MÉMOIRES
DU
MUSEUM NATIONAL
D'HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÈME
TOME PREMIER
FASCICULE UNIQUE
R. JEANNEL. — Monographie des GATOPIDAE
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
57, Rue Cuvier (V 8 )
Janvier 1936
MEMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Les Mémoires du Muséum national d'Histoire naturelle
paraissent sans périodicité fixe. Chaque volume est formé d’un
nombre variable de fascicules, publiés isolément et ne contenant
qu’un seul mémoire.
Les Mémoires sont destinés à la publication de travaux d’une
certaine étendue concernant l’Histoire naturelle. Ceux qui sont
destinés à servir de thèses de doctoral peuvent être reçus aux
mêmes conditions que les travaux ordinaires.
Les auteurs reçoivent a5 tirages à part de leurs travaux, brochés
et sous couverture. Ils s’engagent à ne pas les mettre dans le
commerce.
Les travaux destinés aux Mémoires du Muséum national
d’Histoire naturelle doivent êtres remis à M. le D r R. Jeannel,
45 bis, rue de Bufïon, Paris (5°), ou à tout autre professeur du
Muséum. Dans tous les cas, leur publication est subordonnée à
une décision de l’Assemblée des Professeurs.
Le prix de l’abonnement pour un volume, est de 150 francs.
Le montant des abonnements et les demandes de fascicules
doivent être adressés au Muséum national d'Histoire naturelle,
57 , rue Cuvier, Paris (5*).
Compte chèques postaux : Paris 127-03.
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
TOME PREMIER
FASCICULE UNIQUE
R. JEANNEL. — Monographie des CATOPIDAE
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
57, Rue Cuvier (V e )
Janvier 1936
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D HISTOIRE NATURELLE
Nouvelle série, Tome I, p. 1.438
Publié le 31 janvier 1936.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
[INSECTES COLÉOPTÈRES]
PAR LE
D r René Jeannel
Professeur au Muséum national d'Histoire naturelle.
SOMMAIRE
Introduction (p. 2).
Position systématique des Catopidae (p. 5).
Dénomination de la famille (p. 5). — Subdivisions des Slaphylinoidea (p. 7). — Les
Silphidae (p. 9). — Les Liodülae et description de deux genres nouveaux (p. 10). —
Les Leptinidae ( p. 1S).— Les Colonidae (p. la). — Les Camiarhlae (p. 17). — Tableau
généalogique des Staphylinoidea (p. 18).
Famille des Catopidae (p. 19).
Diagnose (p. 19). — Caractères sexuels secondaires (p. 21). — Évolution de l'organe
copulateur (p. 22). — Genres attribués à tort aux Catopidae (p. 26). — Éthologie et
évolution (p. 28). — Tableau des sous-familles (p. 39).
I. Sous-famille Eucatopinae Jeannel (p. 43).
I. Trib. Eucatopini Jeann. (p. 46). — 1. Gen. Eucalops Port. (p. 46).
IL Trib. Ptomaphagini, nov. (p. 52). — 2. Gen. Ptomaphaginus Port. (p. 54). — 3. Gen.
Adelopsis Port. (p. 39). — 4. Gen. Ptomaphagus 111. (p. 67). — 5. Gen. Synaulus
Port. (p. 94).
II. Sous-famille Nemadinae. nov. (p. 96).
I. Trib. Agyrtodini, nov. (p. 99) — 6. Gen. Cholevomorpha Blackb. (p. 101). — 7. Gen.
Agyrtodes Port. (p. 103) — 8. Gen. Zeai/yrtodes , nov. (p. 108). — 9. Gen. Zeagyrtes
Broun (p. 109).—10 Gen ûasypelates Port. ip. 111). —11. Gen. Eupelates Port. (p. 112).
— 12. Gen. Blackburniella, nov. (p. 114).
II. Trib. Oiutocatopini, nov. (p. 116). — 13. Gen. Orilocatops Jeann. (p. 116). —
14. Gen. Dictydiella, nov. p. 121).
III. Trib. Nemadini. no\. (p. 122). Stibtrib. Nemadina : 15. Gen. Archaeonemadus,
nov. (p. 127). — 16. Gen. Pseudonemadus Port. (p. 130). — 17. Gen. Catoposchema,
nov. (p. 134). — 18. Gen. Nargomorphus, nov. (p. 136). — 19. Gen. Rangiola,
nov. (p. 139). — 20. Gen. Nargiotes, nov. (p. 141). — 21. Gen. Dissochaetus Reitt. (p. 142).
— 22. Gen. Eunemadus Port. p. 155). — 23. Gen. Falkocholeva, nov. (p. 156).
— 24. Gen. Nemadiopsis, nov. (p. 159). — 2a. Gen. Neniadiolus, nov. (p. 161). —
— 26. Gen. Memudus Thoms. (p. 162). — 27. Gen. Ecliinocoleus Horn (p. 171).
— 28. Gen. Micronemadus , nov. (p. 173). — Subtrib. Eocatopina : 29. Gen. Eocatops
Peyer. (p. 17a).
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I. 1
D r RENÉ JEANNEL.
IIi. Sous-famille Anemadinae, nov. (p. 179).
I. Trib. I’aracatopini, nov. (p 181). — 30. Gen. Paracatops Port. (p. 182). — 31. Gen.
Mesocolon Broun (p. 190).
II. Trib. Anemadini, nov. (p. 195). — 32. Gen. Cholevodes Port. (p. 196). — 33. Gen.
Anemadus Reitt. (p. 198). — 34. Gen. Namadeus, nov. (p. 203). — 35. Gen. Hormosacus,
nov. (p. 209). — 36. Gen. Speonemadus Jeann. (p. 215).
IV. Sous-famille Catopinae Jeannel (p. 221).
I. Trib. Cholevi.m, nov. (p. 223). — 37. Gen. Sargus Thoms. Ip. 225). — 38. Gen.
Choleva Eatr. (p. 249). — 39. Gen. Rybinskie.lla Reitt. (p. 293). — 40. Gen. Prio-
nochaeta Horn (p. 294). — 41. Gen. Attumbra Des Goz. (p. 297). — 42. Gen.
Philomessor, nov. (p. 304). — 43. Gen. Calopomorphus Aube (p. 309). — 44. Gen.
Attaephilus Des Goz. (p. 321).
II. Trib. Catopini, nov. (p. 328). — 45. Gen. llreposcia Jeann. (p. 331). — 46. Gen.
Sciodrepoides M. Hatch (p. 334). — 47. Gen. Calops Payli. (p. 340). — 48. Gen.
Calopidius Jeann. (p. 406). — 49. Gen. Chionocatops Ganglb. (p. 409). — 50. Gen.
Catoplrichus Murr. (p. 411). — 51. Gen. Cholevinus Reitt. (p. 413). — 52. Gen.
Dzungarites, nov. (p. 419). — 53. Gen. Cryocalops, nov. (p. 421). — 54. Gen.
Catopodes Port. (p. 424).
Addendum (p. 425).
Index alphabétique des geniies et des espèces (p. 427).
INTRODUCTION
Tant qu'il n’aura pas été fait dans chaque
groupe des révisions complètes de toutes
les espèces avec étude comparative des
pièces copulatrices. tout ce qui sera dit sur
les relations phylogéniques des espèces doit
être tenu pour faux, toute généralisation
biogéographique est d’avance fatalement
condamnée à l’erreur.
(Jeannel, 1922, C. R. AC. Sc. 174, p. 326.)
Cette monographie des Catopidae donnera une nouvelle confirmation de la
nécessité de révisions taxonomiques en Entomologie. On sera surpris en effet du
bouleversement qu’elle apporte dans la systématique de ce groupe de Coléop¬
tères. Mais si j’ai été conduit à l’entreprendre, ce n’est pas seulement dans le
but de rectifier les erreurs du passé, c’est surtout parce qu’elle fait partie d’un
ensemble de recherches que je poursuis depuis longtemps sur le peuplement
de la Terre.
Depuis l’année 1905, je me suis attaché à l’étude de la faune cavernicole et
j’ai publié une série déjà longue de mémoires sur les Coléoptères souterrains, les
Bathysciinae et les Trechinae. Ma « Révision des Bathysciinae » (1911) a été sans
doute, en Entomologie, le premier essai de systématique basé sur les caractères
de l’organe copulateur et conçu avec le souci d’établir une classification naturelle
exprimant aussi exactement que possible la phylogénie des espèces. On peut
reconnaître aujourd’hui qu’elle a ouvert une voie nouvelle, actuellement suivie
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
par la plupart des Entomologistes, car personne ne met plus en doute que la
spécialisation des organes de copulation ait joué un rôle principal dans la forma¬
tion des espèces.
Un des principaux résultats de l’étude des cavernicoles a été de mettre en
relief leur très grande ancienneté. Véritables fossiles vivants, les Bathysciinae et
les Trechinae des cavernes se montrent les survivants de très vieilles lignées qui
ont peuplé jadis la surface de la Terre. Mieux que bien d’autres groupes, ils
sont un matériel de choix pour des recherches biogéographiques, car la distri¬
bution de leurs espèces ne s’accorde pas avec les conditions actuelles et permet
au contraire d’imaginer les changements survenus dans la répartition des terres
et des mers au cours des périodes géologiques.
Mais pour reconstituer l’histoire de ces lignées cavernicoles, il a bien fallu
connaître aussi celle de leurs plus proches parents lucicoles. D’où la nécessité
de longues études taxonomiques dont cette monographie des Catopidae est
l’aboutissant. Après ma monographie des Trechinae , parue dans L'Abeille (*),
celle-ci apporte la révision générale de la famille à laquelle les Bathysciinae
se rattachent. Déjà, au cours de ces deux travaux d’analyse, on trouvera
exposés de nombreux faits éclairant l'histoire du peuplement de la Terre par
deux groupes très différents de Coléoptères. Mais ce sera l’objet d’un travail
ultérieur de mettre en œuvre tous ces faits épars dans mes Monographies et
d’exposer d’une façon synthétique tous les enseignements qu’ils comportent.
Les matériaux que j’ai pu examiner pour l’élaboration de cette Monographie
sont considérables et je puis dire que presque toutes les collections de Catopidae
du monde entier me sont passées sous les yeux.
Au Muséum national d’Histoire naturelle, j’ai disposé des collections E. Abeille
de Perrin, A. Argod, H. et Ch. Brisout de Barneville, L. Bedel, L. Fairmaire,
A. Grouvelle, S. de Marseul, H. Portevin, E. Reitter (première collection, 1885),
.J. Sainte-Claire-Deville, M. Sédillot, H. Sicard, et de la mienne.
Presque tous les grands Musées de l’Europe ont bien voulu me charger de
déterminer leurs matériaux. C’est un agréable devoir pour moi de remercier de
leur confiance MM. G. J. Arrow, du British Muséum ; C. Bolivar y Pieltain,
du Museo de Ciencias naturales de Madrid ; E. Csiki, du Musée national Hongrois
de Budapest ; F. Espanol, du Museu de Ciencies naturals de Barcelona ;
H. Gehien, du Zoologisches Muséum von Hamburg ; R. Gestro, du Museo
civico di Storia naturale di Genova ; K. Holdhaus, du Naturhistorisches Mu¬
séum von Wien ; W. Horn, du Deutsches entomologisches Muséum von Berlin-
Dahlem ; R. Krôgerus, du Musée zoologique d’Helsingfors ; J. Muller, du
Museo civico di Storia naturale di Trieste ; J. Obenberger, du Muséum de
Prague ; H. d’ORCHYMONT, du Musée Royal d’Histoire naturelle de Bruxelles ;
A. Semenov Tian-Shansky, du Musée de l’Académie des Sciences de Leningrad ;
Y. Sjôstedt, du Musée zoologique de l’Université de Stockholm.
(I) R. Je.vnnel. Monographie des Trechinae. (L’Abeille XXXII, 1926, p. 221-350; XXXIII
1927, p. 1-592; XXXV, 1928, p. 1-808; XXXIV, 1930, p. 59-122; avec 2270 -f 41 figures,)
4
U r RENE JEANNEL
Au British Muséum, à Londres, j’ai pu étudier sur place les types de D. Sharp,
de T. Blackburn, de H. W. Bâtes, de G. C. Champion et surtout ceux du major
Th. Broun, sans lesquels il m’aurait été impossible de connaître la faune néo-
zélandaise. A Budapest, j’ai pu disposer de la deuxième collection d’E. Reitter et
de celle de V. Apfelbeck, et M. A. Semenov, de Leningrad, m’a communiqué de
nombreuses espèces de l’Asie centrale, particulièrement précieuses pour l’objet
de ma Monographie.
De nombreux Entomologistes enfin ont bien voulu me faire part de leurs col¬
lections particulières et m’ont, ainsi permis d’établir avec précision la distri¬
bution géographique des espèces. Ce sont :
Aux États-Unis d’Amérique : MM. M. H. Hatch, dont la grande obligeance
m’a tenu au courant de ses recherches sur les Catopidae de l’Amérique du Nord,
et P. J. Darungton, de Cambridge ;
En France : MM. Ch. Alluaud, H. Bettinger, B. de Brunier, G. Colas,
J. Comon, Ch. Eagniez, L. Falcoz, R. Heim deBALSAC, J. Jarrige, A. Magde-
laine, A. Méquignon, H. Normand, P. de Peyerimiioff,M. Pic, G. Portevin,
G. Ruter, H. Venet ;
En Belgique : M. R. Leruth ;
En Allemagne : MM. F. Rüschkamp et O. Staudinger;
En Autriche : MM. J. Breit, E. Pechlaner et A. Winkler ;
En Tchécoslovaquie : MM. J. Obenbenger et F. Rambousek ;
En Italie : MM. A. Andreini, A. Dodero, P. Luigioni, C. Mancini,
S. Patrizi, G. Ravasini, F. Solari, L. Straneo ;
En Espagne : M. R. Zariquiey.
Je les prie de recevoir ici le témoignage de ma reconnaissance pour l’aide pré¬
cieuse qu’ils m’ont donnée.
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
5
POSITION SYSTÉMATIQUE DES CATOPIDAE
Il est prouvé déjà, depuis plusieurs années^), que l’ancienne famille des Sil-
phidae était un groupement hétérogène et devait être démembrée. Les Catopidae,
tels qu’ils sont compris dans cette révision, réunissent seulement les deux
anciennes sous-familles Catopinae et Bathysciinae. Ils forment une famille indé¬
pendante, bien séparée des Silphidae ( sensu nov.), qui ne doivent retenir que les
genres autrefois rangés parmi les Silphinae. Quant aux Liodidae, Colonidae,
Camiaridae, jadis classés comme sous-familles des Silphidae (sensu lato), ce
seront encore autant de familles distinctes, dont la position systématique sera
précisée plus loin.
Les Catopidae de Hatch, 1927 (Catopinae -f- Bathysciinae + Coloninae +
Camiarinae) ontétél’objetd’uneétuded’ensembleplusrécentedu même auteur ( 1 2 ),
qui a cru devoir changer le nom de la famille et a adopté celui de « Leptodiridae ».
C’est là remettre en cause un point de nomenclature que je croyais avoir réglé
depuis longtemps. Je n’insiste pas sur la confusion fâcheuse qu’un tel changement
apporterait dans la désignation de groupes bien connus, ayant donné matière à
des études générales ; mais j’espère, dans les lignes suivantes, donner une fois
pour toutes la preuve que les noms de Catopidae et Bathysciinae avaient été
judicieusement choisis.
En l’absence de règles formelles, entérinées par les Congrès internationaux,
en ce qui concerne la nomenclature des catégories systématiques supérieures aux
genres, on s’accorde à reconnaître qu’il y a lieu d’adopter par priorité le nom de
groupement de genres le plus anciennement proposé, à la condition, bien entendu,
que ce nom soit formé au moyen du radical d’un nom de genre faisant partie
du groupement et actuellement valable. Ace radical s’ajoute une désinence par¬
ticulière, selon qu’il s’agit d’une tribu, d’une sous-famille ou d’une famille.
Pour rechercher cette priorité, on s’accorde encore pour accepter le principe
formulé par Bradley (Science, LXVIII, 1928, p. 103) : « The type genus of a
« family or subfamily shall be the contained genus of wich the stem of the name
« was first employed in combination with a termination in Latin plural form to
« designate a group higher than genus ». C’est ce principe que M. Hatch invoque
pour changer le nom des Bathysciinae en celui de Leptodirinae. Il est clair que sa
proposition résulte d’une interprétation erronée des faits.
Comme l’indique M. Hatch. (1933), les groupements supergénériques jusqu’ici
proposés sont les suivants, dans l’ordre chronologique :
(1) M. H. Hatch. Univ. Minnesota, Agric. Exp. Station, Techn. Bull. 48, 1927, p. 8.
(2) M. H. Hatch. Studies on Ihe Leptodiridae ( Catopidae) with descriptions of new
species ( Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, 1933, p. 187-236).
6
Dr RENE JEANNEL
Stagobiinae Schiôdte, 1849 (Spec. Faun. subi., p. 49).
« Leptodérides », Lacordaire, 1854 (Gen. Col. II, p. 195).
Catopina Thomson, 1862 (Skand. Col. IV, p. 56).
Myloechina Thomson, 1862 (Skand. Col. IV, p. 68).
« Leptodirites », Abeille, 1878 (Bull. Soc. Hist. nat. Toul., XII, p. 144).
Cholevae Horn, 1880 (Trans. Am. ent. Soc., VIII, p. 251).
Bathysciae Horn, 1880 (ibid., p. 251).
Colories Horn, 1880 {ibid., p. 251).
Camiarinae Jeannel, 1911 (Arch. Zool. exp.,(5) Vil, p. 192).
Le nom de Stagobiinae a été rejeté à juste titre, comme fondé sur un nom de
genre non valable ( Stagobius Schiôdte = Leptodirus Schm.).
Les « Leptodérides » de Lacordaire sont une tribu dans le « Généra » et par
conséquent définis par une diagnose. C’est à ce nom que M. IIatcii (1933) veut
donner la priorité s’appuyant sur le principe de Bradley, cité plus haut et que
l’auteur américain énonce d’ailleurs lui-même tout au long (p. 188). Mais, c’est
précisément par application de ce « principe », que le nom de « Leptodérides »
se trouve n’être pas valable, parce qu’il est un nom français, comme d’ailleurs
tous les noms de familles et de tribus du Généra, et que la priorité ne doit jouer
que pour les noms « employed in combination with a termination in Latin plural
form ». D’ailleurs, la tribu de Lacordaire était l’expression d’une erreur gros¬
sière, puisqu’elle isolait le Leptodirus des autres Bathysciinae pour placer le pre¬
mier près des Scydménides.
La même objection vaut encore pour les « Leptodirites d’ABEiLLE de Perrin »
(1878). « Leptodirites » n’est pas donné sous une forme latine; il n’est pas pro¬
posé comme catégorie systématique et n’est défini par aucune diagnose. Abeille
l’a employé pour désigner l’ensemble des espèces cavernicoles alors récemment
découvertes, sans vouloir en faire l’expression d’une tribu ni d’une famille. Il n’a
pas plus de valeur que le terme de « Sphodrides » que j’ai employé moi-même très
souvent pour parler des Sphodrus, Laemostenus et genres voisins, par commo¬
dité, sans préjuger de leur place dans la classsification.
C’est donc le nom de Bathysciae G. H. Horn (1880) qui a la priorité, comme
première désignation latine du groupe, correctement défini et décrit. C’est lui
qui doit être conservé à la sous-famille Bathysciinae, et d’autre part c’est le nom
de Catopidae qui doit rester à la famille, puisque Catopina Thomson (1862) a
sans aucun doute possible la préséance sur les deux noms de Cholevae Horn (1880)
et Bathysciae Horn (1880) désignant les deux seules catégories entrant dans sa
composition.
Considérés comme famille indépendante de celle des Silphidae, les Catopidae
prennent place dans la section Staphylinoidea{ ‘) du sous-ordre Polyphaga Haplo-
(I) P. de Peverimhoff. Les larves de Coléoptères d’après A. G. Bôvingct F. G. Craighead
et les grands critériums de l’ordre (Ann. Soc. eut. Fr., Cil, 1933, p. 77-106.)
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 7
gastra, telle qu’elle est définie par P. de Peyerimhoff dans son essai récent de
classification des Coléoptères ; cette section groupe, dans une subdivision a, les
familles : Anisotomidae, Leptinidae (incl. Platypsyllidae), Clambidae , Sphaeriidae,
Ptiliidae, Scaphidiidae, Silphidae (incl. Catopidae), Slaphylinidae , Micrope-
plidae, Pselaphidae, Scydmaenidae , Limnebiidae et Hydroscaphidae , dont les
caractères communs (subdivision a) peuvent se résumer de la façon suivante :
« Sutures notopleurales du prosternum enfouies dans le squelette et invisibles
« à l’extérieur. Abdomen à 2 e sternite primitif distinct du 3 e . Tarses normale-
« ment pentamères, mais avec réductions fréquentes. Nervation alaire caractérisée
« par la médiane et la radiale dépourvues de récurrentes et la cellule médiane
« toujours ouverte. Testicules folliculés avec deux paires de glandes accessoires.
« Ovaires avec un seul groupe terminal de cellules nutritives (type holoïstique).
« Quatre tubes de Malpighi seulement (type tétranéphrique). Larves à abdomen
« pourvu d’urogomphi (cerques) articulés; le palpe maxillaire sans palpigère dis-
« tinct, les spiracles annulaires, la patte larvaire de 5 segments (sans médius). »
Le point le plus remarquable de ce groupement est qu’il place parmi les Sta-
phylinoidea les Limnebiidae ( Limnebiinae + Hydraeninae ), enlevés aux Hydro-
philidae , alors que ceux-ci restent le centre d’un autre complexe (subdivision b
de Peyerimhoff, ou Hydrophiloidea) , dans lequel entrent les Histeridae , Sphaeri-
tidae et Syntelidae. On observera aussi que cette classification nouvelle utilises
mon seulement les caractères morphologiques externes, mais aussi ceux fourni
par l’anatomie interne et les structures larvaires. Elle est en accord avec les
recherches récentes de M. Poll (') sur les tubes de Malpighi et surtout avec la
magistrale étude des larves de Coléoptères de A. G. Boving et F. C. Craighead ( 1 2 ).
Laissant de côté les Hydrophiloidea, de type hexanéphrique et dont les carac¬
tères larvaires sont différents, je ne m’occuperai ici que des Staphylinoidea
proprement dits, pour assigner aux Catopidae la place qu’ils doivent occuper
parmi les familles ci-dessus énumérées.
On a remarqué depuis longtemps que les cavités coxales antérieures sont de
deux types chez les Staphylinoidea. Chez certaines familles elles sont « ouvertes»)
chez d’autres « fermées ». Lorsqu’elles sont ouvertes (fig. 1), l’épimère protho¬
racique est libre, atténué en pointe, et le stigmate prothoracique, toujours bien
développé, apparaît nettement sur les parties molles du bord postérieur du pro¬
thorax, en arrière de l’épimère. Au contraire, lorsque la cavité coxale est fermée
(fig. 2 à 9), r épimère est soudé par sa pointe à la lame sternale, encadrant en
arrière la cavité coxale, et on ne voit pas trace du stigmate.
Il semble donc bien que l’ouverture ou la fermeture des cavités coxales anté-
(1) M. Poll. Contribution à l’étude des tubes de Malpighi des Coléoptères; leur utilité
en phylogénèse. (Univ. Bruxelles. Rec. Inst. Zool. Torlev-Rousseau, IV, 1932, p. 47-80.) —
Le type tétranéphrique est établi pour la majorité des familles énumérées ci-dessus,
sauf pour les deux dernières qu’il reste à examiner.
(2) A. G. Bôving et F. C. Craighead, An illustrated Synopsis of the principal larval
Forms of the Order of Coleoptera. [Entomologica americana, Brooklyn, 1931.)
8
D' RENE JEANNEL
rieures ne soient pas seulement le fait du degré de développement des pièces
sternales. La présence d’un stigmate prothoracique fonctionnel paraît détermi¬
ner le type « ouvert », l’atrophie de ce stigmate est en corrélation avec la soudure
de l’épimère dans le type « fermé ». Il y a donc là une différence anatomique fon¬
damentale et on est en droit de lui attribuer une grande valeur pour la taxonomie-
Tenant compte de ce qui précède, les familles groupées dans la section des
Staphylinoidea (sens str.) se répartissent de la façon suivante :
I. Cavités coxales antérieures ouvertes, l’épimère libre, le stigmate protho¬
racique bien visible (fig. 1).
A. Ptiliidae , Hydroscaphidae , Sphaeriidae, Limnobiidae. Familles
archaïques; les larves (‘) ont des mandibules pourvues d’une mola.
B. Staphylinidae , Pselaphidae , Scydmaenidae , Silphidae (s. str.),
Scaphidiidae. Familles plus évoluées; les larves n’ont pas de mola
aux mandibules.
II. Cavités coxales, antérieures fermées, Pépinière soudé au sternum ; pas
de stigmate prothoracique visible.
A. Liodidae (= Anisotomidae) , Leptinidae, Clambidae, Colonidae,
Camiaridae. Êpimères prothoraciques triangulaires (fig. 2-6) ; cavités
coxales intermédiaires transverses, l’épisterne bordant une partie
de la cavité (fig. 12-14); larves (-) à mandibules pourvues d’une
mola tuberculée.
B. Catopidae. Épinières prothoraciques quadrangulaires (fig. 7-9);
cavités coxales intermédiaires non transverses, l’épisterne n’attei¬
gnant pas le bord delà cavité coxale (fig. 22-26); larves à mandi¬
bules pourvues d’une mola plissée.
Ce groupement des familles des Staphylinoidea appelle quelques observa¬
tions :
Fam. SILPHIDAE, s. str.—Après démembrement, il ne reste dans les Sil¬
phidae que des genres à cavités coxales antérieures ouvertes, et la famille se
place auprès des Staphylinidae. On trouvera certainement dans les organes
copulateurs mâles des caractères particuliers pour la définir et il est certaine¬
ment injustifié d’enlever aux Silphidae certains genres, comme Nodynus Lew.,
Apatetica Westw., Pteroloma Gyll.,pour les incorporer à l’une ou l’autre des
subdivisions des Staphylinidae.
Chez les Silphidae , les pièces sternales présentent une disposition assez
constante (fig. 10 et 11) : les cavités coxales intermédiaires sont transverses et
l’épisterne atteint le bord de la cavité ; les cavités coxales postérieures, trans¬
ît) Le type larvaire des Sphaeriidae est inconnu. 11 semble cependant que la famille
doive trouver ici sa place.
(2) La larve du Platypsyllus (Leptinidae) n'a pas de mola, mais cette absence doit être
mise au compte de la dégradation parasitaire. D’autre part, les types larvaires des Colo¬
nidae et Camiaridae sont encore inconnus.
MONOGRAPHIE DES CA.TOPIDAE
9
verses, n’occupent pas toute la largeur du métasternum et l’épimère méta-
thoracique est toujours largement visible entre la hanche et le bord de l’épi-
pleure de l’élytre. D’autre part, les antennes, de 11 articles, ont une massue
compacte, c’est-à-dire que l’article 8 n’est pas plus petit que ses voisins; les
tarses sont régulièrement pentamères. L’organe copulateur mâle, tubuleux,
Fig. 1-9 : Pièces proslernales. — Fig. 1. Apteroloma calalhoides Port. ( Silphidae Ptevo-
lominï). — Fig. 2. Scolocryptus Germaini Port. ( IJodidae Scotocryptini). — Fig. 3. Leplinus
testaceus. Müll. ( Leptinidae). — Fig. 4. Anisotoma castaneum Herbst ( LiocLinae ).— Fig. 5.
Colon appendiculalum Sahlb. (Colonidae). — Fig. 6. lnocatops spinifer Broun ( Catnia-
ridae). — Fig. 7. Catops picipes F. ( Calopinae). — Fig. 8. Eucatops haemorrhoidalis
Port. ( Eucatopinae ). — Fig. 9. Uasypelates gracilis Port. (Nemadinae).
allongé, est dépourvu de pièces basales et de lame ventrale du tegmen (tout
au moins chez les espèces que j’ai pu examiner).
Je ne puis entrer ici dans le détail de la classification des genres faisant partie
de la famille. M. Hatch (') en a d’ailleurs donné un tableau préparatoire de la
partie 95 du « Catalogus » de Yunk, dont il est l’auteur. Il me semble cependant
que la famille devrait être subdivisée de la façon suivante, d’après la forme des
antennes :
A. Silphinae, comprenant les tribus Silphini, Necrodini, Necrophorini.
B. Pterolominae, subdivisés en Pterolomini et Lyrosomini. La tribu Pterolo-
mini groupera les genres Pteroloma Gyll., Apteroloma Hatcb, Brachyloma
(I) M. H. Hatch. Studies on the Silphidae. ( Journ. N. Y. enl. Soc., XXXV, 1927, p. 332.)
10
D r RENÉ JEANNEL
Port., Sphaeroloma Port., Apatetica Hope et sans doute aussi Camioleum Lew.
La tribu Lyrosomini isolera le seul genre Lyrosoma Mann., à cavités coxales
postérieures distantes (fig. 11).
C. Catopocerinae , pour Catopocerus Motsch. (= Pinodytes Horn).
D. Agyrtinae enfin, qu’il faudra sans doute diviser en Necrophilini et
Agyrtini, la première tribu rapprochant Necrophilus Latr. et Nodynas Wat.,
la deuxième, les genres Agyrtes Frôl., Pelatines Cock., Ecanus Steph. et
Ipelates Reitt.
De la famille des Silphidae ainsi comprise, les Eustadia Fairm. sont exclus,
Fig. 10-11 : Pièces mésosternales et métasternales des Silphidae. — Fig. 10. Apteroloma
calathoules Port. ( Pterolomini). — Fig. 11. Lyrosoma opacitm Mannerh. ^ Lyrosomini).
ainsi que les petits genres Agyrtodes Port., Ragytes Port., Dasypelates Port.,
Eupelates Port, et Micragyrtes Champ., jusqu’ici rangés parmi les Agyrtini,
mais qui appartiennent indubitablement les quatre premiers aux Catopidae,
le dernier aux Liodidae.
Aux Silphidae proprement dits, à cavités coxales antérieures ouvertes,
s’opposent tous les autres anciens composants de l’ancienne famille, sensu lato,
dont les cavités coxales antérieures sont fermées. J’ai indiqué plus haut que
cette différence de structure prosternale était en corrélation avec l’état
fonctionnel ou d’atrophie des stigmates prothoraciques et que, par conséquent,
ce caractère avait une haute valeur taxonomique.
Fam. LIODIDAE ( = Anisotomidae). — La fermeture des cavités coxales
antérieures se présente sous des aspects variables. Chez les Liodidae et les
autres familles groupées autour d’eux (p. 8), la fermeture rétrocoxale est
étroite (fig. 2 à 4), la cavité peu séparée du bord postérieur du prothorax ; les
épimères sont triangulaires et, d’autre part, le trochantin de la hanche anté-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
11
rieure est gros, largement visible dans l’angle externe de la cavité entre la
base de l’épimère et la partie externe du sternum. Ce type, à épimères trian¬
gulaires, s’oppose à celui présenté par les Catopidae, dont l’épimère est qua-
drangulaire, soudé au sternum sur une ligne longitudinale (lig. 7, 8 et 9), et la
cavité coxale petite, très écartée du bord postérieur du prothorax, ne laisse
apparaître qu’une très petite portion du trochantin. D’autre part, les cavités
coxales intermédiaires des Liodidae et familles voisines sont transverses ;
l’épisterne atteint largement le bord antéro-externe de la cavité (fîg. 12 et 13);
les épisternes et épimères métathoraciques sont à peine apparents. La struc¬
ture de ces pièces sternales s’écarte donc encore nettement de celle des Cato¬
pidae (fig. 22 à 26).
Ajoutons que chez les Liodidae , la massue antennaire est variable, tantôt
Fig. 12-14 : Pièces mèsosternales et mélasternales des Liodidae. — Fig. 12. Anisotoma
caslaneum Herbst. (Liodidae). — Fig. 13. Scotocryptus Germaini Port. (Scolocryplinï).
— Fig. 14. Leptinus testaceus Müll. ( Leplinidae).
compacte, tantôt de type interrompu, le nombre des articles des tarses sou¬
vent réduit, que les larves enfin ont des mandibules à mola tuberculée.
Par tous ces caractères encore ils se séparent des Catopidae qui apparaissent
nettement comme devant former une grande lignée bien individualisée dans
le groupe des Staphylinoidea.
Les Liodidae sont distribués dans presque toutes les régions du globe. Plus
qu’aucune autre, cette famille mériterait une révision générale, car la subdi¬
vision en Liodini, Agathidiini, Scotocryptini, qui en est faite par M. Hatch( 1 )
ne paraît reposer que sur des caractères de convergence. On peut prévoir
qu’une révision de la famille, basée sur une étude méthodique des caractères
de l’organe copulateur permettra d’établir une classification nouvelle en
rapport avec la phylogénie des genres.
Micragyrtes Champ. (M. ocelligerus Champ, du Chili), actuellement classé
(1) M. H. Hatcii. The Généra and Subgenera of Leiodidae and Clambulae. (Journ. N. Y.
ent. Soc., XXXVII, 1929, p. 1-6.)]
12
D' RENE JEANNEL
parmi les Agyrtini , doit entrer dans la famille Liodidae et y sera sans doute le
type d’une tribu nouvelle, remarquable par la présence d’ocelles frontaux,
comparables à ceux du Pteroloma Forstroemi Gyll. (Silphidae) et à ceux de
divers Homaliens dans la famille des Staphylinidae. Près du Micragyrtes se
placeront d’ailleurs deux genres nouveaux, Neopelatops Jeann. et Ragytodes
Jeann., dont la diagnose va suivre.
Peut-être enfin faudra-t-il encore placer parmi les Liodidae certains genres
décrits par Broun de Nouvelle-Zélande, comme voisins des « Choleva ». Ce
sont en particulier les genres Silphotelus Broun, Allocatops Broun, Asphaerites
Broun et Isocolon Broun, cités dans le « Catalogus Yunk, » pars 95, par
M. Hatch, parmi les Camiarinae, mais dont les téguments sont glabres, les
palpes maxillaires simples, à dernier article conique, la massue des antennes
interrompue.
Neopelatops, n. gen. (Liodidarum). — Forme générale large, ovalaire, peu
convexe. Glabre, les téguments lisses et brillants, les élytres avec neuf rangées
Fig. 15-18 : Neopelatops Edwardsi, n. g., n. sp. Liodidarum. — Fig. 15. Femelle, X 15.
— Fig. 16. Palpe maxillaire. — Fig. 17. Tarse postérieur droit. — Fig 18. Organe
copulateur mâle, x 60. — Fig. 19. Ragytodes ocellifer, n. g., n. sp. Liodidarum, organe
copulateur mâle, x 60.
striales de points enfoncés assez gros. Tète non rétractile, sans carène occipi¬
tale, les yeux gros et très saillants, le front avec deux ocelles rudimentaires
bien visibles sur la partie postérieure. Épistome étroit et allongé, séparé du
front par une suture. Antennes insérées dans une échancrure du bord du front,
en avant des yeux; leur massue interrompue, l’article 8 plus petit que ses
voisins. Palpes maxillaires courts et épais, le dernier article conique, aussi long
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
13
que l’avant-dernier (fîg. 16). Pronotum transverse, ses côtés rebordés. Cavités
coxales antérieures fermées, de type Liodide, les épimères triangulaires, la
cavité vaste, le trochantin largement visible. Pièces méso- et métasternales
disposées comme chez les Liodes. Six segments abdominaux visibles. Pattes
courtes et grêles, les tibias finement épineux, armés d’éperons, les tarses fins
mais courts, pentamères, le premier article des tarses intermédiaires et posté¬
rieurs pas plus long que le deuxième. Chez le mâle, le tarse antérieur est à
peine dilaté, le tarse intermédiaire simple.
Segment génital mâle formé par un tergite et des pleuro-sternites bien déve¬
loppés. Organe copulateur(fig. 18) allongé, tubuleux, arqué, sa partie basale en
forme de bulbe, sans lame basale saillante; l’orifice basal constitué par une
fente sagittale. Partie apicale aplatie, effilée en bec un peu recourbé du côté
ventral. Le tegmen ne présente pas de pièce ventrale et n’est représenté que
par deux styles, longs et grêles, insérés sur les faces latérales du bulbe basal du
pénis, terminés par deux soies apicales.
L’aspect général de l’insecte rappelle assez celui des Agyrtini. Mais la massue
antennaire interrompue, les cavités coxales antérieures fermées, la disposition
des pièces méso- et métasternales, la forme des palpes maxillaires écartent ce
nouveau genre des Silphidae proprement dits et le rapprochent des Liodidae.
La présence d’ocelles frontaux, s’ajoutant à différents autres caractères mor¬
phologiques, serviront sans doute à rapprocher Neopelatops de Micragyrtes
Champ, (type : M. ocelligerus Champ., du Chili) dans une tribu séparée. Mais
il faut laisser le soin d’en décider à l’auteur qui sera tenté d’entreprendre
un jour la révision générale des Liodidae.
Neopelatops Edwardsi, n. sp. — Type : un mâle de L. Nahuel Huapi
(British Muséum).
Fig. 15-18. — Long. 4 mm. Noir de poix brillant, les pièces buccales, la
marge du pronotum, le tiers basal des élytres et les pattes testacé rougeâtre,
les antennes brunes mates avec les quatre premiers articles testacés ; le dessous
du corps brûnatre, avec les épipleures du pronotum et des élytres pâles.
Téguments lisses et brillants sans autre ponctuation que celle des stries
élytrales.
Tête assez volumineuse, les ocelles frontaux marqués par deux petites taches
pâles arrondies. Antennes épaisses, la massue formée par les articles 5 à 11,
qui sont dilatés et obscurs, mats. Articles 1 à 4 un peu plus longs que larges, le
5 globuleux, le 6 un peu transverse, les 7, 9 et 10 très épais et transverses, le
8 petit, pas plus long que la moitié du 7, le 11 cylindrique, aussi long que les
deux précédents ensemble, pourvu d’un sillon annulaire au tiers basal parais¬
sant le subdiviser en deux parties.
Pronotum transverse, peu convexe, ses côtés arrondis, les angles effacés, la
base un peu plus large que le sommet, les côtés finement rebordés. Élytres
ovalaires, un peu plus larges que le pronotum, assez convexes surtout en arrière,
D r RENÉ JEANNEL
14
l’apex entier, cachant le pygidium, les stries entières, représentées par des
lignes de points assez gros. Pattes courtes et grêles ; le tarse antérieur mâle
plus étroit que le sommet du tibia.
Deux exemplaires : un mâle de L. Nahuel Huapi, une femelle de L. Corren-
toso, territoire du Rio Negro, République Argentine (F. et M. Edwards, XI
et XII 1926).
Ragytodes,n. g. ( Liodidarum ). — Même forme générale que chez le précédent
mais différent par la ponctuation et la pubescence. Les téguments sont entiè¬
rement couverts de poils dorés, longs et dressés, très fins, et sont ponctués
plus fortement sur les élytres que sur la tête et le pronotum. Tête semblable
à celle de Neopelatops , antennes et pièces buccales de même type; les ocelles
frontaux plus développés, saillants et fonctionnels. Pronotum de même forme,
mais plus déprimé sur les parties latérales. Cavités coxales antérieures et
pièces méso- et métasternales semblables. Pattes courtes et grêles, présentant
les mêmes caractères. Six segments abdominaux visibles.
Segment génital mâle bien développé, formé d’un tergite et de pleuroster-
nites complets. Organe copulateur (fig. 19) tubuleux, allongé, arqué en S. Pas
de bulbe basal fermé ; l’orifice basal est terminal et largement arrondi ; pas de
lame basale. Il n’existe pas trace de tegmen ni de styles.
L’espèce pour laquelle ce genre nouveau est fondé a la forme et la taille du
Neopelatops Edwardsi, mais elle doit être isolée génériquement en raison de ses
caractères. L’organe copulateur mâle dépourvu de tegmen est d’un tout
autre type que celui du Neopelatops. D’autre part, la pubescence et la sculp¬
ture des téguments de Ragytodes établissent encore d’importantes différences.
Enfin, les ocelles frontaux, rudimentaires chez Neopelatops , sont parfaitement
développés et fonctionnels chez Ragytodes.
Ragytodes ocellifer, n. sp. — Type : un mâle de L. Correntoso (British
Muséum).
Fig. 19. — Long. 4 mm. En entier d’un roux bronzé plus pâle sur les parties
latérales du pronotum, les pièces buccales et les pattes rougeâtres, les antennes
brunes avec les quatre premiers articles testacés. Tête et pronotum à ponc¬
tuation fine, superficielle, espacée, disposée sans ordre ; la ponctuation des
élytres plus forte et plus serrée, vaguement alignée en travers.
Tête plus petite que chez N. Edwardsi, les yeux gros et saillants, les
ocelles frontaux convexes. Antennes robustes, à massue formée par
les articles 5 à 11, les proportions des articles semblables à celles du N.
Edwardsi.
Pronotum transverse, le disque très déprimé sur ses parties latérales, la
base plus large que le sommet, les côtés arqués et finement rebordés, les
angles arrondis. Élytres ovales, assez convexes en arrière, l’apex entier
cachant le pygidium. Strie suturale visible ; des traces de stries vaguement
indiquées sur la partie apicale. Pattes semblables à celles du N. Edwardsi.
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
15
Un seul exemplaire recueilli par M. et M me Edwards, le 25 XI-26, à L. Cor-
rentoso, territoire du Rio Negro, République Argentine.
Fam. LEPTINIDAE. — Nul doute, à mon avis, que le Platypsyllus castoris
Rits. doive être réuni aux genres Leptinus P. W. Müller, Leptinillus Horn
et Silphosyllus Ois. pour constituer une famille unique ( l ).
L’étude des pièces sternales fournit la preuve que c’est près des Liodidae
que cette famille doit se placer plutôt que près des Silphidae. Les cavités
coxales antérieures (fig. 3) sont fermées, avec des épimères triangulaires, et
sont très comparables à celles des Scotocryptus (fig. 2) ou même des Liodes
(iig. 4) ; elles laissent voir extérieurement, comme chez ces derniers, un gros
trochantin apparent dans la fente séparant le bord antérieur de l’épimère de
l’extrémité externe du sternum. D’autre part, les pièces méso- et métasternale
(fig. 14) sont disposées comme chez les Liodidae (fig. 12 et 13) : la cavité
coxale intermédiaire est transverse, l’épisterne mésothoracique tangent à la
cavité. On ne trouve pas trace de l’épisterne métathoracique chez Leptinus ,
comme d’ailleurs chez Scotocryptus ; cette pièce est chez eux fusionnée avec
le métasternum. Quant à la largeur exceptionnelle de l’épimère métathora¬
cique des Leptinus, elle résulte sans doute de l’aplatissement considérable du
corps chez des espèces ectoparasites.
D’autre part, les antennes à massue interrompue des Leptinus, leurs tarses
pentamères les écartent des Scotocryptus, qui sont parasites des Mélipones dans
l’Amérique du Sud, mais se retrouvent chez d’autres groupes des Liodidae.
Enfin, l’organe copulateur mâle des Leptinidae, à tegmen réduit, sans lame
ventrale, n’est guère différent de celui des Liodidae. Tous ces caractères,
comme on le voit, communs aux Leptinus et Platypsyllus, marquent bien que
les Leptinidae sont en réalité une lignée de même souche que les Liodidae,
mais fortement différenciée par la vie parasitaire qu’elle mène depuis très
longtemps.
Fam. COLONIDAE. — Le groupe des Colon Herbst, représenté en Australie,
en Nouvelle-Zélande ( 2 ), au Cap de Bonne-Espérance, et largement distribué
dans toute la région holaretique, est généralement rattaché aux Catopidae
comme sous-famille. C’est cependant avec les Liodidae qu’il présente le plus
d’affinités. Mais ses caractères morphologiques sont si particuliers qu’il con¬
vient de l’ériger au rang de famille indépendante.
Les cavités coxales antérieures (fig. 5), de même que les pièces méso- et
métasternales (fig. 21), sont de même type que chez les Liodidae. Les trochan-
tins des hanches antérieures sont cependant plus petits et peu visibles et l’épis-
(1) R. Jeannel. Biospeologica XLV. Silphidae Leptinidae. (Arch. Zool. exp., t. 60, 1922,
p. 557-592.)
(2) Deux genres de la Nouvelle-Zélande, décrits par Broun comme voisins de Choleva.
paraissent appartenir aux Colonidae. Ce sont Microsilpha litorea Br. et Mesagyrtes Br.,
ce dernier devant recevoir les espèces hirtalis Br , scabripes Br., torvus Br., punctulatus
Br. et domesticus Br.
16
D' RENÉ JEAN.NEL
terne métathoracique, bien apparent en dedans de l’épipleure élytrale, forme
un quadrilatère très allongé, aussi large en arrière qu’en avant ; les hanches
postérieures sont contiguës.
Par contre la forme de la tête et surtout celle des antennes sont très particu¬
lières chez les Colonidae. La tête est toujours très petite, non rétractile, munie
d’une fine carène occipitale ; les antennes sont fortement dilatées en massue,
et cette massue, de type compact, est formée par les quatre derniers articles
très largement épaissis. Ce type d’antennes claviformes rappelle, il est vrai,
celui de certains genres des Liodidae et aussi celui des Agyrtini, mais il établit
une distinction radicale avec les Catopidae.
Enfin, l’organe copulateur des Colon est très extraordinaire et mériterait
Fig. 20-21 : l'ièces mésosternales et métaslernales. — Fig. 20. Inocatops spinifer Broun
( Camiaridae ). — Fig. 21. Colon appemliculalum Sahib. (Colonidae).
une étude approfondie. Plusieurs segments abdominaux sont invaginés, fai¬
sant partie de l’armure génitale, de sorte que le nombre des segments ventraux
visibles est généralement de cinq chez le mâle et de quatre chez la femelle.
L’organe copulateur mâle lui-même est constitué par une vésicule chitineuse
large et arrondie, très étranglée à l’orifice basal, largement ouverte à l’apex,'
où elle porte de chaque côté deux larges appendices mobiles, ciliés, en forme
de mandibules, donnant à tout l’organe un aspect étrange, faisant penser à la
capsule céphalique des larves de Dytiques. Une étude méthodique des organes
copulateurs de Colon fera sans doute connaître des types archaïques permettant
d’établir les homologies des diverses parties de l’organe. Il me semble cepen¬
dant, d’ores et déjà, qu’il est dépourvu de tegmen et que les lobes apicaux
articulés sont parties intégrantes du lobe médian ou pénis.
Fam. CAMIARIDAE. — Reste enfin un petit groupe de genres néo-zélandais
que G. H. Horn rapprochait des Colon , mais pour lesquels j’ai déjà, depuis
MONOGRAPHIE DES CATOPJDAE
17
1911, proposé le rang de sous-famille dans le complexe des anciens Silphidae
sensu lato.
Dans le « Gatalogus Yunk », pars 95, M. Hatch énumère comme Camiarinae
(p. 210) onze genres dont la plupart n’ont aucun lien de parenté avec les
Camiarus de Sharp. En réalité, seuls les genres Camiarus Sharp, Inocatops
Broun, Zenocolon Broun (ce dernier d’ailleurs cité par Hatch parmi les Cato-
pidae) et Baeosilpha Broun forment la famille des Camiaridae.
Tous ces genres sont formés d’espèces de petite taille, pubescentes, dont le
faciès rappelle assez celui des Scydménides. La tête ressemble à celle des
Colon , petite, non rétractile, sans carène occipitale ; mais les antennes sont
grêles, à massue de type interrompu, c’est-à-dire avec l’article 8 plus petit
que ses voisins ; les palpes maxillaires, sécuriformes, ont leur dernier article
largement dilaté, ovalaire et aplati. Les tarses sont pentamères.
Les cavités coxales antérieures (fîg. 6) sont de même type que chez les Lio-
didae et Colonidae. Mais les pièces méso- et métasternales sont très différentes
(fig. 20). Les cavités coxales intermédiaires sont petites et arrondies, l’épi-
sterne tangent à la cavité, Pépinière mésothoracique très transverse. Le méta-
sternum, relativement étroit, est séparé par une suture oblique des épisternes,
largement triangulaires et peu distincts des épimères métathoraciques qui sont
très transverses et placés en arrière des épisternes et non en dehors. Enfin, les
hanches postérieures, très séparées l’une de l’autre sur la ligne médiane, sont
triangulaires, peu transverses, de sorte que leur largeur est à peu près égale à
celle de la partie visible de l’épimère métathoracique.
Cette disposition des pièces sternales est très remarquable. D’autres carac¬
tères morphologiques externes, comme la forme des épipleures (fig. 20) s’y
ajoutent pour montrer que les Camiaridae méritent le rang de famille. L’or¬
gane copulateur mâle par contre est tout à fait de même type que celui des
Catopidae primitifs, comme les Agyrtodini ou les Nemadini. Le tegmen est
complet, muni de styles très développés ainsi que d’une longue lame ventrale
membraneuse ; le pénis, triangulaire, est prolongé par une longue lame basale
enveloppant le sac interne. Le segment génital enfin est semblable à celui
des Nemadinae.
En somme, les Camiaridae de la Nouvelle-Zélande, qui sont un groupe cer¬
tainement très ancien, représentent la survivance d’une vieille lignée qui a
conservé dans son organe copulateur les mêmes caractères primitifs que les
Catopidae. Mais son évolution, indépendante, s’est faite parallèlement à celle
des Liodidae et Colonidae. Comme toutes les très vieilles lignées, les Camiaridae
montrent un curieux mélange de caractères archaïques et ultraévolués. La
disposition des pièces métasternales est certainement très primitive, mais les
antennes sont d’un type très spécialisé et les caractères ornementaux de forme
des parties du corps ont atteint un haut degré d’évolution.
La famille Camiaridae, ainsi comprise, renferme donc quatre genres :
Camiarus Sharp, Inocatops Broun, Zenocolon Broun, et Baeosilpha Broun,
dont j’ai pu vérifier les caractères d’après les types conservés au British Mu-
mémoikes DÜ muséum. nouvelle série, tome I. 2
18
D' RENÉ [JEANNEL
seum. Parmi les autres genres jusqu’ici classés dans la même famille, il en est
qui devront très probablement se ranger parmi les Liodidae ; ce sont : Allo-
catops Broun, Asphaerites Broun, Isocolon Broun, tous de la Nouvelle-Zé¬
lande. Quant aux autres, Microsilpha Broun et Mesagyrtes Broun paraissent
bien se rapprocher des Colon , mais les affinités du Silphotelus Br. restent
énigmatiques.
Le tableau suivant schématisera ce qui a été dit ci-dessus en ce qui concerne
la phylogénie des familles groupées dans la subdivision Staphylinoidea du
sous-ordre des Polyphaga Haplogastra.
STAPHYLINIDÆ
SILPHIDÆ
LIODIOÆ
LEPTINIDÆ
STAPHYLINOIDEA
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
19
Fam. CATOPIDAE Thomson
Catopidae trib. Catopina G. G. Thomson, 1862, Skand. Col. IV, p. 56. —
Cholevini (excl. Colories) G. H. Horn, 1880, Trans. Amer. ent. Soc., VIII,
p. 249. — Cholevinae (excl. Colonini) Ganglbauer, 1899, Kaf. Mitteleur., III,
p. 75 ; Reitter, 1909, Fauna Germ., II, p. 230. — Catopinae + Bathysciinae
Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 8. — Catopidae (excl. Coloninae)
M. H. Hatch, 1927, Univ. Minnesota, Techn. Bull., 48, p. 13. — Leplodiridae
(excl. Coloninae et Camiarinae) M. H. Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc.,
XLI, p. 188.
Métamorphoses. — Peyerimhoff, 1906, Bull. Soc. ent. Fr., p. 117 ; 1907,
Ann. Soc. ent. Fr., p. 87. — Jeannel, 1911, Arch. Zool. exp.,(5) VII, p. 85; 1922,
Arch. Zool. exp., 61, p. 47. — M. H. Hatch., 1927, Univ. Minnesota, Techn.
Fig. 22-23 : Pièces mésosternales et métasternales des Catopidae — Fig. 22. Eucatops
haemorrhoidalis Port. ( Eucatopini ). — Fig. 23. Oritocatops lobeliae Jeann. ( Orilocalo-
pini).
Bull., 48, p. 15. — Bôving and Craighead, 1930, Entom. Amer., XI, p. 26.
Éthologie. — Falcoz, 1914, Faune Microc., p. 129. — Weber, 1925, in
Blunck, Syll. Ins.-Biol., Col. I., p. 121. — Jeannel, 1926, Faune cavern.
France, p. 248.
Taille de 1 à 10 mm.
Staphylinoidea à cavités coxales antérieures fermées en arrière et largement
20 D' RENÉ JEANNEL
séparées du bord postérieur du prosternum ; les stigmates prothoraciques
invisibles.
Téguments pubescents (rarement glabres chez certains Bathysciinae caver¬
nicoles), ponctués ou striolés en travers. La striolation transverse semble
primitive : les striolés sont formées de points râpeux alignés en travers, qui se
dissocient, et la ponctuation devient alors éparse, disposée sans ordre.
Tête généralement rétractile, pourvue d’une carène occipitale s’adaptant
au bord antérieur du pronotum. Cette carène manque chez les Agyrtodini ;
elle est peu saillante chez les Oritocatopini et Bathysciinae et disparaît même
totalement chez les Cavernicoles ultraévolués (Leptodirus, Antroherpon).
Elle est très développpée chez les Catopinae et surtout chez les Ptomaphagini .
La partie antérieure du front, en avant de l’insertion des antennes, forme un
épistome trapézoïde, tantôt distinct et limité par une suture transversale,
tantôt fusionné avec le clypéus. Pas d’ocelles frontaux.
Antennes de 11 articles, à massue toujours de type interrompu, l’article 8
plus petit, ou tout au moins plus étroit à son sommet que les articles 7 et 9.
Ce type d’antenne à massue interrompue est déterminé par la répartition des
organes olfactifs ( L ). Ceux-ci n’existent que dans les articles 7, 9 et 10 et sont logés
dans leur partie apicale renflée, l’article 8 en étant dépourvu. Aussi ce dernier,
non fonctionnel, tend-il à devenir petit et globuleux chez les espèces lucicoles.
L’allongement général de l’antenne des cavernicoles le rend parfois aussi long
que ses voisins ; mais alors sa partie apicale non renflée le distingue encore des
autres articles dont l’extrémité olfactive forme toujours un renflement très
accusé.
Palpes maxillaires à dernier article ordinairement conique, mais plus ou
moins allongé, parfois très long et fusiforme.
Pronotum ordinairement large et transverse, ses bords latéraux explanés,
le disque uni et convexe, les parties latérales recouvrant les pattes antérieures
rétractées au repos. La forme du pronotum varie beaucoup, surtout chez les
cavernicoles. Élytres longs, recouvrant l’abdomen, sans autre stries que la
suturale, qui manque d’ailleurs parfois. Il n’existe jamais trace de stries ni de
rangées striales de points, mais des vestiges de côtes se trouvent quelquefois
sur l’emplacement des interstries.
Prosternum toujours très développé, les cavités coxales antérieures petites
et arrondies (fig. 7, 8 et 9), sans fente externe laissant apercevoir le tro-
chantin. La ligne médiane du sternum forme une carène mousse ; les épi-
mères prothoraciques, larges et quadrangulaires, sont soudés au sternum en
arrière des cavités coxales et cette suture forme une ligne longitudinale très
nette.
Mésosternum caréné ou non sur la ligne médiane. Les cavités coxales inter¬
médiaires, tantôt séparées l’une de l’autre par une apophyse mésosternale
(fig. 22 et 23), tantôt au contraire fusionnées (fig. 24 et 25), sont arrondies,
(1) R. Jeannel. Révision des Bathysciinae. {Arch . Zool. exp. } (5) VII, 1911, p. 13-15.)
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
21
bordées en avant et en dehors par le mésosternum et l’épimère mésosternal,
sans que la pointe de l’épisterne atteigne le bord de la cavité.
Métasternum court et transverse, parfois caréné (Bathysciinae) ou saillant
(fig. 22) sur la ligne médiane; l’épisterne et l’épimère métathoraciques géné¬
ralement cachés sous l’épipleure de l’élytre qu’ils dépassent à peine (fig. 22,
23 et 24), sauf cependant chez les Ptomaphagini , où ces pièces présentent
une disposition très anormale (fig. 26). Cavités coxales postérieures très trans¬
verses occupant toute la largeur de la partie visible du métasternum, de la
ligne médiane jusqu’à l’épipleure élytral. Les deux cavités sont confluentes et
les hanches postérieures contiguës sur la ligne médiane ; cependant elles
Fig. 24-26 : Pièces mésosternales et métasternales des Catopidae. — Fig. 24. Pseudone-
madus nigricornis Port. ( Nemadinae ). — Fig. 25. Eocatops incisipennis Saulcy (Nema-
dinae). — Fig. 26. Ptomaphagus variicornis Rosenh. (Eucatopinae Ptomaphagini).
sont séparées par une apophyse métasternale plus ou moins large chez les
Bathysciinae.
Toujours six segments ventraux visibles à l’abdomen.
L’armature apicale des tibias est variable selon les groupes et fournira de
bons caractères taxonomiques. Les tarses sont généralement tous pentamères;
mais les Bathysciinae se distinguent en ce que les tarses antérieurs n’ont que
quatre articles seulement chez les femelles et souvent aussi chez les mâles de
certains genres.
Caractère sexuels secono aires. — Les antennes diffèrent souvent dans
les deux sexes, surtout chez les Bathysciinae. Les Choleva et les Ptomaphagus
présentent des caractères portant sur l’apex de l’élytre, l’angle suturai étant
fréquemment denté chez les femelles. Mais ce sont surtout les pattes qui mon¬
trent des caractères sexuels secondaires. Ils portent sur toutes les parties de la
patte, mais avec des localisations différentes selon les lignées, de sorte qu’ils
donnent de précieuses indications pour la systématique.
Les tarses antérieurs sont presque toujours dilatés chez les mâles, parfois
aussi les tarses intermédiaires ( Ptomaphagus , Catops, etc.). Une dent latérale
2-2
D r RENÉ JEANNEL
existe sur l’onychium des mâles de certains Nargus (N. Mohammedis). L’épais¬
sissement des tibias antérieurs mâles est constant et donne d’utiles caractères
spécifiques chez les Catops ; on trouve encore des courbures ou des torsions du
tibia antérieur des mâles (Catops), des échancrures (Paracatops), des carènes
(. Anemadus, Speonemadus) variables selon les espèces. Ailleurs ( Ptomaphagus)
ce sont les tibias postérieurs qui présentent des épaississements ou des cour¬
bures particulières chez les mâles et il existe parfois dans la même espèce
des variations pœcilandriques, œdymères ou théléomorphes, qui mériteront
d’être signalées.
Plus rares sur les fémurs, les variations sexuelles sont cependant assez
diverses. Chez certains Choleva, tous les fémurs sont épaissis chez le mâle; un
certain nombre de lignées de Catops présentent un petit tubercule ventral au
tiers apical du fémur antérieur du mâle; C. nitidicollis montre une curieuse
tubérosité apicale du fémur antérieur mâle déterminant des déformations
coaptatives de la base du tibia correspondant. Enfin, chez Eucatops glabri-
collis Reitt., ce sont les fémurs postérieurs qui portent une longue épine mé¬
diane et dirigée en arrière.
On observe enfin d’utiles caractères sexuels secondaires sur les trochanters
des mâles des Nargus et Choleva, qui seront figurés dans la partie systéma¬
tique de ce travail.
Évolution de l’organe copulateur des Catopidae
Chez les Catopidae, comme d’ailleurs chez la plupart des groupes d’insectes,
c’est l’organe copulateur qui fournit les meilleurs caractères de filiation, sur
lesquels s’appuie la systématique. Il est donc nécessaire de s’étendre avec
quelques détails sur l’évolution de cet appareil dans la famille.
Organe copulateur male. —- Il n’existe qu’un seul segment abdominal
invaginé, faisant partie de l’armure copulatrice ; c’est l’urite X, dont j’ai
établi l’identité dans mes précédentes monographies des Bathysciinae et des
Trechinae. Ce segment génital comprend un tergite et un pleuro-sternite,
celui-ci souvent décomposable en deux pleurites indépendants et un sternite.
Le segment génital a conservé l’aspect d’un urite complet chez beaucoup de
Catopidae, surtout dans les groupes archaïques ; c’est le cas des Eucatopini,
Oritocatopini, Nemadini, Anemadini, en somme de tous les groupes dont l’évo¬
lution date du Secondaire. Dans les lignées plus récentes, comme celles des
Catops, Choleva, et surtout les Bathysciinae, il subit une évolution régressive
et on peut constater une sorte de balancement entre le degré d’atrophie du
segment génital et celui de spécialisation de l’organe copulateur.
L’organe copulateur proprement dit n’est pas d’un type uniforme chez tous
les Catopidae et ses caractères généraux permettront de bien définir les
sous-familles. Chez les Eucatopini et les Ptomaphagini les pièces basales du
tegmen font défaut et par cela leur organe rappelle celui des Liodidae. Au con-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
23
traire, chez tous les autres Catopidae, il existe un tegmen complet, formé d’une
pièce ventrale bien développée et donnant insertion à deux styles armés de
Fig. 27-28 : Copulation de type « abdominal » chez Speonemadus Breuili Jeann. (Ane-
madinae): p., pygidium ; st., styles de l'organe copulateur ; p., pénis; t., tergile du
segment génital (7 6 segment apparent) ; s. g., segment génital ; s. i., sac interne évaginé.
S-
Fig. 29. Copulation chez Choleva cisteloides Frôl., type évolué, à organe copulateur
incurvé. Coaptation des pièces copulatrices ; o., pénis; st., styles : l., ligules : d , dent
dorsale du sac interne en rapport avec le sternite femelle; v., dent venlrale du sac
interne venant soulever le tergile femelle; t., tergite du segment génital femelle; p.,
plcurite; s., styles femelles ; y., pygidium de la femelle.
24
Dr RENÉ JEANNEL
phanères apicales. Le lobe moyen ou pénis présente alors toujours une lame
basale et ventrale, lamelleuse et évasée, abritant la partie basale du sac interne.
L’organe copulateur mâle de tous les Catopidae se trouve en position primitive,
sans version latérale, lorsqu’il est au repos dans l’abdomen ; l’insertion des
styles est dorsale, l’orifice apical ventral.
Pour comprendre l’évolution de ce complexe génital, formé par le segment
génital et l’organe copulateur du mâle, il faut observer comment se fait la
copulation chez les divers types de Catopidae. Elle s’opère toujours par che¬
vauchement du mâle sur la femelle et on constate que l’organe copulateur
s’évaginant doit décrire un demi-cercle de haut en bas pour s’introduire d’ar¬
rière en avant dans la fente ano-génitale de la femelle.
J’ai déjà signalé (1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 14) que ce mouvement circu¬
laire de l’organe copulateur dans le plan sagittal s’effectue chez les Anemadus
(fig. 27-28) par la flexion des segments abdominaux très mobiles. Il en est de
même chez tous les Catopidae dont le segment génital a gardé l’aspect d’un
urite complet et engainant, l’organe copulateur lui-même restant dans ce cas
rectiligne, sans incurvation ventrale. Ce mode de copulation « abdominale »
est certainement primitif. Il s’est transformé peu à peu, par spécialisation
progressive de l’organe copulateur qui a pris une courbure ventrale de plus en
plus accusée, en rapport avec le mouvement circulaire de l’acte de copulation
( Catops , Choleva , Bathysciinae). Les mouvements de flexion de l’abdomen se
sont trouvés réduits de ce fait, le segment génital s’est atrophié, car la forme
incurvée du pénis a suffi pour placer l’organe en position physiologique par sa
seule dévagination (fig. 29) (‘).
On comprend ainsi pourquoi il existe un balancement entre le degré d’évo¬
lution du segment génital et celui de l’organe copulateur. Dans le cas de copu¬
lation abdominale, le segment génital est actif et ses bords apicaux portent un
appareil sétal souvent très compliqué ( Nemadini ), dont le rôle sensoriel prime
celui des styles de l’organe copulateur. On verra même qu’il existe un genre
archaïque très extraordinaire ( Archaeonemadus ) dont l’armure copulatrice est
exclusivement constituée par le segment génital, pourvu de faux styles arti¬
culés, l’organe copulateur étant resté à l’état d’ébauche informe et très rudi -
mentaire. Par contre, chez les types évolués, lorsque le pénis s’est incurvé, le
segment génital ne fonctionne plus que comme cadre de soutien et s’atrophie)
et ce sont les styles de l’organe copulateur qui se spécialisent dans la fonction
sensorielle.
L’évagination de l’organe copulateur pendant son fonctionnement se fait
dans le plan sagittal, sans version comme celle qui se présente très fréquem¬
ment chez beaucoup de familles de Coléoptères et principalement chez les
Adephaga. Aussi l’organe reste-t-il symétrique. Il existe cependant parfois
(1) Ce type évolué de copulation est la règle chez tous les Bathysciinae. Il est cepen¬
dant curieux de remarquer que le type abdominal s’est exceptionnellement conservé
chez les Remyella du Sandjak de Novi-Pazar. (R. Jeannel, 1931, Bull. Soc. Zool. Fr, LVI,
p. 264, fig. 9-12.)
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
25
des cas d’asymétrie et le plus curieux est certainement celui des Ptomaphagini.
Chez ces Catopides, l’organe copulateur ne se retourne pas, mais l’exsertion
d’un stylet évaginable du sac interne a déformé l’orifice apical et l’a fait passer
de la face ventrale à la face dorsale (fig. 30 à 32). J’ai déjà étudié ailleurs
(1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 19) cette orthogénèse et me dispenserai de répé¬
ter ici ce qui a été dit. Il faut seulement ajouter que l’étude systématique
complète du groupe m’a montré que cette migration dorsale de l’orifice apical
du pénis s’est faite selon deux directions : chez les lignées indo-malaises elle
contourne l’apex du pénis par la face droite ; chez les lignées de l’Amérique
du Sud et celles de la région holarctique elle contourne la face gauche. Les
Fig. 30-32 : Migration dorsale de l’orifice apical du pénis des Ptomaphagus. — Fig. 30.
Vue dorsale. — Fig. 31. Vue ventrale. — Fig. 32. Stylet évaginable (si.) et valvale
(v.) du sac interne, vue dorsale.
figures que l’on trouvera plus loin dans la partie systématique expliqueront
ces deux évolutions bien mieux que toute description. On verra même que
chez les Adelopsis sud-américains, l’évolution gauche du stylet a produit d’in¬
vraisemblables délabrements de la partie apicale du pénis, très variables d’une
espèce à une autre, tandis que la lignée holarctique des Ptomaphagus, certai¬
nement dérivée des Adelopsis , a réalisé un type régulier, simple et constant,
très spécialisé. L’idée s’impose que les Adelopsis ont conservé, dans le centre
de dispersion du groupe, tous les essais incomplets ou défectueux qui ont dû
se produire au début de l’évolution migratrice de l’orifice apical du pénis
par le bord gauche. Une espèce l’aurait réalisée d’une façon parfaite et aurait
formé la souche du genre Ptomaphagus , qui a conservé un type constant et
bien spécialisé d’organe copulateur au cours de sa dispersion au loin sur de
grandes distances.
26
D' RENÉ JEANNEL
Le pénis des Catopidae renferme un sac interne évaginable, armé de pièces
copulatrices : épines, dents, stylets, phanères diverses qui fournissent d’ex¬
cellentes indications sur la phylogénie des espèces. Les études que j’ai déjà
publiées sur le sac interne des Bathysciinae (1911 et 1924) ainsi que sur celui
des Choleva (1923, L'Abeille, XXXII, p. 3) me dispensent de revenir ici sur
son évolution générale. On trouvera au cours de cette Monographie tous les
types particuliers décrits et figurés à l’occasion de chaque groupe.
Appareil copulateur femelle. — Il est formé par le segment génital, ou
urite X, sur lequel on distingue un tergite, un sternite et deux pleurites ; une
Fig 33-35 : Armure copulatrice femelle de Speonemadus Dolivari Jeann. — Fig. 33. Vue
ventrale; V., 5« segment ventral échancré. — Fig. 34. Vue latérale; s., sternite du
segment génital; t„ tergite; st., styles. — Fig. 35. Segment génital vu par la face
dorsale.
paire de styles, ventraux, insérés entre le sternite et les pleurites, sont générale¬
ment armés de soies (fig. 33, 34 et 35). Ce segment génital femelle est d’habi¬
tude très peu chitinisé et ne présente guère de différences spécifiques. Les
Choleva font toutefois exception à ce sujet; chez eux, les pièces génitales des
femelles présentent des caractères très particuliers, variables suivant les
espèces et montrant d’intéressantes coaptations avec les différentes parties
de l’organe mâle (fig. 29). Leur étude a été présentée avec détails dans ma
« Révision des Choleva » (1923, L'Abeille, XXXII, p. 6).
GENRES ATTRIBUÉS A TORT AUX CATOPIDAE
Lomechon Wasmann, 1897, Deutsche ent. Zs., p. 284. — Ce genre ne ren¬
ferme qu’une seule espèce : L. Alfaroi Wasm., myrmécophile du Costa-Rica.
L’espèce est figurée et suffisamment décrite pour qu’il soit possible de se con-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
27
vaincre qu’il ne s’agit pas d’un Catopide. Les antennes ont leur article 8 sem¬
blable aux articles voisins, les tibias sont dépourvus d’éperons et présentent
un sillon apical externe dans lequel se loge le tarse replié ; les côtés du pro-
notum sont lobés comme chez les Lomechusa. Il me paraît vraisemblable que
ce genre appartienne aux Endomychides.
Myrmicholeva Lea, 1910, Proc. Roy. Soc. Vict., XXIII, p. 190 ; type :
M. lata Lea. — Quatre espèces sont décrites : acutifrons Lea, punctata Lea et
lata Lea de l’Australie, lingulata Lea de la Tasmanie. J’en ai vu une espèce
qui me paraît être le M. lingulata Lea (Brit. Mus. et Mus. Paris). C’est un
curieux petit insecte allongé, pubescent, avec la tête non rétractile, sans
carène occipitale, les yeux saillants, la partie buccale de la tête rétrécie et
saillante, les palpes maxillaires sécuriformes, à dernier article très large et
ovoïde, les antennes longues, à massue de type interrompu, l’article 8 étant
plus petit que les 7 et 8. D’autre part les cavités coxales antérieures sont à
peine fermées en arrière par des épimères triangulaires, les cavités coxales
intermédiaires sont séparées, l’épisterne tangent au pourtour de la cavité, le
mésosternum caréné, les épisternes métathoraciques linéaires, les hanches
postérieures transverses et contiguës. L’organe copulateur mâle est de même
type que chez les Liodidae et il semble que ce soit du côté de cette famille
qu’il faille chercher les affinités des Myrmicholeva.
Les genres de la Nouvelle-Zélande décrits par Broun
Dans une suite de mémoires, le major Th. Broun a décrit un grand nombre
d’espèces de la Nouvelle-Zélande, réparties dans plusieurs genres qu’il a placés
parmi ses « Silphidae », près du genre Choleva. J’ai pu étudier les types de
toutes ces espèces, conservés au British Muséum. Il n’est pas inutile de préciser
ici leur position systématique, car elles ont été dispersées à tort et à travers
dans le récent Catalogus de Junk, pars 95, par M. H. Hatch.
Seules les espèces qu’il a décrites sous le nom de Choleva et une partie de
celles qu’il a rangées sous le nom de Mesocolon , appartiennent aux Catopidae.
Bien entendu, il n’existe aucun Choleva véritable dans la Nouvelle-Zélande;
les espèces décrites par Broun sous ce nom devront être réparties dans divers
genres : Paracatops Port., Mesocolon Broun (type : M. clathratum Br.),
Pseudonemadus Port., Agyrtodes Port, et Zeagyrtes Broun.
Quant aux autres espèces de Broun, voici ce que leur examen, malheureuse¬
ment non accompagné de dissections, m’a permis de constater.
Les genres Camiarus Sharp, Inocatops Broun, Zenocolon Broun et
Baeosïlpha Broun, avec les espèces portées au Catalogus de Junk, forment la
famille des Camiaridae. Je n’ai pas vu le Catopsolias laevicollis Sharp, mais sa
description semble indiquer qu’il doive aussi être rangé parmi les Camiaridae.
Les genres Microsilpha Broun et Mesagyrtes Broun se placent dans la fa¬
mille des Colonidae. Mesagyrtes Broun (type : M. scabripes Br.) doit recevoir,
28
De RENÉ JEANNEL
en plus du génotype, les espèces hirtalis Broun, torvus Broun, punctulatus
Broun, domesticus Broun, rangées dans le « Catalogus » sous le nom de Meso-
colon Br.
Les genres Isocolon Broun, Allocatops Broun, Asphaerites Broun me parais¬
sent devoir se placer parmi les Liodidae, mais leur position ne pourrait être
précisée que par une révision de l’ensemble de la famille. Ce sont des espèces
glabres, convexes, à épimères prothoraciques triangulaires et aigus, à dernier
article des palpes maxillaires conique.
Il reste enfin un genre, Silphotelus Broun, dont la position est douteuse. Il
s’agit de petites espèces ayant un peu le faciès des Ptiliidae. Tout ce que je puis
affirmer, c’est que ce genre n’a certainement aucun rapport de parenté avec
ceux dont il a été fait mention ci-dessus.
ÉTHOLOGIE ET ÉVOLUTION
Tous les Catopidae sont des saprophages ; ils se nourrissent de matière orga¬
nique végétale ou animale en décomposition, aussi bien à l’état de larve que
d’imago. Beaucoup sont des muscicoles, ou « saproxylophiles », vivant sous les
amas de feuilles mortes et de débris végétaux, d’autres recherchent de préfé¬
rence les matières organiques animales, les cadavres ou les excréments.
Ces deux spécialisations alimentaires, l’une aux matières végétales, l’autre
aux matières animales semblent avoir été primitives ; elles ont en tous cas
déterminé des adaptations bien différentes. Les saproxylophiles, recherchant
les amas végétaux, mousses, feuilles mortes, dans les forêts humides, se sont
de plus en plus spécialisés à la vie en milieu humide, obscur et froid ; ils sont
fréquemment devenus sténhygrobies et ont subi l’évolution souterraine.
Par contre, les amateurs de matière organique animale se sont progressivement
inféodés à certaines espèces de Mammifères, d’Oiseaux, d’invertébrés. Ce sont
eux qui ont colonisé les terriers et les nids. S’ils sont ainsi fréquemment devenus
souterrains, c’est qu’ils ont suivi leur hôte dans ses terriers ou même dans les
cavernes. Ils sont avant tout des « xénophiles » bien plus que des « hypogés ».
Alors que les saproxylophiles endogés et cavernicoles sont étroitement spécia¬
lisés aux conditions physiques du milieu souterrain qui sont devenues indis¬
pensables à leur existence, les hôtes des terriers et des nids subissent ce milieu
qui leur est indifférent. Aussi ne présentent-ils jamais de caractères d’adapta¬
tion à la vie souterraine ; ils restent toujours oculés, ailés et pigmentés.
Saproxylophiles. — A l’exception des Platycholeus de Californie, tous les
Bathysciinae sont saproxylophiles. Tous sont aveugles et dépigmentés ;
quelques-uns vivent encore à la surface du sol dans les mousses et les amas de
feuilles mortes des forêts; la plupart sont devenus endogés ou cavernicoles.
Leur évolution souterraine est certainement ancienne, car, d’une part leurs
ancêtres lucicoles n’existent plus dans la faune actuelle et, d’autre part, leur
degré d’évolution est très avancé.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
29
Parmi les autres Catopidae , certains groupes sont en grande majorité saproxy-
lophiles. C’est le cas des Eucatopinae, principalement des Ptomaphagini , de la
plupart des Nemadinae et des Anemadinae. Dans toutes ces sous-familles, les
espèces lucicoles, ailées, oculées et pigmentées, sont en grande majorité, mais
aussi dans chacune d’elles, il se trouve quelques lignées subissant l’évolu¬
tion sténhygrobie, perdant leurs yeux et leur pigment et peuplant le domaine
souterrain. Les Ptomaphagini du genre Adelopsis, dans l’Amérique du Sud,
ont des espèces aptères ou même anophthalmes, comme A. heterocera Port,
de la Bolivie. Dans la tribu néo-zélandaise des Paracatopini , certains Meso-
colon sont aveugles et endogés (M. castaneum Broun, M. coecum Broun,
M. microps Jeann.). Il en est de même sur le mont Elgon, dans l’Afrique
orientale, pour de petites espèces d’Oritocatops (O. hypogaeus Jeann.). Toutes
ces espèces souterraines, appartenant à des groupes très divers, montrent une
curieuse convergence de leurs caractères avec les Bathysciola paléarctiques.
Mais leur évolution souterraine est bien plus récente ; des espèces proche
parentes, ailées et oculées, existent encore près d’elles dans la faune lucicole.
Des lignées entières de Catopidae saproxylophiles sont encore devenues
cavernicoles et présentent des caractères évolutifs analogues à ceux des
Bathysciinae troglobies de la région méditerranéenne. Ce sont les Adelops dans
l’Amérique du Nord et les Speonemadus dans la région bétique. Dans l’un et
l’autre cas, il s’agit, cependant, d’une colonisation récente des cavernes, car
chez toutes les espèces les yeux persistent encore, au moins rudimentaires,
et les souches épigées sont encore présentes dans la faune actuelle.
Les Ptomaphagini du sous-genre Adelops sont répandus dans la faune luci¬
cole de l’Amérique du Nord et de l’Amérique centrale, mais beaucoup d’es¬
pèces, à des stades évolutifs divers, peuplent les grottes de toute la partie
orientale du continent américain, depuis le Kentucky jusqu’au Guatémala.
Ces espèces cavernicoles ont absolument le même genre de vie que les Bathys¬
ciinae troglobies de l’Europe ; il est même curieux combien certaines espèces
de l’Alabama et du Tennesee ressemblent par convergence aux Speonomus
des grottes pyrénéennes. Mais tous ces Adelops troglobies se relient par toutes
les transitions aux espèces oculées et lucicoles.
Dans le sud de l’Espagne, ce sont des Anemadinae qui peuplent les cavernes
et y remplacent les Bathysciinae. Ces espèces troglobies ont été groupées dans
un genre spécial, Speonemadus, remarquable par ses caractères évolutifs en
opposition avec la persistance de l’œil. Ils sont étroitement localisés dans la
région bétique.
Une curieuse adaptation saproxylophile enfin est celle de YOritocatops
lobeliae , n. sp., de la zone alpine du mont Elgon, dans l’Afrique orientale.
Cet Oritocatops est étroitement inféodé à la Lobelia Telekii Schweins. Il se
développe et vit en grand nombre dans l’intérieur des inflorescensces passées.
Les tiges de ces inflorescences en forme de cierges, hautes d’un mètre à un
mètre et demi, persistent longtemps après la floraison. Elles sont creuses, et
dans leur cavité cylindrique, de dix centimètres de diamètre environ, la matière
30
D' RENÉ JEANNEL
médullaire pourrit dans l’humidité et nourrit une faunule spéciale. Dans chaque
tige de Lobelia , VOritocatops se trouve par centaines, avec des Collemboles, des
Staphylinides, des Curculionides du groupe des Cossonides, tous d’espèces
particulières.
Nécrophages. — Si les deux sous-familles Nemadinae et Anemadinae
renferment beaucoup d’espèces saproxylophiles, il en est aussi qui sont
nécrophages. Dans les Nemadinae, les espèces australiennes et néo-zélandaises
sont saproxylophiles, mais celles de l’Amérique du Sud se trouvent plutôt
sous les cadavres (Eupelates, Falkocholeva, Eunemadus, etc.). Micronemadus
de l’Asie orientale est aussi nécrophage. Les Paracatops de la Nouvelle-Zélande
vivent de même, tandis que le genre voisin Mesocolon fréquente de préférence
les débris végétaux.
C’est la sous-famille des Calopinae qui renferme le plus d’espèces nécro¬
phages ; c’est aussi celle qui fournit le contingent le plus important à la faune
des terriers. En Europe, quelques Catops sont régulièrement attirés par les
cadavres, par exemple C. Kirbyi Sp., C.coracinus Kelln., C. chrysomeloides
Panz., mais ils sont aussi et surtout pholéophiles. Par contre, dans l’Amérique
du Nord, toutes les espèces du genre Catops sont signalées comme nécro¬
phages, presque jamais comme hôtes des terriers. Il semble qu’il y ait là
réellement une divergence éthologique entre les Catops américains et ceux de la
région paléarctique.
Pholéophiles. — Presque toutes les espèces pholéophiles appartiennent
à la sous-famille Calopinae. La seule exception notable est celle du Ptoma-
phagus ( Adelops) fisus Horn, espèce assez particulière, qui semble vivre dans les
terriers des Spermophiles et dans ceux du Rat-Kangourou (Dipodomys
desertorum), dans l’Arizona.
On a vu ci-dessus que les Catops américains sont rarement pholéophiles.
Seuls les C. basilaris Say et C. alsiosus Horn ont été rencontrés dans des
terriers, le premier dans un nid de Musaraigne dans l’Indiana, le second dans
un terrier de Belette dans le Manitoba. Mais ces deux espèces ne sont pas des
pholéophiles réguliers.
En Europe, un très grand nombre d’espèces de Calopinae sont signalées
comme vivant habituellement dans les terriers des Mammifères. Ce sont des
commensaux, se nourrissant des débris accumulés par l’hôte dans son nid ou
même de ses déjections. La faune des terriers a été assez bien explorée par
divers entomologistes au cours de périodes récentes et des Calopinae ont été
observés chez des hôtes assez divers. Ce sont des Insectivores (Taupe, Musa¬
raigne), des Rongeurs (Lapin, Rat, Souris, Hamster, Spermophile, Marmotte
des Alpes), même des Carnivores (Blaireau, Renard, Belette, etc.). Mais on ne
connaît guère encore la faune des terriers de nombreuses espèces, telles que les
Gerboises, le Bobac, qu’il serait certainement très intéressant d’explorer.
On a cru tout d’abord qu’il devait exister une certaine spécificité dans le
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
34
rapports des Catopinae pholéophiles avec leur hôte. En réalité, bien peu nom¬
breuses sont les espèces vraiment inféodées à un Mammifère déterminé. Mais
la fréquentation des terriers a lié ces Coléoptères à une faune de Vertébrés assez
particulière, celle des steppes, caractérisée surtout par sa mobilité et son exten¬
sion progressive de l’Asie vers l’Europe par des séries de migrations. Origi¬
naires de l’Asie centrale, de l’asile de l’Angara, les Catopinae , devenus pholéo¬
philes, ont suivi leurs hôtes mammifères dans leur dispersion et cela explique
qu’ils aient souvent acquis de très grandes aires de répartition couvrant les
plaines de l’Asie et de l’Europe septentrionale.
Quelques espèces de N argus ont été parfois rencontrées dans des terriers de
Lapins ou de Blaireaux ; mais les pholéophiles les plus intéressants sont les
Choleva et les Catops. Leurs mœurs et surtout leurs métamorphoses sont d’ail¬
leurs assez mal connues, et de curieux problèmes restent encore posés par leur
biologie ; mais les observations récentes ont établi un certain nombre de faits
qu’il est intéressant de présenter.
Beaucoup d’espèces de Choleva ont une prédilection marquée pour les
galeries de Taupes, quoiqu’on les rencontre aussi parfois dans les terriers de
Lapins ou de Hamsters. Ce sont Ch. spadicea St., Ch. paskoviensis Reitt.,
Ch. agilis 111., Ch. oblonga Latr., Ch. Solarii Jeann., Ch. cisteloides Frol.,
Ch. glauca Britt., Ch. angustata F., Ch. bicolor Jeann., Ch. Sturmi Bris.,
Ch. Fagniezi Jeann., Ch. Jeanneli Britt., Ch. spinipennis Reitt., Ch. elongata
Payk., et sans doute d’autres espèces dont les conditions de capture n’ont pas
été signalées. On les trouve pendant l’hiver, à l’état de larve et d’imago, sou¬
vent en nombre, dans les galeries souterraines des Taupes. Aux environs de
Paris, c’est ainsi que G. Colas, J. Jarrige et G. Ruter prennent régulièrement
Ch. angustata F. et Ch. Jeanneli Britt. dans la forêt de Saint-Germain, Ch.
glauca Britt. et Ch. Solarii Jeann. dans la forêt de Marly. Ces espèces semblent
donc se développer et passer une grande partie de leur existence dans les ga¬
leries des Taupes. Elles en sortent adultes, mais sont très rarement rencon¬
trées au dehors. On ignore totalement où elles pondent et comment se fait la
nymphose.
D’autre part, certaines de ces espèces, qui fréquentent les galeries de Taupes,
se prennent aussi régulièrement aux entrées des grottes. Ch. angustata F. et
Ch. Fagniezi Jeann. sont régulièrement cavernicoles dans les Pyrénées, Ch.
cisteloides Frôl. dans les monts Bihar et les Carpathes. On les trouve dans les
cavernes, errant sur les parois près de l’entrée, souvent réunis en grand
nombre sous les pierres, surtout en automne et en hiver.
On n’a jamais trouvé de larves de Choleva dans les grottes ; mais c’est ce¬
pendant là qu’elles se nymphosent. J’ai raconté ailleurs (’) comment j’avais
découvert sur les parois des grottes pyrénéennes, de petites loges arrondies,
placées dans des trous de la roche, tapissées d’un enduit argileux et fermées
par un opercule tissé ï dans ces loges se trouvent pendant l’été des Choleva
(1) R. Jeüwel. Faune cavernicole de la France, p. 276 (Paris, Lechevalier, 1926).
32
I)' RENE JEANNEL
adultes mais fraîchement éclos. Après leur dernière mue, les larves de ces
Choleva quittent sans doute le terrier du Mammifère où elles ont vécu et pénè¬
trent dans les grottes pour se nymphoser sur les parois des couloirs d’entrées,
dans la pénombre. A quelle époque de l’année ? On l’ignore ; mais au début de
l’été aucune loge ne renferme de nymphes ; toutes sont occupées par des
imagos. Il est curieux qu’ayant terminé sa métamorphose le Choleva attende
pendant des semaines, peut-être des mois, avant de sortir de sa loge. Le fait
est que c’est surtout à la fin de l’été, en automne et même en hiver que les
imagos sont abondants dans l’entrée des cavernes. J’ai vu le Ch. cisteloides
Frôl. voler par milliers au soleil devant l’entrée d’une grotte roumaine en sep¬
tembre. Par contre, j’ai assité la nuit, au début de janvier, dans la grotte de
Sainte-Hélène, près de Foix, à l’envol de Ch. angustata F. qui grimpaient sur
les pierres pour s’échapper vers l’extérieur.
Il faut remarquer d’ailleurs que les Ch. oblonga Latr., Ch. cisteloides Frôl.,
Ch. angustata F. et Ch. Fagniezi Jeann. sont les seules espèces qui pénètrent
ainsi dans les cavernes, alors que beaucoup d’autres avec elles sont connues
comme pholéophiles dans les galeries de Taupes. D’autre part, il existe encore
des espèces endogées, toujours très rares, se prenant parfois sous de grosses
pierres enfoncées : Ch. bosnica Ganglb., Ch. nivalis Kr., Ch. biharica Fleisch.
Ne sont-elles pas aussi pholéophiles ? Mais recherchant pour la nymphose les
fentes profondes du sol, alors que d’autres utilisent l’entrée des cavernes ?
En somme, comme on le voit, tout ce qu’on sait sur les habitudes des Cho¬
leva est bien contradictoire. Il semble que la vie larvaire se déroule générale¬
ment dans les galeries souterraines des Taupes et que beaucoup d’espèces y
fassent leur nymphose, quoiqu’on n’y ait jamais encore observé de loges ;
d’autres pénètrent dans les grottes, peut-être aussi dans les fentes profondes
du sol pour achever leurs métamorphoses. Que les imagos éclos dans les
taupinières y restent et y trouvent leur nourriture, cela ne peut surprendre.
Mais on se demande pourquoi les cavernicoles et les endogés restent pendant
de longs mois dans le domaine souterrain, car ils paraissent bien y séjourner
toute l’année en attendant l’hiver, époque où ils doivent s’envoler pour aller
pondre.
Les Catops se rencontrent régulièrement dans les terriers de nombreuses
espèces de Mammifères. Il en est qui sont étroitement inféodés à certaines
espèces : le C. Joffrei Dev. vit dans les terriers des Marmottes, dans les Hautes-
Alpes. Il pullule dans cet habitat et n’a jamais été rencontré en dehors ; c’est
un pholéobie véritable. Les C. nitidicollis Kr. et C. erro Reiche se prennent
presque exclusivement sur les crottes de Renard et doivent pulluler dans les
terriers de ce Carnivore ; le Catopidius depressus Murr. est spécial aux terriers
de Lapins et il est prouvé qu’il se nourrit de poils et des desquamations épi¬
dermiques de son hôte. Mais en dehors de ces quelques espèces, toutes les
autres paraissent s’installer indifféremment dans les terriers et nids de n’im¬
porte quelle espèce de Mammifères ou même d’Oiseaux, même le C. nigri-
clavis Gerh., qu’on a cru longtemps exclusivement inféodé à la Taupe.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
33
M. Heim de Balsac a exploré pendant ces dernières années les terriers et les
nids d’un grand nombre d’espèces dans les Ardennes ; il y a recueilli tous les
Catops de la région et observé qu’aucun ne semble montrer une préférence
particulière pour certains hôtes. De nombreuses larves se prennent avec les
imagos dans les nids. Il serait intéressant qu’on en fit l’élevage. Il est en effet
encore possible que les imagos, surtout coprophages, semblent indifférents
quant au choix de l’hôte, et se disséminent dans toutes sortes de terriers, mais
que chaque espèce ponde et se développe chacune dans le nid d’un hôte déter¬
miné. Les difficultés d’élevage sont telles que ce problème n’est certainement
pas près d’être résolu.
Certains Catops pénètrent volontiers dans les cavernes et ce fait pose un
problème biologique analogue à celui des Choleva. Certaines espèces de Rats
et surtout les Blaireaux fréquentent les entrées des grottes et on peut supposer
que ce sont eux qui doivent attirer les Catops dans le domaine souterrain. Mais
il est curieux que certaines espèces seulement soient cavernicoles : C. subfuscus
Kelln., C. tristis Panz., C. nigrita Er., C. fuscus Panz. sont les seules. Toutes
quatre sont connues comme pholéophiles et fréquentent les terriers de Blai¬
reaux. Mais pourquoi d’autres, comme C. chrysomeloides Panz., également
communes dans les nids des Blaireaux, ne suivent-elles jamais leur hôte dans
les cavernes ?
Il ne semble pas que les Catops cavernicoles se nymphosent sur les parois
des grottes, comme les Choleva. On n’a jamais observé de loges.
Nidicoles. —• Beaucoup d’oiseaux font leur nid dans des terriers creusés
dans le sol, dans les talus sablonneux, dans les murailles, d’autres s’installent
de préférence dans les troncs d’arbres creux. Les Catops qui vivent dans les
terriers des Mammifères, se rencontrent aussi dans ces nids d’Oiseaux. Mais il
existe aussi des espèces qui recherchent presque exclusivement les nids. Ces
espèces n’appartiennent pas seulement à la sous-famille des Catopinae. Parmi
les Nemadinae, le Mesocolon nesobium Jeann. (Paracatopini) vit dans les nids
d’Oiseaux de l’île Moko-hinau, à l’est de la Nouvelle-Zélande, et le Nemadus
colonoides Kr. (Nemadini) est un hôte régulier des nids de diverses espèces
européennes de Chouettes, Pics, Moineaux, Mésanges, Sansonnets, Étour¬
neaux, etc.
Dans la sous-famille Catopinae , Nargus brunneus St. a été rencontré dans
des nids d’Hirondelles en Transylvanie, Prionochaeta opaca Say, espèce habi¬
tuellement nécrophage, est signalé des nids de Buses dans le Maryland. Mais
ce sont les espèces à distribution holarctique du petit genre Sciodrepoides qui
se montrent les nidicoles les plus spécialisés. S.fumatus Sp., espèce en apparence
rare, se prend régulièrement dans les nids aussi bien en Amérique qu’en
Europe. M. Heim de Balsac l’observe dans les Ardennes dans les nids de
divers Rapaces, dans les Héronnières et même dans les nids aériens d’Oi¬
seaux divers installés dans les branches élevées des arbres.
Ajoutons enfin que des Catops s’intallent aussi dans les nids souterrains des
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I. 3
34
Di RENÉ JEANNEL
Hyménoptères. M. R. Benoist a trouvé le Sciodrepoides Watsoni Sp. dans
des nids de Bombus lapidarius L. fréquentés par de nombreux Leptinus ;
N. H. Joy cite les Catops grandicollis Er., C. tristis Panz., C. chrysomeloides
Panz., comme habitant souvent les nids abandonnés de Vespa vulgaris L., en
Angleterre.
Termitophiles. — Les Platycholeus, rangés dans la sous-famille des Bathys-
ciinae, sont termitophiles. Du moins le fait est-il prouvé pour P. leptinoides
Crotch, répandu dans l’ouest de l’Amérique du Nord (Californie, Nevada,
Oregon) et qui se trouve dans les nids souterrains des Termopsis angustieollis
Hagen et T. nevadensis Hagen. La deuxième espèce du genre, P. opacellus
Fall, serait aussi termitophile, mais Fall admet cependant la possibilité qu’elle
soit myrmécophile.
Il est remarquable que les seuls Bathysciinae nord-américains soient termi¬
tophiles alors que les très nombreuses espèces de cette sous-famille peuplant
la région méditerranéenne ne montrent aucune tendance à la xénophilie
Bathysciola Aubei Kiesw. et Parabathyscia Grouvellei Ab. ont bien été rencon¬
trés dans des fourmilières dans les Alpes-Maritimes, mais il est clair qu’il
s’agit de captures accidentelles.
Myrmécophiles. — La myrmécophilie est fréquente chez divers groupes
des Catopidae et il existe même des genres étroitement spécialisés à ce mode de
vie. Aucune des espèces pholéophiles, de celles qui forment la faune des ter¬
riers de Mammifères, ne s’installe jamais dans les fourmilières, même de
façon accidentelle. Il n’en est pas de même des nidicoles, comme Nemadus
colonoides Kr., Sciodrepoides Watsoni Sp., qui se trouvent soit dans les nids
d’Oiseaux, soit parfois dans ceux des Fourmis du genre Lasius. Toutes les sous-
familles des Catopidae , à part celle des Bathysciinae , ont des espèces myrmé¬
cophiles à des degrés de spécialisation plus ou moins avancés ; il en est même
de très modifiées, comme les Synaulus, les Catopomorphus et genres voisins.
Il semble que tous les Catopides myrmécophiles soient de souches primiti¬
vement saproxylophages. Dans leurs rapports avec les Fourmis, ils se montrent
des commensaux, vivant dans le nid de l’Hyménoptère à tous les stades du
développement, se nourrissant des provisions amassées dans le nid et des
déchets. Lorsqu’on les découvre, les jours de soleil, au milieu des Fourmis
sous les pierres recouvrant les fourmilières, on constate qu’ils sont parfaite¬
ment tolérés dans les nids. Les Fourmis semblent ignorer leur présence. Ils
n’ont d’ailleurs aucun organe secrétoire dont l’hôte puisse tirer profit; on ne
voit jamais les Fourmis les mettre à l’abri ou les transporter comme elles le
font pour des raisons diverses avec d’autres myrmécophiles comme les Sta-
phylins ou les Histérides.
Les Catopides myrmécophiles montrent souvent des caractères évolutifs
assez curieux et très divers. Tous restent oculés et ailés, mais les appendices
se modifient. Les antennes deviennent généralement épaisses, compactes,
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
35
leurs articles s’adaptant exactement les uns au bout des autres, de façon que
tout l’organe devient une sorte de massue fusiforme très régulière. Elles se
raccourcissent beaucoup chez les Synaulus et certains Catopomorphus , mais
elles restent longues chez certains autres comme les Àttumbra et les Attae-
pliilus. Les tarses subissent la même réduction et arrivent à être très courts.
Les Synaulus, qui vivent avec les Aphaenogaster, sont fortement pigmentés,
noirs ; leur corps est ramassé, très large, et la tête et le pronotum, rétractiles,
peuvent s’infléchir de façon que l’insecte peut se mettre en boule, abritant ses
pattes et ses antennes très courtes contre la face ventrale du corps replié.
Cette attitude de défense passive est certainement déterminée par la nécessité
de se protéger contre les mandibules de l’hôte.
Au contraire, les Catopomorphus et autres genres myrmécophiles du groupe
des Cholevini, ont leurs téguments très minces, mous, dépigmentés, et n’utili¬
sent aucun mode de défense passive. Il est probable que les Messor avec les¬
quels ils vivent sont pour eux bien moins dangereux que ne le sont les
Aphaenogaster pour les Synaulus. Tous ces Cholevini commensaux des
Messor présentent de curieux caractères de pubescence. Les uns sont glabres
( Attumbra ); d’autres sont revêtus d’une pubescence soyeuse exceptionnelle¬
ment courte et rase ( Catopomorphus) ; d’autres, au contraire, sont hérissés de
longues soies dressées {Attaephilus). Il est bien difficile de dire quelles causes
peuvent avoir ces divergences dans le revêtement pileux chez des espèces qui
toutes fréquentent les nids de Fourmis du même genre.
Quoique les larves des Catopides myrmécophiles aient été très rarement
observées ('), il semble bien que toute la vie larvaire se déroule dans la fourmi¬
lière et que la nymphose doive s’effectuer dans le voisinage des galeries pro¬
fondes. L’imago reste dans le nid et vit au milieu des Fourmis. Mais à la fin de
la saison chaude, il doit quitter la fourmilière. De nombreuses observations
concordent en effet pour faire croire que ces Catopides vont hiverner en cer¬
tains lieux où ils se rassemblent. On les a trouvés en effet, parfois en grand
nombre, abrités dans les fentes de terrains argileux, au printemps : Attumbra
altivaga Pic sur le djebel Heidzer dans le 1 )j injure, Philornessor Cloueti Port.,
dans les argiles du djebel Mouzaïa, en avril (Peyerimhoff), Attumbra Jose-
phinae Saulcy, Catopomorphus Marqueti Fairm. et Philornessor brevicollis Kr.
dans les fentes d’un talus argileux, près de Madrid, encore en avril ( J . Martinez).
D’autres, comme Catopomorphus Bedeli Fairm., en Algérie, et surtout Attae¬
philus Weiratheri Jeann. et A. punctipennis Jeann., dansleTaurus dePisidie,
se rassemblent dans les cavernes où ils semble bien qu’ils cherchent un abri tem¬
poraire.
En juin et juillet, il n’est pas rare de capturer ces myrmécophiles au
vol ou attirés par les lumières. Ce doit être l’époque où ils quittent leur abri
(1) On connaît seulement la larve du Synaulus ayilis 111., et celle de VAttaephilus
arenarius Hampe, parmi les genres strictement myrmécophiles. De plus, le Ptomaphagus
tenuicornis Rosenh. a été recueilli à l’état de larve et d'imago dans un nid de Lasius
(Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 50.)
36
Dr RENÉ JEANNEL
hivernal pour s’accoupler, regagner les fourmilières et y déposer leurs oeufs.
Quoique les Catopidae soient distribués sur presque toute la surface de la
terre, à l’exception seulement de l’Afrique tropicale, il est curieux qu’ils n’aient
des représentants myrmécophiles que dans certaines régions. Il n’en existe
aucun dans la Nouvelle-Zélande et l’Australie, où les genres saproxylophiles
sont cependant nombreux. Dans l’Inde, le Ptomaphaginus cilipes Port, a
été découvert dans une colonne de Fourmis en marche, ce qui indique que
des espèces myrmécophiles doivent se trouver dans cette région. De même,
dans l’Amérique du Sud, VEucatops formicetorum C. Bruch vit dans les nids du
Camponotus ( Myrmothrix ) rufipes F., et d’autres espèces du même genre
doivent aussi être myrmécophiles. Mais c’est surtout dans la région holarc-
tique que les Catopidae peuplent les fourmilières; ce sont, dans l’Amérique du
Nord, des Ptomaphagini et des Nemadini, et en Europe, dans la région médi¬
terranéenne, quelques représentants de ces mêmes tribus, mais surtout des
Cholevini.
Quelques espèces seulement des Formieidae hébergent des Catopides; ce sont
les suivantes :
Amérique du Nord
Genre Pogonomyrmex Mayr
Ptomaphagus (Adelops) texanus Mel. vit avec Pogonomyrmex barbatus
Mayr, var. molefaciens Buckley, dans le Texas et le Colorado.
Genres Formica L. et Camponotus Mayr
Nemadus parasitus Lee. est indiqué comme se trouvant dans les nids de
diverses espèces du genre Formica : F. fusca L., F. rufa L., F. pallidejulva
Latr. et dans ceux de diverses races du Camponotus herculeanus L. Malheu¬
reusement plusieurs espèces ont été confondues sous le nom de N. parasitus
Lee. et seront décrites dans cette Monographie. Il est possible que les unes
habitent avec les Formica , d’autres avec le Camponotus.
Quant au N. brachyderus Lee., c’est une espèce très spécialisée qui vit avec
le Camponotus herculeanus L. dans le bassin des grands lacs et du Saint-Lau¬
rent.
Région Méditerranéenne
Les Catopides myrmécophiles d’Europe appartiennent tous à des genres
originaires des massifs méditerranéens, ce qui explique leur localisation géo¬
graphique. Ils sont inféodés aux espèces des genres Lasius F., Messor For. et
Aphaenogaster Mayr. Aucune espèce n’est associée aux Cremastogaster Lund
ni aux Pheidole Westw. qui hébergent cependant de nombreux commensaux.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
37
Genre Lasius F.
Les Lasius brunneus Latr. ( l 2 ), L. fuliginosus Latr., L. aliénas Forts, héber¬
gent souvent dans leurs nids des Catopides. Mais ce sont exclusivement des
myrmécophiles occasionnels : Ptomaphagus sericatus Chaud, et P. tenuicornis
Rosenh., Nemadus colonoides Kr., Nargus anisotomoides Sp., Dreposcia
umbrina Er. Ces espèces se trouvent plus souvent hors des fourmilières, mais
lorsqu’elles sont myrmécophiles, elles se développent dès les stades larvaires
dans les nids des Lasius.
Genre Messor Forel
Deux espèces sont régulièrement fréquentées par des Catopidae du groupe
des Cholevini, ce sont Messor barbarus L. et M. structor Latr. ( J ). Ces deux
espèces sont d’ailleurs très voisines et M. structor est généralement considéré
comme une simple sous-espèce du M. barbarus L. Mais leur distribution géo¬
graphique est différente et il en résulte que des genres différents de Catopides
leur sont inféodés.
M. barbarus L., avec toutes ses races et variétés, occupe toute la région
méditerranéenne, une grande partie de l’Asie et toute l’Afrique. En Europe, il
remonte très peu vers le nord et ne s’écarte guère du climat méditerranéen
proprement dit. Ses Catopidae commensaux sont nombreux. Ce sont des Ne-
madini : Eocatops incisipennis Saulcy (Palestine) et des Cholevini : Choleva
dorsigera Mars. (Palestine), la plupart des espèces du genre Attumbra D. G.,
toutes celles des genres Philomessor Jeann. et Catopomorphus Aubé. Ces der¬
nières sont répandues dans tout le basssin méditerranéen, aussi bien dans le
nord de l’Afrique qu’en Espagne et dans le sud-est de la France.
Par contre le Messor structor Latr. n’existe pas dans le nord de l’Afrique, mais
est répandu dans le sud-ouest de l’Asie et toute l’Europe méridionale et
moyenne jusqu’aux environs de Paris. Dans cette aire géographique, il coha¬
bite dans le sud de l’Europe avec le M. barbarus , mais aucune des espèces
particulières à celui-ci, Philomessor ou Catopomorphus , n’ont jamais été ren¬
contrées dans les fourmilières du M. structor. Seul VAttumbra Strupii Jeann.
de la Grèce a été découvert avec cette espèce. Mais le genre Attaephilus
Motsch., remarquable par sa pubescence hérissée, est inféodé au M. structor
et le suit jusqu’en Europe centrale et aux environs de Paris, dans toute son
aire géographique.
(1) Les fourmis avec lesquelles ont été recueillis les Catopides étudiés dans cette mono¬
graphie ont été déterminées par M. L. Berund à qui j’adresse ici mes remerciements.
(2) On les rangeait jadis sous le nom générique d 'Alla 111. qui a servi à former les
noms de certains Catopides : Attumbra, Attaephilus.
38
Dr RENE JEANNEL
Genre Aphaenogaster Mayr
Dans le genre Attaephilus, habituellement inféodé au Messor structor , une
espèce seulement fait exception, ayant été recueillie chez VAphaenogaster
pallidus Nyl. : c’est VA. funebris Reitt., de la péninsule balcanique. D’autre
part, dans le nord de l’Afrique, F Aphaenogaster testaceopilosus Luc. est l’hôte
régulier des Synaulus.
Ce Formicide présente une assez vaste distribution, couvrant tout le nord
de l’Afrique, l’Espagne, le sud de la France, les îles de la Méditerranée, le sud
de l’Italie, la péninsule balcanique et l’Asie mineure. Il n’héberge des Synau-
lus Port. (Ptomaphagini) que dans une portion très limitée de l’Algérie, dans
les départements d’Alger et de Constantine, et en Tunisie.
Les Synaulus sont, en réalité, une lignée de Ptomaphagus très modifiés par
leur myrmécophilie. Il est curieux que cette adaptation ne se soit développée
que dans une partie très restreinte du nord de l’Afrique, alors que des Ptoma¬
phagus existent dans toute Faire géographique de VAphaenogaster testaceo¬
pilosus Luc.
Adaptations climatiques. — Pour terminer cet exposé de l’éthologie des
Catopidae , il reste à signaler que les espèces de cette famille vivent sous tous les
climats. Les Eucatopinae , les Nemadinae, originaires des anciens continents
austraux, se sont beaucoup répandus dans les faunes tropicales, les Anema-
dinae paléarctiques sont méditerranéens, les Catopinae , venus de l’Angara,
occupent les climats tempérés de l’hémisphère nord et se sont même répandus
dans la faune arctique. Un genre, Cryoratops Jeann., fait même partie de
l’association de la toundra.
Généralement dispersés à basse altitude les Catopidae ont aussi peuplé les
hauts sommets des montagnes. Des Paracalops (Anemadinae) sont alpins dans
l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande (P. triangulum Jeann., P. dickensis Jeann.,
P. Brounianus Jeann.). Dans l’Amérique centrale, ce sont des Adelops
{Ptomaphagini) et des Dissochaetus (Nemadini ) qui occupent les sommets des
montagnes. En Europe, parmi les Catopinae, on peut citer comme orophiles
les Rybinskiella localisés dans les Carpathes et les chaînes de l’Asie centrale,
le Choleva oresitropha Ganglb. vivant sous les mottes d’herbes au sommet des
monts Rodnei (2.250 m.) dans les Carpathes, les Catopomorphus (Weiratherella)
nivicola Kiesw. et C. clavalis Jeann., nivicoles sur les sommets du Parnasse et
du Chelmos, le Catops Purkynei Ob., aptère et dépigmenté, vivant dans les
régions supérieures du Musalla, dans le massif du Rhodope, enfin le Chiono-
catops Bugnioni Tourn., espèce très rare et énigmatique, qui n’a été rencontrée
qu’à très haute altitude dans les Alpes du Valais et du Tyrol.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
39
TABLEAU DES SOUS-FAMILLES ET DES TRIBUS
A. Organe copulateur mâle sans tegmen , les styles insérés directement
sur la base du pénis. Sac interne armé d'un gros stylet êvaginable.
— Tibias armés d’un peigne apical très développé. Tarses antérieurs
de cinq articles dans les deux sexes. Cavités coxales intermédiaires
séparées, les postérieures contiguës. Téguments toujours striolés sur
le pronotum et les élytres. I. Subf. Eucatopinae.
a. Pénis très court, triangulaire, plat, à base très large ; la
lame basale très grande et indépendante ; les styles insérés
sur les côtés du pénis, au sommet de l’organe. Segment géni¬
tal tubuleux, non réduit. Palpes maxillaires à dernier article
très long et fusiforme. Épisternes métathoraciques linéaires.
. i. Trib. Eucatopini.
— Pénis allongé, ovalaire, étranglé à la base, la lame basale très
réduite, les styles insérés à la base. Orifice apical dissymé¬
trique, déplacé vers la face dorsale. Segment génital réduit
à un pleuro-sternite en forme de raquette. Palpes maxil¬
laires à dernier article court et conique. Épisternes métatho¬
raciques en large triangle à base postérieure.
. ii. Trib. Ptomaphagini.
B. Organe copulateur mâle avec un tegmen complet , l'insertion des styles
dorsale. Segment génital non réduit, tubuleux, présentant tous les
caractères d'un uriie complet.
1. Lame ventrale du tegmen ample et lamelleuse, étalée au devant de
la lame basale du pénis(‘). Pénis non incurvé du côté ventral, toujours
droit et triangulaire. Épistome indistinct. Palpes maxillaires à avant-
dernier article non renflé. Tarses antérieurs de cinq articles dans les
deux sexes, les intermédiaires simples ou avec un seul article dilaté
chez le mâle. Téguments généralement striolés, au moins sur les élytres.
. IL Subf. Nemadinae.
a. Palpes maxillaires à dernier article court et conique. Cavités
coxales intermédiaires confluentes, les hanches postérieures
contiguës. Tête rétractile, la carène occipitale tranchante.
. v. Trib. Nemadini.
— Palpes maxillaires à dernier article très long et fusiforme.
Cavités coxales intermédiaires séparées, les hanches posté¬
rieures contiguës. b.
(I) Par exception, le genre Micronemadus, du Japon, présente un tegmen conformé
comme chez les Anemadinae. Mais tous ses autres caractères le rapprochent des
Nemadus.
40
D' RENÉ JEANNEL
b. Tête non rétractile, sans trace de carène occipitale.
. ni. Trib. Agyrtodini.
— Tête rétractile, la carène occipitale mousse, peu saillante,
mais nettement indiquée. iv. Trib. Oritocatopini.
— Lame ventrale du tegmen réduite à une étroite bandelette chiti-
neuse transverse(‘). Ëpistome séparé du front. Palpes maxillaires
à avant-dernier article ovoïde et très renflé, le dernier très petit.
Tarses antérieurs de cinq articles dans les deux sexes, les inter¬
médiaires avec deux articles dilatés chez le mâle. Cavités coxales
intermédiaires confluentes, les hanches postérieures contiguës. Tégu¬
ments ponctués sur le pronotum, striolés sur les élytres.
. III. Subf. Anemadinae.
a. Pénis incurvé du côté ventral, la lame basale étroite,
comprimée latéralement et carénée du côté ventral, effilée
en pointe basale. Styles toujours renflés en fuseau. Epi-
stome court, et très transverse. vi. Trib. Paracatopini.
— Pénis droit, aplati, nullement incurvé du côté ventral, la
lame basale ample, lamelleuse, enveloppant largement la
base du sac interne, son bord libre transverse. Styles
aplatis. Ëpistome allongé, subcarré.... vii. Trib. Anemadini.
C. Organe copulateur mâle avec un tegmen complet. Segment génital
atrophié , réduit à un cadre chitineux entourant la base de l'organe
copulateur. — Dernier article du palpe maxillaire court et conique.
1. Le tergite du segment génital est encore distinct. Cavités coxales
intermédiaires fusionnées, les hanches postérieures contiguës. Pas
de carène mésosternale. Tarses antérieurs de cinq articles dans les
deux sexes. Téguments toujours ponctués. IV. Subf. Catopinae
a. Styles très développés, épais, l’extrémité dilatée et mousse.
Ëpistome généralement distinct; les tibias armés de cor¬
beilles apicales, le premier article du tarse intermédiaire
simple chez le mâle ( 1 2 ). vm. Trib. Gholevini.
— Styles très grêles, courts et très effilés en pointe ténue ( 3 4 ).
Ëpistome fusionné avec le front, sans suture distincte. Som¬
met des tibias sans corbeilles apicales, armés d’éperons
externes. Premier article du tarse intermédiaire dilaté chez
lemàle('). ix. Trib. Catopini.
(1) La lame ventrale du tegmen manque chez les Paracatopini; mais il existe une
pièce dorsale.
(2) Ces trois derniers caractères ne sont pas absolument constants. L'un ou autre
peut faire défaut chez certains genres.
(3) Ils sont épais, même à la pointe, chez les Calops du groupe morio.
(4) Simple, par exception, chez Catopodes.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
41
— Le tergite du segment génital totalement fusionné avec le pleuro-
sternite. Cavités coxales intermédiaires séparées(‘), les hanches pos¬
térieures séparées. Mésosternum caréné. Tarses antérieurs de quatre
ou cinq articles chez le mâle, de quatre chez la femelle. Le premier
article du tarse intermédiaire simple chez le mâle ( 1 2 ).
. V. Subf. Bathysciinae.
Tableau de détermination des tribus ne faisant pas état
DES CARACTÈRES SEXUELS
1. Hanches postérieures distantes, séparées par une apophyse du méta-
sternum plus ou moins large. Tarses antérieurs de quatre articles
chez la femelle, de cinq ou de quatre chez le mâle. Insectes
toujours dépigmentés, à yeux réduits ou absents, les cavités coxales
intermédiaires séparées, le mésosternum caréné. (Région méditerra¬
néenne, Asie orientale, Californie). [Subf. Bathysciinae.]
— Hanches postérieures contiguës. Tarses antérieurs de cinq articles
dans les deux sexes. 2.
2. Dernier article du palpe maxillaire fusiforme, bien plus long que
l’avant-dernier. — Cavités coxales intermédiaires toujours séparées
par l’apophyse mésosternale soudée au métasternum ; le mésosternum
plus ou moins caréné. 3.
— Dernier article du palpe maxillaire conique, plus court que l’avant-
dernier . 5.
3. Tête non rétractile, sans trace de carène occipitale. (Amérique du Sud,
Australie, Nouvelle-Zélande). iii. Trib. Agyrtodini.
— Tête rétractile, la carène occipitale nettement indiquée. 4.
4. Pronotum et élytres striolés en travers. Tibias armés d’éperons internes,
mais avec un peigne apical externe très développé. Premier article du
tarse intermédiaire toujours simple chez le mâle. (Amérique du Sud).
.. i. Trib. Eucatopini.
— Pronotum ponctué, les élytres striolés. Tibias armés d’éperons externes
et internes, sans peigne ni corbeille apicale. Premier article du tarse
intermédiaire simple chez le mâle. (Afrique australe et orientale)....
. iv. Trib. Oritocatopini.
5. Cavités coxales intermédiaires séparées par l’apophyse mésosternale
soudée au métasternum; mésosternum caréné. Épisterne métatho-
racique en large triangle à base postérieure ( 3 ). Tibias antérieur avec
(1) Le grand allongement du corps chez certains cavernicoles ( Antroherpon ) déter¬
mine parfois l’atrophie de l’apophyse intercoxale du mésosternum et la fusion des cavi¬
tés coxales.
(2) Sauf chez Adelopsella Jeann.
(3) Cette forme des épisternes (fig. 26) est caractéristique des Ptomaphagini.
42
D r RENÉ JEANNEL
un peigne et les quatre postérieurs avec des corbeilles apicales très
développées. Premier article du tarse intermédiaire dilaté ou non
chez le mâle. Téguments striolés en travers sur le pronotum et les
élytres. (Régions orientale, néotropicale et holarctique).
. ii. Trib. Ptomaphagini.
— Cavités coxales intermédiaires confluentes, l’apophyse mésosternale
libre, non soudée au métasternum. Épisternes métathoraciques
linéaires, non élargis en arrière. 6.
6. Palpes maxillaires à avant-dernier article ovoïde, très renflé, le
dernier article très petit, étroit et conique. Tarses intermédiaires
avec deux articles dilatés chez le mâle. — Épistome toujours plus
ou moins distinct du front. Téguments ponctués sur le pronotum,
striolés en travers sur les élytres. Mésosternum avec une carène très
basse ('). 7.
— Palpes maxillaires à avant-dernier article non renflé, le dernier
conique, un peu plus court mais presque aussi large à la base que
l’avant-dernier. Tarses intermédiaires simples ou avec le premier
article seulement dilaté chez le mâle. 8.
7. Partie préantennaire du front très courte; l’épistome très transverse.
Tibias avec une corbeille apicale et des éperons externes très courts.
(Nouvelle-Zélande). vi. Trib. Paracatopini.
— Partie préantennaire du front allongée; l’épistome hexagonal,
presque aussi long que large. Tibias avec des éperons externes
bien développés, sans trace de corbeille. (Région paléarctique)....
. vu. Trib. Anemadini.
8. Mésosternum caréné sur la ligne médiane. Épistomein distinct, tota¬
lement fusionné avec le front. Tarses intermédiaires mâles simples
ou avec un seul article dilaté. Téguments généralement striolés, au
moins sur les élytres. v. Trib. Nemadini.
— Mésosternum plan, non caréné. Téguments toujours ponctués, jamais
striolés en travers. 9.
9. Épistome généralement séparé du front, allongé (*). Sommet des
quatre tibias postérieurs avec une corbeille apicale remplaçant les
éperons externes (). Premier article du tarse intermédiaire simple
chez le mâle. vm. Trib. Cholevini.
— Épistome fusionné avec le front, sans trace de suture. Sommet des
tibias sans corbeille apicale, mais avec des éperons externes. Premier
article du tarse intermédiaire dilaté chez le mâle ( 1 2 3 4 ). ix. Trib. Gatopini.
(1) Il est plan chez certains Paracatops de la Nouvelle-Zélande.
(2) La sature de l’épistome s’efface chez les Iïybins/ciella et Prionochaeta.
(3) Les corbeilles apicales disparaissent chez certains genres myrmécophiles : Atlum-
bra et Philomessor, ainsi que chez Rybinskiella.
(4) Par exception, le tarse intermédiaire mâle est simple chez Calopodes.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
43
I. Sous-famille EUCATOPINAE Jeannel
Eucatopini Jeannel, 1921, Voy. Alluaud et Jeannel en Afr. or., Col. XVI,
p. 233. — Eucatopini (pars) + Ptomaphagina Jeannel, 1922, Arch. Zool.
exp., 61, p. 39 et 41. — M. II. Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 158
et 164.
J’avais cru autrefois devoir grouper les Eucatops sudaméricains et Orito-
catops africains dans une même tribu. Une étude plus approfondie de la famille
me prouve que les derniers se rapprochent davantage des Nemadinae et que,
d’autre part, il existe de nombreux caractères montrant que les Ptomaphagus
dérivent certainement de la même souche que les Eucatops. Je réunis donc
aujourd’hui, dans une même sous-famille, les Eucatopini (genre unique :
Eucatops Port.) et les Ptomaphagini.
Catopidae de petite taille, ovalaires, très convexes ( Eucatopini ) ou avec les
élytres souvent cunéiformes ( Ptomaphagini). La tête est toujours rétractile,
avec une carène occipitale haute et tranchante, le pronotum ample et trans¬
verse. Téguments toujours striolés en travers, aussi bien sur le pronotum que
sur les élytres.
Les palpes maxillaires ont leur avant-dernier article peu renflé, le dernier
variable, très long et fusiforme chez les Eucatopini , plus court que l’avant-
dernier et conique chez les Ptomaphagini. Les tibias sont toujours armés de
peigne et de corbeilles apicales formées par des rangées de petites épines courtes
et égales. Le peigne apical des tibias antérieurs occupe tout le bord apical et
le bord externe chez les Eucatopini (fig. 39) et chez les Ptomaphaginus de la
région orientale ( fig. 64) ; il est limité au bord apical chez les Ptomaphagini
américains et paléarctiques (fig. 103). Aux quatre tibias postérieurs, des
corbeilles apicales bien développées remplacent les éperons externes
(fig. 104).
Les pièces sternales sont assez différentes dans les deux tribus. Chez l’une
et l’autre, les cavités coxales intermédiaires sont séparées par une apophyse
mésosternale soudée au métasternum, et le mésosternum est hautement caréné.
Mais chez les Eucatops les épisternes mésothoraciques sont totalement fusion¬
nés aux épimères et l’épisterne métathoracique, linéaire, apparaît à peine le
long de l’épipleure de l’élytre (fig. 22). Par contre, chez les Ptomaphagini,
l’épisterne mésothoracique est distinct de l’épimère et l’épisterne métatho¬
racique présente une disposition très anormale, rappelant un peu celle des
Camiaridae (fig. 20 et 26). Il est triangulaire, à large base postérieure occu¬
pant environ le tiers du bord antérieur de la cavité coxale postérieure.
Les caractères de l’organe copulateur témoignent de la parenté certaine des
Eucatops et Ptomaphagini, quoique cet organe ait évolué dans des directions
44
D r RENÉ JEANNEL
très différentes chez les deux tribus. D’abord il est dépourvu de lame ventrale
du tegmen, ce qui rappelle le type Liodide. Les styles s’insèrent à la base du
pénis et ne sont pas réunis par l’anneau chitineux ventral constant chez tous
les autres Catopidae. De plus, le sac interne renferme un gros stylet évagi-
nable, entouré de nombreuses phanères articulées chez Eucatops, mais isolé
et très spécialisé chez les Ptomaphagini.
Ces caractères communs sont masqués parles déformations évolutives subies
par l’organe copulateur dans les deux tribus. Chez les Eucatopini (fig. 44 et 45)
l’énorme développement du sac interne a produit une véritable atrophie du
pénis, représenté par une sorte de petit chapeau triangulaire surmontant le sac
abrité dans une vaste lame basale quadrangulaire et indépendante. De ce
fait, l’insertion des styles est reportée dans la partie apicale de l’organe
copulateur.
Dans la tribu des Ptomaphagini , le stylet évaginable est la seule phanère
très évoluée du sac, en plus de l’appareil valvulaire terminant le canal éjacula-
teur (fig. 30 à 32). Le pénis a gardé sa forme normale, mais sa base s’est étran¬
glée, la lame basale atrophiée. Les styles sont insérés comme d’habitude à la
base (fig. 106).
J’ai signalé depuis longtemps (1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 19) la curieuse
orthogénèse subie par l’organe copulateur des Ptomaphagini. Le stylet du
sac interne, s’évaginant par l’orifice apical et ventral du pénis, a déterminé une
déformation de cet orifice tendant à le faire passer à la face dorsale. Dans la
lignée des Ptomaphagini orientaux, cette « migration » de l’orifice apical
contourne le bord droit du pénis (fig. 66 et 70) ; par contre, dans la lignée des
Adelopsis américains, on la voit se faire par le bord gauche et déterminer
d’extraordinaires délabrements (fig. 82 à 96). Il semble que les diverses espèces
d 'Adelopsis, qui occupent encore de nos jours le centre de dispersion du groupe,
nous montrent, comme dans un musée rétrospectif, toutes les tentatives incom¬
plètes ou défectueuses faites par le stylet du sac interne pour s’évaginer par
la face dorsale. Il semble aussi qu’une lignée ait réalisé cette évolution sans
réactions ni délabrements du pénis. Cette lignée plus favorisée est celle qui s’est
répandue dans toute la région holarctique et est devenue le genre Ptomapha-
gus, dont l’organe copulateur lancéolé, en forme de feuille de laurier, montre
un type très uniforme d’orifice apical et de stylet évaginable parfaitement
spécialisés.
Le segment génital enfin, tubuleux, en forme d’urite complet chez les Euca¬
topini (fig. 54), est atrophié, réduit à un pleuro-sternite en forme de raquette
chez les Ptomaphagini (fig. 105). On a vu plus haut (p. 24) que l’atrophie du
segment génital est en corrélation avec le mode de copulation. Le segment
génital tubuleux fonctionne dans le mode primitif de copulation « abdominale ».
La spécialisation du pénis légèrement arqué et celle du stylet évaginable des
Ptomaphagini ont réduit le rôle des segments abdominaux dans la copulation
et déterminé l’atrophie du segment génital.
Les souches primitives de la sous-famille sont sans doute originaires du con-
MONOGRAPHIE DES CATOPJDAE
45
tinent brésilien. La tribu des Eucatopini est encore localisée dans l’Amérique
du Sud, mais celle des Ptomaphagini s’est répandue à grande distance (carte,
fig. 55).
Les Ptomaphaginus, caractérisés par l’évolution de l’orifice apical du pénis
par le bord droit, se trouvent aujourd’hui dans la région indo-malaise. Il est
bien probable que leur souche, venue du continent brésilien, a dû émigrer au
Jurassique par le continent nord-pacifique pour atteindre F Indo-Malaisie.
Les Adelopsis, dont l’évolution de l’orifice apical du pénis s’est faite par le
bord gauche, subsistent de nos jours dans l’Amérique du Sud, dans la même
aire géographique que les Eucatops. La lignée des Ptomaphagus , dérivée de la
même souche que les Adelopsis et présentant la même évolution copulatrice
mais plus parfaite, a dû gagner la Tyrrhénis par l’Archatlantis éocène et de là
se répandre dans toute la région holarctique pendant le Tertiaire (Jeannel,
1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 35).
Le genre Ptomaphagus est actuellement distribué en Europe (sous-genre
Ptomaphagus s. str.) et dans l’Amérique du Nord (sous-genre Adelops Tellk.)
Le fait que la distribution des Ptomaphagus s. str. dans l’Europe s’est faite à
partir de la Tyrrhénis confirme que les souches du genre, venues de l’Amérique
du Sud, ont passé par l’Archatlantis, unissant les Antilles à la région méditer¬
ranéenne pendant l’Éocène. J’avais supposé tout d’abord que les Adelops
nord-américains, étroitement apparentés aux Ptomaphagus , soient des lignées
ayant traversé de nouveau l’Atlantique, d’Europe en Amérique, par le Nord-
atlantis, à l’Oligocène. On pourrait admettre aussi bien que les Ptomaphagus
primitifs, installés sur l’Archatlantis éocène, se soient séparés en deux migra¬
tions, l’une atteignant la Tyrrhénis ( Ptomaphagus s. str.), l’autre passant direc¬
tement de l’Archatlantis dans l’Amérique du Nord {Adelops).
On sait peu de choses du genre de vie des Eucatops , ainsi que des Ptoma¬
phaginus. Les Adelopsis sud-américains vivent généralement dans les débris
végétaux, mais certaines espèces boliviennes {A. heterocera Port.), micro-
phthalmes et dépigmentées, doivent être des espèces endogées. Les Ptomapha¬
gus paléarctiques vivent dans les amas végétaux en décomposition et sont
parfois des myrmécophiles occasionnels ; mais le petite genre Synaulus, du
nord de l’Afrique, est myrmécophile avec les Aphaenogaster et étroitement
spécialisé. Quant aux Adelops nord-américains, certains sont des myrmé¬
cophiles, d’autres des cavernicoles. Dans l’est de l’Amérique du Nord, au
Mexique et au Guatémala, les cavernes sont peuplées d’espèces d 'Adelops,
microphthalmes, mais dépigmentées et très modifiées par la vie souterraine ;
elles occupent dans la faune cavernicole de cette partie du continent améri¬
cain une place analogue à celle des Bathysciinae dans la région méditerra¬
néenne.
46
D' RENÉ JEANNEL
Tableau des tribus
1. Dernier article du palpe maxillaire fusiforme, bien plus long que
l’avant-dernier. Premier article du tarse intermédiaire simple chez
le mâle. Forme subglobuleuse. Organe copulateur aplati, à pénis
très court et symétrique, triangulaire et pas plus long que large,
la lame basale très ample et lamelleuse, indépendante. (Amérique
du Sud). i. Trib. Eucatopini Jeann.
— Dernier article du palpe maxillaire court et conique, plus court
que l’avant-dernier. Premier article du tarse intermédiaire dilaté
chez le mâle. Forme ovalaire, plus ou moins allongée et atténuée en
arrière. Organe copulateur allongé, le pénis étranglé à la base, son
orifice apical dissymétrique, la lame basale très réduite. (Région
orientale, Amérique du Sud et région holarctique).
. ii. Trib. Ptomaphagini, nov.
i. Trib. Eucatopini Jeannel
Eucatopini Jeannel, 1921, Voy. Ch. Alluaud et R. Jeannel en Afr. Or., Col.
XVI, p. 233. — 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 39 (pars). — M. Hatch, 1928,
Col. Cat., pars 95, p. 158 (pars).
Groupe localisé dans l’Amérique du Sud. Un seul genre.
1. Gen. EUCATOPS Portevin
Eucatops Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 157 et 162; type: E. curvipes
Portevin. — Jeannel, 1921, Voy. Alluaud et Jeannel en Afr. Or.,
Col. XVI, p. 235. —1922, Arch. Zool. exp.,t.61,p. 29.— Acanthocatops
C. Bruch, 1918, Physis IV, p. 193; type : A. formicetorum C. Bruch.
Subgen. Sphaerocatops Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 67 ; type : S.
haemorrhoidalis Portevin. — S pathosternum Portevin, 1903, Ann.
Soc. ent. Fr., p. 165; type : S. haemorrhoidale Portevin (nec Spatho-
sternum Krauss, 1877).
Taille de 2 à 4,5 mm. Espèces aptères, très convexes, avec les élytres très
renflés et déclives dans la partie apicale. Coloration brunâtre, les téguments
souvent dépigmentés. Pubescence longue et soulevée. Tête fortement ponctuée,
le pronotum presque lisse, toujours très brillant, les élytres couverts de
strioles transverses fines et très superficielles chez les Eucatops typiques, par¬
semés de gros points râpeux très vaguement alignés en travers chez le Sphae¬
rocatops.
Région frontale courte, pas plus longue que large, sans trace de suture
entre le front et l’épistome ; le labre grand et transverse. Carène occipitale
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
47
modérément élevée. Yeux très développés, convexes et saillants, leur bord
antérieur très rapproché de l’insertion des antennes. Palpes maxillaires fili¬
formes, le dernier article très allongé, fusiforme, deux fois aussi long que
l’avant-dernier ; celui-ci garni de soies (fig. 40).
Antennes très fines, à massue élargie et aplatie. Le premier article, fortement
comprimé, n’est guère plus épais que le 2 ; celui-ci plus court que les voisins ;
le funicule très grêle, la massue commence avec l’article 7. Article 6 plus court
que le 5 ; le 8 plus ou moins transverse, le 11 aplati, ovale, presque aussi long
que les 9 et 10 ensemble.
Pronotum de forme assez constante, toujours transverse et présentant sa
Fig. 36-43 : Genre Eucatops Port.—Fig. 36. Eucatops Grouveüei Port., mâle, type, x 16. —
Fig. 37. Armature apicale du tibia postérieur droit. — Fig. 38. Antenne droite. — Fig. 39.
Tibia et tarse antérieurs droits du mâle. — Fig. 40. Eucatops curvipes Port., maxille
gauche, face ventrale, X 80. — Fig. 41. Tibia et tarse intermédiaires droits. — Fig. 42.
Eucatops inermis .leann., carène méso- et métasternale. — Fig. 43. Eucatops glabri-
collis Reilt , fémur et tibia postérieurs droits du mâle, face ventrale.
plus grande largeur aux angles postérieurs; les côtés arqués en avant, toujours
sinués dans la moitié basale, de sorte que le contour du pronotum rappelle
plus ou moins la silhouette d’une cloche (campanuliforme). Base plus ou moins
bisinuée, les angles postérieurs saillants embrassant la région humérale des
élytres.
Élytres courts, très convexes, très renflés dans la partie moyenne, plus larges
que la base du pronotum; l’apex très déclive, atténué et long, les bords api¬
caux subtronqués chez les Eucatops s. str. Strie suturale superficielle, effacée
48 D' RENÉ JEANNEL
en avant. Pas trace d’autres stries, sauf sur la partie apicale, chez E. Grou-
vellei.
Épisternes et épimères mésothoraciques totalement fusionnés (fig. 22).
Mésosternum avec une carène épaisse qui occupe toute sa longueur depuis le
collier articulaire antérieur jusque sur une épaisse saillie intercoxale séparant
les hanches intermédiaires. Le bord libre de la carène est convexe avec une
dent saillante en avant sur le collier articulaire ; celui-ci semble même envoyer
en arrière une longue apophyse médiane qui forme presque tout le bord libre
de la carène (fig. 22). Métasternum avec une vaste saillie quadrangulaire mé-
Fig. 44-54 : Genre Eucatops Port., organes copulateurs mâles. — Fig. 44. E. oblongus
Port., vue dorsale, X 80. — Fig. 45. E. r/labricollis Reitt., vue dorsale, x 80. —
Fig. 46. Style droit du même, face interne. — Fig. 47. E. rufescens Port., style droit,
face interne. — Fig. 48. E. Grouvellei Port., style droit, face interne. — Fig. 49. Stylet
du sac interne du même. — Fig. 50. E. curvipes Port., style droit, face interne. —
Fig. 51. Stylet du sac interne de VE. inermis Jeann. — Fig. 52. E. haemorrhoidalis
Port., style droit, face interne. — Fig. 53. Stylet du sac interne du même. — Fig. 54.
Segment génital du même, face latérale gauche.
diane occupant tout l’espace compris entre les hanches intermédiaires et posté¬
rieures.
Pattes relativement grêles. Tibias antérieurs aplatis, ovalaires, garnis d’une
frange d’épines courtes et égales depuis le bord antéro-interne jusqu’à la base
du bord externe (fig. 39). Tibias intermédiaires et postérieurs épineux, armés
de deux grands éperons internes et d’une frange apicale et externe de petites
épines courtes et égales (peigne) (fig. 37 et 41). Tarses antérieurs mâles frangés
des soies très longues. Tarses intermédiaires et postérieurs très grêles.
Chez les mâles, les trois premiers articles du tarse antérieur sont largement
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
49
dilatés et bordés de longs cils (fig. 39) ; le tarse intermédiaire est simple. Le
fémur postérieur, chez E. glabricollis , porte une longue apophyse implantée
au milieu du bord postérieur (fig. 43).
Segment génital mâle formé par un urite complet, allongé, dont le tergite
est large et lamelleux, les pleurites saillants, effilés et garnis d’une frange de
soies, le sternite obsolète (fig. 54).
Organe copulateur mâle d’un type très particulier (fig. 44). Le pénis est
extrêmement réduit, représenté par deux valves triangulaires, libres, l’une
dorsale plus longue, l’autre ventrale, toutes deux plus larges que longues. La
valve ventrale est prolongée par une vaste pièce basale indépendante, en forme
de gouttière, dans laquelle repose le sac interne.
Le sac interne est une large poche remplie de grosses pièces chitineuses de
formes compliquées, articulées les unes avec les autres. Au milieu de ces
« pièces accessoires » se trouve un « stylet », inséré sur la base du sac, phanère
composée par l’accolement d’un groupe d’épines (fig. 53).
Pas de tegmen; pas de lame ventrale. Mais il existe deux styles non soudés
au pénis et bien plus longs que lui. Ces deux styles s’insèrent latéralement et
semblent portés au sommet de l’organe copulateur en raison de la grande
brièveté du pénis. Us sont tantôt cylindriques et grêles, tantôt lamelleux, et
sont pourvus de soies apicales en nombre variable. Ces soies sont au nombre
d’une dizaine, insérées sur le bord ventral du style, chez Sphaerocatops hae-
morrhoidalis (fig. 52) ; leur nombre est réduit à six chez les Eucatops (s. str.)
de Bolivie; il n’existe que trois ou quatre soies, dont l’une est apicale, chez les
espèces à styles grêles du Pérou et du Brésil (fig. 46 à 48 et 50).
Les caractères très particuliers des Eucatops indiquent bien que ces Cato-
pidae représentent une lignée très distincte et isolée depuis fort longtemps. Le
groupe a dû se différencier au Secondaire sur l’Amérique du Sud, après sa sépa¬
ration du reste du continent de Gondwana. On n’en connaît actuellement
que quelques espèces, dont les caractères généraux sont très constants, mais
qui se distinguent de la manière suivante.
Tableau des espèces
1. Élytres striolés en travers, les strioles superficielles ; bord apical de
chaque élytre subtronqué, l’angle suturai arrondi. Éperon interne
du tibia postérieur aussi long ou plus long que le premier article du
tarse. (Subgen. Eucatops s. str.)..%. 2.
— Élytres couverts de gros points râpeux très vaguement alignés en
travers, mais non contigus et ne formant pas de strioles ; le bord
apical de chaque élytre régulièrement arrondi. Éperon interne du
tibia postérieur plus court que le premier article du tarse. (Subgen.
Sphaerocatops Port.). 8.
2. Premier article du tarse postérieur court, plus court que les deux
MEMOIRES RU MUSÉUM, nouvelle série, tome 1. 4
30
D' RENÉ JEANNEL
suivants ensemble et plus court que le grand éperon tibial. Tibias
postérieurs droits chez les mâles. (Pérou, Brésil). 3.
— Premier article du tarse postérieur long, aussi long que les deux sui¬
vants ensemble. Tibias postérieurs arqués chez les mâles. (Bolivie).. 6.
3. Épines de la face externe des tibias intermédiaires et postérieurs
fines et couchées; les tibias d’aspect peu épineux. Brunêtre brillant,
la pubescence rare. Pronotum fortement campanuliforme, plus étroit
que les élytres qui sont très renflés et très convexes. Organe copu-
lateur à lame basale très développée, très large et très longue ; le
sac interne plus court que la lame basale, le stylet court et épais,
les pièces accessoires épaisses et très chitinisées. Styles grêles, armés
de quatre soies. Long. 3 mm. (Pérou). [Fig. 44].... 1. oblongus Port.
— Épines de la face externe des tibias fortes et dressées, les tibias
d’aspect épineux. Côtés du pronotum plus arrondis ; le pronotum
aussi large que les élytres. 4.
4. Fémurs postérieurs des mâles inermes. Oblong, brun testacé mat,
la pubescence longue et fournie. Organe copulateur à lame basale
élargie à la base, le sac interne aussi long que la lame basale, le
stylet très long, flagelliforme, les pièces accessoires épaisses et très
chitinisées. Long. 2,5 mm. (Brésil méridional). [Fig. 42 et 51.].. ..
. 4. inermis, n. sp.
— Fémurs postérieurs des mâles avec une longue apophyse horizontale,
implantée perpendiculairement au milieu du bord postérieur. 5.
5. Apophyse fémorale large, aplatie, élargie au sommet et légèrement
infléchie en dedans. Globuleux, brunâtre brillant, la pubescence
longue et fournie. Élytres non atténués à l’apex qui est obtus. Organe
copulateur à lame basale étroite, le sac interne aussi long que la
lame basale, le stylet robuste mais allongé, arqué ; les pièces acces¬
soires peu développées. Styles lamelleux, armés de sept soies sur
le bord ventral. Long 1,8 à 2,4 mm. (Brésil). [Fig. 43, 45 et 46]..
. 2. glabricollis Reitt.
— Apophyse fémorale aplatie, atténuée au sommet et infléchie en
dehors. Même forme générale, mais avec les élytres plus atténués à
l’apex ( i ). Long. 2,5 à 2,7 mm. (Argentine)... 3. formicetorum Bruch.
6. Tibias intermédiaires et postérieurs très épineux, leurs épines fortes
et dressées. Grand éperon interne du tibia postérieur plus long que
le premier article du tarse. Noir ou testacé, ovalaire, le pronotum
aussi large que les élytres, fortement campanuliforme ; les élytres
très renflés. Antennes à article 8 presque aussi long que large. Organe
copulateur à sac interne plus court que la lame basale, le stylet
indistinct au milieu de grosses pièces accessoires articulées et très
(1) Les caractères figurés par C. Bruch montrent que cette espece doit être très voi¬
sine de la précédente.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
51
chitinisées. Styles grêles, avec deux grandes soies apicales et quatre
sur le bord ventral. Long. 4 à 4,2 mm. (Bolivie). [Fig. 40, 41 et 50].
. 7. curvipes Port.
—* Tibias intermédiaires et postérieurs non épineux, les épines grêles
et couchées dans la pubescence. Grand éperon interne du tibia posté¬
rieur pas plus long que le premier article du tarse. Insectes testacés
brillants, à pubescence longue. Pronotum campanuliforme, plus
étroit que les élytres qui sont très renflés. 7.
7. Article 8 des antennes fortement transverse, deux fois aussi large
que long. Organe copulateur à sac interne aussi long que la lame
basale ; le stylet bien distinct, très long et très grêle, les pièces
accessoires bien développées. Styles lamelleux, avec 5 à 6 soies sur
le bord ventral. Long. 2,8 mm. (Bolivie). [Fig. 47]... 5. rufescens Port.
— Article 8 des antennes à peine transverse, presque aussi long que large.
Organe copulateur très voisin de celui du précédent ; les pièces du
sac interne un peu plus robustes, le stylet plus épais. Mêmes styles.
Long, 3,5 mm. (Bolivie). [Fig. 36-39 et 48-49].... 6. Grouvellei Port.
8. Brun roux brillant, la pubescence longue ; subglobuleux. Antennes
à massue rembrunie, l’article 8 à peine plus large que long. Prono¬
tum à côtés arrondis mais sinués à la base, la plus grande largeur
aux angles postérieurs. Élytres très convexes. Organe copulateur à
lame basale bien plus développée encore que chez les précédents,
le sac interne aussi long que la lame basale ; stylet volumineux,
presque droit, les pièces accessoires peu développées. Styles grands,
dilatés en spatules à l’apex, avec une dizaine de soies sur le bord
ventral et apical. Long. 4 à 4,2 mm. (Bolivie). [Fig. 52-54].
. 8. haemorrhoidalis Port.
A. Subgen. Eucatops, s. sir.
1 . Eucatops (s. str.) 'oblongus Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 164 ;
type : Marcapata (Mus. Paris).
Pérou : Marcapata, 2 exemplaires (coll. Grouvelle et coll. Pic.).
2. Eucatops (s. str.) glabricollis Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn,
XXIII, p. 40 ( Dissochaetus ) ; type : Blumenau (Mus. Paris). —-
Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 67 (Eucatops). — 1922, Miscell.
ent., XXVI, p. 2.— ater Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 164 ;
type : Brésil (Sahlberg, in coll. Pic) (').
Brésil. Santa Catharina : Blumenau (coll. Reitter !, in Mus. Paris).
(I) Synonymie constatée d’après l’examen des types.
D r RENÉ JEANNEL
5Î
3. Eucatops (s. str.) formicetorum C. Bruch, 1918, Physis, IV, p. 194,
fig. 1 à 6 (Acanthocatops) ; type : Alta Gracia (Mus. Buenos-Ayres).
Myrmécophile, recueilli en nombre dans le nid de Camponotus ( Myrmo -
trix) rufipes F., var magnifica Forel.
Argentine : La Granja, dans la « cerradilla al poniente de Alta Gracia»,
prov. de Cordoba (C. Bruch).
4. Eucatops (s. str.) inermis, n. sp. ; type : Blumenau (Mus. Paris).
Brésil. Santa Catharina : Blumenau (coll. Reitterl, in Mus. Paris).
5. Eucatops (s. str.) rufescens Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 164;
type : Cochabamba (coll. Pic.).
Bolivie : Cochabamba, un mâle (Germain !) ; Coroico (coll. Pic !).
6. Eucatops (s. str.) Grouvellei Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 164 ;
type : Cochabamba (Mus. Paris). — Jeannel, 1921, Voy. Alluaud
et Jeannel en Afr. Or., Col. XVI, p. 233, fig. 1-4.
Bolivie. : Cochabamba, un mâle (Germain !, in Mus. Paris). — Pérou :
Marcapata, un mâle (d’après Portevin).
7. Eucatops (s. str.) curvipes Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 163,
pl. u, fig. 5 ; type : Cochabamba (coll. Pic.).
Bolivie : Cochabamba, un mâle (Germain !, in coll. Pic.).
B. Subgen. Sphaerocatops Portevin
8. Eucatops (Sphaerocatops) haemorrhoidaiis Portevin, 11903, Ann. Soc. ent.
Fr., p. 165, pl. ii, fig. 6 (Spathosternum) ; type : Cochabamba
(Mus. Paris). — Jeannel, 1921, Voy. Alluaud et Jeannel en Afr. Or.,
Col. XVI, p. 234, fig. 5-7.
Bolivie : Cochabamba, plusieurs exemplaires (Germain !, in Mus. Paris).
n. Trib. Ptomaphagini, nov.
Série phyl. de Ptomaphagus Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 41. —
Ptomaphagina M. Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 164.
Groupe répandu dans la région indo-malaise, la région néotropicale, ainsi
que dans toute la région holarctique.
Petites espèces présentant un aspect assez particulier, toujours très recon¬
naissables à leur sculpture formée de strioles transverses fines et régulières,
aussi bien sur le pronotum que sur les élytres, et à l’armature des tibias tou¬
jours constituée par un peigne aux tibias antérieurs et des corbeilles api-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
53
cales aux deux paires postérieures. Le tarse intermédiaire a son premier article
dilaté chez les mâles.
Le groupe comprend plusieurs genres.
Tableau des genres
1. Tibias antérieurs avec un peigne de petites épines égales alignées
sur tout le bord apical et tout le bord externe (fig. 64). Orifice apical
Fig. 55. Distribution géographique des Ptomaphagini. En noir les aires des deux genres
primitifs : P tomap haginus indo-malais et Adelopsis néotropical. En grisaille, les aires
des deux sous-genres de Ptomaphagut, dérivés de la souche des Adelopsis et émigrés
par l’Archatlantis, à l'Eocène.
du pénis ventral et symétrique (espèces archaïques) ou déjeté vers
la droite, coupant le bord droit de l’apex. (Région indo-malaise)
. 2. Gen. Ptomaphaginus Port.
— Tibias antérieurs avec un peigne apical limité au bord apical, non
prolongé sur le bord externe (fig. 81, 84 et 103). Orifice apical du
pénis déjeté vers la gauche et coupant le bord gauche de l’apex.... 2.
2. Organe copulateur très variable, le pénis épais et ovoïde, parfois
subcylindrique, l’orifice apical délabré, déterminant une large fente
ou le plus souvent une vaste brèche dans le sommet de l’organe (fig.
91, 93 et 96). (Amérique du Sud et Amérique centrale).
. 3. Gen. Adelopsis Port.
54
D r RENÉ JEANNEL
— Organe copulateur en forme de feuille de laurier, aplati, entier ;
l’orifice apical constituée par une étroite fissure coupant le bord
gauche de l’apex pour atteindre la face dorsale (fig. 106). 3.
3. Antennes et pattes de structure normale. Forme générale ovalaire
ou ovoïde. (Région holarctique). 4. Gen. Ptomaphagus 111.
— Antennes très courtes, les articles 3 à 10 très 'transverses. Pattes très
courtes, les tibias très aplatis et quadrangulaires, les tarses courts
(fig. 157 et 158). (Nord de l’Afrique, myrmécophile).
. 5. Gen. Synaulus Port.
