitié basale des fémurs, méta¬
tarses et jaunâtre pâle. Macules de poils blancs sur la face dorsale des tibias
et sur l’extrémité apicale des fémurs. Strie thoracique bien marquée. Carré
oculaire un peu rétréci en arrière. Yeux intermédiaires plus proches des anté¬
rieurs que des postérieurs. Chélicères longues, à peine divergentes ; leur face
antérieure, striée transversalement, présente des reflets mordorés ; le bord
externe du crochet est muni, en son milieu, d’une très petite mais curieuse
saillie. Plus que par la coloration assez banale, l’espèce est caractérisée par
la patte-mâchoire: tibia plus long que large avec une apophyse externe noire,
à pointe aiguë, courbée en cimeterre — tarse tronqué à son sommet — bulbe
très large présentant une forte encoche externe.
Longueur totale : 8 mm.
Guinée française : Konakry, 1 mâle (type).
Cette espèce, plus grande que les précédentes, pourrait être, à un coup
d’œil superficiel, prise pour une Viciria, d’où le nom que nous proposons
pour elle.
Genre HYLLUS C. Koch, 1836
Hyllus congoensis de Lessert
(Fig. 37.)
Hyllus congoensis de Lessert, 1927, p. 447, fig.
CÔTE d’Ivoire : Man, 1 mâle.
La patte-mâchoire de notre exemplaire s’écarte par plusieurs caractères
de celle du type, figuré par R. de Lessert : apophyse tibiale plus longue
et grêle, nettement bifide à son extrémité, et paraissant identique à celle de
H. africanus de Lessert, 1927— appendice externe du bulbe remarquable¬
ment saillant, débordant fortement le tarse de côté ; il est courbé comme celui
de H. africanus.
Ainsi que le montre la figure 37, notre mâle paraît intermédiaire entre H.
africanus et H. congoensis, tout en se rapprochant davantage de ce dernier.
Peut-être n’y a-t-il là qu’une seule et unique espèce présentant des variations
assez amples ?
Hyllus Deyrollei Lucas
(Fig. 38.)
Hyllus Deyrollei Lucas, 1858, p. 14.
Côte d’Ivoire : Man, août, 3 femelles ; Bingerville, septembre, 1 femelle.
L’espèce a été fidèlement figurée par Lucas, toutefois, les parties claires
du corps sont indiquées en jaune, alors que, sur nos exemplaires, elles sont
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. 0. P.
335
blanches ; mais, autrefois, on conservait souvent les Araignées à sec, ce qui
Fig. 37. — Hfjllus congoensis mâle, patte-mâchoire : A : tibia, vue inféro-externe ; —■ B ;
tarse et tibia, vue dorsale ; —-G : idem, vue ventrale ; — D, patte-mâchoire entière de
profil.
pouvait causer une altération des couleurs ; par ailleurs,
très exactement les dessins, si caractéristiques. L’épigyne
n’ayant pas été représenté, nous le figurons ici (fig. 38).
Hyllus Deyrollei et llyllus leucornelas, décrits delà même
région, et connus, le premier par les femelles, le second par
les mâles, ne constituent-ils pas en réalité une seule espèce
qui devrait porter le nom ; H. Deyrollei ? N’en ayantpas
la preuve, nous nous contentons ici de poser la question.
nous retrouvons
Fig. 3S. — Hyllus
Deyrollei femelle :
épigyne.
Hyllus guineensis, n. sp.
(Fig. 39.)
Male. — Céphalothorax brun-rouge foncé, glabre au-dessus, largement
revêtu de poils blancs sur ses faces latérales ; partie céphalique rembrunie,
tirant sur le noir autour des yeux postérieurs, 2 accents transversaux plus
clairs en arrière de ceux-ci ; sternum noirâtre ; chélicères et pièces buccales
brun-rouge foncé. Pattes brun foncé en dessus, plus clair en dessous, les der¬
niers articles rougeâtres. Abdomen rouge testacé maculé de noirâtre et de
336
L. BERLAND ET J. MILLOT
blanchâtre ; aire cardiaque dessinée en gris ; deux accents transversaux
blanchâtres sur l’extrémité postérieure. L’espèce est caractérisée par la forme
du bulbe (fig. 39) qui diffère de celle de tous
les Hyllus actuellement connus.
Guinék fr vnc.mse ; Dalaba, août, I mâle
(type).
Hyllus leucomelas Lircvs
(Fiij. Kl.)
Sallicus Uucümclas Lucas, 1858, p. 301, pl. XIII,
f. .■> (mâle).
Hyllus leucomelas Simon, 1887, p. 262 ; Simon
1909, p. 431 ; R. de Lessert, 1927, p. 451, fig. 28
(mâle).
Sénégal : Dakar, juillet, 1 mâle.
Cette espèce ayant été parfaitement figurée
dans le mémoire de Lucas, il est relativement
facile de l’identifier, et de la distinguer de plu¬
sieurs autres très voisines, existant en Afrique
■'‘LttriSS"”-',?-,»,’,)': 0<'ci<lenl.le. La dêtermin.Uon est particui.èr.-
mâchoire, vue ventrale. ment aisée chez les mâles, par suite de la forme
caractéristique de la patte-mâchoire : le
tibia est creusé sur le côté externe, la partie
inférieure de cette concavité étant prolongée en une jiointe conique, la partie
supérieure en une apophyse épaisse, à côtés parallèles, à extrémité large, à
Fig. 40. —■ Hyllus leucomelas mâle. A : extrémité de la patte-mâchoire, vue ventrale
légèrement oblique ; — B : extrémité de la chélicère. vue postérieure.
angle externe légèrement saillant. Ces caractères ont été mentionnés par
Simon en 1887, et la patte-mâchoire, vue du côté externe, a été figurée par
DE Lessert (1927). Ajoutons que le style part du milieu du côté interne du
bulbe, et qu’il porte une légère saillie vers son tiers basal.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L'A. ü. P.
337
Décrite du Gabon, l’espèce a été ensuite signalée d’Assinie (Côte d’ivoire),
du Congo, des Iles du Golfe de Guinée et de la Guinée portugaise. Elle n’était
pas encore connue du Sénégal, et Dakar semble être sa limite septentrionale.
Toutefois, elle est certainement moins commune qu’il n’a été écrit. Dans
la collection Simon, se trouvent, en effet, sous ce nom, des exemplaires appar¬
tenant à une espèce nettement différente : si bien que plusieurs des localités
précitées sont douteuses, le Gabon, le Congo et Dakar étant pour le moment
seuls certaines.
Hyllus Lwoffi, n. sp. (I)
(Fig. 41.)
Femelle. — Céphalothorax hrun-rouge foncé,
presque glabre ; poils blanchâtres, peu denses sur
les faces latérales ; pourtour des yeux rembruni.
Chélicères, pièces buccales, sternum, pattes testacé
foncé ; tibias et métatarses noirâtres à leurs extré
mités, surtout aux pattes postérieures. Abdomen gris marron, marbré et
ponctué de blanchâtre ; une large bande médiane plus claire ainsi qu’un crois¬
sant antérieur presque blanc ; sur les faces latérales, dans la moitié posté¬
rieure, deux petits bouquets de poils blancs. Épigyne fortement chitin'sée,
avec un dessin brun-noir en forme d’X (voir figure 41 ).
Longueur totale ; 11 mm.
Guinée française ; Macenta, août, I femelle (type).
Fig. 41. — Hyllus Lwoffi,
sp. femelle : épigyne.
Hyllus natal! Peckiiam var. Peckhamorum, nov.
(Fig. 42.)
H. nalalii femelle Peckham, 1903, p. 210, pl. XXI 11 ; Strand, 1909, p. 75.
H. natali de Lessert, 1925, p. 495, fig. 76.
Femelle. — Céphalothorax rougeâtre sur les côtés, avec un large revête¬
ment de poils jaunes, noir sur le dessus, où il est revêtu de poils irisés ; au
milieu de la partie thoracique, une bande longitudinale rouge couverte de
poils jaunes. L’abdomen, de teinte générale saumonée, est marbré de gris et
de noir, avec une bande médio-longitudinale, couverte de poils orange bril¬
lant, et de grandes taches de poils jaunes sur les côtés. Face ventrale sombrei
noirâtre, revêtue de fins poils jaunes et parsemée de points saumonés plus ou
moins visibles. Sternum brun-rouge clair, entouré de hanches noires ; pattes
brun-rouge et noir ; pièces buccales brun-noir ; chélicères rouge sombre ;
bandeau rougeâtre, à pilosité très faible ; cils jaunâtres autour des yeux anté¬
rieurs, palpes portant des poils jaunes et des crins noirs. Pattes 111 et IV de
(1) Dédié au D' Lwoff, Directeur de laboratoire à l’Institut Pasteur.
338
L. BERLAND ET J. MILLOT
même longueur. Épigyne : une fossette, de contour mal défini, est séparée
de la fente génitale par une zone chitineuse convexe, brillante, très sombre,
, un peu plus haute que la fossette elle-même
(fig. 42 13).
La coloration de cette belle Araignée, qui est
caractéristique, rappelle d’assez près celle de cer¬
tains Hyllus décrits par les Peckham {H. moestus,
H. nalalii) sans qu’il y ait, avec aucun d’eux,
concordance complète. Les épigynes des uns et
des autres ne sont pas non plus tout <4 fait sem¬
blables, comme on pourra s’en convaincre en
confrontant notre dessin avec les figures 4 a et
b a des Peckham. Nous pensons qu’il s’agit ici
d’une variété de H. natali, dans laquelle il faut
peut-être ranger la femelle, à épigyne apparem¬
ment très semblable, décrite par de Lessert du
Kilimandjaro.
Longueur totale : 11,5 mm.
Côte d’Ivoire : Man, 1 femelle (type de variété).
Hyllus perspicuus Peckham
(Fig. 43.)
H II llus perspicuus Peckham, 1903, p. 209,pl.XXllI ; de
Lessert, 1925, p. 492, (Ig. 75, 1936, p. 296.
Côte d’Ivoire : Man, 1 mâle.
Notre exemplaire différant du type par plu¬
sieurs détails de coloration (voir te dessin n^
des Peckham), nous le figurons et décrivons suc¬
cinctement ici.
Partie céphalique noire ; partie thoracique brun
rouge, revêtue de longs poils noirs, directement
appliqués sur la chitine, sur laquelle ils détermi¬
nent une sorte de dessin linéaire longitudinal. Poils
blancs couchés, disposés en trois bandes bien
délimitées, l’une transversale et médiane en avant
des yeux postérieurs, les 2 autres latérales obliques,
en segment de croissant ; ils forment, en outre,
un liséré marginal sur les côtés de la partie thoracique. Abdomen noir, bordé
de blanc en avant et sur les côtés ; la région médiane rougeâtre est ornée
d’une bande verticale de poils blancs, interrompue en son milieu. L’en¬
semble est fort décoratif. Sternum et face ventrale clairs. Filières noires.
Pattes brun-rouge et noir, portant des crins noirs et des poils blancs ; ceux-ci
/J.
Fig. 42. — Hyllus natali v.
Peckhamorum femelle.
A : vue d’ensemble ; —
B : épigyne.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
339
forment une ligne dorsale, particulièrement nette sur les tibias. Patte-mâ¬
choire : fémur et patelle couverts de poils blancs alors que le tarse et le tibia
sont revêtus de crins noirs. Ce dernier porte deux fortes apophyses, l’une
dirigée presque horizontalement en dehors, l’autre obliquement en avant
Fig. 43. —■ Hyllus perspicuns mâle. A ; bulbe de la patte-mâchoire, vue latérale ; — B :
tibia isolé, montrant les deux apophyses ; —-G : vue d’ensemble.
et un peu en dehors. Le tarse, assez court, est dilaté du côté externe; le bulbe
remarquablement saillant est en forme de cône tronqué.
Longueur totale : 10 mm.
L’espèce est facile à identifier par sa somptueuse livrée, qui en fait un des
plus beaux Hyllus, et par la double apophyse du tibia. Elle semble répandue
dans toute l’Afrique tropicale. Décrite d’Afrique du Sud, elle a été retrouvée
à Zanzibar, au Kilimandjaro, en Afrique orientale portugaise. Notre
exemplaire prouve qu’elle ne fait pas défaut non plus sur le côté occi¬
dental.
840
L. BERLAND ET J. MILLOT
Hyllus ventrilineatus Strand,
(Fig. 44 et 45.)
H. venlrilinealus Strand, 1906, Zool. Anz., p. 665 (femelle) ; 1908, Arch. Nalurgesch.,
p. 63, pl. 11, fig. 12 ; DE Lbssbrt, 1915, p. 80 ; pl. III ; 1927, p. 447 ; 1936, p. 296.
Guinée française : Macenta, août, 2 mâles et 3 femelles. Kindia, août,
6 mâles adultes, 3 femelles, 3 impubères. Kouroussa, 1 femelle.
Côte d’Ivoire : Man, août et janvier, 10 mâles et 2 femelles. Batié, 1927,
2 mâles. Ouagadougou, 1 femelle.
Soudan français : Bamako, 1 mâle.
L’espèce, décrite d’abord très sommairement d’après une femelle imma¬
ture, a été, deux ans après, étudiée à nouveau par Strand, d’après une femelle
adulte, mais frottée ; ces premiers exemplaires pro¬
venaient d’Afrique orientale (sud de l’Éthiopie).
Depuis, de Lessert l’a signalée d’Afrique orien¬
tale anglaise, du Soudan anglais et du Congo.
Nous la retrouvons en abondance dans presque
toute l’Afrique occidentale française : c’est donc
une forme extrêmement répandue en Afrique tropi¬
cale.
De Lessert lui a attribué un mâle dont les
caractères sont très particuliers et constants :
abdomen postérieurement acuminé, portant une
bande blanche longitudinale, mince, qui va d’une
extrémité à l’autre — tibia de la patte-mâchoire
armé d'une apophyse courte, épaisse à la base,
amincie vers le sommet, et se terminant par un
petit cône aigu, un peu courbé, vers l’intérieur —
chélicères enfin présentant, sur la face postérieure,
du côté externe, une forte encoche, remplie te
plus souvent d’une sécrétion blanche. Ces deux
derniers caractères ont été figurés par l'arachnolo-
giste suisse.
Nous avons trouvé dans la collection Simon,
un mâle d’Afrique orientale, absolument semblable
à ceu.x que nous avons récoltés en Afrique occidentale française.
Les femelles, sur qui repose l'espèce, paraissent moins nettement caracté¬
risées. Les figures d’épigyne publiées par Strand et par de Lessert ne sont_
en effet, pas identiques ; elles ne s’accordent, en outre, qu’incomplètement
avec les épigynes de nos exemplaires, qui sont eux-mêmes loin d’être tous
semblables, bien que la disposition générale reste la même : nous en repro¬
duisons ci-contre quelques-uns. La coloration varie également. Certaines
femelles ont le sternum, les hanches, les lames maxillaires, la face ventrale
Fig. 44. —■ Hyllus venlri¬
linealus mâle, vue d’en¬
semble.
ARAIGNÉES SALïICIDES DE L’A. O. P.
341
de 1 abdomen testacé clair, alors que d’autres sont presque entièrement noires.
De même, la taille peut différer sensiblement d’un sujet à l’autre (de 6 à
Fig. 45. — Hyllus ventrilineatus. A : extrémité de la patte-mâchoire d’un mâle typique
vue ventrale ; — B : apophyse tibiale de forme exceptionnelle ; — G, D, E, F : différents
types d’épigyne.
9 mm.). Sans doute, s’agit-il là de variations individuelles exceptionnelle¬
ment marquées, car il est impossible de séparer des variétés bien définies.
Genre PACHYPOESSA Simon, 1902
Pachypoessa albimana Simon
P. albimana Simon, 1902, p. 399 ; ? Philaeus manicus Peckham, 1903, p. 205, pl. XXIV,
fig. 1 ; P. albimana de Lessert, 1927, p. 452, fig. 29.
Guinée française ; Kouroussa, 1 mâle.
Espèce à large répartition africaine, précédemment décrite de Sierra Leone,
de San Tomé, d’Afrique australe et du Congo belge.
Genre PHILAEUS Thorell, 1870
Philaeus Mathisi (1), n, sp.
(Fig. 46.)
Male. — Céphalothorax châtain, partie céphalique noire ; de la fossette
(1) Dédié au Général-Médecin Mathis, ancien Directeur do l’Institut Pasteur de Dakar.
342
L. BERLAND ET J. MILLOT
partent vers Tarrière de fines lignes arquées. Chélicères rougeâtres, l’angle
interne blanc ; pièce labiale brune, à sommet blanchâtre ; sternum brun,
piqueté de blanc. Pattes jaune clair ; tibias et métatarses teintés de rougeâtre
et présentant, surtout aux paires III et IV, des anneaux gris, peu nets. Abdo¬
men à face dorsale noire (téguments), à côtés clairs ; la face ventrale porte
une large bande médiane noire, occupant l’épigastre, amincie vers les filières ;
celles-ci jaunes. Pilosité : sur la partie céphalique, poils couchés blancs, gris
et roux mêlés, et longs crins noirs dressés ; partie thoracique densément
revêtue, sur ses faces latérales, de poils couchés blancs, mêlés de poils roux ;
yeux de la première ligne entourés d’une collerette de cils blancs et roux ;
Fig. 4G. — Philaeus Malliisi, n. sp. mâle. A : extrémité de la patte-mâchoire, vue ventrale ;
— B : pièce labiale et lame maxillaire ; — G : chélicère vue postéro-interne.
bandeau et face antérieure des chélicères couverts de longs poils blanc de
neige, à demi dressés. Sur les pattes, poils blancs couchés ou dressés, parti¬
culièrement longs sur les fémurs, à la face inférieure desquels ils forment
une frange assez dense ; les pattes portent aussi des poils noirs, particulière¬
ment nombreu.x sur les derniers articles, sur la face inférieure des hanches et
sur les pattes-mâchoires. Au milieu de la face dorsale de l’abdomen, une bande
longitudinale dénudée, noire du fait de la couleur du tégument ; de chaque
côté un feutrage de poils blancs, gris et roux mêlés. Partie thoracique éle¬
vée ; groupe des yeux au moins de 1 /3 plus large que long. Chélicères à face
interne fortement échancrée et munie de carènes (fig. 46 C). Pièce labiale
près de deux fois aussi longue que large. Lames maxillaires (voir fig. 46 B).
Sternum étroit, peu rétréci en avant ; sa plus grande largeur est inférieure
à la longueur des hanches II et III. Pattes très fortement épineuses. Méta¬
tarses I et II ; 2-2 épines inférieures, et 1-1 latérales, toutes longues, fortes
et noirâtres. La patte-mâchoire (fig. 46 A) ressemble à celle de Philaeus chry-
sops ; le bulbe ne forme cependant pas de forte protubérance à l’angle inféro-
externe ; le style, qui part du côté externe, fait le tour du bulbe par le côté
interne, et se loge en haut dans une sorte de gouttière du tarse.
Longueur totale : 7 mm. Céphalothorax : longueur 3,5 mm. ; largeur 2,5 mm.
SÉxÉG.vL : Dakar, septembre, 1 mâle (type).
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
.S4:î
Le genre Philaeus, surtout méditerranéen, n’était jusqu’ici pas connu
d’Afrique tropicale. Notre espèce qui, couleur mise à part, évoque P. chry-
sops, semble pourtant bien lui appartenir ; elle s’y rattache par la forme de la
tête, par celle des chélicères, de la patte-mâchoire, de la pièce labiale. Elle
se distingue assez nettement, toutefois, des Philaeus, par une exagération
de certains caractères : tête encore plus élevée, groupe oculaire plus large,
carènes des chélicères plus marquées, épines des pattes plus fortes et plus
nombreuses ; d’autre part, le bulbe ne présente pas la grosse protubérance
de l’angle intérieur. Il est possible que cette espèce mérite de devenir le type
d’un genre spécial, étroitement apparenté au genre Philaeus.
Sous-famille LEPTORGHESTEÆ
Genre ENOPLOMISCHUS Giltay, 19.31
Enoplomischus Chattoni (1), n. sp.
Male. — Couleur générale noire, à reflets violets bronzés, sur laquelle le
quart distal des fémurs I, la face antérieure des patelles I et la région médiane
Fis;. 47. —■ Enoplomischus Chaitoni n. sp. mâle. A : fémur de la patte-mâchoire, vue de
3 /4 ; —-B : patte-mâchoire de profil (face externe) ; —-G : tibia, vue dorsale ; — D :
sternum, pièce labiale et lames maxillaires.
des patelles IV tranchent par leur teinte jaunâtre pâle ; métatarses et tarses
brun rougeâtre. Fine pilosité dorée sur tout le corps et les pattes, se combi¬
nant avec les reflets de la chitine pour donner à cette sombre Araignée une
(1) Dédié au Professeur E. Chatton, Directeur du Laboratoire Arago.
344
L. BERLAND ET J. MILLOT
discrète mais somptueuse élégance. Dense revêtement de forts crins noirs
irisés sur la patte-mâchoire et au-dessous des yeux latéro-antérieurs ; quelques
squamules blanches sur les pattes. Céphalothorax à angles mousses. Zone
oculaire un peu plus large que haute, et un peu élargie en arrière. Yeux inter¬
médiaire un peu plus éloignés des postérieurs que des antérieurs. Ceux-ci
sont magnifiquement irisés de rouge et de vert doré ; leurs sommets forment
une ligne horizontale. Bandeau réduit au minimum et pratiquement inexis¬
tant. Chélicères verticaux. Leur surface antérieure, d’un beau violetmétal-
lique sombre, est fortement granuleuse et porte de fins crins blancs. Marge
inférieure mutique ; marge supérieure munie de deux dents, dont la pre¬
mière est très forte. Pattes IV > I>III>II. Sternum fusiforme, légère¬
ment rétréci en avant, terminé en arrière en une pointe aiguë. Pédicule sur¬
monté de la curieuse éminence dorsale conique, caractéristique du genre :
elle est dirigée obliquement en haut et en avant, et revêtue de quelques poils
blanchâtres. Patte-mâchoire très particulière : le fémur porte, d’une part au
milieu de sa face inférieure, une paire de saillies en crochet, d’autre part
dans son quart distal, une apophyse spiniforme aiguë ; le tibia est muni d’une
protubérance externe massive, prolongeant l’article en avant ; le tarse et le
liulbe sont très développés, avec un grand style en mèche de fouet, recourbé
en 8.
Longueur totale : 9 mm.
Côte d’Ivoire : Man, janvier, 1 mâle.
Cette remarquable Araignée diffère de l’espèce type du genre E. Ghes-
quierei Giltay 1931, du Congo belge, dont elle est très voisine :
1° Par la coloration de l’abdomen, que Giltay indique « jaunâtre noir, à
courte pilosité noire et blanche ».
2“ Par le fémur de la patte-mâchoire, qui chez E. Ghesquierei, ne porte
qu’une courte apophyse médiane interne au lieu d’une paire médiane, à la¬
quelle vient s’ajouter chez E. Challoni une longue apophyse distale.
3° Par le prolongement massif du tibia (fig. 47 G), que Giltay ne signale
pas sur son exemplaire.
Le nombre des Leplorchesteae africains, se trouve ainsi porté à 8 :
Araegeus Fornasinii, mâle, Pavesi, 1881.
— mimicLis, femelle, Simon, 1900.
Enoplomischus Challoni, mâle, n. sp.
— Ghesquierei, mâle, Giltay, 1931.
Kima africana, mâle, Peckham, 1903
— variabilis, mâle, Peckham, 1903.
Leplorchesles mulilloides Luc.'VS, 1846.
— Reimoseri, femelle, de Lessert, 1927.
Mozambique.
Transvaal.
Côte d’ivoire.
Congo belge.
Le Cap.
Le Cap.
Afrique du Nord.
Congo belge.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. 0. P.
345
Sous-famille MARPISSEAE
Genre FESTUCULA Simon, 1901
Festucula monticola, n. sp.
