MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
TOME XIII
FASCICULE I
D' René Jeannel
LES CALOSOMES
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rae Geof&oy Saint-Hilaire (V*)
1940
Mai 1940
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Les Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle
paraissent sans périodicité fixe. Chaque volume est formé
d’un nombre variable de fascicules, publiés isolément et ne
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MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Nouvelle série, Tome Xm. Pasc. 1, p. 1 à 240, pl. I à vni
Publié le lô mai 19'i0.
LES CALOSOMES
[COLEOPTERA CabABIDAE]
par le D'^ René Jeannel
professeur au Muséum national d’iiistoire naturelle
SOMMAIRE
Première partie : Généralités
Introduction (p. 2) ; lignées gondvvaniennes et lignées laurasiennes (p. 5).
Définition et Position systématique des Calosomes (p. 6).
Morphologie (p. 10).
Organe copulateur mâle (p. 10) : horismologie (p. 10); le pénis et les styles
(p. 12); le ligule, son évolution (p. 13).
Organe copulateur femelle (p. 15).
Caractères sexuels secondaires (p. 17).
Chétotaxie (p. 18).
Morphologie externe (p. 22) : les antennes (p. 22); les mandibules (p. 22); les
palpes (p. 22) ; le labium (p. 22) ; le pronotum (p. 23) ; les pièces sternales (p. 23).
Évolution de la sculpture de l'élytre (p. 24) : le type primitif triploïde (p. 24)
la pentaploïdie (p. 26); les types lisses (p. 27); l’hétérodynamie (p. 27)
conclusions (p, 28).
Les Calosomes fossiles (p. 30).
Chorologie et évolution (p. 36).
Les lignées primitives (p. 36) : les souches gondwaniennes (p. 37).
Les Calosomes lobés (p. 40) ; les Calosomes australiens (p. 40); les Galo-
somes lobés de l’hémisphère nord (p. 41).
Origine africano-brésilienne des Calosomes ongulés (p. 44) : la divergence de
ponctuation des pièces sternales (p. 45).
Les lignées d’origine brésilienne (p. 48) ; les Castrida sudaméricains (p. 48) ;
la série phylétique de Callitropa et le peuplement des déserts américains
(p. 50).
Les lignées d’origine indo-africaine (p. 52) ; les genres des savanes tropicales
indo-africaines (p. 52); le peuplement de la zone érémienne de l'ancien
MÉMOIRES DU MUSÉUM, NOUVELLE-SÉRIE, TOME .NUI. 1
R. JEANXEL
monde (p. 56); l’évolution penLaploïde des Campalita et Charmosta dans
la région méditerranéenne (p. 57); la série phylétique de Callisthenes (p. 60);
les Calosomes des îles de l’Atlantique (p. 62).
L’évolution caraboïde des Calosomes montagnards (p. 65).
Deuxième partie ; Systématique
Tableau des ge.vres (p. 68).
I. Les Calosomes lobés (p. 71).
1. Gen. Australodrepa Lap. (p. 72); 2. Gen. Calodrepa Motsch. (p. 75); 3.
Gen. Calosoma Web. (p. 79).
II. La série phylétique de Castrida-Caminara (p. 87).
4. Gen. Castrida Motsch. (p. 89); 5. Gen. Caminara Motsch. (p. 100); 6. Gen.
Campalita Motsch. (p. 106); 7. Gen. Charmosta Motsch. (p. 121); 8. Gen.
Cte/iosïflMotsch. (p. 123); Gen. Haplothorax G. R. Wat. (p. 131); 10. Gen.
Carabops inc. (p. 134); 11. Gen. Orinodromus Kolbe (p. 139); 12. Gen. Cara-
bomorphus Kolbe (p. 149).
III. La série phylétique de Callisthenes fp. 160).
13. Gen. Chrysostigma Kirby (p. 161); 14. Gen. Microcallisthenes Apf. (j). 170) ;
15. Gen. Callisthenes Fisch. (p. 180); 16. Gen. Teratexis Sem. (p. 196).
IV. La série phylétique de Callitropa (p. 198).
17. Gen. Camedula Motsch. (p. 199); 18. Gen. Callitropa Motsch. (p. 209); 19.
Gen. Carabomimus Kolbe (p. 221); 20. Gen. Calopachys Haury (p. 231).
C.ATALOGUE SYXOAYMIQUE DES ESPÈCES (p. 236).
PREMIÈRE PARTIE
GÉNÉRALITÉS
Cette étude des Calosomes fera suite à trois monographies que j’ai
récemment fait paraître dans la Revue française d’Entomologie. Elles
furent toutes trois élaborées avec l’arrière-pensée d’en tirer des conclusions
biogéographiques, car les groupes étudiés avaient été spécialement choisis
parce qu’ils m’apparaissaient comme des lignées très homogènes.
Après ces révisions des Bembidiides endogés, grande lignée d’origine
gondwanienne (*), des Hilétides africano-brésiliens (^) et des Migadopides
à dispersion antarctique australo-sudaméricaine (^), j’entreprends ici celle
des Calosomes. Carabidae très anciens, répartis actuellement sur toute la
surface du globe, l’histoire de leurs lignées sera susceptible d’apporter
des lumières sur le vaste problème des origines des faunes actuelles.
(1) R. Jeannel. Les Bembidiides endogés, monographie d’une lignée gondwanienne.
(Rm. franç. d’Enl., III, 1937, p. 2-II-396).
(2) R. Jeannel. Les Hilétides, une ligni'e africano-brésilienne. {Rev. franç. d’Enl., IV.
1938, p. 202-219).
(3) R. Jeannel. Les Migadopides, une lignée subantarctique. (Rev. franç. d’Ent., V, 1938,
p. 1-55).
LES CALOSOMES
l\Iais, dira-t-on, les Calosomes ont été déjà l'objet d’études d’ensemble;
G. V. Diî Lapooge (') s’est livré à leur sujet à de vastes considérations
phylogéniques et S. Breumxg (^) a tout récemment donné une monographie
systématique du groupe. Mais on ne peut pas dire que la liliation des
espèces ait été clairement dégagée. Si le travail de Bheuning a le mérite
d'avoir consciencieusement analysé les espèces, les groupements génériques
proposés, et aussi surtout ceux de Lapouge, ne sont fondés, la plupart du
temps, que sur des caractères de convergence et n’apportent qu’une extra¬
ordinaire confusion. On constatera sans doute avec étonnement que j’aie dû
faire littéralement table rase des monographies de mes prédécesseurs. Ma
meilleure justification, il me semble, sera que les lignées de Calosomes,
telles que j’ai cru pouvoir les dégager, se présentent avec des distributions
géographiques qui cadrent absolument avec l’histoire du morcellement du
continent de Gondwana au cours du Secondaire.
Avant d’entrer dans cette étude des Calosomes, il me paraît utile de
rappeler comment je crois que doivent se poser les problèmes de la biogéo-
grapbie dynamique et pourquoi je me suis toujours adressé de préférence à
des groupes de Carabiques.
Tout d’abord, je suis convaincu (jue la seule méthode féconde consiste à
choisir des groupes bien homogènes, à en faire l'analyse taxonomique et
systématique, à débrouiller la filiation des espèces et reconstituer des
lignées, pour finalement découvrir leur histoire. Or il n’est pas douteux que
les Carabiques sont un groupe de choix pour de telles entreprises.
Les Carabiques, ou Carahoidea, sont très isolés des autres Coléoptères
terrestres, et certainement très anciens. L’ensemble de leurs caractères
morphologiques suffirait à le démontrer.
La persistance des sutures notopleurales du prothorax, celle du sternite ii
primitif de l’abdomen sont évidemment des dispositions archaïques ; il en
est de même de la structure tubuleuse des testicules, de celle méroïstique
des ovaires, qui sont évidemment des stades moins spécialisés que les
testicules folliculeux et les ovaires holoïstiques des autres Coléoptères.
D’autre part les Adephaga sont remarquables par l’archaïsme do leur type
larvaire, puisque, seuls de tous les Insectes supérieurs, ils ont conservé
chez la larve un carpos interposé entre le fémur et le tibia, absolument
comme les Trichoptères, les Thysanoures ou môme les Myriapodes (®).
(1) G. Y. DF, Lapouge, Coleoptera Adephaga. Fam. Carabidae, subfam. Carabinao. (Wytsm.
Gen. liisect., l'asc. 192, 1929-30).
(2) S. Biieumno. Monographie der Gattung Calosoma Web. : 1. Teil (Kol. Rundsch., Xlll,
1927, p. 129-232); IL Teil {Wien. enl. Zlg., .XLIV, 1928, |i. 81-111); 111. Teil (Kol. Rundsch.,
XIV, 1928, p. 43-101).
(3) Jlon interprétation do la patte larvaire des Adephaga a été violemment combattue
par IL ,1. Hansen dans ses « Studies ou Arthropoda », III (1930). Malgré ses critiques, trop
souvent malveillantes, je persiste à soutenir le bien-fondé de ma manière de voir : les
dessins donnés par Hansen lui-même dans les planches de ses « Studies » démontrent
4
R. JEANXEt.
On trouve donc dans la plupart des organes des Carabiques des états
primitifs qui rappellent les souches anciennes et attestent un isolement très
ancien. Je no puis insister ici sur les nombreux caractères produits par cet
isolement : structure de l’aile, soudure des sternites abdominaux, présence
des fouets de la série ombiliquée sur le champ radial de l’élytre. Tout
indique bien que la lignée des Caraboidea doit avoir ses origines dans les
premiers âges de la différenciation des Coléoptères, c’est-à-dire dans une
époque reculée et impossible à préciser de l’ère primaire. En tout cas le
phylogéniste peut avoir la certitude que l’évolution des lignées des Cara¬
biques s’est activement déroulée pendant le Secondaire.
La paléontologie n’apporte aucune lumière sur les origines des Carabiques,
mais elle nous renseigne abondamment sur d’autres groupes d’insectes qui
ont peuplé la Terre dès la fin du Primaire.
En règle générale, tous les Insectes du Primaire connus jiar les dépôts
houillers d’Europe et de l’Amérique du Nord, appartiennent à des groupes
presque tous éteints, tous bétérométaboles. A l’Anthracolitliique, l’hémi¬
sphère nord jouissait, comme on le sait, d’un climat tropical. Il semble bien
que ce soit sur les anciens continents de cet hémisphère (Laurasie) (*) que
s’est développée cette faune d’insectes bétérométaboles dont la plupart
des représentants disparaissent à la fin du Primaire, devant l’irruption des
holométaboles, venus du Gondwana.
Pour interpréter ces faits, il faut tenir compte de l’inégalité de nos connais¬
sances paléontologiques dans les diverses régions du globe. A part quelques
découvertes récentes dans l’Australie et l’Afrique du Sud, tous les documents
que nous avons sur les Insectes du Primaire proviennent de gisements
européens ou nord-américains; ils nous renseignent sur la faune de la
Laurasie, aucunement sur celle de la Gondwanie à l’époque de sa flore à
Glossopteris. Il y a tout lieu de croire que les holométaboles, dont les
premiers restes fossiles n’apparaissent qu’au Trias en Europe, se sont
développés dès le Permo-carbonifère sous les climats tempérés du continent
de Gondwana, en même temps que les Conifères et les premiers Reptiles.
Tout cet ensemble de faunes et de flores n’a envahi la Laurasie qu’à la fin du
clairement l’existence du carpos, ou « patella », dans la patte d’un grand nombre d’.'Vrthro-
l)odes de tous groupes, et même d’insectes.
11 est d’ailleurs une série de faits expérimentaux, depuis longtemps établis jiar I’rzibram
et Brecher (1924), et relatés par L. Ciiopard (Biol. Orthopt., 1939, p. 336), qui démontrent
bien la signification paléogénétique de cet article que j’ai nommé • médius » et qui n’est
autre que le carpos primitif. Bans les expériences d’iiétéromorphoses chez le Car ausius,
lorsqu’on fait régénérer dans certaines conditions une patte à la place de l’antenne,
l’appendice hétéromorphe a les caractères d’une patte de la 1" paire, mais avec un
article supplémentaire entre le fémur et le tibia. Brecher (1924) l’appelle « patella ». Je le
reconnais pour un médius, pour le carpos, qui réapparaît par atavisme dans ce membre
hétéromorphe. Peut-on refuser la qualité de carpos au médius » des larves d’Adephaga,
des Trichoptères ou des Thysanoures?
(1) Laurasia (Du Toit) désigne l’ensemble des massifs anciens de l’hémisphère nord :
Amérique du Nord (Laurentia), et Eurasie (Scandinavie, Russie et Angara), par opposition
au Gondwana, groupant tous les \ ieux massifs austraux, au sud de la Téthys.
LES CALOSOMES
5
Permien, sous l’influence de changements climatiques en rapport avec les
déplacements polaires. La révolution apparente des faunes et flores de
l’hémisphère nord à la fin du Permien, s’explique par une immigration en
masse de lignées gondwaniennes. Mais il est bien évident que ces lignées
gondwanicnnes ont aussi continué leur évolution sur la Gondwanie au cours
de son fractionnement, pendant le Secondaire.
Tout ce que nous apprend la phylogénie et la biogéographie des Coléo¬
ptères s’accorde avec cette notion de l’origine gondwanienne des lignées
primitives des holométaboles. Les études que je poursuis depuis longtemps
sur divers groupes et particulièrement sur des Carabiques, ont apporté
un bon nombre de faits précis qui éclairent l’histoire des migrations de ces
lignées gondwaniennes anciennes.
11 y a d’abord une notion très générale qui se dégage de toutes les
monographies de Coléoptères que j’ai entreprises :
« Dans tous les groupes dont l’histoire remonte assez loin dans le passé
« géologique, il existe deux catégories de lignées. Les unes occupent les
« restes du continent de Gondwana, et représentent la survivance d’espèces
« ou groupes d’espèces qui ont évolué pendant le Secondaire. Les autres
« occupent la région holarctique, et leur épanouissement évolutif ne date
« que du Tertiaire. »
Cette opposition apparaît déjà dans ma Monographie des Trechitae, dont
les tribus des Tridentati sont gondwaniennes, à évolution du Secondaire,
avec quelques espèces seulement émigrées dans la région méditerranéenne,
et la tribu des Trechini Bidentati), strictement holarctique, à évolution
datant du Tertiaire. De même chez les Catopidae, \cs groupes Eucatopitae,
Nemaditae, Anemaditae sont gondwaniens, alors que les Catopitae et
les Bathysciitae sont « laurasiens » tertiaires.
11 en sera de même dans l’immense majorité des Coléoptères, en particulier
chez les Tenebrionidae, ou chez les Carabiques. Une révision générale des
Caraboidea, que je compte publier sous peu, mettra en relief cette dualité
des grandes lignées qu’il serait vain de chercher à apercevoir dans le
chaos des Catalogues systématiques dont nous disposons actuellement. On
verra dans ce travail que les Calosomes ne manqueront pas à cette règle
et que leur révision permettra de dégager des lignées gondwaniennes
anciennes et des lignées laurasiennes tertiaires, l’ensemble du vaste groupe
des Carabes n’étant d’ailleurs qu’une de ces lignées laurasiennes tertiaires
des Calosomes, mais différemment spécialisée.
On connaît maintenant avec précision l’histoire du continent de Gondwana,
dont les fragmentations successives sont en rapport avec la dérive des socles
continentaux mise en évidence par Wegener. Les isolements successifs qui
en sont résultés, combinés avec les changements de climats déterminés par
le déplacement relatif des pôles, ont eu pour effet que les lignées gondwa¬
niennes d’êtres vivants ont été soumises à dos migrations et des ségrégations
qui font qu’elles ont évolué sur des aires géographiques partieulières.
6
R. JEAXXEL
Les trois monographies récentes auxquelles j’ai fait allusion dans les
premières lignes de cet ouvrage, avaient pour but principal d’analyser
ces différents types de distribution des lignées gondwauiennes.
Les Bembidiides endogés [AnilUni] sont une vieille lignée gondwanienne
orientale, dont l’bistoire s’est déroulée pendant le Secondaire sur les frag¬
ments du Gondwana entourant l’océan Indien. On a pu suivre la colonisa¬
tion de la région méditerranéenne par des rameaux dérivés des souches
gondwaniennes, au Montien.
Les Hilétides, lignée africano-brésilienne, montrent que la formation de
l’Atlantique Sud précède le creusement du canal de Mozambique, et qu'il
existe des rapports plus directs entre les espèces malgaches et éthiopien¬
nes qu’entre les malgaches et les indiennes. Une Lémurie purement indo¬
malgache ne semble donc pas avoir existé ; les affinités entre espèces
indiennes et malgaches doivent toujours s’être développées par l’intermé¬
diaire de l’Afrique orientale. On verra que les Calosomes ne contrediront
pas cette manière de voir.
Les Migadopides enfin ont été un remarquable type de groupe antarcti¬
que, australo-sudaméricain, très particulier mais fréquent parmi les lignées
gondwaniennes. Les enseignements de leur étude ne seront pas inutiles pour
comprendre l’iiistoirc des Calosomes.
C’est en effet à la lumière des faits mis en relief par l’étude de ces
quelques grandes lignées localisées sur des fragments du Gondwana,
qu’il sera possible d’interpréter la distribution des Calosomes qui peuplent
actuellement à peu près toutes les contrées du globe.
Avant d’aborder cette étude, quelques mots sur un point de nomencla¬
ture. Suivant l’exemple de Ch. Alldaud (1916), de P. Lesne (1939) et
d’autres auteurs, j’adopterai les désinences masculines « — idae » pour les
familles, « — itae » pour les sous-familles, « — ini » pour les tribus. La
désinence « — inae », pour les sous-familles, quoique généralement usi¬
tée, est illogique, étant simplement le féminin de « — ini ».
Les noms propres de famille, en latin, sont formés avec la désinence
« — idae », qui est masculine; par exemple : Atridae, arum, les Atrides.
La désinence « — itae » est aussi masculine ; exemple : Oritae, arum, les
Orites.
Définition et position systématique
Les Calosomes et les Carabes forment un groupe très homogène, auquel
on rattache les Cychrus, et aussi les Ceroglossus du Chili et les Pamborus
de l’Australie. Ce groupe sera érigé au rang de famille dans la nouvelle
systématique des Caraboidea que je prépare et ferai connaître d’ici peu.
La famille Carabidae (s. str.), ainsi comprise, n’a guère de parenté
directe qu’avec les Nebriidae. On sait d’ailleurs que Th. Sloaxe, dans sa
LES CALOSOMES
classification qui avait marqué en 1895 un progrès considérable sur les
j)récédentes, avait rapproché ces deux groupes sous le nom de « Carahidae
aperti », parce que, seuls de tous les Carabiques, ils ont des cavités coxales
Eig. 1. — Caviti! coxale antérieure ouverte de Xebria lividaï .,— Fig. 2. Cavité coxalo anté-
l’ieure fermée de Scnriles buparius For.st.
antérieures largement ouvertes en arrière, la pointe de l’épimère n’entrant
j)as au contact du prostcrnnm (fig. 1 et 2).
Ou sait aussi que les Carahidae (s. str.l, comme bien d’autres groupes
de Caraboidea, sont « diajuncti », en ce sens que l’épimère du mésotho-
médiaire fermée de Pieroslichux.
rax s’insinue entre le mésosternum et le métasternum pour former la bor¬
dure de la cavité coxale intermédiaire (fîg. 3 et 4).
Le fait d’être à la fois « diyttncli » et « aperti » caractérise les deux seuls
8
R. .lEAXNEL
groupes des Carabidae et Nebriidae qu’il sera facile de séparer de la façon
suivante :
1 . Mandibules avec une soie sur la face externe. Élytres ordinaire¬
ment rebordés à la base, avec 9 stries. Orifice basal du pénis
circulaire, largement ouvert, sans lobes sagittaux.... Fam. Nebriidae.
— Mandibules sans soie. Élytres non rebordés à la base, avec 16 stries
au moins. Orifice basal du pénis en forme de fente antéro-posté¬
rieure entre deux lobes lamelleux et parallèles. Fam. Carabidae.
Le caractère chétotaxiquc, et surtout celui tiré de la forme de l’orifice
basal du pénis justifient largement l’isolement des deux groupes comme
familles distinctes. D’ailleurs le faciès des espèces est très différent et la
morphologie larvaire confirme cette séparation. On peut noter aussi que si
les styles de l’organe copulateur sont allongés, subégaux et achètes chez les
Carabidae comme chez les Nebriidae, ils diffèrent cependant beaucoup dans
leur forme ; atténués et amincis au sommet chez les premiers, ils restent
larges, normalement chitinisés dans toute leur longueur chez les Nebriidae.
La famille Carabidae sera subdivisée en deux sous-familles, distinctes
par des caractères externes, mais surtout aussi par la forme des styles.
L’une d’elles, Cychritae, ne renferme que des genres de la région holarc-
tique, surtout diversifiés dans l’Amérique du Nord. Leur origine est incon¬
nue, mais il est probable qu’elle remonte à des ancêtres du Jurassique, venus
du continent de Gondwana. Quoi qu’il en soit, les Cychritae se distinguent
par l’écartement des métacoxas, un faciès particulier et surtout par la
forme des styles, tous deux semblables et à partie apicale atténuée très
courte (fig. 3). Pas de ligule; la forme de l’orifice apical du pénis rappelle
les Car abus (fig. 6).
Dans l’autre sous-famille, Carabitae, les métacoxas sont contigus, non
séparés par une saillie métasternale; les styles sont dissemblables, le
droit bien plus effilé que le gauche (fig. 7, 9 et 11). Les Calosomes se pla¬
cent dans la sous-famille Carabitae et il est nécessaire de définir la position
qu’ils y occupent.
Il faut remarquer tout de suite que ce problème n’est pas simple et que
jusqu’à présent personne n’a su définir exactement les Calosomes et d’autre
part les Carabes. Tout le monde est d’accord pour les considérer comme
deux groupes indépendants, mais aucun caractère différentiel constant n’a
pu être mis en avant jusqu’ici. Ce sera un des résultats de ce travail de
montrer ce que sont les Calosomes par rapport aux Carabes.
Dans le « Généra Insectorum », fasc. 192, V. de Lapouge a développé
une prétendue phylogénie des Calosomes et des Carabes qui tient beau¬
coup plus du roman que d’une œuvre scientifique. Les Calosomes, les Cara¬
bes, le genre Haplothorax de Sainte-Hélène, les Ceroglossus chiliens y
sont séparés dans autant de tribus distinctes et par conséquent tous consi-
tÆS CALOSOMES
!>
tiérés comme des lignées d’origine très ancienne. Il n’existe en réalité
aucune raison de les isoler.
Ilaplothorax Burchelli G. R. Wat. est un vrai Calosome, se rattachant
directement aux Ctenosta du continent africain, mais remarquable par uit
curieux mélange de caractères archaïques et d’ultraévolutions, comme en
produit fréquemment l’isolement insulaire. Quant aux Ceroglossun du Chili
et ci la foule des Carabes qui peuplent toute la région holarctique, il n’est
pas possible de les tenir pour autre chose que des lignées de Calosomes,
isolées et spécialisées.
L’étude qui va suivre prouvera, je pense, que les Calosomes de la faune
actuelle sont les survivants, épars sur tout le globe, des vieilles lignées
primitives qui peuplaient les terres gondwaniennes pendant le Secondaire.
Un groupe de ces Calosomes du Secondaire s’est installé dans la région
paléarctique et y a pullulé pendant le Tertiaire, perdant ses ailes, peuplant
les montagnes et développant l’ensemble des caractères corrélatifs qui en
ont fait des « Carabes ».
Il faut par conséquent s’attendre à ce que le groupe des Calosomes, plus
ancien, soit plus varié dans ses spécialisations, puisque son évolution dure
au moins depuis le Jurassique, tandis que celle des Carabes n’a pu débuter
qu’au Tertiaire. Aussi verrons-nous les Calosomes ailés se présenter avec des
caractères morphologiques particuliers, selon qu’ils chassent leur proie sur
les arbres ou à terre, qu’ils vivent dans les forêts ou les steppes subdéser¬
tiques des pays chauds, dans les steppes froides de l’hémisphcre nord ou
encore sur les hautes montagnes.
Les Calosomes montagnards seront même jjarticulièrement intéressants
par les convergences qu’ils montrent avec les vrais Carabes. Plusieurs
lignées de Calosomes, dans des contrées très diverses, ont subi dans les
montagnes des évolutions orthogénétiques parallèles à celles des vrais
Carabes, et ont ainsi pris des aspects « caraboïdes ». Ces évolutions sont
d’ailleurs plus ou moins poussées; mais il est évident que ce sont des
orthogénèses de même ordre qui ont produit les Microcallisthenes des
Montagnes Rocheuses et de la péninsule Ralkanique, les Carabomimus et
Calopachys du Mexique, les Orinodroinus et Curabomorphus de l’Afrique
Orientale, les Ceroglossus de la Cordillère des Andes, et enfin les Cara¬
bes des montagnes paléarctiques. I^a seule différence entre les Calosomes
caraboïdes et les Carabes, c’est au fond que les premiers sont en quelque
sorte des accidents évolutifs tardifs, tandis que la lignée des Carabes,
comme toutes les lignées laurasiennes s’est spécialisée dès le Crétacé; elle a
trouvé sur les jeunes continents eurasiatiques du Tertiaire et les chaînes
du système alpin des possibilités de dispersion, de pullulation et d’évolu¬
tion qui sont les causes de l’épanouissement de la faune holarctique.
Tenant compte de ce qui précède, il conviendrait évidemment de ne pas
séparer les Carabes des Calosomes dans une étude systématique. Mais le
groupe des Carabes est si nombreux que je me trouve forcé de limiter ce
10 R. JEAXXEI.
travail aux seuls Calosomes. Je laisserai aussi de coté le genre Ceroglossus,
qui peuple le Chili et les Andes et forme dans riiémisphère austral un
groupe « carabien » en quelque ' sorte symétrique, quoique bien plus res¬
treint, de celui des Carabes.
On voit donc qu’il est possible de distinguer a priori trois groupes prin¬
cipaux dans la sous-famille des Carabilae. Ce sont ; les Calosomes (y
compris les formes caraboïdes), les Carabes et les Céroglosses. En réalité
tous les entomologistes qui se sont occupés de ces Insectes ont senti
cette division, mais jamais aucun caractère n’a été trouvé pour la défi¬
nir; pas plus les rides mandibulaires que la structure de la base des anten¬
nes, ou les caractères ebétotaxiques, ne sont suffisamment constants. Comme
chez la plupart des groupes de Coléoptères, ce sera dans la structure de
l’organe copulateur que se trouvera la vraie définition du Calosome :
Tous les Calosomes ont un ligule à l’orifice apical du pénis; chez les
Carabes et les Céroglosses, ce ligule n’existe jias.
Morphologie
Organe copulateur mâle
Horismologie :'). — Avant d’entrer dans le détail de l’étude de l’organe
copulateur mâle des Calosomes, il me paraît nécessaire de préciser quelques
jioints de nomenclature au sujet desquels je me trouve en désaccord avec
K. IIoLDHAUs et ses élèves.
On sait que le « pénis » ou « lobe médian », do l’organe copulateur
(Sharp et Muin), de la plupart des Coléoptères, est une sorte de cylindre
chitineux renfermantla terminaison du conduit éjaculateur, qui le traverse de
la base à l’apex et s’insère à son orifice apical. Cette partie « intrapénienne »
du conduit éjaculateur est spécialisée, évaginable par prolapsus; je l'ai
nommée sac interne.
Le sac interne porte souvent sur sa face interne des pbanères : écailles,
épines, dents, pièces diverses, qui deviennent extérieures lors du retourne¬
ment du sac et servent évidemment de propulseurs des spermatophores; ce
sont les pièces copulatrices.
Enfin, l’orifice apical du pénis n’est jamais terminal. 11 s’ouvre en deçà de
la pointe, ou « ape.v » ('-‘j. Très souvent la gaine du pénis, au coté proximal
do l’orifice, se prolonge par une expansion qui recouvre l’orifice apical. Cette
expansion de la gaine pénienne, donc externe, est le « ligule », dont la forme
variable fournit souvent d’excellents caractères taxonomiques.
fl) De ôptçfjtôj, ilélinition, l’action de déteriiiiner d’une façon précise. Le mot est employé
pur D. SiiAiiP et E. Muni (» Orismology ») (Trans. cnl. Suc. London, 1912, p. 481).
(i) K. IIOLDiiAus. Monographie der palaoarctischen Arten der Coleopterengattimg Micro-
Icsles. (Denknchr. Ak. Il'm-. ll’ie», LX.X.WIll, 19i:), p. 477-540).
LES CALOSOMES
U
Le sac interne a été signalé pour la première fois par G. Verhoeff
chez les Endomycliides et les Erotylides, sous le nom de « Praoputialsack »,
sans d’ailleurs que cet auteur semble y avoir apporté beaucoup d’attention.
Je n’ai pas accepté ce terme, absolument impropre ( M; car un « prépuce »
est un repli externe, formant enveloppe; et il n’est pas possible de qualifier
« praeputial » une vésicule interne évaginable. J’ai employé le nom de
« sac interne », qui a été adopté par D. Sharp et F. Muir (-) et la plupart
des auteurs. Et d’ailleurs ne faut-il pas retenir que c’est sous ce nom de « sac
interne » que l’importance majeure de cet organe en taxonomie a été mise
en évidence par mes travaux sur les Bathysciitae d’abord, sur les Trechitae
ensuite. Il est très regrettable que K. IIoluhaus dans ses divers ouvrages et
avec lui ses disciples, comme II. Fhaxz, R. Schox.mann et autres, continuent
à employer le nom ridiculement inexact do « Praeputialsack ».
K. IIoLDHAcs et ses disciples désignent les pièces copulatrices évaginables
de la paroi interne du sac interne sous le nom de « ligula »; ce qui, cette
fois, est non seulement impropre, mais aussi contraire aux définitions ori¬
ginales.
« Ligula » a été employé pour la première fois, je crois, par J. Muller (^;
dans ses études sur les Anophthalnius, en 1913. On trouve en effet, dans ce
travail fondamental, la description et des dessins des Ugulae de certains
Anophthalnius (p. 59 et 61); et je m’étonne que K. IIoldhaus ait pu con¬
fondre ces « ligulae » (sensu J. Muller) avec les « pièces copulatrices » du
sac interne, dont d’ailleurs J. Müller, dans son travail de 1913, ignorait
encore l’existence. Que l’on veuille bien comparer la figure 4 (p. 59) du tra¬
vail de J. Müller avec celles que j’ai données plus tard du même organe
copulateur de 1’^. Mariae Schatzm. (*), on se rendra compte immédiate¬
ment de ce que J. Miiller a décrit sous le nom de « ligula » : c’est l’expan¬
sion externe de la gaine pénienne tendue au-dessus de l’orifice apical ; cela
n’a aucun rapport avec la « pièce copulatrice », pièce évaginable interne du
sac interne. L’usage que K. IIoldhaus et ses disciples font du terme « ligula »
est donc abusif et tient à une fausse interprétation de la description première
de J. Müller.
Quant aux « pièces copulatrices », je suis certainement le premier auteur
qui en ait donné la description et mesuré la valeur systématique, dans ma
Révision des Bathysciinae il911). Je suis revenu à ce sujet spécialement
dans une note présentée à l’Académie des Sciences en 1922 (”•).
(1) R. Jeannel. Révision des Bathysciinae. (Arch. Zool. e.rp., 5“ sér., VII, p. -14, 1911).
(2) D. Sharp et F. Jleiii. The comparative anatomy of tlie male génital tube in Coleoptera.
(Traris. enl. Soc. London, 1912, p. -181).
(3) J. Müller. Révision der blinden Trechus-\r\en. (J)cnkschr. .14. HT'ss. IVien, XC,
1913, p. 11-123).
(4) R. Jeannel. Monographie des Trechiiiae. (L'Abeille, XX.XV, 1928, p. 750, fig. 2225 et
2226).
(5) R. Jeannel. La variation des pièce.s copulatrices chez les Coléoptères (C. R. .le. Sc ,
Paris, tome 174, p. 324-326).
12
K. JEANXKI.
11 faudra donc, à mon avis, employer les termes suivants dans la nomen_
clature des parties de l’organe copulateur mâle des Coléoptères :
Pénis. Le lobe médian (Sharp et Muir) de l’organe copulateur. Chez le
Calosome, comme chez tous les Adephaga, il est « retourné »; son orifice
apical est dorsal, l’insertion des « styles » (ou paramères de Verhoeff)
est ventrale.
Apex. La partie terminale, la pointe du pénis, partie distale par rapport à
l’orifice apical (K. Holdhaus).
Ligule. Expansion delà paroi du pénis, située au bord proximal de l’orifice
apical et tendue au-dessus de cet orifice, extérieurement à lui (.1. Miller).
Sac interne. Partie intrapénienne du canal éjaculateur, le plus souvent
dilatée en ampoule évaginable par prolapsus (R. Jeannel).
Pièces copulatrices. Phanères cliitincuses : écailles, dents, épines, pièces
compliquées (phanères composées) qui s’insèrent sur la paroi interne du sac
interne et servent de propulseurs spermatiques pendant son retournement
(K. Jeannel).
Le pénis et les styles. — L’organe copulateur des Calosomes comprend un
pénis arqué, dont la partie basale est relativement courte i)ar rapport au
Fig:. 5 à 8. — Organes copnlatom-s, de profil et, face dorsale do la partie apicale du pénis.
— Fig. 5 et 6. Cychnis aUcnxuUus F., des Alpes-.Maritiines. — Fig. 7 et 8. Parnharus Gue-
rini Gory, de l'.tustralie.
corps de l’organe. Les styles sont sensiblement de même longueur. Ils pré¬
sentent une partie basale, ebitineuse, incluse dans une forte membrane à
deux feuillets qui entoure entièrement le pénis, et qu’il faut dilacérer avec soin
lorsqu’on fait des préparations d’organes copulateurs de Carabidae. Hors de
cette membrane, l’extrémité des styles fait saillie, sous forme de flagelle, un
peu hyalin, atténué et sans soies. Les deux styles sont semblables chez les
LES CALOSOMES
13
Cychrus (lig. 5); par contre, chez les Pamborus (fig. 7), les Ceroglossus
{lig. 9), les Carabes (fig. 11) et les Calosomcs, la partie basale du style gau¬
che est toujours plus développée que celle du style droit, le flagelle du style
droit bien plus effilé.
Une curieuse exception chez les Calosomcs est présentée par le Calo-
Fig. '.) à 12. — Organes copulateurs, do profil et face dorsale de la partie apicale du pénis.
— Fig. 9 et 10. Ceroglossus Buqueli Cast., du Chili. — Fig. 11 et 12. Carabus morbillosus
F., de l’Algérie.
pachys omiltemius Bâtes, du Mexique, dont les styles sont sétifères
(fig. 20.3).
La taille de l’organe copulateur est assez constante chez les Calosomcs. Sa
longueur ne dépasse guère, en général, le tiers de celle d’un élytre. Mais les
Carabomorphiis de l’Afrique orientale montrent un allongement extraordi¬
naire de l’organe copulateur qui dépasse en longueur les deux tiers d’un
élytre. Le même allongement est la règle chez les Carabes. Il semble donc
qu’il existe une corrélation entre l’aptérisme, l’évolution « caraboïde » de la
sculpture des élytres et l’augmentation de taille de l’organe copulateur. On
va voir que l’hypertrophie et la complication du ligule s’ajoutent à cet ensem¬
ble évolutif chez les Calosomcs caraboïdes des régions montagneuses.
Le ligule. — Chez tous les Calosomcs, sans exception, il existe un ligule
dont la forme est généralement constante. C’est un lobe plus ou moins trian¬
gulaire, membraneux et mamelonné chez les [genres que je réunis sous la
rubrique de « Calosomcs lobés » (espèces ailées de type arboricole), mais qui
11
11. JE.VNXEL
est le plus souvent cliitinisé, lamelleux, à pointe aiguë et recourbée en crochet
(Calosomcs ongulés). La face externe du ligule porte toujours des poils, au
moins sur sa partie basale. Prolongement d’un renforcement dorsal de la
paroi pénienne, toujours bien visible, le ligule occupe ordinairement la
moitié proximale de l’orifice apical qu’il recouvre. Sur les exemplaires de
collection dcssécliés, le ligule est toujours caché, enfoui sous des replis laté¬
raux des parties molles de l’orilice
apical ; mais il est facile, après ramol¬
lissement, d’écarter le ligule au moyen
d’un crochet et de le dégager tel qu’il
est figuré sur les dessins accompa¬
gnant les descriptions des genres dans
ce travail.
La présence d’un ligule est carac¬
téristique des Calosomcs. C’est même
sans doute le meilleur caractère pour
définir les Calosomcs et les distin¬
guer des Carabes. Je ne connais aucun
Carabe dont l’orifice apical du pénis
porto un ligule; tout au plus existe-t-il
un très petit repli chez certains,
comme C. morbillosus (fig. 12). Pas
do ligule non plus chez les Cychrus
ifig. G). Les Ceroglossiis (fig. 10) et
les Pamboriis (fig. 8) ont à la place
du ligule un largo rideau membraneux
plus ou moins écailleux et mat, tendu
en travers de l’orifice apical dont il
forme le bord proximal.
H. Fraxz (^) a figuré ce ligule des
Calosomes (fig. 17 et 18]. 11 en a noté
la pubescence (fig. 21) ; mais il l’a
certainement confondu avec une « pièce
copulatrice », car il le nomme « Zahn
im Praeputialfeld » et ne fait aucune différence entre cette « dent » du
Calosome (fig. 21) et celle du Carabus clathratus (fig. 20). En réalité la
dent du Carabus est une « pièce copulatrice » évaginable du sac interne;
la dent des Calosomes est un « ligule » externe. Je donne ci-joint le dessin
d’une dissection du pénis d’un Carabus Ullrichi Germ., qui montre bien
la position interne de la « dent » du sac interne, tout à fait différente de
colle d’un vrai ligule (fig. 13).
(1) II. Fr.inz. Jlorphologische und phylogenetisclie Studien an Carabus L. und den
niiohstvernandton Gatlungen. (Zs. fur wiss. Zoot., Bd. 135, 1(69, p. 103-213).
Fig. 13. —Carabus UUric)ti Geriii. ; pénis et
sac interne disséqués pour montrer la dent
(’vaginable, apicale et dorsale, du sac
intei'iie (d).
LES CALüSOJIES
li
Il est très remarquable qu’aucun Carabe, à ma connaissance, ne présente
de vrai ligule. Mais cet organe subit une évolution extraordinaire chez les
Calosomes caraboïdes vivant à haute altitude. Chez eux le ligule subit un
accroissement ortliogénétiquo qui produit d’étranges hypertrophies, varia¬
bles selon les espèces, mais se reproduisant parallèlement dans les diverses
lignées oropbiles occupant des massifs très différents. On peut suivre cette
ortbogénèse qui est en quelque sorte jalonnée par les trois stades suivants :
Premier stade. — Espèces aptères, peu modifiées dans leur morphologie
externe et vivant à faible altitude : le ligule est semblable à celui des types
ailés. C’est le cas de Blaptosoma (Mexique), de Carabops (Afrique).
Deuxième stade. — Lignées montagnardes à caractères morphologiques
externes évolués; aspect caraboide. Le ligule est toujours hypertrophié,
mais garde encore sa forme primitive et son extrémité crochue. C’est le cas
des Callistenia des iMontagnes Rocheuses (série pliyl. de Callisthenes), des
Orinodromits de l’Afrique orientale (série pliyl. de Castrida-Caminara).
Troisième stade. — Lignées montagnardes, d’aspect caraboide, à sculpture
de l’élytre en évolution très poussée; le ligule est énorme et prend des
formes qui s’écartent tout à fait du type primitif : MicrocalUsthenes
balkaniques, à ligule en forme de longue tige subcylindrique à sommet
mousse; Carabomimus mexicains, à ligule dilaté, pourvu d’ailerons et
prolongé en flagelle; Calopachys mexicains, à ligule terminé par une dila¬
tation spatulée; Carabomorphus de l’Afrique Orientale, à ligule renflé et
terminé par un bourrelet en cimier de casque.
Toutes ces formes de ligules sont figurées au cours de cet ouvrage; elles
donnent d’excellents caractères spécifiques. Du point do vue biologique, elles
apparaissent sans utilité ni fonction, comme des ultraévolutions plutôt
disbarmoniques. Il est manifeste que leur apparition se trouve en corrélation
avec l’ensemble des transformations morphologiques qui font des Calosomes
montagnards des espèces d’aspect caraboide. Comme pour tous les carac¬
tères corrélatifs, la relation entre l’évolution sculpturale de l’élytre, l’apté-
rismo et l’hypertrophie du ligule nous échappe. Sans doute son explication
sera-t-elle donnée par le jeu des réactions du milieu intérieur vis-à-vis des
influences du milieu externe.
Organe copulateur femelle
L’appareil copulateur femelle comprend d’abord un vagin, dont la partie
profonde, musculeuse, constitue ce qu’on a nommé la « bourse copulatrice
IL Franz, 1929, p. 181, fig. 7). Sur la paroi ventrale de la bourse copula¬
trice, un orifice donne accès à la terminaison de l’oviducto, dilatée en une
poche où débouche sous forme d’un long tube enroulé, un diverticule
nommé n receptaculum seminis ». Comme l’a montré H. Franz, cette dispo¬
sition est relativement simple par rapport à d’autres plus compliquées,
comme celle du Dytique, dans le groupe des Adephaga. Les spermatozoïdes
16
R. .lEANXEL
H. Franz (1929)
(leux cliitinisations
déposés dans la bourse copulatrice passent par rorificc dans la poche de
l’oviducte et s’accumulent dans le receptaculum seminis, où ils sont conservés
et fécondent les ovules au fur et à mesure de leur chute de l’oviducte dans sa
poche terminale.
a décrit dans l’organe copulateur femelle des Carabes
distinctes, variables selon les espèces et les groupes
d’espèces envisagés. L’une est ce
qu’il a nommé « apophyse vagi¬
nale » et se trouve à la face ven¬
trale de la poche de l’oviducte.
C’est une pièce formée par la
jonction de deux ou trois pla¬
ques, souvent d’aspect papilio-
nacé, dont H. Franz a montré
la variabilité chez les Carabes.
Il s’agit certainement d’une
« apophyse » d’insertion des
muscles périvaginaux.
L’autre chitiiiisation est une
plaque en forme d’écusson, vi¬
sible à la face interne de la bourse
copulatrice ; en son milieu se
trouve l’orilice donnant accès à
la poche de l’oviducte et au rc-
ceptaculum seminis. Cette pla¬
que, désignée par H. P’ranz sous
le nom de « Bursaplatte », qu’on
pourrait traduire par « plaque
vaginale », n’est joas tout à fait
homologue de Van?iulus recep-
taculi » décrit par K. Holdhaüs
(1913) chez les Microlestes.
Fig. 14. — Sommet du pénis et organes femelles
du Carabus Ullrichi Germ. (fixés in copula par
l’eau bouillante). La paroi dorsale de la bourse
capulatrice a été incisée pour montrer les rap¬
ports de la dent évaginable du sac interne du
mâle avec la plaque vaginale. — A'., 10' urite;
b. c., bourse copulatrice; o., oviducte.
L’a/inulus est une bague entou¬
rant le débouché du receptaculum dans la poche de l’oviducte; la plaque
vaginale est un cadre cliitineux qui maintient rigide le petit orifice unissant
la poche de l’oviducte à la bourse copulatrice.
Dès 1922 (') j’avais signalé l’existence de cette plaque vaginale que
j’appelais alors « annulas receptaculi ». Après fixation in copula d’un couple
de Carabus Ullrichi Germ. par projection dans l’eau bouillante, j’avais
disséqué la femelle (fig. 14) et reconnu que la dent du sac interne du mâle,
évaginée pendant la copulation, se met on rapport avec la plaque vaginale
(I) R. Jeanxel. Biospeologica, XLVII. Silphidae Catopinae. {Arch. Zool. e.xp., 01, 1022,
p. 20).
LES CALOSOJIES
17
(fig. 15) et paraît bien ainsi avoir pour rôle de pousser le spermatophore
dans l’orifice rigide de cette plaque. Il semble bien qu’une relation fonction¬
nelle existe entre la dent du mâle et la jilaque de la femelle. Sans doute
existe-t-il entre ces deux organes une coaptation réciproque, analogue à celle
i[ue j’ai mise en évidence entre la dent
ventrale du sac du mâle des Choleva et
le tergite du segment génital de la
femelle (* ).
II. Franz (1929, p. 208 à 211) a montré
que l’apophyse vaginale était très diffé¬
rente chez les Calosomes et chez les
Carabes. Elle est bien plus simple chez
les premiers. Celle des Céroglosses est
du même type ([ue celle des Calosomes.
Quant à la « plaque vaginale », II. Franz
la signale mais n'en décrit pas les varia¬
tions. Il m’a semblé qu’elle pourra servir
à caractériser des groupes d’espèces chez
les Carabes.
Caractères sexuels secondaires
Les protarses des mâles sont dilatés
et les articles dilatés sont couverts en
dessous par un revêtement de poils
adhésif courts et serrés, très nombreux,
formant comme une sole feutrée ou
spongieuse. Ce revêtement ventral du
protarse est le même que chez les Carabes
et d'ailleurs tous les Cavabidae (s. str.).
Le nombre des articles dilatés et feu¬
trés est variable; il est généralement de
trois; mais on trouve des espèces avec quatre articles dilatés et feutrés,
d’autres n’en ont ([ue deux [C. algiricurn] ou même pas du tout (C. Reitteri,
C. denticolle). Le caractère peut varier dans l’intérieur d’une même espèce
yC. inquisüor, CalUslhenes Kushakewitchi).
Un autre caractère sexuel des mâles des Calosomes porte sur les mésotibias.
Chez beaucoup d’espèces, et en particulier chez les Calosomes lobés et les
genres de la série Castidda-Carninara, les mésotibias et métatibias sont
fortement arqués en dedans chez les mâles, les premiers étant munis d’une
brosse de poils dorés très serrés sur la partie distale de la face interne. Cette
brosse est indépendante de celle qui se trouve sur la face externe; elle a la
(1) R. Jeaxxel. Révision des Choleva Latr. [L'Abeille, XXXII, 1923, p. 7).
.MÉMOIRES DU MUSÉUM, XOUVEI.LE SÉRIE, TOME XIII. 2
Fig. 15. — Appareil génital femelle du
Carabus Ullrkhi Germ., vue dorsale;
la iiaroi dorsale a été incisée pour
montrer la plaque vaginale dans la
bourse copulatrice, l’atrium vaginal et
les gonapophyses en forme d’ongles. —
b. c., bourse copulatrice; m., muscles;
si., gonapophyses; o., oviducte.
18
Pu JEANNEL
forme d’une longue frange chez les Calosoma (fîg. 16 et 17), d’une houppe
ovalaire apicale chez Castrida et chez Caminara (fig. 18 et 19).
Comme tous les caractères sexuels secondaires, celui constitué par la
présence de brosses mésotibiales manque de constance. Il disparaît chez
certaines espèces dans les genres qui en sont normalement pourvus [Calo-
drepa ]Mlcoxi, Caminara imbricatum (lig. 20), Campalita Olivieri et autres
Fig. IC à 20. — Mésotil)ias des luàlescle divers Caiosomes [br., Iirosse). — Fig. 10. Calosoma
sycophanla !.. — F'ig. 17. Calosoma inquisUor E. — Fig. 18. Casirida /'ulgeiis Chaud. —
Fig. 10. Caminara chlorostictum Dej. — Fig. 20. Caminara imbrhalum Klug.
espèces voisines). D’autre part les brosses sont constamment absentes chez
les mâles des deux séries j)hylétiques de Callisthenes et de Callitvopa.
Aucune lignée de Carabes ne présente des brosses, à ma connaissance.
Ghétotaxie
On ne tient pas assez compte, à mon avis, des caractères chétotaxiques
dans la systématique des Carabiques. On hésite à se servir de ces caractères,
parce qu’ils sont inconstants et parfois fugaces, mais l’évolution de l’appa¬
reil sétal est tout de même un des meilleurs critères pour définir les lignées..
Les soies, il est vrai, sont caduques. Telle soie caractéristique d’un genre
peut manquer par variation individuelle ou même spécifique. Et aucune
différence n’existe entre l’espèce qui a perdu récemment une soie caracté¬
ristique, et une autre appartenant à un genre qui ne la présente pas norma¬
lement. Mais il est facile d’observer que la régression des diverses soies des
Calosomes se fait par des évolutions disjointes. Il existe selon les lignées
LES CALÜSOJIES
li)
dos corrélations entre la persistance de telles soies et la disparition de telle
autre, qui constituent d’excellents caractères de liliation.
Par exemple, la grande série phylétique de Castrida-Caminara montre
une jjermanence relative de la soie prothoracique postérieure en corrélation
avec la perte de la soie métatrochantérienne. Au contraire, la série phylétique
de Callitropa a perdu de bonne heure sa soie prothoracique et conserve la
métatrochantérienne. Dans l’une ou l’autre des deux séries, les exceptions
se rencontrent, en ce sens que la soie « conservée » peut à son tour dispa¬
raître ou que la soie « disparue » peut parfois persister. Mais ce sont là alors
des cas isolés d’ultraévolutions ou d’archaïsmes, qui ne doivent pas être pris
en considération pour nier la valeur taxonomique du caractère sétal.
Ceci dit, il faut examiner successivement les principales soies des Calo-
somes.
Soies susorbitaires. — Tous les Cavabidae s. str., c’est-à-dire les Calo-
somes. Carabes, Céroglosscs, Cychrus, etc., n’ont qu’une seule soie susorbi-
taire, la postérieure. Cette soie est multiple, remplacée par une touiïe de
plusieurs soies chez les Ceroglossus ; mais ici la touffe elle-même est homo¬
logue de la soie unique des Calosomes.
Soies prothoraciques. — Comme chez tous les Carabiques, des soies se
trouvent sur la gouttière latérale du pronotum des Calosomes, l’antérieure
vers le milieu de la longueur, au niveau de la plus grande convexité du côté,
la postérieure sur le lobe postérieur. La soie antérieure persiste ordinaire¬
ment cliez les Calosomes, sauf chez des lignées aptères, comme celle des
Callisthencs. La soie postérieure s’atrophie généralement.
Ce n’est que dans la série phylétique de Castrida-Caminara que cette soie
postérieure persiste. On la trouve aussi bien chez les Castrida sudaméri-
cains que chez les Caminara et Campalita de l’Ancien-Mondc. Mais elle
s’atrophie et tend à disparaître dans quelques lignées [Charmosta, s. str.),
et surtout dans les genres orophiles et aptères des montagnes africaines :
Carabops, Orinodrornus.
Toutes les autres lignées de Calosomes, aussi bien les Calosomes ailés, que
les Callisthenes et les genres de la série de Callitropa, n’ont jamais de soie
prothoracique postérieure. La seule exception connue est celle du Microcal-
listhenes luxatus Say, des montagnes Rocheuses, dont certains individus
ont une ou même plusieurs soies sur le lobe postérieur du pronotum.
Il faut noter en passant que la disparition de la soie prothoracique posté¬
rieure n’est aucunement en corrélation avec l’atrophie du lobe postérieur du
pronotum. La soie existe chez Caminara chlorostictum à lobes réduits, elle
manque toujours sur les grands lobes des Callisthenes ou des Callitropa.
On sait qu’elle manque aussi le plus souvent chez les Carabes, dont les lobes
sont toujours très développés.
Soies de Télytre. — La série ombiliquée est toujours formée de fouets très
petits et très nombreux chez les Calosomes, et ne fournit aucun caractère
utile à la systématique.
20
K.JEANXEL
Les soies discales existent toujours sur les interstries 3, 5 et 7, qui sont
devenus les primaires. On verra l’importance de ces soies discales, toujours
minuscules, mais qui dirigent par leur présence l’évolution de la sculpture
vers les types caténulés et foraminés.
Toutes sortes de changements de forme et de coloration surviennent sur
les élytres, soit que les espaces interstriaux se soulèvent pour former des
côtes ou des saillies, soit que la coloration primitive s’efface, au cours de
l’évolution des Calosomes. Mais chaque insertion de soie discale sur le pri¬
maire constitue comme le centre d’une aire réservée sur laquelle les modifi¬
cations évolutives no se font pas sentir. L’insertion des soies reste basse
lorsque les interstries se soulèvent et il en résulte des séries de chaînons sur
les primaires; elle reste lisse lorsque la surface devient rugueuse ; elle garde
la coloration métallique primitive, lorsque celle-ci disparaît sur la surface de
l’élytre; et ainsi se forment les vastes fossettes et les points métalliques
des primaires, si fréquents chez les Calosomes et d’ailleurs aussi chez les
Carabes.
Soies labiales. — Deux grandes soies existent sur le disque du labium,
soit vers le centre, soit près de la base de la dent médiane. Ces soies ont une
grande importance taxonomique, en ce sens que leur présence a souvent la
valeur de caractère générique. C’est ainsi qu’elles sont constantes chez les
Chrysosligma et Microcallisthenes, tandis qu’elles font défaut chez les
Callisthenes.
Le palpe labial présente des soies qui sont généralement utilisées dans la
systématique des Carabes. Chez les Calosomes, l’avant-dernier article porte
quatre à cinq soies en deux rangs sur le bord interne (fig. 65), comme chez
tous les groupes de Carabes dénommés par V. de Lapouge « polychètes »,
par opposition aux Carabes « dichètes », dont le même article labial ne porte
que deux soies. Les quatre soies des Calosomes deviennent une frange de soies
longues et très nombreuses, chez VHaplothorax de l’île de Sainte-Hélène
(fig. 91).
Il est clair que le type polychète est primitif et que, par conséquent, les
Carabes des groupes dichètes doivent être tenus pour plus évolués que les
polychètes et par conséquent plus éloignés des Calosomes.
Soies gulaires. — Quatre soies occupent le bord antérieur de la pièce pré¬
basilaire sur laquelle s’articule le labium. Ces soies sont faciles à voir lors¬
qu’on examine le Calosomc de profil. De même qu’il existe des lignées de
Carabes sans soies gulaires, do même ces soies font défaut chez certains
Calosomes, les Ctenosta et Haplothorax, dont la pièce prébasilairc est
d’ailleurs particulièrement courte et oblique.
Soies trochantériennes. — Une grande soie s’insère sur les quatre tro¬
chanters postérieurs, remplacée par une touffe de soies chez Haplothorax.
Celle des métathochanters est particulièrement importante pour la systéma¬
tique, car sa présence ou son absence caractérise assez bien les lignées.
Soies abdominales. — Quatre soies ou davantage s’alignent sur la largeur
LES CAL»()SOMES
21
de chaque segment ventral de l’abdomen. Ces soies jjcuvent manquer dans
certains cas.
Soies génitales. — C’est un caractère essentiel des Carabidae d’avoir des
styles longs, effilés, achètes. Mais comme toujours, il existe une exception ;
le Calopachys omiliemius Bâtes, espèce aptère, caraboïde, des hautes
montagnes mexicaines, porto une grande et une petite soie au sommet de ses
styles (fig. 203). 11 s’agit là d’un caractère atavique fort remarquable.
D’autres soies existent à la surface du corps des Calosomes, comme les
soies du labre, celle du premier article de l’antenne, les soies des pattes,
etc., mais présentent une importance taxonomique moins grande. Elles
rendent toutefois des services pour la définition des espèces.
Pour résumer ce qui vient d’être dit et montrer l’allure de la régression
disjointe des soies dans les lignées des Calosomes, voici un tableau donnant
en quelque sorte la formule ebétotaxique de chaque genre et sous-genre :
GENRES
U
05
U
-U
6-
V
O
■Lsa
GENRES
05
U
P
CL'LAIRES
U
s
'Caa
es
■U3
f—
U
S
6-
•al
!
I. G.\losomi:s
LOUKS
Elgüiiorites ....
0
4-
4-
0
Garabomorphus....
_L
+
+
0
Australodrepa
0
-f
0
0
Calodrepa
0
+
0
0
III. SlilUE PIIYL. DE
Callist/iencs
Galosoma
0
+
+
Ghrysostigma.
0
4-
4-
4-
II. Skiiik imiyl. Castridn-Caminara
Microcallisthenes..
0
4-
+
4-
Callistcnia.
0
4-
+
4-
Castrida.
+
+
+
0
Gallisthenes.
0
4-
0
4-
Catastriga.
H-
+
+
4-
Teratexis.
0
4-
Neocalosoma..,
0
+
+
4-
Microcafosoma.
0
+
0
IV. SÉUIE l•HYl.. DE
Callitropa
Caludenia.
0
+
+
0
Gaminara.
-(-
+
4-
0
nAniAdiiln
0
+
0
4-
Gharmosta.
0
+
+
4-
Carabosoma ...
0
+
0
+
Gampalita.
+
+
4-
0
Caniegonia ....
û
+
4-
0
Gtenosta.
0
0
0
0
Gallitropa
0
4-
0
+
Haplothorax.
0
0
+
Paracalosonia..
0
+
0
+
Garabops .
+
+
4-
Blaptosoma . ..
0
4-
0
4-
Orinodromus.
4-
+
+
Garabomimus.
0
+
0
4-
Caraboplianus .
(1
+
4-
0
Galopachys.
0
4-
0
4-
1!. .lEAXXEL
Morphologie externe
Antennes. — Un caractère assez constant chez les Calosomes réside dans
la forme des articles de la base des antennes : le deuxième est très court, le
troisième très long, tous deux comprimés et pourvus d’une carène tranchante
interne. Ce caractère est développé au maximum chez les espèces aidées dont
le deuxième article est globuleux, le troisième bien plus allongé que le qua¬
trième. Mais au fur et à mesure que les espèces prennent des aspects de
Carabes, la structure des antennes tend vers le type Carabe et les différences
de longueur des articles de la base s’atténuent. Quant aux carènes des articles,
elles persistent en général chez les Calosomes caraboïdes qui se distinguent
en cela des Carabiis. Mais ces carènes manquent chez Haplothorax, de sorte
qu’il est impossible de les considérer comme absolument caractéristiques des
Calosomes.
Mandibules. — Chez les Calosomes, les mandibules sont obliquement et
densément ridées en dessus, et ce caractère suffit en général pour distinguer
un Calosome d'un Carabe, au premier coup d’œil. Mais les rides des mandi¬
bules s’atténuent chez les espèces aptères comme certains Callisthenes et
surtout les Carabomimns et Blaptosoma mexicains; elles disparaissent tota¬
lement chez les Orinodromus et Carabomorphus des montagnes de l’Afrique
Orientale.
Cet effacement des rides mandibulaires est un caractère constant chez les
Carabes, dont les mandibules sont lisses, aussi bien chez les espèces de haute
montagne que chez les espèces de plaine et môme celles ailées, comme
C. gi'anulatus ou C. clathratus.
Dans les divers groupes de Calosomes aptères et caraboïdes, l’effacement
des rides mandibulaires coïncide avec celui de la ponctuation des pièces ster¬
nales qui deviennent lisses, elles aussi. Il paraît bien chez eux que ces efface¬
ments du relief ebitineux soient en corrélation avec l’aptérisme montagnard ;
il s’agit en tout cas d’un caractère néogénétique. Il n’en est pas de même
chez les Carabes, dont les mandibules lisses sont certainement paléogéné¬
tiques, héritées de la souche primitive.
Il faut donc constater que les Calosomes ont des mandibules ridées, dont
la sculpture s'efface peu à peu chez les espèces montagnardes; que les
Carabes ont les mandibules toujours lisses et doivent descendre d’une souche
à mandibules lisses.
Palpes. — La longueur relative des deux derniers articles du palpe
maxillaire, ainsi que la forme du dernier article, fourniront des caractères
utiles à la systématique des Calosomes.
Le palpe labial est intéressant par les soies qu’il porte sur le Ijord interne
de son avant-dernier article.
Labium. — Généralement moins développé que chez les Carabes, le labium
est court, transverse, séparé de la pièce basilaire par une suture. Les lobes
LES CALOSOMES
sont peu saillants, la dent médiane simple, tantôt peu saillante et obtuse
(Calosonies lobés), tantôt au contraire aiguë, spiniforme.
Le disque du labium porte souvent des soies.
Pronotum. — Presque toujours les Calosomes ailés ont les lobes posté¬
rieurs du pronotum réduits ou atrophiés, contrastant avec ceux, toujours
amples et saillants en arrière, des Carabes. Mais il existe des lignées de Calo¬
somes ailés [Callitropa] dont les lobes jiostérieurs du pronotum sont très
23.
iMg. :^1 à 24. — Pronotum de divers Calosomes. — Fig. 21. Callilropa exlernum Sa}’. —
Fig. 22. Calngdma sycnjiluinld !.. — Fig. 23. Castridu vayiins Dej. — Fig. 24. Callisthenes
regdianm Jlor.
développés, et aussi des lignées aptères [Callisthenes \ chez lestjuelles ils sont
très comparables à ceux des Car abus (fig. 21 et 24).
Ici c’est le type à lobes saillants qui semble primitif et s’est conservé chez
certaines anciennes lignées de Calosomes. L’effacement des lobes est évidem¬
ment en corrélation avec l’usage dos organes du vol qui développe un
élargissement du méso- et du métathorax ainsi que de la base des élytres, et
détermine un rétrécissement inverse du pronotum.
Pièces sternales. — Il n’y a pas lieu de s’étendre ici sur la disposition des
pièces sternales au niveau des cavités coxales, disposition caractéristique
des groupes définis par Th. Si.oaxe comme « disjiincti » et « aperti «. Mais
il est un caractère sur lequel on ne porte pas assez d’attention, c’est la ponc¬
tuation des pièces sternales. On verra au cours de cette étude que le type de
ponctuation des métépisternes présente une grande importance systé¬
matique.
24
li. .lEAXNEL
Évolution de la sculpture de l’élytre
Je dois revenir à ce sujet que j’ai traité jadis dans un mémoire sur l'élytre
des Adephaga ('). Si je suis toujours convaincu, comme autrefois, que l’élytre
des Carabes et des Calosomes dérive d’un type primitif à 8 stries, comme
celui de tous les autres Adépliages, l’étude des Calosomes m’a conduit à
modifier sensiblement l’idée que je m’étais faite de l’évolution de la sculpture.
Ce que j’ai appelé « type simplex » ne me paraît plus aujourd’hui être un
stade primitif, et l’évolution ornementale de l'élytre me semble maintenant
jdus complexe que je ne l’avais supposé.
Voici donc comment il me semljle qu’il faut se figurer l'évolution de la
sculpture chez les Calosomes, et par extension chez les Carabes.
Le type primitif triploïde. — T.es Calosomes et Carabes proviennent néces¬
sairement d'une souche primitive dont les élytres devaient avoir, comme tous
les Carabiques, 8 stries et 9 interstrics, les interstries impairs, 3, 5, 7, por¬
tant des soies (intcrstries-nervurcs), le 9“ avec la rangée des fouets de la série
ombiliquée. Mais chez le « Procalosome » cette disj)osition primitive s’est
modifiée par l’apjjarition d’éléments ornementaux sur certains interstries.
f.cs interstries impairs et les Interstrics pairs ne se sont pas comportés
de la même manière.
T. CS interstries impairs nervures) n’ont toujours développé qu’un seul
élément ornemental; c’est celui qu’on nomme le primaire. Il est toujours
reconnaissable parce cpi’il est conditionné par la présence des soies discales.
Surélevé, il prend l’aspect d’une côte si les soies s’atropliient, d’une suite de
chaînons si les soies persistent et déterminent des interruptions. D’autres
fois le primaire est marqué par une suite de fossettes, concolores ou métalli¬
ques; au fond de chacune d’elles se voit la soie discale.
Les interstries pairs (internervuraux) n’ont pas la même individualité. Ils
s’élargissent et se compliquent plus ou moins selon les lignées, en dévelop¬
pant un nombre variable d’éléments longitudinaux, isolés par des stries de
2" ordre. Ces éléments sont les secondaires, tertiaires et même quaternaires
des carabologistes. C’est une des principales caractéristiques des Carabidae
'sensu nov. ; d’avoir au moins trois éléments sur chaque interstrie pair : un
secondaire flanqué de deux tertiaires.
On remarquera dès maintenant que ces éléments de l’interstrie pair n'ont
pas la même valeur morphologique que celui de l’intcrstrie impair. Le pri¬
maire, sur la nervure, contient les organes (vaisseaux, trachées, nerfs) de
l’élytre; les autres, sur l’espace internervural, ne sont que des formations
ornementales et seront d’autant plus nombreux que l’espace sera plus étalé.
Je propose d’opposer au « primaire » ces éléments internervuraux en les
nommant « intermédiaires ».
(1) lî. .JE.4NNEI,. Morphologie de l’élytro cle.s Coléoptères Adéphagc.s. {Arch. Zuol. c.rp. cl
'/lin., 61, 1925, p. 1-84, pl. I et II).
LES C'Al.OSOMES
L’ « élément » sculptural des Calosomes, quel qu’il soit, est compris entre
deux stries et essentiellement constitué par une rangée longitudinale de
fausses écailles, qui correspondent aux plateaux chitinisés des cellules épider¬
miques et se présentent comme imbriquées à la façon des tuiles d’un toit.
Cette « tégulation » [tegulae, tuiles) de la surface élytrale du Calosome est
caractéristique. Elle peut représenter à elle
seule toute la sculpture (C. maderae) ; mais
le plus souvent les rangées longitudinales de
fausses écailles sont soulevées et forment des
cotes séparées par les stries.
On peut observer que ce sont les Calosomes
à tégulation non soulevée en cotes, comme
les Campalita et certains Callisthenes, dont
la sculpture se complique par apparition d’élé¬
ments plus nombreux. Au contraire, chez les
Calosomes côtelés, l’évolution de la sculpture
se traduit plutôt par la régression de certains
éléments.
Quel est donc le type de sculpture qu’il faut
tenir pour primitif chez les Calosomes? J’avais
cru autrefois que ce devait être ce que j’avais
appelé « simplex », c’est-à-dire un type do
sculpture à 9 éléments : chaînons sur les im¬
pairs, côtes sur les pairs, comme le Carahus
monilis en donne un bon exemple. En réalité
ce type simplex est l’aboutissant de l’évolution
régressive des sculptures côtelées auxquelles
il a été fait allusion ci-dessus. L’étude dos Calo¬
somes m’a prouvé que le type le plus primitif
de sculpture est celui à 16 éléments sembla¬
bles, par exemple celui d’un Calosoma syco-
phanta 1^, ffig. 25) ou d’un Caminara imbri-
catum Kl. I,e 1“*’ interstrie-nervure est repré¬
senté par le bourrelet suturai. Les trois
primaires (4", 8“ et 12“ intervalles) sont les
3“, 5" et 7" interstries-nervures primitifs, et la
série ombiliquée occupe la place du 9". Entre ces interstries-nervures (pri¬
maires), les espaces « intermédiaires » sont occupés chacun par trois côtes.
Ce type à 16 éléments égaux sur chaque élytre est do beaucoup le jjIus fré¬
quent chez les Calosomes ailés (pl. IT). Les primaires ne se distinguent des
autres éléments que par quelques points déterminés par les soies discales ;
tous ont sensiblement la même largeur et la même saillie. Ce type sera nommé
« triploïde », pour marquer que l’ornementation de l’intermédiaire est triple;
un secondaire flanqué do deux tertiaires. Il sera de plus qualifié d’« homo-
initif, triploïde et hoinodynamo.
J.es primaires portent des points
si'tifères; entre les primaires,
l’intermédiaire forme trois élé¬
ments : un secondaire et deux
tertiaires ; tous les éléments sont
semblables.
1!. .lEAN.NEL
dynamo » parce que tous les éléments, le primaire et les intermédiaires, ont
la môme importance.
La pentaploïdie. — Chez certains Calosomes asiati(iues et méditerranéens
13231 1323 1 313231
26 . 27 . 28 .
Fig. ^(3 à i8. — Fragment clVlytre très grossi, montrant la tégulation et son évolution pen-
taploïcle; les gros points sont sur le.s primaires ; les tertiaires se dédoublent. — Fig. 2(1.
i'ampalUa maderac F., forme typique de File do .Madère ; irrégularité des tertiaires. —■
Fig. 27. Campalila madorac subsp. indagalar F., du Maroc : le dédoublement de la tégu¬
lation s’accuse sur les tertiaires. — Fig. 28. Cnmpnlita auropunclatim llerbst, d’Alle¬
magne : stade plus avancé vers la pentaploïdie.
(Campalita, Callislhenes] le nombre des éléments s’accroît sur les intermé¬
diaires. Et cette complication paraît ne se produire que chez les seules lignées
13 23 1 13231 13231
29 30 . 31 .
Fig. 211 à 31. — Fragment d’élytre, très gros.si, montrant la tégulation et son évolution pen-
taploïde. —Fig. 2‘J. Campalita algiricum, Géli., d’El Golea : type pentaploïde normal. —
Fig. 30. Cam])alit'i langanyicac, n. sp., du ’Fanganyika : type pentaploïde à tégulation étirée
en travers. — Fig. 31. Campalila chineme Kirby, de Chine: type « confus ».
de Calosomes originaires de l’Asie centrale et dont la tégulation n’est pas
soulevée en ctiites saillantes.
11 est facile de constater qtie ce sont les tertiaires ([ui se dédoublent, de
LES CALOSOJIES
27
sorte que le nombre des éléments de l’intermédiaire 2 iassc de trois à cin(j,
réalisant un type « pentaploïde » (jil. IV).
Chez un Campalita inaderae, un examen un jjeu attentif de la tégulation
montre que les écailles des tertiaires perdent leur régularité; ce caractère
est d’ailleurs jilus accusé chez les races continentales iindagatoj-) que chez
la forme tyjiique de File de Madère i fig. 26 et 27). Le dédoublement des ter¬
tiaires est plus avancé encore chez C. aaropunctatum (fig. 28), où la tégu¬
lation des intermédiaires, quoique un peu confuse, se dispose grosso modo
sur cinq rangs. La pentaploïdie est nettement constituée chez C. Olivieri, ou
encore C. algivicum (fig. 29), ou même chez le très curieux C. tanganyicae,
n. sp. ^fig. 30) dont toute la tégulation est fortement étirée en travers. Chez
tous ces types joentaploïdes, la saillie des cinq éléments intermédiaires est
la même que celle des {jrimaires, et on se trouve toujours en jirésence de
types homodynames.
Poussée plus avant, chez certaines espèces asiatiques comme le C. chinense
(fig. 31), l’évolution pentaploïde aboutit à une sculpture « confuse n par disso¬
ciation des éléments : les stries disparaissent, les écailles se résolvent en
granulations saillantes et nombreuses, sans trace d’aucun alignement longi¬
tudinal (pi. IV, fig. 7).
Les types lisses. — Diverses lignées primitivement trij)loïdes et homo¬
dynames subissent un effacement j)rogressif du relief sculjùural aboutissant
à des types à élytres absolument lisses et unis. Cet effacement se produit
•chez les Callisthenes asiatiques, chez le Neocalosoma Bvidgesi de l’Amé¬
rique du Sud; il est surtout la règle chez toutes les lignées de la série
phylétique de Callitropa, qui peuplent le sud-ouest de l’Amérique du
Nord.
Chez les Callitropa (s. str.) nord-américains, les trois espèces, externiun
Say, niacrum Le C. et protractum Le C., montrent (pl. Vlll, fig. 7 et 9
comment la saillie des éléments homodynames s’abaisse, les stries s’effacent
et la tégulation se réduit dans un petit nombre de grosses strigosités
transverses, qui persistent dans la région humérale avant de disparaître
tout à fait. Nombreuses sont les espèces xérothermiques américaines à ély¬
tres absolument lisses; elles ajipartiennent d’ailleurs à des lignées diverses :
Chrysostigma, Camedula, Callitropa, Carabomimus, Calopachys. Il en
• résulte naturellement des convergences qui rendent leur détermination assez
malaisée.
L’effacement de la sculpture se produit aussi chez des lignées monta¬
gnardes. On l’observe chez les Orinodromus (pl. V, fig. 2 et 3).
L’hétérodynamie. — En général, chez les Calosomes ailés, la sculjiturc
reste homodyname, le primaire ne différant guère que par ses soies des
autres éléments de l’intermédiaire. Mais l’évolution disjointe du primaire
et de l’intermédiaire peuvent donner naissance à des types « hétérodynames ».
28
a. JEANXEI.
Il s’agit ici généralemcut de Calosomcs montagnards, devenus aj^tères, et
qui acquièrent par convergence l’aspect de maintes especes de Carabes.
L’évolution de leur sculpture, qu’il est possible de suivre en mettant en
série les formes de passage, permet d’expliquer les sculptures, fixées depuis
longtemps, des diverses lignées de Carabes.
Chez les Calosomes, il est possible de mettre en évidence plusieurs
séries orthogénéliques qui sont les suivantes :
a. Dans le groupe des éléments intermédiaires, les tertiaires entrent en
régression ; les secondaires restent saillants et « dominent » les tertiaires
qui tendent à disparaître.
Les Carabomorphus des bordures du Rift Valley, dans l’Afrique orientale,
montrent tous les stades successifs de cette involiUion des tertiaires, qu’il
est possible de suivre sur la planche VL
C. Irachycerus et C. inasaicus (pl. VI, fig. 7 et 8) ont la sculpture
primitive, triploïde homodyname. La var. allernans (fig. 9) du inasaicus est
une indication du début de l’hétérodynamic par dominance des secondaires.
Cette évolutiqn bétérodyname se continue dans les lignées des Carabo¬
morphus de l’Elgeyo escarpment, de l’Aberdare, du mont Kénya. Elle se
déroule orthogénétiquement sur chaque massif et produit des stades
évolutifs parallèles, mais d’autant plus avancés que les espèces vivent à plus
haute altitude. Sur l’Aberdare, les races du C. inasaicus marquent les
étapes de cette évolution régressive de la sculpture; alternans (2.000-
2.200 m. I, Joannae (2.600 m.), Alluaudi (2.500-2.700 m.), Jeanneli (3.000 m. '.
La môme série évolutive est reproduite sur le mont Kénya avec les races
du C. catenatus, qui s’étagent de la même manière ; meruensis (2.000 m.;,
catenatus, Korbi Qi Bastinelleri (zone alpine au-dessus de 3.000 m.).
Quand les tertiaires sont atrophiés au point de ne plus être représentés
que par des vestiges, la sculpture est réduite aux primaires en forme de
chaînons et à uTic côte intermédiaire, la secondaire (pl. VI, fig. 4 et 6). C'est
le type de sculpture que j’avais appelé « simplex » dans mon premier
travail, le croyant plus près du type primitif. En réalité il est l’aboutissant
d’une évolution régressive par laquelle le nombre des éléments est passé
de 16 à 9 par suite de la disparition des tertiaires. Je le désignerai doré¬
navant chez les Calosomes par le nom de « type caténulé )>. Dans la série
des Carabomorphus, ce type est présenté par la race Alluaudi du masaicus,
mais aussi par les races Chappuisi et cherangani de la môme espèce, ainsi
que par le C. catenatus forme typique, du mont Kénya. On le retrouve
chez les Carabomimus du Mexique, chez les Microcallisthenes. 11 est très
répandu chez les Carabes.
A un stade plus avancé de l’évolution, cotes et chaînons du type caténulé
fusionnent par dessus les stries (pl. VI, fig. 1, 2, 3). Tout d’abord des ponts
franchissent les stries, puis peu à peu tous les creux de la sculpture se
comblent et ne laissent subsister que trois rangées de fossettes, de trous,
qui correspondent aux points d’insertion des soies discales sur les primaires.
LES CALOSOiMES
2i)
Les Carabomorphus vivant à haute altitude dans des prairies marécageuses
'C. niasaicus Jeanneli sur l’Aberdare; C. catenatus Bastinelleri sur le
Kénya) présentent ce type de sculpture que je désignerai comme « type
foraminé ». Il correspond à la sculpture de certains Carabes très liygro-
philes, comme le C. cribratus.
b. Dans le groupe des éléments intermédiaires, les secondaires s’effacent
et sont dominés par les tertiaires. C’est une évolution liétérodyname inverse
de la précédente. Elle se produit d’ailleurs non chez les lignées monta¬
gnardes, mais chez des lignées ailées. C’est le cas de certains Castrida
sud-américains ou du Ctenosta senegalense. Le stade triploïde hétérody-
name n’est jamais dépassé, et il ne se produit pas de types réduits, comme
le caténulé ou le foraminé.
c. Une évolution régressive curieuse est celle présentée par le Callitropa
[Blaptosoma] viridisulcntum Chaud, des montagnes mexicaines (pl. VIII,
iîg. 1). Certainement issu, comme les autres Callitropa, d’une souche tri¬
ploïde homodynamo, le C. viridisulcatum a ses primaires bas, même creux,
fortement colorés en vert et parsemés de petites soies nombreuses, tandis que
l’espaee intermédiaire s’étale en une large bande surélevée, unie et de colo¬
ration noire. Lorsque l’intermédiaire est peu développé, la couleur verte est
étendue et l’insecte a un peu l’aspect d’un Carabus auratus. Mais peu à peu
l’intermédiaire s’étale, la couleur verte des primaires diminue et on passe
insensiblement à des individus presque entièrement noirs et unis (pl. VIII.
fig. 3).
Chez CO Calosome, l’effacement de la sculpture des intermédiaires produit
d’abord les bandes noires (jui dominent les primaires restés colorés. La
régression consécutive du primaire, annoncée par les variations individuelles
du viridisulcatum, se trouve aboutir à des formes à élytres absolument
lisses et unis chez les espèces voisines explanaticolle, laeve, etc. Il est
curieux de constater que ces Blaptosoma lisses sont l’effet d’une évolution
liétérodyname tout à fait différente du simple effacement do la sculpture
homodyname qui a produit les élytres lisses des Camedula et Callitropa
dont il a été question plus haut.
d. Il n’est pas inutile d’observer que l’hétérodynamie du C. viridisulca¬
tum est inverse de celle des Carabes à côtes, comme C. melancholicus F’.,
C. lineatus Dej., C. auronitens P'. Chez ceux-ci le primaire est dominant,
en forme do côte saillante (la position des soies le démontre) et c’est
l’intermédiaire qui s’affaisse, se rétrécit et disparaît. Tout relief s’efface
chez C. splendens, à élytres unis, dont 1’ « haploïdie » apparente n’est
pas primitive comme je l’avais cru, mais dérive de la sculpture du lineatus.
Il n’existe aucun Calosome qui présente une hétérodynamie par dominance
du primaire et régression globale de l’intermédiaire.
Pour résumer ce qui précède, on voit que l’évolution de la sculpture
do l’élytre chez les Calosomes et par extension chez les Carabes, s’est
faite à partir d’un type triploïde homodyname d’espèces ailées.
lî. .JEA.NXEL
:îO
Par complication des intermédiaires, dont les tertiaires se dédoublent,
le type triploïde homodyname passe au pentaploïde [Campalila, Callis-
thenes elegans, C. breviusculus).
A partir du triploïde homodyname, l’élytre peut devenir lisse par simple
efïacement des éléments [Callitropa, Orinodromus).
Dans une autre direction ortliogénétique, fréquente chez les Calosomes
de haute montagne et chez de nombreuses lignées de Carabes, le type
triploïde homodyname jjasse par une série de stades hétérodynames qui
aboutissent à des sculptures simplifiées : type caténulé, type foraminé,
type lisse. Ces sculptures régressives, dont les Calosomes nous montrent
rcnchaînement avec évidence, font comj)rendre la genèse des ornemen¬
tations plus évoluées de certains Carabes.
Les Calosomes fossiles
On a décrit une quinzaine d’espèces fossiles placées dans le genre
Calosoma. 11 n’en est malheureusement pas une seule dont l’identification
paraisse justifiée.
Ces fossiles sont d’âge divers. L’un d’eux, donné comme genre éteint,
Procalosoma Giardi Meun., appartient au Lias de Schernfeld, en Allema¬
gne. Tous les autres datent du Tertiaire, les uns de l’Oligocène inférieur
d’Aix-en-Provence, les autres du Miocène supérieur d’Œningcn iBaden),
de Locle (Suisse), de Spokane et de Florissant, aux Etats-Unis.
Toutes CCS empreintes sont des débris plus ou moins bien conservés, le
plus souvent des élytres isolés. Et en présence de leurs photographies ou
des interprétations données par les descripteurs, on se demande trop
souvent, presque pour chacun d’eux, quelle raison peut les avoir fait
attribuer à des Calosomes plutôt qu’à des Carabes.
Et pourtant, la plupart des Calosomes fossiles ont été décrits par un
entomologiste, O. IIeeii, auteur de travaux de systématique excellents
pour son époque (1860). Mais la planche qu’il a donnée avec ses descriptions
pl. I) démontre au premier coup d’œil qu’il ignorait complètement les
caractères des Calosomes. Les antennes figurées dans scs reconstitutions
sont celles de Carabes et non de Calosomes; et il paraît ignorer que la
sculpture des élytres est si variable qu’elle ne peut pas suffire à caractériser
une espèce. Larges ou étroits selon leur position et leur degré d’écrasement,
ces élytres peuvent aussi bien avoir appartenu à des Carabes qu’à des
Calosomes.
En examinant successivement toutes les descriptions qui en ont été faites,
je vais d’abord éliminer celles qui ne concernent certainement pas des
Calosomes, et montrer ensuite qu’il n’est guère possible de tirer parti des
autres.
LES CALOSO.MES
Procalosoma Giardi F. Meunier, 1895, Bull. Soc. zool. Fr., p. 207.
Lias ; Sclieriifeld, Allemagne. — Mauvaise empreinte d’un animal entier,
mais sans élytres.
L’auteur croit reconnaître dans cet échantillon une espèce décrite sous le
nom A'Amara pseiidozabriis par Deichmcller [Mitt. min. geol. Mus.
Dresden, 188G, p. 65). L’empreinte décrite par h’. ISIeunier a 30 mm. de
longueur. Le seul caractère invoqué pour rapprocher l’insecte des Calo-
somes est que « le prothorax a la forme ordinaire des Calosoma » ; ce qui
est absolument faux, puisque cet organe est aussi large à la base que les
élytres. Aucun autre caractère n’est donné ; mais les deux photographies de
l’empreinte et de la contre-empreinte ne montrent absolument rien qui
puisse faire croire qu’il s’agisse d’un Carabique plutôt que de n’importe quel
autre groupe. Aussi bien ce pourrait être une Blatte.
Calosoma Agassizi Barthélémy de la Pommeraye, 1850; Guérin-Mèneville,
1851, Bov. Zool., p. 203 [Carabus). — Oustalet, 1874, Ann. Sc. géol., V,
p. 84, pl. I, fig. 2 [Callisthenes). — Théobald, 1937, Ins. foss.terr. Oligoc.
Franco, p. 388, pl. vu, lig. 13 et ix, fig. 16-17 [Calosoma).
11 n’est pas douteux à mon avis que les empreintes étudiées par Barthé¬
lémy DE LA Pommeraye, par Oustalet, puis par Théobald appartiennent à
des espèces diflérentes.
Le C. Agassizi ty])e vient de l’Oligocène inférieur d’Aix-en-Provence et
a été redécrit par Guérin-Mèxeville, dans la Revue de Zoologie. 11 a 40 mm.,
ressemble au Carabus caelatus F. et présente la même sculpture rugueuse.
Je crois en effet qu’il s’agit d’un Carabe. Et il serait intéressant qu’il soit
démontré qu’il est bien un Carabus du type dalmatinus\ ce serait un
exemple de plus de la propagation des lignées balkaniques dans le sud-est
de la France pendant le Nummulitique.
Je ne connais pas les matériaux qui ont servi à Oustalet pour dire que le
Carabus AgrtssA/Bartb. était un Callisthenes, par conséquent un Calosome
aptèbe. On est surpris d’un tel rapprochement bien inattendu, car il y a bien
jieu de rapports entre un Carabus caelatus et un Callisthenes'.
Si l’exemplaire d’Aix-en-Provence figuré par Théobald (pl. vu, lig. 13)
est bien conforme à ceux décrits par Oustalet, on peut alfirmer que ceux-ci
ne ressemblent pas (dus à des Carabus caelatus qu’à des Callisthenes, pas
même au Calosoma [Callisthenes) maderae (= C. indagator F.) [Théobald,
p. 295], que personne, n’a jamais songé à placer dans le groupe Callisthenes,
car il a des ailes et s’en sert. La bonne photographie donnée par Théobald
(pl. VII, fig. 13) du Calosome d’Aix (coll. Coquand, École des Mines) me
donne l’impression qu’il doit s’agir d'un vrai Calosoma, peut-être C. syco-
phanta L. ou C. inquisitor L. ; la taille, la grosseur des pattes, la tégulation
plus apparente dans la région humérale, me feraient croire plutôt à Vinqui-
sitor.
