') MÉMOIRES
DU
MU S ÉUM NAT IONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série B , Botanique , J
TOME XIX
FASCICULE UNIQUE
Ut 13
R. CAPURON
RÉVISION DES SAPINDACÉES
DE MADAGASCAR ET DES COMORES
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V*)
S ) \J2SLJ
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série B, Botanique
TOME XIX
FASCICULE UNIQUE
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V*)
1969
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
A la mémoire du Professeur H. Humbert qui a
consacré tous ses instants à la connaissance de la flore
malgache et avec lequel j’ai eu le plaisir de faire mes
premiers pas de botaniste dans les forêts de la Grande Ile.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Série B, Tome XIX, Fascicule unique
• RÉVISION DES SAPINDACÉES
DE MADAGASCAR ET DES COMORES
R. CAPURON
Conservateur des Eaux et Forêts de la F. O. M.
Correspondant du Muséum
Chef de la Division de Botanique au Centre Technique Forestier Tropical
(Section de Madagascar)
Lorsque, il y a plus d’une dizaine d’années, le professeur Humbert nous a chargé,
dans le cadre de la Flore de Madagascar et des Comores, de l’élaboration du fascicule
concernant les Sapindacées, les représentants malgaches de cette famille avaient déjà
fait l’objet de nombreux travaux, parmi lesquels les plus importants et les derniers
en date étaient ceux de Choux et de Radlkofer.
A côté de diverses notes parues dans les Comptes Rendus de 1 Académie des
Sciences de Paris ou dans ceux du Congrès de l’A.F.A.S. de Grenoble,^ Choux avait
publié, en 1925, un Index des Sapindacées de Madagascar qui devait être suivi, en
1927, par la très importante étude sur « les Sapindacées de Madagascar » constituant
le tome 4 des Mémoires de l’Académie malgache. Dans ce travail, l’auteur faisait le point
des connaissances sur les Sapindacées de la Grande île et. ayant étudié les importantes
récoltes de Perrier de la Bathie, était amené à décrire quatre genres nouveaux et seize
récoltes de Perrier de la Bathie, était amené à décrire quatre genres nouveaux et seize
important historique de l’étude des Sapindacées malgaches qu’il est inutile de
reprendre ici.
Cependant que ce travail s’imprimait à Tananarive, Choux, en collaboration
avec Danguy, devait faire paraître dans le Bulletin du Muséum National d’Histoire
Naturelle deux nouveaux articles sur des «Sapindacées malgaches nouvelles ou peu
connues » où deux genres nouveaux ( Pseudolitchi et Poculodiscus ) et six espèces nouvelles
étaient décrits. Dans ses « Nouvelles observations sur les Sapindacées de Madagascar »
parues en 1929 dans les Annales du Musée d’Histoire Naturelle de Marseille, Choux
apportait des compléments sur certaines espèces anciennement connues et décrivait une
espèce nouvelle ( Tina tsaratananensis). En 1931 enfin. Choux clôturait ses travaux sur
la famille par la publication, dans le cadre du « Catalogue des Plantes de Mada¬
gascar », du fascicule concernant les Sapindacées (1931).
De 1931 à 1934 paraissait, en huit livraisons, la monumentale monographie des
Sapindacées de L. Radlkofer. Dans cet immense travail, œuvre d’une vie entière, la
totalité des espèces malgaches alors connues était reprise, soit dans le cours de l’ouvrage,
soit dans les addenda; quelques espèces de la Grande Ile étaient signalées pour la
première fois (p. ex. Tina conjugata, Deinbollia revoluta) ; dans cet ouvrage qui restera
fondamental pour l’étude des Sapindacées, on ne peut qu’admirer la précision et la
richesse des renseignements fournis, tant au point de vue bibliographique que descriptif
(morphologie et anatomie).
Source : MNHN, Paris
CAPURON
Depuis lors, aucun travail concernant spécialement Madagascar n’a, à notre
connaissance, été publié; des études de morphologie (pollen, arillode, écailles pétalaires)
n’impliquant pas directement les plantes malgaches ont vu le jour ces dernières années
et leur intérêt nous (ait espérer que des études analogues seront entreprises sur les
plantes de la Grande île. Dans le continent africain, les Sapindacées de certains terri¬
toires ont été l’objet de mises au point dans lesquelles nous avons puisé des renseigne¬
ments précieux sur des genres voisins de ceux présents à Madagascar ou même s’y
rencontrant. Enfin, dans son étude toute récente sur le grand genre AHophylus, Leenhouts
a étudié les « espèces » malgaches et a établi de nombreuses comparaisons entre elles
et les autres représentants du genre.
Pour effectuer notre étude nous avons eu à notre disposition un matériel considé¬
rable constitué d’une part de la quasi-totalité des échantillons examinés par Choux
et Radlkofer (comprenant les récoltes des anciens naturalistes ainsi que la plus grande
partie de celles de Perrier de la Bathie), d’autre part des collections effectuées plus
récemment par de nombreux botanistes parmi lesquels je citerai Humbert, Decary,
Leandri, Cours, Bosser, etc.; les abondantes récoltes des agents du Service Forestier
de Madagascar et de la Conservation des Réserves Naturelles nous ont fourni en outre
plus de 1 200 numéros. Nous avons pu, pour notre part, voir sur le terrain la totalité
des espèces malgaches ce qui nous a permis de noter, surtout en ce qui concerne les
fruits, des caractères parfois mal conservés en herbier.
Au cours de cette étude nous avons été amené à supprimer un certain nombre
de genres et d’espèces anciennement décrits, et en revanche à décrire quatre genres
nouveaux et quarante espèces nouvelles (sans compter les sous-espèces ou variétés).
Au total nous avons reconnu à Madagascar et aux Comores 26 genres et 89 espèces
(108 si l’on compte comme « espèces » les taxa que dans le genre Âllophylus nous avons
désignés du nom de races).
Sur les 26 genres, tous présents à Madagascar, cinq seulement se rencontrent
aux Comores (aucun genre n’est localisé dans cet archipel) :
Neuf sont endémiques de Madagascar ( Conchopetalum, Plagioscyphus, Tsingya,
Chouxia, Beguea, Tinopsis, Pscudopteris, Tina, Neotina) ;
Trois sont des genres pantropicaux ( Allophylus ) ou représentés par des espèces
pantropicales ( Dodonaea , Cardiospermum) ; il convient cependant de noter qu’en dehors
du D. viscosa, le genre Dodonaea a ses autres espèces localisées en Australie et à
Madagascar;
Un genre ( Paullinia ) est représenté par une espèce répandue également en
Amérique et en Afrique tropicale;
Trois genres sont propres à Madagascar et à l’Afrique Orientale ( Erythrophysa,
Macphersonia, Camptolepis) ;
Cinq genres sont largement répandus en Afrique (Zanha, Majidea, Deinbollia,
Crossonephelis et Haplocoelum) ;
Deux genres ( Filicium et Aphania) sont présents en Afrique et en Asie;
Un genre, Stadmania, se retrouve aux Mascareignes et en Afrique Orientale;
Deux genres enfin ( Doratoxylon et Molinaea) sont propres à Madagascar et aux
Mascareignes.
En ce qui concerne les espèces, si on laisse de côté les Allophylus, le Dodonaea
viscosa, le Cardiospermum Halicacabum et le Paullinia pinnata on peut faire les consta¬
tations suivantes :
Quatre sont communes à Madagascar et à l’Afrique Orientale ( Majidea zanguebarica,
Deinbollia borbonica, Macphersonia gracilis, Camptolepis ramiflora) ;
Une espèce ( Filicium decipiens) est commune à Madagascar, à l’Afrique Orientale
et aux Indes (inclus Ceylan) ;
Une espèce ( Stadmania oppositifolia) est commune à la Grande Île, aux Masca¬
reignes et à l’Afrique Orientale;
Une espèce ( Aphania senegalensis) se retrouve en Asie et en Afrique;
Une espèce enfin (Doratoxylon apetalurn) est localisée à Madagascar et aux
Mascareignes.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACEES DF. MADAGASCAR ET DES COMORES
Toutes les autres espèces sont endémiques de Madagascar ( Filicium longifolium
un Doraloxylon se retrouvent aux Comores).
GÉNÉRALITÉS
Les caractères généraux des Sapindacées étant bien connus, nous ne donnerons
■ci que des indications concernant plus particulièrement les plantes malgaches.
Fort :
En dehors des Cardiospermum Halicacabum et Paullinia pinnata qui sont des
Plantes grimpant au moyen de vrilles (la première espèce herbacée, la seconde ligneuse)
joutes les Sapindacées présentes à Madagascar sont des végétaux ligneux de port érigé :
leur taille varie considérablement suivant les espèces, depuis celle de sous-arbrisseaux
•res humbles jusqu’à celle de grands arbres.
Un certain nombre d’espèces ont un port en palmier assez remarquable :
Deinbollia sp. div., Plagioscyphus sp. div., Pseudopteris decipiens, etc.
Écorce :
Dans les espèces arborescentes, les caractères de l’écorce sont susceptibles de
fournir, sur le terrain, de bons caractères de détermination. C’est ainsi que dans les
Deinbollia et les Crossonephelis, la tranche de l’écorce est jaunâtre alors que dans les
autres genres elle est en règle générale rougeâtre. Le plus souvent lisse, l’écorce
Présente dans certains cas un rhytidome tombant par plaques, très analogue à celui du
Platane : Zanha madagascariensis, Slatlmania oppositifolia, Camptolepis sp. div., etc.
Feuili.es :
Elles sont alternes dans toutes les espèces sauf dans le Neotina Coursii R. Cap.
°u elles sont en très grande majorité opposées. Dans certains Tinopsis dissitiflora (Baker)
P- Cap. on peut également observer quelquefois des feuilles sensiblement opposées.
Radlkofer. dans chacune des sous-familles qu’il a distinguées, a séparé les tribus
°u les feuilles ont une foliole terminale développée (Sapindacées Nomophyllées) de
celles où la foliole terminale manque (S. Anomophyllées) ; chez ces dernières la dernière
foliole de la feuille peut se placer dans le prolongement de l’axe mais on se rendra
compte qu’il ne s’agit pas d’une foliole vraiment terminale grâce à la présence du
Petit apictile qui termine l’axe foliaire et qui se trouve un peu déjeté latéralement.
On peut se demander si, en dehors de sa commodité, cette distinction a une
reelle importance taxonomique: dans les Dodonaeoideae elle nous semble trop accentuer
la séparation entre des tribus telles que les Koelreuterieae et Harpullieae ; en revanche
elle rapproche cette dernière tribu de celle des Doratoxyleae alors qu’elles nous semblent
avoir peu de points communs. La distinction entre Nomophyllées et Anomophyllées
souffre d’ailleurs des exceptions; c’est ainsi que dans le genre Dodonaea dont la tribu
est placée dans les Nomophyllées, le D. madagascariensis ne présente pas de foliole
terminale; le prolongement de l’axe foliaire, plus ou moins développé et foliacé, n’est
selon nous que l’article terminal du rachis (dont les articles inférieurs sont ailés).
Les feuilles sont simples dans le Dodonaea viscosa et le Filicium longifolium;
elles sont biternées dans le Cardiospermum; elles sont bipennées dans la plupart des
Macphersonia et chez quelques Erylhrophysa; elles sont simplement pennées dans les
autres genres; le caractère des feuilles, simples, pennées ou bipennées n’a aucune
importance systématique, puisque aussi bien, dans un même genre elles peuvent être
simples ou pennées ( Dodonaea , Filicium) ou pennées et 2-pennées ( Macphersonia
Erythrophysa où, sur le même rameau, les deux types coexistent) ; de même dans les
Allophylus les feuilles peuvent être 1-foliolées ou 3-foliolées, les deux types de feuilles
pouvant coexister sur le même rameau.
Source : MNHN, Paris
10
t. CAPURON
Dans les Pseudopteris les bourgeons sont protégés par des feuilles modifiées
réduites à l’état de sortes de bractées étroitement triangulaires sur les marges desquelles
on observe parfois des folioles rudimentaires; ces feuilles-bractées persistent au même
titre que les feuilles normales et peuvent avoir des inflorescences à leur aisselle.
Stipules :
Il n’y a de vraies stipules que dans les Paullinia et les Cardiospermum. Dans
plusieurs espèces appartenant à divers genres on observera des folioles (que nous
appellerons pseudostipulaires) insérées très près de la base du pétiole et qui peuvent
simuler des stipules; c’est le cas p. ex. chez Molinaca sessilifolia, Chouxia sorindeioides,
Doratoxylon stipulalum, Haplocoelum Perrieri, Macphersonia gracilis et espèces affines
(dans lesquelles les folioles basilaires sont remplacées par une pinnule réduite), etc.
Inflorescences :
Les fleurs sont typiquement groupées en cymes, cymes qui, à leur tour, sont
insérées sur des axes simples ou ramifiés; les inflorescences sont donc des grappes
de cymes. Les cymes peuvent être 1- ou pluri-flores. Dans certains cas les axes des
grappes peuvent être très courts (p. ex. dans les Camptolepis, les Conckopetalum)
ou même nuis (p. ex. dans Plagioscyphus stelechanihus) , les inflorescences devenant
dans ce dernier cas fasciculiformes.
Les inflorescences sont terminales ou axillaires; un cas particulier de ces dernières
est constitué par les inflorescences caulinaires dont on rencontre de très nombreux
exemples; les inflorescences sont alors insérées (soit dans la partie défeuillée des
rameaux, soit sur les branches ou le tronc) à l’aisselle de cicatrices foliaires.
Fleurs :
Les fleurs sont indiscutablement uni-sexuées, soit monoïques soit dioïques; les
fleurs de chaque sexe conservant, sauf exceptions rares (p. ex. Dodonaea madagascariensis ),
des rudiments très nets des organes de l’autre sexe, certains auteurs parlent parfois
de fleurs hermaphrodites; ces dernières sont en réalité des fleurs femelles et il suffit
d’avoir un matériel assez abondant pour se rendre compte des différences nettes que
présentent les fleurs des deux sexes; dans certaines espèces les staminodes peuvent être
presque aussi développés que les étamines fertiles, ils peuvent même avoir des anthérodes
déhiscents, mais leur pollen manque ou est mal conformé.
Les fleurs peuvent être régulières ou irrégulières, les deux types pouvant se
rencontrer à l’intérieur d’un genre (p. ex. dans les Plagioscyphus où l’irrégularité est
produite par l'avortement d’un pétale accompagné d’un déplacement et d’une interruption
du disque).
Les sépales au nombre de (3-4-) 5 (-6-7-8) sont libres jusqu’à leur base ou plus
ou moins soudés en coupe dans leur partie inférieure (la distinction entre sépales libres
et sépales brièvement soudés est parfois délicate, sans grande signification taxonomique
d’ailleurs). Us peuvent être valvaires ou subvalvaires (et dans ce cas ils s’ouvrent
généralement de bonne heure) ou plus ou moins imbriqués (quinconcialement) ; le degré
d'imbrication peut varier considérablement d'une espèce à l’autre à l’intérieur d’un
même genre (p. ex. Plagioscyphus, Stadmania). Dans les calices à 5 sépales quinconciaux
les 2 sépales extérieurs sont en général nettement plus réduits que les 3 internes
(dans les Doratoxylon il arrive assez souvent que le sépale 1 avorte complètement).
Les pétales fournissent, à plusieurs titres, de bons caractères de détermination.
Précisons cependant tout d'abord que la présence ou l’absence de corolle ne saurait à
elle seule constituer un caractère générique. C’est ainsi que les Stadmania ont une
espèce sans pétales et plusieurs espèces qui en sont pourvues (le développement des
pétales étant d’ailleurs plus ou moins marqué suivant les espèces) ; il en est de même
dans les Haplocoelum; il est probable que les Doratoxylon devraient être réunis aux
Hippobromus (on observe parfois dans les fleurs de Doratoxylon la présence d’un
pétale).
Quoi qu’il en soit, signalons que les pétales manquent dans les Dodonaea, les
Doratoxylon, les Zanha, les Crossonephelis, les Beguea et le Stadmania oppositifolia.
Source : MNHN, Paris
ÏVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
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Si dans quelques cas les pétales présentent une structure très simple ( Majidea ,
ruicium, où ils sont réduits à une lame sensiblement plane) ils ont la plupart du
temps des appendices variés qui fournissent de bons caractères de détermination : base
®. bords repliés légèrement vers l’extérieur dans les Conchopetalum, bords repliés vers
’Rtérieur dans de nombreux genres (ces bords formant alors des sortes d’écailles latérales
Qui peuvent rester libres l’une de l’autre ou au contraire se souder en une lame unique) ;
«caille interne de structure parfois complexe (p. ex. dans les Plagioscyphus) et pouvant
e tre beaucoup plus développée que le pétale proprement dit (p. ex. dans les Pseudopteris) ;
appendices corniformes au sommet d’un onglet dans les Erylhrophysa, etc.
Le disque, sauf rares exceptions (Dodonaea), est bien développé; il est parfois
unilatéral ou très dissymétrique. En règle très générale il est extrastaminal, les étamines
(ou les staminodes) étant insérés autour de l’ovaire (ou du pistillode) ; dans les Tsingya
et certains Doratoxylon cependant les étamines s’insèrent dans des fovéoles de la surface
du disque (dans de nombreux genres la paroi interne du disque est nettement lobulée
entre les filets staminaux ce qui constitue des sortes de fovéoles incomplètes ouvertes
du
côté intérieur de la fleur) ; dans quelques Doratoxylon enfin, ces fovéoles sont ouvertes
du côté externe, ce qui conduit à des étamines extradiscales. Dans les Pseudopteris le
disque est constitué de glandes épipétales libres l’une de l’autre.
Les étamines (ou les staminodes) ont des filets toujours bien développés et sont
libres entre elles dans les plantes malgaches. Leur nombre varie de 4 à 14, le nombre
je plus fréquent étant de 8. Si, dans une espèce donnée ou même dans certains genres,
le nombre d’étamines est assez fixe, il peut en revanche varier dans d’assez fortes
Proportions dans d’autres genres; c’est ainsi, p. ex., que les Camptolepis ont. suivant
Jes espèces, de 5-6 à 10-14 étamines. Lorsque les étamines sont en même nombre que
les pièces du calice, elles sont en général épisépales.
Le gynécée est constitué de (1-) 2-5 carpelles qui sont soit presque libres l'un
de 1 autre (avec alors un style gynobasique) soit entièrement soudés en un ovaire
2-5-loculaire (avec style terminal). Le style est soit simple et parcouru par autant de
hgnes stigmatiques qu’il y a de carpelles, soit divisé au sommet en branches stigma-
tifères.
Les ovules sont au nombre de 1 ou 2 par loge. Dans les Doraloxyleae les ovules
font pendants du haut des loges; dans toutes les autres tribus ils sont insérés dans l’angle
interne des loges (lorsqu’il n’y en a qu’un seul, il est ascendant, à micropyle inférieur
et extérieur; lorsqu’il y en a deux, ils sont d’abord collatéraux puis plus ou moins
superposés et l’un est ascendant, l’autre descendant).
Fruits :
, Les fruits fournissent, avec les graines, les caractères essentiels qui servent à
séparer les tribus à l’intérieur de chaque sous-famille. Les fruits sont soit des capsules
(parfois indéhiscentes comme c’est le cas chez Erythrophysa aesculina) , soit des baies
°u des drupes (dont le péricarpe peut parfois se fendre sur le dos des loges sous la
Pression des arillodes qui entourent la graine); dans les Thouinieae (Allophylus) , les
apindeae (Deinbollia) , les Aphanieae (Aphania ) et les Nephelieae (Stadmania) les
fruits sont composés d’autant de méricarpes, libres ou presque entre eux, qu’il y a de
carpelles fertiles.
Les graines, ascendantes ou pendantes, sont dépourvues d’albumen. Dans certaines
jnbus elles sont munies d’un arillode; dans les Schleichereae et les Nephelieae
f anllode, libre du tégument séminal, enveloppe complètement la graine et est constitué
.n tissu très pulpeux, translucide; dans les Cupanieae, l’arillode est constitué d’un
•issu coloré, plus consistant que dans les deux tribus précédentes, souvent caudé à la
base de sa face antérieure et plus ou moins denté-fimbrié à son bord libre; dans le
“aullinia pinnata, l’arillode, adhérant au tégument séminal, forme une bande blanche
sur chaque flanc latéral de la graine; dans les Cardiospermum il constitue une petite
lunule blanchâtre autour du hile.
Dans le Crossonephelis Pervillei le tégument séminal adhère assez fortement à
i endocarpe très membraneux; dans les Deinbollia il en est de même, mais l’endocarpe
est pulpeux.
Source : MNHN, Paris
12
R. CAPURON
L’embryon, plus ou moins courbé, est constitué de deux cotylédons souvent inégaux
(parfois conferruminés). La position relative des cotylédons et de la radicule fournit
dans certains cas de bons critères génériques : embryons « notorrhizes » lorsque les
cotylédons sont superposés et que la radicule est couchée sur le dos du cotylédon
inférieur, embryons « lomatorrhizes » lorsque les cotylédons sont collatéraux et la
radicule appliquée contre les bords des cotylédons; il convient cependant de signaler
que par suite de déformations assez fréquentes entraînant une obliquité plus ou moins
prononcée de la surface de séparation des cotylédons, la distinction entre embryons
notorrhizes et lomathorrhizes peut être rendue difficile : dans ce cas, c’est plus par
l’étude de la position des pétioles cotylédonaires au voisinage immédiat de la radicule
que par celle des masses cotylédonaires elles-mêmes que l’on pourra déterminer la
nature de l’embryon (il faut, même dans ce cas, tenir compte d’exceptions toujours
possibles; c’est ainsi qu’une graine de Stadmania oppositifolia nous a montré un embryon
parfaitement lomatorrhize alors que l’embryon est normalement notorrhize; des exemples
analogues nous ont été fournis également par certaines Cupaniées).
La forme et la position du hile fournissent parfois d’excellents caractères de
détermination; c’est ainsi que les graines de Plagioscyphus sont immédiatement recon¬
naissables à leur hile qui occupe toute la longueur de leur arête ventrale.
Dans la grande majorité des cas la radicule se raccorde aux cotylédons proprement
dits par des pétioles bien ou assez bien marqués (il semble que les auteurs, lorsqu’ils
indiquent la longueur de la radicule, incluent souvent la longueur des pétioles cotylé¬
donaires) ; la radicule et une partie ou la totalité de ces derniers sont presque toujours
enchâssés dans un repli interne du tégument séminal; ce repli forme une sorte de poche
à l’extrémité de laquelle se trouve le micropyle; cette poche est nulle ou subnulle
quand la radicule est papilliforme ou très réduite. A la surface externe de la graine
l’emplacement de la poche radiculaire est souvent encadré par deux fins sillons longitu¬
dinaux; au moment de la germination, la radicule sort par le micropyle et soulève le
panneau du tégument limité par les sillons.
Dans les Beguea et certains Tinopsis les cotylédons sont manifestement ruminés
par des expansions de la face interne du tégument séminal; dans les Filicium des
expansions de même nature s’insinuent profondément entre les replis des cotylédons.
CLASSIFICATION
Dans une étude récente sur « Le pollen des Sapindacées d’Afrique Occidentale *
M. Merville a distingué sept « types » de morphologie pollinique. Si certains des groupe¬
ments ainsi établis correspondent sensiblement aux tribus ou aux groupes de tribus
proposés par Radlkofer, d’autres en revanche rassemblent des éléments que la morpho¬
logie classique sépare plus ou moins. C’est ainsi par exemple que le « type Harpullia »
groupe les Harpullia (Dodonaeoidées Harpulliées) et les Lecaniosdiscus (Sapindoidées
Schleichérées), que le « type Ganophyllum » rapproche des Dodonaeoidées-Doratoxylées
(Ganophyllum et Zanha) et des Sapindoidées-Lépisanthées (Melanodiscus) . Dans le
même temps, des tribus classiques se trouvent démembrées comme c’est le cas des
Lépisanthées qui se répartissent dans trois « types » différents :
Chytranthus, Pancovia et Pseudopancovia, dans le «type Chytranthus >;
Placodiscus dans le « type Lychnodiscus > (Cupaniées), à côté de Sapindées et
d’Aphaniées;
Melanodiscus dans le « type Ganophyllum ».
Quelle valeur peut-on attribuer à ces rapprochements? II est bien difficile de
répondre. Il n’est pas douteux que dans la famille des Sapindacées on note des caractères
communs (il vaudrait mieux dire des tendances pour ne pas préjuger de leur valeur
taxonomique) entre des plantes que la systématique classique éloigne les unes des
autres : apocarpie du fruit dans les Thouiniées, les Sapindées, les Aphaniées et les
Néphéliées (apocarpie qui parfois se manifeste seulement dans le fruit et n’est qu’à
peine ébauchée dans les fleurs, comme c’est le cas dans les Aphania), présence de
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DF.S SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 13
pétales à bords simplement repliés (dans les Cupaniées, dans divers genres — Macpher-
sonia, Tinopsis — de Schleichérées, etc.), ou munis sur leur face interne d’une écaille
complexe (on ne peut qu’être frappé par exemple par la ressemblance étroite entre les
Pétales de divers Plagioscyphus et de certains Stadmania, ressemblance qui peut s'étendre
jusqu’au disque) ; d’autres ressemblances sont également évidentes : fruits des Crossone-
Phelis et des Plagioscyphus à deux loges; des fleurs et de l’appareil végétatif des
Crossorwphelis et des Tsingyu; des glandes des Dodonaea et des Filicium; on pourra
remarquer la tendance fréquente à la cauliflorie, à la présence de folioles pseudo-stipu-
laires, à l’aplatissement du rachis qui devient souvent ailé, etc.
II n’est pas défendu de penser que le dernier mot n’est pas encore dit en ce
qui concerne la classification générale des Sapindacées et que diverses disciplines
(palynologie, numérations chromosomiques, sérologie, etc.) puissent venir modifier plus
°u moins profondément la classification proposée par Radlkofer. Cependant, tant que
ces nouvelles recherches n'auront pas été étendues à la totalité de la famille il n’y a
Pas lieu, nous semble-t-il, de nous en écarter.
La détermination des genres de Sapindacées est, sauf cas particuliers, assez
délicate. La classification générale étant basée sur les caractères du fruit, la connaissance
de ceux-ci est souvent indispensable pour une détermination sûre. Nous avons donc donné
deux clés : l’une basée sur les fruits (en partie artificielle dans la mesure où seules
les plantes malgaches sont envisagées) qui permet d’arriver aisément à la distinction
des tribus (dans les Sapindacées à loges 2-ovulées, les graines étant dépourvues d'arillodes
charnus, il est assez aisé de retrouver les ovules dans la loge stérile ou l’ovule avorté
a côté de la graine fertile) ; l’autre clé, basée sur les fleurs, ne peut être qu’artificielle
pour plusieurs raisons : les fleurs des deux sexes sont souvent dioïques, la corolle peut
e tre absente ou présente dans un même genre, le nombre d’étamines peut varier d’une
espèce à l’autre, des caractères pétalaires très semblables peuvent se rencontrer dans
des genres appartenant à des tribus différenles etc.; aussi afin de ne pas l’allonger
outre mesure avons-nous renoncé, en fin de clé, à distinguer les Cupaniées de diverses
Schleichérées.
Précisons que dans l'étude des Tribus nous avons suivi l’ordre adopté par Scholz
dans la douzième édition du Syllabus d’Engler; les Dodonaeoideae (Dyssapindaceae de
Radlkofer) y précèdent les Sapindoideae (Eusapindaceae Radlk.).
Clé pour les échantillons f.n fruits
L Carpelles bi-ovulés (un seul ovule pendant dans Filicium).
2. Fruit sec, déhiscent ou indéhiscent.
3. Loges du fruit sans aile dorsale.
4. Feuilles (simplement pennées ou bipennées) ayant une foliole terminale.
I. Koelreuterjeae.
4'. Feuilles (simplement pennées) sans foliole terminale. 4. Harpullieaes
3'. Loges du fruit ayant une aile dorsale. Feuilles simples ou pennées. 2. Dodonaeeae.
2'. Fruit charnu, indéhiscent. Feuilles simples ou pennées (sans foliole terminale développée).
3. Doratoxyleae.
1 • Carpelles uni-ovulés.
5. Plantes (herbacées ou ligneuses) grimpant au moyen de vrilles. Feuilles pourvues de vraies stipules.
5. Paullinieae.
5'. Plantes ligneuses dressées, dépourvues de vrilles et de vraies stipules.
6. Feuilles 1-foliolées ou 3-foliolées. 6. Thouinieae.
6‘. Feuilles pennées (simplement ou 2-pennées) sans foliole terminale développée.
7. Fruit composé de méricarpes libres ou presque l’un de l’autre.
8. Graines sans arillode.
Source : MNHN, Paris
14
CAPURON
9. Méricarpes bacciformes à endocarpe charnu adhérant au tégument séminal. Feuilles ayant
généralement plus de 5 paires de folioles. 7. Sapindeae.
9'. Méricarpes drupacés à endocarpe non charnu libre du tégument séminal. Feuilles ayant 1
(-2-3) paires de folioles. 8. Aphanieae.
8'. Graines complètement entourées d’un arillode charnu, pulpeux et translucide.
11. Nephelieae.
T. Fruit non ou peu profondément lobé, ses lobes non ou difficilement séparables l’un de l’autre.
10. Fruit indéhiscent ou à loges se fendant tout au plus sur le dos.
11. Graines dépourvues d’arillode; tégument séminal adhérant à l’endocarpe.
9. Lepisantheae.
11'. Graines complètement entourées d’un arillode charnu, pulpeux et translucide.
10. ScilLEICHEREAE.
10'. Fruit capsulaire, déhiscent en 2 ou 3 valves; graines presque toujours enveloppées d’un
arillode partiel coloré (en jaune ou rouge). 12. Cupanieae.
Clé pour les échantillons en fleurs
1. Plantes grimpantes (ligneuses ou herbacées) munies de vrilles; feuilles munies de vraies stipules.
5. Paullinieae.
1'. Plantes (toujours ligneuses) dressées, dépourvues de vrilles; feuilles dépourvues de vraies stipules
(parfois folioles basilaires simulant des stipules).
2. Feuilles simples ou 1-foliolées ou 3-foliolées (la foliole médiane étant terminale).
3. Pétales nuis. Feuilles résineuses. 2. Dodonaeeae.
3'. Pétales présents.
4. Feuilles simples, parsemées de petites glandes qui les rendent plus ou moins résineuses; pétales 5,
simples; calice régulier à 5 sépales ( Filicium ). 3. Doratoxyleae.
4'. Feuilles uni-foliolées ou 3-foliolées, sans glandes; pétales 4, munis intérieurement d’une écaille
plus ou moins bilobée velue laineuse; calice à 4 sépales. 6. Thouinieae.
2’. Feuilles pennées ou bipennées.
5. Feuilles bipennées.
6. Pennes sans foliole terminale développée; fleurs régulières; pétales (5) sans long onglet, à bords
simplement repliés formant deux petites écailles (Macphersonia p. p.).
10. SCHLEICHEREAE.
6 . Pennes ayant une foliole terminale; fleurs le plus souvent zygomorphes; pétales (le plus souvent
4) à long onglet muni i son extrémité de plusieurs appendices (Erythrophysa p. p.).
1. Koelreuterieae.
5‘. Feuilles simplement pennées.
7. Feuilles imparipennées (une foliole terminale développée).
8. Pétales présents (Erythrophysa p. p.). 1. Koelreuterieae.
8'. Pétales nuis. 2. Dodonaeeae.
7’. Feuilles sans foliole terminale développée.
9. Pétales nuis; fleurs régulières.
10. Quatre étamines seulement. Disque très développé. Folioles entières. Ovaire & 2 loges
1-ovulées. 9. Lepisantheae.
10'. Étamines normalement 5 et plus.
11. Anthères sessiles ou presque (au nombre de 11-14); pas de staminodes dans les fleura
femelles; articles du rachis ailés; disque nul dans les fleurs mâles; organes munis de
nombreuses glandes sessiles qui les rendent plus ou moins résineux.
2. Dodonaeeae
11'. Étamines i filets bien développés; staminodes présents dans les fleurs mâles; pas de
glandes sessiles.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 15
12. Folioles, au moins en partie dentées; ovaire à 2 loge3 2-ovulées, les ovules pendant
du sommet de la loge; staminodcs dépourvus d’anthérodes; calice à lobes soudés à
la base, subvalvaires dans le bouton (Zanha). 3. Doratoxyleae.
\2 !. Folioles très entières.
13. I.obcs du calice fortement imbriqués. Ovaire à 2 loges 2-ovulées (Doratoxylon).
3. Doratoxyleae.
13'. Lobes du calice étroits, subvalvaires, ouverts de bonne heure; ovaire à 3 loges
14. Filets staminaux et ovaire munis de poils stellés; étamines insérées dans des
fovéoles de la surface du disque; ovaire non lobé (Tsingya).
ÎO.SCHLEICHEREAE.
14’. Filets staminaux et ovaires glabres ou sans poils stellés. Filets staminaux insérés
à l’intérieur du disque.
15. Fleurs monoïques; ovaire profondément 3-lobé; disque pubescent. Cymules
1-3-flores ( Stadmania ). 11. Nepheueae.
15'. Fleurs dioïques; ovaire non lobé; disque glabre; cymules toujours 1-flores
( Beguea ). 10. Schleichereae.
9'. Pétales présents.
16. Plante munie sur ses organes (feuilles en particulier) de glandes sessiles qui les rendent
plus ou moins résineux. Rachis foliaire à articles presque toujours ailés. Ovaire à 2 loges
contenant un seul ovule pendant du haut de la loge. Étamines et pétales (simples) au
nombre de 5 ( Filicium ). 3. Doratoxyleae.
16'. Plantes dépourvues de glandes, non résineuses.
17. Pétales simples ou à base tout au plus un peu recourbée vers l’extérieur, glabres ou avec
quelques cils, en tout cas non laineux. Ovaire à 3 loges 2-ovulées.
4. Harpulueae.
17. Pétales rarement simples ou presque (ei dans ce cas nettement velus-laineux) soit r
bords repliés intérieurement, soit munis sur leur face interne d’une écaille plus ou moins
complexe. Loges de l’ovaire 1-ovulées.
18. Ovaire distinctement lobé.
19. Étamines généralement 8 ou moins.
20. Étamines dépassant longuement les pétales; ovaire à trois loges très profondé¬
ment séparées. Calice à lobes soudés à la base, peu profondément imbriqués;
pétales avec, à leur face interne, une écaille complexe (souvent plus grande
qu’eux). Folioles entières ou dentées. 11. Nephelieae.
20*. Étamines à peine exsertes ; ovaire à 2 loges peu profondément séparées ; calice
à sépales libres ou presque, très fortement imbriqués; pétales avec une petite
écaille au-dessus de l’onglet. Folioles entières. 8. Aphanieae.
19. Étamines (8-) 10-14, peu exsertes; ovaire à 2-5 lobes très profonds; calice à lobes
très imbriqués; pétales avec une écaille sur leur face interne (écaille souvent 2-
lobée). 7. Sapindeae.
18\ Ovaire à 2-3 (-5) loges, non lobé. Cupanieae et Schleichereae.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DF.S SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET
COMORES
17
I. KOELREUTERIEAE
Cette tribu n’est
ex Arn. qui groupe, à
représentée à Madagascar que par le genre Erythrophysa E. Mey.
côté de trois espèces africaines, six espèces malgaches.
Dans ce genre les fleurs sont unisexuées, monoïques, irrégulières. Le calice
Possédé 5 sépales caducs, quinconciaux dans le bouton. La corolle est le plus souvent
constituée de (3-)4(-5-6) pétales (le cinquième est normalement absent ou très réduit
sauf dans une espèce où il est toujours présent et aussi développé que les autres) ; ces
Pétales ont un long onglet cylindrique, grêle, et un limbe oblong, arrondi au sommet,
aunculé ou infundibuliforme à sa base, presque perpendiculaire à l’onglet; au point de
jonction du limbe et de l’onglet il y a soit deux appendices plus ou moins aplatis et à
ord supérieur découpé, soit 2-7 appendices cylindracés et simples. Le disque, glabre,
P us ou moins lobulé entre les bases des pétales, porte les étamines et l’ovaire près de
son bord postérieur. Les étamines (réduites dans les fleurs femelles) sont au nombre
de huit; leurs filets sont toujours poilus. L’ovaire est à trois loges (complètes ou incom¬
plètes) contenant chacune, dans leur angle interne, deux ovules, l'un ascendant, l’autre
descendant.
Le fruit est une capsule, déhiscente ou indéhiscente suivant les espèces. Dans
1 o. aesculina Bâillon, première espèce malgache décrite, le fruit, très irrégulier de forme
suivant le nombre de graines développées, a un péricarpe indéhiscent; s’appuyant sur
dernier caractère, Verdcourt a proposé, pour cette espèce, la création du genre
rythrophysopsis. Dans VE. Humberti sp. nov., le fruit est plus ou moins irrégulier
'** n es t vésiculeux et régulier que lorsque une seule graine se développe par loge) mais
son péricarpe est déhiscent en trois valves. Dans les autres espèces malgaches ( E. Belini
S P- nov., E. lapiazicola sp. nov., E. paniculata sp. nov. et E. sakalava sp. nov.) le fruit
est v ésiculeux, très régulier et parfaitement déhiscent. Comme aucun caractère floral ne
Permet de séparer génériquement les espèces malgaches en deux groupes, le problème se
Pose de la validité du genre Erythrophysopsis basé sur l’indéhiscence du fruit de
* Erythrophysa aesculina.
Par leurs inflorescences plus développées, par leur disque légèrement convexe ou
Plan ou à peine concave (il est nettement en creux dans les espèces africaines), par leurs
Pétales plus petits, par leur ovaire pubescent, les espèces malgaches se séparent très
aisément, au niveau spécifique, des espèces africaines. Nous ne pensons pas, cependant,
Que ces caractères permettent de conserver le genre Erythrophysopsis.
1. Erythrophysa E. Mey. ex Arn.
Erythrophysa E. Mey. ex Arnott, in Hooker. Journ. Bot. 3 : 258 (1841) [Erythrophila] ;
Radlkofer in Engler, l. c. : 1335 (1933).
Erythrophysopsis Verdcourt, Journ. Linn. Soc. London, 58 : 202 (1962).
Espèce Type ; Erythrophysa undulata E. Mey. ex Sond.
A l’heure actuelle nous connaissons cinq espèces malgaches que la clé suivante
Permet de séparer :
L Feuilles nettement pubescentes, toujours simplement pennées; filets staminaux sans dilatation au-
dessus de leur base. Péricarpe plus ou moins poilu sur sa face interne.
2. Inflorescences ne dépassant pas 15 cm de longueur, en panicules étroites, à ramifications basales,
lorsqu’elles existent, courtes (ne dépassant pas 2-3 cm). Fruit indéhiscent, de forme irrégulière;
péricarpe très densément laineux sur sa face interne; graines poilues-laineuses. Folioles obtuses.
1. E. aesculina.
8 564029 6 2
Source : MNHN, Paris
18
i. CAPUBON
2'. Inflorescences en panicules très amples (40-70 cm de longueur) à ramifications basales très allongées
(20-30 cm). Fruit vésiculeux, régulièrement trigone; péricarpe éparsément poilu à la face interne;
graines glabres. Folioles atténuées-aiguës au sommet. 2. E. paniculata.
1'. Feuilles glabres, simplement pennées ou bipennées. Fruit déhiscent.
3. Feuilles simplement pennées. Filets staminiux munis d’un renflement au-dessus de leur base. Fruits
vésiculeux, régulièrement trigones, à péricarpe pubcscent ou muni de poils glanduleux capités sur
sa face interne; graines poilues. 3. E. Belini.
3'. Feuilles (sauf parfois celles de la base des rameaux) normalement bipennées. Filets staminaux sans
dilatation à la base.
4. Capsule ne dépassant pas 2 cm de diamètre, le plus souvent irrégulièrement bosselée, le péricarpe
épousant plus ou moins le contour des graines; péricarpe mince muni de poils simples sur sa
face interne; graines poilues. 4. E. llumberti.
4'. Capsule atteignant 3 cm de diamètre, régulièrement trigone; péricarpe plus épais et résistant,
muni de poils simples près de l’axe seulement.
5. Graines glabres; capsule fortement apiculée au sommet, non ou faiblement déprimée.
5. E. lapiazicola.
5'. Graines poilues; capsule déprimée au sommet, à apicule stylairc très court.
6. E. sahalava.
1. Erythrophysa aesculina Baill., Adansonia 11 : 239 (1874) ; Bâillon in Grandidier,
Hist. Madag., tab. 248 A (1893) ; Radlkofer in Engler, l. c. : 1337 (1933) ; Choux,
Index : 20 (1926) ; Mémoires : 85 (1927) ; Catalogue : 13 (1931). — Erythropky-
sopsis aesculina (Baill.), Verdcourt, l. c. : 204, tab. I (1962). — Planche 1, fig. 1-21.
Typus speciei : A. Grandidier s. n" (forêt de Lavanala, pays des Antunosses
émigrés).
Les feuilles adultes, déjà décrites par Choux, ont une taille très variable suivant
la sécheresse de la station où croît la plante (elles varient de 7 à 17 cm). Comme dans
beaucoup de végétaux du Sud, on observe très souvent deux sortes de rameaux, les uns
très courts, à feuilles densément rapprochées en bouquet à leur extrémité, d’autres plus
allongés et à feuilles plus ou moins distantes. Les feuilles ont de 7 à 13 folioles; elles
sont normalement imparipennées, mais assez souvent la foliole terminale avorte complè¬
tement. Les folioles sont toujours pubescentes sur les deux faces, surtout l’inférieme,
mais la densité de la pubescence est très variable suivant les individus.
Les inflorescences ont (2-) 5-12 cm de longueur.
Le fruit est très irrégulier de forme suivant le nombre de graines qu’il contient
(de 1 à 6) ; il est presque toujours apiculé au sommet par la partie supérieure des loges
(stérile) et le style; cet apicule atteint jusqu’à 1,5 cm de longueur. Le péricarpe, indé¬
hiscent, est marqué de lignes suturales à peine visibles. Sa face interne est très densément
recouverte d’un matelas de poils laineux. Les graines plus ou moins sphériques ou poly¬
édriques par suite de déformation mutuelle (elles atteignent jusqu’à 18 X 15 mm) ont
un testa dur, épais, noirâtre, couvert de poils laineux. L’embryon a des cotylédons longs
et étroits (environ 3 cm X 0,7-0,8 cm) enroulés en ressort de montre.
L’Erythrophysa aesculina est un petit arbre, pouvant atteindre 4-5 m de hauteur
et à tronc de 0,20-0,30 m de diamètre; l’écorce du tronc et des branches a un rhytidome
caduc par plaques. Son bois est très cassant. C’est une espèce commune sur les calcaires
du plateau mahafaly; son aire actuellement connue s’étend du Fiherenena à la Mena-
2. Erythrophysa paniculata R. Capuron sp. nov.
Arbor ad 15 m alta, monoica, foliis deciduis, (4) 5-7 jugis, omnino molliter brevi-
terque molliuscula. Folia alterna, 20-40 cm longa, foliolis subaequalibus (terminali
excepta ), petiolo ( 8-12 cm longo ) subcylindrico, rachidi leviter compresso; foliola mem-
branacea breviter ( ca. 1 mm) petiolulata, ovato-lanceolata ( 5,5-10 X 2,2-3,5 cm), basi
leviter inequilateralia obtusa vel rotundata, e tertia parte inferiore apicem versus attenuata;
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACEES
E MADAGASCAR ET DES COMORES
19
Planche 1
Erylhrophysa aesculinn : 1, rameau en fleurs, X 2/3; 2, détail de la face inférieure du
limbe, x 2; 3, fleur mâle, calice enlevé, X 4; 4 et 5, pétale, x 6; 6, disque et
base des filets staminaux, x 6; 7, disque et pistillodc, X 6; 8 et 9, anthère,
faces externe et interne, x 6; 10, fleur femelle, X 4; 11, ovaire, x 6; 12. une
glande en massue de 1 ovaire, fortement grossie; 13, un ovule, X 6; 14, ovules,
x 6; 15-18, diverses formes de fruits, x 2/3; 19, face interne du péricarpe,
X 2/3; 20, section d’une graine, x 1,5; 21, autre forme de feuille.
Source : MNHN, Paris
20
R. CAPURON
foliolum terminale longe petiolulatum (2-4 cm), ovatum, basi latissime ovatum, subtrun-
catum, apice acuminatum (5-7,5 X 3-4,5 cm) ; nervus princeps utrinque prominulus, nervis
lateralibus numerosis (10-16 jugis) prope margincm arcuatim anastomosantibus. Inflores-
centiae amplissimae (40-70 cm longae ), pyramidales, paniculatae, erectae, basi plus
minusve foliosae, ramis inferioribus ad 35 cm longis ramos tertiarios (ca. 10 cm longos)
gerenlibus; rami tertiarii basi plus minusve ramosi, apice cincinnnos jerentes. Flores
lutei, masculi numerosi mox caduci, foeminei cincinnorum apice dispositi, pedicello
3-5 mm longo valde puberulo; bracteae lanceolatae (1-2 mm longae) mox caducae; brac-
teolae triangulares, parvae. Calycis lobi (3 X 2-2,5 mm) apice rotundati, extra hirsu-
tiusculi, intus adpresse pilosuli, marginibus ciliatis, ciliis glandulis obovoideis intermixtis.
Petala duplo calycem superantia, unguiculata, unguiculo (4 mm longo) villoso, limbo
glabro (3,5-4 X 1,3 mm) apice obtuso, basi cordato et supra unguem duobus appendicibus.
corniformibus (ca. 1 mm longis) instructo. Discus glaber, complanatus, unilateralis.
Stamina (8) ca. 7 mm longa, fdamentis basi haud dilatatis, villosis, antheris ovatis
(ca. 1 mm longis) sparsim ciliolatis apice manifeste apiculatis ; pistillodium dense pilosum.
Flores foeminei non suppetebant. Ovarium (post fecundationem sol uni vidi) trigonum,
extra dense pilosum, pilis glandulis albidis numerosis intermixtis, intus sparse pitosulum;
loculi verisimiliter supra ovulorum insertionem incompleti. Fructus (immaturus) capsularis,
(ad 3,5-4 X 4 cm), inflatus, pericarpio membranaceo-chartaceo utrinque piloso (extra
densiore), apice apiculato. Sernina immatura glabra. — Planche 2.
Typus spf.ciei : 20222 SF (forêt tropophylle à l’Ouest d’Antseva, au Nord de la
Manombo).
Cette très belle espèce n’est actuellement connue que par trois échantillons prove¬
nant de la région d’Antseva, au Nord de Tuléar. Le Type de l’espèce porte des fleurs
mâles, de très jeunes fruits en cours de développement, et quelques fruits immatures
(d’ailleurs récoltés au sol).
Les autres échantillons sont stériles ou ne portent que de très jeunes inflorescences.
Par ses feuilles poilues cette espèce se rapproche de YE. aesculina. Elle s’en
distingue très aisément par ses folioles aiguës au sommet, par ses très grandes panicules
de fleurs et également par les caractères de son fruit qui, bien que non connu à maturité,
est certainement très distinct et se rapproche sans doute de celui des espèces que nous
allons examiner plus loin.
3. Erytlirophysa Bclini 1 R. Capuron sp. nov.
Arbor glaberrima (inflorescentiae exceptae), foliis caducis. Ramuli novelli laeves,
in sicco statu nigrescentes, adulti brunneo-rubri. Folia 25-30 cm longa, imparipinnata
(semper? an nonnunquam bipinnata?) 2-4 juga, petiolo longo, subcylindrico, rachidi
supra vix 2-canaliculato (ad foliorum insertionem supra glandulis rubris parvis instructo).
Foliota sessilia vel breviter petiolulata, inferiora fere semper quam mediana et superiora
minora; limbo ovato vel ovato-elliptico ( 4-9,5 X 2-6 cm) basi plus minusve asymmetrico
(latere superiore rotundato, inferiore cuneato) vel rarius symmetrico (basi rotundato),
apicem versus sat longe attenuato vel rotundato. Nervus princeps supra leviter carinatus,
infra prominens, secundarii 7-12 jugi. Foliota terminalia petiolulo 10-35 mm longo,
basi symmetrice rotundata vel cuneata. Inflorescentiae terminales, 15-40 cm longae,
basi ramosae (ramis ad 30 cm longis), subcorymbosae, axibus infra glabris, supra minute
puberulis. Bracteae et bracteolae lineari-lanceolatae, caducae, puberulae, marginibus
glandulosis. Pedicelli 4-6 mm longi, minute puberuli, pilis glandulosis raris intermixtis.
Sepala (4,5 X 3-3,5 mm) utrinque puberula apice obtusa, marginibus glanduloso-ciliatis.
Petala 4 (rarius 5, rarissime 6) 11-13 mm longa (ungue 3-3,5 mm longo) ; unguis villosus;
limbus 8-10 X 4-5 mm basi bilobatus squamiferus vel infundibuliformis, supra unguem 2
cours d'un long séjour dans lu région do üiégo-Suarez, effectua d'abondantes récoltes botaniques purin i
lesquelles se trouvaient de nombreuses espèces nouvelles ou très mal connues.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 21
Planche 2
Erylhrophysa paniculaia : 1, extrémité d’un rameau fleuri, X 1 /10; 2, feuille, X 1 /2;
3, détail de la face inférieure du limbe, X 6; 4, fragment d’inflorescence, gr.
nat.; 5, fleur mâle, X 4; 6, pétale, X 6; 7, étamine, X 6; 8, disque et pistillode,
X 6; 9, fruit immature, gr. nat.; 10, graines en cours de développement, x 2.
Source : MNHN, Paris
22
1. CAPURON
(rarius 3-4) appendiculis (apice complanatis et plus minusve crenato-lobatis) instructus.
Discus glaber, crassus, leviter excentricus. Slamina 910 mm longa (in floribtis foemineis
7-8 mm longa, anthcris indehiscentibus), fdamentis breviter pubescenlibus supra basin
abrupte dilatato-vcrrucosis, antheris pilosulis apic" emarginatis; ovarinm trigonum (in
floribus masculis pislillodium hirsutum) pilis crassis tectum. Fruclus (3,5-5 X 3-5 cm)
vesiculosus, trigonus, ambitu longitudinali cordiformi, basi cordatus, apice breviter rostra-
tus, secundum carpellorum lineam medianam dorsalem carinatus; pericarpio coriaceo extra
dense breviterque pilosulo, intus dense puberulo vel glandulis capitatis pediccllatis
instructo, déhiscente. Semina villosa (pilis brevissimis albidis). — Planche 3, fig. 1-8.
Typus speciei : 23174 SF (Ankarana).
Cette espèce n’est encore connue que du secteur Nord du Domaine de l’Ouest.
Tous les échantillons d’herbier que nous avons vus ne possèdent que des feuilles simple¬
ment pennées; il en était de même pour les individus que nous avons pu étudier sur le
terrain. S’il en est toujours ainsi, les feuilles fournissent un bon caractère pour distinguer
cette espèce des suivantes, chez lesquelles les feuilles sont normalement bipennées (seules
les feuilles de la base des rameaux sont parfois simplement pennées).
Les filets staminaux présentent, au-dessus de leur base, un brusque renflement plus
ou moins annulaire, très marqué du côté externe, nettement moins du côté interne.
Ce renflement est pubesccnt ainsi que le filet (les poils sont courts, leur longueur ne
dépassant pas le diamètre des filets).
Dans l’échantillon 6170 SF toutes les fleurs analysées possédaient 5 pctales,
le pétale postérieur étant cependant plus réduit que les quatre autres (ce pétale est
constitué de l'onglet et d’une très petite lame pétalaire semi-circulaire dépassant faible¬
ment le calice; dans l’échantillon Homolle 387 le pétale postérieur est parfois présent
mais alors extrêmement réduit (environ 1 mm de longueur). La lame pétalaire est norma¬
lement 2-lobée-sagittée à sa base, au sommet de l’onglet; il arrive assez souvent que
les deux lobes se soudent entre eux et (pic la base de la lame soit ainsi infundibuliforme.
Les appendices plus ou moins en forme de corne placés à la base de la lame pétalaire
dans le prolongement de l’onglet sont insérés sur les lobes basilaires de la lame; leur
extrémité est comprimée et plus ou moins lobée; généralement au nombre de deux, ces
appendices sont souvent accompagnés de un ou deux autres nettement plus réduits.
Sur l’ovaire nous n’avons pas observé de glandes, la pubescence étant uniquement consti¬
tuée d’une toison très dense de poils dressés.
Le fruit, dont la forme rapelle celle du Majidea zanguebarica, a un péricarpe
coriace sur le sec, résistant. Extérieurement il est densément couvert de poils fauves
ou bruns; intérieurement les parois des loges portent le plus souvent de nombreuses
glandes plus ou moins brunâtres, longues d’environ 1/2 mm, constituées d’un pied
cylindracé terminé par un renflement globuleux; les cloisons entre les carpelles ainsi
que le pourtour de la cicatrice d’insertion des graines portent une assez longue et dense
pubescence constituée de poils simples. Dans les échantillons 23035 SF et 23091 SF les
glandes capitées manquent et l’endocarpe est entièrement recouvert d’une dense toison
de poils soyeux; il ne nous est pas possible, pour l’instant, de statuer sur la valeur
de ces différences.
Les graines sont brièvement mais densément pubescentes-hérissées (il y en a une ou
deux par loge).
4. Erythrophysa Humbcrti R. Capuron sp. nov.
Frutex vel arbor ad 10 m alta, ferc omnino glabra (inflorcscentia excepta),
caducifoliata. Ramuli novelli laeves, in sicco statu nigrescentes vel rubri. Folia pro
maxima parte impari-bipinnata, inferiora nonnunquam simpliciter imparipinnala, pinnis
3-5 jugis (saepe pinnae inferiores et superiores joliolo unico vel foliolis paucis reductae),
ampla (15-40 cm longa, 10-25 cm lata) ; pinnae medianae 3-7-foliolatae, foliolis oppositis.
Petiolus 4-10 cm longus, supra leviter depressus; rachidis articuli exalati, supra vix
2-canaliculati, ad foliolorum vel pinnarum basin glandulas rubras minimas exhibentes;
foliola breviter petiolulata vel subsessilia; lamina (1,5-6 X 1-2,5 cm) submenbranacea.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION
KS SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
23
Planche 3
Erylhrophysa lielini : 1, inflorescence et jeune feuille, X 2 /3; 2, feuille adulte, X 2/3;
3, appendices pétalaires, >: 6; 4, disque et étamines, x 4; 5, disque et jeune
ovaire, x 4; 6, section transversale de l’ovaire, x 9; 7, fruit, X 2/3; 8, face
interne du péricarpe, X 3.
Erylhrophysa Humberti : 9, feuille, x 2 /3; 10, fleur mâle, x 3; 11, pétale, x 4; 12,
appendices pétalaires, x 6; 13, disque et pistillode, x 4; 14, id., coupe, X 4;
15-18, diverses formes de fruits, x 2 /3; 19, section d’une graine, gr. nat.
Source : MNHN, Paris
24
R. CAPURON
ovata vel oblonga, nonnunquam ovato-suborbicularis, basi saepe asymmetrica (rot un data
vel obtusissima) apice obtusa vel rotundata (foliota terminalia petiolulata, petiolulo
8-25 mm longo, symmetrica, ovata vel elliptica, limbo basi cuneato, apice obtuso vel
rotundato vel subacuto). Costa supra vix promintda, subtus prominens; nervi secundarii
utrinque 7-12, tenues, praeter marginem arcuatim anastomosantes. Inflorescentiae termi¬
nales 10-30 cm longae, saepe basi foliosae, paniculatae, axibus (praesertim superioribus)
pubescentia brevissima instructis. Bracteae caducae, inferiores glabrae lineari-lanceolatae
(ad 12 X 2,5 mm ), superiores puberulae deltoideae (4 X 1,5 mm). Pedicelli 3-4 mm
longi, dense puberuli. Sepala (4x3 mm) apice rotundata, utrinque puberula marginibus
glanduloso-pilosis. Petala 4 (rarissime 5) unguiculo 3,5-4 mm longo parum dense hirsuto,
limbo (in vivo statu luteo) oblongo (ca. 7 X 3,5 mm) apice rotundato, basi infun-
dibuliformi; appendices bini, apice crenulato-digitati (in primum lutei deinde rubri).
Discus glaber, crassus, excentricus (parum in floribus petala 5 exhibentes). Stamina
8-10 mm longa, filamentis pilis lanuginosis instructis; antherae (1,5 X 0,9 mm) apice
obtusae, pilis paucis instructis (in floribus foemineis staminodiis vix brevioribus). Ovarium
breviter stipitatum, trigonum, densissime puberulum (in floribus masculis pistillodium
hirsutum). Fructus capsidaris, dehiscens, 1-6-spermus, sat irregularis, ad 2x2 cm
attengens, pericarpio fragili, chartaceo, extra brevissime puberulo, intus breviter puberulo;
semina sphaerica vel irregulariter compressa (ad 11-12 mm diam.) asccndentia vel
descendentia, testa nigra, dura, brevissime puberula. — Planche 3, fig. 9-19.
Typus speciei : 20773 SF (P.K. 30, route de Tuléar à Sakaraha).
Cette espèce se distingue très aisément des précédentes. Des deux premières ses
feuilles glabres et bipennées la séparent immédiatement. De VE. Belini elle diffère par
ses feuilles bipennées, ses étamines sans dilatation basale, son fruit plus petit de forme
irrégulière et à péricarpe moins coriace dépourvu de glandes intérieurement. Dans cette
espèce, les feuilles sont normalement bipennées et c’est le cas de la majorité de celles
que l’on peut observer en herbier (les échantillons étant de grande taille, les feuilles
inférieures sont souvent supprimées). Sur quelques parts d’herbier, on peut cependant,
à la base des bouquets de feuilles, observer des feuilles simplement pennées. Sur le
terrain il est facile de constater que ce type de feuille n’est pas rare. Les fruits, les
plus petits de ceux que nous connaissons chez les diverses espèces d’Erythrophysa, sont
de forme très variable suivant le nombre et la disposition des graines, ce qui donne
au fruit un aspect bosselé; les figures 15-18 de la planche n° 3 montrent divers aspects
de ces fruits.
L ’Erythrophysa Humberti est une espèce de la forêt tropophylle de l’Ouest dans
la partie méridionale du Domaine de l’Ouest; il pénètre profondément dans le Domaine
du Sud. C’est ainsi que dans la région située à l’Est-Nord-Est de Tuléar, entre Onilahy
et Fiherenena, cette essence se rencontre sous l’aspect d’un arbre de 10-12 m de
hauteur dans les forêts tropophylles situées à l’Ouest d’Andranovory ; on la trouvera,
en abondance, entre cette localité et Andranohinaly ; au fur et à mesure de la dégradation
des conditions climatiques quand on se dirige vers Tuléar, on voit cette essence atteindre,
de même que la majorité de celles qui l’accompagnent, des tailles de plus en plus
faibles; à l’Ouest d’Andranohinaly on passe, toujours insensiblement, à des formations
de plus en plus sèches, où apparaissent bientôt des Didiéréacées (Alluaudia comosa ),
des Euphorbes aphylles (Euphorbia Laro, E. fiherenenensis, etc.) qui caractérisent le
Domaine du Sud. Bientôt on la trouve en mélange avec sa congénère E. aesculina et
ce n’est qu’à quelques kilomètres à l’Est de la colline de la Table qu’on ne rencontre
plus que cette dernière. Vers le Sud-Est, son aire connue s’étend jusque dans la région
comprise entre Ampanihy et Androka; au Nord on la connaît dans le bassin de la
Manombo.
5. Erythrophysa lapiazicola R. Capuron sp. nov.
Valde affinis E. Humberti a quo differt foliolis apice manifeste acutis, fructibus
(dehiscentibus) majoribus, regularibus, pericarpio coriaceo, seminibus glabris; ab E. Belini
differt, foliis pro maxima parte impari-bipinnatis, staminibus basi non inflatis, fructus
endocarpio eglanduloso et glabro, seminibus glabris.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DBS SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
25
Planche 4
Dodonaea madagascariensis var. madagascariensis : 1, feuilles et inflorescence mâle,
x 2/3; 2, fleur mâle, x 3; 3, anthère (profil), x 3; 4, fleur femelle, x 3; 5,
ovaire, x 3; 6, fragment d'infrutescence, x 2/3.
Dodonaea madagascariensis var. pilota : 7, fruit, x 2/3; 8, graine (profil), x 4; 9,
détail de la zone hilaire, x 6; 10, embryon, x 5; 11, fragment de feuille, x 2/3.
Dodonaea viscota fa. repanda : 12, rameau en fruits, x 2/3; 13, fleur femelle, x 4;
14, id., débarrassée de la plupart des sépales et des staminodes, x 4; 15, ovaire
avec ses deux loges ouvertes, x 8; 16, autre fleur femelle, x 4.
Dodonaea viscota fa. burmanniana : 17, rameau en fruits, x 2/3.
Dodonaea viscota fa. linearis : 18, rameau en fleurs, x 2/3; 19, fleur mâle, x 4.
Source : MNHN, Paris
26
Typus speciei : 20918 SF (montagne des Français à l’Est de Diégo-Suarez).
Par ses feuilles bipennées en majeure partie (les feuilles inférieures des rameaux
sont parfois simplement pennées comme nous avons pu le constater in vivo) cette espèce
présente les caractères de VE. Humberti. Cependant les folioles dans VE. lapiazicola
sont nettement atténuées au sommet. De plus scs fruits, qui ressemblent à ceux de
VE. Belini, sont plus gros et de forme régulière; le péricarpe, plus épais, n’épouse pas
le contour des graines.
De 1 Erythrophysa Belini, VE. lapiazicola se sépare par ses feuilles bipennées,
par son endocarpe glabre et dépourvu de glandes stipitées (l’endocarpe est glabre sauf
dans une zone autour du point d’insertion des graines, où l’on observe des poils simples
peu denses; comme dans F.. Belini, immédiatement autour du point d’insertion séminal
on observe aussi un anneau dense de poils simples) ; enfin par ses graines glabres.
Ces graines, généralement au nombre d’une seule par loge, sont orbiculaires (environ
7-8 mm de diamètre), nettement comprimées latéralement (épaisseur 5 mm). Les tégu¬
ments sont noirs, très finement striolés-ondulés.
VE. lapiazicola n’est encore connu que du massif calcaire de la Montagne des
Français, près de Diégo-Suarez, où on l’observe sur les plateaux calcaires lapiazés.
6. Erythrophysa sakalava R. Capuron sp. nov.
Affinis E. Humberti a quo difjert foliolis ovato-ellipticis apicc acutis, floribus
minoribus petalis quinque instructis, fructibus regulariter trigono lobatis ; ab Erythrophysa
lapiazicola differl fructibus minoribus, apice valde depressis, seminibus pilosis.
Arbor parva (ad 7-8 m alla), inflorescentiis exceptis omnino glabra. Rami aduhi
in sicco statu brunneo-nigrescentes. Folia bipinnata (inferiora nonnunquam simpliciter
imparipinnata), pinnis 3-4 jugis (inferinres et superiores saepe in foliota unica reductae),
ampta (usque ad 30 X 40 cm), petiolo 4-10 cm longo, cylindrico, rachidis articulis
3-6 cm longis supra 2-canaliculalis ad pinnarum insertionem glandul-is pcdicellatis
instructis; foliola membranacea, 1-2 juga, elliptica vel ovato-elliptica (4,5-8 X 2-3,5 cm),
sessilia vel subsessilia, saepe asymmetrica, basi fere semper acute cuneata, apice acuta
| foliola terminalia longe (ad 2 cm) in petiolum attenuata ] ; costa subtus prominula,
nervi secundarii (ad 10-12-jugi ) gracillimi. Inflorescentiac ad 25 cm longae, pyramidales,
valde ramosac, ad apicem axorum minutissime et densissime puberulae. Bracteae et
bracteolae caducissimae, per anthesin delapsae. Flores breviter pedicellati (ca. 2 mm),
pediceUo puberulo fere ad basin articulato, parvi, fere regulares; sepala utrinque
puberula, marginibus glanduloso-ciliatis, ca. 2,5-3 X 2 mm, concava ; petala 5 (in omnibus
floribus dissectis) cum sepalis alternantia, unguiculo 3 mm longo breviter lanato, lamina
(ad 4x2 mm) basi biauriculata vel infundibuliformi et appendicibus 2 corniformibus
(apice leviter incrassatis) instructa. Discus parum incrassatus. Stamina (ca. 7 mm longa)
filamentis sparsim lanatis; antherae ciliatae ovato-oblongae, apice emarginatae, ca. 1 mm
longae (in floribus foemineis staminodia ca. 3 mm longa). Ovarium excentricum ovoideo-
ellipticum (ca. 2 X 1,8 mm) trigonum, densissime puberulum; Stylus ca. 4 mm longus
post anthesin accrescens [tn floribus masculis pistillodium ellipsoideum, trigonum (ca.
1,3 mm longum), hirsutum ]; loculi ovarii intus glabri. Fructus capsularis (2,5-3 cm
diam., ca. 1,5 cm altus), trigono-lobatus, subtus subtruncatus, supra depressus, exocarpio
puberulo, endocarpio glabro (praeter semina excepto), loculicide dehiscens. Semina
(saepissime in loculo unica) generis, pilosula.
Typus speciei : 12456 RN (Antsingy).
Cette espèce est encore très mal connue; nous lui rapportons en effet deux échan¬
tillons provenant de deux localités éloignées. L’échantillon 12456 RN, en fleurs, provient
de l’Antsingy, aux environ d’Antsalova, tandis que l’échantillon 18555 SF, en fruits, pro¬
vient des calcaires de la région d’Analalava. Bien que par leurs caractères foliaires ces
deux échantillons se ressemblent beaucoup, leur rapprochement dans une seule espèce
reste un peu douteux; la récolte de nouveaux échantillons dans les localités précitées
pourra seule permettre de lever ce point de doute.
Toutes les fleurs que nous avons analysées (une vingtaine environ) présentaient
cinq pétales également développés.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION
ES SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
27
II. DODONAEEAE
, Cette tribu, qui groupe 4 genres, n’est représentée à Madagascar que par deux
j^ ces appartenant au genre Dodonaea Mill. ; de ces deux espèces, l’une, D. viscosa
Î1 CCI ’i> est P an,ro P' ca l e > l’autre, D. madagascariensis Radlk. est endémique de la Grande
, e - Rappelons < - - - _ . . . ...
loges c
i que les Dodonaea se distinguent des autres Sapindacées malgaches
- > ovariennes 2-ovulées par leurs capsules membraneuses dans lesquelles le dos des
Ses est ailé. Ce sont des arbustes ou de petits arbres dont la plupart des organes
mules, feuilles, axes des inflorescences, sépales, ovaire, fruit) sont parsemés de
creuses petites glandes sessiles, circulaires, appliquées contre leur support, qui
en ent les organes plus ou moins visqueux.
2. Dodonaea Mill.
Dodonaea Mill., Gard. Dict. Abridg. ed. 1 (1754).
. Des fleurs de Dodonaea sont unisexuées-dioïques, régulières, dépourvues de
1 H' ^ CS s ôP a les sont libres, valvaires dans le bouton, caducs. Dans les fleurs mâles
z disque est nul ou très réduit, les étamines, au nombre de 5-14, ont des filets très
0urts el _ des anthères allongées, étroitement oblongues. Dans les fleurs femelles, l’ovaire
porte par une sorte de court gynophore autour duquel sont insérés les staminodes
j, u s ,,ans D. madagascariensis) ; l'ovaire a 2-3 (-4) loges contenant chacune 2 ovules.
Un ascendant, l’autre descendant paraissant superposés mais fixés en réalité à deux
f ro ? fucicules (formant une sorte de console) insérés sur l’axe au même niveau. Le
C'L vésiculeux, à péricarpe membraneux, réticulé, est 2-3 (-4) lobé par des sillons
^ es nets; le dos des loges porte une aile médiane. Au moment de la déhiscence, le
08 ^ es loges se sépare des cloisons interloculaires; ces dernières constituent ainsi
Ç. n e sorte de columelle à laquelle sont fixées les graines par l’intermédiaire du funicule
gerement accru; il y a une ou deux graines superposées par loge; les graines sont
I °* > uleuses, à téguments noirâtres et possèdent, au niveau du hile, une petite caroncule
runâtre en forme de coussinet (due à la dilatation de l’extrémité du funicule) ; cette
caroncule reste fixée à la graine lorsque celle-ci se détache de son support. L’embryon
? ( _ es cotylédons étroits et allongés, enroulés en spirale; la radicule, fort longue, est
°gce dans un profond repli du tégument séminal.
Les deux espèces présentes à Madagascar se séparent très aisément :
D Feuilles simples. Fleurs à (3-) 4 (-5) sépales; étamines 5-9; staminodes présents dans les fleurs femelles.
1. D. viscosa.
I • Feuilles pennées, i (3-) 10-13 paires de folioles. Fleurs à 5-7 sépales; étamines 11-14; pas de staminodes
ans les fleurs femelles. 2. D. madagascariensis.
D Dodonaea viscosa Jacq. Enum. PI. Carib. 19 (1760) ; Radlkofer in Engler, Z. c. :
1363 (1933); Choux. Index : 20 (1926), Mémoires: 88 11927), Catalogue: 14
(1931) ; Sherff, Bot. Ser. Field Mus. Nat. Hist. 23 : 308 (1947). — Planche 4
fig. 12-19.
Radlkofer, dans le Pflanzenreich, a distingué, dans cette espèce pantropicale,
trois variétés et un certain nombre de formes; Sherff a légèrement modifié le groupe-
•nent proposé par Radlkofer, surtout dans un but nomenclatural. et a distingué quatre
variétés et sept formes. Choux, dans ses travaux sur les Sapindacées malgaches, a
Source : MNHN, Paris
28
1. CAPURON
insisté sur le polymorphisme de cette espèce que l’on rencontre à peu près partout
dans la Grande Ile, depuis le bord de la mer jusqu’aux environs de 2 000 m d’altitude.
Si l’on s’en tient aux plantes de Madagascar les Dotlonaea paraissent se laisser
séparer en deux groupes. Dans l’un viennent se placer des plantes croissant au voisinage
de la mer; leurs feuilles sont particulièrement larges (elles peuvent atteindre 3 cm de
largeur), environ 3-4 fois plus longues que larges; leur limbe, membraneux, reste
vert en séchant; les fruits sont presque toujours de grande taille (jusqu’à 25 mm de
diamètre). Cette forme paraît pouvoir être rapportée à la « var. « vulgaris Benth.
fa. repanda (Schum. et Thonn.) Radlk. » (il se pourrait que cette forme corresponde
à celle qui a été décrite sous le nom de D. viscosa; s’il en est bien ainsi, elle devrait
s’appeler var. viscosa fa. viscosa).
Dans le deuxième groupe viennent se placer les Dodonaea dans lesquels les
feuilles ont un limbe plus étroit (rarement plus de 15 mm de largeur) et de 5 à
16 fois plus long que large; souvent, en séchant, le limbe prend une teinte foncée
ou plus ou moins rougeâtre; les fruits dépassent exceptionnellement 20 mm de largeur.
Il y a strictement tous les intermédiaires entre les plantes ayant des feuilles encore
relativement larges (disons de 5 à 8 fois plus longues que larges) et celles à feuilles
plus étroites (de 7-8 à 16 fois plus longues que larges). Les premières, que je crois
pouvoir rapporter à la «var. vulgaris Benth. fa. burmanniana (Schum. et Thonn.)
Radlk. », se rencontrent aux Comores (les plantes de cet archipel avaient été rapportées
à la fa. Schiedeana [Schlecht.] Radlk. par Radlkofer) et, grosso modo, dans la
moitié Nord de Madagascar (jusqu’à hauteur de Fianarantsoa-Ambalavao approxima¬
tivement) . Les secondes, que l’on peut rapporter à la « var. linearis (Harv. et Sond.)
Sherff> (= var. angustifolia Benth. de Radlkofer), occupent la moitié Sud de l’île;
les plantes dans lesquelles le rapport longueur-largeur du limbe est le plus élevé (de
13 à 16) croissent dans l’extrême Sud, et ce caractère paraît correspondre à l’aridité
particulièrement marquée des stations où on les rencontre. Mais, répétons-le, les coupures
que l’on peut être tenté d’effectuer dans les plantes du deuxième groupe sont tout à
fait artificielles.
2. Dodonaea madagascariensis Radlk. Abli. Natunv. ver. Bremen 8 : 470 (1884) ;
in Engler, /. c. ; 1384 (1933) ; in Engler et Prantl, Nat. Pfl. 3.5 : 357 (1895) ;
in Palacky, Cal. PI. Madag. 5 : 54 (1907) ; Baker, in Journ. Linn. Soc. 21 :
325 (1884) : Bâillon in Grandidier, Hist. Madag. Atlas tab. 246 (1893) : Choux,
Mémoires : 89 (1927), Catalogue : 13 (1931). — [Dodonaea congesta Bojer msc.
in sched.']. — Planche 4, fig. 1-11.
Sur la cinquantaine d’espèces que compte le genre Dodonaea, toutes proviennent
de la région australienne en dehors du D. viscosa pantropical et du D. madagascariensis
endémique de Madagascar. C’est dire l’intérêt que cette dernière présente du point de
vue biogéographique; elle fait partie d’un lot d’espèces ou de genres dont les repré¬
sentants se trouvent à la fois à Madagascar (ou dans la Région malgache) et en
Australie ou dans les régions voisines (île Lord Howe, Nouvelle-Calédonie, etc.) ;
citons par exemple les Bubbia (Wintéracées), Macadamia (Protéacées), Ascarinopsis
(Chloranthacées), Keraudrenia (Sterculiacées), Cremocarpon (Rubiacées), etc., et même
les Andansonia (si l’on tient compte du fait que les espèces malgaches sont bien plus
voisines de l’espèce australienne que de l’espèce africaine).
Le Dodonaea madagascariensis est un arbuste ou un petit arbre originaire des
montagnes du Centre de Madagascar (Ankaratra, Andringitra, Andohahela, probable¬
ment aussi l’Isalo) ; son aire s’est largement étendue sur les Hauts Plateaux par suite
de sa culture en vue de l’élevage d’un ver à soie; c’est ainsi qu’on le rencontre assez
souvent au voisinage des villages de l’Imerina et du Betsileo, parfois même dans le pays
Bezanozano. Dans ses stations naturelles c’est un petit arbre, à port tortueux, qui
peut atteindre 6-8 m de hauteur; le tronc et les grosses branches sont recouverts d’une
écorce rougeâtre qui se détache en longues lanières à la façon de l’écorce de la vigne.
Dans le matériel à notre disposition nous avons cru pouvoir distinguer deux
variétés qui se séparent par quelques caractères fournis par les feuilles et les fruits :
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DF. MADAGASCAR ET
COMORES
29
Planche S
Doratoxylon stipulatum : 1, rameau mâle en fleurs, x 2/3; 2, fleur mâle, X 4; 3,
fleur môle vue de dessous, X 4; 4, sépale externe, X 4; 5, sépale interne, X 4;
6, fleur mâle vue de dessus, x 6; 7, disque, étamines et pistillode, X 6.