2. Gen. PTOMAPHAGINUS Portevin
Ptomaphaginus Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII, p. 194 ; type : P.
longitarsis Portevin. — Lucas, 1923, Arch. Naturg., LXXXIII, Bd 5,
p. 153. — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 39.— Euptomaphagus
Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 158 ; type : P. cilipes Portevin. —
Ptomaphagus Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 72 ; 1914, Suppl,
ent., III, p. 5 ; 1921, Bull. Mus. Hist. nat. Paris, p. 536 (nec Ptoma¬
phagus Illiger).
Le P. longitarsis Port., type du genre, est la seule espèce que je n’ai pas
pu voir. Elle paraît s’écarter notablement des autres par la conformation acu-
minée de ses élytres, mais il ne me paraît guère probable qu’elle doive en
être séparée génériquement.
Taille variable de 1,7 à 3 mm. Forme générale toujours oblongue, convexe
et assez régulièrement ovalaire. Pubescence dorée, courte et couchée. Tous
les téguments dorsaux couverts de fines strioles transverses, obliques sur les
élytres. Espèces ailées ; le P. longitarsis , dont les yeux sont réduits est peut-
être seul aptère.
Tête grande, emboîtée dans le bord antérieur du pronotum par une haute
carène occipitale. Antennes à massue épaissie et aplatie, l’article 1 comprimé,
toujours plus long que le 2, le 8 transverse. Palpes maxillaires à dernier article
grêle, conique, aussi long que l’avant-dernier qui est renflé et épais. Pronotum
à côtés peu arqués, présentant sa plus grande largeur à la base ; le contour
du pronotum se continue par celui des élytres sans former d’angle rentrant,
ce qui donne à l’insecte sa forme régulièrement ovalaire ; angles postérieurs
arrondis, mais un peu saiflants en arrière. Élytres convexes, à sommet obtus,
le bord apical en général arrondi, parfois tronqué, ou encore oblique avec
l’angle suturai très saillant ( longitarsis ). Pas trace de côtes ; strie suturale
entière. Mésosternum avec une carène lamelleuse assez haute et arrondie.
Tibias antérieurs avec un peigne de petites épines occupant tout le bord
apical et le bord externe (fig. 64), différant en cela de celui des Ptomaphagus.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
55
Les tibias antérieurs mâles sont courts et larges ; les intermédiaires un peu
arqués, les postérieurs droits. Tarses intermédiaires et postérieurs grêles.
Tarses antérieurs mâles dilatés, avec des franges de très longs cils ; le premier
article du tarse intermédiaire mâle comprimé et dilaté dans le sens dorso-
ventral (fig. 65).
Organe copulateur mâle épais et court. L’orifice apical est encore ventral et
le sommet du pénis symétrique chez certaines espèces ( cilipes , Sauteri) ; mais
l’évolution du stylet du sac interne et le déplacement de l’orifice apical se font
vers le côté droit, produisant une forte asymétrie et des modifications profondes
Fig. 56-62 : Genre Ptomaphaginus Port., antenne droite (X 65) et organe copulateur
mâle, vue dorsale (X 95). — Fig. 56 et 57. P. cilipes Port-, des Nilghiri hills. — Fig. 58
à 60. P. Sauteri Port., de Formose (fig. 60, vue latérale de l’organe copulateur). —
Fig. 61 et 62. P. nitens, n. sp., de Ceylan. (Chez ces trois espèces l’organe copulateur
est symétrique, son orifice apical est ventral. Le stylet du sac interne se voit par
transparence.)
chez la plupart des espèces. Chez les Ptomaphagus, cette évolution se produit
vers le côté gauche. Les styles existent, normaux, chez les P. cilipes et Sauteri ,
à pénis symétrique et, par conséquent, archaïque. Ils se soudent au pénis et
disparaissent dans les déformations de sa paroi chez les espèces très évoluées ;
mais leurs soies persistent très reconnaissables [P. Bryanti, fig. 66 ; P. lati-
cornis, fig. 70).
Le genre Ptomaphaginus comprend un certain nombre d’espèces réparties
dans la région Orientale, l’archipel malais et les îles de la Sonde. Il représente
la survivance d’un groupe qui s’est détaché au début du Secondaire de la
souche primitive des Ptomaphagini sur un fragment du Gondwana. Il est
curieux que ces Ptomaphaginus indo-malais présentent une évolution de leur
organe copulateur parallèle, mais différente de celle des Adelopsis sud-améri¬
cains, les Ptomaphaginus la développant du côté droit, les Adelopsis du côté
gauche, tous deux réalisant des types ultraévolués très analogues.
56
D' RENE JEANNEL
On ne sait presque rien des mœurs des Ptomaphaginus , sauf que le P. cilipes
a été recueilli avec des Fourmis dans une colonne en marche. L’aspect des
différentes espèces laisse croire que la plupart doivent être myrmécophiles ;
Fig. 63-72 : Genre Ptomaphaginvs Port., antennes droites, tibia et tarse antérieurs droits
du mâle, tarse intermédiaire droit du mâle (X 65) et organes copulateurs mâles, vue
dorsale (x 90). — Fig. 63-66. P. Bryanti. n. sp., de Sarawak. — Fig. 67-68. P. rufus,
n. sp., de Singapore. — Fig. 69-70. P. laticornis, n. sp., de l’Assam. — Fig. 71-72.
P. rubidus Champ., de l’Assam. (Espèces où la migration de l’orifice apical du pénis se
fait par le côté droit. Le stylet du sac interne se voit par transparence.)
mais les quelques exemplaires connus doivent très probablement avoir été
capturés à la lumière.
Tableau des espèces
1. Étroit et allongé, les élytres deux fois aussi longs que larges, la base
du pronotum une fois et quart aussi large que la tête. Antennes
à funicule grêle et massue très épaisse, l’article 8 très transverse.. . 2.
— Oblong, mais plus épais, les élytres environ une fois et demie aussi
longs que larges, la base du pronotum une fois et un tiers aussi
large que la tête. Antennes testacées. 3.
2. Antennes à base testacée, la massue brun noirâtre. Apex des
élytres séparément arrondi, l’angle suturai effacé. Coloration noire,
avec les pattes testacées. Long. 2,2 mm. (Ceylan). [Fig. 61-62]
. 3. nitens, n. sp
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
57
— Antennes testacées, les articles 6 à 9 légèrement rembrunis. Apex
des élytres oblique, l’angle suturai aigu et très saillant. Coloration
testacée uniforme. Long. 2,5 mm. (Ceylan). 4. longitarsis Port.
3. Articles 9 et 10 des antennes aussi longs que larges. Entièrement
testacé ; régulièrement ovalaire et convexe. Article 2 des antennes
très long, plus long que 2 et 3 ensemble. Apex des élytres légère¬
ment tronqué. Tarses antérieurs mâles plus étroits que le sommet
du tibia. Long. 2,8 mm. (Sarawak). [Fig. 63-66]. 11. Bryanti, n. sp.
— Articles 9 et 10 deux fois aussi larges que longs, la massue des
antennes très épaisse, l’article 2 à peine aussi long que les 3 et 4
ensemble. Apex des élytres arrondi. 4.
— Articles 9 et 10 des antennes à peine transverses. 5.
4. Brun noirâtre ; ovalaire, les élytres non atténués au sommet. Der¬
nier article des antennes très grand, plus long que large. Tarses
antérieurs mâles aussi larges que le sommet du tibia. Long. 2,8
à 3 mm. (Inde). [Fig. 56-57]. 1. cilipes Port.
— Entièrement testacé ; le pronotum large et convexe, les élytres
atténués au sommet. Antennes à articles 7 à 9 faiblement rem¬
brunis, le dernier article très large, subcarré, son bord terminal
transverse. Tarses antérieurs mâles plus étroits que le sommet du
tibia. Long. 3 mm. (Assam). [Fig. 69-70]. 10. laticornis, n. sp.
5. Apex des élytres tronqué, l’angle apical externe un peu plus sail¬
lant que l’angle suturai ; les deux bords apicaux juxtaposés forment
un angle légèrement rentrant. 6.
— Apex des deux élytres séparément arrondis. 7.
6. Ovalaire allongé ; brun testacé brillant, les antennes testacées.
Funicule des antennes plus allongé, l’article 3 presque aussi long
que le 2 et deux fois aussi long que le 4. Long. 1,8 à 2,5 mm.
(Ceylan). 5. flavicornis Motsch.
— Même forme et même coloration, mais les antennes testacées avec
les articles 6 à 9 brunâtres. Funicule plus court, l’article 3 nettement
plus court que le 2, à peine plus long que le 4. Long. 2 mm. (Phi¬
lippines : Mindanao). 6. latipes Pic.
7. Article 2 des antennes aussi long que les 3 et 4 ensemble. 8.
— Article 2 des antennes plus court que les 3 et 4 ensemble. 9.
8. Plus court et plus large, le sommet des élytres non atténué. Antennes
entièrement testacées. Tarses antérieurs mâles peu dilatés, bien plus
étroits que le sommet du tibia. Coloration brun testacé brillant.
Long. 2 mm. (Himalaya). [Fig. 71-72]. 7. rubidus Champ.
— Plus allongé, le sommet des élytres atténué. Antennes à base
testacée et massue brunâtre. Mâle inconnu. Long. 2,3 mm. (Java).
. 8. angusticornis Port.
9. Allongé et convexe ; brun testacé brillant, les antennes testacées.
Strioles transverses du pronotum très fines et très serrées. Tarses
58
D r RENE JEANNEL
antérieurs mâles plus étroits que le sommet du tibia. Long. 2,2 mm.
(Formose). [Fig. 58-60]. 2. Sauteri Port.
— Large et moins convexe, les élytres courts et obtus, les côtés du pro-
notum plus fortement arqués. Strioles du pronotum plus espacées.
Testacé uniforme, les antennes testacées. Tarses antérieurs mâles
plus étroits que le tibia. Long. 2,5 à 3 mm. (Singapore, Sumatra).
[Fig. 67-68]. 9. rufus, n. sp.
1. Ptomaphaginus cilipes Portevin, 1907, Bull. Soc.ent. Fr., p. 261; type :
Nilghiri hills (coll. Pic).
Myrmécophile. Trouvé marchant dans une colonne de Fourmis qui trans¬
portaient des nymphes d’une fourmilière à une autre.
Inde , Madras : Ouchterlong valley, dans les Nilghiri hills, au sud de la
péninsule, plusieurs exemplaires (H. L. Andrewes !).
2. Ptomaphaginus Sauteri Portevin, 1914, Suppl. Entom., III, p. 5; type :
Akau (Mus. Dahlem).
Formose : Akau (Sauter); Kosempo (Sauter!, in coll. Pic).
3. Ptomaphaginus nitens, n. sp.; type : Dikoya (Brit. Mus.).
Ceylan : Dikoya, 1.000 m. d’alt. env., un mâle (G. Lewis !).
4. Ptomaphaginus longitarsis Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII,
p. 194, fig. ; type : Ceylan (Mus. Dahlem).
Ceylan : un mâle (Mus. Dahlem).
5. Ptomaphaginus flavicornis Motschoulsky, 1863, Bull. Soc. Nat. Moscou,
XXXVI, p. 437 (Catopsimorphus). — Portevin, 1914, Ann. Soc.
ent. Belg., LVIII, p. 194. — pallidicornis Portevin, 1907, Ann. Soc.
ent. Fr., p. 72, pl. i, fig. 6 (Ptomaphagus) ; type : Kandy (coll. Pic).
Ceylan : Kandy, une femelle (coll. Pic) ; Dikoya, à 1000 m. env. d’alt.
(G. Lewis !, in Brit. Mus.).
6. Ptomaphaginus latipes Pic, 1929, Mél. exot.-ent., 54, p. 1; type : Phi¬
lippines (coll. Pic).
Philippines , Mindanao : Momungan, deux femelles (Mus. Gênes).
7. Ptomaphaginus rubidus Champion, 1927, Ent. Monthly Mag., LXIII,
p. 246 ; type : Bodiar (Brit. Mus.).
Inde , Himalaya : Bodiar, Haldwani division of Kumaon, trois femelles
(H. G. Champion! Brit. Mus.). — Assam : Patkai Mountains, un mâle
(Doherty!, in Fry coll., Brit. Mus.).
8. Ptomaphaginus angusticornis Portevin, 1921, Bull. Mus. Hist. nat.,
Paris, p. 536 ; type : monts Tengger (Mus. Paris).
Java : monts Tengger, ait. 4.000 m., dans l’est de l’île, une femelle (Frühs-
torfer !)
9. Ptomaphaginus rufus, n. sp. ; type : Bûkit Timah (Brit. Mus.).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
59
Péninsule de Malacca : Bûkit Timah, à Singapore, un mâle (Bryant !).
— Sumatra : Si-Rambé, une femelle (Modigliani !, in Mus. Gènes).
10. Ptomaphaginus laticornis, n. sp. ; type : Assam (Brit. Mus.)
Assam : Patkai Mountains, un mâle (Doherty !, in Fry coll., Brit. Mus.).
11. Ptomaphaginus Bryanti, n. sp. ; type : mount Matang (Brit. Mus.).
Bornéo. Sarawak: mount Matang, un mâle (G. E. Bryant !, in Brit. Mus.).
3. Gen. ADELOPSIS Portevin
Adelopsis Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 71 ; type : A. heterocera
Port. — Catops Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 166 (nec
Paykull). — Ptomaphagus Portevin, 1923, Bull. Mus. Hist. nat.,
Paris, p. 38 (nec Illiger). — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61,
p. 21 et 42 (pars). — Pseudonemadus Portevin, 1914, Ann. Soc.
ent. Belg., LVIII, p. 193 (pars).
Le genre Adelopsis a été fondé par Portevin pour une espèce aveugle de la
Bolivie ; mais il faut lui rattacher toutes les espèces de l’Amérique du Sud
actuellement rangées dans le genre Ptomaphagus. Ces espèces sont, en général,
macrophthalmes, souvent ailées ; mais beaucoup sont aptères et certaines
(dispar, filicornis, ruficollis) établissent un passage vers F A. heterocerus par
l’état d’atrophie de leurs yeux.
Fig. 73-79 : Genre Adelopsis Port., antennes droites (x 65) et organes copulateurs mâles,
vue dorsale (x95). — Fig. 73-74. A. Bruchi Pic, de Buenos-Avres. — Fig. 75-76. A. bra-
siliensis, n. sp., de Blumenau. — Fig. 77-78. A. ovalis, n. sp., du Venezuela. — Fig. 79.
A. Simoni Port., du Vénézuela. (Migration de l’orifice apical du pénis par le côté
gauche.)
Taille de 1,7 à 3,5 mm. Forme générale régulièrement ovalaire ou ovoïde,
les élytres alors atténués au sommet ; certaines espèces présentent ainsi
60
D r RENÉ JEANNEL
tout à fait le même aspect que les Ptomaphagus d’Europe ( Darwini , Bruchi,
brasiliensis). Pubescence dorée, courte et couchée. Tête ponctuée, les téguments
du pronotum et des élytres couverts de fines strioles transverses, souvent très
superficielles sur le pronotum, toujours obliques sur les élytres. Certaines
espèces sont ailées, beaucoup sont aptères et chez celles-ci les téguments sont
plus ou moins dépigmentés, allant du brun rougeâtre brillant au testacé.
Tête semblable à celle des Ptomaphagus ; les antennes relativement grêles,
à massue peu épaissie, les articles déliés. Palpes maxillaires à dernier article
Fig. 80-87 : Genre Adelopsis Port., antennes droites (x 65), tarses antérieurs droits des
mâles (x 95) et organes copulateurs mâles, vue dorsale (X 95). — Fig. 80-82. A. exiguus
Kirsch, de Bogota. — Fig. 83-85. A filicornis, n. sp., de Colombie. — Fig. 86-87.
A. brunneus, n. sp., de Colombie. (Migration de l’orifice apical du pénis par le côté
gauche ; chez filicornis, fig. 85, le stylet du sac interne, excessivement long, est déva-
giné.)
conique, aussi long que l’avant-dernier, mais bien plus grêle. Yeux en général
normaux, même chez beaucoup d’espèces aptères. Ils sont réduits de moitié
chez A. dispar, représentés par cinq ou six ommatidies seulement chez les
A. filicornis et A. ruficollis, tout à fait atrophiés chez .4. keterocerus dont l’angle
occipital du crâne ne porte qu’une toute petite aréole blanchâtre. Pronotum
tranverse, à côtés peu arqués, les angles postérieurs légèrement saillants en
arrière, la base nullement rétrécie, le contour du corps régulièrement arrondi.
Élytres peu convexes, à sommet obtus, le bord apical arrondi chez les mâles,
faiblement tronqué chez les femelles ; l’angle suturai effacé. La strie suturale
est entière. Scutellum assez petit, mais toujours apparent. Mésosternum avec
une fine carène à bord arrondi, peu élevée, existant surtout entre les deux
cavités coxales intermédiaires et effacée sur le devant du mésosternum.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
61
Pattes toujours assez grêles; les tarses intermédiaires et postérieurs minces,
différant en cela de ceux des Ptomaphagus d’Europe. Tibias antérieurs mâles
dilatés au sommet, leur bord apical oblique et garni d’un peigne ou rangée
d’épines courtes et égales, ne se prolongeant pas sur le bord externe (fig. 81 et
84). Tarses antérieurs mâles dilatés, les articles frangés de cils assez longs.
Premier article du tarse intermédiaire des mâles non dilaté.
Organe copulateur très variable, allongé chez certaines espèces, plus sou¬
vent court et épais. Beaucoup d’espèces présentent d’étonnantes ultra-évolu¬
tions de l’orifice apical, comparables à celles des Ptomaphaginus, mais cepen¬
dant bien différentes. L’orifice apical se déplace vers la face dorsale en passant
Fig. 88-93. Genre Adelopsis Port., antennes droites (x 63) et organes copulateurs mâles,
vue dorsale (x 93). — Fig. 88-89. A. ascutellaris Murr., de Caracas. — Fig. 90-91.
A. Grouvellei, n. sp., de Bahia. — Fig. 92-93. A. Benardi Port., de Rio-de-Janeiro. (Chez
les deux derniers, grands délabrements de l’apex du pénis produits par la migration
de l'orifice apical).
par le bord gauche. Le stylet interne, très développé, subit des torsions très
variables, modifiant l’aspect de l’orifice apical qui devient souvent immense,
déchiqueté et dissymétrique ; les lobes apicaux du pénis prennent des formes
très diverses, mais le droit forme l’apex, alors que chez les Ptomaphaginus c’est
le gauche qui occupe cette place. Par exception, les lobes sont égaux chez VA.
filicornis (fig. 85).
Les styles du paramère existent chez les types archaïques, mais ils se fusion¬
nent avec la gaine péniale et ses lobes apicaux chez la plupart des espèces,
comme chez les Ptomaphaginus.
Le genre Adelopsis , ainsi compris, forme un groupe assez homogène, mais
difficilement séparable des Ptomaphagus s. str. par les seuls caractères externes,
en raison des convergences réalisées entre certaines espèces comme A. Darwini
ou A. brasiliensis avec les espèces européennes. Mais l’étude des organes copu¬
lateurs montre bien que les deux genres sont bien distincts. Adelopsis constitue
62
D r RENÉ JEANNEL
un groupe de vieilles lignées qui se sont différenciées sur l’Amérique du Sud,
pendant que les Ptomaphaginus évoluaient parallèlement sur la région indo-
Fig. 94-97 : Genre Adelopsis Port., antenne droite (x 65) et organes copulateurs mâles,
vues dorsales et latérale (x 95). — Fig. 94-96. A. asper, n. sp., de Saô-Paulo. —
Fig. 97. A. Simoni Port., du Vénézuela. (Autre type d’ultraévolution chez A. asper.)
malaise. La grande diversité des types d’organes copulateurs et les ultraévolu-
tions en tous sens qu’ils présentent, suivant les espèces dans les deux genres,
s’opposent à la constance absolue du type que nous trouverons dans le genre
Ptomaphagus, aussi bien en Europe que dans l’Amérique septentrionale et
centrale.
Les Adelopsis doivent être très nombreux et il est bien probable qu’on n’en
connaît qu’une faible partie des espèces existantes. Leur genre de vie est
Fig. 98-102. Genre Adelopsis Port., antennes droites (x 65) et organes copulateurs mâles,
vue dorsale (x 90). — Fig. 98-99. A heterocera Port., de Cochabamba. — Fig. 100-102.
A. ruficollis Port., de Cochabamba. (Espèces boliviennes, à type particulier d’organe
copulateur : migration peu évoluée de l'orifice apical par le côté gauche ; stylet du sac
interne contourné et bifurqué à sa base; fig. 102, apex du pénis vu par la face
gauche.)
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
63
inconnu. On ne sait pas s’il en existe de pholéophiles ou de xénophiles. Mais
l’atrophie des organes du vol, la dépigmentation et la régression des yeux
chez beaucoup d’espèces sont les caractères habituels des lignées subissant
une évolution souterraine.
Tableau des espèces
1. Forme générale régulièrement ovalaire, également arrondie en
avant et en arrière. Espèces aptères (sauf ascutellaris), mais avec
les yeux toujours bien développés. Coloration brunâtre brillant
avec les antennes testacées. Strioles prothoraciques toujours très
superficielles et effacées. Pénis en général court et épais. 2.
— Forme générale ovoïde, le pronotum large et convexe, les élytres
atténués au sommet. 7.
2. Article 6 des antennes aussi long que large ou transverse. 3.
— Article 6 des antennes nettement plus long que large. 5.
3. Article 3 des antennes court, le 2 aussi long que 3 et 4 ensemble ;
le 7 transverse. Côtés du pronotum très peu arqués. Ailé. Long.
1,8 mm. (Vénézuela). [Fig. 88 et 89]. 1. ascutellaris Murr. (’)
— Article 3 des antennes long, à peine plus court que le 2, qui est, par
conséquent, plus court que les 3 et 4 ensemble ; article 7 aussi long
que large. Côtés du pronotum régulièrement arrondis. Aptères. 4.
4. Plus petit (2,5 mm.). Tibias antérieurs mâles courts, à peine plus
de deux fois aussi longs que larges. Tibias postérieurs mâles droits.
Sommet du pénis atténué, l’orifice apical relativement petit (fig. 78).
(Vénézuela). [Fig. 77 et 78]. 2. ovalis, n. sp.
— Plus grand (3 mm.). Tibias antérieurs mâles allongés, plus de trois
fois aussi longs que larges. Tibias postérieurs mâles arqués. Pénis à
sommet élargi, l’orifice apical très grand, circulaire (fig. 93). (Brésil).
[Fig. 92 et 93]. 3. Benardi Port.
5. Article 7 des antennes nettement plus long que large, les
antennes effilées, l’article 3 bien plus étroit et plus court que le 2.
Tibias postérieurs mâles arqués en dehors. Pénis allongé, à som¬
met atténué et orifice apical petit (fig. 97). Long. 2,2 à 2,5 mm.
(Vénézuela, Brésil). [Fig. 79 et 97]. 4. Simoni Port.
— Article 7 des antennes pas plus long que large; les antennes plus
épaisses, à funicule moins effilé. Tibias postérieurs mâles droits et
épais. 6.
6. Article 3 des antennes nettement plus court que le 2. Pénis à
(1) Le scutellum de cette espèce est petit, peu apparent; mais il existe comme chez
les autres espèces du genre.
64
D r RENÉ JEANNEL
sommet atténué, l’orifice apical réduit (fig. 86). Long. 2,2 mm.
(Colombie). [Fig. 86 et 87]. 5. brunneus, n. sp.
— Article 3 des antennes aussi long que le 2. Pénis à sommet élargi,
l’orifice apical formant une très large fosse à bords déchiquetés, dans
laquelle apparaît un grand stylet falciforme (fig. 91). Long. 3 mm.
(Brésil). [Fig. 90 et 91]. 6. Grouvellei, n. sp.
7. Espèces ailées, avec les yeux bien développés, leur diamètre antéro¬
postérieur plus grand que l’espace séparant leur bord antérieur de
l’insertion des antennes. 8.
— Espèces aptères avec les yeux atrophiés, leur diamètre antéro¬
postérieur plus court que la distance du bord antérieur à l’an¬
tenne. 11.
8. Strioles prothoraciques superficielles et effacées; les strioles ély-
trales grossières et peu serrées. Brunâtre brillant avec les antennes
noirâtres à base pâle. Tibias postérieurs mâles droits et épais.
Pénis allongé, très incurvé en demi-cercle, l’orifice apical profon¬
dément incisé sur toute la moitié apicale, les lobes apicaux très
long et très étroits (fig. 95-96). Long. 2 mm. (Brésil). [Fig. 94 à 96].
. 7. asper, n. sp.
— Strioles prothoraciques nettes, comme celles des élytres qui sont fines
et serrées. Les antennes brunes. Grande taille. 9.
9. Article 7 des antennes aussi long que large, les 9 et 10 à peine plus
larges que longs. Noir brillant, à pubescence dorée fine. Tibias
postérieurs mâles droits ; les tarses antérieurs mâles faiblement
dilatés. Pénis à sommet atténué, l’orifice apical ovalaire, les deux
lobes apicaux droits, à sommets arrondis (fig. 74). Long. 2,8 mm.
(Argentine). [Fig. 73 et 74]. 8. Bruchi Port.
— Article 7, 9 et 10 nettement transverses. 10.
10. Côtés du pronotum plus fortement arrondis, la plus grande lar¬
geur avant les angles postérieurs. Brunâtre, à pubescence irrégu¬
lière. Tibias postérieurs mâles légèrement incurvés, très épaissis ;
tarses antérieurs mâles aussi larges que le sommet du tibia. Pénis
atténué au sommet, l’orifice apical très peu étendu sur la face dor¬
sale, sans lobe gauche distinct (fig. 76). Long. 3.5 mm. (Brésil).
[Fig. 75 et 76]. 9. brasiliensis, n. sp.
— Côtés du pronotum faiblement arqués, la plus grande largeur à la
base. Massue des antennes moins élargie. Noir brillant, à pubes¬
cence très fine. Mâle inconnu. Long. 3 mm. (Uruguay). 10. Darwini, n. sp.
11. Forme convexe, l’apex des élytres très déclive. Strioles des élytres
et du pronotum très fines et serrées, non râpeuses. 12.
— Forme peu convexe, l’apex des élytres régulièrement convexe.
Strioles des élytres et du pronotum peu serrées, nettement râpeuses.
(Bolivie). 13.
12. Court ; noir brillant avec les antennes testacées. Yeux pigmen-
MONOGRAPHIE DES CATOPJDAE
6a
tés, plus grands, élytres moins de deux fois aussi longs que larges.
Tibias postérieurs mâles grêles et un peu incurvés en dehors; les
tarses antérieurs mâles étroits (fîg. 81). Pénis allongé, atténué au
sommet, l’orifice apical vaste, les lobes grêles et dissemblables (fîg.
82). Long. 1,8 mm. (Vénézuela, Colombie). [Fig. 80 à 82].
. 11. exiguus Kirsch.
— Plus allongé, brun rougeâtre très brillant, les antennes testacées
et plus effilées. Yeux non pigmentés, très petits, réduits à 5 à
6 ommatidies. Élytres deux fois aussi longs que larges. Tarses anté¬
rieurs mâles largement dilatés (fig. 84). Pénis allongé, à sommet
épais, non atténué, l’orifice apical réduit, les deux lobes apicaux
courts, incurvés, identiques (fig. 85). Long. 2 mm. (Colombie). [Fig. 83
à 85]. 12. filicornis, n. sp.
13. Dernier article des antennes ovoïde, de forme normale (fig. 100),
les antennes plus longues. Testacé rougeâtre, les yeux très petits,
réduits à 5 ou 6 ommatidies. Élytres près de deux fois aussi longs
que larges chez le mâle, plus larges et plus courts chez la femelle.
Tibias postérieurs mâles droits et épais; tarses antérieurs mâles
aussi larges que le tibia. Pénis ovoïde, l’orifice apical non étendu sur
la face dorsale, le lobe droit prolongé en lame apicale incurvée du
côté ventral (fig. 101-102). Stylet interne contourné, de forme spé¬
ciale. Long. 2 mm. (Bolivie). [Fig. 100 à 102]. 13. ruficollis Port.
-— Dernier article des antennes carré, à sommet tronqué (fig. 98);
les antennes plus courtes. Testacé pâle; les yeux très atrophiés,
non pigmentés, ponctiformes. Élytres plus courts et plus larges.
Tibias postérieurs mâles droits mais moins épais; tarses anté¬
rieurs mâles presque aussi larges que le tibia. Pénis moins renflé,
mais de forme analogue ; l’apex, formé par le lobe droit, est plus court
et moins infléchi ; même stylet interne (fig. 99). Long. 1,8 mm.
(Bolivie). [Fig. 98 et 99]. 14. heterocerus Port.
1. Adelopsis ascutellaris Murray, 1856, Ann. Mag. nat. Hist., (2) XVIII,
p. 460, fig. 55; type : Caracas. — Portevin, 1921, Bull. Mus. Hist.
nat., Paris, p. 536. — aequinoctialis Deyrolle (in litt.).
Vénézuela : Caracas (Sallé, 1848, in Mus. Paris) (‘).
2. Adelopsis ovalis, n. sp. ; type : Vénézuela (coll. Pic).
Vénézuela , un mâle.
3. Adelopsis Benardi Portevin, 1823, Bull. Mus. Hist. nat., Paris, p. 38;
type : Theresopolis ? (Mus. Paris).
(I) Cinq exemplaires qui sont vraisemblablement des cotypes ; l’un deux est étiqueté
« aequinoctialis Deyr. ».
MEMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I.
5
66
D' RENÉ JEANNEL
Brésil. Rio de Janeiro : Theresopolis, un mâle (coll. A. Grouvelle !). Sâo
Paulo : Alto da Serra, une femelle (F. Ohaus !, in Mus. Hambourg).
4. Adelopsis Simoni Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 167, pl. n, fig. 9
(Catops) ; type : Towar (coll. Pic). — 1914, Ann. Soc. ent. Belg.,
LVIII, p. 193 (Pseudonemadus).
Vénézuela : Tovar, une femelle (E. Simon !). — Brésil. Sâo Paulo : Alto da
Serra, un mâle (G. E. Bryant!, in Brit. Mus.).
5. Adelopsis brunneus, n. sp.; type : Colombie (Brit. Mus.).
Colombie , un mâle.
6. Adelopsis Grouvellei, n. sp. ; type : Bahia (Mus. Paris).
Brésil. Bahia : un mâle trouvé à Paris dans des tabacs provenant de Bahia
(A. Grouvelle !). Rio de Janeiro (Ch. Darwin !, in Brit. Mus.).
7. Adelopsis asper, n. sp. ; type : Alto da Serra (Mus. Paris et Brit. Mus.).
Brésil. Sâo Paulo : Alto da Serra (G. E. Bryant !, in Brit. Mus.). Santa
Catharina : Blumenau (coll. Reitter !, in Mus. Paris ; coll. Kraatz !, in Mus.
Dahlem). — Paraguay (D r Drake !, in Mus. Dahlem).
8. Adelopsis Bruchi Pic, 1926, Mél. exot.-ent., XLVII, p. 1 ; type : Buenos-
Ayres (coll. Pic.)
République Argentine. Buenos-Ayres, un mâle (C. Brucb !).
9. Adelopsis brasiliensis, n. sp. ; type : Blumenau (Mus. Paris).
Brésil. Santa Catharina : Blumenau (coll. Reitter 1), un mâle.
10. Adelopsis Darwini, n. sp. ; type : Maldonado (Brit. Mus.).
Uruguay : Maldonado, une femelle (Ch. Darwin !, in Brit. Mus.).
11. Adelopsis exiguus Kirsch, 1870, Berl. ent. Zs., XIV, p. 354 ( Choleva );
type : Bogota. — dispar Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 167,
pl. ii, fig. 9 ( Catops) ; type : Colombie (Mus. Paris). — 1914, Ann.
Soc. ent. Belg., LVIII, p. 193 ( Pseudonemadus).
Colombie : env. de Bogota, plusieurs exemplaires (Mus. Paris !). — Brésil,
un exemplaire mâle (coll. A. Grouvelle !).
Obs. — Le Ch. exigua Kirsch est généralement placé dans le genre Disso-
chaetus. Les termes de sa description indiquent cependant bien qu’il s’agit
d’un Adelopsis et précisément de l’espèce connue sous le nom de dispar
Port.
12. Adelopsis filicornis, n. sp. ; type : Colombie (Mus. Paris). — ascutellaris
Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 21 et 42, fig. 26 (nec Murray).
Colombie, un mâle (coll. Chevrolat !, in Mus. Paris).
13. Adelopsis ruficollis Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 166; type :
Cochabamba (Mus. Paris). — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61,
p. 42 ( Adelopsis).
Bolivie : Cochabamba, ait. 2.500 m., dans la Cordilière des Andes, plusieurs
exemplaires (Germain !).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
67
14. Adelopsis heterocerus Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 72, pl. i
fig. 2 (Adelopsis) ; type : Cochabamba (coll. Pic).
Espèce entièrement dépigmentée et anophthalme, sans doute endogée ou
cavernicole.
Bolivie : Cochabamba, dans la Cordilière, plusieurs exemplaires (Germain !,
in coll. Pic).
4. Gen. PTOMAPHAGUS Illiger
Ptomaphagus Illiger, 1798, Verz. Kâf. Preuss., p. 84; type : P. sericeus
Panz. (= subvillosus Goeze).
a. Subgen. Ptomaphagus, s. str. — Ptomaphagus Hatch, 1928, Col. Cat.,
pars 95, p. 164 (Bibliogr.). — Catops Reitter, 1884, Verh. natf. Ver.
Brünn, XXIIl,p.39(nec Paykull). — Fowler, 1889, Col. Brit. lsb, III,
p. 65. — Holstebroe, 1910, Ent. Meddel., III, p. 402. — Jeannel, 1934,
Rev. fr. Ent., I, p. 161.
Larvae: Peyerimhoff, 1906,Bull. Soc. ent. Fr.,p. 118. —1907, Ann. Soc.
ent. Fr., p. 87. — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 50.
b. Subgen. Merodiscus Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 162; type : Ptoma¬
phagus validus Kraatz.
c. Subgen. Adelops Tellkampf, 1844, Arch. Naturg., X,p. 318; type : A.
hirtus Tellk. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 169 (pars). —
1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 207. — Jeannel, 1933, Bull.
Soc. ent. Fr., p. 251. — Ptomaphagus Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent.
Soc., XLI, p. 199 (in parte).
Taille de 1,7 à 7,5 mm. Forme générale oblongue, plus ou moins convexe, le
pronotum toujours ample, les élytres plus ou moins atténués à l’apex et dépri¬
més dans la région suturale. Pubescence dorée, courte et couchée, souvent
d’aspect soyeux. Tous les téguments dorsaux couverts de fines strioles trans¬
verses, au moins sur les élytres. Le front porte des rangées de points aciculés
très fins, alignés en travers ; le pronotum, en général striolé comme les élytres,
est anormalement ponctué sans ordre chez le P. (Adelops) hirtus. Espèces
ailées ou souvent aptères.
Tête grande, emboitée dans le bord antérieur du prothorax, sa carène occi¬
pitale haute et tranchante. Yeux en général très développés, occupant la face
antérieure de l’angle trièdre formé par les saillies latérales de la tête ; ils sont
par contre atrophiés chez certaines espèces cavernicoles américaines du sous-
genre Adelops. Antennes à massue très variable, les articles 1 à 6 sont lisses et
brillants entre leurs grandes soies, les articles 7 à 11 par contre sont mats,
couverts de petits tubercules rugueux. Palpes maxillaires à dernier article
conique, aussi long que l’avant-dernier.
Pronotum toujours plus large que long, à côtés peu arqués, souvent sinués
dans la moitié postérieure ; la plus grande largeur généralement à la base.
68
D r RENÉ JE\NNEL
Ëlytres plus ou moins allongés, atténués à l’apex, le bord apical en général
tronqué. Strie suturale entière ; pas trace d’autres stries. Mésosternum avec
une haute carène lamelleuse à bord ventral arrondi, s’étendant sur toute la
longueur du segment.
Tibias antérieurs avec un peigne de petites épines égales et nombreuses
occupant tout le bord apical, oblique en dehors (fig. 103). Tibias intermédiaires
arqués en dedans, les postérieurs plus ou moins épaissis au sommet. Tarses
toujours comprimés latéralement.
Chez les mâles, les tarses antérieurs sont dilatés, environ aussi larges que le
sommet du tibia, lui-même fortement dilaté. Le premier article du tarse inter¬
médiaire n’est pas dilaté chez le mâle, mais les tibias postérieurs présentent
souvent des courbures et épaississements particuliers. La forme de l’apex de
l’élytre fournit encore des caractères sexuels variables selon les groupes.
Organe copulateur mâle d’un type très fixé. Il est toujours long et étroit,
arqué sur sa face ventrale, aplati dans le sens dorso-ventral, un peu en forme
de feuille de laurier. L’orifice basal est étroit, l’orifice apical est passé sur la
face dorsale en contournant le bord gauche, comme chez les Adelopsis sud-
américains ; mais sa forme est très constante, sans ultra-évolutions extraor¬
dinaires comme celles des Adelopsis. L’orifice apical, toujours petit, ouvert au
fond de la fente coupant le bord gauche du pénis, laisse en arrière de lui un
« apex » plus ou moins allongé, toujours lamelleux et garni sur sa face ven¬
trale de deux rangs longitudinaux de 5 à 6 soies crochues. Les styles, toujours
bien développés, sont accolés aux bords latéraux du pénis, plus courts que lui
et armés de trois soies apicales. Stylet évaginable du sac interne toujours
de forme constante, long et sinué (fig. 106) ( x ).
Les caractères sexuels secondaires des Ptomaphagus portent sur différents
organes. Le bord apical de l’élytre est souvent différent dans les deux sexes et
sa forme fournit de bons caractères spécifiques chez les Adelops américains.
Comme toujours les mâles de toutes les espèces du genre ont les tarses anté¬
rieurs dilatés en patelles ; quelques espèces cependant ont des femelles à
tarses dilatés, quoique moins fortement que chez les mâles (subvillosus).
Chez quelques Adelops (fisus, Schwarzi), le fémur postérieur est denté chez
les mâles. Plus fréquemment, dans les trois sous-genres, ce sont les tibias pos¬
térieurs qui sont modifiés chez les mâles, présentant des incurvations ou des
épaississements caractéristiques.
A signaler chez P. variicornis et P. subvillosus la présence, à côté des mâles
à tibias arqués ou épaissis, de races à mâles théléomorphes, c’est-à-dire présen¬
tant les mêmes formes de tibias que les femelles.
Le genre Ptomaphagus 111. occupe toute la région holarctique et sera sub¬
divisé en trois sous-genres :
(1) Voir pour la structure et l’évolution de l'organe copulateur des Ptomaphagus mon
travail antérieur : Biospeologica XLVII, Arch. Zool. erp., t, 61 (1922), p. 18, fig. 25 à 32.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
.69
A. Subgen. Merodiscus Jeannel. — Je place dans ce sous-genre les P. vali¬
dais Kr. et P. biharicus Jeann., espèces de taille géante, isolées sur les deux
anciens massifs hercyniens du Banat et du Bihar. Leurs antennes sont d’un
type très particulier, avec les articles 5 et 6 du funicule discoïdes et dilatés
comme les articles de la massue. Il est remarquable que le P. forticornis du
Mexique, très différent de toutes les autres espèces américaines et rappelant le
P. validus pas sa grande taille et la forme de son pronotum, présente aussi ce
même type d’antennes. Je ne connais malheureusement que la femelle de l’es¬
pèce mexicaine; le mâle viendra sans doute confirmer la parenté étroite de
l’espèce avec le P. validus de l’Europe.
B. Subgen. Ptomaphagus, s. str. — Dans ce groupe se placent toutes les
espèces d’Europe et d’Asie. La région tyrrhénienne est particulièrement riche
en espèces, tandis que la faune asiatique semble au contraire très pauvre. On
peut en déduire que le groupe a pris naissance sur la Tyrrhénis, d’où il a
émigré. J’ai montré ailleurs (*) que ces souches tyrrhéniennes ont dû venir de
l’Amérique du Sud au début du Tertiaire par les communications continen¬
tales transatlantiques mises en évidence par Scharff. L’évolution de l’organe
copulateur des Ptomaphagus rapproche ceux-ci des Adelopsis sud-américains
et non des Ptomaphaginus indo-malais. La distribution transatlantique des
Merodiscus vient encore renforcer cette hypothèse.
C. Subgen. Adelops Tellk. — Le genre a été fondé pour VA. hirtus Tellk.,
cavernicole du Kentucky. J’avais déjà observé (1922, 1. c.) que VAdelops
hirtus et les Ptomaphagus américains du type consobrinus se rapprochaient
davantage des Ptomaphagus d’Europe que des espèces sud-américaines, placées
dorénavant dans le genre Adelopsis. En réalité, tous les Ptomaphagus améri¬
cains doivent être groupés avec VA. hirtus dans un même sous-genre et celui-ci
rattaché aux Ptomaphagus d’Europe. Les espèces de l’Amérique du Nord
décrites comme Ptomaphagus et qui n’ont pas les mêmes affinités, sont en
réalité des Dissochaetus.
Les Ptomaphagus américains formant le sous-genre Adelops ont absolument
le même organe copulateur que les espèces européennes. Ils ne se distinguent
que par des caractères morphologiques externes, en particulier par la gracilité
de leurs antennes et surtout de leurs pattes.
Tableau des sous-genres
1. Antennes épaissies à partir de l’article 3 ou 4; les articles 4, 5 et
6 discoïdes, très dilatés, la massue très allongée. Grande taille.
Pattes robustes, les tarses postérieurs épais. (Banat, Bihar et
Mexique). A. Subgen. Merodiscus Jeann.
— Antennes épaissies à partir de l’article 6 ou 7 ; les articles 4, 5 et 6
simples... 2.
(1) R. Jeannel, 1922, Biospeologica, XLVII. Arch. Zool. exp., t. 61, p. 35 et carte, fig. 53.
70
D r RENE JEANNEL
2. Pattes relativement robustes, les tibias postérieurs épaissis au
sommet, les tarses intermédiaires et postérieurs épais, toujours
comprimés latéralement. Tibias antérieurs mâles toujours large¬
ment dilatés au sommet, les tarses antérieurs mâles aussi larges.
(Europe). B. Subgen. Ptomaphagus, s. str.
— Pattes grêles, les tarses intermédiaires et postérieurs très longs
et très grêles, non comprimés. Tibias antérieurs mâles longs, peu
dilatés, les tarses antérieurs mâles très allongés. (Amérique du
Nord). C. Subgen. Adelops Tellk.
Tableau des espèces
A. Subgen. Merodiscus Jeann.
1. Article 2 des antennes plus long et plus épais, mais de même
forme que le 3. En entier rougeâtre, les strioles transverses extrê-
Fig. 103-106 : Genre Ptomaphagus 111. — Fig. 103. Tibia et tarse antérieur mâle du
P. subvillosus Goeze, montrant le peigne apical. — Fig. 104. Sommet du tibia posté¬
rieur droit du même, avec sa corbeille apicale. — Fig. 103. Segment génital, vue ven¬
trale ; tergite ; p., pleurite; s., sternite. — Fig. 106. Organe copulateur mâle du
même, vue dorsale, le stylet du sac interne évaginé.
mement fines et serrées. Pronotum à côtés non arqués, mais
plutôt incurvés, sinués dans les deux tiers postérieurs, le prono¬
tum de ce fait plus étroit que les élytres qui sont renflés dans leur
partie moyenne, peu atténués au sommet; bord apical transverse
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
71
et très largement arrondi (Ç). Pattes plus grêles, surtout les
tarses. Long. 5 mm. (Mexique). 1. forticornis Matth.
— Article 2 des antennes très court, aussi long que large, le 3 deux
ou trois fois aussi long que le 2, conique, évasé dans sa partie
apicale. Noir de poix, avec les antennes rougeâtres; strioles trans¬
verses fortes et râpeuses, espacées. Pronotum à côtés faiblement
arqués en avant, subparallèles en arrière, aussi large que la base
des élytres; ceux-ci longs, peu renflés, peu atténués au sommet, le
bord apical obliquement tronqué. Pattes plus robustes. 2.
2. Forme plus épaisse. Article 3 des antennes trois fois aussi long
que le 2, les articles 4 et 5 épais, aussi larges que la base du 7, le
6 discoïde mais grand aussi large que le 7 et environ deux fois
aussi large que long. Long. 4,5 à 7,5 mm. (Banat). [Fig. 107
et 108]. 2. validus Kraatz.
— Bien plus étroit et allongé. Article 3 des antennes deux fois aussi
long que le 2, moins dilaté en trompette au sommet, les articles
4 et 5 étroits, petits, moins larges que la base du 7, le 6 très court,
très plat, moins large que le 7 et environ quatre fois aussi large
que long. Long. 5,5 mm. (Bihar). 3. biharicus Jeann.
B. Subgen. Ptomaphagus, s. str.
1. Elliptique allongé, convexe ; le pronotum peu transverse, ses
côtés parallèles dans la moitié basale; élytres longs, deux fois
aussi longs que larges et peu atténués au sommet. Antennes à
massue concolore et très épaisse, le funicule épais, l’article 3 aussi
long et épais que le 2. çf Apex du pénis court et anguleux. 2.
— Ovalaire court, peu convexe ou déprimé ; le pronotum transverse
à côtés arqués dans la moitié basale; élytres courts, une fois et
demie aussi longs que larges, plus ou moins atténués. 4.
2. Aptère. Tibias postérieurs mâles droits, Article 6 des antennes deux
fois aussi large que long. Long. 2,2 à 2,8 mm. (Toscane). [Fig. 114].
. 4. vallombrosae Seidl.
— Ailés. Tibias postérieurs mâles arqués. 3.
3. Article 3 des antennes nettement plus épais que le 2 et que le 4;
le 6 peu transverse, une fois et demie aussi large que long. Tibias
postérieurs mâles arqués à la base, épaissis au sommet. Long 3 à
4 mm. (Sardaigne, Corse). [Fig. 113]. 6. sardus Seidl.
— Article 3 des antennes pas plus épais que le 2 et que le 4 ; le 6 deux
fois aussi large que long. Tibias postérieurs arqués dans toute leur
longueur. Apex du pénis un peu plus long et plus arrondi que chez
les précédents. Long. 2, 5 à 3,5 mm. (Sardaigne, Majorque).
. 5. clavalis Reitt.
72
D' RENÉ JEANNEL
4. Massue des antennes rembrunie, avec le dernier article pâle, le
6 très transverse. Espèces ailées. 5.
— Massue des antennes concolore... 9.
5. Strioles des élytres fortes et râpeuses, relativement peu serrées
(comme chez P. subvillosus). Forme plus allongée et plus con¬
vexe ... 6.
— Strioles des élytres très fines et superficielles, très serrées.
Forme plus large et moins convexe. Article 2 des antennes sem-
Fig. 107-112. Genre Ptomaphagus lit, antennes droites (x 45) et sommets des organes
copulateurs, vue dorsale (x 65). — Fig. 107-108. P. ( Merodiscus) validus Kr., du Banat,
— Fig. 109-110. P. (s. str.) variicornis Rosenli., de Côthen. — Fig. 111. P. (s. str.)
divaricatus Jeann., de Carniole. — Fig. 112. P. (s. str.) Chendai J. M011, de la grotte
Gluha Smokva.
blable au 3. Pénis épais, avec deux côtes saillantes sur la moitié
apicale (fig. 111). 7.
6. Antennes à funicule grêle, l’article 3 bien plus étroit que le 2 et
un peu plus court, le 4 petit, plus court que le 3 de moitié et pas
plus long que large. Pour le reste, très semblable au P. Chendai.
Mâle inconnu. Long. 2,5 mm. (Sibérie orientale et Japon).
. 7. sibiricus Jeann.
— Antennes à funicule épais, semblables à celles du P. variicornis,
l’article 3 presque aussi long et aussi épais que le 2, le 4 un peu
plus court que le 3, mais nettement plus long que large. Tibias
postérieurs droits. Pénis très allongé, étroit, aplani et lisse dans sa
partie apicale, l’apex court et entier. Long. 2,8 à 3,2 mm. (Région
Dinarique). [Fig. 112]. 11. Chendai J. Müll.
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE 73
7. Coloration brunâtre; forme plus oblongue. çf Tibias postérieurs
droits. Pénis semblable à celui de variicornis, mais beaucoup plus
long, plus étroit, subparallèle, la partie apicale coudée bien plus
allongée. Long. 3 à 4 mm. (Caucase). 10. caucasicus Jeann.
— Noir, très large et déprimé. Pénis court et renflé. 8.
8. Pénis très volumineux, épais, à partie apicale non infléchie, l’apex
très court et bifide. Même aspect extérieur que variicornis ; les
tibias postérieurs mâles très fortement incurvés. Long. 3,5 à 4 mm.
Fig. 113-121. Genre Plomaphagus 111., antennes droites (x 43), organes copulateurs
(x 65) et tibia intermédiaire droit (X 43). — Fig. 113. (s. sir.) sardus i'eidl., de
Sardaigne. — Fig. 114. P. (s. str.) vallombrosae Seidt, de Valtombrosa. — Fig. 115-
116. P. (s. str.) plus Seidt., de Toscane. — Fig. 117. P. (s. str.) circassicus Reitt., de
Circassie. — Fig. 118-121. P. (s. str.) subvillosus Goeze, de Paris.
(Région Dinarique). [Fig. 111], . 9. divaricatus Jeann.
— Pénis épais, mais avec la partie apicale atténuée et fortement
infléchie du côté ventral, l’apex entier, anguleux. Long.3 à 4 mm.
(Europe moyenne et occidentale). [Fig. 109-110]. 8. variicornis Rosenh
a. Tibias postérieurs mâles incurvés. variicornis , s. str.
— Tibias postérieurs mâles rigoureusement droits (Transyl¬
vanie, Croatie). var. rectipes Jeann.
9. Article 2 des antennes plus court que le 3. 10.
— Article 2 aussi long et épais que le 3. 11.
— Article 2 plus long que le 3 ( l ) et plus épais que lui. 12.
(1) A peine plus long chez les P. dacicus et pyrenaeus, mais alors nettement plus
épais que le 3.
74
D' RENÉ JEANNEL
10. Article 8 des antennes aussi long que la moitié du 9. Aptère;
très peu convexe, le pronotum large, les élytres atténués, avec la
région suturale déprimée, les strioles transverses fortes, râpeuses,
peu serrées, ç? Tibias postérieurs droits. Pénis plus long, élargi
dans sa moitié apicale, l’apex plus élargi, dissymétrique. Long.
2,8 à 3 mm. (Caucase). [Fig. 117]. 13. circassicus Reitt.
— Article 8 des antennes plus court, pas plus long que le tiers ou le
quart du 9. Aptère. Région suturale non déprimée. Pénis plus
court, atténué dans sa partie apicale, l’apex triangulaire et symé¬
trique. Mêmes sculpture; tibias postérieurs mâles droits. (Italie).
[Fig. 115 et 116]. 12. pius Seidl.
a. Plus grand et plus déprimé, le pronotum ample, les élytres
atténués. Coloration brunâtre, les antennes brunâtres à
base pâle. Long. 2,8 à 3 mm. subsp. pius, s. str.
— Plus petit et plus convexe, le pronotum ample, les élytres
moins atténués. Coloration testacée rougeâtre, les antennes
rougeâtres concolores. Long. 2,5 à 2,8 mm. (Ligurie)...
. subsp. fulvus Reitt. ( l ).
11. Antennes épaisses, à massue très renflée et noire, le funicule épais,
l’article 6 transverse. Strioles fortes et râpeuses, peu serrées. Apex
du pénis long, subparallèle, à bord terminal en angle obtus (fig. 120).
Long. 3 à 3,5 mm. (Europe occidentale et moyenne). [Fig. 103-106
et 118-121].. 14. subvillosus Goeze.
a. Tibias postérieurs mâles arqués à la base, brusquement
épaissis dans leur moitié apicale, le bord interne formant une
saillie anguleuse au début de la dilatation.. subvillosus , s. str.
— Tibias postérieurs mâles droits, le bord interne rigoureuse¬
ment rectiligne. Petite taille : 2,8 à 3 mm. (Provence)..
. var. Chobauti Jeann.
12. Strioles des élytres excessivement fines. Antennes et tibias comme
chez le sericatus. Long, 3,1 mm. (Bukovine)..
. 22. ruthenus Reitt. ( 2 ).
— Strioles normales, bien visibles. 13.
13. Massue des antennes à peine dilatée, l’article 9 moins de deux
(1) Assez différent d'aspect du P. pius, en raison de sa dépigmentation, le P. fulvus
n’est cependant pas une espèce, mais une simple variété pâle connue surtout de Ligurie.
En Toscane se trouvent des individus que l’on pourrait aussi bien attribuer à la forme
typique qu’à la forme fulvus. Tous les exemplaires que j'ai pu examiner, de l’une et
l’autre forme, sont aptères.
(2) D’après Reitter, cette espèce serait voisine de sericatus, mais plus grande. Les
antennes ont la massue noire, l’article 3 plus court que le 2. La base du pronotum est
fortement bisinuée ; les strioles des élytres seraient si fines qu’on ne pourrait les aper¬
cevoir que sous une certaine incidence. Reitter les dit cependant deux fois plus serrées
que chez P. sericatus. Si la description est exacte, il ne peut s’agir du P. dacicus décrit
plus loin, dont les strioles sont à peine plus fines que chez les sericatus typiques de
Moravie et les antennes rougeâtres.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
75
fois aussi large que le 3. Aptère; testacé rougeâtre, les antennes
rougeâtres, à article 6 très transverse. Pronotum allongé, pas
plus large que les élytres, à côtés très peu arqués. Ëlytres con¬
vexes, atténués au sommet, les strioles dissociées en ponctuation
râpeuse alignée en travers, obliques et peu serrées. Mâle inconnu.
Long. 2,2 mm. (Sardaigne). [Fig. 122]. 20 aritzensis Jeann.
— Massue des antennes épaissie, l’article 9 plus de deux fois aussi large
que le 3. 14.
14. Bord apical des élytres de la femelle très oblique, l’angle suturai
Fig. 122-134 : Gen. Ptomaphagus 111., antennes droites (x 45) et sommet des organes
copulateurs, vue dorsale (X 65). — Fig. 122. P. (s. str.) aritzensis Jeann., de Sar¬
daigne. — Fig. 123-124. P. (s. str.) lenuicornis Rosenh., de Reinosa. — Fig. 125-126.
Même espèce de San Rafael, Guadarrama. — Fig. 127. P. (s. str.) lenuicornis subsp.
Rosenhaueri Uh , de Cadiz. — Fig. 128. P. (s. str.) lenuicornis subsp. mauritanicus
Jeann., du Kef., Tunisie. — Fig. 129-130. P. (s. str.) sericalus Chaud., de Bosnie. —
Fig. 131-132. P. (s. str.) sericatus subsp. médius Rey, de Marseille. —Fig. 133-134. p.
(s. str.) carpathicus Jeann., des monts Tatra.
aigu et très saillant. Ovale et convexe, le pronotum peu trans¬
verse. Noir de poix, les antennes testacées à massue noire très
épaissie, le 6 très transverse, le funicule très grêle. Strioles fortes
et râpeuses, espacées comme chez sericatus typique. Ailé. Mâle
inconnu. Long. 2 mm. (Asie Mineure). 21. tauricus Jeann.
— Bord apical des élytres de la femelle arrondi, l’angle suturai
effacé, nullement saillant. 15.
15. Antennes rembrunies à partir de l’article 3, le 2 très court, une
fois et demie aussi long que large, mais cependant plus long que le
3, le 5 très transverse. Ailé. Ovale et convexe ; noir de poix.
Pronotum très transverse, une fois et demie aussi large que long,
ses côtés très arqués; élytres courts, à strioles fortes et râpeuses,
peu serrées comme chez sericatus typique, çf Tibias postérieurs
76
D' RENE JEANNEL
droits, mais épaissis dans la moitié apicale, le bord interne légè¬
rement saillant à l’origine de la dilatation, un peu comme chez
subvillosus, mais à un degré bien moindre. Apex du pénis très
long, très grand, en lame subparallèle, convexe et lisse, terminée par
un bord apical en angle obtus (flg. 134). Long, 2,2 mm. (Car-
pathes). [Fig. 133 et 134]. 18. carpathicus Jeann.
— Antennes rembrunies à partir de l’article 6 ou 5, ou uniformé¬
ment rougeâtres, le 2 toujours au moins deux fois aussi long que
large. 16.
16. Strioles du pronotum et des élytres râpeuses, relativement très
espacées; on compte au plus 30 strioles transverses sur la lon¬
gueur du pronotum. Article 6 des antennes toujours transverse.
Ovale et convexe, le pronotum plus ou moins ample, les élytres
atténués, mais avec le bord externe toujours arqué. [Fig. 123
à 127]. 19. tenuicornis Rosh.
a. Aptère. Rougeâtre avec les antennes concolores. Tibias
postérieurs droits, à bord interne rectiligne. Apex du pénis
graduellement atténué en angle aigu (flg. 127). Long.
2 à 2,2 mm. (Andalousie). subsp. Rosenhaueri Uh.
— Ailés. Noirs avec les élytres parfois rougeâtres, les an¬
tennes testacées, à massue rembrunie. b.
b. Tibias postérieurs mâles à bord interne convexe, formant
une légère saillie au début de la dilatation apicale du tibia.
Apex du pénis relativement court, subparallèle, à bord
terminal en angle obtus (flg. 126). Long. 2,2 à 2,8 mm.
(Espagne). subsp. tenuicornis, s. str.
— Tibias postérieurs mâles à bord interne rectiligne. Apex du
pénis de même forme mais plus allongé (flg. 128). Long.
2,5 à 2,8 mm. (Nord de l’Afrique, Sicile).
. subsp. ’mauritanicus Jeafin.
— Strioles du pronotum et des élytres plus serrées; on compte au
moins 40 strioles sur la longueur du pronotum. 17.
17. Ovale et convexe, le pronotum pas plus large que les élytres, ceux-ci
plus ou moins atténués, à bord externe bien arqué. Antennes à
massue très épaisse, toujours fortement rembrunie, l’article 6 trans¬
verse. Tibias postérieurs mâles à bord interne rectiligne. Long. 1,7
à 3 mm. (Europe). [Fig. 129 à 132]. 15. sericatus Chaud.
a. Strioles transverses très fines et très serrées, superficielles.
On compte environ 50 strioles sur la ligne médiane du pro¬
notum. Apex du pénis atténué en angle aigu. b.
— Strioles transverses plus fortes, moins serrées, râpeuses; on
compte environ 40 strioles sur la ligne médiane du pro¬
notum. Apex du pénis subparallèle; son bord terminal en
angle obtus
c.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
77
b. Article 6 des antennes à peine transverse. Pointe apicale
du pénis plus longue et infléchie. (Suède).
. subsp. septentrionalis Jeann.
— Article 6 des antennes très transverse. Pointe apicale du
pénis moins longue, non infléchie. (France et Angleterre).
. subsp. médius Rey.
c. Très petit (1,7 à 1,8 mm.). Articles du funicule courts et
transverses. Apex du pénis étroit, subparallèle. (France).
. var. miser Rey.
— Plus grand (2 à 3 mm.). Articles du funicule non trans¬
verses. Même forme de l’apex. (Europe orientale, Caucase).
.. subsp. sericatus , s. str.
— Déprimés, le pronotum ample, les élytres cunéiformes, à bord externe
à peine arqué. Antennes plus longues, à massue rougeâtre, l’ar¬
ticle 6 non transverse, la massue très peu épaissie. 18.
18. Article 5 des antennes aussi long que large, le 6 à peine plus large
que long. Strioles comme chez sericatus typique, râpeuses, rela¬
tivement peu serrées; 40 strioles sur la longueur du pronotum.
Tibias postérieurs droits, à bord interne rectiligne. Apex du pénis
court, en lame presque régulièrement arrondie. Long. 2,8 mm.
(Transylvanie). 16. dacicus Jeann.
— Article 5 des antennes plus long que large, le 6 aussi long que
large, çf Tibias postérieurs très faiblement arqués en dehors.
Apex du pénis en lame subparallèle, courte, son bord terminal
en angle obtus. Long. 2,5 à 2,8 mm. (Basses-Pyrénées, caverni¬
cole). 17. pyrenaeus Jeann.
C. Subgen. Adelops Tellk.
1. Strioles des élytres transverses, perpendiculaires à la suture.
Espèces robustes, à grands yeux. Tibias postérieurs mâles droits. 2.
— Strioles des élytres obliques par rapport à la suture. 3.
2. Article 8 des antennes aussi long que la moitié du 9, le 5 non
transverse. Fémurs postérieurs mâles avec une dent vers le milieu
du bord postérieur. Espèce testacée; les angles postérieurs du
pronotum droits. Long. 3 mm. (Floride). 25. Schwarzi Hatch.
— Article 8 des antennes plus court que la moitié du 9, le 5 trans¬
verse. Fémurs postérieurs du mâle inermes. Coloration noire ;
angles postérieurs du pronotum aigus. Long. 2,5 à 3,2 mm.
[Fig. 143 à 145]. 24. californiens Lee.
a. Apex de l’élytre des femelles obliquement sinué. (Cali¬
fornie, Colombie Britannique).. . subsp. californiens, s. str.
— Apex de l’élytre des femelles transversalement sinué.
(Nevada, Colorado, Kansas). subsp. nevadicus Horn.
78
D' RENÉ JE.4NNEL
3. Yeux normaux, grands; l’espace qui les sépare de l’insertion des
antennes est bien plus court que leur diamètre antéro-postérieur. 4.
— Yeux plus ou moins réduits; l’espace qui les sépare des antennes
est aussi long (Giaquintoi, n. sp.) ou bien plus long que leur dia¬
mètre antéro-postérieur. 14.
4. Très petite espèce (long. 1,4 mm.), de coloration brunâtre bril¬
lant. Forme étroite et allongée, subparallèle; le pronotum guère
plus large que les élytres, à côtés très peu arqués, les élytres peu
Fig. 135-138. Subgen. Adelops Tellk. — Fig. 135. F. (Aclelops) hirlus Teilk., de Mam-
moth cave, femelle, X 20. — Fig. 136. Antenne droite du même, x 65. — Fig. 137.
Face latérale de la tète, X 65. — Fig. 138. Tarse antérieur droit du mâle, X 65.
atténués à l’apex. Chez la femelle, le bord apical de l’élytre est
largement arrondi, subtronqué, nonsinué, l’angle suturai non saillant
et très émoussé. Mâle inconnu. (Cuba). 32. Darlingtoni, n. sp.
— Espèces de taille supérieure à 2 mm. 5.
5. Antennes courtes, à article 8 plus court que la moitié du 9. 6.
— Antennes longues, à article 8 plus long que la moitié du 9.
Espèces étroites et très allongées, de forme générale rappelant
celle des Mordella , les élytres près de trois fois aussi longs que
larges. 11.
Mâles
6. Tibias postérieurs mâles droits. 7.
— Tibias postérieurs mâles incurvés. 10.
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
79
7. Antennes très courtes, à massue épaisse, les articles du funicule
plus robustes, le 3 aussi long que le 2, le 6 transverse, la massue
rembrunie, avec le dernier article pâle. Espèce robuste, brun de
poix uniforme. Long. 2,5 à 3 mm. (Californie). [Fig. 139].
. 26. latior Hatcb.
— Antennes plus grêles et plus longues, les articles du funicule plus
allongés, le 3 plus court que le 2, le 6 peu transverse, la massue
concolore. 8.
8. Fémurs postérieurs mâles avec une dent vers le milieu du bord
Fig. 139-148 : Subgen. Adelops Tellk., antennes droites (x 65) et organes copulatenrs
(X 65). — Fig. 139. P. ( Adelops) latior Hatch, de Californie. — Fig. 140-142. P. (Ade¬
lops) cavernicola Schwarz, du Missouri. — Fig. 143-145. P. (Adelops) californiens Lee.
de Carmel. — Fig. 146-147. P. (Adelops) consobrinus Lee., de Southern Pines. —
Fig. 148. P. ( Adelops) fisus Horn, de Palm Springs.
postérieur. Espèce étroite et allongée, les élytres atténués, à
bord apical largement arrondi (çf). Long. 2,2 à 2,8 mm. (Arizona,
Californie). [Fig. 148]. 27. fisus Horn.
— Fémurs postérieurs mâles sans dent. Espèces de forme normale,
courte; les élytres peu atténués, subtronqués à l’apex (çf). 9. .
9. Brun de poix, les élytres rougeâtres. Antennes à massue rem¬
brunie, relativement longues, l’article 5 allongé, le 6 aussi long que
large. Long 2,5 mm. (Californie). 28. Piperi Hatch.
— Testacé rougeâtre, les antennes concolores, relativement courtes,
l’article 5 une fois et demie aussi long que large, le 6 transverse.
80
D' RENÉ JEANNEL
Long. 2,5 mm. (Mexique). 29. inermis Jeann.
10. Strioles élytrales très serrées. Premier article du tarse postérieur
aussi long que les trois suivants réunis. Forme plus large. Long.
2,5 à 4,2 mm. (Maryland, N. Carolina). 31. Ulkei Horn.
— Strioles élytrales plus espacées. Premier article du tarse posté¬
rieur aussi long que les deux suivants réunis. Plus étroit. Long. 2,5
à 3 mm. (Est des États-Unis). [Fig. 146 et 147]. 30. consobrinusLee.
Femelles
6. Bord apical de l’élytre obliquement sinué, l’angle suturai sail¬
lant. 7.
— Bord apical de l’élytre non sinué, droit ou arrondi. 9.
7. Brun de poix, les élytres rougeâtres, les antennes grêles, à massue
rembrunie, l’article 6 non transverse. 28. Piperi Hatch.
— Rougeâtre ou brun de poix concolore; les antennes plus courtes, l’ar¬
ticle 6 transverse. 8.
8. Antennes testacées concolores. Forme générale plus courte et plus
large, les élytres moins atténués. Coloration pâle.. 29. inermis Jeann.
— Antennes à massue rembrunie et base testacée. Forme générale plus
allongée, les élytres plus atténués. Coloration plus foncée. [Fig. 146].
. 30. consobrinus Lee.
9. Angle suturai de l’élytre tout à fait arrondi. Premier article du tarse
postérieur égal aux trois suivants. 31. Ulkei Horn.
— Angle suturai de l’élytre émoussé, mais saillant. Premier article du
tarse postérieur égal aux deux suivants seulement. 10.
10. Bord apical de l’élytre transversalement tronqué. Forme générale
grêle et étroite; les antennes grêles. [Fig. 148]. 27. fisus Horn.
— Bord apical de l’élytre obliquement arrondi. Forme courte et trapue,
les antennes courtes et épaisses. 26. latior Hatch.
Mâles et femelles
11. Bord apical de l’élytre subtronqué chez le mâle, obliquement sinué
chez la femelle dont l’angle suturai est saillant. Long. 2,3 à 2,7 mm.
(Texas, Colorado, myrmécophile). 33. texanus Mel.
— Bord apical de l’élytre régulièrement arrondi chez le mâle, non sinué
chez la femelle dont l’angle suturai est effacé. 12.
12. Pronotum transverse, à côtés normalement arqués, la plus
grande largeur vers le milieu. Bord apical de l’élytre étroitement
arrondi dans es deux sexes. Antennes plus allongées, pâles, les
. articles 2 et 3 trois fois aussi longs que larges, les 4 et 5 deux fois,
les 6 et 7 un peu plus longs que larges, les 9 et 10 aussi longs que
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
81
larges. Tibias postérieurs mâles longs et arqués en dehors. Long.
3 à 3,5 mm. (Missouri, cavernicole). [Fig. 140 à 142].
. 34. cavernicola Schwarz,
— Pronotum étroit, à côtés très peu arqués, la plus grande largeur à
la base. Bord apical des élytres largement arrondi chez le mâle,
obliquement arrondi chez la femelle. Antennes plus courtes et plus
épaisses, les articles 2 et 3 deux fois aussi longs que larges, les 4 et
5 à peine plus longs que larges, les 6 et 7 aussi longs que larges,
les 9 et 10 transverses. Tibias postérieurs courts... 13.
13. Ovoïde, plus large en avant qu’en arrière, le pronotum aussi
large que la base des élytres. Pubescence rare et courte. Antennes
noires avec les deux premiers articles testacés, le dernier rou¬
geâtre. Tibias postérieurs du mâle arqués en dehors. Tarses anté¬
rieurs mâles aussi larges que le sommet du tibia. Long. 3 mm.
(Guatémala, lucicole). 36. Championi, n. sp. (‘).
— Oblong, très étroit et très allongé, également atténué en avant et en
arrière. Pubescence plus longue et fournie. Antennes pâles, la massue
rembrunie à partir de l’article 7. Tibias postérieurs mâles droits.
Tarses antérieurs mâles plus étroits que le sommet du tibia. Long. 3 à
3,2 mm. (Mexique, cavernicole). 35. spelaeus Bil.
14. Pubescence longue et inégale, doublée de longues soies dressées
éparses sur toute la surface de l’élytre. Forme générale étroite
et très allongée comme chez les espèces précédentes. Yeux réduits
mais pigmentés, aussi longs que l’espace qui les sépare de l’insertion
des antennes. — Strioles transverses grossières, fortes et râpeuses,
aussi nettes sur le pronotum que sur les élytres. Pronotum allongé,
étroit, à côtés très peu arqués, sa plus grande largeur à la base.
Élytres longs, très atténués au sommet, le bord apical étroitement
arrondi chez le mâle, oblique avec l’angle suturai saillant chez
la femelle. Antennes très longues, atteignant presque le milieu des
élytres, l’article 3 quatre fois, les 4, 5 et 6 trois fois aussi longs
que larges, le 8 cylindrique et deux fois aussi long que large, les
9 et 10 deux à trois fois aussi longs que larges. Tibias postérieurs
droits, relativement courts. Long. 2,8 à 3,2 mm. (Guatémala, caver¬
nicole) .. 37. Giaquintoi, n. sp
— Pubescence courte et fine, très serrée, d’aspect soyeux, sans
grandes soies dressées nombreuses sur les élytres. Forme plus courte
et surtout plus convexe. Yeux très réduits, bien plus courts que
l’espace les séparant des antennes. Article 8 des antennes bien
plus court. 15.
15. Ponctuation du pronotum non alignée entravers. 16.
(I) Le P. Giaquintoi, décrit ci-après, est une espèce cavernicole voisine du P. Cham¬
pioni et de même souche. Mais ses yeux sont réduits et ses antennes considérablement
allongées.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I.
6
D r RENÉ JEANNEL
8a
— Ponctuation du pronotum alignée en travers, formant des strioles
transverses. Yeux réduits à de petites aréoles blanchâtres. 17.
16. Des yeux pigmentés. Antennes courtes n’atteignant pas la base du
pronotum. Angles postérieurs du pronotum aigus. Ëlytres courts,
mais peu atténués, le bord externe arqué, l’apex tronqué chez
le mâle, oblique chez la femelle, l’angle suturai arrondi dans les
deux sexes. Long. 2,5 à 3 mm. (N. Carolina, endogé).
. 41. mitchellensis Hatch.
— Yeux réduits à de petites aréoles blanchâtres. Antennes allongées
Fig. 149-155 : Subgen. Adelops Tellk., antennes droites (x 65) et organes copulateurs
(X 65 et 95). — Fig. 149-151. P. ( Adelops ) Valentinei Jeann., de Old Salter cave. —
Fig. 152-153. P. ( Adelops ) Lôdingi Hatch, de Shelta cave. — Fig. 154-155. P. ( Adelops)
hirtus Tellk., de Mammoth cave.
dépassant la base du pronotum, l’article 8 très petit. Pronotum
allongé, très convexe, plus large que les élytres, ses angles pos¬
térieurs droits. Élytres courts, cunéiformes, le bord apical arrondi
chez le mâle, oblique avec l’angle suturai saillant et aigu chez la
femelle. Long. 2 à 2,5 mm. (Kentucky, cavernicole). [Fig. 135-138
et 154-155] . 42. hirtus Tellk.
17. Ponctuation du pronotum très superficielle, les strioles visibles
à la base, mais tout à fait effacées en avant. Antennes longues,
l’article 8 aussi long que la moitié du 9 ; celui-ci aussi long que
large. Pronotum pas plus large que les élytres, ses côtés très
arqués, bien rétrécis à la base. Ëlytres allongés. Long. 2 à 2,5 mm.
(Alabama, cavernicole). [Fig. 149 à 151]. 40. Valentinei Jeann.
— Ponctuation du pronotum bien visible sur toute la surface. Article 8
des antennes plus court que la moitié du 9. Côtés du pronotum
moins arqués, non rétrécis à la base. 18.
18. Pronotum moins large que les élytres, ses strioles transverses très
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
83
nettes. Êlytres très allongés. Articles 9 et 10 des antennes plus
longs que larges. Long. 2,9 à 3,5 mm. (Alabama, cavernicole).
[Fig. 152 et 153]. 39. Lôdingi Hatch.
— Pronotum ample, un peu plus large que les élytres, les strioles super¬
ficielles et dissociées en points aciculés alignés en travers. Élytres
courts, peu atténués. Articles 9 et 10 des antennes transverses, le 8
très petit. Long. 2 mm. (Tennesee, cavernicole)... 38. Hatchi Jeann.
A. Subgen. Merodiscus Jeannel
1. Ptomaphagus (Merodiscus) forticornis Matthews, 1888, Biol, centr.-
amer., Col., II, p. 100, pi. ni, fig. 9; type : Cordova (Brit. Mus.).
Amérique centrale. Mexique : Cordova (Sallé !, in Brit. Mus.).
2. Ptomaphagus (Merodiscus) validus Kraatz, 1852, Stett. ent. Ztg., XIII
p. 441 ( Catops ); type : ? Banat. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95,
p. 165 (Bibliogr.).
Dans les tamisages de feuilles mortes.
Roumanie. Banat : Bâile Erculane (Herkulesbad) (Bodemeyer !) ; Nagy-
Bogsân, près de Resita (Weber !). — Y ougoslavie : Banat Serbe (Merkl !, in
coll Reitter).
3. Ptomaphagus (Merodiscus) biharicus Jeannel, 1924, Rev. fr. Ent., I,
p. 163 ; type : Detunata (Mus. Paris).
Sous une pierre enfoncée, en forêt.
Roumanie. Transylvanie, monts Bihar : mont Detunata, forêt du versant
oriental, une femelle (Jeannel).
B. Subgen. Ptomaphagus, s. str.
4. Ptomaphagus (s. str.) vallombrosae Seidlitz, 1887, Deutsche ent. Zs.,
XXXI, p. 92 ; type : Vallombrosa.
Tamisages de feuilles et pierres enfoncées.
Italie. Toscane : Vallombrosa, dans l’Apennin toscan, à l’est de Florence
(Schneider!).
Obs. — Espèce étroitement localisée. Seidlitz l’indique de Sardaigne
(Reitter), où elle n’existe certainement pas ; il la confond sans doute avec de
petits exemplaires de P. clavalis.
5. Ptomaphagus (s. str.) clavalis Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn,
XXIII, p. 63 ; type : Sardaigne (Mus. Budapest !). — 1885, Naturg.
Ins. Deutschl., III, 2, p. 261. — Seidlitz, 1887, Deutsche ent. Zs.,
XXXI, p. 91. — Uhagon, 1890, An. Soc. Esp. Hist. nat., XIX, p. 39.
Sardaigne (Reitter !). — Baléares : Majorque, isla de Cerdena (Moragues),
un seul mâle. — Sicile (d’après Porta, Faun.Col. Ital., II, p. 327).
84
D' RENÉ JEANNEL
Obs. — Je n’a pas vu l’exemplaire de Majorque, mais l’excellente descrip¬
tion qu’en donne Uhagon convient exactement aux exemplaires sardes de
cette espèce.
6. Ptomaphagus (s. str.) sardus Seidlitz, 1887, Deutsche ent. Zs., XXXI,
p. 92 ; type : Sardaigne.
Sardaigne : plusieurs exemplaires (Lostia !, Damry !, Weber !). — Corse
(Raymond, in coll. Léveillé).
Obs. — Je n’ai pas vu l’exemplaire corse, cité par J. Sainte Claire-Deville ;
il reste possible qu’il appartienne à l’espèce précédente.
7. Ptomaphagus (s. str.) sibiricus Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 165;
type : Vladivostok (Mus. Dahlem). — variicornis Heyden, 1887,
Deutsche ent. Zs., XXXI, p. 2999 (nec Rosenhauer).
Sibérie orientale : Vladivostok, une femelle (coll. Kraatz, Mus. Dahlem). —
Japon : Chiuzenji, une femelle (G. Lewis !, Brit. Mus.).
Obs. — Portevin (Ann. Soc. ent. Belg., LVIII, 1914, p. 218) cite aussi un
P. variicornis du Japon qui doit appartenir à la même espèce.
8. Ptomaphagus (s. str.) variicornis Rosenhauer, 1847, Beitr. Ins.-Faun.
Eur., p. 23 ( Catops ); type : Stettin. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars
95, p. 165 (Bibliogr.).
Biol. : Hatch, 1928, 1. c., p. 165.
b. Var. rectipes Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 166; type : monts
Bihar (Mus. Paris).
Dans les tamisages de feuilles mortes. Pholéophile avec la Taupe et le
Lapin.
Largement distribué dans l’Europe moyenne. Il existe en Angleterre, mais
non en Scandinavie. Yakobson l’indique de l’ouest de la Russie : Dans le sud,
il ne paraît pas dépasser les Pyrénées et manque dans la péninsule italienne ;
par contre, il est répandu dans les monts Dinariques.
a. Subsp. variicornis , s. str. — Iles Britanniques : Angleterre et Écosse
(d’après N. H. Joy). — Danemark (d’après Hansen). — Hollande (d’après
Everts).
France. Moselle : Metz (D r Grenier !). Haute-Marne : Gudmont (Ste-Cl. De-
ville !). Oise : Laigneville (Méquignon !). Landes (Mascaraux !). Basses-
Pyrénées : vallée d’Ossau (Mascaraux !). — Suisse : Bienne, dans le Jura
(Mathey !).
Allemagne. Saxe : Cothen (Weber !). Poméranie : Stettin (Rosenhauer).
— Tchécoslovaquie. Bohême : IJirschfeld (Obenberger !). Moravie : Paskau
(Reitter!) ; monts Bescides (Reitter!). — Autriche. Basse-Autriche : Prater, à
Wien (Winkler!); Stockerau (Breit!). — Hongrie occidentale (Kaufmann!).
— Yougoslavie. Slovénie : Ludbreg (Apfelbeck !) ; Ljubljana [Laibach]
(Reitter!). Croatie (Apfelbeck!).
Russie : Mohilev ; Kiev (d’après Yakobson).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
85
b. Var. rectipes Jeann .—Roumanie : Transylvanie : Portile Bihorului, près
de Baita, monts Bihar (Jeannel). — Yougoslavie. Croatie (Reitter !).
Obs. — Pétri cite encore le P. variicornis des Carpathes méridionales ; mais
j’ignore s’il s’agit de la forme typique ou de celle à tibias postérieurs mâles
non incurvés. Celle-ci est une variété théléomorphe, se trouvant en Croatie,
avec la forme typique.
9. Ptomaphagus (s. str.) divaricatus, Jeanne], 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 166 ;
type : Pazaric (Mus. Paris).
Espèce voisine du P. variicornis , mais qui cohabite avec lui en Carniole
Yougoslavie. Slovénie : « Krain » (Staudinger!). Herzégovine : Pazarié (Apfel-
beck !).
10. Ptomaphagus (s. str.) caucasicus, Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 165,
type : Utchdéré (Mus. Paris).
Caucase occidental. Circassie : Utchdéré (Stark ! ; Leder !). Svanétie (Leder !).
11. Ptomaphagus (s. str.) Chendai, J. Millier, 1921, Wiener ent. Ztg.,
XXXVIII, p. 180 (P. Chendae) ; type : « Barengrotte » (coll. J.
Müller). — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 64 (sericatus
subsp. Chendae ).
Répandu dans la chaîne Dinarique ; souvent cavernicole.
Italie. Vénétie Julienne : caverna dell’Orso, à Gabrovizza (J. Miiller) ; Sanct
Canzian (Ravasini !). Istrie : Grotta Larga, à Hoticina, nord de l’Istrie
(O. Chenda). — Yougoslavie. Slovénie : « Krain » (Staudinger !). Bosnie :
Ilidze, près de Sarajevo (Zoufal !) ; col de Makljen, entre Prozor et Vakuf grn.,
dans les mousses humides (Leonhard !). Herzégovine : Nevesinje (Kysely !) ,
Trebinje (Leonhard !); grotte Gluha smokvm, près de Trebinje [Biosp. 373]
(Paganetti !) ; Jablanica (Apfelbeck !) ; Gacko polje (Weirather !).
12. Ptomaphagus (s. str.) pius Seidlitz, 1887, Deutsche ent. Zs., XXXI,
p. 92 ; type : Rome. — vallombrosae Jeannel, 1922, Arch. Zool.
exp., t. 61, p. 64 (nec Seidlitz).
h. Subsp. fulvus Reitter, 1889, Ann. Mus. civ. St. nat. Genova, XXVII,
p. 294; type : S. Lorenzo di Casanova (Mus. Budapest). — Ganglbauer,
1899, Kâf. Mitteleur., III, p. 143.
Répandu dans les mousses et les feuilles mortes de toute la péninsule Ita¬
lienne. Le fulvus n’est qu’une forme locale totalement dépigmentée.
a. Subsp. pius. s. str. — Italie. Ligurie : monte Fasce, près de Gênes
(Dodero !). Toscane : Prato Magno (Andreini !) ; monte Amiata, près Arci-
dosso (Andreini !). Lazio : Roma (Luigioni !) ; monte Cavo ; Riofredo (Raf-
fray !); Fiumicino (Luigioni!). Umbrie: Apennino Umbro, Bocca Trabaria !
(Andreini!); Rieti (Raffray. Abruzzes ) : Castel di Sangro (Paganetti !) ;
monte Pagano, près Castel di Sangro (Paganetti !) ; Cerechio (Leoni !). Basi-
licata : Lago Negro (Andreini !).
86
D' RENÉ JEANNEL
b. Subsp. fulvus Reitt. — Ligurie : Serra Ricco (Caneva!); Lago Vittoria
(Mantero!); S. Lorenzo di Casanova (Caneva!).
13. Ptomaphagus (s. str.) circassicus Reitter, 1888, Wiener ent. Ztg., VII,
p. 152 ( Catops ); type : Circassie (Mus. Paris).
Caucase occidental. Circassie (Leder !). Kuban : Krasnodar (Stepanov !).
14. Ptomaphagus (s. str.) subvillosus Goeze, 1777, Ent. Beitr., I, p. 119.
— Bedel, 1906, Bull. Soc. ent. Fr., p. 91. — Jeannel, 1922, Arch.
Zool. exp., t. 61, p. 64, fig. 21-23.— Joy, 1932, Pract. Handb. Brit.
Beetl., I, p. 489. — sericeus Panzer, 1801, Fauna Ins. Germ., LXXIII,
p. 10 ( Helops) ; type : Allemagne. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95,
p. 165 (Bibliogr.). — villosus Fourcroy, 1785, Ent. Paris., p. 32
( Peltis ) ; type : Paris. — picipes Kugelann, 1794, in Schneider,
Mag., V, p. 558 ( Mycetophagus ) ; type : Prusse. — truncatus Illiger,
1802, Mag. Ins., I, p. 42 ( Catops ) ; type: Prusse. — silphoides
Marsham, 1802, Ent. Brit., I, p. 493 (Mordella) ; type : Angleterre. —
nigriclavis Guillebeau, 1891, L’Échange, VII, p. 116; type: Lyon.
— tarbensis Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 62 ;
type : Tarbes (').— rufiventris Pic, 1913, Mél. Exot.-ent., VI, P- 9 ;
type, Cuba (coll. Pic) ( ! ).
Biol. : Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 166 (Bibliogr.).
b. Var. Chobauti Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I,p. 167 ; type : Aix-en-
Provence (Mus. Paris).
Dans les tamisages de mousses ou de feuilles mortes ; souvent sous les petits
cadavres de Mammifères. On le prend encore parfois dans les terriers de La¬
pins.
Largement distribué dans l’Europe centrale et occidentale. Dans le nord, il
occupe les îles Britanniques, y compris l’Écosse et l’Irlande (Johnson and
Halbert). On le cite de Suède et de Finlande, sous le nom de truncatus 111. ;
mais le type du P. truncatus provient de la Prusse et les exemplaires Scandi¬
naves ainsi nommés par Gyllenhal doivent sans doute se rapporter au P.
septentrionalis décrit plus loin.
Commun en France, le P. subvillosus est beaucoup plus rare dans l’Europe
centrale. Pétri l’indique de plusieurs localités de Transylvanie, ce qui est
certainement exact et Yakobson le cite de l’ouest de la Russie.
Dans le sud, je le connais d’Espagne, mais je n’en ai vu aucun exemplaire
de la péninsule Italienne ni de celle des Balkans. Les indications de Toscane
et de Sardaigne (Luigioni) sont certainement erronées.
(1) Décrit sur une femelle et jamais retrouvé depuis. Les termes de la diagnose me
montrent clairement qu’il ne peut s’agir que d’une femelle du P. subvillosus. En 1884,
Reitter ne connaissait que le P. sericatus, qu’il nommait sericeus. Je n’ai pas vu le type.
(2) Ce type est un mâle, effectivement étiqueté « Cuba », mais qui n’est pas autre
chose qu’un P. subvillosus, comme j’ai pu le contrôler par l’examen de l’organe copulateur.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
87
Enfin le P. rufiventris Pic, de Cuba, est en réalité un P. subvillosus Goeze,
comme on l’a vu plus haut. Faut-il mettre en doute l’exactitude de la prove¬
nance du type de M. Pic ? On est assez embarrassé pour émettre une opinion
formelle. D’une part, ce type est unique et il serait étrange que la même espèce
existât sans différences à Cuba et en Europe. Mais, d’autre part, ce que l’on
sait sur l’existence d’une Archatlantis éocène (Jeannel, 1935, Arch. Mus.)
permet de croire que cela n’est pas tout à fait impossible.
Les exemplaires que j’ai déterminés proviennent des stations suivantes :
Iles Britanniques , Angleterre: Essex : Colchester (Harwood !). Kent: Deal
(Harwood !). South Downs : Selsey (Harwood !).
Allemagne. Wurtemberg : Ulm (Graffel !). — Tchécoslovaquie. Bohême :
Prague (Reitter !). Moravie : Weisskirschen (Apfelbeck !). — Pologne : Galicie
(Apfelbeck !). — Autriche : env. de Wien (Ganglbauer!). Styrie : Stuhleck
(Ganglbauer !).
France. Calvados : Fresnay-le-Petit (Dubourgais !) ; forêt de Cerisy (Bedel !).
Orne : forêt d’Évreux (Portevin !). Seine-Inférieure : Le Hâvre (coll. Jeannel).
Seine : Bicêtre (Jeannel). Seine-et-Oise : Saint-Germain (Bedel !); Villeneuve-
Saint-Georges (Lesne !). Seine-et-Marne : Fontainebelau (Gruardet !) ; La
Ferté-Alais (Bedel !) ; Pontault, terriers de Lapins (Ste-Cl. Deville !). Oise :
Compiègne (Jeannel). Haute-Marne : Gudmont (Ste-Cl. Deville !). Loiret :
Orléans (Croissandeau !). Indre-et-Loire : Perrusson (Méquignon !). Cher :
Bourges (Ste-Cl. Deville !). Vienne : Saint-Barbant ; Morthemer (Mesmin !).
Allier : Broût-Vernet (R. du Buysson !). Saône-et-Loire : Le Creusot (Ste-Cl.
Deville !) Haute-Loire : Fix (coll. Jeannel). Ain. : Villars-en-Dombes (Guille-
beau !). Hérault : Béziers (Saulcy !). Vaucluse : mont Ventoux (Chobaut !) ;
La Bonde (Fagniez !). Bouches-du-Rhône : Angles (Chobaut !) ; Aix-en-Pro¬
vence (Abeille). Var : Saint-Raphaël. (Rey !).
Espagne. Asturies : Ponferrada (Paganetti !). Palencia (Paganetti !).
Var. Chobauti Jeann. — France. Vaucluse : mont Ventoux (Chobaut !).
Bouches-du-Rhône : Aix-en-Provence (Abeille !).
Obs. La var. — Chobauti est une forme de petite taille, à mâles théléo-
morphes, qui cohabite avec la forme typique.
15. Ptomaphagus (s. str.) sericatus Chaudoir, 1845, Bull. Soc. Nat. Moscou,
XVIII, p. 199 ; type : Kiev.
a. Forma typica. — Seidlitz, 1887, Deutsche ent. Zs., XXXI, p. 93. —
Ganglbauer, 1899, Kâf. Mitteleur., III, p. 143. — Everts, 1903,
Col. Neerh, I, p. 406. — Reitter, 1909, Fauna Germ., II, p. 235.
b. Subsp. septentrionalis Jeannel, 1934, Rev. fr., Ent., I, p. 169; type:
Suède (Mus. Paris). -— serïceus Gyllenhal, 1808, Ins. Suec., I, p. 279
(Catops).
c. Subsp. médius Rey, 1889, L’Échange, V, p. 5 ; type : Lyon (Mus.
Lyon). — compressitarsis Rey, 1889, 1. c., p. 5; type : Lyon. — seri-
88
D r RENÉ JEANNEL
cens Fairmaire et Laboulbène, 1856, Faune ent. Fr., I, p. 305 (pars).
— sericatus Champion, 1904, Ent. Monthly Mag., XL, p. 78 ( Catops).
— Fowler, 1913, Col. Brit. Isl., VI, p. 92. — Joy, 1932, Pract. Hand.
Brit. Beetl., I, p. 479. — Jeannei, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 64,
fig. 27-29.
d. Var. miser Rey, 1889, L’Échange, V, p. 5; type : Lyon (Mus. Lyon).
Biol. — Hacth, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 167 (Bibliogr.).
Commun dans les tamisages de mousses ou de feuilles mortes, au pied des
vieux arbres ou aux entrées des grottes. Signalé encore sous de petits cadavres
d’Escargots, d’Hémiptères, de Scorpions. On le rencontre dans les terriers
de la Taupe, du Blaireau, du Hamster, ou même dans les fourmilières du genre
Lasius.
L’espèce est répandue dans toute l’Europe, depuis l’Atlantique jusqu’à
l’ouest de la Russie. Tandis que le P. subvillosus existe dans toutes les Iles
Britanniques, le P. sericatus paraît n’occuper que le sud de l’Angleterre
(N. H. Joy). Il se trouve dans le sud de la Scandinavie et de la Finlande. Dans
le sud, je le connais de Catalogne et seulement du nord de l’Italie, étant rem¬
placé dans la péninsule par le P. pius. On le retrouve enfin dans les monts
Dinariques et le Caucase. Les citations de Sicile et de Malte (P. Luigioni) se
réfèrent sans doute au P. mauritanicus.
Dans cette vaste distribution, l’espèce est très variable et il y a lieu de dis¬
tinguer des races géographiques. La forme typique est celle de l’Europe orien¬
tale, qui s’étend jusqu’au Caucase et à la péninsule Balkanique.
Le P. médius est répandu en France et dans l’ouest de l’Allemagne. D’autre
part, c’est au médius que se rattachent les exemplaires Britanniques et même la
race septentrionalis de Suède. Enfin le miser de l’est de la France est une varia¬
tion de petite taille qui se trouve mêlée au médius , mais dont les caractères
rappellent curieusement ceux du sericatus typique (').
a. Forma typica. — Allemagne. Silésie : Breslau (Staudinger !). — Tchéco¬
slovaquie. Bohême : Celakovice (Obenberger !) ; Jungbunzlau (Skalitzky !).
Moravie: Paskau (Reitter!); monts Bescides (Reitter!). — Autriche : Wien
(Ganglbauer !). — Hongrie : Budapest (Birô !). — Roumanie. Transylvanie:
Sigisoara (Pétri!); Sibiu (Pétri!). Valachie : Comana Vlasca (Montandon !).
— Russie : Kiev (Chaudoir). — Yougoslavie. Serbie : Belgrade (Bischoff !).
Bosnie ; Pakrac (Apfelbeck !). Italie. — Vénétie Julienne : env. de Trieste
(J. Millier !). Istrie : Noghera (Staudinger !). — Caucase. Circassie : Utchdéré
(Starck !).
b. Subsp. septentrionalis Jeann. — Suède (coll. Jeannei).
(1) On a bien l'impression, en étudiant la variation chez cette espèce, qu'on se trouve
en présence de mutations produites sous des influences géographiques, mais qui ne sont
pas absolument fixées. 11 doit apparaître souvent des disjonctions de caractères hérédi¬
taires; c’est vraisemblablement le cas pour le P. miser, comme pour les formes théléo-
morphes des P. subvillosus et P. variieornis, qui se présentent dans certaines localités,
mêlées à la forme typique.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
89
c. Subsp. médius Rey. — Iles Britanniques. Angleterre (‘) : Newbury,
Berkshire (Harwood !) ; Whipsnade, Bedford co. (Harwood!); Wye, Kent
co. (Harwood !). — France. Finistère : Plougasrou (Ste-CI. Deville !). Cal¬
vados : forêt de Cinglais (Dubourgais !). Loire-Inférieure : Guérande (Ste-Cl.
Deville !). Seine : Paris (Jeannel). Seine-et-Marne : Fontainebleau (Gruardet!).
Aisne : Longpont (Bedel !). Marne : Reims (Saulcy !). Haute-Marne :
Gudmont (Ste-Cl. Deville !). Cher : Bourges (Ste-Cl. Deville !). Indre-et-Loire :
Perrusson (Méquignon !). Allier : Broût-Vernet (H. du Buysson !). Vosges :
Ëpinal (Ste-CI. Deville !). Drôme : Crest (Argod !). Vaucluse : La Bonde
(Fagniez !). Bouches-du-Rhône : Aix-en-Provence (Abeille !) ; Marseille
(Abeille!). Alpes-Maritimes : Saint-Martin-Vésubie ; Menton ; Sospel (Ste-Cl.
Deville!). Aude : Carcassonne; mont Alaric (Gavoy!); Belcaire (Morel!).
Tarn : Castres (Galibert !). Haute-Garonne : Toulouse, tamisages (Jeannel),
fourmilière de Lasius fuliginosus Latr. (H. du Buysson !). Basses-Pyrénées:
forêt d’Iraty 0 (Mascaraux !); Ahusquy (Nadar!). Landes : Montfort (Mas-
caraux !). Pyrénées-Orientales : Banvuls ; Collioures (Jeannel) ; Fuilla
(Saulcy !). — Espagne. Catalogne : Barcelone (coll. Jeannel) ; forât del
Infern, à Noves (Zariquiey !). — Italie. Alpes maritimes : San Remo
(Schneider !). — Suisse. Jura : Bienne (Mathey !). — Allemagne : Baden
(Holdhaus !). Wurtemberg : Stuttgart (Trappen !). Rhénanie : Crefeld
(Gavoy !).
d. Var. miser Rey. — France. Isère : Grenoble (Guedel !). Hérault :
St. Guilhem-le-Désert (Mayet !). Vaucluse : mont Luberon (Fagniez !).
Alpes-Maritimes : Sospel (Ste-Cl. Deville !).
16. Ptomaphagus (s. str.) dacicus Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 170;
type : Cluj (Mus. Paris).
Roumanie. Transylvanie : Cluj (Jeannel).
17. Ptomaphagus (s. str.) pyrenaeus Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 170 •
type : grotte d’Istaurdy (Mus. Paris). — tarbensis Jeannel, 1922
Arch. Zool. exp., t. 61, p. 64, fîg. 24 (nec Reitter).
Espèce particulière aux grottes des Basses-Pyrénées.
France. Basses-Pyrénées : grotte d’Istaurdy [Biosp. 550] (Jeannel) ; grotte
de la source de Béhérobie [Biosp. 549] (Jeannel).
18. Ptomaphagus (s. str.) carpathicus Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 168 ;
type : Haute-Tâtra (Mus. Paris).
Tchécoslovaquie : Haute-Tâtra, un mâle (Birô !).
19. Ptomaphagus (s. str.) tenuicornis Rosenhauer, 1856, Thier. Andal., p. 61
(Choleva) ; type : Algesiras (coll. R. Oberthur).
(1) D’après N. H. Jov, dans le sud de l'Angleterre jusqu’au Lincoln eo.
(2) Dans les grottes des Basses-Pyrénées se trouve au contraire le P. pyrenaeus cité
plus bas.
90
D' RENE JEANNEL
a. Forma typica. — Marseul, 1884, L’Abeille, XXII, p. 106. — sericatus
Uhagon, 1890, An. Soc. Esp. Hist. nat., XIX, p. 40 (nec Chaudoir).
b. Subsp. mauritanicus Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 169; type :
Le Kef (Mus. Paris). — sericatus Escalera, 1914, Col. Marruecos,
p. 103. -— Ferrante, 1908, Bull. Soc. ent. Égypte, p. 74. — Species
nova, Gridelli, 1930, Ann. Mus. civ. St. nat. Genova, LIV, p. 59 ;
Bengasi. — Rosenhaueri Zanon, 1922, Mem. Soc. ent. Ital., p. 122
(nec Uhagon).
c. Subsp. Rosenhaueri Uhagon, 1890, An. Soc. Esp. Hist. nat., XIX,
p. 44 ; type : Andalousie. — tenuicornis Reitter, 1884, Verh, natf.
Ver. Brünn, XXIII, p. 63. — Seidlitz, 1887, Deutsche ent. Zs., p. 93
(nec Rosenhauer).
Répandu dans le nord de l’Afrique et l’Espagne, souvent myrmécophile, avec
les Lasius. En Espagne, la forme typique est largement répandue, surtout
dans les montagnes ; la race Rosenhaueri , spéciale à l’Andalousie, est aptère
et se rencontre principalement dans les détritus d’inondations.
a. Forma typica. — Espagne. Asturies : Ponferrada (Paganetti !). Monts
Cantabriques (*) : Reinosa (Sharp !); Alsasua (Sharp !). Guadarrama : San
Rafael, fourmilières de Lasius brunneus Latr. (Jeannel) ; La Granja (Sharp !) ;
Navacerrada (Llhagon). Sierra Morena; Pozuelo de Calatrava (Fuente !).
Andalousie : Séville (Cazurro). Algeciras (Rosenhauer).
b. Subsp. mauritanicus Jeannel. — Maroc : Casablanca (coll. Reitter ! ;
coll. Fairmaire !) ; Mogador (Escalera). — Algérie. Oran : Daya (Bedel !).
— Tunisie : Le Kef (Normand!); Kairouan (Abdul- Kérim !). — Cyré¬
naïque : Bengasi (Krügerl). — Égypte : Mariout (Ferrante). — Sicile :
monte Pellegrino (coll. Luigioni !) ; Palerme (Ragusa !).
Obs. — Luigioni (Col. Ital., p. 336) cite le P. sericatus de Sicile et de Malte.
Sans doute s’agit-il du mauritanicus.
c. Subsp. Rosenhaueri Uh. — Espagne. Andalousie : Los Barrios, prov.
de Cadiz (coll. Jeannel); Laguna de la Janda, près de Cadiz (Breuil !).
20. Ptomaphagus (s. str.) aritzensis Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 167;
type : Aritzo (Mus. Paris).
Sardaigne : Aritzo, (Frkl. Millier !, A. Dodero !) ; Seui (A. Dodero !).
21. Ptomaphagus (s. str.) tauricus Jeannel, 1934, Rev. fr. Ent., I, p. 167;
type : monts Davras (Mus. Paris).
Asie mineure. Taurus de Pisidie : monts Davras, près d’Isparta, une femelle
(Weirather !).
(I) Chez les individus cantabriques, le funicule des antennes est souvent court, avec
les articles 3 et 4 subégaux. Mais ce caractère est inconstant; il indique cependant la
formation probable d'une race géographique particulière en cours d’évolution.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
91
22. Ptomaphagus (s. str.) ruthenus Reitter, 1890, Deutsche ent. Zs.,p. 146 ;
type : Bukovine (Mus. Budapest). — Ganglbauer, 1899, Kâf. Mittel-
eur., III, p. 144.
Roumanie : Bucovine (E. Reitter).
23. Ptomaphagus (s. str.) subtruncatus Maklin, 1881, Sv. Ak. Handl., (2)
XVIII, p. 25.
Sibérie.
C. Subgen. Adelops Tellkampf
24. Ptomaphagus (Adelops) californicus Leconte, 1853, Proc. Ac. nat. Sc.
Philad., VI, p. 281 ; type : Californie. — Murray, 1856, Mon.,
p. 79. — Horn, 1880, Trans. Amer. ent. Soc., VIII, p. 263.— Hatch,
1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 203, pl. xv, fîg. 1.
b. Subsp. nevadicus Horn, 1880, Trans. Amer. ent. Soc., VIII, p. 263 ;
type : W. Nevada (Ac. Nat. Sc. Philad.). — Hatch, 1933, 1. c., p. 203,
pl. xv, fig. 2.
Localisé dans le sud-ouest des États-Unis.
a. Subsp. californicus s. str. — Amérique du Nord. Californie, côte du
Pacifique, de San Diego jusqu’à San Francisco. — Carmel, Monterey co.
(M. Hatch !).
b. Subsp. nevadicus Horn. — Amérique du Nord. Nevada : Goldfield.
Colorado : Denver co. Kansas : Douglas co. (M. Hatch).
25. Ptomaphagus (Adelops) Schwarzi Hatch, 1933, Journ. N. Y ent. Soc.,
XLI, p. 203; type : Crescent city (U. S. Nat. Mus.).
Amérique du Nord. Floride : Crescent city (coll. Hubbard et Schwarz).
26. Ptomaphagus (Adelops) latior Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI,
p. 204, pl. xv, fig. 6 ; type : Northfork (Mus. Calif. Ac. Sc.).
Découvert dans un nid de Rat silvestre ; retrouvé dans des Champignons-
Amérique du Nord. Californie, une femelle (Mus. Paris); Northfork (Dietrich) ;
Los Angeles (Coquilett) ; Humbold co. (Barber, in U. S. Nat. Mus.).
27. Ptomaphagus (Adelops) fisus Horn, 1885, Trans. Amer. ent. Soc., XII,
p. 137 ; type : Arizona (Ac. Nat. Sc. Philad.). — Hatch, 1933,
Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 204, pl. xv, fig. 4. — consobrinus
Horn, 1880, Trans. Amer. ent. Soc., VIII, p. 262 (pars).
Dans les terriers des Rats-Kangourous (Dipodomys desertorum ) et des Sper¬
mophiles.
Amérique du Nord. Arizona : Catal Springs ; Galiuro mts. ; Pinal mts.
(Hatch). — Californie : Palm Springs (Hatch !).
28. Ptomaphagus (Adelops) Piperi Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI,
p. 204, pl. xv, fig. 8 ; type : Pullman (U. S. Nat. Mus.).
92 Dr RENÉ JEANNEL
Amérique du Nord. Washington : Pullman (Piper). — Californie (coll.
Horn, Ac. Nat. Sc. Philad.).
29. Ptomaphagus (Adelops) inermis Jeannel, 1933, Bull. Soc. ent. Fr., p. 251 ;
type : Iruqui (Brit. Mus.).
Amérique centrale. Mexique : IrUqui, plusieurs exemplaires (coll. Fry, Brit.
Mus. et Mus. Paris).
30. Ptomaphagus (Adelops) consobrinus Leconte, 1853, Proc. Ac. Nat., Sc.
Philad., VI, p. 281 (Catops) ; type : Géorgie. — Murray, 1856, Mon.,
p. 79. — Horn, 1880, Trans, Amer. ent. Soc., VIII, p. 263, pi. v,
fig. 15. — 1885, 1. c., XII, p. 137. — Blatchley, 1910, Col. Ind.,
p. 261. — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 206, pl. xv,
fig. 9. — strigosus Leconte, 1853, 1. c., p. 281 ( Catops ) ; type : S.
Carolina. — Lecontei Murray, 1856, Mon., p. 80, fig. 52 ; type : S.
Carolina.
Sous les cadavres et dans les feuilles mortes.
Amérique du Nord. Largement répandu aux États-Unis, à l’est des Mon¬
tagnes Bocheuses (Hatch). J’ai pu examiner des exemplaires des stations
suivantes : Maryland : Plummers Island (Hatch ! ); North Carolina : Southern
Pine (Hatch!); Floride: Dunedin (Hatch!).
31. Ptomaphagus (Adelops) Ulkei Horn, 1885, Trans. Amer. ent. Soc., XII,
p. 137; type; Columbia (Ac. Nat. Sc. Philad.). — Hatch, 1933,
Journ. N, Y. ent. Soc., XLI, p. 205, pl. xv, fig. 7.
Amérique du Nord. Columbia (Horn). — Maryland : Plummers Island
(Hatch). —Virginia : Dead Run, Faisfax co. (Hatch).— N. Carolina : Black
mts. (Hatch).
32. Ptomaphagus (Adelops) Darlingtoni, n. sp.; type : Cienfuegos (Mus. of
comp. Zool., Harward college).
Cuba : Cienfuegos, une femelle dans des tamisages (P. J. Darlingtoni).
33. Ptomaphagus (Adelops) texanus Melander, 1902, Psyché, IX, p. 329;
type: Texas. — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 204,
pl. xv, fig. 3.
Myrmécophile, avec Pogonomyrmex bar bains, var. m.olefaciens Buckl.
Amérique du Nord. Texas : Austin; Belfrage; Dallas (Hatch). — Colorado
(Hatch).
34. Ptomaphagus (Adelops) cavernicola Schwarz, 1898, Proc. ent. Soc.
Washington, IV, p. 58 ; type : Onyx cave (U. S. Nat. Mus.). —
Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 204, pl. xv, fig. 5.
Cavernicole.
Amérique du Nord. Missouri : Onyx cave, Washington co. (Schwarz !) ;
Marble cave, Stoine co. (Hatch).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
93
35. Ptomaphagus (Adelops) spelaeus Bilimek, 1867, Verh. zool. bot. Ges.
Wien, XVII, p. 902 (Choleva)-, type: grotte de Cacahuamilpa (Mus.
Wien). — Jeannel, 1922, Arch. Zool, exp.,t. 61, p. 41 ( Dissochaetus ).
Cavernicole.
Mexique : grotte de Cacahuamilpa, à 45 lieues de Mexico (Bilimek et
Knechtel !, Mus. Wien et Mus. Paris).
36. Ptomaphagus (Adelops) Championi, n. sp. ; type : Quiche (Brit. Mus.). —
consobrinus Mathews, 1868, Biol, centr.-amer., Col. II, p. 100 (nec
Leconte).
Guatemala : monts Quiche, près de Santa-Cruz Quiche, ait. 3.000 m. env.,
un mâle (G. C. Champion !).
37. Ptomaphagus (Adelops) Giaquintoi, n. sp. ; type : cueva Sepacuite (Mus.
Paris).
Cavernicole. Espèce dérivée de la souche de P. Championi.
Guatemala : cueva Sepacuite, près de Panzos, Alta Verapaz, plusieurs
exemplaires (D r Giaquinto Mira !), amicalement communiqués par M. le mar¬
quis Savenio Patrizi, de Borne.
38. Ptomaphagus (Adelops) Hatchi Jeannel, 1933, Bull. Soc. ent. Fr., p. 252 ;
type : Wonder cave (Mus. Paris).
Cavernicole.
Amérique du Nord. Tennesee : Wonder cave, à Monteagle (Valentine !).
39. Ptomaphagus (Adelops) Lôdingi Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI,
p. 209, pl. xv, fig. 19 ; type : Shelta cave (U. S. Nat. Mus.).
Cavernicole.
Amérique du Nord. Alabama : Shelta cave, Madison co. (Lôding ; Valentine !).
40. Ptomaphagus (Adelops) Valentinei Jeannel, 1933, Bull. Soc. ent. Fr.,
p. 252 ; type : Old Salter cave (Mus. Paris).
Cavernicole.
Amérique du Nord. Alabama : Old Salter cave, Limrock co. (Valentine !).
41. Ptomaphagus (Adelops) mitchellensis Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc.
XLI, p. 208 ( Adelops) ; type : Black mts. (Amer. Mus. Nat. Hist.).
Amérique du Nord, monts Appalaches. N. Carolina : mount Mitchell, Black
mountains.
42. Ptomaphagus (Adelops) hirtus Tellkampf, 1844, Arch. Naturg., X, p. 318,
pl. vm, fig. 106; type : Mammoth cave. — Hatch, 1928, Col. Cat.,
pars 95, p. 169 (Bibliogr.). —1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 208,
Cavernicole.
Amérique du Nord. Kentucky: Mammoth cave (Jeannel); Dixon’s cave,
Edmonson co. ; Horse cave, Barren co. (Jeannel) ; Indian cave, Lyon cave,
Ronald’s cave, Saltpeter cave, Barren co. (U. S. Nat. Mus. !).
94
D' RENÉ JEANNEL
5. Gen. SYNAULUS Portevin
Synaulus Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 157 ; type : S. agilis Reitter.
— Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 42. — Myrmecobius Lucas,
1849, Explor. scient. Alg., II, p. 233; type : M. agilis Luc. (nec Myr¬
mecobius Waterhouse). — Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII,
p. 63.
Larva. — Peyerimhoff, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 88.
Biol. — Wasmann, 1894, Krit. Verz. Myrm. und Term. Arthrop., p. 128.
Fig. 456-160 : Genre Synaulus Port. : S. agilis Luc. —Fig. 156. Antenne droite, x 65. —
Fig. 157. Patte antérieure droite du mâle, X 65. — Fig. 158. Patte intermédiaire droite
du mâle, x 65. — Fig. 159. Organe copulateur de profil, x 65. — Fig. 160. Sommet
de l’organe copulateur, face dorsale, x 90.
Taille de 2 à 2,5 mm. Forme très large et convexe, les côtés du pronotum
et des élytres largement explanés, la tête entièrement rétractile ; dans l’atti¬
tude de défense, l’insecte se met en boule, fléchissant son prothorax et abritant
ses pattes sous les côtés du corps. Pubescence dorée, courte et couchée. Tégu¬
ments couverts de strioles transverses fines et serrées. Ailés.
Front très transverse ; les yeux relativement petits, plus courts que l’espace
séparant leur bord antérieur des antennes. Cet espace, qui est concave chez les
Ptomaphagus , est au contraire convexe chez Synaulus. Antennes excessive¬
ment courtes et compactes (fig. 156), formant une massue très large et aplatie.
Le funicule se loge dans une gouttière creusée sur les côtés de la tête et la
massue aplatie est appliquée contre les épipleures prothoraciques où elle se
trouve en entier abritée. Palpes maxillaires très courts, mais semblables à
ceux des Ptomaphagus \ l’article terminal conique et grêle.
Pronotum en bouclier très ample, ses côtés explanés et très arrondis, les
angles postérieurs émoussés, mais saillants en arrière, la base bisinuée. Elytres
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
95
courts, larges, atténués au sommet ; bord apical arrondi chez les mâles,
oblique avec les angles suturaux saillants et contigus chez les femelles ; le
disque régulièrement convexe, sans dépression suturale, la strie suturale
entière mais peu marquée.
Carène mésosternale très basse, réduite à une sorte de bourrelet longitudinal
de la saillie intercoxale du mésosternum.
Pattes très courtes, entièrement rétractiles sous le corps ; les fémurs et les
tibias très larges et très aplatis (fîg. 157 et 158). Les tibias portent l’armature
apicale habituelle des Ptomaphagus, mais sont extraordinairement aplatis,
presque quadrangulaires. Tarses réduits, courts et très épais (fig. 158).
Pas d’autres caractères sexuels secondaires qu’une faible dilatation des tarses
antérieurs du mâle et le dimorphisme das élytres.
Organe copulateur identique à celui des Ptomaphagus s. str. (fîg. 159 et 160).
Les Synaulus sont myrmécophiles et ne se trouvent que dans les nids des
Aphaenogaster. Leurs caractères évolutifs sont fort remarquables. Les pièces
buccales ne différent pas de celles des Ptomaphagus, ce qui semble indiquer
qu’ils doivent se nourrir au dépens des provisions des Fourmis ; mais la briè¬
veté des antennes logées dans une gouttière ventrale de la tête, la rétractilité
des pattes très courtes et leur protection par une attitude d’enroulement du
corps, indiquent que les Synaulus ont à se défendre des Fourmis et sont sim¬
plement tolérés dans leurs nids souterrains. Ils sont souvent assez nombreux
dans un même nid et on les trouve sous les pierres et dans les galeries de la
fourmilière, courant au milieu des Aphaenogaster.
Le genre est localisé dans l’Afrique du Nord. Il ne paraît pas exister au
Maroc ni dans les environs d’Oran.
Tableau des espèces
1. Strioles transverses plus fortes, la pubescence plus longue et plus
fournie ; chaque poil est plus long que la distance séparant deux
strioles. Angles postérieurs du pronotum plus arrondis ('). Coloration
noire. Long. 2 à 2,5 mm. (Algérie et Tunisie). [Fig. 156 à 160]. 1. agilis Luc.
— Strioles transverses plus fines, la pubescence très courte ; chaque poil,
très petit, ne dépasse pas la largeur d’un espace interstriolaire.
Angles postérieurs du pronotum un peu plus accusés. Coloration
brunâtre. Long. 2 mm. (Algérie et Tunisie). 2. pruinosus Reitt.
1. Synaulus agilis Lucas, 1849, Expi. scient. Alg., II, p. 234 ; type : La
Calle (Mus. Paris.)— Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII,
p. 63. — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 21, fig. 30 et 31.
(1) Reitter caractérise son S. pruinosus par ses angles postérieurs du pronotum plus
saillants en arrière, dépassant en arrière le niveau du bord postérieur du pronotum sur
la ligne médiane. En réalité, ce caractère n’est guère fidèle. La saillie des angles posté¬
rieurs est variable dans les deux espèces et apparaît d’autant plus forte que le prothorax
se trouve en flexion par rapport à l’arrière-corps et aux élytres.
96
D r RENÉ JEANNEL
Myrmécophile, dans les nids à'Aphaenogaster testaceopilosus Lucas.
Algérie. Oran : Tiaret (coll. Jeannel). —• Alger : Teniet-el-Had (Bedel !) ;
massif des Mouzaïa (Peyerimhoff !) ; Alger (Léveillé !) ; Saint-Charles, près
d’Alger (Théry !); Yakouren, en Kabylie (Puel !). — Constantine : djebel
Edough (Bedel !) ; Laverdure (Abeille !) ; Constantine (Jeannel) ; djebel Babor
(Jeannel). — Tunisie : Teboursouk (Sicard !)).
2. Synaulus pruinosus Reitter, 1881, Verh. natf. Ver. Brünn, XXXI,
p. 87 ; type : Algérie (Mus. Paris). — 1884, 1. c., XXIII, p. 63.
Myrmécophile, dans les nids A' Aphaenogaster testaceopilosus Luc. Beaucoup
plus rare que le précédent.
Algérie. Alger : Saint-Charles (Théry !) ; plaine de la Mitidja (Bedel !) ;
Yakouren, en Kabylie (Puel!). — Constantine : djebel Edough (Bedel!). —
Tunisie : Teboursouk (coll. Mesmin !).
II. Sous-famille NEMADINAE , nov.
Groupe caractérisé principalement par la structure de son organe copula-
teur : le segment génital est très développé, l’organe copulateur du type droit,
non arqué, muni d’un tegmen complet dont la pièce ventrale est ample et
lamelleuse.
Cette sous-famille est un groupe gondwanien. Les deux tribus Agyrtodini
et Nemadini sont représentées dans l’Amérique du Sud, l’Australie, la Nouvelle-
Zélande et l’Indo-Malaisie. La tribu des Oritocatopini est spéciale à l’Afrique
australe et orientale.
Catopidae de petite taille, généralement ailés, mais de forme variable. Les
téguments sont striolés sur tout le corps chez les genres les plus primitifs
(Archaeonemadus, Pseudonemadus). Dans la grande majorité des espèces, les
striolés transverses persistent sur les élytres et y sont très fines, tandis que le
pronotum est ponctué. Mais il existe aussi quelques genres australiens (Nar-
giotes, Rangiola) chez lesquels la sculpture est formée d’une ponctuation
diffuse semblable à celle des Catopinae.
Les Agyrtodini sont très remarquables par leur tête non rétractile, sans
carène occipitale, semblable à celle des Liodidae. Chez les autres tribus, la tête
est rétractile et munie d’une carène occipitale, acérée et tranchante chez les
Nemadini , obtuse et très peu saillante chez les Oritocatopini et rappelant dans
ce cas celle des Bathysciinae. L’épistome est soudé, sans trace de suture.
Palpes maxillaires variables, mais l’avant-dernier article toujours peu renflé,
guère plus large ou plus étroit que le dernier. Celui-ci est très long et fusi-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
97
forme chez les Agyrtodini et les Oritocatopini, court et conique chez les Nema-
dini.
L’armature des tibias est variable. Toutefois, le type le plus fréquent est
celui constitué par des éperons internes et externes. Quelques genres montrent
des ébauches de corbeilles apicales aux quatre tibias postérieurs ( Pseudone-
madus, Nargiotes ) et on trouve ces organes aussi développés que chez les
Ptomaphagus dans le genre Eocatops. L’éperon interne enfin prend un dévelop¬
pement très remarquable chez les Dissochaetus. Tarses antérieurs de cinq
articles dans les deux sexes. Le tarse intermédiaire est simple chez le mâle,
ou avec un seul article dilaté.
Les cavités coxales intermédiaires sont soit séparées par une épaisse apo¬
physe du mésosternum ( Agyrtodini , Oritocatopini ), soit confluentes (Nema-
dini ), mais le mésosternum est toujours caréné sur la ligne médiane. Chez
Oritocatops les épisternes mésothoraciques sont fusionnés aux épimères et les
épisternes métathoraciques sont très étroits (fig. 23) ; cette structure rappelle
celle des Eucatops (fig. 22), mais cette ressemblance est le fait d’une conver¬
gence et non l’indice d’une parenté. Dans les autres tribus (fig. 24 et 25), les
épimères mésothoraciques sont courts et transverses, les épisternes métatho¬
raciques plus larges. Hanches postérieures toujours contiguës.
Segment génital très développé, présentant tous les caractères d’un urite
complet ; il est particulièrement long et tubuleux chez certains genres sud-amé¬
ricains (fig. 298). Dans la région indo-malaise se trouve un genre très primitif,
Archaeonemadus (fig. 219 à 222) dont l’organe copulateur est très rudimentaire,
informe, et chez lequel la fonction copulatrice paraît s’exercer surtout par le
segment génital. Celui-ci est particulièrement évolué et les pleurites, armés de
soies spécialisées, sont à demi articulés et mobiles et semblent devoir jouer le
rôle sensoriel habituellement dévolu aux styles. On peut se demander s’il
s’agit d’une atrophie secondaire de l’organe copulateur par suite de la spéciali¬
sation du segment génital, ou bien si l’on se trouve en présence d’un genre de
Coléoptères ayant encore l’organe copulateur à l’état d’ébauche. Quoi qu’il en
soit, il est curieux de constater que l’armure génitale de ces Archaeonemadus
est d’un type qui rappelle assez celle des Orthoptères.
Lorsque l’organe copulateur est bien développé, c’est-à-dire chez tous les
genres autres que Archaeonemadus , le pénis est droit, non arqué, triangulaire,
avec une longue lame basale ; le tegmen est complet, muni d’une pièce ven¬
trale ample et lamelleuse ; les styles très développés et généralement aplatis
sont insérés dorsalement, mais non reliés par une pièce dorsale. On a vu que
ce type de pénis droit est en corrélation avec le grand développement du seg¬
ment génital chez des espèces dont la copulation se fait selon le mode « abdomi¬
nal ». Sac interne muni de phanères assez diverses, rangées de dents, écailles,
etc., mais sans stylet basal évaginable comme celui des Eucatopinae.
Les Nemadinae sont originaires du continent de Gondwana (cartes, fig. 161
et 216). Deux tribus, Nemadini et Agyrtodini présentent la même distribution,
MÉMOIKES DU MUSEUM, nouvelle série, tome I. 7
98
D' RENÉ JEANNEL
à la fois dans l’Amérique du Sud et d’autre part l’Australie, la Nouvelle-Zé¬
lande et la région indo-malaise. Cette distribution résulte d’une migra¬
tion par le sud du Pacifique pendant le Tertiaire et il semble qu’on puisse
supposer que les deux lignées soient d’origine gondwanienne et se soient pro¬
pagées vers le sud de l’Amérique du Sud par les terres antarctiques. Leur
histoire est certainement comparable à celle des Homaloderini, dans le groupe
des Trechinae.
Toutefois, on ne connaît aucune espèce des Trechinae Homaloderini de la
Fig. 161. Carte de la répartition des Agyrtodini et des Oritocatopini, avec la reconstitu-
tution paléogéographique des continents à l’Eocène. Les Agyrtodini ( Ag.) occupent
la région australienne et le Chili, en connexion par les terres sud-pacifiques ; les Orito¬
catopini (Or.) sont isolés sur le fragment africain de Gondwana.
Nouvelle-Zélande, alors que les Nemadinae y sont abondamment représentés.
Il faut remarquer cependant que ceux-ci, aussi bien les Agyrtodini que les
Nemadini , paraissent ne se trouver surtout que dans l’île du Nord ('). Il est
vrai que nous les connaissons presque exclusivement par les chasses de Th.
Broun, qui habitait Auckland, dans North Island, et a surtout exploré cette
partie de la Nouvelle-Zélande. Mais il a aussi visité Middle Island et on verra
plus loin qu’il a décrit de nombreuses espèces des genres Paracatops et Meso-
colon de cette île du sud. Il semble donc bien que les Paracatopini de la sous-
famille Anemadinae soient un élément ancien de la faune néo-zélandaise,
(1) Seul YAgyrtodes monticola Broun se trouve à la fois dans North Island et Middle
Island.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
99
répandu dans tout l’archipel, et que les Nemadinae soient plus récents, venus
de l’Australie, et surtout répandus dans North Island.
Quant aux Oritocatopini , ils sont localisés dans l’Afrique australe et orien¬
tale, absolument comme la lignée des Plocamotrechus, de la tribu des Tre-
chinae Trechodini. Par de nombreux caractères, les Oritocatopini sont plus
directement alliés aux Agyrtodini qu’aux Nemadini. Ils ont dû se détacher à
une époque relativement ancienne, au Secondaire, des autres Nemadinae et
évoluer sur un fragment du Gondwana constitué par l’Afrique australe pro¬
longée vers le sud jusqu’à l’archipel des Crozet, mais indépendant de Mada¬
gascar et d’autre part de l’Antarctique. Il est intéressant de constater que ce
type de distribution déjà établi à propos des Plocamotrechus dans ma Mono¬
graphie des Trechinae, se retrouve chez les Catopidae. On en découvrira cer¬
tainement d’autres exemples en révisant de même d’autres familles de Coléop¬
tères.
Les Nemadinae sont surtout des insectes lucicoles, vivant dans les débris
végétaux décomposés. Le genre Nemadus est surtout composé d’espèces myr-
mécophiles, mais peu d’espèces de la sous-famille ont subi l’évolution souter¬
raine. Il existe, cependant, sur le mont Elgon, des Oritocatops endogés, aveugles
et dépigmentés, qui ressemblent curieusement par convergence aux Bathys-
ciola de la région méditerranéenne.
Tableau des tribus
1. Palpes maxillaires à dernier article conique, pas plus long que l’avant
dernier. Tête rétractile, la carène occipitale haute et tranchante.
Cavités coxales intermédiaires fusionnées sur la ligne médiane.
(Amérique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie, Indo-Malaisie et
toute la région holarctique). v. Trib. Nemadini, nov.
— Palpes maxillaires à dernier article fusiforme, bien plus long que
l’avant-dernier. Cavités coxales intermédiaires séparées par l’apo¬
physe intercoxale. 2.
2. Tête non rétractile, sans trace de carène occipitale. (Amérique du
Sud, Nouvelle-Zélande et Australie). iii. Trib. Agyrtodini, nov.
— Tête rétractile, la carène occipitale obtuse, mais nettement accusée
(Afrique australe et orientale). iv. Trib. Oritocatopini, nov.
m. Trib. Agyrtodini, nov.
Groupe réparti dans le sud de l’Amérique du Sud, l’Australie et la Nouvelle-
Zélande, remarquable par la forme de la tête, sans carène occipitale.
Plusieurs genres forment cette tribu et ceux de l’Amérique du Sud étaient
jusqu’à présent rangés parmi les Agyrtini dans la famille des Silphidae. Ils
sont d’ailleurs assez différents les uns des autres par la forme générale. En
100
D r RENÉ JEANNEL
Australie se trouvent de petites espèces globuleuses, mais la plupart des genres
sont de forme oblongue, le pronotum étant plus ou moins rétréci à la base. Il
est remarquable que beaucoup d’espèces australiennes et néo-zélandaises
portent des dessins, fascies transverses ou taches pâles, accusées par la
pubescence qui est argentée sur les taches et dorée sur le reste du corps.
D’autre part, on verra que le genre australien Cholevomorpha présente des
caractères sexuels secondaires fort curieux.
Tableau bes genres
1. Partie préantennaire de la tête courte et large, le labre transverse
bien plus large que long. 2.
— Partie préantennaire de la tête allongée en museau, le labre étroit,
subcarré, plus long que large. 6.
2. Pronotum à côtés peu arqués, non rétrécis à la base, la plus grande
largeur aux angles postérieurs. Sculpture du pronotum très fine,
imperceptible, le tégument lisse et brillant ; strioles des élytres
fines et serrées. Antennes et pattes très grêles. 3.
— Pronotum à côtés très arrondis, rétrécis à la base, la plus grande
largeur vers le milieu, les angles postérieurs effacés ou saillants
en arrière. Ponctuation du pronotum forte. 4.
3. Ovalaire et déprimé, Je pronotum ample, ses angles postérieurs sail¬
lants en dehors. Onychium du tarse antérieur armé de trois ongles
inégaux, tout au moins chez le mâle. (Australie).
. 6. Gen. Cholevomorpha Blackb.
— Très convexe, le pronotum convexe, ses angles postérieurs non
saillants en dehors, appliqués sur la région humérale de l’élytre.
Onychium du tarse antérieur biongulé dans les deux sexes. (Australie,
Nouvelle-Zélande, Chili). 7. Gen. Agyrtodes Port.
4. Pronotum à ponctuation râpeuse normale, relativement superfi¬
cielle et dense. Forme oblongue, allongée et étroite, les antennes
longues et robustes, non aplaties, les élytres sans autre strie que la
suturale, les strioles transverses fines et régulières. Tarses grêles,
les intermédiaires simples chez le mâle. (Chili).
. 10. Gen. Dasypelates Port.
— Pronotum couvert de gros points enfoncés profonds et peu serrés.
Pattes robustes, à tarses courts et épais ; antennes longues et
robustes, non aplaties. 5.
5. Élytres avec une strie suturale entière et des traces de côtes lon¬
gitudinales sur le disque, couverts de grosses strioles transverses
assez espacées. Tarse intermédiaire à premier article très dilaté chez
le mâle. (Chili). 11. Gen. Eupelates Port.
— Élytres sans trace de strie suturale ni de côtes discales, couverts de
MONOGRAPHIE DES GATOP1DAE
101
gros points enfoncés disposés sans ordre, aussi gros, profonds et espacés
que sur le pronotum. (Australie). 12. Gen. Blackburniella, nov.
6. Forme courte et épaisse, ovoïde et convexe, le pronotum petit,
très rétréci en avant, ses côtés presque rectilignes, la base plus
de deux fois aussi large que le bord antérieur. Ëlytres très renflés
dans la région humérale, très acuminés à l’apex. Faciès des Cyphon.
Antennes excessivement grêles et longues. (Nouvelle-Zélande). . . .
. 8. Gen. Zearagytodes, nov.
— Forme oblongue et allongée, le pronotum subcarré, non transverse,
la base guère plus large que le bord antérieur. Élytres oblongs.
Insectes de coloration claire, tachés de noir. Sculpture du pronotum
formée de tubercules effacés, le tégument très brillant. Élytres
avec des strioles transverses très grossières et espacées. (Nouvelle-
Zélande) . 9. Gen. Zeagyrtes Br.
6. Gen. CHOLEVOMORPHA Blackburn
Cholevomorpha Blackburn, 1891, Trans. Roy. Soc. S. Austr., XIV, p. 89;
type : Ch. picta Blackb.
Ce genre a été fondé par Blackburn pour une espèce australienne à carac¬
tères sexuels étranges et qui lui paraissait faire passage entre les Silphidae et
les Liodidae. En réalité, il s’agit bien d’un Catopide. Quant aux trois autres
espèces décrites par le même auteur dans un travail ultérieur (1903, 1. c.,
XXVII, p. 95) comme appartenant au même genre, elles ne présentent pas du
tout les mêmes caractères et seront placées ici dans les deux genres Agyrtodes
et Blackburniella , nov.
Taille de 3 mm. Ailé. Forme générale ovalaire, large et peu convexe. La
ponctuation de la tête forte et profonde, celle du pronotum très fine, les élytres
couverts de strioles transverses râpeuses, régulières, assez serrées et perpendi¬
culaires à la suture. Pubescence longue et couchée, bicolore.
Tête sans trace de carène occipitale, le front court et étroit en avant des
antennes, l’épistome indistinct, le labre transverse. Palpes maxillaires à der¬
nier article fusiforme, bien plus long que l’avant-dernier (fig. 163). Antennes
très fines, la massue non aplatie.
Pronotum déprimé, à côtés bien arqués, la plus grande largeur à la base,
celle-ci rectiligne ; angles postérieurs droits, débordant les épaules, non appli¬
qués sur la surface de l’élytre (fig. 162). Ëlytres peu convexes, ovalaires, la
strie suturale entière ; pas trace de côtes discales.
Mésosternum caréné ; hanches intermédiaires séparées.
Pattes très grêles, les tibias droits, armés d’éperons internes et externes,
les tibias intermédiaires très épineux. Tarses longs et grêles.
Les caractères sexuels secondaires des tarses sont très extraordinaires. Les
102
D' KENÉ JEANNEL
tarses antérieurs sont dilatés chez le mâle (fig. 164), mais l’onychium porte
trois ongles inégaux. L’interne est long et grêle, de forme normale ; l’externe,
déjeté sur la face externe, est replié en faux, très grand; le médian enfin
est un peu plus court et plus large que l’ongle interne. D’autre part, le
premier article du tarse intermédiaire est dilaté et crénelé sur tout son bord
ventral (fig. 165).
Comme la femelle est inconnue, il est impossible d’affirmer que cette trion-
gulie du tarse antérieur soit réellement un caractère sexuel n’existant que chez
le mâle. Le fait est d’ailleurs probable et on verra que l’onychium de certains
Nargus (N. Mohammedis Saulcy) présente chez le mâle une dent latérale
Fig. 162-165 : Genre Cholevomorpha Blackb. : Ch. picta Blackb., du Victoria. — Fig. 162.
mâle, type, x 16. — Fig. 163. Palpe maxillaire gauche. — Fig. 164. Tarse antérieur
droit du mâle, montrant les trois ongles de t’onychium. — Fig. 165. Tarse intermédiaire
droit du mâle.
acérée. Sans pouvoir l’affirmer, il m’a semblé que chez Cholevomorpha les
ongles interne et médian sont les ongles normaux et que l’ongle externe falci-
forme doit être une phanère surajoutée.
Organe copulateur inconnu. Le type est un mâle ; mais il est unique et sa
dissection n’a pas pu être faite.
1. Cholevomorpha picta Blackburn, 1891, Trans. Roy. Soc. S. Austr., XIV,
p. 90 ; type : Victoria (Brit. Mus.).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
103
Brunâtre avec des marbrures pâles soulignés par la pubescence qui est
argentée sur les taches, dorée sur les parties sombres. [Fig. 162 à 165],
Australie. Victoria : dans les amas de feuilles mortes sur les plus hautes
montagnes (Blackburn !).
7. Gen. AGYRTODES Portevin
Agyrtodes Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 75 ; type : A. ovatus Port.—
Cholevomorpha Blackburn, 1903, Trans. Roy. Soc. S. Austr., XXVII,
p. 95 (nec Blackburn, 1891,1. c., XIV, p. 89). — Ragytes Portevin,
1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII, p. 196; type : R. luteipes Port.
(= Choleva monticola Broun).
Fig. 166-169 : Genre Agyrtodes Port. : A. ovatus Port., du Chili. — Fig. 166. Mâle, type,
X 16. — Fig. 167. Palpe maxillaire gauche. — Fig. 168. Organe copulateur, de profil,
le sac interne évaginé, x 65. — Fig. 169. Segment génital mâle, face ventrale, X 65.
Le genre a été fondé pour une espèce du Chili, mais il faut lui rattacher toute
une série d’espèces de la Nouvelle-Zélande décrites par Broun sous les noms
de Choleva et de Mesocolon , ainsi que celles de l’Australie attribuées en 1903
par Blackburn à son genre Cholevomorpha (1891, type : Ch. picta Blackb.).
Portevin croyait que son genre Agyrtodes (A. ovatus Port.) devait appartenir
aux Agyrtini et M. Hatch lui a assigné cette place dans le Catalogus. En réalité,
aucun caractère ne distingue l’espèce chilienne des autres espèces que je
groupe ici auprès d’elle, dans le même genre : les caractères extérieurs sont les
mêmes et l’organe copulateur présente absolument la même structure.
104
D r RENE JEANNEL
Taille de 1,5 à 3 mm. Ailés. Forme très convexe, plus ou moins allongée,
subhémisphérique chez de petites espèces australiennes, plus souvent oblongue.
Téguments pigmentés, souvent avec des fascies transverses ou des taches pâles
sur les élytres, soulignées par la pubescence qui est argentée sur les taches
et dorée sur le reste du corps. Sculpture fine, imperceptible sur le pronotum
qui paraît lisse, formée de strioles transverses régulières, un peu obliques sur
les élytres.
Fig. 170-176 : Genre Agyrtodes Port. — Fig. 170. A. monlicola Broun, de Picton, Nou¬
velle-Zélande, mâle, x 20. —Fig. 171. Palpe maxillaire gauche. — Fig. 172. Tarse
intermédiaire droit du mâle, X 65. — Fig. 173. Organe copulaleur du même, face dor¬
sale, x 90. — Fig. 174. Sommet du style gauche du même, face interne, X 180. —
Fig. 175. Segment génital mâle du même, X 90. — Fig. 176. A. variegatus, n. sp., d’11-
lawarra, N. S. Wales, organe copulateur, face dorsale, x 90.
Tête non rétractile, sans carène occipitale, les yeux gros et sphériques ;
épistome indistinct, le labre bien plus large que long. Palpes maxillaires à
dernier article effilé, bien plus long que l’avant-dernier (fig. 171). Antennes
très grêles, très fines, à massue très déliée et un peu aplatie.
Pronotum très convexe, ses côtés peu arqués, la plus grande largeur au
niveau des angles postérieurs, qui sont émoussés, non saillants ; la base recti¬
ligne. Élytres courts et convexes, renflés ; la strie suturale entière, les strioles
transverses râpeuses.
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
105
Mésosternum caréné ; cavités coxales intermédiaires séparées par l’apophyse
mésosternale.
Pattes grêles, les tibias droits, hérissés de longs poils épineux, armés d’épe¬
rons internes et externes (fig. 172). Les tarses grêles.
Chez le mâle, les trois premiers articles du tarse antérieur sont dilatés, le
tarse intermédiaire est simple.
Organe copulateur mâle droit, non arqué, La lame basale du pénis est longue
et abrite un gros sac interne dans lequel se voient deux gros paquets longitudi¬
naux d’épines très nombreuses (fig. 168 et 173). Tegmen complet, la lame ven¬
trale très longue. Styles grands, aplatis, avec une soie apicale et un rang de
soies nombreuses sur le bord interne.
Segment génital guère plus long que large, les pleuro-sternites et le tergite
armés de soies (fig. 169, 175 et 180).
La distribution du genre est très remarquable, s’étendant à la fois au Chili
et à la région australienne et néo-zélandaise. S’il existe de nombreux groupes
ayant cette répartition, il est rare que l’isolement de part et d’autre du Paci¬
fique n’ait pas produit de divergences génériques.
Tableau des espèces
1. Forme oblongue, allongée, mais très convexe; les côtés du prono-
tum presque parallèles dans le tiers basal. Brun de poix brillant, les
antennes et les pattes rougeâtres. Antennes longues, à article 8
plus long que large (fig. 177). Long. 2,5 mm. (Nouvelle-Zélande).
[Fig. 177 à 180]. 6. hunuensis Br.
— Forme plus courte et large, très convexe ; les côtés du pronotum non
parallèles dans leur partie postérieure. 2.
2. Élytres relativement longs, renflés dans la moitié postérieure, le pro¬
notum proportionnellement petit et court. Antennes longues, l’ar¬
ticle 8 un peu plus long que large. Coloration brun rougeâtre uniforme.
Tarses antérieurs des mâles très dilatés, bien plus larges que le
sommet du tibia. Long. 2,8 mm. (Chili). [Fig. 166 à 169] 1. ovatus Port.
— Elytres courts, non renflés mais atténués dans la moitié apicale, le
pronotum proportionnellement plus grand. Tarses antérieurs mâles
moins dilatés. 3.
3. Article 8 des antennes subglobuleux, les 9 et 10 aussi longs ou à peine
plus longs que larges, la massue nettement dilatée et aplatie... 4.
— Article 8 des antennes subcylindrique, allongé, les 9 et 10 deux
fois aussi longs que larges, la massue très effilée, à peine indiquée.... 7.
4. Article 6 des antennes un peu plus large que le 5, le 7 dilaté dès la
base. Grande taille. Brun de poix brillant uniforme, les antennes
et les pattes testacées rougeâtres, les tibias brunâtres. (Nouvelle-
Zélande). [Fig. 170 à 175]. 5. monticola Br.
106
1> RENE JEANNEL
— Article 6 des antennes pas plus épais que le 5, le 7 triangulaire,
dilaté au sommet seulement, la massue plus déliée. Taille plus
faible, de moins de 2,5 mm. 5.
5. Forme plus ovale. En entier testacé rougeâtre, les strioles des
élytres très fines. Long. 2,4 mm. (Australie). 2. Koebelei Blackb.
— Forme plus régulièrement hémisphérique, plus courte. Noir, avec ou
sans fascies élytrales. 6.
Fig. 177-180 : Genre Agyrtodes Port. : A. hunuensis Broun, de Hunua, Nouvelle-Zélande.
— Fig. 177. Mâle, x 16. — Fig. 178. Palpe maxillaire droit, X 65. — Fig. 179. Organe
copulateur, face dorsale, x 90. — Fig. 180. Segment génital mâle, face ventrale, x90.
Fig. 181-183 : Genre Zeagyrtes Broun : Z. vilticollis Broun, de Wailakerei, Nouvelle-
Zélande. — Fig. 181. Femelle, x 16. — Fig. 182. Palpe maxillaire gauche. — Fig. 183.
Tibia antérieur droit, x 65.
6. Brun de poix brillant, la tête, le bord antérieur du pronotum et
quatre fascies transverses sur les élytres d’un testacé rougeâtre, la
pubescence argentée bien visible sur les fascies ; antennes et pattes
rougeâtres. Strioles des élytres fines et perpendiculaires à la suture.
Long. 2,4 mm. (Australie). [Fig. 176]. 3. variegatus, n. sp.
— Noir brillant uniforme, les antennes rembrunies, les pattes brun
rougeâtre. Strioles des élytres plus fortes, espacées, un peu obliques
dans la région suturale. Long 2 mm. (Australie)... 4. atropos Blackb.
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
107
7. Fauve, la moitié apicale des élytres noire, avec de petites fascies
claires; antennes et pattes brunâtres. Forme générale un peu
allongée et très convexe. Long. 3 mm. (Nouvelle-Zélande). 7. bicolor Br.
— Brunâtre, les élytres avec quatre fascies transverses irrégulières
pâles, accusées par la pubescence qui est argentée sur les fascies,
dorée sur les parties sombres ; antennes et pattes rougeâtres. 8.
8. Forme courte, subhémisphérique comme chez A. monticola (fig. 170).
Sculpture des élytres bien plus fine. Long. 2,8 mm. (Nouvelle-
Zélande) . 8. varius, n. sp. (‘)
— Forme plus allongée ; sculpture des élytres bien plus forte. Long.
2,8 mm. (Nouvelle-Zélande). 9. nebulosus Br.
1. Agyrtodes ovatus Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 75; type : Chili
(Mus. Paris). — M. Hatch. 1928, Col. Cat., pars 95, p. 77.
Chili, un mâle (Germain !).
2. Agyrtodes Koebelei Blackburn, 1903,Trans. Roy. Soc. S. Austr., XXVII,
p. 95 ( Cholevomorpha ) ; type : Queensland (Brit. Mus.).
Australie. Queensland : Cairns, Nares co., un seul exemplaire (Koebelé !).
3. Agyrtodes variegatus, n. sp., ; type : Illawarra (Brit. Mus.).
Australie. New South Wales : Illawarra, Camden co., quatre exemplaires
(G. E. Bryant !, Brit. Mus. et Mus. Paris).
4. Agyrtodes atropos Blackburn, 1903, Trans. Roy. Soc. S. Austr., XXVII,
p. 96 ( Cholevomorpha) ; type : Victoria (Brit. Mus.).
Australie : Victoria (Blackburn !). — Tasmanie : Hobarttown (G. C. Cham¬
pion!, in Mus. Paris.)
5. Agyrtodes monticola Broun, 1893, Man. N. Zeal. Col., VII, p. 1434 (Cho¬
iera) ; type : Waikato (Brit. Mus.). — nemoralis Broun, 1909, Ann.
Mag. nat. Hist., (8) III, p. 230 ( Choleva ); type : Broken river (Brit.
Mus.). — luteipes Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII,
p - 196 (Ragytes) ; type : Nouvelle-Zélande (Mus. Dahlcm).— labralis
Broun, in litt. ; Glen Hope (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : monts Pirongia, près de Port Waikato,
côte occidentale (Urquhart !, coll. Broun) ; Glen Hope (Broun !) ; monts Waï-
iti, à l’est du Lake Taupo (Th. Broun!). — Middle Island : Picton, sur le dé¬
troit de Cook, distr. Marlborough (Helms !, in coll. Sharp, Brit. Mus.);
Kumara, près de Greymouth (Helms !, in coll. Sharp, Mus. Paris) ; Hermitage
versant oriental du mont Holmes, Southern Alps (Broun !) ; Routebourn, lac
Watatipu, comté d’Otago (Broun !) ; Broken river, comté de Canterbury
(J. H. Lewis !).
(I) Cette espèce se trouve sous ce nom dans la collection du major Th. Broun, au
British Muséum ; mais elle n’a jamais été décrite, à ma connaissance.
108
D' RENÉ JEANNEL
6. Agyrtodes hnnuensis Broun, 1893, Man. N. Zeal. Col., VII, p. 1434
(Choleva) ; type : Hunua range (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Maketu, Hunua range, aux environs de
Drury, non loin d’Auckland, plusieurs exemplaires dans les feuilles mortes
(Th. Broun !, Brit, Mus. et Mus. Paris).
7. Agyrtodes bicolor Broun, 1880, Man. N. Zeal. Col., I, p. 155 ( Mesocolon );
type : Tairua (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Tairua, près d’Auckland (Broun !) ; Hunua
range, aux environs de Drury (Broun !).
8. Agyrtodes varius, n. sp. ; type : Howick (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Howick, près d’Auckland (Broun !) ;
Papakura, près d’Aukland (Broun !).
9. Agyrtodes nebulosus Broun, 1880, Man. N. Zeal. Col., I, p. 155 (Mesoco¬
lon) ; type : Tairua (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Tairua, près d’Auckland (Broun !) ; Hunua
range, aux environs de Drury (Broun !).
8. Gen. ZEARAGYTODES, nov.
Type : Mesocolon maculifer Broun.
Taille de 2 à 3 mm. Ailés. Bien différents des Agyrtodes néo-zélandais par la
forme générale. Le faciès rappelle celui des Cyphon : le pronotum est petit, très
rétréci en avant, les élytres dilatés aux épaules et très acuminés au sommet.
Élytres avec des taches, la pubescence bicolore, argentée sur les taches pâles,
dorée sur les parties foncées. Tête et pronotum ponctués, élytres striolés en
travers.
Tête sans carène occipitale, la partie préantennaire du front courte et large,
l’épistome indistinct, le labre très allongé, plus long que large, yeux très volu¬
mineux, sphériques. Palpes à dernier article bien plus long que l’avant-dernier.
Antennes très fines, très longues, les articles de la massue non aplatis, à peine
épaissis au sommet, le 8 bien plus long que large.
Pronotum petit, très rétréci en avant, sa base plus de deux fois aussi large
que le bord antérieur, les côtés presque rectiligne, les angles postérieurs vifs,
la base sinuée. Élytres très renflés dans la région humérale, acuminés au som¬
met. Strie suturale entière ; pas de côtes discales.
Mésosternum caréné ; hanches intermédiaires séparées. Pattes très grêles,
les tibias armés d’éperons internes et externes.
Chez le mâle les tarses antérieurs sont dilatés, les intermédiaires simples.
N’ayant vu que les types se trouvant dans la collection de Th. Broun, au
British Muséum, je n’ai pas pu faire de préparation de l’organe copulateur.
Les caractères extérieurs font cependant prévoir que ce genre doit se distin¬
guer d 'Agyrtodes par des caractères sexuels.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
109
Tableau des espèces
1. Plus grand, le sommet des élytres très pointu. Brun foncé, les
élytres avec de petites taches pâles disséminées. Antennes exces¬
sivement fines, la dilatation apicale de l’article 7 à peine sensible,
l’article 8 semblable à ses voisins, sauf que son extrémité apicale
est rigoureusement aussi mince que sa base. Pattes très grêles.
Long. 2,8 mm. (Nouvelle-Zélande). 1. maculifer Br.
— Plus petit, les élytres moins accuminés. Brun clair, les élytres avec
une tache pâle périscutellaire et une bande en escalier oblique
de dehors en dedans et d’avant en arrière sur le milieu. Antennes
testacées à massue rembrunie, les articles 7, 9 et 10 nettement
dilatés au sommet, le 8 aussi long que ses voisins. Long. 1,9 mm.
(Nouvelle-Zélande). 2. Brouni, n. sp.
1 . Zearagytodes maculifer Broun, 1880, Man. N. Zeal. Col., I, p. 156 ( Meso-
colon ) ; type : Parua (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Parua, près de Whangarei harbour, sur la
côte orientale, au nord d’Auckland (Broun !).
2. Zearagytodes Brouni, n. sp. ; type : Tairua (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Tairua, près d’Auckland, une femelle
(Broun !).
9. Gen. ZEAGYRTES Broun
Zeagyrtes Broun, 1917, N. Zeal. Inst., Bull. n° 1, p. 386 ; type : Z. vitticollis
Broun.
