MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
TOME VII
FASCICULE 2
R. Furon
GÉOLOGIE DU PLATEAU IRANIEN
(PERSE - AFGHANISTAN - RÉLOUTGHISTAN)
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
1941
Août 194i
MÉMOIRES
DD
MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Les Mémoires du Muséum national d’Histoire natu¬
relle paraissent sans périodicité fixe. Chaque volume est formé
d’un nombre variable de fascicules, publiés isolément et ne conte¬
nant qu’un seul mémoire.
Les Mémoires sont destinés à la publication de travaux d’une
certaine étendue concernant l’Histoire naturelle- Ceux qui sont des¬
tinés à servir de thèses de doctorat peuvent être reçus aux mêmes
conditions que les travaux ordinaires.
Les auteurs reçoivent 25 tirages à part de leurs travaux, brochés
et sous couverture. Ils s’engagent à ne pas les mettre dans le com¬
merce.
Les travaux destinés aux Mémoires du Muséum national
d’Histoire naturelle doivent être remis à M. le D r R. Jeannel,
45 bis , rue de Buffon, Paris (5 e ), ou à tout autre professeur du Mu¬
séum. Dans tous les cas, leur publication est subordonnée à une
décision de l’Assemblée des Professeurs.
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Le montant des abonnements et les demandes de fascicules doi¬
vent être adressés au Muséum national d’Histoire naturelle, service
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MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAU
D'HISTOIRE NATURELLE
MÉMOIRES
DU
MUSÉUM NATIONAL
D’HISTOIRE NATURELLE
NOUVELLE SÉRIE
TOME VII
PARIS
ÉDITIONS DU MUSÉUM
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire (V e )
TABLE DES MATIÈRES
Fascicule 1
R. Lemoine. L’Ile de France. — Chapitre III. Valois et Multien. 1 à 176
i
Fascicule 2
R. Furon. Géologie du Plateau iranien (Perse - Afghanistan
Béloutchistan). 177 à 414
MÉMOIRES DU MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
Nouvelle série, Tome VII, Fascicule 2, p. 177 à 414
Publié le 31 août 19bl
GÉOLOGIE DU PLATEAU IRANIEN
(PERSE - AFGHANISTAN - BËLOFTCHISTAN)
PAR
Raymond FüRON
Correspondant du Muséum
SOMMAIRE
PREMIÈRE PARTIE
Pages.
1. Introduction géographique . 182
2. Historique et bibliographie . 189
DEUXIÈME PARTIE
S TB A TI GRAPHIE
I. Le socle cristallin et cristallophyllien . 218
II. Le cambrien et le silurien . 221
III. Le dévonien . 223
Azerbaïdjan, p. 223 ; Elbourz, p. 224 (Le Dévonien gréseux. Le Dévonien
calcaire ; Mendjil, Nésa, Dorun, Mobarecke, Muscha, environs de Semnan) ;
Khorassan, p. 226 (Shah Koh, Shahvar Koh, Tuwa, province de Meched) ;
Hindou-Kouch, p. 226 ; Zagros, p. 227 ; Plateau central, p. 227. La faune
dévonienne du Plateau iranien, p. 228.
IV. Le carbonifère et le permien . 229
Azerbaïdjan, p. 229 (Araxe, Tabriz, Ourmiah) ; Elbourz, p. 230 (Le Carbo¬
nifère inférieur : Roudbar et Kibène, Tchalousse, Kitan et Miksas, Shems-
hack, Imam Zadeh Hachim, Firouz Koh, Shah Abdul Azim. Le Carbonifère
supérieur (Roudbar, Shah Roud et Hablé Roud, Shah Abdul Azim) ; Kho¬
rassan, p. 233 ; Hindou-Kouch, p. 233 (Le Carbonifère, le Permien et les
couches à Fusulinidés) ; Plateau central, p. 236 (lescouches à Fusulines) ; Za¬
gros, p. 239 ; Béloutchistan, p. 241 ; La faune carbonifère du Plateau iranien,
p. 242 ; La faune permienne, p. 247.
V. Le Trias et le jurassique . 248
Azerbaïdjan, p. 248 (la gorge de Djoulfa, Ourmiah, Zunuz) ; Elbourz, p. 249
(Shah Abdul Azim, Sepaieh, Roudbar, Abiek, Shemshack, Héras, Firouz
Koh, Elbourz oriental, Elbourz septentrional) ; Khorassan, p. 254 (Shah-
roud) ; Hindou-Kouch, p. 255 (couches à plantes de Saighan) ; Plateau cen-
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VII. 12
178
R. PURON
tral, p. 257 (Trias de Naiband, Lias à charbon, Jurassique marin et continen¬
tal) ; Zagros, p. 259 (les Radiolarites) ; Béloutchistan, p. 262 (le Jurassique de
Mazar Drik) ; Comparaison avec les régions voisines (Himalaya, Sait Range,
Cutch, Inde péninsulaire), p. 264; Les faunes du Trias et du Jurassique du
Plateau iranien, p. 272.
VI. Le crétacé . 278
Azerbaïdjan, p. 278 ; Elbourz, p. 279 (Héras, Sepaieh, Shah Abdul Azim,
Talar) ; Khorassan, p. 280 ; Hindou-Kouch, p. 282 (Versant Nord, Versant Sud,
Koh-i-Baba, Kaboulistan) ; Plateau central, p. 283 (calcaires à Orbitolines,
Rudistes de Kirman, Flysch de la Perse orientale) ; Béloutchistan Nord et
Afghanistan méridional, p. 288 ; Zagros, p. 289 (Le Kurdistan, le Louristan,
le pays des Bakhtyaris, le Fars, Bander Abbas) ; Béloutchistan, p. 295 (les
couches à Venericardia Beaumonli) ; la Faune du Crétacé du Plateau iranien,
p. 299.
VII. Le nummulitique . 309
Béloutchistan et Sind, p. 309 (les couches de Ranikot, de Laki, de Khirtar,
de Nnri) ; Azerbaïdjan, p. 319 (Zunuz-Harzand) ; Elbourz, p. 320 (Mont Elb-
bourz, Démavend, Hablé Roud, Gor Séfid, Ab-i-Garm, Semnan, Oligocène
volcanique) ; Khorassan, p. 325 (Abbas Abad, Nichapour, col de Mouzran,
Tourbat-i-Haidari) ; Hindou-Kouch et Turkestan, p. 327 ; Plateau central,
p. 329 (Zahedan, le Hilmend) ; Zagros, p. 330 (Soh, le Louristan, la zone cal¬
caire, la zone argilo-sableuse) ; région de Bander Abbas et golfe Persique,
p. 333 ; la faune nummulitique du Plateau iranien, p. 338.
VIII. Le néogène. 341
Le Miocène, p. 341 ; l’âge des premières couches à Lépidocyclines, p. 343 ;
Azerbaïdjan, p. 345 (Ourmiah, le Pontien de Magharé) ; Mer Aralo-Caspienne,
p. 347 ; Elbourz méridional, p. 348 ; Hindou-Kouch, p. 350 ; Zagros, p. 352
(Asmari, Fars, Bakhtyari) ; Plateau central, p. 354 (environs de Hamadan,
Kazvin, Téhéran, Qoum, Chirin Bala, Semnan, Kachan, Meçhed) ; Bélout¬
chistan et golfe Persique, p. 362 (les couches de Gaj, le Pliocène marin, le
Néogène continental et les Siwaliks). La faune miocène du Plateau iranien,
p. 369.
TROISIÈME PARTIE
PALÉOOÉOGRAPHIE
Le Cambrien, p. 372 ; le Silurien etle Dévonien, p. 373; l'Anthracolithique, p. 375 ;
Relations avec la Gondwanie, p. 377 ; Evolution du Plateau iranien pendant le
Primaire, p. 378 ; le Trias et le Jurassique, p. 382 ; Nature des Faunes et rela¬
tions paléogéographiques, p. 385 ; le Crétacé, p. 388 ; Evolution du plateau ira¬
nien pendant le Secondaire, p. 392 ; le Nummulitique, p. 393 ; le Néogène,
p. 396 ; l’arc septentrional, p. 398 ; l’arc méridional, p. 401 ; Evolution du
Plateau iranien pendant le Tertiaire, p. 402 ; le bassin aralo-caspien, p. 403 ; le
Séistan, p. 405 ; Mésopotamie et golfe Persique, p. 408.
Index. 409
Table des Figures. 412
Table des Planches . 414
AYANT-PROPOS
Le Plateau iranien (Perse, Afghanistan, Béloutchistan) n’a jamais été
l’objet d’une étude géologique d’ensemble.
Hormis certaines régions pétrolifères, il n’y a que peu de travaux de détail.
Par contre, les observations faites au cours d’explorations sont nombreuses,
plus de 400 notes publiées. Certaines régions ont été favorisées, d’autres
n’ont jamais reçu la visite d’un géologue.
C’est aux géologues anglais que l’on doit les travaux les plus importants :
Loftus dans l’Ouest, Sir Henry Mac Mahon dans le Séistan, Griesbach et
Sir H. Hayden en Afghanistan, Pilgrim et Tipper dans le Sud-Ouest, le
Lieutenant-Colonel Davies sur les confins indo-afghans, enfin les géologues
de l’Anglo-Persian Oil C°, MM. Lees, Richardson, P. T. Cox, Davis, etc.
La géologie allemande est surtout représentée par Stahl dont les levés
ont couvert tout le Nord-Ouest de la Perse et Trinkler qui fit un voyage en
Afghanistan occidental.
L’Ecole française a été largement représentée par J. de Morgan et R. de
Mecouenem, par A. Rivière (Étude détaillée de l’Elbourz central), H. et
M me H. de Ciz an court et J. Barthoux (Afghanistan), C. Arambourg
(Poucht-i-Koh). Il faut y ajouter les travaux paléontologiques de H. Dou-
VILLÉ.
J’ai eu moi-même la possibilité de reconnaître une région de l’Afghanistan
et de l’Inde Nord-Ouest en 1923-1924, puis de grandes régions de la Perse
en 1936-1937. J’ai conservé le meilleur souvenir de l’hospitalité afghane.
Par contre, les difficultés locales signalées en Perse par tous mes prédéces¬
seurs, A. Rivière et J. de Morgan en particulier, ne m’ont pas été épargnées ;
elles ont été singulièrement aggravées, puisque les contrats signés n’ont pas
même été respectés.
Seule, ma connaissance des langues indigènes m’a facilité les déplacements
et j’ai pu réaliser en particulier la première exploration géologique du grand
désert central, traversé du Sud-Ouest au Nord-Est.
A mon retour en Europe en 1937, j’ai traversé le Béloutchistan britannique
et la basse vallée de l’Indus, complétant l’ensemble de ma documentation
géologique et archéologique.
Au cours de ces voyages, j’ai également recueilli une petite collection d’in¬
sectes et de Crustacés dans les mares salées du Désert central, répondant au
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^© Pilgrim,/y08e//y2tÇQ^ Gnesbacb
© Ôlàhl, 169/ © ftidière , //W —J.~
© tlayden, 1909 © R/eben, 1955
——_ Itinéraires R.FURON en 1925.1929, t /56 et t^d/.
Kanddher
.Océan _I n di e n
Fio. 1. — Itinéraires de l’auteur, régions antérieurement cartographiées et documents
utilisés.
FURON
GÉOLOGIE DE L’IRAN
181
désir que m’en avait exprimé M. J. Maldiney, Professeur adjoint de Zoolo¬
gie à Téhéran, désireux d’en entreprendre l’étude. Au cours de mon voyage
de 1937, j’ai recueilli un certain nombre de plantes de la région désertique
du Séistan et les ai remises au Laboratoire de Phanérogamie du Muséum na¬
tional d’Histoire naturelle.
Le travail d’ensemble que je présente aujourd’hui n’était possible que
grâce aux travaux et aux cartes de mes prédécesseurs ; la coordination m’en
est permise grâce à mes observations et à mes découvertes personnelles, por¬
tant sur 20.000 kilomètres d’itinéraires.
La préparation et la publication de ce Mémoire ont nécessité d’autres col¬
laborations que je ne saurais passer sous silence. J’exprime tous mes remer¬
ciements au Centre National de la Recherche Scientifique qui m’a permis de
poursuivre l’étude des matériaux recueillis ; à ma femme, dont la collabo¬
ration m’a toujours été précieuse ; à mes confrères et amis, R. Abrard,
J. Cottreau et N. Menchikoff, à M. le Chanoine Délépine, qui m’ont aidé
au cours de déterminations délicates.
Je dois d’autres remerciements à nos confrères britanniques, MM. Lees,
P. T. Cox et Davis de l’Anglo-Persian Oil C°, Heron-Allen, Casteil et
Ovey, du British Muséum of Natural History, au Lieutenant-Colonel Da-
vies, qui m’ont donné accès à leurs riches collections, fait profiter de leur con¬
naissance de la géologie iranienne. Je n’oublierai pas notre confrère suisse, le
D r H. Rieben, de Téhéran.
Je me fais un plaisir d’évoquer quelques amitiés persanes : le D r Sadiq
Alam, Doyen des Facultés de Téhéran, mes excellents collègues persans de
l’Université, mes assistants : Bathai, Kheradmend et Sheikh Nya. Je salue
avec respect la mémoire du Roi d’Afghanistan Mohammed Nadir Shah et
suis heureux de me rappeler les relations amicales entretenues avec son frère,
S. A. R. Sardar Shah Vali Khan, Ministre plénipotentiaire à Paris.
La présentation matérielle de ce Mémoire appelle quelques observations.
Les circonstances du moment exigeant de grandes économies d’impression et
d’illustration, il m’a paru inutile de décrire et de figurer des faunes déjà con¬
nues. J’ai donc établi des listes de fossiles avec des références permettant de
retrouver une bonne figure d’un échantillon iranien. D’autre part, j’ai rem¬
placé l’historique, pourtant passionnant, par une bibliographie chronologique
aussi complète que possible et qui n’existait pas encore pour ces régions.
Bref, j’ai tenté de présenter, sous un volume très réduit, un instrument de
travail utile aux géologues de l’Asie, accompagnant la première carte géolo¬
gique du Plateau iranien.
PREMIÈRE PARTIE
INTRODUCTION GÉOGRAPHIQUE
HISTORIQUE ET BIRLIOGRAPIIIE
INTRODUCTION GÉOGRAPHIQUE
Il n’est pas question de traiter ici la géographie du Plateau iranien, mais
seulement d’en présenter les grandes lignes, afin de soumettre au lecteur
le cadre dans lequel vont être faites les observations géologiques.
Ce n’est pas inutile, car certains auteurs ont donné à des termes locaux une
extension géographique déraisonnable, de sorte que leur raisonnement ne
peut plus être suivi, ni en stratigraphie, ni en tectonique. D’autres ont adop¬
té l’orthographe allemande. Ayant vécu quatre ans en Afghanistan et en
Perse, connaissant la langue de ces pays, je me suis attaché à déformer le
moins possible les noms locaux (1).
Un certain nombre de mots reviennent souvent dans les termes géogra¬
phiques :
montagne.
chaîne de montagnes . .
rivière.
eau.
désert.
désert avec mares salées
pierre.
sel.
gypse .
village .
ville .
roi .
maison.
blanc.
noir .\
rouge.
Koh (ex. : Koh-i-Baba)
Band (ex. : Band-i-Turkestan)
Roud, Daria, Ab (éx. : Héri Rond)
Ab
Dasht (ex. : Dasht-i-Séfid)
Kévir (ex. : Dasht-i-Kévir)
Sang (ex. : Koh-i-Siah Sang)
Namak (ex. : Koh-i-Namak)
Gatch (ex. : Koh-i-Gatch)
Deh
Shahr, Abad
Shah
Khané
Séfid
Siah
Sourkh
(1) Les congrès internationaux ont adopté les représentations phonétiques suivantes :
sh = ch (ex. shah = chah) ; kh = à peu près le ch allemand dans Buch ; gh = r (Baghdad
se prononce Bardâd et non pas Bagdad) : k et q ne se prononçant pas de la même façon, il
y a lieu de respecter l’orthographe locale et d’écrire Iraq (et non pas Irak), ce qui est encore
inexact partiellement puisque le I doit être prononcé à l'anglaise : soit Aïraq.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
183
Le Plateau iranien est une région montagneuse et désertique de 3 millions
de kilomètres carrés, située entre 28° et 38° de latitude Nord.
11 est divisé en 3 au point de vue politique : à l’Ouest, le royaume de
Perse (1) (1.645.000 kilomètres carrés) ; à l’Est, le royaume d’Afghanistan
et le Béloutchistan britannique (chacun 700.000 kilomètres carrés environ).
La population totale est de l’ordre de 23 millions d’habitants : Perse : 15,
Afghanistan : 7, Béloutchistan : 1, soit une moyenne de 9 habitants au
kilomètre carré, moyenne extrêmement faible (France : 74, Sénégal : 7).
Orographie
Le Plateau iranien dont l’altitude peut être très basse, descendant au cen¬
tre à 300 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, se trouve isolé du
monde extérieur par une ceinture montagneuse, où l’on reconnaît deux grands
arcs, Nord et Sud.
L’arc iranien septentrional s’allonge presque en ligne droite de l’Ouest à
l’Est, depuis l’Arménie jusqu’au Pamir. Il porte des noms différents de l’Ouest
à l’Est : Elbourz, monts du Khorassan et Paropamisades, Firouz Koh et Sé-
fid Koh, Hindou-Kouch et Pamir.
L’arc iranien méridional constitue au contraire une longue guirlande joi¬
gnant l’Arménie et le Taurus à l’Himalaya, sous les noms de chaîne du
Zagros, monts du Mekran, monts Suleiman, etc.
L ’Elbourz est une chaîne allongée de l’Ouest à l’Est, depuis FArarat jus¬
qu’au Khorassan, passant au sud de la mer Caspienne. Sa largeur maxima
est de 100 kilomètres.
Son plus haut sommet est un sommet volcanique : le Demavend (6.000 m.).
Les autres sommets sont, de l’Est à l’Ouest : l’Alamout (4.850), l’Elbourz
(4.150 m.), le Shahzadeh Koh (5.600 m.), le Kazi Koh (3.600 m.). Le versant
Nord, bien arrosé, est couvert de forêts, tandis que le versant Sud, face
au désert, est dépourvu de végétation.
Les monts dû Khorassan et les Paropamisades sont moins larges et moins
élevés. Ils offrent cette particularité qu’on y peut voir le soubassement cris¬
tallin, invisible dans l’Elbourz. Les principaux sommets sont de l’Ouest à
l’Est : l’Ala Dagh (2.770 m.)., le Takht-i-Chirzi (3.000 m.), le Binaloud (3.350
m.), le Firouz Koh (3.160 m.).
L’Hindou-Kouch, orienté du SW au NE,mesure 600kilomètres de longueur.
Le plus haut sommet se trouve en territoire indo-britannique ; c’est le pic
granitique du Tiritch Mir (7.750 m.). L’ensemble de la chaîne se tient aux
environs de 5.000 mètres et plus. De l’Est à l’Ouest, les principaux cols sont
(1) Par décret de 1935, le nom de Perse a été changé pour celui d’Iran. Il s’agit actuelle¬
ment d’une hérésie géographique. L’empire iranien comprenait jadis tout l’Iran, mais le
royaume de Perse actuel n’en représente que les 3 /5au plus. Je conserverai le mot « Perse »
au cours de ce Mémoire afin d’éviter toute confusion.
184
R. PURON
ceux de Katchin (6.900 m.), de Nouksan (5.050 m.), de Khawak (3.600 m ),
Ak-Robat (3.600 m.).
Les chaînes du Zagros s’allongent du NW au SE ; elles commencent près
du lac de Van, pour se terminer vers Bander-Abbas ; elles obliquent ensuite
vers l’Est, se tenant un peu au Nord de l’océan Indien. Sur 1.800 kilomètres,
elles sont formées de chaînons parallèles, séparés par de profondes vallées ne
communiquant que par des cluses étroites. La largeur de la chaîne atteint
250 kilomètres.
Du Nord au Sud, les plus hauts sommets sont : l’Elwend (3.750 m.), le
Kala Koh (2.220 m.), Koh-i-Alidjouk (4.270 m.), Koh-i-Soukhté (3.140 m.).
Les monts du Mekran, qui longent les côtes de l’océan Indien, ne
semblent pas dépasser 2.500 mètres de hauteur, mais leur exploration est loin
d’être terminée. Ils passent à l’Est aux chaînes béloutches.
Les chaînes béloutches s’allongent du Sud au Nord, depuis Karachi jusqu’à
Quet.ta, dominant la vallée de l’Indus qui s’étale à l’Est. C’est dans cette zone
que l’on trouve la plupart des localités qui ont servi à subdiviser les terrains
tertiaires : Ranikot, Laki, monts de Khirtar, etc.
On arrive ensuite à Varc du Séislan, aux monts Suleiman (3.450 m.), au
Séfid Koh (4.760 m.) qui font le passage aux chaînes du Cachemire et à l’Hi-
malaya.
A l’intérieur de ces deux arcs, de cette ceinture montagneuse, le plateau,
plus ou moins déprimé, n’est pas constitué par une seule grande cuvette. Il
existe au contraire bien d’autres reliefs.
Une chaîne ancienne très érodée, de direction Nord-Sud, s’allonge au Nord
de Kirman. Elle se relie à l’arc méridional par des sommets de4.000 mètres.
Elle atteint 2.500 mètres au Nord de Kirman et 3.000 mètres au Nord de
Tabass.
En Afghanistan, toute l’immense région qui s’étend au Sud de l’Hindou-
Kouch et surtout du Séfid Koh central, le Hazarah, est entièrement monta¬
gneuse avee des hauteurs de l’ordre de 4.000 mètres.
Plus au Sud, sur la frontière afghano-béloutche, apparaissent des guirlandes
convexes vers le Sud, le Koh-i-Poucht (1.800 mètres), Koh-i-Sabz et Koh-i-
Birk, parallèles à l’arc méridional.
Hydrographie
C’est à partir de ces reliefs que s’est organisé un réseau hydrographique
très particulier, caractérisé par l’abondance de bassins fermés.
Les eaux du versant Nord de l’arc septentrional vont à la mer Caspienne,
au Kara Qoum et à la mer d’Aral.
Seules, les eaux du versant méridional de l’arc Sud vont à l’Océan (l’océan
Indien).
Tous les autres cours d’eau aboutissent à des bassins fermés : le Dasht-i-
Kévir, le Dasht-i-Lout, le bassin de Bampour, etc., en Perse, le Séistan (Perse
GÉOLOGIE DE L’IRAN 185
et Afghanistan), la cuvette de Machkel au Béloutchistan, pour ne citer main¬
tenant que les principaux.
Vers la mer d'Aral : l'Amou Daria.
L’Amou Daria, l’Oxus des Anciens, prend ses sources dans le Pamir, cons¬
titue la frontière afghano-russe sur 800 kilomètres et va se jeter dans la mer
d’Aral. Son affluent principal, le Koundouz, draine tout le versant Nord de
l’Hindou-Kouch.
Vers le Kara Qoum : le Mourgh-Ab et le Héri-Roud.
Le Mourgh-Ab (600 kilomètres) prend sa source dans le Firouz Koh, tra¬
verse le Band-i-Turkestan, puis va se perdre dans l’oasis de Merv.
Le Héri-Roud (850 kilomètres) coule de l’Est à l’Ouest pendant 500 kilo¬
mètres, arrive aux environs de Hérat, oblique brusquement vers le Nord, se
grossit de la rivière de Meched, traverse la frontière russe à Zulfikar et dispa¬
raît dans l’oasis de Tedjen.
Vers la Caspienne :
Le versant Caspien mesure environ 250.000 kilomètres carrées. Les rivières
qui se jettent dans la Caspienne y apportent les eaux du versant Nord de
[’Elbourz, surtout. Les principaux cours d’eau sont, de l’Est à l’Ouest : le
Gorgan, le Talar, le Tchalousse et le Séfld Roud qui se termine au delta de
Recht.
Vers l’océan Indien :
Les eaux arrivant à l’océan Indien sont recueillies sur une surface de
350.000 kilomètres carrés environ.
Dans l’Ouest, le fleuve le plus important est le Karoun (plus de 1.000 kilo¬
mètres) qui prend ses sources dans le pays Bakthyari, traverse les anticlinaux
du Zagros et vient se jeter dans le golfe Persique, près du Chatt-el-Arab.
Dans l’Est, nous sommes dans le bassin de l’Indus. Le principal de ses af¬
fluents (rive droite) est la rivière de Kaboul (500 kilomètres environ) qui
draine tout le versant méridional de l’Hindou-Kouch.
Le Lac Rezaieh ( ex-Ourmiah ).
Le lac Rezaieh, situé à 1.200 mètres d’altitude tout au Nord-Ouest de la
Perse, mesure 5.000 kilomètres carrés environ. Ses eaux, sursalées, contien¬
nent 155 kilogrammes de sels par mètre cube.
Témoin d’un lac pliocène, dont la surface était double, le lac Rezaieh est
au centre d’un bassin fermé de 50.000 kilomètres carrés.
Le Dashl-i-Kévir.
Le Dasht-i-Kévir est un immense désert qui s’étend au Sud de l’Elbourz :
600 kilomètres de l’Ouest à l’Est, 400 du Nord au Sud. L’altitude la plus
basse est de 600 mètres aux environs de Tabass, à son extrémité orientale.
186
R. FURON
De cette cuvette, émergent comme des îles, des collines oligo-miocènes,
soit des argiles gypso-salifères. Le lessivage de ces dépôts^ par les quelques
pluies annuelles provoque l’établissement de grands marais de boues salées
dont la surface durcit au début de l’été. Le principal danger encouru lors¬
qu’on voyage dans ces zones est de traverser la croûte salée, assez solide,
mais peu épaisse.
Le Dasht-i-Kévir ne reçoit pas de cours d’eau permanents, mais seule¬
ment des oueds descendants de l’Elbourz surtout, oueds dont les eaux trop
rares sont utilisées par les cultivateurs aux abords même de la montagne.
Les bassins fermés de VOuest.
Entre les chaînes du Zagros proprement dites et la chaîne centrale, les re¬
liefs, toujours orientés Nord-Ouest-Sud-Est, ont isolé plusieurs bassins, ceux
de Soltanabad, Isfahan, Niriz et Yezd. Leur aspect est toujours le même:
des étendues désertiques, argileuses, sableuses ou pierreuses.
Le Dasht-i-Loül.
Le Dasht-i-Lout, le « Désert tout nu », couvre les 3 ,4 de la Perse orientale
et possède les points les plus bas : 300 mètres seulement à l’Est de Kirman,
son altitude moyenne se tenant aux environs de 1.000 mètres.
Les reliefs étant très usés, il n’est pas impossible que le Désert du Lout
communique avec le Dasht-i-Kévir. Ce sont des pays d’aspect tout à fait sem¬
blable. Le Dasht-i-Lout mesure 800 kilomètres du Nord au Sud, sur 300 de
l’Ouest à l’Est.
La cuvette de Bampour.
C’est un bassin fermé de 500 kilomètres de longueur et 150 de largeur, situé
au Sud du Dasht-i-Lout, dont il est isolé par des reliefs importants, dépassant
3.000 mètres. Pourtant le fond de la cuvette est à 380 mètres'.
La cuvette du Namak Sar et le lac Palaran.
Ces deux lacs salés sont au centre d’un bassin de 300 kilomètres de lar¬
geur situé sur la frontière afghano-persane, au Sud de Meched et Hérat.
Le Séistan.
Le Séistan, situé au Sud-Est de la Perse, s’étend à la fois sur la Perse,
l’Afghanistan et le Béloutchistan. C’est une immense dépression bordée de
montagnes rigoureusement nues et brûlées par le soleil. Au centre se trouve
deux lacs : le Gaud-i-Zirreh et le Hamoun-i-Hilmend, qui reçoit les eaux
d’un fleuve afghan : le Hilmend.
Le Hilmend a 1.000 kilomètres. Il prend ses sources dans les monts Sanglak
à 100 kilomètres à l’W de Kaboul, traverse le Hazarah du NW au SE, pé¬
nètre dans les déserts du Sud afghan, séparant le Registan du Dasht-i-Margo,
puis se jette dans les lacs marécageux, les « hamouns », à 510 mètres d’altitude
seulement.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
187
C’est un des déserts iraniens où le sable est le plus abondant et le climat
le plus horrible. C’est aussi le pays du vent des 120 jours.
Les observations faites tendent à démontrer que l’assèchement se pour¬
suit. Ici comme sur les bords du Sahara, le rôle de l’homme est à considérer.
C’était une région très prospère, non seulement aux époques préhisto¬
riques, mais jusqu’aux xm e et xiv e siècles. Ce sont les invasions des Musul¬
mans de Mahmoud de Ghazni et des Mongols de Gengis Khan, puis de Ti-
mour, qui ont anéanti la richesse de ces régions où les cultivateurs irriguaient
soigneusement de grandes étendues.
Le bassin du Machkel.
Séparée du Séistan par le Koh-i-Poucht, la cuvette du Machkel se trouve au
Béloutchistan. Elle en occupe la moitié du territoire.
Les précipitations atmosphériques
Dans son ensemble, le Plateau iranien est un pays sec et même très sec.
Toutefois, les conditions locales sont très variées. Quelques chiffres donneront
une indication.
Les seules régions vraiment pluvieuses et humides sont les provinces cas-
piennes. A Recht, au Guilan,la moyenne annuelle est de 1.200 millimètres.
Ensuite, la région la mieux arrosée paraît être le pays de Kaboul,en Afgha¬
nistan (1.765 mètres) avec 450 à 500 millimètres, dont la moitié environ sous
forme de neige.
Les autres chiffres connus donnent pour la Perse : Tabriz (283 mm.), Téhé¬
ran (236 mm.), Meched (250 mm.).
La région désertique, le Séistan en particulier, reçoit environ 70 millimètres
de pluie par an.
Les températures
En dehors de la zone côtière, le climat est continental, chaud en été, froid
en hiver.
Je donnerai ici quelques chiffres (1) :
Max.
Min.
Tabriz 1.500 m.
+ 38
— 25°
Téhéran 1.100 m.
+ 44
— 15°
Kaboul 1.765 m.
+ 37
— 25°
Les chiffres de Téhéran sont valables pour une grande partie de la Perse.
Au Séistan, j’ai noté 54° à l’ombre (et 70° au soleil) en juillet 1937 et Sir
H. Mac Mahon indique que le thermomètre y descend à 20° au-dessous de
zéro en hiver.
(1). Les températures sont les températures réelles, observées. La correction au niveau
de la mer s’obtient en ajoutant à la température réelle 0°56 par 100 mètres d’altitude.
188
R. PURON
Les principales régions naturelles
Nous verrons très sommairement les principales régions naturelles qui
composent cet immense pays.
L’Azerbaïdjan.
L’Azerbaidjan situé tout au NW de la Perse, au contact de la Turquie et
de l’U. R. S. S. est une région montagneuse, ornée de volcans éteints dont les
sommets s’élèvent à 4.800 mètres pour le Savalan et 3.600 pour le Sahend.
C’est en Azerbaïdjan que se trouve le Lac de Rezaieh (ex-Ourmiah) et les
célèbres gisements de Mammifères pontiens de Maraghé.
La plus grande ville est Tabriz (ouTauris) à 1.500mètresd’altitude(290.000
habitants).
Le Kurdistan.
Le pays des Kurdes comprend la zone montagneuse du Zagros Nord, qui
sépare la Perse de la Mésopotamie, à la hauteur de Mossoul et Baghdad.
On y trouve deux villes: Sanandaj (1.700 mètres) et Kirmanshah au Sud
(1.600 mètres ; 70.000 habitants).
Les provinces caspiennes.
Elles représentent tout le versant Nord, boisé, del’Elbourz et la plaine cô¬
tière de la Caspienne, très marécageuse.
De l’Ouest à l’Est, on distingue le Guilan, avec Recht (100.000 habitants),
le Mazandéran, avec Sari (50.000 h.) et le Gorgan, avec Gorgan (ex-Asterabad).
Le Louristan.
Le Louristan est situé au Sud du Kurdistan. C’est également un pays mon¬
tagneux, très sauvage, peuplé de tribus nomades. C’est le Zagros central, une
série de hautes chaînes parallèles entaillées de gorges profondes. Le pays
montre un grand développement du Crétacé.
Le Khouzistan.
Le Khouzistan, ou Arabistan, est situé entre le Louristan et le golfe Per-
sique. Peuplée d’Arabes, c’est une région très riche, possédant à la fois la
plaine fertile du Karoun et les champs pétrolifères de l’Anglo-Iranian Oil
Cy.
Le Zagros méridional et les côtes du golfe Persiqüe.
La même chaîne se poursuit vers le Sud, sur le bord oriental du golfe Per-
sique.
Le paysage est de plus en plus désolé et les villes plus misérables : les ports
de Bouchir et de Bander Abbas.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
189
Les monls du Mekran.
Nous les avons vus au paragraphe précédent sur l’orographie. Ils dominent
une côte désolée, depuis Bander Abbas jusqu’à Karachi.
Le Khorassan.
Le Khorassan est une immense province située au NE de la Perse et au
NW de l’Afghanistan. Elle possède au Nord une chaîne de montagnes qui
met en liaison l’Elbourz avec le Sefid Koh et l’Hindou-Kouch.
C’est le pays des turquoises, des vergers et aussi du pétrole. Deux villes
principales : Meched, en Perse, avec 140.000habitants, et Hérat, en Afghanis¬
tan, 20.000 habitants (935 m, d’altitude).
L’Hindoü-Kouch.
L’Hindou-Kouch est un massif montagneux de 600 kilomètres de longueur
que l’on ne franchit que par des cols difficiles dont les plus bas sont à 3.600 m.
Le Turkestan afghan.
Le Turkestan afghan ou mieux, la Bactriane, est une région basse, située
entre le Band-i-Turkestan et la vallée de l’Amou-Daria.
Sa capitale, Mazar-i-Chérif, n’est qu’à 377 mètres d’altitude.
Le Hazarah.
On appelle Hazarah l'immense région (de flysch surtout) qui s’étend au
Sud de l’Hindou-Kouch et du Séfid Koh. Le Hazarah, peuplé de Mongols, est
encore très peu connu.
Le Plateau central.
Le Plateau central, nous l’avons dit, est constitué par une série de cuvettes
pouvant descendre à 300 mètres.
On l’a souvent comparé à une mer intérieure, sur les bords de laquelle se¬
raient des ports. Toutes les grandes villes de la Perse ou à peu près se trou¬
vent en effet en bordure du désert : Chiraz, Kirman, Isfahan, Qoum, Téhé¬
ran, etc.
Il constitue à lui tout seul une région et nous le traiterons comme tel au
cours de notre exposé.
HISTORIQUE ET BIBLIOGRAPHIE GÉOLOGIQUE (1824-1939)
La rédaction de ce travail m’a amené à rechercher tout ce qui a été écrit
sur la géologie du Plateau iranien. Ce fut un travail extrêmement long, car
il n’existait pas de bibliographies antérieures complètes, mais seulement des
listes des principaux ouvrages.
Dans les régions très peu connues, de courtes notes prennent une grande
importance. Aussi bien, il m’a paru utile de publier une liste aussi complète
que posssible. Je l’ai établie suivant un ordre chronologique, ce qui expose en
190
R. FURON
même temps les grandes lignes de l’historique des explorations et des décou¬
vertes.
Les 50 premières années, de 1825 à 1875, fournissent 60 notes et mémoires
dus à des explorateurs, parmi lesquels les officiers britanniques occupent la
première place. On y trouve le major Todd, W. Loftus, H. C. Rawlinson,
O. W. H. von Abich, F. de Filippi, W. T. Blanford, X. Hommaire de
Hell et E. Tietze.
Une seconde période s’étend de 1875 à 1914. On y trouve 150 études dues
à E. Tietze, Th. Fuchs, C. L. Griesbach, A. Houtum Schindler, H. Poh-
lig, H. von Abich, K. Bogdanovitch, A. F. Stahl, F. Noetling, A. H. et
C. A. Mac Mahon, P. M. Sykes, H. H. Hayden, J. de Morgan et H. Dou-
villé, E. Vredenburg, H. G. M. Pilgrim, R. de Mecquenem, Sven Hedin,
P. Bonnet, E. Fischer.
Le Plateau iranien n’est pas encore bien connu, mais certaines régions fa¬
vorisées ont livré de nombreux documents. A. F. Stahl a pu établir une
première carte de la Perse occidentale accompagnant une étude d’ensemble
(Persien, 1911). En Afghanistan, Griesbach et Hayden ; au Béloutchistan,
Vredenburg ; au Séistan, Mac Mahon et Huntington, publient des cartes
régionales du plus haut intérêt. L’Age jurassique des charbons iraniens a été
établi, le fameux gisement de Mammifères pontiens de Maraghé est décrit,
les découvertes stratigraphiques se multiplient.
Pendant la Guerre de 1914-1918, les géologues eurent d’autres soucis que
l’exploration de la Perse et de l’Afghanistan. Il faut toutefois mentionner
l’extraordinaire traversée de la Perse et de l’Afghanistan exécutée par un of¬
ficier allemand, géologue et diplomate, O. von Niedermayer.
De 1919 à 1939, 200 notes et mémoires présentent l’activité des géologues.
Les travaux s’orientent un peu différemment et les recherches de pétrole ap¬
portent une documentation considérable. Les plus beaux travaux sont dus à
l’équipe des géologues de l’Anglo-Iranian Oil Company et aux paléontolo¬
gistes qui étudient partiellement leurs récoltes : G. M. Lees, R. K. Richard¬
son, W. B. R. King, J. A. Douglas, A. Davis, P. T. Cox, R. L. Cox, L. F.
Spath, etc... qui ont mis sur pied une géologie très précise des régions pétro¬
lifères du Zagros et du Béloutchistan persan. G. H. Tipper étudie les gise¬
ments de charbon de la région de Kirman.
Tout à l’Est, les confins indo-béloutches sont étudiés par W. L. F. Nuttall
et le Lieutenant-Colonel Davies, qui établissent une stratigraphie du Ter¬
tiaire.
On trouve des publications allemandes : E. Trinkler, O. Herbordt,
K.Brückl sur l’Afghanistan, O. Kühn, E. Bôhne, H.Bobek sur la Perse;
italiennes : A. Desio et C. F. Parona sur le Zagros ; suisses : A. Erni sur
l’Elbourz, H. Rieben sur l’Azerbaidjan.
La géologie française a tenu sa place dans les études de ces vingt dernières
années.
R. de Mecquenem, chef de la Délégation française aux fouilles archéolo¬
giques de Suse (Perse), a étudié les Mammifères pontiens de Maraghé.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
191
H. Douvillé a continué ses études paléontologiques, très heureusement
résumées dans la Notice que lui a consacrée Ch. Jacob en 1939.
J. Barthoux a fait un séjour en Afghanistan et malgré les difficultés de
l’époque a réussi à faire d’utiles observations au Badakhchan.
A. Rivière, professeur à l’Université de Téhéran, de 1930 à 1935, a entre¬
pris la première étude détaillée de l’Elbourz central, augmenté les connais¬
sances stratigraphiques et établi une tectonique tout à fait insoupçonnée
jusque-là. Il s’agit ici de la zone Sud de l’Elbourz central.
J. Jung a fait un voyage en Azerbaïdjan et publié une Note en collabora¬
tion avec A. Jeannet, sur la géologie du Ivaflan Koh, puis H. de Cizan-
court et H. Vautrin font un voyage en Afghanistan.
C. Arambourg, chargé d’une mission en Perse, a récemment recueilli
une importante faune de Poissons dans le Nummulitique du Zagros méri¬
dional, dans le Poucht-i-Koh en particulier.
L. et J. Morellet ont étudié des Acicularia du Sarmatien moyen du Ma-
zandéran (Perse du Nord), recueillies par A. Erni, de Bâle.
Enfin, j’ai eu moi-même la possibilité de séjourner quatre ans en Iran,
deux ans en Perse, et deux ans en Afghanistan.
De 1922 à 1924, en qualité de professeur à l’Ecole française de Kaboul,
j’ai utilisé les loisirs que me laissaient mes obligations professionnelles, à recon¬
naître la région de Kaboul d’abord, puis et surtout, une partie de l’Hindou-
Kouch et du Turkestan afghan. La révolution de 1924 m’amena à employer
mes vacances d’été à la visite du Nord de l’Inde.
Onze ans plus tard, de 1935 à 1937, au titre de professeur de Géologie et
de Minéralogie à la Faculté des Sciences de Téhéran, chargé de mission par
le Muséum national d’Histoire Naturelle et par le Ministère de l’Instruction
publique, j’ai étudié une grande partie de la Perse, tout particulièrement la
région désertique pratiquement inconnue jusque-là. Les principaux résul¬
tats obtenus portent sur la découverte de couches à Fusulines dans le désert
central, sur l’extension et les faunes du Nummulitique et du Néogène, sur la
présence en Perse, d’un axe orogénique Nord-Sud faisant suite à l’Oural.
J’ai complété mes études sur le terrain, par un voyage au Béloutchistan
et dans l’Inde, par la visite des collections réunies au Caire et par une recon¬
naissance dans l’île de Chypre, à la recherche de la bordure Nord des terri¬
toires gondwaniens, soulignée par une immense cassure, alignée du Sud maro¬
cain jusqu’au pied de l’Himalaya.
LISTE DES PUBLICATIONS
1824
1. Fraser (J. B.). — Notes made (in 1822) in the course of a voyage from Bombay to
Bushire. Trans. Geol. Soc., London (2), v. I, pp. 409-412.
1826
2. Fraser (J. B.). -— Travels and Adventures in the Persian Provinces on the Southern
banks of the Caspian Sea, with an appendix containing short notices on the Geology
and Commerce of Persia , 1 vol., London.
1828
3. Bell (C. M.). — Geological Notes on part of the Mazanderan. Trans. Geol. Soc.,
London (2), v. V, p. 577.
4. Winchester (J. W.). — Memoir on the river Euphrates... during the late expédition
of the H. C. Armed Steamer « Euphrates ». Trans. Geogr. Soc., Bombay, t. 2, pp. 12-17.
1830
5. Prinsep (J.). —- Examination of the Minerais collected by E. Stirling at the Tur¬
quoise Mines at Nishapur in Persia. Glean Soc., pp. 375-379.
1832
6. Voskoboinikov. —- Dépôt de sel gemme de Gherghere en Perse. Mém. Geol. et Pa-
léont., Saint-Pétersbourg (1830).
1835
7. Beke (C. T.). -—- On the geological evidence of the advance of the land at the head
of the Persian Gulf. Phil. Mag., London, v. VII, pp. 40-46.
8 . Rich (C. J.). —- Narrative of a résidence in Koordistan and on the sites of the ancient
Niniveh, with Journal of a voyage down the Tigris to Baghdad and an account of a
visit to Shiraz and Persepolis. London, 2 vol., 398 p. et 410 p., 1 carte.
1837
9. J ex ki xs (G.). — On Sulphur Mines of Cummir in the Persian Gulf. Trans. Bombay
Geogr. Soc., pp. 284-286.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
193
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10. Lord (P. B.). — Sonie account of a visit to the plain of Koh-i-Daman. J. Asiatic
Soc. Bengal, Calcutta, n° 78, pp. 521-537.
11. Truilhier (Cne). — Mémoire descriptif de la route de TehranàMechedet deMeched
à Yezd, reconnue en 1807. Bull. Soc. Géogr., Paris (2), t. X, pp. 1-18.
12. Whitelock (F.). — Descriptive Sketch of the Islands and Coast situated at the
entrance of the Persian Gulf. J. B. Geogr. Soc., London, v. VIII, pp. 170-184.
1839
13. Grant (Cn N. P.). — Journal of a Route through the Western Part of Mekran.
J. Asiatic Soc. Bengal, Calcutta, v. VII, pp. 328-342.
1840
14. Conolly (Cn E.). —- Sketch of the Physical Geography of Seistan. J. Asiatic Soc.
Bengal, Calcutta, v. IX, pp. 710-726.
15. Hay (Cn). —- Fossil Shells discovered in the neighbourhood of Bajgah, Afghanistan.
J. Asiatic Soc. Bengal, Calcutta, p. 341.
1841
16. Drummond (Cne). — On the Mines and minerai resources of Northern Afghanistan.
J. Asiatic Soc. Bengal, Calcutta, v. X, pp. 74-93.
17. Griffiths (D r ). — Extracts from Reports on subjects connected with Afghanistan.
J. Asiatic Soc. Bengal, Calcutta, v. X, p. 803.
1844
18. Todd (Major). — Report from a Journey from Herat to Simla, via Candahar et
Cabul. J. Asiatic Soc. Bengal, Calcutta, v. XIII, p. 339.
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19. Hutton (Cpt. I.). — Notes on the geologyand mineralogy of Afghanistan. J. Nat.
Hist., Calcutta, v. VI, p. 562.
20. Vicary (Cpt.). — Geological Report on a portion of the Beloochistan Hills. Quart.
J. Geol. Soc., London, v. 2, p. 260 ; J. Nat. Hist., Calcutta, v. VII, p. 385,
»
21. Voskobointkov (Lt-Cl.). — Voyages en Perse. J. des Mines, Saint-Pétersbourg,
t. 2, p. 171.
1847
21 bis. Buch (L. de). — Lettre sur le Nummulitique de Suse et du Zagros. B. Soc. Géol.
Fr. (2), t. IV, p. 542.
1850
22. Newbold (T. J.). — A descriptive list of Rock specimens from Maskat in Arabia,
Persia and Babylonia. J. Bombay Branch B. Asiatic Soc., v. III, pt. 2, pp. 26-32.
23. Viquesnel (A.). — Notes sur les collections et les voyages de M. Hommaire de Hell
en Perse (mort à Isfahan en 1848). B. Soc. Géol. Fr. (2), t. VII, p. 491.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VII.
13
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R. FURON
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24. Czarnotta (J.). — Erster Reisebericht aus Persien. Jb. kit. Geol. Reichs., Wien, fg.
3, pp. 105-115..
1853
25. Archiac (d’) et Haime (J.). —■ Description des Animaux fossiles du groupe num-
mulitique de l’Inde. Péris (Gide et Baudry, édit.).
26. Grewinck (C.). — Géognosie et Orographie du Nord de la Perse (en russe). Verh.
K. Russ. Miner. Ges., Saint-Pétersbourg, pp. 97-144,1 carte.
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27. Hommaire de Hell (X.). — Voyage en Turquie et en Perse (Ouvrage posthume),
Paris (Notes géologiques dans le tome IV).
1855
28. Loftus (W.). — On the geology of portions of the turco-persian frontier and of the
adjoining districts. Quart. J. Geol. Soc., London, v. XI, pp.247-344, 23 fig., 1 pl.
29. Woodward (S.). — On the structure and affinities of the Hippuritidae. Quart. J.
Geol. Soc., London, v. XI, pp. 40-G1.
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30. Loftus (W. K.). — Travels and Researches in Chaldaea and Susiana. London, 1 vol.,
436 p.
31. Rawlinson (H. C.). — Notes on the ancient GeographyofMohamrahandthe vici-
nity. J. R. Geogr. Soc., London, v. XXVII, pp. 185-190.
1858
32- Abich (O. W. H. von). —Tremblement de terre observé à Tabriz en septembre 1856.
Notices physiques et géographiques de M. Khanikoff sur l’Azerbaidjan. B. Cl. Math.
Phys. Acad. Imp. Sc., Saint-Pétersbourg, v. XVI, colonnes 347-352, 3 pl.
33. Seidlitz (N. von). —Rundreise um den Urmia-See in Persien, im Jahre 1856. Pe-
termann's Mitt., Gotha, pp. 227-236.
1859
34. Abich (O. W. H. von). — Vergleichende geologische Grundzuge der kaukasischen,
armenischen und nordpersischen Gebirge. Prodromus einer Géologie der kaukasischen
Lânder. Mem. ,4c. Sc.., Saint-Pétersbourg (6), t. VII, pp. 359-534, 20 fig., 8 pl.
35. Abich (O. W. H. von). — Ueber das Steinsalz und seine geologische Stellung
im Russischen Arménien. Mem. Ac. Sc., Saint-Pétersbourg (6), v. VII, pp. 61-150,
pl. 3-10.
36. Abich (O. W. H. von). — Vergleichende chemische Untersuehungen der Wasser
des Caspischen Meeres, Urmia- und Van See’s. Mém. Ac. Sc., Saint-Pétersbourg (6),
v. VII, pp. 1-58, 2 pl.
1859 1860
37. Carter (H. J.). 1 — Report on geological specimens from the Persian Gulf, collected
by Lt. C. G. Constable. J. Asiatic Soc. Bengal, Calcutta, v. XXVIII, pp. 41-48,
v. XXIX, pp. 359-365.
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Soc., Bombay (new ser.), n» 5.
39. Kotschy (Th.). — Demavend. Petermann’s Mût., Gotha, p. 49.
40. Murray (C. A.). — Quart. J. Geol. Soc., London, v. XV, p. 198 et p. 605.
1861
41. Cook (D r ). — Topographical and geological Sketch of the province of Sarawan,
or northern portion of the table-land of Beloochistan. Trans. Med.PhysicalSoc., Bom¬
bay, n° 6, pp. 1-44.
42. Goeppert (H. R.). —■ Liber das Vorkommen von Liaspflanzen in Kaukasus und
in der Alboruskette. B. Ac. Sc., Saint-Pétersbourg, v. III, pp. 292-299.
1862
43. Cook (H.). — Geological Discoveries in the valley of Kelat and surroundings parts
in Beloochistan. in Carter : Contributions to the Geology of Western India. J. Bom¬
bay Branch Asiatic Soc., Bombay, v. VI, pp. 184-194.
44. Goeppert (H. R.). — On the occurrence of Liassic Plants in the Alborus (Elbourz)
range, Persia. Quart. J. Geol. Soc., London, v. XVIII, p. 17.
1863
45. Blau (O.). — Vom Urmia-See nach dem Van-See. Petermann’s Geogr. Mût., v. XI,
pp. 201-210., pL 7.
1864
46. Abich (H. von). — Quelques résultats de mes voyages en Géorgie, en Turquie et
en Perse, en 1862. B. Soc. Géol. Fr., (2), t. XXI, pp. 213-220.
47. Pelly (L.). ■— Remarks in a recent Joumey from Bushire to Shirauz. Trans. Bom¬
bay Geogr. Soc., v. XVII, pp. 171-174.
47 bis. Pelly (L.). — Remarks on the port of Lingah, the Island of Kisham and the
port oi Bunder Abbas and its neighbourhood. Trans. Bombay Geogr. Soc., v. XVII,
pp. 237-255.
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48. De Filippi (F.). — Note di un viaggio in Persia. Milano, 1 vol. in-8.
1867
49. Abich (H. von). — Geologische Beobachtungen auf Reisen in den Gebirgslandern
zwischen Kur und Araxes. Tiflis, 1 vol., 164 p., 10 fig.
50. Verchere (A. M.). — On the geology of Kashmir, the western Himalaya and the
Afghan Mountains. A geological paper. J. B. Asiatic Soc. Bengal, Calcutta, v. XXXVI,
pt. 2, pp. 18-20.
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51. Blanford (W. T.). — Note on the geological formations seen along the coast of
Biluchistan and Persia from Karachi to the head of thePersian Gulf, and onsomeof
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52. Rawlinson (Sir). — Monograph on the Oxus. J. R. Geogr. Soc., London, p. 482.
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53. Blanford (W. T.). — On the Nature and probable origin of the superficial deposits
in the valleys and deserts of central Persia. Quart. J. Geol. Soc., London, v. XXIX,
pp. 493-501, 1 carte.
54. Goldsmid (Major Général sir F. J.). — Journey from Bander Abbas to Mash-liad
by Sistan. J. R. Geogr. Soc., London, pp. 65-83.
55. Houtum-Schindler (A.). —• Notes on the geology of Kazrun, Persia. Quart. J.
Geol. Soc., London, v. XXIX, p. 381.
56. Rawlinson (Sir H. O.). — Notes on Seistan. J. R. Geogr. Soc., London, pp. 272-294.
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57. Ball (V.). — Geological notes ruade on a visit to the Coal recently discovered in
the country of the Luni Pathans, South-East corner of Afghanistan. Rec. Geol. Sur-
vey of India, Calcutta, v. VII, pt. 4.
58. Stiffe (A. W.). — On the Mud Craters and geological structure of the Mekran Coast.
Quart. J. Geol. Soc., London, v. XXX, p. 50-53.
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pp. 25-30 et 41-46.
60. r l Pietze (E.). — Ein Ausflug nach dem Siah Koh in Persien. Mût. Geogr. Ges.,
Wien.
61. Wynne (A. B.). — The Trans-Indus Sait Région in the Kohat District. Mem. Geol.
Survey of India, Calcutta, v. XI, pt. 2, pp. 101-226, 9 pL, 1 carte.
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62. Blanford (W. T.). — The Zoology and Geology of Eastem Persia. London, v. II,
516 p. (Geology : pp. 437-506).
63. Blanford (W. T.). — On the Geology of Sind. Rec. Geol. Survey of India, Calcutta,
v. IX, pt. 1.
64. Gintl (H.). — Die Petroleum Gebiete Bakus und Persiens. Oesterr. Monats. Orients,
Wien.
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32, pl. 3.
DEUXIÈME PARTIE
STRATIGRAPHIE
L’étude stratigraphique du Plateau iranien sera exposée suivant un plan
géographique constant. Le Plateau iranien est divisé en sept régions natu¬
relles : au Nord-Ouest : l’Azerbaidjan ; au Nord : l’Elbourz, puis le Khoras-
san persan et afghan ; au Nord-Est : l’Hindou-Kouch ; au Centre : le plateau
central, comprenant les déserts de la Perse, de l’Afghanistan Sud et du Bé-
loutchistan Nord ; au Sud-Ouest :1e Zagros : au Sud-Est : le Béloutchistan.
I. — LE SOCLE CRISTALLIN ET CRISTALLOPHYLLIEN
Le terme de « Précambrien » ne pouvant être employé avec certitude que
dans des régions où l’on a observé du Cambrien sur des terrains plus anciens,
il est préférable de ne pas l’employer pour le Plateau iranien.
Jusqu’à présent , on n’y connaît de Cambrien marin que dans l’Ouest, et
le substratum de ce Cambrien reste inconnu.
L’extension des granités n’a rien de commun avec l’extension du socle
ancien et j’ai pu démontrer [280] qu’il existait des granités secondaires et
tertiaires dans l’Hindou-Kouch.
Le vieux socle est pourtant visible dans plusieurs régions. En Afghanistan,
je l’ai étudié dans la région de Kaboul et dans l’Hindou-Kouch. Au point de
vue pétrographique, on voit des granités écrasés, des ortho- et des paragneiss,
des micaschistes à grenats et andalousite, des schistes et des quartzites.
L’ensemble est extrêmement plissé et recouvert en discordance, au Sud de
l’Hindou-Kouch, par des couches rouges et des calcaires fossilifères apparte¬
nant au Dévonien supérieur. Cela implique la possibilité de retrouver un
jour du Silurien et du Cambrien inclus dans les séries métamorphiques.
La série inférieure (Cambrien-Silurien) n’a été découverte nulle part dans
l’Hindou-Kouch, mais seulement plus au Nord-Est, au Pamir. Dans le Dar-
waz, au Sud de la chaîne de Pierre-le-Grand, le Silurien est représenté par
des calcaires à Trilobites ( Basilicus nobilis) qui sont l’équivalent du Silurien
de l’Alaï et du Turkestan. Les schistes noirs qui les accompagnent sont iden¬
tiques aux schistes à Graptolithes de la vallée du Zeravehan [ 346 ].
Au Sud de l’Hindou-Kouch, les coupes que j’ai pu observer dans le Ghor-
GÉOLOGIE DE L’IRAN
219
bend en particulier, sont assez nettes pour que l’on puisse être certain que,
localement au moins, le Cambrien et le Silurien sont absents. Lorsqu’il existe,
le Cambro-Silurien, au Pamir comme en Perse, est composé de dolomies et
de schistes, il n’est jamais plissé et métamorpbisé au point de devenir mécon¬
naissable.
Ces arguments m’amènent à considérer les séries cristallophylliennes de
l’Afghanistan oriental, comme appartenant au vieux socle précambrien, au
moins pour leur plus grande partie.
Fig. 2. — Coupe dans la vallée du Ghorbend (Afghanistan). 1 : gneiss et micaschistes ;
2 : calcaires à hématite ; 3 : schistes et calcaires du Dévonien supérieur.
Les mêmes couches se retrouvent dans le Khorassan afghan, au cœur des
montagnes qui s’allongent à l’Ouest de l’Hindou-Kouch [ 265 ],
Je les ai retrouvées au Khorassan persan, aux environs de Meched,et j’ai
pu y distinguer deux séries.
A cinq kilomètres au Nord de Torok,à 17 kilomètres au Sud de Meched,
on traverse des reliefs qui limitent,au Sud, la vallée de Meched. Venant du
Sud-Est, vers le N.-W., on voit d’abord des micaschistes à lentilles de quartz
et des quartzites micacés, alignés sensiblement Est-Ouest, l’ensemble ayant
un pendage moyen de 60° Sud-Est. On passe brusquement à des gneiss ali¬
gnés Nord-Sud, avec des pendages complètement différents. A 2 kilomètres
plus au Nord, les gneiss sont toujours alignés Nord-Sud, mais l’orientation
de leurs éléments est Est-Ouest, indiquant deux plissements successifs.
Entre Torok et Meched, les gneiss disparaissent sous la couverture du loess.
Au Nord-Ouest de Meched, les pentes Nord du Binaloud sont constituées
220
R. FURON
par les mêmes gneiss, visibles à Tourgabé et au delà. On voit des gneiss, des
schistes amphiboliques, des schistes à minéraux, le tout traversé de filons de
quartz, mais il n’y a là ni micaschistes ni quartzites. La série paraît donc se
NW +l£00m. SE
rapporter à la plus ancienne des deux observées au Sud de la vallée de Me-
ched. Elle est recouverte, en discordance, par des calcaires noirs, très écrasés
et azoïques, ressemblant à ceux de Raband, lesquels appartiennent au Dévo¬
nien supérieur à Spirifer Verneuili. Les gneiss contiennent de petits grenats
que l’on retrouve dans les sables de la rivière.
SW N
Bien plus à l’Ouest, les gneiss affleurent au Sud de Damghan.
Dans l’Elbourz, on ne connaît pas d’affleurements du socle cristallin.
Dans le Zagros, par contre, il affleure largement dans la région de l’Elwend,
à l’Ouest de Hamadan. Il y a là une grande zone granitique et métamorphique.
Certains granités, plus frais, peuvent être d’âge relativement récent, mais il
existe une série ancienne comportant des granités écrasés, des schistes mica¬
cés à andalousite et à grenats (à Zeminabad et Yakoubshah), des chlorito-
GÉOLOGIE DE L’IRAK
221
schistes. Au-dessus et en discordance viennent les schistes noirs qui affleurent
largement dans la région de Hamadan.
On ne peut rien dire de plus du socle ancien pour le moment.
IL — LE CAMBRIEN ET LE SILURIEN
A. LE CAMBRIEN
Le Cambrien a été découvert en Perse par G. M. Lees, en 1925, à Al Buza,
non loin de Bander Abbas.
Depuis cette époque, les géologues de V Anglo-lranian OU Cy ont multiplié
les découvertes dans leur zone de recherches.
La zone la plus intéressante est celle du Zagros méridional. Dans le pays
Bakhtyari, Harrison et King [ 322 , 406 ] ont défini une région cambrienne
sur le Haut Karoun. 11 y a là de 800 à 1.000 mètres de calcaires dolomi-
tiques, durs, avec des intercalations gréseuses.
On y distingue :
Cambrien supérieur. J
Cambrien moyen... j
zone à Saukia iranicus King.
zone à Chuangia nais Walcott.
zone à Irania pisiformis King.
zone à Recllichia chinensis Walcott.
Les gisements du Haut-Karoun ont livré : Agnoslus cf. Iloi Sun, Redlichia
chinensis Walc., Dikellocephalus ( Saukia ) iranicus King, Dilcellocephalus
( Iranaspis) Harrisoni King, Idahoia angulala King, Idahoia maladensis Wal¬
cott, Saralogia lalifrons King, Irania pisiformis King, Irania Falconi
King, Chuangia nais Walc., Chelidonocephalus alifrons King, Anomocare
dilcellocephaloides King, Anomocare megalurus King, et Billingsella ionki
niana Mansuy, Brachiopode très abondant.
Les autres gisements sont :
a : Koh-i-Banan (N.-W. de Kirman) : Redlichia chinensis W., Anomocare
megalurus King.
b : Irij (environs de Niriz) : Anomocare sp.
c : Koh-i-Namak (S.-W. de Bouchir) : Anomocare lalelimbalum Dames, An.
subquadratum Dames, An. persicum King, Chuangia nais W., Coosia
asiaiica Mansuy, Billingsella lonkiniana Mansuy, Obolus sp.
d : Ras Bustaneh (S.-W. de Bander Abbas) : Anomocare subquadralum
Dames.
e : Al Buza (S.-W. de Bander Abbas) : Plychoparia.
La faune est semblable à celle de l’Indochine, de la Chine et de l’Australie ;
elle a peu d’affinités avec celle de l’Inde, de la Palestine et de l’Europe.
222
R. FURON
La nature des sédiments indique des dépôts de mer très peu profonde,
transgressive sur des dépôts de gypse et de sel.
