MEMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
TOME TROISIÈME
FASCICULE UNIQUE
E.-L. BOUVIER
ÉTUDE DES SATURNIOÏDES NORMAUX
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
57, Rue Cuvier (V e )
Décembre 1936
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Les Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle
paraissent sans périodicité fixe. Chaque volume est formé d’un
nombre variable de fascicules, publiés isolément et ne contenant
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certaine étendue concernant l’Histoire naturelle. Ceux qui sont
destinés à servir de thèses de doctorat peuvent être reçus aux
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MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
TOME TROISIÈME
FASCICULE UNIQUE
E.-L. BOUVIER
ÉTUDE DES SATURNIOÏDES NORMAUX
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
57, Rue Cuvier (Y 0 )
Décembre 1936
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Nouvelle série. Tome III.
Paru le SI Décembre 1936.
Famille des SATURNIIDÉS 1
Ayant passé en revue, dans deux études successives, les deux premières
familles des Saturnioïdes normaux, Syssphingidés (Mém. Ac. Sc., LX, 2 e série,
n° 2, 298 pages, 92 figures) et Hémileucidés (Ann. Sc. Nat., Zool., (10), XV,
363-426, 22 figures, 1 planche, 1932 ; — XVIII, 217-418, 39 figures,
6 planches 1935 et XIX, 31-286, 41 figures, 6 planches, 1936), il faut main¬
tenant aborder la troisième et dernière, celle des Saturniidés. On trouvera
dans la première partie de mon étude consacrée aux Hémileucides (p. 370
et suiv.) les raisons qui justifient l’établissement de cette famille telle
qu’on la trouvera ici comprise ; le mérite, en cela, en revient surtout à Grote
(Canad. ent., XXVII, 268) qui distingua nettement les trois familles de
Saturnioïdes, en quoi il fut suivi par A. S. Packard (Mem. Ac. Sc. Washington ,
XIV, 1914) lequel toutefois mélangea dans chaque famille certaines formes
appartenant aux autres. Je rappelle pour mémoire que K. Jordan (Noo.
Zool., XXIX, 250,1922), dans sa belle étude sur les Ludiinés, considère les
Hémileucides comme une simple sous-famille des Saturniidés et que M. Draudt
(Seitz., VI, 1929-1930) supprime toute barrière entre les Saturniidés à cel-
1. Note importante. Vobservation faite dans une note semblable introduite en tète de la
3« sous-famille ( Automérinés) des Hémileucides s'applique également ici. Schiissler ayant
fait paraître la totalité de son Lepidopterorum Catalogus, 1933, 1934 (sauf Telea et les
espèces ilu groupe actien qui, pourtant, sont de vrais Salurnides).
Il y aura toutefois une différence : les tableaux synoptiques relatifs aux formes
(espèces ou variétés) de chaque genre sont assez développés pour qu’on puisse reconnaître
ces formes, de sorte qu’il suffit de faire suivre chaque tableau d’un court index bibliogra¬
phique relatif à chacune d’elles. Dans les tableaux l’envergure est indiquée en millimètres
après le nom de chaque espèce: dans les index, en dehors des Ludiinés, une parenthèse
indique la collection où se trouve le type spécifique. Comme dans les mémoires précé¬
dents, les figures du texte ont été exécutées à la plume d’après mes dessins, par l’habile
M. Séguy, avec emploi des mêmes lettres.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome lit.
1
E.-L. BOUVIER
Iule close et les Hémileucidés ; j’ajoute que Hampson semble avoir eu la
même compréhension des Saturnioïdes que Jordan, car il divise (Nov. ZooL,
XXV, 384, 1918) ce vaste groupe en deux sous-familles, Syssphingidae et
Attacidae , cette dernière sous-famille correspondant sans doute aux Satur-
niidés de Jordan.
Les Saturniidae se distinguent surtout et toujours des autres Saturnioïdes
par leurs chenilles qui sont dépourvues' d’un caractère syssphingidien
très frappant, à savoir : au 1 er stade, la présence sur les tergites thoraciques,
de tubercules développés en cornes très puissantes ; aux stades suivants, les
tubercules de tout le corps restent simples tandis que, chez les Hémileucidés,
ils s’allongent et se ramifient en buissons, grâce à des branches latérales
mobiles sur une articulation basale. Par quoi, chez les Saturniidés, on s’éloigne
de la souche syssphingidienne.
On s’en éloigne également par un grand nombre de traits qui caractérisent
les adultes; mais ici, la distinction est moins générale, à cause des traits ances¬
traux que présentent certains genres saturniens delà sous-famille des Ludiinés,
et l’évolution saturnidienne des nervures chez les Hémileucites dans la
famille des Hémileucidés. La plupart de ces traits ont été mis en évidence
par Jordan dans le travail signalé plus haut, leur généralité paraît très grande
et ils donnent bien une physionomie particulière à l’ensemble des Saturniidés :
1° quand les antennes sont quadripectinées, ce qui est la règle presque
absolue, au moins chez les mâles, les branches constituant le peigne sont
disposées de telle sorte que la branche distale d’un article est séparée de la
branche proximale de l’article suivant par un intervalle notable (au lieu
d’être contiguë comme dans les deux autres familles) ; 2° les articles anten-
naires, au moins les distaux, portent plusieurs cônes sensoriels sur une saillie
ventrale (au lieu d’un seul comme dans les Syssphingidés et les Hémileucidés) ;
3°leparasternite du mésosternum est réduit, presque toujours sans relation avec
l’épisternite (comme dans les Hémileucidés et contrairement à ce que l’on
observe chez les Syssphingidés où ces deux pièces confluent largement) ;
4° typiquement, la l re nervure médiane M 1 est fort éloignée du pédoncule
des radiales, très rapprochée de la 2 e M 2 ou même pédonculée avec elle (au
contraire fort éloignée de M 2 et très rapprochée des radiales ou pédonculée
avec elles dans les deux autres familles) ; 5° les ailes postérieures sont
dépourvues de la seconde nervure anale (qui est bien représentée chez les
Syssphinginés et les Hémileucites).
On a vu antérieurement (Ann. Sc. Nat., ZooL, (10), XV, 368,1932) que la
plupart des Hémileucites se rapprochent des Saturniidés par la disposition
de leurs nervures ; on verra plus loin que dans la sous-famille saturnidienne
des Ludiinés, les Goodiicés présentent une disposition analogue dans le genre
Orthogonioptilum et des cônes sensoriels multiples, tandis que les Ludiicés
se rapprochent davantage des Syssphingidés et des Hémileucidés ; comme
ces derniers, ils sont évidemment de souche syssphingidienne. S’il est vrai,
toutefois, que le propre des chenilles d’Hétérocères est de filer de la soie au
FAMILLE DES SATURNIIDÉS S
moment de la nymphose, on doit dire que ce caractère a totalement disparu
chez les Syssphingidés, qu’il réapparaît plus ou moins chez les Hémileucidés
et à un haut degré de développement chez les Saturniidés, à l’exception
toutefois du vaste groupe africain des Saturnites bunéicés où la pupe est nue
et souterraine comme dans les Syssphingidés.
On divise les Saturniidés en deux sous-familles.
Tableau des sous-familles.
A. — La 2 e transverse discale (entre M 1 et M 2 ) longue, transverse ou très peu inclinée
vers la base. Aux ailes antérieures jamais d’ocelles, mais ordinairement une ou
plusieurs fenêtres irrégulières et hyalines ; des fenêtres semblables aux posté¬
rieures, ou bien un ocelle arrondi dont la partie centrale noire est un anneau
échancré en dehors ; jamais de queue aux ailes postérieures, les antérieures
ordinairement bien falquées ; palpes courts et sans articulations. Articles
distaux des antennes toujours simples (sans branches'. Un > ocon. (Afrique).
. Ludiinæ (p. 3).
A'. — La 2 e transverse discale courte, inclinée vers la base ou nulle. Ordinairement
des fenêtres ou des ocelles aux deux ailes, ces derniers presque toujours avec
des anneaux complets ; assez souvent une queue aux ailes postérieures, les anté¬
rieures souvent peu ou pas falquées ; palpes ordinairement de 3 articles ; articles
distaux des antennes parfois simples. Pupe nue ou cocon. (Tous les continents).
. Saturniixæ (p. 18).
Sous-famille 1. — LUDIINAE
Ludiinae Aurivillius, Ark. Zool., II, n° 4; 21, 1904; Schüssler, Lep. Gat.
476 et suppl. 732.
Holocerinae Packard, Mem. nat. Ac. Sc. Washington XII, 144, 1914. 1
Ludiidae Bouvier, C. R. Acad. Sc ., vol. 184, 1290, 1927 et Mèm. Ac. Sc.,
LIX, n° 4, 3, 1927; Saturn. Afr. trop, franç., 484, 1928.
Se distinguent essentiellement des Saturniinae par deux traits : 1° par la
structure des palpes qui sont courts et non divisés en articles ; 2° par la ner-
vulation qui ressemble à celle des Hémileucidés typiques et des Syssphingidés
en ce sens que la transverse, discale antérieure D 1 (entre M‘ et le pédoncule
radial) des ailes antérieures est presque toujours réduite ou nulle, alors que
M 1 est toujours bien éloigné de M 2 . D’ailleurs, la transverse médiane D' 3 (entre
M‘ et M 2 ) des mêmes ailes se trouve d’ordinaire dans le prolongement de la
submédiane D" (entre M 3 et M ) (au lieu de s’incliner vers la base comme
dans les Saturniinés) et cette submédiane décrit un coude ou une convexité
vers la base (alors qu’elle est d’ordinaire rectiligne dans les Saturniinés).
Taille petite ou médiocre, coloration brune ou terne, ailes antérieures ordi¬
nairement falquées, avec des fenêtres mais sans ocelles, les postérieures sou¬
vent avec des fenêtres, mais souvent aussi avec un ocelle spécial. Antennes
(1) Comme sous-famille des Hémileucidés et sans les Goodia que Packard range, avec
beaucoup d’autres Saturnides, dans les Gératocampidés (Syssphingidés).
4
E.-L. BOUVIER
quadripectinées chez le çf, souvent simples chez la 9, avec les articles distaux
sans branches dans les deux sexes. Tibias antérieurs toujours inermes, mais
avec une épiphyse qui peut disparaître dans les femelles de Goodia et manque
dans les deux sexes chez les Vegetia. Chenilles couvertes de duvets et urti-
cantes, à petite tête, de structure semblable à tous les stades ; elles filent un
cocon peu serré. Pupes granuleuses, sans la paire de tubercules mésonotaux,
leur crémaster armé de dents ou d’épines réduites.
Purement africaine, cette sous-famille a été supérieurement étudiée par
K. Jordan dans un important travail qui m’a servi de règle et auquel j’em¬
prunte les grands traits de la classification suivante.
Tableau des tribus et des genres
A. Tache distale du dessus des ailes dans une aire médiane ordinairement plus
foncée que limitent les rayures interne et externe, lesquelles ne forment jamais
de ligne très onduleuse ou en zigzags. Griffes des tarses sans denticulation
nette. Antennes du cf quadripectinées avec la branche distale d’un article con¬
tiguë à la promixale de l’article suivant. Toutes les nervures radiales sur un
pédoncule commun. Tribu I. Li diicae (p. 5).
B. La fenêtre discale des postérieures n’est jamais dans un ocelle, quatre radiales
aux antérieures. Antennes de la 9 simples. 4. Holocera Fldr. (p. I 0).
B'. La fenêtre distale des postérieures dans un ocelle à centre orangé.
C. Antennes de la 9 simples ; quatre radiales aux antérieures.
. 3. Pseudoludia Strd. (p. 9).
C'. Antennes de la 9 pectinées ; trois radiales aux antérieures.
D. Comme dans les genres précédents un grand pulvillus aux tarses et aux
pattes antérieures, une épiphyse tibiale ; pas d’ocelle aux antérieures,
ce’ui des postérieures vague ou nul en dessous.
. 1. Ludia Wall. (p. 5.)
D r . Ni pulvillus, ni épiphyse tibiale, ocelle aux deux ailes et sur les deux
faces. 2. Vegetia Jord. (p. 8.)
A'. L’aire médiane du dessus des ailes n’est pas distinctement plus foncée, ses
rayures limitantes, au-moins l’externe, fines, foncées, onduleuses ou en zigzags.
Griffes des tarses nettement denticulées en scie. Jamais de taches discales
ocelliformes. Tribu IL Goodiicae (p. 11).
B. Antennes du cf quadripectinées, à branches disposées comme dans les Ludiicés ;
celles de la 9 bi- ou quadripectinées. Toutes les nervures radiales d’un pédon¬
cule commun. Presque toujours, à chaque aile, des fenêtres discales mul¬
tiples, isolées ou fusionnées.
C. Ailes postérieures du cf, et bien plus encore celles de la 9> prolongées
en un lobe anal obliquement dirigé vers l’abdomen ; ailes du cf entières,
sans rayures onduleuses, celles de la 9 parfois échancrées sur leur bord
externe . 6 . Carnegia Holl. (p. 14).
C'. Ailes entières dans les deux sexes, les postérieures sans lobe anal bien
différencié ; rayures externes onduleuses.
. 5. Orthogonioptilum Kar;ch(p. 11).
B’. Antennes du cf quadripectinées avec la branche distale d’un article séparée
de la proximale de l’article suivant ; celles de la 9 simples. La l re nervure
radiale des antérieures naît de la cellule ou, sur le pédoncule, tout près de
cette dernière. Ailes antérieures à fenêtres discales très réduites.
... 7. Goodia Holl. (p. 15).
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
5
Les Ludiicés semblent être les formes les plus primitives de la sous-famille ;
par la disposition de leur peigne antennaire et la présence d’un seul cône sen¬
soriel sur les articles distaux des antennes, ils se rapprochent à la fois des
Hémileucidés et des Syssphingidés, de cette dernière famille surtout par la
structure de leur mésosternum où le parasternite très développé entre en
contact avec l’épimère. La tribu des Goodiicés diffère des Ludiicés et se rap¬
proche des Saturninés par la présence de cônes sensoriels multiples sur les
derniers articles des antennes, dans Orthogonioptilum et Carnegia persistent
encore les autres caractères des Ludiicés, caractères qui, dans Goodia,
cèdent la place à la disposition des peignes antennaires et au parasternite
réduit des Saturninés.
\ 10 Tribu. Ludiicae Jord.
Ludiicae Jordan, Nov. Zool., XXIX, 253, 1922; Schüssler, Lepid. Cat., 47.
Ludiinae Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 485, 487, 1928.
Bar la disposition des nervures des peignes antennaires du çf et la présence
d'un seul cône sensoriel sur la face ventrale des articles antennaires distaux se
rapprochent des Syssphingidés et des Hémileucidés, du premier en outre et
de l’Hémileucide Aglia tau par le grand développement du parasternite
antérieur qui atteint l’épimère; 8 e tergite abdominal du çf sans saillie médiane
sauf parfois une petite. Pupe à crémaster denté.
Genre I. — LDDIA Wallengr.
(Henucha de Walker et de Sonthonnax)
Ludia Wallengren, Kong. Sv. Vet. Ak. Handling ., V, n° 4, 25, 1865;
Jordan, loc. cil ., 265,1922 ; Schüssler, 480 et suppl., 732.
Ailes d’ordinaire plus ou moins sinuées-dentées sur le bord externe, les anté¬
rieures falquées avec l’apex saillant chez le çf, peu ou pas chez la 9 qui est
toujours plus grande. Sur la face dorsale de chaque aile une rayure interne
et une externe ; aux antérieures, l’externe avec coude apical et auréolée de
clair en dehors, l’interne oblique et parfois auréolée proximalement ; dans
l’aire médiane une fenêtre presque toujours en Y à pied externe ; — aux
postérieures, l’externe, distalement auréolée de clair, se recourbe pour rejoindre
l’interne bien avant d’atteindre le bord costal, délimitant une aire médiane
plus foncée dans sa partie antérieure où est situé un ocelle arrondi; ce dernier
avec l’iris noir, en croissant ouvert en dehors, une fenêtre pupillaire de même
forme et un anneau jaune ou orangé qui fait saillie dans l’ouverture du crois¬
sant où il présente d’ordinaire des écailles blanches. Face ventrale avec les
rayures externes et les fenêtres du dessus de coloration châtain et rose comme
celui-ci, mais le rose localisé en arrière sur la face ventrale des antérieures,
6
E.-L, BOUVIER
en avant sur la face dorsale des suivantes. Corps d’un gris noirâtre, plus clair
et parfois blanc au collier ; pattes de même ton ; antennes noirâtres d’ordinaire,
pectinées seulement sur à peu près la moitié proximale, quadripectinées chez
le cf, bipectinées chez la Q.
Jordan observe que les longs poils issus des tubercules de la chenille sont
plumeux et que les deux tubercules dorsaux du 8 e segment abdominal sont
fusionnés en un seul ; d’après Packard, ces tubercules sont « étroitement
rapprochés , mais encore séparés » dans delegorguei.
Le genre comprend les 11 espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. Une rangée de jortes taches noires irrégulières sur la côte des antérieures et sur
la zone externe pâle des deux ailes ; rayure externe du dessus des antérieures
avec, sur les nervures, des dents dirigées en dehors, (cf 35, 9 65) (S. O. africain).
. 10. corticea Jord.
A'. Pas de rangées de taches noires.
B. Rayure interne du dessus des antérieures droite en arrière de la cellule. Ocelle
petit, atteignant au plus la moitié de la largeur de l’aire médiane ; fenêtre
discale des antérieures très épaisse chez le cf. (cf 50, $ 65) (Congo supérieur,
Guinée espagnole).. 11. lessmanni Strd.
B'. Rayure interne du dessus des antérieures faisant en arrière de la cellule un
angle saillant en dehors. Ocelle de dimension normale ; fenêtres discales non
épaissies.
C. Dessous des antérieures avec, en arrière, une grande tache submarginale
blanche. Anneau ocellaire orangé, sans écailles blanches dans l’échancrure
iridienne ; antennes de la 9 longuement pectinées presque jusqu’à la
pointe. ( cf 70) (Afrique orientale britannique).... 9. dentata Hamps.
C'. Dessous des antérieures sans la tache blanche précédente ; ordinairement
des écailles blanches dans l’échancrure iridienne.
D. Rayure externe du dessus des antérieures régulièrement crénelée, le
bord externe des ailes denté, la frange pâle entre les dents ou en tota¬
lité. (9 45) (Somalie et Afrique orientale britannique). 8 .arguta Jord.
D’. La rayure externe du dessus des antérieures n’est pas régulièrement
crénelée, sinon le bord externe des ailes n’est pas régulièrement denté.
E. Rayure externe du dessus des antérieures droite en arrière de son
coude préapical ; sur les deux ailes un lavis brun marginal. Antennes
pectinées sur la moitié de leur longueur, (cf 45-50, 9 55-60) (Le Cap
et Natal). 2. goniala Roths.
E’. Rayure externe du dessus des antérieures plus ou moins concave en
dehors après le coude préapical, souvent sinuée ou dentée. Antennes
pectinées sur les deux tiers proximaux de leur longueur.
F. Fenêtre des antérieures très réduite, en virgule, parfois obsolète
(PI. IV, fig. I et 2 de la var. tanganyiakae). (cf 49-55, 9 50-'3)
(Abyssinie, Tanganyika, Nigeria). 4. hansali Strd.
F'. Fenêtre des antérieures en Y normal.
G. Bord externe des ailes sans dents ni sinuosités nettes. Ocelle avec
l’anneau orangé large et l’iris étroit. ( ç 60) (Gambie).
. 7. syngena Jord.
G'. Bord externe des ailes sinué ou denté.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
H. Aire médiane du dessus des postérieures presque aussi large
au bord anal qu’au niveau de l’ocelle, parfois plus large.
I. Rayure externe du dessus des antérieures, dans les deux
sexes, étroitement auréolée de pâle ; celle des postérieures,
chez le cf, très oblique relativement à ce bord.
J. Auréole de la rayure externe du dessus des antérieures
grisâtre et progressivement fondue avec la zone plus foncée
située en dehors ; angle postcellulaire de la rayure interne
obtus. Iris ocellaire médiocre, (cf 40-57, Ç 61-73) (Came¬
roun, Rhodesia, Uganda).. . . 6. orinoptena Karsch.
J'. Auréole de la rayure externe des antérieures tranchant
sur la zone plus foncée située en dehors ; angle postcellu-
laire de la rayure interne droit ou aigu. Iris épais, anneau
orangé mince. (50-65) (Cameroun, Côte d’ivoire).
. 5. obscur a Auriv.
I'. Rayure externe du dessus des antérieures largement
auréolée de pâle en dehors chez la Ç, étroitement chez
le cf ! celle des postérieures, dans ce dernier, très rapprochée
du bord externe et presque parallèle à ce bord. ( cf 40-50,
9 62-60) (Afrique du Sud et du Sud-Ouest).
. 1. delegorguei Bdv.
H'. Aire médiane du dessus des postérieures plus de deux fois
moins large au bord abdominal qu’au niveau de l’ocelle ; l’iris
de ce dernier court et presque droit, (cf 55) (Abyssinie).
. 3, pupillata Strd.
Bibliographie
1 . Saturnia delegorguei Boisduval, in Voy. Delegorgue Afr. austr., II, 601, 1847.
Ludia del. Jordan, Nov. Zool., XXIX, 279, 1922; Bouvier et Riel, Lab.
Soie, XVII, 40,1931 ; Schüssler, 481.
2. Ludia goniata Rothschild, Ann. Nat. Hist. (7), XX, 9, 1907 ; Jordan, loc.
cit., 280, fig. 50, 5 (armature cf),pl-1, flg- 4 (Ç), flg. 14 (cf), 1922 ; Schüssler,
483.
3. Ludia pupillata Strand, Iris, XXV, 116,1911 ; Schüssler, 485.
4. Ludia hansali[ Felder, Reise Novara, Lep., IV, 6, pl. 89, flg. 9 (cf nec Ç)).
1874 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 493, 1928 ; Schüssler, 483.
Var. : L. eximia Rothschild, loc. cit., 10,1907. L. hans. eximia Schüssler,
484.
Var. : L. tanganyikae Strand, loc. cit., 110 et 115,1911. L. hans. tanga-
nyikae Jordan, loc. cit., 279, flg. 40-42 (armature cf), 43 (écailles),
pl. I, flg. 20 (9), 1922 ; Schüssler, 484. L. hans. festiva Jordan, loc.
cit., 279 ; Schüssler, 484.
Dans la forme hansali, le collier foncé tranche peu ou pas sur le
mésothorax, il tranche, au contraire dans les autres formes, mais
dans festiva corps et ailes sont brun-noirâtre foncé, le ton est plus
clair dans tanganyikae (où le clasper s’im ur\ e forlement en dedans)
et dans eximia (où la courbure claspéi ienne est faible).
5. Ludia obscura Aurivillius, Ent. Tidskr., XVI, 201, 1893 et Ark. zool., II,
n° 4, 14, flg. 20 (9), 1905 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 492,
494, 1928 ; Schüssler, 484. L. ’sopponis Strand, Arch. Nat., LXXX,
A, I, 45, 1914. L. obsc. sopponis Schüssler, 484.
Var. : L. obsc. apora Jordan, loc. cit., 287, flg. 59-62 (armature cf), pl. I,
E.L. BOUVIER
g
fig. 10 ( cf) et 17 (Ç), 1922. —JL. obsc. inter-media Jordan, loc. cit., 288.
— L. obsc. laeta Jordan, loc. cit., 288, fig. 63 et 64 (claspers), pl. I.
lig. 18 (cf). Pour Schüssler apora (485) est une espèce distincte avec
deux formes apora et intermedia.
Dans les formes obscura (bord des ailes légèrement ondulé)) et apora
(bord des ailes un peu denté) l’aire rouge du dessus des postérieures
est obsolète ou nulle; elle est encore bien définie dans laeta, chez
intermedia elle oscille entre ces deux extrêmes.
6 . Ludia orinoplena Karsch, Berlin. Ent. Zeits., XXXV11, 504, pl. XX, fig. 2
(9), 1893 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 494, 1928 ; Schüssler,
485.
Var. : L. limbobrunnea Strand, Mitt. Zool. Mus. Berlin, V, 299 et fig.
(cf), 1911 ; L. or. limbobrunnea Schüssler, 485.
Dans la forme typique la tache vitrée supérieure est ordinairement
séparée, parfois tiès réduite ; dans limbobrunnea les taches sonl
presque toujours contiguës.
7. Ludia syngenu Jordan, loc. cit., 285, lig. 52 (nervulation), pl. I, fig. 3 (9),
1922 ; Schüssler, 485.
8 . Ludia arguta Jordan, loc. cit., 272, lig. 33, 34 (armature cf), 35 (écailles),
36-37 (nervulation), 1922 ; Schüssler, 481, 732.
Var. : L. ar. russa Jordan, loc. cit., 275, pl. I, lig. 9 (Ç) le tient pour
1 ’Henucha hansali probable de Butler (Proc. Zool. Soc., 1898, 430).
9. Ludia dentata Hampson, Ann. Nat. Hist., (6), Vil, 184, 1891 ; Jordan, loc.
cit., 275, fig. 38 (cf) et 39 (armature cf), pl. I, fig. 5 (Ç), 1922 ; Schüssler,
485, en fait un synonyme d ’orinoptena-. Jordan fait synonyme de dentata
les L. nyassana et L. luciphila de Strand (Iris, XXV, 111,1911).
10. Ludia corticea Jordan, loc. cit., 268, fig. 24-26 (armature cf), '27 (armature
9), pb I, fig. 11 (cf) et 12 (9), 1922 ; Schüssler, 481.
11. Ludia tessmanni Strand, Iris, XXV, 110, 1911; Jordan, loc. cit., 270, fig. 28,
29 (nervulation), 30, 31 (armature cf), 32 (armature 9), pl- I, fig. 8 (cf)
et 9 (9) ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franc., 492, 1920 ; Schüssler, 485.
Genre II. — VEGETIA Jordan.
(Henucha Westwood, Walker, Packard).
Vegetia Jordan, loc. cit., 288, 1922; Schüssler, Lep. Cat., 486.
Ailes à bords entiers, les antérieures non falquées, à bord externe un peu
convexe, les postérieures avec l’apex arrondi ; les premières avec trois bandes
très claires : la rayure interne, l’externe coudée en avant, et une bande mar¬
ginale ; fenêtre discale variable, parfois au centre d’un ocelle ; les secondes
avec seulement la bande externe qui se poursuit jusqu’à la côte et la marginale,
sans aire médiane limitée en dedans, mais avec un ocelle dont l’anneau orangé
contient une fenêtre circulaire ou en croissant, laquelle peut être dans un
étroit iris noir. Le dessous'avec les ornements du dessus, mais sans bande
interne. Corps variant du gris au brun, avec collier clair et des écailles blanches
longuement pédonculées qui se retrouvent sur les faces des ailes. Antennes
du cf quadripectinées sur les trois quarts de leur longueur, chez la Ç avec
les articles comprimés, simples ou munis d’une paire de très courtes saillies.
Aux pattes ni épiphyse, ni pulvillus. — Afrique australe.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
9
Très voisin des Ludia par la nervulation et l’armature sexuelle. Comme le
montre Jordan, le terme d 'Henucha, employé d’abord par Westwood, n’est
qu’une altération fautive d 'Heniocha.
Trois espèces qu’on peut distinguer comme il suit :
A. Bandes externe et marginale des deux ailes peu ou pas lobées, un ocelle arrondi
sur chaque aile. ( çf 50-60, Ç 70). 1. deivitzi M. et W.
A'. Bandes externe et marginale des deux ailes fortement lobées, leurs lobes
déterminés par des lunules ouvertes en dehors ; pas de vrai ocelle aux anté¬
rieures, celui des postérieures dans un anneau noir irrégulier.
B. Bande marginale des ailes jaune. (60-80). 2. grimmia Gey.
B'. Bande marginale des ailes blanche. ( cf 50). 3. dumlis Jord.
Bibliographie
1. Ludia deuitzi Maassen et Weymer, Beitr.ige, fig. 90 ( cf), 1886. Ilenucha deu\
Kirby, Cat. Lep., Heter., I, 774, 1892. Vegetia dew. Jordan, loc. cit., 290,
fig. 66 (armature cf), 67, 68 (antennes Ç), 69 (orifice Ç), 1922 ;
Schüssler, 486.
2. Heniocha grimmia Geyer in Hübner, Exot. Selon.. 111, pl. XLIV, fig. 3 et 4
(9), 1831. Saturnia (Henucha) gr. Westwood, Proc. Zool. Soc., 504, 1849.
Vegetia gr. Jordan, loc. cit., 290, 1922 ; Schüssler, 487.
3. Vegetia ducalis Jordan, loc. cit., 291, fig. 70 (antenne Ç), 71 (orifice Ç), 1922 ;
Schüssler, 487.
Genre III. — PSEÜD0LUDIA Strand.
Pseudoludia comme sous-genre d 'Holocera Strand, Iris ., XXV, 112, 1911 ;
comme genre propre, Jordan, loc. cit., 262, 1922 ; Schüssler, Lep. Cat., 479.
Corps et ailes d’un brun châtain, plus foncé dans les aires médianes des
deux ailes qui sont disposées, comme chez Ludia, surtout aux postérieures.
Antérieures du çf très falquées comme chez beaucoup de Ludia, mais avec la
moitié basale de la côte encore plus concave, chez la 9 à peine falquées ;
comme chez Ludia , la moitié antérieure de l’aire interne et le collier plus clairs,
la fenêtre discale en Y. Postérieures avec la région costale rose vineux, un
ocelle dont l’anneau orange, l’étroit iris noir et la fenêtre sont en croissant
ouvert en dehors; l’aile du çf avec le bord externe droit, l’apex et le sommet
subaigus, le bord externe un peu convexe chez la $. Antennes de la Ç simples;
épiphyse et pulvillus de Ludia ; quatre radiales aux antérieures comme dans
Holocera. Clasper avec le lobe ventral réduit et rejeté tout près de la base
sinueux au bout apical qui présente en dedans un fort sclérite noir. Longs
poils larvaires non plumeux, mais munis de courtes spinules comme dans
Holocera ; la pupe avec une crête transverse dentée, également comme dans ce
dernier genre.
Une espèce de l’est africain tropical, Usambara. (60-70). Pseudoludia sua vis
Roths.
10
E.-L. BOUVIER
Holocera suavis Rothschild, Ann. Nat. Hist., (7), XX, 9. 1907; Bou . ier et Riel,
Lab. Soie, XV, 22, pl. X, flg. 4, 1919. Pseudoludia suav. Jordan, loc. cit.,
263, fig. 15-18 (crémaster), 19-21 (genitalia cf et $) 22, 23 (antennes), 1922;
Gaede, loc. cit., 340, flg. 58e (cf), 1922; Schüssler, 480.
Genre IV. — HOLOCERA Felder.
(Henucha Westwood, Walker, Sonthonnax).
(PI. I, fig. 2, chenille; pl. V, fig. 1 $).
Holocera Felder, Reise Novara, p. 5, 1874 ; Jordan, loc. cit., 254, 1922 ;
Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 488, 1928 ; Schüssler, Lep. Cat., 477.
Tous les caractères de Pseudoludia , mais la rayure externe des ailes posté¬
rieures se continue plus ou moins en avant jusqu’à la côte, l’interne devenant
rudimentaire ou nulle en avant, Faire médiane de ces ailes mal délimitée,
sans ocelle, la fenêtre discale étant d’ailleurs très réduite et, autour, sans
ocelle. Dessous avec les rayures externes et la fenêtre du dessus, le ton plus
voilé et plus uniforme. Tête et thorax châtain, collier du ton de la zone cos¬
tale interne, pattes crayeuses dans la région tarsienne (chez smilax et angu-
lata tout au moins).
Comme dans Pseudoludia , le sternite VIII du cf n’est pas saillant, mais le
tergite VIII porte des dents et les claspers sont dépourvus de lobe ventral ;
l’uncus est fortement bilobé comme dans Pseudoludia.
De l’Afrique australe jusqu’au Sahara et au Nil bleu. — Quatre espèces :
Tableau des espèces
A. Moitié costale du dessus des postérieures et anale du dessous des antérieures
avec la tonalité rose des Ludia. (40-60) (Rhodesia, Nyassa, Congo).
. I. agomensis Karsch.
A'. Pas de rose dans ces régions.
B. Sur les antérieures une tache ferrugineuse subcostale entre la fenêtre et la
rayure externe, cette tache contrastant avec le ton du reste de l’aire médiane ;
bord externe des deux ailes fortement denté, surtout chez la Q. (60-70) (Rho¬
desia, Nyassa). 2. rhodesiensis Janse.
B'. Sur les antérieures pas de tache ferrugineuse contrastante.
C. Rayure interne du dessus des antérieures sans angle net et, sur toute sa
longueur, à peu près du ton de la moitié antérieure de l’aile interne. ( cf
45-62, Q 65-75) (Du Cap au Kilimandjaro). 3. smilax Angas.
C 1 . Cette rayure de ton ardoise en arrière de la cellule où elle forme un angle
aigu saillant en dehors (pl. I, flg. 2, chenille; pl. V, Ig. 1, Q). ( cf 45,
Q 63-82) (Du Mozambique au Nil bleu et à l’Angola). 4. angulata Auriv.
Bibliographie
1. Holocera agomensis Karsch, Ent. Nachschr., XXII, 253, 1893; Jordan, loc.
cit., 261, pl. 5, flg. 15 (Ç) et 22 ( cf ), 1922 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop,
franc., 490, 1928 ; Schüssler, 478.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS H
2. Holocera rhodesiensis J anse, Ann. Durban Mus., II, 83, 1918; Jordan, loc.
cit., 261, pl. I, fig. 6 (Ç), 1922 ; Schüssler, 478.
3. Saturnia (Henucha ?) smilax Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII, 59, 1849.
Holocera sm. Kirby, Cat. Lep., Heter., I, 774,1892 ; Holocera sm. Jordan,
loc. cit., 257, fig. 12-14 (genitalia cf et Ç), 1922, Gaede, Seitz, XIV, 340,
58 d ( cf, 9)- 1927 ; Bouvier et Riel,|Lab. Soie, XVII, 40,1931 ; Schüssler, 478.
4. Holocera angulata Aurivillius, Ent. Tidskr., XIV, 201, 1893; Gaede, loc. cit.,
340, 58 e ( cf), 1927 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 488, 1928; Schüss¬
ler, 478.
Var. : H. an. nilotica Jordan, loc. cit., 260, pl. I, fig. 7 ( cf ), 1922 ; Schüss¬
ler, 478. Se distingue de la forme typique par l’aire externe ccra-
i ée (et non vineuse) en certains points, aussi par la très grande
fenêtre des ailes antérieures du cf.
2° Tribu. Goodiicae Jordan.
Goodiicae Jordan, loc. cit., 254, 1922; Schüssler, Lep. Cat., 487.
Goodiinae Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 485, 495, 1928.
Se rapproche des Saturniidés et s’éloigne des Ludiicés par la présence de
plusieurs cônes sensoriels sur la face ventrale des articles distaux des antennes ;
s’éloigne également de ces derniers par les griffes serratées des tarses ; enfin
par la saillie en lobe médian du 8 e tergite abdominal du cf. Le ton des ailes
ocracé ou grisâtre, avec une rayure externe étroite, ondulée ou en zigzags ;
les fenêtres ne sont jamais entourées d’un ocelle. La discale transverse anté¬
rieure D’ normalement réduite ou nulle, sauf dans Orthogonioptilum où elle
est assez longue.
Genre I. — ORTHOGONIOPTILUM Karsch.
(Guillemeia Sonthonnax).
(Pl. VI, fig. 1).
Orthogonioptilum Karsch, Berl. ent. Zeits., XXXVII, 501, 1893; Jordan,
loc. cit., 254, 307, 1922, ubi syn. ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 485,
497, 1928 ; Schüssler, 492 et suppl. 732.
Ailes entières, avec l’apex saillant, très différentes suivant le sexe ; les anté¬
rieures du cf très falquées d’ordinaire, à tornus brusque faisant un angle droit
ou un peu obtus, l’apex toujours aigu chez la $ et le^tornus arrondi, leur bord
externe convexe en arrière de l’apex, tandis qu’il est droit chez le cf ",
les postérieures du cf avec l’apex arrondi, le tornus saillant et obtus, chez
la Ç avec l’apex un peu saillant en dehors et le tornus saillant en dedans, le
bord externe dans les deux cas convexe. Sur les ailes une rayure externe fine,
régulièrement sinueuse, très éloignée du bord externe, convexe, mais seule¬
ment dans sa partie post-costale aux antérieures ; sur ces dernières, une rayure
interne continue, anguleuse, souvent indiquée par une droite aux postérieures ;
aux premières presque toujours, dans l’aire externe, une raie oblique partant
E.-L. BOUVIER
12
de l’apex et aboutissant vers la nervure M :) tout près de la rayure externe et déli¬
mitant avec cette dernière une zone triangulaire ; fenêtres discales multiples,
très petites chez le cf, beaucoup plus grandes et irrégulières chez la 9- Des¬
sous avec ces fenêtres, la rayure externe et la raie apicale oblique flanquées
parfois de tons différents. Corps et ailes de tonalité grisâtre ou brunâtre, peu
vive, surtout du côté ventral, les tarses des pattes annelés. Les antennes
claires, rousses ou grises, du type Ludia , mais, chez la Ç, d’ordinaire quadri-
pectinées avec les branches antérieures des articles courtes ou très courtes.
Tergite VIII du çf toujours très saillant, recouvrant le segment IX et le
tergite X ou uncus ; celui-ci avec une paire de saillies dentiformes à laquelle
vient aboutir un léger bourrelet transverse qui représente le sternite X ;
parfois un petit lobe médian sépare la saillie dentiforme.
Plus répandu dans l’Afrique occidentale que dans l’Est, le genre comprend
les espèces suivantes :
Tableau des espèces
I. —- Antennes quadripectinées, celles du cf sur les deux tiers de leur longueur, celles
de la 9 à branches apicales courtes ; tarses avec anneaux chamois ou crème.
A. — Mâles (inconnus dans adustum et chalix).
a. Ton gris sale, plus ou moins pâle. Fenêtres petites ou punctiformes.
b. Rayures des ailes très accentuées en dessus; (8 e tergite abdominal denté).
. adiegetum Karsch.
c. Des taches ocracées dans les sinus de la rayure externe du dessous des
ailes. (Cameroun, Guinée espagnole). a. adiegetum.
c'. Pas de taches ocracées dans les sinus. a. dollmani Jord.
b'. Rayures du dessus des ailes faibles ou peu nettes.
c. Dans les sinus externes du dessous des ailes des taches de tonalité autre
que celle du fond ; (8° tergite tronqué à faible saillie médiane'. (Afrique
occidentale). 2. vestigiata Holl-
c’. Pas de taches dans les sinus ; 8 e tergite en pointe. I rf 60) (Côte-d’Or).
. 7. deletum Jord.
a’. Ton brun chaud ou sepia, parfois lavé de violet.
b. Rayures externes du dessus des ailes très accentuées ; pas de fenêtres aux
antérieures.
c. Ailes fauves vinacées, les antérieures sans points, les postérieures avec
point discal hyalin, (cf 70, 9 80) (Cameroun). 4. kahli Holl.
c’. Ailes brun olive violâtre, les antérieures à points discaux noirs, les posté¬
rieures avec deux points vitrés, (cf 60) (Afrique orientale).
. 5. violascens Rebel.
b. Rayures faiblement indiquées ; (8 e tergite denté). 6. prox Karsch.
c. Fenêtres discales très petites.
d. Ton brun chaud ; rayures|fines. ( cf 70, ,9 85) (Afrique occidentale) p. prox.
d 1 . Ton sepia; rayures peu distinctes. ( cf 58) (Cameroun).
. p. monochromum Karsch.
c’. L’une des fenêtres de chaque aile grande et très prédominante, (cf 65,
9 90) (Côte-d’Or). p. brunneum Jord.
B. Femelles (inconnues chez deletum et monochromum).
a. En dessous, aux antérieures, une tache d'écailles modifiées en avant du tornus.
b. Fenêtres discales des ailes séparées, peu ou pas recourbées, sans taches
centrale.
FAMILLE DES SATURN11DES
1H
c'. Rayures du dessus des ailes très accentuées ; apex des antérieures très
saillant. 9. adiegetum Karsch.
d. Taches ocracées dans les sinus externes du dessous. ( cf 76, Ç> 80) .Came¬
roun à Guinée espagnole). a. adiegetum.
d'. Pas de taches ( cf 65-70, 9 60) (Rho esia, Kivu). a. adollmani Jordan,
c’. Rayures du dessus des ailes peu distinctes, i $ 80) (Congo). 8. adustum Jord.
b'. Les fenêtres discales plus ou moins soudées, les plus grandes réniformes ou à
point central.
c. Ligne apicale oblique de la face ventrale des antérieures bien distincte.
d. Cette ligne grise sans liséré proximal noir. 4. kahli.
d'. Cette ligne cannelle lisérée de noirâtre des deux côtés.
. prox. brunneum.
c'. Ligne apicale oblique obsolète, grande fenêtre réniforme.l Ç 70)(Tchad).
... 3. chalix Jord.
a'. Pas d'écailles modifiées en dessous près du tornus des antérieures.
b. Ton cannelle ; la branche apicale des articles antennaires très nette .
fenêtres isolées et pour la plupart réniformes. 6. prox.
b'. Lavé de blanc grisâtre ; branches apicales des antennes très courtes,
fenêtres des antérieures soudées, la grande avec un point central, (cf -0,
Ç 80-90). (Afrique occidentale). 2. vestigiata Holl.
IL Antennes du cf quadripectinées sur les trois quarts de leur longueur , celles de
la 9 bipectinées ; tarses annelés d’ocre jaune (pl. VI, fig. 1) (Afrique orientale).
. I. incana Sonth.
Bibliographie
1. Guillemeia incana Sonthonnax, Lab. Soie, IX, 12, pl. III, lig. 5 (9), 1899.
Orthog. inc. Jordan, loc. cit., 323, fig. 150-153 (armature cf). 154 et 155
(nervulation), pl. II, fig. 7 et 11 (cf). 12 (9), 1922 ; Bouvier et Riel, Lab.
Soie, XVII, 40, 1931 ; Schüssler, 493.
D’après Jordan Goodia septiguttata Weymer (Iris, XXII), 14, 1909)
est le cf, Holocera pancratia du même (Iris, XVI, 232, fig. 8 (Ç), 1903),
la 9- Le Goodia violascens de Rebel (Ann. Naturh. IJofmus. Wien,
XXVIII, 279, pl. XXIII, lig. 26 (cf), 1914) est tenu pour synonyme
d’ incana par Gaede (344), pour une sous-espèce par Schüssler (493).
2. Goodia vestigiata Holland, Ent. News, 180, pl. IX, fig. 1 'cf), 1893. Orlho-
gonioptilum vest. Jordan, loc. cit., 321, fig. 144-147 (armature cf), 184 d
(écailles), pl. II, fig. 4 (9), 1922 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç.,
498, 500, 1928 ; Schüssler, 494.
D’après Jordan Ludia servatia Weymer (Iris, XXII, 14, 1909) est la
9 de l’espèce.
3. Orthogonioptilum chalix Jordan, loc. cit., fig. 132 (armature cf), 533 a et b
(écailles), pl. II, fig. 5 (9), 1922 ; Bouvier, loc. cit., 498, 502, 1928 ;
Schüssler, 493.
4. Goodia kahli Holland, Proc. ent. Soc. Washington, XXIII, 99, pl. VII (cf),
1921. Orthogonioptilum ka. Jordan, loc. cit., 318, pl. II, fig. 16 (9), 1922 ;
Bouvier, loc. cit., 498, 501,1928. Or. prox ka. Schüssler, 494.
5. Goodia violascens Rebel, Ann. Naturh. IJofmus., XXVIII, pl. XXIV, fig. 56
(Cf), 1914.
6. Orthogonioptilum prox Karsch, Berl. ent. Zeits., XXXVII, 52 (note), 1893;
Jordan, loc. cit., 315, fig. 124-126 et 130,137 (genitalia), pl. II, fig. 8 (cf)
et 12 (9), 1922 ; Bouvier, loc. cit., 498, 501, 1928 ; Schüssler, 494 et 732 ;
14
E.-L. BOUVIER
Carnegia geniculipennis Strand, Iris, XXIV, 185, 1910 (9 de l’espèce
d’après Jordan).
Var. : monoehvomum (O. monochromum Karsch, loc. cit., 502, pl. XX,
flg. 3 ( cf ), 1893.[0. prox monochromum, Schüssler, 494). — O. hrunneum
Jordan, loc. cit., 317, pl. Il, flg. 13 (Ç), 1922. O. prox hrunneum
Schüssler, 494.
7. Orthogoniopülum deletum Jordan, loc. cit., flg'. 127-129, 131 (genitalia), pl. II,
flg. 9 (cf) 1922 ; Schüssler, 493.
8 . Orthogoniopülum adustum Jordan, loc. cit., 313, fig. 316 (genitalia), pl. II,
flg. 14 et 15 (9), 1922 ; Schüssler, 493.
9. Orthogoniopülum adiegetum Karsch, loc. cit., 501, pl. XX, flg. I (cf), 1893 ;
Jordan, loc. cit., 311, flg. 118-120 (armature cf), pl. II, flg. 3 (9), 1922 ;
Schüssler, 492. Guillemeia tristis Sonthonnax, Lép. Soie, IV, 47, pl. XXVI,
flg. 1 (cf), 1904.
Var. : dollmani (O. dollmani Jordan, loc. cit., 313, flg. 121-123 (armature
cf), pl. II, flg. I (cf), 2 (9), 1922. O. ad. dollmani Schüssler, 493).
Genre II. — CARNEGIA Holl.
Carnegia Holland, Etit. News, VII, 134, 1896 ; Jordan, Nov. Zool., XXIX,
Fig. 1. — Nervulalion et fenêtres discales des Carneyia 9 : A et A' dans mirabilis;
B el B' dans luminosa.
235, 1922; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 486, 496, 1928; Schüssler, 495
et suppl. 782.
Très voisin d ’Orthogonioptilum dont il se distingue seulement , dans les deux
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
15
sexes, par la présence aux postérieures d’un petit prolongement du tornus
incliné vers l’abdomen. Abstraction faite de ce lobe, les ailes du çf ressemblent
beaucoup aussi à celles des Orthogonioptilum^ t des Goodia, mais sont dépour¬
vues de rayure externe ondulée ; les ailes de la Ç ressemblent à celles des
Orthogonioptilum , toutefois avec des fenêtres plus développées (fig. 1, A et B).
Armature sexuelle du çf comme dans ce dernier genre. Antennes de la 9
quadripectinées.
Deux espèces : mirabilis Holl. (çf 61, 9 90), où le bord externe des ailes
est fortement échancré (fig. 1, A et A’) (du Gabon au Sierra Leone), luminosa
Bouv. (9 71) où il est dépourvu d’échancrures (Cameroun) (fig. 1, B et B’).
Bibliographie
1 . — Carncgia luminosa Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 78, PL VII, fig. 71 (9),
1930; Schüsder, 495.
2 . — Holoccra mirabilis Aurivillius, Ent. Tidskr, XVI, 120, 1895 et XX, 247,
1899. Carnegia mir. Holland, Ent. News, VII, 134, PI. VI (9, nervulation, pupe,
1896; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franc., 496, 1928; Schtissler, 495, 782. Goodia
impar Aurivillius, Ent. Tidskr., XX, 246, fig. 15 (çf), 1899.
Genre III. — GOODIA Holl.
(PI. VII, fig. 1).
Goodia Holland, Ent. News , IV, 178 ; Jordan, Joc. cit., 291, 1922 ; Bouvier,
Saturn. Afr. trop, franç., 502, 1928.
Voisin d’ Orthogonioptilum. , mais C. Aurivillius a établi ( Ark. Zool., II, n° 4,
.31, 1905) que les deux genres sont différents et que, d’ailleurs, Campimoptilum
de F. Karsch (Ent. Nach., XXII, 228, 1896 est synonyme de Goodia. Les
mâles souvent assez semblables à ceux A'Orthogonioptilum, mais les femelles
peu différentes des mâles. Goodia se distingue d’ailleurs par la tache discale
des antérieures qui est étroite, ordinairement vitrée au centre, rarement inter¬
rompue, celle des postérieures étant réduite à un point noir ou nulle ; en outre,
par plusieurs traits saturniens : petit parasternite mésothoracique (fig. 2, A),
position des branches antennaires du çf, position de la l re radiale des anté¬
rieures qui naît de la cellule ou du pédoncule radial tout près de celle-ci.
Les antennes de la 9 sont simples. Armature sexuelle du çf (fig. 2, B) avec
le 8 e tergite saillant, l’uncus faible en demi-cylindre sur le tube anal, le 10 e ster-
nite tronqué ou en triangle, les claspers d’ordinaire armés d’un fort crochet. —
L’épiphyse tibiale est réduite ou nulle chez la Ç.
Le genre comprend les huit espèces suivantes :
Tableau des espèces
I. — Taille grande ou assez grande, les ailes antérieures falquées, surtout chez le c ?
avec tache pâle en arrière de la cellule. Le cf avec 7-13 articles non pectinés aux
antennes et le tergite abdominal VIII long, plus ou moins spatulé.
E.-L. BOUVIER
1K
A. Dessus des ailes à rayure externe onduleuse, très éloignée du bord externe, con¬
vexe, celle des antérieures infléchie près de la côte et s’éloignant de l’apex
qui porte une tache de même ton que la postcellulaire ; pas de ligne claire
à la base des franges ; tache discale des antérieures assez courte.
B. Crochet claspérien médian et lisse, (cf 73-76, Ç 79 -00) (Cameroun, Ogooué).
. . 1. nubilata Holl.
B'. Crochet claspérien apical.
C. Ce crochet lisse (Uganda, Congo supérieur). 2. oxytela Jord.
C'. Ce crochet couvert de denticules. (cf 70) (Cameroun, Ogooué, Guinée
espagnole). 3. sentosa Jord.
Fig. 2. — Structure des Goodia : A, mésosternile droit dans G. smithi : B, armature cf
de G. unguiculata, face ventrale avec ponctuations indiquant la place du pénis p.
A'. Rayure externe rapprochée du bord externe, absente en dessus aux posté¬
rieures ; à la base des franges une ligne claire proximalement lisérée de brun !
apex des antérieures clair, la tache discale en long arc étroit et concave en
dehors.
B. Antérieures médiocrement falquées; apex des claspers pointu, (cf 80, Ç
100) (Afrique occidentale). 4. lunata IIoll.
B’. Antérieures fortement falquées.
C. Apex des claspers en pointe courte ; sternite X du cf spatulé (cf 70).
(Afrique occidentale.). 5. hierax Jord.
C'. Apex des claspers en long crochet ; sternite X du cf en rectangle (lig. 2 B
et pl. VII fig. 1). (cf 80) (Est africain.). 6. unguiculata nov.
C. Apex des claspers obtus ; sternite X du cf en pointe aiguë. (Cameroun,
Congo.). 7. thia Jord.
II. Taille médiocre ou réduite ; apex des antérieures non saillant. Marge des ailes
lisérée de brun ; rayures externes convexes, plus ou moins nettes, celle des anté¬
rieures comme dans nubilata, celle des postérieures peu ou pas onduleuse ; point
de tache pâle postcellulaire. Les antennes du cf avec 5-6 articles non pectinés.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS 17
A. Taille médiocre. Tache discale en long arc étroit, hyalin au centre et concave
en dehors. Claspers à faisceau apical d’épines. (50-60) (Afrique du Sud et
Sud-Orientale.). 8. kuntzei Dew.
A'. Taille réduite, tache discale en raie brune, sans partie hyaline ; claspers sans
faisceau apical d’épines. (40-50) (Ethiopie.). 9. smithi Holl.
Comme on l’a vu plus haut (p. 5), le genre Goodia se rapproche des Satur-
niinés beaucoup plus que tous les autres Ludiinés.
Bibliographie
1. Goodia nubilata Holland, loc. cit., 179, pl. IV, fig. 3 (cf), 30 avril 1893 ;
Jordan, loc. cit., 296, fig. 73 (nervulation), 90-94 (genitalia), 1922 ; Bou¬
vier, Saturn. Afr. trop, franç., 506, 1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 40,
1931 ; Schüssler, 490. Tagoropsis nodulifera Karsch, Berl. ent. Zeits.,
XXXVII, 500 (Q), 15 mai 1893. Goodia (Tagoropsis) nodulifera Strand,
Arch. Naturg., LXXVIII, A, I, 78, 1892. Tagoropsis ? falcata Aurivillius.
Ent. Tidstkr. XIV, 202, fin mai 1893 ; G. nubilata falcata Schüssler, 490.
Goodia lunata Bouvier et Riel, loc. cit., 40, 1931.
2. Goodiaoxytela Jordan,loc. cit.,299, fig. 72, 74 (nervulation), 82, 83 (antennes),
88, 89, 98 (genitalia), 1922 ; Schüssler, 490.
3. Goodia sentosa Jordan, loc. cit., 297, fig. 93 et 97 (genitalia), 1922 ; Bouvier,
loc. cit., 506, 1928; Schüssler, 490. G. nubillata Sonthonnax, Lép. Soie,
IV, 45, pl. XXVI, fig. 4 (Ç), 1904. G. nodulifera nubilata Strand, loc.
cit., 145, 1912 ; G. nodulifera Schultze, Arch. Naturg., LXXX, A, I, 161,
1914.
4. Goodia lunata Holland, loc. cit., 179, pl. IX, fig. 2 (ô), 1893 ; Jordan, loc.
cit., 300, fig. 87 (cf), 1922 ; Bouvier, loc. cit., 504, 1928 ; Bouvier et Riel,
loc. cit., 40, 1931 (pro parte). Guillemeia fulvescens Sonthonnax, loc. cit.,
Schüssler, 489 46, pl. XXVI, fig. 5 (cf), 1904 ? Goodia lunata ab. obscu-
ripennis Strand, loc. cit., 145, 1912 ; Schüssler, 489.
5. Goodia hierax Jordan, loc. cit., 301, fig. 75-77 (nervulation), 81 (antennes),
85, 86 (ailes), 99,100 et 102 (genitalia), 1922 ; Bouvier, loc. cit., 505,1928 ;
Schüssler, 488.
6. Goodia unguiculata, nov. (Mus. Paris).
7. Goodia thia Jordan, loc. cit., 302, fig. 80 (antenne), 84 (aile), 101 et 103
(armature cf), 1922 ; Bouvier, loc. cit., 506, 1927 ; Schüssler, 491. (Coll.
Joicey).
3. Saturnin kuntzei Dewitz, Nov. Act. Leop. Car. Ak., XLII, 70, pl. II, fig. 14 ( cf ),
1881. Goodia kunt., Jordan, loc. cit., 303, fig. 78, 79 (nervulation), 104-106
(genitalia), 1922; Bouvier et Riel, loc. cit., 40, 1931; Schüssler, 488.
Campimoptilum kun. Karsch, Ent. Nachschr., XXII, 248, 1896. Lasiop-
tila ansorgei Kirby, Ann. Nat. Hist. (6), XVIII, 386, pl. IV, fig. 8 (Ç>),
1896 et selene, 386,1896. G. kun. ansorgei Schüssler, 489. Goodia hollandi
Butler, Proc. Zool. Soc., 1898, 430, pl. XXXIII, fig. 1 (cf) ; G. k. hollandi,
Schüssler,489. Campimoptilum ochraceum Aurivillius, Ent. Tidskr., XXII,
123, 1901. G. kun. ochraceum Schüssler, 489.
Satumia (?) smithi Holland, Lepid. heter. in Donaldson, Through Unkn.
Afr. Countr., 413, fig. 13 (cf), 1892. G. sm. Jordan, loc. cit., 305, fig. 106-
108 (genitalia), 1922 ; Bouvier, loc. cit., 504, pl. V, fig. 2 (cf), 1928 ;
Schüssler, 491. G. hollandi Butler, loc. cit., 430, 1898 (pars). G. oriens
Ilampson, Trans. Zool. Soc., XIX, 129, pl. IV, fig. 42 (cf), 1909 ; G. sm.
MUMoniES du muséum, nouvelle série, tome lit. 2
E.-L. BOUVIER
1S
oriens, Schüssler, 491. G. oriens heptapora Fawcett, Proc. Zool. Soc., 1915,
104 ; G. sm. heptapora Schüssler, 491. G. decolor Le Cerf, Bull. Mus., 1911,
308 et Yoy. M. de Rothschild, I, 437, pl. II, fig. 2 (cf), 1922 ; G.sm. decolor
Schüssler, 491. G. uniformis Joannis, Bull. Soc. eut. Ital., XLIV, 139,
1913 ; G. sm. uniformis Schüssler, 491.
Sous-famille II. — SATURNIINAE Jord.
Saturniinae Jordan, Nov. Zool ., XXIX, 250,1922 ; Saturniinae + Attacinae
Aurivillius, Ark. Zool., II, n° 4, 21, 1904 et Gaede, Seitz, XIV, 316, 1927 ;
Saturnidae Bouvier, C. R. Ac. Sc., vol. 184, 1290, 1927 ; Mém. Ac. Sc., LIX,
n° 4, 3, 1927 ; Saturn. Afr. trop, franç., 507, 1928; Bull. Hill Mus., IV, 80,
1930; C. R. Ac. Sc., CLXXXIX. 1652, 1934; Bouvier et Riel, loc. cit.. 41,
1931.
Se distinguent des Ludiinés par leurs palpes qui se composent normalement
de 3 articles dont le dernier est le plus souvent très réduit, surtout par leur ner¬
vation où la transverse discale antérieure D 1 des ailes antérieures est toujours
longue — où les deux médianes M 1 et M J de ces ailes sont rapprochées ou réunies
à leur base, D- étant réduit ou nul —où cette dernière transverse, quand elle
existe, s’incline vers la base, — où la submédiane D ', enfin, est ordinairemen
rectiligne au lieu de former un coude à convexité proximale ( fig. 3, A et B., p. 21).
La taille, la forme et le coloris sont des plus variés, mais les ocelles ou les
fenêtres sont très fréquents ; antennes également variées, mais leurs articles
distaux, d’après Jordan, avec des cônes sensoriels multiples. Tibias antérieurs
longs ou courts, avec ou sans épine terminale, d’ordinaire avec une épiphyse ;
les tibias de la paire suivante parfois aussi armés d’épines. Comme chez les
Ludiinés du genre Gooclia, le parasternite mésothoracique est normalement
très réduit, sans contact avec Pépinière. Chenilles du même type que chez les
Ludiinés ; les pupes avec ou sans cocon, à crémaster très variable, rarement
orné de quelques crochets.
Vaste et très variée, cette sous-famille est répandue dans toutes les parties
du monde, reliée aux Syssphingides et Hémileucides par les Ludiinés. Son
étude sera faite d’après la classification suivante qui est, à peine retouchée,
celle de mon travail de 1928 sur les Saturnioïdes de l’Afrique tropicale fran¬
çaise.
Tableau des sections et des tribus
A. La nervure discale transverse est bien développée dans toute ses parties et
ferme complètement la cellule. Section I. Satuknitaf, (p. 9).
B. Sur le dos du thorax une carène médiane longitudinale ; ailes brunâtres,
roussâtres, ordinairement mouchetées de stries transverse ou de taches irré¬
gulières ; ni fenêtres, ni ocelles. Tergite VIII du cf très saillant. Chenilles
sans épines. Un cocon. Africains. Tribu 1. Micragoniicae (p. 20).
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
19
B'. Pas de carène thoracique dorsale ; ailes sans bigarrures, d’ordinaire avec
fenêtres ou ocelles, parfois de simples taches discales rarement absentes.
C. Antennes bipectinées, au moins chez le cf • Chenilles sans épines, rarement les
traces d’un cocon.
D. Antennes de la 9 fines, simplement dentées, tergite VIII du cf très
saillant. Africains. Tribu 2. Decachordiicae (p. 26).
D'. Antennes de la Ç bien bipectinées ; tergite VIII du cf non saillant.
Africains. Tribu 3. Pseudapheliicae (p. 29'.
C'. Antennes quadripectinées, au moins chez le cf. tergite VIII du cf non
saillant.
D. Anneaux des ocelles tous complets. Chenilles ordinairement avec de
fortes épines ; jamais de cocon. Africains. . Tribu 4. Bunaeicae (p.53).
D'. Ocelles d’ordinaire avec anneaux dont un ou deux incomplets qui sont
réduits en croissant proximal. Chenilles sans épines ; un cocon. Les deux
mondes. Tribu 5. Satu.rn.Ucae (p. 139).
A'. La nervure discale transverse, dans sa partie submédiane, est très rudimentaire
ou nulle. Chenilles sans épines rigides, à tubercules sétifères au moins dans les
premiers stades ; un cocon. Section IL Attacitae (p. 260).
B. Pas de tache apicale postérieure et pas de ligne rougeâtre dans l’axe de l’apex
des antérieures ; une raie submarginale rarement en zigzags, d’ordinaire très
sinueuse et épaissie au sommet des lobes et au fond des interlobes.
. Tribu 1 . Rhodiicae (p. 262).
B'. Une tache subapicale ou une ligne apicale rouge, ou toutes deux à la fois,
aux ailes antérieures ; presque toujours une ligne fulgurante ; une raie submar¬
ginale sinueuse sans épaississements. Tribu 2. Attaciicae (p. 269).
Section I. — SATURNITAE Bouv.
Saturniinae Smith, Proc. U. S. Nat. Mus., IX, 414, 1886; Bouvier, Saturn.
Afr. trop, franç., 508,1928 ; Schüssler, Lep. Cat., 85 et suppl., 598. Saturnitae
Bouvier, C. R. Ac. Sc. CLXXXIX, 1652, 1934.
Cette section embrasse les Actiens et une partie des Saturniens de Dusuzeau
et Sonthonnax (Lép. Soie, I, 19, 1897), tous les Saturniinae de K. Jordan
(Nov. Zool., XXIX, 251, 1922) à l’exception des Attaciens, les Saturniinae
de Draudt (Seitz, VI, 1929) abstraction faite des Hémileucides ; elle semble
correspondre à peu près aux Saturniinae d’Aurivillius (Ark. Zool.. II, n° 4,
16, 1905) et de Gaede (Seitz, XIV, 715, 1927), ces deux auteurs n’ayant
envisagé que les formes africaines. Je lui donnai son exacte valeur dès 1928
dans mon étude sur les Saturnioïdes de l’Afrique tropicale française, p. 508,
où je la considérais comme une sous-famille avec le nom de Saturniinae
auquel j’ai substitué dans la suite (C. R. Ac. Sc., CLXXXIX, 1652, 1934)
celui de section des Saturnitae. Ce groupe correspond aux Saturniinae de
Schüssler sauf les Bhodiniens qui sont des Attacites, mais en plus avec les
Micragoniicae.
Le trait essentiel qui distingue la section des Saturnites de celle des Attacites
et qui la rapproche de tous les autres Saturnioïdes c’est la présence à toutes les
ailes d’une nervure discale transverse complète qui clôt absolument la cellule.
Cette différence est accompagnée de quelques autres pour le moins aussi
E.-L, BOUVIER
i’U
apparentes, mais moins absolues : très fréquemment des ocelles normaux
arrondis ou ovalaires avec iris, anneaux entourant et petite fenêtre centrale,
ces ocelles remplacés parfois par une ou plusieurs petites taches hyalines;
rarement une simple fenêtre et celle-ci localisée aux ailes antérieures ( Bunaea ),
— apex des ailes antérieures sans ligne fulgurante et rarement avec une tache
spéciale, — enfin pas de fine ligne submarginale lobée, mais parfois une
raie et des macules submarginales. Les chenilles des Saturnites sont ornées de
tubercules tantôt simples et sétifères ou spinulifères, tantôt transformés
en fortes épines dures et piquantes; au moment de la nymphose, les chenilles
de beaucoup de formes filent un cocon aérien ouvert ou clos, mais beaucoup
aussi s’enfoncent dans le sol pour y donner une pupe sans cocon.
Comme les Attaches, les Saturnites ont des représentants dans toutes les
parties du Monde, surtout en Indo-Malaisie et en Afrique tropicale. Leur divi¬
sion en tribus est indiquée au tableau de la p. 18.
T" Tribu. Micragoniicae Bouv.
Micragonicae Bouvier, C. B. Ac. Sc., CLXXXIV, 1290, 1927 ; Mém. Ac.
Sc., LIX, no 4, 8, 1927 ; Saturn.'Afr. trop, franç., 509, 1928 et C. R. As. Sc.,
CLXXXIX. 1653,1934; Schüssler, Lep. Cat., 473 et suppl. 731. Cyrtognniinae
Packard, Mena. Nat. Ac. Sc., Washington, XII, 65, 1914.
Groupe exclusivement représenté par le genre Micragone qui, d’après
Aurivillius, se distingue par la présence, sur la ligne médiane dorsale du
mésothorax, d’une carène surélevée eir avant, en arrière ordinairement fort
réduite et cachée sous les poils, pourtant haute et apparente au dessus d’eux
dans sa partie antérieure chez herilla. — Taille médiocre ou assez grande ;
ailes de tonalité brune allant au roussâtre, souvent avec du rose (surtout aux
postérieures), presque toujours mouchetées de taches ou de lignes plus foncées
qui en dessus et plus encore en dessous, donnent l’apparence des Lichens ;
rayures brun foncé, l’interne du dessus des antérieures faite de deux parties,
l’une dans la cellule, l’autre en arrière et plus ou moins en retrait ; l’externe
avec un fort coude du côté de l’apex, d’ordinaire réduite à sa moitié anale
aux postérieures où elle est parfois nulle. Jamais d’ocelles, assez souvent aux
antérieures une tache discale claire irrégulière et mal limitée. Les ailes du
rf (fig. 3, A, B) presque toujours sinueuses ou dentées sur le bord externe,
les antérieures plus ou moins falquées avec l’apex plus ou moins saillant,
dispositions plutôt rares chez la Ç (fig. 3, C). Antennes de 30 à 35 articles,
environ les deux tiers proximaux largement quadripectinés chez le çf, briève¬
ment bipectinés chez la $, les autres simples, plus ou moins carénés chez le c?,
peu ou pas chez la 9- Palpes débordant légèrement le front, leur 3 e article
nul ou fusionné avec le 2 e . Tibias inermes et longs, ceux de la l re paire avec
épiphyse dans les deux sexes. La première nervure radiale R 2 ne part jamais de
la cellule (fig. 3, B) ; parfois elle naît du pédoncule des radiales assez loin
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
21
( joiceyi , elisabethae ), ou tout près ( catia , herilla), du point où le pédoncule se
bifurque pour donner les deux dernières radiales, R 1 et R 5 , mais le plus souvent
(ansorgei, bilineata, nenia , nubifera et tholloni) elle se détache beaucoup
plus loin et naît alors de R\ C’est à tort que, dans mes travaux de 1927 et 1928,
j’ai attribué à bilineata et ansorgei la disposition de cana et herilla.
Chenilles normales avec de petits tubercules charnus portant des soies
noires, spiniformes et urticantes, d’ordinaire sinon toujours avec des poils qui
Fij<. 3. — Les ailes et la position (le leurs nervures dans les Micragone: A, agalhylta,
sans R* : B. elisabethae, sans R ! : C, tholloni. Croquis d'après les types.
se retrouvent d’ailleurs sur d’autres parties du corps. Toujours un cocon ;
la pupe parfois avec de petites dents sur la saillie crémastérienne.
Ce groupe rappelle un peu les Goodiicés par la forte saillie du tergite VIII
et la réduction de l’uncus (fig. 4) ; il est localisé en Afrique.
Genre unique. — MICRAGONE Wlkr.
(PI. V, fig. 2.)
Micragone Walker, List, VI, 1342, 1855 (c?) ; Bouvier, Saturn. Afr. trop,
franç., 509, 1928 ; Schüssler, 473, 1934. Cyrtogone Walker, loc. cit ., 1433,
1855 (9)- Cyrtagone Rothschild, Nov. Zool., II, 51, 1895.1
Caractères de la tribu ; les ailes sont d’ordinaire colorées en rose rouge
dans la zone costale du dessus des postérieures et la zone anale du dessous
des antérieures ; en outre de leurs mouchetures, elles portent sur les anté-
E.-L. BOUVIER
22
rieures et postérieures, de petites raies noirâtres obliques plus ou moins nom¬
breuses.
L’armature sexuelle du a pour caractéristique (fig. 4, A, B, G, D) le très
grand développement du tergite VIII et la réduction de l’uncus (u) ou tergite X.
Celui-ci a la forme d’un triangle aigu et infléchi relégué vers la base de l’arma¬
ture (G’). Quant au tergite VIII, il s’infléchit également au moins dans la longue
griffe qui le termine ; tantôt sa partie large forme en arrière une puissante
convexité qui porte en dessous la griffe (ansorgei A, bilineata), tantôt elle
s’étrangle un peu avant de se terminer par une troncature d’où naît la griffe
Fig. 4. — Armature cf des Micragone : A. ansoryei, face ventrale ; B, cana, côté dorsal :
nenia, C, côté dorsal ; C, vu du côté gauche; I), herilla, face dorsale.
(nenia C.C’) ou bien se rétrécit progressivement (nubifera) et alors peut
présenter sur chacun de ses bords latéraux une série de trois fortes dents
obtuses (herilla D); dans cana (B) le tergite'en long triangle s’infléchit régu¬
lièrement d’avant en arrière jusqu’à sa pointe très aiguë. Le sternite VIII,
en son milieu, fait une saillie ( bilineata ) qui s’élève en une pointe médiocre
(ansorgei A) ou longue et infléchie vers le haut {nenia, C', nubifera), par
contre, il présente en ce milieu une échancrure {cana) qui peut s’élever en
pointe à chacun de ses angles {herilla). Les claspers sont en forte colonne
progressivement rétrécie, obtuse ( bilineata, nenia C, nubifera) ou légèrement
mucronée (ansorgei A), parfois dilatée en deux lobes aigus (herilla D),
parfois aussi infléchie en dedans et sillonnée à son bout libre (cana B). Le
sternite X doit être fort réduit; le pénis(pC/) est assez variable et de dimen¬
sions médiocres, sans lames basales.
Les 15 espèces du genre peuvent être groupées et caractérisées comme il suit :
FAMILLE DES 8ATURN1IDËS
23
Tableau synoptique des males
A. Dessus des ailes, au moins dans l’aire externe, avec de très nombreuses stries
transverses foncées à peu près parallèles ; ordinairement une tache discale claire et
irrégulière aux antérieures ; $ à ailes simples, les postérieures sans tache basale
blanche).
B. Apex des antérieures peu saillant, le bord externe de ces ailes peu concave sous
l’apex.
C. Ce bord sans dents ou sinuosités bien sensibles.
D. Apex des antérieures subarrondi ou subtronqué, rayures de ces ailes
étroites, peu accentuées, l’interne discontinue, à partie cellulaire droite
et très en dehors de la partie postcellulaire qui est anguleuse, l’externe
sans coude costal net; bord externe des postérieures peu ou pas sinueux,
(cf 82) (Angola). \. ansorgei Roth.
D'. Apex des antérieures subtronqué ou tronqué, rayures de ces ailes
fortes, l’interne continue, sa partie cellulaire peu en dehors de l’autre
et réunie à celle-ci par une raie plus faible, l’externe avec le coude indiqué
au moins par un fort épaississement postcostal ; bord externe des posté¬
rieures denté, (cf 70-80) (Du Mashonaland au lac Victoria).
. 2. bilineata Roth.
C'. Bord externe des antérieures à b dents subégales médiocres, apex tronqué,
partie postérieure de la rayure externe anguleuse. Bord externe des posté¬
rieures denté.
D. Aux postérieures un lobe anal séparé de la dent Cu 2 par une concavité ;
partie postérieure de la rayure interne des antérieures fort en retrait
sur l’autre (cf90) (Cameroun). 4. camerunensis Strd.
D '. Pas de lobe anal aux postérieures ; partie postcellulaire de la rayure
interne des antérieures peu en retrait sur l’autre, (cf environ 90) (Est
africain). 3. trefurthi Strd.
B'. —- Apex des antérieures très saillant, tronqué, le bord externe fortement concave
sous l’apex.
C. Bord externe des antérieures sinueux plutôt que denté, la rayure externe
de ces ailes n’est guère représentée que par l’épaississement postcostal du
coude; postérieures à dents subégales et sans lobe anal. cfllO env.).
. 5. herilloides nov.
C'. Bord externe des deux ailes franchement denté, la dent Cu 1 prédominante,
surtout aux postérieures, lesquelles présentent un lobe anal (cf 75-82)
(Congo belge, Eala). 6. elisabethae Bouv.
A'. Dessus des ailes à stries parallèles réduites ou nulles, pas de tache discale bien
sensible sur la face dorsale des antérieures, apex de ces ailes tronqué, presque
toujours très saillant.
B. Rayure externe des postérieures aboutissant à un fort lobe anal noirâtre ; bord
externe des ailes sans dent, au plus un peu sinueux, (cf 44-55) (Du
Mozambique au Victoria). 7. cana Auriv.
B’. Rayure externe des postérieures très en dedans du lobe anal qui, lobé ou non,
n’est pas lavé de noir (les ailes, chez la 9, à grande tache blanche basale).
C. Aux antérieures, région sous-apicale avec l’aire externe lavée d’un brun noi¬
râtre qui, d’ordinaire, pénètre dans le coude costal et y devient plus intense,
ce coude indiqué au moins par un fort trait postcostal (ailes de la 9 à
bord externe simple et convexe). Dent Cu 1 des postérieures peu proémi-
minente.
D. Antérieures avec le bord externe denté et l’apex très saillant.
E.-L. BOUVIER
E. Aux antérieures rayure interne forte, un peu en retrait après la cellule,
la dent Cu 2 du bord externe bien nette ; pas de lobe anal aux posté¬
rieures ; rayure externe du dessous des ailes indiquée par de gros points.
(c? 40-55) (Afrique occidentale). 8. nenia Westw.
E'. Aux antérieures rayure interne grêle, assez régulièrement transverse,
la dent Cu ; du bord externe presque nulle ; lobe anal aux postérieures ;
rayure externe du dessous en tacbes hastées formant presque zigzag,
(c? 70) (Côte d’Or). (PI. V, fig. 2). 10. nubifera Holl.
D'. Antérieures avec la troncature de l’apex presque dans le prolongement du
bord externe qui est simplement sinueux (taille de nenia). (Guinée
française). 9. dueorpsi de Fl.
C’. Aux antérieures pas de lavis brun noirâtre régulier allant de la concavité
sous-apicale à l’intérieur du coude costal ; dent Cu 1 des postérieures prédo¬
minante et formant le sommet d’un angle dont les deux autres parties du
bord sont les côtés (ailes de la 9 à bord externe découpé et denté, les anté¬
rieures assez falquées).
D. Bord externe des antérieures à deux légers denticules postapicaux,
celui des postérieures à dents fortes dont Cu 1 très prédominante; lobe
anal, (c? 95) (Congo). 11. agathyllaWest-w.
D'. Bord externe des deux ailes à dents ou saillies également peu ou beau¬
coup développées.
E. Partie postérieure de la rayure externe des deux ailes en zigzags,
la rayure interne des antérieures forte et inclinée en dehors; bord
externe des postérieures plutôt convexe, à dent Cu 1 peu prédominante.
;cf 58-65) (Ogooué). 12. lichenodes Holl.
E'. Rayure externe des deux ailes sans zigzags, l’interne inclinée vers
la base et épaissie en avant ; bord externe des postérieures à dent Cu 1
bien prédominante.
F. Bord externe des deux ailes fortement denté avec la dent Cu 1 très
dominante ; rayure externe des antérieures indiquée seulement par
son épaississement postcostal ; lobe anal aux postérieures (c? 75-80 .
(Afrique occidentale). 14. herilla Westw.
F'. Bord externe des deux ailes à dents ou saillies faibles sauf Cu 1
qui, aux postérieures, divise’franchement c e bord lequel est un peu
concave en avant, plutôt droit en arrière ; rayure externe des anté¬
rieures avec le coude costal d’un ton foncé limité brusquement du
côté de l’aire médiane par une auréole claire droite et transverse.
(55-58) (Congo belge). 15. joiceyi Bouv.
Tableau sy.noptique des femelles
A. Ailes antérieures non falquées, à bord externe entier, convexe, rarement droit.
B. Ailes postérieures sans tache basale blanchâtre.
C. Antérieures à bord externe convexe, et à petite tache discale jaunâtre ;
postérieures sans lobe anal noirci.
D. Bord externe des postérieures entier ou légèrement onduleux. ($ 77-81).
. 2. bilineala.
D . Bord externe des postérieures avec des dents assez fortes. ($ 100).
. 6. elisabelhae.
C'. Antérieures à bord externe presque droit, sans tache discale ; posté¬
rieures avec un lobe anal noirci, le reste du bord entier. ( 9 55-70). 7. cana.
B'. Ailes postérieures à grande tache basale blanchâtre , leur bord externe entier.
C. Une tache extra-cellulaire jaunâtre aux antérieures.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
25
D. Les rayures des antérieures ne sont pas en zigzags. ($ 85).... 8. nenia.
D'. Les rayures des antérieures en zigzags (taille de nenia). ... 9. ducorpsi.
G'. Pas de tache extra-cellulaire aux antérieures. (9 90). 10. nubifera.
A'. Ailes antérieures falquées avec l’apex assez saillant, tronqué et denté, le bord
externe des ailes onduleux ou denté ; grande tache basale blanchâtre aux
postérieures, qui ont toujours un lobe anal.
B. Troncature apicale des antérieures avec 4 dents (R 1 , R 5 , M‘, M 2 ) ; la tache
basale des postérieures s’arrête à la transverse discale ; bord externe des ailes
fortement denté.
C. Échancrure postapicale des antérieures peu profonde, avec sa dent M :i
forte et plus saillante que la dent Cu 1 , la dent Cu 2 nulle. (Ç 100-110).
. 14. herilla.
C'. Échancrure postapicale des antérieures très profonde, avec sa dent M :
réduite, la dentJdu 1 très saillante et suivie d’une petite dent Gu 2 . (9 73)
(Congo français). 13. tholloni Bouv.
B’. Troncature apicale des antérieures avec 3 dents, M 3 se trouvant dans l’échan¬
crure sous apicale qui est réduite comme les autres dents du bord externe des
deux ailes ; la tache blanchâtre des postérieures dépasse largement la cellule
et ne laisse en foncé que la marge. (Ç 69-83). 15. joiceyi.
Bibliographie
1. Cyrtogone ansorgei Rothschild, Ann. Nat. Hist. (7), XX, 8, 1907 et Jordan.
Nov. Zool., XV, 256, pl. IX, flg. 7 (cf), 1908. Micragone ans. Gaede,
Seitz, XIV, 339,5 8 d ( cf),1927 ; Schüssler, Lep. Cat., 474,1934. (Mus. Trin ).
2. Cyrtogone bilineata Rothschild, loc. cit., 8, 1907. Micragone bil. Bouvier
Saturn. Afr. trop, franç., 514, 515, 1928 ; Schüssler, 474. (Mus. Trin ).
3. Cyrtogone trefurthi Strand, Ent. Runds., XXVI, 107,1909, Micragone ire.
Gaede, Seitz, XIV, 339, 58 c (cf), 1927 ; Schüssler, 476. (Mus. Berlin).
4. Cyrtogone canierunensis Strand, loc. cit., 107, 1909. Micragone tre. camerunensis
Schüssler, 476.
5. Micragone herilloides nov., Micr. herilla Gaede, loc. 'cit., r 33S, 58 c (cf), 1927;
Schüssler, 475.
6. Micragone elisabethae Bouvier, Rev. [Zool. afric., XVII, 395, fig. 6 (cf), 1930 ;
Schüssler, suppl. 731 (Mus. Congo, Mus.^Paris). Un cf et une 9 au Mus.
Carnegie). M. phantasma Ilering (Mitt. zool. Mus. Berlin, XV,519, pl. Vil,
fig.l (Cf), 2 ( 9) 1930).
7. Micragone cana Aurivillius, Ent. Tidskr., XIV, 202, 1893. Cyrtagone ca.
Rothschild, Nov. Zool., II, 1895. Micr. ca. Gaede, loc. cit., 339, 58 e (cf, 9)
1927 ; Schüssler, 474 et suppl., 731. Cyrtogone junodi Oberthür, Et. lépid.
comp., IV, 682, pl, LVIII, n u 532 et 533 (cf, Ç), 1910. (coll. Staudinger).
8. Salurnia nenia Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII, 57, pl. IX, flg. 3 (9),
1849. Cyrtogone ne. Gaede, loc. cit., 339, 58 d (cf, 9)> 1027. Micr. ne.
Schüssler, 475 et suppl., 731 (coll. Westwood).
9. Cyrtogone ducorpsi Fleury, Bull. Soc. ent. France, XXX, 29, flg. 13 (cf),
1924. Micr. du. Schüssler, 475 et suppl., 731.
10. Micragone nubifera Holland (in litt.) La description précédente de cette espèce,
d’après un cf de Winnebah, Côte d’Or, cf appartenant au Muséum.
Le re 0 retté Holland m’a soumis les photos d’un cf et d’une 9
appartiennent sûrement à la même espèce ; la 9 ressemble à celle de
nenia mais sans tache claire apparente aux ailes antérieures; ces photos
étaient marquées du nom nubifera qu’il convient de conserver.
11. Salurnia agathylla Westwood, loc. cit., 58. Cyrtogone ag. Gaede, loc. cit., 339;
E.-L. BOUVIER
26
1927. Micragone ag. Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 517, 706, 1928 ;
Schüssler, 474 et suppl., 731. (Mus. brit.).
12. Cyrtogone lichenodes Holland, Psyché, 533, 1893. Micr. lich. Bouvier, Saturn.
Afr. trop, franç., 516,1928 ; Schüssler, 475 et suppl., 731. C’est d'après
une belle photo communiqut'e par Holland que j'ai pu situer cette
espèce au tableau. (Mus. Carnegie).
13. Micragone tholloni Bouvier, Bull. Mus., 1926. 74 et Saturn. Afr. trop, franç.,
515, 521, pl. IV, fig. 1 (Ç), 1928 ; Schüssler, 476 et suppl., 731. Cyrtogone
thol. Gaede, loc. cit., 339, 1927. (Mus. Paris).
14. Saturnia herilla Westwood, loc. cit., 57, pl. X, fig. 3 (Ç), 1849. Cyrtogone
her. Conte, Lab. Soie, XVIII, 5, pl. I fig. 1 (c?) et 2 (Ç), 1907. Micr.
her. Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII, 41, 1931 (voir herilloides). La
chenille décrite et (ignrée sous le nom d herilla par Packard (loc. < it.
69, Pl. XXII1, fig. 8) appartient certainement à quelque forme du
groupe des Bunaea. (Mus. brit.).
15. Micragone joiceyi Bouvier, Bull. Ilill Mus., IV, 81, pl. VII, fig. 10 (çf) et
11 (Ç), 1930 ; Schüssler, 475. (Coll. Joicey, Mus. Paris).
Sous le nom manuscrit A'avinofji, Holland m’a communiqué la photo
d’un c? qui me paraît se rapporter à joiceyi, encore que les dents y
soient beam oup plus développées, surtout aux antérieures.
2 e Tribu. Decachordiicae Bouv.
Decachordiicae Bouvier, C. K. Ac. Sc.. LXXXIX, 1653, 1934.
Groupe restreint, comme le précédent, à un seul genre qu’Aurivillius décrivit
sous le nom de Decachorda parce qu’il croyait réduit à 10 le nombre des ner¬
vures des ailes antérieures, les radiales de ces ailes étant au nombre de trois
dans son génotype (D. rosea)-, mais j’ai montré ailleurs que ce nombre peut
s’élever à 11 dans D. aspersa où l’on observe parfois une quatrième radiale ;
en tous cas, comme chez les Micragoniicés et chez les Goodiicés des genres
Orthogonioptilum et Carnegia , les radiales se rattachent à la cellule par un
pédoncule commun. Les antennes comptent environ 30 articles ; elles sont
t rès largement bipectinées presque jusqu’au bout chez le çf, fines et simplement
ment dentées chez la Ç, d'ailleurs sans carène ventrale sur leur axe ; les
palpes sont droits, un peu débordants, avec un 3 e article net et conique ;
le tibia des pattes antérieures est inerme, sans épiphyse, à peu près de la lon¬
gueur du tarse. Au thorax, pas de carène dorsale chez le çf. Comme on le
verra plus loin, le tergite VIII est saillant au-dessus de l’uncus (fig. 5) qu’il
dissimule parfois complètement, disposition qui rappelle à la fois les Micra¬
goniicés et les Goodiicés.
Ce caractère sexuel rapproche quelque peu les Décachordiicés de ces deux
dernières tribus et les éloigne de tous les autres Saturniidés. Ils s’en éloignent
aussi par leurs formes lourdes et d’ordinaire velues qui font songer aux Noc¬
tuelles. Je les avais d’abord rangés parmi les Pseudaphéliicés aberrants,
mais, en fait, ils sont aussi particuliers dans leur genre que les Micragoniicés
et méritent comme eux de former une tribu spéciale dans la grande section
des Saturnites où ils se distinguent au premier coup d’ceil. Ils ont presque
FAMILLE UES SATURNI1DÉS
toujours des taches discales qui d’ailleurs ne prennent jamais la forme de vraies
ocelles. Chenilles et pupes jusqu’ici inconnues.
Genre unique. — DECACHORDA Auriv.
(PI. VII. fig. 4).
üecachorda Aurivillius, Eut. Tidskr., XIX, 184, fig. 8 (nervulation), 1898;
Bouvier, Bull. Mus., 1927, 46 avec fig. (nervulation); C. R. Ac. Sc., CLXXX1X,
1653, 1934; Schüssler, 323 et suppl., 714. Lechenopteryx Druce, Proc. Zool.
Soc., LU. I, 1886 (pars). Lasioptila Butler, Proc. Zool. Soc., 431, 1898.
Fia S. — Armature ç? des Üecachorda : A, aurivillii, vu du côté droit : li, elasper gauche
d'aspersa vu en dehors : houvieri, C, armature vue du côté dorsal, C', vue en arrière.
Taille réduite, velus et ternes rappelant un peu les Noctuidés; antérieures
avec le bord externe droit ou assez convexe, rencontrant la costa qui est très
peu arquée, suivant un angle net, sans saillie;les postérieures avec le bord
externe également assez convexe ; pas de rayure interne, mais presque tou¬
jours, aux deux ailes, une rayure externe très éloignée du bord et plus ou moins
subparallèle à ce bord.
L’armature sexuelle du cf, (fig- 5, A, B, C) que j’ai pu étudier succincte¬
ment dans quatre formes, se distingue parla simplicité du sternite VIII, la
complexité progressive du tergite VIII et la réduction extrême del’uncus (u) qui
ne se distingue pas du tergite IX lui-même très réduit. C’est àaca$\aurivillii (A)
qu’elle se présente sous sa forme la plus normale ; le tergite VIII, en rostre
E.-L. BOUVIER
*8
triangulaire obtus, s’avance sans inflexion au-dessus de l’uncus qui est un
peu saillant et légèrement infléchi, le sternite X est épais mais peu libre, le
pénis est une colonne noire, infléchie vers le bas et dilatée au sommet, les
claspers sont simples, rétrécis et obtus dans leur partie terminale. Dans
aspersa orientalis, la saillie rostrale du tergite VIII est étroite, sans inflexion
et comprise entre deux lobes plus larges et plus saillants, l’uncus est un peu
infléchi, à peine proéminent en pointe, le sternite X est noir, puissant, en
triangle excavé en arrière, le pénis noir plus long, avec une série de denticules
sur sa dilatation terminale, les claspers (B) obtus présentent un étroit lobe dorsal
qui se détache sur leur bord supérieur à quelque distance de la base. Il en est
sans doute à peu près de même dans aspersa aspersa , où, toutefois, l’uncus ne
fait plus de saillie appréciable et où je n’ai pu distinguer le sternite X ; le
pénis ne porte plus de denticules et le lobe dorsal des claspers est en baguette
plus longue. La disposition la plus singulière nous est offerte par bouvieri
bouvieri (C,C') avec son tergite VIII qui s’avance en un très long rostre en
crochet infléchi postérieurement où il se termine en pointe noirâtre, surplom¬
bant et cachant complètement l’uncus qui est encore plus atrophié que dans
aspersa, le sternite X ne semble pas indépendant, le pénis noir fait peu saillie
sur le bord du sternite VIII, et le lobe dorsal des claspers, presque aussi long
mais plus grêle que le lobe principal, est excavé sur sa face interne. N’ayant en
général qu’un seul exemplaire pour chaque forme, je n’ai pu pousser à fond
cette étude.
Le genre est représenté dans toute l’Afrique tropicale depuis l’Est jusqu’à
l’Ouest ; il comprend les sept espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. Pas de taches discales, coloration rose, rayures jaunes. (9 40) (Afrique occi¬
dentale). 7. rosea Auriv.
A'. Taches discales, au moins aux antérieures.
B. Pas de taches discales aux postérieures.
G. Rayures externes convexes en dehors, beaucoup plus près de l’apex que du
tornus, jaunes en dedans, noires en dehors ; ailes peu ou pas mouchetées,
jaunâtres ou rosâtres, - c? 40-48) (Afrique orientale et du Sud).
. 1. fulvia Druce
C'. Rayures externes droites, fines, noires, subparallèles aux bords externes ;
ailes très mouchetées, chamois rosâtre (Afrique occidentale).
. 6. talboli Bouv.
B'. Taches discales à toutes les ailes.
G. Rayures externes plus près du tornus que de l’apex, surtout aux postérieures,
ces rayures noires sur fond des ailes partout rose. (Ç 34) (Congo).
. 4. congolana Bouv.
C’. Rayures externes parallèles aux bords, noires, ailes antérieures partout
maculées de noirâtre. 5. bouvieri Hering.
D. Aire externe des postérieures sans mouchetures comme le reste de ces
ailes, celle des antérieures à peine plus mouchetée que le reste. ( 9 29).
(Kasindi) . b. bouvieri.
FAMILLE DES SATURN1IDÉS 29
D'. Aire externe de toutes les ailes fort mouchetée (cf 33) (Kenya).
. b. kitalina. Bouv.
C". Rayures externes plus près de l’apex que du tornus.
D. Rayures externes très nettes, noirâtres, taches discales également
très nettes, noirâtres à centre blanc, surtout les antérieures ; presque
toujours de fortes mouchetures. 2. aspersa Bouv.
E. Taille médiocre, rayures externes un peu convexes en dehors, (cf 35-40,
9 48) (Afrique occidentale). a. aspersa.
E'. Taille assez grande, rayures externes droites, rarement un peu
coudées, (cf 50-53, $ 55,5) (pl. Vil, flg. 4). (Afrique orientale).
. a. orientalis.
D'. Rayures externes et taches discales vagues, tranchant à peine sur le
fond qui est tout rose (cf) ou rosâtre sali de noir. (9 38) (Kenya).
. 3. aurivillii, Bouv.
Bibliographie
1. Lechenopteryx fulvia Druce, Proc. Zool. Soc. 148, 1927. Decachorda fui.
Aurivillius, Ent. Tidskr., XIX, 184, 1898 ; Gaede, Seitz, XIV, 338, 51 a
(cf), 1927; Schüssler, 324 et 714. Dreata pomona Weymer, Stett. Ent.
Zeits., LIII, 112, 1892. Lasioptila po. Butler, loc. clt., 1898. O’Neil, Ann.
Durban Mus., II, 168, 1919. (Coll. Joicey).
2. Decachordaaspersa Bouvier, Bull. Mus., 1927, 147 a, ec fig. (nervulation) et
Saturn. Afr. trop, franç., 546, 702, pl. V, flg. 4 (cf), 1928 ; Schüssler, 324
et suppl., 714. (Mus. Paris).
Var. : orientalis Bouv., loc. cit., 80, pl. VIII, flg. 8 (cf); (Coll, Joicey,
Mus. Paris).
3. Decachorda aurivillii Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 89, pl. VIII, flg. 10 (cf)
et 11 (9), 1930 ; Schüssler, suppl., 714. (Coll. Joicey, Mus. Paris).
4. Decachorda congolana Bouvier, loc. cit., 88, pl. VIII, flg. 6 (9), 1930;
Schüssler, suppl. 714. (Coll. Joicey).
5. Decachorda bouvieri Hering, Rev. Zool. Afr., XVIII, 2, flg. 4 (9), 1929 ;
Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 87, 1930 et Rev. Zool. Afr., XX, 344, 1931 ;
Schüssler, Suppl. 714. (Mus. Berlin).
Var. : kitalina Bouvier, loc. cit., 88, pl. VIII, flg. 7 (cf). (Coll. Joicey).
6. Decachorda talboti Bouvier, loc. cit., 87, pl. VIII, flg. 5 (9), 1930; Schüssler,
Suppl., 714. (Coll. Joicey).
7. Decachorda rosea Aurivillius, loc. cit., 184 et flg. (nervulation), 1898; Gaede,
Seitz, XIV, 338, 51 c (cf), 1928; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franc., 546,
1928 ; Schüssler, Lep. Cat. 324 et suppl. 714. (Mus. Stockholm).
3 e Tribu. Pseudapheliicae Bouv.
Pseudapheliicae Bouvier, Mém. Ac. Sc., LIX, n° 4, 9, 1927 ; Saturn. Afr.
trop, franç., 521, 1928 (pro parte) et C. R. Ac. Sc., CLXXXIX, 1653, 1934.
Cette tribu ressemble aux suivantes et se distingue des Micragoniicés par
l’absence de carène dorsale sur le mésothorax, par la forme et la coloration
plus normale des ailes dont une paire au moins est ornée de taches ocellaires
ou d’un vrai ocelle. Ses représentants diffèrent de tous les autres Saturniens
par leurs antennes qui sont pectinées presque jusqu’à la pointe, toujours sim-
?u
E.-L. BOUVIER
plement bipectinées chez le çf, toujours aussi chez la 9 où leurs branches
sont d’ailleurs ordinairement un peu plus courtes et, comme de coutume,
sans la frange de longs cils qu’elles présentent chez le çf. Les chenilles sont
dépourvues d’épines, les pupes souterraines et sans cocon, sauf dans Pseu-
dantheraea, les macroures et les aberrants. Armature sexuelle déjà normale
et semblable à celle de l’immense majorité des Saturnites en ce sens que le
tergite VIII ne s’avance plus au-dessus du segment IX et de l'uncus. Ce
dernier caractère, comme aussi la forme des ailes et la présence ordinaire
d’ocelles bien constitués les rapproche des francs Saturnites et les éloigne à
la fois des MicragoniicésetdesDécachordiicés. Ces derniers, comme je l’ai dit
plus haut (p. 26), ne sauraient trouver place ici, même parmi les Pseuda-
phéliicés aberrants.
Le groupe peut être divisé de la manière suivante :
Tableau des genres
A. Antennes ayant au plus 40 articles, largement pectinées dans les deux sexes;
tibias de toutes les pattes inermes et à peu près de la longueur du tarse, les
antérieures d’ordinaire avec une épiphyse qui est nue.
B. Ailes postérieures sans prolongement caudal ( Pseudaphéliicés anoures).
C. Aux antérieures seulement deux radiales, ces nervures se rattachant à la
cellule par un pédoncule commun ; ailes pauvres en écailles.
D. Ailes entières et ocellées ; antennes de 30-40 articles ; une épiphyse.
E. Palpes labiaux longs, et dépassant le front; articles terminaux des
antennes à carène ventrale étroite et longue.
. 1 . Pselaphelia Aur. (p. 32) .
E’. Palpes atteignant à peine le front ; les derniers articles des antennes
sans carène. 2. Pseudaphelia Ky. (p. 33).
D'. Ailes échancrées sur le bord externe, avec de petites taches au lieu
d’ocelles ; antennes de 23 articles ; pas d’épiphyse.
. 3. Eosia Le Cerf (p. 37)..
C’. Quatre nervures radiales, palpes courts, antennes d’environ 40 articles ;
une épiphyse.
D. Toutes les radiales sur un pédoncule commun qui les rattache à la
cellule ; articles terminaux des antennes sans carène ventrale.
E. Ailes antérieures étroites ; cellule des deux ailes très longue, l’ocelle
loin du milieu et assez rapproché du bord externe.
. 4. Parusta Roths. (p. 37 ).
E'. Ailes antérieures larges, cellules normales avec l’ocelle près du milieu
des ailes ... 5. Tagoropsis Fldr. (p. 38).
D'. La radiale antérieure naît isolément de la cellule. Articles terminaux des
antennes carénés. Cocon aérien très lâche.
. 6. Pseudantheraea Weym. (p. 42),
B'. Ailes postérieures à long et fin prolongement caudal. Taches ocellaires en
fenêtres multiples à toutes les ailes. Toutes les nervures radiales sur un
pédoncule commun. (Pseudaphéliicés macroures ).
C. Rayure externe des antérieures tr. s éloLnée de l’apex
. 7. Eustera Dune. (p. 45)..
C'. Cette rayure allant en droite ligne de l’apex au tiers externe du berd
posté.ieur. 8. Antistathmoptera Tams. (p. 48)..
FAMILLE DES SATüRNIIDÉS
31
A'. Antennes de 50 à 60 articles, bien pectinées dans les deux sexes ; tibias des deux
paires antérieures distalement armés et beaucoup plus courts que le tarse ;
une épiphyse à longs poils. La nervure radiale antérieure naît de la cellule
( Pseudaphéliicés armés).
B. Ailes à coloration noirâtre et blanche, leur bord externe entier.
. 9. Usta Wall. (p. 48).
B . Ailes de coloration brune et rosâtre, le bord externe des postérieures avec
un angle chez la Ç, un prolongement caudiforme chez le cf.
. 10 . Urota Westw. (p. 51).
Comme le groupe suivant des Bunéicés, la tribu comprend des Saturniens
inermes et des Saturniens armés ; elle présente, dans l’un et l’autre cas, des varia¬
tions notables dans l’armature sexuelle du çf. Ces variations se manifestent
surtout chez les formes inermes où l’on distingue pour le moins trois types :
celui des Pselaphrlia (fig. 6, p. 32) où l’uncus largement tronqué se termine par
une paire de crochets ou de pointes, — celui des Pseudaphelia (fig. 7, p. 34)
où l’uncus réduit est protégé par un segment IX largement étendu et terminé
en fin rostre — enfin, le type des Tagoropsis (fig. 9, p. 39) où l’uncus est trian¬
gulaire à pointe infléchie simple ou bilobée. Le premier type est réalisé, en
dehors des Pselaphalia , par les Eustera (fig. 12, p. 45) ou Pseudaphéliicés
macroures, sans doute aussi par les Eosia ; le deuxième semble propre aux
Pseudaphelia et se distingue des deux autres par ses claspers qui se soudent
au tergite et au sternite du segment IX avant de se terminer en crochet ; le
troisième est celui des Tagoropsis , plus normal, auquel se rattache directement
l’armature des Pseudantheraea (fig. 10, p. 43), peut-être des Parusta , puis,
avec des modifications plus profondes, l’armature des Pseudaphéliicés armés
et celle des Bunéicés. En tous cas, on n’observe pas, à la base du pénis, la paire
de lames ou épines sternales qui se développent chez presque tous les
Bunéicés; pourtant des saillies sternales sûrement homologues, mais d’aspect
tout autre, apparaissent chez les Pselaphelia où elles dépassent même le pénis,
qui est d’ailleurs réduit.
Ainsi la tribu nous apparaît comme un centre où certaines formes très spé¬
cialisées ( Pseudaphelia ) n’ont pas eu d’évolution, ou d’autres [Pselaphelia) ont
évolué en macroures, acquérant une très longue queue ( Eustera ) et prenant
le faciès qui distingue soit les Hémileucides du genre Eudaemonia , soit les
Saturniicés du genre Actias, enfin certaines, avec les Tagoropsis , semblent se
rapprocher de la souche d’où sont issus les armés et la longue série des Bunéicés.
S’il est relativement facile d’indiquer la nature et l’évolution des formes qui
composent la tribu, on reste dans l’incertitude sur les origines ou affinités loin¬
taines de cette dernière ; et le hiatus ne laisse pas d’être grave, car c’est dans
la tribu qu’on voit apparaître pour la première fois sans conteste les trait,
qui caractérisent l’immense majorité des Saturnites, c’est-à-dire la totalité
des Bunéicés et des Saturniicés. Du fait que les pupes de Pseudantheraea sont
aériennes au sein d’un réseau soyeux à très larges mailles, que celles à?Eustera se
trouvent sur le sol entre des feuilles reliées par quelques fils, enfinque les pupes
E.-L. BOUVIER
de Pseudaphelia et de Tagoropsis présentent une pointe terminale représen¬
tant le crémaster des pupes aériennes encloses, on peut conclure que les Pseu-
daphéliicés représentent un stade phylogénétique où disparaissent progressi¬
vement le cocon et la vie pupale aérienne pour faire place à la pupe nue et
souterraine qui caractérise les Bunéicés à l’encontre des Saturniicés.
J. - PSEUDAPHÉLIICÉS ANOl'RES.
Genre 1. — PSELAPHELIA Auriv.
(PI. Il- fig- 1.)
Pselapheliu Aurivillius. A/7c. Zool., II, n° 4, 13, 1905; Bouvier, Saturn.
Afr. trop, franç., 522 et 524, 1928 ; Schüssler, Lep. Gat. 253 et suppl., 686.
Articles terminaux des antennes à longue carène étroite, les derniers sans
branches; palpes droits ou relevés et dépassant le front (mais non le vertex,
comme je l’ai dit par erreur en 1928); abdomen réduit, n’atteignant, pas le
milieu du bord anal des postérieures ; celles-ci triangulaires avec l’apex et
le tornus assez brusques, une rayure interne réduite, saillante en dehors, une
médiane plus ou moins rectiligne située en
dedans de l’ocelle, une externe fine et en
zigzags, une submarginale indiquée sur¬
tout par des taches isolées dont la
postérieure est la plus forte ; le bord
externe assez convexe ; — les anté¬
rieures avec le bord apico-costal forte¬
ment incurvé, l’apex aigu, d’ordinaire
un peu saillant, la rayure interne faite de
deux segments droits et transverses, l’un
à la côte au niveau de l’ocelle, le second
au milieu de la cellule, en arrière de
celle-ci et plus près de la base, un
troisième segment convexe en dehors ;
rayure médiane en zigzags, tangente au
côté externe de l’ocelle, très rejetée vers l’apex en avant de celui-ci ; rayure
externe droite, oblique, apicale, en avant reliée au bord apico-costal par un
arc dilaté à la côte, l’espace entre cet arc et celle-ci un peu brunissant, avec
tache blanchâtre contre la rayure ; rayure submarginale surtout en taches
comme aux postérieures. Rayures et taches du dessus des deux ailes brunes,
les nervures aussi, mais^fines ; plus ou moins en brun-gris la moitié basale
de la zone costale des antérieures. Ocelle des postérieures et parfois des
antérieures arrondi, avec petite fenêtre hyaline entourée d’un anneau jaune,
suivi d’un noir, d’un blanc et d’un roux. Le dessous comme le dessus, mais
sans rayure interne, la médiane des antérieures vague, pas très irrégulière et
située en dedans de l’ocelle. Dos du thorax en son milieu avec une raie trans¬
it
st X
Fig. ô. — Armature c? de l'selaphelia
ç/emmifera, vue en dessous.
FAMILLE DES SATURNI1DES
33
verse brune ; en arrière de cette raie, le thorax et l’abdomen sont blanchâtres
ou jaunes comme le dessous du corps et des pattes ; celles-ci toutefois plus
ou moins brunâtres ou rougeâtres, surtout les antérieures ; sur ces dernières
une épiphyse à peu près nue. L’abdomen court et réduit, le développement
nconnu.
Armature sexuelle du cf (dans gemmifera, fig. 6) : tergite VIII avec tache
chitineuse noire au bord distal, sternite VIII beaucoup plus tronqué avec
saillie au milieu, oblique sur les côtés ; tergite IX très réduit, non distinct de
l’uncus qui est large, un peu étranglé au milieu, terminé par une paire de dents
aiguës que sépare une profonde échancrure, toute sa partie distale chitinisée
en noir, largement séparée du sternite X, l’intervalle avec le tube anal (an) ;
ce sternite noir, dans sa partie médiane étroitement appliqué contre le court
pénis ( p ) qu’embrassent et débordent deux puissantes saillies sternales claires;
les claspers étroitement appliqués contre le bulbe, arrondis dans leur partie
terminale.
Le genre a été souvent confondu avec les Tagoropsis et avec les Saturnides
américains du genre Copaxa. Il comprend les deux espèces suivantes :
A. Antérieures avec une large raie brune qui suit le radius jusqu’à la rayure
externe ; rayure médiane des postérieures absolument droite, palpes relevés
contre le front (pl. II, fig. 1). (76-97) (Afrique centrale du Nyassa à la Côte
d’Or). gemmifera Butler
A'. Antérieures sans raie radiale brune, rayure médiane des postérieures assez
irrégulière, palpes dirigés en avant. (75-90) (Natal, Afrique orientale portu¬
gaise). dentifera Maassen et Weyding.
Bibliographie
1. Copaxa dentifera Maassen et Weyding, Beitràge, fig. 115 (cf). Pselaphelia
dent. Weymer, Deuts. Ent. Zeits., Iris, XXII, 2, 1909 ($) ; Bouvier et Riel,
Lab. Soie, XVII, 41, 1931 ; Schüssler, 234 et suppl., 686.
Var. : conspersa (jaune) Aurivillius, Ent. Tidskr., XIV, 203, 1893;
Schüssler, 234 (Pl. II, fig. 1).
2. Copaxa gemmifera Butler, Proc. Zool. Soc., 387, 1878. Pselaphelia gem. Auri¬
villius, Ark. Zool., II, n° 4, 14, fig. 19 (cf), 1903; Gaede, Seitz, XIV,
57 b (cf), 1927 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 525, fig. 2 (tête) et
pl. III, fig. 2 (cf), 1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 41,1931 ; Schüssler,
234 et suppl., 686. Tagoropsis gem. Holland, Bull. amer. Mus., XLII1,
317, 1920.
Genre IL — PSEUDAPHELIA Kirby
Aphelia Westwood, Proc. Zool. Soc. London , 1849, 61. Heniocha Herrich-
Schàffer, Samml. exot. Schmett., 64, 1855 (nec Heniocha Hübner, 157, 1822).
Pseudaphelia Kirby, loc. cit., 771,1892 ; Schüssler, Lep. Cat. 347 et suppl., 712 .
Antennes noires, longuement bipectinées sur presque toute leur longueur,
mémoires dü MüsÈCM, nouvelle série, tome I il.
3
34
E.-L. BOUVIER
non carénées ; palpes droits, dépassant à peine ou pas du tout le front ;
trompe aussi longue que dans Pselaphalia, mais à moitié sséparées ; ailes entières,
peu écailleuses et d’ordinaire assez diaphanes, sans autre rayures que l’externe
qui est lunulaire, à lunules concaves en dehors, la lunule antérieure plus
longue, déjetée obliquement vers la base ; taches discales souvent absentes
ou réduites, quand elles sont normales, elles ont la forme d’un petit ocelle
jaune encerclé de noir, il peut y en avoir deux aux antérieures, l’une petite
entre le pédoncule des radiales et M 1 , la seconde plus grande entre M 2 et M 3 ;
une seule aux postérieures, souvent (sinon toujours) absente chez le çf.
Dessous comme dessus, mais les taches ocellaires y sont plus souvent normales,
Fig. 7 .— Armature C? de Pseudapkeliu apollinaris : A, segment IX vu du côté dorsal;
A 1 armature entière vue du côté ventral.
et, aux postérieures, présentes chez le c? quand elles y manquent en dessus.
L’épiphyse, dans apollinaris, est étroite, carénée, un peu en S et presque aussi
longue que le tibia, mucronée comme dans Pselaphelia. Pupe dans le sol, munie
d’un crémaster en pointe.
Dans apollinaris, le segment abdominal VIII est simple et tronqué dans ses
parties tergale et sternale. Le segment IX (fig' 7), au contraire, est complexe :
son large tergite, excavé sur les côtés, se prolonge par une sorte de bec médian
obtus et infléchi vers le bas, ses parties latérales excavées semblent se con¬
fondre avec les claspers qui sont lisses, larges, ventraux et continués, sans
suture, par le sternite où l’on voit une profonde échancrure arrondie limitée
à droite et à gauche par la dent terminale en crochet des claspers ; le pénis noir,
assez court, est visible dans l’échancrure, sans saillie basale. Le segment X
est partiellement caché sous le tergite IX; il comprend au milieu une avance
triangulaire qui est l’uncus, et se prolonge de chaque côté pour atteindre une
petite saillie un peu unciforme juxtaposée au crochet des claspers. Sauf les
FAMILLE DES SATURNIJDÉS
35
régions dorsale et ventrale du bulbe, toutes ces parties sont fort réduites et
d’une étude difficile (fig. 7).
Le genre est représenté par les neuf espèces suivantes dont les huit premières
sont propres à l’Afrique orientale, tandis que la dernière ( simplex ) présente
des variations nombreuses et s’étend de l’Uganda jusqu’à l’Ouest africain.
Le P. apollinaris vole en plein jour. D’après Fawcett, sa chenille est atténuée
aux deux bouts, gris bleuâtre avec, sur chaque anneau, une large bande trans¬
versale noire et dentée, une ligne stigmatique noire et une paire de tubercules
dorsaux bruns et grisâtres, qui manque sur le 12 e somite, le 13 e se terminant
par une longue pointe. Elle broute sur Junea heterophylla ; en mars se trans¬
forme dans le sol en une pupe terminée par une longue pointe.
Tableau des espèces
A. Une rayure externe au moins aux ailes antérieures, ses lunules concaves en dehors.
B. Dessus des ailes à marge noirâtre, au moins apicale, presque toujours avec
points jaunes au bout des nervures.
C. Rayure externe à égale distance du bord externe des antérieures et de la
tache discale.
D. Taches nervurales jaunes des ailes grandes ; aux antérieures deux ou
trois taches discales jaunes entourées de noir, dont la postérieure est
la plus grande.
E. Aux deux ailes, rayure externe très distincte de la marge foncée,
(cf 54-71, 9 jusqu’à 75) (Du Natal à l’Abyssinie), apollinaris Bdv.
E'. Ailes postérieures sans rayure externe; ailes jaune paille (cf 70, 9 80)
(Rhodesia). 2. dialitha Tams.
D'. Taches nervurales jaunes réduites à un point sans marge noirâtre entou¬
rante, celle-ci étant localisée à l’apex ; taches discales en point noir ;
ailes crème (Ruwenzori). 3. ansorgei Roths.
C'. Rayure externe des deux ailes beaucoup plus rapprochée de la tache
discale (qui est normale) que du bord externe ; taches nervurales jaunes,
réduites ou nulles ; ailes blanc-jaunâtre, (cf 61, Ç 78) (Karemi).
. . 4. karemii Bouv.
B'. Dessus des ailes sans marge noirâtre, sans taches nervurales.
C. Ailes claires à la base, violâtres ou rosâtres dans l’aire externe ; bord
externe des antérieures un peu concave en arrière de l’apex, (cf 60 appr.,
9 64). (Afrique orientale). 6. roseibrunnea Gaede.
C'. Ailes jaunes jusqu’au bord, les antérieures avec le bord normal. (9 70-72).
(p. VII, flg. 1) (Afrique orientale)'. 5. luteola Bouv.
A'. Pas de rayure externe lunulaire.
B. Ailes sans noir à la marge ou à l’apex, sans taches nervurales, franges jaunes.
C. Antérieures à 2 taches discales normales ; ailes blanches à bord externe
jaune. (55) (Afrique orientale). 7. flavomarginata Gaede.
C'. Antérieures à point discal hyalin et orangé; ailes jaunes. (9 62) (Afrique
orientale). 8. flava Bouv.
B 1 . Ailes obscurcies de noirâtre, au moins à l’apex des antérieures .
. 9. simplex Rebel.
C. Le ton obscur envahit presque toute la surface dorsale des ailes, sauf une
tache discale jaune au bout de la cellule des antérieures; un peu de jaune
36
E.-L. BOUVIER
dans la cellule et à la base des postérieures ; face inférieure surtout jaune
pâle, à taches discales jaunes (Stanleyville). s. basiflava J. et T.
C'. Le ton obscur se localise plus ou moins à l’apex et aux marges.
D. Abdomen brun noir à bord des segments jaune (comme basiflava).
B. Marge obscure des ailes large, pas de tache discale jaune en dessus.
Fond des ailes blanc crème, (cf 61, 9 63) (Kasaï, Cameroun)..
. s. simple.x.
E'. Base des ailes ocracée (Stanleyville). s. ochracea J. et T.
D’. Abdomen blanchâtre à bord des segments jaunes.
E. En dessus des ailes une tache discale normale et un point jaune au
bout des nervures ; marge foncée large ( Uganda)., s. margilutea Bouv.
E'. Pas de tache discale ni de points nervuraux jaunes; marge foncée des
ailes étroite (Stanleyville). S. marginilinea J. et T.
Bibliographie
1. Saturnia apollinaris Boisduval, Voy. Delegorgue Afr. austr., I, 60, 1847.
Saturnia ( Aphelia) ap. Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII, 61, 1849.
Aphelia ap. Walker, List, VI, 1320, 1855. Heniocha ap. Herrich-Schaffer,
Samml. aus. Schmett., 60, flg. 308 (9), 1858. Pseudaphelia ap. Fawcett,
Trans. Zool. Soc., XV, 305, pl. XVLII, flg. 11 et 12 (chenille), 13 (pupe),
1901 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII, 41, 1931 ; Schüssler, 318 et suppl.
712. Pseudapheliaterpsichore Strand, Int. ent. Zeits. Guben, V, 286,1911.
Bombyx balanoal Guérin-Méneville, in Lefèvre, Voy. en Abyssinie, 390,
Atlas, pl. XII, flg. 3 et 4, 1847. Tropaea palacea Herrich-Schaffer, loc.
cit., 9, 1858.
2. Pseudaphelia dialitha Tarns, Ann.Nat. Hist., (10), VI, 167, pl. VII, flg. 8 (cf),
1930. Peut-être le Ps. apollinaris barotsina Rothschild, Id., (7), XX, 8,
1907. (Mus. brit.).
3. Pseudaphelia ansorgei Rothschild, Nov. Zool., V, 101, 1898; Schüssler, 318
et suppl., 712. (Mus. brit.)
4. Pseudaphelia karemii Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 132, flg. 1 (cf), 1927 ;
Schüssler, 319 et suppl., 712. 'Mus. Congo)
5. Pseudaphelia luteola Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 84, pl. VIII, flg. 4(9)»
1930 ; Schüssler, suppl., 712. (Ce 11. Joicey, Mus. Paris).
6. Pseudaphelia roseibrunnea Gaede, Seitz, XIV, 336, 1927 et Ps. simplex
57 d (cf), 1927 ; Schüssler, 319. Ps. mannoviana Bouvier, loc. cit., 83,
pl. VIII, flg. 1 (9), 1930. v Types de mannoviana dans eoll. Joicey,
cotypes au Mus. Paris’.
7. Pseudaphelia flavomarginaia Gaede, loc. cit., 336, 1927 ; Schüssler, 319 et
suppl., 712.
8. Pseudaphelia flava Bouvier, loc. cit., 84, pl. VIII, flg. 4 (9), 1930 ; Schüssler,
suppl., 712. (Coll. Joicey).
9. Pseudaphelia simplex Rebel, Verh. Zool. Bot. Ges. Wien., LVI, 224, 1906 et
Ann. k.k. naturh. Hofmus., XXVIII, 279, pl. XXXIII, flg. 65 (9), 1914 ;
Gaede, loc. cit., 337, 5 d (sous le nom de xanthops) ; Schüssler, 319 et suppl.
712.
Var: marginilinea, basiflava, et ochracea Joicey et Talbot, Bull. Hill
Mus., I, 561, 1924 (Coll. Joicey). — margilutea Bouvier, Rev. Zool.
afr., XV. 133, flg. 2 (9) 1927 (Mus. Congo). — Ps. simplex rebeli
Gaede, Int. ent. Zeits. Guben, IX, 72,1915 ; Schüssler, 319 (ne diffère
probablement pas de simplex).
FAMILLE DES SATURNJ1DÉS
37
Genre III. — EOSIA Le Cerf.
Eosia Le Cerf, Bull. Mus., 1911, 307, et Voy. Maurice de Rothschild, Part. I,
458, pl. II, fig. 5 (9), 1922 ; Schüssler, Lep. Cat., 486.
Antennes fauves, à 23 courts articles cylindriques et sans carène, pectinées
jusqu’au bout ; palpes courts et peu
visibles, pas de trompe apparente ; ailes
peu écailleuses, convexes et découpées
en dents sur le bord externe, avec une
externe en zigzags parallèle à ce bord,
nette seulement sur la face ventrale
où se voit aussi une interne aux posté¬
rieures ; au bout de la cellule des anté¬
rieures (fig. 8) quelques taches noires, et
dans l’aire médiane des postérieures un
semis de taches jaunes. Pattes peu
poilues, les antérieures sans épiphyse.
Nervulation des deux genres précédents.
Voisin de ces derniers comme je l’établis en 1927, ce genre est rangé par les
autres auteurs dans les Ludiicés. Il ne comprend jusqu’ici que l’espèce sui¬
vante de l’Afrique orientale anglaise.
Eosia insignïs Le Cerf, loc. cit., 1911 et 1922 ; Schüssler, 486. Ludia crenulata
Fawcett, Proc. Zool. Soc. London, 1915, 103, pl. II, fig. 27 <9cf?) (9 4 5> 60 )
(Kedai). (Mus. Paris).
Fig. 8. — Aile antérieure droite d 'Eosia
insignis avec des nervures et ses lâches
discales, 9 type.
Genre IV. — PARUSTA Roths.
Parusta Rothschild, Ann. Nat. Hist., (7), XX, 6, 1907 ; Bouvier, Satura.
Afr. trop, franç., 523,1928 ; Schüssler, 320 et suppl. 711.
Antennes égalant presque la moitié de la costa des antérieures, leurs articles
cylindriques et courts, tous bipectinés, sans carène bien nette, à branches
longues sauf les derniers. Probablement des palpes courts et une épiphyse
tibiale comme dans Tagoropsis. Ailes entières, à bord externe convexe, carac¬
térisées par la longueur de leur cellule, dès lors par la position de leur ocelle
qui est rejeté en dehors, loin du milieu, cet ocelle subarrondi, jaune et liséré
de noir. Antérieures avec la costa peu infléchie à l’apex et quatre radiales sur
un pédoncule commun.
Deux espèces qui semblent propres à l’Afrique orientale.
A. Ailes en dessus blanchâtres, à nervures et rayures brunes, l’une médiane
passant par l’ocelle aux postérieures, distalement tangente à celui-ci aux anté¬
rieures dont l’apex est obtus. ( c?50) (Afrique orientale) 1. xanthops Rothschild.
A'. Ailes antérieures en dessus d’un brun rougeâtre, avec les deux rayures blan-
38
E.-L. BOUVIER
châtres, l’externe lunulée se bifurquant en deux taches à la côte, ces ailes avec
l’apex subaigu et le bord externe presque droit ; postérieures presque diaphanes
dans la cellule et sans rayure médiane, (cf 70) (Kedai). 2. thelcinoë Fawcett.
Bibliographie
1. Parusta xanthops Rothschild, loc. cit. (7), XX, 6, 1907 ; Jordan, Nov. Zool.,
XV, 256, pl. IX, (ig. 2 (cf), 1908; Gaede, Seitz., XIV, 337, 57 d (cf, par
erreur sous le nom de roseibrunnea ), 1927 ; Schüssler, 320 et suppl., 713
(Mus. ce Tring).
2. Parusta thelcinoë Fawcett, Proc. Zool. Soc., 1915, 103, pl. I, flg. 16 (cf) ;
Schüssler, 320.
Genre V. — TAG0R0PSIS Felder.
Pl. I, fîg. 3 (chenille), VII, fig. 3 (cf) et VIII, fig. 1 (9).
Tagoropsis Felder, Novara, Lepid., IV, 9, pl. LXXXVIII, fig. 2, 1874;
Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 523, 529, 1928. Syntherata Sonthonnax,
Lép. Soie, III, 62, 1901 ( pro parte). Pseudantheraea Gaede, loc. cit., 333,1927
et Schüssler, Lep. Cat., 232 ( pro parte).
Antennes d’environ 40 articles, sans carènes, bipectinées jusqu’au bout,
notablement plus courtes que dans Parusta, avec des branches assez longues
chez le cf, bien plus courtes chez la 9 ! palpes droits, atteignant à peine le
bord velu du front ; trompe indistincte. Ailes entières, les postérieures à bord
externe régulièrement convexe, plus larges que dans Parusta, ayant la même
nervulation, mais avec l’ocelle bien plus près du milieu, celui-ci réduit ou nul
en dessus aux postérieures, toujours médiocre ou petit aux antérieures, liséré
de brun ou de noir avec une partie centrale en fenêtre parfois occupée, sauf
au centre, par une zone blanchâtre, grisâtre ou un peu rose ; ordinairement une
rayure interne aux antérieures, rarement aux postérieures et, aux deux ailes,
une médiane, une externe et une submarginale anguleuse souvent indiquée
seulement par des taches discontinues, surtout chez le cf ; ces rayures droites,
courbes ou onduleuses suivant les espèces et le sexe (voir le tableau) ; dessous
comme dessus, souvent avec certaines rayures plus nettes, sauf l’interne qui
est absente. Épiphyses plus réduites que dans Pseudaphelia, parfois à peine
apparentes chez la 9- — Pupe avec un crémaster en pointe (fi. 9, A"').
Armature sexuelle du type de T. subocellata (fig. 9, A, A', A") : tergite VIII
arrondi et peu saillant, sternite VIII tronqué, légèrement échancré au milieu ;
tergite IX assez grand, séparé du tergite X (uncus) par un sillon, ce dernier
tergite lui-même en triangle dont la pointe en rostre est presque verticale, la
base horizontale étant étranglée vers le milieu pour former un lobe terminal
ampuliforme qui surplombe un peu le rostre ; sternite X large, convexe sur
son bord libre ; pénis subcylindique sans lames basales ; claspers forts, ter¬
minés en crochets qui se croisent, munis à leur base et en dedans d’un petit
lobe dorsal bien séparé.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
39
Confondus par Walker (List, Suppl. II, 273,1865) avec les Dreata qui sont
des Liparides, par Mabille avec les Perisomena, par Butler avec les Copaxa
et par Sonthonnax avec les Syntherata, qui sont trois genres de Saturniicés,
les Tagoropsis, pour Rothschild (Nov. Zool., II, 41, 1895) et pour Karsch
(Ent. Nachschr ., XXII, 247, 1896), comprenaient des Goodia et des Psela-
phalia, tandis que Kirby les enrichissait des espèces de ce dernier genre ;
Fig. 9. — Tagoropsis subocellata : armature cf > A, vue de côté gauche ; A’, du côté ventral
A”, clasper gauche vu en dedans ; A’”, extrémité postérieure d’une pupe.
Gaede, faute d’en bien étudier la nervulation, a réuni la plupart de leurs repré¬
sentants aux Pseudantheraea.
D’après Fawcett, les chenilles de flavinata sont noirâtres, avec des lignes
longitudinales blanches et irrégulières dont une médiane dorsale, des stigmates
noirs lisérés de blanc, et, de ton ferrugineux, la tête, le bouclier anal, les fausses
pattes et les tubercules, ces derniers sur une base pâle et surmontés par des
poils rougeâtres très urticants. Grégaires, elles broutent la nuit sur une Sapin-
dacée du genre Schmidelia et se métamorphosent dans le sol en une pupe qui
se termine en pointe aiguë. — A. Schultze rapporte au genre Tagoropsis les
chenilles trouvées à Bamenda, Cameroun, par 1.500 mètres d’altitude, où elles
vivaient dans une sorte de nid, sur une Sapindacée, Allophilus africanus ( Arch.
Naturg., LXXX, A, I, 150, pl. VI, fîg. 21, 1914) ; ces chenilles se transforment
dans le sol en une pupe semblable à celle de flavinata ; il s’agit peut-être de
40
E.-L. BOUVIER
T. lupina. J’ajoute que les chenilles (PI. I, fîg. 2) A’hanningtoni obtenues
d’élevage par M. Seydel ont un fond jaunâtre avec, de chaque côté, deux
lignes longitudinales noires (une subdorsale, une latérale) et, entre ces lignes,
des taches très irrégulières ; la tête et le prothorax sont vieux rouge. —
La pupe de subocellata (cambouei , fig. 9, A '), d’après Oberthür, présente une
pointe anale où j’ai observé deux crochets terminaux et, sur le segment qui
la porte, de petites verrucosités ; le regretté P. Camboué obtint cette forme
de chenilles élevées sur Tapia edulis (ou Chrysopia sp. ?); les pupes envoyées
à Oberthür étaient entourées « d’une grossière enveloppe de petits morceaux
de bois, de débris de bois ressemblant à de la sciure, le tout reposant sur des
feuilles. » Il y avait, sans doute, des fds pour relier ces matériaux, ce qui serait
un passage à Pseudantheraea , qui file sur les p 1 a nies un cocon rudimentaire.
En tous cas, comme t’observe Schultze, les pupes de Tagoropsis ressemblent
beaucoup à celles de Pseudaphelia et les affinités des deux genres ne sont pas
douteuses. Il serait curieux de connaître les métamorphoses des Pselaphalia
qui, par les ornements de leurs ailes, semblent plus voisins encore des Tago¬
ropsis.
Le genre comprend les 10 espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. Rayure médiane des deux ailes simple, jamais ondulée ou en zigzags.
R. Rayure externe des postérieures ondulée, au moins en dessous, à lunules ouvertes
en dehors ; fenêtre de l’ocelle des antérieures sans écailles.
C. Ocelle des antérieures avec le liséré brun entouré d’un anneau blanc violâtre
bien limité ; médiane des deux ailes larges, un peu nébuleuse, parfois indis¬
tincte aux antérieures où elle est proximale relativement à l’ocelle par
lequel parfois elle passe ; une épaisse bordure jaune en dedans de la rayure
interne des antérieures (qui présente un angle rentrant entre deux saillants)
et en dehors de la rayure externe des deux ailes ; ton général chamois vio¬
lâtre. (Madagascar). subocellata Btlr.
D. Rayureexterne des antérieures droite ; une rayure interne aux postérieures.
(çf 78-82, Q 81-88). s. subocellata.
D'. Rayure externe des antérieures lunulaire ; rayure interne des postérieures
vague ou nulle. (82). s. madagascariensis Sonth.
G. Ocelle sans anneau externe clair-, pas de rayure interne aux postérieures ;
rayure médiane des ailes ordinairement nette et plutôt étroite, externe des
antérieures simple, droite, ou un peu infléchie à la côte ; pas de doublure
jaune aux rayures.
D. Ocelle des antérieures petit ou médiocre, à liséré brun rougeâtre ; rayure
médiane des antérieures proximale relativement à l’ocelle (sauf dans
lupina).
E. Taches submarginales des ailes nulles ou très réduites, unicolores.
F. Rayure médiane des antérieures proximale relativement à l’ocelle
dont la fenêtre est punctiforme chez le çf, un peu plus grande chez
la Ç ; la tache correspondante des postérieures nulle ou très faible.
G. Écailles peu serrées, ton jaune chez le cf, jaune rosé chez la 9,
celle-ci avec fenêtre assez grande. Toutes les rayures noirâtres,
fort nettes, sauf parfois l’interne qui présente un fort angle ren-
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
41
trant post-cellulaire, l’externe des antérieures contiguë à la
médiane en arrière, ou très voisine. ( ç? 70-77, $ 79). (Madagascar).
. 2. cincta Mab.
G'. Écailles très serrées, ton chamois rose chez le cf, brique chez la Ç,
celle-ci à fenêtre plutôt médiocre. Les rayures du ton des ailes
un peu plus foncé, l’interne et la médiane des antérieures à peine
sensibles, la première avec un angle rentrant médiocre, la seconde
assez éloignée de l’externe ; externe des postérieures légèrement
distincte sur les deux faces, (a* 64-75, $80) (Madagascar).
. 3. lambertoni Bouv.
F'. Rayure médiane des antérieures passant par l’ocelle qui, chez
le cf, a une fenêtre ronde assez grande; cette rayure contiguë en
arrière à l’externe, l’interne comme dans cincta. Externe des pos¬
térieures peu sensible sur les deux faces. Ton chamois ocracé.
($100). (Congo). 4. lupina Rothsch.
E'. Taches submarginales des ailes bien développées, gris noirâtre en
dehors, blanchâtres en dedans. Rayure interne des antérieures réduite
à son amorce du bord interne, la médiane proximale relativement à
l’ocelle et, en arrière, contiguë à l’externe. Ocelle de la $ à fenêtre
plutôt petite, un peu plus petit aux postérieures ; celles-ci avec la
rayure externe seulement sensible en dessous. Ton rouge renard. ( $ 81 )
(Madagascar). 5. vulpina Btlr.
D'. Ocelle assez grand, à grande fenêtre, liséré de noir ; rayure médiane des
antérieures par l’ocelle ou en dehors, un peu en S, l’interne très sinueuse ;
aux deux ailes, série de fortes taches submarginales triangulaires noi¬
râtres comme les rayures et le bord de la côte des antérieures. Ton jaune
vif. ($ 120-12) (Diego-Suarez). 6. leporina Obthr.
B’. Rayure externe des postérieures peu distincte ou nulle sur les deux faces, proba¬
blement simple, la médiane des antérieures en S, proximalement très voisine
de l’ocelle dont la pupille est blanche. Ton jaune, (cf 85, 80) (Afrique
orientale). 7. songeana Strd.
A'. Rayure médiane des ailes très sinueuses ou en zigzags, distale relativement à
l’ocelle ; rayure externe de ces ailes lunulaire chez la $, simple chez le cf ;
celui-ci avec des points noirâtres submarginaux, en fort triangles chez la $ ;
ocelle des antérieures avec la fenêtre couverte à la périphérie par des écailles
gris rosé.
B. Pas de tache baso-costale brune aux antérieures.
C. Apex des antérieures très peu saillant chez le cf, pas du tout chez la $,
rayure externe des postérieures profondément lunulaire chez la $. Ton
jaune, (cf 80-82, $ 75). (VII, fig. 3 et VIII, flg. 1). (Afrique orientale).
. 8. hanningtoni Btlr.
C 1 . Apex des antérieures assez saillant. Chamois rosé. (90) (Afrique orientale).
. 10. sabulosa Roths.
B'. Longue tache baso-costale brune aux antérieures, apex de ces ailes assez
saillant dans les deux sexes, rayure externe des postérieures peu profondé¬
ment lunulaire chez la $. Jaune, (cf 70-74, $ 64-81) (Natal, Tanganyika).
.’.. 9. flavinata Wkr.
Bibliographie
1. Copaxa subocellata Butler, Ann. Nat. Hist. (5), V, 387. Tagoropsis sub. Bou¬
vier, Mém. Ac. Sc., LIX, 12, 1927 ; Bouvier et Riel, Lab. soie, XVII, 42,
1931. Pseudantheraea sub. Schüssler, 231 et suppl., 685. Syntherata sub.
42
E.-L. BOUVIER
Sonthonnax, Lép. Soie, III, 67, pl. XXVIII, fig. 1 (cf), 1901. Syntherata
cambouei, Oberthür, Et. Lépid. comp., XI, 255, pl. 338, n oa 2837 et 2838
(cf), 2839 (9)) 1916. Pseudantheraea carnb., Schüssler, 231 et 685. Tago-
ropsis camb., Bouvier et Riel, Lép. soie, XVII, 42, 1931. (Type de ram-
bouei au Mus. Paris).
Var. : Syntherata madagascariensis, Sonthonnax, loc. cit., 65, pl.
XXVII, fig. 4 (cf), 1901. Pseudantheraea mad. Schüssler, 231, 685.
Tagoropsis mad. Bouvier et Riel, loc. cit., 42,1931. Syntherata sub.,
fumosa Sonthonnax, loc. cit., 67, 1901 (semble être un intermé¬
diaire entre subocellata et madagascariensis ; les types au Mus. de
Paris) ; Oberthür, loc. cit., 254, pl. 371, n° 3097 (9), 1916. Pseudan¬
theraea sub. fumosa Schüssler, 232.
2. Perisomena cincta Mabiile, Ann. Soc. ent. France (5), IX, 317, 1879. Tagoropsis
cin. Bouvier et Riel, loc. cit., 42, 1931. Pseudantheraea cin. Schüssler, 231,
685.
3. Tagoropsis lambertoni Bouvier, Bull. Mus., 1927, 79. Pseudantheraea lamb.
Schüssler, 231. (Mus. Paris).
4. Tagoropsis lupina Rothschild, Ann. Nat. Hist. (7), XX, 7, 1907 ; Schüssler,
233. (Mus. de Tring).
5. Copaxa vulpina Butler, Cist. ent., 111,20, 1880. Tagoropsis vulp. Kirby, Lep.
Cat., Heter., 1, 755, 1892. Syntherata vulp. Sonthonnax, loc. cit., 68.
pl. XXIX, fig. 1 (cf), 1901. Pseudantheraea vulp. Schüssler, 232 et 685.
(Mus. brit.).
6. Syntherata leporina Oberthür, loc. cit., 253, pl. 372 bis, n° 3109 (Ç type), 1916.
Pseudantheraea lep., Schüssler, 231 et suppl., 685. Tagoropsis lep. Bouvier
et Riel, 42, 1931. (Gond, soies Lyon).
7. Tagoropsis songeana Strand., Int. ent. Zeitschr. Guben, V, 285,1911 ; Schüssler,
233 ; forme juncta Strand, id. 286 ; Gaede, Seitz, XIV, 57 a (cf), 1927;
Schüssler, 233. (Mus. Berlin).
8. Copaxa hanningtoni Butler, Ann. Nat. Hist., (5), XII, ,106, 1883. Tagoropsis
han. Sonthonnax, loc. cit., 72, pl. XXIX, fig. 4 (cf), 1901 ; Schüssler, 233
et suppl., 686. (Mus. brit.).
9. Dreata flavinata Walker, List, Suppl. II, 373, 1865. Copaxa flav. Fawcett,
Trans. Zool. soc., XVII, 170, pl. VI, fig. 25 et 26 (chenille), 1902. Tago¬
ropsis flav., Bouvier et Riel, loc. cit., 42, 1931 ; Schüssler, 232, 685.
Tagoropsis natalensis Felder, Reise Novara, Lep., IV, 9, pl. LXXXVIII;
fig. 2 (cf), 1874 ; Maassen et Weymer, Beitriige, fig. 58 et 59 (cf, Ç), 188
(Mus. brit.).
10. Tagoropsis sabulosa Rothschild, Ann. Nat. Hist., (7), XX, 7, 1907; Jordan,
Nov. Zool., XV, 256, pl. IX, fig. 4 (cf), 1906 ; Schüssler, 233 et suppl.,
p. 685. (L ’Antheraea flavivittata de Walker, Trans. ent. Soc. London (3), I,
275, 1862, également du Natal, paraît très voisin; Schüssler (233), le
range comme espèce valable).
Genre VI. — PSEUDANTHERAEA Weym.
Pseudantheraea Weymer, Stettin. ent. Zeitg, LIII, 109, 1892 ; Bouvier,
Saturn. Afr. trop, franc., 523 et 532, 1928; Schüssler, 229 et suppl. 729. Cre-
mastochrysallis Karsch, Berlin. Ent. Zeits., XXXVII, 499, 1893.
Sauf la nervure radiale antérieure qui naît de la cellule, présente tous les
caractères des Tagoropsis et, dans le tableau de la p. 40, se placerait tout
FAMILLE DES SATURNIIDES
43
à côté de lupina, pourtant les huit derniers articles des antennes de la 9 sont
dépourvus de branches. L’armature sexuelle du çf est du type tagoropsidien,
mais la pupe est aérienne, suspendue au sein d’un réseau soyeux à très larges
mailles, ainsi qu’il résulte des observations de W. J. Holland ( Psyché , VI, 214,
pl. V, fig. 1, 1891).
Une seule espèce P. discrepans, (110-155), qui habite l’Afrique occidentale
comme Tag. lupina.
Copaxa discrepans Butler, Ann Nat. Ilist., (5), II, 461, 1878; Pseudantheraea
discrepans Bouvier, Saturn. Afr. trop, franc., 534, 1928. Saturnia arnobia Westwood,
Proc. Zool. Soc. London, 1881, pl. XII, fig. 2 (cT)- Cremastochrysallis arnobia
Karsch, Berl. ent. Zeitg., XXXVIII, 499, 1893. Pseudantheraea arnobia Gaede,
loc. cit., 334, 1929. Bunaea arenosa Packard, loc. cit., 43, 1914. Cremastochrysallis
arenosa, Cockerell in Packard, loc. cit., pl. CXIII, fig. 1 (cf), 1914.
L’armature sexuelle du cf (fig. 10) comme dans Tagoropsis subocellata, mais
l’uncus infléchi à angle droit, sa partie dorsale rétrécie d’avant en arrière où
elle est échancrée entre deux saillies, sa partie ventrale en rostre tronqué et
bidenté ■— le sternite X fortement bilobé,
— les claspers moins rétrécis et en bout
obtus, le pénis en colonne plutôt longues
sans lames basales.
D’après les observations de Holland,
la pupe est verte, suspendue à un
rameau ,par son crémaster qui présente
des saillies spiniformes, armée de quel¬
ques épines sur le bord des segments et
dans la région céphalique ; elle se trouve
au centre d’une loge ajourée où des
feuilles sont réunies çà et là par des câbles
de soie. Aurivillius et Schultze décrivent Fig. 10. — Pseudantheraea discrepans
très semblablement la pupe, qui valut armature cf, vue du côté dorsal.
au genre le nom de Cremastochrysallis.
D’après Preuss (S. B. Berl. Ent. Ver., 26, 1889), la chenille serait brune avec
des piquants noirs, par conséquent bunéenne, ce qui paraît pour le moins
extraordinaire. Holland signale deux générations annuelles, une de saison
humide, l’autre de saison sèche.
C’est à tort que Gaede, dans le « Seitz », réunit à ce genre tous les Tagoropsi
malgaches.
IL — PsEUD APHÉLIICÉS MACROURES.
Dans les Mémoires de VAcadémie des Sciences (LIX, n° 4, 5 et 36, 1927) et
dans les Saturnioïdes de l’Afrique tropicale française (523 et 536, 1928),
j’ai donné ce nom de groupe aux Pseudaphéliicés du genre Eustera qui se dis-
44
E.-L. bouvier
Eie. H. — Aile postérieure des
Saturniidés à queue : en haut,
Uro., A’Urota sinopeçf-, en bas,
Eus., d 'Eustera brachyura Ç.
tinguent de tous les autres représentants de la
tribu, par la queue très grêle et très longue
(fig. 11, Eus.), surtout chez le çf, laquelle se
détache sur le bord externe des ailes postérieures.
A cause de ce long appendice, les Eustera res¬
semblent aux Syssphyngides américains caudi-
fères dont les rapproche Sonthonnax, et aux
Saturniicés du groupe actien où les plaçait
Aurivillius et près desquels ils sont rangés
encore par Gaede, dans le « Seitz ». En fait,
ce sont tout simplement des Pseudaphelia
caudifères comme je l’ai montré dans les
travaux rappelés ci-dessus et comme on le
verra un peu plus loin. Ce rapprochement ne
m’a jamais paru douteux, et vient d’être
confirmé par l’étude que j’ai faite (C. \R. Ac.
Sc., CLXXXIX, 1654, 1934), de l’armature
sexuelle du çf ; cette armature (fig. 12), pré¬
sente, en effet, un caractère spécial, qu’on ne
rencontre nulle part ailleurs dans les Satur¬
niidés ; l’uncus est largement tronqué en
arrière et prolongé en pointe à chaque angle
de la troncature, la pointe est un simple crochet
infléchi en dessous chez les Pselaphelia, tandis
qu’elle a la forme d’un stylet dirigé en arrière
dans les Eustera. Au surplus le bord antérieur
du sternite VIII est largement chitinisé en noir
dans les deux genres et les claspers y sont
inermes. Naturellement, on observe des dif¬
férences : les claspers à'Eustera sont beaucoup
plus grands et débordent longuement l’uncus,
ils se rétrécissent beaucoup dans leur partie
distale où ils présentent une troncature
oblique de sorte que, vus dorsalement, ils
semblent se terminer par une pointe, en outre,
ils présentent sur leur face interne un
bourrelet qui présente vers son milieu une
saillie noire, plus ou moins unciforme.
J’ajoute que, dans E. brachyura , le pénis est
plus long, saillant, recourbé en dessous dans sa
partie terminale obtuse qui est noire et armée
de deux spinules. Dans cette espèce comme
dans les Pselaphelia , je n’ai pu sûrement
étudier le sternite X ; quant aux deux saillies
FAMILLE DES SATURNIIDÉS 45
situées à la base du pénis dans Pselaphia, je crois bien qu’elles n’existent
pas ici.
La tribu se limitait au seul genre Eustera, mais elle vient de s’enrichir d’un
second, Antistathmoptera, décrit et figuré tout récemment par W. H. E. Tams.
Ce genre présente, comme Eustera, des antennes bipectinées dans les deux
sexes, un long palpe triarticulé saillant en avant, une longue queue spatulée à
son bout libre, et sur chaque aile, plus d’une tache discale ; il y a une épi¬
physe nue sur les tibias de la première paire, aux antérieures des radiales
pédonculées et, aux postérieures, la médiane 3 qui se prolonge jusqu’au bout
Fig. 12. — Armature çf A'Eustera brachyura : A, vue en dessus: A’, du côté gauche.
de la queue accompagnée par la 2 e cubitale plus forte. Ces divers caractères
sont donc propres au groupe des Pseudaphéliicés macroures dont les deux
genres peuvent être brièvement distingués comme il suit :
A. Rayure externe des antérieures très éloignée de l’apex et du bord externe,
taches discales multiples, indépendantes, rarement au nombre de 2 seulement,
parfois au nombre de 7 ou 8 ; envergure réduite variant de 60 à 80 mm.
. 1. Eustera Duncan.
A'. Rayure externe des antérieures très nette, allant en ligne droite de l’apex
aigu au tiers externe du bord postérieur ; taches discales au nombre de 2 sur
chaque aile, une grande antérieure et une petite, en partie fusionnées, mais avec
un étranglement qui les distingue ; envergure de la Ç, 110 mm. à peu près.
. 2. Antistathmoptera Tams.
Genre VII. — EUSTERA Duncan.
Eustera Duncan, Natur. Libr. de Jardine, VII, 125, 1841 (pour argus, la
2 e des espèces rangées par Hübner dans son genre Eudaemonia, la l re étant
le Syssphingidé américain qui doit garder ce dernier nom) ; Aurivillius, Ark.
Zool., II, n° 4, 17, 1905 ; Bouvier, Mém. Ac. Sc., LIX, 3 et 36,1927 etSaturn-
Afr. trop, franç., 523 et 536, 1928 ; Eudaemonia Hübner, Verzeichniss, 151,
1822 (pro parte)-, Walker, List, VI, 1265, 1855; W. F. Kirby, loc. cit., 677,
1892; W. Rothschild, Nov. Zool., II, 47, 1895; Sonthonnax, Lép. soie, II, 92,
46
E.-L. BOUVIER
1899; A. S. Packard, loc. cit ., 72, 1914; Bouvier, Rev. Zool. afr., XV,
165, 1927 ; Gaede, loc. cit., 319, 1927.
Longtemps appelés Eudaemonia, nom qui doit appartenir à des Syssphin-
gidés, c’est-à-dire à des formes américaines, et trop souvent rapprochés des
Actiens qui sont des Saturniicés à longue queue, les Eustera sont, en fait des
Pseudaphéliicés remarquables par la fine et très longue queue, spatulée à son
bout libre, de leurs ailes postérieures (fig. 11, Eus.). Gomme eux, ils ont des
antennes longuement bipectinées dans les deux sexes ; comme dans Eosia ,
ces antennes comptent 23 articles sans carènes, les ailes sont minces, souvent
dentées ou ondulées sur leur bord externe, très pauvrement écailleuses, et
ornées de multiples petites taches fenestrées au lieu d’ocelles ; comme dans ce
genre et dans les Pselaphalia , l’abdomen est remarquablement court ; bien plus
que dans ce dernier genre les palpes sont très développés avec un 3 e article
long ou court ; la trompe est saillante, mais avec ses deux moitiés séparées ;
comme dans tousses Psélapbéliicés anoures sauf les Eosia , les tibias antérieurs
sont armés d’une épiphyse, laquelle est nue et un peu carénée en dehors ;
enfin comme dans Pselaphelia , Pseudaphelia et Eosia les radiales des anté¬
rieures sont réduites à deux et portées sur un pédoncule commun. Aux posté¬
rieures, c’est la 3 e nervure médiane (et non la 2 e comme dans les Eudaemonia)
qui atteint le bout de la queue, mais elle est fort grêle et remplacée en puis¬
sance par la l re cubitale. La Ç se distingue du çf par sa queue plus courte et
la présence d’une touffe de poils au bout de l’abdomen. J’ai signalé plus haut
les traits de l’armature çf (fig. 12).
Comme on le verra plus loin (p. 53), les chenilles semblent établir un passage
aux Bunéicés en ce sens que leurs tubercules deviennent solides, spiniformes,
bien qu’ils portent des spinules au lieu de poils et qu’on en trouve sur le bou¬
clier prothoracique et sur le bouclier anal ; d’après Packard, le tubercule
médian du VIII e tergite abdominal provient de deux tubercules fusionnés, ce
qu’indique la présence à sa pointe de deux paires de spinules divergentes.
Les pupes sont très particulières, comprimées dans le sens dorso-ventral,
avec la tête et la région anale infléchies en dessous, les pattes cachées sous un
vernis et trois pointes anales dont une médiane plus forte représente le cré-
master. D’après Scbultze, ces pupes se trouvent sur le sol, entre des feuilles
reliées par quelques fils de soie, ce qui rappelle un peu Tagoropsis subocellata
et Pseudantheraea.
Dans son Catalogue, Scbüssler ne mentionne pas plus ce genre que le groupe
actien.
Tableau bes espèces
A. Pas de rayure interne, l’externe des antérieures atténuée ou nulle ; taches ocelli-
formes arrondies ou ovales en pointe, leur liséré noir plus accentué aux posté¬
rieures où elles sont d’ordinaire au nombre de 5 ( fig. 11, Eus.) ; celles des anté¬
rieures au nombre de 2 ou de 3 chez le cf, de 4 à 6 chez la Ç.
. 1. brachyura Dy.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS 47
B. Assez grand ; d’ordinaire une rayure externe et une submarginale aux anté¬
rieures.
C. Submarginale des antérieures parallèle au bord externe, parfois nulle ;
envergure du cf 42-53; de la 9 55-60 (de la Guinée française au Gabon).
. b. brachyura.
C'. Submarginale des antérieures localisée en arrière et très oblique ; enver¬
gure du cf, environ 65 mm (Ouest du Congo belge)., b. ghesquieri Talbot.
B'. Petit, envergure du cf, 20-22 mm., de la Q, 28 ; pas de rayures aux anté¬
rieures. (Cameroun, Ogooué). b. minor Holl.
A'. TJne rayure interne et une externe aux antérieures.
B. Rayure interne droite ou légèrement convexe dans la cellule et en arrière.
C. Rayure externe droite ou légèrement convexe, sans coude, le bord externe
de ces ailes peu ou pas denticulé ; taches ocelliformes rondes ou ovalaires
dans les deux sexes, aux postérieures, de 4 à 6 et, aux antérieures, une
dans la cellule avec au dehors 4 en une ligne transverse.
D. Rayure interne sans angle près de la côte, l’externe régulièrement con¬
vexe ; envergure du cf, 70 mm., de la 9, 80. 2. argiphontes Maas.
E. Rayure externe des antérieures s’écartant du bord externe d’arrière
en avant; ton fauve (Afrique occidentale). a. argiphontes.
E'. Rayure externe en avant parallèle au bord externe; ton brun. (Congo
belge oriental),. a. barnsi Talbot.
D'. Rayure interne formant un angle près de la côte, l’externe large et
droite ; ton brun gris terne ; envergure du cf, 78 mm. (Cameroun)...
. 3. batesi B. B.
C'. Rayure externe droite jusqu’aux radiales, puis coudée à angle droit pour
se diriger vers la côte, le bord externe de ces ailes nettement denté; aux
antérieures 7 ou 8 taches dont deux plus fortes et très irrégulières, aux
postérieures 6 arrondies. Ton rouille. (Vieux Calabar et Stanleyville)....
. 4. troglophylla Hamps.
B'. Rayure interne des antérieures faite de deux droites qui se rencontrent
sur le cubitus à angle saillant en dehors et obtus ; bord externe de ces ailes
convexe, la rayure externe également. Aux antérieures, un arc convexe de
4 petites taches en dehors de la cellule, une grande en longue fente au bout de
celle-ci et une moyenne, irrégulière en arrière ; aux postérieures 3 petites arron¬
dies, une au bout de la cellule et deux en dehors. Ton des ailes brun rosâtre.
Envergure du cf, 48 mm. (Stanleyville). 5. colini Bouv.