Reste enfin les deux photographies publiées par Théobald (pl. ix, fig. 16
■M
I!. JEANXEL
et 17), représentant des empreintes trouvées dans les plaquettes de Céreste
(Basses-Alpes) et conservées dans la coll. Hiclie (Ecole des Eaux et Forêts
de Nancy) ; elles sont attribuées au Rupélien, donc à peu près au même
niveau que celui des gypses d’Aix. En examinant ces empreintes, je constate
que les antennes ne paraissent guère du type Calosome sur la ligure 16; elles
le rappellent un peu plus sur la figure 17, mais il n’est vraiment pas possible
d’être affirmatif. L’écrasement du prothorax des deux fossiles lui donne une
forme arrondie déconcertante. Les élytres allongés, leurs épaules effacées
seraient plutôt ceux de Carabes; mais la courbure du bord suturai de la
figure 17 n’est-elle pas l’indice d’une orientation oblique de l’élytre? On peut
retrouver la môme silhouette en examinant obliquement un élytre isolé.
En somme les empreintes de Céreste sont peut-être celles de Carabes.
Elles sont peut-être aussi celles de Calosoma sycophanta. Je ne crois pas
qu’elles puissent être celles du même insecte que le Carabiis Agassizi Barth.
d’Aix-en-P ro vence.
Il n’y a donc rien à retenir d’utile, au point de vue de la phylogénie, à
propos de ces fossiles d’Aix et de Céreste. Ce fait est d’autant plus décevant
qu’il semble difficile de rencontrer de plus beaux échantillons que ceux qui
ont été figurés !
En 1860, O. Heer (*) a publié les descriptions de sept espèces fossiles
de Calosomes, dans une brochure devenue à peu près introuvable. Grâce
à l’extrême obligeance de M. le professeur J. Strohl, j’ai pu recevoir une
photographie do la planche qu’il me paraît utile de reproduire ici (pl. 1).
11 sera plus facile de suivre ainsi les réflexions que m’inspire le travail
d’O. Heer.
Calosoma catenulatum Heer (pl. I, n“ 1). — Un élytre du Miocène supérieur
de Locle (Suisse).
Cet élytre est remarquable par sa sculpture de type caténulé, qui ne
correspond à celle d’aucune espèce européenne. Rien ne prouve d’ailleurs
qu’il ait appartenu à un Calosome; ce pourrait être plus probablement un
Carabe, comme C. monilis F.
Calosoma Jaccardi Heer (pl. I, n“ 2). — Un élytre du Miocène supérieur
d’Oeningen (Baden).
Breuxixg, dans sa Monographie (1928), trouve que ce fossile ressemble
au Caslrida alternans ou au Caminara rugosum. Il me paraît bien davan¬
tage évoquer le Calosoma inquisitor L.
Calosoma nauckianum Heer (pl. I, n" 3). — Deux exemplaires, chacun avec
la tête, le prothorax et un élytre. Miocène supérieur d’Ooningen (Baden).
Ici encore il semble qu’on soit en présence de restes d’un Calosome qui
a pu être le C. inquisitor L.
(1) O. IIker. Ueber die l'ossilen Calosouien {Programm des Polytechnikums, Zurich, 1860,
10 pages ei une planche).
LES CALOSOMES
Calosoma escrobiculatum Heer (pl. I, n“ 4). — Un élytre du Miocène supé¬
rieur d’Oeningen (Baden).
On no voit aucun point sur les primaires. Mais est-il bien certain que
cela ne soit pas le fait des conditions de la fossilisation? Ces points sont
plus ou moins développés chez les Calosomes selon les individus et peuvent,
peut-être, ne pas apparaître sur le fossile. La forme de l’élytre, sa tégulation
sont encore en faveur du C. inquisitor L.
Calosoma Escheri Heer (pl. I, n” 5). — Arrière-corps, avec les jiattes, d’un
individu du Miocène supérieur d’Oeningen (Baden).
Même observation que pour le C. escrobiculatum en ce qui concerne
l’absence des points sur les primaires. Les pattes robustes sont celles d’un
mâle de Calosoma inquisitor L.; la sculpture est la môme que celle du
C. escrobiculatum et peut se rapporter au C. inquisitor L.
Calosoma deplanatum Heer (pl. I, n“ 6). — Un élytre du Miocène supérieur
de Locle (Suisse).
Le nombre des gros points enfoncés sur les primaires ne correspond à
aucune autre espèce européenne que le Campalita auropunctalum Herbst.
La diagnose de Heer indique les intervalles très plans mais tégulés, ce qui
est le cas de Vauropunctatum. La figure donnée par Heer doit exagérer
l’importance des stries qui sont très superficielles chez l’espèce actuelle
et aussi sur l’élytre fossile, d’après la diagnose.
Je crois donc que C. deplanatum peut être identifié au Campalita auro-
nunctatuin Herbst.
Calosoma caraboide Heer (pl. I, n” 7). — Un élytre du Miocène supérieur
de Locle (Suisse).
La forme étroite et la sculpture de cet élytre font penser au Calosome
de Cérestc, figuré par Théobald. Mais ne serait-ce pas aussi bien l’élytre
d’un Campalita auropunctatum à points des primaires oblitérés? Les
intervalles plans, la tégulation apparente sembleraient le confirmer. En
tous cas la comparaison que Breuxixg (1928) fait de ce fossile avec le
Callitropa externum Say n’est nullement justifiée : ce Calosome américain
a des stries fortement ponctuées et des intervalles non tégulés qui ne
cadrent pas du tout avec la description du Calosoma caraboide.
Calosoma Heeri Scudder, 1895, Geol. Mag. N. S., IV', p. 120, pl. vi, fig. 4. —
Un élytre du Miocène supérieur d’Oeningen (Baden).
D’après sa description, cet élytre fossile a 16 mm. de long, 32 éléments
sculpturaux, un peu rugueux extérieurement et séparés par des stries
finement ponctuées.
V. DE i.,APOT]GE, qui paraît avoir vu l’échantillon, pensait qu’il devait s’agir
d’un Carabe du groupe de C. hortensis. Le fait est qu’il n’existe aucun
Calosome de type « lieptaploïde » comparable à celui du C. hortensis L.
MÉMOlliES DU .MUSÉUM, NOUVELLE SÉRIE, TOME .XIII. 3
:!i
U. .ii:an.\el
A ces Calosomes fossiles de rEui' 0 [)e s’ajoutent quelques descriptions
d’espèces nord-américaines, ([ui sont les suivantes. Elles n'apportent pas
davantage de lumière sur la phylogénie du groupe.
Calosoma Emmonsi Scudder, 1900, l’. S. Geol. Survey, XIj : Adepli. and
Clav. Col. of Florissant, p. 10, pl. i, fig. 7. — En élytre, du Miocène de
Florissant (Colorado).
Élytre de 13 mm. de long, à éléments saillants et tégulés, sans points
apparents sur les primaires, que l’auteur eompare à celui du Calodrepa
Wilco.ii Le C. Ce pourrait être aussi bien un C. scrutator F.
Calosoma Calvin! Wickliam, 1909, Amer. Journ. Sc., p. 126. — Deux élytres
isolés, du Miocène de Florissant (Colorado).
La taille un peu plus grande (14 et 16 mm.) de ces élytres est le seul
caractère paraissant les différencier de celui du ('. Emmonsi Scudd. Sans
doute ont-ils appartenu à des Calodrepa scrutator F.
Calosoma Cockerelli Wickliam, 1910, Amer. Journ. Sc., p. 47. — Un
fragment d’élytre, du Miocène de Florissant (Colorado).
L’absence des points des primaires, visibles chez le précédent, mais non
sur cette empreinte, paraît être le seul caractère sur lequel Wickha.m s’est
basé pour décrire une espèce. 11 ne m’est pas possible de me faire une
opinion à son sujet.
Calosoma Pernquisti Cockerell, 1924, Proc. U. S. Nat. Mus., 64, p. 14. —
Un élytre, du Miocène supérieur de Deep Creek Canon, près de Spokane,
Etat de Washington.
Elytre très long (20,5 mm.), étroit et parallèle, atténué au sommet, à stries
fortement ponctuées, les intervalles saillants, les points des primaires j)etits.
11 est fort possible que ce soit un élytre de Callitropa externum Say.
Pour conclure cet exposé de nos connaissances sur les Calosomes fossiles,
voici comment, à mon avis, doivent se résumer les observations qu’il est
possible de faire :
Le seul fossile du Lias, connu sous le nom de Procaloscma Giardi
F. Menu., n’a rien (jui puisse indiquer qu’il est le reste d’une espèce appa¬
rentée à la souche des Calosomes. On ne peut même pas aflirraer qu’il
s’agisse certainement d’un Coléoptère.
Trois espèces fossiles attribuées aux Calosomes, sont vraisemblablement
des Carabes: Calosoma Agassizi Bartli.(=:? Carabus caelatus F.); Calo¬
soma catenulatum Heer (= ? Carabus monilis¥.) ; Calosoma Ileeri Scudd.
? Carabus hortensis L.i.
Reste une douzaine d’empreintes fossiles dont on a voulu faire autant
d’espèces disparues, mais (jui peuvent toutes se rattacher avec plus ou
moins de vraisemblance à des espèces de la faune actuelle, qui sont :
LES CALOSOÎIES
:!5
('alo.soma inqui.sitor \j. —Les Calosoma Agassizi Oustalct (iicc Barth.),
C. Jaccardi Heer, C. nauckianum Heer, C. escrobiculatum Ilcer, ('.
Enchéri Ileer, décrits d’après les empreintes d’élylres isolés ou des fragments
d’individus, semblent bien n’ôtre pas autre chose que des C. inquisitor
L. Cette espèce se trouve d’ailleurs de nos jours en Provence. Il est
vrai ([u’ellc y paraît rare. Peut-être s’y trouvait-elle plus abondante au
Miocène.
Calosoma sycophantah. — Peut-être l’ime ou l’autre des empreintes énu¬
mérées ci-dessus se rapportent-elles plutôt au C. sycophanta qu’à Vinquisitor.
Ia's Calosoma Agassizi Théobald (ncc Barth.) des plaquettes de Céreste
paraissent bien être dans ce cas.
Campalita auropunctatum Herbst. — Les C. deplanatiim Heer et C. cara-
boide Heer me semblent se rapporter au C. auropunctatum, espèce aujour¬
d’hui plus ou moins reléguée dans le nord de la France, l’Allemagne et la
Bohême. Le C. auropunctatum actuel montre un début caractérisé de
dédoublement des tertiaires préparant le type pentaploïde; le petit schéma
do la tégulation du C. caraboide, donné par O. Heer, n’en montre pas trace.
Mais on ne peut pas faire état de ce schéma, car il est bien évident qu'une
légère irrégularité des tertiaires, si elle existe, n’a pas dû attirer l’attention du
descripteur du C. caraboide.
Calodrepa scrutator F. — Rien ne s’oppose à ce que les restes des Calc-
soma Emmonsi Scudd., C. Calvini Wickh., C. Cockerelli Wickh., soient
ceux de C. scrutator F. Les trois espèces fossiles sont décrites des dépôts
miocènes de Florissant, dans le Colorado ; le C. scrutator F. est encore com¬
mun de nos jours dans le Colorado.
Callitropa [s. str.) e.i'ternum Say. — 11 est possible que le Calosoma
Fernquisti Cock. soit fondé sur un déljris d’élytro ayant appartenu à un
Callitropa e.vternum. A la vérité, l’espèce actuelle ne franchit pas les Monta-
tagnes Rocheuses; elle est répandue dans toute la partie orientale des États-
Unis et ne sc trouve pas dans l’État de Washington. Mais sa distribution a pu
être plus vaste au Miocène.
Comme on le voit, aucun document paléontologique n’apporte le moindre
éclaircissement sur l’évolution ou la distribution ancienne des Calosomes.
Aucune empreinte n’est susceptible d’être identifiée spécifiquement avec certi¬
tude. Il faut, hélas, s'attendre à ce qu’il en soit toujours de même pour tous
les restes fossiles de Coléoptères.
I!. JEAXNEL
Chorologie et évolution
Les lignées primitives
Les souches anciennes des Calosomes sont venues du continent de Gond-
wana. On ne sait naturellement rien de leurs origines, et on vient do voir que
le Procalosoma GiardiV. Meun., du Lias, est fondé sur une empreinte qui
n’est peut-être même pas celle d’un Coléoptère. Sans doute la souche des
Calosomes s’est-elle individualisée au Primaire sur les terres à Glossopteris ;
mais on ne possède aucune indication sur ses premiers états. Son histoire ne
commence guère qu’avec le Jurassique.
L’étude systématique des Calosomes du monde entier m’a conduit à mettre
à part, sous la dénomination de « Calosomes lobés », trois genres qui sont cer¬
tainement les plus proches des souches primitives par la structure du ligule
de leur organe copulateur mâle. Ce sont les Australodrepa ^région aus¬
tralienne), Calodrepa (néarctiquesj et Calosoma (paléarctiques et néarc-
tiques).
La structure de leur ligule est primitive, en ce sens que cet organe est
membraneux, simplement mamelonné ; il a la forme d'une évagination en
doigt de gant de la paroi proximale (dorsale) de l’orifice apical du pénis, et
n’est pas transformé en lame chitinouse rigide et dure, croebue, de forme
définie, comme cela est le cas cliez tous les autres Calosomes, qui seront dési¬
gnés comme « Calosomes ongulés ».
Les Calosomes lobés démontrent que la souche ancienne de ces Carabiques
avait, à l’origine, à la place du ligule, une évagination en doigt de gant pro¬
tégeant et fermant l’orifice apical du pénis.
Je me suis expliqué ci-dessus sur la valeur taxonomique de ce caractère
(p. 14). Le ligule s’est développé et spécialisé chez tous les Calosomes; il
est resté peu évolué, lobé, chez les trois vieilles lignées des Auslj-alodrepa,
Calodrepa et Calosoma, dont il est question ici ; il s’est chitinisé chez tous
les autres genres, selon des modalités évolutives diverses.
Mais les lignées calosomiennes anciennes, qui se sont installées sur l’asile
de l’Angara et sont devenues les souches des Carabes holarctiques, n’ont
pas développé de ligule. Et il en a été de même de la souche des Cero-
glossus dans l’Amérique australe ou de celle des Pamborus en Australie,
souches également d’origine calosomienne et qui se sont différenciées avant
l’évolution du ligule.
En somme, la régression du ligule entre dans le complexe des corrélations
qui ont accompagné l’évolution du type Carabe, et aussi celle des autres types
Pamborus ou Ceroglossus, qui sont ses contemporains. Cette régres¬
sion du ligule procède d’un type calosomien primitif lobé, non encore
spécialisé.
D'autres évolutions caraboïdes se sont produites plus tard, dans diverses
LES CALOSOMES
37
lignées de Calosomes ongulés tertiaires, devenant montagnards. Elles sont
alors survenues chez des lignées dont le ligule était déjà spécialisé, en forme
d’ongle corné et crochu. La réaction de ce ligule, trop évolué pour entrer en
régression, s’est traduite par les extraordinaires hyperplasies disharmoni¬
ques que présentent aussi bien les Carabomo/phiis africains que les Cara-
bomimus du Mexique.
Les souches gondwaniennes. — Les cartes paléogéographiques de W. Kop-
PEN et A. Wegener (') permettent de se rendre compte de la répartition des
Fig. 32. —Les aii'e.scontinentales du .Jurassique. Rassemblement des socles d’après Ivoppen et
Wegener; les mers éplcontinentales d’après Neomayr. — On suppose une large jonction
de l’Australie avec l’Asie sud-orientale (jurassique supérieur), voie de la grande migration
gondxvanienne vers l’Angara.
souches calosomiennes pendant le Jurassique et le Crétacé. Elles montrent,
par le rassemblement des socles continentaux gondwanions autour du pôle S,
qu'il existait alors, dans les deux hémisphères, des aires continentales situées
entre les .30® et 00® de latitude, où le climat tempéré a dû favoriser l’épanouis¬
sement de bien des lignées (fig. 32 et 33). Il semble que les Calosomes primi¬
tifs se soient spécialisés sur ces aires continentales.
Dans l’hémisphère sud, les premières fractures du Gondwana, dont le début
date du Trias, ont déjà séparé au Jurassique (fig. 32) d’une part l’Australie
et l’Antarctide, d’autre part l’Inde, ^Madagascar et l’Afrique australe. Il se
forme ainsi, dès le Jurassique, deux massifs gondwaniens isolés, qui s’indivi¬
dualiseront surtout pendant le Crétacé (fig. 33).
(1) W. Koppen Pt A. Wegener. Die Klimate (1er geoloffischon Vorzeit. {Berlin, Borntraeger,
1924).
æ
li. JEANNE L
L'un d'eux est l’Antarctide australo-sudaméricaine, qui unit le sud do
l’Amérique à l’Australie et la Nouvelle-Zélande. A l’occasion des Migadopides,
j’ai étudié spécialement (^) lafannede cet ancien continent. Il est la patrie des
Marsupiaux et des Monotrèmes.
Je sais bien qu’on dit généralement que les Marsupiaux ont pris naissance
en Europe et qu’une migration les a conduits sur l’Australie et l’Antarctide
australo-sudaméricaine, où leur long isolement les a maintenus jusqu’à
l’époque actuelle. Je me permets de croire que leur histoire doit être tout le
contraire. Nés sur l’Antarctide australo-sndaméricaine au Secondaire ancien,
Eig. 33. — Les aires continentales du Crétacé; les deux aires gondwaniennes ; Inabrésie et
Antarctide australo-sudaméricaine. Rassemblement des socles d’après Koppex et Wegener;
les mers épicontinentalcs d’après Jhering (Goschichte des atlantischen üzeans, 1927,
carte Ij.
ils ont émigré vers l’Asie, vers la Laurasie, à une époque du Jurassique moyen
ou supérieur, pendant laquelle le retrait des mers de la Téthys a permis à de
nombreuses lignées de se répandre; c’est alors que les Reptiles Rhynchocé-
pliales ont pu se disperser de l’Australie et laNouvelle-Zélande jusqu’en Europe.
De nombreuses lignées gondwaniennes ont dû faire le même voyage : sou¬
ches des Trechitae bidentati, souches des Catopini, souche des Carabus.
Les Calosomes lobés du Jurassique ont suivi le même chemin. Australodrepa
est encore aujourd’hui survivant de la souche jurassique sur le continent aus¬
tralien. Les ancêtres des deux lignées Calosoma (liolarctiqnesi, et Calo-
drepa (néarctiques), ont dû passer de l’Australie sur l’asile de l’Angara au
Jurassique.
(1) R. Jeaxnei.. Les Migadopides, une lignée subantarctique (/ter./’ranf. d’Eni.,\. 1938,
p. 1-55).
LES CALOSOMES
Le fait que ces Calosomes, originaires de climats tempérés, n’ont pas pu se
maintenir dans les contrées tropicales, explique que leurs descendants actuels
présentent une répartition aussi discontinue.
D’ailleurs des types semblables de distribution sont très fréquents chez les
Coléoptères. On en trouvera de nombreux exemples chez les Carabiques, et
je puis citer tout de suite celui des Pterostichus, dont certaines lignées ont des
répartitions qui se superposent très exactement à celle des Calosomes lobés.
Le No/nius pygmaeus de l’Europe occidentale et de l’Amérique du Nord est
très proche parent du Laccocenus ambiguus SL de l’Australie.
On connaît la répartition des Catopides du groupe Anemaditae, dont
une partie peuple l’est de l'Australie et la Nouvelle-Zélande, l’autre toute la
région méditerranéenne. Cette distribution disjointe doit avoir les mômes
causes que celle des Calosomes lobés. Il en est de même des Aglycyderitae
(Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie, îles Canaries) ; on sait que les plus
proches parents de ces curieux Coléojjtères, sont les Protérrhinidos des îles
Hawaï, groupe isolé, en marge des Anthribides, que l’on s’accorde à consi¬
dérer comme une relique du Jurassique.
Ainsi, le continent australien jurassique serait le centre de dispersion des
Calosomes lobés, dont certaines lignées ont pu émigrer sur la Laurasie pen¬
dant une période géocratique.
La souche de ces Calosomes lobés, arboricoles et ailés, a sans doute aussi
donné naissance aux deux lignées des Pamborus et des Ceroglossus, toutes
deux devenues aptères et montagnardes, la première dans l’Australie, l’autre
sur la Cordillère des Andes. Malgré leur extrême divergence, \&s Pamborus
et Ceroglossus ont un même type d’organe copulateur (fig. 7-8 et 9-10) qui
paraît bien dénoter une origine commune.
L’autre bloc continental gondwanien de riiémisphère sud est formé parle
rassemblement du Brésil, de l’Afrique australe, de Madagascar et de l’Inde.
Sur lui va s’individualiser le groupe des Edentés, de même que les Marsu¬
piaux sont la production de l’Antarctide australo-sudaméricaine. Dans
l’hypothèse des ponts continentaux, cette aire terrestre était constituée par
VArchhélenis de Jhering, vaste massif atlantique aujourd’hui effondré. Je
propose de désigner l’aire continentale formée par le rassemblement des
socles selon Wegener par le nom d’ « Inabrésic», en se servant de la pre¬
mière syllabe des trois mots : Inde, Afrique, Brésil. L’Inabrésie sera la
patrie do tous les Calosomes autres que les trois genres « lobés », c’est-à-dire
de tous les Calosomes ongulés.
Sur rinabrésie, dès le Crétacé, les Calosomes vont chitiniser leur ligule,
qui devient un ongle véritable. En môme temps — est-ce une coïncidence?
— ils donnent naissance à des lignées nouvelles. Tandis que les lobés végé¬
teront dans l’Australie et la Laurasie sans former de genres nouveaux, les
ongulés vont évoluer avec intensité et produire des types spécialisés qui se
propageront au loin dans les divers milieux du monde entier.
Avant de chercher à reconstituer l’histoire des migrations de ces Calo-
I!. JEAXXEI.
-K)
somes ongulés, il faut d’abord examiner celle des lobés, d’une part dans leur
patrie d'origine, l’Australie, d’autre part dans l’hémisphère Nord, qu’ils ont
colonisé.
Les Calosomes lobés.
Les Calosomes australiens. — Deux espèces seulement se trouvent dans la
région australienne; elles appartiennent toutes deux au gQnvc, Australodrepa.
A. Schaxjeri Er. occupe tout le sud de l’Australie, de l’est à l’ouest, ainsi
que la Tasmanie et les îles du détroit de Bass. A. oceanicum Perr. est réparti
dans tout le nord de la grande île et se retrouve, avec de petites races
géographiques distinctes, dans les îles Timor, Tenimber et Nouvelle-Calé¬
donie. Un coup d’œil sur les cartes biogéographiques découpant le monde
en régions (^) ferait voir que l’espèce Ac/iaye/'z apjiartient à la faune de la
sous-région australienne, Voceanicum à la sous-région mélanésienne; mais
cette constatation, d’ailleurs intéressante, ne nous renseigne pas sur les
origines des deux espèces.
W ALLACE et tous los autcui's qui se sont occupés après lui de la faune et
de la flore de l’Australie, distinguent trois époques dans son peuplement, et
ces trois époques correspondent à trois « éléments » doriques et fauniques.
L’élément le plus ancien serait celui formé par les espèces apparentées à
celles de l’Inde. Leurs souches seraient en effet antérieures au Jurassique,
puisque l’Australie s’est isolée du socle indo-malais à cette époque.
Un deuxième élément serait représenté par les groupes à distribution
australo-sudaméricaine, telle que les Migadopides m’en ont fourni un
exemple. Les Marsupiaux et les Monotrêmes en feraient partie.
Le troisième élément enfin est beaucoup plus récent, car il n’apparaît
qu'après le long isolement de l’Australie, qui dure du Jurassique jusqu’au
Pliocène. D’après F. Sabasin et J. Roux (^), une communication terrestre
s’établit au Pliocène entre l’Indo-Malaisie, la Nouvelle-Guinée et l’Australie
et laisse arriver la faune malaise. Ce pont coïnciderait avec une activité
orogénique intense dans la Nouvelle-Guinée. On sait que, pour Wegener (^;
cette liaison continentale et les phénomènes orogéniques concomitants, sont
l’eiïet de la dérive du socle australien vers le N.-E., et du coincement de son
éperon néo-guinéen entre les massifs dès îles de la Sonde et l’archipel des
Bismarck.
En fait, il n’y a sans doute pas de différence d’àge entre le premier et le
deuxième élément. La différence qui les sépare tient à des adaptations
climatiques, le premier étant tropical, le deuxième de climat tempéré.
Les Marsupiaux, actuellement localisés dans l’Australie et l’Amérique du
Sud, ont eu jadis des lignées qui ont passé par l’Indo-Malaisie vers les
(1) K. lloLDHAUS. Die gcographische Verbreitung der Insekten. (Ilandb. der Entoiii.,
Schroder, II. lena, G. Fischer, 1928).
(2) Sabasin et Roux. Xova Caledoiiia. Zool. I-IV. (Wiesbaden et Berlin, 1913-1925).
(3) A. Wegexeb. La genèse des continents et des océans, traduit par A. Lehneb. (Paris,
Xizet et Bastard, 1937).
LES CALOSüiMES
■ii
continents laurasiens. Car les Marsupiaux fossiles de l’Europe ne sont que
les restes de lignées émigrées qui se sont éteintes au Tertiaire, tandis que
les descendants des souches primitives survivent dans le vieux centre de
dispersion. Dans le règne végétal, les Eucalyptus actuels et fossiles ont
absolument la même répartition; et cette répartition explique celle des
Euphraises, dont les lignées émigrées sur la Eaurasie ont survécu absolu¬
ment comme celles des Calosomes lobés (').
Les deux Australodrepa paraissent donc bien exister dans l’Australie
depuis le Jurassique. Leurs habitats actuels sont différents, aussi se trouvent-
ils dans deux sous-régions biogéograpbiques différentes.
.4. Schayeri vit dans les prairies du sud de l’Australie, zone relativement
froide et sèche. A. oceanicum peuple la zone des forêts ombrophiles tropi¬
cales qui forment le sud de la sous-région mélanésienne. M'allace nepla(;ait
•dans cette sous-région que l’extrémité du cap d’York ; l’extension vers l’ouest
australien de LA. oceanicum montre que Spencer (1892', puis Holdhaus
1928) ont eu raison en rattacliant tout le nord de l’Australie à la sous-région
mélanésienne.
La répartition actuelle de LA. oceanicum montre dos particularités
remarquables. D’une part l’espèce est représentée dans l’île de Timor et
l’archipel de Timorlaet; d’autre part elle a une race dans la Nouvelle-
Calédonie.
La Nouvelle-Calédonie fait partie du socle australien et n’est isolée par des
mers épicontinentales que depuis l’Oligocène. Elle a pu recevoir une lignée
d’A. oceanicum avant cet isolement. Mais Timor et Timorlaet sont parties
intégrantes du vaste socle continental dos îles de la Sonde, appartenant au
continent asiatique : îles qui sont si différentes de l'Australie, comme le dit
Wegeneh, qu’elles paraissent provenir d’un autre monde. Sans doute Timor
et Timorlaet n’ont-ils été occupés par l’A. oceanicum qu’au Pliocène, lorsque
l’éperon néo-guinéen du continent australien est venu se coincer dans le
socle malais, provoquant les déviations des archipels et le creusement des
fosses océaniques dont A. Wegener a si heureusement tiré parti pour asseoir
sa théorie des translations. Alors de nombreuses lignées malaises passèrent
dans la Nouvelle-Guinée et l’Australie; beaucoup moins de lignées austra¬
liennes se sont avancées vers le nord. Un exemple comparable à celui de
l’A. oceanicum est fourni par le Catadromus tenehrioides 01., Féronien
gigantesque, très caractéristique de la faune australienne, qui se trouve dans
la Nouvelle-Guinée, et s’est avancé jusqu’à Java.
L’A. oceanicum n’est pas connu de la Nouvelle-Guinée. Mais peut-on
aflirmer qu’il n’y existe pas?
Les Calosomes lobés de l’hémisphère nord. — Les deux genres Càlosoma
Web. et Calodrepa Motsch. représentent sur l’hémisphère nord la descen-
(f) Voir fes cartes de la répartition des Eucahjplw et des Euphrasia données par
E. DE Martonne (Traité do Géoyra])hie physique, 4' éd., III, 1927, p. 1282 et 12*o).
K. Jl’AXNEI.
li
dance des souches jurassiques qui se sont séparées des Australodrepa
lorque la fragmentation du Gondwana a écarté l’Australie du continent
asiatique. Tous deux sont aujourd’hui relégués dans la zone tempérée des
régions i)aléarctique et néarctique.
11 est probable que de tous temps les ancêtres de ces Calosomes vrais ont
recherché les climats tempérés, en particulier les forêts, où ils ont acquis
leurs adaptations arboricoles. Car il est remaiapiable que tous les Caloso/na,
à l’exception de quehjues espèces himalayennes et tous les Calodrepa, sont
des esj)èces ailées, de type arboricole, cbassant leurs proies, aussi bien à
Tétat de larve que d'imago, sur les arbres des forêts à feuilles caduques.
Pendant tout le Secondaire et à l’Eocène, la région méditerranéenne se
trouvait sous une latitude équatoriale. Les ancêtres de nos Calosoma et
Calodrepa devaient donc vivre alors sur une partie de l'Eurasio qui se trouve
actuellement bien plus au nord, mais devait jouir à cette époque d’un climat
tempéré. On en vient ainsi tout naturellement à supposer que ces ancêtres de
nos Calosoma et Calodrepa devaient s’etre réfugiés sur le vieil asile de
l’Angara. Sans doute s'y trouvaient-ils aussi à côté des soucbcs calosomiennes
des Carabes, dont l’épanouissement sur toute la zone holarcticjue devait se
produire plus tard, au Tertiaire.
11 s'agit maintenant d’imaginer comment les Calosomes ont dù se
disperser dans l’hémisphère nord, à partir de l’asile de l’Angara. Le
problème est le môme que celui qui m’était jadis posé par la dispersion des
Trechini {') [l. c., p. 47/1; il concerne également l’iiistoire d’une multitude
de groupes d'invertébrés et il y a sans doute bien peu de biogéographes qiP
n’aient pas eu, un jour, à l’aborder.
Tous les auteurs se sont accordés jusqu’ici pour croire que, vers la fin du
Crétacé, des terres nord-pacifujues ont établi une libre communication entre
l’Est asiatique et l’ouest de l’Amérique du Nord, séparé du reste du continent
américain par les mers du géosynclinal des Montagnes roebeuses
I R. .Ieanxei,. l. c., p. 485). Or il faut reconnaître aujourd’hui ipie cette
hypothèse est insoutenable depuis que les travaux d’A. Wegexer sur la
dérive des masses continentales ont apporté des précisions sur la position
relative des pôles au cours des temps passés. Depuis le Jurassique jusqu’à la
fin du Nummulitique, le pôle N. se déplace dans le nord du Pacifique, au sud
de l’Alaska. Il est clair (ju’aucune migration de faune ni de flore n’a pu
s’elTcctuer sur cette région perpétuellement soumise au climat polaire.
Il n’est pas possible de faire passer plus au sud cette migration de
l’Angara vers l’ouest de l’Amérique, par la Polynésie. Les caractères de la
faune des Hawaï indiquent que cet archipel est isolé depuis le Jurassique. Il
no reste donc qu’une seule voie possible pour les lignées angariennes vers
l’Améi'ique du Nord, au Crétacé; c’est la voie de la zone arctique actuelle :
(1) H. JuANNEL. Cam|iagiie .spéologique de C. lîolivar et R. Jeaiiiiel dans l’.Amériqiie du Xord.
n Insectes Coléoptères et révision des Trechini do IWniériqui du Xord. (Biospeol. LVI. in
Arch. Zonl.exp. et gen.,l\, 1931, p. -103-500).
I.ES CALOSOMES
43
Nord de la Sibérie, Groenland et Terre de Baffin ifig. 39). Rien ne s’oppose
d’ailleurs à cette hypothèse; on pourra même constater (R. Jeannel, l. c.,
p. 478) qu’elle rend particulièrement bien compte de la distribution étrange
du Ti-echus apicalis Motsch., occupant le Kamtchatka et l'est de l'Américjue
du Nord, alors (|u’il fait défaut dans l’Alaska.
Pour en revenir aux Calosomes, on voit que la souche des Calodrepa a
dû émigrer de l’Angara vers le nord de l’Amérique, en passant par les terres
arctiques, vers la fin du Crétacé. A la môme époque les Calosoma se
sont dispersés dans toute l’Eurasie paléarctique. Et ces migrations doivent
Fig. 0-1. — I.es aires continentales du début du Tertiaire. Rassemblement des socles conti¬
nentaux d’après KOppen et Wegener (Éocéne); les mers épicontinentales d’après Jean.nel
(.Montien) (l’Archatlantis, Arch. Mus., XII, p. 425). — L’indo-.4trique communique au
.Montien avec TÉgéide méridionale (migration de lignées gondwaniennes vers la îléditer-
ran(‘e). A l'Éocène, l’Eurasie sera coupée par les mers de l’Obi (pointillé).
bien se placer au Crétacé supérieur. Car la paléontologie nous apprend qu’à
cette époque les Végétaux angiospermes apparaissent brusquement dans les
gisements de l’Europe et de l’Amérique du Nord ; leur migration provient
de l’Angara et a été accompagnée par le cortège des Insectes phytophages
vivant au dépens des Végétaux à fleurs et à feuilles caduques : floricoles,
granivores, frondicoles, muscicoles et saproxylophiles. Les Calosomes arbo¬
ricoles les ont certainement suivis. C’est l’àge de l’épanouissement des
lignées des Lépidoptères. Les Calosomes, mangeurs de chenilles, ont
dû trouver alors de nouvelles causes d’évolution.
On jieut donc dire que les Calodrepa se sont bien vraisemblablement
installés dans le nord du continent américain au Crétacé supérieur. Ils se
sont répandus largement, mais ont été arrêtés vers l’ouest par les mers du
géosynclinal des Montagnes Rocheuses. Ils jieuplent aujourd’hui tout l’est du
44
R. JKAXXEI.
continent, depuis la chaîne des Rocheuses jusqu’à l’Atlantique, depuis le
Canada et Terre-Neuve jusqu’au sud du Mexique. Une espèce, C. splendidum
Dej., s'est isolée sur les Grandes Antilles.
Quant aux Calosonia Web., ils se sont certainement répandus vers l’Europe
au iMontien, en môme temps ([ue les lignées européennes des Trechus
(R. Jeaxnel (*), p. 38). Comme les Trechus, ils ont peuplé l’Himalaya
(6’. Beesoni Andr.), ils se sont répandus dans toute la région méditer¬
ranéenne (6’. mquisüor L., C. sycophanta L.). Largement répandus dans
toute la zone moyenne de l’Eurasie. depuis le Japon et la Mandchourie
jusqu’en France et dans les îles Britanniques, les Calosoma se sont propagés
sur toute la zone hercynienne do l’Europe, s’avançant vers le sud, dans la
région méditerranéenne, au fur et à mesure du déplacement de l’équateur
vers rAîri<{ue. Ils ont gagné le nord-est de l’Amérique du Nord en môme
temps que les Trechus hercyniens, c’est-à-dire sans doute à l’Oligocène
R. Jeax.xel, 1931, p. 486), alors que la dérive de rAméritjuc vers l’ouest ne
l’avait encore guère éloignée de l’Europe. Ainsi s’explique l’origine du
Calosoma frigidum Kirhy, qui occupe tout l’est américain et est proche
parent do V inquisitor L., largement distribué dans toute la région paléarctique,
jus(|ue dans les îles Britanniques.
Il y a donc dans l’Amérique du Nord deux lignées distinctes de Calosomes
lobés, qui occupent sensiblement la même aire géographique, mais ont des
origines très différentes :
1“ les Calodrepa, élément crétacé, venu de l’Angara par les terres
arctiques :
2" le Calosoma frigidum, élément oligocène, venu d’Europe par les terres
no rdatlan tiques.
On verra plus loin qu’il s’y ajoute encore plusieurs lignées de Calosomes
ongulés, appartenant à des séries phylétiques distinctes.
Origine africano-brésilienne des Calosomes ongulés
Les Calosomes ongulés descendent de souches qui se sont isolées au Cré¬
tacé sur rinabrésie. Il existe à l’époque actuelle une grande lignée de Calo¬
somes, que j’ai décrite comme « série phylétique de Castrida-Caminara »,
dont Faire géographique s’étend de part et d’autre de l’Atlantique, sur
l'Amérique du Sud et l’Afrique tropicale. Les deux genres pris comme types
de cette série phylétique, Castrida et Caminara, se présentent comme les
deux descendants d’une même souche commune. Leur séi)aration date sans
aucun doute de la formation de l’Atlantique Sud, comme la séparation qui
s’est produite chez les souches crétacées des Edentés, isolant les Paresseux
et Fourmiliers sudaméricains des Pangolins indo-africains.
(1) R. .Ieannei.. -Monographie des Treijliinne, troisième partie {L'Abeille, XXXV, 1928,
808 p.i.
LES CALOSOMES
io
Certes, les Coléoptères, comme bien d’autres groupes d’invertébrés, four¬
niraient d’innombrables exemples analogues, prouvant qu'il a existé autrefois
des connexions directes entre le massif brésilien et l’Afrique australe. L’hy¬
pothèse de VArchhelenis de Jhering avait été imposée par le grand nombre
de CCS lignées africano-brésiliennes. Le rassemblement des blocs continen¬
taux du Gondwana, que “Wegener présente sur ses cartes du Juranique et du
Crétacé, rend compte de ces distributions sans faire intervenir d’immenses
continents effondrés. La terre du Crétacé, que je nomme ici Inabrésie, est
réduite à des dimensions raisonnables en rapport avec les faunes et les flores
qui ont dû s’y développer (fig. 33).
Les Calosomes des deux côtés de l’Atlantique Sud sont manifestement
dérivés d’une même souche commune : les Castida sudaméricains et le
Caminara chloi'ostictuin Dej. (= rugosum De G.) de l’Afrique présentent de
nombreux caractères communs, de sorte que plusieurs auteurs les confondent
et que Breuning (1927), dans sa monographie, les place dans un même sous-
genre. Ces caractères communs sont si nombreux qu’il n’est pas possible de
douter que les deux genres, actuellement séparés par la largeur de l’Atlan¬
tique, dérivent d’une même souche dont l’ancienneté remonte donc au Juras¬
sique supérieur, époque où le massif brésilien a commencé à se séparer de
l’Afrique australe.
C’est ainsi que les Caminara, comme les Castrida, montrent la même
sculpture triploïde, à éléments saillants, de l’élytre, des lobes postérieurs du
pronotum très développés, la mêmO' forme générale étroite et allongée,
convexe, le même ensemble de caractères chétotaxiques, tels que la conser¬
vation de la soie prothoraciquè postérieure corrélativement avec la dispari¬
tion de la métatrochantérienne.
La brosse mésotibiale existe chez les mâles des Castrida, comme chez ceux
du Caminara chlorostietum, avec une structure très particulière, bien diffé¬
rente de celle des Calosomes lobés (fig. 18 et 19). Localisée à l’extrémité dis¬
tale de la face interne du mésotibia, elle s’est réduite à l’état de houppe
ovalaire portée sur une sorte d’apophyse, bien plus saillante chez Castrida,
plus courte mais cependant bien distincte aussi chez les Caminara et les
Campalita présentant ce caractère sexuel. L’organe copulateur mâle est aussi
de type identique; et toutes ces ressemblances sont si frappantes qu’elles ne
peuvent pas être mises au compte du hasard. Elles obligent à reconnaître
que les deux groupes descendent d’une même souche.
La divergence de ponctuation des pièces sternales. — Seule la ponctuation
des pièces sternales et ventrales diffère dans les deux groupes et permet de
les séparer. Les Caminara et autres genres voisins de l’Ancien-Monde, ont
leurs pièces sternales couvertes d’une ponctuation très fine et très serrée ; les
Castrida ont les mêmes pièces lisses, mais avec quelques très gros points
peu nombreux et épars.
Aucun auteur n’avait jusqu’ici porté attention à la ponctuation de la face
46
U. .lEAXNEL
ventrale du corps, particulièrement à celle des métépisternes. Il m’a semblé
cependant que ce caractère est d’une grande valeur systématique cliez
beaucoup de groupes de Carabiques. Il permettra de mettre de l’ordre dans la
foule des Féroniens; il est d’une très grande importance chez les Calosomes.
En fait, tous les Calosomes américains autochtones, c’est-à-dire tous ceux
dont la lignée occupe l’Amérique au moins depuis le début du Tertiaire, ont
la môme ponctuation ventrale que les Castrida] leurs métépisternes sont
lisses, avec quelques très gros points épars sur la moitié postérieure. C’est
le cas des Calodrepa, venus de l’Angara dans l’Amérique du Nord à la fin du
Crétacé, c’est le cas des Castrida de souche africano-brésilienne, donc juras¬
sique ; c’est encore le cas de tous les genres de la série phylétique de Calli-
tropa, qui est un rameau dérivé, certainement issu de la môme lignée.
D'autre part tous les Calosomes de l’Ancien-Monde, à l’exception de ceux de
l’Australie, et tous les Calosomes nordaméricains venus de l’Ancien-Monde
pendant le Tertiaire, ont les pièces sternales densément et finement ponc¬
tuées. Et cela aussi bien chez les Calosoma Web. que chez tous les genres
apparentés aux Caininara et que chez ceux de la série de Callisthène s, dont
la dispersion holarctique date de l’Oligocène.
Je dois avouer que cette ponctuation sternale des Calosomes a posé à mes
yeux un problème de phylogénie qui m’a laissé longtemps dans l’embarras.
Ce n’est qu'après avoir mûrement pesé les rapports de parenté entre les
espèces, après m’être fait une opinion solide sur les lignées que ces espèces
représentent et l'histoire de ces lignées, que la vraie signification de cette
ponctuation sternale n'est ajiparue avec netteté.
Sans aucun doute la divergence de la ponctuation résulte d’influences
d’ordre géographique. Calodrepa et Calosoma d’une part, Castrida et Ca-
minara d'autre part sont deux lignées totalement indépendantes. La même
divergence de ponctuation se répète dans les deux lignées, selon que les
genres occupent l’Amérique ou l’Ancicn-Monde. Les gros points peu nom¬
breux des métépisternes sont le type de ponctuation américain, la ponctuation
fine et serrée est le type africano-eurasien, de môme que les métépisternes
absolument lisses constituent le type australien.
Trois évolutions distinctes de la ponctuation sternale, qui semblent bien
dépendre d’influences géographiques dont la nature est impossible à définir.
Elles se sont différenciées pendant le Secondaire, chacune dans son domaine.
Elles ont produit trois types bien différents de ponctuation. Mais les genres
qui sont de môme type ne sont pas forcément proches parents, au sens phy¬
logénétique du mot; la similitude de leur ponctuation sternale peut n ôtre
qu'une convergence, indiquant simplement que leurs lignées ont évolué
depuis le Secondaire dans la même contrée.
Castrida diffère de Caminara par sa ponctuation sternale parce qu’ils
sont isolés, le premier en Amérique, le second en Afrique, depuis le Crétacé;
mais cela n’empêche pas qu’ils descendent tous deux de la même souche
africano-brésilienne. Castrida cX Calodrepa ont la même ponctuation, parce
LES CALOSOMES
47
qu’ils occupent l’Amérique depuis le Crétacé et sont soumis ainsi depuis
longtemps aux influences géographiques (jui ont déterminé le « type améri¬
cain ». Mais Chrysostigma, qui occupe l’Amérique du Nord, n’a pas le type
de ponctuation américain, parce que sa lignée est eurasiati([ue et qu’il n’est
Eif;-. :î.j. — Carte schématique tfe la répartition des climats. — 1. déserts. —2. steppes et
forêts de la zone tempérée. — 11. savanes tropicales. — 4. toundra polaire. — 5. taïga,
l'oi'èt do résineux. — 11. forêt tropicale. —7. climat méditerranéen.
arrivé dans l’Amérique que tard, à l’Oligocène, ayant déjà acquis auparavant
le type de ponctuation « eurasien ».
De telles convergences géographiques ne sauraient surprendre. Il suffira
de rappeler toutes celles qui ont été signalées entre Oiseaux et groupes
divers de Papillons et autres Insectes, peuplant la même contrée et reprodui¬
sant non seulement les mêmes couleurs, mais aussi les mêmes dessins.
Ch. Dahwix, en son temps, avait attiré l’attention sur ce « mimétisme géogra¬
phique » qu’il avait observé entre Lépidoptères de groupes divers mais habi¬
tant la même région de l’Amérique du Sud. Les Calosomes en fournissent
4?
U. .lEANNEL
d’ailleurs encore d’autres exemples et en particulier celui de l’évolution pen-
taploïde, qui semble bien ne s’être produite que dans la zone érémienne de
l’Eurasie.
Il y aura donc lieu de distinguer parmi les Calosomes ongulés, d’une part
les lignées d’origine brésilienne (à grosse ponctuation sternale très espacée),
d’autre part les lignées d’origine indo-africaine (à ponctuation sternale fine
et serrée). L’histoire des migrations de ces lignées se déroule au cours du
Tertiaire.
Formées sous le climat tempéré de l’Inabrésie du Crétacé, ces lignées de
Calosomes ongulés se répandront au loin et seront capables de s’adapter à des
milieux très divers. On les trouve en effet aujourd’hui sous des climats très
différents.
Quoique très largement distribués dans le monde entier, ils ne peuplent
cependant pas tous les milieux ffig. 35). D’abord on constatera qu’ils évitent
la forêt tropicale. Par contre ils sont fréquents dans la forêt froide, ombro-
pliile, du pied des hautes montagnes équatoriales.
Dans les régions septentrionales, des espèces occupent la forêt à feuilles
caduques, mais aucune ne pénètre dans la taïga. La bordure de la grande
forêt de résineux marque la limite nord de l’extension des Calosomes. Car
ils font défaut bien entendu dans la toundra.
Les Calosomes ongulés sont donc surtout répandus dans les steppes et les
déserts. Dans ces derniers, ils ne peuvent vivre d’ailleurs que dans ceux que
les géographes nomment semi-déserts, où il pleut plus ou moins chaque
année. Dans le désert proprement dit, où les pluies sont pour ainsi dire incon¬
nues, la végétation manque et par conséquent aussi les Lépidoptères dont
les chenilles sont le gibier nécessaire à la vie des Calosomes.
Les lignées d’origine brésilienne
Elles comprennent d’abord celles du genre Castrida, peuplant l’Amérique
du Sud ; puis un certain nombre de genres dérivés do la souche des Cas¬
trida, ([ui se sont répandus dans l’Amérique du Nord.
Les Castrida, sudaméricains. — Il existe actuellement une douzaine d’es¬
pèces qui occupent toute l’Amérique du Sud et remontent môme dans l’Amé¬
rique du Nord, jusqu’aux environs de New York. Ces Calosomes sont plus
ou moins arboricoles, au moins à l’état d’imago ; ils pourchassent les che¬
nilles de divers Lépidoptères sur les buissons. Ils sortent surtout après les
pluies et sont attirés en nombre parfois considérable par les lumières
électriques des villes.
Occupant toutes les latitudes dans l’Amérique du Sud, les Castrida
vivent sous tous les climats, depuis l’équatorial du Brésil jusque dans les
régions froides de la Patagonie. Ils s'élèvent aussi à haute altitude dans la
LES CALOSOMES
49
Cordillère des Andes. On voit donc que leurs adaptations climatiques sont
variables.
La distribution actuelle des Castrida se montre bien celle d’un groupe
originaire du massif brésilien. Ils font défaut à la Terre de Feu, dans l’archi¬
pel des Falkland, dans les îles Juan Fernandez, ce qui démontre que les
espèces australes, comme C. vagans Dej., ne sont pas des restes de lignées
antarctiques.
Au Crétacé et pendant l’Eocène, le massif brésilien qui s’éloigne de
l’Afrique australe par suite de la dérive des socles continentaux, reste
aussi isolé au sud, à l’ouest et au nord jjar des mers épicontinentales,
qui occupent l’emplacement des Andes et du bassin de l’Amazone. Ce
n’est qu’à la constitution définitive du continent sudaméricain, qui
date de l’Oligocène, que les Castrida se sont répandus dans les Améri¬
ques.
Ils ont envahi aujourd’hui tout le continent sudaméricain. Et les espèces
actuelles peuvent se répartir dans deux catégories du point de vue de leur
évolution.
Les unes sont les Castrida s. str. Ce sont les plus nombreuses; elles
forment un groupe très homogène, remarquable par son type chétotaxique
(conservation de la soie prothoracique postérieure, disparition de la méta-
trochantérienne), par une forme très spéciale des brosses mésotibialcs du
mâle, par la sculpture et la forme générale, caractères qui d’ailleurs les
apparentent étroitement au Caminara chlorostictum do l’Afrique. Ces
Castrida s. str. senties espèces « bien adaptées >> du genre, les espèces har¬
moniques ; elles ont peuplé toute l’Amérique du Sud et se sont répandues
même bien au delà vers le nord. Elles sont les seules espèces de Calo-
somes sudaméricains.
Certaines espèces ont atteint l’Amérique centrale et les Antilles et ont
envahi l’Amérique du Nord avec la migration sonorienne. Vers le sud,
c’est aussi à une époque récente, peut-être même après le Glaciaire, que
les C. vagans au Chili, C. antiquuni en Patagonie, sont parvenus jusqu’au
détroit de Magellan.
Mais il existe aussi dans l’Amérique du Sud d'autres lignées de Castrida
dont l’évolution n’est pas conforme à celle des espèces du précédent sous-
genre. Toutes celles-là ont perdu leur soie prothoracique postérieure;
elle constituent on quelque sorte comme autant de rameaux divergents
et sont restées toutes très localisées.
Dans les sierras du centre delà République Argentine, aux environs de
Cordoba, deux espèces ont gardé la soie métatrochantérienne perdue par
toutes les autres espèces du genre. L’une est le C. [Catastriga] trapezi-
penne Chaud., espèce à faciès de Calosomc vrai, peut-être espèce arbori¬
cole; l’autre est le C. [Neocalosoma] Bridgesi Chaud., aptère, à élytres
étroits, ovales, entièrement lisses et sans serrulation humérale, espèce
orophile qui ressemble aux Blaptosoma mexicains, mais se fait reconnaître
MÉ.MOIHES nu MUSÉUM, NOUVELLE SÉRIE, TOME XIII. 4
50
1!. .JKANM-I.
à ses mésotibias très arqués chez le mâle et pourvu d'une brosse identique
à celle des Castrida (pl. III, fig. 8).
Le Pérou héberge le C. [Caladenia] rufipenne Dej., à lobes postérieurs
du pronotum très atrophiés, élytres dépigmentés et brosses mésotibiales du
mâle non dilîérenciées comme celles des autres Castrida. Cette espèce
(pl. III, lig. 3' constitue une lignée indépendante, assez localisée, mais
présente quelques caractères communs avec les deux Castrida des îles
Galapagos, qu’il a l'allu aussi isoler dans un sous-genre [Microcaloso?na).
Des deux espèces de ce grou])e, l’une est aptère et vit dans l'île Cliatam
[Linelli iSIutchl.), l’autre est ailée et occupe les îles Duncan, Cliatam et
Charles (pl. III, lig. 2). Breunixg (1928) la cite aussi du continent, du
Pérou et de la Colombie. La présence du C. galapageiam sur le continent
prouverait que la régression chétotaxique, caractéristique du sous-genre
Mici'ocalosoma, n’est pas le fait de l’isolement insulaire.
La série phylétique de Callitropa et le peuplement des déserts américains.
— De la lignée des Castrida, il s’est détaché toute une série de genres qui
se sont répandus vers le nord. Ils forment une « série phylétique » particu¬
lière, dont les souches se sont sans doutes isolées au Crétacé sur l’asile de
la Paria, qui occupait alors la place du Vénézuela et de la Colombie.
Les adaptations récentes de ces divers genres, soit au milieu désertique,
soit aux hautes altitudes des montagnes mexicaines, ont produit des diver¬
gences morphologiques extrêmes, qui font que ces genres nord-américains
ne ressemblent guère aux Castrida. iSIais la grosse ponctuation très éparse
de leurs pièces sternales atteste, leur origine.
Les divergences évolutives des genres de la série de Callitropa portent
sur la chétotaxie et le caractère sexuel secondaire des mésotibias des
mâles.
Sauf exceptions, toujours trop fréquentes lorsqu’il s’agit de chétotaxie,
les Cainedula et les Callitropa perdent la soie pronotale et conservent
par contre la métatrochantérienne, ce qui est l’inverse des Castrida. Ils
perdent aussi les soies labiales, qui sont généralement constantes chez
tous les Calosomes.
L’autre caractère évolutif particulier aux genres de la série de Callitropa
est que tous ont perdu les brosses mésotibiales, si dévelojqiées chez les
mâles des Castrida.
On sait que les brosses des mésotibias sont l'apanage des mâles des
Calosomes, car toutes les lignées des Carabes, des Céroglosscs, des Pani-
borus en sont dépourvues. Mais ce sont surtout les vieilles lignées de Calo¬
somes du Secondaire qui montrent des brosses spécialisées. Ces brosses
tendent à se perdre et le caractère sexuel secondaire dis[)arait dans les
lignées qui évoluent et se transforment j)endant le Tertiaire. Les genres
de la série phylétique de Callitropa, dilTércnciés au Tertiaire, ont perdu
les brosses mésotibiales. On verra que la même évolution régressive se pro-
I.ES CALÜSOJIES
5i
(luit de l’autre côté de l’océan Atlantique, non seulement chez les Caniinara,
mais aussi chez les genres de la série pliylétique de Callislhenes.
Les lignées faisant partie de cette série pliylétique de Callilropa ont
colonisé les hautes altitudes des montagnes mexicaines. Elles ont aussi
surtout donné des espèces nombreuses dans les déserts du sud-ouest de
l’Amérique du Nord. Et l’évolution de ces especes désertiques mérite de
retenir l’attention.
Ce sont toutes des espèces ailées à grands yeux, longues antennes, pro-
tliorax petit, métathorax alifère et élytres développés, presque carrés
comme chez les espèces arboricoles. Elles sont souvent de grande taille ;
mais surtout la coloration et la sculpture subissent des ebangements carac¬
téristiques.
D’abord toutes les espèces désertiques sont noires. Cette accumulation de
pigment est à la fois un effet de l'insolation et une adaptation séclusive,
mettant les liquides internes à l’abri d’une évaporation excessive. Il est
facile d’ailleurs de constater que ces es()èccs uniformément noires des¬
cendent d’ancêtres qui devaient avoir des colorations métalliques écla¬
tantes. Tous les Callitropa désertiques ont dos traces de coloration
verte ou bleue dans les gouttières marginales du pronotum ou des élytres,
ou encore sur les [)ièccs sternales ou dans le fond des points des primaires.
Ces traces colorées rappellent que les souches ont dû être colorées comme
le Calopachys viridissimus Haury, ou encore comme le Blaptosoma i’iri-
disulcatiun Chaud.
D’autre part la sculpture de l’élytre s’ciracc. Los éléments sculpturaux
de l'élytre s’abaissent et deviennent plans; les stries s’amenuisent et la
sculpture n’est plus représentée que par la tégulation. Puis celle-ci s’efface
à son tour, d’abord sur la partie apicale ; il persiste dos grosses strioles
transverses, qui peu à peu s’effacent et le terme ultime de cette évolution
est un élytre absolument lisse, où les points enfoncés des primaires per¬
sistent seuls, conservant chacun un peu de coloration verdâtre ou cuivreuse,
restes de la couleur métallique primitive de l’ancêtre. Les Callilropa s. str.
montrent trois étapes très caractéristiques de cette évolution, avec les
C. externum Say, C. niacrum Le C. et C. prolrnctum Le C.
Toutes les espèces particulières aux régions désertiques du sud-ouest de
l’Amérique du Nord : Californie, Texas, New-Mexico, Mexique, ont subi
cette évolution qui en fait des espèces ailées noires, à sculpture effacée.
Elles appartiennent à plusieurs lignées [Cnmedula, Camegonia, Callilropa,
Paracalosoma), appartenant à la série pliylétique de Callitropa, qui nous
occupe ici; mais il y en a aussi d’autres, venues de l’Eurasie [Chrysostigma],
qui font partie de la lignée des Callisthenes. La convergence de toutes ces
lignées qui cohabitent dans les déserts du sud-ouest américain, a produit
des ressemblances qui ont eu pour résultat des confusions dans la sys¬
tématique, Chrysostigma semilaeve, Camedula peregrinator, Camedonia
prorninens, Callitropa protractum sont des formes lisses qui se ressem-
R. JEAX.NEL
52
blent au point qu’on puisse être tenté de les placer dans un même genre.
Mais ils dilïérent par des caractères peu visibles, résidant dans la ponctua¬
tion des métépistcrnes ou la chétotaxie, sur lesquels doivent être fondées
les catégories systématiques.
Les lignées d’origine indo-africaine
Il n’y a pas lieu de revenir ici sur la divergence de ponctuation des
pièces sternales qui distingue les Calosomes ongulés de l’Ancien-Monde de
ceux du massif brésilien. Mais d’autres différences se sont produites du
fait de l’isolement consécutif à la formation de l’océan Atlantique.
La principale réside dans l’évolution des brosses mésotibiales des mâles.
Chez les Castrida sudaméricains, les brosses se sont conservées chez
toutes les espèces ; le caractère s’est même spécialisé, les tibias devenant
arqués et la brosse reléguée sur le bord interne d'une longue apophyse
interne et apicale du mésotibia, masquant le premier article du tarse (fig. 1<S .
Dans la lignée africaine correspondante au contraire, chez les Caniinara,
la brosse tend à disparaître de façon précoce. L’apophyse apicale du méso¬
tibia est moins saillante (fig. 19), lorsqu’elle existe ; et de nombreuses espè¬
ces sans brosses apparaissent à côté d’autres qui les ont conservées [Cam-
palita).
Dans le genre Caminara, le C. chlorostictum Dcj. a les mêmes brosses
que les Castrida, quoique moins développées ; mais le Caminara imbrica-
tum Klug a ses mésotibias parfaitement droits et) inermes dans les deux
sexes. Les deux espèces sont cependant très proches parentes; elles occu¬
pent à peu près la même aire géographique.
Après la formation de l’Atlantique Sud, on a vu que la lignée do Castrida
est restée assez homogène; celle de Caminara est devenue bien plus com¬
plexe. La dilîérence tient évidemment à ce que les -Castrida sont restés
enfermés sur le massif brésilien pendant tout le Crétacé et l’Eocène, tandis
que leurs proches parents africains ont pu librement se répandre sur l'Afri¬
que, Madagascar, l’Inde et la Malaisie, ainsi que sur la région méditerra¬
néenne.
Les genres des savanes tropicales indo-africaines. — Plusieurs genres se
sont différenciés sur place, sur le fragment indo-africain de l’Inabrésie, au
fur et à mesure du réchauffement de son climat, qui passe du tempéré, du
Crétacé, au climat tropical actuel.
Le genre Caminara a deux espèces. L’une est la plus voisine des Castrida
sudaméricains [C. chlorostictum Dej., = ruposum De G.). Il est curieux
que sa distribution actuelle apparaisse comme si une partie de l’aire de
l’espèce avait été ennoyée dans l’océan Atlantique (fig. 3fi). Le C. chlorostic¬
tum (pl. 111, fig. 6) se trouve en effet à Sainte-Hélène et dans l’archipel du
LES CALOSÜMES
53
Cap Vert. Sur le continent il est commun dans toute l’Afrique australe,
sans dépasser Mossamedes vers le nord, sur la côte occidentale; mais il
occupe toute l’Afrique orientale, de rextrêmo sud jusqu’à la Méditerranée;
il passe la mer Rouge, se trouvant dans l’Arabie et au Sinaï.
On sait que c’est avec l’Afrique australe que le massif brésilien se trouvait
en continuité avant la fracture qui a déterminé la formation de l’Atlantique
Fig. 30. — Répartition de Calosonies ongulés : 1. Genre C'((s<rtc<(( Mostcli. — '2. Caminara
chloi'ostictum Dej. — 3. Campalila maderac F. (subsp. madenie : iles atlantides; subsp.
indagal.orV. : rég. méditerranéenne occidentale; subsp. (aurioum Motsch. : Caucase et
Crimée).
Sud. C'est dans l’Afrique australe que se prolongent les systèmes monta¬
gneux brésiliens et d’autre part qu’il s’est trouvé des massifs exondés en
permanence et susceptibles d’avoir donné asile aux vieilles lignées africano-
brésiliennes. Il ne faut donc pas s’étonner de trouver le C. rhlorostictiun
plus abondant dans l’Afrique australe.
11 est aussi compréhensible eju’il subsiste à Sainte-Hélène ainsi que dans
les lies du Cap Vert, reste insulaires de l’Inabrésie. Par contre, il manque
sur la côte occidentale de l’Afrique. Cela tient assurément au climat du
Kalahari, désert complet, sans pluies, où il ne semble pas que les Calosomes
trouvent la possibilité de vivre.
51
lî. JEANNEI.
Sans doute, jusqu’à la fin du Nummulitique, le C. chlorostlctum est-il
resté confiné sur l’Afrique australe. Le peuplement de l’Afrique orientale
jusqu’en Basse-Egypte est le fait d’une migration d’âge néogène, contem¬
poraine de celle des Plocamotrechus ou des Orilocatops (Jeannel, 1935,
p. 25) et do nombreuses lignées végétales, telles que les Bruyères, les
Philippia, les Helychrysum.
La deuxième espèce du genre Caminara est le C. iinbricalum Kl. (pl. III,
fig. 4'. Plus petit, sans caractères sexuels secondaires sur les tibias, C. imbri-
catuin à bien l’air d’une espèce produite par une mutation régressive aux
dépens du C. chlorostictum. Cette mutation se serait produite dans l’Afrique
orientale, par conséquent au Néogène, à l’époque de la migration dont il
vient d’être question. Le fait est que le C. iinbricalum n’existe pas dans la
Colonie du Cap ; il se trouve dans l’Afrique orientale, de Kimberley au sud,
jusqu’à Djibouti et Obock; il traverse la ruer Rouge et se rencontre dans
rinde. D’autre part il a envahi presque tout le Sahara au Pliocène, avant
l’établissement du climat désertique actuel. Car il subsiste encore dans des
stations privilégiées de la zone sahélienne (Agadès, Nguigmi, Tombouctou)
et même de la zone saharo-méditerranéenne : Temassinine, Ouargla. Il a
atteint les îles du Cap Vert.
A côté des Caminara, une autre lignée d’espèces s’est différenciée sur
rindo-Afrique, c’est le genre Ctenosta.
L’évolution des Ctenosta diffère notablement de celle des Caminara,
(juoiquo les deux genres soient formés d’espèces xérothermiques, vivant
dans les mêmes contrées. La divergence porte principalement sur les lobes
postérieurs du pronotum et la chétotaxie; elle remonte certainement à une
époque ancienne, pout-ôtro même au Crétacé.
Tandis que les lobes prothoraciques des Caminara sont très développés
et sétifères, comme ceux des Castrida sudaméricains, ces lobes sont atro¬
phiés et la soie pronotale postérieure disparaît chez les Ctenosta. D’autre
part, dans la plupart des espèces du genre Ctenosta la pièce gulaire s’atro¬
phie et perd ses soies. La lignée des Ctenosta, dillère encore de celle des
Caminara par la persistance des brosses mésotibiales des mâles. Aucune
tendance à la régression de ce caractère sexuel secondaire, toujours très
développé.
.l’ai groupé dans le genre Ctenosta plusieurs sous-genres. Ctenosta s.
str. occupe sensiblement la même aire géographique que Caminara et
s'étend jusque dans l’Inde. 11 est formé d’espèces ailées, souvent de grande
taille, à élytres allongés et sculpture triploïde, très saillante, parfois avec
un type particulier d’hétérodynamic par effacement des secondaires (voir
ci-dessus, p. 29).
C. senegalense Dej. occupe l’Afrique australe et orientale; il se trouve à
Madagascar et sur toute la bordure sahélienne du Sahara jusque dans les
îles du Cap Vert. Son histoire est la même que celle du C. chlorostictum,
sauf qu’il a colonisé la zone sahélienne bien plus loin vers l’ouest et qu’il
LES CALOSOMES
55
existe à Madagascar. L’absence complète de dilïérenccs morphologiques chez
les individus malgaches donne à penser que l’espèce a été introduite dans la
Grande lie à une date assez récente.
D'autres Ctenosta sont localisés dans l’-Vlrique orientale. L’un d’eux,
orientale Ilope, se trouve à la fois dans l’Inde et l’Afrique orientale. J’ai
décrit plus loin un Ctenosta aethiops, n. sj). de l'Ethiopie et du sud-est du
Sahara (pl. III, fig. 1), dont la ressemblance avee le Caniinara chlorostictuin
est grande; mais il faut le placer dans le genre Ctenosta cà cause de la di.spa-
rition des lobes prothoraciques et de leur soie, quoique les soies gulaires
soient conservées, comme chez les Caininara. L’existence de ce C. aethiops
sufhrait à elle seule pour démontrer la communauté d’origine des Ctenosta
et des Caniinara.
C’est enfin dans un nouveau sous-genre do Ctenosta qu’il faut plaeer le
C. Paractenosta\ puineense Imh., jusqu’ici tenu pour un vrai Calosonia à
cause de la forme de ses palpes. L’absence de soies gulaires et surtout la
forme do son ligule précisent ses affinités. Mais cette espèce est remarquable
par son aptérisme, sa coloration violacée, la pubescence dorée de ses tarses.
Elle est certainement une ancienne relique des Ctenosta du Crétacé.
Deux espèces de Madagascar se rattachent à la grande lignée des Cte¬
nosta'., elle seront rangées dans un sous-genre Eucalosonia. L’une [Gran-
didieri] habite toute File; l’autre Bastardi) paraît localisée dans l’extrême
sud (pl. III, fig. 7 et 9). Ces deux espèces rappellent assez les vrais Calosonia
arboricoles, tant par leurs élytros amples et subcarrés que par leur sculpture
fine, triplo'ide et homodynamo. Mais le dernier article de leurs palpes maxil¬
laires est très court et le ligule, en forme d’ongle, large et crochu, les éloigne
dos Calosomes lobés.
Quoique très différenciés, les Eucalosonia se rattachent aux Ctenosta',
comme eux, ils ont perdu leurs lobes protboraciquos et la soie pronotale
postérieure; mais dans l’isolement insulaire, ils ont gardé les soies gulaires
et la métatroebantérienne.
Avec les Caniinara et Ctenosta, un troisième genre peuple les savanes
tropicales do l’Afrique, c’est le genre Carabops. On verra en effet qu’il faut
grouper sous ce nom le C. Oberthüri Vuill. de l’Angola, le C. Burtoni
AU. do l’Afrique Orientale et enfin un groupe d’esi)èces abyssines plus ou
moins montagnardes.
Tous les Carabops sont aptères et c’est là sans doute le principal carac¬
tère les séparant Aes Caniinara. La sculpture des téguments est rugueuse;
les brosses mésotibiales ont disparu chez les mâles. Les caraetères chéto-
taxiques sont les mêmes que chez Caniinara, mais la soie pronotale posté¬
rieure disparaît chez certains individus.
Les espèces du genre Carabops, toutes aptères et très localisées, ont
tendance à s’installer dans les montagnes. Mais leurs caractères évolutifs
sont différents de ceux des Caraboinorphtis et des Orinodronius dont il
sera (juestion plus loin.
U. .IKA.XXEL
5()
Le peuplement de la zone érémienne de l’Ancien-Monde. — La zone érémienne
do l’Ancien-Monde (fig. 35) comj)rend une immense étendue de déserts
depuis les rivages atlantiques de l’Afrique jusqu’en Cliine : le Sahara, le
désert Arabique, l’Iranien, le Touranien, le Gobi.
Situés sous des latitudes différentes, ces déserts ont des climats très
divers, et cette diversité a certainement influencé la dispersion des Calo-
somes. Ces types variés de climats désertiques permettent de définir des
zones dans l’Erémic; on verra ([ue ces zones diffèrent par leur peuplement.
1“ Zone sahélienne, formée par la bordure méridionale du Sahara et le
sud de l’Arabie. C’est une savane, ou stoppe à épineux, oii les pluies sont
rares, mais estivales et chaudes. On a vu que les Calosomes tropicaux des
genres Caminava et Ctenosta ont largement peuplé cette zone sahélienne,
arrêtés plus ou moins vers le nord par le climat du Saliara central.
2“ Sahara central. C'est le désert proj)rement dit, sans pluies, presque
sans végétation. D’autres déserts complets semblables se trouvent dans
l’Asie centrale (Gobi, Pamir , dans le Chili septentrional, en Afrique aus¬
trale iKalaliari). On n’y trouve aucun Calosomc. Car les Calosomes dépen¬
dent de la flore, qui permet le développement des Hétérocères dont ils se
nourrissent.
3“ Zone saharo-méditerranéenne, ou partie nord du Sahara. Ici le climat
est celui d’un semi-désert, avec pluies d’automne et d’hiver, froides. Le même
climat s’étend sur l’Arabie et les déserts de l’Iran; aussi verrons-nous les
Calosomes se disperser du Turkestan jusqu’à rAtlanti(pie Olivieri .
4® Enfin zone touranienne, comprenant les déserts plus septentrionaux
de la région aralo-mongole. Ces déserts passent peu à peu vers le nord aux
steppes sibériennes, qui s’étendent de la Mongolie orientale jusqu’au nord
de l’Europe. Dans le désert touranien, il pleut pendant l’été, et l’iiivcr est
glacial.
Tous ces déserts de l'Erémie sont d’àgc récent. Ils datent de la fin du
Tertiaire. Au Néogène, les chaînes de l’Iran étaient couvertes de forêts qui
nourrissaient les souches des Trechitae de l'Egéide. Le Sahara central
jouissait encore d’un climat pluvieux au Pliocène. Les ada[)tations des
Calosomes au milieu déserticiue sont donc aussi récentes et se traduisent
par des caractères néogénétiques développés au cours du Quaternaire. Ces
caractères sont d’ailleurs les mômes (juc ceux présentés par les Calosomes
des déserts nord-américains : coloration noire, grande taille, persistance des
ailes, effacement progressif de la sculpture aboutissant à des formes presque
lisses, dont les gros points permanents des primaires conservent des traces
de la coloration métallique primitive.
Il faut donc faire une distinction entre ces caractères néogénétiques récents
et ceux par les([uels les espèces se sont préalablement isolées pendant le
Tertiaire. Car les souches des Calosomes de l’Erémie se sont détachées de
bonne heure de celles des Caminara africano-brésiliens. On peut même y
distinguer deux peuplements bien différents, deux catégories de lignées :
LES CALOSOMES
5?
Les unes sc sont installées dès le début du Tertiaire sur les massifs médi¬
terranéens et ceux de l’Asie centrale, et ont donné les espèces actuelles,
ailées et largement répandues, des deux genres Campalitn et Charmosta.
Les autres ont dû s’isoler tout d’abord sur le vieil asile de l’Angara, peut-
être dès le Crétacé, et ont été l’origine de la série phylétique de Callisthenes.
Des espèces de ce groupe ont peuplé les dései ts de l'Asie occidentale et sont
aptères. Des genres ont passé pendant le Tertiaire dans l’Amérique du Nord.
L’évolution pentaploïde des Campalita et Charmosta dans la région méditer¬
ranéenne. — Les Campalita se distinguent des Camùiara par l’évolution do
la sculpture de l’élytre ([ui tend vers le type pentaploïde. Comme on l’a vu
ci-dessus ip. 26), cette évolution se produit chez des espèces à sculpture
peu saillante, dont la tégulation n’est pas soulevée sur dos côtes. On peut
suivre selon les espèces les étapes de cette évolution ])enta])loïde do la
sculpture (fig. 26 à 31) : chez le C. inaderae, le dédoublement des tertiaires
s'ébauche; il est plus accentué chez C. nuropunctaliun, mais on trouve le
type pentaploïde parfait chez les C. Olwieri ou C. algiricum. Chez d’autres
lignées la sculpture pentaploïde se brouille \C. indicum) et aboutit au type
confus du C. chineuse. Il est curieux que cette évolution ])entaploïde soit
exclusivement l’apanage des Calosomes méditerranéens (la région méditer¬
ranéenne étant comprise au sens large, prolongée dans l'Asie centrale). On
la retrouve chez les Callisthenes iraniens. Elle est fréquente chez un grand
nombre de lignées de Carabes, également originaires de l’Asie centrale.
Les espèces du genre Campalita sc sont propagées au Quaternaire dans
les déserts, et ont alors enchevêtré leurs aires géographicpies; mais on
distingue parfaitement que ces espèces se sont individualisées sur les massifs
méditerranéens, depuis la Tyrrhénide à l'ouest, jusitu’à l’Asie centrale. Et
l’évolution pentaploïde se montre de plus en plus intense que l’espèce s’est
formée plus à l’est; les espèces tyrrhénicnnes et égéidicnnes la présentant à
l’état d’ébauche, les types pentaploïdes les mieux caractérisés sont ceux
originaires do l’Asie occidentale. Il existe donc, comme on le voit, une
intluencc géographique très nette sur les caractères évolutifs de la sculpture.
Campalita maderae F. (pi. IV, fig. 9), est l’espèce tyrrhénienne; chez
elle la pentaploïdic est à peine ébauchée par une vague tendance au dédou¬
blement des tertiaires. C. maderae occupe aujourd’hui tout le pourtour de la
Méditerranée occidentale, les îles tyrrhéniennos. Madère et les Canaries,
d’autre j)art il est représenté dans le Caucase par une race isolée, tauricum
Motsch. 'carte, fig. 36). 11 parait bien que l’espèce se soit individualisée au
Nummulitique sur le vieux massif méditerranéen unissant la Tyrrhénide et
le Caucase à travers l'Egéide septentrionale, massif qui a joué un rôle si
important dans la dispersion des Trechini aphénopsiens ou des Bembidiides
endogés ('). Après isolement de la Tyrrhénide, la partie occidentale de
(1) R. Je.i.xnei.. Les Bembidiides endogés, monographie d’une lignée goudwanienne.
(Rev. frane. d'EiU., III, li)37, p. 2Il-3flC).
58
K. JHAXXHL
rcspèce s'cst séparée d’une race caucasienne et a pu se propager vers l’ouest
jusque dans les îles Atlandides, ce qui situe bien son histoire avant le iNIiocène
moyen.
On verra que le C. auvop une Latum llcrbst (pl. IV, fig. 5), sera séparé
comme espèce du C. maderae. Les tertiaires sont en voie de dédoublement
plus avancé et d’autre part sa distribution géographique se présente comme
Fis. 37. — Ropai'tition de Calosomes ongulés : 1. Curnpaliia imnipunclalum Hbst., forint'
typii)iie; 2. C. nuropunclalum dzunyaricum Gebl. ; 3. C. aitropunclaium Liushmirense Breiiii.
— A. C. lanrpmyicae, n. .sp.
celle d’une lignée originaire de l’Égéide méridionale (carte, fig. 37). On
imagine aisément que le C. auropunctatuni ait dû s’individualiser sur
l’Egéide méridionale pendant que le C. maderae indagaior s’isolait sur la
Tyrrliénide. On sait qu’à la fin du Crétacé et pendant le ^lontien, l'Indo-
Afrique a largement communiqué avec l’Egéide méridionale par la Syrie et
la Palestine (') (carte, lîg. 34). Les souches de Vauropunctatum ont dû se
séparer sur l’Egéide à cette époque et se répandre plus tard, après le retrait
des mers du détroit de l'Obi, dans le Turkestan et la Dzungarie.
lll II. .lE.rNNEi.. L’aivhatlantis et le peuplement de la région méditerranéenne. (Ardt. .1/us.
■nul. Hisi. uni., Vol. du Tricentenaire, XII, l'.13ô, p. 115-4'2ri).
LI'S GALOSO.MES
Cii»
A la lin du Néogène, les Calosomes de l’iigéido méridionale se sont
répandus vers le nord et sur toute l’Europe orientale, avec toutes les lignées
dispersées ainsi au Pontien. Ce sont sans doute les intluences climatiques
qui ont diversifié l’espèce en déterminant la forme dzungariciun dans les
steppes et les déserts, kashmirense dans les montagnes himalayenncs, enfin
Fig. :î8. — Répartition de Calosomes ongulés. 1. CampniUa Olivieri Dej.; 2. Cam/ialita
Davidi Géh.; 3. CampcdUn dcnliculle Gebl.
la race étroite et allongée, à gros points d’or, auropunctatuni typique, sous
les climats humides du nord de l’Europe.
Il est curieux enfin que le seul Campalita de la région tropicale [C. tan-
ganycae, n. sp.), qui occupe les steppes du Tanganyika ifig. 37), soit plus
voisin de Vauropiuictatum que de toute autre espèce du genre.
A ces Campalita méditerranéens, de type occidental, s’opposent ceux qui
ont évolué on Asie occidentale et dont la pentaploïdie est complètement
constituée. Un groupe d’espèce habite le Turkestan : C. Olivieri Dej.,
C. Reitteri Roeschke, C. algiricmn Géh., C. deserticola Scm., les uns
séparés par des modalités des caractères sexuels secondaires des tarses, le
dernier en retard sur les autres dans son évolution pentaploïde.
C. Olivieri (pl. IV, fig. 8), est dispersé dans toute la zone des semi-déserts
«I
R. .lEAXXEL
soumis à un régime de pluies d’automne ou d'hiver (climat saharo-méditer-
ranéen] (carte, fig. 38). Mais cette répartition actuelle est certainement
conditionnée par les climats du Quaternaire, car la présence du C. Olivieri
dans tous les archipels atlantidiens, Açores, Canaries et îles du Cap Vert,
signifie que l’espèce a dû se disperser très largement sur la région méditer¬
ranéenne- occidentale avant le Miocène moyen, avant l’isolement des îles
Atlantides.
D’autres lignées de Cainpalita sQ sont encore individualisées dans l’Asie
centrale ; toutes sont de type pentaploïde ou encore du type confus [chineiise].
Avec elles se trouvent deux espèces que, leurs caractères chétotaxiques
obligent cà séparer dans un genre distinct, Channosta. Elles ont conservé
la soie métatrochanlérienne, disparue chez tous les Caniinara et Campalita,
et d’autre part elles perdent leur soie pronotale postérieure, comme les espèces
du genre Ctenosta do la région tropicale. Ce « couple chétotaxique » des
Channosta se retrouvera dans la série phylétique des Callisthenes, dont il
sera question plus loin.
Le Campalita indicurn Ilope occupe les steppes du pied de la chaîne de
riliinalaya. En Chine les C. Davidi Géh., C. chineuse Kirby et Channosta
lugens Chaud, sont répandus depuis le Yun-Nan au sud, juscpi’au Japon et la
Mongolie orientale, au nord. D’autres espèces enfin peuplent les steppes
sibériennes et les semi-déserts à climat touranien; ce sont le Campalita
dcnticolle Gebl. et le Channosta iiwestigator 111., qui tous deux s’avancent
vers l'ouest jusque dans l'Europe orientale.
La série phylétique de Callisthenes. — Ce groupe de genres est comme
symétrique de la série phylétique de Callitropa. On a vu que la série des
genres voisins de Callitropa descendent de souches détachées des Castrida
sudaméricains et sans doute isolées sur l’asile de la Paria au Crétacé. De
même la série phylétique de Callisthenes s’est détachée des Caminara indo-
africains et s’est isolée au Crétacé sur l’Angara.
Les divergences évolutives sont d’ailleurs analogues. Comme tous les
groupes évolués au Tertiaire, les genres de la série de Callisthenes perdent
tous leurs brosses mésotihiales des mâles et une formule chétotaxique
nouvelle les isole de leur souche Caminara. La soie métatrochantérienne
persiste, la pronotale tombe et, de plus, la sculpture est parfois pontaplo'i'de,
comme chez les autres groupes asiatiques.
Dans la série phylétique de Callisthenes se placent trois genres qui
présentent tous trois le même type d’antennes très caractéristiques, avec une
large bande glabre et brillante sur la face externe des articles pubescents.
Callisthenes Fisch. est réparti dans les steppes et les déserts de l’Asie
centrale. La plupart des espèces sont aptères, mais cependant bien diffé¬
rentes par leurs caractères évolutifs Ues espèces aptères et caraboïdes des
montagnes. Parmi elles, on distinguera des espèces iraniennes [C. araraticus
Chaud., C. hreviuscidus Mann.) de type très particulier, et d’auti-es qui sont
LES CALOSOMES
61
touraniennos et occupent la large zone des steppes depuis la Mongolie
jusqu’au Turkestan. Une espèce enfin C. reticalatus F. est restée ailée et
s’est répandue dans le nord de l’Europe (carte, fig. 39).
Une autre lignée du même groupe a dû passer do l’Asie dans l’Amérique
du Nord pendant la première moitié du Tertiaire. J'ai dit plus haut, à propos
des Calosomes lobés de l’hémisphère nord (p. 42) pourquoi de telles migra-
Fig. 30. — Répartition des Calosomes de la série phylétique de Callnlhenes : 1. Gen. Chvy-
snsllyma Kirby; 2. Gen. Callislhenes Fisch.; 3. Gen. Microcallisthcnes Apf. (subgen. Cat-
listenia : Jlontagnes Rocheuses; subgen. MicrocallUhcnes s. str. : Albanie).
tiens avaient dû se faire parla voie arctique, alors que les terres du détroit de
Behring se trouvaient sous un climat polaire. Quoi qu’il en soit, le genre
Chi-ysostigrna Kirby est très voisin de Callisthenes et a donné dans le sud-
ouest américain une série d’espèces désertiques.
Reste enfin à dire quelques mots du troisième genre de la série pliylétique
de Callisthenes, le genre Microcallisthenes Api. (carte, fig. 39). J’ai eu la
surprise de constater qu’il existait des affinités très grandes entre les deux
petits Microcallisthenes Pentheri Apf. et relictus Apf, espèces aptères et
caraboïdes isolées sur deux hauts sommets de la péninsule balkanique, et
d’autres espèces également aptères et caraboïdes des Montagnes Rocheuses.
La ressemblance est même saisissante entre le .1/. relictus et le M. moni-
02
It. JEAXXEL
liatus Le C., américain. Des différences de forme du lig-ule m’ont cependant
déterminé à ranger les cs[)cces américaines dans un sous-genre à part,
Callistenia Lap.
Il n’est pas douteux, à mon avis, que les Callistenia des Montagnes
Rocheuses et les Microcallislhenes des hauts sommets de l’Albanie sont des
reliques d’une grande lignée qui a dû se répandre d’Asie en Amérique par
l’Arctique, mais n’a pas d’autres survivants connus que ces especes monta¬
gnardes. On connaît une grande quantité d’exemples de distribution de groupes
à la fois dans l'ouest de l’Amérique du Nord et la région méditerranéenne.
R. F. ScHARFF les a relevés depuis longtemps et en avait déduit l’hypothèse
d’un pont continental transatlantique éocène, ayant uni les Antilles à la région
méditerranéenne. J’ai moi-môme consacré une étude spéciale à ce problème
biogéographique (1935).
Il me semble aujourd’hui que le rassemblement des terres nord-atlantiques
àl’Focène, d’apres les vues de Wegener, rassemblement qui coïncide avec
une position du pôle qui met le Labrador et le Groenland sous 20“ de lati¬
tude N, c’est-à-dire en pleine zone subtropicale icarte, fig. 34i, explique bien
mieux ces distributions do part et d’autre de l’Atlantique par une voie arcti¬
que. A l’Eocène et môme à l’Oligocène, le nord de la Sibérie, le Groenland et
la Terre do Ballin ont constitué une voie de migration continue sous un
climat tempéré comparable au méditerranéen actuel. Plus au sud, la zone
hercynienne de l’Europe et les Appalaches permettait le passage d’espèces
de faune chaude, c’est-à-dire de tous les éléments transatlantiques ayant servi
à édifier l’hypothèse dupont de Scharff.
Comme on le voit, les deux petits Calosomes caraboïdes des Alpes Alba¬
naises et du Schar Dagh sont, sur deux sommets de l’Egéide septentrionale,
des reliques tout à fait comparables au Protée des eaux souterraines balka¬
niques, dont les proches parents subsistent dans l’Amérique du Nord.
Les Calosomes des îles de l’Atlantique. — Dans les îles de l’Océan Atlantique,
il existe deux catégories d’espèces do Calosomes. Les unes, ce sont les plus
nombreuses, se retrouvent sans différences morphologiques, ou presque sans
différences, sur le continent africain. Mais une espèce, Haplothorax Burchelli
G. R. Wat., de file de Sainte-Hélène, est si modifiée, ultra-évoluéc sous l’in-
fluence de l’isolement insulaire, que sa parenté avec les lignées continentales
est très difficile à déceler.