(Fig. 48.)
Femelle. — Céphalothorax jaune rougeâtre, avec une grosse tache brun
foncé, recouvrant la région céphalique, et se prolongeant sur les côtés de la
partie thoracique jusqu’au bord postérieur ; une fine ligne marginale brune.
Chélicères brun foncé ; le crochet, brun à la base, est rougeâtre clair à l’extré¬
mité. Lames maxillaires brunes à apex blanc. Sternum mélangé de brun et
Fig. 48. ■— Festucula monlicola femelle ; A : céphalothorax en vue dorsale ; — B : céphalo¬
thorax en vue latérale ; — B : épigyne.
de rougeâtre. Pattes testacé clair, à l’exception de celles de la première paire,
qui sont rougeâtres ; fémurs et patellas à face antérieure tachée de brun, les
tibias aussi, mais seulement dans la moitié apicale, les métatarses presque en
entier. Abdomen grisâtre testacé portant, sur la face dorsale, deux bandes
longitudinales noires. Plaques brunes recouvrant les poumons. Filières gri¬
sâtres. Céphalothorax très allongé (fig. 48 A) à surface entièrement plane.
Pilosité formée de poils fins, couchés, assez serrés : blancs sur la partie mé¬
diane du céphalothorax et sur les bandes latérales claires qui recouvrent le
bandeau, ils ont des reflets dorés sur les bandes brunes. Pas d’écailles. Pattes
presque glabres et sans épines. Première paire très forte, à fémurs, tibias et
patellas renflés ; tibias portant seulement, dans leur moitié apicale, une ligne
de 3 épines inféro-antérieures, courtes et obtuses. Épigyne représentée par une
plaque circulo-ovalaire à délimitation peu précise, sous laquelle on voit trans¬
paraître des canaux contournés en forme de corne d’abondance.
Guinée franç.use : Dalaba, 1 femelle (type).
Le genre Festucula est caractérisé, entre autres, par le céphalothorax
remarquablement plat, par l’absence presque totale d’épines aux pattes, par
le sternum fortement rétréci en avant.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome XII.
23
346
L. BERLAND ET J. MILLOT
Les espèces africaines sont actuellement au nombre de 6 :
F. aiistralis.
F. fesiuculaeformis.
F. Lawrencei.
F. lineala.
F. monticola.
F. vermiformis.
Lawrence 1927 ; de Lessert 1933.
DE Lessert 1925 et 1927.
DE Lessert 1933.
Simon 1901 ; de Lessert 1933.
n. sp.
Simon 1901 ; de Lessert 1933.
(Af. du Sud.)
(Kilim. Congo)
(Angola).
(Sénégal).
(Guinée franc.)
(Égypte).
Genre MENEMERUS Simon, 1868
Nous avons capturé un certain nombre d’Araignées qui nous paraissent
appartenir à ce genre. Nous les avons réparties en 9 espèces, dont 7 sont
nouvelles ; mais ce nombre dépasse sans doute la vérité et devra être révisé.
Nous avons été, en effet, dans l’impossibilité d’assortir les mâles et les femelles
et nous avons dû, en attendant des documents complémentaires, les décrire
séparément sous des vocables différents.
Plusieurs espèces sont extrêmement voisines les unes des autres et leur
identification nécessite une étude très attentive des articles de la patte-
mâchoire.
Menemerus bivittatus Dufour
(Fig. 49 et .50.)
M. bivillalus, Petbunkevitch, 1930, p. 184, fig. 166 à 168; Berland. 1932, p. 398,
fig. 574 à 577.
Sénégai, : Dakar, 3 mâles.
Guinée française : Konakry, 1 mâle, 5 femelles.
Côte d’Ivoire : Man, 1 mâle, 1 femelle.
11 s’agit ici d’une espèce cosmopolite, identifiée depuis longtemps et répan¬
due dans toutes les régions du globe et il semblerait que rien ne puisse être
Fig. 49. —■ Menemerus bivillalus femelles, différents types d’épigyne.
valablement ajouté à notre connaissance d’une Araignée aussi commune et
aussi classique. Cependant, l’existence de formes très voisines, quoique incon¬
testablement différentes, nous a engagés à exécuter les quelques dessins ci-
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. 0. P.
347
contre, qui caractérisent l’espèce avec plus de précision, croyons-nous, que
ceux jusqu’ici publiés, et faciliteront la comparaison avec les autres Mene-
meriis des régions tropicales.
Nous signalons en particulier :
— Chez le mâle : a) la longueur relative du fémur de la patte-mâchoire.
Fis». 50. — Pattes-mâchoires comparées de M. bivittalus et Af. couÿoens/s (?) mâles ;—-A:
M. biviilalas, patte-mâchoire entière de profll ; —-B : M. biuittahis, tarse, vue ventrale ;
— G : M. biviltatus apophyse tibiale ; — D : M. congoensis (?), apophyse tibiale ; —■ E :
M. congoensis (?), fémur de profil ; — F : M. congoensis (?) extrémité de la patte-mâ¬
choire, vue ventrale ; — G : M. congoensis (?), tibia et tarse, vue dorsale.
(jui présente à sa base une saillie très obtuse et non denticulée ; b) la forme
de l’apophyse tibiale qui est fortement coudée : ce détail, difficile à voir si
l’on n’isole par l’article, semble avoir échappé jusqu’ici à l’attention des
348
L. BERLAND ET J. MILLOT
arachnologistes ; c) la saillie aiguë formée par l’angle externe basal du tarse.
— Chez la femelle: les variations de l’épigyne. Nous en reproduisons, ci-
contre, les types les plus fréquents, les dessins publiés jusqu’ici étant trop
schématiques : voir, par exemple, Petrunkewitch, 1930, p. 184.
Menemerus congoensis (?) de Lessert, 1927
(Fig. 50 D, E, F, G.)
M. congoensis de Lessert, 1927, p. 430, fig. 17.
Nous rangeons ici, non sans quelque incertitude, deux mâles trouvés à
Dakar. Ils ont la même taille et la même coloration que les exemplaires de
M. biviliaius capturés dans cette localité, et, à un examen superficiel, on ne
peut les en distinguer. Mais l’étude comparative des pattes-mâchoires révèle
d’importantes différences, tant dans la forme des fémurs que dans celles du
tibia et du bulbe. Nos deux mâles, identiques l’un à l’autre, se rapprochent
beaucoup du M. congoensis, décrit par de Lessert : le fémur en particulier,
assez court et fortement convexe, sans apophyse basale mais pourvu d’une
ligne de granulations dans le quart proximal du bord postéro-interne, ne
présente aucune différence appréciable avec celui de l’espèce congolaise.
Cependant, plusieurs caractères rendent notre attribution douteuse. Ce
sont :
1° La forme générale du bulbe, plus allongé chez nos exemplaires que darts
la figure de R. de Lessert.
2° La saillie angulaire postéro-externe du bulbe, aussi marquée sur nos
deu.x mâles que sur M. bivillatus. Or, le savant arachnologiste suisse semble
considérer ce caractère comme distinctif entre les deux espèces (p. 432, milieu
de page).
3<^ La forme toute particulière de l’apophyse tibiale, contournée et relevée
en crochet en son extrémité : de Lessert ne signale pas chez M. congoensis
ce caractère frappant, qui n’aurait pu lui échapper (fig. 50 D et F).
Au cas où nos spécimens se révéleraient spécifiquement différents de M.
congoensis, nous proposons pour eux le nom de Menemerus bivillaloides, en
raison de leur grande ressemblance extérieure avec M. biviltaius.
SÉNÉGAL : Dakar, 2 mâles.
Menemeras dubius, n. sp.
(Fig. 51.)
Nous proposons ce nom pour deu.x femelles ressemblant à de petits Mene¬
merus, bien que leur forme générale ramassée, la longueur de leur partie
céphalique presque égale à la portion thoracique, leur sternum à peine rétréci
en avant, les rendent un peu aberrantes.
ARAIGNÉES SALTICIDBS DE L’A. O. P.
349
Femelle. — Céphalothorax brun foncé, zone céphalique presque noire ;
chélicères, pièces buccales, sternum bruns. Face dor¬
sale de l’abdomen jaunâtre, marbré de brun, les
marbrures étant renforcées par un revêtement plus
ou moins dense de poils noirâtres ; face ventrale)
filières et pattes jaunâtre clair. Poils blancs et bruns
sur le céphalothorax. La plaque génitale est remar¬
quablement grande pour la taille de l’Araignée. Elle
se termine postérieurement par deux pointes aiguës,
et présente un dessin caractéristique (cf. fig. 51 B)-
Longueur totale : 4 mm. ou 6 mm.
Guinée française : Kindia, juillet, 1 femelle
(type) ; 1 femelle (cotype).
Menemerus Duvali (1), n. sp.
(Fig. 52 A.)
Femelle. ■— L’aspect , la coloration et la pilosité
de cette Araignée ne diffèrent de ceux de M. bivil-
lalus que par des caractères secondaires ; taille un
peu plus petite, bordure céphalothoracique latérale
de poils blancs réduite, sternum plus foncé (brun
testacé). L’épigyne, par contre, tout à fait diffé¬
rente, individualise l’espèce : la plaque génitale,
aussi haute que large, laisse transparaître des canaux
fortement divergents (fig. 52.)
Longueur totale : 7 mm.
Sénégal : Dakar, juillet, 1 femelle (type).
Menemerus
dubius, n. sp. femelle.
A : vue d’ensemble ;
B : épigyne.
Fig. 52. —^ A : épigyne de Menemerus Duvali ; — B : épigyne de M. eburnensis.
Menemerus eburnensis, n. sp.
(Fig. 52 B.)
Nous décrivons ici, sous réserve, comme appartenant â une espèce indépen-
(1) Dédié à M. Jean Duvai., qui a bien voulu collaborer à l’illustration de ce travail.
350
L. BERLAND ET J. MILLOT
dante, une femelle très semblable à la précédente, mais de taille un peu plus
petite et de coloration un peu plus foncée. Elle nous paraît individualisée
par son épigyne, qui n’a ni exactement la même forme, ni le même dessin
que celui de M. Duvali : comme le montre la figure 52 B, la plaque génitale
est plus large que haute, et les conduits internes sont presque parallèles.
S’agit-il d’une simple variété de M. Duvali ou d’une espèce véritablement
autonome ? La capture de nouveaux
exemplaires pourra seule en décider.
Longueur totale : 5 mm.
Côte d’Ivoire : Bingerville, août,
1 femelle (type).
Menemerus Fagei, n. sp. (1)
(Fig. 53.)
Femelle. — Aspect, coloration et
pilosité comparables à ceux des espèces
précédentes, mais taille beaucoup plus
grande, sternum fortement rétréci en
avant, pas de bande de poils blancs le long des bords latéraux du céphalo¬
thorax. Épigyne caractéristique ; la plaque génitale n’est pas plane, mais
présente une saillie médiane et deux fossettes latérales ; le dessin des canaux
est particulier (fig. 53).'
Longueur totale : 11 mm.
Côte d’Ivoire ; (Haute-Volta). Batié, septembre, 1 femelle (type).
Fig. 53. — Menemerus Fagei femelle ;
épigyne.
Menemerus Le Galli, n. sp. (2)
(Fig. 57.)
- Male. -— Céphalothorax brun foncé ; partie céphalique chagrinée, presque
noire ; une zone médiane losangique plus claire au milieu de la partie thora¬
cique. Chélicères, pièces buccales brun noirâtre. Sternum plus clair, un peu
rembruni dans sa partie antérieure. Pattes jaunâtres ; fémur 1 fortement
rembruni. Face ventrale de l’abdomen très claire, sauf la région médiane
gris noirâtre. Face dorsale marron clair, avec dessins grisâtres, mal définis,
sur les côtés. Poils bruns et roux sur la face dorsale du céphalothorax, blancs
sur les côtés de la région thoracique, jaunâtres brunâtres sur l’abdomen.
Dense revêtement de poils blancs sur le fémur de la patte-mâchoire. Pattes
assez longues, surtout celles de la première paire : I > IV > III > IL Yeux
postérieurs très développés. Patte-mâchoire (fig. 54) : fémur court et arqué,
muni à sa base d’une saillie obtuse dont la surface parait légèrement grenue
(1) Dédié à L. Fage, Professeur au Muséum.
(2) Dédié à M. Le Gall, Chef de l’Artisanat de Bamako.
g. 54. — Menemerus Le Galli, n. sp. mâle. A ; vue d’ensemble • —B : tibia et tarse, vue
dorsale ; — G : les mêmes, vue ventrale ; — D ; tibia, vue antérieure [a : surface d’in¬
sertion du tarse) ; —■ E : patte-mâchoire, face interne, M. Le Galli var. minor. ; —■ F :
fémur, patelle et tibia de profil, le tarse ayant été enlevé. ’
Menemerus animalus mâle; —-G: patte-mâchoire entière de profil; —H : tarse et bulbe,
vue ventrale ; — I : les mêmes, vue dorsale ; —-J : tibia, vue antérieure (a : surface
d’insertion du tarse).
352
L. BERLAND ET J. MILLOT
à un fort grossissement, tibia cordiforme, bilobé du côté externe ; sur le
milieu de sa face inférieure, une dent assez forte, mais relativement courte,
un peu recourbée, dirigée verticalement en bas ; bulbe portant, au milieu
de sa face inférieure, une protubérance qui de profd a la forme d’un bec et
de face présente deux petits sommets. '
Longueur totale : 6 mm.
Soudan français ; Bamako, 1 mâle (type).
Cette espèce appartient certainement au genre Menemerus bien que par
divers caractères, en particulier par son céphalothorax relativement élevé,
par ses métatarses postérieurs à peine plus longs que les tarses, elle se montre
un peu aberrante.
Nous avons retrouvé, à Bamako, 1 mâle incontestablement de la même
espèce que le précédent, eu égard à l’identité du tibia et du bulbe de la patte-
mâchoire, ainsi qu’à la coloration et à la forme générale, mais :
1° Beaucoup plus petit : il mesure à peine 3,8 mm.
2° A fémur de la patte-mâchoire plus large en son milieu et présentant une
saillie basale beaucoup plus accentuée.
Peut-être y aurait-il lieu d’en faire le type d’une variété minor.
La forme du fémur pourrait faire penser à M. animalus Cambridge, qui
possède d’ailleurs une apophyse tibiale du même type. Mais, à un examen
attentif, la confusion n’est pas possible. Chez M. animalus : a) le bulbe est
tout différent, beaucoup plus allongé, et muni d’un très long prolongement
postérieur caractéristique (fig. 54) ; b) l’apophyse tibiale, au lieu de s’insérer
au milieu du bord inférieur de la face antérieure de l’article, est située à l’angle
inféro-externe de cette même face : les dessins de la figure 53 illustrent ces
différences.
Menemerus Rabaudi (1), n. sp.
(Fig. 55.)
Male. — Couleur habituelle des Menemerus. Céphalothorax brun tes-
tacé ; partie céphalique rembrunie ; une zone plus claire au centre de la partie
thoracique. Chélicères, pièces buccales, sternum, palpes, pattes I, brun foncé ;
autres pattes claires et annelées de brunâtres. Face dorsale de l’abdomen
testacée, à marbrures brunes. Pilosité formée de poils blanchâtres et bru¬
nâtres mêlés. Un revêtement dense de poils blancs sur la moitié distale de la
face dorsale du fémur de la patte-mâchoire. Celle-ci est caractéristique :
fémur court et large (sa longueur est inférieure au double de la plus grande
largeur) muni d’une protubérance basale assez aiguë. Tibia portant une
apophyse complexe, terminée par 2 pointes, ayant un peu la forme d’une
pince universelle (fig. 55 C). Extrémité des lames maxillaires dilatée, formant
un angle externe aigu.
(1) Dédié au Professeur E. Rabaud, de la Faculté des Sciences.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
353
Taille petite : longueur totale, 4 mm.
Guinée française : Un mâle type.
M. Rabaudi possède certains caractères de parenté avec M. dubius, dont il
est peut-être le mâle.
Fig. 55. —- Pattes-mâchoires comparées de M. Rabaudi etM. Vernei. A ; M. Rabaudi, palpe
en entier de profil ; —-B : M. Rabaudi, tibia, vue dorsale ; — G. M. Rabaudi, tibia et tarse,
vue ventrale ; —■ D : M. Vernei, palpe en entier de profil ; E : M. Vernei, tibia isolé, face
antérieure ; — F. : M. Vernei, tibia, face dorsale;—: M. Vernei, tibia et tarse, vue
ventrale.
Menemerus Vernei (1), n. sp.
(Fig. 55.)
Male. —De petite taille, se rapprochant beaucoup de M.Lesnei de Dessert
par les proportions du fémur de la patte-mâchoire et par la forme de l’apo-
(I) Dédié au Professeur Jean Verne, de la Faculté de Médecine.
354
L. BERLAND ET J. MILLOT
physe tibiale externe. Il se distingue nettement de cette dernière espèce par :
1° L’existence sur la patte-mâchoire, au milieu du bord antérieur de la face
inférieure du tibia, d’une épine aiguë, un peu sinueuse, que de Lessert ne
signale pas.
2“ La coloration générale beaucoup plus claire ; Céphalothorax marron
foncé, à partie céphalique rembrunie ; abdomen jaunâtre, maculé de brun ;
pièces buccales, sternum et pattes 1 bruns ; autres pattes jaunâtres en dessus,
blanchâtres en dessous, avec anneaux noirâtres irréguliers.
M. Vernei se distingue facilement de M. Babaudi par les détails de la patte-
mâchoire, particulièrement par les caractères du tibia qui sont tout à fait
dilïérents dans l’une et l’autre espèce (cf. fig. 55.)
Longueur totale ; 3,6 mm.
Guinée fr.\nçaise ; août, 1 mâle.
Genre MITHION Simon, 1884
Mithion dakarensis, n. sp.
(Fig. .56.)
Femelle. —■ Céphalothora.x jaune brunâtre. Les yeux sont entourés d’une
bordure noire qui unit les latéraux antérieurs à ceux de la deuxième ligne,
alors que ceux de la troisième ligne sont entourés séparément ; une bande
noire étroite, partant des latérau.x antérieurs, marque la limite du bandeau ;
de chaque côté, une large bande gris marron part des yeux de la troisième
ligne, et va s’amincissant vers le bord postérieur, où elle se perd ; ces bandes,
nettement séparées l’une de l’autre par une zone claire, résultent à la fois de
la couleur propre du tégument et de la présence de poils noirs recouvrant les
zones plus sombres. Chélicères, pièces buccales, pattes jaunâtre clair, parfois
testacé. Face dorsale de l’abdomen blanchâtre, ornée, dans sa moitié anté¬
rieure, de deux bandes longitudinales foncées, formées de lignes sinueuses,
noirâtres, anastomosées, et, dans sa moitié postérieure, d’accents transver¬
saux en partie fusionnés ; dans la zone médiane claire on remarque une mince
ligne longitudinale foncée : les côtés sont mouchetés de noirâtre, la face ven¬
trale blanche est nuancée de gris vers les filières, qui sont blanches. Pas
d'écailles. Autour des gros yeux médians antérieurs, une collerette, blanche
sur les côtés et en dessous, noire en dessus ; partie céphalique et faces latérales
du céphalothorax glabres ; de part et d’autre des yeux de la deuxième ligne,
un faisceau de longs poils noirs et sinueux. La face dorsale de l’abdomen porle
de longs poils noirs, fins, dressés et, sur la partie médiane, des poils blancs
couchés, formant une liande longitudinale, bordée de poils jaunes. Cépha¬
lothorax allongé, peu élevé, à faces latérales convexes ; partie céphalique
plane, presque égale à la partie thoracique : une courte fossette un peu en
arrière des yeux postérieurs. Bandeau étroit à faible pilosité, alors que les
yeux médians sont entourés d’une remarquable collerette de longs poils
AR4TGNÉES SALTICIDES DE L’A. 0. P.
35Ô
blancs aplatis comme des pétales de marguerite. Yeux médians très gros :
leur rayon dépasse nettement le diamètre des latéraux. Carré oculaire à peu
près aussi long que large, à côtés sensiblement parallèles, plus étroit en arrière
que le céphalothorax. Chélicères courtes, verticales, à face antérieure convexe.
Fig. 56. —■ Mitliion dukarensis, n. sp. femelle. A : vue d’ensemble ; — B : épigyne éclairci
au toluène ; — G : céphalothorax de face ; — D : tibia et protarse I en vue inférieure.
Mithion Gràssei, n. sp. femelle ; —^ E : vue d’ensemble ; — F : céphalothorax de face ; —
G : sternum ; — H : épigyne sous alcool.
Sternum allongé, rétréci en avant ; bord antérieur bien moins large que la
pièce labiale, égalant à peine la moitié de la longueur d’une hanche I. Pattes I
> IV >111 >11 ; pattes I plus fortes que les autres. Les fémurs présentent
quelques épines à la face supérieure et un groupe de 3 près de l’apex, sur la face
antérieure ; le tibia I porte à sa face inférieure, 3-3 épines latérales, et une
petite apicale (fig. 56) ; les métatarses I sont armés de 2-2 épines, plus fortes
que celles du tibia. Abdomen très allongé ; fdières longues. Épigyne (fig. 56 B)
peu distincte, ave'c deux masses sombres centrales.
356
L. BERLAND ET J. MILLOT
Longueur totale : 5,8 mm. Céphalothorax ; longueur ; 2 mm., largeur :
1,7 mm.
Sénégal : Dakar, juillet, 1 femelle; type ; 1 mâle, subadulte, semblable à la
femelle.
Mithion Grassei (1), n. sp.
(Fig. .56 E à H.)
Femelle. — Céphalothorax en entier brun-rouge sauf le pourtour des yeux
noirâtre, bordé de poils blancs sur tout son pourtour ; le reste du corps très
clair. Abdomen jaunâtre très pâle ; avec quelques dessins grisâtres évanes¬
cents. Palpes et pattes jaune pâle, à l’exception des pattes I, plus foncées-
Pièces buccales brun rougeâtre. Bandeau étroit, disparaissant sous une
épaisse fourrure de poils blancs lamelleux. Céphalothorax plat, allongé, sen¬
siblement rectangulaire. Partie céphalique presque égale à la thoracique.
Carré oculaire aussi long que large, et aussi large en arrière que le céphalo¬
thorax. Yeux antérieurs en ligne très faiblement récurvée ; yeux intermédiaires
plus rapprochés des latéro-antérieurs que des postérieurs. Yeu.x antérieurs
très inégaux : le diamètre des latérau.x est intérieur au rayon des médians.
Yeux postérieurs assez gros. Chélicères très courtes, verticales, à marge
arquée. Sternum ovale, relativement large, à extrémité antérieure tronquée,
à extrémité postérieure régulièrement atténuée et terminée en une pointe
très mousse (fig. 559). Hanches I séparées par un espace sensiblement égal
à la base de la pièce labiale. Hanches I plus grosses que II, celles-ci égales
à IV plus grandes que III. Pattes IV nettement plus grandes que III : IV>
I>III>II. Tarses + métatarses IV aussi longs que patelles + tibias.
Tibia I armé inférieurement de 3 épines internes et de 2 externes, courtes mais
fortes. Métatarses IV ne portant qu’un verticille d’épines apicales.
Longueur totale ; 6 mm.
Nous rangeons provisoirement cette espèce, de même que la précédente,
dans le genre Mithion, dont elles possèdent les principaux caractères, et ce¬
pendant, l’une et l’autre ne paraissent guère apparentées. Le céphalothorax
est ici plus plat, plus rectangulaire, moins convexe latéralement ; le carré
oculaire plus large ; l’abdomen moins allongé ; le sternum plus large ; les
épines des pattes différentes : les chélicères, quoique également courtes, n’ont
pas la même forme. Le genre Mithion aurait, d’ailleurs, besoin d’être réétudié.