Bibliographie
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(cf, 9), 1897 ; Packard, Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 73, pl. XXI,
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byx argus Fabricius, Mant. Ins., 11,109,1777. Phalaena attacus argus, Stoll
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Natur. Librar. de Jardine, VII, 152,1841. Saturnia argus Westwood, Proc.
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Var. : Eud. brach. ghesquieri Talbot, Rev. Zool. afr., XIII, 180, 1926.—
Eud. brach. minor Holland, Bull. amer. Mus. New-York, XLIII, 316,
1920.
48
E.-L. BOUVIER
2. Eudaemonia argiphontes Maassen i.l. ; Beutenmuller, loc. cit., 166, pl. Xli
(cf, $), 1897 ; Packard, loc. cit., 75, pl. XXXI, flg. 10 (chenille), LXXIII,
flg. 1 et 2 (cf, $), 1914 ; Schultze, Arch. Naturg., LXXX, A, I, 150, fig. 1
et 2 (chenille et pupe), 1914. Eustera argiphontes Maassen et Weymer, Bei-
trage, fig. 63 et 64 (cf, Ç), 1881 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 538,
541, 1928; Bouvier et Riel, loc. cit., 42, 1931.
Var. : End. arg. barnsi Joicey et Talbot, Bull. Hill Mus., I, 164, 1924.
(Coll. Joicey).
3. Eustera batesi Bethune-Baker, Ann. Nat. Hist., (9), XX, 330, 1927. (Coll. Be-
thune-Baker).
4. Eudaemonia troglophylla Hampson, d’après Conte, Lép. soie, suppl., I, 13,
pl. IV, fig. 2,1919 ; Gaede, loc. cit., 319, 197. Eustera troglophylla Bouvier
Saturn. Afr. trop, franç., 543, 706, 1928. (Le type au Mus. brit. oi, par
un oubli fâcheux, je n’en ai relevé ni le sexe, ni la taille. J’ignore où
Hampson a fait connaître cette espèce).
5. Eudaemonia colini Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 1927; Eustera eolini Bou¬
vier, Saturn. Afr. trop, franç., 165, 1928. (Mus. Congo).
Genre VIII. — ANTISTATHMOPTERA Tams
Antistathmoptera W. H. T. Tams, Stylops, IV, part 5, 97-99, fig. 1 (9),
2 (struct. du thorax), 3 et 4 (nervulation), 5 (tête avec palpes), 6 (antennes),
7 a, b, c (pattes), 8 (armature sexuelle), 1935.
Se distingue A'Eustera (en dehors des traits indiqués au tableau, p. 45), par
les caractères suivants : taille beaucoup plus grande, ailes bien plus développées,
les antérieures avec l’apex saillant en petite pointe, les postérieures avec le
bord externe muni de 4 fortes dents obtuses, les antennes de 54 articles, l’épi¬
physe des pattes antérieures en écaille très courte ; antérieures avec 3 radiales.
Une seule espèce, A. daltonae, prise à Tamani dans le territoire du Tanga-
nyika. (Mus. brit.).
III. PsEUDAPHÉLIICÉS ARMÉS
Genre IX. — USTA Wall.
Esta Wallengren, Kong. Sv. Vet. Ak. Hand. Stockholm, V, n° 4, 26,1865;
Schüssler, Lep. Cat., 316, et suppl., 711; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franc.,
547, 1928. Heniocha Schüssler, 320 ( pro parte).
Faciès et ornements assez semblables à ceux de nos Saturnia , mais le fond
des ailes est blanc et les écailles sont peu serrées. Antérieures à costa peu arquée,
à bord externe un peu convexe ou droit ; une fine rayure interne noirâtre, irré¬
gulière, saillante en dehors dans la cellule, rayure externe de même ton, un
peu plus foncée que l’aire médiane dont elle représente la limite externe, cette
rayure plus ou moins saillante en dehors sur les nervures, largement isolée
par du blanc de la zone submarginale un peu moins foncée, celle-ci parfois
confondue avec la marge d’un gris noirâtre, d’ordinaire saillante en dehors sur
FAMILLE DES SATURN1IDÉS
49
les nervures et séparée de la marge par une zone blanche le plus souvent
découpée en arcs internervuraux ; nervulation de Pseudantheraea. Postérieures
un peu plus claires, sans rayure interne, l’externe peu accentuée, extérieure
à l’ocelle, parfois nulle ou passant par celui-ci, d’ailleurs peu irrégulière ; sa
bande blanche, ainsi que les zones marginales et submarginales à peu près
comme aux antérieures. Ocelle médiocre, arrondi ou ovale, semblable aux deux
ailes, avec un anneau noir doublé en dedans d’un jaune parfois grisâtre, l’iris
noir semé d’écailles blanches, proximalement flanqué d’un croissant blanc.
A’
Fil?. 13. — Ciste subangulata : A, tibia 1 et origine du tarse en dessus (épiphyse en
pointillé) ; A’, tibia 2 et origine du tarse (sans les poils) ; A’’, armature cf vue
ventrale.
Antennes bipectinées dans les deux sexes, avec 50-60 articles plus larges que
longs ; palpes de 3 articles, atteignant à peine le bord poilu du front. Les pattes
des deux premières paires se distinguent de celles de tous les Pseudaphéliens
précédents par leur tibia épais (fig. 13, A, A 1 ), à peine aussi long que le 1 er ar¬
ticle tarsien, celui de la l re paire avec une forte épine terminale, celui de la
2 e avec deux épines inégalement puissantes. Epiphyse des pattes antérieures
carénée, munie de poils qui deviennent longs à la pointe. Dessous des ailes à peu
près comme le dessus, mais sans rayure interne. Chenille sans épines, pupe
souterraine, probablement sans pointe crémastérienne (A. Schultze, Arch.
Naturg., LXXX, A, I, 161 et Packard, loc. cit., 162, 1914).
L’armature sexuelle du çf n’est pas sans rappeler, dans subangulata (fig. 13,
mémoires dd muséum, nouvelle série, tome 111. 4
50
E.-L. BOUVIER
A"), celle des Pseudant.heraea : sternite et tergite VIII à peine saillants, un eu:;
semblablement infléchi à angle droit, mais un peu lobé; latéralement dans sa
partie dorsale, et avec un rostre à deux lobes; les claspers n’ont pas de lobe
dorsal et se terminent par une courte pointe noire, le pénis est rétréci dans sa
moitié terminale, précédé par un bouclier noir et dominé par une saillie trian¬
gulaire rousse qui représente sans doute le sternite X.
Le genre semble se rapprocher surtout des Pseudantheraea et des Tagoropsis;
il comprend les cinq espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. Rayure externe des antérieures parallèle au bord externe convexe, ses dents ner-
vulaires en triangle aigu subégales ; zone subterminale largement séparée de la
rayure par une bande blanche, et s’avançant en triangles nervulaires aigus jus¬
qu’au bord qui est étroitement marginé d’un ton chamois jaune comme les
franges, le reste de la zone marginale formant entre les triangles submarginaux
des arcs blancs convexes en dedans. Externe des postérieures distale par rap¬
port à l’ocelle et servant de limite à une région baso-médiane fort peu teintée.
Tons du corps variés.
B. Rayure interne des antérieures auréolée de blanc sur son bord interne, faisant
dans la cellule un fort angle saillant en dehors, ensuite en retrait avec un
petit angle saillant, (cf 89, $ 80) (Afrique du Sud, du Sud-Ouest et de
l’Est). 1. wallengreni Fldr.
B'. Rayure interne des antérieures faisant dans la cellule une forte convexité
remplie proximalement par une tache blanche, laquelle se continue jusqu’à
l’ocelle au-delà de la rayure ; un fort angle aigu postcellulaire, occupé depuis
la base par une bande longitudinale blanche qui, au delà de la rayure, se con¬
tinue jusqu’à la rayure externe en suivant le bord interne. (78-85) (Sud-
Ouest africain). 2. biplaga Rebel.
A'. Rayure externe des antérieures fortement en retrait en arrière de l’ocelle, à dents
nervulaires faibles ou très inégales.
B. Les deux dents nervulaires situées, aux antérieures, en arrière de l’ocelle, sont
très longues, séparées par un angle aigu très profond, elles traversent la bande
blanche jusqu’à la zone marginale qui est semblable à celle des deux espèces
précédentes, de même que la marge, les franges et le dessus des ailes posté¬
rieures. Tons du corps variés, (çf 92, 9 g 8) (Afrique orientale).
. 3. angulata Roths.
B'. Les dents nervulaires de la rayure externe réduites, sauf parfois une médiocre
en arrière de l’ocelle. Zone marginale chamois comme les franges, très large
proximalement limitée entre les nervures par un bord convexe en dedans ;
ce bord parfois en contact avec la zone submarginale semée d’écailles
blanches, tantôt séparée de celle-ci par d’étroits arcs blancs internervulaires
convexes en dedans. Bord externe des antérieures presque droit. Ton du corps
chamois assez uniforme.
C. Dents de la rayure externe assez fortes, inégales, une post-ocellaire
mieux développée, bande blanche étroite ; rayure interne auréolée proxi¬
malement de blanc, avec convexité saillante en dehors dans la cellule,
ensuite en retrait avec un tout petit angle ; rayure externe des posté¬
rieures plus ou moins nette et plus ou moins extra-cellulaire, (çf 65-83,
9 80-86) (Afrique orientale, Elisabethville, Kenya).
. 4. subangulata Bouv.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
5i
C". Dents de la rayure externe très réduites, sans prédominantes, (cf 67,
$ 81-100) (Du Natal à l’Abyssinie). 5. terpsichore Maass.
D. Bande blanche large ; rayure interne avec tort angle saillant dans
la cellule, l’aire interne en majeure partie occupée par du blanc qui se
retrouve en deux grandes taches dans l’aire médiane, l’une contre
l’ocelle, l’autre en arrière. Rayure externe des postérieures nulle ou
réduite à des travées passant par l’ocelle. t. terpsichore.
D". Bande blanche plutôt étroite; rayure interne très peu accentuée sur
les aires voisines qui ne présentent pas de grandes macules blanches ;
rayure externe des postérieures nette, subparallèle au bord externe.
. t. abyssine a Auriv.
Bibliographie
1. Saturnia wallengreni Felder, Wien. ent. Monaschr., III, 323, pl. VI, fig. 2 (Q),
1859. Usta val. Gaede, Seitz, XIV, 336, 57 b , 1927 ; Bouvier et Riel,
Lab. soie, XVII, 43,1931 ; Schüssler, Lep. Cat., 317 et suppl., 712. Henio-
cha terpsichorina Westwood, Oates Matabele Land., 357, 1881.
2. Usta biplaga, Rebel, Fauna exot., Il, 13, 1912 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 43,
1841. U. wall. biplaga Schüssler, 317.
3. Usta angulata Rothschild, Nov. Zool., II, 50, pl. X, fig. 5 ($), 1895; Bouvier
et Riel, loc. cit., 43, 1931 ; Schüssler, 317. (Mus. de Tring).
4. Usta subangulata Bouvier, Bull. Hill Mus., IV. 84, pl. VIII, fig. 4 (cf), 1930.
Usta angulata Bouvier, Mém. Ac. Sc., LIX, n° 4, 11 (note), 1927 et Rev.
Zool. afr., XV, 134,1927. Heniocha terpsichore Gaede, loc. cit., 337, 58 a
(cf), 1927. (Coll. Joicey cf, Mus. Paris Q)-
5. Saturnia terpsichore Maassen et Weyding, Beitrage, fig. 113 (cf) et 114 (9).
Heniocha terp. Aurivillius, Ark. Zool. II, n° 4, 24 et n° 12, 34, 1905;
Schultze, Arch. Naturg., LXXX, A, 1,161,1914 ; Packard, Mem. Nat. Ac.
Sc. Washington, XII, 162, 1914; Schüssler, Lep. Cat. 322. Usta terp.
Fawcett, Trans. Zool. Soc. London, XVII. 169, 1902 ; Packard, loc. cit.,
30, pl. XXXI, fig. 13 (chenille), 1914 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç.,
549, 1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 43, 1931.
Var. : Henochia abyssinica Aurivillius, Ent. Tidskr.,XIX, 185, fig. 8 (9),
1898; Schüssler, 323 (Coll. Staudinger).
La chenille de terpsichore fut trouvée par Schultze (Tchad) et par Fawcett
(Natal), étudiée par Aurivillius et par Packard. Teinte variant du rose jaune
au châtain avec, dans chaque segment, une large bande noire divisée en deux
suivant sa longueur; tête, pattes, fausses pattes et bouclier anal noirs; les
tubercules sont mous, obtus, cylindriformes, avec courtes soies. Polyphage ;
broute au Soudan sur Melia azedarach , au Natal sur une Burséracée, Commi-
phora caryaefolia. Pupe dans le sol, probablement sans pointe.
Genre X. — UR0TA Westw.
Urota Westwood, Proc. Zool. Soc. London , 1849, 60 ; Bouvier, Saturn. Afr.
trop, franc., 524, 1928 ; Schüssler, Lep. Cat., 145, et suppl. 625.
Ailes postérieures remarquables par leur bord externe qui présente en
arrière une saillie au bout de laquelle pénètre, comme dans Eustera, la médiane
52
E.-L. BOUVIER
postérieure (fig. 11, p. 44), cette saillie caudiforme chez le çf; antérieures avec
la côte peu arquée, l’apex subaigu non saillant, le bord externe droit ou
presque ; rayures blanches, très larges, aux antérieures divisées en deux sur
toute leur longueur par une raie foncée, l’interne coudée en dedans vers la
côte, l’externe parallèle au bord externe, aux postérieures réduites à l’externe
qui est convexe en dehors et indivise ; une tache discale ovalaire à chaque
aile, blanche et plus ou moins lisérée de noir. Antennes, nervulation et pattes
comme dans Usta, les articles des antennes (50 environ) très saillants en
U
Fig. 14. — Urota sinope : A, armature c? en dessus ; A’, clasper gauche en dedans ;
B, tibia 2 et origine du tarse en dessus, le tibia avec son épine et son très grand éperon.
dessous, mais sans carène, et les tibias des pattes de la 2 e paire munis d’un
très long éperon spiniforme situé en dedans et en dessous près de la seconde épine
(fig. 14, B). Epiphyse en long ovale, frangée de longues soies sur le bord externe ;
palpes réduits, non apparents. Dessous des ailes avec les rayures externes sem¬
blables à celles du dessus, mais moins tranchantes et celle des postérieures
divisée en deux comme celle des antérieures ; pas de rayure interne mais,
aux postérieures, une large rayure foncée, interne relativement à l’ocelle ;
souvent, à chaque aile, une série submarginale de taches blanchâtres arci¬
formes.
Ce genre, sans nul doute, présente des affinités pseudapbéliennes surtout avec
les Usta, mais l’aspect et les formes plutôt lourdes sont tout autres ; l’armature
sexuelle (fig. 14), ressemble à celle des Pseudantheraea et des Tagoropsis par
le développement et l’inflexion puissante du crochet de l’uncus, mais sa partie
dorsale est triangulaire et la pointe du crochet s’aplatit en cœur en arrière ;
au surplus les claspers sont simples, avec un mors noir obtus et granuleux;
FAMILLE DES SATURNIIDES
53
quant au pénis, il est appliqué contre une vaste lame, concave et lisse en
arrière, qui est 'peut-être constituée par le sternite X. Le tergite VIII est
largement convexe à son bout libre, le bord du tergite VIII est droit.
Une seule espèce, U. sinope Westw. (çf 65-92, Ç 73-85) connue depuis le
Natal jusqu’à l’Afrique orientale en passant par Elisabethville et le Kivu
Saturnia (Urota) sinope, Westwood, loc. cit., 60, pl. X, flg. 2. (çf), 1849.
Urota sinope Fawcett, Trans. Zool. Soc. London, XV, 304, pl. XLVII, flg. 9
(chenille), 10 (pupe), 1901, 134, 1901; Schüssler, loc. cit., 146 et 625. Eacles
sinope Herrich-Schâfïer, Samml. auss. Schmett., 9, flg. 94 (Ç), 1885.
La chenille sans épines, noire avec, en jaune, des bandes transversales seg¬
mentaires, les tubercules et leurs poils, le bouclier anal et une partie de la sur¬
face des fausses pattes ; elle vit en groupes, sur le « Kafïîr boom » (Erythrina
caffra) et se transforme dans le sol en une pupe ayant une pointe crémasté-
rienne aiguë, comme chez les Pseudaphéliens normaux 1 .
J’ai désigné sous le nom de conjuncta {Bull. HillMus., IV, 90, pl. VIII, fig. 12
{(f)) une forme du Nyassaland remarquable par la coloration rose tendre de
ses rayures et par la fusion de celles-ci aux antérieures près du bord interne.
4 e Tribu. Bunaeicae Bouv.
Bunaeicae Bouvier, C. B. Ac. Sc., CLXXIV, 129; Mém. Ac. Sc., LIX, n° 4,
17 et 37, 1927 ; Saturn. Afr. trop, franç., 509 et 554, 1928 et C. R. Ac. Sc.,
CLXXXIX, 1654, 1934.
Par leur aspect et leur coloration les représentants de cette tribu ressemblent
beaucoup aux Pseudaphéliicés, aussi par leurs ocelles qui sont d’ordinaire plus
développés et remplacés souvent aux antérieures par une fenêtre ; mais trois
caractères essentiels les distinguent : l’un tiré des antennes qui sont toujours
quadripectinées chez le çf, — le deuxième de l’armature sexuelle du c? dont
le pénis est presque toujours flanqué à sa base de deux lames sternales et l’un-
cus toujours divisé postérieurement en deux parties, l’une dorsale en rostre
simple ou bifide, l’autre ventrale dilatée transversalement ou en carène ;
— le troisième tiré des chenilles dont les tubercules se terminent presque tou¬
jours en épines simples ou sétifères. Pupe souterraine, dépourvue de cocon.
La tribu est complexe et vaste, riche en genres. C’est à Aurivillius {Ark. Zool.,
II, n° 4, 1905) que revient le mérite d’avoir bien caractérisé la plupart de ces
derniers. J’y ai reconnu les trois sections suivantes :
1. C’est à tort que dans la clef des genres de Pseudélaphéliens antérieurement établie
[Mém. Ac. Sc., LIX, n» 4, 16, 192 et Saturn. Afr. Trop, franc., 524, 1928), j’ai attribué au
genre Urola un vrai cocon. Cette erreur provient du fait que, dans les matériaux du
Muséum, se trouvait un cocon de la baie Delagoa déterminé Urota sinope ; ce cocon
est noir, coriace, ovale, ouvert à une extrémité ; un cocon semblable me provint de
Johannesburg il y a deux ans. En fait, ayant ouvert le premier, j’en ai sorti une pupe
sans trace de pointe crémastérienne et par conséquent tout autre que la pupe décrite et
figurée par Fawcett.
54
E.-L. BOUVIEH
Tableau des groupes
A. Antennes quadripectinées largement chez le çf, autant ou moins chez la Ç,
articles terminaux sans carène ventrale et à branches réduites ou nulles. Tibia
des pattes de la 2 e paire plus court que le premier article tarsien et armé à son
bout distal de deux épines inégales. 1. groupe mélanocérien (p. 54).
A'. Antennes largement quadripectinées chez le cf ou leurs articles terminaux,
formant pointe, sont ordinairement pourvus d’une carène ventrale ; pectinations
de la $ courtes, d’ordinaire inégales sur un même article, parfois rudimentaires
ou nulles.
B. Tibias de toutes les pattes inermes et à peu près de la longueur du tarse.
. 2. groupe des Bunéens inermes (p. 63).
B. Tibias de la paire antérieure et parfois de la suivante armés, plus courts ou à
peu près de la longueur du premier article tarsien.
. 3. groupe des Bunéens armés (p. 112).
Dans mes recherches antérieures, les Bunaéicés non mélanocériens étaient
divisées en deux sections : l’une bunéenne , où toutes les radiales sont pédon-
culées, l’autre nudaurélienne où la première radiale naît de la cellule. Le
nouveau groupement, comme on voit, subordonne le caractère des nervures à
celui des tibias, ce qui conduit à des groupements plus homogènes des genres.
1° Groupe mélanocérien.
Tableau des genres
Ce groupe semble établir un passage aux Pseudaphéliicés armés des
genres Usta et Urota par l’armature épineuse des tibias de la 2 e paire. Elle se
réduit aux quatre genres suivants :
A. Tibia des pattes de la l re paire à peine plus long que le premier article tarsien,
armé près de celui-ci de deux épines subégales et muni en dessous d’une épiphyse
à longs poils. Ocelles normaux.
B. Antennes avec une trentaine d’articles, à pectinations plus courtes chez laQ.
La radiale antérieure naît de la cellule. Coloration noirâtre ou brunâtre avec
blanc.
C. Antennes rousses, ocelles ronds, à centre gris bordé de noir, grands et
bien formés. 1. Heniocha Hbnr. (p. 55).
C'. Antennes noires, ocelles réduits, ovalaires, à centre noir.
. 2. Leucopteryx Pack. (p. 57).
B'. Antennes de 50 articles environ, noirâtres. Toutes les radiales sur un pédon¬
cule commun. Ton brun rosé clair. 3. Melanocera Sonth. (p. 58).
A’. Tibia des pattes de la l re paire inerme et sans épiphyse. Ocelles atrophiés ou
presque. Antennes de 30 articles environ, brun roux. Les radiales sur un pédon¬
cule commun. Coloration rouge cinabre. 4. Rohaniella Bouv. (p. 61).
Comme on le verra plus loin, l’armature sexuelle du c? se montre déjà fran¬
chement bunéenne par la présence d’une paire de lames sternales à la base du
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
55
pénis, tandis que, par la structure de l’uncus, elle se rapproche manifestement,
comme les Usta, des Tagoropsis et Pseudantheraea. Le genre Leucopteryx se
rattache sûrement à cette section, encore que l’on n’en connaisse ni le tibia II,
ni les articles terminaux des antennes qui, dans toutes les autres formes, sont
dépourvus de carène et plus ou moins des dents du peigne.
Genre I. — HENIOCHA Hbnr.
Heniocha Hübner, Yerzeichniss, 157, 1822; Bouvier, Saturn. Afr. trop,
franç., 555,1928 ; Schüssler, Lep. Cat., 320 et 713 (pro parte).
Rappelle Usta par la coloration et la forme des ailes, aussi par la structure
des tibias. Les différences sont les suivantes : d’abord les antennes appar-
Fig. 15. — Heniocha apollonia, armature c? : A, en dessus ; A’, vue en dessous.
tiennent à un type tout autre, avec leurs articles peu nombreux dont une
vingtaine environ portent quatre branches (réduites chez la Ç), et 5 à 7 ter¬
minaux sans branches et sans carènes ; ensuite les tibias des deux paires anté¬
rieures sont terminés par deux épines inégales dont l’externe est la plus forte,
mais à ces épines s’ajoutent sur les tibias de la 2 e paire (fig. 16, H) deux éperons,
dont un interne très puissant qui atteint le milieu du 1 er article tarsien comme
dans U rota. Les ocelles sont du même type dans les deux genres, toutefois
la fenêtre iridienne en croissant paraît moins bien limitée dans Heniocha où,
d’ailleurs, un anneau blanc s’intercale entre l’anneau externe et l’anneau noir
qui entoure l’iris. Les ornements diffèrent beaucoup aussi, surtout par la très
large coloration brune de la costa des antérieures et la complexité de la rayure
interne de ces ailes, qui se compose d’une partie externe brune très accentuée
reposant sur une large bande blanche portée elle-même sur une doublure
brune de la partie externe. Il y a toujours, en dessus au moins, l’amorce d’une
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E.-L. BOUVIER
rayure interne aux postérieures : les rayures externes et submarginales ne se
prolongent pas aussi fortement sur les nervures pour produire des sortes d’ar¬
ceaux comme chez Usta ; enfin les ailes antérieures ont l’apex très largement
obtus dans les deux sexes, sensiblement saillant chez le çf, peu ou pas du tout
chez la $ où le bord externe est droit ou un peu convexe. — Stades larvaires
inconnus.
Dans apollonia tout au moins, l’armature sexuelle (fîg. 15) du çf tient davan¬
tage des Tagoropsis que des Usta par le tergite VIII et le sternite qui sont
simples, par l’uncus qui est triangulaire avec son bec infléchi en pointe mousse ;
le sternite X est un large voile presque incolore, droit à son bord libre; le pénis
en simple colonne, mais comme chez Usta , au-dessus d’une grande lame qui,
toutefois, se divise en deux vastes lobes. Les claspers sont larges, excavés et
complètement inermes à leur bout libre arrondi.
Le genre ne comprend que les deux espèces suivantes.
Tableau des espèces
A. Ocelle bien développé aux deux ailes ; région médiane du thorax plus foncée que
le collier et les épaulettes qui sont ordinairement blancs. Rayure submarginale
plus épaisse que l’externe, celle-ci, aux antérieures, rentrante en arrière de
l’ocelle, aux postérieures convexe en dehors ; rayure interne des postérieures
réduite à son amorce anale. (75-90) . 1 . apollonia Cram.
B. Collier et épaulettes blancs, la tête, les palpes et les pattes bruns ; anneau
externe des ocelles en dehors auréolé de jaunâtre.
C. Rayure externe des antérieures fortement rentrante en arrière de l’ocelle
et s’y rapprochant beaucoup de l’interne (Afrique australe), a. apollonia-
C'. Rayure externe des antérieures peu rentrante (Afrique du sud-ouest).
. a. lindii Grbg.
B'. Collier et épaulettes fauve clair, la tête, le collier, les palpes et les pattes
brun olive; anneau externe des ocelles rouge (du Transvaal au Zambèze).
. a. flavida Btlr.
A'. Ocelle des postérieures rudimentaire ou nul; thorax tout entier du même ton,
ordinairement blanc. Rayure submarginale jaune en dedans, plus étroite que
l’externe, à peu près droite et parallèle à celle-ci ; rayure interne des postérieures
entière ou assez longue, (cf 80-87, 9 62-87). 2. dyops M. et W.
B. Rayure externe des antérieures un peu rentrante en arrière de l’ocelle et s’y
rapprochant de l’interne, plus ou moins reliée à celle-ci chez le cf et jusqu’au
bord postérieur chez la Ç ; une tache ocëllaire nette aux postérieures (du
Natal au Damara). d. dyops.
B'. Rayure externe des antérieures peu ou pas infléchie en arrière, largement
séparée de l'interne à laquelle peut la relier une traverse post-ocellaire. Tache
ocellaire des postérieures nulle ou très réduite (pl. VII, fîg. 9) (DuNyassa,
au Katanga et àl’Usembara). d. marnois Rog.
Bibliographie
1. Phalaena attacus apollonia Cramer, Pap. exot., 111,97, pl. 250 A (9), 1782.
Heniocha ap. Hübner, Verzeichniss, 157, 1822 ; Packard, Mem. Nat. Ac.
Sc. Washington, XII, 162 et fîg. (cf), pl. XXXVIII, flg. 5 (nervulation),.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
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1914; Bouvier et Riel, Lab. soie, XVII, 60, 1931 ; Schüssler, 321 et 713.
Saturnia ap. Westwood, Pro«. Zool. Soc., 1849, 47.
Var. : lindti (Heniocha lindti Grünberg, Denkschr. Med. Nat. Jena, XVI,
118,pi. III,flg.4et 5(cf,9)i 1910).!/. appoll. lindti Schüssler, 321.
— flavida (Saturnia flavida Butler, Ann. Nat. Hist.(4),XX, 462,1877).
Heniocha flavida Distant, Ins. Transvaal, part. III, 63, pl. IV, fig. 11
(cf), 1903. H. ap. flavida Schüssler, 321.
2. Saturnia dyops Maassen et Weymer, Bcitrage, fig. 21 (Q), 1872; Heniocha
dyops Kirby, Cat. Lep., Heter., I, 771, 1892 ; Bouvier et Riel, loc. cit.,
60, 1931. Heniocha bioculata Aurivillius, Ofv. k. vet. Ak. forh., XXVI,
n° 7, 50, 1879; Sonthonnax, Lép. soie, IV, 35, pl. XII, fig. 5 et 6 (cf, $).
1904, Heniocha marnois Schüssler, 321, 713. Heniocha marnois f. dyops
et bioculata, Schüssler, 321.
Var. : marnois ( Saturnia marnois Rogenhofer, Verh. Zool. Bot. Ges. Wien,
XLI, 565,1891). Heniocha marnois Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç.,
560, 28 H (tibia antérieur), 1928 ; Schüssler, 321. (Mus. Vienne).
Genre IL — LEUG0PTERYX Packard
Leucopteryx Packard, Journ. New-York Ent. Soc., XI, 248,1903; Schüssler,
Lep. Cat., 323 et suppl. 713. Ceranchia ( pro parte), Kirby, Cat. Lep., Heter., I,
763,1892 ; Sonthonnax, Lép. Soie, IV, 37,1904.
Tient à la fois d’ Heniocha dont le rapproche justement Gaede, et de
Melanocera, du premier par la nervulation où la première radiale des anté¬
rieures se détache de la cellule, du second par les ocelles dont le centre noir
est entouré d’un anneau blanc; en tous cas, ne présente aucune affinité directe
avec les Ceranchia auxquels on l’a d’ordinaire réuni. Ailes assez amples
comme dans les autres mélanocériens, mais avec l’apex moins obtus et le bord
externe des antérieures droit ou presque. Aux antérieures, toujours une
rayure interne, large, transverse presque droite, tout autre que celle des
Heniocha et des Melanocera, les ocelles toujours réduits et plutôt ovalaires ; le
fond gris ou brun avec rayures blanches ou jaunâtres. Je n’ai vu aucun repré¬
sentant de ce genre, mais je sais, grâce à l’aimable obligeance de M. Tams,
que dans ansorgei 9, le tibia des pattes antérieures est beaucoup plus court
que le tarse, avec deux fortes épines terminales, — que la nervulation des ailes
antérieures est du type même de mollis, — enfin que, dans les antennes, chaque
article présente une paire de branches basales presque trois fois aussi longues
que les distales, sans compter une touffe d’écailles claires sur le milieu de l’ar¬
ticle. Comme je l’ai dit plus haut, il est probable que les tibias de la 2 e paire
sont courts et armés comme dans les autres mélanocériens. On ignore tout du
développement larvaire et nymphal.
Le genre est propre à l’Afrique orientale ; il comprend les deux espèces sui¬
vantes :
Tableau des espèces
A. Ocelles assez grands, transversalement ovalaires, l’anneau blanc entouré d’un
liséré rose aux antérieurs, d’un brun aux postérieures; ailes brun grisâtre et
58 E.-L. BOUVIER
gris cendré, les antérieures avec une large rayure interne blanche. Dessous des
ailes brun grisâtre, avec les ocelles réduits à leur centre noir et leur anneau
blanc. Corps blanc avec la poitrine et les palpes bruns. Envergure du type Ç,
87 mm. (Mombaza). 1. mollis Butler.
A'. Ocelles réduits, aux antérieures avec un anneau jaune autour du blanc, aux
postérieures en simple tache noire. Aux deux ailes et sur les deux faces une large
rayure externe blanche, très rapprochée du bord surtout en arrière où elle le
touche en s’atténuant beaucoup. Ailes antérieures et partie externe des posté¬
rieures d’un brun jaunâtre, ces dernières blanches ailleurs. Dessous brun grisâtre,
la région basale restant blanche ; l’ocelle des antérieures sans ses anneaux
externes, la tache noire des postérieures un peu bordée de blanc. Prothorax et
flancs blancs, le reste du thorax et l’abdomen grisâtres à bandes blanches.
Envergure approximative du cf type 90 mm. (Uganda). 2. ansorgei Rothschild.
Autant que je sache, mollis n’est connu que par la 9 du Musée de Tring ;
le type cf d 'ansorgei est également à Tring, mais j’ai vu deux femelles de cette
espèce au British Muséum.
1. Ceranchia mollis Butler, Trans. ent. Soc., 889, PI. XII, flg. 5(9). Leucopteryx
mol. Schüssler, 323 et suppl. 713.
2. Ceranchia ansorgei Rothschild, Nov. Zool., IV, 309, PI. VII, flg. 5 (cf)) 1897.
Leucopteryx ans. Schüssler, 323, 713.
Genre III. — MELANOCERA Sonth.
Melanocera Sonthonnax, Lép. soie, III, 58, 1901 ; Bouvier, Saturn. Afr.
trop, franç., 561, 1928 ; Schüssler, Lep. Cat., 136 et suppl. 621.
Ressemble à Heniocha par les tibias des deux premières paires, avec ces
différences que les antérieures ne présentent qu’une épine, que les suivants
sont dépourvus d’éperons et que leurs deux épines sont très puissantes, surtout
l’interne (flg. 16, M). Antennes noirâtres, d’environ 50 articles plus larges que
longs, les terminaux sans branches. Ailes plus amples, les postérieures avec le
bord externe plus convexe, les antérieures avec l’apex obtus ou subaigu, non
saillant, le bord externe droit ou légèrement convexe, leur coloration dorsale
d’un rougeâtre ou rosâtre plus ou moins terne où tranchent en blanc, parfois
teinté, les rayures quand elles existent; ces rayures larges, les externes très
éloignées du bord externe et sensiblement parallèles à ce bord, les internes
souvent représentées aux deux ailes. Ocelles plus ou moins arrondis et assez
grands, avec un anneau externe blanchâtre et un iris noir dont le centre vitré
porte d’assez nombreuses écailles piliformes noires. Le dessous assez différent
et toujours sans nervure interne, l’ocelle des postérieures presque réduit à sa
partie vitrée. Les rayures radiales des antérieures, ici au nombre de trois,
naissent d’un pédoncule commun.
Dans M. menippe, comme dans Heniocha , le pénis surmonte une lame basale
fortement bilobée, mais il est beaucoup plus long, plus grêle et les deux lobes
de sa base sont peu larges, subaigus. Ici également le tergite et le sternite VIII
FAMILLE DES SATURNIIDES
59
sont simples (fig. 17), mais l’uncus est déjà franchement bunéen, en
dessus triangulaire et prolongé en une pointe mousse qui semble représenter
le tubercule dorsal des Tagoropsis, et unepartie verticale en large lame tronquée
et bilobée qui correspond au rostre tagoropsidien. Le sternite X est noir
comme la pointe de cette lame, large, convexe à son bord libre ; les claspers
sont tronqués et vaguement lobés sur leur bord terminal, puis obliquement
après ce bord pour rejoindre leur face externe.
Aurivillius ( Ark.Zool ., II, n° 4, 26,1905), d’après Monteiro, dit que les épines
Fijj. 16. — Patte de la 2» paire, tibia et !•' article tarsien : M, dans Melanocera menippe,
épines puissantes et 1 pas d'éperon; H. dans Beniocha marnois, épines réduites et
deux éperons dont un rudimentaire ; R, dans Rohaniella guineensis Bouvier, épines
très réduites, éperons bien développés x 20.
des chenilles sont aiguës, noires à la pointe, et que les deux dorsales du 8 e somite
de l’abdomen sont fusionnées, sauf à leur bout libre. D’après des élevages
effectués en Afrique par Habenicht et à Worms par Zimmermann, R. Luck
rapporte (Zeits. wiss. Zool ., XIII, 373, 1912) que les chenilles sont très poly¬
phages, de coloration très variée avec fond rouge foncé et épines noires garnies
de poils noirs à leur base (Habenicht), qu’elles sont grégaires et naissent le
soir d’œufs ovales et jaunâtres produits au nombre de 200 à 330 par les femelles
qui s’accouplent durant la nuit (Zimmermann, élevage sur Chêne et Érable).
D’après Crowley {Proc. Zool. Soc. London , 1886, 297), les chenilles vont se
transformer à 2 ou 3 pouces dans le sol; leur pupe, sans crémaster, a été figurée
par Packard ( loc. cit., pl. 107, fig. c.).
Le genre comprend les quatre espèces suivantes :
60
E.-L. BOUVIER
Tableau des espèces
A. Bayures du dessus des ailes blanches ou de ton pâle, la zone marginale plus pâle
que le fond.
B. Aux deux ailes une rayure interne saillante en dehors; prothorax du même
ton que la tête, mais marginé de blanc en arrière, parfois aussi en avant ;
bord externe des antérieures droit ou à peine convexe, celui des postérieures
régulièrement convexe.
G. Costa des antérieures gris brun, la zone marginale des deux ailes large
Fig. 17. — Melanocera menippe, armature cf : A, en dessous ; A’, de côté
et réduite aux segments IX et X ( uncus).
grise ou ocracée, maculée de brun noir ; ocelles subégaux. Dessous avec les
rayures externes presque droites, noires en dehors, blanches en dedans ; la
zone baso-médiane des antérieures gris rosé sans macules, la zone externe
et les postérieures gris blanc maculé de brun noir, (cf 125, $ 130-140) (Du
Mozambique au Cap) . 1 . menippe Westw.
D. Ton fondamental du dessus des ailes cramoisi terne. m. menippe.
D'. Ce ton brun fumeux (Afrique orientale). m. fumosa Roths.
C. Dessus des ailes brique, sauf la Costa des antérieures et la zone marginale
des deux ailes qui sont ocre brun ; ocelle des postérieures plus petit. Dessous
des antérieures roux ocracé rosâtre, un peu maculé de brun noir dans la
zone marginale ; celui des postérieures saumon chamois, avec deux rayures
convexes en dedans et de ton cannelle comme la zone marginale, l’une de ces
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
61
rayures interne, l’autre passant par la tache discale hyaline. (Congo
supérieur). 2. nereis Roths.
B'. Rayure interne des postérieures rudimentaire ou nulle. Ailes antérieures à
bord externe saillant en ventre, celui des postérieures à angle droit tronqué.
Costa des antérieures et zone marginale des deux ailes étroite, ocracé brunâtre,
sans macules. Ocelle des postérieures bien plus petit que l’antérieur. Dessous
des ailes gris jaunâtre, rougissant à la base des antérieures, maculé dans
l’aire externe; les rayures comme dans menippe, mais un peu arquées, celle
des postérieures un peu onduleuse. Ton du dessus des ailes brique terne,
(cf 100, Ç 115) (Victoria Nyanza). 3. sufferti Weym.
A'. Ailes en dessus sans rayure, rouges ou saumon, à peine maculées vers la marge.
Ocelles ovalaires, le postérieur plus petit. Tête et prothorax bruns, celui-ci sans
marge blanche. Dessous des antérieures rouge brunissant avec traces d’une rayure
externe, celui des postérieures moins nuancé de brun que dans menippe mais
présentant la même rayure externe que cette espèce, (cf 85, Ç de Landana 133)
(Angola). 4. parva Roths.
Bibliographie
1. Saturnia menippe Westwood, Proc. Zool. Soc. London, XVII, 43, pl. IX,
fig. 2 (cf), 1849. Antheraea menippe Walker, List, III, 1243, 1855,
Melanocera menippe Sonthonnax, Lép. soie, III, 58, pl. XXV, fig. 2 (cf),
1901 ; Packard, loc. cit., 64, pl. XXXVII, fig. 4 (nervulation) et pl. CVII,
a (cf), M$),c(pupe),1914; Gaede, Seitz, loc. cit.,330,55 c, (cf) 1927 ; Bou¬
vier, Rev. Zool. afr., XV, 134 et Saturn. Afr. trop, franç., 560, fig. 28 M
(tibia 2), 1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 59,1931 ; Schüssler, 136 et suppl.
621. — Forme fumosa : Nudaurelia menippe subsp. fumosa Rothschild,
Nov. Zool., II, 43, 1895.
Parmi le millier d’exemplaires obtenus par le D r Habenicht à Lourenço
Marquez se trouvaient deux femelles pour lesquelles Wichgrafï a proposé
les deux noms suivants (Intern. ent. Zeits., V, 174, 1911) : habenichti,
aberration à ailes rouge feu et zone marginale jaune d’or, transiens ayant
la structure et la vaste zone maculée de menippe, mais le ton terne et
l’absence aux postérieures de la rayure basale de sufferti. Dans les S. B.
Berlin, ent. Zeits., LVI, 44, 1911, Wichgrafï regarde transiens comme une
forme nouvelle annonçant sufferti ; c’est une sous-espèce pour Schüssler.
2. Nudaurelia nereis Rothschild, Nov. Zool., V, 605, fig. 4 (nervulation), 1898.
Melanocera nereis Schüssler, 136 et 621. (Mus.de Tring.)
3. Antheraea sufferti Weymer, Berlin, ent. Zeits., XLV, 85, 1896. Melanocera
suff. Sonthonnax, loc. cit., 58, pl. XXV, fig. 3 (cf) et 4 ( Ç), 1901; Bouvier
et Riel, loc. cit., 60, 1931 ; Schüssler, 137, 621.
4. Melanocera parva Rothschüd, Ann. Nat. Hist. (7), XX, 5, 1907 ; Jordan,
Nov. Zool., XV, 236, pl. IX, fig. 8 (cf), 1907 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop,
franç., 563, 1928. Mel. suf. parva Schüssler, 137, 621. (Mus. de Tring.)
Genre IV. — R0HANIELLA Bouv.
Rohaniella Bouvier, C. R. Ac. Sc., CLXXXIV, 1291; Mém. Ac. Sc., LIX,
n° 4,18 et 37, 1927 et Saturn. Afr. trop, franç., 563 ,1928. Cinahra Schüssler,
suppl., 620.
62
E.-P. BOUVIER
Confondu par tous les auteurs avec les Cinabra (voirp. 129), dont il a les
fenêtres et les ocelles (aux antérieures, une fenêtre punctiforme qui est large¬
ment encerclée de noir du côté ventral ; aux postérieures, un ocelle gris, entouré
de noir et une fenêtre centrale qui seule subsiste sur la face inférieure), la colo¬
ration rouge sur les deux faces des ailes, une trentaine d’articles aux antennes
et le même tibia intermédiaire (fig. 16, R) qui est plus court que le premier
article tarsien et présente deux épines terminales. Mais déjà, sur ces deux
derniers points, se manifestent des différences profondes : les antennes noirâtres
sont longuement quadripectinées dans les deux sexes, leurs articles terminaux
sans branches sont peu nombreux et dépourvus de carènes tandis qu’il y en a
7 ou 8 nettement carénés dans Cinabra — et quant aux tibias intermédiaires,
leurs deux épines sont beaucoup moins fortes que dans les Cinabra , par
contre jointes à deux éperons extraordinairement puissants qui manquent à
ces derniers, exagérant ainsi les caractères propres aux Heniocha. Ce sont en
somme des Mélanocériens, mais avec certains caractères particuliers : toutes
les radiales sur un même pédoncule, un collier blanc qui occupe tout le pro¬
thorax, enfin, au contraire de ce que l’on observe dans les Cinabra , Melanocera
et Heniocha , un tibia antérieur étroit, inerme, plus long que le premier article
tarsien, et dépourvu d’épiphyse au moins chez la Ç. Le ç? n’est pas connu ; on
ne sait rien des chenilles et des pupes.
Le genre ne comprend que deux espèces.
Tableau des espèces
A. Bord externe des postérieures régulièrement convexe, celui des antérieures
légèrement ou beaucoup ; zones marginale et anale des postérieures larges, con¬
tinues, d’un ton rouge rose tranchant fortement sur le reste de l’aile qui est
orangé. 1. pygmaea M. et W.
B. Bord externe des deux ailes fortement convexe. ( cf 70-80) (Angola).
. p. pygmaea.
B'. Bord externe des antérieures presque droit, (cf 90) (du Transvaal au Congo
belge). p. pygela Dre.
A'. Bord externe des postérieures à angle obtus, celui des antérieures rectiligne :
zone marginale des deux ailes lilas violet, passant progressivement au reste de
la surface qui est rouge, toutefois, aux postérieures, un peu teinté d’orange.
(Q 85) (Haute-Guinée). 2. guineensis Bouv.
Bibliographie
1. Bunaea pygmaea Maassen et Weyding, Beitrâge, fig. 100 (cf), 1885. Cinabra
pyg. Sonthonnax, Lép. soie, III, 62, 1901 ; Gaede, Seitz, XIV, 330, 55 b
(cf), 1927 ; Schüssler, 135 et suppl., 620. Rohaniella pyg. Bouvier, loc. cit.
1927 et 1928 (Mus. Berlin).
Var. : pygela : Bunaea pygela Druce, Proc. Zool. Soc., 1886, 409,
pl. XXXVIII, fig. 1 ( cf), Gonimbrasiapygela Distant, Ann. Nat. Hist.,
(6), XIX, 390, 1897. Cinabra pygmaea pygela Schüssler, 135 et 621,
Rohaniella pyg. pygela Bouvier, C. R. Ac. Sc., CLXXX1V, 1291,1927.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
fiS
2. Rohaniella guineensis Bouvier, Mém. Ac. Sc., LIX, n° 4, 19, flg. 9 R (tibia II),
1927 etSaturn. Afr. trop, franç., 560, flg. 28 R (tibia II), 566 et pl. III,
flg. 3 (cf), 1928 (Mus. Paris).
2° Groupe des Bunéens inermes.
Caractérisés par l’absence de toute armature épineuse sur les tibias, qui sont
grêles et de la longueur du tarse, les Bunéens inermes semblent être issus des
Pseudaphéliens normaux ; leurs ailes postérieures présentent toujours un
grand ocelle, où l’anneau noir qui encercle l’iris est d’ordinaire entouré lui-
même par un ou plusieurs anneaux plus clairs. Us comprennent les sept genres
suivants.
Tableau des genres
A. Ailes antérieures avec l’apex aigu, rarement tronqué, et la rayure interne faite
de deux parties qui se continuent ou se disjoignent sur le cubitus cellulaire :
chez le cf au moins avec l’apex saillant et le bord externe concave sous l’apex.
Le bord externe des postérieures souvent avec léger lobe anal. Articles termi¬
naux des antennes ventralement carénés, au moins chez le cf- Une épiphyse
tibiale dans les deux sexes. La nervure radiale antérieure naît tantôt du même
pédoncule que les autres, tantôt de la cellule.
B. Aux deux ailes une fine rayure médiane très en zigzags, sur les antérieures
une externe très éloignée du bord et subparallèle à ce bord. Ocelle grand et bien
développé aux deux ailes. 5. Aurivillius Pack. (p. 64).
B'. Pas de rayure médiane semblable, l’externe des antérieures très oblique,
apicale ou préapicale. Ocelle des antérieures très rarement un peu régulier,
le plus souvent réduit à une fenêtre. Aux postérieures souvent un lobe anal
et, en dessous, une tache brune près de la base. Articles terminaux des an¬
tennes fortement carénés en soc. 8. Lobobunaea Pack (p. 79).
A'. Ailes antérieures avec l’apex obtus ou subaigu, le bord externe droit ou con¬
vexe, parfois concave, celui des postérieures sans lobe anal mais souvent angu¬
leux, le dessous de ces dernières sans taches brunes. Rayure externe des anté¬
rieures très éloignée du bord externe, subparallèle à ce bord ou peu oblique.
B. Nervures radiales des antérieures toutes sur un pédoncule commun.
C. Ocelles des deux ailes bien constitués.
D. Les deux parties de la rayure interne des antérieures se rencontrent à
angle loin en arrière de la cellule ; pas d’épiphyse chez la 9 •
. 6. Bunaeopsis Bouv. (p. 68).
D'. Les deux parties de la rayure interne s’interrompent ou forment angle
sur le cubitus ; épiphyse dans les deux sexes.
. 7. Parabunaeopsis Bouv. (p. 77).
C'. L’ocelle des antérieures réduit à l’état de fenêtre trapézoïde ; rayure
interne des antérieures interrompue sur la cellule. Épiphyse dans les deux
sexes. Des carènes antennaires au moins chez le cf- 9. Bunaea Hbnr. (p. 88).
B'. La nervure radiale antérieure naît de la cellule.
C. Cette nervure indépendante de la subcostale ; antennes médiocres, à bout
ventralement caréné.
D. Bord externe des postérieures régulièrement convexe ou un peu onduleux.
. 10. Nudaurelia Roths. (p. 93).
64
E.-L. BOUVIER
D'. — Bord externe des postérieures formant un angle qui peut devenir cau-
diforme, surtout chez le c?. 11. Imbrasia Hbnr. ( p. 107).
C'. En cours de trajet, la radiale antérieure s’anastomose avec la subcostale ;
antennes égalant presque en longueur la moitié de la Costa, sans carènes,
tous les articles pectinés sauf un ou deux à la pointe; bord externe des deux
ailes régulièrement convexe. 11. Eochroa Felder (p. 110).
Genre V. — AURIVILLIUS Pack.
Aurivillius Packard, Journ. New-York Eut. Soc., X, 104, fig. 7-9 (nervu-
lation), 8-14 (genitalia), 1902; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 599, 1927 ;
Schüssler, Lep. Cat., 102, suppl., 604.
Aux caractères du tableau de la p. 63, il convient d’ajouter les traits et com¬
mentaires suivants. Les antennes sont quadripectinées dans les deux sexes,
longuement chez le Qy briève¬
ment chez la 9 °ù la branche
antérieure de chaque article se
réduit à une courte épine; les
articles terminaux sont simples,
carénés tout au moins chez le çf,
l’épiphyse est partiellement
munie de longs poils.
L’apex aigu des ailes anté¬
rieures est un peu saillant chez
le cf ce qui rend un peu concave
le bord externe, lequel est à peu
près droit chez la Ç ; le bord
externe des postérieures est con¬
vexe, surtout chez le çf, avec la
très vague indication d’un lobe
anal. Il y a sur chaque aile : 1° une
rayure interne assez épaisse, irré¬
gulièrement convexe aux posté¬
rieures, aux antérieures faite de deux parties à anglessaillants en dehors, l’une
à travers la cellule, l’autre en arrière et en retrait; 2° une rayure médiane très
anguleuse, très fine et accentuée, aux antérieures distale relativement à l’ocelle
et infléchie vers la côte, aux postérieures localisée entre l’ocelle et le bord anal ;
3° une externe doublée en dehors d’une bande claire qui, entre les nervures
successives, se dilate en angle saillant ; aux antérieures, cette rayure coudée
en dedans vers la côte, ailleurs droite, très éloignée du bord externe et légère¬
ment oblique relativement à lui, parfois légèrement lunulaire ; aux posté¬
rieures assez régulièrement convexe et, au moins en arrière, faite de lunules
ouvertes en dedans ; 4° une zone submarginale coiffant les angles interner-
vuraux clairs de la rayure externe, de même forme que ces angles, mais très
Fig. 18. — Aurivillius horsini, type cf.
FAMILLE DES SATURN1JDÉS
Oj
épaisse, et débutant contre eux par une raie de ton différent, rouge ou
noirâtre ; 4° une large zone marginale de même ton foncé que les angles
submarginaux et ordinairement séparées de ceux-ci par un arceau inter-
nervural clair ; les franges concolores plus ou moins.
Tonalité du fond variant du jaune au chamois rosâtre, la même sur le
thorax, plus terne sur l’abdomen, plus claire et parfois blanche sur toute la
face ventrale où tranchent les tibias, les tarses, les palpes, qui sont brun
chamois comme le front et le prothorax ; la tonalité des rayures à peu près la
même, ordinairement plus terne aux internes et externes, plus vive aux
médianes. Un bouquet de poils blancs sur la tête à la base de chaque antenne.
Les ocelles ronds, composés de trois anneaux et d’une pupille noire fenestrée.
Les ocelles postérieurs de beaucoup les plus grands, toujours avec un anneau
externe rouge, en dedans suivi d’un étroit anneau blanc, puis d’un large anneau
interne tournant au gris en dedans, au rougeâtre ou au brun en dehors; la
pupille grande, subtriangulaire, avec une étroite raie en fenêtre du côté basal.
Aux ailes antérieures, les tons rouges passent plus ou moins au brun et la
fenêtre envahit presque totalement la pupille.
Dessous des ailes à peu près comme le dessus, mais de tonalité plus claire et
les rayures souvent lavées, de même que l’ocelle des antérieures, celui des posté¬
rieures presque réduit à une tache noire contre la fenêtre. Il n’y a de rayure
interne qu’aux postérieures où elle se compose de trois tronçons, l’un entre la
côte et la subcostale, le second un peu plus en dehors entre celle-ci et le radius,
la troisième longue, plus externe et presque droite, allant du radius au bord
anal ; la médiane de ces mêmes ailes complète de la côte à ce bord, sauf parfois
au niveau de la tache ocellaire.
Armature sexuelle du cf (fig. 19) rappelant celui de Tagoropsis subocellata
par l’allongement du pénis, son grand éloignement du sternite X (processus
basal de la plaque suranale), la séparation profonde et le surplomb du tergite IX
(plaque suranale) relativement au tergite X ou uncus (partie spécialisée de la
mémoires dd muséum, nouvelle série, tome ni. 5
E.-L. BOUVIER
<;e
plaque suranale) dont la partie dorsale se prolonge en une sorte de rostre qui
remplace le mamelon des Tagoropsis et surplombe la partie verticale au-dessous
de laquelle fait souvent saillie le tube anal (2 e processus de la plaque suranale) ;
comme dans Tagoropsis. le tergite VIII (IX) et son sternite restent simples.
Les termes entre parenthèses sont empruntés aux figures de Packard relatives
à A. aratus. Dans la variété divaricatus de cette espèce, j'ai trouvé la même
disposition de l'uncus avec sa partie verticale élargie et fortement bilobée à
son bout libre, la même paire d’expansions foliacées à la base du pénis. Dans
triramis , Rothschild observe justement que la partie verticale de l’uncus a
la forme d’une crête dentée ; en fait elle est munie d’un fort denticule après
quoi elle se bifurque en deux lobes dentiformes; de chaque côté du pénis, on
retrouve les expansions foliacées A'aratus, mais plus aiguës. Chez les deux
formes, les c-laspers sont tagoropsidiens, mais sans lobe dorsal et un peu étran¬
glés sur leur bord inférieur avant la pointe. Dans son ensemble, l’armature
est plutôt mélanocérienne.
Une chenille mûre A'aratus fut découverte par A. Schultze ; quelque peu
décrite par cet auteur (Arch. Naturg., LXXX, A, I, 161, 1914) et figurée
par Aurivillius (Ark. Zool., II, n° 12, 33, fig. 6, 1905), elle porte des tubercules
non spiniformes et des ornements argentés en série transverse (raie dorsale
et points) sur chaque segment, deux traits qui la rapprochent des chenilles
de Pseudobunaea tyrrhena comme l’observe Schultze, mais dit Aurivillius,
l’éloignent de celle des Bunaea.
Il est difficile de croire que les Aurivillius se rapprochent des Pseudobunaea
qui sont armés et très différents à tous égards ; les tons argentés de leurs che¬
nilles peuvent être dus à un phénomène de convergence, et quant à l’absence
de tubercules en épines, qui sont une acquisition évolutive des Pseudobunaea ,
elle est due sans doute, chez Aurivillius , à leurs affinités tagoropsidiennes.
Ces affinités sont rendues manifestes par les traits de l’armature sexuelle et
par ceux du papillon : mêmes pattes, mêmes palpes, à peu près le même nombre
d’articles aux antennes, même nervulation ; bien plus, comme dans les Tago¬
ropsis supérieurs ( hanningtoni , flavinata), mêmes rayures médianes très angu¬
leuses, mêmes ocelles arrondis aux deux ailes , rayures externes et submar¬
ginales du même type. Deux différences toutefois, ici les antennes sont quadri-
pectinées et les épiphyses, au lieu d’être nues, sont ornées de longs poils ;
deux acquisitions des Aurivillius à partir de leur souche, qui paraît bien être
tagoropsidienne et les place tout à fait au bas de la tribu des Bunaeicés.
Le genre est représenté par les quatre espèces suivantes :
A. La 2 e nervure radiale des ailes antérieures naît du pédoncule des radiales plus ou
moins loin de la cellule.
B. Elle s’en détache après l’origine de la 5 e . A la face dorsale des ailes posté¬
rieures, les rayures interne et médiane se rencontrent en arrière de l’ocelle.
(110) (Afrique orientale). 1. oberthüri Bouv.
B'. La 2 e radiale se détache du pédoncule avant l’origine de la 5 e .
C. L’anneau iridien de l’ocelle des postérieures assez terne, passant peu à
FAMILLE DES SATURNJIDKS
fi 7
peu du gris péripupillaire au rougeâtre coutigu à l’anneau blanc ; zone
submarginale grisâtre des ailes antérieures non dé fléchie vers l’apex et
souvent, sans dévier, atteignant la costa. 2. araïus Westw.
D. Aux deux ailes, les rayures interne et médiane se rapprochent et con¬
fluent en arrière de l’ocelle ; la submarginale des antérieures atteint
d’ordinaire la costa où elle se dilate. Fond ordinaire jaune. (110-130)
(Afrique occidentale). a. aratus.
D’. Les rayures interne et médiane des deux ailes sont largement indépen¬
dantes, rarement un peu en contact au bord anal des postérieures ; la
submarginale des antérieures d’ordinaire éteinte avant la costa.
E. Ton fondamental saumon pâle, (cf 110, 9 90-10/) (du Natal au Kasaï).
. a. divaricatus Bouv.
E’. Ton fondamental marron rougeâtre (Natal, Mozambique).
. a. fuscus Roths.
C'. L’anneau iridien de l’ocelle des postérieures d’un rouge vif et séparé de la
pupille par un filet gris pur ; rayures interne et médiane fort éloignées.
Ailes antérieures du cf très falquée avec l’apex fort aigu. Coloration marron
rougeâtre, (cf 125) (flg. 19) (Dahomey). 3. horsinrBouv.
A'. La 2 e radiale des antérieures naît de la cellule ; rayures interne et médiane lar¬
gement séparées aux deux ailes, la submarginale des antérieures défléchie vers
l’apex qui reste clair. Ces ailes très falquées avec l’apex fort aigu. Ton fondamen¬
tal jaune. (100) (Afrique occidentale). 4. triramis Roths.
Bibliographie
1 . Aurivillius oberthüri Bouvier, Bull. Mus., 1927, 75; Saturn. Afr. trop, franç.,
602, 1928 ; Schüssler, 103,604. Nudaurelia (Aurivillius) oberthüri Gaede,
Seitz, XIV, 320, 1927 (Mus. Paris).
2. Saturnia arata Westvvood, Proc. Zool. Soc., XVII, 41, pl. VII, flg. 2 (çf),
1849. Antheraea arata VValker, List, V, 1240, 1855. Nudaurelia arata
Rothschild, Nov. Zool., II, 42, 1895. Bunaea arata Aurivillius, Ark. Zool.,
II, n° 4, 8 (note). Aurivillius aratus, Id., n° 12, 33, flg. 6 (chenille), 1905;
Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 602, 1928; Bouvier et Riel, loc. cit., 63,
1931 ; Schüssler, 102, 604. Bunaea ( Auriv.) arata Strand, Arch. Naturg.,
LXXVIII, A, VI, 140, 1912. Nudaurelia (Auriv.) arata Gaede, loc. cit.,
320, 1927.
Var. : divaricatus (Aur. ar. divaricatus Bouvier, Bull. Mus., 1927, 76).
Nud. (Auriv.) aratus divaricatus Gaede, loc. cit., 320, 1927. Antharaea
arata Maassen et Weymer, flg. 59 ( cT) , 1881. Nudaurelia arata Distant,
Ins. transv., III, 57, pl. VII, flg. 1 (cf), 1903. Aurivillius aratus
Packard, Journ. N.-Y. ent. Soc., X, 104, flg. 7-14 (nervulation,
genitalia), 1902; Bouvier et Riel, loc. cit., 63, 1931 ; Riel, Lab. soie,
XVIII, 12, pl. V, flg. 17 (cf). 18 (Ç), 1934. (Mus. Paris). — fusca
(Nud. ar. fusca Rothschild, loc. cit., 42, 1895; Bouvier, loc. cit., 77;
Schüssler, loc. cit., 103. (Mus. Tring).
3. Aurivillius horsini Bouvier, Bull. Mus., 1927, 77 ; Saturn. Afr. trop, franç.
599, 602, flg. 31 (cf), 1928 ; Schüssler, 103. (Mus. Paris).
4. Aurivillius triramis Rothschild, Ann. Nat. Hist., (7), XX, 4, 1907; Bouvier,
Saturn. Afr. trop, franç., 602, 604,1928 ; Bouvier et Riel, Lab. soie, XVII,
64,1931 ; Riel, Lab. soie, XVIII, 13, pl. V. flg. 19 (cf) et VIII, flg.19 (9),
1934; Schüssler, 103. (Mus. Tring).
Genre VI. — BUNAEOPSIS Bouv.
(PI. V, fig. 3).
Bunaeopsis Bouvier, C. R. Ac. Sc., CLXXXIV, 1292, 1927 ; Mêm. Ac. Sc.,
LIX. n°4, 24 et 38,1927; Saturn. Afr. trop, franç., 557 et 586, 1928 (pro
parte) ; C. R. Ac. Sc., CLXXXIX, 1654, 1934. Nudaurelia (Gonimbrasia)
Gaede, Seitz., XIV, 321, 1927 ( pro parte). Gonimbrasia Schüssler, 104 et
suppI., 605.
Les espèces de ce genre ne sont pas des Nudaurelia comme le pensait Rotsli-
child, moins encore des Gonimbrasia comme les range actuellement Schüssler
dans son Catalogue. Le genre Gonim¬
brasia, tel qu’il fut établi par Butler
(Ann. Nat. Hist ., (5), II, 462, 1878),
avait pour type nictitans et com¬
prenait en outre rhodophila, alopia
et une espèce alors nouvelle, obscur a,
dont aucune n’est comprise dans
les prétendus Gonsimbrasia de
Gaede et de Schüssler. Suivant la
pensée de Butler, il convient de
laisser le nom de Gonimbrasia à
nictitans et aux espèces qui gravitent
autour de cette espèce (voir p. 113).
Quant à celles étudiées dans ce
chapitre, elles furent, à cause de leur
nervulation (fig. 20), séparées des
Nudaurelia par Aurivillius en 1905,
et par lui, attribuées plus justement au genre Bunaea. Je considérai d’abord
ces Saturniicés comme des Bunaea nudauréliformes (Ann. Sc. nat. (10), IX,
309,1926), pour les isoler ensuite dans un genre distinct à cause de leurs tibias
antérieurs, qui, chez le çf, sont longuement poilus et munis d’une épiphyse
bien développée dont un bord porte ordinairement de longs poils, tandis
qu’ils ne présentent, chez la Q, que des poils courts et sont dépourvus
d’épipbyses. Ce caractère les distingue à la fois des Aurivillius et des Bunaea ;
ils ressemblent à tous deux par leurs antennes comme par leur nervulation,
aux premiers par les grands ocellesj des deux ailes, mais en diffèrent par leurs
ailes antérieures qui ne sont pas du tout [falquées, par l’absence complète
de toute rayure médiane et par les tubercules de leurs chenilles qui sont
spiniformes ; ce dernier trait les rapproche des Bunaea dont les ailes anté¬
rieures sont d’ailleurs tout autre avec une simple fenêtre à la place de
l’ocelle et une falcature qui fait plus ou moins saillir l’apex sur le bord
externe. La rayure externe des antérieures est toujours infléchie vers la
côte. La partie dorsale de l’uncus est bilobée.
Fig. 20. — Nervulation de l’aile antérieure
dans un représentant de la section bu-
néenne, le Bunaeopsis oubie. Gr. nat.
FAMILLE DES SA.TURMIDÉS
H»
Le genre se divise en deux groupes : 1° le type oubie avec les nervures sépa¬
rées sur la face supérieure des ailes, au moins en dehors de la rayure externe,
par de larges segments internervulaires noirâtres ; 2° le type hersilia où cette
disposition n’est pas réalisée (p. 73).
1° Groupe oubie.
Ailes antérieures avec l’apex obtus ou subaigu, le bord externe légèrement
convexe et deux rayures, l’une interne, l’autre externe faites par la juxtapo¬
sition de blanc et de noirâtre : l’interne en angle saillant en arrière de la cellule
avec ses deux côtés droits ou un peu sinueux et le noirâtre basal très réduit,
relativement au blanc (sauf chez arabella ), l’externe très éloignée du bord
Fig. 21. — A, armature c î vue en dessous de Bunaeopsis rothschildi callisla ;
B, clasper gauche, face interne, dans B. hersilia rendalli.
externe, parallèle à ce bord, avec le blanc basal bien plus développé que le noir
(sauf encore dans arabella). Postérieures avec une rayure externe semblable à
la précédente et une interne plus réduite, droite ou concave en dehors dans sa
partie médiane, les segments internervulaires localisés dans l’aire externe,
tandis qu’ils peuvent envahir toutes les aires des antérieures. Ocelles subégaux;
celui des postérieures avec une fenêtre pupillaire, un anneau iridien brun jau¬
nâtre, qu’entoure un anneau noir suivi d’un rouge puis d’un blanc ; l’ocelle
des antérieures semblable, mais souvent sans anneau rouge. Palpes courts,
non débordants. Antennes d’un brun foncé tirant sur le noir ou le rouge.
Chenilles épineuses normales (O’Neil, Ann. Durban Mus., II, 160,1910).
Armature sexuelle du c? très voisine de celle des Aurivillius (fig. 21. A),
avec le segment VIII semblable, l’uncus du même type, toutefois la sail¬
lie dorsale bilobée et la terminaison verticale dilatée en un trapèze noir un
peu aigu à chaque angle inférieur ; sternite X en forte lame noire un peu t.ron-
70
E.-L. BOUVIER
quée, fort éloigné du pénis qui est long, étroit, acuminé et muni à sa base
d’une paire de fortes épines. Claspers inermes.
Cette armature rattache le groupe aux Aurivillius , et par le moyen de
ceux-ci, aux Mélanocériens, aux Tagoropsis.
Tableau des espèces
A. Face dorsale du thorax totalement ou en grande partie rouge ; aux ailes anté¬
rieures, pas de segments internervulaires noirs sauf un ou deux en avant entre
les nervures radiales. Rayures externes lunulaires, peu infléchies à la côte.
B. Épaulettes noires. Ailes en dessus à fond jaune, mais teintées de rouge à la
base ; rayures du dessus des antérieures épaisses, à noir très prédominant
et confluent en arrière. Ocelles normaux, mais avec plus ou moins de rouge
autour de l’anneau blanc, (cf 120-150) (Sud-est africain). 1. arabella Auriv.
B'. Épaulettes rouges. Ailes en dessus à fond jaune en dehors de la rayure
externe, roses ou rouges jusqu’à celles-ci, sauf parfois aux postérieures où
cette région tourne au jaune. Rayures du dessus des antérieures à marge
claire très prédominante. Ocelles normaux. Radiale antérieure au-delà de
la 5 e .. 2. jacksoni Jord.
C. Marge claire des rayures blanche; collier rouge, (env. 100) (de l’Uganda
au Natal). j. jacksoni.
G’. Marge claire des rayures rose; collier liséré de jaune, (cf 105-111, Ç 123)
(du Congo à l’Est africain). j. rosea Bouv.
A 1 . Face dorsale du thorax blanche on jaune , plus ou moins tachée de noirâtre :
aux ailes antérieures il y a des segments internervulaires noirs en dedans comme
en dehors de la rayure externe. Fond des ailes antérieures sans rouge, ni rose
en dessus.
B. La radiale antérieure riait au delà de la 5 e (entre celle-ci et l’apex); rayures
externes pas lunulaires, celle des antérieures fortement infléchie à la côte.
Dessus des ailes postérieures et dessous des antérieures rose ou rouge jusqu’à
la rayure externe. Nervures ordinairement blanches ; côte des postérieures
en dessous jaune, plus ou moins marginée de noir.
C. La côte des antérieures, à sa base, n’est pas envahie par le blanc de la
rayure interne. Rayures des antérieures de trois tons : noir, blanc, rose ou
rouge (Abyssinie). 3. oubie Guér.-M.
D. Apex des antérieures arrondi ; nervures blanchâtres, ocelle des antérieures
avec l’anneau rouge (Ç 114). o. oubie.
D’. Apex des antérieures aigu ; nervures jaunâtres, anneau rouge de l’ocelle
des antérieures à peine indiqué.
F. Fond des ailes franchement jaune, segments noirs bien développés.
(cf 113, Ç> 102). o. aethiopica Le Cerf.
F'. Fond des ailes jaunâtre, très développé et réduisant les segments
noirâtres (cf 108). a. argillosa Le Cerf.
C’. La côte des antérieures envahie à sa base par le blanc de la rayure interne.
Rayures du dessus des antérieures sans rouge ni rose, ou à peine (Afrique
orientale). 4. rothschildi Le Cerf.
D. Pas d’anneau rouge aux antérieures, aux postérieures cet anneau réduit,
brique ou jaune. Nervures blanchâtres. (105) (Lac Rodolphe).
. r. rothschildi.
D'. Fin anneau rouge aux antérieures ; nervures jaunâtres.
E. Segments foncés ternes, de même que le rose des postérieures, (cf 100-
120) (Nairobi). r. neuvillei Le Cerf.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS 71
E'. Segments foncés noirs, disque des postérieures rose ou rouge vifs, (cf 90.
100, 9 95-103), (pl. V, fig. 3) (Nairobi). r. callista Le Cerf-
B'. La radiale des antérieures entre la 3 e et la cellule.
C. Aile des postérieures en dessus jusqu’à la rayure externe, rose, rouge ou
violâtre brunissant. Nervures jaune vif sur ton fondamental jaune. Ocelle
des postérieurs normal, celui des antérieures avec l’anneau rouge rudimen¬
taire ou nul, le blanc de l’ocelle, comme celui des rayures, marginé de jaune
parfois rosé. 5. zaddaehi Dew.
D. Blanc des rayures du dessus des antérieures marginé de rose. (90-100)
(de l’Angola à l’Ouganda). z. zaddaehi.
D'. Blanc des rayures marginé de jaune (Congo belge : Kabinda, 9)-
. s. lutea Bouv.
C'. Dessus des ailes postérieures sans rose ni rouge jusqu’à la rayure externe,
tout au plus avec des traces de ces teintes; ocelles des antérieures sans
anneau rouge.
D. Dessus des antérieures à fond blanc et nervures blanches, celui des posté¬
rieures ferrugineux jusqu’à la rayure externe et dans la région apicale,
le reste du dessus de ces ailes comme aux antérieures. L’anneau rouge de"
l’ocelle de ces ailes brique très pâle. ( cf 99) (N.-E. du Congo belge),
. 6. ferruginea Bouv.
D'. Fond du dessus des ailes et nervures jaunes, sans ferrugineux.
E. Rayures du dessus des antérieures étroites, leur partie blanche sans
marge ocracée ; anneau rouge de l’ocelle des postérieures large. En
dessous, du noir entre les nervures jaunes, surtout aux postérieures.
(112) (de l’Angola N.-E. au Natal). 7. angolana Le Cerf.
E’. La partie blanche des rayures du dessus des antérieures avec une
marge jaune ou rougeâtre qui se retrouve plus mince autour de l’an¬
neau blanc de l’ocelle des antérieures. En dessous les ailes sont à peu
près uniformément jaunes, (Angola et Zambèze). 8. princeps Le Cerf.
F. La marge des rayures et de l’ocelle des antérieures est jaune (120).
. p. princeps.
F'. Cette marge varie du jaune chamois au rouge brique (9 116).
. p. callichroma Le Cerf.
Les chenilles de jacksoni ont été étudiées par J. A. O’Neil (Ann. Durban
Mus., II, 160, 1919); grégaires avec les segments jaunes bordés de noir
et des épines noires, elles vivent sur une herbe junciforme des endroits
marécageux. D’après cet auteur, les chenilles de zaddaehi sont successivement
noires, jaunes, vert clair, puis de nouveau jaunes avec des épines pourprâtres ;
elles sont mangées par les naturels qui les nomment « masininiuuskwa ».
Bibliographie
1. Antheraea arabella Aurivillius, Ent. Tidskr., XIV, 203, 1893. Nudaurelia ar.
Distant, 1ns. transv., III, 55, pl. III, fig. 6 ( cf), 1903. Nudaurelia ( Gonim-
brasia ) ar. Gaede, loc. cit., 321, 1927. Bunaea ar. Bouvier, Lepidoptera,
II, 31, 1927. Bunaeopsis ar. Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 588,1928 ;
Bouvier et Riel, loc. cit., 63, 1931. Gonimbrasia ar. Schüssler, 104, 606
(Coll. Staudinger).
2. Bunaea arabella jacksoni Jordan, Nov. zool., XV, 275, 1908. Nudaurelia
jack. Fawcett, Proc. Zool. Soc., 1915, 101. Bunaea jacksoni Bouvier,
î
E.-L. BOUVIER
Lepidoptera, II, 31, 1927. Bunaeopsis jack. Bouvier, Saturn. Afr. trop,
franç., 589, 1928. Nudaurelia ( Gonimbrasia) jack., Gaede, Seitz, XIV,
321,1927. Gonimbrasia arabella jack. Schüssler, 105 et 606. Bunaea oenopa
Grünberg.Sitz.Ges.Naturf. Fr. Berlin, 1910,172. Gon.ar. œnopa Schüssler,
105,606. Bunaeacarabella Strand, Lepid. niep., 18, pl. IV. fig. 1 (cT), 1911.
Gon. ar. carabella Schüssler, 105, 606 (Mus. de Tring).
Var. : rosea (Bunaea jacksoni rosea Bouvier, Lepid., II, 31, 1927;
Bunaeopsis jack. rosea Bouvier, Rev. Zool. afr., XVII, 400, 1930);
Bouvier et Riel, loc. cit., 63, 1931. Gonimbrasia ar. rosea Schüssler,
105, 606. (Mus. de Paris).
3. Bombyx oubie Guérin-Méneville, Voy. Lefebvre en Abyssinie, Zool., VI, 387,
pl. XII, fig. 1 et 2,1849. Saturnia oub. Butler, Proc. Zool. soc., 1885, 776.
Nudaurelia oub.. Le Cerf, Voy. Rothschild, I, 449, 1922. Bunaea oub.
Aurivillius, Ark. Zool., II, n° 4, 18, 1905. Nudaurelia ( Gonimbrasia ) oub.
Gaede, loc. cit., 321, 1927. Gonimbrasia oub. Schüssler, 105, ,606.
Bunaeopsis oub. Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., fig. 30 (nervulation),
588, 590, 1928 'type $ au Mus. de Paris).
Var. : aethiopica (Nud. oub. aethiopica Le Cerf, Bull. Mus., 1911,
540 et Voy. Rothschild, I, 451, pl. Il 1 , fig. 3, 3 a (cf), 2, 2a(Ç);
1922). Nud (Gon.) oub. aet. Gaede, loc. cit., 321, 1927; Bunae¬
opsis oub. aet. Bouvier et Riel, loc. cit., 63, 1931 (Mus. Paris . —
argillosa (Nud. oub. argillosa Le Cerf, Bull. Mus. et voy. Rothschild,
II, 451, pl. IP, fig. 1,1 a (cf), 1922 ).Nud. (Gon.) oub. arg. Gaede, loc.
cit., 321, 1927. Gon. oub. arg. Schüssler, 105, 606 (Mus. Paris, cf).
4. Nudaurelia oubie rothschildi Le Cerf, Bull. Mus., 538, 1911 et Voy. Rothschild,
I, 452, pl. IP, fig. 1, la (cf), fig. 2, 2a ($), 1922. Nud. (Gon) oub. roth.,
Gaede, loc. cit., 321, 1927. Gon. oub. roth. Schüssler, 106, 607. Bunaeopsis
roth. Bouvier, Lepidoptera, II, 32, 1927 (Mus. Paris).
Var. : neuvillei (Nud. oub. neuvillei Le Cerf, Bull. Mu?., 539,1911 et Voy.
Rothschild, I, 453, pl. Il"’, fig. 3, 3a (cf), 1922). Nud. (Gon.) oub. neuv.
Gaede, loc. cit., 321,1927. Gon. oub. neuv. Schüssler, 105, 607. Bunae¬
opsis roth. «eue. Bouvier, Lepidoptera, II, 32, 1927 (Mus. Paris . —
callista (Nud. (oub.) neuv. f. callista Le Cerf, Voy. Rothschild, I, 453,
1922). Nud. (Gon.) oub. callista Gaede, loc. cit., 321, 1927. Gon. oub.
neuv. callista Schüssler, 1 05, 607. Schüssler (105), appelle G. o. neuv.
tanganyikae une forme d 'oubie signalée par Gaede, loc. cit., 321 (Mus.
Paris).
5. Saturnia zaddachi Dewitz, Mitt. Münch. ent. Ver., III, 34, pl. II, fig. 6(Ç),
1879. Nudaurelia zad. Rothschild, Nov. Zool., II, 43, 1895. Antheraea
zad. Holland, Lep. heter. de Donaldson Smith, 412, 1897. Bunaea zad.,
Bouvier, Lepidoptera, II, 31,1927. Bunaeopsis zad. Bouvier, Saturn. Afr.
trop, franç., 589, 1928; Bouvier et Riel, loc. cit., 63, 1931. Nud. (Gon.)
zad., Gaede, loc. cit., 321, 49 c (Ç), 1927. Gon. oub. zad. Schüssler, 106,
607.
Var. : lutea (Bunaea zad. lutea Bouvier, Rev. Zool. afi., XV, 142,
1927 et Lepidoptera, II, 31,1927). (Mus. Congo, Ç>)-
6. Bunaea jerruginea Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 142, 1927. Bunaeopsis fer.
Id., Saturn., Afr. trop, franç., 590, 1928. Nud. ( Gon.) fer., Gaede, loc. cit.
321, 1927. Gonimbrasia oubie je. Schüssler, 106, 607 (Mus. Congo).
7. Nudaurelia oubie angolanus Le Cerf, Bull. Mus., 1918, 501. Bunaea angolana
Bouvier, Lepidoptera, II, 32, 1927. Bunaeopsis ang. Id., Saturn., Afr.
I A MILLE DES SATUUNIIDES
73
trop, franç., 589,1928. Nud. ( Gon .) ang. Gaede, loc.cit., 321,1927. Gonitn-
brasia oubie ang. Schüssler, 106, 607 (c? Coll. Joicey, Ç Mus. Paris).
8. Nudaurelia princeps Le Cerf, loc. cit., 498. Bunaea pr. Bouvier, Lepidoptera,
II, 31,1927. Bunaeopsis pr. Id., Satura. Afr. trop, franç., 589, pi. I, flg. 4
(Ç), 1928. Nud. (Gon.) pr. Gaede, loc. cit., 321, 1927. Gonimbrasia pr.
Schüssler, 106, 607 (Mus. Paris'.
Var. : callichroma (Nud. pr. callichroma Le Cerf, loc. cit., 498, 1918).
Bunaea pr. cal. Bouvier, Lepidoptera, II, 31, 1927. Nud. (Gon.) pr.
cal. Gaede, loc. cit., 321, 1927. Gon. pr.cal. Schüssler, 106, 607 Mus.
Paris, Ç).
2° Groupe hersilia.
Ressemble au groupe précédent, même par l’armature sexuelle du cf, tout
au moins dans hersilia rendalli dont j’ai fait l’étude ; les différences sont rela¬
tives à la disparition totale (sauf dans vau) des segments foncés internervu-
laires et dans l’inégalité des ocelles dont l’antérieur, presque toujours dépourvu
d’anneau rouge, est dans la règle, beaucoup plus petit que le postérieur.
Comme dans le groupe oubie , les rayures externes sont fréquemment plus ou
moins lunulaires et alors faites d’arceaux internervulaires concaves en dedans.
La pupille des ocelles est toujours très grande, d’un jaunâtre brunissant, avec
une fenêtre très variable ; en dessous, l’ocelle des antérieures ressemble beau¬
coup à celui du dessus, celui des postérieures est à peu près de même taille,
de même structure que l’antérieur, toutefois assez fréquemment effacé.
La chenille de licharbas fut trouvée et décrite par Schultze (Arch. Naturg.,
LXXX, A, I, 158, 1914) qui en fit une aquarelle joliment reproduite par
C. Aurivillius (Ark. Zool., II, n° 12, 32, pl. II, fig. 2, 1905) ; elle est verte et
armée de petites épines rosées à pointe noire, un peu ciliées ; la tête est brune,
le tergite prothoracique et le segment anal sont jaunâtres,les stigmates rouges;
à l’automne, elle devient une pupe brune qui donne le papillon au mois de juin
suivant. La chenille d'hersilia fut signalée, décrite et figurée par les mêmes
auteurs et dans les mêmes travaux. Les chenilles élevées par Schultze abon¬
daient sur les hautes « Elefantengrass » ; elles ressemblent à celles de licharbas,
mais leurs épines sont nues, rouge carmin, avec des stigmates carmin foncé
reliés entre eux, sur l’abdomen, par une bande solférino; il y a des raies noires
sur la tête jaunâtre et sur le segment anal qui est bordé de rouge. Capturées
en octobre, ces chenilles se changèrent dans le sol en une pupe brun-rouge,
étroite et fort mobile, qui donna le papillon au mois de juillet suivant. D’après
les observations faites par Aurivillius sur ces matériaux, les variations indivi¬
duelles d 'hersilia sont fort larges et reproduisent tantôt rendalli , tantôt
ansorgei, parfois dido. Les chenilles d'hersilia obtenues par de Fleury
(Bull. Soc. ent. France , 1924, 219-221) et rapportées à une espèce appelée
hersilioïdes, ressemblent beaucoup à celles de Schultze, vertes à épines rouges
à leur stade mûr; elles sont jaunes à piquants noirs aux premiers âges et
vivent d’août à octobre sur Anona senegalensis.
74
E.-L. BOUVIER
Dans le tableau suivant, où sont condensés les caractères essentiels des
11 espèces du groupe, on a résumé, par des rapports, les dimensions relatives
des ocelles :
l.a sur d.p est le rapport de la longueur de l’aile antérieure au plus grand
diamètre de l’ocelle postérieur ;
d.p sur d.a le rapport de ce dernier diamètre à celui de l’ocelle antérieur.
Ce tableau est loin d’être parfait, car les espèces du groupe semblent très
variables et à part certaines telles que vau, lueboensis, aurantiaca, sont d’une
distinction difficile. Quant à jebbae, elle appartient peut-être au genre suivant.
Tableau des espèces
A. Pas de collier discolore ; une rayure externe aux postérieures.
B. L'angle de la rayure interne des antérieures est droit.
C. Ocelles subégaux, à fenêtre nette, celui des antérieures avec l’anneau noir
suivi d’un blanc ; aux antérieures, segments internervulaires noirâtres sur
le fond ferrugineux vif qui est celui de l’aire externe des postérieures, le
reste de ces dernières étant rose. Rayures noirâtres et blanches, l’externe
des antérieures sans déflexion en arrière ; l. a. sur d. p., 5, 4. (c? 105)
(Ouganda). I. vau Fawc.
C'. Ocelles à anneau externe blanc rose, celui des antérieures plus petit avec la
fenêtre rudimentaire ou nulle. Ton fauve chaud passant au saumon sur
le disque des postérieures. Rayures blanc rosé et noirâtre, les externes
des deux ailes en S ; a. sur d. p. 4 ; d. p sur d. a, 1. 7 à 2 (çf 106, Q 120).
(Afrique occidentale). 2. macrophthalmus Kv.
B'. L'angle de la rayure interne des antérieures très obtus.
C. Rayure externe des antérieures convexe en dehors vers la côte.
D. Ocelles plutôt réduits, à fenêtre nette, anneau externe rose. Dessus des
ailes orangé rougeâtre. Rayures externes en S, blanches et noires. Rap¬
port l.a sur d.p, 5 1/2; d.p sur d.a, 1, 5 (127 c? type, Ç 103). (Nyassa,
Congo belge). 3. aurantiaca Roth.
D'. Ocelles médiocres, à fenêtre nette, l’antérieur à large anneau externe
blanc trouble, l’anneau externe du postérieur rose et réduit à un arc pro¬
ximal. Dessus des antérieures et de l’aire externe des postérieures brun
jaunâtre semé d’éeailles grises ; le reste de celles-ci brun rougeâtre sans
ces écailles. Rayures externes blanc trouble noir. Rapport l.a sur d.p.
4.6, d.p sur d.a, 13,5. (c? 112) (Afrique orientale). 5. phidias Weym.
C'. Rayure externe des antérieures un peu concave en dehors, brusquement
défléchie en arrière ; l’auréole des rayures et l’anneau externe des ocelles
roses ; la rayure interne des antérieures simplement convexe en dehors
comme dans aurantiaca. Ton de ce dernier, (c? 104) (Kasaï).
. 4. lueboensis Bouv.
B". Rayure interne des antérieures saillante en angle plus ou moins aigu, parfois
réduite ou nulle.
C. Cette rayure toujours à angle aigu ; ocelle des antérieures avec l’anneau
externe jaunâtre.
D. A l’ocelle antérieur l’anneau externe jaunâtre interrompt en avant et
en arrière l’anneau noir qui est plus épais en dedans et en dehors. Dessus
des ailes noirâtre, la zone baso-médiane des postérieures plus claire.
Rayures des antérieures marginées de blanc jaunâtre sale, celle des posté-
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
rieures de rougeâtre, puis de blanc. — La sur d.p, 3.4 ; d.p. sur d.a, 1.9.
(9 116) (Afrique orientale). 6. maasseni Strd.
D'. Ocelle des antérieures avec l’anneau jaune complet, celui des posté¬
rieures avec les anneaux noir et rouge proximalement tronqués, l’externe
rose (blanc dans maasseni). Dessus des ailes vert gris jaunâtre moucheté,
la zone baso-médiane des postérieures brun jaune. (9 125) (Tanga-
nyika). 7. sch'inheiti Wich .
G'. Ocelle antérieur avec Vanneau externe blanc ou rose, parfois entouré de rouge.
D. Cet ocelle avec fin anneau rouge entre le noir et le blanc. Dessus des ailes
jaune rouge avec des mouchetures brunes plus rares aux postérieures.
Rayures externes marginées de blanc, l’interne des antérieures à angle
aigu. — La. sur d.p, 4 ; d.p. sur d.a 2,3. (9 109) (Cameroun).
... 8. thyene Weym.
D'. Ocelle des antérieures sans anneau rouge entre le noir et l’externe blanc
ou rose.
E. Ocelle des postérieures très grand, égalant environ le tiers de la lon¬
gueur de l’aile antérieure. Aire externe du dessus des ailes marron
rouge, mouchetée de noir ; le reste plus clair. Rayures externes des
deux ailes marginées de blanc parfois rosé, l’interne des antérieures
nulle ou à sommet en pointe ; ces rayures peu épaisses. — lu. sur d.p.
3 à 3 ; 5; d.p. sur d.a, 2 environ. (9 115-120) (Afrique centrale). . .
. 9. lirharbas M. et \Y.
E'. Ocelle des postérieures médiocre (voir hersilia type), égalant environ
du 1 /4 au I /5 de la longueur de l’aile antérieure, celui des antérieures
d’ordinaire bien moindre. (105-125). 10. hersilia Westw.
F. Marge blanche des rayures externes et anneau externe de l’ocelle
antérieur sans frange rouge.
G. Aux antérieures une rayure interne plus ou moins aiguë.
H. Ocelle du dessous des postérieures avec sa pupille nettement
entourée d’un anneau noir puis d’un blanc ; rayure externe des
postérieures peu épaisse, celle des antérieures sans déflexion.
(cf 105, 9 104) (Congo français). h. hersilia.
H'. Ocelle du dessous des postérieures avec ses anneaux plus ou
moins effacés ; rayure externe des antérieures délléchie en
arrière.
I. Rayure externe des postérieures à noir très large et marginé
de blanc trouble, celle des antérieures en S, éloignée du bord
externe. . . h. ansorgei Roths. (du Dahomey au Nyanza).
F. Rayures externes peu épaisses, celle des antérieures presque
droite, sauf aux deux bouts, et rapprochée du bord externe.
(cf cotype d’hersiloides 127, 9 130). (Nigeria).
. h. elisa Wichg.
G'. Pas de rayure interne aux antérieures; ocelles subégaux, rayure
externe des antérieures non défléchie en arrière, (cf 95 appr.)
(Afrique orientale). h. dido.
F'. Marge blanche des rayures externe et anneau externe de l’ocelle
antérieur doublés de rouge-rose, la rayure externe des antérieures
médiocrement éloignée du bord et semblable à celle à’hersilia. (cf 103-
111, 9 104-117) (Afrique centrale et orientale).. h. rendalli Roths.
A'. Collier blanc sur le fond rougeâtre du corps ; pas de rayure externe aux posté¬
rieures (3 pouces 1/2). 11. febbae Sharpe.
76
E.-L. BOUVIER
Bibliographie
1. Nudaurelia vau Fawcett, Proc. Zool. Soc., 1915, 101, pl. II, fig. 30 (cf),
Nud. ( Gon.) vau Gaede, loc. cit., 321, 1927. Gonimbrasia macrophthalma
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1918. (Mus. brit.).
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Nudaurelia macr. Rothschild,Nov.Zool., II, 43,1845. And. (Gon.)macroph
thalma Gaede, loc. cit., 321, 30 a[ cf), 1927. Bunaea macr., Bouvier, Rev.
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592, 1928. Gonimbrasia macr. Schüssler, 103, 609. (Mus. brit.).
3. Nudaurelia aurantiaca Rothschild, loc. cit., 42, 1895. Nud. (Gon.) aur.
Gaede, loc. cit., 322, 1927. Bunaea aur. Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 143.
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Berlin).
7. Bunaea schônheiti Wichgraff, Deuts. ent. Zeits., 1914, III, 252. Nud. (Gon.)
sch. Gaede, loc. cit., 322, 1927. Gon. phidias sch. Schüssler, 108. (Coll.
Wichgraff).
8. Antheraea thyene Weymer, Berl. ent. Zeits., XLI, 83, 1896. Nud. (Gon.) th.
Gaede, loc. cit., 322, 1927. Bunaeopsis th. Bouvier, Saturn. Afr. trop,
franç., 594, 1928. Gonimbrasia licharbas th. Schüssler, 180, 608. Coll.
Suffert).
9. Antheraea licharbas Maassen et Weyding, Beitrage, fig. 89 ($), 1885. Nudau-
reliali. Sonthonnax, Lép. soie, III, 13, pl. IV, fig. 2 (Ç),1901. Bunaeali.
Aurivillius, Ark. Zool., II, n° 12, pl. II, fig. 2 (chenille), 1905. Nud. (Gon.)
li. Gaede, loc. cit., 322, 1927. Bunaeopsis li. Bouvier, Saturn. Afr. trop,
franç., 594, 1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 63, 1931. Gonimbrasia li.
Schüssler, 107, 608.
10. Saturnia hersilia Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII, 42, pl. IX, fig. 1 (Ç),
1849. Antheraea her. Walker, List, V, 1243, 1855. Nudaurelia her. Son¬
thonnax, loc. cit., Pl. II, fig. 3 (cf), 1901. Bunaea her. Aurivillius, loc.
cit., II, n° 4, 18 et n° 12, pl. I, fig. 1-3 (chenille, cf, Ô)> 1905. Bunaeopsis
her. Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 596, 1928. Nud. (Gon.) hersilia
Gaede, loc. cit., 321, 50 a(cf),1927. Gonimbrasia her. Schüssler, 106, 607.
Var. : ansorgei (Nud. ansorgei Rothschild, Nov. Zool., V, 100, 1898 et
« Under the Afric. Sun», 310, pl. I,fig.4 ( cf'), 1899). Bunaea ans. Bou¬
vier, Rev. Zool. afr., XV. 143, 1927. Bunaeopsis ans. Id., Saturn.
Afr. trop, franç., 592, 595,1928. Gon. her. ans. Schüssler, 106, 608 ?
Bunaea fenestricula Strand, Mitt. Zool. Mus. Berlin, V, 298, 1911
(serait une forme de licharbas pour Schüssler). (Mus. de Trin . —
elisa (Nud. macrophthalma elisa Wichgraff, loc. cit., 1914, 393);
Schüssler, 108. Nud. ( Gon.) elisa Gaede, loc. cit., 321, 1927. Bunaea
nigericola Strand, Lepid. niep., II, 4, pl. XV, fig. 5 ($), 1916 ; Gon.
macr. elisa nigericola, Schüssler, 108. Nud. hersilioides, Fleury,
Bull. Soc. ent. France, 1924,219-221, 'cotype $ au Mus. de Paris'.
FAMILLE LES SATURNIIDÉS
77
Gon.hersilioides, Schüssler, 107, 608. — dido (Eochroa didu Maassen
et Weymer, Beitrage, fig. 72 (cf), 1881). Gonimbrasia hersilia dido
Schüssler, 107, 608. — rendalli (Nudaurelia rendalli Rothschild, Nov.
Zool., IV, 182, 1897) ; Sonthonnax, Lép. soie, 111,10, pl. II, fig. 2
(Ç), 1901. Bunaea rend. Bouvier, Re . Zool. afr., XV, 144, 1927.
Bunaeopsis rend. B uvier et Riel, loc. cit., 63, 1931. Nud. (Gon.
rendalliana Gaede, loc. cit., 322, 1927. Gon. hers. rendalli Schüssler)
107, 608. Nud. macrophthalma editha WichgralT, loc. cit., 1914, 392.
Nud. (Gon.) editha et hersilia. Gaede, loc. cit., 321, 50a, 1927. Gon.
macrophthalma editha Schüssler, 108.
11. Nudaurelia jebbae Sharpe, Ann. Nat. Hist., (7), III, 372. 1899. Nud. (Gon.)
jeb. Gaede, loc. cit.. 322, 1927. Gonimbrasia jeb. Schüssler, 107.
Genre Vil. — PARABUNAEOPSIS Bouv.
(Pl. IV, fig. 4).
Parabunaeopsis E.-L. Bouvier, C. H. Ac. Sc., CLXXXIX, 1655. 1934.
Dans mon travail sur les Saturnoïdes de l’Afrique tropicale, je faisais
rentrer dans le genre Bunaeopsis deux
espèces, reducla Rebel et m'palensis
Sonth. dont je ne connaissais que les
figures, non sans observer toutefois
qu’elles diffèrent des autres Bunaeopsis
par la rayure interne du dessus des
antérieures qui, au lieu de former
angle en arrière de la cellule entre les
nervures anale et cubitale postérieure,
se dissocie et devient anguleuse sur le
cubitus cellulaire. D’autres formes pré¬
sentent le même caractère, notamment
deux nouvelles, birbiri Bouv. et jefferyi
Bouv.. Ayant pu étudier à fond cette
dernière, j’ai constaté qu’au contraire
des Bunaeopsis , les femelles présentent
sur les tibias antérieurs une épiphyse
aussi bien développée que celle des
Bunaea et que, d’autre part, l’arma¬
ture sexuelle du cf (fig. 22), tout en
. ressemblant en général à l’armature des „. ,, , . . .. .
° rig. za. — Parabunaeopsis jefferyi ,
Bunaeopsis , ne présente qu’une pointe armature cf vue en dessous.
saillante au-dessus delà partie verticale
bilobée de l’uncus; d’ailleurs le pénis, terminé par quatre épines, est muni
à sa base de deux fortes lames déjetées en dehors. Il est possible que cette
armature et l’épiphyse soient variables dans les autres espèces, mais toutes
E.-L. BOUVIER
78
présentent en commun, aux antérieures, un ocelle transversalement ovalaire
et réduit, une rayure externe à peu près droite et sans inflexion costale, sur
la tête des antennes peu pectinées chez la 9> au prothorax probablement
toujours un collier discolore. Ce dernier trait les rapproche de jebbae qui est
peut-être un représentant de ce nouveau type pour lequel j’ai proposé le
terme générique de Parabunaeopsis. Stades larvaires inconnus.
Ce genre, propre à l’Afrique orientale, comprend les espèces suivantes,
dont le développement reste inconnu.
Tableau des espèces
A. Ocelle des postérieures avec un épais anneau rouge entre le noir et l’externe qui est
rosé. Rayures externes lisérées de clair en dedans.
B. La rayure interne des dessus des antérieures n’est pas discontinue à son angle
sur le cubitus. La pupille jaune des ocelles à fenêtre punctiforme et entourée
d’un fin anneau noir. Rayure externe des antérieures droite, totalement ou
à peu près parallèle au bord externe, brunâtre, lisérée de rose.
C. Rayure externe des antérieures un peu oblique, celle des postérieures ur»
peu en S. Tonalité du dessus du corps et des ailes jaune chrome un peu rou¬
geâtre, avec semis d’écailles rougeâtres dans les aires externes ; un collier.
Dessous du corps et des ailes brun rougeâtre. (100-110) (Tanganyika. .
. 1. rectilineata Sonth.
C'. Rayure externe des antérieures parallèle au bord externe. Tonalité du
dessus du corps et des ailes variant du brun fauve au rougeâtre, avec écailles
roses dans les aires externes. Dessous variant du rouge vineux au gris rou¬
geâtre. (cf 112-140, 9 H 6 ) (Tanganyika). 2. m’palensis Sonth,
B'. Rayure interne du dessus des antérieures longuement interrompue sur 1&
cubitus. Pupille jaunâtre des ocelles à fenêtre ronde notable, entourée d’un
anneau noir. Rayure externe des antérieures un peu en S et oblique. Tonalité
générale jaune ocre clair en dessus, rougeâtre en dessous. (9 92-100)
(Nyassa). 3. reducta Reb.
A' Ocelle des postérieures avec un épais anneau gris entre le noir et l'externe qui est
rose. Collier blanc au bord postérieur du prothorax. Rayure externe des anté¬
rieures plus près de l’apex que du tornus. Une bande brunâtre médiane en dessus
aux antérieures, en dessous aux deux ailes.
B. Rayure interne des antérieures légèrement interrompue sur le cubitus ;
rayure externe des deux ailes marginée de rose en dedans. Dessus des anté¬
rieures châtain moucheté, plus foncé dans l’aire interne, ailleurs lavé de rose.
Dessus des postérieures châtain moucheté de noir dans l’aire externe, ailleurs;
rose rouge. Dessous rose rouge aux antérieures, gris rosé aux postérieures.
Corps châtain clair, (cf 79) (Abyssinie : Birbir). 4. birbiri Bouv,
B’. Rayure interne des antérieures sans interruption cubitale, l’externe des anté¬
rieures finement lisérée de rose en dedans, largement en dehors, celle des posté¬
rieures largement noirâtre, à large frange rose du côté interne. Dessus des ailes
variant du gris jaunâtre au roux rougeâtre, avec la zone baso-médiane envahie
par du rouge aux postérieures. Dessous variant du gris au rouge. Corps variant
du rouge au brun, (cf 98-100, 9 102); (pl. IV, fig. 4) (Kenia).
. 5. jejferyi Bouv,
FAMILLE UES SATURNIIDÉS
Bibliographie
1. Nudaurelia rectilineata Sonthonnax, Lép. soie, III, 16, pl. V, fig. 3 (Q), 1901 ;
Bouvier et Riel, loc. cit., 65, 1931. Gonimbrasia rec. Schüssler, 109, 608
Ijadis Coll. Oberthür).
2. Nudaurelia m’palensis Sonthonnax, loc. cit., 16, pl. VI, fig. 1 (cf). 1901;
Bouvier et Riel, loc. cit., 65, 1931. Nud. {Gon .) m’palensis Gaede, loc.
cit., 322, 1927. Gonimbrasia m’palensis Schüssler, 108, 609 (jadis Coll.
Oberthür,.
3. Nudaurelia reducta Rebel, Ann. Naturli. Hoftnus., XXXI, 166, pl. VI, fig. 1
($), 1917; Gaede, loc. cit., 326, 1928; Schüssler, 121, 708. (Mus. de
Vienne).
4. Bunaeopsis ètrèirt Bouvier, Bull. Soc. linn. Lyon, VIII, 120, 1929. Acantho—
campa birbiri Schüssler, 611.
5. Bunaeopsis jefjeryi Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 96, pl. X, fig. 1 (cf), 2 (Ç),
1930. Acanthocamp. conradsi jeff. Schüssler, 611. (Coll. Joicey, cotypes,
Mus. Paris).
var. : parva (Bunaeopsis jef. parva Bouvier, loc. cit., 98,1930. Acnthoc.-
parva Schüssler, 611). Cette forme plus petite (79) ayant l’ocelle
postérieur en contact avec le blanc de la rayure externe. (Coll.
Joicey et cotvpe au Mus. de Paris).
Genre VIII. — L0B0BUNAEA Packard.
(PI. VIII, fig. 2 et pl. X, fig. 1).
Lobobunaea A. S. Packard, Journ. New-York ent. Soc., IX, 191, 1901;
Aurivillius , Ark. Zool., II, n° 4, 19, 19, 1905 (( pro parte) ; Packard, Mem.
Ac. Sc. Washington, XII, 57, 1914 (pro parte) ; Gaede, loc. cit., 327,
1927 (pro parte) ; E. L. Bouvier, Mém. Ac. Sc., LIX, n° 4, 29, 39, 1927 ;
Saturn. Afr. trop, franç., 622, 1928 ; C. H. Ac. Sc.. CLXXXIX, 1654, 1934 ;
Schüssler, 127, 615 (pars).
Antennes quadripectinées (fig. 23) dans les deux sexes, plus ou moins
brièvement chez la Ç, où la dent antérieure se réduit à une courte épine,
dans les deux sexes terminée par environ une dizaine d’articles simples et
munis ventralement d’une carène en soc, toujours puissante surtout chez
le cf. Epiphyse convexe, du côté ventral absolument nue (fig. 24). Ailes
(pl. VIII, fig. 2) antérieures très falquées et avec l’apex ordinairement aigu
ou subaigu, bien saillant chez le cf, moins chez la 9; une rayure interne
interrompue sur la cellule où parfois elle devient continue pour devenir
transverse, assez souvent une bande médiane large et brunâtre, une externe
franchement oblique, apicale ou préapicale, enfin une fenêtre discale d’ordi¬
naire proximalement tronquée, plus grande chez la 9, parfois un peu
auréolée [dans les deux formes terminales seulement (christyi, phaeax )] en
ocelle ovalaire avec anneaux colorés. Bord externe des postérieures parfois
un peu onduleux comme celui des antérieures, parfois aussi subanguleux
ou avec un léger lobe anal ; ces ailes avec ou sans rayures interne et externe,
E.-L. BOUVIER
80
mais toujours avec un grand ocelle où la pupille brune, entourant la fenêtre
centrale, est encerclée d’un anneau noir qui se distingue mal de la pupille
quand celle-ci devient noirâtre et, dans tous les cas, s’entoure lui-même
d’un anneau rouge ou blanchâtre,
lequel peut être suivi à son tour
d’un ou deux autres anneaux.
Quand l’anneau qui entoure le
noir n’est pas rouge, la région
costale du dessus des postérieures
prend une tonalité rose-rouge qui
s’avance plus ou moins autour de
l’ocelle; dans ce cas (sauf chez
acetes), la région anale du dessous
des antérieures prend le même
ton. Dans les autres formes, on
Fig. 23. — Tiers terminal (vu presque
de côté), des antennes de Lobobunaea
alopia waterloli : M chez le çf, F chez
la Q-
Fig 24 — Face inférieure du tibia anté¬
rieur droit de Lobobunaea alopia water-
loti Bouvier montrant 1’ épiphyse. En
haut cf, en bas Q, à gauche naturelle,
en bas dénudée.
n’observe rien de semblable, mais à part mitfordi et eblis, une aire se déve¬
loppe en dessus autour de l’ocelle, cette aire d’un ton rouge souvent bru¬
nâtre, qui devient plus intense autour de l’ocelle et y développe une sorte
d’anneau supplémentaire ; bien souvent, il n’y a pas d’autre indication
de rayure externe que la séparation presque virtuelle du ton de cette zone
FAMILLE DES SATÜRNIIDÉS
81
et de celui de l’aire externe avoisinante. En dessous, on observe généra¬
lement une bande médiane brune à chaque aile, toujours une rayure externe
qui, aux antérieures, est semblable à celle du dessus et, aux postérieures,
droite ou presque.
Dans presque tous les cas, on observe en dessous (PL X, fig. 1), vers la
base des postérieures, une petite tache brune ; à cette tache s’en ajoutent
fréquemment d’autres, d’abord aux antérieures, sous la forme de deux
arceaux bruns, l’un proximal, l’autre distal, qui entourent la fenêtre, ensuite
également aux postérieures où les arceaux
deviennent plus forts et sont accompagnés
parfois de taches brunes annexes.
La présence de ces taches brunes, de même
que celle d’un lobe anal aux postérieures,
s’observent aussi dans les Bunéens armés du
genre Pseudobunaea que les auteurs ont con¬
fondu jusqu’ici avec les Lobobunaea. Bien
qu’inerme, comme l’avait observé Aurivillius,
cleopatra ne saurait être rangé dans ce dernier
genre, car il présente les deux traits princi¬
paux des Pseudobunaea , de fines rayures en
zigzags, et l’ocelle postérieur sombre, sans
anneau clair en dehors du noir. -— Épines
des chenilles normalement développées dans
L. alopia rhodophila, remarquablement brèves
dans phaedusa (A. Schultze, Arch. Naturg.,
LXXX, A, I, 155, 160, 1914).
Le genre Lobobunaea se rapproche mani- pig 23 _ Lobobunaea alopia
festement des Parabunaeopsis , surtout du waterloti, armature cf en des-
P. jefferyi qui présente une épiphyse nue et sous -
dont l’armature sexuelle du çf offre le même
type (voir fig. 22 p. 77 et 25); à savoir une pointe dorsale à l’uncus, une
expansion ventrale, des claspers inermes, un sternite X très éloigné du pénis,
ce dernier enfin avec deux puissantes lames basales et quelques denticules
au bout du pénis. Dans les trois espèces dont j’ai fait l’étude, alopia
waterloti , eblis et phaedusa , on observe partout ces caractères (sauf dans
eblis où la pointe péniale est dépourvue de denticules), et les modifications
purement spécifiques portent : sur la pointe de l’uncus qui est à peine
infléchie et en pointe obtuse dépassant les claspers dans phaedusa, aussi
longue que ces derniers et infléchie en griffe à la pointe dans waterloti , un
peu moins dans eblis ; — sur la saillie verticale qui est tronquée carrément,
avec dilatation en pointe de ses angles latéraux dans eblis, — sur le sternite X
qui est tronqué (eblis) avec deux boutons terminaux ( waterloti ), ou en pointe
courte (phaedusa)-, — dans les dimensions du pénis qui est court dans water¬
loti, mais atteint la saillie verticale de l’uncus dans les deux autres formes, ses
mémoires dd mdséi'm, nouvelle série, tome m.
fi
E.-L. BOLIVIE K
S2
James basales étant toujours longues et noires. D'après une observation de
Rothschild au sujet de melanoneura, l’uncus de cette espèce reste aplati au
lieu de s’étirer en pointe comme dans acetes.
Suivant l’exemple de Gaede, je fais rentrer [dans [le genre mes « Bunaea
du type goodi », mais j’y ajoute tous les « Nudaurelia bunêiformes » (Voir,
Saturnioides Afr. trop, franç., p. 584 et 607).
Ainsi compris, le genre renferme les 22 espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. Ocelle postérieur où l'anneau noir est entouré d'un autre variant du blanc au
violâtre , parfois en partie gris , en tout cas jamais rouge.
B. Rayure interne des antérieures droite ou presque , parfois nulle , l’ocelle de ces
ailes à peu près réduit à sa fenêtre ; du rose ou du rouge au bord costal des
postérieures où il s’avance plus au moins jusqu’à l’ocelle, le même ton en
dessous au bord anal des antérieures ; un collier clair au bord postérieur du
prothorax ; pas de touffe claire à la base des antennes. La radiale antérieure
naît ordinairement de la cellule, parfois pourtant du pédoncule radial. Pas de
taches brunes sous les ailes.
C. Ailes antérieures peu falquées avec l'apex peu saillant , subaigu ou obtus , les
rayures du dessus des deux ailes auréolées de blanc rosé ou violacé, l’interne
en dehors, l’externe en dedans, celle-ci avec dilatation costale ; anneau
clair de l’ocelle souvent gris en dedans et blanc en dehors, parfois tout
blanc. En dessous, pas de taches brunes, mais large bande médiane bru¬
nâtre à chaque aile. Ton jaunâtre ou bruni. 1. alopia Westvv.
D. Une auréole claire en dehors contre la rayure externe.
E. Cette auréole en bande régulière ( cf 112 1 (Afrique occidentale).
..... a. alopia
E'. Cette auréole découpée en fortes dents internervulaires, celle de la
rayure interne très dilatée à la côte. La radiale antérieure naît de la
cellule ou du pédoncule, (cf 80-110, Q 88-114, atteint 128 dans la
forme obliqua Bouv.) (de l’Afrique occidentale au Natal et au
Tanganyika). a. rhodophila Roths.
D’. Auréole distale de la rayure externe nulle ou rudimentaire, celle de la
rayure interne très dilatée à la côte. La radiale antérieure naît de la cellule,
• Cf 86-117, Ç 96-116) (Dahomey). a. waterloli Bouv.
C'. Ailes antérieures bien falquées avec l'apex aigu et très saillant ; la nervure
radiale antérieure naît de la cellule. Ton plutôt noirâtre.
D. Rayures du dessus des ailes nettes, les internes un peu auréolées de clair
en dehors, l’externe des antérieures avec un filet clair entre deux foncés
et une auréole externe réduite, parfois indépendante. Anneau externe
de l’ocelle blanc violâtre, (cf 98 (Guinée) 162 type, $ de Guinée 102)
(Afrique occidentale). 2. jamesoni Dre.
D'. Rayures nulles ou presque ; anneau externe de l’ocelle brun violâtre.
(Cameroun). 3. aelhiops Roths.
B . Rayure interne des antérieures discontinue sur le cubitus ; du rose ou du rouge
costal aux ailes postérieures. Apex de la 9 aigu, très saillant chez le cf où
il est aigu ou subaigu.
C. Nervure antérieure naissant du pédoncule radial.
D. Pas de tache brune sous les ailes ; fenêtre des antérieures simple, rayure
externe de ces ailes préapicale avec irradiation rose clair en dehors ;
FAMILLE DES SATLRNIIDES
83
une bande médiane en dessous à chaque aile ; prothorax sans collier ;
antennes gris brunâtre, avec touiïe blanche à leur base (c ? type, 112)
(Congo français). 4. thoirei Bouv.
D'. Une tache brune en dessous à la base des postérieures.
E. Rayure externe des antérieures apicale avec auréole externe blanchâtre,
convexe entre les nervures, ces ailes avec une bande médiane en dessus,
et petite fenêtre simple comme les fenêtres du dessous des deux ailes
où existe également une faible bande médiane. Pas de collier, mais
touiïe blanche à la base des antennes (Afrique orientale).
... 5. ansorgei Roths.
E'. Rayure externe des antérieures préapicale ; probablement jamais de
collier net.
F. Une touffe blanche à la base des antennes qui sont noires, une auréole
claire en dessous autour de la fenêtre des postérieures. Grand ocelle
égalant environ le 1 /7 e de la longueur des antérieures.
G. Fenêtre des antérieures à peu près simple, rayure externe de ces
ailes à irradiation externe nulle ou rudimentaire ; bandes médianes
à peine sensibles, (cf 125, Ç 127) (Congo belge). 6. niepelti Strd.
G'. Fenêtre des antérieures entourée de brun foncé puis de fauve clair :
celle du dessous des postérieures avec une lunule brune ; rayure
externe des antérieures avec auréole externe blanc rose. (çflOO-
125, 9 H5) (Cameroun). goodi Holl.
F'. Pas de touffe blanche à la base des antennes, dessous des ailes
dépourvu de zone rose ; petit ocelle ovalaire dont le grand diamètre
égale 1 /9 e de la longueur des antérieures. (9 type, 130) (Congo
belge). 8. leopoldi Bouv-
U'. Nervure antérieure naissant de la cellule ; fenêtre des antérieures simple.
D. Pas de taches brunes sous les ailes, pas de collier ni de touffe antennaire
claire ; une zone anale rose ou rouge en dessous aux antérieures.
E. Pas de bande médiane ni en dessus ni en dessous ; dessus des postérieures
avec une rayure externe complète, convexe, frangée de blanchâtre en
dedans, partie post-cellulaire de la rayure interne des antérieures
presque droite, très oblique en dehors, (pl. VIII, fig.2). (c? type, 115)
(Cameroun). 9. batesi Bouv.
E'. Une bande médiane en dessus aux antérieures et, en dessous, à chaque
aile ; dessus des postérieures avec rayure externe réduite à sa partie
post-ocellaire ; partie post-cellulaire de la rayure interne des anté¬
rieures très anguleuse, (c? type, 112) ( Kasaï et Tanganyika).
. 10. rosea Sonth.
D'. Des taches brunes sous les ailes ; probablement jamais de bandes médianes.
E. Ces taches réduites à la basale des postérieures, zone anale du dessous
des antérieures rouge ; rayure externe des postérieures réduite à sa
partie post-ocellaire, l’interne des antérieures anguleuse ; prothorax
en collier brun rouge. (ç?125, 9 153) (Cameroun).
. II. erythrotes Karsch.
F’. En dessous, une tache basale aux postérieures et une ou plusieurs
lunules brunes près de la fenêtre de chaque aile.
G. Dessus des ailes saris nervures apparentes, rayure interne des anté¬
rieures anguleuse en arrière de la cellule, l’externe des postérieures
complète, presque droite sur les deux faces. Pas de zone anale
discolore sur la face ventrale des postérieures. Une touffe blanche
à la base de chaque antenne. (G 1 125-135, 9 114-162) (Afrique
occidentale). 12. aceles Westw.
8-4
E.-L. BOUVIER
G'. Dessus des ailes avec les nervures tranchant en noir sur le fond
ocracé en dehors de la rayure externe (Côte-d’Or).
. 13. mrtanoneura ltoths.
A'. Ocelle postérieur où le noir est suivi d'un anneau rouge.
B. Ocelle du dessus des antérieures à peu près réduit à sa fenêtre.
C. L'anneau rouge de l'ocelle postérieur n'est pas suivi d'un blanc ; aile antérieure
du c? très falquée avec l’apex aigu, une grande fenêtre en demi-ovale, sans
bande médiane sur ses faces ; postérieures avec l’apex arrondi, le bord
externe régulièrement convexe jusqu’au petit lobe anal, une rayure externe
convexe, celle de la face ventrale un peu moins et accompagnée d’une bande
médiane. En dessous, pas de taches brunes mais, au tornus des antérieures,
une grande tache crayeuse irrégulière où s’arrête la rayure externe ; collier
rouge (cf 100) (Sierra-Leone). 14. mitfordi Ky.
C'. L'anneau rouge suivi d'un blanc parfois rosé ; aile antérieure du çf falquée.
D. Pas de tache brune en dessous. Antérieures en dessus avec assez grande
fenêtre, une rayure interne anguleuse, une externe droite, surtout
blanche avec dilatations blanches aux nervures, l’apex obtus chez le çf,
aigu chez la Ç ; la bande médiane réduite ou nulle ; postérieures avec
une rayure interne, mais sans rayure externe, le bord externe subangu¬
leux chez le cf, régulièrement convexe chez la Ç. Dessous avec, sur
chaque aile, une rayure externe droite auréolée proximalement de blan¬
châtre et une bande médiane droite. Pas de touffe antennaire, pas de
collier net. Ton noirâtre. (165-190) (Afrique occidentale). 15. eblis Streck.
D'. Au moins une tache brune en dessous (sauf parfois dans saturnus) située
vers la base des postérieures ; autour de l’ocelle une aire rouge sang,
parfois brunie, qui s’épaissit en anneau autour de l’anneau blanc, con¬
tinuée en arrière de l’ocelle par un trait obscur qui représente la rayure
externe, parfois aussi en avant.
E. En dessous , pas d’autre tache que la brune basale , à chaque aile une rayure
externe droite et une bande médiane. En dessus, aux antérieures de
la $ dont l’apex est aigu, une rayure interne discontinue, auréolée
distalement de blanc dans la région cellulaire, une bande costale trian¬
gulaire en dehors de la fenêtre et une rayure externe droite avec
auréole distale blanche et découpée en dents. Bord externe des posté¬
rieures régulièrement convexe avec apex subaigu. Ton isabelle avec
le bord postérieur du prothorax en collier blanc. Pas de touffe
blanche à la base des antennes. Ton isabelle. (Ç type 185) (Sierra-
Leone). 16. elegans Bouv.
E'. Outre la tache basale des postérieures, il y a en dessous , autour de la fenêtre
des antérieures, deux arceaux bruns qui l’enserrent. Apex des antérieures
obliquement tronqué, au moins chez le cf- Prothorax en collier blanc.
F. Troncature des antérieures faible chez le cf, nulle chez la Ç, où l’apex
est aigu.
G. Rayure externe deS postérieures droite en dessus, concave du côté
externe en dessous ; taches brunes de la fenêtre du dessous des
antérieures marginées de blanc rose, celles des postérieures indi-
quéesparfois par une vague tache brun clair(ef 170, 9 130-180).
(Natal). 17. angasana Westvv.
G'. Rayure externe des postérieures vague et virtuelle en dessus, droite
en dessous ; arceaux bruns de la fenêtre des antérieures avec
leur bord convexe liséré de rouge, le tout dans un anneau blanc
rose et figurant une sorte d’ocelle ovalaire. Fenêtre des posté¬
rieures punctiforme, sans tache ; une touffe blanche à la base
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
85
de chaque antenne. Bande médiane en dessous aux ailes. (160-170)
(del’Angola au Tanganyika). 18. saturnus Fabr.
F'. Troncature des antérieures forte sûrement dans les deux sexes, car
elle est grande chez la $. Rayure externe des postérieures convexe
en dessus, droite en dessous. Taches brunes de la fenêtre du dessous
des antérieures fortes sur leur bord convexe, lisérées de rouge ou de
violet, puis de blanc rose, l’ensemble ne figurant point un ocelle.
(165-180) (Tanganyika). 19. tanganicae Sonth.
E'. En dessous deux arceaux bruns autour de la fenêtre des antérieures,
des taches plus fortes et souvent plus nombreuses autour de la fenêtre
des postérieures, ces taches souvent à liséré blanchâtre. Antérieures
avec l’apex subaigu et très saillant chez le cf, peu saillant chez la Ç,
les parties claires à peu près disposées comme dans elegans. Bord
externe des postérieures peu sensiblement anguleux chez le cf- Pro¬
thorax gris, en collier blanc postérieur; une touffe grisâtre à la base de
chaque antenne. (158-200) (Afrique occidentale). 20. phaedusa Ducrv.
B'. En dessus un ocelle à chaque aile avec la pupille noire encerclée de rouge puis de
blanc, celui des antérieures médiocre, ovalaire, avec sa pupille coupée en deux
par une raie transverse, celui des postérieures grand, arrondi, muni d’une
fenêtre en fente étroite et noyé dans une auréole rouge brunâtre qui devient
plus intense autour de l’anneau blanc; la rayure externe des antérieures un
peu concave en dehors et en avant, celle des postérieures nulle ou très réduite.
Dessous avec chaque fenêtre entre deux fortes taches brunes, sur leur bord
libre convexe marginées de foncé, puis souvent de blanc rosé ; les taches des
postérieures plus fortes, parfois irrégulières, avec taches accessoires ; rayure
externe droite passant par ces taches ou tout près. Ailes antérieures avec
l’apex saillant et aigu. Prothorax en collier crème clair passant au blanc
en arrière.
C. Tonalité générale d’un gris jaunâtre, presque sans mouchetures, plus pâle et
rosée du côté ventral ; la $ avec l’apex des antérieures assez saillant et le
bord externe des postérieures presque sans lobe anal. Pas de touffes claires
à la base des antennes. (180-205) (Du Togo au Tanganyika).
. 21. chryslii Sh.
C'. Tonalité générale grise avec nombreuses mouchetures noires sur ies deux
faces ; antérieures de la Ç avec l’apex peu saillant et le bord externe presque
droit ; un lobe anal aux postérieures, une touffe plus claire à la base
de chaque antenne, (pl. X, fig. 1, dessous). 22. phaeax Jord.
bibliographie]
I. Saturnia alopia Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII, 55, 1849 (cf, Mus. brit.).
Bunaea al. Walker, List, V, 1231, 1855. Gonimbrasia al. Butler, Ann.
Nat. Hist. (5), II, 462, 1878. Nudaurelia al. Sonthonnax, Lép. Soie, III,
27, pl. X, fig. 2 (cf). 1901 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 608, 1928 ;
Bouvier et Riel, loc. cit., 64, 1931 ; Schüssler, 115, 611. Nudaurelia
sonthonnaxi Weymer, Deuts. ent. Zeits. Iris, XX, 51,1907; Schüssler, 122.
Var. : rhodophila (Antheraea rhodophila Walker, Proc. Nat. Hist. Soc.,
Glascow, I, 343, 1869). Gonimbrasia rho., Butler, Ann. Nat. Hist. (5),
II, 462,1878. Nudaurelia rho., Sonthonnax, Lép. Soie, III, 28, pl. XV,
fig. 1 ( cf)i 1901 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç, 609, 1928 ; Bou¬
vier et Riel, loc. cit., 64, 1931 ; Schüssler, 121, 614. Anlh. intermiscens
Walker, loc. cit., 244, fig. 6 (cf, Ç), 1869. Gon. int., Karsch, Berl.
ent. Zeits., XXXVII, 497, 1893. Bunaea int. Sonthonnax, loc. cit.,
80
E.-L. BOUVIER
28, pl. XV, fig. 1 ($), 1901. Nud. int. Aurivillius, Ark. zool., II, 9,
1905. Nud. rho. int. Schüssler, 121. S. rho. obliqua. Bouvier, Rev.
Zool. Afric., XVII, 401, 1930 (Mus. Congo). — waterloti (Nud. al.
waterloti, Bouvier, Bull. Mus., 346, 1926; Saturn. Afr. trop, franc.,
611, fig. 5 (antennes), 10 (tibia I), et pl. II, fig. 2 (cf), 1928); Bou¬
vier et Riel, loc. cit., 64,1931 ; Riel, Lab. Soie, fasc. 10,13,10, pl. V,
fig. 21 (cf), 22 ( 9), pl. VIII, fig. 21 (cf), 1934. Nud. waterloti Schüs¬
sler, 614. (Mus. Paris).
2. Bunaea jamesoni Druce in Jameson, Story Rear Column, 448, 1890. Nudaurelia
ja. Bouvier, Saturn. Afr. trop, franc., 611, 1928. Lobobunaea ja. Schüssler,
122, 616. Gonimbrasia rubricostalis Kirby, Ann. Nat. Hist., (6) X, 174,
pl. XI, fig. 2 (cf), 1892. (cf Coll. Joicey).
3. Imbrasia aethiops Rothschild, Ann. Nat. Hist., (7), XX, 2, 1907. Nudaurelia ae.
Bouvier, loc. cit., 708, 1928. Lobobunaea ae. Schüssler, 128. (cf Mus.
Tring).
4. Bunaea thoirei Bouvier, Ann. Sc. nat., (10), IX, 334, pl. I, fig. 6 (cf), 1926 ;
Saturn. Afr. trop, franç., 584, pl. II, fig. 1 (cf), 1928. Lobobunaea thoirei
Schüssler, 131, 618. (Mus. Paris).
5. Bunaea ansorgei Rothschild in Ansorge « Under the afric. Sun », 320,1899 ; Bou¬
vier, loc. cit., 708, 1928. (Mus. Tring).
6. Lobobunaea luepeZli Strand, Lep. niep., 1,19, pl. XII, fig. 12 ( cf), 1914; Schüssler
129 et suppl., 617. Bunaea nie. Bouvier, Ann. Sc. nat., zool. (10), IX,
pl. 1, fig. 5 (cf), 1926 et Saturn. Afr. trop, franç., 586, 1928 ? Bunaea
reginœ Bouvier, Rev. zool. afr., XVII, 396 et figure (Q), 1930. (Coll.
Niepelt ; type de reginae au Mus. du Congo).
7. Bunaea goodi Holland, Ent. News, IV, 136, pl. VIII, fig. 3 (cf), 1893 ; Bouvier,
Saturn. Afr. trop, franç., 585, 1928 et ? Bull. Hill Mus., IV, 94, 1930.
Lobobunaea goodi Gaede, Seitz, XIV, 328, 54 a (Q), 1927; Schüssler, 129,
616. (cf Mus. Carnegie).
8. Bunaea leopoldi Bouvier, Rev. Zool. afr., XVII, 398, fig. 3 ($), 1930. (Mus.
Congo).
9. Lobobunaea batesi Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 105, pl. XI, fig. 3 (cf), 1930 ;
Schüssler, 616. (cf Coll. Joicey, cotype Mus. Paris).
10. Bunaea rosea Sonthonnax, Lép. Soie, III, 39, pl. XIX. fig. 2 (cf), 1901. Lobo¬
bunaea rosea Bouvier et Riel, loc. cit. ,67,1931; Schüssler, 131,617. ( cf Gond.
des soies Lyon).
11. Bunaea erythrotes Karsch, Berl. ent. Zeits., XXXVII, 96, 1893. Gonimbrasia er.
Rothschild, Nov. Zool., II, 38, 1985. Lobobunaea er. Bouvier, Saturn.
Afr. trop, franç., 627, 1928 ; Schüssler, 129, 616. (Mus. Berlin).
12. Saturnia acetes Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII, 53, 1849. Bunaea ae. Maassen
et Weyding, Beitrage, fig. 108 et 109 (9), H0 et 111 (cf), 1885. Gonim¬
brasia ac. Rothschild, loc. cit., 38, 1895. Lobobunaea ac. Bouvier,
Saturn. Afr. trop, franç., 626, 1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 67, 1931 ;
128, 616.
13. Gonimbrasia melanoneura Rothschild, Ann. Nat. Hist., (7), XX, 4, 1907. Lobo¬
bunaea mel. Bouvier, loc. cit., 626, 1927 ; Schüssler, 129. (cf Mus. Tring).
14. Bunaea mitfordi Kirby, Ann. Nat. Hist., (6), X, 173, pl. XI, fig. 1 (cf), 1892.
Lobobunaea mit. Bouvier, loc. cit., 624,708,1928 (ici un lapsus rapportant
l’espèce à Rothschild et le type au Tring Muséum); Schüssler, 129,
617.
15. Saturnia eblis Strecker, Lepidoptera, 121, 1876 et 128, pl. XIV, fig. 9, 1878.
Bunaea eb. Kirby, Trans. ent. Soc., 1877, 16. Imbrasia eb. Schüssler, 140,
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
87
622. Nudaurelia eb. Bouvier, loc. cit., 612,1928 ; Bouvier et Riel, 64,1931.
Bunaea buchholzi, Plôtz., Stett. ent. Zeits., XLI, 87,1880.
16. Lobobunaea elegans Bouvier, loc. cit., 628, pi. 1, fig. 5 (Q), 1928. (Mus. Paris).
17. Saturnia angasana Westwood (nec Schüssler), loc. cit., 52, 1849. Bunaea an.
Sonthonnax, Lép. Soie, III, 38, pl. XX, fig. 1 (Ç), 1901. Lobobunaea
angasana Bouvier et Riel, 67,1931 (Voir Bunaea angasana, p. 91).
18. Bombyx saturnus Fabricius, Ent. syst.,III (1), 409, 1793. Bunaea sat. Maassen
et Weyding, loc. cit., fig. 82 et 83 ( $), 1885. Lobobunaea sat. Bouvier, loc.
cit., 629, 1928 ; Schüssler, 131, 617. Lob. phaedusa orientis Le Cerf, Voy.
Rothschild, 456, 1922. Bunaea ammon Karsch in Werther « mittleren
Hochlànder nordl. Deutsch Ost. Afrika », 314, 1898. Lob. ammon
Schüssler, 616 ( L’espèce est ici regardée avec les figures de Maassen et Wey¬
ding comme types; Westwood pense que [saturnus Fabr. est synonyme de
phaedusa ; Gaede que le saturnus des auteurs devrait être appelé weymeri).
19. Bunaea tanganicae Sonthonnax, loc. cit., pl. XX, fig. 2 (Ç), 1901. Lobobunaea
tan. Bouvier et Riel, loc. cit., 67,1931 ; Schüssler, 131 et 618.
20. Phalaena attacus phaedusa Drury, Illustr., III, 32, pl. XXIV et XXV (cf), 1780.
Saturnia ph. Westwood, loc. cit., 51, 1849. Bunaea ph. Walker, List, V,
1229,1885. Lobobunaea ph. Beutenmüller, Journ. N. Y. ent. Soc., IX, 193
fig. 1-3 (pupe), 4 (œuf), 5 (chenille), pl. XII (Ç), 1901 ; Bouvier, Saturn.
Afr. trop, franç., 625, 630,1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 67,1931. Anthe-
raea lestrygon Mabille, Bull. Soc. ent. France, 1887, p. CLXXX. Bunaea
les. Karsch, loc. cit., 497, 1893. Lobob. ph. lest. Schüssler, 130. Bunaea
thomsoni Kirby, Trans. ent. Soc. London, 1877,19. Lobob. ph. th. Schüssler.
130. Lobob. laurae Strand, Arch. Naturg., LXXVIII, A, VI, 141, 1912.
Lobob. lau. Schüssler, 129.
21. Bunaea chrystyi Sharpe, Ann. Nat. Hist., (7), III, 371, 1889. Lobobunaea chri.
Schüssler, 128, 616.
22. Lobobunaea phaeax Jordan, Nov. Zool., XVII, 255, 1910, Bouvier, loc. cit., 625,
633, pl. V, fig. 5 (cf), 1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 67,1931 ; Schüssler,
129, 617 ; Riel, Lab. Soie, fasc. 10, suppl., pl. VI, fig. 23 (cf), 1934. Bunaea
chrystyi André, Elev. Vers à soie sauv., 177, fig. 85 ($), 1908 ; Conte,
Lab. Soie, XV, 19, Pl. VII, fig. 1.
Les chenilles à'alopia rhodophila, d’après Schultze [Arch. Naturg.,
LXXX, A, I, 155, 1914) sont brun-rouge-jaunâtre avec leurs stigmates dans
une tache noire ; au cours de la saison pluvieuse, elles vivent « en des sortes
de nids » sur Tréma guineensis pour donner adulte vers le soir au printemps
suivant. Aurivillius observe (Ark. Zool., II, 9, 1905) que leurs épines sont
noires, les dorsales des deux derniers segments thoraciques plus longues,
celles du 8 e segment abdominal fusionnées en une seule à pointe bifide ; la
pupe brun-noir est un peu rugueuse. Dans le Journal N. Y. ent. Soc., vol. IX,
1901, A. S. Packard d’un côté (p. 191) et W. Beutenmuller de l’autre [193,
pl. XII, fig. 1-3) (pupe), 4 (œuf) et 5 (chenille)] ont étudié le développement
de phaedusa, sans doute d’après les mêmes matériaux : les œufs sont collés
par petits groupes à la face inférieure des feuilles, finement et régulièrement
réticulés, ils sont blanc sale avec une bande longitudinale brune et mesurent
3 millimètres sur 2,25 ; la pupe nue se termine par un assez long prolon¬
gement armé de petites pointes. D’après Schultze {Arch. Naturg., LXXX.
8 S
li.-L. BOUVIFR
A, I, 1914), la chenille est d’un blanc verdâtre semée de taches brun cuir,
avec ligne longitudinale violâtre sous les stigmates et une rouge vin sur le
dos; très polyphage, elle peut atteindre « trois fois le contour du doigt index»;
tournant au rose avant de se pupifîer dans le sol, elle donne trois mois plus
tard un papillon qui éclôt aux heures tardives du soir. Il y aurait deux
générations annuelles, car l’auteur trouva la chenille en avril aussi bien qu’en
juillet. Comme Aurivillius l’a fait observer (Ark. Zool. , II, n° 4, 25, 1905),
les chenilles diffèrent de celles des Bunéens typiques et ressemblent à celles
des Pseudobunaea ? par la brièveté de leurs épines qui sont à peines saillantes
ou rudimentaires, par leurs segments plus amples qui s’élèvent en hauts
bourrelets transversaux sur la face dorsale. Ces segments, dit Packard,
sont extraordinairement convexes, ce qui rend le corps épais et donne aux
chenilles une certaine ressemblance avec celles des Antheraea asiatiques
et des Tropaea américains.
Genre IX. — BUNAEA Hbnr.
(PL IV, fig. 3 et, pour la chenille, PI. I, (ig. 4).
Bunaea Hübner, Verzeichniss, 154, 1822; Aurivillius, Ark. Zool., II,
n° 4, 8, 1905 ; Bouvier, C. R. Ac. Sc., CLXXXIX, 1654
1934 ; Schüssler, Lep. Cat., 96 et suppl., 602.
En dehors de Hübner et d’Aurivillius, tous les auteurs,
jusqu’ici, ont fait entrer dans ce genre nombre d’espèces
qui ne lui appartiennent pas réellement. Ainsi en est-il de
F. Walker (List, V, 1226, 1855), de Karsch ( Berl. ent.
Zeits., XXXVII, 496, 1893), de W. Rothschild (Nov.
Zool., 11,38, 1895), de Packard (loc. cil., 40, 1914), voire
de Gaede (loc. cit., 320, 1927) qui, plus exact, y inclut
loutefois angasana et tricolor. J’ai fait de mon mieux pour
vaincre cet obstacle : ayant précisé la définition du genre
établie par Aurivillius, j’ai d’abord séparé (C. R. Ac. Sc.,
CLXXXIV, 1292, 1927 et Saturn. Afr. trop, franç., 578,
1928) des Bunaea les Bunaeopsis, mais en laissant dans
chacun de ces deux genres un certain nombre de formes
aberrantes que je ne connaissais pas suffisamment ; mieux
informé aujourd’hui, j’ai constitué plus haut, pour certaines
de ces dernières, le genre Parabunaeopsis, et j’attribue aux
Lobobunaea les espèces que j’appelais les « Bunaea du
type goodi », dans un travail publié en 1926 (Ann.
Sc. nat., (10), IX, 308-337, pl. I) et mes « Nudaurelia
bunaeiformes ».
Ainsi délimité, comme on le voit au tableau de la page 63, le genre Bunaea
ne comprend plus que les espèces du « groupe alcinoe » minutieusement
Fig. 26. — Bu¬
naea alcinoe
Cf, tibia de la
patte 1 droite,
avec son épi¬
physe en par¬
tie noyée dans
les poils : face
ventrale.
FAMILLE DES 8ATURN1IDÉS
89
étudiées dans le travail auquel je viens de faire allusion. Ces espèces pré¬
sentent en commun des formes lourdes, des rayures plus ou moins épaisses,
l’externe des antérieures très éloignée du bord externe, droite, dilatée à
la côte, faite d’un axe foncé, marginé de blanc en dedans, irradié de clair
en dehors, parallèle à la partie droite du bord externe qui, toujours, est plus
ou moins concave sous l’apex chez le çf, moins ou pas du tout chez la $ ;
une irradiation costale de même tonalité s’étend depuis la base de l’aile
Fig. il. — Armature cf des Bunaeu : dans la race abyssine, A. pièces médianes en
dessous, A', un clasper vu du côté interne; B, dans aslanga vue du côté gauche sans
le clasper de ce côlé; dans plumicornis, C, pièces médianes en dessous, G'., clasper vu
du côlé interne.
jusqu’au niveau de la fenêtre discale et s’étend en triangle plus ou moins
loin dans la cellule, masquant d’ordinaire la partie précubitale de la rayure
interne. La fenêtre de ces ailes est tronquée du côté basal, échancrée et
bilobée à l’autre bout. Aux postérieures, la rayure externe ne diffère de celle
des antérieures que par sa forme convexe, l’interne claire s’y continue un
peu anguleuse, l’ocelle a une pupille jaune ou orange qu’entoure un anneau
noir suivi d’un blanc. Épiphyse bien développée dans les deux sexes (fig. 26),
nue (sauf le bouquet basal de longs poils), convexe en dessous ; les antennes
noires ou noirâtres, plus foncées chez la Q, où leurs articles pectinés (40 en¬
viron) sont comprimés dans le sens dorso-ventral, avec une paire de dents
antérieures très réduite et une postérieure plus allongée ; dans les deux sexes
«0 E.-L. BOUVIER
un petit nombre d’articles terminaux, réduits, à peu près sans branches, à
carène ventrale réduite, voire presque nulle dans les formes terminales du
genre. Dessous avec les ornements discaux réduits à leur fenêtre parfois
un peu auréolée de brun, rarement marginée de jaune, les rayures externes
droites, celle des postérieures très oblique ; ordinairement une bande
médiane, surtout aux postérieures. Thorax, tête, palpes, base des pattes
et des ailes, de la couleur du thorax qui est d’ordinaire plus ou moins rouge ;
tarses et tibias noirs.
Armature sexuelle du çf (fig. 27) caractérisée par l’absence de saillie
dorsale à l’uncus 1 et le développement en deux forts lobes de sa portion
infléchie, — par la réduction à une paire de dents des lames situées à la base
sternale du pénis, — par la dilatation terminale asymétrique de ce dernier
organe, — parla forme du sternite X qui s’élève en une saillie tronquée ou un
peu bilobée. Les claspers appartiennent à deux types suivant qu’ils sont pro¬
gressivement atténués en pointe à leur extrémité libre (alcinoe), ou dilatés
au contraire (aslauga et autres), tantôt arrondis en ce point avec (plumi-
cornis) ou sans saillie unguiforme (aslauga), tantôt tronqués et inermes
ou à peu près (diospyri, vulpes). La dilatation péniale A'aslauga est bien plus
réduite que celle d ’ alcinoe ; elle se réduit davantage encore dans plumicornis
où elle est étirée en larme.
D’après mon travail de 1926, je résume, dans le tableau suivant, les carac¬
tères essentiels des espèces du genre ; renvoyant à ce travail pour les carac¬
tères des races locales A'alcinoe.
Tableau des espèces
A. Axe foncé de la rayure externe du dessus des ailes antérieures étroit , flanqué proxi-
malement d’une ligne blanche bien plus étroite ou en partie atrophiée.
B. Bord externe des postérieures convexe et ne formant pas d’angle. La 2 e radiale des
antérieures naît du pédoncule avant la 5° ou au même point. Irradiation
costale et au bout de la rayure externe. (110-175) (espèces africaines)....
. 1. alcinoe Stoll.
C. Rayure interne du dessus des antérieures peu développée dans sa partie
blanche qui peut être fort réduite ou nulle. Ailes antérieures du çf bien
falquées, un peu chez la $. Coloration brun rougeâtre, parfois noirâtre.
(De l’Afrique occidentale au Tanganyika et à la Nubie).. . . al. alcinoe.
G'. Rayure interne des antérieures large, la ligne blanche de la rayure externe
toujours nette, moins étroite ; ailes du cf peu falquées. Coloration brun
jaunâtre ou rougeâtre (Afrique du S.-E. et de l’E. jusqu’en Nubie).
. al. caffraria Stoll.
B'. Bord externe des postérieures anguleux : axe foncé de la rayure externe des
antérieures atrophié, sa ligne et le clair externe fusionnés en une raie blanche
rétrécie en avant ; cette rayure externe très réduite (Abyssinie).
. 2. tricolor Rotlis.
1. Ce caractère est très primitif, comme le faible développement des saillies sternales
a la base du pénis. Toutefois, dans sa forme nubica de caffraria, Jordan signale un
tubercule saillant sur le dos et à la base de l'uncus. Nubica semble être un caffraria où
la fenêtre discale présente une bordure orange.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
91
A'. Axe foncé de la rayure externe du dessus des ailes et sa ligne blanche plus ou moins
élargis de même que la partie blanche de la rayure interne ; bord externe des
ailes postérieures du cf divisé en deux parties, l’une antérieure souvent un peu
concave, l’autre postérieure à peu près droite, qui se rencontrent suivant un
angle d’ordinaire un peu tronqué (Espèces malgaches).
B. Antérieures du cf très falquées, leur éclaircie costale d’ordinaire sensible bien loin
en arrière de la cellule et séparée distalement, par une ligne droite, du ton voisin
plus foncé ; l’axe foncé de la rayure externe brunissant sur son bord distal.
C. La 2 e radiale se détache du pédoncule avant la 5 e ou au même point, très
rarement un peu après ; fenêtre médiocre sans bordure colorée.
D. Le rouge ou le rose persistent sur tout le thorax, la tête, ainsi qu’à la base
des pattes et des ailes.
E. Ligne blanche de la rayure externe assez étroite. (132-157) H.aslaugaKy.
E’. Ligne blanche et axe foncé de la rayure très élargie, (cf 171, Ç 155 ).
. 4. densilineata Obthr.
D'. Corps et ailes totalement jaune renard, sauf les parties claires ; ligne
blanche et axe foncé de la rayure externe larges, l’axe foncé très bruni
en dedans (cf 120-150). 5. vulpes Obthr.
C'. La 2 e radiale naît après la 5 e , rarement au même point ; fenêtre longue, très
rétrécie en dehors où elle atteint la ligne blanche qui est large pour le moins
autant que l’axe foncé, avec grande dilatation costale ; ocelle tangent et
pouvant interrompre la rayure externe. Coloration brun rougeâtre (pl. IV,
fig. 3). (103-135). 5. plumicornis Btlr.
B’. Antérieures du cf très peu falquées , leur éclaircie costale réduite et ne dépassant
point la cellule ; tonalité jaunâtre, sauf le thorax, la tête, la base des pattes
et des ailes qui restent un peu rougeâtres ; ligne blanche et axe foncé de la
rayure externe très élargis ; ocelle tangent. Les radiales 2 et 5 à peu près au
même point.
C. Fenêtre courte, sans bordure ; ligne blanche de la rayure externe au moins
aussi large que l’axe foncé. Coloration brun jaunâtre passant un peu au
noirâtre sur le disque des postérieures. (120-129). 7. cambouei Obthr.
C'. Fenêtre aussi longue que large avec une bordure jaune extérieurement lisérée
de noirâtre ; ligne blanche de la rayure externe plus étroite que l’axe foncé,
lequel est jaune comme la tonalité générale. (120-130). . 8. diospyri Mali.
Bibliographie
I. Phalaena attacus alcinoe Stoll in Cramer, Pap. exot., IV, 76, pl. CXXXII, A et
B (cf), 1780. Bunaea aie. Bouvier, Ann. Sc. nat., (10), IX, 309, 1926;
Schüssler, 97,'602-604.
Alcinoe alcinoe Bouvier, loc. cit., 315, pl. I, fig. 1 (cf, race de Binger-
ville) et 2 (cf, race du Soudan); aussi les races du Tanganyika et abyssine,
toutes ces races tenues pour synonymes par Schüssler 97 ; Saturn. Afr. trop,
franç., 582, 1928 ; Bouvier et Riel, 61, 62, 1931).
Alcinoe caffr. : Phal. att. caffraria Stoll in Cramer, suppl., 141, pl. XXXI.
fig. 2 et 2c (cf), 1791. Bunaea caffr. Hübner, Verzeichniss, 154, 1822 :
Oberthür, Et. lep. comp., IV bis, 25, fig. L (cf de race normale), fig. K
et K’ (photos des fig. de Stoll), 1910. Saturnia angasana Distant, Ann.
Nat. Hist., (6), XIX, 390,1897. B. ang., Schüssler, 98. Bunaea aie. Distant
Ins. transv., III, 58, 61, III, fig. 7 (cf), 1903 ; Sonthonnax, Lép. Soie, III,
43, 1901 ; Packard, Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 41, pl. CV1I,
fig. A (cf), 1914. Bunaea al. caffr. Bouvier, loc. cit., 318, 323, 1926 ; Saturn,
Afr. trop, franç., 582, pl. IV. fig. 2 (chenille), 1928 et Rev. Zool. afr., XV,
E.-L. BOUVIER
y 2
139, fig. 4 (9 race d’Ëlisabethville), 1927 ; Schüssler, 100 (pars), Bouvier
et Riel, 62, 1931. Bunaea alcionina Oberthür, loc. cit., 37 (pour alcinoe
de Distant), 1910. Bunaea alcinoe aslauga alcionina Schüssler, 98. Bunaea
caffra Hübner, loc. cit., 154, 1822. Oberthür, loc. cit., 30, fig. M et M'
(cf, 9 race caffra), 33, fig. O et O' (cf, Ç race babertoniana), 34, fig. P
race zanguebarica), 35, fig. S et S' (cf et 9 race durbania), 34, fig. R
( cf de beeri, probablement aberration), 1910. Ces races tenues par Schüssler
(101) pour des formes de caffraria ; le même auteur fait de Thyellapunctigera
Wallengren (Wien. ent. Monat., IV, 167, 1860), une forme analogue,
de Thyella nyctalops (Wall. 167) un synonyme de caffraria et de B. nubica
Jordan (Nov. Zool., XVII, 472, 1910, une sous-espèce d "alcinoe.
2. Bunaea tricolor Rothschild, Nov. Zool., II, 38, 51, pl. X, fig. 4(9) 1895 ; Schüss¬
ler, 101(Tring. Mus.).
3. Bunaea aslauga Kirby, Trans. ent. Soc. London, 1877, 15 et 18 ; Sontlionnax,
loc. cit., 44, pl. XI, fig. 3 (cf), 1901 ; Oberthür, loc. cit., IV bis, 38, fig. V
(cf), 1910; Bouvier et Riel, 63, 1931. Bun. alcinoe asl. Schüssler, 98.
Saturnia asl. Mabille Bull. Soc. ent. France, (5), IX, 315,1879. Sat. (Bun.)
anricolor. Id. Bull. Soc. philom., (7), III, 139, 1879 ; B. asl. auricolor
Schüssler, 99. B. auricolor asl. Rothschild, Nov. Zool., II, 38, 1895.
Sat. (Bun.) fuscicolor Mabille, Bull. Soc. philom., (7), III, 139, 1879.
B. asl. fuse. Schüssler, 99. B. auricolor fuse. Rothschild, loc. cit., 38, 1895.
Bunaea alcionina Oberthür, loc. cit., IV bis, 36, fig. T' (9), 1910. Bunaea
urania. ld. Et. lép. comp., XI, 252, 1916.
4. B. densilineata, Oberthür, Et. lép. iomp., XI, 252,1916 ; Bouvier, Ann. Sc. nat.,
(10), IX, 325, 332. B. aie. aslauga densilineata, Schüssler, 99. Bunaea d.
aslauga ? Oberthür, loc. cit., IV bis, 38, fig. V (9), 1910.
5. Bunaea vulpes Oberthür, loc. cit., XI, 251, pl. CCGXXXIX, fig. 2840 ,(cf)»
1916 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 62, 1931 ; Riel, Lab. Soie, fasc. 10, suppl.,
pl. IV, fig. 14 (cf), 15 (9), pl. VIII, fig. 14 (cf), 1934. B. aie. asl. oui.,
Schüssler, 99.
6. Bunaea plumicornis Butler, Cist. ent., III, 18, 1882 ; Sonthonnax, loc. cit., 44,
pl. XII, fig. 1 (cf). 1901 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 62, 1931. B. auricolor
plum. Rothschild, Nov. Zool., 11,38, 1895. B. aie. aslauga plu. Schüssler,
99 (Mus. brit.).
7. Bunaea diospyri camboue'i Oberthür, loc. cit., XI, CCCLXXII, fig. 3106 (cf),
1916. B. oberthuri Bouvier, Ann. Sc. nat., Zool., (10), IX, 327, 332, pl. I,
fig. 4, 1926. B. aie. asl. diospyri Schüssler, 99.
8. Saturnia diospyri Mabille, Ann. Soc. ent., France, (5), IX, 316, 1879. Bunaea
dio. Oberthür, loc. cit,. IV bis, 38, fig. 10 (cf), 1910 et XI, CCCLXXII,
fig. 3107 (9), 1916 ; Bouvier et Riel,loc. cit., 62,1931. B. aie. asl. diospyri,
Schüssler, 99.
D'après les observations de Schultze (loc. cit., 156, pl. III, 1914), sur
alcinoe alcinoe, la chenille présente deux vestitures suivant le lieu de son
apparition : dans le pays bas, à Duala. elle est tout entière orange sauf les
épines noires des deux derniers segments thoraciques; à Buscho, sur les
confins de la forêt vierge, elle est noire à épines jaune soufre sauf celles des
mêmes segments qui restent noires, la tête et les stigmates étant orangés,
le segment anal et les fausses pattes postérieures minium sale. Cette dernière
forme rappelle les chenilles de caffraria (Pl. I, fig. 4), telles que les ont fait
connaître Fawcett, Packard et Oberthür, avec cette différence qu’ici la tête
FAMILLE DES SATURNIIDES
9H
et le segment anal sont noirs. Les chenilles de Duala sont polyphages et
dépouillaient les arbres de la ville ; les noires vivent dans des sortes de nids
sur les arbres de la forêt vierge, notamment sur Maesa lanceolata ; rôties,
on les apporte au marché pour la nourriture des indigènes. D’après O'Neil,
celles de caffraria sont mangées dans le pays, comme l’ont également
rapporté Distant et dans le Bulletin de la Société des Sciences naturelles de
Neufchâtel (XXVIII, 241, 1899), le pasteur Junod.
Quelle que soit la forme des chenilles, les papillons sont identiques, mais
non les pupes ; les pupes des chenilles orangées sont noires, lisses et éclosent
après 2 ou 3 semaines, celles des chenilles noires sont d’un brun noir,
rugueuses et ne donnent leur papillon qu’après plusieurs mois.
Genre X. — NUDAURELIA Roths.
(PI. IV, fig. 5, PI. VII, fîg. 5 et, pour la chenille, PI. 1, fig. 5, 6).
Nudaurelia Rothschild, Nov. Zool. , II, 41, 1895 ; Schüssler, Lep. Cat.,
113, et suppl., 611.