Taille de 2,5 à 3 mm. Ailés. Forme générale oblongue, le pronotum non trans¬
verse, plus étroit que les élytres; ceux-ci ovalaires. Coloration claire, variée de
noir. Tête et pronotum ponctués, élytres striolés. Pubescence longue et rare.
Tète sans carène occipitale, les yeux très gros et convexes, l’épistome indis¬
tinct, le labre étroit et allongé, plus long que large, toute la partie préanten-
naire de la tête atténuée en forme de museau. Palpes à dernier article fusi¬
forme, plus long que l’avant-dernier (fig. 182). Antennes très longues et très
grêles, la massue non aplatie, ses articles très allongés et déliés (fig. 181).
Pronotum de peu plus large que long, ses côtés plus ou moins rétrécis à la
base, celle-ci de peu plus large que le bord antérieur, les angles postérieurs non
saillants. Élytres oblongs, pourvus d’une strie suturale entière.
Mésosternum caréné, hanches intermédiaires séparées. Pattes grêles, les
tibias antérieurs et intermédiaires souvent arqués (fig. 183), peu épineux.
Extrémité des tibias armée d’éperons internes et externes.
Organe copulateur inconnu.
«0
D* RENÉ JEANNEL
Ce genre est certainement très voisin d 'Agyrtodes, mais il diffère nettement
par la forme générale du corps et l’allongement en museau de la bouche.
Trois espèces de la Nouvelle-Zélande, toutes des environs d’Auckland, dans
North Island.
Tableau des espèces
1. Tibias antérieurs droits. Forme oblongue plus épaisse. Pronotum
à côtés régulièrement arqués, rétrécis à la base, non parallèles
dans la moitié postérieure, la base légèrement échancrée de part et
d’autre de l’écusson. Ponctuation du pronotum fine et super¬
ficielle, strioles élytrales espacées, mais régulières ; pas trace de
côtes longitudinales sur les élytres. Antennes très longues, l’ar¬
ticle 8 aussi long que le 7. Pattes très grêles. Testacé rougeâtre,
le disque du pronotum noir, les élytres avec trois fascies irré¬
gulières : une humérale et périscutellaire, une médiane, une suba¬
picale (le dessin rappelle celui des Omophron). Long. 2,8 mm.
(Nouvelle-Zélande). 1. undulatus Br.
— Tibias antérieurs coudés dans les deux sexes. Forme oblongue plus
allongée. Pronotum à côtés subparallèles dans la moitié postérieure,
la base échancrée fortement de part et d’autre de l’écusson. Ponc¬
tuation du pronotum granuleuse, saillante, le tégument poli. Élytres
avec des côtes longitudinales irrégulières, les strioles transverses espa¬
cées et très grossières, formées de points râpeux transversalement
alignés. 2.
2. Plus court. Testacé brillant clair, le pronotum avec une bande longi¬
tudinale et médiane très nette, les élytres bruns avec des fascies
transverses jaunes sur lesquelles la pubescence est argentée. Long.
2,5 mm. (Nouvelle-Zélande). [Fig. 181 à 183].
. 2. vitticollis Br.
— Plus allongé. Testacé brunâtre, le disque du pronotum vaguement
rembruni, les élytres avec les mêmes fascies transverses que le précé¬
dent, mais bien moins nettes. Long. 2.8 mm. (Nouvelle-Zélande).. .
. 3. antennalis Br.
1. Zeagyrtes undulatus Broun, 1880, Man. N. Zeal. Col., I, p. 154 ( Mesoco-
Ion) ; type : Tairua (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Tairua, près d’Auckland (Broun !) ;
Whangarei harbour, sur la côte orientale, au nord d’Auckland (Broun !).
2. Zeagyrtes vitticollis Broun, 1917, N. Zeal. Inst., Bull. n° 1, p. 386; type :
Waitakerei (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Waitakerei réservoirs, près d’Auckland,
plusieurs exemplaires recueillis dans des amas de feuilles mortes (A. E.Brookes!,
coll. Broun, Brit. Mus. et Mus. Paris).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
111
3. Zeagyrtes antennalis Broun, 1880, Man. N. Zal. Col., I, p. 152 (Choleva) ;
type : Tairua (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island ; Tairua, près d’Auckland, une femelle
(Broun !).
10. Gen. DASYPELATES Portevin
Dasypelates Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 74 ; type : D. gracilis
Port.
Taille de 2,8 à 3 mm. Ailés. Forme générale oblongue, allongée. Pubescence
longue et rare. Tête et pronotum assez densément et superficiellement ponc¬
tués, les élytres striolés en travers. Coloration uniforme.
Fig. 184-187. Genre Dasypelates Port. : D. gracilis Port., du Chili. — Fig. 184. Femelle,
X 18. — Fig. 185. Palpe maxillaire droit. — Fig. 186. D. fasciatus, n. sp., organe copu-
lateur, face dorsale, X 90. — Fig. 187. Sommet du style droit, x 180.
Tête sans carène occipitale, les yeux gros et saillants, l’épistome soudé, mais
cependant séparé du front par des traces de suture, le labre court et transverse.
Palpes maxillaires assez courts (fig. 185), le dernier article fusiforme, de peu
plus long que l’avant-dernier. Antennes longues et épaisses, la massue cylin¬
drique de même forme que chez Eupelates (fig. 184).
D' RENÉ JEANNEL
H2
Pronotum plus étroit que les élytres, peu transverse, sa plus grande largeur
vers le milieu, les côtés rétrécis et sinués dans la moitié basale, la base bisi-
nuée ; angles postérieurs vifs, non saillants ; le disque convexe. Élytres oblongs,
allongés, à sommet obtus. Strie suturale entière; le disque sans côtes ni stries
longitudinales, couvert de strioles transverses fortes, peu serrées, mais régu¬
lières, très obliques dans la région périscutellaire.
Mésosternum avec une forte tubérosité arrondie médiane sur la base de
l’apophyse intercoxale; cavités coxales intermédiaires séparées.
Pattes grêles, les tibias peu épineux, armés d’éperons internes et externes
assez courts. Tarses longs et grêles.
Chez le mâle, les tarses antérieurs sont dilatés, les intermédiaires simples.
Organe copulateur analogue à celui de l 'Eupelates transversestrigosus
Fairm. (fig. 186) ; le pénis est presque aussi long que les styles, infléchi du côté
dorsal ; les styles sont atténués au sommet et leurs soies plus groupées près de la
pointe et mêlées à des cônes sensoriels assez nombreux (fig. 187). Le sac interne
est couvert d’écailles.
Le genre est localisé dans le sud de l’Amérique du Sud.
Tableau des espèces
1. Côtés du pronotum non explanés, la surface basale sans grosse
ponctuation. Strioles des élytres fines et régulières. Antennes à
massue très épaisse (fig. 184). Brun de poix assez clair et brillant,
les élytres un peu rembrunis, les antennes et les pattes brunâtres.
Long. 3 mm. (Chili). [Fig. 184 et 185]. 1. gracilis Port.
— Côtés du pronotum explanés en avant, la surface basale avec de gros
points enfoncés sur ses parties latérales. Strioles des élytres plus
fortes et plus irrégulières, coupées par des traces de côtes longitu¬
dinales. Massue des antennes plus effilée. Brun de poix brillant,
les côtés des élytres et du pronotum pâles, les antennes et les pattes
testacé brunâtre. Forme générale plus allongée, les élytres propor¬
tionnellement plus longs. Long. 3,5 mm. (République Argentine).
[Fig. 186 et 187]. 2. fasciatus, n. sp.
1 . Dasypelates gracilis Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 74 ; type :
Chili (Mus. Paris).
Chili , plusieurs exemplaires (Strohl !).
2. Dasypelates fasciatus, n. sp. ; type : L. Correntoso (Brit. Mus.).
République Argentine. Terr. du Rio Negro : L. Correntoso, un mâle immature
(F. et M. Edwards !).
11. Gen. EUPELATES Portevin
Eupelates Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 73; type : E. transverse¬
strigosus Fairm.
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
113
Comme le précédent, ce genre a été jusqu’ici rangé à tort dans la tribu
Agyrtini des Silpliidae , en raison de sa ressemblance superficielle avec les
Pelatines Cock (Pelâtes Horn).
Taille de 3 mm. Ailé. Forme oblongue, peu convexe, mais large et robuste.
Tête et pronotum à grosse ponctuation profonde et espacée ; élytres couverts
de strioles râpeuses transverses, très grossières et peu serrées.
Tête sans carène occipitale, les yeux gros et saillants, l’épistome indistinct,
Pis. 188-192. Genre Eupelates Port. : E. transverseslrigosus Fairm., du Chili. — Fig. 188.
Mâle, x 16. — Fig. 189. Palpe maxillaire gauche. — Fig. 190. Tarse intermédiaire
droit du mâle, X 45. — Fig. 191. Organe copulateur, face dorsale, x 90. — Fig. 192.
Segment génital mâle, face ventrale, x 90.
le labre court et transverse. Palpes maxillaires (fîg. 189) à dernier article bien
plus long que l’avant-dernier. Antennes longues et épaisses, la massue cylin¬
drique.
Pronotum ample, transverse, ses côtés très arrondis et rétrécis à la base, la
plus grande largeur vers le milieu, la base rectiligne, guère plus large que le bord
antérieur, les angles postérieurs non saillants, effacés, le disque régulièrement
convexe. Élytres oblongs, ovalaires, convexes, à sommet obtus, renflés vers le
milieu ; strie suturale entière, le disque avec des traces de côtes saillantes, les
strioles transverses très grossières, formées de gros points râpeux alignés en
travers, perpendiculairement à la suture.
Mésosternum bombé sur la ligne médiane, à la base de la saillie intercoxale ;
cavités coxales intermédiaires séparées.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I.
8
D' RENÉ JEANNEL
114
Pattes épaisses, robustes, les tibias droits et peu épineux, armés d’éperons
internes et externes assez courts (fig. 190). Tarses courts et épais.
Les tarses antérieurs du mâle sont largement dilatés ; le premier article du
tarse intermédiaire est dilaté chez le mâle (fig. 190).
Organe copulateur (fig. 191) droit, aplati. Le pénis est court, lancéolé, la
lame basale longue et enveloppante, à bord libre largement évasé. Styles
grands, larges, aplatis, dilatés au sommet ; ils portent quatre grandes soies
terminales et une rangée de soies nombreuses sur le bord interne. Le sac
interne est armé de faisceaux d’épines.
Ce genre est localisé au Chili et ne renferme qu’une seule espèce.
1. Eupelates tranversestrigosus Fairmaire, 1859, Rev. Mag. Zool., (2)
XI, p. 351 (Choleva) ; type : Santiago (Mus. Paris).
En entier d’un brun de poix très brillant, la marge du pronotum et des
élytres roussâtre, les antennes et les pattes brunâtres. [Fig. 188 à 192].
Chili : Santiago, sous un cadavre d’oiseau (Germain !).
12. Gen. BLACKBURNIELLA, nov.
Type : Cholevomorpha extranea Blackburn.
Ce nouveau genre australien est très voisin du genre Eupelates du Chili,
du moins par les caractères de la morphologie externe. La seule différence
notable réside dans la sculpture des élytres, striolés chez Eupelates , ponctués
chez Blackburniella.
Taille de 3 mm. Ailé. Même forme oblongue, large et robuste que chez
Eupelates. Même forte ponctuation profonde et espacée, mais les élytres sont
ponctués comme le pronotum, non striolés. La pubescence dorée, courte et
rare, régulière.
Tête sans carène occipitale, les yeux très grands, globuleux, l’épistome fu¬
sionné avec le front sans trace de suture, le labre court et transverse. Palpes à
dernier article fusiforme, plus long que l’avant-dernier (fig. 194). Antennes
longues et épaisses, la massue cylindrique comme chez les genres chiliens, mais
peu distincte du funicule, les articles 3 à 6 à peine moins épais que les 2 et 7,
les 6 à 10 en troncs de cônes, un peu plus longs que larges, le 8 à peu près aussi
long que large.
Pronotum transverse, très convexe, ses côtés très arrondis et rétrécis à la
base, la plus grande largeur vers le milieu; angles postérieurs obtus et très
arrondis ; base bisinuée ; le milieu de la surface basale est saillant et forme
une tubérosité médiane surplombant le milieu du bord basal et les parties
latérales du disque déprimées (fig. 193). Élytres épais, convexes, renflés, très
bombés en arrière. Pas trace de strie suturale.
Pattes courtes et robustes, comme chez Eupelates. Tibias cylindriques, non
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
115
épineux, armés d’éperons internes et externes assez courts ; tarses robustes
et épais, le premier article du tarse intermédiaire à peine deux fois et demie
aussi long que large chez la femelle.
Mâle inconnu.
Bien différent des Cholevomorpha et Agyrtodes australiens par sa ponctua¬
tion très grosse et uniforme, l’absence de strie suturale et l’épaisseur des
Fig. 193-194. Genre Blacleburniella, nov. : B. extranea Blackb. de l’Australie. —
Fig. 193. Femelle, type, x 18. — Fig. 194. Palpe maxillaire gauche.
pattes et des antennes, ce nouveau genre se rapproche au contraire beaucoup
d 'Eupelates et paraît bien le représenter en Australie. La lignée Eupelates-
Blackburniella serait ainsi à la fois répandue au Chili et en Australie, comme
l’est le genre Agyrtodes.
Une seule espèce connue.
1. Blackburniella extranea Blackburn, 1903, Trans. Roy. Soc. S. Austr.,
XIV, p. 96 (Cholevomorpha) ; type : S. Australia (Brit. Mus.).
Long. 3,2 mm. Entièrement brun de poix brillant, les antennes et les pattes
brunes. Pubescence très courte et rare. [Fig. 193-194].
Australie. South Australia, sans autre précision, une femelle recueillie dans
un amas de feuilles mortes (Blackburn !).
D r RENÉ JEANNEL
116
iv. Trib. Oritocatopini, nov.
Groupe localisé dans l’Afrique australe et sur les hautes montagnes de
l’Afrique orientale.
La tête est rétractile, emboitée dans le pronotum et sa carène occipitale,
basse et mousse, rappelle celle des Bathysciinae. Le dernier article des palpes
est très long, bien plus long que l’avant-dernier (fîg. 200). Les pièces sternales
présentent des caractères particuliers : l’épisterne et l’épimère mésotho¬
raciques sont fusionnés, l’épisterne métathoracique est linéaire (fîg. 23).
Tibias sans peigne ni corbeilles apicales, armés d’éperons internes et externes.
Le premier article du tarse intermédiaire simple chez le mâle. Même type
d’organe copulateur que chez les Agyrtodini.
Deux genres seulement forment cette tribu (carte, fig. 161).
Tableau bes genres
1. Pronotum ample, rétréci à la base (fig. 211), les élytres allongés,
renflés dans la partie moyenne, côtelés avec de grosses strioles
transverses râpeuses et peu serrées. Antennes fines, à articles
très grêles et déliés. Organe copulateur à pénis en forme de lame
quadrangulaire, les styles très longs et armés de six soies, le sac
interne avec un gros boudin chitinisé basal (fig. 214). (Afrique
australe). 14. Gen. Dictydiella, nov.
— Pronotum non rétréci à la base, forme générale discoïde ou hémis¬
phérique, les élytres non côtelés, striolés en travers. Antennes à
funicule grêle et massue dilatée. Organe copulateur à pénis nor¬
mal, triangulaire et aplati, les styles armés de deux soies, le cul-
de-sac basal du sac interne avec un cylindre chitineux grêle et
des pièces accessoires (fig. 205). (Afrique australe et orientale).
. 13. Gen. Oritocatops Jeann.
13. Gen. ORITOCATOPS Jeannel
Oritocatops Jeannel, 1921, Yoy. Alluaud et Jeannel en Afr. Or., Col. XVI, p. 225 ;
type : O. kenyensis Jeannel. —1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 29.
Taille de 1,6 à 3,5 mm. Espèces aptères, oculées, parfois microphthalmes
(O. hypogaeus). Pubescence courte et couchée. Ponctuation nette sur le front,
en général obsolète sur le pronotum, alignée en travers et formant des strioles
transverses sur les élytres.
Région frontale courte, semblable à celle des Eucatops (fig. 196). Il n’existe
pas trace de suture entre le front et l’épistome ; la carène occipitale est peu
saillante, comme chez les Bathysciinae, surtout chez VO. hypogaeus, petite
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
117
espèce dépigmentée ayant tout à fait l’aspect d’un BaXhysciola. Yeux variables,
en général très réduits. Palpes maxillaires fdiformes, comme chez les Eucato-
pini (fig. 200).
Antennes à funicule très grêle, la massue bien développée chez VO. nata-
lensis, mais faiblement dilatée chez les autres espèces.
Pronotum transverse, de forme analogue à celle des Eucatops ; les côtés
arrondis en avant, plus ou moins sinués dans la moitié basale ; les angles pos¬
térieurs peu saillants.
Fig. 193-204. Genre Oritocatops Jeann. — Fig. 195. O. lobeliae, n. sp., de l’Elgon, mâle,
X 16. — Fig. 196. Face dorsale de la tète, x 45. — Fig. 197. Tarse antérieur droit du
mâle, x 45. — Fig. 198. Tarse postérieur droit, x 45. — Fig. 199. Antenne droite du
même, X 43. — Fig. 200. Palpe maxillaire droit, X 90. — Fig. 201. O. natalensis, n.
sp., du Natal, antenne, X 45. — Fig. 202. O. kenyensis Jeann., du Kenya, antenne,
X 45. — Fig. 203. O. Chappuisi, n. sp., de l’Elgon, antenne, X 45. — Fig. 204.
O. hypogaeus, n. sp., de TElgon, antenne, x 45.
Élytres courts, en général très convexes, au contraire déprimés, avec l’apex
déclive chez O. lobeliae. Bord apical des élytres arrondi; la strie suturale
entière.
Mésosternum avec une carène médiane n’atteignant pas le bord antérieur
du segment, les cavités coxales séparées; métasternum saillant (fig. 23).
Pattes robustes. Tibias antérieurs cylindriques, non élargis chez les mâles,
sans frange de petites épines alignées (fig. 197). Tibias intermédiaires et pos¬
térieurs épineux, les intermédiaires fortement arqués.
Tarses antérieurs mâles faiblement dilatés, sans longs cils marginaux ; les
tarses intermédiaires des mâles simples.
Segment génital mâle formé par un urite complet, avec un tergite très mince
et deux pleurites longs, hérissés de 3 à 4 soies (fig. 210).
i
118 D r RENÉ JEANNEL
Organe copulateur mâle droit, non arqué. Le pénis est conique, avec une
lame basale à peu près de même longueur que le corps de l’organe. Le tegmen
présente une large lame ventrale et deux styles très développés, terminés par
un lobe membraneux et armés de soies apicales au nombre de deux insérées sur
le bord dorsal. Le sac interne, très développé, dépasse souvent de beaucoup
la lame basale (fig. 205 et 208). Sa partie apicale porte deux longs paquets
Fig. 205-210. Genre Orüocalops Jeann., organes copulaleurs, face dorsale, et segment
génital, face ventrale, X 90. — Fig. 20a. O. lobeliae, n. sp., de l’Elgon. — Fig. 206.
O. natalensis, n. sp., du Natal. — Fig. 207. O. kenyensis Jeann., du Kenya. — Fig. 208.
O. Chappuisi, n. sp., de l'Elgon. — Fig. 2j9 et 210. O. hypogaeus, n. sp., de l'Elgon.
longitudinaux d’écailles (fig. 205) ; son cul-de-sac basal présente deux phanères
symétriques rappellant la pièce en Y des Bathysciinae ; la partie terminale du
canal éjaculateur, enfin, montre un épaississement chitineux fusiforme très
particulier (fig. 205, 208 et 209).
Le genre comprend une espèce oculée de l’Afrique australe et quatre autres
espèces dont les yeux sont plus ou moins réduits et qui vivent dans la zone
alpine du mont Kénya et de l’Elgon, dans l’Afrique orientale.
Il est remarquable que l’espèce du Kénya présente des affinités bien plus
étroites avec l’espèce de l’Afrique australe qu’avec celles vivant sur le mont
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
119
Elgon. Parmi ces dernières cependant, deux espèces de petite taille, endogées,
appartiennent à la même lignée que les O. natalensis et O. kenyensis. L’une,
O. Chappuisi est pigmentée ; l’autre, O. hypogaeus a subi la même dépigmen-
at ion que les Bathysciinae d’Europe et ressemble même étonnamment à un
Bathysciola. Quant à YO. lobeliae , de l’Elgon, il représente une lignée toute
différente et mériterait presque d’être isolé dans un sous-genre à part.
Tableau des espèces
1. Forme large et déprimée, la ponctuation du pronotum régulière,
bien visible. — Brun de poix, les antennes et les pattes rougeâtres,
la pubescence très courte. Antennes grêles et déliées (fig. 199);
pronotum campanuliforme, plus étroit que les élytres (fig. 195).
Élytres déprimés en avant, déclives dans la moitié apicale, les
strioles transverses extrêmement serrées et confuses. Sommet du
pénis large, aplati, en angle obtus (fig. 205). Long. 3,2 à 3,8 mm.
(mont Elgon). [Fig. 195-200 et 205]. 5. lobeliae, n. sp.
— Forme très convexe, la ponctuation du pronotum très effacée, le
tégument lisse et brillant. 2.
2. Strioles transverses des élytres nettement obliques par rapport à
la suture. Grande taille, le pronotum plus étroit que les élytres. 3.
— Strioles transverses des élytres sensiblement perpendiculaires à
la suture. Petite taille, le pronotum aussi large que les élytres. 4.
3. Yeux très grands, convexes. Antennes à massue très épaisse,
noire, les articles 7, 9 et 10 dissymétriques (fig. 201). Pronotum
transverse, une fois et demie aussi large que long, ses côtés régulière¬
ment arqués de la base au sommet. Pénis court (fig. 206), à pointe
acérée. Long. 2,8 mm. (Natal). [Fig. 201 et 206].
. 1. natalensis, n. sp.
— Yeux réduits. Antennes effilées, à articles de la massue symé¬
triques, déliés, peu élargis (fig. 202), entièrement rougeâtres. Pro¬
notum plus long, peu transverse, ses côtés peu arrondis en avant,
droits en arrière, la plus grande largeur aux angles postérieurs.
Pénis allongé, l’apex effilé en pointe mousse (fig. 207). Long. 2,8 mm.
(mont Kénya). [Fig. 202 et 207.]. 2. kenyensis Jeann.
4. Article 2 des antennes aussi long que le 3; les articles 9 et 10
presque aussi longs que larges, les articles de la massue peu
aplatis et déliés. Noir de poix, avec les pattes et les antennes
rougeâtres, les yeux très réduits, ponctiformes, très convexes,
subglobuleux, les côtés du pronotum peu arrondis en arrière, les
élytres courts, atténués à l’apex, la strie suturale profonde avec la
suture relevée, les strioles transverses nettes et peu serrées. Pénis
atténué en pointe longue et mousse, les styles appliqués sur la face
dorsale du pénis et divergents dans leur partie apicale, le sac interne
120 Dr RENÉ JEANNEL
excessivement long (fig. 20B). Long. 2 à 2,2 mm. (mont Elgon).
[Fig. 203 et 208].. 3. Chappuisi, n. sp.
— Article 2 des antennes plus long que le 3, les articles 9 et 10 trans¬
verses, la massue compacte et très aplatie. Entièrement testacé rou¬
geâtre, la pubescence dorée plus longue. Yeux très réduits, poncti-
formes, mais pigmentés. Ovalaire, convexe; les côtés du pronotum
bien arrondis en arrière, les élytres oblongs, convexes ; la strie suturale
superficielle, les strioles transverses peu serrées mais superficielles et
dissociées. Pénis atténué en pointe plus courte et plus large, les styles
très divergents, le sac interne plus court (fig. 209). Long. 1,8 mm.
(mont Elgon). [Fig 204 et 209]. 4. hypogaeus, n. sp.
1. Oritocatops natalensis, n. sp.; type : Drakensberg (Brit. Mus.).
Afrique australe. Natal : Van Reenen, Drakensberg (B. E. Turner!, Brit.
Mus. et Mus. Paris) ; Pietermaritzburg, Fort-Napier (Mus. Hamburg !).
2. Oritocatops kenyensis Jeannel, 1921, Voy. Alluaud et Jeannel en Afr. Or.,
Col. XVI, p. 239, fig. 8-19; type : mont Kénya (Mus. Paris).
Afrique orientale. Colonie du Kénya : mont Kénya, foret de bambous du
versant occidental, un mâle pris vers 2.870 m. d’alt. (Jeannel, Mus. Paris).
3. Oritocatops Chappuisi, n. sp. ; type : mont Elgon, 3.500 m. (Mus. Paris).
Afrique orientale. Colonie du Kenya : mont Elgon, région des prairies alpines
du versant oriental, plusieurs individus en tamisant la terre dans un ravin
humide et boisé, ait. 3.500 m. env. (Jeannel et Chappuis).
4. Oritocatops hypogaeus, n. sp. ; type : mont Elgon, 3,500 m. (Mus. Paris).
Afrique orientale. Colonie du Kénya : mont Elgon, région des prairies alpines
du versant oriental, deux mâles recueillis avec le précédent dans les tamisages
de terre, ait. 3.500 env. (Jeannel et Chappuis).
5. Oritocatops lobeliae, n. sp. ; type : cratère de l’Elgon (Mus. de Paris).
Afrique orientale. Colonie du Kénya : mont Elgon, région supérieure, dans la
zone des Senecio arborescents. Très nombreux exemplaires pris vers 4.000 m.
d’altitude, dans l’intérieur des inflorescences mortes des Lobelia Telekii
Schweins. (Jeannel et Chappuis).
Obs. — L’habitat de cette espèce est très particulier. Les hautes inflores¬
cences des Lobélies dessèchent sur pied, mais leur base forme un tube largo
de 5 à 10 centimètres où les tissus médullaires du végétal se décomposent dans
une humidité constante. Cette vaste cavité, toujours humide et obscure, hé¬
berge différentes espèces, dont un Staphylinide, un Cossonide et VOritocatops
qui y pullule à l’état de larve et d’imago. Il est possible en quelques heures de
recueillir des milliers d 'Oritocatops lobeliae , en brisant les vieilles inflorescences
qui hérissent les pentes supérieures de l’Elgon ; mais je n’ai jamais trouvé
aucun exemplaire de cette espèce ailleurs que dans cet habitat, ni sous les
pierres, ni dans les tamisages.
MONOGRAPHIE DE8 CATOPIDAE
m
14. Gen. DICTYDIELLA, nov.
Type : D. Turneri, n. sp.
Taille de 3,8 mm. Espèce aptère, de forme oblongue et peu convexe, le
pronotum très ample, les élytres elliptiques et atténués à l’apex. Pigmenté.
Pubescence courte et très clairsemée, couchée, avec quelques petits poils
dressés sur les élytres. Ponctuation du pronotum très fine, les élytres côtelés
Fig. 211-215. Genre Dictydiella, nov. : O. Turneri, n. sp., de George, Colonie du Cap.
— Fig. 211. Mâle, type, X 16. — Fig. 212. Antenne droite, X 4b. — Fig. 213. Tarse
antérieur droit du mâle, x 45. — Fig. 214. Organe copulateur, face dorsale, x 90.—
Fig. 215. Sommet du style droit, x 150.
avec de grosses strioles transverses, râpeuses et peu serrées, rappelant celles
des Namadeus.
Tête très petite, non rétractile, la carène occipitale très effacée, le front court,
sans trace de suture entre le front et l’épistome. Yeux bien développés mais
petits. Palpes maxillaires semblables à ceux des Oritocatops.
Antennes longues et très fines (fig. 212), les articles très déliés, ceux du funi-
cule très grêles et très longs, la massue à peine indiquée : le 7 très allongé, le 8
bien plus long que large, le 11 pas plus long que le précédent.
Pronotum grand, à peine transverse, ses côtés très arrondis et fortement
rétrécis à la base (fig. 211) ; le disque modérément convexe ; la base rectiligne,
les angles postérieurs droits et émoussés.
Élytres elliptiques, peu convexes, renflés dans leur partie moyenne et très
122
D r RENÉ JEANNEL
atténués à l’apex ; celui-ci arrondi. Strie suturale peu visible, le disque est
cannelé et fortement striolé en travers.
Mésosternum finement caréné sur la ligne médiane, le métasternum simple.
Pattes grêles et longues. Tibias antérieurs droits, minces, non aplatis; tibias
intermédiaires et postérieurs grêles et peu épineux, les intermédiaires faible¬
ment arqués. Tarses peu allongés mais grêles.
Chez le mâle, les tarses antérieurs sont à peine dilatés (fîg. 213), les tarses
intermédiaires simples, les tibias postérieurs presque droits.
Segment génital mâle identique à celui des Oritocatops.
Organe copulateur mâle de type très particulier. Comme chez les Oritocatops ,
le pénis porte une longue lame basale, mais celle-ci est enroulée en cornet
recouvrant les faces latérales du sac interne.
Le pénis par contre est incomplet, représenté par une lame dorsale, quadran-
gulaire, à bord apical transversalement arrondi et ourlé. Du côté ventral se
trouve une lame analogue, mais plus large et moins chitinisée,et le sac interne se
trouve faire librement saillie par l’orifice apical largement ouvert entre les
deux lames péniennes déhiscentes (fig. 214).
Tegmen avec une large lame ventrale enveloppante, hyaline, presque aussi
longue que la lame basale du pénis. Styles bien développés, divergents et cou¬
dés, portant à leur extrémité apicale six soies en position définie (fig. 215).
Sac interne formé d’une partie apicale, libre, hyaline, avec quelques petits
sclérites transverses (non représentés sur la fig. 215) et d’une partie basale en
forme d’épais boudin chitinisé, renfermé dans la lame basale du pénis.
Genre très remarquable par les caractères morphologiques externes et sur¬
tout par la structure très anormale de l’organe copulateur mâle.
1 . Dictydiella Turneri, n. sp. ; type : George (Brit. Mus.).
Afrique australe. Colonie du Cap : George, un seul exemplaire mâle (B. E.
Turner!, in Brit. Mus.).
Long. 3,8 mm. Elliptique allongé, modérément et régulièrement convexe.
Noir de poix avec la marge du pronotum, les antennes et les pattes rougeâtres.
Antennes à article 2 plus court que le 3, le 7 plus de deux fois aussi long que
large, plus long que le 6, le 8 deux fois aussi long que large, les 9 et 10 une fois
et demie aussi longs que larges. Pronotum à côtés très arrondis en arrière, la
plus grande largeur vers le tiers postérieur, la ponctuation du disque très fine
et aciculée. Élytres deux fois aussi longs que larges, régulièrement convexes,
les strioles transverses nettes dans les intervalles séparant les côtes. Tarses
antérieurs mâles plus étroits que le sommet du tibia. [Fig. 211 à 215].
v. Trib. Nemadini, nov.
Groupe nombreux, distribué dans le monde entier sauf en Afrique, caracté¬
risé par ses palpes subulés, à dernier article conique aussi long ou plus court
que l’avant-dernier, celui-ci n’étant jamais renflé ni ovoïde. La tête est rétrac-
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
123
tile, avec une carène occipitale haute; l’épistome indistinct. Le mésosternum
est caréné, mais les cavités coxales intermédiaires sont confluentes (flg. 24 et
25). Armature des tibias et caractères sexuels des tarses variables. L’organe
copulateur est de même type que chez les deux tribus précédentes ; toutefois
l’armature du sac interne présente des spécialisations différentes et les styles
ne portent généralement qu’une à deux soies apicales (aucune chez Nemadus,
six chez Eocatops).
Ce groupe est certainement très ancien. Ses genres primitifs occupent d’une
Fig. 216 : Carte de la distribution des Nemadini. — En noir, les genres primitifs dans le
centre de dispersion du groupe : 1. Archaeonemadus; 2. Pseudonemadus et genres
voisins ; 3 Eunemadus et genres voisins. — En grisaille, les genres émigrés : 4. IMsso-
chaetus ; 5. Nemadus ; 6. Micronemadus ; 7. Eocalops.
part l’Australie et la région malaise, d’autre part l’Amérique du Sud (carte,
flg. 216). Dans l’Amérique du Sud, il se trouve en effet des genres venus
des anciens continents sud-pacifiques ( Eunemadus , Nemadiopsis , etc.), et ces
genres sont localisés au Chili et dans le sud de la République Argentine. Par
contre, les Dissochaetus, répandus sur le massif brésilien, la Bolivie, le nord de
la Cordilière et l’Amérique centrale, doivent avoir une autre origine et cons¬
tituent une lignée indépendante, peut-être issue des Archaeonemadus malais
et venue par le Nord du Pacifique.
De l’Amérique du Sud, des lignées ont passé dans l’Amérique du Nord
{Nemadus), et se sont répandues vers l’Europe et, d’autre part, vers le Japon,
sans doute par l’Archigalénis {Micronemadus).
I2i
D' RENÉ JEANNEL
Le genre Eocatops est très isolé de tous les autres Nernadini par l’armature
apicale de ses tibias et par certains caractères de son organe copulateur; il sera
séparé dans une sous-tribu spéciale. Ses espèces sont localisées dans le sud-
ouest de l’Asie et l’Égéide méridionale ; aussi semble-t-il qu’il soit d’origine
gondwanienne, tandis que les Nemadus paléarctiques dérivent de souches
venues de l’Amérique du Sud.
Tableau des genres
1. Tibias antérieurs sans peigne apical, armés d’éperons internes et
externes; tibias intermédiaires et postérieurs avec ou sans peigne.
Styles de l’organe copulateur avec au plus deux soies apicales.
. Subtrib. Nemadina, nov.
— Tibias de toutes les paires avec un peigne apical très développé,
formé par un rang de petites épines égales alignées sur le bord api¬
cal et externe. Styles avec six soies crochues au pourtour d’une
facette arrondie, apicale et ventrale. Subtrib. Eocatopjna, nov.
Subtrib. Nemadina, nov.
1. Élytres striolés en travers, ou à ponctuation alignée en travers_ 2.
— Élytres à ponctuation éparse, non alignée en travers. 4.
2. Pronotum striolé en travers. Tibias intermédiaires et postérieurs avec
un peigne de petites épines égales, apicales et externes. Premier
article du tarse intermédiaire mâle simple. Tarses antérieurs avec
les deux premiers articles seuls dilatés chez le mâle. 3.
— Pronotum à ponctuation non alignée en travers. Tibias intermé¬
diaires et postérieurs sans peigne apical, mais avec des éperons
externes. Tarses antérieurs mâles avec les trois premiers articles
dilatés. 6.
3. Organe copulateur mâle tout à fait rudimentaire, non chitinisé
(fig. 222). Segment génital avec des pleurites articulés et mobiles.
Long. 2 à 3,5 mm. (Archipel malais, Nouvelle-Guinée).
. 15. Gen. Archaeonemadus, nov.
— Organe copulateur mâle de type normal, les styles très déve¬
loppés, prolongés par de grandes phanères foliacées. Segment
génital à pleurites normaux, sans faux styles articulés. Long. 2
à 3 mm. (Australie, Nouvelle-Zélande). 16. Gen. Pseudonemadus Port.
4. Antennes excessivement fines et ténues, l’article 8 allongé, aussi
long que le 9. Tarses antérieurs avec les deux premiers articles
seuls dilatés chez le mâle; premier article du tarse intermé¬
diaire mâle dilaté. Styles de l’organe copulateur avec une seule
soie recourbée. Ovalaire, la ponctuation très fine et très serrée.
MONOGRAPHIE DES CA.TOPIDAE
125
Long. 3 mm. (Australie). 20. Gen. Nargiotes, nov.
— Antennes de proportions normales, l’article 8 bien plus court que le 9.
Premier article du tarse intermédiaire simple dans les deux sexes.
Styles armés de deux soies. 5.
5. Ovoïde, très convexes, le pronotum plus étroit que les élytres,
ceux-ci renflés ; ponctuation du pronotum éparse, celle des élytres
formée par de très gros points enfoncés laissant entre eux des surfaces
lisses et brillantes. Tarses antérieurs mâles avec les deux premiers
articles dilatés. Pénis à lame basale évasée ; le sac interne armé
d’une dent impaire et médiane. Long. 2,5 mm. (Australie).
. 19. Gen. Rangiola, nov.
— Ovalaire, plus ou moins allongé, le pronotum aussi large que les
élytres, ceux-ci non renflés ; ponctuation du pronotum et des
élytres égale, fine et confluente, le tégument mat (faciès des
(Nargus). Tarses antérieurs mâles avec les trois premiers articles
dilatés. Organe copulateur très petit, la lame basale du pénis non
évasée, le sac interne sans dent médiane. Long. 1 à 3 mm. (Austra¬
lie). 18. Gen. Nargomorphus, nov.
6. Élytres avec des soies dressées alignée en onze rangées sur chaque
élytre. Tibias épineux, les éperons courts. Dernier article des palpes
maxillaires conique, mais aussi long que l’avant-dernier. Long. 3 mm.
(Amérique du Nord). 27. Gen. Echinocoleus Horn.
— Élytres sans rangées de soies dressées. 7.
7. Dernier article du palpe maxillaire conique et aussi long que
l’avant-dernier, les palpes grêles. Mésosternum plan, non caréné.
Très grande taille, forme générale des Pseudonemadus. Long. 6 mm.
(Tasmanie). 17. Gen. Catoposchema, nov.
— Dernier article du palpe maxillaire conique, petit, nettement plus
court que l’avant-dernier. Mésosternum caréné sur la ligne médiane.
Taille plus petite, inférieure à 5 mm. 8.
8. Grand éperon interne des tibias intermédiaires et postérieurs très
long et denté en scie, aussi long que le premier article du tarse.
Tarses intermédiaires simples dans les deux sexes. Forme ovalaire et
très convexe, le pronotum peu transverse, la pubescence longue.
Organe copulateur grand, très aplati, le pénis court et triangu¬
laire, la lame basale non évasée, le tegmen presque membraneux.
Long. 2 à 4,5 mm. (Amérique du Sud et du Nord).
. 21. Gen. Dissochaetus Reitt.
— Grand éperon interne des tibias intermédiaires et postérieurs court
et lisse, bien plus court que le premier article du tarse. Pubescence
courte. 9.
9. Antennes à massue épaisse, mais déliée, les articles bien séparés
les uns des autres. Carène mésosternale basse et obtuse. (Amérique
du Sud). 10.
126
D r RENÉ JEANNEL
— Antennes à massue cylindrique et compacte, les articles exacte¬
ment ajustés les uns sur les autres. Carène mésosternale haute... 13.
10. Segment génital tubuleux, bien plus long que large. 11.
— Segment génital court, bien moins long que large. 12.
11. Pronotum petit, non transverse, de forme vaguement hexagonale,
les angles obliquement tronqués, le bord antérieur très saillant,
la tête très grande et incomplètement rétractile. Métasternum
non saillant, sans tubercules postérieurs. Premier article du tarse
intermédiaire mâle dilaté. Sac interne avec une grosse valvule
chitinisée à l’abouchement du canal éjaculateur. Long. 3 mm.
(Chili). 23. Gen. Falkocholeva, nov.
— Pronotum transverse, de forme normale, la tête très infléchie.
Métasternum très saillant, avec deux tubercules épineux au milieu
du bord postérieur. Premier article du tarse intermédiaire mâle
dilaté. Sac interne armé d’un long flagellum. Long. 3,5 mm. (Chili).
. 22. Gen. Eunemadus Port.
12. Premier article du tarse intermédiaire mâle dilaté, explané en
dehors. Styles de l’organe copulateur sans soies sur le bord interne.
Long. 2,5 à 3,5 mm. (Chili). 24. Gen. Nemadiopsis, nov.
— Premier article du tarse intermédiaire mâle simple. Styles avec
un rang de soies au tiers apical du bord interne. Long. 2 mm.
(Chili). 25. Gen. Nemadiolus, nov.
13. Antennes avec les articles 4, 5 et 6 non transverses, la massue
effilée. Organe copulateur à tegmen normal, sa lame ventrale
lamelleuse. Styles sans soies apicales, toujours larges et aplatis,
souvent en forme de valves. Pénis à longue lame basale articulée,
de sorte que le pénis peut se fléchir sur son articulation (fig. 329).
Long. 1,5 à 2 mm. (Amérique du Nord, Europe).
. 26. Gen. Nemadus Thoms.
— Antennes avec les articles 4, 5 et 6 fortement transverses, la
massue épaisse. Organe copulateur à lame ventrale du tegmen
réduite à une étroite bandelette chitineuse transverse, comme chez
les Anemadus. Styles relativement grêles, mais aplatis, incurvés,
sans soies apicales. Pénis à lame basale articulée, comme chez le
précédent. Long. 1,2 mm. (Japon).
. 28. Gen. Micronemadus, nov.
Subtrib. Eocatopina, nov.
1. Ovalaire, le pronotum ample, les antennes et les pattes courtes et
grêles. Premier article du tarse intermédiaire mâle simple. Pronotum
à ponctuation râpeuse alignée en travers ; élytres striolés. Pénis
droit, mais toujours plus ou moins infléchi à l’apex qui est effilé
en longue pointe. Styles à bord dorsal épais, le bord ventral com-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 127
primée et tranchant. Long. 2 à 4 mm. (Région méditerranéenne
orientale). 29. Gen. Eocatops Peyer.
Subtrib. Nemadina, nov.
15. Gen. ARCHAEONEMADUS, nov.
Type : Archaeonemadus Modiglianii, n. sp.
Taille de 2 à 3 mm. Ailés. Forme courte, ovale et convexe, subglobuleuse.
Pubescence dorée courte et couchée. Téguments pigmentés, le front ponctué,
le pronotum et les élytres couverts de strioles transverses formées par des
points râpeux alignés en travers et confluents ; les strioles du pronotum aussi
nettes et fortes que celles des élytres.
Tête rétractile, la carène occipitale tranchante et très développée, les yeux
grands. Front non séparé de l’épistome par une suture. Palpes maxillaires
grêles ; le dernier article conique mais peu aminci au sommet, aussi long que
l’avant-dernier; celui-ci non épaissi, à peine plus large au sommet que la base
du dernier. Antennes courtes, à massue épaisse, les articles 4, 5 et 6 du funicule
épaissis, le 8 court et transverse, les 9 et 10 plus larges que longs.
Pronotum transverse, très convexe, ses côtés régulièrement arqués, la plus
grande largeur à la base, les angles postérieurs arrondis et un peu saillants en
arrière; les parties latérales de la base échancrées près des angles postérieurs.
Elytres courts et convexes, peu atténués au sommet, les bords apicaux
séparément arrondis ; strie suturale entière.
Mésosternum à ligne médiane légèrement saillante et très finement carénée ;
hanches intermédiaires contiguës.
Pattes courtes et robustes. Tibias garnis d’épines courtes sur leurs faces
externes, les intermédiaires épaissis et arqués. Extrémité apicale des tibias
intermédiaires et postérieurs avec deux éperons internes courts et une frange
de petites épines égales sur le côté antéro-externe. Tarses postérieurs robustes,
le premier article de peu plus allongé que le deuxième, plus court que les deux
suivants réunis.
Chez les mâles, le tarse antérieur est très peu dilaté ; le premier article plus
étroit que le sommet du tibia, le deuxième à peine élargi, les troisième et qua¬
trième non dilatés. Premier article du tarse intermédiaire mâle simple.
Organe copulateur mâle. — Il n’existe pas d’organe copulateur mâle propre¬
ment dit différencié. Le canal éjaculateur, membraneux, sans phanères d’au¬
cune sorte, se termine par une évagination membraneuse (fîg. 222), sur la
face dorsale de laquelle se trouvent des épaississements chitineux, hyalins,
mal définis. Ces épaississements ont plutôt l’aspect de replis permanents que
de sclérites véritables ; ils forment cinq saillies mousses, dont les trois internes
semblent représenter des ébauches des lobes médian et latéraux du pénis, les
deux latéraux, plus longs, correspondant sans doute aux styles.
1-28
D r RENÉ JEANNGL
Cette ébauche d’organe copulateur, très incomplète, est renfermée dans un
segment génital qui est par contre hautement différencié en ce qui concerne
son armature sétale. Le sternite est constitué par un manubrium et deux lames
armées de soies (fig. 221) et séparées par une profonde échancrure médiane. Le
tergite, entier, à bord apical tronqué (fig. 219 et 220) est replié en cornet et
porte deux grandes soies incurvées. Le pleurite est très saillant, articulé et
mobile (fig. 219 et 221); il est armé de deux grandes soies apicales.
Fig-. 217-223 : Genre Archaeonemadus, nov. — Fig. 217. A. Modii/lianii, n. sp.. de Sumatra,
mâle type, x 16. — Fig. 218. Antenne droite, x 35. — Fig. 219. Segment génital
mâle, face dorsale, montrant le tergite et les pleurites, X 65. — Fig. 220. Le lergite,
vu par sa face ventrale, x 120. — Fig. 221. Segment génital, face ventrale, montrant
le sternite dédoublé et les parties ventrales des pleurites, articulées, x 65. — Fig. 222.
Organe copulateur, vue ventrale (le sac interne est nu, encadré par trois ébauches
hyalines, une dorsale et trifide représentant le pénis, deux latérales représentant les
styles), X120. — Fig. 223. A. Penziai, n. sp., de Java, segment génilal mâle, vue laté¬
rale droite, x 65 (le sternite est bien plus développé que chez l'espèce précédente).
L’état d’évolution du segment génital est à peu près le même que chez les
Pseudonemadus. Mais l’involution de l’organe copulateur des Archaeonemadus
est bien extraordinaire.
Quoique le genre Archaeonemadus soit fondé principalement sur les carac¬
tères de l’organe copulateur, je n’hésite pas à lui rattacher deux espèces de la
Nouvelle-Guinée, A. pachycerus et A. Cheesmani, dont le mâle est inconnu. On
retrouve chez elles les mêmes caractères extérieurs que chez les deux espèces
de Sumatra et de Java, en particulier la forme assez particulière des antennes.
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
129
Tableau des espèces
1. Article 7 des antennes nettement plus long que large. — Petite
espèce, courte et très convexe, mais avec les élytres subparallèles.
Brun de poix brillant, les antennes rougeâtres, à massue rembru¬
nie dans sa partie moyenne. Pronotum transverse, à côtés peu arqués,
la plus grande largeur à la base. Ëlytres courts, l’apex très
déclive, les bords apicaux arrondis. Pattes courtes et robustes.
Mâle inconnu. Long. 2 mm. (Nouvelle-Guinée).
. 4. pachycerus, n. sp.
— Article 7 des antennes nettement transverse. Taille plus grande. 2.
2. Oblong, les élytres allongés, plus de deux fois aussi longs que le
pronotum; celui-ci transverse, à côtés peu arqués, sa plus grande
largeur à la base. Scutellum non déprimé. Massue des antennes plus
épaisse. Noir de poix, les antennes noirâtres à base pâle, les pattes
rougeâtres. Long. 3,5 mm. (Nouvelle-Guinée).
. 3. Cheesmani, n. sp.
— Court et très convexe, subglobuleux, les élytres à peine deux fois
aussi longs que le pronotum, leur extrémité très obtuse. Pronotum
de même forme que chez les précédents. Le scutellum est déprimé
et cette dépression intéresse en même temps le milieu de la base
du pronotum et les angles scutellaires des élytres. 3.
3. Sternites du segment génital plus courts que le pleurite, leurs bords
apicaux tronqués (fîg. 221). Plus petit, brunâtre avec les antennes
rougeâtres, les pattes pâles. Forme générale moins convexe, les côtés
du pronotum un peu moins arqués. Long. 2,5 à 2,6 mm. (Suma¬
tra). [Fig. 217 à 222]. 1. Modiglianii, n. sp.
— Sternites du segment génital mâle aussi longs que les pleurites,
leurs bords apicaux arrondis (fîg. 223). Plus grand. Noir de poix
brillant, les antennes rougeâtres, les pattes pâles. Côtés du prono¬
tum un peu plus arqués. Long. 2,8 mm. (Java). [Fig. 223].
. 2. Penziai, n. sp.
1. Archaeonemadus Modiglianii, n. sp.; type : Si Rambé (Mus. Paris).
Sumatra : Si Rambé, cinq exemplaires (E. Modigliani !, Mus. Gênes et Mus.
Paris).
2. Archaeonemadus Penziai, n. sp. ; type : Buitenzorg (Mus. Paris).
Java : Buitenzorg, un mâle (O. Penzia !).
3. Archaeonemadus Cheesmani, n. sp.; type : mont Tafa (Brit. Mus.).
Nouvelle-Guinée. Papua : mont Tafa, 1.000 m. d’alt., une femelle (Miss L. E.
Cheesman !).
9
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I.
130 D' RENÉ JEANNEL
4. Archaeonemadus pachycerus, n. sp. ; type : baie de l’Astrolabe (Mus.
Paris).
Nouvelle-Guinée : Baie de l’Astrolabe, côté nord-est, une femelle (L. Biro !).
16. Gen. PSEUDONEMADUS Portevin
Pseudonemadus Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII, p. 193; type :
P. integer Port.
Fig. 224-234 : Genre Pseudonemadus Port. — Fig. 224. P. auslralis Er., de i’Australie,
antenne, x 65. — Fig. 223. Segment génital du même, face ventrale (sternites et pieu-
rites), x 90. — Fig. 2î6. Sommet du tergite et des pleurites du segment génital du
même, x 90. — Fig. 227. Organe copulateur du même, face dorsale, le sac interne
évaginé, X 90. — Fig 228. P. integer Port., antenne, X 65. — Fig. 229. P. nigricornis
Port , antenne, x 65. — Fig. 230-232. Sommet des tibias mâles du même, X 65. —
Fig. 233. P. adelaidae Blackb., antenne. — Fig. 234. P. lituratus Broun, de la Nouvelle-
Zélande, antenne, X 65.
Taille de 2 à 2,5 mm. Ailés. Forme courte et convexe, ovalaire. Front ponc¬
tué, le pronotum et les élytres couverts de strioles transverses. Pubescence
dorée, courte et couchée.
Front non séparé de l’épistome, les yeux grands et convexes. Palpes maxil¬
laires à dernier article conique, non acuminé, plus court que l’avant-dernier ;
celui-ci graduellement épaissi de la base au sommet, mais peu renflé. Antennes
courtes et robustes, ne dépassant pas le bord postérieur du pronotum, la mas¬
sue épaisse et un peu aplatie.
Pronotum transverse, aussi large que les élytres, ses côtés peu arrondis, la
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
131
plus grande largeur après le milieu; angles postérieurs obtus, non saillants;
base rectiligne. Le disque, très convexe, est finement striolé en travers.
Élytres courts, très convexes, à sommet obtusément arrondi. Strie suturale
entière ; strioles transverses plus ou moins râpeuses, plus fortes que celles du
pronotum et devenant légèrement obliques en arrière dans la région suturale.
Mésosternum finement caréné ; les hanches intermédiaires contiguës.
Pattes courtes. Tibias antérieurs (fig. 230) armés de deux éperons internes
et deux externes plus courts; les intermédiaires et postérieurs (fig. 231 et 232)
Fig. 233-240 : Genre Pseudonemadus Port., organes copulaleurs, X 90. — Fig. 235.
P. integer Port. — Fig. 236. Segment génital mâle, face ventrale, du P. integer Port.
— Fig. 237. Sommet du même, face dorsale. — Fig. 238. Style droit du P. nigricornis
Port. — Fig. 239. Organe copulateur du P. adelaidae Blackb. — Fig. 240. Style droit
du même.
avec deux éperons internes et une frange de petites épines courtes et égales au
côté externe du bord apical. Tarses longs et grêles.
Chez le mâle, les tarses antérieurs sont faiblement dilatés (fig. 230), le pre¬
mier article du tarse intermédiaire simple.
Organe copulateur très évolué. La lame basale du pénis est longue et enve¬
loppe la face dorsale du sac interne. Lame ventrale du tegmen membraneuse,
mais moins longue que large ; les styles très divergents et souvent très longs.
Chez P. australis (fig. 227), ils ont une structure normale, en forme de tiges
comprimées et à extrémité mousse, portant une seule soie (peut-être deux).
132
Dr RENÉ JEANNEL
Ghez les P. integer, P. nigricornis et P. adelaidae (fig. 235, 238 et 240), par
contre, l’apex du style, armé de deux soies, se prolonge par une extraordi¬
naire phanère qui double sa longueur. Cette phanère est constituée par une
nervure médiane soutenant une large membrane à bords plus ou moins den¬
telés et surface couverte par un réseau polygonal plus ou moins net.
Le sac interne est inerme chez ces trois dernières espèces à styles foliacés.
Au contraire, il porte des grosses dents latérales et une rangée transverse de
seize petites dents dans la partie basale, chez P. australis.
Segment génital très comparable à celui des Archaeonemadus. On y
retrouve les mêmes parties, mais leur forme est bien différente chez le
P. australis (fig. 225 et 226) de ce qu’elle est chez les P. integer , P. nigri¬
cornis et P. adelaidae (fig. 236 et 237).
Le genre est représenté surtout en Australie, mais aussi par une espèce dans
la Nouvelle-Zélande. Aux espèces australiennes énumérées ci-après, il faudrait
sans doute ajouter le Catops obscurus Macleay décrit du Queensland « with its
prothorax longitudinally scratched or striolated ». Comme le remarque juste¬
ment Blackburn (1891, Trans. Roy. Soc. S. Austr., XIV, p. 86), Macleay a
dû prendre une pubescence couchée agglutinée sur un insecte sale pour des
strioles longitudinales. En tous cas le C. obscurus est trop insuffisamment
décrit pour qu’il soit possible de le faire entrer dans le tableau suivant.
Tableau des espèces
1. Pronotum rétréci à la base, ses côtés bien arrondis, la plus
grande largeur au tiers postérieur. Ovalaire allongé. Noir de poix
brillant, les antennes en entier brunâtres, longues et dépassant un
peu les angles postérieurs du pronotum, leur article 3 nettement
plus long que le 2. — Pronotum un peu plus étroit que les élytres ;
ceux-ci ovalaires, à sommet obtus. Pattes grêles, les tibias faiblement
épineux, les éperons internes allongés. Styles de l’organe copulateur
sans grande phanère foliacée. Sac interne avec une armature
d’épines basales (fig. 227). Segment génital à tergite cilié et pieu-
rites longs et spatulés (fig. 225 et 226). Long. 3 mm. (Australie et
Tasmanie). [Fig. 224 à 227]. 1. australis Er.
— Pronotum non rétréci à la base, sa plus grande largeur au niveau
des angles postérieurs, le contour du corps régulièrement ovalaire.
Antennes plus courtes, à article 3 pas plus long que le 2, souvent
plus court. 2.
2. Antennes à funicule grêle, l’article 3 aussi long que le 2, les 4 et 5 non
transverses (fig. 233), les articles de la massue peu dilatés et déliés.
Ovalaire allongé. Coloration brunâtre assez pâle, les antennes bru¬
nâtres. Pénis relativement court (fig. 239 et 240). Long. 2,2 à
2,3 mm. (Australie). [Fig. 233 et 239-240]. 2. adelaidae Blackb.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 133
— Antennes à funicule épais, les articles 4 et 5 transverses. 3.
3. Article 3 des antennes aussi long que le 2 (fig. 234), la massue
épaisse et compacte, comprimée. Ovalaire, court et convexe. Noir
avec les élytres rougeâtres, les antennes brunâtres, à base et der¬
nier article pâles. Les antennes, très courtes, ne dépassent pas les
angles postérieurs du pronotum. Celui-ci peu transverse, à côtés
régulièrement arqués et angles postérieurs obtus. Élytres subpa¬
rallèles dans la moitié basale, obtusément arrondis à l’apex. Strioles
du pronotum et des élytres nettes, fines et assez serrées. Pattes
grêles, les tibias peu épineux. Long. 2,2 mm. (Nouvelle-Zélande).
[Fig. 234]. 6. lituratus Broun.
— Article 3 des antennes plus court que le 2, la massue épaisse, peu
comprimée, ses articles renflés. Antennes courtes ne dépassant pas
les angles postérieurs du pronotum. 4.
4. Antennes à massue normale, les articles renflés lisses, le 7 conique,
aussi long que large, ses faces sensiblement planes, le 8 très trans¬
verse mais symétrique (fig. 228). Court et convexe, large, les
élytres obtusément arrondis à l’apex. Coloration noire, les antennes
brunâtres. Long. 2,3 à 2,5 mm. (Australie). [Fig. 228 et 235-237],
. 3. integer Port.
— Antennes à massue plus épaisse, les articles très renflés, très
convexes, d’aspect granuleux, le 7 transverse, asymétrique, ses faces
très convexes, le 8 très plat, asymétrique (fig. 229). Même aspect
général que le précédent, mais en général plus grand. Même colo¬
ration noire, avec les antennes brunâtres. Long. 2,5 à 3 mm. (Aus¬
tralie). [Fig. 229-232 et 238]. . 4. nigricornis Port.
1. Pseudonemadus australis Erichson, 1842, Arch. Naturg. VIII, p. 243
( Catops ) ; type : Tasmanie (Mus. Berlin). — Murray, 1856, Mon.,
p. 461, fig. 63.—Blackburn, 1891, Trans. Roy. Soc. S. Austr., XIV,
p. 87. — 1903, 1. c., XXVII, p. 95.
Australie. South Australia : Adélaïde (Blackburn). — Tasmanie, un mâle
(coll. Grouvelle !, in Mus. Paris). Cet exemplaire provient du Musée de Berlin
et est sans doute un cotype.
2. Pseudonemadus adelaidae Blackburn, 1891, Trans. Roy. Soc. S. Austr.,
XIV, p. 87 (Choleva) ; type : Adélaïde.
Australie. South Australia : Adélaïde (Blackburn). Victoria : Ovens river, un
mâle (F. Geay!, 1911, in Mus. Paris).
3. Pseudonemadus integer Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 167, pl. ii,
fig. 10 ( Catops ) ; type : Sydney (Mus. Paris). — 1914, Ann. Soc.
ent. Belg., LVIII, p. 195 ( Pseudonemadus).
Australie. New South Wales : Sydney 1, un mâle et une femelle (Mus. Paris).
134 D' RENÉ JEA.NNEL
Victoria : riv. Nicholson et Ovens river, plusieurs exemplaires (F. Geay !, 1911,
in Mus. Paris).
4. Pseudonemadus nigricornis Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII,
p. 193 ; type Victoria (coll. Pic.)
Australie. Victoria, une femelle (coll. Pic !) ; riv. Nicholson et Ovens river,
cinq exemplaires (F. Geay!, 1911, in Mus. Paris). — Tasmanie : Hobarttown,
une femelle (coll. Champion!, in Brit. Mus.); Launceston, une femelle (Brit-
Mus. !).
5. Pseudonemadus obscurus Macleay, 1870, Trans ent. Soc. N. S. Wales, II,
p. 155 (Catops) ; type : Queensland. — Blackburn, 1891, Trans.
Boy. Soc. Austr., XIV, p. 86 ( Choleva ).
Australie. Queensland (Macleay).
Obs. — Comparé par l’auteur au P. australis, mais trop insuffisamment
décrit pour qu’il soit possible de savoir s’il est bien une espèce distincte ou
l’une des précédentes.
6. Pseudonemadus lituratus Broun, 1880, Man. N. Zeal. Col., I, p. 154
(Mesocolon) ; type : Tairua (Brit. Mus.). — puncticeps Broun, 1880,
Man. N. Zeal. Col.,I,p. 154 ( Mesocolon ); type : Tairua (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Tairua, près d’Auckland (Broun !, Brit.
Mus. et Mus. Paris) ; lac Roto-iti, dans le centre de l’île (Broun !).
17. Gen. CATOPOSCHEMA, nov.
Type : C. tasmaniae , n. sp.
Taille de 6 mm. Ailé. Ovalaire allongé, le pronotum très court, les élytres
très longs et très larges, fortement convexes. Coloration brunâtre, les pattes
noirâtres. Pubescence fine et couchée. Ponctuation du pronotum très dense,
donnant au tégument un aspect mat ; les élytres sans côtes ni stries, mais recou¬
verts de strioles transverses très fines et très serrées.
Tête rétractile, très grande, avec une carène occipitale bien développée, le
front court et transverse, sans suture le séparant de l’épistome. Yeux très
volumineux, très grands, convexes. Palpes maxillaires grêles (fig. 242), à der¬
nier article particulièrement long, aussi long que l’avant-dernier.
Antennes courtes et trapues (fig. 243) ; l’article 2 grand et allongé, mais les
articles du funicule et de la massue épais, très courts et transverses.
Pronotum très petit, transverse, deux fois aussi large que long, peu convexe.
Sa plus grande largeur à la base ; les côtés peu arrondis, la base saillante en
arrière dans sa partie médiane, les angles postérieurs droits et émoussés.
Élytres longs et amples, convexes, trois ou quatre fois aussi longs que le
pronotum (fig. 241) ; les côtés arrondis, l’apex obtus. Strie suturale entière.
Mésosternum presque plan; les cavités coxales intermédiaires confluentes;
métasternum simple.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
135
Pattes courtes et grêles, les tibias longs et étroits, armés d’éperons internes
et externes courts.
Mâle inconnu.
L’espèce pour laquelle ce genre est fondé est remarquable par sa taille
géante et son mésosternum sans carène. Elle a cependant tout à fait l’aspect
des Pseudonemadus , la même très grande tête, à carène occipitale tranchante
Fig. 241-243 : Genre Catoposchema, nov. : C. tasmaniae, n. sp., de la Tasmanie. —
Fig. 241. Femelle, type, X 14. — Fig. 242. Palpe maxillaire droit. — Fig. 243. Base de
l'antenne droite.
et yeux très développés, la même forme du pronotum. Mais les téguments
du pronotum sont ponctués et non striolés.
1. Catoposchema tasmaniae, n. sp. ; type : Tasmanie (Mus. Paris).
Tasmanie , une femelle très mutilée (Verreaux !, in Mus. Paris).
Long. 5,8 mm. Oblong, épais, convexe. Brun de poix foncé, les pattes noi¬
râtres, la massue des antennes noire. Antennes très courtes et épaisses, l’ar¬
ticle 2 allongé, presque aussi long que le premier, les 3 et 4 courts et épais,
aussi longs que larges ; les 5 et 6 plus larges, transverses (la massue commence
avec l’article 5). Article 7 court, aussi long que large, le 8 très transverse; les
articles terminaux manquent. Pronotum très transverse, présentant sa plus
grande largeur à la base, nettement plus étroit que les élytres. Ceux-ci renflés,
convexes, à disque uni et très finement striolé, d’aspect mat. Tibias intermé¬
diaires à peine arqués, les postérieurs droits ; les tarses manquent. [Fig. 241
à 243].
136
D' RENÉ JEANNEL
18. Gen. NARGOMORPHUS, nov.
Type : Choleva victoriensis Blackburn.
Petite taille, de 1,5 à 3 mm. Ailés. Aspect général des Nargus, ovalaire,
plus ou moins allongé, également arrondi en avant et en arrière. Ponctuation
de la tête fine, celle du pronotum plus ou moins râpeuse et serrée. Ëlytres
Fig. 244-252 : Genre Nargomorphus, nov. — Fig. 244. N. victoriensis Blackb., subsp.
tasmaniae, nov., mâle, X 30. — Fig. 245. Palpe maxillaire droit. — Fig. 246. Sommet
du tibia intermédiaire droit du mâle. — Fig. 247. Organe copulateur du même, face
dorsale, X 90. — Fig. 248. Style droit, x 180. — Fig. 249. Segment génital du même,
face ventrale, x 90. — Fig. 250. N. semirufus Port., organe copulateur, face dorsale,
X 90. — Fig. 251. Style droit, x 180. — Fig. 252. Segment génital du même, face ven¬
trale, X 90.
ponctués, le plus souvent sans ordre, mais les points sont parfois vaguement
alignés en travers dans la région suturale (N. globulus). Pubescence dorée,
couchée, courte et soyeuse.
Front environ aussi long que large, non séparé de l’épistome. Palpes maxil¬
laires à avant-dernier article ovalaire, renflé, le dernier plus court, mais épais,
conique, à pointe obtuse (fig. 245).
Antennes longues et très grêles, dépassant toujours le bord postérieur du
pronotum ; l’article 2 moins épais et un peu plus court que le 1, plus épais que
le 3 ; les articles du funicule très minces, le 6 plus court que le 5, la massue
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
137
épaissie, les 7, 9 et 10 en général plus longs que larges, le 8 très petit et étroit,
le 11 ovoïde et effilé en pointe.
Pronotum transverse, présentant toujours sa plus grande largeur vers le
tiers ou le quart basal, un peu rétréci à la base, les angles postérieurs obtus,
effacés, non saillants, la base sensiblement rectiligne.
Élytres oblongs, plus ou moins renflés et convexes. Strie suturale entière, la
suture toujours un peu saillante en toit dans la moitié apicale. Pas trace
d’autres stries. Apex obtus, l’angle suturai arrondi.
Mésosternum finement caréné sur la ligne médiane ; la carène est basse, non
saillante, constituée par l'arète de l’angle dièdre formé par le mésosternum sur
la ligne médiane. Hanches intermédiaires contiguës; l’apophyse intercoxale
du mésosternum ne sépare les hanches que dans leur moitié antérieure. Métas-
ternum plan.
Pattes grêles et longues. Tibias antérieurs grêles et très allongés ; tous les
tibias armés de quatre éperons, deux internes et deux externes ; le plus grand
éperon interne (dorsal) relativement court. Tibias intermédiaires peu arqués ;
tibias intermédiaires et postérieurs sans épines dressées distinctes de la pubes¬
cence. Tarses postérieurs très grêles ; le premier article plus long que le second,
presque aussi long que le second et le troisième ensemble.
Tarses antérieurs mâles avec les trois premiers articles dilatés, le deuxième
presque aussi grand que le premier. Tarse intermédiaire des mâles simple.
Pénis très petit, court, droit, atténué en pointe, à lame basale longue,
enroulée en cornet et enveloppant la face dorsale du sac interne. Lame ventrale
du tegmen courte et lamelleuse, les styles robustes, longs, divergents, plus ou
moins membraneux sur leur bord interne et armés de deux soies apicales
(fig. 248, 251). Sac interne armé de pièces chitineuses basales paires et symé¬
triques (fig. 250), ou d’écailles disposées sans ordre (fig. 247). Le segment
génital (fig. 249 et 252) est court ; les pleurites manquent chez N. victoriensis ,
mais existent, réduits et sans soies, chez N. semirufus.
Genre spécial à l’Australie. Il est, sans doute, représenté par un grand nombre
d’espèces vivant dans les débris végétaux.
Tableau des espèces
1. Forme courte et convexe, ovoïde. Brunâtre, les élytres pâles, les
antennes et les pattes rougeâtres. Antennes dépassant à peine la
base du pronotum, les articles 6 et 8 très petits et transverses, les
9 et 10 plus larges que longs. Pronotum deux fois aussi large que
long, rétréci faiblement à la base, les angles postérieurs arrondis,
la ponctuation râpeuse, nette mais espacée. Élytres courts et
convexes, la ponctuation forte, peu serrée, vaguement alignée en
travers. Pattes courtes et grêles. Long. 1,8 mm. (Australie).
. 5. globulus, n. sp.
— Forme oblongue, allongée, aussi obtusément arrondie en avant et
138
Dr RENÉ JEANNEE
en arrière. 2.
2. Très petite taille : moins de 2 mm. 3.
— Au moins 2,5 mm. 4.
3. Plus court et plus épais, dépigmenté : Testacé rougeâtre. Pronotum
à côtés très arrondis, les élytres renflés, à peine deux fois aussi
longs que le pronotum, l’apex très obtus. Ponctuation râpeuse peu
saillante et espacée, les téguments brillants. Pattes grêles. Antennes
fines, atteignant le cinquième basal des élytres. Long. 1,5 mm.
(Australie). 1. minusculus Blackb.
— Plus allongé, brun de poix foncé, la marge du pronotum rous-
sâtre, les antennes brunes. Pronotum, à côtés moins arqués, les
élytres oblongs, plus de deux fois aussi longs que le pronotum,
l’apex moins obtus. Ponctuation râpeuse forte et très serrée, les
téguments mats. Pattes grêles. Antennes atteignant amplement
le cinquième basal des élytres. [Fig. 244 à 249].
. 2. victoriensis Blackb.
a. Plus petit, le pronotum plus transverse, moins rétréci à la
base. Long. 1,5 mm. (Australie) .. subsp. victoriensis , s. str.
— Plus grand, le pronotum plus rétréci à la base, ses côtés
plus arqués. Long. 1,8 à 2 mm. (Tasmanie).
. subsp. tasmaniae, nov.
4. Testacé rougeâtre, les élytres rembrunis dans la moitié apicale, les
antennes brunâtres à base et dernier article pâles. Régulièrement
ovalaire, allongé et convexe. Ponctuation du pronotum très serrée
et granuleuse, celle des élytres forte et serrée, sans ordre. Long.
2,5 mm. (Australie). 6. Bryanti, n. sp.
— Brun de poix foncé avec la marge du pronotum roussâtre, les
antennes entièrement brunâtres. 5.
5. Très convexe; la ponctuation du pronotum et des élytres granu¬
leuse, très forte et très serrée. Côtés du pronotum régulièrement
arrondis, le protonum un peu plus étroit que les élytres qui sont
longs et renflés, très convexes. Long. 2,5 mm. (Australie). [Fig.
250 à 252]. 3. semirufus Port.
— Peu convexe, les élytres déprimés dans la région suturale. Ponc¬
tuation du pronotum et des élytres beaucoup plus fine et serrée.
Côtés du pronotum plus arrondis, un peu anguleux au tiers pos¬
térieur, les angles postérieurs légèrement explanés. Élytres renflés,
à peine plus larges que le pronotum. Long. 2,8 mm. (Australie).
. 4. cholevoides, n. sp.
1. Nargomorphus minusculus Blackburn, 1891,Trans. Roy. Soc. S. Austr.,
XIV, p. 88 ( Choleva ); type : S. Australia (Brit. Mus.).
Australie. South Australia, largement répandu, dans les débris végétaux
(Blackburn !).
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
139
2. Nargomorphus victoriensis Blackburn, 1891, Trans. Roy. Soc. S. Austr.,
XIV, p. 88 ( Choleva) , type : Victoria (Brit. Mus.).
b. Subsp. tasmaniae , nov. ; type : Hobarttown (Brit. Mus.).
Commun, dans les amas de feuilles mortes des forêts, dans les régions mon¬
tagneuses.
a. Subsp. victoriensis s. str.— Australie. Victoria, dans les régions alpines
(Blackburn !, Brit. Mus. et Mus. Paris).
b. Subsp. tasmaniae , nov. — Tasmanie. Hobarttown, nombreux exem¬
plaires (coll. Champion !, in Brit. Mus. et Mus. Paris).
3. Nargomorphus semirufus Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 157,
pl. ii, fig. 2 ( Nargus ); type : Adélaïde.
Australie. South Australia : Adélaïde, une femelle (coll. Sharp !, in Mus.
Paris). — Tasmanie , un mâle (coll. Fry !, Brit. Mus.).
4. Nargomorphus cholevoides, n. sp. ; type : Australie occidentale (Mus.
Paris).
Australie. West Australia, une femelle (Mus. Paris !).
5. Nargomorphus globulus, n. sp. ; type : Illawarra (Brit. Mus.).
Australie. New South Wales : Illawarra, Camden co., une femelle (G. L.
Bryant !, Brit Mus.).
6. Nargomorphus Bryanti, n. sp. ; type : Illawarra (Brit. Mus.).
Australie. New South Wales : Illawarra, Camden co., une femelle (G. L.
Bryant !, Brit. Mus.).
19. Gen. RANGIOLA , nov.
Type : R. punctipennis, n. sp.
Genre voisin du précédent, différant surtout par des caractères externes très
particuliers.
Taille de 2 mm. Aptère. Ovoïde, très convexe, l’apex des élytres atténué.
Brun noirâtre très brillant, la pubescence courte et couchée, rare ; ponctuation
du pronotum obsolète, celle des élytres au contraire très forte et très profonde,
espacée.
Front non séparé de l’épistome. Palpes maxillaires (fig. 254) et antennes
comme chez Nargomorphus , ces dernières encore plus fines et allongées, l’ar¬
ticle 8 bien plus long que large.
Pronotum petit, transverse, mais bien plus étroit que les élytres ; sa plus
grande largeur au tiers postérieur, les angles postérieurs accusés, obtus, la
base rectiligne (fig. 253).
Élytres très renflés, très convexes, atténués à l’apex, les côtés bien arrondis,
la gouttière marginale large. Strie suturale entière. Tout l’élytre couvert de
gros points enfoncés profonds et arrondis, séparés par des intervalles lisses et
brillants.
140
D' RENÉ JEANNEL
Mésosternum finement caréné, comme chez Nargomorphus. Pattes fines et
grêles. Tibias non épineux, armés d’éperons comme chez Nargomorphus.
Tarses postérieurs grêles, leur premier article plus long que le second.
Tarses antérieurs mâles faiblement dilatés, les tarses intermédiaires mâles
simples (fig. 255 et 256).
Même type d’organe copulateur que chez Nargomorphus (fig. 257) ; la lame
basale du pénis est très longue, enveloppante, mais évasée à la base; les
styles sont épais, droits, sans grande phanère foliacée, armés de deux soies.
Fig. 253-259 : Genre Rangiola, nov. : R. punctipennis, n. sp., de l'Australie. — Fig. 253.
Mile type, X 25. — Fig. 234. l'alpe maxillaire droit. — Fig. 255. Tarse anté¬
rieur mâle, X 45. — Fig. 256. Sommet du tibia intermédiaire droit du mâle, X 45.—
Fig. 257. Organe copulateur, face dorsale, x 90. — Fig. 258. Sac interne évaginé,
X 90. — Fig. 259. Segment génital mâle, face ventrale.
Segment génital (fig. 259) court, avec des pleurites réduits et sans soies. Le sac
interne porte une dent médiane obtuse et deux phanères épineuses (fig. 258).
La forme générale du corps et surtout la sculpture très exceptionnelle des
élytres justifient l’isolement de ce petit genre dans lequel il ne se place qu’une
seule espèce.
1 . Rangiola punctipennis, n. sp. ; type : Illawarra (Brit. Mus.).
Long. 2 mm. Brun noirâtre très brillant, les antennes et les pattes rou¬
geâtres. Antennes fines et longues, atteignant le milieu de la longueur du corps,
l’article 3 aussi long que le 2, les 4-7 un peu plus courts que le 2, mais égaux
entre eux, le 8 deux fois aussi long que large, les 7, 9 et 10 plus longs que
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
141
larges, le 11 plus long que le 10, la massue peu épaissie, nullement aplatie.
Pronotum pas plus large que les deux tiers des élytres, ses côtés bien arrondis,
rétrécis à la base. Élytres ovoïdes, très atténués et séparément arrondis à
l’apex. Tarses antérieurs mâles à peine dilatés. [Fig. 253 à 259].
Australie. New South Wales : Ulawarra, Camden co., un mâle (G. L. Bryant !,
Brit. Mus.).
20. Gen. NARGIOTES, nov.
Type : Choleva antipodum Blackburn.
Taille de 3 à 4 mm. Ailés. Aspect général des Nargomorphus , même forme
ovalaire allongée rappelant celle des Nargus d’Europe, mais remarquable au
Fig. 260-265 : Genre Naryiotes, nov. : N. antipodum Blaokb., de l’Australie. — Fig. 260.
Mâle, x 25. — Fig. 261. Palpe maxillaire droit, x 65. — Fig. 262. Tarse antérieur droit
du mâle, x 65. — Fig. 263. Sommet du tibia intermédiaire droit du mâle, x65. — Fig. 264.
Organe copulateur, face dorsale, X 90. — Fig. 265. Segment génital mâle, face ventrale,
X 90.
premier abord par la longueur et la gracilité des antennes. Pubescence fine
et couchée. Ponctuation du pronotum et des élytres excessivement fine et
serrée.
142
D' RENE JEANNEL
Front non séparé de l’épistome. Palpes maxillaires à dernier article
conique, court et épais, l’avant-dernier allongé, graduellement épaissi de la
base au sommet (fig. 261). Antennes très fines et très longues, de longueur
dépassant le milieu des élytres.
Pronotum transverse, aussi large ou presque aussi large que les élytres, sa
plus grande largeur vers le tiers postérieur, les côtés bien arrondis, les angles
postérieurs obtus, vifs, la base rectiligne.
Élytres oblongs, allongés, modérément convexes. Strie suturale entière ;
la ponctuation très serrée et confuse.
Mésosternum finement caréné, semblable à celui des Nargomorphus.
Pattes grêles et longues, les tibias antérieurs très longs et droits. Tous les
tibias portent deux éperons internes, modérément développés, et une frange
de petites épines courtes et égales. Face externe des tibias non épineuse
(fig. 262 et 263).
Tarses postérieurs grêles, leur premier article plus long que le deuxième.
Tarses antérieurs mâles dilatés; le premier article du tarse intermédiaire
mâle dilaté et asymétrique ; son angle externe saillant ; le deuxième article
grêle, mais presque aussi long que le premier.
Organe copulateur mâle (fig. 264) de même type que chez les précédents.
Toutefois la lame basale du pénis n’enveloppe pas la face dorsale du sac interne.
Celui-ci est armé de pièces chitineuses paires. Segment génital (fig. 265) avec
des pleurites pubescents, le tergite fortement bilobé.
Une seule espèce connue de l’Australie.
1. Nargiotes antipodum Blackburn, 1891, Trans. Roy. Soc. S. Austr., XIV,
p. 87 ( Choleva ); type : Victoria (Brit. Mus.). — Blackburni Portevin,
1905, Bull. Soc. ent. Fr., p. 50 (').
Long. 3,2 mm. Allongé, subparallèle, la ponctuation très fine et très serrée.
Brunâtre mat avec les bords du pronotum, la base des antennes et les pattes
rougeâtres. Article 8 des antennes cylindrique, trois fois aussi long que large,
i aussi long que le 9. Tarses antérieurs mâles à peine dilatés. [Fig. 260 à 265].
Australie. Victoria, sous les feuilles mortes dans les montagnes (Blackburn !).
New South Wales : Wentworth Falls, dans les Blue mountains (G. L. Bryant !);
Illawarra, Camden co. (G. L. Bryant !, in Mus. Paris.).— Tasmanie : Hobart-
town (Simson !, in coll. Champion, Brit. Mus.).
21. Gen. DISSOCHAETUS Reitter
Dissochaetus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 39 ; type :
D. Hetschkoi Reitt. — Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 156 et
(1) Le nom de Choleva antipodum Blackburn a été remplacé par celui de Blackburni
Portevin parce qu’il existait déjà un Choleva antipoda Kirsch 1877 (voir genre Paraca-
lops). Il n’y avait aucune raison de faire ce changement, car les deux noms ne sont pas
identiques et n’ont pas le môme sens. Le premier est un substantif pluriel signifiant
« des antipodes », le second un néologisme, d’ailleurs incorrect, ayant la forme d’un
adjectif.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
143
159. — 1902, Bull. Mus. Hist. nat., p. 513. — Jeannel, 1922, Areh.
Zool. exp., t. 61, p. 41. — Choleva Matthews, 1888, Biol, centr.-amer.,
Col. II, p. 98 (nec Latreille).
Taille variable de 1,7 à 4,5 mm. Ailés. Forme toujours courte et très con¬
vexe, le pronotum généralement plus étroit que les élytres. Pubescence assez
longue, irrégulière, peu serrée, toujours un peu relevée, surtout sur les élytres.
Pronotum à ponctuation granuleuse, fine et serrée ; les élytres couverts de
strioles transverses qui tendent à s’infléchir en arrière dans la région suturale.
Front non séparé de l’épistome ; les yeux généralement très développés.
Palpes à dernier article conique, aciculé, aussi long que l’avant-dernier qui
est modérément épaissi (fig. 268). Antennes courtes, dépassant un peu la base
du pronotum, très peu variables. Elles sont robustes, graduellement épaissies
à partir du quatrième article ; les trois premiers articles allongés, sensiblement
de même longueur, les 4, 5 et 6 courts, le 5 et le 6 transverses, le 7 épais, envi¬
ron aussi long que large ou transverse, le 8 court et très transverse, les 9 et 10
un peu plus larges que longs, le 11 acuminé, un peu plus long que le 10. La
massue plus ou moins épaissie est compacte, faiblement aplatie, régulière,
les articles étant peu déliés.
Pronotum plus ou moins transverse, ses côtés régulièrement arqués, la plus
grande largeur près de la base ou à la base, les angles postérieurs obtus, parfois
arrondis, jamais saillants en arrière, la base en ligne convexe, saillante en
arrière dans sa partie moyenne.
Élytres renflés, courts et épais, très convexes, peu atténués au sommet, les
deux bords apicaux séparément arrondis, sans différences sexuelles.
Strie suturale présente, plus ou moins effacée en avant.
Mésosternum finement caréné ; hanches intermédiaires contiguës.
Pattes grêles. Tibias armés de quatre éperons apicaux, deux externes
courts, deux internes longs. L’éperon interne et dorsal des tibias intermédiaires
et postérieurs (fig. 270 et 271) est exceptionnellement allongé, sensiblement
égal au premier article du tarse, toujours arqué et finement denticulé sur ses
bords (fig. 272). Tibias antérieurs rarement élargis chez le mâle (D. latitarsis),
les intermédiaires arqués, les postérieurs droits, leur face externe plus ou moins
épineuse.
Tarses antérieurs mâles largement dilatés (fig. 269), les intermédiaires
simples.
Organe copulateur court et large, aplati et peu arqué. Le pénis, souvent
très court, est atténué à l’apex dont les bords sont parfois garnis de soies.
Lame basale aussi longue que le pénis, presque toujours enroulée et envelop¬
pant le sac interne, son bord libre évasé. Lame ventrale du tegmen longue,
lamelleuse. Styles très grands, très larges, comprimés, souvent tordus ou
explanés ; leur pointe porte constamment deux grandes soies. Les styles du
D. latitarsis et des espèces du groupe curtus sont droits, à sommet mousse. Chez
la plupart des espèces du groupe spinipes, ils sont tordus, élargis et explanés,
144 D' RENÉ JEANNEL
souvent terminés par un uncus (fîg. 287, 288 et 289) débordé par une large
membrane hyaline.
Sac interne tantôt garni d’épines écailleuses disposées en paquets ( D. lati-
tarsis, fig. 274), tantôt pourvu de pièces chitineuses paires (groupe de D. spi-
nipes, fig. 286). Dans les groupes curtus et latitarsis , il existe une pièce impaire
apicale et ventrale occupant la place des ligules (fig. 282, 283 et 285).
Segment génital aussi long que large (fig. 273), les pleurites et le tergite
Fig. 266-273 : Genre Dissochaetus Reitt. — Fig. 266. D. latitarsis, n. sp., mâle type, de
Marcapata, Pérou, X 16. — Fig. 267. Antenne droite du môme, X 45. — Fig. 268.
D. ovalis Kirsch, palpe maxillaire droit, x 65. — Fig 269. Tarse antérieur droit du
mâle, x 65. — Fig. 270 et 271. Sommet des tibias intermédiaire et postérieur droits du
même, x 65. — Fig. 272. Grand éperon interne du tarse postérieur, x 130. — Fig. 273.
D. latus Port, de Bolivie, segment génital mâle, face ventrale, X 90.
avec quelques soies ; les sternites distincts, en forme de crochets, avec deux
soies apicales.
Le genre renferme un assez grand nombre d’espèces dans le nord de l’Amé¬
rique du Sud, l’Amérique centrale et les Antilles et dans l’Amérique du Nord.
Les souches primitives des Dissochaetus occupaient, au début du Tertiaire,
la partie américaine de l’Archhélénis, dont un fragment, représenté actuelle¬
ment par le Vénézuela et la Colombie, a persisté comme masse continentale
permanente et est désigné par les zoogéographes sous le nom de « Paria ».
Les espèces actuelles appartiennent à plusieurs lignées dont les distribu¬
tions sont caractéristiques. Les groupes de D. latitarsis , de D. ovalis et de D.
curtus occupent le versant amazonien de la Cordilière des Andes, depuis la
Bolivie et le Pérou, jusqu’au Vénézuela, dans les environs de Caracas, et
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
145
remontant même jusqu’au Mexique ( D. mexicanus). Par contre, le groupe de
D. spinipes se trouve distribué dans les chaînes montagneuses de l’est du Brésil,
en bordure de l’Atlantique, séparé des groupes précédents par le vaste bassin
de l’Amazone.
C’est le groupe spinipes qui a peuplé les Petites Antilles et atteint Porto-
Rico ; c’est probablement encore au même groupe que se rattachent certaines
espèces de l’Amérique centrale (D. semipiceus ) et celles qui ont peuplé l’Amé¬
rique du Nord (D. oblitus) après le Pliocène. Malheureusement je n’ai pas pu
examiner assez de matériaux pour avoir confirmation de ces affinités par
l’examen des organes copulateurs.
Tableau des espèces
1. Grand éperon des tibias postérieurs à peine aussi long que le
premier article du tarse. Tibias intermédiaires et postérieurs avec
des épines dressées très courtes sur la face externe. 2.
— Grand éperon des tibias postérieurs nettement plus long que le pre¬
mier article du tarse (fig. 271). Strioles transverses des élytres
toujours râpeuses et peu serrées, perpendiculaires à la suture. Der¬
nier article des antennes toujours rougeâtre. 3.
2. Angles postérieurs du pronotum très arrondis; strioles des élytres
peu serrées, obliques en arrière dans la région suturale. Tibias
antérieurs mâles très dilatés à l’apex, le premier article du tarse
antérieur mâle très grand, plus large que le tibia. Lame basale du
pénis en gouttière ventrale laissant le sac interne à nu ; sac interne
avec un large ligule apical, flanqué de deux tiges acuminées (fig. 274).
(Groupe de D. latitarsis) . 4.
- Angles postérieurs du pronotum bien marqués, en angle obtus ;
strioles des élytres très fines et très serrées, la pubescence courte
et couchée. Tibias antérieurs mâles non élargis à l’apex, le tarse
peu dilaté. Lame basale du pénis enveloppant la face dorsale du sac
interne (fig. 275); celui-ci sans ligule apical, ses parois tapissées
d’écailles sans pièces basales. (Groupe de D. curtus) . 5.
3. Taille de 4,5 mm. Relativement large et déprimé, les angles posté¬
rieurs du pronotum très effacés. En entier roussâtre, la pubescence
longue, les antennes unicolores. Antennes courtes et épaisses. (Groupe
de D. fimbriatus) .. 8.
— Taille de 3 mm. environ. Rougeâtre brillant avec la moitié apicale
des élytres noirâtre, les strioles nettes et espacées, la pubescence
longue et soulevée. Pénis à lame basale enveloppante, le sac interne
sans pièces basales, mais avec un ligule apical bien développé
(fig. 281, 282 et 285). (Groupe de D. ovalis) . 9.
— Taille inférieure à 2,5 mm. Brunâtre peu brillant avec la partie
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I. lü
146
D r RENÉ JEANNEL
apicale des élytres généralement rembrunie, les strioles des élytres
plus serrées, la pubescence plus courte et régulière. Pénis à sac
interne sans ligule apical, le cul-de-sac basal avec des pièces chiti-
neuses paires (fig. 286). (Groupe de D. spinipes) .. 13.
Groupe de D. latitarsis
4. Ovale et convexe, rougeâtre avec la moitié apicale des élytres
noirâtre, la pubescence longue et dressée. Antennes longues, à
Fig. 274-280 : Genre Dissochaetus Reitt., organes copulateurs (>< 90 et 130). — Fig. 274.
D. latitarsis, n. sp., de Marcapata. — Fig. 275 et 276. D. curlus Port., de Cocha-
bamba. — Fig. 277 et 278. D. brunneicollis Port., de Cochabamba. — Fig. 279 et 280.
D. mexicanus, n. sp., de Mexico, organe copulateur et cul-de-sac basal du sac interne.
massue épaisse, noire, l’article apical concolore. Tarses anté¬
rieurs mâles plus larges que le tibia. Apex du pénis dilaté en
fer de lance, armé de deux soies (fig. 274). Long. 3 mm. (Pérou).
[Fig. 266-267 et 274]. 1. latitarsis, n. sp.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
147
Groupe de D. curtus
5. Strioles des élytres nettement obliques dans la région suturale.
Noir brillant, les élytres rougeâtres, les antennes pâles, à massue
peu dilatée. Élytres d’aspect soyeux, à reflets ardoisés. Forme
générale peu convexe, ovalaire. Yeux relativement petits. Long.
3,2 mm. (Nord de l’Argentine). 5. immaculatus Pic.
— Strioles des élytres perpendiculaires à la suture. Élytres mats, sans
reflets ardoisés. 6.
6. Côtés du pronotum nettement sinués avant les angles postérieurs.
Large et convexe ; en entier testacé rougeâtre, les antennes à mas¬
sue aplatie, large, rembrunie, avec l’article apical concolore. Prono¬
tum très large, près de deux fois aussi large que long. Pénis large,
épais, à sommet infléchi et largement arrondi, sans soies latérales,
les styles relativement grêles, pourvus de deux soies accolées (fîg. 277
et 278). Long. 3 à 3,2 mm. (Bolivie). [Fig. 277et 378].
.. . 2. brunneicollis Port.
— Côtés du pronotum sans sinuosité dans la partie basale. Coloration
noire mate uniforme. 7.
7. Pronotum court et transverse, deux fois aussi large que long, ses
côtés très arrondis, la plus grande largeur au milieu. Élytres courts
et renflés, obtus. Antennes à massue noire, concolore. Apex du
pénis effilé, sans soies latérales (fig. 275), les styles droits, sub¬
parallèles, à sommet mousse, armé de deux soies contiguës (fig. 276).
Long. 2,8 mm. (Bolivie, Vénézuela). [Fig. 265 et 276] .
. 3. curtus Port.
— Pronotum moins transverse, ses côtés arrondis en avant, la plus
grande largeur vers le quart basal. Élytres renflés, mais atténués
au sommet. Antennes à massue noire, le dernier article roussâtre.
Sommet du pénis plus court et plus épais, muni de deux soies mar¬
ginales; styles droits, mais longs, très larges et dilatés en palettes
ovalaires dont le sommet porte deux soies contiguës (fig. 279).
Long. 3 à 3,5 mm. (Mexique). [Fig. 279 et 280]..
. 4. mexicanus, n. sp.
Groupe de D. fimbriatus
8. Très grande taille. Antennes courtes, à massue épaisse, les articles
6 à 10 transverses, le 7 deux fois aussi large que long, le 8 très
petit. Pronotum transverse, large, à côtés très arrondis, la plus
grande largeur avant la base. Tarses antérieurs mâles très dilatés,
l’article 1 bien plus large que le tibia. Long. 4,5 mm. (Mexique)
. 6. fimbriatus Matth.
148
D' RENÉ JEANNEL
Groupe de D. ovalis
9. Tibias intermédiaires et postérieurs épais, couverts de longues
soies couchées, sans épines dressées sur la face externe. 10.
— Tibias intermédiaires et postérieurs avec un rang de longues
épines dressées, dégagées de la pubescence de la face externe. 11.
10. Rougeâtre, avec la moitié apicale des élytres noirâtre; prono-
tum très large, à côtés fortement arrondis. Pénis à pointe longue,
semblable à celui du D. ovalis (fig. 281), le ligule à bord apical
échancré (fig. 283). Long. 2,3 à 2,5 mm. (Bolivie). [Fig. 273 et
283]. 7. latus Port.
— Noir très brillant, la base des élytres rougeâtre. Pronotum à
côtés peu arqués en avant. Pénis bien plus court, l’apex avec
deux soies marginales de chaque côté, les styles bien plus épais,
arqués (fig. 284), le ligule fortement bilobé (fig. 285). Long.
2,5 mm. (Pérou). [Fig. 284 et 285]. 8. obscurus Port.
11. Antennes à massue très épaisse, l’article 7 fortement asymé¬
trique et renflé. Pronotum transverse, à côtés très arrondis, la
plus grande largeur vers le milieu, les angles postérieurs obtus.
Forme large et convexe, les élytres renflés. Long. 3,2 à 3,5 mm.
(Brésil et Venezuela). 11. monilis Murr.
— Antennes à massue peu épaissie, l’article 7 symétrique et norma¬
lement épaissi. 12.
12. Côtés du pronotum régulièrement arrondis, la plus grande largeur
vers le milieu. Convexe, les élytres renflés, plus larges que le pro¬
notum. Pénis grand, épais, l’apex brusquement effilé, armé de
deux soies marginales près de la pointe. Styles presque droits, dilatés
à l’apex et amincis en lames hyalines (fig. 281); ligule anguleux,
flanqué de deux phanères denticulées (fig. 282). Long. 3 mm.
(Bolivie, Pérou). [Fig. 281 et 282]. 9. ovalis Kirsch.
— Cotés du pronotum peu arrondis en avant, la plus grande largeur
près de la base, les angles postérieurs plus marqués. Élytres
subparallèles, guère plus larges que le pronotum. Mâle inconnu.
Long. 3 mm. (Guyane). 10. Geayi Port.
Groupe de D. spinipes
13. Article 3 des antennes deux fois aussi long que le 4 qui est très
court. Côtés du pronotum régulièrement arrondis. 14.
— Article 3 des antennes une fois et demie aussi long que le 4. 15.
14. Antennes plus longues, à massue plus déliée, l’article 7 symé¬
trique, le 6 transverse, mais environ uue fois et demie aussi
large que long. Tarses antérieurs mâles aussi larges que le sommet
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
149
du tibia. Pénis à pointe courte et obtuse, avec trois soies margi¬
nales de chaque côté ; les styles très longs, arqués, spatulés au
sommet dont le bord interne est membraneux et cilié (fig. 286).
Fig. 281-292 ; Genre Dissochaetus Reitt, organes copulateurs, styles et ligules apicaux
du sac interne (x 90 et 180). — Fig. 281 et 282. D. ovalis Kirsch, de Bolivie. — Fig. 283.
D. laïus Port., de Bolivie, ligule. — Fig. 284 et 285. D. obscurus Port., du Pérou. —
Fig. 286. D. spinipes Murr., du Vénézuela. — Fig. 287 .D. Philippi Port., de Bolivie. —
Fig. 288. D. parallelus Port., du Vénézuela. — Fig. 289. D. Hetschkoi Reitt., de Blume-
nau, Brésil. — Fig. 290. D. granadensis, n. sp., type, de l'tle Granada. — Fig. 291.
D. Smithi, n. sp., type, de l'tle Saint-Vincent. — Fig. 292. D. Murrayi Reitt., de Blu-
menau .
Long. 2,2 à 2,4 mm. (Vénézuela). [Fig. 286]. 12. spinipes Murr.
— Antennes plus courtes et plus trapues, la massue compacte, l’ar¬
ticle 7 asymétrique, le 6 plus de deux fois aussi large que long.
Tarses antérieurs mâles plus étroits que le tibia. Pénis semblable,
les styles plus effilés (fig. 287). Long. 2 mm. (Bolivie). [Fig. 287]....
. 13. Philippi Port.
15. Angles postérieurs du pronotum tout à fait arrondis, la base à peine
plus large que le bord antérieur, les côtés très arrondis, la plus
grande largeur vers le milieu. Élytres courts et renflés, à sommet
150
D' RENÉ JEANNEL
très obtus. Antennes longues et grêles, la massue peu épaissie,
toute l’antenne testacée rougeâtre. Tarses antérieurs mâles plus
étroits que le tibia. Pénis à pointe obtuse, aplanie, les styles droits
et réguliers, épais (fig. 290). Long. 2 à 2,5 mm. (Ile Grenade).
[Fig. 290]. 17. granadensis, n. sp.
— Angles postérieurs du pronotum accusés, obtus, la base nettement
plus large que le bord antérieur. 16.
16. Pronotum avec sa plus grande largeur au quart basal. Régulièrement
ovalaire, convexe, rougeâtre avec le front et l’apex des élytres
noirâtres. Pronotum très transverse, à peine plus étroit que les
élytres. Antennes courtes, à massue peu épaissie. Long. 2 mm.
(Amérique du Nord). 21. oblitus Lee.
— Pronotum avec sa plus grande largeur au milieu, les côtés très régu¬
lièrement arrondis et rétrécis à la base. 17.
17. Subparallèles, le pronotum presque aussi large que les élytres qui
sont peu renflés. 18.
— Ovoïdes, le pronotum plus étroit que les élytres qui sont fortement
renflés, courts et obtus. 19.
18. Rougeâtre avec l’apex des élytres enfumé, les antennes en entier
testacées rougeâtres. Tarses antérieurs mâles fortement dilatés, plus
larges que le sommet du tibia lui-même élargi. Styles de l’organe
copulateur extrêmement développés, arrondis en crosse deux fois
aussi longue que le pénis (fig. 288). Long. 1,8 mm. (Vénézuela).
[Fig. 288]. 14. parallelus Port.
— Noir mat uniforme, les antennes à massue noirâtre, épaisse, l’article 7
asymétrique. Tarses antérieurs mâles plus étroits que le sommet
du tibia. Styles courts, épais, droits et réguliers, guère plus longs
que le pénis (fig. 291). Long. 2,2 mm. (Ile Saint-Vincent). [Fig. 291].
. 18. Smithi, n. sp.
— Rrun rougeâtre, l’apex des élytres légèrement rembruni. Ponctuation
granuleuse du pronotum extrêmement fine et serrée. Article 6 des
antennes très transverse, le 7 symétrique, presque aussi long que
large. Mâle inconnu. Long. 2,2 mm. (Guatémala). 20. semipiceus Matth.
19. Plus petit, plus globuleux, le pronotum plus étroit, à côtés moins
arrondis en avant. Antennes plus courtes, testacées, les articles 4 et
5 transverses. Pénis court et obtus (fig. 289), l’apex très effilé et
inerme, les styles longs et arqués, dilatés au sommet. Long. 2 mm.
(Brésil). [Fig. 289]. 15. Hetschkoi Reitt.
— Plus grand, plus allongé, le pronotum plus large, à côtés plus
arrondis. Antennes plus longues, testacées, les articles 4 et 5 aussi
longs que larges. Pénis court et obtus (fig. 292), l’apex avec quatre
soies marginales, les styles droits, épais, réguliers, à sommet
mousse. Long. 2,3 mm. (Brésil). [Fig. 292]. 16. Murrayi Reitt.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
454
Deux espèces manquent dans ce tableau ; leur place ne pourrait être précisée
que par l’examen de l’organe copulateur. Ce sont les suivantes :
19. D. portoricensis Hatch. — Long. 2,6 mm. Noir de poix, la base des
élytres pâle. Antennes à massue rembrunie, le dernier article pâle, les
articles 6 à 10 transverses. Pronotum plus étroit que les élytres, transverse, à
côtés très arrondis, les angles postérieurs accusés, le bord latéral et le bord
basal faiblement sinués près de l’angle postérieur. Élytres renflés, obtus au
sommet. Grand éperon interne des tibias postérieurs aussi long que le
premier article du tarse (Porto-Rico).
Sans doute voisin du D. semipiceus, mais reconnaissable à la sinuation légère
des côtés du pronotum dans leur partie basale.
22. D. decipiens Horn.— Long. 3,5 à 4 mm. Brun rougeâtre, pubescent, les
antennes à massue rembrunie. Pronotum transverse, à côtés régulièrement
arqués et angles postérieurs arrondis. Élytres pas plus larges que le pronotum,
allongés. (État de Washington).
Hatch, qui a vu des paratypes, remarque que Horn a assigné par erreur à
cette espèce un mésoternum sans carène et un premier article du tarse intermé¬
diaire dilaté chez le mâle. Le mésosternum porte la même fine carène intercoxale
que chez les Dissochaetus et le tarse intermédiaire mâle est simple. Peut-être,
comme le suggère Hatch, D. decipiens doit-il être rapproché du D. fimbriatns
de Costa-Rica.
Il semble donc bien que cette espèce appartienne encore au genre Dissochaetus.
Mais il n’en est pas de même pour les espèces brachyderas Lee. et arizonensis
Hatch, de l’Amérique du Nord, que Hatch place dans le genre Dissochaetus et
qui sont certainement des Nemadus. Enfin le Ch. exigua Kirsch, du Vénézuela,
placé habituellement dans le genre Dissochaetus , est l’espèce du genre Adelopsis
connue sous le nom de dispar Port.
Groupe de D. latitarsis
1 . Dissochaetus latitarsis, n. sp. ; type : Marcapata (Mus. Paris).
Amérique du Sud. Pérou : Marcapata, dans le Quichua, revers nord de la Cordi-
lière des Andes ; un seul mâle (Mus. Paris).
Groupe de D. curtus
2. Dissochaetus brunneicollis Portevin, 1907, Ann. Soc.ent. Fr., p. 71 (Ane¬
madus) ; type : Cochabamba (coll. Pic.).
Amérique du Sud. Bolivie : Cochabamba, dans la Cordilière, un mâle (Ger¬
main !) ; Chaco, un mâle (Mus. Paris).
152
D r RENÉ JE4NNEL
3. Dissochaetus curtus Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 162, pl. n, fig. 3 ;
type : Cochabamba (Mus. Paris). — monilis Portevin, 1921, Bull. Mus.
Hist. nat., p. 535 (nec Murray).
Amérique du Sud. Bolivie : Cochabamba, mâle et femelle (Germain !). — Véné-
zuela , environ de Caracas (Salle !, in coll. Chevrolat, Mus. Paris).
4. Dissochaetus mexicanus, n. sp. ; type : Mexico (Mus. Paris).
Amérique centrale. Mexique : Mexico, dans les maisons (Hohr!, Mus. Paris et
Brit. Mus.).
5. Dissochaetus immaculatus Pic, 1923, Mél. exot.-ent.,51, p. 3 ; type: cueva
Iturbe (coll. Pic.).
Amérique du Sud. Rép. Argentine : cueva Iturbe, à 3.700 m. d’alt. dans la
province de Jujuy, nord de l’Argentine, dans la Cordilière des Andes, une femelle
(Weiser !, coll. Pic.).
Obs. — Espèce peut-être cavernicole ; ses yeux sont plus petits que chez les
autres espèces boliviennes.
Groupe de D. fimbriatus
6. Dissochaetus fimbriatus Mattheys, 1888, Biol, centr.-amer., Col. II,
p. 98, pl. m, fig. 10 ( Choleva ); type : volcan d’irazu (Brit. Mus.).
Amérique centrale. Costa-Rica : volcan d’irazu, 2.000 m. d’alt., un mâle
(H. Rogers!).
Groupe de D. ovalis
7. Dissochaetus latus Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 70; type : Bolivie
(Mus. Paris). — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, fig. 7-8 et 15-17.
Amérique du Sud. Bolivie : Mapiri, plusieurs exemplaires (Germain !) ; Coroico
(coll. Pic !).
8. Dissochaetus obscurus Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 162; type :
Marcapata (coll. Pic).
Amérique du Sud. Pérou : Marcapata, revers nord de la Cordilière, province
de Quichua, un mâle (coll. Pic !).
9. Dissochaetus ovalis Kirsch, 1873, Berl. ent. Zs., XVII, p. 134 (Choleva) ;
type : Pozuzu. — sanguinicollis Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr.,
p. 160, pl. ii, fig. 4 ; type : Marcapata (Mus. Paris), —dilutus Portevin,
1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 70 ; type : Bolivie (coll. Pic). — collaris
Portevin, 1927, Ent. Mitth., XVI, p. 52 ; type : Bolivie (Mus. Paris).
Amérique du Sud. Équateur : Santa-Inès, une femelle (G. Portevin).— Pérou :
Pozuzu, dans la Cordilière, au nord du Cerro de Pasco, prov. de Junin (Aben-
droth, Mus. Dresden) ; Marcapata, prov. Quichua, dans la Cordilière, plusieurs
exemplaires (Mus. Paris). — Bolivie : Cochabamba (Germain !) ; Mapiri (Ger¬
main !) ; Coroico (coll. Pic !).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
153
Obs. — Paraît largement distribué dans la cordilière des Andes. Les synony¬
mies indiquées ci-dessus résultent de la comparaison des types de Portevin par
examen des organes copulateurs. D’autre part, la description du D. ovalis Kirsch
montre qu’il s’agit bien de cette espèce.
10. Dissochaetus Geayi Portevin, 1903, Bull. Mus. Hist. nat., p. 329; type:
rivière Lunier (Mus. Paris).
Amérique du Sud. Guyane française : rivière Lunier, une seule femelle (Geay !,
in Mus. Paris).
11. Dissochaetus monilis Murray, 1856, Ann. Mag. nat. Hist., (2) XVIII,
p. 395, fig. 44 (C'atops) ; type : Caracas (Mus. Paris). — maculatus Por-
tevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 160 ; type : Espirito-Santo (Mus.
Paris). — dubius Pic, 1917, Mél. exot.-ent., XXVI, p. 3 ; type : Brésil
(coll. Pic).
Amérique du Sud. Vénézuela : env. de Caracas (Sallé !, in coll. Chevrolat,
Mus. Paris). — Brésil : Espirito-Santo, un mâle (coll. Chevrolat !, in Mus. Paris) ;
Brésil (Sahlberg !, in coll. Pic et Mus. Paris).
Obs. — Des exemplaires typiques du D. monilis , conformes à la description de
Murray, existent au Muséum de Paris. Aucun caractère ne me permet de les
séparer des D. maculatus Port, et D. dubius Pic.
Groupe de D. spinipes
12. Dissochaetus spinipes Murray, 1856, Ann. Mag. nat. Hist., (2) XVIII,
p. 396, fig. 45 (Catops) ; type: Caracas (Mus. Paris). — longispina
Portevin, 1927, Ent. Mitth., XVI, p. 52; type : Yungas (Mus. Dahlem).
Amérique du Sud. Vénézuela : Caracas (Sallé!, in coll. Chevrolat, Mus. Paris).
— Bolivie : Yungas, plaines au nord de la Cordillière (Germain !, Mus. Paris).
Obs. — L’identité du D. longispina avec l’espèce décrite par Murray ne fait
aucun doute. Elle montre que les Dissochaetus ont des distributions géographiques
très vastes.
13. Dissochaetus Philippi Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 159; type:
Marcapata (coll. Pic).
Amérique du Sud. Pérou: Marcapata, versant nord de la Cordilière, un mâle
(coll. Pic !).
Obs. — Très voisin du précédent, dont il n’est peut-être qu’une race de mon¬
tagne.
14. Dissochaetus parallelus Portevin, 1921, Bull. Mus. Hist. nat., p. 535; type:
Caracas (Mus. Paris).
Amérique du Sud. Vénézuela : Caracas, un mâle (Sallé !, in coll. Chevrolat,
Mus. Paris).
15. Dissochaetus Hetschkoi Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brunn., XXIIT,
p. 39 ; type : Blumenau (Mus. Paris). — Portevin, 1903, Ann. Soc. ent,
Fr., p. 161.
154
I> RENÉ JEANNEL
Amérique du Sud. Brésil. Santa Catharina : Blumenau (coll. Reitter !). Bahia
(Frühstorfer !, Mus. Paris).
16. Dissochaetus Murrayi Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brunn., XXIII, p. 39;
type : Blumenau (Mus. Paris). — Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr.,
p. 161. — calcaratus Portevin, 1921, Bull. Mus. Hist. nat., p. 536;
type : Bahia (Mus. Paris).
Amérique du Sud. Brésil. Santa Catharina : Blumenau (coll. Reitter !, in Mus.
Paris). Bahia (Frühstorfer !, in Mus. Paris).
17. Dissochaetus granadensis, n. sp. ; type : Sant John’s river (Brit. Mus.).
Petites Antilles. Ile Grenade : St. John’s river, un mâle (H. H. Smith !, Brit.
Mus.). Grand Etang, une femelle (Allen et Brues !, in Harward Univers.). L’île
Grenade est la plus rapprochée du continent sudaméricain, dans l’archipel des
« Iles sous-le-vent ».
18. Dissochaetus Smithi, n. sp. ; type : Ile St.-Vincent (Brit. Mus.).
Petites Antilles. Ile Saint-Vincent, un mâle et une femelle (H. H. Smith !,
Brit. Mus. et Mus. Paris). Saint-Vincent se trouve, dans l’archipel, au nord de
Grenade, donc un peu plus éloignée du continent américain.
19. Dissochaetus portoricensis Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI,
p. 199; type : El Junque (U. S. Nat. Mus.).
Grandes Antilles. Porto-Bico : El Yunque, une femelle (L. Stejneger, U. S. Nat.
Mus.).
20. Dissochaetus semipiceus Mattheys, 1888, Biol, centr.-amer., Col., II, p. 99
(Choleva) ; type : San Geronimo (Brit. Mus.). — magnicornis Portevin,
1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 70 ; type : Guatemala (').
Amérique centrale. Guatémala : San Geronimo (Champion !).
21. Dissochaetus oblitus Leconte, 1853, Proc. Ac. nat. Sc. Phil., VI, p. 282
(Catops) ; type : Géorgie. — Murray, 1856, Mon., p. 459, fig. 53. —
Horn. 1880, Trans. Amer. ent. Soc., VIII, p. 262 (Ptomaphagus). —
Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 41 ( Dissochaetus). — Hatch,
1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 198.
Amérique du Nord. Maryland : Jackson Id., dans un nid de Buse (Carnochan et
Barber) ; Plummer’s Id. (Hatch). — Virginia : Black Pound, près de Plummer’s
Id., dans des pièges (Barber !). — North Carolina: Black mountains (Hatch). —
Illinois : Monroe co. (Hatch). — Géorgie et Floride (Horn).
22. Dissochaetus decipiens Horn, 1880, Trans. Amer. ent. Soc., VIII, p. 257
(Choleva) ; type : Olympia (Ac. Nat. Sc. Philad.). — Hatch., 1933,
Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 198.
Amérique du Nord. Washington : Olympia (Morrison).
(1) Le type de cette espèce est perdu. Mais il semble bien, d’après sa description, que
ce D. magnicornis Port, soit identique au D. semipiceus Matth.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
155
22. Gen. EUNEMADUS Portevin
Eunemadus Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII, p. 192 ; type : E. chi-
lensis Port.
Taille de 3 à 3,5 mm. Ailé. Oblong et peu convexe ; faciès des Catops. Noir mat,
la pubescence grisâtre, courte et couchée. Tête et pronotum densément ponctués,
Fig. 293-298 : Genre Eunemadus Port. : E. chilensis Port., du Chili. — Fig. 293. Mâle,
X 16. — Fig. 294. Palpe maxillaire droit, x 45. — Fig. 295. Tarse antérieur droit du
mâle, X 65. — Fig. 296. Tarse intermédiaire gauche du mâle, X 65. — Fig. 297.
Organe copulateur, face dorsale, X 90. — Fig. 298. Segment génital mâle, face ven¬
trale, x 90.
les élytres couverts de strioles transverses, nettes, perpendiculaires à la suture.
Front non séparé de l’épistome par une suture ; les yeux bien développés.
Palpes maxillaires à dernier article conique, un peu plus court que l’avant-dernier
qui est peu épais (fig. 294). Antennes courtes et épaisses, ne dépassant pas le bord
postérieur du pronotum ; l’article 3 aussi long que le 2, plus long que le 4 ; la
massue allongée, commençant avec l’article 5, le 6 court et transverse, le 8 très
court et très transverse, les 7, 9 et 10 très grands, épais, à faces convexes.
156 Dr RENÉ JEANNEL
Pronotum de peu plus large que long, ses côtés régulièrement arqués, la base
saillante en arrière, les angles postérieurs obtus. Ponctuation granuleuse très
dense.
Élytres oblongs, peu convexes, atténués à l’apex. Strie suturale entière ;
les bords apicaux séparément arrondis, sans différences sexuelles. Métaster-
num très saillant sur la ligne médiane, avec deux tubercules effilés en pointe
immédiatement en avant des deux hanches postérieures.
Pattes très robustes. Tibias très épaissis à l’apex ; les antérieurs avec deux
éperons internes et deux ou trois externes très petits ; les intermédiaires et
postérieurs armés de deux éperons internes dont le plus grand (dorsal) est
lisse et bien plus court que le premier article du tarse. De plus, il existe un
éperon dorsal et deux externes très courts, dissimulés sous une frange d’épines
courtes et égales. Tibias intermédiaires arqués. Tarses épais, le premier article
des postérieurs bien plus long que le deuxième.
Chez le mâle, les trois premiers articles du tarse antérieur sont dilatés, le
premier très largement ( fîg. 295), plus large que le tibia lui-même très épaissi ;
le premier article du tarse intermédiaire également très élargi en patelle,
nettement dilaté en dehors (fig. 296).
Segment génital mâle très allongé, tubuleux, deux ou trois fois aussi long
que large et très arqué du côté ventral, le tergite et les pleurites très déve¬
loppés, le sternite totalement involué (fig. 298).
Organe copulateur (fig. 297) allongé, subparallèle. Pénis aplati, l’apex large¬
ment arrondi et pourvu de deux petites soies marginales de chaque côté. Lame
basale plus longue que le corps du pénis, effilée en pointe. Lame ventrale du
tegmen lamelleuse, aussi longue que la moitié de la lame basale; les styles
très larges, coudés en dedans au sommet et armés de deux soies.
Sac interne garni d’écailles. Sa partie basale, logée dans la concavité de la
partie effilée de la lame basale du pénis, forme une vésicule ovalaire où s’insère
un très long flagellum hyalin dont la pointe atteint l’orifice apical du pénis.
Ce genre est très remarquable par plusieurs caractères : la forme du métas-
ternum n’a aucun équivalent, sauf peut-être chez les Eucatops ; mais la saillie
métasternale de ces derniers n’est pas bituberculée. La dilatation des tarses
chez le mâle des Eunemadus est aussi très particulière. Enfin, l’organe copula¬
teur et principalement l’armature du sac interne sont d’un type très spécial.
Une seule espèce du Chili.
1 . Eunemadus chilensis Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII, p. 192,
fig. ; type : Chili (Mus. Dahlem). [Fig. 293 à 298].
Chili , plusieurs exemplaires, sans doute de la région de Santiago (Germain !,
Mus. Paris et Brit. Mus.).
23. Gen. FALKOCHOLEVA, nov.
Type : Choleva falklandica Wat. -— Falkocholeva M. Hatch, 1928, Col. Cat.,
pars 95, p. 208 (nomen nudum).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
157
Taille de 2,5 à 3mm. Ailés. Allongés et convexes. Pubescence grisâtre assez
longue et rare. Ponctuation très forte, celle du pronotum profonde et serrée,
celle des élytres grossière, moins profonde, formée de gros points râpeux plus
ou moins alignés en travers.
Les caractères généraux sont les mêmes que chez les Eunemadus, mais la
forme du corps est bien différente (fîg. 299).
Tête très grande, à peine infléchie, presque dirigée dans l’axe du prothorax,
Fig. 299-300 : Genre Falkockoleva, nov. : F. falklandica subsp. hdwardsi, nov., de Ban-
loche, Argentine. — Fig. 299. Mâle, type, x 22. — Fig. 300. Organe copulateur, face
dorsale, x 90.
le front très large et aplani, l’épistome indistinct, la carène occipitale réduite,
les yeux très volumineux et saillants. Palpes à dernier article conique, plus
court que l’avant-dernier. Antennes courtes, à massue très épaisse, l’article 3
presque aussi long que le 2, plus long que le 4, la massue commençant avec
l’article 7, les 7, 9 et 10 très gros, à faces convexes.
Pronotum petit, non transverse, ses côtés peu arrondis, la base étroite, les
angles tous largement tronqués. Le bord antérieur du pronotum forme une
saillie assez forte, d’autant plus accusée que les angles antérieurs sont très
effacés.
Élytres oblongs et convexes, plus larges que le pronotum, l’apex atténué.
Mésosternum caréné ; hanches intermédiaires contiguës. Métasternum
non saillant, sans tubérosités postérieures.
158
Dr RENÉ JEANNEL
Pattes robustes, les tibias très épaissis à l’apex, armés d’éperous apicaux
relativement très courts. Tibias intermédiaires arqués. Tarses grêles.
Les tarses antérieurs des mâles sont largement dilatés; au tarse intermé¬
diaire le premier article est seul dilaté chez le mâle.
Segment génital de même forme que chez Eunemadus (fîg. 298).
Organe copulateur (fîg. 300) allongé ; le pénis court et triangulaire, avec
deux soies marginales de chaque côté, sa lame basale longue, enveloppante et
évasée à son bord libre.
Lame ventrale du tegmen lamelleuse, mais très large et étalée ; les styles
robustes, droits, armés de deux petites soies apicales. Sac interne garni d’écailles ;
deux paquets d’épines allongées dans la région moyenne ; le canal éjaculateur
débouche dans une sorte de valvule basale très chitinisée qui fait une forte
saillie dans le sac.
Ce genre est très remarquable par son faciès et sa forte sculpture.
Tableau des espèces
1. Brunâtre, avec la tête noire. Élytres avec des traces de côtes lon¬
gitudinales, la strie suturale profonde. Pronotum subcarré, à angles
postérieurs simplement obtus. Long. 2,5 mm. (Chili).
. 2. cribellata F. et G.
— Noir brillant. Élytres sans traces de côtes, la strie suturale superfi¬
cielle. Pronotum un peu transverse, ses angles postérieurs oblique¬
ment tronqués. Long. 3 à 3,5 mm. [Fig. 299 à 300].
. 1. falklandica Wat.
a. Plus grand, les élytres plus larges et plus renflés. Long.
3,5 mm. (Iles Falkland et Terre de Feu)..
. subsp. falklandica, s.str.
— Plus petit et plus allongé, les élytres moins renflés. Long.
3 mm. (Sud de l’Argentine). subsp. Edwardsi, nov.
1. Falkocholeva falklandica Waterhouse, 1879, Trans. Linn. Soc. London,
XIV, p. 531 ( Choleva) ; type : îles Falkland (Brit. Mus.).
b. Subsp. Edwardsi , nov. ; type : Bariloche (Brit. Mus.).
a. Subsp. falklandica s. str. — Iles Falkland (Ch. Darwin !, Brit. Mus.). —
Terre de Feu (coll. Champion !, Brit. Mus.).
b. Subsp. Edwardsi, nov. — République Argentine. Terr. du Rio Negro :
Bariloche, trois exemplaires (F. et M. Edwards !, Brit. Mus. et Mus. Paris). —
Chili. Prov. Llanquihué : Casa Pangue, un exemplaire (F. et M. Edwards !).
2. Falkocholeva cribellata Fairmaire et Germain, 1859, Rev. Mag. Zooh, (2)
XI, p. 353 ( Choleva ) ; type : Concepcion.
Chili : Concepcion, sous des écorces de bois pourries (Germain).
Obs. — Je n’ai pas vu cette espèce que je ne place ici qu’avec réserves.
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
159
24. Gen. NEMADIOPSIS, nov.
Type : Choleva fastidiosa Fairmaire et Germain.
Taille de 2 à 3 mm. Ailés. Mêmes caractères généraux que dans le genre
Eunemadus, sauf que la forme est plus convexe. La sculpture est la même ;
les antennes et les palpes maxillaires sont de même forme.
Fig. 301-308 : Genre Nemacliopsis, nov. — Fig. 301. N. faslidiosus Fairm., mâle type ,
X 16. — Fig. 302. Organe copulateur, face dorsale, du même, x 90. — Fig. 303.
N. Edwardsi, n. sp., antenne, X 35. — Fig. 304. Tarse antérieur droit du mâle, x 65.
— Fig. 305 et 306. Sommets des tibias intermédiaire et postérieur droits du mâle, x 65.
— Fig. 307. Style gauche de l’organe copulateur du même, x 90. — Fig. 308. Segment
génital mâle, face ventrale, x 90.
Pronotum plus transverse, plus court, toujours plus étroit que les élytres ;
ses côtés très peu arqués, les angles postérieurs obtus, la base guère plus large
que le bord antérieur. Élytres plus renflés et plus convexes que chez Eune¬
madus chilensis, l’apex plus obtusément arrondi.
Mésosternum finement caréné ; hanches intermédiaires contiguës. Métas-
ternum plan, nullement bombé, sans tubercules.
Pattes robustes comme chez Eunemadus. Les tibias, très épaissis, épineux,
sont armés des mêmes éperons, mais il n’existe pas de frange d’épines courtes
160 D r RENÉ JEANNEL
et égales au devant des éperons externes des tibias intermédiaires et posté¬
rieurs. Tarses semblables.
Chez le mâle, les quatre premiers articles du tarse antérieur sont dilatés,
le premier très largement (fig. 304). Au tarse intermédiaire, le premier article
est explané en dehors, comme chez Eunernadus, mais le deuxième est simple
(fig. 305).
Segment génital court et épais, pas plus long que large, avec un sternite
bien développé (fig. 308).
Pénis aplati, atténué en pointe, sans soies marginales à l’apex; la lame basale
presque aussi longue que le pénis, enroulée dorsalement et abritant le sac
interne. Lame ventrale du tegmen membraneuse et longue ; styles épais, droits,
avec deux soies apicales (fig. 302 et 307).
Sac interne avec des grosses épines spécialisées et des paires de phanères
composées dans sa partie apicale ; le cul-de-sac basal sans flagellum comme
celui de V Eunernadus chilensis.
En somme, le genre Nemadiopsis diffère d 'Eunernadus par l’armature
apicale des tibias intermédiaires et postérieurs et par un type très différent
d’organe copulateur, tous caractères justifiant à coup sûr une séparation
générique.
Tableau bes espèces
1. Brun de poix brillant, les antennes brunes à base pâle. Antennes
à massue peu épaisse, l’article 7 une fois et demie aussi large que
le 6. Côtés du pronotum régulièrement arrondis. Tarses antérieurs
mâles pas plus larges que le sommet du tibia. Styles de l’organe
copulateur membraneux sur leur bord interne (fig. 302). Long.
2,5 mm. (Chili). [Fig. 301 et 302]. 1. fastidiosus F. et G.
- Noir brillant, les antennes à massue noire, leur base et les tarses
brunâtres. Antennes à massue très épaisse, l’article 7 deux fois
aussi épais que le 6. Côtés du pronotum très peu arqués. Tarses
antérieurs mâles bien plus larges que le tibia. Styles de l’organe
copulateur non membraneux (fig. 307). Long. 3,2 mm. (Argentine).
[Fig. 303 à 308]. 2. Edwardsi, n. sp.
1. Nemadiopsis fastidiosus Fairmaire et Germain, 1859, Rev. Mag. Zool. (2)
XI, p. 352 ( Choleva) ; type : Quillota (Mus. Paris). — Portevin,
1914, Ann. soc. ent. Belg., LVII, p. 193 ( Eunernadus ).
Chili : Quillota, sous les pierres, dans les endroits humides, deux exem¬
plaires (Germain !. in Mus. Paris).
2. Nemadiopsis Edwardsi, n. sp.; type : L. Nahuel Huapi (Brit. Mus.).
Argentine. Territorio del Rio Negro : L. Nahuel Huapi, Puerto Blest., un
mâle (F. et M. Edwards !, in Brit. Mus.).
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
161
25. Gen. NEMADIOLUS, nov.
Type : N. Germaini, n. sp.
Long. 1,8 mm. Ailé. Ovalaire allongé, très convexe, subcylindrique, ayant
assez le faciès d’un Colon. Pubescence courte et couchée, grisâtre. Pronotum
Fig. 309-316 : Genre Nemadiolus, nov. ; N. Germaini, n. sp., du Chili. — Fig. 309. Mâle
type, x 22. — Fig. 310. Antenne droite, x 65. — Fig. 311. Tarse antérieur droit du
mâle, x 65. — Fig. 312 et 313. Sommets des tibias intermédiaire et postérieur droits du
mâle, x 65. — Fig. 314. Organe copulateur, face dorsale, x 90. — Fig. 315. Style
droit, X 180. — Fig. 316. Segment génital mâle, face ventrale.
densément ponctué, les élytres couverts de strioles transverses, fines et serrées,
perpendiculaires à la suture.
Front non séparé de l’épistome ; les yeux grands. Palpes à dernier article
conique, aciculé, aussi long que l’avant-dernier qui est peu renflé. Antennes
ne dépassant guère la base du pronotum, fines, à massue renflée à partir
de l’article 7, le 8 transverse (fig. 310).
Pronotum transverse, aussi large que les élytres, ses côtés régulièrement
arqués, la plus grande largeur près de la base; angles postérieurs obtus, non
saillants, la base rectiligne. Disque très convexe, couvert de petits granules
brillants très fins, serrés et superficiels.
Élytres subparallèles, à sommet obtusément arrondi, très convexes. Strie
suturale entière.
siÉMOIKES DU MUSÉUM, nouvelle série, lome I.
11
•162 D r RENÉ JEANNEL
Mésosternum finement caréné ; hanches intermédiaires contiguës.
Pattes grêles, les tibias armés d’éperons apicaux courts, les externes très
petits. Tibias antérieurs grêles, droits, non épaissis chez le mâle ; tibias inter¬
médiaires faiblement arqués, les postérieurs droits, leur face externe avec des
épines dressées très courtes. Tarses postérieurs grêles, le premier article bien
plus long que le second, trois fois plus long que le grand éperon tibial interne
(fig- 313).
Tarses antérieurs mâles faiblement dilatés chez les mâles, le tarse intermé¬
diaire simple (fig. 312 et 313).
Pénis droit, atténué, avec deux soies marginales de chaque côté de l’apex,
la lame basale relativement courte (fig. 314). Lame ventrale du tegmen mem¬
braneuse. Styles épais, droits, mousses, pas plus longs que le pénis, armés
d’une grande soie apicale et d’un groupe de soies nombreuses au tiers apical
du bord interne (fig. 315).
Segment génital pas plus long que large, formé d’un tergite et de deux pleu-
rosternites ciliés (fig. 316).
Ce genre est créé pour une très petite espèce du Chili , remarquable par son
faciès, les tarses intermédiaires simples chez le mâle et la structure de son
organe copulateur. La brièveté des éperons tibiaux l’écarte des Dissochaetus.
1 . Nemadiolus Germaini, n. sp. ; type : Chili (Brit. Mus.).
Long. 1,8 mm. Brun de poix mat, les antennes brunâtres à base pâle, les
pattes rougeâtres. Forme ovale allongée, convexe, également arrondie en
avant et en arrière. Antennes à premier article court, le 2 un peu plus long, le 3
allongé, à peine plus court que le 2, les suivants petits, le 6 aussi long que large,
]e 8 deux fois aussi large que long, les 9 et 10 un peu transverses, le 11 de cou¬
leur pâle, un peu plus long que le 10 et très acuminé. Pronotum très faiblement
rétréci à la base. Pattes grêles, le tarse antérieur mâle un peu plus étroit que le
sommet du tibia. [Fig. 309 à 316].
Chili, un mâle et une femelle (Germain !, in Brit. Mus. et Mus. Paris).
26. Gen. NEMADUS Thomson
Nemadus C. G.. Thomson, 1867, Skand. Col., IX, p. 351 ; type : N. colo-
noides Kraatz. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 162 (pars)
(Bibliogr.). — 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 191.
Ptomaphagus Seidlitz, 1887, Deutsche ent. Zs., p. 89 (pars). —
Catopomorphus Horn, 1880, Trans. Amer. ent. Soc., VIII, p. 316 (nec
Aubé). — Adelops Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 43
(pars). — Dissochaetus Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI,
p. 195 (pars).
Taille de 1,8 à 2,5 mm. Ailés. Pubescence dorée, courte et couchée, soyeuse.
Tête et pronotum ponctués, élytres striolés en travers, les strioles fortes, peu
serrées, perpendiculaires à la suture, mais légèrement infléchies en arrière
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
163
dans la région suturale. La surface du tégument porte souvent un fin réseau
alutacé entre les strioles ; ce réseau existe parfois seulement chez le mâle
(N. Horni ), parfois dans les deux sexes (N. pusio, N. brachycerus) ; il manque
chez plusieurs espèces dont le tégument est lisse entre les strioles (N. colo-
noides).
Front non séparé de l’épistome par une suture, bien plus large que long, la
carène occipitale très développée et tranchante, les yeux grands. Palpes
maxillaires à dernier article conique, plus court que l’avant-dernier (fig. 320).
Antennes relativement courtes, surtout chez les espèces myrmécophiles.
Fig. 317-323 : Genre Nemaclus Thomson. — Fig. 317. N. colonoides Kr., antenne, x 63.
— Fig. 318. N. parasitus Lee., du Massachusetts, mâle, x 22. — Fig. 319. Antenne, x63.
— Fig. 320. Palpe maxillaire droit, X 63. — Fig. 321. Tarse antérieur mâle du même,
X 65. — Fig. 322. Tarse intermédiaire droit du mâle, x 65. — Fig. 323. N. brachyderus
Lee., du Minnesota, mâle, X22.
L’article 3 assez grand, allongé, mais un peu plus court et un peu moins large
que le 2 ; les articles 4 et 5 petits, très étroits, non transverses, le 6 court et
tranverse, aussi large que la base du 7. La massue est régulière, ses articles
nullement déliés, mais emboités exactement les uns sur les autres, leurs faces
unies et continues. Le 7 est grand, en forme de tronc de cône, le 8 aplati, dis¬
coïde, aussi large que le sommet du 7, les 9 et 10 subcylindriques, le 11 ovoïde,
peu acuminé.
Pronotum transverse, en général convexe, sa plus grande largeur à la base,
les côtés régulièrement arqués, les angles postérieurs obtus et émoussés. Chez
N. brachycerus, le pronotum est exceptionnellement large et transverse,
déprimé, et ses angles postérieurs sont saillants en arrière, les parties latérales
de la base étant anormalement sinuées.
164
D r RENÉ JEANNEL
Élytres de forme variable, toujours courts, très atténués et convexes chez
TV. colonoides , non atténués, convexes, à sommet obtus chez la plupart des
espèces américaines, très atténués, subtriangulaires chez d’autres espèces de
forme très large, comme TV. triangulum et TV. brachycerus. L’apex est oblique¬
ment arrondi, avec l’angle suturai saillant mais arrondi. Strie suturale entière.
Mésosternum très finement striolé, avec une carène haute, lamelleuse,
arrondie, portée sur une apophyse intercoxale n’atteignant pas le métaster-
num; les hanches intermédiaires contiguës.
Pattes courtes et robustes, les tibias à peine épineux sur leur face externe,
les tarses postérieurs longs et grêles. Tibias armés chacuns de quatre éperons,
les internes très courts, pas plus longs que le diamètre apical du tibia. Premier
article du tarse postérieur aussi long que les deux suivants ensemble.
Chez le mâle le tarse antérieur à ses trois premiers articles dilatés (fig. 321) ;
le premier article du tarse intermédiaire est dilaté (fig. 322), sauf chez TV. bra-
chyderus , dont les tarses antérieurs sont d’ailleurs bien moins élargis que chez
les autres espèces du genre.
Organe copulateur de type très spécial (fig. 324 à 335). Le pénis est court,
anguleux, aplati ; la lame basale bien plus longue que le pénis est évasée,
enroulée dorsalement, presque toujours carénée sur la ligne médiane. Le pénis
et la lame basale ne sont pas soudés et chez plusieurs espèces américaines
(TV. myrmecophilus , TV. convexus) les deux sclérites sont mobiles et peuvent
former un angle tel que le pénis se trouve dirigé perpendiculairement vers le
côté ventral. Lame ventrale du tegmen longue, lamelleuse, formée de deux
larges membranes chitineuses en forme de raquettes, appliquées sur les faces
latérales de la lame basale du pénis et soudées l’une à l’autre sur la ligne
médiane ventrale (fig. 329).
Styles épais, larges, très développés surtout chez les espèces américaines.
Ils deviennent chez elles de larges valves triangulaires et dissemblables.
Le sommet des styles ne porte aucune soie. Sac interne tapissé d’écailles.
Chez TV. colonoides il existe deux rangées longitudinales d’épines écailleuses
dans toute la longueur du sac ; chez les espèces américaines les dents sont
ramassées dans deux paquets de la région médiane et le cul-de-sac basal est
uniformément tapissé d’écailles.
Le genre est répandu en Europe et dans l’Amérique du Nord. Il ne comprend
qu’une seule espèce européenne, largement distribuée dans la région médi¬
terranéenne et souvent myrmécophile. Par contre, les espèces semblent nom¬
breuses en Amérique, où elles vivent dans les nids de Camponotus et de For¬
mica et s’y sont sans doute spécialisées.
Sous l’influence du milieu des fourmilières, les caractères morphologiques
des Nemadus américains se sont modifiés. Des espèces, comme TV. pusio , TV.
Horni, sont encore de même type que les espèces lucicoles, mais le TV. trian¬
gulum et surtout le TV. brachyderus ont acquis des caractères très étranges. La
forme générale du corps s’élargit et les antennes se raccourcissent.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
165
Il y a lieu de distinguer dans le genre Nemadus trois groupes, distincts princi¬
palement par les caractères de l’organe copulateur mâle, et qui représentent
certainement trois lignées anciennes.
Tableau des espèces
1. Antennes à massue moins compacte, plus longues, testacées jusqu’à
l’article 6, le 7 noir foncé, les articles apicaux rougeâtres. Styles de
Fig. 324-328 : Genre Nemadus Thomson. — Fig. 324. N. colonoides Kr., de Broût-Vernet
organe copulateur, x ISO. — Fig. 325. Style droit, face ventrale. — Fig. 326. Segment
génital mâle, face ventrale, X 130. — Fig. 327. A. ellipticus, n. sp.,de l’Ohio, organe
copulateur, x 130. — Fig. 328. N. brachyderus Lee., du Minnesota, organe copulateur,
X 90.
l’organe copulateur étroits à la base, dilatés en cuillerons concaves
dans leur moitié apicale. Sac interne avec deux bandes longitu¬
dinales de dents épineuses occupant presque toute la longueur du
sac. Premier article du tarse intermédiaire des mâles dilaté. (Groupe
colonoides) . 3.
— Antennes plus courtes, à massue compacte, la base testacée, la
massue brunâtre unicolore. Styles de l’organe copulateur largement
dilatés depuis la base, en forme de valves. 2.
2. Angles postérieurs du pronotum obtus, non saillants. Pubescence
166
D r RENÉ JEANNEL
longue, strioles des élytres fortes, râpeuses, espacées. Styles de
l’organe copulateur en forme de valves triangulaires, larges dans
leur partie moyenne et atténués à l’apex. Sac interne avec deux
paquets arrondis de dents épineuses dans la partie moyenne, le
cul-de-sac basal tapissé d’écailles. Premier article du tarse inter¬
médiaire mâle dilaté. (Groupe parasitus) . 4.
— Angles postérieurs du pronotum très saillants en arrière, la base
profondément sinuée dans ses parties latérales. Pubescence très
courte ; strioles des élytres fines et serrées. Styles de l’organe copu¬
lateur larges dans la partie apicale, arrondis au sommet. Sac interne
sane paquets de dents différenciés dans la partie moyenne. Premier
article du tarse intermédiaire mâle non dilaté. (Groupe brachyderus). 10.
Groupe colonoides
3. Ovoïde, très convexe, le pronotum large, à côtés très arrondis, les
élytres très atténués au sommet. Noir de poix, les pattes rou¬
geâtres. Tarses antérieurs mâles plus larges que le sommet du
tibia. Long. 1,5 à 2 mm. (Europe). [Fig. 317 et 324 -326].
. 1. colonoides Kr.
Groupe parasitus
4. Antennes à massue rembrunie; l’article 8 des antennes très court,
très plat, plus court que la moitié de la longueur du 9 ; les articles
9 et 10 aussi longs que larges. Forme plus ovale, plus convexe,
les élytres non atténués dans leur moitié apicale. 5.
— Antennes unicolores ; l’article 8 des antennes aussi long que la moi¬
tié de l’article 9 ; les articles 9 et 10 plus longs que larges. Forme
moins convexe, ovoïde, les élytres toujours plus ou moins atténués
dans leur partie apicale. 7.
5. Régulièrement elliptique, allongé, les côtés du pronotum peu arqués,
non rétrécis à la base. Brun rougeâtre uniforme, les antennes à
massue peu épaisse, testacé brunâtre pâle. Strioles des élytres un
peu obliques dans la région suturale. Tarses antérieurs mâles peu
dilatés, pas plus larges que le sommet du tibia. Long. 1,5 mm.
(Ohio). [Fig. 327]. 4. ellipticus, n. sp.
■— Ovale, plus court et plus convexe, les côtés du pronotum plus
arqués et rétrécis à la base. Antennes à massue plus épaisse et
de coloration plus foncée. Tarses antérieurs mâles plus larges que
le sommet du tibia. 6.
6. Tête et pronotum brunâtre foncé, les élytres pâles. Strioles des
élytres obliques en arrière dans la région suturale. Angle suturai
des élytres plus marqué. Long. 1,6 à 2,2 mm. (Est des États-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
167
Unis) [Fig. 330 et 331]. 3. Horni Hatch.
— Tête et pronotum brunâtres pâles, comme les élytres. Strioles des
élytres perpendiculaires à la suture. Angle suturai des élytres plus
largement arrondi. Long. 1,4 à 1,8 mm. (Californie et Colombie
britannique). 2. pusio Lee.
7. Tarses antérieurs mâles bien pins larges que le sommet du tibia,
leur premier article aussi large que long. Plus court et surtout plus
Fig. 329-335 : Genre Nemadus Thomson, organes ’copulateurs avec des styles valviformes
(X 130). — Fig. 329. N. parasitus Lee., du Massachusetts. — Fig. 330 (sommet du
pénis) et 331. N. Horni Hatch, d’Ithaca. — Fig. 332 et 333. N. tenuitarsis, n. sp., de
Pensylvanie. — Fig. 334. N. myrmecophilus, n. sp-, de Iowa City. — Fig. 335. N. trian-
gulum, n. sp., de Cincinnati.
convexe, les antennes plus épaissies au sommet, les articles 9 et 10
de peu plus longs que larges. Long. 2 à 2,2 mm. (Est des États-Unis).
[Fig. 318-319 et 329]. 5. parasitus Lee.
— Tarses antérieurs mâles avec le premier article une fois et demie
aussi long que large. Forme plus allongée, moins convexe, les
antennes moins épaissies, les articles 9 et 10 une fois et demie
aussi longs que larges. 8.
8. Tarses antérieurs mâles très peu dilatés, plus étroits que le sommet
du tibia. Elliptique, les côtés du pronotum peu arrondis. Long. 2 à
168
D r RENÉ JEANNEL
2,2 mm. (Ohio, Pensylvanie). [Fig. 332 et 333]. 6. tenuitarsis, n. sp.
— Tarses antérieurs mâles plus larges que le sommet du tibia. 9.
9. Forme elliptique, oblongue, les côtés du pronotum bien arqués,
les élytres ovalaires, peu atténués à l’apex. Long. 2,3 à 2,5 mm.
(Kansas, Iowa). [Fig. 334]. 7. myrmecophilus, n. sp.
— Forme ovoïde, le pronotum très large, mais convexe, deux fois
aussi large que long, ses côtés peu arrondis, la plus grande largeur
à la base, les angles postérieurs obtus. Élytres cunéiformes, très
atténués de la base au sommet. Pubescence et sculpture identique
à celles des précédentes. Long. 2,4 mm. (Ohio). [Fig. 335].
. 8. triangulum, n. sp. (*)•
Groupe brachyderus
10. Très large, déprimé, cunéiforme. Testacé rougeâtre brillant uni¬
forme, la pubescence courte et rare, la ponctuation fine. Antennes
relativement courtes, ressemblant à celles du N. parasiticus , mais
plus fines. Pronotum deux fois et demie aussi large que long, les
parties latérales de la base très largement échancrées, ce qui rend les
angles postérieurs saillants. Élytres déprimés, très larges à la base,
renflés latéralement dans la moitié antérieure, rétrécis en coin dans
la moitié apicale. Pattes grêles, les tarses antérieurs des mâles très
grêles, à peine dilatés. Long 2,5 à 3 mm. (Bassin des grands lacs et
du Saint-Laurent). [Fig. 323 et 328]. 9. brachyderus Lee.
Groupe colonoides
1 . Nemadus colonoides Kraatz, 1851, Stett. ent. Ztg., XII, p. 169 ( Catops) ;
type : Berlin (Mus. Dahlem ?). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95,
p. 162 (Bibliogr.).
Biol. — Hatch, 1928, 1. c., p. 162 (Bibliogr.). — Falcoz, 1914,
Faune Microcav., p. 138.
Se trouve sous les troncs d’arbres, dans le terreau des vieux arbres, mais
aussi surtout dans les nids. Il est cité des nids de Chouettes, de Pics, de Huppes,
de Sansonnets, d’Étourneaux, de Mésanges, ainsi que de vieux nids de Moi¬
neaux. On l’a encore rencontré dans des nids de Frelons abandonnés. Il est
enfin souvent myrmécophile, avec Lasius brunneus Latr. et Lasius fuligi-
nosus Latr.
(1) Cette espèce présente presque la même forme triangulaire que le N. brachyderus ,
mais elle est bien moins déprimée. Sa pubescence, sa sculpture et les caractères de
l’organe copulateur la placent sans aucun doute auprès du N. parasilus. En réalité, le
N. parasitus que les auteurs américains tenaient pour une espèce très variable, repré¬
sentait un groupe d’espèces bien distinctes. 11 est bien vraisemblable qu'on en ajoutera
d’autres aux quatre qui ont été distinguées ci-dessus.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
169
Largement répandu dans l’Europe moyenne. Dans le nord, il existe en Angle¬
terre sans dépasser la latitude de York, mais il manque en Irlande. Il est cité
du sud de la Scandinavie et de Finlande. En Russie, Yakobson le cite de
Petrograd et de Jaroslaw.
On le rencontre çà et là dans presque toute la France, jusque dans le sud-
ouest, mais il n’a jamais été pris, à ma connaissance, en Provence. Je ne le
connais pas d’Espagne, ni de la péninsule italienne ; mais on l’a trouvé cepen¬
dant en Ligurie et en Toscane. Par contre, il occupe la région Dinarique, depuis
la Vénétie Julienne jusqu’en Bosnie. On le retrouve enfin au Caucase.
Les exemplaires que j’ai examinés proviennent des localités suivantes :
Iles Britanniques. Angleterre : Bradfîeld, près de Reading, Berks. co. (Joy !);
Handley, Dorset co. (Harwood !) ; Bishop’s Stortford, Essex co. (Harwood !).
— Norvège : Oslo (Munster !).
France. Meurthe-et-Moselle : Buré, dans un vieux nid de Mésange occupé
par un Loir (Heim de Balsac !). Oise : forêt de Hez, dans un nid de Pic (Méqui-
gnon !). Seine-et-Oise : Saint-Germain (Grenier !) ; Versailles, dans un nid
de Pic vert (A. Gaudin !). Indre-et-Loire : Perrusson, dans un nid de Sansonnet
(Méquignon !). Saône-et-Loire : Le Creusot, (Ste-Cl. Deville !). Maine-et-Loire :
Saint-Rémy-la-Varenne (R. du Buysson !). Allier : Broût-Vernet (R. du Buys-
son !). Vosges : forêt de Zullerbach (Fischer). Tarn : Castres (Galibert !).
Lot-et-Garonne : Sos, dans un vieux nid de Vespa crabro (Bauduer!). Gers :
Courrensan, dans une fourmilière (Lucante !). — Allemagne. Franconie :
Aschaffenburg (Flach !). Prusse (coll. Ste-Cl. Deville !). — Tchécoslovaquie.
Bohême : Prague (Matcha !). Moravie : Paskau (Reitter !). — Roumanie.
Transylvanie : Sigisoarà (Pétri !). Brasov, Alpes de Transylvanie (Deubel !).
Italie. Ligurie : Rezzoaglio (Luigioni !). Toscane : Florence (Luigioni !). —
Yougoslavie. Croatie : monts Kapella (Reitter !). Bosnie (Leonhard !).
Groupe parasitus
2. Nemadus pusio Leconte, 1859, Proc. Ac. nat. Sc. Philad., XII, p. 282
( Catops ) ; type : Californie. — Horn, 1880, Trans. Amer. ent. Soc.,
VIII, p. 264 ( Ptomaphagus). — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc.,
XLI, p. 195 {Nemadus).
Localisé sur la côte pacifique de l’Amérique du Nord. Très probablement
myrmécophile.
Canada. British Columbia : Vancouver (G. H. Horn). — États-Unis d'Amé¬
rique. Californie : Los Gatos ; Mendocino co. ; Oakland; Santa Cruz mountains
(Hatch).
3. Nemadus Horni Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 194 ; type :
Framingham (coll. Hatch). — pusio Horn, 1880, Trans. Amer. ent.
Soc., VIII, p. 262 (pars).
Myrmécophile. Wickham (1892, Psyché VI, p. 321) l’indique sous le nom
de pusio comme trouvé dans l’Iowa avec une grande Fourmi noire.
170 D' RENÉ JEANNEI,
Blatchley (1910, Col. Indiana, p. 181) l’a rencontré dans un terrier de Lapin
abandonné.
Cette espèce remplace le N. pusio, avec lequel elle a été longtemps confondue,
dans l’est de l’Amérique du Nord.
États-Unis d'Amérique, lowa : Iowa City. — Michigan : Ann Arbor ;
Detroit ; Grand Ledge. — New York : Ithaca (Jeannel) ; Olcott ; West Point.
— Massachusetts : Framingham. — New Jersey : Dundee ; Phillipsburg. —
Pennsylvania : Philadelphia (M. Hatch !) ; Easton ; Frankford. — District of
Columbia. — Missouri : Saint-Louis (M. Hatch !). — North Carolina : Black
mountains. — Alabama : Tumblin Gap. [D’après M. Hatch].
4. Nemadus ellipticus, n. sp.; type : Cincinnati (Mus. Paris).
États-Unis d Amérique. Ohio : Cincinnati, un mâle (R. Mason !, in Mus.
Paris).
5. Nemadus parasitus Leconte, 1853, Proc. Ac. nat. Sc. Philad., VI, p. 282
( Catops ) ; type : New-York. — Murray, 1856, Mon., p. 460, fig. 54. —
Horn, 1880, Trans. Amer. ent. Soc., VIII, p. 262 ( Ptomaphagus ).—
Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t‘ 61, p. 43 ( Adelops ). — Hatch-
1933, Journ. N, Y. ent. Soc., XLI, p. 192 (Nemadus).
Sous le nom de parasitus , Hatch (1933) confond certainement plusieurs
espèces qui sont citées ci-après et sont toutes myrmécophiles, de sorte qu’il
n’est pas possible de savoir à quelles espèces se rapportent exactement les
renseignements géographiques et biologiques qu’il donne.
D’après lui, le N. parasitus , ou les espèces voisines, ont été trouvées dans les
nids de diverses Fourmis : Formica fusca L., F. rufa L., F. pallidefulva Latr.,
Camponotus herculeanus L.
D’autre part, Hatch indique le N. parasitus de nombreuses localités du
Canada et des États-Unis, dans tout le bassin des grands lacs et presque tous
les États de l’Est. Dans l’incertitude où je me trouve au sujet de l’identité des
exemplaires cités, je ne puis que retenir les provenances de ceux qui j’ai pu
examiner.
États-Unis d Amérique. New York : Ithaca (Cornell Univ. !); New York
(Strohl !). — Massachusetts : Framingham (Frost !).