La question du sel et des « volcans de sel » de la Perse méridionale est très
troublante [321, 327], parce que le sel extrusif n’est pas toujours du même
âge. On connaît très bien le sel miocène, mais il y a des dômes de sel dont la
coupole laisse voir du Crétacé et qui sont peut-être triasiques ; enfin, dans
GÉOLOGIE DE L’IRAN
223
certains cas, le sel est recouvert par du Primaire et particulièrement du Cam¬
brien. Quelquefois, au Koh-i-Namak, par exemple, le sel extrusif s’écoule sur
la région avoisinante, remontant avec lui toutes sortes de matériaux, parmi
lesquels des calcaires cambriens fossilifères. Il y a certes des structures im¬
briquées, des contacts anormaux, des failles utiliséespar le sel, mais il semble
bien qu’il y ait un niveau de sel cambrien. Il est toutefois impossible d’être
résolument affirmatif lorsque l’on regarde les études détaillées sur le sel de
la Sait Range auquel on a attribué tous les âges possibles. Une bonne partie
des géologues anglais considèrent actuellement qu’il y a dans la Sait Range
un charriage de Cambrien recouvrant le sel qui serait, lui, d’âge tertiaire.
On ne connaît pas d’autre Cambrien fossilifère sur le Plateau iranien. Il
faut aller très loin au Nord-Est, dans le Pamir, pour retrouver des couches
non fossilifères attribuées au Cambrien, avec doute, parce qu’elles sont dis¬
posées entre du Précambrien très plissé et du Silurien.
B. LE SILURIEN
Nous ne possédons qu’une seule indication de Silurien fossilifère sur le Pla¬
teau iranien. J. V. Harrison et A. -H. Taitt [ 309 , 406 ] ont découvert des
schistes à Graptolithes à Tang-i-Zaukin, près de Furgun, à 50 milles au Nord
de Bander Abbas. Ces Graptolithes sont en mauvais état. Miss G.L-Elles y
a reconnu Monograptus sp., Diplograptus sp. et Climacograplus , représentant
du Gothlandien tout à fait inférieur, du Valentien (ex-Handovery).
Au-dessous de ces couches, il y a 20 mètres de quartzites, puis 150 mè¬
tres de schistes sériciteux avec bancs de grès à ripple-marks et Fucoïdes. Ce
serait l’Ordovicien.
III. — LE DÉVONIEN
A. AZERBAÏDJAN
Le Dévonien inférieur n’est pas connu.
Le Dévonien moyen est visible [ 166 , 222 ] sur la frontière de Russie, dans
la vallée de l’Araxe, sur la rive gauche, près de Dowalu, Sardarak et Dabeha.
11 est représenté dans cette zone par des calcaires gris contenant :
Calceola sandalina, Favosiles Goldfussi , Cyalhophyllum vermiculare, Helio-
lilhes porosus, Fislulipora sp., Endophyllum Nicolai, Spirifer speciosus, Spi-
rifer subcuspidalus, Spirifer inflalus , Spirifer mediolexlus, Chonetes Betzi.
Les calcaires du Dévonien supérieur contiennent Spirifer Verneuili Murch.
Plus au Sud, en territoire persan, dans le Zunuz, H. Rieben [ 384 ] signale
au-dessous des calcaires à Spirifer Verneuili , des conglomérats et des couches
à hématite, dont certains bancs calcaires contiennent de grands Lamelli-
224
R. FURON
branches du genre Panenka Barr., Nalicopsis Marlhae Frech, Orlhoceras
sp., Bellerophon sp. Je crois que ce conglomérat et les couches à hématite
peuvent être rapportés au sommet du Dévonien moyen. C’est un niveau ferru¬
gineux important que l’on retrouve plus à l’Est, dans tout le Nord afghan,
en dessous du Dévonien supérieur, calcaire et fossilifère, défini par la présence
de Spirifer Verneuili.
Dans les grès dévoniens du versant Nord du Mont Dehrgah, au Sud-Sud-
Est de Zunuz (Azerbaïdjan), H. Rieben [384] a découvert une brèche à
Poissons avec des fragments de plaques osseuses attribuées aux genres :
Holopiychius, Bothriolepis et Dinichthys.
B. ELBOURZ
Dans l’ensemble, le Dévonien inférieur et moyen est gréseux, tandis que la
sédimentation calcaire ne commence qu’avec le Dévonien supérieur. Cette
sorte de règle souffre toutefois des exceptions, car dans l’Est (en direction
du Mazandéran Sud) il existe du Dévonien moyen. Par contre, dans certaines
régions, dans l’Elbourz central en particulier, le Carbonifère inférieur repose
directement sur les grès dévoniens.
a. Le Dévonien gréseux.
Les grès peuvent être de tout âge. Ils débutent à une époque absolument
indéterminée, puisqu’on ne connaît pas de Silurien dans l’Elbourz. Ils font
place aux calcaires, tantôt au Dévonien supérieur, t antôt au Dinant.ien dans
de nombreuses régions de l’Elbourz central.
Les grès, souvent micacés, sont de teinte blanche,rose et rouge; ils passent
très souvent à des quartzites. Il est à noter que la sédimentation n’est pas
toujours exclusivement gréseuse. Aux environs de Téhéran, en particulier
près de Shah Abdul Azim, j’ai observé une succession de bancs de quartzites
et de bancs dolomitiques à cherts. La base de la série, bien visible dans la
petite colline située au Sud de Bibi Sher Banu, est entièrement composée de
ces dolomies à cherts, de teinte chamois. Ces dolomies peuvent appartenir
à une série complètement distincte du Dévonien (Silurien ou Cambrien).
On y trouve aussi souvent des arkoses et des schistes, des filons de roches
vertes.
L’ensemble de la série des grès peut atteindre 500 mètres de puissance.
b. Le Dévonien calcaire.
Partout, dans l’Elbourz, on ne connaît que du Dévonien supérieur.
De l’Ouest à l’Est, les principaux gisements reconnus sont les suivants :
a) Région de Mendjil :
Spirifer Verneuili Murch., Bhynchonella euboicles Schnur.
Vigier et Brunissen, lmp. Phot. Furon et Cintract
GÉOLOGIE DU PLATEAU IRANIEN
1. Spirifer slrialus var. fascicostatus. Bivarzlne (Perse).
2. Meekeiia De/epine/. Shah Abdul Azim (Perse).
3 et 4. Spirifer Seminoi. Tuwa (Perse).
5. Bras d'Holothuries. Shah Abdul Azim (Perse).
6. Calcaires à Fusulines, près de Baloula (Afghanistan).
GÉOLOGIE DE L'IRAN
225
b) Nésa (vallée du Keredj) (Rivière) :
Spiri/er Verneuili Murch., Fthynchonella impleta Sow., Rhynchonella cu¬
boïdes Schnur.
c) Dorun (route de Chemchack, au Nord de Téhéran (Stahl, Ri¬
vière, Furon) :
Quelques mètres de calcaire gris contiennent : Spirifer Verneuili Murch.,
Rhynchonella pugnus Martin, Rhynchonella livonica von Ruch, Rhyncho¬
nella cf. pleurodon Phillips.
Fig. 6. — Les gisements fossilifères dévoniens du Plateau iranien.
d) Mobarecke (près de Roudehen, Est de Téhéran (Stahl, Ri¬
vière, Furon) :
Spirifer Verneuili Murch., Rhynchonella Omaliusi Gosselet, Orthis sp.,
Clymenia cf. annulala Munster.
e) Muscha (Imam Zadeh Hachim ) (Rivière) :
Spirifer Verneuili Murch., Spirifer Seminoi de Vern., Produclella Her-
rninae Frech, Produclella forojuliensis Frech, Orlhis arcuala Phillips.
A. Rivière fait remarquer le voisinage deSp. Verneuili et de Sp. Seminoi
trouvés dans des couches très voisines et le polymorphisme de Sp. Ver¬
neuili.
f) Environs de Semnan (Furon) :
Sous les formations oligo-miocènes des environs de Semnan, j’ai observé
un lambeau de calcaires dévoniens contenant Spirifer Verneuili, Alhyris
concenlrica et des Produclella.
Les plus beaux gisements de Dévonien se trouvent à proximité de l’El-
bourz, dans la petite chaîne dite Shah Koh, située au Nord de Damghan et
au Sud d’Asterabad.
La faune y est assez uniforme dans les trois gisements connus.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VII.
15
226
R. FURON
C. KHORASSAN
a) Shah Koh (Nord de Damghan (Stahl) :
Au-dessus des grès rouges, viennent des calcaires verdâtres à Phacops lali-
frons Burns, Rhynchonella letiensis Gosselet, Streplorhyncus ( Orlhotheies)
umbraculum Schl., Produclella hirsuta Hall, Athyris concenlrica von Buch.
Stahl cite de cette région : Spirifer Anossoffi de Verneuil et Spirifer
inflatus Schnur, indiquant un niveau du Dévonien moyen, inconnu jusqu’à
présent dans l’Elbourz central.
b) Shahvar Koh ( Nord de Shah Roud) (Stahl) :
Spirifer Archiaci de Verneuil, Spirifer inflatus Schnur, Rhynchonella
leliensis Gosselet, Rhynchonella Omaliusi Gosselet, Rhynchonella pugnus
Mart., Rhynchonella livonica von Buch, Alrypa reticularis L.
c) Tuwa [Nord-Est de Semnan) (X. Hommaire de Hell).
X. Hommaire de Hell a recueilli là une belle série dévonienne en 1848.
Elle a été étudiée par de Verneuil et semble avoir été complètement oubliée
depuis. La collection conservée au Muséum (Coll. II. J) contient : Spirifer
Verneuili Murch., Sp. Archiaci Murch., Sp. Seminoi de Verneuil, Alrypa
boloniensis d’Orb., Orlhis sirialula d’Orb., Orlhis crenislria K., Slrophalosia
producloides d’Orb., Produclella subaculeala Murch.
Il faut aller beaucoup plus loin vers l’Est pour retrouver un gisement de
Dévonien, jusqu’au Sud-Est de Raband, dans la Province de Meched où
Griesbach a recueilli quelques fossiles étudiés en 1911 par Cowper Reed,
qui, remarquant le polymorphisme de Spirifer Verneuili , y distingua une
variété [221],
Les fossiles de la province de Meched sont : Spirifer Verneuili var. persica
Cowper Reed, Cyalhophyllum cf. hexagonum Goldf, Stropheodonla inler-
slrialis Phil., soit du Dévonien supérieur.
D. HINDOU-KOUCH
Le Dévonien de l’Hindou-Kouch affleure très largement au Sud de la
chaîne, depuis sa naissance occidentale jusqu’au col de Khawak, à l’Est, et
encore au delà, c’est-à-dire du Khorassan au Pamir.
Il comporte un horizon inférieur, que je rapporte au sommet du Dévonien
moyen, constitué par des calcaires rouges, passant à des lits d’hématite cons¬
tituant un excellent minerai. Cet horizon inférieur repose en discordance sur
les schistes cristallins [ 218 , 280 ]. Il est recouvert par des bancs de calcaires
gris et noirs, avec quelques bancs de schistes, appartenant au Dévonien supé¬
rieur. Ce niveau est fossilifère, au Sud de l’Hindou-Kouch, dans les montagnes
dites : Koh-i-Baba [ 128 ], au col de Hajigak, avec : Cyalhophyllum cf. hypo-
craleriforme Goldf., Spirifer Verneuili Murch., Slropheodonla inlerslrialis
GÉOLOGIE DE L’IRAN
227
Phill., Strophalosia productoides Murch., Produdella subaculeala Murch.
Bhynchonella cuboides Sow., Rhynchonella cf. Dumonti Goss., Rhynchonelln
cf. Omaliusi Goss.
Plus à l’Est et Nord-Est,dans le Pamir, au confluent du Yazgulem et de
l’Amou Daria, le Dévonien complet a été découvert par Nalivkin et Yudin
(1932) : le Dévonien inférieur avec Spirifer paradoxus Roem., moyen avec
Pentamerella, supérieur avec Spirifer Verneuili Murch.
E. ZAGROS
Le Dévonien n’est guère connu dans le Zagros.
Tout à fait dans le Sud, dans le Laristan, au Nord de Bander-Abbas, on
attribue au Dévonien 120 mètres de grès-quartzites qui se trouvent entre les
schistes gothlandiens à Graptolitheset les calcaires construits permo-carbo¬
nifères.
Bien plus au Nord, c’est sur la bordure tout à fait orientale du Zagros,
près de Soh, dans les monts Kohrud, que Stahl a signalé des calcaires du Dé¬
vonien moyen,avec une petite faune: Rhynchonella elliplica Sch., Waldhei-
mia Whidbornei Davids, Nyassa dorsala GF., Paracyclas rugosa GF.
F. PLATEAU CENTRAL
Dans le Désert central, au Sud-Ouest de Tabass, j’ai observé une puissante
série de grès-quartzites (type Vieux Grès Rouges), blancs et roses, à la base du
calcaire carbonifère, mais je n’ai rien vu qui puisse être rapporté à du Dévo¬
nien marin. Jusqu’à plus ample informé, on peut considérer que le centre du
Plateau est resté émergé en grande partie pendant le Dévonien, n’étant en¬
vahi que sur ses bords.
A l’Ouest, on connaît le Dévonien moyen de Soh. Au Sud, sur la piste de
Kirman à Ravar, Stahl a signalé Spirifer Archiaci, entre le caravansérail
d’Abbid et Serach.
A Koh-i-Badamu, non loin de Kirman, Jennings et Gray ont trouvé des
calcaires contenant des Spirifer spécifiquement indéterminables.
228
R. FURON
LA FAUNE DÉVONIENNE DU PLATEAU IRANIEN
Arc iranien septentrional
POLYPIERS
Tétracoralliaires :
Cyathophyllum hexagonum Goldf.
—- hypocrateriforme Goldf .
—- vermiculare Goldf.
Calceola sandalina Lmk.
Tabulés :
Favosites Goldfussi .
Heliolithes porosus Schl.
BRACHIOPODES
Orthis arcuata Phillips.
—- striatula d’Orb.
Stropheodonta interstrialis Phill.
Orthothetes ( Streptorynchus) umbraculum
Schl.
Productella forojuliensis Frech.
— Herminae Frech.
—■ hirsuta Hall.
— subaculecita Murch .
Rhynchonella- cuboides Schnur.
— cf. Dumonti Go s s.
—- elliptica Schnur.
—■ impleta Sow .
— letiensis Goss.
—- livonica von Buch .
—- Omaliusi Goss.
—- pugnus Martin .
Atrypa reticularis Lmk.
Spirifer Anossoffi De Verneuil.
— Archiaci De Verneuil.
— inflatus Schnur.
— Seminoi de Verneuil.
- — Verneuili Murch.
Athyris concentrica von Buch.
Waldheimia Whidbornei Davids.
LAMELLIBRANCHES
Panenka sp.
Paracyclas rugosa Goldf
Nyassa dorsata — .
GÉOLOGIE DE L’IRAN
229
IV. — LE CARBONIFÈRE ET LE PERMIEN
A. AZERBAÏDJAN
La première étude importante est due à Frech et G. von Arthaber [152],
La seule coupe complète est celle des gorges de Djoulfa, due à P. Bonnet
[223],
La série marine débute avec du Tournaisien à Spirifer tornacensis et du
Viséen à Spirifer slrialus , Produclus semireticulalus.
C’est au Moscovien qu’apparaissent les couches à Fusulines, des calcaires
à Slaffella sphaerica et Staffella lenticularis.
L’Ouralien est caractérisé par Produclus intermedius et un niveau à Fusn-
lina Verneuili.
Le Permien inférieur est représenté par des calcaires à Crinoïdes et à Poly¬
piers, le Permien moyen et peut-être supérieur, par des couches à Oloceras
djoulfense, Oloceras trochoides , Gaslrioceras Abichianum et Produclus Abichi.
On peut supposer que le Permien est complet puisqu’il se continue sans
discordance visible par des calcaires werféniens à Gaslrioceras Abichianum
et Celtites.
Ceci pour la vallée de l’Araxe. Plus au Sud, dans la région de Tabriz et du
lac d’Ourmiah, les mêmes couches sont connues en divers endroits.
Dans le Dinantien de l’ile de Shazalan (lac d’Ourmiah), Bullen Newton
a signalé en 1899 des Foraminifères, tels que Endolhyra Bowmanni, Nodo-
saria radicula et Valvulina bulloîdes.
Le Permien a été étudié par H. Bieben, dans la région de Yam, au Nord de
Tabriz. Le Permien inférieur, calcaire, contient des Polypiers, en particulier
230
R. FURON
Lonsdaleia aff. timorica. Au-dessus, viennent des calcaires bruns et noirs
avec Produclus Abichi, Pr. spinocoslatus et Oldhamina decipiens , recouverts
par des calcaires en plaquettes attribués au Trias ( 384 ].
B. ELBOURZ
Le Permo-Carbonifère de l’Elbourz est représenté par 300 à 500 mètres de
schistes et de calcaires gris ou noirs, assez rarement fossilifères, surtout à leur
partie supérieure.
Le Carbonifère inférieur
Le Carbonifère inférieur est plus particulièrement fossilifère et permet, dans
une certaine mesure, de différencier un Tournaisien et un Viséen, inégale¬
ment répartis d’ailleurs.
Nous passerons en revue les gisements de l’Elbourz, de l’Ouest à l’Est.
a) Roudbar et Kibène.
Sur la route de Kazvin à Recht, au Nord de Mendjil, à Roudbar, on voit
apparaître sous les couches basiques à Plantes et à charbon, des schistes et
des calcaires, noirs et jaunes, appartenant à l’Anthracolithique. Les cal¬
caires passent à l’Est, où ils ont été retrouvés au Nord de Bivarzine, à Ki¬
bène, par deux étudiants persans Behzad et Yazdanian, qui ont apporté
leur récolte de fossiles à mon Laboratoire, sans indications stratigraphiques
malheureusement. Les fossiles des divers niveaux éventuels sont mélangés.
On y reconnaît Produclus semireliculatüs Martin, Schizoplioria resupinala
Martin, Bhipidomella Michelini Lev., Orlholheles crenislria Phill., Spiri-
ferina laminosa Phill. et un Spirifer qui ressemble au Spirifer rajah Salter
figuré par A. Rivière dans sa Thèse [ 375 ].
Spirifer rajah mis à part, c’est une faune viséenne. D’autre part, j’ai étudié
les calcaires en lames minces ; ils sont pétris de Fenestellidés, de tiges d’En-
crines et de débris de Paléchinides, ce qui est un caractère très général du
Viséen dans le monde entier.
Quant au Spirifer qui ressemble à un Spirifer rajah , je crois qu’il faut le
rapporter à Spirifer slrialus Martin variété fascicostatus Menchikoff. Les
côtes sont groupées en faisceaux et se réunissent au voisinage du crochet.
Chaque faisceau arrive à former un vériable pli. Cette variété de Sp. slrialus
rappelle le groupe fasciger , mais ne dépasse pas le Viséen. La gangue et la
microfaune étant exactement celles du Viséen de l’Elbourz, je pense qu’il
faut s’en tenir à cette détermination. D’autre part, Spirifer rajah est une es¬
pèce peu sûre et les figures de Diener ( Palaeonlologia indica, 1899) ne se
ressemblent pas entre elles.
b) Vallée du Tchalouss {versant nord).
Près de Valiabad, Stahl indique un Produclus et Hallia cylindrica. A
GÉOLOGIE DE L’IRAN
231
quelques kilomètres plus au Sud, Rivière; a trouvé près d’Alamol Schizopho-
ria resupinala Martin et Zaphreniis Enniskilleni M.-Ed. et H.
c) Azétanké Roud (au Sud d'Aliabad, sur la Caspienne).
Les calcaires noirs ont livré Producius semireliculalus Martin (Stahl).
d) Kitan et Miksas.
A Kitan et à Miksas, au Sud d’Azétanké Roud, A. Rivière indique une
faune viséenne, avec Caninia palula Michelin, Producius pinguis Muir-
wood, Producius aff. minulus Muir-Wood, Productus puslulosus Phillips,
Producius margarilaceus Phillips, Choriales Buchiana de Koninck, Orlho-
teles crenislria Phillips.
e ) Shemshack.
Près des mines de charbon de Shemshack, sous le Lias et le Trias, appar-
raissent des calcaires gris-noir à Caninia cylindrica Scouler, qui sont tou¬
tefois séparés du Trias par une assez grande épaisseur de calcaires gris bitu¬
mineux.
A l’Ouest, près du village de Darbend Sar, A. Rivière a récolté : Produc¬
tus derbiensis Muir-Wood, Pr. lobatus Sow., Pr. insculptus Muir-Wood, Pr.
longispinus Sow., Athyris expensa Ph., Actinoconchus planosulcala Pu.,
Zaphreniis Omaliusi M.-Ed., Saccamina Car 1eri BradY.
/) Chaîne de l’Imam Zadeh Hachim.
A Mobarecke et à Musha,sur le versant méridional de la chaîne, Stahl,
J. de Morgan, A. Rivière et moi-même avons observé un Carbonifère infé¬
rieur, représentant avec certitude un niveau Tournaisien et un niveau Viséen :
Tournaisien : Spirifer lornacensis De Koninck, Sp. glaber Sow., Sp. cus-
pidalus Martin, Michelinia favosa De K.
Viséen : Producius semireliculalus Martin, Pr. slrialus Sow., Pr. Vau-
ghani Muir-Wood, Pr. longispinus Sow., Pr. Cora d’Orb., Spirifer slrialus
Bolland, Choneles papilionaceus Bayle, Orlhoiheles crenislria Phillips,
Athyris Boyssi Léveillé, Alhyris expensa Phillips, Syringothyris cuspidata
Martin.
y) Vallée du Delitchaï, W. de Firouz Koh.
Calcaires noirs à Spirifer lornacensis De K.
h) Col de Gudak, Nord-Est de Firouz Koh.
Stahl et Rivière ont recueilli dans les calcaires noirs du col de Gudak ;
Producius Cora d’Orb., Pr. corrugalus Mac Coy, Spirifer glaber Sow., Davie-
siella comoides Sow., Cyalhophyllum Murchisoni M.-E. et IL, Zaphreniis sp.
En somme, le Dinantien existe partout, mais la zone inférieure, le Tour¬
naisien, paraît localisée dans la région centrale, précisément là où l’on con¬
naît du Dévonien supérieur marin. Le Viséen paraît marqué par une trans-
232
R. FURON
gression qui vient recouvrir les grès du Dévonien. On ne peut être vraiment
bien affirmatif en bien des points, car les bancs fossilifères ne sont pas tou¬
jours les bancs inférieurs.
i) Montagne de Shah Abdul Azim.
On ne peut quitter l’Elbourz sans consacrer quelques mots à la montagne
de Shah Abdul Azim, située à quelques kilomètres au Sud-Est de Téhéran.
C’est une localité que l’on peut dire classique, en ce sens que tous les géo¬
logues européens l’ont visitée, mais il est à noter que chacun a apporté quel¬
que chose de nouveau.
Au pied de la petite mosquée de Bibi Sher Banou, les grès et quartzites
blancs et roses du Dévonien continental, à pendage Nord, sont recouverts en
concordance apparente, par des calcaires gris et noirs, souvent très durs.
Stahl et A. Rivière y ont signalé Zaphrenlis sp., Michelinia grandis Mac
Coy, Dielasma haslala Sow., Produclus semireticulalus Martin, Pr. sulcalus
Sow., Pr. cora d’Orb., Pr. coslalas Sow., Mariinia glabra Martin, Relicu-
laria lineala Martin.
A ces espèces déjà connues, ayant précisé l’âge viséen des calcaires infé¬
rieurs de Shah Abdul Azim, mes récoltes me permettent d’ajouter un échan¬
tillon de Leptaena du groupe rhomboidalis, des Feneslella et des Nauti-
loïdes.
Le Carbonifère supérieur
Le Moscovien et l’Ouralien existent très certainement dans l’Elbourz,
mais la rareté et la pauvreté des gisements, jointes au très petit nombre des
recherches géologiques, provoquent une certaine difficulté d’interprétation-
Ici encore, le plus simple est de situer les gisements connus, toujours de
l’Ouest vers l’Est.
a) Roudbar (route de Kazvin à Recht).
Stahl a signalé à cet endroit la découverte de Produclus slrialus Sow.,
Spirifer glabrus Sow., et surtout de Spirifer mosquensis Fischer.
Dans les gisements situés plus à l’Ouest, près de Bivarzine, et dont nous
avons parlé précédemment, les calcaires fossilifères viséens sont surmontés
de calcaires azoïques qui appartiennent probablement au Carbonifère supé¬
rieur, mais ils n’ont pas livré de fossiles.
b) Vallée du Tchalousse.
Au Nord de Hazarcham, A. Rivière a signalé la présence de Spirifer rajah
Salter dans des marno-calcaires mylonitisés.
c) Vallée du Shah Roud et vallée du Hablé Roud.
Des conglomérats tertiaires ont livré des galets de calcaires contenant des
espèces ouraliennes : Fusulina Verneuili et Schwagerina princeps. J’ai moi-
GÉOLOGIE DE L’IRAN
233
même signalé des calcaires ouraliens (et peut-être permiens) contenant des
Fusulinidés, dans la vallée du Hablé Roud. Dans les deux cas, il ne s’agit que
de témoins non en place, le premier : des galets, le second : des blocs écrasés
dans un contact anormal.
d) Montagne de Shah Abdul Azim (environs de Téhéran).
Stahl, A. Rivière; et moi-même avons recueilli des fossiles dans les cal¬
caires à Fucoïdes surmontant les calcaires viséens : Produclus Gruenewaldi
Krot., Pr. fascialus Kut., Pr. gratiosus Waag., Pr. Vischnu Waag., Spirifer
mosquensis Fischer, Sp. ornatus Waag., Meekella Delepinei Rivière et de
nombreux fragments de bras d’Ophiuridés.
C’est incontestablement un niveau Moscovien, pouvant comporter de
l’Ouralien vers le sommet.
Une des difficultés d’interprétation de la faune bien pauvre du Carbonifère
supérieur est provoqué par Spirifer rajah.
Le Spirifer rajah de Perse, de la vallée du Tchalousse, ressemble singulière¬
ment au Spirifer striaius Martin var. fascicostalus Menchikoff, lequel ne
semble pas dépasser le Dinantien. Par un hasard fâcheux, le Spirifer persan
n’a pas encore été recueilli dans des conditions stratigraphiques telles qu’on
puisse s’en servir pour déterminer vraiment une zone.
Il ne fait point de doute toutefois qu’il existe au-dessus du Carbonifère
fossilifère des calcaires gris, azoïques, parfois bitumineux, presque toujours
fétides et qui représentent nécessairement quelque chose de bien plus élevé
dans la série.
C. KHORASSAN
Près de la frontière afghano-persane, en territoire afghan, non loin de
Hérat, Griesbach a signalé en 1886 des calcaires à Productus en trois endroits :
à Robat-i-Paï, à Kholi Biaz et dans les Monts Dochak.
Ce sont les seules localités fossilifères connues du Khorassan. Jai bien ob¬
servé en plusieurs endroits du Khorassan persan, dans la province de Meched,
des schistes et des calcaires anciens, entre le socle cristallin et le Lias à char¬
bon, mais n’y ayant pas trouvé de fossiles, je ne peux que les supposer carbo¬
nifères.
D. HINDOU-KOUCH
Le Permo-Carbonifère de l’Hindou-Kouch Sud-occidental a été étudié en
1907-1908 par Sir H.-H. Hayden [ 110 ] . En 1923, j’ai moi-même étudié l’en¬
semble du massif [ 280 ].
1. Le Carbonifère.
Le Carbonifère inférieûr et moyen repose en concordance sur les calcaires
du Dévonien supérieur ; il est constitué par des calcaires et des schistes dans
234
R. FURON
lesquels on n’a pas encore trouvé de fossiles, sauf tout à fait au sommet,
Produdus pUndatus, qui se trouve sans doute déjà dans l’Ouralien.
L’Ouralo-Permien est infiniment plus intéressant. 11 est représenté par
500 mètres de calcaires gris à Fusulinidés, dans lesquels j’ai reconnu huit gise¬
ments fossilifères.
L’Ouralien de la région de Bamian contient Fusulina uralica , F. ( Poly-
diexodina) persica, bien caractéristiques de l’Ouralien des autres régions.
Schwagerina princeps apparaît dans les couches de passage au Permien.
F.-Ft. Cowper Reed a publié en 1931 une liste de fossiles ouraliens prove¬
nant de récoltes de Sir Hayden, à 5 kilomètres au Nord de Bamian ;
Produdus afghanensis Reed., Pr. volgensis Stuck., Pr. suborienlalis, Pr.
craticulatus Reed., Pr. porredus Kut., Pr. fascialus Kut., Pr. simensis
Tsschern., Pr. bamianus Reed., Pr. translalus Reed, Pr. cf. fimbriatus
Sow., Derbya grandis Waagen, Derbya crassa M.etH., Meekella slrialocos-
iata Cox ; Fthynchonella iimorensis Beyrich, Bhynch. Wangenheimi Pander,
Fthynch. Geinitziana De Vern., Rhynch. bamiana Reed, Camarophoria sella
Kut., Marlinia cf. Iriquelra Gemm., Squamularia asialica Chao., Spiriferina
reduda Reed, Dielasma afghanense Reed, Hemiptychina Schellwieni Gort.,
Hemiplychina iridenlala Gort., Nololhyris lurgida Reed., Pterinopeden ba¬
mianus Reed, Leiopleria serotina Reed, Paracelliles bamianus Reed.
A côté de nombreuses espèces nouvelles, il existe tout de même un ensemble
faunistique qui est comparable à ce que l’on connaît de l’Oural et des
Alpes orientales.
C’est actuellement le seul gisement fossilifère reconnu dans le Carbonifère
supérieur afghan et contenant autre chose que des Fusulinidés.
2. Le Permien.
Les plus beaux gisements de Permien se trouvent entre le col de Chibar
(3.200 mètres) et Bamian, tout particulièrement dans les gorges de Shum-
foul et de Balula.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
235
Les calcaires constituent les murailles des gorges et permettent d’obser¬
ver la localisation en nids des gîtes fossilifères à Fusulines.
La faune permienne comprend : Cancellina primigena Hayden, Sumairind
Annae Volz, Neoschwagerina craliculifera Schw., Verbeekina Verbeeki Gei-
nitz, Doliolina lepida Schw., Neoschwagerina sumalrinaeformis Gübler.
La question de la répartition verticale de ces Fusulines s’est posée tout de
suite. Les travaux de J. Deprat avaient conduit à reconnaître 10 zones dans
WJVIY e: çr
Fig. 8. — Coupe à travers les calcaires ouralo-permiens des gorges de Baloula
, (Afghanistan).
le Permien à Fusulines de l’Indochine. H. Douvillé reconnaissait au mini¬
mum deux niveaux, l’un, inférieur, avec Neoschwagerina craliculifera, l’autre,
supérieur, avec Sumatrina Annae.
Mes propres déterminations, de 1926, soumises au contrôle de H. Dou¬
villé, m’ont amené à ne plus pouvoir admettre même la division en deux
zones. Ce point de vue n’a pas été admis sans difficulté, mais Gübler (1) à
qui j’avais confié toute une faune quelques années plus tard, et qui avait
étudié les faunes d’Indochine, est arrivé de son côté à une conclusion du même
ordre. Certaines Sumalrina Annae changeaient de nom pour devenir Neo¬
schwagerina sumalrinaeformis, mais l’ensemble du Permien ne peut pas être
divisé en zones d’après la faune de Fusulinidés.
En Indochine, Verbeekina Verbeeki peut monter très haut dans le Per¬
mien. Elle se trouve localement avec Neoschwagerina multiseptala et Dolio'
lina lepida. Ailleurs, on verra des espèces associées disparaître, puis reparaître
1. J. Gübler. Les Fusulinidés du Permien de l’Indochine. Leur structure et leur classi¬
fication. Mém. Soc. Géol. Fr., n° 26, 1935.
236
R. FURON
plus haut dans la série. Au Tonkin, Doliolina lepida et Verbeekina Verbeeki
accompagnent Neoschwagerina craticulifera.
En Chine, T.-K. Huang signale également des associations capricieuses :
N. craticulifera, N. multiseplala et Sumalrina Annae.
Au Japon, N. craticulifera arrive jusqu’au sommet du Permien moyen.
Au Pamir, Dutkevitch et Khabakor trouvent l’association : Cancellina
primigena, N eoschwagerina craticulifera et Sumalrina cf. Annae.
Pour en terminer, rappelons qu’en Russie, Schwagerina princeps, espèce
présumée ouralienne, monte dans le Permien inférieur, parfois dans le Permien
moyen identifié grâce à des Céphalopodes.
N eoschwagerina craticulifera n’a jamais été signalée au-dessous du Permien
mais elle monte très haut, et ne peut pas servir à définir le Permien inférieur.
Vers le sommet, le Permien supérieur, pour autant qu’on le sache, ne con¬
tient plus de Fusulinidés. Ceci permet au moins une conclusion, c’est que les
couches à Fusulines, ou, plus exactement, les couches à Néoschwagerines
d’Afghanistan, représentent,comme ailleurs, le Permien inférieur et moyen,
sans qu’il soit actuellement possible d’y établir de subdivisions.
Au Nord de l’Hindou-Kouch, j’ai découvert un lambeau de calcaires à
N eoschwagerina craticulifera, à 10 kilomètres au N.-W. de Dochi, dans la
vallée du Sourkh Ab.
Au Sud de l’Hindou-Kouch, dans le Koh-i-Baba, Fl.-H. Hayden a reconnu
des calcaires gris à Zaphrenlis et Syringopora, au-dessus du Dévonien supé¬
rieur du col de Hajigak.
Aux environs de Kaboul, à l’entrée de la vallée du Logar, j’ai indiqué l’exis¬
tence d’un synclinal perché à Shak-i-Baranta. Ce sont des calcaires gris an-
thracolithiques, que l’on peut suivre vers l’Ëst jusqu’aux Calcaires à Pro-
duclus du Lataband.
E. PLATEAU CENTRAL
C’est dans le désert central de la Perse que j’ai découvert des calcaires à
Fusulinidés, dans la région de l’oasis de Tabass.
Venant de l’Ouest, il faut d’abord traverser la zone de marécages salés qui
relie le Dasht-i-Kévir et le Dasht-i-Lout, au Nord-Est du caravansérail de
Poucht-i-Badam. On aborde alors les contreforts du Koh-i-Choutouran, mon¬
tagnes presque entièrement constituées par des grès et quartzites du Lias,
avec bancs de charbon. Au col de Kelmars (1.300 m.), un anticlinal Nord-Sud,
érodé, permet de voir les couches sous-jacentes. J’ai relevé la coupe suivante,
de bas en haut :
a) Quartzites probablement dévoniens ;
b) Calcaires dolomitiques du Carbonifère inférieur à Polypiers et Bryo¬
zoaires (Fenestella en abondance) ;
c) Calcaire gris azoïque ;
d) Calcaire noir, dur, à Fusulinidés : Schwagerina et Triliciles ;
237
238
R. FURON
e) Calcaire gris rosé, oolithique, semblable à celui de Téhéran et pouvant
se rapporter au Trias (?) ;
/) Grès et schistes du Lias, avec lentilles de charbon.
Les calcaires noirs sont trop durs pour permettre d’isoler les Fusulinidés.
•J’ai étudié de nombreuses plaques et les ai soumises à M. le Chanoine Delé-
pine qui pense préférable de ne pas nommer spécifiquement les Schwagerina
et Triticites. De toute façon, la présence du genre Triticites entraîne l’âge
ouralien supérieur de ces couches. En Russie, on discute encore sur la pas¬
sage de l’Ouralien au Permien.
Ces calcaires représentent donc d’une manière générale tout le Carbonifère
et la base du Permien. Ils possèdent une faune complètement différente de
la faune afghane, infiniment plus comparable à celle de l’Oural.
Le second gisement découvert se trouve à l’Est de l’oasis de Tabass, à la
cote 1340, dans le col situé entre les puits d’Esfak et de Dohuk.Ce col permet
de traverser une chaîne de montagnes Nord-Sud, portant le nom de Koh-i-
Choutouran au Nord et Moh-Koh dans le Sud. Cette montagne de Moh met
en liaison le Koh-i-Choutouran et le Koh-i-Naiband.
Les couches reconnues sont les mêmes que celles du gisement précédem¬
ment décrit, visibles également au cœur d’un anticlinal Nord-Sud.
La présence du Carbonifère marin était tout à fait insoupçonnée dans le
désert iranien où les derniers lambeaux connus se trouvent dans la province
de Kirman.
Nous verrons plus loin les indications que l’on en peut retirer concernant
la paléogéographie de cette région de l’Asie.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
239
F. ZAGROS
Le Permo-Carbonifère du Zagros a été découvert par J. de Morgan dans
la région de Soh, au Nord d’Isfahan et plus au Sud, dans le pays Bakthyari.
Les travaux des auteurs anglais ont très largement augmenté nos connais¬
sances et permettent de commencer à comprendre une question très com¬
plexe.
Tout d’abord, le Permo-Carbonifère du Zagros est loin d’être complet par¬
tout.
Dans le Nord, dans la vallée de l’Ab-i-Diz, à Chal-i-Shah, il y a une grande
lacune stratigraphique. Au-dessus du Cambrien marin, il y a du Carbonifère
continental, 500 mètres de grès avec de rares empreintes végétales, pami les¬
quelles Seward a déterminé une espèce nouvelle : Sigillaria persica [ 352 ].
Le niveau est considéré par les auteurs anglais comme du Carbonifère tout
à fait supérieur.
Ledit niveau est reconnu comme l’équivalent septentrional des couches
marines de Gahkum, dans le Sud, lesquelles sont des calcaires à Productus
reposant sur des grès continentaux dévoniens. La faune comporte : Productus
semireliculalus, Pr. cancriniforrais, Dielasma Hochsletleri, Spiriferina oclo-
plicata et Orlhis ( Schizophoria) juresanensis.
Ces fossiles ne semblent, pas indiquer un niveau tellement supérieur. Spiri¬
ferina ocloplicala existe dans le Tournaisien de l’Europe et du Donetz \Pro-
duchis semireliculalus est encore moins significatif.
D’autres preuves beaucoup plus convaincantes m’obligent à insister sur
ce point, car le rajeunissement de la série de base amène le rajeunissement
exagéré des couches à Fusulines.
Au-dessus des couches continentales de Chal-i-Shah dans le Nord, et au-
dessus des couches marines de Gahkum dans le Sud, Douglas [ 390 ] publie
la succession suivante, de haut en bas :
4. Calcaires cristallins, gris, et dolomies à Bichlhofenia ;
3. Calcaires à Fusulina (Polydiexodina ) persica et Bryozoaires ( Hexago -
nella torluosa ) ;
2. Calcaires noirs, bitumineux, à Productus lineatus, Marginifera spino-
socostata, Buxlonia juresanensis et quantité de Fusulina ( Polydiexodina)
persica ;
1. Calcaires à cherts, avec Fusulinella ( Slaffella ) sphaerica et F. lenlicu-
laris, quelques Gastropodes et une quantité de Polypiers appartenant aux
genres Stylidophyllurn, Polythecalis, Iranophyllum, Waagenophyllum, Wenl-
zeleila, Yalsengia, etc., dont beaucoup sont absolument identiques aux formes
de Chine.
A partir de cette série, les auteurs anglais sont embarrassés, parce que
Seward a défini le niveau à plantes comme du Carbonifère supérieur. La
plante en question, Sigillaria persica, étant une espèce nouvelle, il n’y a pas
240
R. FURON
lieu, semble-t-il, d’en faire un si grand cas. Le voudrait-on qu’on ne le pour¬
rait pas, à cause de la présence des couches à Fusulinelles qui ne peuvent être
changées de place aussi facilement.
Fusulinella sphaerica et Fusulinella lenlicularis sont deux formes parfai¬
tement connues ; elles appartiennent au Moscovien dans tous les gisements
connus, du Moscovien supérieur si l’on veut, mais séparé du Permien par les
couches ouraliennes à Fusulina Verneuili et à Schwagerina princeps.
D’autre part, H. Douvillé a signalé dans les échantillons de calcaires à
Fusulinelles rapportées par J. de Morgan [177, p. 225], de petits Spongiaires
du genre Amblysiphonella, abondants dans l’Ouralien de la Sait Range et
dans les niveaux supérieurs à Fusulinelles des Asturies. On peut remarquer
tout au moins que F. ( Staffella) sphaerica n’existe pas dans la Sait Range,
où les premiers niveaux à Productus contiennent Spirifer Marconi de l’Ou-
ralien.
Pour moi, les couches n° 1 de la coupe, contenant les Fusulinelles, repré¬
sentent le Moscovien supérieur. Les couches à Plantes et les couches à Pru-
duclus semireticulatus représentent tout le Dinantien et peut-être le Mosco¬
vien inférieur.
Les couches 2 de la coupe, à Productus linealus, correspondent aux cou¬
ches de l’Ouralien de l’Oural. Elles voient apparaître les Fusulines, tout
comme les couches immédiatement inférieures à celles de Productus inler-
medius de l’Azerbaidjan et du Caucase, contiennent Fusulina Verneuili.
Productus lineatus n’est d’ailleurs pas un fossile stratigraphique, puisqu'il
existe dans le Moscovien de Moscou, dans l’Ouralien de l’Oural et même dans
le Permien du Turkestan. Toutefois, les Fusulinidés du Zagros sont des
Schwagerininae et il est permis de croire qu’elles sont encore ouraliennes, au
moins en ce qui concerne les couches de base.
Toutes les espèces de Fusulines ne peuvent pas, seules, servir à établir la
stratigraphie d’une région. Je l’ai démontré dès 1926, en ce qui concerne
le Permien tout au moins, en publiant la photographie d’une plaque mince
sur laquelle on peut voir plusieurs espèces considérées auparavant comme
représentant des zones différentes : Neoschwagerina craticulifera et Neos-
chwagerina sumatrinaeforrais. C’est un point de vue qui ne fut admis que
bien plus tard par les auteurs russes, français et suisses.
Je laisserai de côté les Fusulines permiennes, pour ne considérer que celles
du Carbonifère qui nous intéressent ici, en m’excusant de répétitions que je
crois utiles.
A la base, Fusulinella ( Staffella) sphaerica et F. lenlicularis, connues au
Caucase, en Azerbaïdjan et dans le Zagros représentent le Moscovien supé¬
rieur.
Au-dessus, viennent les couches à Fusulina Verneuili au Caucase et en
Azerbaïdjan, celles à Fusulina ( Polydiexodina) persica en Perse, Fusulina
elongala et F. uralica en Afghanistan. Dans le Caucase et en Afghanistan,
l’âge n’est pas douteux, c’est de l’Ouralien, confirmé par les faunuies qui ac-
TABLEAU L — L’Antiiracolithique de l’Asie
ARABIE
«■*
AZERBAÏDJAN
ZAOROS
HINDOU-KOlTCH
TURKESTAN
CHINE
INDOCHINE
1
C. à Productus Abi-
Couches
« Upper Productus
Couches à Végétaux
Couches à Végétaux.
Couches voleani-
'E
chi,
volcaniques
Limestone » :
ques et grès.
Couches à Brachio-
Calcaires à Gastrio-
s
avec Cyclolobus 01-
Couches de Zowan,
Otoceras trochoïdes,
podes :
Calcaires
Calcaires à
Gastrioceras A bichi-
dhami, Medlicot-
à Xenaspis carbo-
Productus cancrini,
cottia.
§
à
anum,
Calcaires à
lia Wynnii
naria.
Dielasma elonga-
Z
a
Productus indicus.
Verbeekina Ver-
f'usulines :
ta, Strophalosia,
Cl’
Fusulines :
f=
Lyttonia nobilis.
beehi
Oldhamina decipiens
« Middle Productus
etc.
es a
Sumatrina Annae,
Neoschwagerina su-
Limestone » h Xè-
Neoschw. sumatnnaeformis,
K
matrinaeformis,
N. mulliseptata
Doliolina lepida,
Calcaires à
C. à Phillipsia
Doliolina lepida,
Lyttonia nobilis,
Couches à Spirigella
Calcaires à Gaslrio-
Couches volcaniqu s
Neoschwagerina
Neoschwagerina
elegans.
Verbeekina Verbeeki
Derbyi.
ceras.
et calcaires a Pu-
u
globusa.
craticulifera,
Prnnnritfis
sulines du Bar-
£
Calcaire à
Oldhamina decipiens
waz,
Neoschwagerina craticuhjera.
Spirigella sp.
Polypiers
Neoschwagerina
( Neoschwagerina
.s
Productus lineatus,
globosa).
C. à liichtholenia
Schwagerina prin-
C. à Richthofenia.
craticulifera.
C. à Richthofenia.
C. à Agathiceras.
Calcaires à Spiri¬
gella grandis.
ceps.
C. à Schwagerina
Calcaires à Fusu-
Calcaires à Fusulina
C. à Fusulina Ver-
Cale, à Fusulina per-
v Lower Productus
Couches de Talchir
C. à Fusulina Ver-
Calcaires à Fusulina
,,
princeps.
lina Verneuili.
(Polydiexodina)
nsuili.
sica et uralica.
Limestone » : à
(Lower Gondwa-
contracta et F.
s
Calcaires
persica.
Fusulina kattaen-
nat à Gangamop-
rina princeps, Spi-
Krafjti,
P
sis, Sp. Marconi,
teris et Glossop-
rijer supramos-
Productus cora.
«
K
-a
Calcaires à Produc¬
tus lineatus.
C. à Productus punc-
tirés de Warcha.
Grès de Dando
;e à Eurydesma
1
Calcaires à Fus
limita (Stajjélla )
Calcaires à Produc-
Grès du Pendjab et Conglomérat
Calcaire à Fusulina
Grès et Conglomé-
Grès, conglomérats
Grès.
g
non
sphaerica et
lenticularis.
tus cora.
Quartzites,
de Talchir.
cylindrica et Spi-
rats.
et couches à Plan-
o
M
Couches volcaniques
rijer mosquensis.
tes.
K
d
s
Schistes
de Panjal.
Cale, à Productus
Calcaires à Endolhyra. / \ Calcaires à Productus
Couches à Productus
Calcaires à Produc-
Calcaires à Produc-
Calcaires à Produc-
Z
semireticulatus.
/ Couches \
semireticulatus.
et
semireticulatus,
tus semireticula-
tus.
tus semireticulatus
semireticulatus et
P
etc...
tus, etc.
Goniatites.
2
Calcaires.
G
Cale, h Spirijer
Cale, h Spirijer
/ Plantes. \
Calcaires à Spirijer
tornacensis.
tornacensis.
tornacensis.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, TOME VII.
PL. Il
Vigier «t Brunissen. lmp.
Phot. Cintract «t Ragot
GÉOLOGIE DU PLATEAU IRANIEN
1 et 2. Calcaires à Triticites ( x 5 ). Ouralo-permien de la région de Tabass (Perse centrale)
3. Calcaires à Neoschwagerina craticulifera, etc. ( x 10). Ouralo-permien des gorges
de Choumboul (Afghanistan).
GÉOLOGIE DE L’IRAN
241
compagnent les Fusulines. En Perse, Douglas considère les mêmes couches
comme permiennes,à cause des couchesà plantes dont j’ai déjà parlé.Or, en
plus de l’argument que j’ai fourni contre l’âge ouralien des couches à Sigilla-
ria persica, Kahler et Douglas m’en fournissent un autre. Ces paléontolo¬
gistes considèrent que certaines des Fusulines afghanes décrites par Sir H.-
H. Hayden sous le nom de Fusulina elongala sont des Fusulina ( Polydiexo-
dina) persica. Elongala ou bien persica, la Fusuline afghane est accompagnée
de F. uralica et de Produclus punctalus ; elle est dans un niveau connu, infé¬
rieur au Permien, elle est certainement ouralienne, et je ne l’ai jamais trou¬
vée dans les niveaux du Permien inférieur.
J’ai cru devoir développer cette argumentation, afin de montrer quelles
raisons suffisantes me conduisaient à ne pas adopter la stratigraphie d’émi¬
nents paléontologistes anglais.
Je pense que le Permien du Zagros commence avec les couches à Bichlho-
fenia, comme c’est le cas en Arabie et dans la Sait Range. Le Permien du
Zagros ne paraît pas très fossilifère et on n’y a signalé jusqu’à présent qu’un
Trilobite : Pseudophillipsia elegans et aussi Spirigella grandis au Kalian Koh,
fossile habituellement Permien.
Passant au Zagros méridional et aux chaînes du Béloutchistan persan, les
géologues anglais y ont retrouvé du Permo-Carbonifère à Fusulines, recou¬
vert de Trias marin [421, et Collections de l’Anglo-Iranian Oil Cy].
G. BELOUTCHISTAN
Pour être fort rare et pratiquement ignoré, le Permo-Carbonifère du Bé¬
loutchistan présente un grand intérêt.
Il est représenté par un pointement de calcaires à Fusulinidés émergeant
au milieu des schistes triasiques de Mashk,dansla haute vallée du Zhob,près
de la frontière du district de Pishin, entre Hindu Bagh et Quetta.
Ce gisement unique a été signalé par Vredenburg en 1905 [181] et il
ne semble pas avoir été recherché depuis.
Il en est un autre, situé plus au Nord, au Sud du Séfid Koh, en territoire
Waziri, près de Tchinar, dans la vallée du Bazar. Hayden y a signalé, en 1898,
des grès calcaires à Produclus Abichi Waag., Pr. serialis Waag., Rhyncho-
nella morahensis Waag., Eumelria grandicosla W. [153].
C’est une faune permienne en liaison avec celle de la Sait Range, d’une
part, et avec celle du Béloutchistan persan, d’autre part.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome Vil.
16
242
R. FURON
LA FAUNE CARBONIFÈRE DU PLATEAU IRANIEN
*
(T : Tournaisien, Y : Viséen, D : Dinantien, M : Mosoovien, O : Ouralien) (1).
FORAMINIFÈRES
Abc septentrional
Plateaü central
Abc
MÉRIDIONAL
Azerbaïdjan
Elbourz
Khorassan
Hindou-Kouch
Zagros
Béloutchiatan
+
Fusulinella ( Stafjella ) lenticularis H. Dou-
villé (177, p. 229, pl. 27, fig. 7-8, 14-
16). M
+
+
+
+
Fusulinella (Staffella) sphaerica Abich (177,
p 228, pl. 27, fig. 9,10, 11,13). M
Fusulina uralica Krotow (210, p. 244,
pl 19).0
+
+
+
Fusulina elongata Shumard (210, p. 247,
pl 20). 0
+
+
+
Fusulina ( Polydiexodina ) persica Kahler
(390) . O
+
+
+
POLYPIERS
+
Caninia cylindrica Scouler (375, p. 87,
+
+
+
+
+
Caninia patula Michelin (375, p. 86, pl. 1,
fig. 2).
Cyathophyllum Murchisoni M. Ed. 1 et
Stylidophyllum Kueichowense Huang (390,
p. 14, pl. 2, fig. 1) .
+
+
+
Stylidophyllum Jenningsi Douglas (390,
p. 15. pl. 2, fig. 7-8, pl. 8, fig. 1-2).
Stylidophyllumorientalis'Dova'LAs (390, p.16,
(1 Certaines espèces peuvent passer de l’O
uralie
n au f
’erntfe
n.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
243
Arc septentrional
POLYPIERS (suite)
Polythecalis aff. chinensis Girty.
Polythecalis Grayi Douglas (390, p. 17,
pi. 2, fig. 5).
Iranophyllum splendens Douglas (390, p. 18,
pl. 1, fig. 4-5).
Iranophyllum simplex Douglas (390, p. 19,
pl. 1, fig. 6).
Iranophyllum carcinophylloides Douglas
(390, p. 19, pl. 1, fig. 7).
W aagenophyllum persicum Douglas (390,
p. 20, pl. 1, fig. 1).
Waagenophyllum tabellatum Douglas (390,
p. 21, pl. 1, fig. 2).
W aagenophyllum muricatum Douglas (390,
p. 22, pl. 1, fig. 9)....
W aagenophyllum magnificum Douglas (390
p. 23, pl. 2, fig. 6).
Wentzeleila subtimorica Huang (390, p. 23,
pl. 2, fig. 2, pl. 3, fig. 5).
Wentzeleila persica Douglas (390, p. 24,
pl. 2, fig. 3),.
Wentzeleila Harrisoni Douglas (390, p. 24,
pl. 2, fig. 4).
Michelinia favosa De Koninck.
Michelinia grandis Mac Coy.
Michelinia siyangensis Reed (390, p. 26,
pl. 3, fig. 10).
BRYOZOAIRES
Fenestella ..
Polypora biarmica Keyserling (390, p. 41,
pl. 3, fig. 6-7).
Hexagonella tortuosa Waagen et Wentzel.
Fistulipora aff. sinensis Yoh (390, p. 44,
pl. 3, fig. n).
BRACHIOPODES
Orthisidés
Orthis ( Rhipidomella ) Michelini Lev. (375,
p. 103, pl. V, fig. 1). D.M
Schizophoria juresanensis Tschern. (390,
p. 38, pl. 4, fig. 16).
Schizophoria resupinata Martin.
244
R. PURON
BRACHIOPOE ES (suite)
Strophoménidés
Leptaena sp.
Orthothetes crenistria Phill.
Derbyia ci. Buchi Waagen (390, p. 38, pl. 4,
fig- 12).
Derbyia crassa Meek et Hayden (330
p. 19, pl. 1, fig. 12).
Derbyia grandis Waagen (330, p. 18, pl. 1
üg. 10).
Meekella Delepinei Rivière (375, p. 100,
pl. 4, fig. 5). M
Meekella striatocostata Cox (330, p. 19, pl. 1
fig- H). 0
Productidés.
Productus afghanensis C. Reed (330, p. 7,
pl. 1, fig. 2-3). O
Productus bamianus C. Reed (330, p. 14,
pl. 1, fig. 5). O
Productus Cora d’Oius. D
— corrugatus Mo Coy. D
■— costatus Sow.
-— craticulatus C. Reed (330, p. 11,
pl. 2, fig. 1-2).
derbiensis M. W.
— fasciatus Kutorga (330, p. 12,
pl. 2, fig. 7-10).
— insculptus M. W.
— intermedius . O
— lineatus Waagen.
— lobatus Sow.
— bngispinus Sow.
— minutus M. W.
— pinguis M. W.
— porrectus Kutorga (330, p. 12,
pl- 2, fig. 12).
— punctatus Martin .
— pustulosus Phili.
— semireticulatus Martin.
— simensis Tschern (330, p. 13,
pl. 1, fig. 13).
— striatus Sow .
-— suborientalis C. Reed (330, p. 9,
pl. 2, fig. 3-5).
— sulcatus (375, p. 90, pl. 2, fig. 3).
GÉOLOGIE DE L’IRAN
245
BRACHIOPODES (suite)
Productus translatus C. Reed (330, p. 15,
Arc septentrional
Plateau central
Arc
MÉRIDIONAL
Azerbaïdjan
Elbourz
Khorassan
Hindou-Kouoh
co
O
H
ï
ESJ
Béloutchistan
+
— Vaughani. M. Wood.
+
+
—■ Viscknu Waagen (375, p. 91,
pl. 3, fie. 1) .
—■ volgensis Stock (330, p. 9, pl. 1,
fig. 4).
+
Marginifera excavata Waagen (390, p. 36).
—• ovalis Waagen.
+
+
+
—• aff. spinosocostata Abich (390,
p. 34, pl. 4, fig. 7).
Daviesiella comoides Sow (375, p. 95, pl. 3,
fig. 41. D
+
Buxtonia ci. juresanensis Tschern (390,
p. 33, pl. 4, fig. 5 et 17).
+
+
— Dereimsii Douglas (390, p. 37,
pl. 4, fig. 141.
+
— Hardrensis Phill . T
+
+
Strophalosia aff. excavata Geinitz.
+
Spiriféridés.
Spirifer crassus De Koninck (375, p. 97,
pl. 4, fig. 21. V
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
— duplicicosta Phili. (375, p. 98, pl. 4,
fig. 31. V
— rajah Salter (?) (375, p. 98, pl. 4,
fig. 41.
— striatus Martin (375, p. 97).. . V
— striatus Martin var. fascicostatus
— tornacensis de Koninck (375,
Syringothyris cuspidata Martin (375, p. 96,
—- octoplicata Sow (390, p. 40,
+
— reducta C. Reed (330, p. 27,
pl. 3, fig. 18) . 0
.+
+
Reticularia lineata Martin . DMO
+
.
+
246
R. PURON
SEPTENTRIONAL
Arc
MÉRIDIONAL
ü 5
BRACHIOPODES (suite)
Athyridés
Athyris expensa Phill. D
—• planosulcata Phill. V
—• Royssi Lev. V
Eumetria indica Waagen (177, p. 20, pl. 27,
fig. 1-2). O
Térébratulidés.
Dielasma hastata Davidson. D
— Hochstetteri Toula (390, p. 39,1
pl. 4, fig. 15).
— afghanense C. Reed (330, p. 28,
pl. 4, fig. 2). O
Rhynchonellidés
Rhynchonella bamiana C. Reed (330, p. 22,
pl. 3, fig. 9). O
— Geinit.dana de Verneuil
(330, p. 21, pl. 3, fig. 7-8).. O
—• timorensis Beyrich (330, p. 20
pl. 3, fi. 4-6). O
— Wangenheimi Pander (330,
p. 20, pl. 3, fig. 1-3).... O
LAMELLIBRANCHES
Pterinopecten bamianus C. Reed (330, p. 34,
pl. 3, fig. 13). O
GASTÉROPODES
Bellerophon ci. squamatus Waagen.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
247
LA FAUNE PERMIENNE DU PLATEAU IRANIEN
FORAMINIFÈRES
Fusulina sp.
Cancellina primigena Hayden (210, p. 249,
pl. 22, fie. 1-7).
Arc septentrional
Plateau central.
Arc
MÉRIDIONAL
Abzerbaidjan
Elbourz
Khorassan
Hindou-Kouch
CO
O
H
SP
N
§
QQ
1
5*
O
rs
m
+
+
+
+
+
+
Verbeekina Verbeeki Geinitz.
Sumatrina Annae Volz (210, p. 250, pl. 22,
fie. 8-14).
Neoschwagerinacraticulifera Schwager( 210,
p. 248, pl. 21, fig. 1-7). .
— sumatrinaeformis Gubler.
POLYPIERS
+
—• sp.
+
+ + ■;
BRACHIOPODES
Produotidés
+
+
Richthoféniidés
+
Thécidéidés
Oldhamina decipiens Waagen.
Rhynchonellidés
+
+
+
Atrypidés
+
CÉPHALOPODES
+
+
+
Paraceltites bamianus C. Reed (330, pl. 4,
fie 16)
+
ARTHROPODES
Pseudophillipsia elegans Gemmellaro (177,
•n 91 7 ni 9.7 fier SI
+
248
R. FURON
V. — LE TRIAS ET LE JURASSIQUE
A. AZERBAÏDJAN
La gorge de Djoulfa a été étudiée par Frech, Arthaber et P. Bonnet
[223].
Au-dessus du Permien, il y a 300 mètres de calcaires Werféniens, com¬
portant de la base au sommet :
1. Werfénien inférieur : calcaires à Cellites dimorphus et C. armalus.
2. — moyen : — à Danubiies ou Paraliroliles, Gonialites
abichianus.
3. — supérieur : calcaires à Pseudomonolis.
Le Muschelkalk est représenté par 100 à 200 mètres de calcaires marneux
à petits Lamellibranches ; le Trias supérieur par 1.000 mètres de calcaires
noirs, dolomitiques et azoïques, recouverts par des couches volcaniques.
Plus au sud, H. Rieben [384] indique, au-dessus du Permien supérieur
fossilifère à Oldhamina decipiens, des couches calcaires contenant de rares
fossiles en mauvais état, parmi lesquels M. Jeannet pense pouvoir évoquer
Pseüdomonotis et Cassianella [384, p. 88], ceci dans le Harzand à 40 kilo¬
mètres au sud de Djoulfa.
Le Lias de L’Azerbaïdjan régressif, est représenté par des grès et des
schistes.
Une transgression marine paraît débuter à la fin du Lias, se mieux marquer
au Bajocien-Bathonien.
Les séries marines ont été signalées à l’est du Lac d’Ourmiah, dans la
région de Maraghé, par Rodler en 1888, puis par A. Weithofer [109],
G. von dem Borne [114] et R. de Mecquenem [202],
Les localités fossilifères sont : Aktahu Déré, Tazeh Kend, Ilditsch, la
vallée du Karangou, Gushaich.
Le niveau marin le plus inférieur appartient à l’Aalénien, avec Dumortieria
radians Rein., D. Atropalense Borne, D. kapaulense Borne, D. mediae Borne.
Dans la gorge de Djoulfa, P. Bonnet indique du Bajocien à Sonninia So-
werbyi, Phylloceras Circe, Oppelia subradiala et du Batlionien à Oppelia
fusca, Cadomiles rectelobatus , Phylloceras mediterraneum.
La transgression prend toute son importance au Callovien.
Les principales formes signalées dans le Callovien des environs d’Urmiab
sont : Belemnopsis calloviensis Oppel, Belemnites persicus Weith., Ludwigia
nodosa Quenst., Hecticoceras krakoviense Neumayr, Hect. gigas Quenst.,
Hed. lunula Zieten, Perisphinctes curvicosla Oppel, Per. Cyrus Borne,
Per. poculum Leckenby, Per. balinensis Neumayr, Per. tetramerus Weith.
Beineckeia Slraussi Weith., Ancyloceras calloviensis Morris.
