i. %
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
Série, Bj Botanique {
TOME V.
FASCICULE UNIQUE.
Jean-Marie TURMEL.
* Le Pic de Midi d’Ossau
Ecologie et Végétation
PARIS
EDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V*)
1955
Source : MNHI J, Paris
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES
Yvfco
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
Série B, Botanique
TOME V.
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue GeolTïoy-Saint-Hilaire (V e )
1955
Source : MNHN, Paris
TABLE DES MATIÈRES
Fascicule unique
Pages
J. M. Tdrmel, Le Pic de Midi d’Ossau, Ecologie et Végétation... 1-208.
Source : MNHN, Paris
MEMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
Série B. Botanique. Tome V, fascicule unique — Pages 1 à 208.
Le Pic de Midi d’Ossau
Ecologie et Végétation
par Jean-Marie Turmel.
SOMMAIRE.
I. — Généralités . 13
Introduction. — Position géographique, (p. 13). — Descrip¬
tion succincte du massif, (p. 14). — Morphologie géologique,
(p. 20). — Climatologie générale, (p. 24). — Ecologie et
grands groupements végétaux, (p. 41). — Méthodes écolo¬
giques et botaniques, (p. 43). — Histoire de la botanique
en Ossau, (p. 47).
II. — Liste et écologie des espèces de la haute vallée d’ossau .. 51
III. — Les associations et leur écologie . 84
A. — Rochers . 85
I. — Les groupements de tissures, (p. 85). II. Les groupe¬
ments d’éboulis, (p. 102).
B. — Eaux . 116
III. — Les groupements fontinaux, (p. 116). IV. — Les grou¬
pements de marais, (p. 121). V. — Les groupements de méga-
phorbiaies, (p. 130). VI. — Les groupements flottants et sub¬
mergés, (p. 133).
C. — Terres . 134
VIL — Les groupements de pelouses, (p. 134). VIII. — Les
groupements de landes, (p. 158). IX. — Les groupements de
forêts, (p. 189).
IV. Conclusions . 201
Source : MNHN, Paris
ici tous ceux qui
Il m’est particulièrement agréable de remercier
se sont intéressés à mon travail :
tout d’abord Monsieur Guiniek, Membre de l’Institut, Directeur
honoraire de l’Ecole nationale des Eaux et Forêts, dont les conseils
éclairés m’ont incité à entreprendre l’étude de cette belle vallée.
Monsieur le Professeur Guillaumin, dont la constante bienveil¬
lance m’a permis de constituer, dans le service de Culture, un labora¬
toire d’Ecologie végétale.
Madame Allorge qui m’a vivement encouragé et m’a fait pro¬
fiter de sa grande compétence en bryologie.
Monsieur J. Sanson, Chef de la section de Climatologie à l’O.N.M.
et Monsieur Guilloux de l’E.C.M. qui m’ont permis de compulser tou¬
tes les archives météorologiques de la vallée d’Ossau.
M. l’Agent technique A. Elhorry, à Gabas qui a surveillé mes
appareils enregistreurs pendant presque une année.
Plusieurs subventions m’ont été accordées par le Centre National
de la Recherche Scientifique ; elles m’ont permis d’augmenter le maté¬
riel de mon laboratoire et m’ont facilité mes derniers séjours dans les
Pyrénées ; je prie tous les membres de la Commission de Biologie
végétale de trouver ici l’expression de ma profonde gratitude.
Mes très vifs remerciements vont enfin à la Direction du Muséum
National d’Histoire Naturelle qui a bien voulu insérer ce travail dans
ses mémoires et qui l’a illustré d’un grand nombre de planches hors
texte et d’une carte en couleurs.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
13
CHAPITRE I.
GÉNÉRALITÉS.
INTRODUCTION. — POSITION GÉOGRAPHIQUE.
Le système montagneux pyrénéen est caractérisé par sa chaîne
médiane orientée Est-Ouest très difficilement franchissable, surtout
en son milieu. La vallée d’Ossau, juste au Sud de Pau, est le premier
passage important, à l’Ouest des massifs centraux ; elle se termine au
Sud par un col dont l’altitude est inférieure à 2.000 m (col du Pour¬
tant 1.795 m). Le massif du Pic de Midi d’Ossau sépare en deux la
partie supérieure de cette vallée. Le pic est distant à vol d’oiseau de
110 km de l’Atlantique (150 km par les gaves d’Ossau, d’Oloron et
l’Adour) et de 280 km de la Méditerranée (420 km par le rio Gallégo
et l’Ebre (fig. 1). La limite administrative entre les départements des
Source : MNHN, Paris
14
JEAN-MARIE TURMEL.
Hautes et des Basses-Pyrénées se trouve un peu à l’Est du massif
d’Ossau au Pic Balleitous (3.146 m). D’autre part le massif d’Ossau
est situé à l’Est de la vallée d’Aspe limite Est habituellement admise
pour la partie montagneuse du Pays basque (1).
Le massif du Pic du Midi d’Ossau forme donc la transition entre
les hauts sommets des massifs centraux de l’Est et les basses chaînes
atlantiques de l’Ouest.
DESCRIPTION SUCCINCTE DU MASSIF.
Le pic de Midi d’Ossau (2) (2.885 m) domine majestueusement
toute la région et sa pyramide volcanique terminale le fait remarquer
déjà nettement de la grande terrasse de Pau ; il se détache ensuite de
plus en plus au fur et à mesure que l’on avance vers lui en remontant
la haute vallée du gave d’Ossau depuis Arudy jusqu’au village de
Gabas (fig. 21. Cette petite agglomération se trouve à 1.030 m d’altitude
au pied du massif et est ainsi dominée de tout près par des sommets
culminant à 2.000 m et plus (le pic Biseau ou Biscaou à l’Ouest 2.020
m, le pic Sagette à l’Est 2.065 m et le pic Lavigne au Sud, 2.007 m).
Gabas peut être considéré comme la porte ouvrant sur la haute région
d’Ossau.
Le massif d’Ossau est entouré à l’Ouest par le gave de Bious pro¬
venant de la face Ouest du col de Bious (2.200 m environ) et à l’Est
par le gave du Brousset (vallée de Fabrège conduisant en Espagne par
le col du Pourtalet), prenant également sa source au col de Bious,
mais sur le flanc Est. S’écartant l’un de l’autre au maximum de 7 km,
ils ont leur confluent exactement au Nord du massif, à Gabas, à l’alti¬
tude de 1.000 m et forment alors le gave d’Ossau.
La vallée de Fabrège est limitée à l’Est par toute une série de
pics : le pic Sagette (2.065 m), le Petit Lurien (2.353 m), les Kinetes
(2.607 m), le Lurien (2.825 m), le pic d’Arrius (2.790 m), le pic Sobé
(2.600 m), le pic de Socques (2.713 m) et le pic d’Ouradé (2.644 m)
qui dominent le fond de la vallée de plus de 1.000 m.
(1) M. Sohre. — Los Pyrénées, n" 15, collection .4. Colin, Paris, 1933.
Emm. de Martonne. — La France, i™ Partie : France physique. Géographie
Universelle A. Colin, T. VI, Paris, 1942.
Carte de France et des Pays limitrophes nu 500.000'. /. G. A'., feuilles de Pau,
n" 30 et de Toulouse n" 31.
Carte Michelin, Biarritz, Luchon, n" 35.
(2) G. Ledormeur. — Carte touristique des Pyrénées-centrales de la vallée
d’Aspe au Val d’Aran, 1/80.000', feuille n" 1, 2« éd., 1950.
Carte dite «d’Etat major», feuille 250 Urdos, quart Nord-Est, feuille 251 Luz,
quart Nord-Ouest, au 1/80.000', au 1/50.000' et reproduction des minutes (1/40.000')
en courbes de niveau.
Photos aériennes, Campan-Larrau n° s 303 à 313, et 516 à 522 ; Vieille-Aure.
Somport n“ s 68 à 76, I.G.N., 1948.
Bouillé (Comte R. de...). — Le Pic du Midi de Pau ou d'Ossau. Ann. club
alpin, 1885, pp. 152-178, 10 fig., 1886.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAÜ.
15
La vallée de Bious est dominée à l’Ouest par le pic Biseau (2.020
in), le pic d’Aule (2.410 ni), le pic d’Ayous (2.319 ni), le pic Larry (2. 241
ni), le pic Hourquette (2.383 ni), le pic des Moines (2.442 ni) et le pic
d’Astu (2.279 ni). Cette vallée de Bious est moins encaissée que celle
de Fabrège car de la crête de partage des eaux de nombreux contre-
forts s’abaissent lentement vers le milieu de la dépression en délimi¬
tant les petites vallées adjacentes d’Aule, d’Aas, d’Ayous, des Moines
et d’Astu.
Fig. 2. — Carte du massif d’Ossau.
Entre les deux gaves se dresse le massif d’Ossau dominé par
l’énorme pointement du Pic lui-même. Entouré par d’immenses ébou-
lis, il se dresse d’un seul jet en une falaise verticale de plus de 500
ni de haut au dessus de l’ensemble des chaînes latérales. Ce massif est
caractérisé surtout par le rayonnement en étoile des chaînes périphéri¬
ques : les unes aux formes arrondies (pic Saoubiste 2.209 ni, pic Pombie
2.170 m, pic Chérué 2.201 ni, pic de Peyreget 2.487 ni) sont couvertes
de végétation, alors que d’autres (crête de Mondeil, crête reliant le
Petit Pic au pic de Peyreget) sont des falaises déchiquetées et nues.
L’ensemble de ces deux vallées et du massif d’Ossau, où j’ai pour¬
suivi mes recherches, a une superficie de 110 km 2 et son altitude varie
entre 2.885 m (sommet du Pic) et 1.000 m (confluent des deux gaves) ;
ce qui donne près de 2.000 m de dénivellation avec une altitude moyen¬
ne de 2.000 m environ. Le graphique (fig. 3) et le tableau ci-contre
donnent la répartition des aires suivant l’altitude :
Source : MNHN, Paris
16 JEAN-MARIE TURMEL.
I_,___i_........ -
G 1 * b I 10 U 1UI 1! 20 21 24%
Fin. 3. — Graphique en pourcents de la répartition des aires
suivant l’altitude dans le massif d’Ossau.
Le dessin panoramique de la page 17 fournit une vue générale
de tout le massif (fig. 4) ; cette vue est prise du sommet du Pic Sagette
vers l’Ouest, le Sud-Ouest (direction du sommet du Pic) et le Sud.
Le dessin des pages 18-19 montre la face Sud du Pic d’Ossau, le grand
TABLEAU N" 1.
Valeurs en Km 2 et en pourcentages des aires de la dition,
suivant l’altitude.
pierrier de Pombie, le col Suzon, le pic de Pombie et la chaîne fer¬
mant la dition du côté Est depuis le pic du Lurien jusqu’au pic
d’Ourade (fig. 5). D’importantes plaques de neige recouvrent encore
(24/6/50) partiellement le grand cône d’éboulis qui entoure le Pic.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
17
ï
Mémoires
Muséum. — Botanique, t. V.
indiquent les limites supérii
20
JEAN-MARIE TURMEL.
MORPHOLOGIE GÉOLOGIQUE.
A) Hydromorphologie (1).
Les grandes lignes de la morphologie sont dues à l’érosion intense
qui a suivi la surrection principale et aux glaciations quaternaires.
Le grand glacier pleistocène de la vallée d’Ossau, dont la moraine
frontale est visible à Arudy (550 m), occupait toute la vallée de
l’actuel gave d’Ossau, se divisant en deux pour enserrer ainsi com¬
plètement le Pic. On retrouve en effet dans les deux vallées qui entou¬
rent le Pic de nombreuses traces du passage de ce glacier : polis de
certains flancs de vallée (vallée en U), à parois très redressées, (entre
Bious-Artigues et Gabas) ; petites moraines frontales barrant complè¬
tement la haute vallée du gave de Bious (à Bious-Omette et entre ce
dernier et Gabas) ; blocs erratiques à Gabas même dans les champs
cultivés. Enfin signalons que les nombreux lacs présents sur presque
tous les terrains ont, dans cette région, une même origine due au
modelé glaciaire (Lacs d’Ayous, d’Artouste).
Mais après cette période glaciaire, une nouvelle phase de creuse¬
ment est intervenue à nouveau ; elle continue encore à l’heure actuelle.
Suivant l’état d’évolution du profil des torrents (fig. 6), on trouve
alors des vallées d’aspects fort différents.
1) Ainsi la vallée du gave de Bious peut se diviser en une série de
biefs successifs bien nets où la pente est notablement plus faible (cf.
plateau de Bious-Dessus photo 21 pl. V), séparés par des ruptures de
pente très fortes (gorges de la cabane d’éverite, vers le kilomètre 9 (2) ;
chaos de la Scala de Bious, vers le kilomètre 6,5 ; grande cascade de
Bious-Artigues, vers le kilomètre 2,8).
2) Au contraire la vallée du Brousset possède un profil plus régu¬
lier sauf dans sa partie supérieure où une rupture de pente, vers le
kilomètre 12,5, fait communiquer le cours moyen et le plateau du
Pourtalet. Cette haute vallée, au Sud des Pics Moustarde et Peyreget,
ne semble d’ailleurs pas avoir toujours appartenu au bassin des gaves
mais bien plutôt au bassin du rio Gallégo affluent de l’Ebre. De nom¬
breuses raisons militent en faveur de cette opinion : a) la vallée de
Fabrège se termine par un cirque glaciaire en avant de Peyrelu au
pied du pic d’Estrémère ; P) dans l’axe de la vallée principale, on
(1) Cartes géologiques au 1/80.000' de Urdoz et Luz,
L. Carez. —■ La géologie des Pyrénées françaises, Mem. carie géologique,
fasc. I, Paris, 1903.
E. Trutat. — Les Pyrénées, 371 p., Paris, 1894.
A. Penck. — La période glaciaire dans les Pyrénées. Bull. Soc. Hist.'nat. Tou¬
louse, XIX, p. 105-200, 1885.
(2) La cote 960 correspond au kilomètre zéro.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
22
.JEAN-MARIE TURMEL.
trouve au Sud une vallée suspendue (ruisseau de Peyrelu) (fig. 2) qui
se réunit à la grande vallée par un gradin de confluence (Port de
Peyrelu, Port vieux de Sallent) ; y) à cet endroit (kilomètre 12,5) la
vallée principale fait un coude de plus de 90° et entre alors dans une
gorge très étroite (érosion récente). Gorge de Tourmont, (1.650 m à
sa partie haute), au pied du pic Moustarde, pour aboutir dans les hauts
pâturages du Pourtalet ; 5) tout un système de terrasses sur le flanc
Sud des Pics de Peyreget et Moustarde indique que la dénivellation
de 150 m entre la cote 1.650 m et celle du Col du Pourtalet (1.795 m)
ne provient que d’une érosion récente ; en conséquence on peut penser
que c’est seulement à une époque relativement peu éloignée que les
eaux des pâturages du Pourtalet ont commencé à couler vers l’Atlan¬
tique et non vers la Méditerranée. Ce phénomène de capture est par¬
faitement plausible ici, si l’on pense que les coefficients de pente pour
les deux cours d’eau sont extrêmement différents ; en effet pour une
même altitude, les eaux doivent seulement faire 150 km pour atteindre
l’Atlantique et plus de 420 km pour atteindre la Méditerranée. Des
vérifications lithologiques dans le lit du rio Gallégo seraient néces¬
saires pour confirmer ces indications.
3) Signalons enfin qu’il existe dans la région de nombreuses
dolines, pertes et résurgences. C’est ainsi que le lac de Romassot a un
déversoir souterrain ; l’eau réapparaît près de 200 m plus bas dans la
paroi Ouest du plateau de Bious-Dessus. On observe un phénomène
du même genre pour les lacs de Peyreget et du Pic. Enfin dans les
pâturages du Pourtalet se trouvent plusieurs pertes de torrents qui
réapparaissent quelques centaines de mètres plus loin.
En résumé, la très grande variété des conditions stationnelles :
torrents, rapides, cascades, suintements, tourbières, lacs, rivières sou¬
terraines, gorges profondes, bassins largement ouverts, plateaux supé¬
rieurs presque fermés, molles ondulations, falaises rocheuses créent
un grand nombre de types différents de stations qui influent beaucoup
sur le peuplement végétal.
A cette grande variété stationnelle vient s’ajouter la diversité des
formations lithologiques.
B) Lithologie.
Les roches qui occupent ici la plus grande surface sont des
schistes, des grès et des calcaires dévoniens et dinantiens. Les schistes
et les grès (Carbonifères) sont de beaucoup les plus importants et for¬
ment lès principaux sommets de la crête frontière, les vallons d’Aas et
d’Aule, la base du Pic, enfin toute la partie Est de la vallée du Brous-
set : flancs Ouest des hauts sommets (Lurien, Kinetes). Les calcaires
n’apparaissent que par bancs peu larges et constituent en particulier
les falaises du pic Lavigne et celles des étroits de la cabane d’éverite,
de Peyrelu et quelques ondulations dans les pâturages du Pourtalet.
Les calcaires coblentziens forment le lapiaz de la cabane d’éverite
colonisé par un groupement de lande avec de nombreux Pinus unci-
nata.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAl'.
23
Au dessus de ces terrains se place la niasse importante des roches
éruptives plus récentes dénommées sur la carte géologique par le terme
général d’andésites. J. de Lapparent (1) pense au contraire que l’on
serait en présence de trois catégories de roches : deux très voisines
au point de vue pétrographique et pouvant s’identifier avec des andé¬
sites, des dacites ou des microdiorites et la troisième qu’il faudrait
assimiler à un microgranite. Les deux premières roches forment la
masse la plus importante du massif volcanique, les microgranites se
trouvent à Bious-Artigues principalement dans le fond de la vallée
avec un autre pointement beaucoup plus petit dans le vallon de
Magnabeigt. Le pic serait donc un vieux volcan dont les deux séries
éruptives successives dateraient probablement de l’époque permienne
(J. de Lapparent).
A l’Ouest, au dessus de cette formation volcanique se placent les
grès, argiles rouges et conglomérats permiens qui forment les falaises
surplombant les lacs d’Ayous (pics Hourquette, de Larry et d’Ayous).
Tout à fait au Nord et à l’Est on trouve enfin d’importants massifs
granitiques qui ont métamorphisé les roches voisines : schistes dinan-
tiens et petites formations dévoniennes qui sont auprès de Gabas.
Deux formations géologiques sont par ailleurs à considérer : tout
d’abord les dépôts glaciaires pleistocènes localisés dans le fond des
gaves d’Ossau et de Bious et d’autre part de grands éboulis surtout
sur le flanc Est du Pic.
C) Tectonique.
La tectonique de cette région peut se résumer dans le Houiller
par un grand pli anticlinal orienté Est-Ouest dont le flanc Nord des¬
cend jusque vers Gabas pour se redresser ensuite. De nombreux petits
plissements secondaires affectent la masse qui semble présenter des
failles peu visibles orientées Est-Ouest. Une grosse masse granitique
borde celte région au Nord et, suivant J. de Lapparent ( loco-citato )
un volcan, dont le pic ne serait que les restes de la cheminée centrale,
aurait percé tout le Houiller au début du Permien ; ses coulées se
dirigeant vers le Nord-Ouest constituent le soubassement des forma¬
tions permiennes, ces couches permiennes parfaitement horizontales
commençant à la base par un conglomérat. Aucune autre manifesta¬
tion tectonique n’existe dans la région étudiée.
D) Phénomènes récents.
Une très violente érosion a entraîné un démantellement considé¬
rable du Pic comme l’indiquent les immenses pierriers qui le cein¬
turent : le grand éboulis Est long de 2,5 km et large de plus de 500 m
qui se dirige vers Pombie, celui de Lambaradère, au pied de la face
(1) J. de Lappahent. — I.e Pic du Midi d’Ossau ; histoire d’un volcan de l’épo¬
que permienne. Bull. Soc. Fr. minéralogie, t. 34, Décembre 1911.
Source : MNHN, Paris
24
JEAN-MARIE TURMEL.
Nord, qui descend d’un seul jet vers Bious-Dessus avec plus de 500 m
de dénivellation et une pente de 30 %.
Cette érosion a également pour conséquence le dépôt, dans la
région même, d’alluvions plus fines qui ont tendance à combler les
fonds de vallées et les lacs glaciaires, les transformant en plateaux
presque horizontaux où les gaves circulent en faisant de nombreux
méandres (Plateau de Bious-Dessus, de Magnabaigt et du Brousset).
Ainsi après les nombreux types de stations que laissait pressentir
la morphologie géologique, la lithologie, la tectonique et l’érosion, elles
aussi, augmentent la variété des conditions stationnelles. Il résulte
ainsi de toutes ces conditions édaphiques une grande diversité de peu¬
plement, d’où un grand nombre d’associations végétales et également
un nombre important d’espèces dans un territoire relativement petit,
110 km 2 .
CLIMATOLOGIE GÉNÉRALE II).
Le pays d’Ossau, se trouve à la limite Est des Pyrénées atlanti¬
ques « habituellement noyées dans la brume sous un climat très hu¬
mide et assez doux » (Gaussen). Les vallées d’Aspe et d’Ossau forment,
au point de vue climatique, la transition entre les Pyrénées atlan¬
tiques et centrales.
A) Précipitations.
I. Précipitations moyennes annuelles. — Dans la haute vallée
d’Ossau deux postes établis depuis 1934 nous renseignent sur la cli¬
matologie de la région ; ce sont, pour le fond de la vallée le poste
d’Artouste-Usine, à 1.140 m d’altitude et pour les hauts sommets celui
d’Artouste-Lac à 1.990 m. Dans l’ensemble les résultats des 19 der¬
nières années (archives de l’E.C.N. de 1934 à 1953) indiquent une
pluviosité assez faible.
Le tableau suivant (n° 2) rappelle tout d’abord le fait connu de
l’augmentation de la pluviosité d’Est en Ouest ; pour mettre ce
premier fait en évidence les stations sont classées en quatre grou-
(D Les données réunies ici sont tirées principalement des documents des
archives de l’E.C.M. (anciennement O.N.M.) ; ainsi que des données de Gaussen
dans les travaux du laboratoire forestier de Toulouse.
a) Notice sur le climat de la Gascogne et du Béarn. Période de 1891 à 1937.
b) Moyennes mensuelles et annuelles des hauteurs de précipitations en France
d’après les observations des trente années 1901-1930, Météorologie nationale, Mai
1950.
c) Archives des postes de la vallée d’Ossau et de la haute vallée d’Aspe depuis
leur établissement jusqu’à Mai 1953 inclus (Archives E.C.M.).
d) Revue météorologique départementale (hiver 1949-1950) Pau 1950.
e) H. Gaussen. — Carte de la pluviosité annuelle du S.W. de la France et des
Pyrénées, 2 feuilles 1/500.000', Ministère des Travaux publics 1934.
f) J. Sanson. — Mémorial de la météorologie nationale n° 30 (éd. 1945),
Paris 1953.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
25
pes : l’un, tout à fait à l’Est, région au Sud de Tarbes, le deuxième
comprenant Lourdes et Luz-St-Sauveur (station exceptionnellement
sèche), puis le groupe de Pau et de la vallée d’Ossau, enfin, plus à
TABLEAU N° 2.
Nombre de millimètres de pluie et de jours de pluie annuels
dans la région des gaves.
Stations
Altitude
Plulo
annuelle
de pluie
Durée des
Oloron S te Marie
203
1463
-
1901-1931
Bsdous
416
1377
-
id
Urdos(Peyranère)
1437
1316
-
id
Forgea d'Abel
1070
1903
180
1934-1953
Lescar
160
1244
-
1901-1931
Pau (Chateau)
-id-
236
id
1168
1119
168
id
1934-1953
Laruns
-id-
519
id
1687
1713
149
1901-1931
1934-1953
Miegebat
735
1298
153
1944-1953
Artouate-Usine
1140
1464
162
1934-1953
Artouste-Lac
1990
1225
133
id
Lourdes
400
999
-
1901-1931
Lui-s‘Sauveur
685
911
-
id
Tarbes
311
997
-
id
Bagnères de Bigorre
547
1427
-
id
Arreau
698
1038
-
id
de Bigorre
2859
1705
-
id
l’Ouest encore, les stations au Sud d’Oloron (vallée d’Aspe). La carte
ci-contre (fig. 7) indique en plus le tracé des isohyètes d’après la carte
de pluviosité de Gaussen ( loco-citato ) et montre la sécheresse du ver¬
sant Sud par rapport au versant Nord.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TU1U1EL.
Une autre remarque à faire est la grande variabilité de la plu¬
viosité entre les différentes stations d’une même vallée. Il semble que
dans le fond des vallées certains territoires accusent généralement un
très net déficit de pluviosité (ce que la carte de pluviosité des Pyrénées
de Gaussen mettait déjà en évidence pour quelques vallées, Luz,
Arreau).
de-Bigorre. — Ar. : Arreau. — P-M. : Pie de Midi de Bigorre. Les isohyètes sont
établies d’après la carte de la pluviosité annuelle du S-\V. de la France et des
Pyrénées par H. Caussen, Ministère des Travaux Publics, 1934.
Cependant si l’on veut comparer les résultats signalés ici avec
ceux fournis pour la vallée de Lavedan, par exemple, par Gaussen, on
est obligé de remarquer que ces résultats présentent de notables diver-
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
27
gences qui viennent s’ajouter à celles qu’on constate dans les conclu¬
sions de plusieurs auteurs (Fischer, Harlé (1)). Ici, pour la vallée
d’Ossau, l’on trouve une pluviosité beaucoup plus forte aux basses
altitudes et au contraire une baisse (légère) de pluviosité quand on
monte au dessus de 1.000 ni. Il y a là désaccord avec les opinions
fournies par Fischer dans son étude sur le bassin de l’Adour où il
déclare qu’on devrait avoir à Gabas (1.000 m) plus de 2 m d’eau
annuellement et plus de 3 m vers 1.800 m. Cependant Gaussen donne
déjà (pour la vallée d’Aspe) des valeurs qui montrent bien que l’on est
loin des quantités annoncées par Fischer ; dans sa carte pluviomé-
trique des Pyrénées, Gaussen est obligé d’envisager dans le fond de
la haute vallée d’Aspe (depuis 5 km en aval de Urdos jusqu’à la fron¬
tière) une région de faible pluviosité entourée de plus fortes préci¬
pitations même en aval. Le fait n’est d’ailleurs pas unique et se pré¬
sente plusieurs fois sur cette même carte pour différentes vallées :
bassin de Tardets, petite région autour de Lescun, vallée de Lavedan
(avec forte pluviosité à l’entrée, à Lourdes et minimum à Argelès-
Gazost).
Les résultats que fournissent le dépouillement méthodique des
archives de l’E.C.M. amènent obligatoirement à penser que la vallée
de Gabas subit un régime pluviométrique analogue à celui de la vallée
d’Aspe ; la partie supérieure doit être considérée comme un bassin
fermé à faibles précipitations (même plus faibles que pour la haute
vallée d’Aspe, ce qui confirme par contre-coup une assertion de
Fischer). Elle comprendrait dans ses limites toutes les parties basses
de la haute vallée au dessus de l’étroit du Hourat (usine de Miegebat).
En ce qui concerne la vallée d’Aspe, Gaussen suggérait deux expli¬
cations qui sont en effet, à mon sens, les deux causes fondamentales
de la faible pluviosité de ces hautes vallées : primo la grande proxi¬
mité du versant Sud des Pyrénées où très rapidement la pluviosité
tombe assez bas ; secundo la position abritée de ces vallées fortement
encaissées (anciennes vallées glaciaires), ainsi à l’abri des vents du
S.W., qui, en toute saison, dans cette région des Pyrénées, apportent
la majorité des précipitations. Ceci expliquerait la très faible pluviosité
aux endroits particulièrement très resserrés (Miègebat, Urdos) et éga¬
lement les minima de pluviosité si importants des vallées des Pyrénées
centrales, mieux protégées encore que celles d’Aspe et d’Ossau par de
plus hauts sommets. Enfin il ne faut pas non plus oublier que ces
deux vallées d’Aspe et d’Ossau, avec leurs cols terminaux relativement
assez bas peuvent encore subir l’influence climatique sèche de la haute
vallée de l’Ebre.
II. Précipitations moyennes mensuelles. — Cette étude est basée
sur les données journalières et mensuelles (Archives E.C.M.) des sta¬
tions de la haute vallée d’Aspe : Forges d’Abel (1.070 m, de Janvier
(1) HAnLÉ. — Restes de divers rongeurs quaternaires du S.W. de la France et
sur le climat de cette région à la fin du Quaternaire. Bull. Soc. Hisl. Xat. de Tou¬
louse, t. XXVII, 1893.
Source : MNHN, Paris
28
JEAN-MARIE TURMEI-.
1934 à Mai 1953), des stations de la vallée d’Ossau : Laruns (519 m,
de Juillet 1939 à Mai 1953), Miègebat (735 m, de Novembre 1943 à
Mai 1953), Usine d’Artouste (1.140 m, de Janvier 1934 à Mai 1953),
Lac d’Artouste (1.990 m, de Décembre 1933 à Mai 1953) ainsi que sur
les documents de la station de Pau (Château 236 m, relevés seulement
pour les années comparables, c’est-à-dire de Janvier 1934 à Mai 1953).
La pluviosité décroît régulièrement de Décembre (Maximum de
pluviosité, sauf pour Miègebat en Novembre) à Mars (Février à Miège¬
bat), mois qui correspond à un des deux minima annuels de pluvio¬
sité ; le mois d’Avril est pour toutes ces stations plus humide que
Mars. A nouveau on retrouve en Avril et Mai deux mois pluvieux (pre-
TABLEAU N" 3.
Moyennes mensuelles de pluviosité et du nombre de jours de pluie
dans les vallées d’Ossau et d’Aspe.
mier maximum annuel) ; les mois de Juin et Juillet marquant le
deuxième minimum annuel, le mois d’Août étant pour toutes les sta¬
tions notablement plus pluvieux que Juillet. Dans les trois stations
de la haute vallée d’Ossau il tombe moins d’eau en Septembre qu’en
Août. Les mois d’Octobre et Novembre marquent ordinairement
(exception faite pour Artouste-Lac) une notable augmentation de la
pluviosité pour atteindre le deuxième maximum annuel en Décembre
(Novembre à Miègebat). Ces résultats sont réunis dans le tableau et le
graphique ci-dessous (fig. 8).
Pour deux stations de la vallée d’Aspe (Urdos et Urdos-Peyranère),
la notice sur le climat de Gascogne 1891-1937 et le recueil des préci¬
pitations en France de 1901 à 1930 mettent surtout en évidence les
fortes valeurs mensuelles ; d’autre part les maxima sont un peu déca¬
lés par rapport à ceux de la vallée d’Ossau et il est à remarquer que
c’est en Octobre que se trouve placé le maximum le plus important
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
29
et non en Décembre comme pour les autres stations ; Juillet et Mars
fournissant les deux minima pluviométriques annuels de cette vallée
comme de celle de Gabas.
Pour ce qui est de la répartition mensuelle des jours de pluie,
on peut dire que le même régime sévit dans les vallées d’Aspe et
d’Ossau. Le minimum absolu se place en Juillet avec un minimum
secondaire en Février ou Mars suivant les stations ; un maximum se
situe ordinairement en Mai (Avril pour Laruns) et un deuxième en
Décembre ; cela correspond bien aux variations des chutes mensuelles
de pluie.
Dans ces régions les précipitations ont lieu d’ailleurs pendant la
plus grande partie de l’année sous forme de neige. Il est fréquent de
voir les premières chutes de neige se produire en Septembre aux alti¬
tudes voisines de 2.000 m et à ce moment les sommets sont déjà cou¬
verts depuis une quinzaine de jours. Cette neige qui recouvre toute
Fig. 8. — Graphique pluviométrique mensuel des stations de Pau, Artouste-Usinc
et Artouste-Lac pour la Période de 1934 à 1953.
la végétation herbacée persiste jusqu’aux mois de Mai-Juin vers
2.000 m empêchant ainsi toute activité importante de la végétation
pendant 8 à 9 mois. Cette durée d’enneigement se réduit à 4 mois
environ vers 1.000 m parfois même moins, la neige pouvant n’être
permanente qu’à partir de Décembre. Naturellement de nombreux
endroits font exception à cette règle, soit que, par suite de leur orien¬
tation face au Nord et de leur position très encaissée, les congères s’y
accumulent et y subsistent une bonne partie de l’été, soit au contraire
que, grâce à une disposition bien dégagée, les vents balaient la neige
qui ne reste au sol que peu de temps ; dans ce dernier cas la durée
de vie des plantes à découvert se trouve allongée mais la station n’est
pas pour autant plus favorisée, car la surface du sol étant découverte,
n’est plus protégée des vents violents et froids de la mauvaise saison ;
les plantes subissent alors des températures bien plus basses que dans
des stations voisines restées enneigées.
La neige est bien entendu plus abondante en altitude que sur la
partie basse de la dition. Néanmoins à Gabas la moyentie est de 50 cm
environ pendant le gros de l’hiver (en Février) et, certaines années,
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
30
la neige tombant en plus grande quantité, peut atteindre une épaisseur
de plus de 1 ni dans le village. On compte environ 2-3 m de neige dans
les régions un peu au dessus de 2.000 m ; les données manquent tota¬
lement pour les régions plus élevées.
B) Températures.
On s’occupera seulement ici des températures vraies relevées sous
abri avec des thermomètres à maxima et minima placés dans les postes
précédemment énumérés pour les stations où a été étudiée la pluvio¬
sité. Malheureusement la durée des relevés est beaucoup moins longue
que pour les précipitations : ce n’est que depuis une dizaine d’années
seulement qu’existent les documents qui ont pu être rassemblés et
consultés.
TABLEAU N° 4.
Températures moyennes annuelles dans la vallée d’Ossau.
Stations
Alt.
Temp- e
Moyenne
Gradient
de Temp.
Durée des
observations
Pau
236m
12,9
1940-1955
Laruns
519
12,2
1940-1955
Miegebat
735
10,5
1940-1955
Usine d*
Art ou st o
1140
8,2
1940-1955
Lac d*
Artouste
1990
6,2
1940-1955
Forges d’
Abel
1070
9,5
1940-1955
I. — Températures moyennes annuelles. — D’après ces documents
on voit que la diminution de la température moyenne annuelle, en
fonction de l’altitude, se fait beaucoup plus rapidement, dans cette
vallée d’Ossau, aux basses altitudes qu’aux hautes.
La morphologie de la vallée entre Laruns et Miègebat explique
ces écarts importants, la gorge resserrée des Eaux-chaudes arrête les
masses d’air froides qui descendent des hauts plateaux, protégeant
ainsi le bassin de Laruns largement ouvert aux vents atlantiques. La
faible variation entre l’usine et le lac d’Artouste provient probable¬
ment d’un réchauffement local de la station du lac située près d’une
importante masse liquide et sur des rochers très surchauffés l’été. La
moyenne des trois derniers gradients est de 0,5, valeur généralement
admise dans nos régions montagneuses.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
31
II. — Températures moyennes mensuelles. — La variation des
températures moyennes est beaucoup plus régulière que celle de la
pluviosité ; on ne trouve pour les diverses stations qu’un seul maxi¬
mum et un seul minimum. Les températures du mois de Janvier, où
se situe le minimum (Décembre pour Laruns), sont assez peu diffé-
TABLEAU N° 5.
Températures moyennes mensuelles dans la vallée d’Ossau.
Stations
Jr
Tr
!..
*1
81
Jn
Jt
At
S.
0.
N.
D.
Pau
5,0
6.6
9,7
12.2
14,8
18,4
9,7
6,0
Laruns
4,1
5.5
11.8
12.9
5,8
Mlsgsbat
2.8
4.4
7.7
17.1
7.6
4.2
0,9
*.*
Lac d'
-1,5
rentes de celles des mois de Février et Décembre. Seules les stations
d’Artouste-Usine et d’Artouste-Lac possèdent des valeurs moyennes
mensuelles au dessous de zéro, en Janvier et Décembre pour Artouste-
Lac, en Janvier seulement à Artouste-Usine. La plus forte chaleur
se fait sentir au mois de Juillet et la température du mois d’Août a
des valeurs à peine plus faibles dans toutes les stations.
Ces différents résultats sont réunis dans le tableau et le graphique
(fig. 9) ci-j oints :
Source : MNHN, Paris
32
JEAN-MARIE TURMEL.
Pour les valeurs des mois les plus froids, les résultats sont en
concordance avec les données ordinairement admises. De même les
mesures par saisons météorologiques (1) montrent une assez bonne
concordance avec celles relevées, dans les Alpes, à des altitudes sem¬
blables : par exemple, avec les données fournies par Guinochet (2)
dans son travail sur l’étage alpin du bassin supérieur de la Tinée.
TABLEAU N° 6.
Températures moyennes saisonnières dans la vallée d’Ossau.
Stations
Hiver
D.J.F.
Print.
M.A.M.
Eté
J.J.A.
Autm.
S . O . N .
Pau
5,9
12,2
19,9
13,6
Laruns
4,5
11,7
18,7
12,8
Miegebat
3,8
10,0
16,5
n,i
Forges d*
Abel
1,6
9,1
16,6
9,8
Usine d’
Artouste
0,4
4,9
16,2
8,7
Lac d ’
Artouste
-0,6
4,3
12,5
6,4
III. — Températures maxima et minima journalières.
a) Moyennes mensuelles des températures minima et maxima
JOURNALIÈRES.
Les moyennes des températures mensuelles et annuelles n’influent
pas seules sur la végétation et les températures extrêmes sont aussi
très importantes pour l’établissement et surtout pour la persistance
des végétaux. Dans le tableau suivant n° 7, je donne avec les moyen¬
nes mensuelles des températures minima et maxima journalières
l’écart moyen journalier de la température. On peut ainsi annoncer que
les gelées nocturnes doivent être très fréquentes à Laruns et Miègebat
dans le mois de Janvier, aux Forges d’Abel et Artouste-Usine en Dé¬
cembre, Janvier, Février et à Artouste-Lac en Novembre, Décembre,
Janvier, Février, Mars, Avril ; les fortes gelées (—5°) sont en cette
dernière station très fréquentes dans le mois de Janvier.
(1) Les saisons météorologiques sont : Hiver, de Décembre à Février ; Prin¬
temps, de Mars à Mai ; Eté, de Juin à Août ; Automne, de Septembre à Novembre.
(2) M. Guinochet. — Etudes sur la végétation de l’étage alpin dans le bassin
supérieur de la Tinée (Alpes-Maritimes). Lyon 1938.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
33
On verra au cours de l’étude des températures minimum et maxi¬
mum absolues que les gelées sont à craindre beaucoup plus longtemps
qu’il n’est indiqué ci-dessus.
Pour ce qui est des maxima, ces moyennes mensuelles ne décèlent
pas de fréquentes fortes chaleurs (30°) ; mais comme pour les gelées,
ce n’est que l’étude des températures absolues et non des moyennes
qui permet de préciser s’il peut y avoir dans un mois des jours chauds
ou très chauds (plus de 35°).
TABLEAU N° 7.
Moyennes mensuelles des températures maxima
et minima journalières et leurs écarts, dans la vallée d’Ossau.
Stations
Jr
Fr
Us
Al
Mi
Jn
Jt
'*
Se
Os
Ns
De
16,1
18,1
20,5
24,2
26,5
25,6
23,5
18,5
14,9
17
12,7
11,8
11.5
11,5
12,0
9,2
11,4
10,5
10,4
15,6
m
0,1
1,4
5,4
6,5
9,0
12,7
14,3
16,4
12,1
8,2
4,5
1.4
IC, 9
Ï67T
17,9
2075
24,3
26,4
25,0
23,1
17,9
12,6
8,9
10,1
10,6
15,2
12,5
12,7
15,2
15,4
12,2
12,0
10,6
9,1
8,8
a
-1,0
0,5
5,4
5,6
7,5
11.1
15,0
12,8
11,1
7,3
3,5
0,1
V.
6,5
B, 8
14,0
15,8
17,4
20,9
22,8
22,3
19,7
16,2
11,9
7,5
Miegsbat
A
7,2
8,7
11,8
11,4
11,1
11,5
11,0
10,8
10,5
10,1
8,6
6,6
-0,7
0,1
2,2
4,4
6,5
9,4
11,8
11,7
9,2
6,1
3,3
0,9
Forg»s
d'Abel
M
10
15,4
16,2
21,6
23,8
21,8
19,1
14,0
8,6
6,9
7,6
8,4
9,4
10,2
11,8
12,4
10,6
9,6
8,0
6,1
5,0
D
-2,5
-1,5
1,6
4,0
6,0
9,8
11,4
11,2
9,5
6,0
2,5
-1,0
Usine d'
Artouste
U
2,0
5,4
8,2
13,4
15,1
20,4
23,2
21,5
17,0
12,0
8,3
2,8
m
4,5
-2,5
5,9
-2,6
7,6
0,6
9,9
5,5
10,0
5,1
11.5
8,9
12,6
10,6
11,1
10,2
8,7
0.5
7,0
5,0
7,6
0,7
4,3
-1,5
Lac d*
Artouste
M
2,2
4,5
7,0
8,8
10,0
15,5
18,7
17,0
14,7
10,0
6,3
5,0
«
7,4
-5,2
8,7
-4,2
9,1
-2,1
9,2
-0,4
8,0
2,0
8,8
6,5
9,7
9,0
8,6
8,4
8,5
6,2
7,7
2,3
b,9
-0,6
7,0
-4,0
b) Moyennes saisonnières des températures minima et maxima
JOURNALIÈRES.
Le tableau suivant (n° 8) donne les moyennes saisonnières des
températures journalières maxima et minima, ainsi que leurs diffé¬
rences pour l’hiver, le printemps et l’été c’est-à-dire pour les périodes
où les plantes ont le plus à souffrir des conditions climatologiques
(hiver) et où elles effectuent leur croissance.
On constate que les températures décroissent très régulièrement
quand l’altitude croît sauf pour la période d’hiver, où, au lac
d’Artouste, la moyenne des maxima est plus forte que celle de l’usine
d’Artouste. Cette inversion de température s’explique facilement par
les fortes durées d’insolation en haute altitude et au contraire par la
faible insolation au fond de la vallée où s’installe souvent un plafond
de nuages.
Mémoires du Muséum. — Botanique, t. V. 3
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
IV. — Températures maxima et minima absolues mensuelles
a) Moyennes des températures maxima et minima absolues men¬
suelles.
Mais si en étudiant les moyennes des maxima et minima mensuels,
on serre de plus près le problème, il ne faut pas oublier que les plantes
subissent bien d’autres variations et en particulier des écarts thermo¬
métriques beaucoup plus importants que ceux enregistrés ci-dessus.
TABLEAU N° 8.
Moyennes saisonnières des températures maxima
et minima journalières, dans la vallée d’Ossau.
PRINTBHPS
18,2 12,0
Dans le tableau n" 9 je donne pour chaque mois la moyenne des
températures minimum (ou maximum) absolues. On a donc ici la
valeur moyenne du plus grand froid (ou de la plus forte chaleur) du
mois pour la station considérée.
TABLEAU N° 9.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D'OSSAU.
35
On remarque ainsi que à Pau, il peut y avoir ordinairement des
gelées de Novembre à Mars ; à Laruns et Miègebat de Novembre à
Avril ; pour les Forges d’Abel, d’Octobre à Avril ; pour Artouste-Usine,
d’Octobre à Mai et de Septembre à Juin pour la station d’Artouste-
Lac ; les grands froids sont fréquents pendant trois mois à Pau,
Laruns, Miègebat et les Forges d’Abel, pendant 4 mois à Artouste-
Usine et pendant 8 mois à Artouste-Lac !
A Pau et Laruns, les mois de Juin, Juillet, Août et Septembre ont
des jours de chaleur (4- de 30°), à Miègebat, les Forges d’Abel et
Artouste-Usine, seuls Juillet et Août subissent ces hautes tempéra¬
tures. La station du lac d’Artousle n’a pas de moyennes de tempéra¬
tures maxima absolues mensuelles moyennes aussi élevées.
b) Températures extrêmes maxima et minima absolues mensuel-
Dans le tableau n" 10 sont réunies .les valeurs extrêmes des tem¬
pératures (m ou M) qui ont été enregistrées pour ces stations aux
différents mois pendant toute la durée d’observation (environ 13 ans).
TABLEAU N° 10.
Températures extrêmes maxima et minima absolues
On trouvera donc ici les températures les plus basses (ou les plus
hautes) que l’on connaisse pour chaque mois de chaque station.
Pau, Laruns, Miègebat et les Forges d’Abel sont donc sûrement
exemptes de gelées pendant 4 mois ; Artouste-Usine 3 mois et Artouste-
Lac 1 mois !
Les jours de chaleur peuvent exister à Pau pendant 8 mois (4 mois
pour les fortes chaleurs), pour Laruns 7 mois (4 jours de fortes cha¬
leurs) ; pour Miègebat 6 mois (3 jours de fortes chaleurs) ; pour les
Source : MNHN, Paris
36
JEAN-MARIE TURMEL.
Forges d’Abel 4 mois (1 jour de forte chaleur) ; pour Artouste-Usine
5 mois (3 jours de fortes chaleurs) et seulement 1 mois pour Artouste-
Lac.
C) Autres facteurs climatologiques.
On ne possède que peu ou pas de renseignements sûrs en ce qui
concerne les facteurs autres que la pluviosité et la température.
Si l’on accepte pour la région du Pic de Midi d’Ossau les chiffres
de la région paloise, il y aurait dans cette région une vingtaine d’ora¬
ges par an avec un maximum très étalé sur les mois de Juin, Juillet,
Août et Septembre (3 mois à peu près).
A ma connaissance il n’existe aucune donnée chiffrée de la nébu¬
losité et des jours de brouillard ; on peut cependant dire, en confir¬
mant partiellement les indications de Gaussen, que le fond de la vallée
subit des brouillards venant du Nord ; ils se localisent vers 1400-
1.500 m donnant à cette altitude, c’est-à-dire à l’étage des forêts, le
maximum d’humidité ; il y aurait également là confirmation des re¬
marques faites par Braun-Blanquet (1). Les sommets restent eux
dans l’atmosphère limpide des belles journées pyrénéennes.
La luminosité, très variable suivant les stations, est évidemment
plus forte en altitude que dans le fond des vallées. Mais il n’existe pas
de données publiées ayant trait à la vallée d’Ossau.
Pour les vents, il n’existe aucune donnée locale. L’on peut seu¬
lement rappeler que, pour la région de Pau les vents dominants sont
du secteur Ouest (643 observations pour 1.000 ; la direction Ouest
étant de beaucoup la plus fréquente : 394). L’on peut estimer que ces
valeurs sont encore exactes en ce qui concerne les vents des hautes
altitudes ; mais le fond des vallées est balayé par des vents secon¬
daires dont la direction peut parfois être inverse de celle des vents de
haute altitude. Alors que les vents qui soufflent sur les hauts sommets
commandent le climat général, ce sont les vents locaux de basse alti¬
tude qui apportent les brouillards et les nuages bas et qui de ce fait,
régissent la climatologie locale des vallées.
D) Synthèses climatiques.
De nombreux auteurs ont proposé soit des coefficients climatiques
soit des synthèses graphiques pour différencier les climats ; je pren¬
drai ici quatre exemples de coefficients purement numériques (Quo¬
tient de végétation de Cif.si.ar, Indice d’aridité de de Martonne, Indice
hygrothermique d’AMANN, Quotient pluviométrique d’EMBF.RGER) et
un exemple de synthèse graphique : celle de Grifith-Tayi.or.
Notons avant de passer en revue ces différents coefficients que
l’indice xérothermique de Gaussen (2) donne zéro pour les six sta-
(1) J. Braun-Blanquet. — La végétation des Pyrénées Orientales. Consejo
superior de investigaciones cientificas, Barcelona 1948.
(21 F. Bagnouls et H. Gaussen. — Saison sèche et indice xérothermique. Bull.
Soc. Hist. nat. Toulouse, T. 88, pp. 193-239, 1953.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DK MIDI D’OSSAU.
tions précédemment étudiées, celles-ci ne possédant pas de « saison
sèche ».
1" Quotient de végétation de Cikslak (1).
Une formule qui paraît intéressante pour la comparaison des
stations envisagées est celle de Cieslar : cet auteur calcule le rapport
de la somme des précipitations à la somme des températures moyen¬
nes pour les bimestres Mars-Avril, Mai-Juin, Juillet-Août ; ses formu¬
les sont donc :
Pa + P4 Ps + Po Pt + Ps .
t;( + t 4 ’ t, + t« ’ t 7 + t g ’
appliquées aux stations étudiées ici, elles fournissent les résultats
réunis dans le tableau n° 11 qui suit :
TABLEAU N» 11.
Valeurs du coefficient de Cieslar pour les stations de la vallée d’Ossau.
Stations
Alt o
M-A
M-J
J-A
S-0 !
Pau
236 m
8,0
5,7
3,0
5,6
Laruns
523 m
10,1
7,5
4,3
8,0
Miegebat
735 m
10,3
7,5
4,6
7,9
Forges
d'Abel
1068 m
22,2
10,6
6,0
12.5
Usine d*
Artouste
1142 m
19,7
8,4
5,1
11,4
Lac d’
Artouste
1990 m
22,3
13,6
6,7
13,6
On voit donc que la végétation de Laruns est en retard de un mois
et demi sur celle de Pau et on enregistre 15 jours de différence entre
Miègebal et Laruns. Il faut également compter un mois et demi de
retard entre Laruns et le Lac d’Artouste, pour obtenir la même valeur
du «Quotient de végétation» (par exemple 10, qui correspond aux
caractéristiques climatologiques du printemps en plaine). La station
(1) A. Cieslar. — Einige Beziehungen zwischen Holzzuwachs und Wittcrrung.
Centralblatt f. d. ges. Forstwesen, XXXIII, 1907.
Source : MNHN, Paris
38
JEAN-MARIE TURMEL.
des Forges d’Abel a environ de 15 jours à 3 semaines de retard par
rapport à la station de l’Usine d’Artouste malgré une altitude sensi¬
blement égale. Si l’on considère maintenant la valeur : 6 du « Quo¬
tient » (qui correspond pour Pau au climat de mai-juin), le retard pour
les deux stations de Laruns et de Miégébat (presque confondues) est
d’un mois seulement et d’un mois et demi pour l’Usine d’Artouste et
enfin il y a un décalage de deux à trois semaines seulement entre
Laruns et l’Usine d’Artouste : ce dernier résultat est en accord avec
les dates de fenaison à Laruns et à Gabas.
II) Indice d’aridité de De Martonne (1).
L’indice d’aridité de De Martonne est d’une conception voisine
de la formule précédente ; il est donné par les formules :
! =
-X 12
+ 10
Q : pluv. ann. ; p„, pluv. mens. ; T : temp. ann. ; t„, temp. mens.
Il permet de n’avoir ni nombres trop élevés quand la moyenne est
aux environs de zéro, ni surtout de nombres négatifs. Les valeurs de
cet indice dans la région étudiée sont consignés dans les 2 tableaux
suivants n os 12 et 13.
TABLEAU N° 12.
Valeurs de l’indice d’aridité, annuel et mensuel
pour les stations de la vallée d’Ossau.
Mais de ces nouvelles données il est difficile encore de tirer des
conclusions bien nettes : l’indice annuel p. ex. a des valeurs très voi¬
sines pour les basses et hautes altitudes et le même fait se reproduit
également pour les moyennes mensuelles.
(1) Martonne (E. de). — Indice d’aridité, Bull. Ass. géog. franç., 1926.
Perrin (H.). — Indices d’aridité et végétation forestière, Congrès international
du Bois et de la Sylviculture, t. II, Paris, 1931.
Perrin (H.). — Indices d’aridité et répartition des espèces forestières, Paris,
1931.
Georges (P.). — Essai de classification géographique des associations végétales
forestières de l’Ouest, entre le Bocage normand et la Touraine, Revue des Eaux et
Forêts, t. 83, pp. 687-703, Déc. 1945 et t. 84, pp. 11-26, 1946.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
39
Si d’autre part on compare ces résultats avec ceux trouvés par
Guinochet pour les Alpes-Maritimes, il semble que cette région
d’Ossau serait beaucoup plus sèche que les Alpes-Maritimes, puisque
les indices annuels pour cette dernière région varient de 66 à 133 !
TABLEAU N° 13.
Valeurs de l’indice d’aridité bimensuel pour les stations
de la vallée d’Ossau.
Stations
Jr-Tr
He-Al
Mi-jn
Jt-At
Se-Oe
Ne-De
Pau
84,9
50,8
43,1
24,6
41,8
89,9
laruns
106,7
54,0
53,6
34,0
58,2
84,5
ïorges
d'Abel
170,8
112,4
73,0
45,5
82,4
178,0
Usine d*
Artou8te
169,7
92,5
56,5
40,8
70,8
152,7
Lac d'
Artouate
89,7
67,1
62,2
46,1
74,3
77,6
III) Indice hygrothermique d’Amann (1).
Il est fourni par la formule.
Ainsi que le montre le tableau suivant, l’indice hygrothermique
d’Amann rend bien compte, de l’influence atlantique plus ou moins
forte qui règne dans certaines de ces stations : plus les valeurs de
l’indice sont élevées, plus l’atlanticité se fait sentir. A ce point de vue
TABLEAU N° 14.
Valeurs de l’indice d’Amann pour les stations de la vallée d’Ossau.
il faut noter cependant que la station de Miégébat étant assez sèche,
ne donne pas une valeur aussi forte qu’elle le devrait étant donnée
son altitude et d’autre part la valeur anormale pour Pau est-elle aussi
bien trop faible.
(1) Amann (J.). — L’hygrothermie du climat, facteur déterminant la réparti¬
tion des espèces atlantiques, Revue brgol., 56, 1929.
Source : MNHN, Paris
40 JEAN-MARIE TÜRMEL.
IV) Le quotient pluviométrique ^’Emberger (1).
Ce coefficient qui donne d’excellents résultats pour la région médi¬
terranéenne a aussi été employé dans d’autres régions (cf. Duchau-
foür).
La formule d’EMBERGER est la suivante :
O = P x 100
W M 2 — m 2
Je donne dans le tableau suivant n“ 15 les valeurs de M et m, de P
et celle du quotient Q pour les stations étudiées.
Pour permettre des comparaisons intéressantes, je donne dans
une colonne de ce tableau un quotient rectifié (Q rectifié) comme l’a
fait Duchaufour pour les stations à m négatif (1). Ces nouveaux résul¬
tats permettent mieux de caractériser les climats de ces stations et
TABLEAU N° 15.
Valeurs du coefficient pluviométrique d’Emberger
(valeurs rectifiées et améliorées).
offrent des possibilités de comparaison avec certaines stations nor¬
diques atlantiques, Goteborg 55,7 — Lund 41,8 — Vra-Esmared 88 ;
Miègebat serait ainsi sous la dépendance très nette du climat atlan¬
tique (88), et les stations d’altitude seraient caractérisées par leur
sécheresse. Enfin comme l’a suggéré Emberger lui-même un autre cor¬
rectif peut être apporté à cette formule en utilisant le nombre de jours
nombre de jours de pluie
de pluie : on multiplie Q par le rapport---— — . Cette
correction montre en particulier que la station du Lac d’Artouste doit
être considérée comme station plus aride que celle des Forges d’Abel,
ce que n’indiquait pas le coefficient simple.
(1) Emberger (L.). — La végétation de la région méditerranéenne. Essai d'une
classification des groupements végétaux. —- Rev. gen. de Bot., XLII, 1940.
Ph. Duchaufour. — Recherches écologiques sur la chênaie atlantique française.
Ann. Ecole, nat. Eaux et Forêts, 1948.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAIL
V) Synthèse graphique de Gkifith-Taylor.
Pour finir nous donnerons encore une représentation graphique
(fig. 10), cette fois, celle de Griffith-Taylor que Th. Monod (l -1 a
synthétisée dans une représentation en faisceaux. Les 6 polygones
montrent la variation du climat de la plaine aux hauts sommets.
Les documents climatologiques sur la vallée d’Ossau que nous
venons de faire connaître ci-dessus et qui n’ont encore jamais été
publiés apportent un ensemble de faits qui pourront être utilisés dans
l’avenir pour arriver à une connaissance complète du climat des val¬
lées pyrénéennes.
ÉCOLOGIE ET GRANDS GROUPEMENTS VÉGÉTAUX.
L’étude géologique et climatologique générale de cette région mon¬
tre donc une grande diversité de stations, diversité qui est encore
accentuée par la variété des conditions pédologiques inhérentes à la
terre de ces stations.
Ainsi un premier groupe d’association est surtout lié par les cons¬
tantes physico-chimiques des rochers car les plantes de ces groupe¬
ments sont en contact intime avec les parois rocheuses ; mais ici les
conditions stationnelles sont aussi très importantes car elles comman¬
dent le micro-climat de ces stations et permettent ainsi des groupe¬
ments forts différents.