6. Nemadus tenuitarsis, n. sp. ; type : Jeannette (Mus. Paris).
Myrmécophile.
États-Unis d Amérique. Pensylvanie : Jeannette (M. G. Klages !).— Ohio :
Cincinnati (R. Mason !).
7. Nemadus myrmecophilus, n. sp. ; type : Iowa City (Mus. Paris).
Myrmécophile.
États-Unis d Amérique. Iowa : Iowa City (R. Mason!). — Kansas, un mâle
(coll. Jeannel).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
171
8. Nemadus triangulum, n. sp. ; type : Cincinnati (Mus. Paris).
Myrmécophile.
États-Unis d'Amérique. Ohio : Cincinnati, un mâle (R. Mason !).
Groupe brachyderus
9. Nemadus brachyderus Leconte, 1863, Smiths. Mise. Coll., VI, p. 25
( Catops ) ; type : New-York. — Horn, 1880, Trans. Amer. ent. Soc.,
VIII, p. 264, pl. v, fig. 16 ( Ptomaphagus ). — Jeannel, 1922, Arch.
Zool. exp., t. 61, p. 43 (Adelops). — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent-
Soc., XLI, p. 196 ( Dissoehaetus).
Myrmécophile, avec Camponotus herculeanus L. (Wasmann, 1894, Krit.
Verz. myrm. termit. Arthrop., p. 127).
L’espèce est répandue dans l’est de l’Amérique du Nord, dans tout le bassin
des grands lacs et du Saint-Laurent.
Canada. Manitoba : Aweme. — Ontario : Ottawa ; Toronto. — États-Unis
d'Amérique. South Dakota : Hill City. — Michigan : Detroit. — Wisconsin :
Bayfîeld. —Minnesota : Hennepin co. ; St. Anthony Park. — New Hampshire :
Franconia. — Nova Scotia. — New York [D’après M. Hatch].
Les exemplaires que j’ai examinés proviennent du St. Anthony Park
(M. Hatch !).
27. Gen. ECHINOCOLEUS Horn
Echinocoleus G. H. Horn, 1885, Trans. Amer. ent. Soc., XII, p. 136 ; type :
Arizona (Ac. nat. Sc. Philad.). — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc.,
XLI, p. 191.
Ce genre m’est inconnu. Mais il ne semble guère douteux qu’il soit voisin de
Nemadus. Les caractères donnés par G. H. Horn sont les suivants :
Ovalaire, convexe, atténué postérieurement. Tête comme chez les Catops.
Antennes courtes, glabres avec le dernier article pubescent dans sa moitié
apicale (sic). Article 1 cylindrique, le 2 ovale, les articles 3 à 11 graduellement
épaissis, ceux de 3 à 8 de plus en plus courts et plus transverses, le 8 aussi large
que le 7 et le 9, mais plus court, les 9 et 10 égaux, aussi longs que larges, le 11
plus long, ovale. Palpes maxillaires à dernier article conique, aussi long que
l’avant-dernier.
Pronotum transverse, très large, plus de deux fois aussi large que long ; les
élytres très atténués depuis la base jusqu’à l’apex. La forme du corps res¬
semble donc à celle du N. brachyderus , ou mieux à celle du N. triangulum , car
Horn indique que les côtés des élytres sont « more arcuately narrowed pos-
teriorly » que chez N. brachyderus.
Pronotum très finement ponctué ; élytres finement striolés en travers, leur
surface finement pubescente, avec onze rangées longitudinales de soies
dressées.
m
D' RENE JEANNEL
Mésosternum non caréné ; les hanches intermédiaires « slightly separated »,
(sans doute contiguës en arrière).
Tibias épineux sur leur face externe ; les éperons grêles et modérément longs.
La longueur du dernier article des palpes maxillaires semble être le principal
caractère séparant le genre Echinocoleus des Nemadus. La structure des
antennes paraît être la même et la forme large et triangulaire de VEchinocoleus
se retrouve chez certains Nemadus comme N. triangulum et N. brachyderus.
Il semble encore que la pubescence de VEchinocoleus présente bien aussi un
caractère générique, quoique des petites soies dressées alignées longitudinale¬
ment s’observent chez les Nemadus du groupe parasitus. Mais on connaît
déjà, chez les Myrmécophiles, les deux évolutions orthogénétiques aboutissant
l’une à des types glabres, à pubescence très courte et couchée, l’autre à des types
au contraire hérissés. Les deux genres européens Catopomorphus et Attaephilus
en sont des exemples et il semble bien qu’il existe également en Amérique des
Nemadus très spécialisés et glabres, comme N. brachyderus , et un type hérissé
Echinocoleus.
Quant aux caractères indiqués par Horn à propos du mésosternum, ils sont
certainement inexacts. Le mésosternum doit être finement caréné et les hanches
intermédiaires contiguës, séparées seulement dans la partie antérieure par une
apophyse mésosternale n’arrivant pas au contact du métasternum.
Le genre a été fondé sur une espèce, E. setiger Horn. de l’Arizona. Mais la
lecture de la description du Dissochaetus arizonensis Hatch laisse supposer
que cette espèce pourrait peut-être être voisine de VE. setiger.
L’auteur lui assigne des tarses intermédiaires avec le premier article dilaté
chez le mâle, ce qui exclut qu’elle puisse appartenir au genre Dissochaetus.
D’autre part, elle est donnée comme étant grossièrement pubescente. La forme
du corps rappelle celle du N. brachyderus que Hatch range d’ailleurs aussi à
tort dans le genre Dissochaetus. Parmi tous les caractères énumérés pour le
D. arizonensis , il n’en est pas un seul qui l’écarte vraiment de VE. setiger , sauf
que l’auteur ne fait aucune allusion à la forme des palpes ni à l’existence ou
l’absence de soies dressées sur les élytres.
1 . Echinocoleus setiger Horn, 1885, Trans. Amer. ent. Soc., XII, p. 136 ;
type : Arizona. — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 191.
Long. 2,7 mm. Large et triangulaire, convexe. Brunâtre pâle, peu brillant.
Pronotum plus de deux fois aussi large à la base que long ; ses angles posté¬
rieurs droits, non saillants. Élytres avec leur plus grande largeur à la base, très
atténués, les côtés arqués ; les deux bords apicaux conjointement arrondis.
Sans doute myrmécophile.
États-Unis d'Amérique : Arizona, deux exemplaires.
2. Echinocoleus arizonensis Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 19
( Dissochaetus) ; type : Chiricahua mountains (Mus. Cal. Ac. Sc.).
Long. 2,2 à 3 mm. Large et triangulaire. Brunâtre, avec la base des élytres
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
173
plus pâle. Pronotum deux fois et demie aussi large que long, ses côtés plus
arqués, rétrécis à la base, les angles postérieurs obtus. Élytres un peu renflés
dans la partie antérieure, très atténués à l’apex.
États-Unis cTAmérique. Arizona : Cave Creek, Cochise co., dans les monts
Chiricahua (J. Kusche) ; Jemez mountains (J. Woodgate).
28. Gen. MICRONEMADUS, nov.
Type : Nemadus pusillimus Kraatz.
Très petite taille : 1,6 à 1,8 mm. Mêmes caractères généraux que chez
Nemadus colonoides\ forme ovalaire et très convexe, même pubescence, même
sculpture du pronotum et des élytres.
Front non séparé de l’épistome par une suture. Antennes de forme particu-
Fig. 336-343 : Genre Micronemadus, nov. : M. pusillimus Kr , du Japon. — Fig. 336.
Mâle, X 20. — Fig. 337. Palpe maxillaire droit, X 65. — Fig. 338. Antenne, X 65. —
Fig. 339-341. Sommets des tibias et tarses droits, x 65. — Fig. 342. Organe copulateur,
face dorsale, le sac interne évaginé, x 130. — Fig. 343. Segment génital mâle, face
ventrale, X 130.
lière. Les articles 4 et 5 du funicule, toujours grêles et plus longs que larges
chez les Nemadus , sont ici élargis, transverses, bien plus larges que longs.
Élytres très convexes, non atténués au sommet ; leurs bords apicaux séparé¬
ment arrondis.
Mésosternum avec une carène lamelleuse, arrondie, assez haute, portée sur
une apophyse intercoxale n’atteignant pas le bord du métasternum ; les cavités
coxales intermédiaires confluentes.
Pattes courtes et robustes. Les tibias portent les mêmes éperons apicaux
174
D' RENÉ JEANNEL
que chez les Nemadus, mais la face externe des tibias intermédiaires et posté¬
rieurs est pourvue d’épines dressées plus longues (fig. 339 à 341).
Premier article des tarses intermédiaires seul dilaté chez les mâles.
Organe copulateur mâle de type aberrant (fig. 342 et 343). Le pénis est
court, atténué, aplati ; la lame basale plus longue que le pénis, enroulée sur la
face dorsale et évasée à son bord basal. La lame ventrale du tegmen est repré¬
sentée par une étroite bandelette chitineuse transverse, semblable à celle des
genres de la tribu des Anemadini. Styles plus longs que le pénis, étroits, nu’le-
ment comprimés latéralement, fortement incurvés dans leur moitié apicale ;
le sommet sans aucune soie.
Sac interne avec deux larges bandes d’épines chitinisées, parmi lesquelles
se trouvent deux paires de phanères composées, l’une moyenne, l’autre basale.
Les quelques différences dans la forme des antennes et le développement des
épines de la face externe des tibias ne justifieraient certainement pas la sépara¬
tion du N. pusiüimus dans un genre spécial, si son organe copulateur mâle
n’était pas tout à fait aberrant. La pièce ventrale de son tegmen est identique
à celle des Anemadini , bien différente par conséquent de la lame ventrale
longue et lamelleuse caractérisant l’organe copulateur de tous les genres de la
sous-famille Nemadinae.
N. pusillimus appartient cependant bien à la tribu Nemadini comme le
montre la forme de son front et la dilatation de ses tarses intermédiaires chez
le mâle. Il se présente donc comme un genre synthétique, avec les caractères
« anémadiens » de son organe copulateur. Sa lignée dérive vraisemblablement
de souches anciennes communes aux deux groupes et sa présence dans l’Asie
orientale indique qu’elle a dû se différencier sans doute sur le continent
de l’Angara, pendant le Secondaire.
Le genre Micronemadus ne comprend qu’une seule espèce connue :
1. Micronemadus pusillimus Kraatz, 1877, Deutsche ent Zs., XXI, p. 108
(Catops)', type : Japon (Mus. Dahlem). — Portevin, 1914, Ann. Soc.
ent. Belg., LVIII, p. 217 (Nemadus).
Long. 1,6 à 1,8 mm. Ovale et très convexe, également arrondi en avant et
en arrière. Brun de poix, la base des élytres toujours rougeâtre. Antennes
courtes et épaisses, la base testacée, la massue ovale, épaisse, régulière, bru¬
nâtre avec le dernier article pâle. Tarses antérieurs des mâles peu élargis, plus
étroits que le sommet des tibias. [Fig. 336 à 343].
Commun dans les charognes. Cette espèce présente donc un genre de vie
bien différent de celui des Nemadus qui sont tous myrmécophiles.
L’espèce n’est connue que du Japon et de l’Assam, mais doit sans doute se
trouver dans toute la Chine orientale.
Japon. Nippon central : environ de Tokio, nombreux exemplaires (J. Har-
mand !, in Mus. Paris). — Inde , Assam : Manipur (Doherty !, in Brit. Mus.).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
175
Subtrib. Eocatopina, nov.
29. Gen. EOCATOPS Peyerimhoff
Eocatops Peyerimhoff, 1924, Boll. Soc. ent. Ital., LVI, p. 63; type : E. ambiguus
Peyer. — Nemadus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brunn, XXIII, p. 39
et 61 (pars). -— Ganglbauer, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 140 (pars).
348
350
351
345
Fig. 344-351 : Genre Eocatops Peyer. — Fig. 344. E. incisipennis Saulcy, mâle, de Jéru¬
salem, x 12. — Fig. 345. Palpe maxillaire droit. — Fig. 346 : Antenne du même, X 35.
— Fig. 347 et 348. Sommet des tibias et tarses antérieur et intermédiaire droits du
mâle, X 65. — Fig. 349. E. Pelopis Reilt., de Grèce, antenne, x 35. — Fig. 350.
E. suturalis Murr., du Buchara, antenne, X 35. — Fig. 351. E. suturalis Murr., du
Caucase, antenne, x 35.
Taille de 2,5 à 4 mm. Ailés. Forme générale large et peu convexe, le prono¬
tum ample. Pubescence courte et régulière. Pronotum à ponctuation râpeuse
alignée en travers, formant de véritables strioles transverses, surtout sur les
parties latérales ; élytres couverts de strioles transverses assez fines et serrées,
plus fortes que celles du pronotum et perpendiculaires à la suture.
Front non séparé de Fépistome ; les yeux bien développés. Palpes à dernier
article conique, presque aussi long que l’avant-dernier qui est peu renflé
(fig. 345). Antennes courtes et fines, à funicule grêle, massue très peu épaissie,
aplatie, les articles bien déliés, l’article 3 presque aussi long que le 2, le 6 très
176
D' RENE JEANNEL
court, le 8 petit et transverse, le 7 conique et bien moins épais que les 9 et 10,
le 11 ovalaire et comprimé (fig. 346, 349 et 350).
Pronotum transverse, ample, à côtés bien arrondis, sa plus grande largeur
vers la base, les angles postérieurs un peu saillants en arrière, la base sinuée, le
disque peu convexe.
Élytres courts et peu convexes, souvent déprimés ; le sommet peu atténué,
Fig. 352-356 : Genre Eocatops l'eyer., organes copulateurs. — Fig. 352-354. E. Pelopis
Reilt., de Grèce, organe copulateur face dorsale, x 90 ; sommet du style droit, face
interne, X 180; segment génital, face ventrale, x 90. — Fig. 355. E. suturalis Murr.,
du Caucase. — Fig. 356. E. incisipennis Saulcy, de Jérusalem, x 90.
le bord apical plus ou moins tronqué ou encore profondément incisé ( E. incisi¬
pennis, fig. 344). Strie suturale présente ; très souvent le disque porte des traces
très nettes de côtes longitudinales.
Mésosternum finement caréné (fig. 25), sans apophyse intercoxale séparant
les hanches intermédiaires qui sont contiguës.
Pattes très grêles et courtes. Les tibias portent deux éperons internes courts
et un peigne de petites épines courtes et égales, nombreuses, alignées sur le
côté externe du bord apical (fig. 347 et 348). Tibias intermédiaires peu arqués,
les postérieurs droits, leurs faces externes peu épineuses.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
177
Tarses antérieurs mâles (fig. 347) avec les trois premiers articles dilatés chez
le mâle ; les tarses intermédiaires simples dans les deux sexes (fig. 348).
Organe copulateur (fig. 352 et 356) robuste, très chitinisé, non aplati. Le
pénis très effilé en pointe subcylindrique et plus ou moins arquée ; il porte deux
soies chez E. incisipennis. Lame basale allongée, enveloppante. Tegmen à lame
ventrale longue et membraneuse ; styles robustes, épais, explanés sur leur
bord ventral, l’apex mousse, avec une facette ventrale bordée de cinq à six
soies crochues (fig. 353).
Sac interne long, dépassant amplement la lame basale du pénis, armé de
deux rangs longitudinaux de dents dans sa partie moyenne.
Segment génital (fig. 354) court, formé d’un tergite et de deux pleuro-ster-
nites à bords apicaux munis de soies ; un gros sclérite médian occupe la ligne
ventrale.
Le genre renferme, outre l’espèce type décrite de Cyrénaïque, une série
d’espèces de la région méditerranéenne orientale et du Turkestan, considérées
jusqu’ici comme appartenant au genre Nemadus. Elles s’en écartent cependant
beaucoup par l’armature apicale des tibias et les caractères sexuels.
Les espèces sont vraisemblablement toutes myrmécophiles, mais l’hôte
n’est signalé que pour VE. incisipennis Saulcy.
Tableau bes espèces
1. Bord apical des élytres transversalement arrondi, l’angle suturai
effacé et arrondi. 2.
— Bord apical des élytres obliquement tronqué, l’angle suturai aigu
et saillant. 4.
— Bord apical des élytres avec une profonde incisure, l’angle suturai
spiniforme. 5.
2. Élytres sans trace de stries, unies. Antennes plus longues et plus
grêles, l’article 8 deux fois aussi large que long. Coloration pâle.
Forme générale étroite, allongée ; le pronotum à côtés peu arqués,
non rétrécis à la base, sa plus grande largeur aux angles postérieurs.
Long. 2,8 mm. (Turkestan). 2. ellipticus, n. sp.
— Élytres avec des traces de stries leur donnant un aspect côtelé.
Antennes plus courtes, l’article 8 trois fois aussi large que long. 3.
3. Forme elliptique, peu large ; le pronotum à côtés bien arrondis
et rétrécis à la base, sa plus grande largeur vers le tiers pos¬
térieur, les angles postérieurs très arrondis, la base fortement
sinuée. Brunâtre, les élytres ordinairement pâles, les antennes
pâles, à massue rembrunie. Pointe de l’organe copulateur forte¬
ment arquée du côté ventral (fig. 355). Long. 3,2 à 3,5 mm.
Caucase). [Fig. 350-351 et 355]. 1. suturalis Murr.
— Forme courte et très large, peu convexe ; le pronotum trensverse,
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, Ionie 1. 12
178
D' RENÉ JEANNEL
à côtés peu arqués, sa plus grande largeur aux angles postérieurs,
qui sont arrondis mais saillants, la base faiblement sinuée. Brunâtre
uniforme, les antennes en entier rougeâtres. Organe copulateur sem¬
blable à celui du précédent. Long. 3,2 mm. (Cyrénaïque).
. 2. ambiguus Peyer.
4. Côtés du pronotum bien arrondis dans la partie basale, la plus
grande largeur avant les angles postérieurs qui sont très arrondis,
non saillants en dehors. Élytres peu atténués dans leur partie api¬
cale, leur surface avec des traces de stries leur donnant un aspect
côtelé. Antennes à massue plus épaisse, l’article 6 aussi long que
large. Entièrement rougeâtre foncé brillant. Pointe de l’organe copu¬
lateur faiblement arquée (fig. 252). Long. 2,2 à 3,5 mm. (Péninsule
balcanique). [Fig. 339 et 352-354]. 4. Pelopis Reitt.
— Côtés du pronotum très peu arqués, la plus grande largeur au
niveau des angles postérieurs qui sont aigus et saillants en dehors.
Élytres très atténués dans la partie apicale, sans trace de stries
discales. Même coloration que chez le précédent. Mâle inconnu.
Long. 2,8 mm. (Syrie). 5. cuneipennis, n. sp.
5. Testacé rougeâtre brillant, les antennes concolores, très fines
(fig. 346). Pronotum ample, à côtés bien arrondis; élytres rela¬
tivement longs (fig. 344), le disque avec des traces de stries lui
donnant un aspect côtelé. Long. 3,5 à 3,8 mm. (Palestine). [Fig. 344-
348 et 356]. 6. incisipennis Saulcy.
1. Eucatops suturalis Murray, 1856, Ann. Mag. nat. Hist., (2) XVIII,
p. 468, fig. 49 (Catops) ; type : Derbent (coll. Chevrolat, in Mus. Paris).
— Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 61 ( Nemadus ).
— Portevin, 1921, Bull. Mus. Hist. nat. Paris, p. 536 [Nemadus ).—
Malyi Obenberger, 1914, Col. Rundsch., III, p. 99 (Ptomaphagus) ;
type : Buchara (coll. Obenberger) (‘).
L’espèce est connue du Caucase et des provinces Transcaspiennes. Elle doit
être répandue dans toutes les montagnes de l’arc nord-iranien : Arménie 5
Elbourz, Hindou-Kouch, Buchara.
Caucase. Daghestan : Derbent (Motschoulsky ! type; H. Leder !). Trans¬
caucasie : vallée de l’Araxes (H. Leder !). — Provinces Transcaspiennes :
Dortkuju, une femelle (Hauser !). — Buchara : Basch-tscharbag (Maly !). —
Perse septentrionale. Chorassan : Sengin (N. Zarudnyj !).
2. Eocatops ellipticus, n. sp. ; type : Aulié-Ata (Mus. Paris).
Turkestan. Syr-Darja : Aulié-Ata, sur la rivière Talass, au nord des monts
Tian-Chan, une femelle (coll. Reitter !).
(1) Le Ptomaphagus Malyi Ob.. dont j’ai vu le type, est identique à YE. suturalis et
présente le même organe copulateur mâle.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
179
3. Eocatops ambiguus Peyerimhoff, 1924, Boll. Soc. ent. Ital., LVI, p. 63 ;
type : Bengazi (coll. Peyerimhoff).
Cyrénaïque : Bengazi, Lete, un mâle (Krüger !).
4. Eocatops Pelopis Reitter, 1884, Deutsche ent. Zs., XXVIII, p. 57
Ptomaphagus) ; type : Hagios Vlasis (Mus. Paris). — 1884, Verh.
natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 61 (Nemadus). — Ganglbauer, 1899, Kâf.
Mitteleur, III, p. 140 (Nemadus). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95,
p. 163 (Nemadus).
Répandu dans le sud de la péninsule balcanique, toujours rare. Yougo¬
slavie. Herzégovine (Mus. Wien !). Dalmatie : Spalato (Karaman !). —
Bulgarie. Bourgas (Rambousek!) ; Philippoli (D r Penecke !). — Grèce.
Attique : mont Hymète (Strupi !). Péloponèse : Hagios Vlasis (Brenske!).
5. Eocatops cuneipennis, n. sp.; type : Damas (Mus. Paris).
Syrie : Damas, une femelle (F. de Saulcy !, in coll. Argod).
6. Eocatops incisipennis Saulcy, 1864, Ann. Soc. ent. Fr., p. 426 ( Catopsi-
morphus) ; type : Jérusalem (Mus. Paris). — Reitter, 1884, Verh.
natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 59 (Anemadus).
Connu seulement de Palestine, où il se trouve dans les nids de Messor
barbarus L.
Palestine : Jérusalem, une dizaine d’exemplaires (F. de Saulcy !).
III. Sous-famille ANEMADINAE, nov.
Sous-famille voisine des Nemadinae , mais différant par la non soudure de
l’épistome et l’atrophie de la lame ventrale du tegmen de l’organe copulateur.
Elle comprend deux tribus, l’une dans la Nouvelle-Zélande, l’autre dans la
région méditerranéenne.
Téguments toujours ponctués sur la tète et le pronotum, striolés en travers
sur les élytres. Épistome généralement séparé du front par une suture bien
visible; il est très court et transverse chez les Paracatopini néo-zélandais
trapézoïde et bien développé chez les Anemadini paléarctiques. Carène occi¬
pitale bien développée. Palpes maxillaires à dernier article court et conique,
bien plus étroit et plus court que l’avant-dernier qui est toujours renflé, sou¬
vent ovoïde. Tibias armés d’éperons internes et externes, sans trace de peigne
apical. Les deux premiers articles du tarse intermédiaire sont dilatés chez les
mâles.
Même disposition des pièces sternales que chez les Nemadinae. Le mésoster¬
num est caréné chez les Anemadini proprement dits, mais il est plan chez la
plupart des Paracatopini de la Nouvelle-Zélande.
Segment génital non réduit, ayant l’aspect d’un urite complet, le tergite
180
IV RENÉ JEANNEL
et le pleurosternite bien développés. Organe copulateur remarquable par la
réduction de la lame ventrale du tegmen, qui manque chez les Paracatopini
et n’est représenté que par une étroite bandelette chitineuse transversale
chez les Anemadini. Chez les Anemadini, l’organe copulateur est resté du type
rectiligne, sans incurvation ventrale. La copulation se fait selon le mode
« abdominal » (voir plus haut, p. 24), aussi le segment génital est-il développé
ainsi que la pièce basale du pénis, toujours longue et quadrangulaire. Par
Fig. 357. Carte de la répartition des Anemadinae. La tribu Paracatopini occupe la région
néo-zélandaise ; celle des Anemadini jalonne la zone méditerranéenne tertiaire.
contre, la tribu néo-zélandaise des Paracatopini présente un organe copulateur
incurvé, de même type que celui des Catopinae et des Bathysciinae ; la pièce
basale du pénis est réduite, étroite, comprimée latéralement, mais le segment
génital a conservé sa structure primitive et n’a guère subi de réduction. A ce
titre, l’armure copulatrice mâle des Paracatops se trouve à un stade évolutif
intermédiaire, incomplètement évolué.
Les styles sont toujours très développés, armés de soies apicales en nombre
variable. Le sac interne des Anemadini présente des rangées longitudinales de
phanères souvent très spécialisées et fournissant de bons caractères génériques.
La sous-famille Anemadinae comprendra deux tribus, l’une localisée dans la
Nouvelle-Zélande ( Paracatopini ), l’autre répartie dans la région méditerra-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
181
néenne, dans l’Inde et au Japon ( Anemadini). Cette répartition (carte, fig. 357)
indique que la sous-famille doit être d’origine gondwanienne, les genres médi¬
terranéens ayant sans doute pris naissance sur les massifs de l’Égéide et de la
Tyrrhénis après la fin du Crétacé, au Montien. Cette discontinuité de l’aire
géographique des Anemadinae est cependant très remarquable (fig. 357). Mais
il existe d’autres exemples analogues de relictes survivant dans la Nouvelle-
Zélande et l’ouest de la Méditerranée. On connaît par exemple le cas des
Aglycyderes Woll. (Nouvelle-Zélande, Nouvelle-Calédonie, îles Canaries) et
celui des Érotylides du genre Xenoscelis Woll., représentés en Nouvelle-Zélande,
dans la région méditerranéenne occidentale et à Ténériffe.
La lignée des Paracatops s’est développée dans la Nouvelle-Zélande et y a
acquis des caractères très particuliers ; mais on retrouve chez elle de nom¬
breuses indications de sa parenté avec la souche des Anemadini : c’est ainsi
que la sculpture des téguments, l’armature apicale des tibias sont restées
identiques ; les caractères sexuels secondaires portent également sur les tibias
antérieurs, représentés par des échancrures chez Paracatops, des carènes et des
dépressions du bord interne chez les genres méditerranéens.
Dans les deux tribus, certaines espèces ont subi une évolution souterraine.
Des Paracatops aveugles et dépigmentés sont connus de l’île du Nord de la
Nouvelle-Zélande ; dans le sud de l’Espagne, les Speonemadus sont un genre
presque régulièrement cavernicole.
Tableau des tribus
1. Partie préantennaire de la tête, épistome compris, bien plus courte
que la partie postantennaire du front. Épistome très court, deux fois
aussi large que long, son bord antérieur transversalement tronqué.
Mésosternum plan ou faiblement caréné. Organe copulateur arqué
du côté ventral, la lame basale du pénis étroite, comprimée latérale¬
ment et carénée du côté ventral, effilée en pointe. (Nouvelle-Zélande
et Australie). vi. Trib. Paracatopini, nov.
— Partie préantennaire de la tête, épistome compris, aussi longue que
la partie postantennaire. Épistome à peine plus large que long ou
subcarré, son bord apical convexe, Mésosternum caréné. Organe copu¬
lateur droit, non incurvé, la lame basale du pénis ample, longue
et quadrangulaire, à bord libre transversalement étalé (Région
méditerranéenne, Inde et Japon). vu. Trib. Anemadini, nov.
vi. Trib. Paracatopini , nov.
Groupe représenté par de nombreuses espèces dans la Nouvelle-Zélande, les
îles Auckland et Chatam, mais aussi dans l’est de l’Australie. Ces espèces se
182
D r RENÉ JEANNEL
répartissent dans deux genres, différant surtout par la forme de l’organe
copulateur. Les Paracatops ont un faciès assez particulier, rappelant à la fois
les Catops et les Ptomaphagus, tandis que les Mesocolon ressemblent davan¬
tage, par leur sculpture tout au moins, aux Anemadus méditerranéens. On
retrouve d’ailleurs dans l’un et l’autre genre les mêmes caractères généraux
que chez les Anemadus , en particulier les mêmes localisations des caractères
sexuels secondaires sur les tibias antérieurs et les deux premiers articles du
tarse intermédiaire.
Tableau des genres
1. Pénis subcylindrique, étranglé à la base, les styles très renflés et
fusiformes (fîg. 370). Suture de l’épistome très effacée. Insectes
généralement pigmentés, noirs, de forme allongée, la ponctuation
de la tête et du pronotum forte, les strioles transverses des élytres
très fines et régulières, très serrées. (Nouvelle-Zélande et Australie).
. 30. Gen. Paracatops Port.
— Pénis aplati, non étranglé à la base, les styles aplatis, ni renflés ni
fusiformes (fig. 376); l’organe copulateur a tout à fait l’aspect de
celui des Bathysciinae. Suture de l’épistome bien visible. Insectes
dépigmentés, de forme courte et convexe, la ponctuation de la tête et
du pronotum très fine, souvent obsolète, les strioles élytrales fortes
et peu serrées. (Nouvelle-Zélande). 31. Gen. Mesocolon Br.
30. Gen. PARACATOPS Portevin
Paracatops Portevin. 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 69 ; type : Choleva anûpoda
Kirsch. — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 40.
Cnemopsilus Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII, p. 190 ;
type : C. jemoratus Port. (= lugubris Sharp).
Dolichocatops Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII, p. 191
type : D. Schenklingi Port. ( = relatus Broun).
Choleva Broun, Man. N. Zeal. Col., I-VI11 (pars) 1 nec Choleva Latreille.
— M. Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 75 (austral, spec., pars).
Portevin avait fondé son genre Paracatops pour le Choleva antipoda
Kirsch, sans doute sans connaître le mâle, car il aurait constaté chez cette
espèce les mêmes caractères des tibias antérieurs que chez son Cnemopsilus
jemoratus , type du genre Cnemopsilus basé sur les seuls caractères sexuels
secondaires. D’autre part, le genre Dolichocatops Portevin (type : D. Schenklingi
Port., = Choleva relata Broun) ne peut pas être conservé, car tous les intermé¬
diaires existent entre cette espèce de forme grêle, à mésosternum finement
caréné, et celles de forme large, à mésosternum parfaitement plan.
Enfin, parmi les nombreuses espèces décrites par Th. Broun sous le nom
MONOGRAPHIE DES GATOP1DAE
183
générique de Choleva , il s’en trouve un grand nombre qui entrent dans le genre
Paracatops. L’examen des types de Broun, conservés au British Muséum, m’a
permis d’établir avec certitude leurs synonymies.
Taille de 3 à 4,5 mm. Ailés. Forme générale allongée, ovalaire ou atténuée
en arrière, généralement peu convexe, avec le pronotum ample et transverse,
à côtés bien arrondis. Téguments pigmentés, noirs, sauf chez l’espèce austra-
Fig. 358-359 : Genre l’aracatops Port. — Fig. 358. P. Irianr/ulum, n. sp., mâle type, du
mont Ben Lomond, N. Zélande, X 15. — Fig. 359. P. dickensis, n. sp., femelle, type,
du mont Diek, N. Zélande, x 15.
lienne (P. Macleayi Blackb.). Pubescence courte et couchée, éparse. Ponctua¬
tion forte et profonde sur le front, fine et aciculée sur le pronotum ; élytres
couverts de strioles transverses fines et serrées, régulières et perpendiculaires
à la suture.
Tête grosse, courte, transverse, à front bombé, les yeux grands, la carène
occipitale saillante, en forme de bourrelet. Partie préantennaire de la tête bien
plus courte que la partie postantennaire ; épistome court et très transverse,
peu distinct, sa suture basale à peine visible, son bord libre transversalement
tronqué. Palpes maxillaires courts et épais, l’avant-dernier article ovoïde, très
renflé, le dernier court et conique, étroit (fig. 361). Antennes robustes, de
184
D r RENÉ JEANNEL
longueur moyenne, les deux articles basaux de couleur pâle, les autres foncés,
le dernier souvent dépigmenté ; articles du funicule relativement épais ; les
7, 9,10 et 11 dilatés et un peu aplatis, le 8 petit et transverse (fîg. 362 et 366).
Pronotum transverse, mesurant sa plus grande largeur en arrière, ses côtés
régulièrement arrondis, les angles postérieurs saillants en arrière. Élytres avec
une strie suturale entière ou effacée dans la partie basale. Apex atténué,
bords apicaux des élytres arrondis, non tronqués, laissant fréquemment le
pygidium à découvert.
Fig. 360-367 : Genre Paracatops Port. — Fig. 360. P. antipoda Kirsch, mâle, de 111e Auck¬
land, X 13. — Fig. 361. Palpe maxillaire droit. — Fig. 362. Antenne, x 45. — Fig. 363.
tibia antérieur droit du mâle, X 43. — Fig. 36i. /*. lugubris Sharp, de Greymouth,
tibia antérieur droit du mâle, x 43. — Fig. 363. Sommet du tibia et tarse posté¬
rieurs du mâle, X 43. — Fig. 366. P. phyllobius Broun, de Wellington, antenne,
X 45. — Fig. 367. Tibia antérieur droit du mftle, x 45.
Fig. 368-369 : Genre Mesocolon Broun. — Fig. 368. M. nesobium, n. sp., de Plie Moko
hinau, môle type, x 16. — Fig. 369. Antenne, X 45.
Mésosternum ordinairement plan, parfois finement caréné (P. relatus) ;
cavités coxales intermédiaires confluentes.
Pattes robustes, les fémurs courts et épais, les tibias peu épineux, armés de
quatre éperons dont le supéro-interne est très grand (fig. 365). Tarses posté¬
rieurs assez grêles, le premier article aussi long que les deux suivants réunis.
Chez les mâles, les trois premiers articles des tarses antérieurs et les deux
premiers des tarses intermédiaires sont dilatés (fig. 360). De plus, chez certaines
espèces, le fémur antérieur mâle porte une épine vers le quart apical de la face
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
185
ventrale et le tibia antérieur très dilaté au sommet et fortement incurvé, pré¬
sente une petite entaille de son bord ventral vers le quart basal (fig. 363,
364 et 367).
Segment génital mâle représenté par un urite complet, les pleurites sail¬
lants (fig. 378).
Organe copulateur (fig. 370, 375) de type très spécial. Le pénis est réguliè¬
rement tubuleux, long et arqué comme celui des Choleva, avec l’extrémité
apicale symétrique. L’apex est généralement bifide, le pénis étranglé à la base,
la lame basale allongée, mais nullement évasée, au contraire comprimée
latéralement, pliée avec une carène ventrale, effilée en pointe basale. La lame
ventrale du tegmen est réduite à une étroite bandelette transverse. Les styles,
très développés et arqués, sont très dilatés et fusiformes dans leur partie basale ;
leur sommet effilé porte deux petites soies latérales (fig. 370). Le sac interne
enfin est pourvu d’une pièce apicale lamelleuse évaginable, en forme de palette
bifide (fig. 370 et 374).
Genre très bien caractérisé, localisé dans la région néo-zélandaise et l’est de
l’Australie. Il constitue une lignée très ancienne, mais de même origine que
celle des Anemadini.
Tableau des espèces
1. Grand éperon interne des tibias intermédiaires et postérieurs court,
aussi long que le tiers du premier article du tarse. — Entièrement
testacé, allongé, subparallèle. Antennes assez fines, l’article 8 globu¬
leux, la massue peu épaisse. Pronotum plus large que les élytres, à
côtés très arqués, la plus grande largeur au niveau du tiers postérieur,
la base rétrécie. Élytres plus de deux fois aussi longs que le pro¬
notum, subparallèles à la base, atténués dans la moitié apicale.
Pattes robustes, les tibias antérieurs mâles courts, très dilatés dès la
base, graduellement élargis, le bord interne sans sinuosité ni entaille.
Tarses antérieurs mâles très dilatés, plus larges que le tibia, les
tarses intermédiaires simples dans les deux sexes. Long. 2 mm. (Aus¬
tralie). 1. Macleayi Blackb.
— Grand éperon interne des tibias intermédaires et postérieurs long, aussi
long que la moitié du premier article du tarse. Insectes pigmentés. 2.
2. Mésosternum plan ou convexe, sans trace de carène longitudinale.
Espèces de forme générale plus large (faciès des Catops) . 3.
— Mésosternum finement caréné sur la ligne médiane. Espèces de petite
taille, mais ayant un peu l’aspect des Choleva . 12.
3. Ponctuation du pronotum granuleuse, saillante. Noir très brillant,
métallique, la base des élytres rougeâtre, la tête, les antennes et les
pattes rouges. Yeux très grands, antennes relativement longues,
l’article 8 aussi long que large. Tibias antérieurs mâles épais dès la
186
D r RENÉ JEANNEL
base, fusiformes avec une large dépression de la partie moyenne
de la face ventrale. Tarses antérieurs mâles à peine plus larges que
les tibias, les tarses intermédiaires simples dans les deux sexes (‘).
Long. 3,2 mm. (Nouvelle-Zélande). 2. granifer Br.
— Ponctuation du pronotum fine et superficielle. Tête concolore. Tarses
intermédiaires avec les deux premiers articles dilatés chez les mâles... 4.
4. Tibias antérieurs des mâles en massue, arqués dans leur partie basale
amincie, avec une petite entaille profonde du bord supéro-interne
vers le quart basal (fig. 363, 367). — Grandes espèces robustes, peu
convexes, à pronotum ample, angles postérieurs saillants en arrière,
les élytres atténués, les antennes robustes, à article 8 environ aussi
long que large. 5.
— Tibias ant érieurs des mâles droits, progressivement épaissis au som¬
met, sans entaille du bord interne. Espèces de taille moyenne, de forme
plus grêle et plus convexe. 11.
5. Élytres avec des traces bien visibles de côtes longitudinales. 6.
— Élytres sans traces de côtes. 9.
6. Forme oblongue, les élytres allongés, au moins deux fois aussi longs
que le pronotum. 7.
— Forme courte et large, les élytres courts, moins de deux fois aussi
longs que le pronotum. 8.
7. Pronotum nettement plus large que les élytres ; ceux-ci allongés,
rigoureusement parallèles dans leur moitié basale. Article 2 des
antennes aussi long que le 3, le 6 aussi long et plus épais que le 5.
Brunâtre mat uniforme. Long. 4,5 mm. (Iles Auskland). [Fig. 360-
363 et 370-371]. 3. antipoda Kirsch.
— Pronotum pas plus large que les élytres ; ceux-ci ovalaires, renflés
dans la région moyenne. Article 2 des antennes plus court que le 3,
le 6 plus court et pas plus épais que le 5. Long. 4,5 mm. (Iles Chatam).
. 4. brunneipes Br.
8. Pronotum très large, deux fois aussi large que long, ses côtés peu
arqués, très élargis en arrière, les angles postérieurs saillants et arron¬
dis, la base presque deux fois aussi large que le bord antérieur et
profondément bisinuée. Élytres cunéiformes, rétrécis en ligne droite
dès la base. Antennes relativement fines, l’article 8 plus long que
large. Tibias intermédiaires très grêles à la base, coudés, très brus¬
quement élargis en massue dans le tiers apical ; tibias antérieurs
mâles avec une large échancrure du bord interne au quart basal.
Tarses antérieurs mâles pas plus larges que le tibia. — Peu convexe,
noir brillant, les antennes et les pattes rougeâtres; ponctuation de
(i) Espèce fort curieuse par sa coloration, sa sculpture et ses caractères sexuels
secondaires très aberrants.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
187
la tête et du pronotum imperceptible, les strioles élytrales fines.
Long. 4,5 mm. (Nouvelle-Zélande). [Fig. 358].. 5. triangulum, n. sp.
— Forme plus régulièrement ovalaire et plus convexe ; pronotum de
forme normale, à côtés régulièrement arqués, la base d’un quart
plus large que le bord antérieur, fortement bisinuée ; les élytres atté¬
nués dans la moitié apicale. Antennes épaisses, l’article 8 aussi
long que large ; les tibias intermédiaires normalement arqués, non
Fig. 370-375 : Genre Paracatops Port., organes copulateurs. — Fig. 370 et 37t. P. anli-
poda Kirsch, de l’ile Auckland, organe, x 00, et sommet du style droit, face externe,
X 120. — Fig. 372. P. phyllobius Broun, de Wellington, sommet du style droit, face
externe X 120. — Fig. 375 et 374. lugubi is Sharp, de Grcymouth, sommet du style
et pièce évaginable du sac interne, x 120. — Fig. 375. /'. relatus Broun, de Grey-
mouth, organe copulateur, x 60.
Fig. 376-378 : Genre Mesocolon Broun. — Fig. 376 M. nesobium, n. sp., de 111c Moko
hinau, organe copulateur vu de trois quarts, x 60. — Fig. 377. Sommet du style droit,
face externe, X 120. — Fig. 378. Segment génital mâle, face dorsale, x 60.
amincis à la base. Mâle inconnu. Long. 4,2 mm. (Nouvelle-Zélande)...
. 6. Brounianus, n. sp.
9. Pronotum plus large que les élytres, non rétréci à la base, les angles
postérieurs débordant le contour du corps, la base largement bisi¬
nuée. Article 8 des antennes plus long que large. Noir, les antennes
rougeâtres, les pattes brunâtres ; strioles des élytres plus fortes. Long.
4 mm. (Nouvelle-Zélande). [Fig. 359]. 8. dickensis, n. sp.
188
D' RENÉ JEANNEL
— Pronotum normalement rétréci à la base, les angles postérieurs sail¬
lants en arrière et appliqués sur la surface humérale des élytres, la
base rectiligne au milieu, profondément échancrée latéralement.
Article 8 des antennes aussi long que large. 10.
10. Forme ovoïde, les élytres moins larges que le pronotum, très atté¬
nués au sommet. Antennes plus robustes. Tibias antérieurs mâles
très courts, moins de trois fois aussi longs que larges dans leur partie
apicale, la base relativement épaisse (fîg. 364). Orifice apical du
pénis non évasé. Long. 4 à 4,2 mm. (Nouvelle-Zélande). [Fig. 364-365
et 373-374]. 7. lugubris Sharp.
— Forme plus régulièrement ovale et plus convexe, les élytres aussi
larges que le pronotum. Angles postérieurs du pronotum moins sail¬
lants. Antennes plus grêles et déliées. Tibias antérieurs mâles plus
longs, plus de trois fois aussi longs que larges au sommet (fîg. 367),
leur partie basale plus grêle. Orifice apical du pénis très évasé.
Long. 3,8 mm. (Nouvelle-Zélande). [Fig. 366-367 et 372].
. 9. phyllobius Br.
11. Forme oblongue et allongée, également atténuée en avant et en
arrière ; la ponctuation du pronotum plus forte, les strioles élytrales
plus grossières. Antennes courtes, à funicule très grêle, l’article 5
aussi étroit que le 4, une fois et demie aussi long que large, le 6 peu
épais, cubique, nettement plus court que le 5. Tarses antérieurs
mâles étroits, pas plus larges que le tibia. Noir, les antennes rem¬
brunies, les pattes brun-rougeâtre. Long. 3 mm. (Nouvelle-Zélande).
. 11. alacris Br.
— Forme plus large, plus robuste, plus atténuée en arrière, la sculpture
plus fine. Antennes plus robustes, à massue plus épaisse, le funicule
plus gros, l’article 5 une fois et demie aussi long que large, mais plus
épais que le 4, le 6 aussi long que le 5, presque semblable au 7.
Tarses antérieurs mâles plus larges que le tibia. Noir brillant, les
antennes rembrunies, les pattes rougeâtres. Long. 3,2 mm. (Nou¬
velle-Zélande) . 10. fulvitarsis Br.
12. Plus grand. Noir avec les pattes brunes, les antennes noires à base
pâle. Tibias antérieurs mâles longs, subparallèles dans les deux tiers
apicaux, atténués dans le tiers basal, le bord ventral formant une
vague tubérosité au début du rétrécissement basal. Antennes plus
longues. Long. 2,5 à 2,8 mm. (Nouvelle-Zélande). [Fig. 375].
. 12. relatus Br. (‘)
(1) Cette espèce et la suivante sont très voisines et se ressemblent beaucoup extérieu¬
rement. En outre de la différence de forme des tibias antérieurs des mâles, il existe des
différences dans lu forme de l’organe copulaleur. Celui du P. suluralis est plus court
et plus arqué que celui du P. relatus (flg. 375) ; l’apex du pénis est plus largement
hilobé et les styles sont bien plus effilés au sommet.
monographie des catopidaë
180
-— Plus petit. Noir avec la marge du pronotum roussâtre, les pattes rou¬
geâtres, les antennes brunes à base pâle. Tibias antérieurs mâles
graduellement épaissis de la base au sommet, non parallèles dans la
partie apicale, le bord ventral sans tubérosité. Antennes plus
courtes. Long. 2,5 mm. (Nouvelle-Zélande). 13. suturalis Br.
1. Paracatops Macleayi Blackburn, 1903, Trans. Roy. Soc. S. Austr., XXVII,
p. 94 ( Choleva ) ; type : Victoria (Brit. Mus.).
Australie. Victoria, un mâle (Blackburn !). — Tasmanie (Blackburn).
2. Paracatops granifer Broun. 1886, Man. N. Zeal. Col., IV, p. 890 ( Choleva );
type : Dunedin (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. Middle Island : Dunedin, sur la côte orientale, comté
d’Otago, un mâle (Th. Chalmer ! coll. Broun).
3. Paracatops antipoda Kirsch, 1877, Berl. ent. Zs., XXI, p. 155 et 164
(Choleva) ; type : île Auckland (Mus. Dresden). — Portevin, 1907,
Ann. Soc. ent. Fr., p. 69 ( Paracatops). — oceanica Dupont, in litt.
(Portevin, 1907). — avivorus Broun, 1909, Subantarctic Isl. of N.
Zeal., N. Zeal. Inst., VI, p. 101 ( Catops ); type : île Auckland.
Archipel des îles Auckland : île Auckland et île Enderby, sous des cadavres
en putréfaction (H. Krone !, Brit. Mus. et Mus. Paris).
4. Paracatops brunneipes Broun, 1911, Trans. N. Zeal. Inst., XL1I1, (1910),
p. 97 ( Choleva) ; type : Pitt island.
Archipel des îles Chatam : Pitt island (T. Hall).
5. Paracatops triangulum, n. sp. ; type ; Lomond (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. Middle Island : mont Ben Lomond, comté d’Otago,
un mâle (Broun !). J’ignore où se trouve exactemenl cette localité.
6. Paracatops Brounianus, n. sp. ; type : mont Alfred (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande : Middle Island : mont Alfred, au nord du lac Wakatipu,
comté d’Otago, une femelle (Broun !).
7. Paracatops lugubris Sharp, 1882, Trans. ent. Soc. London, p. 78 (Choleva)-,
type : Greymouth (Brit. Mus.). — Broun, 1893, Man. N. Zeal. Col.,
V, p. 1069. — femoratus Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII,
p. 190, fig. (Cnemopsilus); type: Nouvelle-Zélande (Mus. Dahlem).
— Brouni Portevin, 1914, I. c., p. 192 (Paracatops)-, type : Nouvelle-
Zélande (Mus. Dahlem).
Nouvelle-Zêlande. Middle Island : Greymouth, côte occidentale, comté de
Nelson, plusieurs exemplaires (Helms !, in Brit. Mus. et Mus. Paris) ; Taieri,
au sud de Dunedin, côte orientale, comté d’Otago (Broun !) ; Bell Rock, près
de Methven, comté de Canterbury (Broun !).
Obs. — Le Brouni Port, est la femelle du P. lugubris , le femoratus Port, est
le mâle.
190
D' RENÉ JEANNEL
8. Paracatops dickensis, n. sp.,; type : mont Dick (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. Middle Island : mont Dick, près du lac Wakatipu, comté
d’Otago, une femelle recueillie dans des débris végétaux vers 1.200 m. d’alt.
(Broun !).
9. Paracatops phyllobius Broun, 1893, Man. N. Zeal. Col., VII, p. 1433
( Choleva) ; type : Maketu (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Maketu, Hunua range, près de Drury,
non loin d’Auckland, plusieurs exemplaires pris dans des amas de feuilles
mortes (Broun !, Brit. Mus. et Mus. Paris) ; Wellington, un mâle recueilli sous
un tronc d’arbre (G. V. Hudson !, in Brit. Mus.).
10. Paracatops fulvitarsis Broun, 1886, Man. N. Zeal. Col., IV, p. 946 ( Cho¬
leva) ; type : Howick (Brit. Mus.). — marginalis Broun, 1895, Ann.
Mag. nat. Hist., (6) XV, p. 87 (Choleva) ; type : mont Te Aroha (Brit.
Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Howick, près d’Auckland, un mâle recueilli
sous un tronc d’arbre abattu (Broun !) ; Epsom, au pied du mont Eden, près
d’Auckland (Broun !, Mus. Paris) ; Ligar’s bush, à Papakura, près d’Auckland
(Broun !, Mus. Paris) ; Hunua range, près de Drury, au sud d’Auckland
(Broun !) ; mont Te Aroha, deux exemplaires (Broun!).
11. Paracatops alacris, 1880, Man. N. Zeal. Col., I, p. 152 (Choleva)-, type :
Tairua (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Tairua, près d’Auckland (Broun !).
12. Paracatops relatus Broun, 1893, Man. N. Zeal. Col., VI, p. 1339 (Choleva) ;
type : Moeraki (Brit. Mus.). — Schenklingi Portevin, 1914, Ann. Soc.
ent,. Belg., LVIII, p. 191 (Dolichocatops); type : N.-Zélande (Mus.
Dahlem).
Nouvelle-Zélande. Middle Island : Greymouth, côte occidentale, comté
de Nelson, nombreux exemplaires (Helms !, in Brit. Mus. et Mus. Paris);
Moeraki, côte orientale, sud du comté de Canterbury, un mâle pris dans une
maison (Sandager !). Rotoïti, comté de Nelson (Broun !).
13. Paracatops suturalis Broun, 1895, Ann. Mag. nat. Hist., (6) XV, p. 88
(Choleva)-, type : Invercargill (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. Middle Island : Invercargill, côte méridionale, sud du
comté d’Otago (A. Philpott !, Brit. Mus. et Mus. Paris).
31. Gcn. MES0C0L0N Broun
Mesocolon Broun, 1880, Man. N. Zeal. Col., I, p. 153; type : M. clathratum
Broun.
Dans ce genre, Broun a primitivement rangé onze espèces, dont la première
citée est le M. dathratum. Plus tard, sans autre explication, il indique que les
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 491
trois premières de ses espèces décrites comme Mesocolon ( clathratum , litura-
tum et puncticeps) doivent être attribuées au genre Choleva, de sorte que
M. Hatch (1928, Col. Cat.,pars95, p. 212) a pris la quatrième, M. undulatum,
pour type du genre Mesocolon.
En réalité, aucune espèce de la Nouvelle-Zélande n’appartient au véritable
genre Choleva Latr. et l’espèce type du genre Mesocolon est le M. clathratum.
C’est d’ailleurs la seule do toutes celles placées par Broun dans le genre Meso¬
colon qui réponde à la diagnose générique, puisque les dix autres entrent dans
d’autres genres : lituratus et puncticeps dans Pseudonemadus Port. (1914),
Fig. 379. Mâle type, x 16. — Fig. 380. Palpe maxillaire droit. — Fig. 381. Tibia et
tarse intermédiaires droits du mâle, X 63. — Fig. 382. Organe copulateur, face dor¬
sale, X 63.— Fig. 383. Sommet du style droit, face interne, x 110.
undulatus dans Zeagyrtes Broun (1917), bicolor, nebulosus dans Agyrtodes
Port., maculifer dans Zearagytodes, gen. nov., hirtalis , punctulatus , torvus et
domesticus dans le genre Mesagyrtes Broun (1895) qui doit appartenir aux
Colonidae.
Mesocolon Broun (1880, type : M. clathratum Br.) ne se place donc pas parmi
les Camiaridae comme le croyait M. Hatch (1928, Col. Cat., pars 95, p. 212).
Il appartient aux Catopidae et est voisin de Paracatops Port. A côté de M. cla¬
thratum Broun, type du genre, se rangent toute une série d’autres espèces
dont la plupart ont été décrites par Broun sous le nom de Choleva.
Petite taille, de 2 à 3 mm. Des espèces sont ailées, d’autres aptères. Forme
générale ovalaire, courte et convexe. Téguments dépigmentés, sauf chez
M. nesobius ; un certain nombre d’espèces aptères sont microphthalmes ou
même anophthalmes, vivant dans le domaine endogé. Pubescence dorée, courte
192
D' RENÉ JEANNEL,
et couchée. Tête et pronotum à ponctuation très fine, imperceptible, les tégu¬
ments très brillants ; strioles transverses des élvtres variables, fines chez cer¬
taines espèces, râpeuses et très espacées chez d’autres, perpendiculaires à la
suture.
Tête de même forme que chez Paracatops , la partie préantennaire du front
bien plus courte que la postantennaire, l’épistome transverse, mais bien séparé
du front par une suture très visible. Yeux généralement réduits, parfois
absents. Palpes maxillaires à avant-dernier article renflé, ovoïde, le dernier
petit, court, étroit et conique. Antennes robustes, peu allongées, atteignant à
peine la base des élytres, la massue plus ou moins épaisse, l’article 8 court et
transverse.
Pronotum transverse, ample et convexe, aussi large que les élytres, ses côtés
bien arqués, sa plus grande largeur à la base, les angles postérieurs peu sail¬
lants en arrière (forme bathyscioïde). Élytres courts et convexes, peu atténués
au sommet.
Mésosternum non caréné ; cavités coxales intermédiaires confluentes.
Pattes grêles, les tibias peu épineux, présentant la même armature d’éperons
que chez Paracatops ; les tibias intermédiaires très fortement arqués. Tarses
grêles.
Les tarses antérieurs et les deux premiers articles du tarse intermédiaire
sont dilatés chez le mâle. Pas de caractères sexuels particuliers sur les tibias
antérieurs. Un dimorphisme antennaire sexuel existe chez les espèces endogées.
Segment génital semblable à celui des Paracatops. L’organe copulateur est
du même type, mais cependant différent (fig. 376 et 382). Le tegmen porte
parfois une étroite pièce ventrale. Le pénis à la même pièce basale étroite et
atténuée, mais il n’est pas étranglé à sa base et sa partie apicale est aplatie,
coudée comme chez les Bathysciinae. Styles non renflés à la base, au contraire
aplatis, réguliers ; ils sont armés de deux petites soies placées comme chez
les Paracatops. Sac interne sans pièce lamelleuse apicale évaginable.
Ce genre est certainement très voisin de Paracatops , quoique l’aspect général
des espèces soit très différent. Il constitue une lignée indépendante, subissant
l’évolution souterraine et présentant de ce fait une curieuse convergence avec
les Oritocatops endogés du mont Elgon et surtout avec les Bathysciola paléarc-
tiques ( l ).
Toutes les espèces habitent la Nouvelle-Zélande.
Tableau des espèces
1. Strioles transverses des élytres fines et superficielles, serrées. 2.
— Strioles des élytres fortes, râpeuses, espacées. Espèces oblongues,
(1) On trouve même, chez les Mesocolon microphthalmes et anophthalmes, la même
dilatation des articles 5 et 6 des antennes des mâles que chez certains Speonomus caver¬
nicoles des Pyrénées.
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE 193
convexes, à contour régulièrement ovalaire, de coloration testacée
rougeâtre très brillante. 5.
2. Pigmenté, brun de poix peu foncé. Oblong et convexe, régulièrement
ovalaire, les élytres deux fois aussi longs que le pronotum (lig. 368).
Antennes courtes et grêles, l’article 8 transverse, les 4 et 5 carrés,
semblables dans les deux sexes, le 7 épais. Organe copulateur coudé,
l’apex du pénis droit, anguleux, les styles larges et comprimés
(fig. 376 et 377). Long 2,4 mm. (Nouvelle- Zélande, île Moko hinau).
[Fig. 368-369 et 376-378]. 1. nesobium, n. sp.
— Dépigmentés, testacés. Forme moins régulièrement ovale, les élytres
plus courts, pas deux fois aussi longs que le pronotum. 3.
3. Grande taille, déprimé, le pronotum plus étroit que les élytres, à côtés
peu arqués, les élytres renflés. Yeux grands. Antennes grêles, à
massue peu dilatée, les articles 5,6 et 7 de même longueur mais d’épais¬
seur croissante. Tibias antérieurs des mâles droits, à peine épaissis au
sommet. Tarses antérieurs mâles plus larges que le tibia. Sculpture
normale (')• Long. 3 mm. (Nouvelle-Zélande). 2. clathratum Br.
— Petite taille. Pronotum ample, plus large que les élytres, ses côtés très
arrondis. Espèces anophthalmes. 4.
4. Déprimé. Sculpture extrêmement fine donnant un aspect mat. Tête
petite, à ponctuation indistincte sur le front. Antennes longues, les
articles 4, 5, 6 et 7 plus longs que larges, progressivement épaissis,
le 6 plus court que le 5, le 8 transverse, les 9 et 10 presque aussi longs
que larges. Tibias intermédiaires peu arqués ; les tibias antérieurs
mâles peu épaissis au sommet. Tarses antérieurs mâles plus étroits
que le sommet du tibia. Long. 2,5 mm. (Nouvelle-Zélande).
. 3. castaneum Br.
— Convexe. Sculpture plus forte, le tégument très brillant. Tête plus
grande, à ponctuation du front plus forte, bien visible. Antennes
semblables à celles du précédent. Mâle inconnu ( ). Long. 2,5 mm.
(Nouvelle-Zélande). 4. coecum Br.
5. Des yeux bien développés. Antennes courtes, les articles 4 et 5 à
peine plus longs que larges, le 6 transverse, plus court que le 5, le 7
subcarré, aussi long que large, le 8 trois fois aussi large que long, court
et large, les 9 et 10 un peu transverses. Tibias intermédiaires très
arqués. Tarses antérieurs mâles plus larges que le sommet du tibia.
(1) D’après Broun, le pronotum serait striolé en long et en travers, et le nom donné à
l’espèce évoque ce caractère. L’examen des types m’a montré que la ponctuation du
pronotum est normale, fine et peu serrée, superficielle, et que l’aspect striolé décrit par
Broun est causé par la pubescence couchée et agglutinée en petits faisceaux de poils
sur des insectes sales.
(2) On pourrait croire que les AI. coecum et AI. castaneum soient une seule et même
espèce, le premier correspondant à la femelle, le second au mâle. Mais la différence de
sculpture des téguments permet d’écarter cette hypothèse.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I. 13
194
0' RENÉ JEANNEL
Aspect très brillant, les strioles élytrales très espacées (‘). Long.
2,5 mm. (Nouvelle-Zélande). 5. crenatellum Br.
— Yeux réduits à quelques facettes. Antennes plus longues, les articles
4 à 7 nettement plus longs que larges, les 4 et 5 près de trois fois, le 6
deux fois, le 7 une fois et demie, mais renflé et ovoïde; le 8 deux
fois aussi large que long, donc peu transverse, les 9 et 10 plus longs
que larges; tous les articles de la massue ovalaires, bien déliés.
Tibias intermédiaires modérément arqués. Tarse antérieur mâle
aussi large que le sommet du tibia, lui-même peu épaissi. Organe copu-
lateur de même type que chez nesobium (fig. 382), mais plus incurvé
du côté ventral, plus court, l’apex bossu et dilaté, le sommet des
styles effilé et terminé par une palette. Même aspect brillant et même
sculpture forte et espacée des élytres que chez le précédent. Long.
2,5 mm. (Nouvelle-Zélande). [Fig. 379 à 403]. 6. microps, n. sp.
1 . Mesocolon nesobium, n. sp. ; type : île Moko hinau (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. Ile Moko hinau, près de Barrier Island, à l’est de la côte
orientale de Nortli Island, deux exemplaires recueillis dans des nids d’oiseaux
(coll. Sharp !, mâle, in Brit. Mus. ; femelle, in Mus. Paris).
2. Mesocolon clathratum Broun, 1880, Man. N.Zeal. Col., I, p. 153; type :
Tairua (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Tairua, près d’Auckland (Broun!);
Whangarei harbour, côte orientale, au nord d’Auckland (Broun !).
3. Mesocolon castaneum Broun, 1912, Trans. N. Zeal. Inst., XLIV, p. 415
( Choleva ); type : Retaruke (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : Retaruke, près d’Erua, un seul mâle
recueilli dans la terre végétale (H. S. Whitehorn !, coll. Broun).
4. Mesocolon coecum Broun, 1912, Trans. N. Zeal. Inst., XLIV, p. 414
(Choleva) ; type : mount Nganruhoe (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. North Island : mount Nganruhoe, au sud du lac Taupa,
comté de Wellington, une femelle trouvée en tamisant du terreau de feuilles
mortes (W. J. Guiness !, coll. Broun).
5. Mesocolon crenatellum Broun, 1921, N. Zeal. Inst., Bull. n° 1, VII, p. 60
(Choleva)-, type Rotoïti (Brit. Mus.). — flectipes Broun, 1921, 1. c.,
p. 609 ( Choleva) ; type : Rotoïti (Brit. Mus.).— curvigerum Broun,
1921,1. c., p. 610 (Choleva)-, type : Rotoïti (Brit. Mus.). — nitidulum
Broun, in litt. (Howard).
(1) Les Ch. flectipes Br. et Ch. curviger Br. sont synonymes de cette espèce. Le type
du Ch. flectipes est un peu plus grand (2,6mm). Celui du Ch. curviger a le front creusé
d’une large dépression discale; mais il s’agit certainement d’une malformation indivi¬
duelle, car cet exemplaire présente aussi sur l’élytre gauche une perte de substance
déterminant une vaste fossette.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
195
Nouvelle-Zélande. Middle Island : Rotoïti, comté de Nelson, plusieurs exem¬
plaires (T. Hall!, coll. Broun) ; Howard, comté de Nelson (Broun !).
6. Mesocolon microps, n. sp. ; type : Staircase (Brit. Mus.).
Nouvelle-Zélande. Middle Island : Staircase, mont Dick, au nord du lac
Wakatipu, comté d’Otago, plusieurs exemplaires (Broun !, Brit. Mus. et Mus.
Paris).
vu. Trib. Anemadini , nov.
Groupe distribué dans la région méditerranéenne, dans l’Inde himalayenne
et au Japon.
La sculpture des téguments est la même que chez les Paracatopini. Les
palpes maxillaires ont la même forme, les tarses intermédiaires ont leurs deux
premiers articles dilatés chez les mâles, mais l’épistome est long, le mésoster¬
num nettement caréné et l'organe copulateur est d’un type différent : le pénis
est toujours droit, sa lame basale est largement étalée ; la pièce ventrale du
tegmen est représentée par une étroite bandelette chitineuse transverse.
Tableau des genres
1. Carène mésosternale formant une saillie ovoïde élevée sur l’apophyse
intercoxale. Forme courte et très convexe. (Inde et Japon).
. 32. Gen. Cholevodes Port.
— Carène mésosternale formant un bourrelet médian sur toute la lon¬
gueur du mésosternum. Forme plus ou moins allongée ou peu convexe. 2.
2. Armature copulatrice du sac interne formée d’épines nombreuses dis¬
posées sur deux bandes longitudinales et ventrales, avec parfois
(Namadeas) des grandes phanères conchoïdales disposées par paires.
Sixième segment ventral de l’abdomen du mâle de structure normale,
largement convexe. Tibias antérieurs mâles avec une dépression ven¬
trale dans la moitié apicale. Angle suturai des élytres des femelles
non denté, arrondi. 3.
— Armature copulatrice du sac interne formée par deux chaînes de
dents engrenées, très chitinisées, sur la face ventrale. Sixième segment
ventral de l’abdomen du mâle fortement plié en V sur sa ligne mé¬
diane. 4.
3. Pronotum court et transverse, présentant sa plus grande largeur au
niveau des angles postérieurs qui sont saillants. Organe copulateur
très allongé, le sac interne sans phanères conchoïdales, les styles
accolés aux bords du pénis. Long. 2,5 à 3 mm. (Europe).
.•. 33. Gen. Anemadus Reitt.
— Pronotum toujours fortement rétréci à la base, sa plus grande lar¬
geur vers le milieu, les angles postérieurs très effacés. Organe copu-
196 D> RENÉ JEANNEL
lateur plus court, le sac interne avec une ou deux paires de phanères
conchoïdales, les styles divergents. Long. 2 à 4 mm. (Europe médi¬
terranéenne orientale). 34. Gen. Namadeus, nov.
4. Pronotum transverse, aspect général des Namadeus. Tibias anté¬
rieurs des mâles simples; angle suturai des femelles ordinairement
arrondi. Insectes lucicoles. Long. 2 à 4 mm. (Espagne et Nord de
l’Afrique). 35. Gen. Hormosacus, nov.
— Pronotum non transverse. Insectes dépigmentés, de forme très
allongée. Tibias antérieurs des mâles avec une haute carène du bord
dorsal dans la moitié basale, la moitié apicale comprimée; angle sutu¬
rai des élytres des femelles denté. Insectes cavernicoles ou endogés.
Long. 3,5 à 4,5 mm. (Sud de l’Espagne). 36. Gen. Speonemadus Jeann.
32. Gen. GHOLEVODES Portevin
Cholevodes Portevin, 1928, Coleoptera, III, p. 1, fig. 1; type : Ch. tenuitarsis
Port.
Taille de 3,5 mm. Forme épaisse et très convexe, le pronotum court et trans¬
verse, rétréci à la base, les élytres très renflés, tout au moins chez la femelle.
Fig. 384-387 ; Genre Cholevodes Port. : Ch. tenuitarsis Port., du Japon. — Fig. 384.
F'emelle type, x 18. — Fig. 385. Palpe maxillaire droit, X 65. — Fig. 386. Antenne,
X 35. — Fig. 387. Carène môsosternale, x 35.
Téguments dépigmentés; insecte ailé et oculé. Pubescence courte et rare.
Ponctuation du pronotum dense, râpeuse, disposée sans ordre, le tégument
alutacé entre les points. Élytres avec des stries enfoncées nettes et des strioles
MONOGRAPHIE DES CATOPJDAE
197
transverses perpendiculaires à la suture, fortes et espacées, comme chez les
Anemadus.
Tête à front court, l’épistome séparé du front par une suture bien visible,
de mêmes proportions que chez Anemadus. Palpes maxillaires (fig. 385)
courts et épais, l’avant-dernier article ovoïde, le dernier conique, court et
obtus, pas plus long que la moitié de l’avant-dernier.
Antennes courtes, peu épaisses, les articles de la massue subparallèles
(fig. 386), l’article 3 plus long que le 2 et que le 4, le 5 égal au 4, le 6 plus court,
à peine plus long que large, le 8 transverse, les 7, 9 et 10 un peu plus longs que
larges.
Pronotum transverse, ses côtés arrondis et rétrécis à la base, les angles pos¬
térieurs très arrondis, le disque convexe. Élytres très renflés, atténués au
sommet, la strie suturale entière, mais non différente des autres stries. Apex
des élytres atténué, anguleux, l’angle suturai non denté.
Mésosternum caréné. L’apophyse mésosternale est très courte, les cavités
coxales entièrement fusionnées, les hanches intermédiaires contiguës sur toute
leur longueur. Mais l’apophyse intercoxale du mésosternum est saillante et
forme un gros tubercule ovoïde qui s’abaisse en avant sur la ligne médiane
(fig. 387). Cette saillie est moins accusée chez Ch. asperatus que chez Ch.
tenuitarsis.
Pattes grêles, peu longues. L’armature des tibias est la même que chez les
Anemadus.
Chez le mâle, les tarses antérieurs et les deux premiers articles du tarse
intermédiaire sont dilatés.
Ce genre renferme deux espèces :
Tableau des espèces
1. Pronotum élargi à la base, sa plus grande largeur au tiers basal, les
angles postérieurs très arrondis. Antennes courtes, l’article 6 une fois
et demie aussi long que large, le 8 transverse, pas plus long que le
tiers du 7, les 9 et 10 aussi longs que larges. Tarses antérieurs mâles
aussi larges que le sommet du tibia, le tibia antérieur mâle simple.
Long. 3,5 mm. (Japon). [Fig. 384 à 387]. 1. tenuitarsis Port.
— Pronotum rétréci à la base, sa plus grande largeur au milieu, les angles
postérieurs obtus et seulement émoussés. Antennes plus longues,
l’article 6 deux fois aussi long que large, le 8 plus long que large,
égal à la moitié du 7, les 9 et 10 plus longs que larges. Tarses anté¬
rieurs mâles pas plus larges que le tibia ; celui-ci non dilaté, simple.
Long 3 mm. (Himalaya). 2. asperatus Champ. (‘).
(I) h'Anemadus kuluensis Champ, est identique à Yasperatus Champ. Les deux types
sont des mâles; ils ne diffèrent guère que parla longueur des antennes, un peu plus
198
D- RENÉ JËANNEL
1 . Cholevodes tenuitarsis Portevin, 1928, Coleoptera, III, p. 1, fîg. 1 ; type :
mont Takao (Mus. Paris).
Japon. Ile Hondo : mont Takao, près de Hachiôji, deux femelles (E. Gal¬
lois !) ; un mâle (Brit. Mus.).
2. Cholevodes asperatus Champion, 1923, Ent. Monthly Mag., L1X, p. 48
(Anemadus ); type : W. Almora (Brit. Mus.).— kuluensis Champion,
1927, Ent. Monthly Mag., LXIII, p. 246 ( Choleva ); type : Kulu
(Brit. Mus.).
Inde. Himalaya , Kumaon : West Almora division, un mâle pris à la lumière
(H. G. Champion!). Punjab : Kulu, Parbatti Valley, 2.000 m. d’alt., un mâle
(H. G. Champion !).
33. Gen. ANEMADUS Reitter
Anemadus Reitter 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 38 ; type : A. stri-
gosus Kraatz. — Anemadus auctorum (cf. Hatch, 1928, Col. Cat.,
pars 95, p. 159), pars.
Fig. 388-391 : Genre Anemadus Reitl. — Fig. 388. A. slrigosus subsp. arcadius Reitt.,
mâle, x 16. — Fig. 389. Palpe maxillaire droit. — Fig. 390. Antenne, x 35. — Fig. 391.
A. strigosus Ivr., forme typique, antenne, X 35.
Fig. 392-394 : Genre Namadeus, nov. — Fig. 392. N. graecus Kr , de Turquie, mâle,
X 16. — Fig. 393. Antenne, x 35. — Fig. 394. Tarse intermédiaire droit du mâle,
X 65.
Taille de 2,5 à 3 mm. Forme générale courte et large, le pronotum ample
longues chez kuluensis et les angles postérieurs 'lu pronotum un peu plus émoussés
chez ce dernier. 11 ne s’agit là que de variations individuelles.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
199
présentant sa plus grande largeur à la base, les élytres courts. Insectes plus ou
moins dépigmentés, oculés et ailés. Pubescence courte et couchée, dorée,
fine et soyeuse. Tête à ponctuation fine et aciculée; celle du pronotum dis¬
posée sans ordre, non alignée en travers, formée de points râpeux entre les¬
quels le tégument est alutacé ; élytres couverts de strioles transverses fortes,
râpeuses, grossières et peu serrées.
Tête à front court, l’épistome quadrangulaire, environ deux fois aussi large
Fig. 395-399 : Genre Anemadus Reitl., organes copulateurs. — Fig. 395. A. strigosus Kr.,
forme typique, de Prague, X 90. — Fig. 396. A. strigosus subsp. arcadius Reitt., de
Grèce, X 180.— Fig. 397. Segment génital, face ventrale, x 90. — Fig. 398. A. Karamani
Ganglb., de Beuil x 180. — Fig. 399. A. striatulus, n. sp , du Taygète X ISO.
que long, séparé du front par une suture bien visible. Palpes maxillaires
(fig. 389) courts, à avant-dernier article épais, ovoïde, le dernier article
conique, aigu, plus long que la moitié de l’avant-dernier.
Antennes longues, dépassant les angles postérieurs du pronotum, les articles
de la massue très peu élargis, non aplatis, l’article 8 aussi long que large ou
transverse (fig. 390 et 391).
Pronotum transverse, à côtés peu arqués, non rétrécis à la base, les angles
postérieurs arrondis, la base rectiligne. Élytres atténués au sommet, la strie
suturale entière, le disque avec des traces très nettes de stries. Bord apical
étroit et arrondi, laissant le pygidium à découvert ; l’angle suturai arrondi.
200
Dr RENÉ JEANNEL
Mésosternum finement caréné sur la ligne médiane ; l’apophyse intercoxale
courte, les hanches intermédiaires contiguës.
Pattes grêles, peu allongées. Tibias armés d’épines courtes sur leur face
externe, l’armature apicale constituée par deux éperons internes et deux
externes. Tarses postérieurs très grêles, leur premier article aussi long que les
deux suivants réunis.
Chez les mâles les trois premiers articles du tarse antérieur et les deux pre¬
miers articles du tarse intermédiaire sont plus ou moins dilatés.
Organe copulateur mâle (fig. 395 à 399) allongé, subparallèle, le pénis long,
les styles très épais et accolés aux parties latérales du pénis, dépassant la
pointe de ce dernier environ du huitième de leur longueur. Chez les Namadeus
les styles sont divergents et dépassent la pointe du pénis du quart de leur
longueur. La pointe des styles est incurvée en dehors, aiguë et porte cinq soies
dont quatre internes et une externe. Sac interne long, armé de rangées longi¬
tudinales d’épines ; pas de grosse dent apicale ni de grandes phanères.
Segment génital (fig. 397) relativement court, conique, avec un tergite et
deux pleuro-sternites ciliés.
Le genre est répandu dans toute l’Italie, dans la péninsule balkanique et
l’Asie mineure. Une espèce s’avance vers le nord jusque dans l’Europe cen¬
trale ; une autre existerait dans le Caucase, A. castaneus Roub.
Les espèces du genre, peu nombreuses, sont de deux types. A. Karamani
Ganglb. est bien isolé par sa forme générale, sa sculpture, sa coloration et les
caractères sexuels. Les autres espèces forment une même lignée. Je réunis
sous le nom de strigosus Kr. trois formes, dont VA. arcadius Reitt., qui présen¬
tent le même type d’organe copulateur et j’isole comme espèce indépendante,
sous le nom de striatulus , n. sp., les Anemadus du Péloponèse, dont l’organe
copulateur est très particulier. Mais A. striatulus et A. strigosus Kr. sont cer¬
tainement de même souche.
La distribution de ces espèces indique bien que le genre est originaire de
l’Égéide, vraisemblablement de l’Égéide méridionale. L’extension de VA.
strigosus vers le bassin de Vienne et l’Europe centrale est tout à fait compa¬
rable à celle du Trechus austriacus ou encore du Choleva Emgei. D’autre part,
les communications continentales qui ont existé entre l’Herzégovine et l’Italie
péninsulaire au Pliocène, ont permis à VA. strigosus de se répandre en Italie
en même temps sans doute que les Trechus du group eobtus iusculus, le Choleva
Solarii, et bien d’autres éléments balkaniques de la péninsule italienne.
Tableau des espèces
1. Élytres à peine striés longitudinalement, les strioles transverses fines
et serrées. Forme ovale, convexe, le pronotum peu transverse, les
élytres ovalaires, renflés, non atténués dans la moitié apicale. Colo¬
ration noirâtre avec les côtés du pronotum et la moitié basale des
élytres rougeâtres, les antennes rembrunies au sommet. — Antennes
semblables à celles du strigosus , quoique moins épaissies à l’apex.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
201
Styles de l’organe copulateur très épais, l’apex du pénis explané,
à pointe ovalaire. Long. 3 mm. (Dalmatie, Provence). [Fig. 398].
. 1. Karamani Ganglb.
— Élytres nettement striés longitudinalement, les strioles transverses
plus fortes, espacées et râpeuses. Forme ovoïde, le pronotum trans¬
verse, large, les élytres plus ou moins atténués dans leur partie
apicale. Coloration rougeâtre ou testacé brillant uniforme, les
antennes concolores. 2.
2. Articles 9 et 10 des antennes pas plus longs que larges. Apex de l’or¬
gane copulateur ogival, sans expansions latérales, la pointe formant
une petite saillie quadrangulaire (fig. 395 et 396). Long. 2,8 à 3 mm.
[Fig. 388-391 et 395-397]. 2. strigosus Kraatz.
a. Article 7 des antennes pas plus long que le 5. Côtés du pro¬
notum plus arrondis, les angles postérieurs ne débordant
guère les côtés des élytres. Élytres courts, cunéiformes,
atténués dès la base jusqu’au sommet, environ une fois
et un tiers aussi longs que larges. (Europe centrale,
Italie, Yougoslavie). subsp. strigosus, s. tr.
— Article 7 des antennes plus long que le 5. Côtés du pro¬
notum moins arrondis, les angles postérieurs saillants en
dehors, débordant les côtés des élytres. b.
b. Élytres courts, mais renflés, épais, atténués seulement
dans leur moitié apicale, environ une fois et un tiers aussi
longs que larges. Même colorration rougeâtre brillant que
chez strigosus typique. (Sud de la péninsule balcanique).
. subsp. arcadius Reitt.
— Élytres longs, presque deux fois aussi longs que larges, de
forme elliptique et très atténuées en arrière. Coloration
testacée uniforme ; entièrement dépigmenté (Smyrne)....
. subsp. Saulcyi, nov.
— Article 9 et 10 des antennes nettement plus longs que larges ; le 7 plus
long que le 5, les antennes plus longues que chez les précédents.
Forme allongée, le pronotum très ample, à angles postérieurs très
saillants en dehors ; élytres longs, elliptiques, deux fois aussi longs
que larges, très atténués dans leur partie apicale. Rougeâtre brillant
foncé uniforme, les antennes rougeâtres. Styles de l’organe copula¬
teur épais, l’apex du pénis en fer de lance, avec deux expansions
latérales crochues, sa pointe en saillie semicirculaire. Long. 3 à
3,2 mm. (Péloponèse). [Fig. 399]. 3. striatulus, n. sp.
L’A. castaneus Roub., que je n’ai pas vu, manque dans ce tableau( ).
(1) Très insuffisamment décrit dans les termes suivants :
Anemadus castaneus Roubal. — Castaneus, ore , anlennarum basi, pedibus testaceis,
capite, thorace (lateribus exceptis) nigro. Antennis brevibus, incrassatis, articulo S brevis-
D r RENE JEANNEL
202
1. Anemadus Karamani Ganglbauer, 1899, Kaf. Mitteleur, III, p. 139;
type : Spalato(‘). — Caillot, 1914, Cat. Col. Provence, II, p. 13. —
Bianchii. Reitter, 1906, Soc. ent., XXI, p. 129 ; type : Ilaidenschacht
(Mus. Budapest.)
Répandu depuis la côte de l’Adriatique jusqu’en Provence, toujours très
rare. Les exemplaires de Provence ont été pris au vol, le soir. Porta et Luigioni
le citent, sous le nom de Bianchii , de l’Émilie, du Lazio et de Toscane, ce
qui est vraisemblable.
France. Var : entre Brignoles et Cabasse, une femelle prise au vol, par temps
orageux (Caillol) : Alpes-Maritimes : Beuil, deux exemplaires (Fagniez !).
— Italie. Lazio : lago Bolsena (Raffray !). Toscane : Vallombrosa. Umbrie :
Rieti (Raffray). Ëmilie : Porreta [teste Porta]. Vénétie Julienne, Gorizia '
Haidenschacht, au pied de la forêt de Tarnova, mâle et femelle (coll. Reitter!).
— Yougoslavie. Dalmatie : Spalato, un mâle (D r . Karaman).
2. Anemadus strigosus Kraatz, 1852, Stett, ent. Ztg., p. 441 ; type : Autriche
(Hampe). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 159 (Bibliogr.).
h. Subsp. arcadius Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 59;
type : Attique (Mus. Paris).
c. Subsp. Saulcyi , nov. ; type : Smyrne (Mus. Paris).
Espèce répandue dans toute la péninsule balkanique, l’Asie mineure et
dans l’Europe centrale. Yakobson la cite de Moscou, ce qui demanderait
confirmation. Mais je l’ai vue du sud de l’Italie.
L’A. strigosus , forme typique, est cité comme myrmécophile, avec Lasius
brunneus Latr. (Weber, in Blunck, 1925, Syll. Ins. Biol., Col. I, p. 173).
a. Subsp. strigosus, s. str. — Autriche. Basse-Autriche : Wien (Mus. Wien !) ;
Ulrichskirsch (Sporny :) ; Wienerwald (Luze !). — Tchécoslovaquie. Bohême :
Prague, nombreux exemplaires (coll. Sainte-Claire Deville !). — Roumanie.
Transylvanie : Sibiu [Hermanstadt] (Bielz !); Baassen (Pétri !). —- Italie-
Vénétie : Piazzola sul Brenta, prov. de Padoue (Caneva !, in Mus. Gênes).
Piémont : Oriolo, près de Voghera (A. Solari !). Emilie. Toscane. Umbrie. Lazio.
Abbruzzes. Calabre (coll. Luigioni !). Campanie : Casalbuono, prov. deSalerne
(Andreini !). Istrie : Castelnuovo (Paganetti !). -— Yougoslavie. Slavonie (coll.
Jeannel). Croatie (Reitter !). Herzégovine : Jablanica. (Kauffmann !).
b. Subsp. arcadius Reitt. — Yougoslavie. Serbie : Kopaonik (Rambou-
sek !) ; Sar planina (Rambousek !). Macédoine : lac de Presba (P. Denier !)•
Dalmatie : Krivosije (Paganetti !). — Grèce. Ëtolie (coll. Saulcy !). Attique
simo, longitwline du/jlo latiore. Thorace ante basim latissimo. antrorsum vaille angus-
tato, elytris latiore, his non slriatis, depresse pubescentibus, apice non acuminalis, singu-
latim truncalis. Pedibus longis, gracilibus. Long. 3,2 mm. Caucasus : Platigorsk, vi-1912,
in silva quercina sub foliis aridis.
(1) Ce type, un mâle, devrai! se trouver au Musée de Wien, mais je l'y ai cherché en
vain. Par contre, j’ai pu voir les types de VA. Bianchii Reitt. et les exemplaires de Pro¬
vence et constater que tous se rapportent exactement à la description de VA. Karamani
Ganglbauer.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
203
(coll. Reitter !, coll. Saulcy !) ; mont Parnasse (coll. Hauser !). Ile d’Eubée
(Reitter!). Corfou (J. Sahlberg !). Céphalonie (Oertzen !, Paganetti !).
c. Subsp. Saulcyi , nov. — Asie mineure : Smyrne (coll. Saulcy !).
3. Anemadus striatulus, n. sp. ; type : Cumani (Mus. Paris).
Grèce. Péloponèse : Cumani (Brenske !) ; mont Taygète (Brenske !).
4. Anemadus castaneus Roubal, 1921, Cas Cesk. spol. ent., XVIII, p. 30 ;
type : Platigorsk (coll. Roubal).
Espèce de position incertaine, mais appartenant sans doute à ce genre.
Caucase : Platigorsk, sous les feuilles mortes, en forêts de chênes (Roubal).
34. Gen. NAMADEUS, nov.
Type : Anemadus acicularis Kraatz. — Anemadus auctorum (Hatch, 1928,
Col. Cat., pars 95, p. 159), pars.
Taille de 2,5 à 4 mm. Forme générale oblongue, plus ou moins allongée, le
pronotum toujours rétréci à la base, présentant sa plus grande largeur vers le
milieu, les élytres longs, aussi larges ou plus larges que le pronotum. Pubes¬
cence variable, souvent longue (pellitus Reitt.). Tête à ponctuation fine et
aciculée, celle du pronotum râpeuse, formée de points saillants disposés sans
ordre, non alignés en travers ; élytres plus ou moins striés et couverts de
strioles transverses fortes et râpeuses.
Tête à front court, l’épistome quadrangulaire, un peu plus large que long,
séparé du front par une suture bien visible. Palpes maxillaires semblables à
ceux des Anemadus (fig. 389).
Antennes longues, atteignant le milieu des élytres, la massue effilée, non com¬
primée. Article 3 très allongé, le 4 un peu plus court, aussi long que le 5 qui est
deux à trois fois aussi long que large, le 8 aussi long ou plus long que large,
les 7, 9 et 10 modérément renflés, allongés, le 11 ovalaire (fig. 393).
Pronotum à côtés arrondis, les angles postérieurs très effacés, jamais sail¬
lants en dehors, la base rectiligne, à peine sinuée dans ses parties latérales, près
des angles postérieurs. Élytres elliptiques, atténués à l’apex, à strie suturale
entière ; le bord apical plus ou moins tronqué chez le mâle, arrondi chez la
femelle, l’angle suturai toujours effacé.
Mésosternum finement caréné sur la ligne médiane ; les hanches intermé¬
diaires contiguës.
Pattes semblables à celles des Anemadus, mais plus longues et plus
grêles.
Chez les mâles, les tarses présentent la même dilatation des articles que chez
les Anemadus ; mais de plus les tibias antérieurs, longs et grêles, sont nette¬
ment déprimés sur leur face ventrale dans la moitié apicale.
Organe copulateur mâle (fig. 400 à 414) de même type que chez Anemadus ,
204
D r RENE JEANNEL
mais plus court, non parallèle, avec la lame basale du pénis plus longue et les
styles divergents, plus ou moins arqués, non accolés aux côtés du pénis. Les
styles sont aussi plus longs, dépassant la pointe du pénis du tiers au moins
de leur longueur ; leur pointe est variable, mais porte la même armature
sétale.
Alors que le sac interne des Anemadus ne renferme que deux amas longitu¬
dinaux d’épines nombreuses, non différenciées, il existe chez les Namadeus de
grandes phanères basales. Le cul-de-sac basal montre tantôt une paire (acicu-
Fig. 400-404 : Genre Namadeus, nov., organes copulateurs. — Fig. 400. N. acicularis
Kr., sac interne, face dorsale, X 180. — Fig. 401 et 402. N. anatolicus, n. sp., du mont
Tmolos x 90 et 180. — Fig. 403 et 404. N. creticus Heyden, sommet du pénis et som¬
met du style, face interne, X 90.
laris, fig. 400 et 405), tantôt deux paires (fig. 401 et 412) de grandes écailles chi-
tinisées arrondies, en forme de castagnettes. Chez N. acicularis ces écailles sont
dentées, visiblement formées par la fusion de deux rangées de grosses dents
(fig. 400).
Segment génital identique à celui des Anemadus , toujours apparent à la face
ventrale de l’abdomen. Le sixième segment, qui le précède, est de forme nor¬
male, non plié en V comme chez les Hormosacus et Speonemadus.
Le genre est surtout distinct par ses caractères sexuels. La forme générale
du corps est bien différente de celle des Anemadus (typ estrigosus), mais c’est
principalement la présence dans le sac interne des Namadeus , de paires
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
205
d’écailles conchoïdales, qui justifie leur séparation générique. On verra ci-
après que le sac interne montre encore un tout autre type d’armature copu-
latrice chez les Hormosacus et Speonemadus, genres ibéro-mauritaniens égale¬
ment détachés du bloc ancien des Anemadus des auteurs.
Le genre Namadeus , ainsi compris, renferme un certain nombre d’espèces
dont la répartition actuelle est très caractéristique. Comme les Anemadus , les
Namadeus sont originaires des Égéides, mais ils ne se sont pas répandus vers le
Fig. 405-414 : Genre Namadeus, nov., organes copulateurs, X 00. — Fig. 405 et 406.
N. acicularis Kr., de Sicile. — Fig. 407 et 408. N. macedo, n. sp., du Boz Dagh. —
Fig. 409. N. graecus Kr., de Grèce. — Fig. 410. N. graecus subsp. anomalus Baudi, de
Chypre. — Fig. 411 et 412. N. pellitus Reitt., de Corfou (le sac interne vu par la face
ventrale). — Fig. 413 et 414. N. cribratostriatus Ganglb., des monts Davras.
nord, dans l’Europe centrale. Une espèce, TV. acicularis , a suivi Y Anemadus
strigosus dans sa migration vers l’ouest, dans la péninsule italienne. Il l’a
même dépassée, puisqu’il a atteint la Provence et a même pu passer dans l’île
d’Elbe et en Corse. Cette migration a certainement été tardive, puisque le
TV. acicularis n’est pas connu de la Sardaigne, qui était donc déjà isolée par le
détroit de Bonifacio lorsqu’il est arrivé en Provence et en Corse.
On voit donc que Namadeus , comme Anemadus, est un genre d’origine égéi-
dienne. Il s’oppose en cela au genre suivant, Hormosacus , dont l’armature du
sac interne est d’un type très différent et qui est, lui, originaire du massif
ibéro-mauritanien.
206
D' RENE JEANNEL
Tableau des espèces
1. Ponctuation du pronotum dense, serrée, les espaces libres entre les
points finement alutacés, donnant un aspect mat. Strioles trans¬
verses des élytres relativement fines et régulières. 2.
— Ponctuation du pronotum espacée, les intervalles entre les points
lisses et brillants. Strioles transverses des élytres bien plus fortes, gros¬
sières et moins serrées, la pubescence des élytres plus longue. Sac
interne avec deux paires de grandes phanères dans le cul-de-sac
basal (fig. 412). 6.
2. Strioles transverses des élytres plus fines et plus serrées ; dans la partie
la plus large de l’interstrie juxtasutural, l’espace occupé par trois
strioles successives n’est pas plus grand que la largeur de l’interstrie.
Espèces de grande taille, en général de coloration noire, avec les
angles postérieurs du pronotum accusés, les stries élytrales obsolètes.
Sac interne avec une seule paire de phanères basales (fig. 400). 3.
— Strioles transverses des élytres plus fortes et plus espacées ; dans
la partie la plus large de l’interstrie juxtasutural, l’espace occupé
par trois strioles successives est plus grand que la largeur de l’in-
terstrie. Insectes plus petits, de coloration brunâtre, les angles pos¬
térieurs du pronotum arrondis, les stries longitudinales des élytres
très marquées. Sac interne avec deux paires de phanères basales... 4.
3. Pronotum plus large que les élytres, transverse dans les deux sexes,
les côtés très arrondis. Antennes plus longues et plus grêles, les
articles 4 et 5 trois fois aussi longs que larges, le 6 deux fois. Sommet
des styles de l’organe copulateur atténué et arrondi (fig. 405). Long.
3,8 à 4,2 mm. (Europe méditerranéenne, de la Provence jusqu’à la
Turquie). [Fig. 400 et 405-406]. 1. acicularis Kr. ( J )
— Pronotum plus étroit, peu transverse, pas plus large que les élytres
dans les deux sexes, les côtés moins arqués, les élytres plus renflés.
Antennes plus courtes, les articles 4 et 5 deux fois aussi longs que
larges, le 6 à peine une fois et demie. Coloration plus fréquemment
pâle. Styles de l’organe copulateur plus épais, à bord apical carrément
tronqué (fig. 404). Long. 3,5 à 3,8 mm. (Crète). [Fig. 403 et 404].. .
. 2. creticus Heyd. ( 1 2 ).
4. Antennes à massue plus épaisse, l’article 8 pas plus long que large,
le 7 très renflé dès la base. Pronotum plus transverse, à ponctuation
(1) L'A. maritimus Reitt., dont j'ai vu le type (Alpes-Maritimes) est identique au N. aci¬
cularis de Sicile. D’autre part, la plupart des individus déterminés graecus Kr., de
Grèce, dans les collections, appartiennent à. la môme espèce.
(2) Décrit comme variété du graecus Kr. Il est cependant beaucoup plus voisin de
l’ acicularis et présente le même type d’organe copulateur. Les différences sont cepen¬
dant suffisantes pour justifier sa séparation spécifique.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
207
fine et serrée. Forme plus robuste. Brun de poix ou testaoé rou¬
geâtre. Apex du pénis effilé en pointe aiguë, les styles terminés en
palettes arrondies (fig. 409 et 410). Long. 2,8 à 3,2 mm. [Fig. 392-394
et 409-410].•. 4. graecus Kr.
a. Pronotum moins rétréci à la base qui est plus large que le
bord antérieur. Sommets des styles infléchis en dedans.
(Sud de la péninsule balkanique). subsp. graecus, s. str.
— Pronotum plus rétréci à la base qui n’est guère plus
large que le bord antérieur, les côtés plus arrondis (tout au
moins chez le mâle). Sommets des styles droits, l’apex du
pénis plus effilé et tordu (fig. 410). (Chypre).
. subsp. anomalus Baudi.
— Antennes à massue moins épaisse, plus allongée, l’article 8 nette¬
ment plus long que large, le 7 peu renflé au sommet. Pronotum
moins transverse, rétréci à la base qui n’est pas plus large que le bord
antérieur. 5.
5. Pronotum à angles postérieurs arrondis, la ponctuation du disque plus
forte et plus râpeuse que chez graecus. Pénis de même type que
chez acicularis , le pénis cependant plus atténué, mais avec une saillie
apicale analogue, subquadrangulaire, plus large que longue; styles
coudés, longs et grêles, atténués et arrondis au sommet (fig. 408).
Long. 2,8 à 3 mm. (Macédoine grecque). [Fig. 407 et 408].
.... 3. macedo, n. sp.
— Pronotum à angles postérieurs accusés, la ponctuation semblable à
celle de VA. graecus. Élytres plus allongés que chez le précédent.
Pénis court, son apex anguleux et obtus, les styles épais, arqués,
comprimés dans leur partie apicale et terminés par une pointe
recourbée en dehors (fig. 402). Long. 3 mm. (Asie mineure). [Fig. 401
et 402]. 5. anatolicus, n. sp. (').
6. Pronotum transverse, quoique pas plus large que les élytres, ses
côtés peu arqués, sa base plus large que le bord antérieur, les angles
postérieurs nettement accusés, le disque impressionné sur les côtés,
près des angles postérieurs qui se trouvent un peu soulevés. Élytres
très longs, étroits, déprimés. Brunâtre, les antennes rougeâtres.
Sommet du pénis très atténué en pointe mousse, les styles peu
coudés, leur pointe brusquement recourbée en dehors (fig. 414).
Long. 2,8 mm. à 3 mm. (Asie mineure : Taurus). [Fig. 413 et 414]..
. 8. cribratostriatus Ganglb.
— Pronotum petit, non transverse, bien plus étroit que les élytres, ses
côtés très arqués, sa base étroite, les angles postérieurs très arrondis,
le disque sans impressions latérales. Élytres ovales et très convexes. 7.
(I) Les trois espèces graecus, macedo et anatolicus se ressemblent beaucoup d’après
leurs caractères extérieurs; mais leurs organes copulateurs sont très différents.
208
D' RENÉ JEANNEL
7. Plus petit (2,8 mm. à 3,2 mm.). Coloration variable : noir brillant
avec les antennes rembrunies, les pattes testacées, ou encore en entier
testacé rougeâtre brillant. Pronotum à ponctuation très éparse et
peu saillante; élytres à strioles transverses très grossières et irré¬
gulières, s’approfondissant pour former des trous dans les interstries.
Sommet du pénis en pointe courte et obtuse, les styles épais, bossus,
très arqués en dedans, terminés en pointe aiguë recourbée en dehors
(fîg. 411). (Sud de la péninsule balkanique, îles Ioniennes). [Fig. 411
et 412] . 6. pellitus Reitt.
— Plus grand (4 mm.). Brunâtre brillant, les élytres rougeâtres, les
pattes et les élytres testacées rougeâtres. Ponctuation du pronotum
plus serrée et plus saillante. Strioles des élytres plus régulières. (Her¬
zégovine) . 9. Leonhardi Reitt.
1. Namadeus acicularis Kraatz, 1852, Stett. ent. Ztg., XIII, p. 406 (Catops);
type : Sicile. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 160 (Bibliogr.)
(Anemadus). — maritimus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn,
XXIII, p. 60 ( Anemadus) ; type : Nice (Mus. Paris). — Ganglbauer,
1899, Kiif. Mitteleur, III, p. 138 {Anemadus).
Répandu dans l’Europe méditerranéenne, depuis la Provence jusqu’en
Turquie. Il se trouve, toujours rare, dans les deux péninsules italienne et
balkanique. Certainement originaire des Égéides, il a atteint vers l’ouest la
Provence et a pu passer en Corse. Il n’est pas connu de Sardaigne.
France. Alpes-maritimes : Cannes (Clair !) ; Antibes (G. Portevin 1, A. Grou-
velle !) ; Villeneuve-Loubet (Sainte-Claire Deville !) ; île Sainte-Marguerite,
îles de Lerins (A. Finot !) ; Nice (Sainte-Claire Deville !) ; Menton (Sainte-
Claire Deville !). Corse : Ajaccio (Scheider !) ; Brando ; Aleria (de Caraffa !) ;
Bocognano (Leonhard !).
Italie. Ligurie : San Remo (Scheider !); Gênes (A. Dodero !). Lazio : monte
Cavo (Luigioni !). Roma : Caffarella (Luigioni !). Umbrie : Rieti (Raffray !).
Campanie : Camaldoli, près de Naples (Anguis !) ; Naples (O. Costa !). Sicile :
Ragusa (E. Blanchard !). Ile d’Elbe (Porta). Istrie : Pola (Steinbühler !). —
Yougoslavie. Dalmatie : Spalato (Apfelbeck !) ; Cattaro (Matcha !). Herzé¬
govine : Jablanica (Winkler !). Monténégro : Rjeka (Apfelbeck !). — Albanie :
Kulmak, dans les monts Tomorica (Ravasini-Lona 1). — Grèce. Attique :
mont Parnasse (Hauser !). — Turquie (Lejeune !).
2. Namadeus creticus Heyden, 1883, Deutsche ent. Zs., XXVIII, p. 368
(Ptomaphagus) ; type : mont Ida (Mus. Dahlem). — Paganettii Oben-
berger, 1922, Arch. Naturg., LXXII, A4. 1916, p. 18 {Anemadus) ;
type : Crète.
Espèce spéciale à l’île de Crète.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
20'J
Crète : La Canée (coll. Reitter !) ; Assitaes, Crète orientale (Holtz !) ; Crète
(Paganetti !).
3. Namadeus macedo, n. sp. ; type : Boz dagh (Mus. Paris).
Macédoine Grecque : monts Boz dagh, en Thrace orientale (L. Weirather!) ;
monts Wermion (L. Weirather !).
4. Namadeus graecus Kraatz, 1870, Berl. ent. Zs., XIV, Beiheft, p. 99
(Choleva)-, type : Grèce (Mus. Dahlem). — Reitter, 1884, Verh. natf.
Ver. Brünn, XXIII, p. 59 ( Anemadus).
b. Subsp. anomalus Baudi, 1864, Berl. ent. Zs., VIII, p. 229 ( Choleva) ;
type : Chypre.
a. Subsp. graecus, s. str. — Albanie : Tomor, Buranj (Bischofîl). — Serbie.
Macédoine : mont Péristéri (Rambousek !). — Grèce. Attique (Reitter!). Macé¬
doine : mont Athos (Schatzmayr !).
b. Subsp. anomalus Baudi.— Chypre : mont Olympe, un mâle (Saulcy!, in
Mus. Paris).
5. Namadeus anatolicus, n. sp. ; type : monts Tmolos (Mus. Paris).
Asie mineure. Lydie, monts Tmolos, un mâle (Weirather!).
6. Namadeus pellitus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 60
( Anemadus) ; type : Corfou (Mus. Paris).
Répandu dans toute la Grèce et Me de Corfou.
Grèce. Macédoine : mont Wermion, en Thrace (Weirather !) ; mont Athos
(Schatzmayr!).Thessalie : mont Ossa (Stüssiner !) ; grotte Seston andro, dans
le mont Ossa (Weirather !). Attique : mont Parnasse (Reitter !) ; mont
Hymète, près d’Athènes (Strupi !). Péloponèse : monts Ménalon (Weirather !).
Corfou (Reitter !, Paganetti !).
7. Namadeus Leonhardi Reitter, 1904, Wien. ent. Ztg., XXIII, p. 154
( Anemadus ) ; type : grotte Bukova rupa (Mus. Budapest).
Espèce connue par un seul exemplaire cavernicole.
Yougoslavie. Herzégovine : grotte Bukova rupa, près Ubli, dans le sud de
la province, un mâle (O. Leonhard !).
8. Namadeus cribratostriatus Ganglbauer, 1900, apud Bodemeyer, Quer
durch Klein-Asien in den Bulghar-dagh, p. 147 ( Anemadus) ; type:
Bos dagh près Eski-Chéhir (Mus. Wien).
Asie mineure. Vilayet de Brousse : monts Bos dagh, au nord d’Eski-Chéhir
(Bodemeyer !). Pisidie : monts Davras, près Isparta, nombreux exemplaires
(Weirather !).
35. Gen. H0RM0SACUS, nov.
Type : Anemadus subcostatus Reiche. — Anemadus auctorum (Hatch, 1928,
Col. Cat., pars 95, p. 161), pars.
Taille de 2,5 à 4 mm. Mêmes caractères extérieurs que ceux des espèces
MÉMOIRES Du MUSÉUM, uouvelle série, tonio l.
14
210
D' RENE JEANNEL
rangées dans le genre Namadeas. Il diffère cependant par la forme des élytres,
toujours plus longuement atténués et acuminés au sommet. La ponctuation
du pronotum est toujours dense, le tégument alutacé entre les points ; les
élytres, striolés en travers, sont couverts de petits replis épidermiques trans¬
verses sur la partie apicale, donnant un aspect ardoisé, comme chez les Catops.
Les caractères sexuels sont les mêmes, sauf que les tibias antérieurs du mâle
ne présentent pas la dépresison ventrale de la moitié apicale qui s’observe
Fig. 415-431 : Genre llormosacus, nov., organes copulateurs, X 90, sommet des styles,
X 180 et dent ventrale du sac interne x 180. — Fig. 415. fl. transversostriatus Murr.,
de Bussaco. — Fig. 416, 417 et 418. H. clathratus Perris, de l’Escorial. — Fig. 419, 420
et 421. fl. subcostatus Reichc, de Bou-Bérak. — Fig. 422 et 423. fl. subcostatus subsp.
Normandi, nov., d'Ain-Drabam. — Fig. 424. Sac interne évaginé de VH. subcostatus
Reiche. — Fig. 425. fl. orchesioides subsp. pulchellus Reitt., de Sicile. — Fig. 426 et
427. fl. orchesioides Fairm., forme typique, de l’Algérie. — Fig. 428 et 429. fl ; tenuipes
Peyer., des Mouzaia, Algérie. — Fig. 430 et 431. fl. Vandaliliae Heyden, d’Espagne.
chez les Namadeus. L’apex des élytres des femelles est arrondi, sauf chez les
H. transversostriatus et H. clathratus , dont l’angle suturai est denté.
Organe copulateur mâle (fig. 415 à 431) de même type général que chez
Namadeus. Mais l’armature du sac interne est toute différente. Il existe, à la
face ventrale du sac, sur toute la longueur de la partie moyenne et basale,
deux chaînes de dents chitineuses engrenées par leurs bases, qui servent de
soutien articulé au sac lorsqu’il se dévagine (fig. 424). Chez les petites espèces
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
211
du type orchesioides , ces chaînes de dents sont les seules phanères différenciées
du sac interne. Mais chez les grandes espèces du type subcostatus, la partie
apicale du sac porte de plus une grosse dent ventrale impaire, analogue à celle
des Choleva (flg. 424). Les styles sont relativement courts et présentent une
grosse épine conique interne, chez transversostriatus, clathratus et subcostatus.
Segment génital semblable à celui des Anemadus et Namadeus (fig. 397),
toujours visible, de sorte qu’il existe chez les mâles sept segments ventraux
apparents. Le sixième segment ventral est fortement plié en V, comme chez
les Speonemadus (fig. 438). Chez la femelle, le cinquième segment ventral ne
porte pas d’échancrures.
Toutes les espèces de ce type habitent la péninsule ibérique et le nord de
l’Afrique. Elles sont manifestement la descendance de souches primitives qui
se sont isolées de bonne heure au Tertiaire, sur le massif ibéro-mauritanien.
Tableau des espèces
1. Sculpture line, la ponctuation du pronotum très dense, les élytres à
peine striés, à strioles transverses fines, régulières et serrées. Antennes
à article 4 pas plus long que les deux tiers du 3. Fémurs des mâles
non renflés. Petites espèces de coloration toujours pâle. Le sac interne
ne présente pas de dent ventrale et apicale. Les styles sans épine
conique interne.. 2.
— Sculpture forte, la ponctuation du pronotum moins serrée et plus
râpeuse, les élytres fortement striés, à strioles transverses grossières,
irrégulières, espacées. Antennes à article 4 presque aussi long ou
aussi long que le 3. Fémurs des mâles très renflés. Grandes espèces
de forme oblongue, brunâtre ou noir de poix. Le sac interne pré¬
sente, dans sa partie apicale, une grosse dent ventrale et médiane (').
Les styles portent une grosse épine courte et conique au côté interne
de leur massue terminale. 4.
2. Angles postérieurs du pronotum accusés quoique très émoussés. Pro¬
notum plus large que les élytres, ses côtés très arrondis, sa base
nettement plus large que le bord antérieur. Forme générale oblongue,
allongée, les élytres elliptiques, peu convexes, renflés vers le milieu,
le disque avec des traces visibles de côtes. Pénis court et obtus, les
styles très longs, arqués et bossus (fig. 430). Long. 2,5 mm. à 2,8 mm.
[Fig. 430 et 431]. 2. Vandalitiae Heyd.
a. Pronotum plus rétréci à la base, ses angles postérieurs
obtus, reposant sur la marge latérale des élytres. (Toute la
péninsule ibérique). subsp. Vandalitiae , s. str.
— Pronotum moins rétréci à la base, ses angles postérieurs
(I) Cette dent manque chez VH. transversostriatus Murr. ; elle est épaisse et obtuse
chez H. clathratus Perris (fig. 418). très acérée chez H. subcostatus Reiche (fig. 421).
212
D' RENÉ JEANNEL
droits, débordant latéralement les côtés des élytres. (Pyré¬
nées françaises occidentales). subsp. pyrenaeus , nov.
— Angles postérieurs du pronotum tout à fait arrondis. Pronotum pas
plus large que les élytres, ses côtés très arrondis, sa base à peine plus
large que le bord antérieur. Élytres à stries obsolètes. . . . 3.
3. Forme grêle et allongée, les élytres très longs, plus de deux fois aussi
longs que larges, non renflés vers leur milieu, très atténués au sommet,
déprimés sur le disque. Antennes longues, à articles 8, 9 et 10 nette¬
ment plus longs que larges. Pattes longues et grêles. Organe copula-
teur de même type que chez le précédent, le pénis plus court, les
styles brusquement coudés (fig. 429). Long. 2,6 mm. à 3 mm. (Algérie).
[Fig. 428 et 429]. 3. tenuipes Peyer.
— Forme courte et plus épaisse, les élytres moins de deux fois aussi longs
que larges, convexes et renflés dans leur milieu, moins atténués au
sommet. Antennes moins longues, l’article 8 transverse, les 9 et 10
à peine plus longs que larges. Apex du pénis avec une petite saillie
quadrangulaire ; styles longs, coudés, très comprimés dans la partie
apicale (fig. 427). Long. 2,5 mm. à 2,8 mm. (Nord de l’Afrique et
Sicile). [Fig. 425 à 427]. 1. orchesioides Fairm.
a. Tibias postérieurs plus ou moins arqués, surtout chez le
mâle. Sommet du pénis plus large, en ogive (fig. 426).
(Algérie et Tunisie). subsp. orchesioides, s. str.
— Tibias postérieurs droits. Forme générale plus robuste.
Sommet du pénis plus atténué (fig. 425). (Sicile).
. subsp. pulchellus Reitt.
4. Pronotum large à la base, ses côtés peu arrondis, peu rétrécis en
arrière, la base nettement plus large que le bord antérieur ; ponc¬
tuation du pronotum plus fine. Antennes peu longues, à article 4
nettement plus court que le 3, le 8 pas plus long que large, le 9 à
peine plus long que large. Forme générale elliptique très allongée, les
élytres longuement atténués ; l’angle suturai denté chez la femelle.
Sommet du pénis en longue pointe mousse, les styles amincis et
sinués à leur extrémité (fig. 415). Long. 3,5 à 4 mm. (Portugal).
[Fig. 415]. 4. transversostriatus Murr.
— Pronotum rétréci à la base, ses côtés très arrondis, la base à peine
plus large que le bord antérieur, la ponctuation plus forte. Même
forme générale elliptique et allongée, mais les élytres plus renflés et
plus convexes. Sommet du pénis ogival, plus ou moins dilaté en fer de
lance ; styles plus courts, bien plus épais, excavés en gouttière sur leur
face interne pour recevoir les bords du pénis (fig. 420 et 423). 5.
5. Forme générale plus étroite, plus régulièrement elliptique, les antennes
plus courtes, à massue plus épaisse, l’article 4 nettement plus court
que le 3, le 8 aussi long que large, les 9 et 10 à peine plus longs que
larges, o* Styles de l’organe copulateur non infléchis à l’apex, presque
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
213
droits; la dent apicale du sac interne obtuse. Apex du pénis forte¬
ment lancéolé (fig. 416). Ç Angle apical des élytres denté, le bord
apical obliquement tronqué. Long. 3,5 m m . à 4 mm. (Espagne). [Fig.
416 4 418]. 5. clathratus Perris ( l ).
— Forme générale plus robuste, les antennes plus allongées, leur article 4
aussi long que le 3, les 8, 9 et 10 plus longs que larges, çf Styles de
l’organe copulateur plus épais et surtout incurvés à l’apex ; la dent
du sac interne acérée. Dilatation lancéolée de l’apex du pénis obso¬
lète, plus marquée chez les exemplaires du Maroc que chez ceux de
Tunisie. Ç Bord apical des élytres arrondi, l’angle suturai effacé.
Long. 3,5 mm. à 4 mm. (Nord de l’Afrique). [Fig. 419 à 424].
. 6. subcostatus Reiche.
a. Antennes plus courtes, les articles 9 et 10 à peine plus longs
que larges. Dilatation lancéolée de l’apex du pénis nette¬
ment accusée rappelant celle du clathratus (fig. 416). (Maroc,
Tanger). subsp. maroccanus , nov.
— Antennes plus longues, les articles 9 et 10 presque deux fois
aussi longs que larges. Dilatation lancéolée de l’apex du pénis
obsolète. b.
b. Strioles élytrales très fortes, très inégales, approfondies
et formant des trous dans les creux des stries, plus super¬
ficielles sur les côtes. Coloration rougeâtre brillant. Grande
taille. Long. 4 à 4,3 mm. (Mouzaïa). subsp. Peyerimhofp, nov.
— Strioles élytrales fortes mais normales, régulières, pas plus
profondes dans le creux des stries que sur les côtes. Long. 3,5
à 4 mm. c.
c. Côtés du pronotum très arrondis en avant, presque recti¬
lignes en arrière dans la partie rétrécie ; angles postérieurs
très obtus, leur bord basal à peine sinué. Élytres plus
renflés. Coloration brun de poix foncé. (Algérie : Alger et
Constantine). subsp. subcostatus , s. str.
— Côtés du pronotum très régulièrement arrondis jusqu’aux
angles postérieurs; ceux-ci droits, petits, saillants en arrière,
du fait que leur bord basal est profondément écbancré.
Élytres plus allongés et atténués. Coloration noire, les pattes
rougeâtres. (Tunisie). subsp. Normandi , nov. ( 2 ).
L Hormosacus orchesioides Fairmaire, 1879, Ann. Soc. ent. Fr., p. 165
(Choleva) ; type : Dava (Mus. Paris). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars
95, p. 161 (Bibliogr.) ( Anemadus).
(1) Cette espèce est habituellement confondue avec VH. transversoslriatus ; elle est
cependant plus voisine du subcostatus.
(2) L’apex du pénis diffère légèrement chez les deux races subcostatus (fig. 419) et
Normandi (fig. 422); celui du Peyerimhoffi., des Mouzaïa, a la même conformation que
chez subcoslalus typique.
214
D' RENÉ JEA.NNEL
b. Subsp. pulchellus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII,
p. 59 ( Anemadus) ; type : Sicile (Mus. Paris).
Répandu dans le nord de l’Afrique et la Sicile, dans les feuilles mortes, par¬
fois aux entrées des grottes.
a. Subsp. orchesioides, s. str. — Algérie. Oran : Daya (Bedel !) ; Terni (Nor¬
mand) ; Ammi-Moussa (Vauloger !). Alger : Ain-Beida (Théry !) ; Alger (coll.
Reitter !) ; Teniet-el-Had (Bedel !) ; entrée de l’ifri Semedane, dans le Djurjura
(Peyerimhoff !). — Tunisie : Le Kef (Normand !) ; Ain-Draham ; Fernana
(Normand !). — Maroc espagnol. Rif : El Ajmas (C. Bolivar !).
b. Subsp. pulchellus Reitt. — Sicile : Ficuzza (Ragusa!, Leonhard!, Dodero!);
Fiumedinisi (Holdhaus!). — Italie. Abruzzes : Gran Sasso, une femelle (Schatz-
mayr !).
2. Hormosacus Vandalitiae Heyden, 1870, Berliner ent. Zs., XIV, Beiheft,
p. 97 (Catops) ; type : sierra de la Nieve (Mus. Dahlem). — Uhagon,
1890, An. Hist. nat. Madrid, XIX, p. 32 (Anemadus). — Hatch,
1928, Col. Cat, pars 95, p. 160 (Bibliogr.) (Anemadus). — gracilis
Kraatz, 1870, Berliner ent. Zs., XIV, Beiheft, p. 99 (Choleva) ; type :
Cordoba (Mus. Dahlem).
b. Subsp. pyrenaeus , nov., type : Gabas (Mus. Paris).
Assez commun dans les feuilles mortes, dans toute la péninsule ibérique.
a. Subsp. Vandalitiae, s. str. — Espagne. Galice : La Coruna (Rambousek !).
Leon. : Ponferrada (Paganetti !, Pic !). Santander : Reinosa (Crotch !). Avila:
sierra de Gredos (Uhagon t). Madrid : La Granja (Bedel!); sierra de Gua-
darrama (Uhagon !). Malaga : sierra de la Nieve, sierra de Ronda (Heyden!).
Cordoba (Dieck !).
b. Subsp. pyrenaeus, nov. — France. Basses-Pyrénées : Gabas, une femelle
prise en tamisant (Hustache !).
3. Hormosacus tenuipes Peyerimhofï, 1917, Ann. Soc. ent. Fr., p. 130,
fig. 8 A (Anemadus)-, type : Mouzaïa (Mus. Paris).
Algérie. Alger : massifs du Zaccar, de l’Ouarsenis et des Mouzaïa, entre
1.000 et 1.500 m. (Peyerimhofï !) ; massif du Djurjura, vers 2.000 m. (Peyerim¬
hoff) ; Yakouren, en Kabylie, une femelle (Chobaut !).
4. Hormosacus transversostriatus Murray, 1856, Ann. Mag. Nat. Hist., (2)
XVIII, p. 316, fig. 36 a. (‘) (Catops); type : Portugal (coll. Dejean).
Portugal : Bussaco, près de Coimbra (Heyden !, Rambousek !).
5. Hormosacus clathratus Perris, 1864, Ann. Soc. ent. Fr., p. 281 (Catops);
type : Navacerrada. — Uhagon, 1890, An. Hist. nat. Madrid, XIX,
p. 34 (Anemadus). — 1898, Act. Soc. esp. Hist. nat., p. 117. —
transversostriatus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn. XXIII,
p. 60 (Anemadus), nec Murray.
(1) Cette figure, quoique ayant l’aspect d’une caricature, ne peut laisser aucun doute
sur l’identité de cette espèce.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
215
Espagne. Navarra : Alsasùa (R. Oberthur). Alava : Zuazo (Uhagon !).
Madrid : Escorial (Bleuse !); Navacerrada, sous les écorces des pins (Perris).
Jaén : sierra de Segura (Uhagon).
6. Hormosacus subcostatus Reiche, 1864, Ann. Soc. ent. Fr., p. 236 (Cho¬
iera) ; type : Bône (Mus. Paris). — Reitter, 1884, Verh. natf. Ver.
Brünn, XXIII, p. 60 (Anemadus). — Peyerimhoff, 1917, Ann. Soc.
ent. Fr., p. 131. — costulatas Kraatz, 1870, Deutsche ent. Zs., XIV,
Beiheft, p. 100 (Choleva) ; type : Edough (Mus. Dahlem). — sulci-
pennis Fairmaire, 1884, Bull. Soc. ent. Belg., XXVIII, p. lix ( Choleva ) ;
type : Philippeville.
b. Subsp. maroccanus, nov. ; type : Tanger (Mus. Paris).
c. Subsp. Peyerimhoffi, nov. ; type : Mouzaïa (Mus. Paris).
d. Subsp. Normandi, nov. ; type : Tunis (Mus. Paris).
Espèce assez variable, se trouvant dans les feuilles mortes, dans toute
l’Afrique du Nord.
a. Subsp. maroccanus , nov. — Maroc : Tanger (Vaucher !); Larache (Peye-
rimhoff !) (‘) ; Taza, grotte Daya chiker, trajet souterrain de l’oued Taza, ( 1 2 ).
(P. Rotrou!). — Maroc espagnol. Rif: Xerafat; Targuist; Ketama (C. Bolivar!).
b. Subsp. subcostatus , s. str. — Algérie. Alger : Alger (Théry !) ; Yakouren,
en Kabylie (Puel !) ; Bou-Bérak (Chobaut !) ; Ain Seur (D r Martin !). Constan-
tine : Bône (Lethierry !) ; djebel Edough (Bedel !). — Tunisie : La Calle (Ram-
bousek !).
c. Subsp. Peyerimhoffi, nov. — Algérie. Alger : massif des Mouzaïa, mâle
et femelle (Peyerimhoff !).
d. Subsp. Normandi , nov. — Tunisie : Tunis (Bodemeyer !) ; Ain-Draham
(Normand !) ; Camp de la Santé (Normand).
36. Gen. SPEONEMADUS Jeannel
Speonemadus Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 53, fig. 64-84; type
S. Escalerai Uh.
Taille de 4 à 4,5 mm. Genre formé d’espèces presque toutes cavernicoles,
très allongées et étroites, dépigmentées, à antennes et pattes très allongées.
Les yeux sont cependant grands et fonctionnels et les ailes existent encore
sous les élytres.
Même sculpture des téguments que chez les Hormosacus. Tête forte, à
(1) M. de la Escalera (Cat. Col. Marrueccos, p. 103) cite du Maroc deux espèces :
transversoslriatus Murr. (= clathratus Perris), de Larache, subcostatus Reiche, de Tanger.
J’ai vu des exemplaires des deux localités, ils appartiennent tous à l'espèce subcostatus.
(2) Ces exemplaires sont remarquables par leur forme générale très grêle et leur colo¬
ration testacée pâle. Peut-être s’agit-il d’une race cavernicole. En tout cas, l’organe
copulatcur est semblable à celui des exemplaires de Tanger.
216
D' RENÉ JEANNEL
front bombé, non transverse, l’épistome allongé, séparé du front par une suture
très nette. Même structure des antennes et des palpes maxillaires.
Pronotum toujours petit, plus étroit que les élytres et guère plus long que le
quart ou le cinquième de leur longueur. Il est peu convexe, scutiforme, avec
une vague fossette au devant des angles postérieurs. Chez le mâle, le pronotum
est toujours plus arrondi latéralement, plus large en avant, les angles posté¬
rieurs fortement arrondis; chez les femelles les côtés du pronotum sont très
peu arqués, plus rétrécis en avant et les angles postérieurs sont plus accusés
(fig. 434 et 436).
Fig. 432-435 : Genre Speonemadus Jeann. — Fig. 432. S. Bolivari Jeann., mâle, X 16. —
Fig. 433. S. Escalerai Uh., forme typique, mâle, X 16. — Fig. 434. S. angusticollis Kr.,
subsp. Verneri Jeann., mâle, x 16. — Fig. 435. S. anguslicoUis Kr., subsp. Breuili
Jeann., mâle, X 16.
Élytres elliptiques, très allongés et atténués au sommet, plus ventrus chez
les femelles. La strie suturale entière, le disque avec neuf stries enfoncées bien
marquées. Les sommets des élytres sont séparément arrondis chez les mâles,
contigus et armés d’une dent prolongeant l’angle suturai chez les femelles (‘).
Épipleures larges et striolés.
Mésosternum finement caréné, les hanches intermédiaires contiguës.
Pattes longues et grêles.
Sept segments ventraux visibles à l’abdomen chez les mâles ; le segment
génital est apparent. Sa structure est la même que chez les genres précédents,
mais il est plus allongé, et son sternite forme une tige médiane et ventrale
(1) Les élytres des femelles ont la même forme de l'apex que chez les Ilormosacus
transversoslriatus et clathratus, vivant tous deux en Espagne.
MONOGRAPHIE DES GATOP1DAE
217
indépendante (fig. 438 et 445). Le sixième segment ventral est fortement plié
en V et caréné sur sa ligne médiane (fig. 438). Chez la femelle, il existe six
segments ventraux visibles et le cinquième est toujours profondément incisé
sur le milieu de son bord postérieur (fig. 439 à 441).
Les caractères sexuels sont très développés. La forme du corps diffère pro¬
fondément dans les deux sexes et aux caractères particuliers des derniers seg¬
ments abdominaux et de l’apex des élytres s’ajoutent encore de notables
caractères sexuels secondaires sur les pattes des mâles.
Chez les mâles les trochanters antérieurs sont surélevés dans leur partie
Fig. 436-441 : Genre Speunemadus Jeann. — Fig. 436. S. anguslicollis Kr.. subsp. Verneri
Jeann., femelle, X 46. — Fig. 437. S. anguslicollis Kr., subsp. Breuili Jeann., patte
antérieure du mâle, vue par sa face ventrale. — Fig. 438. Armure génilale mâle, vue
ventrale, du S. Breuili, x 60. — Fig. 439. Echancrure du cinquième segment ventral
de l’abdomen de la femelle chez S. angusticollis subsp. Breuili Jeann. — Fig. 440. Chez
S. angusticollis subsp. Verneri Jeann. — Fig. 441. Chez S. Bolivari Jeann.
ventrale qui forme un tubercule irrégulier, cilié, bordé de carènes et prolongé
en dehors par une dent (fig. 437). Les fémurs antérieurs sont difformes, épaissis
à la base et au sommet, comprimés dans leur partie médiane contre laquelle
s’applique la carène tibiale, dans la flexion (fig. 437). Les tibias antérieurs por¬
tent en effet sur leur bord interne une haute carène, vive, sinueuse ou angu¬
leuse, qui s’abaisse peu à peu sur la face dorsale de la partie apicale, elle-
même très comprimée (fig. 442, 447 et 449). Les tarses antérieurs et intermé¬
diaires sont enfin normalement dilatés.
Organe copulateur mâle (fig. 443) grêle, droit ou un peu arqué du côté dorsal,
mais de même type que chez les Hormosacus. Les styles sont épais, armés de
trois petites soies apicales seulement (fig. 443). Le sac interne présente la
même armature copulatrice que chez les Hormosacus du type orchesioides ; il
218
D' RENÉ JEANNEL
existe deux longues chaînes de dents engrenées sur la face ventrale du sac et
la partie apicale ne présente pas de dent ventrale impaire.
La forme générale, les caractères particuliers des pattes antérieures et sur¬
tout des tibias chez les mâles, les caractères sexuels abdominaux et la dent
suturale des élvtres des femelles séparent les Speonemadus des genres précé-
Fig. 442-450 : Genre Speonemadus Jeann. — Fig. 442. Tibia et tarse antérieurs droits du
mâle de S. Escalerai Uh., x 65. — Fig. 443. Organe copùlateur du môme, face dorsale,
X 90. — Fig. 444. Sommet du style gauche, X 180. — Fig. 445. Segment génital, face
ventrale, X90. — Fig. 446. Palpe maxillaire gauche, X 65.— Fig. 447. S. angusticollis
Kr., subsp. Breuili Jeann., tibia antérieur droit du mâle, X 65. — Fig. 448. Sommet
du style gauche, X 180. — Fig. 449. S. Bolivari Jeann., tibia antérieur droit du mâle,
X 65. — Fig. 450. Sommet du style gauche, x 180.
dents et en particulier des Hormosacus qui présentent le môme type d’arma¬
ture copulatrice du sac interne. Ces caractères sont assez accusés pour justifier
l’isolement des Speonemadus comme genre indépendant ; mais ce genre est
certainement détaché d’une souche commune avec les Hormosacus. On a vu que
les espèces du genre Hormosacus se groupent dans deux lignées bien distinctes,
celle du type orchesioides et celle du type subcostatus. Les Speonemadus sont
une troisième lignée, plus voisine de 1’#. transversostriatus par la forme du
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
219
pénis et son armature copulatrice, mais dont les caractères évolutifs ont atteint
un développement méritant d’être souligné par une coupe générique.
Les Speonemadus montrent des caractères très nets d’adaptation à la vie
souterraine : leurs antennes sont très allongées, les organes sensoriels très
développés et la tête elle-même présente un notable allongement. Malgré l’in¬
tégrité de leurs yeux, ils sont compensés pour l’impossibilité de voir et sont
dépigmentés.
Une espèce, angusticollis, est endogée, toujours fort rare. Toutes les autres
sont des troglobies, se comportant dans les grottes de la même manière que les
Bathysciinae cavernicoles. On les trouve en grand nombre, disséminés sous les
pierres humides ou errant sur les parois stalagmitées. Les larves se trouvent
avec les imagos dans les grottes.
Le genre Speonemadus est localisé dans le sud de l’Espagne. Le S. angusti¬
collis, endogé, remonte vers le nord jusque dans la sierra de Guadarrama, mais
les espèces cavernicoles sont localisées dans des grottes de la région bétique.
On n’en connaît encore aucune du Maroc, mais il ne serait pas surprenant qu’on
en découvre dans les grottes du Rif, encore inexplorées.
Tableau des espèces
1. Pronotum légèrement transverse, presque semblable dans les deux
sexes, ses côtés régulièrement arrondis, les angles postérieurs accusés
chez le mâle comme chez la femelle. Antennes robustes, à articles ter¬
minaux plus épais, l’article 8 deux fois aussi long que large, cf Carène
tibiale formant une haute dent arrondie et saillante en avant. $ Ëlytres
bien plus renflés que chez le mâle. Long. 4,2 à 4,5 mm. (prov. de
Malaga, cavernicole). [Fig. 432, 441 et 449-450] ... 1. Bolivari Jeann.
— Pronotum aussi long ou plus long que large, très différent dans les
deux sexes, les côtés arrondis chez le mâle, très peu arqués chez la
femelle, les angles postérieurs arrondis chez le mâle, accusés chez la
femelle. Antennes moins longues, à articles terminaux moins épais.. 2.
2. Pronotum à côtés plus arrondis, çf Crête tibiale longue, peu saillante,
régulière et ne formant pas de dent saillante. 9 Côtés du pronotum
très peu arqués, la base nettement plus large que le bord antérieur ;
élytresun peu renflés. Long. 4 à 4,5 mm.(Espagne centrale, prov. de
Cordoue et de Cadiz). [Fig. 434-437 et 447-448]. 2. angusticollis Kraatz.
a. Antennes plus courtes, l’article 3 trois fois aussi long que
large, le 8 une fois et demie, rf Côtés du pronotum régu¬
lièrement arrondis. 9 Côtés du pronotum à peine arqués,
presque droits, le pronotum trapézoïde. Long. 4,5 mm.
(Guadarrama, Cordoue, endogé).. subsp. angusticollis , s. str.
— Antennes plus longues, l’article 3 quatre fois aussi long que
large, le 8 deux fois chez le mâle, une fois et demie chez la
220
D' RENÉ JEANNEL
femelle, cf Côtés du pronotum anguleux vers le milieu. Q
Côtés du pronotum régulièrement et faiblement arqués. b.
b. Antennes plus grêles, à articles apicaux plus allongés, l’ar¬
ticle 9 deux fois, le 10 une fois et demie aussi longs que
larges au sommet. Long. 4,5 mm. (Prov. de Cadiz, caverni¬
cole). subsp. Breuili Jeann.
— Antennes plus courte, à articles apicaux plus épais, l’ar¬
ticle 9 une fois et demie, le 10 à peine plus long que large.
Long. 4 à 4,2 mm. (Prov. de Cadiz, cavernicole).
. subsp. Verneri Jeann.
— Pronotum à côtés moins arrondis, faiblement arqués, çf Crête tibiale
sinueuse, élevée depuis la base et tombant plus ou moins brusque¬
ment en avant. Ç Pronotum subcarré, sa base pas plus large que
le bord antérieur; élytres peu renflés. Long. 3,5 à 4,5 mm. (Prov. de
Valencia et d’Alicante). [Fig. 433 et 442-446]. 3. Escalerai Uh.
a. Antennes à massue plus grêle, l’article 8 une fois et demie,
le 9 deux fois, le 10 une fois et demie aussi longs que larges.
Cf Pronotum aussi large que long; la carène tibiale tombe à
pic en avant sur la partie moyenne du tibia. 9 Côtés du
pronotum très légèrement arqués, le pronotum aussi long
que large. Long. 4,5 mm. (Prov. de Valencia, cavernicole)..
. subsp. Escalerai s. str.
— Antennes à massue plus épaisse, les articles 8 et 9 une fois
et demie, le 10 à peine pluslongs que larges, çf Pronotum
plus long que large ; la carène tibiale s’abaisse peu à peu en
avant. 9 Pronotum rigoureusement carré. Long. 3,5 à 4 mm.
(Prov. d’Alicante, cavernicole). subsp. Zariquieyi , nov.
1. Speonemadus Bolivari Jeanne], 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 59, fig. 67-70;
type : cueva de DonaTrinidad (Mus. Paris).
Cavernicole, dans le sud de l’Espagne.
Espagne. Malaga : cueva de Doua Trinidad, term. mun. de Ardales, partido de
Campillos [Biosp. 932] (H. Breuil !).
2. Speonemadus angusticollis Kraatz, 1870, Berlin, ent. Zs., XIV, Beiheft,
p. 90 (Choleaa) ; type : Cordoba (Mus. Dahlem). — Uhagon, 1890, An.
Hist. nat. Madrid, XIX, p. 36 (Anemadus). — 1898, Act. Soc. esp.
Hist. nat., p. 118. — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 58.
b. Subsp. Breuili Jeanne], 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 60, fig. 9-14, 71-79;
type : cueva de las Motillas (Mus. Paris).
c. Subsp. Verneri Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp.,61, p. 61, fig. 80,82-84;
type : cueva del Berrueco (Mus. Paris)
Cavernicole ou endogé, dans le sud-ouest de l’Espagne.
a. Subsp. angusticollis, s. str. — Espagne. Madrid : Escorial, Navacerrada
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
221
dans la sierra de Guadarrama (Uhagon !). Badajoz (Uhagon !). Cordoba (Dieck !,
in Mus. Paris).
Obs. — Forme endogée, répandue depuis le Guadarrama jusqu’à la sierra
de Cordoba.
b. Subsp. Breuili Jeann. — Espagne. Cadiz : cueva de las Motillas, term. mun.
et partido de Jerez de la Frontera [Biosp. 509] (H. Breuil !).
c. Subsp. Verneri Jeann. — Espagne. Cadiz: cueva del Berrueco, term. mun.
de Ubrique, partido de Grazalema [Biosp. 801] (H. Breuil !).
3. SpeonemadusEscalerai Uhagon, 1898, Act. Soc. esp. Hist. nat., p. 117
(Anemadns ); type : cueva del Seguret (Mus. Madrid). — Jeannel,
1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 58, flg. 64-66.
b. Subsp. Zariquieyi, nov. ; type : cova de la Foieta (Mus. Paris).
Cavernicole dans le sud-est de l’Espagne.
a. Subsp. Escalerai, s. str. — Espagne. Valencia : cueva del Seguret, cueva
de la Zarza et cueva del Encornât, à Bocairente, partido de Onteniente (M. de
la Escalera !).
b. Subsp. Zariquieyi, nov. — Espagne : Alicante : cova sima de la Foieta et
cova de Garbina, à Onil, partido de Villena (R. Zariquiey !).
Obs. — J’ai sous les yeux deux exemplaires, mâle et femelle, rappelant beau¬
coup la race Zariquieyi par leur petite taille et les proportions du pronotum, mais
dont les antennes ont la massue moins épaissie, semblable à celle de la forme
typique. Ils sont étiquetés «Alicante» et paraissent provenir de S. de Uhagon.
Il est probable qu’il s’agit d’une troisième race cavernicole du S. Escalerai.
IV. Sous-famille GATOPINAE Jeannel
Groupe très homogène, distribué dans toute la région holarctique et bien carac¬
térisé par le degré d’évolution de son organe copulateur ; le segment génital est
toujours réduit.
Téguments toujours ponctués, jamais striolés en travers. Carène occipitale
bien développée, la tête rétractile; l’épistome distinct ou non du front. Palpes
maxillaires à dernier article petit, conique et aigu, plus court que l’avant-dernier
qui est conique et épais. Armature des tibias variable : une corbeille apicale
d’épines courtes et égales occupe le bord apical et externe des tibias intermé¬
diaires et postérieurs chez la plupart des genres des Cholevini ; mais ces corbeilles
manquent chez les Bybinskiella et certains genres myrmécophiles (Attumbra
et Philomessor). L’absence de corbeilles et la présence d’éperons externes bien
développés est la règle chez les Catopini. Tarses intermédiaires avec le premier
article dilaté chez les mâles ( Catopini ) ou simple dans les deux sexes (Cholevini).
Cavités coxales intermédiaires confluentes, l’apophyse intercoxale du méso¬
sternum libre, le mésosternum plan, sans trace de carène sur la ligne médiane ;
D' RENÉ JEANNEL
2 22
épimères mésothoraciques courts et transverses. Hanches postérieures contiguës,
les épisternes métathoraciques linéaires.
Segment génital (fig. 459) réduit, très plat, en forme d’anneau entourant la
base de l’organe copulateur. Le tergite est cependant distinct et pubescent ; mais
les pleurites, totalement fusionnés au sternite, ne portent pas de soies.
Organe copulateur tubuleux, incurvé du côté ventral. Tegmen avec une pièce
ventrale lamelleuse et étalée au devant de la lame basale du pénis qui est toujours
courte et largement évasée à son bord libre. Styles bien développés chez les
Cholevini, très grêles et filiformes chez la plupart des Catopini. Leur extrémité
apicale porte normalement deux soies.
La sous-famille est largement distribuée dans toute la région bolarctique. Des
espèces se sont répandues jusque dans la zone arctique, quelques-unes dans le
sud jusque dans le nord de l’Inde. Elle dérive sans aucun doute de souches origi¬
naires de l’Angara et les lignées se sont dispersées pendant le Tertiaire parallè¬
lement à celles des Trechini, qui eux aussi représentent l’élément angarien, à
distribution tertiaire, du grand groupe des Trechinae.
Les genres des Catopinae se groupent dans deux tribus :
Tableau des tribus des Catopinae
1. Styles de l’organe copulateur très développés, épais, souvent com¬
primés, l’extrémité toujours plus ou moins dilatée et mousse. — Épis-
tome généralement séparé du front par une suture (‘). Sommet des
quatre tibias postérieurs avec une corbeille apicale remplaçant les
éperons externes (-). Premier article du tarse intermédiaire simple dans
les deux sexes. vin. Trib. Cholevini Jeann.
— Styles de l’organe copulateur très grêles, en général courts et effilés
en pointe ténue ( 1 2 3 4 ). — Épistome fusionné avec le front, sans suture
distincte. Sommet des tibias sans corbeille apicale, toujours armés
d’éperons internes et externes. Premier article du tarse intermé¬
diaire dilaté chez les mâles (‘) . ix. Trib. Catopini Jeann.
Les deux tribus des Catopidae sont certainement deux grandes lignées dis¬
tinctes dont j’ai depuis longtemps reconnu l’indépendance ( 5 ).
Dans la grande majorité dss cas, les caractères différentiels sont très tranchés
et portent aussi bien sur la structure de l’épistome, des tibias et des tarses
(1) La suture de l’épistorae est indistincte chez les Rybinskiella et les Prionochaeta.
(2) Les corbeilles apicales, qui semblent bien être un type primitif d'armature tibiale,
sont de règle chez les Cholevini ; mais elles disparaissent pour faire place à deux éperons
externes chez certains myrmécophiles (Allumbra et Philomessor ), ainsi que chez les
Rybinskiella.
(3) Par exception, les styles sont épais même à la pointe chez les Calops du groupe
morio.
(4) Le tarse intermédiaire est simple chez les mâles du genre Catopodes.
(5) R. Jeannel. Biospeologica XLVIL Silphidae Catopinae. (Arch. Zool. exp., 61. 1922,
p. 43 et 44.)
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
223
que sur la forme des styles de l’organe copulateur. Mais dans l’une et l’autre
tribus il existe des exceptions qui font qu’aucun caractère ne peut être choisi
d’une manière absolue pour les définir. Ce fait est fréquent en systématique.
Il indique que les deux groupes, dérivant d’une souche commune, ont subi
des évolutions différentes mais inégales, en quelques sorte dissociées selon
les organes. En tous cas, ces exceptions n’infirment nullement la valeur des
deux divisions.
Cette inconstance relative des caractères est cause que deux genres n’ont
pas reçu leur place légitime dans mon essai de 1922 sur la systématique des
Catopinae. On verra, en effet, que Prionochaeta et Rybinskiella, énumérés dans
la « série phylétique de Catops » de mon premier travail, doivent au contraire
être rapprochés des N argus et des Choleva, dans ma tribu Cholevini.
vin. Trib. Cholevini, nov.
« Série phylétique de Nargus », Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 43. —
Subtrib. Cholevina M. Hatch. 1928, Col. Cat., pars 95, p. 170.
Catopinae à épistome libre, tibias pourvus de corbeilles apicales et premier
article du tarse intermédiaire simple chez le mâle. De ces trois caractères, les
deux premiers font parfois défaut; mais l’organe copulateur mâle est toujours
caractérisé par la présence de styles latéraux très développés et épais à leur
extrémité.
Le groupe est originaire de l’Angara. La géonémie des Choleva a été étudiée
dans un travail antérieur ( t ). J’ai montré que les diverses lignées de ce genre,
venues d’Asie, se sont répandues les unes sur la zone hercynienne de l’Europe
au nord du géosynclinal alpin, les autres par l’Égéide méridionale sur la région
méditerranéenne. Rybinskiella a la même origine, mais se trouve aujourd’hui
relégué sur les montagnes de l’Asie centrale et des Carpathes. Quant au genre
Prionochaeta , il est aussi originaire de l’Angara, mais s’est propagé vers l’est,
dans l’Amérique du Nord, de sorte qu’il est aujourd’hui localisé en Asie orien¬
tale, au Japon et dans le nord-est du continent américain.
Les Nargus et les genres myrmécophiles, Attumbra, Philomessor, Catopo-
morphus, Attaephilus, sont peut-être aussi d’origine angarienne, mais leurs
souches semblent s’être différenciées dans le sud-ouest de l’Asie et l’Égéide
méridionale. Aussi sont-ils surtout répandus dans la région méditerranéenne. La
distribution du Catopomorphus orientalis Aubé est même très significative à
cet égard. Cette espèce n’existe en effet que dans l’Asie mineure, le centre des
péninsules et les îles de la Méditerranée. Elle jalonne parfaitement la vieille
chaîne montagneuse méditerranéenne qui devait unir au début du Tertiaire
l’Égéide, la Tyrrhénis et les Pyrénées.
(1) R. Jeannel, 1923. Révision du genre Choleva Latr. (L’ Abeille, XXXII, p. 1-160.)
1> RENE JE ANN EL
iU
Tableau des genres
1. Antennes de forme normale, le dernier article ovoïde, guère plus long
ou pas plus long que l’avant-dernier. 2.
— Antennes à massue plus ou moins comprimée, le dernier article
toujours très grand, allongé, au moins aussi long que les deux pré¬
cédents réunis. Épistome toujours distinct du front. (Insectes myr-
mécophiles). 5.
2. Épistome distinct du front. Tibias postérieurs sans éperons externes,
avec une frange régulière de petites épines alignées sur le bord dorsal
et externe. 3.
— Épistome indistinct. 4.
3. Forme générale courte et ovalaire, le pronotum transverse, aussi large
que la base des élytres et présentant sa plus grande largeur en
arrière, ses côtés régulièrement arqués. Petite taille de 1,5 à 3,5 mm.
(Région paléarctique). 37. Gen. Nargus Thoms.
— Forme générale allongée, le pronotum non transverse, subcarré, rela¬
tivement étroit, sa plus grande largeur vers le milieu, ses côtés plus
ou moins sinués dans la moitié postérieure. Grande taille, de 4 à
8 mm. ( Région paléarctique). 38. Gen. Choleva Latr.
4. Pronotum petit, étroit, avec deux fossettes basales ; élytres très ren¬
flés et acuminés au sommet. Tibias postérieurs sans frange de petites
épines, armés d’éperons externes, les éperons internes normaux.
Grande taille, de 5 à 7 mm. (Asie et Europe centrale).
. 39. Gen. Rybinskiella Reitt.
— Pronotum ample et transverse; élytres subparallèles; faciès des
Catops. Tibias postérieurs avec une frange de petites épines au bord
apical externe, sans éperons externes ; les éperons internes très
grands, très épais, frangés de petites épines nombreuses. Taille de
4 à 5 mm. (Amérique du Nord et Asie orientale).
. 40. Gen. Prionochaeta Horn.
5. Tibias postérieurs avec des éperons externes saillants entre un cer¬
tain nombre de petites épines irrégulièrement alignées au bord apical
et externe. 6.
— Tibias postérieurs sans éperons externes, avec une frange très régu¬
lière de petites épines alignées sur le bord apical et externe. 7.
6. Antennes longues et grêles, non comprimées, atteignant le milieu
de la longueur du corps. Forme générale allongée, les téguments
relativement mous; tête grande ; pronotum rétréci à la base, ses
bords explanés, le disque inégal, peu convexe, fossulé ; élytres
subparallèles, à sommet obtus ; pattes longues. Styles de l’organe
copulateur avec deux ou trois soies apicales bien développées ; sac
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
225
interne inerme. Taille de 3 à 3,5 mm. (Région paléarctique).
. 41. Gen. Attumbra Des G.
— Antennes courtes, n’atteignant pas le milieu du corps, comprimées,
les articles non déliés. Forme générale ovalaire et convexe, les tégu¬
ments durs. Tête petite ; pronotum transverse, élargi à la base, ses
bords régulièrement arqués, non explanés, le disque convexe ; élytres
atténués au sommet ; pattes courtes. Styles de l’organe copulateur
avec deux soies sur le bord ventral; sac interne avec une dent
apicale et des phanères ventrales (fig. 684). Long. 3 mm. à 3,5 mm.
(Région méditerranéenne occidentale). 42. Gen. Philomessor, nov.
7. Pubescence courte et couchée. Forme ovalaire, plus ou moins courte
et convexe. Tibias épineux. Styles de l’organe copulateur avec deux
grandes soies sur le bord ventral ; sac interne armé de phanères
ventrales. Long. 3 mm. à 4,5 mm. (Région paléarctique).
. 43. Gen. Gatopomorphus Aube.
— Pubescence longue et dressée. Forme oblongue, peu convexe, les
élytres atténués au sommet. Tibias non épineux. Styles atténués au
sommet, armés de deux soies apicales très petites et difficiles à voir ;
sac interne armé de phanères ventrales. Long. 3 mm. à 4 mm.
(Région paléarctique). 44. Gen. Attaephilus Des G.
37. Gen. NARGUS Thomson
N argus C. G. Thomson, 1867, Skand. Col. IX, p. 349 ; type : N. velox Spence.
— Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 170 (Bibliogr.). — Uhagon, 1890,
An. Hist. nat. Madrid, XIX, p. 26 et 74. —Porta, 1926, Fauna Col. Ital.,
IL p. 321. — N. H. Joy, 1932, Pract. Handb. Brit. Beetl., I, p. 493
(in parte).
Subgen. Demochrus C. G. Thomson, 1867, Skand. Col., IX, p. 350 ; type :
D. anisotomoides Spence.
Taille de 1,5 mm. à 3,5mm. Généralement ailés; toutefois les deux espèces
N. aptus Peyer. et N. siculus , n. sp., sont aptères et d’ailleurs entièrement
dépigmentées. Forme générale ovalaire et convexe, courte, le pronotum
toujours transverse, à peu près de même largeur à sa base que les élytres.
Pubescence couchée, plus ou moins fine. Téguments ponctués, jamais striolés
en travers.
Tête rétractile, avec une carène occipitale très saillante et tranchante ;
les yeux toujours bien développés. Épistome distinct du front, dont il est
séparé par une suture toujours bien visible (fig. 456). Palpes maxillaires à
avant-dernier article conique et peu renflé, le dernier aussi long que l’avant-
dernier. Antennes relativement courtes, n’atteignant jamais le milieu des
élytres, leur massue peu épaisse, non aplatie. Les proportions des articles des
antennes varient peu dans le genre. Les articles 1 et 2 sont allongés, le 3 presque
MÉMOIRES du uuséum, nouvelle série, tome I. 15
226
Dr RENÉ JEA.NNEL
aussi long que le 2, les 4 et 6 courts, plus courts que le 5 qui est lui-même plus
court que le 3 ; le 7 conique, un peu renflé à l’apex, le 8 petit, aussi long que
large ou transverse, les 9 et 10 plus ou moins transverses, le 11 ovale, un peu
plus long que le 10 (fig. 453).
Pronotum toujours transverse et bombé ; ses côtés régulièrement arrondis,
leur plus grande largeur en arrière. Angles postérieurs toujours émoussés, sou¬
vent très effacés (subgen. Demochrus). Le bord basal est souvent finement
rebordé. Élytres courts et convexes, leur sommet arrondi. Strie suturale tou¬
jours bien visible, presque parallèle à la suture ; il existe parfois des traces de
côtes discales marquant la place des interstries.
Mésosternum plan, sans carène médiane ; son apophyse postérieure ne sépare
pas les cavités coxales intermédiaires qui sont fusionnées.
Pattes courtes et rétractiles, les fémurs peu épais. Tibias intermédiaires et
postérieurs à éperons internes courts, sans éperons externes, mais avec une
frange apicale de petites épines aux côtés dorsal et externe (fig. 455). Tibias
antérieurs tantôt avec une frange apicale (fig. 457, Nargus , s. str.), tantôt
sans frange et alors avec deux éperons externes bien visibles (fig. 458, Demo¬
chrus Thoms.).
Les caractères sexuels secondaires des Nargus sont remarquables. Chez le
mâle, les quatre premiers articles du tarse antérieur sont dilatés (fig. 454, 457
et 458), mais le tarse intermédiaire est simple. D’autre part, les trochanters
postérieurs présentent presque toujours chez les mâles une conformation par¬
ticulière, très caractéristique des espèces, comme chez les Choleva. Enfin, les
espèces du groupe Mohammedis montrent une curieuse dent externe de l’ony-
chium antérieur des mâles (fig. 458), qui constitue un caractère sexuel tout à
fait insolite.
Le segment génital mâle est très involué. Il est représenté par un anneau en
grande partie membraneux, visiblement formé par un tergite (pubescent) et
un pleuro-sternite très aplati (fig. 459).