Doratoxylon apetalum s. sp. madagascariense : 8, rameau en fleurs, X 2/3; 9, fleur
male, X 4; 10, disque, X 6.
Doratoxylon littorale : 11, rameau mâle en fleurs, X 2/3; 12, fleur mâle, x 4; 13,
disque, base des filets staminaux et pistillode, X 6; 14, fleur femelle, x 4;
15, disque, staminodes et ovaire, x 6; 16, ovaire, X 6; 17, fruits, x 2/3; 18,
graine, gr. nat.; 19, embryon, gr. nat.
Source : MNHN, Paris
30
R. CAPURON
Var. madagascariensis.
Dans cette variété, les folioles les plus grandes ne dépassent gucie 3,5-4 cm
X 0,5-0,6 cm; elles sont glabrescentes à la face inférieure, non ou peu révolulées sur
les bords; les fruits ne dépassent guère 18 mm de largeur.
Cette variété a, dans l’ensemble, une aire plus septentrionale nue la suivante et
se rencontre dans l’Ankaratra, l’Andringitra et jusqu’au Kalambatitra; c’est elle qui
a été cultivée autour des villages.
Var. pilosa R. Capuron var. nov.
A lypo differt joliolis majoribus ( 4,5-7 X 1-1,5 cm) subtus saepe pubescentibus,
supra puberulis, marginibus fere semper valde revolutis, jruclibus majoribus (ad 30 mm
f atis).
Typus var. : Humbert 6140 (Andchahela).
Cette variété dont l’aire, dans sa partie septentrionale (Andringitra), se superpose
avec celle de la précédente, s’étend jusque dans les montagnes du Sud (Andohaliela) ;
on la tiouve aussi dans l’Isalo.
Source : MNHN, Paris
RÉVISI
DES s;
CF.ES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
31
III. DORATOXYI.EAE
Cette tribu groupe les Sapindacées à feuilles sans folioles terminales, à ovaire
et fruit non lobés, à fruit indéhiscent et graines sans arillode. I.es ovules, au nombre
J 10 .1 ou 2 par loge, sont pendants. Précisons que les fleurs sont régulières et que les
feuilles sont soit simples soit pennées.
Les trois genres classés dans cette tribu se séparent par les caractères suivants :
L Pétales nuis. Loges de l’ovaire 2-ovulées. Cotylédons épais, non contortupliqués. Feuilles toujours
Pennées.
2. Lobes du calice fortement imbriqués dans le bouton, libres jusqu’à leur base. Pistillode présent,
très net, dans la lle.tr mâle. Staminodes munis d’anthérodes dans la fleur femelle. Folioles ent.èrcs.
3. Doratoxylon.
2'. Lobes du calice subvalvaircs dans le bouton, soudés en cupule dans leur partie inférieure. Pistillode
minuscule dans les fleurs mâles. Staminodes sans antbérodes. Folioles généralement dentées.
5. Zanha.
*'• Pétales présents, simples. Loges de l’ovaire 1-ovuiées. Cotylédons foliacés, fortement et irrégulièrement
contortupliqués. Feuilles simples ou 1-n-juguées, à folioles entières. • lUCItm.
3. Doratoxylon Thon, ex Denlh. et Hook.
Doratoxylon Thon, ex Hook. f. in Benth. et Hook., Gen. PI. 1 : 408 (1862).
DoryulÜm Thon., Obs. Pl. II. Austr. : 59 (18111. nom. nud.
Cardiophyllarium Choux, ira Mém. Acad. Malg. 4 : 91 (1927).
Espèce Type : Doratoxylon divcrsifolium (Juss.) Jackson.
Ce genre n’était connu jusqu’à ce jour que par l’espèce Type originaire des îles
Mascareignes (Réunion et Maurice) où elle est désignée sous le nom de « Bois de
Gaulette ». A Madagascar nous en avons reconnu cinq espèces dont deux avaient ete
décrites, l’une sous ie nom A'Haplococlum? alatum par Radlkofer. Feutre sous le nom
de Cardiophyllarium apetalum par Choux.
Les Doratoxylon sont des arbustes ou des arbres, parfois de très grande taille.
® feuilles paripennées. Les articles du rachis foliaire présentent une nette tendance à
devenir ailés. Les fleurs unisexuées-dioïques sont disposées en petites cymules (souvent
uniflores), elles-mêmes parfois disposées en courtes grappes axillaires des feuilles. Le
Pédicclle et la face externe du calice sont densément recouverts d’une dense pubescence
fauve ou brunâtre; il y a généralement plusieurs petites bractées à la base du pédicelle.
Le calice est constitué normalement de 5 sépales, libres jusqu’à la base, fortement
imbriqués dans le bouton; les deux sépales externes sont nettement plus petits que
les internes et il n’est pas rare que le plus externe devienne très réduit, bractéiforme,
ou même avorte complètement (le calice ayant alors 4 sépales) ; exceptionnellement on
Peut observer 6 sépales. Les pétales son! nuis sauf dans des cas très exceptionnels (nous
avons trouvé un pétale dans une fleur de l’échantillon 1556 ft/V et un autre dans une
fleur de 18440 SF; un de ces pétales était simple, l’autre avait ses bords repliés de
façon à constituer deux écailles internes).
Le disque, glabre ou pubescent, est annulaire dans les fleurs femelles, plus aplati
flans les fleurs mâles.
Les étamines, entièrement glabres, sont au nombre de (4-) 5-7 (-8-9). Dans 1 espece
Type et dans deux espèces malgaches les étamines sont intradiscales comme il est de
règle dans les Sapindacées; dans trois autres espèces l’insertion des filets se fait dans
des fovéoles profondes de la surface du disque et il arrive très souvent que, la face
Source : MNHN, Paris
32
B. CAPURON
externe des foveoles disparaissant, plusieurs étamines deviennent pratiquement extra¬
discales (il en est de même pour les staminodes dans les fleurs femelles). Les anthères,
à déhiscence latérale-introrse, sont oscillantes.
L’ovaire globuleux ou largement ovoïde est à deux loges contenant chacune deux
ovules (d’abord collatéraux puis plus ou moins superposés) pendants du haut de la
loge; le style court ou subnui est surmonté d’un très court et robuste stigmate plus
ou moins obovoïde ou divisé en deux très courtes et robustes branches stigmatiques
divergentes et canaliculées à la face supérieure (dans les fleurs mâles, le pistillode est
très net).
Le fruit, à maturité complète, possède un péricarpe charnu, d’abord rouge puis
noirâtre; l’endocarpe est faiblement différencié. Le plus souvent une seule graine se
développe par fruit. Cette graine, pendante, possède un hile très petit, punctiforme;
sous les téguments, lisses et brillants, un peu coriaces, se trouve un embryon à cotylédons
généralement inégaux et obliquement superposés; la radicule, dirigée vers le hile, est
logée dans un repli du tégument séminal.
Les cinq espèces que nous avons reconnues à Madagascar peuvent se séparer
comme suit :
1. Pétiole pratiquement nul (0,5-3 mm), plus court que l’article suivant du rachis, la paire inférieure de
folioles étant insérée presque à la base de l’axe foliaire. Folioles (2-4 [-7] paires en général), dépassant
rarement 30 mm de longueur. Ovaire et pistillode poilus. Sépales glabres intérieurement.
1. D. stipulation.
1'. Pétiole bien développé, aussi long ou plus long que l’article suivant du rachis. Pas de folioles basilaires.
2. Ovaire (et pistillode) glabre. Folioles, généralement au nombre de (1-) 24 paires, petites, dépassant
rarement 2 cm de longueur. Sépales glabres sur la face interne. 2. D. Chouxi.
2'. Ovaire (et pistillode) pubescent.
3. Sépales pubescents sur la face interne. Folioles (au nombre de 3-5 paires en général) dépassant
rarement 3 cm de longueur. 3. D. alatum.
3'. Sépales glabres à la face interne (sauf à l’extrême bare). Folioles dépassant en règle générale 4 cm
de longueur.
4. Feuilles à (1-2-) 34 paires de folioles. Fruit obtus au sommet. 4. D. apetalum.
4'. Feuilles à 1-2 paires de folioles. Fruit atténué en pointe au sommet. 5. D. littorale.
1. Doratoxylon stipulatum R. Capuron sp. nov. — Cardiophvllarium apetalum Choux
Ann. Mus. Hist. Nat. Marseille, 22: 45, tab. 9 (1929), non Choux 1927. —
Planche 5, fig. 1-7.
A ceteris generis speciebus differt petiolo subnullo; a D. Chouxi, quo maxime
a (finis, ovario puberulo differt.
Arbuscula vel arbor parva 5-6 m alta, ramulis dense fulvo-puberulis. Folia alterna,
parva ( saepius ad 5 cm longa, rarius ad 10 cm) fo/iolis parvis (1-) 2-4 (-7) jugis, petiolo
subnullo vel brevissimo (ad 2-3 mm) ; foliolis membranaceis, inferioribus saepe minimis
et suborbicularibus, superioribus ellipticis vel rhomboidalibus, majoribus [9-25 (45) mm
longis] apice anguste emarginatis; petiolus et articuli rachidis (saepe leviter alatî)
puberuli. Flores (ca. 3 mm diam.) generis; sepala 4-5 intus glabra; discus glaber;
stamina ( 3-4■) 5 (vix 3 mm longa), intra discum inserta; ovarium dense pilosum. Fructus
ellipsoideus, sparsim ciliatus, ca. 8 mm longus.
Typus speciei : 10800 SF (Ifarantsa, Fort-Dauphin).
Cette espèce a été confondue par Choux avec le Doratoxylon Chouxi (Cardiophyl-
larium apetalum Choux), auquel elle ressemble beaucoup. La brièveté du pétiole (et les
caractères floraux indiqués) permettent de la reconnaître aisément; la paire inférieure
de folioles simule une paire de stipules, d’où le nom donné à l’espèce.
Le nombre de folioles, variable chez des individus croissant côte à côte, donne à
ces végétaux des aspects assez différents. Une Schléichérée ( Haploeoelum Perrieri R. Cap.)
possède un feuillage extraordinairement ressemblant à celui de D. stipulatum et ne peut
guère s’en distinguer que par les caractères des fleurs et des fruits.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPIN DACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 33
Le D. slipulatum paraît localisé dans la partie méridionale des Domaines de
‘Est et du Centre. Il est connu depuis la région de Nosy-Varika jusqu’à Fort-Dauphin
depuis le niveau de la mer jusqu’aux environs de 1000 m d’allitude (région de
Betroka, Ampandrandava). _
Dans la région de Vohémar (massif de Bezavona), nous avons récolté un Doratoxy-
Ion à ovaire et fruit pubescents mais à feuilles pétiolées semblables à celles du D. Chouxi,
Par conséquent intermédiaire entre cette dernière espèce et le D. stipuiatum; faute dun
Plus ample matériel, il est difficile de dire à laquelle des deux espèces il peut etre
rapporté.
2 - Doratoxylon Chou xi R. Capuron, nom. nov. — Cardiophyllarium apetalum Choux,
Mém. Acad. Malg. 4 : 92, tabl. 11 (1927). Index : 21 (1926), nom. nud.; Catalogue:
14 (1931) p. p.; Radlkofer in Engler, Z. c. 1430 (1933) p. p. Planche 6,
fig. 21-26.
Typus speciei : Perrier 1117 C (mont Tsitondroina).
L’existence du binôme Doratoxylon apetalum (Poir.) Radlk. (Melicocca apetala
Eoir.) nous conduit à changer le nom spécifique du Cardiophyllarium apetalum Choux
en transférant cette espèce au genre Doratoxylon.
Le Doratoxylon Chouxi est un arbuste de faible taille, à feuilles caduques, large-
me nt répandu dans la Région Occidentale depuis Diégo-Suarez jusqu a Tulear; il
Pénètre jusqu’aux confins du Domaine du Centre dans la région d’Ihosy. Comme beaucoup
d e végétaux croissant dans l’Ouest, il présente, à coté de rameaux d élongation portant
quelques feuilles alternes éloignées les unes des autres, des rameaux courts au sommet
desquels les feuilles sont groupées en bouquet (en général par 2-3). Les fleurs sont de
Petite taille et brièvement pédicellées, parfois même presque sessiles, en glomerules
Pauciflores. Les sépales sont au nombre de 5 (une seule nous a montré 6 sepales) ; les
étamines sont au nombre de 4-6, intradiscales; le disque est glabre; il en est de meme
Pour l’ovaire et le pistillode, caractère qui l’oppose à tous les autres Doratoxylon. Le
fruit est tantôt ovoïde, tantôt obovoïde, tantôt nettement pyriforme; ces variations peuvent
s’observer sur des pieds croissant côte à côte et on ne peut leur attribuer aucune valeur
taxonomique. , . , .
Au point de vue nature du sol cette espèce croît indifféremment sur les calcaires,
les sables, les alluvions, les gneiss. .
Comme l’a déjà signalé M. Choux, l’espèce existe probablement a 1 île Mayotte dans
l’archipel des Comores (Boivin 3360); un autre échantillon a été récolté a Anjouan
l lavanchie s. n°). Ces deux échantillons étant stériles ou en fleurs très jeunes il subsiste
cependant un point de doute quant à l’attribution spécifique exacte.
3. Doratoxylon alatum (Radlk.) R. Capuron comb. nov. — Hap/ocoelum? alatum
Radlk. in Engler, Z. c. : 883 (1932). — Planche 6, fig. 14-20.
Typus speciei : Perrier 364 (Tsarasaotra).
Bien que les fleurs femelles et les fruits de cette espèce demeurent inconnus
nous la rapportons sans hésitation au genre Doratoxylon. Ses feuilles ressemblent beau¬
coup, en plus grand, à celles du Doratoxylon Chouxi.
Dans les trois échantillons de cette espèce que nous avons à notre disposition les
articles du rachis sont nettement ailés. Les fleurs analysées nous ont montré 4 ou 5
sépales et 4 ou 5 étamines (le nombre d’étamines ne correspondant pas nécessairement
à celui des sépales) ; les sépales sont pubescents sur leur face interne, caractère qui
oppose cette espèce aux autres Doratoxylon connus. Dans cette espèce enfin les étamines
sont nettement insérées dans des fovéoles profondes de la marge externe du disque.
L’espèce, représentée par un arbuste ou un petit arbre de 5-6 m de hauteur, n’est
connue pour le moment, outre la localité du Type, que de la presqu’île d’Antonibe, de
la région de Majunga et de celle de Namakia (Mitsinjo)
8 564029 6 3
Source : MNHN, Paris
34
t. CAPURON
4. Doratoxylon apetalum (Poir.) Radlk. in Durand, Ind. Gen. : 81 (1887). — Dora-
toxylon mauritianum Thou. sec. Boj. ex Baker, Fl. Maurit. : 60 (1877) ; Radlk-
ofer, in Engler, l. c. : 1422 (1934). — Melicocca apetala Poir. in Lam. Encycl.
Suppl. 3 : 224 (1813). — Melicocca diversifolia Juss., Mém. Mus. Hist. Nat. 3 :
187, tab. 7 (1817). — Planche 5, fig. 8-10.
Typus speciei : Dupuis s. n" (Isle de France).
S. sp. madagascariense R. Capuron s. sp. nov. :
A s. sp. apetalum differt floribus majoribus et praesertim staminibus subextradis-
calibus vel in foveolis disci insertis.
Arbores saepe excelsae (ad 25-30 m altae et 0,50-1 m in diam.). Folia alterna
5-15 cm longa, petiolata, articulis rachidis marginatis vel leviter alatis; foliota coriacea
( 1-2 -) 3-4-juga, inferiora minora, (2-) 4-9,5 X (/-) 1,5-4 cm, elliptica vel obovato-elliptica
vel obovata, sessilia, basin versus cuneatim altenuata, apice obtusa vel subrotundata
nonnunquam acutiuscula, extremo apice saepe emarginata. Inflorescentiae saepe multiflorae.
Flores ad 6-7 mm diam., pedicellati (pedicelto robusto 3-5 mm Ion go) ; sepala 4-5 (-6),
exteriora 1-2 minora orbicularia vel ovato-triangularia marginibus ciliatis non petaloideis,
interiora majora marginibus subpetaloideis longe ciliatis, omnia intus glabra (nonnum-
quam ima basi ordine pilorum instructa) ; disais glaber vel sparsim puberulus; stamina
(4-) 5-7 (-8-9 ) exserta, ca. 5 mm longa, fllamentis in disci foveolis insertis vel fere
exlradiscalibus, antheris ovatis ca. 1-1,25 mm longis (in floribus foemineis staminodia
ca. 1,5 mm longa) ; ovarium late ovoideum vel subglobosum (ca. 2 mm altum) dense et
adpresse pilosum (in floribus masculis pistillodium pilosum). Fr uct us ovoideus (ca. 1 cm
longus), apice obtusus, saepius monospermus; semina ca. 8 mm longa.
Typus subspeciei : 18364 SF (Ambohimanga).
Aux îles Mascareignes le Doratoxylon apetalum (Poir.) Radlk. est un arbuste
ou un petit arbre fort commun (au moins à la Réunion) à feuillage très variable (ces
variations portent sur le nombre, la forme et la taille des folioles). Je n’ai pas cru
devoir en séparer spécifiquement les Doratoxylon malgaches décrits ci-dessus, aucun
caractère de réelle valeur, en dehors de la position des étamines, ne permettant de les
distinguer avec certitude. Dans les échantillons des Mascareignes, nos analyses nous ont
toujours montré des étamines intradiscales alors que dans les plantes malgaches les
étamines sont soit insérées sur le disque soit dans des fovéoles de sa marge externe.
À Madagascar les représentants du D. apetalum sont des arbres souvent de grande
ou très grande taille. Leur feuillage, relativement moins variable que dans la sous-
espèce type, ressemble à celui de certaines formes de la Réunion ou de Maurice. Indépen¬
damment du nombre de folioles, variable sur un même individu, les principales variations
que l’on peut observer chez les plantes malgaches concernent la pubescence des folioles :
dans certains individus, paraissant surtout localisés dans le Nord ou le Nord-Est (massif
du Tsaratanana, bassin de la Bemarivo du N.-E.), les folioles présentent à leur face
inférieure une assez abondante pubescence que l’on n’observe pas, ou tout au moins a
un degré bien moindre, dans les individus provenant du reste de l'aire; cependant
comme cette pubescence finit par disparaître presque complètement sur les vieilles folioles,
je ne pense pas qu’il y ait lieu de distinguer des variétés.
La formule florale est variable suivant les individus et aussi à l’intérieur d’un
même individu. Nous en donnerons quelques exemples.
Dans 1556 RN, provenant de Manakambahiny-Est, l’analyse de 36 fleurs (mâles)
nous a donné les résultats suivants :
10 fleurs à 4 sépale9 dont :
1 fleur à 7 étamines;
7 fleurs à 6 étamines;
1 fleur à 5 étamines;
1 fleur à 4 étamines.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
Zanha suaveoleru ; 1, rameau feuillé, x 2/3; 2, inflorescence femelle, X 2/3; 3, frag¬
ment d’inflorescence femelle, x 4; 4, disque, staminodes et ovaire, X 4; S,
loge ovarienne ouverte, X 6; 6, inflorescence mâle, X 2/3; 7, fragment d’inflo¬
rescence et fleur mâle, x 4; 8, bractée, X 6; 9, autre forme de bractée, x 6
10, calice, disque et base des filets staminaux, X 4; 11, calice et disque vus de
dessus, x S; 12, fruit, x 2/3; 13, embryon, gr. nat.
Doraioxylon alatum : 14, feuille, x 2/3; 15, inflorescence mâle, gr. nat.; 16, fleur
mâle, x 4; 17, fleur mâle ouverte, x 6; 18, disque et pistillode vus de dessus,
X 6; 19 et 20, anthère, faces interne et externe, x 6.
Doraioxylon Chouxi : 21, rameau en fruit, x 2/3; 22, fragment d’inflorescence mâle,
X 4; 23, disque, étamines (deux enlevées) et pistillode, x 6; 24, fragment
d’inflorescence femelle avec un jeune fruit, x 4; 25, disque, staminodes et
ovaire, x 6; 26, fruit, x 1,5,
Source : MNHN, Paris
36
t. CAPURON
26 fleurs à 5 sépales dont :
2 fleurs à 7 étamines;
16 fleurs à 6 étamines;
8 fleurs à 5 étamines.
Dans 18364 SF, provenant d’Ambohimanga (au N. de Tananarive), l’analyse de
22 fleurs (femelles) nous a montré :
1 fleur à 4 sépales et 8 staminodes.
21 fleurs à 5 sépales dont :
2 fleurs à 6 staminodes ;
12 fleurs à 7 staminodes ;
6 fleurs à 8 staminodes;
1 fleur à 9 staminodes.
Dans 18365 SF, de même provenance, l’analyse de 19 fleurs (mâles) nous a donné
les résultats suivants :
1 fleur à 4 sépales et 7 étamines.
17 fleurs à 5 sépales dont :
6 fleurs à 6 étamines;
9 fleurs à 7 étamines;
2 fleurs à 8 étamine3.
1 fleur à 6 sépales et 8 étamines.
Dans 27810 SF enfin, provenant d’Andramasina, l’analyse de 10 fleurs nous a
montré .
2 fleurs à 4 sépales dont :
1 fleur à 6 staminodes;
1 fleur à 5 staminodes.
8 fleurs à 5 sépales dont :
4 fleurs à 6 staminodes ;
4 fleurs à 5 staminodes.
La grande majorité des jeunes plants de D. apetalum s. sp. madagascariense
présentent un feuillage constitué de feuilles simplement pennées comme les sujets
adultes. L’un d’eux cependant, 20359 bis SF, récolté dans la région d'Anivorano-Nord,
nous a présenté un feuillage très particulier; la plupart des feuilles sont constituées,
vers le bas, de folioles normales, puis, plus haut, de folioles incisées ou de pennes, les
feuilles devenant ainsi bi-pennées; certaines des folioles n’ont que des incisions arrivant
jusqu’à la nervure principale ou à son voisinage; sur d’autres folioles deux foliolules
inférieures sont déjà isolées, tandis que le haut du limbe est simplement incisé; enfin
le stade ultime est atteint lorsque les folioles sont transformées en pennes à 3-4 paires
de foliolules (dans ces pennes, le rachis, c’est-à-dire la nervure principale de la foliole
primitive, est ailé entre les paires de foliolules successives).
À Madagascar, le D. apetalum est une espèce à aire très vaste. Très largement
répandue dans le Domaine du Centre (du massif du Tsaratanana au Nord jusque dans
la région de Betroka au Sud), elle descend plus ou moins dans le Domaine de l’Est
(région de Périnet, du lac Alaotra, bassin de la Bemarivo du Nord-Est) ainsi que, dans
la partie septentrionale de son aire, dans le Domaine de l’Ouest (forêt de Bora à l’Est
d’Antsohy, plateau de l’Ankarana et ses abords dans la région d’Anivorano Nord,
Vohémar).
Source : MNHN, Paris
37
5 SAPtNDACEES l
f DES COMORES
5. Doratoxylon littorale R. Capuron sp. nov.
Fnuex vel arbor parva, ram,dis mox glabris, adultis lenticelloso-punctatis. Folia
alterna, junior a vix puberula, adulta glabra, petiolata (petiolo (1-) 1,5-4 cm longo,
r obus,a, marginibus anguloso-acutis, supra canaliculato) ; foliota 1-2 (-rassisime 3-) juga,
sessilia vel subsessilia, laie elliptica vel tenter obovata. ranus sat anguste elliptica
{3,5) 5-9 (II) x (1,5-) 2.5-4 (-6) cm, basi cuneata, apice rotundata vel obtusa nonnunquam
teviter acuminata, extremo apice sernper emarginata; Costa supra tentercannulatainfra
Prominens; nervi secundarii numerosi, tenuissimi, a tertiams parum distincn. Injiores-
centiae axillares, cymosae, parvae, masculae magis quam foemmeae flon erae axious
dense fulvo-puberulis; pedicellus (•?-) 4-5 mm longus, sat gracihs ut etsepala P ubesce ™>
se Pala (4-) 5, inacqualia, exterius saepe minimum et bracteijorme (1,3 X 1 mm), "assum
interiora valde concava, suborbicularia vel late elliptica (2,5-3 X m m), mar
eiliatis, intus glabra. Dises irregulariter sulcatus margine p us minus ahata, "
S-6-7 filamentibus 3 mm longis glabris supra discum in foveohs insertis, anthens glab™
<în flor. foemineis staminodia vix exserta, antheris vacuis parvis) ; ovanum (m floribus
nasculis pistülodium hirsutum) ovoideum vel subglobosum, densissime talv°-pihsum
apicem versus in stylum brevem et crassum attenuatum, saepe dechnatum apice subcapi-
’atum. Fructus glabrescens et deinde glaber, ovoideus (w sicco 1,5-2 X U,a-icm
vivo 2-3 X 1-1,5 cm), apice manifeste acuminatus, 1-2-spermus. Semina ovaha (1 X 0,7 cm)
testa brunnea. — Planche 5, fig. 11-19.
T y pus speciki : 6323 SF (Ambila-Lemaitso).
Nous avons hésité à séparer cette espèce de la précédente dont elle ne didère
somme tonte „„e par do. caractère, peu importants. Se, feuille, sur les rnd.vrdtts flort-
fères, ont généralement «ne ou moins souvent deux paires de folioles; Perner signale
dans une note qui accompagne son échantillon 14150 qu’elles peuvent en avoir trois
Paires; ce cas doit être exceptionnel dans les individus adultes (nous nen avons pas u
e " herbier, sauf sur des formes de jeunesse) ; ces folioles sont souvent de grande taille
furtout sur les individus croissant dans les forets littorales. Les organes végétatifs sont
à peine pubérulents dans leur jeunesse; ils sont pratiquement glabres ou g a
l’état adulte. Les pédicelles floraux sont sensiblement plus greles et plus longs que dans
le D. apetalum. Les fruits paraissent être toujours nettement atténués en pointe vers
sommet (alors que dans l’espèce précédente les fruits sont arrondis).
L’espèce est localisée aux basses altitudes du Domaine de 1 Est; elle est assez
abondante, çà et là, dans les forêts côtières ou de basse altitude; elle est connue depuis
Antalaha jusque dans la région de Farafangana.
4. Filicium Thwaites
Filicium Thwaites ex Hook. f. in Benth. et Hook., Gen. PL 1 : 325 (1862).
Pseudoprotorhus H. Perrier in Mêm. Mus. Hist. Nat. Paris, n. s., 18 : 264 (1944).
L’aire de ce genre s’étend sur l’Afrique Orientale, la partie sud-occidentale de
l'Inde, Ceylan, Madagascar et les Comores. Il groupe trois espèces, toutes trois présentes
a Madagascar^. ^ * A ) Thw (auquel doh êlre réuni i e F. elongatum Radlk.
décrit du Tanganyika) qui occupe toute l’aire du genre;
Filicium thouarsianum (DC.) R. Cap., propre à Madagascar.
Filicium longifolium (H. Perr.) R. Cap., de Madagascar et des Comores.
Une autre espèce, F. somalense Chiov. avait été rapportée au genre; elle doit en
être exclue (nous en avons vu le Type dans l’herbier de Florence) et rattachée au
genre Haplocoelum (c’est probablement un synonyme d ’Haplocoelum inoploeum Radlk.).
Le genre Filicium a été diversement classé par les botanistes. C’est ainsi que
son espèce Type, longtemps la seule connue, fut d’abord décrite par Wight et Arnott en
1834 comme Anacardiacée, sous le nom de Rhus decipiens W. et A.; Thwaites en 1854
Source : MNHN, Paris
38
B. CAPURON
créait le genre Filicium qu’il laissait dans les Anacardiacées suivi plus tard, en 1867,
par Marchand; en 1944 enfin, Perrier de la Bathie classait dans cette famille son genre
Pseudoprotorhus.
En 1862, Hooker f. transférait le genre aux Burséracées et écrivait : « Genus valde
anomalum, disco Sapindacearum, ovula solitario Anacardiacearum, sed ob ovuli micropylem
superam cum raphe dorsali, cotyledones foliaceas, aliasque notas, manifeste inter Bursc-
raceas locandum »; il devait être suivi dans cette voie par Thwaites (1864), Bennett
(1869), Trimen (1893) et Worthington (1959).
En 1855 et 1858, Thwaites proposait de classer le genre Filicium dans les
Sapindacées, opinion que le même auteur, nous l’avons vu, devait abandonner plus tard.
C’est Bâillon qui, en 1874, transférait définitivement le genre aux Sapindacées, suivi
par Radlkofer (1879), Engler (1883) et la plupart des auteurs modernes.
A vrai dire le genre Filicium occupe une place assez à part dans les Sapindacées
par les caractères de ses cotylédons qui rappellent beaucoup ceux que l’on observe
dans les Burséracées.
Cependant plusieurs caractères de la graine sont bien ceux que l'on observe dans
les Sapindacées : c’est le cas en particulier de la radicule qui, comme dans beaucoup
de genres, est placée à l’extrémité de deux bras cotylédonaires et logée, ainsi que ces
derniers, dans un profond repli du tégument séminal ; les cotylédons, comme on peut
s’en rendre compte par la position de leurs bras et par l’observation des graines relati¬
vement simples du Filicium longifolium et du F. thouarsianum, sont superposés
(notorrhize) ; dans le F. decipiens les cotylédons sont très fortement contortupliqués et
leurs plis, en s’intriquant les uns dans les autres rendent pratiquement impossible leur
séparation sans rupture. Les marges des cotylédons sont profondément lobées et les lobes
sont eux-mêmes lobulés.
A ces caractères, signalés déjà par plusieurs auteurs, il convient d’ajouter que la
couche interne du tégument séminal envoie des expansions entre les cotylédons et leurs
replis. Sur le sec ces expansions ressemblent un peu à de la gélatine solidifiée; après
ramollissement dans l’eau chaude elles prennent une consistance plus ou moins spon¬
gieuse. Dans le F. longifolium ces intrusions, relativement volumineuses, peuvent être assez
aisément séparées de l’embryon; dans les deux autres espèces, les intrusions sont minces,
gagnent les replis cotylédonaires les plus profonds et il est fort difficile d’en débarrasser
l’embryon.
Les trois Filicium peuvent se séparer de la façon suivante :
1. Feuilles pennées.
2. Feuilles à (2-) 3-5 (-8) paires de folioles. 1. F. decipiens.
2'. Feuilles à 1 (-2) paires de folioles. 2. F. thouarsianum.
1‘. Feuilles simples. 3. F. longifolium.
1. Filicium decipiens (W. et A.) Thw., Enum. PL Zeyl., Add. et Corr. : 408 (1864) ;
Radlkofer in Engler, l. c. : 1427 (1933) ; Exell, Flora Zamb. 2.2 : 534 (1966). —
Rhus decipiens Wight et Amott, Prodr. Fl. Penins. Ind. Or. 1 : 172 (1834). —
Tina alata Danguy et Choux, Bull. Mus. Hist. Nat. Paris : 391 ( 1926) p. p. quoad
folia; Choux, Catalogue: 12 (1931); Radlkofer in Engler, l. c. : 1123 (1933). —
Planche 7, fig. 1-13.
Typus speciei : Inde méridionale.
Le Filicium decipiens est à Madagascar un bel arbre susceptible d’atteindre
parfois 25-30 m de hauteur et 0,80 m de diamètre. Dans l’ensemble les échantillons
malgaches semblent avoir des folioles moins nombreuses que les échantillons africains
ou asiatiques (chez ces derniers on signale jusqu’à 11 paires de folioles) ; si les jeunes
sujets ont parfois 8-9 paires de folioles les arbres adultes n’en comptent généralement
que 3-5 (-6) paires (7-9 paires dans la forme aptère que nous décrivons plus loin) ;
quelques feuilles, rares à vrai dire, n’ont parfois que deux paires de folioles.
Le pétiole et les articles du rachis, sauf dans la forme aptère signalée plus haut,
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
39
Filicium decipiens : 1, rameau en fleurs, X 2/3; 2, fleur mâle, X 4; 3, pétale, X 6;
4, fleur femelle, X 4; 5, pétale, x 6; 6, disque, staminodes et ovaire, x 4;
7, coupe de la fleur femelle, x 6; 8, fragment d'infrutescence, x 2/3; 9 et 10,
graine, gr. nat.; 12 et 13, embryon, x 1,5.
Filicium thouartianum : 14, feuille et inflorescence, X 2/3; 15, feuille à deux paires de
folioles, x 2/3; 16, fleur mâle, x 4; 17, pétale, x 6; 18, fleur mâle ouverte,
une étamine enlevée, x 4; 19-21, anthère jeune, x 8; 22, fleur femelle, pétales
Filicium longifolium : 23, feuille et inflorescence, x 2 /3; 24, fleur femelle, x 4;
25 et 26, pétale, x 6; 27, coupe de l’ovaire, x 6.
Source : MNHN, Paris
40
B. CAPURON
sont plus ou moins largement ailés (aile large de 3 à 12 mm). La taille, la consistance
et la forme des folioles varient dans d’assez fortes proportions; c’est ainsi qu'elles
peuvent être oldongues ou elliptiques, parfois étroitement obtriangulaires; leur sommet
peut être subtronqué ou au contraire s'atténuer assez longuement en pointe (l’extrême
sommet est toujours émarginé). Toutes ces variations s’observent sur les échantillons
africains et asiatiques.
Les fleurs des deux sexes se rencontrent ordinairement dans la même inflorescence;
il semble cependant exister des individus où toutes les fleurs sont, mâles. Les pétales
sont plus ou moins denticulés sur les marges et celles-ci, suivant les individus, sont
ciliées ou non.
Dans la Grande Ile le Filicium decipiens occupe une aire très vaste : toute la
Région Orientale (à l’exception du Domaine du Sambirano où il est probable que l’espèce
existe mais où elle n’a pas encore été récoltée) et dans les zones supérieures du secteur
Nord du Domaine de l’Ouest. Dans l’archipel des Comores elle est connue d’Anjouan
et de la Grande Comore.
Dans les environs de la baie d’Antongil nous avons observé à plusieurs reprises
une simple forme du Filicium decipiens caractérisée par ses feuilles à 7-9 paires de
folioles et à axe tout à fait aptère; nous la décrirons sous le nom de fa. apterum :
fa. apterum R. Capuron fa. nov. : a forma typica differt petiolo rachidique
omnino exalatis.
Typus formae : 18254 S F (Rantabe, baie d’Antongil).
2. Filicium thouarsianum (DC.) R. Capuron comb. nov. — Phyllarthron thouarsianum
DC., Prodr. 9 : 244 (1843). — Filicium abbreviatum Radlkofer, Sitzungsber, bayer
Akad., 20 : 277 (1890), in Engler, l. c., 1428 (1933) | Typus : Humblot 152,
Nossive]; Danguy et Choux in Bull. Mus. Hist. Nal. Paris, 33 s 102 (1927) ; Choux,
Index: 21 (1926), Mémoires: 111 (1927), Catalogue: 14 (1927). — Planche 7,
fig. 14-22.
Typus speciei : Thouars s. n° (Bignonia ? Thouars mss.).
De Candolle a décrit le Phyllarthron thouarsianum sur un échantillon stérile
récolté par Thouars, sur la côte Est de Madagascar, dans la région de Foulpointe. Dès
1927 Danguy et Choux ont reconnu l’identité de cette espèce avec le Filicium abbreviatum
de Radlkofer mais n’ont pas effectué la combinaison que nous adoptons en application
du Code de Nomenclature.
Le F. thouarsianum est une espèce très proche du F. decipiens et pourrait être
aussi bien considérée comme une variété de cette dernière. C’est un arbuste ou un petit
arbre qui paraît strictement localisé dans les forêts littorales ou sublittorales sur sables
de la côte Est, connu actuellement depuis la région de Fénérive jusque dans celle de
Vohipeno. La grande majorité des individus ne possède que des feuilles à une paire de
folioles; quelques individus présentent d’assez nombreuses feuilles à quatre folioles
mais ils ont toujours en même temps des feuilles bifoliolées. Dans ie F. decipiens les
feuilles à deux paires de folioles seulement sont tout à fait l’exception.
Les cotylédons sont moins fortement condupliqués que dans le F. decipiens et
font la transition entre cette espèce et la suivante.
3. Filicium Iongifolium (H. Perr.) R. Capuron comb. nov. -— Pseudoprotorhus longi-
folia H. Perr. in. Mém. Mus. Hist. Nat. Paris, n. s., 18 : 264 (1944), in H. Humbert,
Flore de Madagascar et des Comores, 114” famille, Anacardiacées : 63, tab. 12
(1946). — Planche 7, fig. 23-27.
Syntypes : nombreux échantillons de l’Ouest (Sud) de Madagascar.
Dans cette espèce les feuilles sont toujours simples. Les fleurs sont identiques à
celle 1 des deux autres espèces et ne peuvent en être distinguées. Les graines ont un
embryon nettement moins eontortupliqué que dans les F. decipiens et F. thouarsianum.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DF. MADAGASCAR ET DES COMORES
41
Le F. longifolium possède à Madagascar .me aire de répartition très vaste; on le
rencontre dans tout le Domaine de l’Ouest (de Vohémar jusque sur les confins orientaux
de l’Androy) ; il remonte jusque dans le Domaine du Centre (Ankaizina, Bongolava,
Tampoketsas, Haut Mandrare) et se retrouve aussi sur le versant occidental de la cuvette
du lac Alaotra. Dans la partie orientale du Domaine du Sud, l’espèce se localise le long
des cours d’eau permanents ou temporaires. Le F. longifolium se rencontre aussi a a
Grande Comore. . . .
Malgré cette aire très vaste l’espèce ne présente que de faibles variations intéressant
*a taille, la consistance des feuilles et le rapport longueur/largeur du limbe.
5. Zanha Hiern
Zanha Hiern, Cal. Afr. PL Weluiitsch 1 : 128 (1896) ; Radlkofer, in Engler, l. c. : 1420
(1933) ; Excil, Flora Zamb., 2.2 : 537 (1966).
Espèce type : Zanha golungensis Hiern.
Zanha suaveolens R. Capuron sp. nov.
Arbor excelsa dioica, foliis caducis, innovationibus (ramuUs, foliis, in flore scentiis)
résina obductis. Ramuli et folia in primo statu breviter puberula, mox glabra vel glabres-
eentia. Folia, saepius post anthesin evolventia, abrupte pinnata (1-) 2-4-]ugacum petto o
(2-4 cm longo, apice supra plus minus canaliculato) 10-15 (-20) cm longa; fohola opposita
vel subopposita vel alterna, breviter (2-6 mm) petiolulata, subaequaha; lamina submen-
branacea, asymmetrica, lanceolata vel ovato-lanceolata (2,5-) 5-9 X (1-) 2-2,5 cm), jere
s emper subfalcata, basi inacquilatera (latere superiore rotundato, infenore longe cuneato),
a Picem versus plus minus longe attenuata, marginibus crenato-dentatis, dentibus nonnun-
<iuam obsoletis. Inflorescentiae glabrae (bracteae et sepalorum apices excepti), basi
romulorum infra folia insertae, foemineae (1,5-3 cm longae) laxae peduncu o g a ro ve
Pilis rarissimis instructo et hic illic colletris parvis praedito, masculae saepe quant
loemineas breviores et densiorcs; bracteolae panne, extus pilosulae, marginibus colletris
lusiformibus fere semper instructis. Flores parvi, suaveolentes, albo-virescentes, pedicellati
(pedicello in floribus masculis 1,52,5 cm longo, prope basin articulato in floribus
foemineis 2-4 mm longo et ad medium articulato) ; calyx (ca. 1,5-2 mm altus) basi gamo-
Phyllus, (3-) 4-5-lobatus, lobis obovatis margine apicale ciliolatis, extra supra pilosiusculis ;
disais glaber, annularis, parvus; stamina (3-) 4-5 (-6) glabra, filamentis in alabastro
rectis et brevibus, per anthesin 4-5 mm longis et longe exsertis, anthens ellipticis, ca.
1,25 mm longis, rimis lateralibus dehiscentibus (in floribus foemineis staminodia 4-3,
Qcicularia, ca. 1 mm longa, ananthera vel rarissime anthera minutissima instructa) ;
ovarium (in floribus masculis pistillodium minutissimum) glabrum, ovoideum vel subglo-
bosum leviter compressum, ad 1,5-2 mm longum, 2-loculare; Stylus sal robustus, ca. 1 mm.
tongus, apice. leviter dilatatus et subbilobatus. Fructus drupaceus late ovoideus vel olwi-
formis (ad 2,5 X 1,5-1,8 cm), basi calice persistente cinctus, apice apiculatus, in vivo
s tatu aurantiacus et armeniacum olens, mesocarpio carnoso, endocarpio coriaceo; semen
nbortu unicum fructu conforme, fere ex apice loculi pendulum, hilo punctiforme, testa
nicmbranacea badia; embryo rectiusculus, cotyledonibus crassis plus minus inaequalibus,
tadicula sapera, hilo contigua, papilliforme. — Planche 6, fig. 1-13.
Typus speciei : 27926 SF (fl. ?). Cotypus masculus ; 27925 SF; C. fructifer :
27927 SF (Nord de Tuléar).
Le Zanha suaveolens est un bel arbre qui, dans les meilleures conditions de sol,
Peut atteindre une quinzaine de mètres de hauteur et 0,50-0,60 m de diamètre. Son tronc
présente parfois une nette constriction au collet ce qui lui donne un aspect fusiforme
rappelant un peu ce que l’on observe dans divers Delonix du Sud. L’écorce est d’un
type platanoïde très net, de couleur générale rougeâtre ou orangée rappelant beaucoup
celle du Stadmania oppositifolia. Cette écorce contiendrait des saponines et aurait été
Source : MNHN, Paris
42
parfois, au dire des Malgaches, utilisée comme savon (d’où le nom vernaculaire de
Savonihazo).
Le Zanha suaveolens paraît se distinguer des deux espèces décrites d’Afrique par
ses filets staminaux courts et droits dans le bouton (dans les espèces africaines les filets
sont longs et enroulés en hélice). Par ses feuilles glabres (ou ne présentant que quelques
traces de pubescence) il paraît se rapprocher du Z. golungensis.
Les inflorescences se développent à l’extrême base des jeunes rameaux en cours de
développement; souvent même les mâles (d’ordinaire nettement plus courtes et plus
denses que les femelles) paraissent se développer sur des sortes de rameaux courts qui
ne semblent pas devoir donner naissance à une pousse feuillée.
Le calice est en coupe très courte à sa base (la hauteur de soudure, au demeurant
assez variable d’une fleur à l’autre, et même dans une seule fleur, ne paraît pas dépasser
le quart de la longueur totale du calice). Dans le bouton les sépales sont très légèrement
imbriqués.
Dans des fleurs mâles conservées en alcool nous avons pu constater l’existence d’un
minuscule pistillode légèrement bilobé (ce pistillode est bien moins haut que le disque,
beaucoup moins développé que dans les Doratoxylon).
Chaque loge de l’ovaire contient deux ovules collatéraux-pendants insérés à la face
inférieure d’un massif tissulaire (processus placentaire?) fixé dans le haut de la loge; les
ovules sont anatropes et sont adossés l’un à l’autre par leur raphé (d’où les micropyles
tournés vers l’extérieur).
Le style est légèrement dilaté à son sommet en un stigmate très superficiellement
bilobé, un peu en forme de toit à deux pans.
Après la fécondation des ovules les axes des inflorescences s’allongent nettement
et les infrutescences sont pendantes. Dans le fruit la cloison qui sépare la loge fertile
de la loge stérile est très mince; lorsqu’on extrait la graine du fruit les cordons vascu¬
laires qui parcourent l’axe se séparent de la cloison et présentent un peu l’aspect d'un
long funicule basilaire auquel serait suspendue la graine; ce cordon vasculaire imprime
un sillon longitudinal sur la graine. Le tégument séminal est parcouru par de nombreux
faisceaux vasculaires qui partent du gros cordon raphéal. La surface des cotylédons est
légèrement sillonnée-ondulée.
Le Z. suaveolens est actuellement connu d’une aire limitée comprise entre l’embou¬
chure de l’Onilahy au Sud jusqu’à celle de la Soahanina au Nord (au Sud de Maintirano) ;
l’espèce ne paraît jamais s’écarter beaucoup des zones côtières (tout au plus à une
cinquantaine de kilomètres de la mer dans la région de Manja).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION
SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
43
IV. HARPULLIEAE
Les Harpulliées groupent les Sapindacées présentant deux ovules par loge, des
fr,, its capsulaires et des feuilles sans foliole terminale développée.
Majidea Kirk et Conchopetalum Radlk. représentent cette tribu à Madagascar;
on peut les séparer de la manière suivante :
L Pubescence (sur les jeunes r
en panicules au sommet des
mnmk. ovaire, ata.,) cnatMe de poil. tndMIh
rameaux. Pétales 4, petits, plus courts que les sépales. Crames poilues.
6. Majidea.
L Pas de poils stellés. Inflorescences en cymes courtes, groupées ■
souvent insérées sur le vieux bois. Pétales 5, aussi grands i
glabres.
non en têtes plus ou moins sphériques,
plus grands que les sépales. Graines
7. Conchopetalum.
6. Majidea Kirk ex Oliv.
Majidea Kirk e* Oliv. in Hook. le. Plant. 78, tab. 1097 (1871) ; Radlkofer, in Engl. 1.1
1462 (1934).
Espèce :
E : Majidea zanguebarica Kirk.
msidéré comme une section du genre Harpdlù, Rmb., je ym /UIUm
Souvent Cousiueie comme ni» d --' n .. .
J^irk est considéré comme autonome par Radlkofer, suivi en cela par ou *’ e , e , ’
Hauman, Keay, etc.; dans les Harpullia, les ovaires et les capsules sont en réglé generale
à deux loges, les graines glabres et les cotylédons simplement superposes; dans les
Majidea, les ovaires et les capsules sont à trois loges, les graines poilues et les cotylédons
enroulés.
Don, le genre MajiJa ninei défini, R.dlkofer . di.lingué deu* section, l’une,
G oniodiscus, groupant les espèces à fleurs régulières, à pétales nuis ou au nombre de l-A
à disque régulier, l'autre, Harpulliopsis, à fleurs irrégulières 4-pétalees et a disque
unilatéral. Dans cette dernière section viennent se placer deux especes. Majidea ™ n ü u e-
barica Kirk à capsules pubescentes extérieurement et M. madagascariensis (Baill.) Radlk.
a capsules devenant glabres.
A lui seul ce caractère nous paraît insuffisant pour maintenir deux espèces et nous
rattacherons le M. madagascariensis au M. zanguebarica à titre de sous-espece, allant
ainsi moins loin que Choux qui considérait les deux espèces comme entièrement syno¬
nymes. Les deux sous-espèces sont présentes à Madagascar mais avec des aires parfaite¬
ment distinctes.
L Majidea zanguebarica Kirk s. sp. zanguebarica. — Planche 8, fig. 14-20.
Les représentants de cette sous-espèce sont localisés, à Madagascar, dans la Région
Orientale où nous les connaissons, aux basses altitudes, depuis la région de Sambava,
a « Nord, jusque dans celle de Fénérive, au Sud. Comme dans les plantes d’Afrique
Orientale les capsules sont ici densément recouvertes d’une toison fauve persistante
constituée de poils stellés; comme dans les plantes africaines les pétales sont nettement
ciliés sur les bords (et munis en outre de quelques poils sur la face interne), caractère
lui ne se rencontre que très exceptionnellement dans la s. sp. madagascariensis.
Croissant dans une zone très arrosée de la Grande Ile, ces Majidea présentent une
v égétation particulièrement opulente (les inflorescences, entr’autres, atteignent parfois
30 cm de longueur) et il se pourrait qu’une comparaison plus poussée de ces plantes
av ec leurs homologues africains conduise à les en séparer à titre de variété.
Source : MNHN, Paris
44
». CAPURON
2. Majidea zanguebarica Kirk s. sp. madagascariensis (Bâillon) R. Capnron stat.
nov. — Cossignia madagascariensis Baill., Adansonia 11 : 247 (1874), Hist. PL 5 :
422 (1874) [sect. Harpulliopsis] ; in Grandidier, Hist. Madag ., Atlas, tab. 248 B
(1893) ; Harpullia madagascariensis (Baill.) Radlk., Sap. Holl.-lnd. : 53 (1877-1878).
— Majidea madagascariensis (Baill.) Radlk., in Engl. Bot. Jahrb. 56 : 256 (1920),
in Engler, /. c. : 1466 (1934). — Majidea zanguebarica sensu Choux. Index: 21
(1926) ; Mémoires : 93 (1927) ; Catalogue : 14 (1931). — Planche 8, fig. 1-13.
Syntypes : Nord et Nord-Ouest de Madagascar.
Cette sous-espèce se rencontre dans la Région Occidentale où nous la connaissons
depuis Vohémar, au Nord, jusque dans la région de Morond'iva, au Sud; comme
beaucoup d’espèces de l’Ouest elle pénètre dans le Domaine du Sambirano (Domaine
floristiquement rattaché à la Région Occidentale) ; son aire est donc géographiquement
très distincte de celle de la s. sp. zanguebarica. Altitudinairement on la trouve depuis
le bord de la mer jusqu’aux environs de 500-600 in d’altitude.
Présente aussi bien dans les formations dégradées que dans les formations primi¬
tives, elle paraît indifférente aux sols et on peut la rencontrer sur les dunes litlorales,
les sables de l’intérieur, les calcaires, les alluvions, les latérites, etc. Bien entendu,
croissant dans des conditions écologiques variées, son appareil végétatif présente des
différences assez importantes qui intéressent surtout la taille des feuilles et des folioles,
celle des inflorescences, etc.
À l’état jeune les organes végétatifs sont densément recouverts d’une pubescence
fauve, constituée de poils fasciculés, qui disparaît rapidement des feuilles. L’ovaire,
d’abord pubescent, devient rapidement glabre au cours de sa transformation en fruit
(seuls quelques échantillons présentent sur les fruits des traces de pubescence).
Choux, pour réunir le Majidea madagascariensis au AI. zanguebarica, a invoqué
la présence des deux espèces à Zanzibar; un échantillon de la première y aurait été
récolté par Boivin. Nous avons pu examiner cet échantillon qui par ses capsules très
pubescentes est indiscutablement un M. zanguebarica typique. En conséquence, jusqu’à
plus ample informé, nous considérons la s. sp. madagascariensis comine propre à Mada¬
gascar.
7. Conchopetalnm Radlkofer
Conchopetalum Radlk. in Durand, Ind. Gen, : 81 (1887) ; in SUzungs. bayer Akad. 20 :
280 (1890) ; in Engler, l. c. ; 1431 (1933).
Espèce Type : Conchopetalum madagascariense Radlk.
Les représentants de ce genre, endémique de Madagascar, sont de grands arbustes
ou des arbres (parfois de grande ou très grande taille). Les très jeunes bourgeons sont
recouverts d’un enduit résineux qui disparaît très promptement. La pubescence, au
demeurant très peu abondante, constituée de poils simples très courts, est localisée pres¬
que uniquement sur les axes des inflorescences. Ces dernières sont en partie axillaires
des feuilles, en partie insérées sur le vieux bois (rameaux au-dessous des feuilles, petites
branches) ; ce sont des cymes, ramifiées dès la base, ne dépassant guère 3 cm de longueur;
lorsqu’elles sont insérées sur le vieux bois, les inflorescences sont généralement groupées
à plusieurs et constituent ainsi des sortes de fausses ombelles hémisphéricpies.
Les pédicelles floraux sont nettement articulés, soit près de leur base, soit vers
leur milieu. Les fleurs, d’un rouge vif sur le frais, sont de loin les plus grandes parmi
celles des Sapindacées malgaches; au cours de la floraison leurs divers organes s’accrois¬
sent beaucoup : pétales, étamines (pas les staminodes), disque, style. Les fleurs (les
deux sexes sont présents dans la même inflorescence) sont presque régulières (deux
pétales paraissent cependant un peu moins développés que les trois autres) ; les sépales,
faiblement imbriqués, laissent apercevoir les pétales de bonne heure; cps derniers, longs
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DBS SAPINDACÉF.S DF. MADAGASCAR ET DES COMORES
45
Planche 8
Majidea zanguebarica s. sp. madagascariensis 1, feuille et inflorescence, x 2/3;
2, ovaire, staininodcs et disque d’une fleur femelle, X 4; 3, sépale, face interne,
X 4; 4, pétale, X 4; 5, section longitudinale d’une fleur femelle, X 4; 6, ovaire,
section transversale, X 4; 7, base des étamines, disque et base des sépales d’une
fleur mâle, X 4; 8, section longitudinale d’une fleur mâle, X 4; 9, rameau en
fruits, x 2/3; 10 et 11, graine vue de profil et de face, gr. nat.; 12, graine,
section longitudinale, gr. nat.; 13, embryon, profil, gr. nat.
Majidea zanguebarica s. sp. zangueborica : 14, feuille et inflorescence, x 2/3; 15,
pétale, face interne, X 4; 16, disque d’une fleur mâle à quatre pétales, X 4;
17, anthère, x 4; 18, section longitudinale du disque et du pistillode, x 4;
19, disque d’une fleur à cinq pétales, x 4; 20, fruit, X 2/3.
Source : MNHN, Paris
46
1,‘RON
de 5-7 mm au moment où iis deviennent visibles sur le bouton, finissent par atteindre
12-15 mm; leurs bords inférieurs, comme l’a indiqué Radlkofer, sont légèrement repliés
vers l’extérieur. Le disque, primitivement presque plan, a en son centre ou près du
centre une légère protubérance qui durant l’anthèse s’accroît pour former une colonne
plus ou moins cylindrique, haute de 2-3 mm, au sommet de laquelle se trouvent les
organes reproducteurs; cette sorte d’androgynophore persiste sons le fruit. Les filets
staminaux, plus ou moins enroulés dans le bouton, atteignent à la fin 15-20 mm de
longueur. L’ovaire est à trois loges contenant chacune deux ovules d’abord collatéraux
puis superposés; les cloisons ovariennes sont incomplètes au-dessus du point d’insertion
des ovules et se prolongent sous forme de carène à l’intérieur du style qui est creux
sur une grande longueur.
Les capsules, très glabres, ont un profil général circulaire ou transversalement
elliptique; elles sont profondément trilobées par trois profonds sillons correspondant
aux cloisons ovariennes; leur péricarpe, membraneux, est beaucoup moins coriace que
celui du Majidea zanguebarica ; il est parcouru par un fin réseau de nervures assez
saillantes.
Les graines (1 ou 2 développées par loge) sont presque globuleuses (environ
12 mm de diamètre), à tégument glabre, luisant, d’un brun acajou foncé; le hile est
circulaire et mesure environ 2,5 mm de diamètre; l’embryon a deux cotylédons super¬
posés : l'un, l’intérieur, assez épais, est replié sur lui-même; l’autre, l’extérieur, assez
mince, enveloppe l’intérieur. La radicule, longue de 7 mm environ, est logée dans un
repli du tégument séminal.
Dans le matériel à notre disposition nous avons cru pouvoir reconnaître deux
espèces, très voisines l'une de l’autre, que seuls les caractères floraux permettent de
séparer :
1. Sépales aigus, aussi longs ou presque que les pétales; bractées florales bien développées, étroitement
ovales-lancéolées. 1. C. madagascariense.
1'. Sépales obtus au sommet, beaucoup plus courts que les pétales; bractées minuscules.
2. C. brachysepalum.
1. Conchopetalum madagascariense Radlk. Z. c.; in Engler. /. c. : 1431 (1933) ;
Bâillon, in Grandidier, Hist. Madag. tab. 250 A (1893); Choux, Index: 21 (1926),
Mémoires : 111 (1927), Catalogue : 14 (1931). — Planchf 9, fig. 1-5.
Types : Humblot 71 et 72.
Pendant très longtemps cette espèce n’a été connue que par les récoltes d’Humblot.
Sur une des parts d’herbier Humblot indique « Andahoul », localité que nous n’avons
trouvée sur aucune carte; dans son catalogue, il indique < Passimbe », localité qu’il est
peut-être possible d’identifier avec l’actuel Ampasimbe, important village situé sur
l’Onibe, à une dizaine de kilomètres de son embouchure. C’est en tout cas à quelques
kilomètres au Sud de ce fleuve que nous avons retrouvé l’espèce, plus précisément dans
la forêt d’Analalava, à l’Ouest de Foulpointe, où nous l’avons vue sous forme de petits
arbres de 7-8 m de hauteur (Humblot indique qu’il s’agit de grands arbres).
Les axes des inflorescences sont glabres ou ne portent que de petits poils peu
nombreux; les pédicelles floraux sont très glabres. Les bractées de l’inflorescence attei¬
gnent 6-10 X 1-1,5 mm. Les sépales, à leur complet développement, mesurent jusqu’à
10 X 4,5 mm; ils sont triangulaires-aigus, glabres. Les pétales atteignent 12 X 7,5 mm
avant de tomber. Les étamines ont des anthères obtuses ou même émarginées au sommet
dans les échantillons d’Humblot, brièvement apiculées dans les nôtres.
2. Conchopetalum brachysepalum R. Capuron sp. nov.
Valde affinis C. madagascariense a quo differt sepalis apice obtusis quam pelala
valde minoribus, bracteis bracteolisque minimis.
Arbores médiocres vel excelsae (ad 30 m altae, 0,60-0,80 m diam.) fere omnino glabrae
(inflorescentiae axibus et sepalorum apicibus exceptis). Sepala ( 3-4 X 1,5-2 mm) apice
obtusa, marginibus integris vel glanduloso-denticulatis, extra glabra vel sparse puberula,
intus sparsissime puberula; petala elliptica basi bréviter cuneata quam sepala valde
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
47
Conchopetalum madagascariense : 1, rameau en fleure, X 2 /3; 2, foliole, autre forme,
X 2/3; 3, fragment d’inflorescence et fleur mâle, X 3; fleur femelle (un sépale
et deux pétales seulement sont figurés) en début de floraison, X 4; 5, base
d’un ovaire en début de sa transformation en fruit, montrant l’accroissement
du disque, X 4.
Conchopetalum brachytepalum : 6, rameau avec une jeune infrutescence, X 2/3; 7,
fragment d’inflorescence, x 4; 8, fleur femelle, x 4; 9, sépale, X 4; 10, pétale,
face externe, x 4; 11, fleur femelle débarrassée d’une partie du calice et de la
corolle, x 4; 12, id,, à un degré plus avancé du développement de l’ovaire,
X 4; 13, ovaire, avec une loge ouverte, x 4; 14 à 14”, sections du style et de
sa base à différents niveaux, x 4; 15, fruit, x 2/3.
Source : MNHN, Paris
(. CAPURON
longiora (ad 14 X 6,5 mm) ; stamina (7-) 8 (-9) usque. cul 20 mm longa, antheris ovato-
oblongis 1 mm longis apice manifeste apiculatis (in floribus foemineis staminodia 1,5 mm
longa) ; ovarium glaberrimum. F rue tus ad 60 X 55 mm. — Planche 9, fig. 6-15.
Typus speciei : 10579 SF (Mahatulaky, Fort- Dauphin).
Le Conchopelalum brachysepalum est une espèce largement répandue mais rare
que nous connaissons de tout le Domaine oriental (depuis Samkava jusqu’à Fort-Dauphin) ;
on le rencontre depuis le bord de la mer jusque vers 500 m d’altitude.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
49
V. PAULLINIEAE
Les Paulliniées sont des Sapindacées à loges ovariennes 1-ovulées, à feuilles impa-
ri pennées munies de stipules; les fruits sont déhiscents. Seuls les deux genres Paullinia L.
61 Cardiospermum L. sont représentés à Madagascar, chacun par une espèce. Tous deux
Son t des plantes grimpantes munies de vrilles.
Les deux genres se séparent aisément :
Feuilles en règle générale à 5 folioles; liane ligneuse; fruit pyriforme, & valves coriaces ligneuses.
8. Paullinia.
L Feuilles 2-ternées; herbe grimpante; fruit vésiculeux à parois membraneuses.
9. Cardiospermum.
8. Paullinia L.
Paullinia L. Sp. PI. 1 : 365 (1753); Radlkofer, in Engler l. c. : 219 (1931).
Espèce Type : Paullinia pinnata L.
Sur les 150 espèces environ, en majorité américaines, que compte ce genre, une
seule est présente à Madagascar :
Paullinia pinnata L., I. c. : 366; Radlkofer, in Engler l. c. : 247; Choux, Mémoires :
9 (1927), Index : 14 (1926), Catalogue : 7 (1931). — Planche 10, fig. MO.
Cette espèce est largement répandue dans les régions basses de Madagascar,
au-dessous de 800 m environ, sur tout le versant Ouest de l’île. Elle paraît beaucoup
Plus rare dans l’Est. En dehors de Madagascar, où l’espèce est considérée par Perrier
de la Batliie et Choux comme introduite, on la retrouve aux Comores, en Afrique tropicale,
en Amérique tropicale.
C’est une liane atteignant plusieurs mètres de longueur. Les parties jeunes de
ce tte plante laissent écouler, à la cassure, un suc blanc-laiteux. Toutes les feuilles que
nous avons observées en herbier étaient à 5 folioles. Dans les plantes malgaches l’ovairi
est toujours entièrement recouvert d’une dense pubescence entremêlée de glandes.
9. Cardiospermum L.
Cardiospermum L. Sp. PI. 1 : 366 (1753) ; Radlkofer in Engler, /. c. : 370 (1932).
Espèce Type : Cardiospermum Halicacabum L.
Seul le Cardiospermum Halicacabum L. fait partie de la flore malgache. C’est
u ne espèce qui croît dans toutes les régions tropicales et subtropicales du globe.
Cardiospermum Halicacabum L. Sp. PI. 1 : 366 (1753) ; Radlkofer in Engler, l. c. :
379 (1932). Choux, Mémoires: 11, 110 (1927), Index : 13 (1926), Catalogue: 7
(1931). — Planche 10, fig. 11-18.
Cette espèce est une herbe le plus souvent grimpante (dressée lorsqu’il s’agit
d’individus de faible taille). Dans les échantillons malgaches les fruits mesurent la
Plupart du temps 1,5-2,2 cm de diamètre, rarement 3 cm. Nous pensons donc que c’est
8 564029 G 4
Source : MNHN, Paris
50
R. CAPURON
à la variété microcarpum (Kunth) Bl. qu’ils doivent être rapportés. Radlkofer a rapporté
à la var. Halicacabum l’échantillon Bernier 154 que rien ne différencie des autres récoltes
effectuées à Madagascar, en particulier des échantillons Hildebrandt 3191, Boivin (ex
Nossibe) qui ont été rapportés par le même auteur à la var. microcarpum.
Dans les jardins de Tananarive on cultive parfois le Cardiospermum grandifiorum
Sw. C’est une liane presque ligneuse qui peut atteindre plusieurs mètres de longueur.
Il se distingue de C. Halicacabum L. par ses fleurs de plus grande taille (8-10 mm de
longueur), les appendices du disque en forme de cornes bien développées et surtout par
son fruit qui est ellipsoidal-trigone et atteint 5-6 cm de longueur; la ligne médiane du
dos des loges est parcourue par une forte nervure d’où partent des nervures secondaires
finement saillantes. Au moment de la maturité du fruit le dos des loges se sépare (à
partir du bas) des cloisons interloculaires formant ainsi trois panneaux naviculiformes
qui restent fixés quelque temps au sommet de l’axe du fruit; les cloisons du fruit consti¬
tuent alors une columelle en forme de trièdre; chaque graine est fixée à mi-hauteur
environ des angles internes du fruit. Ultérieurement les cloisons du trièdre se dédoublent
suivant les plans de séparation des carpelles primitifs, formant ainsi trois feuillets ellip¬
tiques (aussi minces que du papier à cigarettes, translucides) portant chacun, en leur
centre une graine; l’axe du fruit, couronné à la base par le calice et le disque, persiste
sous forme d’une très fine colonne. En définitive le fruit se décomDose en six éléments
et chaque graine se disperse en emportant une sorte d’aile constituée par la partie
repliée de leur carpelle primitif.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES
E MADAGASCAR ET
COMORES
51
Paullinia pinnata : 1, feuille et inflorescence, X 2/3; 2, fleur mâle, X 4; 3 et 4,
pétales, face interne, X 4; 5, disque et étamines, X 4; 6, disque, staminodes et
ovaire, x 4; 7, disque et ovaire, x 4; 8, fruit, gr. nat.; 9 et 10, graine, gr. nat.
Cardiospermum Halicacabum var. microcarpum : 11, feuille et inflorescence, x 2/3;
12, bases du pétiole et de l'inflorescence, stipules, x 2; 13, fleur femelle, x 4;
14, fruit, gr. nat.; 15, section transversale du fruit, gr. nat.; 16, graine, X 2;
17 et 18, embryon, x 2.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
53
VI. THOUINIEAE
dé 1 a . rm ' ' es Sapindacées à loges ovariennes 1-ovulées et à feuilles à foliole terminale
reiT' 0PPe - e ’ ^ Ctte lr *^ U groupe ^ es PÏ an,es dépourvues de vrilles et de stipules. Elle n’est
se r ^ Set }^ e a Madagascar que par le genre Allophylus L., facilement reconnaissable à
s euilles trifoliolées ou, moins souvent, uni-foliolées.
10. Allophylus L.
All °phylu s L., Sp. PL 1 : 348 (1753) ; Radlkofer, in Engler, /. e. : 455 (1932) ; Leenhouts,
Blumca 15: 301 (1967).
Chmidelia L., Mantissa 1 : 10 (1767) non Boehm. (1760), nom illeg.
nitrophe Comm. ex Juss. Gen. Pl. : 247 (1789).
Species typica : Allophylus zeylanicus L.
5' a _* r ès longue étude que vient de publier Leenhouts m’évitera la peine de longues
t sidérations sur le genre Allophylus qui constitue une des plaies de la systématique
Picalc. D un examen des collections du Muséum de Paris j’avais retiré l’impression
e sur le grand nombre d’« espèces » représentées trois seulement pouvaient être retc-
t . ? S . : r if>idus Swartz (inclus A. crassinervis Radlk. et A. reticulatus Radlk.) carac¬
os 6 par sa nervation très spéciale, A. dimorphus Radlk. (inclus A. quinatus Radlk.,
,a **gRM Radlk. et A. stenophyllus Merr.) à feuilles (3-) 5 foliolées et enfin A. zeyla-
Pl CUS a * assem ^ ant la multitude des espèces à feuilles 1- ou 3-foliolées. Leenhouts.
us drastique encore, ramène toutes les espèces (il en énumère 270) à une seule pour
(170711 '' a< *°P le le nom A'Allophylus Cobbe (L.) Raeusch [in Nomencl. ed. 3 : 108
y ') ]• Je ne contesterai pas cette manière de voir,
s r Malheureusement, comme Leenhouts l’indique à juste propos, si ce procédé peut
le VT monogra Phe du genre à l’échelle mondiale, il ne supprime pas pour autant
s îfficultés pratiques auxquelles se heurte le botaniste local. Celui-ci se trouve en
Tesence de «taxa» plus ou moins bien définis (presque toujours mal définis devrais-je
lre ) que Leenhouts propose de désigner, dans une nomenclature non officielle («informai
^ omenclature ») sous le nom de «race»; cet auteur définit la race comme «une popu-
a ion ou un groupe de populations qui, dans une aire restreinte, est morphologiquement
ou, selon toute vraisemblance, génétiquement), le plus souvent écologiquement et
quelque fois géographiquement, séparable, totalement ou tout au moins d’une manière
Ppreciable, d autres unités analogues ». Donnant un exemple de cette nomenclature il
topose de désigner sous le nom d ’Allophylus Cobbe (« limorensis ») la race croissant
*ur les sables côtiers de la région malaise-occidentale et qui est connue par les bota-
istes sous le nom A'Allophylus limorensis (DC.) Bl.
Si ce système nomenclatural donne au botaniste local une certaine aisance dans
A mes ”, re où il est moins obligé de coordonner « ses » races avec celles de ses voisins
West là le travail du monographe mondial que je plains bien sincèrement) il n’en
Ubsiste pas moins des difficultés considérables dès que, comme c’est le cas à Madagascar,
l y S . e , tr °uve dans un territoire assez étendu où les conditions écologiques sont des plus
anees et où les Allophylus se rencontrent partout. La grosse difficulté est la délimi-
a ion des «races»; seule leur étude expérimentale pourra permettre, il faut l’espérer
au moins, de découvrir quelques fils conducteurs qui permettent d’y voir un peu clair
«ans 1 anarchie (apparente ou réelle?) actuelle. Tant que nous ignorerons les génotypes
t les modifications phénotypiques dues à l’action du milieu, nous serons contraints
ue nous rabattre essentiellement sur les critères morphologiques dont on ne sait que
r °P comme ils sont fluents et échappent à toute définition précise.
Source : MNHN, Paris
54
». CAPURON
En tenant compte des critères invoqués par Leenhouts je suis arrivé à distin¬
guer tant bien que mal une vingtaine de races; dans leur clé de détermination je n’ai
pas hésité à indiquer leur localisation géographique, ce qui ne me satisfait nullement
sur le plan « intellectuel » mais qui pourra être d’une aide précieuse pour le lecteur.
Dans le très abondant matériel d 'Allophylus dont je disposais il y a probablement quel¬
ques autres « races » représentées chacune par un très petit nombre <>u un seul échan¬
tillon; j’ai jugé préférable de les passer sous silence ne pouvant juger de leur valeur;
les nommer eût encore alourdi ce travail sans grand bénéfice.
Pour la désignation des « races » j’ai utilisé les noms spécifiques proposés par les
botanistes qui m’ont précédé dans l’étude du genre à Madagascar; pour les «races
nouvelles» j’ai adopté des noms nouveaux, ayant jugé illusoire tout essai d’identi¬
fication d’une «race» malgache à une «race» exotique; constater par exemple qu’une
« race » de Madagascar est morphologiquement identique ou très semblable à une
« race » américaine ne m’autorise pas à conclure à l’identité de leur génotype et par
suite à leur donner une même dénomination.
Si la présence de domaties à l’aisselle des nervures secondaires est presque
constante et par suite sans grande utilité au point de vue détermination, leur présence
ou leur absence à l’aisselle des nervures tertiaires nous a paru, dans bien des cas,
susceptible d’apporter un élément supplémentaire dans la délimitation des races. Comme
à tous les caractères des Allophylus il convient bien entendu de ne pas y accorder de
valeur absolue.
Clé des « races » d’Allophylus présentes à Madagascar et aux Comores
1. Feuilles uni-foliolée9 ou ayant trois folioles dont les latérales bien plus réduites que la médiane.
2. Foliole pubescente-hispide. Inflorescences très ramifiées. Fruits poilus-hérissés (Est).
9. bcananensis.
2'. Folioles glabres ou glabrescentes. Inflorescences simples ou avec 1-3 petits ramulcs. Fruits glabres.
3. Inflorescences avec 1-3 petites ramifications. Feuilles uni-foliolées. Foliole largement elliptique
ou ovale-elliptique (Est). 6. masoalensis.
3'. Inflorescences simples.
4. Feuilles 3-foliolées et dans ce cas à folioles latérales réduites (parfois accompagnées de feuilles
unifoliolées) ou uni-foliolées et alors à foliole ne dépassant pas 8 cm de longueur et à pétiole
court (au plus 1 cm) (Sambirano). 10. Pervillei.
4’. Feuilles l-foliolée3, à foliole ayant en général 9-20 cm de longueur. Pétiole ayant souvent 1 cm
et plus (jusqu’à 4 cm) de longueur (Comores). 11. Gardineri.
1'. Feuilles tri-foliolées (exceptionnellement il peut y avoir vers le bas des rameaux des feuilles l-foliolées).
5. Folioles entières, les nervures secondaires se recourbant avant d’atteindre la marge (sauf parfois à
l’extrême sommet). Folioles pratiquement glabres, souvent luisantes à la face supérieure. Inflores¬
cences ramifiées (exceptionnellement quelques unes simples). Ovaire très densément pubescent-
blanchâtre. Méricarpes généralement ovoïdes, longs de 7-10 mm, glabres. Pas de domaties à l’aisselle
des nervures tertiaires (Est, jusqu’aux confins du Centre). 5. arboreus.
5’. Folioles presque toujours dentées dans leur moitié ou leur tiers supérieur, les nervures de cette zone
atteignant la marge qu’elles dépassent souvent sous forme d’un petit mucron (si quelques folioles
entières, alors inflorescences en général simples et plantes de la Région Occidentale).
6. Méricarpes du fruit très distinctement pubérulents. Folioles généralement pubérulentes ou hirsutes.
Loges de l’ovaire densément velues.
7. Foliole terminale étroitement elliptique, les plus grandes ne dépassant pas 7x2 cm. Pétiole
atteignant rarement 2,5 cm de longueur. Inflorescences presque toujours simples, rarement
avec 1 ou 2 courtes ramifications latérales. Ovaire et étamines portés par une colonne nette
atteignant 0,5-1 mm. Méricarpes globuleux ou obovoïdes ne dépassant pas 6 mm de longueur
(Androy). 20. Decaryi.
7'. Foliole terminale largement elliptique, longuement atténuée en coin à la base, atteignant 6-18 x
3-9 cm; pétiole robuste de 2-8 cm. Inflorescences ramifiées, parfois beaucoup, très rarement
quelques unes simples. Ovaire et étamines 9essilcs. Plantes presque toujours nettement velues
(Est et Centre). 8. trichodesmus.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 55
6 • Méricarpes glabres ou i poils très cpars.
il- Méricarpes de grosse taille, dépassant le plus souvent 1 cm de longueur, à péricarpe générale¬
ment nettement ridulé sur le sec. Inflorescences normalement ramifiées.
9. Folioles membraneuses, conservant une teinte claire à la dessication, la terminale généralement
grande (11-18 X 4,5-8 cm). Nervures tertiaires pourvues de fovéoles i leur aisselle. Pétioles
longs de (2-) 4-13 cm marqués à leur base et à leur sommet d’une nette constriction après
dessication. Inflorescences (rarement simples) à 2-3 rameaux divariqués. Méricarpes très
brusquement atténués à la base, de contour supérieur presque carré, atteignant 12-15 mm de
longueur sur 11-14 mm de largeur (Ouest-Nord). 19. antankarana.
9 1 . Folioles coriaces de teinte foncée sur le sec, plus ou moins discolores, brun rougeâtre foncé
dessus, plus clair dessous, les plus grandes (la terminale) dépassant rarement 12 cm de lon¬
gueur. Pétiole dépassant rarement 7 cm de long., sans constriction à la base après dessication.
Inflorescences ayant (1-) 2-5 ramifications souvent ascendantes. Méricarpes généralement
plus obovoldes, ayant généralement 10-12 X 7-9 mm (Est, Centre). 7. macrocarpus.
8'. Méricarpes atteignant rarement 10 mm de longueur.
10’. Plantes des Comores. Folioles de grande taille en général, la terminale ayant 8-20 cm de
longueur sur 3,5-7 cm de largeur, aussi atténuées au sommet qu’à la base. Généralement
des domaties à l’aisselle des nervures tertiaires.
11. Inflorescences très grêles, la plupart simples ou avec 1-2 ramifications, isolées ou par
deux à l’aisselle des feuilles. 17. bicruris.