Les espèces de la première catégorie sont les suivantes :
Iles Açores : Campalita Olivieri Dej.
Iles Madère : Campalita maderae F.
Iles Canaries : Campalita maderae F., C. OlivieriYiç>\.
Iles du Cap Vert : Campalita éJA'cie/'f Dej., Caminara chlorostictum cogna-
Chaud., C. imbricatum KL, Ctenosta senegalense De\.
Ile Sainte-Hélène : Caminara chlorostictum helenae Hope.
La question qui se pose tout d’abord est de savoir si ces espèces ont été
LES CALOSOWES
03
imfiortées dans les îles à une époque récente, ou bien si elles y ont été isolées
lorsque les archipels atlantidiens se sont séparés de l’Afrique. Toutes ces
îles, y compris Sainte-Hélène, sont en effet les restes de terres bien plus
vastes qui sont restées longtemps reliées au bloc continental africain pendant
la formation de l’Atlantique, mais que la dérive des socles a finalement déta¬
chées, puis étalées et abaissées sous la mer, de sorte qu’il n’émerge plus que
des îles restreintes. Ces îles ont conservé la faune de masses continentales
disparues, mais autrefois rattachées à l’Afrique.
Les Açores, Madère et les Canaries sont ainsi les restes d'une Atlantide
que l’on suppose s’ètro détachée do l’Afrique et de la région méditerranéenne
au Miocène moyen. Sainte-Hélène a fait partie d’une vaste terre qui fut reliée
à TAfrique pendant tout l’Eocène, comme le prouvent les restes de Manatides
fossiles découverts à Sainte-Hélène et apparentés aux formes éocènes de
l’Afrique et de la région antillaise. Ces Mammifères marins vivent dans les
estuaires des grands fleuves, et Sainte-Hélène devait donc faire partie d’un
vaste continent, avec de grands fleuves, puisque des Manatides y ont vécu.
L’hypothèse d'une importation récente des Calosomes dans les îles de
l’Atlantique s’appuierait sur le fait qu’aucune différence morphologique
notable ne caractérise les colonies insulaires. Mais il faudrait au moins faire
remonter la colonisation des îles au Quaternaire, sinon à une date plus
ancienne.
D’abord le C. chlorostictum a donné des races insulaires, helenae Hope à
Sainte-Hélène, cognatiim Chaud, aux îles du Cap Vert. De plus l’espèce
n’existe pas dans l’Afrique occidentale (carte, fig. 36), do sorte que sa
dispersion dans les îles apparaît comme un caractère chorologique ancien.
Elle s’explique bien mieux par la survivance de races isolées par la sépara¬
tion des îles que par des importations récentes.
11 en est de même pour le C. OUvievi, qui atteint les Açores et les îles du
Cap Vert, à des distances considérables do ses stations continentales les
plus proches. On peut admettre à la rigueur que des Calosomes ailés, dans
des conditions très favorables, puissent franchir la distance séparant l’Afri¬
que des îles Canaries ou de Madère, mais la chose est bien invraisemblable
pour les Açores qui se trouvent à plusieurs milliers de kilomètres du conti¬
nent.
C. maderae, aux îles Madère et Canaries, doit s’y trouver depuis le Num-
mulitique, puisque sa distribution méditerranéenne prouve qu’il est un
élément ancien de la faune tyrrhénienne.
Quand aux deux autres espèces, connues des îles du Cap Vert, Caininara
imhricatum et Ctenosta senegalense, on no peut pas être aussi affirmatif au.
sujet do leur origine. D’abord les îles du Cap Vert sont bien plus rapf)rochées
du continent que les autres archipels. Elles se trouvent juste à l’extrémité occi¬
dentale de la zone sahélienne, le long de laquelle ces deux espèces, largement
répandues dans les savanes tropicales, se sont propagées au sud du Sahara.
Enfin C. senegalense s. aussi franchi le canal du Mozambique pour s’installer
(il
U. JEANN'EL
à Madag'ascar à une époque récente. Tout laisse supposer que le C. inihricatam
comme le C. senegalense ont dü gagner les îles du Cap Vert au Quaternaire.
Reste enfin l’extraordinaire Haplothorax Burchelli G. R. Wat. de Sainte-
Hélène. On le rapproche généralement plutôt des vi-ais Carabes que des
Calosomes. Il n’est pas douteux cependant qu’il faille le rattacher à la lignée
des Ctenosta. La forme du labium et de la gula, les brosses mésotibiales des
mâles, la sculpture des élytres, les régressions chétotaxiques et enfin la
présence d’un ligule ongulé le placent dans la lignée africaine. Mais ses
ultra-évolutions en font un endémique qui semblerait à priori d’une très
haute antiquité pl. Ht, fig. 5).
Or la paléontologie nous montre que l’isolement de Sainte-Hélène ne peut
pas remonter au delà de l’Oligocène. On est donc bien obligé d'admettre que
l’isolement de \Haplothorax n'cst pas plus ancien que celui du Caminara
chloroHtictuin helenae. Dans le même laps de temps, depuis l’Oligocène, ce
dernier n’aurait produit qu'une race à peine différenciée, alors que la souche
Haplothorax a. subi de surprenantes évolutions. On a là sans doute encore un
exemple de cette inégale rapidité des orthogénèses qui est une des causes
principales de diversification des êtres vivants.
L’évolution caraboïde des Calosomes montagnards
J’ai insisté plusieurs fois au cours de ce travail sur les rapports phyléti-
ques des Carabes et des Calosomes. On a vu que les Carabes sont la descen¬
dance de lignées calosomiennes primitives, qui se sont isolées au Secondaire
sur l’asile de l’Angara et se sont épanouies au Tertiaire dans tous les nouveaux
domaines résultant do la surrection des montagnes du système alpin. L’évo¬
lution des Céroglosscs dans l’Amérique australe, des Pamborus en Austra¬
lie, a été réalisée d’une façon analogue par des lignées calosomiennes paral¬
lèles. Et toutes ces évolutions « carabiennes » de l’ère secondaire sont parties
de souches calosomiennes à ligule non sjiécialisé et ont abouti à des types
« carabiens » sans ligule.
Il faut examiner maintenant l'évolution « carabo'ide » des Calosomes du
Tertiaire. Elle produira des types de Calosomes qui ressembleront à des
Carabes, par convergence. !Mais ces Calosomes carabomorphes dérivent
de souches calosomiennes à ligule déjà spécialisé, ongulé; dans le complexe
des corrélations qui réalisent le type Carabe, la régression du ligule, trop
évolué, ne peut pas se produire et on constate à sa place d’extraordinaires
hyperplasies disharmoniques, variables selon les lignées, mais caractéris¬
tiques de tous les Calosomes carabomorphes des montagnes tropicales.
Il est particulièrement intéressant de comparer l’évolution caraboïde dans
les diverses lignées do Calosomes où elle s'est produite :
Dans les hautes montagnes de l’Afrique orientale : Carahops, Orinodro-
mus et Carabomorphus.
I.ES CAI.OSO.MES
65
Au Mexique : Blaptosoma, Carabominius et Calopachys.
Dans les Montagnes Rocheuses et la péninsule Balkanique ; Microcallis-
thenes.
Au cours de son évolution vers le type caraboïde, le Calosome devient
aptère ; et l’atrophie de l’aile s’accompagne naturellement d’une atrophie des
muscles moteurs des ailes, qui entraîne la réduction du métasternum et
l’effaccnient des épaules, par lequel les élytres prennent une forme ovale ou
elliptique. Par contre-coup, le })ronotum devient ample, avec des lobes pos¬
térieurs bien développés; soit que la réduction des élytres fassent paraître
le pronotum proportionnellement plus grand, soit que le rapetissement'du
pronotum, habituel chez les lignées arboricoles ailées, ne se soit pas produit.
C’est sans doute le ebangement de forme de l’élytre, en s’ovalisant, (jui
déclanche les transformations de la sculpture qui produisent les types hété-
rodynames, caténulés, îoraminés, si répandus chez les Carabes et dont l’évo¬
lution a été décrite en détail dans les pages précédentes (p. 27). Mais on
s’explique moins les changements corrélatifs qui surviennent dans d’autres
organes.
Los Calosomes ont les mandibules ridées obliquement sur leur face dorsale.
Les mandibules de tous les Carabes sont lisses. Et celles des Calosomes
carabomorphes perdent leurs rides. Celles-ci sont effacées mais encore
visibles chez les espèces mexicaines; elles disparaissent totalement chez les
Orinodromus et Carabomnrphus africains.
Une autre corrélation non moins curieuse réside dans la structure delà
base des antennes. Chez les Calosomes ailés, l’article ii est globuleux, le iii
très long et comprimé en bord tranchant. Les mêmes articles sont sensible¬
ment de même longueur, sans compression, chez les Carabes paléarctiques.
On trouve tous les intermédiaires chez les Calosomes carabomorphes. L’an¬
tenne d’un Carabomorphus QsimèmQ absolument du type Carabe.
On note aussi dans l’évolution caraboïde des Calosomes, la disparition
presque générale des brosses mésotibialcs des mâles. La seule exception
est celle des Caraboplianus abyssins.
Tous ces changements se produisent parallèlement, selon des ortliogénèses
semblables, mais différant cependant par leurs modalités dans les diverses
lignées. Car les évolutions caraboïdes énumérées ci-dessus se produisent
dans trois séries jjhylétiques différentes, c’est-à-dire dans trois lignées
différenciées depuis le Secondaire. Les Calosomes caraboïdes africains
dérivent des Caminara, ceux du Mexique des Callitropa, les Mievo-
vallhthems des montagnes Rocheuses et de l’Albanie enfin appar¬
tiennent à la série pbylétique de Ctdlisthenes. Aussi voit-on en outre les
réactions évolutives de l’organe copulatcur se jiroduire différemment dans
les trois lignées.
Je ne reviendrai pas ici sur les stades successifs do ces ortliogénèses
qui produisent les organes copulateurs hypertrophiés, à ligule extraor¬
dinaire, des divers genres de Calosomes caraboïdes (p. 9). Je rappelle
MÉ.MOinES DU MÜSÉU.M, NOUVELLE SÉRIE, TO-ME .MU. 5
R. JEAXXEF.
(W
simplement que cette évolution semble bien se dérouler comme suit :
L’ensemble des corrélations qui composent l’évolution caraboïde sont
régies sans doute par des interactions dans le milieu intérieur. De même
que des causes complexes agissent sur la sculpture des mandibules,
les proportions des articles antennaires, la morphologie élytralo, d’autres
déterminent la disparition des brosses mésotibiales ou déclanchent une
régression du ligule.
Mais il semble que ce dernier organe, en forme d’ongle, dont l'évolution
a commencé au Jurassique, soit devenu trop spécialisé à la fin du Tertiaire
pour que son évolution puisse être ainsi réversible. Tout se passe comme si
l’impossibilité d’entrer en régression se manifestait par des réactions hyper-
tropliiantcs et désordonnées.
D’abord, dans les débuts, le ligule augmente de taille, sans changer de
forme [Carabops)\ puis il s’hypertrophio et se déforme [Orinodi-omiis).
A un stade plus avancé, le ligule prend des formes extraordinaires, en
apparence disharmoniques et l’organe copulateur tout entier réagit à son
tour en s’hypertrophiant [Carabomorphiis],
Et les mêmes phénomènes se produisent aussi bien chez les Calosomes
carabomorphes du Mexique que chez ceux de l’Afrique orientale. On
trouvera plus loin les descriptions de leurs types extraordinaires de ligules,
de ceux des Carabomorphiis (p. 154, fig. 118), des Microcallisthenes
(p. 179, fig. 152), des Carabomimus (p. 225, fig. 189) ou des Calopachys
(p. 254, fig. 205).
DEUXIÈME PARTIE
SYSTÉMATIQUE
On a proposé 42 noms de sous-genres de Calosoma Weber, alors qu’on
peut estimer à une centaine environ le nombre des espèces réellement
valables. H y a des groupes, comme les Castrida sudaméricains, où il a
été fait plus de noms de sous-genres qu’il y a d’espèces. C’est dire que,
dans l’ensemble, les caractères subgénériques invoqués par les auteurs
des révisions, se confondent avec les. caractères spécifiques. L’excès des
sous-genres a pour effet qu'aucune subdivision naturelle n’apparaît plus.
Et pourtant le groupe des Calosomes est manifestement polyphylétique.
Après révision de la plupart des espèces connues, je suis arrivé à
répartir les Calosomes dans 20 genres qui se groupent dans quatre grands
pbylums principaux.
Pour désigner ces 20 genres, qui seront définis plus loin, il a fallu choisir
20 noms parmi les 42 déjà publiés, et il s’est ainsi posé un problème de
nomenclature assez compliqué du fait que chaque auteur a jusqu’ici employé,
à tort et à travers, les anciens noms de Motschoulsky, sans se conformer
à la loi de priorité; la plupart des citations bibliographiques faites à leur
sujet sont inexactes.
Après les noms de Calosoma Weber (1801), Callisthenes Fischer (1822),
Chrysostigma Kirby (1837) et Callisphaena Motschoulsky (1859), viennent
une série de 13 noms de genres donnés par Motschoulsky en 1865, avec
des diagnoses suffisantes et la désignation des types (^). C’est donc dans
ce travail de Motschoulsky qu’il faudra puiser tout d’abord pour attribuer
aux genres un nom ayant la priorité. Il n’est donc pas inutile d’établir par
ordre do priorité la liste des noms de Calosomes antérieurs au travail de
Motschoulsky et de ceux qu’il a publiés.
1. Calosoma Weber, 1801; type : sycophanta F. — Le type est désigné par
L.wrkille (1810, Consid. gén. etc., p. 426).
2. Callisthenes Fischer, 1822; type : Panderi Fischer.
3. Chrysostigma Kirby, 1837; type : calidum 1'.
(1) V. de Motschoulsky. Énumération de.s nou\ elles espèces de Coléoptère.s rapportés de
se.s voyages. {Bail. Soc. imp. Nat. Moscou, XXXVIII, 2, 1^, p. 227-313).
ï\. jkanm:l
(i8
4. Callisphaena Motschoulsky, 1859; type : reliculatum F.
5. Motschoulsky, 1865 (p. 300); type : exlernum Say.
6. Castrida Motschoulsky, 1865 (p. 300); type : Sayi Dej.
7. Charmosta Motschoulsky, 1865 (p. 301); type : investigalor 111.
8. Caminara Motschoulsky, 1865 (p. 303); type : imbricatum Klug'.
9. Camedula Motschoulsky, 1865 (p. 304); type : glabratum Dej.
10. Campalita Motschoulsky, 1865 (p. 304); type : maderae F.
11. Cosmoplata Motschoulsky, 1835 (p. 305); type ; aeneum Motsch., = cinnensc
Kii’by.
12. Cienosta Motschoulsky, 1865 (p. 306); type : senega/ense Dej.
13. Callistrata Motschoulsky, 1865 (p. 306); type : granulosum Motsch., =c/e/ui-
colle Gchler.
14. Callistriga Motschoulsky, 1885 (p. 307); type : retusum F.
15. Calaniaia Motschoulsky, 1865 (p. 307); type •. rugatum Motsch., = granu-
latum Pei'ty.
16. Callipara Motschoulsky, 1865 (p. 308) ; type : sycophanta L.
17. t’n/orfre/>a Motschoulsky, 1855 (p. 310); type ; scrutator F.
11 faudra tenir compte une fois pour toute de cette liste chronologique
des anciens noms de Calosomes.
TABLEAU DES GENRES
1. Ligule en forme de languette membraneuse, épaisse, mamelonnée
et pubescente, sans pointe chitineuse. Palpes maxillaires à dernier
article aussi long que l’avant-dernier; dent labiale obtuse, non
saillante. Pas de soie prothoracique postérieure. Élytres subcarrés,
à sculpture triploïde et homodyname. Espèces ailées, à pronotum
réduit et élytres amples; les mâles avec de longues brosses méso¬
tibiales (*). I. Calosomes lobés.
— Ligule chitinisé (Calosomes ongulés). Dernier article des palpes
maxillaires généralement plus court que l’avant-dernier; dent labiale
aiguë et saillante. 2.
2. Métépisternes à ponctuation lino et serrée (lisses chez les genres
orophiles aptères de l’Afrique orientale dont les mandibules sont
lisses, sans trace des rides transverses). 3.
— Métépisternes lisses, le plus souvent avec quelques gros points peu
nombreux sur la partie postérieure (lisses chez les genres orophiles
aptères du Mexique, dont les mandibules gardent toujours des
traces de leurs rides transverses). 4.
3. Antennes avec les articles 5-11 uniformément pubescents, sans
bande longitudinale glabre. Soie prothoracique postérieure ordinai-
(1) Sauf chez le Calodrepa Wilcn.ti
LES CALOSOMES
6!)
rement présente, soiemétatrochantéricnne absente. Lopins souvent
mésotibias des mâles arqués et munis de brosses.
II. Gexkes AFRicAxo-EURASiATiQUES DE LA SERIE DE Castrida-Caminai'a.
— Antennes avec une bande longitudinale lisse, glabre et brillante
sur la face externe des articles 5-11. Soie protboracique postérieure
absente ('), la soie métatrochantérienne développée. Mésotihias des
mâles toujours sans brosses. III. Série phyl. de Callisthenes^
4. Soie Prothoracique postérieure ordinairement présente; soie méta¬
trochantérienne absente (^). Mésotibias des mâles arqués et munis
de brosses.
. . .II. Genre sudaméricaix de la série phyl. de Castrida-Caminara.
— Soie prothoracique postérieure toujours absente; soie métatrochan¬
térienne presque toujours présente (^). Mésotibias des mâles toujours
droits et sans brosses. IV. Série phyl. de Callitropa.
1. Calosomes lobés
1. Palpes à dernier article à peine dilaté à l’apex, subeylindrique; mété-
pisternes lisses. Pronotum non rétréci en arrière, à surface basale
déprimée, les fossettes profondes, le disque lisse. (Région austra¬
lienne). 1. Gen. Australodrepa Lap.
— Palpes à dernier article dilaté au sommet, plus ou moins aplati.
Métépisternes ponctués. 2.
2, Métépisternes avec quelques gros points épars sur la partie posté¬
rieure. Pronotum non rétréci à la base, la surface basale déprimée,
les fossettes profondes, le disque lisse. Brosses mésotibiales des
mâles réduites ou nullcs. (Amérique du Nord).
. 2. Gen. Calodrepa Motsch.
— Métépisternes finement et densément ponctués. Pronotum rétréci à
la base, la surface basale non déprimée, les fossettes superficielles,
toute la surface densément ponctuée. Brosses mésotibiales des
mâles très développées. .3. Gen. Calosoma Web.
II. Série phyl. de Castrida-Caminara
1. Métépisternes lisses, avec quelques gros points épars sur la partie
basale. Sculpture de l’élytre forte, rugueuse, souvent hétérodynamc,
rarement effacée. ( Amérique du Sud). 4. Gen. Castrida Motseb.
— Métépisternes finement et densément ponctués. 2.
(1) Elle existe souvent à titre (le variation indivicinelle chez Microcallistheues tuxatus Say.
(2) Sauf de rares exceptions. La soie prothoracique fait défaut chez les espèces des îles
Galapagos et le Caludema rufipeniic du l’érou. l’ar contre la soie métatrochantérienne
.subsiste chez le C. trapczipcmio Cliaiul. et le C. Ilridpesi Chaud.
(3) Elle a disparu chez les Camogania.
■70
R. JEANXEL
2. Élytres à bord buméral serrulé. Ligule toujours petit, triangulaire,
aigu et crochu. 3.
— Elyti’es à bord huméral lisse. Espèces aptères, d’aspect caraboïde.. 7.
3. Sculpture triploïde, les éléments toujours saillants, fortement tégu-
lés, bien isolés par les stries. 5.
— Sculpture passant au type pentaploïde, soit que les tertiaires com¬
mencent à se dédoubler [maderae], soit que le dédoublement soit
parfait [Olivieri] ou que les éléments se dissocient en type confus
[chinense] . 4,
4. Soie prothoracique postérieure présente; soie métatrocliantériennc
absente. Côtés du pronotum régulièrement arrondis. (Eurasie palé-
arctique). G. Gen. Campalita Motsch.
— Soie prothoracique postérieure absente ; soie métatrochantérienne
présente. Côtés du pronotum anguleux. (Eurasie paléarctique), ... 7.
. 7. Gen. Charmosta Motsch.
5. Soie prothoracique postérieure présente; lobes postérieurs du pro¬
notum normaux. (Afrique et Inde). 5. Gen. Caminara Motsch.
— Soie prothoracique postérieure absente, les lobes postérieurs du
pronotum atrophiés. Soies gulaires le plus souvent absentes. G.
6. Avant-dernier article des palpes labiaux avec ses quatre soies nor¬
males. Espèces d’aspect normal, à avant-corps étroit. (Afrique, Inde
et Madagascar). 8. Gen. Ctenosta Motsch.
— Avant-dernier article du jjalpe labial avec une frange de soies nom¬
breuses. Grande espèce aptère, très allongée, présentant de nom¬
breux caractères insolites : articles de la base des antennes non
comprimés, rebord marginal du pronotum effacé, protarse mâle non
dilaté mais comprimé latéralement; tégulation nette chez la femelle
absente chez le mâle. (Ile de Sainte-Hélène’.
. 9. Gen. Haplothorax G. R. Wat.
7. Mandibules ridées; métépisternes ponctués. Soies prothoraciques
en régression, la métatrochantérienne parfois conservée. Ligule
triangulaire, court et crochu, de forme normale. (Afrique).
. 10. Gen. Carabops .lac.
— Mandibules lisses ; métépisternes lisses. 8.
8. Taille inférieure à 20 mm. Ligule très grand, subparallèle, à sommet
épais, obtus, mais avec la pointe un peu crochue (lig. 108). (Afrique
orientale). 11. Gen. Orinodromus Kolbe.
— Taille supérieure à 20 mm. Ligule très grand, volumineux, dilaté et
terminé par une apophyse en cimier de casque (fig. 118). (Afrique
orientale). 12. Gen. Carabomorphus Kolbe.
LES CALOSO.MES
III. SÉiuE PHYL. DE Callisthenes
1. Labium normal, avec des soies discales. Premier article du méta¬
tarse non comprimé latéralement. 2.
— Labium court et uni, sans soies discales. Premier article du méta¬
tarse comprimé latéralement . 3.
2. Ligule petit, triangulaire, de forme normale. Espèces ailées ou bra-
chyptères. (Amérique du Nord. 13. Gen. Chrysostigma Kirby.
—• Ligule allongé, renflé ou styloïde, à extrémité obtuse. Espèces
aptères. (Amérique du Nord et péninsule Balkanique).
. 14. Gen. Microcallisthenes Apf.
3. Avant-corps plus court que l’arrière-corps. Mésotibias et métatibias
droits. ' Asie centrale). 15. Gen. Callisthenes E'iscb.
— Avant-corps aussi grand que l’arrière-corps qui est réduit; les ély-
tres étroits et cabossés. Métatibias et surtout mésotibias fortement
incurvés chez le mâle, .\fganistan) . 16. Gen. Teratexis Sem.
IV. SÉIUE PHYL. DE CalUtropa
1. Elytrcs à bord huméral crénelé. Pronotum à lobes postérieurs tou¬
jours effacés. Ligule normal, effilé, à pointe très crochue. ! Améri¬
que du Nord, Amérique centrale, Colombie, Bolivie).
. 17. Gen. Camedula Motsch.
— Elytres à bord huméral lisse. Pronotum à lobes postérieurs accusés
(sauf chez Calopachys) . 2.
2. Ligule de forme normale, court, triangulaire, à pointe crochue.
(Amérique du Nord et Mexique). 18. Gen. Callitropa Motsch.
— Ligule très long, terminé par un renllement triangulaire, prolongé
par une tige apicale souvent flagelliforme. (Mexique).
19. Gen. Carabomimus Kolbe.
— Ligule très long, terminé par une dilatation spatulée ovalaire. Lobes
postérieurs du pronotum tout à fait effacés. iiNIexiquc).. ..
. 20. Gen. Calopachys Haury.
I. LES CALOSOMES LOBÉS
Australie, Amérique du Nord, Europe et Asie paléarctique.
Je groupe sous le nom de « Calosomes lobés « trois genres, représentant
trois lignées certainement anciennes et occupant trois aires géographiques
bien distinctes. Ces trois lignées ont gardé une structure archaïque, non
chitinisée, du ligule de l’organe copulateur mâle. Elles ont d’autre part en
commun des caractères particuliers, tels que la longueur du dernier article
du palpe maxillaire, égal à l’avant-dernier, et la forme épaisse, mousse, de
U. .lEAXXEL
72
la dent lalnale. Toutes trois sont formées d'espèces du môme type évolutif,
ailées, à prothorax réduit, élytres amples et subcarrés, sculpture triploïde
nette, homodyname, avec la tégulation peu apparente ou nulle, les points des
primaires peu développés.
Du point de vue phylogénétique, ces trois genres de « Calosomes lobés »,
dont l’un est australien, un autre nord-américain, le troisième bolarctique,
sont autant de lignées équivalentes aux « séries phylétiques » qui groupe¬
ront tous les autres genres à ligule chitinisé. Car il semble bien que ces
(( séries phylétiques » résultent de l’évolution divergente de souches dont le
ligule a dû se trouver primitivement au même stade que celui des Calosomes
lobés.
Il est remarquable enfin que le genre nord-américain Calodrepa montre
des ressemblances plus grandes avec les Australodrepa australiens.
Les trois genres de « Calosomes lobés » diffèrent, entre autres caractères,
par la ponctuation des métépisternes : lisses, sans ponctuation, chez Austra-
lodrepa, lisses avec quelques gros points chez les Calodrepa nord-améri¬
cains, finement et densément ponctués chez les Calosoma holarctiques. Les
mêmes différences dans la ponctuation des métépisternes se retrouveront
entre les séries phylétiques américaines et celles de l’Ancien-Mondc. Après
avoir mûrement pesé les rapports de parente entre les divers types de
Calosomes, je suis arrivé à cette opinion que la divergence de ponctuation
devait dater de l’isolement de l’Amérique par la fracture de l’Atlantique, au
Crétacé. Toutes les lignées américaines, soit celle des Calosomes vrais
[Calodrepa), soit celles à ligule chitinisé (séries pbyl. de Castrida et de
Callitropa) ont acquis parallèlement une grosse ponctuation éparse des
pièces ventrales thoraco-abdominales, tandis que les Calosoma et les séries
pbyl. de Caminara et de Callisthenes, occupant l’Ancicn-Monde, ont
évolué vers un type finement et densément ponctué.
1. Gen. AUSTRALODREPA Lapouge
Aiisiralodrepa (sous-g'cnre) Lapouge, 1929, Mise, ent., XXXlf, p. 8; type ; timo-
rense Chaud, (oceanicum Perr.).
Genre de l’Australie, de Timor et de. la Nouvelle-Calédonie, caractérisé
jiar une forme particulière des palpes et l’absence totale de ponctuation
sur les métépisternes. Espèces ailées.
Tête petite, à yeux très saillants, front étroit et déprimé, ridé. Antennes
normales, à article 2 très court. Alandibulcs fortement ridées en dessus.
Palpes et antennes rougeâtres, le dernier article des palpes maxillaires
peu dilaté au sommet, subcylindrique (fig. 40 et 43i. Dent labiale très large
et obtuse, saillante.
Pronotum court et transverse, petit, sensiblement anssi rétréci en avant
et en arrière, les lobes postérieurs atrophiés, le rebord latéral entier, les
LES CALOSOMES
fossettes basales profondes; toute la surface du pronotum lisse ou simple¬
ment ridée, sans ponctuation. Elytrcs amples, subcarrés, à bord huméral
serrulé; sculpture nette, triploïde et liomodynamc, les éléments sans tégu-
lation, mais séparés par des stries fortement ponctuées; les points des
primaires petits.
Face ventrale lisse; les métépisternes très grands, carrés, absolument
lisses ou parfois légèrement ridés, mais sans ponctuation.
Pattes robustes. Mésotibias des mâles arqués, avec une brosse occupant
Fig. 4Ô à 44. — Gon. A uslraluiivopn Lap., palpe maxillaire gauche (X 12), organe copula-
teur mâle do profil (X 12) et partie apicale du pénis, face dorsale, le ligule exserti (X 16).
— Fig. 40 à42. A. Sc/uiyeri Er., de l’.Vustralie. — Fig. 43 et 44. A. occnnicum Perr., de la
Nouvelle-Calédonie.
près de la moitié apicale du bord interne. Protarses des mfdes avec trois ou
quatre articles dilatés et feutrés en dessous.
Cliétotaxie. — Une seule soie prothoracique, l’antérieure. Gulaires bien
développées. Pas de labiales ni de métatroebantériennes.
Organe copulateur (fig. 41 et 42) de taille normale, régulièrement arqué,
l'apex du pénis plus ou moins saillant, bien limité. Idgule en languette,
épaisse, mamelonnée, pubescent sur sa face dorsale.
f.e genre Australodrepa renferme deux espèces qui sont les seuls Calo-
somes connus de la région australienne.
Tableau des espèces
1. Vert métallique, le dessous noir à reflets bleuâtres, les antennes
et les pattes rougeâtres. Court et trapu, le pronotum très trans¬
verse, à sui'face basale profondément déprimée. Palpes très courts
74
li. JEANNEL
[fig. 40). Protarse mâle avec trois articles feutrés. Organe copu-
lateur (fig. 42) à apex court et ligule tronqué. Long. 20 - 26 mm.
(Sud de l’Australie et Tasmanie). 1. Schayeri Er.
— Bronzé, parfois verdàti-e, le dessous métallique, vert ou violacé.
Plus grand, moins trapu, le pronotum moins transverse, sa surface
basale non déprimée au milieu, mais les fossettes profondes.
Palpes plus longs (fig. 43). Protarse mâle avec quatre articles feu¬
trés. Organe copulateur (fig. 44) à apex plus effilé et ligule atténué.
Long. 24 - 33 mm. (Nord de l’Australie et Mélanésie.).
. 2. oceanicum Pcrr.
1. Australodrepa Schayeri Ericlison
Calosoma Schayeri Ericlison, 1842, Arcli. Naturg., I, p. 122; type : Tasmanie. —
Breuning, 1927, Kol. Rundscli., XIII, p. 159. — Curtisi Ilope, 1845, Trans. ent.
Soc. LoncL, p. 104; type : Adélaïde. — grandipenne Castelnau, 1868, Trans.
Roy. Soc. Victoria, p. 99; type : Melbourne.
Fig. 40 à 42. — Espèce remarquable par sa coloration verte, souvent à
reflets bleus, et par la brièveté de ses palpes (fig. 40 1 . Le pronotum est
particulièrement court et transverse, les élytres convexes.
Organe copulateur (fig. 41 et 42) petit, jieu arqué, élargi dans la moitié
apicale, l'apex droit, court et mousse; ligule épais et tronqué, nettement
pubescent.
Australie. Répandu dans le sud de l’Australie et la Tasmanie. On le
trouve dans les prairies, souvent caché sous les bouses de vaches (Wilson,
1867, Trans. ent. Soc. Lond., p. 72). Il est cité des environs de Pertli, dans
le West Australia, puis du South Australia, du N. S. Wales, du Victoria
et du sud du Queensland : Gayndah. 11 occupe la Tasmanie et les îles du
détroit de Bass : KingisL, Flinders isl. (Tli. Sloane).
2. Australodrepa oceanicum Pénis
PL II, fig. 7
Calosoma oceanicum Perris, 1864, Ann. Soc. Linn. Lyon, (2) XI, p. 49, pl. i, fig. 1;
type : N.-Calédonie. — Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIIl, p. 157.
Subsp. timorense Cliaudoir, 1869, Ann. Soc. ent. Fr., p. 367; type Atapoepoe
(coll. Oberthür).
Subsp. Klynstrai Breuning, 1927, Kol. Rundscli., XIII, p. 158; type :
Tcnimber (coll. Breuning < coll. Vogt).
Subsp. Walkeri C. O. Waterhouse, 1898, Ann. Mag. nat. Ilist. (7) 1, p. 98 :
type : Swam river (Brit. Mus.).
Fig. 43 et 44. — Bien distinct du précédent par sa coloration bronzée,
ses élytres moins convexes, ses palpes plus allongés (fig. 43). Le pronotum
a la même structure.
LES CALOSOMES
75
Organe copulateur (fig. 44) plus allongé, sa partie apicale moins dilatée,
l’apex plus long et plus effilé; ligule épais, anguleux, pubcscent à la base.
Cette espèce remplace l’/l. Schayeri dans la moitié nord de l’Australie;
mais elle occupe de plus Timor, Tenimber et la Nouvelle-Calédonie, c’est-à-
dire un ensemble d’îles qui ont fait partie autrefois du continent australien,
ou y ont été temporairement rattachées.
1. Forme plus étroite, les élytres plus allongés. 2.
— Forme plus large, les élytres subcarrés.. 3.
2. Tête et pronotum d’un noir verdâtre; élytres à reflets rougeâtres.
Long. 24 - 27 mm. (Australie). subsp. Walkeri C. O. Wat.
— Tête et pronotum verts; élytres bronzés à bordure verte. Long.
25 - 30 mm. (Ile Tenimber). subsp. Klynstrai Broun.
3. Pronotum et élytres à gouttière marginale verte. Long. 23 - 25 mm.
(Ile Timor). subsp. tiniorense CAmud.
— Elytres concolores. Long. 27 - 33 mm. (Nouvelle-Calédonie).
. subsp. oceanicum, s. str.
a. Subsp. oceanicum, s. str. — Nouvelle-Calédonie : Nouméa (D‘’ Bavay,
D'' Joly); Kanala (Bongier, Delacour). — Loyalty isl. : Liîou isl. (Heller).
b. Subsp. timorense Chaud. •— Ile Timor : Atapoepoe coll. Chaudoir).
— Ile 11 etor (coll. Boeschke).
c. Subsp. Klynstrai Breim. —■ Archipel Timorlaoet : île Tenimber (coll.
Breuning <; coll. Vogt).
d. Subsp. Walkeri C. O. Wat. — Australie. West Australia : Swam
River, King Sound (Th. Sloane). Queensland : cap York; Dawson distr.
(coll. Breuning); Warrego distr. (Mus. Paris).
2. Gen. CALODREPA Motsclioulsky
Calodrepa Motschoulsky, 1865, Bull. Moscou, XXXVIII, p. 310; type : C. scru-
tator F.
Genre de l’Amérique du Nord et des Antilles; les espèces ont la même
forme du pronotum, sans ponctuation, que les Australodrepa. Mais les
métépisternes, lisses, portent un petit nombre de très gros points enfoncés
épars. Espèces ailées.
Tête petite, à front étroit et ridé, les yeux saillants. Antennes normales,
noires, à deuxiènie article très court. Mandibules fortement ridées. Palpes
maxillaires à dernier article comprimé et un peu élargi au sommet. Dent
labiale obtuse, très peu saillante.
Pronotum petit, aussi large à la base cpi’en avant, ses côtés rebordés,
mousses; pas de lobes postérieurs; disque sans ponctuation, les fossettes
basales profondes. Élytres amples, subcarrés, à bord huméral faiblement
U. JEANNEr,
7(!
serrulé. Sculpture triploïde homodynamc, les éléments en côtes saillantes,
sans tégulation, séparés par des stries finement ponctuées; points des.
primaires petits.
Face ventrale du thorax et de l’abdomen lisse et brillante, parsemée de
quelques très gros points enfoncés épars. Métépisternes assez grands, avec
de gros points peu nombreux sur toute la surface.
Pattes relativement grêles. Les mésotibias des mâles sont ordinairement
arqués et munis d’une brosse assez courte, à l’extrémité apicale du bord
l’iy. 45 à -IS. — Gon. Culodrepa Motscli., organe coinilatcur mâle, cio profil (X 1^), et
partie apicale ilii pénis;, face dorsale, avec le ligule cxserli (X 16). — Eig. 45 et 4().
C. scnd'iloi- I’., de Guadalajara (.Mexicpie). — Fig. 47 et 48. C. WUcoxl Le C., de l’ensyl-
vanie.
interne. Cotte brosse fait totalement défaut et les mésotibias sont presque
droits chez le C. Wilcoxi. Protarses mâles avec quatre articles feutrés^
en dessous.
Chétotaxic. — Pas de soie prothoracique postérieure. Les gulaires sont
bien développées, mais les labiales et les métatrochantéricnnes font ordi¬
nairement défaut, comme chez les Aiistralodrepa.
L’organe copulatcur (fig. 45 à 48) est aussi de même type, de taille nor¬
male, régulièrement arqué, avec l’apex bien délimité, le ligule en languette-
mamelonnée de forme arrondie, pubescent à la base.
Plusieurs espèces nord-américaines, se distinguant de la façon suivante :
LES CALOSO.MES
Tableau des espèces
1. Soies discales du labium et métatrochantérieniies présentes. Pattes
grêles, les mésotibias du mâle prescjue droits, sans brosses.
Organe copulateur (fig. 48) à partie apicale dilatée, l’apex court
et obtus. Petite espèce ^19 - 24 mm.) de même coloration cpie scrii-
lutor, la tête et le pronotum violacés, les élytres verts métalliques
à bordure rouge, le dessous vert. (Amérique du Nord.).
. 3. Wilcoxi Le G.
— Soies discales du labium et métatrochantériennes absentes. Méso¬
tibias des mâles arqués et munis d’une brosse. 2.
2. Elytres verts métalliques très brillants, comme tout le reste du
corps. Long. 20- 26 mm. (Grandes Antilles). 4. splendidum Dej.
—• Elytres verts avec la bordure rouge. 3.
3. Tète et pronotum violacés, la bordure du pronotum verte ou rouge.
Pronotum peu rétréci à la base. Long. 25 -36 mm. (Amérique du
Nord.). 1. scrutator F.
-— Tête et pronotum verts. Pronotum bien plus rétréci à la base.
Long. 20 - 27 mm. (Mexique). 2. aurocinctum Chaud.
1. Calodrepa scrutator Fabricius
PL II, lig. 9
■Carabus scrutator Fabricius, 1775, Syst. Ent., I, p. 239; type : « /lab. iu Virginia ».
— Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 163.
Fig. 45 et 46. — Espèce largement répandue dans l’Amérique du Nord et
bien reconnaissable à sa coloration et à sa grande taille : tète et pronotum
violacés, ce dernier à bordure verte ou orange, élytres verts métalliques, peu
brillants, à bordure rouge orangé; dessous vert à reflets cuivreux ; pattes vio¬
lacées bleuâtres.
Palpes maxillaires à dernier article dilaté au sommet, aplati, en triangle
allongé. Pronotum très transverse, à cotés très régulièrement arrondis, la
base déprimée, le disque lisse.
Organe copulateur (fig. 45 et 46j assez long, peu dilaté dans sa partie api¬
cale, l'apex long, effilé, droit et mousse; ligule assez petit, arrondi et ma¬
melonné, avec quelques poils sur sa base.
Les soies labiales et métatrochantériennes manquent.
Amérique du Nord, depuis le sud du Canada jusqu’en Floride et au Mexique.
Signalé aussi de Terre-Neuve.
Cette espèce est assez connue, et sa biologie a été beaucoup étudiée en vue
de l’utiliser comme auxiliaire dans la lutte contre certaines espèces nuisibles
aux forêts et aux cultures. On l’a signalée comme normalement prédatrice
de divers Lépidoptères dont elle attaque les chenilles : Hihernia, Malacoso-
U. .lEAXXEL
ma, Alahama argillacea Hbn., Cacaecia [Archips) fervidana Clem. (Burgess
et Collins, 1917, U. S. Dep. Agr., Bull. 417, p. 27, fig.).
Les espèces fossiles C. Emmonsi Sciidd., C. Calvini Wickh., C. Cocke-
Wickh., se rapportent sans doute au C. scrutatorF. (voir plus haut, p. 34).
2. Calodrepa aurocinctum Chaudoir
Calosoma aurocinctum Chaudoir, 1850, Bull. Moscou, XXIII, p. 420; type ; Mexi¬
que (coll. Oberlhür).
Cette espece m’est inconnue. Elle semble voisine de la précédente, mais
toujours do petite taille et plus robuste. La tète et le pronotum sont unifor¬
mément verts; le pronotum est plus rétréci à la base, avec scs côtés angu¬
leux.
Mexique. Durango : sierra de Durango (Iloge). Tamaulipas : Tampico (coll.
Breuning). Campèchc (Perbosc). Yucatan : IMerida (Bâtes).
Obs. — D’après sa description, cette espèce paraît voisine du C. scrutalor
et présente les mêmes caractères chétotaxirpies et sexuels. La distribution
géographique est remarquable, étendue à la fois au nord du Mexique i Du-
rango) et à la péninsule du Yucatan, alors que les environs de Mexico et le
Guadalajara, qui sont intermédiaires, sont peuplés par le C. scrutalor.
D’après Burgess et Collins 1917 , le C. aurocinctum se trouverait aussi
dans le Texas.
3. Calodrepa Wilcoxi. Le Conte
PL II, fig. 4
Calosoma Wilcoxi Le Conte, 1848, Ann. Lyc. Nat. Ilist., IV, p. 446. — Breuning,
1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 165.
Fig. 47 et 48. — Petite espèce, ne dépassant jamais 25 mm. et paraissant
au premier abord n’être qu’une miniature du C. scrutalor. Sa ressemblance
avec celui-ci est telle qu’on pourrait croire que Wilcoxi pourrait être une
mutation de taille avec disparition du caractère sexuel secondaire des tibias
du mâle. Mais de nombreux caractères morphologiques montrent qu’il n’en
est rien et que les deux espèces sont des lignées bien différentes, se ressem¬
blant par convergence. I.a dent labiale du C. Wilcoxi est large et obtuse,
plus saillante que celle du scrutalor ; les caractères chétotaxiques sont diffé¬
rents : les soies labiales et métatochantériennes persistent chez Wilcoxi,
alors qu’elles ont disparu chez toutes les espèces du genre.
Pas de brosses tibiales, les mésotibias presque droits, les métatibias droits,
les pattes grêles. Protarse mâle avec ses articles dilatés et le quatrième
feutré en dessous comme chez les autres espèces du genre.
Organe copulateur (fig. 47 et 48) fortement dilaté dans sa partie apicale,
l’apex épais, mousse; ligule grand, arrondi, pubescent à sa base.
LES CALOSOMES
7!t
Amérique du Nord. Toute la partie orientale depuis le sud du Canada
jusqu’en Géorgie et dans le Texas. La répartition est sensiblement la même
que celle du C. scrutator; toutefois Wilcoxi n'est pas cité de Terre-Neuve et
n’atteint pas le Mexique. Par contre Burgess et Collixs (1917, 1. c., p. 39) le
signalent du Tulare co., en Californie,
Ce Calosome chasse à terre ou sur les arbres et vole facilement. Il donne
la chasse aux chenilles de Alalacosoma ou de Porthetria.
4. Calodrepa splendidnm Dejean
Calosoma splendidum Dejean, 1831, Spec. V, p. 558; tyj)e : S. Domingo (colL
Oberthür). — Breuning-, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 161.
Splendide espèce d’un vert métallique très brillant uniforme ; le dessous
elles fémurs de même coloration, les antennes, les palpes, les tibias et les
tarses rougeâtres.
Mêmes caractères cbétotaxiques et sexuels que chez C. scrutator. L’organe
copulateur est semblable.
Grandes Antilles. Haïti : S. Domingo (coll. Dejean). Cuba : Guantanamo
(coll. Breuning). Ile Cay West, dans les Florida Reefs, îlots qui prolongent
la Floride vers le sud, dans le golfe du Mexique (Schaeffer).
3. Gen. CALOSOMA Weber
Calosoma Weber, 1801, Obs. ent.. I, p. 20; type ; sycophanta L. — Callipara
Motschoulsky, 1865, Bull. Moscou, XXXVIII, p. 308; type . sycophanta L. —
Calipera Bedel, 1881, Cat. Col. Bass. Seine, I, p. 15 (nom. emeiid.). — Syncalo-
somaBreuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 144; type -.frigidum Kirby.
Le genre Calosoma (s. str.) groupe une série d’espèces répandues dans
toute la région holarctique. Il se distinguo nettement des deux genres précé¬
dents par la forme rétrécie en arrière et la ponctuation du pronotum, ainsi
que par la ponctuation fine et dense qui couvre les métépisternes et la plus
grande partie du reste de la face ventrale du corps.
Tête petite, à yeux très saillants, front étroit et déprimé, ponctué. Antennes
normales, à deuxième article très court. Mandibules fortement ridées. Palpes
maxillaires à dernier article allongé, aplati, dilaté à l’apex, aussi long que
l'avant-dernier. Dont labiale épaisse, mousse et saillante.
Pronotum étroit et transverse, plus ou moins rétréci à la base, ses côtés à
rebords s’effaçant en arrièi’e, sans lobes postérieurs saillants; toute la sur¬
face du pronotum densément ponctuée, mate. Elytres amples, subcarrés, à
épaules saillantes et serrulées, le disque plus ou moins bombé. Sculpture fine,
triploïde, homodyname, les éléments saillants, la tégulation faible, les stries
nettes et ponctuées; points des primaires réduits, plus grands c]\ez frigidum^
K. Jl-AXNEL
«)
Face ventrale du thorax et segments ventraux finement ponctués, les métc-
pisternes mats, recouverts de points très fins et très serrés.
Pattes robustes, les mésotibias des mâles arqués et munis d’une brosse
allongée qui occupe la moitié apicale du bord interne. Protarse des mâles
avec le quatrième article feutré en dessous comme les trois premiers, ou
glabre.
Cbétotaxie. — Pas de soie prothoracique postérieure. Soies gulaires [)ré-
sentes; soies discales du labium généralement bien développées (absentes
chez Maxinioviczi)\ soies métatrochantériennes persistantes chez C. inquisi-
tor, tendant à disparaître chez C. frigidum et C. Beeso?ii, absentes chez C
sycophanta. 11 est remarquable que cette soie métatrochantérienne se trouve
conservée dans l’espèce inquisitor, qui est cependant la plus évoluée au point
de vue do l’atrophie dos angles postérieurs du pronotum ; la régression des
soies prothoraciques et trochantériennes est donc tout à fait disjointe.
Organe copulateur de même type que chez les genres précédents, jmu
arqué, de taille moyenne. Le ligule a la môme structure, en languette mame¬
lonnée et pubescente sur sa face dorsale.
Les espèces du genre Calosoina Web. habitent l’Asie paléarctique, l'Europe
et l’Afrique méditerranéenne, l’Amérique du Nord : c’est-à-dire toute la zone
holarctique. Breunixg avait séparé le C. frigidum nord-américain dans un
sous-genre, Syncalosoma Broun., à cause de sa sculpture qui comporte do
gros points métalliques interrompant les primaires. Cette séparation n’est
certainement pas justifiée, car frigidum n’est en réalité que le vicariant amé-
rieain de Vinquisitor paléarctique.
Tableau des espèces
1. Rebord latéral du pronotum entier, continu jusqu’aux angles posté¬
rieurs. Pas de soie métatrochantérienne. Protarse mâle avec trois
articles seulement feutrés en dessous, le quatrième glabre. Partie
menbraneuse de la face dorsale du pénis prolongée jusqu’au sommet
de l’apex (fig. 50 et 52). 2.
— Rebord latéral du pronotum effacé en arrière avant les angles posté¬
rieurs. Soie métatrochantérienne en régression, souvent présente.
Partie membraneuse de la face dorsale du pénis bien limitée par le
bord basal de l’apex. 3.
2. Palpes maxillaires plus courts i^fig. 40), labium avec des soies dis¬
cales et une dent médiane large et obtuse. Pronotum plus trans¬
verse, sa plus grande largeur au milieu, ses côtés sinués en arrière.
Élytres plus bombés, à stries plus fortement ponctuées. Coloration
variable : tête et pronotum bleus, élytres verts à reflets cuivreux
(forme typique), ou élytres verts sans reflets cuivreux (var. smarag-
dinum Rossi), ou cuivreux uniformes, le pronotum verdâtre (var.
purpureipenne Reitt.); uniformément bronzé [severum Chaud.);
LES CALOSO.MES
SI
presque noir (ra/iax Motsch.). Long. 21-35 mm. (Région paléarcti-
que). 1. sycophanta L.
— Palpes maxillaires plus allongés (fig. 51) ; labium sans soies discales,
la dent médiane plus aiguë. Pronotum moins transverse, ses côtés
plus régulièrement arrondis, non sinués en arrière. Elytres plus
allongés, déprimés, les stries moins fortement ponctuées. Coloration
bronzée foncée brillante, la marge des élytres et du pronotum sou¬
vent verdâtre ou bleuâtre. Taille variable : 25-35 mm. (Asie paléarc-
tique). 2. Maximoviczi Mor.
3. Rebord marginal du pronotum effacé peu avant l’angle postérieur.
Protarse mâle à quatrième article non feutré en dessous. 4.
— Rebord marginal du pronotum effacé dans tout le quart basal. Pro¬
tarse mâle à quatrième article généralement feutré en dessous,
comme les précédents. 5.
4. Pronotum plus grossièrement ponctué à la base et en avant. Élytres
à sculpture rugueuse, les points des jDrimaires gros, aussi larges que
l’élément, et peu nombreux. Noir bronzé. Long. 24-25 mm. (Hima¬
laya). 3. Beesoni Andr.
— Pronotum à j)onctuation uniforme. Élytres à sculjjturc moins sail¬
lante, les points des primaires très nombreux et petits, bien moins
larges que l’élément primaire. Noir bleuâtre. Long. 28-31 mm. (Hima¬
laya) . 4. himalayanum Gestro.
5. Points des primaires assez gros mais concolores. Côtés du pronotum
plus ou moins anguleux. Coloration variable. Organe copulateur
(fig. 55) à partie apicale peu élargie, l’apex long et mousse, le ligule
arrondi et volumineux. Long. 15-28 mm. (Région paléarctique).
. 5. inquisitor L.
— Points des primaires grands et profonds, métalliques. Côtés du pro¬
notum plus régulièrement arrondis. Coloration noire, à reflets
bronzés ou verdâtres. Organe copulateur (fig. 56) plus effdé et
incurvé, dilaté dans sa partie apicale, le ligule plus atténué.
Long. 10-27 mm. (Amérique du Nord). 6. frigidum Kirby.
1. Calosoma sycophanta Linné
Carnbus sycophanta Linné, 1758, Sy.st. Nat., 10“ éd., p. 414; type : Europe. —
nigrocyaneum Letzner, 1850, Zs. Ent. Breslau, IV, p. 95. — marginatum
Lctzner, 1. c. — azureum Letzner, 1. c. — purpiireoaureum Letzner, 1. c. —
cupreum Letzner, 1. c. (types ; env. de Breslau). — smaragdinum Rossi,
1882, Verh. nat. Ver. Rheinl., p. 204. — solinfectum iiinichen, 1914, Deutsche
ent. Zs., p. 298; type : Neuraark. — corvimun Heller, 1897, Ent. Nachr.,
p. 312. — llahehnanni Schilsky, 1888, Deutsche ent. Zs., p. 180; type : Berlin.
Var. [Mpougei Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 171. — anthra-
cinum lloulbert, 1907, Faune ent. armor., 1, p. 292; type : La Baule.
MÉMOIÜES nu .MUSÉUM, XOU\ ELLE SÉKIE, TÜME .MU. G
II. Jr..\NNEI.
Hi
Subsp. prasinum Lapougc, 1907, Bull. Mus. Ilist. nat. Paris, p. 124;
type : Elbourz (Mus. Paris).
Subsp. jmrpureipennc Reitter, 1891, Wien. eut. Ztg., X, p. 257 ; type : Mar-
gelan (Mus. Budapest).
Subsp. seeeriim Cliaudoir. 1850, Bull. Mosc., XXIII, p. 422; type : Anatolie
(coll. Oberthür). — rapax Motschoulsky, 1865, Bull. Mosc., XXXVIII,
p. 309; type : Amasia.
Fig’. 16, 22, 25, 49 et 50. • — Espèce bien caractérisée par son pronotum
transverse, à côtés sinués dans la partie basale, rebordés jusqu’aux angles
postérieurs, à surface basale non déprimée. Les élytres ont l’apex obtus,
le disque assez convexe, les stries très fortement ponctuées.
Organe copulateur (fig. 50) assez grand, peu arqué, peu dilaté dans la
partie ajjicale. Pas de lame apicale nettement séparée, l’extrémité est angu¬
leuse, mousse, presque droite. Le ligule est ovale, anguleux au sommet,
épais et rugueux, avec quelques poils à la base.
Région paléarctique. Toute l’Europe jusque vers le 60“ lat. N. en Scandi¬
navie, mais pas dans les îles Britanniques. Nord de l’Afrique, du Maroc à la
Tunisie; îles Baléares, Corse, Sardaigne, Sicile, Crète, Chypre. Asie Mineure;
Transcaucasie; Perse; Turkestan jusqu’au Tian-Shan; Sibérie occidentale,
jusqu’à Tomsk.
Prédateur de nombreuses espèces de Lépidoptères, dont il dévore les che¬
nilles. Souvent abondant dans les bois de chênes, où il grimpe dans les arbres.
Il a été importé et acclimaté dans l’est des Etats-Unis pour lutter contre
Porthetria dispar L.
Le C. Agassfzi Théob. (nec Barth.), fossile du Miocène de Cércste (Basses-
Alpes), est probablement la même espèce que le C. sycophanta (voir plus
haut, J). 31).
Variation. — En Europe le C. sycophanta est généralement d’un noir
bleuâtre avec les élytres vert brillant, à larges rellets cuivreux. Mais on observe
souvent de petites variations individuelles de coloration, qui ont été signalées
do Silésie par Letznek : nigrocyaneum, inarginatum, azureuni et ne méri¬
tent guère d’être retenues. Il en est de même des variétés ciipreum et purpu-
reoaiireiiin du même auteur, variétés à élytres cuivreux. Smaragdiniim
Rossi, de Hongrie, est une variété à élytres verts sans rellets cuivreux, qui
se retrouve un peu partout, et même en France. Solinfectiun Jiin. paraît
bien n’etre qu’un individu altéré par une mauvaise conservation. Enfin les
noms de corvinum Hell. et Habelmanni Schilsky désignent des individus à
pattes rougeâtres, avec des traces de coloration verte sur les côtés des élytres,
qui sont encore des accidents individuels observés aux environs de Berlin.
Par contre il semble bien qu’il existe dans l’ouest de la France, à La Baule
et au Pouliguen (Loire-Inférieure) une variété Lapougei Breun., d’un noir
bronzé uniforme, vivant dans les bois de pins.
En Asie se trouvent trois races bien caractérisées. Alors que les C. syco¬
phanta de Syrie sont du môme type que ceux de toute la région méditer-
LES CALOSOJIES
8:!
ranéennc, on trouve dans l’Asie Mineure et le Caucase occidental une race
bronzée uniforme (var. severum Chaud.); dans le Talysch et le massif de
l’Elbourz, une race dont les élytres sont constamment d’un vert profond, sans
reflets bronzés (var. prasinum Lap.' ; enfin dans le Turkestan une race à ély¬
tres d’uii pourpre cuivreux ^var. purpureipennis Reitt.). Ces trois races asia-
tiquesont respectivement la mêmeapparence que \csciiprenm, smaragdinum
Eijî. 49 à 52. — Gen. Calosoma Weber, jtalpe maxillaire gauche (X 12) et partie apicale
(lu pénis, face dorsale, avec le ligule exserti. — Fig. 49 et 50. C. sycophanla L., de
ïSouray. — Fig. 51 et 52. C. Maximoviczi ilor., de Jlongolie.
et purpvreoaureum deLBTzxER, mais elles sont constantes dans les régions
asiatiques, alors que les variations signalées en Europe par Letzxer n’ont
pas d’autre importance que celle de modifications somatiques individuelles.
2. Calosoma Maximoviczi A. Morawitz
PI. II, fig. 5
Calosoma Maximoviczi A. Morawitz, 1863, Mém. Ac. St.-Pétersb., (7) VI, p. 20;
type : Yeso. — mikado Bâtes, 1873, Trans. ent. Soc. London, p. 235; type :
Iliogo (Mus. Paris). — Taqueti Lapouge, 1924, Mise, ent., XXVIII, p. 41;
type : île Quelpart. — Touzanini Lapouge, 1924, 1. c., p. 42; type ; Yun-Nan
(Mus. Paris). — Sauieri Born, 1909, Soc. ent., XXIV, p. 99; type : Formose.
Fig. 51 et 52.— Très peu différent des variétés bronzées du C. syco-
phanta. Chez Maximovicsi la coloration cependant est invariable. De plus,
le labium n’a jamais de soies, les palpes sont plus longs (fig. 51 i, le prono-
Hl
H. .lEAXNEL
tum est plus étroit, avec les côtés j)lus arrondis en arrière; les élytres, géné¬
ralement plus longs, sont plus étroits, moins convexes, plus acuminés à
l’angle suturai, et leurs stries sont plus finement striées. L’organe copulateur
(lig. 52) est à peu près identique, ce qui prouve que les deux espèces déri¬
vent certainement d’une même souche commune.
C. Maxiniovicsi varie beaucoup de taille et de largeur. Les variétés Taqueti
et Touzanini sont dos formes de petite taille, mais ne sont pas spéciales à
nie Quelpart ni au Yun-Nan, car on les retrouve également en Chine et
dans l’archipel Nippon. La var. Sauteri Boni ne paraît pas davantage carac¬
térisée.
Asie orientale. Chine : Tchi-Li; Chan-Tung; Sze-Tchuan; Yun-Nan. Ussuri.
Corée et île Quelpart. Japon : îles Yeso et Nippon. Formose.
3. Calosoma Beesoni Andrewes
PL II, fig. 1
Calosoma Beesoni Andrewes, 1919, Ann. Mag. nat. Hist. (9) VI, p. 290; type :
Mondali (Brit. Mus.). — 1929, Faun. Brit. Ind., Car., I, p. 52, lig. 9. — Breu-
ning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 175.
Fig. 53 et 54. — Espèce ayant un peu l’aspect du C. inqaisitor, mais avec
Fig. 53 à 50. — Gen. Calosoma Weber, organe copulateur mâle de profil (X 12) et partie
apicale du pénis, face dor.sale, avec le ligule exserti (X lf>). — Fig. 53 et 54, C. Beesoni
Audi’., de l’Ilimalaya. — Fig. 55. C. inquisUor 1.., du mont Pilât. — Fig. 50. C. frigidum
Kirby, de Sait Lake.
le pronotum plus large et les élytres plus ovales et plus bombés. Noir bronzé
brillant, la sculpture rugueuse. Aptère.
LES CALOSOAIES
85
Protarse mâle avec les trois premiers articles seulement feutrés en des¬
sous. Pattes pas plus épaisses chez les mâles que chez les femelles.
Chétotaxie. — Soies labiales présentes, la métatrochantérienne ordinaire¬
ment développée.
Organe copulateur (fig. 53 et 54) très arqué, élargi dans sa partie apicale
qui est légèrement déversée vers la droite. Apex atténué, épais, mousse,
mal limité en arrière, un peu comme chez C. sycophanta] ligule épais,
arrondi, verruqueux.
Himalaya. Assez localisé entre 1.000 et 2.000 m. d’altitude. United Pro¬
vinces : Jaunsar Himalayas (C. h’. C. Beeson) ; Dehra Dun (G. F. C. Beeson).
Punjab : Kalala R. F., Simla Div. (D. F. O. coll.). N. W. Himalayas (E. P.
Stebbing).
Signalé comme prédateur très actif du Géométride Ectropis deodarae
Prout, espèce très nuisible aux forêts et connue sous le nom de « Deodar
defoliator ». D’après M. C. F. C. Beeson, ce Calosome, à l’état d’imago,
détruit un grand nombre de chenilles, et à l’état larvaire dévore les chrysa¬
lides en terre (H. E. Andrewes, 1929, 1. c., p. 53).
4. Calosoma himalayanum Gostro
Calosoma himalayanum Gestro, 1875, Ann. Mus. civ. St. nat. Genova, VII,
p. 851 ; type : Ladakh (Mus. civ. Genova). — Breuning, 1927, Kol. Rundsch, XIII,
p. 171 {sycophanta. subsp. himalayanum). —• Andrewes, 1929, Faun. Brit. Ind.,
Car. I, p. 55 (spec. propr.).
Je ne connais pas cette espèce. Breunïng (1927) en fait une race du syco¬
phanta, mais l’effacement postérieur du rebord marginal du pronotum et
les caractères indiqués par Andrewes (1929) indiquent qu’il s’agit d’une
espèce plus voisine du C. Beesoni.
Chez himalayanum la coloration serait noire bleuâtre et non bronzée; la
jionctuation du pronotum uniforme, celle des élytres plus superficielle. Les
points des primaires, plus petits, sont au nombre d’une douzaine par élé¬
ment, au lieu de 7 à 8 chez Beesoni.
Himalaya, vers 1.500 à 2.000 m. Kashmir : Ladakh; Sindh (C. F. C.
Beeson). Punjab : Cbamba; Kbalatse; Bashabr, Poo (H. E, Andrewes).
Prédateur de Lymantria obfuscata Walk., dont la chenille défeuille les
Salix alba L.
5. Calosoma inquisitor Linné
PL II, fig. 2 et 6
Carabus inquisitor Linné, 1758, Syst. Nat., 10'= éd., p. 414; type : Europe. — anti-
quum Fourcroy, 1785, Ent. Paris., p. 42; type : Paris. — viridimarginatum Letz-
ner, 1850, Zs. Ent. Breslau, IV, p. 96. — obscurum Letzner, I. c. — cœruleum
Letzner, 1. c. — cœruleomarginatum Letzner, 1. c. — varions Letzner, 1. c. —■
nigrum Letzner, I. c. (types : env. de Breslau). — funereum Ragusa, 1883, Nat.
80
R. JEA>'XEL
Sicil., II, p. 197 ; type ; Sicile. — niidiim Dalla Terre, 1877, Jalir. Ver. N. Linz,
VIll, p. 28. — 'pulchrum Dalla Terre, 1877, 1. c., p. 28. — viriduluin Kraatz,
1877, Deutsche eut. Zs., p. 48; type : Beireut (Mus. Dahlem). — cupreofulgens
Chapman, 1922, Mise, ent., XXVI, p. 17 ; type : Anianus. — punctiventre
Reiche, 1855, Ann. Fr., p. 567; type : Murée. — batnense Lalleniant, 1868,
Bull. Soc. clim. Algér., p. 35; type ; Batna.
Subsp. cupreum Dejean, 1826, Spec. II, p. 196; type : Géorgie russe (coll.
Oberthür). — clathratum Kolenati, 1845, Mel. Ent., I, p. 33; type : Transcau¬
casie. — viridescens Reitter, 1896, Verh. nat. Ver. Brünn, XXXIV, p. 46;
type ; Caucase (Mus. Budapest).
Subsp. cyanescens Motschoulsky, 1859, Bull. Mosc., XXXIl, p. 489; type ;
Ussuri. — denserugatum Géhin, 1885, Cat. Car., p. 58; type : Sibérie orientale.
Fig. 17 et 55. — C’est l’espèce la plus évoluée du groupe, celle dont la
régression des lobes postérieurs du pronotum atteint son maximum, le
rebord marginal étant effacé sur presque toute la moitié postérieure.
Soies labiales présentes. Soie métatrocbantéricnne le plus souvent pré¬
sente.
Organe copulateur (fig. 55 régulièrement arqué, peu dilaté dans sa partie
apicale, qui est presque symétrique. Apex long et effilé, bien délimité. Ligule
arrondi, à bords fortement lobulés.
Régionpaléarctique. — Toute l’Europe et l’Afrique du Nord; îles Britan¬
niques, Corse, Sardaigne, Sicile, Crète, îles de la mer Égée. Dans le nord,
jusqu’au 61“ lat. N. En Asie : Asie mineure, Transcaucasie, Perse, et d’autre
part Asie extrême-orientale et Japon. Il manque dans le Turkestan.
L’espèce existe à l’état fossile, dans le Miocène de la Provence, de Suisse
et du sud-ouest de l’Allemagne. Les fossiles C. Agassizi Oust, (nec Barth. ;,
C. /uccarÆHeer, C. nauckianum Heer, C. escrobiculatum Heer, C. Escheri
Heer, doivent très probablement lui être rapportés.
Variation. — On a décrit un grand nombre de variétés de coloration qui
se reproduisent un peu partout. La ponctuation abdominale varie indivi¬
duellement et il n’y a pas lieu de retenir le nom de punctiventre Reiche,
attribué généralement aux exemplaires de l’Afrique du Nord. Il y a lieu
cejiendant de distinguer quelques sous-espèces :
1. Protarses mâles avec le quatrième article feutré en dessous, comme
les trois premiers. Coloration bronzée (forme typique), bleue (var.
caeruleum Letzn.) ou noire I var. nigriim Letzn.) ; vert métallique très
brillant (var. viriduluin Kr., de Syrie); les élytres cuivreux, à
bordure verte (var. ciipreofulgens Chapm.) ; bleu d’acier et de grande
taille (var. batnense LalL, des forêts de cèdres de l’Aurès).
. . subsp. inquisitor, s. str.
— Protarses mâles avec le quatrième article glabre, sans feutrage... 2.
2. Pronotum transverse (comme chez la forme typique). Coloration
bronzée [cupreum Dej. !, verte Var. viridescens Reitt.) ou bleue (var.
clathratum KoL). (Caucase et Transcaucasie), subsp. cupreum Dej.
LES CALOSüMES
S7
— Pronotum étroit, peu transversc, à côtés plus arrondis en arrière;
forme générale plus allongée et moins convexe. Coloration bronzée
foncée. (Asie orientale et Japon;. subsp. cyanescens Motscb.
a. Forma typica. — Toute l’Europe et l’Afrique du Nord, la Syrie et
l’Asie Mineure.
h. Subsp. cupreum Dej. — Caucase et Transcaucasie, Perse.
c. Subsp. cyanescens Motscb. — Ussuri : Sutschan; Vladivostok; île
Askold, dans la baie de Vladivostok (coll. Maindron). Japon : île Yeso (coll.
Alluaud).
La discontinuité de Paire de l’espèce isole la subsp. cyanescens, dont la
forme générale est très particulière. Cette sous-espèce est presque aussi
distincte de Vinquisitor que le C. Maximoviczi du sycophanta.
6. Calosoma frigidum Kirby
PL II, fig. 3
Calosoma frigidum Kirb}', 1873, Fauna bor.-amer., I, p. 19; type : Amérique du
Nord. — Breuiiing, 1927, Kol. Rundsch., XIII, j). 180 (subg. Syncalosoma
Breuii.). — Ixvettei Casey, 1897, Ann. N. Y. Ac. Sc., IX, p. 344; type ; Indiana
(U. S. nat. Mus.).
Fig. 56. — Les caractères généraux et en particulier les chétotaxiques
sont les mêmes que chez C. inquisitor.
Organe copulateur (fig. 56i de même type, mais plus grêle, plus arqué,
asymétrique, avec l’apex très eifilé. Le ligule est plus allongé.
Amérique du Nord. Répandu depuis le sud du Canada jusqu’en Géorgie
et dans le Texas. Vers l’ouest, il atteint les montagnes Rocheuses et son
aire géographique s’étend certainement bien plus loin que ne le dit Breu-
NiNG. Je le eonnais du Colorado (Morrison) et de l’Utah ; Sait Lake (A. M.
Gaudin).
C. fripidum est arboricole et détruit les chenilles de divers Lépidoptères
très nuisibles aux forêts, tels (\vlc. Porlhetria dispar h., Heterocampa gut-
livittata Walker, Nygmiaphaeorrhea Don. (« cul-brun ») (Burgess et Col¬
lins, 1917).
II. SÉRIE PHYLÉTIQUE DE CASTRIDA-C AMIN ARA
Groupe d’origine africano-brésilienne.
Les genres groupés dans cette série phylétique résultent de l’évolution
divergente de souches datant du Crétacé et dont la distribution primitive
s’étendait sur le fragment indo-africano-brésilien du Gondwana, que j’ai
appelé ci-dessus « Inabrésie ». Il est possible de reconstituer leur histoire,
par l’examen minutieux des liens de parenté entre les diverses espèces
88
R. .lEANXKI,
actuelles. Mais les divergences morphologiques ont été si nombreuses au
cours de l’évolution des lignées qu’il est bien difficile aujourd’hui de définir
la série phylétique par certains caractères rigoureusement constants.
L’étude de la variation dans les divers genres permet seulement d’affir¬
mer qu’ils dérivent d’une souche commune dont on peut facilement
i maginer les caractéristiques :
Dans toute la série phylétique, en Amérique, comme dans l’Ancien-Monde,
le ligule de l’organe copulateur se chitinise, et devient crochu (Calosomes
ongulés) ; des soies persistent généralement sur sa surface basale.
Du point de vue de la chétotaxie, la série phylétique de Castrida-
Caminara est remarquable par la persistance de la soie prothoraciquo
postérieure, en rapport avec des lobes prothoraciques ])ostérieurs presque
toujours bien développés, et d’autre j)art par la disparition précoce de la
soie métatrochantérienne. Toutefois, on trouvera quelques rameaux
archaïques qui ont gardé la soie des métatrochanters [C'atastri"a, Neoca-
losoma, dans l’Amérique; Channosta dans l’Asie); on verra d’autre part
que l’évolution de certains genres [Neocalosoma dans l’Amérique, Ctenosta
en Afrique) leur a fait perdre la soie prothoracique habituelle chez les
types primitifs de la même lignée.
L’existence de brosses à la partie apicale du bord interne des mésotibias,
très arqués, chez les mâles, est encore un caractère distinctif des souches
de la série phylétique de Castrlda-Camiaara. Ce caractère sexuel secon¬
daire a persisté, très spécialisé, chez toutes les espèces américaines; on le
retrouve, presque identique, chez beaucoup de Ca/npalita de l’Ancien-Monde,
chez les Ctenosta et quelques autres genres; mais beaucoup de rameaux
perdent le caractère sexuel des mésotibias.
L’étude taxonomique minutieuse des Castrida sud-américains et des
Caminara de l’Ancien-Monde, montre qu’il existe indiscutablement une
parenté directe entre les espèces américaines ailées, telles que Castrida
ahernans F. ou C. retusum F., et le Caminara chlorostictiim Dej. (=
rujrosum De G.) de l’Afrique tropicale. Mêmes caractères chétotaxiques,
sexuels ou morphologiques, même évolution de la sculpture. La divergence
porte seulement sur la ponctuation des pièces sternales, les métépisternes
étant lisses avec quelques très gros points chez les américains, finement
et densément ponctués chez le Caminara africain.
Il n’est pas douteux que cette différence date de l’époque oii l’Amérique
s’est séparée de l’Ancien-iNIonde.
Il faudra donc se représenter l’évolution de la lignée des Castrida-
Caminara de la manière suivante :
Au Crétacé, la lignée est scindée par la formation de l’Atlantique, en
deux tronçons.
En Amérique le groupe Castrida évolue en conservant sa soie protho¬
racique et le caractère sexuel des mésotibias. Toutefois un rameau archaïque
en Patagonie yCastastriga) conserve la soie métatrochantérienne qui
LES CALOSO.MES
S!)
disparaît chez les autres espèces; des rameaux perdent la soie prothoracique
\Microcalosoma, Caludema)] un autre se spécialise dans la Cordillère des
Andes [Neocalosoma] et devient aptère, en perdant sa soie prothoracique
et toute trace de sculpture élytraie.
Dans l’Ancien-Monde, Caminara chlorostictum reste dans l'Afrique
tropicale le vicariant le plus net des Castrida américains. Mais la lignée de
l’Ancien-iMonde, répandue dans toute l’Afrique, la région méditerranéenne.
l'Asie et Madagascar, subit de nombreuses évolutions divergentes. La
brosse des mésotibias du mâle tend à disparaître chez un bon nombre
d’espèces. En Afrique, les Ctenosta, ailés, perdent leur soie prothoracique
et les gulaires; à Madagascar par contre subsistent des types arcba'iques
[Encalosoma] à ligule peu évolué et soie métatrochantérienne conservée.
La pentaploïdie de la sculpture de l’élytre survient chez tous les rameaux
installés dans l’Asie paléarctique et la région méditerranéenne, et ces types
pentaploïdes montrent des spécialisations désertiques à sculpture effacée
et coloration noire [Campalita]. Enfin les hautes montagnes de l'Afrique
orientale hébergent des lignées orophiles aptères, d’aspect caraboïde, dont
les variations de la sculpture, ainsi que les caractères sexuels et chéto-
taxiques, ont produit une série de genres et d’espèces localisées très remar¬
quables.
4. Gen. CASTRIDA Motscboulsky
C'as/rè/a Motscboulskv, 18fi5, Uull. Mose., XXXVIII, p. 300; type ; .S’ay/Dej.
Subgen. Castrida, s. str. — Callistriga Motscboulsky, 1865, I. c., p. 307;
type ; retusum F. — Breuning, 1927, Kol. Rundscli., XIII, p. 189. — Calamata
Motscboulsky, 1865, 1. c., j). 307; lyiie ; rugatum Motscb. (granulatum Ferty).
— Acampalila Lapouge, 1929, Mise, eut., XXXII, p. 9; type : ragans Dej.
Subgen. Catastriga Lapou^’C, 1929, 1. c., p. 9; tyj)e : trapezipenne Cbaud.
Subgen. Microcalosoma Breuning, 1927, Kol. Rundscli., XIII, p. 116; 1927,
Wiener ent. Zlg., XLIV, p, 123; type ; Linelli Mutcbl.
Subgen. Neocalosoma Breuning, 1927, 1. c., p. 116; 1927. I. c., p. 121; type ;
Bridgesi Cbaud.
Subgen. Caludema, nov. ; type : ruftpenne Dej.
Je ne sais pourquoi Bheuxixg, dans sa Monographie, a adopté le nom de
Callistriga Motscb., alors que Motscb., décrit sept pages aupa¬
ravant, a certainement la priorité (voir p. 67).
Sous le nom de Castrida Motscb., seront donc groupés une série de sous-
genres, tous sudaméricains et constituant des termes évolutifs divers dans
une grande lignée.
Espèces généralement ailées, souvent métalli([ues. Tête médiocre, à vertex
fortement ponctué et yeux très saillants. Antennes normales, les articles do
la base comprimés et carénés en dedans, les articles pubescents sans bande
oo
H. JEANXEL
glabre externe. Mandibules fortement ridées. Palpes maxillaires à dernier
article plus court que l’avant-dernier. Labium à dent médiane aiguë et
saillante; les palpes labiaux quadrisétulés.
Pronotum à lobes latéraux un peu saillants ou effacés, les côtés toujours
régulièrement arrondis, non anguleux, arqués dans la moitié postérieure;
le disque densement ponctué, les fossettes basales profondes. Elytres plus ou
moins convexes, à bord huméral serrulé ou lisse. La sculpture est triploïde,
sans tendance vers le pentaploïde; les éléments en forme de côtes saillantes,
ordinairement tégulées. Presque toujours homodyname, la sculpture des
intermédiaires devient hétérodyname chez C. granulatum', elle s’efface
totalement chez le C. Bridgesi, aptère, de la Cordillère de Tucuman.
Pattes robustes. Les protibias, dilatés à l’apex, sont parfois ponctués. 11
existe toujours une rangée antérieure de gros points pilifères; mais il s'y
ajoute parfois de gros points épars sur la partie apicale de la face antérieure,
ou une ponctuation aciculée, dense et uniforme, sur toute la face externe.
Celle-ci est sillonnée ou non, sans que ce caractère soit spécifiquement
constant.
Métépisternes lisses, avec quelque gros points épars sur la partie posté¬
rieure.
Mésotibias du mâle arqués, avec une brosse au bord interne; chez les
Castrida^ s. str. (fig. 66), cette brosse est localisée sur une apophyse apicale
du bord interne; chez Caludema (fig. 68) elle est étendue sur la moitié
apicale du bord interne. Métatibias droits ou légèrement arqués chez les
mâles. Protarse des mâles avec 2 ou 3 articles dilatés et feutrés en dessous;
le 2“ article porte, chez les Castrida s. str., une curieuse dépression dor¬
sale. Métatrochanters souvent acuminés, prolongés en longue pointe incurvée
chez les mâles.
Chétotaxie. — Les caractères sont assez variables. 11 existe ordinairement
deux soies sur les côtés du pronotum; mais la soie postérieure disparaît chez
certains sous-genres évolués [Microcalosoina, Caludema, Neocalosoma).
Soies gulaires et labiales toujours présentes. Soie métatrochantérienne
présente chez Calastriga et Neocalosoma, qui sont archaïques à cet égard,
mais absente chez toutes les autres espèces du genre.
Organe copulateur régulièrement arqué, peu élargi dans sa partie apicale
qui est peu asymétrique, peu déversée à droite. L'apex est plus ou moins
eflilé, un peu tordu vers la droite. Ligule chitiiiisé. long et étroit, terminé en
crochet.
Comme chez tous les autres Calosomcs, les caractères sont variables et
rendent la définition de la lignée difficile. 11 n’est pas douteux cependant que
les types assez divers réunis ici sous le nom générique de Castrida, dérivent
d’une même souche commune. En fait, les caractères principaux de la lignée
sont ceux fournis par la ponctuation des métépisternes, et la chétotaxie. 11
existe bien, dans l’Amérique du Nord, d’autres genres présentant la même
LES C'AI.ÜSO.MES
!U
ponctuation des métépisternes [Callitropa, Camedula], mais chez ceux-ci la
soie métatrocliantérienne est la règle, et il n’existe d’ailleurs jamais de brosse
mésotibiale chez le mâle, alors que ce caractère sexuel secondaire ne fait
jamais défaut chez les Castrida.
Les divers sous-genres de Castrida sont basés sur des caractères chéto-
taxiques; les uns [Catastriga, Neocalosoma) ont encore leur soie métatro-
chantérienne; d’autres \ Microcalosoma, Caludema] ont perdu la soie
postérieure du pronotum, Castrida s. str., largement répandu dans toute
l’Amérique du Sud (fig. 30), représente le type moyen de la lignée.
Tableau des espèces
1. Métatrochanters avec une soie. Bord huméral des élytrcs lisse. 2.
— Métatrochanters sans soie. Bord huméral serrulé (sauf chez Microca¬
losoma] . 3.
2. Ailé, les élytres amples, subcarrés, la sculpture non effacée. Pro¬
notum petit, à lobes postérieurs effacés, sans soie. (Subgcn. Cata-
strigaha.]}.) . 5.
— Aptère, les élytres très courts et étroits, réduits, lisses. Pronotum
grand, avec des lobes postérieurs bien développés, sans soie. Méso-
et métatibias du mâle très arqués ; brosse bien développée. (Subgen.
Neocalosoma^vcun.) . 0.
3. Dernier article du palpe maxillaire à peine plus long que large, bien
plus court que l’avant-dernier (fig. 67 ). Pronotum sans soie posté¬
rieure, les lobes postérieurs très atrophiés. Noir bleuâtre, les élytres
roux à bordure verte. ^Subgen. Caludema, nov.). 14.
— Dernier article du palpe maxillaire bien plus long que large, un peu
plus court que ravant-dernier fig. 64). Concolore. 4.
4. Soie postérieure du pronotum bien développée. fSubgen. Castrida,
s. str.). 7 .
■— Soie postérieure du pronotum absente, les lobes postérieurs toujours
atrophiés. (Subgen. Microcalosoma Broun, .i. 13.
Subgen. Catastriga Lapouge
5. Très large et très plat. Bronzé, avec le pronotum et la bordure des
élytres verdâtres, les points des primaires cuivreux. Protarses mâles
avec 3 articles dilatés et feutrés. Méso- et métatibias très arqués.
Long. 22 - 25 mm. (Argentinei. 1. trapezipenne Chaud.
Subgen. JSeocalosoma Breuning
6. Court et ramassé, le pronotum ample, les élytres ovales et convexes,
très courts, pas plus larges que le ])ronotum; les pattes robustes et
longues. Noir, les élytres rougeâtres, lisses. Long. 20 mm. (Argen¬
tine et Bolivie.). 2. Bridgesi Chaud.
92
K. .IKANNEI.
Subg’en. Castrida, s. str.
7. Tarses j)ost6rieurs grêles, leur deuxième article bien plus long que
large, guère plus large à l’extrémité distale qu’à la base. Protibias
avec toute la surface externe nettement ponctuée, la face antérieure
avec un rang de gros points pilifèrcs. Métatrocbanters acuminés,
leur pointe longue et incurvée chez le mâle, obtuse chez la femelle.
Forme générale allongée, subparallèle, peu convexe. 8.
— Tarses postérieurs épais, leur deuxième article à peine deux fois
aussi long que large, deux fois plus large à l’extrémité distale qu’à
la base. Protibias avec de gros points sur la face antérieure, sans
ponctuation nette sur la surface externe. Forme générale plus
convexe. 9.
8. Sculpture liomodynamc, les secondaires aussi développés que les
tertiaires. Protarse mâle avec deux articles seulement feutrés en
dessous. Long. 22 - 30 mm. (Est de l’Amérique du Nord et Grandes
Antilles). 3. Sayi Dej.
•— Sculpture liétérodyname, les secondaires bien j)lus petits que les
tertiaires. Protarse mâle avec 3 articles feutrés en dessous. Long.
24-30 mm. (Est de l’Amérique du Sud et Petites Antilles). 4. alternans b’.
a. Pronotum plus transverse. Coloration métallique brillante :
le pronotum vert ou bleu, les élytres cuivreux. (Brésil et Para¬
guay) . subsp. granulatum Perty.
— Pronotum plus étroit. Coloration sombre (Venézuela, Panama,
Petites Antilles et Porto-Rico). subsj). alternans, s. str.
9. Lobes postérieurs du pronotum petits mais nettement saillants.
Métatrocbanters à sommet arrondi, mousse, dans les deux sexes.
Protibias avec un rang de points pilifères bien alignés sur la face
antérieure. 10.
— Lobes postérieurs du pronotum tout à fait elîacés. Métatrocbanters
à sommet plus ou moins acuminé. Protibias avec un rang do
points pilifères sur la face antérieure et quelques autres épars sur
l’extrémité distale. 12.
10. Sculpture de l’élytre très régulière, les primaires à peine ponctués,
les intermédiaires semblables, toutes les côtes lisses, sans tégulation.
Coloration brune. Long. 20 -28 mm. (Chili). 5. vagans Dej.
—■ Sculjrture de l’élytre moins régulière, les primaires interrompus par
des points assez gros, les côtes saillantes et tégulées. Métalliques. . 11.
11. Pronotum très densément ponctué. Elytres courts et très convexes.
Bronzé rougeâtre uniforme. Long. 20- 27 mm. (Argentine et
Bolivie).. 0. antiquum Dej.
LES CALOSOIIES
*.♦0
— Pronotum presque lisse sur le disque. Elytres bien plus allongés et
moins convexes. Bronzé verdâtre, les points des primaires verts
brillants. Long. 25-30 mm. (Argentine). 7. retusum F.
12. Elytres allongés; coloration métallique très brillante, ordinairement
rouge cuivreuse, parfois verte. Métatrochanters effilés en longue
pointe incurvée chez le mâle, obtus chez la femelle. Protarse mâle
avec le 2“ article excavé en dessus, comme chez les autres esj)èces
du genre, fmng. 25 -30 mm. ( Paraguay, Pérou, Equateur, Colombie).
. 8. fulgens Chaud.
— Elytres courts et obtus, très convexes. Coloration bronzée. Métatro¬
chanters à sommet obtusément anguleux chez le mâle, mousse chez
la femelle. Protarse mâle sans dépression dorsale du 2" article.
Long. 23-26 mm. (Colombie, Pérou, Equateur). 9. abbreviatum Chaud.
Subgen. Microcalosotna Breuning
13. Ailé. Soie antérieure du pronotum présente. Elytres amples, sub¬
carrés, à sculpture triploïde homodyname, les primaires un peu
caténiformes. Coloration d’un noir bleuâtre ou verdâtre. Long. 15-
22 mm. (Iles Galapagos, Colombie et Pérou)... 10. galapageium Ilope.
— Aptère. Soie antérieure du pronotum absente. Elytres ovales, larges,
à sculpture triploïde un peu hétérodyname, les primaires en chaînons
très saillants. Noir, les élytres bronzés verdâtres. Long. 12,5' mm.
(Iles Galapagos). 11. Linelli Mutchl.
Subgen. Caludoma, nov.
14. Forme générale grêle, les pattes grêles et longues, les tarses posté¬
rieurs très grêles. Tête et pronotum bleus ou verts métalliques
foncés, les élytres rouges à gouttière marginale verte; dessous
noir à reflets bleuâtres. Sculpture triploïde homodyname, les pri¬
maires à points petits et concolores. Long. 16-24 mm. (Pérou et
Chili). 12. rufipenne Dej.