C’est Rothschild qui a eu le mérite de séparer ce genre des Antheraea ;
toutefois, il l’a caractérisé de manière insuffisante, y faisant rentrer nombre
de formes tout autres (des Aurivillius, des Bunaeopsis , des Gonimbrasia),
comme le firent dans la suite Sonthonnax (Lép. Soie, 111, 7, 1901), Packard
(loc. cit., 45, 1914), Janse (Ann. Durban Mus., II, 80, 1918) et moi-même,
à un moindre degré, lorsque j’y inclus les Nudaurelia bunéiformes qui sont
des Lobobunaea comme on l’a vu plus haut (p. 82). Au fond, la vraie carac-
«4
E.-L. BOUYlElt
térisation du genre est due à Aurivillius qui en a marqué les limites, mais
en y incorporant tout de même rhodophila , espèce qui établit le lien entre
Lobobunaea et Nudaurelia. Gaede, pour sa part, a donné au genre Nudau-
relia une extension presque aussi grande que Rothschild, mais en y établis¬
sant deux groupes d’après la disposition de la première radiale des anté¬
rieures et en considérant le second comme un sous-genre auquel strictement
s’applique seul le nom de Nudaurelia.
Le genre tient des Lobobunaea et des Bunaea par la structure des tibias
antérieurs, la disparition plus ou moins complète des branches sur les art icles
terminaux des antennes du çf et la réduction ordinairement grande des orne¬
ments ocellaires des ailes antérieures; il s’éloigne de tous deux par la eom-
Fig. 29. — Armature cf des Nudaurelia : A. de la/ubuensis, en dessous :
II, de richrlmanni, du cùté gauche avec le clasper droit: C, de dione, en dessous.
plexité plus ou moins grande de ces ornements qui sont presque toujours
nuis dans les deux autres genres et par l’origine de la nervure radiale des
antérieures qui naît de la cellule (fig. 28), non plus du pédoncule radial. Sur
ce point, toutefois, il y a des passages, comme on l’a vu pour Lobobunaea
rhodophila et comme on le verra plus loin dans N. richelmanni où la radiale
antérieure se rattache toujours au pédoncule. Par la forme des ailes, la posi¬
tion de leurs rayures surtout de l’externe des antérieures qui est fort éloignée
de l’apex, par l’iris ordinairement jaune et la structure générale de l’ocelle
des postérieures, par la carène réduite et parfois nulle des articles terminaux
des antennes le genre tient plutôt des Bunaea mais, en fait, a des affinités plus
étroites avec les Lobobunaea auxquels il se rattache par l’intermédiaire de
rhodophila où la rayure externe des antérieures, d’obliquité réduite, a un
caractère franchement nudaurélien. De même en est-il des ornements dis¬
caux des antérieures qui se manifestent chez beaucoup de Lobobunaea , et
surtout de l’armature sexuelle du çf (fig. 29) qui est presque identique dans
les deux genres, la différence étant restreinte aux lames basales du pénis
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
95
qui sont peu longues (sauf dans kafubuensis) et parfois spiniformes. Les
•chenilles elles-mêmes se ressemblent beaucoup également.
Ce genre fort étendu ne compte pas moins de 29 espèces dont on
trouvera les variations dans le tableau suivant. Souvent, sur la face supé¬
rieure, on voit apparaître dans la région costale préocellaire du dessus des
postérieures une tonalité rose rouge qui rappelle les Lobobunaea ; bien plus
souvent encore, du côté ventral, la rayure externe des antérieures est dis¬
posée comme celle du dessus, mais proximalement auréolée par une bande
claire lilacée qui se dilate beaucoup à la côte ; la même tonalité s’observe
contre la rayure externe généralement droite des postérieures, mais elle s’y
■développe beaucoup plus et, d’ordinaire, envahit l’aile jusqu’à la base, par¬
fois en y ménageant une bande médiane dilatée en avant. Sur cette face, les
fenêtres discales sont presque toujours entourées d’un iris jaune, souvent
suivi d’un anneau noir ou foncé, la complication est rarement plus grande,
surtout aux postérieures.
Tableau des espèces
1. ■— Le dos du prothorax tranche et fait collier par sa coloration.
A. Ce collier limité à un liséré du bord postérieur du prothorax.
B. Le liséré est blanc ou blanchâtre ; rayure interne du dessus des antérieures coudée
sur le cubitus, brune, auréolée de blanc en dehors, l’externe droite avec une
petite expansion costale claire ; fenêtre réduite, plus ou moins marginée de
noirâtre ; postérieures avec le bord externe un peu anguleux chez le cf, con¬
vexe chez la Ç, pupille ocellaire variant de l’ocracé au marron, avec un
anneau noir suivi d’un clair et d’un blanc ; la base de ces ailes et la région
costale rose ou rougeâtre jusqu’à la rayure externe.
C. Rayure externe des postérieures en courbe hyperbolique très convexe, dans
une zone vaguement noirâtre ; antérieures avec la rayure interne coudée à
angle obtus, l’externe étroite, mais avec deux lisérés blancs, l’un proximal,
l’autre distal plus étroit, la fenêtre en demi-ovale, totalement lisérée de
noir. Dessus des ailes ocracé ordinairement verdâtre, finement piqueté
d’écailles brunes ; thorax, tête et pattes roussâtres, palpes bruns ; abdomen
gris jaunâtre un peu rosé. 1. staudingeri Aur.
D. Rayure externe des postérieures largement auréolée de blanchâtre sur ses
deux bords. (85-89) (Afrique occidentale). st. staudingeri.
D'. Cette rayure sans auréole externe claire dans le noirâtre. (£0-95) (Afrique
orientale). st. conradsi Reb.
C'. Rayure externe des postérieures modérément convexe, un peu en S. Dessus
des ailes jaune orangé, finement piqueté d’écailles rouges. Anneau ocellaire
subexterne rose-rouge.
D. Apex des antérieures obtus, chez le cf un peu saillant sur le bord externe
qui est concave ; rayure interne des antérieures coudée à angle obtus,
l’externe lisérée de blanc des deux côtés, la fenêtre ovale totalement
lisérée de noir. Grand ocelle avec l’anneau externe blanc large autant
que le subexterne. (95-100) (Congo, Tanganyika.). . . 2. ochreata Grünb.
D'. Apex des antérieures aigu, chez le cf, légèrement saillant ; celui des posté¬
rieures subaigu ; rayure interne des antérieures à peine coudée sur le
cubitus, presque droite, l’externe lisérée seulement en dehors, fenêtre
en D avec léger liséré sur la partie convexe. Ocelle médiocre où le rose
96
E.-L. BOUVIER
de l’anneau subexterne refoule et envahit l’anneau blanc (pl. VII, fig. 5),
et Pl. I, fg. 6). (83-CO; (Congo belge). 3. kafubuensis Bouv.
B'. Le Liséré est roux ou jaune tranchant sur le reste du prothorax qui est très foncé ;
apex des antérieures du cf saillant sur le bord externe qui est ensuite concave,
la rayure interne coudée ou interrompue sur le cubitus, la fenêtre avec des
anneaux colorés étroits mais de même ton que ceux de l’ocelle, en dessous
également.
C. Apex des antérieures saillant, notamment chez le cf, sur le bord externe qui
est ensuite concave, bord externe des postérieures convexe chez la Q, angu¬
leux chez le cf- Rayure interne des antérieures avec un fort angle saillant
post-cellulaire, une bande médiane large, souvent en zigzags, une externe
étroite, souvent virtuelle, marquée surtout par la différence de ton entre
l’aire externe roussâtre et la médiane qui est rougeâtre en arrière, d’un blanc
rosé en avant et le long de la rayure interne ; l’aire interne de ces ailes
marron, celle des postérieures noire, tranchant sur l’aire médiane brune, qui
est limitée par une rayure externe nette, parallèle au bord. Fenêtre ocellaira
entourée de noir, de rouge, puis de rose; aux antérieures, cette fenêtre très
grande, en demi-ovale, avec les anneaux fort étroits, aux postérieures très
réduite, la pupille noire et l’anneau rouge fort épais. En dessous, les ocelles
comme dessus, mais celui des postérieures beaucoup plus petit ; une bande
médiane à chaque aile et une externe comme en dessus, noire aux anté¬
rieures, virtuelle aux postérieures entre le gris fondamental et le ton jau¬
nâtre roux des aires externes. Collier roux vif, tranchant un peu sur le roux
du dos et très fort sur le ton noir du reste du prothorax et de la tète.
(150-170) De l’Angola au Natal). 4. macrothyris Roths.
C . Apex du cf saillant un peu sur le bord externe légèrement concave, celui des
postérieures régulièrement convexe. Fond du dessus des ailes et du corps
jaune d’ocre vif, passant au rouge vineux dans l’aire médiane, surtout en
arrière ; rayures rouge vineux, l’interne des antérieures largement inter¬
rompue sur le cubitus, l’externe des antérieures un peu concave en dehors,,
celle des postérieures en dedans. Fenêtre des ocelles entourée de jaune,
de rouge vin, puis de clair ; aux antérieures en demi-cercle avec ces anneaux
étroits, aux postérieures réduite avec grande pupille jaune, anneau externe
rose, un léger filet brun intercalé entre le jaune et l’anneau rouge vin. En
dessous, ocelles plus réduits avec seulement du jaune et du rouge vin ;
fond jaune. Tête et prothorax brun rouge, le collier prothoracique jaune
d’ocre. (108-120) (Cameroun). 5. gschwandneri Reb.
A'. Prothorax tout entier d'une couleur autre que celle du reste du thorax.
B. Ocelle antérieur réduit et à fenêtre réduite. Ailes antérieures dans les deux sexes
avec l’apex subobtus et le bord externe presque droit, le bord externe des pos¬
térieures convexe.
C. Rayure interne des antérieures un peu en retrait sur le cubitus, rougeâtre comme
l’externe qui est droite, un peu in(léchie à la côte, souvent défléchie en
arrière, lisérée proximalement de brun violet ; l’ocelle peu ou pas convexe
du côté basal, beaucoup en dehors, sa pupille jaune avec anneau rougeâtre
suivi d’un rose étroit et d’un léger brun rouge. Postérieures variant comme
les antérieures du jaune au brun violâtre à cause d’un semis d’écailles de ce
ton ; l’ocelle avec la pupille et les anneaux des antérieures, mais plus larges,
en outre, un anneau noir entre la pupille et l’anneau rouge ou rougeâtre ;
rayure externe convexe en dehors de l’ocelle, épaisse, surtout brune et
frangée proximalement de blanchâtre. Dessous des ailes jaune, à écailles
rouges, sur lequel tranchent en lilas ou en vineux une bande submarginale,
toute la zone baso-médiane des postérieures et, aux antérieures, contre la
FAMILLE DES SATURNIIDÉS 97
rayure externe, une large bande proximale dilatée à la côte ; les ocelles à
pupille jaune encerclée de rouge ; la rayure externe des postérieures sub¬
rectiligne. Franges gris noir. Prothorax, tête, flancs thoraciques, palpes
et base des pattes rouge bruni, dos du thorax et de l’abdomen jaunes,
dessous de l’abdomen parfois rougi. (105-115) (Congo belge, Est africain).
. 6. richelmanni Weym.
C'. Rayure interne des antérieures à angle obtus sur le cubitus, large et grise comme
celle des postérieures ; l’externe un peu convexe, blanche en dedans et un
peu dilatée à la côte, jaune en dehors ; l’ocelle arrondi, celui des posté¬
rieures à pupille brun jaune comme le dessus des ailes, avec anneau noir
suivi de deux anneaux larges, l’un gris brun, l’externe blanc, la rayure
externe convexe en dehors. Dessus du corps gris jaunâtre, prothorax
blanc. (100 appr.). 7. ruandana Grünb.
C”. Rayure interne des antérieures droite, brune en dedans, blanche en dehors,
l’externe droite, blanche, élargie en arrière avec fin trait proximal brun ;
ocelle en demi-cercle, à pupille jaune gris verdâtre comme le fond des ailes
et un anneau blanc. Postérieures avec la rayure interne droite, d’ailleurs
semblable à celle de l’autre aile ; ocelle à pupille rouge brun et anneau noir
suivi d’un gris jaunâtre et d’un blanc, rayure externe blanche à filet brun
près du bord proximal ; bord costal rougi. Dessous gris clair ponctué de
brun, rose rouge aux antérieures, rayure externe blanche et ocelle du
dessus ; aux postérieures l’externe courbe et l’ocelle sans bordure. Tête
et dos du ton des ailes ; prothorax blanc. (135) (Usambara).
. 8. alcestris Weym.
B'. Les deux ocelles très développés, ceux des antérieures à très grande fenêtre et
pupille jaune encerclée de noir comme aux postérieures, mais étroite ; fond
dominant du dessus des ailes et du corps jaune ; prothorax rouge ou orangé.
C. Rayure interne du dessus des antérieures droite ou presque, aire médiane brunie
ou rougie, surtout aux antérieures.
D. Ocelles sans anneau rouge. Apex de la Ç obtus, non saillant sur le bord
externe qui est droit ou presque.
E. Prothorax, tête et base des pattes rouge minium, le reste du dessus du
corps et des ailes jaune d’œuf, celles-ci lavées de gris brun rougeâtre
dans les aires médianes. Rayure interne des antérieures gris violet,
frangée de gris des deux côtés comme l’externe qui est un peu concave ;
une bande submarginale brun rouge, dentée ; ocelle à fenêtre ronde et
anneau noir. Rayure interne des postérieures vague, l’externe presque
droite, l’ocelle à fenêtre ronde et anneau noir. Dessous gris violet rouge,
à champ marginal jaune et bande submarginale, les ocelles simplement
jaunes. Antennes jaunes. Apex du c? saillant, obtus. (125-134
(Nyassa). 9. macrops Rebel.
E'. Prothorax, tête et thorax en dessous orangés, le reste du dessus du corps
et les ailes jaune cadmium, celles-ci mouchetées de brun cannelle dans
les aires médianes, de brun olive dans la zone subterminale. Rayure
interne des antérieures gris souris, devenant plus claire en dehors,
puis rosâtre, l’externe concave et grise ; l’ocelle ovale, à fenêtre en
demi-cercle, sa pupille cadmium entourée d’un anneau noir puis d’un
gris. Rayure interne des postérieures vague, l’externe grise, convexe ;
l’ocelle avec la pupille jaune entourée d’un anneau noir, d’un gris souris
et d’un gris foncé. Dessous comme le dessus notamment dans les
aires externes, avec ton carotte aux postérieures jusqu’à la rayure
externe et à la base aux antérieures ; ocelles jaunes cerclés de noir.
Antennes jaunes. (166) (Rhodésia). 10. carnegiei Janse.
mémoires mi muséum, nouvelle série, tome ni. 7
98
H.-L. BOUVIER
D'. Ocelles avec Vanneau externe rouge brun, séparé du noir par un gris fumeux,
la fenêtre des antérieures proximalement tronquée, celle des postérieures
arrondie, petite. Apex de la 9 saillant, largement et obtusément tronqué,
le bord externe concave en dessous, subtronqué au tornus. Prothorax,
tête, palpes, pattes, flancs et dessous du corps rouges, sous l’abdomen
avec bandes segmentaires noirâtres. Dessus du thorax, de l’abdomen
et des ailes jaune, ce ton rougi dans l’aire médiane, surtout aux anté¬
rieures. Rayures noires auréolées de gris clair sur leurs bords en regard,
l’interne des antérieures un peu discontinue au cubitus, l’externe droite,
l’aire externe avec vague bande submarginale d’écailles rouges ; rayures
interne et externe des postérieures nettes, presque droites. Dessous rouge
jusqu’aux rayures externes qui sont presque droites, jaunes à écailles
rouges dans les aires externes qui présentent une bande submarginale
noirâtre ; ocelles sans l’anneau externe, au surplus celui des antérieures
comme dessus, celui des postérieures réduit et ovale. ( cf 160) (Benguela).
. 11. benguelensis Obthr.
C 1 . Rayure interne des antérieures très anguleuse, surtout en arrière de la cellule
où elle pointe vers la rayure externe. (106-145) (Le Cap et Afrique du
Sud.). 12. cytherea Fabr.
D. Rayures externes larges, brunes en dehors, blanchâtres au milieu, rou¬
geâtres en dedans.
E. Anneau ocellaire noir, suivi d’un blanc rosé, puis d’un rougeâtre ; dessous
fondamental des ailes rouge. c. lucida Roths.
E 1 . Anneau noir suivi simplement d’un gris vague ; dessous surtout jaune.
(9 106). c. pauper Bouv.
D'. Rayures externes brun rougeâtre, simples ; le reste comme lucida.
(cf 145). c. unicolor Bouv.
II. Le dos du prothorax ne tranche pas en collier ; ocelle postérieur à iris jaune suivi
d’un anneau noir.
A. Ocelle des antérieures grand, arrondi, à grande fenêtre ; son anneau noir, comme aux
postérieures, suivi d’un rosâtre puis d’un brun, d’ailleurs précédé d’un jaune.
B. Rayure externe brune en dehors, blanchâtre en dedans, anneau ocellaire
externe blanchâtre. c. cytherea
B'. Rayure externe jaune en dehors, noirâtre en dedans ; ocelles subégaux, leur
anneau noirâtre nuageux en dehors, sans anneau externe, (cf 142).
. c. bubo Bouv.
A'. Ocelle antérieur réduit à sa fenêtre qui est grande, basalement tronquée, le postérieur
ovale, son anneau noir suivi d’un rouge rose puis d’un blanc large, confluent
avec la rayure externe qui est convexe en dehors et surtout blanche comme celle
des antérieures, laquelle est droite, subparallèle au bord et très dilatée à la côte ;
le blanc de la rayure interne très dilaté aussi à la côte. Ton général chair, le
dessous plus clair avec large bande médiane à chaque aile ; aux antérieures,
une rayure externe châtain, droite, large, auréolée de clair des deux côtés, celle
des postérieures défléchie près du bord anal ; les ocelles réduits à leur fenêtre
auréolée de roux. (9 HO) (Afrique orientale). 13. bicolor Bouv.
A". Ocelle antérieur à fenêtre réduite et ordinairement petit.
B. Ocelle postérieur avec un anneau blanc ou rose autour du noir.
C. Rayure interne des antérieures très anguleuse avec retrait sur le cubitus.
D. Anneau clair de l’ocelle des postérieures rarement suivi des traces d’un anneau
plus foncé.
E. Aire externe sans bande submarginale nette sur la face dorsale.
F. Jaune pâle avec les rayures externes brunes, épaisses, simples, celle
des antérieures un peu concave en dehors, celle des postérieures
FAMILLE DES SATURN11DES
99
assez en S ; ocelle antérieur ovale, avec un anneau saumon en dehors
de l’étroit iris jaune; aux postérieures, l’iris séparé de l’anneau sau¬
mon par un brun rougeâtre étroit (et non noir). En dessous les
ocelles semblables à celui du dessus des antérieures, les rayures
brunes, droites, la rayure des antérieures dilatée en avant, celle des
postérieures en arrière, (cf 127). (Kivu). 14. taeaBouv.
F'. Jaune chrome, rayures du précédent, mais étroites ; anneau externe
des ocelles blanc; rayure interne blanche, peu apparente, (cf 120)
(Cameroun). 15. camerunensis Bouv.
F". Dessus variant de l’orangé au brun ocreux, le dessous rougeâtre avec
lilas dans les bandes submarginales des deux ailes, ce lilas en bande
élargie en avant contre la rayure externe des antérieures et dans toute
la zone baso-médiane des postérieures ; rayures du dessus brunâtres,
l’externe avec frange grise proximale qui se dilate à la côte,
l’interne très auréolée en dehors, surtout en avant ; anneau externe
de l’ocelle postérieur plus ou moins rose. (Est et Sud-Est africain).
. 16. gueinzii Stdgr.
G. Apex des antérieures peu ou pas saillant sur le bord externe qui est
peu ou pas concave, bord externe des postérieures convexe, ces
dernières ailes sans rose bien sensible dans leur zone costale ;
ocelle des antérieures arrondi, annelé comme le postérieur.
(102-115). g. gueinzii.
G'. Apex des antérieures du cf bien saillant sur le bord externe qui
devient ensuite concave ; le dessus des postérieures rose dans la
zone costale, ocelle des antérieures en demi-cercle, incomplète¬
ment annelé.(145-150). (Usambara). g. myrtea Rebel.
E'. Aire externe à zone submarginale en dessus , au moins aux antérieures,
en dessous à toutes les ailes ; zone costale du dessus des postérieures
plus ou moins rose.
F. Ocelle des postérieures petit, ayant chez le cf au plus le quart de la
plus grande largeur de l’aile ; antérieures avec l’apex obtus, saillant
sur le bord externe qui est ensuite concave, la zone submarginale
dentée, mais vague, la rayure interne largement auréolée et peu
en retrait sur le cubitus, la fenêtre ocellaire très réduite, à peine
marginée. (120) (Kigonsera et Ukerewe). g. venus Rebel.
F'. Ocelle des postérieures ayant le quart de la largeur de Faire ou davan¬
tage.
G. Bande submarginale du dessus localisée aux antérieures, grise,
diffuse, l’ocelle voisin petit et subtriangulaire ; tonalité de gueinzii
mais plus jaune (Nyassa) (cf jusqu’à 118) .... g. nyassana Roth.
G'. Bande submarginale à toutes les ailes sur les deux faces.
H. Ocelle des antérieures en D, au moins avec un anneau foncé
autour de l’iris jaune. Aire médiane du dessus des postérieures
sans lavis noirâtre.
I. Tonalité fondamentale du dessus et du dessous des deux ailes
jaune, plus ou moins lavée de brun roux dans l’aire médiane
du dessus des antérieures ; pas de bande médiane à la face
ventrale des ailes. (144-148) (Est africain)... 17. emini Btlr.
I'. Tonalité du dessus rougeâtre brunissant, plus terne en dessous ;
antérieures avec l’apex subaigu, peu ou pas saillant, l’ocelle
entoùré dé rouge, puis de rose, celui des postérieures de noir
et de blanc, précédé par une zone costale rose ; dessous de
ces dernières avec bande médiane. (135-145) (Ouest afri¬
cain)... 18. anthina Karsch
100
E.-L. BOUVIER
H'. Ocelle des antérieures en triangle jaune, sans bordure, à fenêtre
virtuelle en longue fente à peine sensible ; aire médiane du
dessus des postérieures envahie partout, sauf en arrière, par un
fort lavis noirâtre. Tonalité des deux faces d’un brun rouge
foncé, avec bande médiane en dessous aux postérieures. Ocelle
du dessus de ces dernières avec l’iris jaune foncé d’anthina,
mais l’anneau noir fort épais et le blanc étroit. Apex des anté¬
rieures du c? très saillant et infléchi en avant ; bord externe des
postérieures régulièrement convexe, (c? 181) (Cameroun).
. 19. bouvieri Le Moult
D’. Anneau clair de l’ocelle postérieur suivi d’un foncé rougeâtre ou brun.
E. Jaune, rarement orangé, à rayures brunes, étroites, auréolées de blanc
lilas sur les côtés en regard, l’interne largement, l’externe en filet étroit
dilaté à la côte ; zone submarginale dentée, brune à la périphérie, blanc
lilas au centre ; une grande tache blanc lilas dans l’aire interne des
antérieures ; aux deux ailes, anneau rose suivi d’un rougeâtre, l’ocelle
antérieur rond ou peu convexe du côté basal. Dessous avec l’ocelle des
antérieures comme dessus, celui des postérieures presque réduit à sa
fenêtre et au jaune, les rayures droites, (c? 86-185, Ç 91-128) (Afrique
de l’Ouest à l’Est). 20. dione Fabr.
F. Ton jaune, avec rares écailles brunes ; anneaux de l’ocelle antérieur
complets. d. dione.
F'. Ton orangé, presque sans écailles brunes ; ocelle antérieur sans
anneau externe. d. butleri Aur.
E'. Rayures des antérieures brunes, l’interne auréolée de lilas très dilaté
à la côte, l’externe en dedans marginée de clair qui s’épanouit en lilas
à la côte, puis d’un filet rougeâtre.
G. Ton jaune plus ou moins envahi de brun violet ou rougeâtre ;
rayure externe des antérieures franchement oblique et zone sub¬
marginale dentée sur les deux faces ; postérieures à bord externè
convexe dans les deux sexes, avec l’ocelle tangent à la rayure
externe (Sud et Est africain). 21. tvahlbergi Bdv.
H. Écailles brun rougeâtre abondantes.
I. Rayures larges, ocelle antérieur avec les anneaux du postérieur,
zone costale du dessus des postérieures sans rose. Ailes peu
ou pas falquées, à bord externe peu ou pas concave. (87-122)
. w. tvahlbergi.
I I . Rayures peu larges, ocelle des antérieures réduit, zone costale
des postérieures rose, ailes du cf bien falquées, leur bord
externe concave sous l’apex, (cf 130, $ 107-120).
. w. rhodina Roths.
. w. flavescens Roths. et ochracea Reb.
G’. Ton rosâtre ou rougeâtre sans fond jaune ; rayure externe des anté¬
rieures subparallèle au bord externe qui, chez le cf, est peu con¬
cave, celui des postérieures étant alors subanguleux. Pas de zone
costale rose à ces dernières. Zone submarginale du dessus souvent
vague ou absente. Dessous avec une bande médiane vague aux
postérieures, les ocelles de cette face avec l’anneau noir suivi
d’un rosâtre, puis d’un brunâtre vague. (81-99) (Congo belge
oriental). 22. rubra Bouv.
C'. Rayure interne des antérieures transverse, presque droite, avec un léger retrait
en arrière du cubitus, noire, marginée de rosâtre du côté distal, les externes
semblables mais marginées proximalement, celle des antérieures droite,
FAMILLE DES SAÏÜRNIIDÉS
101
à peine oblique, celle des postérieures à peine convexe, en contact avec
l’anneau externe rose de l’ocelle, la petite fenêtre de l’ocelle antérieur mar-
ginée de jaune et un peu de noir. Dessus des ailes brun de mousse vinacé,
celui des postérieures rouge vineux jusqu’à la rayure externe. Dessous
vinacé chocolat, avec bande médiane aux deux ailes, sur ce ton du gris rose
notamment dans une bande submarginale dentée. Bord externe des anté¬
rieures du cf légèrement concave, celui des postérieures subanguleux. Les
nervures en noir sur le disque et l’aire externe, au moins aux antérieures,
(environ 115). (Kivu). 23. cleoris Jord.
C". Rayure interne bien développée aux deux ailes, celle des antérieures coudée
sur le cubitus, tripartite chez la 9 > chez le cf anguleuse avant le coude et
faite de deux raies, l’une interne violette, l’autre blanche. Rayures externes
larges, tripartites (violet en dehors, blanc, puis rose rouge en dedans), plus
étroites chez le cf, celle des antérieures droite, obliques, celle des posté¬
rieures un peu en S. Tonalité jaune ; apex des antérieures non saillant.
(Afrique orientale). 24 . anna Maass. et W.
C"', Rayure interne nulle ou rectiligne, l’externe droite, brune avec filet axial
blanchâtre, l’ocelle petit, à iris jaune ceinturé de brun, celui des postérieures
assez grand, avec un anneau noir suivi d’un rose rouge, la rayure externe
de ces ailes convexe en dehors. Apex des antérieures (du cf), obtus, bien
saillant, le bord des deux ailes ondulé; tonalité du dessus jaune rouge
brunâtre, la zone marginale brun rougeâtre, la zone costale des postérieures
rose-rouge. Dessous jaune brun, à rayures droites, à fenêtre simplement
entourée de jaune ; en lilas, l’aire baso-médiane des postérieures et une
auréole contre la rayure externe des antérieures, (cf 117) (Cameroun)...
. 25. amathusia Weym.
B 1 . Anneau noir de l’ocelle postérieur suivi d’un rouge.
C. Rayures du dessus des antérieures peu larges, brunâtres, l'interne très anguleuse.
D. Dessus des ailes jaune, les rayures unicolores, de ton rougeâtre gris-violet,
l’externe des antérieures droite, oblique ; une zone submarginale gris-
violet entre cette rayure et le bord externe qui ( 9 ) est légèrement con¬
vexe ou concave avec l’apex plutôt subaigu ; la tache vitrée subarrondie
avec iris jaune et anneau brun-violet. Ocelle postérieur à large iris jaune,
étroit anneau noir, suivi d’un large carmin sale et d’un blanc rougeâtre ;
externe des postérieures en S. 26. bamendana Sch.
E. Jaune chrome en dessus, rouge terne en dessous ; zone submarginale
du dessus réduite (Cameroun). b. bamendana.
E'. Jaune pâle sur les deux faces, avec la zone submarginale grise bien
développée aux deux ailes et sur les deux faces (Abyssinie).
. b. orientalis nov.
D. Dessus des ailes jaune ocre vif, comme tout le thorax, les rayures rouge
vin, flanquées sur leurs bords en regard d’une auréole gris-violet, l’externe
oblique, presque droite, presque en contact avec une bande submarginale
dentée fort éloignée du bord externe qui est droit avec l’apex obtus ;
grande tache discale en D où le jaune est entouré d’un anneau rouge vin
suivi d’un violet clair. Ocelle postérieur avec l’iris jaune séparé du rouge
vin par un filet brun noir, l’anneau violet clair ayant une marge externe
en anneau rose, l’ocelle en contact avec la rayure externe qui est à peine
convexe; aux deux ailes, le jaune marqué de rouge vineux surtout au
voisinage du bord interne. Dessous jaune et ocre, avec, aux antérieures,
les traces d’une bande submarginale brune dentée, les rayures rouge vin,
les taches ocellaires jaunes, bordées de rouge vin. (108-120). (Cameroun).
. 5. gschwandneri Reb.
102
E.-L. BOUVIER
D'. Dessus des ailes gris noirâtre sur un tond jaunâtre, lequel se dégage plus
ou moins dans une zone des aires internes et en dehors contre les rayures
externes ; cette rayure aux antérieures presque droite, oblique, frangée
proximalement de rose terne, l’apex du cf obtus, faiblement saillant
sur le bord externe qui est fort peu concave, tache discale petite, jaune,
incomplètement bordée de noir. Postérieures avec le bord externe con¬
vexe, l’ocelle éloigné des deux rayures qui sont nettes, l’externe un peu
en S ; iris jaune pâle avec un filet noir suivi d’un anneau rouge vif, puis
d’un rose sale légèrement marginé de noirâtre. Dessous brun jaune avec,
en gris, les bandes submarginales qui sont réduites, l’aire baso-médiane
des postérieures, et, aux antérieures, une bande proximale contre la
rayure externe qui est très oblique et concave en dehors ; ocelles petits,
ronds, jaunes bordés de brun (pl. IV, fig. 5). (cf 115) (Abyssinie).
. 27. ungemachti Bouv.
C'. Rayures du dessus très larges et rougeâtres ; fond jaune sur les deux faces.
Cf bien falqué. Bord externe des postérieures convexe avec l’apex et le
tonus assez brusques.
D. Rayures simples, les internes peu anguleuses, l’externe des antérieures sub¬
parallèle au bord externe qui est un peu concave en arrière de l’apex un
peu saillant et subaigu, celle des postérieures infléchie avant l’ocelle où
elle rencontre l’interne. Ocelle antérieur en étroit ovale jaune entouré
de brun rouge ; le postérieur avec l’anneau noir suivi d’un rouge rose et
d’un large décoloré. Dessous avec les mêmes rayures externes, ocelle
antérieur en vague tache rouge, le postérieur absent. ( cf 1 30) (Dahomey).
. 28. latifasciata Sonth.
D 1 . Rayure externe des antérieures divisée par un axe clair, infléchie vers
l’apex ; celle des postérieures un peu convexe. Tache ocellaire des anté¬
rieures en étroit et petit ovale surtout rougeâtre, ocelle des postérieures
avec le fdet noir bordé de rouge clair que suit un large anneau rose. Le
fond jaune vif, en dessus avec des poils rouges dans l’aire médiane, aux
taches submarginales sur les deux faces, en dessous dans toute la région
basomédiane des deux ailes, sauf en arrière ; sur cette face, forte rayure
externe très concave en dehors et une petite tache ocellaire semblable à
celle du dessus ; aux postérieures, la tache plus grande et la rayure externe
droite, (cf 148) (Congo). 29. germaini Bouv.
N. krucki Hering (Mitt. zool. Mus. Berlin, XVI, 518, Pl. VIII, flg. 1
( Cf ), 2 ( Ç, 1930) de Kitale, tient de gschwandneri par son collier, de bengue-
lensis par sa rayure interne et ses ocelles; sa var. brunneonigra a les
ailes gris noir, et non plus citron.
On a étudié, dans ce genre, les chenilles de plusieurs espèces. M. Seydel a
offert au Muséum une belle chenille de kafubuensis (Pl. I, fig. 6); elle est à
fond noir avec de nombreux ornements, lignes ou taches, de ton jaune clair,
les épines plus jaunes portant d’assez longues soies. — D’après les éducations
de macrothyris réalisées par J. A. O’Neil (Ann. Durban Mus., II, 150,1919),
les œufs sont pondus par petits groupes sur la Légumineuse nourricière,
Brachystegia randi et éclosent fin février; au 1 er stade, la chenille est toute
noire; au 2 e , tubercules et corps deviennent rouge brique, les soies des
tubercules passant du noir au blanc; au 3 e , le corps est moucheté de blanc,
mais les tubercules restent rouges ; au 4 e , les épines deviennent rouge-lilas,
mais les somites sont vert-clair au milieu, mauve ou lilas en avant et en arrière ;
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
103
au 5 e , les épines prennent seulement un ton plus foncé ; très piquantes, ces
chenilles se pupifient au printemps, l’éclosion ayant lieu en novembre-
décembre. D’après le même auteur, les chenilles de carnegiei broutent éga¬
lement sur Brachystegia , mais, à maturité, elles sont noires, mouchetées de
taches blanches, avec des anneaux intersegmentaires rouge brique et des
stigmates saumon; on les trouve en mai et le papillon Q éclôt au milieu de
décembre, le ç? deux mois plus tard. — On sait par Guy Babault, qui éleva
richelmanni au Kivu, que les chenilles de cette espèce broutent sur Mimosa
et une sorte de Lupin, qu’elles sont d’un blanc bleuâtre sur le dos, rosées sur
les flancs où les stigmates noirs s’ouvrent pas une fente orange, que les
épines, le bouclier prothoracique et le bouclier anal sont rouge violâtre,
enfin que la tête est noire et que les pattes sont noirâtres. — Des chenilles de
cytherea , on ne sait guère que ce qu’en dit Fabricius (Sys. ent., 557, 1775) :
« Larva brunnea punctis numerosis flavescentibus » ; pourtant Packard ( loc.
cit., pl. XXXII, fig. 3, 1914), les figures noires tachetées de beige, avec
bandes intersegmentaires et stigmates rouges. — Staudinger (Stett. ent. Zeitg.,
XXXIII, 120, 1872) rapporte les observations faites par Gueinzius sur
gueenzii ; les oeufs blancs sont pondus en masse, la chenille mûre est noire,
mais partout ornée en dessus de macules jaunes, les épines sont noires et les
stigmates entourés d’orangé ; on la trouve en novembre sur Myrica et son
exuvie entoure la pupe comme un sac; l’éclosion a lieu en octobre suivant.
Aurivillius (loc. cit., n° 4, 19, 1905) observe qu’il faut sans doute rapporter
à la même espèce les chenilles décrites comme dione par Packard ( Psyché,
IX, 280). — Pour Aurivillius (25, fig. 17 et 23), la chenille de dione est toute
noire avec les épines jaunes et les stigmates blancs (voir pl. I, fig. 5 une
chenille de dione obtenue par Seydel). Mais ici, les divergences sont nom¬
breuses : d’après une observation de Preuss rapportée par Karsch, elle
aurait aussi des taches jaunes, Packard lui attribue (loc. cit., pl. XXXII,
fig. 5), des épines rouges et des stigmates noirs, enfin, au Kivu, Guy
Babault élève une chenille tout à fait semblable à celle de dione avec
les stigmates noires et une raie latérale jaune. La chenille de dione vit
en société sur des plantes très différentes, Theobroma cacao , Jatropha
curcas, etc., qu’elle dépouille parfois de leurs feuilles ; Guy Babault la signale
également sur Mimosa, Ricinus.
Schultze (loc. cit., 1914) donne quelques notions sur la chenille d 'emini
(155, pl. II, fig. 1); elle est noire avec les épines et les sillons intersegmen¬
taires rouge brun, les stigmates orangé et un semis de jolies verrues nacrées ;
durant la saison des pluies, on la trouve solitaire sur Protea affinis bismarcki
et le papillon apparaît en mai au début de la saison pluvieuse de l’année
suivante. Le même auteur (156) observe que la chenille de bamendana vit
en nidifications sur une Myrsinacée, Maesa lanceolata et, après un repos pupal
de deux mois, donne le papillon fin septembre ; ses stigmates minium sont
entourés de rouge cire. Dans wahlbergi, d’après Fawcett (Trans. zool. Soc.,
XV, 303, pl. XLVII, fig. 4, 5) et Packard (loc. cit., pl. XXXII, fig. 4), la
104
E.-L. BOUVIER
chenille est noire, avec les épines rouille à base rougeâtre, les stigmates blancs
et des taches latérales jaunes.
Bibliographie
1. Bunaea staudingeri Aurivillius, Ent. Tidskr., XIV, 205, 1893. Nudaurelia st.
Gaede, Seitz, XIV, 325, 53 a ( $), 1927 ; Schüssler, 122 (A tort identifié par
Rothschild (loc. cit., 39, 1895) à Lobo. jamesoni et par moi (Saturn. Afr.
trop, franç., 608, 1928) à Lobo. alopia).
Var. : conracLsi ( Nud. conradsi Rebel, Deuts. ent. Zeits. Iris, XIX, 93,
1906. (Mus. Vienne).
2. Nudaurelia (Gonimbrasia) conradsi Gaede, loc. cit., 323, pl. 52 a (Q) et 52 c (cf),
1927. Acanthocampa conradsi Schüssler, 112, 611. (D’après une communi¬
cation aimable de Rebel, est étranger au vrai conradsi. Gaede observe
d’ailleurs que son conradsi est identique à 1 ’ochreata de Grünberg (i. 1.) ;
Schüssler en fait une forme du conradsi de Gaede.)
3. Nudaurelia kafubuensis Bouvier, Rev. Zool, afr., XX, 202, 205, 1930. (Mus.
Congo, cotype Mus. Paris).
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O’Neil, Ann. Durban Mus., II, 155, 1919. Nudaurelia ma. Bouvier, Rev.
Zool. afr., XV, 144, 1927 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII, 64, 1931.
Imbrasia macrothyris Schüssler, 143, 624. Bunaea heroum Oberthür, Et.
lép. comp., IV, pl. LUI, n° 446 (Q) et IV bis, 19, fig. G (cf), 1910 ; Janse,
Ann. Durban Mus., II, 81, 1918 et O’Neil, id., 150, 1919. Bunaea regalis
Rebel, loc. cit., 99, 1906 (Schüssler fait d 'heroum et de regalis des formes,
de macrothyris, p. 143). (Mus. Tring).
5. Nudaurelia gschwandneri Rebel, Ann. Naturh. Hofmus., XXXI, 164, pl. VI
fig. 2 (cf) et 3 (9), 1917 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 613, 615,
1928 ; Schüssler, 120. Nud. dione emini Sonthonnax, Lép. Soie, III, 19,
pl. VII, fig. 2 ($), 1901. (Coll. Gschwandner).
6. Nudaurelia richelmanni Weymer, Deuts. ent. Zeits. Iris, XXII, 6, 1909. Nud.
( Gonimbrasia) ri. Gaede, loc. cit., 323,50 c (cf), 1927. Gonimbrasia ri.
Schüssler, 109, 609. Nud. kasaïensis Bouvier, Bull. Mus., 1926, 350;
Saturn. Afr. trop, franç., 613, 616, 1928. Nud. (Gon.) kas. Gaede, loc.
cit., 323, 1927. Gon. kas. Schüssler, 107.
7. Nudaurelia ( Gonimbrasia ) ruandana Grünberg in Gaede, loc. cit., 323, 52 a (9)»
1927. Acanthocampa conradsi ruandana Schüssler, 112.
8. Nudaurelia alcestris Weymer, loc. cit., XX, 46,1907 ; Schüssler, 114.
9. Nudaurelia emini macrops Rebel, loc. cit., 166, pl. V, fig. 1 (cf) et 3 (9)! 1927 ;
Schüssler, 120. (Mus. Vienne).
10. Nudaurelia carnegiei Janse, loc. cit., 78, 1918 ; O’Neil, id., 159, 1919 ; Schüssler,
116. (prob. Mus. de Durban .
11. Antheraea benguelensis Oberthür, loc. cit., XVIII, pars. I, pl. 2 et 2 bis ( 9), 1921.
Nudaurelia ben. Bouvier, Rev. Zool. afr., 147, 1927. Nud. emini ben.,
Schüssler, 120. (Mus. Paris'.
12. Bombyx cytherea Fabricius, Syst. ent.,557, 1775. Agliacy. Hübner, Verzeichnif s,
152,1822. Echidna communijormis cy. Id. et Samml. exot. Schm., I, fig. 34
(cf) ; Saturnia cy. Westwood, Proc. zool. soc., XVII, 44, 1849. Antheraea
cy. Walker, List. V, 1242, 1855. Nudaurelia cy. Sonthonnax, loc. cit., 14,
pl. V, fig. 1 (cf), 1901 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 65, 1931. Phalaena attacus
capensis Stoll in Cramer, Pap. exot., IV, 24, pl. CCCII, fig. A et B (cf)
et 74, pl. CCCXXV, fig. G (cf nec 9) et 402, 1780. Nud. cy. capensis
Schüssler, 117. Antheraea hübneri Kirby, Trans. ent. Soc., 1877, 20.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
105
Var. : bubo (Nud. cy. bubo, Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 101, pl. XI,
flg. 2 (cf), 1930) ; Schüssler, 612. (coll. Joicey). — lucida ( Imbrasiacy.
lueida Rothschild, Ann. Nat. Hist., (7), XX, 2, 1907 ; Jordan, Nov.
Zool., XV, 255, pl. IX, flg. 1 (cf), 1908). Nud. cy. lue. Bouvier et
Riel, loc. cit., 66,1931 ; Schüssler, 118. Nud.cy. Distant, Ins. transv. III,
56, pl. V, flg. 9 (cf), 1903. Nud. lucida Gaede, loc. cit., 324, 1927.
(Tring Mus.'.— pauper (Nud. cy. pauper Bouvier, Bull. Mus., 1926,
347); Schüssler, 118. (Mus. Paris). — unicolor (Nud. cy. unicolor
Bouvier, loc. cit., 347. (Mus. Paris).
13. Nudaurelia bicolor Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 99, pl. X, flg. 4(9), 1930 ;
Schüssler, 612. (Coll. Joicey).
14. Nudaurelia lutea Bouvier, loc. cit., 99, pl. X, flg. 4 (cf), 1930 ; Schüssler, 614.
15. Nudaurelia camerunensis Bouvier, loc. cit., 101, pl. XI, flg. 1 (cf), 1930 ;
Schüssler, 612. (Coll. Joicey).
16. Antheraea gueinzii Staudinger, Stett. ent. Zeits., XXXIII, 120,1872. Nudaurelia
gue. Gaede, loc. cit., 325, 52 b (cf), 1927 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 65,
1931 ; Schüssler, 120, 613. Antheraea dione Maassen et Weymer, Beitrâge,
flg. 52 ( 9), 1873. Nud. dione gue. Sonthonnax, loc. cit., 7, pl. VII, flg. 3
(9), 1901.
Var. : nyassana (Imbrasia gue. nyassana Rothschild, Ann. Nat. Hist., (7),
XX, 3, 1907. Nud. gue. ny. Schüssler, 121. Tring Mus). — myrtea
(Nud. gue. myrtea Rebel,loc. cit., XXXI, 162, pl. IV, flg. 2 (cf), 1917 ;
Schüssler, 121'. Mus. Vienne). — venus (Nud. dione venus Rebel,
Deuts. ent. Zeits., Iris, XVIII, 273,1905). Nud. gue. venus, id., Ann.
Nat. Hist., Hofmus, XXXI, 162, pl. IV, flg. 1 (cf), 1917 ; Schüssler,
121. (Mus. Vienne). — jasciata (Gaede, Nud. gue. fasciata, loc. cit.,
325, 1927; Schüssler, 121. (Mus. Berlin), se distinguerait par une
large facie brune).
17. Antheraea emini (Butler, Proc. zool. Soc., 1888, 84. Nudaurelia em. Schüssler,
56, 613. Gonimbrasia em. Schultze, Arch. Naturg., LXXX, A, I,
pl. II, flg. 1 (chenille), 1914. (Musée Brit.).
18. Antheraea anthina Karsch, Ent. Nachschr., XVII, 353, pl. XIX, flg. 1 (cf),
2 (9), 1892. Nudaurelia ant. Bouvier, Sat. Afr. trop., franç., 613, 621,
1928 ; Bouvier et Riel, 65, 1931 ; Schüssler, 115, 611. Nud. wahlbergi ant.
Rothschild, Nov. Zool., II, 42, 1895. Imbrasia anthina Packard, loc. cit.,
35, 1914. Nud. persephone (Stgr.) Gaede, loc. cit., 324, 52 b (9) ; Sonthon¬
nax, loc. cit., pl. VIII, flg. 2 (cf), 1901.
Var. : xanthomma (Imbrasia xanthomma Rothschild, Ann. Nat. Hist.,
(7), XX, 3,1907. (Tring Mus.). Nud. ant. xant. Schüssler, 115.
19. Imbrasia bouvier i Le Moult, Nov. ent., III,22, pl. III, flg. 5 ( cf), 1933. (Mus. Paris).
20. Bombyx dione Fabricius, Ent. syst. III, 410, 1793. Antheraea di. Maassen et
Weymer, Beitrâge, flg. 94 (9), 1881. Nudaurelia dione, Gaede, loc. cit.,
524,52 b (cf), 1927 ;Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 614, 618, et flg. 11
(nervulation), 1928; Bouvier et Riel, 65, 1931. Schüssler, 118, 613.
Bombyx petiveri Guérin-Méneville, Bull. Soc. série, 1875, 170. Antheraea
paphia Kirby (nec Linné), Cat. Lep., Heter., I, 757, 1892. Antheraea
simplicia Maassen et Weymer, loc. cit., flg. 20 (çf), 1872. Nud. dione
butleri (Auriv.) Sonthonnax, loc. cit., 19, pl. VII, flg. 1(9), 1901.
21. Saturnia wahlbergi Boisduval in Voy. Delegorgue Afr. austr., II, 600, 1847.
Telea wa. Herrich-Schâffer, Samml. aus. Schmett., 10, flg. 95 (cf), 1854.
Antheraea wa. Kirby, Trans. ent. Soc., London, 1877, 17. Nudaurelia wa.
Gockerell in Packard, loc. cit., 49, pl. XXXII, flg. 4 (chenille), pl. GVI,
flg. a (9), b (pupe), c (chenille), 1914 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç.,
614, 620, 1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 65, 1931. Schüssler, 122, 614.
106
E.-L. BOUVIER
Antheraea dione wa. Herrich-Schàffer, loc. cit., 61, 1858. Nud. dione wa.
Sonthonnax, loc. cit., 19, pl. VI, flg. 4 (cf) et 5 (Ç), 1901. Nud. dione
Packard, loc. cit., 46, 1914.
Var. : rhodina (Imbrasia wa. rhodina Rothschild, Ann. Nat. Hist., (7),
XX, 3, 1907). Nud. rhod. Gaede, loc. cit., 324, 1927. Nud.wa. rhod.
Schüssler, 123). (Tring Mus.) — flavescens (Nud. wa. flavescens
Rothschild, Nov Zool., Il, 43,1895). Nud. anthina flav. Schüssler, 115.)
(TringMus.). — ochraeea (Nud. wa. ochracea, Rebel, Ann. Naturh.
Hofm., XXXI, 165, 1917 ; Schüssler, Ochracea de couleur jaune
ocre serait très voisin de gschwandneri; flavescens est jaune pâle .
22. Nudaurelia rubra Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 16, flg. 5 (cf), 1927 ; Schüssler,
122. (Mus. Con o).
23. Imbrasia cleoris Jordan, Nov. Zool., XVII, 473, 1910. Nudaurelia cl. Schüssler,
116. (Tring Mus).
24. Antheraea anna Maassen et Weymer, Beitrâge, flg. 88 (9), 1885. Nudaurelia an.
Gaede, loc. cit., 323, 50 b (cf), 1927 ; Schüssler, 115, 611.
25. Nudaurelia amathusia Weymer, Deuts. ent. Zeits. Iris, XXII, 8, 1909 ; Gaede,
loc. cit., 326, 53 a (cf), 1927 ; Schüssler, 115.
26. Gonimbrasia bamendana Schultze, Arch. Naturg., LXXX, A, I, 151, pl. VI,
flg. 2 (Ç), 1914. Nudaurelia ba. Schüssler, 116, 612. (Au Mus. de Paris le
type $ de la var. orientalis).
27. Nudaurelia ungemachti Bouvier, Bull. Mus., 348, 1926 ; Schüssler, 122. (Coll.
Ungemach).
28. Nudaurelia latifasciata Sonthonnax, loc. cit., 20, pl. XI, flg. 1 (cf), 1901 ; Bou¬
vier, Saturn. Afr. trop, franç., 613, 615, 1928 ; Bouvier et Riel, 64, 1931 ;
Schüssler, 121.
29. Nudaurelia germaini Bouvier, Bull. Mus., 349, 1926 ; Saturn. Afr. trop, franç.,
613, 616, pl. VI, flg. 4 (cf), 1928 ; Schüssler, 120. (Mus. Paris).
Genre XI. — IMBRASIA Hbn.
(Pl. IV, flg. 6).
Imbrasia Hübner, Verzeichniss, 154, 1822 ; Rothschild, Nov. Zool., II,
39, 1895 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 558 et 647, 1928 ; Schüssler,
138, 622 (pro parte).
Très voisins des Nudaurelia dont ils ne diffèrent que par l’angle plus ou
moins caudiforme formé par le bord externe des ailes postérieures du cf,
souvent aussi de la Ç, les Imbrasia présentent les mêmes traits essentiels
dans leur nervulation, leurs antennes, leurs tibias, leurs chenilles. En raison
de leur caractère prédominant qui est fort sensible dans le sexe mâle, ils
constituent un groupe générique qui n’a pas subi les vicissitudes auxquelles
furent soumis les genres voisins, notamment les Bunaea, Nudaurelia et
Lobobunaea. Comme les Nudaurelia, ils semblent bien se rattacher aux Lobo¬
bunaea primitifs, alopia et formes voisines et, de fait, s’en rapprochent davan¬
tage, car leur ocelle antérieur est presque toujours réduit à une simple fenêtre
triangulaire ou en D, alors que chez les Nudaurelia (sauf myrtea, un peu aussi
nyassana) cette fenêtre devient le centre d’un ocelle annelé; pourtant les
antennes de la Ç sont moins fortement dentées que dans les Nudaurelia et
Lobobunaea , parfois même presque sétiformes, d’ailleurs toujours, chez le cf
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
107
comme chez la $, avec carènes en soc sur leurs articles terminaux, carènes
toutefois moins fortes que celles des Lobobunaea.
L’armature sexuelle du ç? (fig. 30) est exactement du même type que
chez les Nudaurelia et Lobobunaea ; les seules différences, d’ailleurs acces¬
soires, sont les suivantes : le rostre horizontal infléchi de l’uncus est tantôt
fort grêle ( deyrollei ), tantôt large, étranglé à sa base, obtus ( obscura), parfois
en lame obtuse assez étroite (hebe) ; sa partie verticale peut se dilater encore
en deux lobes assez forts ( deyrollei), mais elle est bien plus souvent réduite
à une lame peu ou pas bilobée {hebe, obscura) ; les claspers simples se ter¬
minent toujours par une troncature dont l’angle supérieur s’allonge en
pointe obtuse, mais l’angle inférieur peut être arrondi ( deyrollei ), ou armé
Fig. 30. — Armature cf des Imbrasia : A, dans obscura, vue dorsale; dans deyrollei;
13, vu du côté gauche (la partie ventrale de l’uncus devrait être en pointillé; B', les
parties médianes vues du côté ventral.
d’une dent qui est réduite dans hebe, forte et aiguë dans obtusa. Le pénis est
simple dans deyrollei, armé du côté droit, vers son milieu d’une forte dent
noire (hebe, obscura), sans paire de saillie basale sensible (hebe), ou avec ces
saillies légèrement indiquées par un mamelon (obscura) ou une lame creuse
rudimentaire ( deyrollei).
Le genre comprend les quatre espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. Ocelle postérieur, dans les deux sexes, très réduit ou virtuel en dessous, en dessus avec
un iris jaune ou brun jaune, nettement distinct de l’anneau noir, celui des anté¬
rieures, sur les deux faces, en simple fenêtre demi-circulaire. Thorax d’ordinaire
avec une bande noire dans la moitié antérieure du prothorax, ou fort étroite
au mésothorax contre le prothorax. Une rayure interne en dessus aux deux ailes,
celle des antérieures largement interrompue sur le cubitus, sa partie intra-cellu¬
laire toujours la plus nette et amplement auréolée de blanc, la postcellulaire
formant un angle saillant en dehors. Dessous des antérieures plus ou moins rose
vers le bord anal.
E.-L. BOUVIER
B. Anneau noir de l’ocelle suivi d’un rouge ou rose, puis d’un blanc. Ailes grises ou
rougeâtres, presque toujours mouchetées de petites taches noirâtres.
C. Ailes antérieures avec l’apex peu ou pas saillant sur le bord externe qui est
peu ou pas concave. Postérieures avec le bord externe saillant en angle chez
le c?. 1. epunethea Drury.
D. Presque toujours une bande submarginale dentée, blanche ou un peu
lilacée, sur les deux faces des deux ailes, et une étroite bande noirâtre
immédiatement contre le prothorax.
E. La bande submarginale des antérieures très éloignée de la rayure externe.
. ep.ertli Rebel.
F. Bord externe des ailes postérieures du cf en angle peu saillant à bord
postérieur droit ; celui de la Q convexe, non anguleux; bande sub¬
marginale parfois absente chez le cf- (<f 97, Ç 103-120) (du Natal
au Nyassa et au Cameroun). f. ertli.
F'. Bord externe des postérieures de la $ en angle très net. ($ 135-150).
. /. nadari.
E'. Bande submarginale des antérieures très rapprochée de la rayure externe.
(95-123) (Afrique occidentale). ep. obscura Butler.
F. Bord externe des postérieures de la $ convexe non anguleux, apex
des antérieures plutôt obtus. /. convexa Bouv.
F. Bord externe des postérieures de la 9 en angle mousse, apex des anté¬
rieures plutôt aigu. /. obscura.
D’. Pas de bande submarginale en dessus, très rarement en dessous ; ordinai¬
rement une bande noirâtre dans la moitié antérieure du prothorax. Bord
externe des postérieures à angle dans les deux sexes, chez le cf bien saillant
avec le bord antérieur et souvent le postérieur concaves (Afrique occi¬
dentale). ep. epimethea.
E. Assez grande taille, (cf 115-120, 9 123-147). f. epimethea.
E'. Taille plutôt réduite (cf 93-98, 9 100-113)... f. hebe Maass. et Weyd.
C’. Ailes antérieures, dans les deux sexes, avec l’apex tronqué et très saillant
sur le bord externe qui est ensuite fortement concave; ce bord, aux pos
térieures, fortement à angle dans les deux sexes, sa partie antérieure concave,
l’angle du cf prolongé en queue assez longue. Une étroite bande noirâtre
contre le prothorax (cf 135, 9 142 ; la forme pumila Bouv. avec un cf
de 109) (Afrique occidentale). 2. truncata Auriv.
B'. Anneau noir de l’ocelle suivi d’un blanc ou rosé ; bord externe des postérieures
à angle chez la 9 •
C. Iris noirâtre se confondant en dehors avec l’anneau noir, aberr. melanops Bouv.
G'. Iris jaune. Bord postérieur prolongé en longue queue chez le cf- Apex des
antérieures à peine saillant sur le bord externe qui est peu ou pas concave,
cet apex d’ordinaire légèrement tronqué, (cf type 156, 9 type 138) (pl. IV,
flg. 6) (Ogooué; Ouest du Congo belge). 3. longicaudata Holl.
A'. Ocelle postérieur très développé en dessus et en dessous dans les deux sexes, à iris
noirâtre (en dessus) ou brunâtre (dessous) et anneau noir, celui-ci, en dessus,
suivi d’un rouge, puis d’un blanc ; en dessous, chez le cf. semblable à celui
du dessus, chez la 9 envahi presque tout entier par l’iris brun qu’entourent
deux fins anneaux, et un blanc. Ocelle des antérieures du cf réduit en dessus à
sa fenêtre qui est fort petite, en dessous semblable à celui des postérieures,
mais d’un diamètre plus faible ; chez la 9 > dorsalement, en longue fenêtre
demi-elliptique, ventralement avec cette fenêtre frangée de brun, reposant par
sa base tronquée sur une épaisse tache fortement prolongée en arrière; à la
périphérie le noir, partout, est liséré de blanc. Bord externe des deux ailes
onduleux, avec l’apex des antérieures saillant et subtronqué chez le cf , à peine
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
109
saillant et obtus chez la Ç, le bord externe des postérieures en angle très
proéminent et aigu dans ce dernier, l’angle court et obtus chez la 9- U ne rayure
interne aux antérieures, sans discontinuité cubitale, presque droite ; la rayure
externe du dessus des postérieures fortement convexe. Grande taille, tonalité
brun marron, le dessous sans rose anal aux antérieures, (cf 153-186, Ç 165-198
(Afrique occidentale). 4. s. deyrollei
Les chenilles d’ epimethea ertli ont été très bien figurées par Oberthür
{Et. lépid. comp ., pl. LU, 445, 1910), d’après une chenille actuellement au
Muséum ; elles sont noires, avec, en jaunâtre, la tête, le bouclier prothora¬
cique et l’anal, les fausses pattes anales, une raie longitudinale dorsale et sur
les côtés deux séries de petites taches dans la région des stigmates lesquels
sont un peu brunâtres ; les épines sont noires, luisantes, indiquées par une
voussure au sommet de leur tubercule, voussure qui, dans la région anté¬
rieure, se prolonge en une très courte épine ; sur les côtés du corps, des poils
blancs longs et nombreux. O’ Neil ( loc. cit., 149, 1919) dit également que les
chenilles sont noires avec de longs poils blancs duveteux ; d’après cet auteur,
elles sont grégaires sur les Légumineuses du genre Brachystegia où l’on en
trouve parfois 200-300 sur un même arbre, et « très hautement estimées
comme article de consommation » par les Mashonas.
D’après Schultze {loc. cit., 151), les chenilles d 'epimethea sont également
grégaires et fort estimées au Cameroun où, parfois, elles dépouillent complè¬
tement les Acacias ; elles présentent des variations considérables, mais,
en général, conservent la tonalité des chenilles à.’’ertli, avec beaucoup plus
de jaune et des épines bien développées tantôt brun rougeâtre, tantôt,
d’après Aurivillius, jaunes dans la région du dos et des flancs, noires au-
dessous des stigmates. Dans la forêt vierge des mêmes régions, Schultze
a élevé une chenille complètement noire dont les épines étaient très courtes,
rappelant de la sorte ertli, lequel, se rapproche beaucoup d 'obscura quand on
s’avance vers l’Afrique occidentale.
Bibliographie
1. Phalaena attacus epimethea Drury, Illustr., II, 22, pi. XIII, flg. 1(9)- Imhrasia
ep. Hübner, Verzeichniss, 154,1822. Lomeliaep. Duncan in Jardine Natur.
Libr., VII, 125, 1841. Saturnia ep. Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII,
50,1849. Bunaea ep. Walker, List., V, 1234,1855. Gonimbrasia ep. Strand,
Arch. Naturg., LXXVIII, A, VI, 142, 1912. Eacles epimedea Herrich
Schaffer, Samml. aus. Schmett., 9,1855. Bunaea mopsa et dorcas Walker,
loc. cit., 1233, 1855. Imhrasia crameri Kirby, Cat. Lep., Heter., I, 754,
1892 (tenu par Schüssler (141), comme dorcas et mopsa (142), pour forme
d’ epimethea).
Var. : 1 0 ertli (Imbrasiaep. ertli Rebel, AnnJNat. Hist. Hofmus, XIX, 67,
pl. III, flg. 1 (cf) et 3 (9), 1904) ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç.,
649, 1928 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII, 66, 67, 1931 (avec une
forme junodi Oberthür). Imb. ert. Oberthür Et. lep. comp., IV, 678,
pi. LU, n° 443 (cf), 444 (9), 445 (chenille) et IV bis, 40, flg. W (9).
1910. Imb. epimethea Packard, loc. cit., pl. CIX, flg. e (cf), f (9).
no
E.-L. BOUVIER
g (pupe), 1914. Imb. obscura Sonthonnax, loc. cit., pi. XXII, flg. 4
(Q), 1901. Nud. affinis Bouvier, Bull. Mus., 346, 1926; Schüssler,
114. Forme nadari (/. ep. nadari Bouvier, Satura. Afr. trop, franç.,
469, 657, pl. VI, flg. 2 ($),1928). (Type d’ertli au Mus. devienne,
de nadari dans la coll. Nadar).
2 e obscura (Gonimbrasia obscura Butler, Ann. Nat. Hist., (5), II, 462,
1878); Maassen et Weymer, Beitrâge, flg. 84, 85 (9), 1886. Imb.
obs., Sonthonnax, loc. cit., 47, pl. XXII, flg. 3 (cf), 1901. lmb. ep.
ob. Bouvier, loc. cit., 649, 657, 1928. Schüssler, 142, 623 ; Imb. ep.
Sonthonnax, loc. cit., pl. XXII, flg. 1 (Ç), 1901. Forme convexa;
I. convexa, Bouvier, Rev. Zool. Afr., XV, 156, 1927 (tenu par Schüs¬
sler pour une forme d’ertli (143, 624). (Type d 'obscura au Mus. brit.,
de la forme convexa au Mus. du Congo .
3° epimethea typique avec une aberration melanops (Bouvier, Rev.
Zool. afr., XVII, 404, 1930) et 1 ’lmbr. dorcas de Sonthonnax (loc.
cit., pl. XXII, flg. 2,1901). Forme hebe(Gon. hebe, Maassen et Weymer,
loc. cit., flg. 112 (cf), 1886). Irnbr. hebe Kirby, Catal. Lep., Heter., I,
753, 1892 ; Imb. ep. hebe, Bouvier, Satura. Afr. trop, franç., 656>
1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 66,1931 ; Schüssler, 142, 623.
2. Imbrasia truncata Aurivillius, Ark. Zool., V, n° 5, 6, 1908 ; Bouvier, Rev.
Zool. afr., XV, 152, 1927 et XVII, 402, 1930 ; Schüssler (pars), 143, 624.
Imb. ep. truncata Schüssler, 143, 624. (Mus. Congo).
Var. : pumila (Imb. trun. pumila Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 104,
pl. XI, flg. 4 (cf), 1930) ; Schüssler, 624. (Coll. Joicey).
3. Gonimbrasia longicaudata Holland, Ent. News., IV, 137, 1894. Imbrasia long.
Bouvier, Rev. Zool. Afr., XVII, 234-236, flg. (9), 1929 et XX, 347,1931 ;
Satura. Afr. trop, franç., 648, 654, 1928. Imb. ep. long. Schüssler, 143
(pars). Imb. ep. obscura f. truncata Bouvier, Rev. Zool. Afr., XV, 154,
1927. Imb. ep. truncata Bouvier, Satura. Afr. trop, franç., 658, 1928.
(cf au Mus. Carnegie, 9 au Mus. de Paris).
4. Saturnia deyrollei Thomson, Arch. ent., II, 344 et flg. (9)> 1858. Bunaea dey.
Maassen et Weymer, Beitrâge, flg. 18,19 ( 9 ), 1872, flg. 80, 81 (cf), 1881.
Imb. dey., Gaede, Seitz, XIV, 331, 56 a (9), 1927 ; Schüssler, 139, 622,
Imb. dey. gerresheimi, Strand, Int. ent. Zeits. Guben, V, 278, flg. 1 (cf)-
2 (9), 1911 et intermedia, Id., 258, flg. 3 (9), 1911. Schüssler (140) tient
ces exemplaires, de même que le suivant, pour des formes de deyrollei).
Bunaea congolensis Oberthür, loc. cit., 18,19, flg. F, G ( 9), 1910. Bombyx,
Olivier, Choix de mémoires, I, pl. XVII, flg. 1 et 2 (Ç), 1911. Bunaea
senegalensis Kirby, loc. cit., 752, 1892, (pour le Bombyx d’Olivier). Imb.
seneg. Bouvier, Satura. Afr. trop, franç., 648, 650,1928 ; Bouvier et Riel,
loc. cit., 66, 1931 ; Schüssler, 143, 624.
Genre XI. — E0CHR0A Felder.
Eochroa Felder, Novara, Lepid., 4, 1875 ; Kirby, Cat. Lep. Heter., I, 775,
1892 ; Bouvier, Mêm. Ac. Sc., LIX, n° 4, 26, 38, 1927 et Saturn. Afr. trop,
franç., 557, 1928 ; Gaede, loc. cit., 338, 1927.
Ailes antérieures à bord externe régulièrement convexe, les antérieures avec
l’apex subaigu, assez étroites, en dessus avec une rayure interne coudée sur le
cubitus, une médiane sublunaire un peu en S, une externe épaisse, étranglée,
aux nervures, subparallèle au bord externe dont elle est peu distante. Les
FAMILLE DES SATDRNIIDÉS 111
postérieures et le dessous des deux ailes simplement avec cette dernière
rayure ; aux deux ailes et sur les deux faces un ocelle arrondi à fenêtre cen¬
trale, iris orangé et anneau externe noir.
Tibia des pattes antérieures inconnu, mais probablement long et inerme
comme celui de la 2 e paire qui est
aussi long que le tarse, ce qui
éloigne le genre des Mélanocériens
et des Bunéens armés supérieurs
( Cinabra , Athlètes , Gynanisa) ;
d’ailleurs s’éloigne des autres
Bunéens armés par sa radiale
antérieure qui naît directement
de la cellule ; semble donc devoir
se ranger parmi les Bunéens
inermes et, dans ce groupe se
rapproche surt out des Nudaurelia
bien ocellés aux deux ailes, encore
qu’il s’en éloigne, comme de tous les autres Bunéens, par deux traits
extraordinaires : l’anastomose, sur son parcours, de la première radiale avec
la subcostale (fîg. 31) et, d’autre part, le grand allongement des antennes
St. VHI
A’
Fig. 32. — Armature cf d'Eochroa trimeni; A, vue du côté central;
A', sternite VIII.
qui égalent presque la moitié de la Costa des ailes antérieures ; ces antennes
d’ailleurs pectinées brièvement chez la Ç, longuement chez le çf, sans carène
sur les articles terminaux simples qui se réduisent à un ou deux. Armature
sexuelle (flg. 32) du type bunéen avec une paire de lames sternales à la base
du pénis et des claspers inermes. Cette armature toutefois bien spéciale : les
Fig. 31. — Aile antérieure droite d’Eochroa tri-
meni moutrant l’anastomose delà radiale anté¬
rieure R s avec la subcostale Sc.
E.-L. BOUVIER
112
claspers élargis et bidentés à leur bout libre, l’uncus avec sa partie terminale
formant en arrière une facette tronquée, sa partie basale bien distincte et
constituant en dessous une paire de lobes entre lesquels s’ouvre l’anus ;
sternite X à deux pointes au bord libre, le tergite VIII, très régulier, le
sternite VIII avec forte saillie médiane tronquée. Stades larvaires inconnus.
Genre localisé dans l’Afrique australe et représenté par une espèce localisée
dans la colonie du Cap et au Natal : Eochroa trimeni Felder, Novara, Lep., IV,
4, pl. LXXXV, fig. 4 ($), 1875 ; Sonthonnax, Lép. Soie, IV, 40, pl. XV,
fig. 1 (c?), et 2 (9), 1904 ; Schüssler, 323, 714. (cf 55-70, 9 10-80.)
3° Groupe des Bunéens armés.
Comme les Bunaeicés de la section précédente, les Bunéens armés tirent
probablement leur origine des Pseudaphéliens normaux ; mais ceux-ci étant
actuellement tous inermes, la jonction entre les deux groupes a pu s’effectuer
par des formes analogues aux Acanthocampa et aux Angelica, où les tibias
•antérieurs sont encore longs, faiblement armés, et les radiales antérieures
disposées de la même manière que chez les Pseudaphéliens normaux des genres
Parusta et Tagoropsis.
La section comprend sept genres comme la précédente, et semble évoluer
suivant des voies parallèles (atrophie progressive de l’ocelle antérieur chez
l’adulte et des épines dans les chenilles).
Tableau des genres.
A. Tibias de la 2 e paire inermes ou presque et à peu près de la longueur du tarse.
B. Toutes les radiales sur un pédoncule commun.
C. Les rayures larges, dont une médiane sur la face dorsale des ailes antérieures ;
tibia antérieur court et armé d’une forte épine. 13. Ubaena Karsch. (p. 120).
C'. Les rayures plutôt étroites, ordinairement pas de médiane en dessus... .
. 12. Gonimbrasia Btlr. (p. 113)-
D. Tibia antérieur faiblement armé et beaucoup plus long que le premier
article tarsien; ocelle bien développé sur toutes les ailes ; rayure externe
largement auréolée de clair en dehors.
B. Rayure interne des antérieures non zigzagante.
. Subg. Acanthocampa Pack.
E'. Rayure interne et externe des antérieures en zigzags.
. Subg. Angelica Dist.
D'. Tibia antérieur à deux fortes épines et égalant au plus le premier article
tarsien ; ocelle des antérieurs réduit ; rayure externe marginée de clair en
dedans. Subg. Gonimbrasia.
B'. La radiale antérieure naît de la cellule.
C. Ailes à écailles serrées, les antérieures avec un ocelle réduit, parfois en simple
fenêtre, celui des postérieures bien développé. D’ordinaire lobes et taches
des Lobobunaea . 14. Pseudobunaea Bouv. (p. 121).
C'. Ailes peu écailleuses à rayures et ocelles vagues ou effacés.
. 16. Cirina Wkr. (p. 131).
A 1 . Tibia de la 2 e paire court et armé de deux fortes épines distales. La radiale anté¬
rieure naît de la cellule.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
113
B. Ailes rouge cinabre, rayures presque réduites à l’externe qui est épaisse et régu¬
lière. 15. Cinabra Sonth. (p. 129).
B'. Ailes à dessins noirs ou bruns sur fond clair ; aux ailes antérieures une rayure
médiane et une externe en zigzags.
C. Antennes étroites et courtes atteignant au plus le 1 /6 e de la longueur de
l’aile ; bord externe des postérieures à angle comme dans les Imbrasia,
chez les mâles. 17. Athlètes Karsch. (p. 133).
C'. Antennes larges et longues égalant au moins le 1 /6 e de la longueur de l’aile
antérieur ; bord externe des ailes postérieures normal.
. 18. Gynanisa Wkr. (p. 136).
ext
Genre XII. — GONIMBRASIA
Btlr. (nec Schüssler).
(PI. IV, fig. 7).
Gonimbrasia Butler, Ann. Nat. Hist. (5), II,
462, 1878; Aurivillius, Ark. Zool., II, n° 2,
18, 1905; Bouvier, Mém. Ac. Sc., LIX, n° 4, 22,
37, 1927 et Saturn. Afr. trop, franç, 556, 567,
1928. Angelica et Acanthocampa Schüssler, 123 et
615, 109 et 609.
Établi par Butler pour le type nictitans, ensuite
fort bien défini par Aurivillius, ce genre est
généralement mal connu des auteurs, surtout
par Schüssler qui n’y fait rentrer aucune des
espèces signalées par Butler et le confond avec les
Bunaeopsis (voir p. 68), aggravant l’erreur de
Gaede qui, dans le Seitz, en fait deux subdivisions
de son vaste genre Nudaurelia. En réalité, ses
caractères sont bien nets et les formes qui le
constituent se relient étroitement entre elles. Par
l’armature de ses tibias antérieurs qui présentent
deux épines terminales (fig. 33), il s’éloigne des
Bunéens inermes et se range dans les Bunéens
armés dont il se distingue d’ailleurs par sa nervu-
lation où la radiale antérieure naît du pédoncule
radial commun et non de la cellule. Ce caractère le
rapproche étroitement des Bunéens inermes et,
par ses formes (Angelica, Acanthocampa ) où le tibia
antérieur reste long avec des épines courtes, où les
ocelles antérieurs sont encore bien développés, des
Bunaeopsis et Parabunaeopsis ; tous les Gonim¬
brasia ont d’ailleurs, comme les représentants de ces deux genres, la rayure
externe des ailes de la première paire très éloignée du bord externe, peu oblique
ou subparallèle relativement à ce bord ; au surplus, le genre s’éloigne des
mémoires do muséum, nouvelle série, tome iii. 8
Fig. 33. — Gonimbrasia nic¬
titans Ç, patte 1, tibia et
origine du tarse. L’épiphyse
de la 9 est nulle et réduite
à la cicatrise basale; elle
est très forte et en crochet
obtus plus long que l’ar¬
ticle chez le cf ■
114
E.-L. BOUVIER
Bunaeopsis et se rapproche des Parabunaeopsis par la rayure interne des
mêmes ailes qui se coude sur le cubitus; puis, dans ce dernier genre, il se rap¬
proche surtout des espèces telles que birbiri et jefferyi où il y a un collier blanc
au prothorax, aux ocelles un anneau’gris entre le noir et le clair externe, enfin,
à la face dorsale des postérieures, du rouge ou du rose dans la zone préocellaire.
Dans G. belina occidentalis, l’armature sexuelle du cf (%• 34) est presque
identique à celle de jefferyi, (même uncus, même claspers), le pénis étant seu¬
lement tordu, sans spinules et ses lames basales plus réduites ; dans Angelica
tyrrhea (fig. 34), c’est identiquement le même type, avec le rostre de l’uncus
assez infléchi et caréné seulement vers sa pointe, les claspers un peu plus
rétrécis au bout libre. Comme les Lobobunea primitifs, avec lesquels d’ailleurs
Eig. 34. — Armature c? : A, d 'Angelica tyrrhea, côté gauche sans le clasper de ce côté ;
B, de Gonimbrasia belina occidentalis en dessus et B' face interne du clasper gauche.
ils présentent des affinités manifestes signalées par Rothschild et Packard,
les Gonimbrasia se rattachent à une souche parabunéopsidienne. En dessous,
la tonalité des ailes est plus claire depuis la base jusqu’à la rayure externe qui
est généralement droite ou presque, et cette zone claire présente toujours une
bande médiane plus foncée. La carène des articles terminaux des antennes est
parfois très réduite.
Le genre présente les sept espèces suivantes qui forment une chaîne assez
continue où, pourtant, on a introduit, sans réel besoin, des coupes subgé¬
nériques : Angelica Distant (Ins. transv., III, 59, 1903) et Aeanthocampa
Packard (Journal New-York ent. Soc., X, 100).
Tableau des espèces
I. Outre leur frange blanche proximale les rayures externes sont toujours frangées
de blanc en dehors, sauf parfois (très rarement) aux postérieures ; prothorax en
arri re avec un collier blanc; ailes antérieures en dessous routes ou roses
•vers le bord anal. Tibias antérieurs presque aussi longs que le tarse et ter¬
minés }.ar deux épines.
A. Rayure externe des deux ailes et des deux faces en zigzags, en dessus plus largement
frangée de blanc du côté distal ; rayure interne du dessus des antérieures avec
FAMILLE DES SATURN1IDES
115
deux forts angles saillants en dehors et un peu bifides à la pointe, l’un dans la
cellule, l’autre en arrière, cette rayure frangée de blanc du côté distal ; l’interne
des postérieures surtout blanche et faisant en arrière un fort angle saillant.
Dessus des antérieures et aire externe des postérieures allant du gris jaunâtre
au gris noirâtre, avec les nervures assez visibles en jaunâtre, la zone baso-mé-
diane gris-fumée en arrière, rougeâtre en avant. Ocelles du dessus bien déve¬
loppés, à iris brun jaunâtre, anneau noir suivi d’un gris café (rouge dans l’aber¬
ration rubra nov.) et d’un blanc, celui des antérieures moins grand. Dessous
comme dessus, mais plus clair et étendu aux deux ailes ; l’ocelle des antérieures
semblable à celui du dessus, celui des postérieures bien plus petit que ce dernier,
rond et sans anneau en dehors du noir, une bande médiane brunâtre, passant
par les ocelles et souvent assez vague. Epiphyse des tibias antérieurs nue dans
les deux sexes. Angelica Distant. (Schüssler, 123, pars).. . 1. tyrrhea Cram.
B. La dent intra-cellulaire de la rayure interne des antérieures plus saillante que
la post-cellulaire ; rayure externe de ces ailes convexe en dehors et sans
zigzags en arrière. Bout anal de l’abdomen blanc. Axe des antennes du ç? clair,
les dents noires, (cf 115) (Kilimandjaro). t. hoehneli Rogenh.
B'. Dent intra-cellulaire de la rayure interne beaucoup moins saillante que l’autre ;
externe des antérieures droite, en zigzags sur toute sa longueur. Bout anal
du ton de l’abdomen. Axe des antennes noir, les dents du peigne bruns. (02-
125) (Du Cap au Transvaal). t. tyrrhea.
A'. La rayure externe des postérieures en dessus n’est jamais en zigzags ni régulière¬
ment onduleuse , il en est de même presque toujours de celle des antérieures , l’interne
de celles-ci avec l’angle intra-cellulaire réduit ou nul. Ocelle antérieur arrondi,
bien plus petit que le postérieur, mais avec les mêmes parties plus réduites ; en
dessous, l’ocelle antérieur semblable à celui du dessus, mais plus vague, celui des
postérieures réduit à la fenêtre. Epiphyse poilue dans les deux sexes ( Angelica ,
Schüssler, 123, pars). Acanthocampa Pack.
B. Une frange blanche distale à la rayure externe des deux ailes, celle des antérieures
large, distalement diffuse, l’interne des antérieures avec forte saillie post¬
cellulaire. Bord externe des postérieures faiblement et régulièrement convexe.
Antennes de la $ simplement dentées. Tonalité du dessous des deux ailes
beaucoup plus claire que celle du dessus, sauf dans la zone marginale.
C. Tonalité générale du dessus des ailes et du corps allant du gris chamois au
gris brun verdâtre, iris ocellaire jaune bruni, l’avant-dernier anneau gris
brun ; aire médiane du dessus des postérieures rouge violet noirâtre, sauf
en arrière ; rayure interne des antérieures un peu anguleuse dans la cellule,
la saillie postérieure aiguë ou subaiguë ; dessous blanc un peu gris, sauf vers
la marge et sur la bande médiane des ailes, la rayure externe en zigzags,
fine aux postérieures épaissie, en arrière aux antérieures.
. 2. zambesina Walker.
D. Rayure externe du dessus des antérieures en zigzags, l’interne aigue et un
peu bifide. (110-136) (Natal, Transvaal, Mozambique)., z. zambesina.
D’. Rayure externe du dessus des antérieures sans zigzags, l’interne subaiguë
ou obtuse, (peut atteindre 147) (Nairobi, Zanguebar). z. rectilinea Oberth.
C'. Tonalité générale du dessus des ailes et du thorax allant du rouge tendre à
l’orangé, iris ocellaire jaune brun, l’avant dernier anneau rose chair ; aire
médiane du dessus des postérieures d’un rouge plus franc ; dessous blanc
rosé comme l’abdomen, sauf sur les bandes médianes et à la marge qui
sont rougeâtres. Rayures externes du dessus simples (Zanguebar).
. 3. saïd Oberth.
D. Rayures externes du dessous des ailes en zigzags comme dans zambesina,
116
E.-L. BOUVIER
l’externe du dessus des postérieures sans frange blanche proximale,
l’interne du dessus des antérieures à saillie postcellulaire obtuse. ( cf 160)..
. s. sa'id.
D'. Rayures externes du dessous des ailes sans zigzags, l’externe du dessus
des postérieures frangée de blanc des deux côtés, l’interne du dessus
des antérieures à saillie postcellulaire anguleuse. (cf 140, Ç 1 160 ■.
. s. barcas M et. W.
B'. Frange blanche distale de l’externe du dessus des postérieures rudimentaire ou
nulle, celle des antérieures bien limitée ; l’interne de ces dernières non angu¬
leuse, en coude sur le cubitus. Bord externe des postérieures fortement con¬
vexe. Antennes de la Q avec les dents postérieures de chaque article plutôt
longues. 4. congolensis Bouv.
C. Dessus des ailes orangé, mais l’aire médiane des postérieures rose violâtre ;
apex des antérieures du cf subaigu avec le bord externe un peu concave,
celui des postérieures subanguleux, avant-dernier anneau ocellaire rose ;
rayure externe des postérieures en S à frange externe rudimentaire. (9 115)
(Congo belge). c. congolensis.
C 1 . Dessus des ailes gris jaunâtre, un peu noirâtre violacé dans l’aire médiane des
postérieures. Apex de l’antérieure aigu, le bord externe droit, celui des pos¬
térieures régulièrement convexe. Avant dernier anneau ocellaire gris
brun ; rayure externe des postérieures hyperbolique, sans frange externe,
(cf 80). (pl. IV, fig. 1) . c. bijuga Bouv.
II. Rayure externe du dessus des deux ailes frangée de clair en dedans mais pas en
dehors, les ailes antérieures sans ton rose dominant en dessous vers le bord anal.
Tibias antérieurs beaucoup plus courts que le tarse et armés distalement de
deux fortes épines, leur épiphyse grande et poilue chez le cf, nulle ou réduite et
nue chez la Ç. Antennes de la 9 simplement dentées (Acanthocampa Schüssler,
109). Gonimbrasia Butler.
A. Prothorax avec bordure blanche postérieure en collier . 5. belina Westw.
B. Tonalité générale grise ou gris jaunâtre ; rayure interne du dessus des anté¬
rieures noire, distalement frangée de blanc, mais peu ou pas suivie d’auréole
claire. b. belina.
C. Ocelle antérieur subarrondi avec, en dehors de la fenêtre, le même entou¬
rage que celui du grand ocelle (iris noir jaunâtre, anneaux successifs
noir, gris, chamois et blanc). (102-125) (Natal, Transvaal, Lourenço-
Marquez). f. typique.
C'. Ocelle antérieur réduit à sa fenêtre marginée de jaune ou de noir (Baie
Delagoa, Tanganyika, Nyanza. f. ukerewensis Rebel.
B'. Tonalité générale rouge ou rose.
C. Fenêtre des antérieures entourée au moins d’un anneau brun ou noir en
dehors de l’étroit iris ; rayure interne du dessus des antérieures brunâtre,
distalement frangée de blanc.
D. Ton rouge brun ou orangé ; ocelle des antérieures en D, avec les mêmes
anneaux que le grand ocelle (iris roux brunâtre, anneaux successifs
noir, chair et blanc) ; rayure interne du dessus des antérieures sans
angle cubital saillant et sans irradiation distale claire, (cf 120, 9 111)
(Baie Delagoa et Basutoland). b. junodi Oberth.
D'. Ton rouge rose ; rayure interne du dessus des antérieures avec petit
angle saillant sur le cubitus et large irradiation distale en dehors du
blanc. b. osiris Druce.
E. Fenêtre des antérieures avec anneaux multiples dont un blanc externe,
saillie cubitale forte, (cf 100-110, 9 109-120) (Transvaal, Congo
belge. f. annulata nov.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
117
E . Fenêtre des antérieures simplement bordée de brun, avec ou sans
jaune, le blanc vague (110-130) (Congo belge jusqu’à Matadi et
Transvaal). f. typique.
C'. Fenêtre des antérieures en triangle ou en D, simplement un peu auréolée
de rouge, rayure interne de ces ailes sans angle cubital, rougeâtre, sans
frange blanche nette, mais avec large irradiation distale claire; ocelle
avec un anneau rose entre le noir et le blanc, (cf 110-130, $ 113-145j
(du Sénégal au Soudan et au Congo français).. b. occidentalis Roths.
C'. Fenêtre des antérieures quadrangulaire, sans auréole, rayure interne de
ces ailes sans dent cubitale ; ocelle avec un anneau gris café entre le noir
et le blanc qui est très large. (Abyssinie). b. felderi Roths.
A’. Prothorax de la couleur du thorax et dès lors sans collier ; rayure interne des
antérieures simplement coudée sur le cubitus. Ocelle des antérieures réduit
à sa fenêtre ou presque, celui des postérieures avec l’iris brun noir.
B. Ocelle postérieur avec l’iris brun noir, suivi d’un anneau noir, puis d’un blanc ;
fenêtre des antérieures en D marginé de brun. Tonalité gris brun verdâtre ;
la région médiane des postérieures en avant rose-rouge, comme en dessous
la région anale des antérieures ; à chaque aile, en dessous, une bande
médiane brun olive ; antennes très courtes. (110) (Cameroun).
. 6. pales Weym.
B'. Ocelle postérieur avec l’anneau noir suivi d’un gris ou d’un rose, puis d’un
blanc ; fenêtre des antérieures peu ou pas marginée ; région médiane des
postérieures un peu rougeâtre ou violâtre en avant, rayures externes du
dessus des deux ailes légèrement en S. Tonalité variant du gris au chamois
rosé ou au rougeâtre. (105-122) (Du Sénégal et du Dahomey au Tan-
ganyika). 7. nictitans Fabr.
Les chenilles sont normalement épineuses et ornées d’écaillules perliformes.
On a surtout étudié celles de deux sortes de helina ; elles présentent en
commun les caractères suivants : leur tonalité générale est le noir ou noirâtre,
plus ou moins envahi par de menues écailles perliformes claires dont les grou¬
pements forment des dessins variés. Dans helina typique, d’après Fawcett
( Trans. Zool. Soc., XVII, 169, pl. VI, fîg. 21, 22, 1902), et Packard ( loc. cit.,
pl. XXXII, fig. 6 et 7) ; les écaillules perliformes sont blanches ou blanc ver¬
dâtre, les épines noires plutôt courtes et peu courbées, les stigmates noirs au
moins sur leurs lèvres. Il en est de même dans une chenille soufflée qui pro¬
vient de la collection Oberthür et qui offre entre les segments une bande noi¬
râtre plus large que celle figurée par Packard. Les chenilles d ’osiris annulata
ont été brièvement décrites par Aurivillius en 1905 [loc. cit., n° 12, 31, 1905)
et par Schultze {loc. cit., 153) en 1914, leurs écaillules sont jaune vert et leurs
poils raides, noirs, à pointe blanche; elles vivent en nids sur le Terminalia
schweinfurthi et seraient rôties et mangées parles naturels de Bornou. D’après
Strand (Int. ent. Zeits., Guben, V. 285, 1911), les chenilles d ’osiris typique
se distinguent par leurs épines qui sont rougeâtres à la pointe et disposées
transversalement dans des bandes jaunes lisérées d’orange, lesquelles sont
constituées par les écaillules perliformes ; chenilles en avril ou en juin, et repos
pupal de 48 jours. Quelle que soit la forme dans laquelle on les range, les che¬
nilles se distinguent par les épines du 8 e segment abdominal qui sont incom-
118
E.-L. BOUVIER
plètement fusionnées à la pointe, et par le court crémaster de leur pupe. —
On connaît également la chenille de nictitans. D’après Schultze qui l’a décou¬
verte (Arch. Naturg., LXXX, A, I, 153 (1914) et Aurivillius qui l’a représentée
( loc. cit., pl. II, fig. 3, et 4) la chenille de nictitans ressemble beaucoup à celles
de belina, mais le fond des segments varie du rouge brun au brun verdâtre, les
écaillules perliformes sont vert bleu et les épines de ton rouge brun ; solitaire,
elle broute sur Terminalia schweinfurthi et autres Combrétacées, sur Bauhinia
reticulata et Anona senegalensis. Pupation assez profondément en terre, dans
la cuticule même de la chenille comme chez les autres Gonimbrasia ; après
un repos de 2 à 8 mois, le papillon éclôt, le soir, tantôt vers la fin de la saison
pluvieuse, tantôt vers celle de la saison sèche.
D’après Packard (loc. cit., pl. XXXII, fig. 2 et CVIII, fig. g et h), la che¬
nille de tyrrhea est partout d’un brun noirâtre, avec, sur chaque segment, des
dessins noirâtres un peu tachésde rouge, tantôt très irréguliers, tantôt disposés
sur chaque segment en bandes transversales. D’après une figure de Maassen
et Weyding (Beitrâge, fig. 97, 1885), celle de Zambesina rectilineata est jau¬
nâtre avec taches et épines noires.
Bibliographie
1. Phalaena attacus tyrrhea Cramer, Pap. exot., I, 71, pl. XLVI, fig. A (Ç), 1775.
Aglia tirrhaea Hübner, Verzeichniss, 152, 1827. Saturnia ty. Westwood,
Proc. Zool. Soc., XVII, 43,1849. Antheraeaty. Walker, List., V, 1244, 1855.
Thyella ty., Packard et Cockerell, Mém. Nat. Ac. Sc., Washington, XII, 17,
pl. XXXII, fig. 2 (chenille), XXXV, fig. 3 (nervulation), CVIII, fig. e
(cffi / (9)> S (chenille), h (pupe), 1914. Nudaurelia ty. et hoeneli Roth¬
schild, Nov. Zool., II, 45, 1895. Angelica ty. Distant, Ins. transv., III, 59,
pl. II, fig. 2 (cf), 1905 ; Schüssler, 125, 615 et 735. Gonimbrasia ty. Auri¬
villius, Ark. Zool., II, n° 4,18,1905. Gon. (Ang.) ty. Bouvier et Riel, Lab.
Soie, XVII, 61, 1931. (L’ab. rubra nov. avec l’aire médiane des pos¬
térieures violet rouge, au Mus. Paris).
2. Bunaea zambesina Walker, List, Suppl., Part., II, 525, 1865. Thyella zambezia
Felder, Novara, Lepid., 9, pl. LXXXV, fig. 5 (cf), 1874. Nudaurelia zam¬
besina Rothschild, loc. cit., 43, 1895. Acanthocampa zambesina Packard,
Journ. N.-Y. ent. Soc., X, 103, 1902. Angelica zam. Distant, loc. cit., 59,
pl. V, fig. 4 (cf), 1903; Schüssler, 126 et 615. Gonimbrasia zam. Aurivillius,
loc. cit., 18,1905. Gon. (Acant.) zamb. Bouvier et Riel, loc. cit., 61, 1931.
Thyella zambesia Oberthür, Et. lép. comp., IV bis, 7-10), fig. A (cf), 1910.
Nud. ringleri Wichgralï, Insektenbürse, XXIII, 82, fig. cf et 9> 1906.
Nud. (Thy.) rin. Gaede, Seitz., XIV, 326, 53è (cf), 1927.
Var. : rectilinea (Thyella zambesia rectilinea Oberthür, loc. cit., 9, 10.
fig. C (cf) et zanguebarica, 8, 10, fig. B (cf), 1910. Nud. (Thy.) zam.
reet.e t zam., Gaede,loc. cit., 326, 53è (cf), 1927. Gon. (Acant.) zam.
rect. Bouvier et Riel, loc. cit., 61, 1931 ; Riel, Lab. Soie, fasc. 10,
Suppl. 10, pl. III, fig. 12 (cf), 13 (Ç), 1934. Angelica zam. rect.,
Schüssler, 126. Bunaea zambesia Maassen et Weyding, Beitrâge,
fig. 96 (9), 97 (chenille), 98 (pupe), 1885 (Schüssler tient ringleri,
zambesia, zanguebarica et rectilinea pour des formes de zambesina
126).
3. Saturnia sa'id Oberthür, Et. d’Ent., III, 34, pl. III, fig. 7 (cf), 1878. Nud. saïd
FAMILLE DES SATUENIIDÉS
119
Rothschild, loc. cit., 43, 1895. Gon. saïd Aurivillius, loc. cit., 18, 1905
Gon. (Acant.) saïd Bouvier, Mém. Ac. Sc., LIX, n° 4, 23, 1927. Nud.
(Thy.) saïd Gaede, loc. cit., 326, 53 b (cf), 1927. Angelica saïd Schüssler,
124, 615. (Mus. Paris).
4. Gonimbrasia congolensis Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 136, flg. 3 (cf), 1927 ;
Saturn. Afr. trop, franç., 577,1928. Nud. staudingeri congolensis Schüssler,
122. (Mus. Congo; le type c? de bijuga au Mus. de Paris,.
5. Saturnia belina Westwood, loc. cit., 41, pl. VIII, flg. 2 (cf), 1849. Antheraea
bel. Walker, List, V, 1241,1855. Nud. bel. Rothschild, loc. cit., 42,1895 ;
Oberthür, Et. lép. comp., IV bis, 42, flg. Y (cf), Y' (Q), 1910. Gonim¬
brasia bel. Aurivillius, loc. cit., n° 14, 18 et n° 12, 31, 1905 ; Bouvier et
Riel, loc. cit., 60,1931. Acanthocampa bel. Packard, loc. cit., 38, pl. XXXII,
flg. 6 et 7 (chenille) ; Schüssler, 110, 610. Nud. ( Gon.) bel. Gaede, loc. cit.,
323, 51 b (9), 1927.
Var. : 1° belina typique, avec la forme ukerewensis Rebel, Deuts. ent.
Zeits., Iris, XIX, 456, 1922 (= Gon. ufipana Strand, Mitt. Zool. Mus.
Berlin, V. 296, 1911). Schüssler tient pour formes distinctes ufipana,
huebneri (Kirby, Trans. ent. Soc. London, I, 16, 20, 1877 , de même
que la var. suivante).
2° junodi (Nud. bel. junodi Oberthür, loc. cit., 41, flg. Y", 1910 (Y est
ukerewensis Q). Gon. bel. jun., Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 135,
1927).
3° osiris (Antheraea osiris Druce, Ann. Nat. Hist., (6), XVII, 354,
1896). Gon. osiris Aurivillius, loc. cit., 18, 1905. Nud. os. Sonthonnax,
Lép. Soie, III, 25, 1901. Gon. bel. os. Strand, Int. ent. Zeits. Güben,
V, 285, 1911. Acant. bel. osiris Schüssler, 111). (Coll. Joicey). Sans
dcute aussi Nud. sardane (Sonthonnax, loc. cit., 25, pl. X, flg. 1 (Ç),
1901), forme annulata nov. (Gon. osiris Aurivillius, loc. cit., n° 12,
31,1905; Nud. bel. os. Oberthür, loc. cit., 42, flg. 2 ( Ç) et IV, pl. LVI1I,
n° 534 ( Ç),1910 ; Gon. bel. os. Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 135,1907).
Bunaea deborah (Weymer, Berl. ent. Zeits., XLI, 79, 1886) est aussi
tenu par Schüssler pour une forme d’osiris.
4° occidentalis (Gon. bel. occidentalis Rothschild, Ann. Nat. Hist., (9),
XX, 4,1907); Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 572, pl. VI, flg. 1 (cf h
pl. I, flg. 3 (chenille), 1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 94, 1931. Nud.
(Gon.) bel. occid. Gaede, loc. cit., 323,1927. Acant. bel. occid., Schüss¬
ler, 111). Bunaea vinosa Riel,Lab. Soie, XIV, 93, pl. I, flg. 3 et 4 (cf, 9 )
1918 ; Oberthür, loc. cit., IV bis, 25, 1910 et V, pl. LXX, n° 656
( Ç), 1911. Ac. bel. occ. vinosa Schüssler, 111. (Tring Mus.)
5° felderi (Nud. felderi Rothschild, loc. cit., 42, 1895). Acant. feld.
Packard, loc. cit., 40, 1914, Acant. bel. feld. Schüssler, 112. Gon. bel.
feld. Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 135, 1927. (Tring Mus.).
6. Nudaurelia paies Weymer, Deuts. ent. Zeits., Iris, XXII, 12, 1909. Gon. pa.
Bouvier, Saturn. Afr. tr. franç., 571,1928 . Acant. pa., Schüssler, 113. (Coll.
Koch, à Fribourg-en-Brisgau).
7. Bombyx nictitans Fabricius, Syst. ent., 758, 1775. Saturnia nie. Westwood,
loc. cit., 55, 1849. Bunaea nictitans Sonthonnax, loc. cit., 27, pl. X, flg. 3
(cf), 1901. Gonimbrasia ni. Butler, Ann. Nat. Hist., (5), II, 462, 1878 ;
Bouvier, loc. cit., 570, 1928. Bouvier et Riel, loc. cit., 60, 1931. Nud.
(Gon.) ni. Gaede, loc. cit., 323, 52 a (cf), 1927. Acant. ni. Schüssler, 112,
611.
120
E.-L. BOUVIER
Genre XIII. — UBAENA Karsch.
Ubaena Karsch, Ent. Nachr., XXVI, 357, 1900 ; Bouvier, Mèm.
Ac. Sc., LIX, n° 4, 21 et 37,1927 et Saturn. Afr. trop, franç., 556,1928. Nudau-
relia subg. Ubaena , Gaede, loc. cit., 321, 1927.
Confondu avec les Nudaurelia par Rothschild, avec les Bunaea par Auri-
villius, par moi-même ( Lepidoptera , II, 31,1927) avec les Bunaeopsis du groupe
oubie auxquels il ressemble par ses larges rayures et ses taches marginales
noires, ce genre occupe une place toute spéciale dans la tribu des Bunaeicés.
Il tient surtout des Mélanocériens par ses antennes noires et quadripectinées
dans les deux sexes, où les articles terminaux sont très peu nombreux, faible-
Fig. 35. — Ubaena dolabella. A, patte I en dehors, avec son épine tibiale;
A', armature cf vue du côté ventral.
ment ou pas du tout carénés, peu ou pas dentés, les branches basales et termi¬
nales de chaque article étant également longues chez le cf, plutôt courtes chez
la $ où les basales égalent environ trois fois la longueur des distales ; des
formes du genre Heniocha par le nombre réduit des articles (35 environ) ;
des Melanocera par les nervures radiales qui naissent toutes d’un pédoncule
commun (la radiale antérieure R- 1 se détache non loin de l’apex), de tous les
Mélanocériens par la présence d’une armature en épine aux tibias antérieurs.
Sur ce dernier point, toutefois, les différences sont grandes ; sans doute, le
tibia antérieur est court, à peu près de la longueur du premier article tarsien,
mais il ne présente qu’une épine (fig. 35, A), d’ailleurs forte, située en dehors
et atteignant presque le milieu de cet article, l’épiphyse est nue et le tibia
suivant, au lieu d’être court et puissamment armé, atteint presque la longueur
du tarse et ne porte au bout qu’un léger denticule. L’armature génitale
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
121
(fig. 35, A) tient à la fois des Melanocera et des Bunaea-, la pointe dorsale de
l’uncus est en saillie courte, large et obtuse, surplombant la partie ventrale
qui se dilate en une paire de lobes aigus, les claspers se terminent en pointe
obtuse comme dans Bunaea alcinoe, le pénis sans épine présente à sa base une
paire de lames courtes et tronquées. Comme dans Melanocera les palpes
droits dépassent un peu le front.
Les ailes antérieures ont l’apex obtus et le bord externe droit ou très légè¬
rement concave, leur rayure interne fait un angle saillant en dehors dans la
cellule et un autre en arrière de celle-ci, leur rayure externe est droite, éloignée
du bord externe, un peu plus près de l’apex que du tornus; toujours une bande
médiane infléchie à la côte, externe par rapport à la tache discale qui est réduite
à une petite fenêtre en triangle ou en D, toujours aussi une large marge noire,
faite de taches internervulaires. Mêmes rayures aux postérieures, l’interne peu
accentuée, convexe, l’externe un peu en S, les taches marginales comme aux
antérieures, la bande médiane en relation avec l’ocelle; celui-ci a l’iris
jaune roux et un anneau qu’entoure souvent un autre fumeux. Le dessous
avec bande médiane et rayure externe à peu près droites, les taches margi¬
nales du dessus; taches discales réduites à leur fenêtre qu’entoure, aux
postérieures un assez grand lavis jaunâtre.
Genre représenté par une seule espèce, U. dolabella Druce, (82-120), dont
moesta et fulleborniana sont tenus par Schüssler pour des formes.
Antheraea dolabella H. Druce, Proc. Zool. Soc., 1886, 409, pl. XXXVIII,
fig 2 (cf). Nudaurelia dol. Sonthonnax, Lép. Soie III, 8, pl. II, fig. 2 (cf), 1901.
Bunaea dolabella Bouvier, Lepidoptera, II, 31, 197. Ubaena dolabella Schüssler,
103, 605. Nud. (Ub .) dol. Gaede, loc. cit., 321, 49 b I cf), 1927. Ubaena fülleborniana,
Karsch., loc. cit. 358, 1900. Ub. dol. ftill., Bouvier, Lepidoptera, II, 31, 1927.
Nud. (Ub.) dol. füll., Gaede, loc. cit., 321, 1927. Nud. dol. moesta H. Rebel, Ann.
naturh. Ilofmus., XXXI, 162, pl. V, fig, 2 (cf), 1917. Ub. dol. moesta Bouvier et
Riel, loc. cit., 60, 1931. (82-120) (Mozambique, Tanganyika).
Genre XIV. — PSEUDOBUNAEA Bouv.
(Pl. XI, fig. 1).
Pseudobunaea Bouvier, C. B. Ac. Sciences, CLXXXIV, 1292 ; Mém. Ac.
Sciences, LIX, n° 4, 29, fig. 14, 1927 ; Saturn. Afr. trop, franç., 634, fig. 32
(tibias antérieurs), 1928; C. R. Ac. Sc., CLXXXIX, 1654, 1934. Lobobunaea
du groupe alinda, Schüssler, 131, 618.
Ce genre est resté confondu avec les Lobobunaea , pourtant Gaede en fait
dans ce genre un groupe particulier, celui du L. alinda (loc. cit., 328, 1927).
Il ressemble aux Lobobunaea par un certain nombre de caractères fort appa¬
rents : les antennes se terminent par une partie simple ou presque, fortement
carénée en soc sur la face ventrale (cette partie toutefois plus longue et de
15 à 20 articles), -— les ailes antérieures du cf sont d’ordinaire bien falquées
122
E.-L. B0UV1EB
avec l’apex aigu ou obtus ; sur leur face supérieure, ces ailes laissent apparaître
souvent une rayure interne brisée au cubitus, une médiane et une externe,
toujours une fenêtre, qui est plus grande chez la Ç (cette fenêtre, il est vrai,
sans auréole et sans anneau), — le bord externe des postérieures présente
fréquemment un lobe anal, l’ocelle un iris brunâtre entouré d’un anneau noir,
et un ton rougeâtre occupe l’aile de l’ocelle à la côte, — sur la face inférieure
des ailes il y a d’ordinaire des taches brunes autour des fenêtres, une ou deux
taches semblables à la base des postérieures, en outre une rayure médiane et
une externe, — la radiale antérieure naît de la cellule, l’armature sexuelle du
çÿ présente la même disposition générale, et les
épines des chenilles, quand elles persistent, sont
pour le moins aussi réduites que dans Lobobunaea
phaedusa.
En dépit de ces similitudes, les différences
sont nombreuses et profondes ; l’épiphyse tibiale
(fig. 36) n’est pas nue, mais avec de longs poils
comme dans Gonimbrasia et Aurivülius , — sauf
une exception ( cleopatra ), le tibia qui porte cette
épiphyse est armé distalement de deux épines et
présente les mêmes variations que dans Gonim¬
brasia, tantôt grêle et aussi long ( cleopatra) ou
presque aussi long que le tarse et alors avec épines
réduites, tantôt fort et beaucoup plus court que
le tarse (inornata, meloui), auquel cas l’une des
épines au moins est puissante; — la rayure externe
des antérieures, au lieu d’être fort oblique et
apicale ou préapicale, est très éloignée du bord
externe et subparallèle à ce bord comme dans
Gonimbrasia ; — les rayures médiane et externe
des deux faces des ailes sont sinueuses, d’ordinaire faites de lunules ouvertes
en dehors, comme la rayure externe de certains Gonimbrasia des sous-genres
Acanthocampa et Angelica; — en dehors de son anneau noir, l’ocelle des
postérieures ne présente aucune trace d’anneaux externes plus clairs, en quoi
il se différencie totalement des ocelles de Gonimbrasia et de Lobobunaea ,
dont le distingue d’ailleurs son iris gris brun qui passe ordinairement par
degrés à l’anneau noir ; — enfin la chenille présente un plus ou moins grand
nombre de taches argentées et ses épines, toujours réduites, peuvent dans
certains cas disparaître, deux traits qui rappellent Aurivillius mais éloignent
à la fois des Gonimbrasia et des Lobobunaea (Packard, loc. cit., 59,
pl. XXXIII, fig. 6, 7, 1914 ; Schultze, loc. cit., 159, 1914).
Mais le caractère qui distingue hautement le genre et le différencie de tous
les autres Bunéens, c’est la structure de l’uncus ou 10 e tergite abdominal.
Comme dans les autres représentants de la tribu, l’uncus se termine par deux
parties, l’une dorsale en rostre infléchi, l’autre ventrale et verticale; chez
Fig. 26. — Tibia antérieur
droit de Pseudobunaea me¬
loui avec son' épiphyse ; à
gauche, l’épiphyse isolée.
FAMILLE DES SATURNIIDES
m
tous les Bunaeicés, depuis Melanocera, A urivillius, Lobobunaea, etc., jusqu’aux
Gonimbrasia , cette partie ventrale se dilate latéralement en deux lobes aigus
ou subaigus, dans Pseudobunaea, par contre, elle reste simple et se comprime
latéralement pour former un soc puissant, subaigu ( meloui) ou infléchi en
avant comme une griffe ( cleopatra ). Au surplus, l’uncus est triangulaire, avec
le rostre finement caréné sur le dos, arrondi ( cleopatra ) ou subaigu à son bout
libre; le sternite X est étroit et un peu bilobé, le pénis flanqué à sa base d’une
paire de lames assez longues et infléchies en griffe; les claspers sont inermes
mais rétrécis en pointe à leur bout libre (fig. 37).
Les Pseudobunaea ont un collier blanc ou pâle ce qui les rapproche des Gonim¬
brasia , des Lobobunaea et de certains Parabunaeopsis tels que le Par. jefferyi
Fig. 37. — Pseudobunaea meloui , armature cf ;
A, en dessus; A', du côté gauche sans le clasper de ce côté
qui semble bien être la forme de laquelle se rapprochent le plus les Pseudo¬
bunaea , ainsi que les deux genres précités, comme je l’ai dit plus haut (p. 77
et 81); d’autant que jefferyi , comme les Lobobunaea primitifs, présente une
rayure externe largement préapicale. J’ai cru (Saturn. Afr. tr. fr., p. 635) que le
genre se rattachait directement aux Gonimbrasia par l’armature des tibias anté¬
rieurs, mais je n’avais pas alors étudié cleopatra dont le tibia est long et inerme,
ni suffisamment les autres espèces du genre dont certaines ont encore un tibia
long et peu armé ( alinda , tyrrhena), d’autres ( inornata , meloui) un tibia court
à puissantes épines. Il me semble maintenant que les Pseudobunaea dérivent
de formes à tibias inermes comme les Lobobunaea primitifs et Parabunaeopsis
étudiés plus haut, qui ont la même nervulation avec les rayures externes
largement préapicales. Sans doute, la partie verticale de l’uncus est tout autre,
ce qui indique vraisemblablement une évolution différente à partir d’une
souche à peu près identique; cette évolution s’est produite en faisant appa¬
raître, par convergence, certains traits des Aurivillius tels que la sinuosité
des rayures externes voire médianes, la réduction extrême des épines des
chenilles, et l’apparition, sur les téguments de ces dernières, de taches argen¬
tées. Au surplus, le type pseudobunéen, une fois réalisé, se montre fort homo-
124
E.-L. BOUVIER
gène, sauf en ce qui concerne les taches brunes lobobunéennes qui finissent
par disparaître totalement ; le thorax est à peu près de même ton que le
dessus des antérieures, le dessus de l’abdomen plus clair, la tête, la région buc¬
cale et les pattes sont brunes, le collier prothoracique large est blanc ou jau¬
nâtre comme une touffe de poils droits située à la base de chaque antenne,
les flancs et la face ventrale sont blanchâtres ou gris, d’une tonalité plus ou
moins semblable à celle de la face ventrale des ailes.
Le genre compte les 15 espèces suivantes dont certaines réclament à coup
sûr des études ultérieures plus approfondies.
Tableau des espèces
A. Apex de l’aile antérieure obtus arrondi , en dessus et en dessous avec une tache jaune
ocre, ce qui est aussi le ton du bord costal et du pronotum, le reste du thorax
et la base de l’abdomen étant rouille foncé pour passer au fauve ocracé abdo¬
minal, dessous de l’abdomen chocolat. Dessus ces antérieures roux orangé
brillant passant à l’aire externe brun noirâtre, une rayure médiane et une
externe lunulaires, divergentes en avant ; fenêtre discale très réduite. Dessus
des postérieures semblable, mais l’orangé costal plus large et faible rayure lunu-
laire. Dessous chamois ocracé à large marge et ornements bruns de noix, la
rayure médiane en zigzags touchant la tache discale qui est arrondie en dehors
et en dedans, (cf 80). (Angola). 11. callista cf Jord.
A' Apex de l’aile antérieure aigu ou subaigu ; collier blanc au prothorax ; pas de tache
apicale en dessus aux antérieures.
B. En dessous, tache brune à la base des postérieures et vers l'apex des antérieures.
Autour de chaque fenêtre des ailes, en dessous, une ou plusieurs taches brunes.
C. Tibia des pattes antérieures inerme et de la longueur du tarse. Dessus des anté¬
rieures rouge feu lavé par endroits de brun noir, l’aire externe de ce dernier
ton, le rouge dominant dans l’aire médiane et la base des postérieures ;
plus ou moins masquées à chaque aile une rayure interne anguleuse, une
médiane et une externe lunulaires, la médiane des postérieures réduite à
sa partie post-ocellaire ; fenêtre des antérieures assez grande, en D, l’ocelle
à noir très large. Dessous gris parfois rosé, avec les rayures médianes et
externes lunulaires, l’aire externe plus ou moins enfumée. La 9 plutôt
ocracée que rouge, (cf 98, 9 HO) (Cameroun). 1. cleopatra Auriv.
C' Tibia des pattes antérieures armé de deux petites épines et presque aussi long
que le tarse.
D. Ailes antérieures d’un gris brunâtre ou rosé, plus claires dans l’aire externe,
avec des tons rougeâtres dans l’aire interne, ces tons rouges occupant
presque toute la surface des postérieures sauf l’aire externe.
E. En dessus, rayure interne anguleuse à chaque aile, une externe lunulaire
et une médiane souvent réduite, surtout aux postérieures ; dessous gris
chamois avec toutes les taches bien développées et les deux rayures
souvent discontinues. 2. tyrrhena Westw.
F. Le ton gris brun, avec du fauve localisé aux antérieures contre la
rayure interne et en dehors contre la rayure externe, (cf 115-130,
9 130-145; 170, d’après Ponthonnax) (Du Cameroun au Natal et
à Nairobi). t. tyrrhena.
F'. Le ton est rouge feu, occupant la base et la côte des antérieures.
(135-140) (Kenya). t. maculata Bouv.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
125
E'. Pas de rayures sur les ailes qui sont cuir jaune brunâtre, les antérieures
rouges vers la base et blanc gris en dehors, les postérieures jaune
rougeâtre jusqu’à l’aire externe qui conserve le ton cuir ; aux deux
ailes un liséré marginal deux fois plus large que les franges et brun
gris comme elles. Dessous gris blanchâtre avec une fine rayure médiane
dentée et une externe lunulaire ; les taches discales brunâtres peu
accentuées, (c f 60 appr.) (Est africain). 3. heyeri.
IP. Dessus des antérieures de coloration uniforme jusqu’à la zone externe
qui devient progressivement plus claire ; les taches brunes du dessous
très développées ; fenêtre des antérieures de la $ grande et trap ' zoïde
comme dans Bunaea alcinoë.
E. Dessus des ailes roux rougeâtre vif passant progressivement au gris
brun ou noirâtre dans l’aire externe. Dessous des ailes et du corps
. chamois. Taille ordinairement très grande. (Afrique occidentale)
. 4. alinda Drury.
F. Rayures interne, médiane et externe très développées aux antérieures,
la médiane et les externes très lunulaires.
G. Rayure interne des antérieures presque droite ; collier chamois.
( $ 200). a. alinda.
G'. Rayure interne des antérieures fortement lobée ; collier blanc
(pl. XI, fig. 1) (137-170). a. sjnstedti Aur.
F'. Rayure médiane des antérieures absente en dessus, atrophiée en
dessous ,($ 118-127). a. bilineata Bouv.
E'. Dessus des antérieures sans rayure interne, ton gris ou citron ; en
dessus, aux antérieures, une rayure externe lunulaire, parfois aussi
une médiane., . 5. epithyrena M. et W.
F. Dessus des antérieures gris brun rosé devenant gris dans la zone mar¬
ginale des deux ; dessus des postérieures sans rayures ou presque,
leur zone basomédiane rouge feu. 135) (De Nairobi à Zanzibar)..
. e. epithyrena.
F’. Dessus des antérieures citron à rayures médiane et zone basomédiane
peu rougie. (c? 105) (Harrar). e. citrinarius Gaede.
B'. En dessous tache brune à la base des postérieures mais pas de tache apicale aux
antérieures.
C. En dessus des ailes sans rayures, d’un gris foncé devenant plus clair et un peu
vert dans la zone marginale ; fenêtre des antérieures de la $ étroite et
transverse. Dessous gris un peu vert à rayures externes et médianes, taches
ocellaires aux antérieures seulement. (9 120) (Afrique occidentale
portugaise). 6. redlichi Weym.
C 1 . En dessus les antérieures au moins avec une rayure en dehors de la fenêtre qui
est à peine distincte au moins chez le c? ; face supérieure des ailes et du
corps jaune maïs. Dessous à rayures lunulaires, avec taches ocellaires au
moins aux postérieures. (9 140) (Est africain). 7. morlandi Roths.
B”. En dessous pas de tache basale brune aux postérieures.
C. En dessous tache apicale brune aux antérieures ; rayures du dessus des ailes
faibles ou milles.
D. En dessous plusieurs taches autour de la fenêtre des antérieures ; une à la
fenêtre des postérieures ; dessus des antérieures gris rougeâtre plus clair
à la marge, celui des postérieures jaune orangé jusqu’à l’aire externe qui
est gris rougeâtre. Dessous des ailes gris clair. (9 108) (Nyassa).
. 8. cyrene Weym.
D'. En dessous taches seulement autour de la fenêtre des antérieures. Dessus
des ailes de tonalité très variable allant du gris souris au rouge orangé et
126
E-L. BOUVIER
à l’olive, dessous d’ordinaire olivâtre. L’apex des antérieures plutôt
obtus. (100-130) (Natal, Transvaal). 9. natalensis Auriv.
C'. En dessous pas de tache apicale aux antérieures.
D. En dessus et en dessous toutes les rayures présentes, sauf l’interne des
postérieures, mais assez peu accentuées et sinueuses plutôt que lunulaires ;
dessus des antérieures roux à la base et tournant ensuite au roux grisâtre,
celui des postérieures grisâtre dans l’aire externe qui passe au roux vif
dans la zone basomédiane; dessous jaunâtre rosé à taches périocellaires
réduites, surtout aux postérieures. Antérieures du cf à bord externe un
peu concave, les postérieures sans lobe anal, (cf 135). (Congo belge)..
. 10. parathyrrhena Bouv.
D'. En dessus aux antérieures, la médiane et l’externe, toutes deux en S très
divergents en avant, plutôt en traînées que lunulaires ; ces rayures très
vagues aux postérieures. Dessus des antérieures gris jaunâtre pâle, celui
des postérieures roussâtre clair jusqu’à l’aire externe qui est gris verdâtre.
Dessous gris jaunâtre clair avec les rayures du dessus, et une ombre bru¬
nâtre près de la fenêtre des antérieures. Bord externe des antérieures de
la Q droit, celui des postérieures peu convexe et sans lobe anal. (150)
(Angola). 11. barnsi Bouv.
D 1 '. En dessus pas traces de rayures, en dessous les indications d’une médiane
et d’une externe plutôt sinueuses que lunulaires. Dessus des antérieures
du cf gris foncé jaunâtre ou rosé bien plus clair dans la zone marginale,
rougeâtre clair chez la Q où la fenêtre triangulaire est bien plus grande ;
aux postérieures ton rouge feu dans la région costo-ocellaire. Dessous
gris chez le cf , café au lait chez la $, avec multiples taches brunes autour
de la fenêtre des antérieures, et rien à celle des postérieures. Bord externe
des antérieures légèrement concave chez le cf ! convexe chez la 9 : celui
des postérieures dans les deux sexes un peu convexe avec lobe anal. Tibias
antérieurs forts et bien plus courts que le tarse, avec deux épines dont
l’interne est remarquablement forte. (120-145) (Afrique orientale).
. 13. pallens Sonth.
C". Pas de taches brunes sur la face inférieure des ailes.
D. Dessus des ailes variant du gris jaunâtre au gris rose, passant au rou¬
geâtre feu dans la zone costo-ocellaire des postérieures, fenêtre des anté¬
rieures triangulaire, assez grande chez la 9 1 l es rayures plus ou moins
effacées, une interne, une médiane à peine ondulée, une externe lunulaire
aux antérieures, fort peu aux postérieures. Dessous à peine plus clair que
le dessus, avec rayure médiane un peu indiquée et l’externe lunulaire.
Apex subaigu aux antérieures dont le bord externe est franchement
concave chez le cf, fort peu chez la 9 1 postérieures avec léger lobe
anal. Tibia antérieur de pallens mais avec l’épine interne moins forte,
(cf 95-122 9 115-130) (Sénégal). 14. meloui Riel.
D'. Dessus des ailes brun violâtre, de ton rouge orangé dans la zone costo-
ocellaire des postérieures ; fenêtre des antérieures grande et triangulaire
chez le cf , pas de rayure interne et, aux postérieures, pas de rayure nette ;
la médiane et l’externe très lunulaires sur les deux faces des antérieures
et la face ventrale des postérieures, celles des antérieures droites et sans
l’inflexion costale de meloui. Dessous gris blanc, plus foncé dans l’aire
externe. Apex des antérieures du cf aigu, saillant sur le bord externe,
concave ensuite ; pas de lobe anal aux postérieures, (cf 135) (Zanzibar).
. 15. cf melinde M. et W.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
127
Les chenilles de tyrrhena ont été décrites et figurées par Packard ( loc. cit.,
pl. XXXIII, fig. 6 et 7) sur deux des exemplaires des deux derniers stades
recueillis, au Natal sans doute, par Fawcett. Ces chenilles sont vertes; à
l’avant-dernier stade, elles mesurent 60 millimètres et présentent des tuber¬
cules fort peu développés, sauf ceux des deux rangées subdorsales qui se ter¬
minent par de très courtes épines, ceux du 8 e segment abdominal n’étant pas
encore fusionnés ; on observe des taches argentées sur les flancs du 2 e seg¬
ment thoracique, des 2 e , 6 e et 7 e segments abdominaux ; les stigmates sont
jaunes. Au dernier stade, la longueur est de 80 millimètres, tubercules et
épines sont atrophiées, les subdorsaux du 8 e segment abdominal confondus,
les stigmates noirâtres; des taches argentées ne subsistent que celles du 2 e seg¬
ment thoracique. D’après Distant, elles broutent sur Gramilea capensis, d’après
Fawcett, sur Celtis kraussiana et Albizzia fastigiata.
La chenille trouvée par Schultze à Adamadouo, au Cameroun (loc. cit., 159,
1914), décrite par ce voyageur et figurée par Aurivillius (loc. cit., n° 12, pl. I,
fig. 2, 1905) sous le nom de natalensis, appartient à une espèce qui, rapporte
Schultze, est « répandue depuis le Sénégal dans toutes les steppes africaines ».
Cette espèce n’est sûrement pas natalensis qui manque dans ces régions,
ce n’est pas non plus alinda ni tyrrhena dont les chenilles sont assez différentes ;
jusqu’à preuve du contraire on doit attribuer la dite chenille à meloui ; elle
est verte comme les autres chenilles connues de Pseudobunaea, mais avec les
stigmates rose cire disposés sur une ligne latérale brunâtre interrompue aux
incisions segmentaires ; la tête est vert clair, derrière elle est une raie blanche
marginée de brun olive, le segment anal présente (de chaque côté ?) une raie
brune. Les tubercules se réduisent à des cônes bas argentés, les épines sont
noires et très courtes. Schultze observe que « des taches argentées plus grandes »
(comme celles de tyrrhena et alinda) « n’apparaissent qu’isolées dans la che¬
nille et seulement, semble-t-il, chez les individus qui donneront plus tard des
papillons femelles. » Broute sur Bauhinia reticulata et Anona senegalensis.
Pupe noire et grêle dans le sol, donnant le papillon après 6-8 semaines.
Dès lors, meloui serait connu, non seulement au Sénégal (Kaolack ou Melon
l’a découvert et élevé), mais dans toute l’Afrique occidentale jusqu’au
Cameroun. Envergure du çf, 90-115 millimètres de la Ç, 105-130. Schultze
(loc. cit., pl. II, fig. 2) rapporte avec doute à alinda des chenilles de Pseudo¬
bunaea qui sont vertes comme celles de tyrrhena et avec des taches argentées
abdominales, dont les épines sont toutefois plus développées, tête noire, tuber¬
cules rouge brun, stigmates rouges. Elles furent prises sur une Césalpiniée.
Schultze rapporte, avec doute à Lobobunaea alinda (Arch. Naturg., LXXX,
A, I, 158, pl. II, fig. 2, 1914) des chenilles prises sur une Césalpiniée qui
appartiennent presque sûrement au genre Pseudobunaea, car elles sont vertes
comme celles de tyrrhena et avec des taches argentées à la base des segments
abdominaux 2 et 7. Toutefois les épines sont plus développées que dans
tyrrhena, la tête et l’extrémité anale ont une tonalité noire, les tubercules
sont rouge-brun et les stigmates rouges.
128
E.-L. BOUVIER
Bibliographie
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bunaea sj. Schüssler, 134, 619. Pseudobunaea sj. Bouvier, loc. cit.,
642, flg. 18 et 19 (pupe), pl. III, flg. 6 (pupe), 1928 ; Riel, Lab. Soie,
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1934). — bilineata (Pseud. sj. bilineata Bouvier, loc. cit., 643, pl. V,
flg. 6 (cf), 1928 (cf, Mus. Paris). Lob. alinda Gaede, loc. cit., 328, 53 c
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ep. Schüssler, 132, 618. Pseudob. ep. Bouvier, loc. cit., 636, 641, 1928.
Var. : citrinarius (Lob. ep. citrinarius Gaede, loc. cit., 330, 55 b (cf),
1927) ; Schüssler, 133. (Mus. Berlin).
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red. Schüssler, 133.? Pseudob. ep. immaculata Bouvier, Bull. Hill. Mus.,
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133. Bunaea mor. Sonthonnax, loc. cit., 37, pl. XVIII, flg. 1 (9), 1901.
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8. Bunaea cyrene Weymer, Deut. ent. Zeits. Iris, XXII, 1,1909. Lob. cy. Schüssler,
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54 c (cf), 1927 ; Schüssler, 133, 619. Pseudob. nat. Bouvier, loc. cit., 636,
644, 1928. Bunaea patruelis Distant, Ins. transv., IV, 96, pl. VII, flg. 14
(cf), 1903. Bun. epiihyrena Id., 96, pl. VII, flg. 13 (cf), 1903.
10. Lobobunaea parathyrrhena Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 147, flg. 6 (cf), 1927.
Schüssler, 134, 619. (cf, Mus. Congo).
11. Lobobunaeacallista Jordan, Nov. Zool., XVII, 472,1910; Schüssler, 132. (cf, Mus.
Tring).
12. Pseudobunaea barnsi Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 106, pl. XII, flg. 1 (cf), 1930.
Lob. bar. Schüssler, 618. (9, Coll. Joi<_ev).
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
129
13. Bunaea pallens Sonthonnax, loc. cit., 35, pl. XVII, fig. 1 ( cf ), 1901. (cf, Cond.
soies Lyon). Lob. ep. pal. Schüssler, 133. Bunaea inornata Sonthonnax,
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Schüssler, 133.
14. Bunaea meloui Riel, Bull. ent. France, 63, 1910 ; Oberthür, Et. lép. comp.,
IV bis, 21, fig. H, H’, H"' (cf), H”, H"' (cf), 1910 et V, 325, pl. LXIX,
n° 653 ( cf)» 654 (Q). Lob. mel. Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 150, 1927 ;
Lob. ep. mel. Schüssler, 133. Pseudob. mel. Bouvier, loc. cit., 635, 637,
fig. 32 (tibial), 1927. ? Lob. natalensis Aurivillius, Ark. Zool., II, n° 12,
33, pl. I, fig. 2 (chenille), 1905 ; Schultze, Arch. Naturg., LXXX, A, I,
159, 1914.
15. Bunaea melinde Maassen et Weyding, Beitràge, fig. 92 ( cf ), 1885 ; Sonthonnax,
loc. cit., 33, pl. XV, fig. 2 (cf), 1901. Lob. ep. mel. Schüssler, 133.
Genre XV. — CINABRA Sonth.
Cinabra Sonthonnax, Lép. Soie, III, 61, 1901 (pars) ; Schüssler, 135,
620 ( pars ); Bouvier, C. R. Ac. Sc., CLXXXIV, 1291, 1927; Mém. Ac. Sc.,
LIX, n° 4, 33 et 40, 1927 ; Saturn. Afr. trop, franç., 559, 1928 ; C. R. Ac. Sc.,
CLXXXIX, 1654, 1934.
Représenté par une seule espèce, C. hyperbius, le genre Cinabra se distingue
à peine des Pseiidobunaea du type meloui où les tibias antérieurs sont à peu
près de la longueur du 1 er article tarsien et armés de deux épines dont une
externe très forte ; et c’est presque uniquement par l’absence de collier blanc
qu’on peut au premier abord les en séparer, aussi par la coloration rouge du
corps et des ailes. Les caractères génériques sont les mêmes ; il est vrai que,
chez les Cinabra, les tibias de la 2 e paire sont armés distalement d’une épine
interne et notablement plus courts que le tarse, que les rayures sont simples
et sans lunules, et que les fenêtres du dessous des ailes sont entourées d’un
cercle noir, surtout aux antérieures. Mais à ces divers points de vue, on observe
tous les passages entre meloui et hyperbius ; le premier, comme certains autres
Pseudobunaea, présente une petite épine aux tarses de la 2 e paire et dans une
variété d 'hyperbius ( kitalei Bouv.), la rayure externe des antérieures reste
sensiblement lunulaire en même temps qu’y disparaissent les cercles noirs
périocellaires du dessous des ailes. Au reste, cette variété présente d’autres
caractères de transition remarquable ; ses ailes en dessous ont encore la teinte
gris rosé-uniforme des Pseudobunaea, le dessus des antérieures est d’un roux
qui rappelle alinda quoique plus rougeâtre, enfin les mêmes ailes du cf sont
assez fortement falquées, ee qui est rare dans les autres représentants de l’es¬
pèce et n’existe pas chez les femelles. L’épiphyse tibiale à'hyperbius est
réduite et nue chez la 9, normale et ornée de quelques longs poils chez le cf ;
l’armature sexuelle (fig. 38) de ce dernier est presque identique à celle de
meloui, toutefois avec la partie ventrale de l’uncus plus longue, presque droite
et infléchie en pointe à son bout libre.
Jusqu’à l’époque (1927) où j’en fis l’étude, le genre Cinabra est resté con¬
fondu, à cause de la coloration rouge, avec les espèces que j’en ai distraites
mémoires du müséüm, nouvelle série, tome ni.
9
130
E.-L. BOUVIER
sous le nom de Rohaniella (voir p. 64). Ces derniers, qui appartiennent au
groupe mélanocérien, en sont aussi différents que possible avec leurs antennes
largement quadripectinées dans les deux sexes, leurs radiales antérieures
issues d’un pédoncule commun, leurs ocelles atrophiés, leurs tibias antérieurs
inermes et sans épiphyse, et ceux de la 2 e paire où les épines réduites sont
remplacées fonctionnellement par deux puissants éperons. L’armature sexuelle
des Rohaniella est, sans doute, à peu près la même que celle des Mélanocères.
Connu depuis l’Angola et le Natal jusqu’au Kenya (Kitale), où il se ren¬
contre à la fois sous sa forme typique et sous sa forme kitalei, le genre a été
Fig. 38. — Cinabra hyperbius, armature cf. le clasper gauche enlevé;
A, en dessus ; A' du côté gauche.
suivi dans son évolution par O’Neil (Ann. Durban Mus., II, 164, 1819) : sa
chenille, au 1 er stade est, jaune avec rangée de taches latérales noires ; au
2 e stade, elle tourne au rouge brique avec bande médiane dorsale noire,
bandes latérales et intersegments noirs ; au 3 e la tonalité est rouge saumon,
avec bandes, mais sans intersegments noirs ; au 4 e stade ton vert-pré, qui
devient vert émeraude au 5 e avec disques prothoraciques et anaux rouge
pourpre vif comme les stigmates ; à ces deux derniers stades des épines noires
assez longues ; au dernier, sur le vertex de la tête, une étroite carène trans¬
verse blanc d’argent qui rappelle les Pseudobunaea. Broute sur une petite
Protea et sur Rrachystegia randii.
Une seule espèce hyperbius (cf 94-101, Ç 100-128) :
1. Saturnia hyperbius Westwood, Proc. Zool. Soc., 1881, 143, pl. XIII, fig. 3 (Q).
Bunaea hy. Maassen et Weyding, Beitrâge, fig. 99 (cf), 1885. Cinabra hy.
Sonthonnax, loc. cit., 61, pl. XXVI, fig. 2 (cf) et 3 (9), 1901 ; Bouvier
et Riel, 69, 1931 ; Schüssler, 135, 620. Gonimbrasia hy. Packard, Mem.
Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 35, 1914. Antheraea bracteata Distant,
Ann. Nat. Hist. (6), XIX, 393, 1897. Cinabra bracteata Id., Ins. transv.,
III, 60, pl. III, fig. 5 (cf), 1903 ; Schüssler, 135, 620. Bunaea rendalli
Rothschild, Nov. Zool., III, 602,1896. Gonimbrasia rend. Gaede, loc. cit.,
322, 1907. Gon. hersilia rend. Schüssler, 107.
Var. : kitalei (Cin. hy. kitalei Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 108, pl. XII,
fig. 4 (cf), 1930); Schüssler, 620. (cf, coll. Joicey).
FAMILLE DES SATL'RXHDÉS
131
Genre XVI. — CIRINA Walker.
(PI. VI, fig. 2).
Cirina Walker, List, VI, 1382, 1855 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç.,
660, 1928 ; Schüssler, 143, 624. Sculna Wallengren, Wien. ent. Monatschr.,
IV, 168, 1860.
Se rapproche des Imbrasia par la forme des ailes dont les antérieures chez le
mâle ont l’apex ordinairement tronqué et un peu saillant sur le bord externe
légèrement concave, la rayure externe éloignée
de ce bord et peu ou pas oblique, les postérieures
avec le même bord saillant à angle et la rayure
externe convexe à angle plus obtus ; aussi par
la nervulation qui est du même type. Toute¬
fois l’écaillure des ailes est beaucoup plus
réduite et l’ocelle des postérieures, quand il
existe, se limite à un iris noirâtre autour de la
fenêtre et à un faible anneau blanchâtre autour
de cet iris ; les antennes d’ailleurs sont autres,
avec leur bout simple assez court et sans carène
ventrale bien sensible. Les rayures internes et
médianes n’existent pas et les externes sont
parfois atrophiées. Les tibias antérieurs (fig. 39)
rappellent ceux de Pseiidobunaea meloui par
leur épiphyse fortement poilue, leur force, leur
brièveté et leur grande épine terminale interne ;
mais ils sont dépourvus de l’épine externe.
A cause de cette structure on pourrait
croire que les Cirina se rapprochent surtout
des Pseudobunaea , mais l’armature sexuelle du rf (fig. 40) y est tout autre,
avec la pointe dorsale de l’uncus plutôt obtuse et la ventrale dilatée en
deux lobes particulièrement puissants au lieu d’être comprimée latérale¬
ment en soc. N’était la dimension de ces lobes, l’armature se rapprocherait
surtout de celle des Imbrasia , d’autant que les claspers sont obtus et un peu
tronqués avant leur bout libre, surtout dans butyrospermi où, toutefois, la
troncature est limitée par une simple saillie, non par une dent comme chez
Imbrasia obscura. Sans doute, le pénis est inerme, mais il est dépourvu de
lames basales, lesquelles sont réduites et parfois milles chez les Imbrasia.
Par le développement, au contraire, les Cirina se rapprochent des Pseudo¬
bunaea en ce sens que leurs chenilles sont toujours dépourvues d’épines, avec
des tubercules bas ou nuis, ce qui indique le stade ultime de l’évolution
Fig. 39. — Tibia antérieur droit
avec son épiphyse et le 1" ar¬
ticle tarsien dans Cirina forda ;
à droite, l’épiphyse isolée est
bien plus grossie.
132
E.-L. BOUVIER
bunéenne ; on y voit des groupes de saillies perliformes comme dans les
Gonimbrasia (Packard, loc. cit., 32, pl. XXXII, fig. 1, 1914) et Yuillet
(Insecta, n° 9, 190, 1911). Il faut considérer ce genre comme un type pseudo-
bunéen spécial dont les ailes ont acquis, par convergence, la forme qui se
manifeste quelque peu dans les Nudaurelia et bien plus encore dans les
Imbrasia.
Le genre ne comprend que deux espèces : 1° forda Westw. (c? 78-118, 9 93-
108), où la tache ocellaire des postérieures a un développement normal et où
les rayures externes sont d’ordinaire bien apparentes ; 2° butyrospermi Vuillet
(pl. VI, fig. 2) où la tache est réduite à une minuscule fenêtre et où les rayures
externes sont le plus souvent effacées (c? 95-100, Ç 97-114). La première
Fig. 40. — Cirina butyrospermi, armalure c f ■
A, côté gauche sans le clasper de ce côté; A, clasper gauche en dessous et en dehors.
s’étend du Natal et du Transvaal jusqu’au Congo belge, la seconde provient
de la Sénégambie.
La chenille de forda , au dernier stade, a été décrite et figurée par Packard
(loc. cit., 32, pl. XXXII, fig. 1) ; elle est noirâtre, avec des rangées de taches
fongoïdes perliformes qui tranchent en blanc ou en jaune au bord postérieur
des segments et sur les côtés dans la région des stigmates. Ce qui rappelle
beaucoup les chenilles de Gonimbrasia.
D’après Vuillet ( Insecta , n° 3,190,1911 et Bull. Jard. colonial, II, 436,1912)
le papillon de butyrospermi vole au début de l’été dans les plantations d’une
Sapotacée, le Butyrospermum parkii Kotschy ou « Karité », dont les graines
donnent une matière grasse (beurre de Karité) qui sert à l’alimentation, à
l’éclairage et à la savonnerie. Les œufs sont déposés sur les jeunes rameaux
de la plante en une masse qui peut en compter 566 et atteint la taille d’une
grosse noisette. Ces œufs sont piriformes, d’abord verts, blancs ensuite ; ils
éclosent au bout d’un mois donnant des chenilles de 3-4 millimètres, d’un
jaune verdâtre avec la tête et le pronotum bruns, une tache noire sur le bou-
FAMILLE DES SATURNI1DÉS
133
clier anal, et des lignes longitudinales grises, une médiane, une au-dessus de
stigmates et une autre entre ces derniers. Au 4 e stade et au dernier, le fond
est devenu noir, mais avec des saillies perliformes blanches ou jaunes qui des¬
sinent latéralement des V dont la branche inférieure englobe le stigmate noir.
Au bout du dernier stade qui dure 9 à 12 jours, la chenille mesure 8 centimètres,
elle descend en terre au pied de l’arbre et s’y transforme en une pupe qui est
noire et dépourvue de crémaster comme celle de forda. La nymphose dure sans
doute depuis la fin de septembre jusqu’au début de l’été suivant, époque où
apparaît le papillon. En septembre, à Koulittoro, où l’espèce fut découverte,
les chenilles pullulaient, dépouillant de leurs feuilles les plantations de Karité ;
elles servent d’aliment aux nègres qui les font bouillir dans l’eau, puis sauter
dans le beurre de la plante.
Bibliographie
1. Saturnia forda Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII, 52, 1849. Bunaea for. Walker,
List, V, 1232, 1855. Cirina for., Gaede, Seitz, XIV, 382, 55 d (cf, $),
1927 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII, 68, 1931 ; Schüssler, 144, 624.
Cirina semicaeca Walker, List, VI, 1382, 1855. Perisomena semic. Id.,
1277, 1855 ? Bombyx patens Boisduval, Voy. Delegorgue Afr. austr., 509,
1847). Cirina similis Distant, Ins. transv., III, 62, pl. III, fig. 1 (cf), 2 (Ç),
1903. Cir. for. similis Schüssler, 145, 625. Cirina cana Felder, Novara,
Lepid., I, 3, pl. LXXXVIII, fig. 3 (cf), 1874. C. for. cana Schüssler, 145,
624. Sculna invenusta Wallengreen, Wien. ent. Monat., IV, 1860.
Var. : orientalis (Cir. for. orientalis Bouvier, Rev. Zool. afr., XV, 158,
1927 ; Saturn. Afr. trop, franç., 662 (note), 1928) ; Schüssler, 145.
(cf, Mus. Congo, cotype Paris).
2. Cerina (sic) forda butyrospermi Vuillet, Insecta, n° 8, 167, 1911. Cer. but. Id.,
id., n° 9,190, fig. 2 (cf) et 4 (Ç), 1911. Cirina but. Id., Bull. Jard. colon.,
II, 436-446, fig. 1 (cf), 2 (9), 3 et 4 (ponte), 5 et 6 (chenille), 7 (pupe),
8 (dégâts), 1912 ; Bouvier, loc. cit., 662, pl. VII, fig. 4 (Ç), 1928 ; Bouvier
et Riel, loc. cit., 68,1931. Cir. for. but. Schüssler, 145, 625. ? Saturnia cer-
vina Westwood, Oates Matabele Land, 357,1 881. Cir. for. cerv., Schüssler,
145.
Genre XVII. — ATHLETES Karsch.
(Pl. XI, hg. 2).
Athlètes Karsch, Ent. Monatschr., XXII, 250, 1896 ; Bouvier, Saturn. Afr.
trop, franç., 665, 1928 ; Schüssler, Lep. Cat. 149 et supph 626.
Ce genre provient de la dissociation des Gynanisa avec lesquels Sonthonnax
en 1904, Aurivillius en 1905 et Packard en 1914 le confondaient encore.
Nervulation des trois genres précédents et des Imbrasia. Se rapproche de ce
dernier genre par la forme des ailes qui, chez le cf, présentent aux postérieures
134
E.-L. BOUVIER
un prolongement externe caudiforme et, aux antérieures, une concavité sous
l’apex qui est toutefois plus saillant et davantage tronqué ; les rayures
occupent la même place, l’interne du dessus des antérieures interrompue sur
le cubitus, l’externe subparallèle à la partie postérieure du bord externe, mais
toujours une médiane fort nette, continue aux antérieures, postocellaire aux
postérieures, la médiane et l’externe d’ailleurs très différentes de celles des
Imbrasia , en ce sens qu’elles sont en zigzags irréguliers sur les deux faces et
très épaissies au voisinage de la côte, surtout aux antérieures. Les ornements
discaux du type Imbrasia : aux antérieures, sur la face dorsale, une fenêtre
triangulaire marquée à son bord interne d’une tache noire d’ordinaire un peu
Fig. 41. — Athlètes gigas, armature cf : A, pièces médianes vues du côté ventral ;
A', armature vue du côté gauche sans le clasper de ce côté; A", tibia I et son épiphyse.
rougie proximalement, aux postérieures un grand ocelle ayant un iris noir,
avec fenêtre réduite ou nulle, un petit anneau jaunâtre suivi d’un très fin
anneau noir auquel font suite un large anneau roux ou rouge et un blanc ou
rosé.
En dessous, la fenêtre des antérieures est semblable à celle du dessus, parfois
plus marginée de noir, celle des postérieures est très réduite dans ethra et
située au sein d’une petite tache noire, nulle ou presque dans gigas et semi-
alba où l’on trouve un ocelle arrondi moins grand que celui du dessus et réduit
à son iris noir qu’entoure un étroit anneau jaune lui-même entouré d’un fin
anneau noir ; l’iris est parfois plus ou moins coupé en deux par une transverse
de l’anneau jaune. Dans les deux sexes, les ailes sont onduleuses sur leur bord
externe qui est marginé de noir, souvent avec encoches claires au fond des
FAMILLE DES SATURN1IDÉS 135
ondulations ; les rayures sont noires ou noirâtres, le reste du fond des anté¬
rieures plus ou moins blanc à la côte et vers l’apex, ailleurs brun jaunâtre et
partout tigré de taches brun foncé ou noires ; aux postérieures une partie de la
base et la région costo-ocellaire sont rougeâtres. En dessous (pl. XI, fig. 2),
les taches sont encore plus abondantes et le blanc fort étendu aux deux ailes,
en arrière les antérieures sont d’une tonalité rose. La tête, la région costale
et au moins la base des pattes sont brun foncé ou noir comme le thorax qui
présente toutefois, en jaunâtre, un collier prothoracique et une bande posté¬
rieure ; l’abdomen est bien plus terne.
Par leur structure, les antennes des deux sexes rappellent tout à fait les
Imbrasia , mais elles sont relativement plus courtes, atteignant, à peu près le
1 /6 e de la longueur de l’aile antérieure ; les tibias sont du type armé avec une
paire d’épines distales sur les deux paires antérieures, toutefois ils restent
grêles comme dans les Imbrasia et égalent à peu près le tarse en longueur;
ceux de la l re paire présentent une forte épiphyse (fig. 41, A") dont la face
inférieure s’élève en une carène garnie de poils médiocres, tenant ainsi le milieu
entre les Pseudobunéens et les Imbrasia. Quant à l’armature sexuelle du çf
(fig. 41, A, A’) elle conserve le type bunéen normal, en ce sens que la partie
verticale de l’uncus est largement épanouie et bilobée, non plus en carène
comme dans les Pseudobunaea et Cinabra ; elle rappelle davantage les Gonim-
brasia, Imbrasia et Aurivillius, mais avec de longues épines à la base du pénis.
Dans gigas , l’uncus est triangulaire avec deux tubercules arrondis à sa base
et un rostre obtus plutôt relevé qu’infléchi ; les claspers se rétrécissent pro¬
gressivement en une pointe obtuse.
De tout cet ensemble de faits, il semble bien résulter que les Athlètes rentrent
moins fortement que les autres dans la série des Bunéens armés, qu’ils s’y
rattachent à des formes plus primitives que les actuelles, qu’ils ont conservé
beaucoup de traits des Bunéens inermes notamment des Imbrasia et acquis,
d’autre part, une complication des rayures analogue à celle des Aurivillius
et des Pseudobunaea. C’est ce que montre également l’évolution embryonnaire
telle que l’a fait connaître J. A. O’Neil (Ann. Durban Mus., II, 161, 1919)
chez A. gigas. Les œufs sont pondus par petits groupes sur la face supérieure
de la Légumineuse nourricière, Brachystegia randi-, les chenilles se trouvent de
janvier à mars, noires au 1 er stade, deviennent ensuite jaunâtres, puis bleuâtres,
en même temps que leurs tubercules s’allongent en épines, passant du noir
au bleuâtre et finalement à l’or bruni ; si bien que par la longueur de leurs
épines, les chenilles rappellent le type bunéen le plus franc, tandis que par
l’éclat métallique de ces ornements elles indiquent un stade évolutif plutôt
avancé. Au dernier stade, il y a de petits granules jaune d’or sur le prothorax,
les épines métalliques s’allongent encore et se recourbent en arrière, les
stigmates passent du noir au rouge foncé.
Le genre comprend les trois espèces suivantes :
E.-L. BOUVIER
136
Tableau des espèces
A. Ocelle du dessous des postérieures réduit à une petite tache noire autour de la
fenêtre ; celui du dessus avec un fin anneau roussâtre en dedans du petit anneau
noir et un large anneau roux en dehors, (çf 146) (de l’Afrique occidentale au
Nyanza). 1. ethra Westw.
A'. Ocelle du dessous des postérieures bien développé, arrondi comme celui du
dessus, avec iris noir sans fenêtre.
B. Petit anneau noir du grand ocelle en dedans avec un anneau jaune vert bien
plus large, en dehors avec un très large anneau roux rosé, (cf 170). (pl. XI,
flg. 2). (Afrique australe et orientale) . 2. gigas Sonth.
B'. Petit anneau noir du grand ocelle en dedans avec un étroit anneau jaune vert,
en dehors avec un large anneau rouge cerise (140-16ri) (Afrique orientale).
. 3. semialba Sonth.
Bibliographie
1. Saturnia ethra Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII, 56, pl. X, flg. 1 (cf). 1849.
Bunaea eth. Walker, List, V, 1232, 1855. Athlètes eth. Karsch, loc. cit.,
XXII, 249, 1896 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 668, 1928 ; Bouvier
et Riel, Lab. Soie, XVII, 68, 1931 ; Schüssler, 149, 626. Ath. eth. nyanzae
Rebel, Ann. Naturn. Hofmus., XIX, 64, flg. 2 (cf),1904 (tenu par Schüssler
pour synonyme de semialba). Gynanisa eth. Sonthonnax, Lép. Soie, IV,
63, pl. XXVII, flg. I (cf), 1904.
2. Gynanisa gigas Sonthonnax, Lab. Soie, XI, 9, pl. III ,flg. 2 (cf), 1902 ; Bouvier,
loc. cit., 607,1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 68,1931. Athlètes steindachneri
Rebel, loc. cit., 64, flg. 2 (nervulation), pl. II (cf), 1904. Schüssler, 150
(avec gigas comme sous-espèce). Ath. semialba O’Neil, Ann. Durban
Mus., II, 161,1919.
3. Gynanisa semialba Sonthonnax, Lép. Soie, IV, 66, pl. XXVIII, flg. 2 (Q), 1904.
Athlètes sem. Rebel, Deuts. ent. Zeits. Iris, XVIII, 273, 1905; Bouvier
et Riel, loc. cit., 68, 1931 ; Schüssler, 150, 626.
Genre XVIII. — GYNANISA Wkr.
(Pl. V, flg. 4).
Gynanisa Walker, List, VI, 1267, 1855 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç.,
669, 1928; Schüssler, H6,625.[Gynanisa (pro parte) ; Kirby, Cat. Lep., Heter.,
I, 163, 1892 ; Rothschild, Nov. Zool., II, 46, 1895 ; Sonthonnax, Lép. Soie, IV,
63, 1904; Aurivillius, Ark., Zool., II, n° 4, 20, 1905 ; A ncalaespina Wallengren,
Ofv. kong. vet. Ak. fôrh., 140, 1858.
Tonalité, rayures, nervulation et armature sexuelle (flg. 42, A'"), des
Athlètes que beaucoup d’auteurs, y compris le perspicace Aurivillius, ont
confondu avec Gynanisa. Le genre diffère toutefois à'Athlètes par un bon
nombre de caractères importants : ;le bord externe des postérieures est tou¬
jours dépourvu de saillie caudiforme ; les antennes sont beaucoup plus longues,
atteignant à peu près 1 /5 e de la longueur de la costa des antérieures, sans
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
137
carène ventrale sur les articles terminaux qui sont petits et très peu nombreux
chez le çf, où les branches se distinguent par leur longueur remarquable tandis
qu’elles sont très brièvement dentées chez la 9 ; le tibia des pattes des deux
paires (flg. 42, A, A") antérieures est à peine plus long que le premier article
tarsien, avec l’épine terminale interne bien plus longue que l’externe ; l’épi¬
physe (flg. 42, A ) du tibia antérieur est nue, un peu tordue, ordinairement
carénée sur sa face ventrale. D’autres différences sont moins accentuées : les
Fig. 42. — Gynanisa maia albescens : A, tibia I face dorsale ; A', son épiphyse détachée:
S", tibia II face dorsale; A'", armature ç f, face ventrale.
rayures externe et médiane des antérieures sont moins fortement épaissies
vers la côte ; la fenêtre de ces ailes est plus amplement entourée, surtout du
côté ventral où son liséré noir irrégulier et distalement épaissi s’entoure d’un
anneau rose, puis d’un blanc (ata, nigrà) lesquels se réduisent d’ordinaire à
deux arcs distaux ( albescens) ; comme l’a montré Rebel, la radiale antérieure
naît de la cellule plus près du pédoncule des autres radiales que dans Athlètes.
Dans Gynanisa, la fenêtre des postérieures, très réduite, est au sein d’un ocelle
arrondi tout à fait semblable à celui qu’on observe dans Athlètes gigas et
semialba, l’anneau subexterne de l’ocelle des antérieures est d’un jaunâtre
parfois un peu rosé comme dans gigas.