Pour un deuxième groupe, lié au milieu aquatique, ce sont surtout
les facteurs édaphiques qui prédominent : les masses d’eau agissent
tout d’abord par leurs propriétés physiques (calme ou turbulence) et
d’autre part par leurs constantes chimiques et climatologiques (tem¬
pérature, limpidité, pH, sels).
Enfin le troisième groupe, les associations liées à la terre, de beau¬
coup les plus nombreuses, est surtout lié au climat général et au com¬
plexe minéral-humus. Ces dernières associations seront donc dépen¬
dantes, non seulement des facteurs édaphiques et climatologiques géné¬
raux inhérents à l’altitude mais aussi des conditions microclimatologi-
ques et de la nature et de l’évolution des sols superficiels formés à
partir des roches mères sous-jacentes et des matières organiques.
Les podzols sont surtout localisés dans la zone des forêts (Hêtraie-
Sapineraie de Gabas p. ex.) avec comme substratum des granités et
des schistes.
Les sols alpins humiques (col des Moines, Sagette) se trouvent
surtout sous les pelouses de l’étage alpin [Curvuletum].
Sur les roches calcaires s’établissent les rendzines et les sols humi¬
ques carbonatés contenant encore des fragments de la roche mère
(Peyrelu).
Enfin dans les marais et sous certaines prairies établies sur d’an-
_ (1) D. N. Kachkahov et E. P. Korovin. — La vie an désert. Introduction à l’éco¬
logie et à l’aménagement des déserts. Moscou, Léningrad, 1936.
Th. Monod. — Mém. Soc. Riogéogr., VI, 1938).
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
43
ciens fonds de lacs (Magnabeigt, plateau de Bious-Dessus) les alluvions
des ruisseaux sont recouvertes par d’importantes couches de tourbes
(Bious-Dessus).
Mais il arrive le plus souvent que ces sols soient très peu épais et
que par suite on ne puisse voir que le début d’une évolution normale
conduisant lentement aux sols podzoliques et aux rendzines.
Enfin le rôle antagoniste de végétaux envahissants n’est pas non
plus à négliger (Guyot (1)), et, en y joignant l’action des troupeaux
et de l’homme (Soques, Pourtalet) l’on aura passé en revue tous les
facteurs écologiques déterminant les associations végétales dans une
petite région donnée ; restant entendu que le patrimoine floristique
est le résultat des conditions paléoécologiques qui ont provoqué les
migrations végétales au cours des âges.
MÉTHODES ÉCOLOGIQUES ET BOTANIQUES (2).
Au cours de ce travail je me suis surtout référé aux travaux
récents de phytogéographie montagnarde française en particulier à
ceux de : J. Braun-Blanquet, P. Chouard, M. Guinochet, G. Lemée,
A. Luquet, G. Netien, G. Pottier-Alapetite, A. Quantin, J. Susplit-
GAS.
(1) G. Deleuil. — Mise en évidence de substances toxiques pour les théro-
phytes dans les associations du Rosmarino-Ericion. C. R. Acad. Sc. Paris, t. 230,
pp. 1362-4, 1950.
L. Guyot. — Sur un aspect du déterminisme biologique de l’évolution floris¬
tique de quelques groupements végétaux. C. R. sommaires des séances, Soc. Biogéo.,
n° 239-240, pp. 3-15, 1951.
L. Guyot. — Effets antibiotiques provoqués par des lichens et des végétaux
supérieurs. Répercussion sur l’équilibre fungique de profondeur et l’équlibre pha-
nérogamique de surface. Huitième Congrès international de Botanique, Section 24,
pp. 47-52, 1954.
(2) J. Braun-Blanquet. — l’ne reconnaissance phytosociologique dans le Brian-
çonnais. Bull. Soc. Bot. Fr., T. 69, Session extraordinaire, pp. 7/-103, 1922.
Ibid. — Loco citato. Barcelone, 1948.
Ibid. - — La végétation alpine et nivale des Alpes françaises. Etude botanique
de l’Etage alpin particulièrement en France, pp. 27-96, Bayeux, 1945.
Ibid, et G. Braun-Blanquet. — Recherches"phytogéographiques sur le massif
du Gross-Glockner. S.I.G.M.A., N® 13.
Ibid, G. Sissixgh et J. Vlieger. — Prodromus der Pflanzengesellscliaften, Fasz
N° 6. Comité international du Prodrome Phytosociologique, mars 1939.
P. Chouard. — Le peuplement végétal des Pyrénées-centrales. I. Les monta¬
gnes calcaires de la vallée de Gavarnie. Bull. Soc.'Bot. Fr., t. 89, pp. 257-260, 1942
et t. 90, pp. 1-4 et 25-29, 1943.
Ibid. — Coup d’oeil sur les groupements végétaux des Pyrénées centrales.
Bull. Soc. Bot. Fr., 76 e Session extraordinaire en 1948, in t. 96, "pp. 145-149, 1949.
M. Guinochet. — Loco citato, Lyon, 1938.
G. Lemée. — Recherches écologiques sur la végétation du Perche. Thèse docto¬
rat, Paris, 1937.
A. Luquet. — Les colonies xérothermiques de l’Auvergne. Thèse doctorat, Au-
rillac, 1937.
H. Meier et J. Braun-Blanquet. — Prodrome des groupements végétaux. Faso.
2, Comité international du Prodrome Phytosociologique, Montpellier, 1934.
G. Netien. — Etude sur la flore du Massif des Aiguilles d’Arves. Bull. Soc.
Lin. de Lyon, N° 2-3, 1945.
G. Pottier-Alapetite. — Recherches phytosociologiques et historiques sur la
végétation du Jura central et sur les origines de la flore jurassienne. S.I.G.M.A..
N» 81, Tunis, 1943.
Source : MNHN, Paris
44
JEAN-MARIE TURMEL.
En conséquence j’ai adopté les grandes divisions phytogéographi-
ques utilisées par ces auteurs, niais en me basant surtout sur les fac¬
teurs écologiques qui, à mon avis sont prépondérants pour l’établisse¬
ment et le maintien d’une association végétale. En ce qui concerne les
associations, j’ai le plus possible rapproché mes relevés de groupe¬
ments déjà existants. Enfin j’ai cherché à montrer quel pouvait être le
dynamisme de ces associations qui du fait de leur propre vie, modifient
constamment le milieu où elles vivent.
A) Détermination des facteurs écologiques sur le terrain.
Il faut tout d’abord distinguer les techniques : microclimatiques,
biologiques et édaphiques.
I. — Mesures de microclimatologie furent de deux ordres : a) les
mesures de plus ou moins longue durée et b) les mesures « instanta¬
nées ».
a) Les mesures de plus ou moins longue durée ont été effectuées
avec une paire de thermomètres enregistreurs, un hygromètre enregis¬
treur, une série d’hygromètres Pitche (le plus simple, mais de beau¬
coup le plus commode à manipuler sur le terrain) et des séries de ther¬
momètres à maxima et minima placés soit à 5 cm du sol, soit dans
le sol à 2 cm. de profondeur. Ce matériel m’a permis d’avoir des ren¬
seignements sur la microclimatologie des stations de prairies de Gabas,
de la hêtraie, des pâturages de haute altitude et de la face nord du pic
Sagette, non loin d’une combe à neige.
2°) D’autre part des mesures « instantanées » ont été effectuées
dans les différents biotopes de la région : mesures faites au moyen du
psychromètre-fronde (type O.N.M. et rotatif pour les stations res¬
treintes).
Enfin quelques mesures de luminosité ont été réalisées (surtout en
basse altitude et en sous-bois).
II. — Mesures biologiques.
Plus d’un millier de mesures furent faites tant en haute altitude
que dans les vallées pour essayer de préciser la croissance des végétaux
de haute altitude et la comparer avec celle de moyenne altitude.
A. Quantin. — Evolution de la végétation à l’étage de la Chênaie dans le Jura
méridional. Thèse doctorat, 1935.
Ibid, et G. Netien. — Monographie floristique de l’Oisans. Aperçu sur les grou¬
pements végétaux de l’étage alpin du plateau d’En-Paris. Bull. Soc. Lin. de Lyon,
1937.
Ibid, et Ibid. — Les associations végétales de l’étage alpin des Alpes de l’Oisans.
Bull. Soc. Bot. Fr., t. 87, pp. 27-47, 1940.
Ibid, et Ibid. — Contribution à l’étude des associations végétales des Alpes
de l’Oisans. Ann. Sc. Univ. Besançon, t. VI-VII, fasc. 1, pp. 41-56, 1951-1952 et t.
VIII, pp. 94-155, 1953.
J. Susplugas. — L’homme et la végétation dans le Haut-Vallespir. S.I.GM.A.,
N° 36. Montpellier, 1935.
Ibid. — Le sol et la végétation dans le Haut-Vallespir (Pyrénées-Orientales)
Thèse doctorat, Montpellier, 1942.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
45
III. — Mesures des caractéristiques édaphiques.
a) Percolation. Des mesures de perméabilité du sol « in situ » ont
pu être faites dans un grand nombre de types d’association ; elles ont
montré la grande diversité de ce facteur suivant les types de peuple¬
ment. Déjà les résultats de quelques mesures analogues avaient été
donnés par Guinochet (1). Cette méthode créée par Kopeky d’une
part et par Muntz Faure et Laisné d’autre part a été décrite par
Braun-Blanquet (2) et par Mlle Soroceanu (3) ; elle consiste à enfon¬
cer dans le soi un cylindre creux en duralumin de 6 cm de diamètre,
en faisant grande attention de ne pas détériorer la structure du sol
(ce qui aurait pour conséquence de diminuer les temps de pénétra¬
tion). Dans la partie du cylindre non enfoncé dans le sol on verse de
l’eau par 50 cm 1 2 3 4 à la fois et l’on mesure le temps d’absorption de
chaque versement ; l’on continue autant que faire se peut jusqu’à
ce que les temps de pénétration ne varient sensiblement plus : l’allure
générale de la courbe (obtenue sur un plan coordonné en temps et
nombre de versements) ainsi que l’ordonnée de l’asymptote de la
courbe sont des caractéristiques du sol où a été faite l’expérience (4).
2“) Etude des eaux. — L’étude des eaux a été naturellement faite
sur place : température, pH, degré hydrotimétrique. La température
a été mesurée par un thermomètre au 1/2 degré, ce qui permet facile¬
ment d’apprécier le 1/4 de degré sans crainte d’erreur. Pour ce qui est
du pH, la technique colorimétrique et la méthode électrique ont été tou¬
tes deux employées : en 1950, 51, 52. J’ai utilisé un appareil portatif He-
lige ainsi que la trousse complète Bruère à 5 colorants avec leurs échel¬
les en tubes colorés scellés (bleu de bromothymol, rouge de méthyle,
rouge de phénol, colorant universel R.P. et vert de bromocrésol). En
1953, grâce à une subvention du Centre National de la Recherche scien¬
tifique, j’ai pu me servir d’un appareil portatif électrique avec 2 jeux
d’électrodes. Cet appareil (pH-meter 24, Radiometer, Copenhague) qui
fonctionne sans source auxiliaire d’électricité est extrêmement mania¬
ble grâce à son habile présentation et à son poids réduit (moins de
2 kg), ce qui permet de l’emporter (avec précaution toutefois) même
dans les courses de montagne. Les électrodes (l’une au calomel, l’autre
en verre) peuvent être adaptées à un support spécial et ainsi avec les
longueurs de fil convenables on peut faire des mesures à quelque dis-
(1) Guinochet (M.). -— Loco citato, Lyon, 1938.
(2) Braun-Blanquet (J.). — La Chênaie d’yeuse méditerranéenne, S.I.G.M.A.,
n" 45. Extrait Mém. Soc. Etudes Sc. Nat. Nîmes, n" 5, Montpellier, 1936.
(3) Soroceanu (E.). — Recherches phytosociologiques sur les pelouses xérophi-
les de la plaine languedocienne. S.I.G.M.A., n“ 41, Montpellier, 1936.
(4) Turmel (J. M.). — La percolation dans les sables. I. Dunes maritimes de
Normandie. Les faits. Bull. Mus. Paris, 2 e sér., t. 22, n" 5, pp. 664-71, 1950.
— Expériences au laboratoire et discussion des résultats. Ibid., n° 6, pp. 804-
14, 1950.
— La percolation dans les sables. II. Recherches préliminaires dans les divers
milieux du Sahara Occidental. — Bull. Mus. Paris, 2" sér., t. 24, n° 6, pp. 608-615.
1952.
— Diffusion de l’eau de percolation dans les sables sahariens. — Bull. Mus.
Paris, 2 e sér., t. 25, n» 1, pp. 105-109, 1953.
Source : MNHN, Paris
46
JEAN-MARIE TURMEL.
lance de l’appareil (2 ni) ; ces mesures s’effectuent même avec une
extrême facilité quand l’on peut être deux expérimentateurs, l’un pla¬
çant les électrodes, l’autre manipulant l’appareil. Nous avons pu ainsi
obtenir de nombreuses mesures dans les tourbières et même distin¬
guer plusieurs niveaux dans, les touffes de sphaignes.
D’autre part en ce qui concerne les mesures de dureté des eaux
(degré hydrotimétrique), elles ont été faites grâce à la technique habi¬
tuelle en utilisant une solution titrée à l’avance.
B) Détermination des facteurs écologiques
au laboratoire.
Ces déterminations ont porté sur la physique et la chimie des sols
et ont été effectuées sur environ 150 échantillons que j’ai rapportés
de la région d’Ossau.
I. — pH.
Le pH de ces sols a été mesuré comme je l’ai indiqué plus haut
par la méthode coloriinétrique et à partir de 1953 par la méthode élec¬
trique.
II. — Analyse mécanique.
Tout d’abord on a fractionné par tamisage la terre totale en terre
grossière et terre fine : l’on a ainsi séparé d’abord les cailloux ne pas¬
sant pas au tamis n“ 2 c’est-à-dire les particules ayant plus de 12 mm
de diamètre, puis les graviers ne passant pas au tamis n" 10 (diamètre
2 mm) ensuite la terre fine de diamètre inférieur à ces 2 mm. Après
attaque par H 2 O 2 à 110 volumes (1-2), et en suivant la technique de
Robinson (3) on sépare les limons (0,02 à 0,002 mm) et les argiles, par
ticules de diamètre inférieur (à 0,002 mm), puis par décantation et
siphonnage (plusieurs sont nécessaires), on récolte les sables que l’on
peut ensuite tamiser pour séparer les sables grossiers (de 2 à 0,2 mm
de diamètre) et les sables fins (de 0,2 à 0,02 mm de diamètre).
III. Pour tous les échantillons rapportés j’ai également étudié la
capacité minima pour l’eau (4). Après saturation par immersion pen¬
dant 12 heures, il est fait un essorage pendant 5 minutes (trompe à
vide) sous courant d’air humide ; on pèse à l’état humide, puis à l’état
sec après passage à l’étuve à 105“, la différence en p. 100 est la valeur
recherchée.
IV. Le degré de inouillabilité, calculé sur ces sols secs, a été
déterminé par une méthode simplifiée : on pèse le poids de matières
(1) Duchauffour. — Cours de Pédologie, Faculté des Sciences de Nancy. Insti¬
tut agricole. C.D.U. Paris, 1951.
(2) Demollon et Bastisse. — Sur la dispersion des colloïdes argileux ; appli¬
cation à leur extraction. Ann. Agr., n° 1, 1935.
(3) Robinson. — Journal of Agr. Sc., t. 12, p. 306, 1922 ; Agr. progress.. vol. \.
1928.
(4) Heinrich. — BodenU. u. Pfl., t. 26, pp. 84, 1942.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
47
sédimentées au bout de 10 minutes ; c’est cette valeur en p. 100 qui
est donnée ici (1).
Ces techniques très simples permettent de se faire une idée sur
l’écoulement des eaux et le ressuyage de ces sols, facteurs qui con¬
ditionnent l’érosion et dont l’importance est considérable pour ces
sols fortement en pente.
V. Le dosage du carbone a été effectué par carbonisation au
rouge en effectuant les corrections nécessaires.
VI. Enfin le dosage du Calcium total a été déterminé avec le
calcimètre Bernard.
HISTOIRE DE LA BOTANIQUE EN OSSAU.
Les visiteurs illustres se sont succédés de tous temps dans la vallée
d’Ossau (cf. Cte de Bouillé) : la première ascension du Pic a été
faite par le duc François de Candole (proche parent du roi de Navarre)
en 1552.
Nous devons à H. Taine (2) une description de cette vallée d’Ossau
où il fit une brève excursion en 1857. Après avoir magnifiquement évo¬
qué la splendide vision de la gorge profonde du Hourat entre Laruns
et Eaux-Chaudes, Taine donne un rapide aperçu de la « maigre plaine
de Gabas »... seul endroit dans cette vallée où des pâturages pas trop
en pente sont entretenus et fauchés régulièrement. Mais si, « à l’hori¬
zon l’on aperçoit le pic de Midi, splendide, qui lève ses deux pieux
ébréchés, d’un gris fauve, au milieu du jour serein », il est un peu
exagéré de voir à Gabas « des glaciers... et une eau neigeuse », l’on
n’est encore qu’à 1.000 mètres !
Pendant plusieurs siècles, les forestiers approvisionnèrent la
marine en mâts de sapin aux proportions merveilleuses en provenance
de forêts de Gabas.
Mais les botanistes eux aussi ne négligèrent point cette vallée et
dès 1869 la Société Botanique de France visita la région d’Ossau et
c’est à l’abbé Garroute (3) que l’on doit la relation de l’excursion
entre les Eaux-Chaudes et Panticosa. Des listes de plantes y sont
données pour la vallée de Fabrège... qui fut submergée 80 ans plus
tard par la création du grand barrage de Fabrège terminé en 1948.
L’abbé signale en particulier un Viscum laxum Boiss. Sur les hautes
branches des sapins, plante que je n’ai jamais trouvé lors de mes nom¬
breuses excursions autour de Gabas ; je l’ai vu par contre au Pont du
Hourc, justement dans les très belles futaies qu’on exploitait naguère
pour la Marine. Dans ce même travail sont aussi signalées quelques
(1) J.-M. Tubmel. — La mouillabilité des sols. Sables d'origines diverses.
Coefficient de mouillabilité. Bull. Mus. Paris, 2' sér., t. 24, pp. 147-153 et 238-
241, 1952.
(2) H. Taine. — Voyage aux Pyrénées. Paris, Hachette, 15 éd., pp. 45-152, 1900.
(3) Garhoute (abbé). — Herborisation du 14 août 1868 des Eaux-Chaudes à
Panticosa. Session de la Soc. bot. Fr. à Pau en août 1868 ; t. 15, pp. 71-78.
Source : MNHN, Paris
48
JEAN-MARIE TURMEL.
plantes des lieux humides de la haute vallée du Brousset et des hauts
pâturages du col d’Aneou.
Par ailleurs l’abbé Boulay (1) cite bon nombre d’espèces de mous¬
ses végétant dans la vallée d’Ossau, mais seulement pour la zone des
forêts.
Mais les études les plus importantes sont celles du comte de
Bouillé (2) qui séjourna de nombreuses années dans la région. Si
ses interprétations géologiques sont quelquefois assez curieuses, son
important travail de 1885 donne de très importantes listes de plantes
avec indication des stations : c’est ainsi que nous avons pu retrouver
bon nombre des emplacements qu’il a signalés et en particulier la
première des stations qu’il cite, celle de cet Allium Victorialis du dessus
de la cascade descendant de Bious-Artigues ; j’en ai. fait cet été la
dernière récolte possible, la station étant exactement sur l’emplace¬
ment du mur d’un nouveau barrage et les ouvriers attaquant déjà la
station de toutes parts ! De plus de Bouillé signale toutes les plantes
qu’il a récoltées lors de son ascension du Pic en indiquant pour cha¬
cune leur localisation le long des première, deuxième et troisième
« cheminées » et également tout-à-fait au sommet.
Une autre grande excursion s’est déroulée en août 1898 dans la
haute vallée d’Ossau, celle de l’Association française de botanique, à
laquelle ont pris part nombre de savants parmi lesquels peuvent être
cités Corbière, Coste, Rouy, Soulié, Thériot, Toussaint pour ne
nommer que les plus célèbres. Deux listes, parmi les travaux publiés,
sont importantes ici 1 ° celle intéressant le cheminement de Gabas
au Pic et la base de ce Pic, 2° celle allant de Gabas à Bious-Artigues
et aux lacs d’Ayous (3).
De son côté Rouy (4) signale un certain nombre de stations de
plantes rares dans la vallée d’Ossau, recueillies dans la même excur¬
sion ; ce sont pour la partie qui nous intéresse ici : Rosa alpina L.
var. Malyi Rouy, sur le plateau d’Ayous ; Alchimilla glaberrima Schin.
var. flexicaulis G. Camus au pont de Bious, près de Gabas ; Scleran-
tbus biennis Reut. dans les prairies de Bious, près de Gabas ; Campa-
nula Schcuchzeri Vill. à l’entrée des prairies de Bious-Artigues ;
Galeopsis Filholennn Timb. dans le val de Brousset près de Gabas ;
Armeria pubinervis Boiss. sur les rochers humides du Pic et dans la
dépression entre les lacs d’Ayous.
(1) Boi'lay (abbé). — Etude sur la distribution géographique des mousses en
France. Paris, 1877.
(2) Bouillé (Cte de...). — Pic de Midi d’Ossau (2.885 in). Bull. Soc. Ramona,
1885.
ld. — Le Pic de Midi de Pau ou d’Ossau (2.885 m), sa faune ; sa flore ; quelle
action orogénique a présidé à sa formation. Annuaire du club alpin français, 12'
année, 1885, pp. 152-178, 1886.
(3) Abbés Coste, Toussaint et M. Puech. — Liste des espèces recueillies du¬
rant la session. Bull. Assoc. franç. Bol., 4 e année, n“ 38, pp. 38-49, 1901.
(4) G. Rouy. — Note sur quelques plantes des Basses-Pyrénées, recueillies
durant la session de 1899. Bull. Assoc. fr. Bot., 4" année, n° 42, pp. 142-153, 1901.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
En 1901 également Sudre (1) a publié une étude sur les ronces
pyrénéennes et une partie de ses récoltes étaient en provenance de
la vallée d’Ossau.
Dans son « Guide des Eaux-Bonnes et des Eaux-Chaudes », R. de
Bouillé (2) présente une série d’excursions autour du Pic d’Ossau
ainsi qu’au lac d’Artouste au cours de laquelle il dresse la liste des
plantes qu’il a pu récolter et des animaux qu’il a rencontrés. Enfin
il signale un fait très intéressant maintenant pour l’économie de la
région, à savoir, la date des empoissonnements en truites saumonnées
des lacs d’Ayous, par Ph. Ducousset et P. Laroque, le 27 Octobre
1860. Cette même opération a été faite également pour le lac de Fa-
brège après la construction du barrage en 1948.
Dralet (3) en 1813 signale dans sa « Description des Pyrénées»
que « la seule sapinière qui soit maintenant exploitée pour la mâture
est celle de Gabas. Celte exploitation... approvisionne depuis environ
15 ans la mâture de Bayonne. Les arbres sont payés 1 fr. à la commune
qui en est propriétaire ; on en coupe chaque année de 7 à 800 qui sont
transportés à Oloron et embarqués sur le Gave. Le pied cube rendu
à Bayonne revient à 6 frs ».
Haklé (4) citant H. de Coincy rapporte en effet que « c’est sous
le cardinal de Richelieu qu’a commencé l’exploitation des forêts pyré¬
néennes et que c’est surtout sous le règne de Louis XV que l’exploi¬
tation de nos vallées fut entreprise au compte du roi pour les cons¬
tructions navales » ; l’ingénieur Leroy (5) dirigea les travaux formi¬
dables nécessaires pour le débardage, le charroi sur les chemins spé¬
cialement créés à cet effet (chemins de mâture) jusqu’aux ports
d’embarquements sur le gave d’Aspe et ensuite le flottage jusqu’à
Bayonne.
En effet cette vallée d’Ossau, comme le remarque de Coincy (6),
occupe une place de premier rang pour la couverture et l’exploitation
sapinière de la région. Dans cette vallée d’Ossau, il y aurait d’après
cet auteur (7) : 58,4 p. 100 de sapins et 41,6 p. 100 de hêtres dans la
(1) M. H. Sudre. — Excursions batologiques dans les Pvrénées. Bull. Assoc. fr.
Bol., 4' année, n° 42, pp. 154-6, 1901.
(2) Jam. de Bouille (Cte R...). — Guide des Eaux-Bonnes et des Eaux-Chaudes,
excursion à pied, Lafon, Pau, sans date.
(3) M. Dralet. — Description des Pyrénées, Pau, 1813.
(4) Harlé. — La forêt montagnarde dans les Basses-Pyrénées. Travaux du
laboratoire forestier de Toulouse, t. 1, vol. 1, art. XXIX, 1933.
(5) Leroy, ingénieur. — Mémoire sur les travaux qui ont rapport à l’exploi¬
tation de la mâture dans les Pyrénées. Londres, MDCCI.XXVI (1776).
(6) H. de Coincy. — Les sapinières pyrénéennes et leur traitement. Travaux
du lab. forestier de Toulouse, t. 1, vol. II, art. VII, 1934-38.
(7) H. de Coincy. — Les forêts des Pyrénées. Travaux du lab. for. de Tou¬
louse, t. 1, vol. 1, art. XIV, 1932.
Mémoires du Muséum. — Botanique, t. V.
Source : MNHN, Paris
50
JEAN-MARIE TURMEL.
vallée d’Ossau et 26,3 p. 100 de sapins contre 73,7 p. 100 de hêtres
dans la vallée d’Aspe.
H. Gaussen (1) en 1931 fait une étude de la végétation forestière
de la haute et basse vallée d’Ossau et publie de nombreux renseigne¬
ments climatologiques sur la région.
, (1) H. Gaussen. — Les forêts du pays d’Ossau. Travaux du lab. for. de Tou¬
louse, t. III, vol. 1, art. XII. (cf. Revue géog. Pyrénées et Sud-Ouest, t. II, pp. 431-47,
1931. ' I ‘ '
P. Buffault. — Les forêts et les gaves du Pays d’Aspe, 1904.
Dubreuil. — Les vallées pyrénéennes.
F. Butel. — La vallée d’Ossau.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
51
CHAPITRE IL
LISTE ET ÉCOLOGIE DES ESPÈCES
DE LA HAUTE VALLÉE D'OSSAU.
Dans ce deuxième chapitre je réunis les espèces que j’ai récoltées
dans la Haute vallée d’Ossau et je les classe suivant l’ordre de la flore
Fournier.
Pour chacune des espèces, je donne, après le nom d’auteur, le
type biologique en me basant principalement sur les travaux d’AL-
lorge, Braun-Blanquet, Pottier-Alapetite, Guinochet, Arènes...
Les caractéristiques géographiques de chaque espèce ont été emprun¬
tées soit au catalogue de Chouard sur le Massif de Néouvieille soit à
la flore Fournier.
Une série d’indications caractérisent ensuite les conditions dans
lesquelles chaque plante vit dans la région du massif d’Ossau. C’est
ainsi que je précise l’étage (MI. : Montagnard inférieur, M. : Monta¬
gnard et SA. : Sub-alpin), l’association (en gras celles où l’espèce est
« caractéristique », ou est abondante) et les conditions stationnelles où
j’ai rencontré la plante. Après sont données des caractéristiques phy¬
sico-chimiques de la station où vivent ces plantes : pH, teneurs en
carbonates (CO :i Ca), granulométrie de la terre fine (pour simplifier les
quatre lettres de gauche à droite représentent la moyenne des pour¬
centages des teneurs en argile, limon, sable fin et grossier : O cor¬
respond à un pourcentage nul, a à des valeurs de 0 à 9,9, b de 10
à 19.9...). Puis j’indique pour terminer les pourcentages de la matière
organique (Mat. org.), de la capacité en eau (Cap. eau) et de la mouilla-
bilité (M.). Souvent pour chacune de ces caractéristiques plusieurs
valeurs sont données, elles correspondent aux valeurs minimum et
maximum constatées ; en plus parfois un troisième nombre, écrit en
gras précise la valeur moyenne la plus fréquente.
Cette liste, provisoire, car certainement il reste encore bon nombre
de plantes à découvrir dans la région, s’élève à 577 espèces.
C’est évidemment les hémicryptophytes qui sont de beaucoup les
mieux représentées (315 espèces) suivies de loin par les géophytes 58,
les thérophytes 44, les chaméphytes herbacées 40, les nano-phanéro-
phytes 33 et les phanérophytes 24.
Source : MNHN, Paris
52
JEAN-MARIE TURMEL.
La plus grande niasse de ces espèces (246) est originaire d’Eu¬
rope moyenne ce qui donne un pourcentagle (43 p. 100) très voisin
de celui trouvé par Chouard pour les vallées de Néouvieille (42 p. 100).
Les proportions, pour ces deux vallées sont également très voisines
pour les orophiles alpiennes (127 espèces) 22 p. 100 et les endémiques
pyrénéennes (50 espèces) 8 p. 100.
En ce qui concerne l’écologie je n’apporte ici, pour environ 500
espèces, que des données relatives à cette vallée des Pyrénées et par
conséquent ces documents doivent être complétés avant d’être généra¬
lisés pour l’aire entière de chaque espèce. Je pense cependant que ces
données pourront servir de documents pour une connaissance écologi¬
que meilleure des espèces françaises.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAl'.
53
Liste et écologie des espèces.
Lycopodiacées.
1. Lycopodinm ulpimim !.. — Ch. — Boréo-arctico-alpien. — SA. - -
Rocaillcs sèches.
3. L. clavatum L. - Ch. — Eur. moyen. — SA. — Lande.
5. L. inimdatum L. — Ch. H. — Circum-bor. — M.-SA. — Ass. : 10, 11, 27.
— Petits marais de pente. — pH : 6,5-7,1-7,9. — C0 3 Ca : 1,2 p.
100.,— Granul. : b-b-b-c. — Mat. org. : 30 p. 100. — Cap. eau :
46 p. 100. — M. : 16-43 p. 100.
6. L. Selago L. — Ch. H. — Eur. moy. — M. — Kocailles sous hêtraie.
Equisétacées.
11. Equisetum arvense L. — G. Rh. — Eur. moy. — M. — Ass. : 12. —
Eaux semi-courantes. — pH : 6,6-7,4.
18. E. hiemale L. — G. Rh. — Eur. moy. — M. —• Ass. : 29. — Lieux
humides en forêts.
Ophioglossacées.
32. Botrychium Lunaria (L.) S\v. — G. Rh. — Eur. moy. — SA. — Ass. :
5, 17, 19. — Pelouses. — pH : 4,7-6,4. — C0 3 Ca : O p. 100. —
Granul. : d-b-c-a. — Mat. org. : 21 p. 100. — Cap. eau : 33-49 p.
100. — M. : 13 p. 100.
POLYPODIACÉES.
43. Woodsia alpina Gr. — H. — Boréo-arctico-alpien. — SA. — Fissures
de rochers froids.
45. Cystopteris fragilis (L.) Bcrnli. — H. — Eur. moy. — SA. — Ass. :
8, 22. — Rocailles fraîches. — pH : 4,8. — C0 3 Ca : O p. 100. —
Granul. : o-c-b-c. — Mat. org. :16 p. 100. — Cap. eau : 29 p. 100.
— M. : 1,7 p. 100.
46. Allosorus crispas (L.) Bernh. — H. — Orophile-alpien. — Ass. : 7, 8,
22. — Rocailles. — pH : 4,8-5,2-6,3. — C0 3 Ca : O p. 100. —
Granul. : o-c-a-c. — M. : 1,7-19 p. 100. — Cap. eau : 29-36-43 p.
100.
48. Blechnum Spicunt (L.) Withg. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 29.
—- Bois siliceux.
52. Pleridium aquilimim (L.) Kuhn. — G. Rh. — Sub.-cosmopolite. — Ml.
— Ass. : 28, 29, 30. — Stations chaudes siliceuses. — pH 4,8-5,0-
5,6. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-cd-d-c. — Cap. eau : 35-
40-51 p. 100. - M. : 5-15-27 p. 100.
53. Polypodium vulgare L. — G. Rh. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 1, 28,
29, 30. — Sous-bois siliceux. — pH : 5,5. — C0 3 Ca : O p. 100. —
Granul. : b-b-a-c. — Mat. org. : 44 p. 100. —- Cap. eau : 43 p. 100.
— M. : 1,5 p. 100.
54. Dryopteris Phegopteris (L.) Chrsn. — G. Rh. — Eur. moy. sylv. —
M. — Rochers humides.
55. D. Linnaeana Chrsn. — G. Rh. — Eur. moy. sylv. — M. — Ass. : 29. —
Sous-bois.
56. D. Robertiana (HolTm) Chrsn. — G. Rh. — Eur. moy. sylv. — M. —
Ass. : 29. — Rocailles calcaires. — pH : 5,0-5,6. — CO s Ca : 0 p.
100. — Cap. eau : 34-50 p. 100. — M. : 26 p. 100.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
54
57. Asplénium septentrionale (L.) HofFm. — H. — Orophile alpien. — SA.
— Ass. : 1. — Fissures siliceuses. — 4,9-5,2-5,6. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Granul. : b-b-b-c. —- Mat. org. : 16-35-44 p. 100. — Cap.
eau : 29-40-43 p. 100. — M. : 1-2-13 p. 100.
60. A. Trichomanes L. — H. — Eur. moy. — MI. Ass. : 29. — Sous-bois
siliceux.
62. A. viride Huds. — H. — Orophile alpien. — M. — Rochers calcaires
frais.
62 bis. A. viride var. alpinum Schleuch. — H. — Orophile alpien. — A.
— Rochers froids.
66. A. Ruta-muraria L. — H. — Eur. moy. — M. — Rochers calcaires.
67. A. Adiantum nigritm L. — H. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. : 1, 28,
29. — Rocaille. — pH : 4,8-5,3-5,6.' —- C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-c-b-d. — Mat. org. : 22-44 p. 100. — Cap. eau : 35-43-
51 p. 100. — M. : 1-16-18 p. 100.
68 bis. A. fontanum Bernli. — H. — Orophile alpien. — M. — Rochers
calcaires.
70. Athyrium Filix-Femina (I..) Roth. — H. — Eur. moy. — MI.-M. —
Ass. : 1, 8, 24, 29. — Sous-bois rocailleux. — pH : 4,8-5,0. —
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : o-c-b-c. — Mat. org. : 16 p. 100. —
Cap. eau : 29-34 p. 100. — M. : 1,7-26 p. 100.
72. Aspidium Lonchitis (L.) S\v. — H. — Orophile alpien. - M.-SA. —
Ass. : 7, 8, 22, 28, 29. — Eboulis. — pH : 4,8-5,2-6.3. — C03Ca :
0 p. 100. — Granul. : o-c-a-c. — Cap. eau : 29-43 p. 100. — M. :
1,7-1,9 p. 100.
74. A. aculeatum Doell. — H. — Eur. moy. — M.-SA. — Rochers.
74 bis. A. lobatum (Huds.) Sw. — H. — Eur. moy. — M. — Eboulis.
77. Polystichum Fitix-mas (L.) Roth. — H. — Eur. moy. — M. — Ass. :
22, 26, 28, 29. — Sous-bois rocailleux.
80 bis. P. tanacetifolia HofFm. — H. — Circum-bor. — M. — Bois rocail¬
leux.
80 ter. P. dilatatum (HofFm.) D. C. — H. — Eur. moy. — M. — Bois
rocailleux.
CUPRESSACÉES.
92 bis. Juniperus nana Willd. — N. Ph. — Arctico-alpien. — M.-SA. —
Ass. : 1, 2, 3, 17, 20, 22, 23, 24. 26, 28. - Rocailles et landes. —
pH : 4,7-5,0-5,5. — C0 3 Ca : O p. 100. — Granul. : a-d-b-c. —
Mat. org. : 7-20-50 p. 100. — Cap. eau : 27-40-56 p. 100. — M. :
0,7-10-60 p. 100.
Abiétacées.
97. Abies alba Mill. — Ph. — Eur. moy. — M. — Ass. : 24, 29. 30. —
Pentes de l’étage montagnard. — pH : 4,7-5,0-5,7. - C0 3 Ca :
0 p. 100. — Granul. : a-c-c-c. — Mat. org. : 7.8-12-23 p. 100. -
Cap. eau : 12-25-60 p. 100. — M. : 0-70-77 p. 100.
105. Pinus silvestris L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Stations chaudes.
106. P. uncinata Ram. — Ph. — Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. : 23-24.
— Rocailles calcaires et siliceuses. — pH : 4,7-7,2. — C0 3 Ca :
0-3,2 p. 100. — Granul. : o-c-b-a. — Mat. org. : 23 p. 100. — Cap.
eau : 36-41-66 p. 100. — M. : 0-15-32 p. 100.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAl'.
Sparganacées.
115. Spurganium affine Sclinitz. — G.-Rh. (Hel). — End. pyr. — SA. —
Lacs.
Graminacées.
124. Anthoxanthum ocioruUim L. — H. — Eur. raoy. M.-SA. — Ass. :
7, 14, 17, 18, 19, 20, 22, 26, 28. — Pelouses.'— pH : 4,6-5,4-6,5. —
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-d-c-d. — Mat. org. : 6-21 p. 100.
— Cap. eau : 12-25-40 p. 100. — M. : 8-50-75 p. 100.
141. Phleum alpinum L. — H. — Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. : 17,
18-20-26. - Pelouses. — pH : 5,0-5,5. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
Granul. : a-c-b-b. — Mat. org. : 14-36 p. 100. — Cap. eau : 27-45 p.
100. — M. : 12-60 p. 100.
142. P. Boehmeri Wibel. — H. — Eur. moy. — SA. - Pelouses.
152. Sesleria coerulea (L.) Ard. — H. — Eur. moy. — SA. — Rocailles cal¬
caires.
208. Agroslis rupeslris Ail. — H. — Orophile alpien. —- M. — Pelouses.
214. A. alba L. — H. — Eur. moy. — MI. — Pelouses humides.
246. Deschampsia flexuosa (L.) Trin. -— H. — Eur. moy. — M.-SA. —
Pelouses, rochers.
261. Avenu moniana Vill. — H. -- Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. : 3.
— Pelouse rocailleuses. — pH : 6,6. — C0 3 Ca : 0,4 p. 100. —
Granul. : b-e-a-a. — Cap. eau : 56 p. 100. — M. : 16 p. 100.
269. Arrhenalerum elalius (L.) Mert. et K. — H. — Eur. moy. — MI. —
Ass. : 16. — Prairies. — pH : 6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat.
org. : 13-20 p. 100.
283. Koeleria Vallesiana (Sut.) Gaud. —- H. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. :
3-6. — pH : 6,6-742-7,4. — C0 3 Ca : 0-3,2-3,7 p. 100. — Granul. :
a-e-a-a. — Mat. org. : 32 p. 100. — Cap. eau : 41-45-56 p. 100. -
M. : 16-39 p. 100.
300. Glgceria fluitans (L.) R. Br. — H. (Hydro.). — Sub. cosmopol. — M. —
Ruisseaux.
308. Pou alpina L. — H. — Boreo-arctico-alpien. — M.-SA. — Ass. : 12, 17,
18, 19, 20. 21, 22, 26. — Pelouses. — pH : 4,7-5,2-7,4. — C0 3 Ca :
0-2,1 p. 100. — Granul. : a-c-c-c. — Mat. org. : 6-22-71 p. 100. —
Cap. eau : 6-30-125 p. 100. — M. : 0,1-45 p. 100.
311. P. nemoralis L. — H. — Circumbor. — MI. — Ass. : 29. — Forêt.
334. Melica uniflora Retz. — H. — Eur. moy. — M. — Ass. : 20, 29, 30. —
Forêt. — pH : 5,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : O-e-b-c. —
Mat. org. : 20 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100. — M. : 48 p. 100.
336. Briza media L. — H. — Eur. moy. — M. — Ass. : 11. — Clairières.
344. Dactylis glomerala L. — H. — Eur. moy. — M. — Prairies. — pH :
6,4. C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau :
45-57 p. 100.
345. Cynosnrus cristalus L. — H. — Eur. moy. M. —- Prairies.
362. Fesluca Eskia Ram. — H. — End. pyr. — M.-SA. — Ass. : 1, 2, 5, 7, 10,
19, 24, 27. — Pelouses. — pH : 4,6-5,3-7,9. — C0 3 Ca : 0-35 p. 100.
— Granul. : a-c-b-d. — Mat. org. : 9-53 p. 100. — Cap. eau : 19-
58 p. 100. — M. : 2-56-75 p. 100.
370. F. rubra L. — H. — Circum-bor. — M. — Ass. : 17, 19, 20, 21, 22. 23,
24. — Pelouses. — pH : 4,6-5,0-6. — C0 3 Ca : 0-0,1 p. 100. —
Granul. : a-c-c-c. — Mat. org. : 15-22-23 p. 100. — Cap. eau : 25-
32-36 p. 100. — M. : 13-55 p. 100.
Source : MNHN, Paris
56
JEAN-MARIE TURMEL.
372. F. violacea Gaud. — H. — Orophile-therm. — M. — Ass. : 7-10. —
Pelouses. — pH : 6,5. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : O-c-c-f.
— Mat. org. : 6,0-7.5 p. 100. — Cap. eau : 19 p. 100. — M. : 4-74
p. 100.
374. F. glauca Lamk. — H. — Circum-bor. — M. — Ass. : 1,3. — Rocailles.
— pH : 4,8-7,2. — C0 3 Ca : 0-1 p. 100. — Granul. : O-d-b-b.
Mat. org. : 16-48 p. 100. — Cap. eau : 29-53 p. 100. — M. : 1-1,7
p. 100.
378. F. spadicea L. — H. — Orophile-therm. — M.-SA. — 1, 19, 20, 22, 24,
26. — Pelouses. — pH : 4,7-5,4-5,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-d-e-d. — Mat. org. : 6-16-20 p. 100. — Cap. eau : 12-
28-30 p. 100. — M. : 2-55 p. 100.
399. Bromus mollis L. — Th. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16. -— Prairies.
— pH : 6,4. — C0 3 Ca : O p. 100. — Mat. org. : 13-20 p. 100.
— Cap. eau : 45-57 p. 100.
438. Brachypodium pinnatam (L.) P. B. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. :
28. — Stations chaudes. — pH : 4,9-5,2. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
Granul. : a-d-b-c. — Mat. org. : 21 p. 100. — Cap. eau : 36-40 p.
100. — M. : 11-27 p. 100.
443. Lolium perenne L. — H. —- Eur. moy. — MI. — Prairies.
453. Nardus stricto L. — H. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. : 1, 5, 17, 18,
19, 22, 26. — Pelouses. — pH. : 4,6-5,5. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : b-c-c-b. — Mat. org. : 15-44 p. 100. — Cap. eau : 25-45 p.
100. — M. : 2-55 p. 100.
Cypéracées.
457. Carex Davalliana Sm. — H. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. : 11. 13, 14.
— Marécages, pelouses humides. — pH : 6,8-7,7-8,2. — C0 3 Ca :
0 p. 100. — Granul. : a-b-c-b. — Cap. eau : 48 p. lOl). — M. : 23
p. 100.
458. C. pulicaris L. — H. — Boréo-arctique. — M. — Prairies maréca¬
geuses.
481. C. muricata L. — H. — Eur. moy. — M. — Ass. : 12-18. — Pelouses
humides. — pH : 6,6-7,4.
482. C. echinata Murr. — H. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. : 12. 14, 18. —
Pelouses humides. — pH : 6,6-7,4.
487. C. remota L. — H. — Eur. moy. — MI. — Sous bois.
490. C. canescens L. — H. — Eur. moy. — M. — Pelouses.
499. C. vulgaris Fr. — G. rh. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. : 9, 10, 11, 12,
13, 14, 15, 18. — Marécages. — pH : 5,4-6,8-7,7. - C0 3 Ca : 0 p.
100. — Granul. : a-b-b-a. — Mat. org. : 61 p. 100. — Cap. eau :
48-66 p. 100. — M. : 1-23-25 p. 100.
503. C. nigra Ail. — H. — Boréo-arctico-alpien. — M.-SA. — Marécages.
522. C. panicea L. — G. rh. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. : 6, 10, 11. —
Sous-bois humides. — pH : 6,5-7,9.
528. C. frigida Ail. — H. — Orophile alpien. — M.-SA. — Pelouses.
534. C. silvatica Huds. — H. — Eur. moy. sylv. — MI. — Ass. : 28-29. -
Sous-bois. — pH : 4,9-5,2. — CO s Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-d-
b-c. — Mat. org. : 21 p. 100. — Cap. eau : 36-40 p. 100. — M. : 11-
27 p. 100.
543. C. flava L. — H. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. : 11-12. — Sourcettes,
bords de ruisseaux. — pH : 5,4-7,2-8,2.
Source : MNHN, Paris
I,E PIC DE MIDI D’OSSAU.
57
534 bis. C. flava var. Oedcri Retz. — H. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. :
10, 11, 13. — Sourcettes, bords de ruisseaux. — pH : 5,7-7,7. —
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-b-b-a. — Mat. org. : 61 p. 100.
— Cap. eau : 48-06 p. 100. — M. : 1-23-25 p. 100.
552. C. glauca Murr. — G. rh. — Eur. moy. — M.-SA. — Marécages.
567. Scirpus caespitosus L. — H. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. : 10, 11,
13. — Marécages de pente. — pH : 5,9-7,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
— Granul. : a-b-b-a. — Mat. org. : 61 p. 100. — Cap. eau : 48-66
p. 100. •— M. : 1-25 p. 100.
591. Eriophorum latifolium Hoppe. — H. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. :
11, 13, 18, 29. — Marécages. — pH : 7,5-7,7.
Joncacées.
677. Juncus filiformis L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — M.-SA. — Ass. :
12-18. — Marécages. — pH : 6,6-7,4.
680. J. glaucus Ehrh. — H. — Eur. moy. — MI. — Marécages.
682. J. conglomérats L. — H. — Eur. moy. — M. — Ass. : 9, 11, 12. —
Pelouses humides. — pH : 6,6-7,4.
693. J. alpinus Vill. — H. — Boréo-arctico-alpien. — SA. — Ass. : 14. —
Marécages. — pH : 5,4-6,2.
695. J. lamprocarpus (Ehrh.) Rchb. — H. — Eur. moy. — SA. — Ass. : 10.
— Pelouses humides. — pH : 6,5-7,9.
696. J. silvaticus (Reicht.) Vill. — G. rh. — Eur. moy. — SA. — Sous-
bois rocailleux.
704. J. biiffonius L. — Th. —- Eur. moy. — SA. — Pelouses humides.
708. Lnzula Forsteri (L.) D. C. — H. — Sub. atl. — MI. — Ass. : 29. — Sous-
bois.
709. L. flavescens (Host.) .Gaud. — G. rh. — Orophile-alpien. — M. — Sous-
bois.
714. L. spadicea (Ail.) D. C. — G. rh. — Arctico-alpien. — SA. — Ass. : 18.
— Rocailles.
716. L. campestris L. — H. — Cosmopol. — M. — Ass. : 17, 18, 19, 20, 22,
26. — Pelouses. — pH : 5,0-5,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. :
a-c-c-c. — Mat. org. : 6-36 p. 100. — Cap. eau : 4,5-27,5 p. 100. —
M. : 12-60 p. 100.
716 bis. L. campestris var. Sinietica (Willd.) D. C. — H. — Cosmopol. —
MI. — Pelouses.
717. L. silvatica (Huds.) Gaud. — H. — Eur. moy. — MI. — Sous-bois.
718. L. spicata (L.) D. C. — H. — Boréo-arctico-alpien. — SA. — Rocaille.
719. L. pediformis (Chaix) D. C. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. :
1, 2, 5, 6, 7, 17, 19. 22, 23, 26, 27. — Pelouses rocailleuses plus
ou moins humides. — pH : 4,6-5,3-7,5. — C0 3 Ca : 0-4,8 p. 100. —
Granul. : o-c-c-e. — Mat. org. : 6,0-20-34 p. 100. — Cap. eau :
19-30-45 p. 100. — M. : 2-74 p. 100.
720. Tafieldea calyculata (L.) Wahlnb. — G. — Eur. moy. — M. — Ass. :
10. — Petits marais de pente, sourcettes. — pH : 6,8. — C0 3 Ca :
0 p. 100. — Granul. : a-b-c-b. — Cap. eau : 48 p. 100. — M. : 25
p. 100.
722. Veratrum album L. — G. rh. — Orophile alpien. — MI. — Ass. : 18-21.
— Prairies et pelouses.
726. Merendera Pyrenaica (Pourr.) P. F. — G. b. — End. pyr. — M.-SA. —
Ass. : 6, 17, 18. — Pelouses plus ou moins rocailleuses. — pH :
Source : MNHN, Paris
58
JH A X -M A RIK T U RM EL.
4,7-4,9. — C0 3 Ca : ü p. 10ü. — Granul. : d-b-c-a. — Mat. org. :
15-21 p. 100. — Cap. eau : 25-33 p. 100. — M. : 13-47 p. 100.
737. Asphodelus albus Miller. — G. tb. — Atl. mont. — M.-SA. — Ass. : 17,
18, 20, 22, 24, 20. — Pelouses rocailleuses. — pH : 4,8-5,7. -
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-e-c-c. — Mat. org. : 0. 17, 06 p.
100. Cap. eau : 12-30-55 p. 100. — M : 2,7-48-55 p. 100.
740. Phalaiifiium Liliago Schreb. — H. — Eur. moy. — M. — Ass. : 6. —
Eboulis calcaire. — pH : 7,2. — C0 3 Ca :'3,7 p. 100. — Granul. :
a-b-b-e. — Mat. org. : 32 p. 100. — Cap. eau : 46 p. 100. — M. :
16 p. 100.
749. Gagea Liotardi (Sternb.) R. et Sch. — G. b. — Orophile alpien. —- M.
— Ass. : 17. — Pelouses.
769. Fritillaria pyrenaica L. — G. b. — End. pyr. — M.-SA. — Ass. : 6, 19,
24. — Pelouses calcaires rocailleuses. — pH : 7,2. — C0 3 Ca :
3,7 p. 100. — Granul. : a-e-a-a. - Mat. org. : 33 p. 100. — Cap.
eau : 41-46 p. 100. — M. : 10-32 p. 100.
773. Allium schoenoprasiun L. — G. b. — Circum. bor. — Ass. : 3. —
Rochers et falaises calcaires très ensoleillées.
793. A. montanum Schmidt. — G. b. — Eur. moy. — M.-SA. — Rochers.
804. A. victoriale (L.) P. F. — G. b. — Circum- bor. —- M. — Rocailles.
805. Lilium Martagon L. — G. b. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 28-29.
— Pelouses rocailleuses.
807. L. Pyrenaicum Gouan. — G. b. — End. pyr. — M.-SA. — Rocailles.
813. Scilla verna Huds. — G. b. — Atl. mont. — MI.-M. — Ass. : 6, 17, 20,
22, 24, 25, 26. — Rocailles. — pH : 4,7-6,9. — C0 3 Ca : 0-4,8 p. 100.
— Granul. : a-c-b-c. — Mat. org. : 17-66 p. 100. — Cap. eau : 5,7-
30-56 p. 100. — M. : 3-14 p. 100.
815. S. Lilio-Hyacinthus L. — G. b. —- Atl. mont. — MI.-M. — Ass. : 29 p.
100. — Sous-bois.
832. Hyacinthas amethystinas L. — G. b. — Orophile alpien. — M. —
Ass. : 6, 24, 30. — Rocailles et sous-bois.
838. Muscari comosum (L.) Miller. — G. b. — Médit. — Eur. moy. — MI. —
Rocailles calcaires.
844. Paris quadrifolia L. — G. rh. — Eur. moy. sylv. — MI. — Hêtraie
humide.
846. Convallaria maialis L. — G. rh. — Eur. moy. — SA. — Ass. : 22. —
Lande à rhododendrons.
848. Polygonatum multifloram (L.) Ali. — G. rh. — Circum. bor. — MI.-M.
— Ass. : 30. — Rocailles chaudes et sous-bois, chênaie.
849. P. verticillatum (L.) Ail. — G. rh. — Orophile alpien. — MI.-M. —
Ass. : 30. — Rocailles chaudes et chênaie.
850. Streptopus amplexifolius (L.) D. C. — G. — Boréo-arctico-alpien. —
M. — Rochers et stations chaudes.
Amaryllidacées .
870. Narcissus pseudo-Narc issus L. — G. b. — Eur. moy. — MI.-M. —
Pelouses.
Iridacées.
882. Crocas nudiflorus Sm. — G. b. — End. pyr. — M.-SA. — Ass. : 16, 17,
18, 19. — Pelouses plus ou moins rocailleuses. — pH : 4,6-6,4. —
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-c-c-a. — Mat. org. : 13-36 p. 100.
— Cap. eau : 25-45-57 p. 100. — M. : 12-55 p. 100.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
59
900. Iris xiphioides Elirli. -- G. b. — End. pyr. — M. — Ass. : 17, 19, 20,
22. — Pelouses. — pH : 4,0-4,9. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. :
a-d-c-c. — Mat. org. : 15,3-17 p. 100. — Cap. eau : 25-30 p. 100.
M. : 3-55 p. 100.
Orchidacées.
930. Cephalanthera ensifolia Ricli. —- G. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 10,
28, 29. — Sous-bois. - pH : 0,3. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. on'. :
13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
935. Epipactis lalifolia (L.) Ail. — G. — Eur. moyen. — MI. — Sous-bois.
937. Neottia nidus-avis (L.). — Ricli. — G. tb. — Eur. moy. — MI. — Ass. :
29. — Sous-bois.
943. Platanlhera chlorantha (Custer) Rchb. — G. tb. — Eur. moy. — MI. —
Prairies.
944. Coeloglossum viride (L.) Hartm. — G. tb. — Eur. moy. — M. -—
Pelouses.
940. Leucorchis albida (L.) Mey. — G. tb. — Boréo-arctico-alpien. — M. —
Pelouse rocailleuse.
947. Gymnadenia conopsea (L.) R. Br. - G. tb. — Eur. moy. — MI. — Ass. :
11, 12. — Petites sourcettes. — pH : 0,0-7,4.
949. Nigritella nigra (L.) Rchb. — G. tb. — Orophile alpien. — M. — Pâtu¬
rages calcaires.
952. Orchis ustidata L. — G. tb. — Eur. moy. — M. — Suintements de
pente.
955. O. militaris L. — G. tb. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28. — Rocailles
chaudes.
908. O. mascnla L. — G. tb. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. : 20. — Pâtu¬
rages plus ou moins rocailleux.
970. O. sambucina L. — G. tb. — Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. : 19,
22, 24, 20. — Pelouses. — pH : 4,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-d-b-d. — Mat. org. : 17 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100.
— M. : 3 p. 100.
971. O. maculata L. — G. tb. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 10, 11, 12, 18,
24, 30. — Prairies et pelouses plus ou moins humides. — pH :
0,5-7,9.
975. O. lut ifolia L. — G. tb. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 11, 12, 19, 20.
— Pelouses. — pH : 7,5.
Bétulacées.
1001. Betula verrucosa Ehrh. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28, 29, 30.
Stations chaudes. — pH : 4,7-5,(). — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-d-b-c. — Mat. org. : 21 p. 100. — Cap. eau : 30-40 p.
100. — M. : 11-27 p. 100.
1009. Cor y lus Avellana L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 29-30. —
Hêtraie.
Fagacées.
1010. Fagus silvatica L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Pentes fraîches. —
pH : 4,4-5,0-5,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-c-b-b. —
Mat. org. : 9,3-15-23 p. 100. — Cap. eau : 12-30-00 p. 100. — M. :
0-73-77 p. 100.
1013. Quercus sessiliflora Salisb. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28, 30.
— Stations chaudes.
Source : MNHN, Paris
60
JEAN-MARIE TURMEI..
Salicacées.
1027. Salix incana Schrank. — Pli. — Médit. Ml. — Bords de ruisseaux.
1031. S. reticulata L. — N. Ph. — Boréo-arctico-alpien. — SA.-A. — Ass. :
27. — Combes à neige. — pH : 7.1-7,5. — C0 3 Ca : 0,8-4,8 p. 100.
— Granul. : a-b-b-c. — Mat. org. : 16-30-36 p. 100. — Cap. eau :
30-50 p. 100. — M. : 16-37 p. 100.
1039. S. capraea I.. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Bords de ruisseaux.
1047. S. Pyrenaica Gouan. — N. Ph. — End. pyr. — M.-SA. — Ass. : 3, 25.
— Rocaille calcaire. — Granul. : a-b-b-c. — Mat. org. : 16-30-36
p. 100. — Cap. eau : 40-56 p. 100. — M. : 16-20 p. 100.
1052. Populus tremula L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 30. —- Stations
chaudes.