A l’Est de Zunuz, H. Rieben [384] indique un Jurassique supérieur mon-
GÉOLOGIE DE L’IRAN
249
trant des bancs de jaspe rouge, rappelant beaucoup les formations de Radio-
larites que j’ai vues dans le Zagros.
B. ELBOURZ
Le Trias marin a peu d’importance dans l’Elbourz. Sa situation même
présente une certaine difficulté au point de vue stratigraphique, car en de
nombreux endroits, il repose en concordance apparente sur un Carbonifère
incomplet, mais il en est séparé par des couches volcaniques de roches vertes.
Bôhne [341-342] avait signalé l’existence de ces couches volcaniques sur le
Carbonifère et je me suis attaché à vérifier le fait dans l’Elbourz central et
occidental, en particulier à Chemchack et à Abiek. Dans ces régions, il ne
peut pas y avoir de doute, ni de confusion avec les roches vertes oligocènes.
Je noterai une première fois ici que les roches volcaniques situées à l’Ouest
du plateau ouralien sont basiques, tandis que dans l’Est, dans le Khorassan
et en Afghanistan, les roches volcaniques du Trias sont acides, de type rhyo-
lithique.
a) Shah Abdul Azim
Aux environs de Téhéran, au pied Sud de l’Elbourz, dans le petit massif
de Shah Abdul Azim, le Trias débute par des marnes, et continue par des
calcaires oolithiques et des calcaires en plaquettes. Ce faciès de calcaire ooli-
thique est très répandu dans l’Ouest persan.
Le Trias de l’Elbourz comporte deux niveaux fossilifères : un niveau infé¬
rieur où A. Rivière; [375] a signalé des Pseudomonotis et un niveau supérieur
où Niedermayer avait découvert : Monolis Alberli Goldf., Plagiosioma ci.
lineata Goldf., Hoernesia socialis Schk. et Hinnites cf. complus Girh. J’ai
moi-même observé ce niveau supérieur fossilifère à Shah Abdul Azim et l’ai
suivi jusqu’à l’extrémité orientale.
La série n’est jamais puissante et elle est même souvent absente. On passe
très vite à des grès foncés à ciment calcaire, puis à des grès schisteux sans
fossiles, ou à débris végétaux. C’est le passage au Lias continental.
Fait tout à fait nouveau, ce Lias continental est surmonté de marnes et
d’argiles contenant Posidonomya alpina, puis de calcaires à Bélemnites bri¬
sées. C’est un niveau de Jurassique moyen, visible dans le ravin qui limite au
Nord-Est la montagne de Shah Abdul Azim, exactement au pied Sud de la
« Tour du silence » des Parsis de Téhéran. Posidonomya alpina Gras sensu lato
apparaît à l’Aalénien et est abondante dans les faciès argileux du Jurassique
moyen depuis les Alpes et le Caucase jusqu’aux Indesnéerlandaiseset à Mada¬
gascar.
b) Région de Sepaieh
D’après A. Rivière [394, p. 278], les calcaires en plaquettes, azoïques,
de Sepaieh peuvent être attribués au Trias.
250
R. PURON
Le Lias est représenté par des schistes, avec des empreintes de végétaux
indéterminables et des traces charbonneuses. La partie supérieure du Lias
est marine, représentée par des marnes vertes et noires, puis par un banc de
calcaire contenant des fossiles de l’Aalénien supérieur : Harpoceras ( Ludwi-
gia ) Murchisonae Sow., Grammoceras sp., Terebraiula Eudesi Oppel, Bhyn-
chonella continua Sow. et Pecten (Amussium) laeviradiatus Waagen.Au som¬
met, se trouve Bhynchonella plicalella qui indique déjà du Bajocien inférieur.
Le Jurassique moyen, marnocalcaire, contient des Bélemnites brisées.
Le Jurassique supérieur est représenté par des calcaires à Bhynchonella
corallina Leym.
Le Lias de PElbourz est surtout représenté par des faciès continentaux à
plantes et charbon, soit 500 mètres environ de grès et de schistes.
Ces couches continentales sont recouvertes par des calcaires marins dont
le dépôt commence à des époques différentes, exceptionnellement dès le
Domérien ou le Toarcien, le plus souvent à l’Aalénien-Bajocien-Bathonien.
L’ensemble des couches calcaires jurassiques peut atteindre un maximum de
1.000 mètres.
Nous allons reprendre un certain nombre de coupes classiques de l’Elbourz.
a) Roudbar, vallée du Sefid Roud (Elbourz occidental).
Au sud de Recht, sur la route de Kazvin, au norddeMendjil,etaux environs
Sud du village de Roudbar, la vallée du Sefid Roud entaille largement les
formations du Lias à charbon. On voit ici sous des conglomérats d’âge indé¬
terminé des bancs de marnes et de schistes à charbon. Epais d’une quin¬
zaine de mètres ces schistes ont livré quelques plantes déterminables :
Odonlopleris Brardii, Zamia anguslifolia, Plerophyllum sp., Ctenis asple-
nioides, Podozamites disions, Nilssonia orienlalis, Cladophlebis denliculata.
J’ai suivi ce gisement loin vers l’Est et constaté qu’il rejoint celui de Bi-
varzine.
b) Abiek (Est de Kazvin).
Au pied Sud de l’Elbourz occidental, dans la région d’Abiek, le Jurassique
apparaît sous le Tertiaire volcanique. La région a été étudiée par Bôhne
en 1932 et j’ai visité moi-même la mine principale en 1937.
Sur une longueur de 2 kilomètres environ, on voit la série suivante du Sud
au Nord et de haut en bas :
8. couches volcaniques oligocènes.
.discordance.
7. calcaires jurassiques.
6. marnes schisteuses à Belemniles haslalus (Oxfordien).
5. marnes schisteuses.
4. grès et schistes à charbon avec : Pterophyllum aequale Brongn. Olean-
GÉOLOGIE DE L’IRAN
251
dridium Russerli Heer, Pterophyllum Braiinianum Schimper, Pecopteris
persica Schenck (300 à 500 m.).
3. roches vertes anciennes (10 m.).
2. calcaires carbonifères.
1. grès dévoniens.
c) Chemchack (nord de Téhéran).
Le Lias de Chemchack se trouve sur le flanc Nord d’un très grand anti¬
clinal déversé vers le Sud.
La série visible est la même qu’à Abiek :
7. couches volcaniques oligocènes.
.discordance.
6. calcaires jurassiques.
5. grès et schistes à charbon.
4. calcaires et grès triasiques.
3. roches vertes anciennes.
2. calcaires carbonifères et dévoniens.
1. grès du Dévonien inférieur.
C’est le niveau 5 qui, ici comme partout, est intéressant, à cause des cou¬
ches de charbon qu’il contient. Il s’agit de lentilles et découches, au nombre
d’une douzaine, atteignant un mètre d’épaisseur. L’exploitation indigène est
tout à fait déplorable, mais en de meilleures mains, les gîtes charbonniers
constitueraient une véritable richesse.
Les analyses des charbons de l’Elbourz, faites par les ingénieurs allemands
[341], donnent les chiffres suivants :
252
R, FURON
Feschend
Chemchack
Garmabdar
H 2 0.
0,94
0,15
0,84
Cendres .
11,23
3,51
11,79
C .
78,11
86,97
70,05
H.
3,68
4,42
4,12
S .
0,94
2,26
7,86
P.
0,26
traces
traces
Az.
1,15
1,40
1,06
0.
. 3,58
1,29
4,28
Calories (Berthelot) ....
. 7239
8207
6667
Coke (%) .
86,32
82,62
71,25
Ammoniaque (à la T.) ..
2 kg. 11
2 kg. 61
2kg.
Gaz (à la Tonne) .
.. 232 me.
276 me.
246 me.
L’âge liasique des charbons est précisé par la flore qui y a
été recueillie par
les géologues européens. C’est toujours une flore essentiellement rhétienne,
susceptible de débuter au Trias tout à fait supérieur et de se continuer jus¬
qu’à la transgression du Lias supérieur ou du Jurassique moyen.
d) Vallée du Héras.
Dans la vallée du Héras, J. de Morgan a relevé une coupe, près de Rehné,
localité revue par A. Rivière.
La coupe comporte de bas en haut :
1. une coulée volcanique.
2. des grès durs à Gramrnoceras normannianum d’Orb. (Domérien).
3. des grès jaunes, feuilletés à Végétaux et Trigonies.
4. des grès à Gramrnoceras fallaciosum Bayle, Ludwigia Murchisonae
Sow., Hildoceras bifrons Brug .(Toarcien et Aalénien)
Dans cette même région, A. Rivière indique un niveau bajocien à Parkin-
sonia Parkinsoni Sow.
Un peu plus au Sud-Est, dans la vallée du Délitchaï, A. Erni [326] et A. Ri¬
vière ont signalé une belle faune appartenant au Bajocien-Bathonien : Par-
kinsonia radiala Renz, P. Bigoti Nicolesco, P. subarietis Wetzel, Nor-
manniles linguiferus d’Orb., Coeloceras extinclum Roll., Morphoceras poly-
morphum d’Orb., M. dimorphum d’Orb., Phylloceras aff. Frederici-Augusti
Pomp., Cadomites redelobatus Hauer, C. Braikenridgi d’Orb., Bigoliles
Nicolescoi de Gross., Oppelia fusca Quenst., O. aspidoides Ofpel, O. cf.
iniermedia Roemer, O. cf. notabilis Roemer, Oekostrautes genicularis Waag,
Nannolyloceras pygmeum d’Orb., Collyrites ringens Desm., Stepheoceras
subcoronalum Oppel, Perisphindes aurigerus Oppel, Per. Schloenbachi de
Gross.
Encore dans la vallée du Héras, Stahl [150], Fischer [227] et Rivière
GÉOLOGIE DE L’IRAN
253
[375] ont indiqué l’existence du Callovien, avec Perisphincies Stahli Fisch.,
P. curvicosla Oppel, Beineckeia anceps d’Orb., B. Tilli Fischer, B. Brancoi
Steim., B. Douvillei Steim., Heclicoceras lunuloides W. Kilian, puis de l’Ox-
fordien à Oppelia flexuosa von Buch, Perisphindes Morgani Fischer, P.
peliiricus Fischer, P. aff. mogosensis Choffat, Aptychus laevis Meyer,
Aplychus lamellosus Park.
Au point de vue stratigraphique, le Jurassique de l’Elbourz central se
continue par des calcaires durs pouvant atteindre plus de 500 m. de puis¬
sance, peu fossilifères. J. de Morgan, puis A. Rivière, y ont reconnu un
certain nombre de gisements permettant de distinguer :
le Lusitanien à Aspidoceras Oegir Oppel et Neumayria flexuosa Munst.
(dans la vallée de l’Aschraf), Ocheloceras canaliculalum Munst. (vallée du
Héras), Perisphindes subrota Choffat, Per. Achilles d’Orb, Per. aff. Min-
dowe Choffat, Per. aff. polyplocus Rein (Ainévarzan) ;
le Kimméridgien à Simoceras aff. venelianum Zittel (à Pelour) ;
le Portlandien à Berriasella Calislo d’Orb.
Le Jurassique de l’Elbourz central est donc aussi complètement connu que
possible.
e) Sud de Firouz Koh.
Près de Firouz Koh, dans les calcaires des gorges qui se trouvent au Sud
du village, j’ai pu recueillir une petite faune de l’Argovien supérieur: Peri¬
sphindes plicalilis Waagen (non Sow.), Perisphindes Choffali De Riaz et
Lithacoceras sp.
A propos de Perisphindes plicalilis, je rappelle que Spath rapporte de
nombreux échantillons du Cutch. à Perisphindes orientalis Siem., y compre¬
nant des échantillons antérieurement décrits sous le nom de P. plicalilis
par Waagen et par lui-même. Les échantillons que j’ai recueillis sont impos¬
sibles à différencier des P. plicatilis des Causses (Coll. H. Agalède).
Au-dessus de ce niveau, on passe à un calcaire lithographique ne contenant
que de rares Rhynchonelles à ornementation vigoureuse, mais en trop mau¬
vais état pour être déterminées avec certitude.
/) Elbourz oriental.
Encore plus à l’Est, à Diktash, près de Semnan, le Lias à charbon est sur¬
monté de calcaires aaléniens et bajociens, contenant Pholadomya reliculata
Ag., Harpoceras mactra Dumortier, Lioceras opalinum Rein,. Lioceras opa-
linum var. comptum Rein., Lioceras acutum Quenst. (Fischer).
A l’Est de Shah Mirzad, près de Pelvar, un autre gisement d’Aalénien a
donné Lioceras opalinum Rein., Dumortieria radians Rein., Pecten incrusta-
ius Defr., Inoceramus polyplocus Roemer, Peclen personatus Zieten.
254
R. PURON
g) Elbourz septentrional.
Les mêmes conditions se retrouvent partout sur le versant Nord de l’El-
bourz. Le Lias à charbon, avec flore fossile, est connu près du Demavend, à
Sari et sur l’Angita Roud, près de Mahun, où il existe des couches de charbon
de 0 m. 80 d’épaisseur. Les couches du Lias continental sontpartout recou¬
vertes par des calcaires du Jurassique moyen.
C. KHORASSAN
J’ai découvert un nouveau gisement jurassique, aux environs immédiats
de Shahroud.
C’est un calcaire lithographique, de teinte beige clair, contenant des exem¬
plaires d ’Oppelia disceplanda Fontannes, des fragments de Perisphinctes
très évasés et un Phylloceras (forme lisse) incomplet.
A Tazire, au Nord-Est de Damghan, au-dessus des couches à charbon,
Stahl indique un niveau aalénien à Peclen incruslalus Defr., Pecten per-
sonatus Zieten, Dümorlieria radians Rein.
Viennent, au-dessus, du Callovien à Perisphinctes complori Pratt, Per. ci.
subtilis et Per. cf. scinloi Gemellaro, puis de l’Oxfordien avec Perisphinctes
mogosensis Choffat.
Le Lias continental du Khorassan fait suite à celui de l’Elbourz. Les affleu¬
rements constituent deux longues bandes alignées N-W — S-E, de Me-
ched à Hérat et au delà en Afghanistan.
Ce Lias comporte des niveaux à charbon, tout particulièrement ceux de
Tourbat-i-Sheikh-Djam.
J’ai étudié le Lias de la région de Meched et j’ai constaté qu’il se présente
d’une façon un peu particulière. Plus à l’Ouest, dans l’Elbourz, le Lias fait
suite au Trias marin, plus à l’Est dans l’Hindou-Kouch, le Trias est repré¬
senté par des couches volcaniques. Dans la région de Meched, de telles suc¬
cessions sont rarement visibles et le Lias arrive à reposer directement sur les
schistes cristallins ou sur des témoins primaires.
A Tourgabé, à 12 km. à l’Ouest de Meched, les schistes cristallins sont re¬
couverts par des calcaires primaires de très peu d’importance. En discor¬
dance sur ces calcaires très érodés, vient un conglomérat à gros éléments
contenant déjà des lentilles de charbon.
Plus au Sud, on voit le conglomérat reposer directement sur le Cristallin.
Surtout composé de galets de quartz, il est surmonté lui-même par des grès
et des schistes à plantes, avec quelques lentilles de charbon. C’est ce que j’ai
vu à Cherifabad et Haozi Hadji Mehdi. L’ensemble est plissé et poussé vers
le Sud.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
255
D. HINDOU-KOUCH
Le Trias de l’Hindou-Kouch est essentiellement continental et volcanique.
Le seul Trias marin connu a été découvert par H. Hayden [218] au col de
Lataband, à l’Est de Kaboul, soit au Sud de l’Hindou-Kouch. Ce sont des
calcaires werféniens contenant Pseudomonolis sp., Meekoceras sp. et Ophi-
ceras sp. Au même endroit, les calcaires du Trias supérieur ont fourni Mega-
lodon sp. et Dicerocardium sp.
Le Trias marin le plus proche se trouve ensuite dans le N.-W. du Pamir
où Nalivkin et Yudin indiquent un Trias à Meekoceras carprilense Mojs.,
Myophoria ovala Goldf., Pseudomonolis Telleri Bittn. et Pseudomonolis
tenuislriata Bittn.
Dans l’Hindou-Kouch, le Trias volcanique comporte une accumulation de
plus de 500 mètres de rhyolithes et de tufs. J’ai noté en 1926 [280] que ces
rhyolithes, de teintes vives, rouges et vertes, contiennent des plagioclases
dans la zone occidentale (Sourkh-Ab et Bamian), de l’orthose et de l’albite
dans la zone orientale (vallée de l’Inderab).
Leur âge ne fait pas de doute, puisqu’elles sont postérieures au Permien
marin et antérieures aux schistes rhétiens à végétaux.
Vers le sommet des couches volcaniques triasiques, on voit des bancs de
marnes schisteuses et de grès. C’est dans les marnes que j’ai découvert à Dou-
Ab-Mekhzarin deux plantes incontestablement rhétiennes : Baiera Simmondsi
et Baiera cf. Muensteriana.
Au-dessus des dernières couches volcaniques, repose une importante série
de calcaires schisteux, de grès et de schistes à végétaux, contenant des len¬
tilles de charbon.
De Chahil, Saighan et Dou-Ab-Mekhzarin, Griesbach [89, 98], Hayden
[218] et moi-même [280] avons recueilli une série de plantes :
Equisetiles ferganensis Seward, Sagenopteris Phillipsi Brongniart,
Klukia exilis Phill., Coniopteris hymenophylloides Brong., Haydenia Ihyr-
sopleroides Seward, Cladophlebis denliculala Brong., Cladophlebis haibur-
nensis L. et H., Taeniopleris sp., Ginkgo digilaia Brong., Slenorachis lepida
Heer., Phoenicopsis Poloniei Krasser, Williamsonia Haydeni Seward,
Nilssonia compta Phill., Nilssonia mecliana L., Nilssonia orientalis Heer,
Nilssonia saighanensis Seward, Podozamiles lanceolatus L. et H., Podoza-
mites Griesbachi Seward, Podozamites saighanensis Seward, Podozamiles
Kidstoni Elher, Podozamiles dislans, Anomozamiles cycadea Nath., Anomo-
zamiles minor Brongn., Pityophyllum sp., Pagyophyllum selosum Phill.
Cupressinoxylon orientale Seward, Walchia sp., Zamia angustifolia R.
256
R. PURON
LES PLANTES DU LIAS A CHARBON
(A noter un certain nombre de genres et d’espèces
communs à l’Angarie et à la Gondwanie).
Perse
Afghanistan
Russie
MÉRIDIONALE
Turkestan
Sibérie
W
W
Q
Z
PLANTES A FRONDES DE
FOUGÈRES
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
“h
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
-L
+
+
+
+
+
+
EQUISÉTINÉES
+
+
+
CYCADÉES
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
4”
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
CONIFÈRES
+
+
+
+
+
+
+
GINKGOACÉES
+
+
+
+
+
GÉOLOGIE DE L’IRAN
257
L’extension des couches à charbon est considérable. Du Khorassan, elles
vont jusqu’au Pamir, en passant par Faïzabad. Elles atteignent au Pamir
3.000 mètres de puissance et sont recouvertes par du Jurassique marin,
comme en Perse.
Les niveaux marins les plus anciens reconnus dans le Pamir, près du lac
Kutatyr sont des calcaires bathoniens, avec Oppelia fusca, Quenst., Peri-
sphindes cf. lepius Gemm., Pholadomya Murchisoni Sow.,précédant un Callo-
vien important [G.-L. Yudin, 353].
En Afghanistan, on ne connaît pas encore de Jurassique marin et les cou¬
ches continentales à charbon paraissent se poursuivre jusqu’au Crétacé infé¬
rieur, mais le fait n’est pas absolument prouvé étant donné la rareté et la
rapidité des explorations.
E. PLATEAU CENTRAL
La région de Kirman est particulièrement favorable à l’étude de la série
Trias-Lias-Jurassique. Elle comporte une série complète, avec des couches à
charbon, qui ont attiré l’attention des géologues anglais et allemands.
Le Trias de Kirman a été découvert en 1912 par O. von Niedermayer
[248] et cité incidemment par Krumbeck dans ses études sur le Trias de
Timor (1921). Des coupes ont été données par Tipper [246] et Bôhne [341-
342], les fossiles publiés par Douglas [313] et Spath (396],
La région étudiée se trouve au Nord de Kirman, dans la région de Naiband
et du Koh-i-Badamu.
Le Trias. — Entre le Permo-Carbonifère et le Jurassique, il y a des schistes
et grès verts du Trias moyen et des grès noriens.
Le Trias moyen de Haoz-i-Sheikh contient des Lamellibranches : Opis
Laubei Bittner, Cassianella decussala Munster, Hoernesia cf. Sluri Wohrm;
et des Gastéropodes : Promathilda Jenningsi Douglas, Aclaeonina scalaris
Munster, Worlhenia coronata Munster, Temnotropis carinata Munster,
Neriiopsis armala Munster, Monodonta supranodosa Kl.
Le Trias supérieur de Naiband contient : Megalodon roslratiforme Krum¬
beck, Serania seranensis Kr., Myophoria seranensis Kr., Myophoria Ver -
beeki Brettge.r, Pecten ( Indopecten) subserraticostata Kr., Pecten (Indopec-
ten) glabra Douglàs, Palaeocardila büruca Kr., Protocardia proleus Kr.,
Protocardia conlusa Healey, Nalicella coslata Munster, Promathilda sp.,
Nautilus subbambanagensis Kr., et un hydrozoaire sphéroïdal Heleraslri-
dium conglobaium Reuss. Cet hydrozoaire est bien connu aux Indes, il s’y
vend dans les bazars comme curiosité sous le nom de “ Karakoram Stones ” :
Il faut remarquer avec Douglas que ces faunes ne contiennent ni Halobia,
ni Monotis, que les Indopecten ( Pecten Clignelti) sont connus en Oman et à
Timor. Dans l’ensemble, les faunes du Trias sont un peu différentes de celles
de la Méditerranée, de l’Asie Mineure et de l’Inde ; elles comportent des
éléments plus méridionaux comparables à ceux de l’Arabie et de Timor.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VII. 17
258
R. FURON
Le Rhétien. — Le régime marin continue au Rhétien. Près de Haoz-i-
Khan, les calcaires rhétiens contiennent : Spiriferina uncinata Sch., Tere-
bralula gregaria Suess, puis des Coraux qui ont été décrits par Frech :
Montlivaullia norica Frech, Thecosmilia feneslrata Reuss, Thec. cyalhophyl-
loides Frech, Thec. clathrata Em., Thamnastraea alpina Winkler, Thamn.
redilamellosa W.
On assiste ainsi au retrait de la mer.
Le Lias. — Le Lias inférieur et le Lias moyen sont représentés par un grand
épisode continental, comme dans tout le plateau iranien, il est caractérisé par
des dépôts de conglomérats, de grès et de schistes contenant des végétaux
et des bancs de charbon.
D’après Tipper [246], les couches continentales de la région de Kirman
atteignent 3.000 mètres d’épaisseur. On y a déterminé les genres Coniopteris,
Klukia, Cladophlebis, Podozamites, Haydenia, etc.
Une transgression marine vient recouvrir les couches à charbon. Elle
appartient au Lias supérieur et au Jurassique tout à fait inférieur et elle a
été reconnue à 14 km. au S.-W. de Ravar [Tipper, 246, Spath, 390],
R s’agit d’un banc calcaire de 30 mètres de puissance qui a commencé à
se déposer à l’Aalénien, mais dont les niveaux supérieurs sont bajociens.
A l’Aalénien appartiennent : Harpoceras opalinoidea Vacek, Eudmetoceras
cf. eudmetum Buckman, Graphoceras aff. formosum B., puis aux niveaux su¬
périeurs : Lioceras cf. opalinum Rein., L. cf. complum Rein., L. aff. lineatum
B. et L. aff. bifidaium B.
Le Jurassique. — Le Bajocien est représenté par ses deux zones infé¬
rieures :
a) Wilchellia aff. pavimenlaria Buckman ;
b) Oloiies aff. coniraclus Sow. Oloiles est un genre connu à la fois de l’Eu¬
rope et de l’Australie.
Au-dessus, les dernières couches marines contiennent : Modiolus plicatus,
GÉOLOGIE DE L’IRAN
259
Pleuromya unioides, Chlamys Tipperi, Oslrea sandalina, Oslrea gregarea ,
Variamussium pumilum (R. L. Cox, 1936), espèces du Bajocien moyen et
supérieur, pouvant même se trouver dans le Bathonien.
La mer se retire à nouveau et de nouvelles couches de grès à plantes et à
charbon se déposent dans la région. C’est un régime qui durera jusqu’à la
transgression crétacée.
Cette région de Kirman apparaît des plus intéressantes, puisqu’on peut y
voir la grande série continentale coupée en deux par une transgression Aa-
lénienne-Bajocienne. Lorsque ces calcaires marins sont absents, soit que la
transgression ne se soit pas étendue plus loin, soit que le banc calcaire ait
été rapidement érodé, la série continentale peut s’étendre sans interruption
du Rhétien au Crétacé inférieur ou même moyen.
Plus au Nord, dans la zone désertique, j’ai découvert le Lias productif en
divers endroits. Il y a d’abord dans l’Ouest le gisement de Karkhouné à
l’Est de Yezd. Au milieu du désert, dans la région de Tabass, j’ai vu des reliefs
gréseux importants. Ces grès, micacés, tantôt siliceux et tantôt à ciment
un peu calcaire, reposent en discordance plus ou moins visible sur les calcaires
ouralo-permiens. Ils sont plus généralement disposésen plis allongés du Nord
au Sud. A quelques kilomètres avant le caravansérail de Robat-i-Khan, sur
la retombée orientale de l’anticlinical de Tchechmé-i-Choutouran, il existe
un important gîte de charbon. Il en existe un second dans l’anticlinal de
Tchechmé Hadji Hassan, situé un peu plus à l’Est.
Dans toute cette immense région qui joint le pays de Kirman au Khoras-
san, je n’ai pas vu de Jurassique marin et il me semble bien que l’épisode
continental continue jusqu’au Crétacé inférieur.
Cet épisode continental a toujours un intérêt économique, puisque marqué
par des couches à charbon d’autant plus intéressantes que la région déser¬
tique est riche en minerais, ainsi que j’ai pu m’en assurer lors de mon explo¬
ration de 1936.
F. ZAGROS
Le Trias est peu connu dans le Zagros, mais son existence est démontrée
par la présence de calcaires à Megalodon, depuis Kirmanshah jusqu’au Bé-
loutchistan. G. M. Lees [430] indique du Trias supérieur au Nord-Est de
Kirmanshah, contenant un très curieux Foraminifère : Orbiiopsella, et au
sud de Shiraz avec Spirijerina aliivaga et Myophoria seranensis, forme
connue à Naiband. Très peu fossilifère, l’ensemble du Trias paraît atteindre
environ 600 mètres de puissance moyenne, dans le Zagros.
Le Jurassique existe bien dans le Zagros, où il y a toujours des couches
importantes entre le Primaire et le Crétacé, mais il est lié au Trias et paraît
singulièrement pauvre en fossiles. A ma connaissance, on n’y a signalé que
de rares Ammonites du Bajocien-Bathonien à l’Ouest de Kirmanshah [430] ;
un fragment de Perisphindes à 4 kilomètres à l’Ouest de Mehiar, au Sud
260
R. FURON
CàZcd/re màss/f
roches éer/es écrasées / \'Tj'îiT J r o a
7 nI T-- °- -
Cong/omérats à gàJeZ.s c/e cher/a
grès et cherh (ràdio/àrites)
b) 6 Km. NW de Hens/n
C ) m 6 Km. à /'Estde Hersm , è Kdmembàd
Fig. 13 . — Positions relatives des Radiolarites et des Serpentines dans le Zagros.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
261
d’Isfahan et une Trigonia à 6 kilomètres au Sud de la même ville [309, p. 128]
Encore, Isfahan se trouve-t-il plutôt dans la zone centrale que dans le Zagros
proprement dit.
Par contre, il semble que l’on peut rattacher au Jurassique une série de
grès et de jaspes, gris verts et rouges, qui présentent une grande continuité
du Nord jusqu’au Sud.
De telles roches existent en Azerbaïdjan, où H. Rieben note qu’elles oc¬
cupent la place du Jurassique dans certaines régions.
Dans le Zagros, De Bôckh, G. M. Lees, et F. D. S. Richardson [309] ont
découvert des couches de Radiolarites et des Serpentines. La découverte pri¬
mitive eut lieu dans l’extrême Sud, dans les monts de Zindon, près de Bander
Abbas ; elle fut étendue jusqu’à la région de Kirmanshah où elle est suppo¬
sée constituer les éléments d’une nappe, comparable par la composition et
par l’âge, aux Radiolarites et aux Roches Vertes des régions balkaniques.
D’autre part, l’existence d’une couche Bajocien-Bathonien à Posidonomya
alpina dans le Louristan Nord limite les suppositions vers le bas.
J’ai effectué trois traversées des chaînes du Zagros : deux au Kurdistan
de Sanandaj à Kirmanshah et de Kirmanshah à Hamadan, la troisième, plus
au Sud, au Louristan, de Kirmanshah à Soltanabad, par Khorramabad.
J’ai suivi le contact des calcaires crétacés et des Radiolarites sur plus de cent
kilomètres, dans les vallées du haut Kara Sou et du Gamas Ab (Kurdistan)).
La rive gauche de Kara Sou est dominée par des montagnes de calcaires
crétacés, contenant des débris de Rudistes. L’ensemble représente un grand
pli couché vers le S.-W., allongé N.-W. — S.-E.
En descendant la vallée, en direction de Kirmanshah, en arrivant à la cote
1300, on voit apparaître le soubassement des calcaires crétacés. Ce sont de
haut en bas : des schistes rouges et verdâtres à bancs de cherts, puis des grès
à grain fin et des bancs importants de roches siliceuses rouges ou vertes, les
Radiolarites. Il ne parait pas y avoir de serpentines dans cette région.
Il en est de même aux environs immédiats de Kirmanshah, deTaq-i-Bos-
tan jusqu’à Bisoutoun, où l’érosion permet de voirie soubassement delà nappe
crétacée. Passant ainsi dans la vallée de Gamas Ab, à l’Est de Kirmanshah,
on a toujours la même succession : des calcaires du Crétacé supérieur en con¬
tact anormal sur des schistes, grès et Radiolarites.
A six kilomètres au N.-W. de Hersin, les Serpentines apparaissent. J’ai re¬
levé une série de coupes destinées à fixer la position relative des Serpentines.
Donc à 7 kilomètres au N.-W. de Hersin, il n’y a pas de Serpentines ; à
6 kilomètres, il y a des Serpentines, mais elles sont séparées des Radiolarites
par un gros banc de conglomérat à galets de Radiolarites. Les calcaires créta¬
cés reposent alors sur les serpentines.
L’existence de ce conglomérat peut présenter un certain intérêt, car il
montre que si les serpentines sont jurassiques comme les Radiolarites, elles
sont au moins postérieures et qu’un conglomérat a eu le temps de se former
avant le dépôt des Roches Vertes. Ce n’est pas une brèche.
r
262
R. FURON
La Serpentine elle-même débute par une brèche. Rien ne prouve, dans cette
région, qu’elle soit liée dans le temps aux Radiolarites et qu’elle n’appartient
pas à une autre unité.
A Hersin, je n’ai plus vu de conglomérat de cherts. La succession reste
constante : calcaires crétacés sur Serpentines sur Radiolarites. Je l’ai suivie
sur 6 kilomètres à l’Est de Hersin jusqu’à Kamerabad.
Au delà de Kamerabad, on arrive au col de Tamerki (1.900 mètres). Les
couches rouges à Radiolarites disparaissent rapidement ; la piste arrive aux
Roches Vertes, puis aux calcaires. Au sommet du col, l’érosion permet de
voir une dernière fois les Roches Vertes sous les calcaires crétacés très écra¬
sés.
Les Serpentines n’apparaissent donc ici que sur une vingtaine de kilomè¬
tres.
Quant aux couches rouges à Radiolarites, elles ont été trouvées en divers
points du Zagros jusque dans l’extrême Sud (les monts de Zindon) et au delà
vers l’Est, dans les Monts du Mekran où Tipper[246] a signalé des séries de
grès durs, jaspes et serpentines.
Partout, les couches rouges à Radiolarites se trouvent entre le Primaire et
le Crétacé. Ni le Primaire, ni le Crétacé, ni le Tertiaire ne possèdent de telles
formations.
On peut donc admettre l’hypothèse de l’âge jurassique des Radiolarites.
Quant aux Roches Vertes, elles sont beaucoup plus gênantes. Il en existe
à plusieurs niveaux stratigraphiques, et elles ne sont pas toutes liées aux
Radiolarites.
Ces Radiolarites accompagnées de Roches Vertes laminées évoquent aussi
bien le Trias à jaspes d’Albanie. Dans une région plus proche, E. Chaput
(1932) a décrit du Trias à Radiolaires en Turquie et signalé des niveaux de
roches siliceuses à Radiolaires dans le Jurassique, mais je ne crois pas qu’il y
ait lieu d’établir de telles comparaisons.
Dans le Zagros tout à fait méridional près de Fourgoun, le Jurassique marin
est représenté par 500 mètres de calcaires plus ou moins siliceux, à Rhyncho-
nelles et Bélemnites. Enfin, fait à ne pas négliger, en Arabie d’Oman, Lees
a observé des brèches, des Radiolarites, des roches basiques et des Serpentines,
sous le Barrémien marin. Il y a là tout un ensemble concordant pour faire
admettre l’âge jurassique des séries Radiolarites-Serpentines, et plus parti¬
culièrement Jurassique supérieur-Crétacé inférieur pour les Roches Vertes.
G. BELOUTCHISTAN
Ici encore, le Trias n’offre que peu d’intérêt.
Les séries inférieures ne sont pas connues. Dans le Béloutchistan Nord-
Est, près de la frontière afghane, le Trias supérieur est représenté par un mil¬
lier de mètres de schistes à Monotis. Mojsisovics [141] signale un Céphalo-
GÉOLOGIE DE L’IRAN
263
pode norien, Didymites afghanicus, provenant d’un affluent du Zhob, à l’Est
de Fort Sandeman. De son côté, Vredenburg a trouvé un Haloriles, en place,
dans les schistes de Mash [181]. Ces schistes recouvrent des calcaires à Fusu-
lines.
Le Lias du Béloutchistan comporte un millier de mètres de calcaires et de
schistes, fossilifères en quelques points. Les fossiles sont mal conservés et
l’ensemble reste peu connu.
En 1936, Spath [395] donne une liste de genres comprenant Phylloceras,
Lytoceras, Rhadophyllites, Phologrammoceras, Bouleiceras (commun à Mada¬
gascar), puis un genre nouveau Sphenarpiies. L’ensemble représenterait du
Domérien et du Toarcien. Il y eut aussi un nouveau genre d’Oursins qui fut
décrit par H. L. Hawkins : Pseudopygaster [247].
Le Jurassique marin des collines de Mari a été découvert par Griesbach,
Oldham et Lala Kishen Sing près de Mazar Drik. Les faunes calloviennes
ont été publiées en 1895 par Noetling, puis revisées par Spath (1933) qui
indique les formes suivantes :
Nauiilus Watidaensis Waagen, N. giganteus d’Orb ., N. inlumescens Waa-
gen, Macrocephalites Qüensledti Roemer, Macrocephaliles granlanum Oppel,
Macr. ( Indocephalites ) dubius Spath., Macr. madagascariensis Lemoine,
Macr. formosus Sow., Macr. [Indocephalites) gibbosus Spath, M. ( Dolik .)
perlamellosus Spath, Macr. praetransiens Spath, Perisphincies balinensis
264
R. PURON
Neumayr, Per. balulchisianensis Noetling, Per. recuperoi Gemmell, Per.
aberrans Waagen, Oppelia baluchislanensis Spath, Terebralula venlricosa
Zt eteN, Rhynchonella plicalella Sow.
Ces couches portent localement le nom de Polyphemus Limeslone à cause
de l’abondance de Macrocephalites, qui atteignent 40 et 50 centimètres de
diamètre et qui avaient été attribuésà l’espèce Polyphemus. Spath a démontré
que c’était une erreur de détermination, que Macr. macrocephalus et Macr.
Polyphemus n’existaient ni l’un ni l’autre à Mazar Drik.
C’est un ensemble Bathonien-Callovien, comparable à ce que l’on connaît
dans le Cutch.
Les niveaux supérieurs sont connus près de la passe de Gahr, dans l’Etat
de Las Bêla, avec Virgaiosphindes denseplicalus Waagen. C’est du Portlan-
dien.
Comparaison avec des régions voisines
Séries marines de l’Himalaya, de la Salt-Range et du Cutch
a) Himalaya (couches de Spiti)
Le Trias inférieur, peu épais, une vingtaine de mètres, est souvent difficile
à séparer du Permien supérieur. Ce sont les couches à Oloceras Woodwardi,
surmontées à Spiti par les couches à Ophiceras et Meekoceras.
Le Trias moyen comprend 120 mètres de calcaires à Cératites et à Daonella
Lommeli.
Le Trias supérieur, épais de 1.000 mètres, est calcaire et souvent dolomi-
tique. On y distingue, de bas en haut : les couches à Halobia, les couches à
Tropiles, les couches à Juvaviles et Haloriles, enfin des schistes à Monolis
salindria et des quartzites.
Au-dessus du Rhétien à Megalodon, viennent 1.000 mètres de calcaires
(les couches de Kioto) représentant le Lias, le Bajocien, le Bathonien et l’Ox-
fordien. La série est couronnée par les Spili Shales à Perisphinctidés, répar¬
ties de l’Oxfordien au Portlandien. Les Spiti Shales montent jusque dans le
Crétacé inférieur.
Au total, plus de 2.000 mètres de dépôts avec des faunes qui sont beaucoup
plus proches de la faune méditerranéenne que de la faune boréale et qui ont
également des affinités avec celles de la Cordillère des Andes.
b) Sait Range
Le Trias de la Sait Range, célèbre par ses « Couches à Cératites », est peu
épais, environ 70 mètres de calcaires sableux et degrés. Il ne représente que
le Trias inférieur.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
265
c) Cutch ( x )
Le géosynclinal béloutche s’est étendu vers l’Est au Jurassique empiétant
sur l’Inde péninsulaire. L’ensemble des couches atteint 2000 mètres d’épais¬
seur, débutant au Bathonien pour continuer jusqu’à l’Aptien. Signalé par
Wynne dès 1872, il a été étudié par Waagen, etc.
Une faune considérable (6.000 Céphalopodes) a été étudiée et revisée par
Spath (1933). Dans l’ensemble, les Phyllocératidés sont très rares (255 échan¬
tillons) et les Lytocératidés encore plus rares (33 échantillons). Par contre,
il y a 1.350 Oppeliidés et une grande abondance de Macrocephalites. Cette
faune nous rendra de grands services lorsque nous étudierons la Paléogéo¬
graphie, car nous verrons qu’elle n’a aucune affinité avec celle de la pro¬
vince boréale, mais qu’elle est comparable à celles de la Méditerranée d’une
part et de Madagascar d’autre part.
On distingue de bas en haut :
a) Les couches de Patcham (300 mètres) : calcaires jaunes du Bathonien à
Oppelia serriger et Perisphincles ( Sivajiceras) congener W.
b) Les couches à Macrocephalites de Chari et de Jumara, qui sont divisées
en 4 groupes et représentent le Bathonien supérieur et leCallovien inférieur :
1 : calcaire blanc à Macrocephalites iriangularis Spath, Macr. madagasca-
riensis Lemoine, Macr. dimerus Waagen.
2 : niveau de Jumara à Macrocephalites chariensis Waagen, Macro, di¬
merus W., Macr. ( Indocephalites) diademalus W., Macr. ( Indoc.) indicus
Spath.
3 : niveau à Heciicoceras giganteum Spath, Macrocephalites formosus Sow.,
Macro, chariensis W., Macro. ( Doliphaliles) subcompressus W., Péris ( In-
dosphinctes) patina Neum., Per. ( Choffalia ) perdagala W. et recuperoi Gemm.
C’est du Callovien moyen, au plus haut, et Spath est même d’avis qu’il fau¬
drait inclure le tout dans le Bathonien supérieur si l’on s’en tenait aux défi¬
nitions données par d’Omalius d’Halloy, d’Orbigny et Renevier.
4 : niveau à Macrocephalites chariensis W-, Reineckeia Rehmanni Oppel,
Per. ( Sivajiceras) paramorphum W., Per. ( Indosphincles) indicus Siem., Per.
( Choffalia ) balinensis Neum., Per. ( Choffalia ) balüchislanensis Noet et Per-
( Choffatia) recuperoi Gemm. Ce serait du Callovien encore inférieur pour
Spath.
5 : niveau de Jumara à Belemnopsis calloviensis Oppel, Reineckeia indo-
sabauda Par. et Bon., Reinravana Spath, Rein. ( Hellawaysites) oxyplychoides
Spath, Perisphincles (Sivajiceras) aureum Spath, Per. ( Kinkeliniceras) kin-
(1) L. F. Spath. Révision of the Jurassic Qephalopod Fauna of Kachh (Cutch). Palaeon-
lologia indica, vol. IX, pt. I-VI, 1927-1933, 945 pages, 130 planches.
266
R. FURON
kelini Dacoué, Per. ( Huberloceras ) mutans W., Per. (Choffatia balinensis
Neum., Per. ( Grossoüvria ) calloviensis Loczy, Per. ( Grossouvria ) ciirvicosla
Oppel, Peltoceras sp., Exogyra conica Sow., Trigonia brevicosta Kitchin.
Ce dernier niveau serait l’équivalent de la zone à Reineckeia anceps d’Eu¬
rope du Callovien supérieur.
L’ensemble des couches à Macrocephalites porte aussi le nom de couches de
Chari. C’est donc dans l’ensemble le Bathonien supérieur et le Callovien, les
Macrocephalites disparaissant avant la fin du Callovien.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
267
c) un Oxfordien divisé en trois zones :
1 : argiles schisteuses à Belemnopsis calloviensis Oppel, Pachyceras indi-
cum Spath, Perisphincles (Kinkeliniceras) catillus Spath, Per. ( Hubertoceras)
huberlus Spath, Per. ( Grossouvria ) evexa Q., Peltoceras kachhense Spath,
Melapeltoceras armiger Sow.
2 : d’autres argiles schisteuses avec Euaspidoceras armatum de Lor.
Euaspid. Douvillei Collot.
3 : le calcaire oolithique de Dhosa, avec Belemnopsis orienlalis W., Pty-
chophylloceras Feddeni W., Perisphindes ( Alligaticeras) indicum Spath.,
Ber. ( Allig.) polymorphum Spath, Per. indogermanus W., Pelioceratoides
semirugosus W., Euaspidoceras Waageni Spath., Trigonia nitida Kitch, et
un groupe de Macrocephalitidés tardifs que Spath a groupés dans la nou¬
velle famille des Mayaitidés : Mayaites maya Sow. Mayaites rotundus
Spath, Epimayaites polyphemus W., Epimayailes transiens W.
d) Le Lusitanien, qui débute par un Argovien (Oxfordien supérieur des
anciens auteurs) représenté par la partie supérieure de l’oolithe de Dhosa et la
base au moins des grès de Kantcote, avec Oppelia (Taramelliceras) jumarense
Spath, Epimayailes Lemoinei Spath, Epimayailes pseudindieus Spath,
Perisphindes orienlalis Siem., Per. ( Dicholomophindes) Orhignyi De Lor.,
Neaspidoceras ienuispinalum W., et Per. ( Torqualisphincles ) lorqualus Sow.
e) le Kimmeridgien représenté par le groupe de Katrol qui se divise en deux
niveaux :
1 : Phylloceras saxonicum Neum., Sowerbyceras Loryi Mun. Ch., Oppelia
( Taramelliceras) gibbosum Spath, Opp. ( Tar.) pseudoflexuosum Favre,
Perisphindes ( Torquatisphindes ) alterneplicatus W., Aspid. ( Waagenia) mo-
nacanlha W., Aspid. ( Waagenia ) Hildebrandli Futt ;
2. Perisphindes ( Torquatisphindes ) intermedius Spath, Per. ( Pachy-
sphindes major Spath, Per. ( Katroliceras ) Poltingeri Sow., Per. ( Kalrol.)
Waageni Spath, Aspidoceras binodiferum W., Aspid ( Waagenia) kachhensis
Spath.
/) le Podlandien, représenté par les couches inférieures de la série d’Umia,
avec Plychophylloceras tithonicum Spath, Per. (V irgalosphincles) denseplicalus
W., Per. ( Virg.) commuais Spath, Olcoslephanus, Umiailes) minor Spath,
Berriasella ( Micracanthoceras) Brighloni Spath.
d) Inde péninsulaire
Je rappellerai brièvement la stratigraphie des séries conlinentales de l’Inde
péninsulaire, connues sous le nom de séries de Gondwana. Elles permettront
d’établir la comparaison dans le temps avec les couches continentales du
Plateau iranien. D’autre part, la révision des faunes marines intercalées
(Spath, 1933) apporte des modifications importantes.
De bas en haut, on a la série suivante :
268
B. FURON
A. Gondwana inférieur.
Carbonifère. — Série de Po, à Bryozoaires et à Végétaux (Dinantien).
Au-dessus, viennent les couches volcaniques de Panjal, d’âge moscovien,
pro parte.
C’est vers la fin de cette époque que se place la grande glaciation carboni¬
fère, marquée aux Indes par les tillites de Talchir. Cette série est très discutée
et la plus grande confusion règne dans sa présentation selon les auteurs.
En fait, les conglomérats fluvio-glaciaires sont recouverts en discordance
par les grès marins de Dandote qui contiennent des Eurydesma et des Conu-
laires.
La série de Dandote elle-même se termine par 50 mètres de grès azoïques.
Elle est recouverte à son tour par la série de Warcha, avec les premiers Pro-
ducius et quelques formes chaudes, identiques à celles de l’Australie occiden¬
tale.
Au-dessus encore vient la série d’Amb (= Lower Productus Limestone)
avec Productus semireticulatus et Spirifer Marcoui à la base, Fusulina kat-
taensis et Richlhofenia sinensis au sommet.
Spirifer Marcoui est caractéristique de l’Ouralien et la zone supérieure,
dite de Katta, est une zone de passage de l’Ouralien supérieur au Permien
inférieur.
Les couches de Dandote se trouvant au-dessous de la série d’Amb et de la
série de Warcha, est nécessairement refoulée vers la base de l’Ouralien. La
glaciation ne peut être que de l’Ouralien tout à fait inférieur, si elle n’est pas
moscovienne-westphalienne.
Pendant que les couches de Dandote se déposent au bord de la mer, le
continent est recouvert par une flore stéphanienne imposante, avec 8 espèces
de Gangamopteris, 4 de Glossopteris , des Noeggerathiopsis. C’est la flore des
charbons de Karharbari.
A Umaria, ils sont recouverts par une petite transgression marine, du
même âge que la zone de Katta (extrême base du Permien).
Permien. — Couches de Damuda. 3.000 mètres de grès et schistes à charbon.
La flore comprend : Glossopteris angustifolia, Gangamopteris cyclopteroides,
Sphenopteris polymorpha, Alethopteris, Macrotaeniopteris, etc.
Permo-Trias. — Couches de Panchet. Le début de sette série est marqué
par une légère discordance. Le niveau ne contient pas de charbon, mais les
grès et argiles ont livré quelques Vertébrés : Gonioglyptus, Glyptognathus
et Dicynodon.
B. Gondwana supérieur.
Trias-Rhélien et Lias. — Couches de Mahadeva. 3.000 mètres de schistes
et grès.
Jurassique supérieur et Néocomien. — Couches de Rajmahal. 600 mètres de
grès et schistes avec des intercalations basaltiques. La flore comprend : Thinn-
GÉOLOGIE DE L’IRAN
2C>9
feldia salicifolia, Sphenopteris arguta, Taeniopteris spcitulaia, Cycadiles, Otoza-
miies, Plerophyllum, etc.
Les couches de Kola Maleri, partiellement contemporaines, contiennent
quelques Reptiles tels que Hyperodapedon et Parasuchus ; vers le sommet,
il y a des couches à Estheria et Lepidotus.
Les couches de Rajmahal, celles de Budavada en particulier ne sont pas
liasiques comme on l’a dit. Spath a déterminé dans le niveau marin : Pas-
coeites budavensis Spath, Holcodiscus du groupe perezianus d’Orb., Hoplites
cf. beskidensis Uhlig, Hoplites codazzianus Karsten, soit une faune de carac¬
tère Hauterivien-Barrêmien.
Les couches de Kota Maleri sont sensiblement du même âge.
Couches de Jabalpur. 300 mètres d’argiles et de grès tendres avec Podoza-
miles lanceolatus, Olozamites Hislopi, Araucariles cutchensis, etc. L’âge est
déterminé latéralement par les couches marines de Tripetty qui contiennent
la même faune que les couches supérieures d’Umia, soit de l’Aptien à Tri-
gonia ventricosa.
Dans l’ensemble, les séries continentales à Végétaux du Plateau iranien
sont contemporaines du Gondwana supérieur. Elles débutent au Rhétien
(peut-être même au Trias tout à fait supérieur, comme en Indochine). A
partir de l’Aalénien, elles sont susceptibles d’être interrompues par des épi¬
sodes marins, mais peuvent continuer à s’accumuler pendant toute la durée
du Jurassique, passant insensiblement au Néocomien continental.
‘270
R. PUROlSl
TABLEAU II. — Le trias et le
Portlandien
Kimmeridgien
Lusitanien
Oxfordien
Callovien
Bathonien
Bajocien
Aalénien
Toarcien
Domérien
AZERBAÏDJAN
Jaspes rouges
comparables
aux
Radiolarites
du
Zagros
C. à Berriasella
Callisto.
C. à Sinwceras afi.
veneticinum.
C. à Perisphinctes
polyplocus.
Cale, à Oppelia Cale, à Perisphinctes
flexnosa. mogosensis.
vicosta, P. halinen- Calc ' aPe ” s P- curm ' Cale. kPensph.camp-
sis, Hecticocer as costa ’ Reineckeia ton et Per. subtihs.
krakovbr.se. ance P s ~
C. à Oppelia fusca. Calc. à Oppelia fusca-
|C. à Oppelia subra- Cale, à Parkinsonia ?
driata. Parkinsoni.
Calcaire à Dumortie- Calc. à Hildoceras Calc. à Dumortieria
ria radians. bifrons. radians.
C. à Grammoceras
normannianum.
Grès et schistes
à
végétaux.
Grès
et
schistes
à
végétaux.
supérieur
Calcaires dolomi-
tiques.
inférieur
Calcaires à Lamelli¬
branches.
Calcaires à Pseudo-
monotis C. à Pseudomonotis.
Calcaires à Danubites
Calcaires à Celtites.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
271
Jurassique du Plateau iranien.
HINDOU-KOUCH PLATEAU CENTRAL
schistes
Grès
et
schistes
à ■
Grès
et
Radiolarites
rouges.
BELOUTCHTSTAN
Couches de Las Be- Couches d’Umia à
la à Per. dense- Per.denseplicatus.
plicatus. _
Schistes de Katrol
à Periph. torqua-
tus.
Grès de Kantkote
et Dhosa supé¬
rieur.
Cale, de Dhosa à
Peltoceras et
Aspidoceras.
végétaux.
C. à Perisphinctes, Couches de Mazar Couches de Chari à
Stephanoceras, et Drik à Macroce- Macrocephalites
Oppelia. phalites et Péri- et Reineckeia.
sphinctidés. Couches de Pat-
_ cham à Oppelia
C. &Ostrea gregarea. C. à Posidonomya Schistes à Lytoceras, serriger.
alpina. Phylloceras, Bou- _
C. à Otoïtes contrac- leiceras, etc.
tus.
végétaux. Calc. a Harpoceras
opalinum.
Grès et schistes
à
végétaux.
C. à Spiriferina un-
cinata.
Couches
C. à Megalodon et
Indopecten (de
Naiband).
Calc. à Megalodon.
Schistes à Monotis.
volcaniques.
Calc. à Oassianella
decussata (de Nai¬
band).
272
B. FURON
FAUNES DU TRIAS ET DU JURASSIQUE DU PLATEAU IRANIEN
I. Le Trias.
HYDROZOAIRES
Heterastridium. conglobatum Reuss.
LAMELLIBRANCHES
Ayiculidés
Monotis sp.
•— Alberti Goldf . + .
Pseudomonotis sp. + + . + .
Cassianella sp. + .
— decussata Munster . +
Pernidés
Hoernesia socialis Schi, . + .
— Sturi Wohrm. +
Pectinidés
Pecten ( Indopecten) subserraticostata, Krum-
beck (313),.
Pecten ( Indopecten ) glabra Douglas (313)
Trigoniidés
Myophoria sp.
— seranensis Kr. (313).
— Verbeeki Breit (313).
Mégalodontidés
Megalodon sp.
— rostratiforme Krumbeck (313).
Isocardiidés
Dicerocardium sp.
Cardiidés
Protocardia proteus Kr.]. +
— contusa Healey.!. +
GAS1ÉROPODES
Promafhilda Jenningsi Douglas (313).
Acetanina scalaris Munster (313) ....
Worthenia coronata Munster.
CHISTAN
MÉMOIRES DU MUSÉUM, TOME VII.
PL. III
Vigier et Brunissen, lmp.
Phot. Furon et Cintract
GÉOLOGIE DU PLATEAU IRANIEN
1. Radiolarites ( x 50). Jurassique des environs de Hersin (Zagros).
2. Les gorges de Choumboul, dans les calcaires à Fusulines (Hindou Kouch).
3. Perisphinctes p/icati/is. Argovien des gorges de Firouz Koh (Elbourz).
4. Grès et schistes du Lias recouvrant les calcaires à Fusulines
de la Perse centrale, aux environs de Tabass.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
273
GASTÉROPODES (suite.)
Azerbaïdjan
Elbourz
Khorassan
Htndou-
Kouch
Plateau
central
ai
O
n
Ü
<
N
Bélout-
CHISTAN
+
+
+
+
CÉPHALOPODES
+
+
+
+
+
+
+
+
2. Jurassique inférieur (Lias)
POLYPIERS
Azerbaïdjan
Elbourz
Khorassan
Hindou-
Kouch
Plateau
central
Zagros
Bélout-
CHISTAN
+
+
+
+
+
+
+
+
+
ECHINODERMES
Pseudopygaster Eos Hawkins (247, p. 216,
ni 91..
+
BRACHIOPODES
+
+
+
+
+
Rhynchonella concinna Sow.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VII. 18
274
R. FURON
LAMELLIRRANCHES
s a
O g
o a
z =>
Pseudomonotis elegans Munster.
Pholadomya Voltzi Ag.
— reticulata A g ....,.
Pecten incrustatus Defr.
•— leaviradiatus Waagen .
— personatus Zieten.
Astarte excavata Sow.
Inoceramus polyphcus Roemer.
Trigonia litterata Young ot Bird.
— producta Lycett .
(177, p. 202, pl. 26, fig. 10).
■— striata Lucett .
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
CÉPHALOPODES
Phylhceras sp.
Lytoceras sp.
Harpoceras ( Grammoceras ) normanianum
d’Okb (177, p. 200, pl. 26,
fig. 1-6). D
•— ( Grammoceras ) costula Rein . . .
— ( Grammoceras ) fallaciosum
Bayle (177, p. 201, pl. 20,
%7). T
— ( Hildoceras) bifrons Brug. T
— (Ludwigia) Murchisonae Sow
(177, p. 201, pl. 26, fig. 7-
9). Aa
—■ (1. udvngia) falciferum . T
Dumortieria radians Rein. Aa
Harpoceras (Lioceras) opalinum Rein.. Aa
—- ( Lioceras ) acutum Quenst. Aa
—■ (Lioceras) opalinoidea Vacek.A
•—- ( Lioceras ) atropatense Borne. A
■— (Bouleiceras ) sp.
+
+
+
+
+
CENTRAL
GÉOLOGIE DE L’IRAN 275
3. Le Jurassique moyen (Bajocien-Bathonien)
LAMELLIBRANCHES
Chlamys Tipperi Cox (389, p. 18, pi. 1,
Azerbaïdjan
Elbourz
Z
<
CO
co
<
os
O
X
«
Hindou-
Kouch
Plateau
CENTRAL
Zagros
Bélout-
CHISTAN
+
+
+
+
Jlg.A ) .
Variamussium pumilum Lmk. (389, p. 19,
ni 1 fie. 181 . ? .
Ostrea sandalina Goldf (389, p. 15, pi. 1,
fig. 8 13).
—- gregarea Sow (389, p. 16, pi. 1,
6a 14-161
+
+
Modiolus pliccitus Sow (389, p. 13, pl. 1,
Me. 21) .
+
+
Pleuromya unioides Roemer (389, p. 21,
ni. 1 lier 22 ) .
BRACHIOPODES
+
+
+
CÉPHALOPODES
+
+ +
+
+
+
+
+
+
+
71 ir.
+
+
+
+
.
+
+
+
+
+
+
+
+
+
— Schhenbachi De Gross.
276
R. PURON
CÉPHALOPODES (suite
Parkinsonia Bigoti Ni c or, esc o
— radiata Renz ....
—■ subarietis Wetzet,
— sp.....
Bigotites Nicolœscoi De Gross .
4. Jurassique supérieur
A. Callovien
CÉPHALOPODES
Phylloceras antecedens Pomp. +
Hafizi Pischer. +
— Firdousi Fischer . -f-
Hecticoceras Lugeoni de Tsyt. +
— lunuloides W. Kilian. +
Oppelia aff. subcostaria Oppel. +
Macrocephalites dubius Spath.
— formosus Sow.
— ( Indoc .) gibbosus Spath
(366. p. 190, pl. 28,
1 )...
—- madagascariensis Lemoine
(366. p. 181, pl. 22,
fig- 3).•..
— ( Kheraiceras ) Quenstedti
Roemer .
— (Dolikecephalites) perlamel
losus Spath.
— praetransiens Spath.
Reineckeia anceps d’Orb. +
— Brancoi Stein. +
— Douvillei Stein. +
— multicostata Petitceero (375,
p. 111, p. 5, fig. 7). +
—• Straussi Weith. + +
— Tilli Fischer. +
Plateau
central
c n !
O
ta
o
CSJ
Bélout-
chistan
-f
-f
+
+
-f
GÉOLOGIE DE L’IRAN
277
CÉPHALOPODES (suifc)
Perisphinctes ( Chojfatia ) balinensisl^EVM.wn
Azerbaïdjan
Elbourz
Khorassan
Hindou-
Kouch
Plateau
CENTRAL
Zagros
+
+
Perisphinctes ( Choffatia ) balutchistanensis
Perisphinctes ( Choffatia ) recuperoi Gemm.
ti ->n ni lii fî rr 4 ^
+
+
+
+
+
— curvicosta Oppel (177, p. 203,
ni i\a 11'l
+
+
— errans Spath (366, p. 334,
+
+
+
+
+
+
poculum Leck (177, p. 203)..
+
4-
+
Nautilus giganteus d’Orb (136, p. 7, pl. 2,
fie. 1 ). .
U D* ■*•/.
— intumescents Waaoen (136, p. 9,
— wandaensis Waaoen (136, p. 7,
+
+
+
B. Oxfordien
CÉPHALOPODES
Oppelia Culmini Font.
— flexuosa von Busch.
Ochetoceras canaliculatum Munster.
H
+
+
+
a
W
o a
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9 »
Z o
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5 4
g g
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«
o
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N
bélout- : : ; : ♦ • • _j_ ■ bélout-
CHISTAN * * ' “i" .+. ~T + + CHISTAN
278
K. FURON
CÉPHALOPODES (suite).
Azerbaïdjan
-q | |—|—j_ Elbourz
Iv HO RA SS AN
è «
2 c
ê§
Plateau
central
CO
O
Pi
O
<
tSJ
Bélout*
CHISTAN
+
C. Lusitanien-Kimmeridyien-Portlandien
CÉPHALOPODES
Azerbaïdjan
g
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o
»
i-3
B
Z
<
co
OQ
<
©
«
Hindou-
Koüch
Plateau
central
Zagros
Bélout-
CHISTAN
+
+
+
+
+
+
Perisphinctes Achilles d’Orb (375. p. 110,
pl. 5, fig. 2). . ..
+
+
VI. — LE CRÉTACÉ
A. AZERBAÏDJAN
Le Oaradagli, le Moro, le Misho et Zunuz montrent des calcaires faisant
suite aux calcaires du Jurassique supérieur.
H. Rieben [384] y a recueilli toute une faune : Nautilus neocomiensis d’OR.,
Desmoceras cf. cassidoides Ühl, une Bélemnite, Oslrea cf. Minos Coq.,
Aledryonia cf. redangularis Roem., Janira Morrisi Pict., Reqiiienia ammonia
Goldf., Exogyra aquila, Toxasler cf. complanalus Ag., des Polypiers appar¬
tenant aux genres Thamnastraea et Cryplocoenia, enfin Orbiiolina conoidea-
discoidea. C’est un ensemble qui peut débuter à l'Hauterivien, mais qui com¬
porte certainement le Barrêmien et l’Aptien.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
279
Près de Daradiz, des calcaires grumeleux, jaunes, à Rudistes, contiennent
Polyconites Douvillei DiStef. et Pinnacî. robinaldinaD ’ OnB . C’est un niveau
Aptien-Albien.
Au-dessus, vient une formation flyschoïde très particulière, composée de
grès et de marnes, de teinte grise à brune, avec des Fucoïdes et des empreintes
de Vers. L’ensemble paraît représenter le Crétacé moyen et supérieur. Recon¬
nue d’abord par Stahl en 1907 à Shibly, cette série a été retrouvée par
H. Rieben sur la bordure S.-W. du Qaradagh et dans le bassin Zunuz-Har-
zand.