Ne trouve-t-on pas quelque contradiction dans les écritsde Simon à son sujet
Ainsi, dans la diagnose de 1884, on lit que les hanches I sont séparées l’une
de l’autre de la largeur de la pièce labiale à sa base. Or, dans le tableau de
classification de 1903, il faut, pour arriver au genre, choisir « hanches I
subcontiguës » et non « hanches I séparées par un espace un peu inférieur à
la base de la pièce labiale » ! Et si l’on compare les diverses espèces actuelle-
(1) Dédié au Profe.sseur Pierre P. Gr.\ssé.
ARAIGNÉES SALÏICIDES DE L’A. O. F. 357
ment baptisées Mithion, on est frappé de l’hétérogénéité de certaines d’entre
elles.
Genre TRAPEZOCEPHALUS, nov.
(Fig- 57.)
Nous proposons cette dénomination générique nouvelle pour une curieuse
espèce appartenant bien, semble-t-il, à la tribu des Marpisseae, mais évoquant
par son aspect général et par certains de ses caractères, celle des Aelurilleae.
Chélicères assez longues, obliquement dirigées en arrière ; leur marge infé-
Fig. 57. — Trnpezocephalus aelurilliformis, n. sp. femelle. A: céphalothorax, vue dorsale ;
—' B : céphalothorax, vue latérale ; — G : épigyne ; —^ D : chélicère ; —• E : patte 1.
rieure est munie d’une forte dent conique, leur marge supérieure de deux
dents, dont l’interne est tout à fait rudimentaire (cf. fig. 57 A). Céphalo¬
thorax remarquablement plat ; sa surface dorsale, trapézique, s’élargit régu¬
lièrement d’avant en arrière. Région oculaire également trapézique, plus
large en arrière qu’en avant, et plus large que haute. Yeux intermédiaires
approximativement équidistants des antérieurs et des postérieurs. Bandeau
et front extrêmement réduits ; la hauteur du céphalothorax en avant ne
358
L. BEELAND ET J. MILLOT
dépasse guère le diamètre des yeux médians antérieurs. Sternum assez large,
moyennement rétréci en avant. Pattes robustes, à fémurs dilatés : IV, III, I,
II. Tibias I munis de 3-3 épines inféro-latérales, métatarses I de 2-2 fortes
épines inférieures.
Génotype ; Trapezocephahis aelurilliformis.
Trapezocephalus aelurilliformis, n. sp.
(Fig. 57.)
Femelle. — Couleur générale sombre. Céphalothorax brun-noir en vue
dorsale, rougeâtre sur les côtés, recouvert de poils couchés blanchâtres et
irisés. Abdomen marron, recouvert de poils marrons, blancs, noirs et irisés
mélangés, formant des mouchetures irrégulières. Chélicères, pièces buccales
brun-rouge foncé. Sternum marron foncé. Hanches, fémurs et patelles brun-
noir ; tibias jaunes et brun-noir ; protarses et tarses jaunâtres ; hanches I
plus claires que les autres. Chélicères, forme du céphalothorax, yeu.x, épines
des pattes, conforme à la description du genre.
Épigyne : cf. fig. 57 D.
Longueur totale : 5,5 mm. et 6,5 mm.
Côte dTvotre : Man, 1 femelle (type), 1 femelle (cotype).
Sous-famille PENSAGOLEAE
Genre BLAISEA Simon, 1902
Blaisea bicalcarata, Simon
Dlaisea bicalcarata Si.mon, 1909. p. 9.5.
(Fig. 58.)
Guinée fr.\nçaise : Macenta,
2 mâles.
Les chélicères de cette espèce
sont hautement caractéristiques.
La face antérieure de leur longue
tige se termine par deux fortes
dents obliquement dirigées en bas,
en avant et en dedans ; la dent
interne, particulièrement dévelop¬
pée, est environ deu.x fois plus
longue que l’autre. Cette face
porte en outre de longs poils
blanchâtres (fig. 58 D) sur ses deux tiers basaux et noirs sur sa partie dis¬
tale.
L’espèce était connue de Guinée portugaise.
Fig. 58.— Blaisea bicalcarata mâle. A:vue d’en¬
semble ; — B : patte-mâchoire ; G : chélicères,
face interne ; —■ D : chélicère, face externe.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. 0. P.
359
Sous-famille PLEXIPPEAE
Genre DASYCYPTUS Simon, 1902
Dasycyptus dubius, n. sp.
(Fig. 59 et 60.)
Nous classons ici une espèce intermédiaire entre les Hylleae et les Plexip-
peae et nous l’attribuons à cette dernière tribu pour
son carré oculaire légèrement rétréci en arrière, et
pour ses yeux postérieurs bien développées.
Femelle. — Couleur générale brun-rouge foncé,
presque noire dans la partie céphalique ; sur le
céphalothorax et sur l’abdomen, revêtement de poils
rouge cuivré, plus ou moins mêlés de poils noirs^
donnant à cette Araignée un bel aspect métallique.
On remarque, en outre, sur les côtés du céphalo¬
thorax, des poils jaune soufre, et, dans la moitié
postérieure de l’abdomen, deux paires d’accents
blanc pur. Face ventrale noirâtre,
ponctuée de jaune ; filières noires.
Pièces buccales brun-noir ; ché-
licères, palpes et bandeau brun-
rouge, celui-ci assez étroit. Yeux
intermédiaires à égale distance
des antérieurs et des postérieurs.
Pattes brunes, allant s’éclaircis¬
sant des fémurs jusqu’aux tarses.
Elles portent des poils cuivrés
blancs et noirs. Métatarses pourvus d’épines latérales III =
arcade (cf. flg. 60.)
Longueur totale ; 8 mm.
Côte d’Ivoire : Man, I femelle (type).
Cette Araignée semble bien appartenir au genre Dasycyptus de Simon.
S’agit-il de la femelle de D. dimus dont le mâle a été décrit par Simon en
1902 du Gabon ? Dans l’impossibilité actuelle de le savoir, nous proposons
le nom de D. dubius.
Fig. 59. — Dasycyptus
dubius femelle ; vue
d’ensemble.
Fig. 60. — Dasy-
cyplus dubius :
é'pigyne.
IV. Épis
:yne en
Genre PHARACOCERUS Simon 1902
Pharacocerus Fagei, n. sp.
(Fig. 61 A et B.)
Male. — Céphalothorax châtain, plus foncé sur les côtés et sur une bande
arquée, qui unit les yeux postérieurs ; chélicères, pièces buccales et pattes
360
L. BERLAND ET J. MILLOT
châtaines, les tarses plus clairs ; sternumjaune pâle. Abdomen brun, avec
une bande médiane (tégumentaire) plus claire, festonnée, et dans la moitié
postérieure 4 petites touffes rondes de poils blancs ; face ventrale brune,
avec 2 lignes de taches claires, les côtés clairs, filières brunes. Céphalothorax :
partie céphalique carrée, élevée, très large, avec des saillies obtuses derrière
les yeux latéraux antérieurs et postérieurs, incurvée sur les côtés entre ces
yeux. Bandeau et face antérieure des chélicères presque glabres. Chélicères
fortes, verticales, leur marge postérieure avec une dent triangulaire aussi
large à la base que haute. Sternum plus long que large ; ses côtés presque
parallèles ; sa plus grande largeur à peine égale à la longueur d’une hanche I.
Pattes : tibias I avec 2-2-2 épines en dessous, et 1-1-1 sur la face antérieure ;
métatarses 1,2-2 en dessous. Patte-mâchoire (fig. 61 B).
Longueur totale ; 6 mm. Céphalothorax : long 3 mm., larg. 2,5 mm.
Cote d’Ivoire : Man, 1 mâle (type).
Le genre Pharacocerus est représenté en Afrique tropicale par 4 espèces, du
Congo ou du Gabon, sauf P. casianeiceps Simon, 1909, de Guinée portugaise.
P. Fagei semble assez voisin de ce dernier. Toutefois, il est de taille plus faible
et n’a pas la même coloration : le céphalothorax est dépourvu de taches mé¬
dianes de poils blancs, et la pilosité de l’abdomen est différente. Il se distingue
aussi des autres Pharacocerus par ses chélicères, qui ne présentent ni le crochet
fort, parfois renflé près de la base, ni la dent postérieure forte etlongue qu’ont
généralement les mâles. Notons aussi l’absence de forte pilosité blanche sur
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
361
le bandeau et sur les chélicères ; mais, ainsi que le remarque Simon, deux es¬
pèces seulement sur 4 présentent ce caractère, les deux autres, dont castanei-
ceps, se rapprochant de la nôtre.
Pharacocerus Fagei, var. Verdieri, nov.
(Fig. 60 G.)
Variété de l’espèce précédente, de taille un peu plus petite et de coloration
plus élégante ; la face dorsale de l’abdomen est ornée de dessins noirs accen¬
tués, formant dans la moitié postérieure une série de che¬
vrons transversaux. La patte-mâchoire se distingue
par une apophyse tibiale plus forte et plus massive, un
bulbe plus arrondi, pas de style visible (fig. 61 G).
Longueur totale : 5 mm.
Guinée française : Macenta, août, 1 mâle (type).
Pharacocerus Fagei, var. soudanensis nov.
(Fig. 61.)
Nous créons cette deuxième sous-espèce pour un mâle
de petite taille, intermédiaire par sa coloration entre
P. Fagei et la variété Verdieri. La patte-mâchoire unit à
une apophyse tibiale massive de type Verdieri, un bulbe pig. 62. _ Pharaco-
large, muni d’un fort prolongement postérieur, et un P°9ei, yar.
’ r O r soudanensis, male,
style bien visible (fig. 62). Extrémité de la
Longueur totale : 4 mm. patte-mâchoire.
Soudan français : Bamako, octobre, 1 mâle (type).
La capture de nouveaux spécimens renseignera sur la légitimité de ces deux
variétés.
Genre PLEXIPPUS G. Koch, 1850
Plexippus Paykulli Audouin
Allas PaiikuUi Audouin, 1825, p. 172, pl. Vil, flg. 22 ; 1827,p. 400; Plexippus Paijkulli
Simon, 1892-1903, vol. 11, p. 712, fig. 839-841 A-C ; de Ressert, 1927, p. 455 ; Berla.nd,
1932, p. 397, fig. 570 et 573 ; Berland et Mathis, 1933, p. 271.
Sénégal : Dakar, 4 femelles, 6 impubères.
Guinée française : Konakry, 1 femelle ; Kindia, 3 mâles, 4 femelles,
4 impubères.
Gôte d’Ivoire : Man, 1 impubère.
Soudan français : Bamako, 1 mâle ; Mopti, 1 mâle.
Répandue dans toute l’Afrique Occidentale française, comme on pouvait
l’attendre de la part de cette espèce, hautement cosmopolite. Se trouve
très souvent dans les habitations, ce qui explique son transport par l’homme.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome Xll. 24
362
L. BEBLAND ET J. MILLOï
Genre POCHYTA Simon, 1900
Sous-genre Pochytoides, nov.
Pochyta (Pochytoides) Perezi (1), n. sp.
(Fig. 63.)
Femelle. — Céphalothorax brun-rouge ; partie céphalique rembrunie
et pourtour des yeux presque noir. Chélicères, lames maxillaires et pièce
labiale brun-rouge. Palpes, sternum, pattes, face ventrale de l’abdomen,
filières en entier jaunâtres. Face dorsale de l’abdomen ornée de dessins bruns
en forme de marbrures et de chevrons, se détachant sur un tond jaunâtre ;
aire cardiaque réservée en clair. Aire oculaire plus large que haute et légère¬
ment rétrécie en arrière. Pattes IV> III> 1> II. Tibia patelle III sensible¬
ment égaux à tibia -f patelle IV. Les tibias I portent 4-4 épines inférieures
longues et couchées ; les métatarses I seulement 2-2 épines semblables, alors
que typiquement, on le sait, les Pocliyla en possèdent 3-3. Tarse de la patte-
mâchoire muni d’une paire d’épines latérales relativement développées. Épi-
gyne peu distincte : la plaque génitale, de grande taille, beaucoup plus large
(1) Dédié au Professeur Charles Pérez.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
363
que longue, et de contour ovalaire, laisse transparaître en son milieu un dessin
noir assez confus, en forme d’aile de chauve-souris.
Longueur totale : 4,5 mm.
Guinée française : Macenta, août, 1 femelle (type).
La présence de 2-2 épines aux métatarses est contraire à la définition du
genre (Simon, 1900). Notre espèce est cependant, par ses autres caractères,
indiscutablement une Pochyla. Les Pechkam et de Lessert ont, d’ailleurs^
déjà décrit des Pochyta à 2-2 épines [P. solers et P. Simoni). Nous proposons
de créer, pour toutes les formes présentant cette particularité et qui se dis¬
tinguent, en outre, des Pochyla de Simon par une taille nettement plus petite,
le sous-genre Pochyloides. Celui-ci comprendrait, avec les 3 espèces précé¬
demment citées, celles que nous décrivons ci-dessous.
Pochyta (Pochytoides) Poisson! (1), n. sp.
(Fig. 64.)
Femelle. — Très semblable à Pochyta Perezi : — même couleur, sauf en
ce qui concerne les pattes, dont tous les fémurs, ainsi que les patelles et tibia I,
sont en entier gris foncé, alors que les patelles, tibias et métatarses II, III,
IV sont nettement annelés do brun-noir.
Fig. 64. — Pochyloides Poissoni, n. sp. A : patte-mâchoire mâle ; — B : épigyne. Pochyloides
Remyi, n. sp. ; — G : épigyne.
— Mêmes forme et proportions, à l’exception des pattes plus robustes et
plus courtes, surtout les pattes I, et se disposant par taille décroissante
(1) Dédié au Professeur R. Poisson.
364 L. BERLAND ET J. MILLOT
dans l'ordre suivant : IV > III > I >11. Épines identiques et semblable¬
ment disposées. Il n’en existe que 2-2 aux métatarses I : l’espèce appartient
par conséquent au sous-genre Pochyloides dont nous avons précédemment pro¬
posé la création. L’épigyne, de grande taille, presque aussi haute que large,
ornée d’un dessin bien net, est fort différente de celle de P. Perezi et individua¬
lise l’espèce (fig. 64 B).
Longueur totale : 4 mm.
Guinée franç.\ise ; Cercle de Macenta, août, 1 femelle (type).
Nous croyons pouvoir ranger dans cette même espèce un mâle capturé
à la même époque, dans la même localité, qui présente d’indéniables carac¬
tères de parenté avec la femelle précédente.
Male. — Céphalothorax de même couleur que celui de la femelle, mais
orné, en outre, de poils blancs sur les côtés de la partie thoracique. Chéli-
cères et pièces buccales brun rougeâtre. Sternum, pattes et face ventrale de
l'abdomen testacé sale ; les pattes I plus foncées que les suivantes. Face dor¬
sale de l’abdomen de même couleur, mais présentant des marbrures brunes
qui, dans la moitié postérieure, forment deux ou trois petites bandes trans¬
versales parallèles, et non des chevrons, comme chez la femelle. Patte-
mâchoire complexe : tibia cordiforme, présentant un prolongement externe
et un prolongement interne sensiblement symétriques et, en outre, une apo¬
physe longue et grêle, dirigée en dehors, recourbée à son extrémité ; bulbe
fort curieusement sculpté (fig. 64 A).
Longueur totale : 3,5 mm.
Guinée française : Cercle de Macenta, août, 1 mâle.
Pochyta (Pochytoides) Remyi (1), n. sp.
(Fig. 64 C.)
Femelle. — Très semblable aux précédentes par la taille, la forme générale,
à pigmentation, la longueur des pattes et la disposition des épines. Les quel¬
ques caractères distinctifs que l’on peut noter, revêtement plus dense des poils
blancs sur les tarses des palpes, couleur presque noire de la face interne des
fémurs I, présence sur la face ventrale de l’abdomen de deux taches noirâtres
symétriques, et, à la base des filières, d’un demi-anneau de même couleur,
seraient tout à fait insuffisants pour individualiser l’espèce, sil’épigyne n’ap¬
paraissait pas nettement différente de celle des autres Pochyta. Les lecteurs
en jugeront eux-mêmes, par la comparaison des figures.
Longueur totale : 4,5 mm.
Guinée française : Grotte de Tassacouré, juillet, 1 femelle (type).
Cette Araignée a été capturée dans la partie antérieure d’une vaste grotte
(1) Dédié au Professeur P. Remy.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F. 365
où elle s’était vraisemblablement mise à l’abri des pluies torrentielles, si fré¬
quentes, à cette époque, en Guinée.
Sous-famille RHENEAE
Genre BIANOB Peckham, 1885
Bianor albobimaculatus Lucas
Sallicus albobimaculatus Lucas, 1846, p. 170, pl. VIII.
Soudan français : Bamako, 1 femelle.
Notre exemplaire est bien conforme par sa coloration, sa pilosité et la forme
de son épigyne à la description de l’espèce. Remarquons seulement que le
céphalothorax n’est guère plus atténué en avant qu’en arrière et que le ster¬
num n’est que peu rétréci en avant.
Cette espèce méditerranéenne, trouvée en Égypte, à Corfou, en Sicile, en
Algérie, en Corse, en Provence, en Espagne, au Maroc, avait été signalée éga¬
lement « peut-être à tort » (Simon, vol. VI, p. 1265) du Cap-Vert, mais elle
n’avait jamais été capturée en Afrique tropicale.
Genre PARTONA Simon, 1901
Partona Duboscqi (1), n. sp.
(Fig. 65.)
Femelle. — Céphalothorax, sternum et abdomen noir brunâtre. Chéli-
cères, pièces buccales et pattes 1, châtain foncé. Palpes, pattes II et III, brun
jaunâtre clair. Pattes IV, brun jaunâtre clair, à l’exception du fémur, en ma¬
jeure partie châtain foncé. Tibias II, III, IV, métatarses I et IV, portant une
bande noirâtre longitudinale. Céphalothorax et abdomen chagrinés, revêtus
de poils brunâtres et de squamules blancs et irisés ; une bande de poils blancs
borde latéralement le céphalothorax. Région oculaire formant un trapèze
dont la base excède nettement la hauteur ; yeux de la deuxième ligne équi¬
distants des antérieurs et des postérieurs, ces derniers situés dans la zone la
plus large du céphalothorax. Région thoracique extrêmement réduite, à pente
presque verticale, débutant immédiatement en arrière des yeux postérieurs.
Épigyne peu distincte, entièrement brun foncé.
Longueur : 4 mm.
Côte d’Ivoire : Batié, septembre, I femelle (type).
Espèce très voisine de Partona (Velloa) bianoriformis, décrite par Strand
1907 de Nossi-Bé, et retrouvée au Congo belge et en Afrique Orientale portu¬
gaise (de Lessert 1936). Elle s’en distingue par diverses particularités de
(1) Dédié au Professaur O. Dubosco.
L. BERLAND ET J. MILLOT
SCC
la coloration, par la structure de l’épigyne, par l’étendue de la brosse de poils
noirs du tibia, qui n’occupe ici que les deux tiers basaux (fig. 64 B).
Notre espèce devrait, sans conteste, être classée dans le genre Velloa
Pkckham 1903, si celui-ci méritait d’être maintenu. Mais il nous apparaît
comme très insuffisamment individualisé. La seule différence nette séparant
Velloa de Partona, consiste, en effet, dans la position des yeux de la deuxième
ligne qui seraient, chez Velloa, selon Peckham, situés à égale distance des
antérieurs et des postérieurs, alors que, chez Partona, selon Simon, p. 636
et 642, ils se trouveraient plus rapprochés des antérieurs. Or, nous savons,
d’une part, qu’à l’intérieur d’un même genre (cf. par exemple Harmochirus,
Fig. 65. — Partona Duboscqi, n. sp. femelle. A : céphalothorax ; —-B : patte I, face interne ;
— G ; épigyne ; —- D : céphalothorax de profil.
singulièrement proche de Parlona par nombre de particularités) la position
de la deuxième ligne oculaire peut varier ; d’autre part, que l’exemplaire type
de Parlona africana, seul représentant du genre en Afrique, exemplaire déter¬
miné par Simon lui-même, possède des yeux intermédiaires submédians. La
suppression du genre Velloa nous paraît donc légitime et la liste actuelle des
Parlona africaines s’établit dès lors comme suit :
Parlona africana Simon, 1904, Abyssinie. ^— P. rnodesla Peckham, 1903,
le Cap. — P. elegans Peckham, 1903, le Cap. — P. bianoriformis Strand,
1907, Nossi-Bé ; de Lessert, 1936, Congo. — P. Duboscqi Millot et Ber¬
land. 1939.
Chez Parlona Duboscqi, la déclivité postérieure du céphalothorax semble
être plus abrupte que chez n’importe quelle espèce de Velloa ou de Partona
décrite jusqu’ici : comparer notre figure 6.5 D au dessin 9 c, PI. XXIV, de
Peckham 1903, représentant le profil du céphalothorax de V. rnodesla,
par exemple. Mais cette différence, quoique fort nette, ne nous paraît pas
légitimer la création d’un genre nouveau.
Genre RHENE Thorell, 1869
Rhene Machadoi (1), n. sp.
(Fig. 66.)
Femelle. — Céphalothorax testacé rougeâtre, avec une large tache noi-
(1) Dédié à l’arachnologiste portugais Machado.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
367
râtre à bords irréguliers, occupant le centre de la région oculaire ; yeux posté¬
rieurs cerclés de noir. Chélicères, pièces buccales, sternum et pattes, testacés ;
fémurs IV en partie noirâtres, métatarses et tarses jaunâtre clair. Abdomen
jaune brunâtre. Filières inférieures testacées ; filières supérieures revêtues de
poils noirâtres. Forte pubescence blanchâtre sur l’abdomen, sur le céphalo¬
thorax, y compris le bandeau, sur les chélicères et sur les autres appendices.
Fig. 66. — Bhene Machadoi, n. sp. A : femelle, vue d’ensemble ; — B ; femelle, patte I,
face interne ; — G : femelle, céphalothorax de profil ; — D : épigyne ; — E : mâle, vue
d’ensemble ; — F : patte-mâchoire mâle ; — G : patte I du mâle, face interne.
Bord inférieur du tibia I revêtu d’une brosse irrégulière de poils noirs, plus
fournie dans la moitié distale. Fémur I portant de chaque côté dans la région
distale deux petites épines dorsales ; tibia mutique ; métatarse I, muni de
deux paires d’épines.
Céphalothorax à peine chagriné. Yeux formant un trapèze à large base
les yeux postérieurs sont situés à la partie la plus large du céphalothorax;
qui se rétrécit assez brusquement en arrière d’eux. Vue de profil, la région
céphalique, sensiblement plane sur la face dorsale, descend en pente douce
d’arrière en avant, le céphalothorax atteint la plus grande hauteur en arrière
des yeux postérieurs. Bandeau très étroit.
Épigyne : cf. fig. 66 D.
368
L. BERLAND ET J. MILLOT
Male. — Céphalothorax brun-rouge foncé, à partie antérieure rembrunie;
yeux postérieurs entourés de noir. Chélicères, pièces buccales, sternum,
abdomen brun rougeâtre foncé, comme le céphalothorax. Pattes de même
couleur, sauf les fémurs, fortement rembrunis et les tarses jaunâtres. Pubes¬
cence blanchâtre, particulièrement fournie sur la région frontale, et formant
sur les côtés de l’abdomen, dans la moitié postérieure, deux petits accents
blancs. Céphalothorax plus élargi que chez la femelle (fig. 66 E). Région cépha¬
lique remarquablement plate. Pattes I plus longues que dans l’autre sexe.
Patella et tibia revêtus, sur leur bord inférieur, de longs poils noirs. Comme
chez la femelle, tibia mutique, et métatarses avec deux paires de fortes épi¬
nes. Fémur portant de chaque côté 3 petites épines dorso-apicales.
Longueur totale : 3,5 mm.
Guinée française : Kankan, août, 1 mâle adulte, 1 mâle impubère,
1 femelle (type.)
Rhene Lesserti, n. sp.
(Fig. 67.)