138
E.-L BOUVIER
Fawcett ( Trans . Zool. Soc., XV, 304, pl. XLVII, fig. 6 (chenille) et
7 (pupe), 1901), a étudié les transformations d’une forme du Natal.
Chenille vert pâle avec les jstigmates et une ligne infra-stigmatique de ton
pourpre, cette ligne flanquée en dessous d’une raie jaune qui porte sur
chaque somite un tubercule orangé et, au-dessus des fausses pattes anales, de
petits tubercules noirs. Bouclier prothoracique avec un bourrelet noir tran¬
chant qui sert peut-être au fouissage ; les somites suivants jusqu’au 12 e avec
« quatre épines argentées, à pointe jaune, inclinées en arrière, une subdorsale
et une latérale de chaque côté » ; on voit aussi « un certain nombre de petites
taches argentées disposées irrégulièrement sur chaque somite ». Broute sur
le « Wattle » (Elephcintorrhiza burchelli Bth.) et sur des Acacias épineux. Se
transforme dans le sol en une pupe brun-rougeâtre qui s’atténue postérieure"
mont en pointe et porte sur chaque segment un anneau de granules. Il y a
deux générations annuelles : les larves de la l re apparaissent en novembre
et les adultes fin janvier ; les larves de la 2 e en mars (où elles dépouillent par¬
fois complètement les « Wattle ») et les adultes l’automne suivant. Les femelles
attirent fortement les mâles, si bien qu’il suffit d’en posséder une pour capturer
en nombre ces derniers.
Packard décrit et figure la chenille d’une sorte du Natal qu’il appelle isis
et qui paraît ressembler beaucoup à simplex ; elle est vert olive pâle avec une
ligne latérale rougeâtre et des stigmates brun de Sienne ; le bouclier protho¬
racique inerme, mais les deux segments suivants avec tubercules sans épines ;
sur les segments abdominaux 1 à 7, une rangée transversale de 6 grands tuber¬
cules terminés en épines, sur le segment 8 une épine impaire bifurquée à la
pointe. L’auteur ne dit pas que les épines sont argentées et il ne signale pas
davantage les taches argentées. La chenille décrite par cet auteur mesurait
77 mm. de longueur et 15 d’épaisseur, dimensions peu différentes de celles
relevées par Fawcett dans sa figure. S’agit-il de variations individuelles ou
raciales ? On ne saurait le dire.
Bien qu’on ne puisse contester l’indépendance des Gynanisa et des Athlètes ,
il paraît évident que ces deux genres dérivent d’une souche commune et qu’ils
ont divergé à partir de cette souche.
Une seule espèce, maia Klug, dont la variabilité paraît très grande et où l’on
peut assez bien distinguer les formes suivantes.
Tableau des différentes formes de maia
A. Bord externe des antérieures droit ou un peu convexe.
B. Ton dominant brun jaunâtre, rayure médiane extérieure à l’ornement discal.
C. Rayures externe et médiane lunulaires ou en zigzags sur les deux faces.
(90-138) (du Natal à Nairobi). m. maia Klug.
C'. Rayure externe seule lunulaire ou en zigzags ; ton plus foncé. (130-163)
(du Cap au Nyanza). m. isis Westwood.
C". Rayures médiane et externe du dessus pas du tout ondulées, la médiane
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
139
du dessous irrégulière et l’externe très en zigzags. (9 104, çf 130).
. m. simplex Bouvier.
B". Ton noir dominant partout ; rayure médiane sur les deux faces, en dedans de
l’ornement discal (pl. V, flg. 4). (c? 118-130, 9 125-130) (Rhodesia).
. m. nigra Bouvier.
A'. Bord externe des antérieures, chez le c? au moins, concave (rarement droit) sous
l’apex.
B. Rayure interne des antérieures peu ou pas saillante en dehors dans la cellule.
G. Concavité du bord externe des antérieures faible ou nulle, bord costal de ces
ailes gris clair ; leurs rayures en dessus presque droite. (120-130) (Congo
belge, Tanganyika). m. albescens Sonthonnax.
D. Le bord externe des antérieures concave sous l’apex, le bord costal de ces
ailes foncé.
E. La concavité médiocre (Taveta). m. westwoodi Rothschild.
E'. La concavité très forte, rayures externe et médiane fortement coudées
en arrière. (138-153) (Ancienne Afrique orientale allemande).
. m. ata Strand.
B'. La rayure interne des antérieures émet dans la cellule une forte saillie aiguë ;
rayures externe et médiane du dessus des antérieures en S accentué. (120-
170) (Rhodesia) . m. daula Tams
Bibliographie
Saturnia maia Klug, Neue Schmet., I, 7, flg. (cf), 1836. Gynanisa maia
Walker, loc. cit., 1267,1855. Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 672,1928 ;
Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII, 69, 1931 ; Schüssler, 147, 625 et 736.
Var. : isis (Saturnia isis Westwood, Natur. Libr. de Jardine, VII, 138,
pl.XII (9), 1841); Gy. isis Sonthonnax, Lép. Soie, IV, 66, pl. XXVII,
flg. 2 (cf), 1904. Schüssler, 148,626. Gy. maia Holland,,Lep. heter. de
Donaldson Smith, 412, 1891 ; Distant, Ins. transv., III, pl. VI,
flg. 3 (cf), 1903 ; Gy. isis Westwoodi Packard, Mem. Nat. Ac. Sc.,
CIX, d (9)i 1914. Artcalaespina lata Wallengren, loc. cit., 168, 1860)
— simplex (Gy. maia simplex Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 673,
1928). ? Gy. maia isis Packard, loc. cit., pl. CIX, flg. a (cf), b (che¬
nille), c (pupe), 1914.). (Mus. Paris). — nigra (Gy. m. nigra Bouvier,
Rev. Zool. Afr., XV, 161, 1927); Schüssler, 149, 626). (Mus. Paris).
— albescens (Gy. albescens Sonthonnax, loc. cit., 66, pl. XVIII, flg. 3
(cf), 1904); Bouvier et Riel, loc. cit., 69, 1931 ; Schüssler, 149.).
(Mus. Paris). — westwoodi (Gy. westwoodi Rothschild, Nov. Zool., II,
45, 1895). Gy. m. west. Schüssler, 149, 626.). (Mus. Tring). — ata ( Gy.
ata Strand, Mit. Zool. Mus. Berlin, V, 299, flg. 5, 1911); Gy. m. ata,
Schüssler, 148, 626). — daula (Gy. m. daula Tams, Ann. Nat. Hist.,
(10), VI, 169, 1930). (Mus. brit.). Schüssler, suppl., 736. Schüssler
149. tient aussi pour des formes particulières jama (Rebel, Verh
zool. bot). Ges. Wien, 65, flg. 2 (cf), 1915) et macromaia (Strand,
Ent. Runds. XXXVII, 21, 1920; il fait de Saturnia campionea
Signoret.Bull. Soc. ent. France(2), III,p. XCVII, 1845, un synonyme
de maia, ce qui est pour le moins douteux).
4° Tribu. Satumiicae Bouvier, nec Schüssler.
Saturniicae Bouvier, C. R. Ac. Sc., CXXXIII, 1290, 1927 (pars) ; Mérn. Ac.
Sc., LIX, n° 4, 14, 1927 ; Saturn. Afr. trop, franç., 550, 1928.
140
E.-L. BOUVIER
Comme l’indique le tableau de la page 19, les Saturniicés représentent la
5 e et dernière tribu de la section des Saturnites ; ils ne comprennent en fait
qu’une part considérable des Saturniicés de Schüssler.
Voisins surtout des Bunéicés, ils s’en dis¬
tinguent par leurs ocelles qui présentent
presque toujours un anneau incomplet cres-
centiforme (fig. 43), par leur armature
sexuelle où l’uncus est dépourvu toujours
de saillie ventrale et où la partie dorsale est
normalement bilobée à son bout libre, enfin
par les chenilles qui sont dépourvues de
pointes spiniformes sur leurs tubercules et
qui filent à l’air un cocon bien développé.
Ils sont répandus surtout dans la région
indo-malaise où ils remplacent les Bunéicés ;
rares en Europe et en Afrique, ils sont
encore assez bien représentés en Amérique.
Dans les Mémoires de V Académie des Sciences
en 1927 et dans mon étude sur les Satur-
noïdes de l’Afrique tropicale française (p. 550, 1928), je les ai répartis en
deux groupes : le groupe anthéréen où les ailes postérieures sont dépourvues
de prolongement caudal, et le groupe actien où la queue, toujours bien
caractérisée, atteint parfois une très grande longueur.
Fig. 43. — Un ocelle de Saturnin
pyri. gross. 3 ; B, croissant blanc ;
R. croissant rouge ; J, anneau
jannâlre ; N, anneau périphérique
noir comme le centre C.
1° Groupe anthéréen Bouvier, 1927 et 1928.
Le groupe anthéréen comprend22 genres; il est ainsi nommé parce qu’on y
trouve le genre Antheraea qui est de beaucoup le plus riche de tous. C’est le
groupe anthéréen qui représente en Indo-Malaisie et en Amérique les formes
africaines réunies dans la tribu des Bunéicés; comme aspect général, il res¬
semble beaucoup à ceux-ci et l’on doit reconnaître à W. Rothschild le mérite
d’avoir séparé des Antheraea les Bunéicés du genre Nudaurelia (Nov. Zool.,
II, 41, 1895).
Le passage du groupe aux Bunéicés semble à peu près établi par le genre
malgache Antherina où l’uncus est encore en pointe, où les claspers sont
simples et où les chenilles ont encore leurs tubercules en pointes spini¬
formes. Mais les autres genres ne se rattachent en rien aux Antherina et il faut
chercher ailleurs l’origine du groupe, peut-être dans les espèces américaines
des genres Copaxa et Saturniodes où le sternite X est très éloigné du pénis et
où celui-ci présente à sa base une avance sternale qui se résout le plus souvent
en une paire de lames ou d’épines. Ces lames ou épines sont de règle chez
les Bunéicés, mais encore caractéristiques chez de nombreux genres du
groupe anthéréen, comme je l’ai indiqué dans le tableau suivant. Ainsi le
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
141
groupe anthéréen présenterait surtout des affinités bunéennes par un certain
nombre de ses représentants américains, de sorte que c’est toujours à l’Amé¬
rique, si extraordinairement riche en Saturnioïdes, qu’il faut remonter pour
écrire l’histoire de ces derniers.
C’est ce que l’on observe au sujet des Antheraea. Les nombreuses espèces
du genre diffèrent profondément des autres anthéréens par leurs claspers
très profondément lobés et dont certains lobes présentent de très longues
soies puissantes en forme de crins. Or, une disposition analogue s’observe
chez les espèces du genre Telea, toutes exclusivement américaines, et cette
structure se montre si particulière qu’elle est probablement l’indice d’affinités
plus ou moins lointaines. Toutefois, il convient de reconnaître qu 'Antheraea
reste néanmoins, malgré sa richesse en espèces, un genre très aberrant, car
il se distingue toujours par l’avance en capuchon du tergite VIII qui
forme une espèce de toit sous lequel sont abritées les autres pièces
de l’armature sexuelle. On retrouve un tergite en auvent plus ou moins
semblable chez les Gooclia dans la sous-famille des Ludiinés et chez les Satur-
nites africains de deux tribus, les Micragoniicés et les Décachordiicés. Est-ce
un effet de simple convergence ou l’indication d’affinités lointaines ; la pre¬
mière hypothèse me paraît la plus vraisemblable à cause des différences pro¬
fondes qui existent entre ces groupes et les Antheraea, mais il n’est pas permis
d’être affirmatif sur ce point.
Voici maintenant le tableau synoptique des divers genres du groupe anthé¬
réen :
Tableau des genres
A. Antennes quadripectinées dans les deux sexes, leurs 7 ou 8 derniers articles sans
branches ou presque ; rayures extra-discales jamais en zigzags, souvent ondu¬
leuses ; ocelles aux deux ailes ; aux antérieures 3 ou 4 radiales dont la première
naît parfois de la cellule; épiphyse nue (tergite VIII du cf en capuchon recou¬
vrant l’armature sexuelle, claspers à 3 lobes dont l’un porte de très longues
soies criniformes). 3. Antheraea Fabr. (p. 148).
A'. Antennes quadripectinées chez le cf sur toute leur longueur ou presque, briève¬
ment pectinées chez la $ ; (tergite VIII du cf peu ou pas saillant et ne
recouvrant pas les pièces de l’armature portées par le segment IX).
B. Rayures extra-discales des antérieures peu ou pas onduleuses, rarement vagues
c u milles, jamais en zigzags..
C. Bord externe des ailes sinueux ou denté, au moins aux postérieures ; rayure
interne des antérieures interrompue sur le cubitus, radiales de ces ailes toutes
pédonculées ou la première de la cellule (claspers d’Antheraea) .
.. 4. Telea Hübner(p. 165).
C'. Bord externe des ailes simple (claspers à un ou deux lobes).
D. La l re radiale des antérieures naît de la cellule (claspers à bord interne bien
armé).
E. Grands ocelles, ailes épaisses (uncus en pointe simple).
. 1. Antherina Sonth.. (p. 143).
E'. Taches ocellaires, ailes semi-hyalines (uncus à deux pointes).
. 2. Ceranchia Butler, (p. 146).
142
E.-L. BOUVIER
D'. Radiales des antérieures toutes pédonculées (uncus à 2 lobes terminaux).
E. Au moins une rayure externe aux antérieures.
F. Rayure interne des antérieures coudée sur le cubitus (uncus simple).
. 5. Agapema M. et D. (p. 169).
F'. Rayure interne des antérieures nulle ou interrompue sur le cubitus
(claspers bilobés).
G. Ocelles grands ; antennes de la Ç quadripectinées à branches anté¬
rieures des articles égales aux postérieures.
. 11. Opodiphthera Wall. (p. 190).
G'. Ocelles assez petits ; articles des antennes à branches antérieures
très réduites. 12. Neodiphthera nov. (p. 194).
E'. Pas de rayures aux antérieures, l’externe des postérieures forte (claspers
simples). 6. Calosaturnia Smith, (p. 1 72).
B'. Aux antérieures pour le moins une rayure extra-discale onduleuse ou en zigzags.
C. Toutes les radiales des antérieures sur un même pédoncule (uncus bilobé,
sauf dans Syntherata).
D. Fenêtre hyaline nette dans un ocelle bien limité (avance sternale à la base
du pénis ; claspers à 2 ou 3 lobes, le ventral indiqué au moins par une
griffe terminale) ; rayures extra-discales en zigzags aux deux ailes.
E. Ocelles arrondis à grande fenêtre ronde, mais sans croissant ocellaire.
. 7. Saturniodes Jord. (p. 173).
E'. Fenêtre des antérieures ovale, parfois réduite, celle des postérieures
réduite ou rudimentaire, rayure interne des antérieures en zigzags
au moins en arrière.
F. Cette rayure tout entière en zigzags, très longuement interrompue
sur le cubitus, sa partie postérieure très oblique de dedans en dehors
et d’avant en arrière. 10. Syntherata Maas. (p. 186).
F'. Cette rayure seulement en zigzags en arrière du cubitus où elle est
peu interrompue, d’ailleurs transverse. 8. Copaxa Walk. (p. 176).
E". Ocelles des deux ailes en croissant ouvert en dehors comme la fenêtre
qui est d’ailleurs plus large que sa bordure. 9. Sagana Walk. (p. 184).
D'. Fenêtre des ocelles en simple fente peu ou pas hyaline ; rayure interne
pas en zigzags.
E. Ocelle des antérieures très éloigné de la Costa.
F. Deux radiales seulement aux antérieures.
G. Une seule rayure extra-discale aux antérieures, antennes de la Q
bipectinées ; ailes à demi-translucides (claspers simples, sans griffe,
sternite X réduit et indépendant du pénis).
. 13. Perisomena Walk. (p. 200).
G’. Plusieurs extra-discales aux antérieures, antennes de la $ quadri¬
pectinées (sternite X bilobé et rattaché à l’avance basale du pénis ;
celui-ci souvent avec griffes noires, lobe ventral des claspers
indiqué au moins par sa griffe terminale).
H. Aux antérieures une rayure médiane et une externe double.
. 14. Dictyoploca Jord. (p. 203).
H'. Aux antérieures la médiane réduite, une externe double et une
submarginale. 15. Eriogyna Jord. (p. 207).
F'. Au moins trois radiales aux antérieures (armature cf du type Dictyo¬
ploca).
G. Ocelles arrondis ou ovales.
H. Cellule des antérieures fort rétrécie à la base par incurvation du
radius ; antennes de la Ç bipectinées.
. 16. Caligula Moore (p. 209).
FAMILLE DES SATURNIIDES
143
H’. Cellule des antérieures peu rétrécie à la base ; antennes de
la Ç quadripectinées.
I. Antennes bien chitinisées, 2 ou 3 rayures extra-discales.
J. Une rayure médiane aux antérieures ; la nervure sub-
costale des postérieures joint l’apex.
. 17. Saturnia Schr. (p. 215).
J'. Pas de rayure médiane aux antérieures; la nervure
subcostale des postérieures joint la Costa.
K. Rayure externe des antérieures très en zigzags et tan¬
gente à l’ocelle. 15. Eriogyna Jord.
K'. Rayure externe des antérieures onduleuse et très loin
de l’ocelle. 18. Eudia Jord. (p. 219).
I'. Antennes peu chitineuses et à longs peignes; une seule
rayure extra-discale. 19. Neoris Moore (p. 222).
G 1 . Ocelles en rectangle arqué, concave en dehors.
. 20. Rinaca Walk. (p. 225).
E'. Ocelle des antérieures pédonculé sur la costa, ou en contact avec celle-ci
ou très rapproché d’elle ; rayures extra-discales multiples, la médiane
et l’externe très en zigzags, simples (claspers avec le lobe ventral indi¬
qué par une dent ; pénis à très petit pédoncule sans relation avec le
sternite X qui est peut-être nul). 22. Loepa Moore (p. 223).
D". Fenêtres des deux ailes simplement frangées de noirâtre sous forme
d’ocelles, parfois totalement obscures, souvent multiples aux antérieures,
et parfois aussi aux postérieures ; rayure ondulée seulement aux posté¬
rieures (pénis avec forte avance sternale, mais indépendant du sternite X
qui est tronqué ; claspers avec indication du lobe ventral et parfois un
petit lobe dorsal). 23. Cricula Walk. (p. 235).
C'. La l re radiale des antérieures naît de la cellule ; rayure externe où les zigzags
sont plus ou moins masqués par des taches en fenêtre ; ocelle des antérieures
réduit presque à une grande fenêtre, celui des postérieures très accentué,
ordinairement avec une fenêtre plus réduite et souvent en virgule dans
un crochet formé par la rencontre de rayures externe et interne (armature
du type Loepa ) . 21. Salassa Moore (p. 227) .
Genre I. — ANTHERINA Sonth.
Anïherina Sonthonnax, Lép. Soie, III, 56, 1901 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop,
franç., 479 et 552, 1928 ; Schüssler, 137, 621.
Apex des antérieures un peu saillant, surtout chez le çf, obtus ou arrondi,
ces ailes en dessus avec deux rayures larges, tricolores : l’interne blanche au
milieu, bordée de chaque côté par du brun, dilatée et un peu infléchie avant
la côte, transverse et droite ensuite ; l’externe un peu moins large, droite ou un
peu en S, oblique et très éloignée du bord externe, blanchâtre au milieu, bordée
de brun foncé en dedans, de brun gris en dehors, fortement infléchie à la côte
où sa partie blanchâtre se dilate ; une petite tache apicale rougeâtre ; ocelle
arrondi, à fenêtre réduite dans un large iris roussâtre qu’entoure un anneau
noir où, du côté distal, est ménagé un mince croissant blanc. Dessus des posté¬
rieures également avec deux larges rayures tricolores, roses, au milieu, bordées
de rouge des deux côtés ; ces rayures se rapprochent en arrière ou se rencon-
144
E.-L. BOUVIER
trent et se fusionnent, non seulement par cette bordure rouge, mais par leur
centre rose, si bien qu’elles entourent complètement l’ocelle qui ressemble
à celui des antérieures, mais en diffère par sa taille plus grande, son anneau
noir plus large et son croissant blanc plus distinct ; au surplus, la bordure
rouge proximale de la rayure interne est très atténuée vers la base de l’aile,
éteinte en avant. En dessous, les rayures sont atténuées, vagues et, aux posté¬
rieures, simplement convexes; l’ocelle de ces dernières n’est indiqué que par
sa petite fenêtre, celui des antérieures, au contraire, ressemble beaucoup à
l’ocelle du dessus des postérieures. La nervure radiale antérieure naît de la
cellule. Les antennes sont quadripectinées à peu près jusqu’au bout, très lar-
Fig. 44. — Armature cf A'Antherina suraka : A, vue du côté gauche sans le clasper de
ce côté (ta, tube anal); A’ 3, pièces médianes en dessous sans l’uncus ; t. bout de
l’uncus un peu de côté.
gement chez le cf, beaucoup moins chez la $. Les tibias des pattes au moins
aussi longs que les tarses, inermes, celui des antérieures avec une épiphyse
assez longue, un peu infléchie en arc, ayant chez le cf, au bord concave, une
médiocre garniture de poils médiocres.
Armature sexuelle du cf (flg- 44) avec le tergite et le sternite VIII simples,
le tergite IX normal et bien séparé de l’uncus ou tergite X qui est triangulaire
et un peu infléchi ; le sternite IX est fort éloigné de la base du pénis qui est
puissant, dilaté dans sa partie terminale, finit en pointe simple ou bispi-
nuleuse et présente auparavant une forte épine dirigée transversalement à
gauche ; à la base du pénis, un petit bouclier sternal qui présente une paire de
faibles saillies. Les claspers sont volumineux, simples, plus ou moins arrondis
dans leur partie terminale, flanqués en dessous, sur leur bord interne, de deux
puissantes griffes recourbées en dedans, la plus forte située non loin de la base,
l’autre située plus en avant. Le sternite X est très rapproché du pénis, large et
largement échancré en avant, avec deux expansions latérales garnies de courts
poils raides. Sauf cette expansion et sauf aussi l’absence de saillie ventrale à
FAMILLE DES SATURNLIDES
145
l’uncus, c’est à peu près P armature des Nudaurelia et Imbrasia ; dans Imbrasia
obscura, le clasper présente même une dent aiguë avant sa terminaison obtuse.
Le genre ne comprend qu’une espèce, A. surakci Boisduval, dont l’évolution
avait été négligée jusqu’ici. Pourtant Natalis Rondot (Les Soies, 452, 1885)
dit que la chenille de cette espèce « est de couleur verte, avec ou sans taches
ou points d’un noir verdâtre ; elle a des épines roses. Elle vit sur plusieurs
espèces d’arbres, entre autres sur le laurier-rose (Neriurn oleander). Le cocon
est, suivant le père Camboué, « à tissu double en treillis, très fort et jaunâtre. »
Malgré un doute formulé par E. André (Elevage vers à soie sauvages, 179,1903),
ceci est fort exact, comme j’ai pu m’en convaincre d’après les matériaux et
les observations recueillis à Bekiby, Madagascar, par M. Seyrig. D’après
cet excellent entomologiste, la chenille vivante est d’un ton vert vif avec des
tubercules rouges terminés en épine. Dans l’alcool disparaît la coloration verte,
mais les épines restent un peu rouges ; elles sont assez fortes et, d’ailleurs, du
type bunéen parfait, sans soies mais avec trois ou quatre saillies spinuliformes ;
celle du milieu du 8 e segment abdominal est un peu plus forte que les autres.
Dans l’alcool (pl. I, fig. 7), la teinte, l’étroit bouclier prothoracique et le bouclier
anal sont d’un brun roussàtre, ornés de courtes soies raides ; les stigmates sont
noirs. Les cocons (pl. III, fig. 2 et 3) sont treillissées et à double enveloppe
comme le note Camboué, d’ailleurs ouverts. Mais il y en a de deux sortes : les
uns sont plus petits, de texture plus fines, et avec les deux enveloppes sem¬
blables ; ils renferment une pupe brun noir, lisse, où la saillie postérieure est
en triangle tronqué, longitudinalement ridé, portant sur sa troncature une
dizaine de petits crochets crémastériens longuement pédiculés ; les autres
plus grands, d’un treillis plus grossier, surtout dans la veste externe qui est
moins fournie et irrégulière ; ils contiennent une pupe brun jaunâtre clair,
extraordinairement ridée dans toute son étendue, largement tronquée à son
bout postérieur suivant une carène transverse qui porte à chaque extrémité
un groupe de petites spinules crémastériennes noires. Autant que j’ai pu le
constater sur le matériel dont je disposais, les cocons du premier type ren¬
ferment des pupes femelles et les autres des pupes mâles.
Quoi qu’il en soit, on peut conclure de ce qui précède que les Antherina se
rattachent aux Saturnites bunéens par les épines de leurs chenilles, leurs clas-
pers simples et leur faciès général qui est celui des Bunaeopsis et de certains
Nudaurelia. Mais ils en diffèrent et sont de vrais Saturniens par leurs cocons
et par les croissants blancs de leurs ocelles. Ces deux derniers caractères
montrent, contrairement à ce que pensait Aurivillius, qu’ils peuvent être faci¬
lement distingués des Nudaurelia et des Lobobunaea, que d’ailleurs, au
moins par leurs épines larvaires, ils s’éloignent des Anlheraea et des
Caligula avec lesquels on les avait confondus jusqu’à Sonthonnax. En fait,
comme je l’observais récemment (1934), ils semblent établir, surtout à l’état
de chenilles, une transition entre les Saturnites africains du type bunéen et
les Saturnites du type anthéréen. Le genre est représenté par une seule
espèce, exclusivement malgache, A. suraka.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome ni.
10
146
E.-L. BOUVIER
Saturnia suraka Boisduval, Faune de Madagascar, Lépid., 89, pl. XII, fig. 4
(cf), 1883. Antheraea sur. Maassen et Weymer, Beitrâge, fig. 54 (Q', 18/2.
Nudaurelia sur. Rothschild, Nov. Zooh, II, 43, 1895. Caligula sur. Butler, Ann.
Nat. Hist., (5), II, 294, 1878; Antherina sur. Sonthonnax, Lép. Soie, III, 57,
pl. XXVI, fig. 1 (Ç). 1901 ; E. André, Élevage vers à soie sauvages, 179, 1908 ;
Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 479, fig. 23 (mésosternum), 1928 et C. R. Ac.
Sc., CLXXXVIII, 1652, 1934; Bouvier et Riel, loc. cit., 43, 1931; Schüssler,
138, 621.
Genre II. — GERANGHIA Butler.
(Pl. VI, fig. 3).
Ceranchia Butler, Ann. Nat. Hist ., (5), II, 461, 1878 ; Schüssler, Lep. Cat.,
315 et suppl., 711.
Ce genre ne comprend qu’une espèce, apollina Butler, laquelle est purement
malgache ; c’est à tort que Butler en 1889 et, dans la suite, la plupart des
auteurs y ont adjoint deux espèces africaines pour lesquelles Packard a juste¬
ment établi le genre Leucopteryx (voir p. 57).
Ailes semi-hyalines, les antérieures avec l’apex largement obtus, celui-ci
fortement saillant chez le cf avec le bord
externe concave, non proéminent chez la 9
où le bord externe est droit ou légèrement
convexe ; le bord externe des postérieures
fortement convexe chez cette dernière,
beaucoup moins et oblique chez le cf • Aux
deux ailes et sur les deux faces, une tache
ocelliforme ovale, jaune ou orangé au centre,
noire à la périphérie. La l re radiale des anté¬
rieures naît de la cellule. Chez la 9, à chaque
aile, une rayure externe, noire, large, vague,
convexe en dehors, et aux antérieures une
interne semblable ; ces deux rayures absentes
chez le cf où à peine apparentes. Ailes de ce
dernier très hyalines dans les parties basales
des antérieures, noircies ailleurs par de
petits poils noirs, qui abondent et donnent
un ton noir franc sur la Costa, le bord
externe des deux ailes ; les postérieures plus
largement hyalines ; les nervures noires
et seulement près du bord externe aux
postérieures; franges toujours noires. Chez la 9, ces ailes d’un gris noirâtre
comme la côte des antérieures et l’aire externe des deux ailes ; le reste plutôt
gris clair et beaucoup moins hyalin que chez le cf- Antennes noires, sans
carènes, et longuement quadripectinées dans les deux sexes; le corps
Fig. 45. — Armature cf de Ceran¬
chia apollina, face ventrale, le
pénis à sa base masquant le
bord libre du sternite X; à son
extrémité élargie le bout à deux
pointes de l’uncus.
sauf à la base des antérieures
FAMILLE DES SATURN1IDÉS
147
blanc sauf la tête, le corselet, la base des épaulettes et les pattes qui sont
jaune brunissant ; palpes à peine apparents, un peu plus foncés. Épiphyse
des pattes antérieures grêle, noire, presque nue.
L’armature sexuelle du çf (fig. 45) ressemble assez à celle A' Antherina,
mais les deux fortes épines du bord interne des claspers sont remplacées par
une dent et une griffe, l’uncus est terminé par deux petites pointes et le pénis
très allongé s’achève en un orifice arrondi.
Le cocon (pl. III, fig. 4) est presque plus grand que celui des Antherina,
d’un blanc gris brillant avec deux enveloppes perforées et très éloignées l’une
de l’autre. Dans la case interne se trouve une pupe lisse, brun-jaunâtre, dont
le bout anal, en carène transverse, se termine par une paire de saillies sub¬
coniques armées chacune d’un groupe de spinules simples ; entre ces deux
lobes est une dépression où s’élèvent deux saillies plus réduites et moins forte¬
ment armées.
Il est assez difficile d’établir la place et les affinités des Ceranchia. Pourtant,
par leur armature sexuelle, leur cocon double, leurs antennes bien développées
dans les deux sexes, la nervulation de leurs ailes et l’apex largement obtus des
antérieures, ils se rapprochent des Antherina plus que de tout autre genre et,
comme eux, sont localisés à Madagascar. On doit regretter de ne rien savoir
sur leurs chenilles.
L’unique espèce du genre, apollina Butler, fut décrite en même temps que
celui-ciparButler. En 1882, le même auteur signala deux formes particulières en
dehors de la typique : reticolens où, chez le cf, les poils noirs sont envahissants,
où le cocon est plus grand (89 mm. sur 48), plus largement ajouré avec l’enve¬
loppe externe en fils d’or pâle ; et cribrelli où, chez la 9, il n’y a pas de tache
ocellaire en dessous aux ailes postérieures. On peut appeler nigra nov. une
forme 9 plus noirâtre que les autres et remarquable par les épaulettes qui
sont totalement jaunes; enfin je propose le nom de caeca nov. pour une autre
9(pl. VI, fig. 3), où le centre des ocelles est réduit à une fente vitrée dans le
noir, le collier et les épaulettes étant jaune gris, et le thorax gris en arrière
du collier. Les types de ces deux anomalies sont au Muséum. (130 mm.).
Bibliographie
Ceranchia apollina Butler, loc. cit., 461, 1878 ; Sonthonnax, Lep. Soie, IV, 37,
pl. III, fig. 5 (çf), 6 (9), 1904; Schüssler, 316, 711. ? Saturnia mangiferae
Boisduval, Faune de Madagascar, 89, 1833.
Var. : reticolens ( Cer. ap. reticolens Butler, Cistul. ent., III, (9), 198,
1882) ; Sonthonnax, loc. cit., 38, pl. III, fig. 4, 1904. Cer. reticolens
Schüssler, 316, 711). — cribelli (Cer. ap. cribrelli Butler, loc. cit., 18,
1882) ; Sonthonnax, loc. cit., 37, fig. 5 et 6,1904. Cer. cribrelliSclüssler,
316, 711). Cer. mucida Saalmüller, Lepid. v. Madagascar, I, 44, 223,
1884. (Cette synonymie d’après Gaede ; pour Schüssler, mucida 9
est cribelli, le c? serait reticolens).
148
E.-L. BOUVIER
Genre III. — ANTHERAEA Hübner.
(PI. II, fig. 2; PI. VI, fig. 4; PI. IX, fig. 1, 2, 3).
Antheraea Hübner, Verzeiohniss, 1892 ; Jordan in Seitz, Maerol. palé-
arct., II, 215, 1913; Bouvier, Bull.Hül Mus ., II, 133, 1928; Scbüssler, Lép.
Cat., 165 et suppb, 632, pro parte ; Moore, Proc. Zool. Soc. Lond ., XXVII, 247,
1859; Rothschild, Nov. Zool., II, 43, 1895, Packard, loc. cit., 197,1914 ; Son-
thonnax, Lép. Soie, II, 1899.
Ailes antérieures avec l’apex toujours bien saillant chez le çf, très peu et
subaigu chez la 9 où le bord externe est légèrement concave, souvent presque
droit ; les postérieures des deux sexes avec le même bord d’ordinaire peu con¬
vexe. En dessus, des ocelles où la fenêtre, parfois absente, est un peu lisérée
de jaune, puis entourée d’un anneau qui est ordinairement grisâtre, mais teinté
de rouge sur son bord proximal, parfois tout entier d’un gris rougeâtre, rare¬
ment rouge ou roux ; viennent ensuite un anneau subexterne plus étroit, jaune
sur la plus grande partie de son étendue, en croissant blanc, dans sa partie
proximale, puis un anneau externe noir dans la partie correspondant au jaune,
rougeâtre d’ordinaire dans celle correspondant au croissant blanc. Toujours,
plus ou moins distincte, une rayure médiane en forme de bande roussâtre, et
une rayure externe dans laquelle on distingue le plus souvent deux raies
parallèles, une distale constante, rougeâtre ou brunâtre, assez épaisse et
auréolée de clair en dehors, l’autre proximale plus ou moins voisine, d’ordinaire
plus étroite ; ces raies et la rayure médiane peuvent être simples ou plus ou
moins onduleuses sur tout ou partie de leur étendue. Rayure interne d’ordi¬
naire bien nette, — aux antérieures discontinue sur le cubitus, sa portion
intracellulaire fort éloignée de la suivante, — aux postérieures parallèle à
l’ocelle dans sa région moyenne, parfois, en avant de ce dernier, se fusionnant
avec la portion antérieure infléchie de la raie proximale de l’externe ; dans les
deux sexes, la rayure interne ordinairement auréolée de clair du côté de la
base. En dessous, les ailes avec une rayure médiane et une interne différente de
celle du dessus ; les rayures externes très variables, réduites à une simple bande
souvent absente et, en dehors, une série de taches submarginales en triangles
plus ou moins bruns et coiffés de blanc ou de rose en dehors ; ces triangles
parfois appuyés sur la bande externe, parfois aussi localisés sur l’aile posté¬
rieure ou totalement absents. Les ocelles moins bien définis qu’en dessus,
souvent avec l’anneau subexterne tout entier blanc. Aux ailes antérieures, la
radiale antérieure se détache ordinairement du pédoncule commun, comme
dans les Bunaea ; pourtant elle naît directement de la cellule comme chez les
Nudaurelia dans helferi, yama-maï et compta encore que dans deux espèces
voisines de ces dernières, assamensis et brunnea, elle se détache du pédoncule
commun. Comme l’observe Jordan, la radiale antérieure correspond réelle¬
ment à R- et émet parfois un petit rameau qui représente R 1 , R : est toujours
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
149
absent, mais R* et R", toujours bien développés, se terminent au bord externe
sous l’apex, si bien que l’on observe dans Antheraea trois ou quatre branches
radiales.
Les antennes sont quadripectinées dans les deux sexes ; chez le çf, les
branches du peigne sont très développées, leurs basales à peu près aussi longues
que les distales ; ces branches sont beaucoup plus courtes chez la 9, surtout
les distales. Dans le çf, les 8 à 10 derniers segments antennaires ont des
branches beaucoup plus courtes et progressivement réduites, ce qui fait res¬
sembler un peu ces antennes à celles des Syssphinginés. Les palpes ont leur
Fig. 46. — Armature cf d ’Antherea pernyi: A, capuchon terminal du tergite VIII avec le
bout du clasper; A', armature vue du côté gauche, sans le clasper de ce côté et avec
les grandes soies du clasper droit coupées à leur base ; A", partie droite en dessus.
3 e article fort réduit ; l’épiphyse des tibias antérieurs est nue, moins déve¬
loppée dans les femelles. Le corps est plus ou moins du ton des ailes, toujours
avec un collier de même teinte que la côte des antérieurs, qui est gris brunâtre
ou crème sur une partie de son étendue.
L’armature sexuelle du çf (fig. 46-48) est très caractéristique. Le sternite VIII
est normal, avec son bord libre droit, mais le tergite VIII s’avance en un
vaste capuchon au-dessus de l’uncus et des parties antérieures des claspers ;
ces derniers présentent toujours trois lobes bien accusés, l’un ventral (3 ou v)
le plus souvent étroit et allongé en palpe, un latéral (S ou l) qui se termine
presque toujours par des soies beaucoup plus fortes et plus longues que les
autres, enfin un dorsal (1 ou d) qui naît en dedans et au-dessous des pré¬
cédents, et semble interne relativement à eux, comme on l’observe chez
E.-L. BOUVIER
ISO
beaucoup de Saturnides africains. L’uncus est toujours étroit, dilaté dans sa
partie terminale ; le pénis en tigelle est un peu dilaté au bout libre, entouré
à sa base par un collier infundibuliforme qui constitue en dessous une avance
sternale du segment IX et en dessus le sternite (X. Quant au tergite IX, il
est réduit, séparé de l’uncus par un sillon et complètement caché sous le
tergite VIII, auquel il se rattache en direction très oblique. Chacune de ces
parties présente une structure spécifique bien déterminée. — Dans pernyi
Fig. 47. — Armature çf des AnLheræa : dans roylei, A, extrémité du lobe claspérien la¬
téral, A', capuchon du tergite VIII; dans mylitta. B, armature du côté gauche,
B', capuchon du tergite VIII; dans helferi, C, bout de l’uncus, C', armature vue du
côté gauche; dans yama-mai, D, bout de l’uncus, D', clasper gauche, face interne.
(fig. 46), le tergite VIII est tronqué et échancré en avant, induré, avec une
carène dorsale obtuse, le lobe ventral des claspers en palpe, le lobe latéral
dilaté en avant où il porte quatre grandes soies à côté de deux plus petites,
le lobe dorsal est beaucoup plus court, étroit, un peu dilaté à son bout
libre, presque caché ; l’uncus présente une petite pointe médiane et une
paire de lobes divergents, infléchis et bidentés ; il est fort éloigné de l’en¬
tonnoir pénial dont la paroi dorsale (sternite X) s’avance en triangle et
d’où émerge la longue baguette péniale qui atteint à peu près le bout du
lobe ventral. — Dans roylei (fig. 47, A, A ), le tergite VIII est carrément
tronqué, plus fortement caréné, le segment latéral claspérien est bilobé au bout
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
151
libre, avec les fortes soies plus nombreuses, la dilatation du segment dorsal est
plus grande, excavée en dedans, le pénis est un peu élargi en spatule et denticulé
sur les bords dans sa partie terminale ; mais l’ensemble est du type pernyien.
— Dans mylitta (fig. 47, B, B ), le tergite VIII rappelle davantage pernyi, mais
sa carène dorsale est creusée d’un sillon, les lobes latéraux et dorsaux des
claspers se terminent en tigelles et le premier porte à son bout libre trois fortes
soies avec une petite ; l’uncus est peu dilaté dans sa partie terminale du fait
que ses deux lobes sont contigus, sans grande divergence, séparés seulement
par une échancrure ; pénis à peu près comme dans roylei, sternite X tronqué en
Fig. 48. — A, clasper gauche et pénis d'Antheraca assamensis ;
B, armature vue du côté gauehe dans Anth. compta.
avant. — Dans frithi, tergite VIII à bord libre tronqué mais avec sillon dorsal,
palpe claspérien très grêle, lobe latéral élargi et tronqué avec deux fortes soies
et une petite, lobe dorsal grêle et un peu coudé, uncus simplement un peu dilaté
en avant et portant de chaque côté deux petites dents ; le pénis et son enton¬
noir du type de mylitta. — Dans helferi (fig. 47, C, C'), plus de carène dorsale
au segment VIII qui est légèrement déprimé en dessus, le segment claspérien
ventral en baguette triangulaire non palpiforme, segment latéral obtusément
dilaté et portant à son sommet quatre soies déjà moins fortes, le segment dorsal
assez court dans sa terminaison qui est étroite et arquée ; uncus à deux lobes
terminaux peu divergents et dentés, par un espace anal assez étroit séparé de
l’entonnoir pénial qui est tronqué du côté dorsal; pénis déjà plus court, mais
du type normal. — Dans yama-maï (fig. 47, D, D), comme l’a noté Jordan, le
tergite VIII reste en capuchon, mais sa paroi n’est plus indurée, son bord libre
152
E.-L. BOUVIEB
est convexe et son dos arrondi, lobe claspérien ventral palpiforme, le lobe
latéral à peu près comme dans helferi, mais avec des soies plus nombreuses et
plus réduites, lobe dorsal terminé en simple lame semi-ovalaire et très peu
saillante, uncus du type de helferi , le pénis également mais son entonnoir dor-
salement en triangle. — Dans assamensis (fig. 48, A) et brunnea , le tergite VIII
est très induré, tronqué, échancré à son bord libre, sans carène ni sillon dorsaux,
lobe ventral des claspers en courte saillie triangulaire, lobe latéral large, obli¬
quement tronqué en avant, avec de nombreuses soies faibles, plutôt courtes,
sans aucune forte, lobe dorsal démesurément grand, débordant de beaucoup
les autres, muni d’une grande apophyse obtuse qu’il dépasse en s’infléchissant
presque à angle droit du côté interne ; l’uncus est long, grêle, avec deux lobes
latéraux assez divergents et couverts de poils, très rapprochés du pénis qui est
court et se termine à leur niveau presque sans dilatation ; l’entonnoir pénial
est presque en contact avec les lobes de l’uncus et se prolonge en arrière par
une longue et étroite avance sternale coincée entre la base des claspers. Dans
assamensis l’entonnoir est assez étroit et l’avance assez longue ; dans brunnea
celle-ci est plus courte et l’entonnoir plus large forme de chaque côté une
saillie qui déborde la troncature du sternite X ; les lobes de l’uncus sont aussi
plus largement séparés.— Compte présente les traits du genre, mais avec des
différences qui le caractérisent hautement (fig. 48, B) ; son tergite VIII est
abruptement tronqué et mince dans sa troncature, le lobe claspérien ventral
est en triangle notablement plus long que dans les deux espèces précédentes
et son lobe latéral obliquement tronqué porte, comme chez elles, une garniture
de soies médiocres, comme chez elles aussi le lobe dorsal est longuement
débordé avec une apophyse d’ailleurs plus étroite et courbe, mais il se pro¬
longe directement en arrière de cette apophyse, en se rétrécissant, et avant de
se terminer, porte trois longues et fortes soies semblables à celles que Von
trouve dans la plupart des espèces au bout du lobe latéral. L’uncus comprend
deux lobes inermes divergents et largement séparés ; il est fort éloigné de
l’entonnoir pénial qui présente une saillie à chaque bout de sa troncature et
se prolonge très peu entre la base des claspers ; le pénis est spatuliforme, et
dépasse peu l’entonnoir. C’est, un singulier mélange de caractères pernyiens
et assamiens avec un trait tout à fait particulier, le déplacement des fortes
soies qui naissent du lobe claspérien dorsal.
La chenille est normale, avec des poils épars et six rangs de tubercules
sétifères : une paire subdorsale, une au-dessus des stigmates, et une au dessous,
les tubercules des deux premières paires se terminent par un sommet d’ordi¬
naire vivement coloré en jaune ou en rouge, ceux de la dernière par un apex
bleu ; elle est presque toujours verte à partir de la 2 e mue et présente de
chaque côté, juste au-dessus des stigmates, une bande latérale jaune, au
voisinage de laquelle se trouvent, en divers points, des miroirs argentés ; mais
la tête, le prothorax et le bouclier abdominal sont bruns ou noirâtres. Au
premier stade, la coloration générale est ordinairement différente. Ces che¬
nilles broutent sur quantité de végétaux, beaucoup sur des Chênes. Elles
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
153
filent des cocons ovoïdes où les vestes sont tantôt indépendantes, tantôt
étroitement fusionnées, toujours terminées à leur bout antérieur (celui de la
sortie du papillon) par un pédoncule. Ce pédoncule est ordinairement lâche
et sert à coller le cocon aux feuilles, de même que la bourre éparse à la surface
de celui-ci ; mais dans mylitta où la bourre fait défaut à la surface du cocon,
le pédoncule devient dur comme ce dernier, solide et par un anneau ter¬
minal, se fixe à un rameau ; le cocon est alors pendant à la manière d’un fruit.
Dans tous les cas, il semble fermé partout, mais Dusuzeau a montré que leur
veste externe, plus solide, est munie d’une fente à bords contigus.
Tout en filant son enveloppe, la chenille vide son tube digestif, puis se méta¬
morphose en une chrysalide libre, dépourvue de toute saillie crémastérienne
en crochet. Quand arrive la maturité, le papillon dépouille son enveloppe
clirysalidienne et rejette par la bouche un liquide alcalin qui ramollit le grès
de la bave en une sorte de décreusage naturel. Au moyen d’une épine que
portent à leur base les ailes antérieures, les fils antérieurs des vestes internes
sont aisément écartés, la fente du même bout est élargie, de sorte qu’un grand
orifice permet au papillon de sortir, pour étaler ses ailes et ses appendices en
y faisant affluer le sang. Entre l’éclosion de l’œuf et la filature du cocon, le
temps varie suivant les conditions et les espèces, de 40 à 70 jours. Entre la
confection du cocon et la sortie de l’insecte ailé, le temps est plus variable
encore : VA. yama-maï est univoltin (une génération qui abandonne sa coque
après 25 à 40 jours) ; VA. mylitta , par contre, est univoltin sur les hauteurs de
THimalaya et multivoltin dans les plaines chaudes du Bengale, il hiverne
à l’état de cocon et on a pu le conserver 3 ans dans cet état à la Condition
des soies de Lyon ; VA. pernyi , naturel en Chine, est bivoltin avec une géné¬
ration printanière et une seconde estivale ; Vassamensis semble être toujours
multivoltin (2 à 5 générations suivant les districts).
La bave des Antheraea est toujours plate, longitudinalement striée, non
homogène comme celle du ver à soie ; sa largeur est aussi plus grande : deux
fois autant chez yama-maï (25 à 50 p), bien davantage dans mylitta (70 p),
intermédiaire dans pernyi. Le grès, dans mylitta , est fort abondant, de sorte
que le cocon, pour le dévidage, doit être décreusé dans une eau alcaline bouil¬
lante ; l’eau en ébullition est suffisante pour le décreusage de Vyama-maï.
Les soies d 'Antheraea, ou tussah, se prêtent mal à la teinture mais sont
d’une grande résistance, surtout celles des mylitta. Depuis longtemps utilisées
dans leur pays d’origine, où elles le sont encore et le seront vraisemblablement
toujours, elles furent, vers le milieu du dernier siècle, très préconisées en
Europe, où Guérin-Méneville, Vailly et bien d’autres tentèrent d’acclimater
yama-maï et pernyi , espèces dont les chenilles broutent sur les Chênes ; l’édu¬
cation de mylitta était bien plus difficile à cause du régime très différent des
chenilles, et ne fut réalisée qu’en 1915 où Levrat put la réussir à la Condition
des soies de Lyon, en servant aux jeunes larves des feuilles de Pommier. On
trouvera dans Natalis Rondot (Les Soies, 413-446,1885), dans Maurice Girard
(Traité d’Entomologie, III, 480-511) et dans E. André (Élevage des vers à
154
E.-L. BOUVIER
soie sauvages, 1908) de curieux renseignements sur ces élevages et leur utili¬
sation. Mais c’est déjà de l’histoire ancienne, surtout à notre époque de soie
artificielle. Les soies anthéréennes sont condamnées à disparaître, au moins
dans nos industries européennes. Mais, dit justement Levrat (Lab. Soie, XVI,
25, 1923), si le tussah filé disparaît, les cocons du tussah peuvent servir de
matière première à l’industrie de la schappe. Cette industrie, on le sait, utilise
tous les déchets provenant de la filature des soies domestiques et se trouve for¬
cément bloquée dans son extension par suite de la production limitée de la soie.
« Depuis quelques années, elle cherche à accroître son domaine en s’adressant
aux déchets de soie sauvage. Le jour où l’on produira des cocons sauvages
dans le seul but de les livrer à l’industrie de la schappe, on aura créé pour eux
un immense débouché et fourni à l’industrie une nouvelle mine de matières
premières presque inépuisable. »
Les Antheraea sont propres à F Indo-malaisie, et d’une étude plutôt difficile
à cause de leurs variations et des nombreuses formes locales qu’ils présentent.
J’ai fait de mon mieux pour en caractériser les espèces dans le tableau suivant.
Tableau des espèces
A. Ocelle postérieur sans tache noire prédominante. (A' p. 159.)
B. Rayure externe des deux ailes réduite ou presque à sa partie distale qui est peu ou
pas sinueuse , rouge, brune ou noirâtre, avec bordure externe claire ; sa partie
proximale, quand elle existe, en ligne parallèle très voisine, étroite. Ocelles
à fenêtre, le postérieur ordinairement avec son arc noir faisant en avant une
saillie où se dilate l’arceau jaune.
C. Ocelle antérieur indépendant de la côte.
D. Fenêtre de l’ocelle antérieur jamais cordiforme ; partie post-cellulaire de la
rayure interne des antérieures droite ou légèrement convexe.
E. Rayure externe des antérieures se terminant près de l’apex par une dilatation
et presque toujours défléchie vers ce dernier. Ocelles avec l’anneau moyen
grisâtre distalement, rougeâtre proximalement, parfois tout rou¬
geâtre ou grisâtre, l’arceau subexterne en étroit filet jaune, en crois¬
sant du côté proximal où l’arc externe devient rougeâtre.
F. Côte des antérieures gris-brun sur environ la moitié de sa longueur à
partir de la base. Ton chamois allant au jaune, au rougeâtre ou à
l’olivâtre. Rayure externe des postérieures droite, effacée en avant.
G. Marge et franges des deux ailes concolores au moins en grande
partie.
H. Antérieures avec la portion intra-cellulaire de la rayure interne
droite ou un peu convexe, le radius et le cubitus cellulaires avec
un lavis jaune soufre qui se continue parfois au bord postérieur
du collier. Fenêtres ocellaires assez grandes. Rayures médianes
simples. Antérieures du cf avec l’apex saillant assez large, le
tornus arrondi, (c? 95-125, $ 95-137) (Chine du Nord, Japon).
. 1. çf, Q pernyi Guérin-Mén.
H'. Antérieures avec la portion intra-cellulaire de la rayure interne
concave, parfois droite ; ces ailes sans jaune basal ou presque.
Fenêtres ocellaires médiocres. Antérieures du cf avec l’apex
fort saillant, le tornus brusque et un peu en saillie. Parfois un
peu de jaune aux franges. 2. cf, $ roylei Moore.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
155
I. Apex des antérieures du cf étroit ; rayures médianes simples,
fenêtres du dessous à liséré jaune faible et peu foncé (Indes).
. r. roylei.
I'. Rayures médianes ondulées ; ton gris bruni. Rayure externe
des antérieures très infléchie ; les fenêtres du dessous à fort
liséré jaune foncé ou orange. (150-170). (Sumatra.).
. r. korintjiana Bouv.
G. Marge et franges des deux ailes jaunes ; ailes avec la forme et les
rayures de pernyi. Ton rougeâtre ou jaune-olive. (156). (Sikkim).
. 3. knyveui Hampson.
F'. Côte des antérieures gris-brun jusqu’à l’apex qui est bien saillant
chez le cf ; rayure externe des postérieures convexe. Grands ocelles
à grandes fenêtres, surtout chez la 9-Cocon ovale, dur, pendant,
à pédoncule dur terminé en anneau. Rayures médianes vagues
et simples ou ondulées, (cf 140-170, Ç 150-190) (Indes, Ceylan,
Indo-Chine, Chine). 4. mylitta Drury.
E 1 . Rayure externe des antérieures droite et éloignée de l’apex.
F. Rayure externe des postérieures droite et effacée en avant ; ocelles à
parties jaunes très développées, à croissant blanc vague ; franges
des deux ailes tranchant en jaune sur le fond brun rougeâtre des
ailes ; médianes noirâtres, en partie ondulées. Apex du cf étroit et
saillant. (110 120) (Chine du Nord). 5. harti Moore.
F'. Rayure externe des postérieures un peu convexe.
G. Ocelles ronds ou ovales, fenêtres des postérieures plus ou moins
rondes; médianes ondulées (Philippines).. 9 semperi Felder.
G'. Ocelles longitudinalement ovalaires, grands, à grande fenêtre ;
rayures externes sans proximale nette.
H. Côte des antérieures foncée sur environ la moitié de sa longueur ;
rayures médianes vagues. Ton jaune (Java), (cf 125, 9 150).
. 6. 9 surakarta Moore.
H'. Côte plus ou moins gris-brun jusqu’à l’apex ; médianes ondulées.
Ton brun rouge riche uniforme. (9 148) (Sumatra).
. 7. 9 mylittoides Bouv.
G". Ocelles médiocres, ceux des antérieures valaires ; rayure externe
avec une proximale sinueuse aux antérieures, absente aux posté¬
rieures. cf surakarta.
D . Aux antérieures un grand ocelle ovale, à fenêtre cordiforme dont la pointe
est dirigée vers la côte, celle-ci foncée sur la moitié de sa longueur ;
partie intra-cellulaire de la rayure interne concave ; rayure externe des
antérieures droite, celle des postérieures coudée en dehors. Ton gris.
(9 152) (Célèbes). 8. 9 cordifolia Weymer.
C'. Ocelles un peu ovalaires , normaux, l’antérieur rattaché à la côte par un tractus
noir qui part de l’arceau externe noir de l’ocelle ; cet arc, aux postérieures,
faisant en avant une saillie occupée par une dilatation de l’arc jaune;
rayure externe des antérieures droite, paraissant discontinue sur le type.
Ton jaune. (9 152' (Sud de Bornéo.). 9. 9 borncensis Moore.
B'. Rayure externe des postérieures ondulée au moins dans sa partie proximale , celle
des antérieures simple ou à vague partie proximale.
C. Rayure externe des antérieures droite et éloignée de l’apex, celle des postérieures
convexe et onduleuse.
D. L’externe des postérieures est simple, ondulée.
E. Rayure médiane vague ou nulle ; ocelles à très petite fenêtre e presque
aveugles, rayure externe des antérieures simple, légèrement ondulée.
Ton ferrugineux, (cf 112) (Archipel malais). 10. billitonensis Moore.
156
E -L. BOUVIER
E'. Rayure médiane simple, l’externe droite avec sa partie proximale
ondulée, presque obsolète. Fenêtres nettes. Tornus des antérieures
saillant chez le rf qui est de ton chamois, la 9 jaune clair. (Célèbes).
. paphia celebensis Watson.
F. Rayure médiane ondulée, ocelles à fenêtre nette, assez grande chez
la 9 ; rayure externe des ailes droite. (131-140; (Philippines).
. 11. semperi Feld.
D'. Externe des postérieures double, celle des antérieures un peu ondulée,
rayure médiane ondulée. (9 150) (Iles Andaman).
. 9 frithi insularis Wats.
C’. Rayure externe des antérieures défléchie vers l’apex, celle des postérieures
double, c’est-à-dire avec parties proximale et distale.
D. Rayure externe des postérieures droite, effacée en avant, largement auréolée
comme celle des antérieures, laquelle s’infléchit pour aboutir près de
l’apex à une tache noire ; partie intra-cellulaire de la rayure interne for¬
tement concave. Ocelles grands et arrondis, presque aveugles aux anté¬
rieures où la fenêtre est envahie par le jaune et dont l’anneau moyen
gris rosâtre occupe une largeur démesurée, la fenêtre des postérieures très
petite, arrondie ; l’ocelle des antérieures rattaché à la côte par un pédon¬
cule noir. Rayures médianes larges, par endroits un peu onduleuses.
Tonalité roux brunâtre. (9 168) (Sumatra).... 12. 9 subcaeca Bouv.
D'. Rayure externe des postérieures convexe, doublement onduleuse ; ocelles
à fenêtres nettes, indépendants de la côte.
E. Externe des antérieures étroite, rougeâtre, régulièrement dé fléchie
vers l’apex dont elle reste assez éloignée, le tornus de ces ailes saillant ;
ocelles à fenêtre ovale, en dehors desquels est une rayure médiane forte
et ondulée ; partie intra-cellulaire de la rayure interne des antérieures
droite ou un peu convexe. Tonalité cannelle ou chamois rosé. (111-
130) (Java). 13. cf gephyra Niepelt.
E'. Externe des antérieures fortement concave en dehors dans sa partie
médiane ; médiane des antérieures simple ; externe des antérieures
simple, indépendante de la médiane ; celle-ci, aux postérieures, ondulée
en arrière de l’ocelle. Tonalité jaune et rosâtre (Samarang, à Java).
. paphia jana Stoll.
B". Rayure externe des deux ailes double, ondulée au moins dans sa partie proximale
a. Raie distale de la rayure externe des antérieures peu ou pas ondulée.
C. Rayures médianes simples, des fenêtres ocellaires.
D. Chez le cf l’apex des antérieures est médiocrement saillant, l’ocelle assez
grand ; chez la 9 la distale de ces ailes est largement auréolée de clair
du côté distal et presque toujours épaisse. 14. paphia L.
E. Ocelle des antérieures sans relation avec la côte.
F. Proximale de l’externe des antérieures tout à fait indépendante de la
médiane, celle des postérieures bien onduleuse chez le cf, plus ou
moins chez la 9 ■
G. Bord externe des postérieures du cf très peu convexe, presque droit,
la côte foncée presque jusqu’à l’apex; liséré jaune des ocelles net.
Cf roux, 9 jaune (Amboine). cf, 9 P- paphia.
G'. Bord externe des postérieures franchement convexe, le jaune des
ocelles obsolète ; ailes antérieures larges (Burma).
. C ?, p. platessa Rothschild.
F'. Proximale de l’externe des antérieures presque noyée dans la médiane
en grandes taches qui en sont à peines séparées. Noirâtre (Nord
de Bornéo). cf, 9 P- fusca Rothschild.
FAMILLE DES SATURNI1DÉS
157
E'. Ocelle des antérieures rattaché à la côte par un pédoncule noir.
F. Le pédoncule simple, étroit ; externe des antérieures défléchie vers
l’apex qu’elle atteint par sa dilatation blanchâtre, celle des posté¬
rieures à distale large et assez ondulée. Roux brun. (139-158)
(Buru.). Ç p. buruensis Bouv.
F'. Le pédoncule épais avec un axe clair qui continue l’anneau moyen de
l’ocelle ; externe des postérieures droite.
G. Distale de l’externe des deux ailes très épaisse, brun noir, partie
intra-cellulaire de l’interne de ces ailes concave ; anneau noir
entourant tout l’ocelle qui est très grand et à grande fenêtre
ronde, surtout aux ailes antérieures. Jaune. (cf 148, 9 158-182)
(Ceram). 9 P- ceramensis
G'. Distale de l’externe assez faible, rouge ou brunie, partie intra¬
cellulaire de l’interne des antérieures droite ou à peine concave ;
anneau noir des ocelles passant au rouge du côté proximal.
Médiane du cf ondulée en arrière des ocelles. 9 jaune (pl. IX,
flg. 3). (cf 115, 9 110-128) (Java). . cf, 9 P- javanensis Bouv.
D'. Apex du cf très saillant, fort étroit, presque aigu ; ocelles petits et ronds,
à petite fenêtre ; distale des antérieures droite ou ondulée, celle des posté¬
rieures toujours ondulée comme la proximale, (cf 95) (Sumatra).
. 19. cf gschwandneri.
C. Médiane nettement ondulée ; fenêtres ocellaires.
D. Fenêtres ocellaires bien développées ; antennes de dimensions normales
(chez le cf ayant environ 1 /4 de la longueur de l’aile antérieure et une
grande largeur) ; partie post-cellulaire de la rayure interne des anté¬
rieures convexe, rentrant un peu sur la nervure anale. Chez le cf, rayure
externe de ces ailes ordinairement un peu défléchie vers l’apex que
précède une grande tache jaune, celle des postérieures onduleuse dans
sa partie distale; la 9 avec l’externe des antérieures sans dé flexion,
celle des postérieures un peu convexe, sa raie distale plutôt simple
qu’ondulée. 15. frithi Moore.
E. Ocelle antérieur non pédonculé.
F. Antérieures avec la partie intra-cellulaire de la rayure interne droite
ou concave, la partie post-cellulaire peu rentrante, l’externe peu ou
pas infléchie ; externe à distale forte et brune. Ton, du jaune
au brunâtre (107-168) (Indes). cf, 9 /• frithi.
F'. Antérieures avec la partie intra-cellulaire de la rayure interne convexe,
la partie post-cellulaire très rentrante, l’externe régulièrement
défléchie vers l’apex. Ton ocreux. (rf 115) (Sumatra).
. C ff. sumatrana Niepelt.
F". Ton rougeâtre dans les deux sexes (Bornéo).
. cf, 9 /■ moultoni Watson.
E'. Ocelle antérieur rattaché à la côte par un tractus noir.
F. Ce tractus sans axe clair ; partie intra-cellulaire de la rayure interne
des antérieures concave ; distale de l’externe forte et brune (pl. IX,
flg. 1). (cf 112, 9 128) (Saïgon, Népaul, Sikkim).
. cf /• ub. pedunculata nov.
F'. Le tractus dilaté avec axe clair ; partie intra-cellulaire de la rayure
interne droite ; raie distale des externes faible, rousse, celle des
postérieures bien ondulée (pl. IX, flg. 2). (141-148) (Tonkin.)....
... 9 f. tonkinensis nov.
D'. Fenêtres ocellaires très petites ou indistinctes chez le cf, cordiformes
chez la 9 ; antennes très courtes (environ le 1 /7 e de la longueur de l’aile),
étroites, partie post-cellulaire de la rayure interne avec deux angles sail-
1S8
E.-L. BOUVIER
a'.
lants en dehors, l’externe très infléchie vers l’apex ; raie distale de
l’externe des postérieures ondulée chez le cf- Ton de ce dernier gris
souris, (rf 110-120) (Célèbes). 16. cf, Q minahassae Niepelt.
C". Médianes peu ondulées ; cf à ocelle > subégaux, aveugles, les antérieures
avec l’apex très saillant, le bord externe très concave, le tornus saillant ;
9 à ocelles fenestrés, les antérieurs plus grands ; l’apex assez en saillie
sur le bord externe assez concave.
D. Rayure externe des antérieures droite, celle des postérieures dans les deux
sexes un peu convexe et ondulée dans ses parties proximale et distale ;
la proximale des antérieures assez éloignée de la distale. Ocelles du cf
petits et ronds, ceux de la 9 médiocres, aux antérieures avec une fenêtre
développée suivant la longueur, étranglée ou cordiforme. Ton chamois
rosé. (155) (Iles Andamans). andamana Moore.
D'. Rayure externe des antérieures chez le cf franchement incurvée vers
l’apex, chez la 9 simplement inclinée vers celui-ci qu’elle atteint par
sa dilatation blanchâtre ; dans les deux sexes les raies proximales, parfois
vagues chez la 9, sont très rapprochées des distales. 18. rafjrayi Bouv.
E. rf chamois brun, à ocelles médiocres, la distale des postérieures ondulée ;
9 chamois gris, à ocelles assez grands et fenêtres normales, la raie
distale de l’externe des postérieures à peine sinueuse (pl. II, flg. 2).
(117-128) (Java). c f, 9 r - raffrayi.
E'. cf gris rosé, ocelles plus grands en dessous toutes les rayures, tandis
que dans l’espèce type il n’y a guère que la médiane, (cf 110) (Tonkin).
. Cf r. ornata Bouv.
La raie distale de l’externe des deux ailes est ondulée.
B. Dessus des antérieures avec une raie longitudinale droite et brune qui naît de la
base, passe dans le champ des nervures médianes et atteint le bord externe
vers l’apex arrondi et saillant ; partie post-cellulaire de la rayure interne
faisant un angle aigu sur la nervure anale. Aux deux ailes une médiane
ondulée extra-ocellaire et une externe double, ces trois rayures parallèles en
arrière, en avant divergentes aux antérieures et convexes aux postérieures.
Ocelles ovales, à fenêtre quadrangulaire, indépendants de la côte, ceux des
postérieures plus petits. Ton jaune d’ocre brunâtre, plus clair aux posté¬
rieures et dans la cellule des antérieures, (rf 124-126) (Célèbes).
. 20. cf fickei Weymer.
B 1 . Pas de raie longitudinale sur les antérieures.
C. Ocelle antérieur sans connexion avec la côte ou sans saillie vers la côte.
D. cf avec les ocelles petits, subégaux un peu transversalement ovales , aveugles,
la fenêtre étant remplacée par une tache jaune ; externe des antérieures
droite, celle des postérieures un peu convexe ; antérieures médiocrement
falquées, avec un étroit filet marginal plus foncé qui se retrouve parfois
aux postérieures.
E. Ton brun rougeâtre avec éclaircies rousses, la rayure médiane brune et,
aux antérieures, occupant en avant de l’ocelle presque toute l’étendue
de l’aire ; la distale et la proximale des rayures externes parallèles.
Ocelles assez grands, leur anneau moyen presque totalement brun,
(cf 125-141) (Sumatra). 21. cf prelarissa Bouv.
E'. Ton jaune uniforme, la rayure médiane probablement réduite ou nulle ;
aux antérieures la distale et la proximale de la rayure externe divergent
en arrière. Ocelles petits avec l’anneau moyen rougeâtre ( 9 probable
bien ocellée, à grandes fenêtres et anneau moyen presque complète¬
ment rougeâtre comme dans les femelles de semperi qui, pour la couleur,
la forme et les rayures, sont presque identiques), (cf type 125 ; (Pondi¬
chéry, Cochinchine, Sumatra).... 22. cf, 9 perrotteti Guérin-Mén.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
159
D'. Ocelles à fenêtres bien développées.
B. Ocelles longitudinalement ovales, ceux des antérieures grands et à
grande fenêtre réniforme. Tonalité brunâtre uniforme (pl. VI, flg. 4).
(cf 123, $ 155-160) (Tonkin). 9 larissoides Bouv.
B'. Ocelles peu ou pas ovalaires, jamais à fenêtre réniforme.
F. Ailes [antérieures, peu ou pas falquées, ocelles grands, à grande
fenêtre, (c? 155-170) (Singapour, Java). 26 9 delegata Swinhoe.
F'. Ailes bien falquées, ocelles petits ou médiocres.
G. Ocelles petits à très petite fenêtre en fente (Singapour).
. 11. cf semperi.
G'. Ocelles à fenêtre bien développée, ronde, ovale ou en fente assez
large, ceux des antérieures à peine moins larges que la plus grande
largeur de la cellule.
H. Fond jaune rougeâtre généralement peu ou pas différent dans
l’aire externe ; rayure externe des antérieures souvent un peu
infléchie vers l’apex. i5.çffrithi.
H'. Fond jaune blanchâtre sur lequel tranchent fortement en brun
les rayures et l’aire externe ; rayure externe des antérieures
sans inflexion vers l’apex. 25. cf larissoides.
G'. Ocelle antérieur avec le bord antérieur faisant saillie vers la côte ; ailes jaunes
ou rousses, sauf dans les aires externes qui sont brunes.
D. La saillie ocellaire est un simple renflement du fdet externe noir, elle
touche la côte, et l’anneau moyen gris brun n’y pénètre pas ; rayures
médianes larges, mal limitées aux antérieures, pas onduleuses ; pas
d’arcs marginaux (Nord de Bornéo). 24. 9 ridlyi Moore.
D 1 . La saillie ocellaire est remplie par un prolongement de l’anneau moyen
gris brun.
E. Cette saillie est médiocre, surtout chez la 9 , mais touche ordinairement
la côte ; le fond brun des aires externes sans arcs marginaux plus foncés;
rayures médianes onduleuses. (Jusqu’à 190) (Java et, d’après Semper,
Philippines). 25. cf, 9 larissa Westw.
E’. La saillie ocellaire est un épais pédoncule aboutissant à la côte ; des arcs
marginaux fonces dans l’aire externe des deux ailes, le long des bords
qui sont parfois (sinon toujours) ondulés ; rayures médianes vagues
ou ondulées (Java, Singapour). 26. cf delegata Swinhoe.
A'. Ocelles postérieurs avec une tache noire prédominante ; les ocelles toujours à fenêtre
nulle ou en fente très réduite ; rayures externes à partie distale prédominante,
accompagnées le plus souvent, surtout chez le cf, d’un fdet proximal très voisin,
qui manque rarement aux postérieures même chez la 9; ces rayures droites,
celle des antérieures parfois un peu défléchie vers l’apex chez le cf, celle des
postérieures interrompue et, d’ordinaire, coudée en avant.
B. La tache prédominante au bord antérieur de l’ocelle ; la proximale des deux ailes
séparée de la distale par un étroit espace de la couleur du fond.
C. Ocelles aveugles ou en fente très réduite chez le cf, d’ordinaire plus développés
chez la 9, surtout aux antérieures ; externe des antérieures peu oblique
et éloignée de l’apex qui, chez le cf , est bien saillant, obtus ou subtronqué ;
médiane des antérieures peu ou pas ondulée, passant sur le bord externe de
l’ocelle ou en dehors ; partie intra-cellulaire de la rayure interne droite ou
presque ; raies proximales des ailes ondulées, ordinairement nettes aux deux
ailes chez le cf I dans les deux sexes, aux postérieures, fusionnées avec
épaississement en avant de l’ocelle avec la rayure interne, cf avec la distale
des antérieures plutôt étroite, peu ou pas auréolée de clair en dehors, chez
la 9 large et largement auréolée. 27. helferi Moore.
160
E.-L. BOUVIER
D. Ocelles jamais complètement aveugles dans les deux sexes, l’antérieur avec son
filet noir un peu épaissi en avant ou rattaché à la côte par un pédoncule
noir ou roussâtre ; externe des antérieures éloignée de l’apex, médiane
de ces ailes ordinairement sans traces d’ondulations, extérieure à
l’ocelle.
E. Antérieures du cf avec l’apex subtronqué, le tornus arrondi ; bord
externe des postérieures un peu convexe. Côte des antérieures gris
brun sur environ la moitié de sa longueur.
F. Ç avec la fenêtre antérieure ronde et assez grande, celle des posté¬
rieures en fente transversale réduite ; c? avec les fenêtres toujours
réduites. Anneau moyen des ocelles gris, rosé vers le croissant
blanc. Ton jaune ou chamois passant au jaunâtre, au rosé,
(cf 120-150, 9 160-170) (Himalaya, Siam, Indo-Chine).
. Cf, 9 h, helferi.
F'. 9 presque aveugle avec les fenêtres en fente presque virtuelles,
anneau moyen envahi par le jaune surtout dans sa moitié proxi¬
male. Ton jaune. (9 150) (Sikkim). ... Q h. ab. subcaeca nov.
E 1 . Antérieures avec la côte foncée jusqu’à l’apex qui, chez le cf, est obtus,
le tornus saillant ; les fenêtres ocellaires en étroite fente dans la 9 >
presque nulles chez le cf ; bord externe des postérieures presque droit
chez le cf, bien convexe chez la 9 ; cf brun rouge, 9 jaune orangé.
(cf 125, 9 150-156) (Java, Sumatra, Bornéo).
. cf, 9 h. imperator Watson.
D 1 . Ocelles aveugles dans les deux sexes, l’antérieur sans pédoncule ; raie distale
des deux ailes très réduite chez le cf, celle des antérieures plus rapprochée
de l’apex qui est tronqué, la proximale des postérieures très développée,
les distales fortes et très auréolées chez la 9 où la proximale est d’ailleurs
très réduite ; côte des antérieures un peu foncée sur sa moitié basale ;
la médiane ondulée, coupant l’ocelle des antérieures dans sa moitié
externe ; anneau ocellaire moyen presque tout entier gris. Tonalité
brun rosâtre foncé, (cf 115, 9 117) (Sumatra)... cf,Qb. pratti Bouv.
C'. Ocelles à fenêtres médiocres mais bien développées dans les deux sexes ; externe
des antérieures très oblique et aboutissant près de l’apex qui, chez le cf,
est médiocrement saillant et subaigu ; médiane des antérieures fortement
ondulée, passant par la cellule ; partie intra-cellulaire de la rayure interne
concave ; i aie proximale des postérieures sans rapports nets avec la rayure
interne en avant de l’ocelle. Anneau ocellaire moyen gris, plus ou moins
rosé proximalement (Japon). 28. cf, 9 yama-maï Guérin-Mén.
B'. La tache prédominante noire est constituée par m segment proximal de Vanneau
ocellaire moyen.
C. Raie distale des deux ailes sans dilatation ni coude, interrompue avant la
côte, noire, auréolée de blanc en dehors, en dedans séparée du filet proximal
par un étroit espace de la couleur du fond. Apex des antérieures peu
saillant, obtus, en partie occupé par un arc rouge que précède costalement
une tache noire ; médiane simple, passant par le côté externe de l’ocelle ou en
dehors, interne rougeâtre auréolée de clair proximalement. Aux posté¬
rieures, pas de relation entre la rayure interne et la proximale de l’externe.
Ocelles avec l’anneau moyen presque totalement jaunâtre, sauf, aux
postérieures, le segment noir. Ton jaune rouge, agrémenté de blanc sur les
nervures dans Taire externe des deux ailes ; antennes rougeâtre. (145-160)
(Assam). 29. compta Roths. et Jord.
G'. Raie distale des antérieures largement dilatée en triangle noirâtre frangé de
blanchâtre, pour atteindre la côte dans la région apicale, celle des postérieures
coudée en avant ; les distales auréolées de clair en dehors et séparées du filet
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
161
proximal par une raie claire, rarement par une raie de la tonalité du fond
. (cf assamensis).
D. Pas de tache noire à l'ocelle antérieur, anneau moyen des ocelles rose rouge,
sauf sa partie noire. Ton brun vineux, antennes rouges ; distale des
externes brune, auréolée de roussâtre en dehors, la proximale noirâtre,
aux postérieures de même ton que l’interne qu’elle rencontre presque en
avant de l’ocelle, son blanc distal devenant proximal à l’interne. Côte
des antérieures crème sur les 2/3 de sa longueur (125-145).
. 30. hrunnea v. Ecke.
E. Ocelle des postérieures rond ou longitudinalement ovalaire, sa partie
noire en segment de cercle ; rayure externe des antérieures peu ou pas
concave (Sumatra, Java). b. brunnea.
E'. Ocelle des postérieures transversalement ovalaire, sa partie noire
réduite à un arceau ; rayure externe des antérieures régulièrement
concave et en arrière, plus éloignée du bord externe (Assam).
. b. subvelata Bouv.
D'. La tache noire aux deux ocelles.
E. Antérieures du cf avec l’apex subobtus ; tonalité châtain plus ou moins
jaunâtre ou rougeâtre. Dessous des ailes avec le bord un peu jaune ;
franges jaunes ou orange.
E. Côte des antérieures, sur un peu plus de la moitié de sa longueur, d’un
gris jaunâtre bruni, le bord de ces ailes peu profondément excavé
sous l’apex, l’aire externe du dessus de la tonalité du fond, mais un
peu glacée chez le cf (Dans les exemplaires que j’ai sous les yeux,
les ocelles sont transversalement ovalaires, moins convexes du côté
proximal que du côté distal, avec l’anneau moyen roussâtre en
dehors du noir, la rayure externe des postérieures est un peu en S,-
surtout chez le cf qui diffère de la $ par ses rayures externes où
l’axe brun ou noirâtre est séparé de la proximale par une raie de la
couleur du fond, celle des antérieures étant au surplus peu épatée
à la côte). La proximale des postérieures ne rejoint pas la rayure
interne. (140-160). (Assam, Himalaya).
. 31. cf, Q assamensis Helfer.
F’. Côte des antérieures blanchâtre sur une partie de sa longueur ; bord
externe de ces ailes assez profondément excavé sous l’apex, Taire
externe de ton rose violâtre. La proximale des postérieures rejoint
la rayure interne en avant de l’ocelle, (cf 120 appr.) (Assam : Khasia
Hills). 32. castanea Jordan.
E’. Antérieures du cf avec l’apex plus arrondi ; tonalité terne mais vineuse,
se retrouvant plus pâle dans les aires externes. Le dessous sans le
bord jaunâtre des deux formes précédentes, (cf 155 appr.) (Bornéo).
. 33. youngi Watson.
Par beaucoup de caractères, le genre Antheraea tranche sur tous les autres ;
on verra dans l’introduction du groupe (p. 141) quelles peuvent être ses
affinités.
Bibliographie
1 . (Tussah de Chine'. Bombyx (Saturnia) pernyi Guérin-Méneville, C. R. Ac. Sc.
XL, 1166, 1855 et Rev. et Mag. de Zool., (2), VII, 297, pl. VI, fîg. I
(cf), 1 a (cocon), 1855. Antheraea per. André, Élev. vers à soie sauvages,
14, fig. 75 (Ç), 76 (œuf), 77 (chenille), 1908; Watson, Wild Silk
Moths, 6, pl. IV, C. D. (cf, $ cocon), 1911 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie,
mémoires du suisÉiM, nouvelle série, tome iii. dl
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162 E.-L. BOUVIER
XVII, 52, 1931 ; Schüssler, 194, 646 et 737. Attacus per. Girard, Traité
élém. d’ent., 499-506, 1885. Antheraea mylitta var. Walker, List., VI,
1378, 1855 (d’après Moore) ; d’après Jordan Ant. confuci Moore, Proc.
Zool. Soc., 578, 1874 et Ant. constans Staudinger, Roman. Mém. Lép.,
VI, 330, 1892.
Formes cinnamomaea Niepelt, lu "abris Niepelt et melaina John signalées
dans Schüssler, 205.
2. Antheraea roylei Moore, Cat. Lep. Mus. Ilouse, II, 397, n° 919, cf, Ç, 1858 ;
Seitz, X, 511, Ba (cf, $), 1928; Bouvier et Riel, loc. cit., 52, 1931 ;
Schüssler, 207, 655, 738. Ant. royliiMoore, Proc. Zool. Soc., 256, pl. LXIV,
fig. 1 (cf), 1859 ; Ant. pernyi roylei Rothschild, 1 Nov. Zool., 43, 1915
et Packard, Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 211, 1914.
Var. : korintjiana (A. r. korintjiana Bouvier, Bull. Hill. Mus., II, 135,
pl. IV, fig:. 5 (cf) et pl. VI, fig. 10 (9), 1928 (coll. Joicey; cotype cf
Mus. Paris) ; Schüssler, 209.
Formes confuci Moore et borneensis Moore, signalées dans Schüssler, 209.
3. Antheraea knyvetti Hampson, Moths brit. India, I, 19, 1892 ; Seitz, X, 511,
55 B b (9), 1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 52, 1931 ; Schüssler, 179, 641.
(coll. Knv.ett et Elves).
4. (Tussah du Bengale). Phalaena attacus mylitta Drury, Illustr., 11,8, pl. V, fig. 1
(cf), 1775. Bombyx my. Fabricius, Syst. ent., 557, 1775 ; Guérin-Méne-
ville, Rev. et Mag. de Zool., (2), VII, 298, pl. VI, fig. 2 (cf), 2 a (cocon),
1855 et XIII, 435, pl. XI, fig. 5, 7, 8 et pl. XII, fig. 4 (chenille), 1861 ;
Antheraea my. Ilübner, Verzeichniss, 152, 1822 ; André, loc. cit., 165,
fig. 80 (cf), 81 (œuf), 1908 ; Watson, loc. cit., 6, pl. IV, A (cf), B (9),
1911 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 51, 1931. Ant. paphia mylitta Schüssler,
183, 641. Phalaena att. paphia Cramer, Pap. exot., II. 78, 81, 82, pl. 146 a
(9), pl- 147 a et b (9), pl- 148 a (cf), 1777. Saturnia pa. Helfer, Journ.
asiat. Soc. Bengal, VI, I, 42, 1837. Ant. pa. Moore, Trans. ent. Soc.,
London (3), I, 318, 1862 et les auteurs qui, contrairement aux obser¬
vations d’Aurivillius, identifient à tort le paphia de Linné avec mylitta.
Avec Hampson, je crois que les nombreuses formes signalées jadis par
Moore (cingalese, paterna, pulchra, fasciata, olivescens, ochripicta, versicolor,
sivalica et le nebulosa de Hutton) ne sont autres que de simples variations
sans importance.' Ces formes relevées par Schüssler (193).
5. Antheraea harti F. Moore, Ann. Nat. Hist., (6), IX, 450, 1982 ; Jordan in Seitx,
Macrol. paléarct., II, 215, 1913; Bouvier et Riel, loc. cit., 51, 1931 ;
Schüssler, 177, 640. (Mus. brit.).
6 . Antheraea surakarta Moore, Trans. ent. Soc. London, (3), I, 318, 1862 ; Schüssler,
210 . (Mus. brit.).
7. Antheraeamylittoïdes Bouvier, Bull. Hill Mus., II, 134, fig. 9 ( 9), 1928 ; Schüssler,
179. (9 Coll. Jokey).
8 . Antheraea cordifolia Weymer , Deuts. ent. Zeits. Iris, XIX, 71, 1906 ; Schüssler,
175. (9 Coll. Weymer).
9. Antheraea borneensis Moore, Ann. Nat. Hist. (6), IX, 451, 1892. Ant. roylei bor.
Schüssler, 209. (9 Mus. brit.).
10. Antheraea billitonensis Druce, Proc. Zool. Soc. 642, 1878 ; Schüssler, 175, 639-
(cf Coll. Joicey'.
11. Antheraea semperi Felder, Wien. ent. Monat., V, 305, 1861 ; Semper, Reise
Archip. Philipp., Pars II, VI, 385, pl. 4, pl. L, fig. 1 et 2 (cf), 3 (9), pl- LI,
fig. 1 (cf), pl. C, fig- 8 (chenille), 9 (pupe), 1896; André, loc. cit., 174,
fig. 82 (cf), 83 (cocon), 1908 ; Bouvier et Riel,loc.cit., 51,1931 ; Schüssler,
210, 656.
FAMILLE DES SATURNI1DÉS
163
12. Antheraea paphia subcaeca Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 133, fig. 18 (Ç), 1928.
Ant. rumphi subcaeca Schüssler, 210. ( Ç coll. Joicey).
13. Antheraea gephyra Niepelt, Int. ent. Zeits. Guben, XX, 258, fig. 2 (cf), 1926,
Schüssler, 177 (? coll. Niepelt). Ant. pasteuri Bouvier, Bull. Hill Mus.,
II, 137, 1928 ; Schüssler, 194. (Mus. Paris).
14. Phalaena bombyx: paphia Linné, Syst. Nat. ed. X, I, 496, 1758. Bombyx pa.
Fabricius, Syst. ent., 557, 1775. Antheraea paphia Aurivillius, Kong.
Sv. vet. Ak. Ilandl., XIX, n° 5, 147, fig. 2 (cf type de Linné), 1881 ;
Schüssler, 179, 641 et 737. Ant. rumphi Felder, Sitz. Ak. Wiss. Wien,
M.-N. Cl., XLIII, Pars I, 31, 1861 ; Schüssler, 209, 656.
Var. : celebensis (coll. Watson) (Ant. rum. celebensis Watson, Tijdschr.
Ent., LVIII, 280, 1915) ; Schüssler, 210. — jatia (Phal. att. jana
Stoll. in Cramer, Pap. exot., IV, 220, pl. 396, A (cf), 1782). Ant.
jana Schüssler, 178, 641. — platessa (Tring Mus.) (Ant. jana pla-
tessa Rothschild, Nov. Zool., X, 311, 1903 ; Schüssler, 179). —
fusca Tring Mus.) (Ant. jana fusca. Rothschild, loc. cit., 311,
1903) ; Schüssler, 179. —■ buruensis ( Ç> CH1. Joicey, cotype Mus.
Paris) (Ant. pa. buruensis, Bouvier, Bull. Hill Mus., II, 133, flg. 15
($), 1928). Ant. rum. bur., Schüssler, 210, 656. — ceramensis (Coll.
Jokev) (Ant. paphia. Bouvier, Bull. Hill Mus., II, 133,1928. Ant.
pa. ceramensis Id., IV, 90, 1930). Ant. rum. ceram., Schüssler, 656.
— javanensis (Ant. jrithi javanensis. Bouvier, Bull. Hill Mus., II,
137, 1928) ; Schüssler, 177. (Mus. Paris).
15. Antheraea jrithi Moore, Catal. Lepid. Mus. ind. House., II, 396, 1858 et Proc.
Zool. Soc., 1865, 256, pl. XLV, fig. 1 (cf), 1859 ; Seitz, X, 512, 53 b (cf),
1928 ; Schüssler, 176, 640. Ant. fraterna Moore, Proc. Zool. Soc., 1888,
402. Ant. frit. jrat. Schüssler, 177, 640.
Var. : insularis (Ç Coll. Watson) (Ant. fri. insularis Watson, Man¬
chester ent. Soc., II, 6, pl. I, flg. 1 (Ç), 1913) ; Schüssler, 177. —
moultoni (Coll. Watson) (Ant. moultoni Watson, Entomologist, LX,
35, 1927). — pedunculata nov. (Mus. Paris). — tonkinensis nov.
(Mus. Paris). — sumatrana (cf Coll. Niepelt) (Ant. sumatrana Nie¬
pelt, Int. ent. Zeits. Guben, XX, 257, fig. 1 (cf), 1928) ; Ant. cor-
difolia sum., Schüssler, 176 et ? van Ecke, Zool. Medd., XII, 143,
1929). Schüssler tient pour une sous-espèce de jrithi le confusa de
Niepelt (loc. cit., XXVI, 90, pl. I, fig. 2 (cf), 1932) et établit la sous-
espèce falloui pour une variété de Fallou (Bull. Soc. d’Acclim. (3),
XX, 318, 1883).
16. Antheraea minahassae Niepelt, loc. cit., XIX, 326, fig. 3 (cf), 1926. Ant. cordi-
folia min. Schüssler, 175. (? cf Coll. Niepelt).
17. Antheraea andamana Moore, Proc. Zool. Soc., 1877, 602 ; Sonthonnax, Lép.
Soie, II, 67, pl. XXVI, fig. 2 (9), 1899 ; Watson, Wild silk Moths, 6,
pl. IV, E (cf), F (<^), G (cocon), 1911 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 50,1931 ;
Schüssler, 169, 638. (9 Mus. brit.).
18. Antheraea raffrayi Bouvier, Bull. Hill. Mus., II, 137, 1928; Schüssler, 207.
(Mus. Paris).
Var. : ornata (Ant. ra. ornata Bouvier, Bull. Soc. Linn., Lyon, VIII,
103, 1929) ; Bouvier et Riel, loc. cit., 50, pl. II, fig. 4 (cf), 1931. (cf
Cond. soies Lyon).
19. Antheraea gschwandneri Niepelt, Lepid. niep., II, Nachtr., 1, pl. XVIII, fig. 1
et 2 (cf), 1918. Ant. assamensis gsch. Schüssler, 174. (cf Coll. Niepelt .
20. Anthaeraea fickei Weymer, Deut. ent. Zeits. Iris, XXII, 21, 1909 ; Schüssler,
176. (cf Coll. Ficke).
E.-L. BOUVIER
164
21. Antheraea prelarissa Bouvier, Bull. Hill Mus., II, 134, fig. 8 (cf), 1928 ; van
Ecke, Zool. Medd., XII, 144, 1929; Schüssler, 207. (cT Coll. Joke ,
cotype Mus. Paris .
22. Salurnia perrotteti Guérin-Méneville, Mag. de Zool., (2), V, 1, pl. CXXIII (cf)»
1843. Ant. perr. Sonthonnax, Lép. Soie., II, 57, pl. XXIV, fig. 4 (cf),
1899 ; Ant. assamensis perr. Schüssler, 174, 639. Caligula perr. Kirby,
Cat. Lep., Heter., I, 760, 1892 (Les débris du type au Muséum).
23. Antheraea larissoides Bouvier, Bull. Hill Mus., II, 136, 1928 ; Bouvier et Riel,
loc. cit., 50, 1931 ; Schüssler, 179, 641. (Mus. Paris).
24. Antheraea ridlyi Moore, Ann. Nat. Hist., (6), IX, 452, 1892 ; Schüssler, 207
(9 Mus. brit.).
25. Saturnia larissa Westwood, Cab. or. entom., 49, pl. XXIV, fig. 1 (cf), 1847.
Antheraea lar., Sonthonnax, loc. cit., 60, pl. XXVI, fig. 1 (cf), 1899 ;
Bouvier et Riel, 50, 1931 ; Schüssler, 179, 641. (9 Mus. brit.'.
26. Antheraea delegata Svvinhoe, Ann. Nat. Hist., (6), XII, 1893 ; Schüssler, 176,
640. (Mus. brit.'.
27. Antheraea helferi Moore, Cat. Lep. Mus. ind. Ilouse, II, 397, 1858 et Proc. Zool.
Soc., XXVII, 257, pl. LXIV, fig. 2 (cf), 1859 ; Seitz, X, 511, 53 d (cf),
1928 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 52, 1931 ; Schüssler, 178, 640. Caligula
hel. Kirby, loc. cit., 760, 1892.
Var. : imperator (Ant. imperator Watson, Notes Leyden Mus., XXXV,
184, pl. VIII, fig. 4 (cf) et 5 (9), 1913, (Mus. Leyde) ; Schüssler,
178; Ant. hel. imp. van Ecke, Zool. Medd., XII, 140, pl. XII, fig. 16
(cf) et 16 a (9), 1929. — javanensis, Ant. hel. javanensis Bouvier,
Bull. Hill Mus., IV, 91, pl. IX, fig. I (9), 1930 , (9 ccll. Joicey) ;
Schüssler, 641. — subcaeca nov. (9 Mus. Pari ),— pratti (Ant.
pratti Bouvier, Bull. Hill Mus., II, 135, fig. 7 (cf), 8 (9), 1928);
van Ecke, loc. cit., XII, 143, 1929 ; Schüssler, 207. (Coll. Joicey .
28. (Tussah du Japon). Bombyx y ama-mal Guérin-Méneville, Rev. Mag. de Zool., (2),
XIII, 191, pl. XIII, fig. 2(9), pl. XI-XIV (états larvaires), 1861. Anthe¬
raea ya., Watson, Wild Silk Moths., 6, pl. II, fig. A (cf) et cocon, 1911 ;
Jordan in Seitz., Macrol. pal., II, 216, 34 b (cf), 1911 ; Bouvier et Riel,
loc. cit., 53, 1931; Schüssler, 210, 656, 738. Ant. pernyi Leech, Pr. Zool.
Soc., 1888, 633. Saturnia sergestus Westwood, Pr. Zool. Soc., 1881, 143.
Schüssler (225) tient pour des formes de l’espèce, non seulement serges-
tus, mais hazina, fentoni, calida et morosa décrites par Butler (Trans.
ent. Soc. London, 1881, p. 13 et 14) ; ce sont de simples variations de
couleur.
29. Antheraea compta Rothschild et Jordan, Nov. Zool., VI, 431, 1899 et VIII,
404, pl. X, fig. 4 (cf), 1901 ; Watson, Wild Silk Moths, 6, pl. II, fig. B
(9), 1911 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 53, 1931 ; Schüssler, 175, 639. (cf
Tring Mis.).
30. Antheraea brunnea Van Ecke, Zool. Med., VI, 99, pl. II, fig. 3 (cf), 1921 ; Schüss¬
ler, 175, 693.
Var. : subvelata (Ant. br. subvelata , Bouvier, Bull. Hill Mus., 92, pl.
IX, fig. 2 (cf), 1930) ; Schüssler, 639.
31. Saturnia assamensis Helfer. Journ. asiat. Soc. Bengal, VI, Pars, I, 43, pl. VI
(cf et chenille), 1837. Antheraea ass. Seitz, X, 511, pl. LV, B b (cf), 1928 ;
Bouvier et Riel, loc. cit., 53, 1931 ; Schüssler, 170, 638 et 736. Saturnia
assama Westwood, Lab. or. ent., 41, pl. XX, fig. 2, 1848. Ant. assama
Walker, List., V, 1249, 1855. Ant. mezankoria Moore, Trans. ent. Soc.,
London (3), I, 318, 1859. Caligula assamensis Kirby, loc. cit., 760, 1892.
32. Antheraea castanea Jordan, Nov. Zool., XVII, 470, 1910 ; Schüssler, 175. Ant.
assamensis Seitz, X, 511, pl. LV, B b (cf), 1928. (Tring Mus.'.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
46Î)
33. Antheraea youngi Watson, Tijdschr. ent., LVIII, 279, 1915. Ant. youngei
Schüssler, 174, 639. Schüssler (175) met au rang d’espèces particulières
chengtucina de Watson (Entomologist, LVI, 171, 1923) provenant de
Se-tchuen et biedermanni de Niepelt (Int. ent. Zeits. Guben, XXVI, 90,
pl. II, fig. 3 (Ç), 1932) provenant de l’Assam. (cT Coll. Watson,cotype
Mus. Tring).
Genre IV. — TELEA Hübner.
Telea Hübner, Verzeicliniss, 154,1822; Walker, List, V, 1225, 1855; Kirbv,
Cat. Lep., Heter., I, 751, 1892; Rothschild, Nov. Zool., II, 38, 1895; Son-
thonnax, Lép. Soie, II, 39, 1899; Packard et Cockerell, Mem. Nat. Ac. Sc.
Washington, XII, 203, 1914; Draudt, Seitz, VI, 797, 1930. Metosamia , Druce,
Ann. Nat. Hist., (6), IX, 276, 1692 et Biol, centr. Amer.. Il, 423, 1897 ; Pac¬
kard et Cockerell, loe. cit., 211, 1914; Draudt, toc. eit., 797, 1930. Le genre
n’est pas signalé par Schüssler dans son Catalogue.
Ailes antérieures très falquées, surtout chez le <gf, avec l’apex saillant plus
ou moins franchement tronqué, le bord externe concave sous l’apex, les posté¬
rieures avec l’apex brusque ou saillant, le bord externe en coude au bout de
M :! , parfois entier, d’ordinaire plus ou moins onduleux ou denté, ce que l’on
observe souvent aussi au bord externe des antérieures. Celles-ci toujours avec
une rayure interne largement dissociée sur le cubitus, la partie intra-cellulaire
droite ou concave, la post-cellulaire sans aucune dent, l’une et l’autre frangées
proximalement de blanc; d’ordinaire une bande médiane; rayure externe
subparallèle au bord dont elle est assez éloignée, légèrement concave en dehors
et presque toujours auréolée de blanc du côté distal. Ocelle ovale ou arrondi,
plus convexe en dehors ; autour de la fenêtre, un iris jaune encerclé d’un filet
noir vif ; contre ce filet, du côté proximal, presque toujours un croissant blanc-
bleuâtre. Dessus des postérieures avec un ocelle semblable où le croissant bleu
est d’ordinaire noyé dans une grande tache noirâtre qui est fort développée
proximalement et qui, plus étroitement, entoure l’ocelle en dehors ; une légère
rayure interne blanchâtre rattache l’angle proximal postérieur de cette tache
au bord anal ; quant à la rayure externe, elle est toujours convexe en dehors.
La coloration varie du gris brun au roux parfois brunâtre. En dessous, la
tonalité et les ornements sont plus variables ; les ocelles y ont la même struc¬
ture qu’en dessus, mais ne sont jamais accompagnées d’une tache noirâtre ;
les antérieures présentent toujours une bande médiane et une tache apicale,
mais les postérieures varient beaucoup ; dans polyphemus et montezuma , l’aire
interne est gris blanc, prolongée en tige dilatée contre l’ocelle et limitée par
une rayure interne d’un brun noirâtre ; dans ces deux espèces, surtout dans
polyphemus, il y a sur chaque aile deux fines rayures irrégulières, l’une
externe, l’autre submarginale, séparées par une zone grisâtre qui se prolonge
aussi en tige dilatée vers l’ocelle, Dans godmani, la tonalité des postérieures
est bien plus uniforme, mais la rayure submarginale des deux ailes est rem¬
placée par une série de puissantes taches brun-noirâtre. Le corps est roux,
166
E.-L. BOUVIER
d’ordinaire plus ou moins brunissant du côté ventral comme les pattes et les
palpes, ces derniers sont grêles et atteignent à peine le front ; il y a une forte
épiphyse nue sur le tibia des pattes antérieures qui est inerme et aussi long
que le tarse ; le collier prothoracique tranche par sa tonalité grisâtre brunie
qui se continue longuement sur la Costa des antérieures. Comme chez les
Antheraea , la radiale antérieure se détache, isolée, de la cellule ou du même
pédoncule que les autres.
Le genre est localisé dans l’Amérique du Nord, depuis le Canada jusqu’au
Mexique ; il est représenté par les trois espèces suivantes dont les deux der¬
nières furent réunies par Druce dans le genre Metosamia qui, mal nommé
parce qu’il n’offre aucune affinité avec les Attaciens du genre Samia, ne pré¬
sente aucune raison d’être, montezuma étant bien plus voisin de polyphemus
que de godmani.
Tableau des espèces
A. l ue petite tache noirâtre contre le croissant bleu de l’ocelle postérieur ; ocelle
antérieur sans ce croissant et avec un iris jaune fort étroit contre la fenêtre qui
est grande ; partie intra-cellulaire de la rayure interne des antérieures avec un
fort triangle blanc proximal, rayure externe de ces ailes fortement déjetée en
dehors chez le çf avant la côte qu’elle atteint presque sans former de tache, cette
rayure et celle des postérieures étroites et étroitement lisérées de blanc en dehors.
Dessous de ton assez uniforme, avec bandes interne et médiane assez nettes,
l’externe fine, un peu sinueuse et peu ou pas distincte, une forte bande submar¬
ginale faite d’une série de grosses taches d’un brun noirâtre. Bord externe des
antérieures peu onduleux, celui des postérieures onduleux chez la Q, denté
avec l’apex saillant chez le cf. La nervure radiale antérieure se détache de la
cellule (140-155). 1. godmani Druce.
B. La tache de l’ocelle postérieur noirâtre, notable, dents du bord de ces ailes
faibles. Ton roux. (Mexique, Guatemala). g. godmani.
B’. La tache brune est presque nulle, dents des postérieures faibles. Ton jaune-
(Colombie). g. columbiana Draudt.
A'. Une puissante tache noirâtre contre le croissant bleu de l’ocelle postérieur, par¬
fois aussi de l’ocelle antérieur, frange proximale blanche de la rayure interne
des antérieures non triangulaire, rayure externe de ces ailes sans forte déflexion
avant la côte qui porte une tache apicale noire, flanquée en dehors de deux lavis,
l’un blanc, l’autre rose. Dessous avec une étroite rayure submarginale continue
et sans aucune tache, tonalité des postérieures variée avec une aire interne gri¬
sâtre qui envoie une tigelle dilatée contre l’ocelle, le bord de cette aire marqué
par la rayure interne qui est brune, étroite, très irrégulière ; entre les rayures
externe et submarginale ordinairement une zone grisâtre qui envoie une tige
contre l’ocelle.
B. Bord externe des ailes simple ou légèrement onduleux ; rayure externe des deux
ailes frangée de blanc, celle des antérieures prolongée jusqu’à la tache apicale ;
tache noirâtre de l’ocelle des postérieures bordée proximalement de clair,
le bleu du croissant s’y dissocie en nuage. La nervure radiale antérieure naît
isolée de la cellule. Tonalité normale du dessus variant du gris brun au brun
roussâtre, parfois olivâtre (ab. olivacea Gockerell), bien plus rarement presque
blanche (ab. albida nov.). Ocelles avec croissant bleu et, aux antérieures,
avec un iris fort étroit. 2. polyphemus Ramer.
C. Pas de tache noirâtre (sauf parfois une petite dans l’ab. intermedia nov.)
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
167
au contact de l’ocelle des antérieures; rayure externe peu large (90-125)
(Du Canada au Mexique). p. polyphemus.
C. Contre l’ocelle des antérieures une grande tache noirâtre allant jusqu’à la
partie intra-cellulaire de la rayure interne ; rayure externe très épaisse,
surtout aux postérieures (Arizona, Mexique).
. p. oculea Neumoegen,
B’. Bord externe des ailes denté, avec l’apex des postérieures très saillant chez le cj,
ce bord nettement onduleux chez la Ç, au moins aux postérieures. Chez le cf
les rayures externes larges, sans franges blanches, celle des antérieures un
peu irrégulière et n’atteignant pas tout à fait la côte, celle des postérieures
très épaisse et précédée par une fine raie peu régulière ; chez la 9 les rayures
externes plus normales et largement frangées de blanc en dehors. Large tache
noirâtre sans nuage bleu autour de l’ocelle des postérieures ; chez le cf > les
iris jaunes sont très larges, ce qui réduit beaucoup les fenêtres ; ils paraissent
étroits chez la 9» où les fenêtres sont grandes, surtout aux antérieures.
Toutes les radiales issues du même pédoncule, au moins chez les mâles. Tona¬
lité variant du roux foncé au brun rougeâtre (Mexique). 3. montezuma Sallé.
Par la falcature des ailes antérieures, la présence d’un collier prothoracique
dont la teinte se continue sur la côte, d’un croissant clair sur les ocelles d’une
bande médiane sur les ailes, par une grande similitude dans la rayure interne
des ailes antérieures, par les tibias des pattes antérieures qui ont la même
structure et la même épiphyse nue, enfin par les mêmes variations dans les
nervures radiales, les Telea semblent se rapprocher beaucoup des Antheraea.
Ces affinités s’affirment particulièrement dans godmani où les ailes présentent
en dessous une série de fortes taches submarginales et où les ocelles fort simples
rappellent ceux d’A. compta dont le croissant est bleuâtre.
Ces ressemblances de godmani avec compta s’exagèrent encore dans l’arma¬
ture sexuelle des mâles où les claspers sont presque identiques avec les trois
lobes sensiblement de même forme, le lobe latéral avec une frange de soies assez
fortes et le grand développement du lobe dorsal qui porte dans sa partie ter¬
minale quatre ou cinq soies noirâtres démesurément allongées. Les trois lobes,
assez différents, se retrouvent dans polyphemus (fig. 49) comme dans tous
les Antheraea et, comme chez ces derniers, les longues soies noirâtres dispa¬
raissent du lobe dorsal ; mais ici se constate une différence : sur le lobe latéral
de tous les Antheraea (sauf compta), la frange de soies moyennes est mêlée à
de très longues soies noirâtres tandis que, à ce point de vue, polyphemus res¬
semble à godmani et à compta. Entre les deux genres existe une différence
constante bien plus grande, c’est la structure du tergite VIII qui est complexe
et très développé en capuchon chez les Antheraea , alors qu’il est simple, mince
et à peine saillant dans Telea ; pour le reste, les armatures sont du même type,
dans les deux genres, avec un sternite X qui, à la base du pénis, forme une
sorte de collier en se fusionnant sur ses bords avec une avance sternale. L’un-
cus est également du même type, infléchi et bilobé à son bout distal; dans
polyphemus , les deux lobes sont en griffe et embrassent la base du pénis, dans
godmani , ces lobes en sont un peu éloignés et plutôt lamelleux qu’aigus.
Les cocons sont ovoïdes, clos, parcheminés sur leur face interne, soyeux en
168
E.-L. BOUVIER
dehors, comme dans la plupart des Antheraea et, comme chez ceux-ci, accolés
à des feuilles ou à un ramuscule; d’après Sonthonnax et André, ils ont même
un court pédoncule dans godmani. Les chenilles, aux jeunes stades, présentent
des tubercules bien saillants et couronnés de soie, mais tandis que, dans
Telea, ces tubercules proéminent toujours, ils s’affaissent et restent à l’état
de simples mamelons dans la plupart des Antheraea. Chez polyphemus , la
chenille qui vient d’éclore est partout jaunâtre avec la tête rouge, les stigmates
noirs et le bout anal un peu vert, le tubercule du 8 e segment abdominal est
Fig. 49. — Telea polyphemus : A, armature çf vue du côté gauche, sans le clasper de
ce côté ; B, clasper gauche en dessous avec indication du bout do tuncus et du
pénis.
encore bilobé. Au 2 e stade, d’après une aquarelle prise sur le vivant par
Poujade, la tête et les stigmates gardent la même tonalité, tandis que le corps
est d’un beau vert avec les tubercules d'un rouge vif au sommet, jaunes à leur
base. Les mêmes stades ont été bien figurés par Packard (loc. cit., pi. XVII,
fig. 5 et pi. XVIII, fig. 1 et 4), qui a également représenté les deux suivants
(pl. XVIII, fig. 2 et 3), la coloration reste semblable, mais les stigmates sont
rouges et situés sur une ligne jaune qui réunit, dans chaque anneau, le tuber¬
cule subdorsal au tubercule substigmatique. Ces chenilles sont dépourvues
des miroirs d’aspect métallique qu’on observe en certains points chez les
Antheraea , mais aux stades IV et V, leurs tubercules dorsaux présentent en
dehors, à leur base, une tache brillante ayant l’aspect et le lustre des perles.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
169
La chenille peut atteindre 60 mm. de longueur ; elle vit sur quantité d'arbres
ou d’arbustes à feuilles caduques, notamment sur les Chênes.
Les œufs sont pondus isolés sur la face inférieure des feuilles sous forme de
disques arrondis, blancs avec deux filets bruns sur le pourtour du disque ;
chaque $ peut en donner 200 à 300. Les chenilles causent parfois quelques
ravages, notamment sur les Pommiers. La soie des cocons se dévide facilement
et ressemble beaucoup à celle d ’Antheraea pernyi ; Trouvelot, en Amérique,
obtint cette soie d’élevage et, en Europe, on fit de nombreuses tentatives de
cette sorte ; mais ces essais n’ont pas eu de suite, n’étant pas de rendement
commercial.
Bibliographie
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(et Cockerell), loc. cit., 211, pl. LXXV, flg. 2 (Ç), 1914 ; Draudt, Seitz,
VI, 797,1930. Telea mont. Grote, Trans. amer. ent. Soc., II, 118 ; Packard
(et Cockerell), loc. cit., pl. LXXVI, flg. 1 (cf), 1914.
Malgré la forme des ailes se rapproche beaucoup plus de polyphemus
que de godmani, encore que toutes les radiales des antérieures se
détachent du même pédoncule. Mexique. Le type cf au Muséum,
envergure 165 mm. ; également au Muséum, un cf de l’État de Vera
Cruz, d’un brun rougeâtre, envergure 145.
Genre V. — AGAPEMA Neum. et Dvar.
Agapema Neumoegen et Dyar, Journ. N. Y. ent. Soc., II, 125, 1894;
Schiissler, Lep. Cat., 313 et suppl. 710.
170
E.-L. BOUVIER
Petit genre établi d’abord pour galbina qui était rangé jusqu’alors parmi
les Saturnia ; il semble se limiter à cette espèce et à une seconde très voisine.
homogena , ultérieurement décrite ; c’est à tort que Cockerell y fait entrer
copaxoïdes qui est un Saturniodes. Établi sans aucune diagnose, le genre peut
être caractérisé comme il suit : ailes antérieures non falquées ou à peine,
l’apex étant arrondi et le bord externe droit, parfois légèrement concave ou
convexe ; rayures du dessus de ces ailes larges, blanches sur un fond gris
jaunâtre ou noirâtre, l’interne à angle sur le cubitus, l’externe à peu près
droite et fort éloignée du bord externe, celui-ci avec une marge olive ou noi¬
râtre précédée par une raie submarginale qu’un large espace de la tonalité
fondamentale sépare de la rayure externe ; avant l’apex une tache noire que
prolonge en dehors une traînée rouge ; dans l’aire médiane un ocelle arrondi
entouré d’un anneau noir qui présente du côté proximal un croissant blanc-
Fig. 50. — Aç/apema anona : A, uncus vu de dos; A', clasper droit vu de côté.
bleuâtre ; contre l’anneau noir un anneau jaune ou orangé et, au centre, un
iris noir avec fente hyaline. Postérieures avec la rayure interne souvent
absente ou faiblement indiquée par du foncé, les rayures externe et submar¬
ginale blanches comme aux antérieures, mais plus ou moins coudées ou con¬
vexes en dehors, ocelle comme aux antérieures, mais d’ordinaire un peu
réduit. Le dessous à peu près comme le dessus, mais plus clair dans la zone
baso-médiane où se voit d’ordinaire une rayure interne coudée en dehors ; la
rayure externe blanche en contact avec une bande submarginale foncée, et
en dedans d’ordinaire avec une bande foncée onduleuse. Corps et pattes brun
parfois roussâtre, sans traces de collier.
Antennes jaunâtres, avec les articles longs, quadripectinés dans les deux
sexes, les branches de chaque article subégales, très longues chez le çf où elles
sont fortement ciliées, bien plus courtes et à peu près nues chez la 9- Tibias
des pattes antérieures inermes, grêles, sans épiphyse, comme le fémur couverts
de très longs poils. Nervules radiales des antérieures toutes sur un même pédon¬
cule. Envergure de 45 à 60 mm.
FAMILLE DES SATURN1IDÉS
171
J’ai pu étudier l’armature sexuelle du çf d 'anona (fig. 50) chez un jeune
avorté obtenu d’élevage par le regretté Diguet : segment VIII normal, ter-
gite IX séparé de l’uncus par un sillon très accentué, l’uncus lui-même rétréci
d’avant en arrière où il se divise en deux pointes divergentes, les claspers
arrondis en avant et sans pointe, pénis assez large et peu saillant, inerme.
Sternite X non étudié. C’est une armature fort simple dont les affinités sont
douteuses. Les récoltes de Diguet furent effectuées en Basse Californie.
Du même voyageur, le Muséum possède une série de cocons tous remar¬
quables par leur double enveloppe treillissée : l’enveloppe externe est presque
blanche, à larges mailles qui se prolongent en réseau vers l’intérieur, contre la
seconde enveloppe qui est roussàtre à mailles bien plus étroites ; la pupe est
d’un brun sale rougeâtre, irrégulièrement et très finement sculptée, largement
tronquée en arrière où son bord libre est un peu émarginé.
Cockerell a donné la photo d’un cocon d 'anona (pl. LXIII, lig. 13) et six
figures de l’adulte de cette forme (pl. LIX, fig. 5 (cf), 6 ($) et pl. LXIII.
fig. 9, 11 (cf), 10, 12 (Ç) ; le même auteur rapporte que les divers stades de
galbina ont été décrits par Hy Edwards ( Entom. amer ., IV, 61, 1888) que les
larves jeunes de cette espèce sont noires avec de longs poils fauves, mais
figure (pl. XIV, fig. 6), une chenille âgée qui est noire, avec stries longitudi¬
nales blanches et sommet des tubercules rouges.
Le genre paraît propre au Texas, à l’Arizona, à la Basse Californie et au
Mexique ; il comprend les deux espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. Rayure externe des antérieures très éloignée de l’ocelle, étroite et un peu convexe
en dehors, à peine plus rapprochée de l’apex que du tornus, la submarginale
très faiblement ondulée proximalement ; aire interne bien foncée surtout chez
la 9, la zone baso-médiane des postérieures surtout foncée chez le cf ; nervures
bordées d’ocre clair surtout chez la $. En dessous, tache apicale simple, pas
de rayure interne, l’externe sans bande proximale foncée, (cf 55, 9 50)
(Mexique, Arizona). 1. homogena. Dyar.
A'. Rayure externe des antérieures très rapprochée de l’ocelle ou contiguë à celui-ci,
rayure externe de ces ailes large, la submarginale très onduleuse proximalement.
En dessous, tache apicale accompagnée d’une traînée noire, des rayures internes,
l’externe avec bande proximale ondulée. 2. galbina Clemens.
B. Rayure interne des antérieures, l’aire interne peu teintée chez le cf où la zone
baso-médiane des postérieures est presque blanche, rayure externe à peu près
parallèle au bord ; antennes des deux sexes orangé pâle ; en dessous, rayure
interne des postérieures incomplète, (cf 40, 9 50) (Texas, ? Arizona).
. g. galbina.
B'. Rayure interne des antérieures très nette, limitant une aire foncée dans les
deux sexes ; rayure externe oblique, beaucoup plus près de l’apex que du
tornus ; antennes du cf avec l’axe orangé et les branches brunes de la 9
orangé vif. En dessous, rayures internes des deux ailes bien développées,
(cf 45-50, 9 50)- (Arizona, Basse-Californie). g. anona Ottolengui.
172
E.-L. BOUVIER
Le galbina de Sonthonnax (Lép. Soie, IV, 32, pi. XII, fig. 1 (cf), 1904) est
sûrement un anona, il proviendrait du Texas. Le galbina de Maassen et Wey-
ding (Beitrage, fig. 104 (cf ), 1885) me paraît être aussi un anona ; il provien¬
drait du Mexique.
Bibliographie
1. Agapema homogena Dyar, Proc. ent. Soc. Washington, X, 82, 1908; Packard
et Cockerell, Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 159, pl. LIX, fig. 1
et 2 (cf, Ç), 1914 ; Schüssler, 314. (U. S. Nat. Mus.).
2. Saturnia galbina Clemens, Proc. Ac. Nat. Sc. Philadelphie, XII, 156, 1860.
Agapema gai. Packard (et Cockerell), loc. eit., 158, pl. XIL, fig. 6 (che¬
nille), pl. XLII, fig. 7 (nervulation), pl. LIX, fig. 3 (cf) et 4 (Ç), 1914;
Schüssler, 313, 710.
Var. : anona (Saturnia (Agapema) anona Ottolengui, Ent. News, 311,
1903). Ag. anona Cockerell in Packard, loc. cit., 158, pl. LXIII, fig. 9
(Cf), 10 ($), 11 (cf), 12 (9), 1914. Ag. gai. an., Schüssler, 314.
Ag. an. dyari Cockerell, loc. cit., 159, pl. LIX, fig. 5 (cf), 6 ( 9), 1914 ;
Schüssler, 314.
Genre VI. — CAL0SATURNIA Smith.
Calosaturnia Smith, Proc. U. S. Nat. Mus., 1886, 431 ; Schüssler, 314, 711.
Ailes antérieures avec l’apex obtus, le bord externe légèrement convexe,
une tache apicale noire frangée de gris, un ocelle subarrondi avec l’anneau
externe et l’iris d’un brun noirâtre séparés par un anneau roux, un petit
croissant bleuâtre dans la partie proximale de l’anneau externe, une petite
fente hyaline dans la région proximale de l’iris ; sur le ton brun chocolat
tranche en blanc chez le çf, en blanchâtre chez la 9, une tache rectangulaire
appuyée contre la partie proximale de l’anneau externe ; chez la 9 parfois
une tache semblable au bout opposé. Pas de rayures distinctes, mais la partie
basale et la costa plus foncée et un peu fumeux. Aile postérieure avec une
épaisse rayure externe convexe en dehors et un ocelle semblable au précédent,
mais plus petit et sans tache claire au voisinage ; la base de l’aile noirâtre avec
de longs poils roux, le reste de l’aile roux; chez le cf, la partie rousse qui
entoure l’ocelle souvent délimitée en cercle par la partie foncée basale. Le
dessous des deux ailes sans rayures, sauf aux postérieures où transparaît un
peu la rayure externe, Costa des antérieures et base des ailes noirâtre, le reste
gris jaune ou gris roussâtre ; taches apicales rudimentaires ou nulles ; ocelles
comme en dessus, mais sans tache avoisinante. Antennes du cf quadripectinées,
à longues branches égales sur chaque article, rouge brunâtre comme celles de
la 9 qui sont d’ailleurs simplement bipectinées avec courtes branches ; un
collier blanc ou blanchâtre, le reste du dessus du corps brun roux, la tête avec
un bouquet plus rouge à la base de chaque antenne. Dessous de l’abdomen
grisâtre foncé, la région buccale noire sans palpes ni trompe distincts ; les
pattes d’un rouge vif, le tibia des antérieures inerme, sans épiphyse, égalant
environ les deux tiers du tarse.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
173
Segment VIII normal, le tergite IX beaucoup plus large que l’uncus dont
le sépare un sillon très net ; l’uncus rétréci à sa base, ensuite dilaté en deux
saillies ovoïdes qui, au bout libre infléchi, se terminent dans une troncature
qui se termine à chaque bout par une petite pointe ; claspers avec une assez
forte griffe un peu avant leur bout libre (fig. 51, A, A ). Le pénis paraît inerme ;
sternite X non étudié. Smith exagère évidemment quand il dit que cette arma¬
ture est très analogue à celle des Saturnia. Il observe d’ailleurs que cette forme
Fig. 51. — Calosaturnia mendocino : A, uncus et clasper gauche vu de dos ;
A', vus du côté ventral ; A", nervulation de l’aile antérieure.
très singulière présente le faciès des Saturniens d’Europe; en tous cas, elle
n’en a point les ornements. Ses affinités sont, pour le moins, douteuses.
Une seule espèce, C. mendocino Behrens (r? 57, Ç 66) qui paraît localisée
en Californie, Reading et Comté de Sonora.
Bibliographie
Saturnia ( aglia ) mendocino Behrens, Can. ent., VIII, 149,1876. Calosaturnia tnend.
Smith., loe. cit., 432, 1886 ; Cockerell in Packard, Mem. Nat. Ac. Washing¬
ton, XII, 157, pl. XLII, fig. 8 (nervulation), pl. LXVIII, fig. 6 (cf),
7 (Ç), 1914 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII, 56, 1931 ; Schüssler, 315
711.
Genre VII. — SATURNIODES Jord.
(Pl. V, fig. 5).
Saturniodes Jordan, Nov. Zool., XVIII, 132, 1911 ; Cockerell in Packard,
Mem. Nat. Ac. Sc. Washington , XII, 164, 1914 ; Schüssler, 151, 627.
Rangé d’abord avec les Saturnia, ce genre fut justement isolé par Jordan
qui n’en connaissait que l’espèce typique, medea, puis étendu par Dyar à
ockendeni et orios , enfin enrichi par Draudt de deux espèces muellerana et
copaxoides rangés jusqu’alors dans les Agapema.
174
E.-L. BOUVIER
Faciès d 'Antheraea mais avec l’apex des ailes antérieures largement obtus,
le bord externe de ces ailes à peine concave, leur rayure interne coudée sur
le cubitus, généralement droite ou concave dans la cellule, échancrée ou tron¬
quée en arrière ; l’externe est noirâtre, ondulée ou en zigzags, toujours frangée
de clair en dehors, souvent aussi en dedans, auquel cas cette partie claire se
limite du côté de l’aire médiane par des zigzags ; ocelle plus ou moins arrondi,
toujours avec un anneau externe qui, dans muellerana (fig. 52, A), renferme
proximalement. un croissant blanchâtre frangé de rouge ; presque toujours,
l’anneau noir est intérieurement doublé d’un autre jaune ou roux, auquel fait
suite un iris noir entourant une fenêtre ; dans copaxoides (fig. 52, B), l’ocelle
est plus simple et moins régulier, réduit à l’anneau noir et à un iris rose qui
fig. 52. — Saturnioides : A, ocelle antérieur de muellerana : B, tache apicale (1) et ocelle
antérieur (2) dans copaxoides ; C, clasper et C', pièces médianes de l'armature cf, face
ventrale, dans medea miles.
entoure la fente hyaline ; toujours une tache apicale noire avec annexes
variables, blancs, gris, rosés ou noirs. Postérieures avec une rayure interne
convexe en dehors ou irrégulière ( copaxoides , muellerana ), l’externe à peu près
comme aux antérieures, l’ocelle aussi, mais d’ordinaire avec l’iris plus large
et la fenêtre plus réduite ; une tache rouge ou rose près de l’apex, sauf dans
copaxoides et muellerana. Tonalité du dessus variant du gris noir au brun
foncé ou à l’olive, le dessous d’ordinaire plus gris, à peu près avec les ornements
du dessus, mais avec la rayure interne parfois absente aux antérieures (medea,
copaxoides ), toujours présente et irrégulière aux postérieures. Antennes qua-
dripectinées dans les deux sexes, paille clair dans copaxoides , avec un axe
orangé et des branches brunes dans medea , brun noir dans ockendeni. Corps
de ton foncé, avec costa antérieure et collier gris clair dans copaxoides , des
poils roses sur les pièces sexuelles du çf dans medea. Tibias des pattes
antérieures inermes, au moins aussi longs que le tarse, dans medea tout au
moins avec une épiphyse nue qui est très réduite chez le ç? et bien plus encore
chez la Ç. Les nervures radiales des antérieures issues d’un même pédoncule
■et réduites à deux. Les palpes probablement très réduits.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
175
L’armature sexuelle du cf (fig. 52, C, C'),tout au moins dans medea miles,
rappelle les copaxa par une paire de fortes avances sternales foliacées disposées
sur les côtés du pénis qui est inerme et grêle sur son fourreau basal ; l’uncus
bilobé, le sternite X tronqué appartiennent également au même type. Mais
le segment VIII est absolument normal; dans les claspers le lobe ventral
est bien accusé par une forte pointe que dépasse un peu le bout inerme de
l’autre lobe.
Genre répandu depuis le Mexique jusqu’au Pérou ; les cinq espèces qui le
représentent ne sont connues que par des mâles et toutes très rares. Elles
paraissent localisées dans les altitudes entre 800 et 4.000 m. ; on ne sait rien
sur leur développement.
Tableau des espèces
A. Rayure externe noire ou noirâtre , frangée de clair distalement mais non du côté
proximal ; tache apicale aux antérieures, jamais aux postérieures. Anneau
externe des ocelles noir ; bord externe des antérieures légèrement concave.
B. Rayure externe indiquée seulement par le sommet de ses angles qui prolongent
des segments internervulaires brun noir et sont limités en dehors par du gris
foncé, la marge étant jaunâtre ; rayure interne des antérieures indistincte,
l’aire interne noirâtre à la base et en arrière ; ailes postérieures avec la rayure
interne plutôt vague, l’externe peu distincte ; points submarginaux réduits
ou nuis. Ocelles petits à iris rose autour d’une fenêtre en fente. Tache apicale
allongée en triangle, noire au centre avec petite tache chair et bouts blancs.
(cT 78) (Mexique, 2.400 pieds). 1. cf copaxoides Dyar.
B'. Rayure externe tranchant en noirâtre sur le fond brun noir, les ailes posté¬
rieures costalement d’un gris jaunâtre ; rayure interne bien développée aux
deux ailes, celle des antérieures coudée sur le cubitus avec saillie tronquée
en arrière ; rayure externe frangée en dehors d’écailles blanches auxquelles
font suite des taches submarginales. Ocelles grands, arrondis, leur iris noir
dans un anneau roux bruni qui précède proximalement un croissant blanc
frangé de rouge contre l’anneau noir. Tache apicale rose et chair avec lunule
tronquée rouge en dehors, noire en dedans, (cf 97) (Mexico).
. 2. c? muellerana Dyar.
A'. Rayure externe noire ou noirâtre, extérieurement en contact avec une bande blanche
ou claire , proximalement avec une autre qui fait des angles sur les nervures ; rayure
interne aux deux ailes, celle des antérieures coudée sur le cubitus, concave en
arrière, celle des postérieures convexe ; tache apicale aux antérieures et une
rouge à l’apex des postérieures. Ocelles à iris noir autour de la fenêtre, cet iris
dans un anneau jaune entouré de noir. Bord externe des antérieures très légè¬
rement concave.
B. Rayure interne des postérieures très éloignée de l’ocelle.
C. Rayure externe entre deux bandes blanches dont la proximale, sur les ner¬
vures, s’avance en angles qui, aux antérieures et en arrière, se prolongent
en pointes qui peuvent atteindre le blanc de la rayure interne ; ocelles
arrondis, celui des antérieures avec une grande fenêtre. Ailes brunes, tour¬
nant à l’olive, plus foncées dans l’aire interne, la Costa des antérieures
grisâtre. 3. medea Maassen.
D. Bande blanche distale de la rayure externe des antérieures plus étroite
que l’axe foncé.
176
E.-L. BOUVIER
E. Cette bande nette mais étroite en dessous aux deux ailes ; tache apicale
petite sur les deux faces, en dessous suivie d’un croissant blanc bordé
de rouge. (115) (Équateur). cf m. medea.
E'. La bande distale du dessous nette aux postérieures et seulement en
arrière aux antérieures ; tache apicale grande, surtout en dessous où
elle est pour le moins aussi grande que l’iris des postérieures, cette
tache ,en dessous, suivie d’une grande rouge (105) (pl. V, flg. 5) (Pérou
oriental). cf m. miles Jordan.
D'. Bande blanche distale de la rayure externe plus de deux fois aussi large
que l’axe foncé. Tache apicale petite.
E. Dessous des ailes suffusé de noirâtre et de jaune chamois (S. O. du Pérou).
. Cf m. carina Jordan.
E'. Dessous des ailes blanc-gris avec bande médiane noirâtre ou jaunâtre.
(S. E. du Pérou). c f m. charila Jordan.
C'. Rayure externe des antérieures distalement auréolée de blanc, proxima-
lement avec une large bande gris jaunâtre crénelée du côté de l’ocelle,
celui-ci, aux antérieures, avec un léger croissant gris proximal entre l’iris
et la fenêtre. Ailes brun foncé avec semis d’écailles jaunâtres. (125) (S. E. du
Pérou). 4. cf ockendeni Druce.
B'. Rayure interne des postérieures contiguë à l’ocelle ; l’externe des antérieures
bordée de blanc des deux côtés, la bande externe passant au rouge puis au
noir, enfin au bord qui est brun argile. Ailes gris foncé mouchetées d’écailles
ocre foncé, dessous gris ; ocelles avec l’anneau jaune étroit aux antérieures,
large aux postérieures. (115) (Cuzco au Pérou). 5. cf orios Dyar.
Bibliographie
1. Agapema copaxoides Dyar, Proc. U. S. Nat. Mus., LXII, 46, 1912; Cockerell,
loc. cit., 160, pl. LXXVI, flg. 4 (cf), 1914. Saturniodes cop. Sc.,üssler, 151.
(U. S. Nat. Mus.).
2. Agapema muellerana Dyar, Ins. ins. Menstr., VIII, 30, 1920. Saturniodes mu.
Schüssler, 151. (U. S. Nat. Mus.h
Var. heringi ( Sat. mu. heringi Draudt, Seitz, VI, 723, 104 b (cf), 1929';
Schüssler, 151.
3. Satumia medea Maassen, Stubel Reise, 133, pl. V, flg. 7 (cf), 1890 ; Sonthonnax,
Lép. Soie, IV, 25, pl. X, flg. 5 (cf), 1904. Saturniodes med. Bouvier et Riel,
loc. cit., 56, 1931 ; Schüssler, 151, 627.
Var. : miles (Sat. med. miles Jordan, Nov. Zool., XVIII, 133,1911).—
carina (Sat. med. carina Jordan, loc. cit., 133). — charila (Sat. med.
charila Jordan, loc. cit., 132). Ces trois formes au Musée de Tring.
Schüssler, 151.
4. Satumia ockendeni Druce, Ann. Nat. Hist. (7), XVII, 411. Saturniodes ock.
Dyar, Proc. U. S. Nat. Mus., XLV, 641, 1913 ; Schüssler, 132. (Coll.
Joicey).
5. Saturniodes orios Dyar, loc. cit., 641, 1913 ; Schüssler, 152. (U. S. Nat. Mus.).
Genre VIII. — C0PAXA Walker.
(Pl. V, fig. 6).
Copaxa Walker, List, V, 1235, 1855 ; Schüssler, 160, 630. Euphranor
Herrich Schiilîer, Samml. auss. Schmett., 60, 1858. Antheraea américains
L. Sonthonnax, Lép. Soie, II, 48, 1899. Cricula. Id., IV, 11, 1904 (pro parte).
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
177
Ailes antérieures falquées, surtout chez le avec l’apex aigu, parfois
arrondi ou obtus ; les postérieures avec le bord externe convexe, rarement
à angle ( mannana). Ornements du dessus des ailes antérieures : une rayure
interne, ordinairement droite ou convexe dans la cellule, puis en retrait à
partir du cubitus, ensuite avec au moins un angle saillant ; parfois une bande
médiane en lavis; presque toujours une fine rayure extra-médiane anguleuse ou
sinueuse très rapprochée d’une externe épaisse, droite ou infléchie vers la
saillie apicale où elle atteint parfois une tache noire et blanchâtre située contre
la Costa ; généralement une zone submarginale foncée, plus ou moins en con¬
tact avec la rayure externe, rétrécie en avant, lobée en dehors ; toujours au
moins une fenêtre lisérée d’un anneau ou de plusieurs, parfois formant avec
ceux-ci un ocelle rond ou ovalaire. Dessus des postérieures : une rayure interne
Fig. 53. — Structure des ocelles : A, dans Copaxa lavenclera, n, anneau noir ; r, croissant
proximal roux-saumon renfermant un croissant blanc b ; j, demi-circonférence jaune;
c, centre brun-violâtre renfermant la fenêtre. — B, dans Cop. canella (n, anneau noir:
j, anneau jaune, c. centre gris brun avec la fenêtre).
droite ou convexe qui semble prolonger l’externe des antérieures ; parfois
une bande médiane en lavis, toujours une extra-médiane zigzagante ou ondu¬
leuse, avec points foncés au sommet des angles rentrants ; presque toujours
des lobes submarginaux en dedans desquels on aperçoit fréquemment une
rayure externe ; enfin, au moins une fenêtre lisérée comme celle des antérieures.
Dessous : sur chaque aile une rayure interne peu régulière, presque toujours
une bande médiane en lavis, toujours une extra-médiane onduleuse ou zig¬
zagante représentée au moins par ses ponctuations foncées, jamais d’externe
et, le plus souvent, des lobes submarginaux ; les fenêtres à peu près comme
dessus.
Le corps à peu près de la tonalité des ailes, mais la tête ordinairement plus
foncée et le prothorax en collier gris noirâtre comme la moitié basale de la
Costa des antérieures ; dans cycLippe , toutefois, le collier ne tranche pas sur la
tonalité du corps. Les pattes d’ordinaire plus ou moins teintées de rouge ; les
antennes claires, paille ou roussâtres, rarement rougies, d’ailleurs quadripec-
tinées à peu près jusqu’au bout, de 25 à 30 articles sans carènes, chez le çf
avec des branches courtes et ciliées, chez la 9 à branches plus courtes et
mémoires dd muséum, nouvelle série, tome ni. 12
178
E.-L. BOUVIER
presque sans cils. Les tibias inermes et à peu près de la longueur du tarse,
inermes, ceux de la première paire avec une épiphyse.
Dans les formes primitives du genre, la fenêtre unique est le centre d’un
ocelle (fig. 53) arrondi ou ovale, comme on le voit dans canella( B), par exemple ;
chez lavendera (A) le type saturniicé se révèle en ce sens que plusieurs anneaux
sont incomplets et réduits à l’état de croissants (un croissant blanc inclus dans
un croissant roux-saumon). Dans les formes terminales, les fenêtres peuvent
être multiples à chaque aile et ne sont jamais ocelliformes. Leur nombre le plus
grand est atteint dans multifenestrata où la principale (1) est située sur la
transverse discale entre M 2 et M 3 ; viennent ensuite deux fenêtres accessoires
Fig. 54. — Armature c? des Copaxa : A, dans lavendera vue de dos; A', vue du côté
ventral ; li, dans multifenestrata vue du côté gauche sans le clasper de ce côté ;
C, uncus de decrescens face dorsale.
antérieures, l’une (2) entre M 1 et M 2 , l’autre (3) entre M* et le pédoncule auquel,,
dans le genre, se rattachent toutes les radiales ; puis deux accessoires posté¬
rieures, la première (—2) entre M 1 et Cu 1 , la seconde (—3) entre Cu 1 et Cir..
Mêmes fenêtres aux postérieures, sauf 3 qui manque toujours ; en somme,
cinq fenêtres au lieu de six. Ces nombres ne sont pas toujours atteints, même-
dans multifenestrata.
L’armature sexuelle du cf (fig- 54) est tout à fait normale quant au tergite
et au sternite VIII qui sont simples, sans saillie ni échancrure notables. Le
tergite IX est également normal, mais son sternite présente sur son bord un^
avance particulière dirigée vers la base du pénis et toujours armée ; dans
lavandera cette avance s’étale en deux larges lobes spinuleux sur les bords (A ),
dans multifenestrata (B) elle s’élève en deux fortes épines noires, inégales et un
peu courbes, dans decrescens , il n’y a plus qu’une épine. Les claspers (A, B), ou
pinces du segment, sont encore plus caractéristiques : articulés à leur base,.
FAMILLE DES SATURN1IDÉS 17'J
ils se composent de deux lobes, un latéral et un ventral, qui deviennent libres
et bien distincts à leur bout libre ; celui-ci est inerme, arrondi, ou obtus dans
le lobe latéral, tandis qu’il constitue dans le lobe ventral une puissante épine
infléchie sous le précédent et dirigée vers l’uncus ou tergite X. Ce dernier est
toujours infléchi et terminé par une double pointe : dans lavendera (A, A) il
est profondément sillonné en dessus et chaque pointe devient une longue griffe
un peu divergente en dehors ; dans multifenestrata (B), il est plus étroitement
et plus profondément cannelé presque jusqu’au bout, de sorte que les deux
pointes sont fort courtes ; dans decrescens (C), le sillon dorsal est réduit, mais
les deux griffes sont longues, plus grêles que dans lavendera et moins diver¬
gentes. Le sternite X est moins constant et plus variable ; dans multifenestrata
il me paraît représenté par une paire de piliers coniques, largement séparés et
situés en dehors du pénis qui se présente sous la forme d’une tige assez forte
et un peu acuminée ; dans decrescens, où le pénis est plus long et plus épais,
d’ailleurs dorsalement échancré, je tiens pour le sternite X une lamelle rousse
appliquée sur la base de cette tige ; dans lavendera on ne voit plus de tige
péniale, sauf une légère saillie située un peu en arrière de l’avance sternale
spinuleuse et juste au-dessous d’une faible ride qui représente peut-être le
sternite X.
Tableau des espèces
A. Sur chaque aile un seul ornement discal, fenêtre marginée ou ocelle.
B. Ocelles avec un anneau incomplet réduit à l'état de croissant.
C. Le croissant situé du côté proximal ; rayure externe des antérieures droite ou
un peu convexe en dehors, accompagnée par une extra-médiane ondulée,
souvent effacée ou absente chez le cf ; l’extra-médiane des postérieures
toujours nette, l’externe de ces ailes onduleuse, souvent effacée ou absente.
Collier gris ou noir blanchâtre comme la moitié basale de la Costa.
D. Ornements discaux des deux ailes assez grands, plus ou moins arrondis et
subégaux, en vrais ocelles (fig. 53) où l’anneau interne gris brun est assez
large et complet, l’anneau moyen distalement mince et jaune proxima-
lement en croissant saumoné qui renferme un croissant blanc, l’externe
noir un peu épaissi en avant. Rayure interne des antérieures à peu près
droite dans la cellule, sa partie post-cellulaire un peu en retrait avec
deux petits angles saillants en dehors, l’un entre la cellule et la nervure
anale, l’autre sur cette nervure. Rayure interne des postérieures droite
et préocellaire. Apex largement arrondi, assez saillant chez le cf, fort peu
chez la Ç ; bord externe des postérieures convexe, [cf 97-108, $ 95-
122) ; le cf delà var. pygmaea Bouv., (80) (pl. VI, fig. 5). (Mexique.)..
. 1. lavendera Westw.
D'. Ornement discal des antérieures en fenêtre transverse irrégulière finement
lisérée de jaune, celui des postérieures en fort ocelle rond, avec un anneau
jaunâtre précédé par un croissant poudré de bleu et suivi par l’anneau
noir. Rayure interne des antérieures droite dans la cellule, un peu en
retrait ensuite. Rayure externe de ces ailes préapicale comme dans
lavendera, mais atteignant la côte. Rayure interne des postérieures
allant simplement de l’ocelle au bord anal. Apex des antérieures assez
180
E.-L. BOUVIER
saillant et subobtus chez le cf, aigu et non saillant chez la 9 dont le bord
externe est un peu convexe ; bord externe des postérieures à angle chez
le cf, fort peu chez la 9' (cf 95, 9 100) (Mexique, 9.000 pieds).
. 2. mannana Dyar.
C'. Le croissant situé du côté distal des ocelles qui sont subtronqués et à bordure
très réduite du côté proximal, le croissant jaune entre deux noirs. Rayure
externe des antérieures fortement concave en dehors pour se terminer dans
l’apex qui est très saillant et subaigu, pas d’extra-médiane à ces ailes, celle
des postérieures très nette, flanquée à l’ocelle d’une bande médiane, mais
sans accompagnement d’une rayure externe. Rayure interne des anté¬
rieures très discontinue, sa partie intra-cellulaire très convexe en dehors,
la suivante à angle sur l’anale, (cf 102) (Costa Rica). 3. c f curvilinea Schs.
B'. Ocelles ou fenêtres aven 2 ou 3 anneaux complets.
C. Apex des antérieures arrondi ou obtus, plus ou moins saillant surtout chez le cf ;
le radius et le cubitus de la cellule de ces ailes et certaines nervures d’ordi¬
naire marqués de noir.
D. La rayure externe des antérieures et plus ou moins Vextra-médiane s’effacent
et disparaissent bien avant d’atteindre la Costa ; les ocelles en dessus assez
grands, subégaux, arrondis ou ovalaires ; aux antérieures, large zone
submarginale, aux postérieures, lobes ou arcs submarginaux lisérés de
blanc en dehors. Apex des antérieures médiocrement saillant chez le cf.
Anneau interne de l’ocelle gris brun, large, suivi d’un jaune et d’un noir.
E. Aux antérieures, les écailles noires de la cellule et des nervures sont
fortement et largement distribuées sur toutes les nervures sauf l’anale
et s’arrêtent à la rayure externe ; rayure interne de ces ailes droite
dans la cellule, presque droite ensuite et inclinée en dehors. Aux pos¬
térieures une bande médiane en lavis rougeâtre. Grande taille ; ton
général orangé rouge, (cf 136) (Panama, Colombie).
. 4. simson Maass. et W.
E'. Aux antérieures, les écailles noires des nervures moins nombreuses,
moins apparentes, parfois rares ; rayure interne de ces ailes un peu
convexe en dehors non seulement dans la cellule, mais ensuite où elle
s’incurve en dedans ; en dessus, pas de bande médiane aux ailes.
(85-120). Avec la var. flavo-brunnea Bouv.de petite taille et de Ion
brun-noirâtre ( cf 76) (Brésil, Tucuman, Colombie).. 5. eanella Wkr.
D'. Rayure externe des antérieures continue jusqu’à la costa ; apex du cf plutôt
étroit, à bout arrondi, bien plus saillant que dans eanella et simson. Ner¬
vures noircies très apparentes. Taille médiocre.
E. Ces nervures aussi nombreuses que dans simson, mais moins largement
noircies ; ocelles arrondis subégaux ; rayure interne du dessus des anté¬
rieures très convexe dans la cellule, en arrière avec deux angles saillants,
un entre la cellule et l’anale, l’autre sur celle-ci ; rayure extra-médiane
et externe des antérieures continues jusqu’à la costa où elles rentrent
un peu en dedans. Zone submarginale du dessus des deux ailes large,
avec écailles blanches en dehors, surtout aux postérieures où elle se
découpe extérieurement en lobes. Ton rouge feu. (cf 93-101) (Brésil).
... 6. foinvillea Schaus.
E . Le noir nervural se limite à la côte, au radius, au cubitus de la cellule
et à une nervure ; ocelles irréguliers ; rayure interne du dessus des anté¬
rieures oblique et sans convexité dans la cellule, ensuite droite et obli¬
quement dirigée en dehors. Apex bien plus saillant et plus étroit que
dans foinvillea, la rayure externe s’incurve fortement pour y péné¬
trer jusqu’au bout. Zone submarginale vague aux antérieures, plutôt
étroite et irrégulière aux postérieures ; rayure extra-médiane des anté-
FAMILLE DES SATDRNIIDÉS 181
rieures localisée en arrière de l’ocelle. Ton brun rougeâtre terne
(rf 112) (Panama, Mexique, Guyane). 7. trôtschi Druce..
G 1 . Apex des antérieures étroit se terminant en pointe aiguë ou subaiguë ; le radius,
le cubitus et les nervures de ces ailes sans lavis d’écailles noires, mais parfois
plus vivement colorés que le fond ; anneau externe des ocelles brunâtre.
Tache apicale très réduite.
D. La rayure externe des antérieures s'arrête avant la tache apicale, l’interne
des postérieures droite.
E. Rayure externe des postérieures parallèle à l’extra-médiane, sans lobes'
submarginaux nets au voisinage dans l’aire externe qui est lavée de
blanc rose. Antérieures avec l’apex peu saillant, le bord externe droit
en arrière de la concavité sous-apicale qui est faible, la rayure interne
droite dans la cellule, formant en arrière deux petits angles saillants,
l’un sur la nervure anale, l’autre plus près de la cellule, la rayure externe
épaisse et légèrement auréolée de clair en dehors, pas de zone submar¬
ginale distincte. Les ocelles médiocres, ovalaires, avec l’anneau interne
noir suivi d’un jaune. Ton des ailes variant du jaune pâle au jaune
rougissant, (a 1 90, Ç 100) (Mexique, Guatemala). . 8. denda Druce.
E 1 . Rayure externe des postérieures peu ou pas sinueuse, assez convexe en
dehors, souvent auréolée de clair en dehors, avec large zone submar¬
ginale ; l’extra-médiane d’ordinaire indiquée seulement par ses points
antérieures, avec l’apex assez saillant et le bord externe assez fortement
concave sous l’apex ; la rayure interne droite ou un peu convexe dans
la cellule, oblique en arrière avec angle saillant sur la nervure anale,
la rayure externe peu épaisse, fortement auréolée en dehors de clair
luisant ; zone submarginale franche limitée en dehors, par une irradia¬
tion claire, blanche ou lilas, parfois très étendue ( rufinans Schaus,
purpurescens Draudt). Ocelles très variables, souvent irréguliers, avec
l’anneau interne brun, parfois nul, l’anneau moyen jaune ou blanc.
Ton des ailes variant du gris terne ( marona Schaus), au vert olive
(olivina Draudt), au brun noir et au rougeâtre terne, souvent avec
des zones plus claires, surtout dans la cellule des antérieures et avant
l’apex ; parfois ton bigarré avec grandes fenêtres vivement entourées
de jaune, (cf 86-125, Ç 115-125) (Du Brésil à la Colombie et au
Mexique).. (niepelti Draudt). 9. decrescens Walker.
D'. La rayure externe des antérieures épaisse et pénétrant au bout de l'apex qui
est assez saillant ; rayure interne de decrescens, lobes submarginaux
nets aux deux ailes, pas de rayure externe distincte aux postérieures
dont la rayure interne est coudée ; une bande médiane irrégulière à ces
ailes et une extra-médiane en zigzags et à pointes. Ocelle des posté¬
rieures arrondi, avec l’anneau interne brun comme l’externe et un
moyen jaune ; celui des antérieures plus réduit et moins régulier. Fond
gris olive avec lavis brun rouge par endroits, (cf 115) (Guatemala).
. 10. sophronia Schaus.
B". Fenêtres discales entourées seulement d'un anneau ou d'un nuage noirâtre ; ailes
très falquées chez le cf> avec l’apex subaigu.
C. Ton jaune, par endroits passant à l’orange ; les fenêtres oblongues ou subar¬
rondies, marginées de noirâtre ; rayure interne du dessus des antérieures
transverse, non dentée, rougeâtre, celle des postérieures droite ; tache
apicale rouge d’où part la rayure externe qui est droite et brun rougeâtre ;
rayure extra-médiane représentée surtout par des points indistincts aux
antérieures chez le cf- Dessous avec bandes médianes orangé, (c? 133)
(Costa Rica)... 11. syntheratoides Roths.
182
E.-L. BOUVIER
C'. Ton brun foncé, par endroits tirant au jaunâtre ou'au rougeâtre ; fenêtres
assez grandes, subtriangulaires, entourées d’un nuage noirâtre ; rayure
interne des antérieures convexe, à angles saillants nombreux dont un
touche les angles de l’extra-médiane en arrière ; celle-ci, très irrégulière,
coudée et épaissie à la côte, l’externe droite partant d’une tache apicale
blanchâtre et noirâtre ; postérieures avec l’interne convexe, irrégulière,
l’extra-médiane et l’externe parallèles, onduleuses dans leur partie médiane ;
des lobes submarginaux (pl. V, fig. 6). (ç? 68-87) (Mexique).
. 12. cydippe Druce.
A'. Au moins sur une aile et le plus souvent sur toutes deux , une ou plusieurs fenêtres
accessoires. Rayure interne des antérieures irrégulière ou convexe dans la cellule,
en arrière avec angle saillant sur l’anale, l’externe effacée avant la tache apicale
qui est grande, noirâtre, entourée de blanchâtre ; rayure extra-médiane aux
deux ailes, sinueuse aux antérieures, fine, régulière, en zigzags aux postérieures ;
lobes submarginaux à chaque aile. Ton variable, collier brun gris ; antennes
paille ou un peu rousses. Fenêtres d’ordinaire avec anneau brun ou noir, suivi
d’un jaune et d’un brun.
B. Rayure interne des antérieures avec un seul angle saillant qui est sur l’anale ;
apex des antérieures peu saillant ; pas de rayure externe aux postérieures,
lobes submarginaux forts ; anneaux des fenêtres nets ; fenêtres accessoires
très peu nombreuses.
C. Apex des antérieures largement obtus, rayure interne des antérieures large¬
ment discontinue sur le cubitus. Fond jaune. Deux fenêtres accessoires
2 et —2 aux antérieures, (cf 115) v Colombie). 13. anestios Weym.
C'. Apex des antérieures peu saillant, subaigu ; rayure interne des antérieures
faisant simple concavité en arrière du cubitus ; une ou deux fenêtres acces¬
soires à chaque aile, (c? 100) (Venezuela, Panama).. . 14. expandens Walk.
B'. Rayure interne des antérieures avec fort angle saillant avant l’anale. Fond
et fenêtre très variables, les fenêtres accessoires d’ordinaire nombreuses à
chaque aile, (c? 72-106, Ç 76-125) (De la Bolivie et du Pérou au Mexique).
. 15. multifenestrala H. S.
Un manque quelque peu de renseignements sur les premiers stades des
espèces du genre. Westwood (Proc. Zool. Soc., XXI, 160, 1853), observe qu’une
grande larve à épines vertes, prise au mois de juin dans un tronc de Peuplier,
produisit le mois suivant un imago de lavendera. Au sujet de cette espèce,
Cockerell (dans Packard, loc. cil., pl. CV, c, h , i, j) reproduit le cocon d’après
un élevage de Watson ; c’est un cocon double, largement treillissé dans sa veste
externe qui agglutine les débris végétaux, finement soyeux dans sa veste
interne qui contient une pupe lisse dont le court abdomen est conique. D’autre
part, d’après Draudt (Seitz, VI, 820, 1929), Schreiter (Univ. nac. Tucuman,
1925) a noté que la chenille de canella est verte mais ayant en rouge les stig¬
mates et des touffes de poils ; cette chenille broute sur une Lauracée, Phcebe
porphyria , et forme un cocon semblable à celui de lavendera. Il n’en est pas de
même chez multifenestrala si j’en juge d’après les matériaux d’élevage faits à
Jalisco, Mexique, et offerts au Muséum par le regretté Léon Diguet. Le cocon
est vert tendre, collé ou enroulé dans une feuille, avec une bourre externe,
plutôt rare, lâche et une veste interne résistante, perforée de nombreux petits
trous qui laissent entrevoir une pupe en cône brusque et sans crémaster dans
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
18 >
sa région abdominale ; le cocon est largement ouverte, avec l’orifice entouré de
longs fils soyeux. Diguet note que les chenilles de multifenestrata broutent
sur l’Avocatier qu’elles dépouillent parfois de leur feuillage; elles sont noires,
marbrées de blanc, avec soies blanches sur les tubercules. Apparues fin mai,
elles se transforment en chrysalides à la fin de juillet ou au début d’août. Le
papillon éclôt vers le milieu de septembre. — J’ajoute que L. Sonthonnax
(Lép. Soie, II, 50, 52, 1899) signale chez canella un cocon réticulé à petites
ouvertures régulières qui se termine par des boucles soyeuses (comme autour
de l’orifice du cocon dans multifenestrata), — chez deereseens (pl. XXIII, fig. 3)
un cocon ajouré semblable, qui est « formé de peu de soie, ressemble à une poche
de tulle, de couleur brune, laissant voir la chrysalide dans l’intérieur »; c’est
aussi un cocon ouvert.
Par leur armature sexuelle, les Copaxa se rapprochent beaucoup des Satur-
niodes; comme les Saturniicés les plus typiques (Dictyoploca, Neoris), ils rap¬
pellent les Bunéens par l’avance sternale en lame ou en épine qu’ils présentent
à la base du pénis.