C’est une formation comparable à celle de Gosau.
Tout au Nord, dans la gorge de Djoulfa, P. Bonnet (223j indique des ba¬
saltes et des conglomérats au-dessus du Jurassique moyen, puis des calcaires
blancs, marneux à Glauconia et Nalica, d’âge turonien ; un banc de calcaires
coniaciens à Radioliles Sauvagesi Toucas ; un conglomérat et enfin des cal¬
caires à faune pauvre représentant le Maestrichtien.
B. ELBOURZ
Nous avons dit précédemment que, localement tout au moins, le Juras¬
sique marin était au complet et ne se terminait qu’avec le Portlandien.
Des mouvements orogéniques et épirogéniques se font sentir vers la fin du
Jurassique, indiqués par des bancs de grès et de conglomérats surmontant
le Jurassique calcaire.
Le Crétacé inférieur est mal connu. Il a été signalé par Stahl dans la haute
vallée du Keredj, près de Hassangar avec Acanlhodiscus cf. Vaceki Neum.
Uhl. Dans la vallée du Talar (à l’Est), J. de Morgan indique du Barrêmien-
Aptien à Requienia ammonia.
Dans la vallée du Héras, plus à l’Est, la mission J. de Morgan a découvert
des gîtes albiens, avec Orbitolina subconcava et Eoradiolites Davidsoni Hill.
Ce niveau est bien visible dans la gorge de Band-i-Burida.
Sur la bordure méridionale de la chaîne, à l’Est de Téhéran, dans les mon¬
tagnes de Sépaieh, Niedermayer et A. Rivière [375] ont récolté Rhyncho-
nella depressa d’Orb., Rhynch. multiformis Rof.mer, var. ardescica Jacob et
Fallot, toutes deux néocomiennes. Rivière indique aussi la présence, dans
le Cénomanien, de galets de calcaires à Orbitolines.
Dans une région voisine, dans les ravins qui se trouvent au Nord de la
montagne de Shah Abdul Azim, H. Rieben et moi-même, avons découvert
au cours de nos excursions, des bancs de calcaires à Orbitolina conoidea-dis-
coidea Gras. Un peu au-dessus, se trouvait un banc de calcaire contenant un
Céphalopode déroulé, puis des calcaires à Hinniles cf. Renevieri.
C’est tout à fait le faciès du Barrêmien-Aptien et c’est probablement de ces
280
R. FURON
niveaux que proviennent les galets de calcaires à Orbitolines de la base du
Cénomanien.
Cet Aptien est recouvert de conglomérats ayant une certaine importance
et sont recouverts en discordance par des calcaires cénomaniens contenant
Exogyra columba Desh., de petite taille (var. minor). Vers le sommet, les
calcaires contiennent Rosalina Linnei d’Orb., espèce qui peut se trouver à la
fois dans le Turonien tout à fait supérieur et dans le Sénonien.
Un peu partout dans l’Elbourz, nous retrouvons ce schéma : un Crétacé
inférieur constitué surtout par des grès et des conglomérats, surmonté par
des calcaires cénomaniens. Grès et conglomérats peuvent atteindre une cen¬
taine de mètres.
C’est dans la vallée du Talar que la série paraît la plus complète, d’après
les récoltes de Tietze, Krumbeck et J. de Morgan. Le Cénomanien et le Tu¬
ronien sont recouverts de calcaires sénoniens dont la faune ressemble à
celles de l’Europe aussi bien que l’Inde orientale: Inoceramus Cripsii (sou¬
vent cité pour I. ballicus), Neilhea quadricosiata d’Orb., Gryphaea vesicularis
lmk., des Cristellaria, etc.
Dans l’ensemble, on observe une émersion au centre de la chaîne au cours
du Sénonien. La fin du Crétacé est une période de grands troubles. On ne peut
en douter lorsqu’on voit les grands accidents qui ont affecté la zone orientale,
avec les émissions des trapps du Deccan, puis la zone occidentale (Syrie).
C. KHORASSAN
Le Crétacé marin est très développé au Nord des monts du Khorassan,
dans la chaîne du Kopet Dagh, du Kara Dagh et des Paropamisades qui se
continuent à l’Est par le Band-i-Turkestan.
Cette région du Kopet Dagh a été étudiée par Bogdanovitch (1893) qui
a reconnu de l’Aptien bitumineux à Parahopliles Deshayesi, Terebralula
Dutempleana, Rhynchonella lata, Rhynch. sulcala ; de l’Albien à Hoplites
splendens ; du Cénomanien à Acanthoceras Manlelli ; du Turonien à Ostrea
vesiculosa, Exogyra auricularis, Puzosia Austeni, Pachydiscus perarnplus.
Bien plus à l’Est, dans le Khorassan afghan, Griesbach a recueilli quelques
fossiles qui furent étudiés par Bion et H. Douvillé en 1926.
Les gisements se trouvent au Sud-Ouest de Hérat et au Nord-Est, près
de Zulfikar. Au-dessus des couches à Plantes (Lias et Jurassique), il y a des
grès rouges qui représentent le Jurassique supérieur et le Crétacé tout à fait
inférieur.
Viennent ensuite des calcaires bruns à Budistes avec Eoradiolites lyratus
Conrad, caractéristique duCénomanien du Liban et de l’Egypte, et Apricardia
Noellingi. C’est du Cénomanien inférieur.
Au sommet, il y a des calcaires gris à Inoceramus ballicus Bôhm et Sphoe-
rulites Griesbachi Douv., visibles au sud de Kélat-i-Naderi.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
281
Un peu plus à l’Ouest, en Khorassan persan, Griesbach avait trouvé
Terebralula sella du Barrêmien-Aptien, au N.-W. de Firaiman.
Dans l’ensemble, le Crétacé inférieur du Khorassan est constitué par des
grès rouges, faisant suite aux couches à plantes et à charbon.
Les couches à Exogyres du Crétacé moyen ont été signalées à Darband,
Fig. 16. — Les gîtes fossiMfères crétacés du Khorassan.
dans les monts Dochak, près de Zulfikar, à Zorabad, Pul-i-Khatun et Kélat-i-
Naderi, rejoignant ainsi les gisements du Kopet Dagh.
La craie à Inocerames se retrouve dans les mêmes localités, auxquelles il
faut ajouter Pehra et le col d’Ardewan.
En somme, la série du Khorassan est assez comparable à celle de l’Elbourz.
Le fait important à souligner est la présence de couches marines antérieures
au Cénomanien. D’autre part, l’importance et l’extension de couches rouges
du Crétacé inférieur continental vont se continuer vers l’Est en Afghanistan,
dans le Firouz Koh et l’Hindou-Kouch.
282
R. PURON
D. HINDOU-KOUCH
a) Versant Nord
Le Crétacé inférieur du versant Nord de l’Hindou-Kouch est habituelle¬
ment constitué par des grès et des conglomérats rouges, continentaux, entre¬
coupés d’épisodes lagunaires indiqués par des dépôts de gypse et de sel. C’est
un ensemble qui fut désigné autrefois sous le nom de « Red Grit Sériés » par
Griesbach .
Le gisement de sel de Namak-Ab, au Kataghan, appartient à cette série
qui est susceptible localement de monter assez haut.
Sur le versant Nord de l’Hindou-Kouch, à Saighan et Deh Imam, au-dessus
de ces couches rouges, j’ai observé des calcaires durs à Terebralula semiglo-
bosa d’Orb. (Cénomanien), puis des calcaires à Spongiaires et du Sénonien
plus sableux à Exogyra ostracina Lmk et Grypliaea vesicularis Lmk.
J’ai suivi ce Crétacé tout le long de la vallée du Sourkh-Ab, à partir du col
de Dendan-Chikan et Kahmard, et plus à l’Est, dans la cluse de Dasht-i-
Séfid.
De la région qui va de Saighan à Kahmard et plus au Nord, à Shadian, au
Sud de Balkh, Bion a déterminé [2661 un certain nombre de fossiles apparte¬
nant tous au Sénonien et plus particulièrement au Campanien-Maestrichtien :
Micraster praecursor Rowe, Cyphosoma sp., Terebralula obesa Sow., Exogyra-
decussala Coq., Exogyra plicifera Duj., Lima obliquislriala Forbes.
L’âge de la transgression marine a été précisé par H. de Cizancourt et
H. V autrin [414] qui ont recueilli des fossiles albiens : Eoradioliles aff. David-
soni Hill, Toucasia carinata Math. var. compressa Pao., Pseudonerinaea
gardonensis Cossm.
Au-dessus du Cénomanien et du Turonien, le même auteur indique un
Sénonien à Orbitoïdes : Orbilella Tissoli Schlum. var. Vredenburgi Douv. à
la base ; Orbilella apiculala Schlum., Orbilocyclina minima Douv., Omphalo -
cyclus macropora Lmk. au sommet. C’est un niveau Campanien-Maestrich¬
tien, qui plus à l’Ouest passe latéralement à des grès rouges reposant sur des
calcaires du Sénonien inférieur. Il existe donc deux séries de grès crétacés,
l'une à la base et l’autre au sommet.
b) Versant Sud, Koh-i-Baba et Kaboulistan
La série crétacée est beaucoup moins connue sur le versant Sud. Dans le
Nord-Est, dans la vallée du Pandjehir, il n’existe aucune trace d’une trans¬
gression crétacée, pas plus que des conglomérats rouges.
La région de Kaboul est dans le même cas et, aussi loin qu’on ailleen direc¬
tion de Ghazni, on ne voit que des roches anciennes, cristallines et cristallo-
phylliennes.
Il faut aller assez loin dans l’Ouest, jusque dans la région de Bamian pour
GÉOLOGIE DE L’IRAN
283
retrouver les couches à Plantes jurassiques, les grès rouges du Crétacé infé¬
rieur et les calcaires du Crétacé moyen ou supérieur. La série s’étend jusque
dans le Koh-i-Baba et loin vers l’Ouest, elle passe au Firouz Koh, en direction
des Paropamisades et du Khorassan.
Au Sud de l’Hindou-Kouch proprement dit, s’étend une immense région
montagneuse, le Hazarajah, massif déchiqueté, qui reste complètement in¬
connu.
Ce n’est que tout à fait dans le Sud, à proximité delapiste Kandahar-Farah-
Hérat, que cette zone a été vue. Elle se rattachera à la zone du Flysch du
Béloutchistan et de la Perse orientale, maislepays reste inconnu sur 200 kilo¬
mètres de profondeur.
E. PLATEAU CENTRAL
On connaît quelques gisements crétacés sur la bordure occidentale du Pla¬
teau, en lisière du Zagros.
Au Nord, se trouve celui de Soh, à 80 kilomètres au Nord d’Isfahan :
des calcaires aptiens à Parahopliles Melchioris Anthoula, Bhynchonetla
sulcala d’Orb et Terebraiula Astieri d’Orb.
A 25 kilomètres au Sud du gisement de Soh, près de Kohrudtchi, j’ai dé¬
couvert un gisement de calcaires noirs à Orbitolines aptiennes : Orbilolina
discoidea-conoidea.
De Kohrudtchi à Isfahan, j’ai étudié deux autres gisements :
a) Entre Kohrudtchi et Mourtchakar, à 12 kilomètres à l’Ouest de Mourt-
ehakar, on observe la coupe suivante, de la base au sommet :
environ 200 mètres de grès et de schistes verdâtres,
un conglomérat,
des grès rouges (50 m. env.),
des calcaires noirs, semblables à ceux de Kohrudtchi.
L’ensemble est affecté d’un pendage de 25°S.-S.-W.
Je considère les grès et les schistes de la base comme représentant le Lias.
Entre Mourtchakar et Isfahan, on traverse les collines de Madar-i-Shah,
à 12 km. au Sud de la première localité.
J’y ai relevé la coupe suivante, très exactement comparable à la précé¬
dente :
des grès schisteux verts,
un conglomérat,
des grès rouges et blancs, compacts,
des calcaires jaunes et noirs à Orbitolines à la hase,
des calcaires jaunes à débris d’Huîtres, au sommet.
L’ensemble est affecté d’un pendage de 20° Nord-Nord-Est, et représente
le Lias continental, recouvert en discordance par un conglomérat et un grès
284
R. PURON
du Crétacé tout à fait inférieur, puis de calcaires appartenant à l’Aptien et
aux étages supérieurs.
Les environs mêmes d’Isfahan sont dominés par des montagnes de cal¬
caires crétacés.
A 2 kilomètres vers l’Est, en direction de Nain, on voit au Sud de la route
un affleurement de grès et de schistes qui doit être jurassique. Sept kilomètres
plus à l’Est, on voit des collines de 50 mètres de hauteur environ. A la base,
les schistes basiques apparaissent, mais ils sont recouverts par des calcaires
noirs et jaunes contenant encore des Orbitolines.
A 200 kilomètres plus au Sud-Est, aux environs de Yezd, on avait signalé
autrefois la présence de Bequienia ammonia, dans le Koh-i-Shir. Sur la piste
de Taft, on rencontre des montagnes assez élevées, dont le centre est composé
de grès et de schistes jurassiques. Sur le versant occidental, j’ai recueilli de
très beaux exemplaires de Pseudotoucasia calalaunica Astre (1), dans des
calcaires dolomitiques, noirs et fétides, bourrés d ’Orbitolina conoidea et
O. discoidea. De loin, il ne serait pas impossible de confondre ces Pseudolou-
casia avec des Requiénies, mais un échantillon très bien conservé montre
une coquille atteignant 20 centimètres de diamètre, une grande valve infé¬
rieure, carénée latéralement, une valve supérieure élevée, pourvue d’une très
grande carène médiane. En coupe, la lame myophore est visiblement coudée
et mince. Chez Pseudotoucasia santanderensis qui est une forme toute voisine,
la valve supérieure est surbaissée et arrondie ; la lame myophore est droite
et épaisse. Ce beau gisement est encore aptien.
A l’Est des gisements situés en bordure du Zagros, indiqués précédemment,
Stahl a signalé près d’Anarek une zone crétacée comportant une série infé¬
rieure à Orbitolines, du Crétacé moyen à Acanlhoceras cf. rotomagense, Spon-
dylus cf. sirialus Goldf., Vola cf. aequicoslala Lmk, du Crétacé supérieur à
Rudistes.
Dans les montagnes situées aux environs de Kirman, les calcaires céno¬
maniens sont indiqués par Exogyra columba ; au-dessus, les couches contien¬
nent des Rudistes du Génomanien-Turonien : Durania major Kühn, Durania
laevis Douv., Durania inermis Douv., Eoradolites lyralus Conrad, Pironaea
persica Vred ; puis des formes sénoniennes : H. cornucopiae Drfr., H. Tip-
peri Kühn, H. ( Vaccinites ) Vredenburgi Kühn, H. (Vaccinites) vesiculosus
Woodw., H. ( Vaccinites) Bousseli Douv., H. ( Vaccinites ) corbaricus Douv.,
H. ( Vaccinites) conicus Kühn, H. ( Vaccinites) Chalmasi Douv. [344],
Dans la région de Bam et Abariq,TiPPER[246] a été frappé par l’abondance
de matériel volcanique accompagnant le Crétacé supérieur : des gabbros, des
basaltes, des tufs variés, des masses de serpentines, parfois des trachytes,
qui eux seraient peut-être plus récents.
(1) G. Astre. Les faunes de Pachyodontes de la province catalane entre Sègre et Fraser.
B. S. Hist. Nat. Toulouse, 1932 ,t. 64, p. 31-154.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
285
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v roches Volcaniques crétacées et
éocènes
ft basaltes
v
H sable et a Huilions
—Itinéraire 1f5f.
Cf/iyaHeh
Fio. 17. — Itinéraire vers les confins afghano-béloutches (1937).
286
R. PURON
On se trouve ici en présence d’un faciès particulier, flyschoïde, dont l’ex¬
tension géographique est très importante.
Depuis la mission de délimitation afghano-persane, dirigée par le colonel
Sir Henry Mac Mahon [194, 212] dans le Séistan, on sait que les calcaires à
Hippurites s’étendent jusqu’au Hamoun-i-Hilmend. On connaît Hippuriies
Vredenburgi Kuhn (1 ) et Pironaea persica Vred. de Koh-i-Narahu et de Koh-
i-Makou.
Les mêmes couches se prolongent loin vers l’Est, vers le Hazarah afghan.
Leur extension vers le Nord n’était pas connue.
J’ai reconnu la région désolée qui s’étend du Nord au Sud, depuis Tourbat-
i-Haidari au Sud de Meched, jusqu’à la frontière béloutche et longeant la
frontière afghano-persane.-
Un peu au Sud de Chain (Kaïn des cartes), à 27 kilomètres exactement,
on arrive dans un col (1.900 mètres) où apparaissent des grès, des schistes,
des marnes schisteuses et des bancs de roches vertes, le tout présentant un
pendage N.-N.-W. Le col porte le nom de Godar-i-Kounidj. Les formations
disparaissent rapidement vers le Sud sous les conglomératstertiaires de Roum.
Plus au Sud, entre Roum et le poste de gendarmerie de Seh Deh, le même
complexe (marnes, calcaires, schistes et roches volcaniques) apparaît à nou¬
veau avec un pendage Sud, pour se continuer jusqu’aux environs de Bird-
jand.
La vallée sèche de Birdjand, orientée N-W — S-E, est bordée de montagnes
entièrement constituées de roches vertes. A partir de Moud (à 33 kilomètres
au Sud-Est de Birdjand), la piste traverse le col de Godar-i-Rig (1.700 m.)
dans des basaltes peu plissés, pour redescendre dans la vallée sèche du Siali
Ab, à Sar-i-Bicheh.
Entre Sar-i-Bicheh et le lac salé de Faiz Abad, on voit des amas importants
de serpentines alignés N-W. — S-E., puis on traverse une grande étendue
désertique, couverte tantôt de reg, tantôt de sable, sur 70 kilomètres.
A 3 kilomètres au Sud de Khanéchéraf, on retrouve des reliefs constitués
par des schistes bleus à pendage 35° Nord-Est, des andésites et des roches
vertes écrasées. A 8 kilomètres au Sud de Khunik, on voit des serpentines
écrasées avec des marnes schisteuses présentant un pendage 25° N.-W. De ces
collines, on domine la cuvette désertique du Hamoun-i-Hilmend, qui s’abaisse
à 300 mètres d’altitude.
Depuis Sefid Abad jusqu’à Hormak, puis dans tout le massif montagneux
de Koh-i-Malek Siah, on voit émerger du désert de hautes montagnes déchi¬
quetées : des schistes versicolores, des roches volcaniques, des bancs de grès et
de rares lentilles de calcaires, écrasés eux aussi.
C’est entre Séfid Abad et Hormak, que j’ai découvert un banc de calcaires
à petites Nummulites, dans les montagnes situées à l’Ouest de la piste. Bien
(1) Autrefois signalée sous le nom île Hippuriies gosaviensis Douv.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
287
que spécifiquement indéterminables, ces Nummulites sont extrêmement
précieuses. Elles précisent l’âge de la partie supérieure du flysch volcanique
qui a commencé à se déposer au-dessus des calcaires à Rudistes. Il s’agit bien
d’un Flysch volcanique appartenant au Crétacé supérieur et à l’Eocène. Les
serpentines qui l’avoisinent appartiennent également au Crétacé et leur inté¬
rêt économique est considérable, puisqu’elles sont riches en dépôts de chro-
mite.
Enfin, ce gisement de Nummulitique incontestable se trouve à 125 kilo¬
mètres au nord du Lutétien à Nummulites perforalus des montagnes qui se
trouvent en territoire béloutche, au Nord-Est de Zahedan. Ainsi se trouve
démontrée l’existence du Nummulitique, et du Lutétien en particulier
dans toute la Perse orientale, du Nord au Sud, depuis le Turkestan jusqu’à
l’océan Indien.
Ainsi se trouve également démontrée l’extension de la zone du Flysch
Crétacé-Eocène, qui parait bien limitée à l’Ouest par la chaîne Nord-Sud
dont j’ai signalé l’existence, qui s’étend vers le Nord jusque dans le Khoras-
san et qui va s’étaler très loin à l’Est sur l’Afghanistan méridional et le Bé-
loutchistan.
Afghanistan occidental et méridional
Le Sud-Est afghan a été étudié par Grtesbach [75] et Vredenburg [168]
dans la région de Kandahar, les monts d’Argandab et de Shah Mahsud. On y
a signalé du Crétacé supérieur calcaire à Hippurites, pénétré par des intru¬
sions tantôt acides, tantôt basiques. Les fossiles sont rarement conservés.
En suivant vers l’Ouest les contreforts des montagnes du Hazarah, on
retrouve le faciès flysch du Sud de la Perse, qui rend si difficile toute étude
stratigraphique. Dès 1887 toutefois, Griesbach avait noté le Crétacé de
l’Ouest afghan, entre Farah et Sabzavar.
Entre Farah et Sabzavar, H. de Cizancourt [414] a observé des calcaires
écrasés, également pénétréspar les roches éruptives, maisreposant sur d’autres
roches éruptives au moyen de grès, d’un conglomérat de base indiquant une
transgression marine. Près de Anar Darra, ces calcaires contiennent Orbilo-
lina conoidea-discoidea Gras à la base et Eoradioliles aff. iriangularis au som¬
met. Le sommet serait donc cénomanien, passant ainsi au Cénomanien à
Eoradioliles lyratus Conrad du Khorassan afghan, tandis que la base serait
aptienne. Le même auteur indique Orbilolina cf. conulus Douvillé dans des
calcaires des environs de Kandahar, ce qui indiquerait du Barrêmien. Nous
verrons plus loin que le Néocomien complet existe au Béloutchistan.
En somme, la série des grès du Crétacé inférieur, faisant suite au Juras¬
sique à Plantes a une importance générale, mais une partie du Centre du
Plateau iranien a été envahie par une transgression qui se place comme
partout ailleurs en Iran, vers le Barrêmien-Aptien.
La série afghane se terminerait par des calcaires à Hippurites. Il semble
288
R. FURON
qu’il y ait une lacune quelque part au cours du Crétacé moyen. L’existence
même du Crétacé supérieurà Hippurites est mise en doute par H. de Cizan-
court qui pense que la série s’arrête vers le Cénomanien, au plus haut. La
question serait à étudier de près, car Griesbach [75] insiste en plusieurs en¬
droits sur la quantité d’Hippurites qui se trouvent en divers endroits dans les
calcaires, tant à Kandahar que dans les régions plus occidentales.
Fig. 18. —• Coupe théorique des couches de l’Afghanistan central"
Béloutchistan Nord et Afghanistan tout à fait méridional
Sur la frontière afghano-béloutche, au Béloutchistan Nord, dans les Monts
Tchagaï, Yredenburg a découvert un niveau à Venericardia Beaumonli.
Des coupes publiées par Vredenburg et H. Douvillé [314], on obtient les
indications suivantes, de haut en bas :
8. Calcaires éocènes à Alvéolines.
7. Tuf volcanique, vert.
f). Calcaire à Venericardia Beaumonli d’Archiac et Venericardia Beau¬
monli var. Ameliae Péron, Campanileelongalum H. Douv., Pyrazus expansus
H. Douv., Procerithium millegranum Munster, Potamides chaparensis H.
Douv., Morgania fusiformis Hislop, Cyprimeria gigas IL Douv., Lioslreo
orienlalis H. Douvillé.
5. Tuf volcanique.
4. Schistes.
3. Conglomérat à galets de calcaire à Rudistes.
2. Schistes et grès.
1. Calcaires à Rudistes.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, TOME VII.
PL. IV
2
Vigier et Brunissen. lmp.
1
5
Phot, Furon et Cintract
GÉOLOGIE DU PLATEAU IRANIEN
1. Pseudotoucasia cataiaunica (x 1/2). Aptien des environs de Yezd.
2. Calcaire à Orbitolines (x 25). Barrémien de Shah Abdul Azim,
près de Téhéran.
3. Loftusia Morgani (gr. nat.). Maestrichtien de Koh-i-Papi (Louristan).
4. Loftusia persica (gr. nat.). Maestrtchtien de Koh-i-Sarab, pays Bakthiary.
5. Massif et vallée de Koh-i-Malek Siah ( Béloutchistar persan ).
Flysch Crétacé-Éocène.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
289:
Crétacé supérieur et Eocène inférieur ont encore ici le faciès Flysch que
nous leur connaissons en Perse centrale et dans l’Afghanistan extrême occi¬
dental.
A 100 kilomètres au Nord desMonts Tchagaï, près de la boucle du Hilmend,
H. de; Cizancourt [4141 a retrouvé un ensemble de flysch volcanique, près,
d’un ancien volcan (Koh-i-Khan Nashin) et l’attribue au Crétacé supérieur.
Fig. 19. — Le Kurdistan.
Koh-i-Khan Nashin n’est plus qu’à 200 kilomètres des contreforts méridio¬
naux des montagnes du Hazarah.
F. ZAGROS
Le Kurdistan
La zone crétacée du Zagros kurde comprend la région de Kirmanshah et
passe en territoire iraqien.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VII.
19
200
R. FURON
C’est là, près de Suleimanieh, dans l’Asmir Dagh, que Bourchier, De
Bockh et Troweridge ont trouvé des calcaires albiens à Puzosia et Oxylropi-
doceras, surmontés de calcaires cénomaniens à Orbilolina concava Lamk.
[309]. La présence d ’Oxylropicoceras est à souligner tout de suite, car c’est un
genre connu à Madagascar.
Dans le Safin Dagh, au-dessus du Cénomanien, viennent des calcaires à
Rudistes, puis 30 mètres de calcaires en plaquettes et 900 mètres de flysch,
comportant des niveaux de schistes calcaires bitumineux.
A Aqra, ces schistes bitumineux sont recouverts par 300 mètres de calcaire
à Rudistes avec Toucasia, puis des marbres à Loftusia et enfin des calcaires
à Globigérines.
Dans l’anticlinal d’imam Hassan, près de Qasr-i-Chirin, on trouve
1000 mètres de marnes à Globigérines avec des bancs de calcaires à Lopha
dichoioma et Gryphaea vesicularis Lamk.
A l’Est de la chaîne, le Crétacé très froissé par les plissements n’est guère
fossilifère. On n’y connaît que quelques Rudistes près de Kirmanshah, des
calcaires à Orbitolines au Sud de Hamadan et de Soltanabad. J’ai suivi les
calcaires crétacés très loin au Nord de Kirmanshah, jusque dans la région
de Sanandaj. Ils ne contiennent pas de fossiles permettant de les identifier
avec certitude.
Le Louristan. (Poucht-i-Koh, Siah Koh, Koh-i-Papi, Khorramabad,
Bouroudjird)
Le Poucht-i-Koh et le Siah-Koh ont été étudiés par J. de Morgan et les
GÉOLOGIE DE L'IRAN
291
géologues anglais. J’ai moi-même visité le Louristan oriental, entre Bouroud-
jird, Khorramabad et le Koh-i-Papi.
Les montagnes du Louristan qui atteignent 5.000 mètres de hauteur, sont
formées de plis parallèles. Les rivières y coulent dans les synclinaux et tra¬
versent les anticlinaux au moyen de gorges abruptes.
C’est la plus belle région pour l’étude du Crétacé. La série reconnue com¬
porte, de la base au sommet :
Aptien. Calcaires foncés de Koh-i-Valamtar, à Parahoplites Millelianus
d’Orb., Douvilleiceras Cornuelianum d’Orb.
Albien-Vraconnien. Calcaires bleuâtres du Kébir Koh à Puzosia Deniso-
niana Stol et Turrilites Bergeri.
Cénomanien. Couches du Kébir Koh à Acanthoceras rolhomagense Defr.,
Ac. laticlavium Sharpe, Ac. Gentoni Defr., Ac. Cunningloni Sharpe. Les
Oursins sont particuliers à la Perse : Pseudananchys persica C. et G., Pseuda-
nanchys inaequifissa C. et G., Hypsaster Husseini C. et G., Hypsasler longesul-
calus C. et G., Hetniasler decussaius C. et G.
Turonien. Les calcaires à Rudistes habituels sont remplacés dans le Poucht-
i-Koh par des calcaires et des marnes à Globigérines qui montent jusqu’au
sommet du Crétacé.
Sénonien. Les couches à Globigérines atteignant 1.000 mètres d’épaisseur
sont interrompues de place en place par des bancs ou lentilles calcaires con¬
tenant des fossiles sénoniens en grande abondance :
Sphenodiscus acutodorsaius Noetl., Boslrychoceras polyplocum Ronsen,
Lopha dichotoma Bayle, Lopha Morgani H. Douv., Exogyra Malheroni
d’Orb., Venericardia Beaumonli d’Arch. et IIaime, Gryphaea vesicularis
Lmk., Plicatüla hirsuta Coq., Terebralula Brossardi Th. et Pér., Hemi-
pneustes persicus C. et G., Epiaster Smellii Currie, et une grande quantité
d’autres Oursins, déterminés par Cotteau et Gauthier. Ce sont des espèces
particulières à la Perse, nouvelles, n’ayant donc aucune valeur stratigraphique.
Il en est de même des Cérithidés déterminés par H. Douvillé [177].
Actuellement, il est impossible de subdiviser sérieusement le Sénonien du
Zagros. Boslrychoceras polyplocum indique la base du Maestrichtien.
Au sud de Khorramabad, il y a des calcaires à Rudistes marquant le Turo¬
nien tout à fait supérieur, puis des épaisseurs considérables de marnes rouges
et noires, de sables et de calcaires sableux, contenant en grande abondance
deux Foraminifères maestrichtiens : Lofiusia Morgani A. Douv. et Ompha-
locyclus macropora Lmk.
Omphalocyclus macropora a un grand avantage au point de vue stratigra¬
phique, c’est d’être déjà connu dans le Maestrichtien du Thibet, du Bélout-
chistan, du Somaliland, de Turquie et d’Europe. J’ai recueilli ces fossiles en
abondance au Koh-i-Papi dans les couches voisines des asphaltes. La présence
de niveaux pétrolifères dans le Crétacé supérieur semble bien plus normale
292
R.FURON
que ne l'ont cru les premiers auteurs. C’est dans ce niveau que se trouvent
certains pétroles de l île de Bahrein, dans le golfe Persique.
Les couches maestrichtiennes du Louristan contiennent cinq espèces de
Loflusia : Lojlusia persica Brady, Loftusia elongata P. T. Cox, Loflusia Mor-
gani H. Douvillé, Loflusia minor P. T. Cox (très voisine de la précédente),
Loftusia Harrisoni P. T. Cox. La première de ces espèces, L. persica Brady,
atteint une taille extraordinaire. P. T. Cox qui a révisé le groupe [400] signale
un échantillon de 91, 5 mm. de longueur et de 42 mm. de diamètre.
Le Pays des Bakhtyaris
La structure du Pays des Bakhtyaris est la même que celle des montagnes
du Louristan.
Dans le Koh-i-Bingistan, R. L. C. Bleek [309] a découvert à la base du
Crétacé visible Cheloniceras sp., Pseudophacoceras sp. et Schloenbachia Rois-
syana d’Orb., soit de l’Aptien et de l’Albien.
Le Cénomanien est peu fossilifère. Dans les calcaires luroniens, J. de Mor¬
gan a recueilli des Rudistes, entre Dou Poulan et Djellil :
GÉOLOGIE DE L’IRAN
293
Praeradioliles ponsianüs d’Archiac, Badioliles Trigeri Goo., Radiolites
Peroni Choffat, Radioliles Morgani H. Douv., Biradioliles lumbricalis
d’Orb.
Ces calcaires atteignent 350 mètres de puissance. Ils sont surmontés de
marnes à Globigérines se terminant par les couches à Lojlusia Morgani, du
Maestrichtien.
La position stratigraphique des Loflusia est maintenant parfaitement éta¬
blie grâce aux nombreuses observations faites sur le terrain par les géologues
de l'Anglo-Iranian Oil Cy. A la suite des premières découvertes de J. de Mor¬
gan, H. Douvillé avait conclu que L. persica caractérisait le Maestrichtien
inférieur et L. Morgani le Maestrichtien supérieur et le Danien.
Laissant de côté le Danien dont nous ignorons l’existence réelle dans le
Zagros, P. T. Cox a démontré que les Loflusia , persica et Morgani, se trou¬
vaient dans tout le Maestrichtien [ 400],
A l'Est du Pays des Bakhtyaris, sur le versant oriental du Zagros, se trouve
la région d’Isfahan.
Près de Choutouran Ivoh, le Crétacé débute par des couches à Cosiidiscus du
Barrêmien supérieur ou de l’Aptien inférieur, à Cheloniceras (Aptien) et
Schloenbachia Roissyana d’Orb. (Albien).
Près de Soh, au Nord d’Isfahan, J. de Morgan a signalé des couches de
passage de l’Aptien à l'Albien contenant Parahopliies Melchioris Antiioui.a,
Rhynchonella sulcala d’Orb. et Terebralella A siicri d’Orb.
Enfin, entre Isfahan et Maidan-i-Naftun, se trouve la chaîne calcaire du
Zard Ivoh.
A. Desio en a rapporté quelques fossiles publiés par Parona [383]. Ce sont :
Eoradioliles colubrinus Parona ; Praeradioliles plicalus Luj., Praeradioliles
ponsianüs d’Arch., Praeradioliles sinuatus d’Orbigny, Radiolites angeoides
Pic de L., Durania Desioi Parona.
A l’exception de Praeradioliles ponsianüs qui existe dans le Turonien supé¬
rieur (et dans le Sénonien), tous ces Rudistes sont sénoniens.
L,e Fars
Le Crétacé inférieur du Fars est caractérisé (si l’on peut dire) par la présence
de bancs de gypse.
Le Crétacé du Fars est visible dans deux régions, l’une avoisinant le golfe
Persique, au Sud de Bouchir, l’autre dans la région de Chiraz.
Pi •ès du golfe Persique, à Dashti, dans le Koh-i-Kartang, Russell et Pitt
[309] ont observé la coupe suivante :
Turonien : 200 mètres de marnes à Globigérines, avec quelques bancs de
calcaires à Rudistes et Hemiasler Fourneli Desor.
Cénomanien : 250 mètres de marno-ealcaires à Diplopodia variolare Gott.,
Orlhopsis granularis Cott., Codiopsis doma Desh., Pedinopsis Desori Coo.,
Holectypus cf. excisus Cott., Exogyra flabellala G., et un Acanthoceras.
294
R.PUKCN
Crétacé inférieur : 200 mètres de calcaires au milieu desquels on a trouvé
Hinnites Renevieri Pictet. Hinniles Renevieri était déjà connu du Barrê-
mien de l’Arabie (Oman).
215 m. de gypse et de dolomies poreuses,
70 m. de calcaires et de dolomies.
Un peu plus au Sud, près d’Asalou, la faune de Rudistes se trouve plus
près du sommet ; le Cénomanien est semblable. Au-dessous, il y a un niveau
albien à Knemiceras et Lyelliceras, puis 200 mètres de calcaires, 150 mètres
de calcaires et dolomies, 230 mètres de gypse et dolomies et 250 mètres de
calcaires rouges.
Dans la région de Chiraz, au Sud-Est des calcaires crétacés de Persépolis,
près de Niriz, Jennings et Gray [309] ont découvert une petite faune séno-
nienne : Hippurites cornu-vaccinum Bron., Pyrina orienlalis C. et G. ; et
Pygurostoma Morgani C. et G. O. Kühn [344, 407] ajoute à cette liste : Atio-
moptychus persicus Cox et Anomoptychus Paronai Kuhn, Lapeirouseia Per-
vinquieri (Toucas) Douv., Darania austinensis Roemer. Le Maestrichtien
est précisé par Loflusia Morgani H. Douv. et Omphalocyclus macropora Lmk.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
295
Région de Bander Abbas
Le Crétacé de la région de Bander Abbas est assez différent. On y trouve de
haut en bas : dans l’anticlinal de Khamir :
Calcaires à Globigérines ;
Calcaire à Rudistes avec Durania persica Coxet Nerinea Pilgrimi Cox, soit
du Cénomanien supérieur [ou du Turonien inférieur] ;
Fig. 23. — La région de Bander Abbas.
Marnes vertes et rouges à Exogyra flabellala Gold., soit du Cénomanien
inférieur ;
Calcaire sableux à Holeclypus planatus Roemer, Epiaster et Knemiceras ;
Calcaire à Caprinula, contact anormal sur une couche de sel.
Dans l’anticlinal de Kushk Kob, situé au Nord de Bander Abbas, tout
le Crétacé est composé de schistes argileux entrecoupés de grands bancs de
conglomérats provenant de la destruction d’un relief voisin.
G. BELOUTCHISTAN
Dans la zone géosynclinale béloutche, nous avons vu précédemment le
Jurassique représenté par les calcaires calloviens dits à Macrocephaliles
236
R. PUR ON
TABLEAU III. — Le Crétacé du plateau iranien.
AZERBAÏDJAN.
ELBOURZ
KHORASSAN.
Sénonien.
Flysch
Calcaires à Gryphaea
vesicularis
Calcaires à Sphoerulites
Griesbachi et Inoceramus
balticus.
C. à Bosalina Linnei.
Turonien.
C. à Bosalina Linnei.
C. à Neithea quinquecostata
Flysch
Cénomanien.
C. à Exogyra columba minor
C. à Eoradiolites lyratus
Albien.
C. à Polyconites Douvillei.
C. à Eoradiolites Davidsoni.
Aptien.
Calcaires à Orbitolina conoi-
dea-discoidea et à Bequie-
nia ammonia.
Calcaires à Orbitolina conoi-
dea-discoidea et à Bequie-
nia ammonia.
C. à Terebratula sella
Barrêmien.
Hauterivien.
Yalanginien.
Calcaires à Nautilus neoco-
miensis.
Grès et
Conglomérats.
Grès et Cong’omérats.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
297
HIN D 0 U - K 0 TJ G H
PLATEAU CENTRAL.
ZAGROS.
BELOUTCHISTAN
Calcaires à Micraster
praecursor, Exogyra
decussata, Gryphaea
vesicularis.
Flysch volcanique, Ro¬
ches Vertes (schistes,
grès, tufs, basaltes,
etc.,.).
Calcaires à Hippuriies
gosaviensis. H. Chai-
masi. ■
C. à Omplialocyclus ma-
cropora , Gryphaeavesi-
cularis.
Venericardia Deaumonti.
Calcaires à Globigerines.
Bcstrychoceras polyplo-
cum, Sphenodiscus acu-
tidorsatus.
Calcaires à Budistes.
C. à Omphahcyclus ma-
cropora , Liostrea orien-
talis , Venericardia
Beaumonti et Flysch
volcanique.
Calcaires à Rudistes.
C. à Terebratula semi-
globosa.
C. à Durania major, D.
laevis et D. inermis.
Calcaires à Budistes.
C. à Exogyra columba
C. à Eoradiolites lyratus.
C. à Exogyra jlabellata.
Acanthoceras rothoma-
gense. C. à Oursins.
(Régression ?)
G. à Touca&ia carinata
C. à Eoradiolites Da-
vidsoni.
Eoradiolites aff. trian-
gularis.
C. à Puzosia, Knemiceras
Oxytro p idoeeras.
Couches à sel
du Kataghan ?
C. à Pseudotoucasia
catalaunica.
Calcaires à Orbitolina
conoidea-discoidea.
Cale, à Parahoplites Mil-
letianus.
Cale, à Orbitolines et
1 P. catalaunica.
Cale, à Costidiscus.
C. à Parahoplites Deslia-
yesi.
Régression.
Grès
et
Conglomérats.
Couches à gypse du Fars
Couches
à Bélemnites
Dwmlia lata et D. dila-
tata.
Grès
et
Conglomérats
298
R. FURON
macrocephalus, puis par toute une série marine de l’Oxfordien au Portlan-
dien, développée dans la zone orientale, en bordure de la Gondwanie.
Dans l’Ouest, au contraire, la transgression callovienne a été suivie d’une
régression. Une nouvelle transgression se fait sentir au Néocomien. Elle est
marquée dans les chaînes béloutches par le dépôt de calcaires et de schistes
argileux contenant une abondance de Bélemnites.
Depuis Mazar Drik, le col de Bolan, jusqu’à Sibi, Kélat et le Sarawan, les
« Couches à Bélemnites » contiennent Bel. subfusiformis , Duv. lala, Duv.
clilatala, Bel. pistilliformis, Hoplites sp., Holcoslephanus sp., Gryphaea 01-
dhami.
Une régression survient et les dépôts qui viendront ensuite, en discordance,
appartiennent au Sénonien.
Dans la zone un peu plus orientale, à la partie supérieure des couches
d’Umia (Jurassique supérieur-Crétacé inférieur), Waagen et Stoliczka ont
signalé une oolithe ferrugineuse à Uhra, contenant Douvilleiceras Marlini,
Parahopliles Deshayesi et une espèce australienne, Crioceras australe. Il y
aurait donc de l’Aptien localement transgressif.
Dans le Béloutchistan oriental, Noetling (1897) et Vredenburg (1908)
ont décrit le Sénonien des Mari Hills, visible sur 200 mètres d’épaisseur :
8. Argiles nummulitiques.
7. Schistes noirs.
6. Grès et calcaires à Venericardia Beaumonti (gisements de Mazar Drik
et de la vallée du Dès étudiés par H. Douvillé, [314].
5. Argiles vertes à nodules calcaires, avec Indoeeras baluchislanense , Sphe-
nodiscus Ubaghsi , Holeclypas baluchistanensis et, de place en place, Physa
Prinsepi.
4. Marnocalcaires bleus à Omphalocyclus maeropora, Nerila Archiaci ,
Badiolites Mushketoffi et Badioliles subdilata (deux espèces mal caractérisées,
d’après H. Douvillé).
3. Calcaires noduleux à Orbitoides socialis, Omphalocyclus maeropora,
Cyphosoma spéciale, Holeclypus baluchistanensis, Pyrina orientalis, Echi-
nanlhus Griesbachi, Pycnodonta vesicularis et Sphenodiscus acutodorsatus.
2. Argiles et calcaires à Orbitoides médius, Hemipneusles compressas,
Clypeolampas helios, Hemiasler Oldhami, Aleclryonia peclinata, Spondylus
subserratus, Neithea quadricoslata et Bostrychoceras polyplocum.
1. Marnes à Sphenodiscus acutodorsatus.
L’ensemble est connu sous le nom de « couches à Hemipneustes » pour la
partie inférieure, et de « couches à Venericardia Beaumonti » pour la partie
supérieure ; c’est du Maëstrichtien et du Danien.
66 espèces ont été décrites par Noetling (1897). 42 sont nouvelles, mais
24 sont déjà connues, dont 17 en Europe et 7 aux Indes et Asie centrale.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
FAUNE DU CRÉTACÉ DU PLATEAU IRANIEN
209
Valanginien (V), Hautebivien (H),
Barremien (B), Aptien (A).
FORAMINIFÈRES
Orbitolina conoidea discoidea Gras (B. A.)
Pseudocyclammina ..
Chofjatella .
BRACHIOPODES
Rhynchonella multiformis Roemer (394,
p. 290, pl. 17, fig. 4).
—- depressa d’Orb. H
— sulcata d’Orb. A
Terebratulci Astieri d’Orb. A
— Dutemplei d’Orb .
— sella Sow .
LAMELLIBRANCHES
Kxoçjyra aquila Goi.dfuss . A
Gryphaea Oldhami Noetling (148, p. 1,
pl. 1, fig. 1-3).
Janira Morrisi Pictet .
Hinnites Renevieri Pictet . BA
Requienia ammonia Goldf . BA
Pseudotoucasia catalaunica Astre .... A
Polyconiles Douvillei Di Sïef . A
CÉPHALOPODES
Parahoplites Milletianus d’Orb . A
Parahoplites Melchioris Anthula (177,
p. 235, pl. 28, fig. 2) . A
— Deshayesi Lemeyrie.
Desmoceras cassidoides Uhlig.
Acanthodiscus Vaceki Keumayr,.
Douvilleiceras Cornuelianum d’Orb (177
p. 231, pl. 28, fig. 1). A
Belemnites pistilliformis Raspail (148, p. 3
pl. 2, fig. 8-11).
.—. subfusiformis Raspail (148, p. 4,
pl.l.fig. 4-14).
B. ( Duvalia ) dilatata Blainville (148, p. 2
pl. 2, fig. 17).
— lata Blainville (148, p. 3,
pl. 1, fig. 15).
Arc
+
+
+
SCO
R. FURON
Albien
FOR AMIN IPÈRES
Orbitolina subconcava .
LAMELLIBRANCHES
EoradiolitesDavidsoni Hill . .
l'oucasia carinata Matii. var. compressa.
GASTÉROPODES
Pseudonerinea gardonensis Coss.m.
CÉPHALOPODES
Hoplites splendens Sow.
Puzosia Denisoniana Stoi,.
Scfiloenbachia Boissyana d'Org.
Turrilites Bergeri .
Akc septentrional
+
Cénomanien
FORAMINIFÈRES
Orbitolina cancana Lmk.
ÉCHINODERMES
Pseudananchys persica Cotteau et Gau¬
thier (131. p. 6, pl. 1, fig. 1) .
Pseudananchys inaequifissa C. et G. (131.
p. 7, pl. 1, figl 2-3).
Hypsaster Husseini C. et G. (131, p. 9, pl. 1,
üg- 4-5).
Hypsaster longesulcatus C. et G. (131, p. 10,
pl. 1, fig. 6-7)...
Hemiaster decussatus C. et G. (131. p. 12,
pl. 1, fig. 8)....
Diplopodia variolare Cotteau.
Orthopsis granularis Cotteau.
Codiopsis doma Desm.
Pedinopsis aff. Desori Coquand.
Holectypus cf. éxcisus Cott.
A northopygus rrrbiculari.s Cott.
Salenia cf. plena Fourtau.
Epiaster ci. crassissimus d’Orb.
«
Arc
MÉRIDIONAL
BRACHIOPODES
Terebratula semigbbosa d’Orb.
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
Bêloutchistan
GÉOLOGIE DE L’IRAN
B 01
302
R. FURON
LAMELLIBRANCHES (suite).
Arc septentrional
Plateau central
Arc
MÉRIDIONAL
Azerbaïdjan
Elbourz
Khorassan
Hindou-Konoh
ta
O
U
bo
ce
N
+
Béloutchistan
+
+
CÉPHALOPODES
+
+
CONIACIEN (CO), SANTONIEN (S),
Campanien (Ca).
BRACHIOPODES
Terebratula Brossardi Thomas et Peron)
(177 p 9,80 pl 39 fig 19-9,41
+
+
+
+
+
+
Terebratula Toucasi d’Orb (177, p. 280,
pl 89 fig 25-27).
+
Rhynchonella Feront Douv. (177, p. 281,
LAMELLIBRANCHES
Hippurites (Vaccinites) conicus Kuhn.( 344,
p 153 pl 1 fig. 1-2). S
+
+
+
— — corbaricus Douv. Co
— — Chalmasi Douv. S, Ca
— — cornu-vaccinum
Hippurites ( Vaccinites ) Rousseli Douv... S
— — vesiculosus Wood-
+
+
Hippurites (Vaccinites) Vredenburgi Kühn.
+
+
+
+
+
Biradiolites persicus Douv. (177, p. 248,
+
+
Polyptychus Morgani Douv. (177, p. 248,
+
+
.... .1.
Sphaerulites Griesbachi Douv. (279, p. 846,
fi a 1-2) .
+
+
+
•— Cripsii Mant (?).
*
+
GÉOLOGIE DE L’IRAN
303
Arc septentrional
Arc
MÉRIDIONAL
LAMELLIBRANCHES (suite).
Neithea subgranulata Munster (177, p. 266
pl. 39, fig. 3-4).
•— striatocostata Goldf (177, p. 267
pi. 39, fig. 5-8).
tricostata Bayle (177, p. 268, pl. 39,
fig. 9-10).
Lima ovata Nilsson (177, p. 268, pl. 35,
% 7 ).
-— obliquistriata Forbes.
Spondylus subserratus Douv. (177, p. 268,
pl. 35, fig. 8-14).
Plicatula hirsuta Coquand (177, p. 271,
pl. 39, fig. 11-18).
Lopha dichotoma Bayle (177, p. 274, pl. 37
et 38).
— Morgani Douv. (177, p. 275, pl. 36,
fig. 1-7) .«. Ca
— - cristatula Douv. (177, p. 276, pl. 36,
fig. 8-15).
Alectryonia Zeilleri Bayle (177, p. 277, pl. 3,
fig- 16).
Exogyra decussata Coquand.
— laciniata Nilsson (177, p. 279,
pl. 36, fig. 22).
— Matheroni d’Orb (177, p. 279,
pl. 36, fig. 17-21).
— plicifera Duj.
— ostracina Lmk .
Gryphaea vesicularis Lmk (Ca et Maestr.)..
GASTÉROPODES
Procerithium Morgani Douv. (177, p. 297,
pl. 41, fig. 1-11).
Procerithium millegranum Munster (177,
p. 299, pl. 41, fig. 18-20).
Procerithium persicum Douv. (177, p. 298,
pl. 41, fig. 13-15).
Cerithium Vishnu Noetling (149, p. 59,
pl. 15, fig. 3).
Cerithium Stoddardi Hislop (177, p. 304,
pl. 52, fig. 1-4).
Campanile Morgani Douv. (177, p. 312,
pl. 43, fig. 1-11).
Campanile persicum Douv. (177, p. 313,
pl. 43, fig. 12-13)..
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
+
304
R. FURON
Aec septentrional
.RO
DIONAL
GASTÉROPODES (suite).
Pugnellus giganteus Noetling (149. p. 02,
pl. 17, fig. 1)..
Ovula expansa d’Archiac et Haime (149.
p. 63, pl. 17, fig. 3).
Irania fusiformis Douv. (177. p. 321, pl. 44,
fig. 12-14)...
TurritellaMorgani Douv. (177,p.340,pl. 48,
fig. 11-15).
(H. Douvillé (177) a publié de longues listes
de Gastéropodes nouveaux, dont la situa¬
tion stratigraphique est mal connue. Il a
paru inutile de publier ces listes ici, puis¬
qu’il ne s’agit que de moules internes.)
CÉPHALOPODES
Indoceras baluchistanensis Noetling (149,
p. 74, pl. 21, fig. 2, pl. 22, fig. 1-3).
Baculites binodosus Noetling (149. p. 77.
pl. 23, fig. 3).
(Un certain nombre d'espèces attribuées
au Campanien passent très certainement
au Maestrichtien).
Maestrichtien (et Danien)
FORAMINIFÈRES
Orbitnides media d’Archiac (207, p 198’
pl. 25, fig. 1-3] .
— socialis Leymerie [207, p. 202,
pl. 27, fig. 1-2).
Orbitella apiculata Schlum.
— Tissoti Schlum, var. Vreden-
burgi Douv.
Orbitocyclina minima Douv.
Sidernlites calcitrapoides Lmk.
Omphalocyclus macropora Lmk (177).
Loftusia persica Brady (400, pl. 33, fig. 1).
— elongata P. T. Cox (400, p. 443,
pl. 33, fig. 2 ; pl. 35, fig. 1-2)..,.
— Morgani Douvillé (400, p. 445,
pl. 33, fig. 3, pl. 34, fig. 1-2)... .
— minor P. T. Cox (400, p. 446, pl. 33,
fig. 5 ; pl. 36, fig. 1-3) .
— Harrisoni P. T. Cox (400, p. 447,
pl. 33, fig. 4 ; pl. 36, fig. 4-6). ..
GÉOLOGIE DE L’IRAN
305
POLYPIERS
Cycklites angiostoma Kohn.
— numismalis Lmk.
— Medlicotti Noetling (149, p, 10,
pl. 1, fig. 11-12).
— regularis Leym (149, p. 11, pl. 1,
fig. 13-14).
— undulatav&r.robustaQ .
Trochosmilia inflexa Reuss.
— .brevicula Stol.
— protectans Noetling (149, p. 9,
pl. 1, fig. 7-10).
Paleopsammia fastigiata Kühn.
ÉCHINODERMES
(La position exacte de tous ces Échinides
n’est pas encore précisée. Ceux marqués de
la lettre M sont certainement maestrich-
tiens, les autres sont considérés comme cam-
paniens.)
Hemipneustes persicus Cotteau et Gau¬
thier (131, p. 15, pl. 2,
fig. 1-6). M
— minor C. et G. (131, p. 17,
pl. 2, fig. 7-9). M
Holaster Morgani C. et G. (131. p. 19, pl. 3,
fig- 1-4).
— iraniens C. et G. (131, p. 21, pl. 2,
fig-5-8) .
-—• sepositus C. et G. (131, p. 23, pl. 3,
fig-9-11) .
— proclivis C. et G. (131, p. 25, pl. 3,
fig. 12-13).
Iraniasjter Morgani C. et G. (131, p. 28,pl.4,
fig- 1-12).
— Douvillei C. et G. (131, p. 30,
pl. 5, fig. 1-6) .
Hemiaster iraniens C. et G. (131, p. 33, pl. 5,
fig- 7-12) .
—- Noemiae C. et G. (131, p. 35,
pl. 6, fig. 1-7).
— opimus C. et G. (131, p. 38, pl. 6,
fig- 8-11).-.
—* longus C. et G. (131, p. 40, pl. 7,
fig- 1-5).
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VII.
20
Béloutchistan
306
R, PURON
ÉCHINODERMES (suite).
Epiaster Smellii Currie.
Opissaster Morgani C. et G. (131, p. 43
pl. 7, fig- 6-9) .
— centrosus C. et G. (131, p. 45,
pl. 7, fig. 10-15).
Ornithaster Douvillei C. et G. (131, p. 48,
% 1-3)..
Pygurostoma Morgani C. et G. (131, p. 52,
pl. 8, fig. 1-5).'
Parapygus inflatus C. et G. (131, p. 55, pl. 8,
fig. 6-9) .
— Vaslini C. et G. (131, p. 56, pl. 8,
fig. 10-12).
— acutus C. et G. (131, p. 59, pl. 9,
fig- 13).
Catopygus Morgani C. et G. (131, p. 60,
pl. 9, fig. 6-9).
— ovalis C. et G. (131, p. 61, pl. 9,
fig. 10-12)...
Pseudocatopuqus declivis C. et G. (131, p. 63,
pl. 9, fig. 13-17).
— hngior C. et G. (131, p. 64,
pl. 10, fig. 1-4).
Vologesia Tataosi C. et G. (131, p. 66, pl. 10,
fig. 5-8) ..
Echinobrissus iraniens C. et G. (131, p. 67,
pl. 10, fig. 9-14).
Pyrina arabica Clegg (358, p. 8, pl. 1, fig. 2).
— orientalis C. et G. (131, p. 68, pl. 11,
fig- 1-8) .
—- ataxensis Cotteau (149, p. 19, pl. 3,
fig. 4 ; pl. 4, fig. 1-5)..
— gigantea Noetling (149, p. 21,
p. 21, pl. 4, fig. 6)..
Echinoconus Douvillei C. et G. (131, p. 70,
pl. 11, fig. 9-13). C'a
— gigas Cotteau (149, p. 17,
pl. 3, fig. 2) ..
Holectypus baluchistanensis Noetling (149,
p. 18,pl.3, fig. 3).
— inflatus C. et G. (131, p. 74,
pl. 12, fig. 1-4).
—- cireularis C. et G. (131, p. 75,
pl. 12, fig. 5-7).
+
GÉOLOGIE DE L’IRAN
307
ÉCHINODERMES (suite).
Holectypus Tihamirensis Clegg. (358, p. 6,
pl- 1, flg- 1)...
Cidaris persica C. et G. (131, p. 79, pl. 13,
fig- 1-5).
—- aftcibensis C. et G. (131, p. 81, pl. 13,
%• 6-9).
—- Tlusseini C. et G. (131, p. 82, pl. 13,
fig. 10-12). CaM
— Suleimcini Noetling (149, p. 11,
pl- fig 1).
Salenia Cossiaea C. et G. (131, p. 83, pl. 13,
fig. 13-19). M
Hemipedina Noemiae C. et G. 131, p. 85,
pl. 14, fig. 1-5).
Orthopsis Morgani C. et G. (131, p. 87,
pl. 14, fig. 6-9). M
—• perlata Noetling (149, p. 12,
pl. 2, fig. 2).
—• globosa C. et G. (131, p. 89, pl. 14
fig. 10-14) .
Cyphosoma persicum C. et G. (131, p. 91,
pl. 15, fig. 1-2).
—• spéciale C. et G. (131, p. 93,
pl. 15, fig. 3-8).
Protechinus paucituberculatus Noetling.
(149, p. 16, pl. 2, fig. 3). M
Orthechinus cretaceus C. et G. (131, p. 100,
pl. 16, fig. 1-4).
Codiopsis Smellii Currie et Gregory. CaM
Goniopygus superbus C. et G. (131, p. 101,
pl. 16, fig. 5-10).
Plistophyma asiaticum C. et G. (131, p. 105,
pl. 16, fig. 11-14).
LAMELLIBRANCHES
Arc septentrional
H
M
+
+
Arc
MÉRIDIONAL
+
+
Venericardia Beaumonti d’Archiao et Haï
me (314, p. 63, pl. 10, fig. 1
21) .
+
•— imbricatoides Douvillé (177,
p. 357, pl. 50, fig. 16)......
Ostrea acutirostris Nilsson (149, p. 37, pl. 9,
fig. 1 et 9).
— pectinata Lmk (149, p. 38, pl. 9,
flg- 1-2) .
+
+
+
+
+
Béloutchistan
308
R. FURON
LAMELLIBRANCHES (suite)
Ostrea (Ex.) ungulata Schloth (149, p. 38,
ni Q fier A-fil
Arc septentrional
Plateau central
Arc
MÉRIDIONAL
Azerbaïdjan
Elbourz
Khorassan
-3
O
3
O
*
3
O
-3
3
S
Zagros
3
3
cc
IS
O
"3
0
'OJ
«
+
+
— (Gryphaea) vesiculctris Lmk
(3.49, p. 39, pl. 10, fig. 1-2).
— ( Exogyra ) pyrenaica Leym,
+
Neithea quadricostata Sow (149, p. 42, pl. 11.
fia K-YJ .
+
+
+
+
— quinqueangularis Noetling (149.
p 42 pl 10 fier 3-4)
Pecten ( Chlamys ) Dujardini Roemer (149,
Modinla Vishnu Noetling (149, p. 44,
Hippurites ( Anomoptyçhus ) cornucopiae
Defr. (177, p. 359, pl. 39,
fi 2 11 .
+
_L
+
+
+
A
— Tipperi Kuhn (344, p. 158, pl. 1,
+
+
+
_L
u o‘ .
— Vredenburgi Kühn (344, p. 156,
fio- 1-2)
11 0‘ 1 /.
Chaîna callosa Noetling (149. p. 50, pl. 12,
fie. 9-101
+
+
+
+
+
+
Poudaireia crassoplicata Noetling (149.
CEPHALOPODES
1
Sphenodiscus acutodorsatus Noetling,
+
GÉOLOGIE DE L’IRAN
309
VII. — LE NUMMULITIQUE
Une difficulté se présente. Comment distinguer l’Eocène supérieur de
l’Oligocène ? On considère toujours !a présence d’Orthophragmines comme liée
à l’Eocène : pourtant, on cite plusieurs cas d’associations étranges, pouvant
laisser penser à un niveau plus élevé. Les Oursins de Perse permettent aussi
une hésitation entre l’Eocène supérieur et l’Oligocène. Je crois que dans l’en¬
semble, c’est surtout l’Eocène tout à fait supérieur qui se trouve développé,
passant insensiblement à l’Oligocène. La question resta en suspens.
La seule région où l’on connaisse une série nummulitique complète, du
Montien à l’Oligocène, se trouve dans l’Iran extrême oriental, dans l’Est
afghan, le Béloutchistan et le Sind.
C’est donc par cette région que nous commencerons, ce qui permettra
de discuter la valeur des étages locaux et leurs équivalences.
Dans le reste de l’Iran, l’Eocène inférieur n’est pas absolument certain,
sauf dans le Zagros.
A. LE NUMMULITIQUE DU BÉLOUTCHISTAN ET DU SIND
Les couches de Ranikot
L’ensemble des travaux récents, venant augmenter ce que l’on savait de¬
puis le célèbre Mémoire de d’Archiac et Haimr (1853), permet de dire que
les Couches de Ranikot représentent le Montieq, le Thanétien et l’Yprésien.
Les couches, dites de Ranikot, dans le Sind, sont comprises entre le Crétacé
supérieur et les couches de Laki qui arrivent en transgression et en discor¬
dance. L’ensemble, épais de 600 à 700 mètres, est divisé en deux groupes :
a) Le Ranikot inférieur (500 mètres) formé de sables,d’argiles à lignites et de
schistes calcareux, sans fossiles, reposant sur les «trapps» attribués au Cré-
Lacé supérieur ;
b) Le Ranikot supérieur (100 à 200 mètres), débutant par des argiles, con¬
tinuant par des calcaires à Nummuliles Nullalli Davirs et se terminant par
un épisode continental marqué par un banc de latérite.
Le Ranikot supérieur n’est complet en aucune localité. Les observations
locales faites dans les monts de Laki, près de Leila, de Ferruck, de Ranikot,
etc., ont permis à Vrrdrnburg, puis à Nuttall de reconstituer la série
complète et de la subdiviser en zones.
D’après les coupes publiées par Nuttall en 1931, on peut rétablir, simpli¬
fiée, la coupe suivante, de la base au sommet :
1. Couches fluviatiles du Ranikot inférieur.
2. Argiles gypsifères à Turrilella Hollandi C. et P., Calyplrophorus indi-
cus.