Femelle. — Céphalothorax noir brunâtre. Palpes noirs ; chélicères brun-
noir, à crochet testacé ; pièces buccales et sternum brun-rouge foncé. Pattes I
brun rougeâtre, les autres testacées ; hanches et fémurs toujours plus sombres
Fig. 67. — Rhene Lesserli, n. sp. femelle. A : vue
d’ensemble —-B : patte I face interne : — G :
épigyne.
que les autres articles. Abdo¬
men rouge testacé, orné, sur
la face dorsale, de trois paires
de taches noirâtres, les pre¬
mières en forme d’accents (fig.
66 A). Filières brunes. Pubes¬
cence courte, brunâtre, plus
foncée sur le céphalothorax
que sur l’abdomen. Céphalo¬
thorax fortement chagriné, à
peu près aussi long que large,
légèrement rétréci en avant et
en arrière, à bords latéraux
régulièrement arrondis. Yeux
de la deuxième ligne situés
immédiatement en arrière des
latéraux antérieurs. Yeux de
la troisième ligne placés un
peu plus en avant qu’il n’est habituel chez les Rhene (cf. par exemple le dessin
de Simon représentant R. sulfura, p. 635, fig. 747 A) et presque au milieu des
bords latéraux du céphalothorax. Pattes courtes et robustes, à fémurs dilatés,
surtout des antérieurs. Tibia et patella I dépourvus de brosse inféro-interne
de poils noirs. Tibias multiples. Métatarses I ne portant qu’une seule paire
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
369
d’épines : celle-ci est apicale, s’insérant presque dans le pli articulaire tibia-
métatarsien. Abdomen un peu plus long que large. Épigyne testacé foncé :
cf. figure 67 C.
Longueur totale : 4,5 mm.
Sénégal : Dakar, août, 1 femelle (type).
Sous-famille THYENEAE
Genre THYENE Simon, 1885
En fauchant les herbes et en battant les buissons, nous avons trouvé des
Thyene dans presque toutes les localités d’Afrique Occidentale que nous avons
explorées, aussi bien dans la zone guinéenne la plus humide que dans les terri¬
toires soudanais à très faible hygrométrie. Ainsi, ces Araignées semblent
peu sensibles aux influences climatiques, ce qui explique la vaste répartition
de certaines de leurs formes.
Les Thyene sont d’ordinaire faciles à identifier, même à un examen super¬
ficiel, grâce à leur coloration caractéristique et à la forme de leur céphalo¬
thorax. Cependant certaines espèces, qui représentent des formes de transi¬
tion avec d’autres genres, ne laissent pas d’embarrasser. Ainsi, nous le ver¬
rons, T. cocineovillala a pu être considérée comme un Hyllus par Simon lui-
même ; ainsi, la Ciciria {= Miihion) liipula, si l’on n’y prête pas attention,
peut être rangée parmi les Thyene dont elle porte la livrée.
Nos captures se répartissent entre cinq espèces. Trois, très communes,
T. imperialis, T. inflata, T. coccineovillata, étaient connues depuis longtemps,
mais leur étude nous a conduits à plusieurs conclusions intéressantes et iné¬
dites ; deux autres, plus rares, T. Chopardi
et T. Villiersi, sont nouvelles.
Thyene Chopardi, n. sp.
(Fig. 68 et 69.)
M.\le. — Coloration générale jaune orangé
pâle. Céphalothorax tirant vers le rouge, la
région oculaire et la zone postérieure du
thorax un peu plus foncées ; revêtement
diffus de courts poils blancs, particulière¬
ment denses en arrière des yeux antérieurs ;
une mèche de longs crins blancs en dehors
des yeux intermédiaires. Abdomen plutôt
jaune, orné dans la région postérieure d’une
petite bande transversale blanche, et de deux points de même couleur ;
dans la région antérieure, ébauche d’une bande médiane longitudinale de
poils blancs, bordée de poils rouges ; quelques crins noirs sur l’extrémité pos-
Fig. 68. — Thyene Chopardi, n. sp.
mâle : céphalothorax de face.
370
L. BEKLAND ET J. MILLOT
térieure et autour des filières. Face ventrale testacée avec une bande médiane
brune. Pièces buccales, sternum, pattes I, brun-rouge ; celles-ci portent une
frange dense de crins noirs, et sont ornées, en outre, de courtes squamules
blanches appliquées contre la chitine. Autres pattes testacées, ainsi que les
palpes, revêtues de squamules blanches et de crins blancs diffus. Chélicères
brun-noir. Bande de même couleur bien délimitée occupant la majuere partie
du bandeau (fig. 68) ; celui-ci est presque glabre, alors que les yeux médians
antérieurs sont entourés d’un anneau dense de poils blancs. Palpes revêtus de
poils blancs. Lames maxillaires dilatées du côté externe ; leur bord antérieur,
mince, se termine en dehors par une saillie spiniforme nette. Marge antérieure
des chélicères présentant deux dents géminées de taille inégale, comme chez
T. biicculenta, mais peu divergentes, comme chez T. fu/fafa. Tibia de la patte-
mâchoire muni d’une longue apophyse, sensiblement rectiligne, dirigée en
haut et en dehors. Tarse piriforme entouré deux fois par le style, dont l’extré¬
mité antérieure dépasse nettement le milieu de l’article.
Longueur totale : 6 mm.
Niger : Zinder, 1 mâle (type).
Par les proportions du céphalothorax, par la forme des chélicères, par les
caractères de la patte-mâchoire, cette espèce appartient au groupe inflala-
bucculenta.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
371
Thyene coccineovittata Simon, 188r>
(Fig. 70, 71, et 72 A.)
Hyllus coccineovitlalas (mâle et femelle), Simon, 1885, p. 348.
T. crudelis (mâle) Peckham, 1903, p. 229, pl. XXV, flg. 5-6d; de Lessert, 1925, p. 349.
T. Ogdei i (femelle) Peckham, 1903. p. 224, pl. X.XV; de Lessert, 1925, p. 349 et p. 488.
Male. — Nous avons capturé un certain nombre de mâles de Thyene dont
la patte-mâchoire, munie d’une très courte apophyse tibiale et d’un style
faisant 6 à 7 fois le tour du bulbe, apparaît tout à fait semblable à celle de
T. crudelis, décrite par les Peckham, de Durban (Afrique du Sud). Toutefois,
ils diffèrent tous du type par plusieurs caractères qui nous paraissent assez
nets pour nécessiter la création d’une variété :
1» Dent postérieure de la chélicère forte, conique (fig. 70 G), ni tronquée,
ni incisée au sommet.
2o Lame maxillaire fortement dilatée du côté externe, mais munie d’une
petite dent près de l’angle (fig. 70 B).
B
Fig. 70. — Thyene eoccineovillala mâle. A : patte-mâchoire ; — B : lame maxillaire ; —■ C :
chélicère.
3° Écailles rouges presque toujours absentes autour de la bande claire de
l’abdomen.
4° Bande claire médio-abdominale ne se divisant jamais en deux à son
extrémité postérieure, comme l’ont figuré les Peckham, mais s’effaçant avant
d’avoir atteint la région anale, qui est ornée de deux paires de macules
blanches plus ou moins nettes suivant les individus : nous avons représenté
un sujet où celles-ci sont particulièrement visibles (fig. 71 A).
Longueur totale : 8 mm.
Guinée française ; Konakry, 2 mâles ; Kankan, 1 mâle ;
Soudan français : Bamako, 3 mâles.
Femelle. — La femelle de T. crudelis n’a pas été identifiée jusqu’ici. Or,
372
L. BERLAND ET J. MILLOT
en même temps que les mâles précédents, nous avons capturé un certain
nombre de femelles qui semblent leur correspondre, et que nous ne pouvons
« hésiter à leur attribuer, bien que
par tous leurs caractères elles se
rapprochent singulièrement des
Araignées décrites par les Pec-
KHAM, puis par de Lessert, comme
femelles de T. Ogdeni. Même li¬
vrée caractéristique — même dis¬
position des taches blanches dans
les bandes noires dorso-abdomi-
nales — même somptueux revê¬
tement de poils squamifères rouge
orangé vif — mêmes marbrures
transversales noirâtres sur les
fémurs I et II — même propor¬
tion du carré oculaire, sensible¬
ment aussi large en arrière qu’en
avant : la figure 2 D des Peckham
représente nos exemplaires avec
une parfaite fidélité. L’épigyne
Fig. 71.—r/ij/eae fOCcineoiu7ia/a. A : mâle ; — est du type indiqué pour T. Og-
B. femelle. déni. Sur tous nos exemplaires,
cependant, il présente un aspect
un peu différent du dessin publié par les Peckham. La fossette chitinisée
est transversalement ovalaire, plutôt que ronde ; elle est située à une plus
grande distance du bord de la fente génitale ; en outre, on voit transparaître
sous la chitine, de façon variable, suivant les sujets deux canaux plus ou
moins contournés (fig. 72 A).
/iHl
Fig. 72. — Épigynes comparés. A : Thyene coccineoviüala : — B : Thyene imperialis ; —
G : Thyene inflala.
Ces femelles sont fort répandues en Afrique Occidentale française (nous
aurions pu en capturer un très grand nombre) ; or, avec elles, nous n’avons
jamais trouvé de mâles de T. Ogdeni, qui semble ne pas exister dans la région
que nous avons parcourue, alors que, presque chaque fois, nous avons cap-
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
373
turé des mâles de T. crudelis. Nous sommes donc autorisés à les rapporter
à cette dernière espèce, et, en conséquence, amenés à conclure —• ou que les
femelles de T. Ogdeni et de T. crudelis sont en apparence identiques, ne diffé¬
rant que par certains détails de l’épigyne, — ou que la femelle jusqu’ici attri¬
buée à T. Ogdeni est, en réalité, celle de T. crudelis, ce qui n’aurait d’ailleurs
rien de très étonnant, les mâles ayant été tous deux originairement décrits
d’Afrique du Sud.
Longueur totale : 9 mm.
Guinée française : Konakry, juillet, 2 femelles; Kankan, août 1 femelle,
immature ;
Côte d’Ivoire : Man, 3 femelles.
SouD.AN FRANÇAIS i Bamako, octobre, 3 femelles.
Les considérations précédentes étaient rédigées et prêtes pour l’impression
lorsque, révisant les descriptions des Hyllus africains, nous avons été surpris
par la ressemblance existant entre la livrée de VHijllus coccineovillalus du
Sénégal, telle que l’a dépeinte Simon en 1885, et celle de notre Thyene. Exa¬
minant alors les types de Simon dans la collection du Muséum (1), nous
avons constaté leur identité absolue avec nos exemplaires. Cette découverte
vient confirmer la correspondance que nous avons établie entre femelles et
mâles, mais elle pose un nouveau problème de nomenclature. Bien que l’espcèe
en cause ici présente certains caractères intermédiaires entre les deux genres
(région oculaire peu élargie en arrière, partie céphalique faiblement dilatée,
pattes III et IV subégales), il ne nous paraît pas douteux qu’elle ne soit une
vraie Thyene et que Simon n’ait été mal inspiré en la considérant comme un
Hyllus. L’étude de l’appareil génital est, à ce point de vue, décisive. Hyllus
et Thyene ont des épigynes tout à fait différentes. Or, la plaque génitale de
notre espèce est de toute évidence du type Thyene, ne différant que par de
minimes détails de celles de T. irnperialis et de T. inflala, par exemple. Par
conséquent, notre Araignée doit être dénommée Thyene coccineovillala (Si¬
mon) 1885.
Thyene crudelis de Peckham, qui en est au plus une variété, devient
Thyene coccineovillala var. crudelis mâle, dont la femelle n’est autre, selon
toute vraisemblance, que la T/ij/ene Opdeni femelle de Peckham : celle-ci doit
à son tour prendre le nom de Thyene coccineovillala var. crudelis femelle.
L’espèce paraît alors répandue dans toute l’Afrique tropicale : décrite du
Sénégal, nous l’avons retrouvée dans toute l’Afrique Occidentale française,
alors que les Peckham l’indiquent d’Afrique du Sud, et de Lessert d’Afrique
Orientale (Kilimandjaro).
(LU s’agit de 2 mûles et de 2 femelles en médiocre état, mais qui suITisent à lever tout
374
L. BERLAND ET J. MILLOT
Thyene imperialis W. Rossi
(Fig. 71 B et 72.)
T. imperialis, Rossi, 1847 ; Simon, 1901, p. 26 ; Hist. Nal. des Araignées, II, p. 683, etc..
Fig. 73.— Thyene imperialis. A : femelle ; — R ; mâle,
Guinée fr.\nçaise : Kindia,
1 femelle.
Côte d’Ivoire : Batié, sep¬
tembre, 2 mâles, 2 femelles ;
Ouagadougou, 4 femelles.
Soudan français : Bamako,
octobre, 1 mâle, 1 femelle.
Espèce à vaste répartition ;
connue de la région méditer¬
ranéenne (en France, elle ne
se trouve qu’en Corse), des
Canaries, d’Afrique Orientale
et d’Asie, où elle atteint les
Indes. Le mâle a été dessiné
par E. Simon (Histoire natu¬
relle des Araignées, fig. 811,
p. 683) ; nous le figurons à
nouveau à côté de sa femelle
dont la livrée n’est pas moins caractéristique, bien qu’elle se rapproche
beaucoup de celle de T. pulclira Peckham.
Thyene inflata Cerstaecker, 1873
(Fig. 72 C et 74.)
Phidippus inflalas (mâle), Gerstaecker, 1873, p. 476.
Th. sqiiamulala Simon, 1885, p. 347 ; 1887, p. 262 ; 1909, p. 96.
Th. inflala Strand, 1907-1908, p. 197 ; de Lessert, 1925, p. 481, 11g. 66 à 71, 1927,
p. 444 ; 1936, p. 294.
Sénégal : Dakar, juillet, 1 mâle ;
Guinée française : Konakry, juillet, 2 femelles ; Dalaba, août, 1 mâle
et 3 femelles ; Kindia, août, 1 mâle et 4 femelles ; Kankan, août, I mâle,
1 femelle ; Macenta, août, 1 femelle ;
Côte d’Ivoire ; Man, septembre, 5 mâles ; Bingerville, septembre, 1 mâle
et 1 femelle ;
Soudan français : Bamako, octobre, 1 mâle et 2 femelles.
T. inflala ef T. sqnamulala étaient jusqu’ici considérées comme deu.x
espèces distinctes, quoique voisines. Leur identité, déjà soupçonnée par de
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
375
Lessert (1936, p. 294), apparaît cependant indiscutable si l’on confronte
minutieusement les descriptions de la première, dues à Gerstaecker et à de
Lessert (1925), avec les exemplaires de laseconde existant dans la collection
Simon. T. squamulata doit donc disparaître de la nomenclature.
T. inflala apparaît alors répandue dans la majeure partie du continent
africain, de Zanzibar (STRAND),au Sénégal (Simon) ; Gerstaecker la découvre
en Afrique Orientale anglaise ; de Lessert l’étudie du Mérou, du Congo belge
et de l’Afrique orientale portugaise.Nous l’avons capturée dans toute l’Afrique
Occidentale française. La collection Simon contient, sous le nom de T.squamii-
laia, des exemplaires du Sénégal (Dakar, Rufisque),de Côte d’Ivoire(Assinie),
Fig. 74. — Thyene inllala. A ; mâle ; — B ; femelle -, —-G : sujet immature.
de Sierra Leone, du Gabon, du Congo (Landana), d’Afrique du Sud enfin
(Natal). L’espèce a une livrée élégante et caractéristique, mais il a fallu
attendre de Lessert en 1925 pour la voir exactement décrite et partiellement
figurée. Nous donnons ici plusieurs dessins qui achèveront de la faire bien
connaître. Le grand nombre d’exemplaires (près d’une centaine) que nous
avons eus sous les yeux nous a permis de noter un certain nombre de va¬
riations qui méritent d’être signalées, mais ne suffisent à caractériser aucune
sous-espèce valable.
1° Coloration et pilosité. Les mâles sont très inégalement sombres : le
céphalothorax, d’un beau rouge orangé foncé chez les uns, est presque noi¬
râtre chez les autres. La bande transversale noire unissant les yeux postérieurs
jieut être interrompue en son milieu ; la bande longitudinale thoracique de
squamules blancs fait parfois défaut. Quatremaculesblanches,queDELEssERT
ne signale pas, sont souvent fort nettes dans la moitié postérieure de l’abdo-
376
L. BERLAND ET J. MILLOT
men : nous avons représenté un mâle de type sombre, aux points blancs
visibles. Chez la femelle, les bandes longitudinales colorées de l’abdomen sont
plus ou moins accentuées, mais les dessins noirs de la partie céphalique sont
toujours très frappants et permettent d’identifier l’espèce, bien avant que
l’Araignée ait atteint l’état adulte. Nous avons représenté une femelle ty¬
pique et un jeune sujet, où seule la bande médio-abdominale, qui toujours
apparaît la première, est formée.
2° Forme du céphalothorax, qui peut, chez le mâle, être plus ou moins
joufflu : certains exemplaires se rapprochent fort, à ce point de vue, de T.
bucculenla.
3° Caractères de la patte-mâchoire mâle, qui, dans certains cas, apparaît
identique à la figure publiée par de Lessert pour T. bucculenia {îig. 70,p. 485).
4“ Épigyne tantôt exactement conforme au schéma donné par R. de Res¬
sert (fig. 67, p. 481) (maturité génitale incomplète ?), tantôt à dessin beau¬
coup plus net, ainsi que nous le figurons (fig. 72 C) : entre ces deux aspects
existent toutes les transitions possibles.
Thyene Villiersi (1), n. sp.
(Fig. 75.)
Male. — Céphalothorax en entier acajou ; pourtour des yeux noirâtre ;
squamules blancs, bordant en dehors les yeux latéraux, en arrière les yeux
antérieurs, et formant une petite plage circulaire au milieu de la région tho¬
racique. Abdomen brun rougeâtre, revêtu de poils roux et noirâtres, avec une
large bande médiane longitudinale claire allant d’une extrémité à l’autre,
revêtue de squamules blanchâtres irisées ; face inférieure brun acajou. Han¬
ches et tarses jaunâtres ; autres articles, pièces buccales, sternum et filières,
acajou. Bandeau glabre, étroit, brun foncé. Chélicères anormalement fortes
et larges pour une Thyene ; elles sont striées transversalement sur leur face
antérieure, et munies d’une forte dent antéro-interne. Largeur maxima du
céphalothorax située un peu en arrière des yeux postérieurs, carré oculaire
à peine élargi en arrière. Patte-mâchoire : tibia portant une apophyse externe
dont la face antérieure forme un plateau finement denticulé. Style terminé en
pointe effilée ; il n’est enroulé qu’une seule fois autour du bulbe.
Longueur totale : 9 mm.
Côte d’Ivoire : Bingerville, septembre, 1 mâle (type).
T. Villiersi appartient au groupe de Thyene à apophyse tibiale de la patte-
mâchoire denticulés, tels que T.Ogdeniou T.Leighi. Ellesedistingue decelles-ci
non seulement par la forme précise de l’apophyse, mais aussi par le fait que
(1) Dédié à M. A. Villiers qui a bien voulu collaborer à l’illustration de ce travail.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
377
le style ne fait qu’un seul tour, alors qu’il est enroulé plusieurs fois chez
T. Ogdeni et T. Leighi. Ces deux dernières formes ne constituent d’ailleurs, à
notre avis, comme à celui de Lessert (1925, p. 491), qu’une seule espèce.
Les caractères distinctifs signalés par les Peckham, sont très faibles, et nous
avons trouvé, dans la collection Simon, plusieurs mâles provenant du Congo
Fig. 75. — Thyene Villiersi mâle. A : vue d’ensemble ; — B : patte-mâchoire ;
— G : apophyse tibiale ; —^ D : céphalothorax de face.
qui se montrent intermédiaires aux deux descriptions des auteurs sud-afri¬
cains. Nous proposons donc de ne considérer T. Leighi que comme une variété
de T. Ogdeni. La liste des Thyene africains s’établirait alors ainsi qu’il suit :
T. aiistralis Peckham 1903.
T. bucculenta Gerstacker 1873.
T. Chopardi n. sp.
T. coccineoviilatus Simon 1885.
T. ■— var. crudelis Peckham]1903.
T. corcula Pavesi 1895.
T. coronala Simon
T. imperialis Rossi 1847.
T. inflaia Gerstaecker 1873.
T. magdalenae de Lessert 1927.
T. Moreleli Lucas 1846.
Cap.
Afr. Or., Éthiopie.
Niger.
Afr. Occid. franc.
Natal.
Éthiopie.
Natal, Zululand.
Méditerranée, Arabie, Inde.
Malaisie, Afr. Or. et Occ.
Afr. Orient., Occid. et Austr.
Congo belge.
Algérie, Tunisie.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome XII.
378
L. BERL.\ND ET
J. MILLOT
T.
nalali Peckham 1903.
Natal.
T.
orbicularis Gerstaecker 1873.
Afr. Or.
T.
Ogdeni Peckham 1903.
Natal.
T.
■— var. Leighi Peckham 1903.
Natal.
T.
— var. nyukiensis de Lessert 1925. Kilimandjaro.
T.
pulchra Peckham 1903.
Natal.
T.
scalarinolum Strand 1907.
Cap.
T.
iamaiavi Vinson 1863.
Madagascar.
T.
varians Peckham 1901.
Madagascar.
T.
Villiersi n. sp.
Côte d’ivoire.
r.
viltata Simon 1902.
Natal, Éthiopie
Sous-famille VIGIRIEAE
Genre VICIRIA Thorell, 1877
Les Viciria sont peut-être les Salticides les plus caractéristiques de la zone
guinéenne de l’Afrique Occidentale française, où on les capture en fauchant
les herbes et en battant les buissons. Nous en avons recueilli neuf espèces,
dont quatre nouvelles.
Viciria Besançoni (1), n. sp.
(Fig. 76 A et B.)
Femelle. — Corps et appendices en entier jaune pâle, à l’exception du
pourtour des yeux, qui est noir, et de deux marques obliques de même couleur,
plus ou moins accentuées suivant les exemplaires, entre les yeux postérieurs.
Dans la moitié postérieure de la face dorsale de l’abdomen une ligne médiane
et trois taches latérales brunâtres ; face ventrale claire, avec une bande mé¬
diane noirâtre trifurquée à son extrémité antérieure, un peu en arrière de la
fente génitale. Filières antérieures longues et noirâtres. Poils d’un beau jaune
doré autour des yeux et sur les côtés de l’abdomen. Épines des pattes très
longues. Tibias I et II : 3-3 inférieures et 3-3 latérales. Épigyne brun très
foncé (fig. 76 B), de relativement grande taille. Dans le dessin intérieur on
distingue deux sortes de virgules renversées qui s’affrontent, disposition clas¬
sique chez les Viciria (cf. Viciria Peckhamoriirn), mais elles sont ici anormale¬
ment grandes et massives. Espèce petite pour une Viciria (longueur totale,
6 mm.) et de forme relativement ramassée.
Guinée française : Kindia, 1 femelle (type).
L’espèce semble répandue en Afrique Occidentale, car nous avons trouvé,
dans la collection du Muséum d’Histoire Naturelle, un certain nombre
(1) Dédié au Professeur Justin Besançon, de la Faculté de Médecine.
ARAIGNÉES SALïIOIDES DE L’A. O. F.
379
d’exemplaires indéterminés provenant du Gabon, de Sierra Leone et de
Fig. 76. Viciria Besançoni, n. sp., femelle. A : vue d’ensemble ; — B : épigyne ; — Viciria
Mondoni, n. sp. femelle ; — C : vue d’ensemble ; — D: épigyne. — Viciria Peckhamo-
rum, femelle ; — E : vue d’ensemble ; — F : épigyne.
Dakar. Peut-être s’agit-il de la femelle de Viciria equestris, dont le mâle, assez
commun, a seul été décrit jusqu’ici.