1. Castrida (Catastriga) trapezipenne Chaudoir
Calosoma trapezipenne Chaudoir, 1869, Ann. Fr., p. 369; type : Mendoza (coll.
Oberthür). — Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 203. — imbricatum
Brullé, 1843, Voy. d’Orbigny Am. inér., VI. col., p. 42; type : Patagonie (Mus.
Paris) (nec imbricatum Klug, 1832). — Orbignyi Géhin, 1885, Cat. Car., p. 59.
JjO type de Y imbricatum Brullé, que Chaudoir n’avait pas pu voir (1. c.,
p. 370) et croyait perdu, se trouve cependant au Muséum.
Espèce remarquable par son faciès, qui rappelle celui des Calosoma par
la forme très ample, subcarfée, aplanie, des élytres. Le pronotum est court
!)1
U. JEAWEL
et très transverse, avec sa plus grande largeur avant le milieu. Elytres à bord
huméral lisse. Métépisternes très grands, lisses en avant, à grosse ponctua¬
tion en arrière. Protibias lisses et sillonnés. Métatrochanters mousses.
Les deux soies pronotales sont présentes et le métatrochanter porte une
soie, comme chez certains Calosoma.
Amérique du Sud. kvgenünei ■. Mendoza (Steinheil, coll. Chaudoir) ;
Cordoba (coll. Roesclike) ; Patagonie (A. d’Orbigny).
2. Castrida (Neocalosoma Bridgesi Chaudoir
PI. III. fig. 8
Calosoma Bridgesi Chaudoir, 1869, Ann, Fr., p. 377; type : Tucuman (coll.
Oberthür). — Breuning, 1927, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 122.
Espèce aptère, à pattes robustes, remarquable par son faciès qui rappelle
le Blaptosonia laeve Dej. Pronotnm à lobes postérieurs bien développés ;
élytres ovales, lisses, très courts et pas jdus larges que le pronotum. Le
type, que j’ai pu examiner, est un mâle, avec les tibias très arqués, les
Intermédiaires munis d’une brosse. Bord huméral lisse. Métépisternes petits
et courts, mais lisses. Noir, avec les élytres rougeâtres.
Pas de soie pronotale postérieure. Soies gulaires, labiales et métatro-
cliantériennes présentes.
Amérique du Sud. République Argentine : env. de Tucuman (type).
Bolivie (Th. Bridges). Chili (coll. Roesclike).
Espèce très rare, sans doute localisée dans la Cordillère des Andes aux
confins des trois pays indiqués ci-dessus. C’est une forme aptère lisse, tout
à fait comparable aux Blaptosonia aptères des montagnes du Mexique et
leur ressemblant par convergence. Mais les mâles sont munis de brosses
mésotibiales.
3. Castrida s. str.) Sayi Dejean
Calosoma Sayi Dejean, 1826, Spec. IL p. 198; type : Amérique du Nord (coll
Obertliür). — nrmatum Laporte de Castelnau, 1835, Et. ent., p. 156; type :
Mexique. — alternans J. Duval, 1857, in Sagra, Hist. phys. et nat. de Cuba>
p. 19 (nec alternans F.). — abdominale Géhin, 1885, Cat. Cai'., j). 58; type :
Mexique (coll. Oberthür). — virginicum Casey, 1897, Ann. N. Y. Ac. Sc., p. 344;
type : Norfolk (U. S. Nat. Mus.). — cuprascens Roeschke, 1900, Ent. Nachr.,
p. 70; type : loc. ind. (coll. Roeschke < coll. Vogt).
D’après Roeschke et Breuning (1927, p. 193), le type du C. alternans F.,
conservé au Musée de Kiel, est bien conforme à la description de Fabricius
en ce qui concerne le développement de ses tertiaires et il n’est donc pas
douteux qu’il s’agisse bien de l’espèce à sculpture hétérodyname, qui occupe
les petites Antilles et est généralement nommée granulatum Perty ou coxale.
Motsch. Le nom de Sayi Dej. doit donc prévaloir pour l’espèce à sculpture
LES CALÜSOMES
9I>
homodyname, répandue dans tout l’est des États-Unis, le Mexique et
File de Cuba.
Fig. 57. — Espèce décoloration toujours foncée, allongée, subparallèle et
peu convexe, à tarses postérieurs très grêles. Elytres à bord huméral
crénelé et sculpture forte et homodyname; points des primaires grands et
métalliques.
Organe copulateur 'tig. 57) à apex petit, étroit et effilé, un peu incliné
vers la droite. Ligule long et effdé, fortement crochu.
Amérique du Nord. Est des États-Unis, jusqu’aux Montagnes Roclieuses
à l’ouest, jusqu’aux Etats de lowa et de New York au nord. — Mexique^
jusqu’au golfe de Tchuantepec au sud. — Grandes Antilles. Cuba :
La Havane (P. Serre). Haïti : Santiago de los Caballeros (Mus. Hambourg).
Souvent sur les buissons, où il chasse des chenilles; vole fréquemment
le soir à la lumière.
4. Castrida is. str.) alternans Fabricius
Carabus alternans Fabricius, 1792, Ent. Syst., I, p. 146; type : « liab. in Americae
insulis » (Mus. Kiel). — arrnatum Reiche, 1842, Rev. Zool., p. 377; Ij’pe
Venezuela (nec armnnun Lap. de Castelnau). —Breuning, 1927, Kol. Rundsch.,
XIII, p. 192. — coxale Motschoulsky, 1865, Bull. Mosc., XXXVIII, p. 307.
Subsp. granulatum Perty, 1830, Del. Anim. Art., p. 9, pl. II, fig. 9; type :
Brésil. — latérale Dejean, 1826, Spec. II, p. 199; type : Rio de Janeiro (coll.
Oberthür) (nec latérale Kirby, 1817). — rugatum Motschoulsky, 1865, 1. c.,
p. 308; type : « Amérique méridionale ».
La collection Bosc, au Muséum, renferme un exemplaire provenant des
Antilles et étiqueté « alternans F., cotype »; ce Calosome répond à la forme
qu’on appelle ordinairement coxale.
Fig. 58. •— Très voisin de Sayi, dont il ne diffère guère que par l’hétéro-
dynamie dos intermédiaires et le nombre des articles feutrés du protarse
des mâles.
Organe copulateur (fîg. 58) de même type que chez Sayi', l’apex est encore
plus petit et plus atténué.
Amérique du Sud. Tout le nord et l’est, depuis Panama et la Colombie,
jusqu'à l’Uruguay et le nord de l’Argentine.
a. Subp. alternans, s. str. — Colombie (coll. de Marseul). Venezuela :
Caracas (Sallé, Hastert, Mayeul-Grisol) ; La Vuelta (S. Klages) ; S. Fer¬
nando de Apure (L. Laglaise). — Antilles (coll. Bosc).
Breuning l’indique des Petites-Antilles, de Trinidad et de File Saint-Bar¬
thélémy, celle-ci dans l’extrême nord do l’archipel. Sans doute est-ce encore
le même C. alternans qui se trouve à Porto Rico, car il est bien probable
d’ailleurs que les types de Fabricius, qu’il a dû recevoir de Bosc, provenaient
des Grandes-Antilles. Si ces suppositions se vérifient, on verra donc que
Cuba et Saint-Domingue possèdent le C. Sayi de l’Amérique du Nord, de
R. JEANNEL
iX!
la Floride et du Mexique, tandis que toutes les autres Antilles seraient
peuplées par Yalternans sud-américain.
b. granulatum Perty. — Brésil. Amazone : Manaos (Mus.Hambourg''|.
Matto Grosso. Goyaz : Tojuco 'Perty, types). Baliia : S. Antonio da Barra
i^E. Gounelle); Vila Vitoria jPujol i. Minas Geraes : Passa Quatro (E. R. Wa¬
gner). Rio de Janeiro (L. de Castelnau). Rio Grande del Sur (Ij. de Castelnaul.
Eig. u7 à (13. ■— Gen. Castrida Motscli., partie apicale du pénis, l'ace dorsale (le ligule ex-
serti sur les fig. 57, C2 et 113). — Elg. 57. C. Slyi Dej., de New A^ork. — Fig. -58. C. alln-
nans rjrnnulaium Perty, du Brésil. — Fig. 59. C. vagam l>ej., du Chili. — Fig. €0. C.
(inliquum Dej., du Tueuman. — Eig. 61. C. relusum F., de Buenos Ayres. — Fig. 02. C.
fidgens Chaud., du Pérou. — Fig. 03. C. ahbrcviaium, Chaud., du Pérou.
•— Uruguay : Montevideo (anc. coll.). — République Argentine : Buenos
Ayres et La Plata (coll. Maindron).
L'espèce n'existe ni dans l’Equateur, ni au Pérou.
Commun surtout après les pluies; vole le soir attiré par les lumières.
5. Castrida (s. str.) vagans Dejean
Calosoma vagans Dejean, 1831, Spec. 'V, p. 564 ; type ; Chili (coll. Oberthür). —
Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 202.
Fig. 23 et 59. — Très caractérisé par sa coloration brune et sa sculpture
bomodyname, très régulière.
Organe copulateur (fig. 59) à partie apicale à peu près symétrique, l’apex
droit et mousse.
Amérique du Sud. Chili, depuis la prov. d’Acatama jusqu’au détroit do
Magellan C. Reed); Valparaiso (R. Martin); Santiago (CL Gay). —
République Argentine : terr. du Chubut (R. de la "Vaulx).
LES CALOSOMES
97
G. Castrida (s. str.) antiquum Dcjcan
Calosoma antiquum Dejean, 1831, Spec. V, p. 561; type : Cordoba (coll. Oberthür).
— Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 201. — argentinense Csiki, 1927,
Col. Cat., pars 91, p. 11 (•].
Fig. 60. — Robuste et convexe. Bronzé brillant, à reflets verdâtres.
Sculpture homodyname, les points des primaires grands et concolores.
Organe copulateur ffig. 60) avec l’apex incliné à droite, à sommet tronqué.
Amérique du Sud. Bolivie : La Paz (Mus. Hambourg). — Brésil : Rio de
Janeiro, montagne des Orgues (E. R. Wagner). — République Argentine :
Rosario (J. Claine) ; Tabia, prov. Tucuman (G. A. Baer); Rio Salado, prov.
Santiago del Estero (E. R. Wagner); Las Garzas, chaco de Santa Fé (E. R.
Wagner). — Paraguay : S. Antonio, une femelle (coll. Straneo).
7. Castrida (s. str.) retusum Fabricius
Carabus retusus Fabricius, 1775, Syst. ent., p. 237; type : « hah. ad litlora
Pntagoniae » (Mus. Kiel). — Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 198. —
latérale Kirby, 1818, Trans. Linn. Soc. London, XII, p. 379; type ; Brit. Mus. —
bonariense Dejean, 1831, Spec. V, p. 560; type ; Buenos Ayres (coll. Oberthür).
— patagoniense Hope, 1837, Trans. ent. Soc. London, II, p. 129; type ; Patagonie
(Brit. Mus.).
Fig. 61. — Espèce de grande taille, d’un vert bronzé métallique, avec les
points des primaires brillants; forme générale allongée et convexe.
Sculpture homodyname, les primaires caténiformes. iMétatrochanters mousses
dans les deux sexes.
Organe copulateur (fig. 61) de même type que chez antiquum, mais plus
long; l’apex de même forme asymétrique, son bord gauche sinué.
Amérique du Sud, de l’Uruguay à la Patagonie. — Uruguay : Montevideo
(A. d’Orbigny, P. Serre). — République Argentine : Buenos Ayres (L. La-
glaize); Rosario (J. Claine); San Rafael, prov. Mendoza (A. Tournouer);
Rio Salado, chaco de Santiago del Estero (E. R. Wagner).
Souvent très abondant, en nombre prodigieux, et volant le soir aux
lumières.
(1) Csiki a voulu cliangor le, nom de Calosoma antiquum Dejoaii (1831) en argentinense,
nom. nov., parce qu'il existait un C. antiquum Fourcroy (1785), synonyme A’inquisUor !..
.Mais l'espèce de Fouiiciioy a été décrite dans le genre Carabus, de sorte que le changement
n’est pas néce.ssaire.
JIliMOIIIES DU -VUSÉf.M, XOl'VUI.I.E : ÉDIE, lO.ME
Xlil.
1)8
li. .IKANNEI.
8. Castrida (s. sir.) fulgens Cliaudoir
PI. II, fig. 8
Calosomn l'ulgcnx Chaudoir, 181)9, Anii. Fr., p. 370; type : Paraguay (coIl. Ober-
thür). — LJrouning, 1927, KoI. Uuridscli., XllI, p. 197.
Fig. 18 et 62. — Très bel insecte de coloration métallique brillante, soit
verte, soit d’un rouge cuivreux. Forme allongée et conve.xe. Pronotum avec
les lobes latéraux tout à fait atrophiés, alors qu’ils étaient encore indiqués
chez les précédents.
Organe copulateur (fig. 62) grêle et arqué, l’apex allongé, étroit, très
infléchi à droite, à sommet tronqué. Ligule long et ellilé, crochu. Orifice
apical déversé à droite.
Amérique du Sud, région nord-ouest, — Colombie : Cali (G. A. Baer). —
Équateur : Posorja (J. E. Gillet). — Pérou, cnv. de Tumbez, sur la côte, dans
l’extrême Nord (G. A. Baer). — Bolivie (G. A. Baer . — Paraguay (coll.
Chaudoir).
9. Castrida (s. str.) abbreviatum Chaudoir
Calosoma abbreviatum Chaudoir, 1809, Ann. Fr., p. 371; type : toc. incert. (coll.
Oberthür). — llreuning, 1927, Kol. Itundsch., Xlll, p. 199.
Fig. 63 à 66. — Bien reconnaissable à sa forme courte et trapue cl à
l’elïacement total des lobes postérieurs du pronotum. Coloration métallitpie
bien moins brillante que chez fulgens.
Amérique du Sud, région nord-ouest, même distribution que celle du
C. fulgens. — Colombie : Cali (G. A. Baer). — Équateur (Campos). —
Pérou : env. de Tumbez, sur la côte dans l'extrême nord, nombreux
exemplaires i,G. A. Baer). — Bolivie.
Sort aj)rès les pluies et vole le soir à la lumière.
10. Castrida (Microcalosoma) galapageium Ilope
PI. III, fig. 2
Calosoma galapageium Hopc, 1837, Trans. eut. Soc. London, II, p. 130; type :
îles Galapagos (Brit. Mus.). — Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 200. —
grnnatense Géhin, 1885. Cat. Car., p. 59; type : Colombie (coll. Oberthürp —
Uowardi Linell, 1899, Proc. U. S. nat. Mus., XXI, p. 251; type : îles Galapagos.
Aspect des Castrida s. str., mais avec les élytres plus larges, moins
convexes, subcarrés, un peu comme chez le C- [Catastriga] trapezipenne.
Les soies du pronotum sont en régression, tantôt présentes, tantôt
absentes selon les individus; le bord huméral des élytres n'est pas serrulé.
Ces deux derniers caractères rapprochent donc cette espèce, qui est ailée, du
LES C'ALOSO.MES
!K*
petit (’. Linelli, aptère, habitant aussi les Galapagos. Noir avec les élytres
bleus ou verts foncés.
Amérique du Sud : Colombie [Géhin). Pérou: Callao (Mus. Berlin). —
Eiir. (U à 60. - “ Geii. Cusirida .MoLscli., palpes fjauches, luésotibias droits des mâles et par
lie apicale du pénis, lace dorsale, avec le ligide exserti. — l'ig. 64 (palpe maxillaire).
6‘) (palpe labial) et 66 (mésotibia). C. rtiftrrrifldort (Ihaud., du i’ei'ou. — Fl'g. 6T (pali>e-
maxillairc). 68 (mésotiltiai et 60 (pénis). C. [Caludema) refipcime lioj., d’.treciuiiu.
Hex Ga/rtjOrterw : Duncan isl. ; Cliatam isl.; Charles isl. i Voy. de l Albatros).
11. Castrida (Microcalosoma) Linelli Mutchler
Cfdosoinii lÀnelli Mutchler, 1925. Zool., N. Y., XX, p. 222; type : Chatain isl. —
Breuning, 1927, Wiener ent. Zig., XLIV, p. 123. —gnlapageium Linell, 1899,
Proc. U. S. nat. Mus., XXI, j). 2.50 (nec llope).
Très petite espèce aptère (12,5 mm.), présentant les caractères des Castrida,
mais avec les élytres courts et ovales; même sculpture homodyname, les
primaires en chaînons. Noir, les élytres verts bronzés. Mêmes caractères
sexuels que chez les Castrida.
Iles Calapagos : Chatam isl., un mâle (Baur).
12. Castrida (Caludema) rufipenne Dejean
PL III, lig. 3
Calosonui rufipenne Dejean, 1831, Spec. V, p. 561); Uqte : Sun Lorenzo (coll.
Oheilhür). — Breuning, 1927, M’iener ent. Ztg., XLIV, p. 93 (Camedata).
Le C. rufipenne avait été pris par Géiiix comme type du genre Camedula
1!. .IKANXEt.
1«K)
Motscli. On verra plus loin, à propos de ce genre, que cette désignation
était injustifiée, le type de Caniedula, d’après les caractères génériques
indiqués par Motschoclsky, ne pouvant être ([uo l’espèce glabratum Dcj.
Fig. 67 à 69. — Espèce facile à reconnaître à sa coloration. L’organe
copulateur [fig. 69) est semblable à celui dos Caslrida s. str. ; apex grêle et
eflilé, à peine infléchi à droite. Ligule très grêle.
Amérique du Sud, Pérou et nord du Chili. — Pérou : San Lorenzo Lima
(Dejean); Cuzco (C. E. Porter); Arequipa (D"' E. Escomel). — Chili
; Fontaine).
5. Cen. CAMINARA Motschoulsky
Caminara Motschoulsky, 1865, Bull. Mosc., XXXVIII, p. 303; type ; imbricaliim
Klug.
Quoique plusieurs espèces très diverses soient citées par Motschoulsky
dans sa diagnose du genre Caminara, il n’est pas douteux que Vimbricatum
Klug doive en être pris pour type, car c’est la seule qui réponde parfaite¬
ment aux termes de la diagnose et c’est d’ailleurs la première énumérée.
Pour Breuxi.xg, et les auteurs en général, l’absence de brosses mésotibiales
chez le mâle a été le caractère essentiel du genre Caminara. On ne doit
certainement pas donner une telle importance générique à un caractère
sexuel secondaire. Je grouperai donc avec le Caminara imbricatum sans
brosses, d’autres espèces africaines avec brosses, mais dont la sculpture est de
type triploïde pur, sans aucune tendance au dédoublement des tertiaires
et par conséquent au passage vers le pcntaploïde. Les Caminara s’opposent
en cela aux Campalita du type maderae F., dont les tertiaires présentent
toujours au moins un début de dédoublement.
Tête médiocre, à cou épais, les yeux saillants, le front densément ponctué.
Antennes normales. Mandibules toujours fortement ridées. Dernier article
du palpe maxillaire plus court que l’avant-dernier. Dent labiale aiguë;
palpes labiaux quadrisétulés.
Pronotum transverse, à lobes postérieurs distincts mais réduits; le disque
ponctué ou ridé, la surface basale déprimée, surtout latéralement.
Elytres oblongs, assez convexes, leur bord huméral distinctement serrulé.
Sculpture triploïde hornodyname, les éléments saillants, formant des côtes
nettement tégulées, souvent rugueuses, séparées par des stries profondes et
ponctuées. Primaires interrompus par des fossettes plus ou moins
métalliques.
Métépisternes grands, plus longs que larges, densément et finement ponc¬
tués sur toute leur surface.
Pattes assez grêles. Protarses des mâles avec 3 articles dilatés et feutrés
en dessous, le 2" article imj)ressionné sur sa face dorsale comme chez les
Castrida. Mésotibias et métatibias plus ou moins arqués selon les espèces,
les mésotibias avec ou sans brosse cliez les mâles.
LES CALOSOMES
101
Chétotaxie. —Soies gulaires et labiales présentes; jamais de soie méta-
trochantérienne. La soie pronotale postérieure existe, sur le lobe posté¬
rieur du pronotum toujours nettement accusé.
Organe copulateur de taille moyenne, régulièrement arqué; la partie api¬
cale du pénis peu renflée, presque symétrique, l’apex eflilé. Ligule court,
très chitinisé, large à la base, et terminé en pointe fortement croebue.
Le genre est spécial à l’Afrique tropicale et australe.
Tableau des espèces
1. Pronotum à lobes postérieurs bien développés, saillants. Mésotibias
des mâles arqués, avec une brosse en forme de houppe à la partie
apicale de la face interne. Scul[)ture saillante, rugueuse, la tégu-
lation forte, les primaires interrompus par de gros points bronzés
ou verdâtres ; coloration bronzée ; élytres longs. Long. 22 -30 mm.
(Sainte-Hélène; îles du Cap Vert; Afrique orientale et australe).
. 1. chlorostictum Dej.
— Pronotum à lobes postérieurs tout à fait elîacés. Mésotibias des
mâles peu arqués, sans brosse. Sculj)ture peu saillante, les côtes
vaguement tégulées, les primaires avec des points brillants très
petits. Noir bronzé brillant ; élytres courts. Long. 13-23 mm. (Iles
du Cap Vert, Afrique saharienne et orientale, Arabie et Inde pénin¬
sulaire) . 2. imbricatum Klug.
1. Caminara chlorostictum Dejean
PL III, fig. ()
Calosoma chlorostictum Dejean, 1831, Spec. V, 558 (C. rugosuni, var. chlorostictum),
type : Dongola (coll. Oberthür). — Klug, 1832, Symb. phys., 111, pb 23, fig. 10.
Subsp. helenae Hope, 1838, Trans. ent. Soc. London, H. p. 130; type :
Sainte-Hélène. — haligena Wollaston, 1861, .lourn. of Knt., p.208; type : Sainte-
Hélène (Brit. Mus.).
Subsp. cognatum Chaudoir, 1850, Bull. Moscou, X.XIV, p. 421; type : Caj)
Vert (coll. Oberthür). — tegulatum Wollaston, 1867, Col. Hesper., p. 4; type :
îles du Cap Vert (Brit. Mus.).
Subsp. chlorostictum Dej. — rugosum De Geer, 1783, Alem. VII, p. 223,
pl.47, fig. 2 {Carabus)\ type:? Cap de Bonne-Espérance [iiec Carabus rugosus
Fabricius, 1775, Syst. Ent., I, p. 130; type : Maroc]. — curvipes Kirby, 1818,
Trans. Linn. Soc. London, XII, p. 380; type: Brésil (err.). — australe Hope
1845, Trans. ent. Soc. London, IV, p. 104; type : Australie (err.). — crassipes
Chaudoir, 1843, Bull. Moscou, XVI, p. 745; type : Kordofan (coll. Oberthür).
— e/egnns Géhin, 1885, Cat. Carab., p. 60 ; type : Mozambique (coll. Oberthür).
—• calidum Lapouge, 1924, Mise, ent., p. 43 [nec calidum F.].
C’est le Calosome africain généralement connu sous le nom de rugosum. De
Geor. Mais ce nom do rugosum De Geer doit malheureusement disparaître
R. .IF.AXNEI.
jwrce que le Carabus rii^osnn Fabricius 1775, espèce bien connue du Maroc,
a !a priorité sur le Carabus rugusus lie Geer 1783.
Après le nom de rugosum De Goor viendrait |)ar ordre d'ancienneté celui
•de rtiruipes Kirby 1818. Les termes de la description sont vagues et l'espèce
•est donnée comme vivant au Brésil, de sorte qu’on ignorerait complètement
■<piol Calosome Kirby avait sous les yeux, si H. Boeschke et plus tard II. F.
Axureives n’avaient pas vu le type et reconnu l’espèce africaine décrite jiar
De Geer sous le nom de rugosum. Faut-il donc pour cela adopter par prio-
rité cun’ipes Kirby pour remplacer rugosum De Geer qui se trouve inutili¬
sable ? Cela me semble inadmissible. Curu/pes Kirby, insullisamment décrit
•et représenté par un type de ])rovcnance fausse, ne peut en toute justice
([u'etre rejeté comme « « nomen nudum ».
Reste alors pour désigner l’espèce le nom de chlorostictum Dejean 1831.
Dejean dit avoir reçu ce Calosome de Kluo sous le nom àe rhhrostictujn et
le considère comme une variété du rugosum De Geer. Mais le peu qu'il en
(lit suffit à lui assurer la priorité sur la description de Klui;, parue en 1832
•dans les Symbolac physicae.
Ajoutons d’autre part qu'aucune raison valable n’oblige à séparer le chlo-
rostictumVioi., décrit de la Ilaute-Fgypte, àn rugosum De Geer de l’Afrique
.australe. Si la coloration verdâtre est plus fréquente chez le premier, la bron¬
zée chez le second, cette différence n'a rien d’absolu. 11 faudra par suite
considérer comme synonymes de chlorostictum les noms d'austra/e Ilope
1815 (décrit d’Australie, où l'espèce u’existe certainement pas), d'e/egaus
<léli. 1885 (Mozambique) et de calidum Lapouge, ce dernier proposé par suite
de je ne sais quelle confusion avec le Chrysostigma calidum F., de l’Améri-
(pie du Nord. Il faut enfin inscrire comme synonyme de chlorostictum le
crussipes Cbaudoir 1843 (du Kordofan . Bheumno (1927, Kol. Rundsch., XIII.
p. 212) le raXi-Ache kVauropunctalum] mais les cc'ites saillantes des élytres
dncrassipes [lincis rugisque ecidentiuribusi monivc bien qu’il s'agit du chlo¬
rostictum, d’ailleurs décrit de la mi-'ine contrée.
l'^ig. 20, 27, 70 à 73. — Le ('. chlorostictum Dej. rugosum auct.) est une
'espèce bien différente du maderae F., avec le([uel Breunixg le confond. La
sculpture de l’élytre est tout autre. Les intermédiaires sont toujours tri-
])loi'des, mais leurs éléments forment des côtes saillantes, convexes, bien
séparées par des stries profondes; leur tégulation est régulière, bien alignée
même sur les tertiaires qui ne montrent aucune tendance à se dédoubler et
sont toujours semblables aux secondaires.
L’organe copulateur ffig. 70 à 73 , assez grand, est [leu épaissi dans sa
partie apicale; l’apex est relativement grêle, effilé en pointe mousse.
I.e C. chlorostictum est l’espèce du genre qui se rapproche le plus des
Castrida sudaméricains. surtout en raison do l’état évolutif de la sculpture,
absolument identique. La seule difi'érence réelle réside dans la ponctuation
<les métépisternes, grosse et rare chez les Castrida, fine et serrée chez les
Caminara. Mais ici encore il est curieux de constater que la race du ('. chlo-
LES CALOSOMES
KG
([ui vit à Sainte-llélone, lo Âe/ewae Ilope, a la partie antérieure
des métépisternes j)resque lisse et que ce caractère la relie on quelque sorü^
smxCastrida comme un trait-d’union entre les deux fragments de la vieille
lignée africano-brésilienne.
Le C. chlorostictuni est représenté par trois sous-espèces (fig. 30) :
a. Subsp. helenae llope. — Forme de petite taille, décoloration générale¬
ment bronzée, les côtes des élytres saillantes et fortement tégulées. La ponc¬
tuation des métépisternes s’elïaee sur te bord antérieur.
ig. 70 à 73. — Goii. CninUiara .Motsch., organe copulaleur màlo, de profil, et partie api-
caie du pénis, fai-e dorsale (X 10). — Fig. 70 et, 71. C. chlorosUclum Dej., du Natal. —
Fig. 7i. C. clilorduticlum, cof/iialum Chaud., des iles du Cap Vert. — Fig. 73. C. chlorontic-
Uim helmae llope, de Sainte-Hélène.
L’organe copulateur a son apex très effilé et presque droit (fig. 73).
Cette forme est assez caractérisée pour qu’on puisse assurer (ju’elle est
endémique. Elle occupe l’îlede Sainte-Hélène et y est commune.
h. Subsp. co^natum Chaud. — Des doutes avaient été émis par Ch. Alluaud,
sur l’identité du Chaud, et du teouJatuin WolL, ce dernier étant
décrit des îles, le premier « envoyé par M. Dupont comme venant du Cap
Vert ». Ai.luaud ;'1925, Ann. Genova, LII, p. 69) suj)posait que le cognatum
devait être continental et le tegnlatum insulaire. En fait aucun C. chloroati-
etnm n’a jamais été trouvé au Sénégal à ma connaissance et les deux noms
doivent désigner la race de l’archipel.
Cette race est hien tranchée, de coloration toujours noire, les cotes
élytrales peu saillantes, moins nettement tégulées que chez la forme conti-
101
R. JEANNEL
nontale, les lianes des côtes entamés jîar les gros points enloncés des stries.
Petite taille. Apex de l’organe copulateur plus court que chez la forme
typique (fig. 72).
Archipel du cap Vert. Woli.astox le cite des îles S. Antâo, S. Vicente et
Togo ; L. Fe\ l’a pris en nombre à Brava.
c) Subsp. chlorosticliim, s. str. — C’est la forme continentale. Les côtes
des élytres sont très saillantes; l’apex do l’organe copulateur effdé, assez
long, est un peu infléchi vers la droite (fîg. 71).
Il est curieux que l’espèce fasse défaut dans toute l’Afrique occidentale,
tant au Sénégal qu’en Guinée. Elle est commune dans l'Afrique australe, au
Cap (J. Verreaux; R. Ellenberger), dans le Griqualand (A.-F. Gedye), le
Transvaal (R. Ellenberger), le Basutoland (R. Ellenberger), le Namaqualand
(coll. Maindron). Tous les exemplaires mâles de ces localités australes ont
la brosse mésotibiale très réduite ; elle manque même chez un mâle de Kim-
berley, dont les mésotibias sont cependant très arqués.
Vers le nord, le C. chlorostictum ne dépasse pas sur la côte ouest le pays
des Ilerreros. Dans l’Afrique orientale au contraire, il est répandu au Tanga-
nyika, au Kénya, en Abyssinie; il est commun dans le Tigré (Schimper) et le
Ilarrar (Kristensen), ainsi qu’à Obock ^M. Maindron), à Djibouti (D'’ Jous-
seaume) et dans l’Erytbrée (J. Millier).
Plus au nord, on le retrouve en Haute-Egypte, dans le Kordofan (types) et
le Dongola (Ehrenberg) ; il paraît abondant à Louqsor (E. Abeille, Ch. De-
maison), et est môme connu de la Basse-Égypte : Le Caire, Ale.xandrie
(Ferrante) et de la péninsule du Sinaï (J. Cougnat). Enfin il passe la Mer
Rouge, puisqu’il se trouve à Djeddah (Botta, in Mus. Paris).
2. Caminara imbricatum Klug
PI. III, fig. 4
Calosomn imbricatum Klug, 1832, Synib. phys., III, pl. 23, fig. 11 ; type : Cap Vert.
(Univ. Mus. Berlin). — Andrewes, 1929, l’aun. Brit. Ind., Carab., p. 63.
Subsp. imbricatum, s. str. — arabicum Motschoulsky, 1865, Bull. Mos¬
cou, XXXVIII, p. 304; type : Arabie.
Subsp. Andrewesi Breuniiig, 1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 95; type : Assam.
— orientale Chaudoir, 1869, Ann. Fr., p. 368 [nec Hope].
Subsp, hottentota Cbaudoir, 1852, Bull. Moscou, XXV, p. 99; t 3 'pe Cap de
Bonne Esiiérance (coll. Obcrlliür).
Fig. 20. — Espèce bien caractérisée par l’absence de caractères sexuels
mâles sur les mésotibias et la sculpture de type triploïde pur.
Taille moyenne, do 15 à 25 mm. Pronotum court et transverse, à angles
postérieurs bien plus effacés que chez le C. chlorostictum] élytres larges et
subcarrés, convexes. Les élytres portent des côtes saillantes et fortement
téguléos, homodynames, séparées par des stries profondes et ponctuées.
LES CALOSOJIES
105
Primaires interrompus par des points métalliques. Coloration brunâtre
brillante, souvent bronzée ou vert-métallique.
Organe copulatour petit, peu arqué, l’apex droit et mousse.
IjU distribution de ce Calosome est très vaste, et respccc se subdivise en
trois races géographiques assez tranchées.
a. Subsp. i/nbricatum, s. str. —Race de taille variable, à ponctuation assez
line et serrée sur la tête et le pronotum, les côtes élytrales convexes, à tégu-
lation forte et saillante; les points dorés des primaires bien visibles.
Cette forme de Ximhricatum est celle qui occupe le continent africain au
nord de la grande forêt équatoriale. Elle se trouve au Sénégal et dans l’ar-
cbipel du Cap Vert : îles S. Vicente, S. Jago, Brava, S. Nicolào (Wollaston,
L. Fca). Je la connais de diverses stations de la zone sahélienne du Sahara :
Tombouctou (J. Surcouf) ; Nguigmi, au nord du lac Tchad (D’’ Noël) ; Agadès,
entre le Niger et l’Aïr (cap. Posth). On l’a même rencontré au nord du Sa¬
hara, dans les monts Doumergue, sud du Fezzan (C. Kilian) et entre Ouargla
et Temassininc, dans le Grand Erg oriental iD'' Guiard, première mission
Flatters).
Rare dans toute la région saharienne, le C. imhriratum devient au con¬
traire abondant au Soudan et surtout en Somalie : Berbera (coll. Argod) ;
Djibouti (D''Jousseaume) ; Obock (M. Maindron); Erythrée (J. Millier). On
le retrouve enfin, de l’autre côté delà mer Rouge, dans le Hedjaz (coll. Bedcl)
et H. E. Andiiewes le cite de l’Irak, de l’île Ashtola, dans le golfe Persique et
enfin de Karashi, dans le Sind, à la frontière occidentale de l’Inde.
b. Subsp. Andvewesi Breun. — D'après Breuxing les individus du Ben¬
gale et de l’Annam diffèrent de la forme typique par leur grande taille, la
ponctuation plus fine sur la tête et le pronotum, les côtes élytrales plus
basses et plus finement tégulées.
Inde. Bengale : environs de Calcutta (coll. Chaudoir). Annam (coll. Breu-
ning).
c. Subsp. hottentota Chaud. — Dans le sud-est de l’Afrique, le C. iinbri-
catnm se retrouve avec des caractères sculpturaux tout à fait opposés à ceux
des individus indiens. La tête et le pronotum sont très fortement ponctués,
les côtes des élytres très saillantes, grossièrement tégulées et d’aspect
râpeux. Il est curieux que ces caractères de la sculpture se retrouvent chez
le Carabops Burtonih.\\., espèce aptère occupant à peu près la môme région
de l’Afrique.
Afrique australe. Griqualand : Kimberley (Péringuey); Pniel (Dobrn). —
Afrique orientale. Kenya Colony : Sultan Ilamid, station du chemin de fer
entre Voï et Nairobi (Mac Arthur).
Le type du C. hottentota est indiqué comme provenant du Cap de Bonne
Espérance, ce qui est certainement faux. D’autre part Kuntzex cite ce même
Calosome de diverses localités de l’ancien Ouest-africain allemand; ce qui
est vraisemblable, mais demande à êtré vérifié, car une confusion est parfai-
It. .IKAN.VKI,
KKi
tement possible entre Vhatlentota et les petits exemplaires mâles, à méso¬
tibias très [)cu arqués et brosse réluite, du C. chloroslictum de l'Afrique
australe.
En somme le C. imbricalum hottenloUi paraît localisé dans le nord de
l’Afrique australe et dans l’Afriijue orientale.
G. Gen. CAMPALITA Motschoulsky
Campalita Motschou.sky, IHfiS, Bull. Mosc., XXXVIII, p. 30i ; type : mnderae 1'.
— Cosmoplnta Motschoulsk)’, 18S5, 1. c., p. 1505; type : neneum Motsch. {chinensc
Kirby). — Callistrnta Motschoulsky, 18S.â, I. c., p. o0(I; type : groniilosum Motsch.
(clenticoUe Gebl.). — Catasoma Lapouge, 1929, Mise, ont., XXXII, |). 10: type :
OUvieri Dej. — Eremosomn Lapouge, 1929, 1. c., p. 10: type : algiricum Géhin.
Ce genre s’opposera au genre Caminara par l’évolution de sa sculptui'c
qui passe au type pentaploïde. Même clicz les C. niaderae du nord de
l’Afrique, dont la sculpture paraît nettement triploïde, il est facile de constater
(;«à et là sur les tertiaires un dédoublement de certains éléments de la tégula-
tion, dédoublement qui fait prévoir l’évolution pentaploïde. Comme chez
Caminara, il existe des espèces avec ou sans brosses mésotibiales chez les
mâles ; la soie pronotale postérieure existe toujours.
Mêmes caractères généraux que Caminara \ même forme du prono-
tum. Elytrcs ordinairement moins convexes, subcarrés. La sculpture est
formée d’éléments peu saillants, parfois seulement indiciués par l’alignement
longitudinal do la tégulation [maderae). Cet alignement se désagrège sur
les terliaires, qui se dédoublent et donnent ainsi naissance à des types pen-
taploïdes [OlU’ieri], qui eux-mêmes évoluent vers le type « confus », à granu¬
lations nombreuses et sans ordre [chinemte]. Les primaires sont interrompus
par des points fovéolés, parfois très grands et niétalli((ues.
Métépisternes grands, plus longs que larges, densément et finement
ponctués.
Pattes avec les mêmes caractères variables que chez Caminara. Le pro¬
tarse des mâles a normalement 3 articles dilatés et feutrés en dessous, rare¬
ment deux seulement alp^iriciim] ou pas du tout [denticoUe, Heitteri] ] le
2" article impressionné sur salace dorsale. La brosse mésotibiale des mâles,
ipiand elle existe, a la même forme (pie chez les Casfrida sudaméricains,
c’est une courte houppe ovalaiiT qui occupe la jiartie apicale du bord
interne.
Chétotaxie. — Soies giilaires et labiales bien développées; pas de raétatro-
chantériennes, sauf chez quelques individus du Dacidi. laisoie pronot'ile
postérieure est bien dévelojipée.
Organe copiilateur de taille moyenne, régulièrement arqué, la partie ajii-
cale du pénis peu rentlée, à peine déversée à droite et presque symétrique.
Apex effilé et mousse. Ligule court, largo à la base, terminé en iiointc forte¬
ment crochue.
LES CALOSOMES
107
Il semble bien que le groupe des Canipalita se soit différencié en Asie et
sur les massifs méditerranéens. Il peuple toute la région paléarctique.
Tableau des espèces
1. iMésotibias des mâles très arqués, avec une brosse à la partie distale
de la face interne. 2.
— Mésotibias des mâles peu arqués, sans brosse. 7.
2. Intermédiaires trij)loïdes, mais avec un début do dédoublement des
tertiaires, dont la tégulation n’est jamais rigoureusement alignée sur
un seul rang. 3.
— Intermédiaires nettement pentaploïdes : cimj éléments bien alignés
enti’e deux primaires. 4.
— Intermédiaires couverts d'écaillesou de granulations sans aucun ali¬
gnement longitudinal; leur grand nombre indique cependant <ju’il
s'agit d’une dissociation d’un penta|)loïde . 5.
3. Tégulation très basse et superficielle; l’aplatissement complet des
côtes, reflâcement des stries et la finesse des traits limitant les
écailles donnent à l’élytre un aspect mat. l>ong. 25 - 35 mm. (Iles
Madère et Canaries; région méditerranéenne). 1. maderae F.
— Tégulation forte et saillante; la saillie des écailles laisse au tégu¬
ment un éclat brillant. Long. 18 - 30 mm. ^Himalaya, Turkestan,
EurojMî orientale et septentrionale). 2. auropunetatum Herbst.
4. Espèce de grande taille, noire brillante, à tégulation nette; les
interruj)tions des j)rimaircs concolores. Protarse mâle avec deux
articles seulement dilatés. Long. 30-35 mm. Turkestan et Sahara)
. 3. algirieum Céb.
5. Sculpture formée par des écailles tégulées et planes, nombreuses
et sans ordre; pas trace des stries; primaires interrompus par de
très gros points métalli(|ues. Insecte de grande taille (28 mm.),
bronzé, de même forme générale que \indicum, mais avec le
pronotum plus laige, les lobes postérieui's plus saillants. Méso¬
tibias du mâle très arc[ués, avec une brosse ; métatibias très
arqués. (Tanganyika.). 4. tanganyicae, n. sp.
— Sculj)ture formée par des gixuiulations saillantes. 0.
6. Intermédiaires avec des traces de stries isolant trois éléments
entre deux primaires, mais ces éléments couverts de granulations;
les tertiaires presejue deux fois aussi larges rpie les secondaires;
primaires interromj)US par de gros points métalliques. Pronotum
à lobes postérieurs très réduits. Long. 22 - 28 mm. (Himalaya).. .
. 5. indicum Ho|»e.
— Intermédiaires sans traces de stries, uniformément couvei'ts de
granulations saillantes très nombreuses; primaires interrompus
par de gros points dorés. Grande taille, oblong allongé, le[)ronotum
Kis
I!. JEANNEI.
transverse, à lobes postérieurs saillants. Long. 25-30 mm. (Asie
orientale, du Yun-Nan à l’Amur, Corée, Japon et île Sachalino).
. 6. chinense Kirby.
7. Sculpture triploïde, la tégulation régulièrement alignées sur les
tertiaires comme sur les secondaires; primaires interrompus par
de petits points métalliques verdâtres. Espèce allongée et convexe,
noire, ayant l’aspect de VOlivieri, dont elle diffère par sa sculpture
etle pronotum plus transverse et plus anguleux. Long. 20 -28 mm.
(Turkestan). 7. deserticola Sem.
— Sculpture nettement pentaploïde. 8.
8. Tégulation fine et peu saillante, bien alignée longitudinalement,
les stries superficielles. Coloration noire brillante, les primaires
interrompus par des points verts métalliques très petits. 9.
— Tégulation forte et saillante, assez confuse. 10.
9. Pronotum petit et peu transversc. Protarses mâles normalement
dilatés. Long. 20 -28 mm. (Iles Açores, Canaries et du Cap Vert;
Afrique mineure, Turkestan, Perse et Inde.). 8. Olivier! Dej.
— Pronotum plus large, transverse. Protarses mâles simples, comme
ceux des femelles. Forme plus courte ; sculpture plus fine. Long.
26 mm. (Turkestan). 9. Reitteri Roeschke.
10. Primaires saillants, en larges chaînons aplatis, les interruptions
concolores; tégulation des intermédiaires grossière, confuse, mais
laissant cependant discerner cinq éléments entre deux primaires.
Noir mat; pronotum transverse, à côtés anguleux, sa plus grande
largeur au milieu. Protarses mâles dilatés. Long. 22 -28 mm. (Asie
orientale, Yun-Nan.). 10. Davidi Géh.
— Sculpture homodyname, les primaires non surélevés, interrompus
|)ar de gros points métalliques ; tégulation des intermédiaires ali¬
gnée sur cinq éléments. Bronzé verdâtre ; le pronotum à côtés
anguleux, sa plus grande largeur avant le milieu. Protarses mâles
non dilatés, semblables à ceux des femelles. Long. 20- 26 mm.
Asie occidentale et Euroj)e orientale.). 12. denticolle Gebl.
Le C. arrowianum Broun., du Tliibct, manque dans ce tableau; il est
sans doute voisin du C. Davidi.
1. Campalita maderae Fabricius
PI. IV, fig. 9
C'irnbus maderae Fabricius, 1775, Syst. Ent. î, p. 237; type : Madère (Brit.
Mus.). — Breuniiig', 1927, Kol. Itundsch., XIII, p. 204 (par.s).
Subsp. maderae, s. str. — glabripenne Eidam, 1926, Kol. Centralbl., I, p. 94 ;
type : Madère.
Subsp. indagalor Fabricius, 1787, Mant. Ins., I, p. 197 (Carabus) ; lype
LES CAI.()S(X\1ES
Kl!'
(Mus. Copenhague) : « hnb. in Bnrbarin ». — maruccanum Lapouge, 1924, Mise,
ent., XXVIII, p. 44 (calidiim, var. maroccanum).
Subsp. tnuricum Motsclioulsky, 1850, KaL Russl., p. 88; type ; Tauride.
— funesium Géhin, 1885, Gat. Carab., p. 63; type ; Caucase (coll. OberthUn.
Fig. 26, 27, 74 et 75. — Ce Calosome est facile à reconnaître au premier
coup d’œil. Alors que les côtes élytrales sont saillantes et rugueuses chez
le C. chlorostictum, la sculpture des élytres est très basse, plane, sans
Fig. 71 à 77. — Gen. Cnmpalila Motseb., partie apicale ilu pénis, face dorsale (X 10). —
Fig. 74. C. maderae F., typique, de Madère. — Fig. 75. C. maderae indagalor F., du Ma-
l'oc. —■ Fig. 76. C. auropunclalum Herbst, forme typique, de Erleben. — Fig. 77. C. ictiiv-
punclatum dziingarivum Gebb, de Bagdad.
côtes saillantes ni stries profondes chez les (\ maderae et C. auvopuncla-
tum. Mais la tégulation, qui est encore saillante, déterminant des rugosités
transverses chez auropunctalinn, se trouve chez maderae tout à fait plane
et très superficielle, ne formant aucun relief. Cette différence de la tégu¬
lation entre maderae et auropunclalum est toujours très nette.
Chez le C. maderae, la tégulation des intermédiaires est de type tri¬
ploïde; mais toujours les tertiaires sont moins réguliers que les secon¬
daires et marquent une tendance à se dédoubler ; la sculpture tend vers le
type pentaploïde, sans cependant jamais le réaliser. Les points brillants
des primaires sont toujours relativement très petits.
L'organe copulateur (fig. 74 et 75) est eflilé, avec l’apex en lame atténuée,
mousse, un peu inclinée vers la droite et un jieu tordue sur son axe. La
forme de l’apex est variable. Aussi grêle et eflilé chez la race maderae
s. str. que chez le C. l’apex est bien plus largement arrondi
110
K. .lEANNia.
au sommet chez les C. indagalor et taiir ictim : le bord gauche est toujours
droit, non sinué.
Ainsi limité, le C. maderae est représenté par trois races, trop peu
individualisées pour qu'il soit possible d’en donner un tableau (tig. 30,-
a. Subsp. maderae^ s. str. — Petite race à éléments sculpturaux mieux
individualisés. Les stries sont entières, mais très fines et très superficielles.
Le C. maderae s. str. occupe les archipels de jMadère et des Canaries.
D’ajU'ès WoLLASTON, il a été trouvé en abondance non seulement à Madère,
mais aussi à Porto Santo et aux Désertas, saut cependant à Chào, la plus
septentrionale des trois Désertas. Dans rarchij)ol des Canaries, il est ])lus
rare, mais cependant connu de Tenerirc, de Palma, de Goinera et de Grau
Canaria. Il semble manquer dans le grouj)e oriental de Lanzarote et Fucr-
teventura, îles de climat ])lus sec oii se trouve par contre le G. Olivieri.
b. Subsp. mdagator F. — Race méditerranéenne, de grande taille. Les
intermédiaires ne portent plus que de très vagues traces des stries et la
tégulation se dédouble et devient jdus conhise sur les tertiaires. L’organe
copulateur a son apex généralement court et large (Afrique du Nord, îles
tyrrhéniennes, Italie); mais il est au contraire grêle et elTilé chez les indi¬
vidus du Portugal et du sud do la France.
Le (\ indagator oc,c\i\)(i tout le nord de l'.Vfriquc, depuis le Sud Marocain
jusqu’en Tunisie et en Cyrénaïque ; il s’avance dans le Sahara au moins
jusqu’à El Goloa. On le retrouve dans toute la j)éninsule Ibérique et dans
le sud de la France : Béziers IL Brisout], Narbonne [Godart), montAigoual
L. Fagej; il remonte le long de la vallée du Rhône jusqu'aux environs de
Paris : foret de Montmorency (Ch. Brongziiartj.
On le connaît de toute la péninsule italienne, depuis la Vénétie et la Tos¬
cane (Passerini) jusqu’à Naples (Costa). Il existe en Sicile (coll. Fairinaire).
en Sardaigne (Gcnéi, en Corso (Leblanc, Ch. Demaison), c’est-à-dire dans
toute la région tyrrhénienne.
La distribution du indagator doit s’étendre encore plus loin vers l’est
dans la région méditerranéenne. Ai'kelbeck ne le cite pas de la péninsule
balkanique, où se trouve \ auropunctalum] mais il l'indizpie des îles égéennes ;
Syra (Zebe); Milos (Kruper , et je l’ai vu de Crète (coll. Fairinaire).
c. Subsp. taiiricum Motscli, — Forme de grande taille, comme Yinda-
giitor, la tégulation encore [ilus fine, donnant au tégument un aspect mat;
les traits transverses limitant les fausses écailles sont presque rectilignes, à
peine convexes; les points colorés des primaires très [ictits.
Russie méridionale : Tauride (Ménétriès). Crimée. Caucase [X. Sallé, IL
I,edcr . Transcaucasie (IL Lcder'.
Obs. — 11 est frappant (|ue le ('. maderae soit une espèce typiquement
I.ES l AI.OSO.MES
111
nicditcrranéonric. Il occupe en effet les restes des massifs méditerranéens,
mimnuilitiqucs, depuis le Caucase et l’Ég-éide jus(pi’à la Tyrrliénide ibéro-
corso-sardc et son prolongement par la méséta marocaine. 11 a j)U gagner
l'Atlantide avant la transgression burdigalienne (Miocène moyen) quia isolé
Madère et les Canaries du continent, et séparé le maderae typique de Vin-
dau'ator tyrrliénien.
2. Campalita auropunctatum llerbst
PI. IV, fig. 5
C. auropunctnlum llerbst, 1782, in Fuësly, Arch. Insektengescli., I, p. 131 (Ca-
rabux)\ type : sud de la Suède. — Paykull, 1798, Fauna Suec., I, p. 129 (Carahus).
Subsp. auropunctatum, s. str. — Ilerbsti Gmeliii, 1792, in Linné, Syst. Nat.,
I, p. 19o8. — aericeum Fabricius, 1792, Eut. Syst., I, p. 147 (Carabas)-, type
lUiiiv. Mus. Kiel) ; « hab. in Germaniae sabuletis « (1). — Duftschmidi Géhin,
1885, Cat. Carab., p. 63; type ; Wien (coll. Obertliiu').
Subsp. kaslimirense Breiining-, 1927, Kol, Ilundscli., XIII, p. 216 ; type :
Suindeo (Mus. Paris).
Subsp. dsungaricum Gebler, 1833, Bull. Moscou, VI, p. 274; lAqie : Dzungarie.
— lacviuaculum Motschouksky, 1844, Ins. Sibérie, p. 122: type : Saissan nor
(lac), Dzung'arie. — parallclum Motschoulsky, 1814, 1. c., p. 123; type ; même
localité. — tectum Motschoulsky, 1844, 1. c., p. 122; type : Talyscli. — turco-
mannicum Motschoulsky, 1844, I. c., p. 123; ty [)0 : Novo Alexandrovsk.
Fig. 28, 7ü à 78. — Bien distinct du C’. madurae par l’aspect rugueux
do la tégulation des élytres, le C. auropunclaliini est bien plus variable
dans sa forme générale. En fait il comprend doux races, où j)lutôt deux
formes adaptatives principales, l’une souvent allongée et de coloration
bronzée ou verdâtre, avec les j)oints dorés des primaires très développés
auropiinctalum , l’autre large, de coloration noire, avec les points dorés
très réduits, l'aspect général comparable à celui du ('. maderae [dsungari¬
cum'.
Les espèces fossiles C. deplanalum Heer et C. caraboide Ileer, du Miocène
de Locle Suisse), se rapportent vraisemblablement à Vauropunctatum.
AVauropu/ictatum, qui est la forme nordique, de climat humide, se ratta¬
che une petite race isolée dans la partie la plus occidentale de FHimalaya
[kn.xhmiren.se) ; la forme dsungaricum occupe au contraire les steppes et les
déserts du Turkestan, de la Transcaucasie et de l’Asie Mineure (iig. 37).
Elle s’avance ainsi vers l’ouest jusqu’en Moldavie, où apparaisso.it souvent
des individus à caractères intermédiaires entre le dsungaricum typique et
V auropunctatum.
a. Subsp. auropunctatum, s. str. — Les exemplaires typiques sont de
petite taille, étroits et allongés, bronzés à gros point; dorés, la tégulation
1. ].o-i aurmiiiftcf/hiatum, obscurum, aencurn (I.f.tzn'EU, 1850, Z. fur Eut. IV, p. 97) sont
(les noms d ■ variétés d • coloration sans im|)oriance.
K. JEANNE!.
11-J
des tertiaires assez confuse. L’apex du |)énis est large et obtus. Cette race
nordi(iuc occupe le sud de la |)éninsule Scandinave, les dunes du littoral do la
Baltique dans l’Allemagne, le Danemark, les dunes du littoral belge et îran-
gais jusqu’en Bretagne, et s’avance même dans l’intérieur jus([u'à Sens et à
Paris : Aubervilliers (J. Roguier; A. Méquignon). L’ospi'cc n’existe pas dans
les îles Britanniques.
Dans la France centrale, le C. aaropunctatuin perd sa forme allongée et sc
Fig. 78 à 81. — Gen. Campalita Motsch., organe copulateur mâle, de prolil, et partie, apicale
du pénis, face dorsale (X 16). — Fig. 78. C. auropunctatum kashmirrnsc Brenn., de I.a-
houl. — Fig. 79. C. îndicum llope, de Spiti. — Fig. 80 et 81. C. chiiiriixr Kirby, de Pci-
pin.
trouve à Poitiers (J. Ste-Cl. Deville), à Narbonne (J. Godart , à Béziers
(M. Pellé), à Montpellier (F. Rollin). La même forme large, répondant
davantage au sérieeiim F., se rencontre dans le sud de l’Allemagne, r.\utri-
che, la Bohême, la Moravie, la plaine hongroise. Vers l’est, d'apres Breu-
NiNG, elle s’avance en Russie jusqu’à la Volga.
Enfin le C. auropunctatum acnvalii toute la péninsule balkanique, et j’en ai
sous les yeux des individus typiques de l’îlc de Lemnos (J. Ste-Cl. Deville),
de Turt|uie (Ch. P. de la Brûlerie), de Syrie (coll. Gambey). Peut-être les
auropunctatum cités par Buecnixg de Rhodes et do Cbjqtre, appartien¬
nent-ils bien à cette espèce, mais ceux qu’il indique d'Egypte sont des chlo-
rostictum .
I,ES CALOSO.MK.S
113
h. Subsj). kashmirense^vQun. —II. E. Andkewes (1929, Fauna Brit. lud.,
Carab., p. 60) a pui-raitement raison do ne trouver aucune dill'ércnce sérieuse
entre le C. kash mire use Breun. et le véritable aaropunctalum. Le premier
en elïet n’est qu’une colonie isolée dans une partie de l’Himalaya et qui y a
acquis quelques caractères particuliers ; très petite taille, variaait de 17 à
22 mm., forme étroite et allongée, sculpture triploïde, comme cliez Vauro-
punctatum des dunes du nord de l’Europe. L’organe copulateur a sa lame
apicale particulièrement courte et large.
Inde. Kaslimir, prov. de Lahoul : Simur, Sumdeo, Sisu, Patseo, vallée, du
Rotang, nombreux individus (G. Babault, 1914).
c. Subsp. dsungaricum Gebl. — Bien reconnaissable en général à sa colo¬
ration noire, à la réduction des points métalliques des primaires, toujours
verdâtres, à la tégulation forte et grossière, régulièrement alignée. En Dzun-
garie et dans le Turkostan, la forme générale est plus étroite; en Transcauca¬
sie et dans le nord de l’Asie Mineure, les individus sont do très grande taille,
à élytres larges. Ceux de Macédoine et do Moldavie se rattachent plus direc¬
tement à la race d’Asie Mineure, mais à Bârlad des passages s’établissent
avec les auropiinclatum bronzés, à gros points d’or et de forme large, qui se
trouvent en Moravie et en Bohême.
Chine : Lobi-nor, désert de Gobi, une femelle (coll. Straneo).
Tnrkestan ; bords du lac Saissan-nor et du fleuve Irtysch, dans la province
de Scmipalatinsk (Motschoulsky) ; stoppas Kirghises (Plastchevsky) ; Andio-
jan, prov. de Ferghana (L. Gain). Buchara oriental (Cb. Barstclievsky) ; monts
Seravehan, dans le Buchara (Glasunov).
Russie méridionale : Astrachan (Henkc) ; bords du lac Inderskoie, basse
vallée de l’Oural (Kittary).
Perse (Morgan). Asie Mineure : Tokat (coll. A. Argod et Cb. Demaison .
.Macédoine grecque : Salonique (P. Rivet]. Roumanie : Moldavie, Bàrlad,
nombreux exemplaires (A. Montandon).
3. Campalita algiricum Gébin
Cnlosoma ul^iriciun (léliii), 1885, Cal. Carab., |i. (v2, pi. IX; type ; Toiig'g'oiirt
(Coll, üboi'lliürl. Pelri iSeinenov, l;i()2, lie., liasse d'Cat., II, p. 8'i ; type:
1 tell .Vdrlii.
Mg. 29. — Espèce remarquable par sa très grande taille (30 à40 mm.),
et pour laquelle Lapouge a jjroposé un sous-genre particulier [Eremosoma
sans aucune raison valable. 11 s’agit en réalité d'un Campalita <jui présente
à un haut degré de développement les caractères sexuels secondaires de
maderae, mais dont la sculpture pentaploïde est au même stade que eliez
OUvieri.
Coloration noire brillante, les points des primaires petits et concolores.
Sculpture nettement pentaploïde; les éléments bien sépaiés les uns des
.MliAKiatKS m: .MUSÉr.M, .NOLVEl.l.E SÉIIIE, TO.ME XIII. 8
I!. JEANNEl.
111
autres par des traces de stries, mais peu saillants, plans, à tégulation fine et
basse.
Les mésotibias sont fortement arqués chez le mâle, avec une brosse plus
longue que chez les autres Campalita] métatibias des mâles arqués. Protarse
mâle avec les deux premiers articles seulement dilatés et feutrés en dessous.
Lapouge avait voulu baser son sous-genre Ereniosoma sur cette réduction
tarsale dos mâles; mais il s’agit évidemment là d’un caractère purement
spécifique. On verra d’ailleurs plus loin qu’il existe d’autres espèces sans
aucune dilatation tarsale chez le mâle.
C. algiricuin est toujours très rare et très localisé ; c’est une espèce
désertique.
Turkestan. Déserts transcaspiens : Utch Adclii (Somenov) ; Ljutîabad,
Repetek (Hauser); Askbabad (Breuning).
Lybie : Scirte (Frey). — Tunisie ; Midès (M. Sédillot); Ogled el Recbid
(M. Sédillot). — Algérie ; Oumacbe, près de Biskra (D'' Martin); Touggourt
(Géhin); El Golea (Ch. Alluaud et R. Jeannel).
Ce Calosome doit se trouver dans une grande partie du Sahara. P. de
PKYEniMHOFF le cite du Sahara central : Erg Iguidi, et l’a rapporté du
lloggar ; haut Igharghar, à l'oued Teghert, un exemplaire.
La distribution très discontinue de l’espèce est remarquable. Sans doute
est-elle originaire du Turkestan. Elle a dû se propager dans le nord de
l’Afrique à la fin du Tertiaire, avant l’établissement du climat saharien, en
même temps que de nombreuses lignées égéidiennes qui sont représentées
dans toute l’Afrique mineure ( Trechus Diecki, Eocatops amhiguus, Cholevi-
nuspallidus, etc.). Le Calosome, sans doute contemporain, s’est accommodé
du climat désertique et subsiste dans des localités favorables. J’ai pris moi-
même quelques individus à 100 km. au nord d’El Goléa, à la bifurcation des
routes de Ghardaïa et do Ouargla. Les C. algiricuin se tenaient sous les
pierres, en plein désert, avec des C. indagalor. Leur présence en nombre
devaitêtre en rapport avec le développement d’un Lépidoptère.
4. Campalita tanganyicae, n. sj).
Type : « Afn([ue orientale allemande » (Mus. Paris).
La collection Bedei. renferme deux Calosomes, un mâle et une femelle, éti¬
quetés simplement « Afrique orientale allemande », dont les caractères
sont assez extraordinaires pour justifier la description d’une espèce nouvelle.
Fig. 30. — Long. 20 à 28 mm. Coloration bronzée et forme générale du
C. indicuni] les élytres sont allongés, suhparallèles et peu convexes ; le pro-
notum a la même forme que chez C. maderae, c'est-à-dire qu’il est plus
large et plus transverse ({iic chez C. indicum, avec les lobes postérieurs plus
saillants.
Sculpture des élytres plane, ne formant pas de côtes ; aucune trace des
I.ES CAI.OSOMES
115
stries. I.a tég'ulation est plane mais forte, les fausses écailles bien découpées,
mais très étirées en travers, distribuées sans ordre, sans alignement longi¬
tudinal sur les intermédiaires; le nombre des écailles indique qu’il s’agit
<run type pentaploïdc diffus. Primaires interrompus par de très gros points
dorés. Coloration bronzée.
^léso- et métatibias du mâle très fortement arqués, la brosse mésotibiale
semblable à celle du C. maderae. Protarses mâles à trois articles dilatés et
feutrés.
Organe copulateur grêle et allongé, l’apex très ellilé, comme chez C. rugo-
sum et C. maderae typique ; les bords de l’apex peu sinués.
Tanganyika Territory.
Parla forme du pronotum et de l’organe copulateur, ce Calosome ressem¬
blerait plutôt au C. maderae. Mais la sculpture de l’élytre pentaploïde et dif¬
fuse, indique des affinités certaines avec le C. indicum.
5. Campalita indicum Ilope
PI. IV, fig. 4
Calosome indicum Ilope, 1831, Zool. Mise., p. 21; type • Nepaul. — Andrewes,
1929, Fauna Brit. Ind., Carab., p. 61. — scabripenne Chaudoir, 1869, Ami.
Fr., p. 371 ; type : nord de Flndc (coll. Oborthilr). — ? nigrum Parry, 1815. Tran.s.
eut. Soc. London, IV, p. 85; type : Assam. — nivale Breiining, 1927, Kol.
Rundscb.,XIII, p. 216; type : Pir Panjal.
Fig. 79. — Espèce de taille moyenne, de forme allongée, bien caractéri¬
sée par son pronotum petit, peu transverse, sans lobes saillants en arrière,
ses élytres allongés et peu convexes, bronzés, à gros points dorés sur les
primaires, f^es intermédiaires sont triploïdes, les éléments délimités par des
traces de stries, les secondaires plus étroits que les tertiaires, tous recouverts
de granulations saillantes.
L’apex de l'organe copulateur est brusquement rétréci, subparallèle, obli¬
quement tronqué au sommet et nettement inlléclii vers la droite.
Inde. Nepaul (Ilardwicke). N. W. Provinces : Peshawar {T. B. Fletcher).
Punjab : Bajaura, Kangra distr. (G. Babault); Spiti : Tsho-ti, Pulga, Mani-
carn, nombreux exemplaires (G. Babault). Kashmir : Gond (G. Babault '.
Bengale : Calcutta. Bihar : Pusa (Mackenzie). Prov. Unies : Dehra Dun (H. F.
Andrewes).
L’espèce est répandue dans l’IIimalaya et dans l’Inde péninsulaire. Elle a
été signalée par T. B. FLErcuEn comme donnant la chasse aux chenilles de
Cirphis unipuncta Ilaw. (Army Worm), de Plusia, de R?migia. et Therme-
sia, dans les cultures potagères.
ne
li. .IKAXXEI.
(). Campalita chineuse Kirby
PI. IV, fig. 7
Calosomn cliinense Kirby, 1818, Trans. Linn. Soc. London, XII, p. 37'.); type :
Chine. — aeneuni Molschoulsky, 1859, Bull. Moscou, XXXII, p. 489; type ;
Chine. •— Ogtnnae Matsumura, 1911. Journ. Coll. Age. Sappopo, IV, p. 109; type ;
Ile Saclialine. — yunnnnense Breuning, 1927, KoI. Rundsch., XIII, p. 217 ; type :
Yun-Nan.
Fig. 31, 80 et 81. •— Grande espèce do 26 à 35 mm. de longueur, peu con¬
vexe et do coloration bronzée. Le pronoturn est nettement transverse, avec
les lobes postérieurs assez saillants. Sculpture très particulière. Les primaires
sont indiqués par des rangs de gros i)oints dorés ; entre eux, les intermé¬
diaires ne montrent aucune trace d'alignement longitudinal, toute la surface
del’élytre étant couverte de granulations saillantes sans ordre.
Méso-et métatibias des mâles très arqués, la brosse des mésotibias bien
développée; protarscs mâles avec trois articles dilatés.
Organe eopulateur assez renllé dans sa partie apicale, l'apex brusciuement
rétréci ot court, obliquement tronqué au sommet.
Chine. Yun-Nan (P. Guerry); Sze-Tchouen, plateau du Thibet (lieut. Gril-
lières). Kiang-Si (A. David). Kiang-Su : Nankin (coll. Bedel) ; Changbaï
(J. Cochini. Chan-Tung ; Tsing-tau (Friilistorfer). Tchi-Li : montagnes au
nord de Péipin (A. David). Corée (coll. Sicard).
Mandchourie: Blagovetschenk (coll. AI. Sédillot). Ussuri : Vladivostok
(coll. Staudinger) ; bords du lac llinka (B ilinlioF). Amur : Cliabaro[)ta (coll.
Bâtes).
Ile Saclialine Matsumura). Ile Yeso (.1. Harmand). Nippon moyen ; env.
deTokio (J. Harmand).
Géonémie. — Sans doute originaire de l’Himalaya oriental et dérivé d'une
même souchec[ue le C. indicani, le C. chinense s’est répandu dans toute la
Chine orientale, jusqu’au Japon.
7. Campalita deserticola Semenov
.jnlosoina dcserlicoln Semenov, 1897, llor. Soc. erit. Ross., XXX, (i. 242; type ;
Transcaspienne (Ac. Sc. Leningrad). — Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XI11,
p. 223.
Aspect extérieur du C. Olivieri-, même taille, même coloration noire,
même forme générale, sauf que le pronoturn est plus transverse. Mais la
sculpture est dilïérente, de type triploïde avec un début de dissociation des
tertiaires. Les éléments sont plans, non saillants, les stries fines, la tégu-
lation nette et alignée dans le sens longitudinal. Primaires interrompus
par des points métalliques verdâtres.
[.ES CAI.OSO.MES
117
Méso- ot métatibias droits dans les deux sexes; trois articles dilatés et
feutrés aux protarses des mâles.
C'est une espèce désertique, certainement dérivée de la même souche que
yOlivieri et le Reitteri et dont la différenciation a dù se faire après le
Pontien dans l’Asie occidentale.
TiirkesUin. Provinces Transcaspiennes : Krasnovodsk (.1. Faust); Tedsclien
D. Glasunov); Repetek (A. Semenov); Merv (D‘' Hauser). Syr Darja : Kisil-
kum (A. Fedsclienko).
L’espèce est donc répandue à basse altitude dans les déserts qui s’étendent
à l’est de la Caspienne et de la mer d’Aral.
8. Campalita Olivieri Dejean
PI. IV, lig. 8
Culosoma Olivieri Dejean, 1831, Spee. V, |). .75.); type : Bagdad (coll. II. Ober-
thür). — Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 221. — Andrewes, 1929, Fauna
Brit. Ind., Carab., p. 65. — azoricum Heer, 1860, Fossil. Calos., p. 5; type :
Açores.
Facile à reconnaître à sa coloration noire, sa forme allongée et la sculpture
des élytres de type pcntaploïde très net. Les éléments sont parfaitement
homodynames, très pou saillants, séparés cependant par des stries nette¬
ment tracées et couverts d’une tégulation nette et alignée; primaires inter¬
rompus par des points verts métalliques.
Le protarso du mâle a ses trois premiers articles largement dilatés et
feutrés en dessous; les mésotibias du mâle sont à peine arqués et sans
brosse, les métatibias droits.
L’espèce ressemble beaucoup au C. deserticola et au C. Reitteri. 11 diffère
du premier par son pronotum bien moins transverse, étroit, et sa sculpture
pcntaploïde, du second par la dilatation des protarses des mâles.
C. Olivieri est peu variable. Son aire géographique (lig. 38) est immense
et il ne [)résente j)as de variations locales appréciables. 11 occupe toute la
zone saharo-méditerranéenne et iranienne, depuis les Açores jusque dans
l’Inde. Sa distribution est exactement modelée par l’extension de ce climat
semi-désertique, à pluies d’automne et d’hiver.
Iles Açores, presque tout l’archipel : Florès et Corvo (de Guerne), Terceira
(Drouet), S. Miguel (Godman), S. Maria (Drouet). — Iles Canaries : Lanza-
rote et Fuerteventura (Ch. Alluaud), Ténéril'e (M. Nouailher). — Iles du
Cap Vert : S. Vicente (Fry), Brava et S. Nicolào (L. Fea). L’espèce se trouve
donc dans tous les archipels atlantiques, à l’exception de celui de Madère.
C. Olivieri occupe tout le nord de l’Afrique, depuis Mogador jusqu’en
Tripolitaine iQuedenfeldt) et en Egypte : Le Caire (Boué, Ferrante). En
.'Vlgérie, il ne déjiasse guère vei’s le sud la bordure du Saliara : Colombéchar
(F. Germain); Laghouat (D‘'Martin); Biskra (M. Sédillot).
118
U. .ItANNEL
11 n'existc pas en Europe ni dans les îles do la Méditerranée; mais son
aire s’étend vers l’est dans une grande partie de l’Asie. Assez fréquent en
Syrie : Tyr (V. Mayet), Alep (coll. Winkler), monts du Liban (P. de la Brû¬
lerie), il remonte vers le nord jusque dans le Taurus : Adana (coll. Sicard .
11 doit être répandu dans toute la région désertique de l’Arabie et je le
connais de iSIascate (M. Maindron). de Bashra et do Bagdad, en iSlésopo-
tamie (coll. M. Maindron et enfin de la Perse, où il se trouve entre 1.000
et 2.000 mètres (J. de Morgan).
Il faut ajouter à cela que Bheunino le cite du Turkcstan, dans les Terri¬
toires Transcas[)icns, oii il a été pris à Askliabad, à Repetek, Merv et
2jutfabad (Hauser). Il serait aussi dans le Samarkand et au sud-est de la
Perse dans le Beloucbistan fll. E. Andrewes) et dans le nord de ITnde,
jusqu’à Pesliavar (Ind. Mus.).
On peut remarquer que dans l’ouest le C. Olivieri s’accommode de climats
tempérés (Maroc et Algérie) ou même humides (îles Atlantides); mais que
vers l’est il devient essentiellement une espèce de faune désertique.
V. Mayet [Ann. Fr., 1887, Bull. p. 173) a observé dans le Sud-Tunisien
que la larve du C. Olivieri se nourrit de chenilles et do larves de Diptères.
Dans l'Inde le Calosome adulte a été observé comme donnant la chasse aux
chenilles de Cirphis unipuncta (T. B. Fletcher); mais on a aussi signalé
qu'il dévorerait avec voracité les criquets de Schistocerca gregaria (Andrewes,
Fauna Brit. Ind., Carab., p. 06 ).
9. Campalita Reitteri Roeschke
Cotosoma Reitteri Uoeschke, 1896, Deutsche ent. Zs., p. 339; type : Askhabad
(Mus. Budapest). — Rreuuing, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 225. — laeviim-
ciilum Reitler, 1896, Verh. nat. 'Ver. Rrüiin, XX.VIV, p. 19 [nec .Motschoulsky].
Cette cs[)cce a tout à fait l’aspect du C. Olivieri, mais avec un pronotum
plus transverse, la sculj)ture des élytres plus fine et moins régulièrement
alignée. Les intermédiaires sont pentaploïdes, comme chez Olivieri, les
points des primaires très petits et non métalliques.
Les mésotibias du mâle sont un peu arqués, sans brosse, les métatibias
droits, comme chez Olivieri] mais il n'existe pas de dilatation ni de feutrage
ventral du protarse mâle. Les protarses sont semblables dans les deux sexes,
sauf que chez le mâle les soies marginales sont plus longues.
Provinces Transcaspiennes : Askhabad (coll. Rcittcr). Syr Darja : Kutschka
(coll. Breuning).
Comme le O. deserticola, ce Calosome est localisé dans les déserts à l’est
de la Caspienne et de la mer d’Aral. Il paraît rare.
LES CALOSOMES
lift
10. Campalita Davidi Gôhin
PI. IV, fig. 3
Calosoma Davidi Géhiri, 1885, Cat. Cai’ab., [). 61; type : Muu-Pin (coll. R. Ober-
lliür). — thibetanum Fairniaire, 1887, Ann. Soc. eut. Bolg-., XXXI, p. 92; type :
Mou-Pin (Mus. Paris).
Noir mat, de forme allongée. Pronotum un peu Iransverse, à côtés angu¬
leux, longuement sinués dans la partie postérieure, la jjlus grande largeur
un peu avant le milieu. Elytres convexes, à épaules arrondies; la sculpture
est forte et saillante. Primaires en chaînons surbaissés mais plus saillants
que les intermédiaires, les interruptions larges et un peu luisantes. Inter¬
médiaires pentaploïdes, mais la tégulation est forte, diiîuse, ne laissant
qu’à peine reconnaître la place de cinq éléments entre deux primaires.
Mésotibias du mâle peu arqués et sans brosse; métatibias droits. Protarse
du mâle avec trois articles largement dilatés et feutrés.
Apex de l’organe copulatcur peu à peu atténué et mousse.
Espèce bien caractérisée, qui occupe les montagnes de la Chine (fig. 38).
Chine. Yun-Nan : ïali, dans les montagnes du nord-ouest (coll. Alluaud);
Pe-Yen-Tsing (coll. Sicard). — Sze-Tchouen : Mou-Pin (.V. David); Lou-Cban
(chasseurs indigènes); Wa Cban (A. Gaillot).
Sans doute l’aire de distribution de l’espèce doit-elle s’étendre vers l’ouest
dans les montagnes du Thibct.
11. Campalita arrowianum Breuning
Calosoma arrotvianum Breuning, 193î, Fol. zool. hydrobiol., VII, p. 48; type :
Atakang {Brit. Mus.).
Long. 23 mm. Voisin de Davidi Géh., mais les antennes plus courtes,
le front plus finement ponctué, à dépression longitudinale plus longue;
pronotum plus court, à côtés plus anguleusement élargis, plus rétrécis dans
la partie basale, les fossettes basales plus profondes, le disque plus finement
ponctué. Elytres plus longs, plus étroits en avant; les primaires à peine
plus saillants que les intermédiaires, eux-mêmes peu élevés, les points des
primaires petits; tégulation faible, aspect brillant.
Asie centrale. Sud-est du Tbibet : Atakang, ait. 2.700 m., distr. Zayul,
un mâle (Brit. Mus.).
La description de Buecmxo ne parle ni des caractères ebétotaxiques ni
des caractères sexuels secondaires du mâle.
K. .IKAXNKl.
ISO
12. Campalita denticolle Gebler
\n. IV, fig. (i
Calosomu denticolle Gebler IS;!!!, lîull. Moscou, VI, p. 271; type : Loklevsk (Ae
Se. Loning-rad). — gramilosuni Motsclioulsky, 1844, In.s. Sib., p. 121; type :
lac Inderskoie. — /«guère Motsclioulsky, 1844, 1, c., p. 122; type ; Turcménie.
— rugulosum Motschoulsky, 18.40, Kàf. Russl., p. 80; type : Kharkov.
La synonymie de cette espèce est établie correctement par Bheumm;
(1927, Kol. Riindsch., XIII, p. 229), mais on se demande pourquoi cet auteur
place le C. denticolle près des C. lugens et C. investigator dans le sous-
genre Charmosta. Sans doute a’a-t-il pas vu que le denticolle présente une
soie postérieure du pronotum bien développée.
C. denticolle est une espèce voisine du C. Davidi, de même taille, de
môme aspect général, avec la même forme très particulière du pronotum.
Les côtés sont anguleux avant le milieu, rétrécis en ligne droite ou même
sinués en arrière. Klytres de même forme, convexes, avec les épaules arron¬
dies. La sculpture est homodyname, les intermédiaires cà forte tégulation,
laissant discerner cinq éléments entre deux primaires (pentaploïde), les
primaires non saillants, ne formant pas de chaînons, mais avec des interrup¬
tions déterminées par de larges points métalli(jues. Ces points sont d’ailleurs
variables dans leur grosseur et leur coloration, verte ou bronzée. La couleur
générale est noire bronzée.
Mêmes caractères des méso- et métatibias que chez les précédents. Les
protarscs des mâles ne sont ])as dilatés et ne présentent aucune dillérence
avec ceux des femelles.
Apex de l'organe copulateur allongé, grêle, rétréci à la base et terminé
par un élargissement arrondi.
Assez largement répandu dans l’ouest de l’Asie et l'Europe orientale
(fig. ,38).
Asie centrale. Transbaïkalie : Kiakbta, plusieurs exemplaires (Popofî).
Sibérie : Tomsk (Jakobson). Altaï central (coll. M. Sédillot . Dzungarie,
monts Borochoro (coll. E. Abeille).
Turkestan : Loktevsk (Gebler).
Russie méridionale : steppes Kirghises (Plutschevskyi ; lac Inderskoie,
basse vallée de l’Oural (Motschoulsky); Sarepta, vallée de la Volga (coll.
Fairmairc); Samada (coll. L. Bedel) ; Crimée : Sébastopol (\V. Pliginsky).
Transcaucasie : Erivan (Breuning). Daghestan Jakobson). Abehasie
(Hopp).
Roumanie : Tuzla, en Dobroudja, nombreux exemplaires (A. Montandon).
— Turquie : env. de Constantinople (Allion, coll. Clair et coll. Bedel).
Géonémie. — Espèce encore originaire de l’Asie centrale et qui doit être
largement répandue dans tout le sud de la Sibérie. Elle s’est propagée dans
I.E.S CAI.O.SO.MES
1-21
les stoppf's (lu sud de la Russie et a atteint la Roumanie; mais elle ne semble
guère s'èti'o répandue dans les déserts du Turkestan.
7. Gen. CHARMOSTA Motsclioulky
Chnnnosln AIolsclio\dsky, 1865, Bull. Mosc., XXXV III. p. 301; type : invcsügntor
llliger.
Ce genre se relie directement au.x espèces orientales de Campalita, comme
Davidi et denticolle. 11 a la même sculpture pentaploïdc très évoluée, mais il
se distingue par des caractères cliétolaxiques particuliers.
Même as 2 )ect général que chez les Campalita du type denlieolle] le prono-
tum a ses lobes postérieurs bien jdus elVacés, sa base plus rétrécie, ses côtés,
nettement anguleux vers le milieu de leur longueur.
Klytres convexes, à épaules saillantes et bord huméral serrulé.
La sculpture est nettement pentaploïde quoique cotiïuse.
Métépisternes grands, densément et finement [(onctués. l’rotarses des
mâles avec trois articles dilatés et feutrés en dessous. Mésotibias des mâles
à peu près droits, sans brosses.
Cliétotaxie. — Soies gulaires et labiides bien développées; la soie métatro-
(duintérieniie présente. Soie ju-otlioracique jaostérieure absente.
Organe copulateur de môme type que chez Campalita.
Les caractères cliétotaxiques des deux espèces grouj)éee d'ans ce genre
sont les mêmes que chez les Chrysostigma. L’atrophie de la soie prothora¬
cique postérieure, conjuguée à la permanence de la trochantérienne, forme
un couple évolutif absolument inverse de celui caractérisant les Caminara
et Campalita.
Très évolué quant à sa sculj)ture et à la régression dos lobes postérieurs
du jironotuin, Charmosta constitue dans la série évolutive des Campalita
un terme ultime qui établit une liaison avec la série j^hyléticjue de Callisthenes.
Mais Campalita, Charmoata et Calliathenes sont autant de rameaux isolés
et parallèles. Leurs ressemblances tiennnent la plupart du temps à des
convergences résultants d évolutions dirigées i)ar le milieu géographique.
Tableau des espèces
1. Sculpture rorméc de granulations très serrées et disposées sans
ordre, sans aucune trace de stries; primaires interrompus par des
points concolores, les intermédiaires homodynames. Grande espèce
noire brillante. Long. 26 - IM mm. Chine orientale). 2. lugens Cliaud.
— Sculpture nettement pentaploïde, ciu(| éléments bien visibles entre
deux primaires; ceux-ci interrompus j)ar des points métalliques; les
strii's nettes et profondes; la tégulation grossière. Petite espèce
122
lî. JEANXEL
bronzée, souvent verdâtre, à élytres courts et convexes. Long.
15 - 23 mm. (Nord de l’Europe et de l’Asie, jusque dans l’Ussuri).
. 1. investigator 111.
1. Charmosta investigator Illiger
PI. IV, fîg. 1
C. investigator Illiger 1798, Verz. Kaf. Preuss., p. 142 [Carabus); type : Kônigs
berg. — Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 230. — sericcum Slurm, 1815i
Deutscid. Ins., p. 130 [nec E^abricius]. — caspium Dejean, 1826, Spec. II, p. 207 ;
type : île de la mer Caspienne (coll. Obertliür). — leptophyum Fischer, 1827,
Ent. Ross., III, pl. VIII, fig. 2 {nom. nlidum). — russicum Fischer, 1827, 1. c.,
pi. VIII, fig. 4 (nom. nudûm). — dauricum Motschoulsky, 1844, Ins. Sil).,
p. 119, pl. IV, fig. 9; type : Transbaïkalie : V. Oudinsk. — sibirician Mot¬
schoulsky, 1844, I. c., p. 121; type : Tobolsk.
Espèce ayant un peu l’aspect du C’. denticolle, mais avec le pronotum plus
arrondi latéralement, non anguleux. Le lobe basal, très effacé, n’a pas de soie ;
le protarse des mâles est normalement dilaté. Mésotibias des mâles presque
droits et sans brosse.
liU sculpture est pentaploïde, homodyname. Les intermédiaires sont
couverts d’une forte tégulation, irrégulièrement alignée; les primaires sont
interrompus jiar de très gros points métalliques bronzés. Coloration bronzée
ou verdâtre.
Il n’existe guère de différences entre les individus d’Europe, ceux de Sibérie
et ceux de la Mongolie. C’est tout au plus si le pronotum est un peu plus
transverse en Russie qu’en Asie. En tous cas les points métalliques des pri¬
maires sont variables, aussi gros ou parfois même encore plus gros chez les
exemplaires mongols que chez les européens. Il n’y a pas lieu, à mon avis,
de retenir des subdivisions dans l’espèce.
C. investigator a une aire géographique très étendue, depuis l’Asie
centrale et orientale jusqu’en Prusse. J’en ai vu des séries d’exemplaires des
localités suivantes ;
Asie. Mongolie : vallée du fleuve Selenga, au sud du Baïkal (.1. Cliaffanjon).
Prov. de l’Amur (Christoph). Ussuri (coll. Sicard). Sibérie orientale :
Jakutsk, vallée de la Léna (coll. E. Abeille). Transbaïkalie : monts Schilka
(B. von Bodemeyer). Sibérie occidentale : Tobolsk (Jacobsoni. Turkestan :
territoires transcaspiens (Kareline).
Russie orientale: Samara; Sarepta ;coll. ^laindronl. Jakobson cite encore
l’espèce des gouvernements de Jaroslaw, Wiatka, Podolic, Jekaterinoslaw,
Astrakan. Enfin le C. investigator se trouve en Livonie et en Prusse orientale :
Tilsitt (Lentz); Kônigsberg (Illiger).
Géonémie. — La distribution actuelle du C. investigator indique bien qu’il
est originaire du massif de l’Angara et s’est répandu vers le nord et l’ouest
(Sibérie, Turkestan, Russie) avec les faunes steppiques.
LES CAI.OS().MES
ii';>
2. Charmosta lugens Chaudoir
PI. IV, fig. 2
Calosoma lugens Chaudoir, 1869, Ann. Soc. ent. Fr., j). 372; type : Tche-Fu (coll.
Oberthür). — Breuning, 1927, Kol. Rundscli., XIII, p. 228. — irregularis Ueitter.
1902, Wien. ent. Ztg., XXI, p. 18.5; type ; Vladivostok (Mus. Budapest).
Grande espèce noire, ayant un peu l’aspect du Olwievi. La tête et le
pronotum sont très profondément et densément ponctués ; les élytros, amples
et longs, sont très convexes. Le pronotum est peu transverso. Protarses
mâles normalement dilatés. Alésotibias des mâles sans brosses.