L’organe copulateur mâle rappelle beaucoup celui des Choleva ; les pièces
basales sont cependant moins courtes. L’apex du pénis est variable, parfois
cilié sur ses bords. Les styles presque toujours très renflés, souvent tordus ou
pourvus de boursoufllures ou d’expansions lamelleuses, montrent un dévelop¬
pement bien plus grand que chez les Choleva.
Chez presque tous les Nargus, le sac interne est armé d’une dent apicale et
ventrale impaire, homologue de celle des Choleva. Cette dent manque parfois
(N. Lederi, N. lenkoranus, etc.) ; mais lorsqu’elle existe, elle varie de forme selon
les espèces : très allongée chez N. Wilkini (fig. 477), elle est courte dans
les groupes nikitanus et brunneus. Cette dent ventrale impaire est d’ailleurs
presque toujours la seule grande phanère existant dans le sac interne : on
trouve une deuxième dent basale, denticulée, chez N. anisotomoides (fig. 484
et 485), mais toutes les autres espèces, à ma connaissance, ont un sac interne
tapissé d’épines écailbuses groupées en deux faisceaux.
L’organe copulateur femelle présente la même structure que chez les Choleva.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
227
Le t.ergite est très développé, certainement en corrélation avec la dent ven¬
trale du sac interne des mâles (voir plus loin, p. 251) ; son bord apical est large¬
ment arrondi chez N. velox.
Le genre N argus renferme une trentaine d’espèces assez difficiles à distinguer
à première vue, mais qui présentent des caractères sexuels très tranchés, tant
dans la forme de leurs organes copulateurs que dans celle des trochanters pos¬
térieurs mâles.
Malgré'la grande similitude d’aspect extérieur des espèces, le genre est loin
Fig. 451 : Carte de la répartition du genre Nargus Thomson.
d’être homogène. Il est au contraire formé par six groupes d’especes bien isolés
et il y a même lieu de le subdiviser en deux sous-genres, d’après l’armature des
tibias antérieurs et la forme des angles postérieurs du pronotum. Pour l’un de
ces deux sous-genres, il sera donc nécessaire de reprendre le vieux nom de
Demochrus Thomson (type : N. anisotomoides Sp.), laissé dans la synonymie
depuis trois quarts de siècle.
Le centre de dispersion du genre Nargus est certainement l’Égéide, plus par¬
ticulièrement l’Égéide méridionale. La distribution de certaines espèces, comme
N. conjungens, N.phaeacus, jalonne exactement les restes de l’Égéide méridio¬
nale.
Il est d’ailleurs remarquable que la grande majorité des espèces occupe de
nos jours le pourtour de la Méditerranée orientale et le Caucase, alors qu’un très
petit nombre a pu se répandre vers l’occident (carte, fig. 451).
Au sud de la Méditerranée, deux lignées parties de l’Égéide ont peuplé tout
le nord de l’Afrique : celle du N. notaticollis a donné le N. algiricus répandu
228
D' RENÉ JEANNEL
jusqu’au Maroc et dans le sud de l’Espagne, et aussi les formes particulières
aux îles Madère et Canaries ; celle de N. Mohammedis se retrouve au Maroc
(rufipennis Luc.), mais il n’existe plus aucun représentant connu de la lignée
sur la longue route qu’elle a suivie dans sa migration, depuis la Syrie jusqu’à
Casablanca.
D’autres Nargus enfin, partis de l’Ëgéide, se sont répandus vers l’Europe
occidentale. Cinq espèces seulement ont atteint la France : velox, badins,
Wilkini, brunneus et anisotomoides. Sur ces cinq espèces, badins et brunneus
ne dépassent d’ailleurs guère le bassin du Rhône.
Les trois autres ont pu passer dans les îles Britanniques : anisotomoides
en Grande-Bretagne, velox et Wilkini ea Grande-Bretagne et en Irlande. Mais
dans le nord de l’Europe, Wilkini est inconnu de Scandinavie, alors que velox
et anisotomoides occupent le sud de la Suède et de la Norvège et sans doute
aussi de la Finlande.
Tableau des groupes d’espèces
1. Tibias antérieurs avec une frange de petites épines 'alignées sur le
bord apical et dorsal masquant les éperons externes (fîg. 454 et 457).
Angles postérieurs du pronotum accusés, presque droits quoique leur
sommet soit émoussé ; les parties latérales du bord basal du pronotum
plus ou moins sinuées. Grandes espèces à ponctuation du pronotum
fine et serrée, le tégument alutacé entre les points, d’aspect mat.
Organe copulateur à styles épais, effilés au sommet, bien plus longs
que le pénis. Trochanters postérieurs des mâles ordinairement acu-
minés. A. Subgen. Nargus, s. str.
— Tibias antérieurs sans frange de petites épines sur le bord apical et
dorsal, les deux éperons externes bien visibles (fig. 458). Angles
postérieurs du pronotum très arrondis, le bord basal non sinué
latéralement. Espèces généralement plus petites. Styles de l’organe
copulateur guère plus longs ou pas plus longs que le pénis.
. B. Subgen. Demochrus Thoms.
A. Subgen. Nargus, s. str.
1. Ponctuation très fine, aussi fine sur les élytres que sur le pronotum.
Pubescence fine et soyeuse. Les deux soies des styles de l’organe
copulateur écartées l’une de l’autre (fig. 460 à 464).
. 1. Groupe velox { p. 230).
— Ponctuation plus forte sur les élytres que sur le pronotum. Pu¬
bescence plus longue. Les soies apicales des styles toutes deux près
du sommet (fig. 465). 2. Groupe badius (p. 233).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
229
B. Subgen. Demochrus Thomson
1. Ponctuation du pronotum fine et serrée, le tégument alutacé entre
les points, l’aspect mat. 3.
— Ponctuation du pronotum fine mais éparse, le tégument lisse et
brillant entre les points. 4.
l-’ig. 452-459 : Genre Nargus Thomson. — Fig. 452. N. conjungens Saulcy, de Palestine,
mâle, x 16. — Fig. 453. Antenne, X 35. — Fig. 454 et 455. Sommets des tibias et
tarses antérieurs et intermédiaires du mâle, X 65. — Fig. 456. Dessus de la tête,
X 45. — Fig. 457. N. velox Sp. Sommet du tibia et tarse antérieurs du mâle, x 65. —
Fig. 458. N. Mohammedis Saulcy, sommet du tibia et tarse antérieurs droits du mâle,
X 65. — Fig 459. N. anisotomoides Sp., segment génital vu par sa face apicale, x 130.
2. Angles postérieurs du pronotum nuis ; toute la région angulaire
est largement arrondie de façon que les parties latérales du bord
basal sont obliquement incurvées. Chez le mâle, les tibias posté¬
rieurs sont fortement arqués et l’onychium du tarse antérieur
porte une dent externe. Organe copulateur long et étroit, non
coudé, les styles droits et accolés au pénis, exactement de même
longueur que lui (fig. 458 et 469). Grande taille.
... 3. Groupe Mohammedis (p. 234).
— Angles postérieurs du pronotum très obtus ou arrondis, le bord basal
non incurvé en avant dans ses parties latérales. Tibias postérieurs
mâles droits ou presque droits. Trochanters postérieurs mâles
230
l) r RENÉ JEANNEL
toujours très courts, non acuminés. Onychium du tarse antérieur
simple dans les deux sexes. Organe copulateur variable, mais avec
les styles déhiscents, toujours plus longs que le pénis.
. 4. Groupe Wilkini (p. 235).
3. Angles postérieurs du pronotum très largement arrondis ; le bord
basal du pronotum saillant et convexe en arrière dans sa partie
médiane, incurvé et oblique en avant dans ses parties latérales.
Trochanters postérieurs mâles parfois acuminés. Organe copu¬
lateur allongé, peu arqué dans sa partie basale.
. 5. Groupe nikitanus (p. 238).
— Angles postérieurs du pronotum moins largement arrondis ; le bord
basal du pronotum sensiblement droit dans toute son étendue.
Trochanters postérieurs mâles courts. Organe copulateur très court
et très épais. 6. Groupe brunneus (p. 239).
Tableau bes espèces
A. Subgen. Nargus, s. str.
1. Groupe velox
1. Forme générale plus ou moins ovoïde, le pronotum grand, les élytres
longs et atténués au sommet. 2.
— Forme générale ovalaire, le pronotum court, plus étroit que les
élytres, ceux-ci renflés dans la moitié antérieure, obtus au sommet ;
le contour du corps à peu près aussi arrondi en arrière qu’en avant.
. 3.
2. Grande taille ; forme épaisse et robuste. Élytres mats, avec des
traces très nettes de côtes discales ( i ). Trochanters postérieurs des
mâles en pointe courte. Sommet du pénis court, tordu et obli¬
quement tronqué (fig. 460). Long. 2,7 mm. à 3,2 mm. (Europe).
[Fig. 457 et 460]. 1. velox Spence.
a. Testacé rougeâtre, la tête et le disque du pronotum bru¬
nâtre ; grande taille. var. velox, s. str.
— Testacé rougeâtre, le pronotum rougeâtre, les élytres plus
foncés. var. ruficollis Reitt.
— Brun rougeâtre uniforme, petite taille. var. albanicus Apf.
(1) L’espèce est variable de taille et de coloration. Les individus de l’Europe occiden¬
tale sont de grande taille, en général testacé-rougeâtre, avec la tête et le disque du
pronotum brunâtres ; le nom de ruficollis a été donné à une variation chez laquelle le
pronotum est rougeâtre et les élytres rembrunis. Les exemplaires de l’Europe centrale
sont plus petits et de coloration plus foncée que ceux de l’Europe occidentale; ils ne
diffèrent guère du N. albanicus Apf., forme de petite taille, de coloration foncée, à côtes
élytrales peu visibles, mais dont l’organe copulateur est identique à celui du N. velox
typique. Aussi le iV. albanicus doit-il être tenu pour synonyme de velox Spence; aucun
caractère constant ne permet de le maintenir comme espèce distincte.
4. Tache discale du pronotum plus nette et plus tranchée, noire.
Antennes plus longues, à massue plus épaisse. Tarses antérieurs
mâles plus larges que le tibia. Trochanters postérieurs mâles plus
renflés, ovoïdes, à bord postérieur convexe. Sommet du pénis aigu,
(1) Quoique le mâle soit inconnu, il semble que ce Nargus soit voisin du N. velox.
Cependant les lies Palma et Gran Canaria ont des espèces spéciales certainement appa¬
rentées au N. algiricus Port. Le N. velox Sp. est cité par Wollaston de Madère. J’ai vu
ses exemplaires au British Muséum ; ils sont effectivement identiques aux N. velox de
l’Europe par leur aspect extérieur. Je n’ai pas pu examiner l’organe copulateur.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 23
— Noir, les côtés du pronotum et les élytres rougeâtres, le
dessous du corps noir. (Asie mineure).. var. nigriventris Reitt.
Petite taille; forme plus grêle et plus convexe, testacé avec la
tête rembrunie; élytres très atténués au sommet, subacuminés,
sans trace de stries discales ( l ). Long. 2,5 mm. (Iles Canaries :
Ténériffe). 4. pinicola Woll
Fia. 460-463 : Genre Nargus Thomson, sommet de l’organe copulateur, face dorsale,
X 00, et trochanters postérieurs droits des mâles, face ventrale, x 65. — Fig. 460.
N. velox Sp., de Bienne, Suisse. — Fig. 461. N. conjungens Saulcy, de l’Araxe. —
Fig. 462. iV. algiricus Port., de Bou-Bérak. — Fig. 4 R 3. N. notalicollis Baudi, du Liban.
•3. Forme allongée, les élytres presque deux fois aussi longs que le pro¬
notum. Testacé, le pronotum avec une tache allongée noirâtre sur
le milieu du disque. Trochanters postérieurs mâles à pointe aiguë
mais courte et non crochue (fig. 462 et 463). 4.
— Forme plus courte, plus large, les élytres moins de deux fois aussi
longs que le pronotum. Testacé ou brunâtre concolore, le pronotum
sans tache discale. 5.
232
D r RENÉ JEANNEL
les styles avec une boursouflure fortement colorée de leur bord
dorsal. Long. 2,8 à 3 mm. (Syrie et Palestine). [Fig. 463].
. 2. notaticollis Baudi.
— Tache discale du pronotum mal limitée ; le disque est plutôt rem¬
bruni. Antennes plus courtes, à massue moins épaisse. Tarses
antérieurs mâles aussi larges que le sommet du tibia. Trochanters
postérieurs mâles non renflés, leur bord postérieur rectiligne. Sommet
du pénis obtus, les styles sans boursouflure. Long. 2,8 à 3 mm.
Fig. 464-467 : Genre Nargus Thomson, sommet de l’organe copulaleur, lace dorsale, x 90,
et trochanters postérieurs droits des mâles, face ventrale, X 65. — Fig. 464. N. Alluaudi,
n. sp., de S. Mateo, Gran Canaria. — Fig. 465. .V. badins Kr., de Calabre. — Fig. 466.
N. cribellarius Reitl., des monts Messchiiss. — Fig. 467. N. ovatus Reitt., d’Aibgo,
Caucase.
(Afrique du Nord). [Fig. 462]. 3. algiricus Port.
5. Testacé pâle uniforme, les antennes testacées. Côtés du pronotum
très peu arqués ; les élytres sans trace de côtes. Trochanters posté¬
rieurs mâles prolongés en pointe recourbée en arrière (fig. 461). 6.
— Brunâtre foncé avec la marge du pronotum et la suture des élytres
rougeâtre. Côtés du pronotum très arrondis. Trochanters postérieurs
mâles acuminés mais simples (fig. 464). 7.
6. Tarses antérieurs mâles plus larges que le sommet du tibia.
Sommet du pénis en lame tordue, allongée et acérée (fig. 461).
Long. 2,8 à 3 mm. (Palestine, Asie mineure, Transcaucasie et Tur-
kestan). [Fig. 452-456 et 461]. 7. conjungens Saulcy.
— Tarses antérieurs mâles bien plus étroits que le sommet du tibia.
Pointe crochue des trochanters postérieurs mâles plus courte.
Sommet du pénis en lame bien plus courte et obtuse, rappelant
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
233
celle du velox quoique plus étroite. Long. 2,5 à 2,6 mm. (Asie mineure).
... 8. artitarsis, n. sp.
7. Élytres avec des traces très nettes de côtes. Long. 2,6 mm. (Iles
Canaries : Palma). 5. putridus Woll.
— Élytres sans trace de côtes. Tarses antérieurs mâles aussi larges
que le sommet du tibia. Trochanters postérieurs mâles acuminés
comme chez N. velox. Lame apicale du pénis longue et aiguë,
un peu tordue. Long. 2,6 mm. (Iles Canaries : Gran Canaria).
[Fig. 464]. 6. Alluaudi, n. sp.
2. Groupe badius
1. Ovoïde, court, les élytres très atténués au sommet. Testacé uni¬
forme. Pronotum plus large que les élytres. 2.
— Ovale, plus allongé, convexe; le pronotum pas plus large que les
élytres; ceux-ci obtus au sommet. Coloration brunâtre assez foncé. 3.
2. Large et peu convexe, déprimé sur le disque. Antennes longues et
grêles, les articles 4 et 5 presque deux fois aussi longs que larges,
le 6 un peu plus long que large, le 7 une fois et demie, les 9 et 10
à peine transverses. Tarses antérieurs mâles plus larges que le som¬
met du tibia. Trochanters postérieurs mâles courts et épais. Sommet
du pénis effilé en pointe terminée par une dilatation lancéolée
convexe ; styles tordus en S. Long. 2,6 à 2,8 mm. (Caucase).
[Fig. 467]. 9. ovatus Reitt.
— Bien plus convexes, les élytres bombés. Antennes plus courtes, les
articles 4 et 5 à peine plus longs que larges, les 6 et 7 aussi longs
que larges, les 9 et 10 très transverses. Petite taille : long. 2,3 mm.
(Caucase). 10. brevicornis, n. sp.
3. Ponctuation très fine, celle du pronotum imperceptible. Forme
générale plus courte et plus large, les antennes courtes, à massue
plus épaisse. Tarses antérieurs mâles bien plus étroits que le tibia.
Trochanters postérieurs mâles prolongés en longue pointe tordue
en spirale. Sommet du pénis obtus, anguleux et tordu vers la
droite, les styles dissemblables. Long. - 2,5 à 2,6 mm. (Caucase).
[Fig. 466]. 11. cribellarius Reitt.
— Ponctuation plus forte, celle du pronotum aciculée, celle des élytres
râpeuse. Forme générale plus allongée, les antennes plus longues, à
massue plus déliée. Tarses antérieurs mâles aussi larges que le
tibia. Trochanters postérieurs mâles courts et obtus. Lame apicale
du pénis étroite, allongée, tordue et tronquée au sommet, les
styles symétriques et effilés. Long. 2,5 à 2,8 mm. (Europe moyenne).
[Fig. 465]. 12. badius Sturm (').
(1) Le JV. calabrus Fleischer est identique au N. badius.
234
1> RENÉ JEANNEL
B. Subgen. Demochrus Thomson
3. Groupe Mohammedis
1. Forme générale allongée, peu convexe, les élytres atténués au
sommet. Ponctuation excessivement fine et serrée. Antennes courtes
et fines, les articles 4 à 7 aussi longs que larges, les 8 à 10 trans-
Fig. 438-477 : Genre N argus Thomson, organes copulateurs, x 9J. — Fig. 468. N. Moliam-
medis Saulcy, de Jérusalem. — Fig. 469. N. rufipennis Lue., de Casablanca. — Fig 470.
N. longulus, n. sp., des monts Davras. — Fig. 471. N. turlcestanicus Reitt., de Samar¬
kand. — Fig. 472. JV. Kraatzi Reitt., de l’Attique. — Fig. 473. N. siculus, n. sp., de
Ficuzza. — Fig. 474. N. aptus Peyer., du Bou-Zegza. — Fig. 475. N. phaeacus Reitt., de
Corfou. — Fig. 476. N. Leonhardi Reitt., de Corfou. — Fig. 477. N. Wil/cini Sp., de
Bosnie.
verses. Long. 3 mm. (Arménie russe). 14. densissimus Reitt. (').
— Forme générale courte, ovalaire, les élytres obtus. Ponctuation plus
forte, râpeuse sur les élytres, moins forte sur le pronotum que sur
les élytres. 2.
2. Brunâtre foncé assez brillant, les antennes rembrunies. Bord
(1) Je ne connais pas cette espèce qui a été décrite par Reitteb sur une seule femelle.
Reitter la place dans ce groupe, mais avec doute.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
235
basal du pronotum finement rebordé sur toute son étendue.
Ponctuation des élytres forte. Antennes courtes et épaisses, les
articles 4, 5 et 7 un peu plus longs que larges, le 6 carré, le 8 trans¬
verse. Tarses antérieurs mâles plus larges que le tibia. Trochan¬
ters postérieurs mâles effilés en pointe un peu recourbée, comme
citez velox (fig. 460) mais plus aigue. Sommet du pénis aigu, les
styles amincis au sommet (fig. 468). Long. 2,5 à 2,7 mm. (Syrie).
[Fig. 458 et 468]. 13. Mohammedis Saulcy (‘).
— Brun rougeâtre, les antennes concolores. Plus allongé, les élytres
plus longs. Bord basal du pronotum rebordé au milieu seulement.
Ponctuation des élytres moins forte et surtout plus serrée.
Antennes plus longues, les articles 4 et 5 deux fois, le 6 une fois
et demie aussi longs que larges, le 8 aussi long que large. Tarses
antérieurs mâles plus larges que le tibia. Trochanters postérieurs
mâles ovoïdes, un peu comme ceux de notaticollis (fig. 463). Sommet
du pénis plus effilé, les styles plus épais au sommet (fig. 469).
Long. 2,8 à 3,2 mm. (Maroc). [Fig. 469]. 15. rufipennis Lucas ( : ).
4. Groupe Wilkini ( :1 )
1. Forme générale plus ou moins ovoïde. Pronotum assez grand, à
côtés bien arrondis, généralement plus large que les élytres ;
ceux-ci relativement courts, au plus une fois et demie aussi longs
que le pronotum, toujours atténués au sommet. 2.
— Forme générale ovale ou elliptique. Pronotum plus court, plus
transverse, pas plus large que les élytres; ceux-ci allongés, envi¬
ron deux fois aussi longs que le pronotum, leur sommet obtus. 6.
2. Insectes aptères, testacés uniforme, très convexes, à pronotum parti¬
culièrement ample et bombé. Antennes longues et grêles, les arti¬
cles 9 et 10 non transverses, le 9 plus long que large. Tarses antérieurs
mâles dilatés en patelle arrondie bien plus large que le sommet
du tibia. 3.
— Insectes ailés, d’un brun rougeâtre. Antennes plus robustes, à arti¬
cles 9 et 10 toujours transverses. Tarses antérieurs mâles allongés,
aussi larges ou de peu plus larges que le sommet du tibia,... 4.
3. Élytres renflés, présentant leur plus grande largeur vers le mi-
(1) Le A. armatus Hustache, dont j’ai vu un type, et le N. longicornis Sahlb. sont
synonymes du N. Mohammedis Saulcy.
(2) Cette espèce a été redécrite par Reitter sous le nom de rotundangulus Reitt.
(3) Les espèces de ce groupe se ressemblent beaucoup et sont difficiles à distinguer
autrement que par les caractères sexuels. Les antennes ne varient guère, la ponctuation
est toujours très fine, imperceptible sur le pronotum et laissant voir un réseau alutacô
du tégument, distincte mais cependant très fine et serrée, râpeuse, sur les élytres. Les
trochanters postérieurs mâles sont toujours simples, courts : leur extrémité est en général
aiguë, mais elle est arrondie chez N. Wilkini et surtout chez N. Leonhardi.
D' RENÉ JEANNEL
236
lieu. Antennes plus grêles, l’article 8 aussi long ou plus long que
large. Organe copulateur court et épais, très arqué, le pénis renflé,
sa pointe brusquement terminée par une lamelle apicale lancéolée
et dissymétrique. Long. 2,5 mm. (Algérie). [Fig. 474]. 23. aptus Peyer.
— Élytres plus courts, cunéiformes, leur plus grande largeur à la
base. Antennes moins fines, l’article 8 transverse. Organe copu¬
lateur de même type, mais encore plus arqué ; la lame apicale du
pénis non lancéolée, symétrique. Long. 2,2 à 2,4 mm. (Sicile).
[Fig. 473]. 24. siculus, n. sp.
4. Trochanters postérieurs mâles à sommet tout à fait arrondi.
Tarses antérieurs mâles pas plus larges que le sommet du tibia.
Organe copulateur alllongé, robuste, peu arqué à la base ; le som¬
met du pénis anguleux et mousse, non cilié ; les styles épais, brus¬
quement atténués et tronqués au sommet. Long 2,2 à 2,4 mm.
(Europe). [Fig. 477]. 16. Wilkini Spence (*).
— Trochanters postérieurs mâles à sommet anguleux, aigu. Organe
copulateur plus effilé; le sommet du pénis longuement cilié sur
les bords, atténué en longue pointe apicale tout à fait symétrique
et légèrement infléchie du côté dorsal ; style grêles et effilés
(fig. 472 et 470). 5.
5. Petite taille. Tarses antérieurs mâles pas plus larges que le tibia.
Lame apicale du pénis ovale, le sommet des styles non recourbé
en dehors. Long. 2,2 à 2,4 mm. (Péninsule Balkanique). [Fig. 472].
. 17. Kraatzi Reitt. ( 1 2 3 ).
— Grande taille. Tarses antérieurs mâles nettement plus larges que
le sommet du tibia. Lame apicale du pénis parallèle, à pointe
aiguë; les sommets des styles recourbés en dehors. Long. 2,8 à
3 mm. (Asie mineure). [Fig. 470]. 18. longulus, n. sp. ( ').
6. Forme générale plus large et moins convexe. Tarses antérieurs
mâles presque aussi larges que le tibia. 7.
— Forme générale étroite, allongée, convexe, subcylindrique. Tibias
postérieurs des mâles droits. 8.
7. Antennes plus courtes, l’article 8 transverse. Tibias postérieurs
mâles légèrement arqués. Organe copulateur épais, très arqué à
la base, le pénis effilé en pointe robuste, lamelleuse, ciliée sur les
bords et terminée par une sorte de couteau arrondi; styles épais,
avec une large dilatation foliacée, hyaline, enveloppant la partie
(1) Il est impossible de distinguer de cette espèce le N. islrianus Dépoli.
(2) C’est la même espèce qui a été redécrite par Apfelbeck sous le nom de balcanicus.
J'ai pu le vérifier par comparaison des types. Les individus de Yougoslavie ( balcanicus )
ont généralement le pronotum plus amplement arrondi que ceux de Grèce [Kraatzi);
mais ces différences ne justifient certainement pas la distinction d’une sous-espèce.
L’organe copulateur est invariable.
(3) Certainement voisin du Kraatzi, mais tellement différent de taille qu’il n’est guère
possible de le considérer comme sous-espèce. J'en ai vu une vingtaine d’individus.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
237
apicale du pénis. Long. 2,4 à 2,6 mm. (Grèce, Corfou, Céphalonie,
Crète, Asie mineure). [Fig. 475]. 19. phaeacus Reitt. (').
— Antennes plus longues, l’article 8 non transverse. Angles postérieurs
du pronotum plus arrondis. Tibias postérieurs mâles droits. Long. 2,4
à 2,6 mm. (Palestine). 20. taborensis J. Sahlb.
8. Brun foncé brillant, presque noir, la ponctuation des élytres plus
forte et moins serrée que chez les autres espèces du groupe. Par sa
forme allongée et sa coloration, l’espèce à le faciès d’un Colon. Ant ennes
Fig. 478-483 : Genre Nargus Thomson, organes copulateurs, X 90. — Fig. 478. N. nikitanus
Reitt., du Monténégro. — Fig. 479. N. nitidicollis, n. sp., du montKybelion. — Fig. 480.
iV. lenkoranus Reitt., de Lenkoran. — Fig. 4SI. N. fungicola Kol., du Daghestan. —
Fig. 4S2. ,V. Lederi Weise, de Circassie. — Fig. 483. N. brunneus St., de Catalogne. —
Fig. 484. N. anisotomoides Sp., d'Angleterre. — Fig. 483. N. anisolomoides Sp., des
Hautes-Bruyères, Seine.
à massue plus élargie, l’article 8 transverse. Tarses antérieurs mâles
plus étroits que le tibia. Organe copulateur de même type que chez
phaeacus , mais le sommet du pénis n’est pas cilié, sa pointe est courte,
anguleuse et aiguë, les expansions hyalines des styles bien moins déve¬
loppées. Long. 2,2 mm. (Cephalonie). [Fig. 476].. 21. Leonhardi Reitt.
(1) Les individus de Grèce sont toujours confondus avec le Kraatzi ; ceux des environs
de Smyrne correspondent certainement au N. Utiionis J. Salilb.
238
D r RENE JEANNEL
■— Testacé brunâtre mat, le disque du pronotum souvent rembruni.
Ponctuation fine et serrée. Forme étroite et allongée. Antennes à
massue plus effilée, l’article 8 à peine transverse. Tarses antérieurs
mâles aussi larges que le tibia. Organe copulateur court, peu arqué ;
le pénis brusquement rétréci en pointe acérée ; styles sans expansion
hyaline, au contraire très étroits dans leur moitié apicale et terminés
par une palette tronquée, infléchie en dedans. Long. 2,2 à 2,4 mm.
(Turkestan). [Fig. 471]. 22. turkestanicus Reitt.
5. Groupe nikitanus
1. Antennes courtes et épaisses, l’article 3 au plus trois fois aussi long
que large, les 4 et 5 une fois et demie, le 6 aussi long que large,
le 7 à peine plus long. Ponctuation des élytres très forte, très pro¬
fonde, peu serrée. Trochanters postérieurs des mâles à sommet
obtusément arrondi. Sommet du pénis symétrique (fig. 481 et 482).. 2.
— Antennes plus longues, à massue moins épaisse, l’article 3 trois fois
aussi long que large, les 4 et 5 deux fois, le 6 plus long que large,
le 7 allongé. Sommet du pénis dissymétrique (fig. 478 à 480). 3.
2. Forme ovalaire plus courte et plus convexe. Ponctuation des élytres
plus forte. Brun foncé brillant, la tête et le disque du pronotum rem¬
brunis, les antennes rougeâtres. Organe copulateur très allongé, sa
partie apicale effilée, droite, les styles réguliers et droits. Long.
2,3 mm. (Caucase). [Fig. 481]. 25. fungicola Kol.
— Forme ovalaire plus allongée, les élytres plus longs, à ponctuation
moins forte. Brun rougeâtre assez pâle, les antennes testacées.
Organe copulateur plus court, bossu, sa pointe apicale plus courte,
les styles plus longs et sinués. Long. 2,3 à 2,4 mm. (Caucase).
[Fig. 482]. 26. Lederi [Weise.
3. Pronotum peu transverse, moins de deux fois aussi large que long,
ses côtés peu arrondis. Forme générale allongée, les élytres longs,
presque deux fois aussi longs que le pronotum, leur ponctuation rela¬
tivement fine. Tarses antérieurs mâles pas plus larges que le tibia.
Trochanters postérieurs mâles effilés en pointe aiguë assez longue,
mais nullement recourbée en arrière. Lame apicale du pénis large ;
les styles avec une petite expansion lamelleuse dorsale. Long. 3 à
3,2 mm. (Talysch). [Fig. 480]. 29. lenkoranus Reitt.
—- Pronotum très transverse, deux fois aussi large que long, ses côtés
très arrondis. Tarses antérieurs mâles nettement plus larges que le
tibia. Trochanters postérieurs mâles courts, à sommet aigu, mais
non effilés en longue pointe. Styles sans expansion dorsale. 4.
4. Elytres allongés presque deux fois aussi longs que le pronotum,
leur ponctuation relativement fine et serrée. Antennes plus longues
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
239
et plus grêles. Lame apicale du pénis courte et triangulaire, son
sommet pointu. Long. 2,8 à 3 mm. (Péninsule Balkanique, Asie
mineure). [Fig. 478]. 27. nikitanus Reitt.
— Élytres plus courts et plus convexes, leur ponctuation bien plus
forte, plus profonde et moins dense. Antennes plus courtes. Lame
apicale du pénis étroite, longue, à sommet anguleux. Long. 2,6 mm.
(Asie mineure). [Fig. 479]. 28. nitidicollis, n. sp.
6. Groupe brunneus
1. Côtés du pronotum bien arrondis en avant, les angles antérieurs
arrondis mais marqués. Forme générale ovalaire, le sommet des
élytres obtusément arrondi. Ponctuation des élytres forte et peu
serrée. Brun rougeâtre brillant, les côtés du pronotum plus pâles,
les antennes et les pattes rougeâtres. Antennes courtes et épaisses,
l’article 3 une fois et demie aussi long que large, les 4, 5 et 7 à
peine plus longs que larges, le 6 subcarré, les 9 et 10 transverses.
Tarses antérieurs mâles dilatés, aussi larges que le tibia. Pénis avec
des expansions latérales sur lesquelles reposent les styles qui sont
grêles et effilés ; Sommet du pénis atténué, cilié sur ses bords,
terminé par une petite lamelle pentagonale. Long. 2,2 à 2,3 mm.
(Europe moyenne). [Fig. 483]. 30. brunneus Sturm.
— Côtés du pronotum peu arrondis en avant; les angles antérieurs du
pronotum tout à fait effacés. 2.
2. Forme générale très courte, très convexe, subhémisphérique.
Antennes assez longues et grêles, le funicule très mince, les arti¬
cles 5, 6 et 7 plus longs que larges. Brun rougeâtre très bril¬
lant, la ponctuation des élytres forte et très peu serrée. Tarses
antérieurs mâles à peine dilatés, bien plus étroits que le tibia.
Pénis large et court, ovalaire, terminé en pointe courte et mousse
(fig. 484 et 485). Long. 1,5 à 2 mm. (Europe). [Fig. 459 et 484-
485]. 32. anisotomoides Spence.
a. Pubescence courte et couchée, assez rare. Pénis plus large,
à lobe apical plus arrondi. (Europe occidentale etcentrale).
. subsp. anisotomoides , s. str.
— Pubescence plus longue et redressée. Pénis plus étroit, à lobe
apical plus petit. (Péninsule Balkanique).
. subsp. islamita Reitt.
— Forme générale ovalaire et convexe. Antennes très courtes et
épaisses, les articles 5, 6 et 7 moins longs que larges. Testacé
rougeâtre, la tête plus foncée, les antennes et les pattes pâles.
Pubescende fine et couchée. Mâle inconnu. Long. 2,4 mm. (Trans¬
caucasie) . 31. armeniacus Reitt.
240
D' RENÉ JEANNEL
A. Subgen. Nargus, s. str.
1. Groupe velox
1. Nargus (s. str.) velox Spence, 1815, Trans. Linn. Soc. London, IX, p. 154
(Choleva ); type : Angleterre. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95,
p. 170 (Bibliogr.). — Uhagon, 1890, An. Hist. nat. Madrid, XIX,
p. 74.
a. Forma typica. — julvicollis Stephens, 1833, Nomencl. Brit.Ins., II,
p. 25 ; type : Angleterre. — nubifera Newman, 1833, Ent. Mag., I,
p. 507 ; type : Angleterre. — pallidus Dejean, 1933, Cat., p. 119
(nom. nud.), Naples. — Portevin, 1903, Bull. Mus. Hist. nat., p. 329.
b. Var. albanicus Apfelbeck, 1909, jGlasn. Mus. Bosn. Herceg., XXI,
p. 495; 1912, Wiss. Mitt. Bosn. Herzeg., XII, p. 655; type:
Scutari (Mus. Budapest).
c. Var ruficollis Reitter, 1918, Ent. Blatt., XIV, p. 42 (N. albanicus ,
var. ruficollis) ; type : Alessio (Mus. Budapest). — ruficollis
Everts, 1920, Ent. Ber, V, p. 229 ; 1922, Col. Neerl., III, p. 173
(A^. velox var. ruficollis) ; type : Hollande (Everts). — Evertsi
Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 171.
d. Subsp. nigriventris Reitter, 1906, Wiener ent. Ztg., XXV, p. 141 ;
type: Amasia (Mus. Budapest).
Assez rare, dans les fumiers, sous les cadavres de petites animaux, dans les
feuilles mortes, les débris d’inondation. Signalé des terriers de Lapins, à Sois-
sons, par Buffévent.
L’aire de répartition de l’espèce couvre toute l’Europe occidentale et
moyenne. Elle existe dans toutes les îles Britanniques : Angleterre, Écosse,
Irlande (N. H. Joy), ainsi que dans le Danemark (Hansen), la Hollande
(Everts), le sud de la Scandinavie et de la Finlande (Grill). Dans la région
méditerranéenne, elle atteint le sud de l’Espagne, le sud de l’Italie et la Sicile
(Porta), mais paraît beaucoup plus rare dans le péninsule balkanique, où elle
se trouverait jusqu’en Grèce. Wollaston la cite de Madère. Enfin, d’après
Yakobson, on rencontre le N. velox dans l’ouest de la Russie, en Volhynie et
à Kiev.
Quant à la race nigriventris Reitt., elle remplacerait le N. velox en Asie
mineure; mais il faudrait connaître son organe copulateur pour s’assurer qu’il
s’agit bien de la même espèce.
Les exemplaires que j’ai examinés proviennent des stations suivantes :
a. Forma typica. — Iles Britanniques. Angleterre : Newbury, Berks. co.
(Harwood !). — France. Finistère : Morlaix (Hervé!). Orne : Miseray (Bedel !).
Oise : Beauvais (Ste-Cl. Deville !) ; forêt de Compiègne (Jeannel). Seine : bois
de Vincennes (Ste-Cl. Deville !). Seine-et-Oise : bois de Meudon (Bedel !) ; forêt
de Marly (Bedel !); bois de Verrières (Léveillé !) ; Saclas (Bedel !). Seine-et-
Marne : forêt de Fontainebleau, dans les champignons (Gruardet !). Aisne :
Monographie des catopidae
241
Soissons (Buffévent !). Haute-Marne : Saint-Dizier (Ste-Cl. Deville !).
Meurthe-et-Moselle : Nancy (Peyerimhoff !). Cher : Bourges (Ste-Cl. Deville!).
Allier : Broût-Vernet (H. du Buysson !). Aude : Carcassonne (Brunier !). Vau¬
cluse : Avignon (Chobaut !) ; La Bonde (Fagniez !). Basses-Alpes : Digne,
inondations de la Bléone (Peyerimhoff!). Alpes-Maritimes : Cannes; Ville¬
neuve-Loubet (Ste-Cl. Deville!). — Suisse : Genève (Poney !) ; Nidau, Bienne
(Mathey!). — Allemagne. Rheinland : Dusseldorf (Hagens !). Baden : Heidel¬
berg (Haas !). Franken : Aschaffenburg (Schwarzer!). Saxe : Leipzig (Linke !).
— Autriche. Basse-Autriche : Wien (Mus. Wien !). — Roumanie. Transylvanie :
Cluj (Jeannel); Sigiçoarâ (Pétri!).
Espagne. Andalousie : Grenade (R. Oberthur !). — Ile Madère , dans les
forêts élevées humides (Wollaston !) (■).
b. Var. albanicus Apf. — Albanie : Bojana, Scutari (Apfelbeck !). —
Yougoslavie. Serbie : Orhanic, près d’Uskub (Apfelbeck !). Macédoine serbe :
mont Péristéri (Purkyne !).
Obs. — Les exemplaires de ces localités répondent exactement à la descrip¬
tion de N. albanicus ; mais ceux de Roumanie et même d’Autriche sont inter¬
médiaires entre eux et les N. velox parfaitement typiques de France et d’Angle¬
terre.
c. Var. ruficollis Reitt. — Simple variété de coloration, décrite sur des
exemplaires de Y Albanie : Alessio (Matzenauer). Evebts la cite également de
Hollande.
d. Subsp. nigriventris Reitt. — Asie mineure : Amasia (Reitter).
2. Nargus (s. str.) notaticollis Baudi, 1864, Berliner ent. Zs., VIII, p. 227
(Choleva); type : Chypre. — Reitter, 1906, Wiener ent. Ztg., XXV,
p. 141 (pars).
Syrie : couvent du Liban (J. Sahlberg !); Baalbeck (J. Sahlberg!); Naplouse
(Saulcy !) ; Caïfa (Reitter!). — Palestine : Jérusalem (Saulcy !). — Chypre
(coll. Pic !). — Transcaucasie, Arménie Russe : vallée de l’Araxe (H. Leder !).
3. Nargus (s. str.)algiricus Portevin, 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 157, pl. ii,
fîg. 1; type : Edough (Mus. Paris). — notaticollis Kraatz, 1870,
Berliner ent. Zs., XIV, Beiheft, p. 101 (nec Baudi). — Uhagon,
1890, An. Hist. nat. Madrid, XIX, p. 77 (nec Baudi). — Reitter,
1906, Wiener ent. Ztg., XXV, p. 141 (pars). — Jeannel, 1922, Arch.
Zool. exp., 61, p. 23, fig. 36-38 (nec Baudi).
Espèce spéciale au nord de l’Afrique et se retrouvant dans le sud de
l’Espagne. Elle est inconnue de Sicile, où elle existe sans doute ( J ).
(1) J’ai vu les exemplaires cités par Wouliston. Ils sont, en effet, identiques au N. velox
de l’Europe occidentale. Toutefois, il serait nécessaire d’examiner l'organe copulateur
pour s'assurer qu'il n'existe pas de différences spécifiques. Il est étrange que le N. velox
typique se trouve à Madère, alors que chacune des lies Canaries possède une espèce
particulière.
(2) Peut-être le N. velox, cité par Pour v de Sicile, est-il en réalité le N. algiricus.
MÉMOIRES du muséum, nouvelle série, tome I. 16
242 D r RENÉ JEANNEL
Elle se trouve, en Algérie, dans les détritus végétaux, parfois aux entrées des
grottes.
Tunisie : Ain Draham (Normand !) ; Camp de la Santé (Normand !). —
Algérie. Constantine : djebel Edough (Bedel!, Portevin !). Alger : Bou-Bérak,
en Kabylie (Puel !) ; Rhar Yaanen [Biosp. 349], Djurjura (Peyerimhofï !) ;
ifri Semedane [Biosp. 345], Djurjura (Peyerimhofï !); Alger (Bedel !, Simon !);
Hammam-Rhira (Bedel !) ; Teniet-el-Had, forêt de Cèdres (Bedel !). Oran :
Termi; Tlemcen (Normand); ravin de Misserghin, entrée d’une grotte
(Jeannel). — Maroc : Tanger (coll. Jeannel).
Espagne. Andalousie : Cordoba (Dieck !) ; Granada (R. Oberthur !).
4. Nargus (s. str.) pinicola Wollaston 1865, Col. Atlant., p.84 et Append.,
p. 12; (Catops); type : Tenerife (Brit. Mus.).
Iles Canaries. Tenerife : ïcod el Alto, assez commun à haute altitude, sous
les feuilles mortes de la forêt de pins (Crotch !).
5. Nargus (s. str.) putridus Wollaston, 1864, Cat. Can. Col., p. 96 (Catops);
type : Palma (Brit. Mus.). — 1865, Col. Atlant., p. 83.
Iles Canaries. Palma : Barranco de Galga, un exemplaire pris à haute
altitude, dans la forêt de Lauriers, sous une écorce pourrie (Wollaston).
0. Nargus (s. str.) Alluaudi, n. sp. ; type : Gran Canaria (Mus. Paris).
Iles Canaries. Gran Canaria ; San Mateo, ait. 1.200 m., trois exemplaires
(Ch. Alluaud !, 1928).
7. Nargus (s. str.) conjungens Saulcy, 1864, Ann. Soc. ent. Fr., p. 427
( Choleva ); type : Jérusalem, cavernes royales (Mus. Paris). —
Reitter, 1906, Wiener ent. Ztg., XXV, p. 141 (Nargus). — notati-
collis Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 44 (nec
Baudi).
Dans les débris végétaux. Répandu dans l’Asie occidentale et l’Asie mineure,
le long des chaînes montagneuses de l’a arc nord-iranien », depuis les monts
Tian-Shan jusqu’à l’Égéide, en suivant les monts du Buchara, l’Hindou-
Kouch, l’Elbourz, et l’Arménie.
L’espèce occupe la même aire asiatique que le genre Cholevinus du groupe des
Catopini , ou encore que les Duvalius s. str. de l’Égéide méridionale (Mon.
Trechinae, 3 e partie, p. 60, fig. 1296).
Asie mineure. Amasia (Korb !) ; Taurus de Lycie (Hauser !); Pétra, île de
Mytilène (Peyerimhofï !). — Palestine : Jérusalem, abondant à l’entrée des
cavernes royales (Saulcy !). — Crète , une femelle (coll. Pic !). — Transcaucasie .
Arménie Russe : vallée de l’Araxe (H. Leder !). — Perse septentrionale
(G. Doria !). — Territoires Transcaspiens : région de Oase Tedschen (Hauser !).
— Buchara oriental : Tschitchan-tan (Hauser !). —- Ferghan : Margelan (Mus.
Wien !). — Dzungarie : Ak-Su-Thaï, prov. Kuliab (Hauser !).
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
243
8. Nargus (s. str.) artitarsis, n. sp.; type : Angora (Mus. Paris).
Asie mineure : Angora (D. Escherich !).
2. Groupe ovatus
9. Nargus (s. str.) ovatus Reitter, 1888, Wiener ent. Ztg., VII, p. 152 ; type :
Circassie (Mus. Paris). — 1906, Wiener ent. Ztg., XXV, p. 142.
Sous les feuilles mortes et dans l’humus, dans les forêts de hêtres du Caucase.
Caucase occidental : Circassie (H. Leder !) ; Aibgo (coll. Jeanne]). —
Russie méridionale. Kuban : Krasnaja Polana (D. Lgocki !).
10. Nargus (s. str.) brevicornis, n. sp. ; type : Adshikent (Mus. Paris).
Caucase. Kuban : Adshikent, une femelle (coll. Jeannel).
11. Nargus (s. str.) cribellarius Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII,
p. 14 ; type : col. du Suram (Mus. Paris). — 1906, Wiener ent.
Ztg.XXV, p. 142.
Espèce localisée dans les monts Messchiis ou de Suram.
Transcaucasie. Kutaïs : col de Suram, dans les monts Messchiis (H. Leder !).
12 Nargus (s. str.) badius Sturm, 1839, Deutschl. Fauna, Ins. XIV, p. 40,
pl. 278 ( Catops ); type : Autriche. — Match, 1928, Col. Cat.,
pars 95, p. 172 (Bibliogr.). — scitulus G. G. Thomson, 1862, Skand.
Col., IV, p. 65 ( Catops ); type : Autriche (nec Erichson). — calabrus
Fleischer, 1914, Wiener ent. Ztg., XXXIII, p. 139 ; type : S. Eu-
femia (cotype in Mus. Paris).
Espèce de l’Europe centrale, répandue dans la péninsule italienne et le nord
de la péninsule balkanique. Dans le nord, elle atteint le sud de la Suède; vers
l’ouest, elle n’est connue que du sud-est de la France.
Sous les feuilles mortes, souvent aux entrées des grottes.
France. Vaucluse : La Bonde (Fagniez !). — Danemark (Hansen). — Hol¬
lande (Everts).— Suède (Thomson) — Allemagne , pas rare, d’après E. Reitter.
— Autriche. Basse-Autriche : Wien (Reitter !); Dornbach (Schlereth !). Styrie :
Maxau (Penecke !). — Roumanie. Transylvanie : Bâita, monts Bihar (Kers-
chefsky !). Monts de Sibiu (Bielz !). Banat : Orçova (Hilf !).
Italie. Ligurie : Ruta (Dodero !); Genova (Dodero !). Toscane : Pratomagno
et Badia Prataglia, prov. di Arezzo (Andreini !); monte Argentario (Stolz !).
Lazio : Filettino (Luigioni !, Straneo !) ; lago Albano, prov. di Roma (Hold-
haus !). Marche : monte Conero, prov. di Ancona (Paganetti !). Monte Gargano :
lago S. Giovanni, monte S. Angelo (Holdhaus !). Puglie : Grottaglio, Le
Murgie (Paganetti !). Abruzzes : Castel di Sangro, prov. di Aquila (Paganetti !).
Calabria : Antonimina; S. Eufemia (Fleischer !) ; Cimina; Geraces (Paganetti!).
Yougoslavie. Slovénie : grotte de « Bründl », près de Gurkfeld, vallée de la
Save (Neumann !). Croatie : monts Kapella (Reitter !). Bosnie : Travnik
(Brandis !) ; « Mâklen Pass » (O. Leonhard !) ; Zepce (Apfelbeck !). — Rul-
garie : Sofia (Rambousek !) ; grotte Maklata pestera, à Micre, Hodza Balkan
2H D' RENÉ JEANNEL
(Iltschev !) ; monts Pirin, au sud du Rhodope (Weirather !). -— Macédoine
grecque : mont Kajmakcalan, au nord de Vodena (Rambousek !).
B. Subgen. Demochrus Thoms.
3. Groupe Mohammedis
13. Nargus (Demochrus) Mohammedis Saulcy, 1864, Ann. Soc. ent. Fr.,
p. 428 ( Choleva)-, type : Jérusalem (Mus. Paris). — Reitter, 1884,
Verh. natf. Ver. Brünn. XXIII, p. 45 (Nargus). — 1906, Wiener
ent. Ztg., XXV, p. 142. — longicornis J. Sahlberg, 1908, Oefv.
Finska Vet. Soc. Fôrh., L, p. 48 ; type : Judée. — annotas IJustache,
1912, Bull. Soc. ent. Fr., p. 346; type : Beyrouth (Mus. Paris).
Syrie : Beyrouth (Saulcy!); Caïfa (Reitter!); monts du Liban (J. Sahl¬
berg !). — Palestine : Jérusalem (Saulcy !).
14. Nargus (Demochrus) densissimus Reitter, 1906, Wiener ent. Ztg., XXV,
p. 143; type : Ordubat (Mus. Budapest).
Transcaucasie. Arménie Russe : Ordubat, vallée de l’Araxe, une femelle
(H. Leder).
15. Nargus (Demochrus) rufipennis Lucas, 1846, Expi. Alg., Zool., II, p. 224,
pl. xxi, fig. 3 ( Catops ); type : Oran (Mus. Paris). — Murray,'1856,
Ann. Mag. nat. Hist., (2) XVIII, p. 392, fig. 40. — Marseul, 1884,
L’Abeille, XXII, p. 116. — rotundangains Reitter, 1884, Verh. natf.
Ver. Brünn, XXIII, p. 45; type : Casablanca (Mus. Paris). — 1906,
Wiener ent. Ztg., XXV, p. 143.
Maroc : Casablanca (Reitter !). — Algérie. Oran : djebel Santon, près d’Oran
(Lucas !).
4. Groupe Wilkini
16. Nargus (Demochrus) Wilkini Spence, 1815, Trans. Linn. Soc. London, XI,
p. 158 ( Choleva ); type: Angleterre. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars
95, p. 172 (Bibliogr.). — Uhagon, 1890, An. Hist. nat. Madrid, XIX,
p. 80. — praecox Erichson, 1837, Kaf. Mark Brand., I, p. 242
(Catops)-, type : Bredow. — flavescens Dejean, 1833, Cat., p. 119
(nom. nud.). —- istrianus Dépoli, 1915, Col. Rundsch., IV, p. 109 ;
type : monte Maggiore.
Toute l’Europe centrale et occidentale. Il existe dans les deux îles Britan¬
niques, en Angleterre, en Ecosse et en Irlande (N. H. Joy), mais pas en Scan¬
dinavie. Il est cité de Hollande (Everts), du Danemark (Hansen) de Prusse
orientale (Seidlitz), mais il est inconnu des pays Baltes et de Finlande.
Toutefois Yakobson l’indique de Pétrograd.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
245
Dans le sud, N.Wilkini occupe toute l’Espagne, toute l’Italie, mais non la
Sicile; il cohabite avec le N. Kraatzi en Bosnie et Herzégovine, mais semble
être remplacé par ce dernier dans le sud de la péninsule Balkanique.
Toujours assez commun sous les feuilles mortes et les débris végétaux des
forêts. Il a été rencontré dans les terriers de Blaireaux en Angleterre (N. H.
Joy) et dans ceux des Lapins à Soissons (Buffévent).
Les exemplaires que j’ai examinés proviennent des stations suivantes :
lies Britanniques. Angleterre : Brasted (Harwood !). — France. Finistère :
Morlaix (Hervé !). Seine-et-Oise : forêt de Saint-Germain (Ch. Brisout !) ;
forêt de Villers-Cotterets (E. Simon !). Oise : forêt de Compiègne (Bedel !).
Seine-et-Marne : Fontainebleau (Méquignon !); Barbison (Jeannel). Moselle :
Spicheren (Ste-Cl. Deville!). Saône-et-Loire : Le Creusot (Ste-Cl. Deville!).
Indre : Chateauroux (Ste Cl. Deville !). Haute-Vienne : Saint-Barbant (Mes-
min !). Cher : Bourges (Ste-Cl. Deville !). Allier : Broût-Vernet (H. du Buys-
son !). Rhône : Lyon (Godart !). Ain : Gex (Ste-Cl. Deville !) ; Colombier
(Bedel !). Puy-de-Dôme : Montaigut (Mascaraux !). Tarn : Castres (Galibert !).
Lozère : mont Aigoual (Argod !). Drôme : Vercors (Argod !) ; col de Menée
(Fagniez !). Hautes-Alpes : Durbon (coll. Jeannel). Basses-Alpes : forêt des
Dourbes (Peyerimhofî !). Vaucluse : mont Ventoux (Chobaut !); mont Lube-
ron (Fagniez !). Bouches-du-Rhône : Sainte-Baume (Abeille !). Var : La Môle
(Ste-Cl. Deville !). — Suisse : Bienne (Mathey !). — Autriche. Basse-
Autriche : Dornbach (Schlereth !).
Espagne : Malaga (Kraatz !). — Italie. Toscane : Badia Prataglia, prov.
di Arezzo (Andreini !). Lazio : Marino; monte Viglio ; Cerveteri (Luigioni !).
Roma (Rafîray !). Campanie : Sicignano, prov. di Salerno (Andreini!). Basi-
licata : Lago Nero (Andreini !). Calabria: Geraces; S. Eufemia d’Aspromonte
(Paganetti !). Istrie : monte Maggiore (Rambousek !).— Roumanie. Transyl¬
vanie : Brasov (Deubel !) ; Sibiu (Pétri !). Banat : Bàile Erculane (Kysely !). —
Yougoslavie. Dalmatie : Krivosije (Matcha !). Bosnie : Bjelasnica planina;
Ivan planina (O. Leonhard !). Macédonie Serbe : mont Péristéri; Jacupica
planina; Galicica (Rambousek !).
17. Nargus (Demochrus) Kraatzi Reitter, 1884, Deutsche ent. Zs., XXVIII,
p. 142 ( Choleva)\ type : Attique (Mus. Paris). — 1884, Verh. natf.
Ver. Briinn, XXIII, p. 45. — 1906, Wiener ent. Ztg., XXV, p. 144.
— 1907, 1. c., XXVI, p. 30. — balcanicus Apfelbeck, 1909, Glasn.
Mus. Bosn. Herceg., XXI, p. 495; 1912, Wiss. Mitt. Bosn. Herzeg.,
XII, p. 656; type : Igman planina (Mus. Paris).
Espèce bien distincte du N. Wilkini et la remplaçant dans tout le sud de la
péninsule Balkanique. Elle est aussi fréquemment confondue avec le N.
phaeacus Reitt., décrit comme variété insulaire du Kraatzi , mais qui forme un
espèce bien différente.
Yougoslavie. Bosnie : Igman planina, Bjelasnica planina (Apfelbeck!);
Vran planina (Weirather !) ; Jahorina planina, sud de Sarajevo (Weirather !) ;
246
Dr RENÉ JEANNEL
Semec planina, sud-est de la Bosnie (Weirather!). Herzégovine : mont Orjen
(Weirather !). Monténégro : Ledenica planina; Corstnica planina (Weirather !).
— Albanie : Vermosa, dans les Alpes Albanaises (Penther !). — Bulgarie :
monts Pirin, au sud du Rhodope (Weirather !). — Grèce. Attique (Reitter !>
Kraatz !). Péloponèse : Cumani (Brenske !).
18. Nargus (Demochrus) longulus, n. sp.;type : monts Davras (Mus. Paris).
Asie mineure. Taurus de Pisidie : grotte des monts Davras, au sud-est
d’Isparta, deux exemplaires vivants et de nombreux cadavres (Weirather !).
19. Nargus (Demochrus) phaeacus Reitter, 1906, Wiener ent. Ztg., XXV,
p. 143 ; type : Corfou (Mus. Budapest). — 1907, 1. c., XXVI, p. 30.
— Unionis J. Sahlberg, 1908, Oefv. Finska Vet. Soc. Fôrh., L,
p. 47; type : Smyrne.
Espèce très tranchée par ses caractères sexuels, répandue sur les restes de
l’Égéide méridionale, aussi bien en Asie mineure qu’en Grèce et dans les îles
Ioniennes.
Grèce. Macédoine : Keretchkoi (Schatzmayr !). Attique : mont Hymète
(Strupi !); mont Parnasse (Hauser!).— Corfou (Paganetti!, J. Sahlberg!,
Mathias !). — Céphalonie : Mégalo Vuno (Leonhard !) ; Samos (Winkler !). —
Crète : Hag. Varvara (Holtz !). — Asie mineure : Smyrne (coll. Kraatz!);
Taurus de Lycie (Hauser !).
20. Nargus (Demochrus) taborensis J. Sahlberg, 1908, Oefv. Finska Vet. Soc.
Fôrh., L, p. 47; type : mont Tabor.
Palestine : mont Tabor, près de Nazareth, en criblant des feuilles mortes
(J. Sahlberg).
21. Nargus (Demochrus) Leonhardi Reitter, 1906, Wiener ent. Ztg., XXV,
p. 144 ; type : Cephalonie (Mus. Budapest.). — 1907, 1. c., XXVI,
p. 30.
Espèce très différente de N. phaeacus et spéciale à l’île de Céphalonie.
Céphalonie : Mégalo Vuno (O. Leonhard ; Winkler !).
22. Nargus (Demochrus) turkestanicus Reitter, 1906, Wiener ent. Ztg., XXV,
p. 144 ; type : Samarkand (Mus. Paris).
Turkestan. Samarkand (Maly !).
23. Nargus (Demochrus) aptus Peyerimhoff, 1917, Ann. Soc. ent. Fr., p. 129,
fig. 7 ; type : Bou Zegza (coll. Peyerimhoff et Mus. Paris).
Espèce endogée, vivant sous les grosses pierres.
Algérie. Alger, massif Kabyle : djebel Bou-Zegza, près de Palestro (Peye¬
rimhoff !) ; Bou-Bérak, en Kabylie orientale (Puel !).
24. Nargus (Demochrus) siculus, n. sp. ; type : Ficuzza (Mus. Paris).
Sicile : Ficuzza (O. Leonhard ! ; A. Dodero !).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
247
5. Groupe nikitanus
25. Nargus (Demochrus) fungicola Kolenati, 1846, Melet, ent., V, p. 51
(Catops) ; type : Elisabethpol. — Murray, 1856. Ann. Mag. Nat.
Hist., (2) XVIII, p. 392. — Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn,
XXIII, p. 46 (Nargus). — 1906, Wiener ent. Ztg., XXV, p. 145
Dans les champignons, dans les forêts du Caucase.
Caucase : Circassie (H. Leder !). — Transcaucasie. Tiflis : Katharinenfeld
(Leder). Elisabethpol (Kolenati).
26. Nargus (Demochrus) Lederi Weise, 1877, Verh. natf. Ver. Brünn, XVI.
p. 144 ( Choleva ); type: Mamuldy (cotype in Mus. Paris).— Reitter,
1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 46 (Nargus). — 1906,
Wiener ent. Ztg., XXV, p. 145.
Myrinécophile, trouvé dans des nids de Fourmis (indéterminées) en no¬
vembre.
Caucase. Tiflis : vallée Elisabet, près de Tiflis ; Mamuldy (H. Leder !). Dag¬
hestan (H. Leder !).
27. Nargus (Demochrus) nikitanus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn.
XXIII, p. 46; type : Monténégro (Mus. Paris). — 1906, Wiener ent.
Ztg., XXV, p. 144. — Ganglbauer, 1899, Kâf. Mitteleur., III, p. 121.
La distribution de cette espèce est remarquable : elle occupe le sud des
monts Dinariques, l’Albanie et, d’autre part, l’Asie mineure; sans qu’elle soit
connue de Grèce.
Yougoslavie. Bosnie : col de Màklen (O. Leonhard !). Herzégovine (E.
Reitter !). Monténégro, environs de Cetinje (Reitter !). — Albanie : monts
Tomorica et mont Tartarit (Bischoff !). — Asie mineure : environs d’Angora
(Escherich !) ; Bulghar Maden, au nord du Bulghar dagh (Bodemeyer !).
28. Nargus (Demochrus) nitidicollis, n. sp. ; type : mont Kybelion (Mus. Paris).
Asie mineure. Taurus d’Isaurie : mont Kybelion, un mâle (Weirather !).
29. Nargus (Demochrus) lenkoranus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn,
XXIII, p. 45 ; type : Lenkoran (Mus. Paris). — 1906, Wiener ent.
Ztg., XXV, p. 144.
Transcausasie, territoires Caspiens. Talysch : Liryk, Lenkoran, versant nord
de l’Elbourz (IL Leder !).
6. Groupe brunneus
30. Nargus (Demochrus) brunneus Sturm, 1839, Deutschl. Fauna, 1ns., XIV,
p. 38, pl. 278, fig. A (Catops) ; type : Autriche. — Hatch, 1928, Col.
Cat., pars 95, p. 173 (Bibliogr.). — Uhagon, 1890, An. Hist. nat.
Madrid, XIX, p. 82.
248
D' RENÉ JEANNEL
Europe centrale, assez rare. En Roumanie, K. Pétri l’a trouvé dans des
nids d’hirondelles et dans des terriers de renards.
L’aire géographique de cette espèce couvre toute la périphérie des Alpes,
des Carpathes et des Pyrénées. Elle s’est avancée vers l’ouest jusqu’aux envi¬
rons de Paris et en Espagne jusqu’à la sierra Nevada. Porta la cite du sud de
l’Italie, mais cette indication devra être confirmée.
France. Seine-et-Oise : Chambourcy, près de Saint-Germain (Léveillé !)
Savoie (Morel !). Isère : Grenoble (Agnus !). Bouches-du-Rhône ; Sainte-
Baume (Ph. Grouvelle). Aude : Trèbes (Gavoy !) ; Lagrasse (Gavoy !). Pyré¬
nées-Orientales : Banyuls (Jeannel). — Espagtie. Catalogne : Roccalaura
(M. de Xaxars !). Madrid : Escorial (R. Oberthür !) ; S. Ildefonso (Martinez!).
Granada : Sierra Nevada (Sharp !, in Brit. Mus.).
Suisse : Berne (Mathey !). — Allemagne : Saxe (Kraatz !). — Autriche.
Basse-Autriche : Môdling, près de Wien (Reitter !, Schlereth !). — Tchéco¬
slovaquie. Bohême : Prague (Skalitzkv !) ; Chabry (Obenberger !) ; Jung-
bunzlau (Skalitzky !).
Italie. Piémont : Oriolo, près de Voghera, nord des Apennins (Solari !). Tos¬
cane : Lippiano, prov. di Arezzo (Andreini !). Lazio : Aniene (Luigioni !) ;
Rieti ; monte Cimino (Raffray !). Abruzzes : monte Marsicano (Raffray !). —
Yougoslavie. Slovénie : Ljubljana (Abeille !). — Roumanie. Valachie :
Bucarest (Montandon !). Transylvanie : Braçov (Deubel) ; Sigisoarâ (Pétri !).
31. Nargus (Demochrus) armeniacus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Briinn,
XXIII, p. 46 ; type : Elisabetpol ('). — 1906, Wiener ent. Ztg.
XXV, p. 145.
Caucase. Daghestan (Leder !). — Transcaucasie : Elisabetpol (Leder).
32. Nargus (Demochrus) anisotomoides Spence, 1815, Trans. Linn. Soc. Lon¬
don, XI, p. 157 (Choleva)', type : Angleterre. — Hatch, 1928, Col.
Cat., pars 95, p. 174 (Bibliogr.). — Uhagon, 1890, An. Hist. nat.
Madrid, XIX, p. 84. — Porta, 1926, Faun. Col. Ital., II, p. 322. —
N. H. Joy, 1932, Pract. Handb. Brit. Beetl., I, p. 493.
b. Subsp. islamita Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 47 ;
type : Bosnie (Mus. Paris). — 1906, Wiener ent. Ztg., XXV, p. 145.
— Ganglbauer, 1899, Kâf. Mitteleur, III, p. 123.
Souvent très commun dans les débris végétaux et signalé des terriers de
Lapins et de Blaireaux dans la France centrale, par Méquignon. D’après
Wasmann, il se prendrait souvent en nombre dans les nids de Lasius fuligi-
nosus Latr. et L. brunneus Latr., mais en serait un hôte accidentel. Mesmin
l’a recueilli à Saint-Barbant, Haute-Vienne, dans des fourmilières de Lasius
alienus Forst. et de Formica pratensis De G. [L. Berland det.].
Répandu dans toute l’Europe centrale et occidentale. On le rencontre com-
(4) Elisabelpol est la provenance du type indiquée par E. Reuter. Mais l’exemplaire
unique, ÿ, de sa collection acquise par A. Grocvelle et actuellement déposée au Muséum
de Paris, est étiqueté « Daghestan ».
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
249
munément dans la Grande-Bretagne, jusqu’en Écosse, mais il fait défaut en
Irlande. Il est cité du Danemark (Hansen) et du sud de la Scandinavie
(Grill), mais non de Finlande. Dans l’est, Yakobson l’indique de Volhynie et
de Kiev. Dans la région méditerranéenne, il occupe les trois péninsules, mais
aucune île, sauf Corfou.
a. Subsp. anisotomoides s. str. — Iles Britanniques. Angleterre : Newbury,
Berkshire co. (Harwood !) ; Goodwood, Sussex co. (Harwood !). — France.
Seine : Hautes-Bruyères (Jeannel). Seine-et-Oise : Chaville (Bedel !). Oise :
Clermont (Ste-Cl. Deville !). Seine-et-Marne : Fontainebleau (Gruardet).
Marne : Reims (Abeille !). Haute-Marne : Saint-Dizier (Ste-Cl. Deville !).
Aisne : Marolles (Ste-Cl. Deville !). Meurthe-et-Moselle : Nancy (Bedel !). Loir-
et-Cher : Vendôme (Méquignon !). Cher : Bourges (Ste-Cl. Deville !). Haute-
Vienne : Saint-Barbant (Mesmin !). Allier : Broût-Vernet (H. du Buysson !).
Loire-Inférieure : Le Pallet (Bedel !). Rhône : Lyon (Godart !). Isère :
Vienne (Falcoz !). Haute-Garonne : Toulouse (H. du Buysson !).
Espagne. Catalogne : Montserrat (Martorell).
Italie. Répandu dans toute la péninsule, d’après Porta ; je l’ai vu de diverses
localités de Toscane et du Lazio, de Trieste (Gridelli !) et d’Istrie : Fuzine
(O. Leonhard!).
Suisse : Nidau (Mathey !). Autriche : Wien (Mus. Wien !). Tchécoslovaquie.
Bohême : Premiçlevi (Rambousek !). — Roumanie. Banat : Orsova (Hilf !) ;
N. Bocsàn (Mus. Budapest!). — Yougoslavie. Croatie (Reitter!). — Bulgarie
Cerepis, dans le Hodza Balkan (Rambousek !).
b. Subsp. islamita Reitt. — Yougoslavie. Bosnie (Reitter !). Bosnie :
Bjelasnica planina(0. Leonhard !). Herzégovine (Reitter !).— Grèce. Attique
(Reitter!). Corfou (Paganetti !).
38. Gen. CHOLEVA Latreille
Choleva Latreille, 1796, Préc. Car. gén. Ins., p. 14; type : Choleva cisteloides
Frôlich. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 25 (Révision). —
Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 176 (Bibliogr.).— Krogerus, 1926,
Not. ent., VI, p. 1. — Van der Wiel, 1931, Tijdschr. Ent., LXXIV,
p. 187. — N. H. Joy, 1932, Pract. Handb. Brit.’ Beetles, I, p. 492.
Subgen. Cholevopsis Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 43 ; type:
Ch. spadicea Sturm. — 1923, L’Abeille, XXXII, p. 29.
Taille de 4 à 8 mm. Ailés. Forme générale allongée et étroite. Ponctuation
de la tète et du pronotum disposée sans ordre, celle des élytres râpeuse, très
vaguement alignée en travers, mais sans former de strioles transverses. Tégu¬
ments pubescents, souvent de longues soies dressées sur les élytres.
Tête rétractile, la carène occipitale peu saillante, le front allongé, nettement
séparé de l’épistome par une suture. Yeux bien développés. Palpes maxillaires
comme chez les Nargus. Antennes grêles, longues, un peu épaissies au sommet,
250
J> ItENE JEANNEE
les articles du funicule allongés, le 3 toujours très long, la massue bien déliée,
le dernier article sensiblement de même longueur que l’avant-dernier.
Pronotum plus étroit que les élytres, rarement aussi large qu’eux ( agilis ,
dorsigera), toujours rétréci à la base, les angles postérieurs très arrondis.
Disque peu convexe, les côtés toujours plus ou moins explanés ou relevés.
Ëlytres allongés, à gouttière marginale étroite, l’apex ne cachant pas le pygi-
dium. Strie suturale toujours nette, parallèle à la suture ; stries très superfi¬
cielles, finement ponctuées. Épipleures larges.
Fig. 486-490 : Genre Choiera Latreille, sacs internes, face dorsale, x 45. — Fig. 486.
Ch. spadicea St., d’Herkulesbad. — Fig. 487. Ch. paskoviensis Reitt., de Galicie. —
Fig. 488. Ch. dorsigera Mars., d’Akbès. — Fig. 489 Ch. Marseuli Jeann., d’Adana. —
Fig. 490. Ch. oblonga Latr., de Camargue.
Mésosternum non caréné, les cavités coxales intermédiaires fusionnées.
Pattes longues et robustes, les hanches antérieures très grandes, coniques,
presque trois fois aussi longues que larges. Fémurs très grands, dépassant le
contour du corps de la moitié de leur longueur. Tibias non épineux, armés
d’éperons internes courts et simples et d’une frange régulière d’épines égales
alignées au bord apical du côté externe et dorsal. Tarses postérieurs très longs,
presque aussi longs que le tibia.
Caractères sexuels secondaires. — Les mâles sont de forme plus grêle et ont
des antennes plus fines et plus longues, les pattes en général bien plus robustes,
les tarses antérieurs largement dilatés. De plus, on observe des caractères
sexuels variables selon les espèces. L’abdomen est souvent sillonné sur la ligne
médiane chez les mâles. Chez Ch. agilis les tibias intermédiaires sont coudés
chez les mâles ; chez Ch. Bedeli les hanches postérieures sont appendiculées.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
251
Chaque espèce enfin présente un type particulier de trochanters postérieurs
mâles, dont les caractères sont précieux pour la systématique.
Il existe enfin aussi des caractères sexuels secondaires propres aux femelles.
Ceux-ci portent sur la conformation de l’angle suturai des élytres et surtout
sur celle du tergite du segment génital dont les variations spécifiques sont très
remarquables.
Le segment génital mâle est semblable à celui des Nargus. Les organes
copulateurs mâle et femelle ont été décrits avec détails dans ma Révision des
Fig. 491-494 : Genre Choleva Latreille, sacs internes, face dorsale, X 45. — Fig. 491.
Ch. nivalis Kr., des Bescides. — Fig. 492. Ch. Doderoi Br., de Sardaigne. — Fig. 493.
Ch. oresitropha Ganglb., de la Rodna. — Fig. 494. Ch. Reitteri Pétri, du Bihar.
Choleva. L’organe mâle est toujours assez arqué, épais, symétrique ; le pénis
est atténué au sommet, sa pièce basale et le tegmen sont relativement longs.
Les styles sont toujours très gros, très grands, plus ou moins comprimés laté¬
ralement, très différents par leur développement de ceux des Catops ; leur
extrémité porte deux petites soies insérées sur la face interne et dirigées en
dedans.
Le sac interne (fig. 486 à 498), à paroi épaisse, porte une armature moyenne
et basale de dents, d’épines ou de phanères composées plus ou moins spécia¬
lisées sur la face ventrale ; il présente de plus une grosse dent apicale impaire
et ventrale dont la pointe apparaît entre les ligules fermant l’orifice apical du
pénis ; cette dent ventrale manque chez les Cholevopsis, elle est toujours pré¬
sente chez les Choleva s. str.
Le genre Choleva est strictement paléarctique. Beaucoup d’auteurs ont attri-
Fig. 499 : Aires de répartition de deux espèces du genre Choleva Lalr. : Ch. anguslaLa
F., type atlantique (traits verticaux) et Ch. cisteloides FriM., type hercynien (traits hori¬
zontaux).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
2o3
bué à ce genre des espèces du monde entier (Hatch, Col. Cat., 1928), qui n’a¬
vaient avec les véritables Choleva que de vagues ressemblances et qui se trou¬
vent, dans cette Monographie, réparties dans les diverses tribus des Catopidae.
Dérivés d’une souche sans doute venue d’Asie, les Choleva existent en
Europe depuis le début du Tertiaire et leurs espèces se sont différenciées sur les
massifs hercyniens pendant le Nummulitique. Actuellement, les espèces ont
des distributions très remarquables. Quelques-unes sont localisées dans des
habitats spéciaux, soit reléguées au sommet de montagnes ( sparsicollis ,
oresitropha), soit même myrmécophiles (dorsigera). Les espèces largement dis¬
tribuées ont souvent des aires géographiques très discontinues ; presque toutes
ont des tendances lucifuges. Plusieurs sont excessivement rares et ne se trou¬
vent guère que dans les détritus d’inondations ( spinipennis ), d’autres sont
endogées ( nivalis , biharica ) ou pénètrent dans les cavernes, d’autres enfin se
sont installées dans les terriers souterrains des Lapins, des Taupes ou des
Hamsters.
Premier tableau des groupes d’espèces
BASÉ SUR LES CARACTÈRES SEXUELS
1. Pas de dent ventrale à la partie apicale du sac interne, mais par
contre une dent dorsale, plus ou moins grande. Tergite génital des
femelles non différencié. Subg. Cholevopsis Jeann.
— Une dent ventrale à la partie apicale du sac interne. Tergite géni¬
tal des femelles différencié. Subg. Choleva, s. str.
2. Armature copulatriee impaire, portée sur un pli médian unique de
la paroi ventrale du sac. Antennes comprimées. Très large. Tro¬
chanters simples. Tergite génital des femelles en forme de raquette
ovalaire. 1. Groupe dorsigera (p. 250 ).
—Armature copulatriee paire, disposée de part et d’autre d’un sillon
médian, constituée par des épines nombreuses et non différenciées ;
pas de phanères composées. Antennes non comprimées. 3.
— Armature copulatriee paire, portée sur deux plis bordant le sillon
médian ventral ; des phanères composées. Antennes non comprimées. 4.
3. Epines du sac interne courtes, groupées en bandes longitudinales.
Dent ventrale courte, multifide ou crénelée. Trochanters posté¬
rieurs mâles pointus. Tergite génital femelle carré ou subtriangulaire.
Pronotum à base large. 2. Groupe agilis (p.260).
— Epines du sac interne courtes, disposées en bandes longitudinales.
Dent ventrale élargie en palette à bord denté. Trochanters pos¬
térieurs en forme de gouge. Tergite génital femelle en triangle
allongé, sa base étroite et peu cliitinisée. 3. Groupe oblonga (p. 26b).
— Épines du sac interne longues, groupées en six paquets ou faisceaux
compacts. Trochanters postérieurs mâles effilés, en général coudés.
Tergite génital femelle long, creusé en gouttière. 4. Groupe nivalis (p. 265 ).
254
IJ' RENÉ JEANNEL
4. Sac avec deux paires de grandes phanères conchoïdes, en forme de
castagnettes ; deux paires latérales de grosses dents dans la partie
apicale. Trochanters de type nivalis. Tergite génital femelle très
petit, subcarré, plan. 5. Groupe oresitropha (p. 26‘6“).
— Sac avec deux phanères en forme de gros crochets recourbés vers
la base et terminés en spatules denticulées. Trochanters de type
nivalis. Tergite génital femelle long et creusé en gouttière.
. 6. Groupe Reitteri (p. 266).
Fig. 500-511 : Genre Choleva Latr., contours du pronotum, x 10. — Fig. 500. Ch. spaclicea
St., mâle. — Fig. 501. Ch. paskoviensis Reitt., mâle. — Fig. 502. Ch. garganona Reitt.,
mâle. — Fig. 503. Ch. Winkleri Jeann., mâle. — Fig. 504. Ch. major Fairm., femelle. —
Fig. 505. Ch. Marseuli Jeann. mâle. — Fig. 506. Ch. agilis 111., mâle. — Fig. 507.
Ch. jailensis Jeann., femelle. — Fig. 508. Ch. Barnevillei Tourn., mâle. — Fig. 509.
Ch. oblonga Latr., mâle. — Fig. 510. Ch. villosa Jeann., femelle. — Fig. 511. Ch. ore-
sitropha Gangl., mâle.
— Sac avec deux crêtes longitudinales composées, en forme de mors
d’étau, et deux grosses dents dans la partie moyenne. Trochanters
postérieurs mâles courts, simples, ou dentés Angle apical des élytres
toujours arrondi chez les femelles. Tergite génital femelle très
variable... 7. Groupe cisteloides (p. 267).
-— Sac avec deux phanères basales simples, placées de part et d’autre
du sillon. Trochanters postérieurs mâles variables, courts ou acuminés,
jamais tordus. Fémurs dentés ou non. Angle apical des élytres des
femelles denté ou non. Tergite génital femelle très long et creusé
en gouttière. 8. Groupe Sturmi (p. 271).
A ces huit groupes de Choleva s. str., il faut en ajouter un neuvième pour
recevoir le Ch. angistrina, dont le mâle est inconnu.
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
255
Deuxième tableau des groupes d’espèces
NE TENANT PAS COMPTE DE l’oRGANE COPULATEUR
1. Élytres très bombés en arrière, tout le tiers postérieur très déclive.
Pronotum toujours plus étroit que les élytres, ses côtés fortement
soulevés en arrière. Ponctuation forte, peu serrée, irrégulière,
surtout sur les élytres, les stries ponctuées. Pubescence longue et
Fig. 512-526 : Genre Choleva Latr., contours du pronotum, x 10. — Fig. 512. Ch. nivalis
Kr., mâle. — Fig. 513. Ch. Breiti Jeann., mâle. — Fig. 514. Ch. Breiti Jeann., femelle.
— Fig. 515. Ch Reitteri Pétri, mâle. — Fig. 516. Ch. Solarii Jeann., mâle. — Fig. 517.
Ch. Doderoi Br., mâle. — Fig. 518. Ch. Zolotarevi Reilt., mâle. — Fig. 519. Ch. obscu-
ripes Iteitt., mâle. — Fig. 520. Ch. cisteloides Frôl., mâle. — Fig. 521. Ch. bicolor Jeann.,
mâle. — Fig. 522. Ch. Fagniezi Jeann., mâle. — Fig. 523. Ch. Jeanneli Britt, mâle. —
Fig. 524. Ch. elongala Payk., mâle. — Fig. 525. Ch. libanotica Reitt., mâle. — Fig. 526.
Ch. sparsicollis Reilt , mâle.
hérissée. Subgen. Cholevopsis Jeann.
— Élytres régulièrement convexes, non bombés en arrière, la déclivité
apicale courte. Pronotum variable. Ponctuation des élytres râpeuse,
presque toujours fine et serrée, grossièrement alignée en travers, les
stries lisses ou parfois vaguement ponctuées (oresitropha) .
. Subgen. Choleva, s. str.
2. Pronotum très transverse, sa plus grande largeur après le milieu, la
base nettement plus large que le bord antérieur. 3.
— Pronotum plus ou moins transverse, mais avec sa plus grande
largeur au milieu ou en avant de lui, pas plus rétréci en avant
S56 î> RENÉ JEANNEL
qu’en arrière, la base sensiblement de même largeur que le bord
antérieur. 4.
3. Antennes à massue aplatie. Forme générale large et peu convexe ;
le pronotum des deux tiers plus large que long. Roux testacé
avec la tête, le disque du pronotum et l’apex des élytres rembrunis.
Ponctuation fine et serrée. 1. Groupe dorsigera (p. 250).
— Antennes à massue subcylindrique. Forme générale moins large et
plus convexe ; le corps au moins quatre fois aussi long que large..
. 2. Groupe agilis (p. 260).
4. Pronotum très large, de moitié plus large que long. Ponctua¬
tion des élytres forte et peu serrée, mais les stries lisses. Pubescence
hérissée. Antennes longues et fines. Trochanters postérieurs mâles
simples, acuminés (Ch. Barneviïlei , Algérie).. 2. Groupe agilis (p. 260).
— Pronotum bien moins large. Ponctuation des élytres fine et serrée.. 5.
Mâles
5. Trochanters postérieurs mâles en forme de gouge. Coloration pâle ;
pubescence longue et dressée. Élytres fortement striés, les inter¬
stries plus fortement ponctués. 3. Groupe ohlonga (p. 260).
— Trochanters postérieurs mâles en pointe longue et brusquement
coudée en arrière. Fémurs non dentés. 6.
— Trochanters postérieurs mâles prolongés en longue pointe aiguë,
droite, accolée au bord postérieur du fémur ; celui-ci denté au tiers
basal. 8. Groupe Sturmi (p. 271).
■— Trochanters postérieurs mâles de formes diverses, mais courts. 8.
6. Pronotum vaguement trapézoïde, ses côtés très peu arrondis.
Antennes épaisses. Élytres allongés, à stries effacées mais ponctuées;
pubescence fine et couchée. Petite taille (4,5 à 5 mm.)..
. 5. Groupe oresitropha (p. 266).
— Pronotum à côtés bien arrondis. Antennes grêles. Stries des élytres
nettes, à ponctuation imperceptible. 7.
7. Sommet des trochanters postérieurs mâles tronqués et amincis en
bord tranchant. Sommet du pénis bifide. 4. Groupe nivalis (p. 265).
■— Sommet des trochanters postérieurs mâles effilés en pointe. Som¬
met du pénis simple. 6. Groupe Reitteri (p. 236).
8. Tarses antérieurs mâles à peine dilatés, plus étroits que le sommet
du tibia. Trochanters effilés en pointe. Petite taille (5 mm.) (Ch.
Doderoi, Sardaigne). 4. Groupe nivalis (p. 265).
•— Tarses antérieurs mâles dilatés, à peu près aussi larges que le
sommet du tibia. 9.
9. Pronotum mesurant sa plus grande largeur avant le milieu, les côtés
rétrécis en arrière en ligne presque droite. Grandes espèces de colo¬
ration pâle ; les tarses antérieurs mâles très dilatés. Antennes
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
257
rougeâtres, plus longues. 8. Groupe Sturmi (p. 27 i)
— Pronotum mesurant sa plus grande largeur au milieu, ses côtés
arrondis en arrière. Petites espèces de coloration foncée ; les tarses
antérieurs moins dilatés. Massue des antennes moins allongée..
. 7. Groupe cisteloides (p. 267).
Femelles
5. Angle suturai des élytres denté. 6.
— Angle suturai des élytres non denté, droit ou arrondi. 7.
6. Forme générale épaisse et très renflée, le pronotum transverse, mais
plus étroit que les élytres. Élytres à ponctuation fine et pubescence
hérissée. Grosse espèce de coloration noire (Ch. biharica , Bihar).
. 4. Groupe nivalis (p. 265).
— Forme générale oblongue, allongée, le pronotum aussi large que les
élytres. Élytres à pubescence couchée. 8. Groupe Sturmi (p. 27 1).
7. Pubescence couchée des élytres longue, un peu relevée, les poils
dressés nombreux. 8.
— Pubescence couchée des élytres courte, fine, non relevée, les poils
dressés très petits et rares, visibles seulement au sommet. 12.
8. Pronotum transverse, d’un tiers plus large que long, ses côtés bien
arrondis (Ch. villosa , Grèce). 3. Groupe oblonga (p. 264).
— Pronotum moins large. 9.
9. Pronotum petit et convexe, presque aussi long que large. Stries des
élytres à peine visibles. 9. Groupe angistrina (p. 274).
— Pronotum transverse. 10.
10. Poils dressés des élytres très longs, alignés sur les interstries, au
moins à la base. 6. Groupe Reitteri (p. 266).
— Poils dressés des élytres courts, disposés sans ordre. 11.
11. Grande espèce de forme épaisse; noire avec les antennes et les
pattes rougeâtres (Ch. nivalis) . 4. Groupe nivalis (p.265).
— Taille moyenne ; forme oblongue ; rougeâtre uniforme.
. 3. Groupe oblonga (p. 264).
12. Côtés du pronotum très peu arrondis. Élytres à stries ponctuées, la
ponctuation des interstries effacée. Antennes très épaissies, les articles
de la massue à peine plus longs que larges. 5. Groupe oresitropha (p. 266).
— Côtés du pronotum normalement arrondis. Élytres à stries lisses et
interstries normalement ponctués. 13.
13. Articles de la massue des antennes trois fois plus épais que ceux
du funicule. Petite espèce de coloration pâle, avec les angles
postérieurs du pronotum bien marqués (Ch. Doderoi, Sardaigne)..,
. 4. Groupe nivalis (p. 265).
— Articles de la massue des antennes deux fois aussi épais que ceux du
funicule. 14.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome 1. 17
258
D r RENÉ JEANNEL
14. Grande taille (6 mm.). Antennes et pattes rougeâtres. Article 8 des
antennes deux fois aussi long que large ( Ch. Breiti) .; .
. 4. Groupe nivalis (p. 265).
— Taille moyenne (4 à 5 mm.). Antennes rembrunies, pattes tes-
tacées. Article 8 des antennes au plus une fois et demie aussi long
que large. 7. Groupe cisteloides (p. 267).
Tableau des espèces
A. Subgen. Cholevopsis Jeannel
1. Antennes grêles, à article 8 semblable au 9. Pronotum subcarré, peu
convexe, à côtés peu arrondis. Élytres elliptiques, à gouttière latérale
Fig. 527-536 : Genre Choleva Latr. — Fig. 527. Ch. spadicea St., organe copulateur, face
ventrale, X AO. — Fig. 52S. Trochanter postérieur droit, face ventrale, x 30. —
Fig. 529. Segment génital femelle, tergite et pleurites, face dorsale, x AO. — Fig. 530.
Ch. garganona Reitt., organe copul. mâle, face ventrale, X AO. — Fig. 531. Ch. pasko-
viensis Reitt., organe copul. mâle, face ventrale, X AO. — Fig. 532. Dent ventrale du
sac interne, X AO. — Fig. 533. Trochanter postérieur droit du mâle, face ventrale,
X 30. — Fig. 53A. Segment génital femelle, face dorsale, x AO. — Fig. 535. Sternite et
styles du même. — Fig. 536. Ch. major Fairm., segment génital femelle, face dorsale,
X AO.
large. Testacé rougeâtre, la moitié apicale des élytres brune. Tro¬
chanters postérieurs mâles droits et acuminés. Long. 6 à 8 mm.
(Syrie, Palestine). [Fig. 504 et 536]. 5. major Fairm.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
259
— Antennes à article 8 bien plus court que le 9. 2.
2. Antennes épaissies dès la base dans les deux sexes. Trochanters pos¬
térieurs mâles longs, étroits, coudés en arrière, élargis et aplatis
au sommet, le bord apical tranchant. 3.
— Antennes grêles dans les deux sexes. Trochanters postérieurs mâles
courts, épais, terminés en pointe droite. 4.
3. Pronotum bien plus étroit que les élytres, à peine d’un cinquième plus
large que long. Elytres très convexes. Brun noirâtre foncé brillant,
avec la base des élytres rougeâtre ; antennes fortement rembrunies
dans leur moitié apicale. Pubescence longue. Sommet du pénis en
angle obtus, arrondi, sans bec saillant. Long. 4,5 à 5 mm. (Europe
centrale). [Fig. 487, 501, 531-535]. 3. paskoviensis Reitt.
— Pronotum presque aussi large que les élytres, d’un tiers plus large
que long. Élytres très larges. Brun testacé uniforme. Pubescence
courte. Long. 5,5 mm. (Espagne). 4. punctata Ch. Bris.
4. Ponctuation très irrégulière sur les élytres dont la surface est
bosselée. Antennes fines à la base, la massue bien tranchée. Pronotum
transverse, très convexe. Élytres très convexes et comprimés laté¬
ralement. Tarses antérieurs mâles plus étroits que le sommet du tibia,
leur premier article allongé. Brun foncé brillant, les antennes rem¬
brunies. Pénis petit, grêle, peu arqué, le sommet atténué et mousse.
Long. 4,8 mm. (Abruzzes). [Fig. 502 et 530]. 2. garganona Reitt.
— Ponctuation régulière, les élytres, non bosselés. Antennes à massue
peu épaissie. Pronotum étroit et peu convexe. Élytres non compri¬
més latéralement. Tarses antérieurs mâles plus larges que le sommet
du tibia, leur premier article ovalaire. Pénis court et large, aplati,
peu arqué ; le sommet large, brusquement atténué et terminé par un
petit bec apical mousse. Long. 5 à 7 mm. (Europe centrale). [Fig. 486,
500, 503, 527-529]. 1. spadicea Sturm.
a. Taille moyenne. Pronotum moins large. Dent dorsale du
sac interne non tordue vers la droite. Testacé brunâtre
foncé. Long. 5 à 5,5 mm. subsp. spadicea, s. str.
— Grande taille. Pronotum plus large. Dent dorsale du sac
tordue à droite. Long. 7 mm. (Carpathes et monts Bihar)..
. subsp. Winkleri Jeann.
B. Subgen. Choleva, s. str.
1. Groupe dorsigera
1. Élytres ovales, peu atténués à l’apex, les stries effacées, la pubes¬
cence fine et couchée. Trochanters postérieurs courts et obtus.
Pénis court, régulièrement arqué, le sommet largement anguleux,
sans bec saillant. Dent apicale du sac bien développée. Long.
D r RENÉ JliANNËL
260
5,5 mm. (Grèce, Syrie, Palestine). [Fig. 488 et 537-541], 6. dorsigera Mars.
—- Élytres elliptiques, très atténués au sommet, les stries nettes, la pu¬
bescence hérissée. Trochanters postérieurs petits mais acuminés. Pénis
long, étroit, ,1e sommet longuement effilé, infléchi' dorsalement et
Fig. 537-346 : Genre Choleva Latr. — Fig. 537 et 538. Ch. dorsigera Mars., d’Akbès, organe
copul. mâle, face dorsale et face ventrale, x 40. — Fig. 539. Dent ventrale du sac
interne, x 60. — Fig. 540. Trochanter postérieur droit du mâle, x 30. — Fig. 54t.
Segment génital femelle, face dorsale, x 40. — Fig. 542 et 543. Ch. Marseuli Jeann.,
d'Adana, organe copul mâle, face dorsale et face ventrale, x 40. — Fig. 544. Dent
ventrale du sac, x 40. — Fig. 545. Trochanter postérieur droit du mâle, x 30. —
Fig. 546. Tergite du segment génital femelle, x 40.
terminé par un petit bec recourbé. Dent apicale du sac réduite.
Long. 5,5 mm. (Adana). [Fig. 489, 505, 542-546], 7. Marseuli Jeann.
2. Groupe agilis
1. Élytres à ponctuation forte et peu serrée, la pubescence longue et
un peu redressée. Forme courte et convexe. Tibias intermédiaires
mâles simples. 2.
— Élytres à ponctuation fine et serrée, la pubescence fine, courte et
couchée. 3.
2. Pronotum finement ponctué, même à la base. Antennes à massue très
épaisse, l’article 9 pas plus long que large. Stries élytrales nettes.
Trochanters postérieurs mâles courts, à pointe mousse. Pénis peu
arqué, étroit, le sommet graduellement rétréci et terminé par un
petit bec carré. Tergite génital femelle court et transverse. Long.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
261
4,2 à 4,5 mm. (Egéide et Autriche). [Fig. 547-550].... 8. Emgei Reitt.
— Pronotum aussi fortement ponctué à la base que les élytres.
Antennes à massue grêle, l’article 9 plus long que large. Stries
effacées. Trochanters postérieurs mâles acuminés. Long. 4,5 à 5 mm.
(Palestine). [Fig. 564]. 9. cribrata Saulcy.
Fig. 547-564 : Genre Choleva Latr. — Fig. 547. Ch Emgei Reitt., organe copul. mâle, face
ventrale, X 40. — Fig. 548. Dent ventrale du sac interne. X 80. — Fig. 549. Trochanter
postérieur droit du mâle, x 30. — Fig. 550. Segment génital femelle, face dorsale,
X 40.— F'ig. 551. Ch. agilis 111., organe copul. mâle, face ventrale, x 40. — Fig. 552.
Dent ventrale du sac interne, x 80. — Fig. 553. Tibia intermédiaire droit du mâle,
X 30. — Fig. 554. Trochanter postérieur droit du mâle, X 30. — Fig. 555. Segment
génital femelle, x 40. — Fig. 556. Ch. Bedeli Jeann., organe copul. mâle, face ven¬
trale, x 40. — Fig. 557. Dent ventrale du sac interne, x 80. — Fig. 558. Hanches et
trochanter postérieur droit du mâle, X 30. — Fig. 559. Ch. jailensis Jeann., lergite du
segment génital femelle, X 40.— Fig. 560. Ch. septentrionis Jeann., segment génital
femelle, x 40. — Fig. 561. Ch. Barnevillei Tourn., organe copul. mâle, face ven¬
trale, x 40. — Fig. 562. Dent ventrale du sac interne, x 80. — Fig. 563. Trochanter pos¬
térieur droit du mâle, X 40. — Fig. 564. Ch. cribrata Saulcy, segment génital femelle.
3. Très grande taille (7 mm.). Pronotum deux fois aussi large que
long, sa plus grande largeur près du milieu. Élytres peu renflés,
allongés, à pubescence hérissée ; l’angle suturai denté. Mâle inconnu.
(Bosnie). 16. bosnica Ganglb.
— Petite taille (4,5 à 5 mm.). Pronotum moins transverse, sa plus
grande largeur loin après le milieu. 4.
4. Ponctuation excessivement fine, superficielle et serrée, presque
imperceptible. Pronotum plus étroit que les élytres, mais très trans-
262
D r RENÉ JEANNEL
verse. Noir, les pattes rougeâtres à fémurs noirâtres. Tibias intermé¬
diaires mâles arqués mais non coudés ; trochanters postérieurs mâles
courts et obtus, non dentés. Pénis court, peu arqué, le sommet
graduellement rétréci, terminé par un petit bec arrondi, non inflé¬
chi. Styles très grands, coudés, élargis au sommet. Long. 5,2 mm.
(Turkestan chinois). [Fig. 565 à 568]. 15. Matthiesseni Reitt.
— Ponctuation normale, bien visible. Pronotum aussi large que la base
des élytres. 5.
Mâles
5. Tibias intermédiaires comprimés et brusquement coudés en dedans
au milieu. Trochanters postérieurs mâles avec une dent sur le bord
postérieur. 6
— Tibias intermédiaires régulièrement arqués, non coudés. Trochanters
postérieurs mâles simples. 7.
6. Trochanters postérieurs mâles dentés sur leur bord postérieur,
l’extrémité obtuse, arrondie. Sommet du pénis effilé en pointe aiguë,
incurvée et terminée par un petit bouton cylindrique. Long 4,5
à 5 mm. (Scandinavie et Finlande). 11. aquilonia Krog.
a. Grande taille (4,5 à 5 mm.). Pronotum plus étroit, moins de
deux fois aussi large que long. subsp. aquilonia , s. str.
— Petite taille (4 mm.). Pronotum plus large, deux fois aussi
large que long. var. brevicollis Krog.
— Trochanters postérieurs mâles dentés sur le bord postérieur, l’extré¬
mité anguleuse, aiguë. Sommet du pénis atténué en pointe courte
et obtuse, incurvée. Long. 4,5 à 5 mm. (Europe). [Fig. 506 et 551 -
555]. 10. agilis 111. (‘).
a. Dent du trochanter postérieur mâle petite, étroite et aiguë.
. subsp. agilis, s. str.
— Dent du trochanter grande, très large, formant une sorte
de lobe crochu. Pénis à sommet plus effilé. Tergite génital
femelle à bord saillant plus convexe. (Pyrénées).
. subsp. Clermonti Van der W.
7. Ponctuation fine et serrée, comme celle de Y agilis. Pronotum sem¬
blable à celui de Yagilis, sa plus grande largeur près de la base.
Tarses antérieurs mâles très larges. Sommet du pénis graduellement
atténué en pointe terminée par un petit bec mousse. Dent ventrale
apicale du sac obsolète. Long. 5,5 mm. (Anatolie). [Fig. 556-558]...
. 12. Bedeli Jeann.
— Ponctuation des élytres forte et espacée, les stries lisses. Pronotum
(1) Je ne puis faire entrer dans ce tableau le Ch. lateritia Mén., qui m’est inconnu et
qui n’est peut-être pas un Choleva. D'autre pari, le Ch. sibirica Jeann. (= palliila Popp.)
doit être placé dans le genre Cryocatops.
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
263
à côtés bien arqués, rétrécis à la base, sa plus grande largeur vers le
milieu. Roux testacé. Sommet du pénis droit, non infléchi, graduel¬
lement atténué en longue pointe mousse. Dent apicale développée.
Long. 4,5 mm. (Algérie). [Fig. 508 et 561-563]. 17. Barnevillei Tourn.
Femelles
5. Angle suturai denté. Yeux petits, plus courts que l’espace les
séparant des antennes. Angles postérieurs du pronotum vifs. Tergite
Fig. 365-577 : Genre Choleva Latr. — Fig. 565. Ch. Malthiesseni Reitt., organe copul.
mâle, face dorsale, X 40 et dent ventrale du sac interne, x 80. — Fig. 366. Organe
copul., face ventrale, x 40. — Fig. 567. Le même, le sac évaginé, face latérale, X 40.
— Fig. 568. Trochanter postérieur droit du mâle, x 30. — Fig. 569. Ch. oblonga Latr.,
organe copul. mâle, face dorsale, x 40. — Fig. 570. Dent ventrale du sac interne, X 80.
— Fig. 571. Organe copul., face ventrale, x 40. — Fig. 572. Trochanter postérieur droit
du mâle, X 30. — Fig. 573. Le même, vu par sa pointe, X 30. — Fig. 574. Trochanter
postérieur droit du mâle de la race Menozzii Jeann., x 30. — Fig. 575. Le même vu par
sa pointe. — Fig. 576. Segment génital femelle du Ch. oblonga, x 40. — Fig. 577.
Ch. villosa Jeann., segment génital femelle, face dorsale, x 40.
large, ovale, à bord libre convexe. Long. 5 mm. (Nord de la Scan¬
dinavie). [Fig. 560]. 14. septentrionis Jeann.
— Angle suturai non denté. Yeux aussi longs que l’espace qui les
sépare des antennes. Angles postérieurs du pronotum arrondis.
Tergite triangulaire, court, à bord libre peu saillant. 6.
6. Pronotum à côtés rétrécis à la base. Ponctuation des élytres forte.
264
D r RENÉ JEANNEL
Roux testacé. Long 4,5 mm. (Algérie). 17. Barnevillei Tourn.
— Pronotum à base large, la plus grande largeur à la base. Ponc¬
tuation des élytres fine. 7.
7. Pronotum des deux tiers plus large que long. Antennes grêles,
l’article 9 une fois et demie aussi long que large. Bord apical du
tergite rectiligne. Long. 4,8 à 5 mm. (Crimée). [Fig. 507 et 559].
. 13. jailensis Jeann.
— Pronotum de moitié plus large que long. Antennes plus épaisses, l’ar¬
ticle 9 à peine plus long que large. Bord apical du tergite convexe. 8.
8. Tergite court, triangulaire, son bord apical peu convexe, sa surface
mate. Long. 4,5 à 5 mm. (Europe). [Fig. 555]. 10. agilis 111.
— Tergite allongé, ovale, son bord apical très arrondi, la surface
brillante. Long. 5 mm. (Scandinavie, Finlande).. . 11. aquilonia Krog.
3. Groupe oblonga
1. Pronotum à peine transverse (femelle), à ponctuation forte.
Article 8 des antennes presque deux fois aussi long que large chez la
femelle. Tergite génital femelle comme chez oblonga. Pubescence
dorée fine et couchée, avec des petites soies dressées assez nom¬
breuses. Long. 5 mm. (Transcaspienne). 19. pilifera Reitt.
— Pronotum nettement transverse, à ponctuation moins forte et
espacée. Article 8 des antennes à peine plus long que large chez la
femelle. 2.
2. Pronotum aussi large que les élytres (femelle). Antennes plus courtes
et plus épaisses. Pubescence longue et fournie, couchée. Segment
génital femelle renflé subglobuleux, le tergite en forme de spatule
saillante. Long. 5 mm. (Syra). [Fig. 510 et 577], 20. villosa Jeann. ( ').
— Pronotum plus étroit que les élytres. Antennes plus longues et plus
grêles. Pubescence longue et fournie. Segment génital femelle
cylindrique, peu chitinisé, le tergite allongé, en forme de raquette.
Sommet du pénis graduellement rétréci en pointe mousse terminée
par un petit crochet. Dent apicale du sac portée sur un cuilleron
basal, aplatie dans le sens dorso-ventral et élargie au sommet en
une crête transverse denticulée. Long. 5 à 6 mm. (Europe). [Fig. 490,
509 et 569-576]. 18. oblonga Latr.
a. Plus robuste ; les trochanters postérieurs mâles nettement
enroulés en cornets. subsp. oblonga, s. str.
— Plus grêle et allongé ; les trochanters postérieurs mâles
élargis en palette mince, triangulaire, à peine convexe ;
l’angle apical externe arrondi. (Émilie).
. subsp. Menozzii Jeann.
(1) Les deux Ch. pilifera et Ch. villosa, dont les mâles sont inconnus, ne sont placés
dans le groupe oblonga que sous réserves.
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
265
4. Groupe nivalis
1. Petite espèce (5 mm.) courte et épaisse, brunâtre, à antennes très
épaissies au sommet, surtout chez les femelles. Pronotum peu
transverse, subcarré. Tarses antérieurs mâles très peu dilatés, plus
étroits que le sommet des tibias; trochanters postérieurs mâles sim¬
ples. Pénis peu arqué, le sommet légèrement infléchi du côté dorsal
et terminé par deux larges pointes mousses, arrondies en croissant.
Fig. 578-588 : Genre Choleva Latr. — Fig. 578. Ch. nivalis Kr., organe copul. mâle, face
dorsale, X 40. — Fig. 579. Le même, face ventrale, x 40. — Fig. 580. Dent ventrale
du sac interne, x 80. — Fig. 581. Trochanter postérieur droit du mâle, x 80. —
Fig. 582. Segment génital femelle, x 40. — Fig. 583. Ch Bi-eiti Jeann , segment génital
femelle, X 40. — Fig. 584. Ch. Doderoi Br., organe copul. mâle, face ventrale, X 40.
— Fig. 585. Dent ventrale du sac interne, X 80. — Fig. 586. Trochanter postérieur
droit du mâle, x 30. — Fig. 587. Segment génital femelle, face dorsale et face ventrale,
X 40. — Fig. 588. Ch. Reitteri Potri, segment génital femelle, X 40.
(Sardaigne). [Fig. 492, 517 et 584-587]. 24. Doderoi Breit.
— Grandes espèces de coloration foncée ; les antennes grêles, à
massue peu épaissie. Pronotum fortement transverse. Tarses anté¬
rieurs mâles aussi larges que le sommet du tibia ; les trochanters
postérieurs mâles effilés et coudés. 2.
2. Très grande taille. Pubescence des élytres longue et fournie,
266
D' RENÉ JEANNEL
hérissée. Pronotum ample, mais plus étroit que les élytres ;
ceux-ci très larges et renflés. Pénis grand, arqué, large au som¬
met qui est prolongé par deux grandes cornes aplaties, concaves et
légèrement infléchies en dedans à la pointe. Tergite génital femelle
large et court, subcarré. Long. 7 mm. (Bihar)... 22. biharica Fleisch.
— Taille moyenne. Pubescence des élytres courte et couchée, doublée
de quelques poils dressés. 3.
3. Pronotum très ample, aussi large que la base des élytres, sa plus
grande largeur un peu avant le milieu. Élytres très renflés, à
pubescence doublée de poils longs et dressés. Antennes plus lon¬
gues, l’article 8 deux fois aussi long que large chez le mâle. Pénis
comme chez le précédent, moins arqué à la base. Tergite génital
femelle allongé, étroit et parallèle, quatre fois aussi long que large.
Long. 5,5 à 6 mm. (Europe moyenne). [Fig. 491, 512 et 578-582].. .
. 21. nivalis Kr.
— Pronotum moins ample, plus étroit que la base des élytres, sa plus
grande largeur au milieu, ses côtés bien arrondis. Élytres étroits,
allongés, à pubescence fine et couchée, les poils dressés petits et
rares. Antennes plus courtes, l’article 8 une fois et demie aussi long
que large chez le mâle. Pénis comme chez nivalis. Tergite génital
femelle large et court, subcarré. Long. 5,5 à 6 mm. (Alpes). [Fig.
513-514 et 583]. 23. Breiti Jeann.
5. Groupe oresitropha
1. Étroit et allongé, peu convexe. Rougeâtre brillant, les élytres bru¬
nâtres. Pubescence très courte, mais dressée. Antennes longues, à
funicule épais. Pronotum transverse, aussi large que les élytres.
Trochanters postérieurs mâles très longs, effilés et coudés. Pénis
épais, très arqué, le sommet en longue pointe triangulaire droite
et comprimée latéralement. Sac interne avec une dent ventrale en
cuilleron et quatre grosses dents apicales, triangulaires. Tergite
génital femelle très petit et subcarré. Long. 4,5 à 5 mm. (Carpathes :
Rodna). [Fig. 493, 511 et 589-595]. 25. oresitropha Ganglb.
6. Groupe Reitteri
1. Pronotum à peine transverse, au plus d’un quart plus large que
long, nettement rétréci à la base, ses côtés peu soulevés en
arrière. Trochanters postérieurs mâles longs et coudés, en pointe
aiguë. Élytres pâles, antennes et pattes rougeâtres. Pénis peu
arqué, le sommet aplati en lame triangulaire, large, concave du côté
ventral, explanée et tranchante sur ses bords ; la pointe arrondie,
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
267
avec un petit tubercule médian. Tergite génital femelle allongé.
Long. 5,5 à 6 mm. [Fig. 494, 515-516, 588 et 596-599]. 26. Reitteri Pétri.
a. Plus épais, les élytres plus renflés et plus convexes, la pu¬
bescence courte et fine avec de grands poils dressés disposés
sans ordre sur la partie apicale. (Europe moyenne).
. subsp. Reitteri , s. str.
— Plus grêle, les élytres moins renflés, à pubescence couchée
Fig. 589-599 : Genre Choleva Latr. — Fig. 589. Ch. oresitropha Ganglb., organe copul.
mâle, face dorsale, X 40. — Fig. 590. Le même, face ventrale. — Fig. 591. Le même,
face latérale, le sac évaginé. — Fig. 592 et 593. Dent ventrale du sac interne, entière
ou usée, x 80. — Fig. 594. Trochanter postérieur droit du mâle, x 30. — Fig. 595. Seg¬
ment génital femelle, face dorsale, x 40. — Fig. 596. Ch. Reitteri Pétri, organe copul.
mâle, face dorsale, x 40. — Fig. 597. Le même, face ventrale. — Fig. 598. Dent ven¬
trale du sac interne, x 80. — Fig. 599. Trochanter postérieur droit du mâle, x 30.
plus longue, doublée par des rangs réguliers de longs poils
dressés alignés sur toute la longueur des interstries. (Italie,
France). subsp. Solarii Jeann.
7. Groupe cisteloides
Mâles
1. Pronotum transverse, d’un quart plus large que long, non rétréci
en arrière. Sommet du pénis épais, l’apex en longue pointe droite,
268
Dr RENÉ JEANNEL
caréné sur la face dorsale. 2.
— Pronotum à peine transverse, rétréci en arrière .,'. 3.
2. Plus grand, plus étroit, la plus grande largeur du pronotum un peu
avant le milieu. Trochanters postérieurs effilés en pointe un peu
recourbée en arrière. Long. 5,5 mm. (Caucase). [Fig. 519 et 612-614],
. 31. obscuripes Reitt.
— Plus petit, moins allongé, la plus grande largeur du pronotum
au milieu. Trochanters postérieurs effilés en pointe droite. Long.
Fig. 600-611 : Genre Choleva Latr. — Fig. 600. Ch. cisteloides Frôl., organe copul. mâle,
face dorsale, x 40. — Fig. 601. Le même, face ventrale. — Fig. 602. Dent ventrale du
mâle, x 80. — Fig. 604. Ch. bicolor Jeann., organe copul. mâle, face dorsale, X 40.
— Fig. 605. Trochanter postérieur droit du mâle, X 30. — Fig. 606. Ch. glauca Britt.,
organe copul. mâle, face dorsale, X 40. — Fig. 607. Dent ventrale du sac interne,
X 80. — Fig. 608. Trochanter postérieur droit du mâle, X 30. — Fig. 609. Ch. angustata
F., organe copul. mâle, face dorsale, x 40. — Fig. 610. Le même, face ventrale. —
Fig. 611. Trochanter postérieur droit du mâle, x 30.
4,8 mm. (Caucase). [Fig. 518 et 615-616]. 32. Zolotarevi Reitt.
3. Trochanters postérieurs avec une dent sur le bord postérieur. 4.
— Trochanters postérieurs inermes. 5.
4. La dent des trochanters crochue en dehors et placée vers le milieu
du bord postérieur. Pronotum petit, ses angles postérieurs arrondis.
Sommet du pénis en pointe longue, droite, aplatie, en forme de bec
de canard. Long. 4,8 à 5 mm. (Europe). [Fig. 609-611], 30. angustata F.
— La dent des trochanters droite et placée au quart apical du bord
postérieur. Angles postérieurs du pronotum plus accusés. Sommet
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE 269
du pénis en pointe assez longue, droite et grêle. Long. 4,5 à 5 mm.
(Europe). [Fig. 606-608]. 29. glauca Britt.
5. Trochanters postérieurs larges, lancéolés, à pointe aiguë et bord
postérieur anguleux. Pronotum plus large. Sommet du pénis épais,
l’apex brusquement rétréci en pointe étroite, grêle, droite, dont l’axe
fait un angle obtus avec celui du pénis. Long. 4,5 à 5. mm. (Europe).
[Fig. 495-496, 520 et 600-603]. 27. cisteloides Frôl.
a. Segments abdominaux 3, 4 et 5 avec de profondes fossettes
Fig. 612-620 : Genre Choleva Latr. — Fig. 612. Cli, obscuripes Reitt-, organe copul.
mâle, face dorsale, X 40. — Fig. 613. Dent ventrale du sac interne, x 80. — Fig. 614.
Trochanter postérieur droit du mâle, X 30. — Fig. 61S. Ch. Zolotarevi Reitt., trochan¬
ter postérieur droit du mâle. — Fig. 616. Segment génital femelle, x 40. — Fig. 617.
Ch. cisteloides Frôl., segment génital femelle, X 40. — Fig. 618. Ch. bicolor Jeann.,
idem. — Fig. 619, Ch. angustata F., idem. — Fig. 620. Ch. glauca Britt., idem.
médianes. subsp. cisteloides , s. str.
— Segment abdominal 2 avec une fossette, les 3,4 et 5 avec
un profond sillon continu médian. (Carpathes et Bihar).
. subsp. dacica Jeann.
— Trochanters postérieurs étroits, effilés en pointe aiguë, le bord pos¬
térieur rectiligne. Base des élytres rougeâtre, le sommet noirâtre ;
pronotum moins ample. Sommet du pénis en pointe droite, assez
courte, large et à bout arrondi, son axe dans le prolongement de
celui du pénis. Long. 5 mm. (Europe). [Fig. 521 et 604-605].
. 28. bicolor Jeann.
270
L>» RENE JEANNEL
Femelles
2. Tergite génital court, plus large que long, son bord libre peu
saillant. 32. Zolotarevi Reitt. (‘).
—- Tergite génital allongé, plus long que large, son bord libre de
forme variable, mais toujours saillant. 3.
3. Pronotum à peine rétréci en arrière, les angles postérieurs arrondis.
Article 8 des antennes une fois et demie aussi long que large. Tergite
génital subrectangulaire, presque plan, ses côtés cintrés, le bord libre
Fig. 621-627 : Genre Choleva Latr. — Fig. 621. Ch. Sturmi Bris., organe copul. mâle,
face dorsale, x 10. — Fig. 622. Le même, face ventrale. — Fig. 623. Trochanter posté¬
rieur droit du mâle, x 30. — Fig. 624. Ch. Fagniezi Jeann., organe copul. mâle de la
race brevistylis, face dorsale, x 40. — Fig. 625. Le même, face ventrale. — Fig. 626.
Organe copul. mâle de la race gracilicornis, face dorsale. — Fig. 627. Trochanter
postérieur droit du mâle de la race brevistylis, X 30.
convexe, peu saillant, pubescent. [Fig. 677]. 27. cisteloides Frol.
— Pronotum nettement rétréci en arrière, les angles postérieurs mieux
marqués. 4.
Antennes rembrunies au sommet. Article 8 à peine plus long que
large ; élytres noirs. Tergite allongé, parallèle, presque trois fois
aussi long que large, arqué et creusé en gouttière, le bord libre sail¬
lant et pubescent. [Fig. 619]. 30. angustata F.
— Antennes rougeâtres ; l’article 8 presque deux fois aussi long que
(1) La femelle du Ch. obscuripes Reitt est inconnue.
MONOGRAPHIE UES CATOPJDAE
271
large. Bord libre du tergite glabre. 5.
5. Élytres unicolores. Tergite très grand, très saillant, sa base
bombée, sa moitié apicale explanée en large lame semicirculaire très
chitinisée ; le bord libre très arrondi. [Fig. 620] .... 29. glauca Britt.
— Élytres à moitié basale rougeâtre, l’apex noirâtre. Tergite mince,
court, sa base étroite et hyaline, plane ; la partie apicale dilatée en
fer de lance, la pointe en angle vif. [Fig. 618]. 28. bicolor Jeann.
8. Groupe Slurmi
Mâles
1. Trochanters postérieurs en longue pointe aiguë, droite, accolée au
bord du fémur ; celui-ci denté au tiers basal. 2.
628 629
631
Fig. 628-631 : Genre Choleva Latr., segments génitaux femelles, face dorsale, x 40. —
Fig. 628. C/l. Sturmi Bris. — Fig. 629. Ch. Fagniezi Jeann. — Fig. 630. Ch. spinipennis
Reitt. — Fig. 631. Ch. Uhagoni Jeann.
— Trochanters postérieurs en pointe courte ou arrondis. 4.
2. Extrémité des élytres largement tronquée, laissant le pygidium à
découvert. Dent des fémurs crochue. Sommet du pénis avec une
lame apicale lancéolée. Styles non coudés. Long. 6 à 6,5 mm. (Europe
orientale). [Fig. 632-636]. 36. spinipennis Reitt.
— Extrémité des élytres arrondie. Dent des fémurs anguleuse. Sommet
du pénis bifide ; styles fortement coudés. 3.
3. Apex du pénis en lame quadrilatère faiblement bilobée. Long. 5 à
6 mm. (Europe). [Fig. 621-623]. 33. Sturmi Ch. Bris.
— Apex du pénis prolongé par deux cornes évasées en croissant.
Long. 5,5 à 6 mm. [Fig. 497, 522 et 624-627]. 34. Fagniezi Jeann.
a. Antennes relativement épaisses, l’article 8 une fois et demie
aussi long que large. b.
— Antennes relativement grêles, l’article 8 deux ou trois fois
aussi long que large
c.
272
I)f RENÉ JEANNEL
b. Styles longs et atténués au sommet. (Provence).
. subsp. Fagniezi, s. str.
— Styles courts, élargis au sommet, ne dépassant pas les
cornes de l’apex du pénis. (Pyrénées), subsp. brevistylis Jeann.
c. Styles longs, atténués au sommet. Forme générale plus grêle ;
coloration pâle. (Nord de la France).... subsp. gallica Jeann.
— Styles très longs et terminés par une massue très allongée,
dépassant beaucoup les cornes du pénis (Croatie).
. subsp. gracilicornis Jeann.
Fig. 632-639 : Genre Choie va Latr. — Fig. 632. Ch. spinipennis Reitt., organe copul.
mâle, face dorsale, x 40. — Fig. 633. Le même, face ventrale. — Fig. 634. Trochanter
postérieur droit du mâle, x 30. — Fig. 635. Sommet des ôlytres du mâle, x 48. —
Fig. 636. Sommet des élytres de la femelle. — Fig. 637. Ch. Jeanneli Britt., organe
copul. mâle, face dorsale, x 40. — Fig. 638. Le même, face ventrale. — Fig. 639.
Trochanter postérieur droit du mâle, x 30.
4. Fémurs postérieurs dentés sur le bord postérieur. 5.
— Fémurs postérieurs non dentés. 6.
5. Ponctuation du pronotum très fine et très serrée. Élytres étroits,
deux fois et demie aussi longs que larges. Trochanters postérieurs
en pointe courte. Sommet du pénis épais, bombé, l’apex anguleux,
en ogive. Styles non coudés. Long. 5 à 6 mm. (Europe). [Fig. 523
et 637-639]. 37. Jeanneli Britt.
— Ponctuation du pronotum grosse et éparse. Élytres trois fois aussi
longs que larges. Trochanters postérieurs courts, épais, arrondis.
Sommet du pénis effilé en longue pointe aplatie, à bout élargi et à
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
273
peine bilobé. Styles coudés. Long. 7 mm. (Herzégovine). [Fig. 526
et 645-647]. 40. sparsicollis Reitt.
6. Très étroit et allongé, la plus grande largeur du pronotum dans le
quart antérieur, le disque bombé en avant. Élytres étroits, non
déprimés, à ponctuation fine et pubescence couchée. Trochanters
postérieurs acuminés. Lame apicale du pénis très petite. Long. 5 à
5,5 mm. (Europe septentrionale). [Fig. 498, 524 et 640-642].
. 38. elongata Payk.
— Large et déprimé, la plus grande largeur du pronotum au tiers anté-
Fig. 640-647 : Genre Choleva Latr. — Fig. 640. Ch. elongata Payk., organe copul. mâle, face
dorsale, x 40. — Fig. 641. Dent ventrale du sac interne, x 80. —■ Fig. 642. Trochanter
postérieur droit du mâle, X 30. — Fig. 643. Ch. libanotica Reitt., sommet du pénis,
X 40. — Fig. 644. Trochanter postérieur droit du mâle, x 30. — Fig. 643. Ch. sparsi¬
collis Reitt., organe copulateur mâle, face dorsale, x 40. — Fig. 646. Le même, face
ventrale. — Fig. 647. Trochanter postérieur droit du mâle, x 30.
rieur, le disque régulièrement convexe. Élytres larges et déprimés, à
ponctuation forte et peu serrée, la pubescence dressée. Trochanters
postérieurs à pointe mousse. Lame apicale du pénis plus large. Long.
5,5 mm. (Liban). [Fig. 525 et 643-644]. 39. libanotica Reitt.
Femelles
1. Bord apical des élytres concave, l’angle apical externe denté comme
le suturai. [Fig. 630 et 636]. 36. spinipennis Reitt.
— Bord apical des élytres arrondi, l’angle apical externe effacé. 2.
2. Pubescence longue et dressée. Forme épaisse. 39. libanotica Reitt.
MÉMOIRES DD MUSÉUM, nouvelle série, tome I.
48
274
D r RENÉ JEANNEL
— Pubescence courte et couchée. 3.
3. Pronotum avec sa plus grande largeur vers le tiers antérieur . 4.
— Pronotum avec sa plus grande largeur vers le milieu. 5.
4. Côtés du pronotum rétrécis en ligne droite en arrière. Article 8
des antennes presque trois fois aussi long que large. Tergite deux fois
aussi long que large, peu excavé. [Fig. 650].... 38. elongata Payk.
— Côtés du pronotum arrondis en arrière. Article 8 à peine deux fois
aussi long que large. Tergite allongé, quatre fois aussi long que large
et très concave. [Fig. 648-649]. 37. Jeanneli Britt.
5. Tergite élargi dans sa partie apicale, trois fois aussi long que large,
peu excavé et peu arqué, le bord apical très saillant, anguleux.
Fig. 648-652 : Genre Clwleva Latr., segments génitaux femelle, x 40. — Fig. 648
Ch. Jeanneli Britt., face dorsale. — Fig. 649. Le même, face ventrale : t., tergite; p.,
pleurites ; s., sternite ; «., styles; o., sclérites vulvaires. — Fig. 650. Ch. elongata
Payk., face dorsale. — Fig. 651. Ch. aagistrina Reitt., face dorsale. — Fig. 652. Le
même, face ventrale.
[Fig. 628]. 33. Sturmi Ch. Bris.
— Tergite parallèle, quatre fois aussi long que large, très excavé et
arqué ; le bord apical obtus et peu saillant. [Fig. 629].
. 34. Fagniezi Jeann.
a. Antennes plus épaisses; l’article 8 à peine plus long que large
(Provence). subsp. Fagniezi , s. str.
(Pyrénées). subsp. brevistylis Jeann.
— Antennes plus grêles ; l’article 8 environ deux fois aussi
long que large. b.
b. Coloration toujours pâle. (Nord de la France).
. subsp. gallica Jeann.
— Coloration brunâtre foncé. (Croatie), subsp. gracilicornis Jeann.
— Tergite parallèle, très long et très arqué, cinq à six fois aussi long
que large, le bord apical obtus et pubescent [Fig. 631].
. 35. Uhagoni Jeann.
9. Groupe angistrina
1. Allongé, brun rougeâtre. Antennes grêles à article 8 deux fois aussi
long que large (femelle). Pronotum subcarré, bien plus étroit que
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
275
les élytres. Élytres renflés, sans trace de stries, la pubescence dressée,
l’angle suturai arrondi. Tergite saillant, allongé, étroit, trois à quatre
fois aussi long que large, peu arqué et excavé, l’extrémité un peu
élargie, arrondie, pubescente. Pleurites longs et évasés ; sternite
sclérifîé ; styles en cisailles. Mâle inconnu. Long. 4,5 mm. (Grèce).
[Fig. 651-652]. 41. angistrina Reitt.
A. Subgen. Cholevopsis Jeannel
1. Choleva (Cholevopsis) spadicea Sturm, 1839, Deutschl. Fauna, Ins. XIV,
p. 11, pl. 273, fig. B ( Catops) ; type : Autriche. — Jeannel, 1923,
L’Abeille XXXII, p. 43, lig. 2,25, 52 à 55, 57 et 58. — Hatch, 1928,
Col. Cat., pars 95, p. 176.
b. Subsp. Winkleri Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 46, lig. 28 et
56; type : Bàita (Mus. Paris).
Répandu dans l’Europe au nord des Alpes, de la France septentrionale jus¬
qu’en Silésie ; il s’avance vers le sud le long des Alpes orientales jusque dans le
Karst et les chaînes Balkaniques. Il ne semble pas exister dans les Carpathes.
Toujours rare, sous les pierres enfoncées dans les forêts humides, parfois dans
les nids de Taupes.
a. Subsp. spadicea , s. str. — France. Seine : Paris (Chevrolat !). Seine-et-
Oise : forêt de Saint-Germain (H. Brisout !); forêt de Marly (H. Brisout !).
Finistère : Morlaix (Hervé !). Aisne : Villers-Gotterets (Bedel !). Oise : forêt de
Coye (Hardy !) ; Laigneville, dans un terrier (Méquignon !). — Hollande.
Gelderland ; Arhem ; Winterswijk (Van der Wiel). — Autriche : env. de Wien.
( Reitter !). — Tchécoslovaquie. Slovaquie : Rosenau, Basse-Tatra (Moczarski !).
— Roumanie. Banat : monte Sarco (Breit!) ; Bâile Erculane (Jeannel). —
Yougoslavie. Slovénie : Velka planina, près de Vransko (Winkler !). Croatie :
Sljemen planina, près de Zagreb (Apfelbeck !) ; Skrad (Winkler !). Serbie :
lvucaj planina, en Serbie orientale (Jeannel) ; Murtenica planina, Serbie occi¬
dentale (Jeannel). Bosnie : Jahorina planina et Semec planina (Weirather !)
Herzégovine : Jablanica (Leonhard !).
b. Subsp. Winkleri Jeann. — Roumanie. Transylvanie, monts Bihar : mont
Detunata, près de Câmpeni (Winkler !) ; Scâriçoara, environs du Ghetar
(Jeannel) ; mont Bâtrina (Jeannel) ; peatra Muncelului, env. de Bâita (Jeannel) ;
muntii Bedelului et Getii, chaîne des muntii Metalici (Winkler et Chappuis !).
Obs. — La subsp. Winkleri est une forme endogée, de grande taille, qui
remplace la forme typique dans les monts Bihar.
2. Choleva (Cholevopsis) garganona Reitter, 1913, Wiener ent.Ztg., XXXII,
p. 214; type : monte Pagano (Mus. Budapest). — Jeannel, 1923,
Boll. Soc. ent. Ital., LV, p. 34. — 1923. L’Abeille, XXXII, p. 48,
fig. 27,62 à 64.
276 D r RENÉ JEANNEL
Italie. Abruzzes : monte Pagano, au sud de Castel di Sangro, un mâle (Paga-
netti !).
Obs. — Le nom de « garganona » est le fait d’une confusion du monte Pagano
avec le monte Gargano. L’espèce n’a jamais été rencontrée sur le monte Gar-
gano.
3. Gholeva (Cholevopsis)paskoviensis Reitter, 1913,Wienerent. Ztg., XXXII,
p. 214; type : Paskau (Mus. Budapest.). — Jeannel, 1923, L’Abeille,
XXXII, p. 50, fig. 3, 26, 59, 65 à 67. — Uhmann, 1926, Ent. BI.,
XXII, p. 33. — spadiceus Kraatz, 1856, Stett. ent. Ztg., XIII, p.399
(Catops), Allemagne (nec Sturm).
Même répartititon générale que Ch. spadicea ; toutefois Ch. paskoviensis
paraît manquer dans les monts Bihar et dans les chaînes Dinariques. Par contre
il peuple les Carpathes, la Macédoine et le nord de l’Asie mineure.
France. Calvados : Cabourg (Marmottan !). Seine : Fontenay-aux-Roses
(Bedel !). Oise : Noyon (de Brunier !). Aisne : Condé (de Buffévent !). Oise :
Laigneville (Méquignon !). Jura: Dole (Hustache !). —Hollande : diverses loca¬
lités des provinces Utrecht, Noord-Holland, Noord-Brabant et Limburg
(Van der Wiel). — Allemagne. Hessen : Darmstadt (Eppelsheim !). Berlin
(Caliz !). — Tchécoslovaquie. Bohême : Brandeis (Skalitzky !). Moravie :
Paskau (Reitter !). — Autriche. Basse-Autriche : Wien (Winkler !). — Pologne :
Galicie (Reitter !). — Roumanie. Transylvanie : Sibiu (Fuss !) ; Cincul mare
(Obenberger !). — Macédoine grecque : monts Boz dagh, près de Drama (Wei-
rather!). — Asie mineure. Bithynie : mont Gôk dagh, au fond du golfe d’Ismid
(Bodemeyer !).
4. Choleva (Gholevopsis) punctata Ch. Brisout, 1866, Ann. Soc. ent. Fr.,
p. 364 ; type : Reinosa. — Uhagon, 1890, An. Hist. nat. Madrid,
XIX, p. 28. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 51.
Espagne. Santander : Reinosa (La Brûlerie). Soria : Monténégro de Cameros,
une femelle sous une grosse pierre (C. Bolivar!). Madrid: puerto de Nava-
cerrada, sierra de Guadarrama (Martinez).
5. Gholeva (Gholevopsis) major Fairmaire, 1892, Ann. Soc. ent. Belg. ;
LVIII, p. 144 ; type : Akbès. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII,
p. 52, fig. 29, 60 et 61. — palaestina Pic, 1899, Bull. Soc. Hist. nat.
Autun, p. 204; type : Jérusalem (coll. Pic). — bathseba Sahlberg,
1907, Oefv. Finska Fôrh., L., p. 46 ; type : Judée.
Syrie : Akbès (Fairmaire). — Palestine : Jérusalem (F. de Saulcy !).
B. Subgen. Choleva, s. str.
1. Groupe dorsigera
6. Choleva (s. str.) dorsigera Marseul, 1864, L’Abeille, I, p. 12 ; type :
Beyrouth (Mus. Paris). — Saulcy, 1864, Ann. Soc. ent. Fr., p. 426. —
MONOGRAPHIE DES - C ATOPIDAE
277
Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 43. — Jeannel,
1923, L’Abeille, XXXII, p. 54, fig. 19, 68 à 71 et 76. — amplicollis
Baudi, 1864, Berl. ent. Zs., p. 226 ; type : Chypre.
L’aire géographique de cette espèce comprend la Grèce, l’Asie mineure, la
Syrie et la Palestine. D’après F. de Saulcy (1. c.) elle serait myrmécophile, se
prenant à Jérusalem avec les Catopomorphus, dans les nids de Messor bar-
bar us L.
Grèce. Attique : mont Hymète (Strupi !) ; mont Parnasse (Krueper !). —
Asie mineure : Smyrne (coll. Kraatz!). — Syrie : Beyrouth (coll. Marseul!) ;
Akbès (Delagrange !). — Palestine : Jérusalem, nombreux exemplaires
(Saulcy !). — Chypre (Baudi).
7. Choleva (s. str.) Marseuli Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p- 56, fig. 18,
30, 72 à 75, 77 et 78 ; type : Adana (Mus. Budapest).
Roumanie. Valachie : Comana, jud. Vlasca (Montandon !). — Asie mineure.
Cilicie : Adana (coll. Reitter !).
2. Groupe agilis
8. Choleva (s. str.) Emgei Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII,
p. 43 ; type : Attique (Mus. Budapest). — 1887, Deutsche ent. Zs.,
p. 507. — 1899, Wiener ent. Ztg., XVIII, p. 52. — Jeannel, 1923,
L’Abeille, XXXII, p. 59, fig. 79, 86 à 89.
Espèce égéenne dont Faire géographique s’étend en Europe jusqu’en
Autriche.
Autriche. Basse-Autriche : Edlitz, une femelle (Bach !). — Grèce. Attique
(Emge !). — Cêphalonie : Mégalo Vuno (Moczarski !). — Crète (Oertzen). —
Asie mineure (d’après Yakobson).
9. Choleva (s. str. ) cribrata Saulcy, 1864, Ann. Soc. ent. Fr., p. 427 ; type :
Jérusalem (Mus. Paris). —Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 61. —
hirtula Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 41 ; type :
Liban (Mus. Paris.) — 1887, Deutsche ent. Zs., p. 280.
Syrie : Liban (coll. Reitter !) ; Beyrouth (Appl !). — Palestine : Jérusalem,
dans les détritus végétaux à l’entrée des cavernes royales, nombreux individus
(Saulcy !).
10. Choleva (s. str.) agilis Illiger, 1789, Verz. Kaf. Preuss, p.88 (Ptomaphagus)\
type : Prusse. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 62, fig. 4, 31,
82 et 83, 94 à 101. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 177 (Bibliogr.).
— Krogerus, 1926, Not. entom., VI, p. 2. — Van der Wiel, 1931
Tijdschr. Entom., LXXIV, p. 200, fig. 28-38. — testacea Latreille,
1807, Gen. Crust. Ins., II, p. 28 ; type : France méridionale. —
gausapata Stephens, 1830, 111. Brit. Ent., III, p. 14 ; type : Lon¬
don. — gomphosata Stephens, 1829, Syst. Cat., p. 74. —- Lederiana
Reitter, 1899, Deutsche ent. Zs., p. 177 ; type : Altaï central (Mus.
278
D' RENÉ JEANNEL
Budapest). — adusta Reitter, 1896, Wiener ent. Ztg., XV, p. 227 ;
type : Amasia (Mus. Budapest).
b. Subsp. Clermonti Van der Wiel, 1931, Tijsdchr. Ent., LXXIV,
p. 203, fig. 44-48 ; type : Samatan (cotype in Mus. Paris).
Souvent dans les terriers de Lapins ou de Taupes ; rarement cavernicole
Très largement distribué depuis l’Asie centrale jusque dans l’ouest de l’Eu¬
rope. Il existe dans les îles Britanniques, y compris l’Écosse et l’Irlande. Il est
cité de Scandinavie, jusqu’au 69°lat. N., de Finlande et de Russie (Yakobson),
mais Krogerus indique qu’il ne se trouve pas en réalité en Finlande, où il est
remplacé par le Ch. aquilonia. Il est par conséquent fort possible que les
Ch. agilis signalés de Scandinavie et du nord de la Russie appartiennent aussi
à l’espèce vicariante décrite par Krogerus. Dans le sud il se trouve au Cau¬
case, dans le nord de la péninsule Balkanique, mais il ne s’écarte pas en
Italie de la bordure de la chaîne des Alpes et ne franchit pas les Pyrénées.
J’ai vu le Ch. agilis des localités suivantes :
a. Subsp. agilis , s. str. — Iles Britanniques. Angleterre : Newbury, Berks. ;
Dover, Kent (Harwood !). — France. Calvados : Caen (H. Brisout !) ; Cabourg
(Marmottan !). Seine : Paris (Ch. Brisout !) ; Fontenay-aux-Roses (Bedel !).
Seine-et-Marne : Fontainebleau (Poujade !). Aisne : Condé (de Buffévent !)
Oise : Laigneville (Méquignon !). Marne : Livry (Bedel!). Indre-et-Loire :
Tours (Reitter!). Vendée : Beauvois (Méquignon !). Loir-et-Cher : Vendôme
(Méquignon!). Jura : Dole (Hustache!). Rhône : env. de Lyon (Godart !).
Isère : Grenoble (Abeille !). Alsace : Mechl (Bourgeois !). — Hollande : nom¬
breuses localités (Van der Wiel). — Allemagne : Hambourg (Borchmann !). —
Autriche : env. de Wien (Strauss !). — Hongrie : Szt Kereszt barlang, monts
Pilis, près d’Esztergôm (Csiki !). — Italie. Lombardie : monte Baldo (Hold-
haus!). Vénétie Julienne : monte Valerio, près de Trieste (Ravasini !). —
Yougoslavie. Croatie : Ludbreg, vallée de la Drave (Apfelbeck !). Dalmatie :
Svilaja planina (Weirather !). Bosnie : Zepce (Apfelbeck !) ; Vran planina
(Weirather !). Serbie : Belgrade (Matcha !). — Bulgarie : Sofia (Rambou-
sek!). — Albanie : Argyrocastro (Weirather!). — Caucase central : Mart-
kopi (Leder !).
Asie mineure : Amasia (coll. Reitter !). — Asie centrale. Mongolie : Altaï
central (Leder !).
b. Subsp. Clermonti Van der Wiel. — France. Pyrénées : Gers : Samatan
(Clermont !).
11. Choleva (s. str.) aquilonia Krogerus, 1926, Not. ent., VI, p. 2, fig. 2 ; type :
Lojo (Mus. Helsingfors). — 1927, Not. ent., VII, p. 1.
Var. brevicollis Krogerus, 1926, Not. ent., VI, p. 6; type : presqu’île
de Fischer (Mus. Helsingfors).
Cette espèce paraît remplacer le Ch. agilis dans le nord-est de 1’ Europe
Elle se trouve dans la péninsule Scandinave, d’après Krogerus, et on est en
droit de se demander si toutes les citations du Ch. agilis de Suède et de Nor-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
279
vège ne se rapportent pas à Yaquilonia. D’autre part, elle s’étend certainement
dans le nord de la Russie.
Norvège centrale (J. Sahlberg, teste Krogerus). — Finlande. Reg. Aboensis :
Runsala, près Abo (Linnaniemi) ; Nystad (Hellén) ; grotte de Torhola, à
Lojo (Krogerus !). Ostrobothnia : Wetil (Nessling) ; Suomussalmi (Sorsa-
koski !). Lapponia tulomensis : presqu’île de Fischer (Enwald). — Russie.
Péninsule de Kola : côte Mourmane (Kapoustine !).
Obs. — Les exemplaires de la presqu’île de Fischer (deux femelles) se rap¬
portent à la variété brevicollis Krog.
12. Choleva (s. str.) Bedeli Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 67, fîg. 90 à
93 ; type : Brousse (Mus. Budapest).
Paraît répandu dans l’Asie mineure.
Asie mineure : Brousse, un mâle (Pâvel !) ; Smyrne, une femelle (Saulcy !).
— Chypre , un mâle (Saulcy !).
13. Choleva (s. str.) jailensis Jeannel, 1923,L’Abeille, XXXII, p. 68, fîg. 32
et 85 ; type : monts Jaïla (Mus. Paris et Budapest).
Crimée : monts Jaïla, deux femelles (Moczarski !).
Obs. — Il est remarquable que le Ch. agilis typique occupe le Caucase cen¬
tral. Peut être le Ch. jailensis se trouvera-t-il dans la partie occidentale de la
chaîne, en Circassie, dont la faune a souvent d’étroites affinités avec celle de la
Crimée.
14. Choleva (s. str.) septentrionis Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXIT, p. 68,
fîg. 84 ; type : Tromsô (Mus. Budapest).
Espèce paraissant spéciale à l’extrême nord de la Scandinavie. Peut-être,
comme le Catops alpinus Gyll., se retrouvera-t-elle en Sibérie orientale.
Norvège : Tromsô, une femelle (H. Otto !).
15. Choleva (s. str.) Matthiesseni Reitter, 1914, Wiener ent. Ztg., XXXIII,
p. 263 ; type : Kutscha (Mus. Budapest). —Jeannel, 1923, L’Abeille,
XXXII, p. 70, fîg. 102 à 106.
Turkestan chinois : Kutscha, dans les monts Tian-Shan, un mâle (Matthies-
sen !).
16. Choleva (s. str.) bosnica Ganglbauer, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 113;
type : Bosnie (Mus. Wien). — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 72.
Yougoslavie. Bosnie, une femelle (coll. Miller!). On ne sait rien sur les con¬
ditions de capture de cette espèce extraordinaire par sa grande taille et sa pubes¬
cence hérissée. Il doit s’agir d’une forme endogée excessivement rare.
17. Choleva (s. str.) Barnevillei Tournier, 1872, Mitt. Schw. ent. Ges., p. 436 ;
type : Algérie. — Peyerimhoff, 1917, Ann. Soc. ent. Fr., p. 131. —
Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 73, fig. 5, 33, 107 à 110. -
Anceyi Reitter, 1887, Deutsche ent. Zs., XXXI, p. 507 ; type : Ber-
rouaghia (Mus. Budapest).
Dans les détritus végétaux ou les champignons.
280
Dr RENÉ JEANNEL
Algérie. Alger : Teniet-el-Had (Bedel !, Marmottan !) ; Berrouaghia (coll.
Reitter !) ; massif des Mouzaïa, à haute altitude (Peyerimhofï !). — Tunisie :
Le Kef (Normand !).
3. Groupe oblonga
18. Choleva (s. str.) oblonga Latreille, 1807, Gen. Crust. Ins., II, p. 27 ; type :
France méridionale. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 75,
fig. 6, 34, 111 à 117, 118 à 120. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95,
p. 179 (Bibliogr.). — Krogerus, 1926, Not. ent., VI, p. 6. — Van der
Wiel, 1931, Tijdschr. Ent., LXXIV, p. 204, fig. 50-56. — angustata
Erichson, 1839, Kaf. Mark Brand., I, p. 233 (nec Fabricius). —
intermedia Kraatz, 1852, Stett. ent. Ztg., p. 401 ; type : Allemagne. —
Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 179 (Bibliogr.).
b. Subsp. Menozzii Jeannel, 1923, Boll. Soc. ent. Ital., LV, p. 35 ;
type : Spilamberto (Mus. Paris). — 1923, L’Abeille, XXXII, p. 79.
Pholéophile, avec le Lapin, la Taupe, le Hamster. Fréquemment caverni¬
cole dans les Pyrénées et le sud-est de la France.
Espèce commune, répandue dans toute l’Europe moyenne. Elle occupe la
Grande-Bretagne jusqu’en Écosse, mais pas l’Irlande (N. H. Joy). On la trouve
dans le sud de la Scandinavie et de la Finlande (Krogerus), mais elle ne semble
pas dépasser les Carpathes vers l’est, quoique Kraatz l’ait indiqué de l’Oural
(Mus. Dahlem). Dans le sud, elle s’arrête aux Pyrénées et occupe la totalité des
péninsules italienne et balkanique. Elle existe enfin à Corfou et en Asie mineure.
a. Subsp. oblonga , s. str. — J’ai donné dans U Abeille (XXXII, P- 76), la
liste d’un grand nombre de localités où l’espèce a été capturée à ma connais¬
sance. Il me paraît inutile de les répéter ici. J’ajoute seulement les suivantes :
Grèce. Corfou (C. C. Champion!, in Brit. Mus.). — Asie mineure. Lydie :
mont Tomolos (Weirather!).
b. Subsp. Menozzii Jeann. -— Italie. Emilie : Spilamberto, dans l’Apennin
étrusque (C. Menozzii). — Cette race paraît localisée dans l’Apennin moyen.
En Campanie et sur le monte Gargano, se trouve la forme typique.
19. Choleva (s. str.) pilifera Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII,
p. 42 ; type : Lenkoran (Mus. Paris). — Jeannel, 1923, L’Abeille,
XXXII, p. 80.
Transcaucasie. Talysh : Lenkoran (Leder !), une seule femelle connue.
20. Choleva (s. str.) villosa Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 81, fig. 35,
121 et 122 ; type : Syra (coll. Dodero).
Grèce , archipel des Cyclades : Syra, une femelle (Schatzmayr !).
4. Groupe nivalis
21. Choleva (s. str.) nivalis Kraatz, 1856, Stett. ent. Ztg., XVII, p. 238;
type : Riesengebirge (Mus. Dahlem). — Reitter, 1884, Verh. natf.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
281
Ver. Brünn., XXIII, p. 42.— Ganglbauer, 1899, Kâf. Mitteleur., III,
p. 231. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 82, fig. 7, 37, 127
à 131,133 et 134. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 180 (Bibliogr.)-
Espèce originaire du massif de Bohême et qui s’est répandue au Néogène
sur toute la chaîne des Carpathes et de là en Serbie. Elle est remplacée dans les
monts Bihar par le Ch. biharica qui est certainement de même souche. Tou¬
jours très rare, ce Choleva se trouve au pied des myrtilles, sous les débris
végétaux et sous les pierres, entre 400 et 1.300 m. dans les monts de Bohême i
mais dans le sud, dans les Carpathes méridionales et la Serbie, il est endogé,
profondément enterré dans l’argile du fond des dolines très humides.
Tchécoslovaquie. Bohême : Riesengebirge, Altvater, Glatzer Scheeberg. —
Pologne. Galicie : monts Bescides (Reitter!). — Roumanie. Transylvanie :
Piatra Craiului [Kônigstein], dans le massif des Fogaraç (Mus. Wien !). —
Yougoslavie. Serbie occidentale : Murtenica planina (Jeannel).
22. Choleva (s. str.) biharica Fleischer, 1888, Verh. natf. Ver. Brünn, XXVI,
p. 87 ; type : Spinuç (Hagymadfalva) (coll. Fleischer). — Gangl¬
bauer, 1899, Kâf. Mitteleur, III, p. 118. — Jeannel, 1923, L’Abeille,
XXXII, p. 86.
Espèce représentative du Ch. nivalis dans les monts Bihar, en Transylvanie.
Endogé, toujours très rare, se trouvant profondément enterré dans l’argile du
fond des dolines, en forêt.
Roumanie. Transylvanie, monts Bihar : Spinuç, dans le nord-ouest du massif
(Fleischer); environs du ghetar de Scâriçoara (Jeannel); Casa de Piatre, à
Scârisoara (Winkler !).
23. Choleva (s. str.) Breiti Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 87, fig. 38,
39, 132, 135 et 136.
Autre espèce de la souche de Ch. nivalis ; venue du massif de Bohême, elle
s’est différenciée au Néogène sur la chaîne des Alpes.
Autriche. Basse-Autriche : Reisalpe, une femelle (Breit !). — Italie. Vénétie :
monte Cavallo, un mâle (Breit !). Piémont : Alagna, dans le monte Rosa
(Dodero !) ; Rima, monte Rosa, un mâle (Breit !) ; Val Pesio, au nord du col
de Tende (Dodero !). — France. Alpes-Maritimes : Saint-Martin-Vésubie, un
mâle (A. Grouvelle !).
24. Choleva (s. str.) Doderoi Breit, 1903, Soc. entom., XVII, p. 169; type :
Laconi (coll. Dodero). — Fiori, 1903, Riv. Col. Ital., I, p. 52. -—
Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 88, fig. 8, 42, 123 et 124, 141
à 144.
Espèce spéciale à la Sardaigne, inconnue de la Corse ; elle se prend à Laconi
dans les fentes des rochers près d’une cascade, avec des Lesteva (A. Dodero).
Sardaigne : Laconi, Macomer, Seui, Aritzo, Gairo, Dorgali, Sassari, Banari
(Dodero !) ; Genoni (Lostia).
282
D' RENÉ JEANNEL
5. Groupe oresitropha
25. Choleva (s. str.) oresitropha Ganglbauer, 1896, Ann. naturh. Hofmus.
Wien, XI, p. 180; type : Rodna (Mus. Wien). —1899, Kâf. Mitteleur.,
III, p. 118. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 90, fig. 9, 36,
125 et 126, 145 à 150.
Curieuse petite espèce totalement isolée sur un massif des Carpathes orien¬
tales; sous les mottes de gazon pourri et sous les pierres.
Roumanie. Transylvanie, Maramureç : muntii Rodnei, au sommet du
Kuhhorn (2.263 m.) (Ganglbauer et Deubel !).
6. Groupe Reitteri
26. Choleva (s. str.) Reitteri Pétri, 1915, Wiener ent. Ztg., XXXIV, p. .' 46;
type : Kerzer Gebirge (coll. Pétri). — Jeannel, 1923, L’Abeille,
XXXII. p. 93, fig. 14, 40,137 et 138,151 à 154. — nivalis Holstebroe,
1910, Ent. Medd., III, p. 383 (nec Kraatz).
b. Subsp. Solarii Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 95, fig. 41 et 155 ;
type : Vallo délia Lucania (Mus. Paris).
Espèce endogée, toujours rare, largement répandue dans l’Europe centrale-
En France, la race Solarii paraît vivre dans les nids de Taupe.
a. Subsp. Reitteri , s. str. — Hollande. Limburg : Valkenburg (Weber) ;
Maastricht (Ruschkamp). — Danemark : Randens, un mâle (Mus. Copenhague).
— Roumanie. Transylvanie : monts Bihar, Valea Vida, nord-ouest du massif,
mâle et femelle (Bokor !, in Mus. Budapest) ; Piatra Acrâ, Bihar oriental
(Winkler !). Alpes de Transylvanie : monts Fogaraf (Pétri !) ; Lunca Negru>
massif du Retyezat (Pavel!). — Bulgarie : Tschamkorija (Hilf !). — Yougo¬
slavie. Bosnie méridional : Bjelasnica planina, un mâle (Leonhard !).
b. Subsp. Solarii Jeann. — France. Oise : Jouy-sous-Thelle (Jarrige !).
Seine-et-Oise, forêt de Marly, galeries de Mulot (Colas et Ruter !). Yonne :
Massangis, dans des détritus d’inondation provenant d’un champ occupé par
de nombreuses taupinières (R. Comon !). — Italie. Toscane : Vallombrosa,
près de Florence (Andreini !) ; Prato Magno, prov. di Arezzo (Andreini !).
Lazio : monte Cavo, dans les monti Albani (Dodero !) ; Filettino (Dodero !).
Campania : monte Sacro, à Vallo délia Lucania, prov. di Salerno (Solari !).
Calabria : Santa Eufemia, Aspromonte, prov. di Reggio (Paganetti !).
7. Groupe cisteloides
27. Choleva (s. str.) cisteloides Frôlich, 1799, Naturforsch., 28, p. 25, pl. I,
fig. 15, ( Luperus ) ; type : Allemagne. — Jeannel, 1923, L’Abeille
XXXII, p. 97, fig. 1, 10 à 12, 20 à 24, 45, 156 à 159, 164 à 169. —
Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 180 (Bibliogr.). — Ivrogerus, 1926>
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
28?