Bibliographie
t. Saturnia lavendera Westwood, Proc. Zool. Soc., XXI, 160, pl. XXXII, fig. 3 (cf),
1853. Copaxa lav. Maassen et Weymer, Beitrage, fig. 78 (Ç), 1881 ;
Draudt, Seitz, VI, 726, 104 d (cf, Ç j, 1929 ; Bouvier, Ann. Sc. Nat., (10),
XII, 336, fig. 94 A (ocelle), 1929 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII, 54,
1931 ; Schüssler, 163, 631, 736. Saturnia chapata Westwood, loc. cit., 161,
1853. Copaxa chap. Packard, loc. cit., pl. XXXIX, fig. 2 (nervulation),
1914. Copaxa plenkeri Felder, Wien. ent. Monat., IV, 112, pl. I, fig. 3 (Ç),
1860. Cop. lav. plen. Schüssler, 164.
Var. pyrnaea Bouvier, Bull. Soc. Zool., France, LIV, 35, 1929 (Mus.
Paris).
2. Copaxa mannana Dyar, Ins. Ins. Menstr., II, 107, 1914 ; Schüssler, 164, 630.
(U. S. Nat. Mus.)
3. Copaxa curvilinea Schaus., Ann. Nat. Hist., (8), IX, 43, 1912; Schüssler, 161.
(U. S. Nat. Mus.)
4. Copaxa simson Maassen et Weymer, Beitriige, fig. 77 (cf), 1881 ; Schüssler, 165,
632. Antheraea sim. Sonthonnax, Lép. Soie, II, 49, pl. XXII, fig. 4 (cf),
1899.
5. Copaxa canella Walker, List, V, 1236, 1855 ; Schreiter, Univ. nac. Tucuman,
avec fig., 1925 ; Draudt, Seitz, VI, 725, 104 d (9), 105 a (cf), 1929;
Bouvier, Ann. Sc. Nat., (10), XII, 337, fig. 94 A (ocelle), 1929 ; Bouvier et
Riel, loc. cit., 65, 1931 ; Schüssler, 161, 630. Cop. can. flavina , Draudt, loc.
cit., 725, 105 c (d 1 ), 1929 ; Schüssler, 161,630. Cop. can. vitellina Draudt,
loc. cit., Anhang, 820, 1930. Cop. joinvillea vit. Schüssler, 163. Antheraea
can. Sonthonnax, loc. cit,. 50, pl. XXII, fig. 3(9), 1899.
Var. : flavo-brunnea (Cop. can. flavobrunnea Bouvier, Bull. Hill. Mus.,
IV, 93, 1930) ; Schüssler, 630. (Coll. Joicey, cotype Mus. Paris).
6. Copaxa joinvillea Schaus, Proc. U. S. Nat. Mus., LIX, 376, 1921 ; M. Draudt,
loc. cit., 725, 105 c (cf), 1929 ; Schüssler, 163. Cop. draudti Niepelt, Int.
ent. Zeits. Guben, XXVII, 276, fig. cf, 1933. (U. S. Nat. Mus.)
7. Copaxa trôtschi Druce, Biol. Centr. Amer., Heter., I, 174, pl. XVII, fig. 3 (cf),
1886 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 55, 1931. Cop. deereseens trô. Schüssler,
E.-L. BOUVIER
131
162, 630. ? Antheraea decr. tri). Sonthonnax, loc. cit., 52, 1899. ? Cop.
cineracea Rothschild, Nov. Zool., II, 40, 1895 ; Schüssler, 161.
8. Copaxa denda Druce, loc. cit., 416, pl. LXXX, fig. 2 ( cf) et 3 ( 9) 1 897 ; Draudt,
loc. cit., 724,105 b (cf), 1929 ; Bouvier et Riel, ioc. cit., 55,1931 ; Schüssler,
162, 631. Antheraea den. Sonthonnax, loc. cit., 53, 1899.
9. Copaxa decrescens Walker, List, V, 1237, 1855 ; Raymondo, Not. Lep. série.
Brasil, 33, fig. 13 (cf), 1919 ; Schüssler, 162, 630. Antheraea decr. Son¬
thonnax, loc. cit., 50, pl. XXIII, üg. 1 (cf), 2 ($), 3 (cocon), 1899. Cop.
marona Schaus, Proc. U. S. Nat. Mus. XXX, 92, 1906. Cop. decr. mar.
Schüssler, 162. Cop. rufinans Schaus, loc. cit., 92, 1906. Cop. decr. ruf.
Draudt, loc. cit., 723, 105 b (cf), 1929; Schüssler, 162. Cop. decr. purpu-
rascens Draudt, loc. cit., 723, 105 a (Q), 1929 ; Schüssler, 162. Cop. decr.
olivina Draudt, loc. cit., 723, 1899 ; Schüssler, 162.
10. Copaxa sophronia Schaus, Proc. U. S. Nat. Mus., LIX, 376,1921 ; Schüssler, 165.
(U. S. Nat. Mus.)
11. Copaxa syntheratoides Rothschild, Nov. Zool., II, 40, 1895; Draudt, loc. cit.,
724, 105 b (9), 1929; Schüssler, 165, 632 (Tring Mus.).
12. Attacus cydippe Druce, Ann. Nat. Hist., (6), XIII, 178, 1894 et Biol. Centr.
Amer., Heter., II, 423, pl. LXXXIII, flg. 2 (cf), 1897. Cop. cy. Bouvier.
C. R. Soc. sav. 1921, 91, flg. 1 et 2 (nervulation) ; Schüssler, 162, 630.
13. Copaxa anestios Weymer, Deuts. ent. Zeits. Iris, XXII, 33, 1909 ; Schüssler,
161,630.
14. Copaxa expandens Walker, List, V, 1238, 1855 (cf Brit. Mus.) ; Schüssler, 162,
631. Cricula ex. Sonthonnax, loc. cit., IV, 14, pl. XIII, flg. 5 (cf),
1904. (Le C. arpi Gschwandner, Int. ent. Zeits., Guben, XIX, 8,1925 ;
Schüssler, 161, semble se rapprocher plus d’ anestios que à’expandens).
15. Euphranor multifenestrata Herrich-Schàlïer, Samml. aus. Schmett., 60, flg. 551
(9), 1858. Copaxa rnult. Draudt, loc. cit., 724, 130 a (cf), 1929 ; Bouvier
et Riel, loc. cit., 55,1931 ; Schüssler, 164, 631. Cop. rnult. rufotincta Roth¬
schild, Nov. Zool., II, 40,1895 ; Schüssler, 164, 631. Cop. satellitia Walker,
List, suppl. II, 527,1865 ; Schüssler, 165, 632. Cop. trimacula Rothschild,
loc. cit., 40,1895 ; Schüssler, 165, 632. Cricula mult. Sonthonnax, loc. cit.,
IV, 12, pl. XIII, fig. 3 (cf), 1904.
Genre IX. — SAGANA Wkr.
Sagana, Walker, List, V, 1234, 1855 ; Schüssler, Lep. Cat., 150 et suppl. 626.
Genre formé par Walker aux dépens du Saturnia sapatoza de Westwood ;
depuis tous les auteurs l’ont adopté et exactement considéré. Ailes antérieures
un peu falquées avec l’apex largement obtus, le bord externe un peu concave
chez le cf et le tornus arrondi ; rayure interne auréolée proximalement de clair,
continue du bord costal au bord interne, sinueuse, saillante en dehors dans sa
partie médiane, avec un léger retrait sur le cubitus ; l’externe très éloignée du
bord, auréolée de clair en dehors, lunulaire à lunules convexes en dehors, un
peu plus éloignée du tornus que de l’apex ; une tache apicale convexe en
dehors, tronquée en dedans, noire et lisérée de clair dans sa partie convexe ;
une tache submarginale un peu en arrière. Tache discale assez grande, plutôt
étroite, arquée avec concavité externe ; sa fenêtre hyaline de même forme,
marginée de noirâtre (fig. 55, B'). Postérieures à bord externe convexe, le
tornus et surtout l’apex arrondis ; rayure interne à peu près complète, droite
FAMILLE DES SATURN1IDÉS
185
ou coudée, l’externe lunulaire comme celle des antérieures et parallèle au
bord ; une rayure submarginale parallèle et faite de lunules d’ordinaire discon¬
tinues ; la tache discale comme celle des antérieures. Dessous avec la rayure
interne bien développée aux deux ailes mais fort irrégulière et très différente
de celle du dessus ; la rayure externe plutôt en zigzags que lunulaire et, en
outre, une large bande médiane passant par les taches discales où la fenêtre
est simplement et pauvrement lisérée de clair ; la tache apicale noire, isolée
et réduite, les taches submarginales réduites parfois à l’antérieure; coloration
du dessus des ailes faite de poils plus ou moins jaunes, mélangés à des poils
bruns, ces derniers prédominent dans les r ayures et bandes, les premières
dans les auréoles claires des rayures ; les bords externes plus foncés et sou-
tg IX
Fig. 55. — Caractères des Sagana : dans sapaloza, A, pièces médianes de l’armature cf,
face ventrale. A’, clasper droit, face externe ; dans semioculata. B, avance sternale du
pénis et sternite X. B', aile antérieure droite avec ses ornements.
vent noirâtres, aux postérieures, cette zone peut envahir une grande part
de l’aire externe ; en dessous le ton est plus foncé et variable suivant l’espèce.
Le dessus du thorax avec le même mélange de poils que sur les ailes, et
étroit collier jaune (parfois absent) sur le prothorax ; tête noirâtre, pattes plus
ou moins totalement roses. Antennes roux clair, quadripectinées chez le çf,
chez la Q, bipectinées et sans saillie ventrale ; palpes très courts et cachés
dans les poils buccaux, probablement pas de trompe, même rudimentaire.
Épiphyse tibiale du çf aiguë, un peu incurvée, très pauvrement poilue ; de
la $ rudimentaire ou nulle.
Armature sexuelle du (fig. 55, A et B) avec le segment VIII normal,
le tergite IX réduit et bien distinct de l’uncus qui est court, large, infléchi aux
deux fortes dents terminales en griffe. Les claspers sont formés de deux lobes
très nets que sépare un sillon de la face externe, le lobe ventral se termine par
une forte griffe, le lobe latéral par un bout arrondi qui dépasse de bien peu
la griffe précédente. Le pénis doit être fort réduit et on en observe à peine les
186
E.-L. BOUVIER
traces au fond d’un bizarre entonnoir qui est limité en dessous par une haute
lame sternale concave du côté de l’uncus ; au-dessus vient un sternite X éga¬
lement lamelleux, beaucoup moins haut, qui porte au moins une épine dans
semioculata, qui est simple et fort peu saillant dans sapatoza. Cette armature
rappelle beaucoup les Copaxa malgré les formes lamelleuses de l’avance sterno-
péniale; au surplus, les deux genres se rapprochent beaucoup parles ornements
alaires et leurs affinités sont à coup sûr étroites.
Le genre est localisé en Colombie, dans l’Équateur et au Vénézuela ; il ne
comprend que les deux espèces suivantes :
A. Fenêtres simplement marginées de noir ; pas de bande médiane sur la face dorsale
des ailes, la bande du dessous assez terne. Aux antérieures, la tache apicale sim-
plement'suivie d’une tache submarginale ordinairement toute blanche ; aux pos¬
térieures la rayure interne presque droite, les taches submarginales d’un brun
rouge, la première bien plus développée ; le dessus des deux ailes avec des poils
jaunes assez vifs formant à eux seuls les auréoles des rayures. En dessous, le
fond est gris avec des poils brun roux, les rayures externes fines, peu auréolées,
les taches submarginales absentes, sauf l’apicale des ailes postérieures. Collier
prothoracique jaune toujours net ; abdomen de la teinte du thorax. (68-08 mm.)
(Colombie; Mexique? d’après Druce). t. sapatoza Westwood.
A’. Fenêtres marginées de noir, puis de jaune, puis de noir ; bande médiane bien déve¬
loppée en dessus, en dessous de tonalité brun roux très chaud. Aux antérieures,
la tache apicale est suivie d’une tache submarginale semblable, mais plus réduite;
aux postérieures, la rayure interne est un peu courte, les taches submarginales
sont fortes, noires, en dehors coiffées de blanc, la première plus forte. Le dessus
des ailes avec des poils gris jaune et des bruns, les auréoles des rayures d’un
jaune terne aux antérieures, claires et à peu près sans jaune aux postérieures.
En dessous le brun roux chaud des rayures envahit en grande partie les aires
externes et, aux antérieures, les régions voisines de la côte ; il y a des ébauches
d’arcs submarginaux en arrière aux antérieures et plus nombreuses aux posté¬
rieures ; le reste des ailes de ton chair. Collier prothoracique parfois presque nul ;
abdomen rosâtre. (110-122 mm.) (Venezuela, Équateur). 2. semioculata Felder.
Bibliographie
1 . Saturnia sapatoza Westwood, Proc. Zool. Soc., XXI, 163, pl. XXX11I, fig. 1 ( cf )
1853. Sagana sap. Walker, List, V, 1235, 1855 ; Draudt, Seitz, VI, 722,
103 c (cf, Q), 1929.
2. Sagana semioculata Felder, Reise Novara, Lep., IV, pl. LXXXVII, fig. 4 (O)
1874 ; Sonthonnax, Lép. Soie, III, 6, pl. I, fig. 1 (cf), 2 (9)> 1901. Satvr-
niodes sem. Schüssler, 152, 627.
Genre X. — SYNTHERATA Maass. et Weym.
(Pl. VIII, fig. 6).
Syntherata Maassen et Weymer, Beitràge, fig. 42 et 43, 1872 ; Sonthonnax,
Lép. Soie, III, 62, 1899 (pro parte)] Schüssler, Lep. Cat., 158 et suppl., 629.
Considéré d’abord comme un Saturnia , puis par Walker comme un Anthe-
raea, le type (janetta White) de ce genre fut considéré par Maassen et Weymer
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
187
comme le représentant d’une division générique particulière à laquelle ces
auteurs attribuèrent le nom de Syntherata ; en fait, Maassen et Weymer appe¬
laient weymeri les exemplaires de janetta qu’ils avaient sous les yeux et se con¬
tentèrent de figurer sans diagnose leur nouveau genre. Si bien que Sonthonnax,
en raison des ressemblances vraiment assez grandes qui existent entre les
Tagoropsis malgaches et les Syntherata confondit le premier de ces genres avec
le second.
Sous leur forme la plus normale, les Syntherata présentent les caractères
suivants : ailes antérieures avec l’apex subaigu ou obtus, plus ou moins saillant,
avec le bord externe concave chez le çf, sans saillie et avec le bord externe à
peu près droit chez la 9 ; ces ailes avec une rayure interne et une rayure
externe brune ou noirâtre, étroite, l’interne longuement interrompue sur le
cubitus avec la partie intra-cellulaire et la postcellulaire formant des angles
saillants, l’externe onduleuse ou en zigzags, plus ou moins infléchie vers la
côte, une submarginale faite de triangles ou de points ordinairement teintés
de noirâtre au sommet, tantôt isolés, tantôt réunis, parfois ( apicalis ) complè¬
tement fusionnés en une large bande brune qui, dans ce cas, s’incurve vers
l’apex, souvent une série d’arcs marginaux foncés et internervulaires. Aux
postérieures, une rayure interne presque droite en arrière de la Costa mais fort
irrégulière, une externe onduleuse et fine comme aux antérieures, une série
submarginale et, parfois, des arcs submarginaux. En dessus et en dessous, un
ocelle aux antérieures et presque toujours aussi aux postérieures. Dessous
d’ordinaire avec, à chaque aile, des rayures internes autrement disposées
qu’en dessus, les rayures externe, submarginale et marginale à peu près sem¬
blables. Le corps à peu près de la tonalité fondamentale du dessus des ailes,
les pattes et les palpes aussi ; ces derniers longs, dépassant légèrement le front,
les pattes de la première paire avec une épiphyse en sabre, longuement frangée
de poils en dehors, forte chez le çf, un peu moins chez la Ç, le tibia inerme
égalant à peu près le tarse.
Dans l’espèce la plus commune du genre, janetta , les variations de forme,
surtout de couleur et d’habitat, sont extraordinairement étendues : le bord
externe des ailes postérieures est tantôt presque droit, tantôt bien convexe,
les ailes peuvent être presque totalement jaunes, ou presque totalement rou¬
geâtres, ou grisâtres, tantôt lavées de ces tons dans certaines de leurs parties ;
les ocelles sont plus variables encore, ceux de la paire antérieure presque
toujours plus grands que les postérieurs, toujours avec une fenêtre assez
grande, plus ou moins bordée de brun noir que suit une sorte d’anneau
blanchâtre, celui-ci souvent entouré de brun ou de rouge. Aux postérieures,
l’ocelle peut totalement disparaître, mais il comprend d’ordinaire un iris
brun noir avec ou sans fenêtre, un anneau blanchâtre, suivi parfois d’un
liséré brun ou rouge ; dans un de mes nombreux exemplaires, l’ocelle est
plus grand que celui des antérieures, la fenêtre est presque nulle dans un
grand iris brun noir qu’entoure un grand anneau blanc rose suivi d’un bel
anneau rouge orange. Mais entre cet état extrême et celui où le même ocelle
18S
E.-L. BOUVIER
se réduit à un iris noir entouré de blanchâtre, on observe tous les intermédiaires.
Pour toutes ces raisons, il est impossible de ne pas identifier totalement avec
janetta , non seulement insignis et purpurascens de Walker, ce que font au
surplus tous les auteurs, mais dahli Weymer que Seitz, je ne sais pourquoi,
regarderait comme la femelle de godefjroyi , ainsi que disjuncta Walker, wey-
meri Maass. et melvüla Westwood, dont Rothschild fait de simples aberrations
de janetta. Ainsi comprise, cette espèce se trouve répandue dans le nord de
l’Australie depuis le Queensland, en Nouvelle-Guinée allemande et à Amboine
(Rothschild), en Nouvelle-Guinée hollandaise et dans Buru central ; on ne peut
y reconnaître, semble-t-il, que deux formes particulières : godefjroyi Butler
(Ann. Nat. Hist ., (5), X, 227, 1882) représenté au British Muséum par le type
O* de Nouvelle-Bretagne, et apicalis Bouvier (Bull. Hill Mus., II, 130, fig. 16
(Q), 1928) de la Nouvelle-Guinée hollandaise.
La seconde espèce, loepoides Butler (Ann. Nat. Hist., (5), VI, 61, 1880) pré¬
sente, très normaux, les caractères du genre, mais on ne saurait en indiquer les
variations, car elle est rare, localisée à Bornéo et à Java ; j’ai pu comparer le
Ivpe çf de Bornéo avec des mâles provenant du Mont Gedeh à Java ; les varia-
lions m’ont paru peu considérables, portant sur la tonalité des anneaux des
ocelles et sur l’étendue relative plus ou moins grande des tons jaune et du ton
brique sur les ailes.
On peut caractériser comme il suit les formes bien définies qui rentrent dans
ce genre :
Tableau des espèces
A. Un collier thoracique blanc , gris ou brunâtre se prolongeant sur la base de la cosla ;
rayure externe des antérieures peu ou pas infléchie vers la côte ; ocelle postérieur
très rarement nul, d’ordinaire bien plus petit que celui des antérieures, toujours
avec un iris brun noir autour de la pupille qui est souvent absente, ocelles des
deux ailes avec un anneau blanchâtre en dehors de l’iris. 1. janetta White (1843).
B. Rayure submarginale des antérieures sinueuse ou discontinue, sans déflexion
apicale ; ocelle des postérieures à fenêtre réduite ou nulle.
G. Rayure externe des postérieures, quand elle est nette, sans dédoublement
( rf 92-115, Q 102-130) (Australie, Nouvelle-Guinée, Amboise, Bar central).
. Cf, Q /• janetta.
C'. Rayure externe des postérieures se dédoublant aux nervures pour limiter de
grandes taches internervulaires marginées de lilas-gris (c? 140) (Nouvelle-
Bretagne) . Cj j. godefjroyi Butler
B’. Rayure submarginale des antérieures épaisse, continue, sans traces de lobes,
défléchie vers l’apex où elle se termine ; fenêtres ocellaires des deux ailes bien
développées (c? 120) (pl. VIII, fig. 6) (Nouvelle-Guinée hollandaise)....
. Cf /- apicalis Bouvier.
A'. Le prothorax et la costa sans teinte spéciale ; rayure externe des antérieures forte¬
ment coudée et infléchie avant la côte. Ocelles des deux ailes à petite fenêtre
dans un iris gris rougeâtre ; l’ocelle des antérieures médiocre, avec simple anneau
noirâtre autour de l’iris, celui des postérieures plus grand avec un anneau gris
entre l’iris et le noir, qui est remarquablement épais (cf 95) (Bornéo, Java).
. 2. loepoides Butler.
FAMILLE DES SATURN1IDÉS
180
Dans janetta l’armature sexuelle du cf (fig. 56) est caractérisée surtout :
par l’uncus qui est triangulaire, plutôt étroit et qui se termine en pointe dans
son bout incurvé; par le sternite X qui est très rapproché du pénis, peu large et
qui présente à chaque extrémité une tigelle ou épine d’ailleurs très variable;
par le pénis qui est une sorte de soc asymétrique rejeté
du côté droit; enfin par les claspers qui présentent deux
lobes, un latéral très grand et muni d’une griffe à son
bout libre, et un dorsal rejeté en dedans contre l’uncus et
très singulier à cause de son expansion en un triangle à
deux pointes qui donne ventralement naissance à une
tigelle débordante. Par l’uncus en simple pointe et par la
présence d’un lobe dorsal aux claspers, cette armature
rappelle surtout Tagoropsis subocellata tenu pour un
Syntherata par Sonthonnax, mais les rayures des ailes,
quoique ayant une certaine analogie avec celles des Tago¬
ropsis, sont en réalité tout autres, car la fine rayure
onduleuse de ce dernier genre est une médiane, au contraire
de celle des Syntherata qui est une externe, laquelle est
presque toujours simple et droite dans les Tagoropsis. Il y
a sans doute une parenté lointaine entre les deux genres, en tous cas, malgré
quelque ressemblance dans les rayures, il y en a peu entre les Syntherata et les
Copaxa dont les armatures sexuelles sont foncièrement différentes. Dans
les trois genres au surplus, les nervures radiales des antérieures se détachent
d’un pédoncule commun ; elles sont au nombre de quatre dans janetta.
Fig. 56. — Armai lire
Cf de Syntherata
janetta, face dor¬
sale avec Funcus
(dont les deux
saillies basales
sont exagérées) et
le clasper gauche.
Bibliographie
1. Salurnia janetta White, Ann. Nat. Hist., XII, 344,1843. Antheraea jan. Walker,
List, V, 1256,1855. Syntherata jan. Seitz, X, 508, 54 h (cT), 1928 ; Bouvier
et Riel, Lab. Soie, XVII, 54, 1931 ; Schüssler, 159, 629. Syntherata aey-
meri Maassen et Weymer, Beitrage, fig. 42 (cf) et 43 ($), 1872. Syn. jan.
ueym. Schüssler, 160, 629. Syn. jan. sonthonnaxi Schüssler, 629 (pour
Syn. jan. aeym. Sonthonnax, loc. cit., 64, pl. XXVII, fig. 2 (cf), 3 ($),
1899). Syn. dahli Weymer, Ent. Nachr., XXIV, 209,1898. Syn. godej-
jroyi dahli Schüssler, 159. Antheraea purpurascens Walker, List, XXXII,
suppl., II, 528, 1865. Anth. disjuncta Walker, loc. cit., 529, 1865, Syn.
jan. disj. Schüssler, 160, 629. Anth. insignis Walker, Char. Lep. Heter.,
22, 1869. Saturnin melvilla Westwood, Proc. Zool. Soc., XVI, 166, 1853.
Syn. jan. met. Schüssler, 160, 629.
Var. : godejfroyi (Syn. godejfroyi Butler, Ann. Nat. Hist., (5), X, 227,
1882. (Mus. brit.). Niepelt, Int. ent. Zeits. Guben XXVIII, 163, Pl.
fig. 2($), 1934, avec les aberrations aliéna, 163, fig. cf et olivacea
164, Pl. fig. 2 ; Schüssler, 159, 629. — apicalis (Syn. apicalis Bou¬
vier, Bull. Hill Mus., II, 132, fig. 16 (cf), 1928); Schüssler, 159.
(coll. Joice;. ).
2. Syntherata loepodes Butler, Ann. Nat. Hist., (5), VII, 61, 1880; Seitz, X, 509,
54 b (cf), 1928 ; Schüssler, 160, 630.
190
E.-L. BOUVIER
Genre XI. — 0P0DIPHTHERA Wall.
(PI. VIII, fig. 4).
Opodiphthera Wallengren, Ovj. kong. vet. Ak. handl ., 1858, 161. Austro-
caligula Cockerell in Packard, Mem. nat. Ac. Sc., Washington, XII, 172, 1914 ;
Bouvier, Bull. Hill Mus.. II, 128, 1928; Schüssler, Lep. Cat. 294 et suppl. 686
(pars).
Genre propre à l’Australie orientale et à la Tasmanie où il est également très
répandu. Rothschild fut le premier à mettre en évidence quelques-uns des
traits qui le distinguent : comparant l’australien astrophela avec l'inversa de
Nouvelle-Guinée, il observe que les ocelles du premier sont bien plus grands
que ceux du second, et que la rayure externe des antérieures y est frangée dis-
talement de clair, non proximalement comme dans le second. Ces différences
s’étendent à toutes les espèces affines des deux pays et d’ailleurs ne sont pas
les seules : les rayures internes du dessus sont assez souvent effacées ou absentes,
surtout aux postérieures, dans les espèces australiennes ; quand elles existent
sur ces dernières ailes, toujours elles sont concaves et non convexes en dehors ;
les rayures externes peuvent être onduleuses, mais ne sont jamais lunulaires.
ce qui est presque la règle, surtout aux postérieures, dans les formes de Nou¬
velle-Guinée ; les rayures du dessous, chez ces dernières, sont en même nombre
que celles du dessus et souvent bien plus complexes, dans les formes autra-
liennes, par contre, elles se réduisent à une bande externe toujours simple qui,
parfois ( astrophela ), n’est tout au plus que la transparence des externes dor¬
sales ; les différences sexuelles enfin, sont aussi faibles que possible et limitées
presque à la forme des ailes antérieures qui ne sont jamais falquées chez la Ç>,
tandis qu’elles le sont beaucoup chez le çf dans les formes australiennes supé¬
rieures, notamment dans eucalypti. A ces différences, il faut en ajouter d’autres
qui se manifestent peu à peu dans les ocelles à mesure qu’on s’élève dans le
groupe ; chez astrophela qui semble bien être à la base et encore très voisin des
néo-guinéens, l’anneau ocellaire du dessus des postérieures et du dessous des
antérieures est sensiblement plus épais et plus noir que celui du dessus des
antérieures ; les mêmes différences s’observent dans carnea dont les ocelles
bien arrondis sont d’ailleurs beaucoup plus grands ; dans helena et eucalypti
elles s’exagèrent singulièrement, l’ocelle du dessus des antérieures montre un
mince anneau noir qui double un fin anneau blanc, mais celui du dessous est
tout à fait semblable à celui du dessus des postérieures, avec un anneau externe
noir inégalement épais et un simple croissant bleu-blanc ; quant à l’ocelle
du dessous des postérieures, il rappelle celui du dessus des antérieures, mais
en plus petit et parfois un peu effacé.
Ces différences justifient l’opinion de Cockerell, à savoir qu’il convient de
séparer génériquement les espèces australiennes telles que helena , intermedia et
eucalypti des espèces néo-guinéennes ; mais Cokerell joignit à ces dernières
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
191
plusieurs australiennes, astrophela , fervida qui lui semblaient du même type,
et il proposa, pour les premières, sans aucune diagnose d’ailleurs, le nom d’A ws-
trocaligula. J’ai cru devoir, en 1928, accepter cette dénomination, mais ce fut
certainement à tort. Comme on l’a vu plus haut, en effet, astrophela et fervida.
appartiennent à la même lignée qu 'helena, intermedia et eucalypti ; en les con¬
fondant, sous le nom d 'Opodiphthera, avec les formes néo-guinéennes, Cockerell
réduisait à l’état de synonyme le nom d'Austrocaligula, car le type même du
genre Opodiphthera proposé par Wallengreen n’est rien autre que varicolor,
c’est-à-dire astrophela. Ainsi, le nom d'Austrocaligula doit disparaître, remplacé
par celui d'Opodiphthera qui s’applique en fait aux espèces purement austra¬
liennes. Quant aux formes voisines néo-guinéennes, elles appartiennent à un
genre spécial auquel on ne saurait appliquer, désormais, le nom d 'Opodiph¬
thera et pour lequel j’ai proposé celui de Neodiphthera.
Fig. 57. — Armature cf des Opodiphtera : dans helena, A, vue du côté gauche,
A', clasper vu du côté interne: dans astrophela B, vue dorsale.
Quoi qu’il en soit, en dehors des différences citées plus haut, les deux
genres sont très voisins et appartiennent à une même lignée dont les repré¬
sentants évoluèrent en deux directions suivant qu’ils habitaient les parages
de Nouvelle-Guinée ou les territoires australo-tasmaniens. C’est tout à fait la
même armature sexuelle, seulement avec quelques particularités spécifiques :
dans astrophela (fig. 57, B) l’uncus est étroit, assez fourchu à la pointe, les
claspers sont assez acuminés avec, en outre, une dent interne, et leur lobe
dorsal en lame dentée se termine en dessus par un bord qui dépasse l’uncus ;
dans helena (fig. 57, A) l’uncus est bidenté, le clasper légèrement mucroné
avec un lobe dorsal moins large et plutôt obtus. En fait, par la structure de
leurs claspers qui présentent un lobe dorsal sans indications de lobe latéral,
les deux genres rappellent assez fortement les Syntherata.
Ainsi envisagé, le genre Opodiphthera semble comprendre 7 espèces dont
4 seulement sont bien connues et représentées dans les collections du Muséum :
astrophela , helena et eucalypti qui comptent dans ces collections de nombreux
représentants australiens et surtout tasmaniens, carnea qui est une rare espèce
dont le Muséum possède un beau ç? provenant de la collection Oberthür.
192
E.-L. BOUVIER
C’est en me basant sur l’examen de ces quatre espèces que j’ai pu établir le
tableau suivant où j’ai rangé les autres en tenant compte des diagnoses qu’on
en avait données.
Tableau des espèces
A. A chaque aile, ocelle du dessus à peu près semblable à celui du dessous ; en général,
l’ocelle des postérieures semblable ou presque à celui des antérieures.
B. Une rayure interne à chaque aile, ou tout au moins aux postérieures. Probable¬
ment, toujours collier et costa des antérieures plus foncés que le ton des ailes
et pas de tache apicale. Les rayures ne sont pas dentées, mais les externes
peuvent être un peu ondulées ; jamais de rayure submarginale.
C. Rayure externe des antérieures simplement marginée de clair au bord distal.
anneau externe de l’ocelle des postérieures plus fort que celui des anté¬
rieures.
D. Ocelle des postérieures plus ou moins déprimé et ovalaire ; rayure interne
toujours bien développée aux antérieures, rayure externe des antérieures
touchant la côte où elle s’infléchit plus ou moins. En dessous, ocelle des
antérieures avec l’anneau externe un peu plus fort que celui des posté¬
rieures. Tonalité variant du jaune au chamois rosâtre. (73-101 mm.)
(Australie, Tasmanie). 1. astrophela Wkr.
D". Les deux ocelles arrondis ; en dessous, l’anneau blanc des ocelles esl
complet. Orangé jaunâtre brillant. (Nord du Queensland).
. 2. fervida Jordan.
C'. Rayure externe des antérieures avec un étroit axe blanc bordé de pourpre des
deux côtés. Ocelles petits, ronds, marginés de pourpre aux antérieures, de
noirâtre aux postérieures ; ocelles du dessous encerclés de blanc. Les rayures
externes 'ondulées. Cocons grégaires; ç? pourpre, (çf 84-94) (Nord du
Queensland). 3. saccopœa Turner.
B 1 . Les rayures internes absentes à chaque aile ; rayure externe des antérieures large
et de plusieurs tons parallèles, celle des postérieures étroite en arrière, obso¬
lète en avant. Ocelles arrondis, au moins les postérieurs.
C. Collier et costa gris brun tranchant sur le fond orangé clair des ailes ; rayure
externe des antérieures très large, surtout dans sa partie distale brun jau¬
nâtre qui borde la partie proximale brune, la partie distale épanouie à la
côte et renfermant une tache apicale noire ; ocelles grands, ronds, subé¬
gaux avec l’anneau externe grenat proximalement et noir au côté distal.
(128-140 mm.), (pl. VIII, flg. 4) (Queensland). 4. carnea Sonth.
C'. Collier et costa brun fumeux sur fond brun chocolat ; rayure externe des
antérieures large, fumée foncée, lisérée de gris fumeux sur chaque bord.
Anneau externe de l’ocelle des postérieures plus foncé que celui des anté¬
rieures. Probablement pas de tache apicale. Cocons grégaires sur Loranihus.
(c? 100-145) (Queensland, Brisbana). 5. loranthi Lucas.
G". Plus petit que le précédent, plus grisâtre et ocracé, le thorax sans collier
brun ; rayure externe des antérieures ombreuse, dilatée vers l’apex. Che¬
nilles sur Loranihus, mais les cocons ne sont pas grégaires. (Queensland).
. 8. engaea Turner.
A’. Ocelles très différents sur chaque face , celui du dessous des antérieures très vigou¬
reux, semblable à celui du dessus des postérieures et présentant comme lui un
anneau externe largement noir avec un croissant proximal bleu, l’iris roux avec
petite fenêtre ; celui du dessous des postérieures plus réduit, mais assez semblable
à celui du dessus des antérieures, avec l’anneau externe encore plus réduit et
sans le prolongement distal du croissant bleu ; tous les ocelles du dessus arrondis
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
193
et plutôt grands. Presque toujours une rayure interne à chaque aile, l’externe
des antérieures complexe et se terminant avant l’apex où un lavis rose précède
la tache apicale noire. Antérieures très talquées chez le rf, peu ou pas chez la Ç.
Une raie marginale jaune ou grise aux deux ailes.
B. Pas de tache proximale triangulaire blanche contre la partie intra-cellulaire de la
rayure interne des antérieures. Costa des antérieures foncée. Rayure externe
de ces ailes avec l’axe clair bordé à droite et à gauche par du foncé.
. 7. helena White.
C. Collier gris, costa brun noir ; rayure externe des antérieures peu ou pas ondulée
(cf 95-133 9 133-155 (Australie, Tasmanie). h. helena
C'. Collier blanc, costa ardoisé pourpràtre avec poils gris ; rayure externe des
antérieures ondulée, icf 125-160 Ç 130-170) (Queensland),
. h. inlermedia Lucas.
B'. (Jne tache proximale triangulaire blanche contre la partie intra-cellulaire de la
rayure interne. Assez grandes différences sexuelles : chez le çj 1 , collier et ordi¬
nairement aussi la costa blanc clair ; rayure externe des antérieures assez
étroite et lisérée simplement de clair en dehors ; chez la Ç, costa d’un brun
noirâtre et ordinairement aussi le collier ; rayure externe des antérieures
très large, brun-noirâtre, rarement un peu plus claire dans son axe. (95-125'
(Australie, Tasmanie). 3. eucalypti Scott.
Bibliographie.
1. Antheraea astrophela YValker, List, V, 1255, 1855. Opodiphthera ast. Kirby, Cat.
Lep., Heter., I, 760,1892 ; Schüssler, 227, 683. Austrocaligula ast. Bouvier,
Bull. Bill Mus., II, 128,1928 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII, 54, 1931.
Opodiphthera varicolor Wallengren, loc. cit., 1858, 142. Op. ast. var.,
Schüssler, 227, 684. Antheraea simplex YValker, loc. cit., 1256, 1855 ; Son-
thonnax, loc. cit., Il, 46, pl. XXI, fig. 2 (cf), 3 (Ç), 1899. Op. ast. simplex
Schüssler, 227, 684.
2. Opodiphthera fervida Jordan, Nov. Zool., XVII, 474, 1910 ; Schüssler, 228.
Austrocaligula fer. Bouvier, loc. cit., 128, 1928.
3. Antheraea saccopœa Turner, Proc. Linn. (Soc., X. S. YVales, XLIX, 400, 1924.
Opod. sac. Schüssler, 229.
4. Antheraea carnea Sonthonnax, Lép. Soie, II, 47, pl. XXI, fig. 4 (cf), 1899. Cali-
gula car. Seitz, X, 515, 52 c (cf), 1928. Austrocaligula car. Bouvier et Riel,
loc. cit., 55, 1931. Austr. helena car. Schüssler, 236. (Mus. Paris).
5. Antheraea loranthi Lucas, Proc. Linn. Soc. N. S. \Y r ales, (2), VI, 292, 1891. Cali-
gula lor. Seitz, X, 515, 1928. Aust. lor. Schüssler, 236.
6. Antheraea engea Türner, Proc. Linn. Soc. N. S. YVales, XLVII, 354, 1922. Caligula
eng. Seitz, X, 515, 1928. Aust. loranthi eng. Schüssler, 236.
7. Saturnin helena YY'hite, Ann. Nat. Hist., XII, 344, 1843. Antheraea hel. Sonthon¬
nax, loc. cit., 44, pl. XXI, fig. 1 (cf), 1899. Caligula hel. Seitz, X, 515,
56 A c (Ç), J (cf), 1928. Aust. hel. Bouvier et Riel, loc. cit., 54, 1931 ;
Schüssler, 235, 687.
8. Antheraea intermedia Lucas, loc. cit., (2), IV, 1091, 1890. Caligula int. Seitz, X,
515, 1928. Aust. int. Bouvier, Bull. Hill Mus., II, 128, 1928. Aust. helena
int. Schüssler, 236.
9. Antheraea eucalypti Scott, Austr. lepid., 1, pl. I (chenille, cocon, pupe), 1864.
Caligula eue. Seitz, X, 515, 55 A a (cf, Ç), 1928. Aust. eue. Bouvier et
Riel, loc. cit., 55, 1931 ; Schüssler, 235, 686. Antheraea helena André,
Élev. vers à soie sauv., 126, fig. 70 (cf), 1908.
mémoires du MUSÉUM, nouvelle série, tome tu.
13
194
li.-L. BOUVIER
Les chenilles sont du type saturnien le plus normal ; on voit sur leurs flancs
une ligne longitudinale verte à laquelle s’ajoutent, dans astrophela et fervida,
quatre autres raies du même ton (Jordan, loc. cit. 474) ; il y a fréquemment
des taches vertes sur le reste du corps, comme on l’observe aux jeunes stades
d'eucalypti, espèce où le ton fondamental devient ensuite vert. Les cocons
ovoïdes et sans pédoncules sont généralement isolés, parfois grégaires dans nne
vaste bourse où vivent les chenilles ( loranthi, saccopoea) ; leur pupe a d’ordi¬
naire une tache verte dans la région céphalique. B. Lüddemann ( Ent. Zeits.
Frankfurt, XXVII, 65, 1913) a élevé les chenilles d'eucalypti avec des feuilles
d’ Eucalyptus et d'Echinus molle ; aux deux premiers stades, le ton est gris
avec ligne latérale blanche, aux suivants le ton passe au vert la ligne latérale
prend la couleur vert jaune et les tubercules thoraciques ont une jolie couronne
indigo-bleu, le cocon gris souris est collé au tronc ou aux rameaux. Les cocons
de loranthi, « durs comme du bois », furent trouvés en masses de 40 à 50 sur
un grand plant de gui parasite d’un Eucalyptus. Tepper (Gard. and. Field,
XIV, 63, 1881) a décrit la chenille d'helena et Sonthonnax (Lép. soie, II,
44, 1899), le cocon qui est un barillet brun jaunâtre.
Genre XII. — NEODIPHTHERA nov. gen.
(PL VI, fig. 6)
Opodiphthera Rothschild, Nov. Zool., XI, 601, 1904 ; Rothschild et Jordan,
Deuts. ent. Zeits., 1907, 193; Jordan, Nov. Zool., XV, 256, 1908; Cockerell
in Packard, Mem. nat. Ac. Sc. Washington, XII, 164, 1914 (pro parte) ;
Bouvier, Bull. Bill. Mus., Il, 124, 1928 ; Schüssler, 226 et 683 ( pro parte) ;
Opodiphthera Kirby, Cat. Lep., Heter., I, 760, 1892 ; Rothschild, Nov.
Zool., III, 21, 1896.
Confondu par Walker avec les Antheraea et actuellement encore par W. Nie-
pelt (Intern. ent. Zeits., XXVIII, 113-118, 1934), ce genre est très voisin
des Opodiphthera précédemment étudiés, mais ne saurait être confondu
avec eux comme le pressentit W. Rothschild en étudiant inversa (1896) ;
comparant cette espèce néo-guinéenne avec Vastrophela australien, le savant
auteur observa justement que les ocelles sont beaucoup plus petits dans
inversa et que la rayure externe de cette espèce est marginée de clair du côté
proximal, non du côté distal comme dans astrophela. Ainsi qu’on l’a vu
plus haut, ces différences et quelques autres distinguent les espèces de Nouvelle-
Guinée de leurs formes affines australiennes ; or, c’est pour une de ces der¬
nières, astrophela (qu’il appelait varicolor) que Wallengreen fonda le genre
Opodiphthera (1858), il faut donc réserver ce nom aux formes australiennes
et rejeter celui d 'Austrocaligula que proposait Cockerell pour certaines
de ces dernières, exclusion faite d'astrophela qu’il laissait, dans les Opo¬
diphthera. Conséquence : c’est à tort qu’on désigne sous le nom d'Opodiph-
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
195
thera les formes néo-guinéennes et je propose pour ces formes la dénomination
nouvelle de Neodiphthera.
Considéré de la sorte, le genre Neodiphthera peut être caractérisé comme il
suit : aspect général des Antheraea, genre dans lequel tous les auteurs, inexac¬
tement, rangent encore sciron; toutefois l’apex des antérieures du çf est tou¬
jours beaucoup moins saillant et le bord externe n’y est parfois que peu ou pas
émarginé. Ce dernier trait du çf caractérise un premier groupe, celui de
papuana, tandis qu’il s’étend à toutes les femelles, ces dernières ayant le bord
externe droit ou très légèrement convexe ce qui, dans le 2 e groupe (gr. sciron ),
entraîne une différence sexuelle importante, qu’accentue encore la taille,
beaucoup plus grande que chez le d. Rayure interne des antérieures
semblable à celle des Antheraea , la discontinuité cubitale étant aussi
grande; aux deux ailes absence complète de médiane, l’externe toujours
oblique et éloignée de l’apex, droite sauf parfois à ses extrémités, rarement
lunulaire, presque toujours marginée proximalement d’une raie blanche à
laquelle s’ajoute parfois un liséré foncé, du même ton que la raie distale.
Aux postérieures, l’interne est d’ordinaire convexe, rarement coudée sur
Cu 1 ; l’externe presque toujours lunulaire, simple dans les espèces du 1 er
groupe et dans tenimberensis , formée ailleurs de deux lignes foncées que
sépare une claire.
Dans le 2 e groupe, pas de taches submarginales en dessus et très rarement
des traces en dessous ; ces taches, au contraire, dans le 1 er groupe, souvent
présentes en dessus, notamment aux postérieures, toujours bien développées
sur la face ventrale où elles affectent plus ou moins la forme d’arcs convexes
en dehors et formés surtout de poils blancs, qui émaillent la zone baso-médiane
et se rapprochent en nombre pour indiquer, en arceaux, la rayure externe.
Dans toutes les espèces, sur cette face, nettes indications des rayures internes,
mais dans le 2 e groupe, l’externe est brune, faite de deux raies parallèles sépa¬
rées par une claire. Les ocelles sont toujours médiocres, arrondis, ovales,
ou rétrécis à leur bout externe, avec une petite fenêtre dans un iris générale¬
ment jaune ; dans le cas le plus simple, qui nous est offert par papuana , l’iris
est simplement entouré d’un anneau brun; dans venusta , cet anneau est blanc,
un peu liséré de brun en dehors, l’iris d’ailleurs rouge et, aux ailes postérieures,
envahi distalement par du noir ; dans les espèces du second groupe, on se rap¬
proche davantage de l’ocelle saturnien, l’iris est proximalement bordé de
deux arcs, l’interne rouge, l’externe blanc, l’anneau périphérique brun est
d’ordinaire rougeâtre du côté proximal. En dessous les ocelles sont plus effacés,
sauf parfois dans leur anneau périphérique, et le croissant blanc devient un
anneau complet comme dans venusta.
Les nervures radiales des antérieures naissent toutes d’un pédoncule unique
comme dans les Bunaea et la plupart des Antheraea ; les caractères des pattes
et des palpes rappellent également ce dernier genre, mais les antennes sont
différentes en ce sens que leurs articles terminaux sont fort peu nombreux
-et tranchent à peine sur le reste de l’organe ; sur chaque article, leurs quatre
J 96
E.-L. BOUVIEH
branches sont parfaitement égales chez le çf, très inégales chez la Ç ; l’épi¬
physe est garnie de poils.
L’armature sexuelle du çf (flg. 58) est aussi différente que possible de celle
des Antheraea : le sternite VIII est toujours normal, mais le tergite corres¬
pondant l’est de même, sans la puissante avance en capuchon qui distingue
les Antheraea , ce qui laisse apparent le tergite IX, d’ailleurs bien développé.
L’uncus l’est également, sillonné en dessus, fortement infléchi dans sa partie
terminale qui se divise en fourche ( ceramensis et, d’après Jordan, venustà) ou
forme une paire de dents ( papuana ). Les claspers ne présentent aucune trace
du lobe ventral des Antheraea , mais ils en ont conservé le lobe dorsal qui
naît en dedans et à la base du lobe latéral, lequel est volumineux, convexe,
Fig. 5S. — Armature cT des Neodiphthera : dans ceramensis, A, vue de dos avec le clasper
droit; A', face interne du clasper gaucee ; dans papuana, B, face ventrale avec le
clasper droit.
mucroné ou muni d’une dent, toujours dépourvu des longues soies terminales
si hautement caractéristiques des Antheraea. Le lobe dorsal est d’ailleurs
très particulier, en lame verticale appuyée contre l’uncus, tronqué et plus
ou moins denticulé à son bord postérieur, visible en forme de baguette à son
bord dorsal. Le pénis, très variable, n’est jamais fort développé ; dans pa-
puana , il s’appuie contre le sternite X ; celui-ci, sans coloration spéciale, en
forme de grande lame transverse, tronquée sur son bord libre qui, à l’un de ses
bouts au moins, se termine par une assez longue pointe. — Développement
larvaire inconnu.
Les Neodiphthera sont représentés par les 13 espèces suivantes ; ils semblent
localisés en Papouasie ou Nouvelle-Guinée, par de grandes altitudes, (jus¬
qu'à 6000 pieds), avec extension dans les îles voisines, à Amboine et à
Ceram notamment. C’est peut-être par erreur qu’un mâle et deux femelles
de la collection Oberthür sont indiqués de Kuranda Australie, d’où ils
auraient été rapportés par Dodd ; ces exemplaires sont des N. sciron et se
trouvent actuellement à la Condition des soies de Lyon (Voir E.-L. Bouvier
et Ph. Riel, Lab. études Soie , XVII, 50, 1931).
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
197
Tableau des espèces
A. Antennes à branches noires ; une tache apicale pourpràtre le long de la côte des
antérieures qui ne sont pas talquées ; collier cendré noirâtre, le reste du corps
et des ailes jaune fauve. Rayures pourprâtres, l’externe large, dentée, oblique,
suivie d’une submarginale en points isolés. Ocelles avec anneau brun foncé.
(Ç 16 lignes) (Nouvelle-Guinée). 4. Ç pristina Walker.
A'. Antennes (Vun roux plus ou moins clair ou un peu foncé.
B. Collier blanc , parfois un peu gris ; rayures brunâtres, tirant parfois au rougeâtre
ou au mauve ; l’externe des ailes antérieures oblique, celle des postérieures
simple, lunulaire, ondulée ou irrégulière ; des points ou arcs submarginaux )
au moins en dessous. Ç peu différente du cf ( groupe papuana).
C. Base des épaulettes et région basale de la Costa brunâtre pourpré ; petite
tache apicale aux antérieures. Rayure externe des postérieures lunulaire ou
ondulée.
D. Base des épaulettes et de la région costale des antérieures brunâtres, petite
tache apicale de ces ailes brun rouge ; thorax, abdomen et ailes jaunes,
pattes et palpes aussi, les pattes antérieures et ceux-ci parfois en partie
rougeâtres, la tète roux foncé. Ocelles ronds, à pupille jaune parfois très
pâle ; l’anneau externe brunâtre, très développé partout en dessous
mince distalement en dessus ; franges concolores, un peu plus foncées
que le fond ; rayure externe des antérieures droite, oblique, souvent un
peu lunulaire, celle des postérieures lunulaire ; souvent, en dessus, des
points submarginaux à chaque aile, toujours en dessous. (55-73). (Nou¬
velle-Guinée allemande, anglaise et hollandaise).
. 1. cf, Ç papuana Roths.
(Dans l’ab. nigrooculata Bouv., l’anneau brun des ocelles envahit le
jaune : une $ du Mont Kunupi en Nouvelle-Guinée hollandaise).
D'. Base des épaulettes et de la région costale cramoisie, tache de l’apex des
antérieures subapicale, blanche, à centre noir cunéiforme ; thorax,
abdomen et ailes chamois jaune, tête orange. Ocelles à fine pupille jaune,
alternativement annelée de mauve, jaune, mauve, (rf 72) (Nouvelle-
Guinée anglaise). 2. cf strigata Béthune-Baker.
G 1 . Base des épaulettes étroitement teintée de rouge brun ; tonalité des ailes,
du corps et des appendices rougeâtre, la Costa des antérieures parfois plus
foncée ; pas de tache apicale. Semis abondant de poils blanchâtres sur
l’aire baso-médiane du dessus des antérieures, plus encore sur le dessous
des ailes où ces poils agglomérés dessinent en épaisses lunules les rayures
externes et les arcs submarginaux; en dessus rayures externes foncées, celle
des antérieures plus ou moins frangée de clair du côté proximal, simple
ou sublunulaire, celle des postérieures simplement un peu irrégulière.
Ocelle du dessus des antérieures à pupille rouge, anneau blanc complet, un
peu frangé de rougeâtre surtout du côté proximal ; aux postérieures, le
noir envahit toute la moitié externe de la pupille, la frange rougeâtre devient
plus foncée et entoure fortement l’anneau blanc qui se rétrécit du côté
distal ; en dessous les ocelles plus ternes et moins dissemblables, (cf 65-7 0)
(Nouvelle-Guinée anglaise et hollandaise). 3. cf venusta Roths. et Jordan.
B'. Collier grisâtre ; rayures brunes, l’externe des antérieures oblique, proxima-
lement lisérée d’une ligne claire souvent flanquée proximalement d’une
seconde ligne brune ; celle des postérieures ondulée-lunulaire, lisérée de clair
en dedans, puis d’une ligne proximale brune. Sexes très différents : le cf jau¬
nâtre ou rougeâtre, avec l’apex des antérieures arrondi, saillant sur le bord
198
E.-L. BOUVIER
externe qui est plus ou moins excavé ; la 9 hien plus ample, d’un gris jau¬
nâtre un peu fuligineux, avec l’apex des antérieures aigu ou subaigu, non
saillant sur le bord externe qui est convexe. Ocelles d’ordinaire mieux déve¬
loppés chez le c?, souvent plus étroits distalement ; en dessus d’ordinaire
avec pupille jaunâtre, proximalement précédée d’un croissant rougeâtre, puis
d’un blanc, le tout avec un anneau noir ou noirâtre qui devient parfois rouge
du côté proximal ; en dessous, la pupille jaune est entourée de deux anneaux,
l’un rougeâtre proximalement, noirâtre distalement, l’autre blanc et complet,
mais rétréci du côté distal (groupe sciron.)
1° Femelles (on en connaît peu).
G. Rayure externe des antérieures coudée en arrière nettement du côté du tornus.
D. Rayure externe des antérieures sans inflexion nette à la côte où sa raie brune
externe se dilate ; ocelles pour le moins aussi longs que large ; ailes anté¬
rieures avec l’apex obtus et le bord externe droit ; les deux rayures des
postérieures plus rapprochées en arrière qu’en avant (95-98).
. 7. f. foucheri.
D'. Rayure externe des antérieures infléchie à la côte ; ocelles plus larges que
longs, surtout aux antérieures où ils sont ovalaires.
E. Rayures internes et externes des deux ailes rapprochées en arrière,
ailes antérieures d’ordinaire avec le bord externe un peu convexe et
l’apex plutôt aigu qu’obtus. (110-140). 8. sciron.
E'. Rayures interne et externe des antérieures largement éloignées ; apex
obtus.
F. Ces rayures, aux postérieures, très rapprochées en arrière ; bord externe
des antérieures droit. (125). 6. joiceyi.
F'. Ces rayures, aux postérieures, peu rapprochées en arrière ; bord externe
des antérieures légèrement convexes. (110). 11. monacha.
C 1 . Toutes les rayures simples, l’externe des antérieures sans coude en arrière, à
peine infléchie en avant ; ocelles ovales, surtout les postérieurs. (100;
(Tenimber). 13. tenimherensis Niepelt.
2° Mâles.
C. Aux ailes antérieures une tache claire apicale.
D. Rayure externe des antérieures bien continue jusqu’à la côte ; ocelles à peine
aussi longs que larges ; rayure interne des postérieures convexe, sans
coude net.
E. Rayure externe des antérieures droite jusqu’à la côte et très rapprochée
de l’ocelle qui est normal ; l’apex étroit et peu saillant ; aux postérieures
les deux rayures tangentes à l’ocelle, l’externe irrégulière, peu ou pas
lunulaire. Dessous brun rougeâtre avec poils blancs qui abondent
surtout à la place des rayures externes. (79-82 mm.) (Nouvelle-Guinée
hollandaise). 5. cf talhoti Bouvier.
E'. Rayure externe des antérieures très infléchie à la côte et fort éloignée
de l’ocelle où les parties rouges sont plus atténuées que dans talboti,
l’apex aussi plus large ; aux postérieures les rayures éloignées de l’ocelle,
l’externe régulière et franchement lunulaire. Dessous brun rougeâtre
clair où tranchent les rayures externes qui sont brunes en dedans,
blanches en dehors. (107 mm.) (Nouvelle-Guinée hollandaise).
. 6. rf, joiceyi Bouvier.
D'. Rayure externe des antérieures plus ou moins effacée près de la côte ; l’apex
arrondi et assez saillant ; rayure interne des postérieures convexe, sans
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
199
coude net, l’externe lunulaire, régulière, comme celle des antérieures
bien éloignée de l’ocelle.
B. Rayure externe des antérieures encore assez distincte jusqu’à la côte ou
elle s’infléchit un peu en dedans, cette rayure sans liséré proximal foncé
au bord de sa partie blanche ; ocelles au moins aussi longs que larges.
En dessous, zone baso-médiane chamois avec poils blancs qui abondent
surtout en dehors où ils forment des arcs externes convexes ; au-delà
de ces arcs jusqu’au bord, .ton brun clair, (environ 90 mm.) (Nouvelle-
Guinée). 7. foucheri Bouvier.
F. Bord externe des antérieures bien concave, rayure externe assez effacée,
la partie post-cellulaire de l’interne peu oblique et par suite très
éloignée de l’externe (Yule Island). f. foucheri.
F'. Bord externe des antérieures peu concave, rayure externe peu effacée
avant la côte, la partie post-cellulaire de l’interne très oblique et
assez rapprochée de l’externe (Ile Butneng). (cf 90).
. /. strandi Niepelt.
E'. Ailes antérieures avec apex et rayures de f. foucheri, mais ocelles déprimés
plus larges que longs et la rayure externe des antérieures ordinairement
avec filet brun proximalement à sa partie blanche. En dessous (pl. VI,
fig. 6) (cf 105-120) (Waigiou, Amboine). 8. sciron Westwood.
E". Rayure externe presque complètement effacée vers la côte, où s’efface
également l’interne des postérieures qui est tangente à l’ocelle très
déprimé ; croissant rouge des ocelles remarquablement vif. Coloration
brune du corps et des ailes plus accentuée que dans les espèces précé¬
dentes. (99 mm.) (Nouvelle-Guinée hollandaise).
. 9. intermedia Bouvier.
C 1 . Pas de tache claire apicale aux antérieures.
D. Ocelles plutôt arrondis , rayures complexes à parties claires, l’externe des
postérieures ondulée.
E. Rayure externe des antérieures droite jusqu’à la côte où elle est à peine
effacée, la partie post-ocellulaire de l’externe peu oblique et par suite
bien éloignée de l’externe ; les deux rayures des postérieures éloignées
de l’ocelle, l’externe lunulaire en arrière, l’interne faite de deux droites
qui convergent à angle obtus sur Cub Coloration du dessus fauve
aillant au rouge ; dessous rougeâtre avec semis de poils blancs jusqu’aux
rayures externes qui sont à peine sensibles ; sur cette face, la pupille
ocellaire devient rouge, d’ailleurs plus foncée près du croissant blanc.
Apex des antérieures à peine saillant. (102 mm). (Ceram).
. 10. ceramensis Bouvier.
E'. Rayure externe des antérieures continue jusqu’à la côte où elle s’inflé¬
chit un peu, les rayures des postérieures complètes, l’interne coudée
sur le cubitus, l’externe bien lunulaire. Falcature des ailes antérieures
franche.
F'. Externe des antérieures nettement lisérée de clair, interne des posté¬
rieures fortement coudée; ocelles médiocres (95) (Nouvelle-Guinée
hollandaise). 11. monacha Niepelt.
F'. Liséré clair de l’ocelle des antérieures à peine sensible ; coude cubital
de l’interne des postérieures peu saillant. Ocelles réduits, ceux des
postérieures envahis par le noir. Tonalité cuir moins nette en dessous.
(100) (Nouvelle Poméranie). 12. gazellae Niepelt.
D'. Ocelles ovalaires, surtout les postérieurs; rayures sans raie claire, simples,
pas ondulées ; l’interne des postérieures absente comme chez la Ç. (100
env.) (Tenimber). 13. tenimberensis Niepelt.
E.-L. BOUVIER
200
Bibliographie
1. Opodiphthera papuana Rothschild, Nov. Zoo!., XI, 601, 1904 ; Jordan, Id., XV,
256, pl. IX, flg. 5 (cf), 1908 ; Schüssler, 228, 684. Op. pap. albicera Roth¬
schild, Deuts. ent. Zeits. Iris, 1907, 133. Op. albicera Jordan, loc. cit., 256,
pl. IX, flg. 5 (cf), 1908 ; Schüssler, 227, 683. (Mus. de Tring).
Var. : ab. nigro-oculata Bouvier, Bull. Hilli Mus., 11, 127, flg. 17, 1928.
(9 coll. Joicey).
2. Opodiphthera strigata Bethune. Baker, Nov. Zoo!., XV, 241. 1908 ; Schüssler,
229. (Coll. Bethune-Bakerl.
3. Opodiphthera venusta Rothschild et Jordan, Deuts. ent. Zeits. Iris, 1907, 193
et Jordan, loc. cit., 256, pl. IX, flg. 12 (cf), 1908 ; Schüssler, 229, 684 et
739. Mus. de Tring'.
4. Antheraea pristina Walker, List, Suppl., Pars II, 529, 1865 ; Schüssler, 228.
5. Opodiphthera talboti Bouvier, Bull. Hill Mus., II, 125, flg. 3 (cf), 1928 ; Schüs¬
sler, 229. (Coll. Joicey, cotvpe au Muséum).
6. Opodiphthera joiceyi Bouvier, loc. cit., 124, flg. Il (cf), 12 (9), 1928 ; Schüssler,
228, 738. (Coll. Joitev, < otype au Muséum'.
7. Opodiphthera foucheri Bouvier, Bull. Mus., 197 (cf), 1926 et loc. cit., 130, 1928 ;
Riel, Lép. Soie, Suppl., I, 7, pl. 3 (flg. 4 (cf) et 5 (9), 1934 ; Schüssler, 228.
Op. grisea Bouvier, Bull. Mus., 1926, 198 (9)- Antheraea sciron Niepelt,
Int. ent. Zeits, Guben, XXVIII, 113 (pro parte), flg. 1 (cf), 9 (9), 1934.
Ant. scir. strandi id., 115, flg. 3 et 4 (cf), flg. 7 (9), 1934. Op. pristina
Cockerell in Packard, loc. cit., pl. CXII, flg. a (cf), b (9), 1914. (Mus.
Paris).
Var. : strandi (Ant. sciron strandi Niepelt, loc. cit., fig. 3 et 4 ( cf), 1934 I ;
Schüssler, 739. (Coll. Niepelt).
8. Saturnia sciron Westwood, Proc. Zool. Soc., 1881, 143, pl. XII, flg. 3 ( 9), 1881.
Antheraea. sciron Niepelt, loc. cit., 113 ( pro parte), flg. 2 ( cf), 10(91,1 834 ;
Schüssler, 229, 738. (Brit. Mus.'.
9. Opodiphthera intermedia Bouvier, loc. cit., 126, flg. 14 (cf), 1928 ; Schüssler, 228,
684, 738. ,Coll. Joicey).
10. Opodiphthera cerametisis Bouvier, loc. cit., 126, flg. 12 ( cf ), 1928 ; Schüssler, 228,
684. (Coll. Joicey, cotype au Muséum).
11. Antheraea monacha (Staudinger i. 1.), Niepelt, loc. cit., 116, fig. 6 (Cf), 8 (9),
1934. Op. pristina mon. Schüssler, 228, 738. (Mus. de Berlin).
12. Antheraea sciron gazella Niepelt, loc. cit., 116, flg. 5 (cf), 1934. Op. soi. gaz.
Schüssler, 739.
13. Opodiphthera aslrophela tenimberensis Niepelt, loc. cit., 117, flg. 1 l (Cf), 12 (9).
1934 ; Schüssler, 738. (Coll. Niepelt).
Rothschild (Nov. Zool. III, 21, 1926) appelle inversa une forme où la
rayure externe des poslérieuis est triple, lunulée, a ec trois raies vinacées
dont l’interne est gris rosâtre; Seitz (X, 513, 1928) regarde inversa
comme le rf de sciron, Valephro-ta de Swinhoe (1892) étant la 9- C’est
à revoir.
Genre XIII. PERIS0MENA Wkr.
Perisomena Walker, List, VI, 1276, 1855 ; Jordan, Seitz, Macrol. paléarct.,
Il, 219, 1913 ; Schüssler, 250, 692.
Reconnu par tous les auteurs modernes, notamment par Sonthonnax et
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
201
André, ce genre n'a été défini que par Walker et par Jordan, avec grande pré¬
cision par ce dernier. Ailes à demi-translucides, garnies de fines écailles ; les
antérieures avec l’apex obtus, non saillant, le bord externe droit ou fort peu
concave ; une rayure interne à peu près convexe dans la cellule, un peu en
retrait sur le cubitus, ensuite assez anguleuse en dehors, puis effacée ; une
externe très éloignée de l’apex, légèrement oblique, droite, onduleuse, ses
lunules convexes en dehors ; à quelque distance une rayure submarginale
parallèle, d’ordinaire nette quoique vague ; un ocelle arrondi, avec l’iris garni
de poils ayant la tonalité du fond des ailes et coupé en deux zones inégales
par la discale transverse qui est droite et limite proximalement une fenêtre
Fig. 5'J. — l'ensumenu caecigena : A, l'anciis en dessus ;
A', clasper gauche en dedans.
mal indiquée à cause des poils, autour de l’iris un anneau noir assez fort. Pos¬
térieures avec une interne rentrant à angle au niveau de l’ocelle qui est sem¬
blable à celui des antérieures, mais plus petit ; une externeVonvexe, en zigzags
dans sa région moyenne, une submarginale très vague ou nulle. En dessous,
mêmes ocelles; aux antérieures une rayure externe et une submarginale sem¬
blables à celles du dessus, aux postérieures une interne et une externe se ter¬
minant à la Costa par une forte dilatation noire, l’interne beaucoup plus irré¬
gulière qu’en dessus, l’externe davantage en zigzags. Les ailes variant du
jaune au rose chair où tranchent assez les nervures d’un brun noir; d’ordinaire
un semis d’écailles noirâtres aux antérieures, surtout au voisinage de la Costa
qui est d’un brun roux, avec du noir à la base sur son bord. Le collier protho¬
racique roux vif, tranchant peu sur le reste du thorax qui est d’un roux
plus pâle; l’abdomen jaune, le dessous et les pattes jaune brunissant ; la tête
jaune roux au vertex, plus bas noire comme la région buccale et les palpes,
qui sont fort réduits. Les antennes jaune roux : chez le cf, quadripectinées sur
*02 E.-L. BOUVIER
toute leur étendue, les branches de chaque article fines et égales ; chez la Ç
bipectinées à branches courtes. Tibias des pattes antérieures de la longueur du
tarse, inermes, munis d’une épiphyse nue, obtuse, médiocrement développée
chez le çf, réduite et cachée sous les poils dans la 9- Nervures radiales des
antérieures réduites à deux qui naissent du même pédoncule.
L’armature sexuelle du ç? (fig. 59) montre un large uncus un peu rétréci
non loin de sa base, progressivement dilaté ensuite avec sillon médian, infléchi
et terminé par deux lobes aigus que sépare un bord peu profond et faiblement
échancré au milieu ; un sillon très accentué le sépare du tergite IX. Les claspers
sont réduits à leur lobe latéral qui est excavé et se termine par un bord très
obtus ; en arrière, entre les bases des claspers, on aperçoit une courte saillie
péniale obtuse, en avant sur le vaste plafond qui sépare le pénis de l’anus, le
sternite X est représenté par un petit cône médian suivi par une paire de
saillies plus réduites. Le tergite et le sternite VIII sont minces et normaux.
Il n’est guère d’armature plus simple dans le groupe des Saturnites.
L’unique espèce du genre, P. caecigena Kupido (68-78), habite le Sud-Est de
l'Europe depuis la Dalmatie pour s’étendre jusqu’en Asie Mineure et en Trans¬
caucasie. Une génération annuelle ; l’éclosion a lieu en automne ; les œufs
brillante et aplatis sont marbrés de blanc et de brun, déposés par petits
groupes; ils passent l’hiver et donnent ensuite des chenilles d’abord noires ou
grisâtres, plus vertes, parfois rougeâtres, avec la tête plus foncée, de longs
poils blancs et des tubercules sétifères jaunes, plus développés sur le dos. Ces
chenilles sur le Chêne. Leur cocon est brun foncé, pyriforme, dur, à deux
enveloppes, l’une externe à grandes mailles, l’interne en réseau plus étroit
laissant un peu entrevoir la chrysalide qui, d’après Jordan, est brun clair, avec
« le corps recouvert de pubescence fine et peu serrée, l’avant-dernier segment
beaucoup moins rugueux que les autres » ; le crémaster est « tronqué, tran¬
chant, présentant de chaque côté un faisceau de soies courtes, raides, re¬
courbées ». Packard dit le cocon « ouvert », mais peut-être s’agit-il de ses
mailles.
Bibliographie
Saturnia caecigena Kupido, Neuendeck. Nachtpfau., 1-11, pl. I, fig. 1 et 2 (cf),
3 et 4 (Ç), 1825. Boisduval, Icônes Lepid., II, 171, pl. LXVII, fig. 1 (cf),
2 (9), 1834. Perisomena cae. Walker, loc. cit., 1276, 1855 ; Packard et
Cockerell, Mem. Nat. Ac Sc. Washington, XII, 153, pl. XXX, fig. 8
(chenille) et 9 (cocon), pl. XXXVIII, fig. 2 (nervulation), pl. C, fig. 2 a
(cf), b (9)i 1914 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie., XVII, 48, 1931 ; Schüssler.
251, 692. Per. cae. unicolor Schulz, Ent. Zeits. Stuttgart, XXIV, 64,
1910. Per. cae. wiskotti Strand, Lep. Niep., 19, pl. XII, fig. 13 (9h 1914,
Per. cae. derosata Schawerda; Verh. Zool. bot. ges. Wien, LXIV, 358,1914.
Per. cae. transcaucasica Bang-Haas, Hor. macrol., I, 78, 1927. (Ces quatre
synonymes tenus pour des formes par Schüssler, 253.)
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
20S
Genre XIV. — DIGTYOPLOCA Jord.
(PI. VIII, fig. 5).
Dictyoploca Jordan, Seitz, Macrolép. paléarct., II, 218, 1913; Schüssler,
Lep. Cat., 242 et suppl., 689.
Jordan a séparé ce genre des Caligula à cause des nervures radiales qui sont
réduites à deux (au lieu de trois) et de la structure des antennes dont les
articles terminaux ont une saillie ventrale plus courte, où les cônes sensoriels
sont plus distincts ; chez le çf, les branches du peigne sont moins longues
que chez Caligula , mais, dans les deux genres, la branche apicale de chaque
article est une simple saillie beaucoup plus courte que la dent basale.
Ailes antérieures bien falquées chez le çf, peu chez la $, avec une rayure
interne à peine en retrait sur le cubitus, une bande ou une rayure médiane
en relation avec l’ocelle, une rayure externe en zigzags faite de deux raies
parallèles fort voisines, partant d’une tache apicale noire auréolée de
blanc en dehors et aboutissant au bord interne très loin du tornus, enfin une
raie submarginale blanchâtre très atténuée et réduite parfois à une tache tor-
nale ou à des points. Ocelle d’ordinaire transversalement ovalaire, parfois
arrondi, avec un grand iris garni de poils gris jaunâtre qui laissent à peine
visible une étroite fenêtre en croissant proximal, cet iris en contact avec un
croissant blanc plus long et également proximal, enfin un anneau périphé¬
rique assez large et rougeâtre contigu avec le croissant plus mince ou nul
sur le reste du pourtour. L’aire médiane ordinairement plus claire. Ailes
postérieures à bord convexe, leur rayure interne nette et avec une concavité
médiane parallèle au bord proximal de l’ocelle, une bande médiane en rap¬
port avec celui-ci ; une rayure externe semblable à celle des antérieures,
mais convexe et, à la côte, se dirigeant d’ordinaire vers la rayure interne
avec laquelle son filet proximal se continue parfois ; la raie submarginale
toujours bien développée. L’ocelle arrondi et différent de celui des anté¬
rieures par son anneau externe qui est fort et noir du côté distal ; dans
cachara l’ocelle ressemble assez pour le reste à celui des antérieures, mais
dans les autres espèces, l’iris est noir, enclos dans un anneau iridien jaune gris.
En dessous les rayures internes sont autres qu’en dessus, il y a sur chaque
aile une bande médiane, une rayure externe en zigzags ou onduleuse double,
et une raie marginale plus ou moins vague ; les ocelles ressemblent assez à
ceux du dessus, mais parfois en sens inverse ou assez effacés. Le collier
prothoracique est de ton variable, parfois indistinct ; les pattes antérieures
ont une épiphyse à peu près nue, puissante et longue chez le çf, moins chez
la 9 ; les palpes n’atteignent pas le bord des poils céphaliques, ils ont la forme
d’un gros ovoïde et semblent constitués par la fusion complète de leurs trois
articles.
L’armature sexuelle du çf (fig. 60) est surtout caractérisée par le grand
204
E.-L. BOUVIER
développement et la forme du sternite X qui est formé par deux lames con¬
caves sur leur face interne et assez longuement isolées au moyen d’une large
fissure à leur bout distal rétréci, ces lames se rattachent à la courte avance
sternale contre laquelle naît le pénis ; celui-ci est court, vaguement limité à
son extrémité distale et, dans japonica , il se fusionne à gauche avec une griffe
noire, à droite avec une griffe beaucoup pluslongue qui devient libre dans sa
moitié terminale. La griffe gauche semble faire défaut dans simla où la droite
est presque médiane et sauf à sa pointe, se fusionne avec le pénis. Les claspers
Fig. 60. — Armature cf des üictyoploca : dans japonica, A, pièces médianes vues en
dessous ; A', clasper gauche en dedans ; dans castanea. B, bout distal avec griffe du même
elasper; dans simla, C, pièces médianes en dessous; G', bout distal du clasper droit-
se réduisent à leur lobe latéral qui est obtus et inerme à son bout libre ; un
peu avant ce bord, il présente une épaisse callosité noire qui joue le rôle de
mors et, chez castanea , proémine en une sorte de griffe assez obtuse ; c’est la
seule trace indicatrice d'un lobe dorsal. L’uneus s’isole du tergite IX par un
sillon très accusé, il est large, parcouru du côté dorsal par un sillon médian et,
dans sa région distale fort infléchie, se termine par deux griffes noires large¬
ment distantes et un peu recourbées en dehors. Le segment VIII est normal.
En somme, les affinités avec Copaxa sont réelles, mais lointaines.
Le genre est répandu au Japon, en Mandchourie, en Chine et pénètre jusque
dans l’Assam. On y reconnaît les trois espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. La rayure médiane des antérieures en un lavis roussâtre et large, comme aux pos¬
térieures et en dessous ; rayure externe de ces ailes bien dessinée jusqu’au bord
interne où elle atteint la médiane qui est très éloignée de l’interne. Ocelles arron-
FAMILLE DES SATURNI1DÉS
203
dis, assez grands et subégaux avec l’iris gris jaunâtre contigu à l’anneau externe
qui, aux antérieures; est presque dépourvu de la partie distale noire et épaisse
qu’on observe à celui des postérieures. En dessous, au contraire, l’ocelle des anté¬
rieures est presque identique à ce dernier, tandis que celui des postérieures est
réduit, ovale, assez effacé ; la rayure marginale blanche et accentuée aux deux
ailes par une série de dilations blanches, alors qu’en dessus elle est représentée
aux postérieures par une ligne étroitement lunulaire, aux antérieures par
quelques points. Tonalité brun jaunâtre ou grisâtre peu différente aux anté¬
rieures dans l’aire médiane (pl. VIII, fig. 5.). (çf 90, Ç 96) (Assam).
. 1. cachara Moore.
A'. La rayure médiane des antérieures étroite, foncée et très accentuée, en arrière très
rapprochée de la rayure interne ou fusionnée avec elle ; rayure externe de ces
ailes à partir de Cu 1 brusquement inclinée vers la médiane qu’elle rencontre près
du bord interne. Ocelles inégaux, ceux des antérieures transversalement ovales,
avec l’iris gris jaunâtre en contact avec l’anneau externe qui est mince et rou¬
geâtre au côté distal; celui des postérieures bien plus grand, arrondi ou plutôt
un peu longitudinalement ovale, son anneau externe noir et bien développé en
dehors au contact avec un anneau gris jaune qui représente la partie externe
de l’iris, la partie interne de celui-ci formant un gros noyau noir ou noirâtre,
juste en dehors de la fenêtre ; les ocelles en dessous à peu près de même taille
et de même forme, celui des antérieures souvent avec l’iris noir ou noirâtre,
celui des postérieures avec l’iris brun roussâtre. Rayure submarginale externe
sur les deux faces très atténuée aux antérieures, aux deux ailes avec une tache
blanche près du tornus. Normalement, l’espace compris aux antérieures entre
les rayures interne et médiane a la forme d’un triangle blanc rose, moucheté
d’écailles rouges, souvent continue costalement jusqu’au prothorax où se trouve
un collier de même ton, parfois plus clair ; le reste de l’aile beaucoup plus foncé
avec la marge brune ; aux postérieures, le dessus est rosé autour de l’ocelle et
jusqu’à la côte.
B. Pas de raie transversale blanche sur le métathorax ; partie antérieure (intra-cellu¬
laire) de la rayure interne des antérieures assez longue, rayure médiane d’or¬
dinaire coudée et infléchie en dedans depuis l’ocelle jusqu’à la Costa. Tonalité
très variable, variant du gris jaune au brun rougeâtre, devenant châtain rouge
dans les individus appelés castanea qui se trouvent d’ailleurs dans les
mêmes régions que les représentants les plus typiques. (92-140) (Japon,
Mandchourie et Chine jusqu’au Kouv-tehéou). 2. japoniea Butler.
B'. Une raie transversale blanche sur le métathorax ; partie intra-cellulaire de la
rayure interne très courte ; rayure médiane droite ou peu infléchie en avant
de l’ocelle. 3. simla Westwood.
C. Rayure externe des antérieures distincte tout entière jusqu’au bord interne,
au moins chez le cf ; tornus des postérieures non saillant.
D. La rayure externe exagérée et nettement dentée sur toute sa longueur
(Yunnan).. s. oberthüri Watson.
D'. Cette rayure moins forte avec les dents remplacées par des arcs au milieu
et en arrière; tache blanche apicale grande. Ton châtain rouge (Assam).
. s. jaintiensis Watson.
C'. Rayure externe des antérieures effacée au milieu ou en arrière où les dents
sont remplacées par des arceaux.
D. Tornus des postérieures peu ou pas saillant, sa tache blanche droite. Tona¬
lité brun rouge, (c? 120-135, 9 130-157) (Nord et Nord-Ouest des Indes)
. s. simla.
D'. Tornus des postérieures nettement saillant en lobe, sa tache blanche en
arc. Plus foncé que simla (Chine occidentale, Chengtu).
. s. francki Watson.
506
E.-L. BOUVIER
Dans lesVoe. Zool., XIX, 86 et photo, 1912, J. H. Watson signale un accou¬
plement de japonica cf et de simla $ obtenu par Salmon, et l’élevage soit par
ce biologiste, soit par Watson lui-même, des quelques chenilles issues des
œufs pondus. Nourries d’Aubépine comme les larves d’où sortirent les parents,
ces chenilles donnèrent deux adultes, une 9 stérile et un çf qui l’était peut-être
aussi. La stérilité de ces adultes porte Watson à conclure que japonica et
simla sont bien deux espèces différentes; leur hybride stérile, qu’il appelle
salmoni , a une tonalité intermédiaire entre celle des deux parents, avec des
ailes plus pointues.
Les chenilles de cachara sont, dès l’éclosion, d’un bleu laiteux ainsi que les
longs poils qui les recouvrent (Watson, Rep. Proc. 3 e meeting ent., 836, pl. 130 j
1919) ; comme toutes celles des Dictyoploca, leur corps présente de chaque
côté, au-dessous des stigmates, une ligne latérale claire. Les chenilles de simla
sont d’abord toutes noires, mais, dès le 3 e âge, passent au vert et portent de
longs poils bleu laiteux, leurs stigmates sont alors d’un beau bleu, plus clair
à la périphérie avec, au voisinage, une petite tache rouge située contre la ligne
latérale blanche (E. André, Ëlev. vers à soie sauvages, 204, 1908 ; élevage fait
au Muséum). André d’un côté, Packard et Cockerell de l’autre (Mem. Nat.
Ac. Sc. Washington , XII, 172, pl. XXVIII et XLII, 1914) ont étudié la che¬
nille de japonica , qui ressemble tout à fait d’abord à celle de simla, mais ne
devient verte qu’au stade suivant et présente au voisinage des stigmates
quelques taches noires, pouvant même anormalement rester noire presque
en entier. Ainsi, japonica s’éloigne le plus de cachara qui semble être l’espèce
primitive du genre. Les deux tubercules dorsaux du 8 e segment abdominal
y sont tout à fait indépendants, comme sans doute aussi dans simla et peut-
être cachara. Les cocons sont à double enveloppe, ouverts à un bout, largement
treillissés dans japonica et simla, beaucoup moins dans cachara. D’après Jor¬
dan, la chrysalide de Dictyoploca est très ridée, l’extrémité de l’abdomen y
est tronqué, presque droite, tranchante, avec des soies courtes logées de chaque
côté dans une dépression. Pour japonica et simla, l’adulte éclôt en automne
et les œufs passent l’hiver pour donner les chenilles au printemps ; dans leur
pays d’origine, celles-ci sont très polyphages et, chez japonica tout au moins,
passent indifféremment du Châtaignier et du Peuplier, au Noyer, au Cam¬
phrier et au Gingko. Dans les élevages effectués en Europe, elles ne sont pas
plus difficiles et se contentent de l’Aubépine ou du Chêne.
Bibliographie
1. Caligula cachara Moore, Proc. Zool. Soc., 1872, 578. Dictyoploca cach. Seitz, X.
55 B b (cf), 1928 ; Schüssler, 243, 689. Saturnia cach. Hampson, Moths
Brit. Ind., I, 24,1892.
2. Caligula japonica Moore, Trans. ent. Soc. London (3), I, 322, 1862. Dictyoploca
jap. Jordan, loc. cit., 218, 32 c (cf), 1913 ; Shinoda, Mem. Coll. Scient.
Kyoto, (B), II, 115, 1926 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII, 48, 1931 ;
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
207
Schüssler, 244, 689. Sciturnia jap. Oberthür, Bull. Soc. ent. France,
p. XLVIII, 1886.
Var .-.castanea Swinhoë in Jordan, loc. cit., 218,32 c ( cf ),1913 et manonis
( D. manonis Matsumura, Coll. agr. Hokkaido, XIX, 51, pl. III, flg. 6
(cf), 1926; Schüssler, 246, 691.
3. Saturnin simla Westwood, Cab. orient. Ent., 41, pl. XX, flg. 1, 1847. Antheraea
sim. Walker, List, V, 1249, 1855. Caligula sim. André, Élev. vers à soie
sauv., 204, flg. 98 ($), 99 (cocon), 1908. Dictyoploca sim. Packard (et
Cockerell), loc. cit., pl. XCVIII, flg. 3 a ( cf), 36(9), 3c (pupe), 3 d (cocon),
1914 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 48, 1931 ; Schüssler, 246, 691.
Var. : oberthüri Watson, Trans. Manchester ent. Soc., 1919, 35 ; —
franchi. Id., 35, pl. I, flg. 1 ; — jaintiensis Watson, Entomologist,
36, avec flg., 1927.
Genre XV. — ERIOGYNA Jord.
Eriogyna Jordan, Seitz, Macrol. paléarct., II, 211 ; Schüssler, 273, 700.
L’unique espèce ( pyretorum Westwood) de ce genre fut extraite des Saturnin
par Jordan du fait que les radiales des antérieures sont au nombre de deux
seulement, et que l’extrémité anale de l’abdomen se dilate et se recouvre de
poils chez la Ç. Les ailes antérieures sont un peu falquées avec l’apex large¬
ment obtus sur un bord externe très peu concave ; leur rayure interne com¬
mence au bord radial de la cellule, fait très légèrement saillie sur le cubitus,
puis décrit une concavité pour atteindre le bord interne ; elle est large, d’un
brun noirâtre comme la partie post-costale du bord anal, la tête, la face infé¬
rieure de la région thoracique avec les pattes ; la rayure externe double com¬
mence un peu après la côte, elle forme de profonds zigzags, sauf avant
d’atteindre le bord interne, précédée par une légère médiane qui avoisine
les sommets internes des zigzags, touche l’ocelle puis est interrompue par le
grand angle post-ocellaire de la rayure externe ; il y a une ligne submarginale
noire et parallèle au bord externe, cette ligne commence par un point pré¬
apical isolé, par un second qui est un peu en arrière, puis se dilate en points
noirs dont les trois premiers sont au sommet des angles correspondants des
zigzags. La zone marginale d’un brun jaune est séparée de la rayure submargi¬
nale par une large zone blanche ; à l’apex, deux taches rouges; sont en blanc
ou en blanc grisâtre toutes les autres parties de l’aile, sauf l’espace gris brun
compris entre la submarginale et la rayure externe ; la Costa est blanche à sa
base comme le collier prothoracique. L’ocelle est rond, encerclé de noir, avec
un iris brun roux qui présente une minuscule fenêtre et qu’entoure un anneau
jaunâtre ; entre cet anneau et l’externe, on trouve au côté proximal un crois¬
sant bleu liséré distalement de brun. Les ailes postérieures ont une rayure
interne concave dans la partie qui regarde l’ocelle, lequel est semblable à
celui des antérieures, mais un peu moindre ; on observe, comme à ces dernières,
une rayure externe en zigzags, une submarginale, une zone blanche et une zone
marginale jaune brun, toutes ces parties convexes et la submarginale en
contact avec l’externe, sauf en arrière ; les aires médiane et interne sont
208
E.-L. BOUVIER
blanches. Antennes rousses, quadripectinées, les branches du peigne assez:
longues et subégales sur chaque article, la branche antérieure à peine saillante
chez la $ où la basale est peu allongée ('). Palpes très réduits, d’une seule
pièce grêle qui n’atteint pas le front ; tibia antérieur du cf avec une forte épi¬
physe rétrécie distalement et garnie de longs poils au voisinage du bord
externe.
Armature du çf (fig. 61), avec l’uncus large, séparé du tergite IX par un
fort sillon, sa partie infléchie se terminant par deux griffes assez divergentes ;
le sternite X en deux lames concaves, sub-
aiguës, fusionnées sauf vers la pointe ; dans
la loge ainsi faite un pénis assez développé
sans griffes ni pointes annexes. Claspers d’un
seul lobe, largement obtus dans leur partie
distale qui, sur le bord ventral, est précédée
par un petit denticule, seule indication du
lobe ventral. Les affinités avec Dictyoploca
sont évidentes, malgré l’absence de griffes
péniales.
La chenille broute sur le Liquidambar
formosana et le Camphrier ; elle présente
des raies longitudinales les unes jaunes, les
autres bleu turquoise, et des poils jaunes
hérissés ; à l’état de maturité, on tire de ses
glandes à soie des fils à pêche excellents,
supérieurs, semble-t-il, à ceux qu’on obtient
des Saturnides voisins ou des autres sérici-
gènes ; d’après André on exporte chaque
année plus de 7.000 kilogrammes de ces fils ; c’est à Haïnan surtout que
domine cette industrie. Le cocon est ovoïde, long, dur et de tissu serré, gris
noirâtre, ouvert à un bout ; dans certaines régions du Tonkin, d’après
André, le papillon vole dès le début de l’année.
Watson reconnaît dans l’espèce les cinq formes suivantes ( Trans. Manchester
ent. Soc., 1911), auxquelles il convient d’en ajouter une nouvelle tonkinensis.
Tableau des variétés de E. pyretorum.
A. Raie submarginale des ailes antérieures pour le moins aussi large que la margi¬
nale brunâtre.
B. Rayure interne des postérieures beaucoup plus près de l’ocelle que de la base.
C. Aires médiane et basale des postérieures surtout blanches ; encore beaucoup
de blanc dans l’aire médiane des antérieures.
1. D’après Jordan, il n’y a pas de cônes sensoriels sur la saillie ventrale des articles-
terminaux des antennes.
FAMILLE LES SATURNIILÉS
->«9
D. Rayure interne des antérieures peu ou pas à angle sur le cubitus ; 2 e tache
rouge de ces ailes médiocre; marge brune bien accentuée. (Mandchourie,
N. de la Chine, Haut Tonkin). p. pyretorum.
D. Rayure interne des antérieures assez étroite et en deux courbes, concaves
en dehors, qui se rencontrent à angle saillant sur le cubitus ; blanc moins
pur, 2° tache rouge plus grande ; marge des ailes peu accentuée. (Haïnan)
. p. pearsoni Watson.
C'. Aires médiane et basale des postérieures à blanc sale, le blanc des antérieures
fort réduit. Ton foncé. (Chine de l’ouest et du centre) p. cognata, Jordan.
B’. Rayure interne des postérieures au moins aussi près de la base que de l’ocelle ;
le blanc des ailes bien développé, (du Sikkim à l’Annam, Tonkin).
. p. cidosa Moore.
A. Raie submarginale blanche des antérieures bien plus étroite que la marginale bru¬
nâtre.
B. Cette raie notablement plus étroite que la brunâtre. Sur le reste des ailes, le
blanc à peu près comme dans pyretorum. (Tonkin).. p. tonkinensis nov.
B'. La raie blanche très étroite ; le reste des ailes à peu près partout noir-brunâtre.
(Chine occidentale). p. luctifera Jordan.
L’envergure varie de 68 à 120 mm. ; elle paraît atteindre son maximum
chez pyretorum. Dans la longue série des exemplaires du Muséum, aucun ne
se rapporte à cidosa que tous les auteurs, sauf Watson, identifient avec pyre¬
torum. D’après des éclosions obtenues au laboratoire, cognata se distingue par
ses cocons plus allongés et plutôt noirâtres ; ceux de tonkinensis sont gris et
proviennent de Phu-Lang-Thuang, d’où ils furent rapportés au Muséum par
M. Jabouille.
Bibliographie
Saiurnia pyretorum Westwood, Cab. orient. Ent., 43, pl. XXIV, flg. 2(9). 1847 ;
André, Élev. vers à soie sauv., 197, fig. 95 (9), 1908. Eriogyna pyr. Jor¬
dan, loc. cit., 221, 31a (cf, 9), 1913 ; Bouvier et Riel, Lab. soie, XVII.
44, 1931; Schüssler, 274, 701. Heniocha pyr. Kirby, Cat. Lep. Heter.,
I, 771,1892.
Var. : pearsoni Watson, Trans. Manchester ent. Soc., 2, 1911, (Coll.
Watson) ; Packard (et Cockerell), Mem. Nat. Ac. Sc. Washington,
XII, pl. XCVIII, flg. 2a (cf), 2 6 (9), 2 c (œuf), 2e, f (cocon), 1914 ;
Schüssler, 276. — cognata Jordan, loc. cit., 221, 31 a (cf), 1913,
(Tring Mus.); Schüssler, 276, 701. — cidosa Moore, Trans. ent.Soc.
London (3), 11,423, pl. XXII, flg. 2 (9) 1865 (Saturnia)\ Schüssler,
276, 701. — luctifera Jordan, loc. cit., 221, 31 a (cf), 1913, (Tring
Mus. .
Genre XVI. — CALIGULA.
(Pl. V, flg. 7).
Caligula Moore, Trans. ent. Soc. London (3), I, 321, 1862 ( pro parte) ;
Jordan, Seitz, Macrol. paléarct., II, 217, 1913; Schüssler, Lép. Cat., 237 et
suppl., 687.
Ce genre, pourtant fort net, a subi de nombreuses vicissitudes; établi par
Moore pour thibeta, il fut insuffisamment défini par son auteur 1 lequel crut de vori
mémoires du muséum, nouvelle série, tome iu. 14
•210
E.-L. BOUMER
y faire rentrer japonica et simla qui sont des Dictyoploca; Rothschild étendit
encore son extension en ajoutant aux espèces précédentes les espèces austra¬
liennes du genre Opodiphthera. Seitz alla plus loin dans cette voie par l’addi¬
tion de zuleika qui est un Rinaca ; Gockerell (dans Packard) fait de même,
toutefois en rattachant thibeta à ce dernier genre ; dans Kirby Caligula est
un mélange de Dictyoploca , d’ Opodiphthera et d’ Antheraea et ne trouve nulle
place pour thibeta qui devient un Rinaca ; enfin Sonthonnax limite le genre à nos
Dictyoploca et range thibeta parmi les Saturnia. C’est à Jordan que revient le
mérite d’avoir jeté une vive lumière dans cette obscurité, surtout en montrant
que les Caligula se distinguent des Dictyoploca par leurs ailes antérieures qui
présentent trois nervures radiales au lieu de deux, et par leur cellule qui est
fort rétrécie à la base, d’ailleurs de moitié aussi longue que les ailes.
Ailes antérieures chez le cf parfois très falquées (thibeta), assez fortement
(boisduvalï) ou fort peu ( jonasi ), ce dernier cas étant de règle chez la $ ; apex
largement obtus ; rayure interne un peu interrompue sur le cubitus, sa partie
intracellulaire bien distincte de l’autre, parfois ses deux parties en une ligne
droite fort oblique, avec une simple lacune sur le cubitus (thibeta)', aux deux
ailes une rayure médiane simple ou en zigzags et une externe double faite en
partie ou presque totalement de zigzags dont les plus voisins de l’apex, aux
antérieures, sont toujours bien plus saillants, très rarement effacés (jonasi) ;
en dehors, une submarginale continue ou discontinue, ordinairement noire,
qui présente sur son bord externe une bande claire souvent divisée en taches,
enfin une zone marginale beige ou grise, traversée sur toute sa longueur par
une raie plus claire ; aire interne souvent occupée en arrière de la cellule par
une zone foncée, sa partie antérieure du même ton clair que l’aire médiane ;
entre les rayures externes et la submarginale une zone externe foncée ; à la
côte un peu avant l’apex une tache noire, et à l’apex un peu en arrière un
arc plus ou moins de rouge.
Ocelle avec un anneau noir périphérique, parfois brunâtre dans sa partie
proximale; en dehors, contre la petite fenêtre, un iris noiret,du côté proximal,
un croissant blanc parfois contigu à l’anneau externe (extenso), d’ordinaire
séparé de celui-ci par un arc rouge, le reste étant occupé par des poils rou¬
geâtres, ou gris brun (extensa) qui se différencient parfois (arma) en rouge
plus vif entre la fenêtre et le croissant blanc. Postérieures avec une rayure
interne concave du côté de l’ocelle, une médiane parfois réduite (grotei) à sa
moitié postérieure, puis les mêmes raies et rayures qu’aux antérieures, mais
convexes et la double rayure externe plus régulièrement en zigzags ; l’ocelle
comme aux postérieures mais souvent sans iris noir.
Dessous avec les rayures du dessus, mais l’interne manque d’ordinaire aux
antérieures et, aux postérieures, a une toute autre forme qu’en dessus; la
double rayure externe est beaucoup plus régulièrement en zigzags et, sauf
dans extensa, diffère ainsi beaucoup de celle du dessus. Les ocelles sont
d’ordinaire à peu près semblables, parfois de taille un peu différente et de
tons plus atténués. Antennes, dans les deux sexes, assez semblables à celles.
FAMILLE DES SATURNIIDKS
âll
des Dictyoploca. Épiphyse bien développée chez le cf, nue ou avec quelques
courts poils, en sabre aigu (anna, grotei), en long rectangle brusquement
rétréci au bout libre ( fallax ), ou largement obtuse en ce point (jonasi). Épi¬
physe de la 9, réduite. Un collier plus ou moins clair au prothorax. Abdomen
de la 9 sans dilatation ni poils spéciaux.
Armature sexuelle (fig. 62) du type Dictyoploca dont le genre est fort voisin;
mais l’uncus plus étroit, plus long, plus infléchi, avec ses lobes terminaux en
griffes longues et très divergentes ; d’ordinaire ( grotei , jonasi) il reste assez
éloigné du sternite X, mais dans boisdnvali fallax il est si long et si infléchi
Fig. (isi. — Armature çf des Caliyula : dans jonasi, A, vue en dessous : dans boisduvali,
B, parties médianes en dessous ; dans anna, C, bout de l’uncus. G', bout distal du
clasper gauche, C", sternite X avec le pénis p et sa base.
qu’il s’applique presque contre ce dernier ; il y a toujours au moins une forte
épine noire sur l’avance sternale qui forme base au pénis ; le lobe claspérien
ventral est indiqué aussi par une forte épine.
Le genre s’étend au nord de la Russie ouralienne au Japon et, au Sud, du
Karakorum au Tonkin à travers la chaîne himalayenne. Il comprend les six
espèces suivantes.
Tableau des espèces
A. Rayure externe des antérieures en zigzags ou en arceaux convexes en dehors sur toute
son étendue ou presque, la médiane de ces ailes de même, au moins au milieu et
en arrière ; la submarginale sur son bord externe avec une série de taches claires
nervurales parfois un peu confluentes.
B. Ocelles arrondis, ceux des antérieures nettement plus forts; taches submarginales
aux deux ailes ; rayure externe de ces ailes très voisine de l’ocelle ou tan¬
gente.
C. Aux postérieures une rayure médiane en zigzags complète', partie post-cellulaire
de l’aire interne des antérieures brun foncé.
212
E.-L. BOUVIER
D. cf Taches submarginales jaunes de même qu’une série de points marginaux,
la raie submarginale noire faite de courts arceaux convexes en dehors ;
collier jaune, le thorax noir à son contact, brun en arrière avec raie
blanche au métathorax ; abdomen gris brun à raies ; dessous du corps
noirâtre avec parties rose par endroits et sur les pattes ; ailes à fond
jaune moucheté d’écailles noires ; base des ailes postérieures gris noir:
dans Taire médiane un peu de rose avant l’ocelle. Iris noir bien développé
aux deux ailes. O à taches submarginales, collier blanc (pl. V, fig. 7).
(cf 90) (Darjeeling, Chine). 1. anna Moore.
D . Taches submarginales blanchâtres, la raie submarginale en arceaux for¬
tement convexes aux deux ailes ; collier blanc, reste du thorax brun
rouge comme Taire interne des deux ailes, celles-ci gris et blanc; abdomen
blanchâtre à raies noirâtres. Une 2 e tache apicale noire, à la naissance du
bord externe. Pas d’iris noir à l’ocelle des ailes postérieures. (90-95'
(Thibet). 2. bieti Oberthür.
C'. Aux postérieures rayure médiane réduite à sa partie post-ocellaire ; la base
des deux ailes roux fumeux ; raie submarginale noire peu ou pas interrom¬
pue, mais assez régulière aux deux ailes, ses taches claires gris rosé, plutôt
confluentes; collier grisâtre, dos du thorax et de l’abdomen brun noir;
dessous du corps et partie des pattes surtout rosâtres ; ton des ailes noirâtre,
mais l’aire médiane des postérieures rouge. Iris noir aux antérieures seule¬
ment, mais réduit, (cf 80, $ 85) (Darjeeling). 3. grotei Moore.
B'. Ocelles subégaux , rarementtous arrondis,l'antérieur d'ordinaire transversalement
ovalaire et un peu plus petit que le postérieur. Rayure externe des antérieures
très éloignée de l’ocelle.
G. Ocelle antérieur, transversalement ovalaire, le postérieur rond, ou distalement
allongé ; rayure interne des antérieures droite, très oblique, simplement un
peu interrompue sur le cubitus ; rayure externe très en zigzags près de
l’apex, la médiane des postérieures complète et partout en zigzags. Collier
blanc ou gris, thorax plutôÇclair avec un peu de blanc en arrière ; abdomen
et dessous surtout blanc rosâtre. Iris noir très réduit aux antérieures, plus
grand aux postérieures. (125-145). 4. thibeta Westwood.
D. Partie antérieure de la rayure médiane des antérieures concave en dedans,
submarginale des postérieures parfois en contact avec une raie claire,
un peu fauve, comme les taches des antérieures ; fond des ailes ocre, par
endroitsavec lavis rouge. (N.-E. de l’Himalaya).. t.thibeta Westwood.
D'. Partie antérieure de la médiane presque droite ; aux deux ailes des taches
submarginales. Ces taches et le fond des ailes plus blancs que dans thibeta.
(Darjeeling, Tonkin). t. extensa Butler.
C'. Ocelles de même forme, rayure interne des antérieures coudée en dehors sur
le cubitus-, rayures externes et submarginales en arceaux convexes, les mé¬
dianes nettes seulement en arrière des ocelles. Tonalité brun grisâtre. (85).
. 5. lindia Moore.
D. Collier gris, ocelles ronds.
E. Iris net aux deux ailes; taches submarginales délavées (N.-E. de l’Inde).
. I. lindia.
E'. Pas d’iris noir aux postérieures ; taches gris blanc vif.. I. bonita Jordan.
D'. Collier blanc, ocelles transversalement ovalaires, surtout aux postérieures,
grands ; arceaux submarginaux avec auréole blanche qui se dilate sur
les nervures ; iris noir à tous les ocelles ( Ivarakorum).. I. sillemi Bouvier.
A’. Rayure externe des antérieures au milieu et en arriére sans zigzags, parfois aussi
en avant, toujours très rapprochée de l’ocelle ou tangente, postérieurement
fort voisine de la médiane qui se rapproche beaucoup de la portion post-cellulaire
FAMILLE DES SATL'RNllDÉS
il3
de l’interne, portion en retrait sur l’intra-cellulaire; la médiane d’ailleurs
toujours sans zigzags, celle des ailes postérieures réduite en dessus, en dessous
en bande rousse très accentuée aux deux ailes ; submarginale du dessus con¬
tinue, en arceaux ou irrégulière, bordée distalement par une auréole claire
parfois peu nette. Une tache apicale noire en dessus et en dessous aux anté¬
rieures ; portion post-cellulaire de l’aire interne rousse ou rougeâtre ; tonalité
des ailes variant du roux au brun rougi, avec ton rose dans l’aire médiane des
postérieures ; collier blanc sur le prothorax et, en arrière, sur le métathorax ; le
reste du corps variant du châtain au roux, plus clair sur l’abdomen. Iris réduit
ou nul.
B. Rayure externe des antérieures avec quelques zigzags nets vers la tache apicale,
apex un peu saillant sur le bord externe peu concave. 6. boisduvali Bversinan.
D. Rayure médiane des antérieures très nette à ses deux bouts, l’antérieur
brun roux progressivement dilaté vers la côte, le postérieur presque droit
et brun foncé, la partie médiane touchant ou coupant l’ocelle, parfois
touchant aussi la rayure externe. Ocelles arrondis ; rayure submarginale
continue aux deux ailes, peu régulière et bordée de blanc en dehors.
B. Ocelles peu inégaux, le postérieur souvent allongé en dehors et alors
longitudinalement ovalaire ; tons gris jaune terne, peu contras¬
tants ; partie post-cellulaire de l’aire interne des antérieures rouille.
(69-93) (De la Russie orientale au Baïkal). b. boisduvali.
E\ Ocelle postérieur ordinairement plus petit; ailes brunes, lavées de
rose ou de rouge, la partie médiane plus claire, très contrastante ;
partie post-cellulaire de l’aire interne des antérieures rouge ou
orange. (72-88) (Mandchourie). b. fallax Jordan.
B". Tons moins contrastants, plus ternes, moins lavés de rouge. (78-84'
(Chine orientale). b. chinensis Rebel.
D'. Rayure médiane des antérieures très réduite ou nulle en arrière, nette en
avant. Ocelles transversalement ovalaires, l’antérieur plus grand ;
externe avec les zigzags antérieurs réduits à un Z très oblique. Bordure
claire de la submarginale à peine sensible aux antérieures, nulle aux
postérieures. Ton brun jaune clair assez uniforme; partie post-cellulaire
de l’aire interne rouille. Iris nuis. (Ç 87, Mus. de Paris) (Thibet oriental).
. b. meridionalis nov.
B'. Rayure externe des antérieures indistincte en avant et sans traces nettes de zigzags ;
rayure médiane comme dans la section D ci-dessus. Apex des antérieures bien
saillant sur le bord externe bien concave. Ocelles transversalement ovalaires,
médiocres ; aux antérieures, bordure claire de la submarginale faible ou nulle,
partie post-cellulaire de l’aire interne rouge. Ton brun jaune foncé, parfois
un peu rose, assez contrastant. (75-100 (Japon). 7. jonasi Butler.
La forme la plus grande et aussi la plus méridionale est la variété extenso,
dont le Muséum possède un représentant très clair qui provient deChapa, au
Tonkin ; cet exemplaire est le type cf de VAntheraea bonhourei récemment
décrit et figuré par Le Moult (Novitates entomologicae, III, 23, pl. III, fig. 4,
1933). Jonasi est une espèce japonaise; comme l’a observé Jordan (loc. cit.,
217) le jonasi de Staudinger {in Romanofî, Mém. Lépid., VI, 325, 1892), qui
habite la Mandchourie, doit être identifié avec fallax.
On est peu renseigné sur les stades larvaires des Caligula. D'après Jordan,
la chenille de boisduvali est verte avec une strie longitudinale brun noir qui
disparaît à maturité ; les verrucosités des deux rangées dorsales sont jaune-
214 E.-L. BOUVIER
rougeâtre. D’après Oberthür (Bull. Soc. ent. France, 1886, p. XLVI) elle serait
noire avec deux taches dorsales rouges et broute sur Betula, Pyras baccata,
Tilia ; il s’agit probablement de la forme jallax, dont le Muséum possède un
cocon provenant de la collection Oberthür et qui répond très bien à la descrip¬
tion de cet auteur : « la chrysalide repose dans un réseau à mailles très claires ».
comme dans « une nacelle » beaucoup plus large que son corps noirâtre et très
apparent. Le papillon apparaît en automne. Moore observe que la chenille
de thibeta est « verte, enveloppée de longs poils blanc-verdâtre serrés » ; cette
chenille broute sur Andromeda ovalifolia et sur le Cognassier commun ; son
cocon, ouvert comme celui de boisduvali, est à mailles réticuliformes ; dans
extenso , d’après la figure de Cockerell (XCVIII, fig. 1, cf,Ç, cocon, chrysalide),
le cocon ovoïde présente des mailles plutôt étroites. Jordan note que la chry¬
salide des Caligula est granulée, rugueuse, avec un crémaster tronqué et
émarginé, dont chaque angle porte un faisceau de soies raides logées dans une
dépression.
Bibliographie
1. Salurnia anna Moore, Proc. Zool. Soc., 1865, 818. Caligula anna Jordan, loc. cit.,
II, 218, 1913 ; Seitz, X, 516, 55 Ac (cf), 1928 ; Bouvier et Riel, Lab. soie,
XVII, 47, 1931 ; Schüssler, 238, 687.
2. Saturnia bieti Oberthür, Études d’ent., XI, 31, pi.' VII, fig. 58 (Ç), 1886. Cali¬
gula bieti Jordan, loc. cit., 218, 32 a (cf), 1913 ; Schüssler, 239, 687.
3. Saturnia grotei Moore, Proc. Zool. Soc., XXVII, 265, pl. LXV, fig. 2 (cf), 1859.
Caligula gr. Schüssler, 240, 688.
4. Saturnia thibeta Westwood, Proc. Zool. Soc., XXI, 166, 1853. Antheraea thi.
Walker, List, 1250, 1855. Caligula thi. Jordan, loc. cit., 217, 34 a (cf).
1913 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 47, 1931 ; Schüssler, 42, 689. Rinaca thi.
Kirby, Cat. Lep., Heter., I, 761, 1892.
Var. : extensa [Rinaca extensa Butler, Lep. Heter. Brit. Mus., V, 61,
pl. XCIV, fig. 2 (cf), 1881. (Mus. brit.). Ri. thi. ext., Cockerell in
Packard, Mem. Nat. Ac. Sc. Washignton, XII, pl. XCVIII, fig. 1
(cf, 9), cocon, pupe, 19'4 ; Cal. thi. ext. Schüssler, 242, 689. Antheraea
bonhourei Le Moult, Nov. ent., III, 21, pl. IV, fig. 1,1933. (Mus. Paris).
5. Saturnia lindia, Moore, Trans. ent. Soc. London, (3), II, 424, pl. XXII, fig. 3 (cf),
1865. Caligula lin. Jordan, loc. cit., 23, 32i(cf), 1913; Schüssler, 241,
688. Saturnia hockingii Moore, Proc. Zool. Soc., 402, 1882, Cal. lin. hoc.
Schüssler, 241, 689.
Var : bonita (Cal. lin. bonita Jordan, loc. cit., 218, 1913; Bouvier et
Riel, loc. cit., 47, 1931 ; Schüssler, 241. (Tring Mus.). — sillemi (Cal.
thi. sillemi Bouvier, Vister Kara Korum, 1,371, pl. I ($), 1935. (Mus.
d’Amsterdam'.
6. Salurnia boisduvali Eversmann, Bull. Soc. Nat. Moscou, XIX, pars II, 83, Pl. 1,
fig. 1 (cf) 1846. Caligula boisd. Jordan, loc. cit., 217, 1913 ; Bouvier et
Riel, loc. cit., 47, 1931 ; Schüssler, 239, 688.
Var. : fallax (Ca. boisd. fallax Jordan, loc. cit., 217, 31 d (cf comme
boisduvali), 1913 ; Schüssler, 240). (Tring Mus.). — chinensis Rebel,
Verh. zool. bot. Ges. Wien, LXXIV-LXXV, 143, 1925(1926) (Mus.
de Vienne) ; Schüssler, 240.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
21D
7. Caligula jonasi Butler, Ann. nat. Hist., (4), XX, 479, 1877 (Mus. brit.) ; Bouvier
et Riel, loc. cit., 47, 1931. Cal. boisd. jonasi Jordan, loc. cit., 218, 32 b
(cf), A ($), 1913 ; Schüssler, 240, 688. Neoris jonasi Kirby, loc. cit., 761,
1892.
Genre XVII. — SATURNIA Schrank.
(PI. II, fig. 3).
Saturnia Schrank. Fauna Boica, II (1), 149, 1802 ; Jordan, Seitz, Macrol.
paléarct., II, 220, 1913 ; Schüssler, 253, 693, 16, 36. Pcwonia Hübner,
Verzeichniss, 157, 1822.
C’est Schrank qui a eu le mérite de séparer les Saturnia de la foule des
Bombyx signalés à la suite de Linné par les anciens auteurs, et Hübner n’a
fait que marcher sur ses traces en limitant ce genre à quelques espèces euro¬
péennes que Linné considérait comme des variétés de son type pavonia. Mais
ces espèces elles-mêmes appartiennent à deux types génériques : l’un qui cor¬
respond au pavonia major de Linné et qui, sous le nom de pyri doit conserver
le nom de Saturnia parce qu’il occupe la première place dans le travail de
Schrank ; l’autre, pour lequel Jordan a proposé le nom à'Eudia et qui s’étend
au pavonia minor de Linné et au pavonia media d’Esper, cette seconde espèce
devant céder la place au nom de spini. En introduisant cette importante
réforme, Jordan a eu le soin d’étendre le genre Saturnia au grand nocturne,
qui représente pyri dans le Nord du Continent africain, Vatlantica, de sorte que
le genre Saturnia comprend deux espèces comme le genre Eudia. Avant la
réforme jordanienne, les auteurs englobaient dans le genre Saturnia quantité
de formes affines, notamment les Caligula , voire même les espèces américaines
des genres Saturniodes et Agapema, ainsi qu’on peut le voir dans Kirby
(Catal. Lep., Heter, I, 772, 1892), dans Rothschild ( Nov. Zool., II, 49, 1895)
et dans Sonthonnax (Lép. soie, IV, 17, 1904).
En fait, Saturnia se rapproche beaucoup de Caligula , surtout de boisduvali et
présente comme ce dernier une raie submarginale blanche, toutefois beaucoup
plus large et subégale à la raie marginale beige. Les autres différences sont les
suivantes : la rayure médiane des antérieures et la rayure externe sont moins
obliques parce que moins rapprochées en arrière de la rayure interne, la pre¬
mière homogène et réduite à un lavis noirâtre, sans épaississement post-ocel-
laire quand elle est représentée en arrière de l’ocelle, la seconde en zigzags
sur toute son étendue comme dans les Caligula des groupes anna et thibeta;
la raie submarginale est régulière, sans ondulations nettes, la rayure médiane
des postérieures est en zigzags comme dans ces deux groupes, mais souvent
effacée; en dessous les rayures médianes des deux ailes, si accentuées dans
les Caligula, sont à peine apparentes ou nulles. Les ocelles sont arrondis, sub¬
égaux, d’ailleurs du type caligulien, toutefois avec un grand iris noir contre la
fente hyaline crescentiforme, et le croissant blanc compris entre deux crois¬
sants rouges dont l’épaisseur relative varie avec les espèces. L’abdomen est
gris, à bandes brunes, moins foncées que le thorax et les pattes.
2)6
E.-L. BOUVIER
Les antennes sont du même type dans les deux genres, mais la dent anté¬
rieure des articles, très réduite dans Caligula, est ici plus notable ; comme dans
boisduvali, on trouve un collier blanc prothoracique et un métathoracique
moins accentué; les épiphyses tibiales sont assez différentes chez le çÿ, en long
triangle légèrement infléchi, à pointe subaiguë, d’ailleurs frangées de courts
poils médiocres sur le bord concave, elles sont très réduites chez la 9 j Us
tibias ont un revêtement uniforme de courts poils gris. Nervulation des
Caligula , avec la discale plus concave en dehors comme la fenêtre ocellaire,
Fig. 63. — Caractères des Satumia : dans pyi'i, A, aile antérieure. A', uncus en dessus,
A", armature cT vue du côté gauche, sans le clasper de ce côté, A"', sternite X et
pénis ; dans atlantica, B, sternite X et épine basi-péniale.
et la subcostale des postérieures atteignant l’apex. Armature sexuelle (fig. 63)
du même type, toutefois avec le sternite X très profondément échancré, le
pénis à peine saillant et indiqué surtout par une griffe noire ; la griffe des
claspers est toujours bien développée. Dans notre espèce tout au moins, les
femelles sont connues pour attirer fortement les mâles, même de très loin et
contre le vent. Il faut lire à ce sujet les expériences et curieuses considérations
de Fabre (Souvenirs entomologiques, édition définitive, vol. VIII, 364, 423).
Les œufs de cette espèce sont ovoïdes et, englobés dans un vernis brun,
disposés en rangée côte à côte. Pondus au printemps, ils donnent de jeunes
chenilles noires, à verrues brunes ou jaunes ; plus tard, les tons passent au
vert, les verrues progressivement au rouge orangé dans atlantica , au bleu tur¬
quoise dans notre pyri où la tonalité définitive devient jaunâtre. Une fois
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
217
passé le premier stade, les soies qui accompagnent les épines des tubercules,
et quelques autres, sont caractérisées par leur dilatation terminale. Les
chenilles de pyri sont très polyphages ; elles broutent sur les Poiriers, Pommiers,
Prunelliers, Pruniers, Cerisiers, etc., et même sur le Frêne ; celle d'atlantica
peut-être sur le Chêne-liège. Les cocons ovoïdes sont formés de fils serrés et
très agglutinés, réunis en une double enveloppe qui se termine au bout étroit
par l’ouverture d’une double nasse dont l’interne est débordée par l’externe.
Pour cette structure et la manière dont elle est établie, il convient de renvoyer
encore aux belles observations de Fabre (Souv. ent., vol. IV, p. 44). La chry¬
salide se termine par un crémaster obtus qui porte quelques soies courbes
dans sa dépression médiane et davantage sur chacun de ces côtés. L’éclosion
a lieu d’ordinaire au printemps suivant, mais peut attendre plusieurs années,
parfois sept.
Le genre est localisé dans la région comprise entre l’Europe centrale et le
nord de l’Afrique depuis la France jusqu’en Perse. Il est représenté par les
deux espèces suivantes.
Tableau des espèces
A. Rayure médiane des antérieures en bande droite passant par l’ocelle ; à l’apex
de ces ailes une tache costale noire et, près du bord de l’apex, une série de trois
arcs rouges ouverts en dedansl; la 1 re dent (costale) delà rayure externe normale ;
rayure interne de ces ailes médiocrement obliques et en retrait sur le cubitus ;
ocelles avec l’iris noir dans un entourage brun jaunâtre, la bordure proximale
rouge du croissant blanc bien développée, la distale très réduite ou nulle. D’ordi¬
naire ton foncé et grande taille : envergure du cf , 87-142 mm., de la Ç.
98-163 mm. Épine péniale réduite. (France, Lorraine, Allemagne, la Russie du
Sud jusqu’en Perse, Nord du Maroc et Algérie). pyri Schifï. et Den.
A'. Rayure médiane des antérieures surtout visible dans sa partie antérieure où
elle est rejetée non loin de la tache apico-costale, vague ou nulle ensuite, en tous
cas indépendante de l’ocelle ; un seul arc rouge près du bord de l’apex ; la
l re dent de la rayure externe absente mais représentée par un long arc blanc,
au bout inférieur de celui-ci une seconde tache noire ; iris ocellaire dans un large
anneau jaune vif ; la bordure proximale du croissant blanc fort étroite, la proxi¬
male, au contraire, bien développée. Ordinairement tonalité un peu plus claire
et envergure plus réduite ; taille variant de 90 à 120 mm. Épine péniale forte,
(pl. X, fig. 3). (Nord du Maroc Algérie, Tunisie). atlantica Lucas.
Gomme l’a observé Jordan, pyri, malgré sa vaste distribution, ne semble pas
présenter de races géographiques. Pourtant il y a lieu de signaler la forme
a/tieola obtenue par Denso ( Deuts. eut. Zeits. Iris , XXVI, 128, 1912) d’une $
capturée par 1.000 m. aux environs de Bonneville (Savoie) et retrouvée à
Digne, par Sasse ( Id ., 201, 1912) ; c’est une forme plus petite (90-105 mm.)
dont les ailes antérieures sont plus étroites et plus claires. Par contre, de nom¬
breuses aberrations sont signalées :
Abafii , Aigner-Abafi (Ann. Mus. nat. hungar., IV, 520, 1906), clair avec le
gris remplacé par du blanc laiteux ;
2(8
E.-L. BOUVIER
Quatre autres indiquées par O. Schultz (Ent. Zeils. Stuttgart, XXIV, 64,
1910) :
fulvescens , partie apicale de l’ocelle jaunâtre ;
invittata, rayure externe des deux ailes absentes ;
subdiaphana, écailles peu serrées ;
subrubicunda , zones carminées en arrière de l’ocelle antérieur ;
et alba, Bouvier et Riel (Lab. soie, XVII, 44, 1931), côté des antérieures et
fond des postérieures blanchâtre.
Pour atlantica, J. L. Austaut a décrit (Le Naturaliste , XVI, 36,1904), sous
le nom de marocana, une forme trouvée au Maroc (près de la frontière oranaise)
où la raie submarginale claire des postérieures atteint le bord costal, au lieu
de s’arrêter en arrière comme dans la forme typique. Jordan observe que le
Musée de Tring possède des individus semblables provenant de Tlemcen,
et que ces individus ne différent point de ceux d’Alger. A signaler une aberra¬
tion algérienne appelée matheri par Vallantin (Bull. Soc. ent. France , 220,
1898), le ton est plus brun que dans la forme typique avec l’éclaircie médiane
des ailes postérieures peu sensible.
Plus intéressante est la forme algérienne décrite par Austaut (Le Naturaliste,
V, 359, 1883) sous le nom de Saturnia numida , qui tient à la fois des deux
espèces avec prédominance des caractères d’ atlantica ; les types de cette forme
se trouvent au Musée de Tring, et Jordan suppose qu’ils proviennent d’une
hybridation pyri-atlantica. Ebner a obtenu A'atlantica cf et pyri Q, une Q
hybride (Int. ent. Zeits. Guben, V, 158, 1912), qu’il a pu conduire jusqu’au
cocon. Niepelt, sous le nom d’ atlantpyri ( Id ., 292, 1912) décrit une Ç de même
nature, et Rothschild (Nov. Zool., XXIV, 372, 1917) possède un Q* et
une Q de semblable origine. Dans le même travail, Rothschild considère le
numida d’Austaut comme un hybride pyri cf X atlantica Q. Wünsche a
obtenu lui-même (Ent. Zeits.. Frankfurt , XXV, 203,1911) des hybrides ayant
cette origine.
Bibliographie
1. (Grand paon de nuit) Bombyx pyri Schifïermüller, Schmett. Wien. Gegend., 49,
1776. Pavonia py. Hübner, Verzeichniss, 157, 1822. Saturnia pyri Schrank,
FaunaBoïca, II, 248,1801 ; Jordan, loc. cit., 220, 31 b (cf), 1913 ; Bouvier,
Saturn. Afr. trop, franç., flg. 27 (ocelle), 1928 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie,
XVII, 44, 1931 ; Schüssler, 258, 695 et 740. Saturnia pavonia major Son-
thonnax, Lép. soie, IV, 21, pl. IX, flg. 3 (Q), 1904. Bombyx attacus pav.
maj. Linné, Syst. Nat., 1,496,1758. Attacus pavonia Godart, Lép. de France
IV, 60, pl. IV, 1822.
2. Saturnia atlantica Lucas, Expi. scient. Algérie, III, 379, flg. 4 (cf), 1849 ; Millière,
Iconogr., livr. XXVII, pl. CXX (flg. 1 (cf) et 2 ($)), 1877 ; Jordan,
loc. cit., 221, 316 (Q), 1913 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 44, 1931 ; Schüs¬
sler, 257, 694.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
219
Genre XVIII. — EUDIA Jord.
(PI. II, fig. 4 (chenille) et 5 ($).)
Eudia Jordan, Seitz, Macrol. paléarct., II, 222, 1913; Schüssler, Lep. Cat.,
276 et suppl., 702.
Ce genre comprend les deux espèces pavonia (carpini) et spini que Schrank
avait rangées dans son genre Saturnia aux côtés de pyri et Hübner dans son
genre Pavonia. Les deux genres sont très voisins, mais Jordan a montré qu’ils
diffèrent par leurs antennes et leurs tibias antérieurs ; les premières en ce que
leurs articles sont nus sur leur face ventrale, sans le revêtement de courts
Fig. 64.— Eudia pavonia : A, ocelle antérieur; A', pièces médianes de l'armalure cT
vues en dessous, avec la portion péniale très réduite ; A", bout distal d'un clasper.
face interne.
poils qu’ils présentent dans Saturnia où les distaux présentent une saillie qui
manque chez Eudia , les seconds parce qu’ils sont dépourvus d’épiphyse et,
j’ajoute, sans les longs poils qu’ils présentent en dehors dans Saturnia. Pour
le reste, Eudia ressemble beaucoup à Saturnia; pourtant la rayure médiane
y fait défaut aux deux ailes et sur les deux faces, l’iris ocellaire (fig. 64, A) est
fort, entouré d’un anneau jaune roux, lequel est en contact du côté proximal
avec un croissant rouge que précède un croissant blanc ; il y a toujours aux
antérieures une tache costale noire apicale, mais en arrière, au contact de la
2 e dent de la rayure externe, une tache rouge triangulaire dont la base, ordi¬
nairement, évolue en tache noire. La taille est bien moins grande chez Eudia ,
mais la forme des ailes et les ornements du corps sont à peu près les mêmes;
toutefois, aux postérieures, le bord costal est plus droit, l’apex moins arrondi
et bien marqué par le point extrême de la nervure radiale de sorte que celle-ci
et la subcostale sont plus convergentes. L’armature sexuelle (fig. 64, A', A )
220
E.-L. BOUVIER
est du même type, mais avec la dent claspérienne réduite, l’uncus fortement
sillonné (u) en dessus, le pénis encore moins apparent et dépourvu d’épine, le
sternite moins profondément échancré et plus large.
L’évolution est aussi la même, avec le papillon au printemps, les jeunes
chenilles noires, qui deviennent vertes ensuite, ornées de tubercules d’abord
bleus, puis jaunes ( pavonia , spini, cephalariae), à moins qu’elles ne restent
noires avec des tubercules jaunes (spini) ; de toute manière, elles sont dépour¬
vues des soies claviformes particulières aux Saturnia. Mêmes cocons, avec
double nasse terminale, peu apparente dans spini où le cocon se termine
presque en pointe; contrairement à ce que l’on observe dans Saturnia , l’abdo¬
men des chrysalides est ventralement infléchi et son crémaster en crête pré¬
sente un double rang de soies plus longues.
Le genre est répandu dans toute l’Europe et, en Asie, depuis l’Altaï jusqu’à
l’Amour.
Tableau des espèces
A. En plus du collier prothoracique blanc ou gris, un collier métathoracique de même
ton, toutefois assez irrégulier; rayure interne des antérieures droite ou en S,
d’ordinaire sans saillie cubitale et le plus souvent un peu infléchie vers la base
près du bord interne, cette rayure avec son liséré proximal terne et sans rouge
ou presque ; rayure externe très oblique, d’ordinaire sans coude sur la 2° cubi¬
tale et toujours fort rapprochée de la rayure interne; au bord costal les deux
raies de son premier angle restent distinctes, mais la distale plus vague se rattache
à la tache apicale noire qui est assez longue, l’arc apical blanc souvent incomplet
et ouvert en dehors. Une forte tache noire à la base de la tache rouge infra-
apicale. Les deux sexes semblables, gris-brun et blanc. (Moyen paon de nuit',
B. media Esper . 1 . spini Schiff. et D.
B. Liséré proximal de la rayure interne net, parfois légèrement rougi, cette rayure
en arrière sans relation avec l’externe ou en contact avec elle ; aire blanche
peu limitée en dehors de l’ocelle ; tache rouge infra-apicale réduite et de ton
peu accentué. Chenille noire sur Pommier, Prunier, Aubépine, Ronce. (55-78)
(Autriche Hongrie, Russie). s. spini.
B'. Liséré proximal de la rayure interne des antérieure ssans netteté ou presque,
cette rayure, en arrière, reliée à la rayure externe par des tractus nervuraux
foncés ; aire blanche bien délimitée tout autour de l’ocelle ; tache rouge infra-
apicale très développée et atteignant parfois le bord externe. Chenille verte
sur Cephalaria procera. (60-80) (Arménie).... s. cephalariae Christophe.
A'. Pas de collier métathoracique ; rayure interne des antérieures avec un liséré
proximal plus ou moins rouge, cette rayure plus ou moins concave en dehors
dans la cellule et en arrière, avec saillie sur le cubitus ; rayure externe brusque¬
ment coudée sur Cu 1 et, par là, bien plus éloignée de l’interne que dans spini ;
au bord costal, la raie distale du 1 er arceau est éteinte, remplacée par l’arc blanc
qui est d’ordinaire bien net et fermé en dehors ; tache rouge infra-apicale bien
développée avec sa tache noire basale réduite ou nulle. La Q du même ton
que spini , le cf avec le dessous des antérieures jaunâtre et le dessus des posté¬
rieures rouge orangé, le dessus des antérieures et le dessous des postérieures
plus ou moins lavés de rouge (pl. II, fig. 5). (Petit paon de nuit), carpini
Schiff. 2. pavonia Linné.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
221
B. Le cf vivement coloré, la $ gris-brun et blanc, (cf 50-65, 9 70-86) (Angleterre,
France et Europe jusqu’à l’Amour). p. pavonia.
B'. La 9 avec pl us ou moins des tons jaunes ou rouges du cf, le cf difficile à dis¬
tinguer (Ligurie, Europe méridionale). p. meridioncilis Calberla.
Chacune de ces formes présente des variétés et des aberrations.
1° Spini. — Dans cette espèce, Watson ( Trans. Manchester ent. Soc., 1911,
lig. 3 et 4 (cf , 9)) a décrit une forme russe harversoni, qui paraît intermédiaire
entre spini et cephalariae , toutefois plus jaune que cette dernière. Jordan
signale en outre six aberrations dont une sans ocelle décrite par Tutt (Hist.
british Lepid., III, 1902) obsoleta, et cinq autres par Schulz (voir pyri) : fusca
dont la marge est d’un brun profond, continua où l’ocelle touche la rayure
externe, microphthalma où les ocelles sont réduits, oblitescens où ils tendent
à s’effacer, subhyalina où les écailles sont rares.
2° Pavonia. — Ici encore une forme spéciale, alpina Frr., du Valais, remar¬
quable par sa petite taille et son écaillure peu serrée. En outre, seize aberrations
relevées par Jordan :—neuf décrites par Schulz, makropsis où les ocelles sont
grands et allongés, reducta où ils sont réduits de moitié, flavomaculata où la
tache sous-apicale est jaune et non rouge, deflexa où l’ocelle est tangent à la
rayure externe, defasciata où manquent chez la 9 les rayures interne et
externe, edentata où cette dernière est dépourvue de dents, ochraceo fasciata
où la zone comprise chez le cf entre la rayure externe et la raie blanche a un
ton jaune et non brun, decorata où les lunules de cette raie, aux postérieures
du cf , sont distalement frangées de rougeâtre, angustata où la zone brune com¬
prise entre la rayure externe et la raie blanche est fort étroite chez le cf , enfin
conversa où les rayures interne et externe des antérieures de la 9 se rencon¬
trent en arrière ; — deux par Newsham (Ent. Record , II, 198,1891) et Demaison,
(Bull. Soc. ent. France , 1918, 233), infumata , ailes très obscures et enfumées et
rosacea où les ailes de la 9 sont teintées de rougeâtre; — trois par Tutt,
obsoleta où les ocelles sont absents (comme dans un cf décrit et figuré par
Bond, Entomologiste X, 1, 1877), lutescens où l’aile postérieure du cf est jaune
pâle, fasciata où les rayures interne et externe se fusionnent en bande rouge
en arrière de l’ocelle. A ces aberrations signalées par Jordan, il convient
d’ajouter les suivantes : une décrite par Schawerda (Verh. Zool.-bot. Ges.
Wien, LXXIII, 87, 1923), josephinae où le blanc prédomine sur la face dor¬
sale des ailes chez le cf et où les dents de peigne antennaire sont courtes chez
la 9i enfin trois aberrations signalées en 1920 par Stattermayer ( Zeits. ôsterr.
.ent. Ver., Wien, V. 60), atromaculata où le noir de la tache infra-apicale
refoule le rouge et se relie par un trait noir à la tache apicale également très
grossie, melanopsis où l’ocelle manque de croissants rouges et blancs, caeca
où la fenêtre disparaît aux ocelles.
Hybrides. On trouvera aussi dans Jordan une liste des hybrides entre
Eudia et pyri d’une part, entre les deux espèces du genre Eudia de
l'autre :
E.-L. BOUVIER
1° Entre spini çf et pyri 9; hvbr. major O., coloris de spini ;
Entre pavonia Ç et pyri çf ; media Staudinger, pas de tache rouge ;
Entre pavonia çf et pyri Ç ; daubi Standfuss, coloris de pavonia ;
Entre daubi et pavonia çf ; standfussi Wiskott, comme pavonia ;
Entre daubi et pyri Ç ; risi Standfuss, semblable à un petit pyri ;
Entre daubi et pavonia $; complexa Tutt semblable à un grand
pavonia.
2° Entre spini cf et pavonia $ ; hybrida O, comme spini avec tache rouge
plus grande ;
Entre pavonia cf et spini $; bornemanni Standfuss, voisin de pavonia ;
Entre hybrida et pavonia Ç ; cas parti Frengs, surtout semblable à pavonia ;
Entre bornemanni et spini $; dixeyi Tutt, comme spini ;
Entre bornemanni et pavonia Ç; schaufussi Standfuss, pavonia terne;
Entre bornemanni et pyri 9; schlumbergeri Standfuss, proche assez de
spini.
Bibliographie
1. Bombyx spini Schiffermüller, Schmett. Wien. Gegend, 49, 1776. Saturnia sp.
Schrank, Fauna Boica, II, 149, 1802. Eudia sp., Jordan, loc. cit., 22,
pl. 316 (cf! etc (9), 1913 ; Bouvier et Riel, Lab. soie, XVII, 45,1931 ;
Schüssler, 307, 709. Phalaena attacus pavonia media Esper, Schmetterl.,
III, 33, pl. III, fig. 1 (cf), 2 (9), 1782. Saturnia pav. med. Kirby, Cat.
Lep., Heter., I, 772, 1892.
Var. : cephalariae (Saturnia cephalariae Christoph in Romanoff, Mém.
Lépid., II, 14, pl. XIV (cf, 9), 1885); Jordan, loc. cit., 222, 1913;
Bollow in Seitz, suppl. II, 132, 11 b (cf), 1932 ; Schüssler, 281, 703.
2. (Petit paon de nuit). Bombyx attacus pavonia. Linné, Syst. nat., I, 496, 1758 (pro
parte). Saturnia pav. Kirby et Spence Introd. to Ent., I, 337, 1818.
Eudia pav. Jordan, loc. cit., 222, 31 c (cf, 91,1913; Bouvier et Riel, loc.
cit., 45, 1931 ; Schüssler, 281, 704. Bomb. att. pav. minor Linné, loc. cit.,
496, 1758. Saturnia pav. min. Sonthonnax, Lép. soie, IV, 22, pl. IX, fig. 2
(9), 1904. Bombyx carpini Schiffermüller, loc. cit., 49, 1576. Saturnia
carp. Schrank, loc. cit., 149, 1802. Pavonia carp. Hübner, Verzeichniss,
157, 1822. Bombyx pavoniella Scopoli, Ent. Carn., 191, 1763. Bombyx
pavunculus Retz, Gen. spec. Ins., 25, 1783.
Var. : meridionalis (Sat. meridionalis Calberla, Deuts. ent. Zeits. Iris, I,
155, 1888). Eud. pav. mer. Jordan, loc. cit., 223, 1913; Bollow in
Seitz, suppl. 133, 116 (cf), 1932 ; Schüssler, 304.
Genre XIX. — NEORIS Moore.
(Pl. VIII, fig. 3).
Neoris Moore, Trans. ent. Soc., (3), I, 321, 1862; Jordan, Seitz, MacroL
paléarct., II, 219,1913 ; Schüssler, Lep. Cat., 247 et suppl., 691.
Etabli par Moore pour le seul huttoni sens, str., le genre Neoris fut assez mal
défini, de sorte que Rothschild en rangea la forme type dans le genre Saturnia.
Sonthonnax réunit toutes ses formes à ce dernier genre, si bien qu’il faut
FAMILLE DES SATURNUDÉS m
arriver à Jordan pour connaître le genre Neoris et lui donner son extension
véritable.
Il tient de Saturnia par la forme et les traits généraux, mais s’en distingue
par les suivants : les palpes sont soudés en une tige grêle et longuement pileuse
qui se termine dans les poils du front, — les antennes sont faiblement chi-
tinisées, avec leur tige dépourvue de poils dans leur zone médiane ventrale
qui, en avant, ne présente pas de saillie distincte, — l’épiphyse des tibias
antérieurs (fig. 65, A p. 226) est très réduite dans les deux sexes, nue, ovalaire
et, en avant, plutôt obtuse, — la rayure externe des antérieures est simple et
rentrante à sa partie avoisinant le bord interne, ailleurs faite d’une série
continue de lunules convexes en dehors, — la rayure médiane du dessus et du
dessous des deux ailes se présente sous la forme d’une traînée roussâtre peu
forte et parfois effacée, — les ocelles du dessus des postérieures sont grands,
arrondis, entourés d’un anneau noir, puis d’un étroit anneau blanc-bleuâtre;
proximalement, à l’intérieur de ce dernier, on trouve un croissant noir qui
embrasse un croissant jaune, tout le reste est occupé par un iris roux ou
brunâtre qui, du côté du croissant jaune, devient blanc et renferme une petite
fenêtre crescentiforme, — aux antérieures, l’ocelle est moins grand, parfois
allongé et effacé en dehors, parfois aussi avec l’anneau noir vague ou nul au
bout distal, et l’anneau blanc réduit à un croissant proximal. En dessous,
l’ocelle antérieur est plus grand que le postérieur, bien entouré de noir et sans
les contours effacés de celui-ci. Il y a toujours une petite tache noire apicale
aux antérieures avec traînée blanche bordée de rouge. Toujours un collier
prothoracique blanc ou gris et le plus souvent les indications peu régulières
d’un autre sur le métathorax ; sur l’abdomen une alternance segmentaire de
raies transverses, les unes claires, les autres foncées.
L’armature sexuellle du a* se distingue par la très faible dent unciforme
des claspers, la structure de la partie infléchie de l’uncus qui est large, avec des
bords subparallèles, une profonde dépression axiale et la saillie réduite de ses
lobes terminaux qui sont triangulaires. Le sternite X est peu profondément
échancré ; uni à la saillie sternale du 9 e segment, il embrasse étroitement le
pénis qui s’en distingue à peine et atteint le bord de l’échancrure, sans griffe
ni épine basale.
Le genre est limité à l’Inde septentrionale et aux régions avoisinantes de
l’Ouest; il ne comprend qu’une espèce, huttoni Moore où l’on distingue les
formes suivantes dont toutes ne sont peut-être pas suffisamment caractérisées :
Tableau des espèces
A. La cellule des antérieures, proximalement à la rayure interne, est occupée par un
triangle clair (pl. VIII, fig. 3).
B. Bordure distale claire de la rayure externe des antérieures fort étroite, plus que
la rayure elle-même ; tache apicale de ces ailes très réduite ou nulle, partie
rentrante de la rayure externe droite, cette rayure médiocrement accentuée.
Anneau noir de l’ocelle antérieur effacé ou très réduit dans sa partie distale.
•224
li.-L. BOUVIER
anneau blanc de celui des postérieures réduit à un croissant proximal. Tona¬
lité ocre fauve ; anneaux abdominaux peu accentués. (110) (N. -O. de l’Inde
Mussoree). h. huttoni Moore.
B'. Bordure distale claire pour le moins aussi large que la rayure ; tache apicale
assez forte ; rayure externe accentuée ; anneaux noir et blanc des ocelles
complets. Tonalité moins jaune ou grise ; abdomen nettement segmenté
de blanc gris et de brunâtre foncé.
C. Partie rentrante de la rayure externe presque droite ; 4° lunule de cette rayure
moins en retrait que les précédentes et les suivantes. Ton gris un peu roux.
(90-130) (N. -O. de THimalaya : Yarkand, Ladak, 12.000 pieds).
. h. stoliczkana Felder.
C'. Partie rentrante de la rayure externe des antérieures plus ou moins concave
en dehors ; 4 e lunule de cette rayure fort en retrait sur les autres.
D. Rayure externe des antérieures très accentuée, surtout dans sa raie distale
qui est noirâtre, sa partie rentrante avec un ou deux angles aigus divisés
vers la base ; aire interne des postérieures très lavée de rose. Ton gris
brun, (c? 88-93, Ç 120) (Saisan, Turkestan ; Karakorum dans la
vallée Karakash, 3.200 m.). h. schencki Staudinger.
D'. Rayure externe des antérieures moins accentuée, surtout dans sa raie
distale, sa partie rentrante sans angles ; la rayure qui, dans les autres
espèces, est contiguë à l’ocelle, s’en trouve ici fort éloignée. Peu ou pas
de rose dans l’aire interne des postérieures. Ton gris brun rougeâtre
sur les deux faces. (90-100) (Nord de la Perse.).
. tr. galeropa Püngeler.
A’. Pas de triangle clair dans la cellule des antérieures ; rayure externe des antérieures
peu fortement lobée, à rentrant faible. Ton foncé et taille réduite. (60)
(Prov. de Juldus : Thian Shang). h. haraldi Schawerda, 1923.
A ces formes, il convient d’ajouter oliva décrit en 1910, par Bang-Haas
(Deuls. ent. Zeits. Iris , XXIV, 31) comme variété de stoliczkana ; sa tonalité est
gris olive, avec une villosité rouge-rose vif sur l’aire interne des postérieures ;
contrairement à ce que l’on observe dans les quatre formes, l’ocelle de ces
dernières ailes est contigu à la rayure interne. Oliva, comme haraldi, provient
du district de Juldus et n’est représentée que par un çf.
Bibliographie
Neoris huttoni Moore, Trans. ent. Soc. London (3), I, 321, 1862. Jordan, loc. cit.,
219, 31 d ( 9), 1913 ; Schtissler, 248, 691. Saturnin huttoni Sonthonnax,
Lép. soie, IV, 31, pl. XI, fig. 5 (cf), 6 (9), 1904.
Var. : stoliczkana (Saturnin stoliczkana Felder, Reise Novara, Lep., IV,
pl. LXXXVI1, fig. 3 (9), 1874); Sonthonnax, loc. cit., 30, pl. XI,
fig. 3 (cf), 4(9)» 1914. Neoris hut. sto., Jordan, loc. cit., 219, 31 c ( 9),
1913 ; Schüssler, 249, 692. Avec la forme shadulla Moore, Proc. Zool.
Soc., 1872, 577. — schencki (Saturnia schencki Staudinger, Stett. ent.
Zeits., XLII, 406, 1881). Neo. hut. sch. Jordan, loc. cit., 219, 32 a
(cf, 9), 1913; Schüssler, 249, 692. — galerope (Neoris ? galerope
Püngeler, Deut. ent. Zeits. Iris, XIII, 116, fig., 1900). Jordan, loc. cit.,
219, 32 a (cf, 9)» 1913; Schüssler, 249. — haraldi (Neoris haraldi
Schawerda, Mitt .Munch. ent. Ges., 40, 1922 et Verh. ool. zbot. Ges.
Wien, LXXIII, 164, fig. 16 (cf), 1923 ; Schüssler, 248, 691.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
225
Genre XX. — RINACA Wkr.
Rinaca Walker, List, VI, 1274, 1855 ; Schüssler, Lep. Cat. 236 et suppl. 687.
Rangé par beaucoup d’auteurs et notamment par Sonthonnax dans les
Saturnia, en fait beaucoup plus voisin des Caligula , moins de C. thibeta que
Rothschild et Packard rangent à tort dans les Rinaca , bien davantage de
C. anna.
Les ailes du même type que dans ces deux espèces, mais disparition com¬
plète de la raie blanche ou de la série submarginale de taches blanches qui
caractérisent les Caligula ; aux deux ailes une rayure médiane en zigzags
à peu près parallèles à la double rayure externe, presque exactement
comme dans C. anna; en bordure deux séries parallèles d’arcs marginaux
foncés qui se soudent fréquemment en deux lignes lunulaires. La rayure interne
des antérieures sans la grande discontinuité cubitale d 'anna, presque continue
comme dans thibeta, mais beaucoup moins oblique, sa partie intra-cellulaire
mince et dentée, la post-cellulaire épaisse, presque droite et séparée de la
tache interne foncée par un espace blanc discontinu. Un peu avant l’apex,
une forte tache costale en triangle qu’un large espace crème ou blanc roussi
sépare du bord apical. Ocelle antérieur en arc transverse épais un peu concave
en dehors ; celui des postérieures en arc semblable mais beaucoup plus épais
(type de zuleika d’après la figure de Hope : Saturnia zuleika , Trans. linn.
Soc. London., XIX, 132, pl. XI, fig. 5 çf, 1842), auquel cas l’ocelle est plus
long transversalement que longitudinalement, ou arrondi, échancré en dehors
et dans ce cas au moins aussi long que large (R. zuleica orites Jordan, Nov.
Zool., XVIII, 131, 1911). Dans tous les cas, chaque ocelle est entouré d’un
anneau brun rouge très foncé, fort mince sur les flancs, très épais du côté distal ;
contre cette portion épaissie, un mince croissant blanc, tout le reste occupé
par un grand iris dont la tonalité varie du brun jaunâtre au rouge foncé puis
au noir en allant de dedans en dehors; vers le centre de cet iris une mince
fenêtre crescentiforme parallèle au croissant blanc. En dessous, les ocelles
sont à peu près semblables de même que la tache apico-costale et la zone api¬
cale crème, mais pas de rayure interne aux antérieures, rayure médiane
réduite à des traces, et, en dehors, quatre lignes onduleuses parallèles, les deux
marginales correspondant à celles du dessus, les deux autres à la ligne externe
de la raie externe et à une annexe très vague en dessus, ces deux lignes d’ailleurs
sans les zigzags de la face dorsale. Tonalité châtain dans Faire externe
du dessus des deux ailes; tache foncée de Faire interne des antérieures rouge
brun comme la rayure interne, le reste blanchâtre moucheté de nombreuses
écailles rougeâtre, avec blanc presque pur dans la partie postérieure rétrécie
de l’aire médiane ; aux postérieures, cette aire plus ou moins rose et Faire
interne gris jaunâtre rosé. Dessous plus foncé que le dessus. Tête jaunâtre,
brunie sur le front, sur les joues et sur le thorax violâtre, avec, en blanc, un
collier prothoracique, un grand et un petit au métathorax. Dessus de l’abdo-
mbmoires dd mdséum, nouvelle série, tome ni. 15
226
E.-L. BOUVIER
men gris jaune rosâtre, avec deux séries de tache brun rouge très foncé, stig¬
mates rouges ; dessous de l’abdomen brun noirâtre avec raies longitudinales et
taches jaunes, le reste brun violet, les pattes grises à partir du tibia. Antennes
roux pâle, pectinées jusqu’au bout, sans apophyses ventrales nettes, d’ailleurs
peu différentes de celles des Caligula.
Palpes bien développés, droits, atteignant les bords du front, indépendants,
sauf peut-être à leur base. Épiphyse (fig. 65, B) forte, très carénée ventrale-
ment, un peu arquée, subobtuse, nue, sauf une bande de courts poils sur un
côté delà carène. Armature sexuelle (fig. 65, B') des Caligula, avecle sternite X
Fig. 65. — Neoris huttoni schencki, A, tibia I du c? et son épiphyse isolée. Rinaca
zuleika. B, tibia I du c?; B', armature c? vue du côté gauche sans le clasper de ce
côté.
profondément échancré en deux pointes et une forte griffe noire (lp) sur son
pilier gauche ; des nodules noirs sur le pénis (p) qui est fort peu saillant. La
griffe des claspers est encore plus forte que dans les Caligula-, l’uncus assez
large, sillonné en dessus, ses pointes terminales médiocres.
Avec le genre Rinaca se termine la très importante série saturnienne qui
commence à Dictyoploca.
Une seule espèce, zuleika Hope (115-140), avec deux formes caractérisées
plus haut : l’une z. zuleika de Silhet et des monts Khasia et Naga, l’autre du
Sikkim et notamment de Darjeeling, c’est z. orites Jordan, qui se trouve com¬
munément dans les collections et notamment au Muséum. Je dois faire observer
toutefois que Jordan rapporte à la première forme les exemplaires où l’ocelle
postérieur est surtout arrondi et long; à la seconde, ceux où il est fortement
échancré en dehors et plus large que long. Mais il me semble qu’il y a un lapsus
dans le texte de l’auleur, car le zuleika figuré par Hope est incontestablement
de ce dernier type ; aussi ai-je conservé pour l’autre le nom d 'orites proposé
par Jordan. Le zuleika 9 figuré par Maassen et Weymer (Beitrdge, fig. 24),
paraît bien être un orites ; il provient de Silhet.
FAMILLE DES SATIIRNIIDÉS
227
D’après E. André (Élev. vers à soie sauvages, 199, 1908), la chenille se
trouve au Sikkim par 7.000 pieds d’altitude; elle vit en automne sur Actino-
daphne sikkimensis et sur Acer caudatum (= campbelli) ; son cocon réticulé
est établi au pied des plantes nourricières, pour donner le papillon au mois
d’août suivant. Cocon et chenille doivent, sans doute, rappeler étroitement
Caligula.
Schüssler, 237, signale, sous le nom de hampsoni, une forme nouvelle
provenant de Naga Hills.
Genre XXI. — SALASSA Moore.
(PI. II, fig. 6).
Salassa Moore, Proc. Zool. Soc., 246, 1859; Hampson, Moths brit. India,
I, 26, 1892; Rothschild, Nov. Zool., II, 45, 1895; Jordan, Seitz, Macrol.
paléarct., II, 214, 1913; Schüssler, Lep. Cat., 94 et Suppl., 601.
Distrait du groupe composite des Antheraea tel que le comprenait Walker,
ce genre très caractérisé a eu l’heur d’être bien compris par les entomologistes
venus ensuite, sauf par Kirby dont le Catalogue noyait les espèces de Salassa
dans le genre Rhodia qui est tout autre.
Ailes antérieures généralement avec l’apex aigu et un peu en saillie sur le
bord externe qui est alors légèrement concave en dessous, puis droit ou assez
convexe ; parfois l’apex sans saillie, mais aigu, avec le bord externe un peu
convexe, ou obtus avec le bord droit. Rayure interne de ces ailes continue
depuis le bord costal, franchement coudée en arrière de la cellule, parfois
indistinctement ( olivacea, royi, thés pis) parce qu’elle décrit une courbe convexe
en dehors assez régulière ; rayure externe plus ou moins infléchie à la côte,
droite ensuite ou subparallèle au bord externe, d’un brun noirâtre, onduleuse,
bordée en dehors d’une frange claire qui se résout le plus souvent, sur tout
ou partie de son étendue, en taches hyalines ; en dehors une large rayure sub¬
marginale noirâtre, onduleuse, qui, en avant, s’incline en dehors pour se
terminer à l’apex, et présente une grande tache grisâtre atteignant la
côte. Au bout de la cellule une fenêtre hyaline lisérée de noir, parfois aussi
de blanc et variable de taille ou de forme suivant les espèces, d’ordinaire plus
grande chez la $. Postérieures avec le bord externe convexe, la rayure interne
et la rayure externe noires ou très foncées, très épaisses dans la région ocellaire
au-devant de laquelle leur fusion est complète, formant autour de cette région
parfois un anneau complet, plus souvent un ample crochet ouvert en arrière,
auquel cas les deux rayures rapprochées se continuent jusqu’au bord anal,
d’ordinaire plus minces ; sur la rayure externe, comme aux antérieures, il y a
ordinairement une série de taches hyalines. En dehors, presque toujours une
forte submarginale plus ou moins ondulée. L’ocelle très développé est encore
plus variable que celui des antérieures : arrondi ou un peu réniforme, il a pour
centre une fenêtre arrondie ovalaire, plus souvent pyriforme, avec sa pointe
E.-L. BOUVIER
22$
antérieure et infléchie en dehors, autour une bordure noire régulière ou irré¬
gulière, puis une blanche régulière ou irrégulière, ordinairement enfin, un filet
brun ou noir ; tout autour une large auréole annulaire qui, par sa teinte rouge,
orangé jaune ou blanchâtre, tranche sur le fond avoisinant. Dessous sans rayure
interne mais avec 1 es rayures externes et submarginales ; l’externe à peu près
comme dessus, mais chez les formes ayant des taches hyalines, ces taches dis¬
tribuées parfois, sur toute la longueur, hyalines ou simplement en blanc (comme
(comme on peu le voir dans mesosa) et celle des postérieures recourbée costa-
lement en parabole ; la submarginale le plus souvent semblable à celle du
Fig. 66. — Armature çj des Salassa : A, vue en dessous dans olivacea;
B, clasper gauche dans lola.
dessus, parfois (mesosa) décrivant une forte courbe qui aboutit à l’apex et au
tornus. Fenêtres ocellaires comme dessus, mais peu ou pas marginées. Colo¬
ration variant du gris olivacé au rouge bruni, à peu près semblable sur le corps ;
pas de collier prothoracique, mais parfois ( megastica , lemaii) avec une bande
transverse métathoracique.