La sculpture est de même type que chez C. im'estigator, mais bien j)lus
confuse. De type pentaploïde, les intermédiaires sont couverts de grosses
granulations serrées, presque sans trace d’alignement longitudinal. Pri¬
maires interrompus par des points concolores assez petits.
L’espèce est localisée dans le nord-est de la Cliine et les contrées voi¬
sines :
Asie orientale. Ussuri : Vladivostok (E. Reitter) ; bords du lac Ilanka
(Bôhnliof). Chine : Tchi-Li ; montagnes au nord de Peïpin (A. David); Clien-
Kia-Tchouang (J. de Mecquencm); Chan-Tung : Tche-Fou (coll. Chaudoir ;
Chan-Si (Jacobson). Mongolie (A. David).
8. Gen. CTENOSTA Motschoulsky
Ctenosta Motschoulsky, 1865, Bull. Mosc., XXXVIII, p. 306 ; type ; senegalense Dej.
Subgen. Paractenosta, nov.; type : guineense Imh.
Subgen. Eucalosoma Breuning, 1927, Kol. Rundscli., XIII, p. 147 et 181 ; type :
Grandidicri Maindr. — Epipara Lapouge, 1929, Mise, ent., XXXIl, p. 3;
type ; Bastardi AU.
Genre indo-africano-malgache, dérivé de la même souche que Caminara,
mais distinct par l’évolution régressive des lobes prothoraciques postérieurs
et do la soie prothoracique correspondante. Par l’évolution do leur [ironotum,
les ('tenosta sont comparables aux Calosoma vrais.
Tête petite, à yeux très saillants, le front étroit et déprimé. Antennes de
type normal, longues. Mandibules fortement ridées en dessus. Dernier arti¬
cle du jialpc maxillaire plus court que l’avant-dernier, comme chez les ('ami-
nara, sauf chez Paractenosta guineense où les proportions des articles sont
à peu près les mêmes que chez Calosoma. Dent labiale aiguë; les palpes
labiaux quadrisétulés, de type normal.
Pronotum petit, peu transverse, rétréci à la base, les lobes postérieurs tout
à fait atrophiés, le disque densément ponctué, sans dépression basale nette.
Elytres à bord huméral serrulé, la sculpture de type triploïde, parfois hété-
rodyname par diminution do la saillie des primaires par rapport aux inter¬
médiaires.
li. JICAN.NKI.
l.'l
Mété[)isternes densément et finciucnl ponctués. Pattes lonj^ues. l.es méso¬
tibias des mâles très arqués, avec une longue brosse occuj)ant la moitié api¬
cale du bord interne. La brosse est plus courte chez Paraclenosta guineense
dont tous les tarses sont feutrés en dessous de poils dorés dans les doux
sexes. Protarscs des mâles avec les trois premiers articles dilatés et feu¬
trés eu dessous, le quatrième glabre.
Cliétotaxie. — Le genre t 'lenosta est remarquable par la réduction des soies,
f.a soie protboracique postérieure fait défaut et ce caractère négatif est celui
(pii sépare nettement les ('lenosta des l'anünara, ([ui vivent comme eux en
.Vfriipie. f.es soies gulaircs, labiales et métatrocliantériennes manquent chez
la phipai't des ('lenosta s. str. et chez Paractenosla] on verra cependant
i[u il existe dans le sud-est de la région saharienne une curieuse espèce
aethiops, n. sp.) qui rappelle beaucoup le Caininura chlorostictuni jiar sa
morphologie externe et la présence de soies gularres et labiales, mais a perdu
sa soie jirothoracique et est, pour cela, placé ici dans le genre ('lenosta.
Chez les espèces malgaches du sous-genre Eucalosonia, les soies gulaircs
et métatrocliantériennes persistent.
Organe copulatcur assez grand et régulièrement artpié chez la plupart des-
espèces; jdus court, plus arqué et surtout déversé à droite, de sorte que la
lame apicale se présente de champ chez Paraclenosta guineense. I.e ligule
est chitinisé et crochu, jmbescent sur sa partie basale; il est anormalement
large chez le P. Bastardi du sud de Madagascar, un peu obtus chez Para-
rtenosta, ciblé et très recourbé en crochet chez les autres espèces du
genre.
Les espèces de ce genre occupent l’Afrique tropicale, l’Inde et Madagas¬
car; ils sont surtout abondants dans l’Afrique orientale. Sans doute la lignée
s'est-elle différenciée de bonne heure sur le fragment indo-africain du Gond-
wana, encore en connexion avec Madagascar, vraisemblablement de même
que les Ililetus, ayant la môme distribution Les Eucalosonia malgaches,
isolés, ont gardé certains caractères archaïques. Quant au ('lenosta is. str.)
.senegalense, qui se trouve à Madagascar sans aucune différence avec les indi¬
vidus continentaux, il a sans doute été importé dans la Grande-île à une épo-
ipip récente.
Tableau des espèces
l. Soie métatrochantérienne persistante. Soies gulaircs présentes.
Elytres amples, subcarrés, à sculpture fine et liomodynamo. Der¬
nier article des palpes maxillaires court. (Madagascar!. (Subgen.
Eucalosonia Broun.'. 3.
— Soie métatrochantérienne absente. Soies gulaircs généralement dis¬
parues (sauf C. aethiops) . 2.
(1) R. Jkaxnel. I.es Ilifé'tides, une lii;nï'(' africano-brésilieimc. {lier. f'r. it'Eul., IV. liriS.
|). 2U2-219j.
I.ES CAI.OSOMl'S
l:i:>
2. Tars<‘s normaux, sans revêtement ilc poils rouges dorés. Protibias
normaux. Sculpture de l'élytre variable, souvent liétérodynaine.
Brosse des mésotibias des mâles très longue. (Subge.n. Ctenosta,
s. sti-.’. â.
— Tarses feutrés de poils rouges dorés, en dessous, dans les deux
sexes. Protibias avec l’extrémité apicale dilatée et dentée on dehors
dans les deux sexes, avec un rang de forts denticules sur tout le
bord ('xterne chez les mâles. Sculpture de l’élytre fine, liomody-
nam(‘. Brosse des mésotibias des mâles courte et large. (Subgen.
Paravl(‘noista, nov.). 9.
Subgen. Eacalosoina Breuning
.1. Bronzé uniforme, les élytres avec de gros points cuivreux sui’ les
primaires. Métatrochanters acuminés, surtout chez les mâles. Long.
25-9.) mm. (.Madagascar). 2. Grandidieri Maimir.
— Bleu brillant, parfois verdâtre, les élytres avec les points des pri¬
maires plus petits et concolores. Métatrochanters mousses. Long.
25-93 mm. (Sud de Madagascaiè. 1. Bastardi Ail.
Subgen. Cleiiosta, s. str.
4. Sculpture de l'élytre homodyname, les primaires aussi développés
que les secondaires et les tertiaires. Métatrochanters toujours
mousses. 5.
— Sculpture de l’élytre hétérodyname, les primaires plus étroits et
moins saillants que les tertiaires. 7.
5. Soies gulaires et parfois aussi labiales présentes. Bronzé verdâtre,
les points des primaires cuivreux brillants. Pronotum très rétréci à
la base. Long. 20-29 min. (Sud-est du Sahara et Ethiopie'.
. 9. aetliiops, n. sp.
— Soies gulaires et labiales absentes. (i.
0. A'oir, avec un faible rellet verdâtre, les [loints des primaires conco¬
lores. l’i'onotum peu transverse, les fossettes basales profondes et
linéaires, la goulticre marginale explanée. Long. 17-26 mm. (Afriipie
orientale. 4. seabrosum LhamI.
■— Bronzé verdâtre, les points des primaires cuivreux brillants. Prono¬
tum plus Iransversc, les fossettes basales obsolètes, la gouttière
marginab' réduite. Elytres plus parallèles. Long. 25-26 mm. (Inde
et Afrique orientale). 5. orientale Ilope.
7. Les h'rtiaircs et les secondaires semblables, les points des pri¬
maires concolores. Yeux très saillants, les sillons frontaux très pro¬
fonds. Métatrochanters mousses. Tète et pronotum bronzés, élytres
avec les intermédiaires bronzés, les primaires formant d’étroites
bandes rougeâtres plus jiâles. Long. 26-30 mm. (Erythrée).
. 7. Strandi Breun.
R. JICAXXER
liG
— Les tertiaires très saillants, les secondaires et les primaires réduits. 8.
8. Métatrochanters acuminés. Bronzé, les points des primaires grands
et cuivreux, brillants. Long. 25-30 mm. (Afrique tropicale et Mada¬
gascar). 6. senegalense Dej.
— Métatrochanters mousses. Noir brillant, les points des primaires
concolores. Long. 30-40 mm. (Afrique orientale). 8. planicolle Chaud.
Subgen. Paractenosta, nov.
9. Élytres cuivreux violacés. Dernier article du palpe maxillaire aussi
long que l’avant-dernier. Sculpture homodyname, les éléments bas,
à tégulation rappelant celle du C. maderae, mais sans dissociation
des tertiaires; points des primaires très i)etits et peu nombreux,
concolores. Espece aptère. Long. 22-26 mm. (Afrique occidentale).
9. guineense Imh.
1. Ctenosta (Eucalosoma) Bastardi Alluaud
PL III, fig. 7
Cnlosoma Bastardi Alluaud, 1925, Bull. Mus. lli.st. nal. Paris, p. 163; type ; pays
Mahafaly (Mus. Paris).
Fig. 82. — Bleu métallique, parfois verdâtre. Faciès des Calosoma, dont
il diffère surtout par la brièveté du dernier article dos palpes maxillaires.
Élytres à primaires très peu ponctués, les points très petits et très peu
nombreux. La soie métatrochantérienne existe chez tous les exemplaires
que j’ai pu voir.
Organe copulateur (fig. 82) régulièrement arqué, la partie apicale peu
élargie, mais asymétrique, déversée à droite. Apex atténué, obtus. Ligule
chitineux, très large, très ample, son bord libre retroussé; la j)artie basale
pubescente.
Madagascar. Pays Mahafaly, sud-ouest de l’île (Bastard).
2. Ctenosta (Eucalosoma) Grandidieri NIaindron
PL III, fig. 9
Calosoma Grandidieri’fhlsi'màvon, 1900, Bull. Mus. Ilist. nat. Paris, p. 16; type :
riv. Onifaly (Mus. Paris).
Fig. 83 et 84. — Bronzé clair peu brillant. Même forme des palpes maxil¬
laires (fig. 84). Élytres à primaires mar([ués de gros j)oints cuivreux. Los
métatrochanters sont acuminés, comme chez certains Ctenosta d’Afrique;
ils j)ortent le plus souvent une soie.
Organe copulateur (fig. 83) grêle, régulièrement arqué, non épaissi dans
sa partie apicale; celle-ci symétrique. Ligule bien plus étroit, chitineux, à
sommet crochu très recourbé, comme chez les Ctenosta.
LES CALÜSOMES
127
Madairasrar. Pays Antankara, extrême nord de l’îlc (Breuning). Environs
de Tuléar, dans le sud-ouest (M. Fresnel); bords de la rivière Onifaly (Gran-
didicr); pays Mahafaly (Bastard); pays Androy : Manivombé (D. J. Decorse).
Eig. 82 à 81. — Gen. CleiKinta Motsch., subgen. Kucalùsoma Breun., de .Madagascar. Pallie
maxillaire gauche et partie apicale du pénis, face dorsale, a\'ec le ligule exserti (X 11>)-
— Fig. 85. C. (E.) Bastnnii AIL, type, de Mahafaly. — Fig. 83 et 84. C. {E.) Grandidieri
Maindr., de l’.Vndroy.
Obs. — Cotte espèce babite toute l'île, alors que VE. Bastardi semble
localisé dans le sud.
3. Ctenosta (s. str.) aethiops, n. sp.
PI. III, fig. 1
Type : Azbiii (Mus. Paris).
Même aspect et coloration, même forme générale que le Caminara
chlorostictnm Dej., allongé et convexe, sculjtture rugueuse et coloration
bronzée. La taille est à peu près la même. Mais le pronotum a une toute
autre fotme. Bien moins transverse, il ne présente pas trace de lobes posté¬
rieurs et no porte pas de soie postérieure.
Cette forme du pronotum et l’absence de la soie écartent cotte espèce du
C. chlorostictum et la font placer dans le genre Ctenosta, où d’ailleurs elle
ressemble pas mal aussi au C. orientale, qui se trouve dans l’Afrique orien¬
tale.
Si l’on ajoute à cela que le C. aethiops possède des soies gulaires et
souvent aussi des labiales, comme les Caminara, on voit qu’il est en réalité
une espèce synthétique, xm-Caminara, m\-Ctenosta, et son importance est
12H
I!. JKANMil.
grande,'Car elle permet d’alfirmor ((ue les ('lenofsta, si dilïérciiciés par leurs
réductions chétotaxiques et leurs caractères sculpturaux, sont bien à leur
2)lace au milieu de la grande lignée des Caulrida-Caminara.
Wésotibias du mâle avec une brosse plus allongée que celle des Cuminara.
plus semblable à celle des Ctenoata. Protarse mâle avec le (juatrièmo article
glabre en-dessous.
Organe copulateur tout à fait semblable à celui du C. scabrosum (fig. 85 .
le ligule étroit et très crochu.
Afrique tropicale^ au sud-est du Sahara. Abyssinie : Diré-Daoua (D'’ .1.
Roger). Soudan anglo-égyptien : bords du « Fleuve Blanc » (D‘' Arnaud .
Territoires du Tchad : Azbin, à 20 km. d'Agadès, dans l'Aïr (cap. Posth);
Ouadi Ouargala, dans le Mortcha Zolotarevsky) ; Ennedi, une femelle (Zolo-
tarevsky).
4. Ctenosta (s. str. scabrosum Chaudoir
CuloKoina Rcabrosuin Chaudoir, ISiO. liull. Mose., XVI, p. 74.'); type ; Kurdufan
(colt. Oberlhür). — Breuaing, 1927, Kol. Uundsch., XIII, [i. 185 (parsi.
F’ig. 85 et 86. — Très variable de taille ; de j)etits exemplaires, grêles et
déliés, à pattes très longues, atteignent à peine 17 mm.
Noir brillant, les points des primaires concolores. Sculpture forte, les
éléments homodynames et fortement tégulés.
Soies gulaires et labiales absentes.
Organe copulateur (fig. 85) long, peu arqué, rentlé dans la partie apicale,
l’apex court et épais, un peu déjeté vers la droite. Ligule effilé et très crochu.
La variété/foe.vr/iAxV, décrite par Buecxinc;, appartient à res[)èce suivant)'.
Afrique orientale. Somalie framjaise : Djibouti et (Obock, nombreux exem-
plaires de taille très variable D'' .lousseaumc; M. MainJron . — llaute-
Egypte : Kordofan (Mus. Paris . — Afrique occidentale. Sahara centr;d :
Nguigmi au nord-ouest du lac Tchad (D' Noëli; Agadès, entr)' l'Aïr et le
Niger (Cortier).
5. Ctenosta s. str. orientale Ilope
Cntosouia orientale Ilope, 188!, 't'riins. zo))l. Soc. Loinl., I, p. 92; type : l^ooini.
- Andrewes, 1929, Faun. Bril. lad.. Car. I. ]). ()7. lig. 11. — siiiifiiiuiferuin Chau-
doir, 1869, Ann. Fr., p. 368; type ; Bengale (coll. Oberlhür). — Breuning, 1927.
Kol. Hundscli., XIII, p. 184. — Rocsclikei Breuning, 1927, Kol. Kundsch., XIll.
[I. 186; type ; t’sambara (colt. Breuning < coll. Vogt).
fj’identité du squamigeruin Chaud, avec \ orientale Hoj)e a été démontrée
par IL E. Andbewes, qui a vu le type de Chai:i)oik. D autre part la descrij)-
tion du C. scabrosum var. Roeschkei Breuning s’appli(jue parfaitement à un
exemplaire que j’ai moi-même recueilli dans le Turkana et )jui ne diOère en
rien de \ orientale de l'Inde.
L'espèce a un [)eu l’aspect et la coloration du Caminara chlorostictum ;
LES CALOSOMES
120
l’absence des soies gulaires permet de la distinguer au premier coup d’œil.
Je n’ai pas vu de mâles.
Inde péninsulaire : Bengale; Provinces Centrales; Bombay; Madras (cf.
H.-E. Andrewes, 1929). — Afrique orientale. Kenya Colony : monts Murueris,
dans le Turkana (R. Jeannel) ; Tavéta, dans le Pori de Seringhéti (Hôlinel,
in Mus. Wien). Tanganyika Territory : Usambara (coll. Breuning). —
Erythrée : Tessenei (Remedelli, 1938, in iMus. Trieste).
6. Ctenosta (s. str.) senegalense Dejoan
Catosoma senegalense Dejean, 1831, Spec. V, p. 562; type : Sénégal (coll. Ober-
thür). — Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 183. — mossainbicense Klug,
1853, Monastsb. Berl. Ak. Wiss., p. 247; type : Telte.
Bien caractérisé par sa sculpture liétérodyname, les secondaires aussi
réduits que les primaires, les tertiaires formant des côtes saillantes. Bronzé
Fig. H5à89. —Gen. Ctsnosla Motsch., palpe maxillaire gauche, organe copulateur inàle,
de profil (X 12) et partie apicale du pénis, face dorsale, avec le ligule exserti (X lü). —
Fig. 85 et 86. C- senbrosum Chaud. — Fig. 87. C. fdanicoUe Chaud., du Mozambique. —
Fig. 88 et 89. C. (Paractenosla) i/uineense Iinh., de Dimbroko.
à reflets verdâtres, les points des primaires grands, cuivreux brillants. Méta-
troclianters acuminés dans le deu.x sexes.
Organe copulateur à peu près semblable à celui des C. scabrosum et
C. planicolle (lîg. 85 et 87).
Afrique tropicale et australe. Madagascar.
MÉ.MOIUES DU .VUSÉUM, NOUVELLE SÉIIIE, TOME XIll.
9
130
R. JRANNRI.
Dans l’Afrique occidentale, le C. senegalense est connu du Sénégal et des
îles du Cap Vert : île Brava (L. Fea . 11 occupe le sud du Sahara : boucle du
Niger; région du Tchad (D'' Decorse, D'' Gailhard) et aussi le Congo Belge :
Congo du Lemba (B. Mayné) ; Borna (lient. Styczinski) ; Kikorongo (D'' Bayer ;
Luvungi, dans le Kivu (1^. Burgcon . 11 est enfin répandu dans toute l’Afrique
orientale, de l’Abyssinie jusque dans le Mozambique et même l’Afrique
australe, en Rbodésie et dans le Becbuanaland (R. Ellenberger). Dans
l’Afrique orientale, je le connais du Kénya : sud du lac Rodolphe (M. de
Rothschild); Bura, pays Taïta (Alluaud et Jeanneh; ; Mbuyuni, dans le Pori
de Seringhéti (Alluaud et Jeannel); Tavéta Alluaud et Jeanncl). Dans les
Tanganyika Territory, il a été pris à Bagamoyo (Oscar) et dans la zone des
cultures et des forêts du mont Kilimandjaro jusqu'à 2.000 m. d’alt. (Alluaud).
Les exemplaires du Sénégal ne diffèrent pas de ceux de l’Abyssinie ou de
l’Afrique orientale, de sorte que le nom de mossambicense Kl. ne mérite pas
d’être retenu j)our les derniers. Il n'y a pas davantage de différence entre les
individus africains et ceux provenant de Diégo-Suarez ou de Tuléar, que
])Ossèdc le Muséum. Cette identité complète des individus malgaches avec
ceux du continent rend probable que Tcspècc ait été importée à Madagascar à
une épo(|ue récente. Sans doute en est-il de même pour l'île Brava.
7. Gtenosta (s. sir. Strandi Breuning
Calosoma Strandi Breuning, l‘J34, Fol. zool. hydrob., IV, p. 38; type : Massaoua
(coll. Breuning).
Voisin du Henegalenae, mais avec les yeux plus saillants, les sillons
frontaux plus profonds, les fossettes basales du pronotum mieux maiapiées.
Sur les élytres, les secondaires et les tertiaires sont semblables, les primaires
plus bas et plus étroits; tégulation forte. Métatroclianters mousses. Bronzé à
reflets verdâtres; les secondaires et tertiaires forment de larges bandes
sombres, séparées par les primaires et le bord suturai plus clairs, d'un rouge
doi’é.
Erythrée. Massaoua, un mâle (coll. Breuning). — Somalie italienne :
Gabi’cdarre (Facca, IV 1937, Mus. Trieste . Un exemplaire a été pris au vol
à bord d’un navire près d’Aden.
8. Gtenosta s. str. planicolle Cbaudoir
Calosoma planicolle Cbaudoir, 1869, Ann. Fr., p. 369; type : Zambèze (coll.
R. Oberthfir). — Breuning, 1927, Kol. Rundscb., XIII, p. 188. — procerum
Harold, 1880, Monatsb. Berl. Ak.Wiss., p. 260.
Fig. 87. — Souvent de très grande taille, atteignant 40 mm. Môme sculpture
que celle du C. senegalense, mais les points des primaires concolores. Méta-
trochanters mousses. Entièrement noir.
LES CALOSÜMES
131
Organe copulateur (fîg. 87) régulièrement arqué, épaissi dans la partie
apicale, l’apex court et mousse, un peu incliné vers la droite. Ligule chitinisé,
large; sa pointe recourbée en crochet.
Afrique orientale. Réj)andu depuis la Somalie jusqu’au Becliuanaland.
Abyssinie : Arussi Galla (Gestro . —Kenya Colony : Nairobi (Van Someren);
Voï, pays Taïta (Alluaud et Jeannel). — Uganda ; Jinja (Van Someren); pays
Kavirondo (H. ,1. A. Turner). —Tanganyika Territory ; Lukulebi (M. Torley);
Lindi (Alluaud); Tura (Alluaud . — Mozambique : région du Zambèze
iG. Vasse, P. Lesne, J. Surcouî . — Rhodésie : Sebakwe (Péringuey). —
Becliuanaland (J. Ellenberger). — Congo Belge : Elisabethvillc (Cli. Seydel ;
Kamboué (D*' Gérard).
Le C. planicolle ne s’avance guère vers l'ouest dans le centre de l’Afrique
Les deux individus de Nairobi, appartenant au « Coryndon Memorial
Muséum » de Nairobi, sont de très petite taille, ne dépassant pas 25 mm. ;
par contre celui que j’ai pris moi-même à Voï est de taille géante.
9. Ctenosta (Paractenostai guineense Imhoff
Calosoma guineense Imhoff, 1843. Verh. nat. Ges. Basel,p. 164; tj^pe : Aquapim.
— Breuning, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 160. — Colmanti Burgeon, 1928,
Rev. Zool. Air., XV, p. 431; type : Sassa (.Mus. Tervueren).
Fig. 88 et 89. — Curieuse espèce aptère, généralement rangée parmi les
Calosoma à cause de ses palpes, mais dont la chétotaxic indique bien les
affinités avec les Ctenosta. Les caractères sexuels secondaires des mâles
sont aberrants et le feutrage ventral des articles de tous les tarses dans les
deux sexes est tout à fait particulier.
Organe copulateur (fig. 88 et 89j assez différent de celui des Ctenosta, s.
str. Le pénis est très arqué, sa partie apicale déversée à droite et la lame
apicale, dissymétrique, se présente de champ. Le ligule est chitinisé, mais
son crochet apical est large et court.
Comme l’a déjà remarqué Breuxixg (1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 97) le
C. Colmanti Burg. n’est pas différent Aa. guineense typique.
Afrique occidentale. Côte de l’Or : Aguapim, dans les montagnes (Imhoff,.
Côte d’ivoire : Dimbroko (Ch. Alluaud). Togo (colL Oberthür), Nigeria :
Ibadan (Brit. Mus.). Congo Belge : Kassaï (E. Taymans, coll. Oberthür);
Sassa (Mus. Tervueren).
9. Gen. HAPLOTHORAX G. R. Waterhouse
Aplothora.v G. R. Waterhouse, 1842, Traiis. ent. Soc. Lond., III, p. 207 ; type :
BiircheUi G. R. Wat.
Décrit comme sous-genre du groupe des Carabus, cet insecte extraordi¬
naire doit cependant se placer parmi les Calosomes, auprès des Ctenosta.-
1.12
K. .JEANNEL
Ses caractères néogénétiques très remarquables montrent bien qu’il ne peut
être tenu que pour une très vieille relique. A lui seul, Haplothorax Bur-
chelli suffit pour faire la preuve que l’île de Sainte-Hélène n’est pas océani¬
que, mais bien un fragment subsistant d’un ancien continent qui a fait
partie de l’Afrique.
Très grande taille (30-35 mm.). Noir; aptère. Forme étroite et allongée.
Tète moyenne, le front lisse et convexe, les yeux saillants. Antennes (fig. 92)
à article 2 très court, les articles 2-4 nullement comprimés ni carénés en
dedans, pubescentes à partir de l’article 5, mais avec une plage brillante,
lisse et glabre sur la face externe de tous les articles 5-11. Mandibules
nettement ridées en dessus. Palpe maxillaire très grêle (fig. 90), le dernier
article bien plus court que l’avant-dernier. Palpe labial (fig. 91, à avant-
dernier article muni d'une frange de longues soies très nombreuses ; dent
labiale aiguë et saillante, comme chez les Ctenosta] le labium plan, le sub-
mentum (gula) très oblique.
Pronotum petit, à peine transverse, ses côtés à peine rebordés, rétrécis
en arrière, sans lobes postérieurs. Disque densément ponctué.
Élytres oblongs, allongés, les épaules très effacées, étroites, l’apex
obtusément arrondi; disque plus ou moins aplani, avec une longue dépres¬
sion longitudinale entre la suture qui est relevée et une vague carène obtuse
subhumérale. Sculpture fine, triploïde liomodyname. Les stries sont ponc¬
tuées. Côtes primaires interrompues par des points sétifèrcs ; secondaires
et tertiaires égaux. Chez les mâles la surface est lisse et brillante, la tégu-
lation étant obsolète; chez la femelle la tégulation est forte, complète, et la
surface de l’élytre paraît mate.
Métépisternes petits, courts, très finement et densément ponctués.
Pattes robustes, épaisses et longues. Tibias antérieurs (fig. 93) incurvés
et largement dilatés à l’apex. Méso- et métatibias des mâles très arqués et
munis chacun de deux brosses allongées, l’une ventrale sur la moitié apicale
du bord interne, l’autre dorsale sur toute la longueur du tibia. Protarse
mâle (fig. 94 et 95) non dilaté, mais fortement comprimé transversalement,
le bord ventral des 4 premiers articles densément feutrés de poils serrés,
roux.
Cbétotaxie. — Une soie susorbitaire; ni soies gulaires, ni labiales. Par¬
fois cependant se trouvent de très petites gulaires témoignant que ces soies
n’ont pas encore absolument disparu. Pas de soies pronotales, ni de soie
métatrochantérienne.
Organe copulateur (fig. 96 à 98) présentant d’étranges déformations néo¬
génétiques. La partie apicale du pénis a subi une brusque flexion à angle
droit et la partie fléchie, aplatie, se trouve logée transversalement dans la
lente ano-génitale du dernier segment abdominal, qu’elle bouche. De plus,
des torsions du corps pénien et des sortes de renforcements longitudinaux,
de nervures développées aussi bien sur le pénis que sur le style gauche,
semblent indiquer que la déformation de l’organe résulte d’un véritable
LES CALÜSOMES
IX!
tassement mécanique, déterminé par des pressions selon son axe longitu¬
dinal.
Pareilles déformations de l’organe copulateur s’observent toujours chez de
très vieilles lignées. Elles sont fréquentes chez les Trechitae (').
Malgré ses caractères aberrants, l’organe mâle de VHaplothorax porte la
signature de la lignée des Ctenosta. L'orifice apical en effet, très réduit et
Fig. !(0 à 0.j. — Gen. Haplothorax G. R. Wat., II. Burchelli G. R. Wat., de Sainte-Hélène. —
Fig. '.Kl. Palpe maxillaire gauche {X 12). — Fig. ‘Jl. Palpe labial gauche (X 12). — Fig. 92.
Base de l’antenne gauche, face dorsale (X 8). — Fig. 93. Protibia droit du mâle, face
dorsale (x 8). — Fig. 94. Protarso gauche du mâle, face dorsale (X 8). — Fig. 95. Le même,
face interne. (X 8).
curieusement isolé au milieu de la vaste plaque unie formée par l'extré¬
mité apicale infléchie (fig. 98), porte un ligule chitinisé, à pointe recourbée
en crochet, semblable à celui des Ctenosta.
1. Haplothorax Burchelli G. R. Waterhouse
PI. III, ftg. 5
11. Burchelli G. R. Waterhouse, 1842, Traits, ent. Soc. London, III, p. 209,
pl. xin, lig. 1; type ; Sainte-Hélène (Hope Mus., Oxford).
Fig. 90 à 98. — Ile de Sainte-Hélène. Autrefois assez fréquent, mais
1. R. .lE.tNNEi,, 1935, Revue fr. d’Enl., II, p. 210.
134
lî. JEANNEL
devenu très rare depuis le déboisement de l’ile. On a prétendu à tort que
Fig. !m; à DS. — Gen. HapluthoraxG. R. Wat., II. BurchcUi G. R. Wat., de Saiate-Ilélèiie.—
Fig. D6. Organe copulateiir mâle, de profil (X 10). — Fig. D7. Le uiêine, vue latérale et
ventrale (X 10). — Fig. !)8. Partie apicale du j)énis, face dorsale, avec le ligule exsorti
IX 10).
l’espèce était éteinte. J’cn ai vu récemment un exemplaire recueilli par
M. Maurice Bedel.
10. Gen. CARABOPS Jakobson
Coraèops Jakobson, 1900, Ann. Mus. Ac. St. Pétersb., V, p. 261 ; type ; Kachovskyi
Jak. (abyssinicus Gestro). — Carabosoplirus Lapouge, 1931, Gen. 1ns., 192,
p. 398; type : Biirtoni Ail. —Mimotefflus Vuillet, 1910, Bull. Fr., p. 103 et 242,
lig.; type : Oberthüri Vuill.
Espèces aptères, remarquables par la ponctuation très forte, profonde et
serrée, comme vermiculée, de la tête et du pronotum.
Tête assez grosse, à cou épais. Antennes courtes; mandibules ridées en
dessus. Dernier article du palpe maxillaire subtriangulaire, bien plus court
«[ue l’avant-dernier. Labium à dent aigue, le palpe quadrisétulé.
Pronotum subcordiforme, rétréci à la base, ses lobes postérieurs très
petits abyssiniens] ou tout à fait effacés; disque vermiculé, les fossettes
basales très superficielles.
Elytres ovales, à épaules très olîacées, le bord huméral épais et lisse.
LES CALOSÜMES
130
Sculpture triploïde, à éléments saillants et fortement tégulés. Ordinairement
liomodyname, la sculpture passe à un stade d’hétérodynamie accentuée par
surélévation des tertiaires {aethiopicus, Oberthüri).
iNlétépisternes à grosse ponctuation profonde, comme sur les segments
abdominaux; leur dimension se réduit chez les espèces abyssines et la ponc¬
tuation disparaît même chez abyssiniens.
Pattes assez longues, robustes. Mésotibias et métatibias droits et sans
brosses dans les deux sexes. Protarses mâles avec trois articles dilatés et
feutrés en dessous, le deuxième sans dépression dorsale.
Chétotaxie. — Soies gulaires et labiales présentes. Les soies du prono-
tum et celle des métatroebanters sont en voie de disparition. La pronotale
existe parfois chez certains individus du Burtoni, la métatrochantérienne est
présente régulièrement chez abyssiniciis,m 2 \Si manc[ue chez les autres espèces
du genre, sauf parfois chez certains individus du Burtoni.
Organe copulateur de type liabituel, régulièrement arqué, la partie api¬
cale un peu dilatée et déversée du côté droit, l’apex simple; ligule chiti-
nisé, à sommet crochu. Les dimensions de l’organe sont normales.
Tableau des espèces
1. Noir avec les élytres rougeâtres, souvent avec une teinte verdâtre
dans la gouttière marginale. Côtes élytrales saillantes et rugueuses,
homodynames. Soie pronotale postérieure ordinairement présente.
Long. 20-27 mm. (Afrique orientale. !. 1. Burtoni Ail.
— Entièrement noir brillant. Soie pronotale postérieure toujours
absente. 2.
2. Grande taille (35 mm.). Sculpture fortement hétérodyname, les ter¬
tiaires en côtes très saillantes, les primaires et secondaires creux,
atrophiés, Pronotum à côtés largement arrondis. (Angola.).
. 2. Oberthüri Yuill.
— Taille moyenne (15 à 25 mm.). Sculpture liomodyname, les pri¬
maires interrompus par des points plus ou moins nombreux. 3.
3. Ponctuation de la tête et du pronotum médiocre, simple sur la
partie basale de ce dernier. Stries finement ponctuées, les jaoints
n’entamant pas les lianes des côtes. Métépisternes non ponctués.
Métatroebanters avec une soie. Espèces noires, avec une teinte
verdâtre dans la gouttière marginale du pronotum et des élytres
ainsi que dans les points des primaires. 4.
— Ponctuation de la tète et du pronotum très profonde et grosse,
déterminant des verrniculations transverses au moins sur la base
du pronotum. Stries fortement ponctuées, les points entamant les
flancs des côtes. Métépisternes ponctués. Métatrochanters sans soie.
P!s[)èces noires, sans teinte marginale verdâtre. 5.
13G
H. .lEANNEL
4. Pronotum presque deux fois aussi large que long, à cotés très
arrondis et base plus étroite que le bord antérieur. Elytres larges
et convexes, une fois et demie aussi longs que larges. Métépisternes
lisses. Pattes noires (forme typique) ou rougeâtres (var. feinoralis
Jak.). Organe copulateur allongé. Long. 16 à 20 mm. (Abyssinie:
Choa). 3. abyssinicus Gestro.
— Pronotum moins large, à base aussi large que le bord antérieur;
élytres étroits, subparallèles, deux fois aussi longs que larges.
Métépisternes ridés. Pattes noires. Long. 16 mm. Organe copu¬
lateur plus court. (Abyssinie : Harrar.)...... 4. angustipennis, n. sp.
5. Court et convexe, les pattes courtes. Pronotum à côtés régulière¬
ment arrondis, surtout en arrière, le bord antérieur non épaissi,
le disque convexe. Elytres ovales, épais, les côtes sans tégulation
bien nette. Long. 16 à 20 mm. (Abyssinie : Harrar.).
. 5. harrarensis Jak.
— Grêle et allongé, délié, les pattes longues. Pronotum à côtés angu¬
leux, rétrécis presque en ligne droite en arrière, le bord antérieur
épaissi en bourrelet, le disque aplani. Élytres oblongs, étroits en
avant, les côtes plus nettement tégulées. Long. 22 mm. (Abyssinie :
Diré-Daoua.). 6. aethiopicus Broun,
1. Carabops Burtoni Alluaud
PL V, lig. 5
Calosoma Burtoni Alluaud, 1913, Bull. Soc. ent. Fr., p. 80; type : lac Tangnnyika
(Mus. Paris). — Breuning, 1928, AVien. ent. Ztg., XLIV, p. 129.
Fig. 99. — Espèce aptère, bien reconnaissable à sa coloration et à sa très
forte ponctuation. La tête et le pronotum sont couverts de points enfoncés,
très serrés. Tête et pronotum noirs, avec des traces d’éclat métallique ver¬
dâtre dans la gouttière marginale, les élytres d’un rouge brique brillant.
Sculpture triploïde homodynamc, les éléments en forme de côtes très
saillantes et rugueuses, les stries profondes, les primaires à peine inter¬
rompus par des points concolorcs.
Protarse du mâle avec trois articles dilatés et feutrés; mésotibias du mâle
un peu arqués, sans brosses; métatibias droits.
Ce Calosome occupe la zone montagneuse de la région des lacs Tanga-
nyika et Nyassa.
Afrique orientale. Tanganyika Territory : région du lac Tanganyika
(coll. Alluaud); pays Ussanga, dans l’Iringa, au nord du lac Nyassa (coll.
Alluaud). — Rhodesia : région du lac Bangwe-olo (Breuning;.
I.ES C'AI.OSOMES
l::!7
2. Carabops Oberthüri Vuillct
PI. VII, fig. 4
Mimotcffliis Oberthüri Vuillel, 191Ü, Bull, l'r., p. 103 et 242, (ig. ; type : Bihc
(coll. Oberthür).
Grande espèce aptère (35 mm.), entièrement d’un noir très brillant,
allongée et très fortement sculptée, ce qui fait que son faciès évoque assez
luen les Tefflus.
Pronotum à côtés très arrondis, sans trace de lobes postérieurs. Elytres
Fig. 90 à 102. — Gen. Carabo/ts .lak., partie apicale tlu pénis, face dorsale, avec le ligule
e.xserti (X 10). — Fig. 09. C. Barloni Ail., dit Nyassa. — Fig. 100. C. abyssinicus Gestro,
d’Addis-.Abeba. — Fig. 101. C. nnymtiponnis, n.sp., du llarrar. — Fig. 102. C. harrarensin
.lak., de Diré-Daona.
allongés, oblongs et très convexes, les angles huméraux effacés, le bord
huméral épais et lisse. Sculjituro formée par 8 côtes très saillante, légulées,
sans interruptions, sé|)arées par des creux granuleux; ces côtes représentent
les tertiaires.
Métépisternes petits, à grosse ponctuation éparse, comme sur les segments
abdominaux.
Caractères mâles inconnus.
Chétotaxie. — Pas do soies pronotales, ni antérieure, ni postérieure.
Soies gulaires et labiales présentes; pas de métatrochantérienne.
L’examen du type, femelle, ne me laisse aucun doute sur l’attribution
de cette grande espèce au genre Carabops.
Afrique australe. Angola ; Bihé, dans les montagnes, district de Ben-
guella, une femelle (coll. R. Oberthür).
13S
U. Jl-AN.M'L
3. Carabops abyssiniens Gostro
PI. V, «g. 7
Calosoma obyssinicus Gestro, 1880, Ann, Mus. civ. Genova, XVI, p. 201; type :
Argu-Aglier (Mus. Gênes). — Breuning, 1928, Wien. ent. Ztg., XLIV, p. 130
(pars). — Kacliofsk i/i Jakobson, 1900, Ann. Mus. zool. St-Pétersb., p. 2fi3; type :
Addis-Abéba. — Var. femoralis Jakobson, 1900, 1. c., p. 264.
Fig. 100. — Cette espèce est très reconnaissable à sa forme épaisse, son
pronotum et ses élylres courts et larges. La ponctuation du pronotum et
celle des stries sont très fines. La coloration des pattes varie selon les indi¬
vidus dans la môme localité.
Ce Calosome est le seul Carabops connu des montagnes du Choa. La
profonde dépression qui prolonge au nord-est la fosse des lacs, et est par¬
courue par la vallée de l’Aouache, isole le C. abyssiniens des trois autres
espèces énumérées ci-après.
Abyssinie. Hauts plateaux du Clioa : Argu-Aglicr, près de Litclie (Anti-
nori); Let IVIarelia, sur la bordure du plateau près d’Ankober (Antinori ;
Entotto, au nord d’Addis-Abéba (Traversi); Addis-Abéba, environs de la
ville, un Individu à pattes noires et cinq de la var. femoralis (M. de Roth-
schild i. — Toutes ces localités se trouvent entre 2.000 et 2.600 m. d’altitude.
4. Carabops angustipennis, n. sp.
Type : Harrar (Kachovsky, in Mus. Paris).
Fig. 101. — Long. 16 mm. Même coloration que chez C. abyssiniens, noir
avec des traces vertes bronzées dans les gouttières marginales du pronotum
et des élytres, ainsi que dans les fossettes d’insertion des soies discales;
pattes noires. Forme générale subparallèle, grêle.
Tête et pronotum à ponctuation line et serrée, sans former de vermicu-
lations transverses. Côtés du pronotum régulièrement arrondis, la base
pas plus étroite que le bord antérieur. Même sculpture des élytres que
chez abyssiniens. Métépisternes sans ponctuation visible, mais couverts de
grosses rides.
L'organe copulatour a la même forme que celui du C. abyssiniens, mais
il est proportionnellement plus petit, moins élargi dans sa partie apicale,
avec l’apex plus obtus (fig. 101).
Cette espèce représente le C. abyssiniens aux environs de Harrar, c’est-à-
dire dans les monts Tcherteber.
Abyssinie : environs de Harrar Kachovsky) un mâle acquis autrefois jnir
M. Mainc’ron.
LES CALOSO.MES
ISD
5. Carabops harrarensis Jakobson
Carabops /larrarensis Jakobson, 1900, Ann. Mus. zool. St.-Pétersl)., p. 264; type ;
Harrar. — Kovacsi Csiki, 1924, Fol. cni. llung., I, p. 21; lyp® ■ b'ua (Mus. Buda-
pe.sti.
Fig. 102. — Bien distinct des précédents par la lorte ponctuation des
stries qui entament latéralement les côtes de l’élytre. La tète et le pronotum
sont fortement ponctués, la surface basale du pronotum comme vermiculée;
les métépisternes portent une dizaine de gros points enfoncés, très nets.
Coloration toujours noire, les pattes noires. Forme robuste, courte et
convexe.
Organe copulateur de grande taille, comme chez C. abyssiniens.
Ce Carabops n’est pas une race de Vabyssiniens, comme le suppose
Breux'ing, mais bien une espèce isolée dans les monts Tchertclier, au sud
de l’Aouache et à grande distance des plateaux du Choa.
Abyssinie. Monts Tchertclier, à l’ouest de Harrar, formant la bordure
nord du plateau Arussi : Gura Mulata (Erlanger, Neumann) ; Irna (E. Kovacs) ;
Bourka Al. de Rotliscbild ; ; env. de Diré-Daoua (Oscar). Ces localités se
trouvent vers 2.200 à 2.500 m. d’alt. le long du chemin de Harrar vers le
lac Tchertclier.
6. Carabops aethiopicus Breuning
Carabomorphus aethiopicus Breuning, 1928, Wien. eut. Ztg., XLIV, p. 130;
type : Aleila (coll. Breuning).
Ce n’est peut-être qu’une race de l’espèce précédente. Il en présente les
caractères généraux, mais est cependant bien reconnaissable à sa grande
taille (plus de 20 mm.), sa forme grêle et déliée, les membres longs, les
élytres oblongs et étroits aux épaules. La ponctuation de la tête et du
pronotum est particulièrement forte et profonde. Le pronotum est aplani,
avee un fort bourrelet lisse le long du bord antérieur, et les côtés très
anguleux.
Abyssinie : environs de Diré-Daoua, un mâle (Oscar, in Mus. Paris) ;Arero
(Zavattari).
11. Gen. ORINODROMUS Kolbe
Orinodromus Kolbe, 1895, Sitz. Ges. iiat. Fr. Berlin, p. 57; type Deckeni Gers.
Subgen. /i/gonorites, nov. ; type ; elgonensis Burg.
Subgen. Caraboplianus Kolbe, 1895, 1. c., p. 57 ; type : caraboides Raffr.
(= RajJ'rayi Fairin.). — Ga/isier Reilter, 1896, Verh. nat. Ver. Brünn, XXXIV,
p. 41; type : RafJ'rayi Fairin.
Les espèces orophiles, aptères et d’aspect caraboïde, de l’.Afrique orien¬
tale sont généralement groupées sous le nom générique de Carabomorphus.
140
R. JMi^LNNKI.
Elles s’écartent de tous les autres Calosomes par un ensemble de caractères
évolutifs qui établissent, par convergence, une extraordinaire ressemblance
avec les Carabes, et qui d’ailleurs se développent dans un certain parallé¬
lisme avec ceux des espèces orophiles mexicaines de la série phylétique de
Callitropa . Cliez les espèces africaines, les mandibules deviennent absolu¬
ment lisses, la différence de longueur entre les 2“ et 3° articles de l’an¬
tenne s’atténue; le bord huméral perd ses crénelures, les métépisternes,
réduits du fait do l’aptérisme, sont absolument lisses; la forme générale du
corps devient la même que chez les Carabus et la sculpture évolue vers des
types hétérodynamos réduits, semblables à ceux des Carabus.
Il est curieux qu’à cet ensemble évolutif s’ajoutent des variations extra¬
ordinaires de l’organe copulateur et particulièrement du ligule. Ce sont ces
variations qui permettront de séparer nettement les espèces orophiles afri¬
caines dans deux genres : Orinodroinus et Carabomorphus.
Chez Orinodroinus peu de divergence avec l’organe copulateur normal du
Calosome de type Caminara. L’organe est de taille normale; le ligule est de
forme générale habituelle, quoique plus grand, plus parallèle, à sommet
plus obtus et moins crochu (fig. 108). Cette forme allongée du ligule
s’écarte suffisamment de celle des Carabops et Caminara pour justifier la
séparation générique des Orinodroinus, renforcée par le développement de
caractères évolutifs particuliers : petite taille, évolution de la sculpture vers
l’effacement des éléments et la ju’oduction de types lisses.
Les caractères des Carabomorphus seront tout autres. Chez eux l’organe
copulateur subit un énorme accroissement de taille, comme d’ailleurs chez
la plupart des Carabes ; le ligule prend une extraordinaire forme en cimier
de casque. Et ces variations de l’organe copulateur s’accompagnent d’évo¬
lutions de la sculpture de l’élytre vers des types caténiformes ou foraminés,
bien différents des types lisses réalisés par les Orinodromus.
Les deux sous-genres Orinodromus et Elgonorites ont les tibias simples
dans les deux sexes ; par contre le caractère sexuel secondaire des mésotibias,
très arqués et i)ourvus de brosses chez le mâle, s'est conservé chez les
Carabophanus abyssins. Cette persistance indique bien que les Orinodro¬
mus se rattachent aux Caminara.
Du point de vue chétotaxique, le genre est particulièrement évolué. La
soie protboracique postérieure, encore existance chez les Orinodromus
s. str., disparaît chez les Elgonorites et Carabophanus', les gulaires sont
constantes, mais les labiales sont en régression chez les espèces du mont
Elgon.
Comme on le verra, le petit C. Neumanni Kolbe, généralement considéré
comme un Carabomorphus véritable à cause de sa sculpture, est en réalité
un Orinodromus. Son organe copulateur en fait la preuve. Neumanni est la
forme primitive du genre Orinodromus, celle qui vit à basse altitude et a
conservé sa sculpture encore saillante et homodyname.
LES CALOSOMES
111
Il faudra distinguer parmi les Orinodromus trois sous-genres, différent
par leurs caractères sexuels et chétotaxiques.
Orinodromus s. str. renferme des espèces du Kilimandjaro et du mont
Curui, dont la soie prothoracique postérieure est conservée. Pas de brosses
mésotibiales chez les mâles; le ligule, très long et subparallèle, est épais et
largement crochu au sommet (fig. 109 à 115). Ce type de ligule n’a rien de
commun avec celui du Carahops Burtoni Ail. vivant dans la même con¬
trée ; aussi faut-il tenir les Orinodromus pour une lignée indépendante.
Elgonorites, nov. subgen., spécial au mont Elgon, a les mêmes carac¬
tères sexuels que les Orinodromus s. str., et en particulier la même forme
du ligule (fig. 108). Mais il a perdu la soie protlioracique jsostérieure et la
sculpture de l’élytrc évolue vers un type « cabossé » très curieux. Elgono-
rites est certainement produit par l’isolement d’espèces de même souche
que celles du Kilimandjaro.
Carabophanus Kolbe, enfin, paraît à première vue moins étroitement
apparenté aux Orinodromus vrais du Kilimandjaro. Les espèces ont bien
le même faciès, mais la soie prothoracique a disparu, les mésotibias des
mâles sont très arqués et portent des brosses, le ligule a une forme trian¬
gulaire et large assez différente (fig. 105). On pourrait être tenté de rattacher
les Carabophanus à la lignée du Carahops abyssiniens, qui occupe la
même région géographique et possède un ligule de même type. Mais l’exis¬
tence des brosses tibiales et les caractères chétotaxiques ne confirmeraient
pas un tel rapprochement. Plus naturel, à mon avis, sera de considérer
Carabophanus comme représentant les Orinodromus sur les hautes mon¬
tagnes de l’Abyssinie. L’isolement du massif abyssin par rapport à l’Elgon
et au Kilimandjaro, rend compte de la divergence entre les trois rameaux,
tant dans l’évolution chétotaxique que dans la régression des caractères
sexuels secondaires et dans la tranformation du ligule.
Tableau des espèces
1. Ligule triangulaire et large, àpointe crochue. Mésotibias des mâles
très arqués et pourvus de brosses. Pronotum à lobes postérieurs
réduits; élytres allongés et convexes, lisses, la sculpture imper¬
ceptible. Pas de soie prothoracique postérieure. (Abyssinie). (Sub¬
gen. Carabophanus Kolbe). 3.
— Ligule très allongé, subparallèle, à sommet croebu, mais mousse;
mésotibias des mâles droits, sans brosses . 2.
2. Soie pronotale postérieure absente, quoique les lobes postérieurs
soient assez développés. Elytres larges et courts, plans; sculpture
très fine, hétérodyname, effacée sur les intermédiaires; la surface
plus ou moins cabossée. (Mont Elgon). (Subgen. Elgonorites,ïiON.].
. 6 .
1-12
K. JKANXEL
— Soie pronotale postérieure présente, les lobes postérieurs cepen¬
dant très réduits. Elytres allongés et convexes, à sculpture liomo-
dynamc, mais tendant à disparaître presque totalement. (Monts
Gurui et Kilimandjaro). (Subgen. Orinodroinus, s. str.). 7.
Subgen. Carabophanits Kolbe
3. Pronotum plus rétréci en arrière, ses côtés plus ou moins sinués
dans la moitié postérieure, les lobes prothoraciques moins saillants.
Elytres très peu convexes, oblongs, le disque uni, sans dépression
juxtasuturale. Noir, la gouttière marginale du pronotum et des
élytres verdâtres, les cuisses rouges, les tibias et les tarses noirs.
Long. 12 à 18 mm. (Cboa).2. Raffrayi Fairm.
— Pronotum moins rétréci en arrière, les lobes postérieurs plus
saillants, les côtés arqués dans la moitié postérieure. Elytres peu
convexes, en ovale plus régulier, le disque avec une dépression
longitudinale le long de la suture. 4.
4. Noir luisant, avec la gouttière marginale du jironotum et celle des
élytres verdâtres, les pattes entièrement noires; chaque élytre porto
une bande longitudinale et médiane jaune sur sa moitié apicale ou
même parfois sur toute, sa longueur. Long. 15 à l(j mm. (Clioa)...
. 1. Antinorii Gestro.
— Noir, avec la gouttière marginale du pronotum et celle des élytres
verdâtre, mais les élytres n’ont pas de bande longitudinale jaune ;
cuisses rouges. 5.
5. Epaules plus saillantes. Elytres noirs. Long. 15 mm. (mont Cbil-
lâlo). 3. Gestroi Breun.
— Ej)aules plus elïacées. Elytres d’un rougeâtre métallique avec des
rangées de petites taches noires sur les stries. Long. 18 mm. (Loca¬
lité inconnue).4. Arrowi Broun.
Subgen. Elgonorites, nov.
G. Pronotum plus large, plus rétréci en arrière, ses côtés arrondis
dans la partie postérieure. Elytres à 16 stries et 15 interstries bien
marqués, les primaires à peine plus larges que les autres; stries
ponctuées; surface de l’élytre parfois cabossée. Organe copulateur
semblable à celui de l’espèce suivante. Long. 15 à 20 mm. (Mont
Elgon, prairies du versant est, 3.500 m.). 5. kenyensis Breun.
— Pronotum bien plus rétréci en arrière, ses côtés rectilignes ou
même sinués dans la moitié postérieure. Elytres avec trois côtes
lisses (primaires) entre lesquelles la surface est ponctuée sans ordre.
Organe copulateur (fig. 106) arqué, l’apex conique et incliné à droite ;
ligule allongé. Long. 10 à 16 mm. 0. elgonensis Burg.
LES CALÜSOJIES
ir>
U. Plus grand (Id à 16 mm.). Elytres à épaules saillantes et
côtés subparallèles, la surface unie {forma (ypica), ou
cabossée (var. Alinderi Breun.). 'Mont Elgon, versant est,
de d.iiOO à 3.800 m.). subsp. elgonensis, s. str.
— Plus petit (10 à 13 mm.), l'ilytres à épaules très elTacées,
les côtés bien arqués, la surface toujours cabossée, comme
martelée. (Mont Elgon, versant ouest, dans l’Uganda).. .
. subsp. mallcatus, nov.
Subgen. Orinodromus, s. str.
7. Angles postérieurs du pronotum plus saillants. Elytres à scul[)ture
nette, les éléments saillants, égaux, bien séparés par dos stries
profondes et ponctuées, les primaires ponctués. Noir, avec les
élytres rougeâtres. Long. 16-20mm. (Tanganyika : mont Gurui)
. 7 Neumanni Kolbe.
— Angles postérieurs du pronotum ciïacés. Elytres à sculpture effacée,
les éléments à peine discernables, non saillants, les points des pri¬
maires imperceptibles. Espèces plus petites, à élytres plus réduits,
les épaules plus elïacées. (Tanganyika : mont Kilimandjaro). 8.
8. Pronotum jaune avec les bords antérieur et postérieur noirâtres.
Organe copulateur régulièrement arqué, l’apex assez grêle et incliné
à droite; ligule moins épais, sa jminte crochue et bilobée (fig. 113).
Long. 15 à 18 mm. (Kilimandjaro, prairies alpines, de 2.600 à
3000 m.) . 8. Deckeni Gerst.
— Pronotum noir. 9,
t). Elytres noirs avec une tache jaune. (Kilimandjaro).. 10. Volkensi Kolbe .
— Elytres noirs. Petite espèce à élytres presque lisses, entièrement
noire. Organe copulateur (fig. 114) plus arqué, l'apex plus épais,
conique, plus incliné à droite; ligule plus épais, sa partie cro¬
chue plus large, non bilobée (fig. 115). Long. 15 à 18 mm. (Kili¬
mandjaro, neiges éternelles, 4.000 m.). 9. glacialis Kolbe.
1. Orinodromus (Carabophanus) Antinorii Gestro
PL V, fig. 1
C. Antinorii Gestro, 1878, Ann. Mus. civ. St. nat. Genova, XIII, p. 318; type :
.Vrgu Agher (.Mus. Gênes). — Breuning, 1928, Wiener eut. Ztg., XLIV, p.l25.
Fig. 103. — Espèce remarquable par sa coloration tout à fait exception¬
nelle chez les Carabidac. Les élytres sont plus longs et plus régulièrement
ovales que chez les autres espèces du groupe; le pronotum un peu plus
ample.
Organe copulateur (fig. 103) un peu différent de celui de Y O. Raffrayi.,
l'apex moins incliné du côté droit et jjlus obtus, le ligule plus long.
141
K. JEANXKL
Abyssinie. Clioa ; Lct Marefia, sur la bordure du plateau, au nord d’Aii-
kober, ait, 3.000 m. cnv. (Antinori) ; Argu Agher, près de Litchc, ait.
2.700 m. cnv. (Antinori); Entotto, jirès d’Addis-Abéba, ait. 2.900 m. (Tra¬
vers!).
2. Orinodromus (Carabophanus,) Raffrayi Fairmaire
PI. V, fig. 3
C. Raffrayi Fairmaire, 1883, Ann. Soc. eut. Fr., p. 89; type : Abuna Yusef (Mus.
Pari.s). — Breuiiing, 1928, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 125. — caraboidcs
RalTray, 1882, Ann. Soc. ent. Fr., Bull., p. 47; tj'po : Abuna Yusef (Mus. Pari.s)
(nec Calosoma caraboide lleer, spec. /oss.).
Fig. 104 et 105. — Le type du C.caraboides Ralîr. est un très petit mâle à
élytres particulièrement courts et étroits, pas plus larges que le pronotum
et pas deux fois plus longs que lui; les lobes postérieurs du pronotum, très
réduits, ne font nullement saillie. A côté de cet exemplaire, sans doute
pris à très haute altitude, on trouve dans les matériaux recueillis par
Raffray tous les passages jusqu’à de grands individus à lobes prothora¬
ciques plus saillants et élytres plus larges que le pronotum.
L’apex de l’organe copulateur (fig. 104) est fortement coudé à droite,
atténué au sommet; le ligule est fortement crochu à son extrémité (fig. 105).
Abyssinie. Choa : bordure du plateau abyssin depuis le mont Abuna Yusef
au nord, jusqu’à l’Albi Mieda, au sud, do 3.800 à 4.000 m. (A. Raffr,ay .
3. Orinodromus (Carabophanus) Gestroi Rreuning
C. Gestroi Breuning, 1928, Wiener ent. Ztg-., XLIV, p. 127 ; type : entre Baddilù et
Dimé (Mus. Gênes).
Ce Carabophanus aurait la même coloration que le Raffra yi et n'en dill'é-
rerait guère, semble-t-il, que par les angles postérieurs du pronotum moins
effacés, les épaules des élytres plus saillantes, le disque marqué d’une forte
dépression longitudinale près de la suture. La forme générale, et en parti¬
culier celle, ovale, des élytres, rappellerait plutôt le C. Anlinorii (jiie le
C. Raffrayi.
Comme C. Gestroi occupe le mont Chillàlo, au sud de la dépression de
l’Aouache qui l’isole du Choa, il semble bien qu’il soit une forme représen¬
tative du C. Antinorii.
Abyssinie. Arussi : « entre Radditù et Dimé » (Bottego, 1890); mont Chil¬
làlo, dans les prairies supérieures, vers 4.000 m. (H. Scott).
La provenance exacte du type est restée inconnue à Brecmxo (1928).
J’ai pu cependant la découvrir en examinant l’itinéraire du caj)itaine
V. Boïtkgo en 1896, d’après les indications données par les différents
auteurs qui ont publié les résultats de ce voyage [Ann. Mus. cio. St. nat.
Genova, 1898).
LES CALOSOMES
145
Venant de l’Ogaden, Bottego a dû séjourner à Baddéi, au sud de Ilarrar
et faire étapes de Baddéi à Dimé, à travers le pays Arussi, pendant les mois
do juin et de juillet. Puis il est allé on août-septembre, de Dimé jusqu’au lac
« Bass Narok » flac Rodolphe). « Dimé » est donc le pays montagneux qui
Fig. 103 à 115. — Gon. Orinodromus Kolbe, organe co|Hilateur inàle de profil (X l"-)» par-
lie apicale du pénis, face dorsale, avec le ligule ex.serli (X 10), et ligules plus grossis
(X 311). — Fig. 103. O. (Carnbophnnm) Antinorii Gestro, du Scioa. — Fig. 101 et 105. O.
(Carabii/thanus) Rn/frayi Fairni., de l’.tbuna-Yusef. — Fig. 105 à 108. O. {lilgunoriles) elgo-
nensis Alinderi Ureun., de l’Elgon. — Fig 100 à 111. O. (s. str.) Xeumanni Kolbe, do
l’irangi.— Fig. 112 et 113. O. (s. .str.) Deckeni Gerslneckeri Kolbe, du Kilimandjaro.
— Fig. 111 et 115. O. (s. str.) glacmlin- Kolbe, du Kilimandjaro.
forme la partie méridionale des hauts massifs du Gughe et domine la basse
vaflée do l’Omo. loutre Baddéi et « Dimé », l’explorateur a côtoyé le mont
Chillàlo, d’où vient sans doute son Calosome.
4. Orinodromus (Carabophanus) Arrowi Breuning
C. Arroo'f Breuning, 1928, Kol. Rundsch, XIV^, p. 9i: type ; Abyssinie? (Brit. Mus.).
Le seul exemplaire connu est une femelle. Les élytres portent une dépres¬
sion juxtasuturale, comme chez Anlinorii et Gestroi. Les élytres sont dépig-
.MÉMOIIIKS DU .MUSÉU.V, NOUVELLE SÉRIE, TOME .XIII. 10
140
K. JKANXEI.
mentés, d’un rougeâtre métallique, sans doute comme chez les Orinodromus
Neumanni et les Carcibomorphus à sculpture liomodyname; la couleur
noire subsiste cependant sur la j)onctuation des stries.
Abyssinie. La provenance exacte est inconnue.
5. Orinodromus (Elgonorites' kenyensis Itreuning
PL V, fig. 4
Calosoma brachycerum, var. Aemyense Breuning, 1928, Kol. Ruiidseli., XIV, p. 93:
type ; mont Elgoii (coll. Brouning •< coll. Vogt).
Long. 15 à 20 mm. Pronotum toujours large, à lobes postérieurs largement
arrondis. Élytres amples, déprimés, à épaules bien saillantes, la sculpture
toujours visible quoique fine, formée par 15 côtes bomodynames, bien
visibles; stries ponctuées.
Chez les grands individus, la surface de l'élytre est unie, faiblement
convexe. Mais elle devient cabossée, comme martelée, chez les petits
exemplaires.
Organe copulateur semblable à celui de l’espèce suivante (fig. 10(5 à 108).
Kenya Colony. Mont Elgon, versant oriental, prairies à Bruyères de la
zone alpine, vers 3.500 m. (Mission de l’Omo, janv. 1933, st. 18). Paraît
bien plus rare ([ue l’espèce suivante.
6. Orinodromus (Elgonoritesi elgonensis Burgeon
PL VII, fig. 6
Carabomorp/ius elgonensis Burgeon, 1928, Rev. Zool. Bot. Afr., XV, p. 432; ty[)e :
mont Elgon (Mus. Tervueren).
Subsp. elgonensis, s. str. — Mont Elgon, versant oriental.
Var. Alinderi Breuning, 1928, Kol. Rnndsch., XIV, p. 91; type; mont Elgon,
versant oriental.
Subsp. nudleatus, nov. ; type ; L'g'anda : mont Elgon, versant occidental
(Brit. Mus.).
Fig. 100 à 108. —• Bien différent du précédent par la forme de son prono¬
tum et la sculpture de l’élytre. Un doute doit cependant subsister au sujet de
la validité des deux formes. Files cohabitent, il est vrai; mais il n’existe pas
do différence appréciable dans leurs organes copulateurs. On est en droit de
se demander si VO. kenyensis, toujours beaucoup plus rare, n’est jîas une
mutation atavique, à éléments sculpturaux de l’élytre conservés, qui apparaî¬
trait çà et là dans l’espèce elgonensis, en période de variation active.
Taille variable, de 10 à 18 mm. Pronotum toujours bien rétréci en arrière,
à lobes étroits et côtés rectilignes, ou même sinués dans leur partie posté¬
rieure. Sculpture de l'élytre toujours fine, formée par trois côtes lisses (pri¬
maires) entre lesquelles la surface correspondant aux intermédiaires est
ponctuée sans ordre; pas trace des côtes secondaires et tertiaires.
LES C'AI.OSO.MES 117
Organe copulateiir (iîg. 106 et 107) arqué, l’apex fortement infléchi à droite;
ligule (fig. 108) long, subparallèle, à sommet mousse, sa pointe simple et
crochue, peu saillante.
Tandis que VO. kenyensis n’est connu que du versant oriental, \'0. elgo-
ne/isis paraît occuper tout le pourtour du cratère de l’Elgon.
Ij’O. elgonensis, s. str., occupe le versant oriental. Les exemplaires
ty})iqucs sont de grande taille, à éh'trcs [iresque unis. Avec eux, et bien plus
fréquents, se prennent des individus dont la surface des élytres est cabossée,
comme martelée (var. Alinderi Breun.).
D’autre part, le British Muséum m’a communi([ué une série d'exemplaires
provenant du versant occidental de l’Elgon, dans l’Uganda. Il s’agit certai¬
nement d’une sous-espèce caractérisée par rcffacement considérable des
épaules, le cabossage accentué des élytres et une très petite taille
(subsp. mallealus, nov.).
Comme on sait que le cratère de l’Elgon a plus de 16 kilomètres de tour,
et qu’il est bien probable que des Elgonorites doivent en occuper toute la
périphérie, il faut s’attendre à ce (jue l’espèce elgonensis, soit représentée
par un plus grand nombre do races.
Les deux actuellement connues occupent les localités suivantes :
a. Subsp. elgonensis, s. str. — Kenya Colony. Mont Elgon, versant orien¬
tal, prairies à Bruyères do la zone alpine, entre 8.500 et 3.800 m. (Mission de
rOmo, janv. 1033, st. 18).
b. Subsp. inalleatus, nov. — Uganda. Mont Elgon, versant occidental,
prairies de Bulambuli (G. W. E. Forster; E. G. Gibbons, 6 juin 1932);
Mudangi, 3.700 m. fJ. Ford).
7. Orinodromus ,s. str.) Neumanni Kolbe
O. Neumanni Kolbe, 1895, Sitz. Ges. Xat. Fr. Berlin, p. fiO; type; mont Gurui
(Zool. Mus. Berlin). — brachycerus subsp. Neumanni Breuning, 1928, “Wien. eut.
Ztg., XLFV, p. 132. — africanus Csiki, 1916, Ann. Mus. Nat. Hung., XIV,
p. 122; type ; Moschi (err.) (Mus. Budapest).
Fig. 109 à 111. — Petite espèce aptère, présentant l’aspect général et la
sculj)ture des Carabomorplias.
Long. 15 à 18 mm. Noir avec les élytres rougeâtres, un j)eu métalliques,
les cotés du pronotum à reflets verdâtres. Pronotum à peine transverse,
rétréci à la base, les cotés nettement sinués en arrière, les fossettes basales
profondes et arrondies.
Elytres courts et convexes, très obtusément arrondis au sommet, les
épaules très saillantes. Sculpture triploïde bomodyname, tous les éléments
saillants et égaux, bien tracés jusqu’à la base, non effacés sur le pédoncule
de l’élytre. Stries nettes et ponctuées. Les primaires interrompus par quelques
points concolores dans la moitié apicale.
118
K. .IEANN’i;i.
Organe copulateur (fig. 109j petit, non hypertrophié, de mémo type et de
même taille que chez les autres Ori/todromim, dilïérent par conséquent de
celui des Carahomorphus. La longueur de l’organe ne dépasse pas le tiers
de la longueur d’un élytre. Le jiénis est régulièrement arqué, de coupe cylin¬
drique, peu à peu épaissi dans sa moitié apicale, mais sans aplatissement.
L’apex forme une lame courte et obtuse, un peu infléchie à droite. Ligule do
même type que chez l’O. Deckeni (fig. 111).
Fanganijika Terrüoi'y. Région de l’Irangi : montGurui, ait. 3.200 m. env.
Cité à tort de Moschi, qui se trouve dans la zone inférieure du Kiliman¬
djaro. Je l’ai vu encore étiqueté « Dar-es-Salam ». En réalité il est localisé
dans le massif de l’Irangi, à 200 km. environ au sud-ouest du Kilimandjaro.
8. Orinodromus (s. str.) Deckeni Gerstaeker
PL V, fig. 2 et 9
Carabus Deckeni Gerstaecker, 1867, Arch. Naturg., XXXIII, 1, p. 10; type : Kili¬
mandjaro (Zool. Mus. Berlin). — Orinodromus Deckeni, Alhiaud, 1017, Ann. Soc.
ent. Fr., p. 8t. — Breuning, 1928, Wiener ent. Ztg., XLIV', p. 137 (Carabomor-
phus).
Var. nigripennis Kolbe, 189.6, Silz. Ges. nat. Fr. Berlin, p. 64; type : Kili¬
mandjaro, 3.500 m. (Zool. Mus. Berlin].
4Mr. GerstoecAerf Kolbe, 1895, 1. c., p. 64; type ; Kilimandjaro (Zool. Mus.
Berlin).
Var. Alluaudi \io\he, 1905, Zool. Jahrb., Suppl. VIII, p. 593, note 62; type:
Kilimandjaro (Zool. Mus. Berlin). — Âlluaudae Alluaud, 1908, Ann. Soc. ent,
Fr., p. 24; type : Kilimandjaro Mus. Paris).
Fig. 112 et 113. — La coloration jaune du pronotum de cette espèce est
caractéristique. Mais la taille des individus est variable, ainsi que la sculp¬
ture et la coloration des élytres. Le pronotum est moins rétréci à la base,
les élytres moins étroits en avant que chez l’éJ. glacialin.
Organe coj)ulateur (fig. 112) à partie apicale peu dilatée, l'apex petit,
mousse, incliné du coté droit. Ligule épais, subparallèle, terminé par une
lame crochue et nettement bilobée (fig. 113).
Les diverses variations suivantes se trouvent mêlées dans les mêmes
colonies :
1. Stries des élytres bien visibles. Taille plus grande (15 à 18 mm.). 2.
— Stries très effacées, les élytres presque lisses. Taille réduite (12 à
15 mm.). 3.
2. Elytres bruns. var. Deckeni, s. str.
— Elytres noirs. var. nigripennis Kolbe.
3. Elytres noirs. var. Gerstaeckeri Ko\he.
— Élytres jaunes. var. Alhiaudi Kolbe.
Tanganyika Territory. Mont Kilimandjaro, prairies découvertes de la
zone alpine, entre 2.800 et 3.500 m., sur le versant du sud-est.
I.ES CAI.OSOMES
149
r>a forme Alluaudi est commune au pied des touffes de gazon, vers
2.800 m. d'alt., immédiatement au sortir de la forêt, au-dessus de Kiléma,
dans la vaste prairie qui s’étend jusqu’au pied du cône volcanique annexe
du Kifiniko (Ch. Alluaud, janv. 1904).
9. Orinodromus (s. str.) glacialis Kolbe
PI. y, lig. 0
O. glacialis ]\olbe, 1905, Zool. .lalirb., Suppl. VIII, p. 593, note 02; type : Kili¬
mandjaro, 4.000 ni. (Zool. Mus. Berlin). — glacialis Alluaud, 1908, Ann. Soc.
eut. Fr., p. 24; type ; Kilimandjaro, 4.000 m. (Mus. Paris).
Fig. 114 et 115. — Entièrement noir. Pronotum plus étroit à la base;
élytres à sculpture tout à fait effacée.
Organe copulateur (fig. 114) avec l’apex plus épais, plus obtus; ligule plus
large, surtout au sommet, sa partie crochue non bilobéo (fig. 115).
Aucun passage ne s’observe entre les O. Deckeni et O. glacialis, ce
dernier étant d’ailleurs tout à fait isolé dans une station d’altitude élevée,
à la limite supérieure de la végétation. Alors que VO. Deckeni vit en prairie,
\'0. glacialis habite des amoncellements de pierrailles, sans végétation
herbacée, sur le front d’un glacier.
Tanganyika Territory. Mont Kilimandjaro : sous les pierres, au pied
du glacier sud-ouest du Kibo, vers 4.000 m., dans la zone des Helichrysum
et des Senecio géants (Ch. Alluaud, févr. 1904).
10. Orinodromus (s. str.) Volkensi Kolbe
O. Volkensi Kolbe, 1895, Sitz. Gcs. nat. Fr., Berl., p. 65; type : Kilimandjaro
(Zool. Mus. Berlin).
Ressemble au glacialis, mais avec deux taches jaunes soufre sur les
élytres. Kolbe l’indique comme pris dans la « zone inférieure, entre 750 et
1.100 m. », ce qui est certainement inexact. Comme le suppose Alluaud
(1917, Ann. Soc. ent. Fr., p. 82), le D'' Volkens a dû recueillir cet Orino-
dronius à très haute altitude, à la base des glaciers du Kibo, mais sur
un autre versant que celui occupé par l’él. glacialis. Peut-être provient-il
du versant nord.
12. Gen. CARABOMORPHUS Kolbe
Carabomorplius Kolbe, 1895, Sitz. Ges. nat. Fr. Berlin, p. 57; type : bracliycerus
Gerst. — Alluaud, 1917, Bull. Soc. ent. Fr., p. 281.
Ce genre est strictement caractérisé par la forme très particulière du
ligule de son organe copulateur. Voisin à'Orinodromus, et sans doute de
150
1!. .lEAXNEI.
m('me origine, il présente les mêmes caractères évolutifs en rapport avec
l’aptérisme : mandibules lisses, réduction et clïacement de la ponctuation
des métépisternes, etïacement de la crénulation des bords huméraux de
l'élytre, etc. ^lais la sculpture évolue tout dilïéremment.
Dans le genre Orinodromits, on a vu la sculpture triploïde et liomody-
name, formée de 16 stries et 15 éléments égaux, de lYh ISenmanni, s'effacer
et produire des types lisses suivant des ortliogénèses différentes dans chaque
sous-genre. Dans le genre Carabomorphus on retrouve exactement le
même type primitif, homodyname, que celui à'ü. Neiimanni, chez les
espèces de basse altitude, comme C. brachycernts et C. jiiasaicus. Mais dans
les lignées de haute altitude, on assiste à une évolution hétérodyname de la
sculpture qui produit les types caténulés et foraminés, décrits plus haut,
et reproduit très exactement la sculpture de certains Carabus.
Dans l'ensemble, la taille des Carabomorphus est plus grande que celle
des Orinodromus. La petite taille de VO. Neumanni, type primitif, indique
bien que la différence de taille dans les deux genres doit être héritée
de leurs souches.
Mésotibias des mâles droits, sans brosses. Protarses mâles avec le quatrième
article glabre en dessous.
Soie prothoracique postérieure toujours présente, comme chez les
Caniinara] les lobes prothoraciques accusés. Soies gulaires constantes, les
labiales en régression, souvent caduques. Pas de soie métatrochantérienne.
Organe copulatcur (lig. 116 à 125j de taille toujours énorme, aussi long
que les deux tiei's de la longueur d’un élytre. Un grand allongement do
l’organe copulateur s’observe aussi chez les Carabes. Dans cet allongement
c’est la partie basale qui prend la plus grande part, la partie apicale occupée
j)ar l’orifice apical n'étant pas notablement agrandie.
Chez les diverses cs))èces de Carabomorphus, des différences ont apparu
dans l'épaississement ou l'aplatissement du corps pénien, ainsi que dans
la forme de l’apex. Le ligule, toujours très volumineux et très long, se
termine par un renflement ayant vaguement une ressemblance avec un
cimier de casque (fig. 117 et 118).
Les Carabomorphus occupent toute la zone montagneuse formée par
les deux rebords du Rift Valley dans la Colonie du Kénya. Us vivent ordinai¬
rement à plus basse altitude que les Orinodromus, aussi leurs espèces
ont-elles des aires géographiques plus étendues.
En raison de leur grande variabilité de sculpture, les espèces de Carabo-
morphus sont difficiles à séparer autrement que par les caractères de leurs
organes copulateurs. L’apex faisant généralement saillie au dehors, à cause
de la longueur démesurée de l’organe, chez les exemplaires de collection,
la détermination des espèces s’en trouvera facilitée.
Ll'S CAI.OSÜMES
Tableau des espèces
1. liléments striaux de l’élytrc bien visibles jusqu'à la base, même sur
le pédoncule. Pénis de coupe cylindrique, non aplati, grêle à la
base et épaissi dans sa fiartie apicale seulement (fig. 117), l’apex en
lame courte et à sommet mousse. Idgule reiillé, le cimier apical
terminé en bec largement aplati (fig. 118). Pronotum très transverse,
peu rétréci en arrière, scs cotés subrectilignes dans la partie
postérieure. Plytres rougeâtres, atténués au sommet, la sculpture
fine, à éléments liomodynames, les stries profondes, fortement
ponctuées, les primaires irrégulièrement interrompus. Long. 22 à
28 mm. (Kilimandjaro et Méru, zone inférieure, de 1.000 à 2.400 m.).
. 1. brachycerus Gerst.
— Eléments striaux de l’élytrc elïacés sur le pédoncule basal. Pénis
variable, mais le ligule terminé par une sorte de cimier régulier,
avec un bec obtus, étroit, non élargi (fig. 120 et 124). 2.
2. Apex de l’organe copulateur en forme de lame courte, oblique, à
sommet mousse (fig. 119 à 122). Pénis de coupe ovalaire, fortement
élargi et aj)lati dorso-ventralcment dans sa moitié apicale (fig. 119
à 122). Ligule à cimier plus épais et plus brièvement recourbé
(fig. 120:. Espèce très variable, à sculpture passant du type homo-
dyname aux types caténulés et foraminés dans les hautes altitudes.
Long. 22 à 30 mm. (Rift Valley et ses deux bordures orientale et
occidentale'. 2, masaicus Ail.
a. Ely très à éléments sculpturaux fins et nombreux (16 stries),
les tertiaires toujours bien développés. Pronotum relati¬
vement petit et rétréci en arrière. Grande taille, de 25 à
30 mm. b.
— Elytres a éléments liétérodynames, par disparition des
tertiaires : types caténulés et foraminés. d.
h. Les tertiaires moins élevés que les secondaires, les pri¬
maires irrégulièrement et peu interrompus. (Xaivasha et
Kijabéi. var. alternans, nov.
— Les tertiaires aussi élevés que les secondaires. c.
c. Primaires avec quelques interruptions seulement dans la
partie apicale. (Riff Valley et Kikuyu escarpment).
. subsp. masaicus, s. str.
— Primaires avec de nombreuses interruptions dans toute
leur longueur, produisant de nombreux cliaînons. (Kikuyu
escarpment, 2.600 m.). subsp. Joannae K\\.
d. Eléments sculpturaux confus, les chaînons et les côtes
tendent à se réunir; les stries se comblent et s’effacent,
leur ponctuation irrégulièrement dispersée (type fora-
152
K. JEANNE!.
miné). Pronolum relativement large et transverse, j)cu
rétréci en arrière. Long. 20 à 25 mm. (Région alpine du
Kinangop, 3.000 m.). subsp. Jeanneli KW.
— Éléments sculpturaux bien séparés ])ar des stries pro¬
fondes et jionctuées (type caténulé). e.
e. Tertiaires plus ou moins conservés entre les lignes de
chaînons et les côtes. Elytres larges et courts. (Elgeyo
escarpment : mont Cherangani, 3.000 m.). • .
.. subsp. cherangani, nov.
— Tertiaires totalement disparus. f.
f . Pronotum très transversc, à côtés bien arqués en arrière
et fossettes profondes. Côtes et chaînons mal limités,
tendant à se réunir. Elytres allongés. I.ong. 22 à 25 mm
(Mau escarjmient, 3.000 m.). subsp. Chappuisi, nov.
— Pronotum relativement petit et rétréci à la base, à côtés
peu arqués en arrière. Côtes et chaînons nets, bien
séparés par des stries profondes. Long. 20 à 25 mm.
(Prairies du Kinogop plateau, en dessous de la forêt do
LAberdare, versant occidental, 2.400 à 2.600 m.).
. subsp. Alluaudi .loann.
— Apex de l'organe copulatour en pointe conique et aiguë, j)lus ou
moins incurvée (lig. 123, 125). Ligule à partie apicale comprimée, le
cimier en long bourrelet très arqué et terminé par une petite
apophyse étroite (lig. 124). 3.
3. Pénis de coupe cylindrique, non aplati, dilaté seulement dans sa
partie apicale, de même forme que chez hrachycerus (fig. 125i.
Pronotum large, transverse, peu rétréci en arrière, ses côtés bien
arrondis dans la moitié postérieure, les fossettes basales très
profondes. Elytres à sculpture variable, jjassant du type homo-
dyname au caténulé et au foraminé, comme chez inasaicus. Long. 22
à 30 mm. (Mont Kénya, vei’sant oriental). 4. catenatus Roeschke.
a. Sculpture de type homodyname, à 16 stries, les 15 élé¬
ments égaux, les primaires avec de nombreuses interrup¬
tions sur toute leur longueur. Grande taille. (Kénya,
zone inférieure). subsp. meruensis, nov.
— Sculpture évoluée, les tertiaires en régression. b.
b. Primaires en chaînons, secondaires en côtes, tertiaires
réduits à des vestiges; les éléments nettement séparés
par des stries régulièrement ponctuées (type caténulé
pur . (Kénya nord-est, zone alpine).
. subsp. catenatus, s. str.
— Primaires en chaînons et secondaires en côtes, plus ou
moins fusionnés par dessus les stries qui sont inter-
LUS CALOSO.MES
15:!
rompues (type caténulé évoluant vers le foraminé .
Kénya nord-est, zone alpine]. subsp. A'o/6« Roesclike.
— Primaires et secondaires entièrement fusionnés et ne lais¬
sant subsister que de larges trous sur les interruptions
des primaires (type foraminé). (Kénya nord-est, zone
alpine'. subsp. Roeschke.
•— Pénis de coupe ovalaire, fortement aplati dorso-ventralement, comme
chez masaicus (fig. Pronotum large et transversc, peu rétréci
à la base, ses fossettes basales très profondes. Élytres à sculpture
homodyname, fine, à 16 éléments égaux, bien séparés par 16 stries
régulièrement ponctuées, les primaires avec des interruptions peu
nombreuses. Angles huméraux des élytres plus ciïacés que chez
masaicus. Long. 20 à 25 mm. (Mont Kénya, versant occidental,
zone inférieure). 3. kenyicola n. sp.
Comme on le voit, les divers Carahonioi-phus connus sont ici groupés
dans quatre espèces, nettement séparées par les caractères de leur organe
copulateur et occupant chacune une zone montagneuse bien détinie :
brachycerus : le Kilimandjaro;
masaicus : le Rift Valley et ses deux escarpments.
kenyicola : le mont Kénya, versant occidental.
catenatus : le mont Kénya, versant oriental.
Deux de ces espèces, rcjiréscntées seulement dans la zone inférieure
des massifs montagneux, au dessous des forêts, ont gardé la sculpture
primitive, fine, à éléments honiodynames. Les deux autres espèces, c’est-
à-dire masaicus dans le Rift Valley, calenatus sur le versant oriental du
Kénya, se sont élevées à haute altitude et ont donné, toutes deux, des
séries de races spécialisées, à sculpture d'autant plus évoluée que l'habitat
est plus élevé. On peut suivre très exactement chez masaicus la succes¬
sion des stades de cette orthogénèse (pii se répète chez catenatus avec un
parallélisme remarquable.
1. Carabomorphus brachycerus Gerstaeker
PL VI, tig. 7
C. hrachycerus Gerstaecker, 1884, Jahrosb. wiss. Anst. Haniburg, p. 't'A (Carabus)-,
type : Kilimandjaro (Zool. Mus. Berlin). — Alluaud, 1917, Ann. Soc, eut. Fr.,
p. 80. — .leannel, 192.5, Areh, Zool. exp., 64, pl. n, fig. /'. — Breuning-, 1928,
Wiener ont. Ztg'., XLIV, p. 182. — Katonne Csiki, 1907, Ann. Mus. nat. Hung.,
V, [). 98; type : mont Méru (Mus. Budapest).
Fig. 116 à 118. — Long. 23 à 26 mm. Espèce bien tranchée, spéciale
au pied des deux massifs du Kilimandjaro et du Méru. Bheuning lui
rattache comme sous-espèces tous les Carabomorphus connus. En réalité
151
K. .Il-AN.NEI.
les caractères sexuels démontrent que le brachycerits est très isolé; la
forme de son ligule est très particulière.
Chez bracht/cerus, le pronotum est ample, une fois et demie aussi large
<pie long, peu rétréci à sa base, avec les cotés presque rectilignes dans leur
moitié postérieure. Les élytres, longs et convexes, atténués au sommet, ont
Fig. 11(1 à Un.— Gen. Carubiim'ir/ihuii Kolbe, organe copulateiir niàli', de profil (X 10),
piartie apicale du [lénis, face dorsale (X 10) et sommet du ligule (X 00). — Fig. 110
à 118. f.'. hrachycerus (lerst., du Kilimandjaro. — Fig. 110. miisaicu.i AU., de Naivasha.
les épaules saillantes et la sculpture nette, non effacée sur le pédoncule
basal, alors qu’elle s’efface sur le pédoncule chez les trois autres espèces
du genre.
La sculpture est fine, nette, formée par 15 éléments bomodynames séparés
par K) stries ponctuées; les primaires avec ipiclques rares interruptions
dans la partie apicale seulement.
Organe copulateur (tig. 116 et 117) très long, arqué, grêle et de coupe
cylindrique dans toute sa partie basale et moyenne, peu à peu épaissi dans
le tiers apical, mais non aplati. Apex du pénis en lame courte, inclinée à
droite, obtuse au sommet. Ligule très grand (fig. 118 , renflé, terminé jfar
I,ES C'ALOSÜMES
155
un fort bourrelet arrondi, en forme de cimier de casque, dont la pointe
recourbée est largement aplatie et dilatée.
Cette forme du ligule, celle de l’apex et du pénis, s’ajoutent au non
effacement des éléments striaux sur le pédoncule de l’élytre pour isoler
nettement l’espèce brachycerus ùu masaicus -, d’ailleurs Cli. Alluaud (1912,
Bull. Fr., p. 282) les avait déjà séparés avec juste raison.