1055. P. nigra L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 29. — Stations fraîches.
Ulmacées.
1063. Ulmus scabra Mill. — Ph. Eur. moy. — MI. — Planté.
Urticacées.
1069. Urtica dioica L. — H. — Eur. moy. — MI.-M.-SA. — Ass. : 7, 21, 29.
— Stations anthropozoophiles. — Granul. : a-b-b-c. — pH : 4,8-
6,4-7,2. — C0 3 Ca : 0,1-2,1 p. 100. — Granul. : a-b-b-c. — Mat.
org. : 22-71 p. 100. — Cap. eau : 6-30-125 p. 100. — M. : 0,1-14
p. 100.
POLYGONACÉES.
1088. Rumex scutalus L. — H. — Eur. moy. — M.-SA. — Ass. : 5, 7, 18. —
— Eboulis fins. — pH : 5,9-6,7-7,5. — C0 3 Ca : 0-35 p. 100. —
Granul. : O-b-c-e. — Mat. org. : 6,0-9,0 p. 100. — M. : 4-74 p. 100.
1090. R. Acetosella L. — H. — Eur. moy. — MI.-M.-SA. — Ass. : 7-17. —
— Pelouses rocailleuses plus ou moins humides.
1094. R. Acetosa L. — H. — Eur. moy. — MI.-M.-SA. — Ass. : 16, 17, 18, 20.
— Rocailles, stations anthropozoophiles. — pH : 5,5-6,4. —
CC^Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-b-c-d. — Mat. org. : 6-36 p. 100.
— Cap. eau : 12-45-57 p. 100. — M. : 12-55 p. 100.
1098. R. alpinus L. — H. — Orophile alpien. — M. — Pelouses.
1102. R. crispus L. — H. — Cosmopol. — MI.-M. — Pelouses pâturées.
1109. R. obtusifolius L. — H. — Sub-cosmopol. — MI.-M. — Ass. : 21,
Pelouses pâturées. — pH : 4,8-7,2. — C0 3 Ca : 0-2,1 p. 100. —
Granul. : a-d-b-c. — Mat. org. : 22-67 p. 100. — Cap. eau : 5,9-
32 p. 100. — M. : 0,1-15 p. 100.
1118. Polygonum aviculare L. — Th. — Cosmopol. — MI.-M. — Stations fré¬
quentées par les troupeaux.
1118 bis. P. aviculare var. minimum Muritli. — Th. — Boréo-arctico-
alpien. — M. — Rochers.
1121. P. viviparum L. — H. — Sub. cosmopol. — M.-SA. — Ass. : 27. —
Stations froides. — pH : 7,1-7,5. — C0 3 Ca : 1,2-4,8 p. 100. —
Granul. : a-b-b-c. — Mat. org. : 30 p. 100. — Cap. eau : 40-46 p.
100. — M. : 16-20 p. 100.
1124. P. Persicaria L. — Th. — Eur. moy. — MI. — Bords de routes.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
Chénopodiacées.
1149. Chenopodium Bonus-Henricus L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. :
18-21-29. — Reposoirs à bétail. — pH : 4,8-7,2. — C0 3 Ca : 0,1-
2,1 p. 100. — Granul. : a-c-c-c. — Mat. org. : 22-67 p. 100. — Cap.
eau : 5,9-31-32 p. 100. — M. : 0,1-14-15 p. 100.
Euphorbiacées.
1200. Mercurialis perennis L. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 29, 30.
Forêt de basse altitude.
1220. Euphorbia Hibernica L. — H. — Atl. mont. — Ml.-M. — Sources, prés
plus ou moins humides.
1228. E. verrucosa (L.) Jacq. - H. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 29. —
Hêtraie humide.
1232. E. silvatica Jacq. — H. (Ch.-H.). — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28, 29,
30. — Sous-bois de basse altitude.
Buxacées.
1254. Buxus sempervirens L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28, 29, 30.
— Sous-bois de hêtraie. — pH : 4,6-5,0-5,6. — C0 3 Ca : O p. 100.
— Granul. : a-c-c-c. — Mat. org. : 7,8-14-23,6 p. 100. — Cap. eau :
12-24-60 p. 100. — M. : 5-20-60 p. 100.
Thyméléacées.
1282. Daphné Cneorum L. — N. Ph. — Orophile alpicn. — M.-SA. — Ass. :
24-25. — Rocailles d’altitude. — pH : 6,9. — CO- 3 Ca : 4,8 p. 100.
— Granul. : a-b-b-b. — Cap. eau : 5,7 p. 100.
1287. D. Mezereum L. — N. Ph. — Eur. moy. — M. — Ass. : 17-24. —
Rocailles et pelouses.
1288. D. Laureola L. — N. Ph. — Eur. moy. — M.-MI. — Ass. : 17, 19, 22, 29,
30. — Pelouses.
Caryophyllacées.
1309. Scleranthus annuus L. — Th. — Eur. moy. — M. — Ass. : 18-20. —
Lande alpine. — pH : 5,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-b-
c-f. — Mat. org. : 6,1 p. 100. — Cap. eau : 12 p. 100. — M. :
55 p. 100.
1310. S. uncinatus Schur. — H. — Médit. — M. — Pelouse alpine.
1323. Herniaria latifolia Lapeyr. — H. — End. pyr. — M. — Lande alpine.
1327. Paronychia polygonifolia (Vill.) D. C. — H. — Médit. — M. — Pelouses
1330. P. serpyllifolia (Chaix) D. C. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. —
Ass. : 6. — Rocaille calcaire. — pH : 7 , 2 . — C0 3 Ca : 3,2 p. 100.
— Granul. : a-e-a-a. — Mat. org. : 32 p. 100. — Cap. eau : 43 p.
100. — M. : 16-32 p. 100.
1337. Spergularia rubra Pers. — Th. — Eur. moy. — M. — Rocaille sèche.
1354. Arenaria serpyllifolia L. — Th. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 29. —
Rocaille.
1361. A. moehringioides Murr. — H. — Boréo-arctico-alpien. — MI.-M. —
Rocaille.
1364. A. grandiflora L. — H. — Médit. — MI.-M. — Ass. : 3,6. — Rocaille
calcaire.
Source : MNHN, Paris
62 JEAN-MARIE TURMEL.
1375. Stellaria media (L.) Vill. — Th. — Sub-Cosmopol. — MI.-M. — Ass. :
1. — Rochers schisteux, reposoirs. — pH : 5,5. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Granul. : b-b-a-c. — Mat. org. : 44 p. 100. — Cap. eau :
43 p. 100. — M. : 1,5 p. 100.
1377. S. Holostea L. — Ch. (H.). —- Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 2, 22, 26, 28,
29. - Stations à sol rocailleux. — pH : 4,8-5,6. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Granul. : a-c-b-c. — Mat. org. : 22-34 p. 100. — Cap. eau :
35-51 p. 100. — M. : 5-18 p. 100.
1380. S. uliginosa Murr. var. glucialis Lagg. — H. — Boréo-arctico-alpien.
— M. — Ass. : 9. — Ruisseaux d’eau très froide.
1396. Cerastium arvense L. -— Ch. (H.). — Sub. cosmopol. — MI. — Prairies.
1402. C. alpinum L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — M.-SA. — Ass. : 1, 6,
7, 9, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 24, 26, 28. — Pelouses, rocailles,
reposoirs à bétail, bords de ruisseaux. — pH : 4,7-5,4-6,7. —
C0 3 Ca : a-c-c-c. — Mat. org. : 6-20-44 p. 100. — Cap. eau : 12-25-
57 p. 100. — M. : 1,5-77 p. 100.
1419. Minuartia venta (L.) Hiern. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. —
Rochers calcaires.
1431. Sagina pyrenaica Rouy. — H. — End. pyr. — M. — Pelouses.
1433. S. repens Burnat. — H. — Orophile alpien. — M. — Pelouses schis¬
teuses.
1436. Lychnis Flos-Cuculi L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 11-18. —-
Pelouses humides. — pH : 7,5-7,7.
1446. Melandryum silvestre (Schkuhr) Roehl. — H. — Orophile alpien. —
Ass. : 29. — Sous-bois de basse altitude.
1450. Viscaria alpina (L.) Don. — H. — Boréo-arctico-alpien. — MI.-M. —
Pelouse rocailleuse.
1451. Silene inflata var. vulgaris Gaud. — H. — Orophile alpien. — MI.-M.
— Ass. : 16, 19. — Pâturages et sous-bois.
1451 bis. S. inflata var. alpina (Link) Thomas. — H. — Orophile alpien. —
Ass. : 20. — Pelouses. — pH : 5,4-6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : O-e-b-c. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 30-57
p. 100. — M. : 48 p. 100.
1461. S. acaulis L. — Ch. — Boréo-arctico-alpien. — M.-SA. — Ass. : 3, 19,
24. — Rocailles calcaires. — pH : 6,6-7,5. — C0 3 Ca : 0,4-8 p. 100.
— Granul. : b-e-a-a. — Mat. org. : 26 p. 100. — Cap. eau : 43-56 p.
100. — M. : 17-21 p. 100.
1463. S. rupestris L. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 1, 2, 17, 22, 23,
24, 26, 28. — Rochers. — pH : 4,9-5,0-5,3. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-d-b-c. — Mat. org. : 11-20-67 p. 100. — Cap. eau : 22-
35-63 p. 100. — M. : 1-60 p. 100.
1466. S. saxifraga L. — H. — Médit. — M. — Falaises calcaires.
1475. S. milans L. — H. — Eur. moy. — MI. — Pelouses, rocaille calcaire.
1505. Dianlhus delloides L. — H. — Eur. moy. — M. — Pelouses calcaires.
1521. Saponaria officinalis Loisel. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. :
29. — Rocaille.
Renonculacées.
1525. Caltha palustris L. — Hel. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 9-15. — Bords
de ruisseaux. — pH : 6,8-7,7.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU. 63
1525 bis. C. palustris var. minor Mill. — Hel. — Orophile alpien. — M. —
Ass. : 11, 12. — Bords de ruisseaux. — pH : 6,6-8,2.
1526. Trollius Europaens L. — Hel. — Boréo-arctico-alpien. —- M. —
Pelouses très humides et bords de ruisseaux.
1530. Helloborus foetidus L. — Ch. (H.). — Sub. atl. — M.-MI. — Ass. :
7, 11, 17, 19, 21, 29. — Pelouses pâturées, reposoirs à moutons.
— pH : 6. — C0 3 Ca : 0,1 p. 100. — Granul. : a-e-c-c. — Mat. org. :
22 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100. — M. : 15 p. 100.
1538. Isopyrum Ihalictroides L. — G. rh. — Eur. moy. sylv. — MI. — Ass. :
29. — Sous-bois de basse altitude.
1540. Aquilegia vulgaris L. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Stations fraîches
de la hêtraie.
1558. Aconitum Lycoctonum L. — H. End. pyr. — M. — Ass. : 15 bis. —
Stations humides de la hêtraie.
1563. Hepatica triloba Chaix. — H. — Eur. moy. sylv. — MI. — Ass. : 24,
28, 29. — Sous-bois humide.
1566. Anemone nemorosa L. — G. rh. — Eur. moy. sylv. — MI. Ass. :
29. — Sous-bois. — pH : 7,1. — C0 3 Ca : 1,2 p. 100. — Granul. :
b-b-c-d. — Cap. eau : 45 p. 100. — M. : 16 p. 100.
1572. A. narcissiflora L. — H. — Orophile alpien. — SA. — Ass. : 25-27. —
Pelouse rocailleuse froide de haute altitude. — pH : 7,1-7,5. —
C0 3 Ca : 1,2-4,8 p. 100. — Granul. : a-b-b-c. — Mat. org. : 30 p.
100. — Cap. eau : 40-46 p. 100. — M. : 16-20 p. 100.
1573. Pulsatilla alpina L. — H. — Orophile therm. — SA. — Ass. : 25, 27.
— Pelouse rocailleuse calcaire. — pH : 7,5. — CO s Ca : 4,8 p. 100.
— Granul. : a-b-c-c. — Mat. org. : 30 p. 100. — Cap. eau : 40 p.
100. — M. : 20 p. 100.
1593. Ranunculus Pyrenaeits L. — H. — Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. :
17, 18, 19, 22. — Pelouses alpines. pH : 4,6-5,0. — C0 3 Ca :
0 p. 100. — Granul. : O-d-c-c. — Mat. org. : 15-21 p. 100. — Cap.
eau : 25-45 p. 100. — M. : 2-55 p. 100.
1594. R. amplexicaulis L. — H. — End. pyr. — M.-SA. — Ass. : 17. —
Pelouses.
1596. R. alpeslris L. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 25, 27. —
Rocailles calcaires. — pH : 6,9-7,5. — C0 3 Ca : 1,2-4,8 p. 100. —
Granul. : a-b-b-c. — Mat. org. : 29-66 p. 100. — Cap. eau : 5,7-40-
46 p. 100. — M. : 16-20 p. 100.
1598. R. glacialis L. — H. — Boréo-arctico-alpien. SA. — Combe à neige.
1599. R. platanifolius L. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 29. —
Clairières fraîches. — pH : 5,0-5,6. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : .-.-b-c. — Mat. org. : 16-23 p. 100. — Cap. eau : 34-50 p.
100. — M. : 13-26 p. 100.
1603. R. Flammtda L. — H. (Hel.). — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 12, 13,
16, 18. — Prairies mouilleuses. — pH : 6,3-7,4. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
1605. R. Thora L. — H. — Orophile alpien. — SA. — Combe à neige.
1617. R. lanuginosas E. — H. — Eur. moy. — M.-MI. — Ass. : 4, 17, 18. 19,
22. — Stations rocailleuses. — pH : 5,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-b-c-f. — Mat. org. : 6,1 p. 100. — Cap. eau : 12 p. 100.
— M. : 55 p. 100.
1618 bis. R. acre var. Steveni Andrz. — H. — Eur. moy. — M. — Ass. :
11, 15, 16, 18, 21, 22, 28. — Pelouses schisteuses. — pH : 6,3-
7,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau :
45-57 p. 100.
Source : MNHN, Paris
64
JEAN-MARIE TURMEL.
1620 bis. R. aduncus var. Gouani Willd. — H. — Orophile alpien. — M.-SA.
— Ass. : 17, 19, 20. — Rocailles. — pH : 4,6-5,7. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Granul. : a-c-c-d. — Mat. org. : 6-16 p. 100. — Cap. ea‘i :
12-29 p. 100. — M. : 55 p. 100.
1623. R. repens L. — H. — Eur. moy. — MI. — Prés, bords de chemins.
1633. Thalictrum minus saxatile (D. C.) Schinz. — H. — Eur. moy. — M. —
Ass. : 3, 24, 29. — Rocailles. — pH : 6,6. — C0 3 Ca : 0,4 p. 100.
— Granul. : b-e-a-a. — Cap. eau : 56 p. 100. — M. : 17 p. 100.
1633 bis. T. minus var. Pyrenaeus. — H. — End. pyr. — MI. — Sous-bois.
1635. T. flavum L. — H. — Eur. moy. — MI. — Stations humides, méga-
phorbiaies.
1640. T. aquilegifolium L. — H. — Orophile alpien. — MI. — Sous-bois.
1643. Clematis Vitalba L. — Ph. scd. — Am.-Eur. — MI. — Ass. : 16. —
Sous-bois de basse altitude. — pH : 6,3. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Mat. org. : 20-13 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
Papavéracées.
1661. Meconopsis Cambrica (L.) Vig. — Th. — Atl. — MI.-M. — Ass. : 15 bis,
29. — Stations très humides.
Fumariacées.
1685. Corydalis solida (L.) Sm. — G. rh. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 4. —
Pelouses.
Crucifères.
1705. Biscutella cichorifolia Loisel. — Th. — Médit. — MI. — Lapiaz cal¬
caire.
1721. /. sempervirens L. — Ch. — Médit. — M. — Ass. : 1, 7, 22, 24. —
Rocailles. — pH : 4,8-5,0-6,7. — C03Ca : 0 p. 100. — Granul. :
O-d-c-c. — Mat. org. : 16-43 p. 100. — Cap. eau : 19-29-43 p. 100.
— M. : 1-16 p. 100.
1727. Thlaspi brachypetalum Jord. — H 2 . — Orophile alpien. — M. —
Rocailles.
1738. Kernera saxatilis (L.) Rclib. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. —
Rocailles.
1749. Sisymbrium Pyreanicum (L.) Vill. — H 2 . — Orophile alpien. — Ml.
— Ass. : 21. — Sous-bois frais.
1774. Brassica cheiranthus Villars. — Th (H 2 ). — Orophile alpien. — MI.-M.
— Pelouse alpine.
1783. Barbarea intermedia Boreau. — H 2 . — Eur. moy. — MI. — Ass. : 18-
20. — Pelouses. — pH : 5,4-5,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. :
O-c-b-d. — Mat. org. : 6-20 p. 100. — Cap. eau : 12-30 p. 100. —
M. : 48-55 p. 100.
1797. Dentaria digitatn Lmk. — G. rh. — Orophile alpien. — MI. — Sous-
bois.
1800. Cardamine flexuosa Withering. — H. — Eur. moy. sylv. — MI. —
Rocailles.
1802. C. impatiens L. — H 2 . — Eur. moy. sylv. — MI. — Ass. : 22. — Lande
à Rhododendron.
1804. C. resedifolia L. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Ass. : 1, 8, 10.
— Stations froides à l’ombre des rochers. — pH : 5,2-5,4-7,9. —
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D'OSSAU.
65
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : O-c-a-c. — Mat. org. : 21-44 p. 100.
— Cap. eau : 29-43 p. 100. — M. : 1,5-16-19 p. 100.
1808. C. pratensis L. — H. Eur. moy. — MI.-M. — Prairies humides.
1809. C. latifolia Vahl. — Hel. — End. pyr. — MI.-M. — Ass. : 15. — Ruis-
selets.
1816. Hutchinsia alpina (L.) R. br. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. :
6, 17, 20. — Pelouses rocailleuses plus ou moins humides. — pH :
5,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : O-e-b-c. — Mat. org. : 20 p.
100. — Cap. eau : 30 p. 100. — M. : 48 p. 100.
1817. Capsella Bursa-pastoris (L.) Médit. — Th. — Eur. moy. — MI.-M. —
Ass. : .21. -— Pelouses pâturées, reposoirs à bétail. — pH : 6. —
C0 3 Ca : 0,1 p. 100. — Granul. : a-e-c-c. — Mat. org. : 22 p. 100. —
Cap. eau : 30 p. 100. — M. : 15 p. 100.
1825. Draba aizoides L. — Ch. h. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 3, 6, 19.
— Rocailles calcaires. — pH : 6,6-7,2. — C0 3 Ca : 0,4-3,7 p. 100.
— Granul. : b-e-a-a. — Mat. org. : 32 p. 100. — Cap. eau : 46-56 p.
100. — M. : 17 p. 100.
1836. Arabis Turrita L. — H 2 . — Médit. — MI. — Sous-bois de basse alti¬
tude.
1840. A. alpina L. — Ch. (H.). — Boréo-arctico-alpien. — MI.-M. — Ass. :
19-26-29. — Rocailles humides.
1843. A. hirsuta (L.) Scop. — H 2 . — Eur. moy. — MI. — Mégaphorbiaie.
1845. A. serpyllifolia Vilars. — H 2 . — Orophile alpien. — M. — Petits
marais de pente.
1846. A. corymbiflora Vest. — H 2 . — Orophile alpien. — M. — Ass. : 6. —
Eboulis calcaires.
1856. Erysimum dubium (Suter) Thlung. — H. -— Orophile alpien. — MI.-M.
— Ass. : 6. — Eboulis calcaires. — pH : 7,2. — C0 3 Ca : 3,2-3,7 p.
100. — Granul. : a-e-a-a. — Mat. org. : 32 p. 100. — Cap. eau :
41-46 p. 100. — M. : 16-32 p. 100.
1866. Alyssum calycinum L. — Th. — Eur. moy. — MI.-M. — Eboulis
schisteux.
1885. Hesperis candida Kitaib. — H. (H 2 ). — Orophile. — MI. — Sous-bois
de basse altitude.
Résédacêes.
1897. Réséda glauca L. — H. — End. pyr. — M. — Rochers, éboulis et pâtu¬
rages calcaires.
Cistacées.
1904. Helianthemum italicum (L.) Pers. — Ch. h. — Orophile alpien. — M.
— Ass. : 3. — Rocailles calcaires. — pH : 6,6-7,5. — C0 3 Ca : 0,4-
9 p. 100. — Granul. : a-e-a-a. — Mat. org. : 26 p. 100. — Cap. eau :
43-57 p. 100. — M. : 0-21 p. 100.
1905. H. canum (L.) Baumg. — Ch. h. — Médit. — M. — Ass. : 6. — Pelouses
et rocailles calcaires.
1909. H. grandiflorum Lmk. et D. C. — Ch. h. — Orophile alpien. — MI.-M.
— Ass. : 3, 4. 6, 16. — Rochers calcaires. — pH : 6,3-7,1-7,5. —
C0 3 Ca : 0-4-24 p. 100. — Granul. : a-e-a-a. — Mat. org. : 13-32
p. 100. — Cap. eau : 39-45-56 p. 100. — M. : 15-18-39 p. 100.
Mémoires du Muséum. — Botanique, t. V. 5
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
Empétracées.
1940. Empetrum nigrum L. — N. Pli. Boréo-arctico-alpien. — SA. — Ass. :
23. — Fissures de rochers siliceux. — pH : 5,0-5,3. — CO :, Ca :
0 p. 100. — Granul. : a-b-b-b. — Mat. org. : 23-67 p. 100. —
Cap. eau : 36-63 p. 100. — M. : 1-17 p. 100.
Droséracées.
1941. Drosera rotundifolia L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — MI.-M. —
Ass. : 14. — Tourbières acides. — pH : 5,4-6,2.
Violacées.
1952. Viola palustris L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — M. — Ass. : 14. —
Tourbières acides. — pH : 5,4-6,2.
1957. V. silvestris (Lmk.) Rchb. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 14, 19, 20,
21, 22, 28. 29. — Pelouses, rocailles, sous-bois. — pH : 4,7-5,5-
6,3. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : O-d-b-c. — Mat. org. : 13-
22 p. 100. — Cap. eau : 30-57 p. 100. — M. : 3-48 p. 100.
1968. V. biflora L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — M. — Stations fraîches
sous les rochers.
1972. V. cornuta L. — H. — End. pvr. — MI.-M. — Pâturages et pelouses
pâturées.
1977. V. tricolor L. — Th. — Eur. moy. — Rocailles, bords de routes.
Hypéricacées.
1979. Hypericum quadrangiilum L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 20.
— Pelouses. — pH : 5,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : O-e-b-c.
— Mat. org. : 20 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100. — M. : 48 p. 100.
1984. H. perfoliatum L. — H. — Médit. — MI. — Ass. : 16-28. — Colonies
chaudes. — pH : 4,8-6,3. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. :
a-c-b-d. — Mat. org. : 13-22 p. 100. — Cap. eau : 36-57 p. 100. —
M. : 5-18 p. 100.
1988. H. pulchrum L. — H. — Eur. moy. — MI. — Colonies chaudes.
1989. H. nummularium L. — H. — Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. : 4. —
Fissures de rochers calcaires. — pH : 7,2. — C0 3 Ca : 13 p. 100.
Mat. org. : 62 p. 100. — Cap. eau : 37 p. 100.
1990. H. Richeri var. Burseri Spach. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. :
16. — Pelouses rocailleuses alpines. — pH : 6,3-6,4. — C0 3 Ca :
0 p. 100. — Granul. : 0-e-b-c.. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap.
eau : 45-57 p. 100.
Crassulacées.
2007. Sedum annmim L. — Th. — Orophile alpien. — MI. — Rocailles.
2011. S. brevifolium D. C. — Ch. H. — Atl. — M.-SA. — Ass. : 1, 2, 7, 22, 24.
— Fissures de rochers siliceux. — pH : 4,8-5,5. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Granul. : a-c-a-c. — Mat. org. : 16-40-66 p. 100. — Cap.
eau : 29-55 p. 100. — M. : 2-16 p. 100.
2012. S. dasyphyllum L. — Ch. h. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 30. —
Rocailles.
2013. S. Anglicum Huds. — Ch. h. — Atl. — MI.-M. — Ass. : 6, 7, 16, 26, 29.
— Rocailles bien ensoleillées. — pH : 6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
— Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
67
2014. S. album L. — Ch. h. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 16. — Rocailles.
— pH : 6,3. — COSGa : 0 p~. 100. - Mat. org. : 13-20 p. 100. —
Cap. eau : 45-57 p. 100.
2015. S. hirsulum Ail. — Ch. h. — Atl. — MI. — Stations chaudes.
2019. S. acre L. — Ch. h. — Eur. moy. — MI.-M. — Pelouses rocailleuses.
2022. S. reflexum L. — Ch. h. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 2, 5, 7, 24, 28.
— Rocailles bien ensoleillées. — pH : 4,9-5,5. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
— Granul. : a-d-c-b. Mat. org. : 21-34 p. 100. — Cap. eau : 36-
44 p. 100. — M : 7-27 p. 100.
2031. Semperuiuum teclorum L. — Ch. h. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. :
2, 19, 24, 26. — Rocailles. — Granul. : a-c-b-c. — pH : 4,8-5,5. —
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. : 31-66 p. 100. — Cap. eau : 44-55
p. 100. — M. : 2,7-7 p. 100.
2035. S. montanum Jacq. (L.). — Ch. h. — Orophile alpicn. — M. — Ass. :
1, 2, 4. — Rochers secs schisteux. — pH : 4,9-5,5. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Granul. : a-c-b-c. — Mat. org. : 16-44 p. 100. — Cap. eau :
22-44 p. 100. — M. : 1-5-52 p. 100.
2036. S. arachnoideum L. — Ch. h. - Orophile alpien. — MI.-M. — Ass.
3, 7,19. — Rochers. — pH : 6,6. — C0 3 Ca : 0,4 p. 100. — Granul .
b-e-a-a. — Cap. eau : 56 p. 100. — M. : 17 p. 100.
Saxifragacées.
2039. Parnassia palustris L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — M. — Ass. :
10,11,16. — Stations très humides, marécages. — pH : 6,3-6,7-7,9.
— C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau :
45-57 p. 100.
2041. Chrysosplenium oppositifolium L. — Ch. h. — Eur. moy. sylv. — MI.
— Ass. : 15. — Lieux humides.
2044. Saxifraga cuneifolia L. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 16. -—
Pelouses fraîches. — pH : 6,3-6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat.
org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
2046. S. Geum L. — H. — Atl. — MI. — Ass. : 28. — Sous-bois frais de basse
altitude, rochers suintants. — pH : 5. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Mat. org. : 16 p. 100. — Cap. eau : 34 p. 100. — M. : 26 p. 100.
2050. S. aizoides 1.. — Ch. h. — Boréo-arctico-alpien. — MI. — M. — Ass. :
10, 11, 15, 27. — Sourcettes, rochers suintants. — pH : 6,5-7,5-
7,9. — C0 3 Ca : 4,8 p. 100. — Granul. : a-b-c-c. — Mat. org. : 30
p. 100. — Cap. eau : 40 p. 100. — M. : 20 p. 100.
2052. S. slellaris L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — M.-SA. — Ass. : 9. —
Sourcettes d’eau très froide. — pH : 6,0-8,3.
2058. S. aretioides Lapeyr. — Ch. h. — End. pyr. — SA. — Ass. : 4. — Fis¬
sures de rochers froids calcaires. — pH : 7,1-7,2. — C0 3 Ca :
13-24 p. 100. — Granul. : b-b-b-c. — Mat. org. : 30-62 p. 100. —
Cap. eau : 37-39 p. 100. — M. : 15 p. 100.
2059. S. caesia L. — Ch. h. — Orophile alpien. — SA. — Ass. : 4. — Fissu¬
res calcaires. — pH : 7,1-7,2. — C0 3 Ca : 13-23 p. 100. — Granul. :
b-b-b-e. — Mat. org. : 62 p. 100. — Cap. eau : 37-39 p. 100. —
M. : 14 p. 100.
2065. S. longifolia Lapeyr. —- Ch. h. — End. pyr. — MI.-SA. — Ass. :
3,4. — Falaises calcaires.
2066. S. Aizoon Jacq. — Ch. h. — Boréo-arctico-alpien. — MI.-M. —
Ass. : 3,4. — Rocailles calcaires. — pH : 6,6-7,2-7,5. — C0 3 Ca :
0,4-8-24 p. 100. — Granul. : a-e-a-a. — Mat. org. : 27-30-62 p. 100.
— Cap. eau : 37-56 p. 100. — M. : 0-17-39 p. 100.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
68
2069. S. opposilifolia L. — Ch. h. - Boréo-arctico-alpien. — M.-SA. —
Ass. : 3, 4, 5. — Rocaille calcaire. — pH : 7,1-7,5. — C() 3 Ca :
8-35 p. 100. — Granul. : a-e-b-c. — Mat. org. : 9-30-02 p. 100. -
Cap. eau : 19-40-57 p. 100. — M. : 0-21 p. 100.
2077. S. Iratiana Schultz. — Ch. h. — End. pyr. — M. — Fissures de rochers.
2080. S. moschata Wulf. — Ch. h. — Orophilc alpien — M. — Ass. : 1, 2, 4,
5, 28. — Rochers. — pH : 4,9-5,2-7,l. — C0 3 Ca : 0-24 p. 100. -
Granul. : a-b-c-c. — Mat. org. : 16-44 p. 100. — Cap. eau : 22-43
p. 100. — M. : 1-52 p. 100.
2085. S. granulata L. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 3, 6, 17, 19, 20,
24, 26. — Pelouses. — pH: 5,0-5,5-7,2. — C0 3 Ca 0-3,2 p. 100.
Granul. : o-d-b-b. — Mat. org. : 14-36 p. 100. — Cap. eau : 27-
45 p. 100. — M. : 12-40-60 p. 100.
2087. Ribes alpinnm L. — N. Ph. - Boréo-arctico-alpien. MI.-M. —
Ass. : 16. — Rocailles. — pH : 6,3-6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
2089. R. petraeum Wulf. — N. Ph. — Orophile alpien. — Sous-bois. — Ml.
— Ass. : 29.
Rosacées.
2094. Aruncus silvester Kostel. —-H. — Orophile alpien. — MI. — Bords
de ruisseaux.
2095. Rosa pimpinellifolia L. — N. Ph. — Eur. moy. — MI.-M. — Rocail¬
les sèches.
2097. R. alpina L. — N. Ph. — Orophile alpien. — MI.M. — Ass. : 1, 8, 22,
24, 28. — Stations rocailleuses bien ensoleillées. — pH : 4,7-5,5.
— C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : o-b-b-c. — Mat. org. : 16-44 p.
100. — Cap. eau : 29-43 p. 100. — M. — 1-3 p. 100.
2113. R. canina L. — N. Ph. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28. — Stations
chaudes.
2122. Alchimilla alpina L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — M. — Ass. : 1,
2, 3, 5, 15, 22, 24, 26. — Pelouses et rocailles. — pH : 5,0-5,2-7,2.
— C0 3 Ca : 0-1 p. 100. — Granul. : a-c-b-c. — Mat. org. : 14-47 p.
100. — Cap. eau : 27-56 p. 100. — M. : 1-60 p. 100.
2123. A. asterophylla (Tausch) Buser. — H. — Orophile alpien. — MI. —
Ass. : 28. — Stations chaudes.
2126. A. vnlgaris L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 9, 11, 15, 17, 18, 19,
20, 21, 26, 28. — Pelouses humides. — pH : 4,7-5,1-7,7. —
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-c-c-c. — Mat. org. : 6-17-21 p.
100. — Cap. eau : 12-29-33 p. 100. — M. : 13-50-60 p. 100.
2128. Agrimonia Eupatoria L. — H. — Circum-bor. — MI. — Ass. : 29. —
Colonies chaudes de la hêtraie.
2130. Poterium Sanguisorba L. — H. — Eur. moy. — MI. — Stations chau¬
des, pelouses. — pH : 7,5. — C0 3 Ca : 34 p. 100. — Granul.
a-b-b-e. — Cap. eau : 18 p. 100. — M. : 59 p. 100.
2132. Spiraea Ulmaria L. — H. — Eur. moy. — MI. — Prés humides et bonis
de ruisseaux.
2134. Rubus saxatilis 1- — H. — Boréo-arctico-alpien. — MI. — Rocaille.
2135. R. Idaeus L. — N. ph. — Circum-bor. — MI. — Rocailles chaudes.
2148. Fragaria vesca L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28-29. — Sous-
bois frais. — pH : 4,8-5,6. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. :
a-c-c-c. — Mat. org. : 22 p. 100. — Cap. eau : 35-51 p. 100. —
M. : 5-18 p. 100.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
2161. Potentilla alchimilloides Laper. — H. — End. pyr. — MI.-M. — Ass. :
1-3. — Fissures de rochers. — pH : 4,8-6,6. — C0 3 C.a : 0-0,4 p.
100. — Granul. : O-d-b-b. — Mat. org. : 16 p. 100. — Cap. eau :
29-56 p. 100. — M. : 1,7-17 p. 100.
2163. P. nivalis Lapevr. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 4. — Ro¬
chers calcaires. — pH : 7,1. — C0 3 Ca : 24 p. 100. — Granul. :
b-b-b-c. — Mat. org. : 30 p. 100. — Cap. eau : 29-39 p. 100. —
M. : 15-48 p. 100.
2165. P. rupestris L. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Ass. : 1, 3, 4, 25.
— Fissures de rochers calcaires et siliceux. — pH : 4,8-7,1. —
C0 3 Ca : 0-24 p. 100. — Granul. : a-c-c-c. — Mat. org. : 16-30 p.
100. — Cap. eau : 29-39 p. 100. — M. : 1,7-15 p. 100.
2166. P. Tormentilla L. — H. — Eur. moy. — ■ MI.-M. — Ass. : 1, 9, 10, 11, 14,
17, 18. 19, 21, 22, 26, 28. — Pelouses humides plus ou moins
rocailleuses. — pH : 4,6-7,9. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. :
a-d-c-c. — Mat. org. : 16-43 p. 100. — Cap. eau : 26-45 p. 100.
— M. : 2-56 p. 100.'
2175. P. aurea L. — H. — Orophile. — M.-SA. — Ass. : 17. — Pelouses et
rochers.
2192. Geum urbanum L. — H. — Eur. moy. — MI. — Prés et hêtraie.
2196. G. rivale L. — H. — Eur. moy. — MI. — Mégaphorbiaies.
2198. G. montamim L. — H. — Orophile therm. — MI.-M. — Rocailles et
pâturages.
2200. Dryas oclopetala L. — N. Ph. — Boréo-arctico-alpien. — SA. — Ass. :
3, 25. — Rochers ordinairement calcaires. — pH : 6,5-6,9. —
C0 3 Ca : 0,4-4,8 p. 100. — Granul. : a-d-b-d. — Mat. org. : 20-66
p. 100. — Cap. eau : 5,8-56 p. 100. — M. : 17 p. 100.
2201. Coloneaster vulgaris Lindl. — N. Ph. — Orophile alpien. — MI.-M. —
Ass. : 1, 24. 26. — Rochers. — pH : 4,7-5,1. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
- Granul. : a-c-b-c. — Mat. org. : 16-50 p. 100. — Cap. eau :
29-56 p. 100. — M. : 1,7-75 p. 100.
2204. Crataegus monogyna Jacq. — N. Ph. — Eur. moy. — MI. — Eboulis.
2210. Piras commuais L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Prairies.
2215. Sorbus Chamaemespilus (L.) Crantz. — Ph. — Orophile therm. —
MI.-M. — Ass. : 22. — Landes et rocailles d’altitude.
2216. S. Aria (L.) Crantz. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28-29. — Pâtu¬
rage de basse altitude.
2220. S. aiicuparia L. — Ph. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 22, 24, 26, 28,
30. — Rocailles de basse altitude.
2229. Cerasus avium L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Clairières de la hê¬
traie.
2230. Prunus spinosa L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Haies près du village
de Gabas.
Légumineuses.
2270. Ulex nantis Forst. — N. Ph. — Atl. — ML - Ass. : 28. — Stations
chaudes. — pH : 4,8-5,6. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-c-b-c.
Mat. org. : 22 p. 100. — Cap. eau : 35-51 p. 100. — M. : 5-18
p. 100.
2273. Sarothamnus scoparius (L.) Wimmer. — Ph. — Eur. moy. — MI. —
Ass. : 28. — Stations chaudes. — pH : 5,6. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
Granul. : a-b-c-c. — Cap. eau : 51 p. 100. — M. : 5,5 p. 100.
2299. Ononis natrix L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 6. — Eboulis
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
calcaires. — pH : 7,2. — C0 8 Ca : 3,7 p. 100. — Granul. : O-e-b-a.
— Mat. org. : 33 p. 100. — Cap. eau : 11-40 p. 100. — M. : 16-32
p. 100.
2308. Medicago liipulina L. — H 2 . —- Médit. — MI. — Prairies de basse alti¬
tude.
2311. M. suffruticosa Ramond. — H. - - End. pyr. — MI. — Pelouses rocail¬
leuses plus ou moins humides.
2344. Trifolium campestre Schreb. — Th. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28.
— Prairies.
2347. T. badium Schreb. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Suintements
dans les pelouses.
2368. T. Thalii Vill. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Ass. : 5. — Pelou¬
ses pâturées calcaires.
2370. T. alpimim L. — H. — Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. : 7, 17. 18.
19, 20, 22, 26. — Pelouses. — pH : 4,7-5,1-7,4. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Granul. : a-c-b-c. — Mat. org. : 15-20 p. 100. — Cap. eau :
20-45 p. 100. — M. : 2-50-74 p. 100.
2391. T. monlanum L. — H. — Eur. moy. —• M. - Pelouses rocailleuses.
2392. T. ochroleucum L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 3,28. — Pâtu¬
rages. — pH : 6,6. — C0 3 Ca : 0,4 p. 100. — Granul. : b-e-a-a. —
Cap. eau : 56 p. 100. — M. : 17 p. 100.
2393. T. pralense L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16-18. — Champs
fauchés. — pH : 6,3. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : O-e-b-c. —
Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
2397. Anthgllis vulneraria L. — H. — Médit. — MI.-M. — Ass. : 3, 4, 5, 6,
19. — Pelouse calcaire, rocailleuse. — pH : 6,6-7,2-7,5. — C0 3 Ca :
0.4-35 p. 100. — Granul. : b-d-a-d. — Mat. org. : 9-32 p. 100. —
Cap. eau : 19-40-56 p. 100. — M. 16 p. 100.
2413. Lotus corniculatus L. — H. — Eur. mov. — MI. — Ass. : 7, 17, 18, 19,
20, 24, 26, 28, 29. — Prairies. — pH : 4,6-6,5. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Granul. : O-d-c-c. — Mat. org. : 6-13-16 p. 100. — Cap.
eau : 12-30 p. 100. — M. : 47-55-74 p. 100.
2414. L. uligfnosus Schk. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28. — Stations
chaudes.
2428. Astragalus depressus L. — H. — Médit. M. — Rocailles.
2429. A. monspessulanus L. — H. — Médit. — M. — Fissures de rochers cal¬
caires.
2461. Oxytropis Foucaudi (Gillot) Ry. — H. — End. pyr. — M. — Ass. :
6-26. — Eboulis et pelouses schisteuses.
2462. O. Pyrenaica (G. G.) Ry. — H. — End. pyrt — M. — Rocailles.
2479. Coronilla minima L. — II. — Médit. — M. — Rocaille calcaire.
2509. Vicia Cracca L. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Stations fraîches.
2521. V. sativa L. — H. — Eur. moy. — MI. — Prairies.
2522. V. Pyrenaica Pourret. — H. — End. pyr. — MI.-M. — Ass. : 5, 17, 19,
20, 21, 24. — Pâturages. — pH : 4,6-7,5. — C0 3 Ca : 0-35 p. 100.
— Granul. : a-e-b-c. — Mat. org. : 9-20 p. 100. — Cap. eau : 19-
30-43 p. 100. — M. : 31-55 p. 100.
2525. V. sepium L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16. — Bords de che¬
mins, sous-bois. — pH : 6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. :
13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
2551. Lathyrus luteus (L.) Peterm. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. —
Ass. : 29. — Mégaphorbiaies, bords de ruisseaux dans la hêtraie.
2552. L. ver mis (L.) Bernh. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28-30. —■
Pelouse rocailleuse au bord de la hêtraie. — pH : 4,8-5,2. —
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI Ü’USSAU.
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-d-c-b. — Mat. org. : 21 p. 100. —
Cap. eau : 36-40 p. 100. — M. : 11-27 p. 100.
2554. L. niger (L.) Bernh. — H. — Eur. moy. — MI. — Pelouses rocailleu-
Oenothéracées.
2587. Epilobium monlanum L. — H. (H 2 ). — Eur. moy. — MI. — Prés et
bords de ruisseaux.
2597. E. alpinnm L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — M. — Pelouses humi¬
des, mégaphorbiaies.
2598. E. alsinaefolium Villars. — H. Boréo-arctico-alpien. — M. — Ass. :
9, 11, 16. — Sourcettes, ruisseaux d’eau froide courante. — pH :
6,3-8,2. — C0 3 Ca : 0 p. 100. - Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap.
eau : 45-57 p. 100.
Malvacées.
2606. Malva moschata L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16-21. — Prés
et bords de routes. — pH : 6,0-6,4. C0 3 Ca : 0 p. 100. — Gra¬
nul. : a-e-c-c. — Mat. org. : 13-22 p. 100. — Cap. eau : 30-57 p.
100. — M. : 15 p. 100.
Linacées.
2630. Linum catharticum L. — Th. — Eur. moy. — Ml. — Ass. : 16-26. —
Pelouses fraîches. — pH : : 5,0-6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Gra¬
nul. : b-d-b-c. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau. — 27-57
p. 100. — M. : 60 p. 100.
OXALIDACÉES.
2646. Oxalis Acetosella L. — G. rh. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28, 29, 30.
— Hêtraie.
Géraniacées.
2652. Géranium Robertiamim L. — Th. (H 2 ). — Eur. moy. — MI. — Ass. :
15, 16, 28, 29. — Stations fraîches dans la hêtraie. — pH : 6,3.
— C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-
57 p. 100.
2655. G. dissectum L. — Th. — Eur. moy. — MI. — Pelouses rocailleuses.
2659. G. molle L. — Th. — Eur. moy. — MI.-M. — Rocailles.
2663. G. sanguineum L. — H. Eur. moy. — MI. — Rocailles.
2667. G. Pyrenaicum Burm. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 21. — Rocail-
les. — pH : 6. — C0 3 Ca : 0,1 p.'lOO. — Granul. : a-e-c-c. Mat.
org. : 22 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100. — M. : 15 p. 100.
2670. G. phaeum L. — H. — Orophile alpien. — MI. — Sous-bois de basse
altitude.
2672. G. silvaticum L. — H. — Orophile alpien. — MI. — Rochers.
2684. Erodium cicutarium (L.) L’Herit. — H. — Eur. moy. — Rocaille.
2689. E. macradenum E’Herit. — H. — End. pyr. — M. — Suintements de pe¬
louses.
POLYGALACÉES.
2710. Polygula serpyllifolia Hose. — H. — Sub. Atl. — MI. — Ass. : 26. —
Pelouses rocailleuses. — pH : 5,0. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Gra¬
nul. : b-d-b-c. — Mat. org. : 14 p. 100. — Cap. eau : 27 p. 100. —
M. : 60 p. 100.
Source : MNHN, Paris
72
JEAN-MARIE TURMEL.
2713. P. vulgaris L. — H. — (Ch.). — Eur. raoy. — Ml.-M. — Ass. : 28. —
Pelouses rocailleuses. — pH : 4,9-5,2. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-d-c-b. — Mat. org. : 21 p. 100. — Cap. eau : 36-40
p. 100. — M. : 11-21 p. 100.
Acéracées.
2727. Acer Pseudoplatanus L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Planté à Gabas.
Aquifoliacées.
2737. llex Aquifolinm L. — Ph. — Eur. moy. sylv. — MI. — Ass. : 28, 29,
30. — Sous-bois de basse altitude. — pH : 4,9-5,2. — C0 3 Ca :
0 p. 100. — Granul. : a-d-b-c. — Mat. org. : 21 p. 100. — Cap.
eau : 36-40 p. 100. — M. : 11-27 p. 100.
Rhamnacées.
2746. Rhamnus pumila L. — N. Ph. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 3, 6,
24. — Rochers calcaires. — pH : 7,2-7,4. — C0 3 Ca : 0,2-3,7 p.
100. — Granul. : a-e-a-a. — Mat. org. : 29-33 p. 100. — Cap. eau :
41-46 p. 100. — M. : 16-39 p. 100.
2747. R. alpina L. — N. Ph. — Médit. — MI. — Hêtraie, rochers calcaires.
Araliacées.
2755. Hereda Hélix L. — Ph. scd. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 29-30. —
Sous-bois de basse altitude.
Ombellifères.
2759. Sanicula Europaea L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 28, 29, 30. —
Sous-bois de la hêtraie.
2761. Astrantia major L. — H. — Orophile alpien. — MI. — Sous-bois de
basse altitude.
2766. Eryngium Bourgati Gouan. — H. — End. pyr. — MI.-M. — Ass. :
3, 6, 7, 24. — Pelouses très rocailleuses. — pH : 6,5. — C0 3 Ca :
0 p. 100. — Granul. : O-c-c-f. — Mat. org. : 6,0 p. 100. — Cap.
eau : 20 p. 100. — M. : 74 p. 100.
2780. Myrrhis odorala (L.) Scop. — H. — Orophile alpien. — MI. — Ass. :
15 bis. — Megapliorbiaie.
2786. Torilis Anthriscus (L.) Gmelin. — Th. — Eur. moy. — MI. — Ass. :
39. — Sous-bois.
2803. Bupleurum angulosum L. — H. — End. pyr. — M. — Rochers siliceux.
2813. B. ranunculoides L. — H. — Orophile alpien. — M. — Pelouse alpine.
2816. Trinia glauca (L.) Dumort. — H.(H 2 ). — Médit. — M. —- Pelouse alpine.
2837. Conopodium denudatum Koch. — G. tb. — Atl. — M. — Ass. : 5, 6, 7,
12, 17. 18, 19, 20, 21, 22, 26. — Pelouses acides. — pH. : 4,7-5,5.
— C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-c-c-b. — Mat. org. : 15-34 p.
100. — Cap. eau : 25-45 p. 100. — M. : 6-48 p. 100.
2839. Pimpinella Saxifraga (L.) Huds. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. :
16. — pH : 6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. : 13-20 p. 100.
— Cap. eau : 45-57 p. 100.
2846. Dethawia tenuifolia (Ramond) Endl. — H. — End. pyr. — MI.-M. —
Ass. : 6. — Eboulis et pelouses rocailleuses calcaires.
2873. Meam. Athamanticum Jacq. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. —
Ass. : 17, 19, 20, 22. — Pelouses très rocailleuses. — pH : 4,6-5,4.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
73
— C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-d-c-c. — Mat. org. : 16-20 p.
100. — Gap. eau : 30 p. 100. — M. : 48-55 p. 100.
2877. Selinum Pgrenaeum (L.) Gouan. — H. — Atl. — MI. — Prairies.
2906. Heracleum Pgrenaieum Lmk. — H. — Eur. moy. therm. — MI. — Ass. :
15 bis-28. — Stations humides des forêts de basse altitude.
2910. Laserpitium Siler !.. — H. — Médit. — MI. — Ass. : 6. — Eboulis cal¬
caires.
2912. L. lalifolium L. — H. — Eur. moy. — MI. — Stations humides des
forêts de basse altitude.
Pirolacées.
2926. Pirola minor L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — MI. — Ass. : 28. —
Sous-bois de la hêtraie.
Ericacées.
2932. Rhododendron ferrugineum L. - N. Ph. — Orophile alpien. — M. —
Ass. : 22, 23. 24, 26, 28. — Rocailles. — pH : 4,7-5,1-5,7. —
C0 3 Ca : 0 p. 100. —- Granul. : a-d-b-c. — Mat. org : 17-67 p. 100.
— Cap. eau : 26-63 p. 100. — M. : 2-56 p. 100.
2939. Arctostophyllos Uva-ursi L. — N. Ph. — Boréo-arctico-alpien. — M.-SA.
— Ass. : 7, 24, 28. — Rochers. — pH : 4,8-5,2. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
— Granul. : a-d-b-c. — Mat. org. : 21-26 p. 100. — Cap. eau : 36-55
p. 100. — M. : 3-27 p. 100.
2940. A. alpina (L.) Spreng. — N. Ph. — Boréo-arctico-alpien. — M.-SA. —
Ass. : 23. — Rochers calcaires. — pH : 6,5-5,9. — C0 3 Ca : 0-4,8 p.
100. — Granul. : a-c-b-c. — Mat. org. : 20 p. 100. —- Cap. eau :
37-58 p. 100. — M. : 19 p. 100.
2942. Vaccinium Mi/rtillus L.— N. Ph. — Boréo-arctico-alpien. — MI.-M.-SA.
— Ass. 1, 2, 7, 16, 17, 19. 22, 23, 24. 26, 28, 29, 30. - Rocailles.
— pH : 4,7-5,1-6,5. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-d-b-c. —
Mat. org. : 11-20-67 p. 100. — Cap. eau : 11-30-63 p. 100. — M. :
2-60-73 p. 100.
2943. V. ulifjinosum L. — N. Ph. — Boréo-arctico-alpien. — M.-SA. — Ass. :
2, 19, 20, 22, 23, 24. — Pelouses plus ou moins humides, très
rocailleuses. - pH : 4,7-5,3-5,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. :
a-c-b-c. -- Mat. org. : 17-20-67 p. 100. — Cap. eau : 22-35-63
p. 100. — M. : 3-16-52 p. 100.
2945. Calluna vulgaris (L.) Hull. — N. Ph. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. :
2, 17, 22, 23, 24. 26, 28. 29, 30. — Rocailles. — pH : 4,7-4,9-5,7.
— C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-c-b-c. — Mat. org. : 11-20-66
p. 100. — Cap. eau : 26-35-56 p. 100. — M. : 3-8-60 p. 100.
2953. Erica vagans L. — N. Ph. (Ch.). — Atl. - MI. — Ass. : 16, 28. 30. —
Stations chaudes des forêts de basse altitude. — pH : 4,8-6,4. —
C0 3 Ca : O p. 100. — Granul. : a-d-c-c. — Mat. org. : 13-21 p. 100.
— Cap. eau : 35-57 p. 100. — M. : 5-27 p. 100.
Primulacées.
2958. Primula elalior (I..) Schreb. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 10, 15,
16, 17, 18, 20, 22, 24, 26, 29. — Prairies plus ou moins humides. —
pH : 5,0-6,3-7,9. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : b-d-b-c. -— Mat.
org. : 14-20 p. 100. — Cap. eau : 27-57 p. 100. — M. : 60 p. 100.
2959. P. officinalis (L.) Hill. — H. — Eur. moy. — MI. — Pelouses et prai¬
ries un peu humides.
Source : MNHN, Paris
74
JEAN-MARIE Tl'RMEL.
2961. P. farinosa L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — MI.-M. — Ass. : 10, 11,
12, 13, 14, 19, 17. — Bords de petits ruisseaux, sourcettes. —pH :
6,5-8,2. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-c-e-a. — Mat. org. : 16-
61 p. 100. — Cap. eau : 29-66 p. 100. — M. : 1-55 p. 100.
2964. P. integrifolia L. — H. — Orophile alpien. — M. — Pelouses rocail¬
leuses.
2967. P. viscosa Ail. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 1, 2, 10. —
Fissures froides de rochers siliceux. — pH : 4,9-5,3-7,9. -—
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : b-c-b-c. — Mat. org. : 16-43 p. 100.
— Cap. eau : 22-43 p. 100. — M. : 1-52 p. 100.
2969. Gregoria Vitellana (L.) Duby. — Ch. (H.). - Orophile alpien. — M. -
Ass. : 17. — Pelouses rocailleuses.
2983. Androsace carnea L. — Ch. H. -- Orophile alpien. — M. - - Ass. : 2. —
Pelouses rocailleuses. — pH : 5,2-7,2. - C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-e-b-c. — Mat. org. : 18 p. 100. — Cap. eau : 22-43 p.
100. — M. : 31-52 p. 100.
2985. A. villosa L. — Ch. h. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 3, 4, 6, 24. —
Pelouses calcaires bien ensoleillées. — pH : 6,6-7,4. — C0 3 Ca :
0,4-24 p. 100. — Granul. : b-e-a-a. —- Mat. org. : 32-62 p. 100. —
Cap. eau : 37-57 p. 100. — M. : 0-16-32 p. 100.
2987. Soldanella alpina L. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 10, 17, 22,
27. — Pelouses humides et fraîches. — pH : 6,5-7,9. — C0 3 Ca :
1,2-4,8 p. 100. — Granul. : a-b-c-c. — Mat. org. : 29 p. 100. —
Cap. eau : 40-46 p. 100. — M. : 16-20 p. 100.
2994. Lysimachia nemorum L. — Ch. — Sub. atl. — MI. — Ass. : 9, 15, 29.
— Rochers suintants, mégaphorbiaies, stations très humides de
la hêtraie. — pH : 7,7.
Plombaginées.
3028. Armeria alpina Willd. — Orophile thermophile. — M.-MI. — Rocailles.
3031. Slatice Magellensis (Boiss) Kuntze. — H. — End. pyr. — MI. —
Pelouses rocailleuses.
Cuscutacées.
3058. Cuscuta Epithymum L. — Parasite. — Médit. — MI. — Prairie de
basse altitude.
Borraginacées.
3076. Cynoglossum Discoridis Villars. — H. — Médit. — MI. — Ass. : 21-29.
— Rocailles de basse altitude. — pH : 6. — CO s Ca : 0,1 p. 100.
— Granul. : a-e-c-c. — Mat. org. : 22 p. 100. — Cap. eau : 29 p.
100. — M. : 15 p. 100.
3082. Lithospermum officinale L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16.-—
Bords de route. — pH : 6,3. — C0 3 Ca :0 p. 100. — Mat. org. : 13-
20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
3091. Myosotis silvatica (Ehrli) Hoffm. -- H- (H.) — Eur. moy. — MI. —
Ass. : 16, 21. — Prairies humides. — pH : 6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
— Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
3091 bis. M. Pyrenaica Pourret. — H. — End. pyr. — M. — Rocailles.
3109. Echium vulgare L. — H 2 . — Eur. moy. — MI. — Eboulis schisteux.
3121. Pulmonariu officinalis L. — H. — Eur. moy. — MI. — Pelouses, sous-
bois de basse altitude.
3123. P. angustifolia L. — H. — Eur. moy. — MI. — Rocailles.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
75
Solanacées.
3144. Solanum Dulcamura L. — Ph. scd. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16. -
Sous-bois de basse altitude. — pH : 6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. -•
Mat. org. : 13-20 p. 100.
SCRO FULARIACÉES.
3157. Verbascum Thapsns L. — H 2 . — Eur. moy. — MI. — Stations chaudes
dans la hêtraie.
3178. Linaria supina Desf. — Th. — Eur. moy. — MI.-M. — Rocailles.
3181. L. striata D. G. — H. — Eur. moy. — M. — Ass. : 1. — Rocailles. —
pH : 4,9-5,2. — C0 3 Ca : 0 p'. 100. — Granul. : O-d-c-c. — Mat.
org. : 16-18 p. 100. — Cap. eau : 22-29 p. 100. — M. : 2-52 p. 100.
3183. L. alpina (I..) Miller. — H. — Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. : 2, 5,
6, 7, 10, 26. — Fissures de rochers. — pH : 5,2-7,9. — C0 3 Ca :
0-34 p. 100. — Granul. : a-b-b-e. — Cap. eau : 18-22 p. 100. —
M. : 4-59 p. 100.
3188. Antirrhinum sempervirens Lapey — Ch. h. — End. pyr. — M. —
Rocailles, falaises.
3192. Chaenorrhinum origanifolium (L.) Lange. - H 2 (H.). — Eur. moy. —
MI. —- Rocailles.
3202. Scrofularia alpestris Gay. — H. — End. pyr. — MI. — Ass : 15, 15 bis,
16. — Stations humides de la hêtraie. — pH : 6,4. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
3205. S. canina I- — H. — Orophile alpien. — MI. — Ass. : 7. — Bords de
route.
3205. S. Hoppei Koch. — H 2 (H.). — Orophile alpien. — MI. — Bord de
routes.
3221. Veronica Persica Poiret. — Th. — Eur. moy. — MI. — Rocailles.
3225. V. Becc.abunga L. — II. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 11, 12, 16. —
Prairies rocailleuses humides. — pH : 6,3-7,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
— Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
3227. V. Chamaedys L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 20, 21, 29. —
Pâturages. — pH : 5,4-6,0. — C0 3 Ca : 0-0,1 p. 100. — Granul. :
O-e-b-c. — Mat. org. : 18-53 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100. —
M. : 15-48 p. 100.
3228. M. montana L. — H. — Eur. moy. sylv. — MI. —- Sous-bois de basse
altitude.