Nervulation particulière, aux antérieures avec trois radiales dont la première
naît de la cellule. Antennes à longs articles, pectinées jusqu’au bout, les quatre
branches de chaque article du cf de longueur semblable, sauf la branche anté¬
rieure très réduite ou nulle dans les articles terminaux ; chez la $ cette branche
virtuellement nulle, de sorte que les antennes sont en fait bipectinées. Palpes
grands, triarticulés, rabattus contre le front qu’ils débordent. Tibias de la
longueur des tarses qui sont garnis de courts poils ; ceux de la paire antérieure
avec une épiphyse nue, obtusément carénée du côté ventral, obtuse à son bout
libre rétréci.
Armature sexuelle du çf (dans olivacea , fîg. 66, A) avec le segment VIII
normal, l’uncus étroit et sillonné en dessus, très infléchi, dilaté au bout libre
où il s’épanouit en deux lobes à peine saillants ; sternite X probablement
représenté par le petit collier basal du pénis ; celui-ci en longue tigelle, globu-
leusement dilaté au bout libre qui touche les lobes de l’uncus ; grand clasper
où il y a peut-être l’ébauche vague d’un lobe ventral, son extrémité libre
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
229
largement obtuse, inerme et suivie par une profonde échancrure. Dans
mesosa, cette échancrure est plus profonde ; Jordan ( Nov. Zool., XVII, 470,
1910) tient la partie basale faisant suite à cette échancrure pour un lobe ; je
crois pourtant que le vrai lobe ventral est déterminé par un sillon oblique
postérieur qui est fin et plutôt court dans olivacea, en dépression large et éten¬
due dans lola (fig. 60, B) ; l’étude d’autres espèces pourra fixer sur ce point.
En tous cas, nous voici loin des espèces précédentes de la série anthéréenne.
Le genre est répandu depuis la Chine centrale et orientale jusqu’au
Sikkim et au Tonkin. On peut y reconnaître huit espèces dont l’une, megastica,
est considérée par Rothschild et par Seitz comme une simple forme d ethespis.
Deux de ces espèces, paraissant propres à la partie haute du Tonkin, ont été
décrites récemment par Le Moult ( Novit. entomol., 3 e année, n os 1 à 4, 20,
21, 1933) : l’une est lemaii (pl. I, fig. 1) représenté par une grande Ç dont les
fenêtres énormes sont étroitement lisérées de noir, blanc et noir, l’autre est
tonkiniana dont le çf est seul connu (pl. I, fig. 4 et 5), car la $ rapportée à
cette espèce (pl. I, fig. 1 et 2) présente tous les caractères des mesosa les plus
typiques.
h'épiscopalis de Kaiser ( Mitth. München ent. Ges. VIII, 21, figure du cf ,
1917) est également un mesosa comme Kaiser l’a reconnu lui-même ( loc. cit.,
1920, p. 10), encore que cet auteur représente la rayure interne des antérieures
largement bordée de noir, bien que Jordan la dise blanche comme dans megas¬
tica. A noter que megastica , avec les très grandes fenêtres ocellaires de la $,
n’est pas sans ressemblance avec lemaii , mais la couleur et la forme des ailes
sont autres ainsi que la bordure des fenêtres.
Tableau des espèces
A. Pas de taches hyalines sur les rayures externes ; antérieures avec l’apex aigu, non
saillant et le bord externe droit ou légèrement convexe ; ocelles ronds à fenêtre
ronde et anneaux réguliers, à auréole blanchâtre ou grisâtre. Rayure externe
des antérieures à peine infléchie à la côte, l’interne blanche, en dehors très mar-
ginée de brun.
B. Rayure externe des antérieures un peu ondulée, étroitement marginée de clair
en dehors ; fenêtres rondes ou ovoïdes, une ébauche en jaunâtre de collier
prothoracique, cf brun chocolat, Q jaune olive. (130-150) (Himalaya,
Sikkim) . 1 . royi Elwes.
B'. Rayures externes peu ou pas ondulées, assez largement bordées en dehors par
une bande blanche assez hyaline ; fenêtre des antérieures irrégulières. Pas de
collier net; ton jaune olivâtre. (100) (Chine occidentale).
. 2. olivacea Oberthür.
A'. Au moins quelques taches hyalines sur les rayures externes.
B. Antérieures avec l’apex non saillant , subobtus ou obtus, le bord externe droit ou
un peu concave ; taches hyalines au moins dans la partie postérieure des rayures.
C. Apex des antérieures obtus ; fenêtre ocellaire des deux ailes en virgule, celle
des postérieures avec dilatation externe du noir et du blanc, l’ensemble
réniforme avec l’auréole claire fort éloignée des rayures ; rayure interne des
antérieures bien marquée de noirâtre en dehors, assez convexe. (130)
(Chapa au Tonkin). 3. cf tonkiniana Le Moult.
230
E.-L. BOUVIER
C'. Apex des antérieures subaigu, fenêtres très grandes, finement et régulière¬
ment lisérées de noir, blanc, noir, l’antérieure ovale, la postérieure ronde,
subégales ; grandes taches hyalines sur les rayures externes ; rayure interne
des antérieures blanche, avec deux angles dans sa moitié antérieure; bande
transverse blanche sur le métathorax. Ton jaune verdâtre bruni ; auréole
de l’ocelle postérieure jaune et assez éloignée des rayures. ;1 62) (Tonkin,
Tam Dao). 4. lemaii Le Moult.
B'. Antérieures avec l’apex saillant, aigu, le bord externe concave ensuite, puis un
peu convexe ; ocelle postérieur peu ou pas arrondi.
C. Chez la Q au moins, taches hyalines sur toute la longueur de la rayure externe
des antérieures, sur presque toute celle des postérieures ; fenêtre des ocelles
postérieurs en virgule de même qu’aux antérieures du cf, cette fenêtre
ronde et émarginée en dehors chez la Q ; auréole de l’ocelle postérieur
jaune et orangé atteignant en dehors la rayure externe, cf ferrugineux,
9 brun cannelle. (140-15©?. (Sikkim.). 5. iris Jordan.
G 1 2 3 . Dans les deux sexes des taches hyalines sur toute l'externe des antérieures et
en arrière de l’ocelle des postérieures ; fenêtre des ocelles triangulaire au
moins chez le cf, l’ocelle postérieur arrondi, régulièrement liséré, avec
auréole rouge vif en contact au moins d’un côté avec les rayures. Ton rouge
brique brunissant. (115-158;. (Sikkim, Silhet.). 6. lola Westwood.
C". Chez le cf au moins, des taches hyalines sur une portion seulement de la rayure
externe des antérieures et les deux derniers tiers de la rayure des postérieures ;
submarginale des postérieures double, sa raie externe ondulée ; fenêtre
des postérieures en larme avec anneaux noirs et blancs irréguliers.
D. Rayure interne des antérieures noire, sans bordure claire; auréole de l’ocelle
postérieur jaune, éloignée des rayures ; pas de bande transverse claire
au métathorax. cf rouge rouille, 9 olivâtre. (130-162) (Chine cen¬
trale). 7. thespis Leech.
D'. Rayure interne des antérieures blanche ; auréole de l’ocelle postérieur
rouge clair, très large et débordant la rayure externe ; métathorax à
bande transverse blanche. Ton ferrugineux, plus brun chez la 9, celle-ci
avec de très grandes fenêtres aux deux ailes. (155-158). (Khasia Hills).
. 8. megastica Swinhoe.
D". Rayure interne des antérieures blanche ou distalement bordée de noir,
auréole de l’ocelle postérieur orangé parfois vif, touchant au plus Tune
des rayures, métathorax sans bande blanche. La rayure externe des anté¬
rieures très forte et très ondulée, dans les deux sexes avec 2 ou 3 petites
taches hyalines en arrière. Ton brun rougi. En dessous la rayure submar¬
ginale des deux ailes va de l’apex au tornus en formant une courbe très
concave en dehors (pl. Il, flg. 6) (Khasia Hills, Assam, Tonkin)....
. 9. mes osa Jordan.
Bibliographie
1. Saturnia royi Elwes, Proc. Zool. Soc., 447, 1887 et Trans. ent. Soc., London, 465,
pl. VIII, flg. 2 (cf), 1888. Salassa royi Sonthonnax, Lép. soie, IV, 5, pl. I,
flg. 2 (cf), 1904 ; Schüssler, 95, 601. Rhodia royi Kirby, Cat. Lep., Heter.,
I, 762, 1892.
2. Saturnia olivacea Oberthür, Études d’ent., XIII, 44, pl. X, flg. 107 (cf), 1890 ;
Salassa ol. Jordan, loc. cit., 215, 34 d (cf), 1913 ; Schüssler, 95, 601.
Rhodia ol. Kirby, loc. cit., 762.
3. Salassa tonkiniana Le Moult, Nov. ent., III, 21, pl. I, flg. 4 et 5 (cf), 1933. (Coll.
Le Moult).
FAMILLE DES SATURNI1DÉS
231
4. Salassa lemaii Le Moult, loc. cit., 20, pl. I, fig. 1 (cf), 1933. (Coll. Le Moult).
5. Salassa iris Jordan, Nov. Zool., XVII, 471, 1910 ; Le Moult, loc. cit., pl. I, fig. 2
et 3 (9), 1933 ; Schüssler, 94. (Tring Mus.).
6. Satumia lola Westwood, Cab. orient. Ent., 25, pl. XII, fig. 3, 1847. Antheraea
lola Walker, List, V, 1252, 1855. Salassa lola Moore, loc. cit., 246, 1859 ;
Kirby, loc. cit., 762, 1892 ; Seitz, X, 506, pl. 56, Ac (cf), 1928 ; Bouvier
et Riel, Lab. soie, XVII, 48, 1933 ; Schüssler, 94, 601.
7. Antheraea thespis Leech, Entomologist, XXIII, 112, 1890. Rhodia th. Kirby,
loc. cit., 762, Salassa th. Jordan, loc. cit., 214, fig. 34 b (cf), 1913 ; Bouvier
et Riel, loc. cit., 49, 1931 ; Schüssler, 95, 601.
8. Salassa megastica Swinhoe, Trans. ent. Soc. London, 153, 1894. Packard, Mem.
Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 63, pl. XXXV, fig. 2 (nervulation), 1914 ;
Sonthonnax, loc. cit., 8 (S. thespis), pl. I, fig. 3 (cf), 4 (9), 1904. Sal.
lola meg. Schüssler, 95, 601. Sal. thespis meg., Rothschild, Nov. Zool., II,
45, 1895.
9. Salassa mesosa Jordan, Nov. Zool., XVII, 470, 1910 ; Schüssler, 95, 601. Sal.
tonkiniana Le Moult, loc. cit., pl. II, fig. 1 et 2 (9), 1933. Antheraea
episcopalis Kaiser, Mitt. München ent. Ges., VIII, 21, pl. I (cf), 1917.
(Tring Mus.).
Genre XXII. — L0EPA Moore.
(Pl. VI, fig. 7),
Loepa Moore, Cat. Lep. Ind. House, II, 399, 1858; Jordan, Seitz, Macro-
lépid. paléarct., II, 214, 1913 ; Schüssler, Lep. Cat. 90 et suppl., 599.
Distrait des Antheraea comme les Salassa, le genre Loepa fut, en général, bien
compris par 1 es auteurs. Par la forme des ailes qui sont un peu falquées chez
le cf, à bord externe convexe chez la 9, il se rapproche assez des genres précé¬
dents et des Caligula par ses rayures où l’on trouve du côté dorsal une interne,
une médiane suivie par une externe double. Mais ses rayures ont des caractères
très particuliers, l’interne est très irrégulièrement dentée avec, aux anté¬
rieures, un coude saillant sur le cubitus, noire ou rouge en partie, d’ailleurs
assez forte, elle est d’ordinaire auréolée de clair sur son bord basal ; la médiane
et l’externe double sont en zigzags très accentués, fines, noires ou noirâtres
sur toute leur étendue ou presque, leur angle rentrant tronqué et épaissi sur
la médiane et la raie proximale de l’externe, leur angle saillant tronqué et
épaissi de même sur la raie distale où, parfois, les angles rentrants sont très
faiblement accentuées; la région submarginale est caractérisée par des arcs
internervulaires blancs, plus ou moins convexes en dehors, continus ou dis¬
continus, qui sont assez fortement marginés de roux ou de brun pâle sur leur
bord interne, plus faiblement sur leur bord externe. Cette submarginale et la
raie distale de l’externe, au contraire des rayures précédentes, n’atteignent
point la côte ; du côté de l’apex, le dernier épaisissement de la raie distale
s’épanouit en une forte tache subapicale ; en avant de cette tache on voit
d’ordinaire une bande rouge dirigée vers la côte et, entre cette bande et le
premier angle saillant de la raie externe, un champ gris ou roux, limité du côté
de cet angle et aussi contre la bande par un liséré blanc. Les ocelles sont plutôt
232
E.-L. BOUVIER
ovalaires que ronds, dans anthera et oberthüri échancrés sur leur côté distal ;
d’ordinaire ceux des ailes antérieures sont un peu plus grands que les posté¬
rieures, très rapprochés de la côte ou en contact avec celle-ci, parfois même
largement, mais brièvement pédonculés. Chaque ocelle est de tonalité roux
rougeâtre, parfois brunissante, avec un arc blanc très rapproché du bord
proximal, lequel présente un filet noir très variable et parfois développé tout
autour de l’ocelle ; vers le centre de celui-ci, un arc noir plus ou moins épais
contre lequel s’appuie un noyau un peu plus clair remplaçant la fenêtre, noyau
qui peut être entouré par un prolongement de l’arc, noir ou envahi par le noir.
Fig. 67. — Caractères des Loepa : A, aile antérieure de katinka; A', uncus à’oberthüri
en dessus et A", l’armature cf vue de ce côté ; B, uncus en dessus de katinka sikkima
et B', face externe du clasper droit ; clasper droit de damartis, face interne.
Le fond du dessus des ailes est jaune comme le corps, sauf, en brun clair ou
foncé,les deux tiers delà côte des antérieures, le collier prothoracique, les palpes,
les tibias et tarses des pattes. L’abdomen et le dessous des ailes sont plus clairs ;
il y a en certains points des ailes, parfois, quelques lavis roses ou rougeâtres.
Les ornements du dessous des ailes sont semblables à ceux du dessus, mais la
rayure interne manque aux antérieures et les ocelles sont réduits, toujours
plus petits aux antérieurs qu’aux postérieurs, ceux A'anthera et d 'oberthüri
en forme d’un arc large, ouvert en dehors et tronqué à ses deux bouts. Les
antennes roussâtres sont quadripectinées chez le cf, avec les branches des
peignes plutôt courtes et une saillie carénale étroite sur les articles terminaux;
bipectinées chez la Ç, leurs peignes sont assez allongés pour le sexe. Les palpes
FAMILLE DES SATURNIIDES
233
sont forts, mais atteignent au plus le bord du front ; entre eux s’étendent
deux pièces cornées à peu près aussi longues qui représentent la trompe. L’épi¬
physe assez obtuse, nue et ventralement carénée, n’est pas sans ressemblance
avec celle des Salassa ; les poils des tibias sont plus longs, surtout au bord
externe. Aux antérieures, quatre nervures radiales.
Le pénis avec son pédoncule rappelle également les Salassa de même que
les claspers ; ces derniers (flg. 67) toutefois ne présentent aucune trace du lobe
ventral et, avec leur profonde échancrure subterminale, ont une grande res¬
semblance avec ceux de S. lola. Mais l’uncus est tout autre, grêle, peu infléchi,
surtout dans katinka où il est fort étroit à son bout libre qui présente deux
fins lobes contigus qu’on dirait simplement indiqués par une fissure ; dans
oberthüri, l’uncus est plus dilaté à sa base et ses deux lobes terminaux aigus
sont divergents. En somme, malgré les différences d’aspect, Loepa doit appar¬
tenir au même type évolutif que Salassa.
Le genre est représenté en Chine, dans l’Himalaya, l’Assam,le Tonkin, ainsi
qu’à Java et Sumatra ; il comprend les trois espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. Ailes jaunes, sans rouge sauf parfois aux rayures et à la bande apicale ; ocelles
ovalaires ou arrondis , sans échancrure distale ; la l re radiale des antérieures ne
naît point de la cellule. Uncus grêle, à lobes fins et contigus. 1 . katinkaWestwood.
B. La l rc radiale se détache du pédoncule presque à égale distance de l’apex et de
l’origine de la dernière.
C. Une bande apicale rouge en avant de la tache sous-apicale noire, pas de tache
rouge en arrière.
D. Rayure interne des antérieures plus ou moins totalement rouge et auréolée
proximalement de rouge ; du rouge au bout anal des rayures interne et
externe des ailes postérieures.
E. Jaune assez pâle sans lavis noir, ocelles médiocres sans beaucoup de noir
central; rayures médiocrement accusées. (90-115) (De la Chine à
l’Assam). k. katinka.
E'. Jaune foncé, avec lavis noirâtre aux antérieures surtout chez le cf ;
ocelles très grands surtout aux antérieures et chez le cf où le noir
central est très développé, de même que le rouge des rayures internes ;
rayures d’ordinaire fort accusées. (65-115). (PL VI, flg. 7). (Du
S'kkim à Java, Sumatra et aux Célèbes). k. sikkima Moore.
D'. Rayure interne des antérieures totalement noire ou presque, à peu près
sans auréole, pas de rouge au bout des nervures des postérieures. Grands
ocelles ronds aux antérieures avec noir central très développé, cf très
peu falqué, jaune vif. (100-110) (Sumatra). k. megacore Jordan.
C'. Une tache rouge en arrière de la tache noire sub-apicale et reliée à la bande
rouge antérieure. Rayure interne des antérieures plus ou moins totalement
rouge, mais pas de rouge aux rayures des postérieures; ocelles médiocres,
presque sans rouge central, cf peu ou pas du tout falqué. Jaune très pâle.
(80-90) (Chine et Thibet). k. damartis Jordan.
B'. La l re radiale naît du pédoncule radial plus ou moins près de l’origine de la
dernière radiale ; rayures et taches apicales de damartis , les ocelles un peu
234
E.-L. BOUVIER
plus grands. Ailes antérieures du cT assez fortement falquées. Jaune d’ordi¬
naire plus vif que chez damartis. (108-125) ( Kouy-Tchéou, Sikkim, Népaul,
Calcutta). k. miranda.
A'. Ailes jaunes, par endroits lavées de rouge vineux ou saumon ; ocelles échancrés
au moins sur leur bord distal avec, au centre, une faible raie noire parfois discon¬
tinue, une tache rougeâtre en avant de la tache noire sous-apicale ; la l re radiale
naît de la cellule tout près du pédoncule radial. Uncus à lobes terminaux forts,
aigus et divergents. Bord externe des ailes du cf à peu près droit.
B. Rayure médiane des antérieures peu infléchie à la côte et à peu près à égale
distance de l’ocelle et de la raie proximale de la rayure externe, cette raie
atteignant normalement la côte ; en arrière de la tache noire sous-apicale
quelques petites taches noires aiguës. Lavis rouge des ailes peu développé aux
postérieures. (120-140) (Tonkin, Assam). 2. anthera Jordan.
B'. Rayure médiane des antérieures très infléchie à la côte et très rapprochée de
l’ocelle ; la raie proximale de la rayure externe interrompue bien avant la
côte ; sa raie distale avec une forte tache triangulaire en arrière de la tache
noire sous-apicale qui est grande ; le lavis rouge bien développé aux deux
ailes, plus sombre en dehors où il déborde par endroits la raie proximale.
(120-145) (Chine, Kouy-Tchéou, Cochinchine). 3. oberthüri Leech.
Jordan et d’autres auteurs regardent miranda et damartis comme des espèces
autonomes, ce qui me paraît abusif.
Le développement a été figuré par Moore (Cat. Lep. Ind. House , II, 399)
pi. XX, fig. 1 (chenille, cocon), 1858) et par Cockerell, le premier auteur d’après
des exemplaires de Java, le second d’après un katinka du Thibet ; dans les
deux cas, il s’agit presque sûrement de la forme sikkima.
C’est d’ailleurs ce qu’affirme Jordan qui ajoute du reste, aux observations de
Moore, quelques additions particulières relatives aux jeunes chenilles,lesquelles
seraient d’abord noires avec des tubercules rouges, puis presque totalement
rouges, sauf la tête et la nuque qui sont alors noirâtres. Devenue grande, la
chenille est brune avec des tubercules rouges très saillants, garnis de soies
raides et d’un long poil central ; sur la plupart des segments du corps, on voit en
en arrière des stigmates une forte tache jaunâtre irrégulière. Ces chenilles
abondent de décembre à février, et broutent sur Cissus et Leea. Le cocon
ovoïde est effilé à ses deux bouts, opaque, avec bourre filamenteuse à sa surface.
Il ne paraît guère ressembler à celui des Saturnia et Caligula.
Bibliographie
1. Saturnia katinka Westwood, Cab. orient. Ent., 25, pl. XII, fig. 2, 1847. Antheraea
ka. Walter, List, Y, 1251, 1855. Loepa ka. Moore, loc. cit., 399, 1858;
Packard et Cockerell, Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 163, pl. XXX
fig. 6 (chenille), 7 (cocon), pl. XXXVIII, fig. 6 (nervulation), pl. CV,
fig. a (cf), b ($), c (pupe), d (cocon), 1914 ; Bouvier et Riel, Lab. soie.
XVII, 49, 1931 ; Schüssler, 91, 600.
Var. : sikkima (Loepa sikkima Moore, Proc. Zool. Soc., 1865, 818) ;
Sonthonnax, Lép. soie, IV, pl. XIV, fig. 2 (cf), 4 (Ç), 1904. L. ka.
sikkima et mindanaënsis, Schüssler, 92, 600). — megacore (L. ka. mega-
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
235
core, Jordan, Nov. Zool., XVIII, 132, 1911 , T ring Mus.). L. meg.
Schüssler, 93) — damartis (Lœ. damartis Jordan, in Seitz, Macrol.
pal., II, 214, 32 d (cf), 1913. (Tring Mus.). Schüssler, 91, 600).—
miranda [L. miranda Moore, Trans. ent. Soc. London, (3), 11, 424,
1865) ; Sonthonnax, loc. cit., pl. XIV, flg. 3 ( cf), d’après Schüssler ;
L. ka. mir. Schüssler, 92, 600, qui (93, 600, 735) ajoute une forme
sivalica Hutton pour le moins douteuse.
2 . Loepa anthera Jordan, Nov. Zool., XVIII, 131, 1911 ; Schüssler, 91, 600. (Trin
Mus.).
3. Saturnia oberthüri Leech, Entomologist, XXIII, 49, 1890. Loepa ob. Jordan in
Seitz, Macr. pal., 214, 32 d (cf) 1913 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 49, 1931 ;
Schüssler, 93, 601. Loepa dognini Sonthonnax, Lab. soie, XII, pl. I (cf)!
1895.
Genre XXIII. — CRICULA Wlkr.
(PI. V, fig. 8).
Cricula Walker, List, V, 1186, 1855 ; Schüssler, Lep. Cat. 152 et suppl., 627.
Euphranor Herrich Schâfïer, Samml. auss. Schm., 1855 (pro parte). Solus
Watson, Notes Leyd. Mus., XXXV, 181, 1912-1913.
Ce genre a été séparé des Copaxa par Walker, et la plupart des auteurs ont
adopté depuis cette juste manière de voir ; pourtant Herrich-Schâffer, Son¬
thonnax et André, victimes d’une ressemblance extérieure illusoire, main¬
tiennent à tort parmi les Cricula, expandens et multifenestrata qui sont des
Copaxa typiques.
Ailes antérieures bien falquées chez le cf où le bord externe est concave
sous l’apex, avec le tornus assez brusque et l’apex aigu ou subaigu, peu falquées
chez la $ où l’apex est aigu, le bord externe ensuite faiblement concave puis
plutôt un peu convexe jusqu’au tornus qui est arrondi. Ailes postérieures
avec le bord externe un peu convexe et le tornus plutôt brusque. A chaque
aile, une rayure interne et une externe, l’interne des antérieures d’ordinaire
longuement interrompue sur le cubitus avec sa partie post-cellulaire angu¬
leuse ; l’externe préapicale, ou ( drepanoides ) franchement apicale, oblique,
presque droite dans le premier cas, sensiblement concave en dehors dans
le second. En dehors de la nervure discale, qui manque dans drepanoides, et
contre cette rayure, une tache discale hyaline vaguement marginée de brun
noir, en outre une ou plusieurs taches avoisinantes, noirâtres, parfois hyalines
au centre, ces taches accessoires plus grandes et toutes hyalines chez la $ où
on en compte deux ou trois, réduites à une chez le cf, sauf dans drepanoides
où elles sont multiples et ocreuses. Postérieures avec une rayure interne
coudée en avant ou convexe, une externe sinueuse ou lunulaire au moins dans
sa partie médiane, une tache discale hyaline au centre chez la Ç, plus petite et
souvent aussi hyaline chez le cf où, dans drepanoides, elle est accompagnée de
taches accessoires. La tonalité du dessus fauve, allant du jaunâtre au rougeâtre
ou au brun, ordinairement plus claire dans une partie plus ou moins étendue
de l’aire externe. Le dessous avec les rayures externes du dessus mais plus
236
E.-L. BOUVIER
souvent et plus fortement lunulaires, ordinairement de la tonalité du dessus,
mais, surtout chez la Q, plus gris et plus pâle depuis la base jusqu’à la
rayure externe ; rayures internes assez différentes et souvent effacées ou
incomplètes ; taches discales du dessus. Le corps, les pattes et les palpes comme
le dessus des ailes, mais fauves ordinairement. Antennes du ç? quadripectinées
avec d’assez longs articles, brièvement bipectinées chez la $ où leurs articles
sont plus épais et plus courts. Dans andrei et trifenestrata épiphyse tibiale
subaiguë, fortement recourbée en dehors, carénée ventralement, munie d’une
épaisse garniture de très longs poils entre cette carène et le bord concave.
Palpes bien séparés, atteignant presque le bord des poils du front.
Fig. 68. — Armature c? des Cricula : dans trifenestrata agria, A, vue en dessous,
A', clasper droit en dedans; B, dans andrei, face ventrale avec le clasper droit et le
pénis.
Armature sexuelle du c? (fig. 68) rappelant beaucoup les Copaxa ; avec le
segment VIII normal, le tergite IX bien séparé de l’uncus qui est élargi à sa
base, un peu infléchi dans sa partie terminale, loquelle est assez large, en
gouttière dorsalement et terminée par deux courtes griffes un peu divergentes.
Sternite X en lame tronquée et indépendante du pédoncule pénial ; celui-ci avec
une saillie aiguë de chaque côté de la base du pénis, laquelle est accompagnée,
entre les claspers, d’une lame basi-péniale très variable et, chez andrei , excavée
si profondément à son bord libre qu’elle se termine par deux branches. Les
claspers avec leur bout obtus en cuiller, ce bout libre suivi en dessous par un
très léger denticule chez trifenestrata , dans andrei par une forte dent obtuse,
laquelle termine une portion du clasper qui est séparée de la portion précé¬
dente par un sillon assez profond allant jusqu’à la base du clasper ; comme
le pense Jordan, la portion dentifère semble bien être un lobe ventral, celle
qui se termine par le bout libre en cuiller étant alors le lobe latéral. A part son
léger denticule, rien, sauf dans javana, ne paraît distinguer les deux lobes de
trifenestrata ; par contre cette espèce présente en dedans et en dessus, vers
FAMILLE DES SATURNI1DÉS
237
sa base une petite saillie pilifère qui représente sans doute le lobe dorsal.
On ne connaît pas l’armature dans drepanoides où, d’après Jordan, elle serait
assez différente.
Le genre est indo-malais, représenté par les trois espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. La cellule des deux ailes est normalement close par la discale transverse. Chez le cf,
très rarement absente, une tache discale ordinairement hyaline et située juste
en dehors de la cellule, presque toujours une tache noirâtre, parfois hyaline,
entre la dernière radiale et la première médiane, rarement enfin un point noirâtre
entre les deux premières médianes. Chez la $, ces trois ornements remplacés
chacun par une fenêtre, la fenêtre intermédiaire pouvant être réduite ou nulle,
parfois un point discal au bout de la cellule. Dans les deux sexes, aux antérieures,
une rayure interne longuement discontinue sur le cubitus, sa partie post-cellu¬
laire plus ou moins anguleuse ; aux postérieures une fenêtre ou un point discal
rarement nul.
B. Rayure externe des antérieures assez rapprochées de l’apex qui est assez saillant
chez le cf, le bord externe étant ensuite concave, puis droit jusqu’au tornus
assez brusque ; aire externe avec le gris violacé médiocre et peu tranchant sur
le reste de l’aile. Processus basi-pénial simple ou légèrement bilobé ; lobe
ventral des claspers ordinairement peu distinct en dehors et avec une griffe
terminale réduite, (cf 55-87, 9 80-97) (Du Sikkim aux Célèbes).
. 1. trifenestrata, Helfer.
B'. Rayure externe des antérieures plus rapprochée de l’apex qui est plus saillant,
le bord externe plus concave en dessous, le tornus plus brusque ; aire externe
avec son ton gris violacé plus développé et tranchant fort sur le reste de l’aile.
Processus basi-pénial en longue fourche à son bout libre ; lobe latéral des clas¬
pers bien distinct en dehors et terminé par une forte saillie (pl. V, fig. 8). (70-
85) (Du Sikkim à Java). 2. andrei Jordan.
A'. La cellule des deux ailes ouverte (comme dans les Attaciens). Chez le cf, qui est
seul connu, taches multiples, inégales, irrégulières, les unes hyalines, les autres
ocreuses, en plus grand nombre aux ailes antérieures ; l’apex des antérieures
aigu, très saillant, avec le tornus très brusque. Ton d’un gris pourprâtre, d’ailleurs
assez varié. (9 70) (Sikkim). 3. drepanoides Moore.
Les deux premières espèces, présentent un grand nombre de formes qui ne
sont pas faciles à distinguer sans le secours de l’armature sexuelle.
Dans andrei l’aberration afenestrata de Watson ( Notes Leyden Mus., XXXV,
183, pl. VIII, fig. 3) se distingue par la disparition complète des fenêtres chez
le cf, la $ se rapprochant d ’elezia. Parmi les formes fenestrées, la typique,
andrei, a d’ordinaire une tonalité rouge orangé vive, rarement jaunâtre, et
toujours une lame bifurquée à la base du pénis, elle se trouve au Sikkim
et dans l’Assam ; elezia de Jordan ( Nov. Zool., XVI, 303, 1909), décrite et
figurée par Watson ( loc. cit., 183, pl. VIII, fig. 2), est de couleur jaune tan ou
argile avec une lame basi-péniale plutôt étroite ; la forme paraît propre à Java.
Une dernière est vinosa Watson (Intern. ent. Zeits. Guben, V, 344, fig. II, 1912,
grande forme de tonalité rouge-vin où la fenêtre des postérieures semble dis¬
paraître.
Dans le mémoire cité plus haut, Jordan a signalé des formes de trifenestrata
238
E.-L. BOUVIER
plus nombreuses, dont il a figuré les parties principales de l’armature sexuelle :
1° la forme commune, trifenestrata, répandue dans l’Inde depuis le Sikkim
jusqu’à Saigon, les fenêtres accessoires y sont rares ou nulles et les deux rayures
des postérieures largement séparées en avant, la saillie basi-péniale est étroite,
arrondie, pointue ou tronquée en avant (305, fig. C et H) ; 2° andamanica
des Iles Andaman où les deux rayures des postérieures sont fusionnées en
avant chez le cf, très rapprochées chez la $ dont toutes les fenêtres des anté¬
rieures sont grandes ; il y a ici, comme fréquemment ailleurs, des individus
foncés (bruns) et des pâles (jaunes ou roux) ; le processus basi-pénial est
convexe en dessous, rétréci en avant, plutôt étroit (306, fig. D, E,I) ;3° ceylonica
de Ceylan, ocracé, avec les trois fenêtres de la $ fortement bordées de noir,
le processus basi-pénial étant assez large, un peu élargi en avant où il est tron-
qué-échancré (305, fig. A) ; 4° luzonica de Luzon, ocracé, avec le processus en
baguette étroite, un peu dilatée et arrondie au bout libre (306, fig. F) ; 5° enfin
agria de l’Inde méridionale (Travancore, Madras, Trichinopoly, Tenasserim),
où l’on trouve des individus foncés et des clairs, tous, surtout les premiers
avec rayures largement bordées de gris et la 2 e fenêtre des antérieures réduite ;
le processus pénial est plus large que partout ailleurs avec ses bords latéraux
parallèles et son bout libre tronqué (305, fig. B).
Aux formes qui précèdent il faut ajouter les suivantes : javana Watson
(Notes Leyden Mus., XXXV, 182, 1912-1913), forme javanaise décrite d’abord
de la presqu’île de Malang, mais dont le Muséum possède d’assez nombreux
exemplaires capturés à Sockebœmie ; cette forme présente assez l’aspect
d 'andamanica, mais les deux rayures des postérieures se rapprochent moins
en avant et son processus pénial, par tous ses caractères, tient le milieu entre
agria et ceylonica; la teinte varie du roux jaunâtre au bleuâtre ou au rougeâtre
et l’on observe fréquemment chez le ç? un point noir à la place qu’occupe la
2 e fenêtre chez la 9 ;■— bornea Watson (Notes Leyden Mus., XXV, 182), moins
falquée que toute autre forme, avec la tache costale presque obsolète chez le
cf, moins chez la 9 où la 2 e est presque absente (Busan à Bornéo) ; — kransi
Jurriaanse et Lindemans ( Tijdsch. ent., LXII, 30, PL V, fig. 1530, 1909), connu
par des femelles des îles Galla et Boeton où la 2 e tache des antérieures de la 9
est très réduite, à peu près semblable à une tache accessoire située dans la cel¬
lule ; — enfin burmana de Swinhoe (Trans. ent. Soc., 1890,198) qui paraît com¬
mune dans l’Inde, aux Karan Hills près de Rangoon, aux Naga Hills et dans
l’Assam, de ton rouge jaunâtre vif très constant, dont le cocon n’est plus large
ment ajouré comme dans trifenestrata mais « solide et épais, tissé de la plus
belle soie continue qui paraît être marchande ».
Dans les deux espèces précitées, les tubercules des chenilles présentent à
leur centre un long poil tordu à l’extrémité, et sur le reste de leur surface des
soies plus courtes. Chez trifenestrata, au premier stade, elles sont noirâtres
d’après Jordan (loc. cit., 303), d’un jaune brunâtre d’après Stebling (Ent.
News, XXI, 101, 1910), mais, dans la suite, le ton devient noir ou brun noi¬
râtre avec la tête, le bouclier anal, les tubercules et une bande latérale de
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
239
couleur rouge; en outre, des granules blanchâtres ou jaunâtres sont dissé¬
minés sur les téguments segmentaires dorsaux, chacun de ces granules étant
muni de longues soies qui font paraître la chenille un peu laineuse. Aux pays
d’origine, l’animal broute sur quantité de végétaux, notamment le Manguier
(Mangifera ingas) et Je Sum ( Machilus odoratissima ), mais on peut l’élever
chez nous sur le Chêne, le Cerisier, le Prunier. Les cocons brillants, jaunes
et clos, sont presque toujours réunis en groupes et parfois très nombreux, ce
qui tient à l’abondance des chenilles, redoutées de ce fait à cause des dom¬
mages qu’elles peuvent causer aux arbres ; malgré leur éclat, ces cocons ne
présentent aucune valeur, la soie qui les constitue étant fort grossière ; ils
sont presque toujours réticulés et largement ajourés si bien qu’on peut souvent
apercevoir la chrysalide à leur intérieur. Celle-ci est de couleur claire, avec
de fines ponctuations serrées et un crémaster de 30 à 40 crochets fortement
arqués. Il y a sûrement plusieurs générations annuelles et Stebling a pu en
obtenir deux dans ses élevages aux États-Unis.
Réalisé d’abord par André à Mâcon en 1908, puis successivement par Jor¬
dan (loc. cit ., 303), par Watson (Ent. News, XXI, 256, 1910) et par English
( Ent. Zeits., 1909, 120), le développement A'andrei a été décrit par André
(Lab. Soie, XIV, 82,1911), par Packard (loc. cit., 156, pl. XXXI, fîg. 1-4,1914)
et enfin par Conte (Lab. soie, XV, 25-31, pl. X, fîg. 1, 1919), dans ce dernier
cas d’après André. Les différences avec trifenestrata sont notables ; la chenille
est d’abord jaune verdâtre avec les tubercules de même couleur ; elle devient
ensuite d’un vert vif, mais avec des tubercules rouges, la bande latérale pâle et
de nombreux granules dont les soies sont fort réduites ; tête delà couleur du corps.
Différence essentielle, tandis que les deux tubercules dorsaux du 8 e segment
abdominal sont rapprochées mais isolés dans trifenestrata, ils se fusionnent
au sommet d’une saillie verte dans andrei. Chez nous, les plantes nourricières
sont les mêmes pour les deux espèces. Les cocons sont isolés, rarement réunis
par deux ou trois, peut-être un peu moins ajourés ; d’un jaune pâle à l’état
frais, ils deviennent ensuite grisâtres. La chrysalide est la même, toutefois
avec des ponctuations moins serrées.
Bibliographie
1. Saturnia trifenestrata Helfer, Journ. asiat. Soc. Bengal, VI, Pars I, 45, 1837
Cricula tri. Walker, List, VI, 1187, 1855 ; André, Elev. vers à soie sauv.,
186, fîg. 91 (cf), 92 (cocon), 1908 ; Jordan, Nov. Zool., XVI, 303, flg. 1,
A-H (armature du cf), 1909; Seitz, X, 507, 55 a (cf), b (9), 1928;
Schüssler, 154, 628, 736. Euphranor tri. Herrich Schâiîer, Samml. auss.
Schm., 9, fig. 86 (9): 1855. Saturnia zuleika Westwood, Cab. orient.
Ent., 25, pl. XI, fig. 1 (9), 1847. Copaxa nadari Bouvier, Ann. Sc. nat.
Zool., (10), XII, 339, pl. III, flg. 2 (cf), 1929.
(Schüssler tient pour des sous-espèces les formes signalées plus haut,
p. 234).
2. Cricula andrei Jordan, loc. cit., 301, flg. G (armature cf), 1909 ; Conte, Lab. soie,
XV, 25, pl. X, flg. 1 (çf), 2(9), 1919 ; Bouvier et Riel, Lab. Soie, XVII,
240
E.-L. BOUVIER
53, 1931 ; Schüssler, 153, 627. Cricula trifenestrata Hutton, Notes Ind.
Bomb., 4, 1871. Saturnia zuleika Westwood, loc. cit., flg. 1 (cf), 1847.
3. Cricula drepanoides Moore, Proc. Zool. Soc., 1865, 817; Sonthonnax, Lép. soie,
IV, 13, pl. XIII, fig. 2 (cf), 1904. Solus drepanoides Watson, loc. cit., 181,
pl. VIII, fig. 1 (cf), 1913 ; Schüssler, 158, 628.
2° Groupe actien Bouvier 1927 et 1928.
Ce groupe est constitué exclusivement par les Saturniicés où les ailes posté¬
rieures se prolongent en une queue plus ou moins longue. Beaucoup d’auteurs,
et notamment Sonthonnax (Lép. soie, II, 1899) font entrer dans ce groupe
tous les Saturnioïdes caudifères à l’exception des Attaciens du genre Cosci-
nocera, en particulier les Eudaemonia ( Copiopteryx) américains; mais outre
que ces derniers sont des Syssphingidés, ils se distinguent, comme je l’ai
montré ( Mém. Ac. Sc., LIV, n° 4, p. 4, 1927), par leur structure alaire où la
médiane M* des postérieures atteint le bout de la queue, tandis que chez tous
les Saturnides caudifères, et notamment chez les Actiens, M J se termine avant
la queue, alors que c’est M :l qui atteint le bout de cette dernière. A ce point
de vue les Actiens ressemblent aux autres Saturnides caudifères, c’est-à-dire
aux Eustera et aux Urota qui appartiennent à la tribu des Pseudapheliicés et
non plus, comme les Actiens, à celle des Saturniicés. Dans son joli mémoire
de 1905, C. Aurivillius avait mieux compris que tout autre le groupe des
Actiens, mais il y faisait rentrer à tort les Eustera ( Arkiv for Zoologi , II, n° 4, 17),
errement suivi d’ailleurs par A. Seitz en 1927 (vol. XIV, 319). Quant à Draudt
(Seitz, VI, 798, 1936), il range, on ne sait pourquoi, les Tropaea qui sont des
Actiens primitifs aux côtés des Copiopteryx dans la famille des Syssphingidés,
Schüssler, d’autre part, ne fait nulle mention des Actiens dans son Catalogue.
Francs Saturniicés, avec le croissant blanc toujours bien développé aux
ocelles, les Actiens présentent en commun quelques caractères, outre ceux de
la queue : leurs antennes sont quadripectinées dans les deux sexes, longue
ment chez le cf, notablement moins chez la Ç ; les nervures radiales de
leurs ailes antérieures se détachent toutes du pédoncule radial ; leurs tibias
sont dépourvus d’épine terminale, et sur ceux de la paire antérieure, pré¬
sentent une épiphyse avec des poils courts assez nombreux ; la costa des
antérieures est toujours d’un brun plus ou moins rougeâtre, tonalité qui se
prolonge en collier sur le prothorax qu’elle envahit plus ou moins.
Le groupe est répandu en Amérique du Nord (Tropaea), en Europe ( Graëll-
sia), en Afrique (Argema) et en Indo-Malaisie ( Actias, Argema). Il comprend
quatre genres.
Tableau des genres
A. Queue non dilatée dans sa partie terminale ou fort peu, courte ou médiocrement
allongée (Partie dorsale de l’uncus avec faibles saillies soit paires, soit impaires).
B. Nervures, bord externe des ailes et costa des antérieures largement marginés
de brun rougeâtre qui tranche sur le vert de la surface alaire ; aux deux ailes
FAMILLE DES SATURN1IDÉS
241
une rayure externe régulière ou un peu en lunules convexes en dehors, aux
antérieures une interne interrompue sur le cubitus et une submarginale.
Corps brun rougeâtre avec bande transverse jaune au prothorax et raies seg¬
mentaires grises à l’abdomen. Antennes de la Ç à branches très courtes, surtout
les distales de chaque article (Partie dorsale de l’uncus rétrécie en avant où
elle se termine par une paire d’épines divergentes ; épine des claspers très
réduite). (Espagne, France). 1. Graëllsia Grote. (p. 241).
B'. Nervures peu ou pas apparentes et sans bordure foncée ; Costa des antérieures
et collier brun rougeâtre, le reste du corps blanc, jaunâtre ou tout au moins
de ton clair. Branches des antennes de la Ç assez longues, surtout les proxi¬
males de chaque article.
C. Ocelle antérieur ovalaire ou subarrondi, d’ailleurs rattaché à la côte, dans
les deux sexes, par un assez long pédoncule. (Pneus peu rétréci en avant
dans sa partie dorsale qui se termine par une paire de petites saillies situées
à l’endroit où se bifurque en deux griffes la partie terminale infléchie ;
griffes claspériennes assez fortes, transverses et un peu recourbées en
avant). (Amérique du Nord et Centrale).. 2. Tropaea Hübner. (p. 244).
C'. Ocelles ordinairement libres, ovalaires et subarrondis, les antérieurs dans
certains cas rattachés à la côte chez le r?, parfois en croissant et alors pédon-
culés dans les deux sexes (Uncus dans sa partie dorsale avec, à sa base, une
paire de bourrelets latéraux et au bout une saillie impaire tantôt dilatée,
tantôt étroite, parfois fort réduite ; griffe claspérienne puissante et dirigée
en arrière). (Chine, Japon et Indo-Malaisie)... 3. Actias Leach. (p. 248;.
A'. Queue très longue et fortement dilatée en spatule dans sa partie terminale. Ocelle
des antérieures, dans les deux sexes, pédonculé ou soudé à la côte ou très rappro-
proché de celle-ci. (Partie dorsale de l’uncus avec une paire de grandes lames
basales ou de cornes terminales, celles-ci parfois très réduites; toujours une griffe
claspérienne, d’ailleurs très variable). (Chine, Indo-Malaisie, Afrique, Mada¬
gascar). 4. Argema Wallengren. (p. 253).
Genre XXIV. — GRAËLLSIA Grote.
Graëllsia Grote, Mitth. Rômer Mus., VI, 26, 1896; Jordan, Seitz, Macrol.
paléarct., II, 212, 1923).
Genre établi par Grote (sine descr.) pour une espèce décrite par Graëlls en
1849 sous le nom de Saturnia isabellae (Rev. et Mag. de Zool., (2), I, 601) et
rangée par Rambur dans les Attacus (Cat. syst. Lép. Andalousie, 378, 1858),
par Maassen et Weymer dans les Actias (Beitrâge, fîg. 40, 41, 1873) et par
Ivirby (Cat. Lep., Heter., I, 765, 1892).
Ailes antérieures avec l’apex obtus, le bord externe droit ou légèrement
concave, le tornus arrondi ; trois nervures radiales et parfois les rudiments
d’une quatrième. Postérieures avec une queue doucement infléchie en dehors
sans dilatation terminale et obtuse à son bout libre, à peu près de la longueur
de l’aile chez le çf, beaucoup plus courte chez la 9- Les ailes vertes, translu¬
cides, à fines écailles piliformes ; sur ce fond tranchent en brun rougeâtre ou
noirâtre la côte des antérieures, la marge externe des deux ailes et le bord anal
des postérieures, les larges bandes qui, de chaque côté, flanquent les nervures
rougeâtres ; en noirâtre la rayure interne représentée seulement aux anté¬
rieures où elle se compose de deux arceaux concaves en dehors, l’un dans la
mémoires du muséum, nouvelle série, tome ni. 16
242
E.-L. BOUVIER
cellule, l’autre en arrière ; rayure externe des antérieures parallèle au bord,
celle des postérieures également parallèle, mais faisant un angle aigu à la
base de la queue, enfin une submarginale bien développée aux antérieures
et réduite à quelques traînées aux postérieures. Les ocelles semblables aux
deux ailes, presque égaux, traversés au milieu par la nervure discale, entourés
de noir ; dans la moitié distale, il y a sous le noir un épais arceau jaune suivi,
autour de la petite fenêtre, par un léger arc gris rouge ; dans la moitié pro¬
ximale, la fenêtre est débordée par un grand demi-ovale rouge auquel fait
suite, sous le noir, un arceau gris bleu.
La face inférieure semblable à la supérieure. Le corps brun rouge où tran¬
chent en jaune un collier qui occupe la partie postérieure du prothorax, les
épaulettes, et sur l’abdomen, un peu grises des raies transverses qui occupent
tg. ix
Fig. 69. — Graëllsia isabellae : A, uncus en dessus ; A', armature cf vue du côté droit.
le bord postérieur des segments et se retrouvent en dessous ; la tête jaunâtre,
les pattes rouges avec longs poils gris ; les palpes séparés, droits, assez
longs, dépassant largement une paire de pièces chitineuses qui représentent les
rudiments de la trompe. Antennes rousses ou brunâtres, quadripectinées
presque jusqu’au bout, celles du c? à longues branches, celles-ci réduites chez
la $ où la branche antérieure de chaque article est très peu saillante. Épiphyse
tibiale grêle, longue, un peu poilue chez le çf, réduite ou nulle chez la $.
Armature sexuelle du çf (flg- 69) : segment VIII normal, tergite IX bien
distinct de l’uncus, celui-ci élargi à sa base en une sorte de disque qui se pro¬
longe horizontalement en une lame étroite terminée par deftix épines diver¬
gentes, puis se coude verticalement à angle droit et finit par deux petites
pointes. Claspers en deux grands lobes que sépare sur les bords une profonde
encoche et, sur la face externe, un sillon obtus, le bord du lobe inférieur ou
ventral se termine en petite pointe, celui du lobe supérieur (latéral) est inerme
et légèrement concave. Entre les claspers un pénis un peu dilaté et excavé
dans sa partie terminale qui est aiguë. En avant du pénis, un sternite X saillant
en un petit rectangle qui se rattache en avant et en dehors, par des ailes basses,
au reste de l’armature.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
243
Ce curieux papillon habite la Vieille Castille, à l’est et au nord de Madrid
où il fut découvert dans la Sierra de Guadarrama; on l’a retrouvé aux environs
de Ségovie; avant cette époque, Juan Mieg en avait recueilli des restes qu’il
attribuait, en raison de leur couleur, au Tropaea luna d’Amérique. La $ en fut
d’abord seule connue et figurée par Graëlls dans les Annales de la Société ento-
mologique de France (pi. VIII, 1850) ; en 1855 ce fut le tour du cf que repré¬
senta le même auteur dans les Memorias com. Mapa geol. Espana (pl. VI,
n° 2). Graëlls avait soigneusement tenu caché l’habitat et les mœurs de la
chenille qui, d’après Millière (Iconographie, 23 e livraison, p. 3, 1869) furent
signalés par Staudinger. On trouvera d’intéressants détails sur toute cette
histoire dans Ch. Oberthür ( Études Lépidopt. comp., XX, 171, 1923).
Dans ce même mémoire, Oberthür signale la découverte non moins impor¬
tante faite par M. le D r Cleu, à Largentière-La Bassée, dans les Hautes-Alpes,
en 1922, d’une forme très analogue qu’il appelle « Saturnia ( Graëllsia ) isabellae
galliae gloria » comme il l’avait fait quelques mois auparavant dans « Y Amateur
des Papillons». Ayant envoyé sur les lieux H. Powell, pour étudier les mœurs
de cette forme, celui-ci, aidé par le D r Cleu, put complètement décrire les,
stades larvaires et les habitudes de la chenille ( Ét. Lép. comp ., XX, 180-197
pl. I et II, 1923); enfin, grâce aux observations de Powell, Oberthür (Ét. Lép.
comp., XXI) put comparer les adultes A'isabellae (pl. DLXXVI, 4960 çf et
pl. DLXXVII, 4961 bis $) avec ceux de la forme nouvelle (pl. DLXXVI,
4961 çf et pl. DLVXXII, 4962 9) dont il figura en outre les chenilles jeunes
(pl. DLXXVIII, 4963, 4964, 4965) et la chenille mûre (pl. DLXXIX, 4966).
Toutes ces figures superbement coloriées.
D’après Oberthür, galliae gloria, à l’état adulte, différerait delà forme espa¬
gnole par la marge des ailes et des nervures qui sont brun noir (et non pas d’un
rouge vineux), par la submarginale des ailes postérieures qui est plus déve¬
loppée, par le vert des ailes qui est plus vif et par les antennes du cf qui sont
brun noirâtre (et non fauve clair). Mais étant donnés les nombreux matériaux
du Muséum, il n’est guère permis de croire à la stabilité de ces différences.
On doit en dire autant des stades larvaires ; sans doute, la chenille espagnole
broute sur Pinus sylveslris et celle des Hautes-Alpes sur Pinus marilimus,
mais il faudrait savoir si ces deux formes ne sont point capables de brouter
sur les deux espèces de Conifères ( 1 ), peut-être même sur d’autres Pins. En
tous cas, les chenilles ne paraissent point différer ; jeunes elles sont d’un gris
noirâtre, mais bien vite, elles acquièrent la coloration des chenilles mûres :
tête gris noir, thorax vert à raie dorsale brun rouge et raies transverses, les
unes jaunes, les autres noires, abdomen à raie dorsale brun rouge, et raie infra-
stigmatique brune, les flancs en bandes transversales vertes qui se dilatent du
côté dorsal et interrompent dans chaque segment les lignes longitudinales sui¬
vantes, une blanche infra-dorsale, une brunâtre latérale, une blanche supra-
1. C'est ce qui semble indiquer une éducation de la forme espagnole, par E. André,
avec les aiguilles du Pin sylvestre, les anciennes étant aussi préférées aux jeunes. Mais
les chenilles périrent avant maturité complète (Elev. vers à soie sauvages, 115, 1908).
2*4
E.-L. BOUVIER
stigmatique, une brun-rouge renfermant les stigmates et une troisième blanche
qui sépare cette dernière de la brune située au-dessous. D’après les observations
de Powell, la chenille de galliae gloria se tient en dessous, sur les branches
basses et remonte jusqu’à 3 ou 4 mètres à mesure qu’elle grandit ; elle préfère,
dans un bouquet, les aiguilles vieilles aux plus jeunes. La pupation s’effectue
soit dans le sol, soit au milieu des aiguilles tombées, soit tout à fait à la surface.
Le cocon est effilé aux deux bouts, assez semblable à celui d ’Eudia spini, mais
pauvre en soie ; chez galliae gloria , il est d’abord tout blanc et laisse voir un
peu la chrysalide par transparence, plus tard, grâce à l’humidité, il prend
une tonalité brun brunâtre comme ceux de la forme espagnole. Comme dans
cette dernière la chrysalide se rattache au bout du cocon par les crochets de
son crémaster.
En somme, on doit croire que les individus espagnols dérivent d’une
espèce souche, répandue vraisemblablement dans toute l’Europe méridionale,
et dont il ne reste plus que des îlots ; cette ségrégation aura pour résultat de
produire plus ou moins vite des formes différentes et c’est en cela que se jus¬
tifie le nom de gallia gloriae, mais il faut reconnaître que, jusqu’ici, les résultats
en sont encore bien vagues. Cette forme est décrite et bien représentée par
Riel, Lab. soie , fasc., X, p. 8, pl. II, fig. 6 et 7 (cf, 9, cocon).
Genre XXV. — TROPAEA Hübner.
Tropaea Hübner, Verzeichniss, 152, 1822; Walker, List, VI, 1259, 1855;
Draudt, Seitz, VI, 798, 1930.
Ce genre fut séparé des Actias de Leach par Hübner pour l’américain luna
et, en seconde ligne pour l’asiatique selene. A l’exception de Sonthonnax, de
Packard-Cockerell et de Draudt, tous les auteurs y ont maintenu des espèces
asiatiques à côté des américaines, Herrich-Schâffer (Samml. auss. Schmet.
9, 1855) en a même fait un mélange plus complexe et Ch. Oberthür (Bull.
Soc. ent. France , 1897, 127) y a réuni tous les Actiens ; quant à Rothschild,
il ne peut « trouver aucun caractère qui le sépare des Actias ».
En fait, Tropaea présente tous les caractères des Actiens où la queue n’est
pas dilatée en spatule à son bout libre, et dans ce groupe, à part Graëllsia qui
se met hors de place par sa coloration, il ressemble tout à fait aux espèces
asiatiques pour lesquelles on a conservé le genre Actias , surtout aux espèces
à courte queue dont il ne diffère que par l’ocelle des antérieures qui, dans les
deux sexes, se rattache à la côte par un assez long pédoncule, et par sa distri¬
bution géographique localisée à l’Amérique au nord du détroit de Panama.
Ne serait-il point la souche d’où sont issus les Actiens asiatiques et, par l’in¬
termédiaire de ceux-ci, tous les autres Actiens ?
Les ailes antérieures sont plus ou moins falquées chez le cf, peu ou pas chez
la 9, avec l’apex obtus, la costa d’un rouge brunâtre, de même ton que la
moitié postérieure en collier du prothorax ; la rayure externe y est seule repré¬
sentée, éloignée du bord externe, parallèle à ce bord ou au moins à sa partie
FAMILLE DES SATURNIIDES
245
postérieure, droite ou presque, parfois faite d’arceaux bas concaves en dedans,
bien souvent absente. L’ocelle transversalement ovalaire est entouré d’un
filet noir, réduit ou nul en dehors ; en dedans de ce filet, l’ocelle est entouré
d’un anneau jaune assez large en dehors, plus étroit en dedans où un croissant
blanc le sépare du noir ; le jaune est doublé à son tour d’un étroit filet rouge
contre lequel s’appuie proximalement une petite fenêtre hyaline et, distale-
ment, un arc blanc plus large ; un pédoncule rougeâtre et brun rattache
Fin-, 7u. — Tropaea : A, armature cf de luna vue du côté gauche et sans les claspers;
B, celle de truncatipennis en dessous. — Actias : C, uncus en dessus d'aliena; chez
gnoma, D, uncus en dessus et D' du côté gauche ; E, armature de selene en dessus ;
F, uncus en dessus de ningpoana; G, uncus en dessus d’heterogyna.
l’ocelle à la côte. Aux postérieures, la queue, de longueur médiocre, est toujours
infléchie en dehors, sans dilatation à son bout libre qui est un peu lobé sur son
bord interne ; la rayure externe suit le sort de celle des antérieures et l’ocelle
a la même structure, toutefois sans pédoncule. Abstraction faite du collier, le
corps est blanc ou de ton crème, mais les pattes sont rouges avec un duvet
blanc sous la cuisse ; les palpes ont à peu près le même ton rouge et d’ailleurs
arrivent à peine au niveau du milieu des poils du front. L’épiphyse tibiale est
carénée en dessous près de son bord droit, aiguë, couverte de poils courts avant
la pointe, bien développée dans les deux sexes, surtout chez le cf. La tonalité
E.-L. BOUVIER
24K
des ailes varie du blanc au vert pâle ou au vert j aunissant ; les antennes sont
de ton paille. Il n’y a guère de différence entre les deux faces des ailes.
L’armature sexuelle du 9 (fig- 70, A et B) est remarquable par ses claspers
simples qui présentent vers le milieu du bord inférieur une échancrure suivie
d’un assez fort crochet recourbé en arrière ; l’uncus est large, dilaté à sa base,
sans bourrelets latéraux, infléchi dans sa partie terminale qui se bifurque en
deux crochets largement écartés que surplombe dorsalement une paire de
petites saillies obtuses. Le pénis puissant arrive au niveau des crochets où il
se dilate un peu, le reste étant cylindrique ; il présente de chaque côté, à la
base, une paire d’épines qui sont les deux extrémités saillantes d’un sternite X
profondément échancré.
Le genre se réduit aux deux espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. La queue, mesurée à partir du bout de M 3 aux antérieures, à peu près de la lon¬
gueur de ces ailes à partir du bout de M 1 ; cette queue avec forte inflexion en
dehors (Incision des claspers large et arrondie ; uncus largement dilaté à la base,
pénis terminé par un petit prolongement spinuleux). 1. luna L.
B. Pas de rayure externe.
C. Ocelles antérieurs bien pédonculés, envergure. ( cf 73-118 9 82-125).
D. Bord externe des ailes sans marge pourpre ; forme estivale (États-Unis)
. I. luna.
D'. Bord externe à marge pourprée ; forme printanière (Nicaragua).
. I. rubromarginata Davis.
G'. Ocelle antérieur vaguement pédonculé, queue beaucoup plus courte ; enver¬
gure, 80 mm. (Nicaragua). I. azteca Packard.
B'. Rayure externe, ton ordinairement vert jaune (États-Unis ; Mexique d’après
Druce). I. dictynna Walker.
A'. La queue beaucoup plus longue que dans luna, avec inflexion très douce et peu
forte ; bord externe des ailes à marge pourprée (incision des claspers étroite,
uncus peu dilaté à la base, pénis sans spinules), apex des antérieures un peu
tronqué, (c? 85-110, 9 106-126) (Jalapa, Orizaba).
. 2. truncatipennis Sonthonnax.
Il y a tous les passages de coloration générale entre luna et dictynna Walker
nec Maassen qui présente d’ailleurs la même armature sexuelle ; par contre,
truncatipennis , dont le Muséum possède une longue série d’exemplaires, est
bien différent.
h'azteca de Packard (Guide Study of Insects, 298,1869, et Mem. nat. Ac. Sc.,
Washington , XII, 191, pl. XLV, fig. 2 (9), 1914) est uniquement connu d’après
une 9 du Nicaragua, de ton vert blanchâtre et sans rayures comme luna,
mais avec les ailes antérieures et la queue des postérieures plus courtes. Roth¬
schild le tient pour une simple aberration de luna, Druce pour une forme naine
de cette espèce (Biol, centr. Amer. Heter., I, 88, 1886), et Kirby (p. 766) pour
une espèce distincte. Le type au Musée de Cambridge, Mass.
On connaît très bien le développement de luna qui a été magnifiquement
FAMILLE DES SATÜRNI1DÉS
illustré par Packard. L’œuf en cylindre ovale est brun. Les chenilles sont
vert-jaune dès la naissance avec des bandes transverses brunes sur la tête,
des tubercules jaunâtres, une bande latérale semblable au niveau des stigmates,
des soies pourpres; les deux tubercules dorsaux du 8 e segment abdominal sont
réunis en un seul où s’entrevoit un peu la trace d’une origine double. Aux stades
ultérieurs, le ton vert devient plus franc, le brun envahit de plus en plus la
tête, les soies aiguës deviennent plus courtes et les tubercules sont plus bas,
la bande latérale jaunâtre s’atténue sans jamais disparaître. A maturité.,,
la chenille peut atteindre 65 mm. de longueur.
Les chenilles broutent sur le Noyer, le Hêtre, le Chêne ; elles sont la proie de
nombreux Insectes carnassiers, particulièrement de Guêpes et de divers para¬
sites. Suivant la région, elles peuvent avoir deux générations annuelles; les
papillons de la génération printanière présentent le coloris spécial qui les a fait
nommer rubromarginatus par Davis. Le cocon est brun, rugueux, mince,
souvent avec les traces de feuilles à la surface ; d’après Bunker ( Can. ent., VII,
63, 1875), on les trouve parfois sur les touffes d’herbe. La chrysalide hiverne
dans le cocon.
D’après Schaus (cité par Cockerell), les chenilles de truncatipennis diffèrent
de celles de luna ; ce qui justifie la validité, reconnue d’ailleurs par Hampson,
de l’espèce établie par Sonthonnax. André observe que les œufs de luna « deux
ou trois jours avant la naissance des chenilles... sautent comme ceux de
Cecropia. » ; il ajoute que « les chenilles, quand on les inquiète, font grincer
leurs mandibules en produisant un bruit relativement fort. » (Élev. vers à soie
sauvages, 109, 1908).
Bibliographie
1. Phalaena attacus luna Linné, Syst. Nat., ed. X, 496, 1758. Bombyx lu. Fabricius,
Syst. ent., 558, 1775. Astias (pour Actias) lu. Leach, Zool. Mise., II, 26,
pl. 70 (cf), 1815. Tropaea lu. Hübner, Verzeichniss, 152, 1822 et Samml.
exot. Schm., II, pl. 169, fig. I et 2 (cf), pi. 170, flg. 3 (Ç), pl. 171, fig. 4
(cf), 1824 ; Packard (et Cockerell), Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII,
188, pl. XV, XVI et XVIII, fig. 1 (chenille), LXV, (fig. 1 (Ç), L fig. 3
et 4 (nervulation), 1914; Bouvier et Riel, Lab. soie, XVII, 57, 1931.
Var. : l’espèce typique avec la forme rubromarginata Davis, Psyché, 91,
1912.— azteca (Trop, azteca Packard 1869 et loc. cit., 191,1914).—
dictynna (Trop, dictynna Walker, List, VI, 1264, 1855) ; Packard,
loc. cit., 190,1914.
2. Tropaea truncatipennis Sonthonnax, Lép. soie, II, 19, pl. VII, fig. 1 (cf) et 2 (Ç),
1899 ; Packard, loc. cit., 193, 1914. Tr. luna truncatipennis Draudt,
Seit', VI, 198, 1930 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 57, 1931.
On a décrit plusieurs aberrations de luna : 1° rossi ( Actias rossi Ross, Classif.
Catal. Lep. Canada, 1872 ; W. T. Davis, Psyché, XIX, 91, 1912), forme cana¬
dienne où le cf est tout blanc, la Ç légèrement jaunâtre ; 2° bollii (Saturnia
bollii Wagner ( Tijdschr. Entom., XIX, p. XCVII, 1875-76), cf obtenu d’éle¬
vage en Suisse, à queue courte et antennes étroites ; 3° lacrymans (T. luna,
248
E.-L. BOUVIER
ab. lacrimans W. Niepelt, Intern. ent. Zeits. Guben, XXVI, 92, pl. II, fig. 4,
1932), c? également d’élevage en Europe, bordé de pourpre comme dans
rubromarginatus et avec une accumulation d’écailles foncées autour des ner¬
vures transverses discales ; l’ocelle antérieur n’est pas pédonculé.
Genre XXVI. — ACTIAS Leach.
(Pl. Vil, fig. 7).
Actias Leach, Zool. Mise., II, 25, 1815; Jordan, Seitz, II, 210, 1913;
Seitz, X, 500, 1926. Tropaea Hübner, Verzeichniss, 152, 1822 ; Walker, List,
VI, 1259, 1855. Plectropteron Hutton, Ann. Nat. Hist., XVII, 60, 1846.
Ce genre fut fondé par Leach pour luna et selene , espèces qu’Hübner
réunit un peu plus tard dans son genre Tropaea , de sorte qu’en bonne règle,
c’est à luna et non à selene que devrait être appliqué le nom de Leach. Lais¬
sant de côté cette règle qui n’a pas été appliquée, il convient de mettre en
lumière que la plupart des auteurs ont réuni sous le nom d’Actias, sinon tous
les Actiens, au moins la plupart d’entre eux ; seuls Ivirby, Sonthonnax, Druce,
Packard et Seitz, ont attribué au genre l’acception étroite qui lui est donnée
ici.
Très voisin de Tropaea, s’en distingue par les ocelles antérieurs qui ne sont
jamais pédonculés, au moins chez la $, aussi par la structure ocellaire dont
la partie colorée se réduit à sa moitié proximale, l’externe étant d’un blanc
parfois un peu jaunâtre ou rose, rarement colorée comme la moitié interne,
mais tout autrement que dans Tropaea. L’armature sexuelle (fig. 70, p..245,
C-G) du çf est aussi très différente, avec les claspers munis d’une forte épine
dirigée en arrière, l’uncus avec une partie médiane impaire et un collier
pénial qui semble souvent uni au sternite X et qui se termine en dessous par
une paire de saillies contiguës à leur base et à bout obtus; sur ce fond commun
apparaissent des traits particuliers qui seront relevés entre parenthèses dans le
tableau suivant et qui distinguent non seulement les espèces, mais les variétés
qu’on a pu y reconnaître.
Le genre est répandu depuis la Mandchourie, Sakkaline et le Japon jusqu’à
Java, peut-être même, d’après Jordan, jusqu’à Bornéo. Il ne comprend pas
moins de sept espèces.
Tableau des espèces
A. Les ocelles colorés seulement dans leur moitié proximale, la distale blanche, souvent
un peu teintée de jaune ou de rose ; celui des ailes antérieures toujours sans rela¬
tion avec la costa.
B. Les ailes antérieures jamais talquées, avec l’apex obtus ou subaigu, le bord
externe droit ou convexe, parfois très légèrement concave. Ocelles petits aux
antérieures, étroitement ovales et n’occupant pas toute la longueur de la transverse
discale, leur moitié distale beaucoup moins développée que la proximale, celle-ci
FAMILLE DES SATURNI1DÉS
249
avec un segment externe noir, un jaune contre la discale et entre les deux
un croissant blanc. J amais de rayure interne.
C. Queue plutôt courte, fortement déjetée en dehors, sans atténuation régulière,
sans coloration autre que celle plus ou moins verte des ailes (Epine claspé-
rienne médiocre, partie basale de l’uncus avec une paire de bourrelets laté¬
raux qui se terminent ventralement par une forte griffe, la partie médiane
carénée en dessus, dilatée d’avant en arrière où elle s’épanouit en une sur¬
face concave échancrée en dessous). 1. arternis Bremer.
D. Ailes sans rayures.
E. Bord externe des postérieures échancré avant la queue (Partie basale
de l’uncus très courte, la partie impaire peu longue et à haute carène)
(d* 103, $ 103-110) (Région de l’Assam, des Askold et Sakkaline)....
. a. artemis.
E'. Bord externe des postérieures passant graduellement à la queue (Partie
basale et médiane de Funcus longues, celle-ci à carène basse), (cf 96-
120, 9 110-133) (Japon). a. gnoma Butler.
D’. Ailes avec rayures droites, parfois sublunulaires.
E. Une rayure externe, ailes vert jaunâtre, surtout les postérieures
( Partie basale de Funcus très courte, la médiane assez longue, sa carène
faisant saillie triangulaire au dessus du bout concave). (110-130) (Japon).
. a. aliéna Butler.
E 1 . Outre la rayure externe, une seconde à la naissance deCu : (fie Okinama
dans les Liu-kiu). a. xenia Jordan.
C'. Queue assez longue et peu déjetée, rattachée à l’aile suivant une courbe
basse, régulièrement atténuée en pointe. Vert pâle ; apex très obtus et bord
externe des antérieures convexe. (75) (Chine : Siao-Lou).
. 2. felicis Oberthür.
B'. Ailes antérieures très falquées et avec le bord externe concave chez le cf; dans
les deux sexes avec l’apex aigu, et chez la 9 > I e bord externe droit ou un peu
concave. Ocelles assez grands aux antérieures, subovales et occupant toute la lon¬
gueur de la transverse discale, la moitié distale des ocelles beaucoup plus grande
que la proximale, celle-ci avec un segment externe noir, suivi du croissant
blanc, puis d’un rouge qui passe souvent au noir contre le croissant blanc,
enfin d’un jaunâtre en contact avec la fenêtre. Souvent, aux antérieures, une
rayure interne allant obliquement de la base de la cellule au bout du tiers
basal du bord interne ; presque toujours une rayure externe parallèle au bord,
d’ordinaire déjetée en dehors derrière la 2 e cubitale ; assez souvent une rayure
submarginale (Epine claspérienne forte, partie basale de Funcus avec bourre¬
lets sans prolongement ventral en griffe, ou un simple denticule ; partie mé¬
diane étroite, arrondie en dessus, infléchie ventralement en une lame étroite
à bord postérieur denticulé ). 3. selene Mc Leay.
C. Ocelles assez forts, ovales.
D. Queue colorée en rouge-rose au moins à sa base, médiocre.
E. Coloration verte dans les deux sexes la queue avec douce échancrure
basale et peu fortement déjetée (Base de Funcus aussi longue que
large, le bout de ses bourrelets peu saillant en dehors), (cf 87-135,
9 108-180 (Du Sé-Tchuan et de Macao à Ceylan et à Java ;
Bornéo ?). s. selene.
E'. cf jaune, 9 verte avec très peu de rose caudal, la queue assez large,
à forte échancrure basale et très déjetée en dehors. Envergure du cf
d’après Conte, 125 mm. (Iles Andamans). s. callandra Jordan.
D'. Vert, sans rouge à la queue qui est plutôt longue et peu déjetée (Partie
basale de Funcus courte, à bourrelets très saillants en dehors), (cf 95-
250
E.-L. BOUVIER
130, 9 100-135) (Mandchourie, Chine, de Pékin à Canton; Formose).
. s. ningpoana Felder.
C'. Ocelles petits et ronds, queue large. Vert pâle un peu jaune (120). (Nord du
Thibet). s. omeispana Watson.
A'. Les ocelles colorés aussi dans leur partie distale, celui des ailes antérieures plus ou
moins en relation avec la costa chez le cf ; ce dernier à ton fondamental jaune,
la 9 ordinairement verte, sinon toujours ; souvent, aux antérieures, une rayure
interne ; toujours une rayure externe. Apex aigu.
B. Rayure externe assez large et peu ou pas sinueuse ; apex peu ou pas saillant,
bord externe des antérieures droit.
C. Antérieures à rayure externe droite, sans marge rose, leur ocelle assez grand
et longuement pédonculé ; postérieures à queue courte et large, fortement
déjetée en dehors, avec forte échancrure basale marginée de brun ; les ocelles
avec noyau violâtre contre la fenêtre. (85) (Chine. C’est le maasseni ce
Kirby.). 4. cf dictynna Maass. etW.
C'. Rayure externe des antérieures coudée en arrière, l’interne presque droite ;
ocelle de ces ailes réduit, ovalaire ou un peu en demi-lune, avec un épais
pédoncule le rattachant à la côte ; ocelle des postérieures faiblement
indiqué, surtout par sa partie proximale un peu rose ; queue assez longue
et épaisse, à bout spatule, cf jaune largement bordé de rose aux bords non
en contact des ailes, 9 vert blanchâtre, avec le bord externe des antérieures
sinueux, (cf 100, 9 120) (Assam). 5. rhodopneuma Rôber.
B'. Rayure externe étroite et très fortement sinueuse, avec épaississement au fond des
sinus rentrants, parfois des saillants; une rayure submarginale d’ordinaire
en faibles arcs discontinus et un peu convexes en dehors ; d’ordinaire aussi une
rayure interne oblique et un peu irrégulière. Aux postérieures, queue assez
longue, rayure interne vague ou nulle, l’externe en zigzags très irréguliers,
la submarginale du cf continue, peu éloignée du bord et très largement dilatée
à la base de la queue. Ocelles avec la partie proximale réduite et beaucoup
moins large que l’autre, de sorte que son arc noir est court, remplacé dans la
partie distale pour un long arc étroit et peu foncé. Le prothorax occupé tout
entier, ou presque, par le ton brun rouge qui est celui de la costa (Uncus
d ’heterogyna, triangulaire, avec deux bourrelets dorsaux et deux longues
griffes terminales étroites, fort rapprochées. Épine claspérienne médiocre).
C. Queue assez fortement déjetée en dehors, assez forte et plus courte que la
longueur de l’aile. Antérieures du cf avec l’apex peu aigu, peu saillant, le bord
externe très peu concave, la submarginale des deux ailes d’un brun violet ; ton
jaune ; ocelles avec un étroit segment jaune en dehors du croissant blanc dans la
partie proximale, largement jaune et séparé de la petite fenêtre par un noyau
violet dans la partie externe. 9 avec les ailes vertes, le corps blanc (sauf le
collier) les rayures interne et submarginale absentes ou presque, les ocelles
avec la partie externe presque totalement roses, (cf 100-124, 9 118-135)
(Chine du Sud ; Tonkin, Hanoï, Hoa-Binh). 6. heterogyna Mell.
C'. cf à queue très peu déjetée, plutôt étroite, plus longue que l’axe de l’aile.
Antérieures avec l’apex très aigu, assez saillant, le bord externe assez con¬
cave, la submarginale des deux ailes rose-rouge ; ton des ailes vert jaune
clair ; ocelles avec un segment roux dans la partie interne ou le croissant
blanc est parfois logé dans le segment noir, la partie externe complètement
rose entre sa faible bordure externe et la fenêtre qui est assez grande.
(75-110), (pl. VII, flg. 7) (Chine du Nord et, d’après Jordan, Assam)..
. 7. sinensis Walker.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
251
Heterogyna et sinensis sont des espèces fort voisines qui se rapprochent
certainement de selene( l ). — Maasseni n’est rien autre que V Actias dictynna de
Maassen et Weymer (Beitrâge, fig. 15,1872) que Druce avait reconnu différent
du dictynna de Walker et que Kirby a élevé au rang d’espèce sous le nom de
maasseni ; Rothschild en fait une simple aberration de ningpoana, bien que
les rayures et les ailes soient très différentes. En tous cas, c’est une forme
curieuse connue seulement par la figure de Maassen.
Staudinger a signalé sous le nom de caeca une aberration d 'artemis où les
ocelles font défaut (Mém. Lépid. Romanoff , VI, 331, 1892) et Tutt, sous le
nom de mortoni, un hybride lima çf selene $. Le Tropaea mandschurica de
Staudinger ( loc. cit., 331, 1892), n’est qu’un Actias selene ningpoana de la
région mandchourienne ; Jordan le tiendrait pour intermédiaire entre gnoma
et ningpoana , mais gnoma est un artemis , non un selene. Il faudrait examiner,
à ce point de vue les mandschurica de la condition des Soies de Lyon décrits
et figurés par Riel ( Lab. Soie. X, p. 9, fig. 8, 9 (çf, 9; cocon). 1934).
J’ai considéré Argema distincta Niepelt ( Intern. ent. Zeits. Guben , XXVI,
89, pl. I, fig. 1 (9), 1932) comme la 9 de rhodopneuma dont elle présente
tous les traits, sauf la tonalité qui est verte ; le bord externe des ailes y est
toutefois sinué, denté et la spatule terminale de la queue paraît un peu plus
forte que celle du çf type qui se trouve dans la collection Biedermann et dont
M. Niepelt a eu l’obligeance de me communiquer une excellente photographie ;
il soupçonnait d’ailleurs lui-même l’identité des deux formes. Le çf provient
des Naga Hills en Assam, la 9 de Ta-tsien-lou en Chine. L’espèce semble
établir un passage aux Argema , notamment à maenas.
Le développement larvaire, à ma connaissance, n’a bien été suivi que dans
selene où il fût décrit par Moore (Catal. Lepid. Mus. Indian House, II, 400,
pl. XIX, 1859; Proc. Zool. Soc. 261, 1859) et par Hutton (id., 1856); on en
trouve un bon exposé dans E. André (Ëlev. vers à soie sauvages, 111, 1908) :
aux premiers stades, la chenille est rouge orangé avec la tête, le bouclier anal
et les tubercules noirs; plus tard, elle devient verte avec les mêmes parties
orangé-roux. D’après André, c’est au 4 e stade qu’aurait lieu cette transforma¬
tion, mais d’après les jolies aquarelles exécutées par le regretté Poujade sur les
produits d’un élevage fait au Muséum, elle se produirait en suite de la 2 e mue,
c’est-à-dire au 3 e stade. En tous cas, les tubercules sont ornés de petites soies et
d’une très longue centrale ; les deux dorsaux du 8 e segment abdominal sont fu¬
sionnés en un seul plus élevé que les autres. La chenille broute sur divers végé¬
taux : Coriaria nepalensis, Andromeda ovalifolia, Noyers, etc. ; c’est avec les
1). Durant l’impression de ce travail, M. Henri Testout a fait paraître dans les Annales
de la Société linnéenne de Lyon, vol. 79, 1935, deux opuscules consacrés à des Saturnides :
l’un (p. 40-51, l’I. I-II1) où sont étudiés un Actias et quatre Drepanoptera, l'autre (p. 157-158
avec une planche), où est décrit et fîgùré un autre Drépanoptère. Je reviendrai plus loin
sur les Drépanoptères. Pour l’heure, je dirai seulement ici que 1 ’Actias laotiana de l’auteur
me parait, en effet, comme il est dit p 39-40 dans l’opuscule et comme le montre la
figure Pl. I, fig. 1 (cf), intermédiaire entre heterogyna et sinensis ; toutefois il me semble
plus proche de ce dernier par sa coloration jaune vert et surtout la forme des ocelles.
L’exemplaire type provient du Laos (Coll. Cote).
252
E.-L. BOUVIER
feuilles du Noyer que Poujade réalisa son élevage. Les cocons sont fixés aux
rameaux et renferment une chrysalide dont le crémaster à crochets se rattache
aux fils internes ; ces cocons sont bruns et peu soyeux dans la forme commune,
mais dans la forme callandra figurée en couleur par Watson (Wild silk Moths,
pl. II, fig. D (adulte et cocon)), ils sont pâles et tissus de «pure soie blanche
très lustrée et estimable. » Watson a pu élever sa forme omeishana sur le Chêne
et l’Aubépine. En Chine, une seule génération annuelle dont les papillons volent
en été ; par élevage, à Pondichéry, on aurait pu obtenir quatre générations.
Oberthür rapporte (Bull. Soc. ent. France , XLVII, 1886), que les chenilles
d ’ artemis broutent sur le Chêne, l’Erable, le Tilleul et que les cocons hivernants
donnent l’adulte en été.
Bibliographie
1. Tropaea artemis Bremer, Bull. Ac. Pétersbourg, III, 566, 1861 ; Kirby, Cat. Lep.,
Heter., I, 765, 1892. Saturnia art. Oberthür, Bull. Soc. ent. France,
p. XLII, 1886. Actias art. Sonthonanx, Lép. soie, II, 27. pl. XI (cf, Ç<
cocon), 18-99 ; Bouvier et Riel, Lab. soie, XVII, 57, 1931. Actias selene
artemis Rothschild, Nov. Zool., II, 47, 1895.
Var. : gnoma (Tropaea gnoma Butler, Ann. nat. Hist., (4), XX, 480,
1877 (Mus. brit.) ; Actias gn., Sonthonnax, loc. cit., 25, 1899. Act. art.
gn. Packard (et Cockerell), loc. cit., 186,1914. Act. selene gn. Jordan, in
Seitz, Macrol. paléarct., 211, fig. 33 c (cf et Ç)> 1913 ; Bouvier et Riel,
loc. cit., 58, 1913. Tropaea dulcinea Butler, Trans. ent. Soc. London,
1881,14 . Act. sel. art. dulcinea Rothschild, loc. cit., 47, 1895. — aliéna
(Tropaea aliéna Butler, Ann. nat. Hist., (5), IV, 355, 1879 (Mus. brit.).
Actias al. Sonthonnax, loc. cit., 26, 1899 ; Act. art. al. Jordan, loc. cit.,
211, fig. 33 a (9), 1913 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 58, 1931. Act. selene
art. al. Rothschild, loc. cit., 47, 1895. — xenia (Act. art. xenia Jordan,
loc. cit., 211, 1913). (Tring Mus.).
2. Tropaea felicis Oberthür, Etudes d’ent., XX, 67, pl. IX, fig. 61 (cf), 1896. Act.
fel. Sonthonnax, loc. cit., 26, pl. IX, fig. 5 (cf), 1899 ; Jordan, loc. cit., 211,
ûg. 34 a (cf), 1913.
3. Actias selene Leach, Zool. Mise., II, 26, 1815 ; Sonthonnax, loc. cit., 23, pl. IX,
fig. 1 (cf), 2 (9), 1899 ; Packard (et Cockerell), loc cit., 182, pl. XVII
(chenille), 1914. Tropaea selene Hübner, Verzeichniss, 152, 1822. Plectro-
tropteron diana Hutton, Ann. nat. Ilist., XV, II, 60, 1846. Actias astarte
Maassen et Weymer, Beitrâge, fig. 16, (cf), 1872.
Var. : callandra (Act. sel. callandra Jordan, Nov. Zool., XVIII, 130,
1911 (Tring Muséum) ; Watson, Wild silk Moths, pl. II, fig. 2 (adulte et
cocon); Conte, Lab. soie, XV, 179, pl. IV, fig. 1 (cf),1919 ; Bouvier et
Riel, loc. cit., 58,1931. — ningpoana (Act. sel. ningpoana Felder, Wien.
ent. Monat., VI, 34,1862) ; Jordan, loc. cit., 211, fig. 33 b (cf), 1913 ;
Riel, Lab. soie, fasc. 10, p. 9, pl. III, fig. 10 et 11 (cf, 9)> 1934. Tro¬
paea mandschurica Staudinger, Mém. Lépid. Romanoff, VI, 331,1892.
Act. sel. mand., Jordan, loc. cit., 211, 1913 ; Riel, loc cit., fig. 8 et 9,
1934). — omeishana Watson (Manchester Ent. Soc., X, 43, 1912 ;
Entomologist, LX, 35,1927).
4. Actias dictynna Maassen et Weymer, loc. cit., fig. 15 (cf), 1872. Tropaea maasseni
Kirby, Cat. Lep., Heter., I, 765, 1892. Act. selene ningpoana maasseni,
Rothschild, loc. cit., 47, 1895.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
253
5. Actias rhodopneuma Rober, Ent. Runds., XLII, 45, 1925 ; Seitz X, 501, pl. 55,
C b ( cf ), 1926. Argema distincta Niepelt, Int. ent. Zeits. Guben, XXVI,
89, pl. I, fig. 1 ($), 1932.
6. Actias heterogyna Mell, Ent. Runds., XXXI, 32, fig. 1 (çf),2 (Ç), 1914 ; Seitz.
X, 501, pl. 55, Bo(cf), 1926.
7. Tropaea sinensis Walker, List, VI, 1264, 1855. Actias sinensis Jordan, loc. cit.,
211, fig. 33 b (cf), 1913 ; Bouvier et Riel, loc. cit., 58,1931.
Genre XXVII. — ARGEMA Wallgr.
(PI. VII, fig. 8).
Argema Wallengren, Ojv. Kong. Vet. Ak. Forhandl , 1858, 140 ; Gaede,
Seitz, XIV, 318, 1927. Actions (Argema) Seitz, X, 500, 1926. Euandraea et
Sonthonnaxia , Watson, Manchester ent. Soc., X, 42,1912. Cometesia Bouvier,
Mém. Ac. Sc ., LIX, n° 4, 17, 1927.
Genre détaché des Actias et des Tropaea par Wallengren, encore que beau¬
coup d’auteurs aient, dans la suite, conservé aux espèces qu’il renferme soit
le premier de ces termes (Maassen et Weymer ou Weyding, Swinhoe, Hampson,
R. van Ecke), soit le second (C. Oberthür, J. J. Kaup). 11 se distingue de tous
deux par le prolongement caudal terminé en large spatule gondolée sur son
bord interne, par l’ocelle des antérieures qui, dans les deux sexes, est en con¬
nexion avec la côte ou très voisin de celle-ci, enfin par la présence, sur la partie
dorsale de l’uncus, d’une paire de saillies plus ou moins développées. Le dimor¬
phisme sexuel est accentué : la queue est toujours très longue et fort grêle
dans le çf. plus courte et plus large chez la $ ; dans cette dernière, le bord
externe des antérieures est un peu convexe, tandis qu’elle est droite ou con¬
cave dans le premier ; bien plus, la coloration des ailes est très variée chez
celui-ci, mélange de jaune verdâtre et de brun ou de rose en taches ou en
aires plus ou moins étendues, alors qu’elle est assez uniforme, verte ou jaune
verdâtre chez la $ ; la queue est rose ou brune, mais sa spatule reste claire.
Toujours, aux antérieures, une rayure externe à peu près parallèle au bord
correspondant, droite, ou un peu infléchie à la côte, dans ce cas (qui est de
beaucoup le plus fréquent), en zigzags continus ou indiqués seulement par
un angle sur les nervures ; dans ce dernier cas aussi une rayure interne qui est
tout entière ou presque post-cellulaire. La côte des antérieures est brune ou
rose, de même ton que le prothorax qui tranche en collier sur le reste du
corps, lequel est jaune ou blanc, parfois avec zones rousses ou brunâtres sur
le thorax et l’abdomen. Palpes et pattes sont rouges ou brun rougeâtre
(sauf dans mittrei où le brun des pattes est en partie masqué par des poils
clairs) ; les palpes sont légèrement saillants, claviformes et d’une seule pièce
encore qu’un léger sillon en distingue les deux premiers articles; les pattes
sont inermes, celles de la paire antérieure avec une épiphyse grêle assez
poilue, un peu plus courte chez la $ que chez le cf •
254
E.-L. BOUVIER
Fawcett a fait connaître le développement larvaire de mimosae ( Trans.
Zool. Soc., XV, 302, pl. XLVII, fig. 1, 2 (larve) et 3 (cocon), 1901). La
chenille broute sur Sclerocarya caffra Sond. ; jeune, elle est de ton rouille
avec la tête et les pattes thoraciques noires ; mûre, elle a une tonalité vert
d’herbe avec, de chaque côté, entre presque tous les segments, une raie trans¬
verse jaune suivie d’une bleue; ses tubercules dorsaux sont très élevés et coni¬
ques, leur sommet jaune porte quatre longs poils de cette teinte et quatre
noirs plutôt courts. Le cocon, d’un gris blanchâtre luisant, est fixé par le flanc
à un rameau ; son extrémité ouverte est entourée de longues soies et porte à
sa base une couronne circulaire de petits trous arrondis ( x ). A l’extrémité
postérieure bilobée et fortement ridée de la chrysalide brune, j’ai observé
un groupe de dix à douze soies raides en crochets, assez longues qui forment
crémaster. Probablement deux générations annuelles ; « les chenilles appa¬
raissent en novembre et février, les papillons en janvier et octobre suivants. »
D’après Boisduval (Voy. Delegorgue dans l’Afrique australe, II, 600, 1847),
l’espèce est très commune au Natal sur les Mimosas.
E. André (Élev. vers à soie sauvages, 105,1908) donne quelques détails sur
le développement de mittrei. Les très gros œufs terre de Sienne (3 mm.)
sont en sphère aplatie aux deux bouts. La jeune chenille est vert jaunâtre,
avec le milieu du corps et la tête rouge brun, des poils noirs raides et assez
longs. A son troisième stade, elle est d’un beau vert clair avec la tête rouge
brun, la base des fausses pattes carmin, les articulations segmentaires jaune
citron et rouge brun pâle ; des poils courts et blancs sur la tête et le corselet.
La chenille devient ensuite de plus en plus jaune ; elle se nourrit d’une Mimosée
Son énorme cocon (pl. III, fig. 5) d’un blanc argenté brillant est, du côté
ouvert, attaché aux rameaux par un pédoncule de même ton ; il est percé de
nombreux trous irréguliers. Au bout de sa chrysalide brune et unie, j’ai observé
la surface crémastérienne qui est arrondie et occupée par de nombreuses
petites pointes courtes, groupées surtout à la périphérie. Les chenilles com¬
mencent leur cocon en juillet.
D’après le même auteur, le cocon des maenas indiens est gris roussâtre,
percé un peu partout de petites perforations nettes et rondes ; au Sikkim, le
papillon est bivoltin, apparaissant au printemps et en automne, la seconde
génération passant l’hiver en cocon. La chenille broute sur Turpina pomifera.
Packard et Cockerell ( loc. cit., pl. XCVI) ont bien figuré les cocons et assez
bien la pupe de cette forme.
Les espèces du genre, avec leurs variétés, sont indiquées dans le tableau
suivant :
1. D'après L. O. Howard ( Sci. americ., 1900) cité par Packard, les indigènes du Natal
recueillent ces cocons après la sortie, y introduisent de petits cailloux et les cousent côte
à côte sur un anneau de peau de Singe qu’ils portent à la cheville où ils produisent un
bruit de grelot quand ils sont agités.
FAMILLE DES SATURN11DÉS
255
Tableau des espèces
•
A. Ocelle des antérieures ovale ou arrondi ; aux deux ailes, en dessous, pas de rayure
interne ; ailes du cf sans invasion du brun, sauf à la Costa des antérieures et,
parfois, en marge sur le bord externe.
B. Ailes en dessus sans rayure interne, à bord externe sans ondulations ni marge
brune droit chez le cf, légèrement convexe chez la 9 ! rayure externe simple
et droite, parallèle au bord [correspondant, absente aux postérieures chez
le cf ; pas de submarginale ni de tache apicale ; collier et Costa rose en avant,
brun rouge en arrière ; ocelle des antérieures pédonculé en dessus, petit, ova¬
laire, noir au bord proximal, rouge entre le bord et la fenêtre qui est étroite,
jaune en dehors, vague et sans pédoncule en dessous ; celui des postérieures
vague (9) ou nul (cf). Fort dichromisme sexuel : cf rosé chair dans toute
Faire externe et jusqu’à la naissance de la spatule, jaune pâle ailleurs et
même sur une étroite bande appliquée en dehors contre la rayure externe qui
est fine en dessus, plus forte en dessous, le corps également jaune. 9 verte
avec un peu de rose sur la partie grêle de la queue ; corps blanc, cf envergure
82 mm., aile postérieure, 125 mm.; 9 envergure, 105-113 mm., aile posté¬
rieure au bord anal 120 mm.', (pl. VII, fig. 8). (Chine; Se-tchuen, Tonldn).
. 1. dubernardi Oberthür.
B'. Ailes en dessus avec rayure interne très voisine de la base, à bord externe ondulé,
à marge brune au moins aux postérieures ; rayure externe des antérieures en
zigzags, continue ou discontinue, un peu infléchie à la côte, avec une submar¬
ginale parallèle plus ou moins complète ; une tache apicale noire ; le collier
tout entier brun comme la costa. Ocelles des deux ailes semblables sur les
deux faces. Pas de dichromisme sexuel ; queue brune jusqu’à l’origine de la
spatule.
C. Tache apicale étroite et longue, sans relation avec la submarginale qui, aux
antérieures, est réduite à sa partie ano-cubitale dilatée, aux postérieures
d’ordinaire présente, continue ou discontinue ; arcs bruns internervulaires
au bord externe des ailes des deux paires ; rayure interne des antérieures
faite de deux arcs concaves en dehors qui se rencontrent sur la nervure
anale en un petit angle saillant. Ocelles assez forts et subarrondis avec un
croissant noir proximal qui renferme un croissant blanc ; entre la fenêtre
en long ovale aigu et le noir proximal un arc brun foncé puis un rouge,
en dehors un arc brun gris et un jaune ; l’ocelle antérieur toujours pédon¬
culé. Ton vert passant quelquefois au ton crème ; corps à bande latérale
brune au niveau des stigmates, jaune très pâle à l’abdomen, thorax en
arrière du collier roussâtre avec épaulettes bien jaunes, (cf envergure 102-
122, aile postérieure 97-110; 9 envergure 102-132, aile postérieure 86-100).
(Afrique sud-orientale). 3. mimosae Boisduval.
C/. Caractères de mimosae, mais abdomen blanc sans bande latérale brune;
nervures des ailes antérieures saupoudrées de blanc et tranchant ainsi sur
le fond aigue-marine ; la submarginale de ces ailes paraît longue et sem¬
blable à la rayure externe, la bande qui la sépare de cette dernière est proxi-
malement blanche, distalement brun cerise (N.-E. du Kilimandjaro.)_
. 4. cf besanti Rebel.
C". Tache apicale grande, triangulaire et remplissant tout l’apex, en relations avec
la submarginale qui est semblable à l’externe, et, comme celle-ci, épaissie
sur les nervures, parfois discontinue ; pas de submarginale aux postérieures ;
une marge brune continue au bord externe de ces dernières; rayure
interne des antérieures droite, un peu rentrante sur l’anale. Ocelles forts,
256
E.-L. BOUVIER
arrondis,avec mince bordure noire, proximalement suivie d’un croissant
rouge, d’un blanc, d’un demi-cercle rosâtre renfermant un point noir contre
la nervure discale, en dehors de celle-ci une légère tache claire indiquant la
fenêtre, un demi-cercle jaunâtre, suivi d’un arc orangé, puis d’un jaune ;
ocelle antérieur pédonculé ou très rapproché de la Costa. Ton jaune ver¬
dâtre, corps jaune. Longueur de l’aile postérieure à peu près égale à
l’envergure, spatule caudale étirée en pointe, (cf envergure 165-188 mm.,
9 145-150 mm.) (Madagascar). 5. mittrei Boisduval.
A 1 . Ocelle antérieur en croissant ou en demi-lune , toujours pédonculé ; en dessous,
au moins aux ailes postérieures, une rayure interne ; ailes du c? envahies par
le brun ; rayure interne du dessus des antérieures convexe et loin de la base,
nette chez la Ç, chez le çf indiquée par le bord externe de Taire basale brune
ou inapparente dans le brun ; rayure externe de ces ailes en zigzags, fine et
seule chez la 9> chez le cj accompagnée d’une submarginale rendue sensible
par le brun qui la sépare du bord et par une bande jaune qui la précède ; pas de
tache apicale. Ocelles avec épaisissement proximal noirâtre avec croissant ou
poils blancs, puis un arc clair, un noyau ou une bande rosâtres, enfin un arc
externe jaune un peu marginé de brun en dehors ; les ocelles du dessous plus
petits, surtout celui des antérieures qui est isolé. Fond des ailes jaune verdâtre ;
prothorax tout entier brun comme la Costa; le corps jaune, mais chez le cf,
bruni sur le thorax et un peu sur l’abdomen. 2. maenas Doubleday.
B. Chez le cf , rayure externe des antérieures sans contact avec l’ocelle, peu épaissie
de brun et largement séparée par du jaune de la submarginale ; jaune médian
de cette aile continu depuis la côte jusqu’au bord interne, (cf envergure 125-
133 mm., aile postérieure 170-152 mm.; Ç envergure 152-165mm., aile posté¬
rieure 132-170).
C. Apex saillant et bord externe concave, rayure submarginale assez nette.
(Sikkim, Assam, Tonkin, Java). m. maenas.
C'. Apex peu saillant, bord externe peu concave, rayure externe et submargi¬
nale vagues (Amboine). m. rosenbergi Kamp.
C". Apex non saillant, bord externe droit (Java, Sumatra).
. m. saga Van Ecke = recta Bouvier.
B'. Chez le cf, rayure externe des antérieures touchant l’ocelle, largement épaissie
de brun, de sorte que la bande jaune qui touche la submarginale est très
réduite et souvent discontinue ; aire médiane également très envahie par le
brun qui n’y laisse que deux ou trois petites taches jaunes indépendantes.
C. Bande précédant la submarginale bien développée, de même que la tache
jaune située sous l’apex ; le jaune entoure largement la rayure submarginale
des postérieures (Andamans). m. ignescens Moore.
C'. Bande précédant la submarginale réduite de même que la tache jaune sous-
apicale; faible traînée jaune à la place de la submarginale des postérieures.
(Célèbes). m. isis Sonthonnax = latone Roths. et Jord.
Dans le tableau précédent, pour maenas, je n’ai pas tenu compte des femelles
des diverses variétés, car elles ne sont pas suffisamment connues et, d’ailleurs,
semblent être d’une distinction peu facile. Pour mimosae , j’ai laissé de
côté trois formes jusqu’ici décrites en dehors de la typique; deux d’entre
elles ne diffèrent pas sensiblement de cette dernière, l’une sous le nom A'elu-
cidata, fut signalée par Grünberg à Tsumeb, d’après un cf ( Denkschr. mediz.
natur. Jena , XVI, 118, 1910), l’autre par Gschwandner (Zeits. osier, ent. Verein
Wien, VIII, 47, 1923), sous le nom A'occidentalis , d’après des mâles et des
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
257
femelles provenant du Sud-Ouest de l’Afrique. La troisième est bien plus
sujette à caution ; elle provient de deux localités assez éloignées du Congo
belge (Albertville au Tanganyika d’un côté, Luao de l’autre), et fut récem¬
ment décrite comme espèce propre par J. Ghesquière (Bull. Mus. royal d'Hist.
nat. de Belgique , X, n° 38, 1-5, fig. 1, a, b, c, du texte (armature tf) et pi. 1
(cf), 1934) sous le nom d ’Argema bouvieri ; pour la forme et les couleurs,
elle ne présente aucun caractère qui permette de la distinguer sûrement de la
Fig. 71. —Caractères des Argema : A, armature c? de mittrei, en dessous; B, dans
maenas, B', palpe de maenas ; C, armature de dubernardi en dessous.
très nombreuse série de mimosae que j’ai eue sous les yeux ; mais l’armature
du çf, comparée par Ghesquière à celle du mimosae typique (fig. 2 a et b,
p. 4 du texte), montre une différence très notable ; tandis que, dans cette der¬
nière, le pénis a (appelé à tort 10 e tergite) est longuement et obliquement
tronqué à son bout libre, avec l’appendice terminal infléchi presque à angle
droit, dans bouvieri la troncature est remplacée par un bout arrondi et l’ap¬
pendice terminal fait un angle très obtus. Ghesquière observe en outre
que la longue épine basi-péniale (prise pour le pénis) a un revêtement de spi-
nules plus fortes que celles de mimosae ; mais il est excessif peut-être de tabler
sur cé caractère, variable suivant les individus. En tous cas, par son pénis,
bouvieri diffère assez fortement de mimosae et semble être une forme locale
de cette dernière.
mémoires do MüSEOM, nouvelle série, tome ni.
17
258
E.-L. BOUVIER
L’armature du ç? (fig. 71) des Argema présente des variations spécifiques
considérables, mais toujours se rapproche bien plus de celle des Tropaea que
de celle des Actias, notamment pour l’uncus qui présente sans exception une
paire de saillies dorsales et se termine par une paire de lobes ou de griffes. C’est
surtout dans mittrei que la ressemblance avec Tropaea est grande, pour toutes
les pièces de l’armature; elle va même presque jusqu’à l’identité (comparer
la figure 70, A de Tropaea et celles de mittrei , 71, A), mais il y a au bout du
tube pénial un étroit appendice qui manque aux Tropaea. Dans maenas , les
tubercules dorsaux de l’uncus s’allongent en deux
colonnes divergentes et la partie ventrale s’étire et
se rapproche étroitement de la face ventrale, les
claspers ont deux griffes sur leur bord interne et
leur bout libre envoie une petite travée contre
l’uncus ; au surplus on trouve deux fortes épines
égales à la base du pénis. Dubernardi , malgré ses ailes
très différentes, appartient au même type, toutefois
la partie ventrale de l’uncus s’allonge et s’applique
davantage, les claspers n’ont plus qu’une griffe,
d’ailleurs longue, et se terminent par deux lobes
étroits et longs ; le pénis enfin n’a pas d’appendice
et sa base présente deux épines, l’une allongée,
l’autre réduite. A ce point de vue, mimosae (fig. 71 )
s’en rapproche parce qu’il n’a plus que la longue
épine, mais il en diffère pour tout le reste et paraît
bien être la forme la plus évoluée du genre : l’uncus
est court, un peu infléchi en dessous et surmonté dès
sa base par une paire de lames convexes en dessus,
„ concaves en dessous, qui le dissimulent complè-
Fig. 71'. — Armature çf -, <
d ’Argema mimosae, vue tement, les claspers sont simples avec, sur leur bord
du côté ventral. interne, un angle dentiforme au lieu d’une épine ou
d’une griffe; bien plus, sur la face ventrale, entre
l’uncus et le pénis, s’élève une large lame tronquée qui représente sûrement
le sternite X. Je n’ai rien aperçu de cette lame dans les autres espèces et je
me demande si, chez ces dernières, le sternite X n’est pas confondu avec le
collier basal spinifère du pénis.
Ainsi l’armature du c? indique des affinités bien différentes de celles qu’on
pourrait établir d’après les ailes. J’ai rangé les espèces dans l’ordre indiqué
par ces dernières parce qu’il s’agit surtout ici de rendre les déterminations
faciles, mais une longue expérience montre que les premières ont plus de valeur
et de sensibilité. Si bien qu’on est conduit à cetle conviction que les Argema
se rapprochent surtout des Tropaea et que mittrei, malgré sa grande taille et
sa morphologie toute particulière, présente plus que toutes les autres espèces
des affinités certaines avec ces derniers. Comment a pu s’établir le passage
entre des formes en apparence si différentes ? c’est là une question pour le
FAMILLE DES SATURNUDÉS
259
moment insoluble. En tous cas, il y a de telles ressemblances profondes entre
les diverses espèces à'Argema, et de tels passages entre ces espèces, qu’il con¬
vient de rejeter les sous-genres établis par Watson ( Manchester ent. Soc., X, 42,
1912), Euandraea pour dubernardi, Sonthonnaxia pour maenas, et le genre
Cometesia que j’avais proposé ( Mèm. Ac. Sc., LIX, n° 4, 17 et 37, 1927) pour
mittrei.
Bibliographie
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ma dub. Sonthonnax, Lép. soie, II, 25, pl. V (cf), 1899. Euandraea dub.
Watson, Manchester, ent. Soc., X, 43, 1912. Actias dub. Jordan, Seitz,
Macrol. paléarc., II, 211, 1913. Argema (Euandraea) dub. Packard (et
Cockerell), Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 180, 1914.
2. Actias maenas Doubleday, Ann. Nat. Hist., XIX, 95, pl. VII, flg. 1 (Ç), 1847 ;
van Ecke, Notes Leyden Mus., XXXV, 132, flg. 1, 2, 4, 1913. Tropaea
mae. Walker, List., VI, 1263, 1855. Argema mae. Sonthonnax, loc. cit.,
13, pl. III, flg. 1 ( cf ), 2(Ç), 1899. Sonthonnaxia mae. Watson, loc. cit., 42,
1912. Argema (Sonthonnaxia) mae. Packard (et Cockerell), loc. cit., 179,
pl. L, flg. 8 (nervulation), pl. XCVI, a (cf), b (pupe cf), c (9), d (pupe 9),
e (imago), / et g (cocon), 1914. Saturnia leto Doubleday, Proc, ent., Soc.,
V, 41, 1849 (cf). Tropaea leto Walker, loc. cit., 1263, 1855. Actias leto
Maassen et Weyding, Beitrage, flg. 106 et 107 (cf), 1885. Argema leto
Watson, Wild Silk Moths, 5, 1911. Actias diana Maassen et Weymer,
Beitrage, flg. 12 (cf = leto). Argema maenas diana Rothschild et Jordan,
Nov. Zool., VIII, 45, 1900.
Var. : saga (Act. mae. saga Van Ecke,loc. cit., 134, flg. 3 et 4, pl. III (cf),
pl. IV (9), 1913). Sonthon. mae. recta Bouvier, Bull. Hill Mus., II,
flg. 4 ( cf ), 1928. — rosenbergi (Tropaea rosenbergi Kaup, 1895 ; voir
plus loin). — ignescens ( Actias ignescens Moore, Proc. Zool. Soc., 1877,
602). Argema ign. Rothschild, Nov. Zool., 11,47, 1893. Arg. mae. ign.
Sonthonnax, loc. cit., 14, pl. IV, flg. 1 (cf), 1899. Sonthonnaxia ign.
Watson, Manchester ent. Soc., X, 42, 1912. Act. (Arg.) mae. ign.,
Seitz, X, 501,1926). — isis (Arg. mae. isis Sonthonnax, loc. cit., 14,
1899). Actias isis van Ecke, loc. cit., 137,pl.VI ( cf ), 1913. Act. (Arg.)
isis Seitz., X, 501, pl. 54, a (9), 1926. South, mae. isis Bouvier et
Riel, Lab. soie, XVII, 59,1931. Arg. mae. latona Rothschild et Jordan,
loc. cit., 404,1910. Act. mae. lat. van Ecke, loc. cit., 136, flg. 5, pl. V
(cf), 1913, Bouvier, Voy. Léopold de Belgique aux Indes néerl., IV,
33, 1932.
3. Saturnia mimosae Boisduval, Voy. Delegorgue Afr. autr., II, 600,1847. Angas mi.
Wallengren, Kong. Sv. vet. Ak. Handl., V, n° 3, 24, 1865. Actias mi.
Maassen et Weymer, Beitrage, flg. 35 (cf), 36 (9), 1 872. Argema mi. Son¬
thonnax, loc. cit., 17, pl. VI, flg. 2 (cf), 3 (cocon), 1899; Gaede, in Seitz,
XIV, 319, 49 b (cf), 1927. Arg. mi. elucidata Grünberg, Denks. med. nat
lena, XVI, 118, 1910. Arg. mi. occidentalis Gschwandner, Zeits. ôst. ent.
Ver. Wien, VIII, 47, 1928. Arg. bouvieri Ghesquière, Bull. Mus. roy.
d’Hist. nat. Belgique, X, n° 38, flg. 1, a, b, c, pl. I (cf), 1934.
4. Argema besanti Rebel, Verh. Zool. bot. ges. Wien, XLV, 69, 1895 ; Sonthonnax,
loc. cit., 18, pl. IV, flg. 2(9), 1899.
5. Bombyx mittrei Guérin-Méneville, Rev. et Mag. de Zool., X, 230,1847. Tropaea mi.
Joannis, Bull. Soc. ent. France, 326, 1928. Argema mi. Gaede, loc. cit.,
260
E.-L. BOUVIER
318, 51 a (cf), 1927. Cometesia mi. Bouvier, Mém. Ac. Sc., LIX, n° 4, 16,
1927. Actias cometes Guénée in Vinson, Voy. Madag., Lép., 46, pl. VIII,
1864. Tropaea com. Oberthür, Bull. Soc. ent. France, 130, 1897. Actias
idae Felder, Reise Novara, Lép., pl. LXXXVIII, flg. 1 (cf), 1874.
Tropaea madagascariensis Bartlett, Proc. Zool. Soc., 1873, 336. Argema
mad. Maassen et Weymer, Beitr.ïge, flg. 65 (cf), 1881.
Rosenbergi a été signalé et figuré par Ivaup dans un opuscule publié à Leipzig,
sous le titre « Tropaea rosenbergii aus der Familiae Saturnidae ». D’après
Sonthonnax, qui a vu le type au Musée de Darmstadt, la photographie donnée
par Kaup est trompeuse et « ne représente nullement le type » qui serait un
maenas ; Seitz ( loc. cit., 500,1926) a également vu ce type qui est actuellement
en mauvais état et complètement décoloré ; l’ocelle postérieur semble y man¬
quer, toutefois « beaucoup moins, dit-il, que dans la figure finement coloriée
de Plotz remontant à 1866 ». Cette figure, que je n’ai pas vue, est sans doute
la fig. 33 du mémoire de Plotz sur les Exot. Schmett. Saturn. En tous cas, le
rosenbergi est d’Amboine, encore qu’Oberthür le signale également à Java,
ce qui paraît pour le moins douteux. Dans la collection des Soies de Lyon est
un cf d’Amboine qui provient de la Collection Oberthür où il se trouvait sous
ce nom ; le jaune vert y envahit presque la totalité de l’aire médiane des deux
ailes, l’ocelle postérieur y est réduit, presque tout entier jaunâtre avec un
petit arc noir au bord proximal ; en dessus la rayure externe en zigzags est à
peine indiquée aux antérieures, nulle aux postérieures ; en dessous, elle est
nette aux premières, indiquée aux postérieures par une série de raies noirâtres,
l’ocelle des antérieures est loin de la Costa, libre, réduit et brunâtre, un peu
plus petit que celui des postérieures qui a un faible arc noir. Il serait utile de
reproduire cet exemplaire sur les deux faces.
Section IL — ATTACITAE Bouvier, 1934.
Cette section embrasse les Attaciens de Dusuzeau-Sonthonnax (Lép. soie
I, 19, 1897); la sous-famille des Attacinae d’Aurivillius (Ark. Zool., II, n° 4,
16, 1905) et de Gaede (Seitz, XIV, 317, 1927), le groupe des Attacinae de
Draudt (Seitz, VI, 715, 1929) et de Schüssler (Lep. Cat., 9, 1933) enfin la
tribu des Attaciicae qui sera étudiée plus loin ; mais, dès 1928 (Saturnioïdes de
l’Afrique tropicale française, p. 509 et 675), j’y ai joint les Rhodiicae, la consi¬
dérant alors comme une sous-famille, Attacinae, dont j’ai fait dans la suite
(C. R. Ac. Sc., CLXXXIX, 1653, 1934) la section des Attacitae.
Les caractères de la section des Attacitae sont par suite les mêmes que ceux
relevés dans mon travail sur les Saturnioïdes de l’Afrique tropicale française
(p. 674) ; le trait essentiel qui distingue la section des Attacitae de celle des
Saturnitae est la disparition complète, ou presque, de la discale transverse
submédiane (fig. 68), de sorte que la cellule de toutes les ailes, au lieu d’être
close en dehors, comme dans toutes les formes étudiées jusqu’ici (sauf Cricula
drepanoides ), reste largement ouverte.
FAMILLE DES SATÜRN1IDÉS
261
Cette différence est accompagnée de quelques autres plus visibles, sinon
aussi constantes. Jamais d’ocelles normaux, mais des fenêtres arrondies,
triangulaires ou crescentiformes, simplement frangées d’une zone claire qui,
parfois, les envahit complètement au point de leur faire perdre toute trans¬
parence, tantôt se réduit à une marge fréquemment doublée en dehors d’une
bordure noire ou brunâtre ; apex des ailes antérieures presque toujours mar¬
qué d’ornements spéciaux, ligne fulgurante, une ou plusieurs taches qui
tranchent nettement par leur coloration et d’ordinaire aussi par leur forme ;
enfin, presque toujours aussi, une ligne submarginale plus ou moins fine qui
est d’ordinaire très sinueuse et, aux ailes antérieures, formée de lobes et de
selles ou interlobes. Les chenilles des Attacitae sont toujours dépourvues
d’épines très cornées et rigides, même chez les Attacus où leurs tubercules
sétifères s’allongent et prennent une apparence spiniforme ; j’ajoute qu’au
moment de la nymphose, les chenilles filent toujours un cocon aérien plus
ou moins largement ouvert.
Les Attacites ont des représentants dans toutes les parties du monde avec,
pour chacune, des formes spéciales. Ils abondent surtout en Amérique et en
Indo-Malaisie. Leur distribution, leur division en tribus et en genre sont
indiquées dans le tableau suivant.
Tableau des tribus et des genres
A. Raie submarginale des ailes antérieures rarement en simples zigzags, d’ordinaire
profondément lobée, épaissie au sommet des lobes et au fond des interlobes ;
branches des antennes de la 9 toujours courtes et, sur chaque article, fort iné¬
gales. I. Tribu Rhodiicae (p. 262).
B. Aux ailes de la l re paire la nervure médiane antérieure M 1 à peu près de même
longueur que la postérieure M :1 ; la branche antérieure de chaque article anten-
naire des femelles très réduite et beaucoup plus courte que la postérieure. Ligne
fulgurante représentée par un grand arc ouvert en dehors, blanc, marginé basa-
lement de noir. (Du Japon à l’Inde.)... 1. Genre Rhodinia Strand (p. 263).
B'. Aux ailes de la l re paire M 1 beaucoup plus courte que M 1 ; la branche antérieure
de chaque article antennaire des femelles égale la moitié de la postérieure. Pas
de ligne fulgurante. (Nouvelle-Guinée).. . 2. Genre Pararhodia Cock (p. 267).
A 1 . Raie submarginale des ailes antérieures plus ou moins lobée, rarement nulle, tou¬
jours sans épaississements aux lobes et interlobes ; branches antennaires de la Ç
assez grandes, parfois presque égales à celles du cf, les antérieures de chaque
article presque égales aux postérieures. II. Tribu Attaciicae (p. 269).
B. Aux ailes de la l re paire toujours une tache apicale postérieure et une ligne fulgu¬
rante ; une raie submarginale.
C. Les antennes de la 9 beaucoup plus étroites que celles du rf ; raie submarginale
lobée.
D. Les fenêtres obturées par des poils, parfois nulles ; tache apicale postérieure
plus ou moins ocelliforme.
E. Les fenêtres en croissant ; pas de dimorphisme sexuel ; une petite tache
apicostale, raie submarginale des antérieures bien lobée. Zone baso-
médiane du dessous des postérieures largement séparée de la côte par
un prolongement de la rayure externe blanche ; 3 nervures radiales.
(Amérique du Nord). 1. Genre Hyalophora Duncanip. 269).
262
E.-L. BOUVIER
E'. Fenêtres triangulaires ou nulles. Grand dimorphisme sexuel.
F. Aux antérieures pas d’autre tache que l’apicale postérieure, ligne
submarginale assez profondément lobée. Zone baso-médiane du
dessous des postérieures largement séparée de la côte par un pro¬
longement de la zone proximale externe ; 4 radiales. (États-Unis,
Mexique). 2. Genre Callosamia Packard (p. 274).
F'. Aux antérieures tache apicale postérieure suivie d’une tache sem¬
blable mais réduite dans chacun des trois espaces internervulaires
suivants, l’espace internervulaire qui la précède avec, en son milieu,
une petite tache rougeâtre. Zone baso-médiane du dessous des pos¬
térieures étendue jusqu’à la côte ; 3 radiales. (Mexique).
. 3. Genre Eupackardia Cockerell (p. 277).
D'. Les fenêtres largement hyalines, triangulaires et frangées de jaunâtre ;
rayure externe des antérieures défléchie en dehors vers la côte ; une
tache apicostale, une apicale postérieure et une postapicsde. Nervures
d ’Attacus (Inde). 9. Genre Archaeoattacus Watson (p. 319).
G'. Les antennes larges dans les deux sexes.
D. Ligne submarginale lobée.
E. Pas de tache apicostale.
F. Trois radiales aux antérieures ; fenêtres triangulaires ou ovalaires.
Amérique tropicale). 4. Genre Rothschildia Grote (p. 2791.
F'. Quatre radiales, fenêtres rondes ou en croissant. (Afrique tropicale).
. 5. Genre Epiphora Wallengren (p. 298).
. 6. Genre Drepanoptera Rothschild (p. 304).
E'. Une tache apiscostale, fenêtres en croissant, rayure externe des anté¬
rieures défléchie costalement en dehors. (Chine).
. 7. Genre Desgodinsia Oberthür (p. 312).
D'. Ligne submarginale régulière, sauf deux retraits en arrière de l'apex ;
fenêtres en croissant. Aux antérieures, quatre radiales comme dans les
Attacus. (Indo-Malaisie). 8. Genre Samia Hübner (p. 313).
B'. Pas de tache apicale postérieure aux ailes de la première paire, rayure externe
de ces ailes infléchie costalement en dedans ; fenêtres triangulaires, hyalines,
frangées de jaunâtre, que double partout une bordure externe noire. Antennes
de la 9 beaucoup plus étroites que celles du cf ■ Quatre nervures radiales dont
l’antérieure naît de ia cellule.
C. Une raie submarginale qui est lobée aux antérieures ; celles-ci avec une tache
apicostale et une ligne fulgurante j uis, en arrière de la dernière radiale, une
raie rouge parallèle à la côte ; pas de queue aux ailes postérieures. (Indo-
Malaisie). 10. Genre Attacus Linné (p. 322).
C'. Ni raie submarginale, ni taches apicales, ni ligne fulgurante, mais une raie
rouge oblique, en avant de la dernière radiale ; lobe anal des ailes pos¬
térieures plus ou moins saillant et d’ordinaire en longue queue. (Australie,
Nouvelle-Guinée). 11. Genre Coscinocera Butler (p. 332).
Tribu F. Rhodiicae Bouv.
Rhodiicae Bouvier, Saturnioïdes Afr. trop, française, 509 et 675, 1928.
Pas de tache apicale postérieure aux antérieures, ces ailes sans ligne ful¬
gurante ( Pararhodia ) ou cette ligne en grand arc ouvert en dehors et doublée
du côté basal par un arc noir qui représente peut-être la tache apicostale
(Rhodinia). Raie submarginale rarement en zigzags ( Pararhodia ), d’ordinaire
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
263
fortement lobée, surtout aux antérieures où elle s’épaissit au sommet des
lobes et au fond des interlobes. Fenêtre en croissant, en triangle ou en cercle,
rarement en petite tache ronde (çf de P. gyra) et alors la tache discale ocelli-
forme. 4 nervures radiales, au moins dans RhocLinia. Ton jaune ou ocracé,
parfois bruni. Cocon en amphore suspendue ( Rhodinia). — Du Japon à l’Inde ;
aussi Nouvelle-Guinée.
Les représentants de ce groupe sont inclus par Schüssler (87), comme par
tous les précédents auteurs, dans la section des Saturnites ; elle se réduit à
deux genres dont les traits essentiels sont indiqués dans le tableau précédent.
Genre I. — RHODINIA Stgr.
(PL VII, flg. 6).
Rhodinia Staudinger, Mém. Lépid. Romanoff, VI, 327, 1892 ; Jordan,
Seitz, Macrol. paléarct., II, 213,1913; Bouvier, Saturnioïdes Afr. trop, franç.,
675, 1928 ; Schüssler, Lep. Cat., 87, et suppl. 598. Rhodia Moore, Proc. Zool.
Soc., 1872, 578 ; Sonthonnax, Lép. soie, IV, 7, 1904; Packard (et Cockerell),
Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 167, 1914.
Ce genre fut établi par Moore pour newara qu’on regardait jusqu’alors
comme un Loepa, ce que fait encore A. Seitz (X, 506, 1928) ; il a été confondu
avec les Salassa par Kirby. Staudinger a substitué le nom de Rhodinia à celui
de Rhodia parce que Bell, en 1835, avait appliqué cette dernière dénomina¬
tion à un Crustacé.
Ailes antérieures avec l’apex plus ou moins obtus ; une rayure interne
épaisse, discontinue sur le cubitus, sa partie intra-cellulaire droite ou un peu
convexe en dehors, la post-cellulaire convexe ou un peu irrégulière ; rayure
externe très éloignée du bord et presque parallèle à celui-ci, accompagnée
d’une submarginale plus fine, subparallèle, très lobée avec les sommets des
angles rentrants et des angles saillants tronqués et épaissis. Les ornements
ocellaires en croissants concaves en dedans et alors étroits avec étroite fenêtre
centrale, plus souvent triangulaires ou subarrondis, avec grande fenêtre cen¬
trale marginée de brun ; une tache préapicale noirâtre, en arc ouvert en dehors,
ordinairement avec une tache ou un dessin rouge dans son ouverture. Nervure
discale complète mais réduite à un mince fdet dans davidi, ailleurs réduite à
sa partie postérieure ce qui laisse la cellule ouverte. Quatre radiales sur un
même pédoncule. Postérieures avec le bord externe peu convexe chez le c?,
davantage chez ia Q, une rayure interne et une externe qui se continuent en
avant de l’ornement ocellaire ou s’y rapprochent beaucoup, la rayure submar¬
ginale jamais aussi indépendante qu’aux antérieures, l’ornement ocellaire et
la nervure discale comme dans ces dernières. Le dessous à peu près comme
le dessus, mais les ornements submarginaux plus indépendants. Le fond des
ailes, le corps et les pattes jaunes, mais parfois le prothorax en collier brun
gris ou un peu marginé de gris en arrière par le mésothorax.
264
E.-L. BOUVIER
Antennes jaunâtres ou roussâtres, quadripectinées sur toute leur longueur
sauf un ou deux articles terminaux, leurs branches longues et subégales dans
le cf, bien plus courtes chez la Ç où les branches antérieures de chaque article
sont réduites à i’état de courtes spinules ; sur la face inférieure de chaque
article, une carène rougeâtre tranchante qui semble dépourvue de saillies
sensorielles. Palpes à peine saillants, de trois articles dont le premier et le
deuxième sont de même longueur, sans articulation. Le front avec une paire
de perforation arrondies et en arrière, sur le bord frontal, une saillie corres¬
pondante. Pattes antérieures avec le tibia inerme, égal à peu près au tarse,
muni chez le çf d’une épiphyse grêle, sans poils ou presque, insérée tout près
de la base même de l’article, très obtuse à son bout libre ; cette épiphyse semble
manquer à davidi $; chez fugax Ç, c’est un court stylet aigu ; dans les femelles
des deux autres espèces, elle est réduite mais assez semblable à celle du cf •
Le développement larvaire de fugax (PL I, fîg. 8) a été décrit par André et
plus complètement par Packard. La jeune chenille éclôt, au printemps,
d’oeufs qui ont passé l’hiver; elle est jaune, poilue, avec une bande dorsale
noire plus ou moins large et les tubercules en nombre normal munis à leur
sommet de quelques soies noires ; les tubercules thoraciques, surtout ceux du
2 e segment, sont plus forts que ceux de l’abdomen ; sur ce dernier, les deux
tubercules dorsaux du 8 e segment sont déjà fusionnés en un seul. A partir
de la deuxième mue, le corps prend la teinte verte plus ou moins jaunissante
qu’elle conservera jusqu’au bout, le noir disparaît ou s’atténue progressive¬
ment, aussi s’atténuent jusqu’à disparaître les poils et les tubercules qui
avaient pris une teinte bleu turquoise. Au 4 e stade la peau devient granu¬
leuse, au 5 e et dernier seuls subsistent à peu près, devenus coniques, les
deux tubercules dorsaux du 3 e segment thoracique (qui, d’après Packard,
seraient fusionnés en un seul, alors qu’ils seraient indépendants d’après
André) et le tubercule impaire du 8 e segment abdominal. Dans son pays d’ori¬
gine, la chenille broute sur Phellodendron, mais André observe que, dans nos
pays, elle accepte la plupart des arbres et arbustes à feuilles caduques
(Chêne, Hêtre, Charme, Prunier, Marronnier d’Inde, etc.). La chenille mûre,
quand on l’inquiète, fait un petit bruit comme celle du Sphinx tête de
mort, ce qui aurait pour origine « le frottement du haut de la tête contre le
premier anneau du thorax. » D’après Ch. Oberthür (Bull. Soc. ent. France ,
p. XLVII, 1886) la chenille de jankowski ressemble énormément à celle de
fugax et broute comme cette dernière sur Phellodendron amurense.
Dans toutes les espèces, sauf davidi non étudié à ce point de vue, le cocon
est très particulier : en forme d’outre subconique, muni d’une fente de sortie
limitée par deux lèvres appliquées et suspendu à un pédoncule fixé à l’une des
extrémités de la fente ; sa partie inférieure est en cône obtus. Ce cocon res¬
semble à un fruit suspendu ; il est d’un joli vert. D’après A. Thomson (Proc.
Zool. soc., 1888, 120), dans newara , son « extrémité inférieure en pointe ren¬
ferme un petit drain bien formé, qui consiste en une petite cellule de soie
durcie, perforée intérieurement de dix ou douze petites cavités communi-
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
265
quant au dehors par une cavité plus grande..., au moyen de laquelle l’eau
s’écoule dès qu’elle est entrée par la fente supérieure ». André signale aussi
ce trou dans newara.
Les Rhodinia semblent exclusivement propres à l’Asie. Leurs quatre espèces
peuvent être caractérisés de la manière suivante :
Tableau des espèces
A. Ocelle de chaque aile concave en dedans sur son bord interne ; dans les deux sexes,
apex des antérieures non saillant et bord externe droit ou presque ; prothorax
à peu près de la couleur jaune du reste du corps, mais parfois suivi d’un liséré
grisâtre au bord contigu du mésothorax ; aire médiane des ailes en grande partie
foncée ; rayure externe des antérieures un peu convexe en dehors. En dessous,
aux postérieures, série de taches submarginales.
B. Ocelle en arc étroit, jaune avec étroite fenêtre centrale dont le bord interne est
contigu à une fine nervure discale complète. Rayure externe jaune, en arcs
successifs ouverts en dehors ; aux antérieures ces arcs avec un noyau brunâtre
de même ton que l’aire médiane, et séparés de la submarginale par un espace
jaune qui se continue en dehors de celle-ci jusqu’à la marge ; aux postérieures
la rayure externe est continuée par du brun jusqu’à la submarginale qui n’est
distincte que par ses saillies. Arc préapical des antérieures net, noir, (cf
98, 9 HO) (Thibet : Moupin). 1. davidi Oberthtir.
B'. Ocelle large, totalement vitré, sauf un liséré blanc suivi d’un brun parfois
doublé de jaune, nervure discale incomplète. Rayure externe régulière, d’un
blanc violet, aux antérieures largement bordée du même brun que l’aire
médiane qui la relie par endroits à la submarginale, laquelle est suivie d’une
bande jaune anguleuse dont les sommets nervuraux se prolongent jusqu’à
la marge dans une large bande gris-brunâtre. Arc préapical des antérieures
assez vague, gris ou noirâtre, (cf 65-83, 9 79-84) (Askold).
. 2. jankowski Oberthür.
A'. Ocelles subtriangulaires ou subarrondis, jamais échancrés au bord interne, occupés
par une grande fenêtre finement lisérée de blanchâtre, puis de brun roux ;
dans le çf, apex brun, saillant, suivi par un bord externe concave ; chez la 9
non saillant avec le bord externe droit ou presque. Dans les deux sexes, pro¬
thorax brun ou gris brun ; aire médiane surtout jaune, sauf chez le cf de fugax.
Arc préapical noir, bien liséré de blanc en arrière. Rayures externe et submar¬
ginale des deux ailes bien distinctes ; nervure discale incomplète. En dessous,
rayure submarginale des postérieures très normale, mais située bien en dehors
de celle du dessus.
B. Rayure externe faite d’arceaux concaves en dehors, presque droite aux anterieures ,
aux postérieures convexe assez régulièrement, dans les deux cas auréolée
distalement de foncé, et bien séparée de la submarginale dont les angles aux
postérieures sont remplis par du foncé. Le cf très différent de la 9 > non seu-
lement par sa forme, mais par le brun rougeâtre qui envahit la plus grande
part de la surface des ailes et les antennes (pl. VII, flg. 6)... 3. fugax Butler.
G. cf plus ou moins jaune ou brun rouge clair dans la moitié basale du dessus
des deux ailes ; 9 avec f° rt peu de ton brun aux ailes (cf 82-103,
9 122-126) (Japon). f. fugax.
G', cf, plus foncé et plus unicolore ; 9 également de ton plus brun. (Cf 84)
(Mandchourie). /. diana (Stdgr.) Oberthür f 1 ).
1. Les caractères qui séparent diana de fugax ne sont pas constants; le Muséum pos¬
sède un fugax japonais qui ne diffère en rien de diana. D’autre part, O. Schultz (Eut.
266
E.-L. BOUVIER
B'. Rayure externe sans arceaux nets, celle des antérieures en S, celle des postérieures,
comme la rayure interne, avec une forte concavité en regard de l’ocelle ; dans
les deux sexes, l’externe des antérieures très largement auréolée de foncé qui,
par endroits, atteint la submarginale ; celle des postérieures d’abord auréolée
de clair, suivie d’un ton foncé qui remplit complètement la submarginale ;
d’ailleurs le ton jaune est peu envahi par le brun (ç? 150, Q 142-150).
(Népaul, Sikkim). 4. newara Moore.
En somme, ces quatre espèces se répartissent en deux groupes d’ailleurs
reliés entre eux par l’armature sexuelle. Dans le premier (fig. 72), d’après
Fig. 72. — Armature cf des Hhodinia : dans jankowski , A, en dessus, A' en dessous;
dans clavidi, B, clasper droit vu en dessous; dans newara , C, clasper gauche vu en
dedans ; dans fugax, D, armature vue du côté gauche sans le clasper de ce côté et le
pénis (le tergite IX à tort indiqué par VIII, et l'uncus u par tg. IX), D 1 , base du pénis
et sternite X.
l’examen de jankowski (A, A'), et de davldi , l’uncus est normal, c’est-à-dire
horizontalement peu incliné, dans le second (fugax, newara), il est vertical
mais seulement à sa base. Dans tous l’uncus réduit se termine horizontalement
par deux très longues cornes cylindriques, souvent un peu dilatées au bout et
fortement divergentes, les claspers sont manifestement trilobés avec un
lobe dorsal puissant, convexe en dehors, largement obtus à son bout libre, le
Zeits. Stuttgart, XXIII, 64, 1910) a disttnguê sous le nom de privala uue aberration de
fugax uniforme (cf, sans doute) où le lavis foncé des ailes a disparu et où ne subsiste
que la rayure externe.
FAMILLE DES SATURN1IDES
267
deuxième est bipartite, Je troisième indiqué par une dent du bord interne.
Chez jankowski, les deux partitions du lobe moyen sont peu saillantes, l’anté¬
rieure dentiforme, la postérieure plus prononcée mais obtuse. Dans fugax (D,D )
et newara (C), au contraire, cette dernière partition est en corne obtuse longue
et étroite, l’autre large et plutôt mousse. Le pénis est un peu dilaté et subova¬
laire dans sa partie terminale, inerme dans jankowski , avec une épine trans¬
verse dans newara. Davidi (B) sert de passage avec son uncus déjà notable¬
ment oblique, aussi avec le lobe moyen des claspers où la partition antérieure
existe à peine, la postérieure étant assez allongée.
D’après ce qui précède, on peut dire que Rhodinia se rapproche surtout de
Loepa qui présente une rayure submarginale semblable, des claspers avec un
lobe latéral bien distinct du dorsal qui est également de grande taille, enfin
un uncus bifurqué ; dans oberthüri, les deux cornes de celui-ci sont longues
et très divergentes, quelque peu voisines de celles de Rhodinia. C’est surtout
dans jankowski que les claspers ont de la ressemblance avec ceux des Loepa ;
cette ressemblance n’est pas plus grande dans davidi , où pourtant la cellule
est encore close mais seulement par une fine nervure discale.
Bibliographie
1. Saturnia davidi Oberthür, Études d’Ent., XI, 31, pl. VIII, fig. 51 (cf), 1886.
Rhodia da. Sonthonnax, Lép. soie, IV, 8, pl. IV, fig. 1 (cf), 1904. Rhodinia
da. Jordan, in Seitz, Macrol. paléarct., II, 213, 34 d (cf), 1913 ; Schüssler,
88, 599.
2. Saturnia jankowskii Oberthür, loc. cit., V, 39, pl. VIII, fig. 4 (c f), 1881. Rhodia
jan. Sonthonnax, loc. cit., 10, pl. V, fig. 5 (9), 6 (cf), 1904. Rhodinia jan.
Jordan, loc. cit., 213, 34 d (9), 1913 ; Schüssler, 89, 599.
3. Rhodia fugax Butler, Ann. nat. Hist., (4), XX, 480, 1877 (Mus. brit.) ; Packard
(et Cockerell), loc. cit., 167, pl. XXVIII, fig. 6, XXIX et XXX, fig. 1
(chenille, cocon), XL, fig. 2 et 3 (nervulation), Cil, fig. a-d (adultes et
cocon), 1914 ; André, Élev. vers à soie sauv. 183, fig. 88 (cf), 89 (9). 90
(cocon), 1908. Rhodinia fugax Jordan, loc. cit., 213,1913; Schüssler, 88,
599, 735.
Var. : diana : (Saturnia diana Oberthür, Bull. Soc. ent. France, p. XLII,
1886). Rhodia di. Sonthonnax, Lép. soie, IV, 7, pl. IV, fig. 2 (9) et
3 (cf), 1904. Rhodinia ju. di. Jordan, loc. cit., 213, 34 c (cf, 9)’
1913 ; Schüssler, 89, 599.
4. Rhodia newara Moore, Proc. Zool. Soc., 1872, 578 ; Sonthonnax, loc. cit., 10, pl. V,
fig. 1 (cf), 2 (cocon), 1904. Loepa new. Hampson, Moths brit. India, 26,
1892. Rhodinia new. Schüssler, 89, 599.
Genre IL — PARARHODIA Cock.
Pararhodia Cockerell in Packard, Mem. Nat. Ac. Sc. Washington , XII,
170, 1914 ; Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 675, 1928 ; Schüssler, Lep. Cat.,
87 et suppl., 598. Eurhodia Rothschild et Jordan, Nov. Zool., XII, 466,
1905 (nom. praeocc.).
C’est Rothschild et Jordan qui ont établi ce genre en l’appelant Eurhodia,
268
E.-L. BOUVIER
mais ce terme ayant déjà servi pour d’autres animaux, Cockerell a proposé
de lui substituer le nom de Pararhodia. D’après les fondateurs du genre,
nous avons ici des formes qui se distinguent des Rhodinia ; 1° par leurs an¬
tennes dont, chez la $, les branches antérieures de chaque article mesurent
« un peu plus de la moitié de la longueur des proximales » aulieu d’être fort
courtes comme dans les Rhodinia ; 2° par la nervulation des ailes antérieures
où le pédoncule M' +i est presque aussi long que M 2 , où M 3 et Cu 1 se séparent
à mi-chemin entre la base de l’aile et le sommet de M 3 , où M 3 enfin est beau¬
coup plus long que M 1 , le point de séparation entre M 3 et Cu 1 étant proxima-
lement à bonne distance de l’ocelle. Par ailleurs, on distingue en outre facile¬
ment les deux genres à l’apex des antérieures qui est ici toujours franchement
aigu, au lieu d’être obtus comme dans Rhodinia. La coloration est la même,
variant de l’ocre à l’orangé ou au ferrugineux ; les rayures sont en même
nombre que dans ce dernier genre, toujours avec une submarginale à chaque
aile, mais cette rayure simplement dentée ; aux postérieures toujours une
rayure interne comme aux antérieures, mais dans les figures des deux
espèces, faite de deux lignes irrégulières subparallèles assez éloignées repré¬
sentant sans doute les auréoles distales et proximales de la région intermé¬
diaire qui serait dès lors la vraie rayure interne. On ne sait rien du développe¬
ment ni de l’armature sexuelle, car ces Insectes sont fort rares et représentés
par un très petit nombre d’exemplaires qui appartiennent tous au Musée
de Tring où j’ai pu les examiner sommairement. Ils proviennent de la Nou¬
velle-Guinée anglaise.
Le premier, une Ç dont l’aile antérieure mesure 30 mm., fut capturé par
6.000 pieds sur un affluent de la Rivière Saint-Joseph ; il fut décrit par Roth¬
schild et Jordan sous le nom de gyra ( Nov. Zool., XII, 466, 1905) et figuré par
A. Conte ( Lab . Soie, XV, pl. IX, fig. 3, 1909); ailes en dessus roux cannelle
marqué d’orange pâle sur les nervures ; aux antérieures une rayure interne
noir olive, faite de deux parties convexes largement discontinues sur le cubitus,
une fenêtre ocellaire grande, arrondie, marginée proximalement d’une demi-
lune vinacée, en dehors d’un arc noirâtre ; une rayure externe noir-olive,
plutôt irrégulière, peu éloignée de l’ocelle et parallèle au bord externe ; enfin,
une submarginale dentée d’un gris blanchâtre ; le bord externe de Vaüe est un
peu convexe et rencontre la côte à angle aigu non saillant. Aux postérieures, la
rayure externe est ondulante, bien séparée de la submarginale et de l’ocelle
qui est plus petit qu’aux antérieures ; la rayure interne (comprise comme je
l’ai dit plus haut) avec la région médiane noir-olive, auréolée distalement
et proximalement de rouge vineux. Aux deux ailes une large tache apicale
blanche à l’extrémité de la submarginale. Dessous des ailes assez semblable.
Corps ferrugineux avec antennes et tarses noirs.
Les deux autres exemplaires sont des mâles, pris à faible altitude sur la
rivière Ivumusi, décrits par Jordan (Nov. Zool., XV, 256, 1908) sous le nom
de meeki et figurés par Conte ( loc. cit., 24, pl. IX, fig. 4, 1919). Ici les ailes
antérieures sont nettement falquées, avec le bord externe concave sous l’apex aigu.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
269
Ailes ocracées, Ion foncé plus clair dans la moitié externe de l’aile antérieure,
la marge des deux ailes étant largement brun foncé, la côte des antérieures
noir grisâtre. Rayures brun noir, l’externe et la submarginale bien séparées
et dentées, l’interne des antérieures (d’après la figure de Conte) sans discon¬
tinuité cubitale. Taches apicales vagues et diffuses. Ocelle plus grand aux
antérieures où il touche la rayure externe, rond, avec petite fenêtre centrale
largement entourée de noir qui renferme du côté proximal un croissant blanc.
Dessous ocre, avec les rayures plus apparentes. Corps brunâtre, ocracé en
dessus, ocreux en dessous, collier comme la Costa; antennes brun noirâtre
avec l’axe tan. Taille de gyra.
Il est très possible que meeki représente le sexe çf de gyra ; c’est la pensée
que m’exprimait aussi Jordan. Schüssler (87, 598) tient ces deux formes pour
spécifiquement distinctes.
Tribu II. Attaciicae Bouv.
Attacinae Aurivillius, Ark. Zool, II, n° 4, 16, 1905 ; Schüssler, Lep. Catah,
9, 1933 et suppl., 501, 1934. Attaciicae Bouvier, Saturnioïdes Afr. trop, franç.,
509 et 675, 1928.
Des ornements particuliers à l’apex des ailes antérieures : une tache apicale
postérieure plus ou moins ocelliforme, sinon une raie axiale rouge, le plus
souvent ces deux ornements à la fois, souvent aussi une tache apicostale, très
rarement une ou plusieurs taches en arrière de l’apex, presque toujours une ligne
fulgurante anguleuse. La raie submarginale très rarement absente, plus ou
moins profondément lobée aux antérieures, sans épaississements aux lobes et
interlobes ; la raie des deux ailes limite en dehors une zone marginale externe
claire qui, aux postérieures, renferme dans chaque espace internervural une
paire de lobes foncés indépendants ou réunis en biscuits. Fenêtres en croissant,
en triangle, en ovale, jamais ocelliformes. Tantôt trois nervures radiales aux
antérieures, lantôt quatre. Branches antennaires de la $ souvent presque
aussi longues que celles du ç?, parfois beaucoup plus courtes, en tous cas sen¬
siblement de même longueur dans chaque article. Chenille à tubercules por¬
tant des soies ou des spinules, ces tubercules chez l’adulte prenant parfois
(Attacus ) la forme d’épines, mais sans être dures, fortement cornées et pi¬
quantes comme chez les Saturnites bunéens. Cocon ovoïde, pédonculé ou non,
jamais ampulliforme. Ancien et Nouveau Continent.
La division en genres de cette tribu est indiquée au tableau de la p. 261.
Genre I. — HYAL0PH0RA Dune.
(PI. II, flg. 7).
Hyalophora Duncan, Natur. Libr. de Jardine, VII, 124, 1841 ( pro parte).
Samia Walker, List, Y, 1222, 1855 ( pro parte) ; Schüssler, Cat. Lep., 70,
270
E.-L. BOUVIER
1933 et supp]., 588, 1934. Platysamia Grote, Proc. Ac. Nat. Sc. Philadelphia,
V, 227 (note), 1865.
Le genre Hyalophora. provient du dédoublement incomplet des espèces
réunies par Hübner (Verzeichniss, 156, 1822) sous le nom de Samia et qui
comprenait en première ligne cynthia auquel doit être réservé le terme géné¬
rique de Samia, puis cecropia et promethea. C’est pour ces deux dernières que
Duncan établit son genre Hyalophora, décrivant et figurant en tête cecropia
(p. 132, pl. XI) et ensuite promethea (p. 134, pl. XII) qui deviendra dans la
suite le type du genre Callosamia. Il me semble qu’on ne saurait rejeter, comme
le font la plupart des auteurs, le nom d 'Hyalophora, tout en exprimant l’avis
qu’il s’applique ici plutôt mal, car ses ornements ocelliformes sont opaques,
leurs fenêtres tout à fait masquées par des poils, contrairement à ce que l’on
observe dans l’immense majorité des Attacides, qui sont eux, de vrais « porte-
miroirs » comme Duncan appelle ses Hyalophores. Walker réserva le nom
de Samia aux deux mêmes espèces, tandis que Grote proposait pour la pre¬
mière ( cecropia ) le nom de Platysamia et pour la seconde ( promethea), celui
de Callosamia, réservant à cynthia le nom de Samia {Proc. ent. Soc. Philadel¬
phia, V, 228, 1865).
Dans la suite {Proc. amer. phil. Soc., XIV, 258, 1874), acceptant la dénomi¬
nation de Walker pour cecropia, Grote revenait sur son sentiment antérieur,
retirait à cytithia le nom générique de Samia qu’il remplaçait par celui de Phi-
losamia ; puis, à juste titre, revenant de nouveau sur cette nomenclature
fâcheuse, reprenait {Canad. ent., XIV, 213, 1882) pour cecropia le nom géné¬
rique de Platysamia qu’il avait proposé en 1865, laissant comme alors celui
de Samia au cynthia. En 1865, toutefois, Grote n’ignorait pas le nom A'Hyalo¬
phora proposé en 1841 par Duncan. Mais « il est évident pour moi, dit-il, que ce
terme soulève des objections quant à son emploi, car il n’a pas été convena¬
blement précisé par son auteur et a été librement employé pour une variété
of species. » Considérations peu fondées, car les formes décrites par Duncan
sont reproduites par de bonnes figures et sûrement de vraies espèces, non
des variétés. Il faut donc rejeter le terme de Platysamia, et considérer les trois
espèces citées par Hübner comme les types de trois genres : cynthia pour le
genre Samia, cecropia pour Hyalosoma et promethea pour Callosamia. J’ajoute
que pour Kirby, Rothschild, Sonthonnax, André, Watson, Packard et Draudt,
le nom de Samia représente exclusivement des Hyalophora et que j’ai suivi les
errements fâcheux de tous ces auteurs dans mon étude sur les Saturnioïdes de
l’Afrique tropicale française.
Ailes semblables de forme et de coloration dans les deux sexes ; apex des
antérieures largement obtus, un peu saillant sur le bord externe qui est légère¬
ment concave, surtout chez la $ ; une rayure interne large, auréolée de clair en
dedans, à angle sur le cubitus ; une externe qui se compose proximalement d’un
filet noir distalement d’une auréole blanchâtre ; Faire externe avec une large
zone proximale variable suivant les espèces et une distale plus claire divisée
en deux par une fine ligne submarginale noirâtre, simple dans l’apex, ensuite
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
271
festonnée avec les festons en saillie tronquée et émarginée, la ligne entre
deux larges bandes, l’une interne grisâtre, l’externe blanchâtre, cette dernière
suivie d’une marge jaunâtre ; dans l’apex une grande tache violet pâle, limitée
en dehors par une étroite ligne fulgurante blanche marquée en avant et en
dehors d’une petite tache apicale rougeâtre ; puis, entre la dernière radiale
et la première médiane, une grande tache ocelliforme ovale avec noyau externe
noir, croissant proximal noir suivi d’un croissant bleuâtre pâle qu’un espace
clair sépare du noyau noir. Tache ocellaire en croissant ouvert en dehors, plus
ou moins marginée de noir, ailleurs revêtue de poils clairs qui enlèvent toute
transparence. Postérieures à bord externe très convexe, la côte blanchâtre, la
rayure interne représentée par du blanc basal, l’externe très éloignée du bord
comme celle des antérieures, convexe, très régulière avec plus ou moins
d’arceaux concaves en dehors ; l’aire externe comme aux antérieures divisée
en deux zones dont la distale plus claire comprend les mêmes parties, tou¬
tefois avec quelques différences ; la ligne submarginale continue ou discon¬
tinue, faite d’arceaux bien convexes en dehors et sa bordure interne grise
occupée par une série de taches noirâtres. L’ocelle en croissant ouvert en
arrière, plus grand que l’ocelle antérieur, mais de structure assez semblable.
Dessous des ailes comme dessus, mais sans rayure interne aux antérieures et
avec une tonalité plus claire ; ce qui est ici frappant, c’est la rencontre, aux
postérieures, de l’auréole blanche de la rayure externe avec la Costa d’un
blanc jaunâtre, suivant une courbe gracieuse qui se dilate à la base même
de l’aile, pour se continuer par le blanc basal de la rayure interne ; pareille
disposition se voit en dessus, mais cachée par le bord interne de l’aile anté¬
rieure.
Corps, pattes et palpes roux-rouge mais avec le prothorax blanc, une
bande blanche précédée d’un fdet noir au bord postérieur des segments abdo¬
minaux, les flancs blancs où tranchent les stigmates noirs, et, sur la face
ventrale de l’abdomen, des rangées transverses de taches noires et rouges
sur le fond blanc de cette face. Antennes quadripectinées dans les deux
sexes, plus longuement chez le £? ; les derniers articles à branches réduites
et, sur la face ventrale de leurs articles, une petite saillie terminale ; leur teinte
toujours d’un brun rouge foncé. Palpes réduits, à peine apparents ; pas de
trompe, le front avec quelques vagues traces de l’organe frontal. Tibias inermes
aussi longs que le tarse, avec épiphyse plate (fig. 73, A") et un peu pileuse
en dessous, obtuse à l’extrémité libre, à sa base située tout près de l’articu¬
lation tibiale.
L’armature sexuelle (fig. 73, A, A') est caractérisée surtout par les claspers
qui se composent de trois lobes bien définis par leurs saillies internes, l’une
dorsale très arrondie, la deuxième latérale en triangle subaigu infléchi en
arrière, la troisième en lobe basal obtus et infléchi en dedans. L’uncus, bien
distinct du tergite IX, est triangulaire, plutôt court et un peu infléchi dans
sa partie terminale qui se compose de deux pointes assez longues et diver¬
gentes ; le pénis est long, columnaire, armé à son bout libre d’une épine laté-
272
E.-L BOUVIER
raie ; il naît d’un cône basal bien délimité et se trouve à bonne distance du
sternite X qui est une lame transverse obtuse à son sommet. Telle est du moins
l’armature de cecropia, mais elle doit peu différer dans les autres espèces si
j’en juge d’après Packard et Cockerell qui représentent (fig. 27 de leur texte)
l’armature de columbia.
Le développement larvaire a été suivi dans les quatre espèces du genre par
divers auteurs, mais surtout par Packard et Cockerell qui en donnent d’excel¬
lentes figures (pl. Y à XI de leur travail). Dans cecropia, au 1 er stade, tout
est noir dans la chenille dont les tubercules sont en colonnes assez élevées ;
au 2 e stade le corps devient jaune vert, mais la tête et les tubercules restent
noirs ainsi qu’une raie médiane dorsale et, de chaque côté, deux raies latérales ;
Fig. 73. — Hyalophora cecropia: A, armature cf en dessous; A', clasper gauche en dedans;
A", tibia 1 avec son épiphyse.
au 3 e ces raies persistent plus ou moins, de même que le ton noir des tuber¬
cules prothoraciques ; les tubercules subdorsaux sont rouges et toujours plus
forts que les autres sur les deux derniers segments thoarciques, jaunes partout
ailleurs, les autres tubercules sont bleus ; au 4 e les tubercules du prothorax
deviennent bleus à leur tour et le ton vert s’accentue ; au 5 e il en est de même,
toutefois, les tubercules subdorsaux des segments thoraciques 2 et 3 sont
d’un rouge brunissant. Toujours les deux tubercules subdorsaux du 8 e segment
abdominal sont fusionnés en un seul, d’ailleurs plus grand que les autres.
La chenille broute sur les arbres et arbustes à feuilles caduques les plus divers,
et devient parfois un fléau pour le Cotonnier. Elle colle contre les rameaux
un fort cocon ovoïde, brun ou gris, long de 8 à 10 centimètres, ouvert à son
bout le plus effdé et constitué par deux enveloppes concentriques bien sépa¬
rées et réunies par une bourre lâche. Ces cocons renferment une pupe brune
sans crémaster ; ils passent l’hiver et éclosent vers la fin du printemps. — Avec
de très légères variantes, le développement et la coloration des chenilles sont
à peu près identiques dans les autres espèces, qui semblent rechercher surtout
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
273
les Saules ; le cocon est semblablement fait, mais plus petit, long de 4 à 5 cen¬
timètres, avec les deux vestes très rapprochées dans columbia et gloveri ; le
bout postérieur du cocon est effilé dans cecropia , arrondi dans les autres
espèces, surtout dans rubra.