3. Calcaires à Operculina Hardiei d’Arch. et H.
4. Grès et schistes argileux.
310
R, FURON
Fig. 24. — Les gîtes nummulitiques du Béloutchistan et du Sind.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
311
5. Calcaire jaune ou brun à Linihia indica D. et S., Plesiolampas praelonga
D. et S., Operculina Hardiei d’Arch. et H., Assilina ranikotensis Nuttall
Tnrrilella Ranikoli Vred., Velales Noellingi C. et P.
6. Argiles non fossilifères.
7. Calcaires à Nummüliles Nullalli Davies, Siderolites miscella d’Arch.
et H., Operculina Hardiei d’Arch. et H., Assilina ranikotensis Nuttall,
Alveolina oblonga d’Orb., Diclyoconoides Conditi Nuttall.
Ces couches 1 à 6 sont visibles près de Leilan, en bordure de la plaine de
Bund Vera, la couche 7 au N.-W. de Kotri. L’ensemble présente une puis¬
sance de 120 mètres.
8. Grès et conglomérats.
9. Argiles gypsifères.
10. Calcaire à Alveolina oblonga d’Orb., Nummulites Nullalli, N. cf.,
Guettardi , Operculina canalifera d’Orb., Assilina ranikotensis Nuttall,
Siderolites miscella d’Arch. et H., Dictyoconoides Conditi Nuttall, Dicl.
Haimei et quelques moraux : Cyalhoseris orienlalis D., Astrocoenia gibbosa
D., Plocuphylla flabellala Reuss.
11. Argiles sableuses.
12. Calcaires à Alveolina oblonga d’Orb., Flosculina globosa, Nummulites
cf. Guettardi, Siderolites miscella d’Arch. et H., Assilina ranikotensis Nut¬
tall.
Ces couches 8 à 12 sont visibles près de Jerruck, sur 50 mètres d’épaisseur.
13. Calcaire massif, peu fossilifère.
14. Calcaire jaune, tendre à Operculina canalifera d’Orb., Operculina Har¬
diei d’Arch. et H. (rare), Siderolites miscella d’Arch. et H., Assilina raniko¬
tensis Nuttall, Dictyoconoides Conditi Nuttall.
15. Schiste argileux rouge, gypsifère.
16. Calcaires à coraux et petites Nummulites.
17. Latérite.
Ces couches 13 à 17 sont visibles au signal deHilaia,à 30 kilomètres au S.-W.
de Jerruck, sur 40 mètres d’épaisseur.
Ces couches contiennent un fossile caractéristique, particulier: Nummulites
Nuilalli Davies, autrefois confondue avec Nummulites planulalus Lmk. En
1927, le lieutenant-colonel L. M. Davies a souligné les différences qui per¬
mettent de séparer complètement les deux espèces. Effectivement, l’aspect
général de cette Nummulite rappelle celui d’une Assiline et sa bordure margi¬
nale est épaissie, en bourrelet. J’en ai vu de très nombreux exemplaires dans
les collections conservées tant au British Muséum qu’à l’Anglo-Iranian Oil Cy.
Nummulites Nutlalli Davies prend une grande importance tant au point de
vue stratigraphique que paléogéographique, car c’est une espèce inconnue
en Europe, et réciproquement, Nummulites planulalus n’existe ni en Perse,
ni au Béloutchistan, ni aux Indes, alors que dès l’Eocène moyen, les espèces
seront les mêmes en Asie et dans la Méditerranée. La forme mégalosphérique
porte le nom de Nummulites lhalicus Davies.
Fig. 25. — Coupe théorique du
Fossi/es cârdcfensf/qc/es
zragw
locaux
bdse des couches a Vertèbres dçui/bmens 0 °
•>O0O oo O O OOOOOOO
STAMPIEN
couches d /Ÿummuh/es / n/ermedius,
Discocgc/mo Prd///
NARi
BARTONiEM
~
couches à Num mu/des pùehensis,
//- perforâtes, d. Jaeihpd/us.
Pe/o/es Schm/edeh e/c.
KHIKTAR
1UTETIEN
-
SUPERIEUR
couches ' à A/tèù/înes , dummu/ztes
â/dacus e/d. irrequ/dr/s.
Ûrài/oh/es comp/ana/a e/ Oursins.
J-AKi
1UTÉTIEN
couches a Ass//ma granu/osa
INFERIEUR
-
couches ci Orbi/oh/es compta na/d,
fiummu/i/es ata et eu s , d. irrepu/d ns
P 1
calcaire d Oummuliies ifui/a/h
argi/es e/grès à J/deroh'/es m/sce/b
schis/es ca/careu/ Jans foss/tes
mm
yPRÉS'lEN
MONTIEN
CRÉTACÉ
du Béloutcliistan et du Sind.
312 R. FURON
GÉOLOGIE DE L’IRAN
313
Parmi les coupes récentes faites dans l’Eocène inférieur des confins indo¬
afghans, le lieutenant-colonel L. M. Davies donne la succession suivante,
observée à Thaï, de bas en haut [ 290 ] :
a) Crétacé supérieur volcanique,
b) 50 mètres de schistes calcareux sans fossiles,
c) 70 mètres d’argiles et de grès avec Ampullina pervicina Cossm. Alveo-
lina oblonga d’Orb. (très petite) et Sideroliles miscella.
d) Des calcaires à coraux avec Aslrocoenia Blanfordi Duncan, Mesalia
Mecquenemi C. et P., Turritella diastropha C. et P.
e ) 150 mètres de grès, de schistes et de calcaires avec Aslrocoenia cellulala
Duncan, Numnmliles Nnllalli Davies, Nummulites Lucasi, Nummulites glo-
bulus, Operculina canalifera var. sindensis Dav., Sideroliles Stampi, Side-
roliies miscella et Alveolina oblonga.
La présence de Sideroliles miscella a d’abord paru curieuse à L. M. Davies
parce que l’espèce avait été signalée dans le Danien du Thibet, par H. Dou-
villé. Or, au Thibet, S. miscella est accompagnée par Operculina canalifera,
qui doit être de l’Eocèneinférieur, ici comme ailleurs et H. Douvillé lui-même
a modifié son interprétation plus tard, en 1920 (1).
D’autre part, M Ue J. Pfender a isolé les Siderolites du Tertiaire en fai¬
sant de Sideroliles miscella le type d’un genre nouveau : Miscellanea, à cause
de la texture du test qui est tubuleux et non plus seulement perforé, de
l’absence de pointes et du « canal System » plumeux caractéristique de Sidero
lites. En fait, il n’y a peut-être pas plus de différence entre Sideroliles et
Miscellanea qu’entre une Alvéoline et une Flosculine.
Quant à Sideroliles Stampi Davies, de Thaï, M lle Pfender y voit plutôt
une Arnaudiella.
Ce qui nous importe, c’est la localisation stratigraphique d’espèces bien
connues.
Sideroliles miscella existe dans le « Ranikot » décrit par d’Archiac et
dans le Ranikot de Thaï, ici en question ; dans l’Eocène tout à fait inférieur
du S.-W. de Madagascar, avec Discocyclina Douvillei ; dans un caillou roulé
d’Anatolie, avec Idalina antiqua d’Orb. ; vers la base de l’Eocène du Taurus
oriental, près d’Argana Maaden ; douteux, en section, dans l’Eocène inférieur
de Syrie ; dans l’Eocène inférieur de Gan (Basses-Pyrénées).
Nous en retiendrons que si les Sideroliles sont plus abondants dans le Cré¬
tacé de l’Europe que dans l’Ëocène, certaines espèces au moins, comme
Siderolites miscella, vivaient très certainement au cours de l’Éocène inférieur.
(1) II faut ajouter à ce propos que le L. CJ. Davies a démontré qu’on avait appelé Oper-
culis canalifera une Nummulite assez voisine de N. Nuttalli : Nummulites sindensis Davies.
314
R. FURON
QUELQUES FORAMINIFÈRES DE L’INDE, LEUR SITUATION
STRATIGRAPHIQUE
Ranikot
sup.
Laki
Khirtar
AUTRES RÉGIONS
4
— atacicus Leym.
4
4
— 1 d’Europe.
— Beaumonti d’Arch. .
4
—• d’Egypte.
—• Ccirteri d’Arch.
4
de Mada-
gascar.
gizehensis Fors.
+
— d’Egypte.
— Guettardi d’Arch. . .
-p
Yprésien d’Europe.
—■ irregularis Desh. ...
4
Lutétien d’Europe.
-—• laeviqatus Brug.
+
■— perforatus de M.
+
+
—. —
— scaber Lmk.
+
_. __
Assilina exponens Sow.
4
_ _
— spira de Roissy.
+
Lutétien d’Europe.
+
—• Mada-
gascar.
■—■ globosa Leym.
+
+
Ypr. et Lut. Europe
4-
4
. - - - - -
subpyrenaica L .
+
- - - -
Orbitolites complanatus Lmk.
+
+
Lutétien d’Egypte
et d’Europe.
Les couches de Laki (Lutétien inférieur) etde Khirtar (Lutétien supérieur).
Au-dessus du Ranikot, viennent les couches de Laki, presque toujours en
discordance.
Sur leur bordure, les couches marines de Ranikot passent généralement
à un niveau latéritique, témoin d’un épisode continental. C’est sur cette laté¬
rite que les couches de Laki apparaissent très bien transgressives.
Reprenons une coupe de Nuttall [ 284 , 1926] entre Meting et Bund Vera,
dans le Sind.
A Meting, les couches de Laki comportent la succession suivante, debas
en haut :
a) Latérite post-Ranikot ;
b) Le calcaire de Meting (40 mètres) avec Nummulites alacicus , Orbitoliles
complanatus , Alveolina oblonga, Alveolina subpyrenaica, Flosculina globosa,
Assilina granulosa et Velales Schmiedeli ;
c) Les schistes de Meting (25 mètres) avec Assilina granulosa , puis des
argiles à gypse, des calcaires schisteux, des argiles schisteuses et un niveau
latéritique ;
GÉOLOGIE DE L’IRAN
315
d) Le calcaire de Laki (60 à 200 mètres), avec Nummuliles atacicus, Orbi-
ioliles complanatüs, Alveolina oblonga, Alveolina subpyrenaica, Leiocidaris
canaliculata D. et S., Cyphosoma macrostoma D. et S., Conoclypeus alveolalus
D. et S., Echinocyamus nummulilicus D. et S Euspalangus avellana d’Arch.
et H., Rhynchopygus Calderi d’Arch. et H.
Si nous nous éloignons de la région de Meting, et que nous allions vers le
Nord, dans les confins afghano-béloutches, dans les collines de Bugti, nous
avons la coupe suivante, encore de bas en haut :
a) Le Crétacé supérieur, qui n’est recouvert ni par les couches de Ranikot,
ni par les latérites post-Ranikot ;
b) Le calcaire de Dunghan à Nummuliles alacicus et Nummuliles irregu-
laris, Orbitoliles complanalm. C’est l’équivalent du calcaire de Meting ;
c) Les schistes de Ghazij, à Nummuliles alacicus , Nummuliles irregularis,
Assilina granulosa. C’est l’équivalent des schistes de Meting ;
d ) Calcaire à Alveolina subpyrenaica abondante, Nummuliles atacicus ,
Nummuliles irregularis , Orbitolites complanatüs. C’est l’équivalent du cal¬
caire de Laki.
Voici les observations, les faits. A partir de là, certains auteurs, Nuttall
d’abord, affirmatif, puis L. M. Davies, moins affirmatif, voient dans les cou¬
ches de Laki l’équivalent de l’Yprésien, tandis que Vredenburg, dès 1906,
y voyait du Lutétien inférieur.
Pour moi, les couches de Laki marquent le début de la transgression
lutétienne.
Si nous reprenons les fossiles recueillis dans ces deux coupes, nous voyons
par exemple : Velales Schmiedeli Ch. Or, ce fossile n’est pas une espèce ca¬
ractéristique de l’Yprésien, en dehors du Bassin de Paris.
Je l’ai trouvé en Perse, dans le Lutétien de Semnan. R. Abrard a souligné
son existence dans le Lutétien des Corbières et du Monte Postale, de la Hon¬
grie et de l’Ëgypte, dans le Bartonien des Diablerets et dans l’Oligocène du
Vicentin.
Assilina exponens (ou granulosa ) est fixée par Boussac dans le Lutétien
de l’Europe, de l’Afrique du Nord, de Madagascar et de Java.
Orbitoliles complanatüs est cractéristique du Lutétien inférieur en Égypte
et en Iraq.
Les autres fossiles se rencontrent indifféremment dans l’Ëocène inférieur
ou moyen ; par contre, on n’a jamais signalé Nummulites Nullalli à un niveau
supérieur aux couches de Ranikot, et elle existe un peu partout aux Indes
dans le Ranikot supérieur. En Aquitaine, H. Douvillé a défini l’Ëocène
inférieur d’après Nummuliles planulatus, qui en est l’équivalent européen
mais une espèce toute différente.
Après un moment de régression marine, marqué par une couche latéritique
et des mouvements épirogéniques, la transgression lutétienne dépose les cou-
316
R. FURON
ches de Laki. Comme la mer lutétienne déborde largement au delà des limites
de la mer yprésienne, ses dépôts arrivent à se trouver directement sur le Cré¬
tacé supérieur.
Les couches de Laki représentent le Lutétien inférieur. Nuttall ne dit-il
pas lui-même que les couches de Laki sont comparables au Libyen supérieur
de l'Égypte ? Cuvillier a démontré fort clairement que ce Libyen supérieur
était du Lutétien inférieur.
Le Lutétien supérieur est représenté par les couches de Khirtar, à Dictyo-
conus Cooki, Assilina canceücila, A.spina, A. exponens , Discocyclina javana,
Disc, undulaia , Disc. Sowerbyi, à Nummulites irregularis, Nurnmulites per-
foralus, Nummulites laevigatus, N. obtusus et Nummulites gizehensis, toujours
accompagnées de Velales Schmiedeli.
C’est exactement l’équivalent du Mokattam inférieur de l’Égypte. Voyons
encore une autre coupe de l’Ëocène béloutche.
Encore plus au Nord, près du poste de Hindu Bagh et de la mine de chrome
(Lat. 30°39’N.-Long. 67°Ô4’ E), L. M. Davies(1930) a observé une autre coupe
très claire, soit, de la base au sommet :
1 ) Roches basiques altérées, serpentines ;
2) Calcaire rouge à Nummulites atacicus, Assilina granulosa et Alveolina
subpyrenaica. Le banc a été érodé puis recouvert en discordance par :
3) Des couches argilo-schisteuses à lignites ;
4) Un petit banc calcaire contenant en abondance 3 Foraminifères de
genres très voisins : Diclyoconus indicus Davies, Coskinolina Balsilliei Da-
vies, Liluonella Douvillei Davies et quelques exemplaires de Nummulites
cf. mamilla.
5) Des couches à Huîtres,
6) des couches à Pyrazus.
L’auteur voit dans les calcaires rouges de base à Nummulites, Assiline. et
Alvéolines l’équivalent des couches inférieures de Laki. La discordance qui
les sépare des couches à Diclyoconus vaut, je crois, d’être soulignée, car plu¬
sieurs observations de ce genre semblent indiquer deux transgressions luté-
iiennes séparées par une régression. A mon point de vue, les couches à Dyc-
tyoconus pourraient représenter les couches de Khirtar, le Lutétien supérieur.
Toujours plus au Nord, on arrive en Afghanistan, aux Monts Suleiman.
Dans la province du Khost, entre Matun et Gardez, M me H. de Cizancourt
a observé une série de flysch fossilifère, réalisant la liaison sur le terrain, entre
les gisements de l’Inde britannique (N.-W.) et le Nummulitique signalé en
1892 par Griesbach [ 117 ] entre Gardez et Ghazni, dans le Kharvar.
En dehors des espèces nouvelles, bien entendu, la faune publiée par
M me H. de Cizancourt [ 413 ] est entièrement lutétienne :
Lutétien inférieur (Laki) : Nummulites irregularis Desh., N. subirregularis
de la Harpe, N. afghanica M me de Ciz., N. subafghanica M me de Ciz.,
N. rotularius Desh., N. subrotularia M me de Ciz., N. Dolloti M me de Ciz.,
GÉOLOGIE DE L’IRAN
317
N. subdolloti M me de Ciz., N. globulus Leym., Assilina granalosa d’Arch.,
Assilina Daviesi M me de Ciz., Assilina umbilicata M me de Ciz., Herniasler
digonus.
Lutétien moyen (Khirtar) : Nummuliles uroniensis Heim, N. sUburonien-
sis M me de Ciz., N. subrotularia M me de Ciz., N. subdolloti M me de Ciz., Assi¬
lina mamillala d’Arch., Ass. Leymeriei d’Arch., Orthophragmina sp., Alveo-
lina sp.
Fig. 26. — Coupe du Tertiaire aux environs de Hindu-Bagh (Béloutchistan) (d’après le
Lieutenant-Colonel Davies) (1. Boches basiques et serpentines. 2. Calcaire rouge ou
Nummuliles atacicus. 3. Argiles à lignites. 4. Calcaire à Foraminifères. 5. Calcaire à Huî¬
tres. 6. Calcaire à Pyrazus.
Je dis ces faunes luléliennes, ayant assimilé les couches de Laki au Luté¬
tien, mais toutefois M me de Cizancourt les considère comme étant de l’Y-
présien. Dans cette région, il n’existe ni série de Ranikot, ni Oligocène. Il
semble que la région du Flysch était séparée de la zone de l’Inde N.-W. par
une chaîne émergée.
Observant sa continuité sur le terrain, M me de Cizancourt pense que le
Flysch du Khost et celui de Khojak sur les confins afghano-béloutches sont
du même âge. C’est fort possible pour la zone inférieure des «Khojak Shales»,
tandis que la zone supérieure doit,jusqu’àpreuveducontraire,être maintenue
dans l’Oligocène, puisqu’il y a été signalé Nummuliles inlermedius. J’ai
pu constater dans la région de Quetta qu’il n’y avait pas de Miocène marin
au-dessus des dernières couches à Nummulites.
L’Éocène supérieur et l'Oligocène : les couches de Nari
L’Ëocène supérieur est généralement transgressif sur le Lutétien final. Il
est représenté dans le Sind et le Béloutchistan par les Couches de Nari, com¬
prenant à la fois l’Ëocène supérieur et l’Oligocène, impossibles à séparer. Il
est même probable que c’est l’Oligocène qui est le mieux représenté. Je précise
dès maintenant que je traiterai l’Aquitanien avec le Miocène, car il est pos¬
sible que les couches supérieures de Nari soient déjà du Miocène inférieur.
Dans la vallée du Hab, les couches de Nari sont représentées par des cal¬
caires à Discocyclina Pralli (= Orbitoides papyracea des anciens auteurs).
Dans le Nord du Sind, les couches de Nari contiennent Discocyclina Pralli,
de grande taille avec des Nummulites : N. garansensis [N. inlermedius), voi-
318
R. FURON
sinant au sommet avec des espèces à affinités miocènes comme Venus gra-
nosa et Clypeaster profundus ou éocènes comme Nalica patula et Voluta ru-
gosa.
C’est un niveau connu à Bibi Nani dans le col de Bolan, où il a été reconnu
par Blanford en 1883, toujours avec Discocyclina Pralli, Nummuliles garan-
sensis (N. inlermedius). L’association est troublante.
Je l’ai'étudié moi-même dans la région de Quetta, sur les confins afghano-
béloutches.
Les environs de Quetta constituent une région très tourmentée, dépassant
2000 mètres d’altitude.
Au Nord-Est de Quetta, dans les ravins de la rivière Hanna, j’ai pu obser¬
ver une coupe intéressante de l’Ëocène supérieur et de l’Oligocène. Sur une
Fig. 27. — Coupe NE-SW de la vallée de Hanna, à l’Est de Quetta (Béloutchistan). (1. Cal¬
caires secondaires. 2. Calcaires de l’Eocène supérieur et de l’Oligocène à Discocyclina
Pratti et Nummulites. 3. Conglomérats des Siwaliks. 4. Alluvions.
centaine de mètres, des calcaires de teinte claire, redressés presque à la verti¬
cale, déterminent une véritable gorge entre Hanna et Urak.
Les calcaires supérieurs contiennent des Nummulites et des Orthophrag-
mines : Discocyclina Pralli Mich. et Discocyclina dispansa Sow.
Ces Orthophragmines sont de grande taille, atteignant 25 mm. de diamètre
comme celles de Java ; infiniment plus grandes que celles de Pondichéry,
retrouvées dans un grès siliceux, tendre. Il apparaît que des conditions biolo¬
giques différentes, correspondant à des dépôts différents, calcaires au Bélout¬
chistan et grès à Pondichéry, ont eu une influence directe sur la croissance et
la taille des Orthophragmines. C’est un des quelques points du monde où
l’on peut se demander si les Orthophragmines si caractéristiques de l’Ëocène,
ne passent pas dans l’Oligocène inférieur.
S’éloignant toujours vers le Nord-Ouest, sur les confins afghans, entre Pishin
et le col de Khojak, on trouve I’Êocène supérieur et l’Oligocène représentés
par un Flysch : ce sont les « Schistes de Khojak » qui ont été datés par de très
rares trouvailles de Nummulites inlermedius dans les petites lentilles de cal¬
caires écrasés qui se trouvent parfois au milieu des schistes.
D’autre part, le Nummulitique béloutche a connu de nombreuses émissions
GÉOLOGIE DE L’IRAN
319
volcaniques, tant à l’Ëocène qu’à l’Oligocène ; de telle sorte qu’il existe un
faciès de Flysch volcanique depuis le Crétacé supérieur jusqu’à la fin du Num-
mulitique, ceci pour le Béloutchistan Nord et Nord-Ouest.
B. AZERBAÏDJAN
On ne savait pratiquement que très peu de chose sur l’Ëocène de l’Azer-
baidjan persan jusqu’à ces dernières années. Les recherches de H. Rieben
[384] dans la région de Zunuz-Harzand ont apporté des renseignements très
nouveaux sur la question.
Dans cette région, le Crétacé supérieur paraît représenté par un faciès
« Flysch » recouvert par des andésites au Mont Tchenguel. Au-dessus de ces
andésites, puis en discordance sur du Permo-Trias et du Néocomien, se trou¬
vent 100 mètres de poudingues à ciment rouge foncé. Ces poudingues cor¬
respondent aux conglomérats éocènes signalés dans la région de Djoulfa
par P. Bonnet [223].
Au-dessus et sans discordance visible, H. Rieben indique des grès à débris
végétaux et fragments d’Huitres, puis des argiles et des grès calcaires à
petites Nummulites. Ces bancs, épais de quelques mètres, à pendage S.-W.,
contiennent : Assilina granulosa d’Archiac, Assilina Leymeriei d’Arch.
et Haime, Nummulites Guellarcli d’Archiac.
La série se continue par un niveau à grosses Ostrea, des grès tendres à petites
Nummulites et un banc calcaire à grandes Nummulites.
W. Leupold (in Rieben, 384) y a déterminé les formes suivantes :
De petites Nummulites du groupe de N. globulus pouvant être considérées
comme N. Ramondi Defr. et N. Guellardi d’Arch., Assilina granulosa d’Ar¬
chiac, Assilina Leymeriei d’Arch. et Haime, Nummulites cf. Lucasi A.
Douvillé, Nummulites distans var. minor d’Arch. et Haime, Nummulites
cf. Tchihalcheffi d’Archiac, Nummulites irregularis Desh., Nummulites
Guettardi d’Archiac, Nummulites alacicus Leym., Nummulites subalacicus
Douvillé.
Les auteurs considèrent cette série comme Ëocène inférieur, comme Ypré-
sienne. Les comparaisons avec les régions voisines apparaissent utiles. Dans le
Caucase méridional, V. Renngarten a signalé, au-dessus du flysch, des cou¬
ches à Assilines, N ummulites globulus et Nummulites alacicus associées. Dans
le Sud du plateau iranien, la série de Laki (Béloutchistan et Sind) contient
Assilina granulosa, Ass. Leymeriei , Nummulites irregularis et Nummulites
alacicus, mais la présence d’ Orbitoliles complanalus permet de la rapporter
au Lutétien inférieur.
Les petites formes, qui ont survécu dans le Lulétien inférieur, ne sont ici jamais
accompagnées de grandes formes granuleuses.
Dans cette région, le Lutétien supérieur n’est pas encore connu, mais il
peut avoir été érodé, car l’Éocène connu est surmonté de conglomérats néo¬
gènes. C’est une discontinuité connue en Iraq, dans la zone plissée du Tigre..
320
R. FURON
Au Djebel Atshan, le calcaire lutétien à Nummaliles disions et N. Tchihal-
clieffi est recouvert directement par un conglomérat supportant le Miocène
marin.
Cette série attribuée à l’Ëocène inférieur est à rapprocher de celle décou¬
verte par E. Chaput en Anatolie centrale.
E. Chaput indique au-dessus du Crétacé supérieur et en concordance :
1° des conglomérats et des calcaires yprésiens à Vétales Schmiedeli (1)
Chemnitz, Assilina granulosa , Nummulites globulus Leym., Nummuliles
distans Desh., Nummuliles irregularis et Nummulites alacicus ;
2° des grès et calcaires du Lutétien inférieur à Vétalés balkanicus Bonts-
cheff, Assilina granulosa, Assilina spira de Roissy, Nummuliles globulus,
Nummuliles Lucasi d’Archiac, Nummuliles uroniensis (de la Harpe) Heim
et Nummuliles alacicus ;
3° des conglomérats, grès et marnes du Lutétien supérieur et du Priabo-
nien.
En Syrie, Doncieux et Roman signalent aux environs de Naplouse de
l’Yprésien à Nummuliles globulus en concordance sur le Crétacé supérieur.
En Egypte, Cuvillier indique avec une grande précision l’àgedela trans¬
gression nummulitique. Elle y est yprésienne dans la vallée du Nil et le désert
arabique ; on y trouve ensemble Nummuliles globulus et Nummuliles ala¬
cicus.
En Azerbaïdjan, comme dans le reste de la Perse septentrionale,je crois
qu’il faut être très prudent en ce qui concernel’Éocèneinférieur, qui ne paraît
pas absolument défini.
Il faut encore rappeler la coupe de P. Bonnet à Djoulfa (1912). Au-dessus
du Sénonien et en discordance, viennent successivement :
a) des calcaires à Nummuliles Liicasanus, N. aluricus et N. alacicus,
b) des grès à Assilina placenlula,
c) 30 mètres de conglomérat,
cl) des grès calcaires à N. Brongniarli et N. perforalus,
e) l’Oligocène à Cerilhium margaritaceum,
/) les grès rouges et les conglomérats de l’Aquitanien.
L’Oligocène à Nummuliles intermedius a été signalé par Abich entre Ma-
kou et Khoï.
L’ensemble de l’Ëocène peut atteindre plusieurs centaines de mètres.
C. ELBOURZ
Le Nummulitique a été signalé par divers auteurs en divers points de l’El-
bourz, mais il s’agit toujours de « calcaires à Nummulites » ou bien de « cal-
(1) Rappelons que Velales Schmiedeli n’a aucune valeur stratigraphique et se trouve dans
l’Yprésien, le Lutétien, le Bartonien et l’Oligocène.
MÉMOIRES DU
Vigier et Brunissen. lmp.
Phot, Furon et Cintrftct
GÉOLOGIE DU PLATEAU IRANIEN
1. Nummulites Nuttalli. Éocène Inférieur de Khalilan, Louristan (Zagros).
2. Schizaster rimosus. Entre Qoum et Kachan.
3. Maidan, le village des turquoises, près de Nichapour.
4. Les calcaires nummulitiques aux environs de Quetta (Béloutchistan).
5. Nummulites perforatus (gr. nat.). Lutétien des environs de Semnan.
6. Echino/ampas Perieri. Éocène sup. et Oligocène de Chirin Bulagh,
près de Qoum.
7. Les " Siwaliks" aux environs de Nushki (Béloutchistan).
GÉOLOGIE DE L’IRAN
321
caires à petites Nummulites indéterminables». 11 n’existe comme exceptions
que deux gisements à Nummuliles perforatus signalés par A. Rivière dans
la vallée du Séfid Ab oriental (affluent du Lar) et dans la vallée du Nim Roud.
L’extension verticale et horizontale restait complètement méconnue et
A. Rivière pouvait encore écrire en 1934 : Tous les gisements connus de
Nummulitique fossilifère à Nummulites sont localisés au Nord du bassin
tertiaire suivi par la route de Téhéran à Firouz Koh », les reconnaissances
effectuées au Sud de cette route n’ayant jamais fourni de Nummulites.
Les études que j’ai poursuivies sur le Tertiaire de la Perse m’ont permis
de découvrir des gisements fossilifères au Sud de cette limite théorique. On
retrouvera peu à peu du Nummulitique clans tout l’Elbourz.
Etant donné la rareté des gisements encore actuellement connus, je les
indiquerai tous avec précision, en allant de l’Ouest à l’Est.
a) Le Mont Elbourz
Le Mont Elbourz (4.150 m.) a été reconnu en même temps que le Mont
Alain (4.850 m.) par H. Robek, en 1934. Une petite carte géologique indique
l’Elbourz comme constitué par du Nummulitique et plus particulièrement de
l’Oligocène.
L’année suivante, Rehzad et Yazdanian s’y rendirent en excursion et
rapportèrent au Laboratoire de Téhéran quelques fossiles. Les roches du Diné
Roud et du Mont Elbourz sont des tufs éruptifs, souvent rouges, contenant
en abondance Nummuliles alacicus.
b) Région du Démavend
A l’Ouest, gisement à Nummuliles perforatus du Séfid Ab; à l’Est-Sud-Est :
gisement semblable de la vallée du Nim Roud ; au Sud : «calcaires à petites
Nummulites » de Ah Rala et du Zarin Koh occidental.
c) Vallée du Hablé Roud, au Sud de Firouz Koh
Au Sud de Firouz Koh (Lat. N. 35°40, Long. E. 50°30’), dansla vallée du
Hablé Roud, j’ai découvert le Nummulitique en contact anormal sous des
terrains anciens, jurassiques en particulier. L’Ëocène comporte 50 mètres
de calcaires, durs, beiges, gris et noirs, contenant Alveolina subpyrenaica,
Alveolina subpyrenaica var. subglobosa et Nummuliles irregularis. C’est le
niveau le plus inférieur que j’aie rencontré et je le considère comme la base
du Lutétien. Il y a deux gisements visibles, de Flosculines aux environs du
hameau de Faghiavad, à 12 et 15 kilomètres au Sud de Firouz Koh.
d) Gor Séfid
Gor Séfid est un petit village situé à 29 kilomètres à l’Est-Sud-Est de
Firouz Koh. A 1 kilomètre au Nord-Ouest du village, j’ai observé une série
nummulitique à pendage W, comportant de la base au sommet :
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VIL
21
322
R. FURON
Fig. 28. — Les calcaires lutétiens à Alvéolines du Hablé Roud (Elbourz méridional).
(1. Calcaires lutétiens. 2. Grès, marnes et tufs volcaniques).
a) Marnes jaunes et grises,
b) Calcaire à Nummulites disions, N. Lurasi et N. uroniensis, constituant
une véritable lumachelle de quelques mètres d’épaisseur,
c) Marnes,
d) Un banc de conglomérat à petits éléments contenant des galets de tufs
volcaniques verts et des Nummulites.
e) Calcaire à Ostrea gigantica Solander.
La puissance visible de l’ensemble est de 150 mètres. C’est du Lutétien.
Fig. 29. — L’Eocène des environs de Gor Séfid (Elbourz méridional) (1, 3, 5. Marnes ;
2. Calcaire nummulitique. 4. Conglomérat. 5. Calcaire à Ostrea gigantica.
e) Entre Helia et Ab-i-Garm.
Entre Gor Séfid et Semnan, Stahl (1897) a signalé des grès et des marnes
glauconieuses à Nummulites.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
823
/) Les gisements de Semnan. (Long. E. 51°5’).
J’ai découvert aux environs de Semnan toute une série nummulitique,
transgressive sur le Primaire et passant au Miocène.
Les trois localités à visiter sont Dardjazine, Touroun et Soulseri.
Des calcaires gris contiennent en abondance Nummulites gallensis, tandis
que des couches plus sableuses et plus marneuses contiennent Velaies Schmie-
deli et des Nummulites perforalus, atteignant une taille absolument extraor¬
dinaire (4 cent, de diamètre X 25 mm. d’épaisseur). Ces couches sont liées
à des tufs volcaniques et se rapportent évidemment au Lutétien.
Vers le sommet qui devient de plus en plus sableux, et qui se voit aisément
dans le ravin de Dardjazine, on trouve des Oursins.
Les plus abondants, en bon état de conservation, sont des Schizaster rimo-
sus Desor.
C’est une espècb appartenant à l’Êocène supérieur. Les auteurs anglais
pensent qu’elle monte dans l’Oligocène, ce qui me paraît très vraisemblable.
Toutefois, en ce qui concerne le gisement de Semnan, j’ai découvert dans les
couches à Schizaster de très petites Nummulites, lenticulaires, bombées, à
filets fins et serrés, rayonnants, couvertes de granules vers le centre. Je les
rapporte à Nummulites Garnieri de la Harpe, espèce bartonienne.
C’est la seule indication que nousayons actuellement del’existencedu Bar-
tonien dans ces régions. En général, il est. impossible d’isoler l’Ëocène supé¬
rieur de l’Oligocène en l’absence de Nummulites intermedius.
Les Échinides me paraissent monter très haut dans la série et bien difficiles
à utiliser seuls. On arrive à trouver, bien en place, des mélanges de faunes
très inquiétants comportant des espèces éocènes, oligocènes et burdiga-
liennes.
Au total, les gisements fossilifères de l’Elbourz ne permettent pas de recon¬
naître un Ëocène inférieur certain ; ils se rapportent au Lutétien inférieur et
supérieur, au Bartonien et à l’Oligocène.
324
R. FURON
Oligocène
L’Oligocène de l’Elbourz est essentiellement volcanique, constitué par
des accumulations de laves et de tufs, auxquelles TiETze a donné le nom de
« couches vertes ». Leur épaisseur peut atteindre 3.000 mètres. Cet Oligocène
a été étudié particulièrement par TiETze, Stahl et A. Rivière.
Il ne fait pas de doute que le commencement du volcanisme remonte à
l’Eocène supérieur, voire moyen, comme j’ai pu le démontrer.
Stahl et Rivière ont insisté surcefait qu’il s’agit de formations marines.
Effectivement, on trouve à la base des lentilles de gypse et de place en place
des bancs de grès, de marnes et de calcaires marneux de faible épaisseur.
La couleur verte habituelle de ces roches volcaniques est due à la présence
d’une chlorite secondaire abondante. Si la masse des roches vertes est sur¬
tout constituée de tufs et de cinérites, elle contient également de nombreuses
coulées, des filons et des laccolithes de roches microlithiques, et même grenues
du type gabbro.
Il s’agit dans l’ensemble de roches basiques. C’est un faciès particulier à la
Perse occidentale, puisque dans l’Est, nous trouverons au contraire des roches
acides du type « rhyolithe », à côté de trachy-andésites.
La grande épaisseur des « couches vertes » incite à penser que l’Elbourz
représentait à cette époque une zone de subsidence, très sensible, mais où la
mer était certainement de très faible profondeur ; les dépôts sédimentaires y
sont réduits à fort peu de chose.
Les couches volcaniques présentent d’énormes affleurements sur toute la
moitié méridionale de l’Elbourz, depuis la région deMendjil à l’Ouest jusqu’à
Shah Roud à l’Est, soit sur plus de 500 kilomètres.
Vers leur sommet, elles contiennent à nouveau des lentilles de gypse et
passent à des grès violets gypsifères, représentant le passage de l'Oligocène
au Miocène. De telles couches de gypse existent aux environsSud de Téhéran.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
325
D. KHORASSAN
Le Nummulitique du Khorassan persan n’était connu que par la présence
d’un « calcaire à Nummulites » au voisinage des mines de turquoises de Ni-
chapour. J’ai découvert d’autres gîtes fossilifères entre l’Elbourz et la fron¬
tière afghane.
a) Abfcas Abad
La région d’Abbas Abad (entre Semnan et Sabzavar) est constituée par
des roches volcaniques oligocènes surmontées de grès micacés roses que l’on
peut attribuer à PAquitanien.
Fig. 32. — Les calcaires nummulitiques d’Abbas Abad, au contact des roches volcaniques .
A 8 kilomètres à l’Ouest d’Abbas Abad, il existe un petit affleurement de
calcaires lutétiens à Nummulites perforalus.
b) Mines de turquoises de Nichapour
Nichapour est située entre Sabzavar et Meched (par 56°29’ long. E). Les
mines de turquoises se trouvent à plus de 40 kilomètres au N.-W. de Nicha¬
pour, dans la vallée de Kal-i-Mansour. Elles connurent autrefois une grande
activité ; en 1876, Schindleir y vit encore 266 puits. En 1936, je n’en ai plus
vu que deux en activité.
La turquoise se présente en filonnets dans un niveau de roches écrasées
oligocènes, comprenant : des trachytes, des rhyolithes, une argile métamor-
phisée, une brèche à petits éléments. Toutes ces roches sont très chargées
d’hématite.
326
R. FURON
C’est à 15 kilomètres au Sud-Est des mines que l’on voit un affleurement
de calcaires jaunes, lutétiens, à Nummulites atacicus.
c ) Col de Mouzran.
Le col de Mouzran (58°10’ long. E) permetde franchir le Kara Dagh, chaîne
qui sépare la vallée de Meched du Turkestan russe. J’y ai recueilli des grès
calcaires contenant de très petites Nummulites, indéterminables spécifique¬
ment.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
327
d) Nord de Tourbat-i-Haidari
Au Sud de Mcched, à 20 kilomètres au Nord de Tourbat-i-Haidari (35°12’
lat. N), les tufs volcaniques très plissés laissent émerger un énorme bloc de
calcaires écrasés, contenant Nummulites perforaius et N. gallensis.
Les couches nummulitiques situées au Nord de Meched passent à l’Est
dans le Khorassan afghan, au Nord de Hérat.
Vers le Sud, les calcaires nummulitiques diminuent et passent à la grande
zone du Flysch Crétacé supérieur-Nummulitique qui couvre le Sud de la Perse
centrale et de l’Afghanistan.
Elles y ont été découvertes par Griesbach à Khodja Kalander, près de
Koushk, au Nord-Est de Hérat, où elles contiennent Osirea multicosiala
Desh. var. slridiplicata R. et D. (= O. lurkesianensis Rom.). Ce niveau fut
tout d’abord considéré comme Miocène. Il est en réalité Lutétien inférieur.
E. HIND0U-K0UCH ET TURKESTAN
Au Turkestan russe, les anciennes études de Rogdanovitch ont été large¬
ment complétées par les travaux récents de Vialov et Petrusevsky (1).
La série nummulitique est maintenant reconnue au complet et on peut
établir la succession suivante d’après les travaux russes :
Oligocène.
Ëocène supérieur
Ëocène moyen.
Ëocène inférieur.
Montien.
Étage de Sumsar : Gryphaea Sowerzowi Rom., Ex. ferga-
nensis Rk.
— de Khanabad : Osirea lianshanensis Rom.
— d’Isphara : Isocardia Eichwaldi Rom.
— de Richtan : Platygena asiatica Rom.
— du Turkestan : Gryphaea Esterhazyi Pav. var.
Romanowskii.
— de l’Alaï : Osirea muliicostala Desh. var. slrictipii-
cata.
(Ces deux étages réunis, formant le Lutétien, sont
parfois décrits sous le nom d’étage du Ferghana.)
— de Sauzak : O. hemiglohosa Rom.
— de Boukhara : Corbula angulata Lmk., C. asia-
lica Vialov.
Au Sud du Turkestan russe, la région de l’Amou Daria est recouverte
de dépôts récents. Plus au Sud, au Turkestan afghan, situé entre l’Amou
(1) Bodganovitch. Notessurla géologie de l’Asie centrale. Verh. russ.-k. Min. Géol. SI.
Petersbourg, ser. 2, v. XXVI, 1890.
Vialov (O. S.). Sur le Paléogène inférieur de Boukhara. CB. Ac. Sc. U. R. S. S.,1934 (n. s.),
t. I, p. 45. Die Buchara-Stufen Zentraliasien. Cenlralblatt, 1934, abt. B., p. 534.
Petrusvesky (B. A.). La découverte de la faune paléocène en Tadjikistan. CR. Ac. Sc.
U. R. S. S., 1937, v. XIV, p. 81.
328
R.FURON
Daria et les chaînes de F Hindou-Kouch, H. de Cizancourt [413] a découvert
des marnes grises fossilifères. Les principaux gisements sont, de l’Est à
l’Ouest : Ali Abad, Koh-i-Ambar, Tash Kourgan et Shibarghan. La faune,
étudiée par L. R. Çox [415], comprend : O. muliicosiala var. stricliplicala,
O. Cizancourli Cox, O. giganiica Sol., O. Eslerhazyi Pav. var. Romanowskii
Bôhm.
C’est une faune franchement lutétienne.
L. R. Cox, cependant, indique la possibilité de niveaux inférieurs à cause
de la présence de fragments d’huîtres qui pourraient rappeler O. bellovacina
(qui existe au Turkestan russe) et aussi d ’Osirea giganiica.
En ce qui concerne O. giganiica, je l’ai découverte dans un niveau lutétien
à Nummulites de la bordure Sud de l’Elbourz. D’autre part, sous les noms de
O. giganiica, O. gigantea, O. latissima, O. rarilamella, la même espèce est
connue dans le Lutétien d’Angleterre, du Bassin de Paris (du Cuisie’n au Bar-
tonien), de l’Allemagne, de la Crimée, de l’Asie Mineure, de l'Égypte, etc.
Oslrea giganiica, trouvée seule, indique bien plutôt un niveau lutétien, mais
c’est un fossile stratigraphique aussi mauvais que Velales Schmiedeli, par
exemple.
Bref, il existe au Turkestan afghan une série éocène, sans Nummulites,
comportant certainement le Lutétien au complet et peut-être des niveaux
inférieurs. Vers l’Ouest, ces séries rejoignent celles du Khorassan afghan et
persan.
Vers le Sud, lorsqu’on arrive à l’Hindou-Koucb, la série nummulitique de¬
vient plus difficile à déceler.
Déjà à Madar, H. H. Haydejn indique au-dessus du Crétacé supérieur des
grès gris-bleu, des calcaires à Huîtres indéterminables, des grès, puis des grès
rouges avec des bancs de gypse.
Sur le versant Nord de l’Hindou-Koucb, au col de Dendan-Shikan et dans
la région de Kahmard, j’ai observé des formations qui sont postérieures au
Crétacé supérieur fossilifère. Ce sont des calcaires siliceux d’aspect lacustre,
des calcaires pisolithiques, des grès calcaires gris à concrétions, puis des cal¬
caires schisteux gypsifères. Je n’ai pas observé de discordance entre les cal¬
caires crétacés et les calcaires (lacustres) nummulitiques, mais le changement
de faciès implique des mouvements orogéniques ou épirogéniques à la fin du
Crétacé.
Il apparaît donc de mieux en mieux que la mer nummulitique, qui a recou¬
vert le Turkestan russe et afghan, n’a pas recouvert l’Hindou-Koucb, qu’elle
n’a pas franchi ce relief qui devait former, au moins localement, une bar¬
rière.
L’érosion considérable qui a démantelé cette chaîne depuis sa surrection,
et qui a mis à nu le noyau cristallin, ne permet d’ailleurs pas d’être très affir¬
matif à ce sujet.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
329
F. LE PLATEAU CENTRAL
C’est dans la région désertique située entre les Monts de Tabass et la fron¬
tière afghane que j’ai trouvé du Nummulitique fossilifère, sous le faciès flysch
indiqué précédemment au chapitre Crétacé.
Entre Séfid-Ab et Hormak, dans les montagnes situées à l’Ouest de la piste,
j’ai recueilli des calcaires à petites Nummulites. Il s’agit d’un banc calcaire
situé vers le sommet d’une masse de flysch volcanique.
Plus au Sud, entre Hormak et Zahedan, la piste traverse le massif du Koh¬
i-Malek Siah (2.267 m.), entièrement composé de flysch : environ 1.500 mètres
de coulées et de tufs volcaniques, de schistes versicolores, de grès et de rares
lentilles calcaires, le tout plissé, écrasé et lardé de filons de quartz.
Sur le versant Nord-Est du massif, dans le Kacha Koh, Vrrdrnburg(1902)
a découvert une petite faune de Nummulites et d’Alvéolines indéterminables
puis un Oursin : Arachniopleurus semireUculalus D. et S., connu de l’Éocène
inférieur du Ranikot.
De la même région Nord-Est de Zahedan, on connaît du Lutétien à Num-
mnliles perforalus.
Au Sud-Est de Zahedan, j’ai suivi les mêmes couches tout au long de la
petite vallée qui conduit à Mirjaveh, à la frontière du Béloutchistan britan¬
nique rejoignant ainsi les gisements des monts de Saindak.
Il est désormais possible de conclure à l’existence du Nummulitique marin
et de l’Ëocène moyen en particulier dans toute la Perse orientale, depuis
Meched jusqu’au Mekran, sous deux faciès différents : faciès entièrement
calcaire au Nord, faciès flysch au Sud.
Ce faciès flysch s’étend bien plus au Sud encore. Il a été vu par Blanford
sur un itinéraire allant de Kirman à Gwadar, sur la côte de l’océan Indien.
Vers l’Est, dans la vallée de Tafui, dans les monts afghano-béloutches, Vrr-
denburg a signalé des grès calcaires contenant Assilina granulosa, Velates
Schmiedeli, puis au-dessous, des niveaux à Ovula Bellardi. On arrive ainsi
insensiblement au col de Bolan et à la passe de Khojak, puis au Nummulitique
de Gardez (en Afghanistan) et de Thaï. La partie supérieure du flysch est
oligocène, puisque les couches supérieures de Khojak contiennent Nummu¬
lites inlermedius.
Au Nord de cette ligne, Grirsbach indiquait encore du Nummulitique
dans la région de Kandahar. Le Flysch Crétacé-Nummulitique a été retrouvé
par H. de; Cizancourt à Koh-i-Khan Nashin, au Sud de la boucle du Hil-
mend.
La mer nummulitique a donc recouvert la plus grande partie du plateau
central actuel (sinon le tout) avec un maximum à l’Ëocène moyen.
330
R. FURON
G. LE ZAGROS
La série nummulitique est difficile à déchiffrer. Non seulement, il reste de
nombreuses régions qui sont très peu connues, mais dans les régions étudiées
en détail par les géologues britanniques, il y a des zones importantes qui ne
contiennent aucun fossile (sauf des Globigérines).
J’en donnerai comme exemple la coupe publiée par Gregory [ 309 ], sem¬
blable dans le Koh-i-Bingistan, le Tang-i-Abul Fars et le Tang-i-Machar :
6. Anhydrite. 7 mètres.
5. Calcaire gris et marnes. 80 —
4. Calcaire jaune. 70 —
3. Calcaire gris. 60 —
2. Marnes bleues et jaunes à Globigérines. 400 —-
1. Marnes et argiles schisteuses. 90 —
Calcaires à Rudistes.
Cette série que l’on rencontre très souvent dans le Zagros occidental repré¬
sente le Nummulitique complet, depuis les termes de passage du Crétacé su¬
périeur à l’Éocène jusqu’à l’anhydrite oligocène, parfois miocène.
D’autre part, le début même de la série prête à discussion, l’existence de
l’Éocéne inférieur ayant été mise en doute jusqu’à la découverte de Nummu-
liles Nullalli.
La question est beaucoup plus complexe.
Si l’on regarde ce qui se passe sur la bordure occidentale du Zagros, au
Djebel Atshan, en Iraq, on ne trouve que des calcaires lutétiens à Nummulites
disions- Tchihalcheffi, recouverts directement par un conglomérat et des
couches miocènes.
Des mouvements orogéniques et épirogéniques ont eu lieu à la fin du
Crétacé et souvent ils sont marqués par des couches rouges continentales.
On voit ensuite une transgression lutétienne, une régression post-lutétienne,
puis une nouvelle transgression oligocène.
L’Éocène sableux et conglomératique est visible en Perse, sur la route de
Kasr-i-Chirin à Kirmanshah.
Au Nord-Est de Imam Hassan, dans l’anticlinal de Pai Taq, les auteurs
indiquent des calcaires à Globigérines sur le flanc Sud-Ouest et des cal¬
caires à Nummulites gizehensis et N. millecaput sur le flanc Nord-Est.
Au sud de Imam Hassan, dans l’anticlinal de Tangao, Goodman a trouvé
3 H) mètres de calcaires à Globigérines, appartenant au Crétacé, puis 400 mè¬
tres de marnes rouges et vertes, 10 mètres de grès et de calcaires glauco-
nieux marquant le début de l’Éocène, puis ôOO mètres de marnes à Globi¬
gérines, contenant des Oursins oligocènes vers le haut : Dilremasler nux et
Schizasler vicinalis en particulier.
Les gîtes fossilifères sont relativement rares.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
331
On peut, citer celui de Soh, au Nord d’Isfahan, découvert par J, de Mor¬
gan, et qui contient: Nurnmulites laevigalus , Assilina subspira, Terebellum
convolulum, Lucina du groupe giganlea , Vulsella falcala, Velates Schmiedeli,
Oslrea flabelliila, Cerithium cf. giganteam Cardium sp., et Cardita sp.,
Echinolampas Grossoüvrei, Echinolampas praedensa , Conoclypeus Morgani
et Leiocidaris granulala.
C’est une faune lutétienne.
Dans le Poucht-i-Koh, J. de Morgan a également recueilli une faune
d’Oursins considérable, à Mollah Ghiavan. Les espèces déterminées par
Gauthier sont : Euspatangus Ghiavanensis , Brissopsis conslricla, Ditre-
rnasler nux, Pericosmus Nicaisei, Pericosmus Douvillei, Schizasler vidnalis,
Sch. rimosus, Sch. persicus. L’ensemble était considéré comme appartenant
à l’Éocène moyen, par comparaison avec des espèces connues en Afrique du
Nord (Algérie et Egypte). Certaines de ces espèces sont également connues
dans l’Éocène supérieur en Egypte et d’autres appartiennent certainement
aux couches, situées immédiatement au-dessous des couches à Lépidocyclines
de la Perse.
Dans l’ensemble, l’Éocène du Zagros septentrional et central est surtout
composé de calcaires à Globigérines et les rares faunes qui ont été recueillies
indiquent des niveaux de l’Éocène inférieur, moyen et supérieur. La série
est complète.
La récente exploration de C. Aramrourg (1938-1939) apporte des docu¬
ments importants concernant la faune de Poissons du Louristan méridio¬
nal [428] où Priem avait cru reconnaître des formes crétacées [206].
Une coupe transversale, entre Shahabad et Elam, sur 60 kilomètres envi¬
ron, montre un grand développement des marno-calcaires et des faciès 7.00-
gènes, sous forme de calcaires subcristallins qui forment toute la masse du
Nummulitique, reposant sur le Crétacé supérieur.
Les couches à Poissons ne se trouvent pas au contact du Crétacé, mais au
tiers supérieur de la série calcaire post-crétacée. Leur faune, typiquement
tertiaire, comprend en particulier des Palaeorhgnchus (cf. glarisianus Ag.)
bathypélagiques.
Vers le Nord-Est, la série marno-calcaire disparaît. Les calcaires zoogènes
renferment de petites Nurnmulites dont Nurnmulites globulus pouvant re¬
présenter le Lutétien inférieur, ou N. incrassalus.
Le Lutétien inférieur apparaît encore à quelques kilomètres plus au Nord,
dans l’anticlinical de Dar Dadam où M me Dubertret a déterminé : Alveo-
lina elongata, Nurnmulites alacicus, Nurnmulites globulus, Nummuliles g allen
sis (?), Orbitolites eomplanatus.
Bien plus vers le Sud, près de Nimeh, dans le Koh-i-Gach, \. H. Taitt
indique la présence d’un banc de gypse entre les calcaires à Loflusia et les
I remières couches de Nummulitique fossilifère.
L’Oligocène du Zagros retiendra particulièrement notre attention, car
il nous est mieux connu, grâce aux nombreuses coupes et sondages exécutés
332
R. FURON
pour la recherche du pétrole. De l’étude des coupes publiées et de mes obser¬
vations personnelles, on peut conclure, je crois, une série de faits, que nous
résumerons ainsi :
1° La bordure occidentale du Zagros comporte uniquement des faciès de
calcaires à Nummuliles inlermedius-Fichteli ;
2° Le centre et surtout la bordure orientale du Zagros ne comportent que
des faciès argilo-sableux. Les faciès argileux du Nord ne contiennent pas de
Nummulites, mais des Oursins ; ce sont les couches à Spatangues. Les faciès
sableux du Sud contiennent Nummuliles inlermedius. Ces faciès passent à
l’Est au faciès « flysch » supérieur du Béloutchistan, daté lui aussi par Num-
muliles inlermedius.
Un certain nombre de coupes illustreront cette manière de voir.
A. I-a zone calcaire.
En Iraq, entre Mossoul et Bagdad, à Haditha (près de l’Euphrate) et dans
le Kara Chaugh Dagh (à l’Est du Tigre), l’Oligocène est représenté par des
calcaires à Nummuliles inlermedius-Fichteli. Il en est de même au Nord de
Kerbela.
Passant en territoire iranien, sur le bord oriental du golfe Persique, nous
dirigeant du N.-W. vers le Sud-Est, nous trouvons les montagnes de Dira,
Kalé Doukhtar, Dirang, Ishkanan et Khamir. Sur plus de 500 kilomètres,
GÉOLOGIE DE L’IRAN 333
l’Oligocène est encore calcaire, avec Nümmuliles intermedius. Il peut atteindre
200 mètres de puissance.
B. La zone argilo-sableuse.
Si l’on s’éloigne vers l’Est, les calcaires diminuent d’épaisseur et passent
à des faciès sableux et conglomératiques reposant en discordance sur le Luté-
tien.
C’est ce qui se passe en particulier à Kushk Koh, au Nord de Bander-
Abbas et plus au Nord, aux environs de Chiraz.
Si nous remontons vers le N.-W, parallèlement à la zone calcaire nous
rencontrons Koh-i-Del et Dasht-i-Goul, Koh-i-Bingistan, Koh-i-Asimari,
Deh-i-Luran, Koh-i-Imam Hassan, ce dernier vers la latitude de Baghdad.
Au faciès sableux, fait place un faciès argileux, des schistes argileux ( shales )
ne contenant plus Nummulites intermedius, mais des faunes d’Oursins, tels
que Ditremaster nux Desh., Schizaster vicinalis Ag. et Desh., Schizasler
rimosus Desh., Euspatangus ghiavanensis Gauth., Pericosmus Nicaisei
Pome.l. Ce faciès passe des marnes aux argiles et des argiles aux argiles sa¬
bleuses.
Les auteurs anglais [ 309 ] ont émis l’hypothèse que ces argiles plus ou moins
sableuses à Spatangues représentaient un passage latéral des couches à Num¬
mulites intermedius. J’ajoute une observation favorable à cette hypothèse,
observation que j’ai faite dans le Kurdistan, entre Hamadan et Sanandaj,
où j’ai vu les couches à Spatangues passer vers le sommet à des calcaires à
Lépidocyclines recouverts eux-mêmes par des calcaires burdigaliens à Co¬
raux.
C’est encore dans cette région qu’il est intéressant de reconnaître les limites
de l’Oligocène.
En ce qui concerne la base, elle paraît en concordance dans toute la zone
calcaire sur l’Éocène. Plus à l’Est, à Kushk Koh, par exemple [ 309 ], les sables
oligocènes sont transgressifs sur le Lutétien, et la discordance est soulignée
par des conglomérats. Il y a donc bien une transgression oligocène succé¬
dant à des mouvements orogéniques et une régression locale post-lutétienne.
Vers le sommet se présente une grande difficulté dans les régions où la sédi¬
mentation a été continue de l’Oligocène au Miocène. Les bancs supérieurs
de l’Oligocène contiennent à la fois Nummulites intermedius et des Lépido¬
cyclines ( Lep . cf. Schlumbergeri Le.m. et Douv.). C’est le cas à Koh-i-
Dira, au Nord de Bouchir [ 309 ], Des observations semblables ont été faites
au Béloutchistan, nous l’avons déjà dit.
H. RÉGION DE BANDER ABBAS ET GOLFE PERSIQUE
La région de Bander Abbas est surtout connue par les travaux de G. E.
Pilgrim [ 263 ] et c’est à cet auteur que nous emprunterons une coupe obser¬
vée à Khamir, localité-type de l’Oligocène du Sud (Khamir Sériés).
834
R. FURON
On a de haut en bas :
6. 100 mètres de calcaires avec bancs de grès à Oslrea preitnbricala Vred.
et Nummuliles inlermedius, Lilhophaga cordaia,Osireakhamirensis, Amussio
pecien cf. Labadyei d’Arch, et H.
5. 150 mètres de calcaire crème, parfois sableux à Nummuliles inlermedius r
Eupatagus rostralus d’Arch et Haime, Macropneusles et Echinolampas,
Oslrea khamirensis Gox.
4. Schistes argileux éocènes (500 mètres).
3. 200 mètres de calcaires dont un banc, très inférieur, contient des Alvéo-
lines et Nummuliles alacicus (calcaires de Ginau).
2. Conglomérat.
1. Calcaire à Rudistes.
Pilgrim considère le niveau à Nummuliles alacicus et à Alvéolines comme
lutétien.
Le même auteur cite Assilina spira et Nummuliles perforalus dans les
schistes argileux de la même région, à Tang Saubat. Une partie de ces schistes
argileux représente donc le Lutétien moyen et supérieur.
Les calcaires à Alvéolines et à Nummuliles alacicus doivent bien représenter
le Lutétien inférieur, les couches de Laki.
Prenons encore deux exemples dans la région de Bander Abbas :
a) Dasht-i-Gul :
8. Calcaires à Lepidocyclina dilalala Mich.
7. Argiles schisteuses... 80 m.
6. Calcaires à Globigérines. 350 m.
5. Calcaires à Nummuliles laevigalus, Assilina exponens,
Ass. spira, Ass. granulosa . 80 m.
4. Conglomérat à Nummuliles uroniensis et N. perforalus. 15 m.
3. Marnes versicolores et marnes bitumineuses. 400 m.
2. Calcaires marneux, finement lités, à Globigérines. 400 m.
1. Calcaires massifs du Crétacé.
b) Kushk Koh (Nord de Bander Abbas) :
3. Calcaires à Alvéolines.
2. Conglomérat contenant Orbiloliles complanatus, Alveolina subpyre-
tiaica, Flosculina globosa.
1. Schistes argileux verts, à lits de conglomérats,
On voit que l’ensemble du Nummulitique de la région de Bander-Abbas
plus précisément de la région Nord-Ouest, est puissant de 1000 mètres et
que l’Ëocène inférieur y est douteux, en ce sens que s’il existe, il n’est pas
fossilifère. Lorsqu’on s’éloigne vers l’Est, les bancs calcaires de l’Oligocène de-
GÉOLOGIE DE L’IRAN
335
viennent de plus en plus sableux et argileux, et de moins en moins épais. Il
existait un passage, mais il apparaît précaire.
Les calcaires éocènes de Ginau sont remplacés par les grès de Zindon.
Ile de Bahrein. Le Nummulitique de l’île de Bahrein a été étudié par Pil-
grim en 1908, Sir H. E. Pascoe en 1918, et de nouvelles faunes publiées par
L. R. Cox en 1936.
Dans l’ensemble, l’îte représente un anticlinal allongé Nord-Sud ou
NNW-SSE. Le sommet de l’île, le Djebel Doukhan, atteint 120 mètres et
montre de larges affleurements de calcaires et de marnes éocènes et oligo¬
cènes, recouvrant le Sénonien pétrolifère.
La faune la plus importante est d’âge lutétien : Nummulites laevigalns,
Terebellum carcassense, Mylilus Cleopalrae, Ostrea multicostala, Spondylus
radula, Euphenax jamaicensis, Lucina melableta, Lucina pharaonis, Chama
calcarala, Corbula snbexarala et Schizaster mokattamensis.
Ce sont pour la plupart des formes connues du Lutétien de l’Inde, duSoma-
iiland et de l’Égypte, voire de l’Europe, avec deux éléments exotiques, deux
Lamellibranches connus, l’un au Turkestan, l’autre à la Jamaïque.
Dans l’ensemble, le Nummulitique du Zagros méridional est très variable
et on peut en établir la succession suivante :
Près de la côte, les marno-calcaires de I’Ëocène sont surmontés par les
calcaires oligocènes de Khamir.
Un peu plus à l’intérieur, l’Ëocène calcaire est séparé du Crétacé par des
couches gypsifères et se continue par des calcaires ou des sables oligocènes
à Nummulites inlermedius. Le calcaire oligocène de Khamir est recouvert
à son tour par des marnes gypsifères aquitaniennes.
Cette répétition des faciès gypsifères est une des grosses difficultés de la
géologie du Zagros.
336
R. FURON
TARLEAU IV. — L’Eocène
ÉGYPTE.
PALESTINE.
SYRIE
TURQUIE.
Eocène
SUPÉRIEUR.
N. Fabianii.
N. atacicus, var.
Beaumonti.
N. contortus-striatus.
N. Fabianii.
N. Fabianii.
N. contortus-striatus
Lutétien
SUPÉRIEUR
(Mokattam i.).