On ne connaît jusqu’à présent aucune race de type sculptural évolué de
cette espèce.
Tanganyika Territory. Mont Kilimandjaro : zone inférieure et lisière
inférieure des forêts au dessus de Marangu, de Kiléma et de Moshi, entre
1.000 et 2.400 m. (Ch. Alluaud). Mont ^léru, au-dessus d’Arusha, dans la
zone intérieure (Katona).
2. Carabomorphus masaicus Alluaud
l’I. VI, fig. 1-6 et 8-9
C. masaicus Alluaud, 1912, Bull. Soc, ent. Fr., p. 282; type : Kijabé (Mus. Parisi.
— cu^ena^KsJeaimel, 1925,Arcli./jool.exp., 64,pl.iet ii (uec catenatus Roeschke).
Forma typica : musafcMs Alluaud, 1917, Ann. Soc. ent. Fr., p. 80. — catenatus
subsp. masaicus Jeannel, 1925, 1. c., pl. it, lig. g et h.
Var. alternons, nov. ; type : Kijabé (Mus. Paris).
Subsp. .foannae Alluaud., 1912, I. c., p. 283; type : Kijabé, forêt(Mus. Paris). —
Jeannel, 1925, 1. c., |)l. ii, lig. k.
Subsp. Chappuisi, nov. ; type : Molo (Prit. Mus,).
Subsp. cherangani, nov.; type : Chip Clierangani (Mus. Paris).
Subsp. AUuaudi Jeannel, 1912, Bull. Soc. ent. Fr., p. 279; type ; prairies
inférieures de l’Aberdare (.Mus. Paris). — catenatus Alluaud. 1917, 1. c., p. 79
(nec Roeschke). — Jeannel, 1925, 1. c., pl. i, lig'. « et b. — pseudocatenatus
Breuning, 1934, Fol. zool. et hydrobiol., VI, p. 39.
Subsp. .feanneli Alluaud, 1912, Bull. Soc. ent. Fr., p. 283; type : prairies
supérieures de l’Aberdare (.Mus. Paris). — Kolbi Alluaud, 1917, Ann. Soc. ent.
Fr., p. 80 (nec Roeschke). — Jeannel, 1925, 1. c.,])l. i, fig. cet d. — Bastineïleri
Alluaud, 1917, 1. c., p. 80 (nec Roeschke). — Jeannel, 1925, 1. c., pl. i, fig. e.
Une confusion s’est établie jusqu’à ce jour entre les formes évoluées du
masaicus de l’Aberdare [AUuaudi et Jeanneli] et celles du catenatus du
mont Kénya, décrites par Roeschke. Trompés par leurs évolutions parallèles,
Alluaud, moi-même, puis Biieuxing dans sa monographie, nous avions cru
pouvoir assurer que les types des catenatus, Kolbi et Bastineïleri de
Roeschke devaient avoir été capturés dans l’Aberdare et non sur le mont
Kénya (Alluaud, 1917. Fr., p. 79, note). Or l’examen d’exemplaires
appartenant au Britisli Muséum, et ceux-ci indubitablement pris sur le mont
Kénya, me donne la preuve de l’existence du catenatus véritable, bien
différent des formes parallèles du masaicus par la structure de son organe
K. JEANNE!.
lOll
copulateur. ])'où la synonymie un j)eu compliquée des formes Jeanneli et
Alluaudi.
D’autre part Breuxinc, réunissant dans un même genre les Orinodromus
et Cavahomorphus, a changé en pseiidocatenalusXe nom A'Alluaudi Jeann.,
parce qu'il existait un Orinodromus Alluaudi Kolbe, plus ancien. Je crois
avoir suffisamment démontré l'indépendance des deux genres, pour être en
droit de maintenir la validité du Carabomorphus Alluaudi.
Fig. 119 à 122. — Espèce bien séparée du hrachycerus par reffacement
des éléments sculpturaux sur le pédoncule de l’élytre, parla forme du pénis,
à corps large, de coupe ovalaire, aplati dorso-ventralement, enfin par la
structure du ligule ifig. 120).
C. masaicus est représenté par une série de races plus ou moins évoluées ;
leur multiplicité s’explique par le fait que l’espèce a pour habitat cette
curieuse région du Rif't Valley, dans la Colonie du Kénya. Elle occupe le
fond de ce grand fossé tectonique et ses colonies se sont élevées de part et
d’autre, sur les deux rangées d’escarpements qui le limitent à l’est et à
l’ouest, de sorte qu’il a pu se produire des races non seulement isolées
géographiquement, mais d’autant plus différenciées qu elles ont pu atteindre
des altitudes plus élevées.
Kenya Colony. Fond du Rift Valley, depuis le lac Rodolphe jusqu'aux
déserts du Sérenghéti; bordure occidentale : Elgeyo et Mau escarpments;
bordure orientale ; chaîne de l'Aberdare et Kikuyu escarj)ment.
a. Subsp. masaicus, s. str. (forme à sculpture fine). — Fond du Rift
Valley : Njoro, près de Nakuru, ait. 1.800 m. (T. J. Anderson, Brit. Mus.);
El Donyo Burru, hauteur du fond du Rift Valley, au nord du lac de Naivasha
(C. S. Bettoii, une femellede taille géante, Brit. Mus.) ; Naivasha, ait. 1.900 ni.
(Ch. Alluaud 1904, Ch. Alluaud et R. Jcannel 1911, st. 14). — Kikuvu
escarpment : Kijabé, ait. 2.100 m. (Ch. Alluaud et R. Jeannel 1912, st. 58 ;
Escarpment, prairies sèches et exposées en jiermancnce à un vent violent au
sommet du Kikuyu escarpment, ait. 2.300 m. (P. A. Chappuis et R. Jeannel,
Miss, de l’Onio, st. 4 et 52).
Comme on le voit la forme typique occupe le fond du Rift Valley et s’élève
sur le Kikuyu escarpment, à l’est.
h. Var. allernans, nov. — Variation individuelle hétérodyname, ipii se
produit dans les colonies de forme typique, à Kijabé et à Naivasha.
c. Subsp. Joannae Ail. (forme à sculpture fine, mais avec des chaînons
primaires bien développés). — Kikuyu escarpment : forêt de Kijabé, ait.
2.600 m., sur la route qui monte à l'Aberdare, un mâle iCh. Alluaud et
R. Jeannel 1912, st. 58).
d. Subsp. Chappuisi, nov. type caténulé). — Mau escarpment : Molo,
ait. 2.470 m. (T. J. Anderson, 19 janv. 1912, plusieurs exemplaires, Brit.
Mus. et Mus. Paris).
e. Subsp. cherangani, nov. (type caténulé). — Elgeyo escarpment : Cbip
Clierangani, ait. 3.500 in., plusieurs paires d’élytres recueillis sous les
LES CALÜSÜMES
1Ô7
pierres dans les prairies du sommet de la montagne, le 15 mars 1933
i P. A. Cliappuis et R. Jeannel, Miss. del’Omo, st. 32). Malgré de patientes
recherches, aucun individu vivant n’a pu être trouvé à cette époque.
La race cherangani est bien distincte par la foimic courte et obtuse de ses
élytres. Sa sculpture est intermédiaire entre celle du Joannae et celle des
Chappuisi et Alluaudi', il persiste en elïet toujours des traces plus ou moins
Fig. 120 à 125. — Gen. Carabomorphus Kolbe, partie apicale du pénis, face dorsale, avec
le ligule c.xscrti (X 10) et sommet du ligule (X 30). — Fig. 120. C. masaicm Aliuaudi
Jeann., de l’Aberdare. — Fig. 121. C. masaicus Jeanncii AIL, de l’Aberdare. — Fig. 122.
C- masaicus Chappuisi, nov, du Mau escarpment. — Fig. 123 et 124. C. kenyicola, n.
sp., du Laikipia. — Fig, 125. C. catenalus Roesohke, du mont Kenya.
nettes des tertiaires; quelquefois les tertiaires sont encore presque aussi
saillants que les secondaires, quoique plus étroits.
f. Subsp. Aliuaudi Jeannel (type caténulé). — Chaîne de l’Aberdare,
versant du Riît Valley (occidental) : prairies du Kinogop plateau et lisière
inférieure de la forêt, entre 2.500 et 2.700 m., très abondant en lévrier 1912
(Ch. Alluaud et R. Jeannel, st. 57), plus rare en février 1933 (P. A. Cliappuis
et R. Jeannel, Miss, de l’Omo, st. 45).
g. Subsp. Jeanneli A\\. (type foraminé). — Chaîne de l’Aberdare : prairies
alpines à Lobélies, au-dessus de la forêt do Rambous, ait. 3.000 à 3.200 m.
( Ch. Alluaud et R. Jeannel, st. 55). Les premiers exemjdaires ont été trouvés
1. Et non • Kinangop plateau », comme il est é'crit par erreur dans la « Liste des Stations »
de la Mission de l’Omo. On appelle encore ces prairies les « Naivasha plains ».
15S
U. je.4NNi:l
le long de la piste qui franchit l’Abcrdarc, rongeant les débris de canne .à
sucre crachés par les porteurs au cours du « safari ». Les mêmes porteurs
Kikuyus, intéressés à la capture du Carabomorphus par la promesse de
(juclques « cents », eurent tôt fait d’en dénicher plus d’une centaine au pied
des touffes de Graminées i tussocksi.
La race Jeanneli j)lusévoluée, toujours de coloration foncée, presque
noire, avec le j)ronotum proportionnellement ample, les élytres étroits. Ce
n’est pas la race qui atteint la j)lus haute altitude, puisque cherangani est à
3.500 m., alors ([uc Jeanneli na dépasse guère 3.200 m. Mais le haut degré
d’évolution de celle-ci s'explique i)arce qu’elle vit dans des prairies particu¬
lièrement humides.
Les types caténulés semblent bien pro[)rcs aux prairies sèches, quelle que
soit leur altitude [Alluaudi 2.600 m., Chappuisi 2.450 m., cherangani
3.500 m.'; il est même remarquable que de ces trois races la moins évoluée,
celle qui conserve des traces des tertiaires, est précisément le cherangani
qui vit au dessus de 3.000 m., mais sur des pentes j)ierreuses, |)eu gazonnées
et particulièrement sèches. Par contre le type foraminé Jeanneli habite des
prairies de tussocks, souvent marécageuses, très comparables à celles de la
région alpine du mont Kénya. iN'ul doute que les races Bastinelleri et Kolbi
du C. catenatus occuj)cnt sur le Kénya des prairies à tussocks et Lohélies,
semblables à celles de la zone alpine de l’Aberdare.
3. Carabomorphus kenyicola, n. sp.
Type : prairies entre les rivières Amhoni et Narémuru (Mus. Paris).
Fig. 123 et 124. — Long. 20 à 25 mm. Espèce présentant l’aspect du
tnasaicus, forme typique, avec le même contour du pronotum et le même
eiïacement des éléments striaux de l'élytre sur le [)édoncule. Mais la taille
est j)lus petite, la forme générale plus allongée, les angles huméraux des
élytres sont bien plus elïacés.
La seule race connue de cette espèce est de type sculptural à 15 éléments
homodynames, toujours un peu aplatis, séparés par des stries bien plus
linement jmnetuées que chez masaicus. Les interruptions des primaires, bien
plus nombreuses, s’étendent dans la moitié antérieure et réalisent un début
de caténation.
Organe copulateur (fig. 123) comparable à celui du masaicus ])ar son
aplatissement dorso-ventral, mais l’apex a une toute autre forme, en cône
crochu, à pointe effilée et recourbée du côté droit. Le ligule aussi est diffé¬
rent, très comprimé dans sa partie apicale et terminé par un bourrelet
formant cimier, très longuement arqué et terminé par une saillie étroite et
peu aplatie (fig. 124).
Cotte espèce u’est représentée ([uc par une forme de basse altitude.
Kenya Colony. Plateau du Laikipia, au nord de Nyéré, entre l’Abcrdare à
LES CAI.OSOMES
159
l’ouest et le mont Kénya à l’est : })raii‘ies découvertes entre les rivières
Amboni et Narémuru, ait. 2.000 m. >Cb. Alluaud et R. Jeanne!, 1912, st. .30'.
Sans doute cette espèce s’avance-t-ello vers la lisière inférieure des forêts
du versant occidental du mont Kénya.
4. Carabomorphus catenatus RoeschUe
C. cnlenntus Uoeselike, 1899, Ent. Nnchr., p. 357; type : « Kenya, région alpine,
entre 10.000 et 12.000 pieds ».
Subsp. meruensis. nov. : type : Mbagoris (Brit. Mus.).
Subsp. catenatus. s. str. ; type : Kénya, région alpine.
Subsp. Kolbi Roeschke, 1899, 1. c., p. 358; type : Kenya, région alpine.
Subsp. Bastinelleri Roeschke, 1899, 1. c., p. 358; type ; Kénya, région alpine.
Fig. 125. — L’existence du C. catenatus sur le mont Kénya ne me paraît
plus devoir être mise en doute. Reste à savoir à quel endroit de la zone
alpine de ce grand massif les types des diverses formes de cette espèce ont
été recueillis par Hauser, au cours de son expédition cynégétique. J’ai tout
lieu de penser que ce doive être sur le versant nord ou oriental do la monta¬
gne, bien plus sec que l'occidental, oii Ch. Alluauo et moi-même, nous
n’avons rencontré, en 1911,.que des prairies si marécageuses qu'il paraît
impossible qu’un 6V^/■aèo/7^o/■p/^^^s puisse y vivre.
J’ai reçu do Brel'xin(; un exemplaire mâle qu’il a pu comparer au type
du C. catenatus. D’après cet exemplaire, authenti([uement pris au Kénya,
j’ai pu constater que le C. catenatus diffère des races du rnasaiciis et aussi
du kcnyicola par le non aplatissement du pénis, dont la forme générale
rappelle le hrachycerus (fig. 125). Mais l’apex est conique et effilé, comme
chez le kenyicola, le ligule présente la même forme caractéristique (fig. 124).
Les mêmes caractères de l’organe copulateur se retrouvent exactement
chez le meruensis, nov. subsp., des environs de Méru, dans la zone inférieure
du versant nord-est du mont Kénya, de sorte qu’il parait évident que la
même série des races plus ou moins évoluées, de type bomodyname,
caténulé ou foraminé, s’échelonnent sur le versant oriental du mont Kénya,
et forment une grande espèce polymorphe, parallèle au masaicus de l’Abor¬
da re.
Kenya Colony. Versant oriental du mont Kénya, de la zone inférieure à
la zone alpine.
a. Subsp. meruensis, nov. (forme à sculpture fine). — Mbagoris, aux
environs de Méru, à basse altitude, un mâle )T. J. Anderson, août 1910,
Brit. i\Ius.).
b. Subsp. catenatus, s. str. (type caténulé). — Kénya, région alpine, entre
3.500 et 3,800 m. (D*' Hauser) ; mont Kénya (S. W- Arthur, un mâle
comparé au type par Breuninc).
Forme générale relativement grêle, le pronotum ample, les élytres
elliptiques et peu convexes, à épaules très elï'acécs. La sculpture esi de type
160
U. .lEAXNKL
caténulé net, sans anastomoses entre les éléments, mais se rapproche
plutôt de celle du cAe/vmo-rtflj que de celle du (\ ])ar la persis¬
tance de traces des tertiaires. Ce caractère s’ajoute à la dilîéronce do
structurede l’organe copulateur pour confirmer que le calenalus de Kokschke
ne provient pas de l’Abcrdare.
c. Subsp. Kolbi Roesebke (type caténulé confus . — Kenya, région
alpine, entre 3.500 et 3.800 m. (D'' Hauser).
Par sa sculpture, cette forme correspond aux individus atypiques du
C. Jeanneli, dont j’ai figuré deux exemplaires (pl. VI, fig. 1 et 2). Sans
doute cette race vit-elle dans d’autres conditions que le catenatus typique.
d. Subsp. BastinelleriWocschke (type foraminé). — Kenya, région alpine,
entre 3.500 et 3.800 m. (D'' Hauser).
J'ignore si cette forme se trouve mêlée à la précédente. Elle correspond
aux individus typiques du C. Jeaniieli de l’Aberdare.
Obs. — Le British ^luseum m’a communiqué enfin une femelle de très
petite taille il8 mm.), dont la sculpture correspondrait à celle du C. Korbi.
mais dont la forme des élytres est particulièrement courte et convexe.
Elle est étiquetée : « mont Kénya, 10.000 pieds, déc. 1034 A. G. F. Gedye).
S’agit-il encore d’une autre espèce?
III. SÉRIE PHYLÉTIQUE DE CALLISTHENES
Groupe bolarctique.
Les genres de cette série, Callisthe/ies, Microcallisthenes et Chryso¬
stigma, forment une grande lignée qui a dû se séparer de bonne heure des
souches des Charmosta, c’est-à-dire du rameau eurasiatique de la série
pbylétique précédente. On trouve en effet chez les Callisthenes la même
ponctuation dense et fine dos métepisternes, les mômes caractères chéto-
taxiques et le même type d’organe copulateur. Malgré l’cfïacement de leur
sculpture, on trouve môme chez certains Callisthenes des indices do disso¬
ciation des tertiaires comparables aux types pentaploïdes des Charmosta.
On pourrait donc, à la rigueur, rattacher encore le groupe des Callis-
thenes à la grande série pbylétique africano-brésilienne de Castrida-
Caminara. .Mais il me paraît préférable de l’isoler, pour mieux la défi¬
nir en tant que lignée spécialisée. Il suffira, semble-t-il, d’avoir nette¬
ment indiqué ses origines.
Le caractère qui définit le mieux la lignée est celui tiré de la structure des
antennes. Les articles pubcscents, c’est-à-dire du cinquième au dernier,
présentent sur leur face externe une bande longitudinale lisse et glabre,
parfois réduite au tiers basal, le plus souvent étendue sur toute la longueur
do l’article. Chez tous les autres Calosomes (sauf quelques Calosoma Web.,
comme inquisitor ou frigidum), les articles 5 à 11 des antennes sont
uniformément pubescents.
I.ES CALOSO.MES
ICI
Cliétotaxie. — Les genres de cette série n’ont pas de soie pronotale
postérieure, quoique les lobes postérieurs du pronotum soient toujours
bien développés. Cette soie persiste cependant parfois, à titre de variation
individuelle, chez une espèce américaine, C. luæatus Say. Les soies gulaires
et la soie métatrochantérienne sont toujours bien développées, les soies
labiales le plus souvent présentes.
La persistance de la soie métatrochantérienne corrélative d’une disparition
précoce de la protlioracique, constitue un caractère chétotaxiquc qui
sépare les Callisthenes des genres groupés autour de Caminara, dont
l’évolution des soies est inverse (persistance de la prothoracique, disparition
précoce de la métatrochantérienne).
L’organe copulateur est do même type que chez les Caminara^ de taille
moyenne, grêle, régulièrement arqué, avec un ligule chitinisé, allongé et
terminé par un crochet aigu et fortement recourbé.
Le sommet de ce ligule est plus épais, moins crochu chez les Chryso-
stigma américains que chez les Callisthenes eurasiatique. De plus, une
lignée orophile, tout à fait comparable à colle des Orinodromus et Carabo-
morpJms de l’Afrique orientale, ou encore à celle des Carabomimus et
Calopachys du Mexique, s’est spécialisée au dépens de la souche dos
Chrysostignia. Cette lignée orophile comprend deux groupes, dont l’un,
Callistenia Lap., occupe les montagnes Rocheuses, l’autre Microcallisthenes
Apf., la péninsule Balkanique. Cette discontinuité remarquable rappelle
tout à fait celle de la répartition des Amphibiens urodèles du groupe des
Pérennibranches, dont le seul représentant européen est le Protée des'eaux
souterraines de la péninsule Balkanique.
13. Gcn. CHRYSOSTIGMA Kirby
Clirysostigma Kirby, 1837, Fauna bor.-amer., IV, p. 19; type ; calidum F. —
Cltrysostigma Breuuing, 1928, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 81 {pars). — Cara-
bosoma Breuning, 1928, 1. c., p. 99 (pars). — 7'apinosthenes Kolbe, 1895, Sitz.
Ges. nat. Fr. Berlin, p. 53; type : cancellatum Eschli.
Genre nord-américain.
Breuning groupait sous le nom de Chrysostigma le Callisthenes reticu-
latus F. de l’Eurasic et le C. calidum F. et autres espèces américaines du
môme type. Ces espèces, qui n’on en commun que le fait d’être ailées,
dilïèrent pourtant [lar leurs caractères chétotaxiques et la forme des bords
huméraux de l’élytre.
En fait, il laut placer dans le genre Chrysostigma (type : calidum F.)
d’une part une série d’espèces désertiques, ailées, de coloration noire et à
sculpture effacée, d’autre part quelques espèces microptères à sculpture
plus ou moins caténulée et bord huméral presque lisse.
Les espèces désertiques ailées, à sculpture effacée, du genre Chrysostigma
MÉMOIHES DU MUSÉUM, NOUVELLE SÈME, TO.ME XIII. 11
102
R. JEANXEI.
ressemblent par convergence à celles des deux lignées de Caniedula et
do Callitropa cjui vivent aussi dans les déserts du sud-ouest de l’Amérique
du Nord. Les Chrysosti'pnia seront cependant toujours faciles à reconnaitre
à la ponctuation fine et dense des mélépisternes, ainsi qu'au développement
des lobes postérieurs du pronotum et à la crénulation bien visible des
bords huméraux de l’élytre.
Tête relativement volumineuse, à cou épais. Mandibules nettement
ridées obliquement sur leur face dorsale. Dernier article du palpe maxillaire
plus court que l’avant-dernier (tig. 126); la dent labiale aiguë et saillante.
Antennes relativement courtes, à article 3 peu allongé mais caréné;
articles 5 à 9 ou 10 avec une bande lisse et glabre occupant au moins le
tiers basal de la lace externe.
Pronotum ample, scs bords latéraux plus ou moins cxplanés en arrière,
les lobes postérieurs saillants; fossettes basales larges, le disque finement
ponctué.
Elytres variables, mais toujours allongés, le plus souvent larges et peu
convexes, à épaules saillantes. Scul[)ture triploïde, liomodynamc, mais
s’effaçant chez les formes déscrti([ues ou devenant légèrement bété-
rodyname, presque caténulée, chez les espèces aptères. L’élytre du
f.’. calidiiiii, espèce ailée à grande répartition, présente des primaires
interrompus par de grands points métalliques. Des traces de ces points
persistent chez les espèces déserti([ues à sculpture effacée, comme obso-
lelum.
Premier article du métatarse cylindrique, non comprimé latéralement. Ce
caractère distingue nettement les Chrysostiyma àos Callisthenes.
Pas de brosses tibiales chez les mâles, dont les mésotibias sont droits.
Protarsc mâle avec le quatrième article sans feutrage ventral.
Chétotaxie. — Pas de soie prothoracique postérieure. Les soies gulaires,
labiales et métatrochantériennes toujours bien développées. La présence des
labiales distingue les Chryfsostigma des Callisthenes.
Organe copulateur de taille normale, régulièrement arqué, l’apex mousse
et inlléchi du côté droit. Ligule de type normal, triangulaire, pubescent,
sa pointe relativement grosse mais terminée en pointe crochue (tig. 128,
135 et 137 .
Tableau des espèces
1, Sculpture saillante, les éléments convexes, les j)oints des primaires
profonds. 2.
— Sculpture elïacée, les éléments j)lans, ne faisant pas saillie ; les
points des primaires évanescents. Espèces noires. 5.
2. Sculpture formée d’éléments bomodynames, nets, bien isolés par
des stries [jonctuées, la tégulation grossière. Points des primaires
en larges fossettes dorées. Espèces ailées, à élytres allongés et très
convexes, le l)ord huméral à crénulation faible et rare. 3.
LES CAL()SÜ.Mi:S
16 :i
— Sculpture formée d’éléments liétérodynames, les primaires plus
saillants, les intermédiaires confus, la striation non apj)aionte.
Esjjcces microptèrcs, à élytres courts, le bord liuméivd à peine cré¬
nelé ou tout à fait lisse. 4.
3. Eléments sculpturaux bien convexes, régulièrement et grossière¬
ment tégulés, les points des primaires dorés, très grands. Pronotum
à cotés largement arrondis en arrière. Long. 20 à 30 mm. (Améri¬
que du Nord, à l’est des Montagnes Rocheuses). 1. calidum E.
— Eléments sculpturaux aplatis, tégulés seulement sur les parties laté¬
rales, aspect plus brillant; points des j)rimaires verts ou cui¬
vreux. Cotés du pronotum rétrécis en ligne droite en arrière.
Long. 18 tà 25 mm. (Amérique du Nord, États de l’Ouest; Mexique).
. 2. Morrisoni Horn.
4. Pronotum rétréci à la base, ses lobes ell'acés. Élytres subcarres,
bien plus larges que le pronotum, mais courts; les primaires avec
des points enfoncés métalliques. Long. 15 à 24 mm. (Amérique du
Nord, à l’ouest des Montagnes Rocheuses). 3. tepidum Le C.
— Pronotum non rétréci à la base, subrectangulaire et très transverse,
les lobes postérieurs très arrondis, les fossettes basales très
grandes. Elytres étroits, subcylindriques, guère plus larges que le
pronotum, les primaires caténulés, les interruptions concolores.
Noir verdâtre. Long. 15 à 22 mm. (Amérique du Nord, à l’ouest des
Montagnes Rocheuses). 4. cancellatum Eschh.
5. Lobes postérieurs du pronotum réduits, non saillants, le pronotum
bien rétréci en arrière, sa ponctuation très fine. Élytres à épaules
saillantes, fortement crénelées, la sculpture très effacée, mais les
points des primaires apparents, bleutés. I.ong’. 18 à 30 mm. (Améri¬
que centrale). 8. affine Chaud.
— Lobes postérieurs du pronotum largement arrondis, saillants en
arrière, le pronotum plus ou moins large, à surface rugueuse.. . 6.
6. Sculpture plus apparente, les stries régulières, les intervalles tégu¬
lés sur toute la surface de l’élytre, les points des primaires bleu
métallique. Long. 17 à 25 mm. (Amérique du Nord, États de l’ouest).
. 5. obsoletum Say.
— Sculpture plus elîacée, les stries très fines, la tégulation effacée, au
moins sur le disque; les points des primaires toujours plus ou moins
visibles. 7.
7. Mandibules fortement ridées. Côtés du pronotum plus arrondis en
arrière. Tégulation des intervalles apparente seulement dans la
région humérale, f.ong. 20 à 27 mm. (Amérique du Nord, sud-ouest'.
. 6. semilaeve Le C.
— Mandibules presque lisses. Côtés du pronotum rétrécis en ligne
droite en arrière. Tégulation des intervalles presque totalement
effacée. Long. 20 à 22 mm. (Californie). 7. simplex Le C.
K. JEANNEI,
KM
1. Chrysostigma calidum Fabricius
C. calidum Fabricius, 1775, Syst. Eut., p. 237; type ; « America » — . Breuning,
1928, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 84. — lepidum Le Conte, 1844, Proc. Boston
Soc. Nat. Flist., p. 201 ; type : Missouri. — expansum Casey, 1897, Ann. N. Y.
Ac. Sc., p. 344; type: Keokuk, lowa (U. S. Nat. Mus.). — laiicolle Casey,
1897, 1. c., p. 344; type : Las Vegas, N. Mexico (U. S. Nat. Mus.). — cornes
Casey, 1920, Mem. Col., IX, p. 156; type ; « Northwest Territories » (U. S.
Nat. Mus.).
Var. stellotum Casey, 1897, 1. c., p. 344; type : Lake Superior (U. S. Nat.
Mus.). — concreium Casey, 1920, 1. c., p. 157 ; type : Lake Superior (U.
S. Nat. Mus.).
La synonymie indiquée ci-dessus a été établie par Breuxinc (1928), dans
sa monographie.
Fig. 126 à 128. — Espèce très variable de taille (.20 à 30 mm.) et de forme
générale, les élytres tantôt convexes, tantôt plus amples et aplanis. Les élé¬
ments sculpturaux, toujours nets, sont séparés par des stries grossièrement
ponctuées et les primaires sont interrompus par de larges points métalliques
dorés enfoncés. Dans la var. slellatum, ces jioints sont très larges et écban-
crent les éléments tertiaires.
Ailé; coloration noire avec de vagues reflets bronzés ou verdâtres.
Pronotum à côtés largement arrondis en arrière, les lobes postérieurs bien
développés, les fossettes basales profondes, le disque finement ponctué.
Bord huméral de l’élytre faiblement crénelé.
Mésotibias dos mâles droits.
Organe copulateur (fig. 127) à partie apicale peu renflée, l’apex court et
obtus, infléclii à droite; ligule à pointe obtuse et peu crochue (fig. 128).
Amérique du Nord : Sud du Canada, Etats-Unis sauf dans le sud-ouest.
Canada : depuis le sud du British Columbia, l’Alberta, le Manitoba jusque
dans l’Ontario : Québec, Montréal.
Terre-Neuve (Lapilay, Mus. Paris); Saint-Pierre et Miquelon (D'’ Gautier,
Aubert de La Rue, Mus. Paris).
Etats-Unis : du New llampshire jusque dans le Georgia; à l’ouest jusque
dans le Colorado, l’Oregon et l’État de Washington.
La var. stellatum Cas. se prend surtout dans l’est du Canada, à Terre-Neuve
et à Saint-Pierre ctiMiquelon.
Quoique la biologie des Calosomes américains ait été très étudiée, le
C. calidum n’est pas signalé comme prédateur de chenilles particulière¬
ment actif.
1.ES CAI.OSOML.S
ICj
2. Chrysostigma Morrisoni G.-II. Ilorn
C. Morrisoni G. H. Ilorn, 1885, Trans. Am. Eut. Soc., XII, p. 128; type : Colo¬
rado (Ac. Nat. Sc. Philadelphie). — Breuning-, 1928, Wiener ont. Ztg., XLIV,
p. 86.
Suhsp. mcxicanum, Gohin 1885, Cat. Car., p. 67, pi. ix; type : Mexico (?)(coll.
Oherthüri.
D’après sa description, cette espèce doit être voisine du 6’. calidiim et la
remplacerait dans le sud-ouest des Etats-Unis.
Coloration noire. Même forme générale que C. calidum, mais lepronotum
plus rétréci en arrière, scs côtés presque rectilignes dans la moitié ])osté-
rieure, les fossettes basales peu profondes. Élytres convexes, la sculpture
formée de côtes très aplaties, séparées par des stries entières et tégulécs
surtout sur les parties latérales. Points des primaires variables, concolores
ou métallicjues.
La var. mexicanum Céh. a les éléments sculpturaux de l’élytre plus con¬
vexes, plus saillants, les points des primaires plus grands et métalliques
comme ceux du C. calidum. Cette race (?), qui paraît d’ailleurs ne j)as babiter
le Mexique, semble beaucoup ressembler au C. calidum.
Amérique du Nord. Sud-ouest des États-Unis : Colorado (G. H. Horn) ;
Californie (?) (Burgess et Collins) ; Nevada: Hiko range (coll. BreuningC
2. Chrysostigma tepidum Le Conte
C. tepidum l.e Conte, 1852, Ann. Lyc. Nat. Ilist. N. Y.,’V, p. 199; type: Oregon
(Mus. Conq). Zool. Cambridge). — Breuning, 1928, Wiener eut. Zig., XLIV,
p. 87. — irregulare Walker, 1866, Natur. Vancouver, II, p: 312; type : Van¬
couver. — indigens Casey, 1913, Mem. Coi., IV, j). 61; type : Oregon (U. S.
Nat. Mus.). — caclator Casey, 1913, 1. c., p. 61 ; type : Idalio (U. S. Nat. Mus.).
— pellax Casey, 1920, Mem. Col., IX, p. 160; type : Oregon (U. S. Nat. Mus.)
— semicupreum Casey, 1920, 1. c., p. 161; type : Rocky mount. (U. S. Nat.
Mus.). — cogitons Casey, 1920, 1. c., j). 161; type ; Ltah (C. S. Nat. Mus.).
L’espèce est variable comme tant d’autres, et Tli. Casey n’a pas mamjué,
selon son habitude malfaisante, de décrire copieusement comme espèces
toutes les petites variétés individuelles qu'il a pu réunir. Bheuxixg (1928) en
a judicieusement établi la synonymie.
Fig. 129. — Court et trapu, les élytres courts. Noir à reflets cuivreux^ les
points des primaires métalliques, cuivreux ou verdâtres. Pronotum court et
large, transverse, mais rétréci à la base, les lobes postérieurs réduits, les
côtés presque rectilignes en arrière; discpic grossièrement et densément
ponctué. Élytres subcarrés, obtus, peu convexes ; les éléments sculpturaux
confus, représentés par des gros tubercules confluents et indistinctement ali-
KiG
li. .lEANNEL
fi^nés, les primaires non saillants. Le bord huméral est lisse ou presque lisse,
parfois avec de vagues traces de crénulation.
Organe copulateur (fig. 129) allongé, peu dilaté dans la partie apicale.
Eig. 12G à 1:51. — tien. Chrijsosliy>}iii Kii by, palpe maxillaire gauche (X IG), partie apicale
du pénis, face ilorsalc, avec le ligule exserti (X IG), et pointe du ligule, de profil iX 32).
— Fig. 12G à 128. Ch. calidum F., du Canada. — Fig. 12!). Ch. lepidum Le C., de l'Oregon,
— Fig. 1.50 et 1:51. Ch. c incellaluhi Eschh., de Californie.
Fig. 132 et 1:53. — Gen. Collülhehcs Fisch., C. (CaliUiihaera) reticulalus F., de Herlin,
partie apicale du pénis et sommet du ligule.
l’apex mousse mais assez grêle. Ligule allongé, à sommet épais mais crochu,
comme chez C. cancellalum (fig. 1.31).
Amérique du Nord : versant pacifique des Montagnes Rocheuses, depuis
le British Columbia jusque dans la Californie.
4. Chrysostigma cancellatum Eschholtz
C. cancellatum Esclihollz, 1833, Zool. Atlas, V, p. 23 ; type ; San Francisco. —
llreuning, 1928, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 90 (l'apinosthenes). — aencscens Le
Conte, 1854, Proc. Ac. Nat. Sc. Pliilndelpliin, VII, p. 16. — esuriens Casey,
1813, Ment. Col,, IX, |i. 64; type : San Diego (U. S. Nat, Mus.l. — transeersum
Casey, 1913, 1. r., p. 65; type : San Diego (U. S. Nat. Mus.). — saga.r Casey,
1920, Mem. Col., IX, p. 158; type: Lassen co. (U. S. Nat. Mus.). — rcciilaterum
Casey, 1920, I. c., p. 158: ty’pe : Palm Spring (U. S. Nat. Mus.). — praestana
Casey, 1920, I. c., p. 159 ; type : Butte co. (U. S. Nat. Mus.).
On reste stupéfait devant l’absence de sens critique que dénote cette ava¬
lanche de j)rétonduos especes décrites par Th. Casey aux dépens du seul
C. cancellatum, d’après quelques exemplaires provenant de la Californie !
I.ES CAI.OSOMES
107
C. cancellatiini csim\cvo\)icrc.\ son arrièro-corps très réduit lui donne un
aspect très particulier. Mais il me semble injustifié de l’isoler dans un sous-
genre Tapinosthenes, alors que le C. tepidiim le relie si manifestement au
('. calidum.
Fig. 130 et 131. —Flroit, subparallèle, de petite taille (16 à 23 mm.), avec
lesélytres guère plus larges que le pronotum. Coloration bronzée verdâtre,
les points des primaires coucolores. Tête très volumineuse. Pronotum très
transverse, non rétréci à la base, subrectangulaire, les lobes postérieurs très
largement arrondis, le disque rugueusement ponctué. Sculpture des élytres
caténuléo, les primaires représentés j)ar de vagues chaînons, larges et peu
saillants, les intermédiaires confus, comme chez l'espèce précédente, sans
indication des stries.
Organe copulateur ifig. 130) très grêle, allongé. Apex long, à extrémité
mousse. Ligule allongé, terminé eu pointe épaisse, à sommet crochu
lig. 131).
Amérique du Nord : Etats-Unis : versant pacifique des Montagnes Ro¬
cheuses, depuis l'Etat de Washington jusque dans la Californie.
Ce Calosome vit cà terre et détruit les diverses espèces de lépidoptères :
Rhyacia clandestina Harris, Malacosoina americana F., Porthelria
dispar L. (Buiigess et Collins).
5. Chrysostigma obsoletum Say
C. obsoletum Say, i823, Joarii. Ac. Nat. Sc. Philadelphia, III, p. 149; type ;
Arkansas river, Colorado. —Breuning, 1928, Wiener eut. Ztg., ALW, |). 110
( Carabosoma). — lu.iatiim Dejean, 1824, Spoc. H,p. 196 (nec Say). — microstictum
Casey, 1897, Ann. N. Y. .\c. Sc., I.X, p. 345; type : Fort Wingate (U. S.
Nat. Mus.).
Fig. 134 et 135. — Long. 17 à 25 mm. Noir, large et iieu convexe, la ponc¬
tuation de la tète et du pronotum forte et serrée, brillante, les élytres avec
des traces bien visibles des éléments sculpturaux. Ailé.
Pronotum transverse, court, à lobes postérieurs largement arrondis, les
fossettes larges, les bords cxplanés. Elytres amples, subcarrés, peu con¬
vexes, à bord huméral distinctement serrulé. Eléments sculpturaux plans,
nullement saillants, mais distinctement tégulés sur toute la surface et
séparés par des rangées striales de points relativement gros. Les primaires
marqués 2 ;)ardes points métalliques bleuâtres.
Organe copulateur (fig. 134) avec l’apcx particulièrement grêle. Ligule
cllilé et nettement crochu (lig. 135).
Amérique du Nord. — La distribution de cc Calosome est insuffisamment
précisée. D’après Burgess et Collins ,1917) il occujierait toute la région
occidentale, depuis les Nortlnvest Territories jusqu’au Texas et au New
Mexico. Il me jiarnît douteux qu’il s’étende ainsi jus(|uc dans les régions
arctiques.
I!. JEAXXEL
ItW
Bkeuning paraît avoir vu des exemplaires du Colorado, du Kansas et du
Tievi Mexico. Les collections du Muséum en renferment des localités sui¬
vantes : Wyoming : Riverton, Yellowstone Park(Th. E. WinecolT). Kansas :
allace co. (G. Seillière . Colorado ; Denver (A. M. Gaudin).
D’après Burgess et Collins )1917, U. S. Dop. Agr., Bull. 417), le
('. obsoleltim se trouve à l’état de larve et d'imago dans les forêts et paraît
s’attaquer spécialement à Vllemileuca oJù'iae Ckll.
6. Chrysostigma semilaeve Le Conte
C. semilaeve Le Conte, 18.52, Anii. Lyc. X'at. Ilist. N. Y., V, |). I‘i9 ; type : San
Diego. — Breuning-, 1928, Wiener eut. Ztg., XLIV, p. iii [Carabosoma) —
Davidsoni Casey, 1911, Mem. Col., 4', p. 33; type : .\lanicda co. (U. S. X'al. Mus.).
— adjutor Casey, 1920, Mem. Col., IX, p. 1(>2; type; Alamada co. (l'. S. Nat.
Mus.).
Fig. 136 et 137. — Long. 20 à 27 mm. Noir mat, peu convexe. Ponctua¬
tion de la tête et du j)ronotum forte et dense; sculpture des élytres très
olfacéc. Ailé.
Pronotum large et transverse, ses côtés largement arrondis et explanés.
Fig. 131 à 110. —• (ien. Cliri/sasliijmit KirOy, jialpe maxillaire gauclie (X 10), partie apicale
(lu pémis, face dorsale, avec le ligule ox.serti (X 10) et sommet du ligule, de profil (X32).
— Fig. 134 et 135. Ch. nbsulelum Say, de Douver. — Fig. 130 et 137. Ch. semil'ieve l.e C.,
de Californie. — Fig. 138 à 140. Ch. «/'//»/’ Chaud., de Hasse-Californie.
les lobes postérieurs saillants, le disque ponctué, les fossettes basales larges.
Elytres amples, subcarrés, peu convexes, à apex atténué; bord huméral
distinctement serrulé. Surface marquée de très fines lignes striales de points
entre lesquelles les intervalles, absolument plans, ne sont tégulés que dans
la région humérale; des points petits mais bleutés marquent les primaires.
LES C'ALOSOMES
H)'A
Organe copulateur (lig. 136) plus épais rpio celui do Vobsoletum, l’apex
moins grêle, le ligule semblable (fig. 137).
Amérique du Nord. Sud-ouest des Etats-Unis: Californie, Arizona. Aussi
dans l'Oregon (Boucard, Mus. Paris).
Buugess et CoLLixs (1917) donnent cette espèce comme chassant les che¬
nilles des Rhyacia saucia Ilbn., Rhyacia clandeslina Harr., Porthetria
dispar L., Maiacosoma americana F. l/imago serait arboricole.
7. Chrysostigma simplex Le Conte
C. simplex Le Conte, 1878, IJull. Brookl. ent. Soc., 1, j). 61; type Californie (Mus.
Gomp. Zool. Cambridge). — Breuning, 1928, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 113
( Carabosoma).
Long. 20 à 22 mm. Aoir brillant, la marge des élytres et les points des
primaires un peu verdâtres. Elytres unis, à sculpture très effacée. Ailé.
Pronotum court et transverse, cà côtés bien moins explanés, rétrécis en
arrière et prescpio rectilignes dans leur moitié postérieure, les lobes posté¬
rieurs réduits, à peine saillants; disfjue densément ponctué, plus fortement
sur les côtés. Élytres subcarrés, peu convexes, larges, à bord huméral nette¬
ment serrulé. Sculpture représentée par des lignes striales très fines, les
intervalles plans, non tégulés, sauf, très vaguement, près deséjiaules. Points
des primaires très petits, verdâtres.
Je n’ai pas vu cette espèce. La forme du pronotum rappelle davantage celle
du (\ affine cité ci-dessous. I^a sculpture des élytres paraît bien voisine
de celle du C. seniilaeve. On peut se demander si ce C. simplex, très localisé,
est bien une espèce.
Amérique du Nord. Sud-ouest des Etats-Unis : Californie, ^ladcra co. et
ôlojave désert (C. Van Dyke).
S. Chrysostigma affine Chaudoir
C. affine Chaudoir, 18t.3, Bull.Mosc., XVI, p. 743 ; tyi )0 ; Mexique (coll. überthür).
— Breuning, 1928, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 108 (Carabosoma). — triste Le
Conte, 1844, Proc. Bost. Soc. Nat. llist., I, p. 201; type ; Missouri. — ampliator
Bâtes, 1891. Trnns. ent. Soc. Lond., p. 223; type ; Villa Lerdo, Durango (Brit.
Mus.). — tristoidc Fall, 1910, Trans. Km. ent. Soc., XXXVI, p. 92; t 3 ’po : San
Diego.
Espèce bien reconnaissable à sa forme épaisse, son pronotum très rétréci
à la base, scs métépisternes densément ponctués. Elle a été longtemps
confondue avec le Camedula peregrinator Guér.
Fig. 138 à 140. — Long. 18 à 27 mm. Noir mat, les élytres souvent rou¬
geâtres. Forme générale assez variable; sculpture très effacée. Ailé.
Pronotum à lobes postérieurs très atrophiés, à peine indiqués, les côtés
170
K. JEANNEL
bien rétrécis en arrière; surface presque lisse au milieu, rugueuse dans les
fossettes basales qui sont larges et sur les parties latérales. Elytres anq)les,
peu convexes, les bords huméraux nettement serrulés. Surface unie, les lignes
striales de points très fines, les intervalles faiblement tégulés dans la région
humérale; quelques points très petits et bleuâtres sur les primaires. Dernier
segment abdominal faiblement striolé en travers.
Organe copulateur (fig. 139) de même forme que chez les précédents, mais
avec la partie apicale comprimée et l’apex plus gros et plus obtus. Ligule
semblable (fig. 140).
Les sous-espèces trisloide Fall et triste Le G., séparées par Breuni.ng, ne
me paraissent pas mériter d’être conservées. Les caractères indiqués sont
inconstants dans la même localité.
Amérique du Nord. Sud des États-Unis et Mexique. Bueuning cite l'espèce
de Panama, d’après Lapouge; mais cette indication me parait devoir être
mise en doute.
États-Unis. Missouri Le Contei; Kansas : Wallace co. (Fall); Colorado :
Fort Collins (Wickliam) ; Texas (Poinsard, Mus. Paris); Californie (Mus.
Lübeck) ; Basse-Californie : La Paz (L. Diguet Mus. Paris).
Mexique. Durango : Villa Lerdo (Ilôge, Mus. Paris . Mexico ; Tacubaya,
près de la ville de Mexico (Mus. Paris).
14. Gen. MICROCALLISTHENES Apfelbeck
Microc dlist/icnes (sous-genre) Apfelbeck, 1918, Sitz. Ak. Wiss. Wien, CXXVII.
Abt. I, P 161; type : Penlheri .Vpf.
Subgen Callistenia Lapouge, 1927, Mise, eut., p. 2: 1931, Gen. Ins., fasc. 192,
p. 377; type : moniliata Le G. — Isostenia Lapouge. 1927, 1. c., p. 2; 1931, 1. e.,
p. 379; type : Wilkcsi Le C.
Breuxinc (1928, Kol. Riindsch., XIV, j). 59) a réuni aux Callisthenes
(type : Panderi] aussi bien les Microcallisthenes Pentheri et M. relictus
Apf. de la péninsule Balkanique que les espèces aptères des Montagnes
Rocheuses dont il sera question ci-dessous. Celles-ci, I.apouge les a isolées
dans deux sous-genres ; mais comme toutes les coupes génériques faites par
cet auteur, Callistenia et Isostenia ne sont assis sur aucun caractère valable.
Seul le besoin d’isoler les cs 2 )èccs américaines de celles de l’Asie paraît avoir
déterminé la création de noms nouveaux.
En réalité rien ne permet de distinguer les Callistenia Aes, Isostenia ] mais
l’ensemble de ces Calosomcs aptères des Montagnes Rocheuses constitue
bien une lignée très reconnaissable à la structure du ligule de l’organe copu¬
lateur. Les caractères chétotaxiques montrent qu’elle doit être reliée à celle
des Chrysostigma. De plus, elle présente une distribution géograjahique très
remarquable, caries Aoxvs. Microcallisthenes balkaniques, récemment décrits
par Apfelbeck, sont très étroitement apparentés à certaines espèces améri¬
caines, et se présentent ainsi comme des témoins d’une très large distribu¬
tion ancienne de la lignée.
lÆS CAt.OSüMES
171
Espèces de petite taille (de 13 à 20 mm.), aptères, courtes et trapues, mais
d aspect caraboïde très accusé. Beaucoup ont été décrites comme Carabus,
par Le Conte, Walker et Casey.
Tète assez volumineuse, les yeux peu saillants, le front ponctué. Anten¬
nes courtes, à article 3 court, les articles 5 à 11 munis d’une bande lisse et
glabre sur leur face externe. Dernier article du j)alpc maxillaire à j)eine
plus court que l’avant-dernier. Dent labiale saillante, aiguë. Mandibules à
rides souvent effacées.
Pronotum transverse, de forme variable, mais toujours avec les lobes pos¬
térieurs bien développés. Chez M. discois, ces lobes sont particulièrement
épais, avec les bords renflés en bourrelets; disque plus ou moins densément
ponctué. Elytres courts, généralement plus larges et plus convexes chez les
femelles. Bord buméral lisse ou avec de vagues traces de crénulation indi-
<|uant (jue le genre dérive bien de souches à épaules crénelées, comme les
('hryso.sliirma. Sculj)ture variable, toujours triploïde, mais évoluant soit
vers un type lisse, ou un type liomodyname à éléments ponctués [discors]
ou pustulés [luxatus], soit vers des formes hétérodynames plus ou moins
caténulées.
Métépisternes réduits, mais densément et finement ponctués.
Mésotibias droits et sans brosses dans les deux sexes. Protarses des mâles
avec les trois premiers articles dilatés et feutrés, le quatrième simjile. Pre¬
mier article du métatarse cylindrifpic, comme chez les Chrysostigma.
Chétotaxic. — Mêmes caractères que chez les Chrysostigma : pas de soie
prothoracique postérieure (sauf cependant chez M. luxatns), soies gulaires,
labiales et métatrochantériennes bien développées.
Organe copulateur de môme forme générale (jue chez les Chrysostigma,
pas jîlus grand, mais avec le ligule évolué. Comme chez les autres genres
orophiles et aptères, formés d’espèces caraboïdes, le ligule est hypertrophié.
11 prend chez les Microcallisthenes américains une forme renflée, haute¬
ment carénée sur sa face interne, et son apex se déveloj)po en cimier ou
plutôt en proue de bateau (fig. 142 . Chez les Microcallisthenes s. str. de la
péninsule Balkanique, cette modification est poussée à un stade un peu plus
avancé (fig. 152 et 154); le ligule s’allonge, mais présente toujours sa carène
interne et une extrémité apicale renflée.
Le ligule des Microcallisthenes est loin d’atteindre le même développe¬
ment extraordinaire que celui des Carahomorphus africains ou des Carabo-
niinius du Mexique; son degré d’évolution justifie cependant la création
d’un genre sjiécial.
Les espèces américaines du genre, qui formeront le sous-genre Calliste-
nia Lap., sont les survivants d’une lignée de même souche que les Chry¬
sostigma et qui s’est spécialisée dans les Montagnes Rocheuses ; elles y sont
devenues aptères et ont acquis des ressemblances par convergence avec les
Carabes des Alpes.
Leur lignée a dû occuper jadis non seulement l’Amérique du Nord, mais
172
R. .ll-ANNEl.
aussi la région méditerranéenne. On peut supposer que cette dispersion
ait dû se faire au Numniuliticpie, alors que la dérive des Amériques n’avait
pas encore écarté la région dos Ajjpalaclies de l’ouest européen.
Quoiqu’il en soit, il n’est pas douteux que les Microcallisthenes des
hautes montagnes balkaniques sont très étroitement apparentés avec les
espèces américaines comme le M. Callistenia) moniliatus Le C. de la
chaîne des Montagnes Rocheuses. On est un peu surpris à première vue
de constater un tel rapprochement; mais il ne faut pas oublier (pie les
plus proches parents du l’rotéo des grottes balkaniques, habitent aussi les
eaux souterraines de l’Américjue du Nord.
Tableau des espèces
1. Ligule de l'organe copulateur plus renflé, sa parti apicale nctti-
ment crochue (*) (fig. 142, 144;. (Subgen. Callistenia . 2,
— Ligule de l'organe copulateur plus allongé, sa partie apicale en
tête mousse ^fig. 152, 154). Sculpture de ty[)e caténulé. (Subgen.
Microcallisthenes, s. str.). (5.
Subgen. Callistenia Lapouge
2. Pronotum grand, non cordiforme, ses cédés régulièrement arron¬
dis. Elytres courts et convexes, ovales, les épaules très effacées;
la sculpture formée par des lignes slriales de points acicidés, entre
lesquelles les intervalles sont plans, sans tégulation, mais chacun
avec une série de points aciculés semblables à ceux des stries.... 3.
— Pronotum subcordiforme, ses C(*)tés plus ou moins rétrécis et
sinués en arrière. Eléments striaux sans séries de points. 4.
3. C('dés du pronotum très épaissis en bourrelet dans leur moitié pos¬
térieure, la surface du pronotum à grosse ponctuation profonde,
les fossettes superticiclles. Points des primaires pas plus gros que
ceux des intermédiaires. Noir mat. Long. 13à20 mm. (Californie). .
— . 1. discors Le C.
Côtés du pronotum non épaissis en bourrelet dans la moitié pos¬
térieure, la ponctuation moins forte, les fossettes basales profondes.
Points des primaires bien plus gros que ceux des éléments inter¬
médiaires. Coloration bronzée. Kong. 17 à 20 mm. (Californie). . . .
. 2. subaeneus Chaud.
4. Eléments intermédiaires distincts, séparés ])ar des stries profondes
mais non ponctuées. Tous les éléments égaux, convexes, à grosse
tégulation découpant sur chaque élément un rang de pustules qua-*
(1) Aucun autre caractère ne distingue les Callistenia annu-icains des Microcallisthenes
s. str. de la péninsul.' Balkanique. Par leur niorpliologic externe, ces derniers se rappro¬
chent surtout du -1/. {Callistenia) monilialvs Le C.
LES CALOSOMES
173
drangulaires, bien alignées. Pronotum transverse, à lobes posté¬
rieurs plus ou moins développés, la soie protboracique postérieure
souvent conservée, parfois même multiple. Long. 13 à 17 mm. (Etats-
Unis, à l’ouestdes Montagnes Rocheuses). 3. luxatus Say.
— Éléments intermédiaires confus entre les primaires, sans stries visi¬
bles. 5.
•5. Primaires représentés par des séries de larges points peu profonds.
Pronotum nettement rétréci à la base, les lobes postérieurs réduits.
Entièrement noir. Long. 17 mm. (Ouest des Etats-Unis).
. 4. Wilkesi Le G.
— Primaires caténulés, formés par de largos chaînons pou saillants.
Pronotum plus transverse, à lobes postérieurs plus accusés.
Bronzé cuivreux, les chaînons des primaires lisses, les intermé¬
diaires mats. Long. 15 à 17 mm. (Amérique du Nord, Canada et
Etat-Unis, à l’ouest des montagnes Rocheuses).
. 5. moniliatus Le G.
Subgen. Microcallisthenes, s. str.
d. Aspect do M. moniliatus] bronzé. Primaires en chaînons nets et
saillants, les secondaires bien visibles, en côtes peu saillantes, mais
dépassant les tertiaires qui sont granuleux; les stries discernables.
Forme plus allongée. Long. 15 à 17 mm. (Péninsule Balkanique :
Prokletija planina). 6. Pentheri Apf.
— Aspectd’unpetit Callisthencs reticiilatus. Bronzé verdâtre. Primaires
en chaînons peu saillants, mal limités, les secondaires et tertiaires
confus, sans stries visibles. Forme plus épaisse et plus convexe.
Long. 16-20 mm. (Péninsule Balkanique : Char Dagh).
. 7. relictus Apf.
1. Microcallisthenes (Callistenia) discors Le Conte
C. discors Le Conte, 18.57, Rep. Exp. Mississipi River, XII 3, p. 31, pl. i, lig. 9;
type : Sacramenlo. —Breuning, 1928, Kol. Rundscli., XIV, p. 79 (Callislltencs).
— Dictai ScIiaelTer, 1904, Joiirn. N. Y. Ent. Soc., XII, p. 197; type : Tulai'e co.
— latipeiinis Casey, 1897, Ann. N. Y. Ac. Sc., IX, p. 344; type : Californie
(U. S. Nat. Mus.) (nec G. Il.-llorn). — inversus Casey 1913, Mcm. Col., IV,
p. 67; type : San Francisco (U. S. Nat. Mus.). — tularcnsis Casey, 1913, I. c.,
p. 68; type : Tulare co. (U. S. Nat. Mus.). — gravidulus Casey, 1913, I. c.,
J). 68; type ; Californie (U. S. Nat. Mus.). — irregularis Schaelïer, 1915, Journ.
N. Y. ent. Soc., XIII, p. 235; type : Castella. — Scliaefleri Breuning, 1928,
1. c., p. 79 (nom. nov.).
Fig. 141 et 142. — Espèce très isolée par la forme do son pronotum,
transverse, à côtés arrondis et épaissis en gros bourrelet dans la moitié
174
!. JEAXXEI.
basale, Aptère. Entièrement noir, parfois avec la marge latérale du prono-
tum et les élytres bleuâtres.
Long. 15 à 20 mm., les femelles généralement plus grandes. Court et très
convexe. Tète à grosse ponctuation profonde, comme celle du pronotum.
Fig. 141 à 140. — Gen. Microcatlisthencs Api'., subgoii. CuUislenia Lap., partie apicale du
pénis, l'ace dorsale, avec le ligule exserti (x 10), et sommet du ligule, de profil (X 32). —
Fig. 141 et 142. M. (C.) discors I.e C., do Californie. — Fig. 143 et 144. M. (C.) luxaidu
Say, du Montana. — Fig. 145 et 140. M. (C.) muniliatus l.c C., du Montana.
Celui-ci transverse, deux fois aussi large que long, pas plus rétréci en
arrière qu’en avant; fossettes basales superficielles. Élytres ovales, très
convexes, à épaules effacées et bord huméral lisse. Surface avec des ran¬
gées striales de points aciculés, profonds, séparant les éléments parmi
lesquels les primaires se distinguent par une largeur un peu plus grande.
Tous les éléments plans, avec chacun un rang de points aciculés semblables
à ceux des stries; les points des primaires pas plus gros que les autres. Ces
rangées de points « interstriales » ont pour effet que l’élytrc paraît porter
un très grand nombre de stries.
Chétotaxie normale ; pas de soies prothoraciques postérieures ; les
gulaires, labiales et métatrochantériennes constantes.
Organe copulateur (fîg. 141) assez grand, très arqué et fortement infléchi
à droite, l’apex obtus. Ligule (fig. 142) épaissi, fortement caréné sur sa face
interne, sa pointe carénée, en proue de navire.
Breuning (1928) croit pouvoir distinguer trois sous-espèces qu’il nomme
subsp. discors, subsp. Schaefferi et subsp. Dietzi. Les caractères invoqués
pour cela ne me paraissent pas constants. En réalité discors est assez
variable et son aire géographique est trop restreinte pour qu’il s’y soit pro¬
duit des races vraiment différenciées.
LES CALOSOJIES
175
Amérique du Nord. Ouest des États-Unis : Californie.
J’ai vu un assez grand nombre d’exemplaires, mais tous sans aucune pré¬
cision de provenance. Les indications relevées chez les divers auteurs ayant
parlé de cette espèce, me font penser qu’elle doit habiter les pentes occi¬
dentales de la Sierra Nevada (Tulare co. ; Séquoia National Park, etc.), entre
1.000 et 2.000 m. d’altitude.
2. Microcallisthenes (Callisteniaj subaeneus Chaudoir
C. subaeneus Chaudoir, 1869, Rev. Zool., p. 28; type : Californie (coll. Oberlliür).
— Breuning, 1928, Ko). Rundsch., XIV, p. 81.
Subsp. latipennis G. II. Ilorn, 1870, Trans. Am. eut. Soc., III, p. 70; h'pc ;
Californie.
Subsp. opirnus Casey, 1913, Mem. Col., IV, p. 69; type Kern co. (U. S. Nat.
Mus.). — ? arcuaius Casey, 1897, Ann. N. Y. Ac. Nat. Sc., p. 343; type :
? Arizona (U. S. Nat. Mus.).
Je n’ai pas vu cette espèce qui doit être voisine du C’. discors, mais en
diffère jrarle non épaississement en bourrelet delà partie basale des côtés
du pronotum. La forme typique serait bronzée, les races latipennis Horn
et opirnus Casey de coloration noire, comme le discors.
Il est possible que la séparation des C. subaeneus et C. discors comme '
espèces no soit pas justifiée.
Amérique du Nord. Ouest des États-Unis : Californie. Les diverses loca¬
lités données par Breuxing semblent indiquer que C. subaeneum doit aussi
se trouver sur les pentes ouest et sud de la Sierra Nevada.
3. Microcallisthenes (Callistenia) luxatus Say
C. liLcatus Say, 1823, Journ. Ac. Nat. Sc. Philadelphia, III, p. 149; type ;
Arkansas river, Colorado. — Breuning-, 1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 83 {Cat-
listlienes). — /Jminermanni Le Conte, 1848, Ann. Lyc. Nat. Ilist. N. Y,, IV,
p. 445 (Carabus): type : nord des Montagnes Rocheuses. — strintulus Le
Conte, 1859, Col. Kansas, p. 4; type : Montana.— striatus Breuning, 1928, 1. c.,
p. 84 (nom. nov.). — opacus Géhin, 1885, Cat. Car., p. 70; type Oregon (coll.
Oberlhür). — pimclioides Walker, 1866, Nat. Vancouver, II, p. 312, type :
Vancouver. — tegulatus Casey 1913, Mem. Col,, IV, p. 72; type -.Californie (L.
S. Nat. Mus.). — vintor Casey, 1913, 1. c., p. 72; type : Californie (U. S. Nat.
Mus.). — monticola Casey, 1913, 1. c., p. 74; type : Reno (U. S. Nat. Mus.).
— nevadensis Casey, 1913, 1. c,, p. 74; type : Reno (U. S. Nat. Mus.). —
diffractus Casey, 1913, 1. c., p. 75; type ; New Mexico (U. S. Nat. Mus.). —
puftulosus Casey, 1913, 1. c., p. 73 type ; Yreka (U. S. Nat. Mus.). — subas-
peratus. Schaeffer, 1915, Journ. N. Y. Ent. Soc.., p. 235; type : Californie. —
e.raratus Casey, 1913, 1. c., p. 72; type : Californie (ü. S. Nat. Mus.). — refle-
.rus Casey, 1920, Mem. Col., IX, p. 164; type ; Nord des Montagnes Rocheu¬
ses fU. S. Nat. Mus.). — utensis Casey, 1920, 1. c., p. 165; type Ulah (U. S.
17G
U. Jl-ANXEL
Nat. Mus.). — scinouis Casey, 1920, I. c., p. 166; type : Utah (U. 8. Nat.
Mus.). — klamatliensis Casey, 1920, 1 . c., p. 169; type : Oregon (U. S.
Nat. Mus.).
Il est vraiment stupéfiant de constater que Tli. Casey ait pu décrire
dix-huit espèces différentes et donner onze noms nouveaux pour ce C.
luxatus qui est particulièrement constant dans ses caractères morpholo¬
giques. Toutes ces prétendues espèces de Th. Casey sont purement
imaginaires !
Fig. 143 et 144. — Long. 13 à 17 mm. Noir avec les gouttières marginales
parfois bleutées ou verdâtres. Aptère. Court et ovale, peu convexe, d’aspect
caraboïde.
Pronotum subcordiforme, peu transverse, ses cotés rétrécis et sinués en
arrière, leur rebord non épaissi en bourrelet, les lobes postérieurs bien
développés; fossettes basales superficielles, disque densément ponctué.
Elytres courts mais oblongs, à épaules accusées, leur bord lisse, parfois
avec quelques crénelures. Sculpture peu variable; les éléments égaux,
formés par des rangs réguliers de pustules quadrangulaires, séparés par
des stries non ponctuées ; ces jiustules sont plus petites sur les côtés que sur
le disque; les jirimaires semblables aux intermédiaires, sauf qu’ils portent
quelques points peu visibles.
Chétotaxie. — La soie jirothoracique postérieure persiste souvent dans
cette espèce, à titre de variation individuelle; on la trouve ou elle manque
chez des individus d’une même localité ; il arrive même souvent que cette
soie soit dédoublée.
Organe copulateur (fig. 143) très gicle, l’apex styloïde, effilé, à sommet
mousse. Ligule (fig. 144) à peu près semblable à celui du C. discors, sauf que
l’extrémité apicale est plus épaisse.
Breuning (1928) distingue de la forme typique une subsp. Zimmermanni
dont le jironotum serait plus étroit, plus rétréci à la base. Je ne trouve
certainement pas ([ue ce caractère puisse définir une race géograpbiquc.
Dans l’état actuel de nos connaissances, en présence de l’amas des descrip¬
tions de Casey, on ne peut que mettre tous les noms publiés en synonymie
de luxatus Say.
L’espèce est largement distribuée, semble-t-il, dans la cbaîne des Mon¬
tagnes Roclicuses.
Amérique du Nord. États-Unis, tous les États de l’Ouest, dans la région
montagneuse, dejiuis le sud de la Californie et le New-Mexico jusque dans le
Wyoming et l’Etat de Washington.
Le Muséum de Paris l’a reçu du Wyoming : Yellowstone National Park
(Th. E. Winecoff), du Montana : Augusta (A. Gaudin), de l’Utah (coll. Main-
dron), du Colorado (E. Deyrolle) et de J’Oregon (coll. Maindron). Tous ces
exemplaires ne montrent guère de différences notables.
LES CALOSOMES
177
4. Mierocallisthenes (Callistenia) Wilkesi Le Conte
C. WilkesiLc, Conte, 1852, Ann. Lyc. Nnt. Ilisl. N. Y., V, p. 200; type : Oregon. —
Breuning, 1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 78 [Callisthenes).
Long. 17 mm. Ovale, entièrement noir. Tète à yeux saillants. Pronotum
court, très transverse, plus de deux fois aussi large que long, bien rétréci à
la base, les lobes postérieurs peu saillants. Elytres ovales, allongés, à sculp¬
ture confuse, formée de granulations sans ordre, sans trace de stries ;
primaires marqués par de larges fossettes.
Je n’ai pas vu cette espèce. D’après Van Dyke (Breuning, 1928), elle serait
bien distincte des autres espèces du genre et très rare. Il semble qu’en
raison de la forme allongée de ses élytres et de leur sculpture confuse, il
faille plutôt la rapprocher du C. moniliatus Le C.
Amérique du Nord. Ouest des États-Unis : Oregon.
5. Mierocallisthenes (Callistenia) moniliatus Le Conte
C. moniliatus Le Conte, 1852, Ann. Lyc. Nat. Hist. N. Y., V, p. 200; type Oregon.
— Breuning, 1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 77 (Callisthenes). — laqueatus
Le Conte, 1850, Proc. Ac. Nat. So. Philadelphia, p. 318; type : Saskatchovan. —
bicolor Walker, 1866, Nat. Vancouver, II, p. 313 (Carabus) type ; Vancouver
(Brit. Mus.). — vancoiu’cricus Csiki, 1927, Col. Cat., pars 91, p. 285 (Carabus)
(nom. nov.). — concinnus Casey, 1913, Mem. Col., IV, p. 66; type : Idaho
(U. S. Nat. Mus.).
L’aspect caraboïde de cette espèce est remarquable et a trompé la plupart
des auteurs.
Fig. 145 et 14(). — Long. 15 à 17 mm. Forme variable, les élytres allongés
{(f) ou courts et convexes ( 9 )■ Coloration noirâtre ou cuivreuse, ou verdâtre,
les chaînons des primaires brillants, les intervalles mats. Aptère.
Mandibules faiblement ridées. Pronotum court et large, à peine deux fois
aussi long que large, les lobes postérieurs assez larges et saillants en
arrière, les fossettes basales superficielles, la ponctuation du disque fine.
Élytres à bord huméral lisse, caténulés, les primaires formés par de larges
chaînons peu saillants, entre lesquels les intermédiaires sont granuleux,
confus, sans stries.
Pas de soie prothoracique postérieure.
Organe copulateur (fig. 145) assez épais, l’apex court, large et obtus;
ligule de même forme que chez les précédents, mais plus long et moins
renflé, son bord interne caréné (fig. 14()).
Amérique du Nord. Sud-ouest du Canada et nord-ouest des États-Unis,
dans les Montagnes Rocheuses.
.MÉ.MOnîE.S IlC ML'SÉl'.M, XOLVEI.LE SÉRIE, TOME .Mil.
12
17S
K. JKANXKI.
Canada : Saskatclievan iLc Conte). — litats-Unis : Ile Vancouver,
Washington, Montana, Xebraska, Oregon, Idaho (BnEUM>(;i. J'en ai vu un
exemplaire mâle du iMontana : Butte (A. M. Gaudin'.
0. Microcallisthenes s. str.) Pentheri Apfelbeck
Catosoma (Microcallisthenes) Pentheri Apfelbeck, 1918, Sitz. Ali. Wiss. Wion,
CXXVII, Abt. I, p. loi; tvpe Prokletija (Mus. Budapest).— Breuning-, 1928,
KoI. Rundsch., XIV, p. 75 [Callisthenes).
Fig. 147 à 152. — Long. 15 à 17 mm. Aptère. Broncé ou verdâtre en
dessus. Aspect générale caraboïde, rappelant tout à fait celui du M. [Callis-
ténia] monilialus Le C.
Pronotum court et transverse, les lobes postérieurs très saillants, les
fossettes basales superficielles, les côtés du pronotum non sinués en arrière.
Elytres à rebord huméral lisse. Sculpture de type caténulé, les primaires en
chaînons saillants, nets, lisses, avec des interruptions concolores ; intermé¬
diaires distincts, les secondaires en côtes jicu saillantes, mais bien séparées
des tertiaires qui sont bas et granuleux.
Caractères chétotaxiques des autres espèces du genre.
Organe copulateur 'lig. 151) allongé, grêle, très arqué, l'ajicx en tige
subcylindrique à sommet mousse. Ligule long et grêle, slyloïde, arqué,
son bord interne caréné, sa pointe arrondie, sans crochet; base du ligule
pubescente i fig. 152'.
Les mâles ont les élytres plus allongés, moins renilés que les femelles.
Péninsule Balkanique. Sud du Monténégro et nord de l’Albanie : Alpes
.Vlbanaises. Vers 1.700 à 2.000 m., dans les prairies alpines de divers
massifs : Prokletija planina (Penther); Greben planina (Wiid<leri ; Boris
planina Bischoff).
7. Microcallisthenes (s. str.) relictus Apfelbeck
Calosotna (Microcallisthenes) relictuni Apfelbeck, 1918, Sitz. Ak. Wiss. Wien.
CXXX'II, Abt. 1, p. 161; type ; Char Dagh (Mus. Wicn).
Fig. 153 et 154. — Long. Ki à 20 mm. Aptère. Coloration verdâtre. Même
aspect général que le précédent, mais plus grand et plus trapu, les élytres
plus larges.
iMème forme du pronotum. Élytres de meme type de sculj)ture, mais
avec les primaires moins distinctement caténulés, les secondaires et tertiaires
fusionnés, confus, granuleux, sans stries discernables, comme chez le
M. (Callistenia) monilialus Le C., des Xlontagnes Rocheuses. Mômes
caractères chétotaxiques.
Organe copulateur (lig. 153) aussi allongé et grêle, mais avec l’apex plus
I.EÜ (.'ALOSO.MES
17!»
court. Le ligule (fig. 154) est moins effilé, encore triangulaire; son bord
interne est caréné, sa partie apicale tordue, intlécliie, son extrémité arrondie,
non crochue.
Memes dilîérences sexuelles que chez Pentheri.
La dilîérencc déformé du ligule et son type do sculpture permettent de
Fifr. 117 à 151.—tien. MicrocuUisthniies .Vi)!'. — Fig. 117. Base de l’antcniio droite, face
dorsale, du M. (s. .str.) Pentheri Apf., des .\lpes Alba;Uaise.s. — Fig. US. l’alpo inaxillaiiv
gauche (X 10) du même. — Fig. U!». Sommet du protibia droit du même. — Fig. 150.
Jlélatarso postérieur gauche (X 10)- —■ Fig. 151. Partie apicale du pénis (X 10) du même,
— Fig. 15i. Sommet du ligule, do prolil (X 32). — Fig. 153. .1/. (s. str.) relicUis Apf., du
Korab planina, partie apicale du ])énis (X 10). — Fig. 151. Sommet du ligule, de pro¬
lil (X 32), du même.
considérer relictus comme une espèce isolée; mais il n’est pas douteux
qu’elle ait la même souche primitive que le Pentheri.
Péninsule Balkanique. Albanie et Macédoine Serbe. Prairies alpines du
Korab planina, en Albanie (A. Winkler) ; Ljubeten planina, dans la chaîne
du Char Dagb (V. Apfelbeck).
180
U. ji:axni:l
15. Gcn. CALLISTHENES Fischer
Cnllist/ienes Fischer, 1821, Lettre à Pander, p. 10; 1822, Ent. Russ., I, p. 84; type :
Panderi l'isch.
Subgeii. Callisphaena Motsclioulsky, 1859, Et. ent., I.X, p. 127 : type : relicu-
latiis F. — Chrysostigma Breuning, 1928, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 81,
(pars).
Genre de l’Asie centrale et de l’Europe moyenne.
Comme il a été dit ci-dessus à propos de Chrysostigma Kirby, le C. reti-
culatus F., espèce ailée de l’Europe moyenne, n’a pas de rapports directs
avec les Chrysostigma américains et est au contraire très proche parent
des Callisthenes aptères de l’Asie centrale. La même lignée a produit
l’espèce ailée largement répandue vers l’ouest en Europe, et a laissé des
formes spécialisées dans les déserts et les montagnes de l’Asie centrale.
Tête souvent volumineuse, à cou épais et yeux peu saillants. Mandibules
ridées sur leur face dorsale, mais peu profondément. Dernier article du palpe
maxillaire plus court que l’avant-dernier. Labium court, uni, lisse et brillant,
sans soies; sa dent médiane aiguë et saillante. Antennes courtes, à article
3 peu allongé, les articles 5 à 11 avec une bande lisse et brillante, nette, sur
la face externe.
Pronotum ample, toujours transverse, rétréci plus ou moins à la base
chez les espèces aptères, large à la base chez le C. reticulatus ailé. Lobes
postérieurs toujours bien développés.
Elytres variables de forme, très courts et suborbiculaires chez certaines
espèces (iraniennes), oblongs et souvent étroits chez d'autres. La sculpture
est nettementtriplo'ide, avec forte tégulation chez certaines espèces (Panderi,
reticulatus) ; mais elle se modifie dans des sens différents selon le genre de
vie.
Le C. reticulatus, espèce ailée, a une sculpture triploïde, rugueuse, un
peu confuse, comme le Caminara imhricatum. Chez les espèces aptères des
monts Tian-Shan, cette sculpture triploïde s’efface; il ne subsiste que des
traces de lignes striales de points, qui peuvent même totalement disparaître.
D’autre part, la sculpture triploïde passe nettement au type pentaploïde chez
certaines races du C. elegans-, et ce type pentaploïde est réalisé nettement
chez les C. hreviusculus et C. Eversmanni de la Perse occidentale et de l’Asie
mineure.
Dessous du corps, et particulièrement les métépisternes, finement et den¬
sément ponctués; les métépisternes réduits chez les espèces aptères et
n’ayant parfois plus, chez celles-ci, qu’une ponctuation superficielle peu
visible.
Pas de brosses tibiales chez les mâles, dont les mésotibias sont droits.
Protarse mâle avec ses trois premiers articles dilatés et feutrés en dessous ;
ce caractère tend à disparaître chez le C. Kushakewitchi.
LES CAI.OSO.MES
181
Premier article du métatarse toujours plus ou moins comprimé dans sa
partie basale; ce caractère distingue nettement les Callisthenes des Chry¬
sostigma et des Microcallisthenes.
Chétotaxie. — Jamais de soie prothoracique postérieure, l'antérieure le
plus souvent absente, mais représentée par son pore d’insertion. Soies
gulaires et métatrochantériennes toujours bien développées. Pas trace de
soies labiales.
Organe copulateur de même type que chez les Chrysostignia, de taille
normale. Ligule triangulaire, pubcscent sur sa face externe, terminé par une
pointe crochue (fig. 157).
Toutes les classifications données des espèces de Callisthenes me parais¬
sent inacceptables. Les auteurs n’ont eu en vue que les différences de sculp¬
ture; et ces différences étant très variables selon les individus, il en est
résulté un grand nombre de descriptions inutiles d’espèces inexistantes, et
par suite une grande confusion (Soi.sky 1874; Reitter, 1896, Best. Tab.).
Dans sa monographie, Breuxinc (1928) a cherché à mettre de l’ordre dans
la nomenclature des Callisthenes. Il faut reconnaître qu’tà juste titre il a mis
la plupart des noms inutiles en synonymie. Mais sa conception phylogéné¬
tique des espèces est certainement injustifiée. Il suffira, je pense, de compa¬
rer l’exposé qui est fait ici du genre Callisthenes à celui de Breunixg, pour
s’en rendre compte.
En réalité la lignée des Callisthenes. sans doute autrefois largement
répandue dans l’Asie centrale, est actuellement représentée d’une part par
une espèce ailée, largement propagée vers l’ouest dans la zone steppique de
l’Europe moyenne, depuis Tobolsk, en Sibérie, jusqu’à Anvers, d’autre part
par une série d’espèces aptères spécialisées dans l’Asie centrale.
Parmi ces espèces aptères, les unes occupent les steppes froides et rela¬
tivement humides du nord de la zone touranienne et s’avancent vers l’est
par la Dzungarie et la Mongolie jusqu’à la frontière de la Mandchourie
(groupe de Panderi). D’autres sont étroitement localisées sur les pentes de
la partie occidentale de la grande chaîne du Tian-Shan, dans le nord du
Turkestan et la Dzungarie. D'autres enfin, très isolées des précédentes par
les déserts chauds et secs du Turkestan méridional, se trouvent reléguées
dans les montagnes de la Perse occidentale, de l’Arménie et de l’Asie
mineure, c’est-à-dire dans la partie des chaînes iraniennes formant ce que
j’ai appelé l’Egéide méridionale.
Ce groupe de Callisthenes iraniens constitue une lignée bien isolée du
reste du genre.
Tableau des espèces
1. Espece ailée. Pronotum relativement petit par rapport aux élytres,
court et transverse, non rétréci à la base, à côtés bien arrondis.
(Subgen. Callisphaena Motsch.). 2.
182
R. JEAXNEL
— Espèces aptères. Pronolum ample, transverse mais plus ou moins
rétréci à la base, ses cotés arrondis en avant, rectilignes ou sinués
en arrière. (Subgen. ('allisthenes, s. str.). 3.
Subgcn. Callhphaena Motscli.
2. Elytres à sculpture rugueuse, saillante, de type triploïde, mais avec
les tertiaires irréguliers, tendant vers le dédoublement, mal séparés
des secondaires. Vert métallique, souvent bronzé, rarement noir.
Long. 20 à 27 mm. !Europe moyenne et Sibérie, d’Anvers à Tobolsk).
. reticulatus F.
Subgen. Callisthenes, s. str.
3. Pronotum à gouttière latérale très étroite, même en arrière, où elle
est séparée par une bosse de la fossette basale. Gouttière latérale de
l’élytre lisse. Allongé, noir, la tête petite, les élytres oblongs, con¬
vexes, atténués au sommet. Long. 20-28 mm. (Ferghana). [Gkoupe
1]. 2. usgentensis Solsky.
— Pronotum à gouttière latérale large, surtout en arrière où elle
englobe les fossettes basales. Gouttière latérale de l’élytre toujours
plus ou moins rugueuse (lisse chez pseudocarabus] . 4.
4. Gouttière marginale du pronotum étroite en avant (plus étroite
que l’épipleure correspondant), élargie mais non approfondie dans
sa partie postérieure. Espèces courtes et larges, à élytres suborbi-
culaires. (Perse). [Groupe 11]. 5.
— Gouttière marginale du pronotum plus large (aussi large que l’épi-
pleure en avant), élargie et surtout approfondie dans sa partie pos¬
térieure. Espèces à élytres plus ou moins oblongs. (Turkestan et
Asie centrale). 7.
5. Sculpture de l’élytre trijiloïde; les éléments plans, sans tégulation,
séparés par des lignes striales de points qui s’elfacent; la surface
alors complètement lisse; points des primaires imperceptibles,
f.ong. 15 - 21 mm. (Nord-ouest de la Perse). 3. araraticus Chaud.
— Sculpture de l’élytre pcntaploïde; les éléments confus, représentés
par des granulations ou pustules vaguement alignées sur cinq rangs
entre les primaires ; pas trace de stries ; points des primaires réduits. (5.
ti. Pronotum finement ponctué; granulations des élytres fines. Long.
17-23 mm. (Arménie). 4. breviusculus INIannh.
— Pronotum à ponctuation forte et profonde, rugueuse; granulations
des élytres fortes. Long. 19 - 23 mm. (Asie mineure et Perse).
. 5. Eversmanni Chaud.
7. Sculpture de l’élytro triploïde. [Groupe ni]. 8.
■— Sculpture de l’élytre évoluant vers le type pentaploïde, soit qu’il
existe un commencement de dissociation des tertiaires, soit qu’il se
trouve cinq éléments entre les primaires. [Groupe IV]. 15.
LES CAI.OSO.MES
18:5
8. Les primaires marqués par des points métalliques. 9,
— I^es primaires avec des points concolores. 10.
9. Élytres à côtes saillantes, lisses, non tégulées. Court et peu convexe,
les élylres arrondis. Noir ou bleu violacé, les points des primaires
très grands, verdâtres ou dorés. Long. 20 - 23 mm. (Nord de la
Mongolie). 9. Fischeri Fisch.
— Elytres à éléments bas, non saillants, superficiellement tégulés sur
le disque, plus fortement sur les côtés et l'apex. Court et peu con¬
vexe. Noir avec la bordure du pronotum et celle des élytres cui¬
vreuses, les points des primaires verts métalliques. Long. 15 mm.
IScmipalatinsU). 7. marginatus Gobi. (')
10. Gouttière latérale de l'élytre non granuleuse, la tégulation régulière.
Asjiect particulièrement caraboïde, les élytres étroits, subparallèles,
avec des lignes striales de points entre lesquelles les éléments sont
bas, mais tégulés; points des primaires réduits. Long. 18 mm.
(Scmipalatinsk,.. 8. pseudocarabus Sem.
— Gouttière latérale de l’élytre granuleuse. 11.
11. Points des primaires très grands et nombreux, les primaires caté-
nulés. (Chine). 12.
— Points des primaires réduits, petits et peu nombreux, peu visibles.
(Turkestan). 13.
12. Forme courte et large, les élytres arrondis. Tète plus grosse; prono¬
tum plus transverse, à lobes postérieurs plus largement arrondis et
plus saillants. Points des primaires plus gros. Noir. Long. 22 mm.
Nord-est de la Mongolie, région du lac Buïr-nor)... . 10. anthrax Sem.
— Forme étroite, allongée. Tète moins grosso; pronotum plus étroit,
à lobes postérieurs moins saillants en arrière, les élytres oblongs ;
jioints des primaires moins gros. Noir bronzé. Long. 22 mm.
(Cliine, Gan-Su : région du lac Kuku-nor). 11. Grumi Sem.
13. Tète et pronotum fortement ponctués. Court et large, les élytres
arrondis, peu convexes, avec la gouttière marginale largement expla¬
née et très rugueuse. Noir à reflets bleuâtres. Sculpture de l’élytre
forte, les éléments en côtes saillantes et fortement tégulées, les
stries profondes. Long. 15 -22 mm. (Russie : Oural. Nord du Tur¬
kestan et Dzungarie). 6. Panderi l’iscli.
— Tète et pronotum à ponctuation indistincte ou superficielle. 14.
14. Elytres à épaules saillantes, la gouttière humérale étroite et peu
rugueuse. Sculpture variable, mais la tégulation devenant progres¬
sivement granuleuse sur les côtés et l’ajiex; suture non déprimée.
Forme générale variable. Noir ou bleuâtre. Long. 18-2(3 mm. (Tur¬
kestan : massifs occidentaux du Tian-Slian .. 12. Kushakewitchi Bail.
(1) A. Semenov (1928) afiii ine la validité de cette espèce, qu'il dit voisine de son pscudoca-
rahas. J’en conclue que la sculpture doit être li'iploide.
K. JEAN.NKl,
IHl
— Elytres a épaules très effacées, la g'outtière humérale large et expla¬
née; suture déprimée. Forme elliptique allongée; le disque des
élytres presque lisse, le tiers latéral et Tapcx brusquement rugueux
et mat. Long. 23-2(5 mm. (Turkcstan : Buchara orientaL.
13. regelianus Mor.
15. Tête et pronotum à ponctuation effacée; la tête volumineuse, le
pronotum très grand, à côtés explanés, les élytres oblongs. Sculp¬
ture variable. Suture des élytres non déprimée, gouttière latérale
largement rugueuse. Vert métallique brillant à reflets rougeâtres ou
violacés, ou noir, ou bronzé avec la bordure verdâtre ou cuivreuse.
Long. 20-28 mm. (Turkestan : massifs occidentaux du Tian-SIian).
. 14. elegans Kirsch.
1. Calllsthenes (Callisphaena) reticulatus Fabricius
PI. VU, iîg. 2
C. reticulatus Fabricius, 1787, Mant. Ins., I, ]>. 197 {Curabus) : type : « Europa ».
— Breuning, 1918, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 82 (Chn/sostigma).
Motschoulsky a créé pour cette espece le genre Callisphaena^ sous le
nom duquel le C. reliculalus est généralement classé par les auteurs.
Breuning (1928) a proposé de le réunir aux Chrysosligma américains. Mais
on a vu que la chétotaxie labiale sépare les Chrysostigma des Callisthenes.