Le genre est propre à l’Amérique du Nord ; il compte quatre espèces fort
voisines, plus faciles à distinguer par leur morphologie et leur distribution
que par les traits de leurs chenilles.
Tableau des espèces
A. Taches ocellaires des postérieures peu ou pas étirées du côté de la rayure externe
quelles n’ atteignent jamais ; zone proximale de l’aire externe essentiellement
grise, sauf parfois dans gloveri.
B. Taches ocellaires envahies par du rouge roux ne laissant subsister d’ordinaire
qu’un croissant blanc situé près de la base ; zone proximale de l’aire externe
proximalement séparée de l’auréole blanche par une bande rouge, la partie
distale de cette zone avec, aux antérieures, des taches noires, surtout entre
M 1 et Cu 1 , Cu 1 et Cu 2 , aux postérieures la zone devenant presque tout entière
noirâtre en dehors de la bande rouge. Aire basale des antérieures en partie
rouge, Taire médiane gris brun, parfois lavée de rouge, l’aire baso-médiane des
postérieures de même sauf à l’extrême base qui est blanche, (cf 120-140,
$ 140-145) (De l’Ontario et de la Nouvelle-Écosse jusqu’en Caroline, Nebraska
et Texas). 1. cecropia Linné.
B'. Taches ocellaires à blanc très prédominant, marginé de roux pâle contre le
liséré noir ; zone proximale de Taire externe en contact direct, sans rouge,
avec l’auréole blanche, peu ou pas envahie par le noir aux postérieures, un
peu dans sa partie externe aux antérieures ; rayure externe des antérieures
un peu coudée en dehors sur M 2 .
C. Aire médiane des antérieures et baso-médiane des postérieures d’un brun gris
légèrement rougeâtre ; taches submarginales des postérieures grandes,
presque toujours les deux de chaque espace internervulaire soudées ;
rayure externe peu crénelée. (84-105) (Du Manitoba à l’Ontario et au
Maine). 2. columbia Smith.
C'. Aire médiane des antérieures et baso-médiane des postérieures rouge bruni,
parfois complètement rouge et alors la zone proximale de Taire externe
rouge aussi, de même que les taches submarginales des postérieures ; ces
taches petites et presque toutes indépendantes dans les espaces internervu-
laires. (rf 90-115, Ç 120-135) (PI. II, fig. 7). (Montagnes rocheuses : Colo¬
rado, Californie, Utah, Arizona, Nouveau-Mexique). . 3. gloveri Strecker.
A'. Tache ocellaire des postérieures en larme étroite dont la pointe atteint presque ou
perce la rayure externe, cette tache presque complètement blanche comme celle
des antérieures ; ailes partout vieux rouge jusqu’à la limite externe de la
zone proximale de Taire externe, les taches submarginales des postérieures du
même ton ; rayure externe des antérieures presque droite, (c? 90-112, 9 100-
125) (Côte pacifique, Oregon, Idaho, Californie). 4. ruèrasBehr.
Ces espèces varient notablement de tonalité. W. Brodie a désigné sous le
nom de noliomis une forme de columbia assez difficile à caractériser par ses
traits et qui paraît propre au Manitoba où ses chenilles broutent sur Eleagnus
argentea, tandis que les columbia plus orientaux attaquent Prunus et même
mémoires du muséum, nouvelle série, tome ut. 1S
E.-L. BOUVIER
des Conifères tels que Larix et Abies (Biol. Rev. Ontario in Can. eut., XL, 373,
1894). La variété reducta de gloveri, décrite par B. Neumœgen (Eut. News,
II, 152,1891) a été prise par 11.000 pieds dans le Colorado ; elle est remarquabe
par sa petite taille (83-85 mm), par la tache ocellaire des antérieures que touche
la rayure externe et par l’étroitesse fort accentuée de Faire médiane des deux
ailes. Enfin, Cockerell ( loc. cit ., 226 (note)) a signalé deux variations de rubra,
l’une de Kaslo, submélanique, sous le nom de kasloensis, l’autre du Mexique
sous celui des cedroensis ; cette dernière a le bord costal des antérieures lar¬
gement sufïusé de noirâtre, les dessins submarginaux sont presque complè¬
tement perdus, le dessous des ailes est très noir sauf à la base qui est vinacée.
Bibliographie
1. Phalaena attacus cecropia Linné, Syst. Nat., ed. X, 496,1758. Bombyx ce. Fabricius
Syst. ent., 557, 1775. Samia ce. Hübner, Verzeichniss, 156,1820 ; Packard
(et Cockerell), Mem. Ac. Nat. Sc. Washington, 211, fig. 24 du texte,
pi. V, fig. 4-6, pl. VII et pl. VIII, fig. 1 (chenille), pl. LI, fig. 3 et 4
(nervulation), pl. LV, fig. 1 et 2 ( cf, Ç), pl. LXXIV, fig. 4 (chenille),
1914; Schüssler, 71, 590. Hyalophora ce. Duncan, Jardine Nat. Libr.,
Vil, 132, pl. XI (Ç et chenille), 1841. Platysamia ce., Grote, Proc. ent. Soc.
Philad., V, 229 (note), 1865. Attacus ce. J. B. Smith, Proc. U. S. Nat. Mus.,
4, 1886, 427, pl. XII, fig. 9 (nervulation), pl. XIV, fig. 6 (armature cf)-
2. Samia columbia S. I. Smith, Proc. Boston Soc. Nat. Hist., IX, 343, 1865 ; Packard
(et Cockerell), loc. cit., 220, fig. 27 du texte (armature cf), pl- IX, fig. 3-6
et pl. X, fig. 1 (chenille), pl. LI, fig. 2 (nervulation), pl. LVII, pl. 1 et 2
( cf, $ ), 194 ; Schüssler, 76, 595. Platysamia col. Grote, loc. cit., 229,1865 ;
Pl. col. nokomis Brodie, Biol. Rev. Ontario, 1894. Attacus col. J. B. Smith,
loc. cit., 434,1886.
3. Platysamia gloveri Strecker, Lep. Rhop. Heter., I, 1, pl. I, fig. 1 (cf), 2 (Ç), 1872.
Samia gl., Grote, loc. cit., 258,1874; Packard (et Cockerell), loc. cit., 218,
pl. VIII, fig. 2-7 et pl. IX, fig. 1 et 2 (chenille), pl. LI, fig. 1 (nervulation),
pl. LXI, fig. 3 et 4 (cf, Ç), 1914 ; Schüssler, 77, 595. Attacus gl. J. B.
Smith, loc. cit., 435, pl. XII, fig. 7 (nervulation), 1886.
4. Samia rubra Behrens, Proc. Calif. Ac. Sc., I, 46, 1855 ; Packard (et Cockerell),
loc. cit., 224, pl. X, fig. 2-5 et pl. XI, fig. 1 (chenille), pl. LI, fig. 5 (nervu¬
lation), et pl. LVIII, fig. 3 et 4 (cf, Ç). 1914; Schüssler, 78, SW. Platy¬
samia californica Grote, loc. cit., 229, 1865. Samia californica Id., Proc,
amer, philos. Soc., XIV, 258, 1874. Saturnia ceanothi Behrens, loc. cit., I,
47, 1855. Samia cea. Walker, List., XXXII, 525, 1865. Attacus cea.
J. B. Smith, loc. cit., 426, pl. XII, fig. 8 (nervulation), pl. XIV, fig. 5
(armature cf ), 1886. Platysamia cea. Soûle, Psyché, VI, 133,1891. Saturnia
euryalus Boisduval, Ann. Soc. ent. Franc, (2), III, p. XXXII, 1855 (nom.
nud.). Samia euryale Packard, Proc. ent. Soc. Philad., III, 380, 1864.
Genre IL — CALL0SAMIA Packard.
Callosamia Packard, Proc. ent. Soc. Philadelphia, III, 379, 1864; Schüssler,
Lep. Cat., 64,1933 et suppl., 584,1934.
Genre distrait des Samia ou Hyalophora par Packard, mais réduit par
FAMILLE DES SATURN1IDÉS
275
Cockerell qui en retira une espèce ( calleta ) pour former son genre Eupackardia.
Très voisin des Hyalophora dont il ne diffère que par les traits suivants :
dichromisme sexuel, le çf étant noir ou beaucoup plus foncé que la Ç qui est
d’un brun roux ou jaunâtre ; rayure interne des antérieures très convexe
dans la cellule, ensuite très oblique et droite ; rayure externe des deux
ailes fort irrégulière, surtout aux postérieures ; pas de petite tache apicale
contre la ligne fulgurante ; corps et appendices à peu près de la couleur des
ailes, sans collier blanc, les raies blanches transverses du dos de l’abdomen
très faibles ou nulles ; taches discales triangulaires, à centre blanchâtre,
Fig. 74. — Callosamia proiiieihea : A, bord frontal avec rudiments de la trompe (tr)
cl des palpes (p); A', armature c? vue du côté gauche, le clasper de ce côté enlevé.
parfois très réduites ou nulles ; épiphyse des tibias antérieurs en pointe aiguë.
Palpes très réduits où les articles sont indistincts ; à droite et à gauche,
contre le bord frontal, une paire de saillies triangulaires qui représentent
la trompe (fig. 74, A), la paire des*ponctuations frontales parfois absente.
Armature çf (fig. 74, A’) des Hyalosoma, mais avec le lobe latéral bien plus
allongé, surtout dans promethea , et le lobe latéral plus visible et plus aigu,
le pénis sans épine.
Développement larvaire étudié par Packard dans promethea et dans angu-
lifera. La jeune chenille de promethea est jaune avec fortes bandes transverses
noires, la tête noire avec bande transverse jaune, les tubercules noirs, sauf
ceux de l’abdomen en avant du 8 e abdominal qui sont jaunes ; au stade sui¬
vant le noir se réduit et le jaune devient blanchâtre, tous les tubercules sont
jaunes, sauf, en noir, ceux du prothorax et du bout de l’abdomen ; à partir
du 3 e stade, les bandes noires ont disparu, le corps passe au blanc bleuâtre
ou verdâtre, la tête au jaunâtre, tous les tubercules sont noirs et réduits, sauf
les deux dorsaux des segments thoraciques II et III, et le tubercule impair
27li
E.-L. BOUVIEK
du 8 e segment abdominal, tubercules qui prédominent sur les autres et qui
sont jaunes, ceux du thorax même devenant rouge. — Dans angulifera, les
deux derniers stades sont à peu près les mêmes, tandis qu’aux précédents le
corps et les tubercules sont presque totalement jaunes, les bandes noires étant
fort réduites et les tubercules noirs localisés au prothorax et au bout de l’abdo¬
men, la tête noire étant lavée de jaune. Dans les chenilles mûres, les deux
tubercules médians du prothorax sont jaunes, ceux des segments thoraciques
suivants rouges. Jones (Ent. News, XX, 49, pl. III et IV, 1909) a étudié le
développement larvaire de la forme angulifera carolina qui ne diffère pas
sensiblement de la précédente. En somme, sauf la coloration, Callosomia dans
son développement rappelle beaucoup Hyalophora ; les cocons ont la même
structure essentielle, toutefois pédonculés dans promethea et dans carolina ,
rarement dans angulifera où, d’après Skinner (Ent. News , XXV, 468, 1914),
ils se forment parfois dans les herbes sur le sol. Les chenilles broutent sur le
Tulipier, le Cerisier et sans doute beaucoup d’autres végétaux. C’est à la fin
du printemps, comme dans les Hyalophora , qu’éclosent les papillons.
Voici les caractères distinctifs essentiels des deux espèces de genre :
Tableau des espèces
A. Tache discale des antérieures nulle ou tout au plus aussi grande que celle des posté¬
rieures ; rayure externe des premières plutôt droite en avant du coude, en
arrière avec deux de ses lunules subégales, l’une médiane (entre M ; et M 3 ),
l’autre cubitale (entre Cu 1 et CiC), la rayure des postérieures avec une lunule
très prédominante, la médiane. Grandes différences sexuelles : çf avec le fond
des ailes noir, à taches discales milles ou très réduites, le corps noir en dessus
avec léger lavis rouge, rouge taché de noir sous l’abdomen, les antennes brun
noirâtre ; Ç de tonalité roux rouge ou jaunâtre, assez semblable à celle A’an¬
gulifera Ç- (cf 75-105, Ç 85-110) (Du Canada à la Floride et l’Alabama).
. 1. promethea Drury.
A'. Tache discale des antérieures plus grande que celle des postérieures ; rayure externe
des premières ordinairement un peu concave avant le coude, en arrière avec
la lunule cubitale très prédominante, la rayure des postérieures avec les lunules
médiane et cubitale subégales. Différences sexuelles médiocres : cf avec fond
des ailes brun noirâtre, celui de la 9 roux rouge ou jaune ; dans les deux sexes
aire baso-médiane du dessous variant du marron au jaune orangé ; corps du ton
des ailes, souvent avec l’indication d’une fine raie blanchâtre au bord postérieur
des tergites abdominaux ; antennes roussâtres. 2. angulifera Walker.
B. Taille médiocre, ton plutôt foncé, taches discales des antérieures plutôt trian¬
gulaire qu’en hache. (80-100 (De New-York à la Caroline du Sud).
. a. angulifera.
B 1 . Taille assez forte, ton plus clair surtout chez la 9 qui est jaune orangé ; tache
discale des antérieures très en hache. (105-115) (Amérique centrale).
. a. securifera Maassen et Weymer.
Il est possible que la var. carolina à'angulifera soit valable; d’après Jones
qui l’a établie (Ent. News , XIX, 231, 1908), elle est plus foncée que la forme
typique, surtout chez le ç?, où la tonalité des ailes est noire; dans les deux
FAMILLE DES SATUHNIIDÉS
277
sexes, la tache discale des postérieures est presque obsolète, celle des anté¬
rieures jaune ; le cocon est assez longuement pédonculé, ce qui rappelle pro-
methea, comme aussi le ton des ailes. Trouvé dans le Comté de Berkeley, en
Caroline du Sud. Les exemplaires de Jones, que j’ai vus au British Muséum,
paraissent être des angulifera à taches discales réduites.
Bibliographie
1. Attacus promethea Drury, Illustr. ent. exot., II, pl. XI, flg. I et 2 (cf) et pl. XII,
fig. 1 et 2 (9), 1773. Samia pro. Itübner, Verzeichniss, 156,1822. Hyalo-
phora pro. Duncan in Jardine, Natur. Libr., VII, 134, pl. XII (cf, 9>
chenille, cocon), 1841. Callosamia pro. Packard (et Cockerell), loc. cit.,
226, flg. 28 du texte, pl. XII, XIII, flg. 1-3, LXX, flg. 1, LXXIV, flg. 2
(chenille), 1914 ; Schüssler, 66, 586.
2. Samia angulifera Walker, List, V, 1224, 1855. Callosamia ang. Packard et Coc¬
kerell, loc. cit., 231, flg. 29 du texte, pl. XIII, flg. 4-6, XIV, fig. 1-5
(chenille), XLIX, flg. 2 (nervulation), LXIX, flg. 2 (Ç), 1914 ; Schüssler,
65, 585.
Var. : securifera (Samia securifera Maassen et Weymer, Beitrage, flg. 50 (cf),
51 (9), 1873).
Genre III. — EUPACKARDIA Cockerell.
(Pl. IV, fig. 8).
Eupackardia. Cockerell, Ent. News , XXIII, 228, 1912; Schüssler, Lep. Cat.,
63 et suppl., 584.
Genre justement établi par Cockerell pour le seul Callosamia calleta décrit
et figuré par Westwood, en 1853 [Proc. Zool. Soc., XXI, 161, pl. XXIII, fig. 2
((f) et qui se distingue des vrais Callosamia par tout un ensemble de carac¬
tères : rayure externe des deux ailes et sur les deux faces surtout indiquée par
une bande blanche régulière bien limitée en dedans et en dehors, celle des anté¬
rieures médiocrement éloignée du bord externe et défléchie à la côte, celle
des postérieures brusquement terminée sur cette dernière qui n’a pas de marge
blanche en relation avec la rayure interne d’ailleurs absente ; rayure submar¬
ginale des antérieures à peine lobée et bordée en dehors d’une auréole blan¬
châtre, leur ligne fulgurante en E largement ouverte extérieurement et séparée
de l’auréole blanchâtre par une tache rouge foncé ; en arrière, dans chaque
espace internervulàire de la zone proximale de l’aire externe, une tache, la
première (entre R et M 1 ), ocelliforme arrondie, semblable à celle des Callosomia ,
mais reliée à l’auréole par un lavis rouge foncé, les trois suivantes progressi¬
vement réduites à l’arc basal noir, au croissant blanc, à un centre grisâtre
coiffé d’une tache noire qui se prolonge en pointe vers la marge, les trois der¬
nières de plus en plus à l’état d’ébauche ; rayure interne du dessus des anté¬
rieures saillante à angle aigu sur le cubitus; prothorax en collier blanc-rouge
et bande transverse de même ton à la naissance de l’abdomen ; absence de
278
E.-L. BOUVIER
tout dichromisme sexuel ; chez le rf , uncus terminé par deux étroits lobes
aigus fort rapprochés et sans divergence, claspers sans lobe ventral apparent,
le lobe latéral court et obtus séparé du dorsal par une large échancrure obtuse,
sternite X nul, tout au plus réduit à une aile du collier basilaire pénial, lequel
présente en anneau une saillie triangulaire sternale.
Les autres traits génériques sont les mêmes dans 1 es deux genres ; mais ceux de
l’espèce sont assez différents : le fond des ailes est noir ou noirâtre jusqu’à la
rayure externe,la zone proximale de la rayure externe est un mélange d’écailles
Fig. 75. — Eupackardia calleta : A, bord frontal, trompe et palpes; A', tibia I avec son
épiphyse ; A", armature cf vue en dessous ; A 1 ", pénis et sa base, du côté gauche vu
un peu obliquement en dessus.
rouges, noires et blanches, le rouge dominant aux ailes postérieures et en des¬
sous; la zone distale des postérieures est gris noirâtre avec une série détachés
noires en dedans de la rayure submarginale, aux antérieures la marge est gris
jaunâtre;les taches discales sont blanches, très éloignées delà rayure externe,
celle des antérieures en triangle très concave sur son bord inferne, celle des
postérieures en croissant convexe en dehors; sauf les colliers prothoracique
et abdominal, le corps et les appendices sont noirâtres, les flancs de l’ab¬
domen rouges avec des taches noires. Le pénis columnaire est dilaté au bout
distal, avec une dent spiniforme en son milieu du côté droit; les palpes, un peu
saillants, présentent une articulation mobile pour le 3 e article qui est assez
long, les deux autres articles sont complètement fusionnés; sur chaque côté
de la cavité buccale fait saillie une paire d’appendices mous, assez variables,
FAMILLE DES SATURNIIDES
279
qui sont peut-être les rudiments de la trompe ; le front porte une paire de
ponctuations, enfin l’épiphyse tibiale est un peu arquée, obtuse, avec un filet
carénai sur sa face inférieure qui porte de nombreux poils peu allongés (fîg. 75).
Le genre est probablement le plus primitif de tous les Attaciens, dont il
diffère par la rayure externe des postérieures ; comme on le verra plus loin,
l’armature sexuelle du cf est très voisine de celle des Rothschildia.
L’espèce unique, colleta (pl. IY, fig. 8), est répandue depuis l’Arizona
jusqu’au Guatémala ; elle fut décrite par F. Tepper (Bull. Brooklyn, ent. Soc.,
V, 66, 1882), sous le nom de polyommata. Sa chenille, d’après Packard, broute
sur le Cerisier sauvage ; elle diffère beaucoup de celle des Callosamia : noire
d’abord, sauf de très larges taches jaunes à la base des tubercules qui sont noirs,
elle devient au troisième stade et aux suivants d’un beau vert sur lequel
tranchent des tubercules d’un rouge vif à bout noir ; il n’y a pas de tubercules
nettement prédominants comme on l’observe dans les Callosamia. Le cocon
n’a pas été décrit.
Cockerell (loc. cit., 236, 1914) a donné le nom de semicaeca à l’aberration
d’une 9 où la tache discale des ailes postérieures a disparu et Draudt (Seitz,
XI, 720, 1929) celui de caeca à une autre 9 où la tache manque sur les deux
ailes. Plus intéressante me paraît une forme obtenue d’éclosion à Guadalajara,
Mexique, par le regretté Diguet. Cette forme est représentée par un çf et trois
femelles ; la rayure externe des antérieures est plus étroite que dans la forme
ordinaire, surtout chez le ç? où elle n’a guère qu’un millimètre de largeur;
l’interne est nulle dans ce dernier, d’ordinaire faible chez la 9 ! dans les deux
sexes, les taches discales sont très réduites et manquent parfois aux posté¬
rieures; la tonalité est franchement noire, jamais un peu grisâtre comme on
l’observe souvent chez les individus normaux. Je propose pour cette forme,
le nom de digueti (pl. IV, fig. 8) ; types au Muséum ; envergure du cf,
100 mm., des femelles, 110-120. Dans de nombreux spécimens normaux que
possède le Muséum, l’envergure du c? varie de 105 à 125 mm, celle de la 9
entre 100 et 116 mm.
Saturnia calleta Westwood, Proc. Zool. Soc., XXI, 161, pl. XXXIII, fig. 2 (cf, 9)>
1853. Samia cal. Walker, List, V, 1225, 1855. Attacus cal. Smith, Proc.
U. S. Nat. Mus., IX, 422, pl. XII, fig. 4 (nervulation), et pl. XIV, fig. 2
(armat. cf), 1886. Eupackardia cal. Cockerell, loc. cit., 228,1912 ; Packard
et Cockerell, loc. cit., 235, pl. XLIX, fig. 1 (nervulation) et LXIX, fig. 1
(cf), 1914. Schüssler, 65, 585. Platysamia polyommata Tepper, Bull.
Brooklyn ent. Soc., 66, pl. 1, fig. 3,1882.
Genre IV. — ROTHSCHILDIA Grote.
(Pl. X, fig. 2 et 3 et Pl. XII, fig. 1.)
Rothschildia Grote, Verh. ges. deuts. Naturf. u. Aerzte, LXVIII, l te J h.
204, 1896 ; Schüssler, Lep. Gat., 47, 1933 et suppl. 569, 1934.
280
E.-L. BOUVIER
Vaste genre séparé des Attacus par Grote, ce dernier genre, depuis Hübner
(Verzeichniss, 156, 1822) servant à réunir les vrais Attacus qui sont Indo¬
malais, et les Rothschildia qui sont propres à l’Amérique. Walker et Kirby,
avant Grote, ont suivi la même règle, et, depuis Grote, Dusuzeau-Sonthonnax
et E. André.
Comme les Hyalophora, Callosamia et Eupackardia , les Rothschildia (PI. X,
fig. 2 et 3) présentent aux antérieures une ligne fulgurante blanche, une tache
post-apicale noire au moins en partie et une raie submarginale, mais ils s’en dis¬
tinguent par leurs antennes qui sont larges dans les deux sexes, un peu moins
toutefois chez la $, toutefois beaucoup moins que dans les trois genres précé¬
dents, ce dernier caractère les rapproche des Epiphora-Drepanoptera qui sont
africains et des Samia tous particuliers à l’Indo-Malaisie ; au surplus, les
Rothschildia diffèrent de ces dernières formes par la nervulation des antérieures
(3 radiales au lieu de 4) et par leurs fenêtres qui sont grandes, totalement
hyalines, en triangles ou ovalaires, assez semblables à celles des vrais Attacus ,
tout autres que celles des Hyalophora , Callosamia , Eupackardia , Epiphora,
Drepanoptera et Samia.
La ligne fulgurante blanche est continue jusqu’à M 1 et, quelquefois, se pro¬
longe au-delà dans l’espace médian ; dans l’espace radial elle a presque
toujours la forme d’un E ouvert en dehors comme dans les trois autres genres
d’Attacides américains, mais au contraire de ces derniers, elle se prolonge
en arrière et ne présente pas en avant, sur son bord externe, de tache apicostale
foncée ; d’ailleurs, dans les espèces primitives ( condor , tucumani), elle a une
tendance à se dissocier en deux croissants qui servent de base à une tache
apicale et à la tache postapicale, l’une et l’autre ocelliformes, la première
située dans l’espace radial, le seconde dans l’intervalle radio-médian. En
dehors de ces espèces primitives, la tache post-apicale subsiste seule et se
compose de trois parties, une centrale plus ou moins en triangle et deux
latéro-externes souvent fusionnées en dehors. Aux deux ailes, la raie submar-
marginale est semblable à celle des autres Attacides américains, aux antérieures
en festons, aux postérieures en arceaux un peu convexes en dehors ; comme
dans ces formes, elle est souvent auréolée de clair sur son bord distal, séparée
de la zone proximale de l’aire externe par une bande plus claire que tra¬
versent les nervures, chaque espace internervural de cette bande étant, aux
postérieures, occupé par un couple de taches noirâtres ou rougeâtres, isolées
ou réunies par couple. Les rayures sont disposées comme dans les autres
Attacides américains, mais la rayure interne des postérieures est toujours
bien distincte en dessus où elle se fusionne en avant avec l’externe, celle-ci,
en dessous se continuant jusqu’à la côte pour décrire une courbe régulière
qui se prolonge jusqu’à la base. Aux deux ailes la rayure externe est noi¬
râtre, rendue très visible par une bande distale blanche que suit la zone
proximale de l’aire externe ; cette zone est toujours large, frangée de rouge
ou de jaune contre la bande blanche, puis de noirâtre, formée ensuite d’une
bande lilacée piquetée d’écailles blanches terminée enfin par un lavis brun
FAMILLE DES SATURNIJDÉS
“81
allant jusqu’à lo zone submarginale ; cette bande lilacée, dans Rothschildia,
se découpe souvent du côté externe sous la forme de dents en flammes qui,
bordées de noirâtre, plongent dans le lavis brun ; ces expansions en flammes
n’existent pas plus dans les formes primitives que dans les autres Attacides
américains. Les fenêtres sont d’ordinaire un peu frangées de blanc, puis de
noir. Le corps est à peu près du même ton que les ailes dans leurs parties
basale et médiane ; toujours avec une bande transversale blanche dans la
région dorsale du métathorax, toujours aussi avec un collier proto-thora¬
cique clair, blanc, ou brunâtre bordé de blanc. Le corps participe en géné¬
ral de la coloration fondamentale des ailes ; rarement l’abdomen présente sur
Fis- 76. — tiothschildia : hoppferi, C, clasper droit, G', bout de l’uncus, G", bout du
pénis; lebeaui, D, bout du clasper gauche, D', front avec trompe (t) et palpes (pa) ;
forulla, E, bout du clasper gauche.
le dos des raies blanches, mais ses flancs de chaque côté sont ornés d’une bande
longitudinale dans laquelle tranchent les stigmates diversement colorés ; sur
la face ventrale, des raies blanches longitudinales et transverses qui enva¬
hissent d’ordinaire la région anale et qui délimitent des taches foncées (rouges
ou brunes ou rousses) ; pattes et palpes sont de tonalité un peu plus terne
que le ton général, les premières souvent avec de longs poils blancs sur
la face postérieure de leurs articles basilaires. Les antennes sont ordinai¬
rement de ton paille, foncées pourtant dans quelques espèces. Palpes assez
longs, avec leurs trois articles bien séparés ; presque toujours les rudiments
d’une trompe (fîg. 76, D), parfois recroquevillés sous le front, parfois rigides,
droits, et aussi longs que les palpes ( lebeaui , jorulla) ; je n’en ai pas vu traces
dans orizaba. Épiphyse tibiale très développée dans les deux sexes, sans longs
poils, mais tapissée d’un fin velours de très courts poils ; leur face ventrale
avec une carène près du bord droit.
Armature c? (fig. 76, A, B, C, D, E et fig. 76 ') d 'Eupackardia, par conséquent
282
E.-L. BOUVIER
sans lobe ventral aux claspers ; le lobe latéral est parfois aussi réduit que
dans caletta ( zacateca , aricia , lebeaui, jorulla , etc.), parfois assez saillant, mais
toujours de longueur médiocre et séparé du lobe dorsal par une large échancrure
arrondie ( aurota , orizaba, erycina ) ou par une étroite et profonde échancrure
(bêlas ) ; le pénis a d’ordinaire une ou deux épines terminales qui manquent
dans zacateca. Les deux dents terminales de l’uncus sont d’ordinaire plus ou
Fig. 76'. — Armature cf des Rothschildia : A, de zacateca face ventrale;
B, même lace dans aurota.
moins séparées au bout, longuement et très largement distinctes dans aurota.
Le sternite X semble manquer totalement.
Le genre est représenté en Amérique depuis l’Arizona jusqu’au Tucuman,
propre surtout à la région tropicale. Ses espèces sont nombreuses (25), mais
plusieurs d’une détermination difficile. J’ai fait de mon mieux pour les
caractériser dans les tableaux suivants.
Tableau des espèces
I. Rayure externe des antérieures peu ou pas infléchie avant et après la fenêtie ; la plage
préapicale, presque toujours nette, ne s’étend pas jusqu’à la rayure externe.
(Voir la contre-partie II, p. 289).
A. Prothorax en collier blanc. (Voir la contre-partie A', p. 286).
B. A l’apex des antérieures, juste en dedans de la raie marginale, la ligne fulgu¬
rante se dissocie en deux arcs fortement concaves , Vun dans Vintervalle radial,
Vautre dans l’espace radio-médian, chacun, de ces arcs embrassant une tache
noire arrondie ; le croissant fulgurant entre un proximal foncé et un distal
rouge qui le sépare de la tache noire. Pas de plage préapicale claire, rayure
externe dentée. Du blanc sur une partie de l’abdomen. Partie lilacée de la
zone externe sans dents ni flammes.
C. Une 3 e tache à peu près semblable entre les deux médianes antérieures, une
paire de raies longitudinales blanches sur le dos de l’abdomen. Corps
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
283
et région baso-médiane des ailes d’un noir brunâtre ; raie submarginale
épaisse et brune, en dehors un peu auréolée de clair, en dedans avec des
lobes submarginaux du même ton gris jaunâtre que la marge ; rayure
interne des antérieures à côtés droits, à double sommet aigu ; fenêtres
éloignées des rayures, toutes deux à sommet externe très aigu. (100-120)
. 1. condor Staudinger.
D. Fenêtre antérieure à trois branches, opaque à cause de ses poils ; ton
brun noir olivâtre (Bolivie : La Paz, 3.500 m.). c. condor.
D'. Fenêtres plus courtes et plus larges; ton rose brun clair (Tucuman,
1500-2000 m.). c. schreiteri Draudt.
C’. La 3 e tache en simple triangle noir, parfois nul ; des raies segmentaires
blanches sur l’abdomen. Tonalité jaune olivâtre un peu rosé ; raie sub¬
marginale étroite, jaunâtre, auréolée d’un ton clair qui est celui des lobes
submarginaux, la marge étant gris jaunâtre ; rayure interne des anté¬
rieures à bords un peu convexes et à sommet obtus ; fenêtres triangulaires,
d’ordinaire éloignées des rayures, celle des antérieures à bord basal très
concave. (70-85) (Tucuman). 2. tucumani Dognin.
B’. A l’apex, l'espace radial occupé par du rouge en dehors de la ligne fulgurante
qui, dans l’espace radio-médian, est représentée par un arc concave en dehors.
Rayure externe des antérieures peu ou pas dentée en avant de la fenêtre
qui est triangulaire avec le bord interne droit, et qui pénètre dans la rayure,
comme la fenêtre postérieure dont le bord interne est convexe ; rayure
interne des antérieures à côté postérieur droit. Plus de blanc sur le dos de
l’abdomen.
C. Dans l’espace radio-médian des antérieures une forte tache noire séparée du
croissant blanc long et très concave par un intervalle rouge qui se prolonge
en aile de chaque côté, ces ailes se dilatant et d’ordinaire se fusionnant
en dehors de la tache. Raie submarginale épaisse, noirâtre, sans auréole,
les lobes internes qu’elle délimite plus clairs que la marge, laquelle est
noire chez le cf, jaunâtre noircie chez la 9- Fenêtres fort grandes, les
antérieures à bords latéraux convexes, les postérieures ovales et conti¬
guës aux deux rayures, cf avec les ailes antérieures étroites et fortement
falquées, tonalité noire souvent teintée de rouge ; $ avec les ailes amples,
les antérieures peu falquées, ton plus fortement rougeâtre. Pas de plage
claire préapicale, (cf 75-85, Ç 90-115) (Colombie). 3. zacateca Westwood.
C'. Espace radio-médian des antérieures occupé par une tache foncée tripartite
(une impaire triangulaire et deux externes parfois fusionnées), ce groupe
séparé du croissant blanc par un intervalle jaune. Une grande plage
claire préapicale. Rayure interne des antérieures à bord antérieur con¬
vexe, celle des postérieures très éloignée de la fenêtre qui n’est jamais
ovale. Ton brun roux ou brun gris ; raie submarginale étroite, jamais
noire.
D. Ton roux bruni, sans rouge sur la base des postérieures ni sur l’abdomen ;
rayure interne des antérieures sans dilatation près du bord interne,
son sommet très voisin de la fenêtre qui est grande comme celle des
postérieures ; rayure externe sans dents ou presque en avant de la
fenêtre des antérieures, sans inflexion vers la base ; raie submargi¬
nale continue, les lobes submarginaux internes d’ordinaire jaunâtres
et bien plus clairs que la marge ; tache tripartite avec ses deux
parties externes brun clair un peu rougi, la ligne fulgurante
presque toujours prolongée obliquement en arrière de M 1 .
Ailes antérieures assez fortement falquées surtout chez le cf-
(Cf 105-140, Ç, 115-130). 4. aricia Walker.
284
E.-L. BOUVIER
E. Tonalité brunâtre, collier tout blanc (Colombie, Bolivie, Brésil).
. a. aricia.
E'. Tonalité plus jaune, d’ordinaire un filet tan au collier. (S.-E. du Pérou)
. a. xanthina Rothschild.
D'. Ton gris brun, la base des ailes en rouge comme les stigmates et certaines
taches à la face ventrale de l'abdomen ; rayure interne des antérieures
dilatée près du bord interne et éloignée de la fenêtre, celle-ci, comme
aux postérieures, médiocre, avec les bords latéraux droits ; rayure
externe des antérieures un peu convexe, sa partie antérieure un peu
dentée et infléchie vers la base ; raie submarginale discontinue ; tache
tripartite toute noire, ligne fulgurante s’arrêtant à M 1 . Apex des anté¬
rieures à peine saillant sur le bord externe qui est à peine concave.
(c?112) (Nord du Pérou et Nouvelle-Grenade) .
. 5. cruentata Bouvier.
B". A l’apex, dans l'espace radial, du jaune parfois rosé contre la ligne fulgurante,
dans l'espace suivant une tache tripartite noire ou foncée-, toujours une plage
préapicale claire (sauf dans maurusius).
C. Rayure externe des antérieures peu ou pas dentée en avant de la fenêtre ; ligne
fulgurante droite ou peu concave au niveau de la tache tripartite et ordi¬
nairement prolongée contre M 1 après un coude.
D. Raie submarginale des antérieures bordée distalement par une auréole
claire continue ; les fenêtres touchent la rayure externe, celle des anté¬
rieures a la forme d’un triangle ; ligne fulgurante concave au niveau
de la tache tripartite ; ton brun olivâtre clair.
E. Auréole submarginale blanche et large, les lobes en dedans de la raie
d’un ton jaune clair très différent du gris marginal ; rayure interne
de ces ailes à sommet très éloigné de la fenêtre dont le bord basal est
presque droit, rayure externe assez convexe ; fenêtre des postérieures
à bord basal très saillant ; dents en flamme assez nettes aux posté¬
rieures; ligne fulgurante sans prolongement. (80 mm. environ) (Équa¬
teur). 6. micrinus Draudt.
E'. Auréole submarginale terne, lobes en dedans de la raie à peine plus
foncés, moins que la marge grise ; rayure interne des antérieures
touchant de sa pointe la fenêtre qui est triangulaire et à bord basal
rentrant comme celle des postérieures, rayure externe des ailes
antérieures droite ; dents en flammes bien accusées aux deux ailes ;
ligne fulgurante à prolongement (Mexique) . 19. prionidia Draudt.
D'. Raie submarginale des antérieures sans auréole claire, rarement avec une
auréole réduite qui est localisée dans les creux de la raie. Rayure interne
de ces ailes à pointe double, la pointe antérieure touchant d’ordinaire
la fenêtre.
E. Tonalité ordinaire brune, rarement rougeâtre ou argile-, parfois une
auréole claire dans les creux de la raie submarginale ; ligne fulgu¬
rante en dehors de la tache tripartite un peu concave ou droite,
toujours coudée et prolongée sur M 1 , accompagnée sur toute sa lon¬
gueur par le ruban jaune qui la sépare de la tache ; partie proximale
de la zone externe avec des écailles blanches nombreuses mais peu
brillantes; des poils semblables sur la costa des antérieures qui prend
ainsi un ton gris. 7. lebeaui Guérin-Méneville.
F. Fenêtre des postérieures en triangle à bord basal anguleusement
convexe, celle des antérieures à bord basal droit ou rentrant,
rarement un peu convexe.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
285
G. Partie lilacée de la zone externe assez vive, mais localisée à la
moitié postérieure de l’aile, d’ordinaire des dents en flammes,
surtout aux antérieures ; ton brun variant du foncé au roux
bruni.
H. Rayure externe des antérieures un peu irrégulière et dentée
en avant de la fenêtre. (100-130) (Du Mexique au Vénézuela
et à l’Équateur) . I. lebeaui.
H’. Rayure externe des antérieures droite, sans dents en avant
de la fenêtre. (115-125) (Colombie, Équateur, Venezuela).
. I. speculifer Maassen et Weymer.
G'. Partie lilacée terne mais étendue sur presque toute la longueur
des ailes, partout dents en flammes très accentuées ; ton jau¬
nâtre bruni terne ; fenêtre des antérieures à bord basal rentrant,
celle des postérieures à bord basal droit. (112-122) (Haut
Parana) . I. uagneri, nov.
F'. Fenêtre des postérieures ovale, celle des antérieures à bord basal
droit ou convexe ; partie postérieure de la rayure externe de ces
ailes jamais droite, parfois concave en dehors.
G. Le ton varie du brun grisâtre au brun marron, le? 102-108, Ç
118-135) (Du Mexique au Venezuela). I. bolivar , Maas. et W.
G'. Le ton plus ou moins rouge, (c? 113-134) (Honduras).
. I. aroma Schaus.
G". Ton couleur d’argile, (env. 140 mm.) (Paraguay $, Brésil).
. I. lutea Jordan.
E'. Tonalité allant du jaune terne au jaune rougeâtre-, pas d’auréole à la
raie submarginale ; ligne fulgurante droite sans coude sur M 1 ou
avec coude et prolongement très réduit ; partie proximale de la
zone externe avec très peu d’écailles blanchâtres, sa partie lilacée
réduite et peu apparente, les dents en flammes bien développées
et plus ou moins noires ; [costa brune ou noire avec poils blan¬
châtres. Rayure externe des antérieures peu dentée, d’ordinaire
droite, avec un seul angle rentrant un peu notable en arrière de la
fenêtre ; lobes externes de la tache tripartite très réduits.
F. Bordure noire des fenêtres rarement continue, d’ordinaire nulle ou
très réduite ; ligne fulgurante ordinairement coudée et prolongée
sur M 1 , mais fort peu ; fenêtre des antérieures à bord basal ren¬
trant chez le r?, peu ou pas chez la Ç, celle des postérieures éga¬
lement triangulaire, chez le r? à bord droit ou rentrant, chez
la Ç en ovale ou en triangle à bord basal droit ou convexe.
. 8. betis. Walker.
G. Angle rentrant de la rayure externe bien net aux deux ailes ;
fenêtre antérieure à base très peu rentrante, celle des posté¬
rieures parfois ovalaire, d’ordinaire à bord basal un peu con¬
vexe ; ton jaune roux parfois un peu rougeâtre. (120-150)
(De l’Équateur à la Guyane et au Brésil). b. betis.
G’. Angle rentrant de la rayure externe très réduit, surtout aux
antérieures ; fenêtre des antérieures toujours à base rentrante,
fortement chez le ç? où elle est en fer de lance ; celle des posté¬
rieures en triangle franc chez le çf, en large triangle à bords
latéraux convexes et base un peu rentrante chez la $; ton jaune
assez terne, parfois un peu roussâtre. (118-135) (Brésil)....
. b. angulalus nov.
286
E.-L. BOUVIER
F'. Bord noir des fenêtres net et continu ; ligne fulgurante atteignant
au plus M 1 , sans coude, d’ordinaire tr. s oblique; fenêtre des anté¬
rieures triangulaire, à bord basal droit ou presque chez le cf>
chez la Ç parfois convexe ; fenêtre des postérieures dans les deux
sexes variant de l’ovale au triangle à bord basal convexe, parfois
ne touchant pas la rayure externe ; raie submarginale assez
épaisse, parfois beaucoup. Ton jaune vif, souvent un peu rougi ;
le noir de la zone externe souvent très développé, notamment
avec dents en flammes. (135-155) (Guyane, Équateur.).
. 9. hesperus Linné.
C. Rayures externes nettement dentées sur toute leur longueur.
D. Rayure submarginale des antérieures auréolée de blanc ou de clair en
dehors.
E. La partie claire ou lilacée de la zone proximale de rayures externes
s’étend sans émettre de dents en flammes à V intérieur de la partie
située en dehors ; fenêtre des antérieures en triangle à sommet obtus
celle des postérieures ovalaires, auréole blanche de la raie submar¬
ginale des antérieures large et continue.
F. Ton gris souris, plage préapicale violacée nette ; rayure interne des
antérieures à côtés très peu convexes, raie submarginale de ces
ailes assez épaisse, brun jaunâtre, limitant des lobes plus clairs
que la marge grise, partie blanche des rayures externes large et
nettement bordée de rouge. (90) (Mexique.).. 10. lichtenba Dyar.
F'. Ton brun noir un peu olivâtre, la plage préapicale indistincte ; rayure
interne des antérieures à bords convexes et à sommet obtus, raie
submarginale de ces ailes brune, assez épaisse, délimitant des lobes
internes d’un gris jaune foncé à peu près de même ton que la marge;
le centre noir de la tache tripartite en fort triangle aigu, les deux
taches annexes grises et peu visibles (Argentine).
. 11. maurusius Draudt.
E'. Dents en flamme de la rayure externe irrégulièrement développées aux
deux ailes, le plus souvent vagues ou fusionnées ; les fenêtres triangu¬
laire en contact avec la rayure externe ou très voisines, à bords laté¬
raux droits ou presque ; rayure externe des antérieures d’ordinaire
un peu convexe ; auréole blanche de la raie submarginale des
antérieures continue ou localisée aux creux de la raie.
. 12. jorulla Westwood.
F. Ton chocolat bruni ou roussi, rayure interne à côtés peu convexes,
partie blanche de la rayure externe étroite ou médiocre, auréole
de la raie submarginale souvent discontinue, la partie lilas de la
zone proximale de l’aire externe, développée en arrière, surtout
aux postérieures. ( cf 90-120, cf 100-130). j. jorulla.
F'. Se distingue de la précédente par sa zone lilacée qui s’étend plus
loin en avant aux an térieures où elle est profondément dentée.
(S.-E. du Pérou). z. inca Rothschild.
F". Ton rouge cannelle, côtés de la rayure interne des antérieures
assez fortement convexe, partie blanche des rayures externes
très large de même que l’auréole blanche de la raie submarginale,
(cf 100 mm. env.) (Mexique occidental). . /. guerreronis Draudt.
F"’. Brun foncé olivâtre, côtés de la rayure interne des antérieures
très convexes, le sommet à deux pointes réunies par un arc inter-
cubital ; partie lilas de l’aire externe avec ébauches de dents et,
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
2»7
aux ailes postérieures, longuement étendue chez le çf (105-115)
(Équateur). j. jorulloides Dognin.
E Fenêtres triangulaires à bords incurvés sauf daus la Q où le bord basal
est convexe ; rayure externe des antérieures comme dans jorulloides ,
mais plus infléchie vers la base en avant et en arrière de la fenêtre.
(Pérou occidental, 7.000-8.000 pieds). 13. amoena Jordan.
E". lents en flammes de la zone proximale externe bien développées aux
deux ailes ; auréole blanche de la raie submarginale souvent discon¬
tinue et parfois nulle.
F. Ton brun noir un peu olivâtre ; partie lilacée de la zone proximale
externe étendue sur presque toute la longueur de la zone, riche
en écailles blanches grosses et brillantes, largement bordée de noir
avec frange rouge brique proximalement, cette partie lilacée
constituant la partie la plus apparente des flammes ; raie submar¬
ginale assez épaisse, ordinairement noirâtre, le plus souvent avec
auréole blanche continue ou discontinue ; fenêtres triangulaires
plutôt réduites et presque toujours sans contact avec la rayure
externe qui, aux antérieures; est à peu près droite, d’ailleurs bien
dentée ; le bord basal de la fenêtre antérieure est droit ou rentrant,
celui des postérieures droit chez le cf, convexe chez la O où la
fenêtre devient subovalaire. (105-125 (Argentine.).
. 14. maurus Burmeister.
F . Ton variant du cannelle clair au cannelle rougeâtre ou au cannelle
marron ; les flammes de la zone lilacée avec partie noire très appa¬
rente. Fenêtres plutôt grandes.
G. Les fenêtres un peu éloignées de la rayure externe qui, aux anté¬
rieures, est nettement convexe en dehors, la fenêtre antérieure
en triangle à bords convexes et sommets obtus, la postérieure
ovalaire ; ton marron clair ; partie lilacée de la zone proximale
externe occupant à peine plus de la moitié postérieure aux
ailes de la première paire, presque toute la longueur aux sui¬
vantes, cette partie proximalement bordée pauvrement de noir,
puis de roux, à écailles blanches fines et peu brillantes ; raie
submarginale brun clair à légère auréole blanche localisée dans
les angles rentrants, (cf 110, Ç 120) (Province de Bahia) ... .
. 15. gounellei nov.
G'. Les fenêtres en contact avec la rayure externe qui, aux anté¬
rieures, est à peu près droite ; bord proximal de la zone externe
avec une frange orangé rouge après le noir qui est assez réduit.
H. Ton cannelle clair ; région lilacée de la zone externe réduite
à la partie postérieure des ailes ; auréole submarginale dis¬
continue ; rayure interne des antérieures tronquée entre
les cubitales et touchant la fenêtre qui est en triangle à bords
droits, celle des postérieures à bord basal un peu convexe.
(118). (Guatémala). 16. cf nwareaSchaus.
H . Ton cannelle rougeâtre ; partie lilacée de la zone externe sur
à peu près toute la longueur des ailes ; auréole submarginale
peu large mais presque continue ; rayure interne des anté¬
rieures éloignée de la fenêtre des antérieures qu’elle touche
seulement de sa pointe ; cette fenêtre triangulaire à bords
droits ou presque, celle des postérieures subovalaire. (100-
110) (N.-E. du Brésil.). 17. cf prionia Rothschild.
288
E.-L. BOUVIER
D’. Rayure submarginale des antérieures sans auréole externe blanche ; des
dents en flammes sur toute la longueur de la zone externe des ailes,
ces dents très accentuées et fortement noirâtres, au moins dans leur
partie distale ; rayure interne des antérieures à côtés très convexes
et à sommet simple, éloigné de la fenêtre, celle-ci triangulaire comme
la postérieure. Ton rougeâtre ; taches submarginales des postérieures
plus ou moins rougeâtres et entourées de jaune.. 18. pœcilator Draudt.
E. Ailes vieux rouge dans leur aire médiane ; bordure rouge de la rayure
externe large ce qui réduit beaucoup le blanc ; rayure interne des
antérieures fortement subtronquée et fort éloignée de la fenêtre,
celle-ci, comme la postérieure, atteignant fortement le blanc de la
rayure externe ; lobes délimités en dehors par la raie submarginale
des antérieures de ton jaune. ,130 mm. environ) (Colombie).
. C? p. poecilator.
E'. Ton cannelle rougeâtre ; rayure interne des antérieures sans tron¬
cature ; fenêtres réduites, sans contact avec la rayure externe ;
lobes délimités aux antérieures par la raie submarginale à peu près
du ton gris foncé de la marge. (115 mm. environ) (De Panama à la
Guyane). c? P■ draudti nov.
A'. Prothorax en collier brunâtre liséré de blanc ; pas d’auréole externe blanche à la
raie submarginale, rarement traces vagues de cette auréole ; fenêtres en triangle,
celle des antérieures à bord basal rentrant ou droit, le même bord à celle des
postérieures parfois un peu convexe ; toujours des dents en flammes plus ou
moins nombreuses ; tache post-apicale avec le centre impair noir, ses deux
annexes indépendantes ou fusionnées ; la ligne fulgurante s’arrête à M 1 .
B. Ligne fulgurante nettement concave au niveau de la tache post-apicale , son court
prolongement sur M 1 fait avec elle un angle brusque ; rayure externe des anté¬
rieures rarement de direction rectiligne ; partie lilacée de la zone externe assez
réduite en largeur et souvent en longueur. 19. orizaba Westwood.
C. Côté basal des fenêtres peu rentrant ou pas du tout.
D. Fenêtre des antérieures avec le côté proximal au moins aussi long que le
basal ; fenêtres grandes.
E. Pas trace d’auréole submarginale ;’d’ordinaire les fenêtres entament peu
profondément la rayure externe ; ton brun châtain, rarement ocreux
(ochracea Draudt). (100-160) (Du Mexique à Panama).. o. orizaba.
E’. Vague trace d’auréole submarginale claire ; fenêtres atteignant profon¬
dément la rayure externe; ton gris olivâtre (environ 95-110 mm.)
(Mexico) . o. prionidia Draudt.
D 1 . Fenêtre des antérieures avec le côté costal plus court que le basal ;
abdomen en dessous presque tout blanc.
E. Fenêtre postérieure avec le côté costal plus long que le basal (Venezuela :
Merida). o. meridana Rothschild.
E'. Fenêtre postérieure avec le côté costal plus court que le basal (Colombie)
. n. bogotana Rothschild.
C'. Côté basal des fenêtres très rentrant ; la fenêtre des antérieures atteint le
rouge de la rayure externe (Costa-Rica.). o. triloba Rothschild.
B'. Ligne fulgurante au niveau de la tache post-apicale droite ou presque , souvent
très oblique, son prolongement sur M 1 , quand il existe, fait avec elle un angle
fort obtus ; rayure externe des antérieures de direction rectiligne ; partie
lilacée de la zone externe plus large que dans orizaba.
C. Pas de tache hyaline aux postérieures près de la c.osta. . . . 20. aurota Cramer.
D. Rayure externe des antérieures peu ou pas dentée en avant de la fenêtre ;
fenêtres grandes atteignant la rayure externe.
FAMILLE DES SATURNUDÉS
289
E. Dents en flammes partout très accentuées avec forte saillie de leur
portion lilas.
F. Rayure externe des antérieures irrégulière ou un peu dentée en avant
de la fenêtre.
G. Ton châtain laissant bien en évidence la bordure noire de la rayure
externe ; dents lilacées assez bien accusées, (cf 125-155, Ç 125-
160' (De la Guyane au Parana argentin). a. aurota.
G'. Ton châtain foncé marquant assez la bordure noire ; dents lilacées
des flammes très saillantes. ^130) (Pérou, 2.000-4.500 pieds)..
. a. andensis Rothschild.
F'. Rayure externe des antérieures toute droite en avant de la fenêtre.
(Ç 142, cf 128) (Brésil.). a. speculifer Walker.
E'. Partie lilacée réduite en longueur et en saillies.
F. Rayure externe des antérieures droite ou presque en avant de la
fenêtre, celle-ci à bord basal rentrant, celui des postérieures droit
ou peu rentrant, (cf 124-142, $ 132-165). (Mexique, Guatemala).
. a. roxana Schaus.
F'. Rayure externe des antérieures dentée en avant de la fenêtre dont le
bord basal est droit, fenêtre postérieure à bord basal d’ordinaire
très convexe, (cf 130, Q 140) (Colombie).. . . a. cauca Rothschild.
D'. Rayure externe des antérieures très dentée en avant de la cellule (sauf
parfois dans venezuelensis).
E. Partie lilacée médiocrement développée et médiocrement saillante dans
les flammes ; fenêtres plutôt réduites et parfois, surtout aux anté¬
rieures, sans contact avec la rayure externe.
F. Fenêtres à bord proximal droit ou légèrement rentrant, annexes de la
tache post-apicale noirs. (100-135) (Merida). a. venezuelensis nov.
F'. Fenêtre des postérieures à bord proximal fort convexe, celui des
antérieures peu ou droit ; annexes de la tache post-apicale imprégnées
de rouge, (rf 135) (Équateur.). a. equatorialis Rothschild.
E'. Partie lilacée très accusée et très saillante dans les flammes qui sont
fortes ; fenêtres à bord proximal ordinairement rentrant.
F. Fenêtres grandes pénétrant dans la rayure externe ; taches submar¬
ginales des postérieures rouges. (Q 110) (S.-E. du Pérou, 3.000-
3.500 pieds).. . :. a. peruviana Rothschild.
F'. Fenêtres plus réduites touchant à peine la rayure externe, taches
submarginales des postérieures presque toutes noires, (cf 135, Ç 120)
(Équateur, Pérou, Bolivie, 1.451 à 2.798 m.). a. chiris Rothschild.
C. Aux postérieures , une grande tache hyaline entre la côte et la fenêtre ; celle-ci
en losange interrompant le blanc de la rayure externe, comme aussi celle
des antérieures qui est un triangle à base un peu saillante. Rayures externes
très dentées, zone proximale externe à flammes médiocres ; raie submargi¬
nale et taches d ’orizaba (pl. X, fig. 2 et 3) (118 mm.) (Équateur).
. 21. Ç coxeyi Schaus.
II. Rayure externe des antérieures convexe vers la base en arrière de la fenêtre et surtout
en avant , la plage préapicale de ces ailes s’étend par un lavis jusqu’à cette der¬
nière courbe, supprimant en cette région la zone proximale de l’aire externe,
le reste de cette zone sans dents en flammes de même qu’aux ailes postérieures ;
tache post-apicale (radio-médiane) avec sa partie centrale triangulaire noire,
rouge ou rousse, ses deux annexes en gris effacé qui se retrouve en tache dans
l’espace radial et dans l’espace médian. Fenêtres d’ordinaire plus ou moins
tronquées en avant et en arrière sur les côtés de la cellule.
A. Dans l’espace radio-médian la ligne fulgurante est droite ou presque, elle s’arrête
mémoires do muséum, nouvelle série, tome m.
19
290
E.-L. BOUVIER
à M l , voisine de la tache post-apicale dont le triangle central est noir, sans
représentant dans l’espace qui précède (le radial) et dans celui qui suit (le
médian). Raie submarginale de ces ailes jaunâtre, sans auréole, les lobes qu’elle
limite plus clairs que la marge et, aux postérieures, renfermant des taches
presque complètement rouges ; rayure externe des antérieures médiocrement
concave et peu ou pas dentée en avant de la fenêtre, en arrière avec une seule
lunule (la cubitale). Fenêtre de ces ailes grande, triangulaire, à bord basal
droit ou un peu convexe, celle des postérieures longuement subovalaire.
Partie lilacée de la zone externe large, mais localisée à la moitié postérieure
des ailes ; aux antérieures apex médiocrement saillant, même chez le cf, et le
bord externe en arrière peu oblique. Pas de raies longitudinales blanches sur
le dos de l’abdomen. Collier prothoracique blanc. 22. arethusa Walker.
B. Ton roussâtre plus ou moins bruni, même dans la partie non lilacée de la
zone externe ; rayure externe des antérieures ordinairement très simple
en avant de la fenêtre, la bordure distale de sa partie blanche orange ou
un peu rosée, (cf 90-130, $ 95-140) (De Costa-Rica auTucuman.).
. a. arethusa.
B'. Ton brun ; du rose, aux deux ailes, envahit presque toute la zone externe,
surtout aux postérieures ; bordure distale de la rayure externe rose, cette
rayure, aux antérieures, avec au moins une lunule en avant de la fenêtre,
(cf. 95-105, 9 120) (Amazones, Venezuela : Guasdualito, Macaray)....
. a. rhodina Rothschild.
A 1 . Ligne fulgurante longuement prolongée en arrière de M l dans l'espace médian où
l’on voit toujours une forte tache noire ou noirâtre, toujours aussi une petite
tache dans l’espace radial. Rayure externe des antérieures très concave en
avant de la fenêtre. Une paire de raies blanches longitudinales sur le dos de
l’abdomen.
B. Ailes antérieures avec l’apex peu saillant et le bord externe peu oblique ; partie
centrale de la tache post-apicale en fort triangle noir, un triangle semblable
plus petit dans l’espace médian et un très réduit dans l’espace radial ; la
ligne fulgurante faiblement concave au niveau de la tache post-apicale et
peu prolongée vers M 2 dans l’espace suivant ; raie submarginale des anté¬
rieures noirâtre ou roussâtre, épaisse, avec large auréole claire et lobes très
saillants ; fenêtre de ces ailes triangulaire, à bord basal d’ordinaire rentrant,
celle des postérieures en long ovale faisant au bout distal un biseau long et
étroit. Tonalité brun rougeâtre, rougeâtre sur l’abdomen. Colliers blancs
rf 95-185, 9 110-130.' (Du Brésil méridional au Tucuman).
. 23. jacobaeae Walker.
B 1 . Ailes antérieures avec l'apex très saillant, surtout chez le cf où il se sépare
nettement du bord externe ; partie centrale de la tache post-apicale très
réduite, en triangle plus souvent roux ou rougeâtre que noir; dans l’espace
médian existe une partie semblable mais plus grande qui se continue en
dedans et en arrière sous la forme d’une traînée noirâtre, dirigée contre la
pointe de la fenêtre et souvent sur toute la longueur de la zone externe,
contre les lobes submarginaux ; une petite tache dans l’espace radial ; ligne
fulgurante presque droite dans l’espace radio-médian, dans l’espace médian
droite, longue et très oblique. En dehors de la raie submarginale, une bande
ordinairement séparée du bord par une raie submarginale accessoire, cette
bande souvent plus claire que la marge.
C. Ton plus ou moins rouge notamment sur l'abdomen ; fenêtres des antérieures
triangulaires, à bord basal droit ou un peu rentrant, celle des postérieures
jamais en losange. Zone lilacée des deux ailes franche. Colliers dorsaux
du corps tout blancs. 24. erycina Shaw.
FAMILLE DES SAÏÜRN1IDES
291
D. Dans les deux sexes, fenêtre des postérieures en grand ovale tronqué
sur ses bords latéraux ; ligne fulgurante de l’espace médian d’obliquité
et de longueur médiocre, d’ordinaire recourbée en dehors à son bout
libre, (ç? 98-140, Q 98-157). e. erycina.
E. Parties blanche et rose des rayures externes médiocres, aux anté¬
rieures, cette rayure avec une ou deux dents.
F. Aire médiane des ailes à peu près sans lavis noir.
G. Cette aire variant du brun rouge au châtain gris, la trainée
noire qui fait suite à la ligne fulgurante s’efface plus ou
moins avant d’atteindre la fenêtre ; zone lilacée de cette
aile assez grande, (cf 92-140, Ç 97-158 . e. e. erycina.
G'. Aires médianes d’un rouge plus vif, la traînée noire jusqu’à
la pointe de la fenêtre; zone lilacée plus réduite (S.-E. du
Pérou). 9, e. e. vinaeea Rothschild.
F'. Aire médiane des ailes avec un net lavis noir.
G. Ce lavis noir médiocre ; zone lilacée plus large que la distance
au bord (Sainte-Marthe, 2.200 pieds).
. 9, e. e. martha Rothschild.
G 1 . Le lavis noir fort ; zone lilacée plus étroite que la distance
au bord (Costa-Rica). 9> e - e - nigrescens Rothschild.
E'. Parties blanche et rose de la rayure externe larges, aux antérieures,
cette rayure sans dents avant la fenêtre ; aire médiane des ailes
faiblement teintée de rouge.
F. Antennes brun noir, teinte fondamentale de ton sale, bordure distale
du blanc de la rayure externe ocracée plutôt que rose ; taches
submarginales des postérieures assez grandes (Sainte-Lucie).
. Q.e. e. luciana Rothschild.
F’. Antennes roux paille, bordure distale de la partie blanche de la
rayure externe rose ; taches submarginales des postérieures
petites, (cf 135) (Martinique : Balata.) ... e. e. balatana nov.
D 1 . Fenêtre des postérieures du cf en franc triangle à bord basal droit ou
un peu rentrant; comme aux antérieures, celle des postérieures sub¬
ovalaire ; ligne fulgurante très oblique dans l’espace médian et se pro¬
longeant assez loin, sans crochet terminal, contre la traînée noire ;
celle-ci, chez le cf tout au moins, atteint d’ordinaire la fenêtre et se
continue en arrière le long des lobes submarginaux, (cf 95-116,
9 130-138). (Brésil : Rio-de-Janeiro, Rio-Puru, Pérou).
. e. belus Maassen et Weymer.
C'. Tonalité jaunâtre, par endroits un peu brunie, le dos de l’abdomen variant
du brun jaune au rose. Fenêtres des antérieures en triangle allongé, celles
des postérieures en losange dont le biseau basal est plus court que le distal;
une raie transverse brun jaunâtre dans chacun des colliers.
. 25. hopjferi Felder.
D. Les fenêtres atteignent la rayure externe qui, aux antérieures, fait en
ce point une forte saillie à angle presque droit où pénètre la pointe de la
fenêtre ; le côté antérieur de la rayure interne des mêmes ailes est assez
fortement convexe, (cf 95-125, 9 H5 environ) (Brésil, Haut Parana
argentin). h. hopjferi .
D'. Les fenêtres n’atteignent pas la rayure externe qui, aux antérieures,
décrit une forte voussure au niveau de la pointe de la fenêtre ; côté
antérieur de la rayure interne presque droit. (95-125)(Argentine, Para¬
guay). h. rhombifer Burmeister.
2'J2
E.-E. BOUVIER
Le tableau synoptique précédent mérite d’être complété par les observa¬
tions suivantes : 1° j’ai placé prionidia comme espèce douteuse à la suite de
micrinus (n° 6) parce que Draudt le figure avec un collier prothoracique
absolument blanc, ce qui est sans doute une erreur de l’artiste, car il est con¬
sidéré par le dit auteur comme une forme d 'orizaba de sorte qu’on le retrouve
parmi la série des formes de cette espèce ; 2° micrinus est tenu par Draudt
pour une forme de lichtenba dont il me paraît bien différent ; cruentata en est
sûrement fort voisin et sera peut-être, dans la suite, identifié avec lui ; 3° sous
le nom de lebeaui catenigera Draudt (p. 717) signale une forme mexicaine très
semblable à orizaba , mais avec le collier prothoracique tout blanc ; 4° mon
lebeaui rectilineata (Bull. Hill Mus.. IV, 112, pl. XIII, fig. 2 (( -j '), 1930), est
certainement identique au lebeaui speculifer ; 5° citant une lettre de Jordan,
Draudt observe que Vhesperus de Linné (Syst. Nat., 10 e éd., 495, 1758) fut
décrit d’après la figure de Merian (pl. 65,1730), qu’il se rapproche beaucoup de
betis, et qu’il n’a rien de commun avec Vhesperus décrit ultérieurement par Linné
dans le Musée Ulrich, hesperus dont le type a été bien représenté par Auri-
villius (Kong. W. Ak. Vet. Handl.. n° 5, p. 146, 1881), et que ce type n’est
rien autre qu 'aurota. Tout ceci est fort juste, mais Vhesperus décrit et figuré
par Draudt (p. 716, 103 a (c?), 1929), avec la rayure externe droite des
antérieures très fortement dentée et ses fenêtres ne ressemble ni à betis, ni
à Vhesperus linnéen, c’est une forme du groupe jorulla-prionia que j’ai décrite
au tableau sous le nom de poecilator draudti ; je tiendrais plutôt pour un vrai
hesperus le betis imitator brièvement décrit par Draudt, n’était sa rayure
externe encore « plus fortement dentée »; 6° je n’ai pas vu amaena Jordan
qui semble être une forme méridionale de jorulloides ; 7° la ligne fulgurante
distingue nettement aurota d'orizaba, Rothschild a décrit de nombreuses
formes de cette espèce, j’ai laissé dans orizaba les formes meridana, bogotana
et triloba dont la ligne fulgurante n’a pas été décrite, pour la raison contraire,
j’ai mis dans aurota les formes cauca, equatorialis et peruvianu ; 7° c’est à tort,
il me semble, que Draudt identifie belus avec le splendidus figuré par Palisot
de Beauvois (Ins. Afr. et Amér., 133, pl. XXII, fig. 1 et 2 (Ç), 1805) qui est
un erycina ; en tous cas, la forme mexicana de Draudt (p. 720) semble bien
n’être qu’un belus dont les ailes et les fenêtres sont plus petites que dans le
type figuré par Maassen et Weymer ; 8° il faut identifier avec arethusa le
splendidus de Clemens (Proc. Ac. Nat. Sc. Philadelphia, 1860, p. 160) que Ben¬
jamin a décrit sous les noms de R. forbesi et R. forbesi draudti (Pan-Pacific Ent.,
X, 13, 16, 1934) en renvoyant pour la figure à Packard et Cockerell ( loc. cit. y
pl. XLV, fig. 3 (nervulation) et pl. LXX, fig. 3) qui reproduisirent sous les
noms de splendidus et d'erycina, l’exemplaire de Clemens. Jusqu’alors ce
prétendu splendidus était tenu par J.-B. Smith et beaucoup d’autres pour un
erycina, à l’encontre de Ivirby, lequel en faisait un orizaba.
C’est dans Packard et dans André qu’on peut suivre le développement
larvaire de quelques espèces, jorulla , orizaba, arethusa et jacobaeae,
surtout dans jorulla qui a été l’objet d’études plus approfondies. Aux deux
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
Ï93
premiers stades de cette espèce, le corps et la tête sont noirs avec de larges
tubercules j aunes disposés en rangées transverses ; au 3 e le ton fondamental
tourne au gris bleuâtre; aux deux derniers, tout devient vert sauf le bout des
tubercules et les stigmates qui sont rouge-orangé; au surplus, les tubercules
s’atténuent progressivement et, au dernier stade, ne sont guère représentés
que par leur bout rouge très réduit; entre les segments et sur les côtés, au-
dessous des stigmates, on observe une raie plus claire, blanchâtre ou jaunâtre.
Orizaba est du même type, toutefois avec les tubercules jaunes confluents dès
le premier stade ; arethusa ne diffère que bien peu; et de jacobaeae , on sait que
les stades sont verts dès le 3 e stade avec le tubercule du 8 e segment abdominal
encore double, pour devenir simple ensuite comme il l’est dès le début dans
les autres espèces. Benjamin (Pan-Pacific ent ., X, 14-16) a étudié les stades
larvaires A'arethusa qu’il appelle forbesi.
Dans l'Atlas de la Description physique de la République argentine, 1879,
H. Burmeister, p. 41-43, a étudié et figuré en couleur les chenilles de quelques
espèces dont toutes, malheureusement, ne sont pas à l’heure actuelle identi¬
fiables, en dépit du nom que leur attribue l’auteur; ces chenilles semblent être
représentées à leurs derniers stades. La figure 1 de la planche XVIII est attri¬
buée à hesperus et la figure 3 à aurota ; la première est presque totalement
verte, la seconde absolument semblable aux chenilles mûres de jorulla et
A'orizaba ; toutes deux, peut-être, appartiennent à aurota vrai, en tous cas,
la première n’est certainement pas celle du vrai hesperus. Plus difficiles à
identifier sont les chenilles vertes, à bandes transversales noires discontinues,
attribuées par l’auteur à ethra (fig. 2) et à speculifer (fig. 5). Seitz fait du specu-
lifer de Walker une forme méridionale A'aurota remarquable par les bandes
transversales noires de sa chenille verte ; il semble donc adopter la dénomi¬
nation de Burmeister et, en fait, la chenille qu’il figure est tout à fait sem¬
blable, sauf les bandes noires, à celle A'aurota ; quant à la figure A'ethra, elle
est du même type avec des bandes plus réduites, de sorte qu’on peut, avec
Seitz, identifier Vethra d’Olivier avec aurota. Il y aurait donc des variations
notables dans la teinte verte des chenilles même de cette espèce. Dans les
quatre sortes de chenilles précédentes, les tubercules sétifères persistent plus
ou moins jusqu’au dernier stade, comme dans jorulla , orizaba et arethusa,
comme aussi dans maurus , si j’en juge d’après une chenille mûre soufflée
qui provient de M. Schreiter ; cette chenille est d’un jaune légèrement ver¬
dâtre, plutôt décolorée ; d’après Seitz (Appendice, p. 820), elle serait d’un
vert marin orné de ceintures claires un peu violettes. Très différentes, d’après
Burmeister, sont les chenilles mûres de betis (fig. 4), toutes noires avec deux
ceintures transversales roses sur chaque anneau, et sans aucune trace de tuber¬
cules à ce stade. La chenille A'hesperus figurée par Sibylle Merian en 1730
(pl. 65) est également dépourvue de tubercules, mais jaunâtre avec des cein¬
tures blanches. Dans sa description originale de lebeaui, Guérin-Méneville
(Rev. et Mag. de Zool. (2), XX, 320, 1868) observe que la chenille de cette
espèce « est très remarquable, parce qu’elle ne présente pas de tubercules sur
E.-L. BOUVIER
294
ses anneaux »; mais peut-être ne s’agit-il que d’une réduction très considé¬
rable de ces saillies, car Draudt note que dans la forme catenigera de lebeaui
(Seitz, VI, 717), la chenille est ornée de tubercules rouges, d’ailleurs vert
jaune ou franchement jaune, à bandes transverses noires discontinues, ce qui
la rapprocherait des chenilles figurées par Burmeister sous les noms de specu-
lifer et d 'ethra.
En somme, les chenilles des fiothschildia diffèrent de celles des trois genres
précédents par la grande atrophie progressive de leurs tubercules qui peuvent
même, dans quelques espèces, totalement disparaître au dernier stade. Toutes
se distinguent par la présence de ceintures transversales claires plus ou moins
tranchantes et presque toutes (sauf betis et hesperus) par la teinte verte et les
tubercules à bouts rouges qu’elles présentent aux deux derniers stades ; il est
probable que la plupart également, sinon toutes, sont noires au début avec
bandes transverses ou rangées transverses jaunes, le noir pouvant, dans cer¬
taines formes, persister à l’état mûr sous la forme de petites bandes discon¬
tinues. D’après Draudt (p. 820), la chenille de maurusius serait noire avec
ceinture jaune, observation de M. Schreiter d’après laquelle cette espèce
conserverait jusqu’au bout la coloration des jeunes. Pourtant on sait par
Draudt (p. 820) que tucumani et condor schreiteri présentent les mêmes che¬
nilles vertes ceinturées de clair que la plupart des autres espèces, encore
qu’elles soient fort primitives et rappellent les chenilles d’ Eupackardia qui
sont noires à tubercules jaunes dans le jeune âge, vertes à tubercules rouge s
quand elles sont mûres.
Suivant l’espèce, les chenilles de Rothschildia broutent sur les végétaux
les plus divers : condor schreiteri sur Baccharis sculpta — tucumani sur Eupato-
rium buniifolium—maurusius sur certaines Euphorbiacées, Anacardiacées et
Bignoniacées — maurus sur les Crotons — splendidus sur les Aurantiacées ; mais
beaucoup telles qu 'arethusa, aurota, orizaba sur quantité de végétaux ; beau¬
coup aussi recherchent les Euphorbiacées (Croton, Ricin) et orizaba , jorulla des
plantes identiques ou semblables à celles de nos pays (Chêne, Cerisier, etc.) ;
Zimmermann a pu élever arethusa sur le Troène ; Sonthonnax rapporte
qu’en Europe on peut facilement élever aurota sur l’Ailanthe et le Ricin.
Comme dans les genres précédents, les cocons sont ouverts, ordinairement
pédonculés, avec l’orifice souvent très ourlé et apparent. Leur forme est ovoïde
souvent fort rétrécie vers le pédoncule à l’endroit où se trouve l’orifice de
sortie ; leurs parois sont d’ordinaire épaisses, nues et résistantes. Dans aurota ,
pourtant, la paroi externe est largement distincte du cocon interne plus régulier
auquel la réunit une bourre assez lâche ; dans jorulla, où il présente un long
pédoncule indépendant ou non du pétiole foliaire, des fils isolés le rattachent
en tous sens aux corps solides avoisinants. La chrysalide ne présente que des
saillies très simples et peu nombreuses au sommet de la très faible protubé¬
rance crémastérienne ; elle est noire ou brune, parfois assez claire et recouverte
d’une pulvérulence blanchâtre. Dans zacateca, où la chrysalide a des téguments
noirs plutôt minces, le cocon est dur, épais, roux ou brun clair, avec filaments
FAMILLE DES SATURN1IDÉS
295
brillants collés à sa surface qui est assez irrégulière ; sa forme est presque
globuleuse avec un pédoncule épais et court ; d’après les matériaux envoyés
de Bogota par le Frère Apollinaire-Marie, le cocon peut atteindre 50 mm. de
longueur sur 30 mm. de largeur; la chenille broute sur une Styracée, le Sym-
plocus alstonia. — Doll (Ent. News., XX, 44, 1909), rapporte qu’il a pu
conserver vivants, au moins six années, des cocons d 'orizaba.
Bibliographie
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Var. : speculijer ( Attacus speculifer Maassen et Weymer, loc. cit., flg. 60
( cf ), 1881. — rectilineata(R. l.rectilineata Bouvier, Bull. Hill Mus., IV,
112, pl. XIII, flg. 2 (cf), 1930) (Coll. Joicey). — bolivar (Attacus bolivar
Maassen et Weymer, loc. cit., flg. 27 ( cf), 1897) ; R. I. bolivar Bouvier,
loc. cit., 113,1930. —- aroma ( Rothschildia aroma Schaus, Proc. U. S.
Nat. Mus., XXIX, 177,1906 (U. S. Nat. Mus.). R. leb. aroma Draudt,
loc. cit., 717,10666 (cf ), 1929 ; R. leb. aroma Schüssler, Lep. Cat., 59).
— lutea ( Rothschildia maurus lutea Jordan, Nov. Zool., XVIII, 129,
1911) (Tring Mus.); Schüssler, Lep. Cat., 60. — ab. catenigera
Draudt, loc. cit., 717 ; Schüssler, Lep. Cat., 59.
8. Attacus betis Walker, List, V, 1207, 1855. Rothschildia betis Packard (et Coc¬
kerell), loc. cit., 259, pl. XLV, flg. 1 et XLVI, flg. 7 (nervulation), 1914 ;
Draudt, loc. cit., 716,102 c (cf), 1929. Schüssler, Lep. Cat., 53 et 578.
Var. : imitator (R. b. imitator Draudt, loc. cit., 716, 1929, (d’après
Schüssler, 53). — angulatus nov. (Mus. Paris).
9. Phalaena attacus hesperus Linné, Syt. Nat., ed. X, 495, 1758. Rothschildia hes-
perus, Jordan in Draudt, loc. cit., 716, 1929. Attacus betis Aurivillius,
296
E.-L. BOUVIER
Kong. Sv. et Ak. Handl., XIX, n°5, 1881. A. procyon Plôtz in Draudt,
loc. cit., 716. R. hesperus Schüssler, 55 et 580 ( pro parte).
10. Rothschildia lichtenba Dyar, Proc. U. S. Nat. Mus., XLII, 46, 1912 ; Draudt,
loc. cit., 719,102 b ( rf), 1929 ; Schüssler, Lep. Cat., 59.
11. Rothschildia maurusius Draudt, Seitz, VI, 719, 101 c (cf), 1929. R. mourus,
Schreiter, Univ. Nat. Tucuman, 13, 1925 (d’après Draudt, 820 et Schüs¬
sler, 60).
12. Saturnia jorulla Westwood, Proc. Zool. Soc., XXI, 159, pl. XXXII, fig. 1 (cf),
1853. Attacus jor. Walker, List, V, 1202, 1855. Rothschildia jor. Packard
(et Cockerell), loc. cit., 254, pl. IV, fig. 3 et 4, pl. V, fig. 1 et 2 (chenille),
pl. LVII, fig. 1 (cf) et 2 ( 9) et ? pl. LXX, fig. 4 ( Ç) 1914. Schüssler, 57 et
581. Attacus cinctus Tepper, Bull. Brooklyn ent. Soc., V, 65, pl. I, fig. I
et 2, 1 882. Rothschildia orizaba Packard (et Cockerell), pl. VI, fig. 1 (cf),
1929.
Var. : inca (R. j. inca Rothschild. Nov. Zool., XIV, 415, 1907 (Tring.
Mus.)— jorulloides [Attacus jorulioides Dognin, Naturaliste (2), Vil,
142, 1895, (U. S. Nat. Mus.).— guerreronis R. j. guerreronis Draudt,
loc. cit., 718, 134 c (cf), 1929).
13. Rothschildia amoena Jordan, Nov. Zool., XVI 1 1, 129, 1911 (Tring Mus.). (Peut
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14. Attacus mourus Burmeister, Atlas descr. phys. Rép. argent., V (2), Lép., 43,1879.
Rothschildia maur. Draudt, loc, cit., 719, 101 b (cf), 1929 ; Schüssler, 60
et 582 ( pro parte). R. maurusius Schreiter, Univ. nac. Tucuman, 13, 1925.
15. Rothschildia gounellei nov. (Mus. Paris).
16. Rothschildia morana Schaus, Proc. U. S. Nat. Mus., L1X, 375, 1921 (U. S, Nat.
Mus.) ; Draudt, loc. cit., 717,102 b (cf), 1929 ; Schüssler, 60 et 582.
17. Rothschildiaprionia Rothschild, Nov. Zool., XIV, 415,1907 (Tring Mus.) ; Draudt,
loc. cit., 718, 103 b ( cf), 1929 ; Schüssler, 62 et 583 (D’après Schüssler, 62,
le R. jorulloides ? (jorulla ? de Packard et Cockerell, loc. cit., pl. LXX,
fig. 4 ( Ç) serait un prionia, ce qui est douteux (voir jorulla).
18. Rothschildia hesperus pœcilator Draudt, Seitz, VI, 716, 134 a (cf), 1929 ; Schüs¬
sler, Lep. Cat., 56.
Var. : draudti nov. (R. hesperus Draudt, loc. cit., 716,103 a (cf), 1929).
19. Saturnia orizaba Westwood, Proc. zool. Soc., XXI, 158, pl. XXXII, fig. 2 (cf),
1853 (Mus. brit.). Attacus orizaba Walker, List, V, 1201, 1855. Roths¬
childia orizaba Packard (et Cockerell), loc. cit., 252, pl. IV, fig. 1-3
(chenille), pl. VI, fig. 2 (Ç), pl. XLV (nervulation), 1914; Draudt, loc.
cit., 102 a (cf), 1929); Schüssler, Lep. Cat., 60 et suppl., 582.
Var. : prionidia (R. O. prionidia Draudt, loc. cit., 718, 134 a (cf), 1929).
— meridana (R. O. meridana Rothschild, Nov. Zool., XIV, 414,
1907 (Tring Mus.). — bogotana (R. O. bogotana Id., 415, 1907 (Tring
Mus.) ; triloba (R. O. triloba, Id., 415, 1907 (Tring Mus.).
20. Phalaena attacus aurota Cramer, Pap. exot., I, 11. pl. VIII, fig. A (Ç), 1775.
Attacus aurota Hübner, Verzeichniss, 156, 1820. Rothschildia aurota
Draudt, loc. cit., 716, 1929 ; Schüssler, 50 et 572 (pars). Phalaena attacus
hesperus Linné, Mus. Ludov. Ulricae, 367, 1764. Attacus hesperus Auri-
villius, Kong. Sv. Vet. Ak. Handl., XIX, n° 5, 145, fig. 1 (cf) (type du
Mus. Ulr.). Bombyx atlas Olivier, Enc. métod., V, pl. LXIX, fig. 1 ($),
1790. Bombyx ethra Id., p. 24, 1790. Attacus ethra Burmeister, Atlas
Descr. phys. Rép. Argent., pl. XVIII, fig. 2 (chenille), 1879.
Var. : andensis (R. a. andensis Rothschild, Nov. Zool., XIV, 405, 1907
(Tring Mus.); Conte, Lab. soie., XV, 7, pl. II, fig. 1 (cf), 1919). —
speculifer (Attacus speculifer Walker, List, V, 1205, 1855); Bur-
FAMILLE DES SATURNI1DKS
±17
meister, loc. cit., 42, pl. XVIII, flg. 5 (chenille), 1879 ? Attacus
speculifera Druce, Biol. Centr. Amer., Heter., I, 190, 1886 (proba¬
blement un mélange) ; speculifer (R. a. speculifer Draudt, loc. cit.,
716, 102 b (cf), 1929). — roxana (R. roxana Schaus, Proc. U. S. Nat.
Mus., XXIX, 179, 1906 (U. S. Nat. Mus.). — cauca (R. orizaba
rauca Rothschild, loc. cit., 414, 1907 (Tring. Mus.). — venezue-
lensis (R. a. venezuelensis nov., c’est probablement le r? d’Arichuna
signalé comme R. hesperus dans le Bull, du Mus., 356, 1923 (Mus.
Paris). —- equatorialis (R. orizaba equatorialis Rothschild, loc. cit.,
413, 1907, (Tring Mus. j; probablement Y Attacus aurota de Dognin
dans Lep. Loja, 40, 1891). — peruviana (R. orizaba peruviana
Rothschild, loc. cit., 413, 1907 (Tring Mus.) ; Conte, loc. cit., 8,
pl. III, flg. 3 (c?)j 1919). — chiris (R. chiris Rothschild, loc. cit.,
413, (Tring Mus.) 1907) ; Conte, loc. cit., 8 , pl. II. fig. 2 (5), 1919 ;
Schüssler, 53 et 578) (triloba, bogotana, cauca , equatorialis , meri-
dana et peruviana sont tenus par Schüssler, 61, pour des sous-
espèces à'orizaba).
21 . Rothschildia coxeyi Schaus, Journ. Ac. Sc. Washington, XXII, 143,1932. (U.S.
Nat. Mus.i.
22. Attacus arethusa Walker, List, V, 1204, 1855. Rothschildia ar., Draudt, loc. cit.,
717, 102 c (cf), 1929 ; Schüssler, Lep. Cat., 49 et suppl., 51. Attacus spé¬
culum Maassen et Weymer, Beitriige, fig. 28 (Q), 1873 et 62 (Ç), 1881.
R. forbesi Benjamin, Pan-Paciflc Ent., X, 13 et f. draudti, 16, 1934.
? Attacus splendidus Clemens, Proc. Ac. Nat. Sc. Philad., 1860, p. 160.
Var. : rhodina (R. a. rhodina Jordan, Nov. Zool., XVIII, 130, 1911.
(Tring Mus.).
23. Attacus jacobaeae Walker, List., V, 1211, 1855. Rothschildia jac. Draudt, loc. cit.,
719, 103 a (cf), 1929; Schüssler, 57 et 581. Attacus affinis Felder,
Reise Novara, Lep., 2 , pl. LXXXVI, fig. 1 (cf), 1874.
24. Phalaena erycina Shaw, Nat. Mise., VII, 230, 1797. Attacus er., Aurivillius,
loc. cit., 146,1881. Rothschildia er., Packard (et Cockerell), loc. cit., 257,
pl. XLV, flg. 3 (nervulation) et pl. LXX, fig. 3 (cf), 1914 ; M. Draudt,
loc. cit., 719, 103 a (cf), 1929 ; Schüssler, Lep. Cal., 54 et suppl. 579.
R. jacobaeae amazonia Packard et Cock., loc. cit., 261, pl. LXIV, fig. 1
(cf), 1914. Attacus splendidus Palisot de Beauvois, Ins. Afr. et Amer.,
133, pl. XXXI1, fig. 1 et 2 (9), 1805. Attacus satyrus Felder, loc. cit.,
pl. LXXXVI, fig. 2 (Ç), 1874. Phalaena attacus hesperus Cramer, Pap.
exot., I, 105, pl. LXVI, fig. A (cf), 1775.
Var. : erycina avec les formes vinacea, martha, nigrescens et luciana
signalées par Rothschild, Nov. Zool., XIV, 416, 417, 1907. — belus
(Attacus belus Maassen et Weymer, loc. cit., fig. 33 (cf), 1873 ;
Attacus splendidus J. B. Smith, Proc. U. S. Nat. Mus., IX, 419,
pl. XII, fig. 2 (nervulation) et pl. XIV, fig. 1 (clasper), 1886. Roth¬
schildia splendidus Draudt, loc. cit., 720,103 b( cf), 1929), avec la forme
mexicana Draudt, 720 ; Schüssler, 62 et 583. (Il paraît bien difficile
d’identifier le vrai belus avec le splendidus Palisot représenté seule¬
ment par une 9 )-
25. Attacus hopfferi Felder, Wien. ent. Monats., III, 263, pl. V, fig. 3 (cf), 1859 ;
Maassen et Weymer, loc. cit., fig. 61 (9), 1881. Rothschildia hopfferi
Draudt, loc. cit., 720, 103 b (cf), 1929 ; Schüssler, 56 et 581.
Var : rhombifer(Attacus rhombifer Burmeistor, Descr. phys. Rép. Argent.,
V, 473, 1878 et Atlas, 44, pl. XXIV, fig. 1 (9),1880); Schüssler, 56 .
E.-L. BOUVIER
Genre V. — EPIPHORA Wall.
Epiphora Wallengren, Wien. ent. Monats., IV, 167, 1860; Bouvier, Saturn.
Afr. trop, franç., 677, 679, 1928; Schüssler, Lep. Cat., 44 et suppl., 566. Fai-
dherbia Guérin-Méneville, C. R. Ac. Sc., LX, 162, 1865.
La première espèce connue de ce genre fut signalée, décrite et figurée par
Guérin-Méneville (Iconogr. Rég. an., 506, pl. 86, fig. 1, 1838), sous le nom
de Saturnia bauhiniae pour laquelle le même auteur, en 1865, proposa le nom
de Faidherbia, la seconde en 1849, par Westwood, sous le nom de Saturnia
mythimnia ; toutes deux furent réunies par Walker (List, V, 1215, 1855) dans
le grand genre Attacus ; mais en 1860, Wallengren avait décrit sous le nom
d’ Epiphora scribonia l’espèce même signalée par Westwood ; en 1865, il
donna une diagnose du genre Epiphora , de sorte que cette distinction géné¬
rique, justifiée d’ailleurs, fait tomber en synonymie le nom de Faidherbia.
Par leur faciès, les Epiphora se rapprochent étroitement des Hyalophora.
Callosamia, Eupackardia et Rothschüdia , mais ils tiennent surtout des
deux premiers genres par leur nervulation (4 radiales aux antérieures),
et les ornements apicaux de leurs ailes de la première paire. Leurs fenêtres
toutefois renferment toujours une partie hyaline centrale, d’ordinaire bien
développée, d’ailleurs avec la bordure blanche passant au jaune, au brun, puis
au noir comme dans les deux genres précités ; d’autre part, la ligne fulgurante
avec lavis rougeâtre situé distalement contre cette ligne, aussi la tache post¬
apicale pseudo-celliforme sont les mêmes que chez ces derniers ; toutefois, la
ligne fulgurante quitte un peu l’espace radial pour prendre contact avec la
tache (dont le croissant blanc logé dans la moitié basale semble être un élément
isolé de la ligne), et parfois forme un court tronçon en arrière de la tache.
J amais, on ne trouve des taches apicales multiples comme dans Eupackardia
et les Rothschüdia primitifs, et jamais la tache post-apicale ne devient
tripartite comme chez les Rothschüdia normaux ; mais ici, comme dans les
Rothschüdia , disparaît la petite tache apico-costale des Flyalophora et des
Callosamia. De même, les antennes de la Ç sont bien plus développées que
dans ces deux genres, elles ont même une largeur plus grande que dans les
Rothschüdia , presque égale à celle du cf.
Les rayures des ailes se rapprochent également bien plus de celles des
Hyalophora et des Callosamia, en ce sens que les externes sont peu ou pas
dentées, avec leur partie blanche généralement très large, sans bordure rouge
ou jaunâtre contre la zone proximale de Faire externe. La basale lilacée de
cette zone est riche en écailles blanches, séparée de la zone distale par un lavis
brun denté ou rectiligne sur son bord externe ; on n’y observe jamais les
flammes si communes chez les Rothschüdia ; quant à la zone distale, divisée
en deux par la raie submarginale lobée, elle présente des variations, surtout
aux postérieures où les taches submarginales sont nichées dans une bande
souvent jaune ou orangée, très différente de la bande terne qui la sépare de
FAMILLE DES SATÜKNIIDÉS
299
la raie submarginale. La rayure interne des antérieures est parfois absente,
parfois réduite ou presque à son côté postérieur; quand elle est bien développée,
son sommet le plus saillant se trouve sur Cu J où elle s’avance parfois (atbarina)
jusqu’au blanc de la rayure externe ; parfois aussi ( bauhiniae ), sa branche
postérieure envahit toute la base de l’aile jusqu’à la rayure externe en arrière
des cubitales. Tantôt la rayure interne des postérieures est indépendante de
l’externe, tantôt rejoint cette dernière en avant de la fenêtre; dans bauhiniae ,
où elle est indépendante de l’externe, elle rend blanche presque toute la partie
Fig. 11. — Caractères des Epiphora: dans bauhiniae, A, armature cf en dessous ;
dans mythimnia. B, front avec trompe (t) et palpe droit. B', clasper gauche en dehors.
baso-médiane de l’aile; dans albida, le blanc très étendu de la rayure externe
se continue en avant dans la partie blanche baso-médiane qui représente la
rayure interne démesurément envahissante, et dans cette vaste étendue nei¬
geuse, il ne reste plus que la fenêtre reliée au bord anal par un cordon sinueux
brunâtre jalonnant la partie postérieure de la rayure externe. Abstraction
faite des rayures internes, la face supérieure ressemble beaucoup à la supé¬
rieure.
Antennes avec une très faible saillie ventrale sur les articles terminaux ;
palpes isolés, plutôt courts, avec trois articles ; toujours une trompe rudimen¬
taire (fig. 77, B) représentée par deux lobes indépendants qui, dans bauhiniae
et mythimnia , sont réduits et appliqués sur le plafond buccal tandis qu’ils sont
plus longs et saillants au dehors dans lugardi, davantage encore dans feae où
ils forment deux arcs dépassant de beaucoup les palpes, ce qui est un passage
300
E.-U. BOUVIER
aux Drepanoplera. L’épiphyse des tibias antérieurs est droite ou à peu près,
longue, souvent obtuse à son bout libre, toujours carénée sur sa face ventrale
qui porte des poils assez longs et assez peu nombreux.
Armature sexuelle (fig, 77 A, B ) rappelant plutôt les Rothschildia que les
Hyalosoma et les Callosamia en ce sens que les claspers sont toujours dépourvus
de lobe ventral saillant ; dans bauhiniae , la saillie du lobe latéral est réduite à
un court triangle, mais le lobe dorsal est profondément divisé par une large
échancrure; d’ailleurs, le pénis inerme se termine en languette et l’on observe
un sternite X indépendant, large, échancré au milieu ; dans mythimnia , la
saillie (v) du lobe latéral est grande, terminée en pointe et profondément
séparée du lobe dorsal (1 -f- d), qui reste indivis ; le pénis est un tube cylin¬
drique tronqué, mais je n’ai pas vu le sternite X qui doit presque sûrement
exister. Dans les deux cas, il y a un collier pénial bien développé en dessous,
dans les deux cas aussi l’uncus est du type rothschildien avec deux petites
pointes terminales.
On n’a guère étudié que les chenilles de bauhiniae et de mythimnia. Bien
que décrites ou figurées à plusieurs reprises, les premières sont loin d’être
suffisamment connues, à cause des divergences que présentent leurs descrip¬
tions. On sait toutefois qu’elles sont vertes aux derniers stades avec, au-dessous
des stigmales, des tubercules rouges qui, sur le reste du corps, sont plus déve¬
loppés, rouge-cinabre ou rouge-vermillon à la base. C’est du moins ce qui
résulte des élevages faits sur place par A. Schultze (Arch. Naturg ., LXXX,
Abtb. A, 1, 148, 1914) et par L. de Fleury (Bull. Comité d'études scient, ethist.
Ajr. occid. franç., VII, 45, 1924) ; le premier de ces auteurs dit que les tuber¬
cules sont obtus ( abgestumpjt) et, sauf les inférieurs, d’un bleu turquoise au
sommet, teinte qu’on retrouve de chaque côté sur les disques postérieurs,
juste en arrière de la tète et dans un triangle situé sur la tète qui est rouge-
minium par ailleurs. Pour de Fleury au contraire, la tête serait verte, les seg¬
ments thoraciques présentent dorsalement « des pointes courtes et droites
bleu de ciel à la base et blanches au sommet ». D'après le même auteur, la che¬
nille est blanche « avec des faisceaux très serrés de petites épines noires », ce
qui, sans doute, explique Guérin-Méneville ( C. R. Ac. Sc., LX, 162, 1865),
disant (à la suite d’élevages faits en France par un jardinier) la chenille noire
à sa sortie de l’œuf, pour devenir grise au 2 e stade, d’un blanc d’argent brillant
au 3 e qui cède la place aux stades verts où la chenille « a le corps couvert de
petits pinceaux de poils rouges et bleus vers la tête, rouges et blancs en arrière. »
Schultze observe d’ailleurs que les jeunes chenilles ont un revêtement cireux
qui les rend plus mates et de Fleury que ce revêtement persiste aux stades
verts. Les deux auteurs reconnaissent dans l’espèce deux générations annuelles
l’une au début, l’autre à la fin de la saison pluvieuse, la seconde traversant
la saison sèche sous la forme de cocons ovales ouverts en nasse et suspendus
aux rameaux des plantes par un solide cordon. Ce pédoncule fait suite aux
vestes externe et interne, également résistantes, que sépare un lacis de soie
claire; la chrysalide dépourxme de crémaster est brune et cireuse. Guérin-Méne-
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
301
A ille a reconnu lui-même que la chenille ne se nourrit point de Bauhinia
reticulata, comme il l’avait cru tout d’abord, mais des diverses sortes de Juju¬
biers (Zizyphus). D’après Janse (Ann. Durban Mm., II, 48, 1918),la chenille
de vera broute sur Zizyphus mucronatus, comme celle de mythimnia.
Aurivillius a relevé et illustré les observations de Schultze (Ark. Zool., II.
n° 12, 29, pl. I, fig. 3 (chenille, cocon), 1905), sur E. bauhiniae et sur une
espèce voisine E. schultzei (30, pl. IV, fig. 1) dont il a représenté le cocon
qui est pédonculé comme celui de bauhiniae. mais moins régulièrement ova¬
laire ; les chenilles de cette espèce broutent également sur le Jujubier.
Dans mythimnia d’après une figure de Saunders (Trans. ent. Soc. London.
(n. s.), IV, 59, pl. XIII, fig. 3 a (chenille) et b (cocon), 1856), la chenille est
couverte d’épines aiguës un peu semblables à celles des Bunéens, jaunes
comme le corps, sauf celles du thorax qui sont bleues à la pointe ; au lieu
d’être suspendu, le cocon semble fixé au support par une de ses faces. Pac¬
kard ( Mem. nat. Ac. Sc. Washington, pl. LXXXVIII, fig. h et XCIV, fig. g.
1914) a donné des figures semblables de la même espèce. Toutefois, critiquant
la figure de Saunders, Aurivillius observe (Ark. Zool., II, n° 4, 17, 1904)
que « les épines (de mythimnia) ne sont pas coniformes, mais plutôt cylin¬
driques, avec pointe obtuse », c’est-à-dire, éloignées du type bunéen.
Exclusivement africain, le genre est représenté par les neuf espèces
suivantes :
Tableau des espèces
A. Zone baso-médiane du dessus des ailes plus ou moins envahie par le blanc de la
rayure interne ; blanc de la rayure externe aussi très développé. (Contre¬
partie p. 303).
B. Lobes saillants de la raie submarginale des antérieures plus largement séparés,
au sommet qu’à la base.
C. Le blanc de la rayure interne , par sa branche postérieure, envahit toute la région
post-cellulaire des antérieures jusqu’à la rayure externe ; aux postérieures,
le blanc de cette même rayure envahit presque toute la zone baso-médiane.
Rayure externe des antérieures en S très convexe en dehors de la fenêtre.
D. Les taches submarginales des postérieures, isolées et noirâtres, reposent
sur une bande submarginale jaune-orange, le reste de la zone submargi¬
nale étant plus ou moins gris olive. Tonalité générale brun rouge; sur
l’abdomen, bandes transverses brunes plus larges que les blanches ;
collier prothoracique sans liséré blanc. Zone brune baso-médiane du des¬
sous des postérieures atteignant le bord costal.
E. Le brun rouge des ailes atténué par de nombreux poils blancs, surtout
dans la partie proximale très accentuée de la zone externe. Lobes
de la raie submarginale des antérieures peu saillants, leur échancrure
terminale médiocre détermine deux lobules plutôt obtus. Ocelle
postérieur bien ovale, avec le bord postérieur rarement un peu droit.
(90-118) (Afrique occidentale française).
. 1 ■ bauhiniae Guérin-Méneville.
E'. Les poils blancs très rares, surtout dans la zone proximale externe qui
en est presque totalement privée ; lobes de la raie submarginale médio¬
crement saillants, à échancrure profonde déterminant des pointes
302
E.-L. BOUVIER
aiguës ; ocelle postérieur d’ordinaire à bord postérieur presque droit,
(ç? 125, Q 111-150) (Natal, Mozambique). 2. vera Janse.
D'. Les taches submarginales des postérieures noirâtres et d’ordinaire
soudées par couples, dans une zone du même ton vert olive que la marge.
(85-98) (Bornou, Tchad). 3. schultzei Aurivillius.
C. Rayure interne des deux ailes avec sa branche postérieure bien isolée dans le
brun et fort éloignée de la rayure externe.
D. La branche postérieure de la rayure interne des antérieures dilatée en massues
la branche antérieure courte mais noire ; rayure interne des postérieures
indistincte à cause de l’invasion du blanc. Fenêtres subarrondies ou ova¬
laires, médiocres, éloignées de la rayure externe ; cette rayure, aux anté¬
rieures, bien convexe en dehors de la fenêtre ; raie submarginale de ces
ailes à lobes très saillants, plus écartés au sommet qu’à la base, leur
échancrure terminale déterminant deux petites pointes, ces lobes plus
foncés que la zone marginale. Base des postérieures blanche jusqu’à
Faire médiane brune qui entoure la fenêtre ; rayure externe de ces ailes
nette, régulière et continue jusqu’à la côte ; taches submarginales noi¬
râtres, isolées dans une bande grise plus foncée que la marge ; en dessous,
le blanc de la rayure externe se continue brusquement avec le blanc de
la côte qui est large et très peu régulier. Le blanc très prédominant sur
l’abdomen. (112-125). 4 . atbarina Butler.
E. Ton des ailes prune ; base blanche des postérieures atteignant presque
la fenêtre. a. atbarina Bock.
E'. Ton des antérieures vineux, des postérieures brun ferrugineux, la base
blanche des postérieures nettement et largement séparée de la fenêtre.
(112) (Soudan égyptien). a. sudanica Le Cerf.
D'. La branche postérieure des rayures internes en bande assez large et sans
dilatation ; ocelle des antérieures bien plus long que large, son bord posté¬
rieur droit ou un peu rentrant, rarement convexe.
E. Rayure interne des antérieures en > à branche antérieure très courte,
l’externe fortement en S ; raie submarginale à lobes très peu saillants,
peu échancrés, peu profondément séparés par un angle ouvert en dehors.
Rayure externe des postérieures également très convexe, bien dé fléchie
en arrière, continue jusqu’à la côte où elle se rapproche de l’interne ;
grand ocelle ovale et éloigné des rayures ; taches submarginales brun-
rouge, isolées sur une bande un peu plus claire que le reste de la zone
submarginale ; en dessous, la rayure externe de ces ailes se continue
jusqu’à la base avec le blanc costal en une courbe régulière. Ton brun
rose très pâle à cause de l’abondance des poils blancs ; sur l’abdomen,
les raies transverses brunes peu prédominantes. (110-130).
. 5. mythimnia Westwood.
E'. Rayure interne des antérieures à peu près réduite à sa branche posté¬
rieure, l’externe en S peu accentué ; raie submarginale à lobes très
saillants, largement écartés et à peu près autant à la base qu’au
sommet, leur faible échancrure terminale déterminant des saillies
obtuses. Rayure externe des postérieures nette, dentée et irrégulière
en arrière de l’ocelle qui est médiocre, subarrondi et pénètre largement
dans la partie blanche ; en avant de celui-ci la rayure n’est représentée
que par sa zone blanche qui s’irradie jusqu’à la côte et renferme des
écailles brunes ; la rayure interne se perd également en avant dans
une irradiation blanche ; taches submarginales brun foncé, couplées
en raies, dans une bande jaune tranchant sur le gris olivâtre du reste
de la région submarginale. Ton brun grisâtre, dos de l’abdomen avec
FAMILLE DES SAÏURNIIDÉS
303
alternance de raies brunes et de raies jaunes. (130) (Afrique occi¬
dentale: Vieux Calabar). 6. perspicuus Butler.
B'. Lobes saillants de la raie submarginale des antérieures très élevés , dilatés à leur
sommet où, une échancrure détermine deux saillies tronquées , ces lobes jaunes
au moins à leur base ; également jaune est la bande qui, aux postérieures,
porte les taches submarginales celles-ci, d’un brun noir, et isolées au moins
en avant ; grandes fenêtres, surtout aux postérieures, touchant ou presque
la rayure externe dont la moitié postérieure est dentée ; en dessous, cette
rayure se continue brusquement jusqu’à la base par le blanc costal. Fenêtres
plus longues que larges.
C. Branche postérieure de la rayure interne des antérieures très dilatée en dehors
et occupant vers la base presque tout l’espace post-cellulaire ; fenêtres
de ces ailes à côtés latéraux presque droits et parallèles, à la base rétrécies,
au sommet touchant la rayure externe qui est en S peu accentué ; celle
des postérieures avec la base étroite, le sommet dilaté, touchant le blanc
de la rayure externe ; cette dernière, en avant, représentée seulement par sa
partie blanche qui se continue avec le blanc costal contre une traînée longi¬
tudinale brunâtre, le reste de la zone baso-médiane étant blanchâtre bruni ;
en dessous, le blanc costal se dilate vers la rayure externe. Tonalité gris
brun ; tête et partie antérieure du prothorax jaunâtres, abdomen en dessus
blanc à étroites raies brunes ; zone proximale de l’aire externe des ailes
gris brun à écailles blanches. (120). 7. cf macrops Bouvier.
C'. Branche postérieure de la rayure interne des antérieures peu dilatée en dehors
fenêtre de ces ailes en larme touchant presque la rayure externe, laquelle
est à peine en S. Rayure interne des postérieures étroite, touchant la fenêtre
et se continuant ensuite pour se dilater et se fusionner avec le blanc de la
rayure externe qui est bien développée sur toute sa longueur, à peine con¬
vexe et sans déflexion postérieure. Fenêtre pentagonale, à côtés latéraux
droits et parallèles, base tronquée, le sommet en biseau obtus, touchant le
blanc de la rayure externe ; en dessous, le blanc costal étroit et régulier.
Ton brun chevreuil, la tête et le bord postérieur du prothorax jaunâtres ;
dessus de l’abdomen à raies jaunes et raies brunes ; zone proximale de l’aire
externe brique pâle, (cf type, 115, $ 136, avec l’apex assez saillant).
(Cameroun, Gabon). 8. jeae Aurivillius.
A’. Dessus des ailes brun velouté jusqu'à]la zone marginale, à poils blancs peu nom¬
breux, localisés à la côte des antérieures et sur les rayures externes qui sont en
S et peu accentuées, surtout aux antérieures ; pas traces de rayures internes.
Fenêtres médiocres, touchant juste les rayures, celle des antérieures en ovale
court, celle des postérieures arrondie, mais subtronquée à la base. Raies submar¬
ginales noirâtres, auréolées de clair en dehors ; celle des antérieures à lobes assez
élevés, aussi largement écartés au sommet qu’à la base, peu échancrés et d’un
ton gris noir à peu près comme la marge; taches submarginales des postérieures
foncées, couplées en raie ou en biscuit, dans une bande du ton de la marge.
Dessous des ailes plus clair que le dessus, riche en poils blancs, surtout aux
postérieures, dans les zones baso-médiane et les externes proximales ; le blanc
costal réduit à une petite bande située à la base et prolongée de haut en bas sur
les flancs du thorax. Tête, antenne, pattes et thorax bruns, avec léger fdet blanc
au bord postérieur du prothorax et quelques touffes blanches sur les côtés du
mésothorax ; abdomen blanchâtre du côté dorsal avec raies transverses brun
pâle. (Ç du Muséum, 94 mm., l’apex y est à peine saillant) (Ouganda).
. 9. 9 lagardi Kirby.
3U4
E.-L. BOUVIER
Bibliographie
1. Saturnia bauhiniae Guérin-Méneville, Iconogr. Règne animal, 506, pl. LXXXVI,
flg, l (Lep. liai. 46, 567), 1829. Attacus bau. Butler, Proc. Zool. Soc., 1888.
84. Epiphora bau. Saturn. Afr. trop, franç., 681, fig. 1, 4, 6, 7, 12, 14, 15.
16 (structure), 20 (pupe cf), pl- II, flg. 3 (Ç), 4 et 5 (cocon), 1928; Schüs-
sler. Faidherbia bau. Guérin-Méneville, C. R. Ac. Sc., LX, 162. 341. 1865.
Attacus baumhiria (lapsus) Walker, List, V, 1217, 1855.
2. Epiphora vera Janse, Ann. Durban Mus., 11, 85,1918. E. bauhiniae eera Schüssler.
46 avec la forme damarensis Schultze, Seidenspinner Afrikas, 14, 1913.
3. Epiphora schultzei Aurivillius, Ark. Zool., II, n° 12, 30, pl. IV, flg. 1 (ci') et 5
(cocon), 1905. E. atbarina schultzei Schüssler, 45.
4. Epiphora atbarina Butler, Cistul. ent., II, 161, 1877 ; Gaede, Seitz, XIV, 318.
48 e (cf), 1927 ; Schüssler, Lep. Cat., 45.
Var. : E. sudanica Le Cerf, Bull. Mus., 1923, 51, pl. I (Ç). (Coll. Phili-
pon). E. atbarina sudanica Schüssler, 45.
5. Saturnia mythimnia Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII, 40, pl. VIII, fig. 3
(cf), 1849. Attacus my. Walker, List, V, 1216,1855. Epiphora my. Packard
(et Cockerell) Mem. nat. Ac. Sc. Washington. XII, 239, pl. XLIV, flg. 2
(nervulation), LXXVII, flg. h et XCIV, flg. g (chenille), 1914 ; Gaede,
loc. cit., 218, 48 b (cf), 1927 ; Schüssler, 47 et 568. Epiphora scribonia
Wallengren, Wien. ent. Monats., IV, 167, 1860.
6 . Attacus perspicuus Butler, Ann. Nat. Hist.(cf), II. 463, 1878. Epiphora perspicua
Gaede, Seitz, XIV, 318, 48 b (cf), 1927 ; Schüssler, 47 et 569.
7. Epiphora maçrops Bouvier, Bull. Soc. Linn. Lyon, VIII, 104, 1929 ; Bouvier et
Riel. Lab. soie, XVII, 73, 1931. (Cond. de Soies Lyon).
8 . Epiphora feae Aurivillius, Ann. Mus. civ. Hist. nat. Genova (3), IV, 525, 1910 ;
Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 680, 690, 1928. Drepanoptera feae ,
Schüssler, 43. Drepanoptera niepelti Gschwandner, Int. ent. Zeits. Guben,
XIX, 7, 1925.
9. Epiphora lugardi Kirby, Ann. Nat. Ilist. (6), XIII, 165, 1894 ; Gaede, loc. cit.,
318, 48 c (cf), 1927. Epiphora martvitzi Weymer, Ent. Nachschr., XXIII,
33, 1897 ; Schüssler, Lep. Cat., 46 et suppl. 568.
Genre VI. — DREPANOPTERA Rothschild.
(Pl. XII, fig. 2, 3, 4).
Drepanoptera Rothschild, Nov. Zool. , II, 37, 1895; Bouvier, Saturn. Afr.
trop, franc., 677, 691, 1928 ; Schüssler, Lep. Cat., 41 et suppl. 564. Comme
sous-genre des Epiphora Gaede, Seitz, XIV, 318, 1927.
Rangés d’abord comme les Epiphora dans le genre Attacus , puis parmi les
Samia (Philosamia ), les Drepanoptera furent distingués de ceux-ci et nommés
par Rothschild. Dusuzeau et Sonthonnax, dans leur travail de 1897, rangent
encore deux de leurs espèces principales parmi les Philosamia (ploetzi , vacuna),
mais placent une troisième ( antinorii) dans le genre Epiphora ; d’autre part.
Gaede, dans le Seitz, considère Drepanoptera comme une division subgéné¬
rique de ce dernier genre.
En fait, il y a tous les passagers entre eux, et la seule différence constante
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
301 .
entre Epiphora et Drepanoptera consiste dans la forme de la fenêtre des pos¬
térieures qui, chez les premiers, ne présente jamais la forme en croissant ou
celle d’un cercle à échancrure postéro-externe qu’on observe toujours chez
les seconds, même d’ordinaire aussi, aux antérieures. Pour le reste, mêmes
caractères, mêmes variations, toutefois avec prédominance, chez les Drepa¬
noptera , de la saillie apicale ordinairement plus forte des ailes antérieures,
de la saillie plus grande des deux lobes de la trompe et de l’échancrure singu-
Fig. 78. — Caractères des Drepanoptera : dans ploetzi, A, front, trompe (tr) et palpe gauche
vus obliquement en dessus; A', armature c? en dessous; A", pénis et son collier
basal ; dans antinorii. B, clasper droit, bout de l’uncus et pénis vus en dessous.
lièrement plus profonde qui sépare le lobe latéral et le lobe dorsal des
claspers.
Dans ploetzi , que j’ai surtout étudié à ces divers points de vue, les deux
moitiés de la trompe (fig. 78, A) sont, pour le moins, deux fois aussi longues
que les palpes et présentent sur leurs bords en regard une rangée de soies
raides; le lobe ventral des claspers (fig. 78, A', A") fait saillie en un fort
triangle aigu, le pénis présente deux épines, l’une latérale et subterminale,
l’autre terminale, enfin le collier pénial est profondément échancré en dessous.
Dans antinorii (B), qui se rapproche des Hyalophora par la présence d’une tache
noire apicostale, le lobe dorsal, étranglé à sa base, devient très prédominant
et surplombe de haut l’uncus, le lobe latéral est un triangle subaigu, mais,
comme dans ploetzi , le lobe ventral des Hyalophora manque complètement ;
le pénis est d’ailleurs dépourvu d’épines.
Le collier prothoracique blanc est une rareté dans le genre, mais la bande
transverse métathoracique semble constante, d’ordinaire prolongée sur les
flancs du thorax par une traînée blanche. La coloration du dos de l’abdomen
varie avec les espèces, mais toujours avec du brun plus ou moins étendu.
mémoires nu muséum, nouvelle série, tome in.
20
306
E.-L. BOUVIER
Tableau des espèces 1
A. Pas de rayures internes ; aux antérieures une tache apicostale noire. Lobes de¬
là raie submarginale fort échancrés, tous ou presque tous fusionnés au sommet
et simplement séparés par un cercle plus clair qui représente le ventre d’une
ampoule close, rarement un peu ouverte. Fenêtres assez arquées, l’antérieure
plus grande ; rayures externes très éloignées de ces fenêtres, celle des antérieures
infléchie vers la côte, à peu près droite ensuite; raie submarginale des deux ailes
distalement auréolée de clair, taches submarginales des postérieures d’ordinaire
couplées en raies. Ton grisâtre légèrement rosé ; pas de collier prothoracique
blanc ; sur l’abdomen, alternance de raies claires et de raies brunes.
. 1. antinorii Oberthiir..
B. Taches submarginales brun rougeâtre foncé.
C. Ces taches dans du blanchâtre; marge et franges grises. (100-105) (Abys¬
sinie, Afrique orientale anglaise). a. antinorii.
C'. Les taches submarginales dans du jaune, marge vert olive. (105) (Usam-
bara). rf «■ magdalena Grünberg.
B’. Taches submarginales roses dans du jaune clair, marges et franges jaune et
jaunâtre. (80) (Congo belge : Kivu.). cf «*• marginicula Joicey et Talbot.
A'. Une rayure interne plus ou moins nette aux antérieures, mais pas de tache noire
apicostale.
B. Aire médiane des postérieures bien développée, aussi nette ou presque du côté de la
base que du côté externe (contre-partie p. 309'.
C. Rayure externe très nette , mais fort étroite à cause de sa partie blanche rétrécie r
fenêtres des deux ailes de largeur maximum subégales, celle des antérieures
en croissant, celle des postérieures plutôt en virgule courbe ; rayure interne
des antérieures complète, mais avec sa branche antérieure réduite, celle des
postérieures fusionnée avec l’externe en avant de la fenêtre ; taches submar¬
ginales des postérieures en rougeâtre bruni dans une bande jaune.
D. Rayures externes éloignées des fenêtres, celle des antérieures un peu con¬
vexe, celle des postérieures un peu dentée en arrière de la fenêtre ; raie
submarginale des antérieures à lobes hauts, un peu dilatés au sommet,
obtus, assez largement écartés et à peu près du même ton que la marge
gris jaunâtre ; ton roux bruni clair, antennes orangé. (Ç 125-130).
(Afrique tropicale orientale). 2. Ç pelosoma Rothschild,
D’. Rayures externes en contact ou presque avec les fenêtres, celle des anté¬
rieures droite, celle des postérieures non dentée ; raie submarginale des
antérieures à lobes hauts, obtus, fortement échancrés, non dilatés au
sommet, largement séparés. Antennes rousses. Ton plus bruni que
pelosoma. (120) (pl. XII, fig. 2). 3. cf ru/a Bouvier.
C. Rayure externe large ou très large à cause du blanc, parfois très effacée ; fenêtre
des antérieures plus longue et d’ordinaire bien plus étroite que celle des
postérieures.
1. Comme suite à la note de la p. 249 relative aux Saturnides étudiés récemment par
M. Testout, je ferai au sujet de ses cinq Drepanotera les remarques suivantes : 1“ D. coter
(p. 157, pl. I cf et Ç? ) du Victoria Nyanza me paraît identique au type de rufa dont la
localité restait inconnue; 2 ° D. bouvieri (p. 40, pl. I, fig. 2 Ç) du Congo français moyen est
tout au plus une forme congolaise (atrophie de l'angle costal à la rayure externe des anté¬
rieures) de liberiensis ; 3° le cf du D. aequatorialis (p. 43, pl. II, fig. 1) semble bien être
un ploetzi, mais la ^ (fig. 2) se rapproche surtout de vacuna (peut-être de boolana), ces
deux individus proviennent de Mbomo ; 4» D. yabonensis (p. 45, pl. III, fig. 1 cf) est vrai¬
semblablement une espèce distincte du groupe ploetzi; 5“ U. le cerfi, (p. 47, pl. III, fig. 2 cf)
se rapproche de vacuna et D. boursini (p. 50, pi. III, fig. 3 cf) de brunnea. Ces deux formes-
proviennent de l’ancienne Afrique équatoriale allemande.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
307
D. Fenêtre des antérieures en virgule à pointe tournée contre la rayure externe.
celle des postérieures en ovale, cercle ou demi-cercle échancré en dehors.
E. Rayure interne des antérieures complète, touchant presque la fenêtre, sa
branche antérieure étroite ; rayure externe touchant lâ fenêtre, celle
des antérieures avec un angle costal prononcé et une voussure contre
la fenêtre, la rayure des postérieures un peu dentée en arrière de celle-ci
qui est un ovale échancré touchant aussi la rayure interne. Raie sub¬
marginale des antérieures noirâtre, épaisse, à lobes hauts, bien échan¬
gés, obtus et souvent un peu dilatés au sommet, jaunâtres, la marge
étant gris noir ; taches submarginales des postérieures brunes et presque
toutes isolées. Ton rouge bruni, tète roussâtre, abdomen brun jaune
à fines raies transverses blanches. (150) (Liberia).
. 4. Ç liberiensis Bouvier.
E'. Rayure interne des antérieures réduite à son côté postérieur qui est vague;
fenêtre des postérieures en demi-cercle échancré.
F. Raie submarginale des antérieures à lobes obtus, faiblement échancrés.
que séparent des espaces ampulliformes. Rayure externe des anté¬
rieures nette, un peu éloignée de la fenêtre, un peu convexe au niveau
de celle-ci, défléchie ensuite, celle des postérieures dentée en arrière
de la fenêtre, presque en contact avec cette dernière qui est fort
éloignée de l’interne ; taches submarginales réunies en raies par
couples. Tonalité de ploetzi. (148) (Congo).. 5. Ç congolana Bouvier.
F'. Raie submarginale des antérieures en lobes rétrécis, obtus et à peine
échancrés au sommet, que sépare une simple échancrure angulaire.
Rayure externe des antérieures vague, apparente surtout en arrière,
plutôt en S, la fenêtre presque aussi obtuse en avant qu’en arrière,
à peine arquée ; rayure externe des postérieures distincte seulement
en arrière de la fenêtre, en avant de celle-ci avec sa partie blanche
largement confondue avec le blanc de la rayure interne. Ton grisâtre
bruni, terne. Apex assez saillant; antennes roux brun. (82),(PI. XII,
fig. 3). (Côte d’ivoire). 6. modesto Bouvier.
D'. Fenêtre antérieure crescentiforme , presque également large à ses deux bouts ;
toutes les fenêtres en contact avec la rayure externe, celle des postérieures
en cercle, ovale ou demi-cercle, excavée en dehors ; rayure interne des
antérieures à branche postérieure très large ; prothorax sans blanc.
E. Aux postérieures , en avant , les rayures interne et externe se rencontrent
suivant un angle étroit à sommet aigu ou arrondi ; tache pseudo-ocellaire
en long ovale ; sur l’abdomen, alternance de raies transverses les unes
brunes, les autres blanches ; raie submarginale des antérieures à lobes
profondément échancrés ; rayure interne de ces ailes complète, éloignée
de l’externe.
F. Rayure externe des antérieures droite, celle des postérieures rencontre
l’interne, qui est concave, suivant un angle à sommet obtus ; raie
submarginale des antérieures à lobes largement écartés, jaunâtres
à la base. Ton brun gris ; prothorax brun avec un étroit filet posté¬
rieur jaunâtre ; zone proximale des aires externes d’un brun gris.
(140-155) (Congo français, belge, Cameroun, Gabon).
. 7. rectifascia Rothschild.
F'. Rayure externe des antérieures droite en avant de la fenêtre, un peu
concave en arrière, celle des postérieures rencontre l’interne, qui
est droite, suivant un angle très aigu ; raie submarginale à lobes
séparés par de courtes rentrées ampulliformes. Ton brun rouge ;
E.-L. BOUVIER
308
zone proximale des aires externes rouge très pailletée de blanc.
(140) (Sierra-Leone). 8. cf cordieri Bouvier.
E', Aux postérieures les rayures internes et externes se rencontrent suivant
une courbe plus ou moins voisine de la fenêtre mais très éloignée du
bord costal ; rayure interne des antérieures complète, éloignée de
l’externe.
F. Rayure externe des antérieures droite en avant de la fenêtre (qu’elle
touche presque toujours), ensuite un peu concave; tache pseudo-
ocellaire en petit ovale arrondi à sa base ; raie submarginale à lobes
bas, bien échancrés, que séparent des intervalles largement dilatés
en dehors ; aux postérieures, la rencontre des rayures interne et
externe délimite en avant de la fenêtre un étroit ruban de l’aire
médiane. (145-155) (De la Côte d’ivoire au Congo) (*).
. 9. vacuna Westwood.
F'. Rayure externe des antérieures concave en avant et en arrière de la
fenêtre ; tache pseudo-ocellaire grande et carénée à sa base. Ton
rouge brunâtre. (140 mm. environ) (Soudan).
. 10. cf boolana Strand.
E". Aux postérieures , les rayures interne et externe se rencontrent juste sur le
bord antérieur de la fenêtre ; rayure interne à branche postérieure ren¬
contrant la rayure externe, sa branche antérieure très courte, abou¬
tissant à la fenêtre et formant avec l’autre un angle obtus, la rayure
externe concave en arrière ; raie submarginale à lobes plutôt bas,
rétrécis et profondément échancrés au sommet, très largement
séparés; tache pseudo-ocellaire médiocre, en ovale un peu triangulaire;
apex bien saillant; antennes rousses; tonalité brun grisâtre. (112).
(Cameroun.). 11. cf conjuncla Bouvier.
D '. Fenêtres étroites et arquées , celles des antérieures en long croissant à bouts
obtus, parfois à bout postérieur en crochet aigu, comme le sont toujours les
fenêtres des postérieures ; rayures externes à blanc médiocre ou réduit.
E. Aux postérieures, les deux rayures se fusionnent en avant de la fenêtre',
rayures externes à blanc médiocre, mais net ; fenêtre antérieure en
croissant à bouts obtus.
F. Pas de collier prothoracique blanc, pas de points blancs sur l’abdomen
qui est brun jaunâtre sans raies blanches nettes ; raie submarginale
à lobes bien écartés et bien échancrés. Tache pseudo-ocellaire en
ovale, ou arrondie.
G. Raie submarginale des antérieures à lobes rétrécis au sommet et
séparés par des intervalles évasés en dehors-, rayure externe de ces
ailes en arrière, loin de la raie submarginale, celle des postérieures
droite ou peu convexe après la fenêtre ; côté antérieur de la rayure
interne des antérieures réduit ou nul ; la rayure externe d’ordinaire
concave en avant et en arrière de la fenêtre .. 12. ploetzi Plôtz.
H. Branche postérieure de la rayure interne des antérieures bien déve¬
loppée et s’avançant parfois assez près de la rayure externe ;
lobes de la raie submarginale bas ; aire médiane des postérieures
t. Dans la forme manowensis Gschwandner, la rayure externe des antérieures est plus
droite, la fenêtre plus étroite et les taches submarginales des ailes sont punctiformes :
dans la forme lineata Bouvier, les lobes submarginaux de la raie submarginale sont plus
élevés, lafenêlre des antérieures est moins courbe et celle des postérieures plus arrondie.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
309
saillante en avant de la fenêtre, en arrière de laquelle la rayure
externe n’est pas nettement dentée. Ton brun, antennes rous-
sâtres. (cf 120-180, $ 170) (Du Kivu au Cameroun).
. p. ploetzi.
H'. Branche postérieure de la rayure externe des antérieures réduite
et localisée à la base ; lobes de la raie submarginale assez hauts ;
rayure externe des postérieures bien dentée et se rattachant à
l’interne par une courbe. (116) (Ancien Est africain allemand)
. $ p. pygmaea Bouvier.
G'. Raie submarginale à lobes plutôt divergents au sommet, assez hauts,
avec leurs intervalles non évasés, souvent même ampullijormes ;
rayure externe des postérieures fortement convexe en arrière de
la fenêtre, l’interne complète.
H. Rayure externe des antérieures en 8 infléchi à la côte, défléchie
en arrière où elle reste bien éloignée de la raie submarginale dont
les intervalles sont ampulliformes ; les deux rayures des posté¬
rieures se rencontrent à angle en avant de la fenêtre. Ton brun.
Cfl39, 135 (Ç) (Afrique orientale).
... 13. brunnea Bouvier.
H'. Rayure externe des ailes éloignée des fenêtres, celle des anté¬
rieures concave vers la côte, droite ensuite et, en arrière, très
voisine de la raie submarginale dont les lobes sont moins hauts
que dans brunnea, leurs intervalles moins larges étant peu ou
pas ampulliformes ; les deux rayures des postérieures se relient
en courbe avant la fenêtre, (cf 145) (Afrique centrale).
.„... 14 cf testenoirei Bouvier.
F’. Collier prothoracique blanc, trois séries longitudinales de points blancs
sur le dos de l’abdomen ; tache pseudo-ocellaire réduite ; raie sub¬
marginale à lobes bas, plats, faiblement échancrés et simplement
séparés par une légère échancrure ; aire médiane et rayures des posté¬
rieures comme dans p. ploetzi. Ton brun grisâtre à nombreux poils
blancs; tête brun foncé, antennes brun rouge, (cf 135) (PI. XII,
fig. 4). 15. cf torquata Bouvier.
E'. Aux postérieures la rayure externe touche la fenêtre et s'infléchit vers la
côte sans rencontrer la rayure interne qui forme un arc concave dans le
brun baso-médian ; rayures externes à blanc très réduit, sauf en
arrière aux antérieures où il se défléchit pour se rapprocher beaucoup
de la raie submarginale, celle-ci à lobes bas, peu échancrés et mal
séparés par de légères échancrures ; fenêtres touchant les rayures,
celle des antérieures en croissant à bout postérieur aigu; rayure interne
des antérieures presque nulle, très vague. Tonalité brune ; antennes
et tête gris roussâtre. ( Ç 103). 16. Q bedoci Bouvier.
B'. Aire médiane des postérieures en blanc partout continu avec la base qui est toute
blanche, la limite de cette aire étant un fdet brun denté qui représente la
partie postérieure de la rayure externe ; le blanc des rayures externes très
large, surtout aux postérieures où la partie rougeâtre de la zone proximale
externe est réduite à une étroite bande touchant la zone marginaled ont les
grosses taches brunes sont isolées dans du jaune. Aux antérieures, l’interne
est forte, complète, l’externe en S fort rapproché en arrière de la raie submar¬
ginale dont les lobes sont largement séparés par un intervalle qui contient
presque toujours une tache claire ; ces lobes bien plus hauts chez la Ç que
chez le cf et avec des intervalles ampulliformes ; fenêtres de la 9 plus grandes
31 li.-L. BOUVIER
et autres que celles du cf , l’antérieure en larme courte à pointe vers la rayure,
la postérieure en cercle échancré. (cf 145-160., 9 150-175) (Du Congo
belge au pays des Ashantis). 17. albida.
On connaît, par A. Schultze ( Arch. Naturg ., LXXX, A, 1,1914), la structure
et la vie de deux espèces ; ploetzi (p. 147, pl. I, fig. a et b (chenilles), c (cocon)
et albida (p. 148), caractérisées toutes deux par leurs chenilles qui sont armées
de forts tubercules aigus, ce qui les rapproche de celles d ’Epiphora mythimnia
et rappelle étrangement les Bunéicés.
Dans ploetzi, les chenilles sont d’ordinaire « d’un superbe jaune citron allant
au jaune d’or », avec des marques noires éparses qui envahissent la face ven¬
trale, les pattes, la nuque et qui forment, de chaque côté, une bande latérale
où se trouvent les stigmates jaunes ; il y a quelques raies transverses noires ;
les tubercules, durs et aigus, sont également noirs et les deux dorsaux du
8 e segment abdominal sont fusionnés en une pointe bifide ; la tête est brune,
il y a du rouge carmin vif sur le disque anal. On observe d’ailleurs maintes
variations : parfois les raies transverses noires prédominent sur le jaune,
parfois aussi des chenilles toutes noires avec les bandes latérales jaunes.
Sur les jeunes chenilles, les dessins paraissent moins nets à cause d’une secré¬
tion cireuse blanchâtre. La chenille vit en saison pluvieuse sur les jeunes buis¬
sons d 'Erythroxylon mannii, dans l’intérieur le plus sombre de la forêt; elle
file entre les feuilles un cocon brunâtre. Après environ un mois, l’éclosion
se produit le soir; le papillon vole la nuit et repose le jour avec les ailes
ramenées ensemble sur le dos, contrairement à ce que l’on observe chez VAt-
tacus atlas.
Dans albida la chenille est « vert émeraude clair, finement saupoudrée de
blanchâtre », mais épines, pattes, stigmates, disque postérieur, plaque anale
et bouclier nuqual sont rouge carmin terne, la tête est d’un rouge brunâtre et
l’on observe quatre segments noirs en partie (segments thoraciques et 8 e abdo¬
minal), ainsi qu’une grande tache noire sur les pattes ventrales. Les épines
dorsales du 8 e segment abdominal forment une pointe non bifide, et celles
des premiers segments portent quelques faibles spinules latérales. La chenille
vit sur une Sapindacée sarmenteuse du genre Paullinia et file entre les feuilles
« un cocon brun-jaunâtre fortement encollé ».
Le genre comprend 17 espèces dont on trouvera les caractères essentiels dans
la table synoptique précédente. Il rappelle les Hyalophora par antinorii qui pré¬
sente encore une tache noire apicostale, laquelle disparaît complètement
dans les autres espèces.
Bibliographie
1. Saturnia antinorii Oberthür, Ann. Mus. civ. Stor. nat. Genova, XV, pl. I,
fig. 4 (cf), 1880. Philosamia ant. J. de Joannis, Bull. Soc. ent. ital.,
XLIV, 139, 1913. Attacus ant. Fawcett, Proc. Zool. Soc., 102, 1915.
FAMILLE DES SATURN1IDES
311
Epiphora (Drepanoptera) ant. Gaede, Seitz, XIV, 317, 48 c (cf), 1927.
Drepanoptera ant., Schüssler, Lep. Cat. 42 et suppl. 565.
Var. : magdalena ( Ep. Drep. magdalena Grünberg, Deuts. ent. Zeits.,
1930, 109) et ducalis Grünberg (identifiés l’un etl’autre à antinorii
par Gaede). — marginicula ( Epiph. ant. marginicula), Joieey et Talbot,
Bull. Hill Mus., I, 560,1914 (Coll. Joicey).
2. Epiphora pelosoma Rothschild, Ann. Mat. Hist., (7), XX, 1,1907 (TringMus.).
Drepanoptera pel. Bouvier, Bull. Soc. Zool. France, 36, 1929; Schüssler,
Lep. Cat. 43.
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4. Drepanoptera liberiensis Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 696, pl. IV, fig. 5 ( Ç ),
1928. (Mus. Paris),
5. Drepanoptera congolana Bouvier, Bull. Soc. Linn. Lyon, VIII, 104, 1929 ; Bou¬
vier et Riel, Lab. soie, XVII, 76, pl. III, fig. 2(9), 1931. (Gond, des scies
Lyon).
6 . Drepanoptera modesta nov., pour Dr. bedoci Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 116 ,
1930. (Mus, Paris).
7. Epiphora rectifascia Rothschild, Ann. Nat. Hist. (7), XX, 2, 1907 et Jordan,
Nov. Zool., XV, 255, pl. IX, fig. 3 (cf), 1908 (Tring Mus.). Drepanoptera
rect. Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 693, 696, 1928; Schüssler, Lep.
Cat., 43 et suppl. 565.
8 . Drepanoptera cordieri Bouvier, loc. cit., 693, 697, pl. 11, fig. 5 (cf), 1928. (Mus.
Paris).
9. Saturnin vacuna Westwood, Proc. Zool. Soc., XVII, 39, pl. VIII, fig. 1 (cf), 1850.
Attacus vae., Walker, List., V, 1216, 1855. Philosamia (Drepanoptera)
vac. Packard (et Cockerell), Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 249,
pl. XCIV, a (rf), b (9), e (cocon), 1914. Drepanoptera var. Rothschild,
Nov. Zool., II, 37, 1895 ; Schüssler, 43 et 585.
Var. : manowiensis Gschwandner, Zeits. oster. ent. Ver., VIII, 46,1923.
-— lineata Bouvier, Bull. Hill Mus., IV, 116, 1930 (Coll. Joicey).
10. Epiphora (Drepanoptera ) boolana Strand, Arch. Naturg., LXXV, I, 308, 1909.
Drepanoptera rectifascia boolana Schüssler, 43.
11. Drepanoptera conjuncta Bouvier, Bull. Hill [Mus., IV, 115, pl. XIII, fig. 3 (cf),
1930 (Coll. Joicey); Schüssler, suppl., 565.
12 . Samia ploelzi Weymer, in Ploetz, Stett. ent. Zeit., XLI, 86, 1880. Philosamia
ploetzi Maassen et Weymer, Beitriige, fig. 66 et 67 ( cf), 68 et 69 ( 9), 1381
Drepanoptera ploetzi Schultze, Arch. Naturg., LXXX, A, 1,147, pl. I, a et b
(chenille), 1914. Philosamia Victoria Maassen et Weymer, loc. cit., fig. 66
et 67 (cf) (corrig.), 1885. Philosamia getula Td., fig. 68, 69 (9), 1885. Dr.
vacuna f. ploetzi et f. getula, Schüssler, 44.
Var. : pygmaea Bouvier, Bull. Soc. linn. Lyon, VIII, 104, 1929 ; Bou¬
vier et Riel, loc. cit., 75, pl. III, fig. 3 (9), 1931. (Cond. des soies
Lyon).
13. Drepanoptera brunnea Bouvier, Bull. Hill Mus., 115, pl. XVIII, fig. 4 ( cf), J930 ;
Schüssler, suppl., 565. (Coll. Joicey).
14. Drepanoptera testenoirei Bouvier, Bull. Soc. linn. Lyon, VIII, 104, 1929 ; Bou¬
vier et Riel, loc. cit., 75, pl. III, fig. 1 (cf), 1931. (Cond. des soies Lyon;.
15. Drepanoptera torquata Bouvier, Bull. Soc. linn. Lyon, .VIII, 121, 1929. (Mus.
Paris).
16. Drepanoptera bedoci Bouvier, Bull. Soc. zool., France, LIV, 38,1929 ; Schüssler,
suppl. 565. (Mus. Paris).
17. Attacus albida Druce, Proc. zool. Soc., 1886, 409, pl. XXXVII, fig. 1 (cf)- Phi¬
losamia alb. Kirbv,Cat. Lep., Heter.,I, 749,1892. Epiphora (Drepanoptera)
312
E.-L. BOUVIER
alb. Gaede, Seitz, XIV, 317, 48 a (cf), 1927. Drepanoptera alb. Schüssler,
42 et 564. Philosamia vacuna Dusuzeau et Sonthonnax, Lép. soie., I, 32.
pi. VIII, flg. 5 (cf), 1897.
Genre VII. — DESGODINSIA Obthr.
Desgodinsia Oberthür, Études Lépid. comp., IX (2 e partie), 56, pl. CGLVI,
2159, (cf), 1914; Watson, Entomol., LVI, 172, 1923; Rebel, Ann. naturh.
Mus. Wien, XXIX, 171, pl. X, flg. 8 (cf), 1925; Bouvier, Saturn. Afr. trop,
franç., 676, 1920. Philosamia Schüssler, Lep. Cat., 23.
Se rapproche de Drep. antinorii par la présence aux ailes antérieures d’une
tache apicostale noire, d’ailleurs plus grande et divisée en deux lobes ; res¬
semble aux autres Drepanoptera par l’ensemble de ses caractères sauf les
suivants : la tache ocelliforme des antérieures est fortement transverse,
coiffée distalement d’ailleurs par un arceau concave rouge orangé; cette tache
est immédiatement suivie par une seconde plus réduite, noire avec un noyau
orangé ; le lavis apical situé contre la ligne fulgurante n’est ni rouge, ni rou¬
geâtre, mais nettement gris foncé ; les fenêtres sont longues et arquées comme
dans ploetzi, mais moins courbes et celle des antérieures a la forme d’un long
triangle équilatéral dont la base située en arrière est à peine concave tandis
que les deux autres côtés, légèrement convexes, se rencontrent suivant un
angle très obtus. Les autres traits ne présentent que des différences spécifiques :
en dessus, la rayure externe des antérieures est concave en avant et en arrière
de la fenêtre, la rayure interne est bifide au sommet qui se trouve assez loin
de celle-ci, la raie submarginale est noire avec des lobes un peu rétrécis au
sommet, un peu échancrés et séparés par un large demi-cercle; aux deux ailes,
les rayures présentent une partie blanche assez large et, aux postérieures, l’ex¬
terne et l’interne se continuent doucement près de la côte, par conséquent,
très loin de la fenêtre qui touche la rayure externe ; aux postérieures
les taches submarginales sont presque toutes isolées, peu épaisses, rarement
couplées en raies. En dessous, comme dans la plupart des Drepanoptera , la
rayure externe des postérieures forme un angle brusque avec la côte, mais
celle-ci est d’un gris jaunâtre, non blanche jusqu’à la base comme dans beau¬
coup de Drépanoptères.
Comme antinorii , le genre se rapproche des Hyalophora par sa tache apicos¬
tale. Il rappelle aussi Eupaekardia par la concavité de la rayure externe des
antérieures en avant de la fenêtre, la coloration du lavis qui touche la ligne
fulgurante ; dans Eupaekardia , ce lavis renferme une tache plus foncée qui
rappelle de loin la tache apicostale, en outre, la tache pseudo-ocellaire est
embrassée dist alement par un lavis rouge brun qui occupe la place de l’anneau
rouge orangé de Desgodinsia.
Le genre ne comprend qu’une espèce, D. watsoni Obthr., représentée par
un cf (type), qui appartient désormais au Musée de Tring et par une Ç qui
appartient à M. Watson; il fut dédié au P. Desgodins qui faisait partie de la
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
313
Mission apostolique du Thibet et qui, sans doute, communiqua le type, prove¬
nant de Tà-tsien-lou, à Charles Oberthür. Ce type a été superbement figuré en
couleur dans les Études de Lépidoptérologie comparée ; il est d’un brun rou¬
geâtre clair, la partie proximale de son aire externe est rose, presque sans
flammes, puis d’un brun jaunâtre, la zone submarginale des antérieures est
gris jaunâtre clair, celle des postérieures plus sombre, les marges sont gris
foncé, les taches submarginales brunes ; l’apex des antérieures est médiocre¬
ment saillant et très largement obtus. Envergure, 135 mm. Toute cette descrip¬
tion d’après la figure des « Etudes » (Voir plus loin Samia et Archaeoattacus).
Genre VIII. — SAMIA Hübner.
(PI. XII, fig. 5).
Samia Hübner, Verzeichniss, 156, 1822 (pro parte) ; jordan, Seitz, Maerolép.
paléarct., II, 212, 1913 ; Seitz, X, 503, 1926. Philosamia Grote, Proc. amer,
philos. Soc., XIV, 258, 1874; André, Élev. vers à soie sauv., 50, 1908; Rebel,
Verh. zool. bot. ges. Wien, LXXIII, 108, 1923 et Ann. naturhist. Mus. Wien,
XXXIX, 156,1925; Bouvier, Ann. Acad, d'agric. France, 9 novembre 1927, et
Saturn. Afr. trop, franç., 677, 1928. Schüssler, Lep. cat. 22 et suppl. 512.
Comme on l’a vu plus haut (p. 270), le nom de Samia est appliqué fautive¬
ment par Walker et, à sa suite, par beaucoup d’auteurs (le signataire y com¬
pris) pour le moins aux Hyalophora ; alors qu’il doit être réservé à cynthia
et aux formes |afïïnes ainsi que Grote le montra tout d’abord (1865, 1882),
non sans revenir sur cette opinion en proposant pour celles-ci le nom de Phi¬
losamia qui fut accepté par beaucoup avec grande faveur, notamment par
Kirby, Dusuzeau et Sonthonnax, en y englobant toutefois les Drepanoptera.
Réduit, comme il doit l’être, à cynthia et aux formes affines, le genre Samia
se rapproche étrangement de Desgodinsia qui s’en distingue surtout par la
présence aux antérieures d’une tache apicostale noire semblable à celle de
Drepanoptera antinorii, si bien qu’on peut dire, sans s’écarter du vrai, que
Desgodinsia est aux Samia ce qu’ antinorii est aux Drepanoptera, et qu’on pour¬
rait semblablement les inclure dans un même genre.
Les autres caractères qui distinguent Desgodinsia du genre Samia sont
les suivants : tache pseudo-ocellaire arrondie ou longitudinalement ovalaire,
normale, en dehors dépourvue de tout arc rouge orangé ; sauf dans ceramensis
pas de tache noire en arrière de la précédente tache ; à part un sinus en arrière
de cette tache, raie submarginale des antérieures continue, sans aucune sépa¬
ration en lobes; taches submarginales des postérieures toujours fortement
couplées en raies; fenêtre des antérieures en arc plus ou moins étroit, jamais
triangulaire ; prothorax avec un simple filet blanc en arrière ; face dorsale de
l’abdomen avec des touffes de poils blancs disposées en séries longitudinales
ou rapprochées en bandes transverses. Dans beaucoup de Samia comme dans
Desgodinsia la rayure externe des antérieures est concave et défléchie en dehors ;
au
E.-L. BOUVIER
en dessous, la rayure externe des postérieures rencontre brusquement la côte,
mais celle-ci est généralement blanche chez les Samia, ce qui n’est point dans
Besgodinsia (*).
L’armature sexuelle du çf (iig. 79) rappelle surtout les Epiphora, en ce sens
que le lobe dorsal des claspers est bilobé dans cynthia comme dans mythimnia,
simple et arrondi dans ricinus comme dans bauhiniae; quant au lobe latéral,
toujours bien développé, il rappelle surtout la première espèce, notamment
dans ricini où il est en pointe aiguë, tandis qu’il fait saillie en étroite lame
Fig. 79. — Armature cf des Samia : dans cynthia, A, en dessus, A', vue du côté gauche,
A", appareil pénial et sternile X en dessous; dans ricini, B, clasper droit en
dehors.
plutôt obtuse dans cynthia ; on sait qu’il est fort réduit et peu séparé du lobe
dorsal dans bauhiniae. Le pénis est toujours inerme comme dans Epiphora
et avec un collier basal échancré ; le sternite X est large, tronqué ou arrondi
à son bord libre. Quant à V une us, il est plus court et plus large que dans
Epiphora, toujours avec deux puissants crochets terminaux fort écartés et
assez divergents. On verra plus loin que les formes de cynthia sont nombreuses ;
les plus éloignées l’une de l’autre me paraissent être (abstraction faite de cera-
mensis), cynthia cynthia et cynthia insularis qui présentent pourtant une arma¬
ture sexuelle identique.
Les chenilles ressemblent à celles de mythimnia et de Drepanoptera par leurs
tubercules qui sont longs, spiniformes, toutefois plutôt charnus que raides,
1. La trompe et les palpes rappellent surtout les Drepanoptera, mais on ne trouve pas,
sur les deux moitiés de la trompe, les soies fortes et courbes qui caractérisent certains
de ces derniers ; l’épiphyse des pattes antérieures appartient au type Epiphora-Drepano-
p te rai elle est plus large, plus obtuse et moins poilue dans ricini que dans cynthia.
FAMILLE DES SATURN11DÉS
SI 5
avec le bout un peu obtus et terminé par des soies longues dans le jeune âge,
courtes et spinuliforme dans la suite ; ceux du 8 e segment abdominal, au moins
chez les jeunes, sont larges et présentent une trace de bifurcation au sommet.
A l’éclosion, elles paraissent noires à cause de leurs tubercules et des rangées
longitudinales de points noirs qui les ornent, mais, en fait, le fond des tégu¬
ments est jaune, ainsi que le montrent les stades suivants ; toutefois ce fond
jaune tourne au blanc par suite d’une efflorescence cireuse, puis au bleu tur¬
quoise et finalement au vert, les tubercules eux-mêmes devenant jaunes,
puis de teinte bleu à leur sommet ; les rangées de points noirs subsistent tou¬
jours, notamment la rangée médiane dorsale impaire ; les lèvres des stigmates
sont noires. Ces chenilles sont très polyphages, mais celles de cynthia préfèrent
le feuillage du Vernis du Japon (AilanLhus glandulosus) et celles de ricini
les feuilles du Ricin. Le cocon est tissé contre ou entre les feuilles, souvent
prolongé sur le pétiole par un pédoncule en traînée qui continue la veste
externe ; celle-ci se termine à chaque bout en pointe obtuse, et dans sa
partie moyenne, se rattache étroitement à la veste interne dont le tissu très
serré présente une surface interne brune et lisse. Les deux vestes sont ouvertes
et éloignées l’une de l’autre en avant ; closes, distantes, mais reliées entre elles
par des tractus soyeux en arrière. Les bords de la veste interne, à l’ouverture
de celle-ci, émettent en avant un faisceau épais de filaments soyeux irréguliers,
mais dirigés dans le sens de la longueur, qui obstruent imparfaitement l’espace
antérieur compris entre les deux vestes et laissent passer le papillon en voie
d’éclore. La chrysalide brune est assez lisse, un peu granuleuse toutefois en
arrière où l’on n’observe aucune trace de crémaster. Dans les pays d’origine,
suivant la température, il peut y avoir plusieurs générations annuelles, mais
dans nos régions où cynthia s’est, bien acclimaté, notamment sur l’Ailanthe,
il n’y a qu’une génération ; les chrysalides passent l’hiver en cocons, les papil¬
lons en sortent vers la fin du printemps, donnent des oeufs qui éclosent au
début de l’été ou pendant l’été, le cocon étant filé vers l’automne. Telles sont,
du moins, les observations manuscrites de Poujade sur des cynthia provenant
de Shanghaï.
Comme Rebel, qui a consacré aux formes de ce genre une étude systé¬
matique des plus approfondies ('), je crois qu’elles sont toutes des variations
d’une seule et même espèce, VAttacus cynthia figuré par Drury en 1773 (III.
ex. Ins., II, 10, pi. VI, flg. 2 (cf ). J’en donne ci-dessous le tableau synoptique,
d’après le travail de Rebel, complété d’ailleurs par un certain nombre de formes
nouvelles que j’ai signalées en 1927 dans une communication à l’Académie
nationale d’agriculture de France ( :: ).
1. IL Rebel. Révision des Formenkreises von Fliilosamia cynthia [Annal, ùalurhist.
Mus. Wien, XXXIX, 154-176, l'I. VIII, IX et X. 1925).
2. E.-L. Bouvier. Sur le papillon séricigène de l’Ailanle et les formes allines (C. K.
Ac. A y rie. France, 19 pages, 9 novembre 1927).
316
E.-L. BOUVIER
Tableau des espèces
A. Abdomen à rangées longitudinales de touffes blanches (type Cynthia).
B. Zone proximale de l’aire externe sans dents en flammes.
C. Bande proximale de la zone submarginale des antérieures à peu près du ton
de la marge (groupe cynthia.)
D. Ton fondamental des ailes brun sépia ou brun noir.
E. Rayures externes fortement concaves en arrière des fenêtres (Japon).
. pryeri Butler.
E'. Rayures externes peu concaves en arrière des fenêtres qui sont courtes.
F. Le blanc des rayures externes suivi d’un étroit filet rougeâtre (Chine
orientale). eulouvaina Watson.
F'. Le blanc suivi d’une raie brune puis d’une blanchâtre, toutes deux
étroites ; fenêtres courtes et larges (Java).
. fusco-fasciatus Bouvier.
D'. Ton fondamental olive (jaunâtre, rougeâtre ou brun clair).
E. Fenêtres longues et étroites, zone proximale de l’aire externe rougeâtre.
(Tsche-Kiang). walkeri Felder.
E'. Fenêtres beaucoup plus courtes et plus larges, zone proximale ordinai¬
rement violette.
F. Ailes allongées, à zone proximale de l’aire externe violette ; raie sub-
marginale des antérieures avec un sinus en arrière du pseudo¬
ocelle (Toute la Chine). cynthia Druce.
F'. Ailes plus courtes, raie submarginale à sinus réduit ou nul (Introduit).
. parisiensis Clément.
G. Zone proximale de l’aire externe violette ; ton olive jaunâtre ou
rougeâtre. p. advena Watson-
G’. Zone proximale brun jaunâtre, ton brun jaunâtre (PL XII, flg. 5)..
. p. parisiensis.
C'. Bande proximale de la zone submarginale des antérieures jaune clair tran¬
chant sur la marge ( groupe canningi).
D. Ton fondamental clair olive jaunâtre ; rayure interne des antérieures
blanche (Indes, Boutan, Tonkin). canningi Hutton.
1)'. Ton foncé, brun olive rougeâtre ; rayure interne des antérieures grise
(Andamans). fulva Jordan-
B'. Zone proximale de l’aire externe avec dents en flammes surtout aux postérieures ;
rayure externe des antérieures droite ou presque. ( groupe insularis).
C. Pas de tache noire en arrière de la tache pseudo-ocellaire.
D. Dents en llammes des postérieures courtes et peu distinctes; fenêtres plutôt
courtes.
E. Rayure externe des antérieures presque droite.
F. Ailes grandes et larges, brun foncé, rayure externe des postérieures
faiblement concave en arrière de la fenêtre (Singapour).
. tetrica Rebel.
F'. Ailes petites, étroites, brun clair ; rayure externe des postérieures
à peu près sans concavité en arrière de la fenêtre (Mindanao) .. .
. mindanaensis Rebel.