3230. V. officinalis L. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 24-26-28. -
Rocailles chaudes bien ensoleillées. — pH : 4,8-5,6. — C0 3 Ca :
0 p. 100. — Granul. : a-c-b-d. — Mat. org. : 14-22 p. 100. — Cap.
eau : 27-51 p. 100. — M. : 5-60 p. 100.
3232. V. prostrata L. — H. — Eur. moy. — MI. — Prairies schisteuses.
3233. V. arvensis. — Th. — Eur. Médit. — MI.-M. — Rocailles calcaires.
3234. V. verna L. — Th. — Eur. moy. — MI.-M. — Lande acide.
3238. V. serpyllifolia L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 18-20. — pH :
5,7. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-b-c-f. — Mat. org. : 6,1 p.
100. — Cap. eau : 12 p. 100. — M. : 55 p. 100.
3238 bis. V. apennina Tauscli. — H. — End. pyr. — MI.-M. — Rocailles.
3241. V. fruticulosa L. — H. — Boréo-artico-alpien. — M. — Ass. : 2. —
Fissures de haute altitude. — pH : 5,1-5,5. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
— Granul. : a-c-b-c. — Mat. org. : 18-53 p. 100. — Cap. eau :
22-58 p. 100. — M. : 6-52 p. 100.
Source : MNHN, Paris
76
JEAN-MARIE TURMEL.
3242. V. Lilacina Towns. — H. — Orophile alpicn. — M.-SA. — Ass. : 5,2-
5,5. — Rochers de haute altitude. — pH : 5,2-5,5. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Granul. : a-c-b-b. — Mat. org. : 18-53 p. 100. — Cap. eau :
22-58 p. 100. — M. : 6-52 p. 100.
3243. V. Ponae Gouan. — H. — End. pyr. — MI.-M. — Ass. : 9-11. —
Rocaille fraîche. — pH : 6,8. — C0 3 Ca : 0 p. 100.
3248. Digitalis purptirea L. — H. — Atl. — MI. — Ass. : 7-29. — Rocailles.
3249. Erimis alpinus L. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Ass. : 3, 4, 24,
29. — Rocaille dans la hêtraie.
3251. Melampyrum arvense L. — Th. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 24-28-30.
— Prairies, chênaie.
3260. Euphrasia stricto Host. — Th. — Eur. moy. — MI.-M. — Rocaille.
3262. E. alpina Lmk. — Th. — Orophile alpien. — M. — Pelouses alpines.
3263. E. hirtella Jordan. — Th. orophile alpien. — M. — Pelouses plus ou
moins humides.
3274. Bartschia alpina L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — MI. — Ass. : 20.
— Prairies humides. — pH : 5,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. :
O-e-b-c. — Mat. org. : 20 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100. — M. :
48 p. 100.
3277. Rhinanthns minor Ehrh. — Th. — Circum. bor. — MI. — Prairies.
3280. R. major Ehrh. — Th. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16, 20, 28. —
Prairies de fauche. — pH : 4,9-6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-d-b-c. — Mat. org. : 13-21 p. 100. — Cap. eau : 30-57
p. 100. — M. : 11-48 p. 100.
3285. Pedicularis foliosa L. — H. — Orophile alpien. — MI. — Hêtraie.
3288. P. tuberosa L. — H. -- Orophile alpien. — MI.-M. — Stations humides,
pâturages, rocailles.
3292. P. silvatica L. — H 2 . — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 9, 10, 11, 12, 17,
18, 19. — Pâturages humides, petites tourbières. — pH : 6,5-8.2.
3296. P. mixta Grenier. — H. — End. pyr. — MI.-M. — Ass. : 13. — Petites
sourcettes.
Orobanchacées.
3300. Lathraea Clandestina (Tourn.) L. — G. par. — Atl. MI. — Ass. : 29. —
Hêtraie.
3315. Orobanche caryophyllacea Smith. G. par. — Eur. moy. — MI. —
Prairie.
Utriculariacées.
3338. Pinguicula vulgaris L. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 11, 12,
13. — Sourcettes ; petits marais de pente. — pH : 5,7-8,2. —
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : b-b-a-c. — Mat. org. : 61 p. 100. —
Cap. eau : 66 p. 100. — M. : 1 p. 100.
3339. P. grandiflora Lmk. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. —- Ass. : 9.
10, 15, 19. — Pelouses humides, sourcettes, petits marais. — pH :
6,6-7,7.
Verbénacées.
3352. Verbena officinalis L. — H. — sub. cosmopol. — MI. — Rocailles,
bords de routes.
Labiées.
3354. Ajuga reptans L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 2, 15, 18, 29. —
Pelouses rocailleuses plus ou moins humides. —. — pH : 5,2. —
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU. 77
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : O-c-c-d. — Mat. org. : 18 p. 100. —
Cap. eau : 22 p. 100. — M. : 52 p. 100.
3355. A. pyramidalis L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — MI.-M. — Ass. : 17,
20. — Pelouses rocailleuses. — pH : 5,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : O-e-b-c. — Mat. org. : 20 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100.
— M. : 48 p. 100.
3359. Teucrium Scorodonia L. — H. — Atl. — MI. — Ass. : 16-18. — Prairies
rocailleuses, landes. — pH : 4,9-6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-c-c-c. — Mat. org. : 13-22 p. 100. — Cap. eau : 35-57
p. 100. — M. : 5-27 p. 100.
3364. T. Chamaedrys L. — H. — Eur. moy. — MI. — Rocailles.
3365. T. Pyrenaicum L. — H. — End. pyr. — MI.-M. — Ass. : 4,6. —
Rocailles calcaires. — pH : 7,1. — C0 3 Ca : 3,7-24 p. 100. —
Granul. : b-c-a-b. — Mat. org. : 30-32 p. 100. — Cap. eau : 39-46
p. 100. — M. : 16 p. 100.
3379. Scutellaria alpina L. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Pelouses.
3389. Sideritis hysopifolia L. — Ch. — Médit. — MI.-—Pelouses rocailleuses.
3399. Brunella vulgaris L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16. — pH :
6,3. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau :
45-57 p. 100.
3407. Galeopsis Ladanum L. — Th. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 21. —
Pâturages. — pH : 6. — C0 3 Ca : 0,1 p. 100. — Granul. : a-e-c-c.
— Mat. org. : 22 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100. — M. : 15 p. 100.
3410. G. Tetrahit L. — Th. — Eur moy. — MI. — Ass. : 29. — Bords de
routes, sous-bois.
3417. Lamium album L. — H. — Eur. moy. — MI. — Stations anthropozoo-
philes.
3418. L. maculatum L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 11-21. — Pâturages.
3422. L. Galeobdolon (L.) Crantz. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 29. —
Sous-bois de la hêtraie.
3427. Stachys Alopecuros (L.) Benth. — H. — Orophile alpien. — MI. —
Megaphorbiaies, stations humides de la hêtraie.
3440. S. alpinus L. — H. — Orophile alpien. — MI. — Rocailles de bords de
routes.
3447. Salvia pratensis L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 29. — Sous-bois
de basse altitude.
3454. Horminum Pyrenaicum L. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Ass. :
17, 19, 25. — Prairies calcaires plus ou moins humides. — pH :
6,5-7,2. — CO s Ca : 0-4,8. — Granul. : a-d-b-b. — Mat. org. : 20-
• 66 p. 100. — Cap. eau : 5, 7-43 p. 100. — M. : 19-31 p. 100.
3465. Calamintha Clinopodium (L.) Moris. — H. — Eur. moy. — MI. —
Ass. : 16. — Prairies. — pH : 6,3. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat.
org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
3470. Thymus polytrichus Kerner. — Ch. h. — Orophile alpien. — MI.-M. —
Ass. : 11-16. — Pâturages rocailleux. — pH : 6,4. — C0 3 Ca :
0 p. 100. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
3470. T. Serpyllum L. — Ch. h. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 1. 7, 17, 18.
20, 22, 24, 26, 28. — Pelouses rocailleuses. — pH : 4,7-5,1-7,4.
— C0 3 Ca : O p. 100. — Granul. : b-d-b-c. — Mat. org. : 14-44 p.
100. — Cap. eau : 20-44 p. 100. — M. : 2-74 p. 100.
3470. T. nervosus Gay. — Ch. h. — End. pyr. — M. — Ass. : 4. — Rocailles
3481. Mentha rotundifolia L. — H. — Sub.-atl. — MI. — Prairies humides.
Source : MNHN, Paris
78
JEAN-MARIE TURMEL.
3482. M. longifolia (L.) Hudson. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16. —
Prairies humides. — pH : 6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. :
13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
Globulariacées.
3484. Globularia nudicaulis L. — H. — OrophKe alpien. — Ml. — Rochers
calcaires.
3485. G. cordifolia L. — Ch. 1. — Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. : 4, 6,
17, 25. — Rochers calcaires. — pH : 6,5-7,2. — C0 3 Ca : 0-4,8 p.
100. — Granul. : a-d-b-b. Mat. org. : 20-66 p. 100. — Cap. eau :
5,7-46 p. 100. — M. : 16-19 p. 100.
3485 bis. G. nana Lmk. — Ch. 1. — Médit. — M. — pH : 6,6-7,5. — C0 3 Ca :
0,2-24 p. 100. — Granul. : a-e-a-a. — Mat. org. : 27-48 p. 100. —
Cap. eau : 43-57 p. 100. — M. : 1-39 p. 100.
Plantaginacées.
3491. Planlago alpina h. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Ass. : 7, 17,
18, 19. 20, 21, 22, 26. — Pelouses rocailleuses. pH : 4,9-5,7. —
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-d-b-d. — Mat. org. : 6-16 p. 100.
— Cap. eau : 12-29 p. 100. — M. : 47-56 p. 100.
3502. P. lanceolata L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16, 18, 20, 26, 28.
— Prairies fauchées. — pH : 5,0-6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. —
Granul. : O-d-b-d. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 12-57 p.
100. — M. : 48-60 p. 100.
3503. P. media L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 11, 17, 18, 20, 26. —
Pelouses rocailleuses. — pH : 5,0-5,7. — CCPCa : 0 p. 100. —
Granul. : a-c-c-d. — Mat. org. : 6-36 p. 100. — Cap. eau : 12-45 p.
100. — M. : 13-60 p. 100.
3305. P. major L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 21. — Prairies
rocailleuses.
Gentianacées.
3525. Gentiana verna L. — Ch. h. — Orophile alpien. — MI.-M. — Ass. : 17,
19, 24, 25, 28. — Pelouses rocailleuses. — pH : 4,9-5,2. — C0 3 Ca :
0 p. 100. — Granul. : a-d-c-b. — Mat. org. : 21 p. 100. — Cap.
eau : 36-40 p. 100. — M. : 11-27 p. 100.
3531. G. alpina Villars. — Ch. h. — Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. : 4-
19. — Rochers. — pH : 4,6. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-d-
c-c. — Mat. org. : 16 p. 100. — Cap. eau : 29 p. 100. — M. : 55 p.
100.
3532. G. Kochiana Perrier et Song. — CH. h. — Orophile alpien. — M.-SA.
— Ass. : 6, 22, 24. — Fissures de rochers. — pH : 6,8. — C0 3 Ca :
16 p. 100. — Granul. : a-c-c-d. — Cap. eau : 27 p. 100. — M. : 44
p. 100.
3535. G. ciliata L. — Ch. h. — Eur. moy. — M.-SA. — Rochers et pelouses
rocailleuses des hauts sommets.
3537. G. campestris L. — Th. — Eur. moy. — MI.-M. — Prairies rocailleuses.
— pH : 7,2. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-f-a-b. — Cap. eau :
43 p. 100. — M. : 31 p. 100.
3540. G. lutea L. — H. — Orophile alpien. — M.-SA. — Ass. : 17, 19, 24, 25,
28. — Prairies rocailleuses plus ou moins humides. — pH : 5,4-
5,5. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-c-c-b. — Mat. org. : 20-36
p. 100. — Cap. eau : 30-45 p. 100. — M. : 18-48 p. 100.
3541. G. Burseri Lapeyr. — H. — Eur. moy. — M. — Pâturages rocailleux.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
79
Menyanthacées.
3545. Menyanthes trifoliata L. — G. Hel. — Circum-bor. — M. — Mar et tes
acides.
Asclépiadacées.
3552. Vincetoxicum officinale Moench. — H. — Eur. moy. — MI. — Prairie
humide.
Oléacées.
3556. Fraxinus excelsior L. — Ph. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 29-30. —
Forêts de basse altitude.
Rubiacées.
3574. Galium coespilosum Ram. — Ch. h. — End. pyr. — MI.-M. — Prairies
rocailleuses plus ou moins humides.
3575. G. saxatile L. — Ch. h. — Sub. atl. — M. — Eboulis.
3579. G. verum L. — Ch. h. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16, 17, 19, 21, 26.
— Prairies et bords de routes. — pH : 4,6-6,4. — CO :i Ca : 0 p.
100. — Granul. : a-d-c-c. — Mat. org. : 13-22 p. 100. — Cap. eau :
29-57 p. 100. — M. : 15-55 p. 100.
3581. G. silvaticum L. — Ch. h. — Orophile alpien. — MI. — Rocailles.
3586. G. Mollugo L. — Ch. — Eur. Moy.. — MI. — Bords de chemins,
rocailles.
3594. G. Aparnie L. — Th. — Cosmopol. — MI. — Ass. : 16-29. — Rocailles,
champs cultivés. — pH : 6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. :
13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
3597. G. cruciatum (L.). — Ch. - Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 20, 22, 24,
26, 28, 29, 30. — Pelouses rocailleuses. — pH : 4,8-5,6. — CO :! Ca :
0 p. 100. — Granul. : a-d-b-c. — Mat. org. : 14-22 p. 100. — Cap.
eau : 27-51 p. 100. — M. : 3-60 p. 100.
3598. G. vernum Scop. — Ch. — Orophile alpien. — MI. — Pelouses.
3599. G. rotundifolium L. — Ch. — Orophile alpien. — Sous-bois de basse
altitude.
3608. Asperula odorala L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 15, 16, 29. —
Sous-bois de la hêtraie. — pH : 4,6-5,0-6,4. — C0 3 Ca : O p. 100.
— Granul. : a-c-c-c. — Mat. org. : 8-20 p. 100. — Cap. eau : 12-
25-57 p. 100. — M. : 0,7-77 p. 100.
3610. A. hirla Ramond. — H. — End. pyr. — M. — SA. — Ass. : 3. 4. 6, 24.
— Fissures de rochers calcaires. — pH : 6,6-7,5. - C0 3 Ca :
0,2-24 p. 100. — Granul. : b-e-a-a. — Mat. org. : 27-48 p. 100. —
Cap. eau : 39-57 p. 100. — M. : 0-16-39 p. 100.
Caprifoliacées.
3621. Lonicera Xylosteuni I.. N. Ph. — Eur. moy. — MI. — Hêtraie.
3624. L. Pyrenaica L. — N. Ph. — End. pyr. — M. — Ass. : 3. Fissures
de rochers calcaires. — pH : 7,4. —- C0 3 Ca : 0,2 p. 100. — Gra¬
nul. : a-f-a-a. — Mat. org. : 29 p. 100. — Cap. eau : 44 p. 100. —
M. : 39 p. 100.
3625. L. nigra L. — N. Ph. — Orophile alpien. — MI. — Hêtraie.
3627. L. Periclymemim L. — N. Ph. scd. — Sub. atl. — Sub. inédit. — Ass. :
30. — Bord de hêtraie.
3631. Sambuccus racemosa L. — N. Ph. — Eur. moy. sylv. — MI. — Ass. :
21-30. — Hêtraie. — pH : 6. — CQsCa : 0,1 p. 100. — Granul. :
Source : MNHN, Paris
80
JEAN-MARIE TURMEL.
a-e-c-c. — Mat. org. : 22 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100. — M. :
15 p. 100.
3033. S. nigra L. — N. Ph. — Eur. moy. — MI. — Hêtraie.
Valerianacées.
3634. Valerianella olitoria (L.) Poil. — Tli. — Médit. — MI. — Ass. : 24. —
Pelouses rocailleuses.
3043. Valeriana dioica L. — H. — Eur. moy. — MI. — Pelouses marécageu¬
ses.
3045. V. montana L. — H. — Orophile alpien. — MI. — M. — Rocailles fraî¬
ches.
3648. V. globnlariaefolia Ramond. — H. — End. pyr. — MI.-M. — Ass. :
3, 4, 17. — Fissures de rochers calcaires. — pH : 7,4. — CO*Ca :
9 p. 100. — Granul. : a-f-a-a. — Cap. eau : 57 p. 100. — M.
0 p. 100.
3650. V. Pyrenaica L. — H. — End. pyr. — MI.-M. — Ass. : 15, 15 bis, 29.
Stations humides de la hêtraie, Mégaphorbiaies.
Dipsacacées.
3663. Succisa pratensis Moench. — H. — Eur. moy. — Ml. — Ass. : 16. —
Prairies de fauche. — pH : 6,4. — CC^Ca : 0 p. 100. — Mat. org. :
13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
3673. Knautia silvatica Duby. — H. — Orophile alpien. — MI. — Prairies
de fauche.
3083. Scabiosa Pyrenaica AU. — H. — Médit. — MI. — Ass. : 28. — Pâtu¬
rages, stations chaudes dans la hêtraie.
Campanulacées.
3696. Campanula rotundifolia L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16. —
Prés rocailleux, bords de routes. — pH : 6,4. — COsCa : 0 p. 100.
Mat. org. : 13-20 p. 100. — M. : 45-57 p. 100.
3705. C. Trachelium L. — H. — Eur. moy. — MI. — Rocailles, bords de
routes.
3708. C. patula L. — H 2 . — Eur. moy. — MI. — Rocailles, pâturages calcai¬
res.
3713. C. glomerala L. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 29. — RocaiUes,
bords de routes.
3724. Phyteuma hemisphericum L. — H. — Orophile alpien. — MI. — Ro¬
cailles chaudes, bords de routes.
3735. P. Halleri Ail. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Ass. : 28-29. —
Prairies rocailleuses. — pH : 4,9-5,2. — CO*Ca : 0 p. 100. —
Granul. : a-d-c-b. — Mat. org. : 21 p. 100. — Cap. eau : 36-40 p.
100. — M. : 11-27 p. 100.
3738. Jasione montana L. — H. — Eur. therm. — MI.-M. — Ass. : 2, 7,
17, 18, 19, 22, 26, 28. — Pelouses. — pH : 4,6-5,5. — CO^Ca :
0 p. 100. — Granul. : a-c-c-c. — Mat. org. : 15-36 p. 100. — Cap.
eau : 22-45 p. 100. — M. : 6-52 p. 100.
Composées.
3751. Eupatorium cannabinum L. — H. — Eur. moy. — MI. — Stations
humides.
3754. Solidago Virga aurea L. — H. — Circum-bor. — MI. — Ass. : 16. —
Prairies de fauche. — pH : 6,4. — CO-’Ca : 0 p. 100. — Mat.
org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
Source : MNHM, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU. 81
8754. S. Virga aurea var. alpestris Waldst et K. — H. — Eur. moy. - - MI. —
M. — Rocailles.
3756. Bellis perennis L. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 7, 17, 13,
19, 20, 21, 26, 28. — Pelouses et sous-bois. — pH : 4,6-5,7. —
CC^Ca : 0 p. 100. — Granul. : b-c-c-c. — Mat. org. : 6,1-21 p. 100.
Cap. eau : 12-33 p. 100. — M. : 13-60 p. 100.
3767. Aster alpinus L. — H. — Orophile alpien. — M. — Falaises schisteu-
3777. Erigeron acre L. — H 2 . — Eur. moy. — MI. — Bords de routes.
3799. Antennaria dioica L. Gaertner. — H. — Eur. moy. — MI.-M.-
SA. —' Ass. : 2, 19, 24, 26. — Rocailles schisteuses, pelouses
rocailleuses. — pH : 4,6-5,8. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. :
a-d-b-c. — Mat. org. : 11-33 p. 100. — Cap. eau : 22-56 p. 100.
M. : 6-56 p. 100.
3802. Leontopodium alpinum Cass. — H. — Orophile alpien. — M.-S.A.
—- Ass. : 4. — Fissures de rochers calcaires exposées au nord.
3810. Gnaphalium supiniim L. — H. — Boréo-arctico-alpien. — M. — Pe¬
louses schisteuses.
3811. G. silvaticum L. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Pâturages,
pelouses schisteuses.
3818. Inula Conyza D. C. — H. — Eur. moy. — MI. — Sous-bois de basse
altitude.
3879. Achillea millefolium L. — H. — Eur. mov. — MI. — Ass. : 16, 17,
. 20, 21, 24, 26, 28, 29. — Prairies de fauche. — pH : 4,8-6,4. —
C0 3 Ca : 0-0,1 p. 100. — Granul. : a-c-c-c-d. — Mat. org. : 13-
22 p. 100. — Cap. eau : 25-57 p. 100. — M. : 5-47 p. 100.
2887. Matricaria discoidea D. C. — Th. — Amér. (Introduite) — MI. —
Ass. : 30. —- Bords de routes.
3899. Chrysanthemum alpinum L. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. :
16. — Pelouses schisteuses.
3902. C. leucanthemum L. — H. —- Eur. moy. — MI. — Ass. : 18, 28, 29. —
pH : 4,8-6,4. — C0 3 Ca : 0 p. 100. — Granul. : a-c-c-c. — Mat.
org. : 13-21 p. 100. — Cap. eau : 36-57 p. 100. — Mi. : 5-27 p. 100.
3904. Leucanthemum corymbosum L. — H. — Médit. — MT. — Rocailles,
bords de route.
3927. Tussilago Farfara L. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 9. —
Pentes terreuses un peu rocailleuses.
3930. Petasites niveus Baumg. — H. — Orophile alpien. — MI.-M. —
Rocailles.
3932. Homogyne alpina (L.) Cass. — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. :
3, 22. 23. — Prairies humides, petits marécages. — pH : 4,8-
5,0. — CO-^Ca : 0 p. 100. — Granul. : O-c-b-d. — Mat. org. :
23 p. 100. — Cap. eau : 36-39 p. 100. — M. : 2,5-16 p. 100.
3938. Doronicum grandiflorum LmK. — H. -- Orophile alpien. — M. —
Pelouses rocailleuses.
3941. Senecio viscosus L. — Th. — Eur. moy. — MI.-M. — Rocailles, pelouses
schisteuses.
3949. S. adonidifolius Loiseleur. — H. — Atl. — MI. — Pelouse rocail¬
leuses.
3960. S. Tourneforti Lapeyr. — H. — End. pyr. — M. — Ass. : 20. —
Pâturages rocailleux, éboulis. — pH : 5,4. — CC^Ca : 0 p. 100.
Granul. : O-e-b-c. — Mat. org. : 20 p. 100. — Cap. eau : 30 p. 100.
— M. : 48 p. 100.
Mémoires du Muséum. — Botanique, t. V. 6
Source : MNHN, Paris
82 JEAN-MARIE TURMEL.
3961. S. Doronicum L. - H. — Orophile alpien. — MI.-M. — Pâturages
humides.
3966 bis. S. Pyrenaicum G. G. — H. — End. pyr. — MI. — Hêtraie.
3969 bis. Adenostyles Pyrenaica Lange. — H. — End. pyr. — MI. — Hê¬
traie.
3977. Carlina acaulis L. — H 2 . — Eur. inoy. — MI.-M. — Pâturages schisteux.
3977 bis. C. acaulis var. caulescens D. G. — H 2 . — Eur. moy. — MI.-M. —
Ass. : 16. — Pelouses schisteuses, bords de hêtraies. — pH : 6,4.
C0 3 Ca : 0 p. 100. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau :
45-57 p. 100.
3978. C. acanthifolia Ail. — H 2 . End. pyr. — MI. — Pâturages schisteux.
3979. C. vulgaris L. — H 2 . — Eur. moy. — Prairies rocailleuses.
4003. Carduus carniloides Gouan. — H. — End. pyr. — M. — Ass. : 5,7. —
Eboulis. — pH : 6,9-7,5. — CO»Ca : 29-44 p. 100. — Granul. :
a-b-b-d. — Mat. org. : 9-20 p. 100. — Cap. eau : 18-39 p. 100.
4007. C. milans L. — H 2 . — Eur. moy. — MI. — Rocailles.
4016. Cirsium acaule (L.) Weber. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Pâtura¬
ges calcaires plus ou moins humides.
4022. C. palustre (L.) Scop. — H 2 . — Eur. moy. — ML — Stations humi¬
des de basse altitude. - pH : 5,0-6,4-7,9. — CO»Ca : 0 p. 100.
Granul. : b-d-b-c. — Mat. org. : 13-21 p. 100). — Cap. eau :
27-57 p. 100. — M. : 60 p. 100.
4028. C. lanceolatum (L.) Hill. — H 2 . — Eur. moy. — MI. — Rocailles.
4028 bis. C. lanceolatum var. hypoleucum D. C. — H 2 . — Eur.. moy. —
MI. — Ass. : 16. — Rocailles, pelouses rocailleuses. — pH : 6,3.
— C03Ca : 0 p. 100. — Mat. org. : 13-21 p. 100. — Cap. eau :
45-57 p. 100.
4028 ter. C. crinitum Boiss. — H 2 . — End. pyr. — MI. — Alluvions des
gaves.
4055. Centaurea niyra L. — H. — Eur. moy. — JH. — Ass. : 16. — Rocail¬
les de basse altitude. — pH : 6,3. — CO-’Ca : 0 p. 100. — Mat.
org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
4081. I.ampsana commuais L. — Th. — Eur. moy. — JH. — Ass. : 16. —
Champs cultivés. — pH : 6,4. — CO*Ca : 0 p. 100. — Mat. org. :
13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
4100. Leontodon hispidus L. — H. --- Eur. moy. — MI. — Ass. : 16. — Prai¬
ries de basse altitude. — pH : 6,4. — CCPCa : 0 p. 100. — Mat.
org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
4106. bis. Picris Purenaica L. — H 2 . — End. pyr. — MI. — Prairies de
basse altitude.
4132. Taraxacum officinale Weber. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. :
17, 18, 19, 20, 21. — Pelouses plus ou moins humides, rocailles.
— pH : 4,6-6. — CCPCa : 0-0,7 p. 100. — Granul. : a-c-e-c. —
Mat. org. : 6-22-71 p. 100. Cap. eau : 12-30-125 p. 100.
M. : 13-55 p. 100.
4137. Mulgedium Plumieri CL.) Kirschel. — H. — Orophile alpien. MI.-
M. — Ass. : 15 bis. — Megaphorbiaie.
4140. Sonchus asper (L.) Hill. — Th. — Sub. cosmopol. — MI. - Ass.
16. — Prairies de basse altitude. — pH : 6,3. — CO ;, Ca : 0 p.
100. — Mat. org. : 13-20 p. 100. — Cap. eau : 45-57 p. 100.
4145. Mycelis muralis (L.) Rchb. — Th. — Sub. Cosmopol. — MI. — Rocail¬
les.
4159. Crépis pygmaea (L.). — H. — Orophile alpien. — M. — Ass. : 5.
— Eboulis fins calcaires. pH : 6,8-7,5. — CC^Ca : 0-35-44 p.
100. — Granul. : a-b-b-e. — Mat. org. : 9-20 p. 100. — Cap.
eau : 19 p. 100. — M. :4 p. 100.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU. 83
4173. C. albida Villars. — H. — Médit. — MI.-M. — Pâturages et rocailles
calcaires.
4181. Prenanthes purpurea L. — H. — Orophile alpien. — MI. — Ass. :
15-29. — Hêtraie, megaphorbiaie. — pH : 5,0. — C0 3 Ca : 0 p.
100. — Mat. org. : 16 p. 100. —- Cap. eau : 14 p. 100. — M. : 26
p. 100.
4183. Hieracium pilosella L. — H. — Eur. moy. — MI.-M. — Ass. : 7, 17,
19, 20, 22, 24, 25, 26, 29. — Pelouses rocailleuses plus ou moins
humides. — 4,7-7,2. — C0 3 Ca : 0-4,8 p. 100. — Granul. : a-c-b-c.
Mat. org. : 6-66 p. 100. — Cap. eau : 5,7-58 p. 100. — M. : 6-74
p. 100.
4197. H. piliferum Hoppe. — H. — Eur. moy. — M. — Pelouses rocailleu¬
ses.
4206. H. vulgatum Fr. — H. — Eur. moy. — MI. — Ass. : 16,28. — Rocail¬
les. — pH : 6,4. — COsCa : 0 p. 100. — Mat. org. : 13-20 p. 100.
Cap. eau : 45-57 p. 100.
4209. H. amplexicanle L. — H. — Orophile alpien. — M. — Rochers sili¬
ceux.
4215. H. umbellatum L. — H. — Circum-bor. — MI. — Ass. : 28-30. —
Prairies et hêtraies.
Source : MNHN, Paris
84
JEAN-MARIE TURMEL.
CHAPITRE III.
LES ASSOCIATIONS ET LEUR ÉCOLOGIE.
Toutes les associations ont été réunies en trois grands ensembles :
le premier lié aux rochers, comprend les groupements de fissures et
ceux d’éboulis ; le deuxième rassemble les groupements fontinaux,
de marais, de mégaphorbiaies ainsi que ceux des plantes flottantes
et submergées ; le troisième ensemble est celui des formations végé¬
tales liées à la terre, c’est-à-dire des groupements de plouses, de landes
et de forêts.
J’ai pensé qu’il était préférable de ne pas créer, sauf une, de
nouvelles associations ; ce n’est pas qu’il ait été toujours facile de
rapporter à tel ou tel groupement, déjà décrit, les relevés de la haute
vallée d’Ossau, mais il m’a semblé que les variations constatées, n’excé¬
daient souvent pas celles que l’on pouvait trouver dans les tableaux
d’associations des auteurs les plus chevronnés. Autrement il en résul¬
terait, et c’est je crois cependant la tendance actuelle, un fourmille¬
ment de petites associations, chaque auteur crééant les siennes, qui
n’existent que dans une région... Il m’a semblé plus opportun ici, dans
un premier travail sur une région où aucune étude phytogéographique
n’avait encore été faite, de conserver les grandes idées d’ALLORGE en
ne présentant que de larges ensembles, peut-être très vastes et sujets
à variations, mais qui frappent la vue quand on est sur le terrain.
J’ai repris également, dans les colonnes des relevés, la notation
d’ALLORGE (1) en ne prenant que les termes indiquant la plus ou
moins grande « fréquence synécologique locale » c’est-à-dire la plus
ou moins grande fréquence de l’espèce considérée dans le relevé en
question ; je me contenterai de cinq termes en rappelant ici la phrase
de de Candolle que cite Allorge « je me contenterai de cinq ou six
« degrés pour exprimer des faits qui, de leur nature, sont vagues et
« difficiles à apprécier ».
(1) P. Allorge. — Les Associations végétales du Vexin français, Nemours 1922.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
85
A. — ROCHERS.
Dans ce premier chapitre sont réunis deux groupes d’associations
dont les plantes ont toutes besoin du contact intime des roches : ce
sont les groupements de fissures et ceux d’éboulis. De nombreux ter¬
mes de passage sont fréquents entre les associations végétales de ces
deux ensembles et aussi avec les associations des pelouses et des
landes : la végétation commençant par la colonisation des roches nues
et des fissures pour aboutir après un temps plus ou moins long à des
pelouses et des landes, résultat naturel d’une modification pédologique,
voire même microclimatique de la station. On constate en effet aisé¬
ment que la végétation tend à déborder de plus en plus largement
des fissures et que les débris organiques comblent peu à peu les par¬
ties profondes ; ainsi se forme progressivement un tapis végétal ras
auquel viennent s’ajouter divers arbrisseaux nains et des plantes
provenant des stations environnantes, de telle sorte que finalement la
roche nue primitive disparaît sous ce nouveau couvert.
I. — Les groupements de fissures.
Le premier ensemble, celui des associations de fissures, corres¬
pond aux « groupements rupestres » tels que Chouard (1) les a consi¬
dérés, ainsi qu’aux « groupements rupicoles x de Braun-Blanquet (2
et 3) (classe des Asplenietea).
Braun-Blanquet dans son importante étude sur les Pyrénées
orientales décrit seulement trois associations appartenant à deux
ordres différents : le premier correspond aux groupements chasmo-
phytes des rochers calcaires (ordre Polentilletnlia cnulescentis ) et com¬
prenant une seule alliance avec l’association du Snxifragetum mediae ;
le second (ordre Androsacetalia Vandellii) réunit les groupements
chasmophytes des rochers siliceux ; Braun-Blanquet y distingue deux
associations le Saxifragetum mixlne et YArtemisieto-Drabetum.
Chouard, dans son « coup d’œil sur les groupements végétaux
des Pyrénées centrales » envisage huit groupements suivant « la na¬
ture chimique de la roche, l’altitude, l’exposition, [et] l’humidité».
Cependant Gaussen (4) ne pense pas que pour les Pyrénées orien¬
tales les différences soient bien grandes entre les compositions floris¬
tiques des associations de fissures de ces deux types. Pour lui, le fac¬
teur microclimatique de ces stations lui paraît prépondérant.
Je grouperai les associations de fissures que j’ai constatées dans
la région suivant la nature lithologique des roches sousjacentes.
(1) P. Chouard. — Loco-cilato, 1948-1949.
(2) H. Meier et J. Braun-Blanqiet. — Loco-citato, Montpellier 1934.
(3) J. Braun-Blanquet. — Loco-citato, Barcelone 1948.
(4) H. Gaussen. — Géographie botanique et agricole des Pvrénées-Orientales.
Paris 1934.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
La haute région d’Ossau offre de très nombreux sites présentant
de belles falaises et des pans de rochers sans végétation aussi bien
pour les roches siliceuses que pour les roches calcaires. Le Pic lui-
même avec ses impressionnantes parois est une des stations de choix
en ce qui concerne les rochers acides. C’est surtout sur la face Nord
dans le haut vallon des Mondeils ainsi que sur les falaises surplom-
blant le lac de Peyreget que j’ai étudié les fissures andésitiques. Mais
l’on rencontre en bien d’autres stations des falaises siliceuses : une
partie de la crête médiane du Pourtalet, autour des lacs d’Ayous, sur
les conglomérats permiens, sur les contreforts du Lurien et sur les
granités de la crête sommitale du Pic Sagette. Pour les falaises cal¬
caires de nombreuses stations existent dans les deux vallées entourant
le Pic d’Ossau : étroit de la cabane d’éverite, pic de Casteraou (Vallée
de Bious), sommet du Lavigne, falaises calcaires du Pic Sagette, étroit
de Peyrelu, falaises de la frontière, crête médiane du pâturage du
Pourtalet.
a) Groupements de fissures des rochers siliceux.
1) Association à Piimula viscosa et Asplénium septentrionale.
L’association fondamentale de ces fissures est celle de Primula
viscosa et de Y Asplénium septentrionale. Au tout début du printemps,
alors même que de grandes plaques de neige fondent encore lentement
dans les dépressions des pelouses avoisinantes, les primevères de ces
stations jettent un éclat particulier sur les rochers grâce à leurs magni¬
fiques bouquets rouge écarlate se profilant sur le fond vert des
feuillages.
Je donne ci-dessous 6 relevés effectués en divers endroits de la
dition :
1. Mondeils. — Sur les rochers andésitiques, près d’un éboulis en
voie de colonisation (1.850 m), [51/6/27/3].
2. Pourtalet. — Rochers siliceux, face Nord (1.750 m), [51/7/12/14],
3. Lac d’Ayous. — Falaise au dessus du lac, roches permiennes
(1.950 m), [51/7/10/3].
4. Sagette. — Granités de la crête sommitale (2.050 m), [51/6/24].
5. Lurien. — Falaise rocheuse (2.000 m), [51/7/9/12],
6. Pourtalet. — Crête médiane du pâturage (1.800 m), [53/7/1/3].
Il faut noter en plus, pour le relevé n" 2 Athyrium filix femina ;
pour le relevé n° 3 Potentilla alcliemilloides, P. rupestris, Festuca spa-
dicea. Cotoneaster vulgaris, Luzula pediformis, Festuca glauca, Lina-
ria striata ; pour le relevé n" 4 Polypodium vulgare, Stellaria media.
Cette association dont on trouve des fragments dans toutes les fis¬
sures siliceuses correspond au groupement 1 c de Chouard et semble
l’homologue du Saxifragetum mixtae de Braun-Blanquet et de l’as¬
sociation à Galium Baldense var. Tendae et Saxifraga florulenta dé¬
crite par Guinochet dans les Alpes maritimes.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
87
Il est à peu près impossible de donner le degré de recouvrement
de ces relevés, qui ont trait à des fissures plus ou moins bien colonisées
et il est bien difficile pratiquement d’en mesurer les surfaces ! En
certaines places la végétation peut y être extrêmement dense (quand
Primula viscosa abonde) ; en d’autres lieux au contraire seules de
rares pousses d ’A splénium végètent chétivement. Néanmoins on est là
«u présence à coup sûr d’une seule et même association.
TABLEAU N" 16.
Association N" 1 à Primula viscosa et Asplénium septentrionale.
Espèces
1
2
3
4
5
6
Caractéristiques de l’associf
Primula viscosa
1 TA
TA
A
+
A
+
Asplénium septentrionale
+
+
+
A
A
Caractéristiques des unutés
upérieure
Sempervivum montanum
+
+
A
+
Silene rupestris
+
+
+
+
Sedum brevifolium
+
+
+
Thymus Serpyllum
+
+
+
+
Cardamine resedifolia
+
+
+
Saxifraga moschata
+
+
+
Alchemilla alpins
+
+
Compagnes et accidentelles
Iberis sempervirens
+
+
Nardus stricta
A
Pestuca Eskia
Vaccinium Myrtillus
+
+
+
Juniperus nana
+
A
+
Rosa alpins
+
+
Cerastium alpinum
+
+
Potentilla Tormentilla
+
+
Asplénium Adiantum-Nigrum
Les espèces principales de l’association ont des caractéristiques
géographiques assez homogènes : six espèces sur neuf sont orophiles
alpiennes, une boreo-arctico-alpienne, une d’Europe moyenne et une
atlantique. Les types biologiques se partagent à peu près également
entre les hemicryptophytes (5) et les chamephytes-herbacées (4).
Ecologie. Cette association est liée à des fissures siliceuses assez
étroites et à peu près verticales (cf. photo 28 pl. VI), mais dont l’orien¬
tation est assez variable, en effet les associations des relevés n os 4 et 5
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
sont orientées plein Sud alors que les autres font face à l’Ouest (n° 6),
au Nord (n os 1 et 2) et à l’Est (n° 3).
A mon avis la microclimatologie joue assez peu sur ces rochers
siliceux élevés et déchiquetés et ce sont uniquement les conditions
édaphiques qui régissent cette association, dont le climat général est
celui de l’altitude de 2.000 m environ, avec seulement quelques varia¬
tions suivant l’orientation. Cette différence d’orientation ne semble
d’ailleurs influer que sur l’abondance relative de Primula viscosa et
Asplénium septentrionale. En effet la première espèce est plus fré¬
quente et surtout beaucoup mieux développée dans les fissures orien¬
tées au Nord, plus humides et moins chaudes dans les beaux jours
d’été ; au contraire c’est surtout dans les fissures face au Sud que
VAsplénium présente les touffes les plus compactes et les plus grosses,
mais on trouve presque toujours les deux espèces sous les deux orien¬
tations Nord et Sud.
TABLEAU N° 17.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N" 1.
La disposition des stations et la faible largeur des fissures laissent
penser que cette association est entièrement recouverte de neige pen¬
dant plus de huit mois, jouit ainsi d’un micro-climat relativement
peu rude. Ainsi au point de vue climatique, cette association corres¬
pond assez bien à celles décrites par Guinochet et par Braun-Blan-
quet. Quant au fait de la plus grande altitude des stations constaté
par ces auteurs, il s’explique facilement par les différences de clima¬
tologie générale entre les régions étudiées par Guinochet et Braun-
Blanquet et la dition de la vallée d’Ossau.
Cinq analyses de sol ont pu être effectuées : grâce aux prélève¬
ments faits, l’un en 1951 dans les rochers surplombant le lac d’Ayous,
les autres (1953) sur la crête médiane du Pourtalet.
Le pH varie de 4,8 à 5,6, ainsi donc le sol de ces fissures présente
une réaction fortement acide.
La capacité minima en eau, qui joue un rôle extrêmement impor¬
tant dans ces stations, est au voisinage de 40 p. 100 pour les sols de
la crête médiane du pâturage du Pourtalet et légèrement plus faible
(30 p. 100) pour la station du lac d’Ayous. Cette station est d’ailleurs
un peu différente des quatre autres et a quelques rapports avec les
éboulis, ce qui explique peut-être la légère diversité floristique qu’on y
constate par rapport aux stations du Pourtalet.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAÜ.
89
La mouillabilité de ces échantillons a pour les trois premiers pré¬
lèvements des valeurs voisines de 1 p. 100 donc extrêmement faibles
indiquant que cette station reprend difficilement de l’humidité après
une longue période de sécheresse. Pour les deux autres stations la
mouillabilité est encore assez faible puisqu’elle est aux environs de
15 p. 100.
Les analyses granulométriques montrent, au moins pour les
échantillons 2 et 5 un pourcentage énorme de terre fine, les teneurs
en argile étant également élevées pour ces deux mêmes sols. A part
le premier échantillon les valeurs de la matière organique sont assez
élevées de 35 p. 100 à 40 p. 100 ce qui correspond à une terre argilo-
humifère.
Naturellement il n’existe dans ces sols aucune trace de calcaire.
Le tableau précédent résume les principales caractéristiques des sols
de ces fissures.
Naturellement vu la faible quantité de sol analysée les variations
sont considérables en ce qui concerne les éléments grossiers, mais on
peut cependant affirmer que la terre fine est hautement prépondérante.
Dynamique de l’association. —■ Cette association est pionnière de
toutes les fissures étroites des rochers siliceux ; la première plante
est soit la primevère quand les lèvres de la fissure sont à plus de 4-5 cm
de distance, soit Y Asplénium septentrionale quand la fissure est plus
étroite. Suivant la station, de nombreuses plantes peuvent accom¬
pagner les caractéristiques de l’association ; elles indiquent quelles
influences s’exercent sur les Conditions primitives qui avaient permis
l’établissement de l’association. Quand les bords de la fissure sont
largement écartés (de plus de 10 cm), l’évolution tend vers la lande
alpine, c’est ce que l’on constate dans les relevés n os 3 et 6 où sont
présents, entre autres plantes, Juniperus nana, Rosa alpina, Vaccinium
Myrtillus, Cerastium alpinum. La pelouse rocailleuse alpine est indi¬
quée par la présence de Festuca Eskia dans le relevé n" 2 et Ylberis
sempervirens est l’indicateur de rochers schisteux qui peuvent être
plus ou moins en voie de délitement (relevés n os 2 et 3).
La présence de Cardamine resedifolia dénote une certaine fraî¬
cheur (au moins dans une des périodes de végétation), car cette plante
pousse de préférence aux endroits peu ensoleillés, à l’abri des grosses
roches. Sa présence dans des stations chaudes lui assure un dévelop¬
pement antérieur de 15 à 20 jours par rapport à celui qu’elle a en
d’autres stations.
Enfin, dans des relevés que je n’ai pas fait figurer ici, se rencontre
Cardamine resedifolia avec Allosurus crispas faisant apparaître l’in¬
fluence des gros éboulis : à l’ombre de très gros blocs peut en effet se
loger l’association à Primula et Asplénium, mais elle y est tellement
fragmentaire et représentée le plus souvent par la seule présence de
Y Asplénium qu’il est difficile d’introduire de tels relevés dans le
tableau de cette association.
Source : MNHN, Paris
90
JËAX-MARIE TURME1..
2) Association à Veronica fruticulosa.
Une deuxième association existe également dans les rochers non
calcaires. Cette association dont je donne ci-dessous 3 relevés corres-
TARLEAU N" 18.
Association N” 2 à Saxifraga intricata et Veronica fruticulosa.
Source : MNHN, Paris
LE I»IC DE MIDI D’OSSAU.
91
pond au groupement 1 d à Saxifraga intricata et Veronica saxatilis
de Chouard.
1. Crête sommitale de la Sagette (2.065 m), [51/6/25/3].
2. Col des Moines : crête exposée aux vents très violents, schistes
nus (2.000 m), [51/7/14/8].
3. Crête andésitique du cirque supérieur des Mondeils (1.900 m),
[53/7/16/10].
Cette association, comme la précédente, est en pleine floraison
très tôt (fin Juin), car, se trouvant sur des crêtes très exposées aux
vents, elle est rapidement déblayée de la neige (cf. photo 27, pl. VI)
qui subsiste autour d’elle encore de longues semaines.
Le degré de recouvrement est assez faible environ 50 p. 100 lais¬
sant entre les rochers de nombreuses places nues, où apparaît un
humus noirâtre. La surface des relevés est toujours elle aussi assez
faible, à peine quelques mètres carrés, du moins en ce qui concerne
les relevés pris sur les roches éruptives.
Comme pour l’association précédente ce sont les espèces orophiles-
alpiennes (3) et boréo-artico-alpiennes (2) (et deux atlantiques) qui
dominent sur sept espèces avec comme types biologiques cinq hemi-
cryptophvtes et deux chamephytes-herbacées.
Ecologie. — Alors que l’association précédente se localisait uni¬
quement dans les fissures, ce deuxième groupement, toujours d’ailleurs
en contact très intime lui aussi avec les rochers, se rencontre plutôt
sur les crêtes dont les roches sont en voie de fissuration intensive et
dont les blocs relativement petits sont assez enrobés de terre fine.
TABLEAU N° 19.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N" 2.
Le trait double à gauche de T. fine doit être reporté à droite.
N°* des
càa
PH
C8 Sâu
".0
%
Cail-
T
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*
Limons
'fin
gros.
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org
K
31/51
1
0
5,5
44
6,5
23
8
69
7,5
20,5
11,8
25,8
34,4
48/51
2
0
5,2
22
52
23
33
44
0
25
25,2
31,5
18,1
27/53
3
0
5,2
58
9
0
0
100
8
25
5,0
' 9,2
53,0
L’aspect des stations de ces nouveaux groupements est bien donné
par la photo n" 27, planche VI et s’oppose donc nettement à celui de
l’association des fissures représenté fig. n" 28, planche VI illustrant
le groupement précédent.
Au point de vue climatique tout d'abord, cette association localisée
sur les crêtes supporte une insolation totale, ce qui n’était pas le cas
pour le groupement précédent ; d’autre part elle est soumise à un
climat à extrêmes beaucoup plus importants par suite.de son dénei¬
gement assez rapide dû aux vents violents qui balaient ces stations.
Source : MNHN, Paris
92
JEAN-MARIE TVRMEL.
Les trois analyses du sol résumées ci-dessous montrent une assez
bonne homogénéité.
Comme pour l’association précédente, les carbonates sont totale¬
ment absents ; le pH est toujours acide ; la capacité minima en eau,
assez élevée pour les deux stations établies sur roches éruptives (gra¬
nités et andésites), est nettement plus basse pour le sol de la station
du col des Moines qui est localisée sur des schistes.
En ce qui concerne la mouillabilité, elle est faible pour les deux
relevés situés sur le sol volcanique et au contraire très importante
pour la station du col des Moines. La teneur en matières organi¬
ques, très importante pour les stations 1 et 3, est notablement moin¬
dre pour la station du col des Moines. Enfin pour ce qui est de la
granulométrie, l’analyse des éléments fins place la nature de ces échan¬
tillons entre les terres franches et les terres sablo-humifères.
Une série de mesures de percolation a été effectuée dans la sta¬
tion n° 2, les résultats en sont consignés dans le tableau et le graphique
ci-contre (fig. 11).
TABLEAU N* 20.
Valeurs des temps de percolation dans une station
de l’association N° 2.
La valeur élevée du temps du 1" versement est due à ce que la
surface séchée au soleil est moins mouillable que la profondeur. Ces
valeurs sont, d’ailleurs moyennes, bien plus fortes que pour d’autres
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
93
types d’association (lande à Empetrum et Arctostaphyllos) mais moin¬
dres que pour d’autres (pelouses à Festuca spadicea).
Dynamique de l’association. — Cette association des rochers assez
délités n’est pas, à mon avis, association pionnière ; c’est la précé¬
dente qui a joué ce rôle et ce n’est qu’après élargissement notable et
multiplication des fissures que ce nouveau groupement se substitue
au précédent. Cette association évolue d’ailleurs très rapidement vers
d’autres groupements : lande, pelouses rocailleuses, pelouses, et on
peut remarquer dans les relevés la présence d’espèces appartenant
à d’autres groupements, les unes caractéristiques de la lande ( Vacci-
nium Myrtillus, V. uliginosum, Calluna vulgaris, Juniperus nana,
d’autres des pelouses rocailleuses ( Scdum reflexum, Sempervivum
tectorum, Antennaria dioica), d’autres, enfin, des pelouses ( Thrincia
hirta, Festuca Eskia, Ajuga reptans, Luzula spicata, L. pediformis,
Stellaria Holostea, Conopodium denudatum).
b) Groupements de fissures des rochers calcaires.
L’étude des groupements calcaires des Pyrénées centrales a été
réalisée par P. Chouard en 1942 (1) pour la vallée de Gavarnie, aussi
en suivrai-je le plan ; Chouard (1, 2) énumère 6 associations chasmo-
phytes calcicoles : les associations à Potentilla niualis Lop. et Saxi-
fraga iratiana Schultz ; à Ramondia pyrenaica Rich. et Neckera com-
planata Br. Eur. ; à Pinguicula longifolia Rom. et Carex tenuis Host. ;
et, pour les corniches, à Silene quadrifida L., Cystopteris montana
Bernh. et enfin à Telephium Imperati et Erodium macradenum L’Her.
Braun-Blanquet (3) n’envisage qu’une seule association pour
les rochers calcaires dans les Pyrénées orientales, l’association à Saxi-
fraga media qui est probablement l’homologue de l’association à Ra¬
mondia pyrenaica et Neckera complanata de Chouard.
Dans les falaises calcaires de la haute vallée d’Ossau, l’on est
surtout en présence de deux associations, celle à Potentilla alchemil-
lioides et Asperula hirta et celle à Potentilla nivalis et Saxifraga
iratiana.
3) Association à Potentilla alchemilloides et Asperula hirta (Fis¬
sures bien ensoleillées).
Il a été fait en de tels endroits 9 relevés, savoir :
1. Falaise calcaire à Pevrelu, face au S.E. (1.700 m), [15/12/7/51].
2. Falaise calcaire, face au S., étroit de la cabane d’éverite rive gau¬
che (1.600 m), [1/14/7/51].
3. Falaise, face au S., crête médiane du Pourtalet (1.800 m), [5/1/
7/53].
4. Roches calcaires, rive droite étroit de la cabane d’éverite (1.600 m),
[17/6/50].
(1) P. Chouard. — Loco citato, 1942.
(2) P. Chouard. — Loco citato, 1949.
(3) Braun-Blanquet. — Loco citato, 1948.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
94
5. Rochers calcaires au Pourtalet près du col, calcaires coblentziens
(1700 m), [10/7/53].
6., 7. et 8. Rochers calcaires délités (coblentziens), au Portalet près du
col (1.700 m), [11/7/53].
9. Pic Sagette, face S. (2.050 m), [51/6/25/5].
TABLEAU N» 21.
Association N" 3 à Potentilla alchemilloides et Aspenila hirta.
A ces relevés il faut ajouter : au n” 1, Anthyllis Vulneraria, Thalic-
trum minus var. saxcitilis, Draba aizoides, Sempervivum arachnoideum,
Trifolium ochroleucum, Avenu montana, Salix pyrenaica, Koeleria ; va-
lesiaca ; Antennaria ciliata, A. grandiflora ; au n" 2 Potentilla rupes-
tris ; au n" 3 Erinus alpinus, Koeleria valesiaca ; au n" 4, Juniperus
nana, Snxifraga granulata, Allium Schoenoprasnm, Arenaria grandiflo¬
ra ; n" 9 Eryngium Bourgati, Potentilla rupestris, Saxifraga granulata.
Cette association correspond au groupement à Potentilla alchemil-
lioides et Asperula hirta de Chouard ; elle doit être l’homologue de
l’association à Primula marginala et Phyteuma Charmelii de Gui-
nochet dans les Alpes-maritimes ; on doit aussi la rapprocher de
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
95
l’association à Saxifraga longifolia et Ramondia Mijconi Br. Bl. publiée
dans le Prodrome (1).
De même que pour l’association des fissures siliceuses, il est assez
difficile de préciser le degré de recouvrement de cette association.
Quand elle est bien établie, on peut envisager un recouvrement de
50 p. 100 environ mais il me paraît difficile de préciser la grandeur des
relevés qui devrait être notée en mètres linéaires plutôt qu’en mètres
carrés. Etablies dans des fissures de falaises calcaires coblentziens à
parois verticales, cette association est d’ailleurs difficile à atteindre.
Dans ce troisième groupement rupestre le nombre des endé¬
miques pyrénéennes occupe une place de choix (5 espèces sur 11)
parmi les espèces les plus importantes, auxquelles se joignent quatre
orophiles alpiennes, une boréo-arctico-aipienne et une méditerra¬
néenne. Les espèces vivaces sont toujours en très grande abondance
puisque pour les caractéristiques de l’association et des unités supé¬
rieures on dénombre cinq chamephytes herbacées, trois hémicrypto-
phytes et trois nanophanérophytes.
Ecologie. — L’orientation du groupement semble indifférente,
mais cependant les plus beaux sujets sont orientés face au Sud.
Cette association est continuellement exposée aux facteurs clima¬
tiques car la neige ne peut absolument pas séjourner sur de telles
falaises (cf. pic de Casteraou, photo 6, pl. II ; photo 21, pl. V et photo
32, pl. VII) ; ce fait est ici encore plus sensible que pour l’association
à Primula viscosa et Asplénium septentrionale qui ne se trouvait tout
de même pas sur de si raides à-pic. En conséquence les plantes en ces
endroits auront à résister à des conditions climatiques très dures et
très variables, tant en hiver par suite des vents rigoureux qu’en été où
aux heures chaudes de la journée le soleil réverbère sur les parois
blanches des rochers. Ainsi le 17 juin 1950 vers 14 heures à la cabane
d’éverite (vallon de Bious) les mesures thermométriques et hygromé¬
triques ont donné :
T % d’humidité
Au-dessus du sol, à 1,5 ni .... 12°8 (57 p. 100
Au-dessus du sol, à 20 cm .... 13°9 63 p. 100
Dans le sol, à 3 cm . 22°
montrant donc un très fort échaulTement du sol de la station où vivent
les plantes.
Au point de vue altitudinal et climat général, les indications
recueillies correspondent en tous points aux renseignements donnés
par Chouard, Braun-Blanquet et Guinochet.
Les analyses des terres ont été faites sur des prélèvements dans des
rochers calcaires au col du Pourtalet (assoc. 5, 6, 7 et 8).
Le calcaire est toujours présent mais en plus ou moins grande
quantité ; le pH des quatre premiers prélèvements est nettement alca-
(1) Loco citato 1934.
Source : MNHN, Paris
96
JEAN-MARIE TURMEL.
lin seul le dernier a un pH acide : les caractéristiques botaniques prin¬
cipales ont alors une faible présence. La capacité minima en eau a des
valeurs moyennes très constantes aux environs de 50 p. 100 mais la
mouillabilité donne des résultats assez variables, très faibles pour les
relevés 6 et 7.
TABLEAU N° 22.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N“ 3.
relevés
CCfca
pH
*
M 10
C loux
*
1ers
r
‘Tu»
*
TTT
16/53
5
0.2
7,4
44
39,5
0
5
95
2,5
57
7.1
3,7
29,4
18/53
6
8,8
7,4
57
0
6
24
70
2.5
52,5
6,4
6,6
-
20/53
7
0,9
7,2
53
1
0
5
95
5
41,5
4.8
1.3
47,5
23/53
8
8,2
7,5
43
21.5
7
33
60
-
-
-
-
26,5
45/51
-
0,4
6.6
56
16,7
!
14
>0
42,5
5,6
2,5
-
En ce qui concerne la granulométrie, la terre fine est toujours très
prépondérante et, sauf pour deux analyses, on trouve des cailloux dans
la terre totale. Il résulte de l’analyse de la terre fine qu’on est en pré¬
sence d’un sol limoneux où les argiles et les sables sont en quantités
très faibles.
Une série de mesures de percolation a été effectuée sur la crête
sommitale du pic Sagette : les temps de pénétration sont assez longs
et dénotent une mauvaise perméabilité. L’allure générale du phéno¬
mène est résumée dans le tableau et le graphique ci-contre.