N. gizehensis.
N. uroniensis.
N. Lucasi.
N. gizehensis.
N. laevigatus.
N. gizehensis.
N. laexigatus.
N. gallensis.
N. gizehensis.
N. uroniensis.
Lutétien
inférieur
(Libyen sup.).
N. atacicus.
Ass. praespira.
Orbitolites complana-
tus.
N. uroniensis.
N. atacicus.
N. millecaput.
N. globulus.
Yprésien
Montien
N. atacicus.
N. globulus.
N. deserti.
N. globulus.
N. Guettardi.
N. globulus.
N. Guettardi.
N. atacicus.
N. globulus.
Crétacé
SUPÉRIEUR
Calcaires à Cardita
Beaumonti.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
337
df. la Perse et des régions voisines.
IRAQ.
PERSE.
BÊLOUTCHISTAN.
SlND.
N. Fabianii.
N. Fabianii.
Discocyclina Pratti.
Nari inférieur.
N. gizehensis
N. perforatus.
N. laevigatus.
Nummulites gizehensis.
— perforatus.
— laevigatus.
Khirtar.
Orbitolites complanatus.
N. irregularis.
N. atacicus.
Nummulites irregularis.
Nummulites atacicus.
Orbitolites complanatus.
Laki.
N. atacicus.
N. globulus.
B. Guettardi.
N. Nuttalli.
C. à Nummulites Nuttalli.
Grès à Siderolites miscella.
Schistes sans fossiles.
Ranikot.
C. à Cardita Beaumonti.
Calcaires à Cardita Beaumonti.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VII. 22
338
R. FURON
FAUNE NUMMULITIQUE DU PLATEAU IRANIEN
A. — Eocène inférieur et moyen.
Arc septentrional
FORAMINIFÈRES -
Alveolina elliptica Sow..
— hpidula Sch.
— oblonga cI’Orb.
— subpyrenaica Leymerie.
— — var. subgkbosa . -j-
Assilina granubsa d’Arch. ( exponens ) (413,
p. 25, pl. ni, fig. 28). +
— Leymeriei d’Arch et H. -f-
— - mamillata d’Arch ...
— p lacentula . +
— Banikoti Nuttall (284. p. 117,
pl. x, 515, 7-11).
■—■ spira de Roissy.
— umbiUcata (413. p. 23, pl. ni,
fig. 19-20,27).
Coskinolina Balsilliei Davies (319, p. 496,
pl. i, fig- 6-9, pl. il, fig. 4, 6, 16).
Dictyoconus Conditi Nuttall (284, p. 119,
pl. xi, fig. 7-8).
— indiens Davies (319, p. 497, pl. i,
fig. 10-13).
Lituonella Douvillei Davies (319, p. 494,
pl. 1, fig. 3-5, pl. n, fig. 1-3,14).
Nummulites acutus sow.
— afghanica de Ciz . («3)...
— atacicus Leym . + -f-
— aturicus = per forât us . -f- .
-—• Beaumonti d’Arch .
— Brongnarti d’Arch. et H . -)- .
— Carteri d’Arch ...
-—• distans. Desh. + +
-— Dolloti de Ciz. (413). . .
-—■ gallensis . -|-
— globulus Leym. (413, p. 20,
pl. iii, fig. 8-11). + .
— gizehensis Forsk al.
-—• Guettardi d’àrch. +
— irregularis Desh (413, p. 14,
pl. i, fig. 1, 2,12). -f-
— subirregularisBEhAHAnpE (413,
p. 15, pl. i, fig. 5-6).
— laevigatus BruG .
GÉOLOGIE DE L’IRAN
339
» ■
340 R- FURON
LAMELLIBRANCHES (suite).
Oslrea gigantica Sol (415, p. 39, pl. v, fig. 5).
Arc septentrional
Plateau central
Arc
MÉRIDIONAL
Azerbaïdjan
Elbourz
Khorassan
45
O
3
O
«
h
o
■75
.s
K
Zagros
Béloutchistan
et Sind
+
+
(415, p. 32, pl. iv, fig. 5-6, pl. v,
+
+
+
GASTÉROPODES
-F
1
+
+
+
+
+
+
1
....
+
-L.
B. — Eocène supérieur et Oligacène.
Abc septenteional
FORAMINIFÈRES
Discocyclina Pratti Mich.
— dispansa Sow .
Nummulites intermedius-Fichteli (= garan-
sensis) .
— Fabianii Pbever.
Lepidocyclina Schlumbergeri Lem. et Douv.
ÉCHINODERMES
Ditremaster nux M. Ch.I
Schizaster persicus Gauthier (358, p. 13,
pl. i, fig. 6-7).
— rimosus Desii.I
-—- vicinalis Agassiz.
Clypeaster profundus .
Pericosmus Nicaisei Pomel .
GÉOLOGIE DE L’IRAN
341
ËCHINODERMES (suite).
Euspatangus ghiavanensis Gauthier.
Arc septentrional
Plateau central
Arc
MÉRIDIONAL
.o3
-5*
'3
-o
OJ
SI
<
N
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3
O
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co "3
13 £
3
o <o
•OJ
PQ
+
— formosus de Loriol.
+
+
Echvnolampas Perieri de Loriol.
LAMELLIBRANCHES
Ostrea khamirensis Cox (389, p. 35, pl. v,
+
+
+
*— preimbricata Vred.
Tellina Pilgrimi Cox (389, p. 37, pl. iv,
fig. 11-12).
Venus granosa .
+
Kuphus arenarius L. (291, p. 4, pl. i)..
+
+
GASTÉROPODES
Cerithium margciritaceum .
+
Natica patula Lmk.
+
+
Voluta rugosa .
VIII. - LE NÉOGÈNE
A. LE MIOCÈNE
La plus grande confusion règne dans la connaissance du Miocène persan.
Tout d’abord, on parle d’Oligocène ou de Miocène sans préciser où l’on
place la coupure, après ou avant l’Aquitanien. Au sommet, le Pontien est
traité tantôt avec le Miocène, tantôt avec le Pliocène. Pour couronner le tout,
on a donné des noms locaux à des séries lithologiques : Asmari, Fars, Bak-
thiary. Nous y reviendrons pour les définir avec plus de précision, mais
rappelons tout de suite que l’Asmari, par exemple, débute quelque part vers
le Stampien pour se terminer quelque part dans le Burdigalien.
Avant d’entrer dans le détail, je donnerai le cadre qui nous servira ici.
On trouve à la base du Miocène un Aquitanien (1) plus ou moins complet
marqué par une abondance de Scutelles et de Lépidocyclines.
Le Burdigalien transgressif, marno-calcaire, contient des fossiles très ca¬
ractéristiques : Peclen burdigalensis, Pedeti Tietzei, Pecten Josslingi.
(1) Je traite l’Aquitanien avec le Miocène, non pas pour démontrer que ce n’est pas de
l’Oligocène final, mais parce qu’il y a sur le terrain, passage de F Aquitanien au Burdigalien,
avec mélange de faunes.
342
R. FURON
Deux autres fossiles se rencontrent assez fréquemment : Kuphus arenarius
et Ostrea prae-Virleti.
Kuphus arenarius Linné est un Pélécypode de la famille des Térédinés.
On le trouve sous forme de tubes calcaires, cylindriques, marqués extérieure¬
ment par des stries d’accroissement. Leur longueur peut atteindre 20 centi¬
mètres, le diamètre augmente à mesure qu’on s’approche de la zone termi¬
nale. En coupe, on voit le tube constitué par des couches calcaires succes¬
sives ; vers la région la plus jeune, le tube est de diamètre moindre, mais beau¬
coup plus épais et divisé longitudinalement en deux parties, en deux tubes
jumeaux où se trouvaient logés séparément le siphon branchial et le siphon
cloacal.
Le tube, sécrété par le manteau, se retrouve en abondance, tandis que la
coquille proprement dite n’est pas conservée.
Kuphus arenarius a été signalé dans le Burdigalien de Madagascar par
Cottreau et Collignon dans des couches qui ont l’équivalent de celles de
Bobaomby, décrites par P. Lemoine et contenant des Lépidocyclines (1).
En Perse, les tubes de Kuphus arenarius se trouvent parfois enfoncés dans
les calcaires nummulitiques, ils sont abondants dans les couches à Lépidocy¬
clines et immédiatement au-dessus. Ils représentent d’une manière générale
l’Aquitanien et ne dépassent pas le Burdagilien inférieur. Il peut s’en trouver
bien plus bas clans la série, en place, jusque dans l’Eocène supérieur, et je ne
le considère pas comme caractéristique d’un niveau.
Ostrea ( Alectryonia) prae-Virleli est une espèce créée par J. A. Douglas
qui l’a isolée à juste titre de VOstrea Virleti Deshayes. Ostrea Virleti se trou¬
vait signalée par les divers auteurs à tous les niveaux possibles du Miocène,
depuis l’Aquitanien jusqu’au Tortonien. En réalité, la véritable Ostrea Virleti
est cantonnée en Perse dans le Tortonien. Peut-être dans l’Aquitanien ( ?)
mais certainement dans le Burdigalien, on trouve une huître qui ressemble
à O. Virleti, mais qui est beaucoup moins plissée et d’aspect presque trian¬
gulaire. C’est à cette espèce, bien caractérisée, que s’applique le nom d’Os-
trea prae-Virleli Douglas.
L’Helvétien marque une diminution de profondeur de la mer. Les dépôts
représentent quelque chose de comparable au « Schlier », des marnes versico-
lores, avec des lentilles importantes de sel et de gypse, des indices de pétrole
et un seul fossile : Oslrea latimarginaia , connu de la Perse occidentale jusqu’à
l’Inde.
Oslrea latimürginata nous retiendra un instant, car c’est une espèce impor¬
tante qui a changé de nom plusieurs fois. Créée par Vredenburg, en 1908,
elle est connue depuis 1840 dans le Miocène du Rann du Cutch, près de Kara-
(1) J. Cottreau et M. Gollignon. Les couches dites à Magilus grandis de File Makamby
province de Majunga. Leur âge, leur extension sur la côte ouest et à l’extrême sud de Ma¬
dagascar. B. Soc. Géol. Fr., 1924 (4), t. 24, p. 278-280.
P. Lemoine. Etudes géologiques dans le nord de Madagascar, Paris, 1906, p. 424-425.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
343
chi, mais une erreur de détermination l’a fait appeler Oslrea flabellula Lmk.
En 1853, d’Archiac et Haime la rapportent à Oslrea multieostata Deshayes
et en figurent un échantillon venant des couches de Gaj, dans le Sind. Or, les
couches de Gaj sont incontestablement miocènes, Oslrea multieostata est une
espèce éocène et la forme figurée ne peut pas s’y rapporter. Wynne et Noet-
ling proposèrent le nom d’ Oslrea Blanfordiana pour l’espèce des couches
de Gaj. En 1908, Vredenburg l’étudie ; en 1927, J. A. Douglas en
reprend l’étude et la figure.
Il s’agit d’une espèce burdigalienne de l’Inde et de la Birmanie. En Perse
comme dans le Sind, elle se trouve dans les couches tout à fait supérieures
du Burdigalien et surtout dans les quelques bancs calcaires du Sehlier infé¬
rieur qui pourrait bien débuter au Burdigalien supérieur.
Le Tortonien est représenté par des calcaires à Oslrea Virleti Deshayes,
Echinolampas Jacquemonli d’Arch. et H., Pecten prae-Vasseli de B. et Rich.
La fin du Tortonien voit le retrait de la mer et des mouvements orogé¬
niques considérables, antésarmatiens d’abord, puis antépontiens.
Le Pontien, continental dans la plus grande partie du Plateau iranien,
est représenté par les conglomérats de Magharé et des Siwaliks moyens. En
bordure de l’océan Indien cependant, le régime marin continue : ce sont les
dépôts de Hinglaj à Pecten Vasseli, se terminant par du Pliocène marin.
Quel est l'âge des premières couches à Lépidocyclines ?
Les couches à Lépidocyclines que j’ai eu l’occasion d’étudier appartien¬
nent au Miocène (Aquitanien-Burdigalien).
Toutefois, il existe des Lépidocyclines dans des couches plus anciennes.
•J’en ai trouvé moi-même dans les couches à Pericosmus Nicaisei de Qoum.
Nuttall signale des Lépidocyclines dans les calcaires du Nari, à Nal
(Béloutchistan) avec Nummuliles inlermedius [283, p. 331],
Lepidocyclina ( Eulepidina) dilatala et Nummulites intermedius ont encore
été découvertes dans le Sud de la Perse par Richardson, à Bard-i-Quamcheh,
dans la série pétrolifère d’Asmari.
Je ne veux pas soulever le problème de remaniement éventuel des Num¬
mulites, bien que ce soit un autre phénomène que j’ai observé en Perse lorsque
l’Aquitanien surmonte l’Oligocène.
Senn (1) a bien signalé Nephrolepidina Tournoueri dans le Priabonien et
même le Lutétien de Sidi Ameur el Hadi au Maroc, alors que c’est une espèce
ordinairement citée de l’Aquitanien-Burdigalien de l’Afrique du Nord (2).
On aimerait une confirmation de ce fait.
Dans les grès d’Ouezzan, au Maroc, J. Bourcart a découvert des Néphro-
(1) A. Senn. Die stratigraphische Verbreitung der tertiàren Orbitoïden. Eclogae Geol.
Hélu. 1935, v. 28, p. 51-113 et 369-373.
(2) J. Flandrin. Contribution à l’étude paléontologique du Nummulitique algérien. Mat.
Carte Géul. Algérie, 1938.
344
R. FURON
lépidines, 1 Isolépidine et 1 Eulépidine indéterminable spécifiquement dans
des couches oligocènes contenant des Nummulites du groupe incrassalus.
Eulepidina dilatala n’existe pas dans les couches à Nummulites et n’appa¬
raît, très abondante, que dans l’Aquitanien (1). L’association Nummulites-
Isolépidines-Orthophragmines est déjà très rare, connue seulement en Amé¬
rique. D’ailleurs, selon T. W. Vaughan, les Lépidocyclines sont originaires
de l’Eocène américain et ont émigré ensuite vers l’Est, vers l’Europe.
Les recherches du lieutenant Cl. Davies et de Pinfold ont montré la pré¬
sence de formes très archaïques dans l’Éocène inférieur du Ranikot ( Poly -
lepidina punjabensis). R. Abrard (2) voit donc dans les Lépidocyclines des
formes originaires de l’Inde qui auraient essaimé très tôt à travers le Pacifique
en direction de la Méditerranée américaine, arrivant au Venezuela dès le
Lutétien inférieur.
Pour en revenir à une espèce fréquente en Perse comme Eulepidina dila¬
tala, je note que : Eulepidina dilatata, Eul. Mantelli et Eul. Raulini sont
indiquées dans l’Aquitanien en Aquitaine, en Italie, à Madagascar, aux îles
de la Sonde et en Floride (3).
En Syrie, les Lépidocyclines sont ordinairement aquitaniennes. Toutefois
M lle DaviD signale au Djebel Abiod une association : Eulepidina dilalala-
Nummuliles Fabianii. Au Djebel Tyas, Dubertret indique des calcaires à
Eulépidines et Nummulites Bouillei-Tournoueri.
En Iraq, De Bock est allé plus loin puisqu’il rapporte à l’Oligocène loules
les couches à Lépidocyclines. Le même auteur a émis la même idée sur les
couches à Lépidocyclines de la Perse. Je ne nie pas la coexistence des Lépido¬
cyclines et des Nummulites, mais je suis absolument certain que les gise¬
ments persans sont surtout aquitaniens, pouvant atteindre le Burdigalien
inférieur.
J’ajoute qu’en Italie, les couches priaboniennes de la région de Visso (à
50 km. au sud-est de Pérouse) ont été revisées en 1937 par M me E. David-
Sylvain (4). Ces couches contiennent Nummulites incrassalus et des Ortho-
phragmines (Discocyclines et Asterodiscus), mais pas de Lépidocyclines.
Celles-ci n’apparaissent que dans les couches supérieures, aquitaniennes.
Eulepidina elephantina, fossile des couches de Schio, a été signalée par
J.Bourcart dans les calcaires à Clypéastres et sur les couches à Scutelles de
Korça d’Albanie. Depuis cette époque MM. Fallot et Gignoux ont signalé
le même fait en Andalousie.
A Malte, les travaux de J. Gottreau, F. Roman et J. Roger démontrent
l’âge aquitanien des lumachelles à Eulepidina elephantina accompagnées
(1) J. Bourcart et E. David. Etude stratigraphique des grés à Foraminiféres d’Ouez-
zan, au Maroc. Mém. Soc. Sc. Nal. Maroc, 1933, n° 37.
(2) R. Abrard. Origine et premières migrations des Orbitoïdes et des Lépidocyclines. C.
B. Soc. Biogéographie, 19 mai 1939.
(3) P. Lemoine et R. Douvillé. Sur le genre Lepidocyclina Gümbel. Mém. Soc. Géol.
Fr., n» 32.
(4) M me David-Sylvain. Etude sur quelques grands Foraminiféres tertiaires. Mém.
Soc. Géol. Fr., 1937, n° 33.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
345
de Scutelles [Sc. melitensis voisine de Sc. subrotunda). Le passage au Burdi-
galien est difficile à préciser.
On peut en conclure que dans la très grande généralité des cas, les couches
à Lépidocyclines sont aquitaniennes. Elles débutent à l’Oligocène et peuvent
continuer dans le Burdigalien inférieur.
Je me bornerai donc à citer des observations, des associations de faunes,
sans en tirer aucune conclusion inutile.
A. AZERBAÏDJAN
L.e Miocène marin de la région du Lac d Ourmiah
Les couches miocènes d’Ourmiah ont été découvertes par Loftus en 1855
et revues par Abich en 1858. Elles sont visibles au nord du lac, à Guverchin
Kala, près d’Ourmiah et dans l’île de Koyun Dagh. D’après la liste des fos¬
siles publiés et révisés par R. B. Newton et Gregory en 1899, on peut réta¬
blir la stratigraphie suivante :
Aquitanien : 30 mètres de grès et de conglomérats, transgressifs sur le
Paléozoïque.
Burdigalien : 10 mètres de marno-calcaires, contenant Flabellipeclen burdi-
galensis, Pecten rotundatus, Pecien urmiensis, Oslrea prae-Virleti , Oslrea pseu-
dodigilalina, Clypeasler Guenlheri, Venus Aglaurae, Merelrix incrassala,
Orbicella Defrancei, O. Guenlheri et O. Haimei.
Vindobonien : épais de 90 mètres, il débute par des grès et des conglomé¬
rats indiquant une régression. Ailleurs, dans la région de Tabriz, H. Rieben
lui accorde un millier de mètres d’épaisseur, représentés surtout par la for¬
mation gypso-salifère, le Schlier.
Les listes de fossiles de R. B. Newton et Gregory comportent des espèces
qui ne sont pas burdigaliennes, mais vindoboniennes : Oslrea Virleti, O.
lamellosa, Pecten convexo-coslalus , O. digilala, Turritella Archimedis, Sole-
naslraea luronensis, Prionaslraea irregularis. Par ailleurs, au Kaflan Koh,
entre Tabriz et Kazvin, Jung et Jeannet ont trouvé Clypeasler Guenlheri,
O. digilalina, O. Virleti [362].
L’ensemble du Gypso-salifère se termine au plus lard dans le courant du
Sarmatien.
Cet âge paraît indiqué par la découverte de deux Poissons fossiles dans les
marnes supérieures : Clupea humilis H. von Meyer et Clupea lanceola H.
von Meyer. Ces deux Poissons proviennent de Nakhitshevan et sont attri¬
bués au Sarmatien (1).
(1) F. Oswald. Arménien. Heidelberg, 1912, p. 17.
346
R. FURON
Le Néogène continental
Le Néogène continental de l’Azerbaidjan a été rendu célèbre par les faunes
de Vertébrés recueillies à Magharé.
Il débute par des calcaires lacustres à Lymnées et Planorbes, et des argiles
jaunes à gypse et bancs de lignites. Leur position a été précisée aux environs
de Tabriz par H. Rieben [384, p. 41]. Cette observation se trouve doublée
d’une tout autre semblable, faite bien plus au Sud, dans le Kaflan Koh,
sur la rive droite du Kizil-Uzen, par Jung et Jeannet [362].
L’âge de ces couches est précisé par la découverte d’une dent d’Hipparion,
dans les couches à lignites.
C’est à peu près la base des couches de Magharé.
Au sommet, au-dessus des couches à ossements de Mammifères, il y a des
couches à Poissons, décrites par R. de Mecquenem et H. Rieben. En plu¬
sieurs endroits, on y a trouvé des Poissons pliocènes ; en particulier de nom¬
breux exemplaires de Brachylebias persicus Priem.
La localité fossilifère, dite de Maraghé, se trouve entre Maraghé et Kirjawa,
vers 1.600 mètres d’altitude. Les dépôts sont connus 30 kilomètres de
longueur. Ce sont des conglomérats, des sables fluviatiles et des tufs volca¬
niques remaniés, découverts dès 1840. Les premières faunes recueillies furent
décrites par Rodler en 1889. De nouvelles fouilles furent entreprises en
1897, mais le gouvernement persan, soupçonneux, les interdit. Le peu qui
put être sauvé a été publié par Günther en 1899. Enfin, en 1905, R. de
Mecquenem put faire de belles récoltes dont l’étude aboutit à la publica¬
tion d’un important mémoire en 1924-1925.
La faune étudiée comprend 36 espèces ; elle est comparable à la faune de
Pikermi, en Grèce, aussi bien qu’à celles de l’Inde et de la Chine.
En voici la liste :
Edentés : Orycteropus Gaudryi Maj.
Proboscidiens : Mastodon Penlelici Gaudy.
Périssodactyles : Acerolheriüm Persiae Pohlig, Rhinocéros Moragni de M.
Chalicolherium Penlelici Gaudry.
Solipèdes : Hipparion gracile K., Hipparion mediterraneum Hens.
Ruminants : Sus eryrnanthius Roth et Wagner, Helladolherium Gaudryi
de M., Alcicephalus Neumayri Rodler et Weith., Alcicephalus R. et W.,
Camelopardalis allica Gaudry, Gazella brevicornis R. et W., Gaz. capricornis
R. et W., Gaz. Gaudryi Schlosser, Palaeoryx Pallasi Gaudry, Proloryx
Carolinae Major, Tragoceras amaltheus Gaudry, Protagelaphus Skouzesi
Dames, Tragelaphus Houlum Schindleri R. et W., Helicophora rolundicornis
Weith., Dioceros Rothi Wagner, Dioceros atropatenes R. et W., Dioceros
Roulei de M., Urmiatherium Polaki Rodler.
Carnassiers : Hyaenarctos maraghanus de M., Iclilherium hipparionum
Gaudry, Iclilherium robuslum Gaudry, Hyaena eximia R. et W., Meles
GÉOLOGIE DE L’IRAN
347
maraghanus Kittl, Felis brevirostris Croiz. et Job, Felis attica Wagner,
Machairodus aphanislus Kaup.
Primates : Mesopithecus Penlelici.
Oiseaux : Struihio sp., Urmiornis maraghanus de Mecouenem.
C’est du Miocène supérieur, du Pontien, l’équivalent des Sivaliks moyens.
On ne saurait préciser davantage, mais il faut rappeler que Hipparion gra¬
cile apparaît avant le Pontien (s. sir.), en de nombreuses régions, au Méotien
et même au Sarmatien supérieur (1).
B. LA MER ARALO-CASPIENNE
La bordure de la mer Caspienne est intéressante à connaître, car les couches
qui sont connues en territoire russe existent très certainement sur la bordure
persane. Ce que l’on sait de la bathymétrie de la Caspienne méridionale tend
à prouver que les reliefs de Bakou s’enfoncent sous la mer, y dessinant une
ride et passant à l’Est, en direction du Grand Balkan.
La série classique est prise dans la presqu’île de l’Apchéron (Bakou).
On y distingue, de bas en haut :
1° l’Oligocène inférieur et moyen. C’est la série de Koun : 600 mètres de
schistes bitumineux.
2° l’Oligocène supérieur ou série de Maikop : 500 mètres de marnes et
argiles à Poissons ( Amphysile et Melella) qui comportent peut-être du Mio¬
cène inférieur ;
3° Le Vindobonien ou couches deTchokrak, transgressif sur les couches de
Maikop. C’est un niveau pétrolifère comportant des calcaires dolomitisés à
silex, des argiles à Spirialis hospes et des couches à Cryplomaclra pes anseris ;
4° Le Sarmatien, également pétrolifère, incomplet à la base, possède
150 mètres de couches à Diatomées, des marnes et des argiles.
5° Le Sahélien-Pontien, épais de 400 mètres, donne, de bas en haut :
a) argiles feuilletées à Cardimn et Limnocardium ,
b) argiles grises compactes à Cardium et Valenciennesia annulala,
c) des argiles et des marnes à silex, avec Valenciennesia annulala, Mono-
dacna babadjanica, Didacna Laskarevi, Ninnia subcarinata.
6° Après le Pontien, le sud de la Capsienne commence à émerger et on a
le complexe continental de Balakhany. C’est du Dacien, contenant le pétrole
de Bakou, déposé dans un grand lac :
a) sables et argiles à Planorbes,
b) sables grossiers et conglomérats, avec faunes remaniées, provenant de
la destruction des sédiments néogènes émergés,
c) Argiles, sables et grès.
(1) E. Chaput et S. Gillet. Les faunes de mollusques des terrains à Hipparion gracile de
Kttçük Çekmeee, près Istambul (Turquie). Bull. Soc. Géol. Fr. (S), 1938, t. 8, p. 363-388.
H. Tobien. Ueber Hipparion. Reste aus der Obermiozaenen Süsswassermolasse süd-
westdeutschand. Z. d. D. Geol. Ges., 1938, t. 90, pp. 177-192.
348
R. FURON
7° L’Aktchaghylien qui voit une transgression et l’arrivée d’une nouvelle
faune de type sarmatien, venant de l’Est. Il s’agit de toute une série de
Mactres qui n’avaient pu vivre dans la région ponto-caspienne et qui avaient
continué à évoluer dans un bassin saumâtre de l’Est, vers la mer d’Aral et
qui se sont alors répandus dans la Caspienne jusque dans la région de Kazan.
Argiles calcaires et sables contiennent Maclra caspia, Cardium dombra et des
Foraminifères. La série se termine par des marnes à Lymnea velutina et des
Ostracodes.
8° L’Apchéronien (ou Levantin) est un peu en retrait sur l’étage précédent.
La faune montre une réapparition de types pontiques, indiquant une commu¬
nication rapide et provisoire avec la mer Noire :
a) 250 mètres de sables et calcaires coquilliers à Apcheronia raricosla,
Didacna intermedia , Dreissensia, etc.
b) 180 mètres de sables, calcaires gréseux et argiles, à Apcheronia pro-
pinqna et Dreissensia anisocuncla,
c) 180 mètres de sables et argiles à Apcheronia propinqua et Dreissensia
roslriformis.
L’Apchéronien fournit de grands dégagements de gaz provoquant des bouil¬
lonnements dans toute la Caspienne méridionale.
9° A la fin de l’Apchéronien, de nouveaux mouvements épirogéniques se
produisent dans le Sud, dans l’EIbourz, et les dernières couches pliocènes se
déposent. Ce sont les « couches de Bakou » semblables sur la rive orientale
et la rive occidentale.
L’ensemble du bassin est partout semblable, ainsi que Font démontré les
recherches de pétrole dans l’île Tchekelen et la région du Kopet Dagh.
C. ELBOURZ MÉRIDIONAL
Après le paroxysme orogénique qui exhausse l’Elbourz vers la fin de l’Oli¬
gocène, la chaîne parait bien être à l’abri de la transgression miocène qui
s’étale à son pied méridional.
Toutefois, il ne s’agit que de la chaîne centrale, car j’ai découvert un gîte
fossilifère miocène, à 1.500 mètres d’altitude, dans la vallée du Hablé Roud
à 120 kilomètres à l’Est de Téhéran.
Se dirigeant du Sud vers le Nord, en remontant la vallée à partir de Biné
Koh, on trouve sur 35 kilomètres une suite d’anticlinaux allongés de l’Est
à l’Ouest et coupés par la vallée. On les voit formés de puissantes assises de
marnes avec bancs de gypse et de sel reposant sur des grès et des conglomé¬
rats tantôt rouges, tantôt poivre et sel. Je n’y ai trouvé aucun fossile.
A 40 kilomètres au Nord de Biné Koh, entre Hassanabad et Deh-i-Gardan,
la série des marnes gypsifères est recouverte par un banc de calcaires épais
de cinquante mètres environ et contenant des fossiles : Flabellipeclen cf.
fralerculus Sow., Pecien (Chlamys) multistrialus Poli, Spondylus concentrions
GÉOLOGIE DE L’IRAN
349
Fig. 36. — Itinéraire de Biné Koh à Firouz Koh. (1 cm. = 5 km. env.).
350
R. PURON
Bronn., Cardila cf. crassicosla Lmk. ou crassa Lmk., Anligona granosa Sow.,
et en abondance : Osirea Virleti Eich. et Oslrea digilaia Eich.
C’est une faune certainement vindobonienne, plus particulièrement de
l’Helvétien supérieur et du Tortonien inférieur. En l’absence de Burdigalien
fossilifère, on peut se demander si la transgression du Vindobonien moyen
n’est pas ici particulièrement importante.
D. HINDOU-KOUCH
Il n’existe pas de Néogène marin dans l’Hindou-Kouch. Le Néogène con¬
tinental n’est pas aisé à définir, faute de fossiles. Au Sud de l’Hindou-Kouch,
il existe un bassin néogène, celui de Ghorbend, que j’ai étudié en 1926 [280],
Long, de 60 kilomètres sur 15 km. de largeur, le bassin de Ghorbend a été
rempli par des grès et des conglomérats présentant au moins une discordance.
J’ai observé là une série comportant de la base au sommet :
a) des argiles et des sables visibles sur quelques mètres et reposant sur le
Primaire,
b) des bancs de sables, de grès et conglomérats, de teinte grise et gris
verdâtre, sur une centaine de mètres d’épaisseur, montrant un pendage
S.-W.
c) en discordance et sensiblement horizontaux, 20 mètres de conglomérats
jaunes, à gros éléments.
Cette coupe, observée près de Siah Gird, montre que le conglomérat supé¬
rieur représente le maximum du remplissage de la cuvette et que c’est à par-
Fig. 37. — Le Pontien et le Pliocène discordant de la vallée du Ghorbend.
tir de là que s’est creusée la vallée quaternaire qui présente de place en place
des éléments de terrasse, une seule à ma connaissance. La présence d’une seule
terrasse peut être imputable à la rapidité des observations, mais elle
pourrait bien aussi être due à ce fait qu’il s’agit d’un bassin fermé qui ne s’est
écoulé que tardivement dans la vallée de Kaboul.
Des calcaires lacustres se sont déposés vers l’aval, à 5 kilomètres en amont
du confluent Ghorbend-Yakh Dara, au voisinage des lignites qui sont connus
de place en place dans les grès. Ils ne contiennent que des fossiles inutili-
GÉOLOGIE DE L’IRAN
351
sables en stratigraphie : Melanoides luberculala Müller, Lymnaea ci. Iruncu-
lala Muller, Planorbis planorbis L. (Prashad, 1937).
Au Nord de l’Hindou-Kouch, j’ai observé une autre série dans un autre
bassin, celui du Sourkh-Ab.
Fig. 38. — Coupe dans la vallée du Sourkh-Ab. (1. Crétacé-Eocène. 2. Marnes rouges
vindoboniennes. 3. Conglomérat pontien. 4. Conglomérat pliocène.
Au-dessus du Nummulitique, et en discordance considérable, on voit des
argiles bleues et rouges. Celles-ci sont recouvertes, en discordance, par des
Fig. 39. — Coupe de la colline de Siah Sang (env. de Kaboul). (1. Précambrien. 2. Marnes
lacustres vindoboniennes. 3. Conglomérats pontiens. 4. Conglomérats pliocènes. 4. Cal¬
caire lacustre.
grès et des conglomérats gris tout à l'ait semblables à ceux du Ghorbend,
puis couronnés encore en discordance par des conglomérats horizontaux,
visibles près de Chetour Djengal.
852
R. FURON
Revenant au Sud de l’Hindou-Kouch, j’ai observé près de Kaboul, la suc¬
cession qui se présente à la butte de Siah Sang, soit de la base au sommet :
a) Précambrien : gneiss et micaschistes.
b) discordance.
c) argiles plus ou moins sableuses, jaunes et verdâtres, comparables à
celles du Ghorbend et du Sourkh Ab,
d) discordance,
e) grès et conglomérats, de teinte grise,
/) discordance.
g) cailloutis supérieurs, presque horizontaux,
h ) calcaire lacustre horizontal.
La butte de Siah Sang a une altitude de 1.945mètres,soit près delBO mètres
au-dessus de la plaine de Kaboul (1.762 mètres).
Ces trois coupes m’ont permis d’établir une échelle probable, en relation
avec ce que l’on sait du Mio-Pliocène continental de l’Inde (des Siwaliks).
Je pense que les argiles et les sables inférieurs se sont déposés à une époque
correspondant au Miocène moyen. Lors de la surrection générale de la région,
correspondant aux énormes plissements de l’arc iranien méridional et sep¬
tentrional Ouest, des amas de conglomérats pontiens se déposent, puis une
nouvelle série, pliocène cette fois, beaucoup moins importante et restée pres¬
que horizontale. Cette série paraît horizontale lorsqu’elle n’est pas recouverte,
comme à Kaboul, par des calcaires lacustres vraiment horizontaux, qui
soulignent la petite discordance.
Cette succession, beaucoup plus puissante, se retrouve dans le Pamir.
E. ZAGROS
La série miocène du Zagros central et méridional a été très étudiée par les
géologues de l’Anglo-Iranian Oil Company. Elle est très comparable dans ses
grandes lignes à celle de l’Iraq et porte des noms locaux.
A la base, c’est la série d ’Asmari, qui comporte du Stampien, de l’Aquita-
nien et du Burdigalien. C’est la grande série pétrolifère du bassin irano-ira-
qien.
Au point de vue stratigraphique, on peut arriver à la subdiviser. Dans
certaines régions de l’Iraq, à Haditha par exemple, le Burdigalien est séparé
du Nummulitique par un conglomérat de base contenant Nummuliles inter-
medius à l’état remanié [Richardson, 309],
A Koh-i-Asmari, l’Oligocène est séparé du Burdigalien fossilifère par des
bancs de gypse.
Au Nord-Est de Tcharak, sur le golfe Persique, il y a 700 mètres de gypse
entre l’Oligocène et le Burdigalien.
D’une manière générale, l’Aquitanien marque le début d’une transgression.
Au Burdigalien, la mer se retire, mais elle est plus profonde.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, TOME VII
Phoi. Furon et Cintract
Vigier et Bruniisen. lmp.
GÉOLOGIE DU PLATEAU IRANIEN
1. La plaine couverte de sel, vue du Koh-i-Namak (région de Qoum)
2. Nummutites intermedius. Oligocène du Zagros.
3. Euspatangus formosus. Éocène sup. et Oligocène de Chirin Bulagh
4. Oligocène-Aquitanien salifère de Kafir Kala (Perse orientale).
5. Pericosmus Nicaisei (x 2/3 ). Calcaires à Lèpidocyclines de Qoum.
6 Ostrea prae-Virteti. Burdigalien des environs de Qoum.
7. C/ypeasler scutum. Aquitanien de Qoum.
GÉOLOGIE DE L'IRAN
353
Le Burdigalien est calcaire et contient Ostrea prae-V irleli et Pecten Tietzei.
Après les dépôts dits d’Asmari, intervient un nouveau régime lagunaire,
marqué par de grands dépôts d’argiles, de sel, de gypse et d’anhydrite. C’est
ce que Pilgrim a appelé le Fars inférieur. On n’y trouve que de rares fossiles
dans des lentilles calcaires : Oslrea latimarginata.
L’épaisseur de ces argiles versicolores, salifères et gypsifères, est très va¬
riable. Gregory [309] indique les chiffres suivants : 600 mètres à Mossoul,
700 mètres à Naft Khaneh, 1.100 mètres à Masjid-i-Suleiman, 650 mètres à
Koh-i-Hormuz, 200 mètres à Koh-i-Dirang, 200 mètres à Asalou.
Le Tortonien est marqué par une nouvelle transgression ; c’est l’équiva¬
lent du Fars moyen des auteurs anglais. Les fossiles caractéristiques sont :
Oslrea Virleti Desh., Oslrea digilata Eich., Pecten ( Chl .) multistriatus Poli,
Venus cancellala Sow., Venus nonscripta Sow., Spondylus crassicosla Lmk,
Echinolampas Jacquemonli d’Archiac.
Fig. 40. — Le Néogène du Kurdistan (1. Grès vert nummulitique à Oursins. 2. Conglo¬
mérat. 3. Calcaire aquitanien à Polypiers et Eulepidina dilatata).
Les marnes et les calcaires du Tortonien sont encore d’épaisseur variable,
mais de l’ordre de 100 mètres.
La fin du Tortonien est marquée par de grands mouvements orogéniques et
épirogéniques, à la suite desquels se déposent des argiles et des grès rouges
d’origine laguno-lacustre, lacustre surtout, correspondant au Fars supérieur ,
des auteurs anglais. La même série a été reconnue au Béloutchistan dans les
couches des Siwaliks inférieurs.
Lorsque les grands plissements antépontiens sont terminés, de nouveaux
dépôts s’accumulent, en discordance : des grès, des argiles et des conglo¬
mérats. C’est la série dite des Bakhtyaris (d’après le région du même nom)
et qui correspond au Pontien et au Pliocène. C’est encore l’équivalent des
Siwaliks moyens et supérieurs del’Inde et les épaisseurs accumulées sont aussi
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VII.
23
354
E. FURON
du même ordre de grandeur. Le maximum signalé est celui de 5.270 mètres,
indiqué par H. G. Busk aux environs des champs pétrolifères de Maidan-i-
Naftun. Partout ailleurs, la puissance moyenne est de l’ordre de 2.000 à 2.500
mètres. L’ensemble forme d’ailleurs plusieurs séries subdivisées par des dis¬
cordances.
Le Bakhtyari inférieur a livré peu de chose, mais on y connaît cependant
deux dents d’Hipparion, l’une au Djebal Hamrin (Fowle et Hemmings) et
l’autre au Nord-Est de Masjid-i-Suleiman (G. M. Lees). C’est l’équivalent
des couches de Maraghé, du Pontien. Les mêmes couches ont livré, en Iraq :
Maslodon longirostris, Hipparion gracile et Gazella Gaudrgi (1).
Une troisième phase, plio-pléistocène, amène le dépôt d’un millier de
mètres de conglomérats, contenant la faune des Siwaliks supérieurs. Ce sont
les Bakhtyaris supérieurs, avec Bos et Equus.
Bien plus au Nord, dans le Kurdistan, entre Hamadan et Sanandaj, plus
précisément entre Salehabad et Alboulh, sur 25 kilomètres, j’ai retrouvé du
Miocène transgressif sur le Nummulitique, avec, de la base au sommet :
1. grès poivre et sel à Schizaster rimosus,
2. conglomérat aquitanien,
3. Aquitanien et Burdigalien : calcaires récifaux à Lépidocyclines ( Eule-
pidina elephantina ).
Ce sont les gisements les plus septentrionaux que je connaisse ; ils font la
liaison avec ceux de l’Azerbaïdjan.
J’ai retrouvé les grès poivre et sel bien plus au Nord, jusqu’aux environs
de Sanandaj, mais ils ne sont pas fossilifères.
F. PLATEAU CENTRAL
L’étude du Néogène du Plateau central présente une difficulté. C’est
l’existence de lentilles importantes de sel et de gypse susceptibles d'appa¬
raître à des niveaux différents. Il y a certainement deux niveaux salifères,
l’un aquitanien, l’autre vindobonien. Lorsqu’il n’y a pas de fossiles, il n’est
pas toujours possible d’établir l’âge des couches.
J’ai étudié de nombreux gisements nouveaux et délimité un grand golfe
miocène qui s’est allongé de l’Ouest à l’Est jusque dans l’Afghanistan occi¬
dental, dans la région de Hérat.
a) Environs de Hamadan.
Hamadan, l’ancienne Ecbatane, est située à 2.000 mètres d’altitude au
pied oriental du Mont Elwend, le plus haut sommet du Zagros.
Le substratum est formé parle Cristallophyllien, par des schistes primaires,
des grès et des calcaires secondaires ; le tout plissé et écrasé est recouvert en
discordance par le Miocène.
(1) F. Biraud et J. Piveteau. Sur quelques gisements de Mammifères pontiens d’Irak.
Bull. Soc. Géol. Fr., 1936 (5), t. V, p. 465-470.
GÉOLOGIE DE L’IRAN 355
Entre Hamadan et Khorzani, j’ai observé la succession suivante de bas en
haut :
1° quelques mètres d’un conglomérat à ciment calcaire, dans lequel on
retrouve des débris de Nummuliles cf. inlermedius, provenant de la destruc¬
tion de couches oligocènes qui n’affleurent pas ou n’affleurent plus dans la
région. Ce conglomérat est en tous points semblable à celui que j’ai décou¬
vert plus au Nord, dans le Kurdistan. Il représente l’Aquitanien transgressif.
2° 50 mètres de calcaires à Coraux et à Pectinidés (Burdigalien).
3° des marnes (Vindobonien ?).
4° un second conglomérat marquant le retrait de la mer miocène et l’ins¬
tallation d’un régime continental,
5° des grès et des argiles à Végétaux dans lesquels j’ai pu recueillir un
certain nombre d’empreintes de feuilles de Dicotylédones.
6° le tout est recouvert en discordance par un troisième conglomérat, pon-
tien, équivalent de celui de Magharé.
b) Kazvin.
Longeant le pied de l’Elbourz, on aperçoit les niveaux marneux jaunes
constituant des collines de place en place, mais jamais de calcaires. Par contre
le conglomérat prend un grand développement et un faciès particulier, rouge,
que l’on retrouve un peu partout ensuite. Il est parfois difficile de séparer ces
couches rouges des grès roses de l’Oligocène.
c) Environs de Téhéran.
Au Sud-Ouest de Téhéran et au Sud de Keredj, la région de collines des
petits massifs de l’Alkadar, est toute composée par des marnes vertes et
rouges, gypsifères, qui ont une grande importance. Plissées et tourmentées,
elles représentent le Miocène et sont nettement postérieures aux grès roses
gypsifères situés au Nord.
d) Région de Qoum (Sud de Téhéran).
La région de Qoum est très propice à l’étude du Néogène. J’ai étudié deux
gisements fossilifères principaux.
1. Montagne de Nardari et voie ferrée.
Les couches, redressées parfois jusqu’à la verticale, montrent la succession
suivante, de bas en haut :
1° des grès verts à Scutelles du groupe rolundaeformis. Les Scutelles sont
très abondantes, mais le grès, très dur, ne permet pas de les isoler.
2° des marnes vertes entrecoupées de bancs de grès et calcaires marneux.
Les marnes contiennent de grandes Lépidocyclines ( E. marginata, E. dila-
lala et E. elephantina ) en très grande abondance. Elles se trouvent entre les
« grès à Scutelles » situées à la base de l’Aquitanien et les calcaires burdiga-
liens à Pectinidés.
J’y ai recueilli une microfaune où P. Marie reconnaît : Rotalia Viennoti
Greig., Myogypsina complanaia Schlumb., Amphistegina Lessonii d’Orb.,
356
R.FURON
en abondance ; et, beaucoup plus rares : Miogypsina irregularis Mich., Helero-
siegina coslala d’Orb., Heierostegina sp., Clavulina Szaboi Hantken, Gulla-
lina auslriaca d’Orb., Gaudryiana cf. trinitatensis Nuttall, Discorbis
vesicularis d’Orb., Discorbis paiellinoides Br ad y, Cibicides lobahila W. et J.,
Pulvinula sp., Texiularia sp., Technilella sp., Globigerina sp., Cornnspira sp.,
Crislellaria sp.
Parmi les éléments remaniés, provenant du Nummulitique, signalons une
Operculine et une Alvéoline.
Cette microfaune est intéressante à signaler parce qu’elle comporte un
certain nombre d’espèces déjà connues dans d’autres régions de la mer méso-
géenne.
Rolalia Viennoli est connue de l'Oligocène tout à fait supérieur et de l’A-
quitanien de l’Iraq (Henson), de l’Oligocène supérieur du Maroc (où elle
n’est pas signalée dans l’Aquitanien par J. Lacoste et V. Ostrowsky).
Fro. 41. — Coupe du Néogène de la région de Qoum (Perse).
Miogypsina complanala, très rare dans l’Oligocène de l’Euphrate, devient
abondante dans l’Aquitanien et s’associe à M. irregularis dans le Burdiga-
lien, association également signalée dans le Miocène inférieur du Maroc (J.
Bourcart).
Miogypsina irregularis est connue dans le Burdigalien de l’Euphrate (Hen¬
son) et du Maroc (J. Bourcart).
Heierostegina costala et Amphislegina Lessonii sont signalées dans l’Aqui¬
tanien du Maroc (J. Bourcart).
Il y a donc un ensemble qui affirme l’âge aquitanien des marnes à Lépido-
eyelines de Qoum, étant entendu que les Lépidocyclines débutent dans l’Oli¬
gocène et ne disparaissent qu’au cours du Burdigalien,
3° des calcaires à Polypiers,
4° des marnes et calcaires à Bryozoaires et Lépidocyclines,
5° des calcaires à Echinides ; avec Clypeasler cf. scutum Laubel et Peri-
cosmus Nicaisei et des Lépidocyclines,
6° des marnes avec lentilles de gypse et d’anhydrite,
7° des calcaires avec Peclen Tielzei, Peclen Josslingi , et les dernières
GÉOLOGIE DE L’IRAN
357
Lépidocyclines, en particulier une association incontestable d ’Eulepidina
elephanlina et de Peclen Tielzei.
8° des calcaires à Lithothamnium et grands Bryozoaires.
Cette très belle coupe, prise vers la montagne de Nardari, montre une épais¬
seur totale de mille mètres environ. On la retrouve avec les mêmes fossiles
sur la rive gauche de la rivière, au delà de la voie ferrée, avec une abondance
extraordinaire de Lépidocyclines et de Bryozoaires.
2. Koh-i-Namak (la montagne de Sel).
Koh-i-Namak se trouve à 18 ou 20 kilomètres de Qoum. Les auteurs an¬
glais qui l’ont vue rapidement ont eu l’impression d’un dôme de sel ayant
percé sa couverture et l’ayant soulevée.
Pour moi, le Koh-i-Namak ressemble, de loin, à un dôme de sel mais la
montagne entière fait partie d’une immense dôme de plusieurs kilomètres
de diamètre, extrêmement érodé.
Le cœur du dôme est situé dans la plaine blanche de sel, qui s’étale entre
le Koh-i-Namak et la route de Téhéran à Qoum.
J’ai trouvé et suivi les couches de grès verts à Scutelles, depuis le centre
du dôme jusqu’au pied du Koh-i-Namak, et j’ai pu constater que ces couches
n’étaient pas bouleversées par une venue de sel.
Au-dessus des grès à Scutelles, viennent des marnes versicolores, rouges et
vertes, au milieu desquelles se trouve une énorme lentille de sel. Pour moi, le
sel est parfaitement en place dans ces marnes, qui sont l’équivalent des marnes
à Lépidocyclines aquitaniennes de Qoum.
La couverture calcaire, aquitanienne, burdigalienne, de ces marnes est
conservée plus loin, en bordure du dôme, près du hameau temporaire de Dou
Tchah. Je n’ai pu étudier cette localité en 1937, par suite de l’interdiction
du gouverneur de Qoum. J’ai recherché la suite de cette couverture calcaire
et l’ai retrouvée entre Dou Tchah et la rivière de Qoum : elle contient en par¬
ticulier Ostrea prae-Virleli Douglas.
J’ai suivi le niveau jusqu’à la rivière même où j’ai retrouvé, sous-jacentes,
les marnes à Lépidocyclines.
L’épaisseur totale du Miocène de la région de Qoum est de l’ordre de
1.000 mètres.
On y voit bien le Burdigalien calcaire, les marnes aquitaniennes à Lépido¬
cyclines, à gypse et sel, les grès à Scutelles de la base de l’Aquitanien, mais
on ne voit pas le conglomérat post-oligocène, très reconnaissable dans ces
régions, parce qu’il est rouge et composé en partie de galets de roches volca¬
niques, vertes, éocènes et oligocènes. On trouve ce conglomérat, très visible
un peu partout.
e) Chirin Bala.
En remontant la vallée de l’Anabagh, entre Kaliatcha et Hadjiabad, à
40 kilomètres au Sud-Sud-Ouest de Qoum,on arrive à la passe de Chirin Bala,
extrémité occidentale des Monts d’Ardebil.
358
R. FURON
C’est une zone plissée, où l’érosion permet de voir de bonnes coupes. On
voit en particulier un bel anticlinical comportant, du cœur vers l’extérieur :
1° des tufs volcaniques verts, d’âge éocène,
2° un conglomérat de 5 mètres, entièrement composé de galets de tufs,
3° des marnes dures,
4° des calcaires jaunes, sableux, nummulitiques, contenant: Euspatangus
formosus De; Loriol et Echinolampas Perieri de Loriol, représentant l’Éo-
cène supérieur ou l’Oligocène,
5° des marnes sableuses représentant la base du Miocène.
Entre les marnes miocènes et les calcaires nummulitiques, il y a une surface
perforée par des lithophages qui ont pénétré dans les calcaires nummuli¬
tiques. Ces lithophages sont des Kuphus arenarius très abondants. Ils se
trouvent également en place dans le Nummulitique.
Cette coupe présente un grand intérêt. Tout d’abord elle montre un con¬
glomérat éocène, et non pas post-oligocène, puisque surmonté de calcaires
nummulitiques. Ceci indique une fois de plus que la série volcanique a com¬
mencé tôt, dès le Lutétien comme je l’ai indiqué.
Quant à Kuphus arenarius, considéré comme appartenant à la base de
l’Aquitanien, plutôt qu’au Burdigalien, il se trouve ici dans le calcaire num-
mulitique. J’indique dès maintenant que Kuphus arenarius existe bien dans
les couches à Scutelles de Semnan. Comme je l’ai dit plus haut, Kuphus are¬
narius ne doit plus être considéré comme un fossile caractéristique.
/) Environs de Semnan.
A 15 kilomètres au Sud-Est de Semnan, près de Deliazan, on peut voir
des sédiments aquitaniens et burdigaliens.
Ce sont des calcaires sableux, très blancs, contenant en abondance de
grandes Scutelles du groupe subrotundaeformis et des tubes de Kuphus are¬
narius. Ces deux fossiles devraient représenter l’Aquitanien, mais les mêmes
couches m’ont fourni un échantillon incontestable de Sculella lusilanica Po-
mel, espèce considérée, jusqu’à présent, comme burdigalienne.
Nous nous trouvons encore en présence de fossiles contradictoires.
g) Semnan-Ouest : Eiwanikei.
Toute la zone montagneuse qui s’étend sur la bordure méridionale de l’El-
bourz est formée surtout de roches éruptives du type ordinaire des « couches
vertes », puis de marnes gypsifères et salifères. La structure ordinaire est en
dôme.
L’ancienne route de Téhéran à Semnan longe le désert et traverse des
gorges connues sous le nom de Portes Caspiennes, les anciennes Pilae Caspiae.
Ces gorges sont creusées dans les marnes gypsifères. Au Sud d’Eiwanikei
s’allonge un marais de plusieurs kilomètres de largeur. Au Sud de ce marais,
GÉOLOGIE DE L’IRAN
359
se trouve une petite montagne et une importante mine de sel. Le sel est situé
ici dans les marnes rouges qui correspondent ordinairement à l’Aquitanien.
Vers le cœur de la montagne se trouvent des grès, puis les roches volcaniques
oligocènes.
Entre Eiwanikei et Semnan, vers Lasgird, apparaissent des calcaires recou¬
vrant les marnes versicolores, rouges et vertes. Stahl y a signalé Pecten per-
sicus Fuchs et récemment J. A. Douglas y a identifié Ostrea fimbriala Grat.
Ce serait du Burdigalien inférieur.
h) Entre Semnan et Kachan.
La zone Nord-Ouest du Désert est ornée de quelques collines allongées et
disposées en guirlande : Koh-i-Gabr, Koh-i-Gouguerd, Siah-Ivoh et Koh-i-
Tuhla.
Ces collines, étudiées autrefois par Tirtze, et plus récemment par les géo¬
logues anglais, ont une structure analogue à celle du Koh-i-Namak d’Eiwa-
nikei.
Ce sont des anticlinaux allongés et érodés où l’on voit des roches éruptives
(trachytes et andésites), des tufs (Oligocène), un conglomérat, des marnes
versicolores salifères et gypsifères, des calcaires burdigaliens à Flabellipeden
burdigalensis Lmk. Le Miocène inférieur atteint et dépasse 500 mètres de
puissance ; la série post-burdigalienne comporte des centaines et des milliers
de mètres (2.000 à Koh-i-Tulha, 3.000 à Siah Koh) de grès et de marnes un
peu gypsifères.
360
R. FURON
A Koh-i-Gouguerd, il y a 5 affleurements de gypse et de sel ; le principal
atteint 7 kilomètres de diamètre, avec le type d’un « volcan de sel ».
Plus au Sud encore, se trouve le Kushk Koh, le Koh-i-Tchah Chour, qui
ont la même constitution. Au Kushk Koh, il existe un niveau lutétien à
A T . perforalus.
Toutes ces collines se trouvent plus ou moins isolées par des étendues maré¬
cageuses et salées, le sel provenant du lessivage des couches miocènes.
i) Environs de Kachan.
Le Désert salé vient s’étaler jusqu’aux environs de Qoum et de Kachan,
au pied des monts d’Ardebil.
Ici, entre Qoum et Kachan, puis encore au sud de Kachan, j’ai observé,
au-dessus des roches vertes oligocènes, des marnes gypsifères, puis des bancs
de calcaires à Peclen Josslingi , indiquant leur âge burdigalien. A la base des
calcaires de Koh-i-Hezr, j’ai recueilli Schizaster rimosus et Euspalangus for-
mosus, deux formes de l’Eocène supérieur (et du Stampien ?).
/) Région de Meched.
Entre Meched et Tourbat-i-Haidari, on observe souvent des Roches Vertes
et des tufs volcaniques appartenant au Nummulitique (Ëocène et Oligo¬
cène).
A Robat-i-Séfid, une masse de gypse émerge au milieu de ces tufs et doit
être considérée comme oligocène ou aquitanienne.
En bien des endroits, les roches volcaniques sont recouvertes par un conglo¬
mérat rouge ou par des grès roses, micacés, semblables en tous points à ceux
de l’Oligocène tout à fait supérieur de la Perse du Nord, puis par des marnes
versieolores.
A 1 kilomètre à l’Ouest de Kafir Kala, j’ai relevé une coupe dans une exploi¬
tation de sel gemme (1). Il y a là un petit dôme et le sel est exploité sur
30 mètres de profondeur, sans qu’on connaisse la puissance totale du dépôt.
Au-dessus, on voit, de bas en haut :
Argile verte.
Gypse.
Argile verte.
Gypse.
Argile verte.
Argile rouge.
Conglomérats néogènes.
3 mètres
1 —
4 m. 50
3 —
4 —
(1) Le sel présente cette particularité de se débiter en cubes à faces courbes.
Fig. 43. — La mine de sel de Kafir Kala (Khorassan).
ment le fond du golfe qui s’étendait jusque dans la région de Hérat en Afgha¬
nistan.
Je rappelle que l’âge de ces couches est bien établi, dès le moment que j’ai
découvert le Nummulitique fossilifère dans ces régions.
362
R. FURON
G. BÊLOUTCHISTAN ET GOLFE PERSIQUE
A. Les couches marines miocènes
Les couches de Gaj.
Le Miocène inférieur marin (Aquitanien et Burdigalien) est représenté dans
la vallée du Gaj (au Nord de Karachi) par plusieurs centaines de mètres de
schistes argileux et de calcaires construits, en concordance apparente sur les
calcaires oligocènes de Nari.
Les fossiles y sont rares. Parmi les plus caractéristiques, citons Lepidocy-
clina Blanfordi Nuttall et Oslrea lalimarginala Vred., celle-ci vers le som¬
met.
Au-dessus, viennent les couches de Manchar (du nom d’un lac situé près
de Sehwan), couches continentales, atteignant3.000mètres d’épaisseur dans
les monts de Khirtar.
Vers la côte de l’océan Indien, les couches de Miocène (Gaj) se continuent
par des couches sarmatiennes, pontiennes, et surtout pliocènes à Peclen Fers-
seli, connues parfois sous le nom de Couches de Hinglaj.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
863
B. Le Pliocène
Le Pliocène marin, côtier, est souvent appelé «couches à Pecten Vasseli ».
120 espèces ont été recueillies et étudiées par Duncan, R. B. Newton, C. M.
Melvill et Pilgrim ; elles ne permettent pas de dater bien exactement les
couches qui les contiennent.
Douze espèces, soit 10 %, sont des espèces encore vivantes. Le Sahélien
d’Italie, plus ancien', contient 17 % d’espèces vivantes.
Beaucoup d’espèces ressemblent aux formes vivantes sans être identiques.
Parmi celles-là, on peut citer : Pecten Vasseli, Eglisia aff. leplomila, Pur¬
pura aff. succincla, Leiodomus aff. laheitensis, Solecurlus aff. exaratus, Chiona
aff. mekranica, etc.
D’autres sont connues du Mio-Pliocène de la Méditerranée et de l’océan
Indien : Area clalhraia, Pinna cf. pedinala, Chlamys Bicknelli, Venus aslar-
leoides, Corbula Cocconii, Turritella Archimedis, Melongena pugilina , Temno-
pleurus loreumalicus , etc.
Dans l’ensemble, ces couches à Pecten Vasseli doivent être pliocènes, car
elles sont séparés du Vindobonien marin par des couches laguno-lacustres,
correspondant à l’époque de la grande surrection, marquée dans la zone plis-
sée par l’émersion définitive et les conglomérats pontiens.
Vers le sommet, on n’a pas plus de précisions et il est impossible de savoir
si les couches à Pecten Vasseli passent ou non au Pléistocène.
Elles nous intéressent toutefois beaucoup, puisqu’elles marquent la conti¬
nuité de l’épisode marin au voisinage des côtes actuelles, telles qu’elles ont
été établies avant le Pontien.
Les couches pliocènes sont fossilifères à Bander Abbas, à Qishm, à Djask,
à Gwadar, à Tiz et à Chahbar.
La liste des espèces pliocènes comporte les espèces suivantes, figurées par
Bullen Newton en 1905, Pilgrim en 1908, Cox en 1936 :
Bryozoaires : Membranipora Lacroixi V. Audoin.
Crustacés : Neplunus arabicus Woodward et Balanus tintinnabulum L.
Ëchinodermes : Temnopleurus simplex Duncan, Temnopleurus toreuma-
ticus Ag., Clypeaster suffarcinaius Duncan, Echinodiscus aurilus Lesk.
Lamellibranches : Area Blanfordi Newton, Area clalhraia Dedr., Area
aff. diluvii Lmk., Oslrea aff. Virleli Desh., Peclunculus aff. arnboynensis,
Pecten Vasseli Fuchs, Chlamys liuidus Lmk., Chl. Beissi Bronn., Chl. aff.
singaporinus Sow., Peclen aff. ventricosus Sow., Spondylus aff. exilis Sow.,
Tellina aff. pygmaea Phill., Maclra makranensis Newton, Mactrinula
plicataria L., Callisla aff. pliasianella Desh., Venus aslarleoides d’Arch. et H.,
Clemenlia aff. nonscripla d’Arch. et H., Cardium Melvilli Newton, Cardium
aff. omanense Melv., Chaîna aff. spinosa Brod., Corbula Cocconii Font.
Gastéropodes : Eglisia aff. acuminata Sow., Nalica ali. ampla Phill.
Tugurium makranense Newton, Lampusia affinis Desh., Cerithium aff. Kochi
364
E. FURON
Phil., Turrilella Archimedis H., Turr. iricarinala Brocc., Turr. angulala
Sow., Turr. Harrisoni Cox, Dolium Townsendi Newton, Murex aff. brevi-
spina Lmk, Murex aff. Irenispitia Lmk, Purpura aff. succincla Martyn.,
Conus aff. ponderosus Beck, Conus aff. Orbignyiana Audoin, Conus aff.
gubernator H. W., Ringicula Paulucciae Morlet, Clavaiula Tipperi Cox.
Les Miliolithes ou Calcaires pseudo-oolithiques
La fin du Pliocène (et peut-être le début du Pléistocène) est marquée par
une discordance. Au-dessus des couches à Peclen Vasseli et au-dessous des
plages soulevées reconnues comme quaternaires, il existe une formation
étrange, constituée par des moules internes de Foraminifères et 2 % de grains
de sable, enrobés dans des couches calcaires concentriques, puis liés par un
ciment calcaire.
Cette formation a d’abord été découverte aux Indes, sur la côte de Kathia-
war et nommée « Miliolithe ». Elle est maintenant connue sur tout le littoral de
l’océan Indien, depuis Bombay jusqu’en Arabie. Déposée en stratification
entrecroisée et pouvant atteindre plusieurs mètres de puissance, la « milio¬
lithe » est considérée maintenant par tous les auteurs comme une formation
éolienne, provenant du remaniement par le vent des formations marines
voisines. A Kathiawar d’ailleurs, Frdden y a trouvé des mollusques terres¬
tres.
C. Le Néogène continental du Béloutchistan et du Sind
Le Néogène continental du Béloutchistan et du Sind comporte quatre séries,
superposées, mais séparées par des discordances.