11'. Inflorescences généralement très ramifiées, isolées. 18. comoreruis.
10. Plantes de Madagascar (essentiellement Domaine du Sambirano et Région occidentale).
12. Folioles, surtout la terminale, à limbe divisé jusqu’au-delà du milieu en 3 (-5) lobes.
Folioles ne dépassant pas en général 25 ram de longueur. Inflorescences simples ne dépas¬
sant pas 5 cm de longueur (Sud). 16. dissectus.
12'. Folioles dentées ou, parfois, grossièrement crénelées, les crênelures n'atteignant qu’excep-
tionnellement le milieu du limbe.
13. Folioles terminales en général nettement plus obtuses au sommet qu’à la base, plus
longuement atténuées vers la base que vers le sommet.
14. Folioles très distinctement pubérulentes-hérissées à la face inférieure, la pubescence
non limitée aux nervures et sensible au toucher. Inflorescences simples ou avec 1-2
ramifications. Foliole terminale ayant en général 3-5 (-7) cm de largeur (Ouest-Nord).
12. suarezensis.
14'. Folioles giabrescentes ou à pubescence localisée sur les nervures principales, la pubes¬
cence très éparse sur le limbe lorsqu’elle y est présente. Inflorescences simples ou
rarement avec une ramification. Foliole terminale dépassant rarement 2,5 cm de
largeur. 13. alnifoliiu.
13'. Folioles terminales en général aussi atténuées au sommet qu’à la base.
15. Pas de domaties à l’aisselle des nervures tertiaires.
16. Folioles très membraneuses, non repliées le long de leur nervure médiane, restant
vertes au séchage à leur face inférieure. Pétiole grêle.
17. Foliole terminale, atteignant rarement 5 cm de longueur. Pétiole grêle (environ
0,5 mm de diamètre). Limbe avec de grosses crênelures en général.
15. crataegifolius.
17'. Foliole terminale ayant généralement 6-12 cm de longueur, à bords entiers ou
ayant quelques crênelures. Pétiole plus robuste (environ 1 mm de diamètre).
14. pinnatus.
16'. Limbe coriace, souvent replié le long de la nervure médiane, brunissant en général
fortement au séchage, brun noir, plus ou moins luisant, à la face supérieure, brun
rougeâtre à la face inférieure. Foliole terminale de 8-15 cm de longueur. Pétiole
robuste de 1-2 mm de largeur. Inflorescences simples ou avec 1-2 ramifications
parfois bien développées. Rords du limbe subentiers ou faiblement dentés.
2. salignus.
15'. Des domaties à l’aisselle des nervures tertiaires.
18. Inflorescences ramifiées et en même temps folioles de taille moyenne ou grande,
la médiane dépassant presque toujours 4 cm de largeur (souvent beaucoup plus
large). Folioles glabres, brunissant souvent au séchage, plus ou moins luisantes
dessus (Sambirano). 1. nigresceru.
Source : MNHN, Paris
56
R. CAPURON
18'. Inflorescences simples ou, si elles sont ramifiées, foliole médiane atteignant rare¬
ment 4 cm de largeur (souvent beaucoup moins).
19. Inflorescences ramifiées. Folioles glabres ou pubescentes (Menabe, Ambongo,
Boina et Ouest-Nord). 3. boinensis.
19'. Inflorescences simples ou plus rarement avec 1-2 courtes ramifications (Ouest-
Sud, Centre). 4. bojerianus.
1. Allophylus Cobbe (« nigrescens »). — Allophylus nigrescens Bl., Rumphia, 3:
129 (1843) ; Walpers, Ann. 2 : 217 (1851-1852) ; Radlkofer, in Engler et Prantl.,
Nat. P fl. Fam. 3.5 : 313 (1895) ; in Palacky. Cat. PI. Madag. 5 : 52 (1907) ;
in Sitzungsb. bayer. Akad. München 38 : 225 (1908), in Engler, l. c. : 544 (1932) ;
Choux, in Bull. Ass. Fr. Av. Sciences : 380 (1925), Index : 15 (1926), Mémoires :
23 (1927), Catalogue : 8 (1931) ; Schmidelia composita Boivin msc. sched. —
Planche 11, fig. 6.
Cette race plus ou moins localisée dans la région du Sambirano peut être consi¬
dérée comme un des maillons d’une série qui débute par la race (« comorensis ») et se
prolonge ensuite par les races (« salignus »), («.boinensis») et («bojerianus»).
Par la forme et la taille de ses fleurs, ses inflorescences ramifiées, sa glabréité,
ressemble beaucoup à l’A.C. (« arboreus »). En diffère surtout par ses nervures secon¬
daires qui atteignent pour la plupart les marges (sauf assez souvent les deux-trois paires
inférieures), par ses nervures tertiaires souvent munies de fovéoles noilues à leur aisselle,
par ses fruits à coques plus petites et le plus souvent sphériques ou légèrement obovoïdes
(5,5-7 X 3,5-5 mm).
2. Allophylus Cobbe (« salignus »). — Allophylus salignus Blume, Rumphia 3 :
129 (1843) ; Walpers, Ann. 2 : 217 (1851-1852) ; Radlkofer in Engler et Prantl.,
Nat. P fl.. Fam. 3.5 : 313 (1895), in Palacky. Cat. PL Madag. 5 : 52 (1907), in
Sitzungsber. bayer. Akad. München 38 : 225 (1908), in Engler, l. c. : 543 (1932)
excl. exsicc. Mocyuerys 313; Choux. Index : 15 (1926). Mémoires : 19 (1927),
Catalogue : 9 (1931). — Schmidelia racemosa sensu Baron. Compendium PI. Malg. :
238 (1905) p. p. — Planche 11, fig. 2.
Race à peine distincte de la précédente qu'elle remplace Hans les régions plus
sèches de l’Ambongo, du Boina et du Menabe. Comme VA. C. («nigrescens»), possède
des folioles coriaces, glabres, brunissant fortement ou noircissant au séchage, souvent
luisantes à la face supérieure, des fruits à coques petites et plus ou moins globuleuses.
En diffère par ses folioles plus étroitement elliptiques (leur largeur varie de 1,8 à
4 cm) et l’absence constante de domaties à l’aisselle des nervures tertiaires. Le limbe,
souvent plié en long suivant la nervure médiane, a des marges qui ne sont souvent
dentées que dans sa partie supérieure. Les inflorescences sont simples ou munies de
1-2 ramifications bien développées.
3. Allophylus Cobbe («boinensis»). — Allophylus boinensis Choux (in C. R. Ass.
Fr. Avanc. Sc. : 380 (1925) nom. nud., Imlex : 14 (1926)), in Mém. Acad. Malg.
4 : 24 (1927), Catalogue : 8 (1931) ; Radlkofer in Engler. I. c. : 1487 (1934). —
Allophylus bojerianus sensu Choux. Mém. Acad. Malgache 4 : 25 (1927).
Par ses feuilles à nervures secondaires atteignant les marges (celles-ci souvent
nettement dentées), ses nervures tertiaires souvent munies d’une domatie à leur aisselle,
ses inflorescences ramifiées et ses méricarpes globuleux de petite taille, cette race est
très voisine de la race précédente et dans la zone de contact de leurs aires respectives
leur distinction est parfois très délicate. Dans la race (« boinensis ») les folioles sont
en général nettement plus membraneuses, moins larges (elles dépassent rarement 4 cm
de largeur), souvent de teinte moins foncée; la face supérieure du limbe est mate.
Ce sont là somme toute des différences minimes qui peuvent laisser penser que VA. C.
(«boinensis») est tout au plus une forme écologique de VA.C. («nigrescens»).
Choux avait caractérisé VA. boinensis par ses feuilles pubescentes, douces au
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACEF.S DE MADAGASCAR ET DES COMORES
57
AUophylus Cobbe (« eomorcnsis») : 1, feuille et inflorescence, x 2/3.
Allophylus Cobbe (« salignus ») : 2, feuille et inflorescence, X 2/3.
AUophylus Cobbe (« bojerianus ») : 3, feuille et infrutescence, X 2/3; 4,5, feuilles,
X 2/3.
Allophylus Cobbe (« nigrescens») : 6, feuille et inflorescence, X 2/3.
Source : MNHN, Paris
58
1. CAPURON
loucher à la face inférieure et il rapportait à VA. bojcrianus (Camb.) Bl. des échan¬
tillons de même provenance que VA. boinensis mais à folioles pratifiuement glabres.
Nous ne croyons pas pouvoir attribuer de valeur taxonomique à ce caractère car tous
les intermédiaires existent entre feuilles très pubescentes et glabres.
Telle que nous l’entendons la race (<r boinensis ») occupe une aire très vaste;
d'une part, au Nord du Sambirano, elle occupe le secteur Nord du Domaine de l’Ouest
d’où elle pénètre dans les zones les plus sèches de certaines grandes vallées de la partie
Nord de la Région Orientale (cuvette de Doany, dans le moyen Androranga). Dans le
Sambirano proprement dit c’est probablement à elle qu’il faut rapporter certains échan¬
tillons provenant sans doute de stations gréseuses sèches. Au Sud du Sambirano la
race s’étend jusque dans le Menabe (région de Morondava) et envoie une antenne, sur
le versant oriental de l’Ile, dans la cuvette du lac Alaotra.
4. Allophylus Coblic («bojerianus»)- — Altophylus bojcrianus (Camb.) Bl.. Rum-
phia 3 : 129 (1843) ; Radlkofer in Engler, l. c. : 546 (1932). — Allophylus bicruris
sensu Choux, Mém. Acad. Malgache 4 : 12, tab. I ,fig. I (1927) quoad exsicc.
Perrier 1375, 1375 bis, 16863. — Schmidelia bojeriana Camb., Mém. Mus. Hist.
Nat. Paris 18 : 38 (1829). — Planche 11, fig. 3-5.
Cambessèdes a décrit son Schmidelia bojeriana d’après un échantillon récolté
par Bojer à Andramasina, au Sud-Est de Tananarive. Nous avons retrouvé cette « espèce >
dans cette même localité. Dans notre échantillon, dont l’appareil végétatif est tout à
fait comparable à celui du Type, les inflorescences, dans leur grande majorité, sont
simples. C’est là un caractère qui joint à certains autres (feuillage réduit, nervures
secondaires atteignant la marge, domaties à l’aisselle des nervures tertiaires, etc.) se
retrouve dans tout un lot d 'Allophylus provenant du Domaine du Centre (de la région
de Tananarive jusque sur les contreforts occidentaux du massif de l’Andohahela) et
de la partie méridionale «lu Domaine de l’Ouest (régions d’Ihosy, Isalo. région de
Sakaraha) ; la race paraît remonter vers le Nord dans les régions de Morondava et
jusque dans le Boina (Ankaladina). Les échantillons de cette dernière provenance ( Perrier
1375 et 1375 bis) ainsi que l’échantillon Perrier 16863 (provenant du Tampoketsa entre
Ikopa et Betsiboka) avaient été rapportés par Choux à VA. bicruris Radlk.; ce dernier
échantillon malgré ses longues inflorescences (isolées d’ailleurs) ne me paraît pas devoir
être rapporté à cette dernière « espèce » que nous considérons comme localisée aux
Comores; quant aux deux premiers échantillons cités ils ressemblent beaucoup à des
échantillons de la région d’Ihosy et de l'Isalo qui se relient insensiblement aux formes
tout à fait typiques du bojerianus.
Comme dans la race précédente les feuilles peuvent être nettement pubescentes
ou presque complètement glabres.
5. Allophylus Cobbe (« arboreus »). — Allophylus arboreus Choux, Mém. Acad.
Malgache 4: 20, tab. II, fig. 3 (1927), in Assoc. Fr. Avanc. Sc. : 380 (1925)
nomen, Index: 14 (1926), Catalogue: 7 (1931); Radlkofer, in Engler, l. c. :
1486 (1932). — Allophylus mananarensis Choux, Mém. Acad. Malgache 4: 21,
tab. II, fig. 4 (1927), in Assoc. Fr. Avanc. Sc. : 380 (1925) nomen. Index: 15
1926), Catalogue : 8 (1931); Radlkofer, in Engler, l. c. : 1489 (1932). —
Allophylus Cobbe sensu Hochreutiner, Ann. Cons. Jard. Bot. Genève: 68 (1908),
quoad exsicc. Guillot 98. — Allophylus salignus sensu Radlk. in Engler, Z. c. :
543 (1932) quoad exsicc. Mocquerys 313. — Planche 12, fig. 9-16.
Je groupe dans cette race une centaine d'échantillons provenant tous de la Région
Orientale (Domaine de l’Est jusqu’aux confins du Centre). Ces plantes présentent les
caractères suivants : feuilles de taille moyenne ou grande à limbe glabre, brunissant
plus ou moins au séchage et souvent luisant à la face supérieure; nervures secondaires
se recourbant avant d’atteindre le bord et par suite limbe entier (sauf dans quelques
rares échantillons provenant du Nord où les nervures supérieures atteignent la marge) ;
inflorescences ramifiées (exceptionnellement quelques-unes simples, sur des échantillons
où la majorité d’entre elles sont ramifiées) ; loges de l’ovaire très densément pubescentes
blanchâtres (apparaissant sur les échantillons secs comme deux petites taches blanchâtres
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPWDACÊES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
59
Planche 12
AUophylus Cobbe (« macrocarpus ») : 1 , feuille et inflorescence, x 2/3; 2, méricarpe,
X 1,5; 3, embryon, x 1,5; 4, embryon, coupe, x 1,5; 5, rameau en fruits d’un
échantillon de la Montagne d'Ambre, x 2/3.
AUophylus Cobbe (« trichodesmuso) : 6, feuille et inflorescence, X 2/3; 7, détail de la
face inférieure du limbe, x 2; 8, fruit, x 2.
AUophylus Cobbe («orboreus») : 9, feuille et inflorescence, X 2/3; 10, id., autre forme,
X 2/3; 11, fleur mâle, x 4; 12 et 13, pétale, faces externe et interne, x 6;
14, fleur mâle débarrassée du périanthe, X 4; 15, fleur femelle débarrassée du
périanthe, x 4; 16, fruit, x 2.
Source : MNHN, Paris
60
CAPURON
dans les fleurs) ; coques du fruil glabres ou glabrescentes ayant en général 7-8 mm de
long (rarement 9-10 mm). Aucun des échantillons que nous rapportons à cette race ne
présente de domaties à l’aisselle des nervures tertiaires.
Choux a séparé VA. mananarensis de VA. arboreus par ses inflorescences à
2-3 rameaux étalés alors que dans VA. arboreus il y a 4-6 rameaux ascendants. Dans
l'abondant matériel dont nous disposons il y a trop d’intermédiaires pour que nous
puissions séparer deux taxa.
L’A.C. (« arboreus») se caractérise par son aire de répartition et ses folioles
entières; il cohabite avec VA. C. (« macrocarpus ») dont les folioles sont nettement
dentées, les fruits plus gros et les loges de l’ovaire moins pubescentes. Quelques rares
échantillons (18070 SF et 21879 SF, de la région de Fénérive) ont des nervures attei¬
gnant la marge et font peut-être transition avec VA.C. («macrocarpus*).
Evidemment très proche des A. C. (« nigrescens ») et A.C. (« salignus ») qui sont
localisés sur le versant occidental de l’île; dans A.C. («nigrescens») les folioles sont
dentées et les nervures tertiaires souvent munies de domaties à leur aisselle; dans
A.C. («salignus») les folioles médianes sont étroitement elliptiques (ce qui est assez
rare dans Yarboreus) , les fruits sont pisiformes et plus petits.
6. Allophylus Cobbe (« masoalensis »). — Planche 13, fig. 7.
Arbuste à jeunes rameaux brièvement pubérulents devenant glabrescents puis
glabres. Feuilles 1-foliolées à pétiole long de 7-20 mm. pubérulent puis glabrescent,
canaliculé dessus dans sa partie terminale. Pas de folioles stipelliformes; limbe ovale-
elliptique (4-12 X 2-5,7 cm) assez brusquement rétréci en coin subarrondi ou obtus à
la base, plus longuement rétréci vers le sommet parfois obtus, plus souvent acutiuscule
ou nettement acuminé-aigu. brun rougeâtre sur le sec (plus foncé dessus) pratiquement
glabre (traces de pubescence sur les deux faces de la nervure médiane et sur les marges) ;
6-8 paires de nervures régulièrement courbées ascendantes atteignant la marge sauf
parfois les inférieures. Inflorescences isolées, plus courtes que les feuilles (3-8.5 cm) à axe
grêle, simple ou muni de 1-2 rameaux latéraux divariqués; cymules sessiles. Pédicelle
glabre ainsi que le calice; disque pubescent intérieurement; ovaire densément pubescent-
cilié; style profondément bifide; ovaire devenant glabre au cours de sa transformation
en fruit.
Cette race n’est encore connue que du massif du Beanjada (vers 1 100 m d’alt.)
au N. de la presqu’île Masoala. Ressemble à VA. acuminatus (Thw.) Radlk. de Ceylan
mais celui-ci a des marges entières; peut être forme de A.C. (« beananensis ») à feuillage
glabrescent, à inflorescences plus grêles et moins ramifiées.
7. Allophylus Cobbe (« macrocarpus »). — Allophylus macrocarpus Danguy et Choux,
Bull. Mus. Hist. Nat. Paris 32 : 387 (1927) ; Choux, Catalogue : 8 (1931) ;
Radlkofer in Engler. I. c. : 1488 (1934). — Allophylus nigrescens Bl. var. macro¬
carpus Danguy in H. Lecomte, Bois de la Forêt d’Analamazaotra : 76 (1926)
nom. nud. — Planche 12, fig. 1-4.
Cette race, dont l’aire se superpose en partie à celle de VA. C. («arboreus »),
est propre à la Région Orientale où on la rencontre des environs de 700-800 m d’altitude
jusque vers 1300-1400 m (et même jusque vers 1600 m dans l’Ankaizina).
Les folioles, glabres à l’état adulte, ont des nervures secondaires qui. toutes ou
presque toutes, atteignent les marges; très souvent ces dernières (surtout dans les
échantillons de la région d’Ambalavao, Fianarantsoa, etc.) sont ondulées-dentées; il n’y
a pas de domaties à l’aisselle des nervures tertiaires. Les inflorescences ont 2-6 ramifi¬
cations en général (le plus souvent ascendantes) dont quelques-unes ont parfois un
petit ramule latéral. L’ovaire a des loges faiblement pubescentes. Les coques du fruit,
obovoïdes, atteignent 10-11 mm de longueur et 6-9 mm de diamètre; l’exocarpe, après
dessication, est muni de carènes longitudinales généralement bien nettes.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPIN DACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
61
Planche 13
AUophylus Cobbe (« Penillei») : 1, fragment de rameau fleuri, X 2/3; 2, rameau
fleuri (feuilles en partie trifoliolées), X 2 /3; 3, fleur mâle, X 4; 4 et 5, pétales,
AUophylus Cobbe (« Gardineri» ) : 6, feuille et inflorescence, x 2 /3.
AUophylus Cobbe (« masoalensis») : 7, feuille et inflorescence, x 2/3.
AUophylus (« beananensis») : 8, feuille et infrutescence, x 2/3; 9, fruit, x 2.
Source : MNHN, Paris
62
R. CAPURON
Si dans l’ensemble cette race se distingue assez aisément par ses folioles dentées
et ses gros méricarpes de 1 ’A.C. ( « arborais ») quelques échantillons cependant sont
de classement assez douteux : c’est le cas de 18070 SF et 21879 SF signalés à propos
de cette dernière race et, en outre, des échantillons de l’Ankaizina (976 SF, Humbert et
Capuron 24897).
Dans le massif de la montagne d’Ambre on trouve des Allophylus très proches de
1 ’A.C. (« macrocarpus ») mais qui s’en distinguent par leurs feuilles plus petites (au
plus 9 cm de longueur dont 3 pour le pétiole, alors que ces organes atteignent 7,5-19 cm
et 2,5-7 cm pour le macrocarpus), leurs inflorescences plus courtes et leurs fruits plus
gros (coques ayant jusqu’à 13 X 9 mm). — Planche 12, fig. 5.
8. Allophylus Cobbe (« trichodesmus »). — Allophylus trichodesmus Radlkofer
[in Engler et Prantl, Nat. P fl. Fam. 3, 5 : 313 (1895), nom. nud .], in Sitzungsber.
Bayer Akad. München 38 : 225, 238 (1908). in Engler, l. c. : 543 (1932) ; Choux,
Index: 15: 1926, Mémoires: 16 (1927). Catalogue: 9 (1931). — Allophylus
costatus Choux [in Ass. Fr. Av. Sc. : 380 (1925), in Index : 15 (1926). nom. nud.'],
in Mém. Acad. Malgache 4: 17 (1927), in Catalogue: 8 (1931); Radlkofer, in
Engler, l. c. : 1487 (1934). — Schmidelia trichodesma Bojer msc. in sched.
(t. Radlk.). — Planche 12, fig. 6-8.
Cette race propre à la Région Orientale est surtout caractérisée par ses fruits
qui, en règle générale, sont assez densément hérissés de poils courts; cependant, sur
certains échantillons qui, par ailleurs, sont conformes au Type la pubescence des
fruits est peu abondante et plus ou moins apprimée. Dans la plupart des échantillons,
les feuilles ont une pubescence dense ou très dense, douce au toucher; dans quelques
autres, à fruits pubescents. la pubescence des feuilles peut être peu abondante et à
peine sensible au toucher [passage à A. C. (t arboreus ») ?].
Les inflorescences sont toujours ramifiées (sauf très rares exceptions), mais leur
taille (5-25 cm) et le nombre des rameaux (de 2 à 20) est très variable suivant les
échantillons; aussi n’est-il pas possible de conserver VA. mananarensis Choux (notons
que le type de VA. mananarensis est presque identique au double du Type de VA. tri¬
chodesmus qui est conservé au Muséum de Paris).
L’A. (< trichodesmus ») est largement répandu dans la Région Orientale depuis
400-500 m d’altitude jusqu’aux environs de 1200-1 300 m. C’est un grand arbuste ou
un petit arbre atteignant au plus 10 m de hauteur.
9. Allophylus Cobbe (« bcananensis »). — Planche 13, fig. 8-9.
Cette race à feuilles 1-foliolées dérive à peu près certainement de VA. C. (« tricho¬
desmus »). C’est un grand arbuste qui n’est encore connu que par un seul échantillon
(9051 SF) provenant de la région de Beanana, dans le bassin de la Rantabe. Rameaux,
feuilles (sur les deux faces), axes de l’infrutescence et fruits sont densément recouverts
d’une pubescence hérissée, roussâtre. Pétiole de 15-30 mm de long. Pas de folioles
stipelliformes. Limbe ovale elliptique de 7-13,5 X 3,5-6,5 cm, subarrondi ou en coin très
ouvert à la base, aigu ou acuminé au sommet, brunâtre sur le sec, peu coriace. Neuf à
onze paires de nervures secondaires atteignant presque toutes la marge qu’elles dépassent
sous forme d’un mucron dentiforme velu. Pas de domaties à l'aisselle des nervures
secondaires et tertiaires. Infrutescences isolées, longues de 5-10,5 cm avec 1-4 ramifica¬
tions latérales étalées. Cymules sessiles. Pédicelle du fruit (0,75-1 mm) hérissé de
quelques poils; sépales avec quelques poils à leur base externe; disque pubescent inté¬
rieurement; loges de l’ovaire très densément hérissées; style divisé presque jusqu’à
sa base en deux branches divariquées. Coques du fruit obovoïdes (9x5 mm) non vues
à maturité complète.
Diffère de VA. hispidus (Thw.) Radlk. de Ceylan par son limbe pubescent (et
non seulement ses nervures) et ses inflorescences ramifiées; de VA. heterophyllus (Camb.)
Radlk. du Brésil par sa face supérieure du limbe pubescente, ses inflorescences ramifiées,
son fruit pubescent, ses feuilles dépourvues de deux minuscules folioles stipellaires.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 63
10. Allophylus Cobbe (« Pervillei >). — Allophylus Pervillei, Blume, Rumphia 3 :
123 (1843) ; Radlkofer in Engler. I c. : 517 (1932). — Allophylus simplex Bâillon.
in Crandidicr, Hist. PL Madag., Atlas lab. 247 (1893) non Quisumbing (1944).
— Planche 13, fig. 1-5.
Celte race, localisée à Madagascar dans le Sambirano, se retrouve à Zanzibar
fl sur la côte orientale d’Afrique. A Madagascar on trouve dans les mêmes stations des
individus à feuilles toutes uni-foliolées (fa. genuinus Radlk.). d’autres à feuilles en
majeure partie 3-foliolées (fa. trifoliolatus Radlk.).
Dans les individus à feuilles 1-foliolées le pétiole est court (2-8 mm), puberulent
dessus; le limbe elliptique ou légèrement obovale (3-8,5 X 1,2-4 cm) est rétréci en coin
vers la base, celle-ci étroitement arrondie; le sommet est obtus ou un peu acumine.
Parfois arrondi; 5-7 paires de nervures secondaires atteignant généralement la marge
Oui est subentière ou munie de quelques dents séparées par des sinus larges et peu
Profonds. Inflorescences isolées longues de 1-8 cm à axe simple grêle éparsément pube¬
rulent vers le haut. Pédicelles floraux articulés vers leur milieu ou leur tiers inferieur;
calice avec une pubescence apprimée éparse sur sa face externe; disque laineux intérieu¬
rement; ovaire à loges densément ciliées; style bifide sur la moitié de sa hauteur.
Coques du fruit glabres, subglobuleuses (d’environ 6 mm de diam.).
Les échantillons de Zanzibar (Boivin s. n ", Bojer s. n\ Duparquet s. n\ Sacleux
631) et du Kenya (Dole 3555) ont des feuilles souvent un peu plus grandes (jusqu a
12 x 5,7 cm). Selon nous cette race est très proche de VA. monophyllus (F.. Mey)
Radlk. du Natal et de l’Orange dont les feuilles ont des pétioles généralement plus
longs (10-35 mm), un limbe plus denté et des inflorescences plus longues (15-20 cm) ;
*1 existe des intermédiaires ( Br'ege 5587-5/322) où les feuilles sont plus réduites, moins
dentées et les inflorescences moins développées (4 cm). Se rapproche aussi beaucoup
à'A. varions (Thw.) Radlk. de Ceylan. ,
Dans les individus à feuilles trifoliolées les folioles latérales sont tantôt bien plus
réduites que la médiane (p. ex. simples auricules de 7-8 mm de long), tantôt presque
égales à la moitié de la foliole terminale; les bords du limbe sont grossièrement dentes:
le pétiole varie de 3 à 20 mm. Inflorescences de 3,5-13 cm. Ces individus à feuilles
trifoliolées rappellent VA. bojerianus (Camb.) Bl. (A. bicruris Choux non Radlk.).
Leenhouts signale aussi leur ressemblance avec A. chaunostachys Gilg du Nyassaland.
11. Allophylus Cobbe (« Gardineri »). — Allophylus Gardineri Summerhayes, Kew
Bull.: 389 (1928); Radlkofer in Engler, I. c. : 1486 (1932). — Planche 13,
fig. 6.
L’A. Gardineri a été décrit de Silhouette (Seychelles) ; je ne crois pas pouvoir
en séparer les Allophylus comoriens (Mayotte, Anjouan. Grande Comore) à feuilles
uni-foliolées. , .
Ces feuilles sont plus grandes (3,5-2,5 X 0,8-9,5 cm) et plus longuement pettolees
(2-30 mm) que dans VA. C. (« Pervillei ») ; le pétiolule des feuilles est généralement assez
net (2 mm environ). Le limbe a des bords subentiers ou crénelés, est souvent acuminé
longuement au sommet. Inflorescences simples, grêles, de 5-13 cm; cymules nettement
(1-2 mm) pédonculées. Fruits glabres de 9x5,5 mm. Très proche de VA. C. (< Per¬
villei >).
12. Allophylus Cobbe (« suarezensis »).
Nous groupons dans cette race des échantillons provenant du Nord de l’île,
caractérisés par leurs organes (rameaux, pétioles, limbe surtout à sa face inférieure)
nettement pubescents-hérissés ; la foliole médiane (5,5-11 X 3-6,5 cm) est le plus souvent
obovale. Les bords du limbe (nettement discolore) sont dentés ou crénelés.
Nous ne possédons qu’un petit nombre d’échantillons de cette race et on peut
noter quelques différences entre eux : sur 7280 SF et 7281 SF (provenant de l’Ankarana)
les inflorescences sont simples et les nervures tertiaires dépourvues de domaties; sur
24967 SF (forêt de Sahafary) et 27494 SF (forêt d’Analafiana au S. O. de Vohémar)
les inflorescences ont le plus souvent 1 ou 2 ramifications et il y a des domaties à
Source : MNHN, Paris
64
R. CAPURON
l’aisselle des nervures tertiaires. Nous ne pouvons guère statuer sur la valeur de ces
différences. Sur 27494 SF les méricarpes sont subglobuleux et pratiquement glabres,
sur 24967 SF ils sont obovoïdes et lâchement hérissés de poils courts (loupe!).
Les représentants de cette race sont sans doute très proches de ceux qu’en
Afrique on groupe sous le nom d ’Allophylus rubifolius (Hochst.) Engl. A Madagascar
ils peuvent faire penser à 1 ’A.C. (« trichodesmus ») mais celui-ci croît dans la forêt
ombrophile.
13. Allophylus Cobbc (« alnifolius »). — Allopliylus alnifolius (Baker) Radlk. in
Engler et Prantl., Nat. P fl. Fam. 3. 5 : 313 (1895) ; Radlkofer in Engler, /. c. :
521 (1932). — Schmidelia alnifolia Baker in Oliv., Fl. Trop. Afr. 1 : 422 (1868).
— Planche 14, fig. 11.
L’ Allophylus alnijolius (Baker) Radlk., « espèce » largement répandue en Afrique
Orientale, a été signalée de l’île de Mohéli par Radlkofer (échantillon récolté par Meller,
non vu). Dans le Nord de Madagascar existent des Allophylus dont la ressemblance est
telle avec les A. alnijolius d’Afrique que je ne pense pas qu’il soit utile de les en
séparer, même à titre de sous-race malgache. Ce sont des arbrisseaux ou des arbustes
à feuilles glabres ou presque en dehors de la nervure principale et des secondaires.
Le limbe, plus ou moins fortement discolore, est généralement crénelé sur les marges;
la foliole médiane, qui ne dépasse jamais 7,5 cm de longueur et rarement 2,5 cm
de largeur sur nos échantillons, est le plus souvent obovale ou obovale-elliptique; il y a
cependant des folioles terminales qui sont elliptiques et à peu près également atténuées
aux deux extrémités. Dans les plantes malgaches (sauf celles de la région de Vohémar)
les domaties ne sont pas localisées uniquement à l’aisselle des nervures secondaires
mais on en trouve également à l’aisselle de certaines nervures tertiaires (nous n’en avons
pas observé sur les échantillons d’Afrique, tels que Dale 3760, Humbert 4251 et 4338 ter,
Boivin s. n“, provenant tous de la région de Mombasa).
Sur nos échantillons la très grande majorité des inflorescences sont simples;
rares sont celles qui présentent une ramification.
L ’A.C. («.alnifolius») est évidemment très proche de 1 ’A.C. (« crataegifolius »)
qu’il remplace dans le Nord de l’f le ; il ressemble aussi beaucoup aux individus 3-foliolés
de 1 ’A.C. (« Pervillei »).
14. Allophylus Cobbe («pinnatus»). — Allophylus pinnatus Choux (C. R. Assoc.
Fr. Av. Sc. : 380 (1925), nom. nud.; Index: 14 (1926), in Mêm. Acad. Malg.
4 : 26 (1927), Catalogue : 8 (1931); Radlkofer in Engler, L c. : 1489 (1934).
Nous classons dans cette race des Allophylus à folioles très membraneuses, à
limbe restant d’un beau vert à la face inférieure après dessiccation, à nervures tertiaires
dépourvues de fovéoles à leur aisselle, à inflorescences simples ou munies d’une ou deux
ramifications seulement. La foliole médiane, qui atteint 7-10 cm de longueur, est ellip¬
tique et à peu près également atténuée vers ses deux extrémités; son sommet est presque
toujours nettement et longuement acuminé (l’extrémité de l’acumen est arrondie). En
séchant, la face supérieure du limbe devient plus ou moins brunâtre ou brun-rougeâtre
mais d’une façon irrégulière, une partie du limbe conservant presque toujours une teinte
verte : ce sont souvent les parties voisines de la nervure médiane et des nervures secon¬
daires qui deviennent foncées (8602 RN et Dequaire 27095 p. ex.) ; d'autres fois
(10299 RN, Perrier 6284) la teinte sombre envahit la majeure partie du limbe; dans
4648 RN tout le limbe est noirâtre en dessus.
Dans la majorité des échantillons le limbe est entier, les nervures secondaires se
recourbant avant d’atteindre les marges; cependant on peut noter que dans certaines
folioles la marge supérieure du limbe tend à devenir ondulée : dans cette zone les
nervures atteignent le bord. Ce caractère qui va s’accentuer dans les deux races que
nous décrirons plus loin est déjà net dans l’échantillon 6759 SF.
En ce qui concerne la pubescence la majorité des échantillons ont des feuilles
glabres; dans Perrier 6284, Type d'A. pinnatus Choux, les folioles ont en dessous une
pubescence peu dense mais sensible au toucher; sur Dequaire 27095 la pubescence est
beaucoup plus lâche.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 65
Allophylus Cobbe (« Decaryi ») : 1 et 2, feuille et inflorescence, x 2/3; 3, fleur mâle,
X 4; 4, disque et étamines, x 4; 5 et 6, anthères, x 6; 7, fleur femelle, x 4;
8, pétale, face interne, x 6; 9, disque, androgynophore et ovaire, x 4; 10,
infrutescence, x 2/3.
Allophylus Cobbe («alnifolius») : 11, feuille et infrutescence, x 2/3.
Allophylus Cobbe (« crataegifolius») : 12, feuille et inflorescence, x 2/3.
Allophylus Cobbe (« disseclus ») : 13, rameau en fleurs, X 2/3.
Allophylus Cobbe («bieruris») : 14, feuille et inflorescences, x 2/3.
8 564029 6
Source : MNHN, Paris
66
R. CAPURON
La race (« pinnatus ») telle que nous venons de la définir occupe une aire qui
s’étend depuis la région du Boina jusque dans celle de Morondava.
15. Allophylus Cobbe (« crataegifolius >). — Planche 14, fig. 12.
Probablement simple écotype de la race précédente; nous groupons ici des échan¬
tillons qui proviennent de l’aire comprise entre le Mangoky et l’Onilahy, depuis le bord
de la iner jusqu’aux environs de 500-600 m d’alt. Les crénelures que nous avons vues
apparaître sur certains échantillons de la race («pinnatus ») s’accentuent ici et peuvent
atteindre les environs du tiers extérieur du limbe. Le feuillage devient plus réduit,
traduisant probablement l’aggravation des conditions de sécheresse qui règne sur l’aire
occupée par la race (« crataegifolius ») par rapport à celle de la précédente.
16. Allophylus Cobbe (« clissectus »). — Planche 14, fig. 13.
Dans cette race, qui croît dans le Domaine du Sud et dans les zones les plus
sèches du Domaine de l’Ouest, les feuilles, de petite taille, ont des folioles très profon¬
dément 3 (—5) lobées; les découpures du limbe peuvent arriver jusqu’à 0,5-1 mm de
la nervure médiane. En règle générale les échantillons sont glabres ou glabrescents;
cependant Humbert 12443, provenant du moyen Mandrare, présente des folioles densé¬
ment pubérulentes sur les deux faces.
Cette race n’est évidemment qu’un écotype de 1 ’A.C. («pinnatus») adapté à des
conditions extrêmes de sécheresse. Ressemble beaucoup aux représentants sud-africains
de VA. decipiens (Sond.) Radlk.
17. Allophylus Cobbe (« hieruris j>). — Allophylus bicruris Radlk. in Sitzungsber.
bayer. Akad. München 38 : 222 (1908), in Engler, Z. c. : 531 (1932); Choux,
in Mém. Acad. Malg. 4: 12 (1927) p. p., excl. exsicc. Perrier 1375, 1375 bis,
16863. — Planche 14, fig. 14.
Certains échantillons de cette race, récoltés par Boivin et Pervillé, portent des
étiquettes sur lesquelles l’île de Nossy-bé est donnée comme lieu d’origine. Nous pensons
qu’il s’agit là d’une erreur et qu’en réalité ces plantes proviennent des Comores.
Cette race dont nous ne connaissons malheureusement pas les fruits, possède des
inflorescences particulièrement grêles et généralement longues dépassant souvent les
feuilles. Sur le même rameau ces inflorescences sont tantôt isolées tantôt groupées par
deux à l’aisselle des feuilles; sur l’échantillon Boivin s. n" provenant de Moheli toutes
les inflorescences sont isolées et quelques-unes sont munies d’une ou deux ramifications
bien développées.
Les feuilles ressemblent à celles de VA. C. (« nigrescens ») mais elles sont plus
membraneuses et deviennent peu foncées au séchage; les marges sont nettement dentées.
Cette race est connue de Mayotte, Anjouan et Mohéli.
18. Allophylus Cobbe (« comorensis »). — Planche 11, fig. 1.
Dans cette race très proche de la race («bicruris») les inflorescences sont nette¬
ment ramifiées et plus courtes que les feuilles; il y a (2-) 5-10 rameaux latéraux dont les
inférieurs eux-mêmes portent assez souvent des ramules très nets. Les feuilles, pratique¬
ment glabres, sont d’assez grande dimension; le pétiole mesure (3-) 5-9 cm et, comme
dans la race (« antankarana ») , a le plus souvent, à sa base, une constriction nette due
à la dessiccation. Les folioles sont membraneuses, d’une teinte brunâtre sur le sec, mates;
la foliole médiane est elliptique ou légèrement elliptique-obovale et mesure 11-22 X 3,5-
7,5 cm; les nervures latérales atteignent la marge qu’elles dépassent sous forme d’un
petit mucron; de petites domaties légèrement ciliées sont fréquentes à l’aisselle des
nervures tertiaires. Les axes des inflorescences sont finement pubérulents; les loges de
l’ovaire portent des cils peu denses. Les méricarpes (non vus à maturité complète)
sont obovoïdes et atteignent 8 mm de longueur environ.
Cette race qui par certains côtés se rapproche beaucoup de VA. C. (« nigrescens »)
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 67
est également très proche des Allophylus qui croissent dans les Mascareignes (race
« borbonicus »). Elle est connue de Mohéli (16761 SF, 16734 S F) et d’Anjouan (Lavan-
chie s. n", 16663 SF).
19. Allophylus Cobbe (« antankarana »).
Cette race se rencontre sur les pentes inférieures et le pourtour de la Montagne
«•'Ambre (en particulier sur les placages de cendres volcaniques et les coulées basaltiques
flui recouvrent en beaucoup de points le massif calcaire de l’Ankarana). Elle se carac¬
térise en particulier par ses feuilles de grande taille et ses très gros fruits. A l’œil nu
ses organes paraissent glabres bien qu’en réalité ils soient pour la plupart (ramules,
Pétioles, axes d’inflorescence) pourvus d’une très courte pubescence; sur la face infé¬
rieure du limbe cette pubescence est parfois assez abondante pour donner une impression
de velouté au toucher.
Les feuilles sont de grande taille et mesurent (10 ) 15-30 cm de longueur dont
(2-) 4-13 cm pour le pétiole; sur le sec celui-ci est muni à sa base, et souvent aussi à
s °n sommet, d’une constriction très nette due à la dessication. Le limbe est membraneux
reste de teinte claire au séchage; la foliole terminale, de forme elliptique ou parfois
très légèrement obovale-elliptique, acuminée au sommet, mesure en général 11-18 X 4,5-
8 cm; il est muni à sa face inférieure, le long des nervures et des nervilles, de petites
glandes fusiformes visibles seulement à un fort grossissement entremêlées de courts cils
dressés qui sont parfois très peu nombreux parfois abondants au point d être sensibles
a u toucher; les nervures secondaires, au nombre d’une douzaine de paires environ,
Munies pour la plupart de grosses domaties à leur aisselle, atteignent la marge, au moins
celles de la moitié supérieure du limbe; l’aisselle des nervures tertiaires est souvent
«unie de fovéoles poilues qui très souvent tranchent par la teinte claire de leurs poils
SUr la couleur un peu plus sombre du limbe. Les marges du limbe sont assez souvent très
grossièrement dentées.
Les inflorescences longues de 7-20 cm, très rarement simples, ont généralement
dans leur moitié supérieure 1-3 ramifications; les pédicelles floraux sont glabres ou
brièvement pubérulents. Les fruits sont de grosse taille et les méricarpes, sur le sec,
atteignent 12-15 mm de longueur sur 11-14 mm de largeur (jusqu’à 17 X 15 mm après
ramollissement) ; vus de dessus les méricarpes ont un contour subcirculaire ou quadran-
gulaire et non obovale : ils sont en effet brusquement atténués à la base ; la surface
du péricarpe est parcourue, sur le sec, d’un réseau de carènes assez saillantes; l’endo¬
carpe est osseux.
11 semble difficile d’établir les affinités de cette race avec celles que l’on rencontre
à Madagascar; ses gros fruits peuvent faire songer à ceux de VA. C. (« macrocarpus »)
•nais dans cette race les fruits sont plus petits, obovoïdes et les caractères foliaires sont
nettement différents. Le feuillage rappelle celui des races (« comorensis *) et (« bicru-
ris ») des Comores mais la première a des inflorescences simples et la deuxième des
fruits qui sont obovoïdes et ne paraissent pas devoir atteindre de fortes dimensions.
A VA. C. («.antankarana») nous rapportons les échantillons suivants: 20069 S F
d 166 R 152 provenant de la Montagne d’Ambre, 23098 SF, 23341 SF et Humbert 18905
Provenant de l’Ankarana ou de ses abords.
Un échantillon, également récolté dans l’Ankarana (23357 SF) , est peut-être à
rapporter à cette race; il se distingue par ses folioles plus coriaces et surtout devenant
très discolores sur le sec : la face supérieure devient brun rougeâtre tandis que la face
inférieure reste d’un beau vert. Les fruits, sur le frais, ont des méricarpes subglobuleux,
un peu plus larges (jusqu’à 22,5 mm) que longs (jusqu’à 20 mm). L’écorce qui recouvre
le tronc (il s’agit d’un arbre de 10-15 m de hauteur) est plus ou moins platanoïde sur
les vieux sujets.
20. Allophylus Cobbe («Decaryi»). — Allophylus Decaryi Danguy et Choux. Bull.
Mus. Hist. Nat. Paris 32 : 388 (1927) ; Choux, Catalogue : 8 (1931) ; Radlkofer,
in Engler, l. c. : 1487 (1934). — Planche 14, fig. 1-10.
Cette race, localisée dans la partie orientale de l’Androy, a des fruits très briève¬
ment pubérulents comme VA.C. ( « trichodesmus ») mais ses feuilles de petite taille,
Source : MNHN, Paris
R. CAPURON
ses courtes inflorescences simples (ou avec 1-2 courtes ramifications) l’en distinguent très
aisément).
L’ovaire et les étamines sont portés au sommet d’un androgynophore bien indivi¬
dualisé ce qui différencie assez nettement cette race par rapport aux autres.
Elle ne peut se confondre avec VA.C. (« dissectus ») présent dans le Sud, car
celui-ci possède des folioles très profondément lobées.
« ESPÈCE» INSUFFISAMMENT CONNUE.
21. Allophylus bongolavensis Choux (C. R. Assoc. Fr. Av. Sc. : 380 (1925), nom.
nud.; Index : 14 (1926); in Mém. Acad. Malgache 4: 15 (1927), Catalogue : 8
(1931) ; Radlkofer, in Engler, /. c. : 1489 (1934).
Choux a décrit cette espèce d’après deux échantillons récoltés par Perrier (n°“ 6281
et 9569) dans le massif du Bongolava, prolongement Nord du massif de l’Ankarafant-
sika; nous ne possédons aucun échantillon de récolte récente qui puisse en être rapproché.
Ces deux échantillons ont des folioles relativement coriaces, luisantes à la face supérieure,
obovales dans Perrier 6281, en partie acutiuscules dans Perrier 9569; par les caractères
de la nervation, des fovéoles et des inflorescences, ces plantes ne sont pas sans nous
rappeler VA. salignus dont elles dérivent peut-être. Peut-être également pourraient-elles
être rapprochées de 1 ’A.C. (« alnifolius »).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET
COMORES
69
VIT. SAPINDEAE
, Cette tribu, qui groupe environ 7 genres, se caractérise parmi les Sapindacées
? loges ovariennes 1-ovulées par ses feuilles sans foliole terminale développée, ses fruits
indéhiscents très profondément lobés (se séparant finalement de l’axe à maturité), ses
gfaines non entourées d’un arillode.
, Seul le genre Deinbollia Schum. et Thonn., africano-malgache, représente la tribu
a Madagascar. Des Néphéliées présentes dans la Grande île et avec lesquelles on pourrait
peut-être le confondre il se sépare par ses inflorescences beaucoup plus ramifiées, ses
fleurs à sépales fortement imbriqués, ses étamines (8-17) plus nombreuses et ses graines
non entourées d’un arillode translucide.
11. Deinbollia Schumacher et Thonning
Deinbollia Schum. et Thonn., Danske Vid. Selsk. Afhand. 4 t 16 (1829) ; Radlkofer in
Engler, /. c. : 669 (1932).
Omalocarpus Choux, Mém. Acad. Malg. 4 : 56 (1927) ; Radlkofer in Engler, l. c. : 1017
(1933).
On sait que dans les Deinbollia l’endocarpe adhère fortement aux téguments de
I a graine; au cours de la dessication des fruits, la partie interne de l’endocarpe se rétracte,
se sépare de la partie externe de ce dernier et reste adhérente à la graine qu’elle entoure
complètement en formant une couche à surface irrégulière. Cette couche, de teinte plus
ou moins blanchâtre, a été prise par certains auteurs pour un arille; c’est la position
a doptée par Choux ce qui l’a conduit à placer son genre Omalocarpus dans la tribu des
Néphéliées, classement qui par suite ne l’a pas amené à comparer ce genre avec les
Deinbollia. Quelle que soit la vraie nature du tissu qui adhère au tégument séminal tous
tas caractères des Deinbollia (fleurs, fruits, graines) se retrouvent dans le genre Omalo-
carpus qui ne saurait donc être maintenu.
Choux, en 1927, a basé sa description de YOmalocarpus macrophyllus sur deux
e chantillons, Perrier 2266 et Perrier 13222, provenant du massif de l’Ankarafantsika et
n a pas désigné de Type. Bien que selon nous cette espèce doive s’identifier au Deinbollia
borbonica il ne nous paraît pas inutile de désigner un Lectotype. Choux ayant attribué
son nouveau genre aux Néphéliées en raison des caractères du fruit, c’est un échantillon
fructifié que nous choisirons. Perrier 2266 ne portant que des fleurs sera donc écarté et
o est l’échantillon Perrier 13222 qui devra être retenu, échantillon présentant des fleurs
et des fruits. Or, l’échantillon Perrier 13222 est sûrement constitué d’éléments provenant
d® deux individus distincts, l’un en fruits et l’autre en fleurs. Nous avons en mains
ta matériel qui a servi à Choux à faire sa description ainsi que les doubles de ces plantes
conservées au Muséum de Paris. La planche 6, figure 11, des Mémoires de l’Académie
Malgache représente, réduits au tiers de leur grandeur naturelle, la plus grande partie
des éléments de l’échantillon Perrier 13222 que l’auteur avait à sa disposition : il s’agit
d une feuille, d'un fragment d’inflorescence et d'un fragment d’infrutescence.
Le fragment d’infrutescence et la feuille proviennent d’un même individu comme
°n peut s’en assurer en examinant un des doubles conservés à Paris : ce double présente
une infrutescence de grande taille (d'environ 35 cm de long), amplement ramifiée et à
taquelle est encore fixée une feuille dont les caractères sont analogues à ceux de la
feuille reproduite par Choux. C’est cet individu, représenté par des feuilles et des fruits,
que nous choisirons comme type. Quant à l’inflorescence reproduite sur la planche 6
il s’agit d’un fragment prélevé sur une inflorescence conservée également à Paris (sur
une autre feuille d’herbier que l’infrutescence), inflorescence terminant un rameau
défeuillé.
Source : MNHN, Paris
70
R. CAPURON
L’échantillon Perrier 13222 constitué de deux individus sera donc scindé en
deux parties : à l’individu en fleurs et sans feuilles nous donnerons le n" 13222 a, et à
l’individu fructifié et feuillé le n° 13222 b. C’est ce dernier que nous désignerons comme
Lectotype de VOmalocarpus macrophyllus Choux.
La séparation des espèces de Deinbollia se révèle particulièrement délicate et la
plupart des auteurs qui ont eu à étudier ce genre se sont heurtés à des difficultés dues en
partie au manque de matériel (souvent les fleurs ou les fruits restent inconnus), dues
aussi aux caractères peu tranchés qui séparent les « espèces ». Taille des feuilles et des
folioles, nombre de celles-ci, taille des fleurs et des fruits sont les caractères qui reviennent
le plus souvent dans les clés de détermination, caractères, surtout ceux tirés des feuilles,
très variables d’un individu à l’autre, souvent même sur un même individu et dont l’ampli¬
tude des variations ne peut guère être appréciée en herbier. Pour donner une idée de la
variabilité de la taille des feuilles nous signalerons par exemple le cas du Deinbollia
qui croît dans les forêts de l’Est malgache et que nous nommerons D. macrocarpa.
Il s’agit d’un arbuste à tige généralement simple, rarement bifurquée au sommet, atteignant
en général 1,50 à 3 m, parfois jusqu’à 5-7 m de hauteur. Au sommet de la tige, grêle
et élancée, se trouve un dense bouquet de feuilles; celles de la base peuvent dépasser
1,20 m de longueur alors que celles qui sont juste sous l’inflorescence ne dépassent pas
0.50 m et même parfois 0,30 m; évidemment la taille des folioles varie en conséquence.
Si le collecteur ne prend pas soin d’indiquer la position des feuilles récoltées, le botaniste
qui travaille en herbier risque d’être tenté de voir deux ou plusieurs espèces, là où il n’y
en a en réalité qu’une seule.
Deux groupes d’espèces peuvent être distingués à Madagascar.
Dans le premier groupe vient se placer le D. Pervillei, premier Deinbollia décrit
de Madagascar et qui est connu de la Région Occidentale depuis Analalava jusque dans
le Domaine du Sud. Dans la région de Diégo-Suarez on trouve des Deinbollia arbo¬
rescents assez différents d’aspect du D. Pervillei mais que. faute de matériel suffisant,
nous lui rapporterons à titre de sous-espèce.
Dans le deuxième groupe on trouve d’abord une espèce, D. neglecta, qui a été
décrite par Radlkofer d’après un échantillon unique récolté par Commerson, probable¬
ment dans la région de Fort-Dauphin; non sans un point de doute, en raison de la grande
distance qui sépare les lieux de récolte, nous rapporterons à cette espèce des plantes
recueillies dans la Montagne d’Ambre sur des sous-arbrisseaux nains; les fruits de ces
plantes restent inconnus. Les autres espèces sont représentées par des arbrisseaux ou
des arbustes érigés, à port palmiforme en général, ne dépassant pas parfois 1-2 m de
hauteur, d’autres fois pouvant atteindre 5-7 m; on les trouve sur les deux versants de
l’ÎIe. Dans le matériel dont nous disposons, deux espèces. D. macrocarpa de l’Est et
D. boinensis des calcaires de l’Ouest, se laissent assez facilement caractériser, leurs
fleurs et leurs fruits étant connus. Le reste du matériel, qui provient du versant occidental
de l’île, se révèle assez hétérogène. Nous avons suivi Radlkofer en groupant dans
D. borbonica les échantillons chez lesquels le calice est pubescent-soyeux extérieurement;
des différences dans la pubescence des autres organes (feuilles, ovaires) et dans la forme
du disque nous ont conduit à y distinguer plusieurs formes qui, lorsqu’elles seront mieux
connues, mériteront peut-être d’avoir un autre rang taxonomique; enfin, deux échantillons
de Nossibe, à calice glabre, à disque foliacé sur la marge, ont été rattachés avec un
point de doute au D. macrocarpa. Peut-être, lorsque ces différentes plantes seront mieux
connues, faudra-t-il accorder plus d’importance aux caractères du disque et du cotylédon
inférieur (simple ou replié) qu’aux caractères tirés de la pubescence du calice; cela
entraînera sans doute des remaniements dans le classement proposé.
Clé des espèces de Deinbollia
1. Arbustes ou arbrisseaux (parfois nains) à tige simple ou rarement avec une ramification au sommet,
à feuilles le plus souvent groupées en bouquet au sommet de la tige.
2. Sépales très densément recouverts extérieurement d’une pubescence fauve-roussâtre ou brune ou
plus ou moins dorée. Folioles parfois très distinctement pubcsccntes. 1. D. borbonica.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
71
Planche 15
Deinbollia neglecta (échantillon de lu Montagne d'Ambre) : 1, feuille et inflorescence,
x 1 /2; 2, fleur mâle, x 4; 3, pétale, face interne, X 4; 4, disque et étamines,
Deinbollia borbonica fa. arenicola : 5, feuille, x 1 /2; 6, inflorescence, X 2 /3; 7, calice,
X 4; 8, pétale, face interne, x 4; 9, disque et étamines, x 4; 10, étamine,
X 6; 11, disque, staminodes et ovaire d’une fleur femelle, x 4; 12, ovaire et
style, x 4.
Deinbollia borbonica fa. pilosula : 13, fragment d’infrutescence, x 2/3.
Source : MNHN, Paris
72
t. CAPURON
2’. Sépales glabres ou munis seulement de quelques poils très épars sur la face externe. Folioles glabres.
3. Folioles (dépassant rarement 15 (-20) cm de longueur) obtuses ou brièvement acuminées obtuses
au sommet, l’extrémité de l’acumen toujours assez nettement émarginée. Limbe relativement
coriace. Feuilles pouvant atteindre jusqu’à 50 (-80) cm de longueur. Disque à marge foliacée.
Cotylédon inférieur simple. 3. D. boinensis.
3'. Folioles généralement aigues ou acuminées, l’extrême pointe non émarginée.
4. Folioles (au plus 5 paires) très membraneuses, les plus grandes ne dépassant pas 15 cm de
longueur sur 4 cm de largeur. Feuilles ayant au plus 30 cm de longueur. Disque au plu9 aminci
sur sa marge. Sous-arbrisseaux nains. 4. D. neglecta.
4'. Folioles (4-10 paires) les plus grandes dépassant souvent 20 cm de longueur (pouvant atteindre
jusqu’à 60 X 13 cm). Feuilles dépassant presque toujours 30-40 cm, les plus grandes atteignant
1-1,20 m. Arbustes de 14-7 m de hauteur. 2. D. macrocarpa.
5. Disque au plus aminci sur sa marge. Cotylédon inférieur replié sur lui-même.
s.sp. macrocarpa.
5'. Disque à marge large et foliacée. (Graines inconnues). s.sp. sambiranensis.
1. Arbuste ou arbres normalement ramifiés. Feuilles n’atteignant pas 0,50 m de longueur.
5. D. Pervillei.
Espèce insuffisamment connue. 6. D. revoluta.
1. Deinbollia borbonica Scheffer, Obs. Phytogr. Bogor : 17 (1868) ; Radlkofer in Engler
l. c. : 674 (1932). — Omalocarpus macrophyllus Choux, Mêm. Acad. Malgache 4 s
56, tab. VI, fig. 11 (1927), non Choux in Ann. Mus. Hist. Nat. Marseille 22 : 40
(1929) ; Radlkofer in Engler /. c. : 1017 (1933) quoad exsicc. Perrier 2266 et
13222 (Cetera exclus.).
Typus speciei : Spécimen n° 14528 de l’Herb. Bogor., provenant d’une plante
cultivée originaire de Bourbon (non vu).
Cette espèce signalée des Comores, de Zanzibar et d’Afrique Orientale a été
décrite d’après une plante cultivée au Jardin botanique de Buitenzorg et qui aurait été
introduite de l’île Bourbon, c’est-à-dire de la Réunion. 11 convient d’observer que ni les
Flores de cette île (voir par exemple les travaux de Jacob de Cordemoy) ni celles de
l’île Maurice ne signalent la présence de Deinbollia. L’Herbier de Paris, pourtant riche
en plantes des Mascareignes, ne contient aucun échantillon de cette provenance. On
peut donc se demander si l’indication d’origine de la plante cultivée à Bogor n’est pas
erronée.
Radlkofer a classé le D. borbonira parmi les espèces à grandes fleurs (boutons de
la grosseur d’un grain de poivre ou plus grand), à sépales revêtus de poils; une douzaine
d’espèces appartiennent à ce groupe et se distinguent d’après l’aspect de la pubescence,
la forme des coques du fruit, celle des folioles, etc. Nous avons comparé les plantes
malgaches avec des plantes d’Afrique Orientale déterminées par Radlkofer comme
D. borbonica et n’avons trouvé aucun caractère permettant de les en distinguer spécifi¬
quement. Dans D. borbonica les coques seraient obovoïdes (12 mm de long, 10 mm de
largeur dit la description) ; dans les plantes malgaches les fruits sont sensiblement
globuleux; il serait illusoire de vouloir baser une distinction spécifique sur cette infime
différence.
Dans le matériel malgache à notre disposition nous avons distingué trois formes
dont une (fa. glabrata ) s’identifie avec l’une des quatre formes distinguées par
Radlkofer. Ces formes peuvent se distinguer de la manière suivante :
1. Ovaire glabre. Folioles glabres ou éparsèment pubérulentes (poils sur les deux faces de la nervure
médiane). 1. fa. arenicola.
1' Ovaire densément pubescent.
2. Folioles manifestement poilues-hérissées sur les deux faces, cette pubescence très sensible au toucher.
2. fa. pilosula.
Folioles glabres (sauf quelques traces de pubescence sur la nervure principale en dessous).
3. fa. glabrata.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAI’INDACÉES l)E MADAGASCAR ET DES COMORES
Deinbollia macrocarpa : 1, fragment de feuille, X 1/2; 2, fragment d'une jeune inflo¬
rescence, X 1 /2; 3 et 4, pétales, x 4; 5, disque et étamines, X 4; 6, fragment
d’infrutescence, x 2/3; 7, fruit, X 2/3; 8, graines, x 2/3; 9, embryon, profil,
X 2/3.
Source : MNHN, Paris
74
R. CAPURON
a. fa. arcnicola R. Capurun fa. nov. —• Omalocarpus macrophyllus Choux, Mêm. Acad.
Malg. 4 : 56 (1927) pp., quoad exsicc. Perrier 2226. — Planche 15, fig. 5-12.
A cetcris formis differt germine glabro. Folia adulta glabra vcl glabrescentia.
Typus kormak : Perrier 2266.
Tous les échantillons que nous rapportons à cette forme proviennent du massif
de l’Ankarafantsika ; ce sont, outre le Type, les échantillons 2267 -SF et Perrier 13222 a
(part, réduite aux inflorescences, de l’échantillon Perrier 13222).
b. fa. glabrata Radlk., Sitzungsb. bayer. Akad. München 8 : 369-370 (1878).
Cette forme, qui se retrouve en Afrique Orientale, a été récoltée à Mayotte par
Boivin (n° 3358).
c. fa. pilosula R. Capuron fa. nov. — Omalocarpus macrophyllus Choux /. c., p.p.,
quoad exsicc. Perrier 13222 b. — Planche 15, fig. 13.
A ceteris formis differt foliolis dense pilosulis, praesertim sublus molliter
pubescentibus. Germen dense pubescens.
Typus eormae : Perrier 13222 b (part réduite aux fruits et aux feuilles de
Perrier 13222).
2. Deinbollia macrocarpa R. Capuron. — Omalocarpus macrophyllus Choux in Ann.
Mus. Hist. Nat. Marseille 12 : 41 (1929) quoad sp. Decary 5262, non Choux
Mémoires (1927). — Planche 16, fig. 1-9.
Arbuscula vel arbor parva, erecta (ad 5-7 m alla). Folia circa 10-20 ad apicem
trunci conferta, inferiora magna (ad 1,20 m et ultra longa) superiora breviora (interdum
30 cm tantum). Petiolus (folia magna solum describero) [10-33 cm longus ] rachisque
(50-100 cm) robusti, fere semper dense lenticelloso-punctati, glabri. Foliota 6-9-juga,
alterna vel subopposita, petiolulis (3-25 mm longis) fere semper plus minusve inflatis
et lenticelloso-punctatis, ovato-elliptica vel elliptica (10-40 X 3,8-10 cm, interdum 50 cm
longa et 16,5 cm lata), 2-4-plo longiora quam lata, basi cuneata plus minusve asymmetrica
(latere interiore latiore ), apice acuta vel saepius acuminata (acumine ad 2,5 cm longo) ;
lamina adulta coriacea vel chartacea; Costa supra carinata, subtus valde prominens et vix
appresse-ciliata; nervi secundarii 10-20-jugi, utroque (infra magis) prominuli, praeter
marginem arcuatim anastomosantes; margines integerrimae, recurvatae. Inflorescentiae
terminales vel axillis superiorum foliorum insertae, amplae (25-60 cm longae) paniculatae,
ramosae, axibus sat dense adpresse fulvo-pubescentibus, lenticelloso punctatis. Flores
pedicello 2-4 mm longo, puberulo, 4,5-5 mm alti; sepala 5, dorso subglabra basi leviter
puberula, exteriora parviora (3-4 X 3-3,2 mm), marginibus sparse ciliatis, interiora
majora. Petala 5 (rarissime 3-4) inclusa (ca 3,5-4 X 2-2,5 mm) onguiculata (onguiculo
1,5-1,8 mm longo, I mm lato, margine ciliato) intus squamula integra vel plus minus
2-lobata (margine valde ciliata) instructa. Discus glaber, ca. 0,75-1 mm altus, basi
crassus, margine undulata tenui sed non foliacea. Stamina 10-16 (in floribus foemineis
staminodiis vix brevioribus) vix exserta, 4-5,5 mm longa, filamentibus supra discum
villosis, anlheris ca 1 mm longis apice plus minus apiculatis. Ovarium (in floribus
masculis pistillodium dense ciliatum) [2-]3-coccum, coccis sparse ciliatis. Fructus 3-coccus
(vel abortu 1-2-coccus), coccis glabris ovoideis (ad 27 X 23 mm) vel subsphaericis,
pericarpio saepe suberoso-maculato. Semen conforme cotyledonibus crassis, superiore
interiorem transverse conduplicatam obtegente.
Typus speciei : 9119 SF (Sahamalaza, bassin de la Rantabe).
Cette espèce est largement répandue dans la Région Orientale où nous la
connaissons depuis Vohémar jusque dans la région de Mananjary et depuis le bord de
la mer jusque vers 900 m d’alt. Nous avons dit plus haut les grandes variations de
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAP1NDACEES DE MADAGASCAR ET
COMORES
75
Planche 17
Deinbotlia neglecto (échantillon Type) : 1, rameau en fleura, x 2/3; 2, pétale, face
Deinbollia boinensis : 3, feuille, x 1/2; 4, inflorescence, x 1/2; 5, pétale, face interne.
X 4; 6, disque, ataminodea et style, X 4; 7, coupe du disque et de l'ovaire,
X 4; 8, ovaire et style, X 4; 9, fruit, x 2/3; 10, embryon, gr. nat.
Source : MNHN, Paris
76
taille que présentent les feuilles suivant qu’il s’agit de feuilles placées à la base du
bouquet terminal ou au contraire de feuilles apicales. Toutes les fleurs que nous avons
analysées avaient un disque peu élevé, à marge supérieure simplement amincie-rebordée.
Le cotylédon inférieur est toujours replié sur lui-même.
A Nossibé, dans la forêt de Lokobe, nous avons récolté deux échantillons d’un
Deinbollia à grandes feuilles que son calice glabre nous fait écarter du D. borbonica et
rapprocher du D. macrocarpa. Ils s’écartent cependant de ce dernier par leur disque à
marge supérieure foliacée. Nous n’en connaissons pas les fruits mûrs et par suite les
caractères cotylédonnaires. Pour l’instant, nous grouperons ces plantes dans une sous-
espèce spéciale rattachée au ü. macrocarpa.
S. sp. sambiranensis K. Cap. s. sp. nov : a typo differt disco supra foliaceo ca. 1,5 mm
alto.
T y pus subspeciei : 23447-SF (Nossibé).
3. Deinbollia boinensis R. Capuron sp. nov. — Omalocarpus macrophyllus Choux
in Ann. Mus. Hisl. Nat. Marseille, 22 s 40, tab. 4 et 5 (1929) quoad exsicc.
Perrier 4640 et 17931, non Choux (1927). — Planche 17, fig. 3-10.
Arbuscula vel arbor parva (ad 3-6 m alta) caule simplici vel apice 1-2 furcata,
joliis ad apicem confertis, innovationibus fulvo pubescentibus mox glabrescentibus,
ramulis adultis glaberrimis. Folia ( 17 -) 35-50 (-80) cm longa, 5-7-juga, adulta glabra
(cosla foliolorum ciliis paucis subtus instructa), petiolo (4,5-) 10-13 (-22) cm longo,
cylindrico, basi inflato. Foliota alterna vel rarius pro parte opposila, petiolulata, petiolulo
5-15 (-20) mm longo supra canaliculato, inferiora quam superiora fere semper breviora
et latiora, limbo superiorum oblongo-lanceolato vel elliptico lanceolato (9,5-17 X 2-4,2 cm)
ca. 3-4,5-plo longiore quam lato, injeriorum ovato (5-8,5 X 2,3-4,2 cm, ca. 1,2-2-plo
longiore quam lato), basi plus minusve obtuse cuneata asymmetrica, apice obtusa vel
rotundata vel rarius acutiuscula, imo apice saepe emarginata, marginibus integris saepe
undulatis; costa supra carinulata, infra prominens; nervi secundarii numerosi a tertiariis
parum distincti, utrinque minute prominuli. Inflorescentiae axillares vel terminales,
amplae (15-60 cm longae), ramosae, paniculiformes, axibus glabris vel glabrescentibus
(apicibus breviter fulvo-puberulis exceptis). Pedicelli 1-2,5 mm longi, puberuli. Flores
diclines, monoici vel dioici, ca. 5-6 mm alti. Sepala 5, extus sparse puberula, exteriora
parviora (3-4 X 2,5-3 mm ), interiora (4,5-5 X 2,8-3 mm) ante marginem ciliatam zona
glabra petaloidea cincta. Petala 5, in floribus foemineis vix in masculis manifeste exserta,
ovata (4,5-5 X 2,5-2,8 mm) versus apicem basinque pariter attenuata, marginibus longe
ciliata, basi extus longe ciliata, intus supra unguem squamula integra vel lobulata
marginibus valdc vUlosis aucta. Discus crateriformis basi incrassatus (glabra vel ciliis
paucis instructa) margine undulata et tenui. Stamina 9-15 inclusa ca. 3,5 mm longa
(in floribus foemineis 2 mm ), filamentibus villosis, antherarum connectivo dorsaliter basi
ciliis longis instructo. Germen (2-) 3-5-loculare, (2-) 3-5-coccum, ciliatum (pistillodium
densissime ciliatum). Fructus 1-5-coccus coccis 12-13(-20) mm diam., globulosis, pericarpio
crustaceo, glabro. Semen subsphaericum 10-11(-14) mm diam., testa nigricanti. Embryo
notorrhizus, cotyledones superpositae (cotyledo inferior non transverse conduplicatus).
Typus spkciei : Perrier 17931 (environs de Majunga).
Cette espèce nous paraît nettement distincte du Deinbollia borbonica par ses feuilles
toujours pratiquement glabres, scs folioles de consistance plus coriace à nervures secon¬
daires nettement moins saillantes, le limbe des folioles nettement plus oblong et moins
large, presque toujours émarginé au sommet (même lorsqu’il s’atténue nettement vers
le haut). Le disque est à marge supérieure foliacée et le cotylédon inférieur est simple.
Cette espèce se présente presque toujours sous l’aspect d’un arbrisseau à tige
simple ne dépassant guère 2 m de hauteur (devenant parfois, d’après Perrier, un petit
arbre de 3-6 m). Elle paraît localisée sur les calcaires et est connue, pour le moment,
du Domaine de l’Ouest depuis la presqu’île d’Antonibe jusqu’à la Mahavavy.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION
SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
77
Planche 18
Deinbollia Pervillei a. ap. Pervillei : 1, feuille et inflorescence, X 2/3; 2, fleur mâle,
X 4; 3, pétale, face interne, X 4; 4, disque et étamines, x 4; 5, section verticale
du disque, x 4; 6, fragment d'infrutescence, x 2 /3; 7, embryon, gr. nat.
Deinbollia Pervillei s. sp. suarezensis fa. suarezensis ; 8, feuille et inflorescence, x 2/3;
9, fleur mâle, X 4; 10, pétale, face interne, X 4; 11, disque et étamines, x 4;
12, section verticale du disque et du pistillode, x 4.
Deinbollia Pervillei s. sp. suarezensis fa. ankaranensis : 13, feuille et infrutescence
X 2/3.
Source : MNHN, Paris
78
R. CAPURON
4. Deinbollia neglecta Radlk. in Sitzungsber. bayer. Akatl. München 8 : 368 (1878),
in Engler l. c. : 687 (1932) ; Choux, Index : 15 (1926), Catalogue : 9 (1931). —
Planches 15. fig. 1-4 et 17, fig. 1-2.
Typus speciei : Commerson, s. localité précise.
Le type de cette espèce est constitué par un unique rameau conservé dans
l’Herbier Jussieu (n“ 11414). Commerson n’a indiqué, comme il était d’usage à son
époque, aucune localité précise de récolte se contentant simplement de « Madagascar ».
L’échantillon étant unique et la plupart du temps Commerson ayant récolté de nombreuses
parts d’herbier il est permis de supposer que l’individu sur lequel il a été prélevé n<’
portait qu’une seule inflorescence. Le rameau feuillé adulte est glabre, grêle (2,5-4 mm
de diamètre). Les feuilles sont rassemblées dans la partie supérieure des rameaux et
ont un axe foliaire long de 10 à 17 cm (dont 3,5-6 cm) pour le pétiole; il y a 6-7 paires
de folioles membraneuses, elliptiques, d’environ 4-5,5 X 1,2-2 cm, atténuées-aigues aux
deux extrémités; le limbe est glabre.
L’inflorescence, terminale, mesure 6 cm de longueur et est constituée d’un axe
principal portant quelques ramifications; les axes de cette inflorescence sont peu densé¬
ment pubérulent-roussâtres, la pubescence devenant plus dense vers les extrémités. Les
fleurs, groupées en cymules 1-3-flores, ont environ 5,5 mm de hauteur (sur 4,5-5 mm de
diamètre) ; les sépales sont glabres, les extérieurs seuls étant munis de quelques poils à
leur base externe; les pétales, au nombre de cinq, atteignent 4,5 mm de long, sont un
peu exserts, à onglet large et assez long (portant quelques poils à sa base externe)
surmonté d’une lame pétalaire longuement ciliée sur les bords; sur la face interne la
squamule est entière ou plus ou moins profondément bifide, ciliée sur les bords, pubescente
sur la face interne et sur les bords de sa face externe; le disque est glabre, haut de
1,2 mm environ, à marge assez nettement amincie; il y a (8-)9-10 étamines légèrement
exsertes, longues de 4 mm environ, à filets ciliés sur toute leur longueur; le pistillode
(nous n’avons vu que des fleurs mâles) est cilié et à deux loges.
Aux altitudes moyennes de la Montagne d’Ambre, entre 650 et 900 m d’altitude,
nous avons récolté deux échantillons (11291-SE et 20010-SF) dont les caractères, à
quelques détails près, sont ceux du précédent; les folioles, de même forme, sont plus
grandes (5-11,5 X 2-4,1 cm) ; les inflorescences, terminales ou axillaires, atteignent ici
20 cm de long et ont des poils beaucoup plus rares que dans la plante de Commerson.
sur la même inflorescence) sont un peu plus grandes
(6-7 mm de hauteur) mais leurs pétales ont la même structure (les sépales sont glabres) ;
les étamines sont au nombre de 12-14; l’ovaire est à 2-4 coques munies de quelques cils
paraissant très caducs.
Ces différences nous ayant paru insuffisantes pour séparer nettement les échan¬
tillons de la Montagne d’Ambre de la plante de Commerson, nous les rapporterons au
Deinbollia neglecta Radlkofer.
5. Deinbollia Pervillei (Blume) Radlk. in Sap. Holl. • Ind. : 40 (1877) ; in Engler
l.c.: 688 (1932); Choux, Index: 15 (1926), Mémoires: 110 (1927), Catalogue:
9 (1931). — Hemigyrosa? Pervillei Blume, Rumphia 3 : 166 (1847). — Planche 18,
fig. 1-7.
Typus speciei : Pervillé 676 (Ambongo).
Cette espèce est très largement répandue dans le Domaine de l’Ouest et une partie
du Domaine du Sud; on la connaît depuis la région d’Analalava jusque dans la vallée
de l’Onilahy. C'est tantôt un arbre (pouvant atteindre parfois 10-12 m de hauteur)
tantôt un petit arbuste de 1-2 m de hauteur seulement mais toujours normalement ramifié.
Sur cette aire très vaste l’espèce est toujours facilement reconnaissable, bien que l’on
puisse noter des variations assez sensibles dans la taille des folioles et même de leur
forme, dans la taille des inflorescences. Dans certains échantillons les folioles sont
elliptiques-oblongues ou oblongues, environ trois fois plus longues que larges et au
nombre, le plus souvent, de trois paires par feuille; ces folioles sont de plus assez
nettement obtuses au sommet, parfois même un peu émarginées. Ces échantillons pro¬
viennent de la moitié Nord de l’aire de l’espèce, entre Maintirano et Analalava. Dans
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
79
Planche 19
Aphania senegalensis ». ap. chrysotricha : 1, rameau en fleurs, X 2/3; 2, fleur, X 4;
3, pétale, face interne, X 6; 4 à 6, étamine, profil, faces interne et externe,
X 4; 7, ovaire, x 4.
Aphania senegalensis ». sp. senegalensis fa. Perrieri ; 8, rameau en fleurs, X 2/3;
9, fleur mâle, X 4; 10, marge des sépales, fortement grossie; 11 et 12, pétales,
face interne, x 4; 13 et 14, étamines faces externe et interne, x 4; 15, ovaire
et un staminode, x 4; 16, coupe de l’ovaire; 17, feuille et infrutescence d’un
échantillon du Sambirano, x 2/3; 18, embryon, profil, gr. nat.; 19, id., vu par
sa face inférieure, gr. nat.; 20, id., coupe longitudinale, gr. nat.