TABLEAU N" 23.
Valeurs des temps de percolation dans une station
de l’association N° 3.
N os des
versements
1
2
3
4
5
Temps de
pénétration
1-3 S
4-30 s
, m , s
4-45
5"
52lO s
Cette lente absorption de l’eau est la cause d’une érosion intense
lors des grandes pluies que peuvent provoquer les orages d’été ; mais
par contre le fort pouvoir de rétention atténue cette érosion quand les
pluies sont fines et de longue durée.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
97
12 3 4 5
Fig. 12. — Graphique représentant l’allure du phénomène de percolation
dans l’association à Potentilla alchemilloides et Asperula nirta.
Mémoires nu Muséum. — Botanique, t. V. 7
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
Dynamique de l’association. — Cette association est assez stable ;
elle évolue peu quand elle se trouve dans des fissures d’une grande
falaise calcaire. En efTet on peut relever aussi bien dans les fissures
fraîchement colonisées que dans les anciennes le même cortège de
plantes et il n’y a guère de possibilité pour la végétation environnante
de se rapprocher rapidement des lèvres de la fissure, au moins sans
modification totale de la station.
C’est ainsi que j’ai pu trouver dans la grande falaise de la crête
médiane du Pourtalet un Lonicera pyrenaica d’une taille considérable
dont les branches de plus d’un mètre formaient d’énormes boules vert
clair sur la falaise. La base du tronc qui sortait à peine de la fissure
avait près de 5 cm de diamètre. Par comparaison avec un autre échan¬
tillon plus petit, j’estime que chacune des branches pouvait avoir une
vingtaine d’années puisque la croissance annuelle est de l’ordre de
5 cm ; quant au tronc, il devrait avoir très approximativement 200 ans
puisque j’ai pu compter sur un autre tronc de 1 cm de diamètre envi¬
ron 40 accroissements annuels.
Par contre, quand les fissures se trouvent au bas des falaises, elles
subissent d’amples variations qui aboutissent ordinairement à des
éboulis et à une lande, comme c’est le cas pour le relevé n° 1.
4) Association à Potentilla nivalis et Saxifiaga aretioides (fissures
exposées au Nord).
Sur les falaises calcaires exposées au Nord existe une autre asso¬
ciation ; quatre relevés seulement ont pu en être faits, étant donné que
ces stations sont peu facilement accessibles.
1. Face Nord du pic Lavigne, fissures étroites dans des calcaires car¬
bonifères (dinantiens’l ; stations presque verticales (2.005 m),
[51/7/6/7],
2. et 3. Face Nord du pic Sagette, fissures absolument verticales dans
des calcaires carbonifères, (2.040 m), [51/6/25/5].
4. Face Nord du pic Sagette, fissures calcaires humides un peu ruisse¬
lantes (2.040 m), [53/7/24/13].
Aux plantes citées dans ce tableau, il faut ajouter : au relevé n° 1,
Ranunculiis lanuginosiis, Sempervivum montanum, Astragalus mons-
pessulaniis, Saxifraga longifolia ; au relevé n" 2, Potentilla rupestris,
Saxifraga moschata ; enfin au relevé n° 3, Thymus nervosus, Globula-
ria cordifolia, Gentiana alpina, Valeriana globulariaefolia, Leontopo-
dium alpinum, Erinus alpinus.
D’après sa composition ce groupement semble voisin du Saxifra-
getum mediae que Braun-Blanqukt a relevé dans les Pyrénées orien¬
tales et peut être aussi considéré comme l’homologue de celui décrit
par Chouard sous le nom d’association à Potentilla nivalis et Saxi¬
fraga iratiana.
La surface des relevés est faible, quelques mètres carrés au plus ;
mais comme pour les associations précédentes il est difficile d’évaluer
leur surface car elle dépend beaucoup de l’état de fissuration des
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
99
rochers ; quant au degré de recouvrement il est très variable suivant
l’état plus ou moins avancé de colonisation de ces fissures et surtout à
cause de l’érosion qui décape assez souvent le dessus des fissures en
remettant la roche presque à nu.
TABLEAU N° 24.
Association N" 4 à Potentilla nivalis et Saxifraga aretioides.
Comme pour les trois associations précédentes ce sont toujours
les orophiles-alpiennes (5) et les endémiques pyrénéennes (3) qui pré¬
dominent encore dans ces relevés avec deux borée-arctico-alpiennes et
deux espèces méditerranéennes et une d’Europe-moyenne.
Les types biologiques des caractéristiques de cette association cor¬
respondent, comme pour les précédentes, encore uniquement à des
espèces vivaces : six chamephytes herbacées, cinq hemicryptophytes
et une géophyte à rhizome et une nanophanérophyte.
Ecologie. — Ce groupement étroitement lié, comme le précédent,
aux fissures calcaires est localisé sur les faces Nord en des stations
notablement moins accessibles que celles de l’association précédente et
en tous cas jamais au-dessous de 2.000 m.
Il résulte donc de telles positions un micro-climat beaucoup plus
Source : MNHN, Paris
100
JEAN-MARIE TURMEL.
rude que celui où vit le premier groupement, mais il faut cependant
noter que, si les moyennes thermiques sont très sensiblement plus
basses, en revanche les écarts thermiques sont eux notablement moins
grands.
La neige ne peut pas recouvrir longtemps et efficacement ces fis¬
sures par suite de leur pente beaucoup trop abrupte ; en conséquence
ce sera surtout l’orientation et la plus ou moins grande étroitesse des
fissures qui joueront le rôle de régulateur thermique. Les graphiques
de température pris sur les deux faces Nord et Sud (fig. n° 19, p. 151)
montrent que la différence des écarts journaliers est de 5° environ ;
la température maxima diurne étant nettement supérieure (de 4° envi¬
ron) pour les groupements situés sur la face Sud par rapport à la
température maxima de la face Nord et les températures minima noc¬
turnes étant de 1 ° environ de moins pour la face Sud que pour la
face Nord.
Pour l’humidité, le graphique (fig. n" 19 bis, p. 160) pris dans la
même station montre combien, à cette altitude, est grande l’humidité
puisque le degré hygrométrique ne descend pratiquement jamais au-
dessous de 50 %, étant bien entendu qu’il ne s’agit que de belles jour¬
nées d’été.
TABLEAU N» 25.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N" 4.
S 0B das
N os des
C(?Ca
pH
“lû
Cail-
“l'ers
Linons
Mat.
terres
relevés
<
*
<
*
*
•7
*
*
*
*
<
26/51
24
7,1
14,7
39,2
-
-
-
11
18,7
12,6
27,1
30,0
19/53
13
7,2
-
37,1
0
16
84
-
-
-
-
62,1
En ce qui concerne la nature du sol, on trouve dans ces fissures
un humus noir très légèrement basique, malgré une assez forte teneur
en calcaire ; il est fréquent en effet de trouver en haute altitude des
humus totalement décalcifiés, voire très acides, sur des lapiaz calcaires,
comme l’a indiqué Braun-Blanquet.
La inouillabilité est assez faible et favorise considérablement l’éro¬
sion ; la capacité minima en eau, faible également ne permet pas
d’emmagasiner beaucoup d’eau, mais cette caractéristique est ici peu
grave pour l’association par suite de son orientation et de la grande
humidité de l’air ambiant ; les teneurs en matières organiques poul¬
ies deux échantillons sont très élevées.
Par suite des petits graviers qui résultent du délimitement des
parois calcaires dans ce sol, la teneur en sables fins et grossiers est
notablement plus forte que celles des argiles et des limons.
Deux séries de mesures de percolation ont montré une pénétration
assez lente, ce que résument le tableau et le graphique ci-contre.
De plus nombreuses expériences seraient à faire pour savoir si le
phénomène de percolation présente un maximum (cas du faciès rocail-
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
101
leux, 2" ligne du tableau) et se stabilise ensuite à une valeur notable¬
ment moindre ou au contraire si (l re ligne du tableau), les temps aug¬
mentent en même temps que le nombre de versements pour tendre
vers une asymptote horizontale à partir de valeurs inférieures au temps
de cette asymptote (cas du faciès sec).
TABLEAU N° 26.
Valeurs des temps de percolation dans deux stations
de l’association N° 4.
Dynamique de l’association. — Cette association des fissures cal¬
caires froides de haute altitude évolue assez peu vers d’autres groupe¬
ments, car l’érosion renouvelle, rajeunit continuellement ces fissures
et la végétation reforme continuellement ce groupement.
Cependant il faut signaler que sa composition florale se modifie
un peu pour donner une variante très voisine avec Hypericum nummu-
larium et Saxifraga cnesia lorsque le faciès est légèrement plus humide
ce qui apparaît dans le relevé n° 4. h'Hypericum nummularium arrive
d’ailleurs jusqu’à 1.000 m sur les parois calcaires ruisselantes très
froides à la base de la cascatelle de Magnabeigt. Dans cette station, il
est fréquent de rencontrer également Pinguicula grandiflora ; mais il
est difficile de rapprocher ces fragments d’association de celle que
Chouard décrit sous le nom d’association à Pinguicula longifolia et
Carex tenais. Les conditions écologiques sont assez peu différentes de
celles du groupement à Potentilla nivalis et Saxifraga aretioides,
(pH 7,6 — degré hydrotimétrique 10). Une mesure de climatologie dans
la station a montré une très forte humidité et une température assez
basse par rapport au reste de la vallée (T. air 9°5 au lieu de 16° ; T. eau
10 ; degré hygrométrique 75 p. 100 au lieu de 40 p. 100).
Enfin cette association peut encore légèrement se modifier, et ten¬
dre vers les groupements des éboulis quand les fissures s’agrandis¬
sent ; les plantes des éboulis calcaires (Saxifraga oppositifolia) mar¬
quent cette tendance.
Rôle économique des groupements de fissures. — Ces associa¬
tions pionnières des fissures siliceuses et calcaires n’ont pas directe¬
ment d’importance économique car les troupeaux ne s’attaquent pas
à leurs plantes. Par elles-mêmes, elles jouent cependant un rôle très
utile, car elles commencent le cycle de colonisation des roches par les
Source : MNHN, Paris
102
JEAN-MARIF TURMEI..
végétaux supérieurs. J’ai indiqué, surtout à propos des fissures des
rochers siliceux, combien leurs groupements végétaux évoluaient faci¬
lement vers la lande ou la pelouse alpine, formations évidemment
intéressantes pour l’économie montagnarde. Il faut donc voir en ces
associations de fissures des groupements très importants pour l’évo¬
lution de la végétation montagnarde ; malheureusement ils sont très
fragiles et très lents à se développer.
Fig. 13. — Graphique représentant l’allure du phénomène de percolation
dans l’association a Potentilla nivalis et Saxifraga arelioides.
IL — Les groupements d'éboulis.
Si les groupements rupicoles sont assez bien représentés dans
cette .dition, les groupements d’éboulis le sont encore mieux car les
éboulis couvrent d’immenses surfaces entre 2.000 et 1.300 m et sont
d’une extrême diversité. Il faut en effet distinguer : tout d’abord les
éboulis calcaires formés ordinairement d’éléments assez fins (au plus
de la grosseur du poing) ; d’autre part les éboulis siliceux ; les uns
schisteux un peu plus fins (éléments de la taille d’un œuf de poule), les
autres, principalement andésitiques de beaucoup les plus fréquents,
Source : MNHN, Paris
LE PIC DK MIDI D’OSSAU.
103
provenant de la désagrégation du pic lui-même, et dont les éléments
sont de toute grosseur depuis les blocs de plusieurs dizaines de mètres
cubes jusqu’aux éléments fins formés de graviers et gravettes. Quant
à la date de formation de ces éboulis, elle est très variable ; c’est
ainsi que le grand éboulis de la face Est du Pic a eu au moins deux
époques de formation comme le montrent sa forme et les différences
de nature et de densité de son peuplement.
Chouard en 1943 définit 6 associations d’éboulis calcaires dans
les Pyrénées centrales et en 1945 reprenant celte même classification y
joint 3 groupements d’éboulis non calcaires. Braun-Blanquet distin¬
gue dans les groupements des éboulis et pierriers (classe Thlaspeetea-
rotundifolii ) deux ordres : celui des Tblaspeetalia rotundifolii localisé
sur les éboulis calcaires et celui des Androsacetalia alpinae des éboulis
siliceux, pauvres en carbonate de chaux ; cette classification est re¬
prise par A. Quantin et G. Netien pour les groupements des Alpes de
l’Oisans (1). Dans les Pyrénées orientales Braun-Blanquet a distin¬
gué 3 associations d’éboulis calcaires et 2 d’éboulis siliceux,
a) Groupements des éboulis calcaires.
Trois groupements sont bien individualisés dans le massif.
5) Association à Crépis pygmaea L. et Carduus carlinoides.
Elle se rencontre dans les éboulis secs qui se trouvent au-dessus
de la zone des forêts. J’ai pu faire 6 relevés dans différentes parties
de la région correspondante.
1. Eboulis calcaire du Pourtalet, orienté face à l’Ouest (1.750 in),
[10/7/53].
2. Eboulis calcaire du Pourtalet, orienté au Sud-Ouest (1.800 m),
[4/15/7/53].
3. Eboulis calcaire en montant au vallon des Mondeils, face au Nord-
Est (1.900 m), [27/6/51].
4. Eboulis de la cabane d’éverite, vallon de Bious, face au Nord
(1.600 m), [7/7/51].
5. Rocailies près de la frontière, en dessous des falaises du col du
Pourtalet, face au Sud-Ouest (1.800 m), [10/7/53].
6. Vallon de Peyrelu, face à l’Est (1.800 m), [26/6/51].
Ces relevés correspondent assez bien à l’association que Chouard
décrit comme l’association à Crépis pygmaea et Carduus carlinoides ;
ce groupement doit se rapprocher de celui donné par Braun-Blanquet
sous le terme Crepidetum-pygmaeae et de celui de Guinochf.t Thlas-
peetum rotundifolii austro-occidentale.
La surface des relevés est très variable et peut aller de quelques
dizaines de mètres carrés à plusieurs centaines.
Dans cette première association d’éboulis on compte, pour les
caractéristiques, trois orophiles-alpiennes, une boreo-arctico-alpienne
(1) A. Quantin et G. Netien. — Loco. citato, 1951-52.
Source : MNHN, Paris
104
JEAN-MARIE TURMEL.
et une endémique pyrénéenne. Aux quatre hémicryptophytes il faut
ajouter une chamephyte herbacée.
Ecologie. — Au point de vue climatique, cette association a été
trouvée au-dessus de 1.500 m dans toutes les orientations (Chouard) ;
de ce fait, il semble que la question température ne joue qu’un rôle
assez réduit. Par suite de la nature même du type de stations où se
trouve le groupement, l’enneigement est plus prolongé que pour les
TABLEAU N° 27.
Association N° 5 à Crépis pygmaea et Carduus carlinoides.
associations de fissures. En effet ces éboulis, placés le plus souvent au
pied des falaises reçoivent toute la neige qui descend de plus haut et
conservent cette couverture neigeuse assez longtemps.
Source : MNHN, Paris
IÆ PIC DK MIDI D’OSSAU.
105
Le soi de ce groupement est lié aux éboulis calcaires et principa¬
lement dans les endroits où les cléments de ces éboulis sont assez
mobiles et de petite taille, rarement plus gros que le poing, du moins
en grande quantité.
Les éléments fins de cette terre représentent tout au plus 50 p. 100
du total et par suite les graviers et les cailloux (éléments de dimen¬
sions supérieures à 10 mm) forment la moitié ou plus du poids des
éléments constitutifs de la terre. De même l’analyse de la terre fine
met en évidence de fortes proportions de sables surtout grossiers, tou-
TABLEAU N° 28.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N" 5.
pH
Cap.
Cal 1-
Grav-
T.
Ar.
Llmone
Mat o
terres
relerée
*
*
*
** “
ri,!»
glle
*
*
Use
groe.
org.
14/55
1
54,6
7,5
18,9
-
• ”8
45
47
5,5
14.5
19,3
55,8
8.6
21/55
2
28,8
6,9
18,5
-
55
47
18
2.5
7,5
16,6
44,9
22/55
5
44
7,4
58,7
-
15
28
57
7,5
24,5
7,2
59,9
19,8
jours plus de 30 p. 100 du poids de la terre fine. Ces teneurs en élé¬
ments non fins provoquent naturellement une capacité minima en eau
assez faible.
Au point de vue chimique, on constate de très fortes teneurs en
carbonate ; quant au pH, il montre que le sol est saturé d’ions Ca*'.
Les deux valeurs de la teneur en matières organiques montrent des
pourcentages assez peu élevés.
TABLEAU N° 29.
Valeurs des temps de percolation pour une station
de l’association N° 5.
N os des
versements
1
2
3
4
5
Temps de
pénétration
27 s
^m
4-30 s
7-23 s
9ÏÏ30 S
Cependant une mesure de percolation présente une très lente pé¬
nétration des eaux. Evidemment de très nombreuses mesures de¬
vraient être faites dans les éboulis, car les variations d’un point à
Source : MNHN, Paris
106
JEAN-MARIE TURMEL.
l’autre peuvent être très importantes ainsi que nous le verrons pour
une prochaine association d’éboulis ; mais cependant je n’ai pas eu
de valeurs des temps aussi élevées pour les autres stations ; en con¬
séquence cette série de mesures, résumée dans le tableau et le gra¬
phique suivants, permet d’assurer que le degré de perméabilité en pro-
Fig. 14. — Graphique représentant l’allure du phénomène de percolation
dans l’association à Cardans carlinoides et Crépis pggmaea.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
107
fondeur de ce type d’éboulis est vraiment très faible, alors qu’en sur¬
face la perméabilité est assez grande, quoique moins bonne cependant
que pour les autres stations d’éboulis.
Dynamique de l’Association. — Cette association à Crépis pyg-
maea vivant sur les éboulis calcaires, donc sur un sol mobile à l’ex¬
trême, possède à la fois certaines propriétés des groupements de
roches et des groupements de pelouses. A l’occasion, elle peut même
être un terme de passage entre ces derniers types d’associations. C’est
ainsi que dans certains relevés [1, 3, 4] on retrouve quelques plantes
vivant sur les rochers calcaires, telles Saxifraga oppositifolia, Vicia
pyrenaica. C’est qu’en effet les stations de ces relevés sont situées sur
des calcaires peu délités où par suite les éléments fins sont en mino¬
rité par rapport aux éléments grossiers. Au contraire pour d’autres sta¬
tions (relevés 2,5) les éléments grossiers sont plus rares et on trouve
alors dans ces relevés des espèces caractéristiques des pelouses telles
que Festuca Eskia, Nardus stricto, Conopodium denudatum, Homo-
gyne alpina.
La stabilisation de l’éboulis se fait surtout grâce au développe¬
ment de Festuca Eskia qui tend à détruire les espèces typiques de
l'association. Le degré de recouvrement, qui est extrêmement faible
sur les rochers calcaires, devient nettement meilleur sur les éboulis,
en particulier dans les stations à éboulis mobiles la végétation peut
arriver à recouvrir 50 p. 100 de la surface de ces stations et le degré
de recouvrement augmente encore quand l’éboulis se colonise pour
tendre vers les pelouses alpines.
6) Association à Erysimum ochroleucum et Ononis natrix.
Les éboulis calcaires orientés face au Sud et placés juste au des¬
sous des grandes falaises calcaires sont colonisés par une deuxième
association dont j’ai pu faire 5 relevés.
1. Pic Sagette, éboulis face Sud recouvrement 50 p. 100 (2.030 m),
[51/6/30/3].
2. Crète du Pic Sagette face Sud (2.060 m), [51/6/7/7].
3. Forêt de Pinus uncinata, éboulis presque horizontal (1.800 m),
[51/7/7/3].
4. Eboulis calcaires de l’étroit de la cabane d’everite, vallon de Bious,
au pied des grandes falaises en dessous du lac de Romassot,
plein Sud, (1.700 m), [51/7/14/2].
5. Eboulis en dessous des falaises calcaires de la crête médiane du
Pourtalet, face au Sud (1.850 m), [53/7/1/6].
A ces espèces il faut ajouter, relevé n" 1 Armeria Magellensis,
Saxifraga granulata, Luzula pediformis, Eryngium Bourgati ; relevé
n” 3 Saxifraga granulata ; relevé n° 4 Globularia cordifolia, Carex
panicea, Mercndera bulbocodium, Hyacinthus amethystinus, Arenaria
grandiflora, Arabis corymbiflora, Oxytropis Foucaudi, Dethawia te-
nuifolia et Gentiana Iiochiana ; relevé n" 5 Globularia cordifolia,
Anthyllis vulneraria.
Source : MNHN, Paris
108
JEAN-MARIE TÜRMEL.
Je rapporte ces relevés à l’association Erysimum ochroleucrum
et Ononis natrix L. (Chouard) qui vit dans des conditions similaires.
La surface des relevés est de l’ordre d’une centaine de mètres
carrés et le recouvrement est de 50 p. 100 environ. Parmi les caracté¬
ristiques de l’association et des unités supérieures (9 espèces) on
TABLEAU N° 30.
Association N° 6 à Erysimum ochroleiicum et Ononis natrix.
Espèces
1
2
3
4
5
Caractéristiques de l’association
Erysimum ochroleucum
A
A
TA
A
A
Ononis natrix
A
A
Caractéristiques des unités supérieures
Laserpitium Siler
+
Helianthemum grandiflorum
A
canum
*
+
Rhamnus pumila
+
Androsace villosa
+
+
+
Teucrium pyrenaicum
A
+
Asperula hirta
+
A
A
+
+
Compagnes
Draba aizoides
+
+
+
Hutchinsia alpina
+
Paronychia serpyllifolia
+
+
+
Phalangium Liliago
+
+
Linaria alpina
+
Scilla verna
+
+
Cerastiura alpinum
+
Sedum anglicum
+
+
Fritillaria pyrenaica
+
+
+
Koeleria valesiaca
+
+
+
ConoDodium denudatum
+
note : quatre orophiles-allpiennes, deux endémiques pyrénéennes,
deux espèces méditerranéennes et une d’Europe-moyenne. Pour les
types biologiques cinq espèces sur neuf sont des hemicrvptophytes,
deux sont des chamephytes-herbacées et deux sont des nano-phanéro-
phytes.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
109
Ecologie. — Cette association qu’on trouve ordinairement à une
altitude plus élevée que la précédente a besoin cependant d’un climat
plus chaud et se présente toujours au pied de grandes falaises qui la
protègent des vents froids du Nord et surtout réverbèrent la chaleur
en créant un microclimat nettement plus chaud que pour des stations
de même altitude moins bien exposées. A ce propos, des mesures de
TABLEAU N° 31.
Températures et humidité de l’air au pied d’une falaise calcaire
(station de l’association 6) et sur le dessus.
Stations
Température de
l'eau en surface
Température
Humidité
Heure de 1*
observation
Au dessus de
la falaise
14°
21°, 5
46
ll h
au pied de
la falaise
20 e
24°,5
38
ll h -2C m
la température et de l’humidité ont été faites autour du lac d’Avous
et d’un petit lac situé au pied d’une grande falaise le 30 juin 1950,
elles montrent l’influence de la réverbération de la falaise sur la
climatologie de la station.
La durée d’enneigement est par suite notablement réduite : on
est ici en présence d’une station privilégiée pour de nombreuses plan¬
tes thermophiles.
La nature du sol, de couleur ordinairement foncée, influe, elle
aussi, sur la température de la station en emmagasinant pendant
l’insolation journalière une notable quantité de chaleur.
Les éboulis entièrement calcaires sont composées d’éléments sen¬
siblement de même taille que ceux de l’association précédente mais
peut-être un peu plus gros, ce que ne peut déceler la granulométrie
car lors des prises d’essai les très gros éléments sont toujours écartés.
Les deux analyses données ci-dessous montrent une assez bonne
concordance entre elles : moins de 5 p. 100 de calcaire, un pH pres¬
que à la neutralité (7, 2) une capacité minium en eau moyenne aux
environs de 40 et une mouillabilité faible rendant possible et même
assez facile l’érosion lors des pluies orageuses de l’été. Enfin la gra¬
nulométrie des terres fines montre que l’on est en présence d’une
terre limoneuse. La teneur en matières organiques est assez forte au
voisinage de 30 p. 100.
Dynamique de l’association. — Comme la précédente association
celle-ci évolue vers la pelouse de haute altitude où se trouvent Koele-
ria valesiaca, Fritillaria pyrenaica, Merendera bulbocodium, Conopo-
dium denudatum. Mais également des espèces plus spécialement de
rochers peuvent aussi s’implanter telles que Rhamnus pumila. An-
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
110
drosace villosa, Draba aizoides, Hutchinsia alpina, Paronychia Ser-
pyllifolia.
Les deux associations établies sur éboulis calcaires que je viens
de passer en revue, sont vraiment les deux seules qui soient bien re¬
présentées dans la dition.
TABLEAU N" 32.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N° 6.
N 08 des
N 08 des
C<fca
Cap.
**
Orav-
Limons
Mat.
terre6
relevés
*
*
*
*
*
*
*
* | *
59/51
3
3,2
7,2
41
32
-
«
14,9| 6,8
32,8
10/53
5
5.7
7,2
46,1
16
10,3
19,5
70
10
43
4,e| 9,1
32,1
En effet, il ne peut être question de trouver sur le pic d’Ossau
ou sur le Lurien, par suite de leurs roches éminemment siliceuses,
l’association des éboulis calcaires de haute altitude caractérisée par
Androsace ciliata et Alsina cerastiifolia.
A une altitude moindre, dans la zone des forêts, on trouve des
lambeaux de l’association à Polypodium Robertianum et Valeriana
montana dans les hêtraies sur sol calcaire ; en ces stations existent
en effet quelques espèces appartenant à cette association, en parti¬
culier les éléments caractéristiques Cystopteris fragilis et Rubus idæus,
Scrofularia Hoppei, Silene inflata. var. alpina.
b) Groupements des éboulis siliceux.
A côté des associations précédentes établies sur sols calcaires,
deux associations sont fréquentes sur les sols siliceux.
L’une principalement localisée sur les fins éboulis de schistes,
l’autre sur les éboulis siliceux de toute grosseur.
7) Association à Rumex scutatus.
Les éboulis de schistes sont assez fréquents dans le massif. Je
présente ci-dessous 6 relevés de cette association :
1. Eboulis fins sur schistes, face au Sud, Pic Sagette (2.000 m),
[51/7/8/1].
2. Schistes fortement délités et redressés, face à l’Ouest, Pic Sagette
(2.000 m), [51/7/8/6].
2. Grand éboulis schisteux, vallon du Lurien, face au Sud (1.800 m)
[51/7/9/15].
4. Col du Pourtalet, face à l’Ouest (1.750 m), [53/7/15/2].
5. Vallon des Mondeils, face au Nord (1.900 m), [53/7/16/16].
6. Socques, éboulis sur schistes, face au Nord, (1.600 m), [51/7/5/5].
Aux plantes citées dans ce tableau, il faut ajouter : au relevé
n' 1, Carduus carlinoides, Bellis perennis, Conopodium denudatum,
Rumex Acetosella ; au relevé n° 2, Sedum brevifolium, Semperuivum
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
arachnoideum, Arctostaphylos Uva-ursi, Plantago alpinn, Jasione
montana ; au relevé n" 3, Sedum anglicum, Digitalis purpurea, Allo-
sorus crispus ; au relevé n° 4, Anthoxanthum odoratum ; au relevé
n° 5, Iberis sempervirens, Vaccinium Myrtillus, Aspidium Lonchitis ;
au relevé n° 6 Helleborus viridis, Urlicn dioica, Scrofulnrin canina,
Linaria alpina, Lotus corniculatus.
TABLEAU N" 33.
Association N” 7 à Rumex scutatus.
Espèces
1
2
3
4
ry
Caractéristiques de l'association
Rumex scutatus
A
TA
+
TA
TA
TA
Cerastium alpinum
A
+
A
A
Caractéristiques des unités supérieures
Thymus Serpyllunv
+
+
+
Trifolium alpinum
+
+
Festuca violacea
+
+
+
+
+
+
Hieracium pilosella
+
+
Compagnes
Festuca Eskia
+
+
Eryngium Bourgati
*
+
Luzula pediformis
+
+
Sedum reflexum
*
Cette association doit être voisine de celle que Chouard a dé¬
nommée à Rumex scutatus et Galeopsis angustifolia poussant dans les
éboulis ensoleillés de l’étage montagnard. Ce groupement se rappro¬
che également d’un relevé de l’association Galeopsideto-Poetum Font-
guerii décrit par Braun-Blanquet.
La suface des relevés est comme pour la précédente association
d’une centaine de mètres carrés ; le degré de recouvrement est éga¬
lement ici très variable suivant le degré d’évolution de l’individu d’as¬
sociation considéré.
Les caractéristiques de l’association et des unités supérieures,
présentes dans ces relevés, montrent une origine plus variée que pour
les groupements précédents ; c’est ainsi que pour ces six espèces on
en a trois d’Europe-moyenne, une d’Europe du Sud et seulement une
boreo-arctico-alpine et une orophile alpienne ; le type biologique hémi-
cryptophyte est prédominant (5 sur 6) (une chamephyte-herbacée).
Source : MNHN, Paris
112
JEAN-MARIE TURMEL.
Ecologie. — Cette association liée aux éboulis non calcaires est
assez indifférente aux conditions microclimatiques ; on la trouve en
effet aussi bien face au Nord que face au Sud, aussi bien face à l’Est
qu'à l’Ouest. D’autre part les conditions stationnelles sont très varia¬
bles et cette association peut exister tant dans les pelouses mollement
ondulées du col du Pourtalet que sur les crêtes ventées du Pic Mous-
tarde et du col Suzon, endroits où les conditions climatiques sont net¬
tement plus rudes qu’au Pourtalet par suite surtout de la faible durée
de l’enneigement : le vent balaie la neige très rapidement.
J’ai pu effectuer trois prélèvements en ces stations ; au point de
vue granulométrie : la terre fine, jamais très abondante fait à peu près
totalement défaut dans les couches supérieures de l’éboulis ; elle a
de très forts pourcentages pour ses éléments grossiers, les éléments
fins étant presque totalement absents ; au point de vue chimique ces
TABLEAU N° 34.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N" 7.
N os dee
N os des
COCa
pH
° a Sn.i
~M || Cail -
Grav-
T.
Limons
fi^
Mat.
terres
relevés
*
*
< *
*
*
<
*
*
*
15/53
4
0
6.5
20,3
74,d 18
45
37
0
20
20,6
54,0
6,0
34/53
5
0
6,7
19,2
FF
54
13
-
-
-
7,5
25/53
- .
0
5.9
40
:LL
34
21
-
-
-
-
-
sols sont dépourvus de calcaire et le pH légèrement acide, est peu
variable ; la capacité minima en eau assez faible pour les relevés 4
et 5 est au contraire moyenne pour le prélèvement fait dans les ébou¬
lis du lac de Romassot. Par contre les deux valeurs de la mouillabilité
sont très différentes et prouvent que la matière organique peu abon¬
dante dans les deux prélèvements n’est pas au même stade de dégra¬
dation.
TABLEAU N” 35.
Valeurs des temps de percolation dans trois stations
de l’association N° 7.
Trois séries de mesures de percolation ont été faites dans les
éboulis schisteux du col du Pourtalet ; les résultats en sont consi¬
gnés dans le tableau ci-dessus :
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
113
Les résultats présentent une assez grande variété suivant que le
cylindre de percolation atteint la roche compacte ou non. Les deux
premières séries correspondent à un éboulis profond et mobile. Au
contraire la 3* série a été faite en une station où la roche mère très pro¬
che empêche la circulation de l’eau.
Dynamique de l’association. — Cette association est éminemment
variable suivant la nature physique du sol sur lequel elle est installée.
En effet comme le montre l’ensemble des trois séries de mesures de
percolation, les valeurs des temps d’écoulement peuvent être très
'différentes et c’est là un facteur qui influe considérablement sur le
peuplement. C’est ainsi que dans le premier relevé (51/7/8/1) quel¬
ques plantes marquent l’évolution de la végétation de cet éboulis vers
les stades des pelouses sur schistes. Pour ce relevé les éléments fins
Mémoires du Muséum. — Botanique, t. V. 8
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
prédominent et le recouvrement, ordinairement de 50 p. 100 dans les
éboulis de schistes assez mobiles, était là de près de 80 p. 100. Au
contraire quand les éléments cailloux et gros graviers sont très abon¬
dants (relevé n“ 5, 53/7/16/16) il se produit une évolution vers la
lande acide à Vaccinium Myrtillus et Arctostnphylos Uva-ursi.
8) Association à AUosotus crispus et Aspidium Lonchitis.
Une dernière association est localisée enfin dans les éboulis sili¬
ceux formés d’éléments de grosseur très variable. Il est particulière¬
ment décevant de faire des relevés de ce groupement car, dans les
grands éboulis couvrant des kilomètres carrés, il n’y a pas à première
vue de végétation apparente : elle se trouve cachée au fond des puits
entre les gros blocs, seuls endroits où ont pu s’accumuler fortuitement
quelques parcelles de terre fine. Cependant j’ai pu effectuer plusieurs
relevés dans les diverses parties de cette dition : base de Péboulis de
Lambaradère, éboulis du 3" lac d’Avous, éboulis du Pic, éboulis des
Mondeils. On peut difficilement ici parler d’association car, au fond
d’une fissure, on ne trouve le plus souvent qu’une seule plante, voire
même qu’un seul individu qui a un important développement et
étouffe toute autre végétation. Les espèces que l’on rencontre sont dans
l’ordre de présence décroissante : Allosorus crispus, Aspidium Lon¬
chitis et ses nombreux hybrides, Athyrium Filix-femina, Cystopteris
fragilis, Cardamine resedifolia et parfois Rosa alpina.
Dans ces conditions il est assez difficile de parler de la surface
des relevés mais on peut cependant préciser que le degré de recou¬
vrement, entre les blocs, est très dense. Les espèces les plus fréquen¬
tes ont principalement une origine orophile-alpienne (4 sur 6) deux
espèces seulement d’origine d’Europe-moyenne ; cinq espèces sont
des hemicryptophytes et une, une nanophanerophyte.
Ecologie. — L’orientation n’intervient pas dans la répartition de
cette association car c’est de la microclimatologie du fond des puits
que dépend principalement l’implantation et le développement des
espèces. En effet les plantes de ces stations, vivent complètement, ou
presque, à l’abri des rochers, et même présentent parfois un feuillage
légèrement étiolé. D’autre part le sol du fond de ces fissures reste tou¬
jours très humide et entretient une forte humidité de l’air entre les
gros blocs. Elle ne se dissipe que lentement, car dans le fond du puits
le dessèchement de la terre est ralenti du fait de la très faible insola¬
tion et de l’importance de la couverture végétale.
Enfin l’enneigement est ici beaucoup plus long que celui qui a
lieu ordinairement à l’altitude correspondante ; car la neige, accumu¬
lée au fond de ces puits pendant l’hiver, n’y disparait complètement
que vers le début de l’été.
Quatre prélèvements ont pu être faits dans ue telles stations :
les résultats sont consignés dans le tableau ci-dessous :
1. Eboulis du Pic, blocs andésitiques (2.000), [26/50].
2. Chaos de rochers au dessus du lac d’Ayous (conglomérats per¬
miens), (1950 m), [42/51] cf. [51/7/10/5].
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
3. Mondeils dans un éboulis avec surtout Allosorus cris pus, Carda-
mine resedifolia et Festuca violacea, rochers andésitiques,
(2.000 m), [31/53] cf. [53/7/16],
4. Eboulis aux Mondeils avec Allosorus crispus et Cardamine resedi¬
folia. [32/53] cf. [53/7/16].
Dans ces stations le calcaire est totalement absent, le pH est acide
et varie entre 4,8 et 6,3 ; la capacité minima en eau est sensiblement
constante et assez basse ce qui correspond bien à la faible teneur en
argile et en limon ; la mouillabilité est également très faible. La gra¬
nulométrie montre une grosse prédominance de la terre fine qui a
comme principaux éléments des limons et des sables grossiers. Les
pourcentages de matière organique sont notablement plus élevés que
pour l’association précédente et varient entre 15 et 30 p. 100.
TABLEAU N° 36.
L’évolution de ce groupement est pratiquement nulle ; l’on voit
mal en effet comment des plantes, de petite taille comme les Aspidium
et les Allosorus, les plus fréquentes, (quelques décimètres) pourraient
combler, malgré l’importance des tissus de leurs frondes mortes, les
grandes fissures entre les blocs et coloniser ces éboulis qui sont encore
mobiles en certains endroits. Au contraire, quelques arbustes, comme
les rhododendrons et les myrtilles envahissent beaucoup mieux ces
éboulis, surtout sur les bords et les transforment assez rapidement en
lande à Ericacées.
Toutes ces associations sont colonisatrices des rochers et ten¬
dent à favoriser l’évolution des paysages vers le stade de lande voire
même en pelouses hautes-alpines. Elles n’ont donc en elles-mêmes
que très peu de valeur économique et n’ont d’intérêt que comme pion¬
nières dans la colonisation des fissures et des éboulis.
Source : MNHN, Paris
116
JEAN-MARIE TURMEL.
B. — EAUX.
Comme on l’a vu précédemment les eaux libres sont présentes
dans la région à toutes les altitudes ; elles se présentent aussi bien
sous forme de ruisseaux et cascatelles impétueuses que sous forme
de sources suintantes, de petits marécages plus ou moins en pente,
voire même de petits étangs acides ou calcaires ; autant de milieux
plus ou moins humides qui sont caractéristiques de groupements bo¬
taniques bien précis à l’étude desquels je vais passer maintenant.
Tous ces milieux ont leur écologie propre, c’est ainsi qu’on peut
distinguer : les groupements fontinaux localisés dans les sources aci¬
des et alcalines : les groupements des marais qui sont de types très
variés ; puis les groupements des hautes herbes (mégaphorbiaies) les
unes sur substratum calcaire, les autres sur substratum siliceux ;
enfin les groupements flottants et submergés dont on peut trouver
quelques fragments dans la baine des lacs et dans les petites maret-
tes, du col de Pourtalet par exemple.
III. — Les groupements fontinaux.
Les groupements fontinaux (classe Montio-Cardaminetea de
Braun-Blanquet) sont d’après cet auteur groupés en un seul ordre
Montio-Cardaminetalia qui se sépare en deux alliances Cardamineto-
Montion et Cratoneurion-commutatae avec deux associations pour la
première alliance Bryetum Schleicheri et Saxifragetum aquaticae et
une seule pour la seconde alliance Cratoneureto-Arabidetum.
Pour Chouard les peuplements aquatiques sont répartis en 15
groupements dont 3 correspondent aux groupements fontinaux : l’un
pour les « tourbières de sources froides sans calcaire mais générale¬
ment alcalines potassiques, à Saxifraga stellaris »... l’autre pour les
« tourbières des sources calcaires dans l’étage sub-alpin à Saxifraga
aquatica » et le groupement à « Saxifraga ajugaefolia pour les marais
plus ou moins calcaires de l’étage alpin et subalpin supérieur ».
9) Association à Saxifraga stellaris.
Seul le groupement à Saxifraga stellaris est très bien représenté
dans la région, neuf relevés sont donnés ici :
Voici la liste des diverses stations étudiées :
1. Bious-Omette, sourcette près de la route, au milieu d’une lande à
Calluna, pH = 6,5, (1.200 m), [51/7/5/12].
2. Descente du Lavigne sur Magnabeigt, source très froide sortant
de rochers rhyolitiques, (1600 m), [51/7/6/12],
3. Vallon du Lurien, pH = 6,9, degré hydrotimétrique = 9, (1860 m),
[51/7/9/3],
4. Petite source au milieu d’un pâturage au Pourtalet, (1750 m),
[51/7/12/8],
5. Bord de ruisselet, col du Pourtalet, (1750 m) [51/7/12/9],
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU. 117
6. Petite sourcette près du lac de Fabrège, pH — 7, (1.300 m),
[51/6/29/4],
7. Bord de ruisseau, vallon des Mondeils, clairière dans la forêt,
(1.600 m), [53/7/12/19],
8. Pâturage du lac de Romassot, petit marais de pente alimenté par
une source très vive, pH = 6,9, degré hvdrotimétrique = 9,
(1.800 m), [51/7/10/7].
9. Col du Pourtalet, petite sourcette, pH = 7, degré hydrotimétri-
que = 11, (1.750 m), [51/7/12/5].
Ce groupement éclaire de ses petites fleurs blanches à pédoncule
rouge les coussins de mousses qui auréolent les petites sourcettes
TABLEAU N° 37.
Association N° 9 à Saxifraga slellaris.
Source : MNHN, Paris
118
JEAN-MARIE TURMEL.
éparpillées dans les pâturages plus ou moins en pente de l’étage su¬
balpin (cf photos n os 42 et 43, pl. VIII).
Cette association s’identifie assez bien au groupement à Saxi-
fraga stellaris de Chouard ; toutes les plantes que cite cet auteur se
retrouvent dans le relevé ci-dessus. Vis-à-vis des associations décrites
par Braun-Blanquet, ces relevés correspondent au groupement à
Brijum Schleicheri ; les deux relevés 8 et 9 sont plus spécialement
proches du faciès à Muscinées alors que les relevés 2 et 3 correspon¬
dent aux « faciès appauvris » de ce dernier auteur.
Au point de vue du degré de recouvrement, il faut signaler qu’il
est toujours extrêmement élevé surtout dans les faciès à mousses, les
épilobes, les populages et les saxifrages poussant sur les mousses !
Quant à la surface des relevés elle est toujours très faible de 1 ou
2 m 2 au plus, car cette association bordière des ruisseaux froids est
ordinairement très peu large... coincée entre l’eau libre des ruis¬
seaux d’une part et les associations prairiales ou de marais d’autre
part.
Ce sont les espèces d’Europe moyenne (4) qui avec les boréo-
arctico-alpiennes (3) forment le fond de la végétation de ces sourcet-
tes ; il s’y ajoute une endémique pyrénéenne et une sub-atlantique.
Pour ces neuf espèces six sont des hémicryptophytes ; les chaméphy-
tes, les hélophytes et les géophytes à rhizomes ont un seul représen¬
tant, toujours uniquement parmi ces caractéristiques.
Ecologie. -— Ces associations se localisent autour des sourcettes
dans les pâturages de la zone des forêts et de l’étage alpin. La tempé¬
rature de l’air, ne joue qu’un assez faible rôle ; en effet les touffes de
mousses et par conséquent les tiges et les racines des Saxifraga stel¬
laris sont complètement imbibées d’une eau courante très limpide et
froide. De nombreuses mesures ont donné des températures voisines
de 6° pendant le mois de juillet et cela correspond bien à ce qu’an¬
nonce Braun-Blanquet pour l’association à Bryum Schleicheri. Au
point de vue du pH, on est en présence d’une eau très légèrement
acide et même bien souvent neutre ; alors que Braun-Blanquet donne
comme valeurs du pH de 6 à 6,5, je n’ai relevé ici qu’une mesure à
6,5 mais deux à 6,9 et deux à 7. Le degré hydrotimétrique a des va¬
leurs très basses : deux relevés à 9° et un à 11°, ce qui indique des
eaux très faiblement minéralisées. Le sol sur lequel vivent ces plan¬
tes est de même nature que celui des pelouses voisines.
Ce sont d’ailleurs seulement les propriétés physiques et chimi¬
ques de l’eau qui conditionnent la présence de cette association.
Le Saxifraga stellaris vit ordinairement en touffes compactes sor¬
tant des tapis serrés plus ou moins bombés des mousses Bryum
Schleicheri et Philonotis sericea. Ces masses de mousses constituent
ordinairement les bords mêmes du ruisseau et parfois aussi forment
de petites iles au milieu du cours d’eau lui-même. Elles entourent
alors presque toujours une touffe de Caltha palnstris var. minor,
espèce qui souvent se trouve dans le courant d’eau.
Source : MNHN, Paris
LE l»ic; DE MIDI D’OSSAIL
119
Le Saxifraga stellaris vit également sur des sphaignes qui bor¬
dent les sources quand celles-ci sont à un pH convenable.
J’ai aussi relevé comme pH dans 3 ruisseaux des pâturages du
col du Pourtalet (1.800 m) les résultats suivants :
TABLEAU N” 38.
Valeurs du pH dans différentes stations de l'association N“ 9.
pH de l'eau courante
de trois ruisseaux
A la base des ti*es de Saxifraga stellaris
7
6,4
7,5 - 8,1 - 8,1 - 8,1-8,3
6,3 - 6,7
dans des
touffes
de Bryum
6,4
6,0 - 6,3
Touffes de
SphaRnum
En ce qui concerne la température de l’eau dans laquelle bai¬
gnent les Saxifraga stellaris, elle est toujours la même que celle trou¬
vée pour l’association, soit 6° environ en été.
Dynamique de l’association. — Ce groupement est assez stable,
lorsque les conditions édaphiques des stations où il vit ne varient pas,
surtout la quantité de l’eau, son niveau et ses qualités chimiques. Au
contraire, que l’eau ait un débit plus lent et le Carex vulgaris devient
alors notablement plus abondant. S’il y a abaissement du plan d’eau,
les associations des prairies riveraines auront un dynamisme plus
constructeur et l’évolution aboutira à une pelouse à Nardus stricta.
Probablement par suite de la situation trop à l’Ouest de la dition,
je n’ai pas rencontré de groupements à Saxifraga aquatica ni à
Cratoneuron commutatum tels cjue Braun-Blanquet a décrit ces asso¬
ciations dans son travail sur les Pyrénées orientales. Il est vrai aussi
que les eaux sont ici rarement calcaires, malgré les belles falaises
carbonifères qui surplombent les étroits de Peyrelu et de la Cabane
d’éverite dans le haut vallon de Bious.
10) Association à Lycopodium inundatum et Parnassia palustris.
Un autre groupement des petits marais de pente dans l’étage mon¬
tagnard est caractérisé par Lycopodium inundatum et Parnassia pa¬
lustris.
Plusieurs relevés ont été effectués dans ces marais dont voici la
liste :
1. Marais de Bious-Omette, petit suintement de pente orienté face au
Sud, pH = 6,5 degré hvdrotimétrique = 10, (1.200 m),
[51/7/5/10].
Source : MNHN, Paris
120
JEAN-MARIE TURMEL.
2. Marais de Bious-Omette, petit suintement de pente au dessus de
la route, orienté face au Nord, degré hydrotimétrique = 11,
1.200 m [51/7/5/11].
3. Ruisseau descendant du Lurien, presque horizontal, (2.150 m),
[51/7/9/4].
4. Sourcette sortant des schistes du haut vallon de Bious, orienté
face à l’Ouest, pH = 7, degré hydrotimétrique = 10, (1.600
m), [51/7/14/15].
5. Col du Pourtalet, pente douce, pH = 7,9, (1.700-50 m), [53/6/30/3].
6. Socques, vallée du Brousset, pH = 7,8, (1.700 m), [53/6/29/1].
7. Lac de Fabrège, suintement près du pont, pH = 7,5, (1.350 m),
[53/6/29/4].
8. Route de Bious-Artigues, pH = 7,5, (1.200 m), [53/7/3/1].
Il faut noter en plus, dans le relevé n° 1. Carex panicea, Cirsium
palustre, Pedicularis silvatica, Junciis lam procar pus ; dans le relevé
n" 2. Soldanella alpina, Primula farinosa, P. elatior, P. viscosa, Fes-
TABLEAU N° 39.
Association N” 10 à Lycopodium inundatum et Parnassia palustris.
tuca Eskia, Cardamine resedifolia, Linaria alpina ; dans le relevé
n" 3, Festuca violacea, Potentilla tormentilla ; dans le relevé n° 7,
Pedicularis silvatica.
Les caractéristiques de cette association ont des origines assez
diverses : une seule circum-boréale, une boréo-artico-alpienne et la
troisième d’Europe-moyenne ; les caractéristiques des unités supé¬
rieures sont soit orophiles-alpiennes et boréo-arctiques, soit d’Europe
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
121
— moyenne (2). Parmi les types biologiques ce sont surtout les hémi-
crvptophytes qui prédominent (4 sur 7), accompagnées d’une chame-
phyte herbacée, d’une géophyte rhizomateuse et d’une bryacée.
Ces relevés à degré de recouvrement élevé, ont une aire extrême¬
ment réduite, 1 ou 2 inq au plus. Il faut d’autre part signaler que,
comme cette association, tapisse le plus souvent les lèvres d’une
source, son tapis végétal se présente fréquemment vertical. Cette
association étroitement localisée autour du griffon des sources est
voisine de l’association à Carex Davalliona telle que Braun-Blanquet,
l’a décrite. Mais toutefois l’ensemble des trois espèces Lycopodium
inundalum, Parnassin palustris et Tofieldea calyciilnta milite forte¬
ment pour la création de cette association nouvelle.
Ecologie. — Au point de vue climat, cette association relève du
climat de la zone montagnarde où elle se développe ; cependant un
relevé (n° 3) est un peu différent des autres, ses stations se trouvent
à une altitude plus haute, et présentent de ce fait un faciès appauvri.
Enfin il faut remarquer que cette association est toujours cantonnée
dans les sources froides.
En ce qui concerne le pH, les mesures correspondantes aux huit
relevés indiqués montrent une variation de 1,4 unités des valeurs
trouvées entre 6,5 et 7,9 ; le degré hydrotimétrique est de 10 à 11 et
indique donc une minéralisation très faible des eaux.
J’ai effectué en plus une dizaine d’autres mesures de pH : elles
m’ont fourni des valeurs oscillant toujours entre les limites énoncées
ci-dessus.
Dynamisme de l’association. — Cette association assez stable seu¬
lement quand les conditions écologiques restent elles-mêmes cons¬
tantes ; se modifie plus ou moins rapidement vers l’association à
Saxifraga stellaris, suivant la plus ou moins grande abondance des
mousses, elles-mêmes conditionnées par la rapidité et la force du
courant d’eau.
Les deux groupements qui viennent d’être étudiés ci-dessus sont
jusqu’à présent les deux seuls que j’aie pu déceler.
IV. — Les groupements de marais.
Provenant des sources qui sortent du sol à toutes les altitudes
d’innombrables petits ruisseaux courent à travers les pâturages ; le
long de leurs bords prolifèrent des associations de marais de pente.
11) Association à Carex Davalliana et Pinquicula vulgaris.
Une première association est celle des groupements à Carex Da¬
valliana et à Pinguicula vulgaris :
1. Petit marais de pente, suintement vers la partie amont du lac
de Fabrège, face à l’est, pH = 7,6, degré hvdrotimétrique
13, (1.300 in), [51/7/5/6],
Source : MNHN, Paris
122
JEAN-MARIE TURMEL.
2. Bious-Omette, pente mouilleuse face au Sud, pH = 7,3, degré
hydrotimétrique = 15, (1.300 ni), [51/7/5/8].
3. Vallon de Magnaheigt, sur les bords d’une source très froide,
(1.500 m), [51/7/6/12],
4. Col du Pourtalet, petit marais plat au milieu des prairies, (1.500 m),
[51/7/12/8].
5. Socques, suintement au milieu d’une pente gazonnée, pH — 7,5,
(1.100 m), [53/6/29/1],
6. Fabrège, petit marais au bord d’un ruisseau, pH = 7,3, (1.300 m),
[53/6/29/4].
7. Bious-Artigues, marais plat dans une clairière, pH = 7,1, (1.350 m),
[53/7/6/2].
8. Bious-Artigues, marais, pH = 7,7, (1.350 m), [53/7/6/3].
TABLEAU N° 40.
Association N° 11 à Carex Davalliana et Pinguicula vulgaris.
Aux plantes ci-dessus nommées il faut ajouter : pour le relevé
n° 1, Carex panicea, Gymnadenia conopea, Orchis maculata, Thymus
polytrichus, Veronica Ponae, Potentilla Tormentilla, Briza minor,
Achemilla vulgaris, Saxifraga aizoidcs, Lycopodium inundatum ; pour
le relevé n° 2, Briza minor, Ranunculus acris, Plantago media, Juncus
Source : MNHN, Paris
ht. PIC DE MIDI D’OSSAU.
123
conglomérat us, Helleborus foetidus, La mi uni macülatum ; pour le
relevé n" 3, Scirpus pauciflorus ; pour le relevé n° 5, Achemilla vul-
garis ; pour le relevé n" 8, Lychnis Flos-cuculi.
Les dix espèces principales de ce groupement, caractérisé surtout
par son milieu aquatique, sont des espèces d’Europe-moyenne (7)
boréo-arctico-alpienne (2) et une orophile alpienne ; le type biologique
correspondant aux hémicryptophytes est de beaucoup le mieux re¬
présenté (7), auquel s’ajoutent une hélophyte, une géophyte à rhizome
et une géophyte à tubercule.
Cette association correspond au Caricetum Davallianae décrit par
Braun-Blanqi'f.t et est assez voisine de l’association Caricetum Davat-
lianae Equisetosum de Guinochet. Le degré de recouvrement est en
moyenne voisin de 80 p. 100, mais peut atteindre parfois 100 p. 100.
La surface des relevés est toujours assez faible car les conditions éco¬
logiques (teneur en eau) changent très rapidement d’un point à un
autre, aussi ne dépasse-t-elle jamais 2 à 3 m 2 ...
Ce groupement ordinairement établi dans les endroits plans, se
rencontre également au bord des petits torrents où l’eau imbibe com¬
plètement le sol. Le pH nettement alcalin indique des eaux chargées
en sels ce que précise d’ailleurs un degré hydrotimètrique plus élevé.
15 en moyenne, et est en exacte correspondance avec les indications
de Braun-Bi.anquet et de Guinochet. Il faut signaler de plus que j’ai
relevé parfois des valeurs du pH très élevées et c’est ainsi qu’au Pour¬
tant j’ai trouvé de pH allant de 7,9 à 8,2.
Dans ce groupement, qui est le colonisateur des surfaces détrem¬
pées presque horizontales, c’est surtout VEriophorum angustifolium
que l’on trouve le plus souvent sur les surfaces à peines couvertes ; le
pH des eaux qui s’écoulent là varie de 7,5 à 7,7. Cette association évo¬
lue vers des peuplements correspondant à l’association à Carex vul-
garis quand le sol est plus acide et vers la Nardaie quand le sol
s’assèche.
12) Association à Carex vulgaris.
Un groupement de marais très fréquent est celui de l’association
à Carex vulgaris ; on le trouve depuis 1.000 m jusque vers 2.300 m
avec de larges variations écologiques. Voici la liste des 9 relevés
effectués dans la région :
1. Plateau supérieur de Bious, bord de ruisseau à eau semi-courante,
(1.500 m), [51/6/21/3].
2. Plateau supérieur de Bious, petit marais inondé, (1.500 m), [51/6/
21 / 2 ].
3. Autour d’un petit marais de pente près du lac de Fabrègc ;
pH = 7,6, degré hydrotimètrique = 13, (1.300 m), [51/7/
5/6 bis].
4. Prairie mouilleuse, col du Pourtalel, (1.800 m), [51/7/12/1].
5. Plateau de Bious-Artigues, prairie très humide, tourbeuse, (1.300
m), [51/6/30/6].
Source : MNHN, Paris
124
.1E A N-M A HIE T U H M EL.
6. Bious-Omette, prairie raouilleuse ; pH = 7,3, degré hydrotimètri-
que = 15, (1.250), [51/7/5,8].
7. Bious-Omette, marais à pente faible, à fort courant d’eau, pH = 7,8,
degré hydrotimètrique ^ 9, (1.200 m), [51/7/5,9].
8. Lac d’Ayous, grand cône de déjection, graviers limons provenant
de roches permiennes, l’été dans les parties très humides,
(2.100 m), [51/7/10/6],
9. Col du Pourtalet marécage, partie très humide, pH = 7,0, (1.800 m).
A ce tableau il faut ajouter, au relevé n“ 1 : Equisetum arvense ;
au relevé n° 3 Gymnadenia conopea, Primula farinosa ; au relevé n° 4
Primula farinosa, Orchis maculata, Orchis latifolia ; au relevé n° 5
Orchis maculata, Pedicularis silvatica ; au relevé n” 6 Pedicularis
silvatica, Juncus conglomérats ; au relevé n" 7 Veronica Beccabunga,
Juncus conglomeratus ; aux relevés n 08 8 et 9 Poa alpina.
TABLEAU N* 41.
Association N“ 12 à Carex vulgaris.
Les espèces de ce groupement ont très sensiblement les mêmes
types géographiques que celles de l’association précédente (Europe-
moyenne : 3 — Boreo-artico-alpienne : une — orophile alpienne : une)
et il en est d’ailleurs de même pour les types biologiques (hemicrypto-
phytes : 3 — géophyte-rhizomateuse : une —- et une hélophyte).
Ce groupement correspond parfaitement à celui défini par Braun-
Blanquet sous le terme de Caricetum fuscae (C. fusca = C. vulgaris)
et correspond au groupement VIIJ (Caricaie de C. vulgaris) de
Chouard 1948.