1 . L’Aquitanien.
Les couches tout à fait supérieures de la série de Nari comportent 300 mè¬
tres de grès et d’argiles à Paludines et bois fossiles reposant sur les derniers
calcaires oligocènes à Nummuliles intermedius.
Dans le Sind, ces premières couches continentales atteignent et dépassent
1.000 mètres : dans les monts de Bugti et de Marri au Béloutchistan, elles ne
dépassent guère 300 mètres. Dans les deux zones, elles sont recouvertes en
discordance par les « Siwaliks inférieurs ».
G. E. Pilgrim a révisé les faunes tertiaires de ces régions (1908) et donne la
liste suivante des Vertébrés provenant du Béloutchistan :
Reptiles : Crocodilus bugtiensis Pilgrim, Crocodilus naricus Pilgrim, Ga-
vialis curvirostris Lyd.
Artiodactyles : Anthracotherium Pilgrim, Anlhrac. mus P., Brachyodus
hyopolamoides Lyd., Brach. giganleus Lydd., Brach. bugtiensis P., Brach.
ongidentalus P., Ancodus Ramsayi P., Hemimeryx speciosus P., Buglithe-
rium grandincisivum P., Palaeochoerus affinis P., Progiraffa exiguus P.
GÉOLOGIE DE L'IRAN
365
Périssodactyles : Macrolherium naricum P., Rhinocéros sivalensis Lyd.,
Aceralherium Blanfordi Lyd.
Proboscidiens : Dinothérium naricum P., Telrabelodon crepusculi P.
Carnivores : Pterodon bugliensis P., Amphicyon ci. major Blainv.
Cet ensemble représente la partie tout à fait supérieure des « couches de
Nari » et surtout la zone inférieure de Gaj, c’est, de l’Aquitanien.
2. Tortonien supérieur, Sarmatien (= Siwaliks inférieurs).
Dans les monts de Bugti et de Marri, puis au Sud, près de Sehwan, dans le
Sind, 300 à 500 mètres de grès, de conglomérats, d’argiles grises et rouges
représentent les Siwaliks inférieurs, en discordance sur le Nari supérieur, sur
l’Aquitanien.
Pilgrim y a reconnu la faune suivante :
Beptiles : Crocodiles palaeindicus F., Gavialis pachyrynchus Lyd., Gavialis
curviroslris Lyd.
Artiodactyles : Anthracotherium silislrense Pentl., Hemimeryx Blanfordi
Lyd., Chaeromeryx sindiense Lyd., Hyoboops palaeindicum Lyd., Palaeo-
choerus sindiensis Lyd., Sus hysudricus F. et C., Dorcalherium majus Lyd.,
Dore, minus Lyd.
Périssodactyles : Chalicolherium sindiense Lyd., Rhinocéros sivalensis F.
et C., Aceralherium perimense F. et C., Baluchithérium.
Proboscidiens : Dinothérium indicum F., Dinothérium sindiense Lyd.,
Telrabelodon anguslidens Cuvier, var. palaeindicus Lyd., Telr. Falconeri
Lyd., Telr. pandionis F., Mastodon perimensis C. et E., Mastodon latidens
Clift.
Les trois Crocodiles sont particuliers au Sind. D’autre part, Telrabelodon
anguslidens va du Burdigalien au Sarmatien inférieur inclus ; l’Hipparion,
si commun dans le Pontien du Pendjab, ne se trouve pas encore ici.
C’est dans l’ensemble la faune des Siwaliks inférieurs, qui se place quelque
part vers la fin du Tortonien et avant le Pontien. Au Béloutchistan, elle est
postérieure aux couches marines du Miocène inférieur (couches de Gaj). La
présence de ces couches continentales est à rapprocher des couches argileuses
vertes et rouges du Fars supérieur de la Perse, lesquelles se trouvent pos¬
térieures à un Tortonien marin et antérieures au Pontien à Hipparion, éga¬
lement isolées entre deux discordances.
3. Le Pontien (= Siwaliks moyens).
Les conglomérats pontiens sont de teinte bien plus pâle. Fossilifères dans
les Monts Siwaliks, ils contiennent Hipparion, Helladotherium, Maslodon,
Slegodon, etc., toute la faune pontienne de Maraghé en Azerbaidjan, de
l’Iraq, et de Pikermi, en Grèce.
4. Le Pliocène {= Siwaliks supérieurs ).
Le Pliocène et sans doute le commencement du Pléistocène sont repré-
VINDOBONIEN
360
B. FURON
AZERBAÏDJAN
BORDURE SUD
DE L’ELBOURZ
HINDOU-KOUCH
PLIOCÈNE
Conglomérats supérieurs
PONTIEN
Couches de Magharé à
Ftipparion gracile,
Mastodon Pentelici,
Camelopardalis attica,
Mesopitheus Pentelici,
etc...
Conglomérats.
Conglomérats.
Conglomérats de teinte
grise.
SARMATIEN
TORTONIEN
Argiles plus ou moins
Couches gypso-salifères Couches gypso-salifères à sableuses, grises, jau-
avec : Ostrea Virleti, Ostrea Virleti, Ostrea nés, vertes et rouges.
Ostrea digitata, Pec- digitata.
ten convexo-costatus .
HELVÉTIEN
BURDIGALIEN
Calcaires à Flabellipec- C. à Flabellipecten bur-
ten burdigalensis, Pec- digalensis, Scutella lu-
ten urmiensis, Ostrea sitanica, Pecten Tiet-
prae-Virleti, Venus zei.
aglaural, etc...
Grès et conglomérats. Calcaires à Lepidocy-
AQUITANIEN clines. Grès à Scutelles.
Grès et conglomérats.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
367
du Plateau Iranien
ZAGROS
(Perse et Iraq)
CÔTE DE L r OCÊAN
INDIEN.
BÉLOUTCHISTAN-SIND
à,
S Couches
"s-i
cô ,
>> a
S
^ Bos, Equus.
Couches à Area Blan-
fordi, Mactra mekra-
nensis, Cardium Mel-
villi, Neptumus ara-
bicus, etc.
Siwaliks supérieurs à Bos, Equus, Elephas,
Stegodon, Camelus, Siuatherium.
•S
Conglomérats et grès à
Hipparion gracile,
£ Mastodon longirostris
et Gazella Gaudryi.
m
Couches à Pecten Vasse-
li de Qishm, Kharaj,
de Gundar, Ormara.
etc...
Siwaliks moyens à Hipparion, Mastodon,
Helladotherium.
g*
“ Argiles et grès rouges.
£
c8
Ê
S Cale, à Echinolampas
o* Jacquemonti, Ostrea
^ Virleti, Pecten multi-
CO
stnatus.
Ph
Cale, à Ostrea Virleti.
Siwaliks inférieurs à Tet
Dinothérium indicum,
Couches de Gaj, à
Venus Aglaurae, Cly-
peaster depressus.
rabelodon angustidens,
Mastodon perimensis.
•S Marnes gypso-salifères
S à Ostrea latimargina-
ta.
Calcaires à Flabelli-
pecten burdigàlensis,
Pecten Tietzei, P. ur-
•g miensis,
g Ostrea prae- Virleti, Ee-
.“} nus Aglaurae,
T3
g Gypses et grès à Scu-
-g telles, Marnes à Lepi-
§ docyclines.
o
Grès et argiles à Anthracotherium bugtiense,
Rhinocéros sinalensis, Tetrabelodon crepus-
culi, etc. (couches de Bugti, etc.).
Cale, à Nummulites in-
termedius.
Calcaires à Nummulites intermedius.
368
R. FURON
sentés par une quatrième série de 700 à 1.300 mètres d’épaisseur, mais ne
contenant pas de fossiles.
Il s’agit cette fois de conglomérats à très gros éléments, contenant souvent
des galets de calcaires nummulitiques et séparés des conglomérats pontiens
par une discordance. C’est l’équivalent des Siwaliks supérieurs, qui contien¬
nent (dans les Monts Siwaliks) Bos, Elephas, Equus, Camelus et Sivatherium.
Ces séries continentales nous sont extrêmement précieuses, puisqu’elles
contiennent de belles faunes et encore parce qu’elles soulignent admirable¬
ment les diverses phases orogéniques et épirogéniques qui ont donné nais¬
sance au Plateau iranien.
De plus, ces phases représentent quelque chose de général dans l’ancien
Monde et la dernière, plio-pleistocène, a permis l’accumulation de conglomé¬
rats sur la bordure Nord de la Gondwanie qui se trouve soulignée depuis la
vallée du Gange jusqu’au Maroc, en passant par le golfe Persique, le golfe
d’Alexandrette, Chypre, la Tunisie et le Sud-Algérien.
Enfin, c’est encore cette phase qui a déterminé les dernières grandes cas¬
sures de l’Afrique orientale.
''êr':-:.?.;
IRES DU MUSÉUM, TOME VII
Vigier et Brunitsen, lmp.
Phot. Cintract
GÉOLOGIE DU PLATEAU IRANIEN
1. C/ypeaster iusitanica. Burdigalien de Semnan (Perse).
2. Pecten (Ch/amys) mu/tistriatus. Vindobonien du Hablé Roud
( Perse, Elbourz méridional ).
3. Rotalia Viennoti (x 10). Aquitanlen à Lépidocyclines de Qoum.
4. Pecten Josslingi (gr. nat.). Burdigalien de Qoum (entre Qoum et Kachan).
5. Spondy/us concentrions. Vindobonien du Hablé Roud.
6. Flabellipecten tagicus. Burdigalien sup. de Qoum.
7. Pecten Tietzei. Burdigalien sup. de Qoum.
8 Ostrea Vir/eti. Vindobonien du Hablé Roud.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
369
FAUNE MARINE MIOCÈNE DU PLATEAU IRANIEN
A. — AQUITANIEN-BURDIGALIEN
FORAMINIFÈRES -
Rotalia Viennoti Greig. + +
Miogypsina complanata Schlumb... + .
— irregularis Mich .... . 4- .
Amphistegenia Lessonii s’Orb. + .
Acterostegina costata d’Orb . + .
Clavulina Szaboï Hantken. + .
Guttulina austriacci d’ Orb. -f- .
Discorbis vesicularis d’Orb . + .
— pcitellinoides Brady. + .
Cibicides lobatula w. et J. + .
Lepidocyclina Bla7ifordi Nuttall.
Eulepidinci dilatata . + +
— elephantina . + +
— Mantelli . +
— Raulini . +
Nephrolipidina Tournoueri . +
ÉCHINODERMES
Clypeaster Guentheri .. + .
Scutella subrotundaeformis . + +
— lusitanica Pomel. + .
LAMELLIBRANCHES
Ostreci fimbriata Grateloup (291, p. 13,
pl. xiv, fig. 1-2). + +
■—■ latimarginata Vredenburg (Burdi-
galien tout à fait supérieur)
(291. p. 3, pl. i, fig. 1-2). + . +
prae-Virleti Douglas (291, p. 14,
pl. xiv, fig. 3-4).. + + . +
Clausinella persica Cox (389, p. 60, pl. vii,
fig. 12-13). +
Kuphus arenarius L. (291, p. 4,1 pl.). .. + +
Pecten ( Flabellipecten) burdigalensis Lmk
(291, p. 16, pl. xiii, fig. 5-6). .. + . + +
(avec ses variétés : P. expansus
Sow., P. placenta Fuchs).
— Josslingi Smith . +
— persicus Fuchs.. ... + .
•—• prae Vasseli (De Bockh et Rich).
(291, p. 6, pl. x, fig. 3-4). +
— tagicus Cotter (291, p. 16, pl. xiii,
fig. 5-6). +
Pecten Tietzei Fuchs (291, p. 15, pl. xiii,
fig. 7-9, pl. xiv, fig. 5). +
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VIL
Bélout-
CHISTAN
370
R. FURON
Pecten urmiensis Smith. +
Chlamys senatoria Gm (389, p. 54, pl. v,
fig. 18, pl. VI, fig. 9).
Spondylus crassicosta Lmk (389, p. 56, p. vi,
% 6-8).
Venus A glaurae . +
Meretrix incrassata . 4-
B. — VINDOBONIEN
ÉCHINODERMES
Echinolampas Jacquemonti d’Arch. et Hai-
me (291, pl. viii, fig. 2)..
LAMELLIBRANCHES
Ostrea digitata Eichwald (291, p. 9,
pl. in, fig. 1-2, pl. iv, fig. 2-3).... -f- +
— digitata var. Boblayei Desh. (391,
p. ll.pl.v, fig. 1-2)..
—■ (Orassostrea) gryphoides schi.oth.
(= O. gingensis) .
— Virleti Desh... +
Area clathrata Defrance (291, p. 8,
pl. xiii. fig. 2).
Cucullma farsensis Cox (389, p. 44, pl. v,
fig-6).
Pecten ( Aequipecten) Lessepssi Fuchs (291,
p. 25, pl. ix, fig. 1-2, pl. xi, fig. 2).
convexo-cestatus . + .
—- Vasseli Fuchs (surtout abondant
dans le Pliocène). +
Chlamys multistriata Poli (291, p. 4, pl. vin,
fig-1). +
— pusio Linné (389, p. 55, pl. vi,
%- 1).
— senatoria Gmelin (291, p. 2,pl. vm,
fig- 3-5).
•—- varia Linné (291, p. 5, pl. xiii,
fig- 4).
Spondylus crassicosta Lmk (389, p. 56, pl. vi,
fig- 6-8).
Corbula persica Douglas (291, p. 9, pl. xiii,
fig- 1)-.... .
Venus (Antigona) granosa Sow. (389,
p. 61, pl. vu, fig. 4-8). +
+ .
+ +
Bélout-
CHISTAN
GÉOLOGIE DE L’IRAN
371
CHISTAN
TROISIÈME PARTIE
PALÉOGÉOGRAPI1IE
L’histoire paléogéographique des régions iraniennes est très compliquée.
L’ensemble du Plateau iranien actuel se trouve entièrement dans la zone
géosynclinale mésogéenne, alignée Est-Ouest, séparant l’Eurasie de la Gond-
wanie, recoupée à angle droit par une autre zone géosynclinale Nord-Sud,
s’allongeant de l’océan Arctique au détroit de Mozambique.
On y trouve certains traits relativement permanents de la figure de la
Terre, puis à la fin de son histoire, deux chaînes plissées, tertiaires, mais d’his¬
toire et d’âge différents : l’Elbourz-Hindou-Kouch-Pamir, au Nord ; le Za-
gros-Himalaya, au Sud.
L'évolution de cette région ne peut absolument pas être isolée de toute
l’histoire de ces géosynclinaux, dont elle ne constitue qu’une partie, très inti¬
mement liée aux territoires du Nord, au Turkestan en particulier.
Il faut constamment repérer les bordures probables des continents Nord
et Sud. Nous sommes en présence de quatre blocs continentaux, de quatre
môles précambriens, représentant ce qu’ilyade plus ancien et de plus stable
à la surface du Globe, et intéressant l’Ancien Monde : au Nord, le bouclier
russe et le bouclier sibérien, au Sud, l’Afrique (Arabie comprise) et l’Inde
péninsulaire, ces deux groupes étant séparés par un Océan de 4.000 kilomè¬
tres de largeur, largeur assez constante de l’Est à l’Ouest, que ce soit au Nord
de l’Inde ou au Nord de l’Afrique. C’est la largeur de l’Atlantique actuel.
Cette zone océanique, extrêmement sensible, subit de grandes variations
de subsidence selon les points et selon les époques.
Lorsque les derniers mouvements d’âge alpin l’auront obstruée et que les
derniers éléments de la Gondwanie (1) seront soudés à ceux del’Angarie, les
zones favorisées, plissées, auront vu s’accumuler plus de 10.000 mètres de
sédiments marins et continentaux.
Le Cambrien
Le Cambrien inférieur, transgressif, n’est connu que dans l’Himalaya cen¬
tral et la Sait Range.
(1) Je prends ici le terme de Gondwanie dans le sens exact de terres situées au Sud de la
Mésogée, sans préciser leurs rapports avec l’Extrême Orient, tels qu’ils ont été mis en relief
par les récents travaux de J. Piveteau.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
373
A Spiti, la série complète, du Cambrien inférieur au Cambrien supérieur,
comporte 1.000 mètres de schistes et de calcaires dolomitiques.
En Perse, c’est le Cambrien moyen qui parait transgressif ; il se continue
par du Cambrien supérieur et l’ensemble est représenté par 800à l.OOOmètres
de calcaires dolomitiques, avec des intercalations gréseuses. La mer cam¬
brienne est actuellement reconnue sur le quart Sud-Ouest de la Perse, depuis
le Zagros jusqu’à Kirman. La faune, nous l’avons dit, a des affinités étroites
avec celles de l’Inde et de la Chine vers l’Est, avec celle de la Palestine vers
l’Ouest.
Dans l’Est de la Perse et en Afghanistan, il ne semble pas qu’il y ait eu de
Cambrien marin. Dans l’Hindou-Kouch, tout au moins, le Dévonien moyen
ou supérieur est transgressif, sur des séries très plissées et métamorphisées.
Plus à l’Est encore, il existe dans le Pamir une série de schistes sous le Silu¬
rien fossilifère, qui pourraient être attribués au Cambrien.
Dans le Nord de la Perse, au Sud de l’Elbourz, au pied Sud de la montagne
de Shah Abdul Azim, j’ai observé sous les grès dévoniens, affectés d’un pen-
dage semblable, mais sans que le contact soit visible, des bancs de dolomies
à cherts, azoïques, qui pourraient représenter du Cambro-silurien.
Passant très au Nord, où se trouvait la bordure du continent sibérien, ou
eurasiatique ? Elle était apparemment très loin, car les recherches de D.
Mushketov et de A. Markovsky (1928) ont démontré l’existence du Cam¬
brien inférieur marin (à Archaeocyathus et Cosciiiocyalhus ) dans la chaîne du
Turkestan (Turkestan, Zeravchan et Hissar), soit en Boukharie, non loin
de Samarkand, entre l’Amou Daria et le Syr Daria (1).
Loin vers l’Ouest, on connaît deux gisements de Cambrien moyen à Para-
doxides et Plychoparia. Ce sont les calcaires dolomitiques et siliceux des envi¬
rons de Pétra, en Transjordanie, au nord de l’Arabie (2) et du nord de la
rive orientale de la mer Morte (3).
C’est la première indication d’un passage entre la Perse occidentale et la
Méditerranée orientale, mais il n’est pas encore possible de le jalonner.
Enfin, vers le Sud, les îles du détroit d’Hormuz possèdent des calcaires do¬
lomitiques fossilifères, qui se continuent dans l’Arabie d’Oman, mais sans
fossiles jusqu’à maintenant.
On entrevoit déjà, malgré la rareté des gisements, l’existence d’une mer
reliant l’Indochine et la Chine à la Méditerranée orientale. On en retrouve les
dépôts dans l’Himalaya, au Turkestan, dans le Zagros et en Palestine.
Le Silurien
Les gisements siluriens sont encore plus pauvres.
Dans le Pamir nord, le Darwaz et les monts du Turkestan, c’est-à-dire là
(1) D. Mushketov. Géologie de l’Asie centrale. B. Soc. Géol. Fr. (5), t. I, 1931, p. 145.
(2) M. Blanckenhorn. Syrien, Arabien, Mésopotamien. Handbuch Reg. Geol., 1914.
(3) R. King. Gambrian Fossils from the Dead Sea. Geol. Mag., 1923, t. 60, p. 507.
374
R. FURON
où il existait déjà une mer cambrienne,on retrouve les traces d’un Ordovicien
calcaire à Trilobites et Brachiopodes, surmontés de schistes noirs qui con¬
tiennent des Graptolithes dans le Zeravchan.
Dans l’Himalaya central, toujours à Spiti,un conglomérat indique quelque
mouvement orogénique ou épirogénique, dont on ne saurait préciser le sens.
Viennent ensuite 400 mètres de grès, puis 150 mètres de schistes et de cal¬
caires à Trilobites et Brachiopodes, représentant l’Ordovicien, puis 30 mètres
de calcaires gothlandiens.
En Afghanistan et dans la moitié orientale de la Perse, on ne connaît rien
qui puisse être attribué au Silurien.
En Perse sud-occidentale, par contre, la série complète existe : 150 mètres
de schistes et de grès à ripple-marks (Ordovicien), surmontés de schistes goth¬
landiens à Graptolithes.
Loin vers l’Ouest, l’Ordovicien du Taurus est représenté par des grès à
Bilobites. En Syrie-Palestine, il n’y a rien d’apparent, mais la trace d’une
transgression ordovicienne se voit dans le nord de l’Arabie. Il y a des grès
ordoviciens à Bilobites et des schistes gothlandiens à Graptolithes à Teima
(à 200 kilomètres au Sud de la frontière de Transjordanie) et à 60 kilomètres
au Nord-Est de Haïl,à la même latitude, mais à mi-chemin entre la mer Bouge
et le golfe Persique (1).
Entre le Turkestan et la Méditerranée orientale, on commence à voir le
géosynclinal transcaucasien, dont l’existence au Silurien a été mise en évi¬
dence par P. Bonnet, lorsqu’il en a montré la permanence depuis le Silurien
jusqu’au Jurassique.
r Le Dévonien
En bien des endroits de la Perse et particulièrement dans l’Elbourz, le
Dévonien inférieur est continental et représenté par des grès quartziteux,
blancs, roses et rouges. Je les ai retrouvés dans le Désert. C’est partout le
faciès des « Vieux Grès Rouges ».
Des mouvements d’âge calédonien vont provoquer deux transgressions
marines au cours du Dévonien.
Les mers du Nord ont précisé leur extension. L’Europe est séparée de la
Sibérie par une mer ouralienne, qui va persister pendant tout le Dévonien.
Les 3 termes sont également connus au Turkestan, dans le Pamir et l’Altaï,
puis en Trauscaucasie à l’Ouest.
La première transgression commence au Dévonien moyen. La mer à Spi-
rifer inflalus recouvre localement les grès du Dévonien ou le Précambrien ;
elle envahit l’Azerbaidjan, le Mazandéran, le Khorassan Nord.
Plus au Sud, la mer du Zagros s’étale aussi vers l’Est et dépasse Kohrud.
Une deuxième transgression se produit au Dévonien supérieur, bien plus
importante. Les dépôts de calcaires à Spirifer Verneuili couvrent l’Azerbaid-
(1) Meunier (St.) Fossiles nouveaux provenant d’Arabie. Le Naturaliste, 1888, t. X.
p. 204-205.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
375
jan, tout l’Elbourz et le Khorassan Nord, puis l’Hindou-Kouch, débordent
largement à l’Est du Zagros jusque dans la région de Kirman.
A l’Est, l’Himalaya a localement souffert des mouvements calédoniens.
Dans l’Himalaya central, au-dessus du Gothlandien marin, il y a des grès, les
grès de Muth, qui ne seront recouverts par des dépôts calcaires qu’au cours
du Dévonien moyen. Un petit peu plus à l’Ouest, à Chitral, la série marine
est complète.
Dès ce moment, on peut reconnaître assez de variations dans les faciès
pour voir combien cette zone marine est instable, ridée de géanticlinaux qui
apparaissent et disparaissent. Il ne doit plus rester qu’une île iranienne,
bien petite, vers le centre et le Sud du Plateau actuel, mais on ne sait tou¬
jours rien de la zone méridionale qui ne laisse pas voir de sédiments si
anciens.
L’Anthracolithique
Carbonifère inférieur el moyen
Dans le Nord-Ouest, en Azerbaïdjan, le Dinantien complet fait suite au
Dévonien supérieur, puis la mer moscovienne dépose les premières Fusulines :
Slaffella sphaerica et Slaffella lenticularis.
Au Nord, dans l’Elbourz, le Tournaisien certain, à Spirifer iornacensis,
paraît n’exister que dans la zone où le Dévonien supérieur était déjà marin.
C’est la transgression viséenne qui s’étale un peu plus loin vers le Sud, direc¬
tement sur les grès continentaux du Dévonien, comme c’est le cas dans la
région de Téhéran, par exemple. Le Moscovien fait suite normalement (cou¬
ches à Spirifer mosquensis de Roudbar).
Dans le Khorassan, l’Hindou-Kouch et le Pamir, le Dinantien et le Mosco¬
vien font suite au Dévonien supérieur.
A l’Ouest, dans le Zagros, le Carbonifère inférieur est localement continen¬
tal, mais dans le Sud-Ouest, le Viséen est transgressif sur les grès du Dévo¬
nien continental et le Moscovien marin est précisé par des Fusulinidés : Slaf¬
fella sphaerica et St. lenticularis.
Au Centre, la transgression viséenne s’est avancée très loin, représentée
par les couches subordonnées à l’Ouralo-permien du désert, et qui reposent
sur les grès continentaux du Dévonien.
Vers l’Est, on ne sait rien et les terrains les plus anciens, dont on ne
connaît pas le soubassement, sont des calcaires ouralo-permiens du Bélout-
chistan.
Il est vraisemblable de penser qu’au Carbonifère inférieur, il existait une
île iranienne, dont la surface a singulièrement diminué au Viséen et qu’elle
était isolée des continents par des sillons d’un caractère permanent, dont
nous pourrons suivre l’évolution au cours des temps, sillons de caractère
géosynclinal, se rejoignant à leurs extrémités. Au Nord, c’est la ligne Trans¬
caucasie, Elbourz, Hindou-Kouch, Pamir ; au Sud, la ligne Taurus, Zagros,
Béloutchistan, Himalaya.
37G
R. PURON
Relations avec les régions voisines
Au Nord des régions iraniennes, la mer s’étendait largement, recouvrant
l’Altaï, le Tien-Chan, le Boukharie, le Caucase, limitant vers le Sud le conti¬
nent sibérien, l’Angarie.
Ce continent était limité à l’Ouest par la mer Ouralienne, transgressive au
Viséen.
Au Sud, la mer du Carbonifère inférieur et moyen continuait droit au Sud
et recouvrait l’Arabie d’Oman.
A V Ouest, par le Kurdistan, la Djezireh et la région d’Alexandrette, elle
gagnait le Taurus et la Méditerranée orientale. Au Sud des gisements d’A¬
lexandrette, il faut indiquer ceux de l’Égypte : le Sinaï et le Wadi Arabah,
contenant Spirifer strialus, Spirifer mosquensis et des Slaffella.
Ces gisements égyptiens présentent un grand intérêt, car ils étaient cer¬
tainement en relation directe avec ceux du golfe d’Alexandrette et c’est une
situation que nous retrouverons toute semblable au Jurassique. Haute-
Égypte, Palestine et Syrie n’ont pas été envahies par la mer carbonifère. Le
Primaire y est représenté par la partie inférieure des grès continentaux, dits
« de Nubie ».
Vers Y Est, on trouve le géosynclinal himalayen.
L’Ouralo-Permien
C’est l’Ouralo-Permien qui montre le maximum de la transgression dans les
régions iraniennes.
A la fin du Moscovien, il se produit des troubles dans certaines régions.
Dans l’Oural, c’est un mouvement de régression ; la mer se retire vers
l’Ouest, abandonnant un conglomérat, puis des argiles gypsifères.
Par contre, plus au Sud, en Transcaucasie, P. Bonnet a démontré qu’il
n’existait aucun trouble : « Le géosyclinal paléozoïque transcaucasien a été
le théâtre d’une sédimentation marine continue et concordante depuis le Silu¬
rien jusqu’au Trias, avec le Dévonien, le Carbonifère et le Permien complets,
représentés par tous leurs termes fossilifères sans aucune lacune ; que le géo¬
synclinal n’a été le théâtre d’aucun métamorphisme, qu'il a été épargné par
les plissements calédoniens et hercyniens, qu’enfin il a même subi un appro¬
fondissement graduel reliant intimement les dépôts paléozoïques aux dépôts
triasiques bathyaux » (1).
En particulier à la fin du Moscovien, il y a approfondissement du géosyn¬
clinal, disparition des Zoanthaires et dépôt de couches à Fusulines, en parti¬
culier Fusulina Verneuili.
Dans l'Est, les mouvements moscoviens sont sensibles. Dans l’Altaï, les
(1) P. Bonnet. Le géosynclinal paléozoïque transcaucasien. C.R.Ac. Sc., 11 février 1924,
p. 643.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
377
mers se retirent et le Carbonifère supérieur est continental. Inversement,
dans le Tien Chan, l’Ouralien est transgressif. Dans l’Hindou-Kouch, les
mouvements sont indiqués par une modification de faciès ; le Carbonifère
moyen est calcaire et schisteux, puis se termine par un banc de quartzites
noirs. L’Ouralien est représenté par des calcaires massifs, qui se trouvent,
au moins localement, en légère discordance sur les quartzites antérieurs.
Si nous retournons loin dans l’Ouest, en Méditerranée orientale, nous
voyons que la mer s’est retirée de l’Égypte.
Revenant aux régions purement iraniennes, l’Ouralien de l’Azerbaidjan
et de l’Elbourz contient Fusulina Verneuili ; celui de l’Hindou-Kouch :
Fusulina uralica , F. ( Polydiexodina ) persica et Schwagerina princeps dans
les couches de passage au Permien.
Dans la zone centrale, désertique, j’ai indiqué l’existence d’un Ouralo-
Permien à Triticites et Schwagerina.
Dans l’Ouest, l’Ouralien du Zagros contient F. ( Polydiexodina) persica.
Quant au Permien, il débute partout par des couches à Ftichthofenia et à
Lyllonia , depuis la Sait Range jusqu’à l’Arabie. Ce sont là deux genres qui
apparaissent dès l’Ouralien supérieur, mais qui ne prennent d’importance
qu'au Permien inférieur.
C’est au Permien qu’appartient la grande masse des calcaires à Fusulines
de l’Hindou-Kouch, avec Neoschwagerina craliculifera, N. sumairinaeformis,
Cancellina primigena , Doliolina Iepida , Verbeebina Verbeeki, etc.
Au Permien du Zagros, reviennent les calcaires à Richihofenia et Lyltonia.
Quelque part vers le Permien moyen, de nouveaux mouvements épirogé-
niques se produisent avec de grandes conséquences paléogéographiques.
Dans les régions purement iraniennes, on ne connaît pas de Permien supé¬
rieur marin, certain. Il semble bien que les grands mouvements hercyniens
intéressant la région ont eu lieu à la fin du Permien moyen. Un peu au Nord,
dans le Darwaz, les couches à Fusulines sont déjà entrecoupées de couches
volcaniques.
Relations avec la Gondwanie
Au cours du Carbonifère, les terres émergées du Nord étaient séparées de
la Gondwanie par les mers iraniennes et himalayennes.
La mer iranienne dessinait un golfe vers le Sud qui s’allongeait sur l’Ara¬
bie d’Oman, mais qui n’allait peut-être pas beaucoup plus loin vers le Sud.
Tout au moins, on ne connaît pas de Carbonifère marin en Abessomalie,
ni plus au Sud.
Au Permien, ce golfe s’allonge démesurément vers le Sud etnous en retrou¬
vons les dépôts sur la côte occidentale de Madagascar. C’est la première
ébauche du détroit de Mozambique. Au-dessus des couches à charbon de la
Sakoa avec leurs Glossopteris et Gangamopleris, se trouvent des couches
marines à Produclus, à Cyelolobus et à Xenaspis carbonaria, faune de la Sait
Range et du Cachemire. Ces couches se situent vers le Permien supérieur.
378
R. FURON
Au Permien supérieur, dans la zone orientale, les couches à charbon de la
Sakamena se déposent largement et l’île est peuplée de Reptiles, parmi les¬
quels Tangasaiirus, connu de l’Afrique orientale.
Vers l’Est, le géosynclinal himalayen passait au Béloutchistan et limitait
la zone indienne de la Gondwanie, sur laquelle se déposaient des couches à
charbon avec des flores à Glossopteris et Gangamopleris, semblables à celles
de Madagascar et de l’Afrique du Sud.
Vers l’Ouest, le socle africain, Arabie comprise, s’étendait jusqu’au bord
du géosynclinal iranien, passant par le Zagros, de là en Asie Mineure.
TABLEAU VI. — Évolution du Plateau iranien pendant le Primaire
Arc méridional
Arc septentrional
Zagros
Béloutchistan
Elbourz
Hindou-Kouch
Permien
Ouralien
Moscovien
Dinantien
Dévonien sup.
Dévonien inf.
Silurien
et
Cambrien
D
ERNIERS MOUVEM
ENTS HERCYNIEÎ
<ÏS
Calcaires
+ 500 m.
Calcaires de
Mashk et de
Tchinar.
Calcaires supé¬
rieurs + 100 m.
-p 500 ni.
Calcaires à Fu-
sulines
500 m.
Mouvements Hercyniens
50 m.
?
Calcaires
50 m.
Calcaires et
schistes 100 m.
Calcaires 50 m.
Transgression
Continental.
Schistes à Grap-
tolithes.
Calcaires dolo-
mi tiques.
1.000 m.
?
?
Continental.
?
Continental.
300 m.
?
Total :
+ 1.500 m.
?
+ 600 m.
-P 900 m.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
379
Les mouvements hercyniens, précoces et posthumes, ont eu un grand rôle
dans l’architecture du Plateau iranien, mais ils sont difficiles à déceler dans
les zones qui sont restées marines, voire géosynclinales.
Je crois en avoir retrouvé l’essentiel au cours de mon exploration de 1936,
en signalant l’existence d’un relief Nord-Sud, encore inconnu, au milieu du
Fie. 45. — L’extension des mers anthracolithiques.
désert iranien. C’est essentiellement le Massif de Tabass, dans lequel j’ai
découvert deux gisements de calcaires à Fusulines, l’un dans le col de Kel-
mars (1.300 m.), l’autre dans la passe du Moh Koh (1.340 m.), cent kilomètres
plus à l’Est.
Dans les deux régions, les alignements sont sensiblement Nord-Sud. Les
reliefs actuels ont également une direction Nord-Sud, soulignée par l’aligne¬
ment visible à l’Est de Tabass : Koh-i-Choutouran et Moh-Koh, passant au
Sud aux monts de Naïband.
C’est une direction absolument anormale sur le Plateau iranien. Il s’agit,
380
R. FURON
pour moi, d’un relief témoin de l’orogénie hercynienne et représentant la
continuation méridionale de la chaîne de l’Oural. Je lui ai donné le nom
d’Axe ouralo-irano-malgache et nous verrons plus loin son rôle lors des oro¬
génies tertiaires.
Est-il besoin de souligner qu’il ne doit pas être confondu avec la zone géo-
synclinale située à plusieurs centaines de kilomètres plus à l’Ouest.
Cet axe hercynien a son rôle propre et c’est lui qu’on retrouve peut-être,
en Arabie, en Oman. Il traverse la zone géosynclinale et c’est par là que ses
propres mouvements posthumes ont un grand rôle.
Dès après le Permien, il va constituer une île. C’est lui qui représente cette
« masse médiane » théorique que recherchaient les tectoniciens pour expliquer
certaines anomalies, mais il est allongé Nord-Sud et non pas Est-Ouest.
Cette conception attira l’attention de quelques géologues étrangers, russes
et américains en particulier, qui en saisirent l’importance théorique et pra¬
tique.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
381
Des arguments se sont trouvés apportés par les géologues russes, au moins
en deux occasions qu’il importe de souligner d’autant plus que les recherches
en cours n’avaient pas trait à ce qui pouvait se passer en Perse, mais en Rus¬
sie, dans l’Oural méridional.
Il y eut d’abord une étude des anomalies magnétiques (1). Des anomalies
positives étaient indiquées au sud de l’Oural, entre la mer Caspienne et la
mer d’Aral, puis beaucoup plus au sud, à la frontière persane, près d’Askha-
bad, à la jonction du Kopet Dagh et des chaînes du Khorassan, exactement
à la flexure nord, sur le passage de l’Axe. L’observation est d’autant plus
intéressante qu’elle ne visait pas à démontrer le passage de l’Oural en Perse
et que les conclusions prématurées des géophysiciens les entraînaient à d’au¬
tres conceptions. Ayant observé des anomalies magnétiques du même ordre
à l’Ouest de la Caspienne, ils croyaient pouvoir en conclure que l’Oural, dis¬
paru en profondeur, obliquait à l’Ouest. Il n’en est peut-être rien et les obser¬
vations des pétroliers vont nous faire saisir la vérité.
La région comprise entre le fleuve Oural et la mer d’Aral a été étudiée
et tout particulièrement dans la région de la rivière Emba.
Le pétrole s’y trouve dans le Jurassique et dans le Permo-Trias gypsifère
et salifère.
C’est le Permien qui paraît le plus productif. Or, la tectonique ouralienne,
(1) Archangelski, Mikhailov, Fedinski et Lustigh. Geological signiflcance of gravi'
tational anomalies. B. Ac. Sc. U. R. R. S., 1937, p. 701-742.
382
R. FURON
hercynienne (et post-hercynienne) est cachée parla couverture crétacée, qui
comprend une série Néocomien-Cénomanien, une lacune Turonien-Sénonien
inférieur, puis une transgression maestrichtienne. Les structures cachées ont
été reconstituées grâce à des milliers de sondages. Les géologues ont retrouvé
partout des anticlinaux allongés Nord-Sud, avec des dômes de sel dont un
millier ont déjà été reconnus (1).
Ainsi se trouvent expliquées les observations des géophysiciens. Ce n’est
pas tant la chaîne de l’Oural qui oblique à l’Ouest, ce sont les itinéraires des
observateurs qui ont retrouvé partout, au Sud de l’Oural, à l’Est comme à
l’Ouest, des anomalies correspondant à des structures profondes et cachées,
qui sont en fait des séries d’anticlinaux parallèles et dirigés Nord-Sud.
Cette direction constante des axes hercyniens au Sud de l’Oural vient cor¬
roborer les observations que j’avais faites en Afghanistan en 1924, indiquant
dès cette époque : « A la fin du Permien, de nouveaux mouvements orogé¬
niques puissants amènent la surrection d’une nouvelle chaîne dont la direcc-
tion paraît souvent oblique par rapport à celle de l’Hindou-Kouch », soit
Nord-Sud par rapport à Nord-Est-Sud-Ouest (Thèse, 1926, p. 133).
Le Trias et le Jurassique
Au sud, le géosynclinal sud-iranien se maintient. Il y a du Trias inférieur
marin depuis l’Iraq jusqu’au Béloutchistan, puis du Trias moyen et supé¬
rieur. Les Céphalopodes y paraissent extrêmement rares en dehors de l’Ar¬
ménie persane qui se trouve en relation avec la mer Caucasienne.
Au Trias moyen, il y a une transgression locale et le Sud-Ouest du plateau
est submergé jusqu’à Kirman. Les dépôts marins vont s’accumuler jusqu’au
Rhétien inclus, avec des faunes méridionales, semblables à celle de l’Oman
et de Timor.
Au Trias inférieur comme au Permien, le géosynclinal sud-iranien commu¬
nique avec l’Afrique du Sud et Madagascar. Les éléments de la faune du
Trias malgache sont semblables à ceux de l’Inde. Au Trias moyen, un change¬
ment se produit ; une régression intervient, marquée à Madagascar par des
dépôts continentaux, avec Végétaux et charbons.
Au Nord du Plateau iranien, la mer triasique se maintient dans PElbourz
méridional, mais disparaît avant le Lias. En beaucoup d’endroits, le Permo-
Carbonifère est recouvert de roches éruptives et le Trias est partiellement con¬
tinental. Au Nord-Ouest, la mer occupe toujours les régions caucasiennes, mais
on enregistre une régression au Trias moyen dans toute la Russie méridionale.
Plus on s’éloigne vers l’Est, plus le volcanisme devient apparent. Dans
l’Hindou-Kouch, il y a plus de 500 mètres de dépôts volcaniques (des rhyo-
lithes surtout) qui représentent tout le Trias. Un golfe de la mer à Pseudo-
(1) A. Safonov. Orogeny of the Urals. B. Amer. Ass. Pelrol. Geol., 1937, t. 21, n° 11. I.G.
Permiakov. The Emba Saltdomes. Congr. géol. inlern. Moscou, 1937. S. V. Schumilin. The
Oil Fields oî the Emba région. Idem., 1937.
GÉOLOGIE DE L’IKAN
383
monolis et à Megalodon du Béloutchistan venait jusqu’au Sud de l’Hindou-
Kouch. Au Nord-Est, il faut aller jusque dans le Pamir pour trouver du
Trias marin en liaison avec les zones himalayennes.
384
R. FURON
L’activité orogénique de la fin du Trias qui provoque les « mouvements
majeurs » de l’Indochine (Ch. Jacob) s’est fait sentir dans toute l’Asie. Le
Plateau iranien émerge complètement.
Au Jurassique inférieur, au Lias, l’ensemble du Plateau iranien, zone de
l’Elbourz comprise, connaît un régime purement continental ; il se trouve
lié à l’Asie, à la province angarienne.
Nous en avons pour témoignage plusieurs centaines de mètres de dépôts
argilo-gréseux contenant des Végétaux et des couches de charbon.
Les plantes les plus anciennes que j’aie pu déterminer indiquent le Rhétien,
mais il n’est pas impossible que les premières couches à plantes appartiennent
au Trias supérieur. •
Cet épisode continental extrêmement important au point de vue minier
n’aura pas partout la même durée ; il sera interrompu par des transgres¬
sions marines.
Zone Nord-Esl : Hindou-Kouch
Le continental paraît avoir duré pendant tout le Jurassique. Du moins,
on n’a pas encore signalé dans ces régions du Jurassique marin et il faut
aller jusqu’au Nord-Est du Parmir pour trouver, au lac Kutatyr, des cal¬
caires bathoniens marquant le début de la transgression.
Zone Nord-Ouesl : Elbourz el Khorassan
Dans l’Elbourz la tansgression débute peut-être dès le Domérien (A. Ri¬
vière;, 375), mais elle est certaine à partir de l’Aalénien. C’est dès cette
époque que le sillon nord-iranien se trouve envahi et il le restera jusqu’à la
fin du Jurassique.
Plus à l’Est, dans le Khorassan, la transgression se fait également sentir.
Zone Sud-Ouest : Zagros el Naïband
Le Jurassique de la zone géosynclinale du Zagros est encore mal connu.
Il existe au moins un repère, c’est la couche bajocienne-bathonienne à
Posidunomya alpina.
C’est au Jurassique supérieur, je crois, qu’il faut attribuer les couches grises
et rouges à Radiolaires.
Un petit peu au Nord, dans le golfe de Naïband, on voit la mer triasique
persister au cours du Rhétien, mais diminuer de profondeur, phénomène
souligné par une abondance de Polypiers. A la fin du Rhétien, le régime con¬
tinental est organisé comme partout ailleurs sur le plateau. Cette zone sen¬
sible jouera en même temps que les autres et sera envahie par une transgres¬
sion aalénienne ( Harpoceras opalinoidea, etc.). Le régime marin continue
pendant le Bajocien et le Rathonien inférieur, puis la mer se retire à nou¬
veau ; de nouvelles couches à plantes et à charbon vont se déposer jusqu’à
la transgression crétacée.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
385
Cette coupure dans le régime continental est très importante, elle souligne
l’existence d’une transgression aalénienne, suivie d’une régression post-bajo-
cienne.
Zone Sud-Esl : Béloulchistan et Culch
Au Béloulchistan, que ce soit dans les monts de Samana, ou à Mazar Drik,
la transgression commence avec le Bathonien.
Cette transgression est importante et la mer s’étale assez loin en dehors de
son domaine précédent. Sur la bordure de l’Inde gondwanienne, elle s’étend
jusqu’au Cutch, y abandonnant des faunes considérables, témoins de dépôts
à peu près continus, depuis le Bathonien jusqu’au Portlandien.
Je rappelle que les premières faunes à Macrocephaliles sont attribuées
au Bathonien-Callovien et qu’il y eut à l’Oxfordien, une « récurrence »
de Macrocéphalitidés, constituant le nouveau groupe des Mayaitidés (Spath).
Nature des faunes. Relations paléogèographiques
Nous avons vu précédemment que les faunes connues en divers points du
Plateau iranien étaient représentées dans le Cutch.
La faune du Cutch étudiée, revisée par Spath, présente un très grand avan¬
tage. Elle est assez importante pour permettre des comparaisons et ces com¬
paraisons ont été faites par le même auteur ayant révisé lui-même les faunes
des autres régions tant africaines qu’européennes.
L’ensemble de la faune jurassique du Cutch montre des affinités alpino-
méditerranéennes, aucune affinité boréale ; elle possède nombre d’espèces
locales qui ont une répartition géographique importante dans l’océan In¬
dien.
Extension vers le Sud
1. — Arabie
Des dépôts jurassiques sont connus en Arabie. En Oman, le calcaire de
Musandam, les radiolarites et les serpentines de Hawasina sont jurassiques
(Lees).
Au Yémen, comme en Iran, il existe des couches à plantes basiques ; des
dépôts marins transgressifs sont datés du Séquanien-Kimméridgien (Lam are) .
En Arabie centrale, la mer jurassique s’est étendue très loin et les grès con¬
tinentaux du Nedjd et du Djebel Toueik sont recouverts de sédiments ma¬
rins appartenant au Callovien-Lusitanien-Kimméridgien (Philby et Cox).
Des dépôts plus anciens encore existent, par exemple les couches bajociennes-
bathoniennes à Posidonomya alpina de Shugra, en Arabie méridionale.
2. — Abessomalie
C’est en Somalie anglaise qu’apparaissent les plus anciennes couches du
Jurassique transgressif.
mémoires du muséum, nouvelle série, tome VII.
25
386
R. PURON
A Daghani,près de Bihendula, au Sud de Berbera,ily a 1000 mètres de
dépôts, débutant au Bajocien et se terminant au Portlandien. L’ensemble
contient un grand nombre d’espèces indiennes et méditerranéennes mélan¬
gées.
Le même ensemble s’est étendu an Somalie française et en Abyssinie : cal¬
caires d’Antalo et du Choa.
On retrouve la même série au Juba.
3. — Kenya
Près de Mombasa, on retrouve la série à Posidonomya alpina déjà connue
en Perse et en Arabie. Le Bathonien est semblable à celui de Patcham (CuLch) ;
le Callovien comporte Choffalia recuperoi Gemm. et Sindeiles sindensis
Spath, du Cutcli et de Madagascar ; l’Argovien est indiqué par des couches à
Taramelliceras costaium Quenst. et la faune de Kantcote (CuLch). En outre,
sur 31 espèces de Lamellibranches et Brachiopodes recueillies à Mombasa,
10 sont connues au Juba et au Kenya, dont Posidonomya alpina.
Le Portlandien n’est pas encore connu au Kenya, non plus que le Kimmé-
ridgien certain.
4. — Tanganyika
La série jurassique du Tanganyika débute avec le Bajocien à Trigonia
costala, continue avec du Bathonien, du Callovien à Macroceplialiles macro-
cephalus, Phylloceras dispulabile, des Perisphinctes, de l’Oxfordien à Pello-
ceras, du Kimméridgien et du Portlandien.
5. -— Madagascar et le détroit de Mozambique
Le Jurassique marin est connu sur toute la bordure occidentale de Mada¬
gascar. Il débute avec le Lias supérieur ; du Toarcien à Boaleiceras connu au
Béloutchistan, continue avec des calcaires bajociens à Trigonia coslala, des
grès balhoniens à Cadomites, des calcaires du Bathonien supérieur et du Gallo-
vien à Macrocephaliles macrocephalus , Macr. chariensis, Macr. madagasca-
riensis, Choffalia recuperoi, etc., de l’Oxfordien, du Lusitanien, du Kimmé¬
ridgien à Perisphinctes indogermanum. Les dernières couches appartien¬
nent au Portlandien et passent insensiblement au Crétacé inférieur, exacte¬
ment comme à Umia dans le Gutch. On y trouve Virgatosphincles et Aulacos-
sphincles, comme dans le Cutch et à Spiti.
On voit donc ici la bordure orientale de l’Afrique envahie par la mer juras¬
sique. C’est la zone appelée « géosynclinal de Mozambique » par E. IIaug.
Tous les documents récents ont précisé son extension sur la côte africaine.
Son extension vers l’Est reste inconnue. Etait-ce un long canal, partant du
Zagros et traversant l’Arabie et l’Abessonialie, longeant la côte africaine
jusqu’au détroit de Mozambique ? ou bien l’océan Indien existait-il déjà ?
Madagascar constituait-elle déjà une Ile ou non? j’entends une très grande
île, une Lémurie comprenant l’Inde péninsulaire et Madagascar.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
387
De toute façon, le géosynclinal himalayen, prolongement du géosynclinal
iranien, obliquait certainement vers le Sud, vers la Birmanie qui se trouvait
parfaitement isolée de l’Inde ainsi que l’a démontré l’étude des flores secon¬
daires de l’Inde d’une part et des Etats Shan d’autre part, celle-ci ayant des
affinités avec celle de la Chine et non pas avec l’Inde.
En somme, il y avait déjà quelque chose de comparable à la zone du golfe
du Bengale s’allongeant Nord-Sud entre l’Inde et la Birmanie, mais qui ne
se préciserait qu’au Crétacé.
Les communications marines entre les régions iraniennes immergées
étaient donc faciles vers l’Est et vers le Sud.
Que se passait-il vers l’Ouest et comment venaient les faunes méditer¬
ranéennes ?
VVeir en 1929, puis Spath en 1933, imaginent une liaison directe entre
l’océan Indien et la Méditerranée sur l’emplacement actuel de la mer Rouge
ou un peu plus à l’Ouest en Egypte.
On ne connaît vraiment rien qui puisse permettre de soutenir actuelle¬
ment cette hypothèse. Il serait plus simple de chercher un passage à l’Ouest,
par l’Arabie centrale et la Palestine.
Vers l’Ouest, les dépôts jurassiques les plus proches sont ceux de Tripoli-
taine et de Tunisie. En Egypte, le Jurassique entier est continental, inclus
dans les grès de Nubie. La zone de la mer Rouge, tant en territoire égyptien
qu'en territoire arabe, ne paraît pas avoir été recouverte par la mer juras¬
sique, à l’exception de la zone méridionale, comprenant l’Éthiopie et l’Ara¬
bie centrale.
6. — La Méditerranée orientale
11 existe un groupe de gisements fossilifères jurassiques à l’Est d’Ismaëlia,
au Sinaï, en Transjordanie, en Palestine et en Syrie.
Le Lias continental est représente par des grès à végétaux et par des cal¬
caires lacustres. C’est encore au Bajocien que la transgression se fait sentir.
La série marine esL complète jusqu’au Portlandien. 11 ne s’agit que de la zone
côtière ; l’Arabie du Nord-Ouest n’a pas été recouverte par la mer.
Vers le Nord, on sait que les mers iraniennes s’étendaient jusqu’au Nord
de la Caspienne actuelle, occupaient les régions de l’Arménie et du Caucase,
où l’on connaît du Bajocien-Bathonien à Posidonomya alpina et Parkinsonia
Parkinsoni, du Callovien à Phylloceras et Reineckeia anceps, de l’Oxfordien
à Pelloceras alhlela, du Kimméridgien à Perisphinctes.
Vers l’Ouest, elles communiquaient largement avec la Méditerranée par
la Turquie et la Crimée.
En Turquie, on retrouve du Bajocien-Bathonien à Posidonomya alpina,
du Callovien à Perisphinctes Orion Oppel, de l’Oxfordien à Bélemnites, puis
des jaspes à Radiolaires représentant le Jurassique supérieur.
Vers le Nord, la mer du Jurassique moyen tend toujours à envahir l’An-
388
R. FURON
garie et allonge un grand goll'e ou bras de mer jusqu’en Boukharie, rejoignant
sans doute le Pamir, isolant une île afghane.
D’autre part, la transgression callovienne de Russie sépare l’Angarie de
l’Europe et met en relations provisoires les mers du Nord et les mers ira¬
niennes.
Mouvements orogéniques et épirogéniques de la fin du Jurassique.
Un peu partout, le Jurassique supérieur est troublé et le Kimméridgien
connaît des mouvements orogéniques et épirogéniques, marqués soit par des
discordances comme entre le Kimméridgien et le Portlandien de la Boukha¬
rie et du Pamir, soit le plus souvent par des dépôts de conglomérats conti¬
nentaux, témoignant d’une modification des reliefs voisins.
Le Crétacé inférieur
Dans l’ensemble, le Plateau iranien est émergé pendant le Néocomien. Aux
sédiments continentaux du Jurassique, viennent s’ajouter des grès et des
conglomérats généralement rouges, connus depuis la Perse occidentale jusque
dans l’Hindou-Kouch et le Pamir.
Au Sud et à l 'Est, la mer s’est maintenue dans la zone géosynclinale. C’est
la mer à Bélemnites connue depuis le Cutch jusque sur les confins indo-af¬
ghans, à la vallée du Tazzi Kam, près de Kaniguram.
Vers l’Ouest, dans le Zagros, on ne sait rien. De rares dépôts marins en
Azerbaïdjan laissent supposer que le géosynclinal existait toujours et qu’il
envoyait un golfe vers l’Est.
Au Nord, le géosynclinal iranien passait par la mer Noire et recouvrait la
Crimée au Nord, la région Pontique au Sud.
Au Nord et Nord-Est, la mer s’était retirée fort loin ; l’océan Arctique
n’allonge plus vers le Sud, qu’un petit golfe, jusqu’à Simbirsk, à l’Ouest de
l’Oural.
A cette époque encore, tout ce qui était continental se rattachait à l’An-
garie.
La transgression barrêmienne
En Russie, il existeunetransgression barrêmienne qui intéresse les régions
iraniennes. Le golfe de Simbirsk s’allonge vers le Sud et devient le bras de
mer à Simbirskiles qui relie l’océan Arctique aux mers méditerranéennes de
la Crimée et du Caucase.
La mer envahit la zone du bassin aralo-caspien, mais ne semble pas recou¬
vrir encore tout le Turkestan. C’est là un des faits dominants du Crétacé.
La transgression barrêmienne a envahi la plus grande partie du Plateau ira¬
nien. Le géosynclinal du Zagros s’affirme, la mer de l’Elbourz s’étend de
son côté ; au Sud, le géosynclinal béloutche. Sur le Plateau lui-même, la mer
du Zagros s’étend très loin, dépassant vers l’Est Soh, Isfahanet Yezd, la mer
GÉOLOGIE DE L’IRAN
889
béloutche remonte de son côté fort loin vers le Nord, jusqu’à Kandahar et
jusqu’au Nord du Séistan. Le Khorassan lui-même est envahi. Il ne doit plus
rester beaucoup de terres émergées : une partie du centre de la Perse, l’Hin-
dou-Kouch et le Turkestan. Cette transgression de la mer à Orbitolines est
un très grand événement qui n’avait pas encore été mis en valeur.
L’Aptien marque une période de stabilité, voire de régression. La mer
ouralienne évolue d’une singulière façon. La communication avec l’océan
Arctique se ferme et il ne reste plus qu’un golfe Nord-Sud, dépendant de la
Méditerranée.
Relations avec l’océan Indien. — Vers l’extrême Sud, il semble bien qu’il
n’y ait pas de différence sensible de l’étendue des mers au Jurassique supé¬
rieur et au Crétacé inférieur (si ce n’est une régression en Arabie), au long de
la côte est-africaine. Le géosynclinal de Mozambique existe toujours et les
faunes malgaches à Duvalia sont semblables à celles du Béloutchistan,
Le Crétacé moyen et supérieur
L’Albien marque le commencement de la transgression mésocrétacée,
couramment appelée cénomanienne.
Cette transgression s’est étendue au sillon de l’Elbourz, à la zone aralo-
caspienne, aux chaînes turkmènes, à l’Hindou-Kouch et au Pamir, en noyant
le Turkestan et le Ferghana.
On la retrouve dans le Zagros, débordant largement à l’Est, dans la région
d’Isfahan, de Chiraz et de Kirman.
Par contre dans lazoneorientale, au Béloutchistan, la mer paraît bien s’être
retirée dans un sillon plus étroit.
Vers le Sud, les relations sont les mêmes avec le Mozambique, soulignées
par l’existence des mêmes genres, en particulier des Oxytropidoceras connus
de l’Albien du Kurdistan et de Madagascar.
Les mers cénomaniennes etturoniennes devaient être peu profondes. On y
a trouvé en abondance des Rudistes et des Oursins. Au cours du Turonien,
de nouveaux mouvements orogéniques et épirogéniques se produisent. Le
Turonien de ces régions, comme de beaucoup d’autres d’ailleurs, n’est jamais
très franc. Le Turonien inférieur se laisse volontiers rattacher au Cénomanien;
quant au Turonien supérieur, il paraît extrêmement rare, difficile à séparer
du Sénonien.
On a bien l’impression que tout le Crétacé moyen et supérieur est une
période d’instabilité. Le début de la transgression est albien, mais en de nom¬
breuses régions la mer n’arrive qu’au Cénomanien et parfois même au Turo¬
nien, comme c’est le cas en Arménie russo-persane, peut-être au Sénonien
comme au Béloutchistan.
Ces différences pouvant s’observer dans des régions assez voisines, on peut
penser qu’il s’agit d’incidents locaux, mais non sans importance.
390
R. FUR,ON
Fig. 49. — Extension des mers albiennes et cénomaniennes.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
391
• D’une manière générale, le Sénonien inférieur fait suite au Turonien dont
il est même difficile de le séparer, puis il se produit de nouveaux troubles de
caractère extrêmement général. En discordance visible ou non, le géosyn¬
clinal du Zagros voit s’accumuler de 1000 à 2000 mètres de conglomérats,
puis de sables calcaires contenant des Oursins et des Rudistes campaniens,
enfin des Foraminifères et des Rudistes maestrichtiens.
Sur le Plateau central, on retrouve des couches à Rudistes ; au Nord-Est,
dans l’Hindou-Kouch, nous avons vu que le Sénonien est tantôt transgressif
et tantôt régressif. On arrive à distinguer deux mouvements, l’un vers la base
du Campanien souligné par une modification des faciès et une nouvelle trans¬
gression atteignant son maximum au Maestrichtien ; le second, vers la fin du
Crétacé, à ce que nous appelons le Danien, marqué par des plissements et
une régression.
Une des caractéristiques du Crétacé du Plateau iranien est l’instabilité :
transgression barrêmienne, régression, transgression albienne-cénomanienne,
régression, transgression maestrichtienne et nouvelle régression.
A la transgression albienne des régions Nord et Ouest, correspond une
régression dans l’Est et le Sud-Est ; dans l’Afghanistan méridional et le Bé-
loutchistan, le Crétacé moyen est absent et cela correspond à la phase oro¬
génique « pré-Gosau » de l’Himalaya.
Le Crétacé supérieur du Plateau iranien et des régions voisines a deux
autres caractéristiques : les Rudistes et le Volcanisme.
Le plus grand nombre des espèces de Rudistes provient de la Mésogée
occidentale (Alpes, Italie, France et Afrique du Nord), il en existe beaucoup
en Asie Mineure, en Syrie, en Égypte, en Oman et en Afrique orientale, en
Arménie, au Turkestan, au Ferghana, au Pamir et au Thibet. La Perse en
possède un bon nombre, l’Afghanistan et le Béloutchistan sensiblement
moins, l’Inde presque pas en dehors de l’Himalaya. On en retrouve quelques
rares espèces en Malaisie. La rareté des Rudistes aux Indes ne pouvant être
imputée à l’insuffisance des explorations, elle est certaine et constitue une
curiosité encore inexpliquée.
Le volcanisme a pris aux Indes un développement unique au monde don¬
nant naissance aux Trapps du Dekkan : 2.000 mètres de dolérites et de ba¬
saltes s’étalent sur des surfaces immenses, plus de 300.000 kilomètres carrés.
Entre les couches volcaniques, se trouvent des bancs de calcaires lacustres
« intertrappéens », dont les faunes et les flores ont démontré que les érup¬
tions ont débuté au cours du Crétacé moyen et qu’elles ne se sont terminées
qu’au cours de l’Ëocène. Parmi les fossiles les plus importants se trouvent
Physa Prinsepi et Paludina deccanensis qui sont d’âge maestrichtien tout
à fait supérieur. L’Ëocène inférieur est même indiqué par des Algues et ré¬
cemment encore L. Rama Rao (1) en a souligné l’importance.
(1) L. Rama Rao. Recent Discoveries of fossil Aigae in the Oetaceous Rocks of India.
Currenl Science, 1938, v. 7, n° 5.
392
H. FURON
TABLEAU VII. — Évolution du Plateau iranien pendant le secondaire
Arc méridional
Arc septentrional
Zagros Béloutchistan Elbourz
Calcaires à Venericardia Beau- Calcaires à Gryphaea vesieularis
monti,
Calcaires à Hemipneustes.
1000 m. 200 m. 50 m. 100 m.
Transgression
TURONIEN
CÉNOMANIEN
ALBIEN
Marnes à Glo-
bigérines
250 m.
Calcaires à Our¬
sins 250 m.
Continental.
Calcaires
100 m.
Calcaires.
100 m.
Aptien
Régression suivie d’une transgression
Barrêmien
Calcaires à Or-
bitolines
200 m.
Calcaires.
Calcaires à Or-
bitolines.
Conglomérats.
Transgression
Néocomien
| Gypse 200 m.
Schistes 300 m.
j Conglomérats.
Mouvements Kimméridgiens
Jurassique Calcaires, radio- Calcaires à Cé - Calcaires à Cé-
supérieur larites et Ser- phalopodes. phalopodes. Continental,
et moyen pentines
? 500 m. 2.000 m. 1.000 m.
Mouvements et transgression
Jurassique
inf. (Lias).
Calcaires à Cé-
Continental
phalopodes.
1000 m.
500 m.