Source : MNHN, Paris
!. CAPURON
la même région, concurremment avec cette forme, et dans la partie Sud de l’aire, mais
alors à l’exclusion de la précédente, on trouve des individus à folioles nettement plus
lancéolées, à longueur environ cinq fois plus grande que leur largeur, nettement atténuées
aiguës au sommet et généralement au nombre de 4-5 paires par feuille. La présence
d’échantillons à caractères intermédiaires empêche de distinguer deux unités taxonomiques
de rang infraspécifique. Dans cette espèce le disque a une paroi relativement épaisse, à
marge obtuse. Les étamines sont au nombre de 10-13. L’ovaire est dans la grande
majorité des cas 2-loculaire, exceptionnellement 3-loeulaire. Le fruit a des coques globu¬
leuses atteignant 1,5-1,7 cm de diamètre. L’embryon a des cotylédons épais, superposés,
l’inférieur non replié sur lui-même.
Dans la région de Diégo-Suarez on rencontre des üeinbollia arborescents qui se
distinguent nettement du Deinbollia Pervillei typique par les folioles nettement plus
ovales ou obovales et surtout toujours très obtuses à leur sommet qui est fréquemment
émarginé. Certains de ces échantillons, ceux provenant en particulier du massif calcaire
de l’Ankarana, ont des feuilles possédant 4-7 paires de folioles relativement grandes
(les supérieures ont 6-10 cm de longueur sur 2,4-5 cm de largeur) et leurs fruits ont
des coques qui, à maturité, sont particulièrement grosses puisqu’elles atteignent 22-25 mm
de diamètre. Malheureusement les fleurs de ces plantes ne sont pas connues. D’autres
échantillons, ceux-là récoltés dans la Montagne des Français, ont des feuilles à 3-5 paires
de folioles plus petites que dans les plantes de l’Ankarana : les folioles supérieures
mesurent 4-7 X 1,3-2,2 cm; leur limbe est également plus membraneux et d’un vert
glauque; si les fleurs de ces plantes, qui présentent sensiblement les caractères de celles
du D. Pervillei, sont connues, en revanche les fruits mûrs ne le sont point. Que faire
de ces Deinbollia? Nous avions pensé tout d’abord les considérer comme une espèce
distincte du D. Pervillei, mais compte tenu du fait que les fleurs et les fruits demeurent
encore relativement mal connus nous préférons, pour le moment, les considérer comme
une sous-espèce du U. Pervillei, sous-espèce dans laquelle nous distinguerons deux formes
en nous basant sur des caractères tirés du nombre, de la taille et de la consistance
des folioles.
Deinbollia Pervillei (Bl.) Radlk. s. sp. suarezensis R Capuron s. sp. nov. : a s. sp.
Pervillei differt foliolis apice rotundatis vel late obtusis fers semper emarginatis.
a. fa. suarezensis : Foliota 3-5 juga parva, superiora 4-7 X 1,3-212 cm, ca. 2-3-plo
longiora quant lata, limbo submembranaceo pallido-viride subtus glauco, nervis
secundariis vix prominulis. Flores masculi (foeminei non vidi ) a s. sp. Pervillei
floribus vix distincti; discus glaber, margine leviter tenuiore; stamina 13-14 ;
pistillodium 2-3-loculare dense ciliatum. Fructus imrnaturus glabrescens. —
Planche 18, fig. 8-12.
Typus : 14213-SF (Montagne des Français).
b. fa. ankaranensis R. Capuron fa. nova : a forma praecedente differt ramulis robustio-
ribus (5-8 mm diam., in praec. 2-5), foliis robustioribus et longioribus, foliolis
numerosioribus (4-7 jugis) et majoribus ( superioribus 6-10,5 X 2,4-5 cm) propor-
tionaliter latioribus, limbo magis coriaceo et non glauco. Flores ignoti. Fructus
maturus magnus, 1-3 coccus, coccis glabris globosis vel subglobosis 22-25 mm diam.
Semen leviter ovoideum (18 mm longum) ; embryo notorrhizus, cotyledones crassae
exterior interiorem obtegens. — Planche 18, fig. 13.
Typus : 6183-SF (massif calcaire de l’Ankarana).
6. Deinbollia revoluta Radlk. in Engler l. c. : 688 (1932).
Typus speciei : Scott Elliot 2436 (F.nvirons de Fort-Dauphin). — Herb. K.
Cette espèce est encore très mal connue car elle n’a pas été retrouvée depuis la
récolte de Scott Elliot. On ne sait rien de son port. L’échantillon que nous avons vu
ne portait plus que les axes de l’infrutescence; les fruits, d’après Radlkofer, sont à
une coque obovoïde (de 2 X 1,5 cm) accompagnée de deux coques avortées. Les folioles
(3-5-paires) ont un limbe coriace, à bords irrégulièrement révolutés et par suite un peu
ondulés. L’espèce est à rechercher.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR F.T DES COMORES
81
VIII. APHANIEAE
I.es Aphaniées groupent les Sapindacées à loges 1-ovulées, à feuilles sans foliole
terminale, à fruit charnu indéhiscent profondément lobé (mais à lobes ne se séparant
Pas de l’axe floral), à graines sans arillode.
Cette tribu n’est représentée à Madagascar que par un seul genre, Aphania Blume,
^Dnt les représentants croissent en Afrique et en Asie. Le genre Manongarivea proposé
Par Choux pour les Aphaniées de la Grande île ne saurait être maintenu.
12. Aphania Blume
Aphania Blume, Bijdr. Fl. Ned. Ind. 5 : 236 (1825) ; Radlkofer in Engler l. c. : 699
(1932).
Manongarivea Choux, Mém. Acad. Malg. 4 : 36 (1927) ; Radlkofer, l. c. : 723 (1932).
Choux a décrit le Manongarivea Perricri d’après deux échantillons dont un (Perrier
1744) ne possède que des fleurs, l’autre, (Perrier 1812), possède à la fois des fleurs
et des fruits. C’est ce dernier que nous désignerons comme Lectotype étant donnée l’im-
Portance du fruit dans la classification des Sapindacées. Or cet échantillon, à sépales
et pétales glabres, ne saurait, selon nous, être séparé spécifiquement de VAphania
senegalensis. Quant à l’échantillon Perrier 1744 il diffère de l’autre par ses inflorescences,
ses sépales et ses pétales munis de poils; nous l’eussions volontiers considéré comme
représentant une espèce propre si I.eenhouts, in litt., ne nous^ avait signalé qu après
avoir étudié toutes les espèces (plus d’une vingtaine) décrites à'Aphania il était arrivé
à la conclusion qu’elles devaient se réduire à trois, d’une part A. senegalensis à aire
extrêmement vaste et d’autre part deux espèces de Nouvelle-Guinée; nous adoptons
volontiers cette manière de voir et nous rattachons tous les Aphania malgaches à
VA. senegalensis; néanmoins, pour tenir compte du fait que les plantes à fleurs pubescentes
se distinguent très nettement des A. senegalensis typiques, nous les groupons dans une
sous-espèce propre.
Aphania senegalensis (Juss. ex Poir.) Radlk., Sapind. Holl.-Ind. 21, 69 (1877-1878) ;
in Sitz.-Ber. Bayer. Akad. 8 : 238 (1878) ; in Engler, /. c. : 703 (1932). — Sapindus
senegalensis Juss. ex Poir. in Lam., Encycl. Méth. Bot. 6 : 666 (1804). —
Manongarivea Perrieri Choux, Mém. Acad. Malg. 4 : 36, tab. 5 (1927) ; in Ann.
Mus. Hist. Nat. Marseille, 22 : 35, tab. I (1929) ; in Index : 16 (1926) ; in Cata¬
logue : 9 (1931) ; Radlkofer in Engler, l. c. : 723 (1932).
La clé suivante permettra de situer les Aphania senegalensis tels qu’ils sont repré¬
sentés à Madagascar par rapport à ceux d’Afrique continentale.
1. Sépales et pétales glabres sur leur face externe. 1- s.sp. senegalensis.
2. Axes de l’inflorescence pubescents. Feuilles à 1-2 paires de folioles. Fruits partiels ellipsoidaux
(Continent africain). fa - senegalensis.
2'. Axes de l’inflorescence glabres. Feuilles à 1-3 paires de folioles. Fruits partiels sphériques, plus
rarement un peu obovoldes. Perrieri.
1'. Sépales et pétales pubescents sur leur face externe. Axes de l’inflorescence pubescents. Feuilles à
(1-) 2 (-3) paires de folioles. 2. s.sp. chrysotricha.
8 564029 6 6
Source : MNHN, Paris
82
R. CAPURON
1. s.sp. senegalensis fa. Perrieri (Choux) R. Capuron stat. nov. — Manongarivea
Perrieri Choux. Mém. Acad. Malg. 4 : 36 (1927) p. p., quoad spec. Perrier 1812;
in Ann. Mus. Hist. Nat. Marseille, 22 : 35, tab. I (1929). — Type : Perrier 1812.
— Planche 19, fig. 8-20.
Les représentants de cette forme se rencontrent dans la Région Occidentale, depuis
Vohémar et Diégo-Suarez jusque dans l’Ambongo (région de Soalala) ; on les trouve
aussi dans le Domaine du Sambirano. Sur cette aire assez vaste on pourra noter des
variations morphologiques de l’appareil végétatif assez importantes : nombre (de 1 à
3 paires) et taille (de 4 à 20 cm de longueur) des folioles, taille des inflorescences (de
3 à 20 cm de longueur, dépassant ou non les feuilles), etc. Les coques des fruits, la plu¬
part du temps sphériques ou presque, sont parfois, au moins en partie, un peu obovoïdes
ou ellipsoïdales (p. ex. 20088SP). Il serait illusoire de donner à ces variations un statut
taxonomique.
2. s.sp. chrysotricha R. Capuron s. sp. nov. — Manongarivea Perrieri Choux, Mém.
Acad. Malg. 4 : 36 (1927) p. p. quoad sp. Perrier 1744 et tab. 5.
A s.sp. senegalensis differt sepalis extus dense fulvo-pubescentibus. Frutex vel
arbor parva (ad 6-7 m alla), innovationibus dense fulvo-tomentosis mox glabris. Folia
( I -) 2 (-3) juga, glàbra, petiolo 1-3,5 cm longo; foliota opposita vel rarius alterna breviter
petiolulata ( 2-3 mm) elliptica (4-12 X l,5-4,5 cm), basi cuneata, e media parte apicem
versus regulariter attenuata, imo apice saepe obtuse-acuminata. Inflorescentiae dense fulvo-
pilosae, 4-8 cm longae. Flores breviter pedicellati (pedicello 1-2 mm longo) ; sepala
(dua exteriora parva, 2,5 X 2 mm, interna majora, 4x3 mm) extra dense fulvo-pubes-
centia, intus glabra, marginibus ciliatis; petala oblonga (2,5-4 X 1,5-2 mm) breviter
unguiculata, intus basi squama lanuginosa instructa, extus pilis numerosis fulvo-auratis
instructa; stamina 7-8, filamentis brevibus dense pubescentibus; antheioe glabrae, papil-
losae. Fructus non suppetebat. — Planche 19, fig. 1-7.
Typus subspeciei : Perrier 1744 (bois rocailleux de Kasiza, sur le Causse de
Kelifely, rive gauche de la Mahavavy).
Cette sous-espèce n’est encore connue que par trois échantillons provenant tous
des massifs calcaires de la Région Occidentale (Causse de Kelifely dans le secteur de
l’Ambongo, Antsingy dans le secteur du Menabe). Par ses pétales et sépales velus sur
leur face externe elle se distingue aisément de la s.sp. senegalensis ; ses inflorescences
à axes pubescents la distinguent en outre de la fa. Perrieri. Radlkofer a décrit de
Bornéo une espèce, A. dasypetala Radlk., à pétales poilus sur le dos; il semble, d’après
la description, que ses sépales soient glabres et que par suite la plante malgache s’en
écarte sous ce rapport.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION
ES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR
DES COMORES
83
IX. LEPISANTHEAE
Les Lépisanthées sont des Sapindacées à loges ovariennes 1-ovulées, à feuilles
®ans foliole terminale, à fruit indéhiscent superficiellement lobé, et à graines dépourvues
d arillode.
Radlkofer avait placé dans cette tribu, outre le genre Crossonephelis Bâillon, les
aeux genres Plagioscyphus Radlk. et Cotylodiscus Radlk.; ces deux derniers ayant des
graines complètement entourées d’un arillode doivent être transférés dans les Schlei-
cherees. Un seul genre représente donc, pour le moment, la tribu des Lépisanthées à
Madagascar, Crossonephelis Bâillon, avec une seule espèce, Crossonephelis Pervillei
“aillon. Cette espèce est caractérisée par ses fleurs régulières apétales, 4-mères, à calice
valvaire, à androcée de 4 étamines oppositisépales, à ovaire 2-locuIaire.
13. Crossonephelis Bâillon
Crossonephelis Bâillon, Adansonia, 11 : 245 (juill. 1874) et Hist. PI. 5 : 352, 400 (fin
1874) ; Radlkofer, in Engler, l. c. : 818 (1932).
Melanodiscus Radlk., in Durand, Ind. Gen. : 75 (1887) ; in Engler, l. c. : 816 (1932).
Espèce Type : C. Pervillei Baill.
Crossonephelis Pervillei Baill., Adansonia 11 : 245 (juill. 1874) et in Grandidier,
Hist. Madag. Atlas tab. 249 (1893) : Radlkofer in Engler l. c. (1932) ; Choux,
Mémoires : 38 (1927), Index: 16 (1926), Catalogue: 9 (1931). — Planche 20,
fig. 1-7.
Type : Pervillé 448 (Nossibe).
Les caractères floraux sont d’une remarquable constance. Toutes les fleurs ana¬
lysées nous ont présenté un calice à 4 sépales; très exceptionnellement nous avons
observé 5 étamines. Le disque est glabre et ce n’est que très rarement qu’il porte quel¬
ques cils sur ses bords.
Les fruits, et plus spécialement les graines, présentent des caractères assez ori¬
ginaux par rapport aux autres genres de Sapindacées malgaches. Les fruits sont des
baies (l'endocarpe est membraneux, très mince) charnues ayant une ou deux graines
développées; le calice et le disque persistent à sa base. Lorsque deux graines se déve¬
loppent, le fruit, comprimé latéralement, est nettement didyme; il peut atteindre jus¬
qu’à 4 cm de largeur sur 3 de hauteur; l’échancrure du sommet, au centre de laquelle
se trouve le style persistant, est généralement moins profonde que celle de la base;
dans cette dernière zone les lobes du fruit descendent beaucoup plus bas que le niveau
du calice (1-1,5 cm parfois). Lorsqu’une seule graine se développe, la loge fertile,
plus ou moins réniforme, devient sensiblement transversale par rapport au pédicelle du
fruit, l’ensemble fruit-pédicelle ayant un peu la forme d’un T; la loge avortée est visible
a la base du fruit, sous la forme d’un léger renflement situé au voisinage immédiat du
haut du pédicelle; le style est très excentrique. Bien entendu la dissymétrie du fruit
et, par suite, l’obliquité du pédicelle est très variable suivant le degré plus ou moins
Prononcé de l’avortement de l’une des loges.
Comme Ta signalé Radlkofer, et comme l’ont fait également divers auteurs pour
le genre africain Melanodiscus sur lequel nous reviendrons plus loin, le tégument séminal
adhère à l’endocarpe; le tégument, quoique mince, est nettement plus épais que l’endo¬
carpe; on peut, non sans mal d’ailleurs, arriver à séparer le tégument séminal de
l’endocarpe ce qui permet de retrouver, fixés à ce dernier, les quelques poils que Ton
trouve à la base interne des loges ovariennes. Sur sa face interne le tégument séminal
présente un double épaississement méridien qui part du niveau du hile (où il se dilate
Source : MNHN, Paris
84
t. CA PHI
plus ou moins en plaque circulaire), descend dans le lobe inférieur et remonte sur la
face opposée de la graine jusqu’au niveau environ du point de départ; cet épaissis¬
sement s’imprime sur le cotylédon inférieur sous forme d’un sillon finement caréné en
son centre. Sur le frais l’embryon remplit toute la cavité interne de la graine; en se
desséchant il se sépare du tégument séminal et sa surface devient très ridée. Il est
constitué de deux gros cotylédons à peu près égaux entre eux, superposés et nettement
soudés l’un à l’autre (la ligne de séparation des deux cotylédons est cependant visible
sous forme d’un fin sillon circulaire). La radicule est à peine perceptible sous la forme
d’une minuscule papille située vers la mi-hauteur de la face ventrale de la graine;
elle imprime une très légère dépression dans le centre de la partie dilatée de l’épais¬
sissement tégumentaire de la graine. C’est cette position apparemment ventrale de la
radicule qui constitue la principale originalité du genre Crossonephelis; nous disons
apparemment car en fait la radicule est basale et sa position vers la mi-hauteur de la
graine provient du développement sensiblement égal des deux gros cotylédons; le coty¬
lédon extérieur par suite de son fort accroissement en volume, devient inférieur et
provoque la formation du lobe inférieur du fruit.
A Madagascar le Crossonephelis Pervillei occupe une aire très vaste qui comprend
la majeure partie du Domaine de l’Ouest (de Vohémar et Diégo-Suarez jusqu’au massif
de l’Analavelona), le Domaine du Sambirano et la partie septentrionale du Domaine
de l’Est (de Vohémar à la baie d’Antongil). Les diverses variations observées sont
mineures et n’intéressent que le plus ou moins grand développement du feuillage et,
à un moindre degré, celui des inflorescences.
Observations :
Nous ne pensons pas que les espèces africaines qui ont été classées dans le genre
Melanodiscus Radlk. puissent être séparées génériquement des Crossonephelis. Leur
port, l’aspect et les caractères de leurs fruits et de leurs grarnes sont identiques à
ceux de la plante malgache; en particulier le tégument séminal adhère au péricarpe,
l’embryon a des cotylédons conferruminés, la radicule est papilliforme et située vers
le milieu de la face ventrale. Les caractères floraux ne paraissent guère susceptibles
de fournir des critères bien convaincants.
Dans les deux espèces de Melanodiscus que nous avons pu étudier, nous avons
observé (4-) 5-6 étamines; dans M. oblongus Radlk. (échantillons Gardner 3710 et
Scheffler 343) nous avons compté 3-4 (-5) sépales; dans M. unijugatus Aubrév. et
Pellegr. (échant. Le Testu 1865) tantôt 4, tantôt 5. Il nous est arrivé, dans chaque
espèce, de trouver parfois la formule florale 4S-(-4E; dans ce cas la seule différence
que nous avons cru pouvoir noter entre ces fleurs et celles des Crossonephelis était tirée
de la position des étamines; elles nous ont paru alternisépales dans les Melanodiscus
alors qu’elles sont oppositisépales dans les plantes de Madagascar. Même si ce carac¬
tère était parfaitement établi, je ne crois pas qu’il puisse à lui seul légitimer la sépa¬
ration des deux genres. Quant aux caractères anatomiques tirés de l’épiderme invoqués
par Radlkofer pour distinguer les Melanodiscus, ils sont si variables à l’intérieur de
la plupart des genres de Sapindacées qu’ils nous paraissent difficilement susceptibles
de séparer des genres. Nous réunirons donc les Melanodiscus aux Crossonephelis.
En examinant les Sapindacées de l’Herbier du Muséum de Paris notre attention
a été attirée par plusieurs échantillons d’un genre philippin Hedyachras Radlk.,
placé par son auteur dans les Mélicoccées. Ses caractères floraux sont bien voisins de
ceux des Crossonephelis : fleurs apétales, calice à 4 sépales, androcée de (5-) 6 (-7) éta¬
mines, ovaire à deux loges. Nous n’en avons vu malheureusement ni les fruits ni les
graines mais Radlkofer en donne une description précise : graine adhérant fortement
au péricarpe, cotylédons obliquement superposés et plus ou moins conferruminés, radicule
basale et papilliforme. Tous cet ensemble rappelle beaucoup ce que l’on observe dans
les Crossonephelis. Sans aller jusqu’à réunir les deux genres peut-être serait-il bon de
voir s’ils ne mériteraient pas d’être placés au voisinage l’un de l’autre. Nous laisserons
à des botanistes mieux placés que nous pour étudier les fruits de cette espèce le soin
de vérifier le bien fondé de notre suggestion.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET
COMORES 85
X. SCHLEICHEREAE
Cette tribu groupe les Sapindacées à loges ovariennes 1-ovulées, à feuilles dépour¬
vues de foliole terminale, à fruits indéhiscents non ou faiblement lobés, à graines
entourées complètement d’un arillode charnu pulpeux et translucide.
De ce qui précède on peut déduire que les Schleichérées se séparent des Néplié-
liées par leurs fruits non profondément lobés et des Cupaniées par leurs fruits
Indéhiscents. La distinction avec les Néphéliées malgaches n’offre pas de difficulté;
chez ces dernières le style est gynobasique et, aussi bien dans l’ovaire que dans le fruit,
>es carpelles ne sont réunis l’un à l’autre que sur une hauteur extrêmement faible;
dans quelques Plagioscyphus le fruit peut être bilobé mais la zone de soudure entre
les deux parties du fruit est au moins égale à la moitié de leur hauteur; dans la fleur
le style est terminal.
La distinction des Schleichérées et des Cupaniées peut être délicate, surtout
lorsque les fleurs, et c’est le cas en particulier des Tipopsis, présentent de très grandes
similitudes (nous reviendrons sur ce sujet à propos de ce dernier genre) ; dans les
Schleichérées il est fréquent que le péricarpe des loges fertiles se fende dorsalement
au moment de la maturité, comme cela se passe chez les Stadmania (Nepheliees) ; 1
est probable que ce phénomène (que nous avons noté dans les Plagioscyp lus, scu-
dopteris, Macphersonia, Tinopsis, Haplocoelum) est dû à la fois à la pression interne
exercée par la turgescence de l’arillode et à la contraction du péricarpe. Le dernier
n e se réfracte jamais comme cela a lieu dans les Cupaniées. ,
Dans toutes les Schleichérées malgaches l’arillode est libre des téguments de la
graine (sauf au niveau du hile) et constitué d’un tissu pulpeux, translucide, très
semblable d’aspect à celui de l’arillode du Litchi; il n’est jamais caude a sa base
antérieure (dans les Cupaniées de Madagascar l’arillode est partiel, caude a sa base
antérieure et constitué d’un tissu coloré en rouge ou en jaune, opaque et de consistance
un Peu cireuse). , . , . , _ „
Nous avons reconnu à Madagascar l’existence de huit genres dont deux nous
Paraissent nouveaux. Leur distinction est assez délicate, aussi donnerons-nous deux clés,
l’une basée sur les fleurs, l’autre sur les fruits. Ces deux clés sont en partie artifi¬
cielles étant donné qu’à eux seuls, dans bien des cas, les fleurs ou les fruits ne peuvent
suffire à définir les genres.
Clé pour les échantillons en fleurs
19. Macphersonia p. p.
s folioles pseudostipulaires. Folioles entières.
!• Feuilles bipennées.
Feuilles simplement pennées.
2. Fleurs dépourvues de pétales. Feuilles pétiolées, s
Sépales subvalvaircs dans le bouton.
3. Pubescence constituée de poils simples. Filets starainaux glabres, insérés à l’intérieur du disque.
16. Beguea.
3’. Pubescence constituée de poils fasciculés-stellés (voir filets stammaux, disque, ovaire). Füets
staminaux pubescents insérés dans des alvéoles de la surface du disque. 15. Tsingya.
2'. Fleurs pourvues de pétales.
4 Disque constitué de glandes fibres l’une de l’autre, épipétales. Généralement 5 étamines. Feuilles
normales accompagnées de feuilles réduites à des bractées étroitement triangulaires qui protègent
d’abord le bourgeon terminal. Inflorescences n
14. Plagioscyphus p. p.
4'. Disque non constitué de glandes libres.
5. Folioles dentées, les dents souvent spinescentes.
5'. Folioles entières.
Source : MNHN, Paris
«. CAPURON
6. Disque formant une sorte de colonne à bord supérieur foliacé constituant une coupe complète
(et alors 5 pétales) ou ouverte du côté postérieur (et alors 4 pétales seulement, le postérieur
absent). Pétales a écaille interne de structure complexe. Folioles à réticulation très dense.
Inflorescences en grande partie caulinaires, non ramifiées. 14. Plagioscyphus p. p.
6'. Disque en anneau ou coussinet complet, à marge supérieure non amincic-foliacée. Réticula¬
tion non particulièrement dense.
7. Pétales de 5-20 mm de longueur, munis sur leur face interne d’une écaille cucullée ou divisée
en deux parties. Calice à sépales fortement imbriqués. Étamines 5-7 ou 10-16. Ovaire à 3
ou 5 loges. Feuilles longuement pétiolées, sans folioles pseudostipulaires. Inflorescences en
grande partie caulinaires. 17. Camptolepis.
7'. Pétales de taille beaucoup plus réduite, sans écaille interne cucullée.
8. Calice à sépales faiblement imbriqués. Inflorescences axillaires, pauciflorcs (les femelles
1-flores). Pétales à bords simplement repliés. Étamines 5-7 (-8-9) à filets pubescents, à
anthères glabres, faiblement exsertes, à filets droits dans le bouton. Ovaire très pubescent,
à 2 loges, à style très court divisé en deux branches stigmatiques étalées. Feuilles sessiles,
à folioles basales pseudostipulaires. Folioles émarginées au sommet.
21. Haplocoelum.
8'. Calice à sépales nettement imbriqués. Inflorescences multiflores, souvent très divisées.
Style simple. Folioles non toutes émarginées au sommet.
9. Normalement 5 étamines, peu longuement exsertes, à anthères très nettement pubes-
centes, à filets droits dans le bouton. Pétales à bords simplement repliés, ces bords
parfois soudés en une lame unique et alors pétales infundibuliformes. Ovaire à 2 loges.
Feuilles longuement pétiolées. Inflorescences axillaires ou terminales.
22. Tinopsis.
9'. Normalement 8 étamines à anthères glabres, longuement exsertes dans les fleurs
mâles, à filets géniculés dans le bouton. Ovaire à 3 loges. Feuilles brièvement pétiolées
ou subsessilcs.
10. Pétales à bords simplement repliés. Inflorescences axillaires. Feuilles brièvement
pétiolées. 19. Macphersonia p. p.
10'. Pétales munis sur leur face interne d’une écaille unique, entière ou légèrement
2-lobée. Inflorescences caulinaires. Feuilles sessiles, avec «me paire de folioles
pseudostipulaires qui se rabattent contre la tige. 20. Chouxia.
Clé pour la détermination des échantillons en fruits
1. Feuilles bipennées. 19. Macphersonia p. p
1'. Feuilles simplement pennées.
2. Graines à hile occupant la totalité ou la plus grande partie de son arête ventrale.
3. Pubescence constituée de poils stcllés (fruit et disque en particulier). Infrutescences axillaires.
Folioles très entières, sans réticulation particulièrement dense. 15. Tsingya.
3'. Pubescence constituée de poils simples. Disque à marge supérieure souvent foliacée et très dissy.
métrique. Infrutescences en majeure partie caulinaires. Folioles entières ou dentées, et alors dent-
souvent spinesccntes. Réticulation très dense. 14. PLAGIOSCYPHUS
2'. Graine à hile basilaire. Folioles jamais spinescentes.
4. Feuilles normales accompagnées de feuilles réduites & l’état de bractées étroitement triangulaires
qui protègent d’abord le bourgeon terminal. Folioles entières ou en partie dentées. Infrutescences
en grappes simples, axillaires. Cotylédons superposés. 18. Pseudopteris.
4'. Pas de feuilles réduites à des bractées. Folioles toujours entières.
5. Embryon à cotylédons collatéraux et radicule appliquée contre les bords des cotylédons. Fruit à
1 ou 2 graines. 22. Tinopsis.
5'. Embryon i cotylédons plus ou moins superposés et à radicule couchée contre le dos du cotylédon
inférieur (si cotylédons plus ou moins collatéraux, alors radicule pratiquement basale).
6. Feuilles sessiles ou presque.
7. Fruit (densément soyeux, i 1 ou 2 graines) muni & son sommet d’un très court style à deux
branches étalées contre le péricarpe. Fruits isolés à l’aisselle des feuilles. Feuilles avec des
folioles pseudostipulaires. Folioles émarginées au sommet. 21. Haplocoelum.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
87
7'. Style couronnant le fruit simple, sans branches étalées. Infrutescences généralement
longues, à plusieurs fruits. Fruit à 1-2-3 graines. Folioles non émarginées au sommet.
8. Infrutescences axillaires. Fruits soyeux ou nettement pubescents-hirsutes. Feuilles très
brièvement pétiolées mais sans folioles pseudostipulaires. 19. Macphersonia p. p.
8'. Infrutescences caulinaires. Fruits glabres (toujours?). Feuilles avec des folioles pseudo¬
stipulaires rabattues contre la tige. 20. Chogxia.
6'. Feuilles longuement pétiolées, sans folioles pseudostipulaires.
9. Infrutescences axillaires, en grappes toujours simples. Calice à lobes petits triangulaires.
Cotylédons plus ou moins ruminés. Radicule dorsale. Fruit à 1 (-2-3) graines.
16. Beguea.
9'. Infrutescences en grande partie caulinaires, courtes et plus ou moins ramifiées. Calice à
lobes larges. Graines plus ou moins atténuées en bec gros et court à leur base, à cotylé¬
dons lisses et radicule basale. Fruit à 1-5 graines. 17. Camptolepis.
14. Plagioscyphus Radlkofer
Plagioscyphus Radlk., Sitzb. bayer. Akad. München 8 : 335 (1878) ; in Engler. I. c. :
818 (1932).
Cotylodiscus Radlk., Sitzb. bayer. Akad. München 8 : 334 (1878) ; in Engler, l. c. :
819 (1932).
Strophiodiscus Choux, Mém. Acad. Malg. 4 : 36 (1927) ; Radlkofer in Engler, l. c. :
871 (1932).
Poculodiscus Danguy et Choux, Bull. Mus. Hist. Nat. Paris , 33 : 103 (1927) ; Radlkofer
in Engler, /. c. : 1506 (1934).
Espèce type : Plagioscyphus cauliflorus Radlk.
Nous réunissons dans un seul genre que nous classons dans les Schleichérées les
Quatre genres que, faute de fruits mûrs, les auteurs avaient placés dans diverses tribus :
Lepisanthées pour les Cotylodiscus Radlk. et Plagioscyphus Radlk., Mélicoccées pour les
Strophiodiscus Choux et Doratoxylées ou Harpulliées pour les Poculodiscus Danguy
et Choux. Les différents représentants de ces genres ont entre eux trop de caractères
communs pour qu’il soit possible de leur conserver leur autonomie. Ces caractères
communs se retrouvent dans tous les organes.
Feuilles :
Sauf quelques cas spécifiques très particuliers, il est impossible de déterminer
génériquement un échantillon stérile. La nervation des folioles, et plus particulièrement
la réticulation, présente un aspect très homogène dans tout ce groupe : la réticulation
est très dense et, entre ses mailles, le limbe, surtout à la face inférieure, est assez
nettement déprimé en fossette; la surface a ainsi un aspect fovéolé caractéristique qui
rappelle, mais en plus accentué, ce que l’on peut observer dans les feuilles du Litchi
sinensis.
Inflorescences :
En faible partie axillaires, les inflorescences sont pour la plupart insérées sur le
vieux bois : rameaux, branches et parfois tronc sur les arbres ou les arbustes ramifiés,
tige principale (parfois à son extrême base) sur les individus non ramifiés. Ce sont des
grappes à axe simple ou exceptionnellement ramifié portant des cymules de fleurs; les
grappes, souvent isolées lorsqu’elles sont axillaires, sont le plus souvent groupées lors¬
qu’elles naissent sur le vieux bois.
Source : MNHN, Paris
I. CAI’URON
Fleurs :
Le calice est toujours à cinq lobes, à préfloraison quinconciale; leur recouvre¬
ment est plus ou moins accentué suivant les espèces (dans certaines les lobes sont peu
marqués, dans d’autres ils sont très profonds).
Les pétales ont une constitution sensiblement identique dans toutes les espèces :
ils sont formés de deux parties nettement distinctes, le pétale proprement dit et
l’écaille interne. Le pétale proprement dit a la forme d’une languette à sommet arrondi;
il est souvent plus court que l’écaille interne, toujours plus étroit; le pétale est libre
de l’écaille dans sa partie supérieure et sur ses marges (caractère déjà noté par Choux).
L’écaille petalaire, dans le cas le plus simple, est simplement cucullée (comme dans
les Camptolepis) , barbue sur ses marges; c’est ce qui se passe par exemple dans le
Plagioscyphus stelechanthus ; certaines écailles cependant, dans cette espèce, présentent
parfois dans leur zone de courbure supérieure deux petits appendices charnus que nous
retrouverons, souvent très développés, dans d’autres espèces. Dans le Plagioscyphus
unijugatus l’écaille s’épaissit, sa surface devient plus irrégulière dans la zone de
courbure et son bord infléchi tend à se dédoubler en deux feuillets dont l’interne porte
les poils signalés plus haut. Dans les autres espèces l’écaille pétalaire s’épaissit encore
plus, sa surface supérieure se recouvre souvent de crêtes et de sillons très irréguliers,
les petits appendices charnus que nous avons signalés plus haut prennent un plus ou
moins grand développement et ressemblent à des cornes dressées; les marges latérales
de l’écaille sont très poilues, une partie des poils se dirigeant régulièrement vers
l’extérieur, l’autre partie se rabattant contre la face interne de l’écaille; la partie de
l’écaille qui se rabat a une marge, souvent irrégulièrement dentée-lobulée, qui se dédouble
nettement en deux feuillets dont l’un (celui qui serait intérieur si l’écaille était supposée
redressée verticalement) est bordé par de très nombreux poils régulièrement disposés et
formant une sorte de barbe et dont l’autre, glabre au bord, pénètre à l’intérieur de la
coupe discale. Les pétales sont tantôt au nombre de 5 et dans ce cas le disque est en
coupe complète, sensiblement centrale, tantôt au nombre de 4 (le postérieur avorte),
le disque étant alors ouvert à son bord postérieur et souvent nettement excentré.
Les étamines (staminodes dans les fleurs femelles) sont typiquement au nombre
de (6-) 8 (-10-11) ; les anthères, à déhiscence latérale, sont excisées à la base et fixées
au filet un peu dorsalement au fond de l’excision.
L’ovaire (pistillode dans les fleurs mâles) est à 2 nu 3 loges et est muni d’un
style indivis parcouru dans le haut par 2 ou 3 lignes stigmatiques. Dans chaque loge
s’observe un ovule inséré à peu près à mi-hauteur de l’angle interne. Le placenta se
présente sous la forme d’un épaississement ayant la forme générale d’un U dont les
branches se rapprochent l’une de l’autre au sommet mais sans se souder. L’ovule
s’insère sur le placenta par toute la longueur de sa face ventrale et son micropyle est
tout à fait inférieur. L’arillode commence à se développer de très bonne heure et se
présente tout d’abord sous la forme d’un bourrelet qui fait tout le tour de l’ovule
immédiatement au-dessus de la ligne de fixation de celui-ci sur le placenta; dans le
bas de l’ovule ce bourrelet passe à l’extérieur et un peu au-dessus du micropyle qu’il
laisse libre. Sur une section transversale de l’ovaire les bourrelets placentaire et arillo-
dial sont bien visibles de part et d’autre de l’ovule.
Fruits :
Ce sont des baies, 1-3 séminées, à péricarpe mince, souple sur le frais, cassant
sur le sec. Les ovaires à trois loges donnent des fruits soit oblongs et plus ou moins
tri-sillonnés longitudinalement (P. unijugatus) soit pratiquement sphériques (P. dan-
guyanus). Les ovaires à deux loges donnent des fruits généralement comprimés antéro-
postérieurement, de contour circulaire ou pyriforme ou plus ou moins bilobé. Le style,
le disque et le calice sont persistants.
Graines :
Elles sont très caractéristiques et se distinguent aisément de toutes celles des
autres Sapindacées malgaches. Plus ou moins comprimées latéralement elles présentent
un hile étroit qui occupe toute ou presque toute la longueur de leur arête ventrale.
On peut les comparer, sous ce rapport, aux graines de certaines Sapotacées telles que
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAP1NDACÉES DE MADAGASCAR
ES COMORES
89
Crostonephelis Pervillri : 1, rameau en fleur» (femelle), X 2/3; 2, fleur mâle, X 4;
3, disque vu de dessu», X 4; 4, fleur femelle, x 4; 5, coupe longitudinale de
l’ovaire, X 4; 6, coupe transversale de l'ovaire, X 4; 7, fragment d’infrutescence,
X 2/3.
Plagioscyphus cauliflorus : 8, feuille, x 2/3; 9, fleur mâle, X 4; 10, pétale, face externe,
X 4; 11, id., face interne, x 4; 12, calice et disque, x 4.
Plagioscyphus Humberti ; 13, feuille, x 2/3; 14, inflorescence, x 2/3; 15 et 16, pétale,
faces externe et interne, x 3; 17, disque et base des étamines, X 2.
Source : MNHN, Paris
90
R. CAPURON
les Gambeya, Donella, Labramia, etc. Dans la partie supérieure de la cicatrice on voit
distinctement l’orifice par où pénètre le cordon vasculaire. Vers le bas de l’arête dorsale
la région radiculaire est généralement marquée par un méplat.
Les cotylédons, libres entre eux, à plan de séparation perpendiculaire au plan
de symétrie de la graine, sont plus ou moins superposés ou antéro-postérieurs suivant
qu’ils sont plus ou moins inégaux. La radicule est courte et logée dans un repli peu
profond du tégument séminal, non loin de la partie inférieure de la graine.
L’arillode charnu qui enveloppe toute la graine est dit comestible (il est très
recherché des Lémuriens) et possède parfois l'odeur du Litchi sans en avoir, à notre
goût tout au moins, l’agréable saveur.
Dans le genre ainsi défini nous avons distingué dix espèces. Beaucoup d’entre elles
restent encore mal connues, de délimitation difficile. Il ne nous a pas paru possible
de conserver, même à titre de sections, les différents genres qui avaient été reconnus
par les auteurs :
1. Ovaire et pistillode à trois loges (exceptionnellement à deux). Fleurs & cinq pétales et disque en coupe
2. Folioles fortement dentées-spinescentes. Arbrisseaux ou arbustes à tige le plus souvent simple, à
feuilles groupées en bouquet terminal.
3. Feuilles des individus adultes (au moins les terminales), à plusieurs paires de folioles. Inflorescences
très courtes, presque fasciculiformes. 1. P. stelechanihus.
3'. Feuilles à une seule paire de grandes folioles seulement. Inflorescences longues de (1-) 3-6 cm.
2. P. unijugatus.
2'. Folioles entières. Arbres normalement ramifiés. 3. P. danguyanus.
t'. Ovaire et pistillode à deux loges (exceptionnellement à trois).
4. Heurs à cinq pétales. Calice en coupe complète.
5. Calice glabre ou presque sur la face externe, plus ou moins verruculeux, à lobes triangulaires
subégaux, peu profonds et peu imbriqués sur le bouton. Arbuste souvent à tige simple, à feuilles
ayaDt en général 5 paires de folioles très entières. 4. P. nudicalyx-
5'. Calice très pubescent sur la face externe, à lobes très profonds, fortement imbriqués dans le
bouton. Arbres à feuilles ayant en général (2-) 34 paires de folioles le plus souvent dentées (au
moins en partie). 5. P. Jumellei■
4'. Fleur à quatre pétales. Calice en coupe incomplète du côté postérieur.
6. Calice pubescent sur sa face interne, à lobes très profonds, fortement imbriqués dans le bouton.
Fruits & courte pubescence de teinte claire, plus ou moins verdâtre.
7. Disque pubescent extérieurement. Lame pétalaire nettement plus longue que l’écaille interne.
Anthères très pubescentes. Graines à surface bosseléc-vcrruqueuse. Folioles dentées ou entières,
mucronées au sommet. 6. P. Humberli.
T. Disque glabre extérieurement. Lame pétalaire dépassant peu l’écaille interne. Anthères glabres
ou avec quelques rares poils. Graines à surface lisse. Folioles entières, non mucronées au sommet.
7. P. calciphilus.
6'. Calice glabre sur sa face interne.
8. Calice â lobes profonds, très fortement imbriqués dans le bouton; en même temps présence
de fleurs ayant 5 pétales développés. Folioles en général en partie dentées.
5. P. Jumellei-
8'. Calice à lobes généralement peu imbriqués dans le bouton. Fleurs ayant toutes quatre pétales
seulement.
9. Filets staminaux pubescents.
10. Fleurs de très petite taille. Étamines des fleurs mâles ne dépassant pas 5 mm de longueur.
Folioles très entières, cuspidées au sommet. Arbustes probablement i tige simple.
8. P. cauliflorus.
10'. Fleurs plus grandes. Étamines des fleurs mâles atteignant 9-11 mm de longueur. Folioles
souvent en partie dentées. Petits arbres normalement ramifiés. Fruit à pubescence de
teinte claire, plus ou moins verdâtre. 9. P. meridionalis.
9'. Filets staminaux généralement glabres. Folioles toujours entières. Fruits recouverts d’une
pubescence fauve-roussâtre ou brunâtre. 10. P. Louvelii-
Source : MNHN, Paris
REVISFON DES SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 91
Plagioscyphus stelechanthus (Radlk.) R. Capuron comb. nov. — Cotylodiscus
stelechanthus Radlkofer. I. c. (1878), in Engler, l. c. : 820 (1032) ; Choux, Index :
16 (1926), Mém. Acad. Malg. 4 : 110 (1927), Catalogue : 9 (1931). — Planche 21,
fig. 1-7.
Typus speciei : Flacourt 95 (« Langhare »).
Cette espèce est probablement la Sapindacée la plus aociennement signalée et
décrite de la Grande Ile. Flacourt. en 1661. dans son < Histoire de la Grande îsle de
Madagascar » la décrivait déjà en ces ternies :
« 95. Langhare, c’est un arbrisseau qui vient d’ordinaire en buisson, ses feuilles
sont longues et chiquetées comme celles du Chastaigner mais plus dures et un peu
p,Us piquantes par ses denteleures. Son bois est droit, ses fleurs naissent sans queue
sur l’escorce de son tronc et non ailleurs, elles sont rouges comme sang, dont l’escorce
est toute couverte depuis le bas jusques au haut. Cette fleur a une petite acrimonie, qui
Provoque un peu de salive en la maschant : elle est fort purgative, les Nègres disent
Oue c’est un poison, son bois estant broyé avec de l’eau, et avallé, guérit le hocquet,
w aussi porté pendu au cou. »
Radlkofer a donné la description botanique de cette espèce dont les fruits
demeurent encore inconnus. Dans les fleurs femelles où l’ovaire est en cours de déve¬
loppement, celui-ci est nettement Irigone et est terminé, au sommet, par un style long
d® 1 cm environ, épais et conique (dont nous n'avons pas vu la partie stigmatique).
Les staminodes ont des filets longs de 2-2,5 mm et des anthères de 2 mm. alors que
ees mêmes organes atteignent 5-7 et 3-3.5 mm dans les fleurs mâles.
Le Plagioscyphus stelechanthus est assez répandu dans le Sud-Est de l’île. en
Particulier sur les pentes inférieures des montagnes de la région de Fort-Dauphin.
Nous avons pu en observer de nombreux pieds, à divers stades de développement, dans
les petits vestiges de forêt qui subsistent ça et là dans la station agricole de Nahampoana,
'’estiges devant leur persistance au fait qu’ils abritent des tombeaux antanosy. Les
plus grands sujets que nous ayons vus ne dépassaient pas 2 m de hauteur et leur
tige avait 2-3 cm de diamètre. L’hétéromorphisme foliaire est très net dans cette espèce
el nous nous y arrêterons un instant.
Sur les jeunes pieds le bouquet de feuilles est uniquement constitué de feuilles
à deux folioles seulement : ces feuilles ont un pétiole très court et les folioles, obtrian-
Bulaires, atteignent de grandes dimensions (jusqu’à 50 X 9-10 cm). Les individus âgés
Présentent des feuilles toutes paripennées à 5-8 paires de folioles nettement plus réduites :
l’axe foliaire atteint ici 25-35 cm de longueur et les folioles les plus grandes (les supé¬
rieures) atteignent au plus 25 X 5-8 cm ; les folioles inférieures ont environ 4.5 X 2 cm
et sont parfois très réduites, stipuliformes. Sur les sujets d’âge moyen les deux types
de feuilles subsistent, les feuilles bifoliolées à la base du bouquet foliaire, les autres
au sommet. Dans le Plagioscyphus unijugatus que nous allons décrire, toutes les feuilles,
quel que soit l’âge de la plante qui les porte, sont à deux folioles (encore plus grandes
que dans le C. stelechanthus, puisqu'elles atteignent jusqu’à 1 m de longueur et 15 cm
de largeur.
Le Plagioscyphus stelechanthus est actuellement connu depuis 1? région de Fort-
Dauphin jusque dans les bassins inférieurs de la Namorona et de la Mananjary (où il
cohabite avec le P. unijugatus). Bien que l’espèce puisse localement être commune elle
reste encore mal connue; ses fruits, en particulier, n'ont jamais été récoltés.
2. Plagioscyphus unijugatus R. Capuron sp. nov. — Planche 21, fig. 8-10.
Arbuscula ad 3-4 m alla, caule simplici vix ad carpi crassitudinem attingenti,
loliis numerosissimis apice coulis dense conglomérats. Folia unijugata (foliota magna
nonnunquam foliolis duabus minutissimis aut dentiformibus basi adjecta) petiolo robusto
tam lato quam longo (10-15 mm) apice apiculato, sparse pilosulo; foliota sessilia, maxima
(35-100 cm longa, 10-17 cm lata), anguste obtriangularia, latitudinc maxima propter
apicem, basin versus regulariter attenuata, ima basi leviter inaequilatera (latere exteriore
latiore et plus minusve rotundato ), apice rotundata vel obtusa et longe (3-5 cm)
Source : MNHN, Paris
92
R. CAPURON
cuspidata; limbus roriaceus, crassus. glaber, marginibus indurato-revolutis, crebre spi-
noso-dentatis ; costa validissima (basi 5-7 mm lata), ulrinque valde prominens, longitu-
dinaliter sulcata; nervi secundarii ca. 60-jugi, ulrinque bene prominuli, subrccti, il
dent or um apicem transeunles; nervi tertiarii plus minusve transversales, scalariformes;
reticulatio densissima. Inflorescentiae pro minima parte ad axillis foliorum cvolutorum
insertae, pro maxima parte caulinares et ad axillis cicatricorum foliorum delapsorum
insertae, (1-) 3-6 cm longae, axibus apice puberulis. Flores verisimiliter dioici, pedi-
cellati (pedicello parce, puberulo ca. 6-7 mm longo), ca. 15 mm diam.; sepala rotundata,
ca. 2 mm lata et longa, extra sparse puberula, intus glabra, marginibus glanduloso-
ciliatis; petala 5, (ca. 6-7 mm longa, in vivo statu albida), extra supra basin sparse
ciliata, intus squama plus minusve cucullata, quam iis latiore, instructa; squama margi¬
nibus pilosis. Discus scyphoideus (4-4,5 mm diam., 2-2,5 mm altus), completus, suban-
gulatus. angulis alternipetalis glabris vel pilis parvis paucis instructis, marginibus
crenulatis; stamina (7-) 8, ca. 10 mm longa, omnino glabra, antheris ovato-oblongis
(2,5 X 1,5 mm) connectivo lato apice glanduloso (in floribus femineis staminodiis 4 mm
longis, antherodiis 2 mm longis inclusis indehiscenlibus) ; ovarium rum stylo lageniforme
(cum stylo 9 mm longo), 3-loculare, densissime puberulum; Stylus apice 3-sulcatus.
Fructus maturus oblongus, (ad 6 cm longus et 3,2 cm diam.) basi stipitatus (stipo
8-20 mm longo) parte seminijera obscure trigona, 3- (tiel abortu 1-2-) spermus, loculis
dorsaliter obscure cariruttis, suturis interlocularibus parum sulcatis, apice styli residuis
apiculatus. Semina, arillo pulposo translucido totum involuta. lateraliter compressa,
ambitu triangulare (latere interno 32 mm longo, superiore 17 mm, externo 37 mm) ; testa
sat crassa sed fragilis, extus valde verrucosa et sulcata. Embryo b.aud visas.
Typus speciei : 23681 SF (entre Farafangana et Manakara).
Cette espèce, très voisine de la précédente, se reconnaît aisément à ses feuilles
ayant deux très grandes folioles. En somme, dans le Plagioscyphus unijugatus, la forme
de jeunesse persiste durant toute la vie de la plante. Notons cependant que sur certaines
feuilles on peut noter l’existence de deux petites folioles supplémentaires, très réduites
par rapport aux feuilles normales (elles ne dépassent guère 5 cm de longueur et sont
10 à 20 fois plus courtes que les folioles normales). Par ailleurs nos observations
sur le vif nous ont fait constater l’existence de quelques feuilles réduites à une lame
simple (de 1,5 à 5 cm de long), dentée spinescente sur les bord»; à l’aisselle de ces
feuilles il peut y avoir des inflorescences au même titre qu'à l’aisselle des feuilles
normales; il se pourrait que la réduction des feuilles aille encore, plus loin, c’est-à-dire
jusqu’à leur avortement total, ce qui permettrait d’expliquer, l’existence, çà et là,
d’inflorescences paraissant indépendantes des feuilles (caractère noté sur 23702 SF).
Sur le vif les pétales sont d’un blanc verdâtre, les anthères pourprées sauf la
glande apicale qui est jaune verdâtre, le disque verdâtre.
Le Plagioscyphus unijugatus est actuellement connu depuis la région de Mora-
manga-Périnet jusque dans la région de Vohipeno-Farafangana, C’est une espèce rare
que l’on rencontre çà et là en peuplements de nombreux individus.
Le matériel de cette espèce dont nous disposons est encore très insuffisant pour
nous permettre de juger de sa variabilité. Une fleur, sur le Type, possédait seulement
4 sépales et 4 pétales. Sur un échantillon (n° 26080 SF) provenant de la région de
Sandrangato, les fleurs, malheureusement en mauvais état, nous ont présenté un calice
à lobes beaucoup plus développés que dans le Type, des pétales dépassent longuement
l’écaille interne et des pistillodes 2-loculaires.
3. Plagioscyphus danguyanus R. Capuron nom. nov. — Poculodiscus l.ouvelii Danguy
et Choux, Bull. Mus. Hist. Nat. Nat. Paris, 33 : 103 (1927) ; Choux, Catalogue : 14
(1931) ; Radlkofer, in Engler l. c. : 1506 (1934). — Planche 22, fig. 1-13.
Typus speciei : Louvel 249 (Tampina).
En raison de l’existence du binôme Plagioscyphus Louvelii Danguy et Choux
(1926) nous ne pouvions transférer le Poculodiscus Louvelii au genre Plagioscyphus
sans en modifier l’épithète spécifique.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉKS DE MADAGASCAR F.T DES COMORES
93
Planche 21
Plagioscyphua atelechanthua : 1, portion de sommet de tige (avec une feuille bifoliolée
et deux feuilles plurifoliolées), x 1 /3; 2, détail de la face inférieure du limbe,
X 1,5; 3, inflorescence mâle, X 2 /3; 4, fleur mâle, X 2; 5, pétale, face interne,
x 3; 6, disque et étamines, x 2; 7, base d'un ovaire en cours de transformation
en fruit, X 3.
Plagioscyphus unijugalua : 8, feuille, x 1/3; 9, fruit, X 2/3; 10, graine, x 2/3.
Source : MNHN, Paris
94
t. CAPI
En dehors du Type nous ne connaissons qu’un seul autre échantillon de cette
espèce (9067 SF) que nous avons récolté en fruits dans la région de Beanana (bassin
de la Rantabe) sur un arbre de grande taille (30 m de hauteur environ et 0,60 ni de
diamètre).
Le fruit est subsphérique, légèrement ovoïde (il atteint 4 X 3,3 cm) et il contient
trois graines; son péricarpe est pratiquement glabre (quelques poils très caducs vers
la base du fruit) et assez épais (2-3 mm) sur le frais.
4. Plagioscyplius iiudicalvx R. Capuron sp. nov.
Frutex parvus, caille saepe simplici, foliis apice cuulis plus minus confertis.
Cortex lenticelloso-pundatus fulvo-brunneus. Folia 25-60 cm longa, fere glabra (petiolis
et petiolulis pilis brevissimis instructis exceptis), pe'iolo tereti 5-15 cm longo, rachidis
articulis supra carinatis et 2-sulcatis; foliota ca. 5-juga, opposita ttel subopposita vel
alterna, elliptico-oblonga (superiora 8-22 X 2,5-6 cm, inferiora 5-15 X 2-4,5 cm) basin
versus sat abrupte et inaequaliter in petiolulum ( 2-10 mm longum) spurium cuneata,
apice acuminata (extremo apice arista 2-3 mm longa instructo), coriacea, marginibus
inlegerrimis; Costa supra carinata, subtus prominens; nervi secundarii 12-18-jugi utroque
latere prominuli, sat patuli et prope margincm apicem versus arcuati; reticulatio den-
sissima praesertim subtus bene conspicua. Inflorescentiae caulinares, e axillis cicatri-
corum foliorum olim delapsorum ortae, singulae vel saepius 2-5-aggregatae, 2-10 cm
longae, racemiformes, masculae cymulas 1-3-floras, femineae cymulas J-floras gerentes;
inflorescentiae axis, bracteae et bracteolae, in sicco statu nig'icanles, pilis sparsis
instructi. Flores dioici, regulares, pedicello subglabro in sicco statu verruculoso ; calyx
ad medium lobatus, lobis triangularibns apice obtusis in alabastro parum imbricatis,
praecociter apertus, intus glaber, extra pilis parvis setulosis adpressis parum visibilibus
instructus et leviter verruculosus, marginibus glanduloso-ciliatis ; pe'ala 5, calyce longiora,
oblonga, marginibus infra leviter ciliata, apice rotundata, intus squama carnosula petalum
ipsum superante et latiore; squama apice inflexa, lateribus dense ciliatis, margine-
superiore pilis redis longe barbota; discus centralis, columnaris, 5-gono-prismaticus,
glaber, basi inter petalorum insertiones leviter in fiat us, margine superiore 5-sinuato-
lobatus, apice concavus cupuliformis; stamina (7-) 8 intra disci rupulam inserta, longe
exserta, antheris oblongis pilis parvis setulosis adpressis aspersis {in floribus femineis
staminodia parum exserta) ; ovarium ovoideum, compressum, 2-loculare, dense adpresseque
puberulum, in stylum brevem robustum attenuatum apice dilatatum et compressum
lineis stigmatosis redis crassis instrudum (in masculis pistillodium puberulum). Frudus
ignotus.
Typus speciei : 28090 SF (flores masculi) ; Cotypus 28090 bis SF (Fl. feminei). —
Foulpointe.
Varietates duae distinguendae sunt :
Var. nudicalyx.
Flores parvi, ca. 4 mm diam.; pedicellus 1 mm longus; ralycis lobi ca 1 mm
alti; petala 1,5 mm alla, 1 mm lata, squama 1,75 mm alla et 2 mm lata; discus latior
(ca. 1,25 mm) quam altus (ca. 0,75 mm) ; stamina filamentis glabris, ca. 5 mm longa
(antheris 2X1 mm inclusis), staminodia ca. 2 mm longa (antherodiis 1,5 X 0,75 mm
inclusis) ; ovarium cum stylo 4 mm altum ; Stylus 2 mm longus.
Var. sambavensis R, Cap. var. nov.
A var. praecedenti differt floribus majoribus. Pedicellus 2-3 mm longus. Flores
10-12 mm diam., 13 mm alti (staminibus inclusis) ; calyx per anthesin 6-7 mm diam.,
lobis ca. 2 mm altis; petala 6-7 mm longa, 3-4 mm lata; squamae 7-8 mm altae, 5-6 mm
latae ; discus longior (ca. 5 mm) quam crassus (ca. 3 mm) ; stamina 10-11 mm longa
(antheris 2,5 X 1,8 mm inclusis) filamentis ad tertiam partem inferiorem leviter puberulis.
Flores feminei ignoti.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DF.S SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
95
Planche 22
Plagiotcyphua danguyanus : 1, feuille, X 2/3; 2, détail de la face inférieure du limbe,
X 4; 3, fleur mâle, x 3; 4, disque et base des étamines, x 3; S et 6, pétale,
faces externe et interne, x 3; 7, coupe longitudinale d’un pétale, X 3; 8,
infrutescence, x 2/3; 9, coupe longitudinale d’un fruit, x 2/3; 10, coupe
transversale d'un fruit, x 2/3; 11, graine entourée de son arillode, vue de
profil, x 2/3; 12, graine vue de profil, x 2/3; 13, graine, face ventrale, x 2/3.
Source : MNHN, Paris
96
R. CAPURON
Typus var. : 27189 SF (Analamanara, au N. de Sambava).
Bien qu’ayant des fleurs régulières comme les Plagioscyphus étudiés précédem¬
ment, le P. nudicalyx ne peut être confondu avec aucun d’entr’eux. Nous n’en dirons
pas de même si nous le comparons au Plagioscyphus caulifiorus; dans ce dernier les
feuilles sont identiques à celles du P. nudicalyx; les inflorescences sont glabrescentes;
on retrouve, sur les marges des lobes calicinaux les mêmes poils glanduleux et, à l’exté¬
rieur du calice, les mêmes petites verrucosités; la taille des fleurs et celle des pétales
est à peu près la même que dans la var. nudicalyx. Quelles sont les différences?
Dans le P. caulifiorus les pétales sont au nombre de 4, le disque, très oblique, est
ouvert du côté postérieur et, caractère accessoire, les filets staminaux sont assez densé¬
ment pubérulents sauf au sommet. Ces différences ont-elles une valeur spécifique? C’est
là tout le problème que nous évoquerons à propos du P. Jumellei.
Malgré la différence de taille des fleurs entre les variétés nudicalyx et sambavensis
nous n’avons pas cru devoir séparer spécifiquement ces deux taxa.
5. Plagioscyphus Jumellei (Choux) R. Capuron eomb. nov. — Strophiodiscus Jumellei
Choux, Mém. Acad. Malgache 4 : 56, tab. 6 (1927) ; in C. R. Acad. Sc. Paris 182 :
713 (1926), nom. solum; Index: 16 (1926). id.; Catalogue : 10 (1931); Radlkofer
in Engler l. c. : 872 (1932). — Planche 23, fig. 1-17.
Typus SPECIEI : Perrier 14136 (Ifasina au S.-O. de Vatomandry).
Cette espèce est représentée par des arbres qui atteignent parfois 25 m et plus
de hauteur et 0,60 m de diamètre. Elle occupe tout le Domaine de l’Est, depuis Vohémar
jusqu’à Fort-Dauphin et elle est assez abondante aux basses altitudes. Elle pénètre dans
le Domaine du Centre ainsi que dans le Secteur Nord du Domaine de l’Ouest.
Les folioles sont tantôt entières, tantôt dentées-spinescentes, les deux types pouvant
se rencontrer sur le même rameau ou sur la même feuille (les formes à folioles entières
se rencontrent surtout dans la région de la baie d’Antongil). Sur les échantillons du
Nord et du Centre la pubescence fauve-rouille qui recouvre les jeunes folioles persiste
plus longtemps que sur les plantes d autre provenance.
Les fleurs sont, semble-t-il, toujours dioïques. Leur calice a des lobes très profon¬
dément séparés les uns des autres, fortement imbriqués-quinconciaux dans le bouton et
qui s’écartent peu de temps avant la floraison; les étamines restent par conséquent
cachées jusqu’à ce moment-là, contrairement à ce qui se passe dans d’autres Plagioscy¬
phus, tels par exemple P. caulifiorus, P. nudicalyx, etc., où les lobes du calice sont
peu profonds, peu imbriqués et s’ouvrent de bonne heure; la face interne du calice
est glabre.
Typiquement les pétales sont au nombre de 5 et le disque est en forme de
colonne robuste dont la marge supérieure forme une coupe à paroi foliacée plus ou
moins 5-sinuée-lobée à son bord libre. Il est inutile que nous revenions sur la forme
des pétales qui ont déjà été décrits par Choux; signalons simnlement que la lame
pétalaire proprement dite peut être glabre ou au contraire munie de nombreux poils
sur son dos.
11 convient, en revanche, que nous insistions sur les variations que les fleurs
peuvent présenter à l’intérieur d’un même échantillon. Dans l’échantillon 8887 SF
(femelle) provenant de Maroantsetra, on observe des fleurs, disons normales, dans les¬
quelles les pétales, subégaux entr’eux, sont au nombre de 5 et le disque en coupe
régulière et complète; dans d’autres fleurs on peut observer que le pétale postérieur
est légèrement réduit par rapport aux autres; on constate alors que la paroi du disque
présente une fissure verticale située soit à droite soit à gauche du pétale postérieur;
dans d’autres fleurs ce pétale est encore plus réduit et le disque, dans ce cas, présente
deux fissures qui isolent du reste du disque, dans leur intervalle, une sorte de languette
opposée au pétale réduit; quand la réduction du pétale postérieur est encore plus accen¬
tuée la languette se réduit à une simple dent ou disparaît complètement, le disque
présentant alors une assez large ouverture postérieure. C’est ce que l’on pourra constater
par exemple dans l’échantillon 8910 SF (fleurs mâles, provenant du bassin de la Fana-
nehana) dans lequel l’avortement complet du pétale postérieur se réalise fréquemment
Source : MNHN, Paris
ÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET
COMORES
97
Planche 23
Plagioscyphus Jumellei : 1, feuille, x 2/3; 2, inflorescences, x 2/3; 3, fleur mâle,
X 4; 4 et 5, pétale, faces interne et externe, X 4; 6, pétale, coupe longitudinale,
X 4; 7, disipie et étamines, x 3; 8, étamine, x 4; 9, fleur femelle, après la
chute des pétales et des staminodes, x 3; 10 à 12, staminode, vu de profil
et faces interne et externe, x 4; 13, infrutescence, x 2/3; 14, fruit à deux
graines développées, x 2/3; 15 et 16, graine, profil et face ventrale, x 2/3;
17, foliole, forme dentée, x 2/3.
8 564029 6
Source : MNHN, Paris
R. C.APURON
La fréquence des fleurs à quatre pétales varie d’une inflorescence à l’autre; c’est ainsi
que dans le dernier échantillon cité, sur une inflorescence l’analyse de 24 fleurs ne
nous a révélé que 2 fleurs 4-pétalées tandis que dans une autre inflorescence 15 fleurs
sur 30 présentaient ce caractère (sur ces 15 fleurs trois d’entr’elles présentaient un
rudiment de pétale et une petite languette dans l’ouverture du disque).
Cette ouverture postérieure du disque corrélative de l’avortement du pétale corres¬
pondant, qui parait être ici un caractère individuel, ne manque pas de soulever un
problème dans la délimitation de certaines espèces. Nous allons en effet rencontrer
maintenant des espèces dans lesquelles l’avortement du pétale postérieur accompagnée
de l’ouverture du disque (qui d’ailleurs devient oblique alors qu’il reste sensiblement
vertical dans le P. Jumellci) devient un caractère constant dans chaque individu. Nous
possédons cependant quelques échantillons ayant 5 pétales et un disque complet qui
ressemblent tellement à d’autres n’en ayant que 4 et un disque incomplet que le
problème se pose de savoir s’il s’agit de variations individuelles d’une même espèce
ou au contraire de deux espèces distinctes. En l'absence d’échantillons présentant des
caractères intermédiaires, toute réponse sûre est pour l’instant impossible.
Le nombre des pièces de l’androcée varie suivant les individus; c'est ainsi qu'il
est (d’après Choux) de 6-8 dans le Type (Ferrier 14136) ; il est de 8 (-9) dans 8910 SF,
9-10 dans 20559 SF et 23975 SF, 10 dans 9010 SF, 10 (-11) dans 8887 SF. Les étamines,
même dans les fleurs mâles, sont relativement peu exsertes.
Le fruit peut atteindre de fortes dimensions : jusqu’à 40 mm de hauteur et de
largeur, 30 mm d’épaisseur; sa base est arrondie ou parfois légèrement cordée.
6. Plagioscyphus Humberli R. Capuron sp. nov. — Planche 20. fig. 13-17.
Arbuscula vel arbor mediocris (ad 10-12 m alla) innovationibus fulvo-pubescen-
tibus, ramulis adultis glabris vel subglabris, lenticelloso-vunctatis. Folia alterna axibus
initio pubescentibus deinde glabrescentibus vel glabris, petiolo (1-) 2-5 cm longo supra
subpiano marginibus angulosis, articulis rachidis supra leviter 2-sulcatis; foliota (1-)
3-4 (-5) -juga, opposita vel subopposita, rarius alterna, oblonga vel rUiptico-lanceolata,
( 3 -) 4-6-plo longiora qiuim lata (4-16 X 1-3,2 cm), limbo adulto coriaceo glabro vel
subtus, praesertim praeler costam, pubescentiae reliquis asperso, ban plus minus abrupte
in petiolulurn brevem puberulum transiente, apice acuto vel obtnsiusculo fere semper
mucronato-spinescente, marginibus integris vel spinoso-dentatis ; Costa supra carinulata,
subtus prominens; nervi secundarii numerosi, vix prominuli, patuli, praeler marginern
arcuati vel in dentes limbi transeuntes. Inflorescentiae caulinares. singulae vel 2-5-nae,
3-16 cm longae, axibus (ut et bradais, bracteolis, pedicellis et calycis externa parte)
dense breviterque flavido-pubescentibus ; cymulae sessiles vel breviter (ad 2 mm) pedun-
culatae. Flores monoici, masculi et feminei saepe in eadem indorescentia dispositi;
pedicelli 3-4 mm longi, fere ad basin articulati; calyx per anlhesin subpatulus, 11-15 mm
longus, 8-10 mm latus (post anthesin leviter accrescenti et cum pedicello valde obliquo),
lobis in alabastro valde imbricatis, duabus exterioribus ovatis (ca 3-4 mm longis), alteris
(anteriore majore) obovatis, basi leviter angustatis, apice late rolundatis et concavis
(ca. 4,5-6,5 mm longis et lads) intus pubescentibus, marginibus dense ciliatis; petala 4,
magna obovata (8-11 X 4-5,5 mm) extra (apice exceptai) dense pubescentia, quam squa-
mulam longiora; squamula 6-8 mm alta, apice 4,5-6 mm lata, apice cucullata (parte
reflexa intus dense lanuginosa, marginibus barbatis), intus glabra, marginibus lateralibus
longe ciliatis; discus valde inaequilateralis, postice apertus, an'ice 3,5-4,5 mm altus,
basi anteriore gibbosus, extra (praesertim infra medium) ciliatus, intus puberulus,
marginibus undulato-crenatis ciliatis; stamina 8, longe exserta, filamentibus glabris vel
sparse pilosis 10-13 mm longis, antheris oblongis (ca. 2,5 X 1,25 mm) apice obtusissime
apiculatis vel subemarginatis, dense pubescentibus (in floribus fenineis staminodiis ca.
3 mm longis inclusis, antherodiis filamentibus aequilongis) ; ovarium ovoideum, compres-
sum, dense sericeo-pubescens, ca. 4-5 mm altum, stylo robusto dense pubescenti (initio
3 mm longo, per anthesin ad 8 mm accrescenti) mstructum (in floribus masculis pistillo-
dium cordiforme 2 mm altum). Fructus immaturus solum visus, dense flavido-sericeus,
basi abrupte in stipitem robustum (ca. 5 mm longum) constrictum. Semina (male notata)
tegumenlo rugoso-verrucoso.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR
DES COMORES
99
Planche 24
Plagioscyplius Louvelii (échantillon du Sambirano) : 1, feuille, X 2/3; 2, inflorescence,
x 2/3; 3, fleur mâle, x 4; 4 et S, pétale, faces externe et interne, x 4; 6, pétale,
coupe longitudinale, x 4; 7, disque et base des étamines, x 4; 8, coupe longitu¬
dinale du calice, du disque et du pistillode, X 4.
Plagioscyplius meridionalis : 9, feuille (forme à folioles dentées), x 2/3; 10, feuille
(forme à folioles entières), x 2/3; 11, inflorescence, x 2/3; 12, fleur mâle,
x 4; 13 et 14, pétale, faces externe et interne, X 4; 15, disque et base des
étamines, x 4; 16, fleur femelle, x 4; 17, ovaire, les deux loges ouvertes,
x 8; 18, deux fruits, x 2 /3.
Source : MNHN, Paris
100
i. CAPURON
Typus specif.i : 22221 SF (vallée de l’Onilahy, en aval d’Ambohimahavelona).
Par son calice à lobes profondément séparés et fortement 'mbriqués dans le
bouton le P. Humberti rappelle le P. Jumellei. Il s’en distingue facilement par plusieurs
caractères : calice pubescent intérieurement, corolle constamment de 4 pétales, disque
très irrégulier et ouvert au bord postérieur, fruit porté par un pied très net et à
pubescence de teinte verdâtre ou jaune verdâtre, etc.
Les folioles sont entières ou dentées spinescentes (et ceci souvent dans la même
feuille) ; dans les rejets ou sur les formes de jeunesse les folioles sont fortement créne-
lées-dentées sur les bords. Les fleurs ont un calice de grandes dimensions (il atteint,
antéro-postérieurement, jusqu’à 15 mm de longueur sous la fleur, jusqu’à 20 mm sous
le fruit en cours de développement). Les pétales rappellent un peu ceux du Plagioscy-
phus stelechanthus par le faible développement des cornes aux deux extrémités latérales
de la zone de courbure de l’écaille interne; la surface du tégument séminal, autant que
nous puissions en juger d’après des graines récoltées au sol en mauvais état, est inégale,
bosselée et plus ou moins rugueuse, ce qui rappelle ce que l’on observe dans le
P. unijugatus.
Le P. Humberti n’est actuellement connu que dans la partie méridionale du
Domaine de l’Ouest ainsi que dans le Domaine du Sud. Dans ce dernier Domaine il
paraît localisé au voisinage des berges des grands cours d’eau (Onilahy, Menarandra).
7. Plagioscyphus calciphilus R. Capuron sp. nov.
Characteribus calycis P. Humberti proxima, a quo difje.'t foliolis ramulorum
adultorum integris, apice non mucronatis, petalis squamam internam non vel vix superan¬
tibus, disco extra glabro vel vix puberulo, antheris glabris vel vix puberulis.
Arbor ad 10-15 m alta, cortice trunci plus minus rimosa, innovationibus dense
adpresseque fulvo-pubescentibus, ramulis adultis glabris lenticelloso-punctatis. Folia
alterna, ad 15 cm longa, pctiolo 2-5 cm Ion go, supra subpiano, marginibus angulosis, ut
et articulis rachidis (supra leviter 2-canaliculatis) initio puberulo deinde glabro vel gla-
brescenti, saepe lenticelloso-punctato ; foliota (2-) 3-5-juga, adulta coriacea glaberrima,
elliptica vel obovato-elliptica [ 3-7 X ( 0,7-) 1-3 cm], ca. 2-4-plo longiora quam lata, basi
cuneato (limbo in petiolulum 2-3 mm longum vel subnullum transienti) apice mutico
obtuso vel rotundato vel nonnunquam leviter emarginato, marginibus integris; costa
supra plana vel basi leviter carinulata, subtus leviter prominens; nervi secundarii
tenuissimi, patuli; reticulatio gencris. Inflorescentiae 2-8 cm longae densissime et
brevissime adpresse fulvo-griseo puberulae; cymulae subsessiles. Flores monoici, masculi
et feminei saepe in eadem inflorescentia; pedicellus 1-5 mm Ion gus dense puberulus;
calyx utroque latere puberulus, ad 11-13 mm longus et 8 mm latus, lobis in alabastro
valde imbricatis, duobus exterioribus ovatis ad 3 mm longis, alteris majoribus basi
constrictis apice dilatatis (ad 5 mm longis et 4 mm latis ) marginibus subpetaloideis
ciliatis, post anthesin sub fructu leviter accrescentibus; petala 4, oblonga vel obovoideo-
oblonga (5-6 X 2,5 mm) extus glabra squamulis subaequalia; squamula cum cornubus
5-6 mm alta, ca. 3,5-4 mm lata, intus glabra, apice breviter reflexa, uno vel utroque
latere processubus corniformibus instructa, margine partis reflexae longe, barbota, margi¬
nibus lateralibus dense barbatis; discus valde asymmetricus, antice ad 3 mm altus saepe
basi valde gibbosus, poslice apertus, extus glaber vel pilis brevibus raris aspersus;
stamina 8, fdamentibus glabris 5,5-9 mm longis, antheris glabrescentihus ovato-oblongis
(2 X 1,5 mm); staminodia ignota; ovarium compressum basi breviter constrictum, longi-
tudinaliter 2-sulcatum, densissime brevissimeque pilis adpressis vesdtum; Stylus per
anthesin ca. 2-3 mm longum, post anthesin accrescens et 5 mm attengens (in floribus
masculis pistillodium 2 mm altum). Fruclus 1-vel 2-spermus, basi abrupte in stipitem
robustum (ca. 5 mm longum, 4 mm latum) constrictus, longitudinaliter profunde sulcatus,
infra rotundatus vel leviter emarginatus, supra emarginatus igitur plus minus didymus
(ad 30-35 mm altus, 35-40 mm latus, 20-22 mm crassus) ; pericarpinm tenue (vix 0,5 mm
crassum) pilis brevissimis viridi-flavis tectum. Tegumentum seminis laeve.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
101
Planche 25
I’iagioscyphus Louvelii (échantillons de la région orientale) : 1, rameau en fleurs,
X 2 /3; 2, feuille (autre forme), x 2 /3; 3, fleur mâle, X 3; 4 et 5, 6 et 7, deux
pétales vus par les faces interne et externe, X 6; 8, pétale, coupe longitudinale,
x 8; 9 et 10, étamine, x 6; 11, disque et pistillode, X 9; 12, section verticale
antéro-postérieure du calice et du disque, X 8; 13, coupe semi-schématique
d’un bouton (le côté postérieur de la fleur est vers le bas du dessin); 14, infru¬
tescence, x 2 /3; 15, fruit (dans la loge de gauche l’arillodc est mis à nu, dans
la loge de droite la graine est coupée verticalement), x 2/3; 16, graine entourée
de son arillode, x 2/3; 17 et 18, autre forme de foliole et fruit correspondant,
X 2/3; 19, autre forme de foliole, x 2/3.
Source : MNHN, Paris
102
R. Ci
URON
TïPUS SPECIE1 : 27414 SF (Mafokovo, au Nord de Vohémar).
Cette espèce ne diffère du P. Humbcrti que par des caractères somme toute
mineurs et il est possible que lorsque toutes les deux seront mieux connues on soit
amené à les réunir. Pour le moment le P. calciphilus n'est connu que du secteur Nord
du Domaine de l’Ouest (région de Vohémar, Montagne des Français et Ankarana de la
région de Diégo-Suarez). Les quelques différences que l’on peut observer entre les
divers échantillons intéressent la forme et la consistance des folioles (plus étroites et
plus coriaces chez les individus croissant sur les calcaires les plus secs), la forme de
la face antérieure du disque (non ou faiblement sinuée ou au contraire fortement sinuée
en S par suite de la très forte gibbosité de la base et de la courbure accentuée de la
paroi antérieure de la coupe discale).