Viciria equestris Simon
(Fig. 77 et 78)
V. equestris Simon, 1902, p. 723.
Côte d’Ivoire : Man, 2 mâles.
Les mâles de cette espèce semblent pouvoir varier sensiblement de colora¬
tion. Alors que les exemplaires de la collection Simon, provenant de Sierra
Leone (Free-Town), sont de couleur brun rougeâtre, à faible revêtement
pileux, quoique non frottés, les 2 mâles que nous avons capturés en Côte
d’ivoire sont tout à fait « nègres » (fig. 77). La chitine brun foncé est densé¬
ment recouverte de poils noirs sur toute l’étendue du corps, à l’exception d’un
380
L. BERLAND BT J. MILLOT
croissant transversal de poils blancs dans la région thoracique et d’une bande
longitudinale médiane, de même couleur, dans
la moitié postérieure de l’abdomen. Les pattes
ont des hanches et des tarses très clairs, un
fémur brun foncé dont la base va en s’éclaircis¬
sant progressivement de I à IV, des tibias brun-
rouge. La patte-mâchoire, caractéristique, ne
peut laisser aucun doute quant à l’attribution
spécifique. Nous la figurons ici pour la première
fois.
Tibia muni, sur sa face externe, d’une apo¬
physe noire, lamelleuse, dont l’extrémité est
denticulée, et dont la base porte parfois l’indi¬
cation d’une petite dent secondaire, face interne
de l’article ornée d’une touffe de forts poils noirs,
tarse piliforme, bulbe assez saillant, obliquement
allongé en arrière et en dehors ; style noir, pré¬
sentant en son milieu un curieux épaississement
spiniforme. Chez V. iergina Simon, le style est
assez semblable, mais l’apophyse tibiale est
V,' Vicina equesiris différente : nous la figurons également ici
pour comparaison (fig. 78 A).
Fig. 78. — Viciria equesiris mâle ; B ; patte-mâchoire, face externe ; — G et D : apophyse
tibiale vue sous deux incidences différentes à des grossissements inégaux ; — E ; tibia
et tarse, en vue ventrale ; — A : Viciria Iergina Simon : apophyse tibiale, pour compa¬
raison.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F. 381
Chez V. equesiris, les pattes possèdent un très grand nombre d’épines. On en
compte 14 sur les tibias I et II : 7 sur la face externe et 7 sur la face interne,
réparties en une rangée supérieure et une rangée inférieure de trois chacune,
plus une médiane. Les tibias ont 2-2 épines inférieures et 2-2 latérales.
Viciria equestris var. pallida, nov.
Dans la même région, nous avons capturé deux mâles en parfait état, ayant
une patte-mâchoire tout à fait analogue à celle des mâles précédents de
V. equestris et, donc, appartenant à la même espèce, mais ils sont d’aspect
Fig. 79. — V. Jeanneli, n. sp. mâle. A : vue dorsale. B et G : patte-mâchoire.
tellement différent que nous sommes amenés à créer pour eux une variété
spéciale.
Celle-ci est caractérisée :
1° Par la coloration extrêmement claire (1) : la chitine, gris-rose très pâle,
à peu près complètement dépourvue de tout pigment, laisse transparaître les
diverticules intestinaux chargés de guanine. Quelques crins noirs diffus sur le
céphalothorax, sur les pattes, et sur la partie postérieure de l’abdomen, mais
aucune trace du revêtement de courts poils noirs visibles sur les exemplaires
précédents : le contraste entre les uns et les autres est vraiment saisissant.
2° Par les épines des pattes, particulièrement longues et fortes : de couleur
(1) Bien entendu, sans qu’aucune mue récente puisse être incriminée.
382
L. BEKLAND ET J. MILLOT
sombre, elles hérissent, en quelque sorte, l’Araignée. En outre, la petite dent
basale de l’apophyse tibiale semble plus nette que chez la forme type.
Côte d’ Ivoire : Man, 2 mâles.
Viciria Jeanneli, n. sp. (1)
(Fig. 79-80.)
Male. — Partie céphalique presque glabre, de couleur rouge-brun, avec
pourtour des yeux noir ; partie thoracique jaune dans la région médiane,
brune en arrière et sur lescôtés. Région médio-dorsale de l’abdomen rougeâtre,
^ discrètement bordée de noir ; régions latérales
jaunâtres, tachées de noirâtres ; face ventrale
jaune, tirant au milieu vers le gris. Chélicères
et pièces buccales brun-rouge. Sternum et han¬
ches jaune clair. Fémurs, tarses et métatarses II
III, IV, clairs ; fémurs I bruns maculés de noir
sur la face interne : patelles et tibias bruns, plus
clairs aux pattes postérieures. Céphalothorax
large. Bandeau réduit et glabre. Chélicères
fortement divergentes dans leur tiers distal
(fig. 79). Pattes I>III>II>IV. Tibias I
et IV munis de 4-4 épines inférieures, plus une
petite basale interne. Patte-mâchoire un peu
anormale pour une Viciria. Le tibia, remar¬
quablement long et cylindrique, porte une longue apophyse contournée, à
extrémité aplatie ; tarse également allongé ; style noir, très épaissi en son
milieu, ayant la forme de certaines plumes à écrire (fig. 79 B).
Longueur totale ; 10 mm.
Côte d’Ivoire ; Man, 1 mâle (type).
Fig. 80. —• V. Jeanneli, n. sp
mâle. Tête de face.
Viciria (?) Lawrencei de Lessert
(Fig. 81 A, B etc.)
R. DE Lessert a décrit en 1927, du Congo, un mâle dont la patte-mâchoire,
munie d’une apophyse tibiale rectiligne remarquablement longue, est tout à
fait caractéristique ; il l’a rattaché au genre Viciria, et l’a dédié à l’excellent
arachnologue d’Afrique du Sud, R. F. Lawrence.
En plusieurs localités d’Afrique Occidentale, nous avons retrouvé des mâles
qui, sans aucun doute, sont identiques à celui décritpar de Lessert. La taille
est nettement plus grande (11 mm. au lieu de 8 = forme major ?) mais la
similitude des pattes-mâchoires ne laisse aucune place à l’incertitude. Nous
avons, en même temps, capturé les femelles correspondantes, que nous décri¬
vons ci-dessous.
Nous ne pouvons nous empêcher d’être étonnés qu’une espèce aussi ré-
(1) Dédiée au Professeur J eannel.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
383
pandue en Afrique française, et particulièrement dans les grands centres, au
voisinage des habitations, n’ait pas été identifiée plus tôt. D’autre part, nous
n’acceptons le nom de Viciria que par crédit pour de Dessert, nombre des
caractères de cette Araignée cadrant mal avec ceux du genre. Signalons en
particulier le carré oculaire non ou à peine rétréci en arrière, l’égalité des
pattes III, la coloration, la pilosité et la forme de l’épigyne, profondément
différentes de celle de toutes les autres Viciria. A notre avis, cette remar¬
quable espèce serait une Hylleae, plutôt qu’une Viciriae.
Fig. 81. — Viciria (?) Lawrencei. A ; mâle, vue d’ensemble ; —-B ; femelle, vue d’ensemble ;
— G : femelle, épigyne. — Viciria ocellaia femelle ; — D ; vue d’ensemble; — E, F : va¬
riétés d’épigyne.
Femelle. — Céphalothorax brun foncé avec une bande médiane longitu¬
dinale claire sur la partie thoracique ; pourtour des yeux noirâtre. Ghélicères
brun-rouge. Sternum et pattes marron clair. Face dorsale de l’abdomen ornée
de dessins noirs, mêlés de roux ; au milieu, une bande claire longitudinale,
parfois accidentée d’encoches et d’accents brun-noir ; faces latérales claires,
à macules noirâtres ; face ventrale allant du jaunâtre au gris, suivant les
exemplaires, avec, en général, une bande médiane noirâtre.
Pattes très robustes et fortement épineuses ; III .= IV. Carré oculaire non
384
L. BERLAND ET J. MILLOT
ou imperceptiblement rétréci en arrière. De longs crins noirs isolés au-dessus
des yeux antérieurs, et groupés en une petite mèche latérale au-dessous des
yeux intermédiaires. Épigyne triangulaire, cf. fig. 81 G.
Longueur totale :
Sénégal : Dakar, 1 mâle, 1 femelle impubère.
Guinée française : Konakry, 2 mâles et 2 femelles ; Macenta, 1 femelle.
Cote d’ Ivoire : Man, 2 mâles.
Viciria Mondoni (1), n. sp.
(Fig. 76 C et D.)
Femelle. — Couleur générale très claire. Céphalothorax testacé jaunâtre ;
une bande blanchâtre transversale, en forme de sigma, limite en arrière la
partie céphalique. Yeux cerclés de noir et bordés de poils jaune safran. Chéli-
cères, pièces buccales testacé clair. Abdomen jaunâtre pâle, portant sur sa
face dorsale, deux lignes longitudinales paramédianes de macules brunâtres
plus ou moins nettes suivant les exemplaires. Pattes jaunâtre clair ; tarses
et métatarses à peine plus foncés que les autres articles. Face ventrale en
entier jaunâtre clair ; les trois paires de filières sont de même couleur, et
d’égale longueur. Épigyne, fig. 76 D.
Longueur totale : 10 à 11 mm.
CÔTE d’Ivoire : Man, septembre, 2 femelles (type) ; Bingerville, septembre,
1 femelle.
Viciria Monodi (2), n. sp.
(Fig. 82.)
Femelle. — Même forme, taille et couleur que Viciria Mondoni, dont elle
se distingue cependant nettement ;
1° Par l’absence de taches brunâtres sur la face
dorsale de l’abdomen, dont la coloration est unique¬
ment due aux diverticules intestinaux chargés de
guanates, que l’on voit apparaître en blanc crème
sous le tégument, de chaque côté du vaisseau dorsal ;
des diverticules analogues sont également visibles,
par transparence, dans la région céphalique, en
arrière des yeux antérieurs.
2° Par la présence de quelques épines supplémentaires aux pattes, en parti¬
culier d’une petite épine latérale qui, dans la partie basale du tibia I, vient
s’ajouter à la paire normale.
(1) Dédiée à M. le Gouverneur Mondon, en remerciement des facilités de toutes sortes
qu’il nous a accordées en Côte d’ivoire au cours de notre mission.
(2) Dédiée à Th. Monod, Directeur de l’Institut français d’Afrique Noire.
Fig. 82. — V. Monodi,
n. sp. épigyne.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
385
3“ Enfin et surtout par un épigyne très différent et caractéristique, muni
de pointes postéro-latérales (cf. fig. 82).
Poils blancs ou jaunes, touffus autour des yeux.
Longueur totale : 10 à 11 mm.
Côte d’Ivoire : Man, septembre, 1 femelle (type) ; 1 femelle (cotype).
Viciria niveimana Simon
(Fig. 83.)
V. niveimana Simon, 1902, p. 49.
Côte d’Ivoire ; Man, 3 mâles.
Cette espèce, décrite par Simon de Sierre Leone et du Gabon, n’a jamais été
représentée. Nous figurons ici, avec la patte-mâchoire, la patte I, caractérisée
Fig. S3. -- Viciria niveimana mâle. A : patte I ; — B : patte-mâchoire, vue interne ; —
G ; tibia et tarse en vue dorsale ; — D : les mêmes en vue ventrale.
par des brosses épaisses de poils noirs, revêtant la face inférieure du fémur, de
la patelle et du tibia : le métatarse et le tarse, tranchant déjà par la coloration
jaune pâle de leur tégument sur les autres articles brun-noir foncé, portent,
386
L. BERLAND ET J. MILLOT
au contraire, un discret manchon de fins poils blancs transparents, auxquels
l’espèce doit son nom.
Des trois mâles que nous avons capturés, deux sont entièrement noirs, à
l’exception des faces latérales du céphalothorax, des pattes IV et des tarses
et protarses des autres pattes — le troisième est sensiblement plus clair, le
céphalothorax étant en grande partie brun-jaune ainsi que les pattes III.
Viciria ocellata Thorell
(Fig. 81, D, E, F.)
Marplma ocellala (Thorell), p. 92 ; MiiAioii oceWaJiLî Simon, 1903, p. 108 ; 1909, p. 92.
Guinée franç.vise : Konakry, juillet, 1 femelle.
Côte d’ Ivoire ; Man, septembre, 4 femelles.
Livrée élégante et caractéristique, rappelant celle de certaines Tliyene : la
face dorsale de l’abdomen, revêtue de poils brillants jaune doré ou argentés,
est ornée de six fortes taches noires disposées deux par deux, dont les 4 der¬
nières sont ocellées de blanc.
Elle n’avait jamais été figurée. Nous donnons ici une vue d’ensemble, ainsi
que le dessin de l’épigyne (fig. 81 D, E, F).
La dénomination de cette belle Araignée soulève quelques difficultés.
Étudiée pour la première fois par Thorell d’après une femelle du Cameroun,
sous le nom de Marptusa ocellata, elle a été transférée par Simon dans le genre
Mithion. Or, dans la collection duMuséum d’Histoire Naturelle existent, d’une
part, des individus classés comme Milhion ocellalus, d’autre part, des exem¬
plaires absolument identiques aux précédents, étiquetés par Simon lui-même
comme femelles de Viciria lupula !
Si rien ne nous permet d’aflirmer qu’il s’agisse réellement de femelles de
V. lupula, dont seul le mâle a été décrit, nous sommes beaucoup plus disposés
à (lonsidérer l’espèce comme une Viciria que comme un Mithion. Le céphalo¬
thorax, en effet, est élevé, peu allongé, la partie thoracique présente une forte
et brusque déclivité postérieure, caractères contraires à la définition des
Milhion. Sternum assez court, à base large. Pattes III nettement plus longues
que IV, ce qui est également peu favorable à l’attribution aux Marpisseae,
la différence est d’ailleurs principalement due au fémur, le tibia IV étant au
contraire plus long que le III, celui-ci très robuste, élargi à ses extrémités,
est relativement court, si bien qu’au total tibia -f patelle III = tibia -f-
patelle IV). Le tibia I est armé de 4 fortes épines inférieures du côté interne,
de 3 plus courtes du côté externe, sans épines latérales : chez les Mithion,
3-3 épines inférieures, auxquelles peuvent venir s’ajouter des épines latérales.
Les épines des pattes III et IV ne s’accordent pas, non plus, avec la diagnose
du genre.
ARAIGNÉES SALTICIDBS DE L’A. O. P.
387
Dans ces conditions, pourquoi Simon a-t-il considéré l’espèce comme un
Mithion ? Celle-ci nous paraît, en tout cas, beaucoup mieux placée parmi les
Viciria, où invitent à la ranger son carré oculaire un peu rétréci en arrière,
ses yeux intermédiaires plus rapprochés des latéro-antérieurs que des posté¬
rieurs, ses pattes III plus longues que IV, etc... aussi, nous proposons pour
elle le nom de Viciria ocellata.
L’espèce paraît répandue en Afrique occidentale : Thorell l’a décrite du
Cameroun, Simon l’a signalée de Guinée espagnole et de F. Poo,etnousravons
capturée à la fois en Guinée française et en Côte d’ivoire.
Viciria Peckhamorum de Lessert
(Fig. 76 E et F.)
V. Peckhamorum, de Lessert, 1928, p. 455, Tig. 30.
Femelle. — Livrée fort élégante et caractéristique. Céphalothorax jau¬
nâtre ; la partie céphalique, rougeâtre, est revêtue de poils jaunes et orangés-
Yeux bordés de noir et entourés de poils crème. Une zone plus claire limite
le carré oculaire. Chélicères, pièces buccales, pattes, filières testacé clair ; la
première paire de pattes un peu plus foncée que les suivantes. Abdomen
allongé, jaune paille, orné, sur sa face dorsale, d'une large bande médiane de
poils d’un beau rouge orangé, occupant toute la longueur. Elle est flanquée de
taches longitudinales blanc crème, formées par les diverticules intestinaux
chargés de cristaux de guanates, et se recourbe à droite et à gauche le long du
bord antérieur. Épigyne assez simple, nettement plus large que long (fig. 76 F)
du même type général que celui de V. Besançoni, il présente un dessin bien
visible de virgules renversées qui s’affrontent. La plaque génitale de notre
exemplaire, tant par sa forme générale que par le détail des « virgules » inté¬
rieures, diffère légèrement de celle du type (de Lessert, fig. 30), provenant
du Congo belge, mais il n’y a certes pas là de quoi légitimer la création d’une
variété.
Longueur totale : 8 mm.
Guinée française : Macenta, août, 1 femelle.
Viciria Prenanti (1), n. sp.
(Fig. 84.)
Male. — Céphalothorax brun jaunâtre, tirant vers le noirâtre sur le pour¬
tour. Partie céphalique presque rouge ; yeux bordés de noir. Céphalothorax
presque glabre, sauf une large ligne de poils blancs, dessinant un croissant à
concavité antérieure, qui coiipe la région thoracique en son milieu, et dont les
pointes, dirigées en avant, rejoignent latéralement le bandeau. Chélicères,
(1) Dédiée au Professeur Marcel Prenant.
388
L. BERLAND ET J, MILLOT
pièces buccales brun noirâtre. Face dorsale de l’abdomen marron rougeâtre,
fortement rembrunie à l’extrémité antérieure et sur les côtés, portant médiane
ment une bande longitudinale de poils blancs, large dans sa partie antérieure
et progressivement amincie vers l’arrière. Face ventrale en entier brun noi¬
râtre. Pattes I et II brun foncé, sauf la moitié distale des métatarses jaune
clair, pattes III et IV mi-partie brunâtres et jaunâtres. Bandeau couvert
Fig. 84. — Viciria Prenanti mâle. A ; vue d’ensemble ; —-B : patte I, face interne ; — G :
tibia de la patte-mâchoire, vue dorsale ; — D : extrémité de la patte-mâchoire, vue ven¬
trale.
d’un dense revêtement de poils blancs. Les pattes sont remarquablement
longues, en particulier les fémurs et les tibias I. Les fémurs portent des poils
blancs, fins et transparents, alors que les patelles et les tibias sont revêtus dor-
salement et ventralement de poils noirs, particulièrement denses aux deux
premières paires (fig. 84 B). Patte-mâchoire : cf. fig. 84 G et D. Extrémité de
l’apophyse tibiale noire et échancrée.
Longueur totale : 9 à 10 mm.
Côte d’Ivoire ; Man, septembre, 1 mâle (type).
V. Prenanti rappelle un peu, par son aspect général et par divers caractères,
le V. mmiela de Simon. La confusion n’est cependant pas possible. Chez notre
espèce :
1« Pattes I, plus longues et plus élégantes, moins robustes, portant des
épines plus développées et moins massives.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
389
2° Coloration plus tranchée ; tarse I et II noirs et non jaunâtres.
3“ Apophyse tibiale de la patte-mâchoire moins longue ; elle est, en outre,
un peu effilée à son extrémité. Tarse et bulbe beaucoup plus allongés : le
bulbe, en particulier, se prolonge en arrière et en dehors de façon caracté¬
ristique.
La liste des Viciria d’Afrique continentale s’établit dès lors ainsi qu’il
suit :
V.
alla
Peckham.
1903.
Afr. austr.. Natal.
—
albocincia
Thorell.
1899.
Cameroun, Gabon.
—
Besançoni
n. sp.
Guinée française.
—
Chabanaudi
Face.
Libéria.
chrysophaea
Simon .
1902.
Gabon, Sierra Leone.
—
epileiica
Simon .
1902.
Gabon.
—
equeslrisv.pallida
n. sp.
Côte d’ivoire forestière.
—
flavipes
Peckh.am.
1903.
Natal.
—
flavolimbala
Simon.
1909.
Guinée portugaise.
—
fuscimana
Simon.
1903.
Cameroun, Guinée esp., S. Leone,
—
Jeanneli
n. sp.
Côte d’ivoire forestière.
—
Lawrencei
Lessert.
1927.
Congo, Sénégal, Guinée tr.,C.d’Iv,
—
longiuscula
Thorell.
1899.
Cameroun.
—
lupula
Simon.
1902.
Congo fr., Gabon, G. Port.,F. Poo
—
Mondoni
n. sp.
Côte d’ivoire forestière.
—
Monodi
n. sp.
Côte d’ivoire forestière.
—
morigera
Peckham.
1903.
Natal.
—
rnuslela
Simon.
1902.
Natal.
—
niveimana
Simon.
1902.
Gabon, S. Leone, C. d’Iv. for.
—
ocellala
(Thorell)
1899.
Cameroun, Guinée esp., F. Poo ;
Guinée fr., côte d’Iv. for.
—
parmata
Peckham.
1903.
Natal.
—
Peckhamomm
Lessert.
1927.
Congo, Guinée fr. forestière.
—
Prenanli
n. sp.
Côte d’ivoire forestière.
—
scinlillans
Simon.
1909.
F. Poo.
—
lergiiia
Simon.
1903.
Cameroun, Guinée esp., Ogoué.
—
Ihoracica
Thorell.
1899.
Afr. austr.
La V. pulchra a été transférée dans le genre Pochyla, et la V. lenuimanus
est devenue une Bauiola.
390
L. BERLAND ET J. MILLOT
SALTICIDAE FISSIDENTATI
Sous-famille HASARIEAE
Genre BACELARELLA, nov.
Nous proposons cette dénomination générique nouvelle pour un mâle
d’Hasarieae, qui ne nous paraît pouvoir être rattaché à aucun des genres de
Fissideniaii actuellement établis. Chélicères à tige longue, à marge supérieure
munie de deux dents bien développées et aiguës, à marge inférieure portant
une dent très haute chez le mâle, plus basse chez la femelle, à peine échancrée
(fig. 85 F) intermédiaire entre celle des Unidentati et celle des Fissidentati.
Région thoracique plus longue que la céphalique ; elle est régulièrement con¬
vexe et à forte déclivité postérieure. Petite strie médiane nette débutant entre
les yeux postérieurs et se prolongeant un peu en arrière d’eux. Zone oculaire
plus large que haute, très légèrement rétrécie en arrière. Yeux intermédiaires
un peu plus rapprochés des postérieurs, ici de grande taille, que des latéro-
antérieurs. Hauteur du bandeau inférieure au rayon des yeux médians.
Sternum large, à peine rétréci en avant, les hanches I séparées par un espace
beaucoup plus grand que la pièce labiale ; il se termine en avant des hanches IV
qui sont contiguës. Pièce labiale courte ; sa hauteur, sensiblement égale à sa
largeur, représente environ le tiers de celle des lames maxillaires. Pattes III
nettement plus grandes que les autres, à tibias et métatarses fortement épi¬
neux. Les tibias I portent 4 paires d’épines inférieures longues, surtout les
médianes, et, en outre, une courte épine basale externe et deux latérales
internes plus fortes. Les métatarses I ont 2-2 inférieures longues, auxquelles
viennent s’ajouter, chez le mâle, 1 apicale externe, I apicale et 1 basale in¬
ternes. Tarse de la patte-mâchoire long dans les deux sexes. Aucun dimor¬
phisme sexuel.
Le genre est principalement caractérisé par la forme de la dent inférieure de
la chélicère et par la disposition des épines des pattes. L’aspect général est
celui d’un petit Hasarius.
Génotype : Bacelarella Fradei, n. sp.
Bacelarella Fradei (1), n. sp.
(Fig. 85 et 86.)
Male. — Partie céphalique brun foncé; pourtour des yeux noir ; partie
thoracique brun rougeâtre clair, revêtue d’une fine et courte pubescence,
presque imperceptible, à reflets mordorés. Abdomen jaunâtre, orné de mar-
(1) En hommage aux distingués zoologistes portugais Amelia Bacelar et Fernando
Frade.
AEAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
391
brures noirâtres (fig. 85 A) ; poils blancs et crins noirs sur l’extrémitéanté-
Fig. 85. — Bacelarella Fradei, n. sp. mâle. A : vue d’ensemble ; — B : céphalothorax de
profil ; —^ G : céphalothorax de face ; —• D : patte I, vue interne ; —^ E : extrémité de la
chélicère ; —-F : dent de la marge inférieure fortement grossie ; —-G ; sternum ; — H :
extrémité de la patte-mâchoire, vue ventrale ; — I ; la même, vue dorsale.
rieure ; face ventrale en majeure partie noirâtre. Les quatre paires de pattes
ont la même couleur, avec des hanches, des patelles et des tibias brun rou-
392
L. BERLAND ET J. MILLOT
geàtre, des fémurs, des protarses et des tarses jaunâtre clair. Bandeau revêtu
des poils blancs ; cils de même couleur. Pattes III plus grandes que IV — I
plus grandes que II. Proportions du céphalothorax, disposition des yeu.x, épines
des pattes, sternum, chélicères conformes à la description du genre. Patte-
mâchoire à tarse très long (lig. 85 I), orné de poils blancs, presque égal à lui
seul aux autres articles réunis ; tibia muni d’une apophyse externe noirâtre,
légèrement courbe ; bulbe arrondi, présentant des saillies spiniformes noires ;
il est entouré d’un long style élégamment contourné. Deux épines dorsales
sur le fémur.
Longueur totale : 7 mm.
Côte d’Ivoire : Man, janvier, 1 mâle (type).
Femelle. — Nous croyons pouvoir rajiporter au mâle précédent plusieurs
femelles dont l’une a été capturée dans la même station, les autres dans deux
localités de Guinée française.
Entre eux, l’identité de forme et de coloration est remarquable. Elle porte
non seulement sur la teinte des diverses parties du corps (à l’exception des
pattes antérieures, plus sombres chez
la femelle et de la face ventrale de
l’ahdomen, plus ou moins foncée sui¬
vant les sujets), mais aussi sur les
dessins bruns de la face dorsale qui,
chez la plupart des femelles, sont
exactement semblables à ceux du
mâle (fig. 85 A) ; parfois, il est vrai,
ils peuvent se résoudre en un piqueté
régulier, ainsi que nous le représen¬
tons fig. 86 A.
La parenté morphologique n’est
pas moins évidente ; elle apparaît
dans les proportions du céphalotho¬
rax, dans celles du carré oculaire, du
bandeau, du sternum, des appendices,
et jusqu’au dernier article du palpe.
Tibia antérieur muni de 4-4 épines
inférieures comme chez le mâle.
Épigyne caractéristique : de très grande taille, il occupe presque le tiers
antérieur de la face ventrale de l’abdomen et est ainsi assorti à l’appareil
copulateur du mâle, lui-même, nous l’avons vu, de grandes dimensions.
La taille est sensiblement la même dans les deux sexes, un peu plus grande
peut-être chez le mâle, et l’espèce ne présente ainsi aucun dimorphisme sexuel
apparent.
Cependant plusieurs caractères secondaires notables distinguent les fe¬
melles :
Fiff. 36. —■ Bacelarella Frade/.n.sp.femelle.
À : vue (l’ensemble ; — B : épigyne ; —
(1 : extrémité de la chélicère, vue posté¬
rieure.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
39.3
a) Le bandeau est subglabre, alors qu’il est, chez le mâle; richement recou¬
vert de poils blancs.
h) Les chélicères sont un peu plus courtes, moins proclives, et ont des dents
marginales moins fortes : la dent inférieure, en particulier, est beaucoup
moins haute, mais, par contre, plus large et plus échancrée.
c) Les métatarses antérieurs ne portent que 2-2 épines inférieures : ils sont
dépourvus des épines latérales si nettes chez le mâle.
L’absence ou la présence d’épines latérales sur ces métatarses ont été uti¬
lisées par Simon dans son tableau de classification des genres d’Hasarieae
[Hisl. nal. des Araignées, II, p. 791) : on voit combien ce caractère est peu
significatif puisqu’il ne peut servir à distinguer mâles et femelles à l’intérieur
d’un même genre.
Ayant primitivement suivi le tableau de Simon, nous avons été amenés en
premier lieu à considérer nos femelles comme des Uxuma i, malgré la présence
à leur tibia de 4-4 épines inférieures. Si nous n’avions pu disposer du mâle
qui, lui, s’écarte tout à fait de la diagnose Uxuma, nous ne nous serions pas
crus autorisés à créer le genre Bacelarella et aurions ainsi méconnu la position
systématique réelle de ces femelles.
Longueur totale : 6 à 7 mm.
Guinée française : Kindia, 1 femelle ; Macenta, 3 femelles ;
Gôte d’Ivoire : Man, 1 femelle.
4
Genre HASARIUS Simon, 1871
Hasarius Adansoni Audouin
llasarius Adansoni Simon, 1892-1903 ; vol. II, p. 787, fig. 919 ; Berland, 1932 ; p. 400
fig. 578 à 581, etc...
CÔTE d’Ivoire : Man, 2 femelles.
Une des trois espèces de Salticides cosmotropicales, répandues dans toutes
les régions chaudes du monde, et introduites en Europe dans les serres de
plantes exotiques.
Genre SCHENKELIA de Lessert, 1927
Schenkelia Lesserti, n. sp.
(Fig. 87 et 88.)
Femelle. — Céphalothorax fauve rougeâtre foncé, plus clair sur le milieu
des parties céphalique et thoraciifue, la première entourée d’Une bande noire
qui englobe les yeux latéraux ; chélicères rougeâtres, les crochets plus foncés
(1) Genre connu par la seule Uxuma impudica Simon, 1902, du Congo.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome XII. 26
394
L. BERLAND ET J. MILLOT
à la base ; lames maxillaires rougeâtres, l’angle inféro-interne blanc, pièce
labiale châtain foncé, son bord antérieur clair ; sternum fauve clair : pattes
jaune clair, le sommet des fémurs et des patellas teinté de gris, la base et le
Fig. 87.— Schenkelia Lesserii, n. sp. Femelle. A : vue d’ensemble ; B : épigyne. — Schenkelia
Gerlschi, n. sp. Femelle ; —-G : épigyne.
sommet des tibias et métatarses portant un anneau grisâtre peu net. Abdomen
orné d’une large bande claire médiane, deu,x fois dilatée, couverte de poils
blancs, les côtés noirs mouchetés de blanc et avec une bande blanche oblique
dans la moitié postérieure ; face ventrale munie d’une large bande brune
(parfois peu visible), s’amincissant vers l’arrière, où elle
atteint presque les filières ; de ces dernières, les supé¬
rieures jaune paille, les intérieures fauves. Pilosité : pas
de squamules ; sur la partie céphalique, de longs crins
noirs dressés, en particulier un pinceau de longs poils
sinueux de chaque côté un peu en arrière des yeux de
la deuxième ligne ; en outre, sur le céphalothorax, des
poils couchés blancs, mêlés de poils noirs par endroits ;
yeux de la première ligne entourés de cils blancs ; ban¬
deau semé de poils blancs et de longues barbes blan¬
ches, peu serrées ; quelques longs poils blancs aussi à
la base des chélicères, et sur les pattes-mâchoires ; pattes portant des poils
couchés blancs et noirs, et des poils dressés également blancs et noirs. Ché-
licère ; fig. 88. Épigyne : fig. 87 B.
Fig. 88. — Schenkelia
Lesserti : exlrémilc de
la chélicère.
ARAIGNÉES SALTICIDE8 DE L’A. O. P.
395
Longueur totale : 7,5 mm. ; céphalothorax : longueur 3,2, largeur 2,5.
Guinée française : Konakry, 3 femelles.
Cette espèce est très voisine de S. modesla décrite par R. de Lessert du
Congo, et pour lequel il a créé le genre Schenkelia ; on lui donnerait ce nom si
l’épigyne, bien que du même type, n’était nettement différent.
Schenkelia Gertschi, n. sp.
(Fig. 86 c.)
Espèce de même taille et de même coloration que la précédente, très voi¬
sine également de S. modesla de Lessert. Elle est caractérisée par le dessin
de l’épigyne, qui est incontestablement différent de ceux des seules espèces
jusqu’ici décrites (cf. fig. 87 c).
Longueur totale : 8 mm.
Afrique occidentale française (localité précise incertaine), 1 femelle.
Genre TUSITALA Peckham, 1902
Tusitala barbata Peckham
T. barbata et hirsula, Moncloua Braunsi Peckham, 1902,
pp. 330-331 ; T. barbata (Y) hirsuta et Braunsi Peckham,
1903, pp. 243-245, pl. 28, fig. 1, 2, 3 ; T. emertoni et barbata
subsp. tongipalpis de Lessert, 1925, pp. 514-517, fig. 98, 1904 ;
r. ftarôaia DE Lessert, 1927, p. 461 ; T. sansibarica Strand,
1907-1908, p. 219.
Guinée française ; Kankan, 1 mâle.
De Lessert, qui a très soigneusement étudié cette
espèce, a distingué plusieurs variétés et a mis en évi¬
dence de curieuses variations dans la longueur du
tibia des pattes-mâchoires du mâle, et dans la forme
des apophyses tibiales. Notre exemplaire a un tibia re¬
lativement court et semble appartenir à la forme type.
L’espèce est largement répandue sur le continent
africain, mais elle semble moins commune en Afrique
occidentale française qu’en Afrique centrale ou aus¬
trale.
Tusitala guineensis, n. sp.
(Fig. 89.)
Femelle. — Face dorsale du céphalothorax en
(1) Dédié à W. J. Gertsch, l’éminent aranéidologue amé-
licain.
Fig. 89.— Tusitala gui¬
neensis, n. sp. femelle.
A : vue d’ensemble ;
— B : épigyne.
396
L. BERLAND ET J. MILLOT
entier rouge-brun. Bande noirâtre discontinue, entourant les yeux de chaque
côté et se prolongeant dans la partie thoracique. Côtés du céphalothorax
revêtus de poils blancs. Chélicères brun-rouge. Abdomen testacé, portant
sur les côtés de la face dorsale deux larges bandes irrégulières marron
foncé, partiellement revêtues de poils noirs. Face ventrale testacée, ainsi
que les pattes et le sternum. Épigyne difficile à analyser, comme il est de
règle chez les Tusiiala. Plaque génitale triangulaire, à angles arrondis, ne
semblant pas identifiable à celle de T. barbota, autant que l’on peut en
juger d’après les dessins publiés par lesPECKHAM (souslenomde T. Braunsi]
et par de Lessert (sous le nom de T. Emerloni).
Longueur totale ; 6,5 mm.
Guinée française : Kindia, 1 femelle (type).
SALTICIDAE PLURIDENTATE
Sous-famille BALLEAE
Genre PACHYBALLUS Simon, 1900
Pachyballus cordiforme, n. sp.
(Fig. 90.)
Male. — Coloration uniforme brun rougeâtre très foncé, sauf les tarses et
métatarses, jaunes. Toute la surface dorsale du corps est brillante, à reflets
Fig. 90. — Pachyballus cordiforme, n. sp. mâle ; A ; vue d’ensemble ; — B : patte-mâchoire.
bronzés, et criblée d’un semis dense de points enfoncés, comme celle d’un dé à
coudre. Céphalothorax un peu moins de deux fois plus large que long ; les
yeux postérieurs, situés un peu au-dessous du milieu de la hauteur, indiquent
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A.. O. F.
397
le niveau le plus large. En position naturelle, c’est-à-dire légèrement oblique
en arrière et en bas, l’abdomen à peu près aussi long que large, élégamment
galbé, paraît être cordiforme; mais si l’on soulève l’extrémité postérieure, celle-ci
se montre alors subarrondie. Scutum ventral trapézique : son bord antérieur
plus de deux fois plus grand que la hauteur ; son bord postérieur, moins de
deux fois. Pattes I : tibias = patelles, plus grands que protarses, eux-mêmes
plus grands que tarses, 3 épines supérieures sur les fémurs ; 2-2 inférieures sur
les protarses ; les tibias paraissent mutiques à un examen superficiel, mais
une étude minutieuse révèle la présence d’une très courte épine inféro-externe
noyée dans les poils et se confondant avec la chitine tégumentaire.
Longueur totale : 3,3 mm. ; longueur céphalothorax : 1,1 mm.; longueur
abdomen : 2,4 mm. ; largeur abdomen ; 2,5 mm.
Patte-mâchoire très sombre ; bulbe épais et allongé en une sorte de cornue
dont l’extrémité postérieure atteint la base du tibia ; celui-ci est muni d une
longue et mince apophyse externe sensiblement rectiligne (fig. 90 B).
Côte d’Ivoire : Man, 1 mâle (type).
Le nom que nous proposons n’est peut-être que provisoire, car notre
Pachyballus pose plusieurs problèmes qu’il n’est guère possible de résoudre
actuellement.
On ne connaît jusqu’ici comme représentants africains du genre que ;
P. Iransversus (femelle) Simon 1900, p. 399 ; Hist. Nat.
Ar. II, fig. 561, m. 482 ; et 1909, p. 414 ;
longueur totale : 2 mm.
P. caslaneus (femelle) Simon, 1900 p. 400.
longueur totale ; 2,5 mm.
P. variegaius (mâle et femelle) De Lessert 1925 ; <
longueur totale : 2,8 à 2,9 mm.
P. flavipes (femelle). Simon 1909 ; de Lessert 1925 ;
longueur totale : 3,3 à 3,6 mm.
Congo.
G. port.
Zanzibar.
Natal.
Kilimand.
F. Poo,
Kilimand.
La seule de ces espèces correspondant comme taille à notre exemplaire est
P. flavipes décrit par Simon d’après une femelle de F. Poo (1) et réétudié par
DE Lessert sur une femelle du Kilimandjaro. Notre Pachyballus pourrait
être le mâle de P. flavipes dont seule la femelle est connue : l’abdomen de
celle-ci est plus arrondi, sa couleur n’est pas identique, mais il peut ne s’agir
là que de caractères sexuels. Cependant, la différence des stations laisse per¬
sister le doute.
D’autre part, nous avons trouvé, dans la collection du Muséum, deux mâles
du Congo que Simon, à notre connaissance, n’a pas décrits, mais qu’il a éti¬
quetés P. Iransversus ; il n’y a aucune raison de critiquer cette attribution.
Or, ces mâles sont le parfait modèle, en très réduit, de notre exemplaire :
(1) La taille de 2,5 li 3 ram. indiquée pour celle-ci est erronée : nous l'avons mesurée
très soigneusement sous le contrôle d’une forte loupe binoculaire et avons trouvé 3,5 mm.
3,6 mm.
398
L. BERLAND ET J. MILLOT
forme, couleur et proportions identiques ; si la patte-mâchoire est plus forte
relativement au corps chez les mâles congolais, ses caractères essentiels, son
apophyse tibiale en particulier, restent sensiblement les mêmes. Les pattes
antérieures ne diffèrent que par le revêtement de crins noirs beaucoup plus
dense sur notre spécimen. Faut-il donc admettre qu’il existe chez P. trans-
versus une forme major et une forme minor de dimensions extraordinairement
différentes, variant linéairement du simple au double ? Là encore, il faut
attendre de nouvelles captures pour en décider.
Genre PEPLOMETUS Simon, 1900
Peplometus biscutellatus Simon
Homolathis bisculellalus Simon, 1887, p. 263.
SÉNÉGAL : Dakar, août, 1 mâle.
Guinée française : Dalaba, août, 1 femelle.
Les exemplaires récoltés diffèrent un peu du type : le bouclier dorsal de
l’abdomen est moins long et plus large ; les yeux sont à égale distance des
bords antérieurs et postérieurs du céphalothorax, alors que chez l’exemplaire
type ils sont un peu plus rapprochés du bord postérieur.
Sous-famille CYRBEAE
Genre CYRBA Simon, 1876
Cyrba algerina Lucas
Sallicus algerinus Lucas, 1846, p. 148, pl. VI.
Cyrba algerina Simon, 1876, p. 169 ; 1909, p. 78, etc...
Guinée française : Kouroussa, août, 3 femelles.
Soudan français : Bamako, octobre, 2 femelles.
Espèce à très vaste répartition : répandue dans toute la région méditer¬
ranéenne, elle existe également en Asie centrale, dans l’Inde, en Birmanie, et
jusqu’à Sumatra. En Afrique tropicale, on ne la connaissait jusqu’ici que de
la Guinée portugaise (Simon, 1909).
Sous-famille LINEAE
Genre LINUS Peckham, 1885
Linus africanus Simon
(Fig. 90 et 91.)
Linus africanus Simon, 1885, p. 393 ; Simon, 1909, p. 412.
Sénégal : Dakar (août), 1 mâle et 1 femelle. Guinée française : Kindia,
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
.S99
août, 1 mâle et 2 femelles. Dalaba, août, 1 femelle, 1 impubère ; Macenta,
août, 2 mâles et 1 femelle. Côte d’Ivoire : Man, septembre, 7 femelles et
6 mâles ; Bingerville, septembre, 1 mâle et 1 femelle ; Ferkessedougou, sep'
tembre, 1 mâle.
Espèce connue, d’après les exemplaires de la collection Simon, du Congo
[Landana (type)], de Sierra Leone (Freetown), du Natal (Zululand), du lac
Tanganyka. Elle e.xiste donc probablement dans presque toute l’Afrique, à
l’exclusion de la région méditerranéenne. Elle est commune en Afrique Occi¬
dentale française, et nous l’avons trouvée jusqu’aux environs de Dakar.
Elle vit de préférence sur les branches des arbustes et on la reconnaît au
premier coup d’œil grâce aux touffes de poils qui ornent ses pattes et son ab¬
domen. Les figures 91 et 92 illustrent les principaux caractères de cette très
intéressante Araignée qui n’avait jamais encore été représentée.
Fig. 91. — Linus ajricanus. A : bulbe et tibia, en vue postérieure ; — B : tibia de la patte-
mâchoire, en vue supéro-dorsale ; — G, D, F, : différents aspects de l’épigyne sous alcool.
Elle constituait jusqu’ici la seule forme africaine du genre, qui est princi¬
palement Indo-Malais. Au cours de notre mission, nous avons découvert une
deuxième espèce de Linus que nous décrivons ci-dessous.
Linus guineensis, n. sp.
(Fig. 92.)
Femelle. — Se distingue à première vue deL. a/rfcanus par sa coloration
plus claire, sa pilosité moins riche et un certain nombre d’autres caractères.
Couleur générale jaune brunâtre, et non brou de noix foncé ; face ventrale de
l’abdomen très claire, avec une large bande médiane noire, allant jusqu’aux
filières qu’elle contourne en partie. Taille un peu plus petite, surtout en ce qui
concerne le céphalothorax. Celui-ci beaucoup moins large, est particulière¬
ment rétréci dans sa partie supérieure ; il apparaît, en vue frontale, nettement
trapézique. Partie antérieure de la zone céphalique extrêmement déclive, de
L. BERLAND ET J. MILLOT
ig. 92, — Linus africanus et Linus guineensis, n. sp. A : L. ajricanus mâle, en vue dor¬
sale ; —■ B : L. africanus femelle, en vue frontale ; — G : L. africanus, chélioère ; — D
L. africanus, épigyne éclairci sous le toluène ; —• E : L. africanus mâle, patte 1 ; — F
africanus, céphalothorax de profil ; — G : L. guineensis, céphalothorax de profil ; —
H : L. guineensis, céphalothorax, vue frontale ; —l : L. guineensis, épigyne sous alcool
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
401
telle sorte que les yeux antérieurs regardent obliquement en bas ; le sommet.
du céphalothorax correspond aux yeux intermédiaires et non aux yeux pos¬
térieurs, comme chez L. africanus. Le profil du céphalothorax est ainsi très,
différent dans les deux espèces. Chélicères relativement plus allongées ; elles
ne portent, comme le bandeau, que de fins poils blanchâtres, à peine visible.s
au lieu des épaisses bandes blanches qui ornent les parties homologues de
L. africanus. Trois dents existent sur leur marge antérieure. Les « sourcils »,
à peine indiqués au niveau des yeux latéraux antérieurs, forment, au con¬
traire, une touffe bien visible en arrière des yeux intermédiaires. Brosses
tibiales très réduites. Patella, tibia et tarse de la patte-mâchoire grêles el
mutiques, alors que chez L. africanus ces articles, plus robustes, portent tou¬
jours un certain nombre d’épines. Épigyne tout à fait différent ; fig. 92 L
Longueur totale : 8 mm.
Guinée française: Kankan, août, 1 femelle (type), portant un sac d’œufs.
Après rédaction des lignes précédentes, nous avons reçu de M. Lawrence
un excellent travail concernant des Araignées d’Afrique du Sud, où est décrit
et figuré un nouveau Linus : L. alboguttaius Lawrence 1938. Au premier
examen, celui-ci nous avait paru correspondre à L. guineensis eu égard à la
quasi-identité des épigynes. Mais une confrontation plus attentive nous a
incité à maintenir au moins provisoirement notre espèce, la description de
L.awrence, particulièrement en ce qui concerne le céphalothorax, ne parais¬
sant pas pouvoir s’appliquer à notre exemplaire :
1“ L. alboguttaius a les sommets des yeux antérieurs sur une même ligne
horizontale : Lawrence l’écrit explicitement et la figure qu’il donne confirme
sensiblement son texte. Or, c’est un des caractères les plus frappants de L.
guineensis que d’avoir les yeux latéraux très au-dessus des médians, le bord
supérieur de ceux-ci étant à peu près au niveau du bord inférieur de ceux-ci.
2° Le profil des céphalothorax est différent : la partie la plus élevée corres¬
pond chez L. alboguttaius aux yeux postérieurs, et chez L. guineensis, aux
yeux intermédiaires.
3“ Lawrence décrit et figure une forte touffe de poils sur le côté des
y eux antérieurs; celle-ci n’existe paschez L. guineensis, dont les yeux intermé¬
diaires et les yeux postérieurs sont seuls munis d’une telle annexe pileuse.
Sous famille LYSSOMANEAE
Genre ASEMONEA Simon, 188.')
Asemonea pulchra, n. sp.
(Fig. 93.)
Mare. — Céphalothorax blanc jaunâtre, à l’exception de la région oculaire
noire, d’où partent deux étroites bandes noires, qui, d’abord parallèles, con-
402
L. BERLAND ET J. MILLOT
c.
vergent vers le bord postérieur et s’y rejoignent; une bande noire transversale
très nette sur le clypéus. Chélicères, pièces buccales et sternum blancs. Pattes
blanches, portant sur les côtés quelquespetites taches noires, dont uneà l’arti¬
culation patello-tibiale I et une autre à l’apex du tibia I ; tarses 1 entière¬
ment noirs, les autres blancs. Abdomen entièrement noir, orné, sur le dos, dans
la région médiane, de deux marques blanchâtres ; sur chaque côté deux taches
blanchâtres, les postérieures empiétant sur la face dorsale ; filières noires.
Yeux (fig. 93 B) présentant la
disposition normale du genre,
les quatre dorsaux situés sur
une saillie de la partie cépha¬
lique. Céphalothorax glabrci
sauf dans la région oculaire où
l’on remarque une frange de
longs poils dressés, peu nom¬
breux, au-dessus des yeux an¬
térieurs, et une sur le clypéus.
Des cils blancs entourent les
yeux antérieurs, et quelques
poils couchés blancs ou rouge
feu, entre les yeux. Pattes
fines, armées d’assez nom¬
breuses épines minces, longues
et presque transparentes, sauf
à leur base.
Deux séries de 4 épines sem¬
blables sur la face inférieure
des tibias et des métatarses I.
Patte-mâchoire de forme com¬
pliquée (fig. 93 C) ; l’angle api¬
cal du fémur présente du côté
externe une forte apophyse
lamelleuse tordue en spirale de telle sorte que sa pointe, aiguë, se trouve
dirigée vers l’arrière. Patella très courte, noire, arquée, sans apophyse. Tibia
portant deux apophyses crochues, l’une se trouve à l’apex de la face externe,
l’autre, située à la base de la face supérieure, est dirigée vers l’extérieur-
Tarse large, aminci vers le sommet. Bulbe avec un style portant de sa base,
et l’entourant du côté externe.