Mouvements et régression
Calcaires à Cri- Calcaires et cou- Couches volca-
noïdes. ches volcani- niques.
Cale, à Myopho- ques. Calcaires de Ka-
ries. b oui
? G00 m. ? 100 m. ? 100 m. -j- 500 m
GÉOLOGIE DE L’IRAN
398
Ces couches volcaniques se retrouvent en beaucoup d’endroits du Plateau
iranien, sous forme d’éruptions sous-marines ou de venues intrusives. Quan¬
tité de Roches Vertes sont d’âge crétacé ; des venues granitiques, syénitiques
et dioritiques du Béloutchistan, de l’Hindou-Kouch et de la Perse sont du
même âge (1). Le faciès flyseh volcanique prend un développement considé¬
rable dans le Khorassan persan et afghan ainsi qu’au Béloutchistan persan
et britannique. L’origine du matériel sédimentaire qui se dépose pendant le
Crétacé supérieur et l’Ëocène inférieur n’estpas connue et l’Afghanistan cen¬
tral reste une région pratiquement vierge.
Il est évident que cette phase éruptive est aussi importante que celle qui
a suivi les grands mouvements hercyniens ; elle s’étend sur une période beau¬
coup plus longue, toute la durée du Crétacé avec un paroxysme au Crétacé
supérieur, de iInde à la Syrie. Ce paroxysme est certainement contempo¬
rain d’événements considérables qui affectaient cette région du globe. On ai
retrouve les traces loin vers le Sud, à Madagascar, dans les coulées basaltiques
duConiacien et du Campanien. Dans l’Est malgache, c’est l’arrivée de la mer
maestrichtienne, avec une faune toute semblable à celle de Pondichéry
(M. Boule, P. Lemoine).
L’insularité de Madagascar date-t-elle de cette époque ou bien s’agit-il
seulement d’un morcellement de la Lémurie orientale ? On ne peut encore le
préciser.
Le Nummulitique
Aux Indes et au Béloutchistan, les éruptions volcaniques diminuent d’in¬
tensité.
La mer pqléocène est, dans son ensemble, moins étendue que celle du Cré¬
tacé supérieur ; elle est précaire, peu profonde, marquée par les dépôts dits
de Ranikot, et plus particulièrement du Ranikot inférieur. 11 y a même
une petite régression avant la transgression yprésienne (Ranikot supérieur)
à Nurnmulites Nultalli. C’est l’équivalent dans le temps de la mer euro¬
péenne à Nummuliles planulatus. Les travaux de L. M. Davies et des géo¬
logues de l’Anglo-Persian Oil Cy ont montré que cette mer yprésienne à
Nummuliles Nullalli a recouvert la zone méridionale de l’Iran, depuis le
Béloutchistan Nord-Est jusqu’au Zagros inclus, mais qu’elle ne va pas plus
au Nord. On ne lui connaît, du moins actuellement, aucune communication
par cette voie, avec la mer occidentale à Nummuliles planulatus qui recou¬
vrait l’Arabie méridionale (2).
C’est la zone du Zagros qui parait la plusstable, puisque l’Ëocène inférieur
succède au Crétacé supérieur sans discordance visible. Des troubles se sont
fait toutefois sentir, indiqués par quelques bancs de gypse.
( 1 ) Ces venues éruptives ont une grande importance économique, en liaison avec des gise¬
ments de magnétite et de chromite.
(2) J. Cuvillier. Contribution à l’étude du Nummulitique de l’Hadramaout (Arabie mé¬
ridionale). C. H. Ac. Sc., 1938, t. 206, p. 1979.
394
B.. FURON
Vers le Sud-Ouest, la mer s’étendait en Arabie d’Oman où l’Ëocène infé¬
rieur à Styracoleüihys est signalé.
Fig. 50. — Extension de la mer lutétienne en Iran et sur la bordure
de l’océan Indien.
Dans l’Est, au Béloutchistan, l’Ëocène inférieur se terminepar une régres¬
sion et le dépôt d’une couche latéritique.
Au Nord de l’Iran, la mer se retire au Turkestan et dans lazone aralo-cas-
pienne. On n’a pas de preuves certaines de l’existence d’un Ëocène inférieur
marin dans l’Elbourz et l’Hindou-Kouch.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
395
Les transgressions lutétiennes
L’Ëocène moyen débute par une transgression que je date du Lutétien
inférieur : couches de Laki, couches de l’Elbourz méridional à Alveolina sub-
pyrenaica, Nummuliles citacicus et Nummulites irregularis, enfin et surtout
Orbitolites complanalüs. Cette transgression n’atteint que localement l’Afgha¬
nistan oriental, mais d’une manière générale, L. M. ÜAviEsa montré que dans
le Nord-Ouest de l’Inde, les couches de Laki pouvaient manquer, aussi bien
qu’au Waziristan. Ces couches ont pourtant été soigneusement recherchées
puisqu’elles constituent le principal niveau pétrolifère du Pendjab.
A la fin du Lutétien inférieur, on observe une petite régression, parfois mar¬
quée par une légère discordance, puis arrive la grande transgression du Luté¬
tien supérieur avec Dictyoconus, Nummulites gizehensiset Nummulites perfo-
raius.
Ce schéma estvalablepourtoutleplateauiranien. La mer occupe toutlegéo-
synclinal méridional (Zagros et Béloutchistan), le sillon de l’Elbourz et une
grande partie de l’Iran central, puisque j’ai pu démontrer la liaison sur
le terrain du Lutétien du Khorassan et de celui de la côte béloutche, toute
cette zone montrant des dépôts à caractère de flysch volcanique.
Vers l’Est, l’Ëocène moyen s’étendait dans lavalléedel’Indus et allait jus¬
qu’à Bikaneer dans le Rajputana. Vers le Sud-Est, la côte occidentale des
Indes était sensiblement ce qu’elle est aujourd’hui, puisqu’elle est jalonnée
par deux gisements fossilifères:l’un au Nord,près de Surate, l’autre au Sud,
près de Ouilon, dans le Travancore.
Les relations avec la Birmanie ne sont pas bien connues, car certaines
régions himalayennes n’ont pas encore donné de Nummulitique.
L’Ëocène moyen est toutefois connu dans l’Assam, non loin du golfe du
Bengale et plus loin, en Birmanie et aux îles Andaman.
Quant à la côte orientale de l’Inde, elle devait, elle aussi, exister à peu
près sous sa forme actuelle. En 1938, P. Lemoine et moi-même avons dé¬
montré l’existence du Nummulitique à Pondichéry avec Assilina granulosa
et Discocyclina Pratli (Orbiloides papyracea des anciens auteurs), deux élé¬
ments connus en Iran, en Birmanie et à Madagascar (1).
Vers le Nord, la mer du Turkestan existe toujours. Vers l’Ouest, les rela¬
tions avec la Méditerranée sont du plus haut intérêt. Le Lutétien marin est
bien connu en Turquie et en Iraq. Enparticulier,leLutétien inférieur à Orbi¬
tolites complanataus existe aux environs de Mossoul. Les mêmes couches sont
connues au Liban et en Syrie. En Palestine, L. Picard a décrit des faunes
semblables et on arrive ainsi à rejoindre l’Égypte dont le Nummulitique a
été étudié avec précision par J. Cuvillier (2).
(1) R. Furon et P. Lemoine. Sur la présence du Nummulitique à Pondichéry. C. B. Ac.
Sc., 27 déc. 1938, p. 1424.
(2) ). Cuvillier. Révision du Nummulitique égyptien.
390
R. PURON
Au Lutétien inférieur, l’Ëgypte du Nord est recouverte par la mer à Orbi-
ioliles complanatus ; c’est l’ancien Libyen supérieur, l’équivalent des couches
de Laki.
La mer se retire à la fin du Lutétien inférieur ; elle diminue au moins de
profondeur et cet épisode est indiqué par des grès et des conglomérats au
Djebel Mokattam.
Au Lutétien supérieur, la mer revient et dépose les couches à Nummuliles
gizehensis et NummUlites perforalus. Ces dernières couches, dites du Mokat¬
tam inférieur, sont l’équivalent occidental des couches de Khirtar.
C’est un schéma qui se poursuit de l’Égypte à l’Inde et il est extrêmement
intéressant de retrouver partout deux épisodes transgressifs au Lutétien.
Vers le Sud, la mer lutétienne de l’Iran recouvrait l’Arabie orientale (. Num¬
muliles gizehensis), la Somalie italienne et britannique, Sokotora et la bor¬
dure de l’Afrique orientale jusqu’au détroit de Mozambique.
A Madagascar, P. Lemoine a établi l’existence de l’Éocène à Assilines,
Nummulites et Orthophragmines (1).
La fin de l’Ëocène est encore une période troublée. Dans la zone hima-
layenne, on voit la mer diminuer de superficie et de profondeur, puis s’orga¬
niser un régime continental.
Dans l’Elbourz, l’activité volcanique (2), qui avait débuté au Lutétien,
devient générale, et c’est le dépôt sous-marin des 3.000 mètres de « couches
vertes ». Nous approchons du paroxysme orogénique qui se place à la fin
de l’Oligocène. L’Elbourz émerge définitivement ; non pas sous sa forme ac¬
tuelle, mais il ne sera plus affecté que par des mouvements posthumes d’âge
alpin.
Toute la zone centrale de l’Iran est émergée : Afghanistan, Perse centrale.
Le Zagros lui-même est partiellement exondé.
Un peu partout dans l’Est, on connaît des couches continentales de l’ex¬
trême fin de l’Oligocène et de l’Aquitanien avec Dinothérium, Telrabelodon,
Anthracolherium et Crocodiles.
Le Miocène
Dans d’autres régions, l’Aquitanien est le début d’une nouvelle transgres¬
sion ; c’est l’époque de la mer à grandes Lépidocyclines. L’Iran est partielle¬
ment recouvert par un grand golfe qui pénètre de l’Ouest à l’Est jusqu’à
Hérat en Afghanistan. L’Elbourz apparaît comme une longue presqu’île
rattachée à l’Hindou-Kouch et au Pamir, isolant la Caspienne de ce golfe
qui est limitée au Sud par le Zagros naissant.
Loin dans l’Est, le géosynclinal était déjà obstrué au pied de l’Himalaya et
pour la première fois sans doute dans l’histoire de la Terre, la péninsule
indienne adhérait largement au bloc asiatique.
(1) P. Lemoine. Etudes géologiques dans le Nord do Madagascar. Paris, 1906.
(2) Les minerais de cuivre de la Perse sont en grande partie liés au volcanisme tertiaire.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
:I97
La merburdigalienne est indiquée à son tour par des dépôts calcaires à Fla-
bellipeclen burdigalensis , Peclen Tielzei, Peclen lagicus, Sculella lusitanien et
les dernières Lépidocyclines.
La régression helvétienne.
L’Helvétien est régressif, indiqué par des dépôts de marnes versieolores,
gypsifères et salifères, qui ne sont pas sans rappeler le schlier alpin. C’est
l’époque du Fars inférieur du Zagros.
La transgression tortonienne.
Le Tortonien (1) transgressif dépose des calcaires à Ostrea Virleli, O. gin-
gensis, Chlamys senaloria et Echinolampas Jacquernonli. C’est le Fars moyen
du Zagros.
Les mouvements ante-pontiens.
Vers le milieu ou la fin du Tortonien, au Fars supérieur des auteurs an¬
glais, ce qui correspond à mon point de vue à du Sarmatien, des mouvements
orogéniques considérables commencent. Ils sont marqués dans le Zagros par
une discordance et le dépôt de grès et d’argiles rouges. Dans l’Est, au Bélout-
chistan, les nouveaux reliefs voient s’accumuler à leur pied LOO mètres de
sables et de galets contenant une faune particulière : Telrabelodon angusli-
dens, Maslodon perimensis, Dinothérium indicum, etc. Ces dépôts sont loca¬
lement connus sous le nom de Siwaliks inférieurs.
Ils marquent la première étape de la grande surrection de la zone géo-
synclinale. La seconde étape verra le paroxysme, depuis l’Azerbaidjan jus¬
qu’à l’Himalaya. La chaîne du Zagros émerge complètement, se soulève et
se couche vers l’Ouest et le Sud, vers l’énorme dépression qui s’allonge du
nord de l’Iraq jusqu’au détroit d’Ormuz, dépression qui deviendra la
Mésopotamie et le golfe Persique.
Le Pontien.
Cette fois encore, une érosion intense commence la destruction de la nou¬
velle chaîne.
Des centaines de mètres, des milliers de mètres de sables, de graviers, de
cailloutis s’accumulent en bordure des nouvelles chaînes. Les chaînes les plus
anciennes ont vu leur relief rajeuni par des mouvements épirogéniques : El-
bourz, Hindou-Kouch, Pamir.
Ces nouveaux conglomérats ont une extension quasi universelle, ce sont
les Siwaliks moyens de l’Inde et du Béloutchistan, les Bakhtyaris du Zagros.
Ils contiennent une faune de Vertébrés devenue classique et d’âge pontien,
avec Ilipparion gracile, Maslodon longiroslris, Mastodon Pentelici, Hellado-
Iherium Gaudryi, Palaeorgx Pallasi, Mesopilhecus Penlelici, etc., faune con-
(1) Ce mouvement transgressif commence peut-être avant la lin de l’Helvétien.
898
R. FURON
nue depuis l’Inde jusqu’à la Grèce, en passant par le Béloutchislan, la Perse,
l’Iraq, la Syrie et la Turquie.
Dans leur ensemble, les nouvelles chaînes ont été poussées vers le Sud,
mais elles ont été pour ainsi dire freinées dans leur mouvement par le vieil
édifice hercynien Nord-Sud, par l’axe ouralo-irano-malgache. Il en est ré¬
sulté des rebroussements très visibles. Dans l’arc Nord, on voit un tel rebrous¬
sement à l’Est de la Caspienne entre 52° et 56° de longitude Est. Dans cette
région, les sédiments plastiques du Néogène ont été littéralement déversés
à l’Est et à l’Ouest de l’axe hercynien.
Dans l’arc méridional, on retrouve le passage de l’axe hercynien au Nord
de Bander Abbas, provoquant ici encore un rebroussement vers le Nord, entre
45° et ü6° de longitude Est.
C’est au cours du Pontien que les reliefs actuels ont acquis leur structure
essentielle, mais d’autres mouvements plio-pléistocènes interviendront en¬
core pour les modifier.
C’est à ce moment que nous les prendrons pour examiner rapidement les
grands traits de leur structure. Il ne peut s’agir encore que des grandes
lignes, car les connaissances stratigraphiques et même géographqiues sont
encore trop incertaines pour que l’on puisse entrer sans danger dans le détail,
en dehors de quelques régions très étudiées.
Arc septentrional.
A mon point de vue, le Pamir et l’Hindou-Kouch constituent un seul
massif et une même unité structurale. On peut y reconnaître les mêmes élé¬
ments stratigraphiques en continuité sur le terrain. Il s’agit d’un ensemble de
hauts-reliefs, allongés Sud-Ouest-Nord-Est, sur 600 kilomètres, depuis le
col d’Ak-Robat jusqu’au Vakhan, avec des sommets atteignant et dépas¬
sant 7.000 mètres.
L’ensemble représente un grand anticlinorium entièrement couché vers le
Sud dont la couverture primaire, secondaire, voire tertiaire, a été érodée
dans toute la partie centrale. La zone axiale, cristalline et cristallophyl-
lienne, s’ennoie aux deux extrémités. Tout à fait à l’Ouest, en Afghanistan,
c’est le col d’Ak-Robat (3.600 m.) ; tout à fait à l’Est, dans le Pamir, ce sont
les cols de la région de Goumbaz (4.000 m.).
L’Hindou-Kouch, proprement dit, a été poussé et déversé vers le Sud et
constitue une chaîne dissymétrique. Au Nord, il s’agit d’ondulations et de
plis légèrement couchés intéressant surtout la couverture crétacée. Au Sud,
au contraire, il s’agit de mouvements plus précipités se terminant sur une
grande cassure longitudinale qui se trouve entre l’Hindou-Kouch et le Pré¬
cambrien du Kaboulistan.
La zone axiale est entièrement ceinturée par une auréole de Primaire marin.
La zone Nord, depuis Ak-Robat jusqu’à la haute vallée de l’Alichour, montre
du Trias volcanique, du Jurassique à plantes et du Crétacé inférieur conti-
400
R. PURON
nental. Le Crétacé moyen transgressif et l’Ëocène interviennent surtout entre
le Sourkh -Ab et l’Amou-Daria.
Les mouvements antépontiens se sont fait sentir ; ils paraissent surtout
de nature épirogénique. Le rajeunissement du relief provoque l'organisa-
Fig. 52. — Coupe à travers l’Hindou-Kouch (1. Cristallin et Primaire. 2. Secondaire.
3. Tertiaire).
tion de bassins lacustres qui vont se trouver comblés par les matériaux arra¬
chés par les rivières aux nouveaux reliefs.
A l’Ouest, en Perse, l’Elbourz est une chaîne en éventail, dissymétrique.
La zone centrale, mieux connue, a « l’allure, dit A. Rivière (375), d’un
vaste synclinorium et présente une tectonique à déversement variable en
grandeur et en direction ».
La zone méridionale est formée de plis déversés au Sud. Rivière y a dis¬
tingué des unités de second ordre, des écailles, des chevauchements et des
contacts anormaux. Dans le Nord, Goluriatnikov montre une série de plis
déversés au Nord.
Fig. 53. — Coupe à travers PElbourz (I. Primaire. 2. Secondaire. 3. Tertiaire).
On trouve inclus dans les plis de la haute chaîne : le Primaire marin, tout
le Secondaire et le Nummulitique au complet. Quant au Néogène marin il
n’existe qu’en bordure de la chaîne, tant au Sud qu’au Nord.
Les conglomérats pontiens et post-pontiens se sont accumulés partout,
mais surtout en bordure de la chaîne.
Plus à l’Ouest, en Transcaucasie méridionale, P. Bonnet a signalé l’exis¬
tence d’une série d’accidents poussés vers le Sud.
MÉMOIRES DU MUSÉUM, TOME VII.
PL. VIII
Vigicr et Bruni sien. lmp.
GÉOLOGIE DU PLATEAU IRANIEN
1. Erosion des marnes gypsifères de l'Aquitanien, entre Kichlak et Eiwanlkei
Au premier plan : une mare et des dépôts actuels de gypse (bordure nord
du désert, au pied de l’Elbourz méridional).
2. Le Dasht-i-Kévir entre Yezd et Tabass.
3. Le Néogène de la vallée du Sourkh-Ab (Hlndou-Kouch Nord).
4. Les -Siwaliks" au nord-est de Quetta (Béloutchistan).
5. Les passes de Khyber sur les confins indo-afghans.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
401
Arc méridional.
L’arc méridional, la chaîne du Zagros, a été déversé de l’Est vers l’Ouest.
Vers le Sud, les mouvements sont dirigés du Nord vers le Sud, puis de l’Ouest
vers l’Est, au Béloutchistan oriental.
Ceci implique des remarques.
Tout d’abord le fait de la permanence du géosynclinal sud-iranien jusqu’au
Vindobonien contredit manifestement les théories d’ARGAND et de Wege¬
ner qui imaginent la dérive des socles. Si ces socles avaient dérivé, même
depuis le Crétacé, le géosynclinal eût été mis à sec beaucoup plus tôt.
En fait, on voit de grandes épaisseurs de Crétacé, un Ëocène inférieur, un
Ëocène moyen transgressif, un Ëocène supérieur calcaire, un Oligocène ré¬
gressif et gypsifère, un Miocène inférieur transgressif, un Miocène moyen
salifère. C’est ici que se placent les grands mouvements orogéniques qui vont
donner naissance à cette longue ligne de reliefs qui s’étend du Kurdistan à
THimalaya.
Le mouvement s’amorce visiblement avant le Sarmatien, puis un mouve¬
ment majeur, antépontien, soulève le tout et le repousse en direction du socle
gondwanien. Les 2.000 mètres de conglomérats pontiens sont les témoins de
cette orogénie, surtout accumulés dans l’Ouest du Zagros, au Sud du Mekran
et de l’Himalaya.
De nouveaux mouvements post-pontiens préparent l’accumulation de
nouveaux cailloutis, pliocènes et pléistocènes.’
Il faut toujours parler du sens des déversements et cela fait employer cons¬
tamment le mot de « poussées » qui évoque de véritables efforts tangentiels.
Rien ne prouve que ceux-ci existent vraiment. Dans le cas présent, je
pense qu’il y a d’abord des mouvements verticaux provoquant la surrection
des couches plissées dans le géosynclinal, puis d’autres mouvements verti¬
caux, positifs, du Plateau central. Le contenu du géosynclinal s’est donc
trouvé déversé à l’extérieur du Plateau, plus bas que le Plateau lui-même.
Des cas inverses se voient au Béloutchistan autour de cuvettes subsidentes.
Les formations de cailloutispontiens et pliocènes se trouvent parfois déversées
vers l’intérieur.
D’autre part, la distance actuelle entre les deux socles, angarien et gond-
mémoires du muséum, nouvelle série, tome Vil. 26
402
R. FURON
TABLEAU VIII. — Evolution du plateau iranien pendant le tertiaire
Arc méridional
Arc septentrional
Zagros
Béloutchistan
Elbourz
Hindou-Kouch
Pléistocène
Pliocène
Siwaliks supé -
rieurs, non
fossifères
Couches à Siva-
pithèques et
Equus .
Conglomérats
Conglomérats
.."..1.000 m.
Discordance. Mouvements post-pontiens
Pontien
Siwaliks moyens
à Hipparion.
2.500 m.
Siwaliks à Hip¬
parion.
500 m.
Conglomérats.
+ 100 m.
Conglomérats.
+ 100 m.
Discordance. Mouvements anté-pontiens
SARMATIEN
Argiles et grès.
100 m.
C. à Tetrabelo-
don. 500 m.
Argiles etsables.
Discordance et régression
Vindobonien
Burdigai.ien
Aquitanien
Oligocène
Eocène sup.
Calcaires 100 m.
Argiles salifères.
800 m.
Calcaires à Lé-
pid o cyclines
et Pectinidés.
.300 m.
Gypse + 500 m.
Calcaires à Num-
mulites + 200
Couches de Hin-
glaj 1000 m.
Couches de Gaj
.100 m.
Couches de Nari
_1.000 m.
Couches volca¬
niques et gyp¬
se. 2.000 m.
Mouvement post-lutétiens
Eocène
moyen
Calcaires à
Nummulites
700 m.
C. de Khirtar.
1.000 m.
C. de Laki
200 ni.
C. à N. perfora-
tus 150 m.
C. à Alvéolines
Transgression
Eocène
inférieur.
C. à Nummulites
Nuttalli
C. de Ranikot
500 ni.
?
Total, pendant le
Tertiaire :
Total général :
+ 5.000 m.
+ 9.900 m.
5.800 ni.
+ 9.400 m.
2.350 m.
+ 4.700 m.
250 m.
2.350 m.
GÉOLOGIE DE L’IRAN
403
wanien, celui-ci représenté par l’Arabie, ne permet pas de déplier les plis du
Zagros, comme des tectoniciens ont voulu le faire dans le Jura et les Alpes.
Cela me parait d’autant plus inutile que, pour moi, le contenu des géosyn¬
clinaux est déjà fortement plissé avant le paroxysme orogénique qui pro¬
voque l’émersion et la surrection d’une chaîne, qu’ensuite, les socles étant
stables, les sédiments enfouis à 4.000 mètres de profondeur se retrouvent à
4.000 mètres d’altitude sans qu’il y ait besoin d’imaginer des déplacements
horizontaux importants.
Le bassin aralo-caspien.
Au Nord de l’Elbourz, le bassin aralo-caspien évolue rapidement après
le Sahélien-Pontien.
Le Sud de la Caspienne émerge au Dacien et se transforme en un lac auto¬
nome où vont se déposer certaines des couches pétrolifères de Bakou. La
mer d’Aral conserve son indépendance et toute une faune de Mactres ( Mac-
Ira caspia, etc.) de type sarmatien.
A l’Aktchaghylien, les choses reprennent leur aspect antérieur et les faunes
de la mer d’Aral envahissent à nouveau la mer Caspienne remontant jus¬
qu’à Kazan.
A l’Apchéronien ou Levantin, la communication s’établit avec la mer Noire.
A la fin de cette période, de nouveaux mouvements épirogéniques se pro-
404
R. FURON
duisent dans l’EIbourz ; les dernières couches pétrolifères se déposent dans
tout le Sud de la Caspienne.
Depuis la fin du Pliocène jusqu’à maintenant, il s’est encore passé bien
des événements.
Il faut rappeler en particulier l’épisode Würm-Vistule delà grande glacia¬
tion quaternaire. Les glaciers Scandinaves s’étalaient très loin vers le Sud et
dépassaient le seuil qui sépare la Baltique du bassin de la Volga. Dès lors,
Fig. 56. — Extension de la mer aralo-easpienne (au Plio-Pléistocène en grisé).
l’eau de fusion des glaciers Scandinaves s’écoulait dans le bassin aralo-cas-
pien.
Les falaises qui bordaient la grande Caspienne se retrouvent de place en
place au pied de l’Elbourz. J. de Morgan en a signalé un élément, près d’A-
chraf au Mazandéran. J’en ai observé un autre, au Guilan, dans la vallée de
Séfid Roud, vers Séfid Ketala. Cet élément de plage ancienne se raccorde
avec les terrasses anciennes du fleuve. La partie supérieure est constituée
par 6 mètres de loess, de limon jaune et rouge à Hélix.
Dans l’ensemble le niveau des eaux du bassin aralo-caspien a baissé, mais
la baisse n’a pas été régulière. Depuis l’époque historique, le niveau de la
Caspienne serait descendu à — 56 mètres au vn e siècle avant de remonter
GÉOLOGIE DE L’IRAN
405
irrégulièrement jusqu’à son niveau actuel : 26 mètres au-dessous du
niveau des océans.
Quant aux grands fleuves qui alimentent le bassin aralo-caspien, ils ont subi
des fortunes diverses.
L’Amou-Daria, qui prend ses sources dans le Pamir, traverse les plaines
tertiaires et quaternaires du Turkestan et va se jeter dans la mer d’Aral.
Les affluents ordinaires de la rive gauche de l’Amou-Daria, vers la fin du
Pliocène, ne prenaient pas leurs sources dans l’Hindou-Kouch proprement
dit, dont ils étaient séparés par une série d’anticlinaux parallèles. Peu à peu,
l’érosion régressive produisit tous ses effets. Le Koundouz réussit à user, à
couper, par des cluses, les anticlinaux d’Oumakaï et du Kara Kotal, profitant
ici d’une flexure axiale. La capture fut considérable et vida, au profit de l’A-
mou Daria, les bassins fermés néogènes du Sourkh-Ab à l’Ouest, et de l’Inder-
Ab à l’Est.
Plus loin vers l’Ouest, le Heri Roud qui draine les eaux du Séfid Koh et des
Paropamisades, coulant de l’Est à l’Ouest sur des centaines de kilomètres
jusqu’à Hérat, a été capturé par le Tedjend qui va se perdre actuellement
dans le désert, à l’Ouest de Merv.
Beaucoup plus à l’Ouest encore, le Séfid Roud qui se jette dans la Cas¬
pienne, près de Recht, a fait pis encore. Par une série de captures, dont celle
du Kizil Ouzan, il a complètement traversé les chaînesde l’Elbourz et prend
maintenant ses sources dans le Zagros presque au pied de l’Elwend !
Le Séistan.
Le bassin fermé du Séistan a été étudié par Huntington [ 184 ] et par le
colonel Sir Henry Mac Mahpn (février 1903 à mars 1905).
La dépression (18.000 kmq.de surface)est encadrée de montagneset tapis¬
sée de dépôts fluvio-lacustres miocènes, pliocènes et quaternaires. Ces dépôts,
même les plus récents, ne sont pas tout à fait horizontaux, mais relevés sur
les bords de la cuvette. Les mouvements orogéniques y sont pour quelque
chose, mais il ne faut pas négliger non plus la pente ordinairedetousles «pied-
mont gravels ».
La partie basse est occupée par des lacs [les hamouns) dont le principal est
le Hamoun-i-Hilmend qui reçoit les eaux du Hilmend et du Farah Roud.
Les hamouns sont bordés de hautes falaises, surtout au Nordetàl’Est, at¬
teignant 75 mètres. Il en est de même des rivières arrivant à la dépression.
La question a été souvent posée de savoir comment les lacs peuvent se trou¬
ver cernés de falaises, assez lointaines il est vrai, au lieu de se trouver com¬
blés par les apports fluviatiles.
Effectivement les fleuves apportent des matériaux. Le Hilmend apporte
8 grammes de limon par litre en période de crue ; or, il débite ordinairement
60 mètres cubes à l’étiage, 1.500 mètres cubes en crue et le débit a même
atteint 20.000 mètres cubes lors des grandes inondations de 1885.
D’autrepart, parmi les sources d’érosionpossible, il a été fait état des grands
40 (J
R. FURON
vents qui régnent dans la région, entre autres le vent de 120 jours qui com¬
mence vers fin mai et souffle du Nord-Nord-Ouest. Ce sont là des vents ca¬
pables d’emporter autant et plus de limon que les fleuves n’en peuvent dé¬
poser en temps normal. Mac Mahon cite des vitessesde 200 kilomètres-heure.
J’ai eu l’occasion de traverser le Kliorassan en juin 1937, pendant la période
de vent. Pendant des heures, il est impossible de se diriger, l’air devient irres-
GÉOLOGIE DE L’IRAN 407
pirable, chargé de limon et de sable; des trombes énormes arrachent le sable
et l’emportent au loin.
Personne n’a jamais apporté de chiffres concernant les déplacements de
matériaux par le vent dans ces régions, mais je crois qu’il faut en tenir compte.
La falaise elle-même est due à l’érosion régressive des torrents temporaires
qui alimentent le Hamoun. Le schéma ci-dessous permettrait d’expliquer,
me semble-t-il, cette morphologie, en tenant compte de la grande baisse des
eaux depuis la période humide du Quaternaire.
Enfin, la topographie a quelque peu varié au cours des époques historiques.
On reconnaît un ancien delta dans la dépression de Lallu Nawar et les ruines
de Ramroud seraient les restes de l’Agriaspa d’Alexandre. Un autre delta,
moins ancien, situé au Sud du Hamoun, indique un déversement complet
du Hilmend dans la cuvette du Gaud-i-Zirreh.
Le delta actuel est le troisième que l’on puisse reconnaître. Cette région,
très prospère dans l’antiquité, a été réduite à l’état de désert par les Musul¬
mans et les Mongols. Ici, comme en beaucoup d’endroits, les destructions de
l’homme ont fait beaucoup plus de mal que l’aggravation possible des condi¬
tions climatiques.
Le Séistan est le plus important des bassins fermés à caractère désertique,
mais il en existe beaucoup d’autres tant au Béloutchistan que dans la Perse
centrale. Ils ont été cités dans l’introduction géographique et ne méritent pas
de descriptions spéciales. Notons seulement qu’il s’agit généralement de
déserts salés dont les dépressions sont occupées par des marécages salés.
Gypse et sel proviennent du lessivage des zones néogènes des régions élevées
et constituent de place en place des croûtes. L’eau potable est évidemment
rare.
Le sol de ces déserts mérite cependant une mention. Au Sahara, les sables,
408
R. FURON
provenant de l’érosion des grès primaires, remaniés par le vent ont fini par
s’accumuler sous la forme de dunes, pouvant s’étendre sur des surfaces
notables.
Dans le désert béloutche, j’ai vu des massifs dunaires, les sables prove¬
nant surtout de la destruction des « Siwaliks ».
Dans la Perse centrale, au contraire, les dunes sont rares. Ceci tient à ce
que la plus grande partie des reliefs dominants se trouve être marno-cal-
caire. L’usure du relief ne donne alors que des limons argileux. On ne trouve
de gros amas dunaires qu’à proximité des reliefs gréseux entre Yezd et Tabass
par exemple.
Parmi les lacs dont la superficie a visiblement diminué depuis le Pliocène,
nous rappellerons encore le lac d’Ourmiah (dit Rezaieh), dont on retrouve
les hautes terrasses à 400 mètres au-dessus de son niveau actuel.
Mésopotamie et golfe Persique.
Le golfe Persique remontait beaucoup plus loin qu’il ne le fait mainte¬
nant.
Actuellement le Tigre et l’Euphrate se rejoignent à Kornah pour former
le Ghatt-el-Arab. Autrefois les deux fleuves étaient complètement indépen¬
dants et leurs deux embouchures étaient distantes de 80 kilomètres environ.
Le Karoun persan se jetait directement dans la mer et les flottes pouvaient
remonter aux environs de Suse.
Loftus, Rawlinson, Kiepert, Pilgrtm ont étudié la question du point
de vue géologique et archéologique. R apparaît que les progrès de l’allu-
vionnement sont de l’ordre de 2 à 3.000 mètres par siècle.
Il y a 5.000 ans, la mer était à 200 kilomètres au Nord de la côte actuelle.
D’un autre côté, les archéologues ont démontré que la vallée de l’Euphrate
a été remblayée de 25 mètres depuis 7.000 ans environ. Le golfe Persique
tout entier n’ayant que quelques dizaines de mètres de profondeur sur
800 kilomètres de longueur, sera ainsi peu à peu comblé par les apports des
fleuves de la Mésopotamie.
Quant aux paysages du haut plateau, situés dans la grande bande déser¬
tique qui s’allonge du Sahara au désert de Gobi, ils achèvent de mourir dou¬
cement, secoués de frissons séismiques, privés d’eau et brûlés de soleil, nour¬
rissant comme à regret dix habitants au kilomètre carré.
INDEX
A
Abbas Abad (Eocène), 325.
Abiek (Jurassique), 250.
Al Buza (Cambrien), 221.
Anar Darra (Crétacé), 287.
Anarek (Crétacé), 284.
Aralo-Caspienne (Mer), 347.
Araxe, 223.
Asalou (Crétacé), 294.
Asmari (série d’), 352
Axe ouralo-irano-malgache, 380.
Azerbaïdjan, 223, 229, 248, 278, 319, 345.
B
Bakhtyaris (série des), 353.
Bakhtyaris (pays des), 292.
Balula (Ouralo permien), 324.
Bam (Crétacé), 284.
Bamian (Permo-Carbonifère), 234; (Trias).
255.
Bander-Abbas (Cambrien), 221 : (Silurien),
223 ; (Dévonien), 227 ; (Crétacé), 295 ;
Nummulitique, 333 ; (Néogène), 363.
Béloutchistan, 241, 262, 295, 309, 362.
Binaloud, 219.
Bivarzine (Carbonifère), 230.
Bolan (Col de) (Nummulitique), 329.
C
Cambrien, 221, 372.
Carbonifère, 229.
Chahil (Lias), 255.
Chal-i-Shah (Carbonifère), 239.
Chiraz (Crétacé), 294.
Chirin Bala (Oligo-miocène), 357.
Cutcb (Jurassique du), 265.
D
Dasht-i-Gul (Nummulitique), 334.
Dasht-i-Kevir (Carbonifère), 236.
Dasht-i-Lout, 186, 236.
Dasht-i-Séfid (Crétacé), 282.
Demavend (Jurassique), 254 ; (Nummuli¬
tique), 321.
Dendan-Chikan (Crétacé), 282.
Dévonien, 223.
Djoulfa (Carbonifère), 229 ; (Crétacé, 219) ;
(Trias), 284.
Dorun (Dévonien), 225.
Dou-Ab-i-Mekhzarin (Lias), 255.
E
Eiwanikei (Oligo-miocène), 358.
Elbourz, 224, 230, 249, 279, 320, 348.
Elbourz (Mt) (Eocène), 321.
Elwend, 220.
F
Parah (Crétacé), 287.
Pars (série du), 353.
Fars (Crétacé), 293.
Faune dévonienne, 228 ; carbonifère, 242 ;
permienne, 247 ; triasique, 272 ; basi¬
que, 273 ; jurassique supérieure, 276 ;
crétacée, 299 ; nummulitique, 338 ; mio¬
cène, 369.
Firouz Koh (Carbonifère), 231 ; (Juras¬
sique), 253 ; (Eocène), 321.
Fort Sandeman (Trias), 263.
Furgun (Silurien), 223.
Fusulinidés (Couches à), 232,235,238, 239,
241.
G
Gahkum (Carbonifère), 239.
Gaj (Miocène), 362.
Gardez (Eocène), 316.
Ghaïn (Crétacé), 286.
Ghorbend (Néogène et Quaternaire), 350.
Golfe Persique (Pliocène), 363.
Gor Séfid (Eocène), 321.
Gwadar (Pliocène), 363.
410
INDEX
H
Hablé Roud (Carbonifère), 2:12 ; Hablé
Roud (Eocène), 321 ; (Néogène), 348.
Hamadan (Socle), 220; (Oligo-Miocène),
355.
Hanna (Nummulitique), 318.
Héras (Jurassique), 252 ; (Crétacé), 279.
Hérat (Carbonifère), 233 ; (Crétacé),280 :
( Eocène), 327.
Hersin (Jurassique), 261.
Hindu Bagh (Eocène). 316.
Hindou-Kouch, 218, 226, 233, 255, 282,
327, 350.
Hormak (Eocène), 286.
Hydrographie, 184.
ï
Iman Hassan (Eocène), 330.
Iman Zadeh Hachim (Dévonien), 225 ;
(Carbonifère), 321.
Inde péninsulaire (Gondwana), 267.
Irij (Cambrien), 221.
Isfalian (Crétacé), 283, 293.
J
Jurassique. 248.
K
Kaboul (Précambrien), 218 ; (Permo-Car¬
bonifère), 236 ; (Trias), 255 ; (Néogène),
351.
Kaohan (Néogène), 359, 360.
Kafir Kala (Oligo-Miocène), 360.
Kahmard (Eocène), 328.
Kamerabad (Jurassique), 262.
Kandahar (Crétacé), 287.
Karoun (Cambrien), 221.
Kataghan (Crétacé), 282.
Kazvin (Oligo-Miocène), 355.
Kélat-i-Naderi (Crétacé), 280.
Kelmars (Col de) (Permo-Carbonifère),236.
Kéredj (Dévonien), 225 ; Kéredj (Crétacé),
279.
Khimir (Crétacé), 295 ; (Oligocène), 333.
Khirtar (Eocène), 314.
Khoï (Oligocène), 320.
Khojak (Nummulitique), 318.
Khorassan. 219, 226, 254, 280, 325, 360.
Khorramabad (Crétacé), 291.
Kirman (Cambrien), 221 ; (Dévonien,227) ;
(Trias-Jurassique), 257 ; (Crétacé), 284.
Kirmanshah (Trias), 259; (Jurassique),
259 ; (Eocène), 330.
Kitan (Carbonifère), 231.
Koh-i-Asmari (Tertiaire), 333.
Koh-i-Badamu (Dévonien), 227 ; (Trias),
257 ; (Jurassique), 258.
Koh-i-Baba (Dévonien), 226 ; (Carboni¬
fère), 236.
Koh-i-Banan (Cambrien), 221.
Koh-i-Gouguerd (Oligo-Miocène),359, 360.
Koh-i-Kartang (Crétacé). 293.
Koh-i-Khan Mashin (Crétacé), 289.
Koh-i-Malek Siah (Crétacé-Eocène), 286.
Koh-i-Namak (Cambrien), 221.
Koh-i-Narahu (Crétacé), 286.
Koh-i-Papi (Crétacé,) 291.
Kopet-Dagh (Crétacé), 280.
Kurdistan (Crétacé), 289 ; (Néogène), 354.
Kushk Koh (Eocène). 334.
L
Laki (Eocène), 314.
Lépidocvclines (Couches à), 343.
Lias à charbon, 256.
Louristan (Crétacé), 290 ; (Eocène), 331.
M
Macrocephali l'’S (Couches à), 263.
Maraghé (Pontien), 346.
Mari (Mts) (Crétacé), 298 ; (Jurassique),
263.
Mashk (Carbonifère), 241.
Masjid-i-Suleiman (Néogène), 353.
Mazar Drik (Jurassique), 264.
Meched (Précambrien), 219 ; (Dévonien),
226; (Trias-Jurassique), 254 ; (Néogène),
360.
Mendjil (Dévonien), 224 : (Oligocène). 324.
Meting (Eocène), 315.
Miliolithes, 364.
Miocène. 341.
Mirjaveh (Eocène), 329.
Mobarecke (Dévonien), 225.
Mourtchakar (Crétacé), 283.
Mouzran (Col de) (Nummulitique), 326.
N
Nari (Nummulitique). 317.
Néogène. 341.
Nichapour (Nummulitique), 325.
Nummulitique, 309.
INDEX
411
0
Orographie, 183.
Ourmiah (Carbonifère), 229 ; (Néogène),
345 ; (Jurassique), 248.
P
Paléogéographie, 372.
Permien, 229.
Persépolis (Crétacé), 294.
Plateau central, 227, 236, 257, 283, 329,
354.
Poissons (Dévonien), 224; (Nummulitique),
331 ; (Néogène), 345, 346.
Posidonomya alpina (Couches à), 249, 261.
Poucht-i-Koh (Crétacé), 290.
Précipitations atmosphériques, 187.
Q
Qaradagh (Crétacé), 278.
Qoum (Néogène), 355.
Quetta (Carbonifère), 241 : (Nummuli¬
tique, 318.
R
Radiolarites, 249, 261.
Ranikot (Eocène), 309.
Ras Bustaneh (Cambrien), 221.
Reldichia chinensis (Couches à), 221.
Régions naturelles, 188.
Roudbar (Carbonifère), 230, 232 ; (Lias),
250.
S
Sabzawar (Crétacé), 287.
Saïghan (Lias), 255 ; (Crétacé), 282.
Séistan, 286.
Semnan ( Dévonien), 225; ( Jurassique), 253 ;
(Nummulitique), 323 ; (Néogène), 358.
Sepaieh (Trias, Jurassique), 249.
Shah Abdul Azim (Carbonifère). 232, 233 ;
(Trias), 249 ; (Jurassique), 249 ; (Créta¬
cé), 279.
Shah Koh (Dévonien), 226.
Shah Mirzad (Jurassique), 253.
Shah Roud (Carbonifère), 232.
Shemshack (Carbonifère), 231.
Silurien, 223.
Sind (Nummulitique). 309.
Sind (Néogène continental), 364.
Siwaliks, 365.
Socle cristallin, 218.
Soh (Dévonien), 227 ; (Crétacé), 293 ;
(Eocène), 331.
Sourkh-Ab (Néogène), 351.
Suleimanieh (Crétacé), 290.
T
Tabass (Permo-Carbonifère). 238.
Tabriz (Permien), 229.
'Cash Kourgan (Eocène), 328.
Tazire (Jurassique), 254.
Tchagaï (Monts) (Crétacé), 288.
Tchalouss (Carbonifère), 230, 232.
Tchechmé-i-Choutouran (Lias), 259.
Téhéran (Dévonien), 224; (Carbonifère),
232 ; (Trias, Jurassique), 249 ; (Crétacé),
279 ; (Aquitanien), 355.
Températures, 187.
Torok, 219.
Tourbat-i-Haidari (Eocène), 327.
Tourgabé, 220.
Trias. 248.
Turkestan (Nummulitique). 327.
Tuwa (Dévonien), 226.
UZ
Yezd (Crétacé), 284.
Zagros, 227, 239, 259, 289. 330, 352.
Zahedan (Crétac-é-Eocène), 287.
Zard Koh (Crétacé), 293.
Zeminabad, 220.
Zulfikar (Crétacé), 281.
Zunuz (Dévonien), 223; (Jurassique), 248 ;
(Crétacé), 278 ; (Nummulitique), 319.
TABLE DES FIGURES
Pages
Fig. 1. — Itinéraires de l’auteur, régions antérieurement cartographiées et docu¬
ments utilisés . 180
Fig. 2. — Coupe dans la vallée du Ghorbend (Afghanistan). 219
Fig. 3. —- Le socle ancien au sud de Meched (Khorassan). 220
Fig. 4. — Coupe aux environs de Tourgabé, au N de Meched (Khorassan). 220
Fig. 5. — Les gisements fossilifères cambriens et siluriens de la Perse occidentale. 222
Fig. 6. — Les gisements fossilifères dévoniens du Plateau iranien. 225
Fig. 7. — Les gisements fossilifères de l’Ouralo-permien de la région de Bamian
(Afghanistan) . 234
Fig. 8. — Coupe à travers les calcaires ouralo-permiens des gorges de Baloula (Af¬
ghanistan) . 235
Fig. 9. — Les gisements à Fusulinidés du Désert central. Itinéraire 1930. 237
Fig. 10. —- Coupe aux environs de Tchechmé Hadji Assad. 238
Fig. 11. — Coupe dans la région d’Abiek (Elbourz méridional). 251
Fig. 12. — Coupe aux environs de Kirman (d’après O. Tipper). 258
Fig. 13. — Positions relatives des Radiolarites et des Serpentines dans le Zagros.. 260
Fig. 14. — Les gîtes fossilifères du Lias et les Radiolarites. 203
Fig. 15.— Carte du Cutch. 200
Fig. 16. — Les gîtes fossilifères crétacés du Khorassan. 281
Fig. 17. — Itinéraire vers les confins afghano-béloutches (1937). 285
Fig. 18. — Coupe théorique des couches de l’Afghanistan central. 288
Fig. 19. —- Le Kurdistan. 289
Fig. 20. — Le Louristan. 290
Fig. 21. — Le pays Bakhtyari. 292
Fig. 22. — Le Fars. 294
Fig. 23. — Région de Bander Abbas. 295
Fig. 24. — Les gîtes nummulitiques du Béloutchistan et du Sind. 310
Fig. 25. — Coupe théorique du Nummulitique du Béloutchistan et du Sind. 312
Fig. 26. —- Coupe du Tertiaire aux environs de Hindu-Bagh (Béloutchistan) (d’a¬
près le Lieutenant-Colonel Davies)( 1. Roches basiqueset serpentines. 2. Calcaire
rouge ou Nummulites atacicus. 3. Argiles à lignites. 4. Calcaire à Foraminifères.
5. Calcaire à Huîtres. 6. Calcaire à Pyrazus . 317
Fig. 27. — Coupe NE-SW de la vallée de Hanna, à l’Est de Quetta (Béloutchistan).
(1. Calcaires secondaires. 2. Calcaires de l’Eocène supérieur et de l’Oligocène à
Discocijclina Pratti et Nummulites. C. Conglomérats des Siwaliks. 4. Alluvions. 318
Fig. 28. — Les calcaires lutétiens à Alvéolines du Hablé Roud (Elbourz méridio¬
nal). (1. Calcaires lutétiens. 2. Grès, marnes et tufs volcaniques). 322
Fig. 29. — L’Eocène des environs de Gor Séfid (Elbourz méridional) (1, 3, 5. Marnes;
2. Calcaire nummulitique. 4. Conglomérat. 5. Calcaire à Oslrea gigantica . 322
Fig. 30. —■ Coupe du Nummulitique aux environs de Semnan. 323
Fig. 31. — Les gisements lutétiens entre le Démavend et Semnan. 324
414
R. FURON
Pages
Fig. 32. — Les calcaires nummulitiques il’Abbas Abat!, au contact des roches volca¬
niques . 325
Fig. 33. — Coupe dans la région de Nichapour. 326
Fig. 34. —- Le Nummulitique du Khorassan Nord.. 326
Fig. 35. — Les faciès de l’Oligocène. 332
Fig. 36. —- Itinéraire de Biné Koh à Firouz Koh. 349
Fig. 37. —• Le Pontien et le Pliocène discordant de la vallée du Ghorbend. 350
Fig. 38. — Coupe dans la vallée du Sourkh-Ab. ( 1. Crétacé-Eocène. 2. Marnes rouges
vindoboniennes. 3. Conglomérat pontien. 4. Conglomérat pliocène). 351
Fig. 39. — Coupe de la colline de Siah Sang (env. de Kaboul). (1. Précambrien. 2.
Marnes lacustres vindoboniennes. C. Conglomérats pontiens. 34. Conglomérats
pliocènes. 4. Calcaire lacustre). 351
Fig. 40. — Le Néogène du Kurdistan (1. Grès vert nummulitique à Oursins. 2.
Conglomérat. 3. Calcaire aquitanien à Polypiers et Eulepidina dilatala ). 353
Fig. 41. — Coupe du Néogène de la région de Qoum (Perse). 356
Fig. 42. — Le Néogène entre Kachan et Tchah Kalé . 359
Fig. 43. — La mine de sel de Kafir Kala (Khorassan). 361
Fig. 44. — Extension du Miocène inférieur. 362
Fig. 45. — L’extension des mers anthracolithiques. 379
Fig. 46. — L’axe ouralo-irano-malgache et les anomalies magnétiques (en poin¬
tillé : zones d’anomalies magnétiques). 350
Fig. 47. — Les axes anticlinaux du Permien, au nord-est de la Caspienne. 381
Fig. 48. — Extension des mers du Trias et du Jurassique..-. . 383
Fig. 49. — Extension des mers albiennes et cénomaniennes. 390
Fig. 50. — Extension de la mer lutétienne. 394
Fig. 51. — Structure du Pamir et de l’Hindou-Kouch. 399
Fig. 52. —- Coupe à travers l’Hindou-Kouch. 400
Fig. 53. — Coupe à travers l’Elbourz . 400
Fig. 54. — Coupe à travers le Zagros. 401
Fig. 55. — Extension du lac d’Ourmiah (au Plio-Pléistocène). 403
Fig. 56. — Extension de la mer aralo-caspienne (au Plio-Pléistocène) . 404
Fig. 57. — Le Hamoun-i-Hilmend. 406
Fig. 58. — Formation de la falaise entourant les « hamouns ». 407
TABLE DES PLANCHES
Planche I. — 1. Spirifer slriatus, var. fascicoslalus Menchikoff. Carbonifère de Bivar-
zine (Elbourz occidental). 2. Meekella Delepinei Rivière. Carbonifère de Shah Abdul
(Azim, près de Téhéran. 3. Spirifer Seminoi De Verneuil. Carbonifère de Tuwa (Kho-
rassan nord-ouest). 4. Bras d’Ophiuridés. Carbonifère de Shah Abdul Azim, près de
Téhéran. 5. Calcaire à Fusulines, près de Baloula (Afghanistan). p. 224
Planche II. — 1. Calcaire à Fusulines ( Triticiles ) du col de Kelmars (Perse centrale. 2.
Calcaire à Fusulines (Triticiles et Schwagérines) entre Tabass et Dohuk (Perse cen¬
trale) 3. Calcaire à Fusulines ( Neoschwagerina craliculifera, etc. des gorges de Choum-
boul (Afghanistan). p. 240
Planche III.— 1. Radiolarites (x50). Jurassique des environs de Hersin, au sud-est de
Kirmanshah. 2. Les gorges de Choumboul, dans les calcaires à Fusulines (Hindou-Kouch)
3. Perisphinctes plicalilis Waagen. Argovien des gorges de Firouz-Koh (Elbourz méri¬
dional). 4. Grès et schistes du Lias recouvrant les calcaires à Fusulines de la Perse cen¬
trale, aux environs de Tabass (Perse centrale). p. 272
Planche IV. — 1. Pseudotoucasia calalaunica Astre (xI/ 2). Aptien des environs de Yezd.
2. Calcaire à Orbitolines (x25).Barrémien de Shah Abdul Azim, près de Téhéran. 3. Lof-
lusia Morgani Douvillé (gr. nat.) Maestrichtien de Koh-i-Papi (Louristan). 4. Loflusia
persica Brady (gr. nat.). Maestrichtien de Koh-i-Sarab (pays Bakthiary). 5. Massif et
vallée de Koh-i-Malek Siah (Béloutchistan peisan) Flysch Crétacé-Éocène... p. 288
Planche V. — 1. Nummulites Nuttalli Davies. Eocène inférieur. (Zagros). 2. Schizaster
rimosus. Entre Qoum et Kachan. 3. Maidan, le village des Turquoises, près de Nichapour.
4. Les calcaires nummulitiques aux environs de Quetta (Béloutchistan). 5. Nummu-
iiles perforatus De Montfort (gr. nat.). Lutétien des environs de Semnan. 6. Echi-
nolampas Perieri De Loriol. Eocène supérieur-Oligocène inf. de Chirin Bulagh, près de
Qoum. 7. Les « Siwaliks » aux environs de Nushki (Béloutchistan). p. 320
Planche VI. — La plaine couverte de sel, vue du Koh-i-Namak (région de Qoum).2 .Num-
miililes intermedius (gr. nat.). Oligocène du Zagros. 3. Euspatangus formosus. Eocène supé¬
rieur et Oligocène de Chirin Bulagh. 4. Oligocène-Aquitanien salifère de Kafir-Kala
(Perse orientale). 5. Pericosmus Nicaisei Pomel (x 2 3) Calcaires à Lépidocyclines de
Qoum. 6. Oslrea prae-Virleli Douglas. Burdigalien des environs de Qoum. 7. Clypeasler
scutum L. Aquitanien de Qoum. p. 352
Planche VIL — I. Clypeasler lusitanica De Loriol. Burdigalien de Semnan. 2. Peclen
mullistriatus Pou. Vindobonien du Hablé Roud (Elbourz méridional). 3. Rotalia Vien-
noli (x 10). Aquitanien à Lépidocyclines de Qoum. 4. Peclen Josslingi. Burdigalien de
Qoum (entre Qoum et Kachan!. 5. Spondylus concentrions BR. (x2'3). Vindobonien du
Hablé Roud. 6. Flabellipecten iagicus Cotter. Burdigalien supérieur de Qoum. 7. Peclen
Tietzei Fuchs. Burdigalien supérieur de Qoum. 8. Oslrea Virleli Eichwald. Vindobo¬
nien du Hablé Roud. p. 368
Planche VIII. — 1. Erosion des marnes gypsifères de l’Aquitanien, entre Kichlak et Ei-
wanikei. Au premier plan : une mare et des dépôts de gypse actuels. (Bordure Nord du
Désert, au pied de l’Elbourz méridional). 2. Le Dasht-i-Kévir entre Yezd et Tabass.
3. Le Néogène de la vallée du Sourkh-Ab (Hindou-Kouch Nord). 4. Les « Siwaliks » au
nord-est de Quetta (Béloutchistan) 5. Les passes de Khyber, sur les confins indo¬
afghans. p. 400
EDITIONS DU MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE
36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris.
Archives du Muséum national d’Histoire naturelle (commencées en
1802 comme Annales du Muséum national d'Hisloire naturelle).
(Un vol. par an, 300 fr.).
Bulletin du Muséum national d'Hisloire naturelle (commencé en
1895) (Un vol. par an, 80 fr.).
Mémoires du Muséum national d’Histoire naturelle, nouvelle série
(Sans périodicité fixe ; abonnement pour un volume : 230 fr.).
Publications du Muséum national d’Histoire naturelle ( Sans pério¬
dicité fixe ; paraît depuis 1933).
Index Seminum in Horlis Musaei parisiensis colleclorum (Labo¬
ratoire de Culture ; paraît depuis 1822 ; échange).
Nolulae Syslematicae (Directeur M. H. Humbert, laboratoire de
Phanérogamie ; paraît depuis 1909 ; abonnement au volume,
65 fr.).
Revue française d’Enlomologie (Directeur M. le D r R. Jeannel,
laboratoire d’EntomoIogie ; paraît depuis 1934 ; abonnement
annuel : France, 60 fr., Etranger, 70 fr.).
Revue de Botanique appliquée et d'Agriculture coloniale (Directeur :
M. A. Chevalier, laboratoire d’Agronomie coloniale ; paraît de¬
puis 1921 ; abonnement pour la France : 130 fr., Étranger, 145
et 160).
Revue Algologique (Directeurs MM. P. Allorge et R. Lami, labora¬
toire de Cryptogamie; paraît depuis 1924; abonnement: France,
150 fr., Etranger, 200 fr.).
Revue Bryologique et Lichénologique (Directeur M. P. Allorge, la¬
boratoire de Cryptogamie ; paraît depuis 1874 ; abonnement :
France, 60 fr., Étranger, 80 fr.).
Revue de Mycologie (anciennement Annales de Cryptogamie exo¬
tique) (Directeurs MM. R. Heim, J. Duché et G. Malençon, labo¬
ratoire de Cryptogamie; paraît depuis 1928 ; abonnement : France,
60 fr., Étranger, 80 et 100 fr.).
Mammalia (Directeur M. E. Bourdelle, laboratoire de Zoologie,
Mammifères et Oiseaux; paraît depuis 1936; abonnement:France,
50 fr., Étranger, 55 fr.)
Bulletin du Laboratoire maritime du Muséum national d’Hisloire
naturelle d Dinard (Directeur M. A. Gruvel, laboratoire mari¬
time de Dinard ; suite du même Bulletin à Saint-Servan ; paraît
depuis 1928 ; prix variable par fascicule).
Bulletin du Musée de l’Homme (Directeur M. P. Rivet, Place du
Trocadéro ; paraît depuis 1931) ; n’est envoyé qu’aux membres
de l’Association des Amis du Musée de l’homme.
Recueil des Travaux du Laboratoire de Physique végétale (Labo¬
ratoire de Physique végétale ; paraît depuis 1927 ; échange).
Travaux du Laboratoire d’Enlomologie (Laboratoire d’Entomclo-
gie ; paraît depuis 1934 ; échange).
MÉMOIR ES DU MUSÉUM
Tome I. — R. Jeannel. Monographie des Catopidae, 438 p., janv. 1936... 230 fr.
Tome II. — Mission scientifique de l'Omo, II (Zoologie), 320 p., 9 pl.,
Tome III. — E.-L. Bouvier. Étude des Saturnioïdes normaux. Fam. des
Saturniidés, 354 p., 10 pl., déc. 1936..... 230 »
Tome IV.— Mission scientifique de l’Omo, III (Zoologie), 347 p., juill. 1936. 230 »
Tome V. — Fasc. 1. P. Lemoine. L’Ile-de-France, 442 p., janv. 1938... 75 »
Tome VI. — Fasc. 1. A. Brunei.. Contribution à l’étude du métabolisme de
l’azote purique chez les Champignons, 186 p., déc 1936. 74 »
Fasc. 2. C. Attems. Die von D r C. Dawidoff in franzôsisch Indochina gesam-
melten Myriopoden, p. 187-354, janv. 1938. 138 »
Fasc. 3. G.Stiasny. Die von D r C. Dawydoff in franzôsisch Indochina gesam-
melten Gorgonarien, p. 355-368, févr. 1938... 18 »
Tome VII. — Fasc. 1. P. Lemoine. L’Ile-de-France. 2 e partie. Chap. III,
Valois et Multien, 176 p. 30 »
Fasc. 2. R. Furon. Géologie du plateau iranien (Perse - Afghanistan - Bélout-
chistan), p. 177-414, avec 8 planches et 1 carte en couleurs, août 1941... 200 »
Tome VIII. — Mission scientifique de l'Omo, IV (Zoologie), 416 p., févr. 1938.. 230 »
Tome IX. — Mission scientifique de l’Omo, V (Zoologie), 370 p., juin 1939 . 230 »
Tome X. — Fasc. 1. L. Leroux. Contribution à l’étude de l’aldéhyde for¬
mique, 68 p., janv. 1938..... 46 »
Fasc. 2. V. Redikortzev. Les Pseudoscorpions de l’Indochine française re¬
cueillis par M. C. Dawydoff, p. 69-115, juillet 1938. 28 »
Fasc. 3. M. Friant. Morphologie, développement et évolution du cerveau
des Ongulés artiodactyles sélénodontes, p. 114-188 (avec 5 pl.), mars 1939 . 58 »
Fasc. 4. Cécile Sosa-Bourdouil. Hérédité des caractères biochimiques chez
les végétaux, p. 189-236 (avec 1 planche), mars 1939. 40 »
Fasc. 5. H. Perrier de la Bathie. Les Orchidées de la région malgache.
p. 237-298, mars 1939.*.. 34 »
Fasc. 6. P. de Beauchamp. Planaires terrestres de l’Indochine française,
récoltées par C. Dawydoff, p. 299-388, une planche, juin 1939 . 24 »
Tome XI. — Paul Lemoine, René Humerv et Robert Soyer. Les forages
profonds du Bassin de Paris. La nappe artésienne des Sables verts, juillet
1939 . 230 ->
Tome XII. — Fasc. 1. Pierre Marie. Les Foraminifères de la Craie à
Belemnilella mucronata, du Bassin de Paris, p. 1 à 296, 38 planches,
mars 1941. 180 »
Fasc. 2. L. Berland et J. Millot. Les Araignées de 1’ A. O. F., I. —Les
Salticides, p. 297 à 413, mars 1941. 50 »
Tome XIII. — Fasc. 1. R. Jeannel. Les Calosomes, p. 1-240, 8 planches,
mai 1940. . 175 »
Fasc. 2. M. Vachon. Sur la systématique des Scorpions, p. 241-260 . 25 »
Fasc. 3. H. Perrier de la Bathie. Révision des Lacourtiacées de Madagascar
et des Comores, p. 291 à 302. 20 »
Fasc. 4. Ch. Boursin. Nouveaux Agrotidae paléarctiques, p. 303 à 330. 30 »
Fasc. 5. E. Seguy. Études sur les Diptères Hippélatoïdes pathogènes, p. 331
à 357. 20 »
Tome XIV. — Croisière du Bougainville aux îles australes françaises, 328 p.,
Tome XV. — R. Paulian. Les premiers états des Staphylinoidea. 361 p,
février 1941 . 230 »
Le Gérant : R. Jeannel.
Imprimé en France. — 1941. — Pierre André, 214, boul. Raspail, Paris.