Not. ent., VI, p. 7. — Van der Wiel, 1931, Tijdschr. Ent., LXXIV,
p. 210. — agilis Fabricius, 1792, Syst. Eleuth., II, p. 20 (nec Illiger).
— humeralis Brullé, 1832, Expi. sc. Morée, III, p. 162; type : Arcadie
(Mus. Paris). — angustata var. 4, Erichson, 1837, Kaf. Mark Brand.,
I, p. 234. — castanea Sturm, 1839, Deutschl. Faun. Ins., XIV, p. 9,
pi. 273, fig. A ( Catops) ; type : Allemagne. — Tournieri Pic., 1922>
L’Échange, XXXVIII, p. 22 ; type : grotte des Fées, Suisse (coll.
Pic) (i).
b. Subsp. dacica Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 75 ; type :
Rev (Mus. Paris). — 1923, L’Abeille, XXXII, p. 97.
Ch. cisteloides est de beaucoup l’espèce la plus commune et la plus répandue
de tout le genre. On le trouve dans les débris végétaux, dans les mousses
humides ; on le prend parfois au vol ou dans les sablières ou sur les murs des
maisons pendant les journées chaudes. C’est un hôte fréquent des terriers de
Taupes, de Lapins, de Hamsters ; on le trouve aussi parfois dans les fourmi¬
lières. Il pénètre souvent dans les grottes, où on le rencontre parfois en grande
abondance à l’entrée, dans les mousses et sous les pierres. La larve doit faire
sa nymphose dans une logette sur les parois rocheuses, comme celle des Ch.
angustata et Ch. Fagniezi , mais je ne l’ai jamais observée.
Ch. cisteloides est répandu dans toute l’Europe moyenne et occidentale et on
trouvera dans ma Révision ( L'Abeille XXXII, p. 98) la liste des très nom¬
breuses stations m’ayant fourni des matériaux d’étude. Il y a lieu cependant
de préciser les limites de l’aire de répartition de l’espèce d’après des recherches
récentes :
Il existe dans les Iles Britanniques, car j’en ai vu deux exemplaires de l’An¬
gleterre : Sharpenhoe et Wonlhay (Harwood !). Krogerus (1. c.), dans son
étude des Choleva de la Finlande, note l’absence du Ch. cisteloides\ en Finlande,
où se trouvent seulement les deux Ch. glauca et Ch. angustata. Ce fait est très
important, car il jette un doute sur l’exactitude des citations du Ch. cisteloides
de la péninsule Scandinave et du nord de la Russie. Si le Ch. cisteloides
manque en Finlande, il serait bien extraordinaire qu’il existât dans ces deux
régions limitrophes.
Dans le sud enfin, le Ch. cisteloides franchit les Pyrénées non seulement à
l’ouest mais aussi à l’est, car il se trouve en Catalogne. Je l’ai vu aussi de Sicile.
La race dacica enfin occupe tout le massif des monts Bihar, où elle est très
fréquente dans les grottes.
28. Choleva (s. str.) bicolor Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 103, fig. 46
160 à 163,168 et 169. — Van der Wiel, 1931, Tijdschr. Ent., LXXIV,
p. 211. — Pozi Roubal, 1916, Ent. Mitt., V, p. 185 (nivalis var.
Pozi) ; type : Styrie (nom. nudum). •— 1931, Wiener ent. Ztg.,
XLVIII, p. 217. '
Dans une note récente, Roueal (1931) indique que Ch. bicolor Jeannel
(1) J'ai vu le type du Ch.. Tournieri et constaté son identité avec Ch. cisteloides.
284
D' RENÉ JEANNEL
(1923) correspond à son Ch. nivalis ai). Pozi Roubal (1916). Il me semble qu’il
n’y a pas lieu d’accepter cette synonymie.
Ch. Pozi Roub. a été signalé comme « aberration » du Ch. nivalis et sa des¬
cription est en réalité inexistante (’). S’il est vrai, comme l’affirme Roubal, que
son « ab. Pozi » n’est autre que le Ch. bicolor , il me semble qu’il serait tout à
fait injuste de substituer le nom de Pozi à celui que j’ai attribué à mon espèce
minutieusement décrite et caractérisée. Le nom de Pozi Roub. ne peut être
tenu que pour un nomen nudum et il suffira d’enregistrer, d’après son auteur,
qu’il est le fait d’une erreur et doit se rapporter à l’espèce que j’ai décrite
sous le nom de Ch. bicolor.
Espèce toujours rare et présentant une distribution discontinue dans l’Eu¬
rope centrale et occidentale. Elle n’existe pas dans les pays nordiques ;
Krogerus ne l’a pas rencontrée en Finlande.
France. Allier : Cosne-sur-l’Oeil, un mâle (Bourgeois !). Vosges : Kichompré,
près de Gérardmer (de Brunier). — Hollande. Limburg : Maastricht (Scholtze !) ;
nombreuses autres localités citées par Van der Wiel. — Allemagne. Nassau :
Enkheim (Bickhardt !). — Suisse : Grindelwald (Nissen !). — Belgique :
caverne aux végétations, à Ramioul (Leruth !). — Autriche. Styrie : Wechsek
gebirge (Mader !). — Yougoslavie. Slovénie : Laibach (coll. Jeannel). —
Pologne. Galicie : Cracovie (Reitter!).
29. Choleva (s. str.) glauca Britten, 1918, Ent. Monthly Mag., LIV, p. 31,
fîg. 2 ; type : Cumberland. — Jeannel, 1923, Boll. Soc. ent. Ital.,
LV, p. 40. — 1923, L’Abeille, XXXII, p. 105, fig. 170 à 175. — 1926,
Krogerus, Not. ent., VI, p. 7, fîg. 5. —Van der Wiel, 1931, Tijdschr.
Ent., LXXIV, p. 213, fig. 84-89.
Espèce largement répandue dans le nord de l’Europe où sa répartition paraît
continue, et se trouvant çà et là dans le sud, dans des massifs de refuge, où elle
paraît avoir été confinée au Glaciaire. Elle se prend principalement dans les
galeries des Taupes.
Elle ne paraît exister dans les îles Britanniques qu’en Angleterre (N. H. Joy).
Dans toute la Finlande, elle remplace le Ch. cisteloides (Krogerus) et il semble
qu’il en soit de même en Scandinavie ainsi que dans le nord de la Russie.
Enfin Van der Wiel la cite de plusieurs localités de la Hollande.
Aux stations de l’Europe centrale et méridionale énumérées dans ma
Révision, il faut ajouter les suivantes :
France. Pas-de-Calais : Auchel (Faucillon !). Yonne : Massangis, dans des
détritus d’inondation d’un champ ravagé par les Taupes (R. Comon !).
30. Choleva (s. str.) angustata Fabricius, 1781, Spec. Ins., I, p. 148 ; type :
«Anglia «.— Jeannel, 1923,L’Abeille,XXXII,p. 108, fig. 166 et 167,
176 à 179, — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 181 (Bibliogr.).— Kro-
(I) « Kopf, llalsschild, Elytren schwarz, vorn auf dem grôsseren Theile der letztercn
rotbraun, die ganze Naht schwarz. Die Extremitaten rostgelb, die Fühler nach dem Ende
hin dunkelrotbraun. «
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
285
gerus, 1926, Not. ent., VI, p. 7. — Van der Wiel, 1931, Tijdschr.
Ent., LXXIV, p. 215, fig. 90-95. — cisteloides Britten, 1918, Ent.
Monthl. Mag., LIV, p. 31 (nec Frôlich). — pyrenaica Jeannel, 1922,
Bull. Soc. ent. Fr., p. 25 ; type : gr. de Lherm (Mus. Paris). — Vau-
logeri Pic., 1922, L’Éch., XXXVIII, p. 22 ; type : Ariège (coll. Pic) ( J )
Espèce présentant une distribution continue dans l’Europe occidentale,
mais représentée dans l’Europe centrale par des colonies sporadiques. Elle
occupe toutes les îles Britanniques, y compris l’Irlande (N. H. Joy). Elle
existe certainement dans le sud delà Scandinavie et de la Finlande (Krogerus)
et Van der Wiel l’indique comme fréquente en Hollande. J’ai donné dans ma
Révision, une longue liste de localités indiquant sa répartition dans l’Europe
centrale et orientale ; il faut y ajouter les suivantes :
France. Yonne : Massangis, détritus d’inondation (R. Comon !). Hérault :
Montpellier (Mus. Hambourg !). — Allemagne . Hambourg (Preller !). —
Grèce : Corfou (Weirather !).
Ch. angustata pénètre fréquemment dans les cavernes, surtout dans les
Pyrénées, où on le trouve errant sur les parois près de l’entrée des grottes. J’ai
signalé (1926, Faune cav. de la France, p. 275) que les larves de ce Choleva
construisent sur les parois des grottes des logettes fermées par un opercule
soyeux, dans lequel elles font leur nymphose.
31. Choleva (s. str.) obscuripes Reitter, 1888, Wiener ent. Ztg., VII, p. 151,
type : Abago (Mus. Paris). — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII.
p. 110, fig. 44, 180 à 185.
Caucase occidental : Abago, un mâle (Starck !).
32. Choleva (s. str.) Zolotarevi Reitter, 1909, Wiener ent. Ztg., XXVIII
p. 55 ; type : Kasbek (Mus. Budapest). — Jeannel, 1923, L’Abeille
XXXII, p. 112, fig. 13, 43, 139 et 140, 185 à 187.
Caucase central : Kasbek (Zolotarev !). Caucase (Leder !, coll. Reitter).
8. Groupe Sturmi
33. Choleva (s. str.) Sturmi Ch. Brisout, 1863, Mat. Cat. Grenier, p. 7 ; type :
Europe centrale. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 113,
fig. 188 à 193. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 182 (Bibliogr). —
Krogerus, 1926, Not. ent., VI, p. 7, fig. 7. — Van der Wiel, 1931,
Tijdschr. Ent., LXXIV, p. 216, fig. 96-100. — angustata Erichson,
1839, Kâf. Mark Brand., I, p. 233 (pars). — arguta Rey, 1889,
L’Échange, n° 49, p. 4 ; type : Carniole (Mus. Lyon). — leucoph-
thalma Fiori, 1899, Atti Soc. Nat. Modena, XXXI, p. 160 ; type :
monte Majella.
(1) J’ai pu constater par l'examen du type que le Ch. Vaulogeri ne diffère pas du
C/i. angustata F.
28fi
D' RENÉ JEANNEL
Espèce répandue dans l’Europe centrale. Dans le nord, elle manque dans les
îles Britanniques; elle existe sans doute en Scandinavie et est très rare dans le
sud de la Finlande (Krogerus). Assez fréquente en Allemagne et en Hollande
(Van der Wiel), elle ne s’avance vers l’ouest en France que jusqu’à la bor¬
dure du bassin de la Seine. Dans le midi par contre, elle se trouve dans les
deux péninsules italienne et balkanique.
Ch. Sturmi se trouve souvent dans les nids de Taupes ou de Hamsters. 11
a été signalé, dans la Somme, avec le Formica ruja. D’autre part, il pénètre
dans les grottes en Slovénie et en Italie. Les Ch. Sturmi cités d’Espagne se
rapportent au Ch. Jeanneli.
On trouvera dans ma Révision une liste des stations où il a été capturé.
34. Choleva (s. str. ) Fagniezi Jeannel, 1922, Bull. Soc. ent. Fr., p. 26 ; type :
La Bonde (Mus. Paris.) — 1923, L’Abeille, XXXII, p. 117, lig. 15,
47, 194 et 195, 200 à 206. — Van der Wiel, 1931, Tijdschr. Ent.
LXXIV, p. 218, fig. 101-108.
b. Subsp. gallica Jeannel, 1923, L’Abeille. XXXII, p. 122 ; type : bois
de Boulogne (Mus. Paris).
c. Subsp. brevistylis Jeannel, 1923, 1. c., p. 122 ; type : grotte de Moulis
(Mus. Paris).
d. Subsp. gracilicornis Jeannel, 1923, 1. c., p. 122; type : Ludbreg
(Mus. Paris).
La distribution géographique de cette espèce est plus étendue que je ne
l’avais indiqué dans ma Révision. Les recherches des auteurs récents l’ont, en
effet, fait connaître des régions du nord de l’Europe, où elle était jusqu’ici
confondue avec le Ch. Sturmi. Elle y est surtout fréquente dans les nids de
Taupes.
Ch. Fagniezi paraît répandu dans tout le nord de l’Europe. II existe dans les
îles Britanniques, en Angleterre, dans les comtés de Cumberland et d’Oxford,
ainsi que dans Sheppey island, à l’embouchure de la Tamise. 11 est problable
qu’on le trouvera dans la péninsule Scandinave, car Krogerus l’a rencontré en
Finlande, à Hattula et à Helsinge (*).
D’autre part, Van der Wiel (1. c.) le cite de nombreuses localités de la Hol¬
lande, ce qui laisse supposer qu’il se retrouvera encore au Danemark et dans
la majeure partie de l’Allemagne.
Il semble que les exemplaires de la Hollande appartiennent à la race gallica,
et que cette race occupe par conséquent tout le nord-ouest de l’Europe, depuis
l’ouest de l’Allemagne jusqu’au nord et au nord-ouest de la France. C’est la
même race gallica qui se trouve en Angleterre.
La race gracilicornis, décrite de Croatie et qui se trouve aussi en Tchéco¬
slovaquie, atteindrait aussi, d’après Krogerus, la Finlande.
La race Fagniezi s. str. est spéciale au sud-est de la France et la race bre-
(1) Renseignement fourni par M. Krogerus, postérieurement à la publication de son
Étude des Choleva de Finlande ( Not . ent., VI, 1926).
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
287
vistylis enfin, répandue sur tout le versant septentrional des Pyrénées, passe
sur le versant espagnol, en Catalogne.
Toutes les stations connues du Ch. Fagniezi sont à ma connaissance
les suivantes :
a. Subsp. gallica Jeann. — Iles Britanniques. Angleterre : Cumberland •
Oxford ; Sheppey island (Britten) ; Hurn (Harwood !). — France. Finistère :
Roscofî (Ste-Cl. Deville !). Seine : Paris, bois de Boulogne (H. Brisout !), bois
de Vincennes (H. Brisout !), Fontenay-aux-Roses (Bedel !). Seine-et-Oise :
Saint-Germain (H. Brisout !) ; Marly (H. Brisout !) ; Poissy (H. Brisout !) ;
Bouray (Bedel 1) ; Itteville (Bedel !) ; Conflans (Bedel !) ; Livry (Léveillé !).
Seine-et-Marne ; Fontainebleau (Bedel !) ; Moret (Méquignon !) ; forêt de
Sénart (Fairmaire !) ; Maine-et-Loire : Grandlieu (Marmottan!). Corrèze :
Ussel (Sénac !). — Hollande : nombreuses localités (Van der Wiel).
b. Subsp. Fagniezi, s. str. — France. Lozère : col de Galereste (Fagniez !)
Isère : grotte de Sassenage (F. Bernard !). Ardèche: Le Teil (Bedel !). Hérault :
Bize (Magdelaine !). Vaucluse : La Bonde (Fagniez !) ; mont Ventoux (Cho-
baut !). Bouches-du-Rhône : Aix-en-Provence (Abeille !) ; Marseille (Abeille !) ;
Saint-Julien (Fagniez !). Var : Toulon (Fairmaire !) ; Saint-Raphaël (Grenier !).
Alpes-Maritimes : grotte de la Statue, près de Gourdon (Jeannel).
Obs. — L’espèce n’est pas connue de l’Italie, mais existe sans doute en
Ligurie.
c. Subsp. brevistylis Jeann. — France. Basses-Pyrénées : grotte de Sare
(Mascaraux !) ; grotte d’Istaurdy (Dodero !). Gers : Samatan (Clermont !).
Ariège : un exemplaire pris au vol (Fagniez !); grotte de Moulis \Biosp. 294]
(Jeannel); grotte du Tue d’Audoubert [Biosp. 624] (Jeannel); grotte de Ca-
mouseil, à Ornolac (Dodero !). Pyrénées-Orientales : La Preste (A. Grouvelle!).
Aude : mont Alaric, près de Narbonne (Gavoy !). — Espagne. Llivia, en Cer-
dagne (Villalta !). Gerona ; Collscabra (Villalta !) ; Guilleries (Villarubia !).
d. Subsp. gracilicornis Jeann. — Yougoslavie. Croatie : Ludbreg (Apfel-
beck !). — Tchécoslovaquie : Rabstein (?) (Purkynë). — Finlande. Tavastia :
Hattula (Wegelius). Nylandia : Helsinje (Stockmann).
35. Choleva (s. str. ) Uhagoni Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 82 ; type :
cueva de Valle (Mus. Paris). — 1923, L’Abeille, XXXII, p. 122,
fig. 196 et 197.
Espagne. Santander : cueva de Valle, à Rasines [Biosp. 308] (Breuil !).
36. Choleva (s. str.) spinipennis Reitter, 1890, Deutsche ent. Zs., p. 167 ;
type : Weisskirchen (Mus. Budapest). — Ganglbauer, 1899, Kâf.
Mitteleur., III, p. 116. — Semenov-Tian-Shanski, 1899, Bull. Soc.
Nat. Moscou, p. 114. — Ganglbauer, 1902, Verh. zool. bot. Ges.
Wien, LU, p. 210. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 124,
fig. 198 et 199, 207 à 212.
Répandu dans l’Europe centrale, de l’Oural jusqu’à Wien.
288
Dr RENE JEANNEL
Autriche. Basse-Autriche : Deutsch-Altenburg (Mus. Wien !) ; Marchegg
dans le Marchfeld (Kaufmann !). — Tchécoslovaquie. Moravie : Weisskirchen
(Weber !). — Finlande. Isthme de Karélie : Vammeljoki (Stenius, teste Kro-
gerus). — Russie : Moscou (coll. Reitter !). Vladimir: Youriev (Tchitcbérine!).
Yaroslav : Berditsyno (Yakovlev !). Novgorod : Borovitchi (Yakovlev !).
37. Choleva (s. str.) Jeanneli Britten, 1922, Ent. Monthly Mag., LVIII,
p. 108 ; type : Angleterre. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII,
p. 126, fig. 48, 213 à 216,225 et 226. — Vander Wiel, 1931, Tijdschr.
Ent., LXXIV. p. 222, fig. 115-119, — Sturmi Uhagon, 1890, An.
Hist. nat., Madrid, XIX, p. 28. -— Britten, 1918, Ent Monlthy
Mag., LIV, p. 30, fig. 1 (nec Ch. Brisout).
Espèce répandue surtout dans l’ouest de l’Europe, existant aussi à l’état
sporadique dans l’Europe centrale. Elle occupe la péninsule ibérique où elle
a été citée sous le nom dé Sturmi. Elle vit principalement dans les nids de
Taupes.
Iles Britanniques. Angleterre : Cumberland (Britten) ; Oxford (Walker) ;
Newbury, Berkshire (Harwoodl) ; Brandon, Suffolk (Harwood!).— France.
Seine : environ de Paris (H. Brisout !). Seine-et-Oise : forêt de Saint-Germain,
dans les galeries des Taupes, en hiver (Colas!, Jarrige!, Ruter !). Haute-
Vienne : Les Bourielles (Mesmin!) ; Limoges (Bleuse !). — Hollande : dans les
nids de Taupes, nombreuses localités (Van der Wiel). — Allemagne. Rhein-
land : Jülicb (Puton !). — Espagne. Guadalajara : Villaviciosa, un mâle
(Escalera!); Escorial (Zapater!). — Portugal : sierra de Monchique (Mus.
Madrid!). — Yougoslavie : Slovénie (coll. Reitter!).
38. Choleva (s. str.) elongata Paykull, 1798, Fauna Suec., I, p. 345 (Catops) ;
type : Scandinavie. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 129,
fig. 16 et 17, 49, 217 à 220, 227 et 228. — Hatch, 1928, Col. Cat.,
pars 95, p. 183 (Bibliogr.). — Krogerus, 1926, Not. ent., VI, p. 7,
fig. 8. — Van der Wiel, 1931, Tijdschr. Ent., LXXIV, p. 224, fig. 120-
124. — rufescens Illiger, 1798, Kug. Verz. Kâf. Preuss., p. 87
(Catops). — anguslata Sturm,1839, Deutscbl. Fauna, Ins., XIV, p. 5,
pl. 272, fig. M. — Thomson, 1862, Skand. Col., IV, p. 58 (nec Fa-
bricius). — lucidicollis Reitter, 1887, Deutsche ent. Zs., p. 278 ; type :
Prusse occidentale (Mus. Budapest.)
Répandu dans l’Europe septentrionale et centrale. A l’ouest, il atteint le
bassin de la Seine, mais il n’existe pas en Angleterre ; dans le nord, il se trouve
en Scandinavie et en Finlande ; vers l’est, il occupe les plaines de la Russie.
Dans le sud enfin, il ne dépasse pas les Alpes. On le trouve surtout dans les nids
de Taupes.
France. Seine-et-Marne : Lagny (Magdelaine !). — Hollande : nids de Taupes
dans de nombreuses localités (Van der Wiel). — Danemark. Ile Seeland (coll.
Breit !). — Allemagne. Rheinland : Hückeswagen (Eigen !). Brunswick (coll.
Ste-Cl. Deville!). Hesse (Mus. Wien!).West-Preussen: Rosenberg (Mus. Wien!).
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
289
Silésie : Breslau (coll. Jeannel). Muggenhahl bei Dantzig (coll. Jeannel). —
Finlande. Isthme de Karélie : Uusikirkko, Wammeljoki (Stenius). — Autriche.
Tyrol : Axams, près Innsbruck (Obenberger !) ; Innsbruck, nids de Taupes
(Weirather !) ; Rümerfelder (Kutin !). — Lithuanie. Georgenbourg, près
Kaunas[Kovno](Vinogradov!).— Russie. Léningrad : Kamenka (Olsoufiev !).
39. Choleva (s. str. ) libanotica Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII,
p. 43 ; type : Liban (Mus. Paris.) — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII,
p. 132, fig. 50,221 à 224. — sidonica Pic, 1922, L’Échange, XXXVIII,
p. 22 ; type : Syrie (coll. Pic.)
Syrie : Liban (Abeille !). — Palestine : Jérusalem (La Brûlerie !).
Obs. — L’identité du Ch. sidonica avec le Ch. libanotica m’est prouvée par
la comparaison des deux types.
40. Choleva (s. str.) sparsicollis Reitter, 1907, Deutsche ent. Zs., p. 485
type: Jablanica(Mus.Budapest). —Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII,
p. 134, fig. 51, 231 à 234.
Yougoslavie. Herzégovine : un seul mâle connu, pris au sommet du Plasa
planina, près de Jablanica (coll. Reitter!).
9. Groupe angistrina
41. Choleva (s. str.) angistrina Reitter, 1887, Deutsche ent. Zs., p. 279 ; type :
île Angistri (Mus. Paris). — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 136,
fig. 229 et 230.
Grèce : île Angistri, entre Aegina et la côte nord-est du Péloponèse, une seule
femelle connue (Oertzen !).
Species incertae sedis
42. Choleva lateritia Ménétries, 1849, Mém. Ac. Sc. St-Petersb., (6) VI,
p. 52 ( Catops ) ; type : Novaia Alexandrowskaia. — Murray, 1856,
Ann. Mag. nat. Hist., (2) XVIII, p. 24. — Kraatz, 1858, Berl. ent.
Zs., II, p. 30. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 69.
Territoires Transcaspiens : Novo Alexandrowsk, sur le Kara-Su, nord-est
de la mer Caspienne.
Murray suppose qu’il s’agit d’une espèce voisine de Ch. agilis ; Kraatz le
rapporterait plutôt au Ch. oblonga, qui existerait, dit-il, dans l’Oural, ce qui
n’est d’ailleurs pas probable. Mais la coloration pâle (pallide rufoferrugineus)
du Ch. lateritia me ferait plutôt croire qu’il se rapporte au genre Cholevinus,
peut-être même au Ch. pallidus Ménétries, 1832, décrit de Bakou.
43. Choleva norvegica Sparre-Schneider, 1875, Vid. Selsk. Fôrh.,Christiania.
p. 142 ; type : Norvège. — Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn,
XXIII, p. 42. — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 137.
Norvège. — Ressemble au cisteloides , mais est plus grand (6 mm.). Il s’agit
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I.
49
290 D' RENÉ JEANNEL
certainement d’une des espèces connues de la Scandinavie, peut-être du Ch.
Sturmi.
44. Choleva Tenenbaumi Roubal, 1931, Wiener ent. Ztg., XLVIII, p. 214
(Ch. paskoviensis subsp. Tenenbaumi) ; type : Pilawa.
Pologne : Pilawa, une femelle (Tenenbaum).
La longue description de cet exemplaire femelle unique, donnée par Roubal,
montre bien qu’il ne s’agit pas d’un Ch. paskoviensis. J’ai plutôt l’impression
que l’auteur a eu sous les yeux une femelle du Ch. oblonga , particulièrement
convexe, comme cela est assez fréquent. J’ai observé de grandes variations
individuelles de taille et de forme des élytres chez cette espèce.
45. Choleva (s. str.) impressithorax Pic, 1922, L’Échange, XXXVIII, p. 22 ;
type : ? Alpes (coll. Pic.).
La description donnée par Pic s’applique assez bien au Ch. Emgei Reitt.,
qui se prend aux environs de Wien. Cependant elle indique que les trochanters
postérieurs du mâle seraient « tuberculés près du sommet », ce qui n’est pas le
cas chez le Ch. Emgei. Par contre, chez celui-ci, le pronotum est fossulé et les
élytres sont fréquemment roussâtre aux épaules.
39. Gen. RYBINSKIELLA Reitter
Rybinskiella Reitter, 1907, Wiener ent. Ztg., XXVI, p. 333 ; type : R. ma-
gnifica Ryb. —1913, Deutsche ent. Zs., p. 667. — Pic, 1914, Deutsche
ent. Zs., p. 318.
Subgen. Sintania Pic, 1908, L’Échange, XXIV, p. 59 ; type : S. hima-
layica Pic.
Grande taille, de 5 à 7 millimètres. Aptères. Genre voisin de Choleva Latr.
et présentant les mêmes caractères généraux, mais s’en distinguant principa¬
lement par l’absence d’un épistome distinct du front, par l’armature apicale des
tibias et par la forme générale du corps qui rappelle celle des Apholeuonus
dans la sous-famille des Bathysciinae.
Téguments le plus souvent dépigmentés, ponctués sans ordre. Pubescence
variable de longueur, toujours dressée, souvent doublée de très longues soies
hérissées.
Tête rétractile, à carène occipitale peu saillante, les yeux bien développés ;
épistome indistinct. Palpes maxillaires semblables à ceux des Choleva (fig. 654).
Antennes très longues, grêles, les articles déliés et allongés, les 7, 9, 10 et 11
dilatés, le 11 toujours plus grand, plus long et plus large que le 10 (fig. 653).
Pronotum toujours bien plus étroit que les élytres. de forme assez variable
selon les espèces, mais toujours étroit à la base, la plus grande largeur vers le
milieu, les côtés parallèles ou rétrécis dans leur moitié postérieure. Disque du
pronotum peu convexe, inégal, avec de larges dépressions ou fossettes dans sa
partie basale. Élytres toujours très renflés, physogastres, ventrus dans leur
partie antérieure, très atténués et comme caudés dans la partie apicale (fig. 653),
MONOGRAPHIE DES GATOP1DAE
291
La strie suturale est toujours entière et de plus le disque des élytres porte des
stries souvent très nettes.
Mésosternum plan, non caréné ; les hanches intermédiaires contiguës.
Pattes longues et grêles, les tibias intermédiaires et postérieurs toujours
arqués. L’extrémité apicale des tibias antérieurs porte un éperon interne, mais
aucun éperon externe (fig. 655). Les tibias des deux paires postérieures sont
armés d’éperons internes relativement courts et simples comme ceux des
Fig. 653-656 : Genre Rybinskiella Reitt., R. magniftca Ryb., du Cerna hora. — Fig. 653.
Femelle, x 12. — Fig. 654. Palpe maxillaire droit. — Fig. 655. Sommet du tibia et
tarse antérieurs droits, X 40. — Fig. 656. Sommet du tibia et tarse intermédiaires
gauches, X 40.
Choleva , mais leur bord apical dorsal et externe présente de petits éperons
externes sans aucune trace de frange d’épines régulières.
Chez le mâle, les tarses antérieurs sont plus ou moins dilatés, les tarses inter¬
médiaires simples comme ceux des femelles.
Organe copulateur mâle inconnu.
Ce genre est certainement très voisin de Choleva Latr. L’armature des tibias,
la fusion de l’épistome sembleraient devoir le rapprocher des Catops. Mais
l’absence de dilatation des tarses intermédiaires chez les mâles présente cer¬
tainement une importance taxonomique essentielle et suffit à donner la preuve
que Rybinskiella se place auprès de Choleva. D’ailleurs, il existe des Cholevini
à épistome fusionné (Prionochaeta), d’autres sans frange apicale aux tibias
292
D' RENÉ JEANNEL
( Philomessor , Attumbra ), et même certaines espèces du genre Choleva , comme
Ch. libanotica Reitt., ont un épistome peu distinct et des tibias pourvus d’épe¬
rons externes, marquant ainsi une transition avec le genre Rybinskiella.
D’autre part, la forme extraordinaire des Rybinskiella et leur pubescence
hérissée ne sont qu’une exagération de celles des Cholevopsis. Il serait bien
étonnant, à mon avis, que les caractères de l’organe copulateur mâle, lorsqu’ils
seront connus, ne viennent pas confirmer l’étroite parenté des Rybinskiella
et des Choleva.
Les Rybinskiella , toujours très rares, vivent relégués près de la neige sur les
hauts sommets de l’Asie centrale et dans les Carpathes.
Tableau des espèces
1. Pronotum très petit, étroit, guère plus large que la tête, de forme
subcarrée, ses côtés longuement sinués dans la moitié basale, les
angles postérieurs droits, accusés quoique très émoussés. Ponctuation
forte et serrée, formée de gros points arrondis et profonds. Pubes¬
cence courte et rare. A. Subgen. Rybinskiella, s. str.
— Pronotum transverse, bien plus large que la tête, ses côtés réguliè¬
rement arrondis, rétrécis mais non sinués en arrière, présentant la
plus grande largeur vers le milieu, les angles postérieurs obtus et
très arrondis. Ponctuation de la tête et du pronotum fine et aciculée;
celle des élytres plus forte mais superficielle et inégale. Pubescence
longue et fournie. R. Subgen. Sintania Pic.
A. Subgen. Rybinskiella, s. str.
1. Brun rougeâtre brillant, les antennes pâles. Tête saillante ; prono¬
tum aussi long que large, sa base à peine plus large que le bord anté¬
rieur, la plus grande largeur au milieu, les côtés très peu arqués en
avant, assez profondément sinués en arrière, le disque peu convexe.
Élytres renflés mais peu convexes, les stries discales bien visibles.
Antennes atteignant environ le quart basal des élytres. Pattes rela¬
tivement courtes (fig. 653). Long. 5 mm. (Carpathes). [Fig. 653-656].
. 1. magnifica Ryb.
B. Subgen. Sintania Pic
1. Forme générale svelte et déliée, les membres très longs, les fémurs
postérieurs dépassant le contour du corps de plus des deux tiers de
leur longueur. Pronotum en ovale transverse, ses côtés très arrondis,
ses angles presque totalement effacés. Élytres ovoïdes, longs et très
acuminés, les stries très nettes. Pubescence peu longue, égale. Ponc¬
tuation des élytres relativement fine et régulière. Brun de poix foncé,
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE 293
avec les pattes et les antennes rougeâtres. Long. 7 à 7,5 mm. (Kash-
mir). 2. kashmirensis Pic.
— Forme générale plus ramassée, trapue, les membres courts, les
fémurs postérieur ne dépassant le contour des élytres que de la
moitié à peine de leur longueur. Pronotum subrectangulaire, ses
côtés arqués, mais les angles accusés. Élytres ovoïdes courts. 2.
2. Pubescence des élytres courte, mais doublée par de longues soies
hérissées alignées sur les interstries. Pronotum d’un tiers plus large
que long, sa plus grande largeur avant le milieu. Élytres à stries
peu marquées, leur ponctuation relativement fine. Antennes très
longues, de longueur dépassant le milieu du corps. Brun rougeâtre.
Long. 6,5 mm. (Turkestan chinois : monts Tian-Shan).
. 4. Bodoana Reitt.
— Pubescence des élytres uniforme, longue et hérissée. Pronotum plus
large, de moitié plus large que long, sa plus grande largeur au milieu.
Élytres plus courts, à stries nettement ponctuées et bien marquées,
la ponctuation des interstries forte et peu serrée. Antennes courtes,
ne dépassant pas le milieu du corps. Testacé rougeâtre. Long.
6 à 7 mm. (Kashmir). 3. himalayica Pic.
A ces trois espèces du groupe des Sintania, il faudra ajouter une quatrième :
R. (Sintania) daurica Motsch., très insuffisamment décrite dans les termes
suivants :
« Catops dauricus Motsch. — Espèce remarquable par son corselet beau-
« coup plus étroit que les élytres qui sont d’un ovale assez large et pointu à
« l’extrémité. Le faciès le rapproche beaucoup du genre Pteroloma Gyll., mais
« le corps entièrement velu l’en sépare. Il est d’une couleur jaune roussâtre
« et se trouve sur les sommités des Alpes du Hamar-Daban, en Mongolie. »
La seule chose qu’on puisse dire d’après ce qui précède est que le C. dauricus
Motsch. appartient vraisemblablement au groupe des Sintania. Les « Cata¬
logues » récents (Winkler, M. Hatch) admettent son identité avec le Rybins-
kiella (s. str.) magnifica Ryb., des Carpathes, sans doute à cause d’une note
publiée par Fleischer (Cas. Cs. Spol. ent., XIX, p. 79) en langue tchèque et
dont j’ignore la teneur. Mais personne, à ma connaissance, n’a vu le type de
Motschoulsky et il est impossible dans ces conditions d’assigner au C. dau¬
ricus une place précise dans la systématique. Son « corps entièrement velu »
donne à croire qu’il est sans doute voisin des R. (Sintania) himalayica Pic
et Bodoana Reitt. Il serait d’ailleurs bien extraordinaire qu’une espèce étroite¬
ment spécialisée et reléguée en Europe à haute altitude sur les Carpathes se
trouve identique sur les montagnes de la Mongolie.
A. Subgen. Rybienkiella, s. str.
1 . Rybinskiella (s. str.) magnifica Rybinski, 1902, Acad. Litt. Cracov.,
p. 5 (Choleva) ; type : Cerna Hora (Mus. Cracovie). — Reitter, 1907,
294
D r RENE JEANNEL
Wiener ent. Ztg., XXVI p. 333 (Rybinskiella). — 1913, Deutsche
ent. Zs., p. 667. — dauricus Roubal, 1926, Ent. Bl., XXII, p. 10 (nec
Motschoulsky).
Très rare, se trouvant à haute altitude sous les pierres, près des champs de
neige.
Tchécoslovaquie. Carpathes orientales : haute vallée de la Gadzyna, sur le
Cerna Hora, à 1.700 mètres d’altitude (M. Rybinski); Cerna Ilora, près de la
neige (Roubal !).
B. Subgen. Sintania Pic
2. Rybinskiella (Sintania) kashmirensis Pic, 1908, L’Échange, XXIV, p. 59 ;
type : Kashmir (coll. Pic).
Inde , Kashmir : Himalaya occidental (Rost !).
3. Rybinskiella (Sintania) himalayica Pic, 1908, L’Échange, XXIV, p. 59
(Sintania) ; type : Kashmir (coll. Pic.) — himalayica Reitter, 1913>
Deutsche ent. Zs., p. 668 ( Rybinskiella ) ; type : Kashmir (Mus.
Budapest).
Inde, Kashmir : Himalaya occidental (Rost !).
4. Rybinskiella (Sintania) Bodoana Reitter, 1913, Deutsche ent. Zs., p. 668;
type : Tian-Shan. (Mus. Budapest).
Turkestan chinois : monts Tian-Shan (B. von Bodemeyer).
5. Rybinskiella (Sintania) daurica Motschoulsky, 1845, Bull. Soc. Nat.
Moscou, XVIII, p. 46 ( Catops) ; type : Chamar Daban. — Murray,
1856, Ann. Mag. nat. Hist., (2) XVIII, p. 394. — Reitter, 1901,
Deutsche ent. Zs., p. 48 ( Chionocalops ). — Portevin, 1922, Mise, ent.,
XXVI, p. 1 ( Rybinskiella).
Sibérie. Transbaikalie : monts Chamar Daban, sur la rive sud du lac
Baikal (Motschoulsky).
40. Gen. PRI0N0CHAETA G. II. Horn
Prionochaeta G. H. Horn, 1880, Trans. Am. ent. Soc., VIII, p. 260; type :
P. opaca Say. — Leconte et Horn, 1883, Class. Col. N. Amer., p. 81. —
Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 46. — Hatch, 1933, Journ.
N. Y. ent. Soc., XLI, p. 225. — 1928, Col. Cat., pars 95, p. 206
(Bibliogr.).
Taille de 4 à 5 mm. Ailés. Forme générale des Catops. Coloration d’un noir
mat, les élytres avec un reflet ardoisé produit par de petits plis épidermiques
transverses, les antennes et les pattes brunes. Pubescence dorée, courte et cou¬
chée ; quelques petites soies dressées sur la partie apicale des élytres. Tégu-
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
295
ments ponctués, la ponctuation très fine et très serrée sur le pronotum, un
peu plus forte et râpeuse sur les élytres.
Tête rétractile, la carène occipitale très saillante, les yeux bien développés.
Épistome indistinct. Palpes maxillaires à avant-dernier article peu renflé,
le dernier conique, épais, aussi long que l’avant-dernier (fig. 658). Antennes
grêles, dépassant la base du pronotum, les articles déliés, le dernier article
guère plus grand que l’avant-dernier (fig. 657).
Fig. 637-663 : Genre Prionochaeta Horn. : P. opaca Say, de Pensylvanie. — Fig. 657.
Mâle, x 12. — Fig. 678. Palpe maxillaire gauche. — Fig. 659 et 660. Sommets des tibias
et tarses antérieur et intermédiaire du mâle, x 45. — Fig. 661. Grand éperon interne
du tarse postérieur, x95. — Fig. 662. Organe copulateur mâle, face dorsale, x 65. —
Fig. 663. Le même, de profil.
Pronotum transverse, peu convexe, ses côtés régulièrement arrondis, les
angles postérieurs un peu saillants en arrière. Élytres relativement allongés;
déprimés, atténués au sommet, la strie suturale entière, parallèle à la suture.
Mésosternum plan, sans carène médiane ; hanches intermédiaires contiguës.
Pattes robustes, les tibias épaissis au sommet. Les tibias antérieurs portent
un grand éperon interne et deux éperons externes (fig. 659). Les tibias intermé¬
diaires et postérieurs sont armés de deux éperons internes, dont le dorsal, très
long et épais, est frangé de deux rangées de petites épines très régulières
296
Dr RENÉ JEANNEL
(fig. 661) ; le bord apical des tibias intermédiaires et postérieurs porte de plus
une frange d’épines très courtes au côté dorsal et externe (fig. 660).
Chez les mâles, les tarses antérieurs ont leurs trois premiers articles dilatés
(fig. 659).
Segment génital mâle de même type que chez les Choleva et les Nargus.
L’organe copulateur (fig. 662 et 663) est très long, très comprimé latéralement.
Les pièces basales sont identiques à celles des Choleva. La partie apicale du
pénis est droite, avec sa face dorsale très plane ; l’apex est effilé en pointe.
Styles robustes, infléchis et coudés au sommet; leur partie apicale, lamelleuse
et convexe, porte une sorte de houpe membraneuse, laciniée et repliée à angle
aigu (fig. 662 et 663). Le sac interne présente une dent impaire et ventrale dans
sa partie apicale, homologue de celle des Choleva. Cette dent est largement
arrondie et a plutôt la forme d’une crête transverse chez P. opaca. De plus la
face ventrale du sac porte deux chaînes longitudinales de dents articulées dans
sa partie moyenne.
Les Prionochaeta habitent l’Amérique du Nord et l’Asie orientale. Ils sont
manifestement dérivés de la souche des Choleva.
Tableau des espèces
1. Antennes courtes, ne dépassant pas la base du pronotum, la massue
épaisse, les articles 9 et 10 transverses, deux fois aussi épais que le
funicule. — Ovalaire, assez convexe ; pronotum à côtés peu arqués,
la plus grande largeur à la base, les angles postérieurs vifs et aigus ;
élytres avec des traces de stries. Grand éperon interne des tibias pos¬
térieurs plus long que le premier article du tarse. Antennes brunâtres
avec les quatre premiers articles testacés, le dernier article rougeâtre.
Long. 4 à 4,2 mm. (Japon). 1. Harmandi Port.
— Antennes longues, dépassant les angles postérieurs du pronotum, la
massue peu épaissie, les articles 9 et 10 aussi longs que larges, de peu
plus épais que le funicule. Angles postérieurs du pronotum très
émoussés, presque droits. Forme générale plus large et déprimée. 2.
2. Antennes en entier brunâtres. Élytres sans trace de stries. Grand
éperon interne des tibias postérieurs plus court que le premier article
du tarse. Long. 4,5 à 5,5 mm. (Amérique du Nord). [Fig. 657 à 663].
. 2. opaca Say.
— Antennes testacées, les articles 7 à 9 rembrunis. Pattes pâles. Élytres
avec des traces de stries. Long. 4,2 mm. (Sibérie orientale.
. 3. sibirica Reitt.
1. Prionochaeta Harmandi Portevin, 1902, Bull. Mus. Hist. nat., p. 512;
type : Tokio (Mus. Paris). — 1903, Ann. Soc. ent. Fr., p. 158. — 1914,
Ann. Soc. ent. Belg., LVIII, p. 215. — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent.
Soc., XLI, p. 226.
Japon. Nippon central : environs de Tokio (Harmand !).
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
297
2. Prionochaeta opaca Say, 1825, Journ. Ac. Nat. Sc. Philad., V, p. 184
( Catops) ; type : Amérique du Nord. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars
95, p. 206 (Bibliogr.). — 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 226.
Commun sous les cadavres ou dans les champignons décomposés. Trouvé
dans les terriers de Lapins de l’Indiana par Blatchley, dans les nids de Buse
dans le Maryland par Barber.
L’espèce est répandue dans tout l’est des États-Unis, mais n’est pas connue
de la côte pacifique de l’Amérique du Nord. Comme elle paraît spécifiquement
très voisine du P. sibirica de Vladivostok, on voit que sa répartition est très
comparable à celle du T rechus apicalis micans Lee. ( 1 ).
M. Hatch (1933) le cite de nombreuses localités du Canada, dans les pro¬
vinces de Québec et de l’Ontario, ainsi que des États-Unis : New Hampshire,
Massachusetts, New York, New Jersey, Pennsylvania, Maryland, Virginia,
North Carolina, Ohio, Michigan, Minnesota, Arkansas et Kansas. Cette vaste
distribution couvre donc toute la région des grands lacs, les plaines du Mississipi
et la chaîne des monts Alleghanys. Les stations les plus occidentales de l’es¬
pèce, d’après Hatch, se trouvent dans le Kansas; mais l’extension vers l’ouest
de faire géographique du P. opaca doit atteindre le pied des montagnes Ro¬
cheuses, car je le connais encore du Colorado.
Les exemplaires que j’ai pu examiner proviennent de stations suivantes :
New York (coll. A. Grouvelle). Pennsylvania : Pittsburg (Hatch !) ; Arcole
(Hatch !) ; Easton (Hatch !). Massachusetts : Framingham (Van Dyke !).
Missouri : Willard, Greene co. (Valentine !). Colorado : Breckenridge (coll.
Jeannel).
3. Prionochaeta sibirica Reitter, 1887, Deutsche ent. Zs., XXXI, p. 280;
type : Vladivostok (Mus. Budapest). — Hatch, 1933, Journ. N. Y.
ent. Soc., XLI, p. 226.
Sibérie orientale : Vladivostok, un mâle (Graeser !). Oussouri : Kabarovsk
(Chestounov !) ; monts Sikota-alyn (Rimsky-Korsakov !).
41. Gen. ATTUMBRA Des Gozis
Attumbra Des Gozis, 1886, Recherche esp. typ., p. 17 ; type : A. Josephinae
Saulcy. — Seidlitz, 1887, Deutsche ent. Zs., p. 89. — Reitter, 1889,
Deutsche ent. Zs., p. 372. — Uhagon, 1890, An. Hist. nat. Ma¬
drid, XIX, p. 87. — Ganglbauer, 1899, Kâf. Mitteleur., III, p. 125.
— Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 44. — Catopomorphus
Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn. XXIII, p. 38. — Anthobio-
morpha Obenberger, 1922, Arch. Naturg., LXXXII, A 4 (1916),
p. 12 ; type : A. Malyi Ob.
Biol. — Wasmann, 1894, Krit. Verz. myrm. terni. Arthrop., p. 128.
— Weber, 1925, in Blunck, Syll. Ins.-Biol., Col., I, p. 122.
(1) R. JetNNEL. Campagne spéologique dans l’Amérique du Nord en 1928 [Arch. Zool.
exp., t. 71, p. 480 et fig. 106, carte).
298
D r RENÉ JEANNEL
Taille de 3 à 3,5 mm. Ailés. Aspect général très particulier, tenant à l’état
relativement peu chitinisé des téguments et à la coloration : la tête et le pro-
notum sont généralement foncés, souvent noirs brillants, les élytres pâles, tes-
tacés, avec la partie apicale plus ou moins rembrunie, les antennes et les
pattes pâles. Téguments brillants, quoique fortement alutacés, la ponctuation
généralement peu serrée (sauf dans le groupe subnuda), souvent imperceptible
sur le pronotum. Elytres à surface inégale, sans strioles transverses.
La pubescence est variable. Dans le groupe subnuda , elle est formée de poils
raides très courts, plaqués dans les points qui leur donnent insertion. Chez
toutes les autres espèces les poils de la pubescence générale sont longs et
souples, et il existe de plus de longues soies dressées sur le pronotum et les
élytres. Ces soies, fines et nombreuses chez A. Josephinae, sont plus fortes et
brunes chez les A. femoralis et A. lucida. Chez les espèces du groupe Malyi,
propres au Turkestan, leur nombre est très réduit : seules subsistent les soies
de la bordure marginale du pronotum et des élytres et de plus elles deviennent
épaisses et rigides, presque spiniformes. Enfin, l’A. judaea s’écarte de toutes
les autres espèces du genre par l’absence totale de la pubescence générale, alors
que les soies dressées sont bien développées.
Tête rétractile quoique plus saillante et plus bombée que chez les genres
voisins ; la carène occipitale tranchante et ciliée. Êpistome distinct du front,
quoique la suture qui le sépare soit peu visible. Yeux grands et ciliés dans
leur moitié postérieure. Palpes maxillaires semblables à ceux des Nargus
(fig. 665). Mandibules à pointe apicale aiguë et dentée sur son bord interne,
la dent interne (ou rétinacle) peu saillante, pas plus saillante que les dents de
la pointe principale ; la mola peu saillante, armée d’un rang de soies couchées-
Lobes des maxilles de même longueur; le lobe externe revêtu de poils crochus
sur toute sa partie apicale.
Antennes longues et grêles, non aplaties, les articles de la massue déliés,
le 8 plus court et plus étroit que ses voisins, le dernier article bien plus grand
que l’avant-dernier (fig. 666).
Pronotum plus ou moins transverse, plan, avec une large fossette médiane
et deux fossettes latérales. Les angles très effacés, arrondis, la base plus large
que le bord antérieur, toujours plus ou moins bisinuée. Les angles postérieurs
explanés n’enveloppent pas la racine des élytres. Élytres épais, peu allongés,
non atténués à l’apex, leur surface inégale, la strie suturale absente. Bord
apical des élytres généralement large et arrondi, avec l’angle suturai très effacé.
Mésosternum plan, sans carène ; cavités coxales intermédiaires non séparées.
Pattes longues quoique robustes, les tibias, longs et toujours épais. Tibias
intermédiaires et postérieurs avec des éperons internes assez longs et deux
éperons externes plus courts, sans frange de poils au bord apical et dorsal
(fig. 667). Tibias antérieurs avec un grand éperon interne assez long, sans
éperons externes. Le bord externe des tibias non épineux, mais fortement
pubescent.
Les caractères sexuels secondaires sont variables. Les tarses antérieurs des
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
299
mâles ont leurs trois premiers articles faiblement dilatés. Chez les espèces du
groupe Malyi, du Turkestan, les tibias postérieurs sont très épaissis chez les
mâles, trois fois plus larges à l’apex qu’à la base. Enfin le bord apical des élytres
diffère selon les sexes chez les espèces du Turkestan : largement arrondi chez
les mâles, il est atténué peu à peu jusqu’à l’angle suturai qui est saillant chez
les femelles. Les trochanters ne présentent aucune particularité suivant les
sexes.
Segment génital mâle semblable à celui des N argus. Organe copulateur du
Fig. 664-676 : Genre Attumbra Des Gozis. — Fig. 664. A. Josephinae Saulcy subsp. corsica,
nov., mâle type, X 44. — Fig. 665. Palpe maxillaire droit. — Fig. 666. Antenne, 35. — x
Fig. 667. Sommet du tibia intermédiaire mâle, X 65. — Fig. 668. Sommet de l'organe
copul. mâle de la forme typique, de Vallecas, x 125. — Fig. 669. Le même organe, vu
de profil, X 95. — Fig. 670. À lucida Kr., antenne, X 35. — Fig. 671. A. altivaga Pic.
antenne, x 33. — Fig. 672. A. judaea Reitt., sommet de l'organe copulateur, face dor-
sale.’x 125. — Fig. 67 i. A. subnuda Reitt., idem. — Fig. 674. A. femoralis Reitt., idem.
— Fig. 675. A. Malyi Ob., antenne, X 35. — Fig. 676. .4. quadraticollis, n. sp., tibia
postérieur droit du mâle, 40.
même type ; les pièces basales relativement longues. Le pénis est arqué, tou¬
jours symétrique, anguleux et simple à l’apex. Les styles, bien développés,
robustes, sont toujours élargis au sommet et portent deux ou trois soies api¬
cales. Sac interne inerme, tapissé uniformément de petites écailles.
Les Attumbra ont été longtemps réunis aux Catopomorphus , mais leur faciès,
la forme de leurs antennes, l’armature apicale de leurs tibias, leur sac interne
inerme les en écartent nettement.
Comme tous les autres genres du groupe, Attumbra est originaire del’Égéide
et s’est répandu vers l’ouest dans la région méditerranéenne. Il groupe une
300
D 1 RENÉ JEANNEL
dizaine d’espèces, toujours très rares, dont les moeurs sont loin d’être connues.
On considère généralement les Attumbra comme des myrmécophiles réguliers.
Il est vrai que certaines espèces ont été recueillies par individus isolés, toujours
très rarement, dans les nids des Fourmis du genre Messor. Mais il est remar¬
quable qu’il n’arrive jamais qu’on les rencontre en nombre avec les Fourmis,
comme cela est le cas pour la plupart des myrmécophiles. Par contre, les
Attumbra ont été souvent trouvés en abondance relative dans les fissures des
terrains argileux, dans certaines localités. C’est le cas de VA. Josephinae à
Vallecàs, près de Madrid, ou encore de VA. altivaga sur le djebel Heidzer. Il est
vraisemblable que les Attumbra doivent se nymphoser dans les fissures des
argiles ; on les prend parfois au vol ou attirés par les lumières et il est bien pro¬
bable qu’ils ne passent qu’une partie de leur existence dans les nids des Messor.
Leur grande rareté tient certainement à ce que nous ne connaissons pas encore
leur habitat régulier.
Tableau des espèces
1. Pas de grandes soies dressées sur le pronotum et les élytres. La pubes¬
cence est formée de poils raides excessivement courts et couchés,
plaqués dans les points pilifères. Ponctuation fine et serrée, tant sur
le pronotum que sur les élytres. 2.
— Des grandes soies dressées sur le pronotum et les élytres, au moins
sur leurs parties latérales. Pronotum sans ponctuation, ou à ponc¬
tuation très éparse. Élytres à surface rugueuse. 3.
2. Pubescence des élytres imperceptible. Pronotum très transverse,
deux fois aussi large que long, ses côtés bien arrondis, la base bien
plus large que le bord antérieur, les angles postérieurs arrondis.
Élytres épais, à bord apical arrondi chez la femelle. Antennes ro¬
bustes, rappelant celles de lucida (fig. 670), les articles 9 et 10 un peu
plus longs que larges. Brun de poix, les élytres testacés pâles à som¬
met enfumé, les antennes et les pattes rougeâtres. Long. 3,3 mm.
(Grèce). 2. Strupii, n. sp.
— Élytres à pubescence très courte mais bien visible. Pronotum trans¬
verse, une fois et demie aussi large que long, à côtés bien arrondis,
rétrécis en arrière, la base un peu plus large que le bord antérieur,
les angles postérieurs très arrondis. Antennes très grêles, fines, à
massue peu épaisse, les articles 8, 9 et 10 nettement plus longs
que larges, le 11 long et acuminé. Élytres à bord apical largement
arrondi chez le mâle, anguleux et saillant chez la femelle. Même
coloration que chez le précédent. Long. 3,3 mm. (Turkestan
russe). [Fig. 673]. 1. subnuda Reitt.
3. Téguments absolument lisses et brillants; pas d’autre pubescence
que les grandes soies dressées sur les parties latérales du pronotum
et des élytres. Coloration pâle. Antennes robustes, du type José-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
301
phinae (fig. 666). Pronotum très transverse, à côtés très arqués, les
angles postérieurs effacés et très largement arrondis. Élytres relative¬
ment longs et déprimés, avec des lignes de points marquant la place
des stries. Organe copulateur à sommet court et obtus. Long. 2,2
à 3,5 mm. (Palestine). [Fig. 672]. 3. judaea Reitt.
— Téguments nettement alutacés sur le pronotum, rugueux sur les
élytres. Pubescence bien développée, formée de poils couchés très
longs et souples. 4.
4. Grandes soies fines et nombreuses, disséminées sur toute la surface
des élytres et du pronotum. Tibias postérieurs des mâles normaux_ 5.
-— Grandes soies très grosses, raides, brunâtre, très peu nombreuses et
réparties sur les bords du pronotum et des élytres, principalement
dans les régions humérale et apicale. Pubescence foncière bien plus
courte. Tibias postérieurs des mâles très épaissis (fig. 676). Apex des
élytres arrondi avec l’angle suturai effacé chez le mâle, plus atténué
avec l’angle suturai saillant chez la femelle. 8.
5. Grandes soies de couleur dorée, pâle. Côtés du pronotum à ponctua¬
tion granuleuse. Styles avec deux soies apicales. 6.
— Grandes soies de couleur brune. Côtés du pronotum lisses. Styles
avec trois soies apicales. 7.
6. Antennes épaisses, l’article 8 relativement grand, les 9 et 10 pas plus
longs que larges (fig. 666). Organe copulateur allongé, l’apex du pénis
anguleux (fig. 668), les styles terminés en palette allongée (fig. 669).
[Fig. 664 à 669]. 6. Josephinae Saulcy.
a. Plus petit (3 à 3,2 mm.) ; coloration plus foncée, la tête et le
pronotum noirs, les élytres testacés rougeâtres, à peine enfu¬
més au sommet (!). Styles de l’organe copulateur plus grêles.
(Pyrénées-Orientales, Espagne).subsp. Josephinae , s. str
— Plus grand (3,5 mm.) ; coloration pâle. Pronotum plus tran-
verse, presque deux fois aussi large que long. Styles de l’organe
copulateur plus épais, le pénis moins arqué. (Corse).
.subsp. corsica, nov.
— Antennes à massue plus fine, l’article 8 très petit, les 9 et 10 nette¬
ment plus longs que larges. Organe copulateur plus court, plus
arqué, l’apex du pénis plus atténué, non anguleux sur ses bords, les
styles terminés en palette plus courte. Long. 3 à 3,2 mm. (Algérie).
[Fig. 671]. 7. altivaga Pic.
7. Pronotum transverse, à angles postérieurs plus accusés. Ponctuation
des élytres plus fine. Antennes robustes, semblables à celles du
Josephinae [fig. 666]. Organe copulateur analogue, allongé, l’apex
du pénis anguleux comme chez Josephinae , les styles largement dila-
(1) La coloration des espèces du groupe Josephinae diffère de celle du groupe lucida
parce que, chez ces dernieres, les élytres sont testacés pâles, avec l’apex toujours for¬
tement enfumé.
302
D 1 RENÉ JEANNEL
tés dans toute leur moitié apicale. Long. 3,2 à 3,3 mm. (Grèce).
[Fig. 670]. 4. lucida Kr.
— Pronotum un peu moins transverse, ses angles postérieurs plus
arrondis ; ponctuation des élytres plus forte. Même coloration que
chez lucida , noir avec les élytres testacés et enfumés au sommet, les
pattes rougeâtres. Même aspect général et même forme d’antennes.
Organe copulateur bien plus court, plus large, l’apex du pénis
graduellement atténué et aigu ; styles grêles et terminés en palettes.
Long. 3 à 3,2 mm. (Transcaucasie). [Fig. 674]. 5. femoralis Reitt G).
8. Pronotum transverse, presque aussi large que les élytres, presque
deux fois aussi large que long, ses côtés très arqués, la plus grande
largeur en arrière, les angles postérieurs très arrondis, la base forte¬
ment bisinuée. Pubescence plus longue. Noir brillant, les élytres tes¬
tacés avec l’apex enfumé, les antennes et les pattes rougeâtres.
Antennes grêles, à massue allongée. Long. 3,3 mm. (Turkestan russe).
[Fig. 675]. 8. Malyi Ob.
— Pronotum étroit, bien moins large que les élytres, environ une fois
et quart aussi large que long, ses côtés peu arqués, les angles posté¬
rieurs plus accusés, la base à peine bisinuée. Pubescence plus courte.
Testacé brunâtre, les élytres pâles, les pattes et les antennes testacées.
Long. 3,2 mm. (Turkestan russe). [Fig. 676].. 9. quadraticollis, n. sp.
1. Groupe subnuda
1. Attumbra subnuda Reitter, 1889, Deutsche ent. Zs., p. 371; type :
Ordubad (Mus. Budapest).
Transcaucasie. Arménie Russe : Ordubad, vallée de l’Araxe (A. Kubischtek).
— Turkestan Busse : Baimat Tash, ait. 1.200 m., deux exemplaires (L. Gain !).
Golodnaja steppe, vallée de la Syr-Daria, à l’est du désert Kisil-Koum
(Yakobson !), nombreux exemplaires, pris au vol.
2. Attumbra Strupii, n. sp. ; type : mont Hymète (Mus. Paris).
Grèce. Attique : mont Ilymète, près d’Athènes, deux exemplaires pris dans
le nid d’un Messor , probablement M. structor Latr. (Strupi !).
2. Groupe judaea
3. Attumbra judaea Reitter, 1900, Wiener ent. Ztg., XIX, p. 217 ; type :
Bethléem (Mus. Budapest.)
Palestine : Belitléem (J. Sahlberg) ; Borak (F. de Saulcy !).
(1) A. praeusta Kr., qui m’est inconnu, semble voisin de VA. femoralis (voir plus loin).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
303
3. Groupe Josephinae
4. Attumbra lucida Kraatz, 1852, Stett. ent. Ztg., XIII, p. 439 ( Catops );
type : Kuhr ( ? Mus. Dahlem). — Murray, 1856, Ann. Mag. Nat.
Hist., (2) XVIII, p. 397. — Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Briinn,
XXIII, p. 49 (Catopsimorphus). — 1889, Deutsche ent. Zs., p. 372
(Attumbra). — Ganglbauer, 1899, Kâf. Mitteleur., III, p. 126.
Sans doute myrmécophile, mais l’hôte n’a jamais été signalé. Ganglbauer
l’indique de l’Italie, de Dalmatie, de Grèce et de Turquie.
Italie. Piémont : Borgofranco. Lazio : monte Calvario. Naples : Portici
(teste Luigioni). — Grèce. Attique : Doris (Oertzen !). — Turquie : Geox-
Tapa (coll. Ste-Cl. Deville!).;
5 Attumbra femoralis Reitter, 1888, Deutsche ent. Zs., p. 421 ; type :
vallée de l’Araxe (Mus. Paris).
Myrmécophile, sans doute avec un Messor.
Transcaucasie. Arménie Russe : vallée de l’Araxe, nombreux individus
(H. Leder !).
6. Attumbra Josephinae Saulcy, 1862, Ann. Soc. ent. Fr., p. 286, pl. viii,
fig. 4 ( Catopsimorphus) ; type : col de las Portas (Mus. Paris). —
Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 49. —1889, Deutsche
ent. Zs., p. 372 (Attumbra). — Uhagon, 1890, An. Hist. nat. Madrid,
XIX, p. 87.
b. Subsp. corsica, nov. ; type : Corse (Mus. Paris).
Myrmécophile, avec le Messor barbarus L. Toujours très rare dans les nids
de Messor , il a été pris en abondance en Espagne, par J. Martinez, en piochant
la terre d’un talus argileux.
a. Subsp. Josephinae , s. str. -— France. Pyrénées-Orientales : col de las
Portas, à Port-Vendres, une femelle (F. de Saulcy !) ; Collioures, un mâle
(Raffray !). — Espagne. Madrid : Cerro grande, à Vallecâs, près de Madrid,
en nombre dans des argiles (J. Martinez !) ; Escorial (Perez-Arcas) ; Villa-
rejo del Valle (Martinez) ; Castillejo, vallée du Tage (coll. Léveillé !).
b. Subsp. corsica , nov. — Corse, un mâle (coll. Fairmaire !).
7. Attumbra altivaga Pic, 1910, L’Échange, XXVI, p. 41 ; type : djebel
Babor (coll. Pic.)
Trouvé dans les argiles, en piochant, sur le djebel Heidzer, par Peyerimhoff.
Au vol ou à la lumière à Djelfa.
Algérie. Alger : djebel Heidzer, massif du Djurjura occidental, nombreux
individus (Peyerimhoff !) ; djebel Gouttaya et djebel Haouas, près de Djelfa
(Peyerimhoff !) ; Djelfa (Lavagne !). Constantine : djebel Babor (Vauloger).
304
D r RENÉ JEANNEL
4. Groupe Malyi
8. Attumbra Malyi Obenberger, 1922, Arch. Naturg., LXXXII, A 4 (1916),
p. 12, pl. I, fig. 3 (Anthobiomorpha) ; type : Bachtseherbak (coll.
Obenberger).
Turkestan Russe. Buchara : Bachtseherbak, un mâle (J. Maly) ; Baimat
Tash, une femelle (L. Gain !, 1914).
9. Attumbra quadraticollis, n. sp. ; type : Baimat Tash (Mus. Paris).
Turkestan Russe : Baimat Tash (sans doute dans le Buchara), un mâle
(L. Gain !, 1914).
Species incertae sedis
10. Attumbra praeusta Kraatz, 1858, Berliner ent. Zs., II, p. 33 (Catops)-,
type : Mésopotamie (Berliner Mus.)
Mésopotamie : deux exemplaires (Helfer).
Il n’est pas douteux que le Catops praeustus Kr. soit un Attumbra. Il est
même très probable qu’il soit voisin de VA. femoralis. D’après la description,
il aurait la même pubescence, la même sculpture et la même coloration, mais
il semble cependant qu’il ait le pronotum plus transverse (deutlich doppelt
so breit als lang) et ses antennes doivent être plus longues et plus grêles. Chez
praeusta, tous les articles sont nettement plus longs que larges, le 7 aussi épais
que le 9, le 11 amplement aussi long que les deux précédents réunis. Il n’en est
pas ainsi chez femoralis , dont les articles 7 et 9 sont à peine plus longs que
larges, le 8 aussi long que large, le 11 plus court que les 9 et 10 ensemble.
42. Gen. PHILOMESSOR, nov.
Type : Catopomorphus brevicollis Kraatz.
Subgen. Attumbrinus, nov. ; type : Catopomorphus Cloueti Port.
Taille de 3 à 3,5 mm. Ailés. Aspect habituel des Catopomorphus chez les
Philomessor, s. str. Par contre, V Attumbrinus Cloueti rappelle plutôt les Attae-
philus , mais en diffère par sa forme plus étroite et plus allongée et surtout par sa
pubescence. Chez toutes les espèces du genre, le pronotum est court et transverse
avec des angles postérieurs particulièrement accusés et saillants.
Téguments peu brillants, le pronotum fortement ponctué, les élytres plus
ou moins rugueux, sans strioles transverses. Pubescence foncière assez longue,
formée de poils souples chez les Philomessor , s. str., dont les élytres portent
de plus de petites soies dressées sur les élytres. La pubescence du pronotum est
simple chez VAttumbrinus Cloueti , formée de très petits poils raides très courts
et plaqués dans les points pilifères, sans grandes soies dressées ; mais celle des
élytres par contre est longue et les grandes soies dressées y sont particulière¬
ment développées.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
305
Tête rétractile quoique assez saillante ; la carène occipitale tranchante,
l’épistome séparé du front par une suture. Yeux grands et ciliés dans leur
partie postérieure. Palpes maxillaires comme ceux des Nargus. Mandibules
semblables à celles des Attumbra, mais la mola ne porte pas de soies alignées
sur son bord ; sa surface est plissée. Lobe des maxilles de même longueur,
l’externe simple, recouvert de poils crochus sur toute sa partie apicale.
Antennes plus ou moins allongées, comprimées, épaissies progressivement
Fig. 677-683 : Genre Philomessor, nov. — Fig. 677. Ph. Bedelianus, nov., mâle type,
X 15. — Fig. 678. Antenne, x 65. — Fig. 679. Organe copulateur mâle, face dorsale,
X 65. — Fig. 680. Ph. brevicollis Kr., antenne, X 65. — Fig. 681 et 682. Sommets des
tibias et tarses antérieur et postérieur droits, x 15. — Fig. 683. Organe copulateur
mâle, face dorsale, x 65.
vers le sommet; le dernier article très grand, sa partie apicale formant une
sorte de cône terminal bien séparé du reste de l’article, différant en cela de celui
des Catopomorphus (fig. 678).
Pronotum transverse, sa base toujours très large, bisinuée ; angles posté¬
rieurs bien plus accusés que chez les Catopomorphus ; le disque sans fossettes.
Élytres avec des traces de strie suturale, l’apex variable selon les espèces ;
des traces de côtes assez nettes chez les Philomessor , s. str.
Mésosternum sans carène ; les hanches intermédiaires contiguës.
Pattes longues mais robustes ; les tibias, même les antérieurs des mâles,
longs et subcylindriques. L’extrémité apicale des tibias porte des éperons
externes et quelques épines courtes sur le côté dorsal, représentant la frange
apicale des Catopomorphus (fig. 682).
MÉMOIRES DU muséum, nouvelle série, tome I.
20
306
D' RENÉ JEANNEL
Les caractères sexuels secondaires sont peu développés ; les tarses antérieurs
des mâles sont très faiblement dilatés.
Segment génital semblable à celui des Nargus (fig. 459). Organe copulateur
de même type; les pièces basales peu allongées, le pénis plus ou moins arqué,
à pointe aiguë. Styles assez robustes et dilatés à leur extrémité apicale qui
porte deux soies dirigées en dedans. Sac interne armé d’une bande ventrale de
grandes dents épineuses peu nombreuses et d’une dent apicale et ventrale
impaire, denticulée sur ses bords (fig. 684).
Fig. 684-688 : Genre Philomessor, nov. — Fig. 684. Ph. brevicollis Kr., sac interne isolé,
vue dorsale, x 90. — Fig. 685. Ph. ( AlLumbrinus) Cloueti Port, mâle, x 15. — Fig. 686.
Antenne, X 65. — Fig. 687. Tibia et tarse postérieurs droits du mâle, x 65. —
Fig. 688. Organe copulaleur, face dorsale, x 65.
Les Philomessor se distinguent principalement des Catopomorphus et des
Attaephilus par l’armature apicale de leurs tibias, qui les rapproche davantage
des Attumbra. Ils constituent une lignée voisine, mais certainement indépen¬
dante de celle des Catopomorphus.
Attumbra, Catopomorphus , Attaephilus sont originaires de l’Égéide. Philo¬
messor semble bien s’être détaché de la souche des Attumbra et s’être différencié
sur la Tyrrhénis. Aucun représentant du genre n’existe en effet dans l’Europe
orientale ; tous se trouvent sur le pourtour de la Méditerranée occidentale, et
l’un d’eux existe même dans les îles Baléares.
Les espèces sont myrmécophile et vivent avec des Messor.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
307
Tableau des espèces
1. Pubescence longue et souple, régulière sur tout le corps, les soies
dressées des élytres courtes. Forme générale épaisse, les antennes
relativement courtes, à dernier article à peu près aussi long que les
deux précédents réunis. Tibias non épineux. Coloration rougeâtre.
. A. Subgen. Philomessor, s. str.
— Pubescence très courte sur le pronotum, au contraire longue, avec
de longues soies dressées sur les élytres. Forme générale allongée, peu
convexe, les antennes très longues, à dernier article bien plus long
que les deux précédents réunis. Tibias hérissés de longues épines.
Coloration foncée uniforme. B. Subgen. Attumbrinus, nov. (‘).
A. Subgen. Philomessor, s. str.
1. Forme générale ovalaire, le pronotum moins de deux fois aussi large
que long, les élytres peu atténués en arrière, leur bord apical large¬
ment arrondi dans les deux sexes. Antennes à funicule grêlé, les
articles 3 à 7 nettement plus longs que larges, le 7 conique (fig. 680).
Brun de poix, les élytres testacé-rougeâtre. Pénis régulièrement
arqué, sa pointe effilée et acérée, simple (fig. 683). Long. 3 à 3,5 mm.
(France méridionale, Toscane, Espagne et nord de l’Afrique).
[Fig. 680 à 684]. 1. brevicollis Kr.
a. Antennes à massue plus dilatée (fig. 680), le dernier article
moins de deux fois aussi long que large, subsp. brevicollis , s. str.
— Antennes à massue moins épaissie, le dernier article moins large,
plus de deux fois aussi long que large. (Majorque).
.subsp. balearicus , nov.
— Forme générale bien plus large, moins convexe, le pronotum plus
large, deux fois aussi large que long, ses angles postérieurs saillants
latéralement ; élytres plus courts, très atténués en arrière, le bord
apical étroit, anguleux, avec l’angle suturai saillant surtout chez la
femelle. Antennes épaissies dès la base, les articles 3 à 7 larges et
aplatis, aussi larges que longs ou transverses, le 7 carré, les articles
terminaux proportionnellement moins élargis (fig. 678). Entièrement
brun de poix, les antennes et les pattes rougeâtres. Pénis plus long,
sa partie apicale infléchie du côté dorsal, la pointe formée de deux
petits lobes inégaux juxtaposés (fig. 679). Long. 3 à 3,5 mm. (Algérie).
[Fig. 677-679]. 2. Bedelianus, nov.
B. Subgen. Attumbrinus, nov.
1. Elliptique, peu convexe ; brun de poix foncé uniforme, les antennes
et les pattes rougeâtres. Antennes longues, épaissies dès la base, les
(I) Voir à la fin de cette Monographie : Addendum, p. 425.
308
D' RENÉ JEANNEL
articles 5 à 7 aussi larges que longs (fig. 686). Pronotum mat, à sur¬
face densément ponctuée, les élytres granuleux, à pubescence rou¬
geâtre. Pénis très arqué, sa pointe brusquement rétrécie et acérée,
simple (fig. 688). Long. 2,8 mm. (Algérie). [Fig. 685 à688]. 3. Cloueti Port.
A. Subgen. Philomessor, s. str.
1. Philomessor (s. str.) brevicollis Kraatz, 1852, Stettiner ent. Ztg.,
XIII, p. 436 ( Catops ); type : Sicile ( ? Mus. Dahlem). — Murray,
1856, Ann. Mag. nat. Hist., (2) XVIII, p. 309. — Reitter,
1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 48 (Catopomorphus).
— Uhagon, 1890, An. Hist. nat. Madrid, XIX, p. 89. — Fauvel,
1890, Rev. d’Ent., IX, p. 346. — Ganglbauer, 1899, Kaf. Mittel-
eur., III, p. 124. — formicetorum Peyron, 1857, Ann. Soc. ent. Fr.,
p. 716 ( Choleva ) ; type : Marseille ( 1 ). — Saulcy, 1862, Ann. Soc.
ent. Fr., p. 283. — Fairmairei Delarouzée, 1860, Ann. Soc. ent.
Fr., Bull., p. 32 (çj 1 ) type : Collioure. — Saulcy, 1863. Ann. Soc.
ent. Fr., p. 654.
b. Subsp. balearicus, nov. ; type : Palma de Majorque (Mus. Paris).
Myrmécophile. De nombreux exemplaires que j’ai pu voir ont été recueillis
dans les nids du Messor barbarus L., à Hyères, dans les Pyrénées-Orientales, en
Toscane, en Catalogne et en Algérie.
L’espèce est répandue sur le pourtour de la Méditerranée occidentale. Elle
se trouve en Sicile et dans les îles Baléares. Le catalogue Luigioni la cite encore
de Sardaigne ; mais je n’ai pas pu voir d’exemplaires de cette provenance.
a. Subsp. brevicollis , s. str. — France. Bouches-du-Rhône : Marseille
(Rizauc !). Var : Toulon, Les Sablettes (Tholin) ; Hyères (Grenier !). Pyrénées-
Orientales : Le Vernet (Fairmairei); Collioure (Delarouzée!, Ch. Brisout !,
Saulcy !) ; Port-Vendres (Saulcy !, A. Grouvelle !, Hustache !) ; Banyuls
(Fairmaire !). — Espagne. Catalogne : mont Santa Coloma, à Moncada (R.
Zariquiey !). Madrid : Cerro grande, à Vallecâs, dans des argiles, avec Attumbra
Josephinae (Martinez !). Cordoba (Kraatz !).
Italie. Toscane : Florence (Diener !). Basilicata (Luigioni). Sicile (Zeller).
Algérie. Oran : Oran (Fairmaire !) ; Daya (Bedel !). Constantine : Mahouna,
à Medjez-Amar,près Guelma (Clouet des Pesruches!) ; Constantine (Hénonl).
— Tunisie : Le Kef (Normand !) ; Ain-Draham (Normand !).
b. Subsp. balearicus , nov. — Iles Baléares. Majorque : Palma (coll. Fair¬
maire !).
2. Philomessor (s. str.) Bedelianus, nov. ; type : Daya (Mus. Paris).
Myrmécophile, avec le Messor barbarus L.
Algérie. Oran : Daya (L. Bedel !) ; Frenda (Tondu !).
(1) D'après la description de Peybon, il semble bien, en effet, que le C. formicetorum se
rapporte au brevicollis Kr. et non à l’espèce connue sous le nom de Catopomorphus
Rougeti et qui est la plus commune à Marseille.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
309
B. Subgen. Attumbrinus, nov.
3. Philomessor (Attumbrinus) Cloueti Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr.,
p. 67 ( Catopomorphus) ; type : Mahouna (Mus. Paris).
Myrmécophile, avec le Messor barbarus L. Trouvé aussi en nombre dans les
argiles du Mouzaïa, par Peyerimhoff.
Algérie. Constantine : Mahouna, 1.200 m., à Medjez-Amar, près de Guelma
(Clouet des Perruches !). Alger : oued Kairous, dans le massif des Mouzaïa
(Peyerimhoff !).
43. Gen. CATOPOMORPHUS Aube
Catopsimorphus Aubé, 1850, Ann. Soc. ent. Fr., p. 324 ; type : C. orientalis
Aube. — Catopomorphus Schaum, 1851, Arch. Naturg., XVII, p. 176
(nom. emend.) ('). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 184 (Bibl.).
— Uhagon, 1890, An. Ilist. nat. Madrid, XIX, p. 89.
Subgen. Weiratherella Jeannel, 1929, Bull. Soc. Sc. Cluj, IV., p. 82 ;
type : W. clavalis Jeannel.
Subgen. Attiscurra Des Gozis, 1886, Rech. esp. typ., p. 17 ; type : A.
Marqueti Fairm.
Taille de 2,5 à 4 mm. Ailés. Forme générale assez variable, plus ou moins
convexe et plus ou moins courte,lepronotum toujours ample et transverse, à
côtés arqués et disque très bombé, les angles postérieurs toujours très arrondis.
Sculpture fine, la ponctuation du pronotum aciculée, serrée ; celle des élytres
un peu granuleuse ; pas de strioles transverses. Pubescence dorée, courte et
couchée. Coloration généralement bicolore, les élytres testacés ou rougeâtres,
les antennes et les pattes brun-rougeâtre.
Tête rétractile, à front non bombé, la carène occipitale tranchante, l’épis-
tome séparé du front par une suture nettement visible. Yeux grands, ciliés
dans leur partie postérieure. Mandibules courtes et triangulaires, la mola sail¬
lante et plissée. Palpes maxillaires de type normal. Lobe externe des maxilles
aussi long que l’interne, cilié sur toute son extrémité apicale.
Antennes de forme variable, mais toujours comprimées, avec le dernier
article très grand. Dans le sous-genre Weiratherella , le funicule est normal,
formé d’articles grêles et la massue commence avec l’article 7. Chez les autres
Catopomorphus , l’antenne est dilatée à partir de l’article 3, les articles s’em-
boitent les uns dans les autres et leurs bords forment une ligne continue ; le 8
est aussi large que ses voisins mais seulement plus court. Cette dilatation de
l’antenne est variable selon les groupes, progressive de la base au sommet chez
(1) 11 est bien évident que « Galops », mot grec signifiant « qui a les yeux en dessous »,
doit se décliner comme Cyclops : KtixXt»<jq um(. « Catopsimorphus » est donc un barba¬
risme dont la correction s’impose.
310
D r RENÉ JEANNEL
C. samaritanus (fîg. 705), considérable dès la base chez les autres Catopo-
morphus, s. str. (fig. 702 et 703); elle s’accompagne enfin d’un raccourcis¬
sement orthogénétique qui atteint son maximum chez les Attiscurra (fig. 706).
En outre, chez toutes ces espèces myrmécophiles, les grandes soies apicales des
articles sont très développées et les articles 7, 8 et 9 présentent des vésicules
olfactives bien plus grandes que chez les autres Catopidae.
Pronotum toujours transverse, ample, les angles postérieurs très arrondis
embrassant la surface humérale des élytres. Elytres avec des traces de côtes
et une strie suturale parallèle à la suture ; la strie suturale manque cependant
chez C. Foreli.
Mésosternum sans carène ; cavités coxales intermédiaires fusionnées.
Pattes variables. Elles sont de type normal chez les Weiratherella, grêles
et longues, avec des tibias subcylindriques et des tarses intermédiaires et
postérieurs très longs et très fins. Chez les Catopomorphus s. str., les pattes sont
courtes et plus épaisses, les tibias antérieurs sont raccourcis, très dilatés au
sommet chez les mâles, mais les tarses postérieurs restent grêles et normaux.
Chez Attiscurra par contre, les tarses des deux paires postérieures deviennent
très courts et très épais, comprimés et formés d’articles d’épaisseur décroissante
(fig. 698 et 699). Cette modification des tarses rappelle celle déjà décrite chez
les Synaulus et est certainement en relation avec la vie dans les fourmilières.
Les caractères sexuels secondaires sont peu apparents et portent seulement
sur les tarses antérieurs, très faiblement dilatés chez les mâles.
Segment génital mâle semblable à celui des N argus.
Organe copulateur mâle de même type, en général symétrique. Les styles
sont dilatés à leur extrémité qui est armée de deux soies dirigées en dedans
et insérées sur le bord ventral. Le sac interne porte une dent ventrale impaire
apicale, en général denticulée. La face ventrale du sac présente enfin une longue
bande de dents bien chitinisées. Chez Weiratherella nivicola et W. clavalis ,
une deuxième bande longitudinale de dents occupe toute la longueur de la
face dorsale du sac.
Les Catopomorphus sont en somme des Nargus plus ou moins modifiés
par la vie dans les fourmilières. Il ne semble pas d’ailleurs qu’ils passent
leur vie entière avec les Fourmis. Sans doute se développent-ils dans les
fourmilières, mais ils doivent essaimer à certaines époques et se rassembler
parfois dans les fentes des terrains argileux où fisse trouvent alors en nombre.
C. Marqueti a été trouvé de cette manière, avec VAttumbra Josephinae, par
Martinez, dans la terre argileuse près de Madrid.
Mais tous les Catopomorphus recueillis avec les Fourmis, ont toujours
été capturés, à ma connaissance, dans les nids du Messor barbarus L. J’ai pu
faire déterminer l’hôte par M. L. Berland, pour de nombreux individus des
diverses espèces. Tous ont été pris avec le Messor barbarus L., alors que
tous les Attaephilus que j’ai pu réunir proviennent invariablement de nids
du Messor structor Latr.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
311
Il y a lieu de grouper les Caiopomorphus dans trois sous-genres constituant
autant de lignées différentes.
Weiratherella comprend des espèces de grande taille, qui passent une partie
de leur existence dans les nids des Messor barbarus L., mais certaines, se
prennent aussi à haute altitude, près des neiges ou dans les fentes de retrait
des argiles. Elles occupent les restes de l’Égéide méridionale et, d’autre part,
le nord de l’Afrique, l’Espagne et le sud-est de la France. C’est le groupe le
moins évolué dans le genre.
Fig. 689. Répartition des genres Catopomorphus (traits horizontaux) et du genre Atlae-
philus (traits verticaux) dans la région méditerranéenne. Les espèces du premier
genre vivent avec le Messor barbarus L., celles du genre Attaephilus avec le Messor
structor Latr. — Les points marquent les stations connues du Caiopomorphus orien¬
tons Aubé, espèce typiquement égéidienne.
Catopomorphus , s. str. [carte, fig. 689], semble bien encore être originaire
des Ëgéides. Il renferme plusieurs espèces orientales, en Syrie, dans l’Asie
mineure et le Caucase, et le C. orientalis plus largement répandu vers l’ouest.
Mais il est remarquable que sa migration s’est faite de l’est vers l’ouest sur le
milieu de la mer Méditerranée ; elle semble avoir suivi les communications con¬
tinentales qui ont uni l’Égéide à la Tyrrhénis pendant le Nummulitique. On
trouve en effet le C. orientalis en Syrie et en Asie mineure, en Grèce ainsi qu’à
Corfou et en Crète, en Dalmatie, dans le centre de la péninsule italienne et
enfin en Corse, en Sardaigne et en Sicile. Mais il n’existe pas en Europe dans le
nord des péninsules, ni, d’autre part, dans le nord de l’Afrique. Par contre, la
lignée du C. Foreli, sans doute détachée de celle de C. judaeus, occupe la
Tunisie et l’Algérie.
312
Dr RENE JEANNEL
Attiscurra , sous genre très modifié par la vie myrmécophile, a encore son
centre de dispersion sur l’Égéide méridionale. 11 groupe plusieurs espèces de
Syrie, d’Asie mineure, et de Grèce, et la lignée des C. Bedeli et C. Marqueti
a dû se répandre dans le nord de l’Afrique et passer de là en Espagne et dans le
sud-est de la France, remontant jusque dans le nord du bassin du Rhône.
Tableau des espèces
1. Tibias antérieurs longs et grêles, subcylindriques, pas plus larges au
sommet qu’au tiers basal (fig. 695). Tarses postérieurs très longs et
très grêles. Antennes longues, le funicule grêle, les articles 2 à 5 plus
longs que larges, la massue dilatée à partir de l’article 7. Forme du
corps ovalaire allongée, également arrondie en arrière et en avant, les
élytres longs, environ deux fois aussi longs que le pronotum ; celui-ci
ample, à côtés et angles postérieurs très arrondis.
. A. Subgen. Weiratherella Jeann.
— Tibias antérieurs courts et épais, surtout chez les mâles, avec la
partie apicale très dilatée (fig. 694). Antennes plus courtes, dilatées à
partir de l’article 3, les articles 3 à 5 transverses. 2.
2. Tarses intermédiaires et postérieurs très longs et très grêles. Forme du
corps ovalaire, peu convexe, les élytres en général non atténués
au sommet. Antennes plus longues (fig. 702).
. B. Subgen. Gatopomorphus, s. str.
— Tarses intermédiaires et postérieurs courts, épais et comprimés, les
articles décroissant d’épaisseur du premier au cinquième. Forme
courte et ramassée, large et très convexe, les élytres très courts,
atténués dès la base, moins de deux fois aussi longs que le pronotum.
Antennes très courtes et très dilatées à partir de l’article 3, les articles
5 à 11 de même largeur ; articles 4 à 6 très transverses, trois ou quatre
fois aussi larges que longs (fig. 706).... C. Subgen. Attiscurra Des Goz.
A. Subgen. Weiratherella Jeannel
1. Antennes très longues, tous les articles plus longs que larges, le der¬
nier sécuriforme (fig. 700). Pronotum ample et transverse, à côtés
rétrécis à la base. Grande taille. Sac interne de l’organe copulateur
avec deux bandes longitudinales de dents, l’une ventrale, l’autre
dorsale. 2.
— Antennes moins longues, les articles 1 à 5 seuls plus longs que larges,
les autres transverses, le dernier article ovalaire (fig. 701). Côtés du
pronotum non rétrécis à la base. Petite taille. Sac interne avec une
seule bande longitudinale et ventrale de dents. 3.
2. Dernier article des antennes pas plus long que les 9 et 10 ensemble.
Forme moins allongée, la plus grande largeur du pronotum vers le
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
313
quart postérieur, les élytres aussi larges que le pronotum. Organe
copulateur très arqué, l’apex du pénis acéré, les styles relativement
épais et dilatés au sommet. Long. 3,5 à 3,8 mm. (Fig. 700).
. 1. nivicola Kiesw.
a. Antennes moins allongées, les articles 8, 9 et 10 à peine plus
longs que larges. Tarses antérieurs mâles plus étroits que le
sommet du tibia. Élytres rougeâtres, à partie apicale rem-
Fig. 690-692 : Genre Catopomorphus Aubé. —Fig. 690. C. ( Weiralherella) clavalis Jeann.,
mâle type, X 16. — Fig. 691. Organe copulateur, face dorsale, x 90. x Fig. 692. Le
même, face ventrale.
brunie. (Grèce : Attique). subsp. nivicola , s. str.
— Antennes plus longues, les articles 8, 9 et 10 nettement
plus longs que larges. Tarses antérieurs mâles aussi larges
que le sommet du tibia. Élytres rougeâtres en entier.
(Chypre, Asie mineure). subsp. inapicalis Pic.
— Dernier article des antennes bien plus long que les 9 et 10 ensemble
(fig. 690), les articles 8, 9 et 10 nettement plus longs que larges.
Forme plus allongée, la plus grande largeur du pronotum vers le
milieu, les élytres plus étroits que le pronotum, plus allongés.
Organe copulateur identique (fig. 691). Long. 4 mm. (Péloponèse).
[Fig. 690 à 692]. 2. clavalis Jeann.
3. Article 7 des antennes aussi large que long, subcarré, aussi large
314
D> RENE JEANNEL
que le 9 (fig. 701). Organe copulateur symétrique, le sommet du pénis
droit, accuminé, les deux styles semblables (fig. 708). Long. 2,8 à
3 mm. (France et Espagne). [Fig. 695, 701 et 708].
. 3. Rougeti Saulcy.
— Article 7 des antennes allongé, conique, plus étroit que le 9, les 9 et
10 moins dilatés que chez Rougeti. Organe copulateur dissymétrique,
le sommet du pénis très effilé, recourbé et dévié vers le côté gauche,
les styles dissemblables, très incurvés, le droit logé dans une dépres¬
sion latérale du pénis, le gauche terminé par une palette allongée qui
se place contre la pointe recourbée du pénis ; les soies du style droit
dirigées en dedans, celles du gauche apicales. Même aspect extérieur
que celui du C. Rougeti. Long. 2,8 mm. (Algérie.). [Fig. 709].
. 4. Pesruchesi, n. sp.
B. Subgen. Catopomorphus, s. str.
1. Antennes progressivement élargies de la base au sommet, chaque
article un peu plus large que le précédent ; articles 4 à 6 petits et peu
transverses (fig. 705). Forme courte et ramassée, le pronotum très
transverse, à base deux fois aussi large que le bord antérieur, les
élytres courts, atténués dès la base, mais peu convexes et nettement
plus longs que le pronotum ('). Organe copulateur allongé, l’apex du
pénis bidenté, les styles accolés aux parties latérales du pénis,
pliés sur leur bord externe avant la pointe (fig. 711). Long. 2,6 à
2,8 mm. (Syrie, Palestine). [Fig. 705 et 711]... 8. samaritanus Saulcy.
— Antennes dilatées à partir de l’article 3, la massue longue et ellip¬
tique ; articles 3 à 5 grands, un peu plus larges que longs. 2.
2. Grande taille (3,2 à 3,8 mm.). Articles de la base des antennes plus
dilatés, le 8 grand, plus long que la moitié du 7 (fig. 702). Bicolore,
régulièrement ovalaire et large, les élytres presque deux fois aussi
longs que le pronotum, à côtés bien arqués, atténués seulement au
sommet. Organe copulateur (fig. 710) allongé, peu arqué, la partie
apicale du pénis graduellement atténuée et terminée par un petit
bec droit et mousse, les styles épais. (Région méditerranéenne cen¬
trale, de l’Asie mineure jusqu’à la Corse). [Fig. 693, 702 et 710].
. 5. orientalis Aubé.
a. Tarses antérieurs mâles bien plus étroits que le sommet
du tibia, le premier article peu dilaté, subsp. orientalis , s. str.
— Tarses antérieurs mâles à premier article aussi large
que le sommet du tibia. (Corfou)... subsp. corcyreus 1 nov.
(1) Près de cette espèce se place peut-être le C. magnicollis Reitt. du Caucase, que je ne
connais pas. Il doit être reconnaissable au premier abord à son pronotum très grand,
très ample, aussi long que les élytres. Long. 3,2 mm.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 315
— Petite taille (2,5 à 3 mm.). Articles de la base des antennes moins
dilatés (fig. 703). Élytres proportionnellement plus courts. 3.
3. Bicolore. Ponctuation du pronotum très fine et très superficielle.
Élytres courts, mais atténués dans leur tiers apical, le bord apical
non tronqué. Antennes à article 8 court, pas plus long que la moitié
du 7 (fig. 703). Organe copulateur allongé, peu arqué, de forme
analogue à celle du C. orientalis mais plus étroit, l’apex du pénis en
ogive plus courte, les styles moins épais et régulièrement incurvés
Fig. 693-699 : Genre Catopomorphus Aube. — Fig. 693. C. (s. str.) orientalis Aubé,
mâle, x 16. — Fig. 694. Tibia et tarse antérieurs du mâle de la subsp. corcyreus,
nov., X 40. — Fig. 695 et 696. C. ( Weiratherella ) Rougeti Saulcy, tibias et tarses
antérieurs et postérieurs droits du mâle, X 40. — Fig. 697 et 698. C. ( Attiscurra) Mar-
queti Fairm., tibias et tarses, anlérieurs et postérieurs, droits du mâle, x 40. — Fig. 699.
C. (Attiscurra) tauricus, n. sp., tibia et tarse postérieurs droits, X 40.
(fig. 712). (Syrie, Asie mineure, Caucase). [Fig. 703 et 712] :.
. 6. judaeus Saulcy.
— Brun de poix uniforme, avec les pattes et les antennes rougeâtres.
Ponctuation du pronotum forte et serrée, granuleuse. Élytres courts
et épais, leur bord apical largement arrondi. Antennes à article 8
plus long que la moitié du 7. Organe copulateur court et large, peu
arqué, le sommet du pénis graduellement atténué, droit et aigu ;
styles épais, réguliers, infléchis dans leur partie apicale (fig. 713).
Long. 3 mm. (Algérie, Tunisie). [Fig. 704 et 713]. 7. Foreli VVasm.
a. Élytres plans dans la région suturale, la strie suturale
absente sur les deux tiers antérieurs, à peine perceptible
316
I)> RENÉ JEANNEL
dans le tiers apical. Pronotum peu rétréci en avant ; élytres
nullement atténués au sommet, subcarrés, les deux bords
apicaux très largement et transversalement arrondis. (Oran).
... subsp. Foreli, s. str.
— Élytres avec une strie suturale entière, la suture soulevée
Fig. 700-706 : Genre Catopomorphus Aubé, antennes, X 65. — Fig. 700. C. (Weirathe
relia) nivicola Kr. — Fig. 701. G. ( Weiratlierella) Rougeti Saulcy. — Fig. 702. C. (s.-
str.) orientalis Aubé. — Fig. 703. C. (s. str.) juclaeus Saulcy. — Fig. 704. C. (s. str.)
Foreli Wasm. — Fig. 705. C. (s. str.) samaritanus Saulcy. — Fig. 706. C. (Attiscurra).
Michoni Saulcy.
Fig. 707. Genre Attaephilus Motsch. : A. Weisei Reitt., antenne, X 65.
en toit dans toute sa longueur. Sommets des élytres moins
largement et obliquement arrondis. .. . subsp. tuniseus Pic.
C. Subgen. Attiscurra Des Gozis
1. Premier article des tarses intermédiaires et postérieurs presque aussi
épais que le tibia, trois fois plus épais que l’onychium. (Espèces
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 317
orientales). 2.
— Premier article des tarses intermédiaires et postérieurs de moitié
moins épais que le tibia, deux fois plus épais que l’onychium. (Espèces
ocidentales). 4.
2. Très convexe, ovoïde, le pronotum très bombé, très grand, une fois
et quart aussi large que long, ses côtés très arrondis et rétrécis à la
base. Élytres courts, à côtés bien arqués, atténués dans leur moitié
Fig. 708-715 : Genre Catopomorphus Aubé, organes copulateurs mâles, face dorsale,
X 90. — Fig. 708. C. ( Wnrallierella) Hougeti Saulcy. — Fig. 709. C. ( Weiratherellà)
Pesruchesi, n. sp. — Fig. 710. C. (s. str. ) orientalis Aubé. — Fig. 711. C. (s. sir.) sama-
ritanm Saulcy. — Fig. 712. C. (s. sir.) judaeus Saulcy. — Fig. 713. C. (s. sir.) Foreli
Wasm. — Fig. 714. C. (Altiscurra) Marqueti Fairm. — Fig. 715. C. ( Atliscurra) Bedeli
Fairm.
postérieure. Sculpture du pronotum fine, celle des élytres granu¬
leuse et peu serrée. Noir avec les élytres rougeâtres, les antennes et les
pattes brun rougeâtre. Long. 3 mm. (Grèce). 12. convexus. n. sp.
— Peu convexe, le pronotum bien moins bombé, à côtés peu arrondis,
la plus grande largeur à la base. Élytres très courts, à côtés peu
arqués, atténués dès la base. 3.
3. Ponctuation fine mais normale, identique à celle du C. Marqueti ,
un peu granuleuse et laissant un aspect brillant. Brunâtre, avec les
élytres pâles.Long. 2,5à 2,8mm. (Syrie). [Fig.706]. 10. Michoni Saulcy.
— Ponctuation excessivement fine et serrée, surtout sur le pronotum,
318
D* RENÉ JEANNEL
l’aspect mat. Brun de poix foncé, les élytres rougeâtres. Long. 3,2 mm.
(Taurus, Asie mineure). [Fig. 699]. 11. tauricus, n. sp..
4. Forme plus large, le pronotum plus ample, une fois et demie aussi
large que long, sa base bien plus large que le bord antérieur, les
côtés moins arqués et plus rétrécis en avant. Élytres plus atténués
au sommet, atténués dès la base, leurs côtés peu arrondis. Coloration
franchement bicolore. Organe copulateur grêle, allongé, le pénis
bossu dans sa partie apicale, l’apex retroussé, les styles grêles, élargis
au sommet et tronqués (fig. 714). Long. 2,5 à 2,8 mm. (France et
Espagne). [Fig. 697-698 et 714]. 13. Marqueti Fairm.
— Forme plus ovale et plus convexe, le pronotum une fois et quart aussi
large que long, moins rétréci en avant, ses côtés plus arrondis. Élytres
plus ovalaires, atténués dans leur moitié apicale seulement. Colora¬
tion brunâtre, un peu plus pâle sur les élytres ; pubescence plus longue
et irrégulière. Organe copulateur grêle et allongé, le pénis non bossu,
graduellement atténué au sommet, l’apex non retroussé ; styles plus
larges. Long. 2,5 et 2,6 mm. (Algérie). [Fig. 715].... 14. Bedeli Fairm.
A. Subgen. Weiratherella Jeannel
1. Catopomorphus (Weiratherella) nivicola Kiesenwetter, 1858, Berliner ent.
Zs., II, p. 36 ( Catops) ; type : Parnasse (Mus. Paris).— Reitter, 1884,
Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 47 ( Catopomorphus ).
b. Subsp. inapicalis Pic, 1911, L’Échange, XXVII, p. 153 ; type :
Chypre (coll. Pic).
Myrmécophile, avec le Messor barbariis L., mais se trouvant aussi à haute
altitude, sous les pierres auprès de la neige.
a. Subsp. nivicola , s. str. — Grèce. Attique : mont Parnasse, près d’Athènes
(Kiesenwetter!, Saulcy!). — Albanie : Pigeros, dans les nids de Messor bar-
barus subsp. meridionalis André (A. Bischoff !).
b. Subsp. inapicalis Pic. — Chypre : mont Olympe (Saulcy !). — Asie mi¬
neure : environs de Smyrne (Saulcy!).
2. Catopomorphus (Weiratherella) clavalis Jeannel, 1929, Bull. Soc. Sc.
Cluj, IV, p. 83, fig. 27-29 ( Weiratherella ); type : mont Chelmos (Mus.
Paris).
Sans doute myrmécophile, mais recueilli jusqu’ici seulement à haute altitude.
Grèce. Péloponèse : mont Chelmos, en Achaïe, nord du Péloponèse, un mâle
(Weirather !) ; Hagios Vlasis, dans le massif du Taygète (Brenske !). — Crète :
Assitaes, dans l’est de l’île (Holtz !).
3. Catopomorphus (Weiratherella) Rougeti Saulcy, 1863, Ann. Soc. ent. Fr.,
p. 653 ; type : Collioure (Mus. Paris). — Reitter, 1884, Verh. natf.
Ver. Brünn, XXIII, p. 48.—Uhagon, 1890, An. Hist. nat. Madrid,
XIX, p. 91. — Fauvel, 1890, Rev. Entom., IX, p. 346. — Gangl-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
319
bauer, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 125. — Fairmairei Delarouzée,
1860, Ann. Soc. ent. Fr.,Bull.,p. 32; type : Collioure (Ç). — Saulcy,
1862, Ann. Soc. ent. Fr., p. 282.
Myrmécophile, avec le Messor barbarus L(').
France. Pyrénées-Orientales : Collioures, Port-Vendres, Banyuls (Saulcy !,
Delarouzée !, Fairmaire !). Aude : Narbonne (Boitel !) ; mont Alaric, près de
Narbonne (Gavoy !). Bouches-du-Rhône : Aix-en-Provence (Argod !) ; Mar¬
seille (Abeille !). Var : Toulon (Bossavy !) ; Hyères (Godart !). Côte-d’Or :
Dijon (Rouget !). — Italie. Ligurie : Bordighera (Strupi!).
Espagne. Madrid : Vallecàs (Bolivar!); Escorial (Perez-Arcas). Jaén :
Sierra de Jaén (Seidlitz). — Portugal. Beira : Penamacor (Ramiro !).
4. Catopomorphus (Weiratherella) Pesruchesi, n. sp. ; type : Mahouna
(Mus. Paris).
Myrmécophile, avec le Messor barbarus L.
Algérie. Oran : Saida (Desbrochers !); Oran (Bedel !) ; Lalla-Marnia (Pic !).
Constantine : Mahouna, 1.200 m., près de Medjez-Amar, env. de Guelma, un
mâle (Clouet des Pesruches !).
Obs. — C’est peut-être la même espèce qui est citée par Luigioni sous le
nom de brevicollis de Sicile, du Basilicata et de Sardaigne.
B. Subgen. Catopomorphus, s. str.
5. Catopomorphus (s. str.) orientalis Aubé, 1850, Ann. Soc. ent. Fr., p. 325,
pl. xi, fig. 1 ; type : Constantinople. — Ilatch, 1928, Col. Cat.,
pars 95, p. 185 (Bibliogr.). — dalmatinus Kraatz, 1852, Stett. ent.
Ztg., XIII, p. 444 ; type : Dalmatie (Mus. Dahlem). — myrmecobius
Rottenberg, 1870, Berliner ent. Zs., XIV, p. 39 ; type : Sicile, Aderno.
b. Subsp. corcyreus , nov. ; type : Corfou (Mus. Paris).
Myrmécophile, dans les nids du Messor barbarus L. ; souvent en abondance
dans les débris végétaux.
Largement distribué sur les péninsules et les îles de la Méditerranée, depuis
l’Asie mineure jusqu’à la Corse (carte, fig. 689).
a. Subsp. orientalis , s. str. — Asie mineure : Smyrne (Saulcy!); grotte dans
les monts Davras, près d’Isparta, Taurus de Pisidie (Weirather !). — Syrie :
Akbès (Delagrange !). — Chypre (Saulcy !). — Turquie : Constantinople (Mon-
tandon). — Grèce. Macédoine : Vodena (Rambousek !). Étolie : mont Tym-
phrestos, ou Veluchi, 2.300 m. (Weirather !). Attique : mont Hymète, près
d’Athènes (Strupi !) ; mont Parnasse (Hauser !, Kraatz !). Ile Eubée : Stura
(Weber !). — Crète (Oertzen). — Albanie : Pigeros (A. Bischoff !). — Yougo-
(I) Caillol, dans son Catalogue, le dit « toujours avec Aphaenogaster structor Latr. #,
tandis qu’il indique le P. brevicollis comme vivant avec A. barbara L. J’ai vu beaucoup
de C. Rougeti de Provence, conservés avec l’hôte, et ce dernier est toujours le Messor
barbarus L. (Beuland det.).
320
D 1 RENÉ JEANNE L
slavie. Dalmatie : Spalato (Karaman !). — Italie. Istrie : Pola (Mancini !).
Toscane : Poggio Cavallo, prov. diGrosseto (Andreini !). Ile Giglio (Luigioni).
Lazio : monte Cavo, prov. di Roma (Luigioni !). Puglie : monte Gargano
(Hilf !). — Sicile : Aderno (Rottenberg !) — Sardaigne : Laconi (Dodero !) ;
Terranova (Strupi !). — Corse : Ajaccio (Vodoz !).
b. Subsp. corcyreus, nov. — Corfou (Paganetti !).
Obs. — Parfois cité du nord de l’Afrique, où il n’existe pas. Sa distribution
à travers la méditerranée orientale est très remarquable (voir p. 311).
6. Catopomorphus (s. str.) judaeus Saulcy, 1864, Ann. Soc. ent. Fr., p. 423 ;
type : Jérusalem (Mus. Paris). — Reitter, 1884, Verh. natf. Ver.
Rrünn, XXIII, p. 48. — Antoniae Reitter, 1889, Deutsche ent. Zs.,
p. 371 ; type : Ordubad (Mus. Paris).
Myrmécophile, trouvé dans les nids du Messor barbarus L. (F. de Saulcy).
Palestine : Jérusalem, Tibériade, Amman, Naplouse (Saulcy !) ; Rethléem
(coll. Léveillé !). — Syrie : Caïfa (Reitter 1). — Transcaucasie. Arménie Russe :
Ordubad, vallée de l’Araxe (Antonie Kubischtek !).
7. Catopomorphus (s. str.) Foreli Wasmann, 1894, Krit. Verz. myrm. term.
Artbr., p. 217 ; type : Perrégaux. — 1895, Deutsche ent. Zs., p. 47.
b. Subsp. tuniseus Pic, 1910, L’Éch., XXVI, p. 41 ; type : Sfax (coll. Pic).
Myrmécophile, avec Messor barbarus L. (Wasmann).
a. Subsp. Foreli , s. str. — Algérie. Oran : Perrégaux (Forel) ; Daya (Bedel !).
Alger : Téniet-el-Had (coll. Pic !) ; Médéah (Bedel !).
b. Subsp. tuniseus Pic. — Tunisie : Sfax (Vauloger !).
8. Catopomorphus (s. str.) samaritanus Saulcy, 1864, Ann. Soc. ent. Fr..
p. 424 ; type : Jérusalem (Mus. Paris). — Reitter, 1884, Verh. natf,
Ver. Brünn, XXIII, p. 48.
Myrmécophile, trouvé dans les nids de Messor barbarus L. (F. de Saulcy).
Palestine : Jérusalem, Naplouse (Saulcy !). — Syrie : Damas (Saulcy !).
9. Catopomorphus (s. str.) magnicollis Reitter, 1894, Wiener ent. Ztg., XIII,
p. 238 ; type : Ordubad (Mus. Budapest).
Transcaucasie , Arménie Russe : Ordubad, vallée de l’Araxe (Antonie
Kubischtek).
C. Subgen. Attiscurra Des Gozis
10. Catopomorphus (Attiscurra) Michoni Saulcy, 1864, Ann. Soc. ent. Fr.,
p. 425 ; type : Jérusalem (Mus. Paris). — Reitter, 1884, Verh. natf.
Ver. Brünn, XXIII, p. 48.
Myrmécophile, recueilli avec Messor barbarus L. (F. de Saulcy).
Palestine : Jérusalem, Ammân (Saulcy !). — Syrie : Damas (Saulcy !).
11. Catopomorphus (Attiscurra) tauricus, n. sp. ; type : monts Davras
(Mus. Paris.)
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
321
Asie Mineure. Taurus de Pisidie : grotte des monts Davras, près d’Isparta,
une femelle (Weirather !).
12. Catopomorphus (Attiscurra) convexus, n. sp.; type : Parnasse (Mus.
Paris).
Grèce. Attique : mont Parnasse, une femelle (Hauser !).
13. Catopomorphus (Attiscurra) Marqueti Fairmaire, 1857, Ann. Soc. ent.
Fr., p. 729 ; type : Béziers. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 186
(Bibliogr.). — bicolor Kraatz, 1870, Berliner ent. Zt., XIV, Beiheft,
p. 102 ; type : Jaén (Mus. Dahlem). — Bedeli Caillol, 1913, Cat. Col.
Prov., II, p. 8 (nec Fairmaire).
Myrmécophile, dans les nids du Messor barbarus L. Se trouve aussi parfois
en nombre dans la terre, sous les touffes d’herbes, dans les fentes des terrains
argileux. Le type avait été recueilli à Béziers, par Marquet, en battant les
branches d’un orme.
France. Pyrénées-Orientales : Collioure, dans les fourmilières (Ch. Bri-
sout!, Saulcy !) et au fauchoir (Grenier !) ; Port-Vendres (Argod !). Hérault :
Béziers, en battant un orme (Marquet !). Vaucluse : Avignon (Chobaut !).
Bouches-du-Rhône : Allauch, près Marseille (Cailllol). Var : La Seyne (Tholin !);
Saint-Raphaël (Grenier !). Alpes-Maritimes : Nice, canal de la Vésubie (Sainte-
Cl. Deville !). Saône-et-Loire : Autun, un mâle (Fauconnet !).
Espagne. Madrid : Escorial (Perez-Arcas) ; Cienvallejos (C. Bolivar !),
Villaviciosa (Gavoy!). Huelva : La Palma (Martinez!). Jaén : sierra de Jaén
(Kraatz). Cordoba (Kraatz). — Portugal. Beira : Penamacor (Ramiro !).
Obs. —Le C. Marqueti Fairm. est cité de Sardaigne, par Luigioni ; peut-
être s’agit-il de l’espèce suivante.
14. Catopomorphus (Attiscurra) Bedeli Fairmaire, 1879, Ann. Soc. ent. Fr.,
p. 167 ; type : Daya (Mus. Paris). — Reitter, 1884, Verh. natf. Ver.
Brünn, XXIII, p. 48.
Myrmécophile, dans les nids de Messor barbarus L. Trouvé aussi dans une
grotte.
Algérie. Oran : Daya (Bedel !) ; Mansourah, près de Tlemcen (Jeannel).
Alger : Teniet-el-Had (Bedel !) ; Rhar Yaanen, dans le Djurjura [Biosp. 349]
(Peyerimhoff !). Constantine : djebel Babor (Théry !).
44. Gen. ATTAEPHILUS Motschoulsky
Attaephilus Motschoulsky, 1869, Bull. Soc. Nat. Moscou, XLII, p. 350 ; type :
A. paradoxus Motsch. -— Ganglbauer, 1899, Kftf. Mitteleur., III,
p. 123. — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 43.
Myrmecophilus Motschoulsky, 1844, Bull. Soc. Nat. Moscou, XVII,
p. 817 (nom. nud.).— Catopsimorphus Des Gozis, 1886, Rech. esp.
mémoires DD MüSÉUM, nouvelle série, tome I. 21
322
Dr RENÉ JEANNEL
typ., p. 17 (me. Aubé). — Jeannelella Roubal, 1925, Cas. Cs. Spol.
ent., XI, p. 68 ; type : J. paradoxa Roub.
Taille de 2,5 à 3,5 mm. Ailés. Aspect extérieur très particulier, tenant à la
forme générale ovale et peu convexe, à la longue pubescence dressée couvrant
le corps et aux antennes longues et très épaisses. Sculpture du pronotum ré¬
duite à de rares petits tubercules saillants très disséminés entre lesquels le
tégument est brillant. Sur les élytres, la ponctuation est forte, irrégulière, plus
ou moins alignée en travers, surtout près de la suture. Elle est, cependant, fine
et serrée sur le pronotum et les élytres chez VA. Weisei, au contraire formée de
Fig. 716-722 : Genre Attaephilus Motsch. — Fig. 716. A. punctipennis, n. sp., mâle type
X 16. — Fig. 717. Tibia intermédiaire gauche du mâle, x 65. — Fig. 718. A. arena-
rius type, antenne, x 65. — Fig. 719. Tibia intermédiaire gauche du mâle, x 65. —
Fig. 720. A. paradoxus Motsch., idem. — Fig. 721. A. iüyricus, n. sp., idem. —
Fig. 722. A. angustus Reitt., idem.
gros points enfoncés arrondis chez A. punctipennis. Pubescence très longue,
très fournie, dressée ; les poils de la pubescence générale sont longs et dressés
et dépassés par de grandes soies alignées sur les élytres.
Tête rétractile, mais avec le front très bombé et saillant ; épistome séparé
du front par une suture. Yeux grands et ciliés. Mandibules courtes, à mola
peu saillante et plissée. Palpes maxillaires de type normal; lobe externe de la
maxille aussi long que l’interne ; sa partie apicale est divisée en deux : un lobule
externe, anguleux et glabre, un lobule interne, allongé et cilié.
Antennes de même type que chez les Catopomorphus, s. str.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
323
Pronotum court et transverse, plus ou moins élargi à la base, ses angles
postérieurs en général très arrondis. Élytres avec des traces de stries, la sutu-
rale plus marquée ; la région apicale souvent comprimée, très atténuée, le
bord apical alors saillant.
Mésosternum sans carène ; cavités coxales fusionnées.
Pattes longues et robustes, les tibias armés de frange apicale de petites
épines, comme chez les Catopomorphus (fîg. 719 à 722). Tarses longs et grêles.
Les caractères sexuels sont très particuliers. Chez beaucoup d’espèces, les
trochanters intermédiaires du mâle présentent la même forme et la même dent
crochue que les trochanters postérieurs du mâle du Choleva angustata. Presque
toutes encore présentent une dent impaire et médiane sur le bord postérieur
du troisième segment abdominal et leurs tibias intermédiaires sont très
coudés, souvent même comprimés chez les mâles ; la forme des tibias inter¬
médiaires des mâles fournit de bons caractères spécifiques (fig. 717, 719 à 722).
Enfin les tarses antérieurs des mâles sont toujours faiblement dilatés.
Segment génital mâle identique à celui des N argus.
Organe copulateur semblable à celui des Catopomorphus ; le sac interne avec
la même armature copulatrice. Mais chez les Attaephilus, les styles portent deux
très petites soies apicales, insérées sur l’extrémité même du style et difficiles à
voir. On a vu que chez les Catopomorphus les soies sont au contraire bien déve¬
loppées et insérées sur le bord ventral, comme d’aillleurs chez les Philomessor
et Attumbra.
Les Attaephilus constituent certainement une lignée spéciale, indépendante
des Catopomorphus. Leurs caractères évolutifs sont en effet très particuliers, de
même que leurs caractères sexuels secondaires. Comme les genres précédents,
ils sont myrmécophiles ; mais différemment spécialisés. Les Attaephilus vivent
en effet dans les nids des Messor structor Latr. et M. pallidus Nyl., alors que les
Catopomorphus et Philomessor sont des hôtes du Messor barbarus L. Il s’en¬
suit que la distribution géographique des Attaephilus est différente de celle des
autres genres de Catopides, puisque le Messor structor largement distribué en
Europe, n’existe pas dans le nord de l’Afrique (carte fig. 689).
Tableau des espèces
1. Antennes courtes, épaisses et fusiformes, dilatées dès la base, les
articles 4 à 6 transverses. Forme très large, le pronotum deux fois
aussi large que long, densément ponctué, sa plus grande largeur au
niveau des angles postérieurs qui sont très accusés, aigus, quoique
émoussés, les côtés peu arqués et très rétrécis en avant. Élytres très
atténués au sommet, leur ponctuation moins grossière, nette et très
serrée. Brun rougeâtre avec la tête rembrunie, les antennes et les
pattes pâles. Long. 3,5 mm. (Caucase). [Fig. 707]. 1. Weisei Reitt.
— Antennes longues, graduellement dilatées de la base au sommet, les
articles 4 à 6 au moins aussi longs que larges (fîg. 718). Pronotum
324
Dr RENÉ JEANNEL
brillant, à ponctuation très éparse, plus ou moins transverse,
avec sa plus grande largeur avant les angles postérieurs qui sont très
arrondis. Élytres à ponctuation éparse et très irrégulière, très gros¬
sière. 2.
2. Forme très large, les élytres renflés vers le milieu et très atténués
au sommet. Pronotum très transverse, deux fois aussi large que long.
— Antennes longues, les articles du funicule plus longs que larges, le
7 conique, nettement plus long que large, ç? Trochanters intermé¬
diaires dentés ; tibias intermédiaires fortement arqués ; troisième
segment abdominal avec un tubercule médian très saillant sur le
milieu du bord postérieur. 3.
— Forme elliptique allongée, les élytres subparallèles, peu atténués au
723 724 725 726 727 728 729
fc'igr. 723-729 : Genre Attaephilus Motsch., organes copulateurs mâles, face dorsale, X 85.
— Fig. 725. A. paradoxus Motsch., style droit, face interne. — Fig. 724. Organe copu-
lateur d’un mâle des monts Jaïla. — Fig. 725, d’un mâle du Caucase. — Fig. 726.
A. illyricus, n. sp. — Fig. 727. A. angustus Reitt. — Fig. 728. A. funebris Reitt. —
Fig. 729. A. punctipennis, n. sp.
sommet. Pronotum peu transverse, à peine une fois et demie aussi
large que long. 4.
3. Côtés du pronotum plus arrondis, la plus grande largeur peu après
le milieu. Tibias intermédiaires mâles très arqués, sans crête angulaire
saillante sur le tiers basal (fig. 720). Organe copulateur très coudé, le
le sommet du pénis aigu, les styles très comprimés et divergents
(fig. 724). Long. 2,5 à 2,6 mm. (Caucase). [Fig. 720 et 723-724].
. 2. paradoxus Motsch.
— Côtés du pronotum moins arrondis, la plus grande largeur au quart
basal. Tibias intermédiaires mâles très coudés, avec une bosse angu¬
leuse saillante sur le tiers basal (fig. 719). Organe copulateur plus
allongé, la pointe du pénis plus effilée. Long. 2,8 à 3 mm. (Europe
moyenne et méditerranéenne). [Fig. 718à 719].... 3. arenarius Hampe.
4. Antennes relativement courtes, les articles du funicule à peine plus
longs que large, le 7 subcarré, aussi long que large. 5.
— Antennes longues, les articles du funicule nettement plus longs que
larges, le 7 conique et allongé. 8.
5. Massue des antennes très renflée, l’article 7 deux fois aussi large que
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
325
le 3, les 9 et 10 nettement transverses. Noir brillant, les élytres noirs
à la base et au sommet, rougeâtres au milieu, les antennes brunâtres,
les pattes rougeâtres. Pronotum assez large, à côtés peu arqués, sa
plus grande largeur dans le tiers basal. Élytres relativement courts
et convexes, à ponctuation alignée en travers. Mâle inconnu. Long.
2,8 mm. (Asie mineure). 7. Weiratheri, n. sp.
— Massue des antennes peu épaisse, l’article 7 pas deux fois aussi épais
que le 3, les 9 et 10 presque aussi longs que larges. 6.
6. Côtés du pronotum peu arqués, très rétrécis en avant, la plus grande
largeur dans le quart basal. Élytres longs, subparallèles chez le mâle,
la ponctuation forte, çf Trochanters intermédiaires dentés près de
leur sommet ; tibias intermédiaires arqués et cylindriques, non
comprimés, comme chez paradoxus (fig. 720) ; tubercule ventral du
troisième segment abdominal très saillant. Organe copulateur allongé,
peu arqué, le sommet du pénis aplani, infléchi, en pointe très obtuse,
rappelant celui du funebris (ûg. 728), mais sans la profonde dépression
dorsale de celui-ci ; styles divergents. Long. 2,6 mm. (Bulgarie).
. 6. Rambouseki,n. sp.
— Côtés du pronotum très arrondis, peu rétrécis en avant, la plus
grande largeur vers le milieu ; forme générale plus étroite et allongée
que chez les deux précédents. Élytres à ponctuation moins forte.
Coloration brunâtre plus ou moins foncée. 7.
7. Tibias intermédiaires des mâles très dilatés, leur bord dorsal comprimé
et tranchant sur les deux tiers de la longueur (fig. 721) ; trochan¬
ters intermédiaires mâles inermes. Organe copulateur allongé, le
sommet du pénis aplati, terminé par un bord apical largement
arrondi ; styles non divergents (fig. 726). Long. 2,6 à 2,7 mm.
(Vénétie Julienne). [Fig. 721 et 726]. 4. illyricus, n. sp.
— Tibias intermédiaires des mâles cylindriques, très arqués, mais non
comprimés, comme chez paradoxus (ûg. 720) ; trochanters intermé¬
diaires mâles dentés. Organe copulateur de même type ; le sommet
du pénis est bossu, avec une profonde dépression longitudinale et
dorsale, l’apex largement anguleux et infléchi ; styles divergents.
Long. 2,5 à 2,6 mm. (Grèce). [Fig. 728]. 5. funebris Reitt.
8. Antennes très longues et grêles, tous les articles plus longs que larges
(fig. 716). Noir brillant, les antennes brunes et les pattes rougeâtres.
Forme ovale allongée, peu convexe, la pubescence courte et peu
fournie. Pronotum petit, ses côtés très peu arqués, sa plus grande
largeur peu avant les angles postérieurs, sa ponctuation très rare.
Élytres très longs, subparallèles, à ponctuation très forte, formée de
gros points arrondis et profonds, disposés sans ordre, çf Trochanters
intermédiaires inermes ; tibias intermédiaires très longs, très peu
arqués, cylindriques (fig. 717) ; troisième segment abdominal inerme.
Organe copulateur court et large, peu arqué ; le sommet du pénis
326
D r RENÉ JEANNEL
atténué en pointe aiguë, les styles non divergents (fig. 729). Long.
2,6 mm. (Asie mineure). [Fig. 716-717 et 729]... 10. punctipennis, n. sp.
— Antennes moins longues, les articles 8 à 9 transverses. Testacé bru¬
nâtre ou brunâtre foncé peu brillant, la pubescence longue et fournie,
Élytres à ponctuation râpeuse, moins forte et irrégulière, les points
non enfoncés. 9.
9. Grande taille (3 mm.). Large et robuste, le pronotum plus large, à
côtés rétrécis en avant, sa plus grande largeur près des angles posté¬
rieurs. Élytres allongés, subparallèles dans la moitié antérieure,
atténués dans la partie apicale. Antennes très épaissies au sommet.
Brunâtre foncé. Mâle inconnu. (Caucase, monts Messchiis).
. 9. Reitteri, n. sp.
— Plus petit (2,6 à 2,8 mm.). Étroit et allongé, le pronotum petit, moins
transverse, à côtés très arqués, la plus grande largeur vers le milieu,
les angles postérieurs plus arrondis. Élytres longs, subparallèles chez
le mâle, renflés chez la femelle, le sommet normalement atténué.
Antennes très épaissies au sommet, peu aplaties. Brun de poix assez
foncé(‘),les élytres rougeâtres sur le disque, les antennes et les pattes
rougeâtres. Ponctuation du pronotum râpeuse et très éparse ; celle
des élytres également râpeuse et très vaguement alignée en travers.
çf Tibias intermédiaires arqués et cylindriques, non comprimés à la
base (fig. 722) ; tubercule du troisième segment ventral peu saillant.
Sommet du pénis renflé, obtus, l’apex anguleux mais dirigé du côté
ventral, la bosse apicale profondément sillonnée ; styles dissymé¬
triques et divergents (fig. 727). (Caucase). [Fig. 722 et 727].
. 8. angustus Reitt.
1. Attaephilus Weisei Reitter, 1883, Rev. mens. d’Ent., I, p. 73 ( Catopo-
morphus) ; type : Êlisabethpol (Mus. Paris). — 1884, Verh. natf.
Ver. Brünn, XXIII, p. 49. — 1888, Deutsche ent. Zs., p. 423.
Myrmécophile, hôte inconnu.
Transcaucasie. Elisabethpol : Helenendorf, deux femelles (coll. Reitter !).
2. Attaephilusparadoxus Motschoulsky, 1844,Bull. Soc. Nat. Moscou, XVII,
p. 817 ( Myrmecophilus) ; type : «frontière de la Perse ». — 1869,
Bull. Soc. Nat. Moscou, XLII,p. 350. — georgicus Weise, 1877, Verh.
natf. Ver. Brünn, XVI, p. 142 ( Catopomorphus) ; type : Assurett-
bacb (Mus. Paris). — arenarius Reitter, 1888, Deutsche ent. Zs.,
p. 423 (pars).
(1 ) Les deux A. angustus Reitt. et A. colchicus Reitt., décrits dans le même travail
(Deutsche ent Zs., 1888, p. 423), sont une seule et même espèce, comme me le prouve
l’examen des types. Les A. angustus (deux femelles) sont immatures et par conséquent
testacôs, les A. colchicus (un mâle et deux femelles) sont pigmentés. Mais les différences
de sculpture indiquées par Reitter n’existent pas. De plus, le mâle de VA. colchicus n'a
pas « die Geschlectitauszeichnungen wie bei arenarius », comme le dit Reitter, mais pré¬
sente en réalité les caractères sexuels assignés à VA. angustus.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
327
Myrmécophile, avec Messor structor Latr.
Transcausasie. Géorgie : Tiflis (Siverse !). Elisabethpol : Helenendorf
(Leder !, Babadjanides !). — Caucase (Leder!). — Crimée : monts Jaïla, deux
exemplaires pris dans les nids de Messor structor Latr. (Winkler!) ; Eupatoria
(Yakobson !).
3. Attaephilus arenarius Hampe, 1852, Verh. Siebenb. Ver. Hermannstadt,
III, p. 140 ; type : Hammersdorf (? Mus. Vienne). — Rouget, 1857,
Ann. Soc. ent. Fr., p. 756. — Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn,
XXIII, p. 49 (Catopomorphus). — 1888, Deutsche ent. Zs., p. 423. —
Ganglbauer, 1899, Kàf. Mitteleur., III, p. 125 (Attaephilus). —
pilosus Mulsant, 1853, Ann. Soc. Linn. Lyon, (2) I, p. 10 (Catopsimor-
phus) ; type : Lyon. — 1853, Opusc. entom., II, p. 12. — Kraatz,
1855, Stett. ent. Ztg., XVI, p. 166. — Fairmaire et Laboulbène, 1856,
Faune ent. franç., I, p. 305. — Saulcy, 1862, Ann. Soc. ent. Fr.,
p. 282. — paradoxus Roubal, 1925, Cas. Cs. Spol. ent., XI, p. 71
( Jeannelella ) ; type : Gemer (coll. Roubal).
Myrmécophile, vivant dans les nids du Messor structor Latr. Rouget (1. c.)
a publié des observations sur les mœurs de l’insecte dans le nid des fourmis.
On le trouve sous la pierre recouvrant les fourmilières de Messor structor pen¬
dant les journées de soleil.
L’espèce est très largement distribuée en Europe et sa répartition s’étend
comme celle du Messor structor. Répandue dans la région méditerranéenne,
elle s’avance vers le nord jusque dans le bassin de la Seine par la vallée du
Rhône et occupe toute l’Europe centrale. D’après Reitter (Fauna germ.),
elle ne se trouve pas en Allemagne. D’autre part, les A. arenarius cités du Cau¬
case appartiennent à l’espèce précédente : paradoxus Motsch. ( = georgicus
Weise). Vers l’ouest, A. arenarius atteint les Pyrénées françaises, mais il n’est
pas connu de la péninsule ibérique.
France. Seine-et-Oise : Lardy (Bedel !). Seine-et-Marne : Saclas (Bedel !).
Côte-d’Or; Dijon (Rouget!, Fairmaire!, Bedel!). Rhône : Lyon (Mulsant).
Haute-Vienne : Morthemer (Mesmin !). Gironde : Léognan (Ste-Cl. Deville !).
Lot-et-Garonne : Sos (Abeille !). Gers : Samatan (Clermont !.) Haute-Garonne :
Toulouse (Capiomont !). Pyrénées-Orientales : Banyuls (Gobert !). Ardèche :
Vais (Gounelle !). Drôme : Valence (Gounelle !, Argod!). Basses-Alpes : Les
Dourbes (Peyerimhoff) ; montagne de Siron (Peyerimhoff !). — Italie :
Piémont (Baudi).
Tchécoslovaquie. Slovaquie : Gemer (Roubal) — Autriche : Petersdorf, près
de Wien (Strauss !). — Roumanie. Transylvanie (Bielz).
4. Attaephilus illyricus, n. sp. ; type : Tirnova (Mus. Paris).
Italie. Vénétie Julienne : forêt de Tirnova, plusieurs exemplaires (Flach !,
in Mus. Paris et Mus. Wien).
Obs. — L’A. arenarius cité par Luigioni de la Vénétie Tridentine appartient
peut-être aussi à cette espèce.
328
D'RENÉ JEÂNNEL
5. Attaephilus funebris Reitter, 1888, Deutsche ent. Zs., p. 423; type :
Parnasse (Mus. Paris). — 1901, Wiener ent. Ztg., XX, p. 59.
Myrmécophile, découvert dans un nid d ' Aphaenogaster pallidus Nyl.
Grèce. Attique : mont Parnasse, avec Aphaenogaster pallidus (Reitter !). —
Yougoslavie. Herzégovine : Trebinje, avec des fourmis (Verhoefï).
6. Attaephilus Rambouseki, n. sp. ; type : Sliven (Mus. Paris).
Bulgarie. Roumélie : Sliven, un mâle (Rambousek !).
7. Attaephilus Weiratheri, n. sp. ; type: grotte des monts Davras (Mus.
Paris).
Asie mineure. Taurus de Pisidie : grotte des monts Davras, près d’Isparta,
une femelle (Weirather !).
8. Attaephilus angustus Reitter, 1888, Deutsche ent. Zs., p. 422; type :
Talysch (Mus. Paris). — colchicus Reitter, 1888, Deutsche ent. Zs.,
p. 423 ; type : Helenendorf (Mus. Paris).
Transcaucasie. Elisabethpol : Helenendorf (Leder !). Talysch : dans les
montagnes aux environs de Lenkoran (Leder !).
9. Attaephilus Reitteri, n. sp. ; type : monts Messchiis (Mus. Paris).
Transcaucasie. Tiflis : monts Messchiis, une femelle (Leder !).
10. Attaephilus punctipennis, n. sp.; type : grotte des monts Davras (Mus.
Paris).
Asie mineure. Taurus de Pisidie ; grotte des monts Davras, près d’Isparta,
plusieurs individus (Weirather !).
ix. Trib. Catopini , nov.
Série phylétique de Catops. Jeannel, 1922, Arch. Zool. expé., 61, p. 44.
Subtrib. Catopina M. Hatch., 1928, Col. Cat., pars 95, p. 188.
Catopinae à épistome fusionné avec le front, tibias armés d’éperons externes
et internes, premier article des tarses intermédiaires dilaté chez le mâle.
Ce dernier caractère manque exceptionnellement chez Catopodes. L’organe
copulateur a des styles presque toujours réduits, filiformes.
Quoique les caractères différentiels entre les deux groupes Cholevini et
Catopini n’aient pas une constance absolue, il n’est pas douteux qu’il s’agisse
bien de deux grandes lignées indépendantes. Elles ont eu la même origine,
sur le vieil asile de l’Angara et ont dû se différencier avant le début du Ter¬
tiaire. Cette origine commune explique qu’il subsiste des genres synthé¬
tiques possédant encore des mélanges de caractères, comme par exemple les
Rybinskiella et Prionochaeta dans la tribu des Cholevini. Dans celle des Cato¬
pini. Catopodes a les caractères sexuels secondaires des Cholevini , Catops
morio F. des styles de l’organe copulateur semblables à ceux des Choleva ;
mais toutes ces exceptions n’empêchent pas que les deux tribus soient phylo¬
génétiquement bien séparées.
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
329
Les genres de la tribu Catopini se groupent autour de trois types principaux :
Dreposcia, Catops et Cholevinus.
Les Dreposcia présentent un type très particulier d’organe copulateur ; ils
occupent d’une part l’Asie centrale, d’autre part l’extrême nord de l’Europe.
Les Catops , également originaires de l’Angara, se sont dispersés vers l’est
dans l’Amérique du Nord et vers l’ouest en Europe, dès le début du Tertiaire.
Aussi beaucoup de leurs lignées, comme celles des Sciodrepoides, celles des
Catops des groupes de Yalpinus, du longulus, du morio , présentent-elles des
distributions nettement holarctiques (carte, fig. 764). D’autres lignées comme
celles du C. tristis, du C. nigrita, se sont seulement dispersées vers l’ouest et
constituent autant de groupes « hercyniens » dans la faune de l’Europe. Mais
il en est aussi qui ont suivi au Néogène, la voie tracée à travers le sud-ouest de
l’Asie par les chaînes de l’arc nord-iranien et ont gagné le Caucase et l’Ëgéide
méridionale pour s’étendre secondairement dans la région méditerranéenne.
C’est le cas en particulier du groupe du C. coracinus, de celui du C. fuscus ou
encore du C. picipes, et même de l’espèce C. nigriclavis (carte, fig. 767). Au
type Catops se rattachent encore le genre atlantique Catopidius, le genre Chio-
nocatops spécial à la chaîne des Alpes et aussi le très curieux genre Catoptri-
chus, détaché de la souche du Catops alpinus et localisé dans le nord de la côte
américaine du Pacifique.
Un troisième type enfin est constitué par le genre Cholevinus , bien distinct
par l’armature épineuse de ses tibias. Sa souche, originaire de l’Angara, a
donné naissance tout d’abord à la lignée des Cholevinus , répandue dans les
déserts du sud-ouest de l’Asie et la région méditerranéenne. Elle a laissé en
Dzungarie, un genre microphthalme de grande taille, à faciès de Choleva : le
genre Dzungarites. Enfin, c’est de la même souche des Cholevinus , originaire
de l’Angara, que se sont détachés d’une part le genre Cryocatops actuellement
localisé dans la toundra sibérienne, d’autre part le Catopodes , isolé dans l’ar¬
chipel du Japon.
Tableau des genres
1. Palpes maxillaires à dernier article aciculé, très petit, bien plus court
que l’avant-dernier qui est lui-même court et très épais. Styles de
l’organe copulateur larges, comprimés, armés de deux soies bien
distinctes, insérées sur le bord ventral avant le sommet et dirigées
perpendiculairement au style. — Fascies bathyscioïde ; le pronotum
court et transverse. Antennes courtes et grêles, non épaissies au
sommet. 45. Gen. Dreposcia Jeann.
— Palpes maxillaires à dernier article conique, épais, à peine plus court
ou plus long que l’avant-dernier. Styles de l’organe copulateur géné¬
ralement effilés au sommet, presque toujours très courts et ténus,
armés d’une ou rarement de deux soies insérées au sommet, dans
l’axe du style. 2.
330
D r RENÉ JEANNEL
2. Tibias antérieurs à face externe pubescente, mais sans épines dressées
perpendiculairement à travers la pubescence. 3.
— Tibias antérieurs avec des épines perpendiculairement dressées sur la
face externe, distinctes de la pubescence (‘). 7.
3. Antennes flabellées à partir du 4 e article ; les articles dilatés large¬
ment bidentés. Grande taille de 7 à 8 mm. Pronotum petit et sub¬
carré, à base trisinuée ; élytres longs et amples (faciès des Lagria).
Tibias antérieurs mâles avec le grand éperon interne recourbé en
forme de crochet. Organe copulateur très long, à sommet simple ;
les styles très courts, armés de deux soies. 50. Gen. Catoptrichus Murr.
— Antennes simples, la massue plus ou moins épaissie. Tibias anté¬
rieurs à éperons normaux. 4.
4. Dernier article du palpe maxillaire bien plus long que l’avant-
dernier et ovoïde. Forme générale allongée, le pronotum petit et
subcarré, les élytres renflés. Antennes à massue très épaisse. Organe
copulateur à lobes latéraux indépendants, non épineux, les ligules
glabres ; styles courts et effilés, armés d’une soie unique.
. 49. Gen. Chionocatops Ganglb.
-— Dernier article du palpe maxillaire conique, pas plus long que
l’avant-dernier. 5.
5. Pronotum campanuliforme, sa plus grande largeur aux angles posté¬
rieurs. Organe copulateur à lobes latéraux indépendants, armés d’un
rang interne d’épines, les ligules pubescents. Styles épais à la base,
effilés au sommet, plus long que le pénis et coudés.
. 48. Gen. Gatopidius Jeann.
— Pronotum non campanuliforme, la plus grande largeur avant la base.
Organe copulateur variable, les lobes latéraux, lorsqu’ils sont indé¬
pendants, ne portent jamais d’épines ; ligules glabres. Styles plus
courts ou aussi longs que le pénis, armés d’une ou de deux soies axiales.
....: . 6.
6. Pronotum court et transverse, sa base aussi large que celle des
élytres ; les contours du pronotum et celui des élytres non séparés
par un angle rentrant. Petite taille. Organe copulateur long et
grêle ; le sac interne avec une pièce en Y basale, sa partie apicale avec
quelques dents. 46. Gen. Sciodrepoides Hatch.
— Pronotum de forme variable, mais toujours rétréci à la base, le
contour du pronotum et celui des élytres interrompus par un angle
rentrant. Sac interne sans pièce en Y basale ; la partie apicale avec
des faisceaux d’épines. 47. Gen. Catops Payk.
7. Antennes flabellées à partir du 6 e article ; les articles dilatés uni-
dentés. Pronotum large et transverse (faciès des Catops). Tarse
(1) Très longues et bien visibles chez Cholevinus et Calopodes, ces épines sont plus dif¬
ficiles à voir chez Dzungarites et Cryocatops ; elles existent cependant toujours, surtout
dans la moitié basale.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
331
intermédiaire mâle à premier article non dilaté. Organe copulateur
très petit, le sommet du pénis aplati, entier ; les styles courts et
ténus, armés d’une seule soie. 54. Gen. Catopodes Port.
— Antennes simples, grêles, à peine dilatées dans la partie apicale.
Tarse intermédiaire mâle à premier article dilaté. 8.
8. Palpes maxillaires à avant-dernier article court et renflé, le dernier
article conique, à peine plus court que l’avant-dernier. Antennes
moniliformes, courtes, l’article 8 subglobuleux. Organe copulateur
à sommet entier, plus ou moins aigu, sa face dorsale convexe ; styles
courts, armés d’une seule soie. Sac interne inerme.
. 53. Gen. Cryocatops, nov.
— Palpes maxillaires à avant-dernier article allongé, conique, le dernier
conique, à peine plus court que l’avant-dernier. Antennes filiformes,
à massue à peine dilatée et légèrement aplatie, l’article 8 plus long
que large... 9.
9. Faciès des Catops , le pronotum ample, transverse, le plus souvent
campanuliforme. Pattes de longueur normale. Yeux toujours très
développés. Organe copulateur petit, à sommet entier, plus ou moins
acéré. Styles ténus, armés d’une seule soie. Long, de 4 à 5,5 mm.
. 51. Gen. Cholevinus Reitt.
— Facies des Choleva , le pronotum petit, plus étroit que les élytres, à base
étroite. Pattes très longues et très robustes. Yeux atrophiés. Organe
copulateur très long, très chitinisé, à sommet entier. Styles courts et
armés d’une seule soie. Taille de 7 mm.. 52. Gen. Dzungarites, nov.
45. Gen. DREPOSCIA Jeannel
Dreposcia Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 45 ; type : D. umbrina
Er. — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 6 (subgen.). — Münsteria
Krogerus, 1931, 1. c., p. 6 ; type : M. Colleti Münster (subgen.).
Forme générale large et peu convexe ; aspect brillant. Sculpture et pubes¬
cence très fines. Pronotum transverse, aussi large que les élytres, court, les côtés
régulièrement arrondis, la base rectiligne, les angles postérieurs émoussés et
à peine saillants en arrière. Élytres larges et peu convexes, l’apex arrondi.
Palpes maxillaires courts (fig. 731), l’avant-dernier article fortement dilaté,
subtriangulaire ; le dernier article très petit, aciculé. Antennes relativement
courtes, à massue peu épaissie et un peu aplatie, les articles dilatés présentant
des bords presque droits.
Pattes sans caractères sexuels secondaires, sauf que les tarses antérieurs et
intermédiaires sont dilatés chez les mâles.
Organe copulateur (fig. 734-736) arqué, aplati dans le sens dorso-ventral,
non comprimé latéralement dans sa partie moyenne. Le sommet du pénis est
convexe dorsalement, excavé sur sa face ventrale, l’apex simple, atténué.
332
D'RENÉ JEANNEL
Ligules courts et largement arrondis (fig. 735). Styles aplatis en lames à côtés
parallèles et sommet arrondi (fig. 736). Deux très petites soies insérées sur le
bord ventral avant le sommet et dirigées perpendiculairement au style.
Le genre est originaire de l’Asie centrale et s’est répandu dans l’Europe
arctique (D. Colleti) et l’Europe moyenne.
Tableau des espèces
1. Ovalaire assez court, déprimé. Pronotum ample, en général plus
large que les élytres. Élytres avec des stries bien visibles, la ponctua-
Fig. 730-140 : Genre Dreposcia Jeann. — Fig. 730. D. umbrina Er., mâle, X R. —
Fig. 731. Palpe maxillaire gauche, x 32. — Fig. 732. Antenne, x 32. — Fig. 733. Tibia
et tarse antérieurs droits du mâle, x 32. — Fig. 734. Organe copulateur mâle, face
dorsale, X 50. — Fig. 735. Le même, face ventrale. — Fig. 736. Le même, de profil.
— Fig. 737. D. Colleti Munster, mâle, X 14. — Fig. 738. Antenne, X 30. — Fig. 739.
Organe copulateur mâle, face dorsale, x 50. — Fig. 740. Le même, de profil.
tion très fine et très serrée. Antennes testacées rougeâtres, courtes,
les articles 4 et 5 moins de deux fois aussi longs que larges. Sommet
du pénis atténué en pointe symétrique, un peu infléchie, sa face dor¬
sale aplanie au milieu et carénée latéralement, l’apex terminé par un
petit bouton cylindrique. Long. 3,5 à 4,5 mm. (Europe moyenne).
[Fig. 730 à 736]. 1. umbrina Er.
— Oblong allongé, déprimé. Pronotum étroit et nettement rétréci à la
base. Élytres plus allongés, sans trace de stries, la ponctuation plus
forte, râpeuse, bien moins serrée. Antennes à massue rembrunie.
Sommet du pénis plus effilé, non infléchi, sa face dorsale lisse et con-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
333
vexe, la pointe plus ou moins dissymétrique, son bord droit sinué (*).
Long. 3,5 à 5 mm. (Asie septentrionale, nord de la Russie et de la
Scandinavie). [Fig. 737 à 740]. 2. brevipalpis Reitt.
a. Plus petit (3,5 à 4,5 mm.). Antennes plus courtes, les articles
4 et 5 moins de deux fois aussi longs que larges. Côtés du pro-
notum moins arrondis. (Nord de la Scandinavie).
. subsp. Colleti Münst.
— Plus grand (4,5 à 5 mm.). Antennes plus longues, les articles
4 et 5 deux fois aussi longs que larges. Côtés du pronotum
plus arrondis, plus rétrécis à la base. (Nord de l’Asie et de
la Russie). subsp. brevipalpis , s. str.
1. Dreposcia umbrina Erichson, 1837, Kâf. Mark Brandenb., I, p. 235
( Catops) ; type : Brandenburg. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95,
p. 204 (bibliogr). — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 10.
Au pied des vieux arbres, sous les écorces et dans le bois carié. Souvent
myrmécophile, avec Lasius fuliginosus Latr.
Europe centrale, toujours rare.
Danemark : île Fyen; île Lolland (Krogerus, 1931).
France. Seine-et-Oise : Saint-Germain (Ch. Brisout !). Seine-et-Marne :
Fontainebleau (Chabanaud !). Oise : forêt de Compiègne (Buffévent !). Aude :
Carcassonne (Gavoy !). Rhône : Lyon (Falcoz !). Bouches-du-Rhône : Sainte-
Baume (Abeille !). — Allemagne. Franconie : Aschaffenburg (Flach !). Berlin
(Heidenreich !). Silésie : Breslau (Fein !). -— Tchécoslovaquie. Bohême:
Prague (Reitter !). Moravie : Strelice (Fleischer !). — Roumanie. Transylvanie :
Sigiçoarà [Schassburg] (Pétri ) ; Sibiu [Hermannstadt] (Pétri). Valachie :
Comana Vlasca (Montandon !). Russie : Vilna ; Kiev (Yakobson).
Italie. Piémont : Valsavaranche, val d’Aoste (Dodero !) ; Val Ghiobbia,
Biellese (Capra !). Trentin : Cima Serolo, Giudicarie (Mancini !). — Yougo¬
slavie. Croatie (Reitter !). Bosnie : Sarajevo (Apfelbeck !). Serbie : Kopaonik
(Rambousek !) ; lac de Presba (Denier !).
2. Dreposcia brevipalpis Reitter, 1901, Deutsche ent. Zs., p. 51 ( Catops) ;
type : Irkoutsk (Mus. Budapest).
b. Subsp. Colleti Münster, 1912, Nyt. Mag. Naturv. XLIX, (1911),
p. 297 ( Catops ) ; type : Nordvaranger (coll. Münster). — Krogerus,
1931, Not. ent., XI, p. 10.
(1) La pointe du pénis est à peine dissymétrique chez les D. Colleti du nord delaScan-
dinavie. Elle est fortement déjetée vers la droite chez certains exemplaires du D. brevi¬
palpis. particulièrement chez l’un provenant de « Tacza nordsky ». Mais ce caractère
parait très variable d’après les nombreux exemplaires que j’ai pu voir. En réalité, il n’est
pas possible de maintenir une distinction spécifique entre le D. Colleti Münst. et le D. bre¬
vipalpis Reitt. Les exemplaires des plaines sibériennes ainsi que ceux du nord de la
Russie rappellent bien davantage le D. brevipalpis des environs d'irkoutsk et le D. Colleti
ne peut pas être tenu pour autre chose qu'une race géographique de petite taille, spéciale
à la Scandinavie.
334
D' RENÉ JEANNEL
Espèce largement distribuée dans le nord de l’Asie et l’extrême nord de
l’Europe. Elle occupe les montagnes autour du lac Baïkal et s’étend dans les
plaines sibériennes et la zone arctique de la Scandinavie.
a. Subsp. brevipalpis, s. str. — Sibérie. Irkoutsk : Pivovarika (Soldatov !) ;
Listvinitcboe (Krukov !) ; Sinuchina (Loukachev!) ; Melnikovo (Loukachev!) ;
riv. Angara (Hartung !) ; col de la Bagdacka, près Ospa (Hartung !). « Tacza
Nordsky », 1876 (coll. Jeannel). Tobolsk : Sayany, près de la riv. Peszeg,
afïl. de l’Obi (Langvagen !). — Mongolie. Monts Altaï : col de Kozloucko
(Silantiev !). — Russie : Toundra Samoyède : Bougaeva, bouches de la Pet-
chora (Youravsky !).
b. Subsp. Colleti Münst. — Russie. Arcbangel : Ousti-Tsylma, distr. de Pets-
chorsk (Youravsky !). Laponie (Krogerus). — Finlande. Laponie : Sparre-
suolo, 70° lat. N. (Krogerus, 1931). — Norvège. Finmarken : Kallfjord ;
Bojobœski (Munster !). Indre Finmarken : Karasjok, 69° 50 lat. N. (Krogerus !),
Nordvaranger, 70° lat. N. (Krogerus).
46. Gen. SCI0DREP0IDES Hatch
Sciodrepoides Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 224; type :
S. fumatus Spence. — Sciodrepa auctorum (Hatch, 1928, Col. Cat.,
pars 95, p. 202) [nec Sciodrepa Thomson ; type : S. alpina Gyll.].
Avec raison, Hatcii (1933) remarque que le type de Sciodrepa Thoms. a été
désigné nommément par Thomson lui-même (1859, Skand. Col., I, p. 60)
comme étant le C. alpinus Gyll. Le nom de Sciodrepa doit donc logiquement
remplacer celui de Lasiocatops Reitt. (type : C. alpinus Gyll.) et tomber en
synonymie de Catops Paykull, puisque les espèces du groupes alpinus ne sont
plus séparées dans un sous-genre particulier.
Petite taille ; forme générale courte et ramassée, convexe. Pubescence dorée,
assez longue et couchée. Ponctuation râpeuse, assez forte sur les élytres.
Pronotum transverse, large, son contour se continue avec celui des élytres
sans former d’angle rentrant ; la plus grande largeur du pronotum se mesure
à la base. Élytres convexes, sans traces de stries.
Palpes maxillaires à avant-dernier article assez long, le dernier article
conique, aussi large à la base que le sommet de l’avant-dernier ; les deux
articles subégaux. Antennes à massue renflée, mais les articles du funicule
sont eux aussi dilatés, le 6 toujours transverse.
Fémurs sans caractères sexuels secondaires ; les tarses antérieurs et intermé¬
diaires dilatés chez les mâles.