Longueur totale : 3 mm.
Soudan français ; Bamako, septembre, 1 mâle (type).
O
O
0
B.
Fig. 93. — Asemonea pulchra, n. sp. mâle. A : \ ue
(t’ensemlbe ; — B : groupe oculaire ; G : patte-
macboire de profil.
Le groupe des Lyssomaneae, auquel appartient cette petite Araignée, a été
parfois élevé à la dignité de famille. En majeure partie américain, il a cepen¬
dant des représentants à Madagascar, et le genre Asemonea lui-même est
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
403
limité à l’ancien monde (Ceylan, Indo-Chine, Madagascar, Afrique) : on n’en
connaissait qu’une espèce en Afrique occidentale : A. piiella Simon. Elle dif¬
fère nettement de celle que nous décrivons, tant par sa coloration que par les
caractères de la patte-mâchoire.
Sous-famille M^RMARACHNEAE
Genre MYRMARACHNE Mac Leay, 1839
Ce genre comprend de nombreuses espèces : on en connaît actuellement
plus de 100, réparties sur tous les continents. Il représente l’un des rares
genres cosmopolites de Salticides ; ces petites Araignées, en effet, bien qu’ex-
trêmement nombreuses, ont, en général, une répartition assez limitée et
un même genre n’existe que rarement dans toutes les parties du monde.
En 1925, R. DE Lessert énumérait 21 espèces africaines, la plupart recueillies
dans les régions orientale ou méridionale du continent, ou à Madagascar.
En Afrique Occidentale française on n’en connaissait que deux : M. foenisex
Simon et M. hesperia Simon. Il y en a certainement bien davantage, car les
quelques exemplaires que nous avons capturés appartiennent presque tous
à des espèces nouvelles.
Ces Araignées, que l’on récolte principalement en battant le feuillage des
arbustes, présentent, comme leur nom l’indique, un mimétisme remarquable
avec les Fourmis : même un naturaliste averti peut se demander bien souvent
s’il se trouve en présence d’une Fourmi ou d’une Myrmarachne, tant l’aspect
et l’allure de celle-ci la font ressembler à la première. La M. foenisex, par
exemple, est en tout semblable à la Fourmi arboricole Oecophylla smaragdina,
et de plus, elle vit à côté de cette dernière, sur les mêmes arbustes.
D’autres Araignées n’ayant aucune parenté avec les Myrmarachne pré¬
sentent cependant, comme elles, des chélicères géantes de même type, dont la
lige est semblablement armée, dans les deux sexes, de longues séries de dents.
La ressemblance est frappante entre ces chélicères et les mandibules de cer¬
taines Fourmis Ponérines, des genres Anochelus et Odon/omachus en particu¬
lier, qui, également allongées, sont armées d’une série de dents identiques et
paraissent munies, â leur extrémité, d’une sorte de crochet (non mobile,
bien entendu).
Ces curieuses convergences entre groupes très dissemblables ne peuvent
être expliquées par aucune considération d’utilité ; pas plus chez les Myrma-
rachnes que les Tetragnathes ou chez les Fourmis, le gigantisme des chéli¬
cères, la multiplication des dents, ne confèrent d’avantage biologique.
La détermination des Myrmarachne est rendue malaisée du fait de l’éton¬
nante similitude de l’appareil copulateur chez des espèces par ailleurs évidem¬
ment différentes : presque toutes celles que nous avons recueillies ont des
pattes-mâchoires identiques. Quant aux chélicères des mâles, qui semble-
404
L. BERLAND ET J. MILLOT
raient précieuses pour l’identification, vu leur grande taille et leur riche arma¬
ture, elles peuvent varier appréciablement non seulement d’un individu à
l’autre, mais même d’une chélicère à l’autre du même individu — si bien que
l’on ne peut s’appuyer en toute sécurité ni sur leur forme ou leurs dimensions
exactes, ni sur le nombre ou la position précise de leurs dents.
Myrmarachne bamakoi, n. sp.
(Fig. 94.)
Male. — Entièrement brun-noir, sauf les chélicères qui sont jaune oli¬
vâtre clair, avec les crochets de même couleur vers le milieu, testacés à la base
et à l’extrémité ; l’articulation des crochets est rougeâtre. Pattes noires ;
fémurs 1 blancs dans la moitié apicale de la face inférieure, patelles I blanches
en dessous ; tibias, métatarses et tarses II blancs ; à la face postérieure des
Fig. 94. — Myrmarachne bamakoi, n. sp. mâle. A : céphalothorax ; —-B : chélicère (la tige
et le crochet ont été dessinés indépendamment) ; — G ; patte-mâchoire de profil.
tibias, une ligne noire, qui se prolonge sur une partie du métatarse ; tarses III,
blancs dans la moitié apicale, les poils unguéaux restant noirs ; filières noires,
leur extrémité brunâtre. Chélicères de même longueur que le céphalothorax
présentant une face supérieure plane, un bord interne sensiblement rectiligne,
un bord externe convexe en son milieu, un angle apical interne net, mais peu
saillant et obtus ; marge supérieure armée de 11 à 12 dents (1), formant un
peigne assez régulier (fig. 94 B) quoique fortes, aucune d’elles n’égale en lon¬
gueur la largeur de la chélicère; marge inférieure ne portant, comme il est
de règle, qu’une ligne de petits nodules spiniformes, dont le plus apical, situé
(1) La chélicère droite de notre exemplaire en porte une de plus que la gauche.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F. 405
près de la base du crochet, est particulièrement développé. Crochet fortement
sinueux, armé en dessous, vers son tiers basal, d’une forte dent tronquée ;
une saillie nette existe, en outre, plus près de la pointe, un peu au delà du
milieu. Fortes « joues » angulaires au-dessous des yeux latéraux antérieurs
qu’elles débordent latéralement en vue dorsale d’un espace au moins égal à
leur diamètre (fig. 94 A). Pilosité faible, sauf sur la tête où elle se compose de
fins poils blancs et depoilsnoirspluslongsque sur la face; les chélicères portent
en dessous de très fins poils noirs, presque couchés, peu serrés. Tibias armés
de 4-4 épines inférieures grêles. Patte-mâchoire du type hesperia-Biveli (cf.
page et fig. 98 A), mais le tarse, guère plus long que le tibia, est nettement plus
court que la patelle et le tibia réunis (fig. 94 C).
Longueur totale : 8 mm. 2 ; chélicères : 2 mm. 7 ; céphalothorax : 2 mm. 8 ;
abdomen : 2 mm. 9.
Soudan français : Bamako, octobre, 1 mâle (type).
Espèce reconnaissable à première vue par l’opposition que font ses chéli¬
cères claires avec le corps entièrement noir ; elle se distingue, en outre, par
d’autres particularités de ces appendices, telles que l’armature de la marge
inférieure et la forme du crochet.
Myrmarachne Coppeti (1), n. sp.
(Fig. 95 et 101 C.)
Male. — Céphalothorax noir, éclairci et teinté de rougeâtre sur les côtés
et sur la région postérieure de la partie céphalique ; chélicères brun-rouge,
plus claires à l’apex ; pièces buccales rougeâtres,teintées de grisâtre sur la
moitié externe des lames et sur la pièce labiale ; sternum brun. Pattes testa-
cées, enfumées sur les faces latérales de certains articles, notamment les
hanches, trochanters et fémurs, III et IV ; tarses I et métatarses I en majeure
partie brunâtres. Pédicule noir ; face ventrale de l’abdomen noir brillant,
plus claire au niveau de l’étranglement et dans la région postérieure ; face
ventrale brune dans la région épigastrique, testacée ailleurs, avec une forte
bande noire qui va des filières en s’amincissant, vers le sillon génital, qu’elle
n’atteint pas ; filières brunes.
Différence de niveau relativement faible entre les parties thoracique et
céphalique. Chélicères un peu plus longues que le céphalothorax ; leurs bords
internes courbes ne se touchent qu’au sommet et dans le tiers basal ; surface
dorsale chagrinée et creusée de petits sillons transversaux ; marge supérieure
armée de nombreuses dents longues, droites, assez régulièrement disposées
(fig. 95 B), marge inférieure de très petits denticules ; une saillie tronquée vers
le tiers basal du crochet ; angle apical antérieur de la face dorsale droit, non
saillant (fig. 95 C). Quelques très fins poils blancs sur le céphalothorax, plus
(1) Dêlüé à M. le Gouverneur général de Goppet.
406
L. BERLAND ET J. MILLOT
nombreux sur la face ; petites écailles blanc nacré, sur les côtés du sillon sépa¬
rant la tête du thorax et aussi sur l’abdomen, au delà de l’étranglement.
Pattes : tibias I armés de deux séries de 4 épines inférieures. Abdomen très
étroit, nettement étranglé au
tiers antérieur ; la partie pré¬
cédant l’étranglement est net¬
tement surélevée (fig. 95 A).
Patte-mâchoire peu caractéris¬
tique, du type hesperia-Riveti ;
le tarse tranche par sa colora¬
tion brune sur la teinte jaune
des autres articles ; l’angle ex¬
terne du tibia est relativement
peu marquée ; l’apophyse ti¬
biale est représentée de profil
(fig. 101 C).
Longueur totale : 9,5 mm.
chélicères : 3 mm. ; céphalo¬
thorax : 2,7 mm. ; abdomen
-f- pédicule = 3,9 mm.
Sénég.xl : Dakar, septem¬
bre, 1 mâle (type).
Fig. 95.— Miirmarachne Coppeti n. sp. mâle. A :
vue de profil ; — B : chélicère, face inférieure ;
— C : schéma de l’articulation du crochet sur
la tige ; —■ I) : vue d’ensemble.
Plusieurs Myrmarachne d’Afrique ont un abdomen étroit et allongé ; ainsi
M. foreli de Lessertou M. ichneumon Simon, mais ces espèces ont des chéli¬
cères plus courtes, et de ca¬
ractères différents.
Myrmarachne foenisex
Simon, 1909
(Fig. 96.)
M. fœnisex mâle, Simo.n,
1909, p. 415; mâle et femelle,
Giltay, 1929, p. 3, fig. 3 et 4.
SÉNÉGAL ; Dakar, août,
1 mâle.
Guinée française :
Kindia, août, 1 femelle,
1 mâle impubère.
Fig. 96. — Myrmarachne lœniser. A : femelle, vue d’en¬
semble ; — B : céphalothorax du mâle ; — G : chélifère
du mâle.
Myrmarachne de cou¬
leur rougeâtre, très voisine de M. ichneumon de l’Afrique orientale.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
407
Giltay a dessiné le palpe mâle et l’épigyne. Nous figurons ici la chélicère
du mâle et la femelle in lolo : ils n’avaient jamais été représentés.
Décrite par Simon du Congo français, puis par Giltay du Congo belge^
cette Araignée existe vraisemblablement dans toute la zone tropico-équato-
riale de l’Afrique occidentale. Par sa forme, par sa couleur et par sa démarche
très rapide, elle simule de façon remarquable Oecophylla smaragdina : elle
habite d’ailleurs les mêmes arbustes que cette Fourmi, de laquelle seul un
œil exercé peut la distinguer. Elle pond de 30 à 50 œufs blancs, nuancés de
jaunâtre, dans des feuilles repliées.
Myrmarachne hesperia Simon
(Fig. 97.)
Sallicus hesperius Simon, 1887, p. 261.
M. hesperius Simon, 1909, p. 414.
Côte d’Ivoire : Man, 1 mâle.
Première Myrmarachne découverte en Afrique occidentale, elle semble être
également la plus répandue.
Décrite d’abord de la Côte d’ivoire (Assinie), elle a été retrouvée au Congo
français, en Guinée portugaise, à l’île du Prince ; la collection Simon contient
un très grand nombre d’exemplaires de Sierra Leone (Freetown) et quelques-
uns du Gabon.
De couleur générale noire, y compris le pédicule, elle est caractérisée avant
tout :
1“ par ses chélicères très développées, plus longues que le céphalothorax ;
leur tige est armée de dents sur toute sa longueur, leur crochet muni d’une
très forte saillie spiniforme (fig. 97 D) ;
2° Par sa partie céphalique beaucoup plus élevée cjue la thoracique et net¬
tement détachée d’elle ;
3“ par les 4-4 épines inférieures du tibia I.
La patte-mâchoire, quoique bien caractérisée, n’est pas spécifique et beau¬
coup d’autres Myrmarachne en possèdent une sensiblement identique : notre
figure 99 B, quoique concernant M. Biveii, la représente exactement.
Le tibia porte, dans le tiers apical de sa face externe, une gorge limitée par
deux saillies, dont la supérieure forme une protubérance horizontale nette ; en
outre, du bord antéro-dorsal de l’article part une petite apophyse caractéris¬
tique, grêle et contournée en S (fig. 97 G), très difficile à voir si l’on ne dissèque
pas l’article car elle est très étroitement appliquée contre le tarse. Celui-ci est
du type habituel chez les Myrmarachne, avec un style enroulé deux fois autour
du bulbe. Suivant les individus la largeur et la hauteur du tarse varient légère¬
ment, mais sa longueur reste nettement supérieure à celle du tibia, et presque
égale à celle du tibia et de la patelle réunis. Notre exemplaire appartient cer¬
tainement à cette espèce, bien qu’il s’écarte du type spécifique moyen par
408
L. BERLAND ET J. MILLOT
divers caractères : taille particulièrement grande — chélicères étroites à leur
base, fortement arquées dans leur moitié distale — couleur noire à reflets
métalliques, plus sombre que celle de la plupart des individus de la collection
Simon —partie thoracique égale à la céphalique et plus convexe que celle de
Fig. 97. — Mgrmarachne hesperia mâle. A : céphalothorax ; — B : tibia de la patte-mâ¬
choire, vue ventrale, un peu fuyante, le tarse a été écarté vers la gauche pour dégager
la petite apophyse sinueuse ; —-G : le même, plus fortement grossi, en vue dorsale : re¬
marquer le départ de l’apophyse ; — D : tige de la chélicère ; le crochet a été dessiné à
part, dans la position où la dent qu’il porte apparaît le plus saillante.
tous ses congénères auxquels j’ai pu le comparer — étranglement abdominal
situé bien avant le milieu.
Longueur totale ; 9,5 mm. ; chélicères : 3,3 mm. ; céphalothorax ; 2,9 mm. ;
abdomen pédicule = 3,2 mm.
L’espèce n’avait jamais été représentée : nous figurons ici le céphalothorax,
la chélicère et le tibia de la patte-mâchoire.
Myrmarachne paucidentata, n. sp.
(Fig. 98.)
M.\le. — Céphalothorax brun noirâtre très foncé ; partie céphalique noire,
fihélicères brun rougeâtre sombre, plus foncées vers l’angle interne apical ; face
supérieure présentant quelques reflets mordorés, face inférieure plus claire,
rougeâtre ; crochets bruns, avec apex rouge. Lames maxillaires brunes dans
leur moitié externe, fauve clair dans leur moitié interne. Pièce labiale brune.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. P.
409
Sternum fauve dans sa moitié antérieure, puis brun. Pattes noires ; tarses II
et III, ainsi que trochanters IV, en entier jaune très clair; fémurs I bruns, avec
une ligne jaune clair dans la partie apicale des faces antérieure et postérieure ;
patellas et tibias I et II jaune clair, ornés d’une bande brune le long des faces
antérieure et postérieure ; elle se prolonge sur une partie des métatarses II, de
coloration jaune clair. Abdomen entièrement noir, ainsi que les filières. Le
corps est couvert de fins poils blancs, couchés, peu serrés ; ceux de l’abdomen
sont en partie courts, en partie longs ; les cbélicères et les pattes sont presque
glabres ; il en est de même de la tête, sauf autour des yeux et sur la face, où les
poils sont assez nombreux. Chélicères larges mais courtes ; leur longueur est
nettement moindre que celle du céphalothorax ; face supérieure plane ; bords
Fig. 98. — Myrmarachne pauci denlala, n. sp. mâle. A : chélicères en vue dorsale ; —
B : chélicère de profil ; —-G : patte-mâchoire, vue externe.
internes, droits, se touchant sur toute la longueur ; bords externes, au con¬
traire, régulièrement arqués. La marge supérieure n’est armée de dents que
dans sa moitié apicale (5 sur une chélicère, 6 sur l’autre) ; mais la marge infé¬
rieure porte sur toute sa longueur de petites dents obtuses. Le crochet pré¬
sente une forte saillie vers le tiers basal ; il est ensuite assez régulièrement rec¬
tiligne, sauf à son extrémité, qui est crochue. Deux séries de 5 épines sur la
face inférieure des tibias I ; deux séries de 2 épines sur les tibias IL Abdomen
ovale, assez large, légèrement étranglé non loin de la base. Patte-mâchoire
du type hesperia-Biveli (fig. 99), le tarse est court (fig. 98) et sa longueur est
inférieure à celles de la patelle et du tibia réunis ; angle tibial externe « mon¬
tant » formant une sorte de lobe auriculaire.
Longueur totale : 7 mm. ; chélicères : 2 mm. ; céphalothorax : 2 mm. 6 ;
abdomen pédicule = 2 mm. 5.
SÉNÉGAL : Dakar, août, 1 mâle, type.
Espèce définie par la brièveté relative des chélicères, par leur forme, et par
le petit nombre de dents de leur marge supérieure ; ce dernier caractère la
différencie de M. mœrens de Lessert, à qui elle est certainement apparentée,
ainsi que de M. Biveti que nous décrivons ci-dessous.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome XII.
27
410
L. BEKLAND ET J. MILLOT
Myrmarachne Riveti (1), n. sp.
(Fig. 99)
Espèce voisine de M. paucidenlala par la couleur et par les proportions, et
présentant avec elle de nombreux caractères communs : chélicères un peu plus
courtes que le céphalothorax, à hords internes droits se touchant presque sur
toute leur longueur, à face supérieure chagrinée, présentant de petites stries
parallèles, et portant même de microscopiques denticules —partie céphalique
finement et régulièrement chagrinée à contours mousses, saut un angle assez
net, situé au milieu du bord latéro-antérieur, au niveau de la base des chéli¬
cères : il est bien visible sur la figure 99 A. La coloration des pattes est presque
Fig. 99. — Myrmarachne Biveli, n. sp. mâle. A : patte-mâchoire. B : chélicère, dont le
crochet a été dessiné isolément ; — G : céphalothorax.
identique dans les deux espèces, un peu plus claire cependant chez M. Riveli.
La couleur générale du corps de celle-ci est brun de poix plutôt que noir. Ché¬
licères rougeâtre clair, sternum brun foncé. 5-5 épines inférieuressur letibia I.
Patte-mâchoire ne présentant pas de différences appréciables avec celle de
M. hesperia ou de M. paucidenlala ; longueur du tarse presque égale à la pa¬
telle et au tibia réunis.
Longueur totale : 9 mm. 4. Chélicères = 2 mm. 6 ; céphalothorax = 3 mm. ;
pédicule = 3 mm. 7.
M. Riveli se distingue essentiellement de M.paucidenlalapar les dents de la
(1) Dédié au Professeur Paul Rivet.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. U. P.
411
marge inférieure de la chélicère qui sont plus nombreuses et réparties sur toute
la longueur de la tige, sans régularité d’ailleurs ; en outre, l’articulation du
crochet n’est pas la même. La taille est plus forte. Elle se différencie, d’autre
part, de M. maerens De Lessert par le plus grand nombre des dents des ché-
licères et surtout par la longueur moindre du tibia de la patte-mâchoire, très
inférieure à celle du tarse.
Guinée française : Kindia, août, 1 mâle type.
Myrmarachne rufisquei, n. sp.
(Fig. 100 et 101)
Male. —Céphalothorax fauve rougeâtre, avec le dessus delatêtetranchant
nettement en noir, et une bande brune submarginale sur les côtés du thorax.
Chélicères brun olivâtre, à apex fauve clair ; crochet olivâtre, fauve clair à ses
extrémités. Pattes jaune pâle, le tarse I gris, une ligne grise existe surles faces
antérieure et postérieure de certains arti¬
cles, notamment les patellas, tibias et
métatarses I (ceux-ci également gris en
dessous) ; les hanches et trochanters IV
la présentent sur la face antérieure seule¬
ment ; apex des patellas IV et base des
tibias IV gris. Abdomen : face dorsale
avec tache grise dans son tiers antérieur,
le reste gris souris, plus foncé ; ventre
testacé ; filières testacées. Chélicères plus
longues que le céphalothorax, ne se
touchant par leurs bords internes qu’au
tiers basal et à l’apex, disjoints par
ailleurs ; crochet présentant au tiers basal
une forte dent, obtuse ; marge antérieure
armée d’une série de longues dents aiguës,
un peu courbes, presque égales et presque
équidistantes ; marge postérieure portant
des denticules assez forts ; angle antérieur
de la tige très nettement avancé en vue
dorsale (fig. 100 C). Partie céphalique à
contours arrondis, à angle jugal très peu marqué, ne débordant qu’à peine en
vue dorsale des yeux latéraux antérieurs. Téguments presque glabres ; à peine
quelques écailles blanches sur les côtés du sillon thoracique. Pattes : les ti¬
bias I ne portent en dessous que 3-3 épines ; la paire basale est largement
séparée de la paire suivante, comme si une paire intermédiaire avait disparu,
laissant un espace vacant, mais nous nous sommes assurés qu’aucune chute
accidentelle ne pouvait être en cause. Patte-mâchoire peu caractéristique,
Fig. 100. — Myrmarachne rufisquei,
n. sp. mâle. A : vue d’ensemble ;
— B : face inféro-interne de la ché¬
licère ; —- G : schéma de l’articula¬
tion du crochet, vue dorsale.
412
L. BERLAND ET J. MILLOT
du type hesperia Ftiveti, à tarse aussi long que la patelle et le tibia réunis
(fig. 101 A) ; l’angle externe du tibia est fortement indiqué et « montant» ;
l’apophyse tibiale est dessinée de profil (fig. 101 B).
Fig. 101. — Myrmarachne rufisquei, n. sp. mâle. A : patte-mâchoire, lace inférieure ; —
B : patte-mâchoire de profil. Myrmarachne Coppeli, n. sp. mâle ; — G : patte-mâchoire
de profil par comparaison.
Longueur totale : 8 mm. 7 ; chélicères : 3 mm. ; céphalothorax : 2,6 mm. ;
abdomen ; 3 mm. 1.
Sénégal : environs de Dakar, septembre, 1 mâle, type.
Espèce voisine de M. Coppeti, mais possédant assez de caractères distincts
pour mériter d’en être séparée. Soulignons, en particulier, la forme de l’angle
supéro-antérieur de la tige de la chélicère — la disposition des dents — la pré¬
sence de 3 paires d’épines au tibia 1 (au lieu de 4 paires) — l’absence d’étran¬
glement abdominal (il s’agit dans les deux cas de mâles, chez qui l’abdomen
varie peu de forme) — la couleur sensiblement différente — l’angle externe
du tibia de la patte-mâchoire et la forme de la petite apophyse tibiale (fig.
101 B et G).
LISTE DES PRINCIPALES STATIONS EXPLORÉES
PAR LA MISSION BERLAND ET MILLOT
Aguelock (Soudan), début novembre (Millot).
Bamako (Soudan), août (Berland), octobre (Millot).
Batié (Côte d’ivoire), septembre (Millot).
Bingerville (Côte d’ivoire), début septembre (Millot).
Dakar (Sénégal), juillet (Millot), août-septembre (Berland).
Dalaba (Guinée), début août (Berland et Millot).
Gao (Soudan), fin octobre (Millot).
Kankan (Guinée), août (Berland et Millot).
Kidal (Soudan), fin octobre (Millot).
Kindia (Guinée), fin juillet (Berland et Millot).
Konakry (Guinée), juillet (Millot).
Kouroussa (Guinée), août (Berland et Millot).
Magenta (Guinée), fin août (Millot).
Man (Côte d’ivoire), début septembre (Millot).
Sangha (Soudan), fin septembre (Millot).