Fn réalité C. reticulatus est un véritable Callisthenes, avec tous les carac¬
tères morphologiques, chétotaxiques et sexuels des espèces aptères de ce
genre; comme elle, il a le premier article du métatarse comprimé. On peut
même rapprocher jilus spécialement le C. reticulatus du C. elegans, dont
la coloration verte métallique de certaines races, la sculjiture souvent
rugueuse et pentaploïdc rappellent le C. reticulatus. Un examen attentif de
la partie apicale des élytres d’un C. Semenovi ne laisse absolument aucun
doute à ce sujet. Il est très probable que les deux espèces reticulatus et
elegans dérivent d’une même souche, mais ont évolué dans deux directions
ojjposées, l'une se dispersant dans le nord de l’Europe, l'autre se réfugiant
sur les montagnes du Tian-Shan.
Fig. 132 et 133. — Long. 20 à 27 mm. Court et convexe, éjiais. Vert
métallique à reflets bronzés, rarement noir. Ailé.
Tête et pronotum densément et rugueusement ponctués; le pronotum
transverse, non rétréci à la base, les côtés arrondis, les lobes postérieurs
larges et saillants; fossettes basales larges et profondes. Elytres courts et
épais, très convexes, avec les épaules bien accusées. Sculpture saillante,
d’aspect rugueux; on distinguo un type triploïde avec tendance au dédou¬
blement des tertiaires ; les éléments sont saillants, fortement tégulés, mais
irréguliers, peu nettement isolés par les stries; les primaires portent de
gros points enfoncés concolorcs.
LES C'ALOSÜMES
185
Caractères sexuels normaux.
Organe copulateur (fig. 132) sans caraetères particuliers; la j)artie apicale
est épaissie et atténuée vers l’apex qui est court, subcylindrique, incliné à
droite; ligule du type normal (fig. 133).
Europe moyenne. De la Belgique jusque dans l’ouest de la Sibérie. Il
n'existe pas dans les îles Britanniques, mais est cité de Belgique : Anvers
(Everts), de Hollande, du Danemark et du sud de la Scandinavie : Skâne
(Grill); largement répandu en Russie. Vers le sud, il atteint la Thuringe,
la Basse-Autriche et la Bohême, et même la Hongrie ; Csakvâr (E. Csiki).
Ee Muséum de Paris en possède un exemplaire étiqueté : Tobolsk (coll.
Sédillot).
C. reticulatus a été récemment importé dans l’Amérique du Nord.
Ce Calosoma vit à terre, grimpant rarement dans les arbres, quoiqu’il
puisse voler. Il est abondant en Poméranie dans les champs de betteraves.
Importé en Amérique dans le Massachusetts, il s’y est montré prédateur de
chenilles bien plus actif que les Calosoma scrutator F. et C. sycophanta L.
Groupe I
2. Callisthenes (s. str.) usgentensis Solsky
C. usgentensis Solsky, 187'f, Fedtshcnko’s Rcisc Turk., p. 23; type : Usgent
(Mus. Leningrad). — Breuning, 1928, Kol. Riindscli., XIV, p. 68. — rugiceps
Kraalz, 1881, Deutsche eut. Zs., XXVIII, p. 219; type ; Osh (Mus. Dahlem).
Espèce très isolée par sa forme générale, la petitesse de la tête, l’étroitesse
de la gouttière latérale du pronotum et l’absence de granulation dans celle
des élytres.
Long. 20 - 28 mm. Entièrement noir. Oblong, la tête petite, le pronotum
transverse, ample, bien plus large que la tête, les élytres ovales, convexes et
atténués en arrière. Aptère.
Front plus ou moins ponctué et rugueux ; la var. rugiceps Kr. a le front
couvert de grosses rugosités transverses, mais s’observe dans des stations
diverses, avec la forme typique à front finement ponctué.
Pronotum transverse, plus ou moins rétréci en arrière, ses côtés bien
arrondis, la gouttière marginale étroite, régulière, non élargie en arrière et
séparée des fossettes basales par une bosse. Élytres ovoïdes, renflés après
le milieu, l’apex atténué, les épaules effacées; surface à peu près unie, avec
de très vagues traces de stries et de points sur les primaires.
Organe coj)ulateur de forme à peu près semblable à celle du C. substrialus
Motsch. (fig. 155).
Turkestan. Ferghana ; Margelan ; Osb; Usgen (Mus. Paris). Semirjet-
sbensk : Dongus tau (Breuning).
Localisé dans les montagnes de l’extrémité occidentale de la chaîne du
Tian-Shan.
bp S!
18:;
If. .n-ANXEL
Groupe II Espèces iraniennes!
3. Callisthenes s. str.) araraticus Chaudoir
C. araraticus Ohaudoir, 1846, Enum. (iar. Cuuc., p, 104; type : mont Ararat (coll.
Oberthür).
Subsp. subslriatus Motsclioulsky, 1859, Et. eut., 1\. p. 126; type : Sagan
Long.
Subsp. pumicatus Lapouge, 1907. Bull. Mus. llisl. nat. Paris, p. 124; type :
Zendjan (.Mus. Paris). — zarudnianus Semenov, 1928, Rev. Russe Eut.,
X.XII, p. 111; type ; Kazvin (.Mus. Leningrad).
Subsp. araraticus, s. str. — Sühkyi Zaitzev, 1918, Bull. Mus. Cauc., XI,
]i. 268 (nom. nov. pro lîeic/iei auct., nec Guérin). — Shelkovnikoai Zaitzev,
1918, I. e., p. 259; type : Perse. — Rcicliei Breuning, 1928, Kol. Rundscli.,
XI\', J). 69.
Fig. 155. — La description du ('. araraticus Chaud, ne laisse aucun doute
sur sou identité; c’est évidemment la forme à élytres lisses, sans stries ni
ranululions sur le disque, appelée Reichei par Bkeumxo et Sohkyi par
A1T7.EV.
Long. 15 à 21 mm. Court et ovale, large et peu convexe, les pattes robustes.
Xoirou bleuâtre. Aptère.
.Tète et pronotum finement jionctués, la gouttière latérale du pronotum
un peu rugueuse, bien élargie en arrière, mais ])as plus profonde qu’en
avant. IGytres à surface unie, sculpture tri]doïde; stries plus ou moins
visibles, tégulation des interstries à peine visible.
Organe copulateur 'lig. 155] peu dilaté, l'apex court et mousse, le ligule
comme chez les autres espèces. Jj'organe est identiqvie chez les trois sous-
cspèces qui sc distinguent de la façon suivante :
1. Élytres à épaules plus accusées, les côtés peu arqués. Lignes
striales de points très nettes sur les élytres. Coloration noire.
(Talycb). subsj). substriatus !Motscb.
— Elytres à épaules plus effacées, les côtés très arrondis; surface unie,
sans lignes de points. 2.
2. Pronotum à côtés plus rétrécis en arrière, la plus grande largeur
dans le tiers antérieur. Coloration noire. (Kurdistan).
. subsp. araraticus Chaud.
— Pronotum à côtés plus régulièrement arrondis, la plus grande
largeur au milieu. Taille plus grande; coloration bleuâtre. (Massif
de l’Elbourz). subsp. joawifeaiMs Lap.
Les trois races vivent dans les montagnes du nord-ouest de la Perse.
a. Subsp. substriatus, s. str. — Perse. Talycb ; Lirik (II. Leder, Mus.
Paris).
LES CAI.OSOMES
187
i. Subsp. araraticus, s. str. — Perse. Kurdistan : mont Ararat
(Dupontj.
c. pumicatus Lap. — Perse. Chamso : plateaux entre Zendjen
et Ardébi, ait. 1.300 m. (J. de ^lorgan, Mus. Paris). Giljan : Keroo, au-
dessus de Kazvin (N. Zarudnyi).
4. Callisthenes s. str.) breviusculus Mannerbeim
<C. breviusculus Mannerbeim, 1830, Bull. Mosc., II, p. 61 (L’araias); ty|ie ; Kopet
dagh. — Breuning, 1928, Kol. lluiid.scb., XIV, j). 71.
Subsp. breviusculus, s. -str. — Reichei Guérin-Méncville, 1812, Rev. Zool.,
p. 271; type ; Perse (Mu.s. Paris). — var. orbiculatus Motscboulsky, 1839,
Bull. Moscou, XII, p. 8i, pl. VI, lig. e. \ type ; mont Ala Guez. — Motschoulskyi
Fiseber von Waldbeim, 1812, Rev. Zool., p. 271; type ; mont Ala Guez.
Subsp. tamcrlanus Zailzev, 1918, Bull. Mus. Cauc., XI, p. 263; type ; Frze-
roum.
Espèce certainement voisine do la précédente, en diftérant surtout jiar la
sculjiture pentaploïde, plus évoluée. Aucune transition n'est connue entre les
deux espèces.
Long. 17 à 23 mm. Noir ou bleuâtre. Court et largo, peu convexe, les élytres
suborbiculaires. Aptère.
Front vaguement rugueux ou ponctué. Pronotum densément ponctué,
surtout dans la gouttière latérale, ipii est encore plus largement explanée
dans sa partie postérieure que citez C. araraticus. Toute la surface de
l'élytre couverte de fines granulations peu saillantes; les primaires se recon¬
naissent à de vagues lignes un peu saillantes et on compte facilement cinq
granulations entre deux lignes primaires; points enfoncés des primaires
très petits, souvent effacés.
Organe copulateur semblable à celui de C. araraticus, mais avec l'apex
moins conique, plus arrondi au sommet.
L'esptèce est peu variable. Le C. Reichei Guérin, dont le type se trouve
au Muséum, ne diffère pas du C. breviusculus. Ce type est un grand exem-
jtlaire femelle, à traces des éléments primaires particulièrement nettes et
granulations bien visibles. Chez certains individus les granulations sont moins
saillantes, rclativemcnts effacées.
La couleur est variable. C. breviusculus typique est noir; la var. orbicu¬
latus ^lotsch. est bleue violette, souvent avec reilets métalliques verdâtres
dans la gouttière marginale du pronotum et des élytres. Cette variété do
coloration est j)Out-ètro en rapport avec une localisation géographique.
Arménie. Kopet dagh, entre Baiburt et Trapezunt (Mannerbeim); Erze-
roum (Reitter); Bitlis (Gilnicki); Van (Mus. Paris); montagnes de la vallée
de l'Araxes (H. Leder, Mus. Paris); mont Ala Guez, à l’ouest do l’Ararat
(Cbaudoir).
188
II. .IKAXXKI.
5. Callisthenes (s. str.) Eversmanni Cliaudoir
C. AVers/ïian;»'Chaucloir. 18.50, Bull. Mosc., XXIII, j). 157; type ; Tokul (coll
Oborthür). — Breuiiing, 1928, Kol. Ruiidsch., XIV, p. 72. — var. persicus
Géliin, 1885, Cat. Car., p. 68; type ; Perso (coll. Obcrlhür).
Fig. 156 et 157. — Long. 19 à 2.3 mm. Noir ou bleuâtre. Court et très
large, peu convexe, suborbiculaire. Aptère.
Tôte et pronotum fortement et densément ponctués. Pronotum transverse.
t’ig. 155 à 150. — (ira. Culliulhenes Fiscli., partie apicale du janiis, l'ace dorsale, avec le-
ligule exserti('X 16J, et sommet du ligule, de profd (>< 32). — l'ig. 155. C. (s. str.) nraralicus.
Kubstriatm llotscli., du Caucase. — Klg. 156 et 1.57. C. (s. str.) Eversmanni Chaud., d’Ama-
sia. — Fig. 158. C. (s. str.) KushnkewUchi dccolnr Moi'., du Turkestan. — Fig. 150.
(s. str.) regelianns Mor., du Buchara.
à gouttière latérale très élargie on arrière, régulière et peu profonde^
Elytres en ovale court, les épaules arrondies, la sculpture formée do pustules
disposées sans ordre; pas de stries, mais les primaires sont indiqués par
de fines côtes entre lesquelles se comptent environ cinq pustules. La sculp¬
ture devient plus râpeuse dans la gouttière latérale et à l'apex. Dessous
lortement ponctué.
Organe copulateur (fig. 156) allongé, l’apex court et épais.
Comme chez les espèces précédentes, il se trouve des races de coloration
noire, d’autres de coloration bleue. La var. persicus Géh. du C. Eversmanni
est bleue, avec les gouttières marginales verdâtres.
LES CALOSO.MES
189
Asie mineure, toute sa région septentrionale ; Bos dagh, près d’Eski
Chéliir (Bodemeyer); Angora (Ganglbauer, Mus. Wien); Amasia (Korb,
Mus. Paris); Tokat (Cliaudoir). — Arménie : Diasbekr (Mus. Budapest).
Gnou PE III (Espèces touraniennes)
6. Callisthenes (s. str.) Panderi Fischer
PI. VII, fig. 3
C. Panderi Fisclier von Waldheim, 1822, Ent. Russ., I, p. 85, pl. vu ; type ;
Orenburg. — Breuiiiiig, 1928, Kol. Rundscb., XIV, p. 61 (pars).
Subsp. Karelini Fischer von Waldheim, 1833, Bull. Mosc., III, p. 186; type ;
Semirjetsiiensk ; fleuve Lepsa.
Long. 15 - 22 mm. Voir, souvent bleuâtre, h reflets métalliques sur les
pattes et le dessous du corps. Court et large, les élytres subcarrés, peu
convexes, à bords explanés. Aptère.
Tète et pronotum iionctués, la tète relativement petite, le pronotum trans¬
verse, à côtés bien arrondis, gouttière latérale large, très approfondie et
élargie en arrière. Élytres à sculpture forte, triploïde, les éléments saillants,
fortement tégulés, séparés par des stries profondes, la tégulation devenant
râpeuse sur les côtés et sur l’apex. Dessous du corps à ponctuation fine.
Organe copulateur de même type que chez les précédents, l’apex court
et obtus.
L’aire de répartition du C. Panderi est vaste, étendue depuis le sud-est de
a Russie, à travers les steppes transcaspicnnes dans le Turkestan touranien,
jusque sur le versant nord des monts Tian-Shan. Elle ne paraît guère
s’élever dans les montagnes.
La forme typique occupe la partie occidentale de cette aire et vit dans les
vastes steppes Kirghises. La race Karelini Fisch., beaucoup plus localisée
que ne le dit Breuning (1928), se trouve dans la région montagneuse du
revers nord des Tlan-Shan. Elle est caractérisée par sa sculpture plus forte et
plus râpeuse, son pronotum plus largement arrondi en avant, plus rétréci en
arrière, la côte suturale des élytres plus saillante.
fl. Subsp. Panderi, s. str. — Russie. Uvalsk; steppes au sud d’Orenburg
(Mus. Paris); environs du lac Inderskoje (Breuning). — Turkestan. Asmo-
linsk : steppes Kirghises, près de Tscharkaian (Motsclioulsky; Mus. Paris).
Syr Darja : vVulie-Ata (Mus. Paris).
b. Subsp. Karelini Fisch. — Turkestan. Semirjetshensk : montagnes au
sud de Wjernyi : Ala Tau, l’égion du fleuve Lepsa et du lac Issyk Kul (Fischer,
Solsky). Deux exemplaires de la race Karelini, très caractérisés, sont éti¬
quetés « Dzungaric » (Mus. Paris).
ü. JEAXNi;i.
l!t(t
7. Callisthenes (s. str.) marginatus Gcbler
C. marginauis Gobler, 1830, Ledeb. Reise, II, p. 57; type ; Saissan nor? (Mus. Lc-
niag-rad). — Semeiiov, 1928. Rev. Rus.so Mat., XXII, p. 110.
r.ong. 15 mm. Noir avec la bordure du pronotum et celle des élytrcs vert
bronzé. Court et large. Aptère.
Elytrcs à sculpture line, triploïde, formée de ligues striales de points entre
lesquelles les éléments sont peu saillants, superliciellement tégulés sur le
disque, plus fortement sur les côtés et sur l’apex; primaires avec des points
enfoncés verts métalliques.
Brelxixu i l928i a placé ce Callisthenes comme race auprès du C. elegans
Kirsch. A. Semexov i1928) le rapproche de son C. pseudocarabus et le tient
pour une espèce distincte. Le fait qu’il aurait sensiblement la même sculp¬
ture que le C. pseudocarabus, indique bien cpie le C. marginatus est de type
triploïde et n’a par consé(juent aucune parenté avec Velega?is. Sans doute
s'agit-il d'une espèce de la lignée de C. Panderi, comme d’ailleurs pseude—
carabus Sein., Fischeri b'isch. et peut-être aussi anthrax Sem.
Nord-est du Turkestan. Semipalatinsk : région du lac, Saissan nor
(Gcbler , un seul exemplaire connu.
8. Callisthenes (s. str.) pseudocarabus Senienov et Redikorzev
C. pseudoracabus A. Semenov Tian-Slianski et V. Redikorzev, 1928, Rev, Russe
l'ÙU., XXII, p. 109; type ; monts Saur (Mus. Leningrad).
Long. 18 mm. Noir brillant à reflets bleuâtres. Forme caraboïde très
accusée, les élytrcs subparallèles, peu convexes. Aptère.
Tète médiocre, à ponctuation rugueuse. Pronotum subcordiforme, à gout¬
tière latérale large et approfondie en arrière, disque densément ponctué.
Itlytres étroits, subclliptiques, avec des lignes striales de points séparant des
interstrios plans, modérément tégulés, j)lus fortement sur les côtés et l’apex,
mais sans former de granulations rugueuses comme chez les autres espèces.
Points des primaires concolores, petits et peu nombreux.
Caractères sexuels secondaires normaux.
Nard-est du Turkestan. Semipalatinsk : monts Saur, au sud du bur
Saissan nor, à la frontière de la Dzungarie, ait. 2.150 m. (A. Jakobson’.
9. Callisthenes (s. str. Fischeri Fischer
C. Fischeri Fischer von Waldheim, 18ï2, Rev. Zool., p. 271; type ; « confins de
la Cliine ». — Breuning, 1928. Kol. Rundsch, XIV, p. 74.
Long. 20 - 23 mm. Bleu brillant violacé, avec les points des primaires dorés;
parfois noir, avec les points des jjrimaires verdâtres. Court et large, les
élytrcs peu convexes, comme chez Panderi. Aptère.
I.KS C.U.OSÜMES
l'.tl
Tôle à ponctuation elïacée. Pronotum transverse, à côtés arrondis en avant,
rétrécis en arrière, les lobes postérieurs saillants. Élytres à lignes striales
de points assez profonds, les interstries convexes, lisses, sans tégulation ; les
primaires interrompus par de gros points enfoncés dorés. Dessous lisse, à
ponctuation obsolète.
Caractères sexuels normaux.
Nord de la Mongolie : Agut iClementz, Mus. Berlin).
Je ne sais où se trouve cette localité, qui peut-être n’est pas très éloignée
du Semipalatinsk où se trouve le C. marginatiis Gebl.
10. Callisthenes s. str.) anthrax Semenov
C. anthra.r A. Semenov Tian-Sluuisky, 1900, Ilor. Soc. eut. Ross., XXXn', ]>. 304;
type : lac Buir nor (.Mus. Leningradi. — Breuning', 1928, Kol. Uuiidsch., XIY,
p. 73.
I.ong. 22 mm. Noir. Court et large, les élytres arrondis. Aptère.
Tète assez grosse, le front rugueusement ponctué. Pronotum transverse, à
lobes postérieurs larges, les gouttières latérales largos et rugueuses.
Elytres à épaules modérément arrondies, disque régulièrement convexe.
Lignes striales de points fines, efi'acées; les interstries à tégulation forte,
devenant i)lus serrée et rugueuse sur les côtés et à l’apex; primaires caté-
nulés, avec dix à quinze interruptions par de largos pioints concolores.
Caractères sexuels du mâle normaux; femelle inconnue.
Nord-est de la Mongolie : environs du lac Buir nor, près de la frontière
Mandchoue, un seul exemplaire connu (G. Potanin).
11. Callisthenes (s. str. Grumi Semenov
C. Gritmi A. Semenov Tian-Shansky, 1900, Ilor. Soc. eut. llos.s., .X.X.XG', p. 305 ,
type : Danger-tin (Mus. Leningrad). - Breuning, 1928, Ivol. llundscli., XIV,
p. 74.
Long. 22,5 mm. Noir bronzé, le bord des élytres roussàtrc. Plus allongé et
étroit que le précédent. Aptère.
Tète j)lus petite, plus étroite, plus fortement ponctuée. Pronotum bien
plus étroit, peu transverse, ses lobes postérieure larges, mais moins saillants
en arrière. Elytres subparallèles, assez convexes. Tégulation des éléments
plus forte; points des primaires moins grands.
Mâle inconnu.
('hine. Gan-Su : Danger-tin, à l'est du lac Kuku nor, un exemplaire
(G. et IM. Grum-Grzliimailo).
192
U. JEANNHI.
12. Callisthenes (s. str.) Kushakewitchi Ballion
PI. VII, fig. 1 et 7
C. Kusliakewitchi Ballion, 1870, Bull. Mosc., XLlll, p. 323; type : Kaia Tau (Mus.
Leningrad). — Breuning, 1928, Kol. Rundscli., XIV, p. 66 :
Subsp. Glasunovi A. Senienov Tian-Shansky, 1900, llor. Soc. ent. Ross.,
XXXIV, p. 303; type : Sintab. (Mus. Leningrad).
Subsp. decolor Morawitz, 1886, .^lem. Ac. Sc. St-Petersb., (7) XXXIV, p. 87;
type : Taslikent (Mus. Leningrad). —Iteichei Solsky, Fedtsch. Reise, p. 20 (ncc.
Guérin).
Subsp. Plasoni Born, 1917, Kol. Rundsch., VI, p. 13; type ; Semirjetshensk.
Subsp. Baiesoni A. Semenov Tian-Shansky et V. Redikorzev, 1928. Rev.
Russe Ent., X.Xll, p. 111; type : Golodnaja (Mus. Leningrad).
Fig. 158. — Long. 18- 2(i mm. Espèce très variable, de coloration noire
ou bleue, de forme large ou allongée ; les élytres de la forme typique sont
suborbiculaircs et très convexes; ils deviennent oblongs et étroits, avec
les épaules effacées chez la race decolor. Espèce a[)tcrc.
Tète et pronotum à ponctuation très supcrliciellc. Tète assez volumineuse,
pronotum transverse, plus ou moins rétréci en arrière, les lobes postérieurs
explanés. Elytres convexes, à suture normale, non déprimée, les épaules
plus ou moins arrondies et effacées. SculjMure triploïde, fine, les stries
superficielles et finement ponctuées, les interstries avec des traces de tégu-
lation très effacée. Gouttière marginale de l’élytre un peu rugueuse, les
rugosités peu nombreuses dans les deux tiers antérieurs.
Protarse mâle avec ses trois premiers articles dilatés et feutrés en dessous
chez la forme typique; le revêtement ventral du 3“ article est souvent réduit,
surtout chez la race Batesoni, le protarse est simple, sans aucun feutrage
chez la race Glnsunoci.
Organe copulateur Tig. 158) assez grêle, renflé dans sa partie apicale,
l’apex court, mais grêle et conique. Ligule de type normal.
1. Elytres arrondis, larges et convexes, à épaules saillantes. 2.
— Elytres oblongs, allongés, à épaules très effacées. 3.
2. Coloration toujours bleuâtre. Pronotum plus large, à cotés bien
arrondis. Gouttière marginale de l’élytre à peine granuleuse en
avant. Protarse à 3“ article normalement feutré.
. subsp. Kushakewitchi, s. str.
— Coloration plus noire. Pronotum plus étroit. Gouttière marginale
de l’élytre plus granuleuse en avant. Feutrage du 3" article du
protarse mâle très réduit. subsp. Batesoni Sem.
3. Entièrement noir. Forme plus grêle et plus allongée. Protarse mâle
normalement dilaté et feutré. subsp. decolor IMor.
— Coloration bleuâtre à reflets métalliques. 4.
LES CALOSÜJIES
I9:i
4. Proliirse mâle normalement dilaté et feutré. subsp. Born.
— Protarse mâle simple, à peine épaissi, les articles sans feutrage
ventral. subsp. Glasiuioi>i Sem.
Ces quelques races sont morphologiquement j)eu distinctes, reliées entre
elles par des transitions. Elles paraissent cependant correspondre à des
régions géographicjues limitées.
L’espèce occupe, dans le nord-est du Turkestan Russe, l’extrémité occi¬
dentale de la grande chaîne du Tian-Shan.
a. Subsp. Kushakewitchi, s. str. — Syr Darja : chaîne du Kara Tau, j)rès
de Tchimkent (Ballion, Chad’anjon) ; Tashkent (Mus. Paris i. Samarkand :
Chodshkent iMus. Wien).
Cette forme occupe le versant occidental du massif montagneux, sur les
pentes dominant les j)laines de la Syr Darja.
b. Subsp. Glasuiiovi Sem. — Samarkand : chaîne du Xarata Tau, petit
massif avancé dans les plaines, au nord de la ville de Samarkand (D. Gla-
sunov).
c. Subsp. decolor Mor. — Syr Darja : versant nord de l’Ala Tau, à Aulie
Ata (Chaiïanjon, Mus. Paris); Alexander Tau (Mus. Paris). Semirjetshensk :
région du lac Issyk Kul (Breuning).
Decolor est une race de montagne, localisée sur le versant nord du massif
dont la forme typique occupe le versant occidental.
d. Subsp. Plasoni Born. — Semirjetshensk, sans précision do localité
Boni).
e. Subsp. Batesoni Sem. — Semipalatinsk : steppes Golodnaja, entre
Karkalinsk et Kazalinsk | W. Bateson ;. Cette station est loin au nord du Tian-
Shan, dans le pays Kirghise.
13. Callisthenes (s. str.) regelianus Morawitz
PL Vil, fig. 9
C. regelianus Morawitz, 1886, Mein. Ac. Sc. St-Pétersb., (7) XXXIV, p. 84; type :
Baldsluian (Mus. Leningrad). — Breuning, 1928, KoL Rundsch., XIV, p. 6.7.
— ovalis Morawitz, 1886, 1. c., p. 84. — oxygonus Morawitz, 1886, 1. c., p. 84.
Fig. 159. — Long. 23 - 2C mm. Noir, avec la bordure parfois bronzée ou
verdâtre. Forme oblongue, allongée. Aptère. Très reconnaissable au premier
coup d’œil à la suture des élytres toujours déprimée et la gouttière marginale
largement rugueuse et mate.
Tête volumineuse, à ponctuation fine et dense. Pronotum transverse,
grand, la gouttière marginale largement oxplanée, les lobes postérieurs
larges et saillants. Flytres allongés, étroits aux épaules qui sont très elïacées,
renflés en arrière et profondément déprimés sur la suture ; gouttière latérale
très large. Disque presque lisse, avec de vagues traces de lignes striales
.MÉMÜIIiES DU MUSÉU.M, NOUVELI.E SÉIUE, TO.ME XIII. 18
104
11. .IK.WNKI.
de points et les intervalles très superficiellement téf^ulés; le tiers latéral et
l’apex de l’élytre brusquement granuleux et mats.
Caractères sexuels secondaires normaux.
Organe copulateur (fig. 159) allongé, bien ar<|ué, guère plus épais dans
la partie apicale que dans son milieu; l’apex en tige grêle, longue, inllccbie
à droite, à sommet mousse.
Espèce un peu variable quant à la largeur du pronotum et à celle des
gouttières latérales des élytres; mais la forte dépression suturale j erniet
toujours de la reconnaître facilement.
Turkestan. Buebara oriental : ïsbintsbantan (Breuning); Baldshuan
(MorawitZ); Kuliab illauser. Mus. Paris); Garm (coll. Breuning .
Groupe IV
14. Callisthenes (s. str.) elegans Kirsch
PI. VII, lîg. 5
C. elegans Kirsch, 1859, Stelt. eut. Ztg., XX, p. 197; type : « Songorei ».
Subsp. Semenovi Motschoulsky, 1859, Ét. ent., IX, ]). 128; type : Ala Tau de
Dzungaric. — llallioni Solsky, 1874, Fedtschenko’s lleise, p. 24; type : Koka-
tau.
Subsp. Manderstjernai Ballion, 1870, lîull. Mosc., XLIII, p. 323; type :
Wjernyi. — Sseverlzovi lîallion, 1870, I. c., p. 323; type : V’jernyi. — ver-
nojensis Laiiougo, 1924, Mise, ent., p. 38; type : Wjernyi |Mus. Paris). — var.
amet/ii/stiiius A. Senienov Tian-Shansky, 1928, Rev. Russe Ent., XXII, p. 109;
type ; steppes du lleuve Tshoryn (Mus. Leningrad).
Subsp. elegans, s. str. — Faust, 1885, Stett. ent. Ztg., XLVI, p. 45 (trad. de
Solsky, 1874, 1. c.).
Subsp. declh’is Dohrn, 1884, Stett. ent, Ztg., XLV, p. 405; type : Issyk KnI.
— llotislaei A. Semenov Tian-Sliansky, 1906, llor. Soc. ent. Ross., VI, p. 262;
type : vallée de l'Ili (Mus. Leningrad). — karagaicus Lapougo, 1924, 1. c., p. 37 ;
type : Karagai Tau (Mus. i^aris).
Breuxixo, dans sa monographie (1928), a réuni dans une seule espèce
Velegans et le Panderi, sans qu’il soit possible de comprendre la raison
de ce rapprochement. Il s’agit en réalité de deux espèces et même de deux
lignées distinctes et très anciennes.
(\ elegans est une espèce polymorphe, remarquable par l'évolution de
sa sculpture qui passe du type triploïde (forme typique) au tyjie penta-
ploïdc très caractérisé [raco Mandersterjnai\\ cette évolution est très
comparable à celle qui s’observe chez les Campalita, de maderae à
Olivicri.
11 résulte de cette variabilité de l’espèce, que ses formes ont été maintes
fois redécrites sous des noms dillerents. De plus, la forme typique, elegans,
paraît rare et semble avoir été méconnue.
LES CALOSOMES
l!ȟ
Long. 20 à 28 mni. Aptère. Oblong, la tête très volumineuse, le pronotum
transverse, à côtés explanés, les élytres plus ou moins allongés et convexes.
Coloration variable, soit métallique, verte ou dorée avec reflets rougeâtres,
soit noire ou bronzée, avec les bords du pronotum et des élytres verdâtres
ou cuivreux; toutes les transitions se rencontrent entre les individus métal¬
liques, bronzés ou noirs.
Tète très grosse, à yeux peu saillants, cou très épais, front plus ou moins
ridé. Pronotum peu ponctué sur le disque, rugueux latéralement, la gouttière
large, les lobes postérieurs amples et saillants. Elytres de forme variable,
mais toujours oblongs, à côtés peu arqués et épaules relativement saillantes.
Sculpture variable selon les races, les éléments s’atténuent, leur tégulation
s’efface sur le disque et les stries disparaissent; mais il persiste toujours
des traces des primaires sous forme de côtes, avec des points enfoncés
petits mais généralement métalliques.
Caractères sexuels secondaires normaux.
Organe copulateur semblable à celui des précédents, mais avec l’apex
anguleux, court, un peu tordu vers la droite.
L’espèce est représentée par les races suivantes :
1 Coloration métallique, verte avec reflets cuivreux. Élytres oblongs
et très convexes, l’ajjcx très déclive. Sculpture triploïde mais très
effacée, les primaires marqués par des points enfoncés. Long. 22 -
28 mm. (Ala Tau de Dzungariei. subsp. Ac/«ertO(’/Motscli.
— Coloration noire ou bronzée, parfois olivâtre ou avec les bords
cuivreux ou verdâtres. 2.
2. Sculpture pentaploïdc, mais effacée, les j)rimaires représentés par
de fines côtes saillantes, entre lesquelles se voient cinq rangs de
tégulations. Long. 24-28 mm. (Ala Tau de Wjernyi'.
. subsp. Mandersljcrnai Bail.
— Scid[)turc triploïde, les stries discernables. 3,
3. Sculpture saillante, les éléments élevés et fortement tégulés, écail¬
leux. iVngles huméraux très saillants, côtés des élytres peu arrondis,
surface apicale faiblement déclive. Long. 22-25 mm. (? Dzungarie).
. subsp. elegans, s. str.
— Sculpture basse, les éléments effacés, très superficiellement tégulés.
Elytres j^lus ovales, à angles huméraux plus arrondis, côtés plus
arqués, la surface apicale plus abrupte. Primaires interrompus fjar
des points généralement verdâtres. Long. 22 à 25 mm. (Montagnes
au sud et à l’est du lac Issyk Kul). subsp. declivis Dobrn.
a. Subsp. Semenovi Motseb. — Turkestem et Dzungarie : Ala Tau de
Dzungarie, à la frontière sud du Semirjetshensk (Motschoulsky, Ballion) ;
Buruldaj Steppe Hauser, in Mus. Paris).
Forme de grande taille, très convexe et de coloration métallique. Elle
paraît localisée au nord du détroit de Dzungarie.
100
K. JEA>\\EL
h. Subsp. Manderstjevnai Bail. — TurkesLcin, Seniirjetshensk : steppes
au pied des monts Ala Tau et Talgar, au sud de Wjernyi, entre cette ville
et le lac Issyk Kul; à l’est jusqu’à la vallée du Tsliaryn (var. amethys-
tiniis Sein. .
Race do grande taille, convexe, olivâtre ou noire, parfois violacée (var.
amethystinus Sem.)., remarquable par l’évolution pentaploïde avancée de sa
sculpture. Entre les côtes primaires, les intermédiaires portent parfois seu¬
lement des points épars, restes de cinq rangs de tégulations. Cette forme,
la plus occidentale, peuple les montagnes au nord du lac Issyk Kul.
c. Subsp. elegans, s. str. — Cette forme jiaraît avoir été méconnue per
Bredning (1928) qui semble confondre re/e,"arts avec le Semenovi. Velcgana
typique est très caractérisé par sa sculpture forte, saillante, profondément
tégulée, comparable à celle du C. Panderi (« iischschuppenartige Sculptur »,
dit l’auteur). De plus, Solsky, qui a dù voir le type, le dit avoir des éjiaules
bien plus saillantes que chez tous les autres Callisthenes. Je trouve ces
caractères chez deux mâles rapportés par Chaffaxjon et qui proviennent
sans doute de la Dzungarie, très probablement des environs de Kuldsha.
d. Subsp. declivin Dohrn. — Turkestan, Semirjetshensk : montagnes à
l’est et au sud du lac Issyk Kul. C’est la forme qui peuple les montagnes
au sud du seuil de Dzungarie, jusque dans le centre du Tian-Shan occi¬
dental : Terskei Ala-Tau. 11 est abondant aux environs de Xarynsk, dans
la vallée du Naryn (Mus. Paris).
Obs. — Parmi les Callùithenes rapportés par Chaffaxjon, il se trouve
deux femelles, remarquables par la forme de leurs élytres ovales, courts,
avec les épaules très effacées ; la sculpture est celle du declivis quoique
moins effacée. La provenance précise de ces exemplaires n’est pas indi¬
quée, mais ils semblent bien appartenir à une race de montagne isolée.
16. Gen. TERATEXIS Semenov et Znojko
Teratexis (subgen.) A Semenov Tian-Shansky et Znojko, 1933, Bull. Soc. ent.
Fr., p. 99; type : T. fabulosa Sem. et Zn.
L’espèce pour laquelle ce genre a été créé mérite assurément son nom
do « fabulosa ». MM. A. Se.menov-Tian-Shansky et D. Znojko en ont donné
une excellente figure et une longue description, qui en font ressortir les
caractères vraiment extraordinaires, mais ne permettent malheureusement
pas de fixer sans hésitation sa position systématique.
Les auteurs croient pouvoir lier Teratexis au Neocalosoma Bridgesi
Chaud., do l’Amérique du Sud, qui est un Castrida et se trouve figuré
ici (jjI. III, fig. 8). Il n’existe en réalité aucune parenté directe entre ces deux
Calosomes. La figure qui est donnée du Teratexis me fait plutôt présu¬
mer qu’il s’agit d’un type ultra-évolué de la série des Gaf/fs/Aenes aptères,
qui peuplent les déserts asiatiques. Malheureusement, on ne trouve dans la
LES CALOSO.MES
107
long’uc description, qu’on pourrait croire complète, des auteurs russes,
aucune allusion à aucun des caractères qui m’ont servi do directeurs dans
ma systématique nouvelle des Calosomes : structure antennaire, sculpture
clytrale, ponctuation sternale, forme du métatarse, présence du ligule, etc.
Tei-atexis est aptère et d’« habitus caUisthcnif'ormis ». Les mandibules
ridées, la base des antennes avec l’article 2 court, le 3 très allongé, tous
deux comprimés et carénés, le pronotum fortement lobé et sans soies, les
élytres à sculpture effacée, le rapprochent des Callisthenes, particulièrement
de ceux à sculpture triploïde et homodyname, comme le C. elegans, forme
typique.
Les caractères indicpiés pour les métépistornes [sparsim sed distincte
punctatis) s’accordent avec la lignée des Callisthenes, et la principale
düTércnce avec les espèces connues de l’Iran et du Turkostan est (pie chez
celles-ci les mésotibias sont droits, tandis qu’ils sont fortement arejués chez
Teratexis. Mais on ne relève pas plus sur le dessin que dans la descrijition
de ce dernier <ju’il ait de véritables brosses mésotibiales. Le mésotibia est
très arqué, crénelé et cilié dans la moitié proximale du bord interne ; mais
il n’est pas question de brosses et il est probable d’ailleurs que la forme
des mésotibias du Teratexis doit être un caractère spécificjue et non un
caractère sexuel secondaire.
En tous cas, Teratexis est très remarquable par la réduction considé¬
rable de l’arrière-corps par rapport à l'avant-corps, par la longueur des
pattes, qui n’est pas en corrélation avec la brièveté des antennes, enfin par
l'étrange cabossage des élytres, qui rappelle tout à fait celui de certains
Calathus de l’îlc Gomera, aux Canaries. On a vu d’ailleurs que les Elgo-
norites du Mont Elgon présentaient un cabossage élytral analogue, quoique
diiïérent.
f.es caractères chétotaxiques sont insulUsamment connus. Les soies
gulaires sont bien développées, les pronotales absentes. J’ignore s’il existe
des labiales et si la métatrocliantériennc est présente, comme chez les Cal¬
listhenes.
1. Teratexis fabulosa Semenov et Znojko
C dosa ma (Terale.ris) fabulosum A. Semenov Ïian-Sliansky et Znojko, iyu3, Bull.
Soc. ent. Fr., [>. lOf», fig. ; type : Irtshailyk (Mus. Zool. Ac. Leningrad).
Long. 20,5 mm. Noir de poix, plus ou moins brunâtre, sans trace de
coloration métallique. Avant-corps plus long et à peine plus large que les
élytres; ceux-ci oblongs, à épaules effacées, le disque largement et profon¬
dément cabossé. Sculpture fine, triploïde, marquée seulement par de fines
stries superficielles.
Mandibules très grandes et très saillantes; antc'nnes très courtes, dépas¬
sant à peine le milieu du pronotum.
U. JEANNE!.
1!I8
Pattes très robustes. Deux articles dilatés et feutrés aux protarses des
mâles.
Organe copulateur à pénis nn peu dilaté et infléchi dans sa partie api¬
cale.
Afganistan septentrional : Irtshailyk, S exemplaires connus (N. Umnov,
13-IV 1930).
IV. SÉRIE PHYLÉTIQUE DE CALLITROPA
Groupe nord-américain.
Les genres placés dans celte série dérivent de souches qui se sont sans
doute séparées de celles des Castrida sud-américains vers la fin du Cré¬
tacé. Ils se distinguent nettement par une série de caractères.
D’abord par leur chétotaxie. Alors que les Castrida gardent la soie pro-
tboracique postérieure et perdent la métatrochantérienne, c’est l’inverse
dans la série de Callitropa : jamais de soie prothoracique postérieure, soie
métatrochantérienne conservée, sauf dans le petit groupe des Camegonia.
D’autre part les gulaires sont présentes et les labiales manquent générale¬
ment.
Les métépisternes sont lisses, avec de très gros points enfoncés, peu
nombreux, épars sur la partie postérieure, comme chez les Castrida. Et
ce caractère semble bien être commun à tous les Calosomes issus de
souches américaines. Il écarte les genres de la série de Callitropa de ceux
de la série phylétique de Callisthenes, c’est-à-dire des Chrysostigma et
Micj'ocallisthenes, dont les métépisternes sont finement ponctués et les
souches anciennes sans doute originaires do l’Eurasie.
Enfin, par leurs caractères sexuels, les genres de la série phylétique
de Callitropa s’écartent encore des Castrida parce que jamais chez eux
ne se trouvent des espèces ayant conservé les brosses mésotibiales des
mâles, si caractéristiques des Calosomes vrais, ainsique des lignées sud-amé¬
ricaines.
La série phylétiqne de Callitropa groupe deux types convergents de
formes ailées, distribués dans l’Amérique du Nord : les uns à angles posté¬
rieurs du pronotum tronqués et côtés anguleux [Camedula], les autres
à angles postérieurs du pronotum au contraire explanés et très arrondis
[Callitropa].
Dans ces deux lignées bien distinctes, à partir de formes primitives
analogues, à sculpture triploïde et homodyname fine, on trouve des séries
évolutives parallèles. Chez les espèces des régions chaudes du sud, colles
de Californie et des déserts du Sud-Ouest, la sculpture s’efface et il se pro¬
duit des espèces noires à élytres lisses qui ressemblent aux espèces du genre
Chrysostigma vivant dans les mêmes contrées.
D’autre part, la lignée de Callitropa a donné naissance à toute une
LES CALOSO.MES
l'.H)
série de formes oropliiles, aptères, d’aspect caraboïdc, dont l’évolution sera
particulièrement intéressante à comparer avec celle des Carabomorphus et
Orinodronius de l’Afrique orientale. Dans les deux cas s’observent les
mêmes corrélations entre l’aptérisme, l’évolution de la sculpture et le déve¬
loppement du ligule de l’organe cojn.ilateur, mais ces corrélations, d’ailleurs
peu explicables, s’exercent sur des modes évolutifs assez différents.
17. Gen. CAMEDULA Motschoulsky
Camedula Motschoulsky, 1835, Bull. Mosc., XXXVIII, p. 303; type ■. glabratum
Dej. — Acamegonia Lapouge, 1927, Mise, eut., XXXII, p. 4; type : glabratum
Dej.
Subgcn. Carabosoma Géhin, 1885, Cat. Car., p. 32; t 3 'pe angiilatum Chevr.
Subgeii. Camegonia Breuning, 1927, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 94; type :
prominens Le Conte.
Géhin ,1885i a ju’is pour type de Camedula le C. rufipenne Dej. et rejeté
glabratum Dej. dans son genre Carabosoma (type angulalum Chevr.). Or
il suffît de se reporter à la description originale de Camedula pour constater
que C. rufipenne ne peut pas être pris pour type de ce genre. Seul glabra¬
tum Dej., qui est d’ailleurs cité en première ligne, correspond à la diagnose
de Motschoulsky ; « Tarses et jambes comme chez Caminara (6’. imbri-
catum Kl. , élytres finement striés par des stries ponctuées, intervalles
planes et glabres ». Ces caractères ne peuvent pas s’appliquer au C. rufi¬
penne, à tibias munis do brosses et élytres côtelées, placé ici dans le genre
Castrida.
Espèces toujours noires, parfois [angulaium] avec une teinte verte, bleue
ou violette dans les gouttières latérales. Ailés.
Tête médiocre, à cou épais. Antennes à articles de la base fortement
carénés, l’article 3 presque tordu. Mandibules ridées en dessus. Dernier
article du palpe maxillaire subtriangulaire, presque aussi long que l’avant-
dernier, surtout chez les Camedula, s. str. et Carabosoma. Dent labiale
aiguë; palpe labial quadrisétulé.
Pronotum do forme très particulière : les lobes postérieurs sont toujours
totalement effacés, sans aucune trace de l’angle postérieur; les côtés, plus
ou moins sinués dans la moitié basale, forment, au milieu de leur longueur,
une saillie anguleuse toujours prononcée (fig. 160 et 164), sur laquelle
s’insère la soie pronotale antérieure à côté d’un épaississement du bourrelet
marginal. Gouttière marginale régulière; pas de fossettes basales.
Elytres très longs et striés, à sculpture triploïde homodyname, régulière
c’.icz les Carabosoma, plus courts et subcarrés, à sculpture effacée chez les
deux autres sous-genres. Les stries restent perceptibles, indiquées par des
r.ings de ponctuation superficielle ; des traces do la tégulation persistent
plus ou moins dans la partie basale, sous forme de grosses strioles trans-
U. JEAXNKI.
verses, toujours plus visibles près de l'épaule. Bord huméral très fortement
serrulé.
Alétépisternes grands, plus longs que larges, avec de gros points profonds
très peu nombreux et espacés sur la partie postérieure; ces points peuvent
diparaître et les métépisternes être lisses. Segments abdominaux à surface
chagrinée ou striolée en travers. Chez peregrùia/or, le dernier segment
ventral est rugueux et couvert de j)oils roux, ebez la femelle seulement.
tt» à IGI. — Lien. Vameduhi Jlotsoli., subj^en. Ciirabosamn («l'ii. — Kifr. ilXl. 6'. (<'■.)
iinnulatuni riitv,-., du Mexique : pronotum. (X 8).— Fig. IGl. l’alpo iiuxillaire lii'oit. —
Fig. IGi. Organe copulateur iiiàle, de luolil (X 1-), ilu même. — Fig. 103. l’artic apicale
du p(‘nis, face doi’iale (X IGl, du iii£>m''. — Fig. 101. C. (C.) iini/ulicdle Chaud., de Co'.oni-
l)ie : pronotum, X 8.
Pattes grêles. Protaises mâles avec 3 articles dilatés et feutrés en dessous,
le 2“ article sans impression dorsale. Tibias droits, sans brosses dans les
deux sexes.
Cliétotaxie. — Chez les Carabosoma et Cainedula s. str., les caractères
chétotaxiques sont les mêmes que chez les genres voisins tels que Callitropa.
Cdrabomimus : les soies gulaires et la soie métatrochantérienne sont bien
développées, il n’y a généralement pas de labiales; la soie pronotale
postérieure manque toujours. Les espèces rangées dans le sous-genre
('amegonia s’écartent de ce type chétotaxique : elles ont toujours des labiales
et pas de métatrochantérienne, ressemblant en cela aux Castrida, comme
C. Sayi Dej. Malgré ce double caractère commun, je ne crois pas qu’il soit
possible de rapprocher les (Uimegonia Castrida] Camegonia n’ont
LES CAI.OSOJIES
ait
pas de soie pronotale, les mâles ont des mésotibias sans brosses, et surtout
la forme très particulière de leur pronotum les relient directement aux
Caniedula.
Organe cojjulateur du même type que chez les autres genres voisins. Le
ligule est ehitinisé, plus ou moins aigu et crochu.
Les deux sous-genres Camedula s. str. et Camegonia, diiïérant par leur
chétotaxie, représentent certainement deux lignées bien distinctes. Leurs
especes se ressemblent beaucoup extérieurement, avec leurs élytres lisses,
ou presque lisses, comme d’ailleurs elles ressemblent aux especes d’autres
genres tels que Chrysosligma. Il est curieux de noter que ces diverses
lignées évoluent parallèlement sous les mômes influences géographiques.
C’est ainsi que les individus sont de grande taille dans le sud des Etats-Unis
(Texas, New Mexico) et qu’il existe au contraire des formes naines, bien
plus grêles, à membres longs, dans la Californie. Camedula erernicola Fall
et Camegonia parvicolle Fall ont le même aspect extérieur, mais des carac¬
tères génériques très différents. Leurs organes copulateurs aussi se res¬
semblent, par convergence fig. 169 et 174); mais le ligule n’a pas du tout
la même forme dans les deux espèces.
La ressemblance surprenante qui existe entre Callitropa externum et
C. [Carabosoma] angulntum est encore un autre exemple de ces conver¬
gences si fréquentes chez les Calosomes américains.
Tableau des espèces
1. Elytres très allongés, subparallèlos, avec 15 côtes saillantes homo-
dynamesctdes stries profondes et ponctuées; pronotum à côtés très
anguleux au milieu, profondément sinués en arrière. Noirs avec
les gouttières marginales bleues, vertes ou violettes. Pas de soies
labiales, soie métatrochantérienne présente. iSubgen. Carabosoma
Géb.'.. ;l
— Elytres courts, larges, subcarrés ou ovales, leur surface lisse. Noirs,
les élytres parfois l’ougeàtres. 2.
2. Soie métatrochantérienne présente. (Subgen. Camedula, s. str.).. 4.
— Pas de soie métatrochantérienne. (Subgen. Camegonia Breun.j... 7.
Subgen. Carabosoma Gébin
3. Côtés du pronotum à saillie anguleuse plus forte, très peu arqués
en avant. Côtes élytrales à tégulation effacée, surtout dans la moitié
apicale. Long. 23 -33 mm. (Mexique, Guatémala . .1. angulatum Chevr.
— Côtés du pronotum à saillie anguleuse plus obtuse, plus arrondis
en avant. Coloration marginale moins vive. Ponctuation du prono¬
tum plus forte. Côtes élytrales à tégulation bien développée, même
dans la partie apicale. Long. 28-33 mm. (Colombie, Vénézuelal.
.2. angulicolle Chaud.
202
I!. JKANNi:i.
Subgcn. Camednla, s. str.
4. Soies labiales présentes, bilytres ovales, convexes, avec les angles
huméraux eiïacés. Espèce aptère. Long. 22-28 mm. (Mexique et
sud des Etats-Unis^.6. Haydeni Horn
a. Plus petit, les côtés du pronotum plus arqués, les lobes
postérieurs moins exj)lanés; base du pronotum plus
fortement ponctuée, iColorado, N. Mexico).
.subsp. Haydeni, s. str.
— Plus grand, plus allongé; côtés du pronotum moins
arqués, les lobes postérieurs plus explanés, la base moins
ponctuée. Mâles bien plus grêles que les femelles. (Nord
du Mexique;. . punctidicolle Bâtes.
— Soies labiales absentes. Elytres amples, oblongs ou subcarrés, les
angles huméraux toujours saillants, le disque plus ou moins aplani.
Espèces ailées. 5.
5, Aspect lisse et brillant, poli, pronotum très transverse, presque
aussi rétréci en avant qu’en arrière, les côtés bien anguleux, le
disque presque lisse. Elytres courts, la ponctuation striale très
superficielle et à peine visible ; pas de traces de tégulation dans
la région humérale. Long. 20-25 mm. (Améri<jue du Sud).
3. glabratum Dej
— Aspect mat ou peu Ijrillant. Pronotum moins transverse, moins
rétréci en avant qu’à la base. Elytres plus allongés, la ponctuation
des stries nette, j)rofonde ; des traces de la tégulation persistent tou¬
jours dans la région bumérale. 0.
0, Pronotum ])lus large, à côtés anguleux, l'angle à peu près au milieu
delà longueur des côtés qui sont sinués entre l’angle saillant et la
base; disque fortement rugueux. Ponctuation des stries nette, mais
relativement line. Apex du pénis en lame obtuse et arrondie. Long.
20-35 mm. (Mexique et sud-ouest des Etats-Unis). 4. peregrinator Guér
— Pronotum très petit, à peine transverse, les côtés à peine angu¬
leux au milieu, faiblement sinués en arrière, le disque densément
et profondément ponctué. Elytres larges et longs, assez convexes, à
ponctuation striale forte et profonde. Forme générale grêle et déliée,
pattes très longues. Apex du pénis très long, très grêle et effilé.
Long. 20 mm. (Californie). 5. eremicola Fall
Subgen. Camegonia Breuning
7. Côtés du pronotum moins anguleux, la saillie du milieu des côtés
un peu arrondie, obtuse; côtés non sinués dans la moitié basale.
Surface basale du pronotum transversalement déprimée, sans ponc¬
tuation. Elytres épais, convexes, la ponctuation striale assez forte,
des traces grossières de tégulation sur toute la jiartie basale et
LES CALOSO.MES
io:!
s'atténuant peu .à peu en arrière pour disparaître dans la moitié
apicale. Long. 26-32 mm. (Amérique du Nord). 8. Lecontei Csiki.
— Côtés du j)ronotum anguleux, formant une véritable dent, sinués
dnns la moitié postérieure. Surface basale non déprimée, ponctuée
ainsi que les parties latérales du disque. 8 .
8. Orande taille, forme robuste, le j)ronotum plus transversc, la stria¬
tion des élytres plus superficielle. Apex du pénis en lame courte et
arrondie, obtuse, peu infléchie à droite. Long. 25-35 mm. ^Sud-
ouest des Etats-Unis). 7. prominens l^e C.
— Petite taille, forme grêle et déliée, les pattes longues ; pronotum plus
petit, moins transverse ; striation des élytres plus forte. Apex du
})énis très effilé, grêle et fortement infléchi vers la droite. Long. 20-
22 mm. (Californie). !). parvicolle Fall.
1. Camedula Carabosoma) angulatum Chevrolat
C. angulatum Chevrolat, 1834, Col. Mex., 2, 11 “ 21; type ; Bocadelmonte. —
llreuning, 1928, Wiener enl. Ztg., XLIV, p. 101 (Carabosoma). — Forreri Géhin,
1885, Cat. Car., p. 64; type : Arizona (coll. R. Obertlitir). — uniforme Géliin,
1885, 1, c., p. 63; type : Mazatlan (coll. R. Oberthür).
C. Forreri Géh. et C. uniforme Géli. sont sans aucun doute synonymes
•A'angulatum.
Fig. 160 à 163. — Grande taille, les élytres longs et étroits, subparallèles
et peu convexes, à sculpture triploïde liomodyname, saillante et régulière,
non elfacée. Noir avec les gouttières latérales vertes, bleues ou violettes.
Dernier article des ])alpes maxillaires à peine plus court que le précédent
(fig. 161). Pronotum (fig. 160) très anguleux et peu ponctué devant la base.
Côtes élytrales à tégulation obsolète.
Organe copulateur (fig. 162 et 163) peu arqué, dilaté dans sa partie apicale;
l'apex anguleux, mousse. Ligule épais, subparallèlc, à extrémité mousse,
un peu crochue.
Mexique, depuis Sonora au nord, jusqu’à Tehuantepcc. Honduras (coll.
Maindron). Guatemala (Angrand, Mus. Paris).
2. Camedula (Carabosoma) angulicolle Chaudoir
C. angulicolle Chaudoir, 1869, .\nn. Fr., p. 377; type : Santa Marta (coll. R.
Oberthür). — Breuning, 1928, Wiener eut. Ztg., XMV', p. 103 [Carabosoma).
Fig. 164. —• Considéré par Breunixg comme race du précédent. Les diffé¬
rences me semblent justifier sa séparation comme espèce. Le pronotum a une
autre forme (fig. 164), la ponctuation de la tête et du pronotum est plus éten¬
due; les élytres sont plus profondément striées et plus distinctement tégu-
lées. Noir, sans coloration verte ou bleue marginale.
Je n'ai pas vu de mâles.
R. JEAXXKl,
i'Ol
Amérique du Sud. Colombie : Santa Marta, une lenielle (Fontanier, 185:i.
Mus. I^aris). Yénézuela (coll. Brcuning').
3. Camedula (s. str.) glabratum Dejean
C. glabratum Dejean. 1831, Spec. V, p. 565; type ; Colombie (coll. U. Obei’lliüi').
— Breuning, 1928, Wiener enl. Ztg., XLIV, p. 103 (Carabosoma). — boliviamim
Géhin, 1885, Cal. Car., p. 65; type : Bolivie (coll. U. Oberthür).
Fig. 165. — Bien reconnaissable à sa petite taille et son aspect lisse et poli,
luisant. Noir unilorme, souvent un peu brunâtre.
Pronotum très transverse, ses cotés anguleux au milieu, très rétrécis en
avant comme en arrière, le disque lisse. Elytres avec des traces impercep¬
tibles des stries, pas de restes de la tégulation.
Organe copulateur i lig. 165) très arqué, la partie apicale du pénis déversée
à droite, l’apex court et obtus. Ligule large, triangulaire, sa pointe à peine
crochue. Dernier segment ventral de la femelle glabre.
Amérique du Sud. Panama : Cbiriqui (coll. Breuning). Colombie ; Bogota,
nombreux exemplaires (frère Apollinaire), Pérou (coll. E. Gounelle). Bolivie
(coll. Sicard).
Obs. — Le 6. holivianum Géh. est certainement identique au glabratum
Dej. de la Colombie. La description de Géhix donne pour le holivianum une
taille de 11 mm. Il s’agit sans aucun doute d’une erreur typograpliicfue et
c’est « 21 mm. » qu’il faut lire.
4. Camedula (s. str.) peregrinator Guérin-Méneville
C. peregrinator (iaérin-Ménéville, 1841, Uev. Zool. p. 255 ; type : Mexi([ue
fXietü). — Breuning, 1928, Wiener eut. Ztg., XLIX, p. 103 {Carabosoma glabra¬
tum, pars). — carbonatum Le Conte, 1862, Froc. Ac. Nat. Sc. Pliiladelphie, p. 53 ;
type : N. Mexico. — affine Bâtes, 1884, Biol. Cenlr.-amer., Col. I, p. 21 (nec Chau-
floir). — ingens Casey, 1913, Mera. Col., IV, p. 62; type : S. Diego (U. S. Xat.
Mus.). — apacheanum Casey, 1913, 1. c.. p. 63 ; type ; .Arizona (U. S. Nat. Mus.i.
— subgracile Casey, 1913, 1. c., p. 63; type : loe. incerl. (U. S. Nat. Mus.).
Var. sponsum Casey, 1897, Ann. N. Y. Ac. Sc., p. 340 ; type ; Utali (U. S. Nat.
Mu.s.i. — parviceps Casey, 1897, I. c., p. 341 : type ; Arizona (U. S. Nat. Mus.). —
incertum Lapouge, 1924, Mise, ent., X.XVIII, p. 38; type ; Basse-Californie.
Espèce assez variable de taille ; les exemplaires de Basse-Californie sont
très petits et très grêles (18-25 mm.), dans le Texas et le Mexique, la taille
peut atteindre 35 mm.
Fig. 166 et 167. — Noir mat. Pronotum à côtés anguleux au milieu, mais
peu rétrécis, convexes en avant, longuement sinués en arrière; le disque
rugueux, plus ou moins finement ponctué. Elytres longs, peu convexes, à
éjtaulos saillantes; stries marquées par de fines lignes de points; quelques
LES CALOSOMES
210
restes de tégulation dans la région huméi’alo ; parfois des traces des points
des primaires avec un reflet vert.
Organe copulateur (fig. 167) de même forme que celui de glabratuin,
mais l’apex un peu moins large.
Chez la femelle tout le dernier segment ventral est rugueux et couvert
de poils roux; ce caractère est particulier à l’espèce;
Amérique du Nord, sud-ouest, largement répandu depuis le nord de la
Californie et l’Utah jusque dans le sud du Mexique.
Etats-Unis d’Amérique. Sud de la Californie : S. Diego (Casey). Utali
Fig. 105 à 170. — Gen. Camedula Jlotsch., palpes maxillaires gauches et partie apicale du
pénis, face dorsale, avec le ligule exserti (X 10). — Fig. 105. C. (s. str). glabralum Dej.,
(le Bogota. — Fig. 166 et 107. C. (s. str.) peregr'malor Guér., de Tehuacan. — Fig. 108 et
160. C. (s. str.) eremicola Fall, de Californie. — Fig. 170. C. (s. str.) Haydoii pmictulicolle
Bâtes, de Canelas.
(Casey). Colorado : La Junta (Wickham). Arizona (Le Conte). New Mexico
(Le Conte). Kansas (Mus. Paris). Texas (Poinsard, Mus. Paris),
Mexique. Basse-Californie, nombreux exemplaires (Diguet). Jalisco ;
Guadalajara (Diguet). Guanajuato (Dugès). Puebla : Téhuacan (Diguet);
Puebla (Gineste). Vera Cruz (Géliin).
Dans cette vaste distribution, l’espèce est assez variable. Les individus
mexicains et ceux du Texas, du New Mexico et de l’Arizona sont de grande
taille (25-35 mm.), robustes, avec les élytres allongés. Les élytres sont
remarquablement courts et subcarrés chez l’exemplaire du Kansas que
possède le Muséum. Enfin, sur la côte californienne et surtout en Basse-
Californie, l’espèce est représentée par de très petits individus (de 18 à
25 mm.) de forme grêle, à élytres longs et pattes déliées. C’est à eux sans
doute que se rapportent les sponsum etparviceps de Casey, et certainement
Vincertum de Lapouge.
I!. JEAXXKI,
•20(i
5. Camedula (s. str.': eremicola Fall
PL VIII, fig. 8
C. eremicola Fall, 1910, Trans. Amer. ont. Soc., p. 91; pype : lie S. Clemente. —
hospes Casey, 1913, Mem.,CoI,, IV, p. 63; type : Coronado (U. S. Nat. Mus.).
C’est sans doute la forme que Breuning a nommée « glabratum subsp.
sponsum Cas. » En réalité il s’agit d’une espèce bien distincte, ne serait-ce
que par la forme de son organe copulateur.
Fig. 168 et 169. — Petite taille, de 18 - 22 mm. Forme très grêle et déliée,
les élytres assez convexes. Pronotum peu transversc, à cotés bien moins
anguleux que chez les précédents, presque arrondis; le disque rugueux et
densément ponctué. Stries des élytres représentées par des lignes de points
plus gros et plus profonds. Noir avec des traces de coloration bleuâtre.
Organe copulateur (fig. 169) excessivement grêle, arqué. La partie
aiîicalc du pénis est rigoureusement de même épaisseur que la partie basale;
l’apex en forme de tige presque cylindrique, assez longue, inclinée à droite,
à sommet mousse. Le ligule est étroit, subcylindrique, à pointe mousse.
Dernier segment ventral de la femelle glabre.
Amérique du Nord, sud-ouest. Sud de la Californie : Coronado, aux
environs de S. Diego (Casey). Californie (E. Dongé, Mus. Paris). Ile S. Clc-
mente, au large de S. Diego (P^all).
6. Camedula is. str.) Haydeni G. IL Ilorn
C. Haydeni G. 11. llorn, 1870, Trans. Ann. ent. Soc., p. 69; type : Colorado
(Ac. Nat, Sc., Philadelphie).
Subsp. punctulicolle Bâtes, 1891, Trans. ent. Soc. London, p. 225; type ;
Santa Clara (Brit. Mus.).
Fig. 170. — Ce Calosome ressemble beaucoup au Callilropa [Blaptosoma]
laeve Dej., avec lequel on a pu le confondre ou même le réunir comme race
géographique )Bkeuning, 1918). Il diffère cependant des Blaptosoma, au
premier coup d’œil, par la serrulation des bords huméraux des élytres. De
plus, il présente des soies labiales, qui manquent chez tous les Callitropa,
mais existent parfois chez les Camedula.
Forme oblonguo et convexe. Noir brillant, les mâles de forme elliptique,
]dus étroits que les femelles. Tète et pronotum plus ou moins fortement
ponctués. Pronotum à côtés largement explanés en arrière, comme chez le
Blaptosoma atrovirens.
Sculpture de l’élytre tout à fait effacée ; des traces très fines des stries et
des points des primaires. Chez la forme typique, il existe des traces do la
tégulation dans la région humérale, sous la forme de gros points très pro¬
fonds et un peu tiansverses.
I.ES CALOSOMES
20/
Organe copulatcur (fig. 170), assez semblable à celui àn C. peregrinator ]
il est cependant proportionnellement un peu plus grand, l’apex plus
parallèle, jjlus incliné à droite et à sommet plus transverse. Le ligule a la
même forme triangulaire avec le crochet terminal aussi réduit.
a. Subsp. Haydeni, s. str. — Sud des Etats-Uuis. Colorado (G. IL Horn .
New Mexico : Maxwell (G. E. Bryant, Brit. Mus.).
b. Subsp. punclulicolle Bâtes. — Mexique. Chilmahua ; Santa Clara
(Ilogei. Durango : Canelas (Hogc, Mus. Hambourg).
7. Camedula (Camegonia) prominens Le Conte
C.pvominens Le Conte, 1853, Ti'au.s. Amer, [iliil. Soc.,{2)X, p. 400; type ; l’imas
(Cambridge, Mus. corap. Zool.). — Brcuning-, 1928, Wiener ent. Ztg., XLI\',
p. 95 (Camegonia).
Fig. 171 et 172. — Espèce toujours de grande taille, de forme lourde et
trapue, entièrement noire mate. Les cotés du pronotum très fortement
anguleux, presque dentés, l’angle saillant un peu en arrière, les côtés pro¬
fondément sinués dans la moitié basale; surface basale non déprimée
transversalement. Striation des élytres superficielle; des restes de la tégula-
tion persistent dans la région humérale, sous forme de grosses strioles
transverses profondes. Palpes maxillaires dernier article nettement jilus
court ([ue le jirécédcnt (fig. 171A
Organe copulateur (fig. 172) régulièrement arijué, la partie apicale du
pénis un peu renflée, déversée vers la droite; l’apex en lame court(‘,
arrondie au sommet. Ligule large, triangulaire, à extrémité aigue et forte¬
ment recourbée en crochet. Ce crochet terminal du ligule est bien [)lus
prononcé chez les Camegonia que chez les autres Camedula.
Amérique du Nord, sud-ouest. —États-Unis. Arizona: Pimas (Le Conte ;
Phœnix (Caseyj; S. Bernardino iSnow). New Mexico : Albuquerque (Fall
et Cockerell).—Mexique : Basse Californie (Horn, Diguet'.
l/espèce paraît très localisée.
8. Camedula (Camegonia) Lecontei Csiki
PL VIH, fig. 5
C. Lecontei Csiki, 1927, Col. Cat., pars 91, p. 21 (nom. nov.). — Brcuning, 1928,
Wiener ent. Zlg., XLIV, p. 97 {Camegonia). — lugubre Le Conte, 1853, Trans.
Amer. phit. Soc., (2) X, p. 400; type ; New Braunfels (Cambridge, Mus. corap.
Zool). — marginale Casey, 1897, Ann. N. Y. Ac. Sc., p. 340; type ; loc. incert.
(U. S. Nat. Mus.).
(Fig. 173. — Bien distinct du précédent par sa taille plus petite et la
forme de son pronotum : les côtés sont bien moins anguleux, convexes
dans la moitié postérieure; la surface basale est transversalement déprimée.
-'1)8
lî. .JE.4XNEL
Les élylres, allongés et convexes, sont plus fortement striés, avec des restes
plus nombreux de la tégulation sur presque toute la moitié basale de
l'élytre; points des primaires encore visibles.
Organe copulatcur màlo ifig. 173j assez semblable à celui de;
l’apex est obliquement tronqué à son extrémilé, sa pointe plus saillante à
droite.
Amérique du Nord. Sud-ouest des Etats-Unis : New Mexico : Roswell,
•Cloudcroft ' Fall et Oocquerell) ; .\lbuquer([ue I Wickham). Oklahoma : Citliric
'Fig. 171 à 171. — Gen. Camcdula Motscli., subgcn. Cantegonia Motscli., palpe maxillaii'6
gauche et partie apicale du ])énis, face dorsale, avec, le ligule exserti (X 16). —
Fig. 171. et 172. C. (C.) prumumu Le C., de Californie. — Fig. 173. C. (C.) Leamtei Csiki,
<lu Kansas. — Fig. 171. C. (C.) parvicoUe Fall, de Basse-Califoi'nio.
(coll. Breuning). Texas : New Braunl'cls (Le Conte). Kansas : Riley co.
;Mus. Paris). — Mexique, dans le nord : Tamaulipas (Bâtes).
En somme, à peu près la même répartition que celle de l’espèce précé¬
dente.
9. Camedula (Camegonia) parvicolle Fall.
C. parvicolle Fall, 1910, Traits. Am. ent. Soc., p. 90; tyjie ; Pasadena. — Breu¬
ning, 1928, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 95 (Camegonia pro/ninens, pars .).—
rugosipenne Schaeirer, 1911, Journ. N. V. ent. Soc., XL\, p. 113; type : Califor¬
nie. — clemens Casey, 1914, Mem. Col., V, p. 32; type : Las Vegas (U. S.
Nat. Mus.). — pertina.v Casey, 1920, Mem. Col., I.X, p. 103; type : .\lbuquerque
(U. S. Nat. Mus.).
Fig. 174. — Petite espèce de forme grêle et déliée, itaraissant une minia¬
ture du C. proniinens. Le pronotum a la même forme, la ponctuation des
stries est relativement bien plus forte.
Organe copulatcur mâle (fig. 174) bien différent de celui du prominens,
I.liS CAI.OÿOMES
sa»
ressemblant au contraire, d’une façon curieuse, à celui du C. ereinicola
(fig. 169), appartenant à un autre sous-genrc. Comme chez celui-ci le pénis
n’est pas épaissi dans sa partie apicale, il est très grêle et terminé par un
apex subcylindrique, allongé et étroit, inlléclii à droite et à sommet mousse.
Par contre le ligule, quoique grêle, a la môme extrémité fortement recourbée
en crochet que chez C. prominens.
En somme Cainedula (s. str.) ereinicola et C. iCamegonia] parvicolle
sont deux espèces de lignées dilïérentes mais habitant la même contrée, qui
présentent une remarquable convergence.
Amérique du Nord, sud-ouest. États-Unis : Sud de la Californie : S. Ber¬
nardine; Pasadena (Fall); Mojavo, Indépendance 'Fenycsi. — Nevada : Las
Vegas (Casey). New Mexico : Albuquerque fCaseyi. — Mexique : Basse-
Californie (Diguet, Mus. Paris i.
18. Gen. CALLITROPA Motschoulsky
Cnlliiropn Motschoulsky. 18o5, Bull. Mosc., XX.WIII, p. 300; tyj)e : e.rternum Say.
Subg(3n. Callilropa s. str. — Paratropa Lapouge, 1920, Mise, eut., XXXII,
p. 3; type : macrum Le C.
Subgcn. Paracalosoma Breuiiing, 1927, Kol. Ilundsch., XIII, p. 145; type ;
Palmeri Ilorn.
Subgen. Blapiosoma Gébiii, 1876,Cat. Car., 1''“éd., p. 45; type ; laeve Dej. —
1885, Cat. Car., 2® éd. p. 33 ('). — Aiilacopteriim Gébin, 1885, I. c., p. 34;type :
viridisulcatum Gbaud.
Paratropa Lap. (lype ; macrum] no diiïèrc du C. externum que par sa
sculpture plus évoluée et trois articles au lieu de quatre dilatés aux protarscs
du mâle; ce ne sont là que des caractères spécifiques. Paracalosoma Ilorn
renferme une espèce insulaire, brachyptère, mais certainement dérivée de la
souche des Callitropa. Quant à Blaptosoma Géh., il réunira, dans un sous-
genre, des lignées d’espèces aptères des montagnes du (Mexique.
Chez tous les Callitropa, sauf chez le Paracalosoma Palmeri, les lobes
postérieurs du pronotum sont très développés, amples et saillants, mais sans
soie. Los élytres ont leur bord huméral épais et lisse. Le ligule du pénis est
du tyj)e habituel, chitinisé et recourbé en crochet. Pas de brosses mésotibiales.
(Mandibules toujours nettement ridées sur la face dorsale. Palpes maxil¬
laires courts, à dernier article très court, subtriangulaire et un peu aplati, à
peine deux fois aussi long que large. Dent labiale aiguë. Antennes avec les
articles de la base carénés, les articles 5-11 uniformément pubescents.
Pronotum ample, à lobes postérieurs bien dévelopj)és, souvent largement
cxplanés. Elytres oblongs et peu convexes chez les espèces ailées, ovales et
(1) Blapiosoma est donné par Géhin en I87C, dans la première édition de son Catalogue,
sans aucune diagnose, mais avec une liste d’espèces (jui ns laisse aucun doute sur le grou¬
pement proposé.
MÉ.MOIIiES DU MUSÉUM, NOUVEt.I.E SÉIUE, TOME .\IU.
11
■210
K. JEAXNHI,
très convexes chez les Blaptosoma. Le bord huméral non serrulé, épais, par¬
faitement lisse. Sculpture variable.
Les Callitropa s. str., ailés, sont noirs mais avec des restes de coloration
verte ou bleue dans la bordure latérale du pronotum et des élytres, indiquant
que leur ancêtre devait être de coloration brillante et métallique. Les élytres
sont longs, subparallèles; la sculpture triploïde, constituée par 15 côtes
bomodynames et séparées par des stries ponctuées chez C. exlcrm m. Ces
côtes s'eiïaccnt dans la moitié postérieure chez C. macrum, sur toute la
surface chez C. protractum, de sorte que, cliez ces csj)èces ailées, on assiste
à l’etfacement pur et simple d’une sculpture line et bomodynamc.
11 n’en est pas de môme chez les Blaptosoma aptères. Le B. viridisuh atum
a des primaires en régression; les intermédiaires forment chacun une côte
aplatie, noire, qui s'étale peu à peu et rétrécit de plus en plus les j)rimaires oi'i
se conserve la coloration verte. Cette évolution aboutit à des formes lisses, du
type laeve, oi'i toute trace des primaires a disparu. Certaines es[)èccs, comme
atrovirens, restent comme lavées de couleur verte, quoique toute sculpture
ait disparu.
Métépistei'iies lisses, au plus avec quelques gros points très peu nom¬
breux sur la partie postérieure.
Pattes sans autres caractères sexuels que la dilatation des protarses chez
les mâles; le deuxième article n’est jamais déprimé ni impressionné sur sa
face dorsale, comme cela est de règle chez les Castrida. Protibias sillonnés
sur la face externe, sauf chez C. externum et C. protructiun.
Chétotaxie. — Pas do soie pronotale postérieure. Soies gulaires et soie
métatroebantérienne j)résentes; jamais trace de labiales.
L’organe copulateur est de même type (pie chez les Castrida ; la partie
apicale du pénis est cependant plus fortement déversée vers le coté droit, et
l'apex est presque de champ. Ligule simple, court et terminé par un crochet
dorsal. L'organe copulateur, et en jiarticulier son ligule, ont absolument les
mêmes caractères chez les Blaptosoma que chez les Callitropa, s. str.
Tableau des espèces
1. Espèces ailées, à élytres très longs, subparallèles et peu convexes,
pronotum à lobes postérieurs très largement explanés; météjii-
sternes plus longs que larges et ponctués. Partie apicale du pénis
spatulée. [Subgen. Callitropa^ %y\'.\ . d.
— Espèces aptères ou microptères, à élytres ovales. 2.
2. Elytres subplans, élargis en arrière, le pronotum petit, à lobes pos¬
térieurs atrophiés; métépisternes ponctués. Espèce microptère.
[Subgen. Paracalosoma Broun.]. 5.
— Elytres ovales et très convexes, le pronotum relativement grand, à
lobespostérieurs bien dévelop|)és; métépisternes généralement lisses,
sans points. [Subgen. Blaptosoma Géh.]. G.
LUS CAI.OSOMES
211
Sufagen. Callilropa, s. str.
3. l’ronotum à base largo, les lobes postérieurs très explaiiés, la surface
basale densément ponctuée. Klytres à striation complète, forte, les
stries profondes et fortement ponctuées, la tégulation des cotes très
ciTacée. Protarses mâles avec 4 articles dilatés et feutrés en dessous.
Noir, la gouttière marginale des élytres et du pronotum violacée.
Long. 28-35 mm. (Amérique du Nord). 1. externum Say.
— Pronotum rétréci en arrière, les côtés arqués, les lobes postérieurs
plus étroits. Elytres à striation effacée. Noir brillant. Protarse mâle
avec 3 articles feutrés eu dessous. 4.
4. Pronotum à surface basale ponctuée, le bourrelet marginal des cotés
cITacé dans la moitié postérieure. Elytres presque lisses dans la moitié
postérieure, où ne se voient que de très fines lignes striales de points
petits et superficiels ; moitié basale avec des points très gros et pro¬
fonds, irréguliers. Long.24-30mm. AmériqueduNord). 2.macrumLeC.
— Pronotum à surface basale presque lisse, le bourrelet marginal des
côtés continu jusqu’à la base. Elytres lisses, avec seulement de fines
lignes striales de points très petits; quelques gros points très peu
nombreux à la base. Long. 22 - 29 mm. (Amérique du Nord).
. 3. protractum Le C.
Subgcn. Paracah soma Breuning
5. Tète à grosse ponctuation frontale; pronotum à peine transverse,
très petit, rétréci à la base, étroitement r.bordé. Élytres aplanis en
avant, déclives en arrière, les épaules saillantes, la partie postérieure
élargie; surface plane avec des lignes striales de points régulières,
quelques gros points sur les primaires. Noir brillant. Ijong. 18-25mm.
(Californie : île Guadalupoe. 4. Palmeri Ilorn.
Subgen. Blaploaoma Gébin
6. Gouttière latérale du jjronotum largement explanée en arrière, les
lobes postérieurs largeset saillants, les fossettes basales nettes, allon¬
gées; le bourrelet marginal des côtés effacé dans le tiers pos¬
térieur. 7,
— Gouttière latérale du pronotum à poeu pjrès régulière, à pleine élar¬
gie en arrière, les fossettes basales superficielles ou nulles; le
bourrelet marginal des côtés continu jusqu’à la base. Toujours
noirs, parfois les élytres rougeâtres. 8.
7. Elytres avec quatre côtes noires pilus ou moins larges et pilâtes,
entre lesquelles les primaires, dépirimés, sont restés colorés en vert
ou bleu. Front plus ou moins pionctué. Côtés du pronotum pieu
arqués. Long. 24 - 28 mm. (Mexique). 5. viridisulcatum Cliaud.
12
K. JEANNEI,
a. Coloration verte très étendue. Mâles grêles, femelles à
élytres très renflés. Organe copulateur plus court et moins
arqué. subsp. laetulum, nov.
— Coloration verte plus ou moins réduite par l’élargissement
des côtes noires, parfois même réduite à quelques points au
niveau des soies. Organe copulateur long et arqué.
. subsp. s>iridisulcatum, s. str.
Elytres lisses, sans côtes, Pronotum transverse, à lobes très larges
Long. 22 - 28 mm. (Mexique). 6. atrovirens Chaud.
a. Coloration verte diffuse plus ou moins étendue, au moins
sur les parties latérales. Forme plus grêle .
. subsp. atrovirens, s. str.
— Coloration noire, le disque des élytres souvent rougeâtre, b.
b. Plus allongé, les côtés du pronotum arqués.
. subsp. explanaticolle Bâtes.
— Plus court, plus trapu, le pronotum bien plus large, à côtés
plus arrondis. subsp. obscurum Géh.
8, Pronotum à peine transverse, ses côtés très peu arrondis en arrière,
les lobes postérieurs très peu développés. Bien plus grêle.
Long. 22-27 mm. (Mexique). 8. anthracinum Dcj.
a. Pronotum avec des fosettes basales très superficielles.
Elytres plus renflés, ovoïdes, très atténués à l’apex, lisses
avec des traces de stries finement ponctuées. Téguments
mats. subsp. anthracinum, s. str.
— Pronotum sans fossettes basales. Elytres ovales, lisses
avec des traces de stries. Téguments brillants.
. subsp. microgonum Bâtes.
— Pronotum très transverse, â côtés arrondis en arrière, les lobes pos¬
térieurs relativement larges, mais peu saillants; fossettes basales lar¬
ges et superficielles, plusou moins ponctuées. Forme plus robuste. 9.
9. Oblong, les élytres plus de deux fois aussi longs que larges. Front
densément et finement ponctué ; fossettes basales du pronotum
rugueuses. Elytres lisses, avec des traces imperceptibles de lignes
striales de points. Long. 25 â 28 mm. (Mexique). 7. laeve Dcj.
— Court et ovale, les élytres courts, moins de deux fois aussi longs
que larges. Front couvert de gros points profonds; fossettes basales
du pronotum lisse. Elytres à épaules plus saillantes et gouttière
humérale bien plus large, la surface avec des lignes striales de
points bien visibles. Long. 18 à 22 mm. (Mexique). 9, porosifrons Bâtes.
LES CALOSÜMES
2i;!
1. Callitropa (s. str.) externum Say
PI. VIII, fîg. 7
C. cxtcnium Say, 1823, Journ. Ac. Sc. Philad., III, p. {Carabus) ; type ;
Arkansas (? Ac. Sa. PliiliJ.). - Breuning, 1928, Wiener ent. Ztg., XLIV,
p. 116. — longipenne Dejean, 1831, Spec. V, p. 5)8; type : Amérique du Nord
(coll. Oberthür).
Fig. 21, 175 et 17(). — Long. 28 à 32 mm. Ailé. Noir avec la bordure du
pronotum et celle des élytres violacée. Très allongé, subparallèle, les élytres
très longs.
Tète normale, le front chagriné, mat. Pronotum transverse, ample, ses
cotés arrondis, oxplanés, la plus grande largeur au milieu, les lobes posté¬
rieurs bien développés ; disque chagriné, les fossettes basales ponctuées.
Élytres à sculpture entière, les éléments saillants, les stries régulières et
fortement ponctuées, la tégulation peu apparente; primaires avec des points
épars.
Protarse mâle avec quatre articles dilatés et feutrés en dessous.
Organe copulateur (fig. 176) assez grand, régulièrement arqué, grêle
dans sa partie basale, mais très élargi et déprimé dans la partie apicale.
Orifice apical tourné vers la droite; apex largement arrondi. Ligule court,
peu ebitinisé dans sa partie basale, son extrémité lancéolée (fig. 176).
Le ligule est peu évolué et rappelle pres([ue, par sa structure, celui des
Calosonia s. str. L’incurvation en crochet de sa pointe montre cependant
qu'il est un terme archaïque dans la série des Callitropa.
Etat.i-Unis d’Amérique, région orientale. Massachusetts ; New-York
(Lengg). Pensylvanic (Castelnau). Ohio, lowa, Nebraska, Kansas, Okla-
homa, Arkansas, Tennessee, South Carolina (d’après Buugess et Collixs).
11 est possible que l’espèce fossile C. Fernquisli Cock., du Miocène de
Spokane (Washington), se rapporte au C. externum, dont Faire au Mio¬
cène aurait été plus étendue.
Burgess et CoLLi.Ns (1917, U. S. Dep. Agr., Bull. 417, p. 17-21) ont décrit
la larve et les mœurs de ce Calosome. Il chasse à terre ou sur les arbres et
détruit les chenilles de divers Lépidoptères des genres Melanoplus, Cirphix,
Lachnosterna, Malacosoma, Porthetria.
2. Callitropa (s. str.) macrum Le Conte
C. macrum Le Conte, 1853, Trans. Am. phil. Soc., (2) X, p. 400; type : Texas
(Mus. coinp. Zool. Cambridge). — Breuning, 1928, Wiener, ent. Ztg., XLIV,
p. 117.
Fig. 177. — Long. 24-30 mm. Ailé. Entièrement noir, avec quelques
traces violettes sur la bordure. Môme forme générale très allongée que
chez le précédent.
•211
II. .IliAXXEI.
Tète normale, le front avec de gros ^Joints. Pronotum de même forme que
celui de C. externum, mais avec de gros points épars sur la partie basale.
Sculpture de l’élytre effacée dans toute la moitié postérieure, où ne se
voient que des lignes strialcs de points fins et superficiels; la moitié basale
avec de très gros points enfoncés, peu nombreux, irréguliers, parfois con¬
tinents deux à deux en travers.
Protarso mâle avec trois articles dilatés et feutrés en dessous.
Fig. 175 à 178. — Geu. CuliUropn Mol-sch., jialpe maxillaire droit (>< Id) et parào apicale
du pénis, face dorsale, avec le ligule exserli (X 10). — Fig. 175 et 170. C. (s. str.) c-ilcr-
num Say, de l’ensylvanie. — Fig. 177. C. (s. str.) macrum l.e C., du Texas. — Fig. 178.
C. (s. str.) prolriivtum Le C., du .Mexique.
Organe copulatcur (fig. 1771 de même type que chez C. ex/crniun ; l'apex
plus obtus, le ligule plus ebitinisé.
l^lats-Unis d'Amérique et Mexique. Texas Le Conte). Louisiane Bur-
gess et Collins . Arkansas (Le Conte, Mus. Paris). — Nord du Mexique.
Tamaulipas : N’uevo Laredo (Bâtes .
3. Callitropa (s. str.) protractum Le Conte
PL VIll, fig. t)
C. proirnclum Le Coule, 1852, Proj. Ac. Nat. Sc. Pliilad., p. 52; type : .\rizona
(Mus. comp. Zool. Cambridgei.— Breuniug, 1928, Wiener eut. ZIg., NLIV,
p. 118. — dolens Chaudoir, 1869, .Vnn. Soc. oui. Fr., p 37i : type :
Oaxata (coll. Oberlhür). — truncutum llaury, 1895, ap. üéliin, Cal. Car.,
p. 61; type : Mexico (coll. Oberlhür).