Organe copulateur très grêle, en général très allongé ; le sommet du pénis
simple. Styles très grêles avec deux soies apicales. Sac interne avec une pièce
en Y et quatre à cinq dents crochues apicales (Jeannel, 1922, Arch. Zool.
exp., t. 61, p. 26, fig. 46 et 47).
Genre répandu dans toute la région holarctique.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
33S
Tableau des espèces
1. Antennes à massue plus épaisse et plus compacte, fusiforme ; les
articles 5 et 6 transverses. Côtés du pronotum moins arrondis. 2.
— Antennes à massue déliée, bien moins épaisse ; les articles 5 et 6 aussi
longs que larges. Côtés du pronotum plus arrondis. 3.
2. Plus allongé ; le pronotum plus étroit, en général moins large que les
élytres. Antennes plus courtes et plus ramassées, la massue très ré¬
gulièrement fusiforme, de couleur foncée, l’article 8 très court et
très plat. Tibias antérieurs mâles grêles, à peine épaissis. Pénis
Fig. 741-743 ; Genre Sciodrepoides Hatch, contours, x 12, et antennes, X 32. — Fig. 741
et 742. S. japonicus, n. sp. — Pig. 743 et 744. S. Watsoni Sp. — Fig. 745 et 746. S. fuma-
tus Sp. — Fig. 747 et 749. S. alpestris Jeann. — Fig. 748. Organe copul. mâle, face
ventrale, du S. alpestris, x 60.
excessivement grêle, long et arqué, symétrique, le sommet lancéolé,
aplati ; l’apex en pointe mousse. Long. 3 à 3,4 mm. (Japon).
[Fig. 741-742 et 750-752]. 1. japonicus, n. sp.
— Plus court; le pronotum plus large. Antennes à massue moins régu¬
lièrement fusiforme ; l’article 8 environ trois fois aussi large que long.
Tibias antérieurs mâles fortement élargis en massue progressive¬
ment épaissie de la base au sommet. Pénis long mais épais ; le som¬
met asymétrique, aplati, infléchi du côté dorsal ; l’apex court, brus¬
quement atténué en pointe obtuse, recourbée du côté ventral.
Long. 2,6 à 3,4 mm. [Fig. 743-744 et 753-756]. 2. Watsoni Spence.
a. Partie apicale incurvée du pénis moins longue et moins
recourbée (Amérique du Nord).. subsp. Hornianus Blanch. ( l ).
— Partie apicale incurvée du pénis plus allongée et plus
recourbée. b.
b. Petite taille (2,6 à 3 mm.) ; coloration noirâtre uniforme
(1) Le Catops hornianus Blanchard est presque impossible à distinguer du S. Watsoni
par ses caractères extérieurs.
336
D r RENÉ JEANNEL
(Europe septentrionale). var. rugulosiis Thoms.
— Grande taille (2,8 à 3,4 mm.) ; coloration brun-rougeâtre,
les élytres plus clairs. (Europe). subsp. Watsoni, s. str.
— Élytres rougeâtres clairs brillants, avec le tiers apical
noirâtre. (Péninsule Balkanique.)... var. amoenus Reitt. ( l ).
Fig. 730-763 : Genre Sciodrepoides Hatch, tibias antérieurs mâles, X 32, et organes copu-
iatenrs, X 50. — Fig. 750-732. S. japonicus, n. sp. — Fig. 753-755. S. Watsoni Sp.,
d’Europe. — Fig. 756. S. Watsoni subsp. hornianus Blanch. — Fig. 757-759. S. fumatus
Sp., d’Europe. — Fig. 760. S. fumatus subsp. terminons Lee., de l’Illinois. — Fig. 761-
763. S. alpeslris Jeann.
3. Tibias antérieurs mâles grêles à la base, brusquement dilatés dans les
deux tiers apicaux, le bord ventral rectiligne dans la partie dilatée.
Antennes plus courtes, les articles 9 et 10 un peu transverses. Forme
générale plus large que chez S. fumatus. Organe copulateur plus court
que chez les autres espèces, le sommet dilaté en large palette ovalaire,
à face dorsale convexe; l’apex large, en angle obtus, symétrique.
Styles avec deux longues soies apicales divergentes. Long. 3,2 à
3,4 mm.(Europe centrale). [Fig. 747-749 et 761-763]. 4. alpestris Jeann.
— Tibias antérieurs mâles plus épaissis, le bord ventral régulièrement
(1) Les var. rugulosvs et amoenus ne sont pas constanles et se trouvent reliées à la
forme Watsoni typique par des types intermédiaires, dans les mêmes localités. En fait,
l'espèce ne comprend que deux sous-espèces géographiques.
Monographie des catopidae
337
, convexe de la base au sommet. Antennes plus allongées, les articles
9 et 10 aussi longs que larges. Organe copulateur bien plus long,
subcylindrique, fortement incurvé ; le tiers apical fusiforme, l’apex
brusquement coudé du côté dorsal et élargi en lame courbe, à con¬
cavité ventrale, asymétrique, et à bord apical transversalement
tronqué. Long. 3 à 3,5 mm. [Fig. 745-746 et 757-760]. 3. fumatus Spenc-e.
a. Lame apicale du pénis plus grande, plus fortement coudée
du côté dorsal, son bord apical tronqué plus large, l’angle
droit plus saillant que l’angle gauche. (Europe, Asie
orientale). subsp. fumatus, s. str.
— Lame apicale du pénis plus courte, moins coudée, le bord
apical plus étroit, l’angle droit non saillant. Le renflement
fusiforme du pénis est plus accusé. Petite taille : 3 mm.
(Amérique du Nord). subsp. terminants Lee.
1. Sciodrepoides japonicus. n. sp. ; type : Tokio (Mus. Paris).
Japon. Nippon central : Tokio ; Yokohama (J. Harmand ! ; G. Lewis 1).
Ile Kiu Shiu : Nagasaki (G. Lewis 1, Brit. Mus.).
2. Sciodrepoides Watsoni Spence, 1815, Trans. Linn. Soc. London, XI
p. 156 ; type : Angleterre. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 203
(Bibliogr.). — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 9. — agilis Fabricius,
1801. Syst. Eleuth., II, p. 565 ; type : Kiel (nec agilis Illiger, 1798,
Choleva). — fumatus Erichson, 1837, Kaf. Mark Brandenb., I, p. 240.
— Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 45 (nec Spence). — cur-
ticornis Fairmaire, 1877, Bull. Soc. ent. Fr., p. 65 ; type : Constanti¬
nople ( Catopomorphus).
Biol. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 203 (Bibliogr.). —
Falcoz, 1914, Faune Microc., p. 135.
Var rugulosus Thomson, 1884, Opusc. ent., X, p. 1034 ; type : Scan¬
dinavie. — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 9.
Var. amoenus Reitter, 1896, Wien. ent. Ztg., XV, p. 67 ; type :
Velebit (Mus. Budapest).
b. Subsp. Hornianus Blanchard, 1915, Ent. News, XXVI,p.294; type;
Amérique du Nord (Catops). — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc.,
XLI, p. 223 (Catops subg. Sciodrepa).
Très commun en Europe. Dans les débris végétaux, au pied des arbres ou
encore en fauchant. Pholéophile avec la Taupe, le Lapin, le Hamster, les
Souris. Trouvé encore dans les nids d’Oiseaux, en particulier de Grives; aussi
dans les nids de Pufïins, en Irlande (Joy). Recueilli enfin dans les nids de
Bombus lapidarius dans les Ardennes (Benoist).
L’espèce est répandue dans toute la région holarctique. La forme typique
occupe l’Europe et tout le nord de l’Asie, la race Hornianus l’Amérique du
Nord.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I.
338
IV RENÉ JEANNEL
a. Subsp. Watsoni , s. str. — lies Britanniques : Grande Bretagne et Irlande
— Norvège : sud et côtes de la mer du Nord jusqu’à Tromsô (69° lat. N.)
(Krogerus, 1931). — Suède : tout le territoire jusque dans le Norrland. —
Finlande: tout le territoire jusqu’en Laponie (66° lat. N.) (Krogerus, 1931).—
Danemark : Jutland et archipel (Krogerus, 1931).
France : toute la France, surtout dans les plaines. — Belgique. — Hollande.
— Allemagne. Rheinland : Bonn (Rüschkamp !). Silésie : Breslau (Fein !). —
Tchécoslovaquie. Bohème : Roudnice (Roubal !). — Autriche. Haute-Autriche :
Salzburg (Seuz !). Basse-Autriche : Wien (Ganglbauer !). Styrie : Graz (J. Mill¬
ier !). — Hongrie : Gyôr (coll. Lgocki !). — Boumanie. Transylvanie, dans les
plaines. Banat : Bàile Erculane (Wingelmüller !). Valachie : Comana Vlascâ
(Montandon !).
Espagne. Asturies : Cancas ; Ponferrada (Paganetti !). Navarre : Alsasua
(IJhagonl). Madrid : Navacerrada; Madrid (Vâzquez !)( 1 2 ).— Corse : Vizzavona
(Bickhardt ! ). — Italie. Ligurie; Piémont; Vénétie; Lombardie; Emilie;
Toscane ; Lazio (nombreuses localités, mais je n’en connais aucune du sud de
la péninsule); Vénitie Julienne; Istrie. — Yougoslavie. Slovénie; Croatie;
Serbie; Bosnie (nombreuses localités). — Corfou (Winkler !). —■ Grèce. Macé¬
doine : Vodena (Schatzmayr !). — Turquie : Constantinople (C. curticornis
Fairm.). — Caucase. Svanétie (Leder !). Circassie : Utchdéré (Kônig !).
Krasnaïa Polana (Lgocki !). Géorgie : Kobi (Kiritchenko !).
Russie. Nombreuses localités des environs de Olonets, Leningrad, Tvere,
Yaroslav, Vladimir, Kazan, Riazan, Vitebsk, Moscou, Vilna, Kiev, Iekateri-
noslav, Perme (coll. Mus. Ac. Sc. Leningr. !). — Sibérie. Tomsk : riv. Tome,
près de Tomsk (Chafir !). Enisseef : Kansk (Michin-Verchovsk !). Irkoutsk :
Jac Baïkal (coll. Solski !). Yakoutsk : confluent de la rivière Tymiron et de
l’Aldane, a fil. de la Lena (Zaikov !). Province de l’Amour : Ozerpach (Tcher-
novine!). — Provinces maritimes. Territ. d’Ochotsk : île du Grand Chantar,
dans la mer d’Ochotsk. — Oussouri : Kamene-Rybolov, sur les bords du lac
Chanka (Tcherski !). — Mandchourie : Shikuanshan (coll. Jeannel). — Corée :
île Quelpart (Brit. Mus. !). Japon• un mâle mutilé (Brit. Mus. !).
b. Subsp. Hornianus Blanch. — Amérique du Nord : aussi bien sur le littoral
pacifique que dans tout l’est du continent, entre les 30° et 60° lat. N. (nom¬
breuses localités citées par Hatch, 1933).
3. Sciodrepoides fumatus Spence, 1815, Trans. Linn. Soc. London, XI,
p. 153 ; type : Angleterre. — Hatch, 1928, Col. Cat,., pars 95. p. 202
(Bibliogr.). — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 9. — Hatch, 1933,
Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 224 ( Sciodrepoides ). — scitulus,
Erichson, 1837, Kâf. Mark Brandenb., I, p. 241 ; type : Branden¬
burg. -— ambiguus Heer, 1838, Faun. Col. Helv., I, p. 382 ; type :
(1) Dans les pays od l’espèce se trouve uniformément répandue, il est inutile de citer
toutes les localités où ont été recueillis les exemplaires que j'ai examinés.
(2) L’espèce ne parait pas exister dans le sud de la péninsule ibérique.
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE 339
Suisse. — umbrinus Thomson, 1862, Skand. Col., IV, p. 65 (nec
Erichson).
Biol. — Heselhaus, 1915, Tijdschr. Ent., LVIII, p. 264. — Falcoz,
1914, Faune Microc., p. 134.
b. Subsp. terminans Leconte, 1850, in Agassiz, Lake Sup., IV, p. 218;
type : Lake Sup. — 1853, Proc. Acad. Nat. Sc. Philad., VI, p. 282. —
Murray, 1856, Mon., p. 395. — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc.,
XLI, p. 224, fig. 27.
Beaucoup plus rare que le précédent. Signalé comme pholéophile en Europe,
avec le Lapin et le Hamster. La race américaine a été trouvée parfois dans des
nids de Souris ou de Buses (Hatch, 1933). Heim de Balzac la trouve dans les
nids de Rapaces et les héronnières, dans le nord de la France.
Comme le S. Watsoni, cette espèce a une répartition holarctique.
a. Subsp. fumatus, s. str. — Iles Britanniques. Angleterre : Epping, Essex co-
(Harwood !) ; Foxhall, Suffolk co. (Morley) ; Loughton, près de Londres
(Power !). Écosse : Dumfries ; Edimburg (Sharp !) ; Aberdeen (Murray).
Irlande : Gallway, Connaught, sous des oiseaux morts, en forêt (Johnson and
Halbert). — Norvège : Stavanger ; Hallingdal [jusqu’au 60° lat. N.] (Krogerus,
1931). — Suède : Skâne ; Blekinge ; Gôtland ; Nerike [59° lat. N.] (Krogerus,
1931). — Finlande : Abo : Lojo (Krogerus !) ; Nylandia ; Tavastia ; Karelia
(Krogerus, 1931). — Danemark : Jutland et archipel.
France. Calvados : Fresnay-le-Petit (Dubourgais !). Pas-de-Calais : Saint-
Omer, dans les héronnières, en juin (Heim de Balsac !). Somme (Mauppin !).
Aisne: Soissons (Bufîévent!); Samoussy (Bettingerl). Oise : Monchy-Saint-
Éloi (Méquignon !). Seine-et-Oise : Marly (Méquignon !) ; Chaville (Léveillé !) ;
Maisons-Lafitte (Venet!). Indre-et-Loire : Perrusson (Méquignon !). Vienne :
Morthemer (Mesmin !). Allier : Broût-Vernet (H. du Buysson !). Isère : Vienne
(Falcoz !). — Allemagne. Rheinland : Aachen (Rüschkamp !). Hamburg
(Brunn !). Wurtemberg : Ulm (Graffel !). Saxe : Cothen (coll. Mancini !) ;
Vogtland (Staudingerl). Silésie : Maisdorf (Feinl). Prusse orientale (Meier!). —
— Tchécoslovaquie. Moravie : Brno (Fleischer !). — Autriche. Basse-Autriche :
Rekawinkel (Ganglbauer !) ; Wechselgebirge (Ganglbauer!). Styrie : Gesaüse
Alpe (Mandl !). —Roumanie: Transylvanie : Scàrisoara, monts Bihar (Jeannel) ;
Belioara, monts Bihar (Jeannel).— Espagne : d’après Uhagon (1890, An. Soc.
esp. Hist. nat., XIX, p. 74), le S. jumatus se trouverait en Espagne ; mais je n’en
ai vu aucun exemplaire. — Italie. Toscane : Florence (Piccioli !). Campanie :
Naples (Fea !). Istrie : Abbazia (Beszédes !) ; Pola (Steinbühler !). —- Yougo¬
slavie. Bosnie : Travnik (Kniz !).
Russie : Olonets, Yaroslav, Kiev, Kbarkov, Saratov, Samara (d’après
Yakobson). Yaroslav : Berditsyvo, au vol et sous des débris végétaux (Yakov-
lev !). Leningrad : Romanovka, près de Yambourg (Barovski !). — Sibérie.
Enisseef : Kansk-Yourty (Michin-Verchovsk !). —- Mongolie : Ouznezia, sur le
Ivatouni, monts Altaï (Gortchakovski !). — Oussouri : Spasse-Yakovlevka
(Diakonov-Philippiev !) ; Kamene-Rybolov, bords du lac Chanka (Tcherski !).
340 1> RENÉ JEANNEL
Vladivostok : ükeanskaya (Berger !). — Corée : Pu-ry-ong, nombreux
exemplaires (Mus. Prague !).
b. Subsp. terminons Lee. — Amérique du Nord. Même distribution que celle
du S. Hornianus : côtes du Pacifique et états de l’Est, entre les 30° et 60° lat.
N. (d’après Hatch, 1933). J’ai vu des exemplaires de l’Illinois (coll. Murray !,
in Brit. Mus.), du Wisconsins (H. G. Ivlages !) et de Pensylvanie : Easton
(J. W. Green !).
4. Sciodrepoides alpestris Jeannel, 1934, Rev. fr. d’Ent., I, p. 5; type:
Salzburg (Mus. Paris).
Autriche. Haute-Autriche : Salzburg, trois exemplaires (Staudinger !).
Basse-Autriche : Tullnerbach, aux environs de Wien, nombreux exemplaires
(Winkler !) ; Pressbaum, dans le Wienerwald (Mus. Wien !) ; Kirchberg am
Wien (Bayer !). — Roumanie. Transylvanie : Haut-Bihar, un mâle (Gylek !). —
Tchécoslovaquie. Silésie : Teschen (Wanka!).
47. Gen. CATOPS Paykull
Catops Paykull, 1798, Fauna Suec., I, p. 342 ; type : Helops fuscus Panz. (')•
— Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 188 (Bibliogr.). — Krogerus,
1931, Not. ent., XI, p. 1. — Hatch., 1933, Journ. N. Y. ent. Soc.,
XLI, p. 210. — Jeannel, 1934, Rev. fr. d’Ent., I, p. 2.
Choleva Horn, 1880, Trans. Am. ent. Soc., VIII, p. 256. —
Leconte et Horn, 1883, Class. Col. N. Amer., p. 81 (nec Latreille). —
Ptomaphagus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 38. —
Naturg. Ins. Deutschl., III, p. 238. — Fowler, 1889, Col. Brit. Isl.,
III, p. 58 ; 1913,1. c., VI, p. 90. — Holstebroe, 1910, Ent. Medd., (2)
III, p. 390 (nec Ptomaphagus Illiger). — Sciodrepa Thomson, 1859,
Skand. Col., I, p. 60 ; type : C. alpinus Gyll. — 1862,1. c., IV, p. 66.
— Lasiocatops Reitter, 1901, Deutsche ent. Zs., p. 47 ; type : C. alpi¬
nus Gyll. — 1909, Faun. Germ., Kaf., II, p. 234. — Jeannel, 1922,
Arch. Zool. exp., t. 61, p. 44. — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 17.
Taille variable de 2,5 à 8 mm. Pubescence dorée, plus ou moins courte,
couchée, parfois un peu relevée (groupe alpinus). Pronotum large et transverse,
ses côtés toujours arqués avant les angles postérieurs. Élytres larges, parfois
avec des traces de stries (groupes fuscus et picipes), presque toujours avec un
reflet ardoisé produit par de très petits plis épidermiques transverses.
Antennes à massue épaissie, non aplatie; l’article 8 très rarement plus long
que large. Palpes maxillaires à deux derniers articles subégaux, le dernier
conique, aussi large à la base que le sommet de l’avant-dernier.
Pattes présentant presque toujours des caractères sexuels secondaires, en
(I) La première espèce citée par Paykull est le sérier us (= fuscus Panz.).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
341
dehors de la dilatation des tarses antérieurs et intermédiaires. Le fémur anté¬
rieur présente souvent un petit tubercule surmonté de quelques poils vers le
milieu de sa face ventrale aplanie (groupes alpinus, coracinus, tristis). Les
tibias antérieurs mâles sont épaissis ou encore sinués ou tordus ; ces défor¬
mations particulières aux mâles fournissent d’excellents caractères spécifiques.
Organe copulateur mâle assez variable, toujours arqué et symétrique pas
Fig. 764. Carie de la distribution circumpolaire des deux lignées des Calops alpinus
Gyll. (en noir) et C. subfuscus Kelln. (en grisaille), d et 2. C. alpinus Gyll. ; 3. C. alpi¬
nus sitkanus subsp. nov. et C. e</enus Horn ; 4. C. subfuscus Kelln. ; 5. C. sparcepunc-
tatus, n. sp. ; 6. et 7. 0. basilaris Sav.
rapport à sa ligne médiane. Le sommet, en général simple, présente cependant
parfois ses lobes apicaux (deux latéraux et un médian) indépendants (groupes
nigrita et picipes). Mais les lobes latéraux ne sont jamais dentés en scie comme
chez Catopidius. Ligules courts, lamelleux, arrondis, à surface glabre. Le sac
interne ne présente pas de pièce en Y basale et sa partie apicale est hérissée
d’épines plus ou moins nombreuses et longues, évaginables. Styles ténus (sauf
dans le groupe mono), en général bien plus courts que le pénis ; deux petites
soies apicales insérées dans l’axe du style.
Le genre Calops est trop homogène pour qu’il soit possible d’y distinguer des
342
D r RENÉ JEANNEL
sous-genres. Le groupe des Sciodrepa (= Lasiocatops auct.) ne mérite pas plus
d’être conservé comme coupe sous-générique que tous les autres groupes
d’espèces établis dans les tableaux suivants. Mais ces groupes d’espèces repré¬
sentent cependant, pour la plupart, de véritables lignées homogènes et leur
distinction suffit pour exprimer la phylogénie du genre. Leur donner à chacune
un nom de sous-genre particulier serait surcharger la nomenclature de noms
nouveaux bien inutiles.
Fig. 765. Carte de la distribution du Catops longulus Kelln., espèce septentrionale. Dans
le sud de son aire géographique, ce Catops montre une tendance lucifuge et est
souvènt cavernicole (localités indiquées par un point barré en croix).
Le genre Catops , comme le genre Choleva, doit être originaire du continent
de l’Angara. Malheureusement, la faune de l’Asie centrale est encore très mal
connue et on ne sait guère exactement quelles espèces de Catops doivent s’y
trouver. On y découvrira sans doute la souche de la plupart des lignées euro¬
péennes.
Le groupe alpinus comprend une série de lignées à tendances holarctiques
(carte, fîg. 764). Celle du C. alpinus existe dans l’Asie centrale et s’est étendue
d’une part dans l’extrême nord de l’Europe ( C. alpinus ), d’autre part sur la
côte pacifique de l’Amérique du Nord (C. egenus). La lignée formée par les
trois espèces C. luteipes , C. tortiscelis et C. americanus a la même distribution
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
343
et fournit encore un exemple d’extension dans la zone arctique de l’Europe
( C. luteipes) de lignées de l’Asie centrale. Par contre la lignée constituée par
C. subfuscus, C. basilaris et C. cadaverinus est franchement holarctique, peu¬
plant en Europe les régions tempérées. Enfin d’autres espèces du groupe mon¬
trent encore une répartition en Asie orientale et Amérique du Nord, confir¬
mant l’hypothèse de l’origine angarienne du groupe et de sa dispersion à la fin
du Tertiaire.
Le groupe Peyerimhoffi renferme une espèce de l’Arabie ; le groupe vestitus
Fig. 766. Carte de la distribution du Catops coraeinus Kelln., espèce hercynienne à large
répartition. L'espèce est aussi connue de l'Asie centrale, dans l'Altaï (race altaicm,
nov.).
deux espèces indiennes. Les souches de ces deux groupes sont encore évidem¬
ment angariennes.
Le groupe longulus (carte fig. 765) est représenté par trois espèces, en Europe,
au Japon et dans l’Amérique du Nord ; il en est exactement de même pour le
groupe morio. L’idée s’impose que le point de départ de ces groupes a dû encore
se trouver dans l’Angara.
Par contre, les groupes coraeinus, trislis, nigrita , juscus,picipes sont exclusi¬
vement européens (cartes, fig. 766 à 768). Ils doivent descendre de souches
primitives asiatiques qui ont dû peupler l’Europe au début du Tertiaire et se
sont différenciées, comme les espèces du genre Choleva, sur les massifs hercy-
1> RENÉ JEANNER
344
niens, pendant le Nummulitique. Les histoires particulières de ces quatre
groupes ont dû d’ailleurs être différentes.
Les groupes coracinus , tristis et fuscus se sont distribués de bonne heure sur
toute l’Europe. C. coracinus existe dans l’Asie centrale et dans toute l’Europe
et le nord de l’Afrique, y compris les îles Tyrrhéniennes. Par contre, dans le
groupe fuscus, le C. nigricans semble bien s’être dispersé tout d’abord sur les
massifs hercyniens extra-alpins du Nummulitique, tandis que le C. fuscus res-
Fig. 767. Carte de la distribution du Calops nigrictavis Gerli. Cette espèce parait avoir
suivi la Taupe dans son exlension en Europe. Elle n'est pas connue de Russie, où elle
doit exister; son extension en Finlande, dans le sud de la Scandinavie et dans les
Asturies coïncide avec celle de la Taupe, mais celle-ci se trouve dans les lies Britan¬
niques, où le Catops ne l'a pas suivie. D’autre part, les stations du Lazio, de l'Arménie,
de la l’erse sont en dehors de l’aire géographique de la Taupe; mais on sait que le
C. nigrictavis n’est pas strictement inféodé à ce mammifère.
tait isolé sur l’Égéide méridionale et se répandait seulement au Néogène sur
l’Europe moyenne et le nord de l’Afrique ( ).
Le groupe picipes paraît bien être aussi originaire de l’Égéide méridionale,
comme le C. fuscus, mais ne s’être répandu que très tardivement, à la fin du
Tertiaire, sans atteindre par conséquent l’Afrique du Nord. Sa distribution
(1) Voir des dispersions analogues chez les Duvalius (Jeannel, 1928. Mon. Trechinae, in
L’Abeille. XXXV, p. 44).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 343
s’oppose tout à fait à celle du groupe nigrita, dont les souches se sont diffé¬
renciées sur les massifs hercyniens extra-alpins, au nord des Alpes, et n’ont
que très peu atteint la région méditerranéenne. Il est remarquable qu’il existe
dans ce groupe, comme chez les Choleva du groupe cisteloides (l ), des espèces à
distribution actuelle de type atlantique (C. quadraticollis) s’opposant à d’autres
espèces présentant un type de distribution franchement hercynien, comme
C. nigrita et C. nigriclavis.
Les Catops sont très souvent pholéophiles ; il existe même des espèces
Fig. 768. Carte de la distribution du Catops quadraticollis Aube, de type atlantique. Il
est remarquable qu’il manque dans les lies britanniques. Le genre Catopidius Jeann.
a la même distribution et s'étend de plus jusqu’il Madère (C. Murrayi Woll.).
comme C. Jofjrei qui doivent être tenues pour de véritables pholéobies,
étroitement inféodées à une espèce de Mammifère (Marmotte). Très souvent
encore les espèces de Catops sont des Cavernicoles occasionnels. On pourra
constater qu’ils ne deviennent en général troglophiles que sur la périphérie de
leurs aires de répartition et particulièrement dans le sud. Ce fait indique un
refoulement général et récent des espèces vers le nord, sous des influences
climatiques.
(1) Jeanne!., 1923, Révision des Choleva, in VAbeille, XXXII, p. 146, cartes (fig. 236 e! 237).
346
D' RENIÎ JEANNEC
Premier tableau des groupes d’espèces
BASÉ SUR LES CARACTÈRES SEXUELS
1. Styles de l’organe copulateur très épais, même au sommet ; apex du
pénis entier, robuste. Fémurs antérieurs mâles sans tubercule ven¬
tral médian, les tibias antérieurs grêles. Ponctuation forte et serrée,
l’aspect mat ; forme générale oblongue. Angles postérieurs du prono-
tum émoussés, les côtés non sinués en arrière. 8. Group e morio (p. 36')).
— Styles de l’organe copulateur grêles, le plus souvent extrêmement
ténus, effilés au sommet dont l’épaisseur n’excède pas celle de la soie
apicale. 2.
2. Sommet du pénis bifide ou trifide, les lobes latéraux indépendants
et saillants. 3.
— Sommet du pénis entier, les lobes fusionnés à l’apex. 4.
3. Saillie du lobe médian visible entre les deux lobes latéraux, apex
trifide. Coloration noire mate, la ponctuation forte et serrée, les
élytres à stries très effacés. Angles postérieurs du pronotum vifs, la
partie basale des côtés plus ou moins sinuée. Fémurs antérieurs mâles
sans tubercule ventral médian, les tibias antérieurs mâles très épaissis.
. 9. Groupe nigrita (p. 367).
— Pas trace du lobe médian entre les deux lobes latéraux saillants,
apex bifide. Coloration brune, les élytres nettement striés. Ponctua¬
tion frontale exceptionnellement line, guère plus forte que celle du
pronotum. Angles postérieurs du pronotum très émoussés ou arrondis.
Fémurs et tibias antérieurs sans caractères spéciaux chez le mâle.
. 11. Groupe picipes (p. 373).
4. Organe copulateur très long, très grêle, très arqué presque en demi-
cercle, l’apex formé par les deux lobes latéraux intimement soudés
par leurs bords internes. Allongé. Fémurs antérieurs mâles sans tuber¬
cule ventral médian ; tibias antérieurs grêles. Antennes épaisses dès
le funicule. 5. Groupe longulus (p. 336).
— Organe copulateur de longueur normale, modérément arqué, la
soudure des lobes indistincte à l’apex. 5.
5. Partie apicale et dorsale du pénis convexe, sans gouttière dorsale,
tout au plus avec un léger sillon médian. 6.
-— Partie apicale et dorsale du pénis profondément excavée en gout¬
tière sur une plus ou moins grande longueur, les côtés de la gouttière
bordés par la saillie dorsale des bords latéraux du pénis. 7.
6. Apex du pénis lancéolé, les ligules ni acuminés ni saillants, les soies
des styles courtes. Angles postérieurs du pronotum très arrondis.
Pubescence des élytres longue et dressée, dorée ; les téguments
brillants, sans reflets ardoisés ( l ). Fémurs antérieurs mâles avec ou sans
I) Ces reflets ardoisés existent chez la plupart des Calops et sont produits par de très
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
347
tubercule ventral médian ; les tibias antérieurs souvent sinués sur
leur face ventrale. 1. Groupe alpinus (p. 3Ü9),
— Apex du pénis lancéolé et très effilé, les ligules en forme de tiges
longues et acuminées. Soies des styles normales. Élytres à pubescence
grisâtre, courte et couchée, les téguments à reflets ardoisés sur la
moitié postérieure. Fémurs antérieurs mâles sans tubercule ventral
médian ; les tibias antérieurs épais..... 3. Groupe Vestitus (p. 35. 3).
- Apex du pénis lancéolé, court, les ligules courts. Soie des styles très
grande, insérée dans Taxe et recourbée en longue crosse. Angles
postérieurs du pronotum vifs. Élytres à pubescence dorée, couchée,
et reflets ardoisés. Fémurs antérieurs mâles avec une épine ventrale
et médiane ; les tibias antérieurs dilatés en massue dans leur moitié
apicale, avec une très forte saillie arrondie de la face ventrale. Très
petite taille. 4. Groupe subfasciatus (p. •f.Vi).
7. Styles longs, atteignant l’apex du pénis. Celui-ci à peine comprimé
latéralement dans sa partie moyenne. Grande taille, coloration bru¬
nâtre ou noire, les élytres nettement striés. Fémurs antérieurs mâles
sans tubercule médian ventral ; les tibias antérieurs dilatés en massue.
. 10. Groupe fuscus (p.
— Styles courts, n’atteignant, pas l’apex du pénis. Celui-ci toujours
fortement comprimé dans sa partie moyenne, dont le diamètre dorso-
ventral est quatre fois plus grand que le diamètre transversal ; la
face ventrale hautement carénée. Élytres non striés. Fémurs anté¬
rieurs mâles avec un tubercule médian sur la face ventrale (‘). 8.
8. Côtés du pronotum régulièrement arqués jusqu’aux angles posté¬
rieurs. Apex du pénis allongé, en lame plus ou moins amincie et
obtuse. Antennes grêles. 6. Groupe coracinus (p. .707).
— Côtés du pronotum rectilignes ou sinués avant les angles postérieurs.
Apex du pénis court et mousse. Antennes à massue ordinairement
épaisse. 7. Groupe tristis (p. li.V.t).
Les mâles du groupe Peyerimhoffi, sont inconnus.
Deuxième tableau des groupes d’espèces ne tenant pas compte
DES CARACTÈRES DE L’ORGANE COPULATEUR
1. Élytres à pubescence assez longue, dressée, dorée ; les téguments
sans reflets ardoisés. 2.
petits plis épidermiques transverses. Ils manquent chez les espèces du groupe alpinus e I les
('■ hybrùlus, C. Oertzeni et C. cribratus du groupe tristis. E. Reitter avait réuni ces espèces
dans un sous genre Lasioculops (type : C. alpinus), qui devrait s'appeler Sciodrepa
comme l'a montré Hatch (1933), parce que le type du genre Sciodrepa Thomson est préci¬
sément le C. alpinuS Gy11. .Mais il n'y a pas lieu de conserver la coupe sous-générique
proposée par Reitter.
(I) Sauf chez ('. speluncarum Relit.
34S
1> RENÉ JEANNEL
— Élytres à pubescence courte et couchée ; les téguments avec un
reflet ardoisé produit par de très fins plis épidermiques transverses,
surtout dans la moitié apicale. 4.
2. Pronotum couvert de gros points enfoncés, arrondis, séparés par des
espaces lisses. Antennes grêles ( C. Oertzeni, hybridus, cribratus).
. 7. Groupe tristis (p. 37.9).
— Pronotum à ponctuation râpeuse.. 3.
3. Angles postérieurs du pronotum obtus mais accusés. Antennes à
massue très épaisse, l’article 6 aussi long que large ou transverse, le
funicule toujoursépais. 1. Groupe alpinus (p. 349).
— Angles postérieurs du pronotum tout à fait effacés. Antennes à
massue peu épaisse, l’article 6 plus long que large, le funicule grêle.
. 2. Groupe Peyerimhoffi (p. 354).
4. Côtés du pronotum rectilignes ou sinués en arrière, avant les angles
postérieurs (voir aussi C. fuliginosus , in groupe fusais) . 5.
— Côtés du pronotum régulièrement arrondis en arrière jusqu’aux angles
postérieurs. 7.
5. Fémurs antérieurs des mâles avec un tubercule ventral et médian.
La plus grande largeur du pronotum vers le milieu. Tibias antérieurs
mâles non sinués. Antennes à massue épaissie, l’article 6 en général
transverse.. 7. Groupe tristis (p. 359).
— Fémurs antérieurs des mâles sans tubercule ventral médian. La plus
grande largeur du pronotum presque toujours après le milieu (sauf
chez C. quadraticollis et Westï) . 6.
6. Antennes à funicule grêle, les articles 5 et 6 plus longs que larges.
. 9. Groupe nigrita (p. 367).
— Antennes à funicule épais, les articles 5 et 6 transverses ou subcarrés.
. 3. Groupe vestitus (p. 355).
7. Élytres non striés, tout au plus avec de vagues indications des stries
sur la partie apicale. 8.
— Élytres nettement striés sur toute leur surf ace. 11.
8. Petites espèces ; les mâles avec un tubercule médian sur la face ven¬
trale des fémurs antérieurs (sauf chez C. speluncarum) .. 9.
— Espèces plus grandes, au moins 4 mm. ; les mâles sans tubercule
fémoral. 10.
9. Oblong. Antennes à funicule grêle. Tibias antérieurs mâles simples,
ni sinués ni renflés en massue. 6. Groupe coracinus (p. 357).
— Court et convexe. Antennes à funicule épais. Tibias antérieurs mâles
renflés en massue plus saillante sur la face externe.
. 4. Groupe subjasciatus (p. 355).
10. Antennes à funicule très épais; l’article 8 aussi long que large, le
dernier article concolore. 5. Groupe longulus (p. 353).
— Antennes à funicule normal ; l’article 8 transverse, le dernier article
rougeâtre. Tibias antérieurs mâles longs et grêles ou déprimés sur la
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
34'J
face ventrale. 8. Groupe morio (p. 36îi).
11. Angles postérieurs du pronotum saillants en arrière, les parties laté¬
rales du bord basal plus ou moins profondément échancrées.
. 10. Groupe fuscus (p. 360).
■— Angles postérieurs du pronotum non saillants en arrière, très obtus
ou arrondis ; les parties latérales du bord basal non échancrées.
. 11. Groupe picipes (p. .77.?).
Tableau des espèces
1. Groupe alpinus
1. Massue des antennes très épaisse, les articles 7 et 9 dissymétriques,
saillants du côté antéro-interne. Fémurs antérieurs mâles à face
ventrale convexe, sans tubercule médian. 2.
— Massue des antennes normalement épaissie, les articles 7 et 9 symé¬
triques. Fémurs antérieurs des mâles à face ventrale aplanie, armée
d’un petit tubercule médian (sauf chez americanus Hatch). 7.
2. Antennes à funicule grêle, les articles 4 et 5 plus longs que large s, le 6
Fig. 709-778 : Genre Calops Payk., contours, X 12, antennes, X 32, tibias antérieurs
mâles, X 32 et organes copulateurs, X 60. — Fie. 769-771. C. alpinus Gy 11. — Fig. 772.
C. sparcepunctalus, n. sp. — Fig. 773-775. C. egenus Horn. — Fig. 776-777. C. subfuscus
Kelln. — Fig. 778. C. subfuscus var. subrec/ipes Jeann.
à peine transverse. Ponctuation du pronotum râpeuse mais espacée.
Long. 3,5 mm. (') (Japon). (Fig. 764 et 772]. 6. sparcepunctatus. n. sp.
(t) Le mâle est inconnu, mais la femelle a l’aspect du C. subfuscus Kelln. Il est donc
probable que les caractères sexuels placeront l’espèce dans ce groupe.
350
I)' RENE JEANNËL
— Antennes à funicule épais, les articles 4 à 6 nettement transverses.
Ponctuation du pronotum plus serrée. 3.
3. Tibias antérieurs mâles longs et grêles, non sinués sur leur bord
ventral ( fîg. 801 ). 4.
— Tibias antérieurs mâles allongés, plus ou moins sinués ou déprimés
sur leur bord ventral ( fig. 803). 5.
4. Sommet du pénis lancéolé, l’apex ogival, brusquement arrondi et
muni d’une petite pointe médiane saillante(fîg.800).Long.3à3,8mm.
[Fig. 764, 769-771 et 800-801]. 1. alpinus Gyil.
a. Articles 4 et 5 des antennes un peu plus larges que longs ;
tibias antérieurs plus courts. (Nord de la Scandinavie
et Asie centrale). subsp. alpinus , s. str.
— Articles 4 et 5 des antennes plus fortement transverses ;
tibias antérieurs plus longs et plus grêles. (Alaska).
. subsp. sitkanus, nov.
— Sommet du pénis effilé en pointe aiguë, la partie apicale infléchie, à
bords enroulés du côté ventral, sa face dorsale fortement carénée.
Long. 3,2 mm. (') (Asie centrale). [Fig. 789 et 790],. 5. carinatus, n. sp.
779
Fig. 779-783 : Genre Calops l’ayk., contours, X 12, antennes, x 32. tibias antérieurs
mâles, x 32 et organes copulateurs, X 30. — Fig. 779-782. G. tortiscelis Reitt. —
Fig. 783-785. C. luteipes Thoms.
5. Pronotum étroit, à peine transverse, ses côtés rétrécis en avant, sa
plus grande largeur en arrière. Tibias antérieurs mâles fortement
sinués. Organe copulateur petit, grêle, allongé, sa partie apicale ter¬
minée comme celle du C. alpinus , mais plus étroite et parallèle
(fig. 786). Long. 3,5 mm. (Littoral pacifique de l’Amérique du Nord).
(1) Espèce voisine du C. subfusc.us Kelln., et présentant la même forme générale et la
même ponctuation. L'organe copulateur est du même type, mais son apex est plus large¬
ment losangique, plus acuminéet surtout caréné sur la face dorsale. L'inflexion ventrale
du pénis du C. carinatus (6g. 789) n'existe pas chez C. subfusctts. Le type unique de
l’espèce nouvelle est un mâle dont les antennes sont mutilées.
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
3ol
[Fig. 764, 773-775 et 786]. 2. egenus Horn.
—- Pronotum large et transverse, ses côtés très arrondis, sa plus grande
largeur vers le milieu. 6.
6. Sommet du pénis effilé en pointe très aiguë (fig. 802). Long. 3,5 à
4 mm. [Fig. 764, 776-778 et 802-804]. 4. subfuscus Kelln.
a. Sinuosité des tibias antérieurs des mâles faible. Forme
générale plus grêle. Coloration foncée. (Bosnie).
. subsp. subrectipes Jeann.
— Sinuosité des tibias antérieurs des mâles très accusée.
Forme générale robuste. b.
b. Coloration foncée, les élytres noirs, les antennes noires à
Fig. 786-791 : Genre Catops l>ayk., organes eoputateurs, X 60. — Fig. 786. C. eyenus
Horn. — Fig. 787. C. basilaris Say. — Fig. 788. C. amencanus Hatch. — Fig. 789 et
790 .C.carinatus, n. sp. — Fig. 791. C. luteipes subsp. Vinoyradovi, nov.
partir de l’article 3. (Scandinavie). subsp. sinuatipes Krog.
— Coloration claire, les élytres rougeâtres, les antennes à
massue peu à peu rembrunie à partir de l’article 5. (Europe
moyenne et méditerranéenne). subsp. subfuscus , s. str.
— Sommet du pénis élargi, ovalaire, à pointe mousse, ses côtés bordés
par une sorte de carène latérale (fig. 787). Sinuosité des tibias anté¬
rieurs des mâles faible. Aspect général du C. subfuscus. Long 3 à
3,5 mm. (Amérique du Nord). [Fig. 764 et 787].. 3. basilaris Say.
7. Tibias antérieurs mâles fortement tordus par exagération de la
sinuosité interne (fig. 811). Petite espèce oblongue ; les antennes
épaissies à partir du 3 e article. Pénis court, très arqué, le sommet
fortement dilaté en fer de lance et à pointe très acérée (fig. 810).
Long. 2.8 à 3 mm. (Sibérie orientale). [Fig. 779-782 et 810-811].
... 8. tortiscelis Reitt.
— Tibias antérieurs mâles droits, le bord interne convexe ou parfois
faiblement sinués, l’extrémité apicale toujours très épaissie. 8.
8. Petites espèces de moins de 4 mm. 9.
— Grandes espèces de plus de 4 mm. 11.
9. Fémurs antérieurs mâles à face ventrale aplanie, mais sans tubercule
médian. Forme courte et large, ovalaire, le pronotum très transverse,
352
l)> RENÉ JEANNEL
à peine rétréci à la hase. Sommet du pénis fortement dilaté en fer de
lance, comme chez tortiscelis , mais plus convexe et moins acuminé.
Long. 2,5 à 3,2 mm. (Est de l’Amérique du Nord). [Fig. 788].
. 7. americanus Hatch-
— Fémurs antérieurs mâles à face ventrale aplanie et munie d’un petit
tubercule médian. Forme générale plus allongée, semblable à
celle du C. subfuscus , le pronotum moins transverse, à côtés plus
arrondis et nettement rétrécis à la base. 10.
10. Antennes à funicule plus grêle, les articles 5 et 6 aussi longs que larges.
Fig. 792-799 : Genre Catops Payk., contours, x tu, antennes, x 32, tibias antérieurs
mâles, x 32 et organes copulateurs, X 50. — Fig. 792-794. C. Hilleri Kr.— Fig. 795-
799. C. simplex Say.
Tibias antérieurs mâles droits, très épaissis à l’apex, le bord interne
rectiligne, non déprimé. Sommet du pénis fusiforme, très convexe,
sa pointe mousse (üg. 791 et 829). Long. 3 à 3,5 mm. [Fig. 783-785,
791 et 829]. 9. luteipes Thoms.
a. Antennes plus courtes, l’article 7 aussi long que large, les
9 et 10 fortement transverses. Pointe du pénis plus acérée
et légèrement infléchie du côté ventral. Long. 3 à 3,2 mm.
(Nord de la Scandinavie). subsp. luteipes, s. str.
— Antennes plus longues, l’article 7 nettement plus long que
large, les 9 et 10 à peine transverses. Pointe du pénis plus
obtuse et un peu retroussée. Long. 3,5 mm. (Asie centrale).
. subsp. Vinogradovi, nov.
— Antennes à funicule plus épais, les articles 5 et 6 nettement trans¬
verses. Tibias antérieurs mâles épaissis au sommet, leur bord interne
largement déprimé. Sommet du pénis fusiforme, mais avec un bour¬
relet apical transverse saillant du côté dorsal. Long. 3 à 3,8 mm.
MONOGRAPHIE DES GATOP1DAE
353
[Fig. 805]. 10. brunneipennis. Mann.] 1 ).
a. Plus grand (3,5 à 3,8 mm.). Tibias antérieurs mâles plus
épais et plus courts. (Littoral pacifique de l’Amérique du
Nord). subsp. brunneipennis, s. str.
—• Plus petit (3 mm.). Tibias antérieurs mâles plus grêles,
plus longs et surtout infléchis dans la partie basale. (Asie
centrale). subsp. asiaticus, nov.
Fig. 800-821 : Genre Catops Payk., organes copulateurs, X 50, antennes et tibias anté¬
rieurs mâles, X 32. — Fig. 800-801. C. alpinus Gyll. — Fig. 802-804. C. subfuscus Kelln.
— Fig. 805. C. brunneipennis Mann — Fig. 806. C. Hilleri Kr. — Fig. 807. C. simplex
Say. — Fig. 808 et 809. C. hastatus, n. sp. — Fig. 810 et 811. C. tortiscelis Reitt. —
Fig. 812 et 813. C. vestitus Murr. — Fig. 814-816. C. angustipes Pic, de Nankin. —
Fig. 817. C. angustipes subsp. apicalis Port., du Japon. — Fig. 818. C. longulus Kelln. —
Fig. 819-820. C. angustitarsis Reitt., de Mongolie. — Fig. 821. C. anguslitarsis subsp.
Lewisi, nov., du Japon.
11. Article 8 des antennes presque aussi long que le 6. Pronotum plus
petit, plus étroit que les élytres. Tibias antérieurs mâles peu épaissis
au sommet ; le fémur antérieur tuberculé. Organe copulateur forte¬
ment comprimé dans sa partie moyenne ; le sommet subparallèle,
allongé, aplani et sillonné dorsalement, l’apex largement arrondi,
rebordé et muni d’un tubercule médian saillant du côté ventral.
Long. 4,5 à 4,8 mm. (Japon). [Fig. 792-794 et 806]. 11. Hilleri Kr.
— Article 8 des antennes de moitié plus court que le 6. Pronotum plus
23
(t) Cette espèce est confondue par M. Hatch (1933) avec le C. basilaris.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I.
354
D' RENÉ JEANNEL
large que la base des élytres, ses côtés plus arqués. Tibias antérieurs
mâles très épaissis au sommet ; les fémurs antérieurs tuberculés.
Organe copulateur semblable à celui du précédent, mais moins forte¬
ment comprimé dans sa partie moyenne. Long. 4 à 4,8 mm. (Est de
l’Amérique du Nord). [Fig. 795-799 et 807]. 12. simplex Say.
2. Groupe Peyerimhofjî
1. Noir avec les élytres rougeâtres. Oblong, très convexe, le pronotum
transverse, à côtés très arrondis et angles postérieurs tout à fait
Fig. 822-840 : Genre Galops Payk., organes copulateurs, x 50, antennes et tibias anté¬
rieurs mâles, x 32 — Fig. 822-824. C. coracinus Kelln. — Fig. 825-826. C. nitidicollis
Kr. - Fig. 827-828. C erro Reiche. — Fig. 829. C. luteipes Thoms. — Fig. 830. C. Kirbyi
Sp. — Fig. 831. C. neglectus Kr. — Fig. 832-833. C. Zariquieyi, n. sp. — Fig. 834.
C. Purkynei Ob. — Fig. 833-837. C. subfasciatus Reitt. — Fig. 838-840. C. grandicollis Er.
effacés ; élytres convexes, peu atténués au sommet. Ponctuation du
pronotum râpeuse, forte comme celle du subfuscus ; ponctuation des
élytres serrée comme chez cette même espèce. Antennes rougeâtres,
courtes, à massue peu épaissie, l’article 6 plus long que large, le 8 à
peine transverse, le dernier plus grand que l’avant-dernier. Mâle
inconnu. Long. 2 à 3,5 mm. (‘) (Arabie, Perse et Syrie).
. ... 13. Peyerimhoffi Port.
(1) Je n'ai pas vu de mâles des espèces de ce groupe. Des trois individus du C. Peyerim_
hof/i que j'ai pu voir, deux sont de grande taille (3,5 mm.) et parfaitement identiques;
mais celui de Perse diffère par sa taille réduite presque de moitié (2 mm.). Le fait que de
grandes variations de taille s'observent chez des espèces européennes, comme fuliginosus,
longulus, chrysomeloides, indique que ce petit exemplaire de Perse doit sans doute appar¬
tenir à la même espèce que les deux autres, dont il présente d’ailleurs tous les caractères.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
355
— Entièrement brun de poix. Même forme générale et mêmes caractères
du pronotum, des élytres, et des antennes que chez le précédent.
Différent surtout par la ponctuation des élytres bien plus forte,
saillante et râpeuse. Mâle inconnu. Long. 2 mm. (Palestine).
. 14. Piochardi, n. sp.
3. Groupe vestitus
1. Antennes à funicule épaissi, les articles 4 et 5 plus longs que larges
mais épaissis, le 8 presque aussi long que large. Forme générale plus
Fig. 841-84/ : Genre Catops Payk., contours, x 10, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 841-842. C. vestitus Murr. — Fig. 843-844. C. subfasciatus Reitt. — Fig. 845.
C. coracinus Kelln. — Fig. 846-847. C. hastatus, n. sp.
large ; le pronotum transverse, à côtés plus arrondis, plus longuement
sinués avant les angles postérieurs. Organe copulateur à styles rela¬
tivement développés; le sommet du pénis aplati en fer de lance,
longuement effilé à l’apex. Tibias antérieurs mâles très épaissis,
déprimés sur la face ventrale. Long. 4 à 4,5 mm. (Assam). [Fig. 812-
813 et 841-842]. 15. vestitus Murr. (*).
— Antennes à funicule grêle, les articles 4 et 5 aussi longs que larges,
mais non épaissis, le 8 très transverse. Forme plus oblongue ; le pro¬
notum moins large, à côtés peu arrondis, la sinuosité basale très
courte. Coloration plus pâle. Mâle inconnu. Long 4 mm. (Sikkim).
. 16. bicolor Port.
4. Groupe subfasciatus
1. Petite espèce ayant l’aspect d’un S. Watsoni. Antennes rougeâtres,
à massue peu épaisse. Tibias antérieurs mâles épaissis en massue,
(t) La figure accompagnant la description de Murray semblerait indiquer que les
exemplaires de l'Assam, que j'ai sous les yeux, ne puissent pas appartenir à l’espèce.
356
D r RENÉ JEANNEL
avec une forte saillie ventrale arrondie ; fémurs antérieurs mâles
avec une épine médiane et ventrale. Styles de l’organe copulateur
terminés par une longue soie recourbée ; le sommet du pénis aplati
en fer de lance relativement court. Long. 2,5 à 2,8 mm. (Algérie).
[Fig. 835-837 et 843-844]. 17. subfasciatus Reitt.
5. Groupe longulus
1. Coloration toujours brunâtre, les antennes rougeâtres. Forme plus
large, le pronotum ample, mat en raison de sa ponctuation râpeuse
Fig. 848-853 : Genre Catops Payk., contours, x 12, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 848-849. C. angustipes Pic, de Nankin. — Fig. 850. C. angustipes subsp.
apicalis Port., du Japon. — Fig. Sal-853. C. longulus Kelln.
très serrée. Antennes plus grêles; l’article 8 de moitié plus court que
le 6. Tibias antérieurs mâles relativement courts ; les tarses antérieurs
mâles peu dilatés ; leur premier article plus long que large. Sommet
du pénis effilé en pointe acérée. Long. 4 à 4,5 mm. [Fig. 814-817 et
848-850]. 18. angustipes Pic.
a. Tibias antérieurs mâles plus grêles; les tarses antérieurs
mâles plus étroits. (Chine). subsp. angustipes s. str.
— Tibias antérieurs mâles plus épais ; les tarses antérieurs
mâles plus larges. (Japon). subsp. apicalis Port.
— Coloration noire, la massue des antennes noire. Forme plus allongée,
le pronotum plus étroit, à côtés plus rétrécis en arrière. Antennes
plus épaisses; l’article 8 presque aussi long que le 6.Tibias antérieurs
vestitus. Mais les termes de la description montrent bien que cette figure ne répond pas à la
réalité; ils s’accordent parfaitement avec la série des exemplaires qui m’ont été commu¬
niqués par le British Muséum.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
357
mâles plus longs ; les tarses antérieurs mâles normalement dilatés,
le premier article presque aussi large que long. 2.
2. Pronotum brillant, sa ponctuation fine et éparse. Antennes plus
longues, les articles 5 et 6 nettement plus longs que larges. Sommet du
pénis effilé en pointe moins aiguë que chez angustipes. Long. 3,5 à
5 mm. (Europe). [Fig. 765, 818 et 851-853]. 19. longulus Kelln.
— Pronotum mat en raison de sa ponctuation râpeuse forte et serrée.
Antennes plus courtes, les articles 5 et 6 pas plus longs que larges.
Sommet du pénis subparallèle, aplani dorsalement, arrondi à l’apex,
avec un petit tubercule médian saillant. Long. 3,8 à 4,8 mm. (Amé¬
rique du Nord). 20. gratiosus Blanch.
6. Groupe coracinus
1. Forme plus large, le pronotum près de deux fois aussi large que long.
Tibias antérieurs mâles fortement dilatés au sommet. 2.
•— Forme plus oblongue, le pronotum moins transverse. Tibias anté¬
rieurs mâles très peu dilatés au sommet. 3.
2 . Brunâtre, épais et très convexes, les côtés du pronotum très arqués.
Fig. 854-861 : Genre Catops Payk., contours, X 12, antennes et tibias antérieures mâles,
X 32. — Fig. 854-855. C. Zariquieyi, n. sp. — Fig. 856-859. C. speluncarum Reitt. —
Fig. 860-861. C. erro Reiche.
Antennes à funicule grêle et massue épaisse ; l’article 6 un peu plus
long que large, le 8 transverse. Sommet des tibias antérieurs mâles
plus épaissi que chez coracinus. Sculpture et pubescence comme chez
ce dernier. Organe copulateur grêle, très comprimé latéralement;
le sommet losangique, profondément creusé en gouttière dorsale,
l’apex atténué, mousse, retroussé du côté dorsal. Long. 4 à 4,2 mm.
(Japon). [Fig. 808-809 et 846-847]. 22. hastatus, n. sp.
— Noir, large et moins convexe, les côtés du pronotum moins arrondis.
Antennes grêles, à massue moins épaisse, l’article 6 nettement plus
358
D' RENÉ JEANNEL
long que large, les articles de la massue très déliés. Organe copulateur
grêle et comprimé ; le sommet subparallèle, excavé en gouttière
dorsale, l’apex largement arrondi, avec une petite dent terminale et
médiane. Tout le bord apical est épaissi, comme ourlé. Long. 3 à 4 mm.
[Fig. 766, 822-824 et 845]. 21. coracinus Kelln.
a. Antennes plus longues, les articles 4 et 5 une fois et demie
aussi longs que larges. Plus robuste] 1 ). (Europe, nord de
l’Afrique et îles Tyrrhéniennes). subsp. coracinus , s. str.
— Antennes plus courtes, les articles 4 et 5 à peine plus longs
que larges. Forme plus oblongue. (Asie centrale).
. subsp. altaicus , nov.
Fig.862-867 : Genre Galops Payk , contours X 12. antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 862-864. C. Kirbyi Sp. — Fig. 865-867. C. grandicollis Er.
3. Fémurs antérieurs mâles avec un tubercule médian sur la face ven¬
trale. Antennes grêles à article 8 très petit, très plat. Tibias antérieurs
mâles relativement courts. Brunâtre, elliptique, plus allongé que le
coracinus , mais présentant la même ponctuation. Pronotum étroit,
à côtés bien arrondis. Antennes à funicule grêle, les articles 4 et 5
deux fois aussi longs que larges. Organe copulateur grêle, fortement
comprimé; le sommet lancéolé, en losange allongé, la face dorsale
profondément excavée, l’apex allongé, peu à peu atténué, puis brus¬
quement anguleux, la pointe mousse et retroussée du côté dorsal.
Long. 2,5 à 4 mm. (Majorque). [Fig. 832-833 et 854-855].
. 23. Zariquieyi, n. sp-
— Fémurs antérieurs mâles sans tubercule ventral. Antennes grêles,
(1) Les exemplaires Scandinaves et britanniques sont plus robustes et de coloration
plus noire. Ceux de Sardaigne et du nord de l’Afrique ont les antennes en totalité rou¬
geâtres. alors que la massue est rembrunie chez les individus européens. Mais ces légères
différences ne suffisent pas à caractériser dos races distinctes.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
359
mais l’article 8 aussi long que la moitié du 7. Brunâtre, elliptique.
Organe copulateur mâle grêle et comprimé ; le sommet du pénis
excavé dorsalement, peu à peu élargi, puis brusquement rétréci à
l’apex ; celui-ci anguleux et vif. Long. 3,5 à 4 mm. (Sardaigne).
[Fig. 856-859 et 953]. 24. speluncarum Reitt-
7. Groupe tristis
1. Ponctuation du pronotum râpeuse, formée de petits tubercules sail¬
lants plus ou moins serrés. 2.
— Ponctuation du pronotum formée de gros points enfoncés, arrondis,
Fig 868-873 : Genre Calops Payk , contours x 12, antennes et tibias antérieurs mâles
X 32.— Fig. 868-870. C. neglectus Kr. — Fig. 871-873. C. nitidicollis Kr.
séparés par des espaces lisses, bien visibles au moins sur la partie
basale. 11 .
2. Petites espèces très convexes, à pronotum petit, presque aussi long
que large, à côtés peu arrondis. Fémurs antérieurs du mâle avec une
tubérosité de l’angle apical antérieur sur laquelle vient se mouler la
base comprimée du tibia. 3.
— Espèces de taille supérieure à 3 mm., normalement convexes. Fé¬
murs antérieurs mâles sans tubérosité apicale ; tibias non comprimés
à la base. 4.
3. Ponctuation du pronotum rare et superficielle, laissant au tégument
un aspect très brillant. Antennes courtes, les articles 4 et 5 un peu
plus longs que larges, les 6, 9 et 10 transverses. Sommet du pénis
renflé, légèrement bossu ; l’apex court, obtus et faiblement bilobé.
Long. 2,5 à 2,8 mm. (Europe moyenne et orientale). [Fig. 825-826
et 871-873]. 25. nitidicollis Kr.
— Ponctuation du pronotum plus forte et plus serrée. Antennes plus
courtes, l’article 5 aussi long que large, les 6, 7, 9 et 10 transverses.
360
D' RENE JEANNEL
Organe copulateur plus grêle, plus comprimé ; le sommet du pénis
subparallèle, non renflé ni bossu, l’apex plus large et bilobé. Long.
2,5 à 2,8 mm. (Algérie). [Fig. 827-828 et 860-861]... 26. erro Reiche (').
4. Aptère. Grande espèce de forme oblongue, de coloration rougeâtre.
Pronotum peu transverse, mesurant sa plus grande largeur au tiers
antérieur ; sa ponctuation superficielle. Antennes très longues, les
articles 4-6 bien plus longs que larges, le 8 subcarré. Tibias anté¬
rieurs mâles longs et peu épaissis. Sommet du pénis parallèle, aplati ;
l’apex arrondi, son bord ourlé. Long. 4 à 4,5 mm. (Bulgarie). [Fig. 834
et 891-893]. 34. Purkynei Obenb.
— Ailés. Forme moins allongée, les antennes plus courtes ; l’article 6
Fig. 874-879 : Genre Calops Payk., contours, X 12, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 874. C. dichrous Reitt. — Fig. 875-876. C. tristis Panz. — Fig. 877-879.
C. ventricosus Weise.
aussi long que large ou transverse, le 8 très court. . ■. 5.
5. Ponctuation du pronotum forte, très saillante et très serrée, con¬
fluente, donnant au tégument un aspect mat et finement granuleux.. 6.
— Ponctuation du pronotum râpeuse mais moins saillante et surtout non
confluente, de sorte que le tégument ne présente pas l’aspect mat
des précédents. 7.
6. Côtés du pronotum fortement arrondis, très rétrécis et sinués en
arrière avant les angles postérieurs. Antennes à massue peu épaisse,
les articles 7, 9 et 10 peu transverses, le 8 à peine une fois et demie
(I) C. nitidicollis et C. erro sont deux espèces très proches parentes. Tous deux pré¬
sentent une « coaptation » très remarquable dans la patte antérieure des mâles. Le véri¬
table caractère secondaire réside dans la tubérosité fémorale et la déformation du tibia,
plus considérable chez C. erro, n’en esl que le contre-coup. Dans toute coaptation d'organes
il existe des parties « actives », imprimant leur forme sur des parties « passives ». On a
depuis longtemps remarqué que les organes ayant un rôle sensoriel, antennes, pédoncules
oculaires, styles sensitifs, imprimaient toujours leur forme dans les parties voisines. Les
conformations d'organes quelconques résultant des caractères sexuels secondaires
paraissent douées de la mémo « activité ».
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
361
aussi large que long. Tibias antérieurs mâles en massue ovalaire plus
renflée. Sommet du pénis élargi, renflé, l’apex anguleux et nettement
tronqué. Long. 3 à 3,5 mm. (Europe). [Fig. 830 et 862-864].
. 29. Kirbyi Spence-
— Côtés du pronotum faiblement arrondis, peu rétrécis et à peine sinués
avant les angles postérieurs. Antennes à massue plus épaisse, l’article
8 très court, discoïde. Tibias antérieurs mâles moins renflés.
Sommet du pénis de même type, mais beaucoup moins renflé et moins
nettement tronqué à l’apex. Long. 3,5 à 4 mm. (Caucase). [Fig. 874
et 881]. 30. dichrous Reitt. (').
7. Antennes à massue rougeâtre, peu épaisse, l’article 7 environ une fois
et demie plus large que le 5. Côtés du pronotum très fortement
Fig. 880-886 : Genre Catops Payk., organes copulateurs, X 50. — Fig. 880. C. Iristis Panz.
— Fig. 881. C. dichrous Reitt. — Fig. 882. C. ventricosus Weise. — Fig. 883. C. Solarii
Jeann. — Fig. 884. C. chrysomeloides Panz. — Fig. 885. C. hybridus Reitt. — Fig. 886.
C. cribratus, n. sp.
arrondis, la base très rétrécie. 8.
— Antennes à massue noire ou rembrunie, très épaisse, l’article 7 deux
ou trois fois plus large que le 5, le 8 très petit, discoïde. Côtés du pro¬
notum modérément arrondis. 9.
8. Pronotum nettement plus large que les élytres ; ceux-ci courts, pas
deux fois aussi longs que larges ensemble. Tibias antérieurs mâles
très élargis au sommet, presque coniques. Sommet du pénis aplati,
parallèle, l’apex tronqué, largement bilobé. Long. 3 à 4,5 mm.
(Europe). (Fig. 838-840 et 865-867]. 27. grandicollis Er.
— Pronotum pas plus large que les élytres qui sont longs, deux fois
aussi longs que larges ensemble, atténués au sommet. Antennes
semblables à celles du précédent, mais avec la massue un peu plus
forte et l’article 8 moins court. Tibias antérieurs mâles renflés en
(I) Deux espèces sont confondues sous ce nom dans les collections; l’une, le véritable
dichrous, est la plus rare; l’autre, C. divaricatus, n. sp., est différente par sa forme géné¬
rale plus épaisse, son organe copulateur est bifide.
362
0^ RENÉ JEANNEL
massue ovalaire, nullement triangulaires, semblables à ceux du
tristis. Sommet du pénis analogue à celui du tristis , mais plus grêle,
un peu élargi, l’apex plus atténuée. Long. 4 mm. (Italie). [Fig. 883
et 894-896]. 28. Solarii Jeann. ( l ).
9. Dernier article des antennes allongé, deux fois aussi long que l’avant-
dernier. Grande espèce à massue des antennes épaisse, son article 8
très aplati, sans faces latérales. Tibias antérieurs mâles très élargis,
coniques. Sommet du pénis terminé par un large lobe arrondi et
déprimé, l’apex un peu ogival. Long. 3,5 à 5,5 mm. (Europe).
Fig. 887-893 : Genre Calops Payk., contours, x 12, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 887-889. C. hybridus Reitt. — Fig. 890. C. La Brûleriei, n. sp. — Fig. 891-
893. C. Purkynei Ob.
[Fig. 884 et 897-899]. 33. chrysomeloides Panz.
— Dernier article des antennes court, pas plus long que l’avant-dernier.. 10.
10. Pronotum transverse' quoique plus étroit que les élytres ; sa plus
grande largeur en avant. Antennes à massue épaisse, l’article 6 co¬
nique, à peine plus large que long. Coloration plus ou moins brunâtre,
les antennes rougeâtres à massue rembrunie. Tibias antérieurs mâles
à peine épaissis, fusiformes. Sommet du pénis non renflé, l’apex
brièvement atténué, mousse, sans saillies anguleuses dorsales. Long.
3 à 4 mm. (Europe). [Fig. 875-876 et 880]. 31. tristis Panz.
— Pronotum très petit, étroit, non transverse. Antennes à massue bien
plus épaisse, l’article 6 transverse, en forme de cupule, sans faces
latérales distinctes. Coloration noire, les antennes noires avec les deux
(1) Cette espèce a l'aspect extérieur d'un C. tristis, mais s'en distingue aisément par la
forme particulière de son pronotum, dont les côtés sont très arrondis et très rétrécis à la
base.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
363
premiers articles testacés. Tibias antérieurs mâles non épaissis.
Sommet du pénis fortement dilaté, l’apex brusquement atténué et
très obtus, sa face dorsale portant deux apophyses saillantes de part
et d’autre de la profonde gouttière médiane. Long. 3,5 mm. (Europe
méditerranéenne). [Fig. 877-879 et 882]. 32. ventricosus Weise.
11. Élytres à pubescence courte et couchée, la ponctuation relativement
fine et serrée, les téguments mats, à reflets ardoisés produits par de
petits plis épidermiques transverses. 12.
— Elytres à pubescence longue et hérissée, la ponctuation très grosse et
écartée, les téguments lisses et brillants, sans reflets ardoisés (‘). 13 -
12. Points enfoncés du pronotum nettement visibles sur toute la surface.
Le pronotum plus large, transverse, à côtés plus arrondis. Antennes
plus longues, à massue peu épaissie, l’article 6 à peu près aussi long
que large. Tibias antérieurs mâles épaissis régulièrement de la base
au sommet. Sommet du pénis subparallèle, ni renflé ni bossu, l’apex
arrondi. Long. 3 à 3,5 mm. (Europe centrale). [Fig. 831 et 868-870].
. 35. neglectus lvr.
— Points enfoncés du pronotum discernables seulement devant la base,
confus dans la partie antérieure. Le pronotum moins large, à côtés
moins arrondis. Antennes plus courtes, la massue plus renflée, l’ar¬
ticle 6 transverse. Tibias antérieurs mâles moins épaissis au sommet.
Sommet du pénis de même forme, mais plus atténué à l’apex. Long.
3,5 mm. (Corfou). 36. Moczarskii Breit.
13. Pronotum petit, subcarré, à peine transverse, sa base guère plus
large que le bord antérieur, ses côtés à peine arqués, les angles posté¬
rieurs très émoussés et presque droits. Elytres oblongs, convexes, net¬
tement striés. Même ponctuation que chez C. hybridas ; même colo¬
ration^ 1 2 ). Long. 3,5 mm. Mâle inconnu. (Tibet oriental) 4L Kozlovi, n. sp.
— Pronotum ample et transverse, sa base plus large que le bord anté¬
rieur, ses côtés bien arrondis. 14.
14. Antennes courtes, les articles 4 et 5 aussi longs que larges, le 6 trans¬
verse, la massue peu épaisse. Brunâtre brillant, convexe, le pronotum
plus étroit que les élytres, à côtés modérément arqués. Tibias anté¬
rieurs mâles non dilatés. Organe copulateur de même type que chez
C. hybridus , mais bien plus grêle, plus étroit, parallèle, non élargi
dans sa partie apicale, le sommet arrondi. Long. 3,5 mm. (Grèce).
. 37. Oertzeni Reitt-
— Antennes longues, les articles 4 et 5 bien plus longs que larges, le 6
(1) Les espèces de ce groupe sont en général placées près du C. alpinus. Malgré leur
faciès très particulier, elles sont cependant très étroitement apparentées au C. tristis.
(2) L'aspect général rappelle celui du Chionocatops Bugnioni Tourn.; le pronotum a les
mêmes proportions, mais ses côtés ne sont pas sinués dans la partie basale. Les antennes
ont la même structure que chez C. Oertzeni. Noir, avec les élytres rougeâtres, les pattes
testacées, les antennes à massue rembrunie.
364
D' RENE JEANNEL
au moins aussi long que large. T aille plus grande. 15.
15. Plus grêle ; brun testacé. Pronotum petit, à peine plus large que long,
bien plus étroit que les élytres, ses côtés très régulièrement arqués,
la base guère plus large que le bord antérieur, la plus grande largeur
au milieu ; ponctuation du pronotum forte et serrée. Antennes rou¬
geâtres, grêles, l’article 6 allongé, la massue peu épaisse. Elytres
oblongs et atténués au sommet. Tibias antérieurs mâles grêles, presque
semblables à ceux des femelles, les tarses antérieurs mâles peu dilatés.
Sommet du pénis graduellement élargi, l’apex arrondi et légèrement
Fig. 894-899 : Genre Catops Payk., contours, X 12, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 894-896. C. Solarii Jeann. — Fig. 897-899. C. chrysomeloid.es Panz.
tronqué. Long. 4 à 4,5 mm. (Arménie). [Fig. 885 et 887-889].
. 38. hybridus Reitt.
— Plus robuste. Pronotum plus large quoique plus étroit que les élytres,
ses côtés arrondis en avant, peu arqués en arrière, la base plus large
que le bord antérieur, la ponctuation moins serrée, moins profonde.
Tibias antérieurs mâles épaissis. 16.
16. Noir brillant, les antennes brunes, à massue épaisse, l’article 6 à peine
plus long que large, les 9 et 10 transverses. Côtés du pronotum très
arrondis en avant, subdroits en arrière, la plus grande largeur avant
le milieu. Élytres épais, peu atténués au sommet. Tibias antérieurs
mâles régulièrement épaissis de la base au sommet, les tarses aussi
larges que le tibia. Sommet du pénis comme chez hybridus, mais plus
épaissi, l’apex plus largement tronqué. Long. 3,5 à 4,6 mm. (Asie
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 365
mineure). [Fig. 886]. 39. cribratus, n. sp.
— Brun rougeâtre brillant, les antennes rougeâtres, grêles comme celles
de C. hybridus , l’article 6 bien plus long que large, les 9 et 10 non
transverses. Côtés du pronotum peu arrondis en avant, faiblement
arqués en arrière, la plus grande largeur au milieu. Élytres oblongs
et atténués. Tibias antérieurs en massue, avec une très forte tubéro¬
sité de leur face interne dans la moitié apicale, les tarses plus étroits
que le tibia. Sommet du pénis très largement dilaté, discoïde, avec
deux bosses dorsales séparées par un sillon médian, l’apex très large¬
ment tronqué. Long. 4,5 mm. (Syrie). [Fig. 890]. 40. La Brûleriei, n. sp.
8. Groupe morio
1. Ponctuation du pronotum et des élytres plus forte et moins serrée,
nettement râpeuse sur le pronotum, où elle se montre formée de
petites tubercules saillants, non confluents. Tarses antérieures mâles
Fig. 900-906 : Genre Calops Payk., contours, X 12, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 900-901. C. morio F. — Fig. 902-904. C. alsiosus Horn. — Fig. 905-906.
C. angustitarsis Reitt.
très étroits, les tibias antérieurs mâles longs et grêles, droits. Pénis
peu arqué, le sommet aplati, losangique, l’apex atténué en pointe
mousse. Styles avec deux soies apicales insérées sur le bord interne
et dirigées en dedans. Long. 3,5 mm. [Fig. 819-821 et 905-906].
. 44. angustitarsis Reitt.
a. Tarses antérieurs mâles à peine dilatés. Les soies des styles
indépendantes. (Sibérie orientale)... subsp. angustitarsis , s. str.
— Tarses antérieurs mâles presque aussi larges que le sommet
du tibia. Les soies des styles soudés, formant une grande
phanère falciforme incurvée. (Japon) .... subsp. Lewisi , nov.
— Ponctuation du pronotum et des élytres fine et très serrée, con-
366
D' RENÉ JEANNEL
lluente sur le pronotum dont l’aspect est mat. Tarses antérieurs mâles
dilatés normalement. Apex du pénis non efïilé en pointe. Styles ter¬
minés par deux petites soies apicales, dirigées dans l’axe du style. 2.
2. Allongé, oblong, moins épais, le pronotum plus ou moins large, à
côtés peu arrondis. Antennes plus longues, plus grêles, l’article 6 plus
long que large, les deux premiers articles testacés, les autres franche¬
ment noirs, le dernier rougeâtre. Tibias antérieurs mâles grêles et
droits. Pénis robuste, fortement coudé, son sommet déprimé, à peine
élargi, l’apex en ogive, avec une dépression dorsale ovalaire prolongée
vers la pointe par un sillon canaliculé divisant l’apex en deux
Fig. 907-913 : Genre Catops Payk., contours, x 12, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 907-909. C nigrita Er. — Fig. 910-911. C. nigriclavis Gerh. — Fig. 912-
913. C. Joffrei Dev.
petits lobes. Sommet des styles un peu crochu. Long. 3,5 à 4mm.
(Europe). [Fig. 900-901 et 920-921]. 42. morio F.
— Allongé, mais plus robuste, le pronotum plus large, à côtés plus
arrondis. Antennes plus épaisses, mais présentant la même coloration,
l’article 6 pas plus long que large. Tibias antérieurs mâles épaissis, leur
face ventrale aplanie et déprimée vers le milieu. Pénis épais, moins
fortement coudé ; le sommet déprimé, non élargi, mais peu à peu
atténué, l’apex large, transversalement tronqué. Sommet des styles
non crochu. Long. 4 à 4,5 mm. [Fig. 902-904]. 43. alsiosus Horn.
a. Antennes à funicule plus épais, les articles 4 et 5 larges, de
peu plus longs que larges. Impression moyenne des tibias
antérieurs mâles plus profonde. (Amérique du Nord).
. subsp. alsiosus , s. str.
— Antennes à funicule plus grêle, les articles 4 et 5 nettement
plus longs que larges. Impression moyenne des tibias anté¬
rieurs mâles plus faible. (Mongolie).. . . subsp. mongolicus, nov.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
367
9. Groupe nigrita
1. La plus grande largeur du pronotum après le milieu, les côtés très
légèrement sinués avant les angles postérieurs. Tibias antérieurs
mâles très épais, même à la base. 2.
— La plus grande largeur du pronotum au milieu ou avant le milieu,
les côtés rectilignes dans le quart basal. 4.
2. Article apical des antennes rougeâtre. Tibias antérieurs mâles en
massue, plus épais au sommet qu’à la base. Sommet du pénis avec
Fig. 914-919 : Genre Catops Payk., contours, x 12, antennes et tibias antérieurs mâles.
X 32. — Fig. 914-916. C. Westi Krog. — Fig. 917-919. C. quadralicollis Aubé.
deux lobes latéraux comprimés latéralement en forme de valves et le
lobe médian très saillant, terminé par un bouton à surface dorsale
plus ou moins cordiforme. Long. 3,5 à 4,5 mm. (Europe). [Fig. 907-
909 et 922]. 45. nigrita Er.
— Article apical des antennes concolore. Tibias antérieurs mâles fusi¬
formes, aussi épais à la base qu’au sommet. Lobe médian de
l’apex du pénis simple, anguleux. 3.
3. Angles apicaux des élytres obtus, arrondis ensemble. Antennes
noirâtres, à base testacée. Forme générale large et épaisse. Pénis
coudé, le sommet élargi, les lobes latéraux épais et incurvés, terminés
par une sorte de palette à bord interne tranchant et saillant ; styles
infléchis en dedans. Long. 4 à 4,5 mm. (Europe). [Fig. 767, 910-911
et 923]. 46. nigriclavis Gerh.
— Angles apicaux des élytres atténués, saillants et déhiscents. Antennes
entièrement rougeâtres. Pénis plus allongé, moins infléchi ; le sommet
plus allongé, subparallèle, les lobes latéraux droits, à palette termi¬
nale étroite ; styles infléchis en dehors. Long. 4 à 4,5 mm. (Alpes
386
D r RENÉ JEANNEL
occidentales). [Fig. 912-913 et 924]. 47. Joffrei Dev.
4. Forme générale allongée, la plus grande largeur du pronotum avant
le milieu. Antennes plus longues. Tibias antérieurs mâles profondé¬
ment sinués sur leur face interne et tordus, l’extrémité apicale épaissie
à la base avec une tubérosité saillante avant la sinuosité interne.
Sommet du pénis très élargi, en losange, les lobes latéraux courts et
incurvés en dedans, à sommet arrondi ; le lobe médian large et peu
Fig. 920-928 : Genre C atops Payk., organes copulateurs, X bO, et tibia antérieur mâle
X 32. — Fig, 920-921. C. morio F. — Fig. 922. C. nigrila Er. — Fig. 923. C. nigriclavis
Gerh. — Fig. 924. C. Joffrei Dev. — Fig. 92b. C. quadraticollis Aubé. — Fig. 926,
C. Westi Krog. — Fig. 927-928. C. divaricatus, n. sp.
saillant, sa face dorsale unie, sur le même plan que les lobes latéraux.
Long. 4 à 4,2 mm. (Europe occidentale). [Fig. 768, 917-919 et 925],
. 48. quadraticollis Aubé-
— Forme plus courte ; la plus grande largeur du pronotum au milieu.
Antennes plus courtes. Tibias antérieurs mâles non sinués. Sommet du
pénis élargi, ovalaire, les lobes latéraux épais ; le lobe médian très
petit, enfoui dans un profond sillon entre les deux lobes latéraux. 5.
5. Noir brillant; les côtés du pronotum plus arrondis. Tibias antérieurs
mâles très épaissis dès la base. Lobes latéraux du pénis très longs,
infléchis en dedans au sommet. Long. 3,5 mm. (Europe septentrio¬
nale). [Fig. 914-916 et 926]. 49. Westi Krog.
—- Brunâtre ; les côtés du pronotum peu arqués. Antennes à funicule
plus grêle. Tibias antérieurs mâles épais, mais brusquement amincis
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
369
dans le quart basal. Lobes latéraux du pénis divergents au sommet.
Long. 3 à3,5 mm. (Caucase). [Fig. 927-931].. 50. divaricatus, n. sp. ( J ).
10. Groupe fuscus
1. Bord basal du pronotum faiblement sinué latéralement, près des
angles postérieurs qui sont obtus, non saillants en arrière. Élytres
avec des vestiges de côtes. 2.
— Bord basal du pronotum échancré latéralement, près des angles pos¬
térieurs qui sont aigus, saillants en arrière. Grandes espèces à élytres
nettement côtelées. 4.
Fig. 929-935 : Genre Catops Payk., contours, x 12, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 929-931. C. divaricatus , n. sp. — Fig. 932-933. C. fuscus subsp. syriacus,
nov. — Fig. 934-935. C. borealis Krog.
2. Pronotum avec sa plus grande largeur après le milieu. Tibias anté¬
rieurs mâles peu épaissis, sans bosse ventrale, la partie basale un peu
déprimée. Sommet du pénis épais, excavé sur sa face dorsale, l’apex
obtus, la pointe plus ou moins trituberculée. Long. 4 à 4,5 mm.
(Europe, Asie mineure). [Fig. 932-933 et 940-944],... 51. fuscus Panz.
a. Pronotum plus transverse, ses côtés peu arqués et très peu
rétrécis à la base. Sommet du pénis plus grêle, l’apex plus
atténué, sans bosses dorsales, la pointe à peine trituber¬
culée. (Europe septentrionale, moyenne et occidentale).
. subsp. fuscus, s. str.
(1) Espèce généralement confondue avec C. dichrous, dont elle diffère cependant exté¬
rieurement par sa forme plus large et son pronotum beaucoup plus transverse. La massue
des antennes est bien moins épaisse: l’article 8 qui est très aplati chez C. dichrous, est
seulement deux fois aussi large que long chez C. divaricatus.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I.
24
S70
D r RENÉ JEANNEL
— Pronotum moins transvserse, ses côtés plus arrondis et
surtout plus rétrécis en arrière ; le disque en général bril¬
lant, à ponctuation fine. Sommet du pénis plus épais, l’apex
brusquement rétréci, la pointe nettement trituberculée. b.
b. Apex du pénis régulièrement infléchi, sans bosses dorsales
saillantes. (Nord de l’Afrique, Sicile, Grèce et Caucase).
. subsp. fuscoides Reitt.
— Apex du pénis plus épais, plus court, sa face dorsale avec
deux bosses saillantes de part et d’autre de la gouttière
dorsale. (Asie mineure et Caucase). subsp. syriacus , nov.
— Pronotum avec sa plus grande largeur au milieu. Tibias antérieurs
mâles grêles à la base, brusquement épaissis dans les deux tiers api¬
caux, la face ventrale avec une bosse saillante vers le milieu. 3.
3. Forme générale grêle ; le pronotum peu transverse, environ une fois
et demie aussi large que long (^.Sommet, du pénis assez variable, mais
toujours infléchi, aplani, transversalement tronqué à l’apex ; le
bord apical, vu de face, forme une ligne en U largement ouvert du
côté ventral. Styles plus longs que le pénis. Long. 3 à 4,5 mm.
(Europe). [Fig. 936-939 et 945-946]. 52. fuliginosus Er.
a. Tubérosité ventrale des tibias antérieurs mâles bien déve¬
loppée. Bord apical du pénis fortement incurvé en U.
(Europe septentrionale et occidentale), subsp. fuliginosus, s. str.
— Tubérosité ventrale des tibias bien développée. Apex du
pénis plus allongé, son bord apical plus étroit, moins pro¬
fondément incurvé en U. (Caucase).. subsp. caucasicus Jeann.
— Tubérosité ventrale des tibias obsolète. Apex du pénis
comme chez la forme typique. (Europe orientale).
. subsp. inermis Jeann.
— Forme plus robuste, le pronotum transverse, presque deux fois aussi
large que long. Sommet du pénis épais et convexe, l’apex peu rétréci,
court, le bord apical largement tronqué, presque droit, non incurvé
en U. Styles plus longs que le pénis. Long. 4 à 4,5 mm. (Europe sep¬
tentrionale). [Fig. 934-935 et 947-948]. 53. borealis Krog. ( 1 2 ).
4. Antennes à massue normalement épaissie ; l’article 8 aussi long que
large ou transverse. 5.
— Antennes à massue très grêle ; l’article 8 plus long que large. 7.
5. Article 8 des antennes transverse, pas plus long que la moitié du 9.
Tibias antérieurs mâles grêles à la base, épaissis brusquement dans les
deux tiers apicaux, la face ventrale avec une bosse saillante médiane,
(1) Les femelles sont parfois assez difficile à distinguer de celles du C. coracinus. Chez
fuliginosus, la taille est ordinairement plus grande et les côtés de la base du pronotum
sont légèrement sinués.
(2) Espèce de même souche que le C. fuliginosus et le remplaçant dans le nord de
l’Europe.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
371
la face externe un peu arquée. Organe copulateur semblable à celui
du C. nigricans, mais plus grêle. Grande espèce brunâtre, plus dépri-
Fig. 936-942 : Genre Catops Payk , contours, x 10, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fis. 936-938. C. fuliginosus Er. — Fig. 939. C. fuliginosus var. inermis Jeann.
— Fig. 940-942. C. fuscus Panz.
Fig. 943-956 : Genre Catops Panz., organes copulateurs, x 50, et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 943. C. fuscus Panz. — Fig. 944. C. fuscus subsp. syriacus, nov. —
Fig. 945-946. C. fuliginosus Er. — Fig. 947-948. C. borealis Krog. — Fig. 949. C. nigri-
cantoides Reitt. — Fig. 950. C. nigricans Sp. — Fig. 951. C. marginicollis Luc. —
Fig. 952. C. rescissicollis Peyer. — Fig. 953. C. speluncarum Reitt. — Fig. 954. C. gru-
sinus Reitt. — Fig. 955. C. picipes F. — Fig. 956. C. nipponensis, n. sp.
372
D r RENÉ JEANNEL
mée que le C. nigricans. Long. 5,5 à 6,5 mm. (Crète). 55. creticus, n. sp.
— Article 8 des antennes aussi long que large, plus long que la moitié
du 9. Tibias antérieurs mâles sans bosse saillante sur la face ventrale,
la face externe rectiligne. 6.
6. Tibias antérieurs mâles graduellement épaissis en massue fusiforme
depuis la base. Sommet du pénis aplati, non élargi ni épaissi, mais
atténué en pointe obtuse, l’apex finement trituberculé. Long. 4,5 à
6,5 mm. (Europe). [Fig. 950 et 957-959]. 54. nigricans Spence.
— Tibias antérieurs mâles grêles dans la moitié basale, très fortement
épaissis dans la moitié apicale. Sommet du pénis épais, l’apex brus-
Fig. 957-961 : Genre Catops Payk., contour, x 16, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 957-959. C . nigricans Sp. — Fig. 960-961. C. nigricantoid.es subsp. Mariéi
Jeann.
quement rétréci et portant deux bosses dorsales de part et d’autre
de la large gouttière dorsale ; la pointe bituberculée, parfois à peine
trituberculée. [Fig. 949 et 960-961]. 56. nigricantoides Reitt.
a. Beaucoup plus grand (6,5 mm.) ; plus large et plus robuste.
Partie apicale rétrécie du pénis nettement plus allongée.
(Caucase). subsp. nigricantoides, s. str.
— Plus petit (4,5 à 5,5 mm.) ; forme générale plus allongée.
Partie apicale rétrécie du pénis plus courte. (Europe occi¬
dentale). subsp. Mariéi Jeann.
7. Ailé ; noir. Sinuosités des parties latérales du bord basal faibles ; le
lobe saillant formé par les angles postérieurs représente le dixième du
bord basal. Tibias antérieurs mâles fusiformes, épaissis dès la base.
Sommet du pénis élargi, ovalaire, l’apex étranglé puis dilaté pour
former un bord apical large, transverse, trilobé. Styles aussi longs
que le pénis. Long. 5 à 6 mm. (Nord de l’Afrique, Andalousie, Sicile).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
373
[Fig. 951 et 962-964]. 57. marginicollis Luc.
—- Aptère. Brunâtre pâle. Sinuosités des parties latérales du bord basal
profondes ; le lobe formé par les angles postérieurs est plus grand et
représente le huitième du bord basal. Tibias antérieurs mâles en
massue, grêles à la base, brusquement épaissis dans les deux tiers
apicaux. Sommet du pénis moins élargi, l’apex non étranglé, le bord
apical large, transverse, à peine trilobé. Styles plus courts que le
pénis. Long. 5,5 à 6 mm. (Algérie). [Fig. 952 et 965-967].
. 58. rescissicollis Peyer.
11. Groupe picipes
1. Forme générale très grêle et allongée, rappelant celle d’un Choleva.
Pronotum avec sa plus grande largeur au tiers antérieur, ses côtés
arqués en avant, rectilignes en arrière, la base pas plus large que le
Fig. 962-967 : Genre Calops Payk., contours, x 12, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 962-964. C. marginicollis Luc. — Fig. 965-967. C. rescissicollis Peyer.
bord antérieur, les angles postérieurs arrondis. Élytres oblongs, plus
de deux fois aussi longs que larges, les stries visibles. Tibias antérieurs
mâles nettement incurvés en dehors, peu épaissis. Coloration bru¬
nâtre, la ponctuation plus forte et plus râpeuse que chez les autres
espèces du groupe. Pattes très longues ( 1 ). Pénis épais, allongé, le
sommet renflé, avec la face dorsale convexe et une profonde fossette
(1) Le seul exemplaire connu est un mâle chez lequel la tête et les antennes manquent.
374
D r RENÉ JEANNEL
en croissant sur l’apex ; celui-ci incurvé avec des bords saillants, les
deux lobes apicaux courts, atténués et infléchis en dedans, séparés
par une large échancrure au milieu de laquelle pointe un tubercule
représentant le lobe médian. Styles relativement épais ; la soie api¬
cale dirigée en dedans. Long. 5 mm. (Japon). [Fig. 956 et 971-972]
. 65. nipponensis, n. sp.
— Forme générale plus large. Pronotum avec sa plus grande largeur au
milieu. Ëlytres au plus deux fois aussi longs que larges. 2.
2. Taille inférieure à 7 mm. Angles postérieurs du pronotum obtus, mais
marqués. Lobes latéraux de l’apex du pénis très grands. 3 .
Fig. 968-972 : Genre Catops Payk., contours, x 12, antennes et tibias antérieurs mâles,
X 32. — Fig. 968-970. C. grusinus Reitt. — Fig. 971-972. C. nipponensis, n. sp.
— Taille supérieure à 7 mm. Angles postérieurs du pronotum tout à fait
arrondis, les côtés explanés en arrière. Lobes latéraux de l’apex du
pénis courts, plus larges que longs. 4.
3. Forme épaisse, renflée, très convexe ; les côtes des élytres très nette¬
ment tracées. Côtés du pronotum non sinués en arrière avant les
angles postérieurs qui sont très émoussés. Sommet du pénis à face
dorsale convexe, les lobes latéraux grands, amincis sur leurs bords,
arrondis au sommet, séparés l’un de l’autre par une fente étroite et
profonde. Long. 5 à 6,5 mm. (Europe). [Fig. 955]. 59. picipes F.
— Forme oblongue, comme chez C. nigricans ; les stries des élytres
moins visibles. Côtés du pronotum légèrement sinués avant les
angles postérieurs qui sont plus vifs. Pénis semblable à celui du
C. picipes , mais plus infléchi sur sa face ventrale. Long. 4,5 à 5 mm.
(Caucase). [Fig. 954 et 968-970]. 60. grusinus Reitt.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
375
4. Forme allongée, subparallèle, les élytres longs et peu convexes ( l ).
Antennes et pronotum comme chez C. giganteus. Coloration testacée
rougeâtre avec la moitié apicale des élytres rembrunie. Sommet du
pénis bilobé, sa face dorsale convexe, les lobes très petits, aigus et
séparés par une fente en U largement ouvert. Long. 7,5 mm. (Asie
mineure). 64. Kulzeri, n. sp.
— Forme épaisse, renflée, les élytres ventrus. Coloration uniforme. 5.
5. Ponctuation du pronotum formée de points nets et arrondis ; ponc¬
tuation des élytres très forte, deux fois plus grosse et profonde que
chez le C. picipes. Testacé rougeâtre uniforme; moins convexe.
Long. 8 mm. (Syrie). 63. Augustalisi Pic.
-— Ponctuation du pronotum et des élytres très fine et aciculée, plus
fine que chez C. picipes. Coloration brunâtre. 6.
6. Pronotum plus étroit que les élytres qui sont très ventrus, mais cepen¬
dant plus large qu’un seul élytre, transverse, avec sa base presque
deux fois aussi large que le bord antérieur, sa plus grande largeur
après le milieu, ses côtés très arrondis. Sommet du pénis bilobé, sa
face dorsale convexe, les lobes larges et courts, séparés par une
fente en V largement ouvert. Long. 8 mm. (Asie mineure).
. 61. giganteus Breit.
— Pronotum très petit, pas plus large qu’un seul élytre, peu transverse,
sa base guère plus large que le bord antérieur, sa plus grande largeur
au milieu, les côtés moins arrondis. Élytres encore plus ventrus.
Sommet du pénis semblable. Long. 9 mm. (Asie mineure)..
. 62. elephas, n. sp.
1. Groupe alpinus
1. Catops alpinus Gyllenhal, 1827, Ins. Suec., IV, p. 312 ; type : Scandinavie
(Mus. Stockholm). — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 19, fîg. 16,
22, 25 et 27. — alpinoides Reitter, 1901, Deutsche ent. Zs., p. 48 ;
type : Karakoroum (Mus. Budapest).
b. Subsp. sitkanus, nov. ; type : Sitka (Mus. Paris).
Sous les cadavres de petits mammifères et d’oiseaux.
Espèce originaire de l’Angara et répandue dans l’Asie centrale ; elle cons¬
titue dans la faune Scandinave un de ces éléments « sibériens » si nombreux
dans la zone arctique. Vers l’est, elle franchit le détroit de Behring et est
connue des îles de la Colombie Britannique.
a. Subsp. alpinus, s. str. — Norvège, depuis le Cap Nord jusqu’à Kristian-
(1) Ce Catops a tout à faitl’aspect du Choleva major et d'ailleurs la même coloration que
lui. Cette ressemblance est telle que les deux espèces peuvent se confondre, d’autant
mieux qu'elles vivent ensemble. On les distinguera sans peine en examinant l’épistome et
surtout l’armature apicale des tibias.
376
D r RENÉ JEANNEL,
sand, au bord de la mer dans les régions les plus septentrionales, mais seule¬
ment dans les montagnes, dans le sud. — Suède , depuis le lac Siljan jusque
dans le nord. — Finlande : au nord d’une ligne joignant Vasa (golfe de Bottnie)
à Viborg, jusqu’en Laponie. — B. S. F. S. de Russie. Carélie : Olonets (Yakob-
son). Péninsule de Kola : Mourmansk (Kapoustine!). Archangel : station bio¬
logique (Dogel !). — Sibérie. Tobolsk : toundra de l’extrême nord des monts
Oural, en juin (Zaitsev !) . Irkoutsk : monts Tunkun Sajan, au sud-ouest du
lac Baikal (H. Leder !). R.S.S. des Yacoutes : rivière Amgou, terr. de Yakoutsk
(Mus. Ac. Sc. Leningr. !). — Provinces maritimes. Ochotsk : baie de Nogaïsk,
mer d’Ochotsk (Semenov !). Oussouri : monts Sichota-Alyne (Formorov !).
b. Subsp. sitkanus , nov. — Amérique du Nord. Territoire de l’Alaska :
Sitka, dans l’île Baranov, un mâle (coll. Chevrolat!).
2. Catops egenus G. H. Horn, 1880,Trans. Amer. ent. Soc., VII, p. 257; type:
Alaska (Ac. Philad.). —- Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 44.
— M. Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 220, pars (‘).
Amérique du Nord. Territoire de l’Alaska : Alaska (G. H. Horn) ; Sitka,
dans File Baranov (Eschholtz !, in coll. Chevrolat). Britisb Columbia : fjord
Masset, dans Queen^s Charlotte island (.T. H. Keen !) ; environ du lac Teslin,
près de la frontière du Jukon (T. Obalski !, Mus. Paris).
3. Catops basilaris Say, 1823, Journ. Ac. Nat. Sc. Philad., III, p. 194;
type : est de l’Amérique du Nord. —Murray, 1856, Mon., p. 394. —
Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 218, pl. xv, fig. 25.
— Spencianus Kirby, 1837, Fauna Bor.-Amer., p. 108 ; type :
Amérique du Nord. — Murray, 1856, Mon., p. 304. — cadaverinus
Mannerheim, 1843, Bull. Soc. Nat. Moscou, XVI, p. 82, 173 et 254;
type : Sitka. —- Murray, 1856, Mon., p. 304. — Jeannel, 1922, Arch.
Zool. exp., t. 61, p. 44. — egenus Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent.
Soc., XLI, p. 220, pl. xv, fig. 26.
Sous les cadavres de Mammifères ; trouvé aussi dans l’Indiana, dans un nid
de Musaraigne (Blatchley, 1910, Col. Ind., p. 270).
Amérique du Nord. — Canada et États-Unis, aussi bien à l’ouest des Mon¬
tagnes Rocheuses que dans les États de l’Est. M. Hatch (1933) le cite de
nombreuses localités, mais il confond l’espèce avec le C. egenus et le C. brun-
neipennis , de sorte que ses indications de provenance de l’Alaska, du British
Columbia, de l’État de Washington et même de Californie devront être con¬
firmées. Dans l’est, C. basilaris paraît être largement répandu. Mais la cita¬
tion de Saint-Pierre-et-Miquelon, par Portevin, se rapporte au C. simplex.
J’ai vu le C. basilaris des localités suivantes :
(1) M. Hatch (1933) a confondu le C. egenus et le C. basilaris et la figure qu’il donne de
l’organe copulatenr du C. egenus (planche XV, fig. 26) se rapporte au C. basilaris. En
réalité, contrairement à l’opinion de M. Hatch, les deux espèces sont très différentes et
faciles à distinguer d’après la structure de l’organe copulatenr mâle et la forme du pro-
notum.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
377
Territoire de l’Alaska : Sitka, dans l’île Baranov (Eschholtz !, in coll. Che-
vrolat). Californie (Siverse !, in Mus. Ac. Sc. Leningrad). New York : Upper
Saranak (J. W. Green!).
4. Catops subfuscus Kellner, 1846, Stett. ent. Ztg., VII, p. 177 ; type :
forêt de Thuringe (Mus. Gotha). — Redtenbacher, 1849, Fauna
Austr., p. 771. — alpinus Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 199.
Biol. — Falcoz, 1914, Faune Microc., p. 135. — Heselhaus, 1915,
Tidschr. Ent., LVIII, p. 264. — Weber, 1925, in Blunck, Syll. Ins-
Biol., I, p. 122.
b. Subsp. subrectipes Jeannel, 1934, Rev. fr. d’Ent., I, p. 10; type :
Zepoe (Mus. Paris).
c. Subsp. sinuatipes Krogerus (*), 1931, Not. ent., XI, p. 17, fig. 15, 21,
25 et 26 ; type : Finlande (Mus. Helsingfors).
Fréquent sous les petits cadavres. Falcoz le cite comme pholéophile, avec
le Lapin et le Blaireau. Il est rarement cavernicole ; il est d’ailleurs remarquable
que la seule station connue dans les Pyrénées soit la grotte d’Aurouze [Biosp.
109], dans l’Ariège, où il a été pris sur des excréments de Blaireau.
Europe moyenne et méditerranéenne, de la France au Caucase. Il manque,
comme d’ailleurs le C. alpinus, dans les îles Britanniques ; mais il se trouve
en Hollande, dans le Danemark (Hansen, 1922), le sud de la Norvège et de la
Suède, sans dépasser vers le nord la latitude d’Oslo (Krogerus, 1931). Il occupe
tout le sud-ouest de la Finlande, c’est-à-dire la partie de ce pays au sud-
ouest de la ligne joignant Vasa à Viborg ; mais il s’avance au nord de cette
ligne et cohabite avec C. alpinus aux environs de Hattula (J. Sahlberg). Plus
vers l’est, C. subfuscus est cité de Russie : Carélie russe (J. Sahlberg); Petro-
grad et Kiew (G. Yakobson, 1910). En somme, vers le nord, l’espèce ne dé¬
passe pas le 63° lat. N.
Dans le sud de l’Europe, C. subfuscus n’est pas connu d’Espagne ; il est
cavernicole dans l’Ariège et n’est pas rare dans les terriers de Lapins du sud-
est de la France et en Italie jusqu’à Naples (D r Rohr !). II n’existe pas dans les
îles Tyrrhéniennes. Dans l’est, je le connais de diverses localités des Carpathes
et du Bihar, de la péninsule balcanique ; il existe enfin en Arménie, dans
les montagnes de la vallée de l’Araxes (H. Leder !).
Exemplaires examinés :
a. Subsp. subfuscus, s. str. — France. Calvados : forêt de Cinglais ; Fernet-le-
Petit (Dubourgais). Eure : Évreux (G. Portevin). Indre-et-Loire : Perrusson
(A. Méquignon). Orne : Gacé (Ste-Cl. Deville). Seine: Chaville (Ste-Cl. Deville).
(I) Krogerus, ayant reconnu que l’espèce largement répandue dans le sud de la Scan¬
dinavie et l’Europe moyenne différait du véritable C. alpinus, a cru devoir lui donner un
nom nouveau : sinuatipes Krog. En fait il suffisait de reprendre le nom de subfuscus
Kelln. indûment tombé en synonymie. Je garde toutefois le nom donné par Krogerus pour
désigner une race Scandinave, formée d’exemplaires de coloration noire et de forme plus
massive. D'autre part, il est curieux que la Bosnie soit peuplée d'individus également
foncés, mais dont les mâles constituent une variation théléomorphe, à tibias antérieurs
mâles peu sinués.
378
D' RENÉ JEANNEL
Seine-et-Oise : Valmondois (R. Jeannel). Aisne : Soissons ; Condé (Buffévent).
Haute-Marne : Gudmont (Ste-Cl. Deville). Ardennes : Sedan (J. Caulle).
Haute-Saône : Faucogney (Ste-Cl. Deville). Vienne : Les Bourielles (J. Mesmin).
Puy-de-Dôme : Menât (Ste.-Cl. Deville). Tarn : Roquefort (L. Gavoy). Haute-
Savoie : Argentière (Ch. Fagniez). Ariège : grotte d’Aurouze [Biosp. 109]
(R. Jeannel). — Suisse: Tramelan, dans le Jura(A.Mathey). — Italie. Piémont :
Torino (coll. Fea) ; Ceresole Reale (A. Solari) ; Sanctuario di Oropa, Biellese
(A. Dodero). Ligurie : San Stephano d’Aveto (A. Andreini) ; Busalla (A. Do-
dero); monte Penna, près de Gênes (A. Dodero). Toscane : Alpi di Luna,
Arezzo (A. Andreini). Abruzzes : Palena, Chieti (A. Solari). Campanie : Naples
(D r Rohr). Émilie : Bologne (A. Fiori). Lombardie : Val Camonica (Krüger).
Trentin : Vetriolo (A. Dodero). Venétie : bosco di Cansiglio (A. Winkler). —
Yougoslavie. Slovénie : grotte de Trefîen ; Radna (O. Scheibel). — Allemagne :
Aachen (F. Solari) ; Bonn (Rüschkamp) ; Hambourg (L. Weber) ; Prusse
orientale (W. Meier). — Autriche. Basse-Autricbe : Vienne (E. Reitter) ;
Wechselgebirge (L. Ganglbauer). Carinthie : mont Dobratsch (G. Ravasini). —
Tchécoslovaquie. Moravie : Paskau (E. Reitter). — Roumanie. Transylvanie :
Scâriçoara, monts Bihar (R. Jeannel) ; Prédéal, Carpathes méridionales
(Wingelmüller). Banat : monte Sarco (J. Breit). Bessarabie : Ankoudina,
dans les bouches du Danube (Boutourline !). — Russie. Leningrad : Levachovo
(Yakobson !). Yaroslav : Berditsyna, sous le cadavre d’une grenouille ; mon¬
tagnes salées (Yakovlev !). — Arménie: montagnes de l’Araxes (H. Leder.).
b. Subsp. subrectipes Jeann. — Yougoslavie. Bosnie : Zepce (V. Apfelbeck).
c. Subsp. sinuatipes Krog.— Finlande méridionale : Lojo (R. Krogerus).—
Aussi dans le sud de la Scandinavie.
5. Catops carinatus, n. sp. ; type : monts Kentei (Mus. Ac. Sc. Leningrad).
Mongolie : Su-tzou-klé, dans le sud-est des monts Kentei, près de la fron¬
tière de la Transbaïkalie, un mâle (Kozlov !).
6. Catops sparcepunctatus, n. sp. ; type : Nikko (Brit. Muséum).
Japon. Nippon central : Nikko, dans les montagnes, deux femelles (G. Le¬
wis !, Brit. Mus. et Mus. Paris).
7. Catops americanus Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 201. — 1933,
Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 217, pl. xv, fîg. 21. — clavicornis
Leconte, 1853, Proc. Ac. Nat. Sc. Philad., VI, p. 281 (nec Stephens
1830). — Murray, 1856, Mon., p. 307. — G. H. Horn, 1880, Trans.
Amer. ent. Soc., VIII, p. 257. — Blatcbley, 1910, Col. Ind., p. 279. —
Blanchard, 1915, Ent. News, XXVI, p. 294.
Sous les cadavres et dans les champignons en décomposition.
Amérique du Nord. New York : Upper Saranak (J. W. Green !).
M. Hatch (1933) le cite de nombreuses localités dans le sud du Canada, du
Manitoba au New Brunswick, et dans l’est des États-Unis. L’espèce paraît
répandue dans tout le bassin des grands lacs et les plaines du Mississipi jus-
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
379
qu’à l’océan Atlantique. Dans le sud, elle existe dans le North Carolina, mais
sa présence dans le Texas et le New Mexico demande confirmation.
8. Catops tortiscelis Reitter, 1901, Deutsche ent. Zs., p. 46 ; type : Sibérie
orientale (Mus. Budapest).
Asie centrale. Sibérie orientale : source de l’Irkut, dans les monts Tunkun
Sajan, à l’ouest du lac Baïkal (H. Leder !) ; Turansk, région du lac Baïkal
(Frankl. Müller !).
9. Catops luteipes Thomson, 1884, Opusc. ent., X, p. 1034 ; type : Scandina¬
vie (Mus. Lund). — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 17, fig. 14. —
brunneipennis J. Sahlberg, 1871, Not. Faun. Fl. Fenn., XI (1870)i
p. 428 ; type Finlande (Mus. Helsingfors). — 1889, Act. Soc.
Faun. Fl. Fenn., VI, p. 44 (nec brunneipennis Mann., 1853).
b. Subsp. Vinogradovi, nov. ; type : Tchita (Mus. Ac. Sc. Leningrad).
Espèce paraissant présenter la même distribution que le C. alpinus Gyll.
Sans doute la race Vinogradovi se montrera-t-elle largement répandue dans
l’Asie centrale. Dans le nord de l’Europe, la race luteipes ne dépasse pas vers
le sud le 65° lat. N., c’est-à-dire la latitude du fond du golfe de Bottnie.
a. Subsp. luteipes, s. str. — Norvège, depuis la région du lac Rôs Vand
(localité la plus méridionale) jusqu’au Cap Nord (R. Krogerus). — Suède :
Norbotten (R. Krogerus !). — Finlande : Lapmarken ; Petsamo (Linnaniemi !).
— Russie : péninsule de Kola (d’après Krogerus).
b. Subsp. Vinogradovi, nov. — Sibérie orientale. Transbaïkalie : Tchita,
un mâle (Vinogradov I).
10. Catops brunneipennis Mannerheim, 1853, Bull. Soc. Nat. Moscou, XXVI,
p. 176 ; type : péninsule du Kenaï. — Murray, 1856, Mon., p. 305-
— basilaris Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 218 (pars).
b. Subsp. asiaticus, nov. ; type : Tunkun Sajan (Mus. Paris).
Espèce répandue d’une part sur le littoral du Pacifique de l’Amérique du
Nord, d’autre part dans l’Asie centrale et la Chine jusque sur les hauts plateaux
du Tibet.
a. Subsp. brunneipennis, s. str. — Amérique du Nord. Alaska : bords de la
rivière Tchunutku, dans la péninsule de Kenaï (Frankenhâuser). Colombie
Britannique : bords du lac Teslin, sur la frontière du Jukon, ait. 1.500 m.
(T. Obalski !, in Mus. Paris).
Obs. — Les citations du C. basilaris par M. Hatch (1933) de l’Alaska, de
Colombie Britannique, de Californie, etc., se rapportent sans doute au C. brun¬
neipennis.
b. Subsp. asiaticus, nov. — Sibérie orientale. Irkoutsk : monts Tunkun
Sajan, au sud-ouest du lac Baïkal, un mâle (ex. Staudinger). — Tibet oriental :
rivière Daé-tchou, haut bassin du Mé-kong, ait. 3.600 ra. (P. Kozlov !).
11. Catops Hilleri Kraatz, 1877, Deutsche ent. Zs., XXI, p. 107; type :
Japon (Mus. Dahlem). —- Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg.,
LVIII, p. 216.
380
D' RENÉ JEANNEL
Japon. Nippon moyen : environs de Tokio (J. Harmand !, E. Gallois !) :
Kobé (G. Lewis !, in Brit. Mus.). — Ile Kiu-Shiu : vallée de la Sendaigawa
(E. Gallois !); Nagasaki (G. Lewis!, in Brit. Mus.).
12. Catops simplex Say, 1925, Journ. Ac. Nat. Sc. Philad., V, p. 184 ; type :
Arkansas. — Leconte, 1853, Proc. Ac. Nat. Sc. Philad., p. 281. —
Murray, 1856, Mon., p. 306. — G. H. Horn, 1880, Trans. Amer. ent.
Soc., VIII, p. 258. — Blatchley, 1910, Col. Ind., p. 279. — Hatch,
1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 215, pl. xv, fîg. 22. — luridi-
pennis Mannerheim, 1853, Bull. Soc. Nat. Moscou, XXVI, p. 176. —-
Murray, 1856, Mon., p. 305. — G. H. Horn, 1880, 1. c., p. 256 ;
pl. vii, fig. 17.
Biol. — Webster (teste Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 201).
Amérique du Nord. Ile Saint-Pierre-et-Miquelon (Baron !, in Mus. Paris). —
Illinois (coll. Murray !, in Brit. Mus.). — Pennsylvania : Pittsburg (coll. Jeannel).
— Massachusetts : Framingham (M. Hatch !).
D’après M. Hatch (1933), C. simplex occuperait tous les États-Unis,
depuis les grands lacs jusqu’à la Louisiane et remonterait sur la côte du Paci¬
fique depuis la Californie jusqu’à l’Alaska.
Obs. — Espèce très étroitement apparentée au C. Hilleri du Japon, présen¬
tant en particulier un organe copulateur presque identique.
2. Groupe Peyerimhoffi
13. Catops Peyerimhoffi Portevin, 1907, Ann. Soc. ent. Fr., p. 68; type:
Petra (coll. P. de Peyerimhoff).
Arabie : Petra (P. de Peyerimhoff !), une femelle. — Perse méridionale,
une femelle (Doria !). — Syrie : Hidjaneh, une femelle (La Brûlerie !).
14. Catops Piochardi, n. sp. ; type : Jérusalem (Mus. Paris).
Palestine : Jérusalem (P. de La Brûlerie !), une femelle.
3. Groupe vestitus
15. Catops vestitus Murray, 1856, Ann. Mag. nat. Hist., (2) XVIII, p. 303,
fîg. 23 ; type : Indes Orientales (Brit. Mus.).
Inde. Assam : Manipur (Doherty !, in Brit. Mus.), plusieurs exemplaires.
16. Catops bicolor Portevin, 1903, Bull. Mus. Hist. nat. Paris, p. 329 ; type :
Darjeeling (Mus. Paris).
Inde. Himalaya, Sikkim : Darjeeling (J. Harmand !), une femelle.
4. Groupe subfasciatus
17. Catops subfasciatus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII,
p. 55 ; type : Bône (coll. Puton). — 1901, Deutsche ent. Zs., p. 44.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
381
Algérie. Alger : L’Alma (P. de Peyerimhoff !). — Constantine : Bou-Berak,
près de Dellys (D r Chobaut !) ; Bône (D r Puton !).
L’espèce semble localisée sur le littoral, à l’est d’Alger.
5. Groupe longulus
18. Catops angustipes Pic, 1913, Mél. exot.-ent., VI, p. 8 ; type : Nankin
(coll. Pic). — sinensis Pic, 1913, 1. c., p. 8 ; type : Chine (coll. Pic).
b. Subsp. apicalis Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVIII, p. 216 ;
type : Tokio (Mus. Paris), —angustipes Portevin, 1914, 1. c., p. 216 ;
type : Tokio (Mus. Paris). — fuscifrons Portevin, 1908, Bull. Mus.
Hist. nat. Paris, p. 19 (nec Kraatz). — Portevini Hatch, 1928, Col.
Cat., pars 95, p. 199 (nom. nov.).
Commun au Japon et dans une grande partie de la Chine.
a. Subsp. angustipes , s. str. — Chine. Petchili : Tien-tsin (S. Folchini !, in
Mus. Gênes). Kiang-Su : Nankin (H. Donekier !). Kiang-Si (A. David !).
Yun-Nan (A David !, in Mus. Paris).
b. Subsp. apicalis Port. — Japon. Nippon central : environs de Tokio
(J. Harmand !, E. Gallois !).
19. Catops longulus Kellner, 1846, Stett. ent. Ztg., VII, p. 176 ; type : forêt
de Thuringe (Mus. Gotha). — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 16,
fig. 11. — pilicornis Thomson, 1862, Skand, Col., IV, p. 61 ; type :
Smàland (Mus. Lund).
Biol. — Weber, 1925, in Blunck, Syll. Ins.-Biol., I, p. 122.
Toujours rare ; se trouve en général en tamisant les feuilles mortes, parfois
dans les terriers de Lapins. Pénètre volontiers dans les grottes. L’espèce a été
découverte dans une grotte du Harz, en Allemagne ; elle abonde à l’état de
larve et d’imago, dans une grotte du Puy-de-Dôme, et je l’ai vue encore de
diverses grottes balkaniques.
Europe moyenne. Largement distribué, ce Catops s’étend vers le nord, en
Scandinavie, jusque dans la zone arctique (carte, fig. 765).
Dans le nord, il est connu de Grande-Bretagne et d’Irlande. En Scandinavie,
il occupe toute la péninsule, jusqu’aux rivages de l’océan Arctique ; mais il
n’est pas connu de Finlande. Par contre, il se trouve sur la côte mourmane, dans
la péninsule de Kola, et à Archangel.
Dans l’ouest, il ne dépasse pas le massif Central français et n’est pas cité du
sud de la France ni d’Espagne. En Italie, sa seule station connue est dans le
Trentin. On le connaît, d’autre part, de nombreuses localités en Allemagne,
dans les Alpes orientales, les monts Bihar et enfin la péninsule Balkanique, où
il est fréquemment cavernicole (‘).
Les exemplaires que j’ai pu examiner proviennent des localités suivantes :
(1) Les stations cavernicoles en France et en Yougoslavie jalonnent la limite méridio¬
nale de son aire de répartition.
382
D' RENÉ JEANNEL
Iles Britanniques. Grande-Bretagne : Harpenden, Hertford co. (B. S. Har-
wood !). — Irlande : Munster, Waterford co. (Johnson and Halbert).
Norvège. Oslo : Konsberg (Th. Munster !). Trondhjem (Th. Munster !).
Nordland: Saltdalen (Th.Munster !).Syd Varanger: Jacobselv (Th. Munster!).
— Suède. Norrland (Mus. Gôteborg). Dalarne : Hamra (O. Sjôberg !). Helsing-
land : Loos (O. Sjôberg) !. Smâland (Boheman). — Finlande. Abo : Abo
(Porra, teste Krogerus). — Russie : Archangel (Yakobson !).
France. Pas-de-Calais : forêt de Boulogne (A. Méquignon !). Meurthe-et-
Moselle : grotte de Sainte-Reine, près de Toul (de Brunier). Ardennes : Sedan
(J. Caulle !). Haut-Rhin : Mulhouse (J. Bourgeois !). Puy-de-Dôme : grotte de
Clierzon, aux Orcines (G. Teilhard !). Marne : forêt de Troisfontaines (Ste-Cl.
Deville). — Allemagne. Frankfurt-am-Main (H. Bickhardt !). Bonn, dans des
champignons (Rüschkamp!). Saxe : Bielshôhle, dans le Harz (L. von Heyden !);
Blankenburg (Bodemeyer !). — Tchécoslovaquie. Bohême : Spindelmühle,
dans les Riesengebirge (Skalitzky !). —- Autriche. Basse-Autriche : Wechsel-
gebirge (L. Ganglbauer !) ; Kranichberg (L. Ganglbauer !). Tyrol : Innsbruck
(D r Pechlaner !). Styrie : Frasslau (J. von Krekich !) ; Stuhleck (L. Gangl¬
bauer !) ; Bachergebirge (L. Ganglbauer !). — Italie. Trentin : Pejo (A. Solari!).
Roumanie. Transylvanie : Vad, jud. Bihor (K. Handl !). — Yougoslavie.
Slovénie : grotte de Treffen (Staudacher !). Croatie (Hampe !). Serbie : Steska
jama, dans le Ponikve planina, près Uzice (R. Jeannel). Bosnie : grottes du
Trescavica planina (coll. J. Muller !) ; grottes du Vlasic planina (L. Weirather !).
20. Catops gratiosus Blanchard, 1915, Ent. News, XXVI, p. 294; type :
Maine. — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc., XLI, p. 213, pl. xv,
fîg. 20. — alsiosa (Choleva) Blatchley, 1910, Col. Ind., p. 279 (nec
G. H. Horn).
Sous les petits cadavres et plus fréquemment dans les cavernes. L’espèce
semble répandue surtout dans l’est de l’Amérique du Nord, sur le pourtour de
la chaîne des Appalaches ; mais Hatch la cite encore de l’État de Washington,
sur la côte du Pacifique.
Amérique du Nord, États-Unis. Maine : Rangeley (Hatch). New Hampshire :
Crawford (Hatch). Massachusetts : Natick (Hatch). New York : Ithaca;
Mosholu ; Olcott ; Upper Saranak ; White plains (Hatch). Michigan : Wash-
tenaw co. (Hatch). Indiana : Saltpeter cave, Crawford co. (Hatch). Kentucky:
Lexington cave [ Biosp. n° LVI, p. 309] ; Lyon cave (Hatch). Maryland :
Crystal cave, Boonsboro (H. S. Barber !). Virginia : Maddens cave, New
Market, Shenandoah co. [Biosp. n° LVI, p. 313] (Hatch); Mushroom cave
(Hatch). West Virginia : Higginbotham’s cave, Frankford (J. M. Valentine !)•
Washington : Olympia (Hatch). — Canada. Ontario : Ottawa ; Toronto
(Hatch).
6. Groupe coracinus
21. Catops coracinus Kellner, 1846, Stett. ent. Ztg., VII, p. 177 ; type :
forêt de Thuringe (Mus. Gotha). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95,
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
383
p. 195 (Bibliogr.) — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 15, fig. 10. —
celer Lucas, 1847, Expi. Alg., II (1846), p. 225 ; type : Oran (Mus.
Paris). — Murray, 1856, Mon., p. 302. — femoralis Thomson, 1862,
Skand. Col., IV, p. 64 ; IX, p. 347 ; type : Laponie (Mus. Lund). —
Marseul, 1884, L’Abeille, XXIII, p. 87. — hyperboreus Sparre-
Sehneider, 1888, Tromsô Mus. Aarsb., XI, p. 181 ; type : Sandeggen
(Mus. Tromsô). — subnitens Rey, 1889, L’Échange, V, p. 4 ; type:
Lyon (Mus. Lyon !). — Doriae Gridelli, 1927, Ann. Mus. civ. Genova,
L, p. 484 ; type : île Giglio (Mus. Gênes). — Dorni Jeannel, 1922,
Arch. Zool. exp., t. 61, p. 86, fig. 113 (nec Reitter).
b. Subsp. altaicus, nov. ; type : Altaï central (Mus. Paris).
Espèce assez commune dans les feuilles mortes et sous les cadavres de petits
Mammifères et d’Oiseaux (H. Caillol) ; dans les terriers de Lapins à Perrusson
(A. Méquignon) ou dans celui d’un Blaireau à Vienne (France ) (L. Falcoz).
Elle ne pénètre que très rarement dans les cavernes.
Répartition très vaste : la race altaicus doit être répandue dans l’Asie cen¬
trale, la forme typique occupe toute l’Europe, le nord de l’Afrique et les îles
Tyrrhéniennes (carte, fig. 766).
Dans l’Europe septentrionale, le C. coracinus est commun dans la Grande-
Bretagne, mais n’est pas connu d’Irlande. Il occupe toute la Scandinavie jus¬
qu’aux rivages arctiques, la péninsule de Kola et la Finlande. Yakobson ne
le cite pas de Russie, mais il existe aux environs de Léningrad; par contre, il
l’indique du Caucase, ce qui demanderait confirmation.
Dans l’Europe moyenne, il est commun dans l’ouest, rare dans l’est, et ne
semble pas dépasser vers l’est les monts Bihar. Dans le sud, il se trouve en
Espagne, en Corse et en Sardaigne, mais non aux Baléares. Il est abondant dans
le nord de l’Afrique, depuis le sud-ouest du Maroc jusqu’au Djurjura ; mais je
n’en ai vu aucun exemplaire de l’est de l’Algérie ni de Tunisie, pas plus d’ail¬
leurs que de Sicile ni du sud de l’Italie. Enfin, l’epèce esxisterait encore en
Palestine; l’unique exemplaire que l’on connaisse est assez remarquable par sa
coloration pâle et sa grande taille, mais son organe copulateur est typique.
Exemplaires examinés :
a. Subsp. coracinus , s. str. — Grande-Bretagne. Écosse : Thornhill, Dumfries co.
(D. Sharp !). Angleterre : Cowley, près de Londres (Power !) ; Midford, Dorset
co. (B. S. Harwood !) ; Brasted, Kent co. (B. S. Harwood !) ; Suffolk (B. S.
Harwood !). — Norvège. Oslo : Tonsberg (Th. Münster !). Syd Varanger :
Jacobselv (Th. Münster!). — Suède. Helsingland : Loos (O. Sjôberg !). —
Finlande. Lapponie : Utsioki (R. Krogerus !). Kantalaks, dans la péninsule
de Kola (Hellén). Finlande méridionale : Rimsala (R. Krogerus !). — Russie.
Léningrad : Yambourg (Barovsky !) ; Peterhof (Bianki !) ; Louga (Yakobson !).
Yaroslav : Berditsyno (Yakovlev !).
Allemagne. Hamburg (Mus. Hamburg !). Rheinland : Bonn ; Erkelenz
(Rüschkamp !). Wurtemberg : Ulm (R. Preller!). Poméranie : Coeslin (Lull-
witz !). — Tchécoslovaquie. Bohême : Spindelmühle, Riesengebirge (Skalitzky !).
384
D'RENÉ JEANNEL
— Autriche. Basse-Autriche : Wienerwald ; Rekawinkel ; Wechselgebirge
(L. Ganglbauer !). Tyrol : Innsbruck (D r Pechlaner !). Styrie : Stuhleck ;
Bachergebirge (L. Ganglbauer !). — Roumanie. Transylvanie : peçterea dîn
valea Ghibartului, à Zlatna [ Biosp. 982]. — Yougoslavie. Krivosije (Paga-
netti !).
Espagne. Madrid : Gienvallejos (C. Bolivar !). — France. Calvados : forêt
de Cinglais (Dubourgais !). Pas-de-Calais : forêt de Boulogne (Ste-Cl. Deville !).
Eure : Montfort (Marceron !). Seine-et-Oise : forêt de Compiègne (R. Jeannel).
Ardennes : Sedan (J. Caulle !). Haute-Marne : forêt du Val (Ste-Cl. Deville!).
Meurthe-et-Moselle : Toul; Haroué (Ste-Cl. Deville !). Cher : forêt d’Allagny
(Ste-Cl. Deville !). Vienne : Morthemer (J. Mesmin !). Allier : Broût-Vernet
(H. du Buysson !). Puy-de-Dôme : La Bourboule (H. du Buysson !). Cantal :
Le Lioran (Venet !). Aude : Carcassonne (B. de Brunier!). Tarn : Castres
(Galibert !). Ardèche : grotte de la Dragonnière [Biosp. 181]. Isère : Vienne
(L. Falcoz !). Vaucluse : Les Angles (D r . Chobaut !) ; La Bonde (Ch. Fagniez !).
Bouches-du-Rhône : Aix (E. Tisson !). Var : Toulon (Ste-Cl. Deville !) ; Le
Beausset (H. Sietti!). Basses-Alpes: Le Lauzet (Ste-Cl. Deville!). Alpes-
Maritimes : Villeneuve-Loubet (Ste-Cl. Deville !) ; Menton (Ste-Cl. Deville !).
— Italie. Piémont : val d’Aoste (A. Dodero !) ; Crissolo (L. Ganglbauer!)-
Lombardie : Bus Purci [Cat. Speol. n° 7 Lo.] (L. Boldori !). Ligurie : Rezzoa-
glio d’Aveto (A. Dodero !); monte Penna (A. Andreini !). Toscane : Lippiano
(A. Andreini !). Abruzzes : Cbieti (A. Andreini !). Monte Gargano : Lago
S. Giovanni (K. Holdhaus !).
Iles Tyrrhéniennes. Corse (H. Desbrocbers !) : Bastia (Carafïa!). Sardaigne :
Laconi ; Onani ; Lula ; Golfo Aranci ; Barumini (U. Lostia !, A. Dodero !).
Ile Capraia (A. Andreini !). Ile Giglio (G. Doria !).
Maroc : Andjora (G. Buchet !). — Algérie. Oran : Daya (L. Bedel !) ; Sidi-
Bel-Abbès (Mus. Paris !). — Alger : massif des Mouzaïa (coll. Ste-Cl. Deville) ;
Bou-Berak, à l’est du Djurjura (D r Chobaut !); Hammam-Rhira (L. Bedel !).
— Constantine : Bône (coll. Mascaraux !, in coll. Ste-Cl. Deville); Medjez-
Amar, djebel Mahouna (L. Clouet des Pesruches !). — Tunisie : Zaghouan
(Schatzmayr !). — Palestine : Jérusalem (Desbrochers !, in coll. Reitter).
h. Subsp. altaicus Jeann. — Asie centrale. Mongolie : Altaï central (coll.
Jeannel).
22. Catops hastatus, n. sp. ; type : Kumamoto (Brit. Muséum).
Japon. Ile Kiu-Shiu : Kumamoto et Nagasaki (G. Lewis !, in Brit. Mus. et
Mus. Paris).
23. Catops Zariquieyi, n. sp. ; type : Santa-Maria (Mus. Paris).
Iles Baléares. Majorque, nombreux exemplaires de diverses localités (R. Za-
riquiey !).
24. Catops speluncarum Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 53;
type : Sardaigne (Mus. Paris). — 1901, Deutsche ent. Zs., p. 44.
Espèce généralement cavernicole.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
385
Sardaigne : grotta di Marmori, à Ulassai ; grotta dell’Inferno, à Scala di
Giocca ; grotta di Tenara ; grotta di Seulo ; Lula, dans les feuilles mortes
(coll. A. Dodero !).
7. Groupe tristis
25. Catops nitidicollis Kraatz, 1856, Stett. ent. Ztg., XVII, p. 238; type :
Paris (Mus. Dahlem). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 199
(Bibliogr.).
Toujours rare. Se prend dans la forêt de Fontainebleau sur les crottes de
Renards et à l’entrée des terriers de Lapins. Plus commun en automne
(F. Gruardet).
Largement répandu dans l’Europe moyenne et méditerranéenne, jusqu’au
Caucase.
France. Seine : Paris (Ch. Brisout !). Seine-et-Marne : Fontainebleau
(F. Gruardet !) ; La Ferté-Alais (L. Bedel !). Somme : Mers (Carpentier !).
Marne : Reims (Warnier !). Cher : Bourges (Ste-Cl. Deville !). — Allemagne.
Saxe : Leipzig (Bodemeyer !). — Italie. Lazio : monte Cava (A. Dodero !).
Roma : lago Albano (A. Dodero !, K. Holdhaus !). Monte Gargano : Cagnano
(K. Holdhaus !). — Yougoslavie. Slavonie : Ruma (D r Hensch !). Serbie : lac
de Presba (P. Denier !). Russie : Daghestan (coll. Reitter !).
26. Catops erro Reiche, 1864, Ann. Soc. ent. Fr., p. 236 (Choleva) ; type :
Oran.
Localisé dans le nord de l’Afrique. Rare ; sur les crottes de Renards.
Algérie. Oran : Lalla-Marnia (coll. Fairmaire !). Constantine : Medjez-Amar,
près de Guelma (Clouet des Pesruches !). — Tunisie : Le Kef (D r Normand !).
27. Catops grandicollis Erichson, 1837, Kâf. Mark Brandenb., I, p. 237 ; type :
Brandenburg (Zool. Mus. Berlin ?). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars
95, p. 193 (Bibliogr.). — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 16.
A l’entrée des terriers de Lapins et sur les crottes de Renards (F. Gruardet).
Trouvé en Angleterre dans un nid de Vespa vulgaris (Cl. Morley, 1899).
Europe moyenne, mais avec des lacunes inexplicables.
Dans le nord, il est commun dans les îles Britanniques, y compris l’Irlande.
II se trouve au Danemark, dans les îles Lôlland et Zeeland, mais il fait défaut
dans la Scandinavie, la Finlande, la Russie et même l’est de l’Allemagne.
En France, C. grandicollis est fréquent dans le bassin de la Seine et sur le
massif central, mais il n’est pas connu du bassin de la Garonne ni du sud-est
de la France. Dans la région méditerranéenne, il existe en Espagne, mais non
dans la péninsule italienne ; il reparaît en Istrie et dans toute la péninsule
balkanique et l’Asie mineure.
Iles Britanniques. Irlande : nombreuses localités (Johnson and Halbert).
Écosse : Paisley, Dunfries co. (A. Murray !). Angleterre : Goodwood, Sussex
(B. S. Harwood!); Newbury, Berks. (B. S. Harwood !) ; Sufïolk (Morley).
MÉMOIRES DU MUSÉUM, nouvelle série, tome I. 25
386
D- RENÉ JEA.NNEL
— Danemark : Jutland et archipel (d’après R. Krogerus, 1931). — France.
Nord : Lille (Bourgeois !). Seine : Paris (Aubé !). Seine-et-Oise : forêt de
Saint-Germain (Poujade !, Gouget !) ; forêt de Rambouillet (A. Méqui-
gnon !) ; forêt de Marly (Dubois !). Seine-et-Marne : forêt de Fontainebleau
(F. Gruardet !). Oise : Saint-Maximin (L. Bedel !). Maine-et-Loire : Angers
(Venet !). Indre-et- Loire : Perrusson (A. Méquignon !). Allier : Broût-Vernet
(H. du Buysson !). Puy-de-Dôme : Puy Clerzion (Venet!). Vienne: Saint-
Barbant (J. Mesmin!). Cher : Bourges (Ste-Cl. Deville !). — Espagne: Madrid
(S. de Uhagon).
Allemagne. Rheinland : Bonn (Rüschkamp !). Hesse : Cassel (L. Weber !).
Westphalie (D r Michow !). Franconie : Aschaffenburg (Schwarzer !). Silésie :
Breslau (Fein !). ■—- Suisse : Bienne, Jura (A. Mathey !). — Autriche. Basse-
Autriche : Wien (E. Reitter !) ; Môdling (A. Kniz !). Styrie : Wildon (G. Rava-
sini !) ; Leithagebirge (L. Ganglbauer !). — Hongrie : Pilis Marot (E. Csiki !). —
Roumanie. Transylvanie : Braçov (Fr. Deubel !). Banat : Bàile Erculane
(Wingelmüller !). Olténie : Comana Vlascâ (A. Montandon!).
Italie. Vénétie Julienne : Trieste (G. Ravasini!); Materia (G. Ravasini!);
Lipizza (O. Chenda!) ; mont Nanos (J. Müller!). Istrie : Abbazzia (D r von
Beszédes !). — Yougoslavie. Herzégovine : Ubli (O. Leonhard !). Krivosije
(Paganetti !). — Grèce. Macédoine : monts Bue, au sud du lac de Presba (L. Wei-
rather !) ; mont Athos (A. Schatzmayr !). Attique ; mont Parnasse (coll.
Saulcy !). Péloponèse : Cumani (E. Brenske !). —- Turquie (E. Reitter !). —
Asie mineure : Smyrne (F. de Saulcy !, coll. Argod).
28. Gatops Solarii, Jeannel, 1934, Rev. fr. d’Ent., I, p. 12 ; type : Rividonsoli
(coll. F. Solari).
Italie. Abruzzes, prov. di Aquila : Rividonsoli, un mâle (F. Solari !).
29. Catops Kirbyi Spence, 1815, Trans. Linn. Soc. London, XI, p. 148 ; type :
Angleterre. — llatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 196 (Bibliogr.). —
Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 17, fig. 13. — rotundicollis
Kellner, 1846, Stett. ent. Ztg., VII, p. 176 ; type : forêt de Thu-
ringe (Mus. Gotha).
Biol. -— Weber, 1925, in Blunck, Syll. Ins.-Biol., I, p. 123.
Commun sous les petits cadavres et à l’entrée des terriers de Lapins.
Europe moyenne et méditerrannée. Répandu dans la Grande-Bretagne,
mais non en Irlande. II existe dans le Danemark et le sud de la Suède sans être
cité de Norvège ni de Finlande. Dans le sud, il s’avance dans la région médi¬
terranéenne dans les trois péninsules, et atteint vers l’est le Caucase.
Iles Britanniques. Angleterre : Westerham, Surrey co, (B. S. Harwood !).
Écosse (D. Sharp !). — Suède : Skâne (coll. Boheman !). — Danemark (Hansen).
— France. Calvados : forêt de Cinglais (Dubourgais !). Seine-Inférieure : Yport
(Ste-Cl. Deville !). Eure : forêt d’Évreux (G. Portevin !). Seine : Paris (J. Bigot!).
Seine-et-Oise : forêt de Marly (Venet !) ; Versailles (A. Méquignon !) ; forêt de
Saint-Germain (Ch. Brisout !). Oise : forêt de Compiègne (A. Méquignon !).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
387
Seine-et-Marne : La Ferté-Alais (L. Bedel!) ; forêt de Fontainebleau (F. Gruar-
det !). Aisne : Soissons (Bufîévent !). Ardennes : Sedan (J. Caulle !). Indre-et-
Loire : Perrusson (A. Méquignon !) ; forêt de Loches (A. Méquignon !). Allier :
Broût-Yernet (H. du Buysson !). Cantal : Le Lioran (Venet!). Puy-de-
Dôme : Sarcenat (J. Teilhard!); Montaigut (F. Mascaraux !). Lozère : La
Malène (A. Méquignon !). — Espagne. Madrid : La Granja (D. Sharp !). —-
Italie. Toscane : Carfagnaga (A. Dodero !). Emilie : Gabellina, Reggio d’Emi-
lia (F. Solari !).
Allemagne. Rheinland : Aachen (Rüschkamp!). Baden (E. Reitter!). Fran-
conie : Aschaffenburg (Schwarzer !). Wesphalie : Ulm (R. Graffel !). Côthen
(L. Weber !). — Autriche. Styrie : Wechselgebirge (L. Ganglbauer !). —
Tchécoslovaquie. Bohême : Spindelmühle, Riesengebirge (Skalitzky !). —
Roumanie. Transylvanie : Scâriçoara, monts Bihar (R. Jeannel) ; monts
Negoi, Carpathes mér. (R. Jeannel). Banat : poiana înaltâ, monte Sarco
(J. Roth !) ; Bàile Erculane (Wingelmüller !). — Yougoslavie : Serbie : Uzice,
Serbie or. (R. Jeannel).
Russie. Vladikaukaz (Demokudov !). Daghestan (H. Leder !). — Transcau¬
casie. Géorgie : Tiflis (Christov !). Abkasia : Abago (Stark !). Kutaïs : monts
Messchiis (H. Leder !). Arménie : montagnes de l’Araxes (H. Leder !).
30. Catops dichrous Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 57 ;
type : monts Messchiis (Mus. Paris). -—1901, Deutsche ent. Zs., p. 45.
Russie du Sud. Stavropol : IVrasnaja Poiana (D r Lgocki !). Kuban : Bolch
Laba (ex Staudinger). — Transcaucasie. Géorgie : Abkasia et Svanétie (H. Le¬
der !) ; Tiflis (Yakobson !) ; Kutaïs : monts Messchiis (H. Leder !).
31. Catops tristis Panzer, 1794, Faun. Germ., VIII, n° 1. — Hatch, 1928,
Col. Cat., pars 95, p. 198. — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 16,
fîg. 12.— Leachi Spence, 1815, Trans. Linn. Soc. London, XI, p. 148;
type : Grande-Bretagne. —■ Spencei Stephens, 1830, 111. Brit. Ent.,
Mand., III, p. 11 ; type : London. — nigrita Sturm, 1839, Deutschl.
Fauna, Ins. XIV, p. 24, pl. 275, fig. C (nec Erichson 1837). — monti-
vagus Heer, 1838, Fauna Col. Helv., I, p. 381; type : Suisse (Mus.
Zurich ?). — abdominalis Rosenhauer, 1847, Beitr. Ins. Faun. Eur.,
I, p. 22 ; type : Tyrol. — univestis Guillebeau, 1891, L’Échange VII,
p. 116; type : France. — dichrous Münster, 1912, Nyt. Mag. Naturv.
(nec Reitter, 1884). — ventricosus Reitter, 1885, Naturg. Ins.
Deutschl., III, 2, p. 253 (nec Weise 1877).
Biol. — Falcoz, 1914, Faune Microc., p. 138. — Heselhaus,
Weber, Marié (M. Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 199). — Marié,
1930, Ann. Sc. Nat., (10) XIII, p. 222.
Fréquemment pholéophile (Falcoz). Se trouve surtout dans les terriers de
Lapins et dans ceux des Blaireaux (Falcoz, Méquignon). Il est aussi signalé chez
le Hamster, en Galicie (Roubal) et avec les Marmottes, dans les Alpes (Marié)
et dans la Tatra (Roubal). On le rencontre, en Angleterre, dans les nids de
388
D r RENÉ JEANNEL
Taupes (Falcoz) et dans ceux de Vespavulgaris (Morley, Britten). Enfin l’espèce
est fréquemment cavernicole, surtout dans les Pyrénées et la péninsule bal¬
kanique.
Répandu dans la plus grande partie de l’Europe. Dans le nord, sa distribu¬
tion est continue et s’étend jusque dans les régions arctiques (71° lat. N). Dans
l’Europe moyenne, son aire de répartition va du Finistère jusqu’à Moscou.
Mais dans le sud de l’Europe, sa distribution devient discontinue, et on ne le
rencontre guère que dans les montagnes : il occupe les monts Gantabriques et
les Pyrénées, le massif Central français, les Alpes, le nord des Apennins jus¬
qu’à la Toscane, les monts Dinariques jusqu’au Monténégro, les Carpathes
méridionales. Il manque dans les parties méridionales des péninsules. Il
n’existe pas dans le Caucase.
Le C. tristis est une espèce hercynienne, dont la distribution a été modifiée
par le réchauffement postglaciaire du climat de l’Europe, qui l’a chassé des
régions méridionales, concentré dans les montagnes du sud de l’Europe
moyenne et largement dispersé dans les zones subarctique et arctique. Comme
de règle, là où l’espèce a été reléguée dans les montagnes, elle tend également à
devenir cavernicole.
Iles Britanniques. Angleterre : Newbury, Berkshire (Harwood !) ; Wim-
borne, Dorset co. (Harwood !). Irlande : Ulster, Leinster et Munster (Johnson
and Halbert). — Norvège et Suède : toute la péninsule, jusque dans la zone
arctique (Krogerus). — Finlande : Lojo (Krogerus !) ; nombreuses localités
jusque dans l’extrême nord (Krogerus, 1931). — Danemark (Lohmander,
Krogerus 1931). — Russie. Péninsule de Kola : Alexandrovsk, sur la côte
mourmane (Fridolin !). Archangel, station biologique (Dogel !).
France. Finistère : Morlaix (Hervé !) ; Roscoff (Ste-Cl. Deville !). Calvados :
forêt de Cinglais (Dubourgais !). Eure, : Montfort (Marceron !). Seine-et-Oise :
forêt de Saint-Germain (Ch. Brisout !). Yonne : Châtel-Gérard (Comon !).
Marne : forêt de Troisfontaines (Ste-Cl. Deville !). Aisne : Soissons (Bufïévent !).
Ardennes : Sedan (Caulle !). Vosges : Épinal et Saint-Dié (Ste-Cl. Deville !).
Indre-et-Loire : Perrusson (Méquignon!). Loir-et-Cher : Vendôme (Méqui-
gnon !). Loire-Inférieure : Cercottes (Méquignon !). Vienne : Saint-Barbant
(Mesmin !). Cher : Bourges (Ste-Cl. Deville!). Allier : Broût-Vernet (H. du
Buysson !). Puy-de-Dôme : Mont-Dore (Ste-Cl. Deville !) ; La Bourboule
(H. du Buysson !). Cantal : Le Lioran (Venet !). Ain : grotte de Sauge, à Cerdon
(Jacquet !). Isère : Vienne (Falcoz !). Basses-Alpes : Le Lauzet (Ste-Cl. Deville !).
Var : Le Beausset (Sietti !). Alpes-Maritimes : Saint-Martin-Vésubie et
L’Authion (Ste-Cl. Deville !). Aude : mont Alaric (Ste-Cl. Deville !). Ariège :
grotte d’Aurouze \Biosp. 109]. Haute-Garonne : grotte de Gourgue [ Biosp.
431]. Hautes-Pyrénées : Ossau (Mascarauxl). Basses-Pyrénées : grotte de
l’Oueil-du-Néez [Biosp. 504]. Landes : Saint-Martin-de-Seignaux (Masca-
raux !).
Allemagne : Rheinland : Bonn ; Valkenburg (Rüschkamp 1). Hamburg
(Borchmann !); Frankfurt-am-Main (Bickhardt !). — Suisse. Alpes Vaudoises :
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
389
massif de la Tour d’Aï, 2.100 m. (Bugnion !). — Autriche. Haute-Autriche :
Salzburz (Skalitzky !). Tyrol : Wolkenstein (Ganglbauer !), Alpein, près
d’Innsbruck et Arlberg, dans les terriers de marmottes (D r Pechlaner !).
Basse-Autriche : Wechselgebirge (Ganglbauer!). Styrie : Prassburg(Penecke !) ;
Stuhleck (Ganglbauer !). — Tchécoslovaquie. Bohême : Biesengebirge
(Schwarzer!). Haute Tatra, terriers de marmottes (Boubal !). — Roumanie.
Transylvanie : Scâriçoara, monts Bihar (Jeannel) ; peçterea Ghibartului [Biosp.
982] ; monts Negoi, Carpathes mér. (Jeannel). Banat. : poiana înaltâ (Both !).
Valacbie : Azuga (Montandon !).
Espagne. Asturies : Cancas (Paganetti !) ; Caboalles (Paganetti !). Navarre :
Alsasûa (Uhagon). Santander : cueva de Valle [Biosp. 209]. Léon : cueva de
Valporquero [Biosp. 646] ( 1 ). — Italie. Piémont : Ceresole Beale (A. Solari!);
val Ghiobba, Biellese (Capra!); sanctuario di Oropa, Biellese (Dodero !).
Trentin : monte Rima et Cima Serolo, Giudicarie (Mancini !). Vénétie : plateau
des Sept-Communes (Keyrovsky !). Toscane : Alpi Apuane (Mancini !) ; Alpi
di Luna, Arezzo (Mancini !) ; Bosco Longo, Pistoja (F. Solari !). Ligurie :
monte Penna (F. Solari !). Vénétie Julienne : grotte Dimnice, Marcossina
[Biosp 1018] ; Brloviza jama, à Orchek, près de Postumia (Pretner !). —
Yougoslavie. Slovénie : grotte Ledenica, à Alben (Springer !) ; grotte de
Treffen (Weber !); Crna Prst (Ganglbauer !). Croatie : monts Kapella (Apfel-
beck!). Bosnie : Trebevié (Apfelbeck!). Herzégovine. Krivosije (Paganetti!).
Monténégro : grottes sur le Lovcen et le Maganik planina (Weirather !).
32. Catops ventricosus Weise, 1877, Verh. natf. Ver. Brünn, XVI, p. 145 ; type :
Azkhur ( 2 ) (Caucase).
La distribution discontinue de ce Catops : monts Cantabriques, Italie cen¬
trale et Caucase, est remarquable. Elle paraît jalonner l’ancienne chaîne
pyrénéo-tyrrhénienne qui a dû s’étendre sur toute la Méditerranée au début du
Tertiaire (R. Jeannel, 1928, Mon. Trechinae : L’Abeille, XXXV, p. 48).
Espagne. Asturies : Cancas (Paganetti !). — Italie. Piémont : sanctuario di
Oropa, Biellese (Dodero !) [mêlé au C. tristis]. Ligurie : San Stefano d’Aveto.
monte Misurasca (Dodero!, Andreini!) [mêlé au C. tristis ] ; Nava (A. Solari!),
Toscane : Bosco Longo, Pistoja (F. Solari !). Abruzzes : Palena, près de Cbieti
(A. Solari !) ; Castel di Sangro (Paganetti !). — Transcaucasie. Géorgie :
Abkasia (Leder !) ; Kutaïs, monts Messchiis (Leder !).
33. Catops chrysomeloides Panzer, 1798, Fauna Germ., LVII, n° 1; type : ?
— Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 197 (Bibliogr.). — Krogerus,
1931, Not. ent., XI, p. 16. —- clavicornis Stephens, 1830, 111. Brit.
Ent., III, p. 9 ; type : London. — sericeus Stephens, 1830,1. c., p. 9 ;
type : London.
(4) P. de Oliveira cite le C. tristis de Bussaco et de Coimbra, dans les montagnes du
nord du Portugal.
(2) Le C. tristis var. ventricosus de Reitter (1884) etdes auteurs subséquents n'a rien de
commun avec l’espèce décrite par Weise.
390
RENE JEANNEL
Biol. — Falcoz, 1914, Faune Microcav., p. 137. — Weber, 1925,
Syll. Ins. Biol., I, p. 123.
Fréquent dans les détritus végétaux, surtout les Champignons en décom¬
position. Aussi pholéophile : avec la Taupe, en Hollande (Hqselhaus), le Lapin,
en France (Méquignon), le Blaireau, en France (Méquignon), le Mus musculus
et YArvicola arvalis, en Bohême (Roubal), le Hamster, en Allemagne (Heiden-
reich). Enfin dans les nids de Guêpes, en Angleterre (Britten, Morley). Je ne
l’ai jamais rencontré dans les cavernes.
Largement distribué dans l’Europe moyenne, sans atteindre la zone subarc¬
tique ni la région méditerranéenne. Il existe dans les deux îles Britanniques et
fait défaut dans la péninsule Scandinave. Vers l’est, il semble atteindre l’Oural
(Yakobson). Dans le sud, il est connu du Bas-Languedoc, mais fait défaut en
Provence. Il n’est pas connu d’Italie, ni de la péninsule balkanique, mais se
retrouve dans le Caucase.
Iles Britanniques. Angleterre : Streatley, Berkshire (Harwood !); Wes-
terham, Surrey (Harwood !) ; Wallasey, Sheshire (Zipper !). Irlande : Ulster
(Johnson and Halbert). —Danemark (Krogerus, 1931). — France. Calvados :
Fontenay (Dubourgais !). Eure : Ëvreux (Portevin 1). Seine-et-Oise : Marly
(Ch. Brisout !) ; Montfermeil (Méquignon !). Oise : Compiègne (Jeannel).