414
L. BERLAND ET J. MILLOT
Répartition géographique des Espèces étudiées
ZONE
guinéenne
forestière.
ZONE
guinéenne
non
forestière.
ZONE
soudanaise.
ZONE
sahélienne.
UNIDENTATI
Ablurillbab .
. ■. +
Habrocestum diversifies, n. sp.
... +
... +
... +
.. ■ +
... +
... +
... +
•.. +
... +
... +
... +
... +
... +
Barypheae.
Baryphas albicinctus, n. sp.
... +
... +
...+
...+
... +
Chrysillae.
... +
— Chopardi, n. sp.
- • • -h
. ., -f
Cylhbelus rufopictus Simon.
... +
...+
■..+
— macentensis, n. sp.
... +
... +
.. .+
... +
... +
— — var. minor, nov.
Dbndryphanteae.
Paramodunda thyenioides deLessert.
Flacilleae.
... +
... +
... +
... +
— similis, n. sp .
... +
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
ZONE
guinéenne
forestière.
ZONE
guinéenne
non
forestière.
ZONE
soudanaise.
Hylleae.
... +
... +
— viciriaeformis, n. sp..
... +
Hyllus congoensis de Lbssert .
... +
Deyrollei Lucas .
... +
— guineensis, n. sp.
... +
... +
— Lwofji, n. sp.
... +
— natali Peckham, var. Peckha-
... +
— perspicuus Peckham.
... +
— ventrilineatus Strand.
... +
... +
... +
Pachypoessa albimana Simon .
... +
... +
Leptorchesteae.
Enoplomischus Chattoni, n. sp .
... +
Marpisseae
. ■ • +
Menemerus bivittatus (Dufour). . ..
... +
... +
... 4-
— congoensis de Lessert. .
... +
... +
... +
... +
... +
... +
— Pabaudi,n. sp .
■— Vernei, n.ap .
... +
... +
Trapezocephalus, n. g .
— aelurilliformis, n. sp.
... +
Pensacoleae.
Dlaisea bicalcarata Si.mon.
... +
Plexippbae.
Dasycyptus dubius, n. sp .
... +
Pharacocerus Fagei, n. sp .
... +
... +
— — var. Verdieri. n.
... +
... +
Plexippus Paykulli (Audouin) .
... +
... +
... +
416
L. BERLAND ET J. MILLOT
ZONE
ZONE
guinéenne g^^enne zone zone
forestière. ,o,Sre. s^hehenne.
Pochyta (Pochytoides) Perezi,n. sp... j
I —' (Pochytoides) Poissoni, sp...
I — (Pochytoides) Remyi, n. sp...
Rheneae.
Bianor albobimaculatus Lucas.
Partona Duboscqi,n. sp.
Rhene Machadoi, n. sp.
' — Lesserti, n. sp.
Thenbae.
Thyene Chopardi, n. sp .
— coccineovittata (Simon) .
— imperialis W. Rossi.
— inflata (Gebstaecker).
— Vüliersi, n. sp .
VlClRIEAE.
Viciria Besançoni, n. sp .
— equestris Simon .
— equestris, var. pallida, nov,..
— Jeanneli, n. sp .
— Lawreneei de Lessebt .
— Mondoni, n. sp .
— MonodiyJi.sp .
— niveimana Simon.
— ocellata (Thorell).
— Pechhamorum de Lessert . ..
— Prenanti, n. sp .
PISSIDENïATI
Hasarieae.
Bacelarella, n. g.
— Fradei, n. sp. ... +
Hasarius Adansoni (Audouin). ... 4-
Schenkelia Lesserti, n. sp . .
—• Gertsehi, n. sp .
Tusitala barbota Peckham.
— guineensis, n. sp .
PLURIDENTATI
Baeleab.
Pachyballus cordiforme, n. sp..
Pephmetus biscutéUatus Simon .
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
417
Cyrbeae.
Cyrba algerina Lucas ....
Lineae.
Linus africanus Simon ...
— guineensis, n. sp...
Lyssomaneae.
Asemonea ptdchra, n. sp.
Myrmarachneae.
guineenne
forestière.
+
ZONE
guinéenne
non
forestière.
+
ZONE
soudanaise.
+
... +
... 4-
+
ZONE
sahélienne.
Myrmarachne bamakoi, n. sp.+
— Coppeti, n. sp. +
— foenisex Simon.+ ... 4-
— hesperia Simon.+
— pauddentata, n. sp.+
— Riveti, n. sp . +
— rufisquei, n. sp.4-
INDEX DES SALTICIDES ÉTUDIÉS
PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DE GENRES
Pages
Aelurillus sàhariensis, n. sp. 301
Afrafiacilla, n. g. 328
— Bamakoi, n. sp. 329
— Bisbeci, n. sp. 331
— similis, n .sp. 330
.4seȔo?iea pulchra, n. sp. 401
Bacelarella, n. g. 390
— Fradei, n. sp. 390
Baryphas albicinctus, n. sp . 313
— Micheli, n. sp. 31.5
— scintillans, n. sp. 316
Bianor aîbobimaculatus Lucas . . . 365
Blaisea bicalcarata Simon . 358
Brancus Bevisi de Lbssert. 331
— Verdieri, n. sp. 332
— viciriaeformis, n. sp. 333
Cosmophasis albipes, n. sp. 317
— Chopardi, n. sp. 318
— tristis, n. sp. 319
Cyllobelus rufopictus Simon. 320
Cyrba algerina Lucas. 398
Dasycyptus dubius, n. sp. 359
Enophmischus Chattoni, n. sp. ... 343
Pestucula monticola, n. sp . 345
Habrocestum diversipes, n. sp .... 301
— nigritum, n. sp. 303
Hasarius Adansoni (Avj)ovïa) ... 393
Heliophanus aviculus, n. sp. 321
— kankanensis, n. sp... 323
— macentensis, n. sp... 323
— robustus, n. sp . 323
—- soudanicus, n. sp. 824
Hyllus congoensis de Lessert. 334
— Deyrollei Lucas . 334
guineensis, n. sp. 335
— huœmelas Lucas . 336
— Lwoffi, n. sp. 337
— natali Peckh. var. Peckha-
morum, nov. 337
perspicuus Peckham. 338
— ventrilineatus Strand. 340
Langona Bristowei, n. sp. 304
— senegaîensis, n. sp. 305
Pages.
Linus africanus Simon. 398
•— guineensis, n. sp. 399
Menemerus bivittatus (Dufour). .. 346
■—■ congoensis de Lessert. 348
— dubius, n. sp. 348
— Duvali, n. sp. 349
•—• ebumensis, n. sp. 349
— Fagei, n. sp. 350
— Le Gain, n. sp. 350
— Babaudi, n. sp. 352
.—• Vernei, n. sp. 353
Mithion dakarensis, n. sp. 354
— Grassei, n. sp. 3.56
Mogrus dalmasi, n. sp. 306
— sàhariensis, n. sp. 307
Myrmarachne bamakoi, n. sp. 404
— Coppeti, n. sp. 405
— foenisex Simon .... 406
— hesperia Simon. 407
— paucidentata, nov.. . 408
— Biveti, n. sp. 410
— rufisquei, n. sp. 411
Neaetha catulina, n. sp. 308
Orsima constricta Simon. 325
Pachyballus cordiforme, n. sp. 396
Pachypoessa albimana Simon .... 341
Paramodunda Ihyenioides de Les-
SBRT . 328
Partona Duboscqi, n. sp. 365
Pellenes Iforhasorum, n. sp. 309
Pephmetus biscutellatus Simon .... 398
Pharacocerus Fagei, n. sp. 359
.— ■— var. Verdieri,
nov. 361
■— var. souda-
densis, nov. 361
Philaeus Mathisi, n. sp. 341
Phlegra lugubris, n. sp. 310
— — var. senega-
lensis, nov.. 310
•—• soudanica, n. sp. 311
■— Tuzetae, n. sp . 312
Plexippus Paykulli (Audouin). . .. 361
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L’A. O. F.
419
Pages.
Pochyta {Pochytoides) Perezi, n.
sp. 362
Pochyta (Pochytoides) Poissoni, n.
sp. 363
Pochyta (Pochytoides) Remyi, n. sp. 364
Bhene Machadoi, n. sp. 366
— Lesserti, n. sp. 368
Schenkelia Lesserti, n. sp . 393
— Gertschi, n. sp. 395
Stenaelurillus nigricavda Simon .. 313
Telamonia Borreyi, n. sp. 326
•— — var. minor,
nov. 327
Thyene Chopardi, n. sp. 369
— coccineovittata (Simon) .. . 371
— imperialis W. Rossi . 374
•— inflata (Gbrstaeckbr) ... 374
— Villiersi, n. sp. 376
Pages
Trapezocephalus, n. g. 357
— aélurilliforrais, n.
sp. 358
Tusitala barbata Pbckham . 395
— guineensis, n. sp. 395
Viciria Besançoni, n. sp . 378
— equestris Simon. 379
— equestris, var. pallida, nov. 381
— Jeanneli, n. sp. 382
Lawrencei db Lbssbrt .. 382
— Mondoni, n. sp. 384
— Monodi, n. sp . 384
— nweimana Simon... 385
— ocellata (Thorbll). 386
— Peckharaorum db Lbs¬
sbrt . 387
— Prenanti, n. sp. 387
INDEX bibliographique
Audouin (V.). — Description de l’Égypte. Histoire Naturelle, I, pp. 96-1816,
pl. 1-9, Paris, in-4, 1825.
— Id., 20 éd., XXII, pp. 291-430, Paris, in-8<>, 1827.
Berland (L.). •— Les Arachnides. Encyclopédie Enlomologique, Série A, XVI,
pp. 1-485, 632 fig. Paris, P. Lechevalier, 1932.
Bôsenberg (W.) et Lenz (H.). — Ostafrikanische Spinnen, gesammelt von
Herrn Dr. F. Stuhlmann in den Jahren 1888 und 1889. Mill. Nalurh.
Mus. Hamburg {Beihefl Jahrb. Hamb. wiss. Ansl.), Jhg. 12 (1895),
pp. 25-51, pl. 1-2, 1894.
Gerstaecker (A.). •— Arachnoidea. Ex. : Baron Cari Clauss von der Decken’s
Reisen in Ost-Afrika in den Jahren 1859-1865. Wiss. Th. Bd. 3, Abt. 2,
pp. 461-503, pl. 18. Leipzig und Heidelberg, 1873.
Giltay (L.). — Notes Arachnologiques Africaines. IL Myrmarachne foenisex.
Rev. Zool. Bol. Afr., XVIII, pp. 3-5, 4 fig., 1929.
•— Notes Arachnologiques Africaines. IV. Description d’une nouvelle espèce
de Leptorchestinae. Rev. Zool. Bol. Afr., XXI, pp. 167-170, 2 fig., 1931.
Lawrence (R. F.). —A collection of Spiders from Natal and Zululand. Annals
of lhe Natal Muséum, VIII, Part. 3, pp. 455-524, 40 fig., 1938.
Lessert (R. de). — Arachnides de l’Ouganda et de l’Afrique Orientale alle¬
mande. Ex. ; Voyage du D' J. Cari dans la région des Lacs de l’Afrique
centrale. Rev. Suisse Zool., XXIII, pp. 1-89, pl. 1-3, 1 fig., 1915.
— Araignées du Kilimandjaro et du Mérou. V. Rev. Suisse Zool., XXXI,
pp. 429-528, 109 fig., 1925.
— Araignées du Sud de l’Afrique (suite). Rev. suisse Zool., XXXII, pp. 339-
361, 1925.
— Araignées du Congo. I, Rev. suisse Zool., XXXIV, pp. 425-472, 1927.
— Araignées d’Angola. Rev. suisse Zool., XL, pp. 145-153, 1933.
— Araignées de l’Afrique orientale portugaise. Rev. suisse Zool., XL III,
pp. 288-297, 1936.
Lucas (J.). — Histoire Naturelle des animaux articulés. P. 1. Crustacés
Arachnides, Myriapodes et Hexapodes. Ex. ; Exploration Scient, de
l'Algérie, etc. Sc. Physiques, Zool., I, 1 vol. avec atlas, Paris, 4», 1846.
-— Arachnides. Ex. : Voyages au Gabon, Histoire naturelle des Insectes et
des Arachnides recueillis pendant un voyage fait au Gabon en 1856 et
en 1857 par M. H. G. Deyrolle. Thomson, Arch. enl., II, pp. 380-436,
pl. 12, 13, 1858.
Peckham (G.-W.) et (E.-G.). — Some new généra and Species of Attidae from
South Africa. Psyché, IX (1900-1902), n» 312 (1902), pp. 330-335, 1902.
— New species of the Family Attidae from South Africa, with notes on the
distribution of the Généra found in the Ethiopian Région. Trans.
Wisconsin Acad. Sc., XIV (1902-1904), pp. 173-278, pl. 19 à 29, 1903.
Simon (E.). — Arachnides recueillis à Khartoum. Bull. Soc. Zool. France, IX,
pp. 4-5, 1884.
ARAIGNÉES SALTICIDES DE L'A. O. P.
421
— Études arachnologiques, 18® mém. XXVI. Matériaux pour servir à la
faune des Arachnides du Sénégal. Appendice : Descriptions de plusieurs
espèces africaines nouvelles. Ann. Soc. enl. France, pp. 345-396,
1885.
— A.rachnides recueillis dans le sud de l’Afrique. Ann. Soc. enl. de France,
p. 370, 1887.
— Histoire Naturelle des Araignées, 2® éd., Paris, 8» (vol. I, 1892-1895 ;
vol. II, 1897-1903), 1892-1903.
— Descriptions d’Arachnides nouveaux de la famille des Attidae. Ann. Soc.
enl. Belgique, vol. XLIV, pp. 381-407, 1900.
— Études arachnologiques, 30® mém. XLVII. Descriptions d’espèces nou¬
velles de la famille des Attidae. Ann. Soc. enl. France, vml. LXIX,
pp. 27-61, 1900.
— Descriptions d’A,rachnides nouveaux de la famille des Attidae. Ann. Soc.
enl. Belgique, XLV, pp. 141-161, 1901.
— Études arachnologiques, 31® mém. XLVIII. Étude sur les Heliophanus
d’Afrique et de Madagascar. Ann. Soc. enl. France, vol. LXX, pp. 52-
61, fig. 1-15, 1901.
— Études arachnologiques, 31® mém. L. Descriptions d’espèces nouvelles
de la famille des Salticides [suile). Ann. Soc. enl. France, vol. LXX.
pp. 66-76, 1901.
— Descriptions d’Arachnides nouveaux de la famille des Salticidae (Attidae),
Ann. Soc. enl. Belgique, XLVI, pp. 24-54 et 363-406, 1902.
— Études arachnologiques, 32® mém. LI. Descriptions d’espèces nouvelles
de la famille des Salticidae {suile). Ann. Soc. enl. France, LXXI, pp. 389-
421, 1902.
— Arachnides de la Guinée espagnole. Mém. Soc. Espanola de Hisloria Na-
lural, I, 107-122, 1903.
— Arachnides recueillis par L. Fea sur la côte occidentale d’Afrique (P. 2).
Ann. Mus. civ. Genova (3), vol. IV (44), pp. 335-449, 1909.
— Arachnoidea (XI), Araneae (II). Ex. : L. Schultze, Zoologische und
anthropologische Ergebnisse einer Forschungsreise im westlichen und
zentralen Südafrika ausgefuehrt in den Jahren 1903-1905, Bd. 4, Sys-
tematik und Tiergeographie, Lief. 1. Jena Denkschr. Bd. 16, pp. 175-
218, 1910.
Strand (E.). — Diagnosen nordafrikanischer, hauptsaechlich von Carlo
Freiherr von Erlanger gesammelter Spinnen. Zool. Anz. Bd. 30, pp. 604-
637, 655-690, 1906.
— Nordafrikanische, hauptsaechlich von Carlo, Freiherr von Erlanger ges.
Oxyopiden und Salticiden (suile). Soc. enlomologica Jhg. 23, pp. 155-
156, 173-175, 180-181, 187-188, 1909 et Jhg. 24 (109-1910), pp. 4-6,
12-14, 21-22, 36-38, 44-46, 53-54, 62, 68-69, 74-76, 83-85, 90-91, 1909.
Thorell (T.). —-Araneae Camerunensis. Bihang lill K. Svenska Vel. Akad.
Handlingar. XXV, Afd. IV, n® 1, p. 92, 1899.
TABLE DES MATIÈRES
Introduction . p. 297
Unidentati . p. 301
Fissidentati . P- 390
Pluridentati . p. 396
Liste des principales stations explorées . p. 413
Répartition géographique des espèces étudiées . p. 414
Liste des espèces par ordre alphabétique de genres . p. 418
Index bibliographique. P- 420
Pierre ANDRÉ. lmp. — Paris. — 1941.
EDITIONS DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
36, me Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris.
Archives du Muséum nalional d’Hisioire nalurelle (commencées en
1802 comme Annales du Muséum national d’Hisioire nalurelle).
(Un vol. par an, 300 fr.).
Bulletin du Muséum nalional d’Ilisloire nalurelle (commencé en
1895) (Un vol. par an, 80 fr.).
Mémoires du Muséum nalional d’Hisioire nalurelle.^ nouvelle série
(Sans périodicité fixe ; abonnement pour un volume : 230 fr.).
Publications du Muséum nalional d’Hisioire nalurelle [ Sans pério¬
dicité fixe ; paraît depuis 1933).
Index Seminum in Horlis Musaei parisiensis colleclorum (Labo¬
ratoire de Culture ; paraît depuis 1822 ; échange).
Holulae Systemalicae (Directeur M. H. Humbert, laboratoire de
Phanérogamie ; paraît depuis 1909 ; abonnement au volume,
65 fr.).
Revue française d’Entomologie (Directeur M. le D"" R. Jeannel,
laboratoire d’Entomologie ; paraît depuis 1934 ; abonnement
annuel : France, 60 fr.. Etranger, 70 fr.).
Revue de Botanique appliquée et d’Agriculture coloniale (Directeur ;
M. A. Chevalier,, laboratoire d’Agronomie coloniale ; paraît de¬
puis 1921 ; abonnement pour la France : 130 fr.. Étranger, 145
et 160).
Revue Algologique (Directeurs MM. P. Allorge et R. Lami, labora¬
toire de Cryptogamie; paraît depuis 1924; abonnement: France,
150 fr.. Etranger, 200 fr.).
Revue Bryologique el Lichénologique (Directeur M. P. Allorge, la¬
boratoire de Cryptogamie ; paraît depuis 1874 ; abonnement:
France, 60 fr.. Étranger, 80 fr.).
Revue de Mycologie (anciennement Annales de Cryptogamie exo¬
tique) (Directeurs MM. R. Heirn, J. Duché et G. Malençon, labo¬
ratoire de Cryptogamie;paraît depuis 1928;abonnement: France,
60 fr.. Étranger, 80 et ICO fr.).
Mammalia (Directeur M. E. Bourdelle, laboratoire de Zoologie,
Mammifères et Oiseaux; paraît depuis 1936; abonnement: France,
50 fr.. Étranger, 55 fr.)
Bulletin du Laboratoire maritime du Muséum nalional d’Hisioire
naturelle à Dinard (Directeur M. A. Gruvel, laboratoire mari¬
time de Dinard ; suite du même Bulletin à Saint-Servan ; paraît
depuis 1928 ; prix variable par fascicule).
Bulletin du Musée de l’Homme (Directeur M. P. Rivet, Place du
Trocadéro ; paraît depuis 1931) ; n’est envoyé qu’aux membres
de l’Association des Amis du Musée de l’homme.
Recueil des Travaux du Laboratoire de Physique végétale (Labo¬
ratoire de Physique végétale ; paraît depuis 1927 ; échange).
Travaux du Laboratoire d’Eniomologie (Laboratoire d’Entomclo-
gie ; paraît depuis 1934 ; échange).
MÉMOIRES DU MUSÉUM
Tome I. — R. Jeannel. Monographie des Catopidae, 438 p., janv. 193C...
Tome II. — Mission scientifique de l'Omo, II (Zoologie), 320 p., 9 pE,
avril 1933.
Tome III. — R.-L. Bouvier. Etude des Saturnioïdes normaux. Fam. des
Saturniidês, 354 p., tO pU, dêc. 1936.
Tome IV.— Mission scientifique de l’Omo, III (Zoologie), 347p.,juill. 1936.
Tome V. — Fasc. 1. P. Lemoine. L’Ile-de-France, 442 p., janv. 1938...
Tome VI. — Fasc. 1. A. Bronel. Contribution à l’étude du métabolisme de
l’azote purique chez les Champignons, 186 p., déc. 1936.
Fasc. 2. C. Attems. Die von D' C. Dawidoff in franzüsisch Indochina gesam-
melten Myriopoden, p. 187-334, janv. 1938..
Fasc. 3. G. Stusny. Die von D'' C. Dawydoff in franzüsisch Indochina gesam-
melten Gorgonarien, p. 355-368, févr. 1938..
Tome VII. — Fasc. 1. P. Lemoine. L’Ile-de-France. 2® partie. Chap. III,
Valois et Multien, 176 p.
Tome VIII. — Mission scientifique de l’Omo, IV (Zoologie/, 416p., févr. 1938..
Tome IX. — Mission scientifique de l’Omo, V (Zoologie), 370 p., juin 1939.
Tome X. — Fasc. 1. L. Leroux. Çontribution à l’étude de l’aldéhyde for¬
mique, 68 p., janv. 1938.....
Fasc. 2. V. Redikortzev. Les Pseudoscorpions de l'Indochine française re¬
cueillis par M. C. DawydofT, p. 69-115, juillet 1938.
Fasc. 3. M. Friant. Morphologie, développement et évolution du cerveau
des Ongulés artiodactyles sélénodontes, p. 114-188 (avec5pl.), mars 1939.
Fasc. 4. Cécile Sosa-Bourdouil. Hérédité des caractères biochimiques chez
les végétaux, p. 189-236 (avec 1 planche), mars 1939.
Fasc. 5. H. Perrier de la Bathie. Les Orchidées de la région malgache,
p. 237-298, mars 1939.•.
Fasc. 6. P. DE Beauchamp. Planaires terrestres de l’Indochine française,
récoltées par C. Dawydoff, p. 299-388, une planche, juin 1939.
Tome XI. — Paul Lemoine, René Humbry et Robert Soyer. Les forages
profonds du Bassin de Paris La nappe artésienne des Sables verts, juillet
1939.
Tome XII. — Fasc. 1. Pierre Marie. Les Foraminifères de la Craie à
BelemnileVa mucronata, du Bassin de Paris, p. 1 à 296, 38 planches,
mars 1941.
Fasc. 2. L. Berland et J. Millot. Les Araignées de 1’ A. O. F., I. —Les
Salticides, p. 297 à 413, mars 1941.
Tome XIII. — Fasc. 1. R. Jeannel. Les Calosomes, p. 1-240, 8 planches,
mai 1940...
Fasc. 2. M. Vachon. Sur la systématique des Scorpions, p. 241-260.
Fasc. 3. H. Perrier DE la Bathie. Révision des Lacourtiacées de Madagascar
et des Comores, p. 291 à 302.
Fasc 4. Ch. Boursin. Nouveaux Agrotidae palêarctiques, p. 303 à 330.
Fasc. 5 E. Seguy. Etudes sur les Diptères Hippélatoïdes pathogènes, p. 331
à 357.
TomeXIV. — Croisière da Bougainvillesmxîles australes françaises,328 p.,
10 pl., octobre 1940.
230
fr.
230
»
230
)>
230
»
75
»
74
»
138
>»
18
y>
30
»
230
»
230
»
46
»
28
»
58
»
40
»
34
»
24
)»
230
1)
180
»
50
»
175
>
25
>»
20
»
30
»
20
»
230
)»
Le Gérant : R. Jeannel.
Imprimé en France. — 1941. — Pierre André, 244, boni. Raspail, Pari».