Si sur les individus adultes, florifères, les folioles sont entières, il est probable
que, sur les jeunes sujets, elles sont dentées.
8. Plagioscyphus cauliflorus Radlkofcr. Sitzungsb. bayer. Akad. München, 8 : 335
(1878), in Engler, l.c.: 819 (1932); Choux, Index: 16 (1926), Mémoires : 110
(1927), Catalogue : 9 (1931). — Planche 20, fig. 8-12.
Typus speciei : Boivin 1876/2 (Sainte-Marie de Madagascar?, Moheli?).
Le Plagioscyphus cauliflorus est représenté dans les collections du Muséum
d’Histoire Naturelle de Paris par quatre parts qui proviennent certainement d’une unique
récolte de Boivin. Or pour trois d’entre elles l’indication de lieu de récolte est Mada¬
gascar, tandis que pour la quatrième c’est Moheli. L’holotype, avec la détermination
manuscrite de Radlkofer, est muni d’une étiquette sur laquelle figure, probablement
de la main de Boivin, l’indication suivante : « Sapindacea. Arbuste de 10 à 15 pieds.
Sous les grands arbres de la mer à Tajoundro Xbre 1849-1876/2 Sainte-Marie de Mada¬
gascar ». La deuxième part porte, sur une étiquette passe-partout du Muséum, la mention
« 1876/2 Sainte-Marie de Madagascar. Voyage de M. Boivin 1847-1852 », tandis que la
troisième ne porte que « Madagascar-Boivin ». La dernière enfin porte une étiquette
manuscrite de Boivin avec la notation suivante : « Connarus-Arborescent-H.R.B. 15 avril,
1847. Moëly. »
Bien que la provenance comorienne ne soit pas à éliminer d’office nous penchons
cependant en faveur de la provenance saint-marienne du P. cauliflorus. Depuis le milieu
du siècle dernier l’île Sainte-Marie n’a fait l’objet d’aucune prospection botanique et il
est à souhaiter que, dans cette localité « classique » pour la floristique malgache, soient
effectuées de nouvelles récoltes; il est permis de penser qu’avec un peu de chance on
y retrouvera le P. cauliflorus.
Quoi qu’il en soit nous ne possédons aucun échantillon qui soit strictement
comparable à la plante de Boivin et nous n’avons donc rien à ajouter à la description
qu’en a donnée Radlkofer. Rappelons simplement les similitudes frappantes de l'appareil
végétatif de cette espèce avec celui de notre P. nudicalyx, similitude qui se retrouve dans
la glabréité du calice et des axes de l’inflorescence. Dans le P. cauliflorus les fleurs
mâles sont seules connues; elles se font remarquer par leur petitesse, la pubescence
assez abondante des filets staminaux et l'étroitesse relative des anthères.
9. Plagioscyphus meridionalis R. Capuron sp. nov. — Planche 24, fig. 9-18.
Arbor parva ad 5-6 m alta et 0,20-0,30 m diam., innovationibus dense breviterque
fulvo-rubiginoso-pubescentibus, ramulis adultis griseis glabris, vetustis dense lenticelloso-
punctatis. Folia ad 15 cm longa, axibus initio pubescentibus deinde glabrescentibus vel
glabris, petiolo 1,5-4,5 cm longo supra subpiano et marginibus angulosis, rachidis arliculis
supra carinatis et 2-sulcatis; foliota (1-) 3-5-juga, opposita vel subopposita vel alterna,
sessilia vel subsessilia elliptica [ 2,5-7 (-10) X (0,5)-1-2 (-4) cm] basi cuneata, apice sat
variabilia (acuta vel obtusa vel rolundata, interdum breviter obtuseque acuminata) limbo
charlaceo-coriaceo pellucido punctato, supra glabro, infra praesertim praeter costam
pubescenliae residuis instructo, marginibus integris vel 1-6 dentatis, dentibus parvis vel
magnis (et tune vulnerantibus) ; costa supra carinulata, infra prominens; nervi secundarii
Source : MNHN, Paris
5 DK MADAGASCAR
r DES COMORES
tenuissimi, patuli, praeier marginem arcuati vel in dentibus transeuntes; rcticulatio
Seneris. Inflorescentiae caulinares, 5-25 cm longue, singulae vel 2-3-nae, sat laxiflorae,
txibus, bracteis, bracteolis plus minus dense pubescentibus; cymulae breviter pedunculatae
1-5-florae; flores monoici, masculi et feminei in eadem vel in diversis inflorescentiis
dispositi, pedicellati, pedicello puberulo 1.5-3 mm longo supra basin articulato; calyx
cu Puliformis. extra puberulus, 4-6 mm diam., intus glaber, ad medium lobatus, lobis
e xternis triangularibus. alteris apice rotundatis. marginibus ciliatis et glanduloso-pilosis,
praecor.iter apertus. Petala 4, oblonga, ca. 3-3,5 X 1-1,5 mm, extra sparse ciliata,
f>asi lateraliter ciliata, intus supra unguiculo brevi squamula interna 3,5-5 X 2,5-3,5 mm
Mstructa; squamula supra cornubus duabus petalum ipsum superantibus instructa;
disais glaber, asymmetricus, antice 2,5-3,5 mm altus, postice apertus margine superiore
dentato-lobata, basi intra insertionem petalorum leviter gibbosus; stamina 7-8, valde
zxserta, filamentibus sat dense pilis longis aspersis, antheris oblongis (ca. 2 X 1,25 mm)
n Pice obtuse glanduloso-apiculatis, utroque faciei dense adpresseque ciliatis (in
floribus femineis ca. 4 mm longa, omnino puberula, antherodiis filamentibus
Qequilongis) ; germen 2- (rarissime 3-) loculare densissime puberulum cum stylo per
nnthesin lageniforme ca. 6,5 mm longum, ovario (3 mm longo et lato) compresso leviter
2-sulrato, stylo (ca. 3,5 mm longo) cylindrico sat gracili, lineis stigmatosis brevibus
(oa. 1 mm longis) \in floribus masculis pistillodium pubescens, ca. 1 mm altum ]. Fructus
2-vel abortu 1-spermus, ambitu transverse ellipticus, leviter 2-sulcato-lobatus (ad 3,1 cm
lotus, 2,5 cm altus, 1,6 cm crassus) pericarpio brevissima et densissima pubescentia
lulvo-cinerea vestilo; semina (ca. 1,7 cm longa, 1,2 cm diam.) non lateraliter compressa,
dorso valde convexo. testa laevi.
Typus speciei : 11817 SF (Italy).
Par ses folioles au moins partiellement dentées, par son fruit recouvert d’une très
courte et très dense pubescence de teinte claire (relativement fugace et s’enlevant assez
aisément par frottement) cette espèce se rapproche des P. Humberti et P. calciphilus;
elle s’en distingue aisément par son calice peu profondément lobé. Les dentelures de ses
folioles, la pubescence claire du fruit et, à un moindre degré la pubescence des filets
staminaux, permettent de distinguer le P. meridionalis des diverses formes du P. Louvelii.
Le P. meridionalis est assez fréquent dans la partie sud-orientale de l’Androy,
dans la z.one de transition entre le bush xérophile du Sud et les formations nettement
plus hygrophiles qui passent insensiblement à la végétation orientale : région de
Bevilany, de la baie d’Italy. du cap Andrahomana et du massif du Vohitsiandriana.
Dans cette région les P. meridionalis adultes ont des folioles à bords entiers ou munis
de quelques petites dents peu saillantes et peu vulnérantes.
Nous rapportons également à cette espèce des échantillons en fruits qui ont été
récoltés vers la base du massif de l’Analavelona et qui se distinguent des précédents
par des folioles très fortement incisées dentées, à dents très vulnérantes, rappelant
beaucoup comme forme les feuilles de Vllex aquifolium ou, pour citer des espèces
malgaches, celles de l' Evonymopsis longipes (Célastracées) ou de divers Drypetes
(Euphorbiacées).
10. Plagioscyphus Louvelii Danguy et Choux, Bull. Mus. Hist. Nat. Paris, 32 : 389
(1927) ; Choux, Catalogue : 10 (1931) ; Radlkofer, in Engler, l. c. : 1495 (1934). —
Planche 24, fig. 1-8 et Pl. 25. fig. 1-19.
Typus speciei : Louvel 248 (forêt de Tampina).
Nous groupons dans cette espèce tout un ensemble d’échantillons provenant de la
Région Orientale (y compris le Sambirano) et des zones les plus humides du Secteur
Nord du Domaine de l’Ouest, qui présentent les caractères suivants : feuilles à folioles
entières, fleurs à calice peu profondément lobé, corolle à 4 pétales, disque ouvert au
bord postérieur, étamines généralement 8 à filets le plus souvent glabres, ovaire à 2
(exceptionnellement 3) loges, fruit recouvert d’une dense pubescence de couleur fauve
roussâtre ou brunâtre (nettement plus foncée que dans les P. Humberti, P. meri¬
dionalis, etc.).
Source : MNHN, Paris
104
». CAPURON
Ainsi défini le P. Louvelii constitue une « grande » espèce dont les constituants
peuvent être très différents les uns des autres, sous les rapports en particulier du port
(grands arbres ou arbustes parfois à tige simple) de la taille des folioles, de celle des
fleurs, de la taille et de la forme des fruits.
Lorsque l’on cherche à mettre de l’ordre dans les multiples variations de l’espèce
on ne tarde pas à se heurter à des difficultés pratiquement insurmontables. Essaye-t-on
par exemple de s’appuyer sur la forme du fruit, qui peut être très largement arrondi
ou au contraire nettement atténué en coin à la base, on voit tout de suite surgir les
difficultés pour le classement des échantillons en fleurs car il n’est pas possible par
l’étude de celles-ci de prévoir la forme du fruit; si l’on appelle alors à son secours
les caractères foliaires ce sera pour constater rapidement qu’à des échantillons présentant
une similitude fort grande sous ce rapport peuvent correspondre des fleurs ou des
fruits très différents entre eux. On arrive vite à la conclusion qu’il doit exister un très
grand nombre de races locales à aire plus ou moins étendue (plusieurs races pouvant
d’ailleurs cohabiter dans la même aire), dont l’étude ne pourra être entreprise avec
succès que lorsque l’on disposera d’un matériel considérable prélevé, autant que possible,
sur des individus repérés permettant ainsi des rapprochements sûrs.
15. Tsingya R. Capuron gen. nov.
Arbores, pilis fasciculatis instrucli, joliis abrupte pinnatis, alternis, foliolis
oppositis vel suboppositis vel alternis. Inflorcscentiae axillares, racemosae, racemis cymis
compositis. Flores regulares monoicae; calyx sepalis in alabastro valvatis; petala nulla;
disais pulviniformis ; stamina 8-10, filamentis in alabastro rectis, supra discum in joveolis
profundis insertis, antheris breviter oblongis, basi excisis, rimis longitudinalibus lateraliter
dehiscentibus (in floribus foemineis staminodia quant stamina breviora) ; ovarium elobatum
3-loculare, loculis 1-ovulatis; ovula angulo interno longe affixa (ut in Plagioscyphus),
adscendentia, micropyle extrorsum inférai Stylus terminalis, lineis stigmatis 3 longis
percursus (in floribus masculis pistillodium breviter pyramidale, trigonum). Fructus
maturus ignotus sed, e fructibus juvenilibus, elobatus, plus minus pyrijormis, abortu
1-spermus (an semper?) ; semina juvenilia kilo longo (ut in Plagioscyphus), arillodio
involuta.
Species unica : Tsingya bemarana R. Capuron sp. nov.
Tsingya bemarana R. Capuron sp. nov.
Arbor ad 20-25 m alla et 0,40-0,50 m diam. cortice trunci platanoidea. Gemmae
et ramuli juvéniles densissime pubescentia brevissima pilis fasciculatis flavidis constituta
tecti; ramuli adulti glabrescentes vel glabri, cinerei, lenticellis brunneis instructi. Folia
15-25 cm longa, iis Crossonephelidis Pervillei sat similia; petiolus 2,5-4 cm longus, supra
fere complanatus, marginibus angulosis, subtus (ut et rachis 3-8 cm longus) lenticellis
parvis sparsis instructus, initio brevissime stellato-puberulus deinde glabrescens; foliota
(1-) 2-5-juga, inferiora quam superiora leviter parviora, ovato-elliptica (6,5-16 X 2-5,5 cm),
saepe longitudinaliter plicata, basi in petiolulum (2-5 mm longum) sat abrupte cuneatim
attenuata, apice sat longe, attenuata, limbo submembranaceo, discolori (supra leviter
rubido, subtus viridi), sub lente pilis fasciculatis (pilis simplicis raris intermixtis) sparsis
instructo, minutissime et sparse pellucido-punctato, marginibus integris; costa supra
prominula, subtus leviter prominens, utroque latere sparse stellato-pilosa; nervi secundarii
(ca. 10-15-jugï) utroque latere prominuli; reticulatio densa, bene conspicua. Inflorescentiae
ad 7 cm longae pilis stellatis densis instructae; bracteae et bracteolae (ca. 0,5 mm longae)
triangulares, dense puberulae. Flores parvi (ad 3-4 mm diam.) densissime pilis fasciculatis
vestiti (pedicellus, sepala, discus, stamina, staminodia, ovarium et pistillodium) ; sepala 5
plus minus inaequalia (0,7-1,2 X 0,5-1,2 mm) ovato-triangularia; discus ca. 2-2,5 mm
diam., in floribus masculis parum crassus subpatelliformis radiatim 8-10 sulcato-lobulatus,
in floribus foemineis minus sulcatus et post anthesin cum calyce plus minus deflexus;
stamina ca. 4 mm longa (antheris 1,5 mm longis, 1 mm latis inclusis) ; staminodia 2,5 mm
longa (antherodia filamentis aequilonga) ; Stylus ca. 3 mm longus.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 105
Typus speciei : 6762 SF (plateau du Bemaraha).
Nous avons beaucoup hésité à décrire ce nouveau genre dont nous ne possédons
qu'un matériel très incomplet et en assez mauvais état (la plupart des inflorescences et
des fleurs sont déformées par des galles d’insectes). Nous avons pu cependant parvenir
a en définir les caractères essentiels : calice découpé en lobes valvaires dans le bouton,
corolle nulle, étamines insérées dans des fovéoles de la surface du disque (ces fovéoles ne
sont pas ouvertes du côté interne), ovaire à trois loges 1-ovulées et très certainement
graines munies d’un arillode. De l’insertion des ovules et des très jeunes graines sur
* axe du fruit on peut déduire que les graines mûres doivent être (tout au moins
extérieurement) analogues à celles des Plagioscyphus ; elles sont en effet fixées à l’axe
du fruit par presque toute la longueur de leur arête ventrale; l’arillode, comme dans les
Plagioscyphus, se développe sur tout le pourtour de la zone hilaire. Il ne nous est pas
Possible cependant de rattacher la présente espèce au genre Plagioscyphus en raison
des caractères floraux, d’une part à cause de l’absence des pétales, d’autre part et
surtout à cause des caractères du disque; dans le Tsingya le disque n’a pas du tout
même forme que celui des Plagioscyphus et, par l’insertion très particulière des
étamines, rappelle celui que l’on observe dans divers Doratoxylon.
Par ailleurs l’aspect des organes végétatifs du Tsingya bemarana n’est pas du
tout celui des Plagioscyphus mais ressemble par contre, à s’y méprendre, à celui du
Crossonephelis Pervillei. Précisons que la pubescence est essentiellement constituée de
Poils stellés, comme celle que l’on observe dans le Stadmania serrulata ou le Majidea
z anguebaricn. La récolte de nouveaux échantillons en bon état (et en particulier de
fruits mûrs) est à souhaiter afin de pouvoir compléter la description présente.
Pour l’instant nous n’avons observé l’espèce que dans le plateau calcaire du Bema-
faha, d’une part sur les buttes des environs de Tsiandro, d’autre part dans les lapiaz
de l’Antsingy, aux alentours de la clairière d’Ambodiriana.
16. Beguea 1 R. Capuron gen. nov.
Arbores. Folia sparsa, exstipulata, petiolata, abrupte pinnata, 3-7-juga; foliota
mtegerrima plus minusve inaequilatera (latere interiore majore) opposita, subopposita
Ve l alterna. Inflorescentiae racemiformes, eramosae, cymutas semper 1-floras gerentes;
bracteae parvae, bracteolae nullae. Flores parvi, regulares, dioici. Calyx (5-) 6-7 (-8) -sectus,
iobis parvis, in alabastro valvatis, praecociter apertus. Petala nulla. Discus regularis,
Pulviniformis, margine plus minus sinuatus. Stamina 6-8 (-9-10) intra discum inserta,
glabra, longissime exserta (in floribus femineis staminodia abbreviata ), filamentibus
aciculari-fUiformibus, antheris ovatis, basi emarginalis, in excisura basali insertis, rimis
lateralibus dehiscentibus. Germen (in floribus masculis rudimentarium) ovoideum vel
subsphaericum, triloculare, stylo (germine longiore) apice lineis stigmatosis 3 suturalibus
notatus, integro; gemmulae in loculis solitariae erectae, apotropae, micropyle extrorsum
inféra. Fructus subbaccatus, siccus crustaceus, globosus vel obovoideus, abortu fere
semper 1-spermus. Semen erectum, hilo basilari, arillo pulposo translucido (sicco tenuissime
membranaceo) toto involutum; embryo curvatus, notorrhizus; cotyledones crassae, super-
positae, superior crassior; radicula hilo approximata plica testae excepta.
Species unica : Beguea apetala R. Capuron sp. nov.
Beguea apetala R. Capuron sp. nov. — Planche 26, fig. 1-7 bis.
Arbor alla (ad 20-25 m alta), ramulis robustis, initio densissime pubescentia bfevi,
fulva vel ferruginea, tectis, mox glabrescentibus, cicatricibus delapsorum foliorum bene
notatis. Folia 10-30 cm longa; petiolus (2,5-7 cm longus ) et rachis (3-17 cm longus) in
dédié à l'Inspecteur Général des Eaux et
Forêts L. Bègue, qui, pendant qu’il dirigeait le
Source : MNHN, Paris
primum pubesccntcs, mox glabrescentes, supra subplani. Foliola (2) 4-7-juga breviter
(2-5 mm) petiolulala (pctiolulo limbi der.urrentia plus minus marginale), elliptica vel
elliptico-lanceolata vel lanceolata (3,2-16 X 1,4-4,5 cm), basi cuneata, apice plus minus
longe allcnuala (mro oblusa ), fera semper cuspidala, adulta supra glabra saepe lucida,
subtus glabra vel glabrescentia, lamina coriacea vel chartacea, marginibus saepe revolutis;
costa supra leviter prominula, infra prominens; nervi secundarii numerosi, vix prominuli,
interdum a tertiariis parum dislincti. lnflorcscentitte solitariae, 4-25 cm longue; rachis
robustus, longitudinaliter sulcatus dense et adpresse fulvo-pubescens ; bructeae minimae
(vix 0,5 mm longue) laie triangnlares, extus pubesccntcs; pedicclltts supra basin articu-
latus, 2-5 mm longus, adpresse ciliatus; calyx ( 1,5-3 mm diarn.) segmentis acutis extra
pubescenlibus, in tu s subglabris, per anthesin patentibus, in floribus femineis pont anthesin
reflexis; discus sat crassus, in floribus masculis convexus deinde planus, in floribus
femineis post anthesin plus minus reflexus. glaber mit pilis rarissimis ornât us; filamenta,
in vivo statu rosea, 5-8,5 mm longa (in floribus femineis, vix 1 mm) ; antherac ovatae
(1,7 X 1 mm) in vivo purpureae (in floribus femineis 0,75 mm longue). Ovarium (2 mm
altum) et Stylus (2,5 mm longus) sparse ciliata (pistillodium hirsutum) ; ovarii loculi
minimi. Fr uct us sphaericus (15 mm diam.) vel obovoideus (ad 20 X 15 mm) glaber, basi
calyce discoque cinctus, apice styli residuis (fere semper excentricis) apic.ulatus; semen
fructu conforme ( ca. 12 mm long), leviter compressnm (ca. 10 mm crassum) kilo basilari
circulari; lesta fragilis, brunnea; cotyledones superficie cerebriformcs manifeste ruminati;
radicula ca. 2-2,5 mm longa.
Typus speciki : 8701 SF (Ambohitsitondroina. Mahalevona).
Dans la tribu des Schleichérées trois genres possèdent des fleurs apétales :
Schleichera Willd., Lecaniosdiscus Planch. ex Benth., et Haplocoelum Radlk. Aucun de
ces genres ne paraît susceptible de convenir à la plante malgache. Dans Schleichera le
style est divisé en trois branches révol utées et l'embryon, courbé en fer à cheval, a des
cotylédons fortement soudés entre eux. Dans les T.ecaniodiscus le calice est d’abord nette¬
ment sacciforme, l'arille est dit gélatineux ou glutineux, l’embryon a une radicule basilaire
papilliforme. le style très court est divisé en trois lobes réfléchis. Dans les Haplocoelum
les caractères de l’embryon sont semblables à ceux des Beguea mais ces plantes ont un
style brièvement trilobé et un fruit devenant uniloculaire par rupture des cloisons ova¬
riennes (dans Beguea les loges avortées restent complètes) ; de plus les Haplocoelum ont
des inflorescences beaucoup plus courtes, groupées au sommet des rameaux et leur port
est bien différent de celui des Beguea.
Parmi les Schleichérées à fleurs munies de pétales aucun genre non plus ne
nous paraît convenir. Ce groupe de Schleichérées ne comprend que deux genres non
malgaches : Hypseloderma Radlk. et Bizonula Pellegrin. Le premier (qui est peut-être
à rattacher à Camptolepis) a un calice à lobes largement imbriqués, le deuxième a des
feuilles bipennées, des inflorescences amplement ramifiées et un disque biannulaire.
Le Beguea apetala est un arbre pouvant atteindre 20-25 m de hauteur et 0,50 m
de diamètre. On le connaît du Domaine de l’Est (depuis Sambava jusqu’à Farafangana.
depuis le niveau de la mer jusque vers 900-1 000 m d’altitude) et du Domaine du Sambi-
rano. Bien que présentant des variations dans le nombre, la taille, la forme (pliées en
long ou non, longuement atténuées-cuspidées ou non. parfois obtuses) et la consistance
des folioles, nous ne croyons pas possible de distinguer de taxa infraspécifiques. Les
échantillons du Sambirano par leurs fleurs de plus petite taille et brièvement pédicellées
mériteraient peut-être d’être séparés du type; les échantillons de cette provenance sont
trop peu nombreux pour que nous puissions juger de la constance de leurs caractères
propres.
Parmi les caractères dignes de remarque nous noterons que les cotylédons sont
nettement ruminés par des expansions du tégument interne de la graine; la plupart
de ces expansions sont parcourues longitudinalement par des faisceaux vasculaires qui
partent du hile et se terminent dans le haut de la graine.
Les fleurs, sur le vif. ont des filets staminaux roses et des anthères pourpres.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAI’INDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
107
Planche 26
Iteguea npclala : 1, feuille et inflorescence mâle, X 2/3; 2, foliole, face inférieure,
X 2/3; 3, fleur mâle, x 3; 4, feuille (autre forme) et inflorescence femelle,
X 2 /3; 5, fleur femelle, x 3; 6, section longitudinale d’une fleur femelle, X 3;
7, infrutescence, X 2/3; 7 bis, embryon, face dorsale, x 1,5.
Haplocoelum Perrieri : 8, feuille et inflorescences mâles, x 2/3; 9, fleur mâle, x 3;
10 et 11, pétale, faces interne et externe, x 4; 12, disque et pistillode, x 4;
13, étamine, x 4; l 'i, fruit, section longitudinale, x 2/3; 15 et 16, graines, x 2/3;
17, embryon, x 2/3; 18, id. (profil), x 2/3; 19, autre forme de feuille, x 2/3.
Source : MNHN, Paris
I. CAPURON
Sur cent fleurs analysées, appartenant à 4 échantillons, nous avons noté 9 fleurs
à 5 sépales, 74 à 6, 16 à 7 et 1 à 8; en ce qui concerne les étamines nous avons noté
17 fleurs à 6 étamines, 30 à 7, 43 à 8, 9 à 9 et 1 à 10. La fréquence des diverses formules
florales varie d’ailleurs d’un échantillon à l’autre.
17. Camptolepig Radlk.
Camptolepis Radlkofer, in Engler et Prantl, Nat. P flans}., Nachtr. 3 : 207 (1908), i n
Engler, l. c. : 1326 (1933).
Espèce Type : Camptolepis ramiflora (Taub.) Radlk.
Dans l’ignorance des caractères du fruit, Radlkofer avait placé ce genre dans les
Incertae sedis. Nous pouvons aujourd’hui le classer dans les Schleichérées, à cause de
ses fruits indéhiscents, non lobés et à graines complètement entourées d’un arillode
charnu, pulpeux, translucide.
Les graines sont dressées; leur tégument, généralement d’un noir luisant, crustacé,
forme autour du hile un léger bourrelet, de teinte claire, à bord tranchant; ce hile,
transversalement elliptique, est situé à la base de la face adaxiale de la graine; il est
donc presque vertical; son centre est occupé en partie par une sorte de massif de tissus
plus ou moins osseux (c’est d’ailleurs le vrai hile, dans lequel on voit les faisceaux
conducteurs) séparé de la périphérie du hile par un profond sillon circulaire. L’embryon
est presque droit et la radicule, basale, est logée dans une cavité des téguments, a
l’extrême base de la graine, sur la face abaxiale; cette radicule est légèrement aplatie
dorso-ventralement et un peu dilatée en palette à son extrémité (finement pubérulente-
papilleuse). Les cotylédons, parfois très inégaux, sont dressés; leur plan de séparation
paraît être la plupart du temps perpendiculaire au plan de symétrie de la graine (coty¬
lédons incombants) mais il semble parfois qu’il puisse devenir très oblique et rendre
les cotylédons presque collatéraux (accombants).
Dans les Camptolepis ramiflora et C. grandiflora la face interne des pétales est
munie d’une grande écaille cucullée; dans le C. crassijolia l’écaille est presque plane ou
faiblement cucullée; dans le C. hygrophila enfin, tout au moins dans l’échantillon
22233 SF, l’écaille est divisée entièrement en deux lobes. Ce dernier caractère n’est pas
sans rappeler celui que signale Radlkofer dans les pétales de son genre Hypscloderma,
dont l’unique espèce connue, Hypseloderma jubense (Chiov.) Radlk. croît en Somalie;
dans ce genre le fruit est décrit comme étant une baie à péricarpe épais, caractère qui
se retrouve dans les Camptolepis; il se pourrait que le genre Hypseloderma soit a
rattacher à ce dernier genre mais, faute de documents, nous nous garderons de conclure.
L'espèce type du genre Camptolepis, C. ramiflora, a été décrite d’Afrique Orien¬
tale; on la retrouve à Madagascar où elle est accompagnée de trois autres espèces, toutes
encore très insuffisamment connues.
La clé suivante permettra de les distinguer :
1. Ovaire et pistillode à cinq loges. Fleurs de grande taille (15-20 mm de hauteur et de diamètre) à pétales
longuement exserts. 13-16 étamines. Calice glabre ou glabrescent extérieurement. Pédicelles longs de
12-18 mm. 1. C. grandiflora.
1'. Ovaire et pistillode à trois loges. Fleurs plus petites.
2. Etamines et staminodes au nombre de 5-6 (-7). Fleur de 10-12 mm de hauteur, à pétales nettement
exserts. Pédicelles de 1-1,5 mm, nettement pubérulents ainsi que la face externe du calice. Disque
cylindrique, glabre. 2. C. crassifolia.
2'. Étamines et staminodes au nombre de 10-14. Fleurs de 5-6 mm de hauteur environ à pétales non ou
à peine exserts. Disque en anneau peu élevé.
3. Calice nettement pubérulent sur la face externe. Pédicelles longs de 1-2 mm, nettement pubérulents.
Disque pubescent. 3. C. hygrophila.
3'. Calice glabre. Pédicelles de 4-7 mm, glabres ou avec quelques très rares cils. Disque glabre.
4. C. ramiflora.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACEES DE MADAGASCAR
DES COMORES
109
Planche 27
Camptolepis grandiflora : 1, feuille, x 2/3; 2, inflorescence, X 2/3; 3, pétale, face
interne, x 1,5; 4, fleur mâle débarrassée des pétales, x 1,5.
Camptolepis ramiflora : 5, feuille, x 2/3; 6, inflorescence, x 2/3; 7, fleur mâle, x 2;
8, pétale, face interne, x 3; 9, pétale, section longitudinale, x 4; 10, disque et
pistillode, x 4.
Camptolepis hygrophila : 11, feuille, x 2/3; 12, inflorescences, x 2/3; 13, bruit,
X 2/3; 14 à 16, graine, face ventrale, profil et face dorsale, x 2/3; 17 et 18,
embryon, X 2/3.
Source : MNHN, Paris
110
PURON
1. Camptolepis grandiflora R. Capuron sp. nov. — Planche 27, fig. 1-4.
Arbor parva, ad 7-8 m alla et 0,20 m diam., innovationibus adpresse fulvo-griseo
ciliatis. Ramuli glabri, angulati, graciles, griseo-cinerei, lenticellati. Folia alterna omnino
glabra (pilis paucis petioli basi exceplis) 10-15 (-20) cm longa, (2-) 3-4 juga; petiolus
2,5-4 mm longo plus minusve transverse rirnoso, limbo eUiptico vel elliptico-lanceolato
subopposita, rarius alterna, injeriora superioribus aequalia vel parviora, petiolulo
2,5-4 mm longo plus minusve transverse rirnoso, limbo elliplico vel elliptico-lanceolato
(3,5-10,5 X 7, 1-2,6 cm) circa 3-4-plo longiore quant lato, basin versus longe allenuato,
apicem versus plus minusve longe allenuato (apice anguste rotundato vel breviter acumi-
nato), chartaceo, marginibus integerrimis; cosla supra leviter impressa, subtus prominens;
nervi secundarii infra prominuli praeter marginem arcuatim anastomosantes. Inflorescen-
tiae semper infra folios insertae, solitariae vel fasciculatae, 3-9 cm longue, e basi laxe
ramosae, sparse adpresseque fulvo-ciliatae ; pedicelli 12-18 mm longi supra basin arti-
culati. Flores magni (foeminei ignoti) 15-20 mm alti et lati; calyx extra glabrescens,
intus glaber, per anthesin plus minusve patulus (12-18 mm diam.) ; sepala 5, dua exte-
riora parva (3X5 mm), hemicircularia, interiora (7 X 10 mm) basi truncato-subcordata,
marginibus breviter ciliatis, ciliis glandulis pedicellatis paucis intermixtis; petala longe
exserta, ovalia (ca. 19 X 12 mm), in vivo albo-rosea, basi leviter angustata, apice obtusa,
glabra, marginibus ciliatis, intus squamula cucullata 7 mm alla margine subtusque
lanuginosa; discus (6-8 mm diam.) glaber. Stamina 13-16 haud exserta, 12-14 mm longa,
filamentis glabris, antheris (2,5 X 1,5 mm), connectivo dorsaliler ciliis longis nonnullis
instructo, apice obscure apiculato. Pistillodium pyramidale, 5-costatum, apice 5 stylis
brevissimis instruction, sparse ciliatum, 5-loculare. Fructus (male notatus) generis (ad
30 mm altus, 25 mm diam.) basi disco et calyce persistentibus instructus, breviter stipi-
tatus, apice mammosus, pericarpio obscure 3-5 sulcato. Semina kilo obliqua (9-10 mm lato,
7,5 mm alto) basilari.
Typus speciei : 11348 SF (Montagne d’Ambre).
Cette espèce à fleurs particulièrement grandes n’est encore connue que du massif
de la Montagne d’Ambre. Elle a été récoltée dans la forêt d’Ankorefo, vers 300 m
d’altitude sur le versant Nord-Ouest du massif, et dans le bassin de la rivière des Makis
vers 600 m d’altitude.
2. Camptolepis crassifolia K. Capuron sp. nov.
A ceteris generis Camptolepidis speciebus diffcrt floribus 5-6 (-7) -andris, foliolis
magis coriaceis.
Arbor 10-15 m alla et 0,50 m diam. ramulis saepe robustis vel robustissimis ab
initio dense fulvo-puberulentibus deinde glabrescentibus, vetustis manifeste lenlicelloso-
punctatis. Folia persistenlia alterna vel cum inflorescentiis sat dense congesta, 13-25 cm
longa, petiolo basi leviter incrassato (2,5-5 cm longo) ut et racliidis articulis subcylindrico,
initio fulvo-puberulo deinde glabrescenti vel glabro, in foliis vetustis saepe transverse
leviter fisso; foliola 3-6 (-7)-juga, opposita, subopposita vel alterna, inferiora minora,
petiolulo (2-5 mm longo) robusto supra vix canalic.ulato, saepe subtus transverse fisso,
initio puberulo deinde glabro; limbus coriaceus, sat anguste obovatus (2-8 X 1-3 cm)
vel obovato-ellipticus, ca. 2-3-plo longior quam latus, e media vel tertia superiore parte
basin versus cuneatim attenuatus, apice obtusus vel rotundatus vel nonnunquam acutiuscu-
lus, extremo apice rotundatus vel leviter emarginatus, marginibus saepe distincte revolutis,
utrinque glaber (cosla sublus plus minus puberula excepta) ; Costa supra plana, subtus
prominens; nervi secundarii sat numerosi, subtus leviter prominuli, saepe a tertiariis
parum distincli, leploneuri. Inflorescenliae axillares vel e cicatricibus foliorum delapsorum
in ramis vetustis ortae, 1-2,5 cm longis, e basi ramosis, axibus dense fulvo-griseo adpresse
puberulis. Flores monoicae, in diversis inflorescentiis dispositae, breviter (ca. 1-1,5 mm)
pedicellatis, pedicello puberulo basi arliculato, ca. 10-18 mm altae et 7-8 mm diam.;
sepala late ovato-lriangularia vel orbicularia (1,5-3 X 2-3,5 mm), dua exleriora parviora
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DUS SAPINOACÉES DF. MADAGASCAR ET DES COMORES 111
et extra dense adpresseque pubescentia, interiora marginibus vix petaloideis, omnia intus
glabra et marginibus ciliatis; petala exserta (5,5-6,5 X 4-5 mm), basi breviter onguiculata,
suboblonga vel orbicularia, intus squama unica vix cucullata (marginibus valde lanugi-
nosis) nonnunquam quam petalum ipsum latiore instructa; disais glaber, cylindricus
(ca. 2 mm altus et 3 mm diam.) margine leviter undulatus, supra parum depressus;
stamina 5-6 (-7) longe exserta, filamentis (en. 9 mm longis) glabris, antheris breviter
oblongis (ca. 1,5 X 1,2 mm ), apice emarginatis, connectivo extus lato et pilis paucis
instrueto fin floribus joemineis staminodia 5 (-6), ca. 5 mm longis, antherodiis (1,5 mm
longis) vix exsertis] ; ovarium (6-7 mm altum, 3 mm diam.) exsertum basi breviter
stipitatum, lageniforme, apicem versus sat longe in stylum attenuatum, pilis sparsissimis
instruetum, 3-loculare; stigma vix dilatatum, triabus lineis stigmatosis brevibus (ca. 1,5 mm
longis) constitutus (in floribus masculis pistillodium ciliatum, ovoideo-conicum, ca.
I mm altum). Fructus generis, basi calyce et disco cinctus, male notatus.
Typus speciei : 27277 SF (Vohémar).
Cette espèce se caractérise par ses fleurs possédant 5-6 (-7) étamines seulement
e t ayant un disque cylindrique nettement plus élevé que dans les autres espèces. Ses
pétales nettement exserts le séparent des C. ramiflora et C. hygrophila, le rapprochant
du C. grandiflora (mais celui-ci a des fleurs beaucoup plus grandes, à sépales glabres, et
possède 5 carpelles).
Ses folioles sont nettement plus coriaces que dans les autres especes.
Le C. crassifolia est une espèce encore mal connue qui n’a été récoltée jusqu à
ce jour que dans le Nord de l’île; il est assez difficile de dire s il s agit dune espèce
appartenant à la flore sèche ou au contraire à la flore humide; dans la région de
Vohémar, où nous l’avons observée, elle croît dans la forêt littorale et, plus au Sud,
dans la forêt d’Analalava : ces forêts présentent un mélange d’espèces typiquement orien¬
tales et d’espèces typiquement occidentales; il en est à peu près de même de la forêt
d’Ankorefo. sur le versant N.-O. de la Montagne d’Ambre, où l’espèce a été egalement
récoltée.
3. Cam ploie pis hygrophila H. Capuron sp. nov. — Planche 27, fig. 11-18.
Valde affinis C. ramiflora a quo differt praesertim pedicellis brevioribus dense
puberulis, calice extra puberulo.
Arbores ad 10-15 (-20) m alla et 0,50 m (et ultra) diam., cortice plus minus
squamoso-platanoideo. Ramuli in primo statu fulvo-puberuli deinde glabri, graciles (ca.
1-2 mm diam.), striati, cinereo-grisei, vestusti lenticelloso-punctati. Folia alterna 8-15 (-20)
cm longa, petiolala [petiolo cylindrico, basi inflato, 1,5-3,5 (-5) cm longo, ut et rachide
ab inilio puberulo deinde glabrescente] ; foliole (l-)2-3-juga, opposita vel subopposita
vel alterna, breviter petiolulata (petiolulo 1,5-4 mm longo basi leviter inflato et transverse
striolato ), limbo glabro anguste elliptico (2,5-13 X 0,7-3 cm) ca. 3-6-plo longiore quam
lato, basin versus cuncatim attenualo et acuto, apicem versus longe altenuato et extremo
apice rotundato vel obtuso saepius leviter emarginato, marginibus integris saepe leviter
revolutis; cosla supra plana vel concava, subtus prominens et pilis raris adpressis praedita;
nervi secundarii numerosi, patuli, supra non vel vix prominuli, subtus prominuli, saepe
a terliariis parum distincti. Inflorescentiae in ramulis velustis insertae 1,5-6 cm longae,
laxae, e basi ramosae, axibus et bracteolis dense pilis brevibus fuscis adpressis vestitis.
Flores (masculi et foeminei verisimililer monoici sed in inflorescentiis separatis) breviter
pedicellati (pedicello adpresse puberulo, ca. 1-1,5 mm longo, basi articulato), ca. 5-6 mm
diam. et alti; sepala concava, exteriora orbicularia vel late ovata (ca. 2-2,8 X 2 mm)
extra dense puberula, interiora majora late ovata vel orbicularia vel latissime ovata
(ca. 3 X 2,8-4 mm) extra parum puberula, marginibus subpetaloideis, omnia margine
ciliata et intus glabra; petala non vel vix exserta, late elliptica (3-3,5 X 2,5-3 mm),
basi breviter unguiculata (unguiculo marginibus longe villosis), apice late rotundata,
intus infra medium squamula bipartita (aut squamulis duabus) instructa (squamulis longe
barbatis) ; lamina petalorum glabra (vel extra ciliis rarissimis instructa), marginibus
Source : MNHN, Paris
112
CAPURON
supra medium non cilialis; discus annularis ( 2-3 mm diam.), crassus, plus minus
5-sinuatus, pilosus; stamina ( 12-) 13 parum exserta, ca. 4,5-5,5 mm longa, fdamentibus
glabris, antheris (ca. 1,5 X 1 mm) apice obtusis vel leviter emarginatis, connectivo
extus pilis longis instructo (in floribus foemineis staminodia vix 3 mm longa antherodiis
oblongis fdamentibus aequilongis) ; ovarium ovoideo-conicum (cum stylo ca. 4,5 mm
longurn ) basi in stipitem brevem abrupte attenuatum, sparse ciliatum, 3-lobatum, lobis
longitudinaliter depressis (in floribus masculis pistillodium pyramidale, trigonum, pUi s
longis paucis inslructum ). Fructus baccatus, ovoideo-conicus (ad 3,5 X 3 cm ), 3-spermus
(vel abortu 1-2-spermus), basi breviter stipitatus et reliquis calycis et disci cinctus, apice
breviter apiculatus. Semina erecta omnino arillo translucido carnoso involuta, ovaliu
(19-22 mm longa, 13 mm lata, 10-12 mm crassa), leviter depressa, tegumentis nigris
lucidis sat tenuibus, kilo basilare transverse elliplico, obliquo, in centro profunde
depresso; embryo subrectus cotyledonibus crassis antero-posterioribus vel leviter obliquis;
radicula inféra, basilaris, conica, ca. 3-4 mm longa.
Typus speciki : 20611 S F (Maroakoho, basse Menarandra).
Le Camptolepis hygrophila est une espèce propre à la partie méridionale du
Domaine de l’Ouest et au Domaine du Sud. Il affectionne dans la partie Nord de son
aire les terrains relativement frais (alluvions, bord des cours d’eau, etc.) ; dans 1®
partie méridionale de son aire il est strictement localisé sur les berges des cours d’eau
temporaires ou permanents. Il est connu depuis la région de Morondava jusque dans
l’Androy.
Très proche du Camptolepis ramiflora par ses caractères floraux, on pourra l’en
distinguer par ses folioles relativement plus étroites, plus obtuses au sommet, par ses
pédicelles floraux courts et densément pubérulents, par son calice poilu extérieurement
(sur les parties des sépales qui sont externes dans le bouton).
4. Camptolepis ramiflora (Taub.) Radlk. in Engler et Prantl, Nat. Pjlanzf., Nachtr.
3 : 207 (1908), in Engler, l. c. : 1327 (1933) ; Verdcourt, Kew Bull. : 218 (1958).
— Deinbollia ramiflora Taubert in Engler, P flanzenwe.lt Ostafr. C : 250 (1895). —•
Planche 27, fig. 5-10.
Typus speciei : Stuhlmann 142 (Bagamoyo, Tanganyika).
Dans l’Herbier du Muséum de Paris nous avons pu observer un échantillon de
cette espèce (Sacleux 682) récolté en février 1889 à Bagamoyo, localité où l’année
suivante (février 1890) Stuhlmann devait récolter l’échantillon Type décrit par Taubert
(cet échantillon conservé dans l’Herbier de Berlin semble avoir été détruit au cours de
la dernière guerre). La description de Radlkofer s’applique parfaitement à la récolte
de Sacleux.
Des Camptolepis presque identiques à l'échantillon de Sacleux ont été récoltes
en divers points de Madagascar (région de Diégo-Suarez, Majunga, Miandrivazo) ; ils n’en
diffèrent que par des caractères mineurs, en particulier par une légère pubérulence des
parties jeunes (axes foliaires, nervure principale en dessous) et ne sauraient en être
distingués spécifiquement.
Le Camptolepis ramiflora est représenté à Madagascar par des arbres qui peuvent
atteindre 10-15 m de hauteur et 0,40 m de diamètre. L’écorce du tronc est remarqua¬
blement platanoïde. Les feuilles des individus de la région de Majunga et de Miandrivazo
ont en général 4-5 paires de folioles alors que ceux de la région de Diégo-Suarez n’en
ont que 2-3 paires.
Les fruits des plantes malgaches sont encore inconnus.
Observation :
Un échantillon, malheureusement stérile (194 R 259), récolté dans la forêt de
Manombo, au S. de Farafangana, paraît, en raison de la nervation des folioles, pouvoir
être rattaché au genre Camptolepis; il se caractérise par ses folioles 1-juguées.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 113
18. Pseudopteris Bâillon
Pseudopteris Bail!., Adansonia, 11 : 243 (juillet 1874), Hist. PL, 5 : 409 (fin 1874);
Radlkofer, in Engler, l. c. : 887 (1932).
Espèce Type : Pseudopteris decipiens Bail!.
Ce genre, dont nous décrirons deux espèces nouvelles, est endémique de Mada¬
gascar. Il présente un certain nombre de caractères très particuliers, tant dans l’appareil
végétatif que floral, qui l’individualisent bien par rapport aux autres Schleichérées.
Les feuilles, paripennées, ont des folioles opposées ou alternes; les folioles sont
entières ou dentées dans leur moitié supérieure. Les feuilles normales sont accompagnées
de feuilles avortées qui jouent un rôle de protection du bourgeon terminal; ces dernières
°nt la forme de bractées très étroitement triangulaires aiguës qui peuvent atteindre
3-5 cm de longueur; leurs bords sont entiers ou denticulés, les denticulations représen¬
tant des folioles avortées; les feuilles avortées persistent au même titre que les feuilles
normales et sur les rameaux elles permettent de reconnaître les pousses successives. Dans
le Pseudopteris decipiens, arbuste à tige presque toujours simple, les feuilles sont très
densément groupées en bouquet dans lequel on peut reconnaître des, pseudoverticilles de
feuilles normales alternant avec des pseudoverticilles de feuilles avortées; dans le P. anka-
tanensis et le P. arborea, arbustes ou petits arbres normalement ramifiés, il en est de
même; dans la première de ces deux espèces les feuilles sont souvent groupées en
bouquets tandis que dans la seconde elles sont en règle générale lâchement espacées.
Les inflorescences, plus ou moins allongées suivant les espèces, sont d étroites
grappes, toujours simples, portant sur leur axe de petites cymules condensées, ombelli-
formes; les grappes naissent à l’aisselle des feuilles normales ou des feuilles avortées;
la base de leur axe est entourée par de nombreuses bractées stériles qui forment une
sorte d’involucre jouant un rôle protecteur pour les très jeunes inflorescences (dans
certains échantillons de P. decipiens ces bractées peuvent atteindre 5-6 cm de longueur).
Les fleurs, purpurines sur le vif, sont de très petite taille et généralement du
type 5. Les sépales, nettement plus longs que larges, brièvement soudés à la base, sont
faiblement imbriqués dans le bouton. Les pétales ont été inexactement interprétés et
figurés par Bâillon; le pétale proprement dit est très réduit par rapport à son écaille
interne et il se présente comme un petit appendice près de la base externe de cette
dernière; cette écaille interne qui s’accroît beaucoup durant l’anthèse (alors que le
pétale proprement dit s’accroît peu) est fortement cucullée dans le bouton et,coiffe une
des glandes du disque. Ce dernier est en effet constitué de cinq glandes, libres l’une
de l’autre, épipétales; ces glandes, plus ou moins prismatiques, charnues, sont parfois
creusées d’une cavité à leur sommet ou munies sur le dos d’une sorte d appendice
cylindracé.
Les étamines, généralement au nombre de 5, alternent avec les petales et sont
insérées à l’intérieur de la couronne discale; leurs filets sont droits dans le bouton et
leurs anthères sont nettement papilleuses (elles sont souvent visibles de bonne heure, bien
avant la floraison). L’ovaire est à 2 ou 3 loges et surmonté d’un style qui s’accroît un
peu après la floraison en se tirebouchonnant. Le fruit est une baie brusquement et
obtusément acuminée au sommet, contenant 1-3 graines; à sa base on peut observer
les glandes du disque. Souvent, comme dans diverses Schleichérées, le péricarpe se
divise partiellement au sommet en 2-3 segments, sans qu’il y ait lieu cependant de parier
d’une véritable déhiscence. Les embryons ont deux cotylédons superposés et une radicule
couchée sur le dos du cotylédon inférieur.
Les trois espèces de Pseudopteris peuvent se reconnaître comme suit :
1. Arbustes & tige simple (exceptionnellement avec une ou deux ramifications). Feuilles à (10-) 15-25 paires
de folioles, dépassant presque toujours 30 cm de longueur (jusqu’à 0,80 m). Inflorescences presque
toujours pendantes. Pétales à écaille nettement ciliée sur ses marges dans sa partie supérieure. Fruit à
péricarpe fauve-subéreux. 1 - decipiens.
8 564020 6 8
Source : MNHN, Paris
114
'BON
1'. Arbres ou arbustes normalement ramifiés. Feuilles ayant exceptionnellement plus de 10 paires de
folioles. Pétales à écaille glabre ou n’ayant que quelques rares cils.
2. Feuilles dépassant rarement 20 (-25) cm de longueur. Folioles souvent dentées, généralement au
nombre de 7-10 paires, les plus grandes ne dépassant pas 7 cm de longueur (en règle générale nette-
tement plus petites). Inflorescences courtes (au plus 7-8 cm) dressées. Fruit lisse, non écailleux-
subéreux. Espèce du Domaine de l’Ouest. 2. P. ankaranensis.
2'. Feuilles de (25-) 30-50 cm. Folioles entières, en général au nombre de 4-5 paires, les plus grandes
de 9 à 20 cm de longueur. Inflorescences (10-20 cm et plus) pendantes. Fruit fauve, écailleux-lié-
gcux. Espèce du Domaine de l’Est. 3, p, arborea.
1. Pseudopteris decipiens Bâillon l. c.; in Grandidier, Hist. PL Atlas tab. 245 A
(1893); Radlkofer in Engler, Z. c.; Choux ira Index: 18 (1926), Mémoires: 104,
110 (1927), Catalogue: 11 (1931). — Planche 28, fig. 1-11.
Typus speciei : Boivin s. n° (Sainte-Marie).
Le Pseudopteris decipiens est un arbuste à tige simple ou exceptionnellement
divisée au sommet en deux ou trois rameaux; il mesure en général 1,50-2,50 m de
hauteur mais nous en avons observé des exemplaires qui atteignaient 5 m et plus. Les
feuilles sont groupées en un ou plusieurs pseudoverticilles. Sur les individus adultes ces
feuilles atteignent jusqu’à 70 cm de longueur. Les inflorescences mâles sont seules
connues; elles sont isolées ou parfois par deux à l’aisselle des feuilles développées ou
des feuilles avortées. Ces inflorescences sont pendantes, racémiformes, et leur axe non
ramifié porte de très nombreuses cymuies possédant chacune de 5 à 20 fleurs; vers la
base de l’inflorescence les groupes de cymuies sont séparés les uns des autres tandis que
vers le sommet ils sont au contraire contigus. Dans les fleurs mâles il y a un pistillode
trigone, triloculaire. Les fruits, plus ou moins bacciformes, proviennent également d’un
ovaire 3-loculaire; une à trois graines se développent. Lorsque les graines développées
sont au nombre de trois le fruit atteint 3,5-4 cm de hauteur et 3-3,5 cm de diamètre
(sur le frais). Le péricarpe est mince et souple sur le frais, finement écailleux-liégeux en
surface. Les graines, à hile basal, sont complètement entourées d’un arillode charnu,
pulpeux, translucide, à odeur semblable à celle du Letchi, mais de saveur très aigrelette.
Le Pseudopteris decipiens est connu du Domaine de l’Est (entre Vohémar et
Brickaville) ainsi que du Sambirano; nous l’avons récolté également dans la forêt de
Bora, qui se trouve à la limite du Domaine de l’Ouest et de celui du Sambirano.
Il existe probablement aussi dans certaines parties fraîches du massif de l’Ankarana,
au Sud-Ouest d’Anivorano-Nord où nous avons récolté un échantillon stérile qui paraît
pouvoir lui être rapporté. Dans l’Est le Pseudopteris decipiens, que l’on trouve parfois
dans le sous-bois de la forêt dense, paraît surtout affectionner les lisières, les lieux assez
éclairés. Il est assez fréquent dans certains défrichements, où il semble respecté par
les Malgaches; ceux-ci le plantent parfois dans leurs villages; c’est dans certaines
régions (Maroantsetra par exemple), une plante considérée comme ayant des vertus
bénéfiques; son nom malgache, < Hazomananjary » ou « Kakazomananjary » (l’arbre qui
porte bonheur) en témoigne.
2. Pseudopteris ankaranensis R. Capuron sp. nov. — Planche 28, fig. 12-17.
Arbuscula vel arbor parva, ramosa, ramulis junioribus fulvo-pubescentibus, adultis
glabris cicatricibus foliorum delapsorum prominentibus notatis; folia ( 10-20 cm longa),
apice ramulorum pseudoverticillatim plus minusve glomerata, foliis abortivis bracteifor-
mibus ( 1-3 cm longis) acutissimis comitata. Petiolus 2-5 cm longus, supra subplanus;
rachis 7-16 cm longus, supra carinatus, lateraliter angustissime marginatus, ab initio
minute puberulus deinde glaber; foliota (superiora t/uam inferiora majora ) 7-10-juga,
sessilia, rhomboideo-ovalia vel rarius sublanceolata, 2-5,6 (-7) X 0,7-1,8 (-2,5) cm, basi
valde asymmetrice-cuneato-acuta, apice acuta vel obtusiuscula, marginibus integris vel
ad apicem 1-3-dentatis; Costa supra carinulata et minute puberula, infra prominens et
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
115
Planche 28
Pteudopleris decipiens : 1, extrémité de tige avec une feuille développée, des feuilles
bractéiformes et trois infrutescences, x 1 /2; 2, inflorescences mâles, X 1 /2;
3, fleur mâle, x 6; 4, pétale, vu de profil et une glande du disque, x 6; S,
pétale et une glande du disque, face interne, x 6; 6, calice et disque, x 6;
7, fleur mâle, au début de l'anthèse, x 6; 8, pétale et glande du disque dans le
bouton, x 6; 9, section transversale d’un fruit, X 2/3; 10, graine, face ventrale,
gr. nat.; 11, embryon, gr. nal.
Paeudopleris ankaranensis : 12, rameau en fleurs (mâle), X 2/3; 13, fleur mâle, x 6;
14 et 15, pétale, face interne et profil, x 6; 16, glandes du disque (dont deux
avec appendices) et base des filets staminaux, x 6; 17, fleur femelle, x 6.
Source : MNHN, Paris
116
!. CAPURON
glabra; nervi secundarii ca. 10-jugi utrinque minute prominuli a tertiariis parum distincti.
Inflorescentiae racemiformes, 3-7 cm longae, erectae, e axillis foliorum vel foliorum abor-
livorum ortae, cymutas subsessilias (joemineas 1-floras, masculas 2-3-floras ) gerentes;
inflorescentiae axes dense griseo-pubescentes. Bracleae triangulari-lanceolatae (3 X 0,8
mm), acutissimae, dense pilis longis fulvo-auratis tectae; bracteolae minutissimae,
pubescentes. Flores pedicellati, pedicello (2-5 mm longo) griseo-pubescenti {pilis saepe
curvulatis). Calyx profunde 5-lobatus, lobis ovalo-lriangularibus vel oblongis (1,8-2,5 X
0,8-1 mm), nonnunquam acutissimis, glabris vel sparse puberulis, parum concavis, in
alabastro parum imbricatis, marginibus breviter ciliatis. Petala minima vix 1 mm alla,
parum sinus calycis superantia, intus squamula subcarnosa quam illis valde majore
instructa; squamula in alabastro cucullata et valvatim-induplicata, per anthesin parum
concava, sepala excedenlia ( 3-3,5 X 1,5 mm), ovata vel elliplica, apice obtusa vel acutius-
cula, marginibus integris vel apice crenatis; petala squamulaeque omnino glabra. Disci
glandulae 5, oppositipetalae, glabrae, carnosae, apice concavae, interdum appendiculo
dorsali filiformi productae. Stamina 5 (-6) intratliscalia, in floribus masculis longe exserta
(7-8 mm longa), filamentibus glabris, antheris glabris ovatis (1 mm longis), thecis minu-
tissime papillosis (in floribus foemineis staminodia ca. 2 mm longa, vix exserta). Ovarium
(in floribus masculis pistillodium parvum glabrum) basi breviter stipitatum, lageniforme,
glabrum, 2 (-3) loculare. Fructus baccatus subsphaericus, leviter compressas, vix longior
quam latus (20-25 X 18-22 mm), apice obtuse acuminatus, seu 1-spermus (tune semen
subglobosum 10-13 mm diam.) seu 2-spermus (tune semina ovoidea plano-convexa),
pericarpio laevi, ca. 2 mm crasso, saepe maturitale fisso. Testa seminis nigra, crassa
(ca. 0,5 mm), crustacea; radicula 1,5 mm longa cum petiolis cotyledonarum plica lestae
excepta.
Typus speciei : 11223 SF (Fl. foeminei) ; Cotypus : 11225 SF (Fl. masculi). —
Windsor-Castle, Diégo-Suarez.
Cette espèce, facile à distinguer de la précédente par son port, par ses feuilles
plus petites et à folioles moins nombreuses et moins aiguës, est largement répandue
dans le Domaine Occidental depuis la région de Diégo-Suarez jusqu’à la Betsiboka;
il est probable que son aire s’étend plus au Sud, mais elle n’y a pas encore été signalée.
11 semblerait que cette espèce soit spéciale aux terrains calcaires.
Il convient de noter que le Pseudopteris decipiens, lorsqu’il est jeune, a des
feuilles qui ressemblent beaucoup (taille des feuilles et des folioles, forme des folioles)
à celles de l’espèce que nous venons de décrire. En herbier la distinction de cette
forme doit s’avérer très délicate si on ne connaît pas la provenance de l’échantillon.
3. Pseudopteris arborca R. Capuron sp. nov.
Valde afflnis P. ankaranense a quo differt foliis majoribus, foliolis 4-5-jugis
majoribus, inflorescentiis pendulis longioribus, fructibus pericarpio suberoso-maculato.
Arbor parva, ad 6-7 m alla. Rami robusti ( 5-8 mm diam.), initio dense puberuli.
Folia (25-) 30-50 cm longa, taxe alterna; petiolus robustus 5-10 cm longus ut et rachis
(articulis auguste marginatis) supra breviter puberulus; foliota 4-5-juga, adulta glabra,
ovalia, terminalia 8-18 X 2,5-7 cm, basi plus minus abrupte in petiolulum auguste
decurrentia, apice acutiuscula; Costa supra prominula, subtus prominens; nervi secundarii
9-12-jugi praesertim subtus prominuli et a tertiariis sat distincti; reticulatio densa.
Folia abortiva 1-5 (-7) cm longa saepe foliolis abortivis denliformibus vel aciculiformibus
instructa. Inflorescentiae pendulae (8-) 15-20 (et ultra?) cm longae, axibus puberulis;
bracteae auguste triangulares (inferiores ad 6 mm longae, superiores breviores) extus
puberulae, marginibus longe ciliatis; bracteolae minutae, puberulae. Calycis lobi oblongi
vel ovato-triangulares (ca. 2X1 mm.) apice variabiles ( rotundati, vel emarginati vel
obtusi vel acutiusculi), marginibus glabris vel sparse ciliatis; petala ca. 1 mm longa
squamula glabra vel pilis raris barbota, cucullata, ad 3 mm longa instructa; stamina
8-9 mm longa (antheris 1,5 mm longis inclusis) ; pistillodium ovoideo-trigonum, glabrum.
Flores foeminei ignoti. Fructus maturus ignotus, immaturus basi breviter substipitatus,
apice obtuse acuminatus, pericarpio suberoso-maculato.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
117
Tïpus speciei : 23674 SF (Amporoforo, Farafangana).
Celte espèce n’est encore connue que par quatre échantillons qui proviennent de
eux localités éloignées de près de 1 000 km l’une de l’autre : au Nord, la région de
ambava, au Sud, la forêt d'Amporoforo entre Farafangana et Vohipeno.
19. Macphersonia Blume
Macphersonia Blume, Rumphia, 3 : 156 (1847) ; Radlkofer in Engler, Z. c. : 888 (1932) ;
Choux, Mém. Acad. Malg. 4 : 41 (1927).
Eriandrostachys Bâillon, Adansonia 11 : 239 (1874), Hist. PL 5 : 405 (1874) ; Radlkofer,
in Engler Z. c. : 886 (1932) ; Choux in Ann. Mus. Hist. Nat. Marseille 22 : 36
(1929).
Espèce Type : Macphersonia madapascariensis Blume.
II nous paraît impossible de maintenir le genre Eriandrostachys Bâillon. Celui-ci
en effet présente dans ses fleurs, ses fruits et ses graines les mêmes caractères que les
Macphersonia. Le seul caractère qui puisse distinguer les deux genres est tiré des
feuilles, bipennées dans les Macphersonia, simplement pennées dans les Eriandrostachys.
Déjà en 1933. Radlkofer écrivait au sujet de ce dernier genre : « Genus floribus valde
affine peneri Macphersonia, quae differt joliis bipinnatis. » Il est probable que si Radlkofer
avait connu les fleurs femelles et les fruits des Eriandrostachys il n’eut pas hésité à
effectuer la réunion que nous faisons aujourd’hui.
Résumons les caractères du genre Macphersonia tel que nous l’entendons :
Arbres ou arbustes à feuilles bipennées ou paripennées. Inflorescences axillaires
ou insérées sur les vieux rameaux, en grappes simples ou ramifiées (et alors souvent
Panieuli formes) portant de petites cymules 1-pluri-flores. Fleurs unisexuées, dioïques (tout
a fait exceptionnellement monoïques), régulières, petites; calice à cinq sépales imbriqués
sur deux rangs, les extérieurs plus petits; pétales cinq, brièvement onguiculés, à lame
plus ou moins obtriangulaire repliée vers l’intérieur sur ses marges latérales, ces replis
simulant ainsi des écailles latérales; disque en coupe régulière, lobulé superficiellement
Par les impressions staminales; étamines (5-6-) 7-8 (-9), exsertes dans les fleurs mâles
(réduites à des staminodes dans les fleurs femelles) à filets 2-géniculés dans le bouton;
ovaire à 2-3 loges uni-ovulées. à ovules ascendants, apotropes, campylotropes; style court,
simple, muni de 2-3 lignes suturales stigmatiques. Fruit bacciforme 1-3-sperme, à péri¬
carpe crustacé sur le sec se fendant souvent partiellement en deux-trois valves sous la
Pression interne due à la turgescence des arillodes séminaux: graines dressées, à hile
basal, complètement entourées d’un arillode charnu pulpeux translucide (sur le frais),
se transformant, à la dessication, en une membrane très mince; embryon à cotylédons
superposés, libres l’un de l’autre; radicule couchée sur le dos du cotylédon inférieur.
Dans le genre ainsi défini douze espèces ont été décrites, dont une, à feuilles
simplement pennées, était rapportée au genre Eriandrostachys, les onze autres, à feuilles
bipennées, rapportées au genre Macphersonia. De ces dernières nous n’en conserverons
que cinq; encore considérons-nous que ce chiffre est probablement trop élevé et qu’il
pourrait être réduit à deux (M. madapascariensis et M. pracilis) ; nous verrons en effet
que si l’appareil végétatif de ces plantes présente des variations considérables les carac¬
tères floraux en revanche se montrent d'une fixité à peu près complète; c’est bien là
le signe du peu de valeur des espèces que nous retiendrons.
Clé des espèces de Macphersonia
1. Feuilles bipennées.
2. Pétiole dépourvu, à sa base, d’une paire de pennes pseudostipulaires; fruit à péricarpe épais, coriace;
inflorescences très rameuses, toujours dressées; fleurs blanches. 1. M. madagascariensis.
Source : MNHN, Paris
118
R. CAPURON
2'. Pétiole muni à sa base d’une paire de pennes pseudostipulaires (ces pennes, très petites, sont par¬
fois réduites à une foliole); fruits à péricarpe mince; inflorescences simples ou rameuses; fleurs
blanches ou rosées.
3. Folioles de petite taille, atteignant rarement 2,5 cm de longueur. Inflorescences axillaires. Fleurs
blanches ou rosées. 2. M. gracilis.
3'. Folioles dépassant presque toujours 3,5 cm de longueur.
4. Inflorescences en grappes simples (exceptionnellement avec un ou deux rameaux à la base),
à axe sétuleux. Axes foliaires normalement pourvus de soies.
5. Feuilles à (1-) 2-3 (4) paires de pennes. Inflorescences de (5-) 10-20 (-30) cm de longueur,
souvent insérées sur le vieux bois. Fruit de moins de 10 mm de diamètre. 3. M. cauliflora.
5'. Feuilles & (-3) 4-6 paires de pennes. Inflorescences très longues (atteignant 70 cm de lon¬
gueur). Fruit de 10-20 mm de diamètre. 4. M. macrocarpa.
4'. Inflorescences à axes glabres, en panicules de grappes (très exceptionnellement simples) axil¬
laires; feuilles & (1-) 2 (-3) paires de pennes, à axes pratiquement glabres.
5. M. Radlkoferi.
1'. Feuilles simplement pennées. 6. M. Chapelieri.
1. Macphersonia madagascariensis Blume, l. c.; Radlkofer in Engler, /. c. : 890
(1932); Choux, Index : 17 (1926). Mémoires: 48 (1927), Catalogue: 10 (1931).
— Macphersonia pteridophylla Bâillon. Adansonia 11 : 240 (1874). — Macpher-
sonia myriantha Hemsley, Kew üull. : 360 (1912).
Typus speciei : Richard 394 (Nossi-be).
Tous les Macphersonia autres que le M. madagascariensis possèdent sur la base
du pétiole une penne très réduite par rapport aux pennes normales; ces pennes pseudo¬
stipulaires ont souvent 3 folioles très petites mais peuvent n’en compter que 2 ou même
une seule; elles sont assez fragiles et peuvent manquer en herbier mais il sera toujours
facile de reconnaître leur existence à la cicatrice très nette qu’elles laissent après leur
Dans le Macphersonia madagascariensis il n’y a jamais de pennes pseudostipulaires,
ce qui permet toujours de reconnaître l’espèce, même à l’état stérile. De plus les
inflorescences sont toujours dressées et les fleurs constamment blanches (dans les autres
espèces les fleurs sont souvent rosées et les inflorescences généralement pendantes). Les
fruits de cette espèce présentent aussi des caractères qui permettent de les identifier
aisément; ils sont de grosse taille (2,5-3 cm de diamètre) et possèdent un péricarpe
très épais (4 mm environ) qui. quoique bourré de sclérites, reste lisse en se desséchant;
dans les autres espèces le péricarpe est très mince et sa surface devient chagrinée par
dessiccation.
Ceci dit, les échantillons divers que l’on peut rapporter à l’espèce ainsi définie
présentent d’assez nettes différences en ce qui concerne leur feuillage et de petites
différences florales. Ceci va nous amener à distinguer deux sous-espèces et deux formes.
Ces diverses unités infraspécifiqties peuvent se distinguer comme suit :
1. Feuilles avec le plus souvent 4-6 paires de pennes; pennes à (5-) 8-11 paires de folioles; folioles de
24 cm de long en général; sépales glabres intérieurement. a. s.sp. madagascariensis.
1'. Feuilles & 1-2 (-3) paires de pennes; pennes à 3-5 paires de folioles; sépales pubescents intérieure¬
ment à la base et au centre. b. s.sp. excelsa.
2. Folioles de 2,5-7 cm de longueur. fa. excelsa.
2'. Folioles de 5,5-14 cm de longueur. fa. antongiliensis.
a. Macphersonia madagascariensis Bl. s. sp. madagascariensis. — Planche 29,
fig. 1-8.
Cette sous-espèce n’est connue pour le moment que de Nossibé et de la partie
Nord-Ouest du massif de la Montagne d’Ambre où c’est un arbre qui peut atteindre
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
119
Planche 29
Macphersonia madagascariensis 8. sp. madagascariensis : 1, feuille et inflorescence,
x 2 /3; 2, fleur femelle, x 3; 3 et 4, pétale, faces interne et externe, X S;
5, étamine, x 6; 6, section de l’ovaire, x 6; 7, ovule, x 10; 8, fruit, X 2/3.
Macphersonia madagascariensis s. sp. excelsa fa. antongilie
rescence, x 2/3; 10, fleur mâle, x 3; 11, pétale,
étamines et pistillode, X 4.
is : 9, feuille et inflo-
5; 12, disque, base des
Macphersonia madagascariensis s. sp. excelsa fa. excelsa : 13, feuille, X 2/3.
Source : MNHN, Paris
120
R. CAPURON
20-25 m de hauteur. Macphersonia myriantha Hemsl. et Macphersonia ptcridophylla
Baill. en sont synonymes.
b. Macphersonia madagascariensis BI. s. sp. excelsa K. Capuron s. sp. nov.
A typo differt pinnis minus numerosis (1-3-jugis), foliolis 3-5-jupis, sepalis intus
pubescentibus.
Typus : 8931 SF (baie d’Antongil).
Fa. excelsa : foliota mediocria, superiora 2,5-7 cm longa, 1,5-2,7 cm laia — Planche 29,
fig. 13.
Fa. antongiliensis R. Capuron fa. nov. : foliota magna, superiora 5,5-14 cm longa,
3-6 cm lata. — Planche 29, fig. 9-12.
Typus formae : 8675 SF (baie d’Antongil).
Aux caractères invoqués dans la clé pour séparer les deux sous-espèces nous
pouvons ajouter que dans la s. sp. excelsa les inflorescences sont plus courtes et plus
robustes et les pétales nettement plus laineux que dans la s. sp. madogascariensis.
Ne cachons pas que les deux formes que nous séparons dans la s. sp. excelsa sont
de valeur minime et qu’il se pourrait bien que la récolte d’échantillons intermédiaires
conduise à les supprimer. Pour le moment la forme antongiliensis n’est encore connue
que des environs de la baie d’Antongil; la forme excelsa se rencontre entre 0 et 600 m
d’altitude dans tout le Domaine de l’Est; nous l’avons également récoltée vers 600 m
d’altitude dans le massif du Manongarivo (Domaine du S'ambirano).
2. Macphersonia gracilis O. Hoffm., Sert. PL Madag. : 14 (1881). — Macphersonia
Hildebrandtii O. Hoffm., ibid. — Macphersonia acutijoliola Hetr sley, Kew Bull. :
359 (1912). — Macphersonia laevis Radlk., Sitzungsb. Akad. München, 20: 248
(1890).
Typus speciei : Hildebrandt 3124 (Nosy Be).
Choux, dans ses divers travaux, est arrivé à la conclusion que les Macphersonia
Hildebrandtii O. Hoffm., M. laevis Raldk. et M. acutijoliola Hemsl. devaient être réunis
au M. gracilis O. Hoffm.; nous partageons entièrement cette manière de voir qui groupe
dans une seule espèce tous les Macphersonia à petites folioles. Ainsi conçue l’espèce
occupe à Madagascar une aire très vaste et, comme on pouvait s’y attendre, elle présente
d’innombrables variations dont l’étude de détail nous conduirait, en pure perte sans
aucun doute, à noircir des pages de texte et à encombrer la nomenclature de noms
inutiles.
Sans doute existe-t-il des races locales, plus ou moins bien fixées, occupant des
aires plus ou moins distinctes et qu’il serait intéressant de recenser; cette étude néces¬
siterait un matériel encore plus abondant que celui dont nous disposons, étude accom¬
pagnée de multiples observations sur le terrain. Nous pensons qu’il est prématuré de
la tenter. Nous nous contenterons de distinguer quatre unités infraspécifiques auxquelles,
puisqu’il faut bien leur donner un rang, nous donnerons celui de variété, sans nous
cacher ce que cela peut avoir d’artificiel. Dans les deux premières viendront se placer
les Macphersonia à folioles nettement apiculées-mucronées au sommet et à fruits glabres;
une var. gracilis, à axes d’inflorescences glabrescents ou éparsément sétuleux, une var.
lasiostachys à axes très densément pubescents. Dans les deux autres variétés les folioles
sont obtuses (ou très brièvement mucronées) ou un peu émarginées, souvent plus larges;
dans l’une, var. Hildebrandtii, le fruit est glabre ou presque, dans l’autre, var. trichocarpa,
il est nettement sétuleux.
La clé suivante permettra de distinguer ces quatre variétés :
1. Fruits glabres ou presque.
2. Folioles très manifestement apiculées au sommet.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
121
Pl.ANClIE 30
Macphersonia gracilis fa. grarilis : 1, feuille et inflorescence mâle, X 2/3; 2, foliole,
y 3; 3, fleur môle, x 4; 4, fleur femelle, X 4; 5 et 6, pétale, faces externe et
interne, x 6; 7, fruit, gr. nat.; 8, graine, face ventrale et profil, gr. nat.; 9,
embryon, gr. nat.
Macphersonia gracilis fa. Hildebrandlii : 10, feuille et infrutescence, X 2/3; 11,
foliole, X 3; 12, fleur mâle, x 4; 13 et 14, pétale, faces externe et interne,
x 6; 15, calice (d’une fleur à 4 sépales), disque et pistillode, vus de dessus
X 4; 17 et 18, rameau en fleurs ( x 2/3) et foliole ( x 3) d'une autre forme.
Macphersonia gracilis fa. Irichocarpa : 19, fruit, gr. nat.
Source : MNHN, Paris
122 R. CAPURON
3. Axes de l’inflorescence glabrescents ou cparsément sétuleux; folioles atteignant exceptionnel¬
lement 4 mm de largeur. Bractées de l’inflorescence toujours courtes (1 mm environ).
a. fa. gracilis.
3'. Axes de l’inflorescence très densément pubescents, de teinte générale fauve; folioles atteignant
3-8 (-10 mm) de largeur. Bractées de l’inflorescence de 1,5-3 mm de longueur.
b. fa. lasiostachys.
2'. Folioles émarginées au sommet ou largement arrondies, leur sommet pouvant être alors muni
d'un très petit mucron (dans ce cas d’ailleurs folioles dépassant presque toujours 5 mm de largeur).
c. fa. Hildebrandtii.
1'. Fruit nettement sétuleux. d. fa. trichocarpa.
a. Macphersonia gracilis O. Hoffm. var. gracilis. - Macphersonia gracilis O. Hoffm.
Z. c.; Radlkofer in Engler Z. c. ; 892 (1932); Choux. Index: 17 (1926). Mém.
Acad. Malg. 4: 42 tab. 4, fig. 7 (1927). — Macphersonia acutifoliola Hemsley,
Kew Bull. : 359 (1912) ; Radlkofer in Engler, Z. c. ; 892 (1932) [Typus : Baron
6226]. — Planche 30, fig. 1-9.
Cette forme est commune dans le Sambirano et se retrouve aussi sur le pourtour
de la Montagne d’Ambre entre 300 et 1 000 m d’altitude Vers le Sud son aire s’étend
le long des contreforts occidentaux du Plateau Central (région du Firingalava, d’Andriba,
Haut Bemarivo, forêt d’Ambohijanahary au Nord-Ouest de Tsiroanomandidy). Les
folioles sont toujours étroites et très nettement apiculées aiguës au sommet; les fleurs
paraissent toujours roses. Un seul échantillon (n° 2987 RN), récolté à Nossi-be, possède
des folioles particulièrement larges (atteignant en règle générale 5-6 mm) à sommet
arrondi mais nettement mucroné; cet échantillon peut être considéré comme faisant
la transition avec la var. Hildebrandtii.
b. Macphersonia gracilis O. Hoffm. var. lasiostachys R. Capiiron var. nov.
A var. gracile differt inflorescentiae axibus dense fulvo-tomcntosis, bracleolis fere
semper longioribus (ad 1,5-3 mm longis).
Typus var. : 6635 RN (R.N. IV, massif du Tsaratanana).