Aisne : Soissons (Buffévent !). Marne : Reims (Warnier !). Haute-Marne :
Langres (E. Royer !). Seine-et-Marne : Pontault (Ste-Cl. Deville !) ; Fontaine¬
bleau (Gruardet !). Yonne : Châtel-Gérard (Comon !). Ardennes : Sedan
(Caulle !). Indre-et-Loire : Perrusson (Méquignon !). Cher : Bourges (Ste-Cl.
Deville !). Allier : Broût-Vernet (H. du Buysson !). Saône-et-Loire : Le Creusot
(Ste-Cl. Deville !). Haute-Saône : Gray (Caulle !). Rhône (Falcoz !). Lot-et-
Garonne : Sos (Mascaraux !). Aude : Carcassonne (Brunier !).
Allemagne. Rheinland : Bonn (Rüschkamp !). Westphalie : Ulm (Graffel!).
Hamburg (Borchmann !). Franconie : Aschaffenburg (Schwarzer !). Saxe :
Vogtland (Staudinger !). Silésie : Breslau (Fein !). — Tchécoslovaquie.
Bohême : Prague (Skalitzky !); Przibram (Hlisnikowski !) ; Altvater (Bode-
demeyer !) ; Brandeis (Skalitzky !). Moravie : Paskau (Reitter!). — Autriche.
Haute-Autriche : Salzburg (Skalitzky !). Basse-Autriche : Wien (Reitter !) ;
Marchfeld (Breit). Styrie : Wildon (Ravasini !). — Hongrie occidentale (Breit !).
— Roumanie. Transylvanie : Braçov, Carpathes mér. (Deubel !). Yalachie :
Comana Vlascâ (Montandon !).
Russie du sud. Stavropol : Melnikovo, près d’Alexandrovsk (Demokidov !).
Daghestan (H. Leder !).
34. Catops Purkynei Obenberger, 1922, Arch. Naturg., LXXXII (1917),
A 4, p. 15, pl. i, fig. 5 ; type : Musalla (Mus. Prague).
Espèce orophile, se prenant sous les pierres enfoncées, dans les endroits
humides.
Bulgarie : régions supérieures du mont Musalla, dans le massif du Rhodope
(Purkyne !, Rambousek !).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
391
35. Catops neglectus Kraatz, 1852,Stett. ent. Ztg.,XIII, p. 434 ; type : Halle
(Mus. Dahlem).— Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 196 (Bibliogr.).
Biol. -—Weber, 1925, in Blunck, Syll. Ins.-Biol., I, p. 123.
Toujours rare. Pholéophile avec le Lapin et le Blaireau.
Répandu dans l’Europe centrale, le nord de la France et la péninsule
balkanique. Il est inconnu des Alpes.
France. Calvados : forêt de Cinglais (Dubourgais !). Seine : Paris (Ch. Bri-
sout !). Seine-et-Oise : Versailles (Méquignon !) ; Verrières (Léveillé !). Oise :
Coye (Bedel !). Laigneville (Méquignon !). Haute-Marne : Manois (Ste-Cl.
Deville !). Aisne : Condé ; Soissons (Buffévent !). Cher : Bourges (Ste-Cl. De-
ville!). Indre-et-Loire : Perrusson (Méquignon!). Allier : Broût-Vernet (H. du
Buysson !). Puy-de-Dôme : La Bourboule (H. du Buysson !) ; Sarcenat
(Teilhard !) ; Montaigut (Mascaraux !). Ardennes : Sedan (Caulle !). — Suisse :
Nidau, Jura (Mathey !). — Allemagne. Hesse : Cassel (Weber!). Nassau :
Schwanheim (Bickhardt !). Baden : Wimpfen (Eppelsheim !). — Hongrie :
Budapest (Biro !). — Roumanie. Transylvanie : Braçov (Deubel !). Banat :
Bâile Erculane (Wingelmüllèr !). Valachie : Comana Vlascâ (Montandon !).
— Yougoslavie: Bosnie : Sarajevo (Apfelbeck !). Herzégovine : Vysocica
planina (Setnik !). Monténégro : grottes du Lisac planina (Weiratber !). —
Albanie. Miridita : Zebia (Apfelbeck !). — Grèce. Monastir : Vodena (Ram-
bousek !). Péloponèse: Hagios Vlassis (Brenske !).
Russie. Territoires de la Caspienne : Liryk (Leder !).
36. Catops Moczarskii Breit, 1908, Munch. Kol. Zs., III, p. 134 ; type : Corfu
(coll. Breit).
Corfou : Pantocrator, mâle et femelle (Breit !).
37. Catops Oertzeni Reitter, 1887, Deutsche ent. Zs., XXXI, p. 281 ; type :
Parnasse (Mus. Budapest). — 1901, Deutsche ent. Zs., p. 17.
Grèce. Béotie : mont Parnasse (E. von Oertzen !), un seul mâle connu.
38. Catops hybridus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 52;
type : Erzeroum (Mus. Paris). — 1901, Deutsche ent. Zs., p. 47.
Arménie. Erzeroum (coll. Reitter !) ; montagnes de l’Araxes (Leder !).
39. Catops cribratus, n. sp. ; type : monts Davras (Mus. Paris).
Asie mineure. Taurus de Pisidie : grotte des monts Davras, près d’Isparta
(Weirather !) ; grottes des monts Dipojras, près de Bey-Schéhir, au sud-est
du lac Iviriti (Weirather!).
40. Catops La Brûleriei, n. sp. ; type : Syrie (coll. Sédillot, in Mus. Paris).
Syrie , un mâle (La Brûlerie!); Akbès, plusieurs femelles (Escaleral).
41. Catops Kozlovi, n. sp. ; type : Chouan-ché (Mus. Ac. Sc. Leningrad).
Tibet oriental : vallée des lacs du Chouan-ché supérieur, une seule femelle
(P. Kozlov !, juin 1900).
392
Dr RENÉ JEANNEL
8. Groupe morio
42. Catops morio Fabricius, 1792, Ent. Syst., I, 2, p. 507 ( Tritoma) ; type :
Kiel (Mus. Kiel). — Hatch,1928, Col. Cat., pars 95, p. 195 (Bibliogr.).
— Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 14, fîg. 9 et 20. — dissimulator
Spence, 1815, Trans. Linn. Soc. London, XI, p. 150 ; type : Angleterre.
— sericeus Gyllenhal, 1827, Ins. Suec., IV, p. 313 ; type : Scandinavie
(Mus. Stockholm). — fornicatus C. R. Sahlberg, 1817, Ins., I, p. 92
(pars). — substriatus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII,
p. 56 ; type : Finlande (Mus. Helsingfors). — lapponicus J. Sahlberg,
1889, Acta Soc. Fauna Fl. Fenn., VI, p. 45 ; type : Lapponie (Mus.
Helsingfors). — laticollis J. Sahlberg, 1889, 1. c., p. 46 ; type : Hel¬
singfors (Mus. Helsingfors).
Biol. — Falcoz, 1914, Faune Microc., p. 137. — Heselhaus,
Weber (Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 196).
Toujours rare. Pholéophile, avec la Taupe en France, en Angleterre et en
Hollande (Heselhaus). Trouvé aussi dans un nid de Belette, à Pontarlier
(Gruardet) et dans les nids de Hamsters, en Allemagne (Gerhardt). Falcoz le
cite comme pris dans les terriers de Marmotte, mais il s’agit certainement du
C. Joffrei.
Répandu dans l’Europe septentrionale. Il occupe les deux îles Britanniques,
la Scandinavie jusque dans la zone arctique, le nord de la Russie et l’ouest de
la Sibérie. Dans le sud de l’Europe, ses stations sont discontinues, les plus
méridionales étant Madrid, les Alpes-Maritimes, la Slovénie et la Crimée.
Iles Britanniques. Angleterre : Harpenden, Hertford co. (Harwood !) ;
Henny, Essex co. (Harwood!); Newbury, Berkshire (Harwood!); Suffolk
(Morley !) ; Lancashire (Sharp !). Irlande : Ulster et Leinster (Johnson and
Halbert). — Norvège. Oslo : Kongsberg (Münster !) ; Jotunfield (Münster !) ;
nombreuses localités jusque dans l’extrême nord (Krogerus, 1931). — Suède :
Môhndal (Ericson !) ; Dalecarlia alpine (coll. Boheman !) ; nombreuses loca¬
lités citées par Krogerus (1931). — Finlande : Helsingfors (Krogerus !) ;
Suomissalmi (Krogerus !) ; Hattula (Wegenius !) ; Sammati (J. Sahlberg !) ;
cité encore de nombreuses localités par Krogerus (1931). — Danemark (Loh-
mander, teste Krogerus). — Russie. Yaroslav : Berditsyno, dans une cave
(Yakovlev!). Viatka : Malmyjsk (Yakovlev!); Ourjoumsk (Kroulikovsky!)•
Olonets; Kiev; Kharkov ; Grimée (d’après Yakobson). — Sibérie. Tobolsk:
Beresovsk (Zaitsev !). Province Akmolinsk : Djilansk (Bolyktoysk !).
Espagne : Madrid (Vuillefroy !). — France. Nord : Douai (Ste-Cl. Deville !).
Somme : Longpré-les-Amiens (Ste Cl. Deville !). Aisne : Soissons (Buffévent !).
Seine-et-Oise : bords de la Marne (Fairmaire !). Cher : Bourges (Gruardet !).
Alpes-Maritimes : Tortissa, haute vallée de la Tinée (Peyerimhoff !). — Suisse :
Nidau, dans le Jura (Mathey !). — Allemagne. Rheinland : Crefeld ; Erkelenz ;
Aachen (Rüschkamp!). Hamburg (Meier!). Berlin (Staudinger!). Wurtemberg :
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
393
Ulm (Graffel !). Baden : Heidelberg (Haas !). Franconie : Erlangen (Rosb !).
Prusse orientale (Reitter !). Silésie : Breslau (Fein !). — Autriche. Tyrol :
Innsbruck (Ravasini !). Mark : Wildpark (Golm !). Basse-Autriche : Neusied-
lersee (Paganetti !). — Tchéocoslovaquie. Moravie : Aussee (Wingelmüller !) ;
Paskau (Reitter!). — Italie. Vénétie Julienne : Ljubljana (Staudinger!).
43. Catops alsiosus G. H. Horn, 1885, Trans. Amer. ent. Soc., XII, p. 136,
(Choleva) ; type : Alaska (Ac. Philad.). — Blanchard, 1915, Ent.
News, XXVÎ, p. 294.
b. Subsp. mongolicus, nov. ; type : nord de la Mongolie (Mus. Paris).
Sous les cadavres et dans les feuilles mortes. Trouvé dans le nid d’une
Belette, dans le Manitoba (Wallis).
L’espèce paraît répandue dans le nord de l’Amérique, de l’Alaska à l’Atlan¬
tique, et d’autre part dans l’est de l’Asie.
a. Subsp. alsiosus. s. str. — Amérique du Nord. Alaska : Koyuyuk river, 69°
lat. N. (Hatch) ; Rampart House (J. Jessup !). — Canada. Alberta : Edmonton
(Hatch). Manitoba : Onah (Hatch) ; Hudson Bay (Brit. Mus. !). Nova Scotia :
Truro (Hatch). New-York : Ithaca (Hatch). Massachusetts : Framingham ;
Sherborn (Hatch).
b. Subsp. mongolicus Jeann. — Chine. Mongolie septentrionale : monts
Changaï (Leder !), un mâle. — Sibérie. Irkoutsk, un mâle (Yakovlev !).
Yakoutsk : confluent de l’Aldane et de la Lena (Tchékonovsky !). — Pro¬
vinces maritimes. Oussouri : Tchernigovka (Emilianov !).
44. Catops angustitarsis Reitter, 1896, Wien. ent. Ztg., XV, p. 66; type :
Karakoroum (Mus. Budapest). — 1901, Deutsche ent. Zs., p. 46.
b. Subsp. Lewisi , nov. ; type : Japon (Brit. Mus.).
a. Subsp. angustitarsis , s. str. — Chine. Mongolie septentrionale : Karako¬
roum (Leder !). — Sibérie orientale : source de l’Irkut, région du lac Baïkal
(Leder).
b. Subsp. Lewisi Jeann. — Japon (Lewis!, in Brit. Mus.).
9. Groupe nigrita
45. Catops nigrita Erichson, 1836, Kàf. Mark Brandenb., 1, p. 239 ; type :
Brandenburg (Zool. Mus. Berlin ?). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars
95, p. 194 (Bibliogr.). — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 14, fig. 8,
19 et 24. — morio Paykull, 1798, Faun. Suec., I, p. 344 (nec Fabri-
cius). — Marshami Spence, 1815, Trans. Linn. Soc. London, XI,
p. 149 ; type : Angleterre. — affmis Stephens, 1830, 111. Brit. Ent.,
III, p. 10 ; type : Bristol (coll. Marsham). — caliginosus Stephens,
1830, 1. c., III, p. 12 ; type : Londres.
Biol. — Champion, 1907, Ent. Montl. Mag., XLIII, p. 63. —
Falcoz, 1914, Faun. Microc., p. 136. — Weber, 1925, in Blunck,
Syll. Ins.-Biol., I, p. 122.
394
D' RENÉ JEANNEL
Sous les cadavres d’Oiseaux et fréquemment pholéophile. Il a été trouvé
dans les terriers de Lapins, de Blaireaux, dans les nids de Taupes, de Hamsters
et de petits Rongeurs : Evotomys glareolus (Heim de Balsac !).
Répandu dans l’Europe moyenne et septentrionale ; sa distribution est à
peu près la même que celles des C. longulus et C. tristis , sauf qu’il ne paraît pas
exister en Irlande. Sans doute s’agit-il encore d’une espèce hercynienne
refoulée dans les montagnes de l’Europe méridionale et largement émigréevers
le nord jusque dans les régions arctiques (70° lat. N). Mais alors que les C. lon¬
gulus et C. tristis sont fréquemment cavernicoles, le C. nigrita s’est réfugié de
préférence dans les terriers des Mammifères.
Iles Britanniques. Écosse : Thornhill, Dumfries co. (Harwood!). Angleterre :
Hermitage (Harwood !). — Norvège. Oslo : Kongsberg (Münster !). Suède
(coll. Ste-Cl. Deville !). — Finlande : Lojo (Krogerus !) ; Hattula (Wegelius !).
Krogerus (1931) le cite de nombreuses localités dans toute la péninsule
Scandinave, la Finlande, et le Danemark. — Russie. Carélie : Olonets (Yakob-
son). Archangel : Karavannaya (Trgesnovsky !). Yaroslav : Berditzyno
(Yakovlev !). Leningrad : Yambourg (Borovsky !) ; Louga (Solsky !) ; forêt
de la Tcharnaya (Lindgolm !). Moscou (Lgocki !). Viatka : Malmyjsk (Yakov¬
lev !). Saratov : Konsniatsk (Souchkin-Redikov !). Ukraine : Kiev (Yakobson).
France. Pas-de-Calais : forêt de Boulogne (Ste-Cl. Deville 1) ; Wimille
(Méquignon !) ; Bainethun (Méquignon !). Calvados : forêt de Cinglais (Du-
bourgais ! ); Fresnay-le-Petit (Dubourgais 1). Seine-Inférieure : Eu (Bedel !).
Haute-Marne : Gudmont (Ste-Cl. Deville !). Ardennes : Sedan (Caulle !). Vosges :
Épinal (Ste-Cl. Deville!). Meurthe-et-Moselle : Nancy (Peyerimhofïl). Oise :
Laigneville (Méquignon!). Allier : Broût-Vernet (H. du Buysson !). Rhône
(Falcoz). Bouches-du-Rhône : Aix (Tissonl). Vaucluse : La Bonde (Fagniez !),
— Allemagne. Rheinland : Bonn ; Erkelenz; Crefeld (Rüschkamp !). Hamburg
(Meier!). Wurtemberg : Ulm (Gralîel 1). Bade : Schwarzwald (Reitter !).
Thuringe (Michow !). Nassau : Taunus (Bickhardt !). Saxe : Vogtland (Stau-
dinger 1). Silésie : Breslau (Staudinger 1). Poméranie : Kôslin (Staudinger !). —
Pologne. Galicie : Stryj (Obenberger !). — Tchécoslovaquie. Bohême :
Bôhmerwald (Reitter !) ; Spindelmühle, Riesengebirge (Reitter !). Moravie :
Aussee (Wingelmüller !). — Autriche. Basse-Autriche : Wien (Reitter!);
Rekawinkel (Ganglbauer !) ; Wechselgebirge (Ganglbauer !). Neusiedlersee
(Ganglbauer!). Tyrol : Innsbruck (D r Pechlaner !). Stvrie : Weldon (Ravasini !) ;
Bachergebirge (Ganglbauer!); Graz (J. Müller !) ; Stuhleck (Ganglbauer!).
Carinthie : Gross Stou, dans les Karawanken (Ganglbauer !). -— Hongrie :
Budapest (Birô !) ; N. Bocsân (Weber !) ; Ludmilla barlang, à Gombaszôg
(Mehely !).
Italie. Alpes-Maritimes : Madona di Fenestre (Dodero !) ; Nava (F. Solari !) ;
val Pezio (Dodero!). Ligurie : San Stephano d’Aveto (Dodero!). Piémont :
sanctuario di Oropa, Biellese (Dodero !). Trentin : piano délia Fugazza (Gangl¬
bauer !). Vénétie : bosco di Cansiglio (Ravasini !) ; Montello (Ravasini !).
Vénétie Julienne : forêt de Tarnova (J. Millier !) ; mont Nanos (Ganglbauer !).
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
395
Istrie : Gastelnuovo (J. Müller !). — Roumanie. Monts Bihar : Ocoalà ;
Scâriçoara ; Câmpeni (Jeannel) ; pe^terea de la parau Budu [ Biosp. 1029].
Banat : Bâile Erculane (Wingelmüller !) ; poiana înaltâ (Roth !). Carpathes
mér. : Kapellenberg, près Braçov (Deubel !). — Yougoslavie. Slavonie :
Ludbreg (Apfelbeck !). Slovénie : Gottschee (Ganglbauer !). Croatie : Pakrac
(Apfelbeck !). Dalmatie : mont Mosor (J. Müller !). Bosnie : Igman planina
(Apfelbeck !) ; Vrelo planina (Apfelbeck !) ; Igman planina (Apfelbeck !).
Monténégro : Kostnica planina (Weirather !). — Albanie : Alpes Albanaises
(Penther !).
46. Catops nigriclavis Gerhardt, 1900, Deutsche ent. Zs., p. 70 ; type :
Liegnitz (C. nigrita, var. nigriclavis). — Reitter, 1901, Deutsche
ent. Zs., p. 43. — Kuhnt, 1913, 111. Best.-Tab. Kàf. Deutschl., p. 330.
— Dorni Reitter, 1913, Col. Rundsch., II, p. 128 ; type : Leipzig
(coll. Reitter) ('). — Everts, 1914, Ent. Ber. IV, p. 48. — 1922, Col.
Neerl., III, p. 174. — Krogerus, 1931, Not. Ent., XI, p. 12, fig. 5 et 17.
Biol. — Weber, 1925, in Blunck Syll. Ins.-Biol., I, p. 123. —
Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 193 (C. Dorni).
Espèce en général inféodée à la Taupe et se trouvant ordinairement dans les
galeries de cet Insectivore. Mais elle a été aussi signalée dans les nids des
Microtus en France (Heim de Balsac), en Bohême (Hlisnikovski) et dans le
Tyrol (Pechlaner). Dans son ensemble (carte fîg. 767) la distribution de ce
Catops correspond avec celle de la Taupe en Europe, sauf qu’il n’est pas connu
des îles Britanniques alors que la Taupe existe en Grande-Bretagne. Il ne paraît
pas se trouver en Russie, où je l’ai cherché en vain parmi les riches matériaux
de l’Académie des Sciences de Léningrad ; mais il occupe, avec la Taupe, les
plaines du sud de la Scandinavie et la Finlande. Dans le sud de l’Europe, il a
été pris hors de la limite méridionale de l’extension de la Taupe, dans le
Lazio, de même en Arménie et en Perse.
La carte de répartition du C. nigriclavis (fig. 767) indique que l’espèce a
dû venir d’Asie vers la région méditerranéenne par l’arc nord-iranien et
l’Ëgéide méridionale. On la trouve, en effet, encore au Turkestan, en Perse, en
Arménie. Il semble qu’elle ait suivi la même voie d’immigration que les Duva-
lius et beaucoup de Choleva. Ce fait expliquerait son absence en Russie. Mais
il est curieux qu’elle n’ait pas encore été signalée de l’Asie mineure.
Norvège. Oslo : Bygdô (Munster !) ; Asker (Münster!); Hovedoen (Münster !).
— Suède. Gôtland : Myresjo (Gaunitz !). Svealand (Grill). — Finlande. Abo :
Lojo (Krogerus !) ; Finby (Porra).
France. Finistère : Morlaix (Hervé !). Calvados : forêt de Cinglais ; Fresnay-
le-Petit (Dubourgais!). Orne : Domfront (Lebis!). Pas-de-Calais : Bainethun
(Méquignon !). Seine-et-Marne : Pontault (Ste-Cl. Deville !). Oise : Laigneville
(1) Je n’ai pas vu le type du C. nigriclavis, mais le caractère indiqué par Gerhardt pour
le séparer du nigrita (massue des antennes entièrement noire) ne laisse aucun doute sur
son identité avec le C. Dorni de Reitter.
398
Dr RENÉ JEANNEL
(Méquignon !). Yonne : Châtelgérard (Comon !). Meuse : Fromeréville (Bettin-
ger!). Meurthe-et-Moselle : Marbache (Bettinger !). Haut-Rhin (coll. Mancini !).
Vosges : Ëpinal (Ste-Cl. Deville !). Indre-et-Loire : Perrusson (Méquignon !).
Loir-et-Cher : Vendôme (Méquignon !). Puy-de-Dôme; Sarcenat (Teilhard !).
Ain : Gex (Ste-Cl. Deville !). Isère : Vienne (Falcoz !). Vaucluse : La Bonde
[sous le cadavre d’un chien] (Fagniez!). Bouches-du-Rhône : Aix (Tisson!). —
Allemagne. Rheinland : Bonn (Rüschkamp !). Hamburg (Zirk !). Hesse :
Cassel (Weber!). Brunswick (Weber!). Nassau : Dotzheim (Bickhardt !).
Wurtemberg : Ulm (Graffel !). Franconie : Aschaffenburg (Schwarzer !).
Brandenburg : Nauen (Staudinger !). Saxe : Magdeburg (Staudinger !) ;
Chemnitz (Naumann !) ; Leipzig (Dorn !, Linke !). Silésie : Breslau (Fein !).
— Tchécoslovaquie. Bohême : Przibram (Hlisnikowski !). Moravie : Paskau
(Reitter !). — Autriche. Basse-Autriche : Bisamberg (Kniz !) ; Schneeberg
(Clair !) ; Kranichberg (Ganglbauer !). Tyrol : Pragsert.hal (Skalitzky !) ;
Innsbruck (D r Pechlaner !). —Hongrie : Budapest (Kuthy !).
Espagne. Asturies : Cancas (Paganetti! (‘). — Italie. Ligurie : San Stefano
d’Aveto (Dodero !) ; Rezzoaglio d’Aveto (Dodero !) ; monte Penna (Dodero !)•
Piémont : Turin (Dodero !) ; Tavagnasca (Demarchi !) ; Scrivia (Dodero !).
Vénétie : Padoue (Gridelli !). Emilie : Bologne (Mancini!); Spilamberto
(Menozzi !). Lazio : Filettino (Dodero !). Istrie (Mancini !). — Roumanie.
Transylvanie : peçterea de la Sohodol [Biosp. 917], monts Bihar. Banat :
Bâile Erculane (Wingelmüller !) ; monte Sarco (Breit !). Valachie : Comana
Vlascâ (Montandon !).
Transcaucasie. Arménie (Leder !). — Perse. Ala Dagh (Hauser !). —
Turkestan : Kopet dagh (A. Semenov !).
47. Catops Joffrei Sainte-Claire Deville, 1927, Bull. Soc. ent. Fr., p. 44;
type : Abriès (Mus. Paris) ( a ).
Biol. — Marié, 1927, Bull. Soc. ent. Fr., p. 70.
Pboléobie, vivant en nombre dans les terriers de Marmottes, dans les
Hautes-Alpes et dans le Tyrol. En Savoie (Marié) et dans la Haute-Tatra
(Roubal), les terriers de Marmottes hébergent le C. tristis , mais non le C. Joffrei.
France. Hautes-Alpes : pic de la Lauze, près d’Abriès (Joffre !) ; col de
Malrif, près d’Abriès (Marié); Briançon (Falcoz !). Basses-Alpes : vallon du
Lauzanier (Marié). — Autriche. Tyrol : Stuttgarter Alp (D r Pechlaner !).
Obs. — Il est remarquable que, très abondant en France, ce Catops devient
plus rare dans le Tyrol et n’existe pas dans les terriers de Marmotte de la
Haute-Tatra.
48. Catops quadraticollis Aubé, 1850, Ann. Soc. ent. Fr., p. 326; pl. n,
fig. 3 ; type : Paris (Mus. Paris). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95,
p. 198 (Bibliogr.). — hispanicus Obenberger, 1922, Arcb. Naturg.,
(1) La Taupe n’existe dans la péninsule Ibérique que dans les Asturies seulement.
(2) C’est l'espèce citée par Falcoz (1914) sous le nom de C. morio, comme trouvée dans
les terriers de Marmottes, dans les llautes-Alpes.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
397
LXXXII, (1916), A 4, p. 16, p], i, fig. 5 ; type : Espagne (Mus.
Prague).
Biol. — Weber, 1925, in Blunck, Syll. Ins., Biol., I, p. 122 ( x ). —
Falcoz, 1914, Faune Microc., p. 136.
Sous les feuilles mortes, dans les Champignons décomposés (Teilhard), sous
les crottes de Renards (Gruardet) et dans les terriers de Lapins et de Blaireaux
(Méquignon).
Espèce atlantique, connue seulement de la France occidentale et des monts
Cantabriques. Sa station la plus orientale est Vienne (Isère) (carte, fig. 768).
France. Finistère : Morlaix (Hervé !). Calvados : forêt de Cinglais (Dubour-
gais). Eure : Montfort (Marceron !). Seine : Paris (Grenier !). Seine-et-Oise :
Maisons-Laffitte (Venet !) ; Saint-Germain (Ch. Brisout !) ; Meudon (Fagniez !).
Seine-et-Marne : Fontainebleau (Gruardet !). Ille-et-Vilaine : Rennes
(Bleuse!). Indre-et-Loire : Tours (Portevin!); Perrusson (Méquignon!). Loir-
et-Cher : Vendôme (Méquignon !). Indre : Chateauroux (Ste-Cl. Deville !).
Puy-de-Dôme : Sarcinat (Teilhard !). Isère : Vienne (Falcoz !). Basses-Py¬
rénées : Eaux-Bonnes (Mascaraux !) ; vallée d’Ossau (Mascaraux !). — Espagne.
Santander : Reinosa (Schramm !). Asturies : Ponferrada (Paganetti !) ;
Cancas (Paganetti !).
49. Catops West! Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 13, fig. 6, 8, 23 et 24 ;
type : Ermelunden (Mus. Helsingfors).
Espèce répandue dans le sud de la Scandinavie et de la Finlande, s’avançant
vers le sud jusque dans le nord-est de la France et vers l’est jusque dans le
centre de la Russie.
Norvège. Oslo; Jarlsberg; Smaalenene (Ivrogerus). — Suède : Skâne ;
Halland ; Smâland ; Ôland ; Vastergôtland (Ericson !) ; Nerike (Krogerus). —
— Finlande : Karislojo (Sahlberg !) ; Lojo (Krogerus !). — Russie. Yaroslav :
Berditsyno (Yakovlev !). Viatka : Malmyjsk (Yakovlev !).
Danemark. Ile Seeland : Ermelunden (West) ; Direhaven ; Bollemosen
(Hansen). — Hollande : Princenhage (Van der Wiel). — Allemagne. Rheinland :
Aachen, un mâle (Wusthoff !, in coll. Rüschkamp). — Belgique. Marche :
trou aux Renards (Leruth !). — France. Vosges : Épinal, un mâle (Ste-Cl.
Deville !). Belfort : Étuefîant, vallée de la Madeleine, un mâle (Brunier !).
50. Catops divaricatus, n. sp. ; type : Svanétie (Mus. Paris).
Russie du Sud : Stavropol : Krasnaja Polana (D r Lgocki !). Kouban :
Bolch Laba (ex. Staudinger !). — Transcaucasie. Géorgie : Svanétie (H. Leder).
10. Groupe fuscus
51. Catops fuscus Panzer, 1794, Fauna Germ., XVIII, n° 1 ( Helops) ; type :
Allemagne. -— Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 191 (Bibliogr.). —
(1) La description de la larve du C. quadraticollis par Xamiieo (1894, Ann. Soc. Linn.
Lyon, XLI,p. 133) se rapporte vraisemblablement au C. fuliginosus.
398
D' RENÉ JEANNEL
Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 11. — sericeus Paykull, 1798,
Fauna Suec., I, p. 324 ; type : Suède. — rufescens Fabrieius, 1801,
Syst. Eleuth., II, p. 563 ; type : Kiel. •— festinans Spence, 1815,
Trans. Linn. Soc. London, XI, p. 145 ; type : Angleterre. — Gyl-
lenhal, 1827, Ins. Suec., IV, p. 314.
Biol. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 191 [Bibliogr.]. —
Falcoz, 1914, Faune Microc., p. 135.
b. Subsp. fuscoides Reitter, 1909, Wiener ent. Ztg., XXVIII, p. 55;
type : Teberda, Caucase centr. (Mus. Budapest). — fusconitidus
Reitter, 1909, 1. c., p. 55. — helladicola Obenberger, 1922, Arch.
Naturg., LXXXII (1915), A 4, p. 17 ; type : Parnasse (Mus. Prague).
— kabylianus Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. S5 ( 1 ) ; type :
Ifri Yacoub (Mus. Paris).
c. Subsp. syriacus, nov. ; type : mont Carmel (Mus. Paris).
Dans les lieux obscurs, dans les vieux troncs d’arbres, sous les feuilles mortes
ou dans les Champignons. Souvent dans les caves ou dans les grottes. Pholéo-
phile, dans les terriers de Lapins, de Blaireaux (France) ou dans les nids des
Hamsters (Allemagne).
Répandu dans toute l’Europe, le nord de l’Afrique, la Syrie, la Palestine
et l’Asie mineure. Il existe dans les deux îles Britanniques et remonte en
Scandinavie jusqu’au 68° lat. N., sans atteindre l’extrême nord. Vers l’est, il
occuperait, d’après Yakobson toute la Russie d’Europe et même la Sibérie
occidentale, jusqu’à Tomsk. Dans le sud, il se trouve dans toute la région médi¬
terranéenne.
Dans cette vaste distribution, le C. fuscus a formé des races géographiques
bien distinctes. Pendant que la forme typique se dispersait largement dans
l’Europe moyenne et occidentale, la race fuscoides s’est isolée sans doute sur
l’Égéide méridionale, en même temps que les espèces de Choleva du groupe
agilis (Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 153). Elle s’est ensuite répandue
dans le nord de l’Afrique et a traversé tardivement la Méditerranée du
sud ou nord, pour atteindre le sud des péninsules occidentales et l’archipel
Tyrrhénien ; vers l’est, elle a atteint le sud de la Russie. Il est remar¬
quable que l’emplacement du détroit Nord-bétique en Espagne, celui du
sillon Transégéen dans la péninsule balkanique limitent exactement au nord
la dispersion du C. fuscoides. Quant à la race syriacus , bien plus voisine du
fuscoides que du fuscus typique, elle n’est qu’une modification locale du
fuscoides qui doit occuper toute l’Asie mineure, la Transcaucasie, la Syrie
et la Palestine.
(1) Décrit sur un seul exemplaire provenant de l'ifri Yacoub, dans le Djurjura. J'ai
revu d'autres Catops de la môme grotte, qui sont tous des C. fuscoides. Je dois constater
aujourd’hui après une étude minutieuse de tous les Galops connus, que mon type du
C. kabylianus est en réalité un assemblage factice résultant d'une erreur commise en
étiquetant mes préparations microscopiques d'organes copulateurs. L’organe décrit
comme étant celui de l’espèce nouvelle est celui d'un C. Irislis. et le C. kabylianus n’est
qu'un petit exemplaire du C. fuscoides Reitt.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
399
a. Subsp. fuscus, s. str. — Iles Britanniques. Angleterre : Brandon, Suffolk
co. (Harwood !) ; Mildenhall, Suffolk co. (Harwood!). Cowley, Middlesex co.
(Power !). Thornhill, Yorks. (Sharp !). Écosse : Berwickshire ; Dumfriesshire
(Murray, 1853). Irlande : Ulster ; Leinster ; Munster (Johnson and Halbert). —
Norvège : Smaalenene ; Oslo; Jarlsberg; Skagerak-Kysten ; Lindesnes;
Stavanger ; Bergen ; Valdres ; Hallingdal ; Indre Helgeland ; Iles Lofoten
(Krogerus, 1931). — Suède : Skâne ; Blekinge ; Halland ; Smâland ; Ôland ;
Gôtland ; Yâstergôtland ; Bohuslân ; Nerike ; Sôdermanland ; Stockholm ! ;
Halsingland ; Lappmark ! (Krogerus, 1931). — Finlande : Abo ; Nylandia ;
Karelia ; Tavastia ; Savonia ; Ostrobothnia ; Kuusamo (Krogerus, 1931). —
Danemark : Nordsjœlland ; Falster-Moen ; Fyen ; Ostjytland ; Westjytland ;
Bornholm (Lohmander). — Esthonie (Rybakov !). — Russie. Léningrad :
Louga (Bokman !). Yaroslav : Berditsyno (Yakovlev !). Viatka : Ourjoum
Lazarevka (Kroulikov !). Vladimir : Youriev (Tchitchérine !). Riazan :
Dankov (A. Semenov!); Rannenbourg (Yakovlev!). — Crimée : rivière Alma
(Rybokov !). — Sibérie. Tomsk (Yakobson).
France. Orne : forêt d’Eraisne (Dubourgais !). Paris, Montmartre (Auzat !).
Seine : Bicêtre (Jeannel) ; Seine-et-Oise : Versailles, caves (coll. Jeannel ) ;
Chaville (Venet !) ; Verneuil (Léveillé !). Seine-et-Marne : Fontainebleau
(Gruardet !) ; La Ferté-Alais (Bedel !) ; Pontault (Ste-Cl. Deville !). Oise :
Beauvais (Ste-CI. Deville !). Pas-de-Calais : forêt de Boulogne (Ste-Cl. Deville !).
Meuse : Ancerville (Ste-Cl. Deville!). Indre-et-Loire : Perrusson (Méquignon !).
Vienne : Morthemer (Mesmin !). Allier : Broût-Vernet (H. du Buysson !).
Landes : Gabarret (Mascaraux !). Lot-et-Garonne ; Sos (Bauduer !). Tarn :
Castres (Galibert !). Aude : Carcassonne (Gavoy !). Rhône (Falcoz !). Vaucluse :
mont Ventoux (Chobaut !) ; La Bonde (Fagniez !). Bouches-du-Rhône : Aix
(Abeille !). — Allemagne , Rheinland : Bonn (Rüschkamp !). Hesse : Cassel
(Weber !). Hamburg (Preller !). Dessau : Côthen, dans les caves (Nebel !).
Saxe : Magdeburg (Staudinger!) ; Erzgebirge (Staudinger !). Silésie : Breslau
(Fein !). — Tchécoslovaquie. Bohême : Libnoves (Leonhard !). Moravie :
Brno (Fleischer !) ; Jutia (Staudinger!); Altvater Gebirge (Staudinger). —
Autriche. Basse-Autriche : Wien (Reitter !). Styrie mérid. : Kalorje (Müller !).
— Hongrie : Trencsen (Staudinger !). — Roumanie. Transylvanie : Cluj
(Jeannel) ; peçterea Muierilor dîn Topeçti (Chappuis !). Banat : Bàile Ercu-
lane (Wingelmüller !).
Espagne. Madrid : cueva del Cabo del Rio, à Lozoya (C. Bolivar !) ; Cien-
vallejos (C. Bolivar!); Cercedilla (C. Bolivar!); El Pardo (Schramm !).
Asturies : Cancas (Paganetti !) ; puerto de Pajares (Kricheldorf !). — Portugal.
Algarve : sierra de Monchique (Schramm !). — Italie. Ligurie : San Stefano
d’Aveto (Dodero!). Piémont : Turin (Dodero!); sanctuario di Oropa, Biellese
(Dodero!). Istrie (coll. Gobert !). — Yougoslavie. Croatie : Kovacevic pec
(Padewieth !) ; Pakraé (Apfelbeck !). Bosnie : Sarajevo (Apfelbeck !). Herzé¬
govine : Mostar (Apfelbeck !).
b. Subsp. fuscoides Reitt. — Espagne. Andalousie : sierra Nevada (Sharp !).
400
D' RENÉ JEANNEL
— Italie méridionale. Apulie : grotta di Cassano, prov. de Bari (Andreini !).
Basilicata : grotta di monte Cervara (Andreini !). — Sardaigne : monte Gen-
nargentu ; Ozieri ; Seui ; Aritzo ; Tempio; Golfo Aranei (Dodero !) : Sorgono
(Krausse !). — Sicile : Palermo ; Ficuzza ; Messine (Dodero !). — Ile Pantel-
laria (Dodero !). — Yougoslavie. Monténégro : Corstnicaplanina (Weirather!) (').
— Grèce. Attique : grotte Korythron antron, dans le mont Parnasse (Paga-
netti!). Arcadie : Mânalon (Weirather!). — Russie mérid. Astrakhan (Henke !).
Caucase, versant nord : Teberda (coil. Reitter !).
Algérie. Oran : Géry ville (Munier ! ). Alger : massif des Mouzaïa (Peyerimhoff !) ;
Keffes Zebbech, dj. Amour (Lesne !) ; ifri Yacoub, Djurjura [Biosp. 538]. —
Tunisie : Le Kef (Normand !).
c. Subsp. syriacus Jeann. — Palestine : Jaffa (col!. Jeannel) ; mont Carmel
(F. de Saulcy !). — Syrie : Alep (coll. Jeannel). — Transcaucasie. Géorgie :
Tiflis (Leder !). Arménie : vallée de l’Araxe (Leder !).
52. Catops fuliginosus Erichson, 1837, Kaf. Mark Brandenb., I, p. 239;
type : Brandenburg. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 193
(Bibliogr.). — Krogerus, 1931, Not. ent., XI,p.l2,lîg. 3. — nigricans
var. minor Kraatz, 1852, Stett. ent. Ztg., XIII, p. 429. — nigricans
Thomson, 1862, Skand. Col., IV, p. 63. — Reitter, 1884, Verh. natf.
Ver. Brünn, XXIII, p. 53 (nec Spence). — Falcoz, 1914, Faune
Microc., p. 136. — cognat.us Rey, 1889, L’Échange, V, p. 4 ; type :
Lyon (Mus. Lyon !). — nigrita Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61,
p. 88, fig. 112 (nec Erichson).
b. Subsp. caucasiens, nov. ; type : Circassie (Mus. Paris).
c. Subsp. inermis Jeannel, 1934, Rev. fr. d’Ent., I, p. 16; type: Bâile
Erculane (Mus. Paris).
Dans les débris végétaux et les terriers de Lapins, de Blaireaux ; en Alle¬
magne dans les nids du Hamster et de 1 'Arvicola amphibius. Trouvé en France
dans les nids de Microtus arvalis et de Evotomys glareolus (Heim de Balsac !),
ou encore dans les ruches abandonnées à Ria (Xambeu !) ou dans le Portugal
(Ramira). Enfin ce Catops pénètre régulièrement dans les grottes des Pyrénées
et de la région catalane.
Sa distribution est assez restreinte ; elle couvre l’Europe centrale et occi¬
dentale, sans atteindre l’Irlande, ni les régions subarctiques. Vers l’est elle
ne dépasse pas l’ouest de la Russie. Dans le sud, elle comprend toute F Espagne,
le nord de Fltalie et de la chaîne Dinarique, enfin le Caucase.
a. Subsp. fuliginosus, s. str. —- Iles Britanniques. Angleterre. Londres :
Claygate ; Charlton (Power !) ; Witham, Oxford co. (Harwood !). —■ Norvège :
Smaalenene ; Oslo ; côte du Skagerak ; Stavanger ; Bergen (Krogerus, 1931). —
(1) Je n’ai pas pu savoir où se trouve exactement leCorstnica pi., que je suppose être
dans le Monténégro. Il serait intéressant de préciser la position de cette localité, car il
paraît bien que la race fuscoides ne dépasse pas vers le nord l'emplacement du sillon
Transégéen.
MONOGRAPHIE DES GATOPIDAE
401
Suède : Skàne ; Halland ; Vâstergôtland (Krogerus, 1931). — Danemark :
Sjlœland ; Fyen ; Jylland, Bornholm (Krogerus, 1931).
France( l ). — Pas-de-Calais : forêt de Boulogne (Ste-Cl. Deville!). Aisne :
Soissons (Buffévent !). Yonne : Châtelgérard (Comon !). Seine-et-Oise : forêt
de Marly, nids de mulot en janvier (G. Colas !). Seine-et-Marne : Fontaine¬
bleau (Gruardet !) ; Lagny (Hustache!). Haute-Marne : Gudmont (Ste-Cl.
Deville !). Haute-Saône : Gray (Caulle !). Cher : Bourges (Ste-Cl. Deville !).
Indre-et-Loire : Perrusson (Méquignon !). Vienne : Morthermer (Mesmin !).
Allier : Broût-Vernet (H. du Buysson !). Landes : Montfort (Mascaraux !).
Haute-Garonne : grotte de Gourgue [Biosp. 136] (Dodero !). Pyrénées-
Orientales : Ria ; Prades (Xambeu !) ; Le Vernet (Grouvelle !). Aude : Carcas¬
sonne (Gavoy !). Hérault : grotte de la Tour Magne, à Nimes (Chobaut !) ;
grotte de Bize (Magdelaine !). Ardèche : grotte de la Dragonière [Biosp. 181].
Vaucluse : mont Ventoux (Chobaut !) ; La Bonde (Fagniez !). Bouches-du-
Rhône : Aix (Tisson !). Hautes-Alpes : grotte d’Archiane (Argod !). Alpes-
Maritimes : Cannes (Ste-Cl. Deville!). — Suisse : Zurich (coll. Jeannel). —
Allemagne. Rheinland : Bonn ; Erkelenz (Rüschkamp !). Hamburg (Gebien !).
Hesse : Cassel (Weber !). Wurtemberg : Ulm (Graffel !). Brunswick (Haars !).
Franconie : Aschaffenburg (Schwarzer !). Prusse orientale (Meier !). —
Tchécoslovaquie. Bohême : Brandeis (Skalitzky !). Slovaquie : Kostolany
(Machulka !). — Autriche. Basse-Autriche : Wien (Reitter !) ; Rekawinkel
(Ganglbauer !) ; Hadersdorf (Breit!). Styrie : Wildon (Ravasini !). — Hongrie :
Mezôhegyek (Kuthy !). — Ukraine : Volhynie ; Kiev (Yakobson).
Espagne. Asturies : Caboalles (Paganetti!). Madrid : Cienvallejos (Brunete!).
Soria : cueva del rio Lobo [Biosp. 388] (Breuil !). Huesca : grallera de Esta-
dilla [Biosp. 341] ; cueva de San Salvador, à Bonansa [Biosp. 331]. Lerida :
Lo Grallé de Castellet [Biosp. 326] ; cova de Tuta, à Musa (Zariquiey!) ; cova
de Ormini, Montanisell [Biosp. 268] ; cueva de los Mosquitos, S. Llorens
(Zariquiey !) ; cova’l Biel, Noves (Zariquiey !) ; forât del Inferno, Noves
(Zariquiey !). Barcelona : avenc gran de S. Roc, Begues (Zariquiey !) ; avenc de
las Valls, Begues (Zariquiey !). Andalousie ; Huejar, sierra Nevada (R. Ober-
thur !). — Portugal nord : Penamacor (Ramira !). — Italie. Alpes-Maritimes :
monte Fronte (A. Solari !) ; val Pesio (Dodero !). Ligurie : San Stephano
d’Aveto (Dodero !) ; Busalla (Gestro !) ; Genova (Dodero !) ; monte Antola ;
monte Penna (F. Solari !) ; Crocefieschi (A. Solari !). Piémont : Torino (coll.
Fea !) ; Sta Graglia, Biellese (Dodero !) ; monte Arera, Alpes Bergamasques
(Winkler !). Toscane : Alpi di Luna (Mancini !) ; Lippiano, Arezzo (Andreini !) ;
Bosco Longo, Pistoja (F. Solari !). Emilie : Gabellina (F. Solari !). Marche :
monte Nerone, Pesaro (Andreini !). Abruzzes : Pivisondoli (A. Solari !) ;
Palena, Chieti (A. Solari !). Campanie : monte Scurro, valle di Lucano (A. So¬
lari !). Istrie : Abbazia (Beszédes !). — Yougoslavie. Slovénie : Ljubljana
(Staudacher !) ; grotte de Treffen (Weber !).
(I) Il ne semble pas exister en Normandie, ni en Bretagne.
MÉMOIRES DF MUSÉUM, nouvelle série, Lomé 1.
26
*02
D r RENÉ JEANNEL
b. Subsp. caucasicus Jeann.— Transcaucasie. Géorgie : Circassie (Leder !). —•
Arménie : vallée de l’Araxe (Leder!).
c. Subsp. inermis Jeann. — Roumanie. Transylvanie : Câmpeni, monts
Bihar (Jeannel) ; Scâriçoara, monts Bihar (Jeannel) ; Braçov, Alpes de Tran¬
sylvanie (Deubel !). Banat : Bâile Erculane (Wingelmiiller !, Jeannel).
53. Catops borealis Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 4, fig. 4; type : Lojo
(Mus. Paris) [C. fuliginosus. subsp. borealis ].
Espèce arctique, répandue jusque dans le sud de la Suède et de la Finlande 5
mais pas dans les régions montagneuses de la Norvège.
Norvège : Côte du Skagerak ; Hardanger ; Tromsô ; Finmarksfjord [70° lat.
N.] (Krogerus, 1931). — Suède : Skâne ; Halland ; Ôland ; Gôtland; Smàland ;
Sôdermanland; Nerike; Stockholm(!) ; Hàlsingland (Krogerus, 1931). — Fin¬
lande : Alandia ; Nylandia ; Abo : Lojo (Krogerus !) ; Tavastia : Ilattula
(Wegelius !) ; Savonia; Ostrobothnia ; Laponia : péninsule de Kola (Kroge¬
rus, 1931).
Iles Fiiroe (Krogerus, 1930). — Islande (Michov!).
54. Catops nigricans Spence, 1815, Trans. Linn. Soc. London, XI, p. 141
( Choleva ) ; type : Angleterre. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95,
p. 192 (Bibliogr.). — Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 11. — forni-
catus Stephens, 1830, 111. Brit. Ent., III, p. 8 ; type : Angleterre. —
longipennis Chaudoir, 1845, Bull. Soc. Nat. Moscou, XVIII, p. 196. —
major Kraatz, 1852, Stett. ent. Ztg., XIII, p. 430. — flavicornis
Thomson, 1867, Skand. Col., IX, p. 346 ; type : Skâne. — saburratus
Gozis, 1886, Rech. esp. typ., p. 17. — Hervei Guillebeau, 1891,
L’Échange, p. 116. — marginicollis Reitter, 1884, Verh. natf.
Ver. Brünn, XXIII, p. 53 (nec Lucas). — Sahlberg, 1900, Act.
Soc. Faun. Fenn. (nec Lucas).
Biol. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 193 (Bibliogr.).
Dans les terriers de Lapins et les nids de Guêpes abandonnés ( l 2 ).
Répandu dans l’Europe moyenne. Dans le nord, il ne dépasse pas le 64° lat.
N. en Scandinavie ; il existe en Grande-Bretagne et est cité d’Irlande par
Johnson and Halbert, mais cette citation devrait être confirmée, car beau¬
coup d’auteurs ont confondu le C. nigricans avec le C. fuliginosus (').
Dans le sud, C. nigricans atteint l’Espagne, le nord de l’Italie, le nord des
Alpes Dinariques. Dans l’est, Yakobson le cite de Russie, mais on ne peut
guère faire état des localités méridionales qu’il indique, car il n’est pas possible
de savoir s’il s’agit bien du C. nigricans ou du C. nigricantoides décrit du Cau¬
case.
Iles Britanniques. Angleterre. London : Highgate (Power !) ; Sharpenhoe,
(1) L’espèce citée sous le nom de nigricans comme plioléophile, par Falcoz (1914), est le
C. /ugilinosus.
(2) Ce dernier n’est d'ailleurs pas connu d’Irlande.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
40:1
Beds. (Harwood !) ; Mildenhall, Suffolk co. (Harwood !) ; Bradfleld, près de
Sheffield. York co. (Joy !). — Norvège : Smaalenene ; Oslo ; Jarlsberg ; côte
du Skagerak ; Lindernes ; Stavanger ; Bergen ; Trondhjem (Krogerus, 1931).
— Suède. Skâne ; tiiand ; Gôtland ; Bohuslân ; Stockholm ; Hàlsingland
(Krogerus, 1931). — Finlande : Abo : Lojo (Krogerus !) ; Nylandia ; Tavastia
(Krogerus, 1931). — Danemark : Sjœlland; Jylland (Krogerus, 1931).
France. Finistère : Morlaix (Hervé!). Côtes-du-Nord (coll. Bedel!). Calvados:
forêt de Cinglais (Dubourgais !). Somme : Boves (Carpentier !). Pas-de-Calais :
forêt de Boulogne (Ste-Cl. Deville !). Nord : Lille (coll. Abeille !). Aisne :
Soissons (Bufïévent !). Oise : Laigneville (Méquignon !). Seine-et-Oise :
Marly (Venet !). Seine : Le Bourget (Venet !). Seine-et-Marne : Pontault
(Ste-Cl. Deville !) ; Fontainebleau (Chevrolat !) ; Montargis (Mallet !). Indre-et-
Loire : Perrusson (Méquignon!). Allier : Broût-Vernet (H. du Buysson !).
Puy-de-Dôme : La Bourboule (H. du Buysson !) ; Saint Êloy (coll. Ste-Cl.
Deville !). Rhône : Lyon (Chobaut !). Isère : Vienne (Falcoz !). Jura : Pontarlier
(Ste-Cl. Deville !). Alpes-Maritimes : Saint-Martin-Vésubie (Fagniez !). —
Allemagne. Rheinland : Bonn (Rüschkamp !). Hamburg (Graffel). Franconie :
Aschaffenburg (Schwarzer !). Saxe (Mus. Hamburg !). — Tchécoslovaquie.
Bohême : Riesengebirge (Schwarzer !). Moravie : Strelice (Fleischer !). —
Autriche. Tyrol : Arlberg (coll. Jeannel) ; Innsbruck, terriers de Marmottes
(D r Pechlaner !). Haute-Autriche : Salzburg (Otto !). Basse-Autriche : Wien
(Strauss!); Rekawinkel (Ganglbauer !) ; Tullnerbach (Winkler !). Styrie :
Wildon (Ravasini !).
Roumanie. Transylvanie : Scâriçoara, monts Bihar (Jeannel) ; monts
Bucegi, Carpathes mérid. (Jeannel). Banat : Bâile Erculane (Jeannel). Do-
broudja : Kist. Kokos (Breit !). — Russie : Olonetz; Petrograd ; Volhynie ;
Kiev (Yakobson). Crimée : monts Jaïla, très petits exemplaires (Moczarski !).
Espagne. Madrid : Lozoya (I. Bolivar !). Asturies : Cancas (Paganetti !). —
Italie. Alpes-maritimes : val Pesio (Dodero !). Ligurie : Busalla (Dodero !) ;
monte Penna (Dodero!). Piémont : Crissolo (Dodero !); Torino (coll. Fea !).
Lombardie : Milano (Nuzzi). Trentin : monte Rima, Giudicarie (Mancinil).
Vénétie : Sette Communi (Heyrovsky !). Emilie : Spilamberto (Menozzi !) ;
Gabellina (F. Solari !). Toscane : Alpi di Luna (Andreini !) ; Bosco Longo,
Pistoja (F. Solari !). Monte Gargano (Holdhaus !). Vénétie Julienne : Trieste
(Ravasini! );grotte Dimnice,Marcossina(J.MüIler!). Istrie : Brioni (J. Muller!).
— Yougoslavie. Dalmatie : Zara ; Spalato (J. Müller !). Slavonie : Ruma
(Hensch !). Bosnie : Vran planina (Weirather !).
55. Catops creticus, n. sp.; type : grotte de Zeus (Mus. Paris).
Crète : grotte de Zeus et grotte de Kabadhura, sur le mont Ida (Weirather !).
56. Catops nigricantoides Reitter, 1901, Deutsche ent. Zs., p. 42 ; type :
Araxe (Mus. Budapest).
h. Subsp. Mariéi , nov. ; type : Lauzanier (Mus. Paris).
404
D' RENÉ JEANNEL
La race Mariéi a été découverte dans les terriers de Marmottes des H autes-
Alpes, mais elle se trouve hors de cet habitat, puisqu’elle a été prise en nombre
dans le Wurtemberg.
a. Subsp. nigricantoides, s. str. — Transcausasie. Géorgie : Mastora
(Solsky !). Arménie : vallée de l’Araxe (Leder!).
b. Subsp. Mariéi. Jeann.— -France. Basses-Alpes : vallon du Lauzanier,
terriers de Marmottes, un mâle (Marié !). — Allemagne. Wurtemberg : Ulm
(Graffel !).
57. Catops marginicollis Lucas, 1846, Expi. Alg., Il, p. 224; type : Oran
(Mus. Paris). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 190 (Bibliogr.).
— meridionalis Aube, 1850, Ann. Soc. ent. Fr., p. 326 ; type : Sicile
(Mus. Paris). — andalusicus Heyden, 1870, Berl. ent. Zs., XIV, p. 95 ;
type : Ronda (Mus. Dahlem).
Dans les débris végétaux, parfois dans les grottes.
Algérie. Oran: grotte des Béni Add, Ain-Fezza \Biosp. 227] ; Oran (Lemoine !) ;
Mascara (coll. Fagniez !). Alger : Teniet-el-Had (Bedel !) ; massif des Mouzaïa
(Peyerimhoff !) ; Rhar-ifri [Biosp. 76] ; tesserefts du Djurjura [Biosp.\ (Peye-
rimhoff !) ; ifri Yacoub, Djurjura [Biosp. 570] ; Médéah (Mus. Hamburg!) ;
Berouaghia (coll. Grouvelle !) ; Bou-Bérak (Cliobaut !). Constantine : Bougie
(Bedel !); djebel Edough (Bedel !) ; grotte de l’Ours, djebel Taya [Biosp. 92] ;
Biskra (E. Simon!). — Tunisie : Tunis (Doria !) ; Le Kef (Normand!);
Teboursouk (Sicard !). — Égypte (Gristofori !, Mus. Paris).
Espagne. Andalousie : Grenade (coll. Jeannel ).—Sicile : Trapani (Hold-
haus !). ; Palerme (Mancini !) ; Ficuzza (Dodero !).
58. Catops rescissicollis Peyerimhoff, 1905, Bull. Soc. ent. Fr., p. 230; type :
Mouzaïa (coll. Peyerimhoff).
Etroitement localisé dans les argiles des Mouzaïa, où P. de Peyerimhoff l’a
recueilli régulièrement dans le champignon Pleurotus ferulae. C’est une espèce
locale très tranchée, détachée de la souche du C. marginicollis.
Algérie. Alger : massif des Mouzaïa (Peyerimhoff!).
11. Groupe picipes
59. Catops picipes Fabricius, 1792, Ent. Syst., I, p. 184 ( Hydrophilus ) ; type :
Allemagne. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 190 (Bibliogr.). —
Krogerus, 1931, Not. ent., XI, p. 10. — blapoides Germar, 1824, Ins.
Spec. Nov., p. 82 ; type : Allemagne. — striatus Duftschmid, 1825,
Faun. Austr., III, p. 74; type : Wien. — grandis Reitter, 1884,
Deutsche ent. Zs., XXXVIII, p. 56 ; type : Hagios Vlassis (Mus.
Paris).
Biol. — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 190 (Bibliogr.). —
Falcoz, 1914, Faune Microc., p. 135.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
405
Dans les débris végétaux, surtout dans les champignons décomposés.
Pholéophile avec le Lapin, le Blaireau, la Souris ; encore trouvé dans les nids
de Grives. Souvent cavernicole, surtout en Roumanie et dans la péninsule
balkanique.
Répandu dans l’Europe moyenne. Il n’existe pas dans les îles Britanniques
et n’occupe que l’extrême sud de la Scandinavie. Sa présence en Finlande est
douteuse (Krogerus, 1931) et on ne le trouve en Russie que dans l’ouest.
Dans le sud, il manque en Espagne ; il est rare en Italie ; mais il occupe toute
la péninsule balkanique. Il est cité de l’Asie mineure par Yakorson, mais il
s’agit sans doute du C. giganteus.
Norvège : Côte du Skagerak ; Lindernes (Krogerus, 1931). — Suède :
Skane (Mus. Stockholm !) ; Blekinge ; Ôland (Krogerus, 1931). — Danemark :
Sjœlland ; Jylland (Krogerus, 1931).
France. Finistère : Morlaix (Hervé !). Calvados : forêt de Cinglais (Dubour-
gais !). Ille-et-Vilaine : Rennes (Bleuse !). Seine-et-Oise : Saint-Germain
(Léveillé !). Seine-et-Marne : forêt de Fontainebleau, champignons (Jeannel).
Aisne : Soissons (Bufïévent !). Ardennes : Sedan (Caulle !). Saône-et-Loire :
Autun (Fauconnet !). Loiret : Orléans (Croissandeau !). Indre-et-Loire :
Perrusson (Méquignon 1). Vienne. Saint-Barbant (Mesmin !). Creuse : Saint-
Vaury (Dubourgais !). Allier : Broût-Vernet (H. du Buysson !). Puy-de-
Dôme : La Bourboule (H. du Bussyon !) ; Sarcenat (Teilhard !). Cantal : Le
Lioran (Auzat !). Rhône : Lyon (Falcoz !). Tarn : Castres (Galibert !). Lot-et-
Garonne : Sos (Bauduer). Gers : Meyran (Lucante). Drôme : Baume Sourde
[Biosp. 401] (Argod !). Vaucluse : mont Ventoux (Chobaut !). Savoie : Saint-
Pierre d’Albigny (Bettinger !). — Suisse. Jura : Bienne (Mathey 1). — Alle¬
magne. Rheinland : Bonn (Rüschkamp!). Hamburg (Prellerl). Hesse : Cassel
(Weber!). Franconie : Aschaffenburg (Schwarzer !). Wurtemberg : Ulm
(Graffel !). Hanovre (Staudinger !). Berlin : Finkenkrug (Boettcher !). —
Tchécoslovaquie. Bohême : Prague (Skalitzky!). Moravie : Paskau (Reitterl);
Altvater (Staudinger !). — Pologne. Galicie : Stryj (Obenbergerl). — Autriche.
Basse-Autriche : Wien (Ganglbauer). — Roumanie. Transylvanie : Bâita,
monts Bihar (Jeannel ) ; vrf. Lacustii, monts Bibar (Jeannel); peçterea de la
Fânate [Biosp. 918] ; peçterea de la Polita [Biosp. 907] ; peçterea mare depe
Corlata [Biosp. 986]. Banat : Bâile Erculane (Jeannel); pe§terea de la Soro-
niçte [Biosp. 885]. Olténie : Baia de Arame (Chappuis !). — Pologne :
Vilna (Yakobson). — Ukraine : Kiev (Yakobson).
Italie. Lazio : Filettino (Dodero !). Abruzzes : Castel diSangro (Paganetti !).
Vénétie : Haut-Isonzo (Andreini !). Vénétie Julienne : Trieste (J. Müller !);
Silva di Pirro [Birnbàumerwald] (Ravasini !). — Yougoslavie. Croatie :
monts Kapella (Ganglbauer !). Serbie : Kucaj planina, Brezovica (Jeannel).
Sar planina (Rambousek !). Bosnie : Ivan planina (Weirather !) ; grottes du
Vlasic planina (Weirather!). Monténégro : grottes du Corstnica planina (Wei¬
rather !). Macédoine : Galicica (Rambousek!). Grèce. Péloponèse : mont
Taygète (Breit !); Ilagios Vlassis (Brenske !).
406
D' RENÉ JEANNEL
60. Catops grusinus Reitter, 1884, Verh. natf. Ver. Brünn, XXIII, p. 52;
type : monts Messchiis (Mus. Paris). — 1901, Deutsche ent. Zs., p. 42.
Transcaucasie. Géorgie : Circassie (H. Leder !) ; Ivutaïs : monts Messchiis
(H. Leder!).
61. Catops giganteus Breit, 1913, Ent. Bl., IV, p. 293 ; type : Bulghar Ma-
gara (coll. Breit).
Aise Mineure. Lycaonie : Bulgar Maden, un mâle (Bodemeyer !).
62. Catops elephas, n. sp. ; type : monts Dipojras (Mus. Paris).
Asie mineure. Pisidie : grotte des monts Dipojras, un mâle (Weirather !).
63. Catops Augustalisi Pic, 1907, L’Échange, XXIII, p. 137 (Choleva) ;
type : Liban (coll. Pic.) — Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p. 137
(i Choleva incertae sedis).
Syrie : Liban, un exemplaire (coll. Pic !).
64. Catops Külzeri, n. sp. ; type Moks (coll. Hüther).
Asie mineure. Arménie : Moks, versant nord du Taurus arménien (Kiilzer,
1912), un mâle.
65. Catops nipponensis, n. sp. ; type : Nagasaki (Brit. Mus.).
Japon. Ile Kiu Shiu : Nagasaki, un mâle (G. Lewis !).
Species incertae sedis
66. Catops anachoreta Gistel, 1857, Achthund. neue wirb. Thiere, Straubing,
1857, p. 7.
C. fuscus ; pronoto elytrisque fuscis, punctatis, pilis cinereis obtectis ;
capite nigro, trophis antennisque fuscis, articulis ultimis nigris ; pedibus rufis.
Long. 1 lin., lat. 1 /2 lin. — In Alpibus Styriae. Antennae clavatae. — Ad. C.
agilem.
67. Catops vernalis Gistel, ibidem., p. 7.
C. castanus, politus; elytris subtiliter punctatis ; capite pronotoque obscu-
rioribus. Long. 1 lin., lat. 1 /2 lin. — Medio aprilis sub foliis putrescentibus in
Styria. — Ad C. angustatum.
Il est impossible de savoir à quelles espèces correspondent ces deux dia¬
gnoses. Il peut s’agir aussi bien de Choleva que de Catops.
48. Gen. CATOPIDIUS Jeannel
Catopidius Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 45 ; type : C. depressus
Murray.
Taille moyenne (5 mm. env.). Forme elliptique, mais large et déprimée.
Sculpture fine ; le pronotum couvert de points aciculés très fins, laissant aux
téguments un aspect lisse et brillant ; les élytres à ponctuation râpeuse assez
serrée. Pubescence dorée, courte et couchée.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
470
Tête rétractile; les palpes maxillaires à dernier article épais, conique, court,
mais aussi large à la base que le sommet du précédent et de même longueur que
lui. Antennes grêles, courtes, à massue très peu épaissie. Pronotum campanu-
liforme, c’est-à-dire transverse, évasé à la base avec les côtés un peu sinués en
arrière, arqués en avant ; la base rectiligne, les angles postérieurs saillants.
Fig;. 073-978 : Genre Catopidus Jeann. : C. depresius Murr. — Fig. 973. Contour,
X 14. — Fig. 974. Antenne, x 45. — Fig. 975. Tibia et tarse antérieurs droits du mâle,
X45. — Fig. 976. Organe copulateur, face dorsale, x 65. — Fig. 977. Le même, face
ventrale. — Fig. 978. Le même, de profil.
Élytres dilatés latéralement dans le tiers antérieur, puis atténués jusqu’au
sommet; le disque avec des traces de stries; l’apex avec des plis épidermiques
produisant un reflet ardoisé.
Pattes grêles ; les tarses antérieurs et intermédiaires dilatés légèrement
chez les mâles. Tibias antérieurs des mâles faiblement épaissis (depressus)
ou sinués et dilatés sur le bord ventral (Murrayi).
Organe copulateur (lig. 976-978) très particulier. Le pénis n’est pas comprimé
latéralement dans sa partie moyenne ; son sommet est épaissi, renflé, avec sa
face dorsale lisse, sa face ventrale un peu carénée et pourvue de deux ligules
408
D' RENÉ JEANNEL
anguleux, très chitinisés et pubescents (fig. 977). A l’apex, les lobes latéraux
sont indépendants, garnis d’un rang d’épines sur leur bord interne; ils sont
séparés l’un de l’autre, dorsalement, par un large lobe médian lamelleux, un
peu anguleux, aussi long que les lobes latéraux. Styles très longs, bien plus
longs que le pénis ; leur région moyenne largement dilatée et aplatie, leur
partie apicale graduellement atténuée, coudée en dedans et terminée par deux
soies insérées dans l’axe (fig. 976).
Fig. 979-981 : Genre Catopidius Jeann., C. Murrayi Wolf, de Madère. — Fig. 979. Con¬
tour du mâle, x 14. — Fig. 980. Antenne, x 40. — Fig. 981. Tibia et tarse antérieurs
droits du mêle, X 45.
La diagnose qui précède concerne principalement le C. depressus , type du
genre et seule espèce dont j’ai pu examiner F organe copulateur. Le C. Mur¬
rayi Woll. n’est connu que par le type unique que je n’ai naturellement pas pu
disséquer. 11 semble bien cependant, d’après ses caractères extérieurs qu’il
doive être génériquement rapproché du C. depressus.
Lë genre présente une répartition atlantique : France occidentale et méri¬
dionale, Espagne, Madère. Il est étrange qu’il ne soit pas représenté dans le
Iles Britanniques.
Tableau des espèces
1. Brunâtre plus ou moins pâle, les antennes rougeâtres. Côtés du pro-
notum peu arrondis en avant. Antennes plus grêles. Tibias antérieurs
des mâles simplement épaissis dans la moitié apicale. Long. 4,5 à
MONOGRAPHIE DES CATOP1DAE
400
5 mm. (Europe atlantique). [Fig. 973 à 978].... 1. depressus Murr.
— Noir brillant, les antennes et les pattes rougeâtres. Côtés du prono-
tum fortement arrondis dans la moitié antérieure. Antennes à massue
un peu plus épaisse. Tibias antérieurs du mâle arqués en dedans, avec
une bosse basale interne et une haute dilatation du bord ventral..
Long. 5,5 mm. (Madère). [Fig. 979 à 981]. 2. Murrayi Woll.
1. Catopidius depressus Murray, 1856, Ann. Mag. Nat. Hist. (2) XVIII,
p. 311, 467, fîg. 2 ; type : sans localité, ex Chevrolat (coll. Murray). —
Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 204 (Bibliogr.).
Biol. — Falcoz, 1914, Faune Microc., p. 131, fîg. 26-28. —
Weber, 1925, in Blunck, Syll. Ins.-Biol., I, p. 122.
Dans les terriers de Lapins et de Blaireaux ; il se nourrit des poils du Mam¬
mifère et peut être considéré plutôt comme un parasite que comme un simple
pholéophile. Il est cependant parfois cavernicole.
Les métamorphoses ont été décrites par Falcoz (1914) (*).
Localisé dans la France et l’Espagne.
France. Calvados : forêt de Cinglais ; Fresnay-le-Petit (Dubourgais !) ; Caen
(Ste-Cl. Deville !). Eure : Évreux (Portevin !). Aisne : Soissons (Buffévent 1).
Seine-et-Oise : Chaville (Léveillé !). Indre-et-Loire : Perrusson (Méquignon !).
Loir-et-Cher : Vendôme (Méquignon !). Ain : grotte de Dagneuse (coll. Jean-
nel). Isère : Vienne (Falcoz !). Vaucluse : Avignon (Chobaut !) ; La Bonde
Fagniez !).
Espagne. Madrid : Cienvallejos (C. Bolivar!). Valencia : Albufera (Moroder!).
2. Catopidius Murrayi Wollaston, 1860, Ann. Mag. nat. Hist., V, p. 219
(Catops) ; type : Madère (Brit. Mus.). — 1865, Col. Atlant., p. 83
et App., p. 12.
Ile Madère , dans les forêts élevées humides, un seul exemplaire connu
(Wollaston !).
49. Gen. CHI0N0CAT0PS Ganglbauer
Chionocaiops Ganglbauer, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 128; type : C. Bu-
gnioni Tourn. (Subgen.). — Reitter, 1901, Deutsche ent. Zs., p. 48
(Subgen.).— Reitter, 1901, Deutsche ent. Zs., p. 48 (Subgen.). —
Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., 61, p. 46 (Gen.). — 1934, Rev. franc.
Ent., I, p. 23.
Genre très remarquable par son faciès et la forme aberrante de ses palpes.
Taille de 3 à 3,5 mm. (les femelles plus grandes que les mâles). Ailé. Très
()) Falcoz décrit l’accouplement, la ponte, les stades larvaires et la nymphose. D’autre
part, M. be Buffévent a trouvé à Soissons un G. depressus c? accouplé à un C. fuliginosusQ
(Mus. Paris). Cet accouplement anormal est assez extraordinaire entre deux espèces géné¬
riquement différentes.
D r HENÉ JEANNEL
illl
allongé, l’avant-corps étroit, les élytres renflés. Coloration noir brillant, les
antennes noires avec les deux premiers articles pâles, les pattes brunâtres.
Ponctuation forte, râpeuse, peu serrée, plus forte sur les élytres que sur le
pronotum. Pubescence grisâtre assez longue et couchée, peu serrée ; les
élytres sans reflet ardoisé produit par de petits plis épidermiques comme il en
existe chez les Catops.
Tête du type Catops , la carène occipitale saillante, l’épistome totalement
fusionné avec le front. Yeux grands. Palpes maxillaires très courts, l’avant-
Fig. 982-986 : Genre Chionocatups Ganglb. : Ch. bugnioni Tourn., des Alpes du Valais.
— Fig. 982. Contour de la femelle, x 18. — Fig. 983. Palpe maxillaire droit, x 60. —
Fig. 984. Antenne, x 40. — Fig. 985. Tibia et tarse antérieurs droits du màlc, X 40.
— Fig. 986. Organe copulateur mâle, face dorsale, x 80.
dernier article petit, aussi long que large, le dernier ovoïde, plus large et plus
long que l’avant-dernier (fîg. 983). Antennes à massue très épaisse, rappelant
celles du Catops tristis (fîg. 984).
Pronotum subcarré, sa base à peine plus large que le bord antérieur, les
côtés arrondis en avant, sinués dans la moitié postérieure, la base rectiligne,
les angles postérieurs presque droits, émoussés ; le disque peu convexe. Élytres
oblongs, bien plus larges que le pronotum, renflés vers le milieu, l’apex acu-
miné. Strie suturale entière ; le disque uni, sans trace de côtes.
Pattes assez courtes, les tibias peu épineux, armés d’éperons internes et
externes.
Chez le mâle, les tibias antérieurs sont légèrement renflés dans leur partie
apicale (fîg. 985) ; les tarses antérieurs et le premier article du tarse intermé¬
diaire sont légèrement dilatés.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAË
411
Organe copulateur (fîg. 986) allongé, arqué, fortement comprimé dans sa
partie moyenne. La partie apicale du pénis est dilatée, ovalaire, fortement
excavée sur sa face dorsale ; les lobes latéraux du pénis forment deux tiges
latérales robustes, droites, un peu divergentes, à extrémité mousse ; entre elles
se trouve un lobe médian allongé, mince et lamelleux, légèrement bilobé. Les
lobes du pénis et les ligules glabres. Styles courts et très effilés.
Malgré ses caractères assez extraordinaires, le genre Chionocatops ne peut
pas être éloigné des Catops. On retrouve d’ailleurs chez lui une série de carac¬
tères, ponctuation, forme des antennes, forme générale de l’organe copulateur,
comprimé à la base et excavé sur sa face dorsale, qui semblent bien le ratta¬
cher à la lignée du Catops tristis Panz. Sans doute Chionocatops est-il une
espèce de montagne, détachée depuis longtemps de la lignée du Catops tristis-:
et chez laquelle se trouve un mélange de caractères archaïques (indépendance
des lobes apicaux du pénis, forme des palpes) et de caractères néogénétiques
(forme du corps).
Une seule espèce qui semble répandue dans toute la chaîne des Alpes, à
haute altitude, mais y est très rare.
1. Chionocatops Bugnioni Tournier, 1873, Mitth. Schweiz. Ent. Ges., III,
p. 437 ( Catops) ; type : Tour d’Aï (Mus. Paris). — Bugnion, 1890,
N. Denkschr. allg. Schweiz. Ges. Naturw., XXXI, p. 145. — Reitter,
1895, Wiener ent. Ztg., XIV, p. 43. — 1901, Deutsche ent. Zs.,p. 48.
— Ganglbauer, 1899, Kaf. Mitteleur., III, p. 137. [Fig. 982-986].
Très rare et localisé dans les Alpes à haute altitude. E. Bugnion l’a décou¬
vert en nombre sous le cadavre d’un jeune Blaireau, à 2.100m. d’altitude sur
le massif de la Tour d’Aï; il l’a repris quelques années plus tard au même
endroit sous le cadavre d’un Lièvre, mais depuis de longues années ses recher¬
ches pour le retrouver sont restées vaines. Tout récemment l’espèce a été
rencontrée dans les Alpes autrichiennes, dans une grotte.
Suisse. Alpes Vaudoises : massif de la Tour d’Aï, à 2.100 m. d’altitude
sous des cadavres de Mammifères (Bugnion !). — Autriche. Tyjol : Laserz,
une femelle (Messchnig!, in Mus. Wien). Haute-Autriche, Salzburg : Tauern-
scharte Hôhle, dans les TennengeÉirge, ait. 2.000 m., un mâle recueilli le 4
juillet 1930 (D r Heberdey !, in Mus. Wien).
50. Gen. CAT0PTRICHUS Murray
Catoptrichus Murray, 1856, Ann. Mag. Nat. Hist., (2) XVIII, p. 461 ; type:
C. Frankenhauseri Mann.— Leconte, 1861, Class. Col. N. Amer.,
p. 60. —Horn, 1880, Trans. Amer. ent. Soc., VIII, p. 255.— Leconte
et Horn, 1883. Class. Col. N. Amer., p. 81. — Jeannel, 1922, Areh.
Zool. exp., t. 61, p. 46. — Hatch, 1933, Journ. N. Y. ent. Soc.,
XLI, p. 227.
412
l)' RENÉ JEANNEL
Grande taille (env. 8 mm.)- Faciès très particulier, rappelant un peu celui
des Lagria. Ailé. Allongé, l’avant corps très étroit, les élytres amples et ren¬
flés. Noir, avec les élytres rougeâtres, les antennes noires à base testacée.
Ponctuation râpeuse, fine et serrée. Pubescence dorée, longue et couchée, avec
des poils plus longs et dressés, disséminés sur les élytres.
Tête non infléchie, aussi large que le pronotum, avec une carène occipitale
saillante adaptée au bord antérieur du pronotum ; l’épistome totalement
Fig. 987-991 : Genre Catoptrichus Murray : C. Frankenhauseri Mann , de Queen’s Char¬
lotte Island. — Fig. 987. Femelle, x 10. — Fig. 988. Palpe maxillaire droit, x 65. —
Fig. 989. Antenne droite, face dorsale, X 40. — Fig. 990. Tibia et tarse antérieurs droits
du mâle, x 35. — Fig. 991. Organe copulateur, face dorsale, x 55.
fusionné avec le front, les yeux très grands. Palpes maxillaires assez longs, le
dernier article conique, allongé, aussi large à la base que l’avant-dernier et
aussi long que lui. Antennes avec les articles 4 à 10 prolongés latéralement
par deux apophyses saillantes terminées chacunes par deux soies (fig. 898) ;
l’article 11 fusiforme et pédonculé.
Pronotum subcarré, sa base pas plus large que le bord antérieur, les côtés
très peu arqués, les angles très arrondis, la base trisinuée. Élytres très grands,
ovoïdes, leur plus grande largeur après le milieu ; angles huméraux arrondis
mais saillants ; apex atténué ; disque avec des traces de stries très nettes.
Pattes longues et grêles.
MONOGRAPHIE DES CATOPIOAE
413
Tibias antérieurs du mâle très épaissis dès la base et incurvés dans leur
partie apicale (fig. 990) ; la face ventrale est largement déprimée et le bord
interne forme une haute carène saillante ; face externe convexe et très pu-
bescente. L’éperon interne du tibia antérieur, simple chez la femelle, est dé¬
doublé chez le mâle (fig. 990). Des deux éperons du mâle, l’un est dfoit,
l’autre est recourbé en crochet ; ce caractère sexuel est tout à fait insolite.
Tarses antérieurs peu dilatés chez le mâle, plus étroits que le tibia, les articles
dissymétriques, le lobe interne plus développé que l’externe ; premier article
du tarse intermédiaire mâle dilaté.
Organe copulateur (fig. 991) très long, très peu arqué, sa partie basale
cylindrique, la partie apicale du pénis aplatie, lancéolée, fortement asymé¬
trique et atténuée en pointe. La face dorsale non excavée. Styles très courts
et très atténués.
Les caractères sexuels secondaires et la structure de l’organe copulateur
confirment bien que le genre Catoptrichus se place dans le groupe des Cato-
pini et non dans celui des Cholevini. Au surplus, de même que Chionocatops
se montre apparenté à la lignée du Catops tristis, le genre Catoptrichus se
rattache aussi étroitement à une autre lignée du grand genre Catops , à celle du
C. alpinus. La ponctuation et la longue pubescence des téguments, les carac¬
tères de l’organe copulateur, non comprimé dans sa partie basale, sans exca¬
vation dorsale de la partie apicale, et même la coloration générale de l’insecte,
indiquent que Catoptrichus se relie à la lignée du Catops alpinus. Mais il est
très remarquable par sa grande taille, le rétrécissement de l’avant-corps et
surtout par la structure flabellée de ses antennes.
Une seule espèce localisée dans l’extrême nord de la côte pacifique de l’Amé¬
rique du Nord.
1. Catoptrichus Frankenhauseri Mannerheim, 1852, Bull. Soc. Nat. Moscou,
XXV, p. 332 ; type : Sitka {Catops). — Murray, 1856, Mon., p. 462,
fig. 57. —Leconte, 1861, Glass. Col. N. Amer., p. 50. — Horn, 1880,
Trans. Amer. ent. Soc., VIII, p. 255, pl. v, fig. 13. — Hatch. 1933,
Journ. N. Y. ent. Soc.., XLI, p. 227. [Fig. 987-991].
F Découvert sous un cadavre humain, à Sitka; retrouvé depuis sous des ca¬
davres de Mammifères.
Territoires de F Alaska. Ile Baranoff : Sitka (coll. Chevrolat !). — Canada.
British Columbia : Metlakatla (J. H. Keen !, in Brit. Mus.). Queen’s Charlotte
Island : fjord Masset (J. H. Keen !, in Brit. Mus. et Mus. Paris). — États-
Unis d'Amérique. Washington : Olympia, Seattle (M. Hatch).
51. Gen. CHOLEVINUS Reitter
Cholevinus Reitter, 1901, Deutsche ent. Zs., p. 39 (Subgen.) ; type : C/î. pallidus
Mén. — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 45 (gen.).
Taille de 4 à 5,5 mm. Ordinairement ailés, mais le Ch. glabricollis est aptère.
il 4
D' RENÉ JEANNEL
Forme générale elliptique, allongée. Téguments dépigmentés, ordinairement
testacés rougeâtres, parfois brunâtres. Ponctuation fine, le pronotum cou¬
vert de points aciculés, les élytres à ponctuation râpeuse. Pubescence dorée,
épaisse, courte et couchée, parfois doublée de quelques soies dressées sur les
élytres.
Tête rétractile, le front plan, allongé, l’épistome indistinct. Yeux très grands,
surtout chez les espèces ailées. Palpes maxillaires à dernier article conique,
un peu plus court que l’avant-dernier ; celui-ci peu renflé. Antennes grêles,
à massue à peine dilatée, ses articles un peu aplatis (fig. 997).
Fig. 992. Carte de la répartition du genre Cholevinus Reitt.,
dans la région méditerranéenne.
Pronotum ample et transverse, campanuliforme chez la plupart des espèces,
rétréci à la base chez Ch. pallidus. Élytres oblongs, peu renflés, convexes,
très atténués au sommet, sans trace de stries.
Pattes longues et grêles. Les tibias portent de longues épines perpendicu¬
lairement dressées sur la face externe ; ces épines sont généralement très
longues et très visibles aux tibias antérieurs, mais sont courtes et masquées
par la pubescence chez Ch. glabricollis (fig. 994,998,1001,1003 1005, et 1006).
Tarses antérieurs des mâles allongés, leur premier article ovalaire, bien plus
grand que le second (fig. 994). Tibias antérieurs mâles variables; le premier
article du tarse intermédiaire mâle faiblement dilaté.
Organe copulateur assez petit, grêle. Pénis très arqué, sa face dorsale con¬
vexe, parfois sillonnée ; les ligules glabres ; l’apex entier. Styles ténus et
courts, la soie apicale insérée dans l’axe du style. Sac interne inerme.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
41S
Les Cholevinus forment une grande lignée bien distincte de celle des Galops,
mais comme cette dernière originaire de l’Angara. Les espèces se sont surtout
répandues daus le sud-ouest de l’Asie, le long des chaînes de l’arc nord-iranien.
Elles subsistent dans les déserts du Turkestan en bordure de ces chaînes et ont
atteint l’Égéide méridionale, d’où l’une d’elles s’est répandue dans l’est de la
région méditerranéenne et le nord de l’Afrique (carte, fig. 992).
Les diverses espèces du genre vivent dans les climats désertiques et très
chauds. On ne possède aucune précision sur leur genre de vie.
Tableau des espèces
1. Pronotum campanuliforme, sa plus grande largeur à la base, les côtés
peu arqués, graduellement rétrécis de la base en avant et plus ou
moins sinués dans la moitié basale. Angles postérieurs émoussés,
non saillants en arrière. 2.
— Pronotum rétréci à la base, sa plus grande largeur vers le tiers pos¬
térieur, les côtés régulièrement arrondis (fig. 993). Angles postérieurs
saillants en arrière, les parties latérales de la base sinuées. Ailé.
Coloration testacée rougeâtre. Pénis grêle, très arqué, comprimé
dans la partie moyenne, l’apex losangique, sa face dorsale convexe
et sillonnée, la pointe plus ou moins tuberculée (fig. 995 et 999).
Long. 4 à 4,5 mm. (Asie occidentale et région méditerranéenne).
[Fig. 993-999]. 1. pallidus Mén. ( 1 ).
a. Tibias antérieurs mâles grêles à la base, brusquement dilatés
à partir du premier tiers où le bord interne forme une bosse,
subparallèles dans la moitié apicale (fig. 994). (Région
méditerranéenne)...subsp. rufus Kr.
— Tibias antérieurs mâles plus épais, avec la même bosse
du bord interne au tiers basal, mais en massue fusiforme
dans la moitié apicale (fig. 998). (Asie occidentale)....
.subsp. pallidus, s. str.
2. Aptère. Pronotum entièrement glabre et brillant. Pubescence des
élytres très courte et très rare. Coloration brunâtre, aspect brillant.
Forme générale allongée, le pronotum relativement petit (fig. 1000).
Épines externes des tibias courtes et réduites (fig. 1001). Antennes
très longues, atteignant presque le milieu des élytres. Tibias anté-
(O Espèce à vaste distribution géographique et par conséquent variable. Elle a été
redécrite maintes fois sous des noms différents. Des caractères de pubescence plus ou
moins longue et dressée, invoqués par E. Reitter (1901) pour séparer du Ch. pallidus
des formes de l'Asie occidentale sont illusoires et ne méritent pas d’être retenus. D’autre
part la courbure des tibias postérieurs des mâles est variable, les grands exemplaires
ayant les tibias arqués, les petits généralement droits. En somme l’espèce est caractérisée
surtout par la forme de l’apex du pénis, à peu près constante. Elle comprend deux sous-
espèces principales, différentes par le degré de développement du caractère sexuel secon¬
daire des tibias antérieurs.
D' RENÉ JEANNfiï.
41H
rieurs mâles graduellement dilatés de la base au sommet (fig. 1001) ;
les tarses peu dilatés. Pénis non comprimé latéralement dans la partie
moyenne, arqué et large à la base, l'apex graduellement rétréci, la
pointe aiguë (fig. 1002). Long. 4 à 4,5 mm. (Transbaïkalie). [Fig. 1000-
1002]. 4. glabricollis, n. sp. (*).
Fig. 093-991) : Genre Cholevinus Reitl. — Fig. 993. Ch. paüidus subsp. ru/'us Kr., de la
Sicile, type, X 18. — Fig. 994. Tibia et tarse antérieurs males du même, x 43. —
Fig. 993 et 996. Organe copulateur du même, x 65. — Fig. 997. Ch. pallidus Mén.,
forme typique, d’Aschabad, antenne, X 45. — Fig. 998. Tibia et tarse antérieurs
mêles du même, x 43. — Fig. 999. Organe copulateur, x 65.
— Ailés. Pronotum et élytres à pubescence normale ; aspect mat.
Forme générale moins allongée, les antennes plus courtes, les épines
externes des tibias très développées. Tibias antérieurs mâles à bord
interne sinué et dilaté.. 3.
3. Antennes plus courtes, atteignant environ le cinquième basal des
élytres, les articles 8 et 9 environ deux fois aussi longs que larges.
(1) Espèce aptère très remarquable par son faciès, sa coloration brun foncé, son aspect
lisse et brillant, sa pubescence très réduite, ses antennes très longues. On hésiterait è
première vue â l’attribuer au genre Cholevinus; mais les tibias portent quelques épines
dressées très courtes et l'organe copulateur est d’un type assez voisin du Ch. fuscipes.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
417
Angles postérieurs du pronotum émoussés, mais relativement aigus.
Coloration variable, brunâtre ou testacée. Pénis très grêle, non
comprimé latéralement à la base, l’apex très effilé et très aigu
(fig. 1004). Long. 4 à 5 mm. (Asie occidentale). [Fig. 1003-1005].
. 3. fuscipes Mén. ('J.
a. Forme plus robuste, les côtés du pronotum plus nette¬
ment sinués en arrière. Tibias antérieurs mâles à très forte
Fig. 1000-1007 : Genre Chotevinus Reitt., contour, x 18, tibias et tarses antérieurs mâles,
X 45 et sommets des organes copulateurs, x 65. — Fig. 1000-1002. Ch. glabricoüis,
n. sp. — Fig. 1003 et 1004 Ch. fuscipes Mén., forme typique. — Fig. 1005. Ch. fuscipes
subsp. securifer, nov. — Fig. 1006-1007 Ch. arcualipes, n. sp., type, de Jérusalem.
dilatation apicale du bord interne (fig. 1005) . (Oural).
.subsp. securifer , nov.
— Forme généralement plus grêle; coloration brunâtre; les
côtés du pronotum à peine sinués en arrière. Tibias anté¬
rieurs mâles à partie apicale bien moins dilatée (fig. 1003).
(Transcaucasie et Perse). subsp. fuscipes , s. str.
— Antennes plus longues, atteignant le tiers basal des élytres, les
articles 8 et 9 trois fois aussi longs que larges. Angles postérieurs du
(1) Il n’existe aucune différence constante entre le Ch. conicicollis Reitt, de grande
taille, à pronotum plus élargi et le Ch. fuscipes Mén. Far contre, les exemplaires de
l'Oural, rapportés par Reuter à son conicicollis, méritent d’être séparés comme sous-
espèce.
MÉMOIRES OU MUSÉUM, nouvelle série, tome I, 27
418
D* RENÉ JEANNEL
pronotura plus largement arrondis. Coloration testacée rougeâtre.
Tibias antérieurs mâles sinués, la face ventrale déprimée dans sa
partie moyenne, l’extrémité apicale peu dilatée (fig. 1006). Pénis
rappelant celui du Ch. pallidus, comprimé dans sa partie médiane,
l’apex lancéolé, mais avec sa face dorsale bien plus convexe et plus
largement sillonnée, la pointe plus aiguë (fig. 1007). Long. 5 mm.
(Palestine). [Fig. 1006-1007]. 2. arcuatipes, n. sp.
1. Cholevinus pallidus Ménétries, 1832, Cat. rais., p. 169; type : Bakou
(Mus. Ac. Leningr.). — Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 205 (Bi-
bliogr.). — Menetriesi Faldermann, 1835, Faun. ent. Transcauc., I,
p. 284 ; type : Caucase. — ? lateritius Ménétries 1849, Mem. Ac. Sc.
St-Pétersb, (6) VI,p.52 (Catops)-, type : Nova Alexandrovskaia ( 1 2 ).—
cholevoides Reitter, 1900, Wiener ent. Ztg., XIX, p. 218 ; type :
Tepetek (Mus. Budapest). — Sahlbergi Reitter, 1900, Wiener ent.
Ztg., XIX, p. 218; type : Ascbabad (Mus. Budapest) ; 1901, Deutsche
ent. Zs., p. 39. — Malyi Obenberger, 1914, Col. Rundsch., III,
p. 100 (Catops) ; type : Samarkand (Mus. Prague) (-).
b. Subsp. rufus Kraatz, 1870, Berl. ent. Zs., XIV, Beibeft, p. 96 (Ca¬
tops) ; type : Carthagène (Mus. Dahlem). — canellinus Fairmaire,
1879. Pet. Nouv. ent., II, p. 37 ; Ann. Soc. ent. Fr., p. 166 (Choleva)-,
type : Bou-Saada (Mus. Paris). — cuneiformis Fairmaire, 1879,
Ann. Soc. ent. Fr., p. 166 (Choleva) ; type : mont Etna (Mus. Paris).
Espèce largement répandue et se trouvant surtout dans les régions déser¬
tiques.
a. Subsp.pallidus, s. str.— Caucase: Tiflis (Yakobson) ; Bakou (coll. Jeannel).
— Asie mineure (coll. Reitter !). — Territoires Transcaspiens : Krasnowodsk
(Ahnger !) ; Oase Tedschen (Hauser!); Aschabad (Hauser!; Yakovlev !) ;
Tchi-Kichliar (Iliine !) ; Firgosa (Ahnger!); Kiritchenko, près de Kisliarsk
(Beriousiak !) ; Oase Merv, dans le Kara-Kum (Ahnger !). — Buchara oriental :
Tchitchantan (Hauser !). — Samarkand (Mus. Prague !). — Perse, sud-est :
Sargad, distr. Kirman (Zaroudny !, Kouznetsov !).
b. Subsp. rufus Kr. — Espagne : Carthagène (Dieck). — Maroc : Figuig
(Escalera). — Algérie. Oran : Daya (Bedel !) ; Saïda (Bedel !). Alger : Laghouat
(Cbobaut !) ; Fortassa (Bedel !) ; Kefes Zebbech, djebel Amour (Lesne). —
Tunisie : Sidi Mansour (Bedel !) ; Le Kef (Normand !). — Tripolitaine :
djebel Ghariane (Alluaud !). — Cyrénaïque : grotta del Lete, à Bengazi (Sil-
vestri !) ; Tolmetto (Festa !) ; Slonta, au sud de Cyrene (Bolsi !). -— Égypte :
Matruch (coll. Reitter!); Alexandrie (Schaum).— Sicile : mont Etna (coll.
Fairmaire !). — Roumanie. Moldavie : Bârlad (Montandon !).
(1) Le C. lateritius Mén., considéré jusqu’ici comme un Choleva (Jeannel, Rev. Choleva,
L’Abeille, XXXII, p. 69), se rapporte sans doute soit au Cholevinus pallidus, soit au Ch.
fuscipes Mén. (voir plus haut, p. 289).
(2) J'ai vu les types de toutes les espèces de Reitter et d’OBENBERGER.
MONOGRAPHIE UES CATOPIDAE
419
2. Cholevinus arcuatipes, n. sp.; type : Jérusalem (Mus. Paris).
Palestine : Jérusalem, un mâle (coll. Reitter !). — Syrie : Damas, une
femelle (Saulcy !).
3. Cholevinus fuscipes Ménétries, 1849, Mém. Acad. Imp. Sc. St.-Petersb.,
(6) VI, p. 53 ( Catops) ; type : Turkestan' (Mus. Ac. Sc. Leningr.).
— Hatch, 1928, Col. Cat., pars 95, p. 205 (Bibliogr.). —- conicicollis
Reitter, 1901, Deutsche ent. Zs., p. 39; type : Kopet dagh (Mus.
Budapest).
b. Subsp. securifer , nov. ; type : Guberli (Mus. Ac. Sc. Leningr.).
Répandu dans le sud-ouest de l’Asie.
a. Subsp. fuscipes , s. str. — Territoires Transcaspiens : Kopet dagh, Achal-
Tekke (Ahnger !) ; Aschabad (Vlasov !). — Samarkand (Barchevsky !). —
— Ferghan : Margelan (coll. Reitter!). — Turkestan chinois. Hsin-Kiang:
Ak-Su (Hauser !).
b. Subsp. securifer , nov. — Russie. Orenburg : Guberli, vallée de l’Oural
(Siverse !).
4. Cholevinus glabricollis, n. sp. ;type : Baintsagan (Mus. Ac. Sc. Leningr.).
Mongolie : monts Baintsagan, au sud des monts Changaï, nombreux
exemplaires (Sdabnikov !, Mus. Leningr. et Mus. Paris).
52. Gen. DZUNGARITES, nov.
Type : Catops Roubali Leb.
Très grande taille (près de 7 mm.). Aptère, dépigmenté, de coloration tes-
tacé rougeâtre uniforme et présentant tout à fait l’aspect d’un grand Choleva.
Ponctuation du pronotum fine et aciculée, celle des élytres un peu plus forte.
Pubescence dorée, courte et couchée, assez dense et régulière.
Tête rétractile, à forte carène' occipitale, le front plan, l’épistome indistinct,
comme chez Cholevinus. Palpes maxillaires allongés, l’avant-dernier article
non renflé, plus long que le dernier (fig. 1009). Yeux excessivement petits,
ponctiformes, n’occupant que le sommet de la face antérieure de l’angle occi¬
pital de la tête. Antennes peu longues, à massue peu dilatée, ses articles
aplatis.(fig. 1008).
Pronotum petit quoique transverse, sa plus grande largeur avant le milieu,
ses angles postérieurs très arrondis, le disque aplani, avec deux larges dépres¬
sions latérales (fig. 1008). Élytres oblongs, assez convexes, atténués au som¬
met, sans trace de stries ni de côtes, mais avec une strie suturale bien visible.
Pattes très longues et robustes. Les tibias épineux comme chez Cholevinus ,
mais avec les épines dressées cependant bien moins longues (fig. 1010). Même
forme des tarses antérieurs mâles ; premier article du tarse intermédiaire
mâle fortement dilaté. Tibias intermédiaires et postérieurs avec la même arma¬
ture apicale que chez Catops et Cholevinus.
D> RENÉ JEANNEL
420
Organe copulateur très long, très robuste, très fortement chitinisé. Le pénis
régulièrement arqués, subcylindrique, élargi et lancéolé à l’apex (fig. 1011);
sa face dorsale convexe, sa pointe arrondie et un peu retroussée. Styles courts et
ténus, terminés par une soie axiale. Sac interne inerme.
L’unique espèce du genre est remarquable par son aspect de Choleva , sa
grande taille et surtout l’atrophie de ses yeux. Elle se rattache certainement
à la lignée des Cholevinus, mais ses caractères évolutifs très particuliers justi¬
fient son isolement dans un petit genre spécial.
Fig. 1008-1011 : Genre Dzungarites, nov. — Fig. 1008. D. Roubali Leb., contours du mâle,
X 12. — Fig. 1009. Palpe maxillaire droit, x 65. — Fig. 1010. Tibia et tarse anté¬
rieurs droits du mâle, x 35. — Fig. 1011. Sommet de l’organe copulateur, x 65.
1. Dzungarites Roubali Lebedev, 1930, Ent. Bl., XXVI, p. 183; type :
Djarkent (coll. Roubal).
Long. 6,5 à 7 mm. Oblong, allongé, testacé rougeâtre uniforme. Antennes
robustes, atteignant à peine le quart basal des élytres, les articles 3 et 4 cylin¬
driques, quatre fois aussi longs que larges, plus longs que les 2 et 5 ; le 6 aussi
long que le 5, près de trois fois aussi long que large, le 7 un peu plus long que le
6, le 8 trois fois aussi long que large, aussi long que le 6, les 9 et 10 dilatés, à
peine plus longs que larges. Pronotum peu transverse, sa base guère plus large
que le bord antérieur, les côtés presque rectilignes en arrière, faiblement sinués,
la base rectiligne. Élytres oblongs, nettement plus larges que le pronotum
Pattes très longues. Tibias intermédiaires arqués, les postérieurs droits ou
presque droits. [Fig. 1008 à 1011].
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 421
Turkestan russe. Dzungarie : Djarkent, dans le défilé Kirghiz-Saï, plusieurs
exemplaires (Riukbeil !, mai 1910) ; monts Zailisk Alatau, plusieurs exem¬
plaires (P. Schmidt, juin 1892) (Mus. Ac. Sc. Leningr. et Mus. Paris).
53. Gen. CRYOCATOPS, nov.
Type : C. Starokadomskyi, n. sp.
Taille de 4 mm. Aptère. Genre voisin de Cholevinus Reitt., mais différent
par la forme des palpes et celle des antennes. Dépigmenté, testacé brillant, les
Fig. 1012-1017 : Genre Cryocalops, nov. — Fig. 1012. C. Starokadomskyi, n. sp., contour
du mâle, x 14 — Fig. 1013. Palpe maxillaire droit, x 63. — Fig. 1014. Organe copu-
lateur, X 65. — Fig. 1015. C. I’oppiusi, n. sp., organe copulateur, x 45. — Fig. 1016.
Tibia et tarse antérieurs droits du mâle, x 35. —, Fig. 1017. Antenne, x 65.
*
élytres ordinairement brunâtres. Ponctuation fine sur le pronotum, forte et
râpeuse sur les élytres. Pubescence dorée, courte et épaisse, couchée.
Tête rétractile, le front très convexe, l’épistome totalement fusionné avec le
front, sans suture visible. Yeux réduits, leur diamètre antéro-postérieur aussi
long que l’espace séparant l’antenne de leur bord antérieur. Palpes maxillaires
courts et épais, le dernier article conique, plus court que l’avant-dernier qui
est anormalement renflé (fig. 1013). Antennes testacées pâles, courtes et
épaisses, les articles apicaux à peine plus épais que ceux du funicule, monili-
formes (fig. 1017 et 1019).
Pronotum transverse, rétréci à la base, ses côtés plus ou moins arrondis, les
angles postérieurs très effacés, nullement saillants, la base rectiligne. Élytres
oblongs, peu convexes, sans reflets ardoisés produits par de petits plis épider¬
miques, le disque avec des traces bien visibles de côtes longitudinales.
Pattes longues et robustes. Les tibias portent des épines externes longues et
422
D' RENÉ JEANNEL
bien développées sur les deux paires postérieures, courtes mais perpendicu¬
laires, bien distinctes de la pubescence générale sur les tibias antérieurs
(fig. 1016 et 1020). Armature apicale des tibias comme chez les Caiops.
Caractères sexuels secondaires. — Pas de tubercule ventral aux fémurs anté¬
rieurs des mâles. Les tibias antérieurs mâles sont plus au moins dilatés
(fig. 1016 et 1020), les tarses antérieurs faiblement dilatés. Le premier article
du tarse intermédiaire à peine dilaté chez le mâle.
Organe copulateur (fig. 1014 et 1021) de même type que chez Cholevinus.
Le pénis n’est pas comprimé latéralement dans sa partie moyenne; la face
Fig. 1018-1022 : Genre Cryocatops, noy. — Eig. 1018. C, pallidus Popp., contour du
mâle, X 14. —. Fig. 1019. Antenne, x 45. —Fig. 1020. Tibia et tarse antérieurs mâles
X 45. — Fig. 1021 et 1022. Organe copulateur mâle, x 65.
dorsale est convexe, faiblement sillonnée ; la pointe entière, plus ou moins
aiguë. Sac interne inerme. Styles ténus et courts, terminés par une soie axiale.
Les espèces de ce genre présentent un faciès assez particulier, sans doute en
rapport avec leur localisation dans les régions arctiques. Elles rappellent un peu
le Dreposcia brevipalpis Reitt.,par la forme générale et surtout la ponctuation
des élytres. Mais la structure des palpes maxillaires et surtout celle de l’organe
copulateur montrent qu’elles n’ont aucune parenté directe avec les Dreposcia.
En réalité, c’est encore à la lignée des Cholevinus qu’elles se rattachent, comme
le témoignent les petites épines perpendiculairement dressées sur la face
externe de leurs tibias antérieurs. Mais la forme assez particulière des palpes
et celle des antennes permettent d’isoler les Cryocatops dans un genre spécial.
Les trois espèces actuellement connues vivent dans la toundra de l’extrême
nord de la Sibérie ainsi que dans les îles de l’océan glacial arctique.
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE
423
Tableau des espèces
1. Côtés du pronotum très arrondis, les angles postérieurs tout à fait
effacés, les parties latérales du disque largement déprimées (fig. 1012).
Élytres allongés, très atténués au sommet, nettement côtelés.
Antennes robustes et moniliformes, les articles de la massue à peine
plus épais que ceux du funicule et symétriques (fig. 1017), le 8 un
plus large que long. Tibias antérieurs mâles grêles (fig. 1016). Sommet
du pénis légèrement dilaté et terminé en pointe mousse (fig. 1014).
Coloration brillante, testacée pâle, les élytres d’un brun luisant.
(Fig. 1012 à 1014]. 1. Starokadomskyi, n. sp.
— Côtés du pronotum faiblement arrondis, les angles postérieurs obtus,
émoussés, mais accusés, les parties latérales du disque régulièrement
convexes (fig. 1018)... 2.
2. Élytres allongés, non atténués au sommet, nettement côtelés ;
même forme générale que chez le précédent (fig. 1012). Antennes de
même forme, à articles symétriques. Tibias antérieurs mâles grêles
(fig. 1016). Sommet du pénis non dilaté et effilé en pointe très aiguë
(fig. 1015). Coloration testacée brillante, les élytres rembrunis.
[Fig. 1015-1017]. 2. Poppiusi, n. sp.
— Élytres amples et convexes, ovoïdes, sans trace de côtes (fig. 1018).
Antennes à massue un peu plus épaissie, l’article 7 dissymétrique, le
8 globuleux (fig. 1019). Tibias antérieurs mâles épais et fusiformes
(fig. 1020). Sommet du pénis subparallèle et terminée en pointe
émoussée (fig. 1021). Coloration testacée pâle uniforme. [Fig. 1018
à 1022]. 3. pallidus Popp.
1. Cryocatops Starokadomskyi, n. sp. ; type : îles Taimyr (Mus. Ac. Sc,
Leningrad).
Espèce arctique, de la toundra, vivant dans une île de l’Océan Glacial
arctique sous le 76° lat. N.
Sibérie. Iles Taimyr, à l’ouest du Cap Vega, dans la mer de Karie, plusieurs
exemplaires (Starokadomsky !). ,
2. Cryocatops Poppiusi, n. sp. ; type : île Novo-Sibirsk (Mus. A®- Sc.
Leningrad).
Espèce remplaçant la précédente à l’est du Cap Vega, dans les archipels
de la mer de Nordenskiôld.
Sibérie. Archipel de la Nouvelle-Sibérie : île Novo-Sibirsk, 75° lat. N.
(Bounel ! ; Starokadomsky !) ; grande île Liakov, 74° lat. N. (Smessov !).
Presqu’île de Tchoukolsk, 71° lat. N. (Starokadomsky !).
Obs. — C’est vraisemblablement l’espèce indiquée par Poppius de l’ile
Novo-Sibirsk, sous le nom de Choleva pallida Popp.
i
D' RENÉ JEANNEL
424
3. Cryocatops pallidus Poppius, 1903, Oefv. Finska Fôrh., XLVI, p. 2
(i Choleva) ; type : bouches de la Lena (Mus. Helsingfors). — 1910 )
Mém. Ac. Sc. Saint-Pétersbourg, (8) XVIII, p. 10, pl. i, fig. 10. —
sibiricus( l ) Jeannel, 1923, L’Abeille, XXXII, p.32, 39et 71 (Choleva).
— Krogerus, 1926, Not. ent., VI, p. 6 (Catops).
Espèce localisée dans la toundra sibérienne.
Sibérie. Rép. des Yacoutes : Kumaksur et Bulkur, dans les bouches de la
Lena, 72° lat. N. deux mâles (B. Poppius!).
54. Gen. CAT0P0DES Portevin
Catopodes Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg., LVI11, p. 214 ; type : C. jusci-
frons Kr. — Jeannel, 1922, Arch. Zool. exp., t. 61, p. 46.
Long. 5 mm. env. Forme générale ovalaire allongée ; faciès des Catops.
Fig. 4023-1027 : Genre Catopodes Port. : C. fuscifrons Kr., du Japon. — Fig. 1023. Mâle,
X 14. — Fig. 1024. Antenne droite, x 45. — Fig. 1025. Tibia et tarse antérieurs droits
du mâle, x 45. — Fig. 1026. Organe copulateur. face dorsale, x 65. — Fig. 1027. Le
même, de profil.
Coloration brunâtre mate. Ponctuation excessivement fine et serrée ; pubes¬
cence dorée, très courte et couchée.
(1) J’avais changé le nom de Choleva pallida Poppius (1903) comme préoccupé par celui
de Choleva pallida Ménêtries (1832). Mais l’espèce de Ménétries a été décrite en réalité
comme Catops, de sorte que ce changement de nom n’était pas justifié. D’ailleurs, actuel¬
lement, le Catops pallidus Mén. est devenu le type du genre Cholevinus Reitt., le Choleva
pallida Popp. se place dans le genre nouveau Cryocatops et il n’y a par conséquent aucune
chance de confusion.
A
'I
MONOGRAPHIE DES CATOPIDAE 423
Tête rétractile. Palpes maxillaires courts et épais, le dernier article conique,
aussi large à la base que l’avant-dernier et aussi long que lui. Antennes épaisses,
les articles 4 et 5 transverses, les articles 6 à 10 longuement dentés en dedans,
le bord saillant muni de deux longues soies ; l’article 11 fusiforme et pédon-
culé (fig. 1024).
Pronotum transverse, à côtés bien arrondis, rétrécis à la base; les angles
postérieurs non saillants. Élytres oblongs, convexes, à sommet arrondi, la
surface finement striée.
Pattes courtes ; les tarses antérieurs mâles faiblement dilatés chez les mâles,
les intermédiaires simples. Tibias avec un rang d’épines externes, comme chez
les Cholevinus ; le tibia antérieur mâle légèrement renflé (fig. 1025).
Organe copulateur (fig. 1026 et 1027) très petit, très comprimé latéralement
dans sa partie moyenne, la partie apicale aplatie, spatulée, l’apex entier et
anguleux. Styles grêles, plus courts que le pénis, les soies insérées dans l’axe.
Malgré ses antennes flabellées, ce genre se rattache encore à la lignée des
Cholevinus. Une seule espèce du Japon.
1 . Catopodes fuscifrons Kraatz, 1877, Deutsche ent. Zs., p. 108 ; type :
Japon (Mus. Dahlem). — Portevin, 1914, Ann. Soc. ent. Belg.,
LVIII, p. 215. — sericeus Portevin, 1908,Bull. Mus. Hist. nat. Paris,
p. 20 ( Catoptrichus ) ; type : Tokio (Mus. Paris). [Fig. 1023-1027].
Japon. — Nippon central : environs de Tokio (Harmand !).
ADDENDUM
L’espèce myrmécopbile suivante, récemment découverte par M. C. Bolivar
y Pieltain dans le Rif marocain, m’a été communiquée pendant l’impression
de cette Monographie. J’en donnerai ici une brève diagnose, me réservant do la
décrire et figurer plus tard avec détails.
Philomessor (Attumbrinus) Bolivari, n. sp. — Un mâle (type) et deux
femelles de Imasinen (Mus. Madrid et Mus. Paris).
Cette espèce nouvelle présente tous les caractères assignés plus haut (p. 307)
au sous-genre Attumbrinus, nov. (type : Ph. Cloueti Port.). Elle a la même
forme générale elliptique, allongée et peu convexe que Ph. Cloueti (p. 306,
fig. 685), la même sculpture et la même pubescence très courte et couchée sur le
pronotum, au contraire longue et hérissée sur les élytres. Les antennes sont de
même type (fig. 386) ; les tibias sont hérissés de longues épines et pourvus
d’éperons externes bien développés ; les tarses des deux paires postérieurs sont
très longs et robustes. De plus, le premier article du tarse intermédiaire du
mâle, long et arqué, est fortement épaissi, subcylindrique, et ce caractère, qui
existe à un degré moindre chez Ph. Cloueti , devra être ajouté à ceux qui
définissent le sous-genre Attumbrinus.
436
D' RENÉ JEANNEL
Mais l’espèce nouvelle découverte par M. C. Bolivar est très différente du
Ph. Cloueti par de nombreux caractères, particulièrement par sa grande t'aille,
sa coloration et les caractères sexuels très extraordinaires des pattes.
Long. 3,5 à 4 mm. ; le mâle bien plus grand que les femelles. Elliptique
allongé et peu convexe. Brunâtre pâle, brillant chez le mâle, mat chez la
femelle, la tête et la partie apicale des élytres plus foncés, les antennes et les
pattes rougeâtres. Pubescence des élytres doublée de longues soies dressées
alignées sur les interstries.
Antennes longues et robustes, de même type que celles du Ph. Cloueti , mais
plus grêles, atteignant le milieu des élytres. Côtés du pronotum bien plus
arrondis que chez Ph. Cloueti , les angles postérieurs effacés, le disque avec une
fossette médiane allongée au devant de la base. Élytres avec de fines côtes
saillantes sur les interstries. Pattes longues et très robustes, les tibias épineux,
ceux des deux paires postérieures épais et arqués, les tarses intermédiaires et
postérieurs aussi longs que les tibias correspondants.
Le dimorphisme sexuel est très accusé. Le mâle est plus grand (4 mm.),
de forme plus allongée, de coloration brillante ; son pronotum est environ
une fois et demie aussi large que long ; ses élytres longs et atténués, leurs bords
apicaux séparément arrondis, l’angle suturai effacé. Les pattes du mâle sont
plus longues et surtout bien plus épaisses que celles des femelles ; les tibias
antérieurs longs et droits, les intermédiaires très fortement arqués, les posté¬
rieurs moins fortement arqués. Le tarse antérieur est dilaté, mais guère plus
large que le sommet du tibia ; le premier article du tarse intermédiaire est
long et cylindrique, arqué, et surtout bien plus épais que le deuxième.
Les femelles par contre sont de plus petite taille (3,5 mm.), de coloration
mate et de forme plus épaisse ; le pronotum est deux fois aussi large que long,
les élytres très ventrus, renflés dans la partie moyenne, s’atténuent au sommet
et présentent un angle suturai aigu et saillant. Les pattes des femelles, plus
courtes, sont moins épaisses, mais les tibias intermédiaires et postérieurs mon¬
trent la même incurvation que ceux des mâles, quoique à un degré moindre.
L’espèce ne peut être confondue avec aucune autre. L’armature apicale des
tibias et la pubescence hérissée des élytres lui assignent au premier regard
sa place dans le sous-genre Attumbrinus du genre Philomessor. Sa grande taille
et sa coloration pourraient la faire confondre avec le Catopomorphus orientalis
Aubé ; mais sa pubescence et la forme de ses pattes l’en écartent aussitôt.
C’est en réalité auprès de VAttumbrinus Cloueti Port, qu’elle se place, mais
avec des caractères tris particuliers.
Ph. ( Attumbrinus) Bolivari paraît localisé dans le Bif marocain. Il vit dans
les fourmilières de Messor barbarus L., subsp. striaticeps André [L. Berland
det.].
Maroc espagnol. Bif : Imasinen, Béni Seddat, un mâle et deux femelles
(C. Bolivar !).
INDEX ALPHABÉTIQUE
DES GENRES ET ESPÈCES
LIODIDAE
Edwardsi, n. sp. (Neopelatops), 13. | ocellifer, n. sp. (Ragytodes), 14.
Neopelatops,.n. g., 12. | Ragytodes, n. g., 14.
CATOPIDAE
abdominalis (Catops;, 387.
Acanthocatops (genre), 46.
acicularis (Namadeus). 206,208.
adelaidae (Pseudonemadus), 132, 133.
Adelops (sous-genre), 67.
adusta (Choleva), 278.
aequinoctialis (Adelopsis), 65.
affinis (Catops), 393.
agilis (Choleva), 262, 264, 277.
agilis (Synaulus), 95.
Agyrtodes (genre), 103.
alacris (Paracatops), 188, 190.
albanicus (Nargus), 230, 240.
algiricus (Nargus), 232, 241.
Alluaudi, n. sp. (Nargus), 233, 242.
alpestris (Sciodrepoides), 336, 340.
alpinoides (Catops), 375.
alpinus (Catops), 350, 375
alsiosus (Catops), 366. 393.
altaicus, n. subsp. (Catops), 358, 383.
altivaga (Attumbra), 301, 303.
ambiguus (Sciodrepoides), 338.
americanus (Cptops), 352, 378.
amoenus (Sciodrepoides), 336, 337.
amplicollis (Choleva), 277.
anachoreta (Catops), 405.
anatolicus, n. sp. (Namadeus), 207, 209.
Anceyi (Choleva), 279.
andalusicus (Catops), 404.
Anemadus (genre), 198.
angistrina (Choleva), 275, 289.
angustata (Choleva), 268, 270, 284.
angusticollis (Speonemadus), 219, 220.
angusticornis (Ptomaphaginus), 57, 58.
angustipes (Catops), 356, 381.
angustitarsis (Catops), 365, 393.
angustus (Attaephilus), 326, 328.
anisotomoides (Nargus), 239, 248.
anomalus (Namadeus), 207, 209.
antennalis (Zeagyrtes), 110, 111.
Anthobiomorpha (genre), 297.
antipoda (Paracatops), 186, 189.
antipodum (Nargiotes), 142.
Antoniae (Catopomorphus), 320.
apicalis (Catops), 356, 381.
aptus (Nargus), 236, 246.
aquilonia (Choleva), 262, 264, 278.
arcadius (Anemadus), 201, 202.
Archaeonemadus, n. g., 127.
arcuatipes, n. sp. (Cholevinus), 418, 419.
arenarius (Attaephilus), 324, 327.
argula (Choleva), 285.
aritzensis (Ptomaphagus), 75, 90.
arizonensis (Echinocoleus), 172.
armatus (Nargus), 244.
armeniacus (Nargus), 239, 248.
artitarsis, n. sp. (Nargus), 233, 243.
ascutellaris (Adelopsis), 63, 65.
asiaticus, n. subsp. (Catops), 353, 379.
asper, n. sp. (Adelopsis). 64, 66.
asperatus (Cholevodes), 197, 198.
atropos (Agyrtodes), 106, 107.
Attaephilus (genre), 321.
Attiscurra (sous-genre), 309.
Attumbra (genre), 297.
Attumbrinus, n. subg., 304.
Augustalisi (Catops), 375, 406.
australis (Pseudonemadus), 132, 133.
avivorus (Paracatops), 189.
badius (Nargus), 233, 243.
balcanicus (Nargus), 245.
balearicus, n. subsp. (Philomessor), 307, 308,
Barnevillei (Choleva), 263, 264, 279.
basilaris (Catops), 351, 376.
428 INDEX ALPHABETIQUE
bathseba (Choleva), 276. I caucasicus (Ptoraaphagus), 73, 85.
Bedeli(Catopomorphus), 318, 321. cavernicola (Ptomaphagus), 81, 92.
Bedeli (Choleva), 262, 279.
Bedelianus, n. sp. (Philomessor), 307, 308.
Benardi (Adelopsis), 63, 65.
Bianchü (Anemadus), 202.
bicolor (Agyrtodes), 107, 108.
bicolor (Catopomorphus), 321.
bicolor (Catops), 355, 380.
bicolor (Choleva), 269, 271, 283.
biharica (Choleva), 266, 281.
biharicus (Ptomaphagus), 71, 83.
Blackburni (Nargiotes), 142.
Blackburniella, n. g., 114.
blapoides (Catops), 404.
Bodoana (Rybinskiella), 293, 294.
Bolivari, n. sp. (Philomessor), 425.
Bolivari (Speonemadus), 219, 220.
borealis (Catops), 370, 402.
bosnica (Choleva), 261, 279-
brachyderus (Nemadus), 168, 171.
brasiliensis, n sp. (Adelopsis), 64, 66
Breiti (Choleva), 266, 281.
brevicollis (Choleva), 262, 278.
brevicollis (Philomessor), 307, 308.
brevicornis, n. sp. (Nargus), 233, 243.
brevipalpis (Dreposcia), 333.
Breuili (Speonemadus), 220.
brevistylis (Choleva), 272, 274, 286.
Brouni, (Paracatops), 189.
Brouni, n. sp. (Zearagytodes), 109.
Brounianus, n. sp. (Paracatops), 187, 189.
Bruchi (Adelopsis), 64, 66.
brunneicollis (Dissochaetus), 147, 151.
brunneipennis (Catops), 353, 379.
brunneipennxs (Catops), 379.
brunneipes (Paracatops), 186, 189.
brunneus, n. sp. (Adelopsis), 64, 66.
brunneus (Nargus), 239, 247.
Bryanti, n. sp. (Nargomorphus), 138, 139.
Bryanti, n. sp. (Ptomaphaginus), 57, 59.
Bugnioni (Chionocatops), 411.
cadaverinus (Catops), 376.
calabrus (Nargus), 243.
calcaratus (Dissochaetus), 154.
californicus (Ptomaphagus), 77, 91.
caliginosus (Catops), 393.
canellinus (Cholevinus), 418.
carinalus, n. sp. (Catops), 350, 378.
carpathicus (Ptomaphagus), 76, 89.
castanea (Choleva), 283.
castaneum (Mesocolon), 193, 194.
castaneus (Anemadus), 201, 203.
Catopidius (genre). 406.
Catopodes (genre), 424.
Catopomorphus (genre), 309.
Catopos&hema, n. g., 134.
Catops (genre), 340.
Catoptrichus (genre), 411.
caucasicus, n. subsp. (Catops), 370, 409.
celer (Catops), 383.
Championi, n. sp. (Ptomaphagus), 81, 93.
Chappuisi, n. sp. (Oritocatops), 120.
Cheesmani, n. sp. (Archaeonemadus), 129.
Chendai (Ptomaphagus), 72, 85.
chilensis(Eunemadus), 156.
Chionocatops (genre), 409.
Chobauti (Ptomaphagus), 74, 86.
Choleva (genre), 249.
Cholevinus (genre), 413.
Cholevodes (genre), 196.
cholevoides (Cholevinus), 418.
cholevoides, n. sp. (Nargomorphus), 138, 139.
Choievomorpha (genre), 101,
Cholevopsis (sous-genre), 249.
chrysomeloides (Catops), 362, 389.
cilipes (Ptomaphaginus), 57, 58.
circassicus (Ptomaphagus), 74, 86.
cisteloides (Choleva), 269, 270, 282.
clathratum (Mesocolon), 193, 194.
clathratus (Hormosacus), 213, 214.
clavalis (Catopomorphus), 313, 318.
clavalis (Ptomaphagus), 71, 83.
clavicornis (Catops), 378, 389.
Clermonti (Choleva), 262, 278.
Cloueti (Philomessor), 308, 309.
Cnemopsilus (genre), 182.
coecum (Mesocolon), 193, 194.
cognatus (Catops), 400.
colchicus (Attaephilus), 328.
collaris (Dissochaetus), 152.
Colleti (Dreposcia), 333.
coîonoides (Nemadus,) 166, 168.
compressitarsis (Ptomaphagus), 87.
conicicollis (Cholevinus), 419.
conjungens (Nargus), 232, 242.
consobrinus (Ptomaphagus), 80, 92.
' convexus, n. sp. (Catopomorphus), 317, 321.
coracinus (Catops), 358, 382.
corcyreus, n. subsp. (Catopomorphus), 314,
319.
corsica, n. subsp. (Attumbra), 301, 303.
costulatus (Hormosacus), 215.
crenatellum (Mesocolon), 194.
creticus, n. sp. (Catops), 372, 403.
creticus (Namadeus), 206, 208.
cribellarius (Nargus), 233, 243.
cribellata (Falkocholeva), 158.
cribrata (Choleva), 261, 277.
cribratostriatus (Namadeus), 207, 209.
cribratus, n. sp. (Catops), 365, 391.
Cryocatops, n. g., 421.
cuneiformis (Cholevinus), 418.
cuneipennis, n. sp. (Eocatops), 178, 179.
curlicornis (Sciodrepoides), 337.
curtus (Dissochaetus), 147, 152.
curvigerum (Mesocolon), 194.
| curvipcs (Eucatops), 51, 52.
INDEX ALPHABETIQUE 429
dacica (Choleva), 269, 283.
dacicus (Ptomaphagus), 77, 89.
dalmatinvs (Catopomorphus), 319.
Darlingtoni, n. sp. (Ptomaphagus), 78, 92.
Darwini, n. sp. (Adelopsis), 64, 66.
Dasy pela tes (genre), 111.
daurica (Rybinskiella), 293, 294.
decipiens (Dissochaetus), 151,154.
Demochrus (sous-genre), 225.
densissimus (Nargus), 234, 244.
depressus (Gatopidius), 409.
dichrous (Catops), 361, 387.
dickensis, n. sp. (Paracatops), 187, 190.
Dictydiella, n. g., 121.
dilutus (Dissochaetus), 152.
dispar (Adelopsis), 66.
dissimulalor (Catops), 392.
Dissochaetus (genre), 142.
divaricatus, n. sp. (Catops), 369, 397.
divaricatus (Ptomaphagus), 73, 85.
Doderoi (Choleva), 265, 281.
Dolichocatops (genre), 182.
Doriae (Catops), 383.
Dorni (Catops), 395.
dorsigera (Choleva), 260, 276.
Dreposcia (genre), 330.
dubius (Dissochaetus), 183.
Dzungarites, n.g., 419.
Echinocoleus (genre), 171.
Edwardsi, n. subsp. (Falkocholeva), 158.
Edwardsi, n. sp. (Nemadiopsis), 160.
egenus (Catops), 351, 376.
elephas, n. sp. (Catops), 375, 406.
ellipticus, n. sp. (Eocatops), 177, 178.
ellipticus, n. sp. (Nemadus), 166, 170.
elongata (Choleya), 273, 274 , 288.
Emgei (Choleva), 261, 277.
Eocatops (genre), 175.
erro (Catops), 360, 385.
Escalerai (Speonemadus), 220, 221.
Eucatops (genre), 46
Eunemadus (genre), 155.
Eupelates (genre), 112,
Euptomaphagus (genre), 54.
exiguus (Adelopsis), 65, 66.
extranea (Blackburniella), 115.
Fagniezi (Choleva), 271, 274, 286.
Fairmairei (Catopomorphus), 319.
Fairmairei (Philomessor), 308.
falklandica (Falkocholeva), 158.
Falkocholeva, n. g., 156.
fasciatus, n. sp. (Dasypelâtes), 112.
fastidiosus (Nemadopsis), 160.
femoralis (Attumbra), 302, 303.
femoralis (Catops), 383.
femoratus (Paracatops), 189.
festinans (Catops), 398.
filicornis, n. sp. (Adelopsis), 65, 66.
fimbriatus (Dissochaetus), 147, 152.
fisus (Ptomaphagus), 79, 80, 91.
flavescens (Nargus), 244.
flavicornis (Catops), 402,
flavicornis (Ptomaphaginus), 57, 58.
fleclipes (Mesocolon), 194.
Foreli (Catopomorphus), 315, 320.
formicetorum (Eucatops), 50, 52.
formicetorum (Philomessor), 308.
fornicatus (Catops), 392, 402.
forticornis (Ptomaphagus), 71, 83.
Frankenhauseri (Catoptrichus), 413.
i'uliginosus (Catops), 370, 400.
fulvicollis (Nargus), 240.
fulvitarsis (Paracatops), 188, 190.
fulvus (Ptomaphagus), 74, 85.
fumatus (Sciodrepoides), 337, 338.
funebris (Attaephilus), 325, 328.
fuscifrons (Catopodes), 425.
fuscipes (Cholevinus), 417, 419.
fuscoides (Catops), 370, 398.
fusconitidus (Catops), 398.
fuscus (Catops), 369, 397.
fungicola (Nargus), 238, 247.
gallica (Choleva), 272, 274, 286.
garganona (Choleva), 259, 275,
gausapata (Choleva), 277.
Geayi (Dissochaetus), 148, 153.
géorgiens (Attaephilus), 326.
Germaini, n. sp. (Nemadiolus), 162.
Giaquintoi, n. sp. (Ptomaphagus), 81, 93.
giganteus (Catops), 375, 406.
glabricollis, n. sp. (Cholevinus), 416, 419.
glabricollis (Eucatops), 50, 51.
glauca (Choleva), 269, 271, 284.
globulus, n. sp. (Nargomorphus), 137, 139.
gomphosata (Choleva), 277.
gracilicornis (Choleva), 272, 274, 286.
gracilis (Dasypelates), 112.
gracilis (Hormosacus), 214.
graecus (Namadeus), 207, 209.
granadensis, n. sp. (Dissochaetus), 150, 154.
grandicollis (Catops), 361, 385.
grandis (Catops), 404.
granifer (Paracatops), 186,189.
gratiosus (Catops), 357, 382.
Grouvellei (Eucatops), 51, 52.
grusinus (Catops), 474, 406.
haemorrhoidalis (Eucatops), 51,52.
Harmandi (Ptonochaeta), 296.
hastatus, n. sp. (Catops), 357, 384.
Hatchi (Ptomaphagus), 83, 93.
helladicola (Catops), 398.
Hervei (Catops), 402.
heterocerus (Adelopsis), 65, 67.
Hetschkoi (Dissochaetus), 150, 153.
Hilleri (Catops), 353, 379.
himalayica (Rybinskiella), 293, 294.
hirtula (Choleva) 277.
hirtus (Ptomaphagus), 82, 93.
hispanicus (Catops), 396.
Hormosacus, n. g., 209.
INDEX ALPHABETIQUE
Horni (Nemadus), 167, 169,
Hornianus (Sciodrepoides), 335, 337.
humeralis (Clioleva), 283.
hunuensis (Agyrtodes), 105, 108.
hybridus (Catops), 364, 391.
hyperboreus (Catops), 383.
hypogaeus, n. sp. (Oritocatops), 120.
illyricus. n. sp. (Attaephilus), 325, 327.
immaculatus (Dissochaetus), 147, 152.
impressithorax (Choleva), 290.
inapicalis (Catopomorphus), 313, 318,
incisipennis (Eocatops), 178, 179.
inermis (Catops), 370, 400.
inermis, n. sp. (Eucatops), 50, 52.
inermis (Ptomaphagus), 80, 92.
integer (Pseudonemadus), 133,
intermedia (Choleva), 280.
islamila (Nargus), 239,248.
istrianus (Nargus), 244.
jailensis (Choleva), 264, 279.
japonicus, n. sp. (Sciodrepoides), 335, 337.
Jeannelella (genre), 322.
Jeanneli (Choleva), 272, 274, 288.
Joffrei (Catops), 368,396.
Josephinae (Attumbra), 301, 303.
judaea (Attumbra), 301, 302.
judaeus (Catopomorphus), 315, 320.
kabylianus (Catops), 398.
Karamani (Anemadus), 201, 202.
kashmirensis (Rybinskiella), 293, 294.
kenyensis (Oritocatops), 119,120.
Kirbyi (Catops), 361, 386.
Koebelei (Agyrtodes), 106, 107.
Kozlôvi, n. sp. (Catops), 363, 391.
Kraatzi (Nargus), 236, 245.
Iculuensis (Cholevodes), 198.
Kûlzeri, n. sp. (Catops), 375, 406.
labralis (Agyrtodes), 107.
La Brûleriei, n. sp. (Catops), 365, 391.
lapponicus (Catops), 392.
Lasioeatops (sous-genre), 340.
lateritia (Choleva), 289, 418.
laticollis (Catops), 392.
latior (Ptomaphagus), 79, 80, 91.
latipes (Ptomaphaginus), 57, 58.
latitarsis, n. sp. (Dissochaetus), 146, 151.
latus (Dissochaetus), 148, 152.
Leachi (Catops), 387.
Leconlei (Ptomaphagus), 92.
Lederi (Nargus), 238, 247.
Lederiana (Choleva), 277.
lenkoranus (Nargus), 238, 247.
Leonhardi (Namadeus), 207, 209.
Leonhardi (Nargus), 237, 246.
leucophthalma (Choleva), 285.
Lewisi, n. subsp. (Catops), 365, 393.
libanotica (Choleva), 273, 289.
lituratus (Pseudonemadus), 133, 134.
lobeliae, n. sp. (Oritocatops), 119, 120.
Lôdingi (Ptomaphagus), 83, 93.
longicornis (Nargus), 244.
longipennis (Catops), 402.
longispina (Dissochaetus), 153,
longitarsis (Ptomaphaginus), 57, 58.
longulus (Catops), 357, 381.
longulus, n. sp. (Nargus), 236, 246.
lucida (Attumbra), 302, 303.
luctdicoliis (Choleva), 288,
lugubris (Paracatops), 188, 189.
luridipennis (Catops), 380.
luteipes (Agyrtodes), 107.
luteipes (Catops), 352, 379.
macedo, n. sp. (Namadeus), 207, 209.
Macleayi (Paracatops), 185, 189.
maculatus (Dissochaetus), 153.
maculifer (Zearagytodes), 109.
magnicollis (Catopomorphus), 314, 320 .
magnifies (Rybinskiella), 292, 293.
major (Catops), 402.
major (Choleva), 258, 276.
Malyi (Attumbra), 302, 304.
Malyi (Cholevinus), 418.
Malyi (Eocatops), 178.
marginalis (Paracatops), 190.
marginicollis (Catops), 373, 404.
Mariéi (Catops), 372, 403.
maritimus (Namadeus), 208.
maroccanus, n. subsp. (Hormosacus),213,21
Marqueti (Catopomorphus), 318, 321,
Marseuli (Choleva), 260, 277,
Marshami (Catops), 393.
Matthiesseni (Choleva), 262, 279.
mauritanicus (Ptomaphagus), 76,90.
médius (Ptomaphagus), 77, 87.
Menetriesi (Cholevinus, 418.
Menozzii (Choleva), 264, 280.
meridionalis (Catops), 404.
Merodiscus (sous-genre), 67.
Mesocolon (genre), 190.
mexicanus, n. sp. (Dissochaetus), 147, 152.
Michoni(Catopomorphus), 317, 320.
Micronemadus, n. g., 173.
microps, n. sp. (Mesocolon), 194, 195.
minor (Catops), 400.
minusculus (Nargomorphus), 138.
miser (Ptomaphagus), 77,88.
mitchellensis (Ptomaphagus), 82, 93.
Moczarskii (Catops), 363, 391.
Modiglianii, n. sp. (Archaeonemadus), 129.
Mohammedis (Nargus), 235, 244.
mongolicus, n. subsp. (Catops), 366, 393.
monilis (Dissochaetus), 148, 153.
monticola (Agyrtodes), 105, 107.
montivagus (Catops), 387.
morio (Catops), 366, 392.
Milnsteria (sous-genre), 331.
Murrayi (Catopidius), 409.
Murrayi (Dissochaetus), 150,154.
Myrmecobius (genre), 94.
myrmecobiuï (Catopomorphus), 319.
INDEX ALPHABÉTIQUE
431
Myrmecophilus (genre), 321.
myrmecophilus, n. sp. (Nemadus), 168, 170.
Namadeus, n. g., 203,
Nargiotes, n. g., 141.
Nargomorphus, n. g., 136.
Nargus (genre), 225.
natalensis, n. sp. (Oritocatops), 119, 120.
nebulosus (Agyrtodes), 107, 108.
neglectus (Catops), 363, 391.
Nemadiolus, n.g., 161.
Nemadiopsis, n. g., 159.
Nemadus (genre), 162.
nemoralis (Agyrtodes), 107.
nesobium, n. sp. (Mesocolon), 193, 194.
nevadicus (Ptomaphagus), 77, 91.
nigricans (Catops), 372, 402.
nigricantoides (Catops), 372, 403.
nigriolavis (Catops), 367, 395,
nigriclauis (Ptomaphagus), 86.
nigricornis (Pseudonemadus), 133, 134.
nigrita (Catops), 367, 393.
nigriventris (Nargus), 231, 240.
nikitanus (Nargus), 239, 247.
nipponensis, n. sp. (Catops), 374, 406.
nitens, n. sp. (Ptomaphaginus), 56, 58.
nitidicollis (Catops), 359, 385.
nitidicollis, n. sp. (Nargus), 239, 247.
nitidulum (Mesocolon), 194.
nivalis (Choleva), 266, 280.
nivicola (Catopomorphus), 313, 318.
Normandi, n. subsp. (Ilormosacus), 213, 215.
norvegica (Choleva), 289.
notaticollis (Nargus), 232, 241.
nubifera (Nargus), 240.
oblitus (Dissûchaetus), 150, 154.
oblonga (Choleva), 264, 280.
oblongus (Eucatops), 50, 51.
obscuripes (Choleva), 268, 285,
obscurus (Oissochaetus). 148, 152.
obscurus (Pseudonemadus). 134.
oceanicus (Paracatops), 189.
Oertzeni (Catops), 363, 391.
opaca (Prionochaeta), 296, 297.
orchesioides (Hormosacus), 212, 213.
oresitropha (Choleva), 266, 282.
orientalis (Catopomorphus), 314, 319.
Oritocatops (genre), 116.
ovalis, n. sp. (Adelopsis), 63, 65.
ovalis (Dissochaetus), 148, 152.
ovatus (Agyrtodes), 105, 107.
ovatus (Nargus), 233, 243.
pachycerus.n. sp. (Archaeonemadus),129,130.
Paganettii (Namadeus), 208.
palaestina (Choleva), 276.
pallidicornis (Ptomaphaginus), 58.
pallidus (Cholevinus), 415, 418.
pallidus (Cryocatops), 423, 424.
pallidus (Nargus), 240.
Paracatops (genre), 182.
paradoxa (Jeannelella ), 327.
paradoxus (Attaephilus), 324, 326.
parallelus (Dissochâetus), 150, 153.
parasitus (Nemadus), 167, 170.
paskoviensis (Choleva), 259, 276.
pellitus (Namadeus), 207, 209.
Pelopis (Eocatops), 178, 179.
Penziai, n. sp. (Archaeonemadus), 129.
Pesruchesi, n. sp. (Catopomorphus), 314,319.
Peyerimhoffi (Catops), 354, 380.
Peyerimhoffi, n. subsp. ( Hormosacus), 213,215.
phaeacus (Nargus), 237, 246.
Philippi (Dissochaetus), 149, 153.
Philomessor, n. g., 304.
phyllobius (Paracatops), 188, 190.
picipes (Catops), 374, 404.
picipes (Ptomaphagus), 86.
picta (Cholevomorpha), 102.
pilicornis (Catops), 381.
pilifera (Choleva), 264, 280.
piiosus (Attaephilus), 327.
pinicola (Nargus), 231, 242.
Piochardi, n. sp. (Catops), 355, 380.
Piperi (Ptomaphagus), 79, 80, 91.
pius (Ptomaphagus), 74, 85.
Poppiusi, n. sp. (Cryocatops), 423.
Portevini (Catops), 381.
portoricensis (Dissochaetus), 151, 154.
Pozi (Choleva), 283.
praecox (Nargus), 244.
praeusta (Attumbra),304.
Prionochaeta (genre), 294.
pruinosus (Synaulus), 95,96.
Pseudonemadus (genre), 130.
Ptomaphaginus (genre), 54.
Ptomaphagus (genre), 67.
pulchellus (Hormosacus), 212, 214.
punctata (Choleva), 259, 276.
puncticeps (Pseudonemadus), 134.
punctipennis, n. sp. (Attaephilus), 326, 328.
punctipennis, n. sp. (Rangiola), 140.
Purkynei (Catops), 360, 390.
pusillimus (Micronemadus), 174.
pusio (Nemadus), 167, 169.
putridus (Nargus), 233, 242.
pyrenaeus, n. subsp. (Hormosacus), 212, 214.
pyrenaeus (Ptomaphagus), 77, 89.
pyrenaica (Choleva), 285.
quadraticollis, n. sp. (Attumbra), 302, 304.
quadraticollis (Catops), 368, 396.
Ragytes (genre), 103.
Rambouseki, n. sp. (Attaephilus), 325, 328.
Rangiola, n. g., 139.
recttpes (Ptomaphagus), 73, 84.
Reitteri, n. sp. (Attaephilus), 326, 328.
Reitteri (Choleva), 266,282.
relatus (Paracatops), 188, 190.
rescissicollis (Catops), 373, 404.
Rosenhaueri (Ptomaphagus), 76, 90.
rotundangulus (Nargus), 244.
rotundicollis (Catops), 386.
432 INDEX
Roubali (Dzungarites), 420.
Rougeti (Catopomorphus), 314, 318.
rubidus (Ptomaphaginus), 57, 58.
rufescens (Galops), 398.
rufescens (Choleva), 288
rufescens (Eucatops), 51, 52.
ruücollis (Adelopsis), 65, 66.
ruficollis (Nargus), 230, 240.
rufipennis (Nargus), 235, 244.
rufiventris (Ptomaphagus), 86.
rufus (Cholevinus), 415, 418.
rufus, n. sp. (Ptomaphaginus), 58.
rugulosus (Sciodrepoides), 336, 337.
ruthenus (Ptomaphagus), ' 7 4, 91.
Rybinskiella (genre), 290.
saburratus (Catops), 402.
Sahlbergi (Cholevinus), 418.
samaritanus (Gatomorphus), 314, 320.
sanguinicollis (Dissochaetus), 152.
sardus (Ptomaphagus), 71, 84.
Saulcyi, n. subsp. (Anemadus), 201. 202.
Sauteri (Ptomaphaginus), 58.
Schenklingi (Paracatops), 190.
Schwarzi (Ptomaphagus), 77, 91.
Sciodrepa (genre), 334, 340.
Sciodrepoides (genre), 334.
scitulus (Nargus), 243.
scilulus (Sciodrepoides), 338.
securifer, n. subsp. (Cholevinus), 417, 419
semipiceus (Dissochaetus), 150, 154.
semirufus (Nargomorphus), 138, 139.
septentrionalis (Ptomaphagus), 77, 87.
septentrionis (Choleva), 263, 279.
sericatus (Ptomaphagus), 76, 87.
sericeus (Catopodes), 425.
sericeus (Catops), 389, 392, 398.
sericeus (Ptomaphagus), 86.
setiger (Echinocoleus), 172.
sibirica (Prionochaeta), 296, 297.
sibiricus (Cryocatops), 424.
sibiricus (Ptomaphagus), 72, 84.
siculus, n. sp. (Nargus), 236, 246.
sidonica (Choleva), 289.
silphoides (Ptomaphagus), 86,
Simoni (Adelopsis), 63, 66.
simplex (Catops), 354, 380.
sinensis (Catops), 381.
Sintania (sous-genre), 290.
sinuatipes (Catops), 351, 377.
sitkanus, n. subsp. (Catops), 375.
Smithi, n. sp. (Dissochaetus), 150,154.
Solarii (Catops), 362, 386.
Solarii (Choleva), 267, 282.
spadicea (Choleva), 259, 275.
sparcepunctatus, n. sp. (Catops), 349, 378.
sparsicollis (Choleva), 273, 289.
Spathosternum (genre), 46.
spelaeus (Ptomaphagus), 81, 93.
speluncarum (Catops), 359, 384,
Spencei (Catops), 387.
ALPHABETIQUE
Spencianus (Catops), 376.
Speonemadus (genre), 215.
Sphaerocatops (sous-genre), 49.
spinipennis (Choleva), 271, 273, 287.
spinipes (Dissochaetus), 149, 153.
Starokadomskyi, n. sp. (Cryocatops), 423.
striatulus, n. sp. (Anemadus), 201, 203.
striatus (Catops), 404.
strigosus(Anemadus), 201, 202.
strigosus (Ptomaphagus), 92.
Strupii, n. sp. (Attumbra), 300, 302.
Sturmi (Choleva), 271, 274, 285.
subcostatus (Hormosacus), 213,215.
subfasciatus (Catops), 356, 380.
subfuscus (Catops), 351, 377.
subnitens (Catops),383.
subnuda (Attumbra), 300, 302.
subrectipes (Catops), 351, 377.
substriatus (Catops), 392.
subtruncatus (Ptomaphagus), 91.
subvillosus (Ptomaphagus), 74, 86.
sulcipennis (Hormosacus), 215.
suturalis (Eocatops), 177, 178.
suturalis (Paracatops), 189, 190.
Synaulus (genre), 94.
syriacus, n. subsp. (Catops), 370, 398.
taborensis (Nargus), 237, 246.
tarbensis (Ptomaphagus), 86.
tasmaniae, n. sp. (Catoposchema), 135.
tasmaniae.n. subsp. (Nargomorphus), 138,139.
tauricus, n. sp. (Catopomorphus), 318, 320.
tauricus (Ptomaphagus), 75, 90.
Tenenbaumi (Choleva), 290.
tenuicornis (Ptomaphagus), 76, 89.
tenuipes (Hormosacus), 212, 214.
tenuitarsis (Cholevodes), 197, 198.
tenuitarsis, n. sp. (Nemadus), 168, 170.
terminans (Sciodrepoides), 337, 338.
testacea (Choleva), 277.
texanus (Ptomaphagus), 80, 92.
torliscelis (Catops), 351. 379.
Tournieri (Choleva), 283.
transversostriatus (Hormosacus), 212, 214.
transversestrigosus (Eupelates), 114.
triangulum, n. sp. (Nemadus), 168,171.
triangulum, n. sp. (Paracatops), 187, 189.
tristis (Catops), 362, 387.
truncaius (Ptomaphagus), 86.
tuniseus (Catopomorphus), 316, 320.
turkestanicus (Nargus), 238, 246.
Turneri, n. sp. (Dictydiella), 122.
Uhagoni (Choleva), 274, 287.
Ulkei (Ptomaphagus), 80, 92.
umbrina (Dreposcia), 332, 333.
undulatus (Zeagyrtes), 110.
Unionis (Nargus), 246.
univestis (Catops), 387.
Valentinei (Ptomaphagus), 82, 93.
validus (Ptomaphagus), 71, 83.
vallombrosae (Ptomaphagus), 71, 83.
433
INDEX ALPHABÉTIQUE
Vandalitiae (Hormosacus), 211, 214.
variegatus, n. sp. (Agyrtodes), 106, 107.
variicornis (Ptomaphagus), 73, 84.
varius, n. sp. (Agyrtodes), 107, 108.
Vaulogeri (Choleva). 285.
velox (Nargus), 230, 240.
ventricosus (Catops), 363, 389.
vernalis (Catops). 406,
Verneri (Speonemadus), 220.
veslitus (Catops), 355, 380.
victoriensis (Nargomorphus), 138, 139.
villosa (Choleva), 264, 280.
villosus (Ptomaphagus), 86.
Vinogradovi, n. subsp. (Catops), 352, 379.
vitticollis (Zeagyrtes), 110.
Watsoni (Sciodrepoides), 335, 337.
Weiratherella (sous-genre), 309.
Weiratheri, n. sp. (Attaephilus), 325, 328.
Weisei (Attaephilus), 323, 326.
Westi (Catops), 368, 397.
Wilkini (Nargus), 236, 244,
Winkleri (Choleva), 259, 275.
Zariquieyi, n. sp. (Catops), 358, 384.
Zariquieyi, n. subsp. (Speonemadus), 220,
221 .
Zeagyrtes (genre), 109.
Zearagytodes, n. g., 108.
Zolotarevi (Choleva), 268, 285.
s
MÉMOIRES DD MUSÉUM, nouvelle série, lome I.
28
PIERRE ANDRÉ
:: imp. paris ::
ÉDITIONS DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Archives du Muséum national d’Histoire naturelle /commen¬
cées en 1803 comme Annales du Muséum national a Histoire
naturelle). (Un vol. par an, 200 fr.)
Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle. (Com¬
mencée en 1895). (Un vol. par an, 5 o fr.).
Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle, nouvelle
série. (Sans périodicité fixe; abonnement pour un volume :
i 5 o fr.).
Index Seminum in Hortis Musaei parisiensis collectorum.
(Laboratoire de culture ; parait depuis 1822 ; échange.)
Nolulae Systematicae. (Directeur M. H. Humbert, laboratoire
de Phanérogamie ; parait depuis 1909 ; abonnement au volume,
4o fr.).
Revue française d'Entomologie. (Directeur M. le D r R. Jeannel,
laboratoire d’Entomologie ; paraît depuis 1934 ; abonnement
annuel, 5 o fr.).
Revue de Botanique appliquée et d'Agriculture coloniale.
(Directeur : M. A. Chevalier, laboratoire d* Agronomie coloniale;
parait depuis 1921 ; abonnement pour la France, 100 fr.).
Revue Algologique. (Directeurs M. P. Allorge et M. R. Lami,
laboratoire de Cryptogamie ; parait depuis 1924; abonnement
France, 5 ofr., Étranger, 100 fr.).
Revue Bryologique et Lichénologique. (Directeur M. P. Allorge,
laboratoire de Cryptogamie ; parait depuis 1874 ; abonnement
France, 5 o fr., Étranger, 100 fr.).
Annales {de Cryptogamie exotique. (Directeur M. R. Heim,
laboratoire de Cryptogamie; parait depuis 1928 ; abonnement
France, 80 fr., Étranger, 100 fr.).
Bulletin du Laboratoire maritime du Muséum national
d’Histoire naturelle à Binard. (Directeur M. A. Gruvel, labo¬
ratoire maritime de Dinard ; suite du même Bulletin à Saint-
Servan ; paraît depuis 1928; prix variable par fascicule).
Bulletin du Musée d’Ethnographie du Trocadêro. (Directeur
M. P. Rivet, Musée du Trocadêro; paraît depuis 1931 ; prix
du numéro : 5 fr.).
Recueil des travaux du Laboratoire de Physique végétale.
(Laboratoire de Physique végétale; parait depuis 1927; échange).
Travaux du Laboratoire d'Entomologie. (Laboratoire d’Entomo¬
logie; parait depuis 1934; échange).
La Terre et la Vie , publiée en collaboration par la Société des
Amis du Muséum et la Société nationale d’Acclimatation.
Rédacteur en chef : M. G. Petit, 57, rue Cuvier, Paris 5 *;
abonnement : 3 o fr.).
Prix : 160 francs.