E. Rayure externe des deux ailes assez concave en avant et en arrière des
fenêtres, ton chamois rouge légèrement bruni ; rayures externes sans
dents (Manille). manillensis Bouvier-
D'. Dents en flammes longues, fenêtres longues et étroites.
E. La rayure interne des antérieures atteint la fenêtre.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
317
F. Ton fondamental brun clair.
G. En arrière des fenêtres, la rayure externe a deux saillies dentiformes
faibles aux antérieures, fortes aux postérieures où la rayure est
très concave (Java, Bandjan). insularis Wollenhovue.
G'. Pas de dents aux rayures externes, celle des postérieures à peu près
concave (Sumatra). vollenhoveni Bouvier.
F'. Ton fondamental brun jaune foncé (Célèbes)., vandenberghi Watson.
E'. La rayure interne des antérieures loin de la fenêtre.
F. Ton brun jaune foncé ; blanc de la rayure externe de largeur normale
(Sumatra.). vaneecki Watson.
F'. Ton brun sépia ; blanc de la rayure externe et fenêtres plus larges
(Philippines)... luzonua Watson.
C'. Une macule noire juste en arrière de la tache pseudo-ocellaire (Ceram)....
... ceramensis Bouvier.
A'. Abdomen à rangées transverses continues de touffes blanches. (Type et groupe
Ricini).
B. Fenêtres courtes et larges.
C. Ton ordinaire brun olive, rayure interne des antérieures assez large {avec,
l’ab. guerini Moore où la fenêtre antérieure a disparu) (Assam, Silhet).
. ricini Boisduval.
C 1 . Ton brun sépia, rayure interne des antérieures très large (Assam).
. lunuloides Rebel.
B 1 . Fenêtres longues et étroites, ton brun foncé (Silhet). obscura Butler.
Pour la bibliographie relative à chaque forme, je renvoie au travail de Rebel
qui est très complet, ainsi qu’à mon mémoire de 1927, lequel traite brièvement
de ces formes et des nouvelles que j’ai fait connaître. J’ai complètement adopté
le classement de Rebel; mais il semble bien, toutefois, que le groupe ricinis
tranche assez nettement sur les autres, comme le montre d’ailleurs son arma¬
ture sexuelle et, dans ses formes les plus typiques, la grande épaisseur des
rayures qui, aux antérieures, se fusionnent souvent en arrière de la fenêtre.
Toutefois l’hybridation est si fréquente entre les cynthia typiques et les ricini
qu’il paraît bien difficile de voir dans ces deux formes essentielles des espèces
différentes, ainsi que l’ont fait beaucoup d’auteurs, et comme je l’ai fait moi-
même, avec Ph. Riel, dans le Catalogue des Saturnioïdes de la Condition des
soies de Lyon ( Lab. soie , XVII, 81, 1931).
Dans leur pays d’origine, les cocons de ces formes étaient et sont encore
récoltés pour être employés au tissage. En Europe, les deux formes essentielles
de l’espèce ont été introduites et élevées, grâce surtout à Guérin-Méneville
qui croyait en leur avenir pour l’industrie séricigène.
La forme ricini fut introduite, tout d’abord, par Boisduval, qui lui donna
un nom {Ann. Soc. entomol. France , (3), II, 755, 1854) et l’avait obtenue du
Silhet ; quelques mois plus tard elle était présentée à la Société nationale
d’agriculture de France par Henri Milne-Edwards (8 novembre 1854) sous le
nom d 'arrindia, presque synonyme de ricini , le terme d ’arrindy, aux Indes,
servant à désigner le Ricin, et celui d 'arrindy eria ou eria (érié), la chenille de
cette sorte. L’exemplaire typique du ricini de Boisduval a été figuré par
Dusuzeau et Sonthonnax (Lép. soie, I, pl. VIII, fig. 1,1897); ses rayures sont
318
E.-L. BOUVIER
moins épaisses que celles des exemplaires obtenus et conservés au Muséum
par Milne-Edwards. En tous cas, cette forme ne pouvait se répandre dans nos
pays où elle produit bien de nombreuses générations annuelles comme dans
l’Inde, mais ne peut passer l’hiver faute des deux plantes qu’elle préfère, le
Ricin et le Chardon à foulon (Dipsac.ns fullonum) qui ne végètent normale¬
ment qu’en été.
Tel n’a pas été le sort de la forme cynthia. En 1856, un missionnaire pié-
montais, le P. Fantoni, avait envoyé à Turin des cocons vivants de cette forme
recueillis au Shantung. Mis en élevage par MM. Griseri et Comba, trois de ces
cocons furent communiqués à Guérin-Méneville qui obtint des papillons mais
non des pontes, les éclosions ne s’étant pas produites simultanément, comme
l’indiqua l’auteur, en 1857, à la Société entomologique de France. Plus riche
en matériel, Griseri et Comba avaient été plus heureux, et obtenu des œufs
fécondés dont certains, sans doute, parvinrent à Guérin-Méneville, qui put se
livrer à un élevage définitif et présenter, chenilles adultes et cocons à l’Aca¬
démie des Sciences en 1858 (C. R., XLVII, 22, 288, 1858). Ce fut le point de
départ d’élevages multiples qui, partis de la Ménagerie du Muséum où Vallée
surveillait cette culture, se répandit un peu partout en France, comme le
papillon lui-même qui trouvait dans l’Ailante la nourriture convenable à sa
chenille, s’acclimatant dans le pays où il est devenu très commun et se répan¬
dant de même à l’étranger, non seulement en Europe, mais dans les deux
Amériques. Chez nous, au moins à l’origine, la vogue de cet élevage devint
extrême, comme le montrent les nombreux échantillons de soies et de tissus
réunis par Guérin-Méneville et conservés actuellement au Muséum. Inutile
de dire que cette fièvre a pris fin, surtout à notre époque où elle n’est plus qu’un
souvenir auquel se rattachent les essais et les illusions de Guérin-Méneville.
Ce qui reste, c’est l’acclimatation définitive, mais sans portée industrielle, de
cynthia en dehors du territoire chinois son pays d’origine. Ainsi acclimatée-
en divers points du globe, la forme chinoise a subi des modifications assez:
nombreuses, dont la plus importante, comme l’a noté Rebel, est la réduction
ou la disparition du sinus rentrant que forme, aux ailes antérieures, en arrière
de la tache pseudo-ocellaire, la raie submarginale. Mais il s’en faut que ce
caractère soit constant et se présente avec toute la netteté désirable ; comme
je l’ai montré dans mon mémoire à l’Académie d’agriculture, il y a parfois des
réductions semblables dans certains exemplaires de provenance chinoise, et
l’on peut croire que c’était le cas de plusieurs des adultes obtenus des cocons
du P. Fantoni. Quoi qu’il en soit, la forme introduite fut désignée par Watson.
en 1912, sous le nom de cynthia advena (Ann. Rep. Trans. Manchester entom.
Soc., 1912, p. 47), nom bien choisi que Packard avait suggéré à Watson, et
qu’emploient couramment tous les auteurs. Toutefois, bien auparavant, la
forme introduite avait été désignée par A.-L. Clément sous le nom de pari-
siensis (Attacus cynthia , var. parisiensis, Bull. Soc. d'Acclim., XLVI, 103-1899)
qui a une priorité manifeste sur celui à'advena. Les types de parisiensis sont
conservés au Muséum, mais ils présentent une tonalité brun jaunâtre assez
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
319-
différente de celle des autres individus introduits, de sorte que ces derniers
représentent la forme commune qui doit s’appeler parisiensis adoena, la
forme parisiensis parisiensis étant plutôt de coloration aberrante.
La plupart des formes de l’espèce sont capables de s’hybrider entre elles.
Un de ces hybrides fut obtenu en France, dès 1858, par croisement de ricini
avec cynthia , signalé par Guérin-Méneville ( loc. cit., 542) et, d’après F. Moore
( Trans. ent. Soc. (3), I, 316, 1862), désigné en France sous le nom de vestu
qui lui reste acquis. Dans sa belle étude sur l’espèce et ses hybrides (Manchester
ent. Soc., 10 e Rep., 45-48, 1912), Watson pense, avec raison, qu’il s’agit d’un
hybride entre ricini çf et adoena 9 ; certains de ses produits d’élevage se
trouvent encore au Muséum de Paris. Mais les croisements de ricini avec les
cynthia semblent très faciles et jouent certainement un grand rôle dans la pra¬
tique industrielle aux pays d’origine, car ainsi que l’observe Watson (Wild
Silk Moths, 8, 1911), la forme s’affaiblit par intercroisements successifs et-
devient plus forte par l’introduction d’un sang nouveau. C’est à coup sûr ce
qui a été fait dans la colonie sioniste de Palestine : le ricini cultivé dans cette
région a été figuré par J. Léon (Bolletino di Sericoltura, n° 10, 5 mars 1927 r
fig. 1 (cf )) ; il présente tous les caractères d’un hybride où les ailes ont conservé
beaucoup des traits du cynthia. Au surplus, comme tous les hybrides, celui-ci
manque de stabilité, et dans un autre travail (Palestina and Near East, n° 7,
p. 256, fig. 4,1926), le même auteur figure un spécimen qui est davantage ricini
par ses ailes, notablement moins par les touffes blanches de la région abdomi¬
nale. Cet hybride est nourri avec le feuillage de Ricin ; je ne sais quel est
Je profit de cette exploitation, mais on peut croire, étant données les circons¬
tances actuelles (dépréciation de la soie, utilisation des huiles de Ricin), qu’il
est plus grand avec la plante qu’avec le papillon.
Phalaena aitacus cynthia Drury, Illustr. exot. Ins., Il, pl. VI, fig. 2 (cf), 1773. Satur-
nia cynthia Westw., in. ed. Drury, 12, pl. VII, fig. 2 (cf), 1837. Attacus
cynthia Walker, List., V, 1220, 1855. Samia cynthia Hübner, Verzeichnis ,
156,1820. Philosamia cynthia Grote Proc. Amer. phil. Soc. XIV, 268,1874.
Packard etCockerell, Mem. Nat. Ac. Sc. Washington,XII, 239, pl.XLVIII,.
fig. 2 (cf) et fig. 3(Ç) (nervulation) ; Schüssler, Lep. Cat. 24 et suppL
517, 565 (Pour les variétés, formes, hybrides, voir le texte précédent.)
Genre IX. — ARCHAEOATTACUS Watson.
Archaeoattacus Watson, Rep. Manchester entom. Soc., 1910 (comme sous-
genre) et in Packard-Cockerell, Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 265, 1914
(comme genre); Rebel, Ann. Naturh. Mus. Wien, XXXIX, 170, 1925; Bou¬
vier, Satum. Afr. trop, franç., 676, 1928 ; Schüssler, Lep. Cat., 20 et suppl.,
511.
Confondu avec les Attacus dont il se rapproche ainsi que des Hyalophora,
Callosamia et Eupackardia par les antennes assez étroites de la 9, ce genre'
en a été extrait par Watson qui lui trouve justement des affinités beaucoup
'320
E.-L. BOUVIER
plus grandes avec les Samia. Comme chez certains de ces derniers, surtou!
pryeri et ricini, la rayure externe de ses ailes antérieures est remarquable en
avant et en arrière de la fenêtre par sa déflexion vers le bord externe, déflexion
qui produit deux fortes concavités ce qui suffirait pour distinguer le genre
des Attacus. Rebel accepte les vues de Watson, mais en ajoutant que le genre
Archaeoattacus se rapproche encore davantage de Desgodinsia par la présence
d’une tache noire apicostale et, on pourrait ajouter, par la forme des fenêtres
antérieures qui s’allongent en triangle bas, aussi par le dessous des postérieures
où la rayure externe rencontre brusquement la côte grisâtre sans traces de
rayure interne ; au surplus, comme dans Samia et Desgodinsia le bord posté-
Fig. 80. — Archaeoattacus edwardsi : A, front, trompe et palpe droit; A', tibia I
et son épiphyse en dessous ; A", armature cf en dessous.
rieur des fenêtres des deux ailes est nettement concave. Toutefois, on ne sau¬
rait voir en Archaeoattacus un intermédiaire entre ces deux genres, car la tache
pseudo-ocellaire y est du type Samia , quoique moins bien formée et en long
ovale, sans le croissant rouge qu’elle présente en dehors dans Desgodinsia ;
en arrière de ce pseudo-ocelle, on observe une petite tache accessoire comme
dans ceramensis, mais la raie submarginale antérieure des Archaeoattacus est
d’un tout autre type qu’on ne rencontre nulle part ailleurs dans les Attaciens ;
les sinus rentrants de cette ligne sont peu profonds et occupés en leur milieu
par une saillie dentiforme semblable aux deux qui terminent chaque lobe
nervural, si bien qu’elle parait assez régulièrement dentée sur toute salongueur.
La coloration d’un brun roussâtre est autre que celle des Samia et Desgo-
densia, semblable à celle des Attacus ; le prothorax est du même ton brun-noir
que le reste de la face dorsale, mais il y a un large collier métathoracique blanc,
et, comme dans certains Drepanoptera , deux rangées longitudinales de taches
blanches sur le dos de l’abdomen. Il en est ainsi tout au moins chez A. ed¬
wardsi qui est le type du genre ; dans cette espèce, on trouve également, de
chaque côté de l’abdomen, deux raies longitudinales blanches qui convergent
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
321
en arrière où elles se terminent au blanc de la région anale. Le dessous de
l’abdomen est d’un brun roux, les flancs du thorax sont en partie blancs, et
sur le roux clair des pattes, on observe une tache tibiale blanche avec un
anneau blanc sur les articles tarsiens ; le front est roux jaunâtre, flanqué de
blanc sur les côtés ; les antennes sont d’un roux chaud, moins larges que chez
les Samia, même dans le sexe mâle.
Trompe (fig. 80, A) de Drepanoptera, ses deux lobes garnis en dedans de
fortes soies courbes ; à leur base font saillie les deux articles basilaires des
palpes, qui sont peu allongés. Épiphyse (A') de Samia , presque sans poils.
Armature sexuelle (A") assez semblable à celle de ricini , mais avec le lobe
latéral des claspers moins saillant, une petite dent médiane au bas de l’échan¬
crure de l’uncus, deux lobes lisses très obtus au bout du pénis ; le sternite X,
très saillant, est concave sur sa face postérieure.
Les affinités avec les Hyalophora sont les mêmes que celles de Desgodinsia.
Le genre est représenté par les deux espèces suivantes :
A. Apex des antérieures assez fortement saillant, suivi par une tache post-apicale
effilée, entre M 1 et M 2 ; dents de la raie submarginale bien accentuées, fenêtre
de ces ailes en triangle très bas dont le bord postérieur un peu concave est assez
largement marginé de jaunâtre ; raie submarginale des postérieures peu profon¬
dément incisée, taches internervulaires de cette zone couplées en biscuit à bord
interne concave, à bord externe presque droit, fenêtre en triangle assez bas. Ton
brun roussâtre, lignes longitudinales blanches sur l’abdomen. 1 205-230) (Sik-
kim, Bengale, Tonkin).. 1. edwardsi White.
A'. Apex des antérieures très saillant, sans tache post-apicale ; raie submarginale peu
et très inégalement dentée, fenêtre de ces ailes en triangle assez haut et à bord
postérieur presque droit, fortement marginé ; raie submarginale des postérieures
très profondément incisée, taches internervulaires de cette zone par suite cou¬
plées en V à sommet distal, fenêtre en triangle assez haut dont les sommets sont
obtus. Ton pourpre prune riche, lavé d’olivâtre, le corps pourpre fumeux (pro¬
bablement avec raies segmentaires transverses et deux raies longitudinales
blanches sur l’abdomen). (200-210) (Java, Sumatra d’après R. van Eecke,
également au Sikkim.). 2. staudingeri Rothschild.
J’ajoute que la zone proximale de l’aire externe claire des ailes est simple
dans edwardsi , tandis qu’elle se découpe en flammes dans staudingeri. Pour
Watson, la pupe de la première espèce est dépourvue des processus ventraux
qu’on observe dans celle d’Attacus, ce qui accentue encore les affinités avec
le genre Samia.
D’après E. André (Élevage vers à soie sauvages, 84, 1908), la chenille est
d’un vert poudreux, surtout entre les épines qui sont hautes et charnues,
celles des anneaux 3 et 4 bleuâtres, pointillées de noir, les autres vertes à la
base, bleuâtres à l’extrémité et couvertes de pulvérulence blanche ; il n’y a
qu’une épine dorsale impaire sur le 8 e segment abdominal ; les stigmates bleu
ciair, une grande tache vermillon sur les pattes anales. Dans les régions mon¬
tagneuses du Sikkim, edwardsi n’a qu’une génération annuelle ; l’éclosion a
lieu en été ; l’hiver se passe en un cocon qui ressemble à celui d 'Attaeus atlas ,
mémoires du muséum, nouvelle série, tome ni. 21
322
E.-L. BOUVIER
mais d’un tissu plus dense. Packard et Cockerell ont représenté les divers états
de cette espèce (loc. cit., pl. LXXXVII), notamment des chenilles qui turent
obtenues par élevage sur l’Ailante. E. Fischer et Unzicker {Ent. Zeits. Frank¬
furt, XXVI, 51 et 67, 1892), élevèrent des chenilles avec le Tilleul.
Packard et Cockerell (pl. LXXXVIII, fig. c et d) représentent les chenilles
d’un hybride d 'Archaeoattacus edwardsi et d 'Attacus aurantiacus (celui-ci sous
le nom d'Att. allas atlantis) obtenu par E. André.
Bibliographie
1. Attacus edrvardsi White, Proc. zool. Soc., XXVII, 115, pl. LVII (cf), 1859 ;
Packard (et Cockerell',Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 264, pl. XLVI,
flg. 1 (nervulation), pl. LXXX, fig. 9 (adulte), pl. LXXVII, fig. 1 (cf),
2 ( 9 ), 3 (cocon), 4 (pupe), 5 (œufs), 6 (chenilles) sous le nom d ’Archae-
attacus edwardi de même que pl. XCI, fig. b ( cf ), 1914 ; Rebel, Ann.Naturh.
Mus. Wien, XXXIX, 171, pl. X, fig. 9 (cf), 1925 ; Schüssler, 21 et 512.
î. Attacus staudingeri Rothschild, Nov. Zool., 11,36, pl. X, fig. 2 (cf), 1895 (Tring
Mus.). Archaeoattacus staudingeri Rebel, loc. cit., 172, 1925 ; Schüssler,
22 et 512. Attacus dohertyi Seitz, X, 503, 55 A b (cf), 1926.
Genre X. — ATTACUS L.
(Pl. III, fig. 6).
Attacus Linné, Syst. Nat., 12 e éd., I, pars. II, 808, 1767 ; Hübner, Verzei-
chniss, 155, 1822; Rebel, Ann. naturh. Mus. Wien, XXXIX, 170, 1925;
Bouvier, Saturn. Afr. trop, franç., 676, 1928 ; Schüssler, Lep. Cat., 11 et suppl.
503.
Les Attaci représentent le premier groupe établi par Linné dans sa grande
section des Phalaena ; pour l’auteur suédois, ils comprennent des espèces
telles qu’on doit les regarder comme embrassant tous les Saturnioïdes. Dans
la suite, cette extension a été progressivement restreinte ; pour Walker,
Attacus comprenait des espèces asiatiques (nos Attacus et Archaeoattacus),
africaines (nos Epiphora et Drepanoptera) et américaines (nos Rothschildia),
mais J. Hübner n’y mentionnait que des Attacus et des Rothschildia ce que
firent ultérieurement Kirby, Dusuzeau et Sonthonnax, André; Grote en sépara
les Rothschildia, Rothschild et Seitz le restreignirent aux Attacus et Archaeo¬
attacus, enfin ce dernier genre en fut extrait par Watson, exemple suivi juste¬
ment par Rebel. Hampson, au contraire, y confondit les Samia.
Restreint comme l’a voulu Watson, le genre Attacus se rapproche des
Archaeoattacus par la présence d’une tache noire apicostale et par la
réduction en largeur des antennes de la 9 - Mais il s’en distingue par tout
un ensemble de traits plus ou moins importants : la tache apicostale en crois¬
sant est précédée par une trainée blanchâtre, la tache pseudo-ocellaire fait
totalement défaut de même que son annexe postérieure ; sauf dans caesar,
il y a toujours aux antérieures, dans la région apicale comprise entre les
FAMILLE DES SATÜRNIIDES
323
radiales et la première médiane, un long tractus rouge; la raie submargi¬
nale, très rarement absente, ne présente pas de dents au fond de ses sinus, la
rayure externe des antérieures est toujours infléchie à la côte ; aux posté¬
rieures, en dessous, l’aire baso-médiane est séparée de la base par un large
espace blanc qui représente une dilatation de la rayure interne, tandis qu’elle
atteint la base même dans Archaeoattacus ; les antennes du $ ont des branches
Fig. 81. —Armature? des Attacus : dans aurantica , A, armature çj en dessous,
A', clasper gauche en dehors ; dans crameri , B, clasper gauche ; dans erebus, C, clas-
per gauche; dans lorquini, D, id. ; dans atlas, E, une épine de la chenille, E', extrémité
postérieure d’une pupe (os, orifices sexuels; tp, tubercule prêanal ; fa, fente anale|.
beaucoup plus longues et paraissent de ce fait beaucoup plus larges; les palpes
sont bien plus saillants, la trompe paraît toujours complètement absente ;
enfin, l’on n’observe pas de raies longitudinales blanches sur la face dorsale
de l’abdomen. En arrière de la bande blanche métathoracique, il y a une
hande semblable à la naissance de l’abdomen, et sur le bord postérieur des
segments suivants une fine raie transverse blanche. La coloration générale
est du même type, brune tournant au roux, au rouge et au noir.
Du même type également que celui des Archaeoattacus est l’armature
sexuelle (fîg. 81, A-D, F) du çf, mais avec le lobe latéral des claspers encore
plus réduit et avec une plus grande divergence des lobes terminaux de l’uncus
324
E.-L. BOUVIER
qui est étranglé en col en arrière de ces lobes, en quoi le genre Attacus paraît
se distinguer de tous les autres Attacides.
On connaît le développement larvaire à'atlas ; il a ceci de remarquable que
les deux tubercules subdorsaux et latéraux des trois segments thoraciques,
d’abord assez développés, s’atrophient dès le 4 e âge (') et sont remplacés par
de basses proéminences obtuses et granuleuses qui d’après Poujade (Ann. Soc.
ent. France , (5), X, 182-188, pl. VIII, 1880) « sécrètent, lorsque la chenille
est violemment heurtée ou jetée à terre, des gouttelettes d’une eau claire légè¬
rement verdâtre et répandant une odeur assez forte analogue à celle des
feuilles dont elle se nourrit. » Poujade a d’ailleurs
suivi le développement larvaire complet de l’es¬
pèce au moyen d’œufs que lui avait donnés
M. Wailly et qui provenaient de Bangalore. Aux
deux premiers stades, il nourrissait les chenilles
avec des feuilles du Berberis vulgaris qui furent
dédaignées plus tard et remplacées par des feuilles
de Prunier et de Pêcher. A la sortie de l’œuf, les
chenilles paraissent noires à cause des soies qui
divergent en étoile au bout de leurs tubercules
spiniformes et des bandes noires qui, sur chaque
segment, dissimulent le fond blanc ; au 2 e stade
elles sont d’un blanc jaunâtre avec des taches
rouges et une sécrétion cireuse blanche ; dans la
suite, le ton général tend au vert-bleuâtre et les
épines prennent un ton bleu ; elles sont longues,
ornées de petites saillies coniques munies ou non d’une soie (fig. 81, E'), en
épine molle à pointe obtuse, toutes inclinées en arrière, sauf celles de la rangée
infra-stigmatique, qui sont dirigées en dehors ; le centre du disque anal est
bleu, encerclé de minium, les stigmates sont bleu pâle. Le Muséum possède
tous les dessins originaux, fort jolis, du travail de Poujade.
Dans son pays d’origine, la chenille n’est pas plus difficile que chez nous et,
d’après Moore (Proc. Zool. Soc., XXVII, 266, 1859), a pu évoluer complète¬
ment avec des feuilles de Pommier. Parmi les plantes indigènes qui lui servent
d’aliment, Moore signale Phyllanthus emblica, Falconeria insignis, Bradleia
ovata. Le cocon pédonculé est plus ou moins englobé dans une feuille, irrégu¬
lièrement ovoïde; il peut atteindre 95 mm. de longueur sur 35 mm. de largeur.
Assez semblable par sa structure à celui de Samia cynthia, il renferme une pupe
bien différente, différente aussi de celle des Archaeoattacus avec, au bout pos¬
térieur, une large saillie déprimée et tronquée, de chaque côté des orifices
un mamelon sillonné (fig. 81, E).
1. Dans une chenille d'auriantacus que possède le Muséum et qui mesure, soufflée,
27 millimètres, ces tubercules sont cylindriques, dilatés au sommet, très différents des
autres qui sont longs et spiniformes. D'autre pari, la chenille mûre et la pupe de lorquini
figurés par Semper (Iteise Arch. Philipp., 11 (2;, VI, I, 383, Pl. C, 2, 3, 4, S, 1896) rappellent
tout à fait atlas.
Fig. 81'. — Clasper gauche
vu en dehors à'Attacus
atlas silhetica.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
325
De tout ce qui précède, il résulte que le genre Attacus s’éloigne largement
des Archaeoattacus, par suite également des Samia ; avec sa tache apicostale
et ses antennes rétrécies, il rappelle Hyalophora, mais en demeure fort éloigné
par son armature sexuelle où disparaît totalement le lobe claspérien ventral.
En somme, par le plus grand nombre de ses caractères il représente un type
à évolution très avancée et, avec les Coscinocera, une forme terminale dans
le groupe des Attaciens, comme le montre, d’ailleurs sa très grande taille et ce
que l’on pourrait appeler son gigantisme quand on le compare aux autres
genres de Saturnioïdes. Certains exemplaires A 1 atlas peuvent mesurer 250 mm.
d’envergure et certains caesar 280 mm.
Les Attacus sont des représentants communs et très caractéristiques de la
faune indo-malaise. J’y reconnais les sept espèces suivantes dont l’une, auran-
tiacus est souvent regardée comme une variété de dohertyi, tandis que lorquini
est tenu communément pour une forme à'atlas.
Au tableau des espèces, j’ai cru bon de faire suivre l’ébaucbe où j’essaye de
caractériser les nombreuses formes sous lesquelles se présente l’espèce atlas.
Cette ébauche me paraît très insuffisante encore qu’elle m’ait donné beaucoup
de peine et plusieurs mois de travail ; l’armature sexuelle du c? ne peut y
être d’aucun secours, semble-t-il, et, d’autre part, les formes multiples intro¬
duites par Fruhstorfer en 1904 (Soc. entomologica, Zurich, XVIII, et Ent.
Medclel. (2), II), sont trop brièvement décrites pour qu’on puisse sûrement les
reconnaître. J’aurais voulu examiner ces formes qui appartenaient à M me la
Comtesse de Miléan, mais cela ne m’a pas été possible, et l’on peut douter des
identifications que j’en ai faites. Si je livre mon ébauche, c’est à la pensée
qu’elle contient peut-être quelques bribes utiles et que la beaucoup des formes
qui s’y trouvent incluses pourront être ultérieurement examinées par les
entomologistes dans les collections du Muséum.
Uatlantis de Strand ( Arch. Naturg., LXXIX, A, 10, p. 145, 1911) a été jus¬
tement identifié avec aurantiacus, que Jurriaanse et Lindemans (Tijds. Ent.
LXIII, 94,1920) regardent, bien à tort, comme une variété de crameri. D’autre
part, Vimperator de Kirby (Catal., 1892), n’est que la $ de caesar.
Tableau synoptique des espèces d’Attacus
A. Rayure externe des deux ailes à forte inflexion costale ; strie longitudinale rouge
dans l’apex des ailes antérieures.
B. Rayure externe des antérieures très rentrante en arrière de la fenêtre, très défléchie
près du bord interne ; raies submarginales noires, sauf parfois à l’apex des anté¬
rieures ; les fenêtres touchent la rayure externe ou presque, leur bord est lar¬
gement noir avec, en dedans, un mince liséré clair.
C. Rayure externe des antérieures en S fortement convexe en avant, fortement con¬
cave en arrière ; raie submarginale de ces ailes complète.
D. La traînée qui termine la tache apicostale faite de noir et de blanc, rarement
avec un peu de rose ; raie submarginale noire sur toute sa longueur.
Dent latérale-des claspers médiocre (distribution et formes p. 328 à la
suite de la bibliographie). 1. atlas Linné.
32fi
E.-L. BOUVIER
D'. La traînée apicostale surtout en blanc rose qui s’étend souvent jusqu’à la
strie rouge ; raie submarginale des antérieures rouge vers l’apex, noire
ensuite ; rayure externe des postérieures, en dessus et en dessous,
rencontrant la rayure interne suivant une courbe régulière tangente
au blanc costal; taches submarginales des postérieures rouges, peu ou
pas soudées. Dent latérale des claspers très réduite.
. I. lorquini Feld.
E. Apex des antérieures bien saillant, rayures externes peu ou pas dentées.
Ailes postérieures longues. (cf 170-210, $ 200-230) (Philippines).
. I. lorquini-
E’. Apex des antérieures peu saillant, rayures externes dentées. Ailes posté.
rieures subarrondies, (cf 190 environ) (Batavia).
. I. roiundus. Jurr. et Lind.
G. Rayure externe des antérieures en Z dont les branches se rencontrent à angles
presque droits ; raie submarginale de ces ailes ordinairement interrompue
entre les nervures et toujours absente à l’apex qui est rouge violet avec le
bord rouge vif, d’ailleurs très saillant chez le cf ; rayure externe des deux
ailes sans dents, celle des postérieures très concave en arrière de la fenêtre
et, sur les deux faces, atteignant le bord costal de sorte que le clair de la
côte est interrompu par l’aire médiane ; taches submarginales des posté¬
rieures rouges, mais la plupart indistinctes parce qu’elles se fusionnent
avec le rouge voisin de la zone externe contiguë. Ton brun rouge, un
peu noirci dans les aires médianes; corps rouge, mais avec du noir en
avant sur le dos de l’abdomen, le collier métathoracique blanc. Dent latérale
des claspers plutôt réduite, (cf 186-215, $ 210-240) (PI. III, fig. 6) Célèbes).
. 3. erebus Frühstorfer.
B'. Rayure externe des deux ailes droite ou peu rentrante en arrière des fenêtres, ces
rayures bien dentées, celle des antérieures peu défléchie en arrière ; fenêtres
éloignées des rayures externes ou les touchant à peine ; en dessus, aux posté¬
rieures, les rayures interne et externe se continuent bien avant la côte, en
dessous contre la côte blanche, l’aire médiane en cet endroit se terminant en
troncature, rarement en arc ; taches submarginales des postérieures rouges,
ordinairement couplées en biscuit. Dent latérale des claspers très réduite.
C. Bord des fenêtres largement noir avec léger filet interne blanchâtre ou jaunâtre ;
raie submarginale nulle ou très réduite. La rayure externe des antérieures
est assez concave en arrière de la fenêtre. Brun rouge. 4. crameri Felder.
D. Rayure externe des antérieures assez en S, fine raie submarginale.
E. Rayure externe des antérieures dentée ; fenêtres petites et éloignées
des rayures. (190) (Flores). cr. inopinatus Jurr. et Lind.
E 1 . Rayure externe des antérieures sans dents ; fenêtre touchant cette
rayure. (270) (Negros.). cf, cr. philippina Bouv.
D. Rayure externe des antérieures peu concave en arrière de la fenêtre, pas
de raie submarginalef (cf 230, cf 250) (Amboine, Ceram, Buru).
. cr. crameri.
C'. Bordure des fenêtres mince, ordinairement discontinue avec, en dedans, une
large marge jaunâtre ; raies submarginales bien développées, celle des anté¬
rieures rouge au moins à l’apex. La rayure externe de ces dernières droite
ou très peu concave en arrière de la fenêtre.
D. Fenêtres avec leur pointe distale très voisine de la rayure externe, celles
du cf assez grandes ; branche antérieure de la rayure interne des ailes
de la première paire concave en dehors. Ton brun rougeâtre.
.•. 5. doherlyi Rothschild.
FAMILLE DES SATURNI1DÉS
32 7
B. Raies submarginales noires, mais celle des antérieures rouge à l’apex,
(cf 230) (Timor, Flores). d. dohenyi.
E'. Raie submarginale rouge carmin, (cf 194-208, $ 104-112) (Tenimber).
. d. ruegcri Gsch.
E". Raie submarginale rouge violet, épaisse, (cf 190, $ 220 ) (Tenimber)
. d. intermedius Jurr. et Lind.
E ". Raie submarginale rouge brun, fine, parfois noire aux postérieures.
(cfl80, Q 190-205) (Australie : Port Darwin), d. wardi Rothschild.
D 1 2 3 4 5 . Fenêtres presque également distantes des rayures externe et interne, celles
du cf petites ; aux antérieures, la branche costale de la rayure interne
droite ou presque ; raies submarginales partout rouges. Ton roux rouge
avec semis d’écailles rouges, surtout dans la zone proximale de Taire
externe ; collier métathoracique ordinairement blanc jaunâtre. ( cf 190-
215, cf 225) (Nouvelle-Guinée : Iles Key et Yule).
. 6. aurantiacus Rothschild.
A'. Rayure externe des antérieures non dentée, à légère inflexion costale, droite ensuite;
pas de strie rouge dans l’apex de ces ailes; rayure externe des postérieures dentée,
faisant avec l’interne une courbe très éloignée de la côte, en dessus tout au moins;
raies submarginales noires, celle des antérieures absente dans l’apex. Fenêtres
bordées de noir de même que les fenêtres accessoires ; celles du cf petites,
arrondies ou en triangle, taches submarginales des postérieures rougeâtres. Ton
variant du jaunâtre au brun rougeâtre. (220-280) (Philippines: Mindanao,
Bohol, Cebu). 1. caesar Maassen et Weymer.
Bibliographie
1. Phalaena altacus atlas Linné, Syst. Nat., 10 e éd., I, 495, 1758. Attacus atlas
Walker, List, V, 1218, 1855 (pro parte) ; Dusuzeau et Sonthonnax, Lép.
Soie, I, 38, pl. XIII (cf, 9> cocon), 1897 (pro parte) ; Packard (et Cocke-
rell), Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 262, pl. XXVI, flg. 1 (chenille),
pl. XLVI, flg. 3 (nervulation), pl. LXXXVIII, flg. e (chenille), pl. XC
($, cocon), 1914. Schüssler. 12 et 505.
2. Attacus lorquini Felder, Wien. ent. Monatschr., V, 306 ; Maassen et Weymer,
Beitriige, flg. 46 (cf) et 47 ($), 1872. Attacus atlas lor. Semper, Reise Arch.
Philipp., ((2), jVI, I, 383, pl. C (œuf, chenille, pupe), 1896. La f. rotundus
( Jurriaanse et Lindemans, Tijds. Ent., LXIII, 92, 1920) tenue par Seitz
(X, 518) et Schüssler (17), pour une forme d’atlas. Attacus crameri lor.
Seitz (503, C a cf) et Schüssler 19.
3. Attacus erebus Fruhstorfer, Soc. ent. Zurich, XVIII, 169, 1904 ; Bouvier, Voy.
Indes or. néerl. Léopold de Belgique, IV, fasc. 6, 38, flg. B et B' (clasper),
1932. Attacus atlas erebus Schüssler, Lep. Cat., 17.
4. Attacus crameri Felder, Sitz. k. Ak. Wien, XLIII, l te Abt., 31, 1861. Dusuzeau
et Sonth., loc. cit., 35, pl. X (cf), 1927. Schüssler, Lep. Cat., 18 et suppl.
510 ( pro parte). Phalaena attacus atlas Cramer, Pap. exot., IV, 180,
pl. CCLXXXI, flg. C et CCLXXXII (cf), 1781.
Var. : inopinatus Jurriaanse et Lindemans, loc. cit., 94, pl. XI ( cf ), 1920,
de même que Seitz (503) et Schüssler (19). — philippina Bouvier,
Bull. Hill Mus., IV, 109, 1930 ; Schüssler, 581. (Coll. Jolcey).
5. Attacus dohenyi Rothschild, Nov. Zool., II, 36, pl. X, flg. 1 (cf), 1895 ; Schüssler,
Lep. Cat., 20 et suppl. 510. (Tring Mus.)
Var. : intermedius Jurriaanse et Lindemans, loc. cit., 94, pl. XII (cf),
1920. — ruegeri Gschwandner, Zeits. ôst. ent. Ver. Wien, V, 56, pl. II
328
E.-L. BOUVIER
(9), 1920. — wardi Rothschild, Nov. Zool., XVII, 507 (cf,9)> 1910-
(Tring Mus.)
6. Attacus aurantiacus Rothschild,Nov. Zool., 11,36,1895 (Tring'Mus.); Schüssler,
Lep. Cat., 18. Attacus crameri aurantiacus Jurriaanse et Lindemans,
loc. cit., 94, 1920. Attacus atlantis Strand, Arch. Naturg., LXXIX, A, X,
145, 1913.
7. Attacus caesar Maassen et Weymer, Beitrâge, fig. 22 ( 9 ) et 23 ( cf), 1872. Attacus
lorquini caesar Jurrianse et Lindemaus, loc. cit., 92, 1920. Attacus cra¬
meri caesar Schüssler, Lep. Cat. 19 ; Seitz, X, 503,1926, et fig. 54 a (9
sous le nom de lorquini) 1928. Attacus imperator Kirby, Entomologist, IV,
187, 1892.
Essai de classification des diverses formes d 'atlas
I. En dessous l’aire médiane des postérieures atteint largement le bord costal. Fenêtres
triangulaires touchant la rayure externe mais très loin de l’interne ; rayures
externes peu dentées, leur bande blanche suivie par une large jaune d’ocre.
Marge fort étroite. Ton brun ocreux. (190) (Sud des Philippines).
. a. banghaasi Gschwandner.
II. En dessous l’aire médiane des postérieures est tronquée contre la côte blanchâtre.
A. Rayure externe des postérieures dentée en avant et en arrière, surtout chez la 9 •
B. Bord costal de la fenêtre antérieure du cf ayant plus de la moitié du côté basal,
mais plus court que ce côté ; rayure externe de ces ailes très éloignée de
l’interne en arrière de la fenêtre dans les deux sexes. Chez la 9> bord
basal de la fenêtre antérieure droit ou un peu convexe, celui de la fenêtre
postérieure tronqué en avant, droit ensuite. Ton brun'rougeâtre, (cf 200-
220, 9 220-250) (Macao, Indes asiatiques, Tonkin, Cochinchine, Java,
Philippines). 2. a. atlas.
B 1 . Bord costal de la fenêtre antérieure du cf , qui est fort étroite, ayant au plus
la moitié du bord basal.
C. Antérieures avec l’apex peu rétréci et la rayure externe non dentée chez
le cf, cette rayure, dans les deux sexes, bien éloignée de l’interne ;
fenêtres de la 9 à bord basal convexe. Ton rouge profond, plus terne
chez la 9- Taille d’atlas (Ceylan, Trichinopoly).
. 4. a. taprobanensis Moore.
C'. Antérieures du cf avec l’apex bien rétréci, la rayure externe fort ren¬
trante en arrière de la fenêtre où elle est dentée et' peu éloignée de
l’interne. Ton châtain vineux. ( cf 180. ) ( Ile Simulur au N.-O. de Suma¬
tra; Célèbes d’après Seitz). 3. a. simularana Watson.
B". Bord costal de la fenêtre antérieure du cf presque aussi long ou plus long
que le basal.
C. Rayures externes avec leur partie blanche large et presque sans écailles ;
rayure interne des antérieures en dedans à peu près sans marge rouge
et sans marge noire, son côté postérieur droit. Ton marron rougeâtre
aux antérieures, noirâtre aux postérieures, (cf 228, 9 220) (Sumatra)
(Description d’après les exemplaires de la collection Joicey ; ceux de
Fruhstorfer sont peut-être différents).. 6. a. sumatranus Frühstorfer.
C'. Blanc des rayures externes étroit et écailleux ; rayure interne des anté¬
rieures à marges rouge et noire fortes, laissant un peu de rouge basal,
sa branche postérieure convexe. Ton vieux rouge vif, apex des anté¬
rieures du cf étroit, (cf 230) (Sumatra ? Philippines). C’est peut-être
le vrai sumatranus ). 7. a. opaca nov.
FAMILLE DES SATCJRNIIDES
329
A . Rayure externe des postérieures non dentée ou à peine, en avant de la fenêtre.
B. Fenêtre postérieure en triangle équilatéral très éloigné de la rayure externe,
l’antérieure avec le côté costal égalant le basal et touchant la rayure ;
aire basale des antérieures presque totalement rouge pâle, la partie noire
de la rayure interne étant à peine indiquée ; raie submarginale forte et
peu profondément sinueuse. Tonrouge marron pâle. (cf 203) (Sumatra).
. 8. a. incerta nov.
B'. Toutes les fenêtres en contact avec la rayure externe, au moins par leur
marge noire.
C. Rayure interne des antérieures fort éloignée de la fenêtre et de la rayure
externe. Taille, faciès, tonalité et fenêtres d’a. atlas dont cette forme
n’est sans doute qu’une variation ( Annam, Tonkin, Cochinchine, Java).
. 9. cf a. varia nov.
C'. Rayure interne des antérieures fort rapprochée de l’externe en arrière
de la fenêtre qu’elle touche par sa pointe antérieure. Raie submarginale
de ces ailes épaisse et assez régulière. Ton brun marron grisâtre. ( cf
175) (Mysore). 10. cf a. mysorensis nov.
III. En dessous l’aire médiane des postérieures fait une courbe régulière avant la Costa
blanchâtre dont elle est presque toujours isolée par un prolongement du blanc
des rayures.
A. Rayure externe des postérieures dentée en avant et en arrière de la fenêtre.
B. Fenêtres grandes, touchant ou traversant les rayures externes ; côté costal
de la fenêtre antérieure du cf aussi long ou pas beaucoup plus court que le
basal ; fenêtre antérieure de la 9 avec le bord basal très convexe.
C. Partie blanche des rayures externes bien développée surtout chez la 9 > en
dehors du rouge de ces rayures une bande lilacée très franche ; branche
postérieure de la rayure interne des antérieures convexe; côté basal de la
fenêtre des postérieures chez la 9 fortement convexe, rarement presque
droit, (passage à baliensis) (cf et 9> 180-240) (Java). Marron rou¬
geâtre.. 1 . 11. a. roseus Fruhsortfer.
C'. Partie blanche des rayures externes réduite par invasion de leur bordure
rouge, cette dernière suivie d’une bande claire étroite, terne et peu lilacée;
côté basal de la fenêtre postérieure chez la 9 droit et tronqué comme
dans a. atlas ; branche post-cellulaire de la rayure interne des antérieures
droite, (cf 190-210, 9 170-230) (Bali). Marron rouge clair.
. 12. a. baliensis Jurr. et Lind.
B'. Fenêtres petites de taprobanensis, à marge noire encore plus étroite et éloi¬
gnées des rayures externes ; celles-ci, aux antérieures, très rapprochées du
tornus. Taille, forme et tonalité de taprobanensis, en représente sans
doute une variation, (cf 195) (Trichinopoly). 5. a. similis nov.
A’. Rayure externe des postérieures non dentée en avant de la fenêtre.
B. Rayure externe des postérieures presque droite en arrière de la fenêtre. Apex des
antérieures normal.
C. Rayure externe des antérieures très rapprochée de l’interne en arrière de la
fenêtre ; cette dernière à branche intra-cellulaire concave.
D. Aire médiane des postérieures en haut et en dedans fort éloignée de la
fenêtre ; fenêtres médiocres, éloignées des rayures, celle des antérieures
à côté costal plus long que la moitié du basal, celle des postérieures
en triangle presque équilatère. Rayure interne des antérieures à branche
post-cellulaire convexe, rayure externe de ces ailes à peine dentée en
arrière delafenêtre. (cf 140) (Andamans). 13. c fa. rnacmulleni Watson.
D'. Aire médiane des postérieures très réduite, en avant et en dedans
très rapprochée de la fenêtre ; fenêtres grandes, en triangles traversant
E.-L. BOUVIER
330
la rayure externe, leur bord costal plus long que le basal. Rayure
interne des antérieures à bord post-cellulaire presque droit, externe
des mêmes à peine dentée en arrière de la fenêtre, (c? 160) (Burma).
. 14. cf a. burmaensis Jurr. et Lind.
C'. Rayure externe des antérieures bien éloignée de l’interne en arrière de la
fenêtre ; aire médiane des postérieures normalement grande.
D. Rayure interne des antérieures avec sa marge interne noire, étroite, et
laissant subsister beaucoup du rouge de l’aire basale, sabranche postérieure
presque droite. En dehors de la partie rouge de la rayure externe une
bande claire peu ou pas teintée de rose. Ton marron rougeâtre, (cf 160-
190) (Bornéo). 15. c fa. mannus Frühstorfer.
D'. Rayure interne des antérieures avec sa marge interne noire envahissant
presque toute l’aire basale. En dehors de la partie rouge de la rayure
externe une bande nettement lilacée. Ton marron rouge foncé. ( cf
200) (Sumatra). 16. a. simplex nov-
B'. Rayure externe des postérieures nettement concave en arrière de la fenêtre, celle
des antérieures presque sans dents.
C. Apex des antérieures fortement rétréci, bien saillant-, petites fenêtres ( chez le cf),
semblables à celles de taprobanensis et touchant la rayure externe au moins
par leur marge noire, qui est épaisse. Ton marron roux. (200.) (Singa¬
pour, Siam, Tonkin). 17. a. gladiator Frühstorfer.
C'. Apex des antérieures normal ; fenêtres bien développées.
D. Rayures interne et externe des antérieures normalement éloignées en arrière
de la fenêtre ; chez le cf, celle-ci à bord costal droit ou presque, assez long
et parfois aussi long que le basal, la fenêtre postérieure en triangle à côtés
subégaux ; fenêtre antérieure de la 9 à bord basal plus ou moins convexe,
cf brun rouge.
E. Fenêtre antérieure avec le côté basal assez convexe chez le cf, fortement
(d’après une Q du Muséum) chez la cf • ( 9 186-197, 9 marron clair,
206) (Java). a. javanensis nov.
E'. Fenêtre antérieure avec le bord basal droit chez le cf> un peu convexe
chez la 9- (cf 170-220, 9 178-208 brun roux) (Tonkin, Cochinchine.).
. a. tonkinensis nov.
D'. Rayures interne et externe des antérieures très rapprochées en arrière de la
fenêtre.
E. Côté basal des fenêtres droit chez le cf.
F. Partie blanche des rayures externes bien développée de même que la
tache fenêtrée accessoire ; marge noire des fenêtres épaisse, surtout
du côté basal chez la 9 • Le noir envahit presque toute l’aire basale
des antérieures en dedans du rouge de la rayure interne. Ton marron
vif. (190-250) (Himalaya, Silhet, Assam).... a. silhetica Helfer.
F'. Partie blanche des rayures externes étroite, tache accessoire très
réduite et localisée sur la rayure, cette tache parfois nulle. Le noir
de la rayure interne laisse beaucoup de rouge dans l’aire basale.
Ton marron rouge, (cf 160, 9 210) (Chine, Hong-Kong). (C’est
peut-être le talus de Hübner). a. chinensis nov.
E'. Côté basal de la fenêtre antérieure du cf un peu convexe, celui de la
fenêtre postérieure droit. Marge noire de la rayure interne des anté¬
rieures large et laissant peu de rouge à la base. a. pallida nov.
F. Ton marron roux (cf 170-200) (Java). a. p. pallida.
F'. Ton marron rouge foncé ( cf 210-230 (Tonkin). a. p. tonkinensis nov.
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
331
Voici les renseignements bibliographiques relatifs à ces formes :
Simularana Watson, Tijdschr. ent., LVIII, 278 et fîg., 1915; macmulleni, id.,
dans Packard et Cockerell, Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 263, pl. XCI,
fig. a (cf)> 1914; — silhetica Helfer, Journ. asiat. Soc. Bengal, VI, 41, 1837;
•— baliensis et burmaensis Jurriaanse et Lindemans, Tijdschr. ent., LXIV, 12,
1924; — taprobanensis Moore, Lep. Ceylon, II, 124, pl. CXXVII, fîg. 1 et 1 a,
1882 ; — roseus, mannus, gladiator,sumatranus et triumphator Frühstorfer, Ent.
Medd. (2), II, 285-287, 1904 et Soc. ent. Zurich, I, VIII, 169,1904. Quant aux
formes opaca , varia, mysorensis, similis, simplex, javanensis, chinensis et pallida,
elles n’ont pas été jusqu’ici décrites et résultent de mon examen comparatif
des spécimens du Muséum.
Je tiens à répéter ici que les identifications avec les formes de Frühstorfer
sont des plus douteuses, sauf peut-être pour mannus et gladiator ; dans le
tableau précédent, je n’ai pas fait entrer le triumphator de cet auteur, faute
d’avoir pu apercevoir dans les collections du Muséum un exemplaire qui s’en
rapprochât quelque peu. En ce qui concerne macmulleni, je me suis servi de la
belle photo du type donnée par Cockerell (in Packard, loc. cit., pl. XCI, fîg. 1)
et burmaensis de celle donnée par Jurriaanse et Lindemans ( Tijdschr. ent.,
LXIII,p. 177,1920) ; mais pour l’une et l’autre, j’ai supposé que Faire médiane
du dessous des postérieures s’arrondit avant d’avoir atteint la bande costale
blanchâtre, ce qui n’est pas certain.
Comme complément de cet ensemble, il y a lieu de signaler quelques aberra¬
tions d’atlas décrites et figurées par R. Gschwandner dans le travail où il a fait
connaître son curieux banghaasi ( Zeitschr. oster. ent. Ver. Wien,\, pl. I, et
p. 55-59, 1920). Ces aberrations sont les suivantes :
a. interruptus-conjunctus (p. 58, pl. I, fig. 2), çf de Java où Faire médiane
des antérieures se continue largement avec Faire basale, dissociant les
rayures interne et externe qui se rejoignent en avant où elles tronquent
la fenêtre et aussi en arrière. Ce serait, d’après Fauteur, une aberration de
triumphator.
a. bifenestratus (p. 59 et fig. 3 du texte), deux femelles, l’une des Indes,
l’autre de Bornéo ( mannus ) où, aux postérieures, une petite fenêtre se trouve
incluse entre la grande et la rayure interne.
a. trifenestratus (p. 59, et fig. 2 du texte) où l’on observe aux antérieures
deux fenêtres accessoires, une grande et une petite. L’auteur possède deux
femelles présentant cette aberration, l’une du nord des Indes qui est figurée
et me paraît être la forme atlas, la seconde de Bornéo et que Fauteur attribue
à mannus. Le Muséum possède une aberration semblable du çf d 'opaca.
Gschwandner observe justement que le type de dohertyi figuré par Rothschild
(Nov. Zool., II, pl. X, fig. 1 (Q), 1895) présente aussi deux fenêtres accessoires
et que le type Q de caesar (Maassen et Weymer, Beitrâge, fig. 22) en a deux
également, mais aussi aux postérieures (ce qui ne s’observe pas chez les Atta-
cus). Il aurait pu ajouter que le type çf de l’espèce (fig. 23 de Maassen et
Weymer) a deux petites taches annexes aux antérieures, tandis que la fenêtre
332
E.-L. BOUVIER
des postérieures, par étranglement transverse, se dédouble en deux comme
dans bifenestratus. Dans deux rf de tonkinensis, il y a aux postérieures une
fenêtre accessoire interrompue par la rayure externe comme dans caesar.
Genre XI.— COSCINOCERA Butler.
(PI. XI, fig. 3).
Coscinocera Butler, Proc. Zool. Soc. 1879, p. 163 ; Bouvier, Saturn. Afr.
trop, franç., 676, 1928 ; Schüssler, Lep. Cat. 9 et suppl. 501.
Par leur grande taille, leur coloration et la structure de leurs fenêtres, les
Coscinocera sont communément regardés comme des Attacus très évolués où
les ailes postérieures se prolongent en une queue, longue et assez étroite
chez le c?, large et plutôt courte chez la Ç. C’était le sentiment d’Oberthür
qui s’éleva contre la séparation des deux genres ( Études d’Entom., XIX, 34,
1894), mais la réalité est tout autre. Dans les Coscinocera , en effet, on voit
disparaître les ornements caractéristiques du groupe des Attaciens : la tache
apicostale, la raie blanche fulgurante, la tache pseudo-ocelliforme post-apicale,
les raies submarginales, voire même la strie longitudinale rouge qui, à l’apex
des antérieures, s’établit entre la radiale et la première médiane chez presque
tous les Attacus. Et, sans doute, on pourrait dire que l’absence de ces ornements
provient d’une évolution terminale ; mais les rayures des postérieures indi¬
quent, par contre, des affinités primitives : en dessus la rayure externe reste
souvent indépendante de l’interne et en dessous s’arrête brusquement à la
côte, sans trace de rayure interne, comme on l’observe chez les Eupackardia,
Desgodinsia, Samia , Archaeoattacus et chez la plupart des Drepanoptera , ce
qui nous ramène, comme pour ces quatre derniers genres, à des affinités améri¬
caines en nous éloignant beaucoup des Attacus. La rayure interne des anté¬
rieures est aussi fort différente de celle qu’on observe dans ce dernier genre :
sa portion intra-cellulaire est déplacée loin en avant du côté de la tache fenêtrée,
en arc fortement concave qui embrasse la base convexe de cette dernière dont
elle semble être une partie lorsque l’espace qui l’en sépare est d’un ton foncé,
comme on l’observe ordinairement surtout chez le çf ; en avant, la corne
radiale de cet arc se prolonge loin contre la côte en une traînée pâle, irrégulière;
en arrière, sa corne cubitale entre en contact avec la branche post-cellulaire,
fort en retrait, de la rayure. Dans l’apex des mêmes ailes, on observe une strie
rouge, qui, au contraire de celle des Attacus , est oblique et comprise entre les
deux dernières radiales ; il y a souvent aussi une courte raie rouge entre la
dernière radiale et la première médiane, mais cette strie est oblique comme la
précédente et tout autre que la forte strie longitudinale des Attacus. Comme
dans ce dernier genre, il y a une forte raie transverse blanche sur le dos du
métathorax et une semblable à la naissance de l’abdomen; dans hercules ,
tout au moins, il y a des raies blanches plus étroites sur les derniers segments
abdominaux et une très fine au bord postérieur du prothorax. Les palpes sont
FAMILLE DES SATURNIIDÉS
333
courts et ne semblent pas accompagnés des restes d’une trompe ; leur teinte
est celle du corps et des pattes, mais ces dernières présentent une ligne longitu¬
dinale de poils blancs, au moins sur les hanches et les tibias ; des poils blancs
recouvrent aussi les flancs du thorax et, souvent, le sommet du front. Les
fenêtres sont marginées de jaunâtre, puis de noir, très largement du côté basal ;
en dessous, ces marges sont fort réduites et le ton des ailes devient grisâtre.
L’épiphyse tibiale est forte, avec d’assez longs poils des deux côtés sur sa
face ventrale.
L’armature sexuelle du cf (fig- 83) ressemble beaucoup à celle des Attacus
par l’uncus, le sternite X, le pénis et son collier basal, mais le lobe latéral des
Fig. 82. — Coscinocera hercules : A, épiphyse du tibia I en dessous; A', un eus en dessus;
A", ciasper gauche en dehors; A'", appareil pénial et sternite X en dessous.
claspers ne fait plus du tout saillie et une large échancrure sépare ce lobe du
dorsal qui est obtus et plutôt étroit.
On ne sait rien du développement larvaire, encore que Watson d’un côté
(Wild Silk Moths, pl. I, 1911), Packard et Cockerell de l’autre (loc. cit .,
pl. LXXXIV-LXXXVI, 1914) aient figuré les œufs, la pupe et le cocon,
lesquels ne semblent guère différer de ceux qu’on observe dans Attacus.
En somme, on peut dire que les Attacus et les Coscinocera représentent les
deux formes terminales, l’une et l’autre géantes, du groupe des Attaciens,
qu’en beaucoup de points (fenêtres, pupe, cocons, armature sexuelle), elles
ont suivi une évolution parallèle, mais qu’elles sont indépendantes : l’une ayant
conservé certains traits primitifs (rayures des postérieures) plutôt américains
et perdu ou n’ayant peut-être jamais acquis les taches et raies attaciennes ;
l’autre plus éloignée de la souche et conservant plus complètement l’ornemen¬
tation des Attaciens. Les Attacus sont répandus depuis l’Inde et la Chine jus¬
qu’à l’extrémité orientale de l’Indo-Malaisie, certains même (dohertyi wardi)
334
E.-L. BOUVIER
pouvant atteindre le nord de l’Australie, ou même la Nouvelle-Guinée ( auran -
tiacus), c’est-à-dire les deux régions du globe où semblent localisés les seconds
(Coscinocera).
Le genre comprend les deux espèces suivantes :
Tableau des espèces
A. Dans les deux sexes queue sans dilatation sensible et sans troncature terminale,
le bord interne de cette terminaison étant une courbe régulière qui prolonge t e
bord vers l’externe; tout près de cette courbe une série de taches noires un
peu saupoudrées de blanc en avant ; la queue, chez la Ç, très courte et mal
délimitée, au contraire du cf où elle est nette et assez longue. Ailes postérieures
à bord costal se continuant avec le bord externe suivant une longue courbe,
sans indication d’apex ni d’ondulations chez le cf, avec traces de l’un et l’autre
chez la $ ; rayure externe de ces ailes convexe en dehors sur toute son étendue
chez la Ç, moins chez le cf où elle est un peu rentrante en arrière delà fenêtre ;
celle des antérieures légèrement concave, toutes deux avec partie blanche
continue, mais, chez le cf, un peu étranglée par endroits ; l’externe des posté¬
rieures rencontre l’interne au bord costal. Taches discales triangulaires,
largement fenêtrées, surtout aux antérieures où la tache conflue avec la rayure
externe, le bord postérieur de ces taches et des fenêtres concave. Aux antérieures,
la tache est franchement triangulaire, chez le cf distante de 7 1/2 mm. du
blanc de la rayure interne, chez la 9 de 5 mm. Tache des postérieures bien plus
petite,arrondie en avant chez la 9-Branche post-cellulaire de la rayure interne
des antérieures assez fortement oblique et presque droite. Tonalité du cf brun
noirâtre, de la 9 brun jaunâtre rosé, (cf 230, 9 201) (Les types du Mont Onoughi
en Nouvelle-Guinée anglaise; une Ç des Monts Weyland en Nouvelle-Guinée
allemande). 1. anteus Bouvier.
A'. Dans les deux sexes queue nettement distincte, à dilatation et troncature terminales,
sans série de taches noires, mais avec lignes blanches près de l’extrémité ; la
queue du cf beaucoup plus longue et plus étroite que celle de la 9 ■ Postérieures
avec le bord costal formant un angle apical avec le bord externe qui est plus
ou moins onduleux ; rayure externe de ces ailes plus souvent droite qu’un peu
convexe ; aux deux ailes, la partie blanche de la rayure externe est presque tou¬
jours discontinue, interrompue en lunules. 2. hercules Miskin.
B. Rayure externe des postérieures convexe en dehors de la fenêtre, un peu ren¬
trante en arrière, confluente avec l’interne un peu avant le bord costal ;
queue du cf courte[et large, moins toutefois que chez la 9 ! taches fenêtrées
antérieures touchant la rayure externe, triangulaires, leur distance à la rayure
interne de 7 chez le cf, 5 1 /2 chez la 9 taches postérieures en triangle chez
le cf, arrondies en avant chez la 9- Rayures externes du cf à lunules bien
distinctes, (cf 137, 9 151) (Monts Arfalk en Nouvelle-Guinée hollandaise,
2.000 m.) (PI. XI, flg. 3). 1. h. butleri brachyura Biedermann.
B'. Rayure externe des postérieures droite (sauf à l’approche de la queue).
C. Taches fenêtrées en triangle à pointe dirigée vers la rayure externe.
D. Grandes taches largement fenêtrées, rayures externes bien lunulées ; tache
antérieure distante de la rayure interne entre 7-12 mm. chez le cf,
4-5 chez la 9- Ton rouge bruni chez le cf, roussâtre chez la Ç>.
(200-210, 9 210-230) (Nord du Queensland australien).. 2. h. hercules.
D'. Taches plus réduites et, chez le cf, à fenêtres petites.
E. Tache des antérieures touchant la rayure externe qui est droite ; ailes
postérieures avec l’apex un peu arrondi, fenêtres triangulaires; dis-
FAMILLE DES SATURNI1DÉS
335
tance de la tache antérieure à la rayure interne : 13 mm. chez le cf,
8-9 mm. chez la Ç. (cf 200 environ) (Nouvelle-Guinée hollandaise,
allemande). h. eurystheus Rothschild.
E'. Côté postérieur de la rayure externe plus oblique ; distance de la tache
antérieure à la rayure interne : 3 1/2 mm. chez le cf (Monts Arfak,
6.000 pieds.). 4. cf h. heraclides Joicey et Talbot,
E". Tache des antérieures très éloignée de la rayure externe qui est ren¬
trante ; postérieures avec l’apex brusque et la rayure externe un peu
convexe, puis rentrante, fenêtre des postérieures punctiforme (cf 180)
(Nouvelle-Guinée ?). 5. cf h. joiceyi Bouvier.
C'. Tache fenêtrée des antérieures en petit triangle pointant en dehors sans
atteindre la rayure externe qui est un peu rentrante et à lunules éteintes,
tache des postérieures subovale, à fenêtre encore plus réduite ; ces dernières
ailes avec l’apex brusque. Distance de la tache antérieure à la rayure interne
10 mm. (cf envergure approxim., 170)(Gilolo).
. 6. c f h. rothschildi Le Moult.
C'. Taches des deux ailes ovales ou arrondies, à petites fenêtres.
D. Rayure externe du type hercules, mais plus obscure ; tache antérieure
irrégulièrement ovale, distante de la rayure interne de 3 1 /2 mm. (cf),
4 1/2 mm. (Q) (Louisiade). 7 .h. héros Rothschild.
D'. Rayures externes mal définies, de largeur subégale, tache des antérieures
ovale, celle des postérieures ronde (230) (Nouvelle-Irlande, Nouvelle-
Poméranie). 8. cf h. omphale Butler.
Au sujet des différentes formes d'hercules, le tableau précédent est
imparfait en ce sens que, pour beaucoup de formes, je n’ai pas eu d’autres ren¬
seignements que ceux donnés dans les diagnoses ou relevés dans les figures ; je
n’ai même pu y faire entrer h. butleri de la Nouvelle-Guinée allemande, au
sujet duquel Rothschild dit simplement que les taches fenêtrées « des
quatre ailes sont plus petites et plus près de la hase des ailes « que dans
hercules » ( Nov. Zool., II, 35, 1895).
Malgré ces lacunes, ce tableau montre avec une pleine évidence qu 'anteas
est une espèce bien différente d'hercules et plus voisine de la souche attacienne
par la forme des ailes postérieures en avant de la queue et, chez la Ç, par
celle-ci qui reste à l’état d’ébauche sans séparation distincte du reste de l’aile.
Dans hercules, par contre, les formes héros et surtout omphale sont plus évo¬
luées que les autres et occupent, en fait, le sommet terminal de la série atta¬
cienne.
Bibliographie
1. Coscinocera anteus Bouvier, Bull. Soc. ent. France, 1927, 128 et Bull. Hill Mus.,
11,140, fig. 1 (cf),2 (Ç), 1928. (Mus. Paris). Coscinocera hercules anteus,
Schüssler, Lep. Cat., 10.
2. Attacus hercules Miskin, Trans. ent. Soc. London, 1876, 7. Coscinocera hercules
Packard (et Coekerell), Mem. Nat. Ac. Sc. Washington, XII, 261,
pl. LXXIV, fig. 1 (œuf, cocon, pupe), pl. LXXXV (cf, œuf, cocon, pupe),
pl. LXXVI ($ cocon), 1914; Oberthür, Et. d’Ënt., XIX, 34, pl. I (cf),
1894. Schüssler, Lep. Cat., 10 et suppl. 502.
336
E.-L. BOUVIER
Var. : butleri Rothschild, Nov. Zool., II, 35, 1895 (Tring Mus.). —
butleri brachyura Biedermann, Bull. Soc. zool. France, 1932, 205
(Coll. Biedermann). — eurystheus Rothschild, Nov. Zool., V, 99,1898
(Tring Mus.) ; Seitz, X, 52 a (cf), 1926. — heraclides Joicey et Talbot,
Ann. Nat. Hist., (8), XVII, 88, 1916 (Coll. Joicey). joiceyi Bouvier,
Bull. Soc. ent. France, 1927, 148 (Tring. Mus.), rothschildi Le
Moult, Nov. ent., III, 22, pl. II, flg. 3 et 4 (cf), 1933 (Coll. Le Moult).
—- héros Rothschild, Nov. Zool., VI, 70, 1899 (Tring Mus.). —
omphale Butler, Proc. Zool. Soc., 1879, 164 (Mus. brit,); Niepelt,
in Strand, Lepid. Niepelt., II, 5, et sous le nom de titanus,
pl. XVII, flg. 5 (Ç), 1916 (Schüssler (11) maintient titanus comme
forme particulière).
INDEX ALPHABETIQUE 1
al/afii Aign. (Saturnia pyri), 217.
abyssinica Auriv. (Usta terpsichore), 51.
ACANTHOCAMPA Pack. 112, lia
acetes Westw. (Saturnia, Bunaea, Gonimbra-
sia, Lobobunaea), 83, 84.
ACTIAS Leach, 241, 248.
actien (groupe), 140, 240.
adiegetum Karsch (Orthogonioptilum), 12, 14.
advena Wats. (Samia cynthia parisiensis),SI6.
aequatoiialis Test. ( Drepanoptera), 306, note.
aethiopica, Le Cerf (Nudaurelia et Gonimbra-
sia oubie, Bunaeopsis oubie ), 70, 72.
aethiops Roths. (Imbrasia, Nudaurelia, Lobo¬
bunaea), 82, 86.
afenestrata Wats. (Cricula andrei), 287.
affinis Bouv. (Nudaurelia), 110.
affinis Feld. (Attacus), 297.
AGAPEMA M. et D., 142, 16!).
agathylla'Weslw. (Micragone, Cyrtogone), 24,
' 26
agornensis Karsch ( Holocera ), 10.
agria Jord. (Cricula trifeneslrata), 238.
alba Bouv. et Riel (Saturnia pyri), 218.
albescens Sonth. (Gynanisa, Gyn. maia), 139.
albicera Jord. (Opodiphthera et Neodiphthera
papuana), 200.
albida Druce (Attacus, Philosamia, Drepanop¬
tera), 310,311.
alcestris Weym. (Nudaurelia), 97, 104.
alcinoe Stoll. (Phalaena atlacus, Bunaea), 90,
91.
alcinoina Obthr. (Bunaea, Bun. alcinoe aslau-
ga). 92.
alephostra Swinh. (Antheraea), 200.
aliéna Bull. (Tropaea, Actias arlemis), 249,
252.
alinda Drury (Phalaena attacus, Saturnia,
Lobobunaea, Pseudobunaea ), 124, 128.
alovia Westw. (Saturnia, Bunaea, Lobobu¬
naea). 82, 85.
alpina Frr. (Eudia pavonia), 221.
amathusia Weym. (Nudaurelia), 101, 106.
amazonia Pack. (Rothschildia jacobaeae),297.
ainraon Karsch (Bunaea, Lobobunaea), 87.
amoena Jord. ( Rothschildia), 287, 296.
andamana Moore (Antheraea), 158. 163.
andamanica Jord. (Cricula trifenestrata), 238.
andensis Roths. (Rothschildia aurota), 289,
296.
andrei Jord. (Cricula), 237, 239.
anestios Weym. (Copaxa). 182, 184.
angasana Dist. (Saturnia. Bunaea). 91.
angasana Westw. (Saturnia, Bunaea, Lobo¬
bunaea), 84, 87.
ANGELICA Dist., 112, 115.
angolana Le Cerf (Nudaurelia et Gonimbrasia
oubie, Bunaea, Bunacopsis), 71, 72.
angulata Auriv. (Holocera), 10, 11.
angulata Bouv. (Usta), 51.
angulata Roths. (Usta), 50, 51.
angulatus Bouv. (Rothschildia betis), 285.
angulifera Walker (Samia, Callosamia), 276,
277.
angustata Schultz (Eudia pavonia), 221.
anna M. et W. (Antheraea, Nudaurelia), 101,
106.
anna Moore (Saturnia, Caligula), 212, 214.
annulata Bouv. (Gonimbrasia belina osiris ),
117. 119.
ansorgei Kirbv (Lasioptila, Goodia kuntzei),
17.
ansorgei Roths. (Micragone, Cyrtogone), 23,25.
ansorgei Roths. (Pseudaplielia), 35, 36.
ansorgei Roths. (Ceranchia, Leucopteryx), 58.
ansorgei Roths. (Nudaurelia, Bunaea, Bu-
naeopsis hersilia), 75, 76.
ansorgei Roths. (Bunaea, Lobobunaea), 85, 86-
anteus Bouv. (Coscinocera), 334, 335.
anthera Jord. ( Loepa ), 234, 235.
ANTHERAEA Fabr. 141, 148.
anlhéréen (groupe), 140.
ANTHERTNA Sonth. 141, 143.
1. Comme dans les parties consacrées aux familles précédentes sont en petites italiques
es noms des espèces et le nom des formes adoptées dans l'ouvrage.
MÉMOIRES DU MUSÉUM
22
338
INDEX ALPHABÉTIQUE
anthina Karsch (Antheraea.Imbrasia. Nudau¬
relia, Nud. wahlbergi), 99, 105.
antinorii Obthr. (Saturnia, Philosamia, Alta-
cus, Drepanoptera), 806, 310.
ANTISTATHMOPTERA Tams, 31, 88.
APHELIA Westw., 33.
apicalis Bouv. (Syntherata, Synl. janelta),
188, 189.
apollina Butler (Ceranchia), 187.
apollinaris Bdv. (Saturnia. Aphelia, Ilenio-
cha, Pseudaphelia), 35 , 86.
apollonia Cram. (Phalaena attacus, Satur-
nia, lleniocha), 56.
apora Jord. (Luaia obscurci), 7.
arabella Auriv. (Nudaurelia, Bunaea. Bu-
naeopsis ), 70, 71.
arata Dist. (Nudaurelia arabella), 67.
aratus Westw (Salurnia, Antheraea, Bunaea,
Aurivillius), 67.
ARCHAEOATTACUS Wats. 262, 31 9.
arenosa Pack, et Cork. (Cremastochrysalis).
43.
arethusa M. et W. (Attacus), 293.
arethusa Walker (Attacus, Rothschilclia), 200.
297.
ARGEMA Walker, 281, 253.
argillosa LeCerf(NtidaureIiaoubie, Bunaeopsis
oubie), 70, 72.
argiphontes Maas. (Eudaemonia, Eustera), 87,
88.
arguta Jord. ( Ludia), 7, 8.
aricia Walker (Attacus, Rothschilclia), 283,
285.
arnobiaWestw. (Saturnia, Cremastochrysalis.
Pseudantheraea), 83.
aroma Schaus ( Rothschilclia , Roth, lebeaui),
285, 295.
arpi Gschw. (Copaxa), 188.
arrindia, 317.
artemis Brem. (Tropaea, Actias, Ad. selene),
289, 252.
aslauga Kirby (Saturnia, Bunaea, Bun. alci-
noe, Bun. auricolor)), 91, 92.
aspersa Bouv. (Decachorda), 29.
assama Walker (Antheraea), 164.
assamensis Helf. (Saturnia, Caligula, (Anthe¬
raea), 161, 168.
assamensis Seitz (Antheraea), 16t.
astarte M. et W. (Actias), 252.
astrophela Walker (Antheraea, Austrocali-
gula, Opodiphtliera), 192, 193.
ata Strand (Gynanisa, Gyn. maia), 139.
atbarina Butl. ( Epiphora), 302. 308.
ATHLETES Karsch, 118 , 133.
atlantica Lucas (Saturnia), 217, 218.
atlantis Strand (Attacus), 328.
atlantpyri Ebn. 218.
atlas Cram. (Phalaena attacus), 327.
atlas L. (Phalaena attacus, Attacus), 325, 327.
atlas Oliv. (Bombyx), 296.
atromaculata Statt. (Eudia pavonia). 221.
ATTACIICAE, 19, 261, 269.
ATTACINAE Auriv, Bouv., 260, 269.
ATTACITAE Bouv., 19, 260.
ATTACUS L.. 262, 322.
aurantiaca Rotlis, (Nudaurelia, Gonimbrasia,
Bunaeopsis), 74, 76.
aurantiacus Roths (Attacus, Attacus crameri),
327, 328.
auricolor Mab. (Saturnia, Bunaea aslauga),92.
aurivillii Bouv. (Decachorda), 29.
AURIVILLIUS Pack., 63. 68.
aurota Cram. (Phalaena attacus, Attacus,
Rot lise hildia), 288, 292, 296.
azteca Pack. (Tropaen, Tropaea luna), 286,
287.
babertoniana Obthr. (Bunaea ca/fraria), 92.
balanoal G. M. (Bombyx). 36.
balatana Bouv. (Rothschilclia erycina), 291,
297.
baliensis J. et L. (Attacus atlas), 329. 331.
bamendana Schult. (Gonimbrasia, Nudau¬
relia). 101, 106.
banghaasi Gsch. (Attacus atlas), 328, 331.
barcas M. et W. (Gonimbrasia said), 116.
barnsi Bouv. (Lobobunaea, Pseudobunaea),
125, 128.
barnsi ,1. et T. (Eudaemonia, Eustera argi¬
phontes), 87, 88.
basiflava J. et T. (Pseudaphelia simplex), 35,
36.
batesi B-B (Eustera), 87, 88.
batesi Bouv. (Lobobunaea), 83, 86.
bauhiniae G. M, (Saturnia, Faidherbia, Epi¬
phora), 301, 308.
baumhiria Walker (Attacus), 304.
bedoci Bouv. (Drepanoptera), 311.
beeloei Bouv. (Drepanoptera), 309, 311.
belus M. et W. (Attacus, Rothschilclia erycina).
291, 297.
benguelensis Obthr. (Antheraea, Nudaurelia,
Nud. emini) 98, 108.
besanti Reh (Argema), 255 , 259.
betis Auriv. (Attacus), 296.
betis Walker (Attacus, Rolhschildia), 285, 295.
bicolor Bouv. (Nudaurelia), 98, 105.
biedermanni Niep. (Antheraea), 165.
bieti Obthr (Saturnia. Caligula), 212, 218.
bifenestratus Gschw. (Attacus allas), 331.
bijuga Bouv. (Gonimbrasia congolensis), 116,
119.
bilineata Bouv. (Pseudobunaea alinda), 125,
128.
bilineata Roths. (Cyrtogone, Micragone), 23,
25.
billitonensis Moore ( Antheraea ), 155, 162.
biplaga Reb. (Usta, Us. wallengreni), 50. 51.
birbiri Bouv. (Bunaeopsis, Acanthocampa,
Parabanaeopsis), 78, 79.
INDEX ALPHABÉTIQUE
339
bogotana Roths. (Rothschildia orizaba ), 268 ,
292, 296.
boisduvalii Ev. (Saturnia, Caligula), 213, 214.
bollii Wagn. (Saturnia, Tropaea luna), 247.
honhourei Le M. (Antheraea), 214.
bonita Jord. (Caligula lindia), .21.2, 314.
boolana Strand (Epiphorn. Drepanoptera),
303. SU.
bornea Wats. (Cricula trifeneslrata), 239.
borneensis Moore (Antheraea), 162.
bornemanni Stand, (hybride), 222.
boursini Test. (Drepanoptera), 306 (note).
bouvieri Ghesq. (Argema mimosae), 259.
bouvieri Her. (Decachorda), 28, 29.
bouvieri Le M. (Imbrasia, Nudaurelia), 100,
105.
bouvieri Test. (Drepanoptera congolana ), 306
(note).
brachyura Drury (Bombyx, Eustera, Eudae-
monia), 46, 47.
brachyura Bied. (Coscinocera butleri), 334,336.
bracteata Disl. (Antheraea, Cinabra), 130.
brunnea Bouv. (Drepanoptera), 309, 311.
brunnea v. Eeke (Antheraea), 160, 164.
brunneum Jord. (Orthogonioplilum pro.r), 12,
14.
bubo Bouv. (Nudaurelia cytherea), 98, 104.
buchholzi Plôtz (Bunaea), 87.
BDNAEA Hübn., 63, 88.
BUNAEICAE Bouv., 19. 53.
BUNAEOPSIS Bouv., 63, 68.
Bunéens, 54.
burmaensis J. et L, (Attacus atlas), 330, 331.
burmana Swinh. (Cricula trifenestrata), 239.
buruensis Bouv. (Antheraea paplüa), 157, 163.
butleri Auriv. (Nudaurelia dione), 100, 105.
butleri Roths (Coscinocera hercules), 335.
cachara Moore (Saturnia, Caligula, Diclyo-
ploca), 205, 206.
caeca Statt. (Eudia pavonia), 221.
caecigena Kup. (Saturnia, Perisomena), 202.
caesar M. et W. (Attacus, Att. lorqtiini, Alt.
cramcri), 327, 329.
caffraHübn. (Bunaea), 92.
caffraria Stoll (Phalaena attacus, Bunaea,
Bun. alcinoe), 90, 91.
calida Butl. (Antheraea), 164.
californica Grote (Platvsamia, Samia), 274.
CALIGULA Moore, 142, 209.
callandra Jord. (Actias selene), 250, 252.
callichroma Le C. (Nudaurelia princeps,
Bunaeopsis princeps), 71, 72.
rallista Le C. (Nudaurelia oubie neuvillei,
Bunaeopsis rothschildï), 71, 72.
CALLOSAM1A Packard, 262 274.
CALOSATURNIA Smith, 142, 172.
cambouei Obthr. (Syntherata, Pseudaphelia,
Tagoropsis), 42.
cambouei Obthr. (Bunaea, Bunaea diospyri),
91, 92.
eamerunensis Bouv. ((Xudaurelia), 99, 105.
camerunensis Strand (Cyrtogone, Micragone),
23, 25.
campionea Sign. (Saturnia), 139.
cana Auriv. (Cyrtogone, Micragone), 23, 25.
cana Feld. (Cirina, Cirina forda), 133.
canella Walker (Copaxa), 180, 183.
canningi Hut. (Samia cynthia), 316.
capensis Stoll (Phalaena attacus, Nudaurelia
cytherea), 104.
carabella Strand (Bunaea, Gonimbrasia ara-
bella), 72.
carina Jord. (Saturniodes medea), 176.
carnea South. (Antheraea, Austrocaligula,
Austr. helena, Opodiphthera), 192, 193.
CARNEGIA floil., 4, 14.
carnegiei Janse (Xudaurelia), 97, 104.
carolina Jones (Callosarnia angulifera), 276.
carpini Schiff. (Bombyx, Saturnia, Pavonia),
222 .
casparii Frengs (hybride), 222.
caslanea Swinh. Jord, (Dictyoploca japonica),
207.
catochra Auriv. (Bunaea, Bun. tyrrhena, Pseu-
dobunaea tyrrhena), 127.
cauca Roths. (Rothschildia orizaba, Rolh.
aurola), 289, 292, 297.
ceanolhi Behr. (Saturnia, Samia, Platysamia),
274.
cecropia L. (Phalaena attacus, Bombyx,
Attacus, Platysamia, Hyalophora), 273, 274.
cedroensis Cock. (Hyalophora rubra), 274.
celebensis Wats, (Antheraea rumphi, Anlh.
paphia), 157, 163.
cephalariae Christ. (Saturnia, Eudia spini),
220 , 222 .
ceramensis Bouv. (Antheraea rumphi, Anlh.
paphia), 157, 163.
ceramensis Bouv. (Opodiphtera, Neodiphthera),
199, 200.
ceramensis Bouv. (Samia cynthia), 317.
CERANCHIA Ivirby, 57.
CERANCHiA Butler 141, 146.
cervina Westw. (Saturnia, Cirina forda), 133.
chalix Jord. ( Orthogonioptilum), 13.
chapata Westw. (Saturnia, Copaxa), 183.
charila Jord. (Saturniodes medea), 176.
chengtuana Wats. (Antheraea), 163.
chinensis Bouv. (Attacus atlas), 330.
chinensis Reb. (Caligula boisduvali), 213, 214.
chiris Roths. (Rothschildia, Rothschildia au¬
rola, 289, 297.
chrystii André (Bunaea), 87.
chryslii Sharpe (Bunaea, Lobobunaea). 85, 87.
cidosa Moore (Eriogyna pyrelorum), 209.
CINABRA Schüssl., 61.
CINABRA Sonth, 113, 129.
cincta Mab. (Perisomena, Tagoropsis, Pseu-
dantheraea), 41, 42.
cineracea Roths. (Copaxa), 184.
340
INDEX ALPHABÉTIQUE
cingalense Moore (Antheraea), 162.
cinnamomea Niep. (Antheraea). 162.
CIRINA Walker, «2, 131.
citrinarius Gaede (Lobobunaea et Pseudobu-
naea epithyrena), 125, 128.
cleoris Jord. (Imbrasia, Nudaurelia), 101, 100.
cleopatra Auriv. (Bunaea, Lobobunaea, Pseu-
dobunaea), 124, 127.
colini Bouv. (Eudaemonia, Eustera), 47, 48.
columbia Smith (Samia, Platysamia, Hyalo-
phora), 273, 274.
columbana Draudt ( Telea godmani), 160.
cometes Guén. (Actias, Iropaea), 260.
COMETESIA Bouv. 253.
complexa Tutt. (hybr), 222.
compta Kot. et Jord ( Antheraea), 160. 164.
condor Staud. (Attacus, Rothschildia), 283, 285.
confusa Niep. (Antheraea frithi), 163.
confuci Moore (Antheraea), 162.
congolana Bouv. ( Decachorda), 23, 29.
congolana Bouv. ( Drepanoptera ), 307, 308.
congolensis Bouv. (Nudaurelia staudingeri,
Gonimbrasia), 116, 119.
congolensis Obthr. (Bunaea), HO.
conjuncta Bouv. ( Drepanoptera), 308, 311.
conradsi Gaede (Nudaurelia, Gonimbrasia,
Acanthocampa), 104.
conradsi Reb. (Nuraudelia, Nud. staudingeri),
95, 104.
constans Stgr. (Antheraea), 162.
continua Schulz (Eudia spini), 221.
conversa Schulz (Eudia pavonia), 221.
convexa Bouv. ( Imbrasia epimelhea osbcura),
108. 110.
COPAXA Walker, 142, 176.
copaxoides Dyar (Agapema, Saturniodes), 175,
176.
cordieri Bouv. (Drepanoptera), SOS, 311.
cordifolia Weym. (Antheraea), 155, 162.
corticea Jord. (Ludia), 6, 8.
COSCINOCERA Butl., 262, 332.
cotei Test. (Drepanoptera), 306 (note).
coxeyi Schaus (Rothschildia), 289, 291.
crameri Feld (Attacus), 326, 327.
crameri Kirby (Imbrasia, Imbr. epimethea),
109.
cribrelli Butl. (Geranchia, Cer. apollina), 147.
CRICULA Walker, 14 2, 235.
CREMASTOCHRYSALLIS Karsch, 42.
crenulata Fawc. (Eudia), 37.
cruentata Bouv. ( Rothschildia), 284, 295.
cydippe Drace (Attacus. Copaxa), 182. 184.
cynthia Drury (Phalaena attacus, Saturnia,
Attacus, Philosamia, Samia), 315, 319.
cyrene Weym. (Bunaea, Lobobunaea, Pseu-
dobunaea), 125. 128.
CYRTAGONE Roths., 24.
GYRTOGONE Walker, 24.
CYRTOGONIINAE, Pack, 20.
cytherea Fabr. (Bombyx, Aglia. Saturnia,
Antheraea, Nudaurelia), 98, 104.
dahli Weym. (Syntherata, Synth. godetîroyi).
189.
daltonae Tams ( Antistathmoptera ), 45, 48.
damarensis Schul. ( Epiphora vera), 304.
damartis Jord (Loepa, Loe. katinka), 233, 235.
daula Tams (Gynanisa maia), 139.
davidi Obthr. (Saturnia, Rhodia, Rhodinia),
265, 267.
deborah Weym. (Bunaea). 119.
DECACHORDA Auriv., 27.
DECACHORDIICAE Bouv, 19, 26.
decolor Le C. (Goodia), 18.
decorata Schultz (Eudia pavonia), 221.
decrescens Walker (Antheraea, Copaxa), 181,
184.
denda Druce (Antheraea, Copaxa), 181, 184.
de beeri Obthr. (Bunaea ca/fra), 92.
defasciata Schulz ( Eudia pavonia), 221.
deflexa Schulz ( Eudia pavonia), 221.
delegata Swinh. (Antheraea), 159, 164.
delegorguei Bdv. (Ludia), 7.
deletum Jord. (Orthogonioptilum), 12, 14.
dentala Hamps, 8.
dentifera M. et W (Copaxa, Pselaphelia), 33.
densilineata Obthr. (Bunaea alcinoe aslauga,
Bunaea ), 91, 92.
derosata Schaw. (Perisomenacaecigena), 202.
DESGODINSIA Obthr. 262. 312.
deuiitzi M. et W. (Ludia, Henucha, Vegetia), 9
deyrollei Thoms. (Saturnia, Bunaea, Imbrasia),
108. 11 0.
dialitha Tams ( Pseudaphelia ), 35, 36.
diana Hutt. (Plectropteron), 252.
diana M. et W. (Actias, Argema maenas).
259.
diana Obthr. (Saturnia, Rhodia, Rhodinia
fugax), 265 , 267.
dictynna M. et W. (Actias), 250, 252.
dictynna Walker (Tropaea, Trop, luna), 246,
247.
DICTYOPLOCA Jord. 142, 203.
dido M. et W. (Eochroa, Gonimbrasia her-
silia, Bunaeopsis hersilia), 75, 77,
dione Fabr. (Bombyx, Antheraea, Nudau¬
relia), 100, 105.
dione M. et W. (Antheraea), 105.
dione Pack. (Antheraea), 105.
diospyri Mab. (Saturnia, Bunaea), 91, 92.
diospyri Schussl. (Bunaea alcinoe aslauga),
92.
discrepans Butl. (Copaxa, Pseudantheraea),
43.
disjuncta Walker (Antheraea), 189.
distincta Niep. (Argema), 253.
divaricatus Bouv. (Aurivillius aratus), 67.
dixeyi Tutt (hyhride), 222.
dohertyi Roths. (Attacus), 326, 327.
dohertyi Seitz (Attacus), 322.
dolabella Drue. (Antheraea, Bunaea, Nudau¬
relia, Ubaena), 121.
INDEX ALPHABÉTIQUE
341
dollmani Jord. (Orthogonioptilum adiegetum ),
12, 14.
dorcas Walker (Imbrasia, Imbrasia epimet-
thea), 109.
draudti Bouv. (Rothschildia poecilator), 288.
292, 296.
draudti Benj. (Rothschildia forbesi), 297.
draudti Niep. (Copaxa), 183.
drepanoides Moore ( Cricula, Solus), 287, 240.
DRePANOPTERA Roths., 262, 304.
dubernardi Obthr. (Argema), 255 , 259.
ducalis Jord ( Vegetia ), 9.
ducorpsi de Fl. (Cyrtogone, Micragone), 24, 25.
dulcineaButl. (Tropaea, Actias seleneartemis,
232.
durbania Obthr. (Bunaea caffraria), 92.
dyops M. et W. (Saturnia, Heniocha), 56, 57.
eblis Streek. (Saturnia, Bunaea, Imbrasia,
Nudaurelia, Lobobunaea). 84, 86.
edentata Schulz (Endia pavonia), 224.
editha Wich. (Nudaurelia et Gonimbrasia
macrophthalma), 77.
edwardsi White (Attacus, Archaeoattacus).
321, 322.
elegans Bouv. (Lobobunaea), 84, 81.
elesia Jord. (Cricula andrei), 237.
elisa Wichg. (Nudaurelia macrophthalma,
Gonimbrasia, Bunaeopsis hersilia), 75, 76.
elisabethae Bouv. ( Micragone ), 23, 25.
elucidata Grünb. (Argema mimosae), 259.
emini Butl. (Antheraea, Gonimbrasia, Nudau¬
relia), 97, 105.
emini Sonth. (Nudaurelia dione), 104.
engaea Turn. (Antheraea, Caligula, Austroca-
ligula loranthi, Opodiphthera), 192, 193.
KOCHROA Feld., 64, 110.
EOSIA Le C., 30, 37.
epimedea H. Sch. (Eacles), 109.
epimethea Drury (Phalaena attacus, Saturnia,
Bunaea, Gonimbrasia, Imbrasia), 108, 109.
EP1PHORA Wall., 262, 298.
episcopalis Kaiser (Antheraea), 231.
epithyrena bist. (Bunaea), 128.
epithyrena M. et W. (Bunaea, Lobobunaea,
Pseudobunaea), 125, 128.
epithyrena Sonth. (Bunaea), 127.
equatorialis Reb. (Rothschildia orizaba, au-
rota ), 289, 292, 297.
erebus Früh. (Attacus, Attacus atlas), 326, 327.
ERIOGYNA Jord. 142, 207.
ertli Reb. (Imbrasia, Imbrasia epimethea),
108, 109.
erycina Shaw (Phalaena, Attacus, Roths¬
childia) 290, 297.
erythrotes Karsh (Bunaea, Gonimbrasia, Lo¬
bobunaea), 83, 86.
ethra Oliv., Burm. (Bombyx, Attacus), 296.
ethra Westw. (Saturnia, Bunaea, Gynanisa,
Athlètes), 136.
EUDAEMONIA Hübn, 43.
EUANURAEA Wats., 253.
eucalypti Scott (Antheraea, Caligula, Austro-
caligula, Opodiphthera), 193.
EUDIA Jord. 143, 219.
eulouvainia Wats. (Samia cynlhia ), 316.
EUPACKARD1A Cock., 262, 277.
EUPHHANOR H. Sch., 235.
euryalus Bdv. (Saturnia, Samia), 274.
eurystheus Roths. (Coscinocera hercules), 335,
836.
EUSTERA Dune., 30, 45.
falcata Auriv. (ÎTagoropsis, Goodia nubilata),
17.
fallax Jord. (Caligula boisduvali), 213, 214.
falloui Schüssl. (Antheraea frithi), 103.
fasciata Gaede (Nudaurelia gueinzii), 105.
fasciata Moore (Antheraea), 162.
feae Auriv .(Epiphora. Drepanoptera), 505, 304.
felderi Roths. (Nudaurelia, Gonimbrasia be-
lina), 117 , 119.
felicis Obthr. (Tropaea, Actias) 249, 252.
fentoni Butl. (Antheraea). 164.
ferruginea Bouv. (Bunaea, Gonimbrasia,
Bunaeopsis), 71, 72.
fervida Jord. (Austrocaligula, Opodiphthera),
192, 193.
festiva Jord. (Ludia hansali), 7.
fickei Weym. (Antheraea), 158, 163.
flava Bouv. (Pseudaphelia), 35, 36.
flavescens Roths. (Nudaurelia anthina, Nud.
wahlbergi), 100, 106.
flavida Butl. (Saturnia, Heniocha, Hen. apol-
lonia, 56, 57.
flavina Draudt (Copaxa canella), 183.
flavinata Walker (Copaxa, Dreata, Tago-
ropsis), 41, 42.
flavobrunnea Bouv. (Copaxa canella), 180, 183.
flavomaculata Schultze (Eudia pavonia), 221.
flavomarginata Gaede (Pseudaphelia), 35 . 36.
franchi Wats. (Uictyoploca simla), 205, 207.
fraterna Moore (Antheraea, Anth. frithi), 163.
frithi Moore (Antheraea, 157, 163.
forbesi Benj. (Rothschildia), 297.
forda Westw. (Saturnia, Bunaea, Cirina), ISS.
foucheriBouv. (Opodiphthera, Neodiphthera),
198-200.
fugax Butl. (Rhodia, Rhodinia), 265, 267.
fillleborniana Karsch (Nudaurelia, Ubaena
dolabella, 121.
fulva Jord. (Samia cynlhia), 316.
fulvescens Schulz (Saturnia pyri), 218.
fulvescens Sonth. (Guillemeia). 17.
fulvia Drtice (Lechenopteryx, Decachorda),
28, 29.
fumosa Schüssl. (Pseudantheraea subocel-
lata), 42.
fumosa Roths. (Nudaurelia et Melanocera
menippe), 60, 61.
342
INDEX ALPHABÉTIQUE
fasca Roths (Antheraea jana, Anlh. paphia),
me, us.
fusca Schulz ( Eudia spinï), 221.
fuscicolor Mab. (Saturnia, Bunaea, Bun.
aslauga, Bun. auricolor), 99.
fusco-fasciatus Bouv . ( Samia cynlhia), 316.
fuscus Rolhs. (Nudaurelia et Aurivillius ara-
tus), 67.
gabonensis Test. ( Drepanoptera), 306 (note).
galeropa Püng. ( Néons huttoni), 224.
galtiae gloria Obthr, (Graëlsia), 243.
gazellae Niep. (Antheraea et Opodiphthera
sciron, Neodiphtera), 199, 200.
gemmifera Bull. (Copaxa, Tagoropsis, Psela-
phelia), SS.
geniculipennsis Strand (Carnegia), 14.
gepliyra Niep. ( Antheraea ). 136, US.
germaini Bouv. ( Nudaurelia ), 102, 106.
gerresheimi Strand (Imbrasia deyrollei), HO.
getula M. et W. (Philosamia, Drepanoptera
vacuna), 311.
ghesquieri Talb. (Gudaemonia et Eustera
brachyura), 47.
gigas Sonth. (Gynanisa, Athlètes), 136.
gladialor Früh. (Attacus allas), 330. 331.
gloveri Streck. (Platysamia, Attacus, llyalo-
phora), 273, 274.
gnonia Butl. (Tropaea, Actias selene, Act.
artemis), 249, 232.
godeffroyi Butl. (Svntherata, Synth. janetta),
ISS, 1S9.
godmani Druce (Metosamia, Telea), 166, 169.
GONIMBRASIA Butl., 112, 113, 116.
GON1MBRAS1A Schüssl, 104.
goniata Roths. (Ludia), 7.
goodi Holl. (Bunaea, Lobobunaea), SS, 86.
GOODIA Holl, 4, 15.
GOODIICAE Jord., 4, 11.
GOODIINAE Bouv., 11.
gounelli Bouv. (Rothschildia), 287, 296.
GRAÉLLSIA Grote, 241.
grand paon do nuit, 215.
grimmia Geyer (Saturnia, Henucha), Vegetia, 8.
grotei Moore (Saturnia, Caligula), 212. 214.
gschwandneriReb. (Nudaurelia), 96, 101, 104.
gueinzii Staud. (Antheraea, Nudaurelia, Nud.
dione), 99, 105.
guerreronis Draudt (Rothschildia jorulla), 286,
296.
GU1LLEMEIA Sonth , 11.
guineensis Bouv. ( Rohaniella), 62, 63.
GYNANISA Walker, 113, 136.
habenichti Wichg. (Melanocera inenippe), 61.
hanningtoni Butl. (Copaxa, Tagoropsis), 41,42.
hansali Strand (Ludia), 6, 7.
hansali Butl. (Henucha), 8.
haraldi Schaw. (Neoris huttoni), 224.
harti Moore (Antheraea), 155, 162.
haversoni Wats. ( Eudia spini), 221.
hebe M. et W. (Imbrasia, lmb. epimethea ),
108, 110.
helena White (Saturnia, Antheraea, Caligula,
Austrocaligula, Opodiphthera), 193.
helena André (Antheraea), 193.
helferi Moore ( Antheraea. Caligula), 159, 164.
HENIOCHA H. Sch., 33.
HENIOCHA Hiibner, 54, 55.
HENIOCHA Schüssl., 48.
HENUCHA Westw., 5, 8, 9, 10.
heptapora Fawc. (Goodia oriens et smithi), 18
heraclides J. et T. (Coscinocera hercules), 335.
336.
AercuiesMisk. (Attacus, Coscinocera), 334, 335-
herilla Westw. (Saturnia, Cyrtogone, Micra-
gone), 24, 26.
Iierilloides Bouv, (Micragone), 23, 25.
heringi Draudt ( Saturniodes miitlerana), 176.
héros Roths. (Coscinocera hercules), 335, 336.
herourn Oblhr. (Bunaea), 104.
hersilia Weslw. (Saturnia, Antheraea,Nudau¬
relia, Gonimbrasia, Bunaea, Bunaeopsis),
75, 76.
hersilioides de Fl. (Nudaurelia, Gonimbrasia),
76.
hesperus Cram. (Phalaena attacus), 297.
hesperus Draudt (Rothschildia), 296.
hesperus L. (Phalaena attacus, Rothschildia),
286, 292, 295.
hesperus L., Auriv. (Phalaena attacus,
Attacus), 296.
helerogyna Mell. (Actias), 250, 253.
heyeri Weym. (Bunaea, Lobobunaea, Pseu-
dobunaea , 124, 127.
hierax Jord. (Goodia), 16, 17.
hockingii Moore (Saturnia), 214.
hoeneli Roths. (Nudaurelia, Gonimbrasia),115,
118.
hollandi Butl. (Goodia, Goo. kuntzei), 17).
110LOCER A Feld, 10.
HOLOCERINAE Bouv., 3.
homogena üyar (Agapema), 171, 172.
hopU'eri Feld. (Attacus, Rothschildia),291,297.
horsini Bouv. (Aurivillius), 67.
huebneri Kirby (Antheraea), 104, 119.
hybrida O (hybride), 222.
hyperbius Westw. (Saturnia, Bunaea, Gonim¬
brasia, Cinabra), 136.
huttoni Moore (Saturnia, Neoris), 224.
11YALOPHORA Dune., 261, 269.
IMBRASIA llübn., 64, 106.
imitalor Draudt (Rothschildia betis), 292, 295.
immaculata Bouv. (Pseudobunaea epithy-
rena), 128.
impar Auriv. (Goodia), 15.
iinperator Kirby (Attacus), 328.
imperator Wats. (Antheraea, Antheraea hel¬
feri), 159, 164.
INDEX ALPHABÉTIQUE
3*3
inca Roths. (Rothschildia jorulla), 286, 296.
incana Sonth. (Guillemeia, Orthogonioptilum ),
13.
incerta Bouv. (Attacus atlas), 829.
infumata Newsh. (Eudia pavonia). 221.
inopinatus J. et L. (Attacus crameri ), 326,
327.
inornata Sonth. (Bunaea, Lobobnnaea epi
thyrena), 129.
insignis Le C. (Eosia), 37.
insignis Walker (Antheraea;, 189.
insularis Walker (Satnia cynthia), 317.
insularis Wats. (Antheraea frithi), 186, 163.
intermedia Bouv. (Opodiphthera, Neodiph-
thera), 799, 200.
intermedia Jord. (Ludia obscura), 9.
intermedia Lucas (Antheraea, Caligula, Aus-
trocaligula, Aust. helena, Opodiphthera ),
193.
intermedia Slrand (Imbrasia deyrolli), 110.
intermiscens Walker (Antheraea, Nudaurelia,
Gonimbrasia), 86.
iqvenusta Wall. (Sculna), 133.
inversa Roths. (Opodiphthera, Neodiphlliera).
200 .
invittata Schullz (Salunia pyri), IIS.
iris Jord. (Salassa), 230, 231.
isabellae Graëlls (Saturnia, Attacus, Actias,
Graëllsia), 231.
isis Sonth. (Argenta et Sonthonnaxia maenas),
256, 259.
isis Westw. (Saturnia, Gynanisa, Gyn. maia),
138, 139.
jacobaeae Walker (Attacus, Rothschildia),
290, 297.
jacksoni Jord. (Bunaea, Nudaurelia, Gonim¬
brasia arabella, Bunaeopsis), 70, 71.
jaintiensis Wats. (Diclyoploca simla), 205,
207.
jama Reb. (Gynanisa maia), 139.
jamesoni Druce (Bunaea, Gonimbrasia, Nu¬
daurelia, Lobobunaea), 82, 86.
jana Stoll (Phalaena attacus, Antheraea,
Anth. papliia), 156, 163.
janetta White (Saturnia, Antheraea, Synthe-
rata), 188, 189.
jankowskii Oblhr. (Saturnia, Rhodia, Rho-
dinia), 265, 267.
japonica Moore (Saturnia, Caligula, Dictyo-
ploca), 205, 206.
javana Wals. (Cricula trifenestrata), 239.
javanensis Bouv. (Antheraea frithi, Anlli.
paphia), 157, 163.
javanensis Bouv. (Antheraea helferi), 164.
javanensis Bouv. (Attacus atlas), 330.
jebbae Sharpe (Nudaurelia, Gonimbrasia, Bu¬
naeopsis), 75, 77.
ie/feryi Bouv. (Bunaeopsis, Parabunaeopsis,
Acanthocampa conradsi), 78, 79.
joiceyi Bouv. ( Micragone ), 23, 26.
joiceyi Bouv. (Opodiphthera, Neodiphthera),
198, 200.
joiceyi Bouv. (Coscinocera hercules), 335, 336.
joinvillea Schaus (Copaxa), 180, 183.
jonasi Butl. (Caligula boisduvali, Neoris,
Caligula), 213, 215.
jorulla Westw. (Saturnia, Attacus, Roth¬
schildia), 286, 296.
jorulla Pack, et Cock. (Rothschildia), 296.
jorulloides Dognin (Attacus, Rothschildia
jorulla), 287, 296.
jorulloides Pack, et Cock. (Rothschildia), 296.
josephinae Schaw. (Eudia pavonia), 221.
juncta Strand (Pseudaphelia leporina), 42.
junodi Obthr. (Imbrasia epimethea ertli ), 109.
junodi Obthr. (Cyrtogone), 23.
kafubuensis Bouv. (Nudaurelia), 96, 103.
Icahli Holl (Goodia, Orthogonioptilum), 12, 13.
karemii Bouv. ( Pseudaphelia), 35, 36.
kasaiensis Bouv. (Nudaurelia, Gonimbrasia),
104.
kasloensis Cock. (Hyalophora rubra), 273.
katinka Westw. (Saturnia, Antheraea, Loepa),
233, 233.
kitalei Bouv. (Cinabra hyperbius), 130.
kitalina Bouv. (Uecachorda bouvieri), 29.
knyvetti Hamps. (Antheraea), 155, 162.
korintjiana Bouv. (Antheraea roylei), 155,
162.
kransi J. et L. (Cricula trifenestrata).
kuntzei Dew. (Saturnia, Goodia, Gampimo-
ptilum), 17.
lacrymans Niep. (Tropaea luna), 237.
laeta Jord. (Ludia obscura), 8.
lambertoni Bouv. (Tagoropsis, Pseudanthe-
raea), 31, 32.
laoliana Test. (Actias), 239 (note).
larissa Westw. (Saturnia, Antheraea), 159,
163.
larissoides Bouv. ( Antheraea ), 159, 164.
LASIOPTILA Butl., 27.
latifasciata Sonth. (Nudaurelia), 102, 106.
latona Roths. et Jord. (Actias et Argema
maenas), 239.
lavendera Westw. (Saturnia, Copaxa), 179.
183.
lebeaui G.-M. (Attacus, Rothschildia), 283,
295.
le cerfi Test. ( Drepanoplera ), 306 (note).
LECHENOPTERYX Druce, 27.
le maii Le Moult ( Salassa ), 230, 231.
leopoldi Bouv. (Bunaea, Lobobunaea ), 83, 86.
leporina Obthr. (Tagoropsis, Syntherata, Pseu-
dantheraea), 31, 32.
lestrvgon Mab. (Antheraea, Bunaea, Lobo¬
bunaea phaedusa), 87.
leto Doubleday (Saturnia, Tropaea, Actias,
Argema), 239.
344
INDEX ALPHABETIQUE
I.EUCOPTERYX Pack,, 56, 57.
liberiensis Bouv. ( Drepanoptera ), SOT, SH.
licharbas M. et W. (Antheraea, Bunaea, Nu-
daurelia, Gonimbrasia, Bunaeopsis), 75, 76.
lichenodes Holl. (Cyrtogone, Aficraçone), 24,26.
lichlenba Dyar (Rothschildia), 286, 296.
limbobrunnea Jord. (Ludia), 8.
lindia Moore (Saturnia, Caligula). 2T2, 214.
lineata Bouv. (Drepanoptera vacuna). 308, SH.
lindti Griinb (Heniocha, Heniocha apollonia),
56, 57.
LOBOBUNAEA Pack., 65, 79.
LOEPA Moore, 143, 23t.
loepoides Bull. ( Syntherata ), 7 88, 7 89.
Iota Westw. (Saturnia. Antheraea, Stlassu),
230, 231.
longicaudata Holl. ( Imbrasia, Gonimbrasia,
Imbr. epimithea), 108, 110.
loranthi Lucas (Antheraea, Caligula, Austro-
caligula, Opodiphtera), 192, 193.
lorquini Feld. ( Attacus, Att. atlas, Alt. cra-
meri), 326, 327.
luciana Roths. (Rothschildia erycina),291, 297.
lucida Roths. (Imbrasia et Nudaurelia cylhe-
rea), 98, 103.
luciphila Strand (Ludia), 8.
luctif'era Jord. (Eriogyna pyretorum), 209.
LUDIA Wall, 4, 5.
LUDIICAE Jord., 4, 5.
LUDIIDAE Bouv., 3.
LUDIINAE Auriv., Jord., 3.
lueboensis Bouv. (Bunaeopsis), 74, 76.
lugardi Kirby ( Epiphora ), SOS, 304.
lugubris Niep. (Antheraea), 162.
luminosa Bouv. ( Carnegia ), 75.
lunata Holl. ( Goodia), 16, 17.
lunata Bouv. et Riel (Goodia), 17.
lunuloides Reb. (Samia cynthia ricinï), 317.
lapina Roths. ( Tagoropsis), 41, 42.
lutea Bouv. (Nudaurelia), 99, 105.
luteola Bouv. (Pseudaphelia), 35 , 36.
lutescens Tutt. (Eudia pavonia), 221.
luzonica Jord. (Cricula trifenestrala), 238.
luzonica Wats. ( Samia cynthia), 317.
maenas Doubleday (Actias, Argema, Sonthon-
naxia), 256, 259.
maasseni Kirby (Tropaea. Actias selene ning-
poana), 252.
maasseni Strand (Bunaea, Nudaurelia, Go¬
nimbrasia. Bunaeopsis), 252.
macromaia Strand (Gynanisa maia), 139.
macrophlhalma Schultze (Eudia spini), 221.
macrops Bouv. (Epiphora), 303, 304.
macrops Reb. (Nudaurelia, Nud. emini), 97,
104.
macrolhyris Roths. (Bunaea, Lobobunaea,
Imbràsia, Nudaurelia), 96, 104.
madagascariensis Barti. (Tropea, Argema),
260.
madagascariensis Sonth. (’lagoropsis subo-
cellata, Syntherata), 40, 42.
magdalena Grünb. (Epiphora, Drepanoptera,
Drep. anlinorii ), 306, 311.
maia Klug (Saturnia, Gynanisa), 138, 139.
major O (hybride), 222.
mandschurica Staud. (Actias selene), 252,
mangiferae Bdv. (Saturnia), 147.
manillensis Bouv. (Samio cynthia), 316.
mannana Schaus (Copaxa), 180, 183.
mannus Friihs. (Attacus allas), 330, 331.
mannoviana Bouv. (Pseudaphelia), 36.
mannoviensis Gschw. (Drepanoptera vacuna),
308 (note), 311.
manonis Matsu. (Dictyoploca, Dict. japonica),
207-
marginicula J. et T. (Epiphora et Drepanop¬
tera antinorii), 306, 311.
marginiluteaBouv. (Pseudaphelia simplex),36.
marnois Rog. (Saturnia, Heniocha dyops), 56,
57.
marocana Austaut (Saturnia atlantica), 218.
marona Schaus (Copaxa, Cop. decrescens).
184.
martha Roths. (Rothschildia erycina), 291,
297.
marwitzi Weym. (Epiphora), 304,
matheri Vall. (Saturnia atlas), 218.
maurus Burm. (Attacus, Rotschildiu ), 287,
296.
maurus Schreit. (Rothschildia), 296.
maurusius Draudt ( Rothschildia), 286, 296.
maurusius Schreit. (Rothschildia), 296,
mcmuelleni Wats. (Attacus atlas), 329, 331.
medea Maas. (Saturnia, Saturniodes). 175, 176.
media Staud. (hybride), 222.
megacore Jord. (Loepa, Loe. hatinka), 233, 234.
megastica Swinh. (Salassa, Sal. thespis, Sal.
lola), 231, 232.
melaina Schüssl. (Antheraea), 162.
MELANOCERA Sonth., 54, 58.
mélanocérien (groupe), 54.
melanoneura Roths. (Gonimbrasia, Lobobu¬
naea), 84, 86.
melanops Bouv. (Imbrasia epimethea), 110.
melanopsis Statt. (Eudia pavonia), 221.
melinde M. et W. (Bunaea, Lobobunaea,
Pseudobunaea), 126, 129.
meloui Riel (Bunaea. Lobobunaea, Lobobu¬
naea epithyrena, Pseudobunaea ), 126, 129.
melvilla Westw. (Saturnia, Syntherata ja-
netta), 189.
mendocino Behr. (Saturnia, Calosaturnia), 173.
menippe Westw. (Saturnia, Antheraea. Mela-
nocera). 61.
meridana Roths. (Rothschildia orizaba), 288,
292, 296.
meridionalis Bouv. (Caligula boisduvali ), 213
meridionalis Calb. (Saturnia, Eudia pavonia),
220 , 222 .
INDEX ALPHABÉTIQUE
345
mesosa Jord. (Salassa), 230, 231.
mexicana Draudt (Rolhschildia splendida),
297.
mezankoria Moore (Anlheraea), 164.
MICRAGONE, Walker, 24.
MICRAGONIICAE, Bouv., 18,20.
micrinus, Draudt (Rolhschildia, Roth, lichten-
ba), 284, 292. 295.
microphthalma Schultz (liudia spini), 221.
miles Jord. (Saturniodes medea), 175, 176.
mimosae Bdv. (Saturnia, Actias, Argema),
255,259.
minahassae Niep. (Anlheraea, Anth. cordifo-
lia), 158, 168.
mindanaensis Reb. (Samia cynthia), S16.
mindanaensis Sehüssl. (Loepa kalinka),234
minor Holl (Eudaemonia et Eustera bra-
chyura), 47.
mirabilis Auriv. (Holocera, Carnegia), 15.
miranda Moore (Loepa, Loe. katinka), 234,
235.
mitfordi Kirby (Bunaea, Lobobunaea), 84,86.
mittrei G. M. (Bombyx, Tropaea, Cometesia,
Argema), 256, 259.
modesla Bouv. (Drepanoplera), 307, 811.
moesla Reb. (Nudaurelia et Ubaena dolabella),
121 .
mollis Bull. (Geranchia, Leucopleryx), 58.
monacha Niep. (Anlheraea, Neodiphlhera,
Opodiphthera pristina), 198, 200.
monochromum Karsch (Orthogonioptilum
prox), 12, 14.
monlezuma Salle (Samia, Telea. Metosamia),
166, 169.
mopsa Walker (Bunaea, Imbrasiaepimethea),
1u9.
morana Schaus ( Rolhschildia ), 287, 296.
morlandi Roths. (Bunaea, Lobobunaea, Pseu-
dobunaea), 125,128.
morosa Butl. (Antheraea), 164.
moultoni Wats. (Antheraea, Anth. frithï), 157,
168.
m'palensis South. (Nudaurelia, Gonimbrasia,
Parabunaeopsis), 78, 79.
mucida Saal (Geranchia) 147.
muellerana Dyar (Agapema, Saturniodes),
175, 176.
multifenestrata H. Sch. (Euphranor, Copaxa,
Cricula), 182, 184.
mylitta Drury (Phalaena, Attacus, Bombyx,
Antheraea, Anth. paphia), 155, 162.
mylitta Walker (Antheraea), 162.
mylittoides Bouv. ( Antheraea ), 155, 162.
myrtea Reb. (Nudaurelia gueinzii), 99, 105.
mylhimnia Westw. (Saturnia, Attacus, Epi-
phora), 302, 304.
mysorensis Bouv. (Attacus atlas), 329.
nadari Bouv. (lmbrasia erlli), 108, 110.
nadari Bouv. (Copaxa), 239.
natalensis Auriv. (Bunaea, Lobobunaea,
Pseudobunaea), 125, 128,129.
natalensis Feld. (Tagoropsis), 42.
nebulosa Hutt. (Antheraea), 162.
nenia Westw. (Saturnia, Gyrtogone, Micra-
gone), 24, 25.
nereis Roths. (Nudaurelia, Melanocera), 69.
NEORIS Moore, 143, 222.
neuvillei Le C. (Nudaurelia et Gonimbrasia
oubie, Bunaeopsis rothschildï), 70, 72.
newara Moore (Loepa, Rhodia, Rhodinia),
266, 267.
nictitans Fabr. (Bombyx, Saturnia, Bunaea,
Gonimbrasia), 117, 119.
niepelti Gschw. (Drepanoptera), 304.
niepelti Strand (Bunaea, Lobobunaea), 83, 86.
nigericola Strand (Bunaea, Bun. macroph-
thalma et elisa), 76.
nigra Bouv. (Gynanisa maia), 189.
nigrescens Roths. (Rolhschildia erycina), 291,
297.
nigro-oculata Bouv. (Opodiphthera et Neo-
diphthera papuana), 197,200.
nilotica Jord. (Holocera angulala), 11.
ningpoana Feld. (Actias selene), 250, 252.
nodulifera Karsch (Tagoropsis, Goodia), 17.
nokomis Brod. (Platysamia columbia), 274.
nubica Jord. (Bunaea), 90, 92.
nubifera Holl. (Micragone), 24, 25.
nubilala Holl. (Goodia), 16, 17.
nubilata Strand (Goodia nodulifera), 17.
nubillata Sonth. (Goodia), 17,
NUDAURELIA Rothschild, 68, 93.
numida Austaut (hybride), 218.
nyanzae Reb. (Athlètes ethra), 136.
nyassana Roths. (lmbrasia et Nudaurelia
gueinzii ), 99, 105.
nyassana Strand (Ludia), 8.
nycialops Wall. (Thyella), 92.
oberthilri Bouv. (Aurivillius, Nudaurelia),
66, 61.
oberthilri Leech (Saturnia, Loepa), 234, 235.
oberthilri Wais. (Dictyoploca simla), 205, 207.
obliqua Bouv. (Nudaurelia rhodophila), 86.
oblitescens Schultz (Eudia spini), 221.
obscura Auriv. (Ludia), 7.
obscura Butl. (Gonimbrasia, lmbrasia, lmb.
epimethea), 108, 110.
obscura Butl. (Samia cynthia ricini), 317.
obscura Sonth. (lmbrasia). 109.
obscuripennis trand (Goodia lunata), 17.
obsoleta Tutt (Eudia spini), 221.
occidentalis Gschw. (Argema mimosae), 259.
occidentalis Roths. (Nudaurelia et Gonimbrasia
belina), 117, 119.
ochracea J. et T. (Pseudaphelia simplex), 36.
ochracea Reb. (Nudaurelia wahlbergi), 100,
106.
346
INDEX ALPHABÉTIQUE
ochracea-fasciata Schùltz ( Eudia pavonia),
221.
ochraceum Schüssl. (Càmpimoptilum, Goodia
kuntzei), 17.
ochreata Giünb. (Nudaurelia), 91. 104.
ochripicta Moore (Antheraea), 162.
ockendeni Druce (Saturnia, Saturniodes), 116.
olivacea Obthr. (Saturnia, Rhodia, Salassa),
229, 2S6.
olivescens Moore (Antheraea), 162 .
olivina Draudt (Copaxa decrescens), 184
omeishama Wats. ( Actias selene), 250 , 252.
omphale Butl. (Goscinocera hercules), SS5, 336.
opaca Bouv. ( Attacus allas), 328.
OPODIPHTHERA Wall, 142. 190,194.
oriens Hamps. (Goodia, Good. smilhi), 17.
orientalis Bouv. (Decachorda aspersa), 29.
orientalis Bouv. (Nudaurelia bamendana),
101 , 106.
orientalis Bouv. (Cirina forda), ISS.
orientis Le C. (Lobobunaea phaedusa), 87.
orios Dyar (Saturniodes), 176.
orinoplena Karsch (Ludia), 7, S.
orites Jord. (Rinaca zulei/ca), 226.
ornata Bouv. ( Antheraea raff'rayi ), 158, 163
ORTHOGONIOPT1LUM Karsch 4. 11.
orizaba Westw. (Saturnia, Attacus, Rolhschil-
dia), 288, 292, 296.
osimDruce (Antheraea, Nudaurelia et Gonim-
brasia belina), 116, 119.
oabie G. M. (Bombyx, Saturnia, Bunaea.
Nudaurelia, Gonimbrasia, Bunaeopsis), 70,
72.
oxylela Jord. (Goodia), 16, 17.
palacea H. Sch. (Tropaea), 36.
pales Weym. (Nudaurelia, Gonimbrasia', 117,
119.
pallens SouIh. (Bunaea, Lobobunaea, Pseudo-
bunaea), 126, 129.
pallula Bouv. (Attacus atlas), 330.
pancratia Weym. (Holocera), 13.
paphia Gram. (Phalaena attacus, Saturnia,
Anlheraea), 162.
paphia L. (Phalaena attacus, Bombyx, Anthe¬
raea), 156, 163.
papuanaRoÜis. (Opodiphthera, Neodiphthera),
197, 200.
PARABUNAEOPSIS Bouv., 63, 77.
PARARHODIA Cock .,261, 267.
paratyrrhena Bouv. (Lobobunaea, Pseudo-
bunaea ), 125, 128.
PARUSTA Roths., 30, 37.
parva Bouv. (Bunaeopsis et Parabunaeopsis
je/feryi), 79.
parva Roths. (Melanocera), 61.
pasteuri Bouv. (Antheraea), 163.
patens Bdv. (Bombyx), 133.
paterna Moore (Antheraea), 162.
patruelis Bouvier et Riel (Pseudobunaea), 128
patruelis Dist. (Bunaea), 128.
pauper Bouv. ( Nudaurelia cytherea), 98, 105.
PAVUN1A Hübn, 205.
pavonia major Sonlh. (Bombyx, Attacus,
Saturnia), 218.
pavonia media Esp. (Phalaena, Attacus, Sa¬
turnia), 222.
pavonia minor L. (Bombyx, Attacus, Satur¬
nia), 222.
pavoniella Scop. (Bombyx), 222.
pavunculus Retz. (Bombyx), 222.
pearsoni Wats. (Eriogyna pyretorum), 209.
pelosoma Rolhs. (Hpiphora, Drepanoptera), 306,
311.
Perisomena Walker, 142, 200.
pernyi G. M. (Bombyx, Saturnia, Attacus,
Antheraea), 154, 161.
perrotteti G. M. (Saturnia, Antheraea), 158,
164.
persephone Slaud. Nudaurelia), 105.
perspicuus Butl. ( Epiphora ), 303, 304.
peruviana Roths. (Rolhschildia orizaba, Roth.
aurola), 289,297.
petiveri G. M. (Bombyx), 105.
petit paon de nuit, 222.
phaeax Jord. ( Lobobunaea ), 85, 87.
phaedusa Drury (Phalaena attacus, Bunaea,
Lobobunaea), 85 , 87.
phidias Weym. (Nudaurelia, Gonimbrasia,
Bunaeopsis), 74, 76.
philippina Bouv. (Attacus crameri), 326, 327.
PH1LOSAM1A Grote, 313.
platessa Roths. (Antheraeajana, Anth. paphia),
156, 163.
PLATYSAMIA Grote, 270.
PLECTROPTERON Hutt., 248.
plenkeri Feld. (Copaxa), 183.
ploelzi Weym. (Samia. Philosamia, Drepa-
noplera, Drep. vacuna), 308, 311.
plumicornis Butl. (Bunaea, Bun. auricolor,
Bun. alcinoe aslauga), 91, 92.
poecilalor Draudt ( Rothschildia , Roth, hespe-
rus), 288, 296.
polyommata Tepper (Platysamia), 279.
polyphemus Cram. (Phalaena attacus, Bom¬
byx, Telea), 166, 169.
pomona Weym. (Dreata, Decachorda), 29.
pratti Bouv. (Antheraea helferi), 160, 164.
prelarissa Bouv. (Antheraea), 158, 164.
j crinceps Le C. (Nudaurelia. Bunaea. Bunaeop¬
sis), 71, 72.
prionia Rolhs. (Rotschildia), 287, 296.
prionidia Draudt (Rothschildia orizaba), 285,
288, 292, 296.
pristina Walker (Antheraea, Neodiphthera),
197, 200.
pristina Pack, et Cock. (Opodiphthera), 200.
privata Schulz (Rhodinia fugax), 266 (note),
procyon Plôtz (Attacus), 296.
promethea Drury (Phalaena attacus, Samia,
Hyalophora. Callosamia). 276, 277.
INDEX ALPHABÉTIQUE
3*7
prox Karsch (Orlhogonioptilum), 72, 13.
pryeri Butl. (Samia cynthia ), SU.
PSELAPHELIA Auriv., 30, Si.
PSEUDANTHERAEA Gaede, SS.
PSEUDANTIIERAEA Weym. 30. 42.
PSEUDAPHELIA Kirby, 30, 33.
PSEUDAPHELIICAE Bouv.. 19,29.
Pseudaphéliicés anoures, 30, 31.
Pseudaphéliicôs macroures, 30, 43.
PSEUDOBUNAEA, 112, 121.
PSEUDOLUDIA Strand, 4, 9.
pulchra Moore (Antheraea), 162.
pumila Bouv. (Imbrasia truncata), 110.
puncligera Wall. (Thyella), 92.
pupillata Strand (Ludia), 7.
purpurascens Draudt (Copaxa decrescens),
18*.
purpurascens Walker (Antheraea), 189.
pygeta Uruce (Bunaea, Gonimbrasia, Cinabra,
Rohaniella pygmaea), 62.
pygmaea Bouv. (Copaxa lavendera), ISS.
pygmaea Bouv. (Urepanoptera ploetzi), 309,
SU.
pygmaea M. et W. (Bunaea, Cinabra, Roha¬
niella), 62.
pyretorum Westw. (Saturnia, Heniocha, Erio-
gyna), 209.
rajfrayi Bouv. (Antheraea), 158, 163.
rebeli Gaede (Pseudaphelia simplex), 36.
recta Bouv. (Sonthonnaxia maenas), 239.
rectifascia Roths. (Epiphora, Urepanoptera),
307, 311.
rectilinea Oblhr. (Thyella, Nudaurelia et An-
gelica zambesia, Gonimbrasia zambesina),
115, 11S.
reclilineala Bouv. (Rothschildia lebeaui ), 292,
295.
reclilineata Sonth. (Nudaurelia, Parabunae-
opsis). 7S, 79.
redlichi Weym. (Bunaea, Lobobunaea,
Pseudobunaea ), 125, 12S.
reducta Neum. (Hyalophora gloveri), 274.
reducta Reb. (Nudaurelia, Parabunaeopsis),
7S, 79.
regalis Reb. (Bunaea), 10*.
reginae Bouv. (Bunaea), 86
rendalli Roths. (Bunaea, Nudaurelia, Bunae-
opsis hersilia), 75, 77.
rendalli Roths.(Bunaea, Gonimbrasia hersilia),
130.
rendalliana Gaede (Nudaurelia, Gonimbrasia),
77.
reticolens Butl. (Ceranchia, Cer. apollina ),
147.
rhodesiensis Janse (Holocera), 10, 11.
RHODIA Moore, 263.
RHODIICAE Bouv., 261, 262.
rhodina Jord. (Rothschildia arethusa ), 290,
297.
rhodina Roths. (Imbrasia et Nudaurelia viahl-
bergi), 100, 101.
RHODINIA Strand, 261,263.
rhodophila. Roths. (Anlheraea, Nudaurelia,
Lobobunaea alopia), S2, 85
rhodopneuma Rober (Aclias), 250, 253.
rhombifer Burm. (Attacus, Rothschildia hopf-
ferï), 291, 297.
richelmanni Weym. (Nudaurelia, Gonimbra¬
sia), 97, 104.
ricini Bdv. (Samia cynthia', 317.
ridlyi Moore ( Antheraea), 159, 164.
R1NACA Walker, 141, 225.
ringleri Wichg. (Nudaurelia, Thyella), 118.
risi Standf. thybride), 222.
ROHANIELLA Bouv., 54, 61.
rosacea Newsh. (Eudia pat onia), 221.
rosea Auriv. (Decachorda), 28, 29.
rose i Bouv. (Bunaea, Gonimbrasia, Bunae-
opsis jacksoni), 70, 72.
rosea Sonth. (Bunaea, Lobobunaea), 83, 86.
roseibrunnea Gaede (Pseudaphelia), 35, 36, 38.
rosenbergi Kaup (Tropaea, Argema maenas),
256, 259.
roseus Frühs. (Attacus atlas), 329, 331.
rothschildi Le C. (Nudaurelia, Nud. oubie,
Bunaeopsis), 75, 77.
rothschildi Le Moult (Coscinocera hercules),
335, 336.
ROTHSCHILDIA Grote, 262, 279.
rotundatus J. et L. (Attacus lorguini), 326,
327.
roxana Schaus (Rothschildia, Roth, aurota),
289, 297.
royi Elwes (Saturnia, Rhodia, Salassa), 229,
230.
roylei Moore (Anlheraea, Anth. pernyi), 154,
162.
roylii Moore (Antheraea), 162.
ruandana Grünb (Nudaurelia, Acanthocampa
conradsi;, 97. 104.
rubra Bouv. (Nudaurelia), 100, 106.
rubra Behr. (Samia, Platysamia, Hyalophora),
271, 273.
rubromarginata Davis (Tropaea luna), 246,
247.
ruegeri Gschw. (Attacus dohertyi), 327.
rufa Bouv. (Drepanoptera), 306, 311.
rufinans Schaus (Copaxa, Cop. decrescens),
184.
rufotincta Rothschild (Copaxa multifenes-
trata), 184.
rumphi Feld (Antheraea), 163.
russa Jord. ( l.udia arguta), 8.
sabulosa Roths. (Tagoropsis), 41, 42.
saccopœa (Antheraea, Opodiphthera), 192,193.
saga v. Ecke (Actias et Argema maenas), 256,
259.
SAGANA Walker, 142, 184.
MS
INDEX ALPHABÉTIQUE
saïd Oblhr. (Saturnia, Nudaurelia, Gonimbra-
sia), 115, 118.
SALASSA Moore, US, 227.
Samia Hübner, 262, SU.
sapatozaWestv/. (Saturnia, Sagana). 186.
sardane Sonth. (Gonimbrasia belina osiris,
Nudaurelia), H9.
satellitia Walker (Copaxa), 184.
SATURNIA Schr., US, 215.
SAIl ItMlUAK Bouv., 18.
SATUKMIDAE Grote, 1.
SATURNIICAE Bouv., 19, 1S9.
SATURNIINAE Jord., 3, 18.
SATURNITAE Bouv., 18, 19.
SATURNIODES Jord., U2,173.
saturnus Fabr. (Bombyx, Bunaea, Lobobu-
naea j, 85, 87.
satyrus Feld. (Attacus), 297.
Schaufussi Standf. (hybride), 222.
schencki Staud. (Saturnia, Neoris huttoni),
227,.
schlumbergeri Standf. (hybride), 222.
sciron Niep. (Antheraea), 200.
sciron Westw. (Saturnia, Antheraea, Opo-
diphthera ), 198, 200.
schônheiti Wichg. (Bunaea, Gonimbrasia,
Bunaeopsis ), 75, 76.
schreiteri Draudt (Rothschildia condor), 283.
schultzei Auriv. (Epiphora, Ep. atbarina ), 302.
SOi.
scribonia Wall, (üpiphora), 304.
shadulla Moore (Neoris huttoni stoliczkana),
224.
seculifera M. et W. (Samia, Callosamia an-
gulifera), 276, 277.
selene ( Actias, Tropaea), 249, 252.
semialba O'Neil (Athlètes), 136.
semialba Sonth. (Gynanisa, Athleles ), 136.
semicaeca Welk. (Cirina, Perisomena), 133.
semioculata Feld. ( Sagana, Saturniodes), 186.
semperi Feld ( Antheraea), 156,159,162
senegalensis Kirby (Bunaea), 110.
sentosa Jord. ( Goodia), 6, 17.
septigultata Weym. (Goodia). 13.
sergestus Westw. (Saturnia), 164.
servalia Weym. (Ludia), 13.
sikkima Moore (Loepa, Loe. katinka), 233,
234.
silhetica Helf. ( Attacus atlas), SSO, 331.
sillemi Bouv. (Caligula lindia), 212, 214.
similis Bouv. ( Attacus atlas), 329.
similis Dist. (Cirina, Cir. forda), 133.
simla Westw. (Saturnia, Antheraea, Caligula.
Dictyoploca), 205, 207.
simplex Bouv. (Pseudobunaea tyrrhena), 128.
simplex Bouv. (Gynanisa maia), 139.
simplex Bouv. (Attacus atlas), 3S0.
simplex Reb. (Pseudobunaea), 35, 36.
simplex Walker (Antheraea, Opodiphthera
astrophele), 193.
simplicia M. et W. (Antheraea), 10b.
simson M. et W. (Copaxa, Antheraea), 180,
183.
sinensis Walker (Tropaea, Actias), 250, 25S.
sinope Westw. (Saturnia, Eaeles, Urota), 5S.
sivalica Hutt. (Loepa katinka), 235.
sivalica Moore (Antheraea), 162.
sjôstedti Auriv. (Bunaea, Lobobunaea, Pseu¬
dobunaea, Pseudo. alinda), 124, 128.
smilax Westw, (Saturnia, Holocera), 10, 14.
smithi Holl. (Saturnia, Goodia), 17.
SOLUS Wats., 235.
songeana Strand. (Tagoropsis), 41, 42.
SONTHONNAXIA Wats, 253.
sonthonnaxi Schussl. (Syntherata janetta),
189.
sonthonnaxi Weym. (Nudaurelia), 85.
sophronia Schaus (Copaxa), 181, 184.
sopponis Strand. (Ludia), 7.
speculifer M. et W. (Attacus, Rothschildia le-
beaui), 285, 292, 295.
speculifer Walker (Attacus, Rothschildia au-
rota), 289, 296.
speculifera Druce (Attacus), 297.
spéculum M. etW. (Attacus), 297.
spini D. et Sch. (Bombyx, Saturnia. Eudia),
220 , 222 .
standfussi Wisk. (hybride), 222.
splendidus Clem. (Attacus), 292. 297.
splendidus Palisot (Attacus), 297.
splendidus Smith (Attacus, Rothschildia), 297.
staudingeri Auriv. (Bunaea, Nudaurelia), 95,
104.
staudingeri Itoths. (Attacus, Archaeoattacus),
321, 322.
steinbachi Roths. (Rothschildia), 293.
steindachneri Reb. (Athlètes), 136.
stoliczkana Feld. (Saturnia, Neoris huttoni),
224.
strandi Niep. (Antheraea sciron), 200.
strandi Niep. (Opodiphthera sciron), 199, 200.
strigata Beth. B. (Opodiphthera, Neodiph-
t'hera), 197, 200.
stuarti Roths. et Jord. (Rothschildia), 295.
suavis Roths. (Holocera, Pseudoludia), 9, 10.
subangulata Bouv. (Usla), 50. 51.
subcaeca Bouv. (Antheraea, Anth. paphia),
156, 163.
subcaeca Bouv. (Antheraea helftri), 160, 164.
subhyalina Schultz (Eudia spini), 221.
sudanica Le C. (Epiphora, Epiphora atba¬
rina), 302, S04.
subdiaphana Schultz ( Saturnia pyri), 118.
subocellata Butl. (Copaxa. Tagoropsis), 40, 41.
subrubicunda Schultze (Saturnia pyri), 118.
subvelata Bouv. (Antheraea brunnea), 161,
164.
sufferti Weym. (Antheraea, Melanocera ), 61.
sumatrana Niep (Antheraea, Anth. frithi, et
cordifolia), 157, 163.
INDEX ALPHABÉTIQUE
349
sumatranus Frühs. (Attacus atlas), 828, 331.
suraka Bdv. (Saturnia, Antheraea, Nudanre-'
lia, Caligula, Antherina), 146.
surakarta Moore ( Antheraea ), 155, 16t.
syngena Jord. ( Ludia ), 6 , 8.
SYNTHERATA Maas., 142, 186.
SYNTHERATA Sonth., 38.
syntheratoides Roths. ( Copaxa ), 181,184.
TAGOROPSIS Feld, 80. 88.
talboti Bouv. (Decachorda ), 28, 20.
talboti Bouv. (Opodiphlhera, Neodiphthera),
198, 200.
talus Hiibn. (Attacus, Attacus atlas). 330.
tanganicae Sonth (Bunaea, Lobobunaea ), 85,
87.
tanganyikae Slrand (Ludia, Lu. hansali), 7.
taprobanensis Moore ( Attacus allas), 328,331.
tata Wall (Ancale*pina), 139.
TELEA Hübn, 141, 165.
tenimberensis Niep lOpodiphtheraastrophele,
Neodiphthera), 198, 200
terpsichore Maas. (saturnia, Heniocha, Usla),
51.
terpsichore Strand (Pseudaphelia), 36.
tess/nanni Strand (Ludia), 6, 8.
testenoirei Bouv. ( Drepanoptera), 309 , 311.
tetrica Reb. (Samia cynthia), 316.
thelcinoe Fawc. ( Parusta ), 38.
lhespis Leech (Antheraea, Rhodia, Salas sa),
230, 231.
thia Jord. (Goodia), 16. 17.
thibela Westw. (Saturnia, Antheraea, Cali¬
gula, Rinaca), 212, 214.
thoirei Bouv (Bunaea, Lobobunaea). 83. 86.
tholloni Bouv. (Cyrtogone, Micragone), 24, 23.
thomsoni Kirby (Bunaea. Lobobunaea phe-
dusa, 87.
thyene Weym. (Antheraea, Nudaurelia, Bu-
naeopsis), 75, 76.
tonkiniana Le Moult ( Salassa ), 229, 230.
tonkiniana Le Moult (Salassa), 231.
tonkinensis Bouv. (Attacus atlas), 330.
tonkinensis Bouv. ( Antheraeapaphia ), 157,163.
lorquata Bouv. ( Drepanoptera), S09, 311.
transcaucasica B. Haas (Perisomena coeci-
gena), 202.
transiens Wichg. (Melanocera menippe), 61.
trefurlhi Strand (Cyrtogone, Micragone), 23,
25.
tricolor Roths. (Bunaea). 90, 92.
trifenestrata Helfer (Saturnia, Euphranor,
Cricula), 227, 239.
trifenestrata Hutton (Cricula), 240.
trifenestratus Gschw. (Attacus atlas), 331.
triloba Roths. (Rothschildia orizaba), 288, 292,
296.
trimacula Roths. (Copaxa), 184.
trimeni Feld. (Eochroa), 112.
triramis Roths. (Aurivillius), 67.
tristis Sonth. (Guillemeia), 14
triumphator Frühs. (Attacus atlas). 381.
troglophylla Hamps. (Eudaemonia, Evstera),
47, 48.
TROPAEA Hübn, 241, 244.
trotschi Druce (Copaxa, Cop. deerescens, 181,
183.
truncata Auriv. (Imbrasia, lmb. epimethea),
108, 110.
truncata Bouv. (Imbrasia epimethea. Imb.
epimethea obscura), 110.
truncatipennis Sonth. (Tropaea, Trop. luna).
246, 247.
tucumani Dogn. (Attacus. Rothschildia), 283,
295.
tussah du Bengale. 162.
tussah de Chine, 161.
tussah du Japon, 164.
tyrrhea Cram (Phalaena attacus, Saturnia,
Angelica, Gonimbrasia), 115, 118.
tyrrhena Westw. (Saturnia, Bunaea, Lobo¬
bunaea, Pseudobunaea), 124, 127.
UBAENA Karsch, 112, 120.
ufipana Strand (Gonimbrasia belina), 119.
ukerewensis Reb. (Gonimbrasia belina), 116,
119.
ungemachti Bouv. (Nudaurelia), 102, 106.
unguiculota Bouv. (Goodia), 16, 17.
unicolor Bouv. (Nudaurelia cytherea ), 98, 105.
nnicolor Schulz (Perisomena caecigena), 202.
uniformis Joannis (Goodia, Goo. smithi), 18.
urania Obthr. (Bunaea), 92.
UROTA Westw., SI, 51.
USTA Wall., SI, 48.
vacuna D. et Sonth. (Philosamia), 312.
vacuna Westw. (Saturnia, Attacus, Philo¬
samia, Drepanoptera), 308, 311.
vandenberghi Wats. (Samia cynthia), 31 7.
vaneecki Wats. (Samia cynthia), 317.
varia Bouv. (Attacus atlas), 329.
varicolor Wall. (Opodiphlhera), 192, 193.
vau Fawc. (Nudaurelia, Bunaeopsis), 74, 76.
VEGETIA Jord., 4, 8.
venezuelensis Bouv. (Rothschildia aurota),
289, 297.
venus Reb. (Nudaurelia dione et gueinziï), 99,
105.
venusta Roths. (Opodiphthera, Neodiphthera),
197, 200.
vera Janse ( Epiphora ), 302, 304,
versicolor Moore (Antheraea), 162.
vestigiala Holl (Goodia, Orthogonioptilum ),
12, 13.
Victoria M. et W. (Philosamia), 311.
vinacea Roths (Rothschildia erycina), 291,
297.
vinosa Riel (Bunaea, Gonimbrasia belina
occidentalis), 119.
350
INDEX ALPHABÉTIQUE
uinosa Wats. ( Cricula andrei), 231.
violascens Reb. (Goodia, Orthogonioptilum),
12, 13.
vitellina Draudl (Copaxa canella). 183.
vollenhoveni Bouv. ( Samia cynthia), SI7.
vulpes Obthr. ( Bunaea, Bnn. alcinoe aslauga),
91, 92.
vulpina Bull. (Copaxa, Tagoropsis). Al, Ai.
wagneri Bouv. ( Rothschildia lebeaui ) 285.
wahlbergi Bdv. (Saturnia, Anlheraea, Telea,
Nudaurelia, Anth. et Nud. dione), 100 , 105.
walkeri Feld. ( Samia cynthia), 310.
mallengreni Feld. (Saturnia, Usta), 50, 51.
mardi Roths. ( Attacus dohertyi), 328.
waterloti Bouv. (Nudaurelia, Nudaurelia et
Lobobunaea alopia), 82, 86.
matsoni Obthr. ( Desgodinsia ), 312.
westwoodi Pack. (Gynanisa isis), 130.
ivestwoodi Roths. (Gynanisa, G,f/n. rnaia), 189.
weymeri Gaede (Bunaea), 87.
weymeri M.et \V. (Syntherata, Svnt. janetla),
189.
wiskotli Strand (Perisomena caecigena),
201
xanthina Roths. (Rothschildia aricia), 284,295.
xanthomma Roths. (Imbrasia, Nudaurelia
anthina). 105.
xanthops Roths. (Parusla), 31, 38.
xenia Jord. (Actias arlemis). 249, 252.
yama mai G. M. (Bombyx, Antheraea). 160
164.
youngi Wats. (Anthreaea), 161, 165.
zacateca Westw. (Saturnia, Attacus, Roth¬
schildia), 283, 295.
zaddachi Dow. (Saturnia, Antheraea, Nudau¬
relia, Bunaeopsis), 11, 72.
zanguebarica Obthr. (Bunaea caff'raria ), 92.
zanguebarica Obthr. (Thyella), 118.
zambesia Dist. (Angelica), 118.
zambesina Walker (Bunaea, Nudaurelia, Aean-
thocampa, Angelica, Gonimbrasia), lia, 118.
zuleika Hope (Rinaca), 226.
zuleika Westw. (Saturnia), 239, 240.
EXPLICATION DES PLANCHES
Fig. i.
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— 3 .
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— 7 .
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Fig. I.
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— 3 .
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— 6 .
CHENILLES MURES
PLANCHE I
— Ormiscodes cinnamoenea Feist.. hémileucide chilien.
— Holocera angulata Aur., Congo belge (M. Seydel).
— Tagoropsis hanningtoni Btlr. Congo belge (M. Seydel).
— Bunaea alcinoe caffraria Stoli, race de Durban (Oberthür).
— Nudaurelia dione Fabr., Congo belge (M. Seydel).
— — kafubuensis, Bouv., Congo belge (M. Seydel).
— Antherina suraka Bsdv., Madagascar (M. Seyrig).
— Rhodinia fugax Btlr.
ADULTES
PLANCHE II
— Pseudaphelia dentifera conspersa Aur., cf de Rikata.
— Antlieraea raffrayi Bouv., cf de Java.
— Saturnia allantica Luc., Q de petite taille.
— Eudia pavonia L., chenille.
— — — $ de Naples.
— Salassa mesosa Jord., Ç de Chapa.
— Hyalophora gloveri Strec., cf du Canada?
PLANCHE III
— Bunaea alcinoe caffraria, pupe de la baie Delagoa (Oberthür).
— Antherina suraka, cocon du mâle.
— — — — de la femelle.
— Ceranchia apollina Btlr., cocon (fendu sur le côté).
— Argenta mittrei G. M., cocon (M. Petit).
— Attacus erebus Frühst., cf des Célèbes.
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352
EXPLICATION DES PLANCHES
Fig. 1.
— 2 .
— 3 .
— 4 .
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Fig. 1.
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— 3 .
— 4 .
Fig. I.
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— 3 .
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— 5 .
— 6 .
— 7 .
PLANCHE IV
— Ludia hansali tanganyikae Strand, cf du Kivu.
— Bunaea plumicornis Btlr., cf de Madagascar éclos au laboratoire.
Parabunaeopsis jefferyi Bouv., $ cotype du Kénya.
— Nudaurelia ungemachti Bouv., cf TYPE, d’Abyssinie.
— Imbrasia longicaudata Holl., Ç TYPE du Bas Ogooué.
— Acanthocampa congolensis bijuga Bouv., cf TYPE.
— Eupackardia calleta digueti Bouv., cf TYPE de Guadajâra.
PLANCHE V
— Holocera angulata angalata Aur., Ç du Congo belge.
— Micragone nubifera Holl., cf de la Côte d’Or.
— Bunaeopsib rotlischildi neuvillei callkla Le Cerf, cf de Nairobi.
— Gynanisa maia nigra Bouv., cf TYPE de Khodésia.
— Saturniodes medea miles Jord., cf du Pérou.
— Copaxa cydippe Weym., cf du Mexique.
— Caligula anna Moore, cf.
•— Cricula andrei andrei Jord., cf.
PLANCHE VI
— Orthogonioptylum incana Sonth., cf d'Angola.
— Cirina butyrospermi Vuillet, Ç du Soudan.
— Ceranchia apollina caeca Bouv., 9 TYPE de Fort-Dauphin.
— Antheraea larissoides Bouv., cf TYPE du Haut-Tonkin.
— Copaxa lavendera pygmaea Bouv., cf TYPE de l'Argentine.
— Neodiphthera sciron Westw., cf d’Amboine.
— Loepa katinka sikkima Moore, cf de Sumatra.
EXPLICATION DES PLANCHES
353
Fig. 1.
— 2 .
— 3.
— 4 .
— 5 .
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— 7.
— 8 .
— 9.
Fig. I.
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— 3.
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— 5 .
— 6 .
Fig. I.
— 2 .
— 3.
PLANCHE VII
— Goodia unguiculata Bouv., a" TYPE, de Kitambo.
— Pseudaphelia luteola Bouv., 9 COTŸPE du Lac Edward.
— Tagoropsis hanningtoni, cf d’Elisabethville (voir pi. I, (ig. 3, et
pl. VIII, fig. I).
— Decachorda aspersa occidentalis Bouv., cf COTYPE du N.-E. de la
Rhodésia.
— Nudaurelia kafubuensis, cf COTYPE du Congo belge (voir pl. I,
fig. 6).
— Rhodinia fugax fugax cf.
— Acüas sinensis Wkr., cf de Chine.
— Argema ( Euandrea ) dubernardi Obthr. de Tsé-Kou.
— Heniocha dyops marnois Rog., de l’Afrique orientale.
PLANCHE VIII
■— Tagoropsis hanningtoni, 9 d’Elisabethville.
— Lobobunaea batesi Bouv., 9 COTYPE des Ashantis.
— Neoris huttoni Moore, cf-
— Opodiphthera carnea South, cf du Queensland.
— Dictyoploca cachara Moore, cf d'Assam.
— Syntlierata janetta apicalis Bouv., cf COTYPE, de Nouvelle-Guinée
hollandaise.
PLANCHE IX
— Antheraea frithi pedunculatus Bouv., TYPE de Saigon.
— —■ — tonkinensis Bouv., Ç> COTYPE du Tonkin.
— Antheraea paphia javanensis Bouv., 9 TYPE de Java.
MEMOIRES DU MUSEUM
23
354
EXPLICATION DES PLANCHES
Fig. 1.
— 2 .
— 3.
Fig. 1.
— 2 .
- 3 .
Fig. 1.
— 2 .
— “ 3 .
— 4 .
— 5.
PLANCHE X
— Lobobunaea pheax Jord. Ç, du Soudan français.
— Rothschildia coxeyi Schaus, dessus, photo du TYPE aimablement
communiquée par l’auteur.
— Rothschildia coxeyi Schaus, dessous, photo du TYPE aimablement
communiquée par l’auteur.
PLANCHE XI
— Pseudobunaea alindasjôstedti Aur., dessous d’un çf delà Côte d’Or.
— Athlètes gigas South., dessous d’un çf du Kivu.
— Coscinocera hercules brachyura Biedermann, dessus du cf TYPE,
photo aimablement communiquée par l’auteur.
PLANCHE XII
— Rothschildia gounelli Bouv., Q TYPE, de S. Antonio de Barra.
— Drepanoptera rufa Bouv., cf TYPE.
— — modesta Bouv., $ TYPE de la Côte d’ivoire.
— —- torquata Bouv., cf TYPE.
— Samia cynthia parisiensis Clemens, cf TYPE.
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Archives du Muséum national d’Histoire naturelle (commen¬
cées en 1802 comme Annales du Muséum national a Histoire
naturelle). (Un vol. par an, 200 fr.)
Bulletin du Muséum national d'Histoire naturelle (com¬
mencé en 1895). (Un vol. par an, 5 o fr.)
Mémoires du Muséum national d'Histoire naturelle , nouvelle
série. (Sans périodicité fixe; abonnement pour un volume :
i 5 o fr.)
Index Seminum fin Hortis Musaei parisiensis collectorum.
(Laboratoire de culture; paraît depuis 1822; échange.)
Notulae Systematicae. (Directeur M. H. Humbert, laboratoire
de Phanérogamie ; paraît depuis 1909 ; abonnement au volume,
4o fr.)
Revue française d'Entomologie. (Directeur M. le D r R. Jeannel,
laboratoire d’Entomologie ; paraît depuis 1934 ; abonnement
annuel France, 5 o fr.. Etranger, 60 fr.)
Revue de Botanique appliquée et d'Agriculture coloniale.
(Directeur : M. A. Chevalier, laboratoire d’Agronomie coloniale;
paraît depuis 1921 ; abonnement pour la France, ioo fr./
Revue Algologique. (Directeurs MM. P. Allorge et R. Lami,
laboratoire de Cryptogamie ; paraît depuis 1924; abonnement
France, 5 ofr., Étranger, 100 fr.)
Revue Bryologique et Lichénologique. (DirecteurM. P. Allorge,
laboratoire de Cryptogamie; parait depuis 1874; abonnement
France, 5 o fr., Étranger, 100 fr.)
Revue de Mycologie (anciennement Annales de Cryptogamie
exotique). (Directeurs MM. R. Heim, J. Duché et G. Malen-
çon, laboratoire de Cryptogamie; paraît depuis 1928 ; abonne¬
ment France, 80 fr., Étranger, 100 fr.)
Bulletin du Laboratoire maritime du Muséum national
d’Histoire naturelle à Dinard. (Directeur M. A. Gruvel, labo¬
ratoire maritime de Dinard; suite du même Bulletin à Saint-
Servan ; paraît depuis 1928 ; prix variable par fascicule.)
Bulletin du Musée d’Ethnographie du Trocadéro. (Directeur
M. P. Rivet, Musée du Trocadéro; paraît depuis 1931 ; prix
du numéro : 5 fr.)
Recueil des travaux du Laboratoire de Physique végétale.
(Laboratoire de Physique végétale; parait depuis 1927; échange.)
Travaux du Laboratoire d’Entomologie. (Laboratoire d’Entomo¬
logie; paraît depuis 1934; échange.)
La Terre et la Vie, publiée en collaboration par la Société des
Amis du Muséum et la Société nationale d’Acclimatation.
(Rédacteur en chef : M. G. Petit, 57, rue Cuvier, Paris 5 °;
abonnement : 3 o fr.).
Prix : 150 francs.
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