Fig. 178. — Long. 20 à 20 mm. Ailé. Noir brillant; même forme géné¬
rale (pic chez les deux précédents. Les trois espèces de Callitropa s. str.
LES CALOSO.MES
315
forment une série évolutive montrant l'efïacement de la sculpture d'autant
])lus avancé que l’espèce est plus méridionale.
Tète normale avec de rares points enfoncés. Pronotum de même forme
générale, mais sa surface basale presque lisse, le bourrelet marginal dos
cotés continu jusqu’à la base, alors qu’il s’elTace cbez macruni. Elytres
longs, entièrement lisses, sauf quelques gros points peu nombreux dans la
région liumérale ; lignes striales do points fins et superliciels.
l’rotarse mâle avec trois articles dilatés et feutrés.
Organe copulateur (fig. 178J de même type que celui de C.externum,
grand, régulièrement arqué, la partie apicale encore plus élargie et dissy¬
métrique ; apex plus anguleux. Ligule bien chitinisé.
Sud des Etats-Unis et tout le Mexique. Arizona (Le Conte). — jMcxiquc.
Durango : sierra du Nagarit (Diguet), Guanajuato (Bâtes). Morelos : Cucr-
navaca (Iloge). Guerrero : Amula (Smith). Pucbla (Mus. Paris). Üaxaca
(Cbaudoiri.
4. Callitropa (Paracalosoma Palmeri G. IL Horn
Ciilosoina Palmeri G. II. llorn, 1875, Trans. Am. ent. Soc., V, p. 199; ty|>e : île
(liiadalupe. — Breuning, 1928, Wiener ent. Ztg., XLIV, p. 121.
Long. 18 à 22 mm. Braebyptère. Noir brillant. Avant-corps étroit, élytres
ovalaires, élargis en arrière, aplanis en avant, déclives dans le tiers posté¬
rieur. Pattes assez grêles.
Tète normale, à peine ponctuée. Pronotum peu transverse, petit, rétréci
en arrière, sa plus grande largeur bien avant le milieu, ses lobes postérieurs
très réduits, la gouttière latérale étroite; surface à peine ponctuée dans les
fossettes basales. Elytres à surface lisse et unie, avec des lignes striales de
points très fines et superficielles.
Protarso mâle avec trois articles dilatés et feutrés.
Organe copulateur à partie apicale atténuée avant l’apex ; celui-ci infléchi,
à extrémité mousse, un peu en forme de bouton (d’après BuEUiNixt;'!.
Amérique du JSord. Californie : île Guadalupe, dans l’Océan Pacifiijuc,
près de la côte californienne.
.l’ai vu une femelle communiquée par le àlusée de Ilamburg. Burgess et
CoLLixs donnent l’espèce comme sc trouvant aussi sur le continent, en Cali¬
fornie et au Mexique; ce qui semble peu vraisemblable.
210
li. JEAXXEI.
ô. Callitropa (Blaptosoma) viridisulcatum Chaudoir
PI. VIII, fig. 1
Calosoma viridisulcntum Cliaudoif, ISOU, Rev. Zool., XXVI, p. 114; type : « Mexi¬
que inlérieiir » (coll. Oberthüi'). — Breuiiing, 1928, KüI. Rundsch., XH',
p. 47 {C. Ineve var. viridisulcnlum). — Var. Inlemlcaluin R. Oberthüp, 1881,
Col. Nov., pl. I.
Subsp. laetulum, nov.; type : Guadalajara (Mus. Parisl.
Fig. 179 à 183. — Le type est une femelle de forme robuste, à tête forte¬
ment 2 )onctu 6 e, pronotum très transverse, à côtés très arrondis et lobes bien
Eif;'. 1Î9 à ISl. — Geii. CuUilropa .Motscli., C. {Blaiilnsunia) viridisulcalnni Chaud. —
Eifr. 179. Palpe maxillaire gauche (X 10). — Fig. 180. Organe copulatcur mâle, de prolil
(X 1'-) — Eig. 181. Stylo droit, lace interne (X 12). — Eig. 182. Partie apicale du pénis,
l'ace dorsale, le ligule exserti (X 12). — Fig. 183. ha même, de profd, le sac interne
ouvert (X 12).
exjdanés; les élytres ont la suture saillante, un jieu tectiforme; les bandes
primaires, vertes, no sont pas plus larges que la moitié des côtes noires
(intermédiaires) qui sont pou saillantes, aplanies. Parmi les nombreux (env.
150) exemplaires recueillis par Diguet aux environs do Guadalajara et se
trouvant au Muséum, il n’en est aucun qui soit rigoureusement semblable au
tyjje; la tête est toujours moins ponctuée, la suture des élytres non sail¬
lante. Sans doute le type de Chaudoih provient-il d’une autre localité.
Le C. viridisulcatum est très remarquable par sa sculpture; mais la forme
de son pronotum le rapproche nettement des Callitropa s. str. Les élytres
I.ES C'AI.OSOMHS
i’17
sont ovalaires, allongés, convexes, avec les épaules effacées. Les ancêtres
ailés de cette espèce ont certainement dû avoir une couleur vert-pré ou
bleuâtre, brillante et uniforme; mais la disparition de la couleur s’est faite
suivant une modalité très particulière. On peut en effet constater que l’cffa-
ccment de la couleur verte a dû tout d’abord se produire sur les côtes occu¬
pant la place des éléments secondaires et qu’il s’est étendu progressivement
à tout l’ensemble des intei'médiaires, les primaires restant colorés et for¬
mant ainsi les bandes longitudinales caractéristiques de l’espèce.
La sous-espèce laetuhun est remarquable par l’extension encore considé¬
rable de la coloration métallique, formant des bandes deux fois plus larges
que les côtes noires, qui sont convexes; les femelles paraissent plus colorées
et aussi bien plus convexes que les mâles ; la coloration est bleue très bril¬
lante. L’organe copulateur est identiepic à celui de viridisulcatum forme
typique, mais avec une courbure moins accusée. Tous ces caractères indi¬
quent qu’il s’agit d'une race particulière, archaïque quant à l’extension de la
couleur, et devant bien probablement avoir un habitat isolé.
Quant au viridiftulcatum, forme typi(jue, il varie considérablement dans la
même station. On trouve ensemble tous les intei'médiaires depuis des indi¬
vidus à bandes primaires vertes plus larges que les côtes noires (var. latesul-
catiim Ob.), jusqu'à d’autres presque entièrement noirs, n’ayant plus que
quelques points verts dans les creux des primaires et des traces de colora¬
tion dans la gouttière marginale du pronotum et des élytres. La saillie des
intermédiaires persiste cependant toujours et distingue ces individus presque
noirs des C. atrovireas et C. lae\’e, qui sont des espèces diff'ércntcs.
Organe copulateur (fig. 180 à 183) grand, fortement arqué, peu dilaté
dans sa partie apicale; l’apex épais, arrondi. Ligule (fig. 182) de forme un
peu particulière, constitué par une tige chitineusc à sommet crochu et llan-
quée de deux expansions membraneuses.
L’espèce paraît répandue à altitude moyenne dans le Guadalajara.
Mexique. Jalisco : environs de Guadalajara, nombreux exemplaires (Ij. Di-
guet; J. Berlioz .
(j. Callitropa (Blaptosoma) atrovirens Chaudoir
C. atrovirens Chaudoir, 1869, Anii. Soc. ont. Fr., p. 372; type : Mexique (coll.
Obertlii'ir). — lîreuniag, 1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 46 (C. laeve).
Subsp. e.rp/nazrn'co//eBâtes, 1891, Traiis. ont. Soc. London, j). 225; type ; Tupa-
taro (Brit. Mus.).
Subsp. obscurum Géhin, 1885, Cal. Car., p. 65; type : Oaxaca (coll. Obertlii'ir).
Fig. 184. — J’ai vu les types de Valrovirens et de Vobscurum et suis par
conséquent en mesure d’aftirmer ([u'ils ne sont pas la même espèce que le
C . laeve, comme on l’a cru jusqu’ici (Breuxixg, 1928). Il s’agit d’une espèce
bien différente, tant par la forme du pronotum que par colle de l’organe
copulateur.
518
11. .]E,\N.\i:i.
Chez atrovivens, le pronotum a la même forme large, à côtés explaiiés
■que chez le C. viridisulcaluin, ce (jui le distingue nettement de celui du
C. laes’e. D’autre part les élytres sont absolument lisses, comme chez laeve,
et n’ont jamais trace de côtes.
Comme le viridisulcaluin, le C. alrovirens a eu des ancêtres de coloration
métallique et certains individus en gardent encore la trace. La race alrovirens
est de coloration verte diffuse, plus ou moins étendue, au moins sur les ]iar-
ties latérales. Les deux autres sous-espèces ont perdu toute trace de couleur
■et il est même curieux que les élytres de l’explanalicolle soient fréquemment
depigmentés dans la région discale.
Organe copulatcur ^fig. 184) très grand, de même courbure cpie celui du
C. viridisulcalum \ l’apex moins épais, moins arrondi au sommet; ligule tri-
■angulairc, court, à sommet crochu, c’est-à-dire do type ordinaire.
Les trois sous-espèces habitent des régions difiérentes du sud du Mexi¬
que.
a. Subsp. alrovirens, s. str. — Mexique. Hidalgo : environs de Tula
Hôge).
b. Subsp. explanalicolle Bâtes. — Mexique. Guanajuato : Tupataro
Hôge; Dugès).
c. Subsp. obscuruni Géh. — Mexique. Oaxaca, un mâle coll. Ober-
thür).
7. Callitropa (Blaptosoma) laeve Dcjcan
PI. VIH, lig. 3
laevc Dejean, 1826, Spec. II, p. 210 {Calosoma); type ; Mexique (coll. Oher-
Ihür). — Breuning, 1!)28, Kol. Rundscli., .\IV, p. 4) (pars). — Clicvrolnli
Dejean, 1837, Cat., j). 25 (nom. nud.).
Fig. 185. — Breuning réunissait sous le nom do laeve tous les Blaptosoma
■do grande taille, même le viridisulcalum. Los caractères de leurs organes
copulateurs indiquent qu’il s’agit de plusieurs espèces se ressemblant exté¬
rieurement.
C. laeve est toujours de coloration noire, souvent avec le disque des élytres
<lépigmenté, rougeâtre.
La tête est finement ponctuée. Pronotum transversc, au moins une fois et
demie aussi large que long, ses côtés un peu rétrécis en arrière. Gouttière
latérale du pronotum régulière, étroite, à peine élargie en arrière, les fos¬
settes basales superficielles, mais rugueuses, les lobes postérieurs peu sail¬
lants, mais largement arrondis. Élytres ovales, convexes, plus de deux fois
aussi longs que larges, avec les épaules effacées. Surface lisse, avec des traces
imperceptibles de lignes striales. Métépisternes réduits, sans ponctuation,
rarement avec quelques gros points.
C’est l’espèce la plus répandue dans les collections. L’organe copulatcur
I.ES CAI.ÜSO.MES
210
(fig. 185) est do même type que chez le précédent, mais avec l’apex plus
■épais; même forme du lig;ulo.
Mexique. Mexico, environs de la ville (J. Berlioz). Puebla : environs do la
ville (A. Gineste; J. Berlioz). Michoacan : Patzeuaro, un mâle (Ilogci.
8 . Callitropa (Blaptosoma) anthracinum Dejean
•C. anthmeinum Dejean, 1831, Spec. V, p. 5S9 (Calosomaj-, type : Mexi(|ue (coll.
Oberlhür). — ruiinuin Géliin, 1885, Cal. Car., p. 66; type : Mexiipic (coll.
Obertiiür). — laei’e Breuning;, 1928, Kol. Rundscli., XIV, p. 46 (nec Dejean).
Subsp. microgonum Bâtes, 1891, Trans. ent. Soc. London, p. 225, lype : .lalapa
(Brit. Mus.).
l'ig. 186. — J'ai sous les yeux un C. anthracinum déterminé par Bâtes
<‘ t des cotypes de son microgonum. Il s’agit certainement de deux formes
l’ig. 18-1 à 187. — (jeu. Cullilropa .Mot.scli., subgen. Blaph/sotii'i Géliin, partie a|)icale du
pénis, face dorsale, avec le ligule exserti (X 16). — Eig- 181. C. (Bkiplosoma) alnmirem
Gliaud., de Tula. — Eig. 185. C. (B.) laovs Üej., do Puebla. — Fig. 186. C. [B.) mit/iruci-
num microgonum H l'.cs, du Mexique. — Fig. 187. C. (B.) porosifrons Bâtes, de Huraiigo.
bien distinctes du ('. laeve\ je les réunis ici dans une seule espèce avec quel¬
ques réserves, car je ne connais pas le mâle de Vanthracinum.
Les deux formes présentent cependant do nombreux caractères communs.
Leur forme est bien plus grêle et allongée que celle du ('. laeve. Le prono-
tum est bien plus étroit, à peine plus large que long, rétréci en arrière,
Avec sa gouttière marginale étroite, non élargie dans la partie basale; les
220
H. JEANM'.I.
lobes postérieurs très peu développés, pros(jue nuis. Elytres longs et étroits,
lisses, avec des traces de lignes striales plus nettes que chez laeve.
Les deux C. anthraciniim et C. microgonurn diffèrent par la présence de
fossettes basales superficielles et par le renflement des élytres de la femelle
chez le premier; C. niicrogonuni est plus petit, plus étroit, sans trace do
fossettes basales sur le pronotum.
Organe copulateur. Chez microgonurn (fig. 186], l’organe est du même
type que chez laeve, mais plus grêle, non tordu, avec l’apex encore plus
grêle et effilé que chez atrovirens. Le ligule est de même ty])e.
IjCs deux sous-espèces habitent le sud du IMcxique.
fl. Subsp. anthraciman, s. str. — Mexique. Guerrero : Arnula (IL Smith,
Brit. Mus.).
b. Subsp. microgonurn Bâtes. —• ^lexique. Vera Cruz : Jalapa (Hogo).
Puebla : Esperanza Ilüge). Mexico ; environs de la ville (Bâtes .
9. Callitropa (Blaptosoma) porosifrons Bâtes
C. porosifrons Bâtes, 1891, Trans. ent. Soc. London, p. 229, pl. xiii, fig. 3
(Calosoma)] type : llefugio (Brit. Mus.). —Breuning, 1928, Kol. Rundsch.,
XIV, p. 52.
Fig. 187. — Breuxinc; rapproche cette espèce des striatulum et cicalri-
cosum, qui ont un ligule très évolué et seront placés dans le genre
Carabominius. C. porosifrons a un ligule simple et appartient au groiq)C
das Blaptosoma. Taille plus petite que chez les précédents (18 à 22 mm.).
Noir brillant. Forme générale courte et trapue, très convexe, lisse.
Tête couverte sur le front do gros points assez nombreux et profonds.
Pronotum transverse, une fois et demie aussi large que long, ses cotés
bien arrondis en arrière, la gouttière marginale étroite et régulière; fossettes
basales superficielles et lisses; lobes postérieurs larges et peu saillants.
Elytres courts et épais, à épaules saillantes et gouttière humérale très large;,
la surface lisse, avec des lignes striales de j)oints bien visibles; les primaires
indiqués par des points relativement gros.
Organe copulateur (fig. 187) grêle, très arqué, peu dilaté dans la partie
apicale; l’apex court et épais. I>igule petit, court et triangulaire, à peine
crochu au sommet, fl diffère assez du ligule crochu des espèces précédentes,
mais appartient certainement au même type.
C. porosifrons occupe une sierra mexicaine bien plus au nord que celles
occupées par les autres espèces du groupe des Blaptosoma.
Mexique. Durango ; Refugio, sierra de Durango (lloge. Brit. Mus.);
Sierra Madré (coll. Breuning); Rio Nazas (Mus. Berlini.
LES CALOSOilES
221
19. Gen. CARABOMIMUS Kolbe
O/raèo;?»'mus Kolbe, 1835, Sitz. Ges. iiat. Fr. Berlin, p. 57; type : striatulus Ch^yv.
— Blaptosoma (pars) Brcuning’, 1927, Kol. Rundsch., XIII, p. 146.
La forme du ligule est le principal caractère séparant ce genre des
Callitropa aptères formant le groupe des Blaptosoma.
Mêmes caractères généraux. Mandibules ridées en dessus, mais les rides
souvent obsolètes, peu visibles. Dernier article des palpes maxillaires
variable, plus ou moins court, toujours plus court que le précédent. Antennes
semblables.
Pronotum variable, tantôt ample et uni, sans trace de fossettes basales,
tantôt subcordiforme; les lobes postérieurs toujours bien développés quoique
peu saillants en arrière. Llytres ovales, à bord huméral épais et lisse, soit
lisses et convexes, soit déprimés et à sculpture hétérodyiiame, avec régres¬
sion des tertiaires. Toutes les espèces sont aptères.
Métépisternes petits, subcarrés, lisses.
Pattes sans caractères sexuels sur les tibias; protarsc mâle avec trois
articles dilatés et feutrés en dessous. Protibias non sillonnés sur la face
externe.
(iliétotaxie. — Mêmes caractères que chez les Callitropa.
(3rgane copulateurà partie apicale dissymétrique, déversée à droite, l’apex
court, placé do champ et plus ou moins sécuriforme. Le ligule long,
robuste, a une extrémité apicale épaissie, évasée en gouttière asymétrique
et prolongée par une longue exj)ansion terminale, souvent llagelliforme
(fig. 189;.
Ce groupe, bien caractérisé par la forme du ligule, est formé par un
certain nombre d’espèces oropbiles du sud du Mexique.
Tableau des espèces
1 . Dernier article du palpe maxillaire à peu près trois fois aussi long
([ue largo. Forme générale allongée; élytres oblongs, très convexes
et lisses. 2.
— Dernier article du palpe maxillaire à peine deux fois aussi long que
large. Forme courte, les élytres ovales et peu convexes. 4.
2 . Front ayec une saillie circulaire médiane sur Paire cérébrale; la
])ériphérie déprimée et ponctuée. Base du pronotum ponctuée.
Itlytres étroits et parallèles, la suture déprimée. Lame apicale du
pénis déprimée, en forme de cuilloron à bords sinueux (iig. 188).
Long. 19 mm. (Mexique).1. Gebieni Breun.
— PT'ont uni, lisse; base du pronotum lisse. 3.
li. .lEANXl-I.
■>0
3. Téguments lisses et bi'illaiils. Pronotum un peu transverse, à l)ase
large et côtés régulièrement arrondis, les lobes postérieurs nets
mais non saillants ; disipre régulièrement convexe, sans dépression
basale; le bord basal très épais, en bourrelet. Elytres très étroits et
très longs, tout à fait lisses, les angles huméraux tout à fait effacés.
Lame apicale du jjénis en forme de hache (lig. 190). Long. 26 mm.
(Mexiquei. 3. orizabae, n. sp
— Téguments mats. Pronotum un peu transverse, un peu rétréci à la
base, ses côtés peu arqués, presque rectilignes dans la moitié posté¬
rieure, les lobes postérieurs nettement indiqués, mais non saillants;
disque déprimé sur les côtés de la surface basale, le bord basal
mince, bilytres plu5 renllés, à épaules indiquées quoique peu
saillantes; pas de traces de stries. Long. 22-24 mm. Mexique) , .
.2. Digueti Lap
4. Ih’onotum transverse, à côtés régulièrement arqués, sans dépression
basale, le disque régulièrement convexe et uni. 5.
— Pronotum subcordiforme, déprimé sur la surface basale, surtout
latéralement.. t).
5. lilytres courts, moins d’une fois et demie aussi longs que larges.
Pronotum très transverso, mais rétréci à la base. Apex du pénis très
court et obtus. Long. 13 - 17 mm. (Mexique).8. diminutus Bâtes
a. Pronotum plus transverso. Elytres avec des traces de stries
finement ponctuées; les intervalles plans, les primaires par¬
semés de gros points superficiels. Lame apicale du pénis
plus longue (fig. 195. subsp. diminutus, s. str.
— Pronotum moins large. Elytres à sculpture plus forte, les
intervalles un peu convexes, couverts de points épars, ren¬
dant la sculpture confuse, f.amc apicale du pénis plus courte
lig. 196). subsp. morelianus Bâtes.
— Elytres environ deux fois aussi longs ([ue larges. Pronotum trans¬
verse, non rétréci à la base. 6.
6 . Lame apicale du pénis largement arrondie, sans sinuosité du bord
dorsal. Elytres absolument lisses, sans aucune trace de stries. Imng.
18 - 20 mm. Mexique).5. politus Chaud
— f.anio apicale du pénis en forme do hache, le bord dorsal sinué. 7.
7. Elytres lisses, presque sans trace de stries; quelques vestiges de
gros points sur les intervalles. Lame apicale du pénis abord dorsal
faiblement sinué (fig. 191). Long. 19-22 mm. (Mexique.
. 4. laevigatus Chaud
a Côtés du pronotum bien arrondis. subsp. laevigatus s. str.
— Côtés du pronotum peu arrondis, subparallèles dans leur
tiers moyen.subsp. IIôgeiBrcun.
— Elytres à sculpture bien visible ; primaires avec des points sétifères. 8.
I.US CALüSO.MES
8. Intervalles bas; les points des primaires épars. Lame apicale du
pénis très fortement sinuée sur son bord dorsal dig. 193). Jmng.
18 - 22 mm. (Mexique '.(i. striatulus Clieviv
a. Sculpture très superficielle, nullement saillante, les inter¬
valles plans. subsp. striatulus, s. str.
— Même sculpture mais les éléments saillants et la ponctua¬
tion profonde. Taille plus grande; forme plus robuste,.
. subsp. siriatipe/inis Chaud.
— Sculpture confuse et saillante, la striation indistincte ; la
surface comme vermiculée.subsp. cicatricosus Chaud.
— Elytres avec sept côtes saillantes, les 3® et 5“ (primaires) inter¬
rompues par des points pilifères. Lame apicale du pénis avec son
bord dorsal profondément sinué (fig. 193j. Long. 15- 18 mm. (Mexi¬
que.7. costipennis Chaud.
— Pronotum plus ou moins transverse, à surface mate, satinée; les
côtés un |)eu sinués en arrière, les lobes postérieurs un peu saillants.
Elytres deux fois aussi longs que larges, ovales, à épaules sail¬
lantes; stries ponctuées, les primaires avec de gros points fovéolés
épars, f^ame apicale du pénis arrondie, assez longue et plus ou
moins coudée Ifig. 199). Long. 17-22 mm. (Mexique.
.9. depressicollis Cbaud-
a. Tète et jjronotum sans ponctuation. b.
— Tète et pronotum à grosse ponctuation éparse. c.
b. Pronotum à lobes 2 )ostérieurs largement arrondis, bien
saillants; épaules saillantes, le l)ord basal presque perpen¬
diculaire au pédoncule. c.
— Pronotum à lobespostérieurs étroits, j)ou saillants en arrière ;
épaules bien plus effacées, obliques. d.
(•. Sculpture très fine et régulière, les stries représenlécs par
des lignes do points assez forts, les primaires avec des points
fovéolés nettement alignés, tous les intervalles absolument
plans. Pronotum à peine transverse.
.subsp. depressicollis, s. str.
— Sculpture, forte, saillante, un peu confuse sur la partie posté¬
rieure de l’élytre, les stries fortement ponctuées, les inter¬
valles primaires à gros points, les autres à points plus petits,
tous bien saillants, convexes. Pronotum transverse. Apex
du pénis inlléchi, sans apophyse saillante du bord gauche.
. subsp. asper, nov-
d. Sculpture comme chez depressicollis mais encore plus fine.
Pronotum variable de forme, mais toujours transverse. Apex
du pénis plus fortement coudé, sans apophyse du bord
gaucho. subsp. Lesnei Breun..
I!.
■— Sculpture comme chez asper. Apex du pénis très forte¬
ment coudé, avec une grosse apophyse anguleuse du bord
gauche. subsp. altipeta, nov.
e. Pronotum à lobes postérieurs très saillants, épaules très
elfacées et obliques; la sculpture comme chez asper.
Apex du pénis à forte coudure et apophyse anguleuse
saillante sur le bord gauche. subsp. Flohri Bâtes.
1. Carabomimus Gebieni Breuning
C. Gebieni Breuning, 1928, Kol. Runsch., XIV, p. 46 {C. laeve var. Gebieni) ; type ;
Patzcuaro (Mus. Ilamhurg).
Fig. 18B. — Décrit comme race du Blaploso/na /«eccDej. J'ai eu commu¬
nication du type et du cotype signalé dans la description originale. Ce sont
deux mâles. Mais le « cotype » n’est pas un Gebieni; c’est un très petit
exemplaire à élytres rougeâtres du Blaptosoma laeve, comme d’ailleurs le
prouve son organe copulateur bien visible.
C. Gebieni est bien reconnaissable à sa forme étroite, parallèle, compri¬
mée latéralement, et à la sculpture de son front.
Long. 19 mm. Noir brillant. Front avec une saillie circulaire médiane sur
l’aire cérébrale, saillie entourée par une aire ponctuée et déprimée. Prono¬
tum peu transverse, à gouttière latérale élargie en arrière et explanée, sa
partie basale ponctuée, les lobes postérieurs larges mais peu saillants.
Elytres oblongs, fortement comprimés latéralement; la suture déprimée ; sur¬
face lisse et brillante.
Organe copulateur (fig. 188) relativement court, arqué, avec la partie api¬
cale tordue et déprimée. Apex très court, obtusément arrondi ; une bosse
allongée et aplanie sur son bord droit. Ligule très long, dilaté cà son tiers
apical où il forme une côte épaisse à droite, une expansion triangulaire à gau¬
che ; la dilatation s’ellilo on un long tiagellc terminal (fig. 188).
Espèce à caractères très tranchés, ayant rajjparence des Blaptosoma,
mais très différente.
Mexique. Michoacan ; Patzcuaro^ un mâle illôge, Mus. Hamburg.!.
2. Carabomimus Digueti Lapouge
G. Digueti Lapouge, 1924, Mise, ent., XX\MII, p. 39 (Dutelodontum dcpressicoUe
var. Digueti) ; Iluojotitaii (Mus. Paris). — Breuning, 1928, Kol. Rundsch.,
XIV, p. 53 (C. blaptoide, var. Digueti).
F’ig. 189 et 197. — Les trois espèces Digueti, depressicollis et blaptoides
sont bien différentes, et on verra même qu elles n'appartiennent pas toutes au
même genre.
LES CALOSÜMES
225
L’aspect général de C. Digueti rappelle un peu le Calopachijs hlaptoides
et aussi le Blaptosoma anthraciniim par le rétrécissement de l’avant-corps et
surtout par sa coloration noire très mate, comme satinée.
Tête à front normal, sans saillie ni ponctuation. Pronotum un peu trans¬
verse, un peu rétréci à la base, ses côtés peu arqués en arrière, les lobes pos¬
térieurs peu saillants, mais nettement développés. Disque déprimé sur les
Fig. 188 à lut). — Gen. Carabomimus Kolbe, partie apicale du pénis face dorsale vue un
peu de trois quarts, avec le ligule exserti (X 16). — Fig. 188. C. Gebieni Breun. (type),
de Patzcuaro. — Fig. 189. C. Digueli Lap.,de Huejotitan.— Fig. 190. C. orizabae, n. sp.,
d’Orizaba. — Fig. 191. C. la/ivigalus Chaud., de Realdel Monte. — Fig. 192. C. poftlus Chaud.,
de Toluca. — Fig. 193. C. slrialulus Chevr., de Las Vigas. — Fig. 191. C. coslipennis
Chaud., de Rio Frio. — Fig. 195. C. diminulus Bâtes, de Salazar. — Fig. 196. C. diminutas
morelianus Bâtes, de Huitzilac.
côtés de la surface basale, sans ponctuation; bord basal mince, normal.
Elytres assez renflés, à épaules indiquées quoique pou saillantes, sans trace
de stries.
Organe copulateur (fig. 189) analogue à celui de C. Gebieni, quoique bien
diflërent. Il est plus grand, très arqué, tordu dans sa partie apicale. L’apex
est encore plus court, obtus ; la bosse du bord droit plus courte et plus sail¬
lante. Ligule de même type (fig. 189), mais bien plus robuste, avec le flagelle
terminal bien plus court.
Mexique. Jalisco : Huejotitan, ait. 1.700 m., plusieurs exemplaires
(Diguet).
MÉMOIRES DU MUSÉUM, NOUVELLE SÉRIE, TOME XIII.
15
K. .lEANNEL
ÿ2ü
3. Carabomimus orizabae, n. sp.
Type ; un mâle d'Orizaba (Mus. Paris).
Fig. 190. — Aspect général du C. Gebieni, mais plus grand (long. 20 mm.),
plus étroit encore et plus allongé. Noir brillant. Aptère.
Tête normale, à front lisse, sans saillie particulière. Pronotum à peine
transversc, à base large et côtés régulièrement arrondis dans toute leur lon¬
gueur, la gouttière latérale fine et régulière, les lobes postérieurs larges et
peu saillants. Disque régulièrement convexe, sans aucune dépression basale,
entièrement lisse; bord basal très épaissi en bourrelet. Elytres étroits et
longs, trois fois aussi longs que larges, avec les éiiaules tout à fait effacées ;
surface lisse, sans trace des stries.
Caractères sexuels secondaires normaux.
Organe copulatcur (lig. 190) long et grêle, peu arqué, sa partie apicale
aplatie. Apex bien développé long, en forme de hache. Ligule de même type
que chez les précédents (lig. 190), long, peu épais, sa partie apicale compa¬
rable à celle du C. Digueti, mais réduite, la pointe courte, non effilée en
ffagelle.
Très remarquable par sa forme très allongée, cette espèce est sans doute
localisée sur les })entes du grand volcan d’Orizaba.
Mexique. Vera Cruz : Orizaba, un seul mâle (Mus. Paris).
4. Carabomimus laevigatus Chaudoir
C. foeefga/jmr Chaudoir, 1869, Ann. Soc. ent. Fr., p. 374 (Calosoma) ; type: Mexi¬
que (coll. Oberthür). — Breuning, 1928, Kol. Rundsch. XIV, p. 51 (C. stria-
tulum var. laevigatum).
Subsp. Hôgei Breuning, 1928, 1. c., p. 53 (C. cicatricosum var. Hi)gei) \ type ■
Guadalajara (coll. Breuning).
Fig. 191. — Cette espèce et les quatre suivantes sont groupées en une
seule par Breuning (1928), sous le nom de slriatulus Chevr. A la vérité ce
sont là des formes très voisines, manifestement dérivées d’une souche com¬
mune. La similitude de forme du ligule chez tous leurs représentants en
donne la preuve. Mais des divergences notables dans la morphologie externe
et des caractères particuliers de l’apex du pénis me déterminent à les consi¬
dérer comme espèces isolées.
C. laevigatus est une espèce à élytres à peu près lisses, rappelant le Blap-
tosoma laeve, mais de plus petite taille (long. 18-22 mm.).
Noir brillant. Court et épais, trapu, convexe. Tête à front lisse. Pronotum
transverse, à côtés régulièrement arrondis dans toute leur longueur, la plus
grande largeur au milieu; gouttière régulière, assez large, non élargie en
arr ière ; lobes postérieurs larges et peu saillants ; disque lisse. Élytres ovales,
LES CALOSOMES
227
convexes, presque sans trace de stries; quelques vestiges de gros points sur
les interstries.
lia forme Hôgei ne semble guère différer du laevigatm typique que par
l’aplatissement de la courbure des côtés du pronotum dans la partie médiane.
Organe copulateur (fig. 191) grêle et peu arqué; l’apex allongé, un peu en
forme de bâche, son bord dorsal concave. Ligule à partie dilatée nettement
cambrée, ses bords formant deux ailerons triangulaires, la pointe effilée,
mais non flagelliforme (fig. 191).
L’organe copulateur est identique chez les deux races.
a. Subsp. laevigatus, s. str. — Mexique. Hidalgo ; Real del Monte
(Hôge).
b. Subsp. Hôgei Breun. — Mexique. Jalisco : environs de Guadalajara (L.
Diguet).
5. Carabominus politus Chaudoir
C. politum Chaudoir, 1869, Ann. Soc. ent. Fr., p. 373 (Calosoma), type : Toluca
(coll. Oberthür). — Breuning, 1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 51 (C. striatulum
var. politum).
Fig. 192. — Aspect du précédent, comme lui ovalaire et convexe, noir
brillant, lisse. Mais cependant reconnaissable à ses élytres proportionnelle¬
ment plus courts. Même état lisse des élytres, sans trace de stries, avec
quelques points épars sur les primaires.
La forme de l’organe copulateur distingue le C. poliLiis de ses congé¬
nères. Il est plus arqué, avec la partie apicale élargie et déprimée. L’apex
(tig. 192) est court, large, très arrondi, sans sinuosité du bord dorsal. Ligule
semblable à celui du C. laevigatus.
Mexique. Mexico : environs de Toluca, à 2.000 m, d’alt. (L. Diguet, Mus.
Paris).
6. Carabomimus striatulus Chevrolat
C. striatulum Chevrolat, 1835. Col. Mex., 7, n° 165 (Calosoma); type : Perote
(Hope Mus. Oxford). — Breuning, 1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 49 (pars).
Subsp. striatipennis Chaudoir, 1869, Ann. Soc. ent. f>., p. 373; type : Puebla
(coll. Oberthür).
Subsp. cicatricosus Chaudoir, 1869, Ann. Soc. ent. Fr., p. 374; type Mexico
(coll. Oberthür).
Fig. 193. — Long. 15 à 20 mm. Noir brillant. Forme générale du C. poli¬
tus, même forme du pronotum et des élytres ; mais la sculpture de ceux-ci
bien apparente. Il existe des stries entre lesquelles les éléments sont peu
saillants, ou encore la sculpture est formée de vermiculations confuses pro¬
duites par la fusion des éléments [cicatricosus]. Toujours la sculpture est
homodyname, les primaires égaux aux autres éléments.
228
R. JEANNFX
C. cicatricosus est considéré par Breuning (1928) comme une espèce à
part, à laquelle il rattache deux formes : Flohri Bâtes et llôgei Breun., qui
n’ont vraiment rien de commun avec lui. On a vu que Hôgei est une forme
du laevigatus ; Flohri n’est guère séparable du depressicollis et appartient
à un tout autre groupe d’espèces. Quant à cicatricosus Chaud., dont j’ai pu
voir le type, il n’est qu’une variation à sculpture confuse du striatiiliis, et
possède d’ailleurs un organe copulateur identique.
Organe copulateur (fig. 193). Chez les trois races, l’organe est du même
type que celui de laevigatus, grêle et arqué ; l’apex est plus allongé, plus
sécuriforme, avec la sinuosité du bord dorsal plus profonde. Ligule iden¬
tique (fig. 193).
a. Subsp. striatulus, s. str. — Mexique. Vera Cruz : Las Vigas (H ôge);
Jalapa (Hoge). Puebla : Perote (Chevrolat).
b. Subsp. striatipennis Chaud. — Mexique. Puebla : environs de la ville
(A. Gineste).
c. Subsp. cicatricosus Chaud. — Mexique. Mexico : environs de la ville
(Chaudoir). — Morelos : Amecamecan (Hoge).
Sans doute toujours à haute altitude. Chevrolat indique que le striatulus
se trouve à Perote « en terre froide, en juillet et août ».
7. Carabomimus costipennis Chaudoir
PL VIII, fig. 2
C. costipennis Chaudoir, 1869, Ann. Soc. ent. Fr., p. 375 (Cnlosoma); type :
Mexique (coll. Oberthür). — Breuning, 1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 51 (C. stria-
tuluni var. costipenne).
Fig. 194. — Long. 15 à 18 mm. Mêmes caractères généraux que le précé¬
dent, mais facile à reconnaître à sa sculpture. Chaque élytre porte sept
côtes saillantes. Ces côtes correspondent manifestement aux secondaires et
aux primaires, entre lesquels les tertiaires ont totalement disparu dans les
stries. Les côtes sont hautes, convexes, lisses ; les 3® et 7® portent des points
pilifères (côtes primaires).
Ce type de sculpture hétérodyname, bien fixé, distingue nettement le
C. costipennis du C. striatulus.
Organe copulateur plus petit que chez striatulus, aussi arqué. L’apex est
sécuriforme, mais avec le bord dorsal moins profondément sinué. Ligule
semblable.
Mexique. Mexico : Rio Frio, à haute altitude aux environs de la ville.
(Hoge).
LES CALOSOMES
229
8. Carabomimus diminutus Bâtes
C. diminutum Bâtes, 1891, Trans. eut. Soc. London, p. 227, pl. xiii, (ig. 2
(Calosoma); type : Salazar (Brit. Mus.). — Breuning, 1928, Kol. Rundsch., XIV,
p. 52 {C. striatulum var. diminutum).
Subsp. morelianus Bâtes, 1891, I. c., p. 228; type : Huitzilac (Brit. Mus.).
Fig. 195 et 19(3. — Long. 13 à 18 mm. Plus petit, plus court et plus
trapu que les précédents. Noir brillant.
Pronotum très transverse, mais plus rétréci à la base, les lobes posté¬
rieurs peu saillants. Elytres une fois et demie aussi longs que larges, la
sculpture toujours visible. Chez la forme typique il existe des lignes striales
de points fins et superficiels entre lesquelles les intervalles sont plans; les
primaires parsemés de gros points superficiels. Chez la race morelianus la
sculpture est plus forte, les intervalles un peu convexes, tous couverts de
gros points superficiels.
Organe copulateur (fig. 195, 196) grêle et arqué, la partie apicale élargie
et déprimée. Apex court, arrondi, mousse, sans sinuosité du bord dorsal,
plus court chez morelianus que chez la forme typique. Ligule semblable
à ceux des espèces précédentes.
a. Subsp. diminutus, s. str. — Mexique. Mexico : Salazar (Hôge).
b. Subsp. morelianus Bâtes. — Mexique. Mexico : El Guardia (Flohr).
Morelos : Huitzilac (Hôge).
9. Carabominus depressicollis Chaudoir
Pl. VIH, fig. 4 et 6
C. depressicolle Chaudoir, 1869, Ann. Soc. ent. Fr., p. 375 (Calosoma) ; type ;
Toluca (coll. Oberlhür). — Breuning, 1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 54.
Subsp. asper, nov. ; type ; Mexico (Mus. Paris).
Subsp. /.esnei Breuning, 1931, Bull. Mus. Hist. Nat., p. 620; type : Tlalpujahua
(Mus. Paris).
Subsp. altipeta, nov., type ; volcan du Nevada (Mus. Paris).
Subsp Floliri Bâtes, 1884, Biol, centr.-am., I, p. 262; type : Uruapan (Brit.
Mus.).
Fig. 198 à 202. —Long. 18 à 22 mm. Espèce très caractérisée par son
prothorax cordiforme, profondément déprimé à la base.
Noir mat, le pronotum chagriné, les élytres plus brillants. Délié, peu
convexe, l’avant-corps étroit, l’aspect caraboïde.
Tête normale. Pronotum plus ou moins transverse, ses côtés un peu
sinués en arrière, les lobes postérieurs saillants ; gouttière marginale fine,
les fosettes basales larges et déprimées. Elytres ovales, deux fois aussi longs
que larges, les épaules saillantes. Sculpture saillante, les éléments séparés
par des stries nettes et ponctuées, les primaires avec de gros points fovéo-
lés irréguliers et épars.
230
R. JEANNEL
Organe copulateur (fig. 199, 202) très arqué, grand, avec la partie apicale
dissymétrique, déprimée et tordue. L’apex, assez long, est mousse, sans
sinuosité du bord dorsal. Peu infléchi chez asper, il l’est davantage chez
Lesnei] d’autre part le bord droit forme une bosse chezFlohri ei Lesnei, hosse
qui manque chez les autres races. Ces différences de forme du sommet
du pénis pourraient presque suffire à séparer des petites espèces.
Fig. 197 à 202. — Gen. Carahominus Kolbe, palpes maxillaires droits et partie apicale du
pénis, face dorsale vue un peu de trois quarts, avec le ligule exserti (X 16). —
Fig. 197. C. Digueli Lap., de lluejotitan. — Fig. 198. C. depressicollis Chaud. — Fig. 199.
C. depressicollis asper, nov., de Huitzilac. — Fig. 200. C. depressicollis Lesnei Breun., de
la sierra de Tlalpajahua. — Fig. 201. C. depressicollis aUipeta, nov., du volcan du Nevada
de Toluca. — Fig. 202. C. depressicollis Flohri Bâtes, du .Michoacan.
D’ailleurs les diverses sous-espèces du C. depressicollis son aussi bien
séparées par les caractères de leur morphologie externe.
Le type du C. depressicollis Chaud., que M. R. Oberthür a bien voulu
me communiquer, est un mâle à pronotum très étroit, à côtés fortement
sinués, lobes postérieurs très saillants et surface satinée, sans ponctuation.
La sculpture des élytres est très superficielle, plane et surtout très régulière;
les fossettes des primaires très régulièrement alignés. Tous les autres
exemplaires que j’ai pu voir ont le pronotum plus large et la sculpture plus
saillante et un pou confuse. 11 est évident que le type de Chaudoir, pris à
Toluca, constitue une race particulière, différente de tous les autres depres¬
sicollis recueillis plus tard par Hôge. Ceux-ci seront donc classés sous le
nom de subsp. asper, nov.
C. Lesnei Breun. a la même sculpture élytrale que le depressicollis typique.
LES CALOSOMES
231
mais bien moins régulière; le pronotum varie de forme, mais est toujours
plus transverse. La bosse du bord droit du pénis de cette race est caracté¬
ristique (fig. 200). Comme l’organe copulateur de la forme typique ne m’est
pas connu, il reste possible que Lesnei soit synonyme du depressicollis
typique. Tous deux sont décrits des environs de Toluca. Quant à la race
altipeta, nov., c’est une forme d’altitude, sans doute très localisée, différant
de Lesnei par sa sculpture plus rugueuse et surtout par la forme de l’apex
du pénis (fig. 201).
Flohri enfin ne peut être considéré comme autre chose qu’une race de
depressicollis, et on comprend difficilement que Breuning (1928) ait songé
à le réunir au cicatricosus. C’est une race à forte sculpture, mais remar¬
quable surtout par la forte ponctuation de sa tête et de son pronotum, ainsi
que par la bosse apicale de son pénis (fig. 202), analogue à celle de Lesnei.
Mexique. Représenté par des races très localisées, vivant à haute altitude,
aux environs de Mexico et de Toluca.
a. Subsp. depressicollis, s. str. — Mexico : environs de Toluca, localité
non précisée (Boucard, in coll. Chaudoir).
b. Subsp. asper, nov. — Mexico ; aux environs de la ville, en « Terra
Pria », à haute altitude (Mus. Paris); Salazar (Hoge); Amccamecan (Hôge).
Morelos : Huitzilac (Hôge). Vera Cruz : une femelle à sculpture encore plus
confuse (Mus. Paris).
c. Subsp. Lesnei Broun. — Mexico : sierra de Tlalpajahua, entre 2.400 et
2.800 m. d’alt., aux environs de Toluca, nombreux exemplaires (L. Diguet).
d. Subsp. altipeta, nov. — Mexico : volcan du Nevada de Toluca, ait.
3.200 m., un mâle et une femelle (L. Diguet).
e. Subsp. Flohri Bâtes. — Michoacan : Uranpan (Flobr) ; San Juan Tumbio
(Flohr).
20. Gen. CALOPACHYS Haury
Calopachys Haury, 1880, Le Natur., II, p. 164; type : viridissimus Haury (coll
R. Oberthür). — Eutelodontum Géhin, 1885, Cat. Car., p. 33; type blaptoide
Putze}’s(').
Je groupe dans ce genre trois espèces assez différentes d’aspect extérieur,
mais présentant des caractères communs : les lobes postérieurs du pronotum
sont totalement effacés, le bord huméral des élytres est lisse, le ligule est
terminé par une sorte do bouton ovale plus ou moins allongé. Il faut
remarquer toutefois que le seul individu connu du C. viridissimus est une
femelle et que par conséquent la forme du ligule chez cette espèce est
inconnue. Mais les caractères extérieurs communs au viridissimus et à
1. Eulelodonlus azlecus est un nomen nudum cité iucidemnient par Géhin (1881, Ann. Fr.,
Bull., p. 131) à propo.s du Calosoma blaptoide Putz.
232
R.JEANNEL
\omiltemius sont si frappants qu’on peut bien s’attendre à trouver chez
le premier une forme du ligule concordante.
Mandibules avec des rides plus ou moins cfïacécs sur la face dorsale.
Palpes maxillaires grêles, à dernier article presque aussi long que l’avant-
dernier. Dent labiale aiguë. Antennes de type normal, les articles de la
base carénés, les articles 5-11 uniformément pubescents.
Pronoturn toujours très rétréci à la base, sa plus grande largeur au
milieu ou avant le milieu, les lobes postérieurs nuis; disque presque plan,
sans dépression basale ni fossettes ; bourrelet marginal net et continu
jusqu’aux angles postérieurs, la gouttière marginale fine et régulière. Elytres
ovales, toujours convexes, les épaules peu saillantes, le bord huméral épais
et lisse. Apex atténué. Pas d’ailes.
Sculpture triploïde liomodyname, les côtes saillantes chez certaines espèces ;
les élytres tout à fait lisses chez blaptoides.
Métépisternes petits, subcarrés, entièrement lisses ou avec un très petit
nombre de gros points profonds sur la partie postérieure.
Pattes longues et grêles. Protibias non sillonnés sur la lace externe, avec
quelques points pilifères épars sur la partie distale de la face antérieure.
Protarscs mâles avec trois articles dilatés et feutrés, le 2“ non impressionné
sur sa face dorsale. Méso- et métatibias droits, sans brosses dans les deux
sexes.
Chétotaxie. — Mêmes caractères que chez les Callitropa ei Carabominiits :
soies gulaires et soie métatrocliantérienne présentes; pas de labiales ni de
pronolale postérieure.
L’organe copulateur a la forme habituelle des Callitropa, c’est-à-dire que
la partie apicale du pénis est déversée vers la droite et l’apex placé de champ.
Le ligule est très long, en forme de longue tige chitineuse, et terminé par
un bouton, arrondi chez blaptoides, allongé chez omiltemius.
Les styles du C. omiltemius portent chacun une petite soie à leur extrémité.
Ce caractère est très remarquable. C. omiltemius est la seule espèce que
je connaisse parmi tous les Carabidae (s. str.) qui ait ainsi conservé cette
soie des styles, qui a dû être de règle chez leur souche primitive.
Tableau des espèces
1. Forme plus robuste. Coloration d’un vert d’émeraude brillant avec
reflets bleus changeants. Tète et pronoturn à ponctuation rugueuse
profonde et serrée, le pronoturn subcordiforme, un peu transverse,
avec sa plus grande largeur avant le milieu. Élytres ovoïdes, très
convexes, à sculpture triploïde liomodyname, bien saillante et régu¬
lière, les primaires ponctués, les côtes vaguement tégulées. Long.
25 mm. (Mexique).. ... 1. viridissimus llaury.
— Forme plus grêle. Coloration sombre. Tête et pronoturn sans
ponctuation, mats, comme satinés. 2.
LES CALOSOMES
233
2 Pronotum avec sa plus grande largeur avant le milieu, à peine plus
large que long, les côtés rétrécis en ligne droite en arrière. Élytres
ovoïdes, allongés, à sculpture triploïde homodyname; les éléments
en côtes peu saillantes, lisses, sans tégulation; primaires inter¬
rompus par de gros points bleuâtres. De plus les stries sont marquées
de grosses dépressions espacées qui concourent à donner à tout
l’élytre un aspect mamelonné. Forme générale très déliée, cara-
boïde. Noir bleuâtre. Long. 20-22 mm. ( Mexique). 2. omiltemius Bâtes.
— Pronotum avec sa plus grande largeur vers le milieu, assez trans¬
verse, les côtés bien arrondis on arrière. Elytres oblongs, très
longs, sans sculpture. Forme déliée, caraboïde. Noir mat uniforme.
Long. 20-25 mm. (Mexique). 3. blaptoides Putz.
1. Calopachys viridissimus Haury
PI. V, fig. 8
C. viridissimus Haury, 1880, Le Natur., II, p. 164; type : Mexique (coll. Oberthür).
— Géhin, 1885, Cat. Car., p. 34. — Breuning, 1928, Kol. Rundsch., XIV,
p. 58.
Splendide espèce de coloration étincelante et de faciès tout à fait insolite.
J’ai pu examiner le type (femelle), grâce à l’obligeance de M. R. Oberthür,
et constater la réalité des caractères qui lui sont assignés par Haury.
Long. 25 mm. Sans doute aptère. Court et convexe, l’avant-corps relative¬
ment grand. Vert brillant, miroitant, à reflets bleus.
Tête robuste. Pronotum transverse, très rétréci à la base, très rugueu-
sement ponctué et ridé, comme la tête; lobes postérieurs tout à fait effacés.
Elytres ovoïdes, très convexes, à épaules arrondies mais saillantes; sculpture
triploïde homodyname, nette, formée par 16 éléments saillants, égaux, gros¬
sièrement tégulés, séparés par des stries profondes et fortement ponctuées.
Primaires avec quelques points.
Dessous lisse avec de très gros points épars. Pattes robustes.
Les caractères chétotaxiques sont les mêmes que chez les Blaptosoma et
Carabomimus. Métépisternes courts, subcarrés, lisses avec 4 ou 5 très gros
points profonds sur la moitié postérieure; côtés des segments ventraux avec
la même ponctuation.
Mexique. La provenance de l'unique individu connu est incertaine. Géhin
(1885) supposait qu’il pouvait venir des Antilles. En réalité jamais ce bel
insecte n’a été retrouvé. Il doit sans doute être localisé dans une sierra
mexicaine.
234
R.JEANNEL
2. Calopachys omiltemius Bâtes
PI. VII, fig. 8
C. omiltemium Bâtes, 1891, Trans. ent. Soc. London, p. 226, pl. xui, fig. 1
{Calosoma) -, type : Omilteme (Brit. Mus.). — Breuning, 1928, Kol. Rundsch.,
XIV, p. 57.
Fig. 203 à 206. — On sera peut-être surpris de voir ce Calosome, d’aspect
très caraboïde, rapproché du C. viridissimus Haury. De nombreux caractères
imposent cependant ce rapprochement.
Fig. 203 à 208. — Gen. Calopachys Haur3'. — Fig. 203. C. omiltemius Bâtes, de Omilteme,
organe copulateur mâle, face externe (X 10). — Fig. 204. Sommet du style. — Fig. 205.
Partie apicale du pénis, face dorsale, avec le ligule exserti (X 16). — Fig. 206. Sommet
du ligule, de profil (X 20). — Fg. 207. C. hlaptoidcs Putz., deTehuacan, partie apicale du
pénis (X 16). — Fig. 20S. Sommet du ligule, de profil (X 16).
Le faciès de C. omiltemius est très particulier et rappelle un peu le Carahus
intricatus.
Long. 18 à 20 mm. Grêle et délié, à membres longs. Noir bleuâtre avec
des reflets bleus accusés dans les rugosités de l’élytre et la gouttière margi¬
nale. Aptère.
Mandibules presque lisses. Pronotum subcordiforme, à disque uni, sans
lobes postérieurs distincts. Elytres mamelonnés ou cabossés, par suite de
la présence de fossettes espacées sur les stries et de points fovéolés sur
LES CALOSOMES
235
les primaires; les éléments un peu convexes, sans tégulation, les stries fines.
Organe copulateur (fig. 203' peu arqué, sa partie apicale dilatée, ventrue,
puis atténuée avant l’apex (fig. 205), qui est court et mousse. Les styles ont
deux soies apicales, une grande et une deuxième très petite (fig. 204).
Ligule long, styloïde, terminé par un renflement en forme de spatule ova¬
laire, infléchie et atténué au sommet (fig. 206).
Mexique. Guerrero : Omilteme, en juillet (H. fl. Smithi.
3. Calopachys blaptoides Putzeys
C. blapioide Putzeys, 1845; Mem. Soc. Roy. Sc. Liège, II, p. 400 (Calosoma)-, type ;
Mexique (coll. Lacordaire). — Gcliin, 1881, Ann. Soc. enl. Fr., Bull. p. 132.
— Breuning, 1928, Kol. Rundsch., XIV, p. 55. — tehuacanum Lapouge,
1924, Mise, ent., XXVIII, p. 40 (C. depressicolle, var. tehuacanum).
Fig. 207 et 208. — Tous ses caractères rapprochent ce Calosome noir mat
et lisse du C. omilteniius et par conséquent aussi du viridissimiis. D'autre
part le C. blaptoides, redécrit par Lapouge sous le nom de C. depressicolle
var. tehuacanum, n’a rien de commun avec le Carabomimus depressicollis,
pas davantage avec le üigueti Lap. que Bbeuning réunit cependant au blap¬
toides auquel il ressemble par certaines convergences.
Long. 20 à 23 mm. Noir mat, uni, d’aspect satiné, comme chez le Carabo¬
mimus Digueti Lap. Même forme générale allongée et convexe, avec les élytres
oblongs; mais le pronotumde C. blaptoides n’a pas trace de lobes postérieurs,
alors que ces organes sont toujours plus ou moins développés chez les
Carabomimus.
Elytres avec de vagues traces de lignes striales de points très fins; les
épaules moins effacées que chez le C. Digueti.
Organe copulateur (fig. 207) très semblable à celui du C. omiltemius. Même
renflement de la partie apicale du pénis, quoique moins accusé; l’apex plus
court encore et mousse. Styles normaux, sans soies apicales. Ligule sem¬
blable, mais avec la spatule terminale plus arrondie (fig. 208).
Mexique. Mexico : Capulalpan (Sallé). Puebla : Tehuacan (L. Diguet). Vera
Cruz : Cerro de Plumas (Mus. Hamburg) ; Pueblo Nuevo (coll. Breuning).
Oaxaca (Géhin); Zempoaltepec (Mus. Berlin).
CÂTÂLO&UE SYNONYMIQUE
I. Calosomes Lobés
1. Gen. Australodrepa Lap.
1. Schayeri Er., p. 74. Australie.
Curtisi Hope.
grandipenne Cast.
2. oceanicum Perris, p. 74. N. Caléd.
s. limorense Chaud. Timor,
s. KlynsCrai Breun. Timorlaet.
s. Walkeri G. O. Wat. Australie.
2. Gen. Calodrepa Motsch.
1. scrutator F., p. 77. Amér. N.
2. aurocinctumChaud., p.78. Me.xique.
3. Wilcoxi Le C., p. 78. Amér. N.
4. splendidum Dej., p. 79. Antilles.
3. Gen. Calosoma Weber
(Callipara Motsch., Calipera Bed., Syncalosoma
Breun.).
1. sycophanta L., p. 81. Rég. pal.
nigrocyaneum Letzn.
margmatum Letzn.
azureum Letzn.
purpureoaureum Letzn.
cupreum Letzn.
smaragdinupi Rossi.
solinfectum Jân.
corvinum Hell.
Habelmanni Sohilsky.
V. Lapougei Breun. Loire-lnf.
anlhracinum Lap.
V. prasinum Lap. Perse.
V. purpureipenne Reitt. Turkest.
V. severum Chaud. Caucase.
rapax Motsch.
2. Maximoviczi Mor., p. 83. Asie or.
mikado Bâtes.
Taqueti Lap.
Touzanini Lap.
Sauleri Born.
3. Beesoni Andr., p. 84. Himalaya.
4. himalayanum Gestro. Himalaya.
5. inquisilor L., p. 85. Rég. pal.
anliquum Fourer.
viridimarginatim Letzn.
obscunim Letzn.
coeruleum Letzn.
coeruleomarginalum Letzn.
varions Letzn.
nigrum Letzn.
t'unereum Rag.
nudum Dalla Torre.
pulchrum Dalla Torre.
viridulum Kr.
cupreof'ulgens Chapm.
punvtivenlre Reiche.
haineuse Lall.
s. eupreum Dej. Caucase.
clathralum Kol.
viridescens Reitt.
s. cyanescens Motsch. Asie or.
denserugalum Géh.
(). frigidum Kirby (p. 87). Amér. N.
Levellei Cas.
II. Série phylétique de Castrida-Caminara
4. Gen. Castrida Motsch.
Subgen. Catastriga Motsch.
1. trapezipenneChaud.Ip. 93). Amér. S.
imhricalum Brullé.
Orbignyi Géh.
Subgen. Neoaalosoma Breun.
2. Bridgesi Chaud, (p. 94). Amér. S.
Subgen. Castrida, s. str.
(Callistriga Motsch., Calamata Motsch.,
Acampalita Lap.).
3. Sayi Dej. (p. 94). Amér. N.
armalum Cast. Gr. Ant.
allernans Duv.
abdominale Géh.
virgiaicum Cas.
cuprascens Roeschke.
LES CALOSOMES
237
4. alternans F. (p. 95). Amér. S.
armatum Ileiche. P. Antilles
coxale Motsch.
s. granulatum Perty. Brésil.
latérale Dej.
rugatum Motsch.
5. vagans Dej. (p. 96). Chili.
6. antiquum Dej. (p. 97). Amér. S.
argeiilinense Csiki.
7. retusum F., p. 97. Amér. S.
latérale Kirby.
bonariense Dej.
patagoniense Ilope.
8. fulgens Chaud, (p. 98). Amér. S.
9. abbre\iatum Chaud.(p.98). Amér. S.
Subgen. Microcalosoma Breun.
10. galapageium llope (p. 98). Pérou,
granalvnse Csiki. Galapagos.
Hoioardi Lin.
11. Linellii Mutchl. (p. 99). Galapagos.
galapageium Lin.
Subgen. Caludema, Jeann.
12. rufipenne Dej. (p. 99). Pérou.
5. Gen. Caminara Motsch.
1. chlorostictum Dej.(p. 101). Afrique.
rugosum De G.
curvipes Kirby.
australe llope.
crassipes Chaud.
elegans Géh.
calidum Lap.
s. helenae Hope. S. Hélène.
haligena Woll.
s. cognatum Chaud. 1. Cap Vert.
legulalum Woll.
2. imhricatum Kl. (p. 104). Afrique.
arabicum Motsch.
s. Andrewesi Breun. Inde.
orientale Chaud.
s. hollenlola Chaud. Afr. S.
6. Gen. Campalita Motsch.
(Cosmoplata Motsch., Caltistrala Motsch.,
Calasoma Lap., Eremosoma Lap.).
1. maderae F. (p. 108) 1. Atlant.
glabripenne Eid.
s. indagator¥. Méd. or.
maroccanum Lap.
s. tauricum Motsch. Caucase.
funeslum Géh.
2. auropunctatum 11. (p. 111). N. Eur.
Herbsli Gmel.
sericeum F.
Duflschmidi Géh.
s. kashrnirense Breun. Kashmir.
s. dsungaricum Gebl. Asie occ.
laeviusoulum Motsch.
parallelum Motsch.
tectum Motsch.
lurcomanicum Motsch.
3. algiricum Géh. (p. 113). Turkest.,
Pelri Sem. Algérie.
4. tanganyicae Jeann. (p. 114). Tangan.
5. indicum Hope (p. 115). Himalaya.
scabripenne Chaud.
nigrum Parry.
nivale Breun.
6. chinense Kirby., (p. 116). Asie or.
aeneum Motsch.
Ogumae Mats.
yumiancnse Breun.
7. deserticola Sem. (p. 117). Turkestan.
8. Olivieri Dej. (p. 117). Rég. méd.
azoricum Heer.
9. Reitteri R. (p. 118). Turkestan.
10. David! Géh. (p. 119). Chine.
Ihibetanum Fairm.
11. arrowianum Br. (p. 119). Thibet.
12. denticolle Gebl. (p. 120). Asie sept.,
granulosum Motsch. Eur. or.
lugubre Motsch.
rugulosum Jlotsch.
7. Gen. Charmosta Motsch.
1. investigator 111. (p. 122) Asie sept.
sericeum St. Eur. or.
caspium Dej.
lepjlophyum Fisch.
russicum Fisch.
dauricum Motsch.
sibiricum Motsch.
2. lugens Chaud, (p. 123). Asie or.
irregulare Reitt.
8. Gen. Gtenosta Motsch.
Subgen. Eucalosoma Breun.
{Epipara Lap.).
1. Bastardi AH. (p. 126). Madag.
2. GrandidieriMaindr. (p.l26). Madag.
Subgen. Ctenosta, s. str.
3. aethiops Jeann. (p. 127). S. Sahara.
4. scabrosum Chaud, (p. 128). Afr. trop.
5. orientale Hope (p. 128). Inde, Afr. or.
sqaamigerum Chaud.
Roeschkei Breun.
6. senegalense Dej. (p. 129). Afr. trop.,
mossambicense Kl. Madag.
7. Strandl Br. (p. 130). Erythrée.
8. planicolle Chaud, (p. 130). Afr. or.
procerum Har.
Subgen. Paraclenosta Jeann.
9. guineense Imh. (p. 131). Afr. occ.
Colmanli Burg. Madag.
238
R. JEANNEL
Subgen. Orinodromus Kolbe
7. Neumanni K. (p. 147). M. Irangi.
9. Gen. Haplothorax G. R. Wal.
1. BurchelliG.R.W.(p. 133). S. Hélène.
10. Gen. Carabops Jak.
[Carabosophrus Lap., Mimoteflus Vuill.).
1. Burtoni AU. (p. 130). Tangan.
2. Oberthüri Vuill. (p. 137). Angola.
3. abyssiniens Gestro (p. 138). Abyssinie.
Kakùvskyi Jak.
V. femoralis Jak.
4. angustipennisjean. (p. 138).Abyssinie.
5. harrarensis Jak. (p. 139). ,4byssinie.
Kovacsi Csiki.
6. aetbiopicus Br. (p. 139). Abyssinie.
11. Gen. Orinodromus Kolbe
Subgen. Carabophanus Kolbe.
{Calister Reitt.).
1. Antinorii Gestro (p. 143). Abyssinie.
2. Raffrayi Fairm. (p. 144). Abyssinie.
cai'aboides Raffr.
3. Gestroi Breun. (p. 144). Abyssinie.
1. Arrowi Breun. (p. 145). Aljyssinie.
Subgen. ELgonorites Jeann.
5. kenyensis Breun. (p. 146). M. Elgon.
0. elgonensis Burg. (p. 146). M. Elgon.
V. Alinderi Breun.
s. mallealus Jeann. M. Elgon.
8. Deck ni Gerst (p. 148). Kilimandjaro.
V. mgripennis Kolbe.
V. Gerslaeckeri Kolbe.
V. AUuaudi Kolbe.
AUuaudac AU.
9. glacialis Kolbe (p. 149). Kilimandjaro.
10. Volkensi Kolbe (p. 149). Kilimandjaro.
12. Gen. Carabomorphus Kolbe
1. brachycerus Gerst. (p. 153). Kilimandjaro.
2. masaicus AU. (p. 155). Rift Vall.
V. alternans Jeann. Navasha.
s. Joannae AU. Kikuyu.
s. Chappuisi Jeann. Molo esc.
s. cherangani Jeann. jilgeyo esc.
s. AUuaudi Jeann. Aberdare.
catenalus AU.
pseudocalenalus Roeschke.
s. Jeanneli AU. Aberdare.
Kolbi AU.
Baslim lleri Ail.
3. kenyicola Jeann. (p. 158). M- Kénya.
4. catenatns R. (p. 159). M. Kénya.
s. merumsis Jeann. M. Kénya.
s. Kolbi Roeschke. M. Kénya.
s. Basünellcri Roeschke. Jl. Kénya.
III. Série phylétique de Callisthenes
13. Gen. Chrysostigma Kirby
{Carabosoma Breun. (pars), Tapinusthenes Kolbe).
1. calidum F. (p. 164). Amér. N.
lep idum Le C.
expansum Cas.
lalicolle Cas.
cornes Cas.
V. slellalum Cas. Canada.
concrelum Cas.
2. Morrisoni Ilorn. (p. 165). Amér. N.
s. mexicanum Géh.
3. tepidum Le C. (p. 165). Amér. N.
irregulare Wal U.
indigens Cas.
caelalor Cas.
pellax Cas.
semicupreum Cas.
cogitans Cas.
4. cancellatum Eschh. (p. 166). M. Roch.
aencscens Le C.
esuriens Cas.
Iransvcrmm Cas.
sagax Cas.
reclüalenm Cas.
praeslans Cas.
5. obsoletum Say (p. 167). S
luxaium Dej.
microsliclum Cas.
6. semilaeve Le C. (p. 168). S.W.Am.N.
Davidsoni Cas.
adjulor Cas.
7. simplex Le C. (p. 169). Californie.
8. affine Chaud, (p. 169). Californie.
triste Le C.
ampliator Bâtes.
tristoide Fall.
14. Gen. Miorocallisthenes Apf.
Subgen. CalUstenia Lap.
{Isostenia Lap.).
1. discors Le C. (p. 173). Californie.
Dietzi Schaeff.
lalipennis Cas.
iuversus Cas.
tularensis Cas.
gravidulus Cas.
irregularis Schaéff.
Schaefferi Breun.
LES CALOSOMES
2. subaeneus Chaud, (p. 175). Californie.
s. laiipennis Ilorn.
s. opimiis Cas.
arcualus Cas.
3. luxatus Say (p. 175). M. Roch.
Z immermanni Le C.
strialulus Le C.
slriaMs Breun.
opacus Géh.
pimelioides Walk.
leç/ulalus Cas.
vialor Cas.
monlicola Cas.
nevadensis Cas.
di/fraclus Cas.
pnstulosus Cas.
subaapcratus Schaeff.
exaratus Cas.
reflexus Cas.
ulensis Cas.
semolus Cas.
klamathensis Cas.
4. Wilkesi Le C. (p. 177). Oregon.
5. moniliatus Le C. (p. 177). M. Roch.
iaqucatus Le C-
bicolor Walk.
vancouvericus Csiki.
concinnus Cas.
Subgen. Microcallislhenes, s. str. •.
0. Pentheri Apf. (p. 178). Albanie.
7. relictus Apf. (p. 178). Macédoine.
15. Gen. Callisthenes Fisch.
Subgen. Caliispihaena Motsch.
1. reticulatus F. (p. 184). X. Europe.
Subgen. Callisikcnes, s. str.
2. usgentensis Solsky (p. 185). Turkestan.
rugiceps Kr.
O. araraticus Chaud, (p. 186). Perse.
Reichei auct.
239
Solskgi Zaitz.
Shelkovnkovi Zaitz.
s. pumicalus Lap. Perse.
zarudnianus Sem.
s. subslriatus Motsch. Perse.
4. breviusculusMann. (p. 187). Arménie.
Reichei Guér.
V. orbiculalus Motsch.
MolschouLskgi Fisch.
s. lamerlanus Zaitz. Erzerouin.
5. Eversmanni Chaud, (p. 188). Asie Min.
V. persicus Géh. Perse.
6. Panderi Fisch. (p. 189). Russie.
s. Karelini Fisch. Turkestan.
7. marginatus Gebl. (p. 190). Turkestan.
.8 pseudocarabusSein.fp. 19ü). Turkestan.
9. Fischeri Fisch. (p. 190). Mongolie.
10. anthrax Sem. (p. 191,. Mongolie.
11. Grumi Sem. (p. 191). Chine.
12. KushakevitchiBall(p. 192). Turkestan.
s. Glasunovi Sem. Samarkand,
s. decnlur Mor. Syr-Darja.
Reichei Solsky.
s. Plasoni Born.
s. Balcsoni Sem. Semipal.
Rl.regelianns Mor. (p. 193). Buchara.
ovalis Mor.
oxygonm Mor.
14. elegans Kirsch (p. 194). Turkestan.
s. Semenovi Motsch. Dzungarie.
Ballioni Solsky.
s. Mandersljemai Bail. Turkestan.
Szevertzovi Bail.
vernojcnsis Lap.
V. amelhyslinus Sem.
s. declivis Dohrn. Turkestan.
Rostislavi Sem.
karagaicus Lap.
16. Gen. Teratexis Sem.
] 1. fabulosa Sem. (p. 197 Afganistan.
IV. Série phylétiqüe de Callitropa
17. Gen. Camedula Motsch.
Subgen. Carabosoma Géh.
1. angulatum Chevr. (p. 203). Amér. c.
Forreri Géh.
uniforme Géh.
2. angullicolle Chaud, (p. 203). Col., Véncz.
Subgen. Camedula, s. str.
3. glabratum Dej. (p. 204). Col., Bol.
bolivianum Géh.
4. peregrinatorGuér. (p. 204). Mex., Cal.
carbonalum Le C.
affine Bâtes.
ingens Cas.
apacheanum. Cas.
subgracile Cas.
V. sponsum Cas.
parviceps Cas.
incerlum Lap.
5. eremicola Fall. (p. 206). Californie.
huspes Cas.
6. Haydeni Horn. (p. 206). Colorado.
s. punctulicolle Bâtes. Mexique.
Subgen. Camegonla Motsch.
i 7. prominens Le C. (p. 207). S.W.Am.N.
240
R. JEANNEL
8. Lecontei Csiki fp. 207). S.W.Am.N.
lugubre Le C.
marginale Cas.
0. parvicolie Fall (p. 208). Cal., Mex.
rugosipenne Schaeff.
clemens Cas.
perlinax Cas.
18. Gen. Callitropa Motsch.
Subgen. Callitropa, s. str.
[Paratropa Lap.).
1. externum Say (p. 213). E. Am. N.
longipenne Dej.
2. macrum Le C. (p. 213). S. Am. N.
3. protractum Le C. (p. 214). S. Am. N.
dolens Chaud. Mexique.
Iruncatum Haury.
Subgen. Paracalosoma Breun.
4. Palmer! Horn (p. 215). Guaclalupe.
Subgen. Blaplosoma Géh.
(Autacopterum Géh.).
5. viridisulcatum Ch. (p. 21G). Mexique.
V. lalesulcatum Oh.
V. laelulum Jeann.
G. atrovirens Chaud, (p. 217). Mexique,
s. exptanalicolle Bâtes. Mexique,
s. obscurum Géh. Mexique.
7. laeve Dej. (p. 218). Mexique.
Chevrolali Dej.
8. anthracinum Dej. (p. 219). Mexique.
rufinum Géh.
s. microgonum Bâtes.
9. porosifrons Bâtes (p. 220). Mex. N.
19. Gen. Carabominus Kolbe
1. Gebieni Breun. (p. 224). Mexique.
2. Digueti Lap. (p. 224). Mexique.
3. orizabae Jeann. (p. 226). Mexique.
1. laevigatus Chaud, (p. 226). Mexique.
s. Hôgei Br.
5. politus Chaud, (p. 227). Mexique.
6. strlatulus Chevr. (p 227). Mexique.
s. slriatipennnis Chaud,
s. cicatrico.Hus Chaud.
7. costipennis Chaud, (p. 228). Mexique.
8. diminutus Bâtes (p. 229). Mexique.
s. morelianus Bâtes.
9. depressicollis Ch. (p. 229). Mexique.
s. asper Jeann.
s. Lesnei Breun.
s. altipela Jeann.
s. Flohri Bâtes.
20. Gen. Calopachys Haury
1. viridissimus H. (p. 233). Mexique.
2. omiltemius Bâtes (p. 234). Mexique.
3. blaptoides Putz. (p. 235). Mexique.
tehuacanus Lap.
- Imprimé en France -
TYPOGRAPHIE FIR.MIN-PinOT ET C". — MESNII. (EURE) — 19l|ü.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, TOME XIII.
PL. I
1. Caiosum^ câtpnulatum 2 Calosonu Jacnardi. 3 Calosoma l^doanum. 4 CaJosonu eM’robiculalum . 3 CakMoma Karh^n .
G.Calusujna di^laïuttiun 7.Calosomacaraboàies.
Vigitr «t Brunisscn, lmp.
Reproduction de la planche de O. HEER :
UEBER die FOSSILEN CALOSOMEN ( Progr, Polytechn. Zurich, 1860).
( réduction d*un tiers ).
PLANCHE II.
1. — Calosoma Beesoni Anclr., espèce aptère de l’Inde (Simia div.).
2. — Calosoma inquisitor suhsp. cyanescens Motsch., de l’île Yeso (N Ippon).
3. — Calosoma frigiJum Kirby, du Colorado.
4. — Calodrepa fVilcoxi I^ Conte, de la Pensylvanie.
5. — Calosoma Maximoviczi Mor., de Mandchourie.
6. — Calosoma inquisitor L., forme typique, de Belgique.
7. — Auslralodrepa oceanicum Perr., de la Nouvelle-Calédonie.
8. — Castrida (s. str.) fulgens Chaud., de Tumbez (Pérou).
9. — Calodrepa scrutator F., de l’Amérique du Nord.
Grossissement : X 2.
Tous ces Calosomes, sauf le Castrida, appartiennent au groupe des « Calo-
somes lobés ». Leur sculpture est toujours triploïde homodyname. Chez Cas¬
trida ( n'’ 8) l’hétérodynamie apparaît par formation de chaînons sur les pri¬
maires et régression des secondaires.
R. JunncI, phot.
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'V
PLANCHE III.
1. — Ctenosta (s. str.) aethiops, n. sp., de Mortcha.
2. — Castrida (Microcalosoma) galapageium Hope, de Charles isl. (Galapagos).
3. :— Castrida {Caludema) rufipenne Dej., du Pérou.
4. — Caminara imhricatum Klug, d’Obock.
5. — Haplothorax Burchelli G. R. Wat., de Sainte-Hélène.
6. — Caminara chlorostictum Dej., de l’Afrique Orientale.
7. — Ctenosta (Eucalosoma) Bastardi AU., du pays Mahafaly, Madagascar
(type, in Mus. Paris).
8. — Castrida (Neocalosoma) Bridgesi Chaud., du Tucuman (type unique,
in coll. Chaudoir; communiqué par M. R. Oberthür).
9. — Ctenosta (Eucalosoma) Grandidieri Maindron, du pays Androy, Mada¬
gascar.
Grossissement : X 2,
sauf le n° 5 (grossissement : X 1,5).
Végitf «t Bruniitcn. lmp.
R. Jcftnntl, phoi.
Genres CASTRIDA, CTENOSTA et HAPLOTHORAX.
PLANCHE IV.
1. — Charmosta investigator 111., de Sarepta.
2. — Charmosta lugens Chaud., de la Chine.
3. — Campalita Davidi Géh., de Mou-Pin (Chine).
4. — Campalita indicum Hope, de Spiti (Inde).
5. — Campalita auropunctatum 111., de la Prusse.
6. — Campalita denticolle Gebl., de la Dobroudja.
7. — Campalita chinense Kirby, de la Chine.
8. — Campalita Olivieri Dej., de l’Algérie.
9. — Campalita maderae subsp. indagator F., du Maroc.
Grossissement ; > 2.
La sculpture est encore triploïde chez les n”® 5 et 9, mais avec commen¬
cement de dédoublement des tertiaires. Elle est franchement pentaploide chez
les n"** 1,2, 3, 4, 6 et 8; enfin le n“ 7 (chinense) est du type confus.
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PLANCHE V.
1. — Orinodromus (Carahophanus) Antinorii Gestro, d’Entotto (Abyssinie).
2. — Orinodromus (s. sir.) Deckeni Kolbe, de la zone alpine du Kilimandjaro.
3. — Orinodromus (Carahophanus) Raffrayi F’airm., de l’Abuna Yusef
(Abyssinie).
4. — Orinodromus (Elgonorites) henyensis Breiin., du mont Elgon, versant
oriental.
. — Carabops Burtoni Ail., du Nyassa {type, in Mus. Pans).
. — Orinodromus (s. str.) glacialis Kolbe, de la zone alpine du Kilimandjaro.
. — Carabops abyssinicus Gestro, de l'Abyssinie.
. — Calopacbys viridissimus Haury, de l’Amérique Centrale {type unique,
communiqué par M. R. Oberthür).
9. — Orinodromus (s. str.) Deckeni var. Alluaudi Kolbe, de la zone alpine du
Kilimandjaro.
Grossissement : env. X 2.
Remarquer le cabossage des élytres du n° 4. La coloration du Calopacbys
(n“ 8) est d un vert-émeraude éclatant, avec reflets changeants bleus.
0^ U' -U NJ
PLANCHE VI.
Gen. Carahomorphus Kolbe.
I. - c.
. - c.
- c.
- c.
- c.
. - c.
7. - C.
8. - C.
9. - C.
masaicus subsp. Jeanneli Ali., du mont Kinangop.
masaicus subsp. Jeanneli AH., même localité.
masaicus subsp. Jeanneli AH., même localité (type, in Mus. Paris).
masaicus subsp. Alluaudi Jeann., des prairies inférieures de l’Aberdare.
masaicus subsp. Joannae AH., de la forêt de Kijabé.
masaicus subsp. Alluaudi Jeann., des prairies inférieures de l’Aber-
dare (type, in Mus. Pans).
brachycerus Gerst., de la zone inférieure du Kilimandjaro.
masaicus AH., forme typique, de Naivasha.
masaicus var. alternans, nov., de Naivasha (type, in Mus. Pans).
Grossissement : env. X 1,8.
Evolution hétérodyname de la sculpture chez C. masaicus : 8, triploïde
homodyname. — 9, hétérodynamie avec côtes primaires et secondaires. —
5, hétérodynamie avec chaînons primaires.—4 et 6, types caténulés, des vestiges
des tertiaires persistent chez le 4. — 1 à 3, types fossulés, imparfait chez 1, plus
évolué chez le 2, typique chez le 3.
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PLANCHE Vil.
1. — Callisthenes (s. str.) Kuschakewitchi subsp. decolor Mor., de l’Ala-tau.
. — Callisthenes (Callisphaena) reticulalus F., de Sibérie.
— Callisthenes (s. str.) Panderi subsp. Karelini Fisch., de Semirjetscbenk.
. — Carahops Oberthuri Vuill. (Mimâtefflus), de l’Angola {type, communiqué
par M. R. Oberthür).
5. — Callisthenes (s. str.) elegans Kirsch, du Turkestan.
6. — Orinodromus (Elgonorites) elgonensis var. Alinderi Breun., du mont Elgon,
versant oriental.
7. — Callisthenes (s. str.) Kuschakewitchi Bail., du Turkestan.
8. — Calopachys omiltemium Bâtes, de Omilteme (Mexique).
9. — Callisthenes (s. str.) regelianus Mor., du Turkestan.
Grossissement : env. X 2.
(sauf les n“® 4 et 8 : grossissement X 1,5).
1
MÉMOIRES OU MUSÉUM, TOME XIII
©enres CARABOPS, ORINODROMUS, CALLISTHENES et CALOPACHYS.
PLANCHE VIII.
1. — Callitropa fBlaptosoma) vindisulcatum Chaud., de Jalisco (Mexique).
2. — Carabomimus costipennis Chaud., du Mexique.
3. — Callitropa {Blaptosoma) laeve Dej., de Puebla (Mexique).
4. — Carabomimus depressicollis subsp. Lesnei Breun., de ia sierra de Tlalpu-
jahua (Mexique) {type, in Mus. Paris).
5. — Camedula (Camegonia) Lecontei Cs., de la Californie.
6. — Carabomimus depressicollis subsp. asper, nov., du Mexique {type, in Mus.
Paris).
7. — Callitropa (s. str.) extemum Say, de Pensylvanie.
8. — Camedula (Camedonia) eremicola Fall, de la Californie.
9. — Callitropa (s. str.) protractum LeConte, de la sierra de Navarit (Mexique).
Grossissement : env. X 2.
Le 5 montre l’effacement de la sculpture avec persistance de rugosités
transverses dans la moitié basale. — Chez les Callitropa, la sculpture triploïde
homodyname du 7 s'efface chez le 9. — Chez le I, viridisulcatum, il s’est produit
une curieuse hétérodynamie : régression des primaires (creux colorés en vert)
par extension de l’intermédiaire (côtes noires) ; cette extension de l’intermédiaire
aboutit au type lisse du 3 {laeve). — Chez le 2, hétérodynamie pmr prédomi¬
nance des tertiaires, disparition des primaires et secondaires.
PL. VIII
MÉMOIRES DU MUSÉUM
Tome I. — R. Jeànnel. Monographie des Catopidae, 438 p., janv. 1936.. 230 fr.
Tome II. — Mission scientifique de l’Omo, II (Zoologie), 320 p., 9 pl., avril
1935 . 230 »
Tome III. — B.-L. Bouvier. Étude des Saturnioïdes normaux. Fam. des
Saturniidés. 354 p., 10 pl., déc. 1936. 230 »
Tome IV. — Mission scientifique de l’Omo, III (Zoologie), 347 p., juill. 1936. 230 »
TomeV. — Fasc.l.P. Lemoine. L’Ile-de-France. Introduction etli®partie:
Topologie, 263 p., 1 carte, août 1937, 40 fr. —• Fasc. 2. 2« partie. Chap. I:
Le Vexin français, p. 265-354, oct. 1937, 15 fr. — Fasc. 3. P. Lemoine.
L’Ile-de-France. 2® partie. Chap. II : Pays au nord-ouest de l’Oise,
p. 355-442, janv. 1938, 20 fr. 75 »
Tome VI. — Fasc. 1. A. Brunel. Contribution à l’étude du métabolisme de
l’azote purique chez les Champignons, 186 p., déc. 1936. 74 »
Fasc. 2. C. Attems. Die von D' G. Dawidoft in franzosisch Indochina gesam-
melten Myriopoden, p. 187-354, janv. 1938. 138 »
Fasc. 3. G. Stiasny. Die von D' C. Dawydofï in franzosisch Indochina gesam-
melten Gorgonarien, p. 355-368, févr. 1938. 18 »
Tome VII. — Fasc. 1. P. Lemoine. L’Ile-de-France, 2® partie, chap. III,
Valois et Multien, 176 p. 30 »
Tome VIII.—Mission scientifique de l’Omo, IV (Zoologie), 416 p., févr. 1938. 230 »
Tome IX. — Mission scientifique de l’Omo, V (Zoologie), 370 p., juin 1939. 230 »
TomeX. — Fasc. 1. L. Leroux.C ontribution àTétudedeTaldéhydeformique,
68 p., janv. 1938. 46 »
Fasc. 2. V. Redikortzev. Les Pseudoscorpions de l’Indochine française re¬
cueillis par M. G. Dawydoff, p. 69-115, juillet 1938. 28 »
Fasc. 3. M. Friant. Morphologie, développement et évolution du cerveau
des Ongulés artiodactyles sélénodontes, p. 114-188 (avec 5 planches), mars
1939. 58 »
Fasc. 4. Cécile Sosa-Bourdouil. Hérédité des caractères biochimiques chez
les végétaux, p. 189-236 (avec 1 planche), mars 1939. 40 »
Fasc. 5. H. Perrier DE la Bathie. — Les Orchidées de la région malgache,
p. 237-298, mars 1939. 34 »
Fasc. 6. P. DE Beauchamp. Planaires terrestres de l’Indochine française récol¬
tées par C. Dawydoff, p. 299-388, une planche, juin 1939. 24 »
TomeXI. — Paul Lemoine, René Humery et Robert Soyer. Les forages pro¬
fonds du Bassin de Paris. La nappe artésienne des Sables verts, juillet 1939. 230 »
Tome XII. — Fasc. 1. Pierre Marie. Contribution à l’étude des Foraminifères
du Crétacé du Bassin de Paris (à l’impression ).
Fasc. 2. Berland et Millot. Araignées de l’A. O. F. I. Salticides (en prépa¬
ration) .
Tome XIII. — Fasc. 1. R. Jeannel. Les Calosomes, p. 1-240, 8 planches,
mai 1940.
•-— Imprimé en France .
TYPOGRAPHIE FIRSim-niDOT ET — MESNIL (EURE). — 19 /jO.
175 »
ÉDITIONS DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
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Annales du Muséum national d'Histoire naturelle). (Un vol. par an, 300 fr.)
Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle (commencé en 1895). (Un vol.
par an, 80 fr.)
Mémoires du Muséum national d'Histoire naturelle, nouvelle série. (Sans pério¬
dicité fixe; abonnement pour un volume, 230 fr.)
Publications du Muséum national d^Histoire naturelle. (Sans périodicité fixe;
parait depuis 1933).
Index Seminum in Hortis Musaei parisiensis collectorum. (Laboratoire de Cul¬
ture; paraît depuis 1822; échange.)
Notulae Systematicae. (Directeur M. H. Humbert, laboratoire de Phanérogamie ;
paraît depuis 1909; abonnement au volume, 65 fr.)
Revue française d'Entomologie. (Directeur M. le D-- R. Jeannel, laboratoire
d’Entomologie; paraît depuis 1934; abonnement annuel France, 60 fr..
Étranger, 70 fr.)
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lier, laboratoire d’Agronomie coloniale; paraît depuis 1921; abonnement
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et la Société nationale d’Acclimatation. Rédaction, 57, rue Cuvier, Paris, 5®;
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