Cette association est surtout caractérisée (les relevés de Braun-
Blanquet et de Guinochet le montrent également) par la grande abon-
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
125
dance et la haute sociabilité de Carex vulgaris qui peut parfois couvrir
de grandes surfaces avec un peuplement presque pur.
La surface des relevés varie dans d’importantes proportions sui¬
vant que le relevé a été fait au bord des petits ruisseaux (faibles sur¬
faces) ou, au contraire, dans des stations à pente presque nulle (plu¬
sieurs centaines de mètres carrés).
Ecologie. — Du point de vue de l’altitude on trouve ce groupe¬
ment depuis 1.300 m environ jusqu’à plus de 2.200 m au lac d’Ayous :
la durée d’enneigement joue donc un rôle assez faible ; c’est ce que
constate également Guinochet dans les Alpes maritimes. Seules
jouent les conditions édaphiques et en premier lieu l’humidité. Les
eaux toujours assez faiblement chargées en sels sont très limpides et
ont un pH aux environs de 7 ; de nombreuses mesures ont été faites,
elles oscillent entre 6,6 et 7,4. Là ou la Caricaie est la mieux dévelop¬
pée, on note des pH acides (6,6), cependant si le milieu est par trop
acide une dégénérescence se produit et j’ai constaté que entre 5,5 à
5,2 les Carex vulgaris poussaient mal.
Dynamique de l’Association. — Cette association ordinairement
établie sur un important lit de tourbe (vallon de Bious-Dessus) pré¬
sente divers aspects suivant la quantité d’eau qui se trouve dans la
station : en effet certains groupements sont recouverts par un épais
tapis de mousses qui pompent l’eau et entretiennent ainsi une humidité
importante dans la station ; dans d’autres relevés le Carex vulgaris
pousse dans la partie marginale de la mare en pleine eau (10 à 20 cm)
et la densité de la population va s’amplifiant du centre où seules se
trouvent quelques herbes flottantes, Meynnanthes trifoliata, Hippuris
(mais où aucun Carex ne pousse le pH étant trop élevé 8 environ)
jusque sur les rives où se retrouve progressivement une population
de Carex mélangée avec les mousses. Cette espèce joue donc un rôle
colonisateur extrêmement important et le groupement est fondamen¬
tal pour les tourbières de pelouse ou pozzines. Ces pozzines étudiées
par Chouard (1935) dans les Hautes Pyrénées sont très bien repré¬
sentées dans la région du Pic de Midi d’Ossau ; les plus beaux ensem¬
bles se trouvent dans les magnifiques pâturages de Bious-Dessus et de
Bious-Arrigues.
J’ai retrouvé dans ces stations les divers stades d’évolution de ce
groupement conformément à l’analyse qu’en a donné Chouard dans
les Hautes-Pyrénées : en effet les plus beaux peuplements de pozzines
sont, dans le massif d’Ossau comme à Néouvieille, à l’emplacement
de fonds de lacs et établis sur d’épais bancs de tourbe (plus de 1 m).
Ce groupement évolue d’ailleurs, suivant son âge, de différentes ma¬
nières d’abord une première série évolutive, phase constructive : elle
débute par les groupements aquatiques (algues et hydrophytes) se
poursuit par un groupement de plantes semi-submergées, (Menyanthes
trifoliata ) et, au fur et à mesure que le comblement se produit, ce
dernier groupement évolue vers le groupement fondamental qui nous
intéresse présentement : l’association à Carex vulgaris. Mais ces
Source : MNHN, Paris
126
JEAN-MARIE TURMEL.
pozzines qui sont sillonnées par de petits ruisseaux très sinueux sont
aussi souvent coupées par de petites marettes, des trous assez pro¬
fonds (1 m) à parois verticales et qui atteignent le fond de gravier sur
lequel reposent les bancs de tourbe : ces trous d’eau sont les restes de
petits ruisseaux recouverts petit à petit par la végétation de la tour¬
bière qui passe en « ponts » par dessus. Le bord de ces trous est
d’ailleurs souvent en encorbellement, la végétation tendant de plus en
plus à recouvrir la surface de l’eau. C’est ainsi que j’ai découvert dans
le plateau de Bious-Dessus à près de 1 m de profondeur un ruisseau
qui coulait sur la vase graveleuse et au-dessous de la tourbe ; dans
ce ruisseau, l’eau était sous pression ; aussi lorsqu’une ouverture vers
l’air était faite voyait-on un léger jaillissement au-dessus du niveau
du sol et l’apparition d’une eau très froide (5°) et magnifiquement
pure, contrastant avec les eaux superficielles des mares plus ou moins
en voie de comblement par les C. imlgaris établis à la surface des tour¬
bières.
« L’érosion régressive » peut-être bien mise en évidence dans la
région ; tout d’abord la « régression en profondeur » telle que
Chouard la définit : certains trous de Bious-Artigues étant manifes¬
tement le résultat d’une érosion en profondeur due à un ruisseau sou¬
terrain comme j’en ai constaté un dans le plateau de Bious-Dessus.
Quant à la « régression en surface » elle est due à la stagnation des
eaux de surface provoquant la mort des Nardus et le retour à la
Caricaie ; tout ceci est très visible sur le plateau de Bious-Dessus :
mais l’action du bétail (surpâture) n’est pas non plus à négliger et se
fait nettement sentir dans ce même pâturage.
A côté du groupement à Cgrex vulgaris, qui joue un rôle extrê¬
mement important dans le paysage, on trouve d’autres associations
intéressantes et en particulier le groupement à Srirpus caespitosus et
la pelouse humide à Nardus.
13) Association à Scirpus caespitosus.
Quatre relevés du groupement à Scirpus caespitosus sont donnés
ici :
1. Col du Pourtalet, station presque horizontale, très humide entou¬
rant une sourcette, pH = 5,5, (1.800 m), [53/7/1/8],
2. Bord de ruisseau à Bious-Artigues, pH = 5,9, (1.350 m), [53/7/
6/4].
3. Sourcette à Bious-Artigues, (1.350 m), [53/7/6/5].
4. Petit marais près du lac de Fabrège, (1.300 m), [53/6/29/4].
H. Prat et P. Chouard. — Note sur les milieux aquatiques du Massif de Néou-
vieille (H. P.) Bull. Soc. Bot. Fr., t. 75, pp. 986-997, 1928.
P. Chouard et H. Prat. — Note sur la tourbière du Massif de Néouvieille
(H. P.). Bull. Soc. Bot. Fr., t. 76, pp. 113-130, 1929.
P. Chouard. — Les tourbières de pelouses ou pozzines dans les Pyrénées, for¬
mations homologues des pozzines de Corse. Bull. Soc. Bot. Fr., t. 82, pp. 632-42.
1935.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
127
L’analyse floristique de ce groupement rapproche ces relevés du
Trichophoretum de Chouard (1), tel qu’il l’a décrit dans son étude sur
les pozzines pyrénéennes. On peut les rapprocher aussi d’une des
variétés de l’association Narthecietv-Trichophoretum de Braun-Blan-
quet. Guinochet reprend (Thèse 1938) le groupement décrit par
Berger en 1922 (2) : Trichophoretum-caespitosi-Alpinum ; comme
Braun-Blanquet il trouve de nombreuses variantes à ce groupement ;
les relevés effectués ici s’identifient avec la variété tijpicum décrite
par Guinochet.
TABLEAU N° 42.
Association N° 13 à Scirpus coespitosus.
Espèces
1
2
3
4
Caractéristiques de l’association
Scirpus caespitosus
TA
TA
TA
A
Primula farinosa
A
+
+
Caractéristiques des unités
supérieures
Carex vulgaris
pA
+
+
+
Pinguicula vulgaris
R
A
+
Sphagnum compactum
TA
Carex OEderi
+
+
+
Compagnes
Ranunculus Flammula
+
Pedicularis mixta
+
Carex Davalliana
+
Eriophorum latifolium
+
Ce groupement n’est pas entièrement fermé (environ 80 p. 100
de recouvrement) et laisse apparaître entre les touffes de larges pla¬
ques de tourbe noirâtre. Enfin la surface des relevés est assez faible,
rie l’ordre de quelques mètres carrés.
Quatre espèces sur cinq sont originaires d’Europe-moyenne une
seule étant boréo-arctique ; de même quatre espèces sont des hémi-
cryptophytes et une seule une géophyte à rhizome.
(1) P. Chouard. — Loco-citato, 1935.
(2) H. K. E. Berger. — Assoziationsstudien inder Waldstufe des Schaufiggs.
Mitt. Bot. Zurich, 1922.
Source : MNHN, Paris
128
JEAN-MARIE TURMEL.
Ecologie. — Cette association que l’on rencontre depuis 1.000 m
jusqu’à 2.300 m environ est comme la précédente bien plus liée aux
conditions édaphiques qu’aux conditions climatiques. Le sol de cette
association est toujours extrêmement humide et acide.
L’eau, ordinairement très pure, a un pH bas, voisin de 5,5.
L’eau qui baigne ces Scirpus est à une température nettement plus
élevée que celle des sources à Saxifraga stellaris et que celle des ma¬
rais à Carex vulgaris, car elle est stagnante et n’a qu’une très faible
épaisseur.
Deux analyses de sols ont été faites dont les résultats sont réunis
dans le tableau ci-dessous :
TABLEAU 43.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N“ 13.
H° 8 des
H°» des
Co'ca
PH
Ua esu
M 10
limons
fins
terres
*
*
*
<
*
*
«
*
11/53
1
°
5,7
66,6
»
29,7
70
17,5
12,5
5,5
2,8
61,1
49/53
*
6,7
48
25
15
17
68
2.5
17
25,3
19,4
-
Ces deux séries d’analyses montrent pour le pH des valeurs nette¬
ment acides ; la haute capacité minima en eau ne permet qu’une dé¬
perdition très faible de la teneur en eau dans les périodes sèches. Les
différences qui existent dans la granulométrie de ces deux prélève¬
ments retentissent sur la composition floristique du relevé, comme
cela se vérifie facilement en comparant les deux tableaux précédents ;
la teneur en matières organiques est très forte sa décomposition se
faisant très lentement.
Dynamique de l’association. — Cette association constitue un ter¬
me de passage entre la caricaie à Carex vulgaris et la pelouse à Nardus
plus ou moins humide.
14) Association à Sphagnum compacium et Drosera rotundifolia.
Il existe encore dans les marais un autre groupement caractérisé
par des bombements de Sphaignes ; je n’ai pu malheureusement en
effectuer que trois relevés.
1. Marais de Bious-Omette, tout-à-fait à la sortie du suintement,
pH = 6,5, degré hydrotimètrique = 10, (1.250), [51/7/5/10
bis].
2. Marais de Bious-Artigues, vallon haut, (1.380 m), [51/7/6/5].
3. Marais de Bious-Artigues, vallon haut, (1.380 m), [53/7/6/7].
Voici les résultats de ces trois relevés :
Ces relevés se rattachent, par leur composition floristique et par
les conditions écologiques auxquelles ces endroits sont soumis, au
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
129
type des tourbières décrit par Chouard et Prat (1), dans le massif de
Néouvieille.
La surface de ces groupements n’est généralement pas très gran¬
de quelques dizaines de mètres carrés tout au plus.
Les espèces boréo-arctico-alpiennes et d’Europe-moyenne se par¬
tagent à égalité les caractéristiques de cette association dont trois sont
des hémicryptophytes et une géophyte à rhizome.
TABLEAU N° 44.
Association N" 14 à Sphagnum compactum et Drosera rotundifolia.
Espèces
1
Z
3 v
Caractéristiques de l'ass
ociati
on
Spha&num compactum
1 TA
TA
TA
Drosera rotundifolia
A
+
+
Caractéristiques des unités supérieur
?s
Carex vulgaris
+
A
TA
— Davalliana
+
pA
Priraula farinosa
+
pA
Compagnes
Carex echinata
+
Viola palustris
+
Juncus alpinus
+
Anthoxanthum odoratum
+
Potentilla Tormentilia
+
Ecologie. — Ce type d’association que Chouard et Prat quali¬
fient « d’association éponge » justifie pleinement ce nom car les
Sphaignes sont ici, comme les bryacées dans l’association à Saxifraga
stellaris, entièrement gorgées d’eau et forment des bombements qui
sont ainsi pleins d’eau quoique très nettement plus élevés que le plan
d’eau normal.
(1) Loci citât. — 1928 et 1929.
Mémoires du Muséum. — Botanique, t. V.
Source : MNHN, Paris
130
JEAN-MARIE TURMEL.
Au point de vue du pH il faut signaler que l’eau de ces stations
est toujours assez acide quelque soit le pH de l’eau quand elle sort
de la source proprement dite. J’ai trouvé une série étendue de valeurs
du pH : c’est ainsi qu’à Bious-Artigues le 6/7/53 dans un petit marais
à Eriophorum et Carex Davelliana le pH de l’eau est 7,7-7,8 et reste
de 7,5 dans le « chemin d’eau » au milieu du petit ruisseau ; dans des
touffes de Linaigrette, il passe à 6,2 et c’est avec les pH de valeur 6
qu’apparaissent les Sphaignes et les Drosera rotundifolia, elles pros¬
pèrent encore très bien pour les valeurs de 5,4.
Dans des colonies importantes de Sphaignes de nombreuses me¬
sures m’ont permis de constater que le pH est très nettement plus
acide en surface qu’en profondeur : vers 10 cm de profondeur j’ai
trouvé en moyenne un pH égal à 5,5-5,6 ; vers 5 cm le pH s’établit aux
environs de 4,4-4,5 et il tombe à 3,5 dans les têtes de Sphaignes qui
sont parfaitement en vie tous résultats en accord avec ceux que
Chouard a donnés dans ses études sur les tourbières du massif de
Néouville.
Dynamique de l’association. — L’évolution de ce groupement se
produit fatalement quand la tourbière s’est trop surélevée et qu’en
conséquence l’alimentation en eau se fait mal ; l’évolution conduit
alors soit à un groupement de lande si la sécheresse est trop grande,
soit à une prairie tourbeuse si la station, tout en restant humide,
évolue elle-même vers un sol moins chargé de matière organique avec
apport de limons et des sables, par les courants d’eau.
V. — Les groupements de mégaphorbicries.
Après avoir passé en revue, dans les pages précédentes, les grou¬
pements végétaux des petites sources et des marais, il me faut main¬
tenant considérer un autre ensemble : celui des petits ruisseaux et des
stations de hautes herbes (megaphorbiaies).
Braun-Blanquet dans les Pyrénées orientales ne considère qu’une
classe ( Betulo-Adenosyletea ), qu’un ordre ( Adenostyletalia ) et qu’une
alliance ( Alneto-Adenostylion ) avec deux associations Peucedaneto-
Luzuletum Desvauxii et Delphinieto-Trollietum pour les groupements
à hautes herbes. Pour ces mêmes mégaphorbiaies, Chouard (1949)
distingue deux groupements, celui à Adenostyles albifrons et Scrofu-
laria alpestris et celui à Meconopsis cambrica.
15) Association à Cardamine latifolia et Caltha palustris.
Ici, dans la haute vallée d’Ossau, ce groupement est extrêmement
fréquent.
Six relevés en ont été faits dans toute la dition, savoir :
1. Hêtraie de Gabas, ruisseau, (1.200 m), [51/6/20/9].
2. Hêtraie de Fabrège, mégaphorbiaie sous les sapins et les hêtres,
(1.520 m), [51/7/6/1].
3. Ruisseau dans la vallée du Lurien, pH = 6,9, degré hydrotimètri-
que = 9, (1.860 m), [51/7/9/3].
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
131
4. Ruisseau à Bious-Artigues, (1.400 in), [53/7/6/1].
5. Mégaphorbiaie à Bious-Artigues, (1.400 m), [53/7/6/10].
6. Hêtraie, bord de ruisseau, en descendant des Mondeils, (1.800 m),
[53/7/6/12],
TABLEAU N° 45.
Association N° 15 à Cardamine latifolia et Caltha palustris.
Au tableau ci-dessus il faut ajouter, pour le 1 er relevé : Asperula
odorata ; pour le relevé n° 2 : Chrysosplenium oppositifolium, Ajuga
reptans, Géranium Robertianum, Prenanthes purpurea, Cirsium pa¬
lustre, Cerastium alpinum, Primula elatior, Carex vulgaris, Scrofu-
laria alpestris ; pour le relevé n” 3 : Angelica Razulii, Alchemilla
alpestris ; pour le relevé n° 5 : Valeriana pgrenaica, Angelica Razulii,
Ranunculus repens ; pour le relevé n" 6 : Ranunculus aconitifolius.
Ce groupement que je rattache aux groupements des hautes
herbes en raison de la grande similitude des conditions écologiques
relatives à plusieurs relevés est inclus par certains auteurs dans le
groupement fontinal à Saxifraga stellaris. 11 m’est apparu cependant
intéressant de mettre en évidence ce groupement très fréquent et assez
homogène ; son degré de recouvrement est toujours très élevé, mais la
surface des relevés est généralement assez faible, tout au plus de
quelques dizaines de mètres carrés.
Les espèces principales de ce groupement sont d’origines diverses
puisqu’une espèce est endémique pyrénéenne, une autre subatlantique
une orophile alpienne et deux seulement d’Europe moyenne ; pour
ces cinq espèces deux sont des hélophytes et deux des hemicrypto-
phytes et une seule une chamephyte.
Ecologie. — Cette association n’est pas, elle non plus, sous la dé¬
pendance de la climatologie, car on la trouve depuis 1.200 m jusque
Source : MNHN, Paris
132
JEAN-MARIE TURMEL.
vers 2.000 ni et d’autre part ses stations sont localisées aussi bien sur
pentes exposées au Sud que sur celles face au Nord, et tantôt situées
en plein soleil, tantôt sous la voûte des grands arbres de l’étage mon¬
tagnard ; en revanche ce groupement est lié à l’existence d’une eau
vive et sensiblement neutre qui cascatelle sur un sol en général for¬
tement rocailleux.
Dynamisme de l’association. — Ce groupement dérive, vers les
2.000 m de l’association à Saxifraga stellaris ; il la prolonge immédia¬
tement et les belles couleurs violettes des Cardamines auxquelles se
joignent quelque peu plus tard, les larges fleurs des Populages
donnent un vif éclat à la végétation des rives du ruisseau ; cette bor¬
dure est en contact tout le long des ruisselets avec la prairie humide
à Nardus, puis elle passe enfin à la prairie sèche à Nardus et Trifo¬
lium.
Vers les 1.500-1.200 m cette association à Cardamine latifolia
occupe de larges surfaces et, quoiqu’on puisse encore considérer
qu’elle dérive de l’association à Saxifraga stellaris (association peu
abondante à cette altitude), on doit noter que son peuplement s’est
augmenté de nombreuses espèces différentes (cf. relevé n" 2 liste
supplémentaire) ; l’association évolue ainsi vers d’autres groupements
de hautes herbes (groupements à Trolles ou à Meconopsis).
Le long des ruisseaux on remarque souvent de beaux peuplements
de Trollius europaeus, ordinairement en tapis serré et très pur ; ils
se trouvent au bord de ces mêmes ruisseaux d’eau courante qui, dans
leur cours supérieur, sont bordés par l’association à Cardamine lati¬
folia. Ces trolles, toujours en milieu extrêmement humide, sont sou¬
vent accompagnés par Scirpus caespitosus, Carex Oederi, Aquilegia
vulgaris, Orchis latifolia, Achemilla vulgaris. De tels groupements sont
particulièrement bien représentés dans le bas du vallon des Mondeils,
auprès de la cascade du premier lac d’Ayous ainsi que dans un vallon
descendant de Chérue.
Un autre groupement rencontré très fragmentairement le long de
certains torrents correspond sensiblement à la variation calcicole à
Meconopsis cambrica de l’association à Adenostgles albifrons et Scro-
fularia alpestris décrite par Chouard ; on le trouve sur les cônes
d’éboulis près des petits ruisseaux qui traversent la hêtraie de Fa-
brège. J’ai pu y relever Valeriana pyrenaica, Angelica Razulii, Hera-
cleum pyrenaicum, Myrrhis odorata, Meconopsis cambrica, Scrofn-
laria alpestris, Mulgedium Plumieri, Aconitum lycoctonum.
Au point de vue écologique, les stations de ces groupements con¬
servent l’été une très forte humidité tant de l’air que du sol et cela
même pendant les périodes les plus sèches ; ces stations sont en effet
établies au contact de torrents, de cascatelles qui ne s’assèchent que
très rarement ou même jamais ; enfin, de plus, ce groupement est
ordinairement localisé dans la zone des forêts qui est l’étage de beau¬
coup le plus humide. Les mesures du pH ont montré une nette alcali¬
nité des eaux 7,7, un degré hydrotimètrique (16) un peu plus élevé que
dans les autres stations étudiées ; l’eau froide, de température 9°5,
Source : MNHN, Paris
LE PIC DK MIDI D’OSSAl'.
133
crée dans le milieu une baisse de 5° à 6° environ de la température par
rapport à celle qu’on note dans les autres stations alimentées diffé¬
remment.
VI. — Les groupements flottants et submergés.
Les lacs naturels sont tous aux environs de 2.000 mètres : le lac
d’Aule (1.820 m), les lacs d’Ayous (Romassot 1.841 in, Ayous 1.947 m,
et Bersou 2.070 m), le lac de Peyreget 2.200 m, le lac du Pic 2.030 m.
le lac d’Artouste 1.964 m et les lacs d’Arremoulit vers 2.250 m.
Le lac d’Artouste actuel n’est d’ailleurs que la transformation
d’un lac naturel par suite de la construction d’un petit barrage. Le
lac de Fabrège à 1.300 m dans la vallée du Brousset est au contraire
un lac entièrement artificiel, créé en 1947 par l’érection d’un barrage
coupant complètement la vallée à l’étroit du Pont de Sagette. Enfin
dans les années très prochaines un nouveau lac sera créé sur le
plateau de Bious-Artigues vers 1.300 m.
Les eaux de ces lacs sont extrêmement pures et permettent d’aper¬
cevoir sinon le fond dans toute son étendue, car certains de ces lacs
sont très profonds, du moins le long de leur pourtour, auprès des ber¬
ges, jusqu’à 4 et 5 mètres de profondeur. Ces lacs sont complètement
pris par les glaces pendant de nombreux mois de l’année : ainsi les
lacs d’Ayous et tous ceux qui sont à la même altitude sont gelés depuis
le mois de Novembre jusqu’au début du mois de Juin. Fabrège, moins
haut, n’est pris que jusqu’au début d’Avril.
Les eaux sont voisines de la neutralité avec cependant une réac¬
tion très légèrement acide : lacs d’Ayous 6,5-6,7-6,7-6,7 ; le degré hy-
drotimètrique oscille autour de 8 indiquant, comme d’ailleurs dans
toute la région, des eaux extrêmement peu chargées de substances
en dissolution.
La végétation phanérogamique de ces lacs est très faible. Ordi¬
nairement il n’y a aucune végétation sur les bords et l’on voit les
roches nues s’enfoncer sous la surface du lac jusqu’à 2 ou 3 mètres
de profondeur. Il existe au fond, des herbiers d’hydrophytes ( Myrio-
plujllum et Potamogeton submergés) ; ils permettent l’existence dans
ces lacs d’une faune extrêmement abondante, de truites en particulier.
Dans un très petit lac (entre Romassot et Ayous) existe une
♦ baine » (cf. photo n" 7, pl. II) de Car ex vulgaris et au large se trou¬
vent des Sparganium Borderei, leurs feuilles en lanières flottent à la
surface.
Il faut signaler enfin dans les petites marettes du Pourtalet de
grandes quantités de Callitriche verna, qui recouvrent la surface des
eaux parfois d’une manière extrêmement dense.
Aux abords des lacs tant naturels qu’artificiels la végétation pha¬
nérogamique s’arrête brusquement : les pelouses à Nardas se termi¬
nent brutalement par une microfalaise toute nue de quelques décimè¬
tres de haut ; les pierriers s’enfoncent progressivement mais il
n’existe aucune transition entre leur végétation aérienne et leur llore
iinmérergée qui n’apparait que vers un ou deux mètres de profondeur.
Source : MNHN, Paris
134
JEAN-MARIE TURMEL.
C. — TERRES.
Après avoir passé en revue les groupements des rochers et des
eaux, j’étudierai maintenant les groupements terrestres : c’est-à-dire
les associations de pelouses, de landes et enfin de forêts.
VII. — Les groupements de pelouses.
Les pelouses sont extrêmement abondantes dans la dition (plus
de la moitié de la surface). L’on peut y distinguer les prairies de basse
altitude et les pelouses de moyenne et haute altitude.
16) Association à Arrenatherum elatius et Bromus mollis.
Un premier groupement est celui des prairies de basse altitude,
A Gabas (Taine l’avait déjà remarqué) existent quelques endroits
moins en pente qu’ailleurs et où, depuis fort longtemps, les paysans
fauchent régulièrement les fourrages entre le torrent et la forêt toute
proche qui elle, a tendance à s’avancer et à occuper de plus en plus de
place. Ces pelouses de fauche à l’altitude de 1.000 m environ présen¬
tent toutes les orientations sauf face à l’Ouest. J’y ai effectué les rele¬
vés suivants :
1. Prairie sous la maison des gardes-chasses [3/7/50].
2. Pré entre la hêtraie et le ruisseau de Bious, [14/9/52].
3. Pré bordant une lande et un ruisseau, [14/9/52].
Au tableau précédent il faut ajouter : au relevé n° 1 : Plantago
lanceolata, Galium Aparine, Leontodon hispidas, Lampsnnn commu-
nis, Sonchus asper, Chrysanthemum Leucanthemum ; au relevé n" 2 :
Lithospermum officinale, Myosotis silvatica, Solanum dulcamara, Eu-
phrasia tenella, Veronica Beccabunga, Scrofularia alpestris, Thymus
polytrichas, Mentha longifolia, Teucruim scorodonia, Galium verum,
Asperula odorata, Scabiosa Succisa, S. columbaria, Campanula rotun-
difolia, Phenopus muralis, Hieracium vulgatum, Centaurea nigra, Soli-
dago Virga-aurea, Carlina vulgaris, Cirsium palustre, C. lanceolatum
var. hypoleucum, Cephalantera ensifolia ; au relevé n” 3 : Silene mi-
nor, Ranunculus flammula, Clematis Vitalba, Helianthemum grandi-
florum, Viola silvestris, Hypericum perforatum, H. Richeri var. Bur-
seri, Sedum anglicum, S. album, Parnassia palustris, Saxifraga cunei-
folia, Ribes alpina, Vicia sepium, Epilobium alsinaefolium, Malva mos-
chata, Linum eatharticum, Géranium Robertianum, Pimpinella Saxi¬
fraga, Erica vagans, Vaccinium Myrtillus, Primula elatior.
Ces pâturages dont la flore est très abondante correspondent sen¬
siblement à l’association que Chouard désigne sous le nom d’Associa¬
tion à Agrostis vulgaris et Trisetum agrostideum, très voisine de l’Arre-
nantheraie. Le spectre biologique et géographique des plantes de ces
pâturages montre une très grande prédominance des plantes d’Europe
Moyenne (5 sur 7) sur les plantes d’origine montagnarde (2 orophiles
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
135
alpiennes) indiquant bien ainsi que ce groupement n’est qu’une varian¬
te de celui des plaines. Six de ces plantes sont des hémicryptophytes,
une seule étant une thérophyte.
TABLEAU N" 4(i.
Association N" 16 à Arrenatherum elatius et Avenu montana.
Espèces
1
2
3
Caractéristiques de l'associat
Arrenatherum elatius
ion
A
pA
A
Bromus mollis
TA
A
PA
Silene inflata var.vulgaris
A
A
TA
Ruraex acetosa
TA
+
+
Trifolium pratense
A
A
TA
Dactilis glomerata
+
+
+
Compagnes
Knautia arvensis
A
A
A
Carlina acaulis var.caulescens
+
+
Crocus nudiflorus
PA
A
+
Calamintha clinopodium
+
+
A
A
A
Achillea Millefolium
A
TA
PA
Cerastiura alpinum
+
+
Ranunculus acris var.Steveni
+
+
+
Trifolium repens
+
+
Rhinanthus major
+
+
Brunella vulgaris
+
+
Le degré de recouvrement est extrêmement élevé, de 100 % pres¬
que toujours. La superficie des relevés est assez vaste de l’ordre de
quelques dizaines de mètres carrés.
Ecologie. — Ces prairies fauchées ordinairement au début de juil¬
let ont leur limite supérieure extrême au village de Gabas aux environs
Source : MNHN, Paris
136
JEAN-MARIE TURMEL.
duquel elles ont été étudiées, c’est-à-dire- à une altitude de 1.100
m ; elles constituent d’ailleurs une création artificielle qu’il faut entre¬
tenir pour la maintenir en état.
TABLEAU N° 47.
Caractéristiques climatologiques d’une station
pendant le mois de juin 1950 pour l’association N° 16.
Températures de
l'air
Tempé
Humid
ation
U
moy.
ll-m
"
à 9 h
à 21 h
9-21 h
21-9 h
9/VI/50
_
_
_
_
_
_
_
93
-
0,4
10
8
19,5
23
28
11,7
62
2
0,8
11
32,2
10,2
21,2
22,2
34,5
17,4
53
3,7
12
28,8
31
59
84
1,8
0,1
8
18
20
28,8
8,5
72
98
1,2
0,1
14
32
55
18,7
26,5
31
10
67
94
1,9
31
10,5
20,7
20,5
28,5
13,5
39
66
3,5
0,2
16
26
8
17
18
25,8
10,5
76
48
0,8
0
17
26
4,5
15,2
21,5
27
81
47
0,9
0,1
ie
28,5
4,5
16,5
24,0
26
10
94
92
2,0
0,5
19
32
9
20,5
23
27
12
57
63
4,8
3,2
20
32
12
22
20
28,5
12
24
95
4,8
0.1
21
27,5
8
17,7
19,5
28
13
83
82
2,5
0,2
22
15,7
21,5
27,5
11
92
89
2,7
0,2
27,5
9
18,2
27
14
88
94
1,8
0,5
24
29,5
5,5
17,5
24,0
28
11,5
62
84
2,4
0,4
28
17,2
21,5
28
12
64
89
2,5
3,6
26
28,7
5,5
17,1
23,2
28
12,5
82
0,3
27
31
4,5
17,7
26,5
28,4
11,5
52
93
2,9
0
28
8
27
30
13
60
85
3,9
0,5
29
-
40
11
25,5
29
32,5
14,5
-
74
4,7
3,4
30
-
32,5
13,5
23
19,0
30,5
15,5
-
100
0
1/VII
32
10,5
21,2
21,5
30
15
94
82
2,8
0,8
2
36,8
9,5
23,1
27,3
28,5
14
39
42
4,9
*
38
12,5
25,2
25,5
29
14,2
36
51
4,7
0,2
Un certain nombre de mesures climatologiques ont été effectuées
dans ces stations (principalement en juin 1950 et juin-juillet 1951) ;
elles ont été soit instantanées, soit continues et faites souvent en même
temps qu’on en effectuait en d’autres stations, les unes voisines
(hêtraie, station xérothermique) les autres lointaines de haute altitude
(Pic Sagette environ 1.000 m plus haut).
Le graphique ci-dessous (fig. 16) montre les variations journaliè¬
res de la température dans ce type de station. L’une des courbes donne
la marche de la température pendant une très belle journée (10 juillet
1951) à forte évaporation 5,7 cm 3 (le soir seulement sont apparus de
gros nuages noirs), l’autre le lendemain (11 juillet) pendant une jour¬
née très grise à faible évaporation (0,7 cm 3 ) caractérisée par un brouil¬
lard permanent et une petite pluie fine. Il faut surtout remarquer
l’abaissement thermique dans les premières heures de la belle journée
Source : MNHN, Paris
CE PIC DE MIDI D’OSSAU. 137
(entre U h et 6 h environ 11") alors que pour les mêmes heures pen¬
dant la journée de temps couvert la température gravite autour de
Fig. 16. — Enregistrements de la température dans une prairie de fauche
le 10 et 11 juillet 1951.
14°,5. Les graphiques de l’hygromètre (cf. fig. 16 b) montrent des mini-
ma aux environs de 45 % le 10 juillet, valeur normale pour cette sai¬
son en ce type de station et qui d’ailleurs correspond bien aux valeurs
trouvées avec le psychromètre-fronde pour des journées semblables
l’année précédente.
La série de graphiques suivants (fig. 17) fournit la variation de la
température journalière durant une partie de l’année pour de belles
journées.
En ce qui concerne la nature du sol, voici rassemblées dans le
tableau ci-dessous les diverses caractéristiques.
On voit ainsi qu’on a affaire à un sol nettement acide ; les mesu¬
res de percolation ont montré une vitesse extrêmement lente de péné¬
tration de l’eau, dans ces sols par suite de leur haute teneur en parti¬
cules fines ; on constate en effet que sur ce sol très sec le l* r versement
de 50 cm 3 met environ 19 minutes à pénétrer dans le sol et que le 2’
Source : MNHN, Paris
138
JEAN-MARIE TURMKI-.
versement d’égal volume n’a, au bout d’une heure, que disparu à
moitié, le reste de l’eau ne pénétrant pratiquement plus du tout après
ce temps.
La teneur en matière organique fait classer ce terrain parmi les
terres argilo-humifères.
Cjibji -Hoo" - pr t . -ci jt
Fig. 17. — Enregistrements de la température dans une prairie de fauche les :
18, 19, 20/7/1951 — 27, 28, 29/8/1951 — 19, 20, 21/9/1951 — 10, 11, 12/10/1951
— 9, 10, 11/11/1951 — 23, 24, 25/1/1952 - 27, 28. 29/2/1952 — 4, 5, 6/3/1952.
Dynamique de l’associaliun. — Ces prairies de fauche sont, comme
je l’ai déjà indiqué, maintenues artificiellement par une lutte constante
contre la végétation environnante sous l’influence étroite et directe
de laquelle elles se trouvent. Les deux derniers relevés mettent bien
ce fait en évidence : on y trouve en effet les influences très prononcées
de la hétraie-sapaie, de la lande et des associations des pelouses humi¬
des situées aux abords d’un ancien canal d’irrigation. Ces prairies,
étant situées dans l’étage montagnard humide où le climat impose
un climax forestier Hêtraie-Sapaie, demandent à être dégagées de
façon continue sinon la forêt tend à gagner régulièrement sur les pâtu-
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
139
rages ; eu effet la forêt résiste en général victorieusement aux attaques
menées sur ses bords par les troupeaux qui taillent les jeunes pousses
des basses branches des arbres en des formes très classiques.
En conséquence, il est assez diflicile de dire quelle sera l’évolution
de ces prairies ; elles ne sont en effet qu’un stade artificiel ; elles
dérivent en effet depuis très longtemps, probablement depuis des siè¬
cles (une chapelle du XI° siècle dénote un passage très fréquenté en
ces endroits) du défrichement de la forêt et elles tendent toujours à
y revenir ne constituant qu’un état instable maintenu seulement grâce
à l’activité humaine.
TABLEAU N° 48.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N“ 16.
K os des
Profondeur
pH
C0 3 Ca
Cap.eau
Cail-
Grav¬
iers
T.
fine
15/50
5 cm.
6,4
0 *
20 ÇJ
57 *
-
14 *
79 *
16/50
10 CB.
6,3
0 *
13 *
45 *
19 *
35 *
46 *
Ces prairies autour du petit village de Gabas (1.000 m) fournissent
la nourriture des vaches laitières et des mulets appartenant aux fer¬
miers du village. Elles ne servent pas de lieu de séjour aux troupeaux
de transhumance qui, venant de la basse vallée, montent l’été pâturer
en altitude. Tout au plus les plus mauvais champs (trop en pente)
sont-ils occupés pour quelques heures comme lieu de repos pour les
troupeaux harassés avant qu’ils ne gagnent les hauts pâturages qui
leur sont assignés.
En résumé ces quelques hectares de prairies n’ont qu’un faible
intérêt économique et n’entrent même pas dans l’économie agricole
générale basée surtout sur la fabrication des fromages de brebis qu’on
exporte dans tout le département.
Si les prairies de fauche autour de Gabas ont un intérêt stricte¬
ment local, les pâturages de la haute vallée d’Ossau, au contraire, ont
un intérêt régional ; ils servent en effet au pacage des troupeaux
transhumants du Bas-Béarn.
Dans ces terrains de pâture trois groupements sont particulière¬
ment bien représentés : ce sont ceux où dominent d’une part Nardus
stricta avec ses deux faciès l’un humide et l’autre sec et d’autre part
Festuca Eskia.
17) Association à Naidus stricta et Ranunculus pyrenaeus.
Le groupement à Nardus est de beaucoup le plus fréquent ; j’en
donne ci-dessous 13 relevés.
Source : MNHN, Paris
140 JEAN-MARIE TURMEL.
1. Vallon de Peyrelu, prairie sur éboulis de schistes (1.700 m),
[51/6/26/5].
2. Haut vallon de Bious, pelouse fermée sur sol calcaire en légère
pente (1.550 m), [51/7/14/12].
3. Haut vallon de Bious, pelouse en partie fermée sur les schistes
(1.550 m), [51/7/14/16].
4. Haut vallon de Bious, pelouse fermée sur sol calcaire sensiblement
horizontal (1.600 m), [51/7/14/11],
TABLEAU N° 49.
Association N° 17 à A 'ardus stricla et Raniinculus pyrenaeus.
5. Bious-Artigues, prairie en pente exposée à l’Ouest, sur des allu-
vions (1.350 m), [51/6/30/5].
6. Premier lac d’Avous, prairie légèrement en pente, sol schisteux
(1.810 m), '[53/7/13/3],
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
141
7. Col du Pourtalet, prairie sèche, en bordure d’une prairie humide
(1.800 ni), [51/7/12/2].
8. Bious-Dessus, pelouse horizontale (1.546 m), [51/6/21/3 bis].
9. Vallon du lac Lurien, pelouse pâturée (1.850 m), [51/7/9/13].
10. Lac d’Ayous, pelouse entre des blocs de rochers permiens
(2.060 m), [51/7/10/1].
11. Sagette, pâturages sur schistes, en pente douce orientée vers le
Sud-Ouest (2.000 m), [51/7/8/2].
12. Col du Pourtalet, prairie sèche horizontale, sur des schistes
(1.850 m), [51/7/12/7].
13. Mondeils, brosses à Nardus encore roussies par la neige et gorgées
d’eau de fonte (2.100 m), [51/6/27/1].
Au tableau il faut ajouter :
Meum athamanticum (Rel. 4, 10, 11) ; Ranunculiis Gouani (Rel. 5,
12) ; Saxifroga granulata (Rel. 4, 8) ; Vaccininm Mgrtillus (Rel. 6, 10) ;
Plantago media (Rel. 7, 8) ; Vicia pyrenaica et Gentiana verna (Rel. 2) ;
Primula elatior (Rel. 4, 7) ; Scilla verna (Rel. 10) ; Horminum pyre-
naicum (Rel. 2) ; Narcissus Pseudo-narcissus (Rel. 5, 6) ; Asphodelus
albus (Rel. 3) ; Taraxacum officinale var. vulgare (Rel. 9) ; Hatchinsia
alpina (Rel. 4) ; Potentilla aurea (Rel. 5, 6, 8) ; Rumex Acetosa
(Rel. 4, 8) ; Globularia cordifolia (Rel. 4) ; Ranunculus lanuginosus
(Rel. 4) ; Phleum alpinum (Rel. 4, 8) ; Primula farinosa (Rel. 8) ;
Gentiana lutea (Rel. 8) ; Helleborus viridis (Rel. 4) ; Pedicularis sil-
vatica (Rel. 5) ; Daphné Laureola (Rel. 2) ; Daphné Mezereum
(Rel. 13) ; Juniperus nana (Rel. 5) ; Ranunculus bulbosus (Rel. 91 ;
Ajuga pyramidalis (Rel. 5) ; Rumex Acetosella (Rel. 5) ; Gregoria Vi-
teliana (Rel. 4) ; Botrychium Lunaria (Rel. 9) ; Calluna vulgaris
(Rel. 5, 6, 10) ; Galium verum (Rel. 4) ; Valeriana globulariaefolia
(Rel. 2) ; Ranunculus amplexicaulis (Rel. 3) ; Silene rupestris (Rel. 3) ;
Soldanella alpina (Rel. 13) ; Gagea Liottardi (Rel. 13).
L’origine des espèces qui forment cette association est extrême¬
ment variable : deux espèces d’Europe moyenne, deux orophiles-
alpiennes, deux endémiques pyrénéennes, une circum-boréale, une
atlantique et une d’Europe-inéditerranéenne. Les types biologiques
sont au nombre de trois : six hemicryptophvtes, une géophyte-tuber-
culeuse et deux géophytes-bulbeuses.
Ces relevés correspondent sensiblement aux groupements du
Nardetum, mais ici l’influence atlantique se fait nettement sentir
comme le prouve la présence du Conopodium denudatum.
La surface des relevés a toujours été de l’ordre de 100 m 2 au
moins et d’autre part le degré de recouvrement est pour tous les relevés
sans exception toujours très élevé atteignant à l’occasion 100 p. 100.
Ecologie. — C’est autour de 2.000 m que ces pelouses sont les
plus fréquentes ; d’autre part, les plus beaux relevés d’association se
trouvent au col du Pourtalet ; en cet endroit le sol reste couvert de
neige environ du mois de Septembre au mois de Juin ; la date à
Source : MNHN, Paris
142
JEAN-MARIE TURMEL.
laquelle disparaissent les dernières taches neigeuses dans ces pâtu¬
rages varie suivant l’orientation et surtout la microclimatologie du
terrain, en effet, dans les bas fonds, la neige séjourne plus longtemps
et il s’y produit même une amorce de combe à neige. Ces pâturages,
selon les époques de l’année, présentent une grande diversité de cou¬
leurs : aussitôt la neige partie, alors que le tapis de Graminées reste
encore roussi, les petites feuilles fines des Raminculus pyrenaeus
apparaissent et bientôt tout le sol n’est qu’un immense tapis blanc créé
par les fleurs de cette petite renoncule à laquelle se joint peu après
Ranunculus amplexicaulis. Ce sont ensuite les Narcisses (N. Pseudo-
Narcissus) qui couvrent les prés d’une floraison intense jaune d’or et
jaune clair ; puis les floraisons printanières une fois terminées, les
trèfles (.Trifolium alpinum) donnent aux pâturages une teinte rouge
et les fétuques et le nard ajoutent par leurs hampes et épillets violacés
une nouvelle teinte au paysage, enfin les Conopodium fleurissent à
leur tour et redonnent aux prés une nouvelle teinte uniformément
blanche.
Ces aspects si divers se succèdent pendant environ un mois. Par
exemple autour du premier lac d’Ayous vers 1.750 m ces variations
de coloris s’étalent de Juin au milieu de Juillet alors que les tempé¬
ratures moyennes oscillent de 11” à 14”. Ceci correspond d’ailleurs à
ce qui se passe lorsque varie l’altitude en descendant, par exemple
jusqu’à 1.500 m, on constate alors une avance de floraison de 15 jours
environ. De même le 10 Juin 1950, j’ai pu constater à diverses alti¬
tudes les différences suivantes : Primula farinosa est défleurie à Gabas
à 1.000 m et fleurie à 1.600 m, les Narcisses en général fanés à 1.580 m
sont à peine fleuris à 2.000 m, Daphné laureola défleuri lui aussi à
1.650 m est également à peine fleuri à 2.000 m, Trifolium alpinum
à 1.570 m commence tout au plus à fleurir.
C’est l’influence du rythme thermique qui est la principale cause
des décalages de croissance et de floraison des diverses plantes mais
cette évolution biologique est également accentuée par un autre chan¬
gement important, celui de la teneur en eau du sol pendant la saison :
tout d’abord gorgé d’eau (eau de fonte), le sol s’assèche ensuite plus
ou moins vite selon les étages, pour arriver au cœur de l’été à se fen¬
diller par suite d’une extrême sécheresse.
Deux prélèvements ont été faits dans ces pelouses :
Ces terres acides et absolument sans carbonates possèdent assez
peu d’argile mais en revanche une grosse proportion de limons qui
retiennent assez fortement l’humidité et assurent ainsi, pendant l’été
un bon ravitaillement en eau aux plantes de ces pelouses. D’autre part
des mesures de percolation ont montré, comme pour les stations des
prairies subalpines de Gabas, une très faible pénétration : ainsi au
col du Pourtalet à 1.800 m dans une pelouse sur schistes où domine
le nard accompagné de Trifolium alpinum, T. repens, Festuca rubra,
Hieracium Pilosella, Conopodium denudatum, Luzula pediformis,
Jasione monlana on constate que la moitié environ du premier verse¬
ment (25 cm 3 sur 50) a pénétré dans le sol au bout de 10 minutes.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
143
mais que le niveau ne baisse sensiblement plus par la suite, puis-
qu’aucune variation n’a pu être relevée même au bout de 20 minutes.
Enfin il faut signaler que, 3 relevés (n os 2, 3 et 4) ayant été faits
dans des stations où le sol profond était calcaire, on a pu y constater
la présence de quelques plantes caractéristiques de l’existence des
Carbonates ( Horminum pyrenaicum).
Dynamique de l’association. — Cette association semble bien dé¬
river de la lande à Juniperus et Vaccinium lorsque le sol possède de
plus en plus de particules fines et que, par suite, la perméabilité
diminue.
TABLEAU N° 50.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N° 17.
N°«des
N 08 des
COCa
pH
°*;; u
M 10
Cail¬
loux
Grav-
r?"
*gile
Lisons
_Sa
laa
terre»
relevés
*
*
*
*
*
*
*
*
*
*
47/51
3
0
4,9
25,5
47,5
-
-
-
5
27,5
~
-
15,3
41/51
9
0
.,7
33,6
13,7
-
-
-
2.5
27
18
30
21
Ce passage se voit parfaitement dans toutes les vallées où les
peuplements à Nardus sont abondants mais tout particulièrement dans
le vallon d’Aas et au col du Pourtalet. Mais ce groupement peut aussi
provenir de défrichements anciens maintenus grâce à la pâture inten¬
sive qui règne l’été dans ces endroits. C’est ce qui se passe particuliè¬
rement dans le vallon de Bious, à Bious-Artigues même, où l’on voit
la forêt sur ses bords essayer de regagner le terrain perdu.
Enfin ce groupement peut avoir aussi pour origine les associa¬
tions des bas marais ( Carex vulgaris ) au fur et à mesure que ceux-ci
s’assèchent.
Ce groupement à Nardus assez stable se modifie cependant tout
de même quand il supporte une pâture surabondante : l’on voit alors
s’implanter les Asphodèles. A partir du moment où les déchets orga¬
niques sont par trop importants, cette association évolue vers le grou¬
pement nitrophile des « reposoirs à moutons » ; et enfin à un stade
ultime lorsque le passage par trop fréquent des troupeaux produit une
érosion sensible on constatera un retour en arrière qui ramènera la
végétation au stade de la lande à Vaccinium.
Cependant on peut assurer qu’en règle générale, par exemple dans
les larges pâturages du Pourtalet, cette association apparaît comme
très stable.
Importance économique. — Ces pâturages riches surtout par la
présence des trèfles et des fétuques sont pratiquement les seuls dans
la dition capables de supporter sans grand dommage les pâtures des
nombreux troupeaux transhumants qui viennent y séjourner. Aussi,
Source : MNHN, Paris
144
JEAN-MARIE TURMEL.
comme le préconise Braun-Blanquet, serait-il intéressant de fournir
à ces terres un apport de calcaire qui serait certainement le meilleur
amendement, favorisant ainsi l’abondance des papilionnacées ; il
suffit pour s’en rendre compte de comparer la richesse des fleurs des
pâturages établis sur sol schisteux et sol calcaire.
Malheureusement il semble douteux qu’on voie entreprendre dans
un proche délai une telle amélioration.
18) Association à Naidus stiicta et Potentilla tormentilla.
Une variante du groupement précédent est localisée dans des sta¬
tions beaucoup plus humides ; six relevés ont été faits :
1. Plateau supérieur de Bious, pelouse humide (1.450 m), [51/6/21/1],
2. — id. — — — —, [51/6/21/1].
3. Plateau de Bious-Artigues, tourbière (1.300 m), [51/6/30/5].
TABLEAU N° 51.
Association N° 18 à A 'ardus stricla et Potentilla Tormentilla.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
145
4. Lac d’Ayous, sur le plat du cône d’éboulis qui comble le lac
(2.150 ni), [51/7/10/6].
5. Prairie mouilleuse à Nardns, col du Pourtalet (1.700 m), T51/7/
12 / 2 ].
6. Plateau de Bious-Dessus, prairie mouilleuse (1.450 m), [51/7/
14/1 bis].
Aux listes du tableau ci-dessus il faut ajouter pour le relevé
n" 1 : Ranunculus lanuginosus (A), Carex vulgaris (pA), Veronica
serpyllifolia (R), Plantago lanceolala, Alchemilla vulgaris, Luzula
spadicea (TR), Asphodelus albus, Scleranthus annuus, Barbarea in¬
termedia, Carex muricata, Carex ecbinata, Juncus filiformis, Trifolium
repens, Anthoxanthum odoratum ; pour le relevé n° 2 : Saxifraga
granulata, Primula farinosa, Crocus nudiflorus, Gentiana lutea ; pour
le relevé n” 3 : Calluna vulgaris, Achillea Millefolium, Anthoxanthum
odoratum ; pour le relevé n D 4 : Hypochoeris radicata, Merendera Bul-
bocodium, Ranunculus pyrenaeus, Chenopodium Bonus-Henricus
pour le relevé n° 5 : Alchemilla vulgaris, Crocus nudiflorus, Meren¬
dera Bulbocodium, Primula elatior ; pour le relevé n" 6 : Luzula spa¬
dicea, Eriophorum latifolium, Anthoxanthum odoratum, Veratrum
album, Rumex scutatus, Lychnis Flos-Cuculi, Ranunculus Flammula,
Ajuga reptans, Chrysanthemum Leucanthemum.
Ce groupement très riche s’homologue à YUdo-Nardetum de
Chouarij et au Selineto-Nardetum décrit par Braun-Blanquet, en
considération de ses conditions écologiques tout à fait semblables à
celles des deux groupements que je viens de citer ; mais je n’y ai
pas trouvé Selinum pyrenaeum que Braun-Blanquet déclare l’espèce
être « la plus constante mais dont le degré de fidélité est assez faible »
{loco-citato p. 231). Le recouvrement est maximum très voisin de
100 p. 100 et la surface des relevés, très importante, est au moins de
l’ordre d’une centaine de mètres carrés.
Sur les sept principales espèces de cette association quatre ont
comme type géographique l’Europe-moyenne, une l’Europe-méditer-
ranéenne, une est orophile-alpienne et une atlantique. Quatre de ces
espèces sont des hémicryptophytes, deux sont des géophytes à tuber¬
cules et une est bis-annuelle.
Ecologie. — Cette association bien représentée dans la vallée de
Bious-Artigues est peu influencée par l’altitude puisqu’on la trouve
depuis 1.300 m jusqu’à plus de 2.100 m. Ce groupement fait transition
entre une succession d’associations dont on a déjà passé en revue les
stades les plus humides et la prairie type à Nardus et Ranunculus
pyrenaeus.
Ordinairement établie sur de très grandes surfaces presque hori¬
zontales où les ruisseaux divaguent en serpentant par suite de la très
faible pente, cette association a sa vie intimement liée au niveau de
l’eau : aussi quand ce dernier s’élève cette association évolue-t-elle
vers les groupements à Scirpus ou à Carex vulgaris et, au contraire
Mémoires du Muséum. — Botanique, t. V. 10
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
146
quand la pelouse s’assèche, le niveau de l’eau baissant, marque-t-elle
une tendance opposée vers la prairie sèche à Nardus. Cette évolution
se fait d’ailleurs même pour une très faible dénivellation, pour quel¬
ques centimètres à peine ! Alors que l’association à Carex vulgaris
nécessite une très grande humidité voire même une submersion, et
que l’association à Scirpus exige seulement une humidité constante,
1 ’Udo-Nardelum, lui, est surélevé d’environ 15 cm au dessus du plan
d’eau. Le pH de ces eaux est acide, de même que celui du sol sur
lequel cette association est établie. Au point de vue de la capacité
TABLEAU N" 52.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N'' 18.
minima en eau du sol, les valeurs sont moyennes mais assez variables
avec la profondeur ; quant au coefficient de mouillabilité, il semble
augmenter considérablement avec la profondeur alors que les teneurs
en matières organiques sont fortes en surface et faibles en profon¬
deur. Pour ce qui est de la granulométrie, les sables fins et grossiers
ont de forts pourcentages tant en surface qu’en profondeur. Tous ces
faits se trouvent résumés dans le tableau ci-dessous qui correspond
au relevé n“ 2, [51/6/21/3].
19) Association à Festuca Eskia et Luzula pedifoimis.
Un troisième groupement également important, mais recouvrant
des surfaces bien moindres que les stations à Nardus, se trouve loca¬
lisé sur des pentes notablement plus raides que celles où vit l’asso¬
ciation précédente.
Voici six relevés de ce groupement :
1. Pelouse face Ouest du col Lavigne, (1.900 m), [51/7/6/10].
2. Col du Pourtalet, pente schisteuse vallonnée, (1.800 m), [51/7/12/4].
3. Col du Pourtalet, pentes raides, (1.850 m), [51/7/12/6].
4. Vallon de Peyrelu, pente herbeuse, (1.750 m), [51/6/26/8 bis].
5. Lac du Lurien, pelouses entre les éboulis, (2.200 m), [51/7/9/8].
6. Vallon de Lurien, pelouse, (1.980 m), [51/7/9/8].
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
TABLEAU N» 53.
Association N° 19 à Festuca Eskia et Luzula pediformis.
On doit ajouter à ces relevés : Gentiana verna (rel. 4 et 5), Vicia
pyrenaica (2-4), Cerastium al pi nu ni (3-5), Meum athamanticum (2-5),
Horminum pyrenaicum (4), Vaccinium Myrtillus (2-3-5), Anthoxan-
thum odoratum (1-2), Trifolium repens (2-6), Hieracium Pilosella (3-6),
Conopodinm ma jus (1), Nardus stricta (2), Poa alpina (4-6), Jasione
montana (2), Bellis perennis (2), Lotus corniculatus (2), Saxifraga
granulata (4), Iris xiphioides (2), Luzula campestris (4), Festuca spa-
dicea (1), Taraxacum officinale (2), Viola silvestris (1), Orchis lati-
folia (4), Fritillaria Meteagris (4), Ranunculus lanuginosus (4), Pri-
mula farinosa (2), Gentiana lutea (5), Silene acaulis (4-5), Anthyllis
Vulneraria (4), Draba aizoïdes (4), Semperviuum tectorum (4), Helle-
borus foetidus (4), Pedicularis siluatica (4), Festuca ouina (4), Daphné
Laureola (4), Antennaria dioica (4), Orchis sambucina (4), Potentilla
montana (4), Vaccinium uliginosum (1), Arabis alpina (1), Pinguicula
grandiflora (5), Semperviuum arachnoideum (5-6), Botrychium Luna-
ria (6), Galium verum (2).
Les relevés sont peu étendus et n’atteignent que quelques dizaines
de mètres carrés au plus ; la densité des plantes est sensiblement la
même, voisine du maximum 100 p. 100.
Les espèces principales dans ce groupement sont pour trois
d’origine orophile alpienne et une endémique pyrénéenne ; comme
type biologique toutes quatre sont des hémicryptophytes.
Source : MNHN, Paris
148
JEAN-MARIE TURMEL.
Cette association se rapproche assez du Festucetum Eskiae telle
que Braun-Blanquet l’envisage.
Ecologie. — Les conditions climatiques que subit ce type de grou¬
pement sont assez peu différentes de celles où vit l’association à N ar¬
dus stricto : même altitude, orientation variable, mais terrain nota¬
blement plus en pente et par conséquent durée d’enneigement plus
réduite.
TABLEAU N° 54.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N“ 19.
Une analyse correspondant au relevé n° 2 a été faite et montre
un sol très acide de pH = 4,6 et naturellement exempt complètement
de calcaire ; au point de vue granulométrie, la partie grossière compte
pour environ 20 p. 100 et la terre fine pour 80 p. 100 ; de ce fait la
terre est assez perméable car les graviers y entrent pour près de 15
p. 100. L’analyse de la terre fine a également fourni des valeurs rela¬
tivement hautes pour les sables (23 p. 100 de sables grossiers, 22 p. 100
de sables fins) et 35 p. 100 pour les limons, les argiles étant absentes
ou à peu près. La mouillabilité par contre est assez bonne (55 p. 100),
ce qui permet une humidification assez rapide de ces sols qui malheu¬
reusement, par suite de leur faible pouvoir de rétention, ne peuvent
conserver longtemps cette humidité.