Nous grouperons ici des échantillons provenant du Haut Sambirano. du massif
du Tsaratanana, de la vallée de l’Androranga et des abords du Marojejy (Nord-Est) ;
dans tous ces échantillons les axes de l’inflorescence sont très densément fauve-pubescents
et les folioles sont presque toujours nettement mucronées-apiculées. Dans le Type et
quelques autres échantillons ( Perrier 15136 p. ex.) les bractées de l’inflorescence sont
nettement plus longues que dans la fa. gracilis. La pubescence dense sur les axes de
l’inflorescence se retrouve sur des échantillons de l’Ouest que nous rapporterons à la
fa. Hildebrandtii à cause de leurs folioles très obtuses ou émarginées. Dans les échantillons
Perrier 15136, Humbert 18580, Perrier 2005, les folioles atteignent parfois 8-10 mm de
largeur. Ces échantillons sont assez comparables à quelques échantillons de la forme
Hildebrandtii du Centre (mais chez lesquels les axes de l’inflorescence sont glabres ou
glabrescents).
c. Macphersonia gracilis O. Hoffm. var. Hildebrandtii (O. Hoffm.) R. Capuron stat.
nov. — Macphersonia Hildebrandtii O. Hoffm.. Z. c. : 14; Radlkofer in Engler,
Z. c. : 891 (1932) ; Choux, Index : 17 (1926), in Mém. Acad. Malg. 4 : 44, tab. 4,
fig. 8 (1927) ; Bâillon in Grandidier, Hist. PL Madag., Atlas, tab. 245 (1893), sub
M. gracilis. — Macphersonia laevis Radlkofer in Sitzungsb. Akad. München 20 :
248 (1890). in Engler, Z. c. : 892 (1932) [Typus : Baron 2980]. — Planche 30,
fig. 10-18.
Typus : Hildebrandt 3245 (Nosy Komba).
C’est à cette variété, dont l’aire recouvre pratiquement toute celle de l’espèce,
que s’appliquent les observations que nous avons faites dans nos considérations générales
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR
COMORES
123
Macphersonia cauliflora fa. cauliflora : 1, feuille, x 1/2; 2, inflorescences, x 2/3;
3, fleur mâle, x 4; 4 et S, pétale, faces interne et externe, x 6; 6 et 7, anthères,
faces interne et externe, x 6; 8, disque et pistillode, X 8.
Macphersonia cauliflora fa. macrophylla : 9, folioles, X 2/3.
Macphersonia macrocarpa : 10, feuille, x 1/2; 11, fragment d’infrutescence, x 2/3.
Source : MNHN, Paris
124
t. CAPURON
sur le M. gracilis. I.es variations que l’on peut observer intéressent !a plupart des organes
et nous n’en citerons que quelques-unes : taille du végétal (arbrisseau ou arbuste ou
arbre), nombre de pennes et de folioles par penne, taille et forme des folioles, pubes¬
cence (forme, densité, répartition), inflorescences (longueur, simples ou ramifiées), couleur
des fleurs (blanchâtres ou purpurines), taille des fruits, etc.
Signalons que cette variété se retrouve, en dehors de Madagascar, aux îles Comores,
à Aldabra et en Afrique Orientale (Zanzibar, Tanganyika, Mozambique).
Les folioles atteignent parfois d’assez grandes dimensions (jusqu’à 2,5 cm de
long) ; dans ce cas, elles sont toujours nettement obtuses ou arrondies au sommet et
ne saurait être confondues avec les espèces appartenant au groupe des Macphersonia
à grandes folioles, espèces dans lesquelles les folioles sont toujours aiguës au sommet.
il. Macphersonia gracilis O. Hoffmann var. trichocarpa R. Capuron var. nov.
A ceteris varieta.'ibus difjert fructibus manifeste pilosulis. — Planche 30, fig. 19.
Typus : Perrier 18167 (bassin inférieur du Mangoro).
Dans cette forme les folioles sont tout à fait semblables à celles de beaucoup
d’échantillons de la forme précédente : elles sont arrondies ou largement obtuses au
sommet et de taille analogue à celle observée dans la majorité des échantillons de
l’Ouest de Madagascar appartenant à la fa. Hildebrandtii et qu’on observe aussi dans
quelques échantillons du Centre et de l’Est (p. ex. échantillons de la région de Fort-
Dauphin) . Sur l’échantillon Type les axes de l’infrutescence sont densément et briève¬
ment pubérulents; ce même caractère se retrouve sur un échantillon en fleurs mâles
récolté dans le haut bassin du Mangoro (entre Vodivato et Mandialaza, Cours 3070) ;
aussi, avec un léger point de doute, puisque ce dernier est en fleurs, le rapporterons-
nous à la var. trichocarpa.
3. Macphersonia macrocarpa Choux in Mém. Acad. Malg. 4 : 52, tab. 5. fig. 10
(1927), in Index: 17 (1926) \nom. nui.], in Catalogue: 10 (1931) ; Radlkofer
in Engler, l. c. 893 (1932). — Planche 31, fig. 10-11.
Typus speciei : Perrier 15511.
L’échantillon Type, récolté sur la chaîne gréseuse du Kalabenono, est encore le
seul connu. Peut-être peut-on lui rapporter l’échantillon stérile (n“ 18913 bis SF) récolte
dans la même région, un peu plus au Sud (massif du Bekaka, près d’Ambanja). Nous
n’aurons donc rien à ajouter à la description de Choux. En l’absence de fleurs, dont
il est assez douteux que l’on puisse tirer des caractères vraiment distinctifs, il nous est
difficile de nous prononcer sur la validité de cette espèce. Certains fruits du M. Radlko-
feri ont une taille qui se rapproche de celle des fruits du M. macrocarpa; les infrutes¬
cences du M. macrocarpa atteignent 70 cm de long mais on en trouve également d’aussi
longues dans le M. Radlkoferi, où elles sont, il est vrai, nettement ramifiées. Il se pour¬
rait donc que le M. macrocarpa ne soit qu’une simple forme du M. Radlkoferi Choux.
De même les caractères qui le séparent du Macphersonia cauliflora Radlk. fa. macro-
phylla (Hemsley) R. Capuron ne sont pas des plus convaincants. A notre avis AL
macrocarpa , M. Radlkoferi et A/, cauliflora sont des espèces extrêmement voisines, séparées
par des caractères de bien peu de valeur.
4. Macphersonia cauliflora Radlkofer, Sitzungsber. bayer. Akad. München, 20 :
247 (1890), in Engler, l. c. : 890 (1932) ; Choux, Mém. Acad. Malg. 4 : 48 (1927),
Index: 16 (1926). Catalogue: 10 (1931). — Macphersonia warropliylla Oliver
in Hook. Icon. 23 : 2, tab. 2243 (1892).
Typus speciei : Humblot 590 (Antankare, ?).
Dans cette espèce les fleurs sont disposées en grappes simples, exceptionnellement
avec une on deux ramifications courtes près de leur base. Ces inflorescences ont, suivant
les individus, une longueur très variable, oscillant entre (3-) 10-20 (-30) cm. En règle
Source : MNHN, Paris
RÉVISION
SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
125
Planche 32
Macphertonia Radlkoferi : 1, feuille et inflorescence, x 2/3; 2, fleur femelle, x 3;
3 et 4, pétale, faces interne et externe, x 6; 5, disque, ovaire et un staminode,
X 3; 6, fleur mâle, x 3; 7, infrutescence, x 2 /3; 8 et 9, fruit, coupes verticale
et transversale, gr. nat.; 10 et 11, graine, profil et face dorsale, gr. nat.
Source : MNHN, Paris
126
R. CAPURON
générale les ramules, les axes des feuilles jeunes et des inflorescences sont nettement
sétuleux. Seules les fleurs mâles de cette espèce sont connues. Radlkofer et Choux ont
réuni les M. cauliflora et M. macrophylla Oliver. Dans le M. cauliflora typique (plan¬
che 31, fig. 1-8), les inflorescences sont insérées sur des nodosités du tronc ou des
branches et des rameaux; parfois elles naissent sur de très petits rameaux, dépourvus
de feuilles, insérés au-dessous des feuilles développées. Les folioles sont généralement
acuminées au sommet, l’acumen pouvant être long ou court mais toujours arrondi à
son extrême sommet.
Dans les plantes que l’on peut rapporter au M. macrophvlla les inflorescences
sont axillaires et les folioles (planche 31, fig. 9) ont un acumen extrêmement aigu, sa
pointe étant nettement prolongée par un mucron. Nous pensons, dans l'état actuel de
nos connaissances, que l’on peut considérer le M. macrophylla comme une forme du
M. cauliflora. L’aire des deux formes ainsi définies paraît distincte.
M. cauliflora Radlk. fa. cauliflora. — Planche 31, fig. 1-8.
L’aire connue s’étend de la baie d’Antongil jusque dans la région de Périnet.
Il est probable qu’elle s’étend plus au Sud.
M. cauliflora Radlk. fa. macrophylla (Oliv.) R. Capuron stat. nov. (Typus : Baron
2243). — Planche 31. fig. 9.
Cette forme est connue du Nord de Madagascar (sans localité précise) et des
dunes littorales entre Vohémar et le cap Est.
5. Macphersonia Radlkoferi Choux in Mëm. Acad. Malg. 4 : 50, tab. 5, fig. 9 (1927),
in Acad. Sc. Paris, 182 : 712 (1926) [nom. nud.], Index : 17 (1926), Catalogue ■'
11 (1931), in Ann. Mus. Hist. Nat. Marseille, 22 : 40 (1929) ; Radlkofer, in Engler,
Z. c. : 893 (1932). — Planche 32, fig. 1-11.
Typus speciei : Perrier 14219 (bois littoraux entre Mahanoro et Mananjary).
Cette espèce se présente sous la forme d’un arbuste ou d’un arbre de faible
taille atteignant rarement 15-20 m de hauteur. Les feuilles, entièrement glabres, ont
(1-) 2 (-3) paires de pennes, non comprise la paire de pinnules pseudostipulaires. Les
folioles ont des dimensions très variables d’un échantillon à l’autre : les plus grandes
oscillent en général entre 6 et 11 cm (mais peuvent descendre à 4 cm ou au contraire
atteindre 16,5 cm) ; le sommet des folioles est presque toujours atténué aigu ou acuminé,
mais l’extrême pointe du limbe est toujours arrondie et dépourvue de mucron. Les
fleurs sont disposées en grappes ramifiées (très exceptionnellement simples) de longueur
très variable suivant les individus puisqu’elles oscillent entre 10 et 70 cm de longueur.
Ces grappes sont faiblement ascendantes quand elles sont courtes, pendantes quand
elles sont longues; leurs axes sont glabres ou munis vers leurs extrémités de quelques
rares cils apprimés.
Les fruits contiennent 1-3 graines; ils sont ovoïdes ou obpyriformes et atteignent
15-24 mm de longueur sur 11-22 mm de diamètre. Les graines peuvent atteindre
17 X 12 X 8 mm.
L’espèce est largement répandue dans tout le Domaine de l’Est, depuis Antalaha
jusqu’à Fort-Dauphin et depuis le bord de la mer jusqu’aux environs de 600-700 m
d’altitude. On la retrouve également dans le secteur Nord du Domaine de l’Ouest le
long des cours d’eaux temporaires (forêt de Sahafary et berges de la Betsiaka, affluent
du Rodo).
6. Macphersonia Chapelier! (Bâillon) R. Capuron comb. nov. — Eriandrostacliys Chape-
lieri Bâillon, Adansonia, 11 : 239 (1874), Hist. PI. 5 : 354, 405 (1874) ; Radlkofer,
in Engler, Z. c. : 888 (1932); Choux, Index: 16 (1926), Mémoires: 104, 110
(1927), Ann. Mus. Hist. Nat. Marseille, 22 : 36, tab. 1 et 2 (1929), Catalogue:
9 (1931). — Planche 33.
Typus speciei : Chapelier s. n° (« Tsilatsacantadi >).
Je groupe dans une seule espèce tous les Macphersonia à feuilles simplement
pennées; l’aire de l’espèce ainsi comprise s’étend sur tout le Domaine de l’Est, de
Source : MNHN, Paris
EViSION DES SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
127
Macphenonia Chapelieri var. Chapelieri fa. Chapelieri : 1, feuille et inflorescence,
x 2 /3; 2, fleur mâle, x 4; 3 à 7, sépales d'une même fleur, face externe, x 9; 8,
disque, pi9tillode et trois étamines, x 9; 9 et 10, pétale, faces externe et inter¬
ne, x 9; 11, schéma du pétale précédent, débarrassé de ses poils, vu par la face
externe; 12, autre forme de pétale, face interne, x 9.
Macphertonia Chapelieri var. meridionalit : 13, infrutescence, X 2/3; 14, fruit, les
deux loges ouvertes, x 2/3; 15, graine, face dorsale, x 2/3; 16, embryon,
x 2/3.
Macphersonia Chapelieri var. Chapelieri fa. tetota : 17, feuille et infrutescence, x 2/3
Source : MNHN, Paris
128
K. CAPURON
Sambava à Fort-Dauphin. Elle est représentée par des arbustes ou de petits arbres
nettement pubescents (rameaux, feuilles, inflorescences, fleurs à l’exception des étamines
et du disque). Les folioles augmentent de taille depuis la base de la feuille jusqu’à son
sommet; elles sont toujours terminées en pointe aiguë, jamais émarginée; la paire
inférieure de folioles (souvent très réduites par rapport aux autres, parfois minuscules)
est insérée à environ 5-10 (-15) mm de l’extrême base du pétiole, soit assez nettement
plus haut que les pinnules stipulâmes du Macphersonia gracilis et espèces voisines ou
que les folioles pseudostipulaires du Chouxia sorindeioides.
La structure des pétales est semblable à celle des autres Macphcrsonia (bords
étroitement repliés en écailles) ; souvent, comme l’a fait remarquer Choux, la lame
pétalaire est profondément échancrée, ce qui donne à l’ensemble du pétale la forme
d’un V. Nous noterons que dans certaines fleurs (sur 10812 SF, de Tampolo) on peut
observer, à côté de pétales en V, d’autres pétales à lame très développée et même
quelques pétales sans replis latéraux.
En nous appuyant sur des caractères fournis par la pubescence, la taille des
feuilles et des folioles, la forme des fruits, etc., nous avons distingué trois variétés (et
deux formes) qui peuvent se séparer comme suit :
1. Pubescence de l’axe foliaire et des folioles constituée de poils apprimés contre leur support (et par
suite peu visible et non douce au toucher). Fruits obtus au sommet recouverts d’une très courte et
très dense pubescence soyeusc-dorée. var. chrysocarpa■
1'. Pubescence de l’axe foliaire et des folioles constituée de poils dressés, bien visible et très sensible
au toucher.
2. Fruits brusquement atténués en pointe au sommet, recouverts d’une très dense toison de poils
fauves. Pubescence de la plante de teinte générale fauve. Axe des inflorescences et rachis foliaire
grêles. Folioles les plus grandes dépassant rarement 9 X 2,5 cm. var. méridionale•
2'. Fruits arrondis au sommet. Pubescence de la plante de teinte générale brun rougeâtre ou brun
foncé. var. Chapelieri.
a. Var. chrysocarpa R. Capuron var. nov.
A ceteris varietatibus speciei differt pubescentia pilis adpressis constituta.
Typus varietatis : 23839 SF (Foulpointe).
Cette variété, la seule qui nous paraisse assez bien caractérisée, est représentée
par un arbuste de 5-6 m de hauteur qui n’a encore été récolté que dans la forêt
d’Analalava, à l’Ouest de Foulpointe. Elle se distingue immédiatement de toutes les
autres formes de M. Chapelieri par sa pubescence apprimée. Ceci est particulièrement
net sur la face inférieure des folioles qui, à l’œil nu, peut paraître glabre à première
vue; dans les autres formes de M. Chapelieri la pubescence est constituée de poils
dressés (les uns longs, les autres courts) visibles sans le secours d’une loupe et qui
sont très sensibles au toucher. Dans la var. chrysocarpa la pubescence est très dense
sur l’axe des feuilles, sur les nervures (principale et secondaires) à leur face inférieure,
sur les axes des inflorescences et les fruits mais, sur ces divers organes, elle est
également apprimée et dépourvue des longs poils que l’on observe dans les autres
représentants de l’espèce.
Dans l’échantillon que nous possédons les folioles sont au nombre de 5-7 paires;
les feuilles mesurent jusqu’à 25 cm de longueur et les folioles les plus grandes jusqu’à
9X3 cm. Les fruits sont obtus au sommet et très brièvement apiculés par le style;
la pubescence soyeuse qui les recouvre est d’un fauve doré.
b. Var. meridionalis R. Capuron var. nov. — Planche 33, fig. 13-16.
A ceteris varietatibus differt fructibus fere semper apice abrupte acuminatis; O
var. Chapelieri differt pubescentia fulva. Frutices foliorum et inflorescentiarum
axibus gracilibus, joliolis sat parvis, majoribus raro 9 X 2,5 cm superantibus,
infforescentiis (praesertim masculis) saepe valde ramosis.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAP1NDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 129
Typus varietatis : 23552 SF (Ouest de Farafangana).
Cette variété, dont l’aire s’étend vers le Sud à partir du bassin du Mangoro, se
caractérise surtout par ses fruits qui sont presque toujours brusquement atténués en
Pointe au sommet de laquelle le style persiste plus ou moins. Ce sont des plantes dont
les organes sont recouverts d’une dense pubescence de couleur fauve nettement plus
claire que celle que l’on observe dans la var. Chapelieri. La pubescence des fruits,
courte et très dense, plus ou moins apprimée, rappelle celle de la var. chrysocarpa. Le
feuillage, nettemenp plus grêle que celui de la forme typique de la var. Chapelieri
est analogue à celui de la fa. setosa de cette dernière; mais il est muni d’une pubes¬
cence beaucoup plus courte et surtout dépouvue des très longs cils qui abondent dans
la fa. setosa.
c - Var. Chapelieri.
Nous avons groupé dans cette variété les échantillons qui possèdent une pubes¬
cence de teinte générale brun rougeâtre ou brun foncé, nettement hérissée et souvent
entremêlée de longs cils; les fruits sont arrondis au sommet. A ne considérer que
certains échantillons on pourrait être tenté de reconnaître deux variétés : d’une part,
une variété (correspondant au Type récolté par Chapelier) groupant des végétaux à organes
(feuilles et inflorescences) particulièrement robustes et recouverts d’une très dense
Pubescence; d’autre part, une variété à organes grêles recouverts d’une pubescence lâche
constituée essentiellement de longs cils dressés. L’existence de types intermédiaires, de
classement délicat, nous conduit à ne considérer qu’une seule variété avec deux formes.
Fa. Chapelieri. — Planche 33, fig. 1-12.
Dans les individus que nous considérons comme les plus caractéristiques de cette
forme, les rameaux, les axes foliaires et ceux des inflorescences sont particulièrement
robustes et recouverts d’une très dense toison de poils relativement peu inégaux entre eux
et dont la longueur est plus faible ou tout au moins n’excède pas le diamètre de l'axe
qui les porte. Les feuilles sont de grande taille (jusqu’à 40 cm de longueur) et les
folioles sont particulièrement amples (les terminales mesurent le plus souvent 10-15 cm
de longueur sur 3,5-5,5 cm de largeur). Tels sont les caractères que présentent des
échantillons récoltés dans la Réserve Naturelle n" 1, dans la région de Vavatenina, de
Soanierana-Ivongo, etc.
Dans la forêt de Tampolo, au Nord de Fénérive, les individus que l’on rencontre
ont encore un feuillage opulent, des axes robustes, mais la pubescence est nettement
plus espacée et constituée surtout de cils dont la longueur égale environ le diamètre
de leur support; ces individus marquent nettement la transition avec ceux que nous
groupons dans la fa. setosa; on peut en dire de même d’un échantillon provenant de la
région d’Antindra (bassin de la Bemarivo du Nord-Est).
Fa. setosa R. Capuron fa. nov.
Arbusculae vel frutices foliorum et inflorescentiarum (horum jere semper simpli-
cibus ) axibus setis ( ca. 2,5-3 mm longis) sat sparsis, quam axorum ipsorum diametrum
longioribus, instructis (setis pilis minimis intermixtis). Folia sat parva, raro 20 cm
superantia, joliolis submembranaceis parvis (raro ad 9X3 cm attengentibus). —
Planche 33, fig. 17.
Typus formae : 8660 SF.
Les échantillons que nous rapportons à cette forme proviennent tous de la région
de Farankaraina à l’Est de Maroantsetra. Ils sont remarquables par les longs cils
(atteignant 2,5-3 mm de longueur) que l’on trouve sur la plupart des organes : rameaux,
feuilles (pétiole et rachis, folioles), axe de l’inflorescence; ces longs cils, bien visibles
et peu denses, sont accompagnés d’une très courte pubescence dressée, relativement
dense, constituée de poils ne dépassant pas 1 ou 2 dixièmes de millimètre de longueur.
Les sépales sont presque glabres extérieurement. Les fruits mûrs sont hérissés d’une
courte pubescence qui est peu dense et ne cache pas les granulations de l’exocarpe.
8 5G4029 « 9
Source : MNHN, Paris
130
R. CAPURON
On peut rapprocher de cette forme un échantillon (n° 27157 S F) récolté dans
le bassin de la Lokoho; il diffère des précédents par ses fruits recouverts d’une très
courte et très dense toison qui cache entièrement le péricarpe.
20. Chouxia R. Capuron gcn. nov.
Fnitices vel arbores. Folia sparsa, abrupte pinnata, exstipulata (sed petiolo basi
joliolis stipulijormibus duabus instructo), joliolis integerrimis. Inflorescentiae caulinares,
racemilorm.es, simpliciae vel ramosae, cymulas gerentes. Flores unisexuales, regulares,
parvi, dioici vel monoici. Sepala ( 4 -) 5 (-6), 2-seriatim imbricata, 2 exteriora minora,
interiora laie imbricata, margine sparsim glandulis cylindricis ciliolata, persistentia,
post anthesin réfracta. Petala 5 parva, breviter unguiculata, supra unguem squamula
simplici saepe emarginala, margine dense ciliata, aucta. Discus annularis glaber vel
parce ciliatus. Stamina (7-) 8 (-10 ), intra discum inserta, fdamentis in alabastro 2-geni-
culatis, antheris basi breviter incisa affixis, rimis lateralibus dehiscentibus (in floribus
femineis staminodia vix abbreviata). Germen basi breviter stipitatum, ovatum vel subglo-
bosum (2-) 3-loculare (in floribus masculis pistillodium ciliatum) ; Stylus ovario brevior vel
aequilongus superne lineis stigmatosis (2-) 3 suturalibus notatus, apice brevissime (2-)
3-dentatus; gemmulae in loculis solitariae ereclae, apotropae, micropyle extrorsum
inféra. Fructus subbaccatus, siccus crustaceus, 1-3-locularis, ovoideus, 1-3-spermus. Semen
erectum, arillodio pulposo translucido omnino obtectum, hilo basali; embryo notorrhizus;
cotyledones saepe conferruminatae, testa seminis adhaerentes ; radicula brevis inféra, hilo
proxima, testae plica excepta.
Species unica : Chouxia sorindeioides R. Capuron.
Parmi les Schleichérées malgaches, c’est surtout des Macphersonia que le genre
Chouxia se rapproche par son calice à sépales fortement imbriqués. Il en diffère par
ses pétales de constitution différente : dans les Macphersonia les bords des pétales sont
repliés vers l’intérieur de façon à constituer deux écailles toujours libres l’une de l’autre;
dans les Chouxia il y a une seule écaille (qui peut être entière ou légèrement émarginée)
qui est souvent aussi développée que la lame pétalaire proprement dite; au moment de
la floraison les sépales se réfractent complètement vers le bas, la lame pétalaire proprement
dite s’étale plus ou moins horizontalement tandis que l’écaille reste dressée. Les étamines
sont nettement moins longues que dans les Macphersonia et les staminodes sont presque
aussi développés que les étamines (dans les Macphersonia ils sont nettement plus courts).
Les cotylédons sont très souvent conferruminés (de nouvelles observations à ce sujet
seront nécessaires car nous n’avons disposé que d’un petit nombre de fruits mûrs). Les
graines, au nombre de 1-3 développées par fruit, séparées l’une de l’autre par les cloisons
persistantes, subissent souvent des déviations de leur plan de symétrie par suite d’une
rotation autour du hile : la radicule devient latérale au lieu de rester dans le plan de
symétrie des loges et dans ce cas les graines sont souvent fortement comprimées perpen¬
diculairement au plan de séparation des cotylédons.
Parmi les Schleichérées étrangères à Madagascar on pourrait penser au genre
Hypseloderma Radik. 11 ne semble pas, d'après la description de ce genre telle qu’elle
est donnée dans le Pflanzenreich, que le genre Chouxia puisse lui être rapporté.
Chouxia sorindeioides R. Capuron sp. nov. — Planche 34, fig. 1-14.
Arbuscula vel arbor parva, 5-6 m non excedentia. Innovationes breviter hirsuti
deirule glabri. Folia persistentia (2-) 3-8 (-11) fuga (foliota inferiora stipuliformia, ad
ramulos applicata), valde variabilia, 15-60 (-100 et ultra) cm longa. Petiolus brevissimus
basi incrassatus et foliota stipuliformia ferens; rachis cylindricus vel leviter complanatus,
glaber vel plus minus puberulus vel pubescens, saepe lenticelloso-punctatus. Foliota
opposita vel subopposita vel alterna, basalia stipuliformia valde reducta (ovalia vel
rotundata vel cordiformia, 0,8-6 (-15) cm longa) altéra majora (inferiora saepe ovalia,
quam superiora parviora), mediana et superiora elliptica vel elliptico-lanceolata (6,5-25
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉF.S
E MADAGASCAR
COMORES
131
Planche 34
Chouxia sorindcioides : 1, rameau avec une feuille et des bases foliaires, x 1 /2 (échan¬
tillon Type); 2, inflorescence, x 1 /2; 3, fleur mâle, x 3; 4, pétale, x 9; 5, calice,
disque et filets staminaux, x 3; 6, disque et pistillode, x 9; 7, marge des sépale*,
fortement grossie; 8, fleur en bouton, X 3; 9, fleur femelle, x 3; 10, fleur
femelle, corolle et starninodes enlevés, x 3; 11, fruit, X 2/3; 12, coupe trans¬
versale du fruit, x 2/3; 13 et 14, feuille et inflorescence d*un autre échantillon,
x 2/3.
Source : MNHN, Paris
132
R. CAPURON
(-40) X 2-9 cm), sessilia vel breviter petiolulata (petiolulo ad 2 mm longo ), basi inaequila-
teralia, latere injeriore rotundala vel obtusa rarius acuta, latcre superiore plus minusve
acute-cuneata, apice fere semper acuminata, acumine 0,5-3 cm longo ; lamina chartacea vel
membranacea, supra glabra (cosla saepe excepta ), subtus glabra vel glabrescens, vel ab
initio molliter denscque pubcscens; Costa supra carinulata, subtus prominens; nervi
secundarii 10-25-jugi, supra prominuli (nonnunquam pro parte impressa) infra bene
distincti, praeter margines arcuatim adscendentes et anastomosantes. Inflorescentiae e
trunco ortae, suberectae vel pendentes ( 10-) 15-55 (-90) cm longae, simpliciae vel laxe
divaricatim ramosae axibus puberulis (rarius glabris) ; bracteae et bracteolae parvae
triangulares vel aciculares extus puberulae vel glabrescentes ; cymulae (/-) 2-pluri-florae
sessiles vel breviter pedunculatae. Flores pur pur ei, pedicellati (pedicello 1-5 mm longo,
gracili, basi articulato, hirsutiusculo vel puberulo vel rarius glabro) ; sepala suborbicularia
(exteriora 1,5-2 mm, interiora 2-3 mm diam.) valde concava, post anthesin deflexa, intus
glabra, extus plus minusve puberula (vel rarius glabra) margine petaloidea et brevissime
glanduloso ciliata; petala 1-1,5 mm longa et 1,25-1,5 mm lata onguiculo brevissimo, limbo
horizontali hemicirculari vel ovato-triangulari margine ciliato vel glabro; squamula quam
petalum leviter brevior vel aequalis, margine longe ciliata; stamina fdamentibus 2 mm
longis (in floribus femineis 1,25 mm) glabris vel sparse ciliolatis, antheris oblongis
(1,5 X 0,8 mm) glabris. Ovarium l,5-2,5 mm altum, globosum vel conicum, glabrum vel
sparse ciliatum vel pilosum; Stylus ovario aequilongus vel brevior. Fructus ovoideus
(25X18 mm) vel globosus (ad 3 cm diam.), basi calyce persistente coronatus, apice
rotundatus vel subtruncatus, pericarpio glabro ca. 2 mm crasso. Semen oblongo-ellipticum
(18 X 8 mm) vel orbiculare (ad 20 mm diam.).
Typus speciei : 8759 SF (flores masculi) ; Cotypus : 8760 SF (flores feminei)
[versant Ouest de la presqu’île Masoala].
Le Chouxia sorindeioides croît dans le Domaine de l’Est (où il est connu, en toute
certitude, depuis le bassin de la Simiana jusque dans la région de Vohémar) et dans le
Secteur Nord du Domaine de l’Ouest (de Vohémar à Diégo-Suarez) d’où des formes
pénètrent dans le Sambirano et de là dans le Domaine du Centre (haute Ankaizina).
Telle que nous la concevons cette espèce est un véritable protée et défie toute
description précise. Ses représentants vivent en petits peuplements, plus ou moins éloignes
les uns des autres et si, à l’intérieur d’un peuplement, ils sont comparables entre eux, ils
ne le sont plus lorsqu’on a affaire à des individus de provenances diverses. Tous les
organes présentent des variations plus ou moins considérables : feuilles (taille, nombre
de folioles, pubescence de l’axe et de la face inférieure du limbe, consistance et forme du
limbe, de sa base en particulier), inflorescences (simples ou ramifiées, subdressées ou
pendantes, à axes plus ou moins robustes, pubérulents ou presque hirsutes, parfois
glabres), fleurs (pédicelle et calice variant de glabre à pubérulent — pétales à lame
pétalaire hémicirculaire ou ovale - triangulaire, ciliée ou non sur ses marges — étamines
à filets glabres ou munis de quelques cils ou presque laineux — ovaire glabre ou éparsé-
ment cilié ou très pubescent, à trois loges et alors globuleux ou à deux loges et alors
conique — style plus ou moins long et à lignes stigmatiques plus ou moins développées),
graine à cotylédons indubitablement conferruminés dans certains cas, libres dans d’autres.
Pratiquement chaque échantillon devrait faire l’objet d’une description particulière
et je crois que dans l’état actuel de nos connaissances il est préférable de renoncer à
décrire des taxa infraspécifiques. S’il fallait s’y résoudre nous proposerions d’en reconnaître
trois : l’un d’eux grouperait les échantillons à folioles mollement velues à la face infé¬
rieure, les deux autres ceux à folioles pratiquement glabres en dessous : dans l’un d’eux
nous classerions les plantes de l’Est, à folioles généralement nombreuses et plus ou moins
coriaces, parfois de très grande taille, dans l’autre les échantillons du Nord à feuillage
plus réduit, ayant au plus cinq paires de folioles généralement membraneuses et souvent
un peu auriculées à leur base au côté inférieur.
La clé suivante, dans laquelle nous avons signalé la plupart des échantillons a
notre disposition montrera, dans une certaine mesure, les principales variations observées :
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
133
!• Folioles glabres ou glabre9centes en dessous, jamais douces au loucher.
2. Calice pubérulent extérieurement.
3. Pubescence du rachis foliaire peu dense, constituée de cils longs localisés à la face inférieure
du rachis ou sur ses côtés; feuilles ayant au plus 5 paires de folioles; folioles sessiles, submem-
braneuscs, ne dépassant pas 13 cm de longueur. Inflorescences ramifiées.
a. Pédicclle floral densément pubérulent; base des folioles faiblement auriculée : 27442 SF et
27344 SF (Nord de Vohémar);
a'. Pédicelle floral glabrescent; base des folioles nettement auriculée : 22024 SF (Ankarana de
Diego-Suarez).
3'. Ces caractères non réunis; en particulier pubérulence dense et répartie à peu près également
sur tout le rachis foliaire. Feuilles ayant souvent plus de 5 paires de folioles (jusqu’à 10 paires).
Pédicclles pubérulents.
4. Feuilles de très grande dimension (jusqu’à 1 m et plus) ; folioles stipulâmes de 7-16 cm de lon¬
gueur; folioles atteignant jusqu’à 40 cm de longueur. Inflorescences très ramifiées : 27678 SF
(Ambatobiribiry, au N. de Sambava).
4'. Feuilles nettement plus petites; folioles stipulâmes ne dépassant pas 6 cm (en général beau¬
coup plus réduites).
5. Inflorescences ramifiées.
6. Folioles (brunâtres sur le sec), coriaces, de 4-7 cm de large : 8759 SF, 8760 SF et 8709 SF
(versant Ouest de la presqu’île Masoala).
6'. Folioles (verdâtres sur le sec), submembraneuses, de 2,5-3,5 cm de large : 27767 SF
(cap Est).
5'. Inflorescences simples. Folioles (verdâtres sur le sec), submembraneuses, de 3-4 cm de
largeur : 27572 SF (Analamateza, au Nord de Sambava).
2'. Calice glabre extérieurement. Inflorescences ramifiées.
7. Axes de l’inflorescence glabres. Rachis foliaire glabre : Lance s. n° (s. loco).
T. Axes de l’inflorescence densément pubérulents. Pédicelles pubérulents : 22862 SF (Nantoraka,
à l’Ouest de Maroantsetra, toutes les feuilles à rachis pubérulent), 8981 SF (Androrona, bassin
de la Fananehana, quelques feuilles à rachis glabre).
1’. Folioles pubesccntcs à la face inférieure, douces au toucher. Axes de l’inflorescence et rachis foliaire
densément pubescents.
8. Calice pubérulent extérieurement.
9. Ovaire glabre ou glabrescent (à 2-3 loges). Pédicelle hirsute. Inflorescences ramifiées : 27725 SF
(Andrapengy, au Nord d’Antalaha).
9'. Ovaire très pubescent (à 2 loges). Pédicelle pubérulent. Inflorescences simples : 27625 SF (Nord
de Sambava).
8'. Calice, pédicelle et ovaire glabres : 27611 SF (2 loges), 27629 SF (3 loges) et 27648 SF (2-3 loges)
(tous du Nord de Sambava).
21. Haplocoelum Radlk.
Haplocoelum Radlk. in Sitzungsber, bayer. Akad. München, 8 : 336 (1878), in Engler
l.c. : 881 (1934) ; Bullock, Kew Bull. : 353 (1931) ; Hauman, Flore Congo Belge,
9 ; 369 (1960) ; Exell, Flora Zambes., 2 : 530 (1966).
Sectio Cardiophyllariopsis R. Capuron sect. nov.
Arbores. Folia sparsa, abrupte pinnata. Flores regulares, dioici. Inflorescentiae
axillares, masculae racemijormes, simpliciae vel rarius ad basin 1-2 ramis brevibus
instructae, cymulas 1 (-2) -floras gerentes, femineae 1-florae. Sepala libéra 4-5, in
alabastro leviter imbricala; petala 4-5 (-6) ut in Macphersonia marginibus lateralibus
inflexis et squamulas duos efformantibus. Discus annularis. Stamina (4-) 5-7 filamentibus
in alabastro redis, intradiscalia, antheris basi excisis basifixis, rimis introrso-lateralibus
dchiscentibus (in floribus femineis staminodiis staminibus subaequalibus sed pollinis granis
sterilibus). Ovarium 2-loculare, apice in stylum brevem attenuatum stigmato bifido
ramis brevibus patulis (in floribus masculis pistillodium evolutum). Fructus baccatus,
Source : MNHN, Paris
134
R. CAPURON
basi calyce plus minus persistante et disco cinctus, apice stylo apiculato, pcricarpio sut
crasso, 2-vel abortu 1-spermus. Semina erecta, omnino arillodio translucido et carnoso
involuta, tegumentis fragilibus, kilo basilare; embryo notorrhizus cotyledonibus super-
positis; plica testae parva vel subnulla.
Species typica : Haplocoelum Perrieri R. Capuron.
Haplococlum Perrieri R. Capuron sp. nov. — Planche 26, fig. 8-19.
Arbor parva vel mediocris, 7-15 (-20) rn alta, foliis persistentibus, ramulis
gracilibus, initio dense fulvo et subadpresse pubescentibus deinde glabrescentibus, adultis
lenticelloso punctatis. Folia 2,5-7 (-11) cm longa, petiolo brevissimo (1-2 mm longo),
rachide 1-4 cm longo initio puberulo deinde glabrescenti, 2-sulcato; foliota 2-5 (-7)-juga,
sessilia vel subsessilia, opposita vel subopposita, nonnunquam alterna, inferiora pseudo-
stipularia saepe minima (apice petioli brevissimi inserta), altéra majora e basi apicem
folii versus statura crescente, 1-4 (8) X 0,5-2 (3,5) cm, asymmetrice ovoidea vel obovoidea
vel subrhomboidea, basin versus longe attenuata, apice rotundata vel obtusa et semper
emarginata, adulta glabra (interdum Costa excepta), marginibus integris; costa praesertim
subtus prominula; nervi secundarii (ca. 7-10-jugi) ulrinque vix prominuli, a tertiariis
parum distincti. Inflorescentiae masculae plerumque 5-10 (-15) -florae, 10-30 mm longae,
simpliciae vel ad basin 1-2 ramos brèves ferentes, dense fulvo-puberulae, femineae
ca. 1 cm longae, semper uniflorae. Rracteae ovato-triangulares (1,5-2 mm) extus dense
puberulae; bracteolae, saepe abortivae, quam bracteas parum breviores sed angustiores;
cymulae masculae l-(rarissime 2-) florae, brevissime (ca. 0,5 mm) pedunculatae (in
inflorescentia feminea pedunculus 6-8 mm longus). Flores parvi (vix 5 mm diam.)
pedicellati (pedicello puberulo 1,5-3 mm longo) ; sepala 4-5 triangularia vel ovato-
triangularia, interiora saepe suborbicularia, 2,5-3 X 1,5-2,3 mm, extus dense pubescentia,
intus puberula, margine ciliata; petala 4-5 (-6), plus minus obovata vel suborbicularia,
sepalis subaequalia vel vix longiora, unguiculo basilari extra basi pubescenti, squamis
valde villosis (et marginibus longe ciliatis, laminae marginibus non ciliatis) ; discus glaber,
extra lobulatus (lobis allcrnipetalis), intus profunde foveolatus, supra in orbem sulcatus;
stamina (4-) 5-7, ca. 3-3,5 mm longa, filamentis pubescentibus, antheris (vix 1 mm longis)
glabris apice leviter emarginatis vel subtruncalis (in floribus femineis staminodia staminibus
aequilonga, sed antherodiis sterUibus) ; ovarium dense adpresseque pubescens, cum
stylo ovoideo-conicum, ca. 2,5 mm allum, basi bréviter stipitatum; stigmatis lobi ca.
0,75 mm longi (in floribus masculis pistillodium pubescens ovoideo-conicum, ca. 0,5 mm
altum, apice 2-dentatum). Fructus sphaericus 15-20 mm diam. interdum brcviter stipi-
tatus, dense adpresseque fulvo-sericeus, 2-locularis, 2-vel abortu 1-permus; semina
oliviformia vel plano-convexa, ca. 10-12 mm alla; radicula 1 mm longa.
Typus speciei : 22732 SF (flores feminei). — Paratypus : 22731 S F (flores
masculi) et 23200 SF (fructus) [Ankarahara, bassin du Mangoro].
Après avoir pensé faire de cette espèce le Type d’un nouveau genre, je crois
préférable de la rattacher au genre Haplocoelum Radlk. comme type d’une section
particulière. Jusqu’à ce jour les Haplocoelum n’étaient connus que du continent africain
où on en a décrit 7 espèces (VH.? alatum Radlk., décrit de Madagascar, doit être
rattaché, comme nous l’avons vu, au genre DorâtoxyIon). Les espèces africaines ont des
fleurs apétales (à l’exception de VH. jubense Chiov.) et des ovaires 3-loculaires; les
étamines ont des filets dits glabres; les fruits seraient glabres (sauf dans VH. Scassellatii
Chiov.) et toujours 1-séminés.
Certains caractères donnent à VHaplocoelum Perrieri une certaine originalité par
rapport aux autres Schleichérées malgaches. Parmi eux signalons d’abord les inflo¬
rescences, de taille toujours faible : courte grappe (rarement ramifiée) de cymules 1-
(très rarement 2-) flores dans les pieds mâles, réduite à une seule fleur dans les pieds
femelles. La fleur présente un calice à lobes peu imbriqués; le disque n’est pas sans
rappeler un peu celui des Doratoxylon : les filets staminaux sont insérés au fond de
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 135
profondes fovéoles sur le bord interne du disque (ces fovéoles sont ouvertes du côté
de l’ovaire) ; de plus, un sillon circulaire assez profond, fragmenté en éléments alterni-
Petales, parcourt la face supérieure du disque; les staminodes des fleurs femelles sont
aussi développés que les étamines fertiles (leurs anthérodes paraissant dépourvues de
Pollen fertile) ; le stigmate enfin est très distinctement divisé en deux branches opposées.
L ’Haplocoelum Perrieri est une espèce largement répandue dans la Région Orientale
depuis la Montagne d’Ambre au Nord, jusqu’à Fort-Dauphin et depuis environ 100 m
d ait. jusque vers 1 200 m. Il demeure encore mal connu car nous n’en possédons qu’un
Petit nombre d’échantillons fertiles et il nous est assez difficile de nous faire une opinion
sur la valeur à attribuer aux variations que nous avons pu observer.
C’est ainsi par exemple que dans le 8881 SF (environs de la baie d’Antongil)
les feuilles n’ont que 2 (-3) paires de folioles (y compris la paire pseudostipulaire) ;
les folioles terminales, particulièrement grandes, peuvent atteindre parfois 8X3,5 cm;
les graines sont atténuées en court bec à la base et le repli du tégument séminal est
bien développé.
Dans les Syntypes (provenant de la région de Moramanga), les graines n’ont
pas de bec et le repli tégumentaire est réduit à un simple rebord sans profondeur;
dans ces échantillons les pétales, de forme générale presque circulaire, ont un onglet
court alors que dans l’échantillon Perrier 4457 (région du bas Matitana) les pétales
sont beaucoup plus longuement atténués en coin sur leur base.
Le genre Ilaplocoelum existe aussi dans le massif de l’Analavelona. Les échan¬
tillons que nous en possédons étant stériles il serait prématuré d’affirmer qu’il s’agit de
J//. Perrieri ou d’une autre espèce. Il existe également dans la forêt de l’Antsingy où
il a été récolté par Morat (n° 1223) ; cet échantillon qui possède des fleurs mâles à
8-9 étamines, est trop pauvre pour que nous puissions ici encore statuer sur son cas.
22. Tinopsis Radlk.
Tinopsis Radlk. in Durand. Ind. Gen. : 78 (1888), ira Engler et Prantl., Nat. Pflanzenf.
3 , 5 : 342 (1895).
Gelonium Thou. Gen. nov. mad. n. 45 (1806) pp. quoad flores.
Tina R. et S., Syst. Vcg. 5 : XXXII (1819) pp., quoad flores; Radlkofer ira Engler,
l.c.: 1116 (1933), pp., quoad Tina apiculata et T. conjugata.
Bemarivea Choux ira Mém. Acad. Malg. 4 : 81 (1927).
Espèce Type : Tinopsis apiculata Radlk.
Dans sa description du genre Gelonium, Thouars signale que les fleurs ont cinq
etamines et que les fruits sont des capsules contenant des graines à demi recouvertes
d’un arille et à cotylédons horizontaux. L’étude des échantillons récoltés par Thouars
ainsi que celle d’un abondant matériel de récolte récente a permis de constater que
les « Gelonium » à fleurs 5-staminées n’étaient pas congénériques des « Gelonium » à fruits
capsulaires. Nous réserverons le nom de Tina R. et S. emend. à ces derniers (qui sont
caractérisés en outre par leurs fleurs ayant normalement (6-7)-8 étamines) et nous
adopterons le nom de Tinopsis pour les « Gelonium » à fleurs 5-staminées. Des caractères
tires du fruit, de l’arille. et de l’embryon viennent d’ailleurs s’ajouter à ceux fournis
par l’androcée et accentuer les différences entre les deux genres.
Radlkofer, se basant sur un échantillon en fruits récolté par Thouars, a carac¬
térisé en 1888 son genre Tinopsis par une simple phrase : « a maxime affini Tina differt
staminibus 5 ». En 1895 Radlkofer nommait et décrivait brièvement le Tinopsis apiculata.
Ayant constaté que le Tina isoneura Radlk. possédant 5 étamines devait logiquement être
transféré au genre Tinopsis, Choux fit part de son observation à Radlkofer (précisons
Source : MNHN, Paris
136
R. CAPURON
que le Tina isoneura, espèce du Centre de Madagascar, n’était pas connue de Thouars) ;
nous renvoyons aux travaux de Choux ( Mémoires , p. 79) où le lecteur trouvera de plus
amples renseignements sur les échanges de correspondance entre les deux botanistes.
Finalement Choux et Radlkofer renonçaient à considérer Tinopsis comme autonome et
le mettaient en synonymie de Tina, ce dernier genre groupant ainsi des espèces à
5 étamines et d’autres à 8.
Pour notre part nous estimons que le genre Tinopsis doit être rétabli et, qui
plus est, placé dans une autre tribu que le genre Tina. Si ce dernier est une Cupaniée
indubitable, Tinopsis nous paraît devoir être classé dans les Schleichérées. I.es Tinopsis
ont en effet des fruits indéhiscents ou tardivement déhiscents; encore convient-il de
noter que, dans ce dernier cas, la déhiscence est très incomplète et est analogue à
celle qui s’observe dans diverses Schleichérées (Macphersonia p. ex.) ou Néphéliées
(Stadmania ) : le péricarpe paraît se fendre sous l’action de la turgescence de l’arillode
qui entoure la graine; jamais, contrairement à ce qui se passe chez les Cupaniées
malgaches, les deux valves ne se séparent complètement et ne s’écartent fortement.
Dans les Tinopsis l’arillode est charnu-pulpeux, translucide, et enveloppe complètement
la graine comme dans toutes les autres Schleichérées (dans les Tina l’arillode, coloré
en jaune ou rouge, est de consistance céracée et n’enveloppe que partiellement la
graine). Enfin si dans les Tina les cotylédons sont superposés, ces organes sont colla¬
téraux dans les Tinopsis (sauf dans quelques graines plus ou moins anormales et toujours
En définitive Tina et Tinopsis nous paraissent deux genres parfaitement distincts,
surtout par leurs fruits et leurs graines. Néanmoins, étant donnée l’identité de la
structure florale entre les Tinopsis et certains Tina tels que Tina isoneura (dont nous
ferons d’ailleurs le type d’un genre nouveau) on peut se demander si ces deux genres
peuvent être placés dans deux tribus distinctes; c’est là un problème sur lequel nous
reviendrons car il met en cause certains aspects de la classification générale des Sapin-
dacées telle que l’a proposée Radlkofer.
Choux a proposé, pour le Cupania disitiflora Baker, la création d’un nouveau
genre, Bemarivea, caractérisé par ses pétales munis sur la face interne d’une lamelle
unique (cette lamelle, plus ou moins échancrée, résulte de la soudure des deux écailles
latérales observées dans les Tina). Plus tard. Choux devait signaler l’existence, dans le
Tina tsaratananensis, de pétales à deux écailles libres et d’autres à écailles soudées,
caractères que nous avons retrouvés dans plusieurs échantillons de Tina isoneura et
chez plusieurs Tinopsis. Le Bemarivea dissitiflora par ses fruits et ses graines présente
tous les caractères des Tinopsis et nous ne pouvons pas le considérer comme distinct
de ces derniers.
Les Tinopsis se laissent diviser en deux groupes d’après la structure de leurs
cotylédons. Dans un premier groupe d’espèces les cotylédons sont plus ou moins rumines
par des intrusions de la face interne du tégument séminal; au cours de la dessication
des graines les cotylédons se rétractent et restent en général appliqués contre le tégument
dont il est souvent difficile de les séparer. Dans un deuxième groupe, les cotylédons
sont lisses; en se rétractant par dessication ces derniers se séparent du tégument séminal
et il est très facile de les isoler.
A l’intérieur de chaque groupe la séparation des espèces est délicate et il ne
fait pas de doute que la classification que nous proposons est provisoire et devra sans
doute subir des remaniements.
CLÉ DLS ESPECES
1. Cotylédons ruminés. Fruit & surface lisse, non subéreuse.
2. Face inférieure des folioles recouverte d’une dense pubescence apprimée, d’aspect soyeux, d’abord
dorée puis plus ou moins argentée ou grisâtre. Fruit glabre. 1. T. chrysophylla.
2'. Face inférieure des folioles glabre ou glabrescente, non soyeuse.
3. Péricarpe glabre. Ovaire glabrescent.
4. Fruit ne dépassant pas 20 mm de longueur. Folioles ne dépassant pas 4,5 cm de largeur.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 137
5. Folioles au nombre de (1-) 2 (-3) paires, largement elliptiques, 1,5 à 2,5 fois plus longues
que larges, atteignant parfois 4,5 cm de largeur. Fruit d’environ 15 mm de longueur. Coty¬
lédons peu profondément ruminés. 2. T. antongiliensis.
5'. Folioles au nombre de (1-2-) 3-5 paires, étroitement elliptiques, en général 2,5-4 fois plus
longues que larges, ne dépassant pas généralement 2,5 cm de largeur. Fruit d’environ 20 mm
de longueur. Cotylédons très fortement ruminés. 3. T. tamatavensis.
4'. Fruit de 25-30 mm de longueur. Folioles au nombre de (1-) 2 (-3) paires, largement obovales,
de 3,5 à 6,5 cm de largeur .environ 2 fois plus longues que larges. Cotylédons très fortement
ruminés. 4. T. Vadoni.
3'. Péricarpe nettement pubérulent. Ovaire très densément pubescent. Feuilles à (1-3-) 4-5 paires
de folioles elliptiques atteignant 8-10 cm de longueur sur 3-6 cm de largeur. Fruit de 20-25 mm
de longueur. Cotylédons très fortement ruminés. 5. T. Urschii.
1 • Cotylédons lisses.
6. Péricarpe à surface d’aspect subéreux, fauve. Axes de l’inflorescence toujours pubcscents.
7. Axe foliaire et nervure principale en dessous toujours nettement pubescents.
6. T. apiculata.
T. Axe foliaire glabre ou glabresccnt.
8. Fruit atteignant rarement 20 mm de longueur, à péricarpe mince à maturité.
7. T. phellocarpa.
8'. Fruit de 25-40 mm de longueur, à péricarpe très épais. 8. T. macrocarpa
6'. Surface du péricarpe lisse. Axes de l’inflorescence glabres ou pubérulents.
9. Folioles coriaces. Axes de l’inflorescence complètement glabres (sauf les bractéoles qui sont
ciliées).
10. Feuilles à 1 (-2) paires de folioles. Fruit petit ne dépassant pas 15 mm de longueur.
9. T. conjugata.
10'. Feuilles à (1-) 2-3 paires de folioles. Fruit d’environ 30 mm de longueur.
10. T. tampolensis.
9'. Folioles membraneuses. Axes de l’inflorescence toujours pubérulents, au moins vers le haut.
Folioles (1-) 2-3 paires. 11. T. dissitiflora.
1. Tinopsi» chrysopliylla K. Capuron sp. nov. — Planche 35, fig. 1-2.
Arbor ad 15-20 m alla, innovationibus sublaevibus vel leviter sulcatis densissime
adpresseque julvo pubescentibus, ramulis adultis glabris. Folia alterna 11-20 cm longa,
petiolo (3,5-6 cm longo) rachique ab initio dense adpresseque puberulis deinde glabres-
centibus vel glabris; foliota (i-) 2-5-juga, petiolulata (petiolulo 3-10 mm longo) elliptica
vel leviter obovato-elliptica ( 5,5-11 X 1,5-3,9 cm), basi acute cuneata, apice obtusa vel
rotundata vel bréviter obtuseque acuminata (extremo apice rotundato vel leviter emar-
gmato), chartacea vel subcoriacea supra glabra vel praesertim praeter costam adpresse
puberula, subtus densissime ab initio aurato deinde griseo-argenteo-sericea, manifeste
pellucido-punctata, marginibus integris parum revolutis; Costa sitpra carinulata, infra
prominens; nervi secundarii numerosi, prominusculi, leptoneuri, basi efoveolati. Inflo-
resccntiae axillares, foliis breviores, (2-) 5-15 cm longae, fulvo-puberulae. Flores
(masculi solum vidï) pedicellati, pedicello 1-1,5 mm longo; sepala 5, suborbicularia, exte-
riora quam interiora parviora, valde imbricata (2-2,5 X 2-3 mm), extra sparse puberula,
intus pubescentia, marginibus ciliatis (pilis sirnplicibus pilis plurireliularibus monilifor-
mibus intermixtis) ; petala (3-) 4-5, parva, inclusa (1,25 mm longa, 1,5 mm lata) ongui-
culata, onguiculo breve piloso, lamina fere hemicirculari margine ciliata, intus squamula
unica integra vel plus minus cmarginata pilosa instructa; discus pubescens. filamentorum
pressione valde sulcatus; stamina 5, parum exserta, ca. 3,5 mm longa filamentis basi
dense pubescentibus, in alabastro 2-geniculatis ; antherae oblongae (1,5 X 0,9 mm) apice
emarginatac, dense pubescentes; pistUlodium ciliatum, 2-loculare. Fruetus ovoideus (ca.
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R. CAPURON
16 mm longus, 13 mm diam.), basi breviter ( 1-1,5 mm) et abrupte stipitatus, apice
apiculatus, pericarpio tenui crustaceo fragili, utrinque glabro, exttis loivi, 1-2 sperrnus.
Semen ovoideum (ad 11,5X9 mm), testa brunneo-rubra; cotyledones leviter ruminali-
Typus speciei : 14858 SF (Ilandy, Fort-Dauphin).
Cette espèce est aisément reconnaissable au dense revêtement soyeux de la face
inférieure des folioles. Ce revêtement d’un beau jaune doré sur les folioles adultes mais
encore jeunes passe au gris argenté puis au gris terne sur les vieilles folioles et est
alors peu visible à l’œil nu; sous la loupe les poils restent toujours visibles.
Cette espèce est connue seulement de la partie méridionale du Domaine de l'Est,
entre Ampasinambo (Nosy Varika) et Fort-Dauphin.
2. Tinopsis antongiliensis R. Capuron sp. nov. — Planche 36, fig. 1-2
Arbor ad 10-15 m alla, partibus juvenilibus (ramuli, petiolus et foliorum rachis,
inflorescentiae) densissime pubescentia flava brcvi adpressaque inslructis. Ramuli adulti
glabri, 2-3 mm diam., lenticelloso-punctati. Folia alterna, 5-15 cm longa, petiolata,
petiolo (1,5-3,5 cm) robusto, lignescenti, supra subpiano, rachidi supra subpiano, i' 1
medio leviter carinulato; foliota ( 1 -) 2 (-3)-juga, petiolulata, petiolulo (2-7 mm longo)
supra limbi decurrenlia sulcato et bi-carinulato-marginato, late elliptica vel obovato-
elliptica (2,6-8-2 X 1,1-4,3 cm), ca. 1,5-2,5-plo longiora quam lata, basi cuneala, apice
obtusa vel rotundata nonnunquam emarginata, coriacea, glabra (infra super costam pilis
raris instructa), pellucido-punctata ; Costa supra plana vel leviter carinulata, infra
prominens; nervi secundarii numerosi, utrinque prominusculi, leptoneuri, ejoveolati',
margines integerrimi, plus minus revoluti et undulati. Inflorescentiae axillares vel subter¬
minales, 5-12 cm longue, pedunculo 1-4 cm longo. Flores (monnici vel dioici?) male
notati; sepala 5, valde concava, extcriora ovalo-triangularia (ad 2,2X2 mm), interiora
late obovata vel subcircularia (ad 3 mm), extra puberula, intus glabra, marginibus tnx
fimbriato-ciliatis ; petala inclusa, parva (1,2-2 X 1-1,5 mm) brevissime unguiculata, lamina
triangulari vel semi-elliptica marginibus dense villosis, intus, supra unguem, squamula
unica parva (marginibus villosis ) instructa; stamina 5 fdamenlis villosis, antheris oblongts
dense pubescentibus. Discus glaber, pressione filamentorum valde sulca'us (nonnunquam
fere glandulis subliberis quinque constitutus). Ovarium subglabrum Fructus monospermus
(tune ovoideus) vel bispermus (lune subglobosus), ca. (13 X 9-12,5 mm) basi breviter
abrupleque stipitatus, apice apiculatus (apiculo I mm longo) ; pericarpium tenue, laeve,
glabrum, fragile. Semen, quando unicum ovoideum (9X7 mm), quando 2 subcircularc
(10x9,5 mm), testa brunnea; cotyledones manifeste ruminati.
Typus speciei : 8817 SF (Beanjada, N. de la presqu’île Ma^oala'.
Cette espèce n’est encore connue, en toute certitude, que de* environs de la baie
d’Antongil; nous lui rapportons aussi un échantillon récolté dans le Nord-Est, sans
indication précise de localité. Elle présente une très grande ressemblance avec le Tina
tsaratananensis Choux (espèce que nous rattachons au Neotina isoncura (Radlk.) R-
Cap.) ; dans ce dernier les folioles sont munies de grosses fovéoles et le calice est
nettement pubescent sur sa face interne; dans le Tinopsis antongiliensis le calice est
glabre intérieurement et les folioles sont éfovéolées.
3. Tinopsis tamatavensis R. Capuron sp. nov. — Planche 36, fig. 3.
Vaide affinis praecedenti a quo differt foliolis (I-2-) 3-5-jugis angustc ellipticis,
fructibus majoribus (ad 15 mm longis), cotyledonibus valde ruminatis.
Arbor ad 15-20 m alla, partibus junioribus dense adpresseque fulvo puberulis,
adultis glabrescenlibus vel glabris. Folia (-6) 10-20 cm longa, petiolo (2-5 cm longo)
supra subpiano, rachide supra longiludinaliter carinulato et angulato, petiolo rachidique
ab initio densissime tulpresseque fulvo puberulis deinde glabrescenlibus; joliola (1-2)
3-5-juga, petiolulata (petiolulo 2-7 (-10) mm longo, basi saepe inflato, supra canaliculato
et decurrenlia limbi lateraliter 2-marginato), auguste elliptica (2,5-) 5-8,5 X (1-) 1,5-2
(-2,5) cm, ca. (2-) 2,5-4-plo longiora quam lata, basi cuneata (lamina in petiolulum
Source : MNHN, Paris
RÉVISION
ÎS SAPINDACÉES DE MADAGASCAR
DES COMORES
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Plancue 35
Tinopsis chrysophylla : 1, rameau en fleurs, X 2/3; 2, infrutescence, X 2/3.
Tinoptii Vadoni : 3, rameau en fruits . x 2/3; 4, section longitudinale d’un fruit, gr.
Source : MNHN, Paris
140
R. CAPURON
decrescentim attenuata), apice obtusa vel auguste rotundata, extremo apice saepe leviter
emarginata ; lamina coriacea, siccitate, praecipue subtus, brunnescens, supra glabra, subtus
praeter costam pubescentiam adpressam ferens, marginibus integerrimis vix revolutis;
Costa supra minute carinulata, subtus prominens; nervi secundarii sat adscendentes
utrinque prominuli, praeter marginem arcuatim anastomosantes, a terliariis parum distincli
(leptoneurï). Inflorescentiae ( 4-12 cm longue ) axibus sat gracilibus densissime brevissi-
meque adpresse fulvo-puberulis, ramosae, axillares vel ab innovationibus adhuc efoliosis
ortae. Flores (verisimiliter monoicae) pedicellati, pedicello (2-3 mm longo ) ut et calycis
exteriore adpresse fulvo-puberulo; sepala 5, exteriora ovato-triangularia (2X1,5 mm),
interiora suborbicularia (2,5 mm diam.), omnia intus glabra vel pilis raris instructa,
marginibus vix ciliatis; petala 5, inclusa, vix 1,5-2 mm longa, breviter unguiculata,
unguiculo pubescenti, lamina triangulari vel ovato-triangulari, marginibus supra ungui-
culum valde revolutis squamulas binas pilosas quam laminam ipsam leviter breviores
efformantibus ; discus valde sulcatus, glaber; stamina 5, filamentibus omnino pilosis
2 mm longis, antheris (1,5 mm longis) solis exsertis dense lanuginosis (in floribus
foemineis inclusis) ; ovarium subglabrum (pislillodium parce ciliatum). Fructus ovoideus
ca. 20 mm longus, 13 mm latus, basi breviter (2-3 mm) stipitatus, api te apiculatus, 1-2
spermus, pericarpio sat crasso, coriacea; semina 12 mm longa (quando dua planoconvexa),
testa brunneo-rubra; cotyledones valde ruminata.
Typus speciei : 8584 SF (R. N. I, Ambodiriana, Tamatave).
Cette espèce n’est encore connue que de la Réserve Naturelle n" 1 (Ambodiriana-
Tamatave) et de la forêt d’Analalava à l’Ouest de Foulpointe. Elle est certainement très
proche des deux précédentes; de la première, dont les folioles ont à peu près la même
forme, elle se distingue par son limbe pratiquement glabre en dessous, jamais doré ni
argenté; de T. antongiliensis elle se sépare par ses folioles plus nombreuses et nette¬
ment plus étroites. Des deux espèces enfin elle paraît se séparer par le péricarpe du
fruit plus épais et plus coriace et par ses cotylédons plus profondément ruminés; alors
que dans T. chrysophylla et T. antongiliensis l’enveloppe séminale s’enlève assez aisé¬
ment, ici il n’en est plus de même : les plis internes de l’enveloppe s’insinuent pro¬
fondément dans les découpures des cotylédons et souvent les traversent de part en part.
Dans les fruits que nous avons observés (20156 SF) le péricarpe, dans sa moitié
supérieure environ, se divise en deux valves qui restent dressées et ne s’écartent prati¬
quement pas; dans la moitié inférieure il n’y a pas de suture visible et il ne semble
pas que le péricarpe doive ultérieurement se diviser complètement en deux valves.
4. Tinopsis Vadoni 1 R. Capuron sp. nov. — Planche 35, fig. 3-4.
Arbor ad 10 m alta, ramulis nove.llis, foliorum et infrutesccn'.iarum axibus densis-
sima brevissimaque adpressa pubescentia instructis; ramuli adulti robusti (4-6 mm diam.)
plus minus anguloso-sulcati, dense lenticelloso-punctati. Folia alterna, 15-25 cm longa,
petiolo robusto, lignoso, 3-5,5 cm longo, supra subpiano marginibus ut et rachidis arti-
culis angulosis; foliota (1-) 2 (- 3)-juga, petiolulata (petiolulo 4-14 mm longo, supra basts
limbi decurrentia sulcato), obovata (5,8-13,7 X 3,3-6,2 cm), ca. 2-plo longiora quam lata,
basi cuneata, apice late rotundata et plus minus emarginata, coriacea, pellucido-punctata,
marginibus integris vix revolutis, glabra; Costa supra plana vel impressa (sed longitudi-
naliter minute carinulata ) subtus (pilis paucis adpressis instructa) valde prominens;
nervi secundarii, basi efoveolati, 8-10-fugi, utrinque prominuli, parum obliqui, praeter
marginem manifeste arcuatim anastomosantes; nervi tertiarii et reticulatio utrinque
(praesertim sublus) conspicui. Flores ignoti. Inflorescentiae 7-10 cm longae. Fructus
pedicellatus, pedicello puberulo, bacciformis, 2-vel abortu 1-spermus, in vivo subglobosus
i. Espèce dédiée à J.
terre d'élecliun et pour l'accu
» de la baie d’Antongil, pour
qu'il réserve aux amis de la
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉKS DE MADAGASCAR ET DES COMORES
141
Planche 36
Tinopsu antongiliensis : 1, rameau en fruits, X 2/3; 2, embryon, X 1,5.
Tinopsu tamalavensis : 3, rameau en fleurs, X 2/3.
Tinopsu Urtchii : 4, rameau en fruits, x 2/3.
Source : MNHN, Paris
142
t. CAPURON
(ad 27 mm altus et diam.) in sicco plus minus obovoideus, basi obscure stipitatus, péri-
carpio crasso (in vivo 2,5-4 mm), utrinque glabro, in sicco crustaceo sat fragili, non
suberoso-maculato, apice stylo persislenti 1-2 mm longo apiculatus. Semina ovoidea vel
(quando 2) plano-convexa, ad 25 mm longa et 15 mm lata; cotyledones valde ruminati.
Typus speciei : 8782.ST (col d'Ambatondradama, Nord de h presqu’île Masoala).
Cette espèce n’est encore connue que par le Type qui a été récolté au col d’Amba-
tondradama, sur la piste entre Maroantsetra et Antalaha. Elle se distingue des espèces
précédentes par ses folioles de grande taille, à nervures secondaires nettement mieux
marquées que les tertiaires, ses gros fruits (glabres) contenant 1 ou 2 graines à embryons
très fortement ruminés par des expansions de la face interne du tégument séminal.
5. Tinopsis Ursehii R. Capuron sp. nov. — Planche 36, fig. 4.
Arbor ad 15-20 m alla, ramulis novellis densissime adpresseque fulvo-puberulis,
adultis glabris, robustis (4-10 mm diam.) manifeste lenticelloso-punctutis. Folia alterna,
magna (10-) 20-35 cm longa, petiolo rachidique valde robustis ab initio densissime
adpresseque fulvo puberulis deinde glabrescenlibus vel glabris, supra subplanis; petiolus
2-5,5 cm longus; foliota (1-3-) 4-5 juga, opposita vel sub-oppositn, rarius alterna, petio-
lulata (petiolulo 3-12 mm longo supra plus minus sulcato ), elliptica vel ovato-elliptica
(5-) 8-18 X (2,2)-3-6,3 cm), rarius partim obovata, basi cuneata (saepius abrupte
cuneata), apice obtusa vel subacuta et obscure acuminata nonnunquam rotundata et
leviter emarginata, chartacea, glabra, pellucido punctata, in sicco brunnescentia, margi-
nibus integris vix revolutis; costa supra carinulata, subtus (pilis raris instructa) valde
prominens; nervi secundarii 12-15 jugi, basi efoveolati, utrinque bene prominuli, parum
obliqui, apicem versus arcuati et praeler marginem anastomosantes; reticulatio densa
utrinque prominula. Inflorescentiae axillares vel e cicatricibus folio r um delapsorum
ortae, 5-10 cm longae, valde ramosae, brevissime adpresseque puberulae. Flores monoici,
masculi numerosissimi, sat longe (3-6 mm) pedicellati, pedicellis ctlpresse puberulis;
sepala extra puberula, intus glabra, ovato-elliptica vel subrolunda (2-3,5 X 1,8-2,8 mm),
marginibus sparse ciliatis; petala (verisimililer pro parte saepe abortiva) inclusa, valde
inaequalia, 0,5-2 mm longa, breviter unguiculata, intus squamulis duabus liberis vel
squama unica instructa, lanuginoso-ciliatis; discus glaber; stamina 5-7, exserta, ca.
5 mm longa (in floribus foemineis slaminodia inclusa 1,5-2 mm longa) filamentis (ca.
3,75 mm longis) et antheris (ca. 2 mm longis) dense villosis; ovarium (in floribus masculis
pistillodium 1 mm altum, valde ciliatum) densissime et sat longe adpresse ciliatum-
Fructus monospermus (et tune sphaericus) vel dispermus (et tune laie ovoideus, leviter
compressas et inter loculis leviter sulcatus) ad 20-25 mm altus, 18-25 mm latus, pericarpio
manifeste extus puberulo, in sicco statu tenui (ca. 1,5 mm crassitudine) sat fragili, non
suberoso-maculato. Semen ovale vel suborbiculare (15 X 13 mm), testa rubro-nigrescenti;
cotyledones valde ruminati.
Typus speciei : 11539 SE.
Cette espèce, connue seulement par quelques échantillons provenant de la région
de Périnet, est caractérisée par ses ovaires et ses fruits pubérulents; sur le fruit encore
jeune la pubescence, très dense, est d’aspect soyeux. Les cotylédons sont très fortement
ruminés.
Les inflorescences sont souvent insérées sur les rameaux d’un assez gros dia¬
mètre, à l’aisselle des cicatrices des feuilles tombées. Les fleurs sont encore relativement
mal connues; les pétales, très variables de taille dans une même fleur, paraissent rare¬
ment au nombre de 5 (des observations sur des boutons en bon état seront nécessaires
pour confirmer celles que nous avons faites sur des fleurs adultes) ; les deux écailles
de la face interne des pétales sont tantôt libres, tantôt soudées en une pièce unique.
Les étamines sont au nombre de 5, 6 ou 7, les nombres 6 ou 7 paraissant être aussi
fréquents que celui de 5.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 143
6- Tinopsis apiculata Radlk. in Durand, lnd. Gen. : 78 (1887), in Engler et Prantl,
Nat Pflzfenf. 3.5: 342 (1895). — Tina apiculata (Radlk.) Radlk. ex Choux
1,1 ,ndex Sapindacées: 20 (1926), in Mém. Acad. Malg. 4: 78 (1927), in Cata¬
logue: 12 (1931); Radlkofer in Engler, l.c. : 1122 (1933).
Typus speciei : Thouars s. n° (« Doraxylon D?>).
Dans une lettre adressée par Radlkofer à Choux et citée par ce dernier auteur
lavoir Choux, Mémoires, p. 80) le Type de Tinopsis apiculata Radlk. est indiqué comme
étant un échantillon en fruits récolté par Thouars et portant la mention manuscrite
* aquilarioides >. Ni Choux, ni nous-mêmes, n’avons retrouvé cet échantillon dans les
C0 lections de Paris. En revanche, un échantillon de Thouars. sur lequel celui-ci a
Porté la mention « Doraxylon D ? » pourrait bien être, sinon l’Holotype, tout au moins
Un double de ce dernier. Sur cette part d’herbier Radlkofer a écrit, au crayon, la
remarque « Scheda confusa! ? ». Nous pouvons noter que dans les synonymes du Tina
apiculata signalés dans le Pflanzenreich on ne trouve aucune mention d’« aquilarioides »
Hais celle de « Gelonium sp. Thouars l. c. ( sine nom. spec.) ». N’ayant pas non plus
retrouvé cet échantillon nous pouvons nous demander si les deux synonymes signalés par
adlkofer ne sont pas dus à des confusions; cette question paraissant bien dif-
ncile à trancher nous avons décidé de désigner le « Doraxylon D ? » de Thouars comme
eotype ; cet échantillon correspond assez bien aux brèves descriptions du Tina apiculata
onnées par Radlkofer, en particulier à celle qui peut être tirée de sa clé des Tina
« oarcocarpium exterius tantum compactum, interius lacunoso spongiosum. Fructus major,
suberoso-maculatus ; folia 2-3 juga (?), foliota coriacea ».
Dans le matériel d’herbier de récolte récente nous possédons un assez grand
nombre d’échantillons conformes au « Doraxylon D ? » de Thouars. Radlkofer n’ayant
donné du Tinopsis apiculata qu’une diagnose très succincte nous en donnerons ici une
description plus complète.
Arbores médiocres vel (t. Perrier) nonnunquam excelsae (ad 20-25 m altae).
Ramuli robusti dense fulvo vel brunneo-rubro pubescentes. Folia magna (10-30 cm longa)
petiolata, petiolo (2-6 cm longo) robusto dense pubescenti ut et rachide supra leviter
sulcato; foliota 1-4-juga saepius opposite, petiolulata (petiolulo breve 2-5 mm longo,
supra apice sulcato), saepissime elliptica (6-20x2-6,5 cm), basi plus minus cuneata
nonnunquam obi usa vel etiam subrotundata, apicem versus e media parte attenuata, apice
acuta vel acurninata, haud raro obtusa, coriacea, supra glabra; Costa supra impressa sed
longitudinaliter carinulata, infra valde prominens et semper pubescens; nervi secundarii
10-15-jugi praecipue subtus bene prominuli, praeter marginem arcuatim anastomosan¬
tes, parum ascendentes, basi efoveolati; nervi tertiarii ut et reticulatio bene conspicui,
tertiarii secundariis plus minus parallelis; lamina non pellucido-punctata, marginibus
integris plus minus revolutis, saepe undulatis. Inflorescentiae axillares vel e foliorum
delapsorum cicatricibus ortae, 3-10 (-15) cm longue, racemiformes, saepe ramosae, cymulas
l-(2-3-) floras fer entes (inflorescentiae masculae quam foemineas magis ramosae mihi
videuntur), axibus dense puberulis. Flores unisexuales, dioici, ca. 4 mm diam., pedi-
cellati (pedicello 0,5-2 mm longo) ; scpala extra pubescentia, intus basi plus minus
puberula, exteriora triangularia vel ovato-triangularia (1,25-2,5 X 1,25-1,5 mm), interiora
majora, subpetaloidea, suborbicularia (2,25-3 X 2,25-3 mm), marginibus plus minus denti-
culatis; petala parva, haud exserta (1-1,8 X 1,2-2 mm) breviter onguiculata marginibus
valde inflexis squamulas 2 internas ciliatas quam petalum ipse subaequales vel vix minores
(inter se libéras vel nonnunquam inter se cohaerentes) efformantibus; discus glaber vel
ciliis paucis instructus filamentorum pressione valde sulcatus; stamina 5, parum exserta
(cum antheris 4 mm longa) fUamentibus et antheris (1,2 mm Ion gis) hirsutis (in floribus
foemineis staminodia vix 2 mm longa ) ; ovarium ovoideo-lageniforme; Stylus 1,2-2 mm
longus, lineis stigmatosis eo aequilongis. Fructus bacciformis plus minus obovoideus
vel subsphaericus (ad 20-25 mm longus) 1-rarius 2-spermus, basi breviter stipitatus, apice
stylo persistenti apiculatus, pericarpio sat crasso extus omnino suberoso-maculato (colore
fulvo). Semina ad 14 mm longa, totum arillo pulposo translucide involuta; cotyledones
laeves.
Source : MNHN, Paris
144
R. CAPURON
Duae variatates distinguendae sunt :
Var. apiculata. — Planche 37, fig. 1-4.
Pubescentia sat adpressa. Foliota ( 1-2 ) 3-4-juga; Costa supra glabra, subtus adpresse
pubescens. Lamina subtus glabra vel sparsissime pubescens. Ovarium glabrum vel pilis
rarissimis instructum.
Var. dasyphylla R. Capuron var. nov. — Planche 37, fig. 5-16.
Pubescentia subvillosa. Foliota 1-2 (-3)-juga; cosla supra pubescens subtus sub-
villosa; lamina subtus valde villosa et attactu mollissima. Ovarium pilis numerosis (sed
non contiguis) instructum.
Typus var.: 11957 SF (Analamazaotra).
Dans la variété apiculata la pubescence est, surtout sur les tiges et la nervure
principale à sa face inférieure, nettement apprimée; en dehors de la nervure principale
la face inférieure du limbe est pratiquement glabre. Cette variété paraît très largement
répandue dans les zones inférieures du Domaine de l’Est; on la retrouve cependant
assez haut dans ce Domaine et c’est à elle que nous rapportons les échantillons RN 105
(Ursch legit) et Perrier 4664 récoltés tous deux dans la forêt d’Analamazaotra.
Dans la variété dasyphylla la pubescence est beaucoup plus développée et nette¬
ment hérissée. En particulier la face inférieure des folioles est munie d’une dense
pubescence qui les rend douces au toucher (sur les vieilles feuilles cette pubescence
s’éclaircit nettement mais il en persiste cependant assez pour qu’elle reste bien visible).
Dans cette variété les nervures secondaires sont encore plus saillantes à la face inférieure
des folioles que dans la variété apiculata. La variété dasyphylla a été récoltée dans le
forêt d’Analamazaotra (nombreuses récoltes), dans la forêt d’Andriantantely (à l’Est de
la localité précédente) et également dans les zones inférieures du Domaine de l’Est
(région de Manakara et de Vangaindrano).
7. Tinopsis phellocarpa R. Capuron sp. nov. — Planche 38, fig. 4-5.
A specie praecedente difjert foliis gracilioribus glabrescentibus vel glabris, costa
subtus glabra vel glabrescente.
Typus speciei : 10570 SF (Tampolo, Fénérive).
Cette espèce, très affine de la précédente, possède des fruits à surface très
écailleuse-liégeuse. Elle en diffère surtout par sa pubescence beaucoup moins abondante.
Les rameaux adultes, quoique pubérulents, ne sont jamais recouverts de la dense et
courte toison qui recouvre ceux du Tinopsis apiculata. Les axes foliaires, dans l’ensemble
nettement plus grêles que dans cette dernière espèce, paraissent glabres à l’œil nu
(sous la loupe on voit des poils épars, apprimés) ; la nervure principale est glabre ou
glabrescente à sa face inférieure (elle est toujours nettement pubescente dans le T. api¬
culata) ; les nervures secondaires, souvent nettement ascendantes, sont généralement
moins marquées que dans le T. apiculata et parfois relativement peu distinctes des
nervures tertiaires. Les axes des inflorescences, souvent grêles, sont d’abord distinctement
pubescents puis deviennent glabrescents.
Tel que nous le concevons, le Tinopsis phellocarpa occupe pratiquement tout le
Domaine de l’Est. C’est une espèce assez variable dans laquelle on pourrait être tenté
de distinguer plusieurs taxa infraspécifiques; cependant comme elle demeure encore
assez mal connue (nous possédons très peu d’échantillons en fleurs) nous préférons,
pour le moment, nous abstenir de nommer ces diverses unités.
Grosso modo on peut reconnaître trois types, types d’ailleurs entre lesquels existent
des intermédiaires.
Dans les forêts littorales ou sublittorales comprises entre les régions de Fénérive
et d’Ambila-Lemaitso on trouve une forme à feuilles généralement de petite taille (moins
de 10 cm de longueur en général, exceptionnellement jusqu’à 15 cm) à 1 ou 2 paires
de folioles; les folioles, coriaces à l’état adulte, sont plus ou moins étroitement obovales
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAI'INDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
145
Tinopsis apiculata var. apiculala : 1, rameau en fleurs, x 2/3; 2, détail de la face
inférieure du limbe; 3, fruits, x 2/3; 4, coupe verticale d'un fruit, gr. nat.
Tinopsis apiculata var. dasyphylla : S, détail de la face inférieure du limbe; 6, fleur
femelle, x 4; 7-11, sépales, face interne, X 6; 12 et 13, pétale, faces interne
et externe, x 6; 14, disque, un staminode et ovaire, X 4; 15 et 16, fleur mâle,
Source : MNHN, Paris
146
(3,5-9 X 1,3-3 cm), longuement atténuées sur leur base, arrondies ou émarginées au
sommet. Les nervures secondaires, nettement ascendantes, ont parfois à leur aisselle des
fovéoles surtout visibles à la face supérieure du limbe sous la forme d’une légère
protubérance (leur ouverture, à la face inférieure, est minuscule). Les inflorescences
(seules les femelles nous sont connues), à axes densément pubérulents-fauves, sont des
grappes un peu ramifiées à la base et portent des cymules uniflores; les fleurs ont des
sépales faiblement pubérulents sur la face externe, munis de quelques poils courts sur
la face interne; les pétales, petits, ont des marges involutées formant deux écailles
libres l’une de l’autre; les staminodes sont très pubérulents et l’ovaire pratiquement
glabre. Les fruits ne paraissent guère dépasser 20 mm de longueur.
Cette forme ressemble beaucoup au Tinopsis conjugata (Radlk.) R. Capuron
(elle s’en distingue par ses fruits iiégeux et par la pubescence dont on retrouve des
traces nettes sur les axes des infrutescences).
Dans le Nord-Est de 111e, depuis la baie d’Antongil jusque dans la région au Sud
de Vohémar, dans les forêts de basse et moyenne altitude, on trouve une forme à
folioles (au nombre de 1-3 paires) généralement plus grandes (souvent 10-15 cm de
longueur), plus elliptiques, nettement atténuées vers le sommet qui est parfois un peu
acuminé; les inflorescences (femelles), les fleurs et les fruits sont sensiblement les
mêmes que dans la forme précédente.
Dans la même région que la précédente on trouve une troisième forme à
folioles (1-4 paires) largement elliptiques, parfois obovales-oblongues, à nervures moins
ascendantes et à fruits pouvant atteindre 25-30 mm de longueur.
Il est inutile de nous appesantir sur divers autres types, connus souvent par un
seul exemplaire, qui ont été récoltés dans la région de Périnet, d’Antsirabe (Mandritsara),
etc., et qui se rattachent plus ou moins à la dernière forme signalée.
8. Tinopsis macrocarpa R. Capuron sp. nov. — Planche 38, fig. 1-3.
Arbor 15-20 m ait a, innovationibus dense adpresseque puberulis, adultis glabris
vel glabrescentibus lenticelloso-punctatis. Folia alterna, petiolata, magna; petiolus 2-5,5 cm
longus, valde robustus, lignescens, supra subplanus, marginibus acutis, saepe subtus
lenticelloso-punctatus ; rachidis articuli petiolo similes, ut et petiolus ab initio sat dense
adpressc puberuli deinde glabri vel glabrescenles. Foliola (/-) 2-3-juga opposita vel
rarius subopposita, petiolulata (peliolulo 6-10 mm longo, supra limbi decurrentia canali-
culato), coriacea vel chartaceo-coriacea, elliptica ( 7,5-16 X 3,1-6,5 cm ), utrinque sensim
attenuata, apice acutiuscula vel breviler et obtuse acuminata, adulta glaberrima, pellucide
punctata, marginibus integerrimis plus minus undulatis, non vel vix recurvatis; Costa
supra plana vel leviter carinulata, sublus valde, prominens; nervi secundarii ca. 12-jugi,
basi efoveoluli, subpatuli, utrinque prominuli et bene conspirai, praeter margincs arcuatim
anastomosantes; nervi tertiarii secundariis plus minus paralleli sed graciliores; reticulatio
vix prominula (praecipue sublus visibilis). 1nflorescentiae axillares, 8-17 cm longae,
axibus dense adpresseque julvo-puberulis. Flores (bene aperti non vidi) extra puberuli;
sepala ( exteriora 2,5 X 2 mm, interna 3 X 2,5 mm) intus basi puberula; petala 5,
inclusa, dorsaliter pubescentia, marginibus lanuginosis inflexis et squamulas inter se
libéras ejjormantibus; discus sulcatus ciliatus; stamina villosa; ovarium ovoideo-com-
pressum, ciliatum. Fructus baccalus (tardissime dehiscens?) plus minus late ovoideus,
magnus, 1-2-spermus, ad 25-40 mm ait us et 20-30 mm latus, leviter compressas, basi
obscure stipitatus, apice brevissime stylo apiculatus, pericarpio (in vivo 3-5 mm crasso)
in sicco duro, extus plus minus suberoso-maculato ; semen ad 15-25 mm longum,
12-16 mm latum, testa nigrescenti; colyledones non ruminati.
Typus speciei : 8781 SF (col d’Ambatondradama, Nord de la presqu’île Masoala).
Cette espèce est connue actuellement depuis la baie d’Antongil jusque dans la
Réserve Naturelle n° 1 (Ambodiriana, Tamatave). Ses feuilles ressemblent un peu à
celles du Tinopsis Urschii ou, de plus loin, à celles du T. apiculata, mais à l’état adulte
elles sont complètement glabres (très jeunes elles portent une pubérulence peu dense).
Les fruits, à maturité, sont de très grosse taille; leur péricarpe est tantôt entièrement
écailleux-liégeux, tantôt seulement par plaques plus ou moins étendues. Les cotylédons
ne sont pas ruminés mais leur surface est légèrement côtelée-ondulée.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAI’INDACEES DE MADAGASCAR ET
COMORES
347
Planche 38
Tinopsi 5 macrocarpa : 1, rameau en fruits, X 2/3; 2, fruit, coupe longitudinale, gr.
nat.; 3, id., coupe transversale, gr. nat.
Tinopsis phellocarpa : 4, rameau en fleurs, x 2/3; 5, infrutescence, X 2/3.
10
Source : MNHN, Paris
148
î. CAPURON
9. Tinopsis conjugata (Thouars ex Radlkofer) R. Capuron comb. nov. — Tina conjugata
Thouars ex Radlkofer in Engler, l. c. : 1122 (1933). — Gelonium sp. Thouars
l. c. ( arbores... foliis conjugatis). — Aquilaroides conjugata Thouars mss. in scked.
— Planche 39, fig. 1-2.
Typus speciei : Thouars s. n° («Aquilaroides conjugata»).
Cette espèce est aisément reconnaissable à ses feuilles normalement à deux folioles
(à quatre folioles en partie dans un échantillon de Fort-Dauphin) et à ses inflorescences
à axes glabres (il y a tout au plus quelques cils sur les bractées et les bractéolcs). Les
pétioles des folioles sont plans dessus, non canaliculés (cela est dû à la décurrence de
la base du limbe qui se fait sur les bords du pétiolule et non à sa face supérieure) ; ce
caractère se retrouve dans l’espèce suivante. Les fruits ont un péricarpe lisse, souvent
un peu glaucescent; à maturité ils atteignent environ 14 mm de hauteur sur 7-11 mm
de diamètre (suivant qu’il y a 1 ou 2 graines développées). Les cotylédons sont lisses.
Les fleurs, unisexuées, sont le plus souvent dioïques, parfois monoïques.
Cette espèce parait localisée dans les forêts littorales ou sub-litlorales du Domaine
de l’Est. Nous la connaissons actuellement depuis la baie d’Antongil jusqu’à Fort-
Dauphin.
10. Tinopsis tampolensig R. Capuron.
Arbor ad 10-15 m alla, fere omnino glabra, ramulis junioribus vix adpresse-puberulis,
adultis glabris dense lenticelloso-punclatis. Folia ( 12-) 15-35 cm longa, alterna, petiolata,
petiolo 3-6 (-8) cm ut et racliidis articulis robuslo , lignoso, supra complanato marginibus
angulatis, ab initio glabrescenti deinde glaberrimo, ima basi subtus lenticelloso-punctato.
Foliola ( 1 -) 2-3-juga, petiolulala, petiolulo 5-10 mm longo supra subpiano (later aliter
basi laminae decurrentia apice marginato ), plus minus late elliptica, (6-) 8-12 (-20) X (2-)
3-4,5 (-8,5) cm, basi saepe manifeste inaequilatera, basin versus cuneata, apice obtusa
vel rotundata, coriacea, glaberrima, dense pellucido-punctata, marginibus integris plus
minus undulatis vix recurvis; Costa supra plana (non carinulata), subtus parum prominens;
nervi secundarii, basi ejoveolati, sat numerosi, utrinque prominuli praeter margines arcua-
tim anastomosantes a tertiariis sat indistincti. Inflorescentiae partim axillares partim apice
ramulorum injra gemmulam conferli, (5-) 10-15 cm longi, ramosi, axibus angulosis plus
minus complanatis fere omnino glabris (bracleolae solum parce cilialae). Flores (masculi
solum vidi) bréviter (1 mm) pedicellati, extra glabri; sepala marginibus breviter ciliata,
extra glabra, intus supra basin adpresse puberula, externa ovato-triangularia (ca. 2 X
1,5 mm) interna suborbicularia (ca. 2,5 mm diam.) ; petala sepalis breviora obtriangularia
(ca. 1,5 mm longa et lata) basi breviter onguiculata, onguiculo piloso, lamina utrinque
glabra, marginibus dense villosis et valde revolutis squamulas duas lamina aequilongas
efformantibus; discus parum sulcatus glaber; stamina (5) fUamentibus (in alabastro
2-geniculatis) villosis ca. 2,5-3 mm longis, antlieris dense ciliatis 1 mm longis; pistillo-
dium parce ciliatum. Fructus magnus (ad 4 cm longus) male notatus. Semcn?
Typus speciei : 16017 SF.
Cette espèce n’est encore connue que de la forêt littorale de Tampolo au Nord
de Fénérive. Elle est certainement voisine de T. conjugata bien que ses feuilles, ayant
généralement 2-3 paires de grandes folioles, lui donnent un aspect assez différent. Nous
noterons dans les deux espèces la glabréité presque complète, la même forme des axes
foliaires et des pétiolules, à peu près le même aspect du limbe, etc. Les fruits (nous
n’avons vu que des fruits tombés au sol et par suite en mauvais état) sont beaucoup
plus gros.
11. Tinopsis dissitiflora (Baker) R. Capuron comb. nov. — Cupania dissitiflora Baker
in Journ. Linn. Soc. 25 : 308 (1888). — Bemarivea dissitiflora (Baker) Choux in
C.R. Acad. Sc. 181 : 72 (1925), in Index 18 (1926), in Mém. Acad. Malgache 4 :
81 et tab. 10, fig. 20 (1926), in Ann. Mus. Hist. Nat. Marseille 22 : 44 in annot.
(1929), in Catalogue : Il (1931) ; Radlkofer in Engler /. c. : 1124 (1933). — Tina
isoneura Radlk. p. p. in Palacky. Cat. Plant. Madag. 5 : 53 (1907).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAP1NDACÉKS
E MADAGASCAR ET DES COMORES
149
Planche 39
Tinopsis conjugata : 1, rameau en fleurs, x 2/3; 2, fragment d'infrutescence, X 2/3.
Tinopsis dissitiflora s. sp. dissitiflora : 3, rameau en fleurs, X 2/3; 4, fleur mâle, X 4;
S, fleur mâle, deux sépales enlevés, x 4; 6 et 7, pétale, faces interne et externe,
X 4; 8, étamine, X 6; 9, fleur femelle, x 4; 10, ovaire, une loge ouverte, X 4;
11 et 12, staminodcs, x 6; 13, fruits, x 2/3.
Tinopsis dissitiflora s. sp. suarrzensis : 14, rameau en fruits, X 2/3; 15-17, trois pétales,
face interne, dont deux ont été débarrassés de leurs poils, X 4.
Source : MNHN, Paris
150
l’URON
Typus speciei : Baron 5694 (Befandriana).
Le Tinopsis dissiti/lora est un arbre pouvant atteindre 25-30 m de hauteur très
largement répandu dans le Domaine Occidental de Madagascar, depuis la région Analalava-
Antsohihy au Nord, jusqu’aux confins orientaux de l’Androy au Sud. Il pénètre, dans la
partie mériodionale de son aire, jusqu’aux confins du Domaine du Centre et même de l’Est
(Betroka, Ihosy, etc.). C’est une essence qui affectionne les bords des cours d’eau, les
zones inondées en saison des pluies; dans la basse vallée de la Tsiribihina par exemple
nous avons observé des vallons à fond plat où l’eau séjourne longtemps durant la saison
chaude et où le Tinopsis constitue l’essence dominante du peuplement; l’arbre présente
souvent des contreforts à la base du tronc. Cette espèce est aisément reconnaissable à
ses feuilles munies de (1-) 2-3 paires de folioles membraneuses étroitement oblongues
ou oblongues-lancéolées environ 4-6 fois plus longues que larges; le sommet du limbe
est le plus souvent obtus ou arrondi mais on observe des échantillons sur lesquels le
limbe s’atténue assez longuement en pointe vers le sommet. Les rameaux et les feuilles
adultes sont pratiquement glabres. Les fovéoles sont nulles ou au nombre de 1-2 et
alors assez grandes et faisant nettement saillie à la face supérieure du limbe. Les
inflorescences ont des axes finement pubérulcnts ou glabrescents. Les fleurs, unisexuées,
sont le plus souvent dioïques mais on observe des échantillons (par exemple 12530 SF,
Seyrig 2) où les deux sexes se rencontrent dans la même inflorescence. Les pétales au
nombre de 5 (-6) sont plus courts que les sépales mais très variables, même dans une
seule fleur; comme l’a indiqué Choux il y a une squamule unique à la face interne
des pétales mais cette squamule peut être entière ou échancrée au milieu sur la moitié
de sa hauteur. Les étamines sont au nombre de 5 le plus souvent; cependant dans
quelques échantillons (Perrier 4581 et 2277) presque toutes les fleurs ont 6 ou 7 étamines.
Le fruit est toujours nettement stipité à la base. — Planche 39, fig. 3-13.
Dans la région de Diégo-Suarez (forêt de Sahafary) on trouve, le long des cours
d’eau, un Tinopsis qui diffère du T. dissiti/lora par ses feuilles à folioles nettement
elliptiques, plus larges relativement à leur longueur (5,2-14 X 2,1-5 cm), presque toujours
pliées en long suivant leur nervure principale; de plus, dans les fleurs analysées, les
pétales nous ont toujours montré des squamutes libres entre elles et non soudées en
lamelle unique. Les fruits (immatures) ont la même forme que dans le T. dissiti/lora
mais sont plus longuement stipités. Nous rattacherons ces plantes au T. dissiti/lora en
les groupant dans une sous-espèce suarezensis.
Tinopsis dissitiflora (Baker) R. Capuron s. sp. suarezensis K. Capuron s. sp. nov. —
Planche 39, fig. 14-17.
A. s. sp. dissitiflora dif/ert foliolis ellipticis proportionaliter latioribus ( 2,5-3-plo
longioribus quam latis ), apice acutiusculis, petalis marginibus reflexis squamulas duas
libéras efformantibus.
Typus s. sp. : 11371 SE (forêt de Sahafary, Diégo-Suarez).
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
151
XI. NEPHEL1EAE
Cette tribu groupe les Sapindacées à loges ovariennes 1-ovulées, à feuilles pari-
pennées, à fruits très profondément lobés indéhiscents (ou à lobes se fendant simplement
sur le dos) et à graines complètement entourées d’un arillode charnu, pulpeux et trans¬
lucide.
La profonde lobation des fruits différencie cette tribu de celle des Schleichereae;
l a présence d’un arillode autour des graines la sépare des Sapindeae.
Trois représentants de cette tribu sont plus ou moins largement cultivés dans la
région orientale de la Grande Île : le Litchi (Litchi chinensis Sonn.), le Litchi chevelu
(/V ephelium lappaceum L.) et le Longanier ( Euphoria longana Lam.).
Deux genres malgaches ont été rapportés à cette tribu, Omalocarpus Choux qui,
nous l’avons vu, s’identifie au genre Deinbollia de la tribu des Sapindées, et Pseudolitchi
Danguy et Choux, inséparable du genre Stadmania Lam., le Pseudolitchi Grevei Dang.
et Choux n’étant autre que le Stadmania oppositijolia Poir.
Dans les récoltes récentes nous avons trouvé cinq autres espèces de Stadmania
qui ne diffèrent de l’espèce type que par la présence d’une corolle, caractère très
insuffisant pour les séparer génériquement du S. oppositijolia.
23. Stadmania Lamarck
Stadmania Lam. lll. Gen. tab. 312 (1793) ; Poiret in Lam., Encycl. Méth. 7 : 376 (1806) ;
Radlkofer in Engl. I. c. : 1009 (1933).
Pseudolitchi Dang. et Choux, Bull. Mus. Hist. Nat. Paris, 32 : 390 (1927) ; Radlkofer
in Engler, l. c. : 1498 (1934).
Type : Stadmania oppositijolia Poiret.
Comme Exell, nous adoptons la graphie originale de Lamarck. Poiret (1819),
De Candolle et les auteurs subséquents ont adopté la graphie Stadmannia. Du Petit
Thouars (in Obs. PI. H. Austr., p. 54) écrivait Stadtmania.
Dans le S. oppositijolia Poir. les fleurs sont apétales et les fruits, à maturité,
ont un péricarpe qui se fend le long de leur ligne médiane dorsale (cette pseudodéhis¬
cence paraît tout à fait analogue à celle que l’on observe chez les Schleichérées) ;
l’arillode enveloppe toute la graine (comme dans le Litchi chinensis il est libre du tégu¬
ment séminal, en forme de poche dont les bords se rabattent l’un sur l’autre sans se
souder). Dans les Stadmania nouveaux que nous allons décrire, la corolle est présente;
les pétales, bien développés dans certaines espèces, sont très réduits dans d’autres. Les
fruits, autant que les Lémuriens qui en sont très friands nous aient permis de le
constater, paraissent également se fendre sur le dos à complète maturité. Dans le
S. oppositijolia les fleurs sont monoïques, dans les nouvelles espèces elles sont dioïques.
Nous distinguerons deux sections dans le genre Stadmania élargi et nous donnerons
le nom de Tricoccodendron à la section nouvelle caractérisée par ses fleurs dioïques
munies de pétales.
Source : MNHN, Paris
152
R. CAPIIRON
La clé suivante permettra de séparer les six Stadmania reconnus :
1. Pétales nuis; plantes monoïques; folioles entières; disque pubescent; sépales pubesccnts sur les deux
faces; filets staminaux glabres sauf parfois à la base (Scct. Stadmania). 1. S. oppositifolia.
V. Pétales présents; plantes dioïques (Sect. Tricoccodendron).
2. Folioles glauques en dessous, à marges dentées (au moins en partie); nervure principale en creux
à la face supérieure, sur le sec; calice à lobes profonds, glabre sur sa face interne; pétales dépassant
le calice; étamines pubescentes.
3. Folioles 8-12 paires, membraneuses, dépassant rarement 2 cm de largeur, environ 5-8 fois plus
longues que larges, à dents parfois à peine marquées, jamais spinulescentes; nervures secondaires
faiblement saillantes en dessous, s’amincissant nettement vers les bords; disque glabre.
2. S. glauca.
3'. Folioles 5-6 paires, coriaces, de 24 cm de largeur, environ 2-3,5 fois plus longues que larges;
dents presque spinulescentes; nervures secondaires très saillantes en dessous, atteignant les
bords; disque poilu. 3. S. excelsa.
2'. Folioles non glauques en dessous, entières ou dentées; nervure principale en fine carène dessus
sur le sec; calice à lobes peu profonds, pubescent sur sa face interne; disque pubescent.
4. Pétales grands, très nettement exserts, contigus par leurs bords; anthères glabres, longues de
4-5 mm dans les fleurs mâles; coques du fruit velucs-hérissées (les poils atteignant près de 2 mm
de long); folioles toujours très entières; poils toujours simples. 4. S. acuminota.
4'. Pétales petits ou très petits, non ou à peine exserts, non contigus par leurs bords; anthères de
2 mm au plus de longueur dans les fleurs mâles; coques du fruit très brièvement pubescentes-
soyeuscs. Folioles dentées (les dents pouvant s’effacer plus ou moins sur les vieilles feuilles)
ou plus rarement entières.
5. Filets staminaux et anthères pubescents; pubescence constituée, au moins en partie (voir
pédicelles, calice, feuilles jeunes) de poils en touffe; folioles dentées, rarement entières.
5. S. serrulata.
5'. Filets staminaux et anthères glabres, poils tous simples, non en touffe; folioles grossièrement
dentées. 6. S. Leandrii.
Scct. Stadmania
1. Stadmania oppositifolia Poiret in Lam., Encycl. Méth. 7 : 376 (1806) ; in Tabl.
Encycl. 2 : 443 (1819); Exell in Flora Zamb., 2-2 : 533 (1966). — Stadmannia
sideroxylon DC., Prodr. 1 : 615 (1824); Radlkofer in Engler, l. c. : 1010 (1933),
nom. illegit. — Nephelium oppositifoliolum Cord. in Flore Réunion: 379 (1895),
nom. illegit. — Pseudolitchi Grevei Dang. et Choux, l. c.; Choux, Catalogue :
11 (1931) ; Radlkofer in Engler, l. c. : 1498 (1934). — Planche 40, fig. 1-6.
Typus speciei : Stadman 419 in Herb. Lamarck (Isle de France, « Bois de fer *) -
Dans un travail récent Exell [in Bol. Soc. Brot., Sér. 2, 38 : 114 (1964) ] a distingué
dans le S. oppositifolia deux sous-espèces, l’une (s. sp. oppositifolia) septentrionale
(Kenya, Tanganyika, Madagascar et Maurice), l’autre (s.sp. rhodesica Exell) méridionale
(Rhodésie du Sud et Transvaal) ; d’après l’auteur, cette nouvelle sous-espèce se diffé¬
rencierait du type par ses inflorescences plus courtes, ses feuilles plus petites, ses folioles
pubérulentes ou finement pubescentes à la face inférieure (surtout vers la base de la
nervure médiane) et par sa pubescence constituée de poils plus ou moins étalés (apprimés
dans la ssp. oppositifolia). Nous partageons entièrement l’opinion d’Exell suivant
laquelle les Stadmania oppositifolia malgaches appartiennent à la s. sp. oppositifolia.
Au cours d’un bref séjour à Pile Maurice j’ai pu, grâce à l’aimable obligeance
du Dr Vaughan, examiner des échantillons d’herbier du « Bois de Fer » et surtout voir
sur pied, dans leur station naturelle, quelques exemplaires de cette essence. J’ai pu
constater que le port des arbres et le caractère platanoïde de l’écorce se retrouvaient
identiques dans les plantes de Madagascar et de Maurice et qu’il était impossible de
les distinguer spécifiquement.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
153
Stadmania oppositifolin var. opposilifolia : 1, rameau en fruits, X 2/3; 2, détail de la
nervation, à la face inférieure.
Stadmania opposilifolia var. Grevei : 3, une feuille et une inflorescence, X 2/3; 4, fleur
mâle, X 3; 5, fleur femelle, l’ovaire commençant à se transformer en fruit,
X 3; 6, id., calice et authérodes enlevés, x 3.
Stadmania acuminala : 7, feuille et inflorescence mâle, x 2/3; 8, fleur mâle, x 2;
9, pétale vu de trois-quarts, x 2; 10, pétale, face externe, x 2; 11, disque et
un pétale (fleur mâle), x 3; 12, section transversale d'une anthère, x 10;
13, inflorescence femelle, x 2/3; 14, fleur femelle, en début d’anthèse, débar¬
rassée des pétales, X 3; 15, style, en fin d’anthèse, x 5; 16, fruit, gr. nat.;
17 et 18, graine, vue par la fuce dorsale et de profil, x 2/3; 19, embryon, x 2/3.
Source : MNHN, Paris
154
R. CAPURON
A Madagascar, le S. oppositifolia occupe la majeure partie de la Région Occiden¬
tale, depuis Vohemar au Nord jusqu’à l’Onilal.y au Sud. Sur cette aire très vaste nous
avons cru pouvoir distinguer deux variétés: une variété oppositifolia et une variété
Greva (Dang. et Choux) R. Cap.
a. Var. oppositifolia. — Planche 40, fig. 1-2.
Dans cette variété dont l’aire connue s’étend de Vohémar jusqu’à la vallée du
Manambolo, les filets staminaux (ainsi que ceux, très courts, des staminodes) sont
nettement ciliés; souvent l’endocarpe présente, autour du point d’insertion de la graine,
quelques poils courts (c’est le cas en particulier de tous les échantillons de la région
ÎNord) comme on en observe dans les plantes des Mascareignes. Les folioles sont relati¬
vement larges et les inflorescences plus longues que dans la variété suivante. Certains
échantillons de la région de Diégo-Suarez (par exemple Humbert 19202) sont inséparables
d’échantillons de Thouars récoltés à Maurice.
b. Var. Grevei (Dang. et Choux) R. Cap. stat. nov. — Pseudolitchi Grcvci Danguy et
Choux /. c. — Stadmannia angustifolia Radlk. mss. in sched. — Planche 40.
fig. 3-6.
Typus var. : Grevé 243 (Morondava).
Dans cette variété, les filets staminaux sont glabres (ou ne portent que quelques
cils rarissimes), l’endocarpe est toujours glabre. Les folioles sont, dans l’ensemble, plus
étroites et les inflorescences moins longues.
Cette variété occupe l’aire comprise entre la région de Morondava et l’Onilahy.
On la trouve souvent en mélange avec le Zanha suuveolens (ce dernier pourra se distin¬
guer par ses folioles dentées alors qu’elles sont toujours très entières dans le Stadmania).
Sect. Tricoccodcndron R. Capuron
Tricoccodendron sect. nov.
A sect. Stadmanin differt jloribus dioicis pctalis 5 instructis.
Typus section is : Stadmania acuminata R. Capuron.
2. Stadmania (Tricoccodendron) glauca R. Capuron sp. nov. — Planche 4L
fig. 4-11.
Arbor excelsa, ad 25 m et ultra alla, innovationibus dense ferrugineo-pubescentibus,
ramulis deinde glabrescentibus vel glabris, plus minusvc sulcatis, lenticelloso-punctatis .
Folia alterna, extipulata, paripinnala, (5-) 8-12-juga, peliolo ( 4-9 cm longo) racltique
supra planiusculis ab initia dense lulvo-pubescentibus deinde glabrescentibus vel glabris;
joliola breviter ( 0,5-2 mm) petiolulata, opposita vel subopposita vel alterna, lanceolata
vel lanceolata-linearia (inferiora superioribus aequalia vel vix minora), (3,5)-5-8-pl»
longiora quam lata [(2,3-) 4-10 cm longa, 0,7-2,1 cm lata) basi saepe leviter assymmetrica,
obtuse cuneata vel subroturulata, apice acuta, imo apice saepe mucronulata, marginibus
longe subparallelis integris vel remote 1-5-dentatis ; lamina pellucido-punctata membra-
naceo-chartacea, supra lucida glabra (costa excepta plus minusve puberula), infra sub
lente manifeste brunneo-puberula (secus costam, nervos et reticulationcm) et praesertim
ab initio glauca (glandulis microscopicis numerosissimis tegumentum obtegentibus?) >'
costa supra canaliculata, infra prominens; nervi secundarii 15-30-jugi, supra obsoled,
infra prominuli, juxta niarginem tenuatim arcuati. Inflorescentiae (masculas solum vidi )
axillares vel ad foliorum delapsorum cicatricibus insertae, rar.emiformcs (4-) 7-14 cm
longue sat dense cymulas l-2(-3) -floras (inferiores pedunculatas, superiores sessiles)
gerentes, dense rufo-pubeseentes. Pedicelli 3-6 mm longi; calyx 3-3,5 mm latus, 2 mm
altus, e tertia parte inferiore lobatus, extra pubescens intus glaber, lobis triangulan-
cordiformibus, marginibus ciliatis (pilis glandulosis nonnullis intermixtis). Petala laie-
obovata, apice leviter recurvata, extus pilosa, calycc aequalia, intus squama apice crenata
Source : MNHN, Paris
RÉVISION UES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
155
Planche 41
Stadmania excelsa : 1, feuille et inflorescences femelles, x 1 /2; 2, pétale, face externe,
x 4; 3, fleur femelle, après l’anthèse, x 3.
Stadmania glauca : 4, rameau en fleurs (mâle), X 2/3; 5, fleur mâle, x 3; 6 et 7,
pétale, faces externe et interne, x 4; 8, disque et base des filets staminaux,
x 4; 9, coupe longitudinale d’une fleur, x 4; 10 et 11, anthères, faces externe
et interne, X 4.
Source : MNHN, Paris
156
l’URON
petalo ipso longiore et latiorc instructa; squama mnrginibus luteralibus lanuginoso-
pubescentibus, apice subcarnoso bilobato-crenata et pilis Ion gis basin versus direclis
instructo. Discus glaber, cupuliformis (2,5 mm diam., 1,5 mm allas), margine crenulatus-
Stamina 8, longe exserta, filamentibus 4,5-5,5 mm longis, infra medium pilis longis
instruclis, supra glabris; antherae ovuto-oblongae ( 2,25x1,5 mm), basi excisac, api c<
apiculatae, thecis sat longe pubescentibas. Pistillodium dense pilis filiformibus tectum-
Flores foeminei fructusque non suppetebant.
Typus speciei : 8955 bis-SF. (Amboditavolo, bassin de la Fananchana).
Dans cette espèce (et à un moindre degré il en est de même dans les espèces
suivantes) les pétales présentent une constitution analogue à celle des Plagioscyphus;
d’après les descriptions il semble aussi que des pétales analogues se rencontrent dans
le genre Smelophyllum Radlk. d’Afrique méridionale. Chaque pièce de la corolle est
constituée schématiquement de deux lames : une lame externe, poilue extérieurement,
de même longueur environ que le calice, à bords supérieurs un peu révolutés, constitue I e
pétale proprement dit; la lame interne à peu près deux fois plus large et plus longue
que ce dernier constitue l’écaille pétalaire; cette écaille assez nettement charnue,
surtout dans sa moitié supérieure, est de forme générale obtrapézoïdale ; sa marge
supérieure est plus ou moins divisée en deux lobes qui sont eux-mêmes crénelés; sur la
face interne cette marge est munie de nombreux poils dirigés vers le bas; les marges
latérales de la lame sont ciliées-laineuses.
Dans cette espèce les folioles sont nettement glauques à la face inférieure, au moins
quand elles sont encore jeunes; sur les vieilles feuilles cette glaucescence peut s’atténuer
assez fortement, mais il reste généralement des plages où elle est cependant nettement
perceptible. Sur les échantillons florifères les folioles sont entières ou ne portent que
quelques dents; sur les jeunes sujets les folioles sont par contre munies de nombreuses
dents.
Le Stadmania glauca est une espèce rare mais à aire de répartition très étendue.
Nous la connaissons depuis Antalaha au Nord jusqu’à la limite méridionale de la
forêt orientale (col du Maningotry, aux environs de Fort-Dauphin).
3. Stadmania (Tricoccodendron) cxcclsa R. Capuron sp. nov. — Planche 41,
fig. 1-3.
Arbor maxima ad 30-35 m alla et l m diam., ramulis robuslis ab initio dense
brcvilerque rubiginoso-pubescentibus, deinde glabris et lenticellato-punctatis. Folia alterna,
5-6-juga, petiolo 5-7 cm longo, basi inflato, supra subpiano vel leviter canaliculato, rachi
7-15 cm longo, supra 2-canaliculato, apice mucronato; petiolus rachisque rubiginoso-pubes-
centes, pilis plus minusve caducis, saepe lenticelloso-punctali. Foliola subsessilia vel breviter
petiolulata (petiolulo 2-3 mm longo), inferiora et superiora saepe quant mediana parviora,
oblonga (4,5-12,8 X 2,2-4^2 cm ), 2-3,5-plo longiora quam lata basi apiceque obtusa vel
rotundata, imo apice manifeste mucronata; lamina coriacea, discolor, supra glabra (secus
inferiorem partem c.ostae excepta), infra glauca vel grisea et pilis brunneis crispâtuhs
numerosis instructa (secus costam nervosque densissimis ), mnrginibus saepe recurvatis,
manifeste dentatis, dentibus subspinescentibus (nervi secundarii ultra marginem apiculos
efformant). Costa supra impressa, infra prominens; nervi secundarii 12-22 jugi, infra bene
prominuli, prope marginem arcuati et dentorum apices attengentes; nervi tertiarii trans¬
versales et plus minusve. conspicue scalariformes. Inflorescentiae (foemineas et post flora-
tionem solum vidi) axiUares vel e foliorum delapsorum cicatricibus ortae, solitariae,
(2,5-) 4-12 cm longae, racemiformes, e basi ad apicem cymulas subsessiles 1-3-floras
gerenles, dense brevitcrque rubiginoso-pubescentes. Calyx circa 5-6 mm latus. laie cupu-
laris, ad medium dentatus, dentibus (2-2,5 X 1,5-2 mm) ovato-triangularibus, marginibus
ciliatis, extra pubescens, intus glaber. Petala anguste obovata, basi unguiculata, extra
pubescentia, intus squamula carnosula petalo ipso longiore apice cristata et crenulato-
dentata attela (petalum cum squamula ca. 3-4 mm longa, 2-3 mm lata) ; discus crassus,
laie cupularis, margine crassa crenulataque, extra valdc pubescens, intus puberulus;
staminodia exserta filamentibus (2-2,5 mm longis) dense longeque pubescendbus, apice
Source : MNHN, Paris
REVISION
ES 5APINDACÊUS
F. MADAGASCAR
COMORES
157
Slatlmania serrulata : 1, rameau en fruits, X 2/3; 2, fleur mâle, X 3; 3 et 4, pétale,
faces interne et externe, x 9; 5, ovaire en cours de transformation eu fruit,
x 4; 6, staminodc, x 9; 7, poils de l'ovaire, fortement grossis.
Sladmania Leandrii : 8, rameau en fleurs (mâle), x 2/3; 9, fleur mâle, X 3; 10, fleur
femelle, x 4; 11 et 12, pétale, faces interne et externe, X 9; 13, disque et
base des filets staminaux, x 4; 14, poils de l’ovaire fortement grossis; 15,
Source : MNHN, Paris
158
(. CAPURON
subulatis ; antherae ( vacuae ) pubescentcs, ovalo-triangulares, basi excisae, apice apiculatae.
Ovarium 3-lobatum, pilis longis densissime tectum, loculis inlus pilis longis albidis
mstructis. Stylus 5-6 mm longus leviter spiraliter contortus, suluris stigmatosis sat
prominentibus instructus, omnino pubescens. Flores masculi et fructus non suppetebant.
Typus SPECIEI : 8969 -SF (Androrona, bassin de la Fananeliana).
Cette espèce se distingue de la précédente par ses folioles plus larges, oblongues,
nettement plus coriaces, à marges dentées spinulescentcs; en outre, le disque est ici
densément pubescent.
Comme la précédente le S. excelsa est une espèce à aire de répartition vaste (de
la baie d’Antongil à Fort-Daupliin), mais elle parait encore plus rare.
4. Stadmania (Tricoccodcndron) acumiisuta H. Capurun sp. nov. — Planche 40,
fig. 7-19.
Arbor excelsa (ad 30 m alta) ramulis junioribus sparse pubescentibus deinde
glabris, longitudinaliter sulcatis, lenliceiloso punctalis. Folia alterna, (l-)3-5-juga, petiolo
(I-) 4-9,5 cm longo, basi inflato, supra subpiano vel convexo, rachi (2,2-) 5-12 (-16) cm
longo; petiolus rachisque pilis rufo-nigricantibus instructi, saepe lenticelloso-punctati.
Foliota (inferiora minora) valde variabilia, petiolulata (petiolulus 2-7 mm longus),
inferiora plus minusve elliptica (3-12-17 X 1,7-4,5-5,5 cm), 2-3-plo longiora quam lata,
superiora elliptico-lanceolata [ 7-20(-28) X 2,5-5,5(-7,5) cm], 3-4-plo longiora quam lata, basi
asymmetrica fere semper acutc-cuneala, apice acuminata (acumine saepius longo, rarius
brève latoque), imo apice rolundalo vel acuto et fere semper breviter mucronato ; lamina
chartacea, concolor, saepe in sicco statu subrubra, supra glabra, subtus glabra costa
nervique excepti (pilis paucis instructi), marginibus integerrimis subrevolutis; costa
supra leviter carinulata, infra valde prominens; nervi secundarii 12-25-jugi, supra vix
canaliculati, infra prominuli, juxta marginem tenuatim arcuati; nervi lertiarii tenuissimi,
plus minusve scalariformes, lnflorescentiae solitariae, axillares vel e delapsorum foliorum
cicatricibus ortae, 4-18 cm longae, racemiformes, e basi ad apicem cymulas 1-2-floras
breviter pedonculatas (1-2 mm) gerentes, dense brunneo-pubescentes; bracteae triangu-
lares 1-2 mm longae. Pedicellus 1-2 mm longus; calyx intus dense pubescens, sat late
cupularis (4-6 mm diam.) 5-dentatus, dentibus parvis sinubus late rotundatis separatis;
petala (cum squama ca. 5 mm alta, 4 mm lata), suborbicularia parva extra glabra (basis
excepta) margine ciliata, intus squama carnosula pelalo ipso 3-plo (in flor. masc.)
vel 4-plo- (in flor. foem.) longiore aucla; squamula apice cristato-denticulata, margi¬
nibus dense longeque lanuginoso-pubescentibus (pilis basin versus plus minusve directis) ;
discus (3 mm altus, 4 mm diam.) extra pubescens, margine leviter patula et sinuata dense
villosa; stamina omnino glabra, 8, in floribus masculis longe exserta, filamentibus apice
subulatis 8 mm longis (in flor. foem. vix 1 mm longis), antheris ovato-oblongis
(4 X 1,5 mm) marginibus subparallelis, basi excisis, apice obtuse apiculatis (in flor.
foem. antherae 2,5 X 0,75 mm). Ovarium (in flor. masculis pistillodium pilosum) 3-lobu-
latum, densissime pilis apice leviter clavatis vestitum, 3-loculare, loculis intus dense
pilis longis albidis vestitis; Stylus reclus suluris stigmatosis 3 instructus, ab inilio brevis
deinde valde elongatus et plus minusve spiraliter contortus (post anthesin ad 10 mm
longus), pilis clavatis paucis instructus. Fructus (arbortu 1-2-) 3 coccus, coccis subsphaericis
ad 2 cm (pilis inclusis) diametantibus, pericarpio crustaceo-coriaceo extra densissime
pilis (longioribus flliformibus 2 mm longis, brevioribus apice clavatis) hirsutis vestito,
endocarpio pilis longis parum densis instructo. Semen arillo carnoso, translucido, acidulo,
omnino involutum, ambitu subcirculari (13-14 mm diam.) lateraliter compressum (9 mm
crassum), testa brunneo-rubra fragili; embryo semine conformis curvatus, notorrhizus;
cotyledones crassae, subaequales, superpositae ; radicula brevis, triangularis, plica testae
dorsali excepta.
Typus speciei : 8668-SF (F 1.9) ; Paratypus : 8667-SF (F l.cf). (Environs de la baie
d’Antongil.)
Cette très belle espèce n’est encore connue que dans les régions d’Antalaha
et de la baie d’Antongil; dans cette dernière région, c’est une espèce assez fréquente;
les beaux exemplaires de cette espèce atteignent souvent 25-30 m de hauteur. Les fleurs
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
159
ont des pétales de couleur blanc jaunâtre sur le frais. Les folioles sont toujours très
entières. La pubescence est constituée de poils simples. Sur l’ovaire les poils sont nettement
renflés en massue au sommet; sur le fruit ces mêmes poils sont entremêlés de nombreux
poils normaux. Nous retrouverons des poils en massue dans le Stadmania serrulata.
Dans la Montagne d’Ambre (et peut-être le Sambirano) on trouve des arbres
appartenant à cette espèce mais différant du type par plusieurs caractères. Les feuilles
sont en règle générale plus petites, les folioles ne dépassant guère 7 X 2 cm (exception¬
nellement 10 X 2,5 cm) ; la nervure principale et les secondaires sont fortement poilues-
roussâtres à la face inférieure. Enfin le pétale proprement dit est nettement plus développé
par rapport à l’écaille interne et atteint les 4/5 de la hauteur de celle-ci (au lieu
du tiers seulement).
Nous grouperons ces échantillons dans une variété spéciale que nous nommerons
var. ambrensis.
Stadmania acuminata K. Cap. var. ambrensis K. Cap.
A typo differt joliolis minoribus, 7-(10) X 2(-2,5) cm, costa et nervis secundariis
subtus vcdde rufo-pubescentibus, petalis vix squamula interna superatis.
Typus var. : 20019-SF (F 1. cf) [Montagne d’Ambre].
5. Stadmania (Tricocrodendron) serrulata K. Capuron sp. nov. — Planche 42,
fig. 1-7.
Arbor mediocris vel alta (ad 25 m alta ), ramulis ab initio pilis brevissimis (pro
maxima parte fasciculatis) julvis densissime vestitis deinde glabrescentibus, longitudi-
naliter sulcatis, lenticelloso-punctatis. Folia alterna (3-) 5-8 juga, petiolo 4-11 cm longo
supra subpiano, rachi (5-)9,5-17,5 cm longo supra carinato et 2-sulcato, petiolo rachique
ab initio more ramulorum pubescentibus deinde subglabris vel glabris. Foliota subsessilia
vel breviter petiolulala (petiolulo 2-5 mm longo ; saepe limbo jere ad basin decurrente ),
opposita vel alterna, inferiora et saepe superiora quam mediana minora, elliptica vel
elliptico-lanceolata (3,5-12,5 X 1,4-3,2 cm) basi asymmetrica (latere interiore latiore)
cuneala (latere exteriore acutiore), apice acutiuscula vel obtusa, imo apice ab initio
breviter mucronala ; lamina chartacca vel coriacea, adulta glabra, marginibus dentatis vel
rarius (in eadem specimine) inlegris. Costa supra leviter carinulata, infra prominens,
utrinque pilos fasciculatos rarissimos gerens; nervi secundarii 12-20-jugi, tenuissimi.
Inflorescentiae solilariae vel 2-3-glorneralae, axillares vel supra folia ad basin gemmu-
lorurn insertae, racemiformes, simpliciae vel ad basin 2-3 ramis instructae, cymulas
l(-2-3)-floras sessiles gerentes, omnino pilis brevissimis fasciculatis fulvis vestitae; pedi-
cellus 2-5 mm longus; calyx parvus (ca 2 mm diam., 1,5 mm ait us) vix ad medium
dentatus, intus pilosus. Pelala minima (ca 1,3 mm alta) vix calycem superantia, longe
onguiculata, supra in laminam hemicircularem dilatât a, intus onguiculi apice squamula
crassa (in lobulos multos parvos divisa) vix petalem superanti aucta, marginibus ongui-
culoque parce pilosa; discus auguste cupularis, extra dense pilosus; stamina 8, ad 5 mm
longa, filarnentibus subulato-filiformibus basi pilosis, antheris (ca. 1,5 mm longis) basi
profunde excisis, apice apiculatis (apiculo truncato) thecis pilis paucis instructis (in
floribus foemineis staminodia pilosa vix 1 mm excedentia) ; ovarium (in flor. masc. pistillo-
dium pilosum) 3-lobatum, 3-loculare, extra densissime pilis brevibus sat manifeste clavatis
vestitum; Stylus pilosus 2 mm (post anthesin 3 mm) longus. Fructus saepius 1-coccus
(rarius 2-, rarissime 3-coccus), coccis globulosis 1 cm diam., densissime rufo-pilosis ;
pericarpium intus glabrum. Semina omnino arillo translucido carnoso, acidulo, involuta.
Typus speciei : 11380 S F (Bekaka, près de Benavony, Ambanja).
Cette espèce est connue du Domaine du Sambirano et du Domaine de l’Est entre
Antalaha et Farafangana, d’où elle pénètre sur les confins orientaux du Domaine du
Centre dans la région de Mandritsara et d’Antsakabary.
Elle se reconnaît assez aisément, même à l'état stérile, par sa pubescence qui
Source : MNHN, Paris
160
R. CAPURON
est constituée, au moins en partie, par des poils fasciculés (sur les vieilles feuilles, gl&‘
brescentes, on observera la base de la nervure principale où persistent généralement
des poils assez nombreux).
6. Stadniania (Tricoccodendron) Leandrii H. Capuron sp. nov. — Planche 42,
fig. 8-15.
Arbor parva vel mediocris ad 15 m alla, gemmulis et innovationnibus dense fulvo-
lanuginosis, ramulis cito glabris gracilibus, saepe longitudinaliter sulcatis, lenticelloso-
punctatis. Folia alterna (1-2-) 3-4-juga, petiolo rachique gracilibus ab initio dense brevi-
terque fulvo-pilosis deinde glabrescentibus vel glabris, petiolo 2,5-8 cm longo supra sub¬
piano et saepe lenticelloso-punctato, rachi 1-7,5 cm longo supra leviter carinato, apice
mucronato. Foliota saepius opposita vel subopposita, bréviter petiolulata (petiolulo
2-4 mm longo), clliptica vel saepius lanceolata (3-5-plo longiora quant lata) basi cuneata
plus minusve asymmetrica, apicem versus longe attenuata subacuminata, imo apice acutis-
simo et mucronato; lamina pergaminacca, concolor, supra glabra, subtus glabrescens
(pilis simplicis sparsis, pilis glandulosis pedicellatis raris intermixlis) marginibus dentatis;
Costa supra minute prominula, infra prominens; nervi secundarii 10-15-jugi tenuissimi
sed attamem utroque prominuli. Infloresccntiae racemiformes (2-) 5-12 (-18 cm) longue,
solitariae, axillares vel interaxillares, simplices, cymulas 1-3-floras sessiles vel subsessiles
gerentes, omnino breviter sed dense brunneo-rufo-puberulae; pedicelli 1,5-2,5 mm longi;
calyx cupuliformis, ca 2 mm diam. et 1-1,5 mm ait., vix ad medium dentatus, intus
pubescens. Pctala minima (ca 1 mm alta et 1,2 mm apice lata), calycem non superantia,
basi cuneatim onguiculata, apice bilamellata (subinfundibuliformia), lamina exteriore
(petalum proprium) quam interiorem (squamula) vix breviore; squamula nec non ongui-
culi apex densissime lanuginoso-pilosa ; discus cupularis crassus, infra glaber, apice
sinuatus et pilosus; stamina 8, filamentibus subulato-filiformibus glabris 5 mm longis ■
(in fl. foemineis vix 1 mm longis), antheris glabris, ovatis (1,3 X 0,9-1 mm) basi
excisis apice obtuse apiculatis (in floribus foemineis minoribus) ; ovarium (in floribus
masculis pistillodium) 3-lobatum densissime pilis clavatis vestitum, stylo brevi post anthesim
accrescenti. Fructus 1-2 (rarius-3)-coccus, coccis subglobosis (ad 1 cm diam.) dense
pilis clavatis fulvo-griseis vestitis, pericarpio fragile, intus basi loculorum pilis longis
munito. Semina (immatura) totum arillo carnoso-pulposo, translucido, involuta.
Typus speciei : 6919-SF et Leandri 2344 (parts d’un même échantillon). Plateau du
Bemaraha, aux environs de Tsiandro.
Dans cette espèce les pétales sont très réduits; le pétale proprement dit est
nettement atténué en onglet à sa base; l’écaille interne, un peu plus longue que lui, est
très densément velue-laineuse.
Les ovaires en cours de transformation en fruit et les fruits eux-mêmes sont recou¬
verts d’une très dense pubescence constituée en majeure partie de poils unicellulaires
en forme de massue semblables à ceux que l’on observe également, mais en moindre
quantité, sur les fruits du S. acuminata.
Cette espèce est connue du Domaine de l’Ouest, depuis la région de Diégo-Suarez
jusque dans celle de Miandrivazo. Elle affectionne en particulier les bords des cours
d’eau, sans être cependant inféodée à cette station.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAI'INDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
161
XII. CUPANIEAE
Les Cupaniées sont des Sapindacées à loges ovariennes 1-ovulées, à feuilles sans
foliole terminale, à fruit capsulaire-loculicide, à graines munies d’un arillode partiel (de
consistance plus ou moins céracée, généralement coloré en rouge ou en jaune).
Cette tribu est représentée à Madagascar par trois genres : Molinaea Comm. ex
Juss., Tina Roemer et Scli. et Neotina R. Cap. gen. nov. Avant d’examiner ces genres
il est indispensable que nous reprenions l’historique de l’étude de ces plantes afin
d’essayer de tirer au clair un certain nombre de problèmes taxonomiques.
a. En 1789, Jussieu publiait le genre Molinaea Comm. pour des Cupaniées des
Mascareignes caractérisées par leurs fruits à trois loges, déhiscents en trois valves.
Aucun problème ne se pose pour l'identification de ce genre dont les représentants sont
localisés aux Mascareignes et à Madagascar, et il nous importe peu qu’il ait été parfois
réuni par les anciens auteurs au genre Cupania L.
b. En 1791, Caertner décrivait, sur du matériel indiqué comme provenant de l’île
Maurice, le genre Gelonium et l’espèce G. cupanioides. C’est ici que commence à se
poser le problème de l’identification de ce genre. Gaertner, dans la description et dans
la figure qui l’accompagne, précise que le fruit est à deux loges. Radlkofer arguant du
fait qu’il n’existe pas en réalité de Cupaniées à deux loges à l’île Maurice en vient à la
conclusion que le genre de Gaertner doit être mis en synonymie du genre Molinaea
Juss. Cette argumentation ne me paraît pas devoir être retenue. D’abord parce qu’elle
contredit les observations de Gaertner. On peut en effet émettre deux hypothèses sur
les conditions dans lesquelles cet auteur a décrit le genre Gelonium : ou bien il possédait
un lot de fruits ayant deux loges et dans ce cas il est hors de question d’identifier
Gelonium à Molinaea; ou bien il ne disposait que d’un seul fruit biloculaire et dans ce
cas il faut admettre, s’il s’agit bien d’un Molinaea, qu’il a eu à faire à un fruit tout
à fait exceptionnel, si exceptionnel même que je ne peux guère y croire; dans le très
grand nombre de fruits de Molinaea que j’ai pu observer c’est à peine si j’ai pu en voir
deux ou trois ayant seulement deux loges. On pourra ensuite objecter que l’argumentation
de Radlkofer se base sur le fait que le Gelonium est dit originaire de l’île Maurice.
Et si cela était inexact? Ce ne serait pas la première fois que les indications d’origine
se révéleraient erronées. Nous connaissons bien des cas où des plantes malgaches
(Grewia nitida Juss. et Breonia chinensis (Lamk.) pour n’en citer que deux) ont été
décrites sur des échantillons réputés provenir de Chine; inversement on n’a jamais
rencontré dans la Grande île le Stvartzia madagascariensis. Il n’est donc pas interdit
de penser que les fruits de Gelonium pourraient par exemple provenir de Madagascar
ou d’un arbre malgache cultivé à Maurice. Certes, si l’on pouvait établir la réalité de
la provenance malgache, le problème ne serait pas difficile à résoudre et le genre Tina
R. et S. (p. p.) serait à mettre en synonymie de Gelonium; c’est d’ailleurs ce qu’a fait
de Candolle.
Cependant comme l’origine malgache du Gelonium Gaertner ne peut être établie en
toute certitude, je crois préférable de laisser le Gelonium cupanioides Gaertner dans les
lncertae sedis. Peut-être retrouvera-t-on un jour le matériel sur lequel Gaertner a basé
sa description ce qui permettra alors de mettre un terme définitif aux discussions.
c. Dans ses « Généra nova madagascariensia » (1806) du Petit Thouars rapportait
avec un point de doute au genre Gelonium Gaertner un certain nombre de plantes malga¬
ches dont il donnait une description des fleurs et des fruits. De la description
de Thouars nous retiendrons simplement que les fleurs sont à 5 étamines et les fruits
capsulaires biloculaires. L’étude des échantillons récoltés par Thouars jointe à celle de
nombreux autres échantillons de récolte plus récente nous permet d’affirmer que le
8 504029 6 11
Source : MNHN, Paris
162
1. CAPTIRON
Gelonium Thou. englobe en réalité deux genres de Sapindacées : d’une part une Schlei-
chérée (Tinopsis Radlk.) à fleurs 5-staminées mais à fruits indéhiscents, d’autre par 1
une Cupaniée (Tina R. et S. emend.) à fruits déhiscents mais à fleurs (5-) 6-8-staminées.
d. En 1805 Willdenow publie un genre Gelonium Roxb. pour des Euphorbiacées.
Roemer et Schultes, en 1819 ( Syst. Ve g. 5 : XXXII) proposent d'appeler Tina le genre
Gelonium de Gaertner et de Thouars, qu’ils considèrent d’ailleurs comme mal connu;
ils écrivent: «Nomen mutandum, cum sit aliud Gelonium IVild; et cum Gelonium
hocce Gaertn, et Thouars. nondum salis notum, Tjva? interrogamus ut Linnaeus w*
Quisqualis olim ».
Ces deux auteurs reprennent presque mot à mot la diagnose de Thouars pour le
genre Tina. Roemer et Schultes mettent en synonymie Gelonium Thou. et Gelonium
Gaertn.; que cette synonymie soit exacte ou non ne saurait selon nous avoir de
l’importance et nous n’avons à considérer que le fait que Tina Roem. et Sch. est stricte¬
ment identique à Gelonium Thou. Par conséquent le binôme Tina Gelonium R. et S.
(Syst. Veg., 5 : 414) ne saurait être considéré, comme devait le faire Choux, comme
synonyme de Gelonium cupanioides Gaertn. Le binôme Tina Gelonium R. et S. englobant
des plantes appartenant à deux genres est à rejeter comme « nomen confusum » (a* 1
même titre que devra être rejeté le binôme Tina madagascariensis proposé par de
Candolle en 1824).
En résumé, de ce qui précède, nous retiendrons les points suivants :
Le genre Molinaea Comm. ex Juss. (1789) est bien caractérisé par son ovaire et
son fruit 3-loculaires;
Le genre Gelonium Gaertn. ne peut pas être identifié, dans l’état actuel de nos
connaissances, au genre Molinaea. L’identité de Gelonium Thou. et Gelonium Gaertn.
ne pouvant pas non plus être certaines, nous ne pouvons, pour l'instant, retenir (] l,e
l’identité de Tina R. et S. avec Gelonium Thou;
Le genre Tina R. et S. étant constitué, au même titre que Gelonium Thou., de deux
genres différents, le binôme Tina Gelonium R. et S. doit être considéré comme un
« nomen confusum ».
Radlkofer a divisé les Cupaniées en deux sous-tribus, représentées toutes deux a
Madagascar :
Cupaniées notorrhizes : Cotylédons superposés, radicule appliquée sur le dos du
cotylédon inférieur : Molinaea-Tina;
Cupaniées lomatorrhizes : Cotylédons collatéraux, radicule appliquée sur la ligne
de contact des deux cotylédons : Neotina, [Tinopsis].
Nous avons mis entre crochets, à côté du genre Neotina, le genre Tinopsis Radlk.
que nous avons déjà étudié dans les Schleichérées en raison des caractères de son
fruit et de son arille. Ce genre, par suite sans doute de l’absence de fruits en bon état
de maturité, a été inclus dans les Cupaniées par Thouars, Radlkofer (1933) et Choux
(sous le nom de Bemarivea). Il faut bien admettre que, en dehors des caractères du fruit et
de l’arillode séminal rien ne permet, ni le port ni les caractères floraux, de séparer un
Tinopsis d’un Tina ou surtout d’un Neotina. Cette constatation peut évidemment conduire a
mettre en doute la valeur que l’on attache aux caractères du fruit dans la classi¬
fication générale des Sapindacées. Il va sans dire que ce n’est pas dans une révision
locale que peut trouver place une discussion sur ce très vaste problème Nous revien¬
drons plus loin, dans l’étude des Neotina, sur les points de rapprochement de ce genre
avec les Tinopsis.
Les trois genres de Cupaniées présents à Madagascar se séparent comme suit :
1. Ovaire et fruit normalement à deux loges. Dos des loges avortées jamais aplati-subailé.
2, Anthères petites, presque orbiculaires, apiculées-glanduleuses au sommet. Lignes stigmatiques
très courtes, n’occupant qu’une très faible partie de la longueur du style. Cotylédons superposés.
Folioles très souvent dentées. 24. Tina.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DF.S SAPINDACEES
MADAGASCAR ET DES COMORES
163
2'. Anthères oblongues, émarginées au sommet, non apiculées glanduleuses, lignes stigmatiques
occupant la totalité ou la majeure partie de la longueur du style. Cotylédons collatéraux. Folioles
entières (voir aussi Tinopsis). 25. Neotina.
1'. Ovaire et fruit normalement à trois loges. Loges avortées du fruit aplaties aliformes. Fruit déhiscent
en trois valves. Cotylédons superposés. Folioles entières ou dentées. 26. Molinaea.
24. Tina Roemer et Schultes em.
Tina R. et S., Syst. Veg. 5 : XXXII (1819) p.p., characteribus florum exclusis.
Tina R. et S. emend. Radlk. in Sitzsb. Akad. München 9 : 661 (1879), excl. Tina isoneura
Radlk.
Gelonium Thou. Gen. nov. madag. n. 45 (1806) p. p., characteribus florum exclusis.
Tina R. et S. emend. Radlk. in Engler, /. c. : 1116 (1934) p.p.
Espèce Type : Tina Gelonium R. et S. emend. Radlk. [Tina thouarsiana (Camb.)
R. Cap.].
Dans la diagnose du genre Gelonium de Thouars, les indications concernant les
fleurs s’appliquent au genre Tinopsis Radlk.; seules conviennent au genre Tina, tel
que nous le concevons, les caractères du fruit et de la graine : < Capsula bivalvis, basi
coarctata, acuminata, coriacea, pyrijormis; valvae medio septijerae, inde bilocularis;
loculi monospermi. Semina ovata, acuminata, semi arillata; arillus apice lobatus; embryo
crassus; lobi horizontales; radicula incurva».
Parmi les échantillons de Thouars conservés dans les collections du Muséum
d’Histoire Naturelle de Paris, nous en avons retrouvé trois qui appartiennent au genre
L’un d’eux (Herbier Jussieu n° 11403) a été décrit par Cambessèdes comme Cupania
thouarsiana; c’est ce même échantillon que Radlkofer devait prendre comme Type du
Tina Gelonium R. et S. emend. Radlk., choix assez malheureux du reste, comme nous
le verrons, car cette espèce est assez anormale par rapport aux autres Tina.
Un deuxième échantillon, portant la mention « aquilaroides C », appartient au
Tina chapelieriana (Camb.) Kalk.
Le dernier échantillon, sans indication manuscrite de Thouars, est devenu le type
du Tina fulvinervis Radlk.
Plus de 20 espèces de Tina ont été décrites par divers auteurs. Sur ce nombre
trois doivent être rapportées au genre Neotina, deux au genre Tinopsis, une autre rayée
de la nomenclature car basée sur un matériel hétérogène. Compte tenu des mises en
synonymie nous ne retiendrons que six espèces qui peuvent se séparer comme suit :
1. Sépales et pétales normalement au nombre de 5. Étamines normalement (7-) 8-9.
2. Fruit obovoîde, nettement atténué en coin à la base, celle-ci parfois nettement stipitée. Folioles
membraneuses, presque toujours nettement dentées.
3. Folioles glabres. Péricarpe dépourvu de lenticelles extérieurement, glabre ou muni de poils rares
intérieurement.
4. Axes de l’inflorescence très fortement aplatis-anguleux, à bords presque tranchants. Inflores¬
cences denses, dépassant souvent les feuilles. Pétales dépassant peu les sépales. Fruits
en général nettement comprimés. 1. T. chapelieriana.
4'. Axes de l’inflorescence faiblement comprimés, presque cylindriques, un peu anguleux. Fruit
généralement de section transversale presque circulaire. Inflorescence dépassant rarement les
feuilles. Pétales dépassant nettement les sépales. 2. T. isaloensis.
Source : MNHN, Paris
164
K. CAPURON
3'. Folioles très densément pubescentes-roussâtres à la face inférieure où elles sont douces au tou¬
cher. Pétales inclus ou dépassant à peine les sépales. Fruits comprimés, à péricarpe muni exté¬
rieurement de nombreuses lenticelles de teinte plus claire, pubesccnt (parfois peu) intérieure¬
ment. 3. J. fulvinervis.
2'. Fruit brusquement contracté à sa base, celle-ci arrondie ou parfois même presque cordée, scssile
ou à stipe très court. Pétales inclus ou dépassant à peine le calice. Endocarpe pubeseent, souvent
très fortement.
5. Folioles très densément pubescentes-roussâtres à la face inférieure, douces au toucher, à bords
en règle générale fortement révolutés ce qui cache les dents marginales. Ovaire très densément
pubérulent. Fruit nettement pubcrulent extérieurement. 4. T. dasycarpa .
5'. Feuilles glabres ou glabrescentes. Ovaire glabrescent ou pubeseent seulement sur les angles.
Fruit glabre. Folioles nettement dentées ou subentières. 5. T. striata.
1'. Sépales et pétales au nombre de 3-4 (exceptionnellement 5). Etamines 6-7 (rarement 5, exception¬
nellement 8). Pétales dépassant à peine les sépales. Fruit très brusquement atténué-arrondi à la base,
glabre extérieurement, pubeseent (très densément en général) intérieurement. Folioles entières ou
faiblement dentées, pratiquement glabres. 6. T. thouarsiana.
1. Tina chapelieriana (Cambessèdes) Kalkman in Blumea 7 : 470 (1953). — Tina
madagascariensis (D C) Radlkofer in Sitzsb. Akad. München 9 : 532 (1879),
non D C. Prodr. 1 : 614 (1824) quod nom. confusum, in Engler, l. c. : 1117 (1933) ;
Choux in Index : 19 (1926), in Mém. Acad. Malg. 4 : 70, 111, etc. (1926), in Cata¬
logue : 13 (1931) ; Engler in D C. Mon. Phan. 4 : 7 (1883) ; Lecomte in Bois
Forêt Analamazaotra : 77, tab. 42 (1922). — Garuga madagascariensis D C. Prodr.
2 : 81 (1825) (Typus : inventor ignotus in Herbario Candollii). — Jagera mada¬
gascariensis (DC) Blume, Rumphia 3 : 155 (1847) (Typus: id.). — Tina cupa-
nioides Bâillon in Grandidier Hist. PL Madag. tab. 243 (1893) (non DC.). —"
Tina alata Danguy et Choux in Bull. Mus. Hist. Nat. Paris 32 : 391 (1926) p-P-
(flores solae) ; Radlkofer in Engler, Le.: 1123 (1933); Choux, Catalogue: 12
(1931). — Cupania chapelieriana Cambessèdes in Mém. Mus. Paris 18 : 44
(1829). — Gelonium Thouars p. p. (aquilaroides C mss. in sched). — Planche 43,
fig. 1-9.
Typus speciei : Chapelier 73.
Kalkman, L c., a montré que la combinaison proposée en 1879 par Radlkofer
et basée sur Garuga madagascariensis D C. était illégitime, le binôme Tina madagasca¬
riensis D C. ayant été utilisé par de Candolle en 1824; or ce binôme, comme l’avait
déjà fait remarquer Cambessèdes, était un nomen confusum, englobant toutes les espèces
que Thouars avait en vue en décrivant son genre Gelonium.
Le Tina chapelieriana est une espèce qui occupe à Madagascar la totalité des
Domaines de l’Est et du Centre (Montagne d’Ambre incluse). I! n’a pas encore été
récolté dans le Domaine du Sambirano (nous rapportons au T. isaloensis Drake, un échan¬
tillon récolté sur les limites de ce Domaine). Nous en possédons plus de 80 échantil¬
lons qui proviennent de toute l’aire indiquée ci-dessus.
Les inflorescences ont des axes très fortement comprimés, ce qui rend les bords
de ceux-ci nettement aplatis-trancbants. Les fruits sont rouges à maturité, nettement
rétrécis en coin sur la base, celle-ci parfois nettement stipitée, glabres et pratiquement
sans lenticelles sur la face externe, glabres ou munis de quelques poils épars sur 1®
face interne. Les folioles sont toujours dentées mais les dents peuvent être assez diver¬
sement développées : tantôt très fortement marquées, tantôt au contraire très atténuées.
2. Tina isaloensis Drake in Bull. Mus. Hist. Nat. Paris 9 : 39 (1903) ; Radlkofer
in Engler, L c. : 1119 (1933) ; Choux in Mém. Acad. Malg. 4 : 70 in obs. n° 2
(1926). — Tina bongolavensis Choux in Mém. Acad. Malg. 4: 73 et tab. IX
fig. 17 (1926) (Typus : Perrier 6271), in C.R. Acad. Sc. Paris 181 : 71 (1925),
nom. sol., in Index : 19 (1926) (id.), in Catalogue : 12 (1931) ; Radlkofer in Engler
L c. : 1123 (1933). — Tina multifoveolata Choux in Mém. Acad. Malg. 4: 74
ci tab. IX fig. 18 (1926) (Typus : Perrier 1556) , in C.R. Acad. Sc. Paris 181 :
71 (1925) (nom. sol.), in Index: 19 (1926) (id.), in Catalogue: 13 (1931);
Radlkofer in Engler, l.c.: 1123 (1933). — Planc tE 45. fig. 8-20.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DF. MADAGASCAR F.T DES COMORES
165
Planche 43
Tina rhapelieriana : 1, feuille el inflorescence, x 2/3; 2, fleur mâle, X 4; 3 et 4,
pétale, face externe et interne, X 6; 5, calice, disque et ovaire d'une jeune
fleur femelle, x 4; 6, pétale (face interne), de la même fleur, X 6; 7, calice, dis¬
que et ovaire après fécondation, x 4; 8, fruit, X 2/3; 9, valve du fruit et grai¬
ne, x 2/3.
Tina dasycarpa : 10, feuille et inlrutescence. X 2/3; 11, fleur femelle, X 4; 12 et 13,
pétale, faces interne et externe, x 6; 14, disque, staminodes et ovaire, X 4;
15, staminode, X 6.
Tina fulvinervis : 16, feuille et inflorescence, x 2/3; 17, fleur mâle, x 4; 18 et 19
pétale, faces interne et externe, x 6; 20, étamine, X 6; 21, fleur femelle, X 4
22, staminode, x 6; 23, fruit, X 2 /3; 24, fruit ouvert, x 2 /3.
Source : MNHN, Paris
I. CAPUI
166
Typus speciei : Grandidier s. n" (Isalo).
Je rattache au T. isaloensis Drake, dont l’échantillon Type n’avait pas été vu
par Choux, les deux espèces de ce dernier auteur, T. bongolavensis et T. mulnfoveolata.
Précisons que chacune des photographies qui dans les Mémoires de l’Académie Mal¬
gache constituent la planche IX a été établie sur un matériel composite :
La figure 17 ( T. bongolavensis) est constituée, sur la partie gauche, d’un rameau
fructifié et d’un fruit isolé de l’échantillon Perrier 6271 (Type) et, sur la partie droite,
d’un fragment d’inflorescence et d’une feuille isolée de Perrier 6322:
La figure 18 (T. multifoveolata) comprend un rameau feuillé et, en bas à droite, trois
fruits provenant de Perrier 1556 (Type) ; l’inflorescence est sura joutée et provient de
Perrier 12532.
Après avoir songé à maintenir le Tina bongolavensis Choux comme variété Au
Tina isaloensis nous avons dû y renoncer en raison des termes de passage qui insensi¬
blement relient les deux espèces. Dans le Tina isaloensis typique les folioles sont en
général grossièrement dentées, d’assez petite taille, les inflorescences sont simples ou
à peine ramifiées; dans le Tina bongolavensis les folioles sont plus grandes mais tantôt
grossièrement dentées, tantôt subentières, les inflorescences sont plus ou moins rami¬
fiées. Il est aisé de constater que dans de nombreux échantillons certaines feuilles ont
les folioles dentées, d’autres les ont entières ou presque, et que ces variations peuvent
s observer dans la meme feuille. Aussi toute tentative de séparation de deux variétés,
et a fortiori de deux espèces, nous paraît vouée à l’échec. Les fruits eux-mêmes se
révèlent incapables de fournir une distinction : ils sont toujours plus ou moins cylin¬
driques en section (à maturité et avant déhiscence), atténués à la base en stipe grêle
plus ou moins allongé (pouvant atteindre parfois 7-8 mm de longueur).
Tina isaloensis Drake est une espèce extrêmement voisine du Tina chapelieriana
et nous n’avons pu trouver pour les séparer que les caractères que nous avons donnés
dans la clé :
Par leur port et par les caractères des fruits (capsules plus ou moins stipitées, à
endocarpe glabre ou presque), ces deux espèces se rapprochent bien plus étroitement
entre elles que de n’importe quel autre Tina : elles constituent un couple d’espèces
vicariantes comme on peut en observer d’assez nombreux dans la flore malgache.
Le Tina isaloensis est une espèce largement répandue dans le Domaine de l’Ouest,
en particulier dans les secteurs du Boina et de l’Ambongo; plus au Sud (à partir de
Maintirano), son aire semble s’infléchir vers l’intérieur des terres et on ne le trouve
pas (ou du moins on ne l’a pas récolté) dans le Menabe. L’ïsalo. où les éléments floris¬
tiques du Centre et de l’Ouest sont en interpénétration constante, semble être la limite
méridionale de l’espèce. En altitude l’espèce se rencontre depuis le bord de la mer
jusqu’aux environs de 1000-1200 m. Vers le Nord, l’espèce semble pénétrer dans le
Sambirano (environs de Djangoa et presqu’île d’Ambato) : les échantillons que nous
possédons de cette région ont un feuillage particulièrement opulent mais aucun carac¬
tère de valeur ne les séparé des Tina isaloensis provenant du Domaine de l’Ouest.
3. Tina fulvinervis Radlkofer in Sitzungsb. Akad. München 9 : 662 (1879), in Engler
l. c. : 1118 (1933) ; Choux in Index : 19 (1926), in Mêm. Acad. Malgache 4 : 70
et tab. VIII, fig. 16 (1927), in Catalogue : 12 (1931). Tina polyphylla Baker
in Journ. Linn. Soc. 21 : 335 (1884) (Typus: Baron 2447). — Tina velutina
Baker in Journ. Linn. Soc. 22 : 462 (1887) (Typus : Baron 1457). — Planche 43.
fig. 16-24.
Typus speciei : Thouars s. n” (Herb. P.).
Cette espèce est facilement reconnaissable à ses folioles densément et mollement
velues à la face inférieure. Elle partage ce caractère avec le T. dasycarpa mais les deux
espèces se distinguent aisément : dans T. fultmervis les folioles sont relativement étroites,
aiguës au sommet, à bords non ou à peine révolutés et nettement dentés, les fruits sont
atténués en coin à la base et la surface du péricarpe est glabre et marquée de nom¬
breux lenticelles de teinte plus claire; dans T. dasycarpa les folioles sont relativement
Source : MNHN, Paris
167
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
plus larges, arrondies au sommet, à marges presque toujours fortement révolutées ce qui
cache les dents marginales (elles-mêmes souvent assez estompées), les fruits, large¬
ment obtus à la base, sont nettement pubescents extérieurement et dépourvus de lenti-
celles.
Le T. julvinc.rvis est largement répandu dans le Domaine de l’Est (du bord de
la mer jusqu’aux confins du Domaine du Centre) depuis la Baie d’Antongil au Nord
jusqu’à Fort-Dauphin. C’est un grand arbuste ou un petit arbre qui ne paraît guère
dépasser une dizaine de mètres de hauteur. Sur l’échantillon 14152, Perrier indique
qu’il s’agit d’une liane; cette observation nous paraît douteuse.
4. Tina dasyrarpa Radlkofer in Sitzungsb. Akad. München 9 : 663 (1879), in Engler
Le. : 1119 (1933); Bâillon in Crandidier, llist. PL Madagascar tab. 244 (1893);
Choux in Mêm. Acad. Malg. 4 : 70 (1927), in Index: 19 (1926), in Catalogue:
12 (1931). — Planche 43, fig. 10-15.