Dynamique de l'association. — Cette association semble évoluer
assez peu dans cette région ; colonisatrice de pentes raides elle a de ce
fait une importance assez considérable comme fixateur des pentes
schisteuses plus ou moins rocailleuses.
C’est seulement lors des premiers stades de cette association que
l’on pourrait trouver quelques rapports avec d’autres, en particulier
avec la lande à Vaccinium et Rhododendrons. Mais une fois bien établie
la Festuca Eskia domine largement et semble, comme le fait remar¬
quer aussi Braun-Bi.anquet, pouvoir résister à de nombreuses des¬
tructions voire même à celles des troupeaux qui d’ailleurs dédaignent
quelque peu ces maigres pâturages.
20) Association à Festuca spadicea et Asphodelus albus.
Un autre groupement de prairie, beaucoup moins important que
les deux précédents, est dominé par les hauts épillets bruns dorés de
la Festuca spadicea. Les stations où se rencontre ce groupement sont
toujours extrêmement bien exposées et j’ai pu étudier tout particu¬
lièrement celle à laquelle correspond le relevé n" 1 au sommet de la
Sagette de Buzy à 2.070 m.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
Je donne ici quatre relevés de cette association :
1. Face Nord du pic Sagettc, immédiatement en dessous de la crête
sommitale, (2.070 m), [51/6/30/2].
2. Pâturages à Chérue, (vers 1.800 m), [51/7/6/4].
3. Plateau supérieur de Bious, pelouse haute, (1.450 m), [51/6/21/1].
4. Haut de Bious, pâturage proche d’un éboulis, (1.500 m), [51/7/
14/3],
TABLEAU N° 55.
Association N" 20 à Festuca spadicea et Asphodelus albus.
Espèces
r 1-
2
3
4
Caractéristiques de l’asso
ciatioi
Festuca spadicea
TA
+
A
A
Asphodelus albus
TA
+
+
+
Caractéristiques des unités supérieures
Poa alpina
+
TA
+
Cerastium alpinum
+
+
+
Taraxacum officinale
+
A
Conopodium denudatum
TA
TA
Compagnes
Plantago media
+
Bellis perennis
A
+
Plantago lanceolata
+
+
+
Lotus corniculatus
+
+
Anthoxanthum odoratum
+
+
Barbarea intermedia
+
+
Alchemilla vulgaris
+
+
Vaccinium uliginosum
+
+
Hieracium Pilosella
+
+
Achillea Millefolium
+
+
On doit ajouter à ces relevés pour le relevé n° 1, Scilla verna ;
pour le relevé n° 2, Thymus Serpyllum, Festuca rubra, Trifolium alpi-
num, Vicia pyrenaica, Meum athamanticum. Viola silvestris, Hutchin-
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TÜRMEL.
150
sia alpina, Phleum alpinum, Saxifraga granulata, Gentiana lutea, Po-
tentilla montana, Hypericum quadrangulum, Rhinanthus major, Silene
inflata, Ranunculus bulbosus, Bartsia alpina, Galium Cruciata, Melica
uniflora, Trifolium minus, Veronica Chamaedrys, Ajuga pyramidalis,
Senecio Tourneforti ; pour le relevé n° 3, Plantago alpina, Trifolium
repens, Ranunculus Gouani, Luzula campestris, Rumex acetosa, Ra¬
nunculus lanuginosus, Veronica Serpyllifolia, Scleranlhus annuus ;
pour le relevé n” 4, Iris xiphioides, Primula elatior, Orchis latifolia,
Juniperus nana.
Les six espèces principales de cette association ont des origines
très diverses puisque une seule est endémique pyrénéenne, une autre
atlantique montagnarde, deux boréo-arctico-alpienne, une d’Europe
moyenne et une atlantique ; quatre espèces sont des heinicryptophytes
et deux des géophytes à tubercules.
Ces quatre relevés ont une aire assez étendue, voisine de celle du
Nardetum, soit environ une centaine de mètres carrés ; le degré de
recouvrement est loin d’atteindre le maximum, surtout pour le relevé
n" 1 ; le relevé n“ 2, très riche en espèces présente un stade d’évolution
plus avancé ainsi que le montre l’analyse granulométrique : pour¬
centage élevé de particules très fines (47 p. 100 de limons).
Ecologie. — Au point de vue climatique ce groupement est loca¬
lisé dans les stations chaudes de l’étage subalpin.
En superposant les courbes de températures à l’altitude de 1100 m
et de 2.000 m (fig. 18), on remarque que par beau temps (le 26 Juin
Fig. 18. — Enregistrements de la température à la Sagette de Buzy (2.000 m)
sur la face au Sud et dans une prairie de fauche (1.000 m) du 25 au 30 juin
1951.
jusqu’à 17 heures), les températures ne sont à 1.100 m que légèrement
supérieures à celles notées à 2.000 m ; mais que le refroidissement
nocturne est naturellement moins intense en basse altitude qu’en
haute. Le 28 Juin au contraire, la marche des températures est sensi-
Source : MNHN, Paris
LE PIC DK MIDI D’OSSAC.
blement lu même aux deux altitudes, c’est qu’en effet les deux stations
sont alors sous le même manteau de nuages. Le 29 Juin, on trouve
des allures très différentes pour les courbes mais cette fois c’est la
station la plus basse dont les températures sont inférieures car de
grosses averses tombent sur la station et le ciel y reste complètement
couvert toute la journée alors que plus haut au dessus du plafond de
nuages le temps sans être absolument beau, n’est pas gâté par la pluie.
Cette influence du manteau de nuages est particulièrement sensible
pendant le refroidissement nocturne, l’écart des températures peut
alors atteindre 5- à 6 degrés (nuits du 28 au 29 et du 29 au 30
Juin 1951).
La comparaison entre les marches des températures en cette sta¬
tion et sur la face Nord (fig. 19) (où se trouvent les Salix reticulata )
montre 1°) le matin, un décalage très important de 5 heures en ce
2 5/6/31
/ 3b / 2
/ 28
j 29
/ 3o
r
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?4t«AOrâl .
Fig. 19. — Enregistrements de la température à la Sagette de Buzy
sur la face Sud et la face Nord du 25 au 30 juin 1951.
qui concerne l’établissement des températures et 2") une augmentation
de température maxima de 5 à 10 degrés pour la face exposée au Sud
par rapport à celle exposée au Nord ; les températures nocturnes étant
très sensiblement les mêmes dans les deux stations.
Trois analyses de sols qui correspondent aux relevés n 08 1, 2 et 3
font apparaître une grande similitude entre les trois terrains. Le pH,
acide 5,7-5,4-5,7, correspond exactement à celui que Braun-Blanquet
indique pour un tel groupement ; naturellement aucune trace de car¬
bonates n’a été trouvée ; la capacité minima en eau est assez faible
28-30-12 et la inouillabilité variable dans l’ensemble est faible pour le
premier relevé, 14 p. 100 mais au contraire d’un pourcentage élevé
pour les relevés 2 et 3 où le nombre des espèces est beaucoup plus
important et où le groupement est notablement plus évolué.
En ce qui concerne la granulométrie on constate, du premier re¬
levé au troisième, un enrichissement en terre fine par rapport à la
Source : MNHN, Paris
152
JEAN-MARIE TURMEL.
terre grossière. Les teneurs en limons sont beaucoup plus fortes pour
le relevé 2 que pour les deux autres ; la teneur en matière organique
a également sa valeur maximum pour ce 2" prélèvement ; on doit voir
dans ces faits la cause du grand nombre d’espèces existant dans ce
relevé.
Ces données sont résumées dans le tableau suivant.
Je n’ai effectué qu’une série de mesure de percolation dans ce
type de station ; elle fut faite le 22/7/53 et correspond au relevé n“ 1.
J’ai trouvé une vitesse de pénétration de l’eau dans ce sol assez lente
TABLEAU N° 56.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N° 20.
de l’ordre de 3 minutes à partir du 4’ versement au moment où le sol
commence à être saturé : le tableau et le graphique (fig. 20) ci-dessous
réunissent les résultats de cette série de mesures.
Dynamisme de l’Association. — Cette association qui s’établit sur
les sols peu colonisés peut dans certains cas succéder à la lande à
Vaccinium (relevé n" 2), le sol est alors assez squelettique et peu riche
en éléments fins.
TABLEAU N° 57.
Valeurs des temps de percolation dans une station
de l’association N° 20.
M °s
N des
versements
1
2
3
4
5
6
Temps de
percolation
15 s
1-7 S
2-30 s
3“
3”
3-1 C s
Il semble aussi que la surpature maintient et même fortifie cette
association. Les Asphodèles étant considérés comme la marque des
prés surpaturés, on a de ce fait un bel exemple à la Sagette de Buzy
où Asphodèles et Orchis gagnent de plus en plus.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
153
Signalons enfin un cas particulier : habituellement, au début de
Juillet, cette station est ordinairement une immense pelouse toute
blanche due aux innombrables grappes blanches des Asphodèles ; or,
en Juillet 1953 cette station, cependant particulièrement chaude, était
absolument dépourvue de fleurs : toutes les hampes florales à l’état de
jeunes pousses à peine sorties de la base des feuilles étaient noircies
par le gel. Cette année là (1953) on ne put trouver d’Asphodèles fleu¬
ries que dans les stations plus élevées ou plus froides (face N. de la
Sagette p. ex.) où le climat nettement moins favorable, n’avait pas
permis un départ hâtif de la végétation (cf. fig. 21). Le même phéno¬
mène se remarquait aussi cette année là pour les hêtres dont une
grande partie des jeunes pousses étaient gelées en basse altitude
(1.100 m à Gabas p. ex.) alors que les pousses de l’année avaient une
croissance normale vers les 1.700 m d’altitude.
Au point de vue économique, ces pelouses dégradées ont très peu
d’importance, car bien rares sont les troupeaux qui y montent pâtu¬
rer ; des troupeaux de chevaux passent à la Sagette de Buzy, mais ne
font que l’effleurer pour retrouver bien vite les pâturages à Nardns
avoisinants qu’ils dégradent de plus en plus.
Source : MNHN, Paris
154
JEAN-MARIE TIRMKI..
21) Association à Chenopodium Bonns-Henricus et Rumex obtu-
sifolius.
Dans les immenses pâturages qui s’étagent entre 1600 m et
2240 m constituant 71,5 p. 100 de la surface totale de la dition, près de
20.000 têtes de bétail viennent l'été chercher leur nourriture : ce sont
les groupements à Nardus, Festuca Fskia et Festuca spadicea qui
recouvrent la presque totalité de ces surfaces. Mais pour la nuit, les
troupeaux de brebis ont des lieux de rassemblement auprès des
pauvres cabanes des bergers ; par suite, en ces lieux, il y a réguliè¬
rement un apport considérable de matière organique qui donne à ces
sols des teneurs très importantes en azote : j’en donne ici 11 relevés.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU. 155
1. Vallon d’Aule, près du confluent des deux ruisseaux (1680 m), [50/
14/6/7],
2. Bious. — Omette, au confluent du ruisseau d’Aule et du Vallon de
Bious (1340 m), [50/14/6/12],
3. Haut vallon de Bious, à la cabane d’éverite, reposoir à moutons,
TABLEAU N° 58.
Association N° 21 à Chenopodium Honus-Henriciis
et Rumex obtusifolius.
autour du parc (1600 m), [51/7/7/7 bis],
4. Idem, auprès du mur d’enceinte en pierres sèches du parc, [51/7/
7/6 bis],
5. Idem, dans le parc [51/7/7/7],
6. Pâturages du Col du Pourtalel (1200 m), reposoir à moutons T51 /
7/12/13],
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEI-.
7. Vallon des Mondeils, «quèbe» des Mondeils, (1900 in), [51/6/
27/8].
8. Col Lavigne, (1780 ra), [51/7/6/5].
9. Vallon du Brousset, Caillou de Socques, (1340 m), [51/7/5/4].
10. Bious-Omette, reposoir à moutons (1340 m), [51/7/5/7].
11. Haute vallée de Bious à la cabane d’évérite, (1600 m), [51/7/7/6].
Il faut ajouter à ces relevés :
Relevé n“ 2, Plantago alpina ; Relevé n” 6, Veratrum album ;
Relevé n” 7, Ranunculus aconitifolius, Relevé n" 8, Vicia pyrenaica,
Viola siluestris, Bellis perennis, Lamium maculatum ; Relevé n” 9,
Ranunculus bulbosus, Plantago major, Potentilla TormentiUa, Rubus
sp ; Relevé n" 10, Plantago alpina ; Relevé n° 11, Ranunculus acris.
Pour les neuf derniers relevés le degré de recouvrement est très
élevé, très voisin de 100 p. 100 ; au contraire pour les deux premiers la
densité de végétation est notablement plus faible (60 p. 100).
Ce groupement, dont la persistance est due à une action très pro¬
longée des troupeaux renferme des plantes à large aire de répartition :
cinq sont originaires de l’Europe moyenne, deux sont des cosmopolites
et une est atlantique, pour ne prendre que les espèces les plus impor¬
tantes dans ces relevés. Au point de vue des types biologiques sont pré¬
sentes : cinq hémicryptophvtes, une thérophyte, une géophyte à tuber¬
cules et une bisannuelle.
Dynamisme de l’association.
D’après le tableau précédent on peut envisager 4 groupements
secondaires suivant que telle ou telle espèce domine. Le sous-groupe¬
ment le plus commun est celui où prédomine Chenopodium Bonus-
Henricus et où se retrouvent en plus ou moins grande abondance, les
autres espèces caractéristiques de l’association ; dans les relevés 4, 5, 6
et 7 le Chenopodium est extrêmement abondant et étouffe par son exu¬
bérance presque toute autre végétation. Le relevé n” 7 est un terme de
passage vers le faciès où le Rumex obtusifolius (n" 8) domine à son
tour : c’est le groupement le plus rare. (cf. photo n” 20).
Les relevés 9, 10 et 11 sont caractérisés par l’abondance d ’Urtica
dioica alors que le Chenopodium et le Rumex y sont peu fréquents ;
dans ce 3* type existe un abondant cortège de compagnes à peu près
inexistants dans les autres relevés, ce qui permet d’inférer que ce stade
peut constituer le premier intermédiaire entre la prairie et le présent
type de station. Enfin le 4 e sous-groupement est en évidence dans les
relevés 1, 2 et 3, extrêmement pauvres en espèces et où domine presque
seul le Poa alpina ; on peut considérer ce type comme l’avant dernier
stade de l’évolution de la station avant celui où le sol est complète¬
ment nu comme cela se voit au milieu des reposoirs, là où existe une
érosion maxima due au piétinement continuel des troupeaux. Ces
quatre types de relevés sont les homologues des quatre faciès signalés
par Braun-Blanquet dans les Pyrénées-Orientales pour ce type de
station.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
Ecologie. — Ce groupement à aire de répartition extrêmement
large est peu sensible aux facteurs climatiques, mais dépend en
revanche d’une manière très stricte des conditions édaphiques. Dc,ns
le tableau ci-dessous sont résumées les principales caractéristiques de
ces sols.
Sans calcaires ou presque pour les faciès couverts de végétation
on note dans ces sols des pH assez différents, une capacité minima en
eau fort variable et une mouillabilité avec des valeurs toujours assez
TABLEAU N° 59.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N° 21.
faibles principalement pour l’échantillon 40/51. En ce qui concerne
les teneurs en matières organiques on peut remarquer que les valeurs
sont toujours très élevées mais principalement dans les stations où le
couvert est faible voire nul.
Rôle économique. — Dans l’ensemble l’importance du groupement
est assez faible car les plantes qui le caractérisent ne sont (sauf Poa
alpina) à peu près pas broutées par le bétail. Braun-Blanquet envisage
que la valeur pastorale augmente depuis le faciès à Urtica dioica jus¬
qu’à celui à Taraxacum pyrenaicum et Poa alpina en passant par ceux
à Rumex et à Chenopodium. Dans la vallée d’Ossau, il me semble bien
qu’aucun des quatre types distingués n’apporte un appoint de valeur
à la nourriture des troupeaux ; en effet ni le Rumex ni le Chenopodium
ne sont broutés et le faciès à Poa a toujours une surface très restreinte.
Au contraire ces stations beaucoup trop riches en matières organiques
pourraient être une source d’engrais très appréciable, si le type d’ex¬
ploitation pastorale primitif qui existe encore aujourd’hui pouvait
être changé. Malheureusement ces terres sont communales et personne
ne songe à l’amélioration de ces pâturages pas plus d’ailleurs qu’à
celle du sort des pauvres bergers qui vivent dans leurs cabanes en
pierres sèches mal jointes où l’hygiène même la plus élémentaire
n’existe absolument pas et qui par surcroît voient autour d’eux les
groupements nitrophiles rudéraux augmenter de surface d’année en
année.
Source : MNHN, Paris
158
JEAN-MARIE TURMEL.
Aussi il me faut conclure dans le même sens que Braun-
Blanquet : « La perpétuité de ces peuplements misérables et attristants
est assurée « si on n’abandonne pas les méthodes d’exploitation pasto¬
rale primitive ».
VIII. — Les groupements de landes.
Au milieu des pâturages, sur les arêtes rocheuses au-dessus de
la forêt et en des stations plus ou moins arides se trouvent des forma¬
tions de petits arbrisseaux, d’arbustes, de nanophanérophytes que l’on
réunit sous le même vocable de « Lande ». Sur le territoire qui nous
intéresse ici existent sept types de landes dont une est surtout locali¬
sée dans les parties basses du pays et les six autres au-dessus de la
limite de forêts : je les étudie en premier.
TABLEAU N° 60.
Association N° 22 à Rhododendron femiginenm
et Vaccinium Myrtillus.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
159
22) Association à Rhododendron ferrugineum et Vaccinium Myr-
tillus.
Le groupement de beaucoup le plus important est celui de la
rhodoraie. J’en donne sept relevés :
1. Face Nord de la Sagette de Buzy, (2.000 m), [51/6/25/2].
2. Mondeils, grand éboulis andesitiquc en voie de colonisation, (vers
2000 m), [51/6/27/2],
3. Col. Lavigne, Face Ouest, sur des schistes, (1900 m), [51/7/6/11].
4. Col Lavigne (face Nord-Est, sur les schistes, (vers 2.000 m), [51/7/
6 / 6 ].
5. « Quèbe » des Mondeils, (1900 m), [53/7/16/2].
6. Rocaille au-dessus de la « Quèbe » des Mondeils, (1950 m), F53/7/
16/5].
7. Vallon des Mondeils, éboulis. descendant de la face Nord du Pic,
(1900 m), [53/7/16/8].
A ce tableau il faut ajouter au relevé n" 2, Alchemilla alpina,
Aspidium Lonchitis, N ardu s slricta ; au relevé n° 3, Galium Cruciata,
Iris xiphioides, Daphné Philippi, Luzula pediformis ; au relevé n° 4,
Asphodelus albus, Amelanchier vulgaris, Sorbus Aucuparia, Ranun-
cnltis acris, Soldanella alpina, Primula elatior, Convallaria maialis,
Meum athamaniicum, Lathyrus montanus, Gentiana lutea, Stellaria
Holostea, Cijstopteris fragilis, Cardamine impatiens, Festuca Eskia,
Luzula campestris, Gentiana Kochiana, Plantago alpina ; au relevé
n° 5 : Silene rupestris, Thymus serpyllum, Conopodium denudatum,
Poa alpina ; au relevé n° 6, Iberis sempervirens, Aspidium Lonchitis,
Allosorus cris pus, Polystichum Filix-Mas.
Les relevés sont assez étendus, d’une centaine de mètres carrés
environ et le recouvrement est toujours élevé, atteignant souvent le
maximum de 100 p. 100. Cette association est très voisine de celle envi¬
sagée par Braun-Blanquet dans les Pyrénées-orientales et du grou¬
pement V d de Chouard.
Il n’est pas possible ici (comme le fait Braun-Bi.anquet) d’opérer
la division du groupement en trois associations. On peut seulement
souligner la pauvreté en espèces des relevés où les rhododendrons ont
une densité de peuplement extrêmement forte.
Les six espèces principales de ce groupement sont toutes des
régions froides ou montagneuses : deux orophiles alpiennes, deux
boréo-arctico-alpiennes, une arctico-alpienne et une orophile-therino-
phile. Le type biologique le mieux représenté correspond aux mano-
phanérophytes (4) il est accompagné de une phanérophyte et de une
hémicryptophyte.
Ecologie. — Ce groupement se trouve de préférence sur les pentes
exposées au Nord ; en conséquence ses stations sont soumises à un
rythme thermique sans grands extrêmes, la neige fond très tard sur
ces pentes et de ce fait protège des gelées tardives les jeunes pousses
Source : MNHN, Paris
160
JEAN-MARIE TURMEI,.
des végétaux qui sur les pentes exposées au Sud, désenneigées plus tôt,
seraient brûlées par ces gelées. A ce point de vue, l’enregistrement des
journées des 26, 27, 28 et 29 juin 1951 (fig. 19 et fig. 22) met bien en
P\.c bA^eWï'looo* - f*ituovi.
C^âs.prdiue.-tlocr .
Fig. 22. — Enregistrements de la température à la Sagette de Buzy (2.000 m)
surfin face Nord et dans une prairie de fauche (1.000 m) du 25 au 30 juin
évidence les différences climatologiques entre les deux versements,
cependant très proches (distants à peine d’une cinquantaine de
mètres) : l’écart est de 5 degrés au moins entre stations à la même
altitude. Quani à la quantité de chaleur que reçoit le groupement elle
est considérablement plus faible, je rappelle que j’ai constaté en effet
un retard de près de 5 heures dans la matinée entre les marches des
températures des deux versants.
De par leur altitude ces stations sont à un niveau supérieur à celui
des grandes mers de nuages, en conséquence leur microclimat est
assez peu humide, en tous cas beaucoup moins que celui de la Hêtraie-
Sapaie. La figure n" 19 bis donne la variation de l’humidité pendant les
journées du 25 au 29 juin 1951.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
161
Une analyse de sol a été faite qui montre une faible acidité, une
capacité minima en eau moyenne et une très faible mouillabilité ; la
terre contient très peu d’argile mais des limons une importante quan¬
tité de sables surtout grossiers et une teneur moyenne en matière orga¬
nique.
TABLEAU N° 61.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N° 22.
I os des
terres
H°* des
relevés
C0 3 Ca
*
pH
“lO
*
Ar¬
gile
*
Limons
*
Hat.
org.
*
fins
*
gros.
*
36/51
3
0
4,7
30
3
2,5
33
16
31,5
16,7
Dynamisme de l’association. — Braln-Bi.anquet envisage deux
modalités d’évolution des landes à Rhododendrons : « les unes pro-
« gressives se placent à la fin d’une succession naturelle, d’autres
« plus nombreuses représentent le sous-bois quelque peu transformé
« des forêts de Pin Mugo ou de Sapins abattus (stade régressif) ».
C’est surtout le stade progressif que l’on trouve ici dans la vallée
d’Ossau ; on peut voir de beaux exemples d’envahissement marginal
le long des immenses pierriers qui entourent la base du Pic. On peut
même ainsi distinguer entre eux les grands éboulis et l’on pourrait
arriver peut-être à les dater du moins les uns par rapport aux autres,
sinon de façon absolue : les éboulis de la face Est, qui ont eu à coup
sûr deux grandes époques de formation, semblent bien (même les plus
anciens près de Pombie) être plus jeunes nettement que certains ébou¬
lis de la face Nord dans le vallon des Mondeils où l’on voit quelques
Pinus uncinata sortir des landes à rhododendrons. Le grand éboulis
de Lainbaradère au Nord-Ouest, qui a presque 1.000 m de dénivella¬
tion, est entièrement dépourvu de végétation sauf dans son extrême
partie basse auprès du plateau de Bious-Dessus où seuls quelques Rho¬
dodendrons commencent à se développer. Il en est de même pour
l’éboulis de Peyreget. Au contraire aux Mondeils on voit certains tapis
de Rhododendrons au milieu desquels poussent encore quelques vieux
Pinus uncinata très mutilés provenant d’une ancienne forêt de Pins à
crochets beaucoup plus dense autrefois : on est là certainement en pré¬
sence d’un stade régressif. Le fait n’a là rien d’étonnant car le vallon
des Mondeils autrefois très fréquenté par les troupeaux (comme le
montrent les grandes formations à Rumex et Chenopodium) n’est plus
maintenant brouté que par quelques hardes d’isards dont les
silhouettes élégantes se profilent par instants sur le ciel bleu au som¬
met de la crête déchiquetée des Mondeils.
Mémoires du Muséum. — Botanique, t. V.
11
Source : MNHN, Paris
162
JEAN-MARIE TURMEI..
Rôle économique. — Le groupement n’a pas de valeur écono¬
mique, car il n’est pas utilisé pour la nourriture du bétail. Par contre
il joue un rôle de première importance dans la fixation des pierriers et
par suite dans leur consolidation et leur colonisation.
Pour envisager plus sûrement l’évolution des groupements qui
vont nous occuper maintenant, il m’a paru nécessaire de rechercher,
pour les plantes les plus caractéristiques de ces associations, quelle est
la rapidité de la croissance de ces végétaux et quel pouvait en être
l’âge ; pratiquement très peu de documents existent sur ces questions.
J’ai donc, en 1953, mesuré la longueur des pousses annuelles en pre¬
nant les rameaux principaux et en remontant sur la tige aussi loin que
le permettait la conservation des traces d’écailles des bourgeons mar¬
quant la limite entre 2 pousses annuelles.
L’étude de 22 échantillons de Rhododendrons ferrugineum, déve¬
loppés à 2.000 m m’a permis d’avoir 107 mesures ; leur moyenne géné¬
rale indique une croissance de 2 cm par an, les moyennes annuelles
oscillant entre 1,5 et 3 cm comme il ressort du tableau suivant :
TABLEAU N” 62.
Croissance annuelle des Rhododendrons à 2.000 m d’altitude.
Années
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
Tôt,
b'.oy .
Nombre de mesures
1
1
7
16
19
22
22
19
107
Croissance, en Cm.
3
1,5
2,1
2,3
1,9
1,6
2,3
2,1
2,1
L’examen du tableau permet de dire, très approximativement, que,
si l’on a soin de ne prendre que des branches ne présentant pas de
grosses cicatrices, un rameau de 1 m de long doit avoir au moins
50 ans. Le fait est d’ailleurs confirmé par la détermination anatomique
de l’âge :
3
T2 -5T
1 H 6 48 M 50 51
Fig. 23. — Schéma de la croissance des rhododendrons, en altitude
au cours des années 1946 à 1953.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
163
ainsi j’ai pu compter à la base d’une tige de 9,5 mm de diamètre
40 couches annuelles et la branche n’avait que 39 cm de long ! Un
autre échantillon de 8,3 mm de diamètre et de 43 cm de long a de 33 à
34 ans. Il est bien rare d’ailleurs d’avoir des tiges sans traumatismes
et à pousse régulière. Enfin il faut bien remarquer que l’on ne parle ici
que de branches et que par conséquent les souches sont certainement
très âgées, peut être de l’ordre de plusieurs siècles pour les touffes de
moyennes importances. Ceci montre le faible degré d’expansion de l’as¬
sociation — car non seulement la croissance est faible (2 cm par an)
mais encore la longueur des tiges, après les cassures qui se produisent
naturellement donne en définitive en moyenne à peine 1 cm d’allonge¬
ment annuel !
23) Association à Empetrum nigrum et Vaccinium uliginosum.
Une association assez voisine et qui n’est qu’une variante de la
Rhodoraie est l’association à Empetrum ; elle est toujours très étroite-
TABLEAU N° 63.
Association N" 23 à Empetrum nigrum et Vaccinium uliginosum.
Espèces
1
2
3
Caractéristiques de l’assoc
Empetrum nigrum
îation
TA
TA
A
Vaccinium uliginosum
TA
A
+
Caractéristiques des unités
supérieures
Rhododendron ferrugineura
TA
+
+
Vaccinium Myrtillus
+
+
Homogyne alpina
+
+
Pinus uncinata
+
+
Juniperus nana
Compagnes
Luzula qediformis
+
+
Festuca rubra
Calluna vulgaris
Silene ruoestris
+
+
+
Source : MNHN, Paris
164
JEAN-MARIE TURMEL.
ment localisée en de petites surfaces très exposées sur des crêtes plus
ou moins aériennes.
Trois relevés ont été effectués, au vallon des Mondeils et sur la
crête sommitale de la Sagette de Buzy.
1. Crête médiane du vallon des Mondeils, au pied du flanc Nord du Pic,
(2100 m) ; [53/7/16/11],
2. Rochers au pied du flanc Nord du Pic (2200 m) ; [53/7/16/13].
3. Crête sommitale de la Sagette de Buzy, près de la table d’orienta¬
tion (2100 m), [53/7/24/5].
La surface des relevés de cette association est toujours très
réduite, quelques mètres carrés, 5 ou 6 tout au plus. Le recouvrement
un peu moins dense que dans la Rhodoraie est tout de même très élevé,
80 p. 100 environ.
Ces trois relevés correspondent assez bien à la variante à Empe-
trum et Vaccinium (mais sans Loiseleuria) que Braun-Blanquet
décrit dans ses quatre premiers relevés du groupement Empetro-
Vaccinietum (1. c. p. 268).
Les espèces principales sont soit des boréo-arctico-alpiennes (4
sur 7) soit des orophilcs alpiennes (3 sur 7) ; cinq de ces espèces sont
des phanérophytes, une est une phanérophyte et une une hémicrypto-
phyte.
Ecologie. — Ce groupement, de par la position de ses stations,
apparaît plus résistant au froid que la Rhodoraie. Cette dernière en
effet est toujours localisé dans des stations bien à l’abri des gelées
printanières, alors que celles où vit le groupement à Empetrum sont
moins bien protégées car au printemps le vent balaie la neige sur les
crêtes et dénude ainsi rapidement le sol ; ces stations sont par contre
plus ensoleillées.
Cependant dans l’ensemble les conditions climatiques sont assez
peu différentes de celles de la Rhodoraie pure. J’ai réuni dans le
tableau ci-dessous les conditions édaphiques de ces stations à Empe-
TABLEAU N° 64.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N" 23.
trum. Ces sols très riches en matières organiques (67 p. 100) (surtout
pour la terre du relevé n" 3 prise en surface) sont très acides. Naturel¬
lement les éléments fins sont notablement plus importants dans
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
165
l’échantillon pris en surface (relevé n" 3) que dans l’échantillon pris en
profondeur (relevé n" 2).
Ces sols de plus montrent une mouillabilité faible pour un des
échantillons et presque nulle pour l’autre. Cette constatation permet
d’expliquer les modalités du phénomène de percolation que l’on cons-
TABLEAU N” 65.
Valeurs des temps de percolation dans deux stations
de l’association X° 23.
tatc dans ces sols. Deux études de percolation ont été faites dans ces
mêmes relevés (fig. 24). Pour le n" 2 au fur et à mesure que le nombre
des versements augmente, la courbe des temps, monte continuellement
pour atteindre un palier vers un temps légèrement supérieur à une
minute : c’est le type le plus courant du phénomène, qui indique une
saturation progressive des terres.
Au contraire dans l’expérience sur le relevé n" 3 la courbe a une
allure toujours descendante sauf pour le premier versement pour
atteindre également un palier ; c’est que ici l’eau doit d’abord entrer
en contact avec les colloïdes humiques avant de les imbiber et de les
saturer, et que ces phénomènes de contact mettent également un
temps notable avant d’entrer en équilibre.
Source : MNHN, Paris
166
JEAN-MARIE TURMEL.
Quand le phénomène est encore plus prononcé, il arrive que la
pénétration est dès le premier versement extrêmement lente et qu’alors
l’eau ne mouille pas d’une manière homogène toute la masse de terre,
mais qu’une sorte de puits se crée à l’intérieur duquel l’eau gagne les
couches profondes sans mouiller les couches où se trouvent les raci¬
nes.
Ce phénomène fréquent dans les sols humiques est particulière¬
ment connu des jardiniers lorsqu’ils ont à arroser les « terres de
bruyère » trop sèches.
Dynamique de l’association. — Cette association, de surface ordi¬
nairement extrêmement réduite, n’est à mon avis qu’une variante de
la Rhodoraie. Elle colonise les crêtes rocheuses et, faisant suite aux
groupements de fissures et d’éboulis fins, évolue lentement, très lente¬
ment, vers la pelouse à fétuques et à Nardns.
Quelques mesures de croissance ont été effectuées sur Empetrum
nigrum : 13 échantillons ont pu être examinés sur lesquels on a fait
TABLEAU N° 66.
Croissance annuelle d’Empetrum nigrum à 2.000 m d’altitude.
Années
1949
1950
1951
1952
1953
Nombre de
mesures
5
9
13
13
13
Croissance
en cm*
(VJ
O
2,2
2,1
2,1
2,2
53 mesures de croissance annuelle ; la moyenne générale de l’ensemble
des mesures est de 2,14 cm ; les moyennes annuelles sont très régu¬
lières allant respectivement de 2,0 en 1949 (5 mesures) à 2,22 en 1953
(13 mesures) (fig. 25).
i i i < I
ïît) 50 5Ï n 5T
Fio. 25. — Schéma de la croissance des Empelrum, en altitude,
au cours des années 1949 à 1953.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
167
Au point de vue de l’àge de ces plantes, on constate que un rameau
de 40 cm de long et 1,5 mm de diamètre à la base possède 12 couches
annuelles de croissance ; un rameau de 50 cm de long et 1,7 mm de
diamètre montre 1(5 couches et un rameau de 65 cm et de 2,9 mm de
diamètre 22 couches. Cette croissance est donc assez semblable tant
en longueur qu’en épaisseur à celle des Rhododendrons.
24) Association à Aictostaphylosa Uva-ursi et Juniperus nana.
Une troisième association qui se trouve dans l’étage alpin et sub¬
alpin est le groupement où domine principalement VArctostaphylos-
Uva-ursi. Dix relevés y ont été étudiés dont voici la liste :
1. Vallon du Lurien, station anormalement basse, au dessus du lac
de Fabrège, (1.420 m) [51/7/9/2],
2. Vallon des Mondeils, sous les Pinus uncinata, (vers 1.900 m), [51/
6/27/6].
TABLEAU N° 67.
Association N“ 24 à Arctostaphylos Uva-Ursi et Juniperus nuna.
Source : MNHN, Paris
168
JEAN-MARIE TURMEL.
3. La Sagette de Buzy, face Sud, immédiatement au dessous de la
crête, (2.075 m), [51/6/15/4].
4. Face Sud de la Sagette, au milieu d’une pelouse d’Asphodèles
(2.000 m), [51/6/30/2].
5. Idem. [53/7/8/1].
6. Col de la Sagette, sur les schistes dénudés et effrités (2.000 m),
[51/7/8/5],
7. Pente Sud de la Sagette, gros rochers granitiques en décomposi¬
tion, pente de 50 p. 100 (2.050 m), [51/6/30/4].
8. Rochers inférieurs de Peyrelu, calcaires, fortement recouverts de
végétation dense, orientation N E pente 30 p. 100 (1.650 m),
[51/6/26/1].
9. Vallon de Peyrelu, sol rocailleux, calcaire, 45 p. 100 de pente,
(1.700 m), [51/6/26/2].
10. Vallon de Peyrelu, sur des rochers calcaires en montant au col
(1.800 m), [51/6/26/4],
A ce tableau il faut ajouter : relevé n° 1, Fagus silvatica, Abies
pectinala, Melampyrum arvense, Athyrium Filix-femina, Trifolium mi¬
nus, Dicranum scoparium, Hijpnum cupressiforme, Daphné Gnidium ;
au relevé n° 2, Sorbus Aucuparia ; au relevé n° 3, Sempervivum teclo-
rum, Sedum brevifolium ; au relevé n° 4, Scilla verna, Achillea Millefo-
lium, Hieracium Pilosella, Orchis sambucina, O. mandata, Daphné
Cneorum, Sedum reflexum, Silcne rupestris ; au relevé n" 6, Vicia py-
renaica, Saxifraga muscoïdes, Festuca rubra, Silene acaulis ; au relevé
n° 7, Veronica officinalis, Ergngium Bourgati, Erinus alpinus, Gen-
tiana verna, Alsine verna ; au relevé n° 8, Hepatica triloba, Galium,
Cruciata, Valerianella olitoria, Saxifraga granulata, Rosa alpina, Iberis
sempervirens ; au relevé n" 9, Lotus corniculatus, Alchemilla alpina,
Primula elalior, Hyacinthus amethystinus, Asperula hirta, Fritillaria
Meleagris.
Les sept premiers relevés correspondent au groupement V.e de
Chouard (1949) « Landes des soulanes de l’étage subalpin et monta¬
gnard supérieur ». Les trois derniers se rapprochent de l’Association
(n" 23, Chouard 1943) à Brachypodium pinnatum et Arctostaphylos
Uva-Vrsi en n’en étant qu’une variante calcicole ; elle ne peut être
qu’une homologue de celle que Braun-Blanquet décrit sous le nom de
Genisteo-Arctostaphyletnm dans les Pyrénées-Orientales.
Ce groupement peut se trouver sur des aires assez vastes, moin¬
dres toutefois que les immenses peuplements des Rhodoraies, mais
cependant beaucoup plus étendues que les petites taches de landes
à Empetrum. Le degré de recouvrement est extrêmement élevé, le sol,
quoique fréquemment très en pente (40 p. 100-50 p. 100), est souvent
entièrement recouvert.
Ce groupement est assez homogène quant à l’origine de ses espè¬
ces principales puisque six sur sept d’entre elles sont des régions
froides (3 boréo-arctico-alpiennes, 2 orophiles-alpiennes et une arctico-
Source : MNHN, Paris
DE PIC DE MIDI D’OSSAU.
169
aipienne) el une seule d’Europe moyenne ; ees sept espèces sont toutes
des nanophanérophytes.
Ecologie. — Au point de vue climatique, cette association est sen¬
siblement dans les mêmes conditions que les gioupements à Festuca
spadicea et Asphodelus albus, c’est-à-dire que, orientée principalement
face à l’Ouest, elle reçoit un plein ensoleillement et est de ce fait rapi¬
dement débarrassée de la neige et donc sans protection contre les gelées
printanières.
Le tableau ci-dessous résume les principales caractéristiques du
sol pour les 8 premiers refevés.
TABLEAU N” 68.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N° 24.
N°»d.S
des
COCa
pH
Cap-
Cail-
Crav-
fine
Limons
*at.
terres
relevés
*
*
*
*
*
*
*
43/53
3
0
...
54,8
>.7
0
9
91
6,5
.0
5,4
12
65,9
44/53
5
»
5.1
....
7.5
»
U
89
2.5
30
11
32,6
L’acidité indiquée par les faibles valeurs du pH (les mêmes que
celles données par Braun-Blanquet pour le groupement à Arctosta-
phylos et Genista est confirmée par la présence dans les relevés de
plantes très nettement silicicoles ; la capacité minima en eau est
moyenne et la mouillabilité faible comme pour les stations de landes
déjà étudiées. Quant à l’étude granulométrique, ayant principalement
porté sur les horizons supérieurs, elle fait surtout apparaître les élé¬
ments fins et la teneur en matières organiques est très élevée. Une
série de mesures de percolation a été faite, les valeurs des temps sont
de quelques secondes, les plus faibles de toutes celles trouvées dans
l’étude de ces milieux.
Tableau et graphique ci-contre résument les résultats de l’expérience
sur le relevé n" 5 (fig. 26).
TABLEAU N° 69.
Valeurs des temps de percolation dans une station
de l’association N° 24.
N 08 des
versements
-
2
3
5
6
7
8
9
10
Temps des
percolation
12®
15 8
20®
17®
17®
20®
20®
20®
Source : MNHN, Paris
170
JEAN-MARIE TURMEI..
Dynamisme de l’Association. — Sur les soulanes bien exposées,
la lande d’altitude à Arctostaphylos Uva-ursi est un stade important
dans la colonisation dans les endroits chauds, des faciès rocailleux et
même des croupes rocheuses.
La croissance de deux des principales caractéristiques a été mesu¬
rée : les résultats permettent d’expliquer la rapidité d’extension de
1 1 3 4 b 6 7 Ô 3 10
Fig. 26. — Graphique représentant l’allure (lu phénomène de percolation
dans l’association à Arctostaphylos U va Ursi et Juniperus nana.
l’association, h’Arctostaphylos recouvre en peu d’années des croupes
rocheuses aussi bien siliceuses que calcaires : il en résulte un micro¬
climat au niveau des surfaces rocheuses très différent de celui que
subissait la roche nue : moins de larges écarts thermiques et hygro¬
métriques ni, au cours de l’été, de fortes chaleurs qui dessèchent les
pierres, alors, grâce aux feuilles qui forment en tombant une impor¬
tante litière, d’autres espèces principalement de prairies peuvent venir
TABLEAU N° 70.
Croissance annuelle d ’Arctostaphylos Uva nrsi à 2.000 m d’altitude.
Années
1949
1950
1951
1952
1955
Tôt.
Moy.
Nombre de
mesures
2
6
16
22
22
68
Allongement
des rameaux
en cm.
11.7
S, 4
7,1
6,8
3,3
6,0
s’implanter sur ces roches. La croissance moyenne de Y Arctostaphy¬
los Uva ursi pour un total de 68 mesures étalées sur une durée de
5 ans se trouve être de 6 cm annuellement ; les extrêmes étant de
11,7 cm en 1949 et de 3,3 en 1953. Le tableau et le graphique (fig. 27)
ci-dessous laissent à penser que la croissance peut se poursuivre
encore plusieurs années ; des mesures répétées, dans les mêmes sta¬
tions, quelques années de suite encore sur les mêmes échantillons,
permettraient de préciser le phénomène.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
171
TABLEAU N° 71.
Correspondance entre le diamètre des tiges et racines
et l’âge pour Arclostaphglos Uva ursi.
Diamètre
en mm .
Nombre de
couches annuelles
Tiges de 40 cm
5
20
15
4
15
70 -
5,1
11
56 -
2,6
8
Racine
2,5
18
Source : MNHN, Paris
172
JEAN-MARIE TURMEL.
La croissance en épaisseur est donc là extrêmement variable mais
tout de même encore plus rapide que pour les espèces caractéristiques
des deux groupements précédents.
TABLEAU N° 72.
Croissance annuelle de Cotoneaster vulyaris à 2.000 ni d’altitude.
Années
1949
1950
1951
1952
1953
Tôt.
Moy.
Rameaux
plomba
5
5
9
10
6
33
longs
Long.
en un
8,5
7,9
9,4
9,3
4,6
8,2
Rameaux
Nomb.
_
_
7
9
9
25
courts
long,
en. cm.
-
-
5,4
5,4
4,4
5,1
Des mesures ont également été faites sur le Cotoneaster vulgaris
(fig. 28), mais j’ai constaté alors que certains rameaux avaient des
croissances toujours courtes et d’autres toujours longues et cela sur
le même pied ; le phénomène n’est d’ailleurs pas isolé et se retrouve
sur Salix pyrenaica : il faut voir là l’influence de conditions micro-
f I i
5 -
Coh
oloneàsccr vuLÔAri,
1W
50
51
52
53
Fig. 28. — Schéma de la croissance de Cotoneaster vulgaris, en altitude,
au cours des aimées 1949 à 1953.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
173
climatiques particulières que subissent séparément les deux branches :
peut-être enneigement plus ou moins prolongé ?
Voici par ailleurs un tableau de mesures faites en vue de déter¬
miner l’âge des plantes.
TABLEAU N° 73.
Correspondance entre l’âge et le diamètre des tiges
pour Cotoneaster vulgaris croissant à 2.000 ni d’altitude.
Longueur
en cm.
Diamètre
en mm.
Nombre de
couches annuelles
Pousses‘
longues
90
9,9
16
courtes
27
4,1
11
Il résulte de là que les branches courtes semblent en tous points
être déficientes par rapport aux autres en ce qui concerne leur crois¬
sance ; mais en ce qui concerne leur floraison, et le nombre des inflo¬
rescences qu’elles portent, elles apparaissent au contraire de même
force.
Rôle économique. — On ne peut attribuer à ce groupement qu’un
rôle de colonisation et de fixation des lapiaz, stade évolutif vers la
pelouse haute alpine, les troupeaux délaissant complètement ces plan¬
tes.
25) Association à Dryas octopetala et Arctostaphylos alpina.
Un quatrième groupement est celui à Dryas octopetala et Arctosta¬
phylos alpina ; mais alors que les trois premiers se trouvent surtout
sur des terrains siliceux, le présent groupement est dépendant des ter¬
rains calcaires.
Trois relevés sont donnés de cette association, assez peu com¬
mune dans la région.
1. Crète sommitale de la Sagette de Buzy, rocaille calcaire (2.000 m),
[51/6/30/3 bis].
2. — idem. — [53/7/8/3].
3. — idem. — [53/7/8/6],
Les relevés précédents se rapprochent beaucoup du groupement
que Chouard a décrit (1) sous le terme d’association à Dryas octope¬
tala et Salix pyrenaica : on y retrouve les mêmes caractéristiques et
nombre d’espèces communes. Braun-Blanquet rattache à l’associa¬
tion Elyneto-Oxytropidetum un faciès à Dryas qui sert de terme ini¬
tial à la colonisation d’éboulis calcaires. Les relevés présentés ici ont
(1) Chouard (P.). — Loco-citato, 1943.
Source : MNHN, Paris
174
JEAN-MARIE TURMEL.
une surface très restreinte de quelques mètres carrés et le degré de
recouvrement est assez faible environ 50 p. 100.
Les principales espèces de ce groupement sont encore pour la
plupart des plantes de régions froides (deux boreo-arctico-alpiennes,
une endémique pyrénéenne, trois orophiles-alpiennes et une atlantique
montagnard. Les nanophanérophytes prédominent (quatre espèces sur
sept) ; elles sont accompagnées d’une seule hemicryptophyte, une géo-
phyte-bulbeuse et une chamephyte-ligneuse.
TABLEAU N° 74.
Association 25 à Dryas octopetala et Arctostaphylos alpina.
Espèces
1
2
3
Caractéristiques de l'associ
ation
Dryas octopetala
+
A
A
Arctostaphylos alpina
+
+
+
Salix pyrenaica
+
+
Caractéristiques des unités
supérieures
Horminum pyrenaicum
+
+
+
Scilla verna
+
Globularia cordifolia
+
+
+
Daphné Cneorura
+
+
Compagnes
Anemone narcissiflora
+
— alpina
+
Potentilla rupestris
+
Hieracium Pilosella
+
+
Ranunculus alpestris
+
Ecologie. — La climatologie de ces stations est assez peu diffé¬
rente de celle des stations à Arctostaphylos U va ursi : ces deux groupe¬
ments ont la même orientation et sont certainement très proches. La
principale différence écologique est de nature édaphique. En effet,
Source : MNHN, Paris
I.E PIC DE MIDI D’OSSAU.
comine le montre le tableau suivant, le pH est très voisin de la neutra¬
lité et au moins pour un échantillon, la teneur en carbonate n’est pas
nulle ; mais les autres résultats sont très voisins de ceux des autres
groupements.
TABLEAU N° 75.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N” 25.
;;;;;;
C(?Ca
*
pH
Cap-
*
*10
Cail-
14
T
4
gila
Limons
s
*
blés
gros.
*
Mat.
org.
*
30/51
o
6,5
37
19
0
13
87
>
32
25
n
«
♦6/53
3
4,8
6,9
5,7
-
0
13
87
7
10
9
65,6
Une série de mesures de percolation a été effectuée ; elle montre
une pénétration moyennement lente, conséquence des teneurs assez
élevées en particules fines (fig. 29).
Dynamique de l’association. — Ce groupement évolue très lente¬
ment vers les pelouses calcaires et consolide les pierriers.
* 194 . 5676 ) 1 »
Fig. 29. ■— Graphique représentant l'allure du phénomène de percolation
dans l’association à Dryas oclopetala et Arctostaphylos alpina.
Source : MNHN, Paris
176
JEAN-MARIE TURMEL.
De nombreux essais ont été faits pour évaluer la longueur des
pousses annuelles des Dryas, mais le peu de netteté des cicatrices des
bourgeons ne permet pas d’effectuer avec sécurité ces mesures ; uni¬
quement pour l’année en cours, on peut évaluer la longueur de l’allon¬
gement à 3 cm. Par ailleurs on a pu constater sur des coupes trans-
TABLEAU N° 76.
Valeurs des temps de percolation dans une station
de l’association N° 25.
versales 35 couches de croissance annuelle pour une tige de 47 cm
de long et de 5,1 mm de diamètre et de même une autre mesure a
permis de compter 20 zones concentriques pour une tige de 15 cm de
TABLEAU N° 77.
long et 4,5 mm de diamètre ; on peut donc considérer que le degré
d’envahissement doit être extrêmement faible.
D’autre mesures ont été faites également sur une autre caractéris¬
tique de l’association, le Salix pyrenaica (fig. 30). De même qu’on l’avait
Source : MNHN, Paris
LE PIC DK MIDI D’OSSAU.
177
déjà constaté sur le Cotoneaster, la croissance mesurée apparaît par¬
fois extrêmement variable sans qu’on puisse en déceler aucune cause
apparente. Les résultats trouvés sont consignés dans le tableau ci-des¬
sous.
L’âge de certaines branches a pu être déterminé : pour des
rameaux à grande croissance, on a trouvé 30 années sur une branche
de 80 cm de long et 8,2 mm de diamètre et 10 années pour une bran¬
che de 40 cm de long et de 5,2 mm de diamètre. Particulièrement pour
un Salix pyrenaica dont toutes les branches avaient environ 15 ans
d’âge mais ne dépassaient pas 20 cm (par exemple : long. 15 cm, diam.
4 mm, âge 14 ans ; long. 12,5 cm, diam. 4,8 mm, âge 12 ans), et étaient
très tordues, leur ensemble formant une colonie de 30 cm de diamètre,
j’ai pu déterminer l’âge de la souche : celle-ci avait un diamètre de 13
mm et j’ai compté plus de 50 zones de croissance annuelle.
26) Association à Calluna vulgaiis, Vaccinium Myrtillus et Juni-
jeius nana.
En altitude on reconnaît encore une association, elle est caracté¬
risée par Calluna vulgaris, Vaccinium Myrtillus et Juniperus nana.
Sept relevés en sont donnés :
1. Vallon du Brousset, caillou de Soques, lande entourant un suinte¬
ment dans une pelouse (1.350 m), [51/7/5/2].
2. Vallon du Lurien (1.850 m), [51/7/9/16].
3. Pâturages du col du Pourtalet, sol rocailleux (1.700 m), [53/7/15/6].
4. Vallon d’Aas, au dessus de la forêt (vers 1.600 m), [50/6/16/5].
5. Vallon des Mondeils (vers 1.900 m), [51/6/27/5] (*).
6. Sommet de la Sagette, association presque uniquement localisée en
une bande de 1 m de large sur 300-400 m de long sur la crête
du côté du col (vers 2.000 m), [51/6/25/1].
7. Vallon d’Aas, dans un éboulis de diorites exposé au Nord (vers
1.650 m), [50/6/16/6].
A ce tableau il faut ajouter, au relevé n" 1, Taraxacum Dens-leonis,
Bellis perennis, Alchemilla vulgaris, Plantago lanceolata, Cirsium pa¬
lustre, Galium cruciatum, Thymus Serpyllum, Polygala serpyllifolia,
Primula elatior, Saxifraga granulata, Phleum alpinum, Luzula campes-
tris, Plantago media, Silene rupestris, Alchemilla alpina, Poa alpina,
Linum catharticum, Veronica officinalis ; au relevé n" 2, Gentiana
lutea, Stellaria Holostea, Orchis sambucina, Luzula pediformis, Orchis
mascula, Conopodium denudatum, Arabis alpina, Oxytropis Foucaudi ;
au relevé n" 4, Asphodelus albus ; au relevé n° 5, Amelanchier vulga¬
ris, Trifolium alpinum, Festuca spadicea, Sorbus Aucuparia ; au relevé
n“ 6 Sedum anglicum ; au relevé n" 7, Polystichum Filix-mas.
Les plantes les plus importantes de ce groupement sont d’origines
diverses mais principalement des régions froides : une boréo-arctico-
alpienne, une arctico-alpienne, deux orophiles alpiennes, une atlanti¬
que montagnarde et une endémique pyrénéenne, auxquelles s’ajoutent
Mémoires du Muséum. — Botanique, t. V. 12
Source : MNHN, Paris
178
JEAN-MARIE TURMEI-.
TABLEAU 78.
Association N" 26 à Calluna vulgaris, Vaccinium Myrtillus
et Juniperus nana.
trois plantes d’Europe moyenne. En ce qui concerne les types biolo¬
giques quatre espèces sont des nanophanerophytes, trois des hemi-
cryptophvtes, une une chamephyte herbacée et une une géophyte bul¬
beuse.
Ce groupement correspond à celui que Chouard (Vg 1949) dénom¬
me lande calcifuge de l’étage montagnard. Son degré de recouvrement
est assez faible de l’ordre de 50 p. 100 ; la surface des relevés, moins
importante que pour les landes à Rhododendrons, est cependant encore
d’une notable étendue, environ d’une centaine de mètres carrés.
Ecologie. — La climatologie de ces stations correspond à celle des
pelouses au milieu desquelles elles se trouvent et par conséquent au (*)
(*) Au moment du relevé, alors que la température de l’air à 1 m était de
18°,5 et l’humidité de 58 p. 100 on constatait à 1 cm du sol 26°.
Source : MNHI I, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
179
climat de l’étage montagnard, assez ensoleillé, tel dans l’ensemble qu’il
a été précisé pour le groupement à Festuca spadicea et Asphodelus
albus.
Trois analyses de sols ont été faites, les deux premières (relevés 1
et 3) correspondent à des prises en profondeur (15 cm) alors que la
troisième (relevé 5) est une terre de surface.
Le tableau ci-dessous réunit les résultats trouvés :
TABLEAU N" 79.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N° 26.
On remarque de suite la grande ressemblance des deux premiers
prélèvements, ressemblance qui se retrouve également dans les deux
relevés correspondants. Naturellement les teneurs en carbonates sont
nulles et le pH acide dans les trois prélèvements. La capacité en eau
basse dans les deux premiers prélèvements est forte pour le dernier ;
au contraire la mouillabilité élevée pour les deux premiers relevés est
très faible pour le troisième prélèvement. La granulométrie de la terre
totale montre une assez forte proportion d’éléments grossiers pour les
deux premiers relevés, mais pour les trois prélèvements il faut remar¬
quer les fortes teneurs en éléments fins : limons. La teneur en matiè¬
res organiques, moyenne pour les deux premiers prélèvements est très
forte pour le dernier.
Deux séries de mesures de percolation ont été effectuées sur les
deux terres : 24/53 et 28/53 (fig. 31).
TABLEAU N“ 80.
Valeurs des temps de percolation dans deux stations
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
Ces deux séries de mesures fournissent des résultats très diffé¬
rents : les valeurs de percolation sont très élevées pour le sol du relevé
3 et dénotent un terrain très peu perméable ; au contraire le sol du
relevé 5 apparaît d’une bien plus grande perméabilité. Toutes ces dif¬
férences entre la terre du relevé 5 et les deux autres s’expliquent par
Fig. 31. — Graphique représentant l’allure du phénomène de percolation
dans l’association à Calluna uulgaris et Vactinium Mgrtûlus.
le fait que les sols des landes à Calluna sont loin d’être tous au même
stade d’évolution : les uns sont perméables parce que assez proches
des stations rocheuses alors que les autres, voisins de la prairie ont
une perméabilité moindre. A ce point de vue, le relevé n" 3 apparaît
bien être un terme de passage dans la série évolutive qui va des rochers
nus vers la pelouse alpine à Festuca Eskia et à Nardus alors que le
relevé n“ 5 correspond parfaitement à un relevé de lande.
27) Association Ranunculus alpestiis et Salix reticulata.
Une dernière association de haute altitude qui trouve sa place
dans les landes est l’association à Salix reticulata : elle est caractéris¬
tique des stations froides exposées au Nord où la neige vient s’accumu¬
ler et reste longtemps même en été, constituant ce qu’on appelle les
combes à neige.
Un seul type a pu être examiné celui qui correspond aux combes
à neige sur sol calcaire peu évolué.
Liste des relevés :
1. Face Nord de la Sagette de Buzy, sur le bord de la combe, en pente
de 50 p. 100 (vers 2.000 m), [53/7/21/1].
2. Face Nord de la Sagette de Buzy, au milieu de la combe, très en
pente, 60 p. 100 en marches d’escalier (vers 2.000 m), [53/7/
24/3],
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
181
3, En montant aux lacs d’Arremoulit, pente de 20 p. 100 (vers 2.200
m), [49/7/3/5].
Là encore ce sont les espèces des régions froides qui sont les plus
fréquentes (4 orophiles-alpiennes, une boreo-arctico-alpienne) et une
seule espèce sub-cosinopolite ; cinq espèces sont des hemicryptophytes
et une est une nanophanérophyte.
TABLEAU N" 81.
Association N° 27 à Ranunculus alpestris et Salix reticulata.
Espèces
1
2
3
Caractéristiques de l'asso
ciatior
Ranunculus alpestris
+
+
+
Salix reticulata
A
TA
A
Caractéristiques des unité
s supéi
’ieure
Soldanella alpina
+
+
+
Polygonum viviparum
+
+
Anemone narcissiflora
+
+
Pulsatilla alpina
+
Compagnes et accidentelles
Lycopodium inundatum
+
Luzula pediforrais
+
Saxifraga aizo ides
Ces trois relevés, assez pauvres en espèces, permettent cependant
de les rapporter aux associations que Chouard (1943) plaçait dans les
groupements de pelouses rases et de microforêts de l’étage alpin (IIIc).
Le Salicetiim-retusac-reticiilutae et le Polentilleto-Gnaphnlietum Hop-
peani de Braun-Blanquet qui sont les deux principales associations
des combes à neige calcaires existant dans les Pyrénées-Orientales,
possèdent chacune une caractéristique de l’association ci-dessous :
Aussi peut-on se demander si, dans la partie occidentale de la
chaîne, ces deux associations ne se confondent pas en une seule ; la
Source : MNHN, Paris
182
JEAN-MARIE TURMEL.
liste des groupements que Chouard (1) donne pour les Pyrénées cen¬
trales pourrait le laisser penser. Une étude de détail des hauts som¬
mets dans la région située plus à l’Est que n’est la vallée d’Ossau,
région des lacs d’Arremoulit et de Balaitous, permettra de le dire.
Le degré de recouvrement est assez faible ; 60 p. 100 environ, princi¬
palement dans la partie centrale de l’association où le Salix réticulata
est très abondant et où il permet le maintien des terres qui glisseraient
si elles n’avaient pas le soutien de son très important réseau de racines.
On constate alors là une topographie en marches d’escalier, le Salix
réticulata pouvant couvrir tout aussi bien les parties verticales que
les parties horizontales. La surface des relevés est ici très faible, à
peine quelques mètres carrés.
Ecologie. — L’orientation au Nord de ce type d’association fait
qu’au point de vue climatique cette association a sensiblement même
climat que celui étudié pour la Rhodoraie : mais en plus froid car dans
cette situation la neige subsiste facilement jusqu’au mois de juillet.
Les quatre analyses suivantes donnent les caractéristiques des
sols :
TABLEAU N" 82.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N° 27.
Les analyses montrent une alcalinité très faible, voisine de la neu¬
tralité et de faibles teneurs en carbonates. La capacité en eau est
moyenne alors que la inouillabilité est faible elle aussi. La granulo¬
métrie de la terre totale met en évidence le pourcentage important de
la terre fine, mais l’analyse de cette dernière indique une forte pro¬
portion de sables grossiers. Les teneurs en matières organiques sont
généralement fortes aux environs de 30 p. 100.
Deux séries de mesures de percolation (fig. 32) ont été effectuées
le 24 juillet 1951 ; la première, sur le bord de la station, montre une
vitesse de pénétration assez grande, la deuxième donne des valeurs
encore plus faibles pour la durée de l’écoulement des versements suc-
(1) P. Chouard, loco - citato , 1943.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
183
cessifs el ceci correspond bien à la forte teneur en sables et surtout
en sables grossiers que l’on constate dans ces sols.
TABLEAU N° 83.
J’ai recherché la croissance dans cette station du Salix reticulata
plante caractéristique particulièrement importante de l’association :
sur 14 ans la moyenne de la croissance a été de 0,90 cm par an ; c’est
dire combien est lente la croissance de ces arbustes en de telles sta-
Fio. 32. — Graphique représentant l’allure du phénomène de percolation
dans l’association à Salit reticulata et Ranunculus alpestris.
tions. Le maximum de croissance annuelle se place en 1953 avec 1,4
cm, le minimum en 1940 et 1951 avec 0,6 cm. Voici d’ailleurs le tableau
des mesures (fig. 33).
Dynamique de l’Association. — Ce groupement est une associa¬
tion pionnière qui colonise les pentes froides calcaires à long enneige¬
ment. Ce groupement évolue vers un autre à exigences plus acides et
qui l’enserre de toutes parts, à savoir la Rhodoraie. L’amorce de cette
évolution est déjà indiquée au centre de la station où l’on voit un sol
Source : MNHN, Paris
184
JEAN-MARIE TURMEL.
moins densément couvert et où le pH a baissé sensiblement, de 7,5
sur les bords à 7,1 au centre. Il en est de même pour les teneurs en car-
TABLEAU N° 84.
Croissance annuelle de Sali :r reticulala à 2.000 m d’altitude.
abondantes dans les parties des stations où pousse le mieux le Salix
reticulata.
r
11U. 41 41 43 44 45 4.4 4» 48 45 So 51 51 51
Fig. 33. — Schéma de la croissance de Salix reticulata en altitude
au cours des années 1940-1953.
28) Association à Pteris aquilina, calluna vulgaris et Sarothamnus
scoparius.
En moyenne altitude, dans l’étage montagnard existe un groupe¬
ment établi sur des stations beaucoup plus chaudes car il se trouve,
vers 1.000 m, à sa limite supérieure altitudinale ; il est caractérisé par
les espèces Pteris aquilina, Calluna vulgaris et Sarothamnus scoparius.
Une variante de ce groupement est caractérisée par la présence
d ’Ulex nanus.
Six relevés ont été effectués qui sont les suivants :
1. Gabas, sentier de la rive gauche du gave de Bious, deuxième station
chaude très ensoleillée, face du Sud, sol granitique (vers 1.030
m), [51/6/29/1].
2. Station chaude inférieure de Piette, 30 p. 100 de pente, face à l’Ouest,
sol granitique (1.050 m), [50/6/27/1].
3. Station chaude supérieure de Piette, 10 p. 100 de pente, face à
l’Ouest, sol granitique (1.100 m), [51/7/13/1].
4. Gabas, sentier de la rive gauche du gave de Bious, première station
chaude et très ensoleillée, face au S. entourée par des sapins,
des buis, des hêtres et des coudriers, sol granitique (vers
1.020 m), [53/7/4/1].
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU. 185
5. Gabas, au dessus du village, dans la partie inférieure du Biseau,
colonie chaude dans la hêtraie face au S.E. très bien ensoleil¬
lée, entourée de grands hêtres et de sapins (vers 1.100 m),
[51/6/20/4],
6. Hêtraie de Fabrège, près du lac, en lisière de la hêtraie (1.350 m),
[51/7/9/1].
Association N" 28 à Pteris aquilina, Calluna vulgaris
et Sarolhamnus scoparius.
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
A ce tableau il faut ajouter les plantes suivantes, au relevé n” 1,
Slellaria Holostea, Asplénium Adiantum nigrum, Viola siluestris ;
au relevé n“ 2, Sanicula eurupaea, Hepalica triloba, Polgpodium vul-
gare, Polgstichum Filix mas, Aspidium Lonchitis, Cephalanthera ensi-
folia, Orchis militaris, Lotus uliginosus, Géranium Robertianum, Ra-
nunculus acris var. Steveni, Saxifraga Geum, S. moschata, Rosa canina,
Alchemilla asterophylla, Trifolium pratense, Heracleum pgrenaicum,
Pirola minor, Hieracium vulgatum ; au relevé n" 3, Aira flexuosa,
Hieracium umbellatum, Scabiosa pgrenaica, Trifolium ochroleucum,
Oxalis Acetosella ; au relevé n" 4, Gentiana verna, Rhinanthus major,
Phyteuma Halleri ; au relevé n“ 5, Rosa alpina, Lilium Martagon,
Sorbus aria ; au relevé n° 6 . Rhododendron ferrugineum.
Les caractéristiques de ce groupement le font correspondre très
exactement au groupe V h de Chouard (1949) ; on est donc là en pré¬
sence de la « lande calcifuge de l’étage montagnard inférieur et des
collines ». Le relevé n" 1 correspond à un lambeau de lande atlantique
à Ulex nanus (qui est incorporé ici à l’association à Pteris et Sarothma-
nus à titre de variété).
Le degré de recouvrement est voisin de 80 p. 100 mais les relevés
sont de peu d’étendue, quelques dizaines de mètres carrés. Ces stations
en elîet passent soit à la forêt de Chêne sessile, soit à la pelouse, soit
même, pour les stations les plus élevées, à la lande à Juniperus et
Vaccinium. Quant au relevé n“ 1, il est extrêmement réduit en surface,
à peine quelques mètres carrés.
L’origine des plantes les plus importantes de ce groupement est
assez variée : quatre d’Europe moyenne, trois atlantiques, une médi¬
terranéenne, une boréo-arctico-alpine et une sub-cosmopolite. Les
nanophanérophytes sont au nombre de quatre, les phanérophytes
deux, les hemicryptophytes deux, les chamephvtes herbacées une et
il y a une géophyte rhizomateuse.
Ecologie. — La climatologie de ces stations est très différente de
celle des précédentes, qui se trouvent à l’ordinaire au dessus de la
zone des forêts. Les conditions climatologiques sont ici assez voisines
de celles que fournit le poste météorologique d’Artouste-Usine (cf.
p. 42). Il faut noter de plus que les stations où se trouve cette lande
à Calluna et Pteris sont localisées en des endroits bien exposés et ont
en conséquence une climatologie plus chaude que celle qu’on note nor¬
malement à cette altitude. Ces faits sont mis en évidence par les trois
graphiques n°“ 34, 35 et 36. Le graphique n" 34 montre la marche de
l’évaporation en trois stations vers 1.100 m à Gabas ; pour les journées
de beau temps des 1", 2, 3, 6, 7, 9 et 10 Juillet 1951 où le facteur
rayonnement est le plus important : l’évaporation est plus forte dans
les stations des landes que dans les pelouses voisines ; au contraire
les jours de mauvais temps (4, 5, 8, 11 Juillet 1951), où le facteur vent
devient prépondérant, c’est dans les prairies que l’on constate le maxi¬
mum d’évaporation.
Source : MNHN, Paris
187
ColottLe. xi rothermija*. -
J-Citvi.it •••«.
Fig. 34. — Marche de l'évaporation pour une prairie de fauche, une colonie
xérothermique et la hêtraie du 1 er juillet au 14 juillet 1951.
Le graphique n” 35 donne la marche des températures pour deux
journées l’un de beau, l’autre de mauvais temps. La comparaison avec
le graphique de la page 137, fournissant cette marche de température
pour les mêmes journées mais dans la prairie voisine, permet de cons¬
tater que les jours de beau temps il y a de grosses différences de tem¬
pérature entre landes et prairies et au contraire une grande similitude
pour les journées de mauvais temps ; ces jours là, c’est même la « sta¬
tion chaude » dont la température est légèrement inférieure à l’autre.
Fig. 35. — Enregistrement de la température dans une colonie xérothermique.
(à Gabas 1.000 m) le 10 et 11 juillet 1951.
Le graphique (fig. 36) de la page 188 montre avec grande évidence
la différence de marche des températures, le 2 Juillet entre la « station
chaude » et la prairie de fauche. La chute brutale de température à
15 h. pour la station xérothermique et à 16 h. pour le pré est due à
Source : MNHN, Paris
188 JEAN-MARIE TüRMEL.
l’ombre des crêtes environnantes qui envahit alors ces deux stations
de fond de vallée.
CoXfti'it xeroWerim^u.»
Aet»isc\v«
Fio. 36. — Enregistrement de la température dans une colonie xérothermique
et une prairie de fauche (à Gabas, 1.000 m) le 2 juillet 1951.
Au point de vue de la nature des sols, les résultats de quatre ana¬
lyses réunies dans le tableau ci-dessous montrent une acidité assez
marquée ; absolument pas de calcaire dans les quatre sols, la capacité
en eau est voisine de la moyenne mais la mouillabilité est assez faible.
En ce qui concerne la granulométrie, sauf pour la terre n" 12/51, les
particules fines sont très abondantes mais dans tous les cas les limons
TABLEAU N° 86.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N" 28.
relevés
*
pH
“r
“lO
Cail¬
loux
Grav-
I.
*
A gile
Lisons
Sa
fins
le»
* '
11/51
1
surf.
0
5,6
51,2
5,5
0
14
86
,
»
14
25
-
12/51
prof.
0
4,8
35
18,7
7
36
57
»
7*
22
31
22,6
12/53
surf.
o
4,9
36
11
0
15
85
6,1
35
16
23
21,2
13/53
prof. | 0
5,2
«
27
3
14
83
0
35
»
19
21.3
représentent une très forte proportion du pourcentage des particules ;
les teneurs en matières organiques sont assez fortes aux environs de
20 p. 100.
Quatre séries de mesures de percolation ont été faites à la station
du relevé n° 1 : les valeurs des durées de percolation sont très varia¬
bles d’un point à l’autre de la station ; les résultats sont résumés
dans le tableau et le graphique (fig. 37) ci-dessous.
Dynamisme de l’association. —- Cette association et sa variété
à Ulex nantis ne sont localisées que dans les régions basses de la dition
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
1X9
c’est-à-dire uniquement aux environs immédiats de Gabas et encore
dans les endroits particulièrement chauds ; elles constituent un stade
TABLEAU N° 87.
Valeurs des temps de percolation dans quatre stations
de l’association n° 28.
dans le peuplement des rochers et stations chaudes de cet étage, stade
qui peut aboutir à la longue au bois de Chênes sessiles qu’on trouve
normalement un peu plus bas vers les 900 m.
Fig. 37. —- Graphique représentant l’allure du phénomène de percolation dans
l’association à Pleris ttquilina, Calluna vulgaris et Snrnthnmnus scoparius.
IX. — Les groupements de iorêts.
La partie inférieure de la région qui nous intéresse et qui est
comprise ici entre 1.800-1.700 m et 1.000 m est le domaine de la forêt,
forêt presque exclusivement composée de hêtres et de sapins. Dans les
parties hautes c’est le sapin qui seul résiste et est alors souvent accom¬
pagné d’une autre espèce forestière le Pinus uncinatn ; vers les 1.000 m
au contraire hêtres et sapins sont intimement mêlés. A cette même
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
19ft
altitude apparaissent d’autres espèces forestières : ce sont les chênes
sessiles qui colonisent les places particulièrement chaudes après l’ins¬
tallation de la lande à Pteris et Erica, le Pin sylvestre dont les derniers
représentants sont en une station chaude de Piette (vers 1.100 ni),
le buis qui apparaît vers les 1.300 m, le coudrier qu’on ne rencontre
plus au delà de 1.200 m environ, les Populus tremula et nigra, Ulmus
scabra, Cerasus avium, Prunus spinosa, Acer pseudoplatanus, liez
aquifolium, Fraxinus excelsior .
29) Association à Fagus silvatica et Abies pectinata.
La forêt de hêtres et sapins qui forme vers les 1.000 m un ensem¬
ble continu sauf en quelques places exiguës, rares écorchures dues
aux travaux de défrichement des hommes, forme un tout suffisamment
homogène pour qu’on n’y considère qu’une seule association ; j’en
donne ci-dessous 20 relevés :
1. Hêtraie de Gabas, gros hêtres absolument sans strate arbustive (ni
buis ni coudriers) et à tapis herbacé très rare ; pente de 30-
40 p. 100, (1.100 m), [50/6/12/4],
2. Hêtraie de Fabrège, sans végétation ou presque dessous, grande
futaie, pente 20 p. 100 orientée à l’Est, (1.400 m), [51/6/
26/11].
3. Hêtraie-Sapaie : au pied du Pic Biseau avec des taillis ; végétation
herbacée assez importante, (1.150 m), [51/6/20/8].
4. Lambeau de Hêtraie, le long de la route du col du Pourtalet, sur
une pente d’au moins 40 p. 100, arbres jeunes de 10 m de
haut en moyenne ; très faible éclairement, 6.000 lux alors que
dehors on en trouve 80.000 ; sol presque complètement nu,
(1500 m), [51/6/26/10].
5. Forêt de pente à Gabas ; le lierre forme sur le sol un revêtement
très dense laissant peu de place à la végétation herbacée,
(1.000 m), [50/6/12/3].
6. Hêtraie de Gabas, [52/9/15].
7. Plateau supérieur de Bious, hêtraie composée de magnifiques vieux
arbres, peuplement lâche à luminosité forte dans les sous-
bois, 32.000 lux contre 100.000 dans les prairies avoisinantes ;
sol presque horizontal avec de gros blocs andesitiques mais
piétiné ; influence des troupeaux, (vers 1.400 m), [51/6/21/5].
8. Très belle hêtraie auprès de la partie amont du lac de Fabrège,
uniquement une futaie de très beaux hêtres de 20 m de haut
en moyenne ; (vers 1.350 m), [51/6/20/7].
9. Même station, mais en un endroit où le peuplement de hêtres est
beaucoup plus dense, [51/6/20/6].
10. Hêtraie sur les flancs du pic Lavigne, (vers les 1.400 m), [50/6/
13/1].
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU. 191
11. Hêtraie de pente au dessus du lac de Fabrège orientée face à l’Est,
sur schistes, strate arborée hêtre exclusif, pas de strate arbus-
tive, rares Sambucus rucemosa, (1.350 m), [51/6/26/12].
12. Route de Bious, hêtraie-sapaie, un peu en dessous du « village
d’Artouste», (vers les 1.100 ni), [51/7/4/1],
13. Forêt de pente de Gabas sans grands arbres, mais avec strate ar-
bustive abondante de buis, (1.050 m), [50/6/12/1].
14. Hêtraie du chemin de la rive gauche du gave de Bious, sur sol
calcaire ; température air 20", T. sol 14", humidité 48 p. 100,
(1.050 m), [50/6/15/5].
TABLEAU N" 88.
Association N° 29 à Fagus silvatica et Abies pectinata.
15. Vallon de Bious base du pic Biseau, face au Sud, hêtraie com¬
posée d’arbres de tous âges ; sous étage dense de buis (3 m),
tapis herbacé très lâche ;
sous un hêtre température 14°,5, humidité 92 p. 100
à 11 h 30 m
sous un sapin température 15°,5, humidité 84 p. 100
à 11 h 40 m
(vers les 1.050 m), [50/6/12/7],
Source : MNHN, Paris
192
JEAN-MARIE TURMEL.
16. Vallon de Bious entre la vieille et la nouvelle route, hêtraie, face
au Nord ; éclairage faible (3.000 lux contre 60.000 au dehors) ;
sol recouvert à peu près uniquement d’un tapis de feuilles
mortes formant une litière de 4 cm environ ; humus très noir
au dessus d’une couche ocre jaunâtre avec nombreux
cailloutis dès la surface, (1.100 m), [51/6/19/5],
17. Au dessus de Gabas, hêtraie-sapaie composée d’arbres de 20 ans
environ, mélange de hêtres et de sapins en proportion sensi¬
blement égale, sous-bois dense de buis ; orientation au Sud-
Est, pente de 40 p. 100, lumière très tamisée (3.000 lux contre
60.000 dehors), sur granité peu ou pas de sol, sauf par en¬
droits entre les gros hêtres, (1.000 m environ), [51/6/20/11.
18. Hêtraie de Piette, sol granitique, (1.000 m), [50/6/27/4],
19. Forêt de pente de Gabas, dans une station très lumineuse,
(1.100 m en moyenne), [50/6/12/2].
20. Hêtraie à Gabas, sur granité ; températures 22°,5 alors qu’au
dehors au soleil on notait 21 “,1 à 16 heures, [50/6/15/8].
A ce tableau il faut ajouter au relevé n“ 2, Cephalanthera ensifolia,
Valeriana pyrenaica, Lnctucn muralis ; au relevé n" 3, Cirsium palus¬
tre, Poa nemoralis ; au relevé n° 6, Campanula glomerata, Galeopsis
Tetrahit, Satina pratensis, Torilis Anthriscus, Ribes petracum, Sedum
anglicum, Meconopsis canbrica, Raminculns lamiginosus, Saponaria
officinalis, Silene inflaia var. milgaris, Melandryum silvestre, Pre-
nanthes purpurea ; au relevé n* 7, Lathyrus lutens, Chenopodium
Bonus-Henricus, Urtica dioica, Euphorbia verrucosa ; au relevé n" 8,
Luzula Forsteri ; au relevé n" 10, Dryopteris Linnoeana, D. calcarea,
Ranunculiis platanifolius, Fquisetiim hiemale, Popiilus nigra, Arenaria
serpyllifolia, Primula elatior, Lathrea Clandestina ; au relevé n” 11,
Polystichum Filix-mas, Anemone nemorosa, Sambucus racemosa, Lysi-
machia nummularia, Thalictrum minus, Digitalis purpurea ; au re¬
levé n" 12, Urtica dioica, Ribes sp., Erinus alpinus, Veronica Cha-
maedris, Arabis alpina ; au relevé n° 13, Cynoglossum Discoridis, Ga-
lium Cruciata, Asplénium Adantium-nigrum, Polystichum Filix-mas,
Anemone nemorosa ; au relevé n” 14, Ajuga reptans, Cephalanthera
ensifolia ; au relevé n" 15, Dryopteris calcarea, Lilium Martagon :
au relevé n" 16, Ilex Aquifolium ; au relevé n" 18, Erinus alpinus,
Sorbus aria, Lysimachia nummularia, A juga reptans, Carex siluatica,
Eriophorum latifolium, Betula verrucosa, Jasione perennis, Hieracium
Pilosella, Agrimonia Eupatoria, Phyteuma Halleri ; au relevé n" 19,
Fraxinus excelsior, Galium Aparine ; au relevé n” 20, Lotus cornicu-
latus, Chrysanthemum leucanthcmum, Achillea Millefolium, Calluna
vulgaris.
Les espèces principales de ce groupement sont toutes (9) sauf une
originaires d’Europe moyenne, la dernière étant atlantique-monta-
gnarde. Trois de ces espèces sont des phanérophytes, trois des hemi-
cryptophytes, deux des géophytes et il y a en plus une nanophané-
rophyte et deux géophytes l’une bulbeuse et l’autre à tubercules.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D'OSSAU.
193
Ecologie. — Le degré de recouvrement du sol est extrêmement
variable. Tout d’abord il y a le couvert des arbres de première gran¬
deur où intervient non seulement la densité du peuplement mais éga¬
lement la taille des arbres et leur espèce, hêtre ou sapin ; tous ces
facteurs conditionnent la présence ou l’absence des strates sous-jacen¬
tes : tout d’abord de la strate arbustive où le buis et le noisetier sont
les espèces de beaucoup les plus fréquentes avant les sureaux et le
houx. En conséquence la strate herbacée reçoit des intensités lumi¬
neuses extrêmement variables d’un point à un autre de la forêt. Des
mesures faites sous-forêt ont fourni des valeurs d’intensité depuis
1.000 lux jusqu’à 32.000 lux pour des intensité de l’ordre de 70.000 lux
à l’extérieur du bois ; il en résulte que le degré de recouvrement du
tapis herbacé peut aller de 0 p. 100 sous de beaux et vieux hêtres
TABLEAU N° 89.
Caractéristiques climatologiques d’une station,
pendant le mois de juin 1950 pour l’association N° 29.
jusqu’à 100 p. 100 dans un bois sans strate arbustive. Pour ce qui est
de la surface des relevés, elle est assez élevée, toujours de plusieurs
dizaines de mètres carrés pouvant parfois aller à plusieurs centaines.
L’on vient de voir plus haut comment au point de vue de la
lumière se différencient les stations ; il faut d’ailleurs noter que en
dehors du couvert des grands arbres un autre facteur joue pour fixer
l’intensité lumineuse au sol à savoir la durée d’insolation directe qui
Mémoires du Muséum. — Botanique, t. V. 13
Source : MNHN, Paris
194
JEAN-MARIE TURMEL.
est variable suivant l’orientation, l’heure de la journée, l’exposition
sur un versant soit au Nord soit au Sud. En particulier cette diffé¬
rence entre les quantités de chaleur qui frappent le sol selon l’orien¬
tation Nord ou Sud des versants provoque une différence très nette
d’humidité entre les forêts situées de l’un ou de l’autre côté ; c’est
ainsi que les usnées épiphytes sont notablement plus nombreux sur le
versant Nord que sur l’autre. A ce sujet une série de mesures de tem¬
pératures et d’hygrométrie ont été faites dans une hêtraie au-dessus
de Gabas du 10 juin au 4 juillet 1950 : les résultats en sont consignés
dans le tableau ci-contre :
La comparaison de ces résultats et de ceux réunis en même temps
dans les prairies voisines (cf. pages 137-138, tabl. n” 47) indique qu’en
général la température moyenne en forêt est nettement plus basse que
TewpeYàtuY* WA.’HVtrâU ''•C^a.'ba.s ■i.ioo'"’.
aunivftu i.soY-ji4T,50 x-soY-. -
Fig. 38. — Enregistrement de la température dans la hêtraie à 1,5 m du sol
et au niveau du sol, du 20 au 24 juin 1951.
dans les prairies et l’écart thermique entre le jour et la nuit beaucoup
plus faible. Les températures du sol, tant maxima que minima, sont
toutes deux notablement plus basses que celles des stations prairiales.
En ce qui concerne l’humidité elle est beaucoup plus constante et plus
élevée qu’elle ne l’est dans les autres stations (cf. fig. 39 bis et 39 ter) ;
enfin l’évaporation au niveau du sol est extrêmement faible.
Les courbes correspondant à la marche journalière des tempéra¬
tures sont données sur les six graphiques (fig. 39) relatifs à 1951 où
sont comparées les températures de la hêtraie et de la prairie confir¬
mant ainsi ce que le tableau précédent indiquait.
Les caractéristiques du sol sont résumées dans le tableau ci-des-
sous ; elles correspondent à un sol généralement assez évolué.
Les 13 analyses ci-dessus prises à différents niveaux dans le sol
des hêtraies montrent une bonne concordance pour les valeurs du pH
qui sont toutes aux environs de 5 ; le sol ne contient donc absolument
pas de Carbonates ; la capacité en eau, moyenne en surface, diminue
fortement quand la profondeur augmente, alors qu’au contraire la
mouillabilité extrêmement faible, voire nulle, en surface augmente
dans de grandes proportions avec la profondeur. La granulométrie
indique une très importante proportion d’éléments grossiers, cailloux
et graviers. Quant à la terre fine ce sont surtout les sables qui la com-
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
195
posent avec d’ordinaire un pourcentage assez fort de limons. Sauf
pour deux échantillons la teneur en matières organiques oscille autour
de 10 p. 100.
Fig. 39 bis. — Enregistrement de l’humidité, dans la hêtraie, au niveau du sol
à Gabas (1.000 m) du 16 au 26 .juillet ; du 12 au 21 septembre et du 7 au 15
novembre 1951.
Etant donné qu’en la plupart des stations le sol était par trop
caillouteux dès la surface je n’ai pu effectuer qu’une seule série de
mesures de percolation en une station où poussaient, outre des hêtres
et des sapins, des buis des Daphné, des Myrtilles, Rubus et Onalis.
Le tableau n” 91 et le graphique ci-joints (fig. 40) montrent
l’allure générale du phénomène :
Source : MNHN, Paris
JEAN-MARIE TURMEL.
Les irrégularités de la courbe reflètent l’hétérogénéité du sol.
Dynamisme de l’Association. — L’évolution naturelle de ces forêts
est assez difficile à suivre par suite des traitements que le service des
eaux et forêts leur fait subir. Ces forêts sont en effet régulièrement
/ f ? f J f f f f ' ''
Fig. 39. — Enregistrements de la température dans la hêtraie et les prairies
de fauche les 22, 24, 25, 28/6/1951 et 12, 14/7/1951.
exploitées et traitées en futaies-jardinées ; les beaux arbres sont abat¬
tus par des équipes de spécialistes à un rythme qui correspond sensi¬
blement à une rotation d’une trentaine d’années. Quelques mesures de
croissance ont été faites sur les plantes de la hêtraie ; elles montrent
des valeurs beaucoup plus importantes que pour les espèces étudiées
en haute altitude. L’on voit alors grâce à ces mesures le dynamisme
beaucoup plus important qui existe à cette altitude moyenne et l’exu¬
bérance de leur végétation qui colonise rapidement les places vides.
Aussi les grandes dévastations causées à la végétation par les travaux
de construction des barrages peuvent-ils rapidement disparaître ici...
les pierriers de roche nue commencent, en 2-3 ans, à se recouvrir déjà
de végétation — évidemment de banales anthropophiles — mais qui
permettent ensuite, grâce à leur humus, l’installation de la végétation
normale.
Les résultats d’environ trois cents mesures de croissance sur les
principales espèces du groupement de la hêtraie sont rassemblés dans
le tableau ci-contre :
Cette forêt de Hêtraie-Sapaie présente un état voisin de l’équilibre
et peut donc être considérée comme le climax des forêts de cette alti-
Source : MNHN, Paris
I.E PIC DE MIDI D’OSSAl'.
197
tude. Elle est maintenant assez peu attaquée à sa limite inférieure
et même a tendance à recoloniser les pelouses et pâturages qui occu¬
pent le fond de la vallée.
Economie. — Ces forêts ont une très grosse valeur économique et
étaient avec les pelouses de haute montagne, il y a peu de temps
TABLEAU N° 90.
Caractéristiques physico-chimiques de l’association N“ 29.
Cap-
Cail-
terres
relevés
*
eau
M 10
T
iers
fine
gile
*
fins
* "
org.
8/51
51/6/29
litière
0
5
60
0.7
-
-
-
10
15
7,5
9,2
-
9/51
51/6/29
sol
0
5,6
25
73
-
-
-
2.5
35,8
27,7
22
11.5
10/51
51/6/29
0
5,4
22
75
25
26
49
5,8
25.6
34,4
24
9,3
13/51
51/6/29
10 ci
0
4,6
32
17
33
27
38
2,5
33,5
15,3
29
19,7
14/51
51/6/29
0
5
22
68
36
30
34
2,5
9,5
33
44
10,8
15/51
51/6/29
0
5,3
15
77
36
34
29
0
12
34
44
-
16/51
51/6/29
1 « 50
0
5
12
73
24
38,5
37,5
4
29,7
45,4
-
17/51
51/6/29
surface
0
4,7
49
00
7
28
65
5
20
11,9
22
-
18/51
51/6/29
0
5,7
24
24
34
26
41
5
30
21,7
28,8
15,3
19/51
51/6/29
50 co
0
5,1
21
61
27
23
50
2,5
23
22,4
44,1
7,8
36/53
53/7/16
0
5,1
38,8
13
8
17
75
-
-
-
-
23,6
37/53
53/7/16
0
5,6
50
38/53
53/7/16
0
5
34
26
0
33
67
-
-
-
-
16,3
encore, les deux seules ressources de cette haute vallée. A l’heure
actuelle la création des barrages de haute moyenne altitude ainsi que
le tourisme d’été et très récemment de printemps fournissent une nou¬
velle source de prospérité à ces vallées. Fréquentées de tout temps par
TABLEAU N* 91.
Valeurs des temps de percolation dans une station
de l’association N” 29.
l’homme, elles ont certainement servi de passage aux pèlerins gagnant
Saint-Jacques de Compostelle ; n’y a-t-il pas une très vieille chapelle
du XI' siècle à Gabas ? et dans le haut vallon de Bious, un des cols
Source : MNHN, Paris
198
JEAN-MARIE TURMEL.
les plus faciles à franchir pour passer en Espagne n’est-il pas dénommé
le « col des Moines » ?
30) Association à Qercus sessilUlora et Vaccmium Myrtillus.
A côté de ce grand manteau forestier de hêtres et de sapins existe,
dans les stations les plus chaudes, près des landes à Sarothamnus et
Ulex nanus, des lambeaux de chênaie sessiliflore.
12 3 4 5 6 7 ô 3 10 11 12 13 IL 15 16 17
Fig. 40. — Graphique représentant l’allure du phénomène de percolation
dans l’association à Fagus silvatica et Abies pectinata.
Trois relevés seulement ont pu être faits à la limite extrême
inférieure de la dition vers les 1.000 m dans la vallée même d’Ossau
après le confluent des deux petits ruisseaux du Brousset et de Bious,
c’est-à-dire en aval du village de Gabas qui se tapit vers les 1.050 m.
TABLEAU N° 92.
Croissance annuelle des principales espèces de la hêtraie
vers les 1.000 m.
Espèce
1945
1946
1947
1948
1949
1950
1951
1952
1953
Tôt.
Ëuphorbia
Nomb,
S
20
1
29
silvatica
long.
-
-
-
-
-
13,7
16
18
15,4
Eaohnae
Nomb.
1
5
9
13
14
19
22
23
23
129
Mezereura
long.
4,5
6,2
5,3
6,4
4,0
4,8
5,8
4,3
5,6
5,2
fthoder-îron
Hom b.
_
_
.
_
_
1
4
4
4
13
ferrugineum
long.
-
-
-
-
-
5
3,5
3,8
5,2
4,2
Abies
Nomb.
3
4
7
7
7
P
7
7
6
56
pectinata
long.
12,2
12,1
10,5
9,8
10
12,7b
12,1
11,2
8,3
10,9
Fskus
Nomb.
-
.
«;
5
5
7
7
7
5
38
silvatica
long.
-
-
28,5
25,6
22,6
29,8
21,3
26,1
35,3
26,6
buxus
Nomb.
_
_
_
2
4
10
12
13
13
54
sempervirens
SI;
-
11,7
8,5
10,3
19,8
8.5
7,8
9,1
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAl’.
190
Les relevés ont été effectués entre 950 et 1.000 m exactement entre la
route et le gave d’Ossau le 51/6/23.
A ce tableau il faut ajouter, au relevé n" 1, Betula verrucosa,
Orobus vernus, Corylus Auellnna, Ilex aquifolium, Galinm Cruciata,
Hyacintluis amethystinus, Orchis maculata ; au relevé n° 2, Lonicera
Periclymemiim, Polypodium vulgare, Polygonntum multiflorum. P.
verticillnlum, Fraxinus excelsior, Matricaria discoidea, Populus tre-
mula, Sedum dusyphyllum ; au relevé n“ 3, Fagus silvatica, Euphorbia
silvatica, Mercurialis perennis, Melica uniflora, Oxalis Acetosella, Sa-
nicula europoea.
Fig. 41. — Schéma de la croissance do diverses plantes de la hêtraie de 1945 & 1953.
Ce groupement est très voisin de celui que J. Susplugas décrit
sous le nom de Qucrceto-Buxetum malgré une grande abondance de
plantes acidophiles. Mais, étant donné qu’on est là à la limite supé¬
rieure de ce groupement, il est difficile d’avoir un relevé parfaitement
typique, il est en effet considérablement influencé par les associations
qui l’entourent.
La surface de ces relevés est d’environ d’une centaine de mètres
carrés. De par la localisation de ces stations on peut déduire que le
climat est sensiblement celui des stations xérothermiques que l’on
Source : MNHN, Paris
200
JEAN-MARIE TURMEL.
trouve 100 m plus haut. Quant au sol il est de même nature que celui
des endroits où domine la lande acide.
Les espèces qui forment ce groupement sont surtout d’Europe-
moyenne (8 sur 12) une espèce étant atlantique, une autre sub-cosmo-
polite, une troisième circum-boreale et une dernière boreo-arctico
alpienne. Les phanérophytes (4 sur 12) et les nanophanérophytes (4
sur 12) prédominent de beaucoup, les autres groupes n’étant repré¬
sentés que par une seule espèce (hemicryptophytes, géophvtes à rhizo¬
mes, thérophytes et phanérophytes grimpants).
TABLEAU N° 93.
Association N° 30 à Quercus sessiliflora et Vaccinium Myrtillus.
Espèces
1
2
3
Caractéristiques de l’ass
jciation
Quercus sessiliflora
TA
A
TA
Vaccinium Myrtillus
A
+
+
Caractéristiques des unités supérieures
Pteris aquilina
+
+
Hieraciura umbellatum
+
+
Erica vagans
+
+
Calluna vulgaris
+
+
Melampyrum pratense
+
+
Sorbus aucuparia
+
+
Abies alba_
+
+
Hedera Hélix
+
+
Daphné Laureola
+
Buxus sempervirens
+
TTA
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
201
CONCLUSIONS.
J’ai donc dans cette haute vallée d’Ossau dénombré trente et un
groupements pour lesquels je me suis efforcé de donner le plus de
caractéristiques écologiques possibles : tant physicochimiques sur le
sol que microclimatologiques.
Huit associations sont rassemblées dans le grand groupement des
« roches», quatre.pour les fissures et quatre pour les éboulis.
Les groupements liés aux faciès humides sont au nombre de huit :
deux pour les ensembles fontinaux, quatre pour les marais et deux
pour les mégaphorbiaies.
Quinze associations, soit donc la moitié des groupements trouvés
dans la région sont liés aux formations terrestres ; six correspondent
aux groupements de pelouses, sept à ceux des landes et seulement deux
aux forêts.
Après avoir étudié les caractéristiques botaniques et écologiques
des différentes associations qui peuplent actuellement cette région, il
est maintenant intéressant d’envisager le devenir de cette flore.
Comme dans toute la chaîne pyrénéenne, après les glaciations
quaternaires qui, on l’a vu, ont laissé de nombreuses traces dans la
région a succédé une période sèche et plus chaude que beaucoup d’au¬
teurs ont appelé « période xérothermique ». C’est à partir de ce moment
qu’a commencé le peuplement végétal de toutes les surfaces nues, colo¬
nisation que l’on voit encore se poursuivre à l’heure actuelle princi¬
palement dans les pierriers qui pour beaucoup n’ont pas encore été
couverts de végétation. Chouard a étudié au pic d’Anglade la progres¬
sion de ce couvert végétal et a constaté (depuis 25 ans) que en moyenne
il y avait une colonisation descendante de 1 cm par an. Cette indica¬
tion correspond très sensiblement aux mesures de croissance annuelle
que j’ai données pour les principaux nanoplianérophytes de la dition :
Rhododendron ferrugineum : 2,1 cm ; Salix pyrenaica : 4 ou 1 cm
suivant les rameaux ; Dryas octopetaln : 1 cm ; seules deux espèces
YArctostaphylos Uva-Ursi et le Cotoneaster vulgaris ont des croissances
plus importantes de l’ordre de 5 cm environ. Ces mesures font quelque
peu réfléchir : le bris d’une branche de rhododendron pour cueillir
quelques fleurs et voilà le résultat de 10-15 ans de croissance com¬
plètement anéanti. que dire alors lorsque l’on voit les formidables
engins de destruction, les immenses pierriers qui dévallent à la sortie
des « fenêtres d’aération » des tunnels d’amenée d’eau. et surtout
les travaux, les érosions, les démolitions qui ceinturent les ouvrages
d’art en haute altitude ! Aussi peut-on dire que lorsqu’un barrage est
installé vers les 2.000 m il est entouré par un « no mans-land » déser¬
tique définitif. ce n’est pas là en effet quelques dizaines de mètres
que la végétation devra recouvrir mais bien souvent des centaines.
et à raison d’un centimètre par an il faudra donc compter (s’il n’y a
Source : MNHN, Paris
202
JEAN-MARIE TURMEL.
pas de nouvelles destructions, et l’on sait que les barrages sont toujours
l’objet de vérifications, travaux d’entretien, voire même visites touris¬
tiques) plusieurs dizaines de milliers d’années pour retrouver là un
tapis végétal continu !
A 1.000 ni ces mêmes travaux sont un peu moins catastrophiques
car là reste un espoir, le dynamisme de la végétation est bien plus
important à cette altitude que 1.000 mètres plus haut ; j’ai pu ainsi
constater en moins de quatre ans la rapidité avec laquelle la flore
repeuplail les surface érodées ; malheureusement là les anthropo-
zoophiles dominent et il faudra certainement longtemps avant de
retrouver le tapis végétal voisin du cliinax. Est-il nécessaire de répéter
que les ouvrages d’art abîment souvent considérablement le paysage
et je n’en veux comme preuve que cet alTreux mur de béton auquel la
route du Pourtalet se heurte de plein fouet...
En plus, la construction de ces barrages provoque d’importantes
modifications dans l’écologie et l’équilibre naturel faune-flore-sol des
régions où on les installe.
Tout d’abord ces barrages suppriment presque toute l’eau dans le
lit des gaves ; n’est-elle pas sous conduites forcées depuis 2.000 m
jusqu’à Laruns (519 m) où elle ressort à l’entrée des gorges du Hourat
après avoir été turbinée trois fois ! L’on ne peut encore dans cette
vallée se rendre compte des modifications de la flore mais sûrement
le micro-climat se modifiera peu à peu et il se pourrait que cette partie
de la vallée devienne encore plus sèche qu’elle ne l’est naturellement.
Mais là ne se bornent pas les inconvénients de ces barrages, ils
perturbent en outre complètement l’économie du pays. La vallée du
Brousset était autrefois un beau pâturage très fréquenté par les trou¬
peaux. La mise en eau de ce barrage diminue d’autant la surface de
pacage et par contre coup accélère la rotation des lieux de pâture ;
ce grave inconvénient, qui amène la sur-pâture, va aller s’aggravant
quand le merveilleux plateau de Bious-Artigues sera à son tour noyé,
les travaux de construction du barrage sont commencés depuis l’été
1953.
En effet la haute vallée d’Ossau sert depuis toujours pour les
troupeaux de la basse vallée de pâturages pendant l’été. On voit ainsi
monter durant une quinzaine de jours des centaines de troupeaux
harassés (environ 20.000 têtes) qui se signalent de loin par le bruit
sourd des énormes cloches portées par les vaches ou par le tintement
grêle des clochettes de moutons. Le règlement au droit de pâture dans
ces régions est assez complexe : chaque commune de basse altitude
a l’usage exclusif de pâturages strictement délimités qui lui sont
alloués. La rotation des troupeaux est actuellement de l’ordre de deux
à trois semaines pour chaque pâturage qui est de plus en plus élevé
au fur et à mesure que la végétation se développe ; vers fin Août-
Septembre les troupeaux redescendent en utilisant les mêmes haltes.
C’est là un rythme trop rapide et beaucoup de pâturages à Trèfle et
Nard se transforment en mauvaises pelouses à Festuca spadicea et
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
203
Asphodelus albus : liane Sud du Pic Sagette, du Pic Moustardc et du
Pic de Peyreget
D’autant plus que certaines dépradations inhérentes à ce type
d’élevage ne cessent pas pour autant ; en effet, tous les soirs les trou¬
peaux sont rassemblés autour des cabanes des bergers et il en résulte
une érosion intense que n’arrête pas le développement cependant de
plus en plus considérable de plantes nitrophiles qui, peu ou pas tou¬
chées par le bétail, couvrent chaque année des surfaces de plus en plus
grandes.
Enfin soulignons la destruction des pins à crochets, par les ber¬
gers, qui attaquent la base des troncs soit pour en faire des colliers
soit surtout des torches... et aussi du bois mort, pour leurs feux des
années suivantes.
L’action du tourisme, malgré la grande beauté des paysages est
ici très faible ; en effet le flot sans cesse grandissant des excursion¬
nistes est très canalisé et les ravages, s’ils sont en certains points très
importants (pourtour Ouest du lac d’Artouste, quelques points de la
face Sud du pic Sagette), sont limités d’une manière très nette et la
face Nord de la Sagette recèle encore bon nombre de plantes rares que
le grand public ignore et dédaigne alors qu’il passe à peine à quelques
mètres.
**
Malgré tout il reste dans la haute vallée d’Ossau de nombreux
sites épargnés par l’industrialisation et le tourisme resté jusqu’à ce
jour discret.
Puis-je former le vœu, en terminant ce travail qu’à l’exemple de
ce qui existe déjà pour la faune du Massif d’Ossau, une protection
efficace soit apportée à la flore alors qu’il est temps encore.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
205
LÉGENDES DES PLANCHES.
Planche 1.
1. — Vue de la vallée de Gabas prise du Pic Lavigne (2.000 m) vers le Nord :
fond de la vallée vers 1.000 m ; autour du village, prairies de fauche gagnées
sur la forêt. Sur les pentes, forêt de hêtres-sapins. Au fond à droite, rebord
du plateau calcaire du massif des Eaux Bonnes-Eaux Chaudes, 6 Juillet 1951.
2. — Hêtraie à Bioijs-Artigues (1.300 ni) ; sous bois assez maigre. Anémones,
6 Juillet 1951.
3. — Vers les 1.000-1.100 m se trouvent, situés dans les stations les mieux expo¬
sées, des lambeaux de Chênaie sessile. Vue d’une station : Chênes, Bou¬
leaux, Pteris aquilina et Brachy podium pinnatum. Dans le fond route inter¬
nationale bordée d’une sapinière (exposée sur le flanc Nord) près de l’usine
hydroélectrique de Fabrège (1.100 m), 13 Juillet 1951.
4. — Détails d’Usnées filamenteuses, épiphytes sur les hêtres... indiquant la
grande humidité qui règne à cette altitude (1.400 m) et qui explique ainsi
à cet étage la présence de nombreuses plantes atlantiques IScilla Lilio-
Hyacinthus...), 6 Juillet 1951.
Planche 2.
5. — Lac artificiel de Fabrège, photo prise le matin montrant quelques restes de
brouillard au niveau de l'étage sylvestre. Dans le fond, pics formant la
frontière (P. de Sobe, 2.600 m et Pic de Soques, 2.713 m). Altitude du lac
1.200 m ; 6 Juillet 1951.
6. — Premier lac d’Ayous (lac de Romassot 1.841 m) ; vue de la rive calcaire
avec le déversoir souterrain aboutissant au plateau de Bious-Dessus. Dans
le fond P. de Casteraou (2.226 m) avec les associations de rochers calcaires...
Au premier plan pâturage acide avec Ranunculus pyrenaeus, Narcissus
pseudo-narcissus, Scilla verna fleuries, Nardus, Festuca F.skia et Trifolium
repens, 10 Juillet 1951.
7. — Petit lac d’Ayous entre le 1 er lac (L. de Romassot 1.841 m) et le 2' (1. d’Ayous
1.947 m) ; sur la partie gauche au fond baine de Carex... seule station
trouvée dans la dition, 26 Juin 1949.
8. —- Lac d’Ayous (1.947 m), grands rochers froids schisteux avec station à
Woodsia hyperborea. — Prairies schisteuses à R. pyrenaeus, X ardu s et F.
Eskia. Dans le fond le Pic de Midi d’Ossau du côte W., éboulis de Lamba-
radère et de Pevreget, vue du grand pic (sommet) et du petit pic,
30 Juin 1950.
9. — Lac d’Arrius (2.254 m) éboulis schisteux et combes à neige, station de Gen-
tiana alpina, 3 Juillet 1949.
10. — 3' lac d’Ayous (L. Bersou 2.079 in), vue prise vers l’Ouest. Dans le fond Pic
Hourquette (2.383 m) et Pic de Bious (2.287 m), roches permiennes et grands
éboulis acides descendant vers les lacs glaciaires : association à Allosurus
crispus, 30 Juin 1950.
11. Pinus uncinata dans le lapiaz qui se trouve au Sud du Pic. Les très beaux
individus de pins à crochets sont très rares ; ils possèdent beaucoup d’enne¬
mis, la foudre et surtout les bergers qui les écorcent à coup de hachette
pour en faire des torches et les abbattent pour avoir du bois de chauffage
et enfin le bétail qui mange les jeunes individus (1.700 m environ), 7 Juil¬
let 1951.
12. — Pinus uncinata ayant poussé dans une fissure d’un énorme bloc de rhyolitc
au sommet du grand éboulis de Lambardère ; face N.W. du Pic, 3 Juil¬
let 1951.
13. — Vallée du Brousset, prise de l’étroit de Peyrelu vers le Nord. Pic du Lurien.
Vue très nette des étages de végétation : jusqu’à 2.000 m zone des forêts,
jusqu’à 2.500 m zone des pâturages, au dessus zone alpine encore couvert*'
de neige : 26 Juin 1951.
Source : MNHN, Paris
206
JEAN-MARIE TURMEL.
Planche 4.
14. — A la limite supérieure de la forêt dans la vallée du Lurien ; lande à Rho¬
dodendrons en fleurs vers 1.800 m ; 9 Juillet 1951.
15. — Vers 1.700-1.800 m. Limite supérieure de la Sapineraie (diminution de la
taille des arbres ; au l" plan éboulis schisteux et traces de végétation
anthropozoophiic surpaturée ; lande à Asphodèles, 9 Juillet 1951.
16. — Pic de Midi d’Ossau (2.885 m) pris du pic Lavignc, vallon de Magnabeight
(ombre de nuages) ; col Suzon (2.131 m) ; pâturage schisteux à S'ardus et
Festuca Eskia ; les accidents de terrain sont soulignés par les dernières
traces de neige (6 Juillet 1951) ; crête rhyolitique des Mondeils avec les
éboulis mouvants caractéristiques qui entourent tout le pic. (Stations à
Allosurus et Crépis pggmaea ).
17. — Vallon de Peyrelu (26 Juin 1951) 1.800 m. Partie calcaire à droite (Stations
à Rhamnus alpina, Helianthemum grandifolium, Globularia nana ; à droite
partie schisteuse (pâturage à Xardus et Trifolium repens). Dans le fond en
Espagne, Pcna de Balzaruello (2.242 m).
18. — Dans une clairière de la forêt de Hêtres-Sapins, Ranunculus aconilifolius
var. platunifolius, Trollius europaeus, Stellaria Holoslea, 6 Juillet 1951.
19. — Prairie humide, pâturage de Cliérue vers 1.700 m avec Trollius europaeus,
Pinguicula vulgaris, Pnmula farinosa, 6 Juillet 1951.
Planche 5.
20. — Reposoir à moutons ; association nitrophile à Rumex oblusifolius,' Cheno-
podium Bonus Henricus, Pou alpina et Urtica dioica, caractéristiques des
stations très azotées autour des lieux de séjour des troupeaux de moutons :
1.900 m, col Lavigne. Dans le fond massif du Lurien, '6 Juillet 1951.
21. — Vallon de Bious-Dessus ; fond de lac, prairie tourbeuse sur alluvions
schisteuses et calcaires, absolument horizontale sur 1 km de long et 400 m
de large, divagation du ruisseau. Dans le fond prairies calcaires sur les
flancs du Pic Casteraou (2.226 m) à droite et de la pointe Balaïtous (2.128 m)
à gauche ; neiges vers 2.000 ni, 27 Juin 1951.
22. — Orchis sambucina en fleurs avec bouquets de jeunes feuilles d’Asphodèle
dans une lande à Vaccinium Myrtiltus encore roussie par la neige fondue
depuis moins de 8 jours ; la Sagette de Buzy (2.000 m), 24 Juin 1951.
23. — Pâturage schisteux de Cliérue, avec très nombreuses plantes : Asphodèles,
Rhododendrons, Conopodium fleuris (le pâturage en est blanc), Caltha, Scilla
(1700 m), 6 Juillet 1951.
24. — Vallon de Peyrelu, partie schisteuse, prairie à Xardus dégagée de la neige
depuis moins de 8 jours, Ranunculus pgrenaeus en fleurs (1.800 ml, 26
Juin 1951.
25. — Arnica monlana prairie schisteuse avec pointements calcaires, Conopodium
défleuri, Rumex acelosella en fleurs (1.700 m), 14 Juillet 1951.
Planche 6.
26. — Arclostapbyllos l'on ursi, colonisant un rocher silicieux, k gauche décurta¬
tion de vieilles branches. Plateau de l’Ours, montée au lac d’Avous.
27. — Association de schistes, très ventée (déflation), à Veronica fruticulosa et
V. lilacina ; col des moines (2.000 m), 14 Juillet 1951 ; les pâturages schis¬
teux sont encore en partie couverts de neige et il y a très peu de floraisons
dans ces pâturages, alors que dans l’association schisteuse existent de très
nombreuses plantes.
28. —- Végétation d’une fissure silicieuse (granité) 2.000 m : association à Primula
l’iscosa avec Juniperus nana. Quelques myrtiles non encore développées,
la végétation est plus hâtive au contact des parois qui gardent la chaleur.
Très nombreux lichens corticaux.
29. — Potenlilla rupestris. Sur lapiaz de grès permiens vers les 1.950 m : au
lac d’Ayous Juniperus nana, nombre de lichens corticaux, 10 Juillet 1951.
30. — Gentiana lutea. Bious-Dessus (1.400 m), 14 Juillet 1952.
31. — Daphné mezereum. Myrtilles, Genevrier nain (à grosses racines) ; La Sa¬
gette de Buzy, 25 Juin 1951.
Source : MNHN, Paris
LE PIC DE MIDI D’OSSAU.
Planche 7.
32. — Paroi calcaire subverticale à Saxifraga longifoliu (en fleurs et en rosette)
Saxifraga aizoides, Lonicera pyrenaica (1.600 ml. Station de Bious-Dessus,
14 Juillet 1951.
33. — Rhamnus pnmila, colonisant un rocher calcaire ; vieilles branches en train
de mourir, jeunes à côté colonisant d’autres parties du rocher. Etroit de
la cabane d’Everite (1.600 ni). Vallon de Bious, 7 Juillet 1951.
34. .— Pâturage calcaire. Fritillaria pyrenaica en fleurs. Vallon de Peyrclu (1.800 m),
26 Juin 1951.
35. — Sali.r pyrenaica. Chatons mâles, rochers calcaires. Vallon de Pevrelu
(1.800 m), 26 Juin 1951.
36. — Silene acaulis, Saxifraga aizoides, pâturages calcaires. Vallon de Peyrelu
(1.800 m), 26 Juin 1951.
37. — Androsace carnea, Sedum reflexum, Scilla verna, Asphodelns albus (feuil¬
les) ; La Sagette de Buzy (2.000 m), 25 Juin 1951.
Planche 8.
38. ■— Eboulis rhyolitiques de Lambaradèrc (2.300 m) colonisé uniquement par
des Rhododendrons (taches grisâtres) face W du Pic de Midi d’Ossau, 3 Juil¬
let 1951.
39. — Vue générale du lapiaz calcaire du Haut vallon de Bious avec l‘inus unci-
nala. Prairie surpaturée à Asphodèles (taches plus foncées) dans le lointain,
face S.W. du Pic d’Ossau.
40. — Clairière dans la forêt de Hêtres-Sapins : Euphorbia hibernica, Veralrum
nigrum, Pinguicula grandiflora, Vaccininm Myrtillus, (1.350 m), 27 juin
1951.
41. — Pâturage calcaire de Peyrelu, (1.800 m), avec Trollius europaeus, Horminum
pyrenaicum, Helleborus foelidus, 26 juin 1951.
42 et 43. — Suintements dans pâturages schisteux vers 1.800 m avec Saxifraga
stellaris, Caltha palustris et Cratoneuron qui fournissent le fond de la
végétation : pH 7,3, degré hydrométrique n= 10 : Vallon de Magnabeight,
flanc du La vigne (1.800 m), 6 juillet 1951.
Source : MNHN, Paris
Achevé d’imprimer le 5 décembre 1955.
France.
Le Directeur-gérant : René Jeannel.
Imprimerie Maurice Declume, Lons-le-Saunier. — 985-55-360.
Décembre 1955 «Dépôt légal 4' trimestre 1955 — N” '495 ».
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série B. Tome V
PI. 1
LE PIC DE MIDI D’OSSAU
Écologie et Végétation
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série B. Tome V
PI. II
LE PIC DE MIDI D’OSSAU
Écologie et Végétation
Iribl. o vj
\n* mit/
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
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PI. III
LE PIC DE MIDI D’OSSAU
Écologie et Végétation
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série B. Tome V
PI. IV
LE PIC DE MIDI D’OSSAU
Écologie et Végétation
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série B. Tome V
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21
LE PIC DE MIDI i ’OSSAU
Écologie et Végc.ation
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série B. Tome V
PI. VI
LE PIC DE MIDI D’OSSAU
Écologie et Végétation
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série B. Tome V
PI. VII
LE PIC DE MIDI D’OSSAU
Écologie et Végétation
Source : MNHN, Paris
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série B. Tome V
PI. VIII
LE PIC DE MIDI D’OSSAU
Écologie et Végétation
Source : MNHN, Paris
MÉMOIRES DU MUSÉUM. Série B. Tome V
Végétation de la
haute vallée
d’
OSSAU
3-ftTu.rmtl 19St
I I Eboulis et hauts sommets
I J Lande subalpine
t' d Pelouse subalpine
1 -J Hêtraie - sapaie
CZ® Prairies de fauche et
colonies xérothermiques
Source : MNHN, Paris
Q Reposoirs à bétail
Y Quercus sessiliflora
| Ilex aquifolium
X Ulex nanus
f Pinus uncinata
Pinus silvestris
M Empetrum nigrum
9 Betula verrucosa
i,! Buxus sempervirens
^ Abies pectinata
? Fagus silvatica
0 Vaccinium uliginosum
T Pteris aquilina
v Gentiana lutea