Typus speciei : Bojer s. n" (in sylvis vastis Befouroun fBeforona]).
Nous avons donné ci-dessus les caractères qui séparent cette espèce du Tina
fulvinervis, espèce qui, comme elle, possède des folioles densément pubescentes à la
face inférieure. L’ovaire densément pubescent et le fruit à péricarpe présentant exté¬
rieurement de nombreux poils séparent cette espèce de tous les autres Tina. Elle paraît
très affine du Tina striata Radlk.
Le Tina dasycarpa Radlk. est un petit arbre (de 8-10 m de hauteur environ)
qui paraît localisé dans le Domaine du Centre. On ne le connaît, pour le moment, que
de quelques localités : Périnet, forêts situées à l'Est des lacs de Mantasoa et de Tsia-
zompaniry (Est de l’Imerina) et de la forêt d'Ambohitantely sur le Tampoketsa d’Anka-
zobe.
5. Tina striata Radlkofer in Sitzungsb. Akad. München 9 : 663 (1879), in Engler,
1. c. : 1119 (1933); Choux. Index: 20 (1926), Mêm. Ac. Malg. 4 : 72 (1927),
Catalogue : 13 (1931). — Cupnnia striata Bojer mss. in sc.he.d. Herb. P. — Tina
trijuga Radlkofer in Sitzb. Akad. München 9 : 662 (1879). — Planche 44.
Typus speciei: Bojer s. n° (Mont Antongona. Imerina).
Nous grouperons dans une seule espèce tous les Tina présentant les caractères
suivants :
Feuilles glabres ou glabrescentes à folioles coriaces; fleurs ayant normalement
5 sépales, 5 pétales et 8 étamines; pétales ne dépassant pas. ou à peine, les sépales;
capsule en général brusquement rétrécie sur la base (qui se trouve ainsi en angle très
ouvert, ou plus souvent arrondie ou même un peu cordée), non stipitée, à péricarpe
glabre extérieurement, glabrescent ou pubescent sur la face interne.
Il est certain que l’espèce que nous définissons ainsi est une « grande » espèce et
que, entre les divers échantillons qui répondent à cette définition, on trouvera des dif¬
férences assez considérables dans leur aspect extérieur. Cependant ces différences n’in¬
téressent pratiquement que les organes végétatifs (présence ou absence de fovéoles sur
les feuilles, nombre de folioles, etc.) ; des différences, quantitatives seulement, s’observent
dans les fruits (taille, degré de pubescence de l’endocarpe). En nous appuyant sur ces
divers critères nous avons divisé le Tina striata s. lato en cinq sous-espèces. Peut être
certains botanistes nous reprocheront-ils de ne pas avoir considéré chacune d’entre elles
comme une espèce distincte. L’existence d’échantillons, de place assez mal définie, nous
a amené à notre façon de procéder. Peut-être que l’examen d’un matériel beaucoup
plus abondant encore que celui dont nous disposons conduira à élever certaines des
sous-espèces proposées au rang d’espèces autonomes.
Le Tina striata, ainsi que nous l’avons défini plus haut, occupe tout le Domaine
de l’Est et celui du Centre (Montagne d’Ambre comprise). Il n’a pas encore été récolté
dans le Sambirano. On le trouve depuis le niveau de la mer jusque vers 2 200 m d’alt.
Source : MNHN, Paris
168
Les cinq sous-espèces que nous proposons peuvent se séparer de la façon suivante :
1. Folioles dépassant en général 3 cm de longueur.
2. Folioles dépourvues de fovéoles.
3. Feuilles à (1-) 2-4 paires de folioles. Fruit d’environ 12-15 mm de longueur (apicule non compris),
à endocarpe éparsément pubescent. a. s.sp. striata.
3'. Feuilles i (1-) 5-8 paires de folioles. Fruit gros (en général 16-20 mm de longueur) à endocarpe
très densément pubescent. b. s.sp. multifoliolata.
2'. Folioles pourvues de fovéoles (parfois très petites). Fruit de 15-20 mm de long, endocarpe très
densément pubescent.
4. Feuilles & (1-) 3 (-5) paires de folioles; folioles dépassant en général 6 cm de longueur (6-10 cm),
coriaces, à bords souvent irrégulièrement ondulés. Fovéoles en général grandes. Nervure prin¬
cipale pratiquement glabre. c. s.sp. trijuga.
4'. Feuilles & (5-) 7-10 (-13) paires de folioles ; folioles dépassant assez rarement 7 cm de longueur,
à bords non ou à peine ondulés. Fovéoles très petites. Nervure principale portant en dessous une
pubescence apprimée qui persiste longtemps. d. s.sp. subfoveolata.
1'. Folioles ne dépassant pas 2,5 cm de longueur, au nombre de 5-7 paires; des fovéoles très petites. Fruits
(de 14 mm de longueur environ) à endocarpe fortement pubescent. e. s.sp. parvifolia.
a. Tina striata Radlk. s. sp. striata. — Planche 44, fig. 1-8.
Dans cette sous-espèce la pubescence de l’endocarpe est très lâche et parfois
cantonnée aux extrémités des loges, le reste de l’endocarpe étant glabre.
Cette sous-espèce occupe tout le Domaine du Centre et descend, vers l’Est,
jusqu’aux confins du Domaine de l’Est. Cependant elle ne paraît pas se trouver à la
Montagne d’Ambre où elle est remplacée par une forme que nous rattachons à la
s. sp. multifoliolata.
Les échantillons provenant de la région située à l’Est du lac Alaotra et du Haut-
Mangoro présentent un aspect assez différent de ceux récoltés sur les Hauts-Plateaux :
les folioles, en particulier, dépassent presque toujours 20 mm de largeur et ont des bords
irrégulièrement ondulés et révolutés, alors que dans les T. striata tout à fait typiques,
les folioles sont en général nettement plus étroites (elles dépassent rarement 2 cm
de largeur et atteignent 2,5 cm au plus) ; en séchant le limbe reste d’une teinte fauve-
claire (dans T. striata typique il noircit souvent) ; la pubescence des inflorescences est
nettement plus dense et les inflorescences sont presque toujours nettement plus longues
que les feuilles dans les échantillons des pays sihanaka et bez-anozano. L’existence de
trop nombreux échantillons intermédiaires nous empêche cependant de distinguer avec
certitude une coupure taxonomique.
b. Tina striata Radlk. s. sp. multifoliolata R. Capuron s. sp. nov. — Planche 44,
fig. 9-13.
A s. sp. striata differt foliolis numerosioribus (/ere semper 5-8-jugis), axibus inflo-
rescentiarum sallcm infra medium glabris vel subglabris, fnictibus majoribus (ad
15-20 mm longis) endocarpio densissime pubescenti.
Typus subspeciei : 9106 SF (Sahajinja, bassin de la Rantabe).
Les plantes que nous rapportons à cette sous-espèce sont des aibres généralement
de grande taille. T.es rameaux feuilles sont plus ou moins noirâtres sur le sec. slrioles
en long, à lignes de lenticelles souvent peu marquées. Les rameaux sont glabres ou
presque, de même que l’axe foliaire et les axes de la moitié inférieure de l’inflorescence.
Il y a en général plus de cinq paires de folioles (bien que ce nombre sur certaines
feuilles puisse s’abaisser beaucoup et même être réduit à 1). L’endocarpe du fruit
est toujours densément pubescent.
Cette sous-espèce occupe tout le Domaine de l’Est, jusqu’aux confins du Centre;
à la Montagne d’Ambre et dans le massif du Manongarivo elle est représentée par
une forme à feuillage un peu plus réduit, à feuilles n’ayant en général que (4-) 5-6 paires
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DKS SAPINDACEKS
E MADAGASCAR
KS COMORES
169
Tina striata ». sp striata : 1, feuille et infrutescence, X 2/3; 2, fleur femelle, X 4;
3 et 4, pétales, face interne, x 6; 5, ovaire, X 4; 6, foliole d'un échantillon de
la région du lac Alaotra, X 2/3; 7 et 8, pétales, face interne (même observation),
X 6.
Tina striata s. sp. mullifoliolala : 9, feuille, X 2/3; 10, fleur mâle, X 4; 11, fruit,
X 2 /3; 12 et 13, embryon, x 1,5.
Tina striata s. sp. parvifolia : 14, feuille et infrutescence, x 2/3; 15, foliole, face
inférieure, x 1,5.
Tina striata s. sp. subfoveolata : 16, foliole, face inférieure, x 2 /3.
Tina striata s. sp. Irijuga : 17, feuille et infrutescence, x 2/3; 18, ovaire, x 4; 19,
Btaminodc, x 4.
Source : MNHN, Paris
170
t. CAl’URON
de folioles particulièrement coriaces, souvent très ondulées et révolutées sur les marges,
alors que les échantillons des autres provenances ont des folioles non ou à peine ondulées
et à marges très finement révolutées. Certains échantillons de la Montagne d’Ambre
rappellent beaucoup par leur aspect le T. striata s. sp. striata, et ne s’en distinguent à
coup sûr que par l’endocarpe du fruit.
c. Tina striata Radlk. s. sp. trijuga (Radlk.) R. Capuron stat. nov. — Tina trijuga
Radlk. /. c. et in Engler /. c. : 1118 (1933); Choux in Index : 20 (1926), Mém.
Acad. Malg. 4: 70 (1927), Catalogue: 13 (1931). — Planche 44, fig. 17-19.
Typus : Lyall 77 (K.!).
Cette sous-espèce diffère des deux précédentes par ses folioles à fovéoles généra¬
lement très nettes (quelques folioles seulement peuvent en manquer). Ses feuilles ont
le plus souvent 3 paires de folioles, ce qui la distingue des sous-espèces suivantes
où les folioles sont nettement plus nombreuses. Les folioles sont généralement grandes,
variant de 6 à 16 cm de longueur sur (1,5) 2,5-6 (-7) cm de largeur. Les rameaux adultes
sont glabres de même que les feuilles (sauf la nervure médiane qui porte en dessous
quelques rares poils courts). Les axes de l’inflorescence sont glabrescents ou glabres,
sauf vers les extrémités où ils sont recouverts d’une assez dense pubescence courte et
fauve. Les fruits atteignent 15-20 et même 25 mm de longueur.
Cette sous-espèce occupe la partie moyenne et supérieure du Domaine de l'Est
et pénètre çà et là dans le Domaine du Centre (région d’Ambositra, massif du Manon-
garivo) ; elle n'a pas été récoltée à la Montagne d’Ambre.
d. Tina striata Radlk. s. sp. subfoveolata R. Capuron s. sp. nov. — Planche 44,
fig. 16.
Arbores quam in s. sp. multiloliolata et trijuga magis pubescenles. Folia magna
( 12-24 cm longa ) foliolis numerosis, (5-) 7-10 (- 13)-jugis; foliola elliptica vel oblongo-
elliptica 2,5-7 (- 10 ) cm longa; costa subtus manifeste adpresse ciliata; margines regu-
lariter denticulati vel subintegri, haud vel vix undulati et revoluti; foveolac minimae
in axillis nervorum praescntes. Inflorescentiae ( 10-20 cm longae) axibus dense fulvo-
griseo puberulentis. Fructus (13-) 15-20 mm longus, endocarpio densissime pubcscenti.
Typus subsp. : 9193 bis SF (Tampolo, Fénérive).
Cette sous-espèce ressemble par ses feuilles à la ssp. multiloliolata; ses folioles
sont encore plus nombreuses. Toutes les parties jeunes sont densément recouvertes d’une
courte pubescence soyeuse apprimée qui subsiste sur les axes des inflorescences et en
grande partie à la face inférieure des folioles; cependant, par suite de l’accroissement
de la surface du limbe, cette pubescence devient peu visible et il est nécessaire d’utiliser
une loupe pour l’apercevoir; c’est sur la nervure principale qu’elle demeure la plus
dense et la mieux visible. Les fovéoles sont petites et ne font pas saillie à la face
supérieure du limbe ou à peine.
Cette sous-espèce n’est encore connue que de quelques localités : forêts côtières
et subcôtières de la région Fénérive — Soanierana-Ivongo, haut bassin de l’Ivondro et,
avec un point de doute, de la région de Périnet. C’est un arbre qui peut atteindre une
vingtaine de mètres de hauteur.
e. Tina striata Radlk. s. sp. parvifolia R. Capuron s. sp. nov. — Planche 44, fig. 14-15.
Arbores ab initio dense puberuli deinde glabrescentes. Folia parva, ad 8 cm longa,
foliolis ( 5-7-jugis ) parvis (majoribus vix ad 2,5 X 0,8 cm attengentibus), margines denti¬
culati; costa subtus glabra vel glabrescens; foveolae minimae. Infrutescentiac 5-7 cm
longae, glabrae. Fructus parvus (ca. 14 mm longus) endocarpio densissime pubescenti.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
171
Typus s. sp. : Humbert et Cours 22833 (= Cours 3220).
Cette sous-espèce n’est encore connue que par un seul échantillon provenant du
Nord-Est de i’île (massif du Mainampango, à l’Est d’Ambalavoanio, bassin de la Lokoho,
vers 450 m d’alt.). L’échantillon aurait été récolté sur un arbre d’une quinzaine de
mètres de hauteur.
6. Tina thouarsiana (Camb.) R. Capuron comb. nov. -— Tina Gelonium Roemer et
Schultes Syst. Veg. 5 : 414 (1819) em. Radlkofer in Sitzungsb. Akad. München 9 :
663 et seq. (1879) ; Radlkofer in Engler /. c. : 1121 (1933) ; Choux in C.R. Acad.
Sc. Paris 181 : 71 (1925). in Index: 19 (1926). in Mém. Acad. Malg. 4: 69
(1927), in Catalogue : 12 (1931). — Cupania thouarsiana Cambessèdes in Mém.
Mus. Hist. Nat. 18 : 45 (1829). — Planche 45, fig. 1-7.
Typiis speciei : Thouars s. n" (n° 11403 de l’Herbier Jussieu).
Alors que dans les autres espèces de Tina la formule florale est, sauf exceptions,
5S -(- 5P -f- (7-) 8 (-9) E. dans le Tina thouarsiana elle est (3-) 4 (-5) S —J— (2-) 3-4 (-5)
P -J— (5-) 6-7 (-8) E. Nous n’avons jamais observé de fleur ayant à la fois 5 sépales
et 5 pétales.
Précisons davantage, en donnant les chiffres obtenus par l’analyse de 73 fleurs
appartenant à divers échantillons d’herbier :
Sépales :
8 fleurs à 3 sépales;
63 fleurs à 4 sépales;
2 fleurs à 5 sépales.
Pétales :
1 fleur à 2 pétales;
26 fleurs à 3 pétales;
45 fleurs à 4 pétales;
1 fleur à 5 pétales.
Étamines :
6 fleurs à 5 étamines;
40 fleurs à 6 étamines ;
25 fleurs à 7 étamines ;
2 fleurs à 8 étamines.
La formule florale est d'ailleurs variable suivant les échantillons. Donnons quel¬
ques exemples :
Dans l’échantillon 10065 SF nous avons trouvé :
Sur 50 fleurs examinées : 6 fleurs avec 5 étamines;
37 fleurs avec 6 étamines;
7 fleurs avec 7 étamines.
Sur 25 fleurs : 21 avaient 4 sépales et 3 pétales;
1 avait 3 sépales et 3 pétales;
3 avaient 3 sépales et 4 pétales.
Dans l’échantillon 7770 SF, sur 8 fleurs analysées, nous avons trouve :
1 fleur à formule 3S -f 3P + 6E;
2 fleurs à formule 3S + 4P + 6E;
1 fleur à formule 3S + 4P -f 7E;
1 fleur & formule 4S + 3P + 7E;
1 fleur à formule 4S + 4P + 6E;
2 fleurs à formule 4S + 4P 4- 7E.
Source : MNHN, Paris
172
B. CAPURON
Dans l’échantillon 7464 SF, sur 6 fleurs, nous avons trouvé :
1 fleur de formule 4S + 3P + 5E;
1 fleur de formule 4S + 4P -f 5E;
2 fleurs de formule 4S + 4P + 6E;
1 fleur de formule 5S + 3P + 6E;
1 fleur de formule 5S + 2P -)- 7E.
Dans 5296 RN. 12 fleurs analysées nous ont montré :
1 fleur de formule 4 S+ 4P +- 5E;
7 fleurs de formule 4S + 4P -j- 6E;
4 fleurs de formule 4S + 4P + 7E.
Dans 1343 SF nous avons trouvé, sur 10 fleurs :
8 fleurs de formule 4S + 4P + 6E;
2 fleurs de formule 4S + 4P + 7E.
Terminons cette aride énumération sur les chiffres fournis par l'analyse de 12 fleurs
de l’échantillon 14674 SF :
9 fleurs de formule 4S + 4P -1- 7E;
2 fleurs de formule 4S + 4P -+- 8E;.
1 fleur de formule 4S + 5P + 7E
Autre caractère paraissant spécial au Tina thouarsiana , c’est le faible développe¬
ment de l’arillode à la base de la graine. Dans la plupart des échantillons d’herbier
l’arillode nous a paru rudimentaire, atteignant au plus 1 mm de hauteur et ceignant
le hile d’une simple couronne denticulée jaunâtre, brièvement caudée vers le bas. Sur
quelques échantillons l’arillode nous a même paru manquer totalement. L’arillode, même
céracé comme dans les Tina, étant un organe fragile et particulièrement apprécié des
insectes déprédateurs d’herbier, il serait nécessaire de confirmer par des observations
sur le vif si ce faible développement est de règle. Nous sommes presque persuadé qu’il
en est ainsi, car, sur des fruits non encore ouverts mais très proches de la maturité,
nous avons toujours vu l’arillode à l’état de simple rudiment, alors que dans l es
autres espèces il couvre toujours, à ce même stade, environ la moitié de la graine.
Bien que cette espèce fasse partie des Gclonium de Thouars (un échantillon
récolté par celui-ci, double du Type, porte une étiquette sur laquelle on peut lire
c Aquilaroides B >) il est plus que probable que ce n’est pas elle qu’il avait parti¬
culièrement en vue lorsqu’il décrivit son genre. Nous l’avons dit au début de notre
article sur les Tina, en nous appuyant sur les formules des fleurs; les caractères de
l'arillode viennent encore le confirmer ; Thouars ne précise-t-il pas en effet : « Semina...
semi-arillata » ?
Le Tina thouarsiana est un arbre, généralement de faible taille, propre au Domaine
de l’Est. Il est très commun dans les forêts littorales et sublittorales entre Sambava et
Fort-Dauphin. Il semble ne pas pénétrer à l’intérieur des terres au-delà de la plaine
côtière. Un seul échantillon ( Cours et Homolle 2603) est indiqué d’une altitude de
1000 m et provenant de la forêt d’Ankirihiry au Nord d’Ambodiriana (Tamatave).
L’altitude est manifestement exagérée pour la région d’Ambodiriana; il s’agit proba¬
blement d’une erreur d’étiquette.
Espèces à exclure du genre Tina :
a. Tina isoneura Radlkofer : Nous faisons de cette espèce le Type du genre Neotina
R. Capuron. Voir à ce genre;
b. Tina alata Danguy et Choux in Bull. Mus. Hist. Nat. Paris 22 : 391 (1926) ; Choux
in Catalogue : 12 (1931). — Radlkofer in Engler, Z. c. ; 1123 (1933).
L’échantillon Type de cette espèce (Thouvenot 21) est hétérogène. Si les fleurs
sont bien d’un Tina [T. chapelieriana (Camb.) Kalk.] les feuilles sont celles d’un
Source : MNHN, Paris
COMORES
173
RÉVISION
DES SAPINDACEES
DE MADAGASCAR
Plakcue 45
Tina thouarsiana : 1, feuille et inflorescence, X 2/3; 2, fleur môle, X 4; 3 et 4, pétale,
fuces interne et externe, X 6; 5, fleur femelle débarrassée des pétales et des
staininodes, X 4; 6, infrutescence, X 2 /3; 7, graine, gr. nat.
Tina isaloensis : 8, feuille et inflorescence, x 2/3; 9, fleur mâle, X 4; 10 et 11, pétale,
faces interne et externe, X 6; 12, feuille et inflorescence (échantillon correspon¬
dant ù T. bongolavensis), x 2 /3; 13, fleur femelle, X 4; 14, pétale de la même,
face interne, X 6; 15, staminode, à anthérode glabre, x 6; 16, calice, disque et
ovaire (avec staminode anormal inséré sur l’ovaire), x 4; 17, staminode à
anthérode cilié, x 6; 18, feuille et infrutescence, x 2/3; 19, fruit, x 2/3;
20, graine et arillodc, gr. nat.
Source : MNHN, Paris
174
Filicium tlecipiens (Wight et Arn.) Thw. Les auteurs ont été trompés par un assemblage
trop bien fait au moment du montage de l’échantillon sur la feuille d’herbier;
r. Tina conjugata Radlkofer in Engler /. c. : 1122 (1933).
Typus spf.ciei ; Thouars (< aquilaroides conjugata »).
La connaissance des fruits mûrs de cette espèce nous a montré qu’il s’agit en
réalité d’un Tinopsis Radlk.;
il. Tina apiculata (Radlkofer) Radlk. ex Choux ira Ann. Mus. Col. Marseille, 33 e année,
4 e série, 3 : 19 (1926). — Tinopsis apiculata Radlk. in Engler et Prantl, Nat.
Pflzfam. 3 5. 342. (1895): Choux in C.R. Acad. Sc. 181 : 72 (1925).
C’est l’espèce Type du genre Tinopsis Radlk.;
e. Tina leptopliylla Radlkofer in Engler, l. c. : 1120 (1933).
Typus: Parker s. n" [ad Andramazona (Andramasina) ] K.!
Simple forme de jeunesse du Tina isoneura Radlk. (voir Neolina) ;
/. Tina unifovcolata Radlkofer in Engler I. c. : 1121 (1933).
Ne peut être séparé spécifiquement du Tina isoneura Radlk. (voir Neotina) ;
g. Tina tsaratananensis Choux ira Ann. Mus. Hist. Nat. Marseille 20 : 42 (1929).
Ne peut être séparé spécifiquement du Tina isoneura (voir Neotina).
25. Neotina R. Capuron gen. nov.
Arbores foliis petiolatis, exstipulatis, altérais vel suboppositis, joliolis 2 - 5 -jugis
oppositis, suboppositis vel altérais, marginibus integris. Paniculae axillares vel apice
ramulorum infra gemmulam confertae. Flores unisexuales rnonoici vel nonnunquam (?)
dioici; sepala 5, 2-seriatim imbricata, 2 exteriora minora; pelala (2-3) 4-5, sub margine
disci inserta, sepala vix aequantia, marginibus inflexis 2-squamulatis (squamulis, in
eodem flore, liberis vel in lamellula unica plus minus bilobata conjunctis) ; discus
annularis, glaber. intus fllamentorum pressione sulcatus; stamina 5 (-6-8) fllamentis
filiformibus villosis; antherae oblongae, pilosae, apice emarginatae et eglandulosae ;
germen ovoideum subglabrum, 2-loculare; Stylus integer, lineis stigrnatosis 2, dorsaJibus,
longis; ovula in loculis singula, adscendentia. Fructus capsularis, maturitate subdrupa-
ceus, apice breviter apiculatus, a loculorum lateribus non vel vix compressas, loculici'le
bivalvis, intus glaber, abortu 1-spermus. Semina obovoidea, arillata; arillus (ruber vel
aurantiacus) semina brevior, margine denticulatus, basi antice in processum calcariformen
(nonnunquam brevissimum) productus. Embryo lomatorrhizus.
Species typica : Neotina isoneura (Radlk.) R. Cap. [Tina isoneura (Radlk.) J.
Radlkofer ayant attribué une importance fondamentale aux caractères de l’embryon
dans les Cupaniées nous avons été amené à exclure du genre Tina le Tina isoneura
Radlk. pour en faire le type d’un nouveau genre, Neotina, auquel nous rapporterons
également une espèce nouvelle. Alors que dans Tina l’embryon est notorrhize il est
lomatorrhize dans les Neotina. Par ce caractère ce dernier genre paraît être très proche
du genre Cupania L. tel que l’a défini Radlkofer et dont les espèces sont localisées en
Amérique; comme dans les Cupania l’ovaire est typiquement à trois loges et qu’il est
à deux loges dans les Neotina nous tiendrons les deux genres pour distincts.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DUS SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 175
Quelques caractères fournis par les étamines (nombre, forme des anthères) et le
style (longueur des lignes stigmatiques) s’ajoutent à ceux fournis par l’embryon pour
individualiser un peu mieux le genre Neotina par rapport au genre Tina.
Dans le tableau suivant nous mettons en parallèle les caractères respectifs des
deux genres. Nous y avons inclus également ceux du genre Tinopsis que nous avons
étudié précédemment avec les Schleichérées; on pourra voir ainsi les très étroites
affinités des genres Tinopsis et Neotina, affinités si étroites que, à moins de faire appel
à des caractères spécifiques, il est pratiquement impossible de séparer des échantillons
fleuris de ces deux genres.
Tina
Neotina
Tinopsis
Folioles des pieds
adultes.
Dentées (au moins en
partie).
Entières.
Entières.
Pétales.
Écailles toujours libres.
Écailles libres ou sou-
Écailles libres ou soudées.
Étamines.
(5-) 6-8 (-9).
5(6-7).
5 (-6-7).
Anthères.
Petites, subcordiformes,
apiculées glanduleuses
au sommet.
Moyennes, oblongues,
toujours émarginées
au sommet non glandu-
Moyennes, oblongues,
presque toujours émar¬
ginées au sommet non
glanduleux.
Stigmates.
Lignes stigmatiques très
courtes.
Lignes stigmatiques occu¬
pant la majeure partie
Lignes stigmatiques occu¬
pant la majeure partie
du style.
Capsule déhiscente en
deux valves qui
s’écartent fortement.
Capsule déhiscente en
deux valves qui
s’écartent fortement.
Fruit indéhiscent ou à
péricarpe se fendant
incomplètement en
deux valves qui
restent dressées.
Endocarpe.
Glabre ou poilu.
Glabre.
Glabre.
Arillode.
Partiel (parfois réduit ou
nul) caudé à sa base.
Coloré.
Partiel, caudé à sa base
(parfois très briève-
Céracé.
Coloré.
Entourant complète¬
ment la graine, non
caudé à sa base.
Charnu, pulpeux.
Incolore, translucide.
Embryon.
Notorrhize.
Lomatorrliize.
Lomatorrhize.
Les deux espèces que nous classons dans le genre Neotina se séparent aisément :
1. Feuilles toujours alternes, à (1-) 3-4 (-5) paires de folioles. Fruit nettement stipité.
1. N. isoneura.
1'. Feuilles opposées ou subopposées à 1 (-2) paires de folioles. Fruit non stipité.
2. N. Coursii.
1. Neotina isoneura (Radlk.) R. Capuron comb. nov. — Tina isoneura Radlk. in
Sitzungsber. Akad. München 9 : 663 (1879), in Engler, Z. c. : 1120 (1933), in
Palacky, Cat. PI. Madag. 5 : 53 (1907) excl. syn. Cupania dissitiflora Baker (quae
Tinopsis dissitiflora ) ; Choux, Index : 19 (1926), Mémoires, 4 : 76, tab. X, fig. 19
(1926), Ann. Mus. Hist. Nat. Marseille 20 : 42 (1929), Catalogue : 12 (1931). —
Tinopsis isoneura (Radlk.) Choux, in C. R. Acad. Sc. Paris 181 : 72 (1925). —
Tina unifoveolata Radlk. in Engler, l. c. : 1121 (1933) [Typus : Perrier 6301].
Tina leptophylla Radlk., in Engler, Z. c. : 1120 (1933) [Typus : Parker s. n°], —
Tina tsaratananensis Choux in Ann. Mus. Hist. Nat. Marseille 20 : 42, tab. 7
(1929) [Typus : Perrier 16144], Catalogue : 13 (1931) ; Radlkofer in Engler Z. c. :
1124 (1933). — Cupania isomera Baker, in Journ. Bot. 20 : 51 (1882) [Typus:
Baron 104]. — Planche 46, fig. 1-11.
Source : MNHN, Paris
176
Typus speciei : Bojer s. n" (in montibus Antongona, K.!).
Le Neotina isoneura est une espèce très largement répandue dans tout le Domaine
du Centre, depuis la Montagne d’Ambre jusque dans le massif du Kalambatitra (Betroka) ;
elle n’a pas encore été récoltée dans les grands massifs du Sud (Andohahela, etc.)-
Dans l’abondant matériel dont nous disposons je ne crois pas qu’il soit possible
de distinguer les espèces (T. isoneura, T. leptophylla, T. unifoveolalu) séparées P ar
Radlkofer. Le Tina leptophylla est indubitablement une forme de jeunesse (à feuilles
dentées) du T. isoneura comme nous avons pu l’observer à Andramasina, localité d’ou
provient le Type récolté par Parker. L’absence ou la présence d’un hypoderme me paraît
devoir être considérée comme un caractère adaptatif à la plus ou moins grande séche¬
resse de la station où croît la plante; il serait néanmoins intéressant d’effectuer une
étude anatomique de tous les échantillons connus pour voir s’il y a vraiment une corré¬
lation entre la présence d'hypoderme et l’absence de fovéoles. Or ces dernières m'ont
paru très inconstantes; si certains échantillons en sont totalement dépourvus, d'autres
en présentent un nombre très variable : certaines folioles en sont dépourvues, d’autres
en ont une ou plusieurs, parfois très petites, parfois au contraire très développées : il
me paraît difficile dans ces conditions d’attribuer aux fovéoles une valeur taxonomique.
Les fleurs présentent des variations assez grandes; le type floral le plus fréquent
paraît être 5S -|- 5P + 5E mais il est loin d’être toujours réalisé; nous l’avons observe
constamment dans les fleurs analysées de Ursch 203, Humbert 3109 et 3685, 1018 SF,
3922 SF, 7045 SF, 14350 SF. Sur 11006 SF nous avons observé 5S + (3-5) P-|- 5E;
sur 5142 SF, Pcrrier 2125 et 20169 SF : 5S + (4-5) P-|-5E (et sur ce dernier une fois
4S 4- 4P -|- 5E). Sur 7924 SF nous avons noté 5S + 5P + (5-6) E; sur Perrier 6301:
5S-H3-) 4-5 P + 5E.
Dans le même échantillon on peut à la fois observer des variations dans le
nombre des pétales et des étamines: c’est ainsi que sur Humbert 11842 nous avons
noté 5S + (2-5) P+ (5-6) E; sur 2228 K N : 5S + (3-5) P+ (5-6) E. Enfin, sur le Type
de Tina tsaratananensis, Perrier 16144, nous avons noté 5S + 5P + (5-8) E; ce dernier
échantillon présente une extraordinaire ressemblance avec le Tinopsis antongiliensis et
ne s’en différencie guère que par la présence de grosses fovéoles sur les folioles et de
poils sur la face interne du calice.
De ces observations, dont il est inutile de poursuivre l’énumération, nous pouvons
conclure que si le nombre des sépales est constant celui des pétales peut varier de 2 à 5
et celui des étamines de 5 à 6 et exceptionnellement 8.
Quant aux pétales, s’ils ont la plupart du temps deux écailles libres, on peut
également observer, dans la même fleur, des pétales à écailles soudées en lame unique;
c’est ce que l’on peut voir par exemple dans Perrier 16144, 6301, 2125, Ursch 203,
11006 SF, etc.
2. Neotina Coursii R. Capuron sp. nov. — Planche 46, fig. 12-19.
Frutex vel arbor ad 10 m alla, ramulis ab initia dense brevilerque fulvo-puberulis
deinde glabris. Folia fere semper opposita, rarius subopposita vel alterna, uni-juga
(vel rarissime 2-juga) ; peliolus lignescens, robustus, 1-3 cm longus, supra planus vel
leviter carinatus et 2-sulcatus, glaber vel glabrescens; foliola sessilia oblonga vel elliptica,
basi longe cuncatim attenuata, apice obtusa vel rotundata (2,5-8,5 X l,2-3,5 cm), adulta
glabra vel infra pilis raris instructa, coriacea, marginibus integris plus minus revolutis;
joveolae absentes vel praesentes et tune magnae; costa supra leviter carinulata, infra
vix prominula; nervi secundarii leptoneuri. Inflorescentiac axillares, quant folia breviores
(2-5,5 cm ), dense adpresseque fulvo-puberulae. Flores parvi (masculi solum vidi ), 3-3,5 mm
diam.; sepala (exteriora nonnunquam brevissima et plus minus bracteiformia) utrinque
puberula, marginibus breviter ciliatis; petala 4-5, haud exserta, obovata vel suborbicu-
laria (1-1,25 X 0,7-1,5 mm) breviter unguiculata, marginibus inflexis appendices pilosos
(petalibus aequales vel breviores) inter se liberos vel plus minus coalescentes efjormantes;
stamina 5, parum exserta 3-3,5 mm longa, filamentibus ciliatis; anllierae (1,25 X 0,9 mm)
dense ciliatae. Pistillodium ciliatum. Fructus capsulaiis, subcarnosus, cuber, haud stipi-
Source : MNHN, Paris
RÉVISION
SAPINDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
177
Planche 46
Neotina isoneura : 1, fouille et inflorescence, x 2/3; 2, fleur mâle, pétales enlevés,
X 4; 3 et 4, sépales interne et externe, x 6; 5 et 6, deux pétales vus par la faee
interne, ;; 6; 7, ovaire, >. 4; 8, fragment d'infrutescence, x 2/3; 9, graine et
arillodc, gr. nal.; 10 et 11, embryons, x 2.
Neotina Courait : 12, rameau en fleurs, x 2/3; 13, fleur mâle, x 4; 14 et 13, deux
pétales, vus par la face interne, x 6; 16, étamine, ,■> 6; 17, infrutescence.
X 2/3; 18, valve du fruit et graine, gr. mit.: 19, embryon, x 2.
Source : MNHN, Paris
178
I. CAI’l'l
tatus, auguste obovoideus (10-15 mm longus) apice stylo brevi (1 mm) apiculato; arillus
mediam inferiorem seminis partem obtegens, basi bréviter obtuseque calcaratus. Semina
generis.
Typus speciei : Lcandri et Capuron 1638 (Sandrangato, Moramanga).
Cette espèce paraît assez fréquente dans la région comprise entre le lac Alaotra
et la région Périnet-Anosibe (bassin du lac Alaotra et du haut Mangoro). Tous les
échantillons que nous possédons (une dizaine) en proviennent.
Cette espèce est la seule des Sapindacées malgaches à présenter des feuilles
opposées ou subopposées; les feuilles alternes (que l’on rencontre sur les mêmes échan¬
tillons) sont nettement plus rares. Ce caractère permet de reconnaître aisément le
Neotina Coursii, même à l’état stérile.
26. Molinaea Comm. ex Juss.
Molinaea Comm. ex Jussieu, Gen. Plant. : 248 (1789) ; Radlkofer in Engler, l. c. : 1125
(1933), excl. Gelonium Gaertn.
Espèce type : Molinaea laevis Willd.
En 1789, Jussieu n’a nommé aucune des espèces sur lesquelles il avait basé sa
description du genre Molinaea. Or, dans le matériel qu’il avait à sa disposition, matériel
qui est encore conservé dans son herbier, figuraient deux espèces que, en 1799, Willdenow
devait décrire sous les noms de Molinaea laevis et M. aüernifolia. Dans l’herbier de
Jussieu les deux espèces sont parfaitement séparées et il est probable que cette séparation
avait été faite par Jussieu lui-même. En 1791, Gmelin, sans laisser soupçonner l’existence
de deux espèces, créait le binôme Molinaea arborea Gmelin; aucune indication de l’auteur
ne permet de dire à laquelle des deux espèces s’applique le binôme. La distinction
entre deux espèces de Molinaea apparaît pour la première fois dans la littérature
botanique avec la parution, en 1797 (ou en 1793?), de la planche 305 de l’Illustration
des genres de Lamarck : sur cette planche les deux espèces de Molinaea sont figurées,
le Molinaea n° 1 devenant le Molinaea laevis, l’autre devenant le M. alternifolia. Pendant
longtemps (qu’ils conservent ou non le genre Molinaea) tous les botanistes admirent les
deux espèces et les binômes de Willdenow, ne mentionnant même pas le binôme de
Gmelin : tels furent par exemple Persoon, Poiret, de Candolle, Cambessèdes, Bojer, etc.
En 1879, Radlkofer ressuscitait le binôme de Gmelin; s’appuyant sur le fait que dans
la diagnose générique Jussieu avait écrit « arbores vel frutices » il restreignait l’appel¬
lation de Gmelin au « stirps arborea » ; j’ignore absolument sur quel critère Radlkofer
a pu s’appuyer pour établir que le « stirps arborea » était le Molinaea alternifolia Willd.
et mettre par suite ce binôme en synonymie avec M. arborea Gmelin. Dans le même
travail Radlkofer admettant l’identité de Gelonium cupanioides Gaertner et de Molinaea
laevis Willd. était amené à mettre ce dernier binôme en synonymie de la combinaison
nouvelle Molinaea cupanioides (Gaertn.) Radlkofer. Nous avons déjà dit que, jusqu’à
preuve du contraire, nous n’admettions pas la synonymie des genres Gelonium Gaertn.
et Molinaea; il en résulte que nous rejetons la combinaison Molinaea cupanioides
(Gaertn.) Radlk. et que nous continuons à appeler cette espèce M. laevis Willd. Quant à
Molinaea arborea Gmel. nous le rejetterons comme <nomen confusum » et le Molinaea
arborea Gmel. em. Radlk. reprendra son ancien nom de M. alternifolia Willd.
Le genre Molinaea est représenté par trois espèces aux Mascareignes; sur les
sept espèces qui ont été décrites de Madagascar nous n’en retiendrons que cinq, les
M. campylocarpa Choux et M. rubicunda Choux devant selon nous être rattachés respec¬
tivement aux M. retusa Radlk. et M. petiolaris Radlk. Nous ajouterons en revanche une
nouvelle espèce bien caractérisée par ses feuilles sessiles, ce qui portera le nombre
des espèces malgaches à six.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 179
1. Feuilles scssiles (paire inférieure des folioles insérée tout près de l’extrême base du pétiole).
1. M. sessilifolia.
1 Feuilles très nettement pétiolées.
2. Folioles très membraneuses, en général aiguës au sommet (si elles sont obtuses elles dépassent en
général 5 cm de longueur). Fruit dépassant presque toujours 2 cm de large à maturité (de 22 à
35 mm). Inflorescences (au moins les plus grandes) avec des ramifications bien développées. Anthères
poilues. Des fovéoles en général.
3. Axes de l’inflorescence robustes, le pédoncule anguleux et presque toujours nettement marqué
de lenticelles. Folioles toujours entières. Fleurs de 5-6 mm de diamètre. Fruits brièvement atté¬
nués à la base. 2. M. Tolambitou.
3'. Axes de l’inflorescence grêles, le pédoncule presque cylindrique et non marqué de lenticelles.
Folioles avec souvent une ou deux dents aiguës. Fleurs de 2,5-3 mm de diamètre. Fruits assez
longuement atténués en pied. 3. M. petiolaris.
2'. Folioles plus ou moins chartacées (ou si membraneuses alors obtuses au sommet et dépassant rare¬
ment 5 cm de longueur). Inflorescences, même les plus longues, très rarement ramifiées.
4. Anthères nettement pubescentes. Folioles membraneuses, souvent dentées, ayant le plus sou¬
vent 1 ou plusieurs fovéoles. Fruit de 22-25 mm de largeur. Pétales longuement ciliés sur leur
bord. 4. M. retusa.
4'. Anthères glabres ou avec quelques cils. Folioles chartacées, toujours entières. Fruit ne dépas¬
sant pas en général 20 mm de largeur.
5. Feuilles à (1-) 2-3 paires de folioles dépourvues de fovéoles. Sépales poilus intérieurement.
Anthères glabres. Pétales non ciliés sur leur bord supérieur. 6. M. brevipes.
5'. Feuilles à (2-) 3-5 paires de folioles pourvues de fovéoles (petites). Sépales glabres intérieure¬
ment. Anthères avec quelques cils. Pétales ciliés sur leur marge. 5. M. sulcata.
1. Molinaea sessilifolia K. Capuron sp. nov. — Planche 47, fig. 8-9.
A ceteris omnibus speciebus generis differt joliis sessilibus. Arbor, innovationibus
sulcatis densissime brevissimeque adpresse julvo pubescentibus, deinde glabrescentibus et
lenticelloso-punctatis. Folia (/-) 2-3-fuga sessilia vel subsessilia (petiolo 0,5-3 mm longo ),
(2-) 10-28 cm longa rac/U (inter basalem et primam joliolorum jugam ) supra subpiano,
ultra carinulato et marginibus angulosis vel submarginatis, apice longe apiculato; foliota
glabra, parum chartar.ea, elliptica vel leviter obovato-elliptica, inferiora parviora ( nonnun-
quam 2 X 1,2 cm), altéra 5-20 X 2-6 cm supra nitida, basi cuneata in petiolulum Iran-
siente, apice vel rotundata vel nonnunquam acutiuscula, marginibus integerrimis parum
revolutis; Costa supra subplana vel leviter prominula, infra prominens; nervi secundarii
utrinque bene conspicui sat numerosi subpatuli, praeter marginem arcuatim-anastomo-
santés. Inflorescentiae 5-15 cm longae fere semper ramosae, pedunculatae (pedunculo
2- 5 cm longo) axibus adpresse brevissimeque fulvo-puberulis; pedicelli 2-5 mm longi;
sepala extra puberula, intus glabra (basi excepta), exteriora 1,7-2,5 X 1,8-2 mm, interiora
3- 3,5 X 3-3,5 mm; petala subrhomboidea vel obovato-cuneata, esquamata, basi solum
pubescentia ( marginibus superioribus non ciliatis), ca. 3,5 X 2,5-3 mm; stamina 8,
filamentibus 5-7 mm longis inferne villosis, antheris glabris vel pilis brevissimis raris
instructis; germen trigonum sparse pilosum. Fructus immaturus bréviter stipitatus apice
truncatus vel vix emarginatus.
Typus speciei : 5885 RN (R.N. I. Ambodiriana, Tamatave).
Cette espèce n’est encore connue que de deux localités de la Région Orientale,
d’une part de la Réserve Naturelle n° I dite d’Ambodiriana, au Nord-Ouest de Tamatave
et d’autre part du massif du Vatovavy, près d’Antsenavolo, dans le bassin de la
Mananjary. Elle est immédiatement reconnaissable à ses feuilles sessiles, dans lesquelles
la paire de folioles inférieures se trouve insérée à la base ou tout près de la base de
l’axe foliaire; ces deux folioles, souvent très fortement réduites par rapport aux autres,
sont analogues à celles que nous avons observées dans la plupart des Macphersunia, chez
le Chouxia sorindcioides, dans le Doratoxylon stipidatum, etc. Dans le M. sessilifolia les
inflorescences ont des axes robustes et portent presque toujours des ramifications (pouvant
atteindre 5 cm de longueur) dans la partie inférieure. Par ce caractère cette espèce
rappelle le M. Tolambitou (Camb.) Radlk.
Source : MNHN, Paris
180
R. CAPURON
2. Molinaea Tolambilou (Camb.) Radlk. in Sitzb. Ahad. München 9 : 525, 651 (1879).
in Engler, l. c. : 1129 (1933). — Molinaea arborea Choux non Gmel. emend.
Radlk. in Mém. Acad. Malg. 4 : 61 et tab. 6 fig. 12 (1927), in Ann. Mus. Hist.
Nat. Marseille 22 : 42 et tab. 6 (1929), in Index : 18 (1926), in C. R. Acad. Sc.
Paris 181 : 71 (1925), in Catalogue: 11 (1931). — Cupania Tolambitou Cambes-
sèdes in Mém. Mus. Hist. Nat. 18 : 43 (1829). — Gelonium Tolambitou (Camb.)
O. Kuntze, Rev. Gen. 1 : 143 (1891). — Planche 48, fig. 20-27.
Typus speciei : Chapelier s. n”, « Tolambitou ».
Les Molinaea que nous groupons dans cette espèce présentent les principaux
caractères suivants : feuilles à (1-) 2-4 paires de folioles membraneuses à bords très
entiers et à sommet généralement aigu (nous séparerons une variété à feuilles obtuses) ;
lu majorité des folioles possède des fovéoles à l’aisselle de quelques nervures secondaires;
les inflorescences sont souvent nettement ramifiées et leur axe principal est généralement
robuste, anguleux, rigide et presque toujours marqué, dans sa partie inférieure tout au
moins, de nombreuses lenticelles; les fleurs sont relativement grosses et ont un calice
qui atteint 5-6 mm de diamètre à la floraison; l’onglet des pétales est simple ou à bords
très étroitement repliés, sans lobes différenciés; les anthères sont toujours munies de
poils (et non glabres comme l’indique Radlkofer) ; le fruit, relativement gros, mesure
de 23 à 36 mm de largeur (largeur mesurée sur les fruits à deux graines développées).
Ainsi défini le Molinaea Tolambitou est représenté par de grands arbustes ou des
arbres atteignant jusqu’à 15-20 m de hauteur.
Nous avons distingué trois variétés qui peuvent se séparer comme suit :
1. Folioles aigues au sommet.
2. Folioles restant de teinte claire au séchage, les plus grandes ayant en général 2,5-5 cm de largeur.
var. Tolambitou.
2'. Folioles prenant une teinte assez sombre en séchant, les plus grandes dépassant rarement 2,5 cm
de largeur. var. delphinensis.
V. Folioles obtuses ou arrondies au sommet. var. obtusa.
a. Var. Tolambitou. — Molinaea arborea Choux non Gmel. emend. Radlk., cf. supra.
Choux a rapporté au Molinaea arborea Gmel. emend. Radlk. (M. alternifolia
Willd.) un certain nombre d’échantillons qui sont inséparables du M. Tolambitou
(Camb.) Radlk. Cette dernière espèce peut se séparer de l’espèce des Mascareignes par
ses feuilles nettement plus membraneuses et plus aiguës.
Dans la var. Tolambitou nous plaçons des plantes dont les feuilles sont constituées
de folioles assez grandes (les folioles supérieures ont de 5 à 14 cm de longueur) ; en
séchant les folioles restent de teinte claire. Les inflorescences sont longues de (4,5)
7-16 cm et souvent munies de ramifications latérales qui peuvent atteindre 5-6 cm de
longueur.
Cette variété est connue du Domaine Oriental depuis la baie d’Antongil jusque dans
la région de Vohipeno-Farafangana.
b. Var. delphinensis R. Capuron var. nov.
A var. Tolambitou differt foliolis minoribus, majoribus non 7 X 1,5 cm superan¬
tibus, in sicco statu plus minus nigricantibus.
Typus var. : 22352 SF (col du Maningotry, Fort-Dauphin).
Cette variété que nous connaissons depuis la région de Vondrozo jusque dans
celle de Fort-Dauphin se distingue assez aisément par son feuillage réduit. Assez souvent
les feuilles n’ont qu’une ou deux paires de folioles et celles-ci sont de taille nettement
plus réduite que dans la var. Tolambitou; de plus le limbe prend en séchant une teinte
nettement plus sombre que dans la var. typique. Les fruits sont un peu plus longuement
stipités.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAP1NDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES
181
Planche 47
Molinaea brevipcs : 1, feuille et inflorescence, X 2 /3; 2, fleur mâle, X 4; 3 et 4, pétale,
faces interne et externe, x 6; 5, section du pétale vers son tiers inférieur,
X 6; 6, infrutescence, X 2 /3; 7, fruit, vu de dessus, x 2 /3.
Molinaea sessilifolia : 8, feuille et inflorescence, x 2 /3; 9, fleur femelle débarrassée
des pétales et des staminodes, une loge ouverte, x 6.
Molinaea peliolaris : 10, feuille et inflorescence, x 2/3; 11, foliole, autre forme,
X 2/3; 12, fleur mâle, X 4; 13 et 14, pétales, X 6; 15, étamine, x 6; 16, anthère
non encore ouverte, x 6; 17, infrutescence, X 2/3.
Source : MNHN, Paris
182
t. CAPURON
e. Var. obtusa R. Capuron var. nov.
A céleris varielalibus differt foliolis apicc obtusis vcl rotundatis.
Typus var.: Thouvenot 7 (forêt d’Analamazaotra).
Cette variété, qui n’est actuellement connue que de la région de Périnet, se
reconnaît à ses folioles nettement obtuses au sommet; leur limbe est moins membraneux
que dans les deux variétés précédentes. Bien qu’assez différente d’aspect de ces dernières
elle ne paraît pas pouvoir en être séparée spécifiquement. On pourrait être tenté de la
rapprocher du M. retusa Radlk. à cause d’une certaine ressemblance de son feuillage
avec celui de cette dernière; nous pensons que ses folioles relativement plus grandes
que dans le M. retusa, toujours entières, ses inflorescences ramifiées, militent plutôt en
faveur du rattachement au M. Tolambitou; de plus dans le M. retusa les pétales, toujours
fortement poilus, ont les bords de l’onglet très nettement repliés et formant des écailles
bien marquées, ce qui n’est pas le cas dans le M. Tolambitou.
3. Molinaca petiolaris Radlkofer in Sitzungsb. Akud. München 9 : 651 (18791. in
Engler, l. c. : 1129 (1933); Choux, Index : 19 (1926), Mém. Acad. Malgache 4:
61, 110 (1927), in Catalogue : 12 (1931). — Molinaca rubicunda Choux in Mém.
Acad. Malgache 4 : 68 et tab. 8. fig. 15 (1927), in C. R. Acad. Sc. Paris 181 :
71 (1925) [nom. soZ.], Index: 19 (1926), Catalogue : 12 (1931) [Typus : Perrier
6316]: Radlkofer in Engler, Z. c. : 1131 (1933). — Gelonium petiolare (Radlk.)
O. Ktze, Revis. Gen. 1 : 143 (1891). — Planche 47, fig. 10-17.
Typus speciei : Goudot s. n" (anno 1883, Ambanivoule).
La comparaison du type de M. petiolaris Radlk. et de celui de M. rubicunda
Choux ne peut laisser subsister aucun doute quant à l’identité des deux espèces. Radlkofer
sépare le M. petiolaris du M. Tolambitou par les caractères suivants :
Foliota fovcolata submembranaeva, nervis lateralibns proenrvis (M. Tidambitou).
Foliola efovcolata membranacea, nervis lateralibns pale.nlibus [M. petiolaris).
Disons de suite que les caractères tirés de la nervation ne sauraient être retenus;
elle est en tous points semblable dans les deux espèces et s’il est des échantillons dans
lesquels on peut noter quelques différences très faibles, ce sont de simples variations
individuelles; il convient de noter en effet que l’obliquité des nervures est en rapport
manifeste avec la largeur des folioles et ceci sur un même échantillon : plus les folioles
sont étroites et plus les nervures sont ascendantes.
En ce qui concerne les fovéoles il est facile de noter que les échantillons Baron
2776 et 2588 rapportés par Radlkofer lui-même à son M. petiolaris en sont pourvus, ce
qui montre le peu de valeur à attribuer à ce caractère.
Nous avons été tenté de réunir les deux espèces et il se pourrait que ce soit là
la solution qui s’imposera lorsque le M. petiolaris sera mieux connu.
Nous avons cru trouver quelques petites différences qui, pour le moment, peuvent
permettre de conserver le M. petiolaris. Celui-ci est un arbrisseau, parfois un petit
arbre de 7-8 m de haut (d’après Perrier) à rameaux particulièrement grêles. Les feuilles
ont 2-6 paires de folioles membraneuses : très souvent leur limbe porte, sur les marges,
une ou plusieurs dents (soit vers le milieu de leur hauteur, soit près du sommet) que
nous n’avons jamais observées dans le M. Tolambitou. Les inflorescences (encore mal
connues) sont grêles et, lorsqu’elles sont bien développées, sont nettement ramifiées;
leur axe principal est dépourvu de lenticelles.
Les fleurs sont petites (d’après les calices qui persistent sous les fruits elles ne
dépassent guère 3-4 mm de diamètre) en général. Le fruit ((pii atteint 20-30 mm de
largeur) est en général nettement stipité (stipe de 3-8 mm de longueur).
Les échanlillons que nous rapportons au M. petiolaris ont été récoltés dans le
Domaine Oriental dans la région comprise entre le bassin du Maniugory et le bassin
du Sakaleony. Dans la région Moramanga-Anosibe, c’est un arbrisseau assez commun qui
ne dépasse guère parfois 0,60-1 m.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAPINDACEES DE MADAGASCAR ET
iS COMORES
183
Planche 48
Molinaea refusa : 1. feuille et infrutescence, X 2 /3; 2, fleur mâle, X 4; 3, pétale, face
interne, X 6; 4, fleur mâle ouverte, montrant disque, liase de» filets atamirinux
et pistillode, x 4; 5, pétale, forme unormale, x 6; 6, staminode, x 6; 7, ovaire,
deux loges ouvertes, x 4; 8, ovaire, sectiou transveisale, x 4; 9, grume et
arillode, X 1,5; 10, embryon, x 1,5.
Molinaea sulcala : 11, feuille et inflorescence, X 2/3; 12, fleur mâle, x 4; 13 et 14
pétales, face interne, x 6; 15, étamine, x 6; 16, fleur femelle, x 4; 1 stami¬
node, x 6; 18, fruit, x 2/3; 19, base de l'arillode, x 1,5.
Molinaea Tolambitou : 20, feuille, x 2/3; 21, fleur femelle ouverte, x 4; 22, pétale,
face interne, X 6; 23, staminode, X 6; 24, étamine, X 6; 25, disque et ovaire,
X 4; 26, fruit, x 2/3; 27, foliole de la var. obi usa, x 2/3.
Source : MNHN, Paris
184
I. CAPURON
4. Molinaea refusa Radlkofer in Sitzungsb. Akad. München 9 : 650 (1879), in Engler,
l. c. : 1129 (1933), non Choux in Mém. Acad. Malg. 4 : 63 et tab. 7, fig. 13,
nec in Catalogue 12 (1931) quae Molinaea sulcata Radlk. — Molinaea campylo-
carpa Choux in Mém. Acad. Malgache 4 : 64 et tab. 7, fig. 14 (1927), in Catalogue :
12 (1931) [Typus : Perrier 62781; Radlkofer in Engler /. c. : 1130 (1933). —
Celonium retusum (Radlk.) O. Ktze, Revis. Gen. 1 : 143 (1891). — Cupania
(Molinaea) monopora Boiv. mss. in sched. — Planche 48, fig. MO.
Typus speciei : Richard 117 (Vohémar).
Radlkofer (in Engler /. c., 1131) avait déjà soupçonné l’identité possible du
M. campylocarpa Choux avec son M. refusa fa. subdentata. Le caractère principal de
l’espèce décrite par Choux, et qui lui a valu son nom, est tiré de la courbure de l’axe
du fruit lorsque une seule loge est fertile. Celte courbure s’observe dans tous les
Molinaea, à un degré plus ou moins fort, dans les mêmes conditions. Les fruits de
M. retusa typiques, ceux provenant par exemple de la région de Diégo-Suarez. sont
identiques à ceux de M. campylocarpa et aucune distinction ne permet, sous ce rapport,
de séparer les deux espèces. Quant aux dents du limbe présentes dans M. campylocarpa,
absentes dans M. retusa, il s’agit là d’un caractère variable sur un même échantillon,
souvent dans une même feuille et ne permettant même pas de conserver la fa. subdentata
de Radlkofer.
Le Molinaea retusa Radlk. est très largement répandu dans le Domaine de
l'Ouest, où on le connaît depuis Vohémar jusque dans la région de Belo sur Tsiribihina.
Il ne pénètre pas dans le Domaine du Sambirano où il est remplacé par le M. sulcata
Radlk; ses feuilles ont (2-) 3-5 paires de folioles; celles-ci, qui atteignent rarement 7 cm
de longueur, sont à sommet obtus, parfois même un peu émarginé; les marges sont très
souvent dentées (le sommet des dents étant en règle générale émoussé) ; il y a 1 à
7 fovéoles à l’aisselle des nervures secondaires. Les inflorescences, axillaires et isolées,
longues de (3,5-) 5-12 (-17 cm), florifères presque dès leur base, sont racémiformes et
assez étroites (guère plus de 2 cm de diamètre vers la base) ; les inflorescences dans
lesquelles l’axe principal porte une ramification bien développée sont exceptionnelles.
Les pétales ont un onglet à bords repliés : ces bords se prolongent presque toujours
vers le haut en une languette droite ou infléchie. Les fruits, à base plus ou moins stipitée,
atteignent en général 22-25 mm de largeur.
5. Molinaea sulcata Radlkofer in Engler, l. c. : 1130 (1933) ; Molinaea retusa Choux
non Radlk.. in Mém. Acad. Malg. 4 : 63 et tab. 7, fig. 13 (1927), in Catalogue :
12 (1931). — Planche 48, fig. 11-19.
Typus speciei : Hildebrandt 3314 (Vavatobé).
Cette espèce est très voisine de la précédente et s’en distingue par ses folioles
plus coriaces, toujours très entières, par ses inflorescences plus courtes (elles ont en
général 2-4,5 cm, rarement jusqu’à 6 cm, presque toujours à peine plus longues que
le pétiole des feuilles), ses fruits plus petits (ils ont de 14 à 20 mm de largeur).
Les sépales sont glabres sur la face interne. Le M. sulcata Radlk. croît dans le Domaine
du Sambirano d’où il déborde à peine sur le Domaine de l’Ouest. Nous le connaissons
depuis le bord de la mer jusqu’aux environs de 500 m d'altitude (massif du Manongarivo).
6. Molinaea brevipes Radlkofer in Sitzungsb. Akad. München 9 : 651 (1879), in
Engler, l. c. : 1130 (1933) excl. M. andronensis (Baker) Radlkofer; Choux in Index :
18 (1926), in Mém. Acad. Malg. 4 : 61, 69, 110 (1927), in Catalogue : 12 (1931),
— Gelonium brevipes (Radlk.) O. Ktze, Revis. Gen. 1 : 143 (1891). — Planche 47,
fig. 1-7.
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAI’INDACÉES DE MADAGASCAR ET DES COMORES 185
Typus speciei : Boivin 1876 (Sainte-Marie).
Dans cette espèce les feuilles ont 1-3 paires de folioles ovales ou obovales, plus
rarement un peu oblongues; les folioles sont dépourvues de fovéoles et leur limbe,
souvent luisant sur le sec, est un peu chartacé; elles sont toujours obtuses ou arrondies
au sommet qui est souvent faiblement émarginé. Les inflorescences sont toujours plus
longues que le rachis des feuilles : leur axe est généralement simple, avec cependant,
parfois, des ramifications qui ne dépassent pas 2-2,5 cm de longueur. Les sépales sont
finement pubescents sur les deux faces. Les pétales ont un onglet qui est très faiblement
replié sur les bords; la lame pétalaire n’est pas ciliée sur la marge supérieure. Les
étamines ont des anthères glabres. Le fruit, qui ne dépasse pas 20-22 mm de largeur,
est très brièvement stipité à la base.
L’espèce n’est encore connue que du Domaine Oriental, dans une zone restreinte,
entre la région de Fénérive et celle d’Ambila-Lemaitso. où elle croît dans les forêts
littorales. C’est un petit arbre qui peut atteindre 8-10 m de hauteur.
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
INDEX DES NOMS LATINS
(Les synonymes sont en italique)
Alujphylus L. 53
— ainifoüus Radlk. 64
— antankarana R. Cap. 67
arboreus Choux. 58
beanancnsis R. Cap. 62
bicruris Choux non Radlk.. . 58
bicruris Radlk. 66
boinensis Choux. 56
— bojerianus (Camb.) B1. 58
bojerianus Choux non
(Camb.) Bl. 56
— bongolavensis Choux. 68
Cobbe (L.) Raeusch. 53
comorensis R. Cap. 66
— costatus Choux. 62
crataegifolius R. Cap. 66
Decaryi Dang. et Choux.... 67
dissectus R. Cap. 66
Gardineri Summerhaycs.... 63
— macrocarpus Dang. et Choux 60
— mananarensis Choux. 58
masoalensis R. Cap. 60
nigrescens Bl. 56
nigreacens var. macrocarpus
Dang. 60
Pervillei Bl. 63
pinnatus Choux. 64
racemosa Baron. 56
salignus Bl. 56
— simplex Baill. non Quisumb. 63
suarezenais R. Cap. 63
trichodesmus Radlk. 62
Aphania Bl. 81
aenegalenais (Juss. ex Poir.)
Radlk. 81
senegalenaiss.ap.senegalensis... 81
aenegalenais s.sp. senegalensis fa
senegalensis. 81
senegalensis s.sp. senegalensis fa
Perrieri (Choux) R. Cap. 82
senegalensis s.sp. chrysotricha
R. Cap. 82
Aphanieæ (Tribus). 81
Aquilaroides conjugata Thou. 148
Becuea R. Cap. 105
apetala R. Cap. 105
Bemarivea Choux. 135
— dissitiflora (Baker) Choux.... 148
Camptolepis Radlk. 108
crassifolia R. Cap. 110
grandiflora R. Cap. 110
hygrophila R. Cap. 111
ramillora (Taub.) Radlk.... 112
Cardiophyllariopsis R. Cap. (Sect.). 133
Cardiophyllarium Choux. 31
— apetalum Choux. 33
Cardiospermum L. 49
— grandiflorum SW. 50
— Ilalicacabum L. 49
Chouxia R. Cap. 130
— sorindeioides R. Cap. 130
Conchopetalum Radlk. 44
— brachysepalum R. Cap... 46
— madagascariense Radlk.. 46
Cossignia madagascariensis Baill. 44
Cotylodiscus Radlk. 87
— stelechanthus Radlk. 91
Crossonephelis Baill. 83
— Pervillei Baill. 83
Cupania chapélieriana Camb. 164
— dissitiflora Baker. 148
— isomer a Baker. 175
— monopora Boiv. 184
— striata Boj. 167
— thouarsiana Camb. 171
— Tolambitou Camb. 180
Cupanieae (Tribus). 161
Deinbollia Seh. et Thonn. 69
— boinensis R. Cap. 76
— borbonica Scheffer. 72
— borbonica fa arenicola R. Cap. 74
— borbonica fa glabrata Radlk.. 74
— borbonica fa pilosula R. Cap. 74
— macrocarpa R. Cap. 74
— macrocarpa s. sp. sambira-
nensis R. Cap. 76
— neglecta Radlk. 78
— Pervillei (Bl.) Radlk. 78
— Pervillei s. sp. suarezensis R.
Cap. 80
— Pervillei s. sp. suarezensis
fa ankaranensis R. Cap. 80
— Pervillei s. sp. suarezensis fa
suarezensis. 80
— ramiflora Taub. 112
— revoluta Radlk. 80
Dodonaea Mill. 27
— congesta Boj. 28
— madagascariensis Radlk. 28
— madagascariensis var. madagas¬
cariensis . 30
— madagascariensis var. pilosa R.
Cap. 30
viscosa Jacq. 27
— viscosa var. vulgaris Bcnth. fa
repanda (Sch. et Th.) Radlk. 28
— viscosa var. vulgaris Benth. fa
burmanniana (Sch. et Th.)
Radlk. 28
Source : MNHN, Paris
188
CAPURON
Dodonaea viscosa var. linearis (Harv. et
Sond.) SherIT. 28
Dodonaeeae (Tribus). 27
Doratoxyleae (Tribus). 31
Doratoxylon Thou. ex Benth. et llook. 31
— alatum (Radlk.) R. Cap.... 33
— apelalum (Poir.) Radlk_ 31
— apetalum s. sp. madagasca-
riense R. Cap. 31
— Chouxi R. Cap. 33
diversifolium (Juss.) Jack¬
son . 31
littorale R. Cap. 37
— mauritianum Thou. ex Ba¬
ker. 34
— stipulatum R. Cap. 32
Doryulum Thou. 31
Eriandrostachys Bail!. 117
— Chapelieri Baill. 126
Erythrophysa E. Mey. 17
— aesculina Baill. 18
— Belini R. Cap. 20
— Humberti R. Cap. 22
— lapiazicola R. Cap. 24
—- paniculata R. Cap. 18
— sakalava R. Cap. 26
Erythrophysopsis Verdcourt. 17
— aesculina (Baill.) Verdc.. 18
Filicium Thw. 37
— abbreviatum Radlk. 40
decipiens (W. et A.) Thw. 38
dccipiens fa apterum R. Cap... 40
longifolium (H. Perr.) R. Cap.. 40
— elongatum Radlk. 37
— somalensc Chiov. 37
— thouarsianum (DC.) R. Cap. 40
Garuga madagascariensis DC. 164
Gelonium Gaertn. 161
cupanioidcs Gaertn. 161
Gelonium Thouars. 135,161,163
— brevipes (Radlk.) O. Ktze. 184
— petiolare (Radlk.) O. Ktze. 182
— rctusum (Radlk.) O. Ktze. 184
— Tolambitou (Camb.) O. Ktze... 180
Haplocoelum Radlk. 133
— alatum Radlk. 33
— Perrieri R. Cap. 134
Harpullia madagascariensis (Baill.) Radlk. 44
Harpullieae (Tribus). 43
Hedyachras Radlk. 84
— philippinensis Radlk. 84
Hemigyrosa'! Pervillei B1. 78
Jagera madagascariensis B1. 164
Koeireuterieae (Tribus). 17
Lepisantheae (Tribus). 83
Macphersonia B1. 117
— acutifoliola Hemsley. 122
— Chapelieri (Baill.) R. Cap. 126
Chapelieri var. Chapelieri. 129
— Chapelieri var. Chapelieri
fa Chapelieri. 129
— Chapelieri var. Chapelieri
fa setosa R. Cap. 129
— Chapelieri var. chrysocarpa
R. Cap. 128
Macphersonia Chapelieri var. meridionalis
R. Cap.
cauliflora Radlk.
cauliflora fa cauliflora.. • •
cauliflora fa macrophylla
(Oliv.) R. Cap.
gracilis O. Hoft’m.
gracilis var. gracilis.
graoilis var. Hildcbrandtii
(O. Hoffm.) R. Cap.
gracilis var. lasiostachys R.
gracilis var. triehocarpa R.
Hildcbrandtii O. Hoffm...
laevis Radlk.
— macrocarpa Choux.
macrophylla Oliv.
madagascariensis B1.
madagascariensis s. sp. ma-
dagascaricnsis.
— madagascariensis s. sp. ex-
celsa R. Cap....
cclsa fa antongiliensis R.
Cap.
— madagascariensis s. sp. ex-
cclsa fa excelsa.
myriantha Hemsl.
pteridophylla Baill.
— Radlkoferi Choux.
Maj idea Kirk ex Oliv.
madagascariensis (Baill.) Radlk.. .
— zanguebarira Kirk.
sis (Baill.) r'.C ap...'!.
s. sp. zanguebarica.
Manongarivea Choux.
Perrieri Choux.
Melanodiscus Radlk.
— oblongus Radlk.
— unijugatus Aub. et l’cllegr.
128
124
126
126
120
122
122
122
124
120
120
124
124
118
118
120
120
120
118
118
126
43
44
43
44
43
81
81
83
84
84
Melicocca apetala Poir. 34
— divcrsifolia Juss. 34
MOUNAEA Contra, ex Juss. 178
— arborea Choux non Gmel. 180
brevipes Radlk. 184
campylocarpa Choux. 184
pctiolaris Radlk. 182
retusa Choux non Radlk. 184
retusa Radlk. 184
rubicunda Choux. 182
sessilifolia R. Cap. 179
suleata Radlk. 184
Tolambitou (Camb.) Radlk. 180
Tolambitou var. delphinensis
R. Cap. 180
— Tolambitou var. obtusa R. Cap. 182
Tolambitou var. Tolambitou.. 180
Neotina R. Cap. 174
— Coursii R. Cap. 176
isoneura (Radlk.) R. Cap. 175
Nephelieae (Tribus). 151
Nephelium oppositifoliolum Cord. 152
Omalocarpus Choux. 69
macrophyllus Choux... 72,74, 76
Source : MNHN, Paris
RÉVISION DES SAI’INDACÉES
Ornitrophe Comm. ex Juss. 53
Paullinia L. 49
— pinnata L. 49
Paullinieae (Tribus). 49
Phyllarthron thouarsianum DC. 40
Placioscyphus Radlk. 87
calciphilus R. Cap. 100
cauliflorus Radlk. 102
— danguyanus R. Cap. 92
Humberti R. Cap. 93
— Jumellei(Choux) R. Cap.. 90
— Louvelii Dang. et Choux.. 103
meridionalis R. Cap. 102
— nudicalyx R. Cap. 94
— nudicalyx var. nudicalyx.. 94
— nudicalyx var. sambaven-
sis R. Cap. 94
— stelechanthus (Radlk.) R.
Cap. 91
— unijugatus R. Cap. 91
Poculodiscus Dang. et Choux. 87
— Louvelii Dang. et Choux.... 92
Pseudoprotorhus H. Perr. 37
— longifolia H. Perr. 40
Pseudopteris Baill. 113
— ankaranensis R. Cap. 114
— arboreaR. Cap. 116
— decipiens Baill. 114
Pseudolitchi Dang. et Choux. 151
— Grevei Dang. et Choux. 152
Rlius decipiens Wight et Arn. 38
Sapindeae (Tribus). 69
Sapindus scnegalensis Juss. ex Poir. 81
Schleichereae (Tribus). 85
Schmidelia L. non Boehm. 53
— alnifolia Baker. 64
— bojeriana Camb. 58
— composita Boiv. 56
— racemosa Baron. 56
— trichodesma Bojer. 62
Stadmania Lam. 151
— acuntinala R. Cap. 158
— acuminata var. ambrensis. 159
— excelsa R. Cap. 156
— glauca R. Cap. 154
— Lcandrii R. Cap. 160
— oppositifolia Poir. 152
— oppositifolia s. sp. oppositifolia 152
— oppositifolia s. sp. oppositifolia
var. Grevei (Dang. et Choux)
R. Cap.... 154
— oppositifolia s. sp. oppositifolia
var. oppositifolia. 154
— oppositifolia s. sp. rhodesica
Exell. 152
MADAGASCAR ET DES COMORES 189
Stadmania serrulata R. Cap. 159
Sideroxylon DC. 152
Strophiodiscus Choux. 87
— Jumellei Choux. 96
Thounieae (Tribus). 53
Tina Roera. et Schult. 135,163
— alala Dang. et Choux. 38,164
— apiculata (Radlk.) Radlk. ex Choux. 143
bongolavensis Choux. 164
— chapelicriana (Carab.) Kalk. 164
— conjugata Thou. ex Radlk. 148
— cupanioides Baill. non DC. 164
— dasycarpa Radlk. 167
— fulvinervis Radlk. 166
— Gelnnium R. et S. em. Radlk. 171
— isaloensis Drake. 164
— isoneura Radlk. 175
— leptophylla Radlk. 175
madagascariensis (DC.) Radlk. 164
— multifoveolata Choux. 164
polyphylla Baker. 166
— striata Radlk. 167
— striata s. sp. multifoliolata R. Cap... 168
— striata s. sp. parvifolia R. Cap. 170
— striata s. sp. striata. 168
— striata s. sp. subfoveolata R. Cap.... 170
— striata s. sp. trijuga (Radlk.) R. Cap.. 170
— thouarsiana (Camb.) R. Cap. 171
— trijuga Radlk. 170
— tsaralananensis Choux. 175
— unifoveolata Radlk. 175
— velutina Baker. 166
Tinopsis Radlk. 135
antongiliensis R. Cap. 138
— apiculata Radlk. 143
— apiculata var. apiculata. 144
— apiculata var. dasyphylla R. Cap. 144
— chrysophylla R. Cap. 137
conjugata (Radlk.) R. Cap. 148
dissitiflora (Baker) R. Cap. 148
dissitiflora s. sp. suarezensis R.
Cap. 150
isoneura (Radlk.) Choux. 175
macrocarpa R. Cap. 146
— phellocarpa R. Cap. 144
— tamatavensis R. Cap. 138
tampolensis R. Cap. 148
— Urschii R. Cap. 142
— Vadoni R. Cap. 140
Tricoccodendron R. Cap. (Sect.). 154
Tsincya R. Cap. 104
bemarana R. Cap. 104
Zanha Hiern. 41
— suaveolens R. Cap. 41
Imprimerie Nationale. — 8 564029 6
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
O
ÉDITIONS DU MUSEUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
En vente à la Bibliothèque centrale du Muséum,
38, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris (5*)
CCP : Paris 9062-62
Annuaire du Muséum national iTHistoire naturelle (paraît depuis 1939).
Archives du Muséum national iTHistoire naturelle (depuis 1802. In-4°, sans pério¬
dicité) .
Bulletin du Muséum national iTHistoire naturelle (depuis 1895; 6 numéros par
an).
Grands naturalistes français (depuis 1952. Sans périodicité).
Mémoires du Muséum national (THistoire naturelle (depuis 1936. Depuis 1950,
nouvelle série en 3 (puis 4) parties : A. Zoologie; B. Botanique; C. Sciences de
la terre; D. Sciences physico-chimiques. Sans périodicité).
Notes et Mémoires sur le Moyen-Orient (depuis 1933. In-4°, sans périodicité).
Publications du Muséum national d’Histoire naturelle (depuis 1933. Sans pério¬
dicité) .
PUBLICATIONS DES LABORATOIRES DU MUSÉUM
En vente à l’adresse de chaque laboratoire
Bulletin du Laboratoire maritime de Dinard (Ille-et-Vilaine). Depuis 1928.
Objets et Mondes. La revue du Musée de l’Homme. Directeur : M. J. Millot,
Palais de Chaillot, Paris (16 e ) ; depuis 1961; trimestriel.
Mammalia. Morphologie, Biologie, Systématique des Mammifères. Directeur :
M. J. Dorst, Laboratoire de Zoologie des Mammifères, 55, rue Buffon, Paris (5”) ;
depuis 1936; trimestriel.
Index Seminum Horti parisiensis. Service des Cultures, 61, rue Buffon, Paris (5*) ;
depuis 1882; échange.
Journal d.’Agriculture tropicale et de Botanique appliquée, suite de Revue inter¬
nationale de Botanique appliquée et d'Agriculture coloniale depuis 1954. Labo¬
ratoire d’ethnobotanique, 57, rue Cuvier, Paris (5*)-
Adansonia (suite aux Notulae Systematicae). Directeur : M. A. Aubréville,
Laboratoire de Phanérogamie, 16, rue Buffon, Paris (15*) ; sans périodicité.
Revue Algologique. Directeur : M. R. Lami, Laboratoire de Cryptogamie, 12, rue
Buffon, Paris (5*) ; depuis 1924.
Revue Bryologique et Lichénologique. Directeur : M me V. Allorge, Laboratoire
de Cryptogamie; depuis 1874.
Revue de Mycologie. Directeur : M. Roger Heim, Laboratoire de Cryptogamie;
depuis 1928.
Cahiers de La Maboké. Directeur : M. Roger Heim, Laboratoire de Cryptogamie,
12, rue Buffon, Paris (5*) ; depuis 1963.
Pollen et Spores. Directeur : M" 18 Van Campo, Laboratoire de Palynologie,
61, rue Buffon, Paris (5*) ; depuis 1959-• ••mestriel.
Source : MNHN, Paris